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Full text of "La botanique en Provence au 16e siècle. Léonard Rauwolff, Jacques Raynaudet"

LUDOVIC LEGRli 



LA BOTANIQUE EN PROVENCE Al XV1« SIECLE 



LEONARD RAUWOLFF 



JACQUES RAYNAUDET 




MARSEILLE 
H. AUBERTIN & G. ROLLE 

LIBRAIRES - EDITEURS 

Rue Paradis, 34, et rue de la Darse, 4143 
1900 



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<P^' 




y" 



l.A BOTANIQUE EN PROVENCE 



AU XVI' SIEGLE 



I.UDOVIC LEGRE 



LA BOTAMQIK EN PROVENCE Al XVF SIECLE 



LEONARD RADWOLFF 



JACQUES RAYNAUDET 




f^ 






MARSEILLE 
H. AUBERTIN & G. ROLLE 

LIBRAIRES - EDITEUKS 
HiK- I'aradis, 34. et rue de la Darsc. 41-4:{ 

1900 



UK 



, FEB"4" 1969 

' ^^y^K OF TO^O^ 



Des k' debut dc ses eludes sur I'histoiie d;.' la 
Botanique eii Provence, I'auleurde celivre avail 
resolu d'aller a Leyde faiie, dans riierl)ier cele- 
bre de Leonard RauwollV, le releve des planles 
de la florc meridionale francaise qui y sonl 
conservees. 

II a elTectue cc voyage au mois d'avril 1899. 

Desireux d'assurer a ses demarches le meilleur 
succes, il a pris la liberie de solliciter Tappui 
de M, le Minislre de I'lnstruclion publique, a 
TelTet d'etre pourvu dune rccommandation qui 
lui facilital Tacces des divers eiablissemenls 
scientifiques oil il aurail a faire des recherches. 

Sa demande a etc favorablement accueillie, et 
M. le Ministie dc Flnstruclion publique a bien 
voulu lui faire parvenir une lellre obtenue pour 
lui de M. le Minislre des AiTaires etraniieres, 

O 7 



— VIII — 

r.Mccivdilaiil in its leniK's aupres des Agents 
di|)loniati(|nrs il lonsiilaires de France aux 
l*ays-Has ; 

MoNSlKl H l.K MiMSTHK 1)K LA RkPI HLIQUE 

A La Hayk 

IT MksSII.I KS IKS (X)NSULS GENKHAUX , (k)NSULS 
i;[ ViCK-CONSULS DE FrANCE AUX PaYS-BaS. 

Paris, le 'i fevricr 1899. 

Monsieur, ccltc Ivltic uoiis sera presentee par 
M. Ludovic Lecjre, ancien bdtnnnier de VOrdre 
des Aiforcds el wembrede VAcademie de Marseille, 
(fui entreprend lui noyage scientifique dans les 
l^fujs-Has. 

M. Leijre ponrsuit, depuis plasieurs annees, siir 
a la Botani(jiie en Provence au xvie siecle «, une 
serie deludes qui ont ete ires appreciees par le 
Comite des Travaux- historiques et scientifiques : 
il sp propose dialler consulter, a Leyde, Vherhier 
du cel^bre botaniste allemand Leonard Rauwolff 
oil sont conservees, avec les planies que ce savant 
rupporia de son voyage en Orient [1573-1576J, 
celles quit recueillit, avant son depart, sur le 
territoire de la Provence, pendant lesejour deqiiel- 
ques mois quit fit a Marseille. 

Suioant le desir que mexprime M. Leygues,je 
reconmmnde M. Legre a voire bienveillant accueil 
et je vous prie de vouloir Men lui preter, le cas 



— IX — 

('climnt, DOS bons offices, en viie de lid facUlier 
r accomplissemeid de ses travaux. 

Recevez, Monsieur, les assurances de ma haute 
consideration. 

DELCASSE. 

Lorsque, a son retour, raulcur a recline le 
travail dans lequel il rendait compte dii resiiltat 
(k' ses recherches a Leyde, il avail le devoir d'en 
donner communication a M. le Ministre de I'lns- 
triiction pu])liqiie. 

II a eu, a cette occasion, I'lionneur de recc- 
voir la lettre suivante : 

Paris, le 16 decemhre 1899. 

Monsieur , 

Le Comite des Travau.v historiques et scienti- 
fiques a examine, dans sa derniere seance, votre 
manuscrit relatif a V herlner collige par le boicmiste 
Leonard Ranwolff', actuellemeni en la possession 
de VUniversite de Leijde. 

La Section des Sciences sest plu a reconnaitre 
rinteret de cette etude qui fait si heureusement 
suite a uos recherches sur » la Botanique en Pro- 
vence au xvi< siecle ». Aussi , a-t-elle exprime le 
desir que ce document soil public dans le Bulletin 
de Vune des Societes savantcs dont vous etes 
niembre. 



X 



l-ji massocidiil (tu luvii iln Coinitr, fajoiite que 
jexiunincrai volonlivrs, le monwnl vcini , les 
inoijcns (if vcuir rii aide a la Societe qui se cJiar- 
fit'inil (If ccllr piihlicdlion. 

Vous Irouueri'z, sous ce pli, Ic le.vtc. de voire 
mvmoirc. Jc uous serai oblige dc men accuser 
rrceplioii. 

Hrrrur:, Monsieur, rassurance de ma conside- 
ralion Ires dislimjuee. 

Pour le Ministre de llnstriietion publique 
et (Ics Hcaux-Arts ct par autorisation : 

Lc Direcleuv de VEnseignement superieur, 
Conseiller d'Etat, 

L. LIARD. 

Kn suite de cette promesse, M. le Ministre de 
rinstructioii publique a daigne accorder une 
subvention de trois cents francs a I'Academie 
de Marseille, qui avail vote Finsertion dans ses 
Memoires du present ouvrage. 

L'auteur manquerait a un autre de ses devoirs 
s'il ne consignait pas ici le lemoignage de sa 
profonde gratitude pour les faveurs dont il a 
ete I'objet et qui lui permettent, aujourd'hui, de 
laire connaitre les precieux documents lloristi- 
qucs fournis par I'berbier de Leonard RauwoltT. 



LEOMUD IIAUWOLFF 



LEONARD RAUWOLFF 



I 



Herborisations en Languedoc et en Provence. 
Les deux premiers volumes de I'Herbier de Leyde. 

Leonard RauwolfT (1) s'est rendu celebre pour 
avoir eflectue, en plein xvi*' siecle, un voyage de trois 
ans en Orient. Dcharquer a Tripoli de Syrie, passer 
par Damas, Alep, Bagdad, Mossoul, visiter les mines 
de Babylone, de Ninive et de Palniyre, parcourir la 
Phenicie et la Palestine, atteindre Jerusalem, c'etait 
afTronter les niille dangers auxquels le fanatisme et 
la cruaute de ceux qu'on nommait alors les Infideles 
exposaient tout voyageur chretien : il y fallait du 
courage, nous dirions volontiers de riieroisme ; et 
c'est a bon droit qu'un tel voyage devenait un litre 
de gloire. 

(1) On tiouvc paifois Ic noni de Rauwolff ccrit de differentcs 
manieres : Rauwolf. Rawolf. Rauclnvolff. Nous reproduisoiis 
rorthographc adoptee par notre botaniste lui-menie, soit dans 
son acte d'immatriculation ii Montpellier, soit en divers docu- 
ments autographcs que nous avons vus a Lej'de et parmi les- 
quels il y a une lettre ecrite a Cliarlcs de I'Escluse. — Le mot 
allemand Rauwolff signifie litteralcnient Loup au pelage rude 
(ou herisse). Or, comme les savants de la Renaissance aimaient 
fort il revetir leurs noms dune tournure latine ou grecque, 
celui de Rauwolff avail ete transmue en Dasylycus. — La lettre 

1 



— 2 - 

Auj;slK)Mr^ fill In ville nalak'tle Lronard RauwolfF. 
L:i <lali' ill' sa naissaiu'i" ii'csl |)as coiiniic. Si Ton 
adint'l (|iril avail dc vin^;! a \ in}^l-cin(| aiis lorsqii'il 
villi, rn la()0, ('ludior a Mi)iil|)c>llior, ij serail no enire 
l.")a.') cl l.')l(). II c'lail issii (111110 ianiilk' qm lonait 
parini la bourgeoisie (rAiigsl)oiir^ uii rang hoiiora- 
l>le( 1 ». Nolons loul de silile (juil eul pourbcau-freie 
iiM rielii- nefjoeiaiit droguisle, armaleur en nieme 
tein|)s. iionnne Melehior Manlieh I'aine ; ce liil a 
linslif^ation de celni-ci (|uil enlrei)ril son voyage du 
I^evanl. 

Le ji'iine UauwoltV ayani nianilesle de l)onnc 
lieiire un goiil parlieulier pour I'elude de la niede- 
cine el de la l)olani(|ue, — les deux sciences etaient 
alors (les scvurs inseparables, — ses parents decide- 
reiil de renvoyer a TUniversite de Monlpellier, en si 
grand renom dans loute rp^urope savante. C'est sans 
doiile en se reiidanl d'Augsbourg dans leLangiiedoc 
(|u il Iraveisa (leiu'vecl I. yon, villes on lui-menie a 
deelari} (>lrc alle vers cette L'poque (2^. 

II lil Ires probablenienl ce Irajet en eompagnie 
d un jeuno honimc natif d'Augsbourg, qu'il eut pour 

auttifliaplie consi-rvtc a Lejdc etait fernice au moyen dun 
latljct armorie, doiit I ecu porte un loup ravissanl, ce (|ui,dans 
la languedu l)Iason, vent dire le\e sur les pattes de deirierc. les 
anterieurcs tendues en avant, avec les giifles saillantes. Ramvolff 
teliail-il ces amies parlantes de sa faniille ou se les etait-il 
donnecs ? Nous iiicliiions vers cette secnnde liyiiothese : 1 ecus- 
son est. en cffet, surmonte en Liuise de cimier, — autant, du 
inoins. (|uil est possible dele discerner sur une empreinte qui 
n est pas Ires nette, —par un pcrsonnage en longue robe docto- 
rale, paraissant tenir des plantes a la main. 

(1) " Parentibns honeslis », ecrit un des biographes de Leonard 
RauwolfT. J.-F. Gronovius, ((ui a fait preceder d'une Vita 
Leonluirdi Rauivolfi son Flora Orientalis (Leyde, 1755). 

(2) Ce reuseignement est consigne dans une inscription detail- 
lecqui sert de frontisi);ce a chacun des deu.x premiers volumes 
de riierbier conserve a Leyde. Hauwoinenumere les divers i)ays 
oil il a pris les cxsiccala contenus en ces deux volumes. \'oir 
plus loin les dtitails que nous donuons a ce sujet. 



camarado a Monlpellier. Celui-ci se destinait aussi a 
dcvenir medeciu dans la ville d'oii il etait origi- 
naire : il se nommait Jeremie Martins (1 ). 

Les archives de la Faculte de medecine de Mont- 
pcllier conservent encore Facte d'immatriculation 
de Leonard Rauwolff. Get acte poiie la date du 22 
novembrc 1560. II est ainsi libelle : 

Ego Leonhartiis Rauwolff Augiistamis receptiis sum 
in numerum studiosornm Medicincv Academue Mons- 
peliensis post factam solitam a doctorib: examina- 
fionem. Dedi me in (idem clarissimi viri D. Ant: 
Saport: atque illis debitam obediculiam prcestaturum 
promitto. 

Scripsi anno 1560 die 22 Novembr: 

Leonhartus Rauwolff Aug: (2). 



(1) Le celebrc naturalistc de Zurich, Conrad Gesner, portait 
l)eaucoup d'interct a Jeremie JMarliiis. Plusieurs fois il paric de 
lui dans scs Icttres, et toujours en termes affectueux. Pendant 
son sejourii Montpellier, cc Jeune homme corrcspondait avec lui. 
Et Gesner, se plaign^ni du silence que gardait un autre etudiant 
de Montpellier. Godefroy Craton, ecrivait, le G octobre 15()(), au 
pere de cclui-ci, Craton de Krafftheim, medeciu de rcmpcrcur 
d'Allemagne : « De Godefrido tuo, longo jam tempore nihil 
accepi : et miror Hiercmiam Martium Augustanum (qui c INIons- 
pelio ante duos menses nd mc scripsit), nullam ejus mentionem 
facere. ^ 

(2) Registic des matrictiles 1502-1561, f" 338, premiere inscrip- 
tion du recto. — Nous devons communication de cettc piece a 
Tobligeance de M. Henri Teulie, bihliothecaire de la Faculte 
dc medecine. En nous lenvoyanl, il a bicn vnuUi nous indiquer 
quelle est tout entiere ecrite de la main de Rauwolff et que 
probablemeut la date est erronee. L"etudiant d'Augsbourg 
aurait, par megarde, mis novembrc au lieu d'octobre. En cffet, 
son inscription, precedee de quatre matricules qui portent les 
quantiemes 20 et 22 octohre, est suivie dc plusieurs autrcs sous- 
crites ix des dates immediatemcnt posterieures (2;5, 24. 25 octo- 
bre) : le redacteur de Tune de celles-ci, ayant lui-meme ecrit 
novembrc. sest repris, a raj-e ce mot et la remplace par oclobrc. 
On ne s'expliquerait pas comment la matriculc de Rauwolff, si 



- 4 — 

II t'l;»il (liis:ij;o ((uo oIkujiu^ iMudiaiil, cmi prenanl 
son insniplion. dc'sif^nal im dos professeiirs qui 
(Ifvail oxoirrr siir liii, pi'iulaiil la diirec dcs eludes, 
iiMc sorlr <ii' tuU'llr, tout an nioins sciciili(i(pie, 
Divi'iscs Ibi inuU's d "inunalru'ulalion conslalenl que 
reludianl douuait a ce i)r()leeteur le litre de paler 
on juiirns. I>e professeur Auloiue Sai)orla, sur lecfuel 
SI- lixe le elioix de UauwollV, elail laneien eondisei- 
ple de Hahelais, (fue Paiuirge nonime le premier 
(piand ilevcxpiele souvenir des (( antiques aniys », 
aeleurs dans le « palelinage » joue en l'),'}! a Mont- 
pellier, « la morale eonnrdie de celluy qui avoil 
es|)()use une femme mule « (1). 

Nous savons par une deelaralion de Pena el Lobel 
dans une des preiaees du Slirpiiiin Adversaria, 
(pielle elail la joie, nous pourrions dire remolion 
des bolanophiles elrangers lorsqu'ils se trouvaienl 

rocllcmoiil cllc cut etc sigiu'c en novcml)re, niirait pu sc trouvcM- 
iiitorcaloi.' :ui milieu de plusieurs inscriptions toutes prises en 
Dctithre. 

(1) I'dntagrncl. liv. III. eh. xxxiv. — I'n des etudianfs de cc 
temps-la, Felix Platter, de Bale, devenu plus tard niedeein et 
liotanistc renomme, prit pour pater ce nieme docteur Antoinc 
Sapoita. << car, — dit-il en ses curieux memoires, — il est d'usage 
(|uc cliaque etudiant en choisisse un pour le consulter plus par- 
ticulierement . " Felix et ThniudS Platter a Monlpellier, notes 
de voyage de deux etudlants balois, traduites en franeais |>ar 
M. KicfTcr (Montpellier, 1802). — Antoine Saporfa, recu docteur 
en lolfl. fut n(mime doyen en 1551, chancelier en 1560 et mourut 

en l.')7:i. II a laisse un traite /Je ttimoribiis piaster natiimm , 

public longlemps apres sa niort.— Au dire de Felix Platter, les 
Sapoita ctaicnt Marans : on appclait ainsi (( les descendants 
des Maures ([ue Ferdinand le Cath()li([ue avait exjjulscs d'Ks- 
pagne et dont un grand nombre s etaient etablis dans le Lan- 
gucdoc. -> lis so livraicnt a certaines pratiques religleuses qui 
denotaient leurs origines.— Antoinc Saporta fut un des ancetres 
de leminent geologue provcncal, feu le niarcpiis Gaston de 
Saporta. Celui-ci rappela cette circonstance dans le discours 
douverture cpiil prononca comme president de la Session extra- 
ordinaire t-nue par la Societe bolani([uc de France a Montpellier 
en 1893. 



o 



tout a coup en presence de Texuberante richesse de 
la llore meridionale. Aussi les etudiants de Mont- 
pellier herborisaient-ils avec beaucoup de zele ; la 
plupart d'entre eux colligeaient les plantes pour en 
former un herbier (1). lis exploraient d'abord les 
environs de la ville, puis ils serepandaient dans tout 
le Languedoc : ils se portaient tantot vers Nimes, 
tant«t vers P'rontignan (2) ; les plus courageux entre- 
prenaient Tascension des Cevennes. Souvent ils 
IVancbissaient le Rhone, qui separait le Languedoc 
de la Provence ; ils allaient la visiter de superbes 
villes, telles qu' Avignon , Aries, Marseille, et, 
chemin laisant, ils y efTectuaient de fructueuses 
herborisations. 

Des son arrivee a Montpellier, Leonard Rauwolff 
se livra avec ardeur a la recolte des plantes, ou, 
comme on disait alors, des simples ; bien rares 
elaient les especes auxquelles on n'attribuait pas 
quelque vertu curative. II suivit a son tour I'itine- 
raire que nous venous de retracer et visita toutes les 
localites citees plus haut. II eut pour premier com- 
pagnon de ses excursions son jeune compatriote 
Jeremie Martins (3j ; puis, I'annee suivante, un etu- 
diant venu de Bale et qui etait deja un botaniste fort 

(1) Voir sur les herborisations des etudiants de Montpellier 
les details que nous avons donnes dans notrc premiere publica- 
tion relative a La Botaniqiic en Provence an XVI^ sieclc : Pierre 
Pena et Mathias de Lobel (Marseille, 1899). 

(2) Oil les attiraient particulicrement la colline quils appc- 
laient la montagnc de Cettc, Mons Cctins. 

(3) Dans I'epitre dedicatoire qui sert de preface a la Relation 
de son voyage en Orient, Rauwolff sest exprime ainsi au sujet 
de ses herljorisations en Languedoc : « Pour apprendre a mieux 
connaitre les simples, et sans negliger mes autres etudes, je me 
suis applique, plus particulicrement a Montpellier,— en com- 
pagnie du tres savant Monsieur Jeremie Martins, doctenr en 
medecine et medecin officicl ici (Augsbourg), mon excellent 
ami, — a parcourir les montagncs et les vallees, et surtout la 
haute montagne de Cette, pres de Frontignan, situee sur lebord 



— () — 

oxpnl : nous voiilons parlcr do Jean Hauliiii (1). La 
mrmc passion |)oiir la sriiMU-f dcs vi'-gc'laux Ics rai)- 
proclia tool tic siiilc ; iiii lien dv solide aniilic Ics 
unit Inn a I anliv; ils poursniv iriMila IravcM'sle pays 
d'arlivcs canipaf^nrs : rl (ukukI plus lard .lean ]Jau- 
hin rdilia ce vaste inonnnuMii connn sous le nom 
d llislorin iihinhinini nniiHTsalis, il y mcntionna 
niainlt's I'ois son ancicn condis('ij)lo dc Monl])olllt'r, 
. inrormu slndiornni, disail-il, el pcrccjiinitlionum 



do hi miT, I'll". : cl ilc rctlc maniere jai aniasse un tresor incs- 
liinahlo di* pliisiouis cfiitaiiu's do simples, n — Notre savant ami 
ft i-iiiifieie en l)()lani(|ne, M. Klell'er, nons a ete d'nn grand se- 
cniirs pour la traduetion dcs tcxtcs allcmands de Rauvolff. Nous 
sommes henieux de pouvoir hii exprinier iei notre vive reeon- 
naissance. (les traduelions olVraient pariois de serieiises difli- 
eiillcs, a cause des dilTerenees frcquentcs entre le dialeete souabe 
(lout s'csl servi Hauvoin' et lallemand actual. 

(1) I, inscription de .lean Hauiiin snr le registre des matricnlcs 
pork" la date dn "JO oetobre ir)()l : elle a ele publiee ])ar le pro- 
fcsscur (iuslave IManelion dans sa these de doctorat : Lcs modi- 
lirftluina dv la /lore dc Moidpellicr depnis le XYI" sii-cle Jnsqu'd 
nos JDiirs (.\hinl|)ellier, liS()4). — Lorsquil vint a MontpcUicr, 
Hauhiii avait deja passe plusieurs annees a Zurich, aupres de 
C.onrard Gcsncr dont il fut leleve ct le commensal. En dernier 
Iteu. il avait suivi, a 'l^ibingue, les lecons de Leonard Fuchs. 
Pendant le mois de juin de celle meme annee iriiil, il avait ac- 
ci)m|)agne desner dans nn \()yage dherborisation a travers les 
.\lpes Hheliennes. 11 protila dc son sejour en Langiiedoc jiour y 
amasscr des plantcs en grande quantite. II annonca meme son 
l)rojet de dresser un catalogue de la flore du pajs. Gesuer lui 
ecrivait en 1562 pour lui demander communication, aussitot 
(|uc ce catalogue serait acheve, des cxsiccala rapportes dc 
I'rancc : ■ Herl)as siccas tuas in Gallia collcctas mittes cum 
prinium pcrfeceris catalogum : remittam brcvi simul utraque » : 
ci (piehpies semaincs apres : « (latalognm stirpium Monspelicn- 
siuni jterlice, el milte, aul excudcndum apud noscura);.- Dans 
son Uistoirc iiniverselle des plantes, Jean Bauhin a fait allusion 
aux visitcs nonibrenses dont la colline de Cctte avait etc le but, 
pendant qu'il herborisait en Languodoc avec Rauwolff ; et com- 
battant I'opinion de Camerarius au sujet dune plante que 
celni-ci pretendail avoir trouvee en cet endroit, il s'ecriait : 
« Sos ritadem nun otiosi fnimus mantis Cethi spectittores ! x I 



aociuin fideUssimiim, cinrissimiim virnm Leonhardum 
UauwolfJ. )) 

Lc sejoiir de RauwoliT dans la France meridionale 
se prolongea jusqu'en 1562, An cours de cette annee 
il se rendil a Valence en Dauphine, ville qui etait 
alors le siege d'uneUniversite, et ily subit les epreu- 
ves du doctorat (1). 

Un voyage en Italic etait, aux yeux des etudiants 
de ce temps-la, le complement oblige de leur educa- 
tion medicate et botanique. Le nouveau docteiir ne 
voiilut pas se dispenser de ce pelerinage scientifi- 
que (2). II sejourna en Italic pendant une partie de 
I'annee 1563. Nous trouvons dans un document qui 



(1) Felix Platter, en ses Memoires, cite lc cas dp certains 
etudiants allcmands qui, apres leur stage a Montpelller, 
alliiieiit deniander le ijonnct dc docteur a ri'nivcrsilc de \i\- 
lence du u cflle d'Avignon. II declarait a cetto occnsion qu'il se 
gardcrait bien de suivre hii-irieme un tel exemple, voulant obeir 
au cpnseil que lui donnait son pere. " Quant au doctorat (me 
disait-il), il serait |)lus honorable dc le passer a Bale, et cela 
ferait autant de jjlaisir aux autorites qu'a la bourgeoisie. Si je 
prenais au contraire mon grade en France, on ue nianquerait 
pas de dire (|ue je n etais pas capable dal'frontcr I'ecole supe- 
ricure de Bale. Cliacun connaissait lc dicton qui courait sur les 
Universites francaises: Accipimus peciiniam, et mittimus stultos 
in Germaniam. » 

(2) Rauwolff ne se rendit pasdirectement de France en Italic. 
II revint dabprd a Augsbourg. (Iheniin faisant, il rencontra 
Conrad Gesner, qui rentrait en Suisse, et il fit avec lui une 
partie du trajet. Mais, chose singuliere, cette rencontre ne 
laissa aucune trace dans la niemoire du savant de Zurich ; et 
celui-ei lavouait ingenument lorsque, un pen plus tard, il eut 
avee Rauwolff des relations suivies. II ecrivait en 1565 a un me- 
decin d'Augsbourg, Adolphe Occon; « Doctissimo et clarissjmo 
viro D. Rauchwolff ingentes meis verbis gratias ages pro semi- 
ulbus et herbis ad me missis... Ubicpmque erit oceasio in 
rarioribus illis qufe ad me misit aut mittet. pra^sertim si excre^ 
verint sata ut possint depingi, mentionem ejus, ut par est et 
soleo, faciam in opere meo.E Gallia redeuntibiis nobis, iter milii 
cum eofecisse, sane exciderat . » 



— 8 — 

a uno valc'ur :uilol)io^M:iphi((iio (1) ronuinoralion des 
villi's par K's(|m'IUs i! i)assa : Pailoue, Verone, 
Manloiu'. I-\'nan\ HolofJiiu', Florence, Modene, Plai- 
sance, Panne. Milan el Come (2). De Come il se diri- 
gea vers les Alpes, Iraversa le Sainl-Colhard, penetra 
dans le canlon d Tii. visila Lncerne. Zug, Znrich et 
Hale, el de la rej^a^na TAIIeniai^ne. 

II avail eonlinne, en Iraversanl rilalie dn Nord et 
la Snisse, a reeneillir de nomhrenses i)lantes ; et 
lors(|n'il reidra eliez Ini, il possedait nn herbier qni 
conlenail phisde six cents especes. 

Ce precienx herbier a heureusement echappe a la 
destrnetion (jne linjnredn lemps fit subir a tant 
dantres. II apparlient mainlenant a I'Universite de 
Livde, el il esl conserve an liijLs Herbarium de cette 
ville {'.U. 

Les planles recollees en France forment la ma- 
tiere de deux gros volumes relies, ayant a pen pres 
les dimensions des livres in-quarto.Ils se composent 
dun assemblage de feuilles de papier fort sur les- 
(pielles les echanlillons ont etc colles, apres dessic- 
cation, tant au verso qn'au recto de chaque feuillet. 
Chaque page, a I'exception du frontispice et de la 



(1) Inscription formant titrc, plac^'C en tete du troisieme vo- 
lume lie riK'ii)ier de Leyde, dans Icquel sont reunies les 
plantes que Hauwolff rapporta d'ltaiic. 

(2) II est infiniinent probable qu il fit le voj-age d'ltalie en 
compaf^nic de son ami Jean Hauhin : celui-ci rapporte dans son 
Histoirc univcrsellc des pinnies qu il avail reside a Bologne en 
156;!. et Bologne est une des villes oil Hauwolff declare ctre alle. 

i'.i) Nous avons a remplir ici un agreable devoir : celui de 
remercier M. Ic docteur Goethart, conservatcur de IHerbier- 
Hoyal, qui nous a fait a Leyde un accucil si obligeant. nous a 
donne pour lexamen des collections de Rauwolff toutes les 
facilites souhaitables. et nous a prcte a loccasion un concours 
precieux, en nous aidant a determiner certaines plantes criti- 
ques. Nous dirons ulterieurement a la suite de quelles vicissi- 
tudes riierbier de Leonard Rauwolff est devenu la propricle d« 
rUniversite de Levde. 



— 9 — 

table finale, est niimerotee en chiffres arabes. Les 
deux volumes conliennent chacun exactement le 
meme nombre de feuillets pagincs : 106 feuillets, 
donnant 212 pages. Mais le nombre des cchantillons 
depasse celui des pages, car, lorsqu'ils etaient de 
petite taille, I'auteur de I'herbier en a fixe deux,quel- 
quefois plusieurs, sur la meme page. En realite, ces 
deux premiers volumes renl'erment 443 echantil- 
lons tl). 

Les plantes d'ltalie et de Suisse ont fait Tobjet 
d'un troisieme volume, dont la disposition est la 
meme que celle des deux premiers. 

Les trois volumes ont ete relies a la meme epoque 
et de la meme i'acon, entre des ais reconverts de cuir 
fauve uni ; les plats sont encadres d'un double filet 
dore et portent au milieu un cul de lampe ovale, 
dore aussi. Le dos est a nervures, sans aucune ins- 
cription, mais avcc fleuron dore entre les compar- 
timents.Cbaque volume a des coins et deux fermoirs 
en cuivre de meme style, conlemporains de la 
reliure (2). 

(1) Ce chilTrc doit etre reduit a 441. Nous avons, en effet, cons- 
tate que dans le second volume un feuillet (pages 169-170) a ete 
arrache : les traces de laceration sont bien visibles. 

(2) Voici, pour completer la description des trois premiers 
volumes de Iherbier Rauwolff, d'autres details que nous avons 
notes quand nous sommes alle a Leyde : Les feuillcs de papier 
fort sur les deux faces desquelles sont colles les cchantillons ont 
151 centimetres de hauteur et 23 centimetres et demi de largeur. 
Chaque page est entouree dune sorte de cadre, forme par des 
l)andelettes de carton vert, dune largeur dun centimetre et 
demi environ, collees sur les marges. Ces bandclettes sappli- 
quent exactement les unes sur les autres au moment on le 
volume se fermc; de telle sorte que lechantillon, se trouvant 
ainsi place dans un vide, ne frotte pas contre lechantillon place 
vis-a-vis, et ni I'un ni Tautre n'ont a soutfrir de leur rapproche- 
ment. Vn autre avantage est resulte de lappositlon des bandc- 
lettes : elles procurent, lorsque le volume est ferme, une occlusion 
asscz complete, preservant dans une certaine mesure rechantillou 
inclus contre J'invasion de la poussiere et des insectes. 



10 - 

lis sonl. Ions Ics Irois. [)rc'ce(les d'un frontispice 
ocril. on hcMux carnctrrcs j^()lhi(|iies, par uiie pliimt' 
cxfii'i'c ((lu- nous sii|)|)osoiis avoir etc'' celk' d'un 
calliji'ia|)lu' di' pmlcssion ; poul-iMre un ami a (|ui 
Hauwolll' avail (k'niandc dv lui rondrc co pclil 

SlTVil'f. 

La irdaclion di' I'l's hois IVonlispices est concue 
on U'liiu's i(k'nli(iuos, saurpour certains dolails j)ar- 
liculicrsa cliaciue volunio. 

N'oifi rcxaric traduction dc celui cjui ouvre le 
pri-niiiT : 

PHKMIKK UKCUKIL DE PLANTES 

on /)(v///co/;/) ilc belles planles^ en partic elrangeres, out 
t'le sf)i(ineiiscinei}l eiifennces el fixees par le tr^s-siwanl 
M. Leonharl lidiiwolff, doclciiv en medecine, el niede- 
iiii offiiiel de la oille d'Angsbourg, pendant qn'il 
faisail ses eludes en France el ensaile an cours de ses 
vogages mm senlemenl en S(woie, a Geneve, en Dan- 
phinc, (I Lgon el a Valence, mais encore en Provence, 
anx eni'irons dWnignon, dArles, de Marseille, de 
Cludon I sic I de Cran, dans des landes arides et incul- 
les : el lout parlicnlieremenl en Langnedoc, dans les 
environs de Mimes,' de Monlpellier, snr le mont de 
Celte situe an bord de la mer, et siir les hantes mon- 
lagnes dAuvergne ; el ce na pas et^ sans beaucoup 
de fatigues, de dcmgers el de depenses quil les a obte- 
nues et ac(piises. 

Fail apres la naissance de noire Sauveur Jesus- 
Christ 

Dans les annees 

1560 
lot)] el 
1502 (1). 

(1) « Erste Kreuttcrbucch — i:)arin vil schonc uniul thails 
frembde -Kreutter durcli den hoeligelehrten herrn Leonliarten 



— 11 — 

Nous avons ii faire suivre ce texte cruii href com- 
nientaire. 



Rauwolffen der Artzuej^ Doctorn und dcr Stat Augspiirg bes- 
tellteii iMediciiin gar fleissig cingclegt und aufgemacht wordcn. 
Welche Kr weil Er in franckhrcich gestudieret, und dcncn 
herunil) nacli geraAset, nit allain in Saphoje unib Genft', und 
Delpliinat unib Ljon \'alcntze & sondern aucb in dcr Provintz 
umb Avignon, Aries, Marseille, Clialon de tlrau, auf der rauchen 
durren lia3'den : turiiemlilich aber in Languedocca, umb Nimes, 
Montpellier, auf dcm berge Ceti am Mcer ligent, und im hochen 
gebiirge Auvergnia;, nit ohne sondcre miiehe gefahr und uncos- 
ten erlanget und l)ekomen hat. — Geschehen nacb der geburt 
unsers Seligniachers — IHKS^' CHRISTI, Im — M. I). LX - 
LXI — und LXII jar. » 

Les plantes que renferment les deux premiers volumes de 
riierbier ont ete certainement recoltees et preparees par Rau- 
wolff au eours des trois annees inscrites sur les fronstipices, 
1">1)(), loGl cl 15(52; mais certainement aussi, ce nest que beau- 
coup i)lus tard que cette collection a etc arrangee comme nous 
la trouvcjus aujourd'hui, c"est-a-dire reunie en volumes soHde- 
nient relies. Dans le libelle de cliacun des fronstipices. la (|ua- 
lite de « medecin ofticiel (heslelllcn) de la ville d Augsbourg » 
est donnee a Rauwolff. Or nous verrons plus loin que cette 
charge lui fut conferee par les autorites locales sculement en 
1570. Les titres des premiers volumes ont done ete composes au 
plus tot a cette date : nous eroN'ons menie ([uil faut reporter 
lenr confection a une epoque posterieure. En etfet, le quatrieme 
volume, affecte en tres grande partie aux ])lantes oricntalcs, est 
orne dun titre tout pareil, comme style et comme ecriture, aux 
titres des trois premiers. Cette circonstance demontre, a notre 
nvis, que RauwoltT ne concut quapres sa rentree a Augsl)ourg, 
en 157(), I'idee de procurer a ses collectionsune forme delinitive. 
.1 usque la ses exskcota devaient etre libres ou, s'ils etaient fixes, 
c'etait sur des feuilles volantes qu'alors il assembla et qiiil fit 
relier, en les groupant pav categories d'origines : plantes de la 
periode ir)()0-lo62, deux volumes; plantes de ITiGS (Italic et 
Suisse), un volume ; plantes de la derniere periode ISTS-liiTti 
(Provence et Levant), un volume. Puis, avant de confier le tout 
au relieur, il cut recours a un calligraphe de profession ou a un 
ami done dune belle ecriture, et fit executer par celui-ci les 
quatre frontispices. Ce ne sopt la que des hypotheses. Mais ce 
quit faut admettre comme certain, c'est que les titres qiii men- 
tionnenl la fonction exercee par Rauwolff a Augsbourg ne peii- 
vent pas etre anterieurs a I'annee 1570. 



112 

II faiil. biiMi (Mitciulii. roiisidcrer coinmo rigoii- 
n-iisf c-xprcssion iW la vc'illr rcMioiu'C' Tail par 
Haiiwolll. Tas k* moiiulrc' doult" (juil iu> soil alle 
ilaiis Ions li's oiulroils (jiril t'liunu're. Mais comme 
il lire (iiu'l(|iu> vnnile do ses peicgrinalions, — ot 
(•"I'sl hiiii iialiiiTl, - nous n'avons pas a nous eton- 
lu'v si nous lioiivons dans ses Ibrniulcs une ccrlaine 
londanco a roxaj^cralion (1). II scrail porle a ampli- 
lior SI'S fails cl gvslcs j)lulot qu'a les diminuer. D'ou 
il suit (|m' nous dcvoiis iioiis-menu's no point elen- 
dic sc's di'-claralions, el les prendre, an conlraire, 
si rich) scnsn. 

\a\ ce (|ui louche son passage par Geneve et Lyon, 
nous avons deja dil (|ue nous le faisons remonler a 
I'epotpie ou il sc rendil d'Augshourg a Monlpellier. 
Vovageur presse d'ai river an lernie de sa course, et, 
d'aulre pari, bolanisle encore novice, il ne perdit 
pas son temps, pensons-nous, a herboriser le long 
de la route; et nous ne croyons pas, nialgre les 
enonciations du frontispice, qn'il ait insere dans les 
deux premiers volumes de son herbier beaucoup 
d'especes recoltees dans le Genevois et le Lyonnais. 
Ainsi quil Texplique lui-meme en y insistant, ses 
princi pales herborisations eurent pour champ le 
Languedoc d'abord, et ensuite la Provence, dans les 
localites et autoiir des villes qu'il a nommees. — 
Quant a ce qu'il appelle les montagnes d'Auvergne, 
nous sommes certain qu'il entendait par la, a I'imi- 
tation d'autres botanistes contemporains, les Ceven- 
nes ou les montagnes de la Lozere qui en sont le 
prolongement. S'il eiit reellement parcouru la pro- 
vince d'Auvergne, il y aurait assurement traverse 
certaines villes, et il les eiit indiquees. — Meme 



(1) Cette tendance se rcvele notamment dans le passage, cite 
plus haut en note, de la preface de son livre, oil il qualilie de 
haiile montagne I'luimble colline (180 metres daltitude) au pied 
de lacjuelle fut construite, auxvii* siecle, la ville de Cette, 



— 13 — 

observation pour le Dauphine. Si, outre Valence, il 
avait visite quelque autre ville de cette vaste pro- 
vince, Grenoble par exemple, il n'aurait pas manque 
d'en prendre avantage et se serait bien garde de la 
passer sous silence (1). 

Nous sommes ainsi amenes a cette conclusion 
qu'une tres grande partie des ecbantillons contenus 
dans les deux premiers volumes de Tlierbier de 
RauwolfF sont des plantes qu'il avait amassees prin- 
cipalement dans le Languedoc, y compris la region 
montagneuse des Cevennes, et ensuite en Provence, 
oil il avait du venir mainte et mainte fois, attire, 
commc la plupart des etudiants de Montpellicr, par 
la proximite, la ricbesse vcgetale du territoire et les 
seductions des grandes villes telles qu'Avignon ou 
Marseille. 

Nous nous sommes applique, pendant notre sejour 
a Leyde, a determiner avec exactitude les plantes 
des deux premiers volumes. Nous ne surprcndrons 
pcrsonnc en disanl que cette tacbc presentait des 
dillicultes. L'berbier de RauwoUT n'a pas toujours 
etc soigne comme il Test aujourd'bui, et certains 
ecbantillons, — en petit nombre, beureusement, — 
ont ete fort maltraites par les insectes. Parmi ceux 
qui ont ete epargnes, quelques-uns sont indetcrmi- 
nables par la faute du collecteur, celui-ci s'etant, en 
bien des cas, contente d'un specimen tout a lait 
incomplet. On salt que les botanistes du xvr siecle 
jugeaient de I'identite d'une plante par son lacies 
general et negligeaient absolument les details d'ana- 
lyse, meme ceux qu'aurait fournis la structure de la 
fleur ou du fruit. 

(1) A I'appui de notrc ol)scrvation. rcmarquoiis avcc quels de- 
tails, dans 1 inscription du frontispice, il a parle de la Provence. 
II n ouhlie pas meme Salon « Chnlon dc Cran », qui netait alors 
qu'uu bourgde mediocre importance; et quand, immediatement 
aprcs avoir nomme cette petite ville, il mcutionue « des landos 
arides et incultes », c'est la Crau qu'il designe ainsi. 



- 14 - 

HniiNvollV ii'i'lail pas, ;\ cv\ cgard, plus avance (lue 
scH tM)nli'm|)()iaiMs ; pom- l)eaiicoiip do i)lanlcs, no- 
lammrni pour (U*s Ghimac'c'i's, il s'csl horuv a insc'- 
rcr dans sou luM-hiiT iiiio poiiion do lige munio do 
(pirhpirs l\Miillcs. sans (ju'il ail paru so douter que 
rinlkiri'si'iMU'c aurail mi do Tiuk'TiM. Mais le chillre 
di's I'l'hanliilous ck'UU'Urt's iuuoniuiahlcs (1) u'a pas 
vii', v\\ souuui\ lice's v\c\v, ol nous avons pu appli- 
(picr a un i^iand nond)r(' d\'sp6ces k^s (k'uouiiua- 
Uonsdi'la luinu-nrlaluiT nuxk'rno. 

An surpkis, HauwolIT mcrik> (rOliT k)Ue pour le 
soin (piil (lonnail a la |)reparalion de ses cxsiccata. 
On atlniiri' I'arl ingcuieux avee lequcl il parveuail a 
lain- kMiir dans Ics volumes relies de son herbier des 
specimens donl Tepaisseur semblait elre un insur- 
monlable obstacle. Ainsi, pour n'en citer qu'un 
exeni|)le. nous trouvons dans sa collection VOpiiutia 
Ficns liidiai rei)resente par un segment de tige et 
une lleur: la tige el le calice de la fleur out ete 
habilement depouilles de leur epiderme lequel, fixe 
sans la moindre dechirure sur le papier, ressemble 
a niu' i)einlurefideledes deux objets (2). 

Une mention toute speciale est due a la qualite 
de la colle, on pourrnit dire du cimenl, qu'employa 
UauwoHTpour faire solidement adherer au papier 
ses plantes scches : clle conserve, apres plus de trois 
sii'des, une k)rce de cohesion vraimenl surpre- 



il) II y a Ijcaucoiip d'especcs qui nc j)euvcnt etre tlcterminccs 
avcc certitude qu'au nioyen d ime dissection de certains ors>;a- 
nes. Or il nest pas possible, on le eomprend, de faire subir aux 
ecliantillons de cet herbier venerable dcs mutilations qlii seraient 
un crime de lese-majcste. 

(2) Lc meme procede a ete emi)loye pour le fruit du Sohaiiini 
iWe/o/lpcna ; I'epiderme de laubergine, applique sur le papier, 
reproduit la forme du fruit ct conserve meme sa coulcur lus- 
tree. — Citous encore un capitule d'ariichaut prepare de facon 
a en donner Icxacte physionomie, nonobstant la suppression 
de toute saillie genante. 



— 15 — 

nantc. C'est, evidemmeiiti grace aux conditions d'un 
tel procede de collage que cette precieuse collection 
est parvenue jusqu'a nous dans Uil ^tat de tres satis- 
faisante inlegrite. 

Les planles conservecs dans les deux premiers 
volumes de I'herbier portent presque toujours un 
nom inscrit au-dessous de rechanlillon ; beaucoup 
en out deux ; quelques-uncs, plusieurs. Celles qui 
n'ont pas recu dinscription sont en tres petit 
n ombre. 

Des qu'on ouvre ces deux volumes, on s'apercoit 
quo les noms out ete ecrits a des epoques et par des 
mains dillerentes. 

II est facile neanmoins tie discerner quelles sont 
les annotations qui out ete apposees en premier lieu 
par Tauteur de I'herbier. 

Pour un certain nombre d'especes, au-dessous du 
nom inscrit par lui etqu'ilavait parfois accompagne 
dune courte rellexion, un autre nom a ete ajoute 
par une autre plume, quclquefois aussi avec une 
breve observation. Les noms ajoutes apres coup 
appartiennent a deux ecritures distinctes. Nous 
tirames aussitot du fait ainsi constate cette conclu- 
sion : c'est que RauwolfT avail soumis son lierbier 
a deux botanistes dont il tenait a prendre I'avis au 
sujet de ses propres determinations. Et les noms 
inscrits en second lieu devaient elre ceux que les 
confreres consultes avaient proposes comme 
preferables. 

L'ecriture premiere, que nous avions des I'abord 
regardee comme celle de Leonard RauwoHf, nest 
pas toujours idenlique a elle-meme. Cette circons- 
tance n'a rien d'etonnant. II n'est personne dont la 
facon d'ecrire ne subisse avec le temps des modifi- 
cations. Get autre fait marquait evidemment que 
RauwolIT, revoyant et rctouchant son lierbier en 
des temps diiferents, avait lui-meme complete ou 
corrige ses propres annotations. Le jour qu'il recolta 



- 16 - 

h'Wc |)lanlo, il ncn savait pas le nom ; il le decouvre 
plus tnnl ct aussilol il linscril. A telle autre il avait 
ap|)litiue unc (kMiouiinalioii (lu'ullerieurement il 
juf^e ini'xaeto: il la rcinplaee. Ccs cliaiigenuMils out 
ele opiMrs |)ar lui a diverses epoques el quelquelois 
a (les intrrvalles eloignes (1). 

Lhorhier lui-uienie devait, au reste, nous fournir 
la prcuve (jue nos suppositions etaient londecs, et 
(|ue rreriluiT, conjecluralement attiibuee par nous 
a l{au\v()lir, I'tait bien celle de ce botaniste. 

Les trois prtMuiors volumes sont chacun pourvus 
dime table, placc'C a la tin el donnant la lisle com- 
plete des plautes eontenues dans le volume, avec 
renvoi au\ pages numerotees. Ces tables sont de 
Teeriture (pie nous avions jugee celle de RauwollT. 

I.a table du premier volume porte comme litre : 
(vATAi.ociLS Plaxtaulm qucv ill koc contiiientiii' libro: 
clle sc termine par le mot Finis. 

La table du second volume est intitulee : Index 
Plantauum (jiiie in hoc continentur libro. Elle se ter- 
mine aussi par le mot Finis. Mais comme au-des- 



(1) ^'()ici uii cxcmple rcmarquable de ces ameliorations suc- 
cessives. apportecs par RauvolfF a son lierbier : 

A la pajfe 84 du premier volume, il avait insere le Samolus 
Valenindi. Mais comme cette plantc lui etait alors inconnue. il 
ninscrivit aucun nom au-dessous de I'echantillon. Quand, en 
ir)()4. il dressa les tables de cliaque volume, ainsi que nous I'ex- 
piiciuons un ])cu jjIus loin, le nom n'etait point encore parvenu 
a sa eonnaissance ; aussi, a la table, en regard du cliiffre indi- 
catif de la page 84, il laisse une ligne en blanc. Longtemps apres 
la confection des tables. Rauwolff finit par decouvrir un nom 
qui paraissait s adapter a son ecbantillon de la page 84, et aussi- 
tot il y ecrit : a Anagallis tertia Lobelii ». EtTectivement, dans 
le Stirpinm Obacrvaliones. Matbias de Lobel a representc le 
Samolus sous le nom d'Anagallis tertia. Or louvrage de Lobel 
iiayant paru quen 1576, ce n'est que postericuremcnt a cettc 
date que Rauwolff. — qui, dans I'intervalle, etait alle en Orient. 
— put rouvrir son berbier. comparer son ecbantillon innomme 
avec la ligure (.h'sObservutioncs, et, satisfait de la resscrablancc, 
ecrire au-dessous : « Anagallis tertia Lobelii r>. 



— 17 — 

sous de ce mot il restait un espace vide, le redacteur 
de rindex y a inscrit cette mention : 

Leonhartus Raiiwoljf D. 

fecit A. S. 1564 

et absoluit. 

Et immediatement apres, pour expliquer les blancs 
laisses ca et la, correspondant a des plantes dont il 
n'avait pas encore decouvert Tidentite, il ajoutait : 

Spatia mimeris siiis relicta, 
plantas minus cognitas designant. 

Les tables etaient done bien, — comme il avail 
ete, d'ailleurs, tout natuiel de le supposer, — I'oeu- 
vre person nelle de RauwoltY ; et nous avions des 
lors, pour acqucrir certitude au sujet d'un grand 
nombre des annotations de I'lierbier, une piece de 
comparaison absolument authentique. 

L'examen de ces deux tables nous lit fiiire une 
autre decouverte. 

Nous avons expose un pen plus haul comment 
nous etions arrive a cette conviction que RauwollV 
avail soumis au controle de deux botanistes amis 
les denominations par lui-meme appliquees aux 
plantes de son lierbier. Chacun de ces botanistes 
possedait une ecriture Ires caracterisee et ne pou- 
vant etre confondue avec aucune autre. L'un des 
deux etait intervenu beaucoup plus souvent, et dune 
ecriture menue, — de veritables pieds de mouche, 
— avail inscrit un nom tout ditlerent au-dessous de 
celui primitivement choisi par RauwoltT. 

Or, nous nous apercumes ([ue presque loujours 
celui-ci avail accepte la substitution. En confection- 
nant ses tables, il avait, dans la plupart des cas, 
sacrilie son opinion personnelle, pour adopter le 
nom nouveau propose par le correcleur. 

2 



— KS — 

Ci' Inil (lisail t'lo(|iieinnu'nl que rami consiille lut 
MM Itolanislc oil i^raiul iriioni el donl raulorile 

s imposail. 

Nous cimu'S, avanl do (|iiillc'r Lcydc, la bonne 
lorliiiu' (1(> (lecouvrir (|iiel elail ee bolaiiisle. 

Adiiiis (I'line laeon fori ()l)lii;;eanle a I'aire des 
ivcIumtIu's a la Hibli()lhe([iie do I'Universile, nous y 
liouvaines, dans unc collection d'aulographes pre- 
ciru\ (jui' possi'de eel elablissenienl, une lellre 
adivssee en l.')(S4 jiar Leonard RauwollTa diaries de 
rKscluse. (|ui residail alors a Vienne (1). 

I.e dcslinalaire de la lellre, rilluslre Clusius, avait 
riiabiUide d'annoler exlericuremcnl ies correspon- 
dances quil recevail, mar([uanl, ainsi que le font 
Ies }^ens soigneux, la date d'expedition, celle de la 
reception el de la reponse, etc. 

Avanl menie davoir deploye la lellre de Rauwolff 
nous ai)prenions ainsi ([uel etail Ihonime qui avait 
annote el corrige rherl)ier : c'etait Charles de TEs- 
cluse. II n'y avail plus a selonner que Dasylycus 
cut accueilli avec tant de deference Ies avis du bota- 
ni^te universellement regarde comme le prince des 
phytographes du xvi*^ siecle. 

Rauwolllavait-iljeu raison de s'eiracer ainsi devant 
Charles de I'Escluse, el quelle elait sa valeur propre 
comme botaniste? 

Les enonciations de son herbier vont nous edilier 
a cet egard. 

La premiere chose quelles nous revelent, c'est que 
Leonard Rauwollf ne fut point un orgueilleux. La 
modestie est une vertu qu'il faut louer partout oii 
elle se rencontre, mais particulierement chez un 
savant. La science, en effet, tend a susciler Torgueil, 



(1) Nous nianquerions ii un devoir de reconnaissance si nous 
laissions echapper cette occasion de reniercicr de son bienveil- 
lant accucil M. le docteur Moliiujsen, conservateur de la liiblio- 
theque universitaire de Leyde. 



— 19 — 

qui engendre la presomptioii, et celle-ci est mere de 
Terreur. 

On pent affirmer, apres exameii de I'herbier, que 
la presoniptioii ne Tut point le defaiit de Rauwolif. 
En general il se contente, quand il a fixe un echan- 
tillon sur la page blanche, d'y ecrire le noni an has, 
si ce nom lui est connn. Et nous proclamons tout de 
suite que, dans la plupart des cas, il a donne tres 
exactement aux plantes de ses recoltes les denomi- 
nations qui devaient leur etre appliquees d'apres la 
nomenclature du temps. 

Mais si, an moment d'attribuer un nom a une 
plante, il epiouve lamoindrc hesitation, il Texprime 
aussitot en toule franchise, a I'aide de formules 
diverses, qui sont les suivantes : « Pent -etre... — 
Cette plante parait etre... — Celle-ci pourrait etre 
appelee... » Ainsi, pour le Filago Germanica, il ecrit : 
« Forte Gnaphalii species » ; pour le Coronillnjuncea : 
« Videtiir esse Ornitopodiiim » ; pour VAlyssiun mari- 
timiim : « Nasturliiim posset vocari » ; et pour une 
autre planle maritime on il croit voir une Laitue : 
(( Laciiicam marinam possmniis vocare ». 

A son arrivee a Montpellier, il est encore bien 
inexperimente. II apprend de ses condisciples ou de 
ses maitres le nom de quelques-unes des especes 
qu'il recueille. Mais il n'accepte pas aveuglement 
ces indications ; el s'il n'est pas certain que le nom 
qu'il entend prononcer soit le bon, il marque sim- 
plement que tel nom est celui qui a cours a Mont- 
pellier. II dit du Reseda Phyteiima: a Phiteiima Mons- 
pellieuses vocaut » ; et du Jasminiim fruticans: a Pole- 
moniiim vocant Monspelii. » Quclquefois il approuve 
la designation qui lui est apprise ; ainsi pour VAste- 
risciis spinosiis (i. G. il note : « Aster Atticns Monsp. 
Non male mihi videtiir coiwenire descriptioni. » Pen 
a pen son education botanique se complete : le temps 
\ient ou il acquiert assez d'experience et d'autorite 
pour condamner une denomination qu'il Irouve 



— 20 — 

(MTOiU'O. II c'xprline ainsi son opinion h propos dii 
St'seli torlnosiiin: « M cum vacant falso, mco jiidicio^; 
vl dv VOhiont' porltildcoides : « Ilalinnim qiiUnisdam, 
scd f<dsd, meo judicio ». 

Dailloins il Iravaiilr siMicniscmenl. II consulle les 
oiivragos (le l)olani(|iu' (|ui onl pani. II compare ses 
(■■I'hanlillons avec ics (li'scriplions on les figures de 
Hiu'Kde Fiichs, de Mallhiole, de Cordns, de Dodoens, 
de Gesner. dAnj^uillara. Soiivent, pour telle espece, 
il elablil la synon\ inie el fait concorder les denomi- 
nalions qui emanent de divers aulcurs. 

Nous avons indicjue plus haul qu'il revisa lui- 
nuMue son herbier a plusieurs reprises. Un certain 
nond)re de pages contienncnt deux noms, quelque- 
fois trois, ecrits de sa main, mais a des epoques 
dilVerenles, ainsi que I'ecriture en temoigne. 

Parfois il prenail soin de marquer, au moyen d'une 
ainiolalion speciale, que dans sa pensee le nom 
(luil inscrivait n'etait que provisoire. Ainsi, pour 
noire Arislolochia Cleinalilis. il rajjpelle « Aristolo- 
chia Clcimdis » et il ajoute immedialement : « si alia 
nan dcsiynalnr ». 

Celle phrase semblait etre une interrogation 
adressee au hotaniste eminent, (Charles de I'Es- 
cluse, par lequel il se proposait de faire controler 
son travail. 

Ses rapports avec cet illustre confrere achevent de 
montrer combien RauwolfT etait modeste. 

Nous avons deja fait connaitre avec quelle docilite 
il avait presque toujours accepte les changements 
de noms operes par Clusius et comment, en redi- 
geant les tables, il y avait porte de preference les 
denominations nouvelles que celui-ci substituait 
aux premieres. 

Beaucoupde cespretendues rectifications netaient 
pas heureuses, et certainement la revision de Ther- 
l)ier Hau\volfl"n"ajoutera rien a la gloire de Charles 
de lEscluse. Le plus souvent les noms choisis par 



— 21 — 

Ramvolft etaient prc'feiables aiix nouveaux, ct s'ac- 
cordaient bicn micux avec la nomenclature du 
temps, voire meme avec celle d'aujourd'hni. 

Nous pourrions, pour justifier notre affirmation, 
multiplier les exemples : 

Ainsi : 

Au-dessous d'un specimen de Medicago marina, 
RauwoUT avail mis : « Tri folium mariniim vel Medica 
marina » ; Clusius ecrit : « Cytisi species » ; 

Pour designer notre Raniincnhis aquatilis, Rau- 
wolffdisait : « Raniincnli aquatici species » ; la recti- 
fication de Clusius porte : « Mijriophijlhim primum » ; 

Le Chlora perfoliata etait pour RauwolfT « Perfo- 
liata hitea » ; elle devient pour Clusius « Ascijri 
genus » ; 

RauwolfT appelait « Pancratium >> le Pancratium 
maritimunj ; Clusius en fait un « Hemerocallis » ; 

Le nom de « Thora venenata » designe, dans 
riierbier de RauwolfT, le Ranunculus Thora; Clusius 
declare que c'est un « Aconitum » ; 

A raison de ses analogies avec le Teucrium Scor- 
dium, que les floristes du xvr' siecle prenaient pour 
le « Scordium » de Dioscoride, RauwolfT donne le 
nom de « Scordium alpinum » au Teucrium Scorodo- 
nia ; Clusius le Iransforme en « Sphacelus « ; 

Le Mercuricdis tomentosa, auquel RauwolfT appli- 
que la denomination, alors en usage, de « Phijllon », 
est appele par Clusius « Polium maximum » ; 

Le Lithospermum arvense est, aux yeux de Rau- 
wolfT, une w Kchii species » ; Clusius y voit « Milium 
solis syluestris » ; etc., etc. 

Nous avons cite plus haut quelques-unes des 
notes dans lesquelles RauwolfT exprimait un avis 
relatif au merite des noms attribues a certaines 
plantes de son berbier. 



— 22 — 

On V iKuivi' :Hissi dos aiinolalions qui onl iiu 
aiilii' (tl)ji'l. 

I'our (|ii(l(|iu's I'sprcrs, il a rorimilo dos ol)scM-va- 
lioiis d'ordii' in()r|)lu)l(\i^i(|iu'. II sii^nalc de prete- 
ri'iu'o k's caraclcTc's {|iii dispaiaissonl a|)ros la dcs- 
sict-alioM. II inaniuo. i>ar cxeiiiplo, que \'Aliis<ium 
iniiriliniiim a dcs lli'urs odoiaulcs, et lo Daphne 
(inidiinu di's hairs d'uu jauue biillaul ; que chez 
Vluiphorhid I^'plis, « scmina sub foliis lalitant. simi- 
li<t scmiiuhiisdlhiiiuiloinmA't sixirgnntsepcr terrain ». 
II rciil an-(k'ss()us d'uu rauieau iXEphedra disla- 
chil(t : « linhns niariiuir, a rnslicis vacatur. Dulcis fruc- 
lus fcri' siniilis maris. Frutc.v luilde astringens, carens 
fat lis. n 

('I's auuolalious uioutieul qu'il etait bon observa- 
U'ur, c[ nous dcvons regreller qu'il lie Ics ait pas 
uudlipliees. 

II a ele plus sobre encore d'iudicalioiis relatives a 
riiabilal. Nous u'avons pu en relever que deux. II 
(lit du Xcpeta Cataria : « In arvis nascitur » ; et du 
Mc(lica<i() scuteltata : « In Gallia Narbonensi reperta. » 

Nous uavons trouve aussi que deux observations 
ayaiil trait aux proprietes medicinales des plantes. 
II donnc la synoiiymie de YEpilohium paruiflorum 
ScliriO)., et entre autres iioms il cite celiii de « Herba 
Sancti Anlonii, » qu'il explique ainsi : « Quod morbo 
Sancti Antonii niedelur (1). » — A propos du « Po- 
lium nwntanum mare » (Teucrium Polium L.), il 
assure que « d'apres Rondelet, celui des Alpes est 
plus cilicace ». 

Enfin, pai'iiii les inscriptions de I'herbier, il en 
est une dont la decouverte nous occasionna la plus 
vive satisfaction. 

Dans Tetude que nous avons consacree au Stir- 



(1) Cost lerysipelo que Ion nonimait aloi's maladic de Saint- 
Antoine. 



— 23 — 

piiim Adversaria (I), nous ^xon?, etabli que cet ou- 
vrage celebre, signe des deux noms de Pierre Pena 
et Mathias de Lobel, n'etait pas roeuvre personnelle 
dc ce dernier, comme on le croyait generalement, 
mais qu'il avail eu pour principal auteur le Pro- 
vencal Pierre Pena, et que ce fut celui-ci qui, nolam- 
inent, decrivit et dessina toutes les plantes de la 
llore meridionale. 

L'herbier RauwolIT' nous a fourni, a I'appui de 
celte these, un argument nouveau et bien inattendu. 

Le second volume contient un echantillon de 
Crepis balbosa Cass. L'inscription, dont Tecriture est 
bien celle de RauwoIfT, porte : « Condrilla pusilla 
marina lutea bulbosa Petri Pen^ » et cette annota- 
tion est anterieure a 1564, date de la confection de 
I'index, puisque nous y trouvons inscrite la meme 
appellation, un pen abregee : « Condrilla pusilla 
marina. » 

Le Crepis balbosa est decrit et figure dans le Stir- 
pium Adversaria, et il y porte exactement le meme 
nom: « Condrilla pusilla marina lutea bulbosa. ^) Le 
Slirpium Adversaria n'a paru qu'en 1571. RauwoIfT 
connaissait done, sept ans au moins avant la publi- 
cation de I'ouvrage (2), le nom cree pour cette Chi- 
coracce non point par Mathias de Lobel, ni meme 
par les deux collaborateurs, mais uniquement par 
Pierre Pena, ainsi que le declarait dune maniere 
expresse le botaniste d'Augsbourg. Preuve eclatante 
qu avantde rencontrer Lobel (a Montpellier en 1565), 
Pena, s'etant deja occupe de la flore meridionale, 
avail pourvu d'un nom, dont il etait le seul auteur, 
certaines especes inconnues jusque la. 

Comment RauwolfTavait-il eu connaissance, ante- 



il) La Botaniqiie en Provence an XVI" siccle ; Pierre Peiid ei 
Mathias de Lobel. 

(2) L'annotatiou du Crepis bnlbosa remoutant certainement a 
1561 ou 1562, nous devrions dire nenf ou dix ans. 



— 24 — 

rieurenionl a I'nniu'i^ lolU cl si lonj^lemps avanl la 
j)ul)lii"ali()n »U's Adncrsctria, (hi noin donne par 
Picni' PcMia an ('rcj>is bulbos(r? 

A i-olU' (iiu'slion nous ne pouvons rcpondre que 
par (k's conjiH'luros. 

I)rii\ cas soul possibles: 

RauwoUT, ail coiirs de sos perogrinalions on Pro- 
voiu'c ou en Ilalie, aiirail reneontre Pierre Pena et 
none avec celui-ci des relalions damilie. — Ainsi 
([lie nous avons eu ailleurs I'oeeasion de le demon- 
Irer, il resulle dii lexle ineme des Adversaria que 
Pena avail eonsacre un lemps assez long a explorer 
la Provence. De son cole, RauNvollT, eludiant aMonl- 
pellier, elail sans doule venu plus d'une fois en ce 
nieme pays. — El, d'aulre part, un passage des Ad- 
versaria que nous altribuons avec certitude a Pena 
nous apprend que celui ci se rendit a Verone en 
l")l)ll Or, nous avons vu plus haul que Verone est 
line des villes que Rauwoltf visila celle annee-la. Les 
deux I)otanistes auraient done pu Her connaissance 
en se rencontrant soil en Provence, soil en Ilalie. 

Ou bieii RauwolfT, etant venii une premiere fois a 
Marseille dans la periode Iof30-lo62, y serait entre en 
relation avec le pharmacien Jacques Raynaudet, et 
cctte seconde hypolhese est tres plausible. II a parlc 
de Raynaudet dans le recit de son voyage en Orient. 
II le frequenla assidument quand il revint en 1573 a 
Marseille pour s'y embarquer. Rien de plus naturel 
que de supposer qu'il le connaissait deja, pour I'avoir 
vu oiize ou douze ans auparavant. Des ce temps-la 
Raynaudet herborisait avec ardeur, il s'c4ait i'ait une 
reputation comme botaniste, il avail des rapports 
avec des personnages qui furent les amis de Rau- 
^vollT: Jean Bauhin et Conrad Gesner. On peut done 
admettre que lors de sa premiere arrivee a Marseille, 
RauwolfF avail tenu a connailre le pharmacien mar- 
seillais. Or une etroite amitie existait entre Pierre 
Pena et Raynaudet. Celui-ci, qui devait avoir dans 



— 25 — 

son lierbier des exsiccala determines par Ic futur 
auteur des Adversaria, avail peut-etre montre a Rau- 
wollTle Crepis biilbosa en I'instruisant des noms que 
Pena donnait a celte plante (1). 

Quelle que soit, du reste, I'explication qu'on en 
puisse donner, le fait est constant : le nom de Pierre 
Pena, — cite comme createur de Tune des especes 
qui ligurent aux Adversaria, — a ete inscrit par 
RauwoltY, dans son herbier, en I06I ou 1562. El 
c'etail pour I'apologiste de Pena une rare bonne for- 
tune que de Irouver a Leyde une preuve aussi deci- 
sive du bien-fonde de ses revendications en faveur 
de I'auteur meconnu du Stirpiiim Adversaria ! 

Nous allons maintenant faire connaitre quelles 
sonl les planles contenues dans les deux premiers 
volumes de I'berbier. Nous rappelons que d'aprcs 
les enonciations du fronlispice, — redige en termes 
identiques pour les deux volumes, — les exsiccata 
auraient pour provenance Geneve, Lyon, le Dau- 
pbine, I'Auvergne, le Languedoc et la Provence; 

(1) Pierre Pena declare dans les Adversaria (p. 83) quil trouva 
son Condrilla piisilla marina au pied de la colline de Cette, siir 
le hord des etangs sales qui lavoisiiient. Personne en Italic, dit- 
il, ne connaissait encore cette plante : » In Italia doctiorum 
nulliis se vidisse nos monuit, neque vidimus ipsi alio loco 
t|uam secus insulam et lacustres tractus, Montis Cceti Narbonte 
ad piscatoruni attegias. » — RauwolfT avait peut-etre cueilli a 
(k'tte Texemplairc de Crepis hnlbosa conserve dans son herbiei-. 
Mais nous croyons plus probable quil rapporta cette planto dc 
Marseille: ellc nest point rare dans les sables maritimes. et 
Haynaudet put lui en indiquer la station.— Quoi qu'il en soit. 
la presence du Crepis bulbosa dans I'herbier de Leonard Rau- 
wollV anterieurement a 15(53, avec un nom deja cree par Pena. 
confirmc une liypothese que nous avions formulec dans notre 
ouvrage precite (p. 174, note 2, et p. 17.'), note 1), a savoir que 
Pena ctait vcnu a Montpellier et avait herborise dans le Lan- 
guedoc a une cpoque qui prcceda son voyage en Italic, doii il 
revint en I'lfi.") pour .s'inscrire officiellement comme etudiant a 
la celebrc Universite. 



— 26 — 

nous ;i\()ns cxprKjiK' coiniiKMil il I'luit oiilendre ces 
imlifnlions gi''()j^r;i|)hi(|iu's, on Ics roslrcigiianl (runo 
miniiiTc;! pi'U pic's i'\cliisi\ c an Lanifuodoc vl a la 
I'idvriu'c. 

llnlic la llorc dc la Pioncmk'c ol cello dii Laiiifiio- 
doo il oxislo, oomino on sail, uno aflinilo li-os f^i-ando. 
Miiiinu' I'sl done k" noinhro dos os[)ooos oxclnsivo- 
nuMil indigoiu's vu run(M)u laulfo dos dcu\ provin- 
cos. Nous oonmionoorons [)ar donnor le court relovo 
dos planlos pour los(|uollos il nous a paru coiiain 
(pio Rauwolll" los ronconlra uniquonionl sur lo loni- 
loiio soil do la Provence soil du Languodoc. 

Four los aulres ([ui, en Ires grande majorite, 
apparliennenl siniullanement anx deux flores, nous 
n'avons, — a doiaul d'indicalions precises d'liabital, 
quo RauwollTn'a pas donnees, — aucun moyen de 
savoir quels sont les echanlillons qu'il prit en Pro- 
vence on ceux que lui iournit le Languodoc. 
Cello distinction naurait d'aillours qu'un interet 
secondaire. 

Nul ordre special n'a ete stlivi poitr I'insertibn des 
planlos dans chacun des volumes relies ; olios 
paraissent avoir ete placees les lines a la suite des 
autres an liasard des recoltes, et sans que notre 
botanisto ait eii la pensee de so livrer an moindre 
essai de classification (1). 

All lieu do donnor, en un soul bloc, telle quo nous 
I'avons extraite des deux premiers volumes de 
riierbior. la lisle des especos communes au Lan- 



(1) Neanmoins Raiiwolff, cedant parfois, et peut-etre incons- 
cicmment, a un bcsoiu de coordination qui est inue cliez 
riiomme, a groupe certaines plantes affines. C'est ainsi que Fon 
trouve, se suivant dans son lierliier, trois especes de Fiimaria, 
trois de Cjsfus, quatre de Lathynis, quatre d^Aristolochia, etc. 
h'Erijngium maritimiim est place a cote de YE. campestre. On 
voit aussi d'assez longucs series d'ecliautillons appartenant a 
quelqu'une des families naturelles les mieux caracterisees : 
Cruciferes, Papilionacees, Synantherees, Orchidees, etc. 



— 27 — 

giiedoc et a la Provence, nous avons mieux aime, 
afin (le la rendre plus attrayante, la scinder en 
series diverses, etablies d'apres les conditions de 
Stat. 

Nous inscrirons cnsuite les plantes spontanees 
qui, n'apparlenant pas a la flore occitanienne on 
provencale, out certainement ete cueillies par Rau- 
wolff, en dehors de la Provence on du Languedoc, 
dans Tun quelconque des autres pays enunieres sur 
le frontispice. 

Nous dresserons enfin, sans indication d'origine, 
une liste particuliere des plantes cultivees (dans 
les champs ou les jardinsj, dont Therbier contient 
un assez grand nombre. 

Nous avons expose plus haut les raisons qui ren- 
daient parliculieremenl difficile la determination de 
certaines plantes de Therbier RauwollT. Quelques- 
unes sont res lees tout a fait impenetrables. Pour 
d'autres le genre seul a pu etre reconnu avec certi- 
tude. L'identite specifique de celles-ci demeurant 
indecise, la nature de leur habitat ne pouvait etre 
lixee. Nous devious done les exclure des series diver- 
ses distribuees en conformite des exigences phytos- 
tatiques, et nous contenter d'indiquer les genres 
auxquels elles appartiennent. Ce sont les genres 
Fiimaria, Sisymbrium, Arabis, Iberis, Thlaspi, Medi- 
ccKjo, Melilotas, Trifolinm, Pastinaca, Bupleurnm, 
Trayopogon, Primula, Cyclameu, Fraxinus, Lilhos- 
permum, Verouica, Orobanche, Orchis, Ophrys, 
Car ex. 

Sur les diverses listes dressees en conformite des 
categories que nous avons etablies, 11 nous a paru 
inleressant d'inscrire, en regard des appellations de 
la nomenclalure moderne, les noms que le createur 
de I'herbier avait adoptes (1). 

(1) Lorsque divers noms auront etc successivement inscrits 
au-dessous des echaiitillons, nous reproduirons celui que Rau- 



— 28 — 

L;i premiere* lislo compriMul sopl esiiecos (juc 
H:ui\v()IIT;ivail riH'iuMllii's siir lo lerriloirc provcncal: 

Ilclioplun's (1). Helianlhcimiin lavanduhv- 

Ibliiuii DC 
Tnuiacdiillia. Astragalus Massiliensis Lnik. 

(hniUwpodium (2|. (loronilla Juncoa L. 

(iliicjirrhizd .-■////'('«///.%• (15). Onohrycliis supina !)("-. 
Scseti Pclu/wiicsidciim (4). Thai)sia villosa L. 

woKT a\;ut dcfinif i\cment clioisi jjoiir Ic fairc fi^urcr a lindcx 
(|iril (Iri'ssa liii-nu'iiie on iri()4, aiiisi (lue nous lavons expose 
plus haiit. Xous lie citeroiis en note les nonis delaisses que tout 
autaut ([uil y auia, ii les faire connaitre, un interet particulier. 

(1) Get Helianllieme liit trouvc par Leonard Rauwolil" sur les 
collines de la Provence. Le fait est atteste par Jean Hauhin, en 
son Histoire dcs pUtiilcs [i. II, p. 5) : « lieperliis a socio fidcUs- 
siiuo Leonhardo Ramvolff in montibus Provincicv. » La plante 
etait fleurie au mois de inai. Jean Bauhin lui donna dabord Ic 
noni dii Hclidnthcs » ou « Ilelianlhcmiim rccluni : » mais plus 
tard il i)ensa qu'il fallait ridentitier avec le « Cistiis folio Laven- 
dutw, » trouve par Charles de lEcluse en Espagne, ct eest sous 
ce noni (juil la decrite dans son ouvrage. 

(2) Cette Coronille abonde sur les eollines qui cntourent Mar- 
seille. Elle n'est point inscrite dans la Flore de Montpellier, de 
Loret ct Barrandon. 

(3) En inserant cette plante dans son herJiicr, RauwoIfT avait, 
au-dessous, ecrit Ic noni dc « Pohjtjahun (iesncri. a (lesner. en 
ctTet, appelait « Polygaion « VOnobnjchis. Lorsque Charles de 
I'Escluse controla les determinations de RauwollT, il proposa 
" Glycynidza sylveslris, » qui tut accepte par lauteur de I'her- 
bier. Celui-ci, dapres le temoignage de Jean Bauhin, avait 
cueilli cet Onobrychis prcs d' Aries: « Diligens siniplicium inda- 
gator Leonhardus Uauwolffius prope Arclatcni in Provincia 
mense Maio collegit. » (HisL, t. II, p. 3;jri.) 

(4) « Defercbatur nobis, — ecrit Jean Bauhin, — non longe ah 
Arelata in Provincia di Sant-Martin a Leonh. Rauwolflio. » 
(Hist., t. Ill, p. 186.) —A Saint-Martin de Crau. oil existe au- 
jourdhui un village et une station du chemin de fer P.-L.-M., 
il n'y avait, au xvr sieclc, quune petite chapclle et une auberge 
oil s'arretaient les voyageurs qui allaient d'Arles ii Salon. Rau- 
wollT avait fait ee trajet, ainsi que le constate linscription 
initiate de Iherbier : la ville dc Salon y est appelee, com me on 
I a vu. « Chalon de Crau «. 



— 29 — 

Chamcvmehim inariiuim. Antheiiiis secundiraniea Biv. 
(^Sans noni) (1). Teucrium pseudo-chamse- 

pitys L. 

Les especes que nous devons considerer comme 
recoltees par Rauwolff en Languedoc sont les 
suivanles : 

Betonica. Dianthus Monspessulanus L. 

Rhus Pliiiii (2). Coriaria myrtifolia L. 

Chainaiea (3). Cneorum tricoccuni L. 



(1) Rainvollf n'a jamais su quel noni donner ii cctte German- 
dree, qui est une des raretes dc la florule des environs de 
Marseille. Aucun nom n'est inscrit ni sur la page oit I'eclian- 
tilion est fixe, ni a la table oil, en regard du numero de pagi- 
nation, I'.n blanc a etc laisse. C'est a cet eehantillon et a 
(luehpies aiitres dcmeiires innommes que se '-apporte la jjhrase 
finale de lindex du second volunrj: « Spdlia niimeris siiis 
rclicta, planlas miiihs coijnilas deskiiutnt. » — Nous aurions lieu 
d'etre surpris que loracjue HauwoUT fit reviser sou herl)ier par 
(Charles de I'Escluse, celui-ci n"ait pas reconnu la plante ii 
lacpielle, I'ayant rencontree en Kspagne, il donna lui-menie le 
nom de « PhciicIo cliama'pilijs », si nous ne savions que la 
revision de Iherbier, anterieurea la confecti(jn de lindex (1564), 
preeeda aussi le de])art de Clusius pour FKspagne. Ce voyage 
s'efVectua en l.")!)!. \'ers la fin de Tanuee precedente, Clusius 
etait venuii Augsbourg afin de s'entendrc avec Antoine Fugger, 
pere de deux Jeunes gens quil devait prendre pour compagnons 
de route. Ccst evidemment en cette eireonstance que, mis en 
relation avec Leonard KauwolfT, il acccjita de jjasser en revue 
les collections cjue le jeinie dcjcteur en medecine, tout recemment 
rentre ii Augsbourg, rapportait de France et d'ltalie. 

(2) Le premier volume de Iherbier contient deux specimens 
de (]oruiria mijrlifolia, places sur des feuillets ditferents, a quel- 
que distance Fun de lautre. Tons les deux sont inscrits ii la 
table sous le nom de " Rhus Pliiiii ■. Mais dans rherl)ier le 
niemc nom a etc applique la premiere fois en cette forme : 
« Rhus Plinii existimatus », et la seconde fois : « Rhus Plinii 
vocant It. — Dans le SHrpiuni Adi^crsaria, le Coriaria est appele 
« Rhus mijrlifolia Monspclicnsinm ■>. 

{',]) Le Cncoruni tricoccuui, aussi bien que le Coriaria mijrli- 
folia. existe en Provence; mais I'uu et Lautre y sont rares, et 



— 30 — 

Mcdica' !ipccirs(\). Mcdicago sculcllnla All. 

Scoltiinns sjilvcstrifi. ('.ynara Cardunculus L. 

Acanthus {2). Acanthus mollis L. 

Mflinim Mdllu'olo {'A). ("il()l)ulaiin Alypuiii L. 

Aristolocliid loiu/a (4). Arislolochia longa L. 

Dracontiiiin minus (5). Arum Dracuiiculus L. 

I'dinnu' on no Ics y trouve (|ireii dos licux ou il iiapparait pas 
([lie !?aii\vollT soil alio pendant son i)rcniier sc'Joui' dans la 
I'l-ancc nu'iidionale. nous dcvions supposcr quil k-s avait piMs 
aii\ cnvinins dt- Montpellicr. oil ces deux especes sont lieaucoup 
jjIus repandues. 

(1) Leeliantilion inserit sous le noni de '( Mediccv species » 
est aeoompai,'ne de cette mention (pie nous avons eu I'occa- 
sion de eiter un peu plus liaut : « In Gallia Narbonensi 
rcpcrla. > I'ltcrieurenicnt HauwoltT ajouta : « Trifoliiim coclilca- 
luin priiimni Reiuperli Doilonwi ». La nouvelle indication etait 
fort cxacte : c'est ])ien au Medicago sciiiellata All. que Rembert 
Dodoens (Pc7?i/j/. IV, lib. iv) avait donne le noni de Trifoliiim 
covhlcaiiim priiuiim : « Galli hujuscemodi Trifolium Vlierbc au 
liniasson nuncupant », ecrivait-iL 

(2) Le Slirpiiim Adversaria nous apprend que LAcanthe crois- 
sait alors dans dcs vergers dolivlers situes pres des remparts 
de Montpcllier, et aussi en dehors de la Porte Saint-Gilles, iibi 
pharmacopcei coUigerc solebant. C'est vraisemblablement en cette 
station que RauwolfT alia querir le specimen de son hcrbier. — 
h Acanthus mollis existe, tout au moins a Tetat subspontane, en 
divers endroits de la Provence australe. 

(3) Nous Savons d'oif provient le rameau de Globnlaria 
Alfipum qui figure dans la partie de Ihcrbier formcc de 1560 a 
loti'i : il fut pris sur la coUine de Cette. — On en trouve un 
autre echantillon dans le ((uatrieme volume, parmi les plantes 
colligces en Orient. Rauwolff rencontra la Globulaire Turbith 
dans la region du Liban; et en etiquetant le specimen rapporte 
de la. il ajouta : « Reperi et in monte Ceti prope Magelonam, 
Ilerba terribilis vulgo. » Pour lexplication du nom d'Herbe ter- 
rible, donne en Languedoc a cette Globulaire, voir ce que nous 
avons dit dans notre etude sur Pierre Pcna et Mathias de Lobel. 

(4) Plante assez commune dans le Languedoc, trcs rare en 
Provence . 

(5) Au temoignage du Stirpium Adversaria . VArum Dracun- 
culiis, que ce livre nommait » Angiiina Dracuntia », etait alors 
spontaue aux alentours de Montpellier. Nous avons doune 
quehpies details ace sujet dans I'ouvragc dcja cite (Pierre Pena 
et Mathias de Label). 



— 31 — 

Nous abordons maintenant rimportaiite serie des 
plantes qui, ctant tout a la ibis iudigenes dans le 
Laugiicdoc et la Provence, ont pu indifferemment 
etre recueillies par Leonard Rauwolff en I'une ou 
I'autre des deux provinces limitrophes. Mais, ainsi 
que nous I'avons annonce, et de crainte qu'une liste 
trop longue ne devint fastidieuse au lecteur, nous 
I'avons fragmentee en plusieurs series, etablics 
d'apres la nature de la region vegetale a laquelle 
chaque espece s'adapte. 

Dans la premiere, nous avons reuniles especesqui 
usurpent volontiers, bien que spontanees, le sol pe- 
riodiquenient soumis au labour, et qui, d'une lacon 
indirecte, prolitent ainsi, en parasiles, des soins 
donnes par I'homme aux plantes qu'il cultive (1) : 



Nigella sijlvcstris (2). Adonis aulunmalis L. 

.4/? (ilaiicinm ('A). I^»aMiieria hybrkla DC. 
Cnmiimm sylvestre allcnim 

Malhioli. tiypccouni procumbens L. 

Fiimi terra' species. Fnmaria spicata L. 

Eriica major. ' Raplianus I^andra Mor. 

Ernca. Diplotaxis lenuifolia DC. 

Eriica' ypecics. — viminea DC. 

Sijnapi species. Bunias Erucago L. 

Thlaspi species. Iberis pinnata Gouan. 



(1) Nous avons admis siir cette liste quelques plantes qui se 
contentent au bcsoin du voisinagc immediat des terrcs culti- 
vees: lisieres des ehamps, bord des cheniins, ete. 

(2) Le nom de « Nujella sylvestris » est une correction de Charles 
de I'Escluse. Rauwolff avait appele cet Adonis « Anemones «. 

(3) Rauwolff avait ecrit dans Iherbier : « Papaveris cornicu- 
Inti species)). Clusius ajouta : a Aliqui Glauciiim esse piitant ». 
Comme, dans cette note, il n'affirmait pas, Rauwolff, en redi- 
geant la table-, a fait preceder le mot Glaiiciiim de la particule 
dubitativc an. 



— 32 — 



Philcnma Monspcllicnsiiim 

(1). 
Oxis /lore liilco. 
Mciiic(Ujo piirpiirca (2). 

Aphaca. 
Lnthiiri species. 
Lalhijii (lUcra sj)ecies. 
Telephiiun {'M. 
Gimjidii species . 
Cmiccdis. 
Seiietio. 
(hjitiuis. 

Si)iiia sulslilidlis. 
Hieracii species. 
Sonchns hrris. 
Sonclius (ispcr. 
Onohrichis . 
Heliolropinm . 
Solanuin Iioiiensc. 
Ehdine. 

Vri.iciv feel idee species. 
Sijderilis (4). 
S!puj)!ionia Plinii (5). 
.{rislolochia longa Germa- 
iiicd (()). 



Hcscda Pliytcuma L. 

Oxalis corniculala L. 
Modicago falcato-sativa 

Hchb. 
Vicia saliva I.. 
Lathynis C.iccra L. 

— aniuuis L. 
Coronilla scorpioidcs Koch. 
Orlaya platycarpos Koch. 
Turj^cnia hUifolia Hoil'iu. 
Senecio vulj^aris L. 
Onlaurea (>yanus L. 

— solstitialis L. 
Hliagadiolus stcllatus DC. 
Soiichus oleraceus L. 

— asper Vill. 
Specularia Speculum A.l)('. 
Hcliotropium Europivum L. 
Solanum nigrum L. 
Linaria spuria Mill. 
Lamium amplexlcaulc L. 
Stachys annua L. 
Amarantus Blitum L. 

Aristolochia Clematitis L. 



(1) L insirii)tion de I'licrhicr ])()rtc : » Philenma MonspcUienscs 
vacant planlam similem secniidce specici Sesanioidis Fuchsii. » 

(2) Correction de Clusius ; Ramvolff avait mis : « Lofi species »>. 

(3) La piantc avait ete en premier lien etiquetee ainsi : 
« Scorpiuides Mathiolo)) . Gcs denx mots ont ete ensuite bitTes et 
remplaces par ceux-ci : « Telephiiun Fuchsia ». 

(4) Lechantillon est accompagne de ces trois nonis. inscrits 
lun au-dessous de lautre : " Sydcris. — Teti((hil. — Hcrbd 
Judaicu. >i 

(5) Correction de Clusins : le nom inscrit primitivement dans 
Iherbier etait : « Amaianti species vcl Blili n. 

(fi) H Aristolachiu Clenudis. si alia nan designalnr >>. avait 
ccrit l\au\volfT an bas de la page d'berbier. Eii redigeant lindex, 
il a adopte la modification indiqnee par Charles de TEscluse. 



— 33 — 

Tithijmali species helios- 

copios (1). Euphorbia hclioscopia L. 
Tithijmali species. — segetalis L. 

Merciirialis mas. Mercurialis annua L. (fern.)- 
Merciirialis fcemina. — — (male). 

Asphodelus bnlbosus Galeiii. Ornithogalum Narbonense 

L. 

Hyacinthiis. Muscari racemosum DC. 
Hyacinthiis major. — comosura Mill. 

Xyphinm (2). Gladiolus segetum Gawl. 

Phalaris Pliiiii Fiichsii. SetariaverticillataP.Beauv. 

Void, d'autre part, les plantes nombreuses qui 
peuplent les terres incultes. II convenait de les sub- 
diviser en deux categories : celles qui croissent sur 
un sol aride, expose aux rayons d'un soleil brulant, 
et celles qui reclierclient, au contraire, les stations 
ombreuses et fraiches. 

Coninie, tant en Provence qu'en Languedoc, les 
garigues (3), landes pierreuses el seches, occupent 
une vaste etendue,les plantes xerophiles de I'herbier 
RauwolfT formeront la plus longue de nos listes (4) : 

Flammnla. Clematis Flammula L. 

Mclanthiiim. Nigella Daniasccna L. 



■o^ 



(1) Nom propose par C.hisius ; Rauwolff navait rien c-c-rit 
au-dessoiis du specimen. 

(2) Dans Iherbier, Rauwolff avail dabord eerit le nom de 
« Gladiolus » avant celui de « Xiphium ». 

(3) Le mot francais garigiie, ainsi orthographie par Littre, est 
la traduction du jjrovencal garrirjo : celui-ci a pour racine 
(jctrric, nom que les Provencaux donncnt au Qnerciis coccifcra : 
le Chene Kermes, Ijuissonnant et rampant, est, en effet, I'essence 
doniinante dans les garigues de la Provence et du Languedoc. 

(4) Notre liste de plantes xerophiles comprend non seulement 
les cspeces qui habitent les garigues, mais, dune manierc gene- 
rale, toutes celles qui s'accommodent des terrains arides, 
champs en friclie, lieux sablonneux, talus des routes, vieux 
murs, etc. 

3 



34 — 



Papavcr cornicnlalnm. 
Aliisxniu mi mm (1). 
(S;uis iiom). 
Lniuirid hisciihtla. 
(Uslns fa-mimt (2). 
C.islus mas. 
Lndaniim. 
IlcUnnlhcs. 
Alsiiu's species, 
(tcraiiium maludtum. 
(HTdiiiiiin. 
Riild sjilri'slris. 
PlujUircd Mdlh. 
Lcnlisciis (if). 
Tcvchinlhiis (4). 
Smudcli. 
.Spdrlimn. 
Aspaldlus sccundd. 
Trifolinin dnjcnldlnm. 

Lupimis sijlvestris. 

Amynis In lea. 

Meliloti qnavlum gcmis (o). 



(ilnuciuiii navuin Cranlz. 
Alyssiun cainpcslre L. 
Draba imiralis L, 
HiscuUila l;vvij^ata L. 
C.islus albidus L. 

— salvifolius L. 

— Moiispolicnsis L. 
I'uiiiana viscuia Spach. 
('.orasliiiiii Yiscosuni L. 
r>odium nialacoidcs Willd. 

— ciconium Willd. 
Piiila inontana Clus. 
Hhaiiiiius AlattM'nus L. 
Pislacia Lciitiscus L. 

— Tercbinthus L. 
Rhus Coriaria L. 
Spartium junccuni L. 
(ItMiisla Scorpius DC. 
Ari^yrolobiiim Linn?eanum 

AYalpers. 
Lupinus anguslifolius L. 
Ononis viscosa L. 
Trigonclla corniculata L. 



(1) (^cst Cli'.siiis (jui a sulistituc ce nom a celui, primitivement 
inscrit, dc « Thlaspi atujiislifoUa, sive species Alyssi qiiibusdam. » 

(2) Aprc's avoir c'crit lout d'abord, au l)as de rechantillon, Ic 
nom d(.' " (Usliis fcvinina », RauwoliT avail clTace le mot foe mi iia 
qui a etc- onsuite rc-tabli par Clusius. 

(.')) Linscriplion de Iherhier porte : « Lentiscnr, a qua Masti- 
rite. » (^cst unc allusion a colle sortc dc rcsinc nommee inaslic 
que dans Ic Levant on extrait du Lentisque par des incisions. 

(1) L'licrbier contient, sur des pnj^es qui se suivcnt, deux 
rair.caux dc Tci'cl.Mntlic. Le second monlre, avcc cette annota- 
tion : « Excrc^ccuiia Tercbinlhi », Ics cxcroissanccs, semblables 
a des gousses, que produit la piqure dun inscctc, un Aphidien 
du gcure Pemphigus. 

(5) L"annotation de rechantillon est ainsi concue : « Meliloli 
qnartum (jeuns, sive Ilalica Fiichsii. Oliin Saxifraqa liilen. « Ces 
trois derniers mots out eteensuite bifles. Dans son De historia 
siirpium commentarii insiijnes, Leonard Fuclis avait effective- 
ment represcnte, sous le nom de Melilotiis Itdlica. noire Trigo- 
nclla corniculata. 



35 — 



Trifolii species (1 1. 

Trifolinin lidcniv. 
Doriciiiiiin. 

Auricula nuiris (2). 
A s t rag alas Monspclii. 

Tri folium bilnminosain (3). 

(Sans nonii. 

Lathyri speries minor. 

Scorpioides (4). 

Ornithopodium ('•)). 

Cncumer asinimis. 

Paronichia. 

Hcrniaria. 

(Sans nom). 

Gingidinin Fachsii. 

MyrrJus sylveslris (G). 



Trifolium stollatiim I.. 

— angustifolium L. 

— canipcstrc Schrcb. 
Dorycnium suITruticosinn 

Vill. 
Bonjcania hirsuta Rchb. 
Astragalus Monspcssula- 

nus L. 
Psoralea bituminosa L. 
Lathyrus sphoericus Retz. 

— sclifolius L. 
Scorpiurus subvillosa L. 
? Hippocicpis comosa L. 
Ecballiuni Elatcriuni Ricli. 
Polycarpon tetraphylluni L. 
Hcrniaria incana Lnik. 
Saxifraga Iridactylites L. 
Orlaya grand iilora Hoirni. 

? Torilis Hclvclica (inicl. 



(1) Ccttc :i])iK'llaU()n sjippliquc aux deux cchantillons de T. 
stellatiini ct T. (tngnstifoUnm, qui out (ite colics siir la nicnic page. 

(2) « Aiivicidii maris » est le nom designc' par Charles de 
rEsclusc. Rauwolif avait mis : « Pes Icporis ». 

(,'5) I^e Psoralcd figure deux fols dans riierbicr, sous Ic mcme 
nom de " Trifolium Inlnminosnm »; mais au has du second 
exemplaire, Rauwolft' a posterieui'enieni ajoute ees deux r.iols : 
« aspiiallites, [(vlidiim •>. 

(4) I>"auteui' de riicrbier naccepta ])oint, i)our cettc Pajiilk)- 
nacce, la rectification proposec par (Charles de rEscluse. 11 
avait tout d"aI)ord ccrit lui-nieme nu-dessous de la plante : 
« Scorpioidirt species » : (-iusius mit ensuite : i' Lagunis ». Mais 
en dressant son index, Rauwolft" se decida pour « Scorpioides ». 

(-■)) L'echantillon n'ofVrant ni innorcsccnee ni fruclitlcation, 
on ne peui dire de iaeon certainc s'il appartient a Vllippocrcpis 
comosa L. on a VH. gUtiica Ten., c?i)cce asscz commune dans 
la region du Midi. 

(()) La mention suivante accompagne lYchanfillon : « CaiicaUs 
vulgaris quibusdam. Mgrrhi^ sijlvcslris nunc I'uclisio, ni fallor ». 
Cette reserve etaic j)rudentc : RauwolfTse trompait en efl'et. Sous 
le nom de « Mijrrljis sylveslris >i, Fuchs (op. cit.) a represenle 
VAnihriscns sijlvcslris Pers. {ClucrophijUum sijlvestre L.) Rieli 



- 36 — 



Fcriild minor, 
lurnicnluiu l()rliu).<um (1) 
l-:iai)hohosciini. 
Hnjtujiuin ccnliim capiUt. 
lUibia inajor (2). 
(Htllium. 
PoU'iuoniiiiu i'A). 
V//v/(f (lurni. 
C.liriisocoinos sjx-cics (4). 
Aslcr Alliens pnrpnrcns. 
Arlhcinisia nionoclanos. 
x\.slcr Alliens Intens (.")). 
Conijza major. 
Sto'chas cilrina. 
Gnaphalinm. 
Acanllms sijlueslris (G). 



Ferula nodillorii L. 
Scscli lortuosiim L. 
l^ui)leiiruiii rij«i(iiiiii L. 
Krvn^iiim c'am])c'slr(' L. 
Huhia pcr('i*rina I.. 
Galium corruda-ioliuni Vill. 
Ccntranlhus ruber DC. 
Soli(laf*o virga aurea L. 
Phas^nalon sordiduni D(-. 
Aster acris L. 
Senecio viscosus L. 
Asleriscus spinosus G. G. 
Cupularia viscosa G. G. 
Helichrysuni Sta'clias DC. 
Filago Gernianiea L. 
Echinops Ritro L. 



([ue Ic specimen de riierl)ier soit, conime tant d'autres, en etat 
inconiplct. nous pouvons affirmer qu'il n'appartient pas a VAn- 
Ihriscns si/Incstris ; nous avons eru y reconnaitrc Ic Toiilis Hel- 
vclica, plaute tres commune dans le Midi dc la France. 

(1) Rauwolff avait. en premier lieu, annote de cette manierc 
son echantillon de Seseli : « Meiini vacant, sed falsb, mco jndi- 
cio. Alias Fa'nicuhini ». Plus tard il ajouta : « Monspclii vocaiii 
Fa'niculum lortiiosiun >\ et c'est cc dernier nom quil transporte 
eusuite a I'index. — Quelqucs-uns des phytographes du xvi" sie- 
cle croyaient avoir retrouve dans cette Ombellifere la plante (|ue 
Dioscoridc appelalt Seseli dc Marseille et a laquelle il attrihuait 
une merveilleuse efficacite pour la guerison de certaincs maladies. 

(2) La'plante ne portait point de nom dans riierbier ; celui de 
i< liiibia » fnt indique par Charles de TEscluse. RauwollT ajouta 
le mot « inajor » quand il fit scjn index. 

(3) Le nom de >i Polemoninm » est dii ii Clusius; RauwoliT, 
embarrasse, n'avait pas etiquete son echantillon. 

(4) Denomination encore suggeree par Clusius. RauwolfT, ne 
saehant quel nom donner ii cette plante, s'etait contente 
d'ecrire : a Herba odorata ut Stcechas cilrina." Clusius ajouta : 
« Crijsocomos ea species videlur. ■» 

(5) RauwolfT, apres avoir ecrit au-dcssous de lechantillon : 
(' Asler Alliens Monsp.n, avait ajoute cette retlexion : a Xon 
nude mihi videlur convenire descriplioni.v 

(6) Rectification de Clusius. RauwolfT avait mis : « Carlina 
Monspelii, flore cccruleo. » 



37 



Cardiins Maria'. 
(Sans noni). 
Eriiigii species (1). 
Cyani species. 

Cnici species. 

Sesamoides parviim (2) 
Hieracii species. 

Tragopogon. 

Chondrillar species. 
Piilmonavia Italica. 
An Hieracii species. 
Glohnlaria. 
Rapiuicahim (3). 
Ericce species alia . 
Ericas species. 
Erica' species. 
Syinphylum petrceum. 
Philhjrea Monsp. (4), 
Asclepias (5J. 



Sih'biim Marianum Gacrtn. 
Centaurea collina L. 

— Calcitrapa L. 

Microlonchus Salmanticus 

DC. 
Kcntrophyllum lanatum 

DC. 
Catananche cjerulea L. 
Urospermum Dalechanipii 

Desf. 
Podospermiim laciniatuni 

DC. 
Sonchus tenerrimus L. 
Hieracium prsecox Sch.-Bip. 
Andryala sinuata L. 
.lasione montana L. 
Campanula Rapunculus L. 
Calluna vulgaris Salisb. 
Erica arborea L. 

— scoparia L. 
Coris Monspeliensis L. 
Phillyrea angustifolia L. 
Vincetoxicum officinale 

Mcencli. 



(1) Nouvelle correction de Clusius. Rauwolff avait ecrit siin- 
plcment : « Calcitrapa » . 

(2) Rauwolff avait alnsi annote son echantillon de Microlon- 
chus : (I C.ijani species piilchra ». (Le mot piilchra fut supprimc 
;i riiidex.) II se servit exactement dc la meme formule jjour 
designer Ic Catananche . Plus tard il ajouta « Sesamoides par- 
vnm Malh.)) et cast ce dernier nom qu'il a transcrit a la table. 

(3) Cette Campanule figure deux fois dans Therbier, toujours 
sous le nom de « Rapnncnlnm ». 

(4) Le Phillyrea angustifolia y a ete aussi insere deux fois. 
Nous donnons le nom inscrit a la table, correspondant au second 
excmplaire. Ce nom a sul)i, tant dans I'herbier qu'a la premiere 
inscription de la table, diverses variations dorthograplie : « Phi- 
lira Mathiolo. Philirea Cordi, Phihjrina Cordi, Philira Mons- 
pclii et Cordi ». Rauwolff I'avait, en premier lieu, appele a Spina 
Biirgnndiaca ». 

(5) L'annotation sous Techantillon porte ceci : « Asclepias 
Fuchsia nunc negante Mathiolo. f> 



— ;{8 ~ 

Citsctilti (1». C.uscuta opilhynuim Tluiil. 

AiH'hiisd. Alknnna lincloria Tausch. 

Lihdiiotis Rlwridelclii. Lithospcrmuin iVuticosuin 

I,. 

('iiuonlossiiiu. C.ynoj'lossuni I'licirUoliiiiu 

^■///UK//o.s,sY^ -- ])i(iiiPi Ail. 

Scsdinoidis y.pccica. Scroplui'.aria canina L. 

Aniliirinuiu. Antirrhinum niajiis L. 

I. ilium udondiiin (2). Linaria striata DC. 

Con's {^). Odonlik's lutca Hchh. 

Sl(rrlui:s Aidlu'cd. Lavandula Sta'chas L. 

I'lujiniiiu. Tliynnis vulifaris I>. 

Iliissopuin luonldniuii. Hyssopus ol'ficinalis L. 

(Aildiiiinlhd. (".alaniintha N(.'i)ela Link. 

Aclhiopis. _ Salvia J']thiopis L. 

Sidcrilis (4). — vcrbcnaca L. 



(1) L'echanlillon sc compose uniqucment de filaments depour- 
viis de ncnrs. Nous etions autorise a suijijoscr cpi'il appartient 
au C. cpithijmum par Ic motif (pic voici : it y a. sur la page qui 
precede, un ccluinliUon de Thijiuns vuhjdvh cnvelojipe des fila- 
ments tie la Cuseatc, et rauLcur de llicrhier a ecrit au-dessous: 
« Tli'.jinna cum Epilliynw Arabuiu, non Diuscoridis. Est tdnlnin 
Cdscida ainbiens Thijinnui. » 

(2) Les ir.ols « ftorcs candidi » sc lisent en P.aut de la page, 
ecrits de la main de Clusius. 

(15) On pourrait croirc quen donnant a I'Odoiidilcs lutca Ic 
nom de « Coris », Ilauwolif conimettaii une errcur de nomen- 
eialure. 11 suivait en cela MatUiiole cpii, le ijremicr, avait ainsi 
nomme cette Seroiiliulariec. (rest dans Ics Advcrsarid de Pena ct 
L!)!)c! qu'on tronve le r.om de n Coris MonspclidCd », applique 
poui' la i)reniiere fois au Coris Moiispclicnsis de Linne, que cer- 
tains ileristes du temps, ct nolammcnt Camcrarius, a])pelaient 
i' Sijinpliyliiiii pclrcvum It . On a vu un pen plus haut que 
liauv.oHY avait lui-mcme adoi)te cette denomination i>our la 
{^oris de Montj)ellicr. Ajoutons quaiin de coujjcr court a toute 
cijni'cisicn, Jean IJauhiii, en son llisloirc univcrscllc dcs Plantes, 
l)rit le parti de designer la Primuh;ree sous Ic nom de «■ Coris 
Monspessiiidr.d purpnvcd ■) ct VOdoulitcs sous celui de " (^.oris 
Monspcssnlana liilca ». 

(-!) Indication de (Jusius, sul)stituee a la denomination pri- 
mjiivement donnee par Uauwollt' : c Sclarecc species <>. 



39 



Herba cat I or la d). 
(Sans noiii^. 

Verbasciim sylvcsli-e. 
Verbasci species (2), 
Sideritidis species . 
Chaimvpilhis. 

Iva inoschata Monspeliensis. 
Chaincednjs Theophrasti. 
Polinm monlamim (3). 
Holoslinm Monspeliense. 
Coronopns vulgaris. 
(Sans noni). 
Globnlaria (4). 
Camphorata. 

Thyma'lea (5). 
(Sans nom) (6). 
Pistolochia (7), 
Tithijmali species . 



Ncpcla Cataria L. 
(ialcopsis angusti folia 

Ehdi. 
Phloniis Lychnitis L. 

— Ilcrba-vcnti L. 
Sidcritis hirsuta L. 

Ajuga Chamticpitys Schreb. 

— Iva Schreb. 
Teucrium Botrys L. 

— Polium L. 
Plantago albicans L. 

— C.oronopus L. 
Armeria plantaginea AVilkl. 
Globnlaria vulgaris L. 
Camphorosma Monspeliaca 

L. 
Daphne (inidium L. 
Cj'tinus Hypocistis L. 
Aristolochia Pistolochia L. 
Euphorbia serrata L. 



(1) Dans rhcrbier, Rauwolff avait ecrit : « Calaminthcv qiubiis- 
dam Fnchsio, nunc Siisijmbriuni Diosc. In amis nascilur. >; 

(2) Rectification de Chisius. L'annotation primitive de I'herbier 
portait : t Parietaria Cordi vacant. » 

(3) L'annotation inscrite sous rechantillon est ainsi concue : 
« Potium monlamim mare [un mot illisible] crescens et effica- 
cins Alpino, secundum Rondelctium. » 

(4) II y a dans Therbier : « Globnlaria Anguillara: ». Le nom 
dAnguillara a etc omis a la table. II aurait dii y ctre reproduit 
afin dempecber une confusion entre cette Globulaire et le 
Jasione montana auquel deja Rauwolff avait applique la deno- 
mination de Globnlaria. 

(5) Lecbautillon est ainsi annote : « Tbijmcvlea. Bacccp lutece 
pellucida'. » Et au-dessous, de la main de Clusius, confu-mant 
cette fois la determination de son ami : « Thijmivlea » . 

(6) Trois ou quatre pieds de Cijtinus, encore adherents a la 
racine du Cistus MonpcUcnsis, figurent, sans indication speciale, 
sur la page occupee par un rameau du Ciste. 

(7) On lit au bas de rechantillon : « Aristolochia sivc 
Polijrhijzon ». 



— 40 



Tillijiindlux chdidcias (1 
Polinin nuiximniii. 
Jililnm. 

llt'.r cocci /'era (2). 
.hiiiiiicrns nuijor ('.V). 
(.cdrua (1). 
Ih/acinlhi species. 
Asi>ho(icIiis (5). 
Asj)(tr(i<iits sijlvcstris (G). 
Narcissi species. 
Alopccnrus. 
CMrainiiiis species. 



luiphorbin ('linrncins L. 
Meic'uriiilis lonuMilosa L. 
Pariclaria (liHusn M. ci K. 
Quercus coccil'cra L. 
Jiinipcnis Oxycedriis L. 
I'luLMiicca L. 
Scilla auluninalis L. 
Asphodcliis ccrasif'er (lay, 
Asparagus acutilbliiis L. 
Narcissus dubius (louan. 
C-ynosurus cchinalus L. 
Bracliypodium ramosum 
RcKm et Sell. 



(1) Ia- noni dc CharncidS a civ iiuli(|iie par Clusius. Rnmvolfi 
avait mis siniplcment : « Tithijimili species i). 

(2) L"hcrl)icr contient deux cchantillons separes de Qiierciis 
coccifcra. Lc premier est nomme, tant dans Tinterieur qira la 
table: « Ilex coccifcra ». Le second est appele dans Iherbier : 
« Ilex minor sive coccifcra », et a la table : « Ilex minor ». 

(3) L'annotation de Iberbier donne la synonymie suivante : 
I' Cedrus Muthiolo. — Cedritis Rondeletio. - Juniperus major aliis.» 

(4) Au-dessous de reeliantillon le mot « Licia » est joint a 
celui de « Cedrns «. 

(5) Nous avons ete surpris de ne pas voir represeute dans 
Iherbier VAsphodehis fistulosus. Pourtant nous savons ])ar le 
temoignage de Jean Bauhin que Rauwolff avait rencontre en 
Provence cette Liliacee. En traitant, dans son Histoire des 
Planles (t. II, p. 031), de t « As2)hodeliis minor folio fistnloso », 
Haubin ecrivait : n Ante quadraginta annos descripsimus plan- 
tam repertam mense Maio in Provincia per studiorum socium 
Leonhard Hauwolff, Augustanum medicum, cum essemus Mons- 
])elii. » Les expressions emplo3'ees par Jean Baubin montrent 
quil travaillait encore en 1602 a sa vaste compilation : Rauwolff 
avait alors cesse de vivre depuis plusieurs annees. Nous avons, 
en eouipulsant cet ouvrage, fait une remarque : le nom de 
Rauwolff nV est jamais cite a propos de plantes du Languedoc ; 
ce sont toujours des plantes de la Provence que Baubin declare 
lui avoir ete communiquees par son ami d'Augsbourg. Nous en 
concluons quecelui-ci, pendant quil etudiait a Montpellier. etait 
venu frequemment berboriser en Provence et sans y etre accom- 
pagne de Jean Baubin . 

(6) Dans I'berbier le nom de « Corriida sylvestri.'i » avait ete 
ajoute a celui d' " Asparagus sylvesti'is ». 



— 41 - 

Notre seconde lisle de plantes des lieux incultes 
comprend les especes auxquelles il faut un terrain 
frais, I'abri des haies, le voisinage et I'ombre des 
arbres, tant sur les hauteurs que dans les vallons : 



Thalictriun majns (1). 
Chelldoniiim minus (2). 

Slaphisagria (3). 
Nasturlii species. 
Trinilas Fiichsii. 
Polygalon Fiichsii. 
Ocijmoides. 
Saponaria. 
Geranii species (4). 
Acer. 

Evonymiis. 
Paliiiriis (5). 

Genislella. 
An Cijtisiis (6). 



? Thalictrum majus Jacq. 
Ficaria ranunculoidcs 

Mocnch. 
Delphinium Slaphisagria L. 
Cardamine hirsuta L. 
Viola tricolor L. 
Polygala comosa Schk. 
Lychnis dioica DC. 
Saponaria officinalis L. 
? Geranium sanguineum L. 
Acer Monspcssulanum L. 
Evonymus Europiieus L. 
Paliurus australis Roem. et 

Sch. 
Genista pilosa L. 
Cytisus sessiliiolius L. 



(1) Echantillon sans fleurs ni fruits. 

(2) L'annotation de I'herbier donne les trois syuonymes sui- 
vants : " Mnlancissiis minor Fiichs. — Chelidoniiim minus 
Math. — Scrophnlariti minor. >■> 

(3) Dans Iciir Flore de Montpellier, Loret et Barrandon disent 
de la Staphisaigre : « Cette plaute, commuue pres de Montpel- 
lier au xvi« siecle et recherchec alors comme medicinale, y a 
ete detruite par les botanistes et les proprietaires dcfricheurs. » 

(4) Fragment de tige non fleurie. 

(5) Ici Rauwolff n'a point admis la correction iudiquee par 
Clusius : « Rhamni species ». II a maintenu a la table le nom 
de Paliurus qu'il avait ecrit dans I'herbier. 

(6) La plante na recu dans I'herbier aucune indication de 
nom. En redigeant la table, Rauwolff s'cst demande si ce ne 
serait point un Cytisus. Bien que lechantillon soit fort incomplet 
et deteriore, nous avons cru y reconnaitre le C. sessilifoliiis, 
arljuste tres repandu dans les bois de la Provence et du 
Lauguedoc. 



42 - 



(iljicjinluzd sijlin'slris (1). 
doltili'd. 
Araciis. 
Ochros (2). 
C.olulca scorj)i()i(lcs. 
Rostuiiiu siilt'i'striiiin species. 
Riihus caiiimis ('.)). 
(Sails noin), 
Bnjonia {W. 
I'mbilicus Veneris (.")). 
Peucedannin. 
Cancalis. 
S(inieiil((. 
C.oi-nns. 

Virga sangiiinea (0). 
Arlheinisia racenwsa. 
Conyza media (7). 
Ai bill US. 

TrifoUum friilieans Dodo- 
n<ei (8). 



Aslrn^ahis j^l\ i-yphx llos 1.. 
(lolulea arborcsccns L. 
^'ic•ia Narbononsis L. 
Latliynis c'lisirolius Ikularo. 
{^oronilla I^nicrus L. 
Hosa ijimpiiu'llilolia L. 
(^ralivgus monogyna .hK'(|. 
Sorbus Aria C.ranlz. 
liryonia dioica .laccf. 
Umbilicus pendulinus D(^. 
Pcuccdanum oriicinalc L. 
Tordyliinn maxinuini L. 
Sanicula Huropani L. 
(k)rnus mas L. 

— sanguinea L. 
Senccio erucifolius L. 
Cupularia graveolens G. G. 
Arbutus Unedo L. 

Jasminum fruticans L. 



(1) Norn suggere par Clusius ; Rauwolff n'avait pas pu deter- 
miner ccttc espc'ce. 

(2) I^ectification de Clusius; Rauwolff avait ecrit : « Ervum 
sativum olim Fuchsio, mine Lathijriis ». 

(3) Cc nom emane encore de Clusius. Celui donne par Rau- 
wolff etait <i O.vijacanlhu Mathiolo « ; (Hiarles de lEscluseeerivit 
au-dessous : « Riibiis cnhinus sive Cynosbatos ». 

(4) Lannotation sous la plante porte : « Vitis alba Brionia ». 

(5) Dans Fherbier, le mot « Cotyledon » precede les deux autres 
qui seuls ont ete inserits a la tal)le. 

(6) Au has de rechantillon les mots v Ligiistri species » avaient 
ete inserits avant « Virga sangninea ». 

(7) Primitivcment Rauwolff avait donne a cette Corymbifere le 
nom de « Conisa minor » ; il ajouta plus tard le nom de 
« media ». 

(8) L'echantillon porte en outre cette annotation : c Polemo- 
ninm vacant Monspelii. » — (Test en effet le nom dc Polcmoninm 
que les botanistes de Montpellier donnalent au .J(isnunu)}i fru- 
ticans. (WStirp. Adversaria, p. 389.) — Rauwolff. sur la foi de 
Clusius. avait applique le nom de Polemoninm au Ccntrantbus 
ruber. 



43 



Vinca pcrvinca. 
Ascyri genus (1). 
Lychnis (2). 

lihamnas ])rinnis Dioscori- 

(lis (3). 
Blaitaria. 
Sphacelus (4). 
Agnus caslus Yilcx. 
Bolris. 
Lcnirns (5). 
Cassia lignea Monsp. 
Aristolochia rotunda. 
Buxus. 
Lotus aibor. 
Ulnms. 
Ilex aiburea. 
Ornilhogalum minus. 

Allium sylvestrc. 
Spatula ftvtida. 
Tesliculus odoralus. 
Celerach (6). 
Polypodinm. 
Lonchilis altera (7). 



Vinca nuijor L. 
(Milora pcrfoliata L. 
Lithospernuun purpurco- 
cirrulcum L. 

Lj^ciiim Europa?iini L. 
Verbascum Blatlaria L. 
Tcucriuiii Scorodonia L. 
Vilex Agnus castus L. 
Chenopodium Botrys L. 
Lauriis nobilis L. 
Osyris a!l)a L. 
Aristolochia rotunda L. 
Buxus sempcrvircns L 
Celtis australis L. 
Ulnms canipcstris Sin. 
Qucrcus Ilex L. 
Ornithogalum tenuifolium 

(luss. 
x\lliuni roseum L. 
Iris iVjelidissiuia L. 
SpirantliesautumnalisRich. 
C.etcrach oriicinaruni Willd. 
Polj'podiuni vulgarc L. 
Aspidium aculeatuni Dcell. 



(1) » Asi !iri genus est iine indication forniulec pr.r Clusius 
])our rcmpliiccr le noni de « Pcrfoliala liilcii » qne liauwolff 
avait d'aJjord adopte. 

(2) Lijchnis » est de Clusius ; liauwollf avait appcle cettc 
Horrai^inee « lAlhospcrmum Anclnisce facie. ». 

(;{) Syn<.nynie ajonte dans l'licrl)icr : « Paliiirus primus Plinii n. 

|4) Denomination su!)stiLuee i)ar (>li'.sius a celle dc 'i Scordinin 
Alj>iimm ^ que Rauwollf avait choisie. 

(5) Le Laurier est ecrtainement spontane dans la rej^ion niedi- 
terraneenne, liicn que cerlains floristes ne le considerent que 
comme suhsijontane. On lo trouve, quelquefois en grande abon- 
dance, dans la paiiie la plus ehaude de la I^rovence, sur le Ijord 
des pctits cours deau. 

(()) L'inscription de i'lierbier porte : « Asplcninm Ccteracli ». 

(7) Dans I'annotation de riicrhier. Rauwoltt avait plus tard 
inscrit eomnic synonyme : « Drijopteris Math. ». 



44 



Triclionuiiics d ). 
.[(liiiiili Icrtid species (2). 

lujiiiseli species ('^). 



Asplciiiiini Trichoinnncs L. 
Asplcnium AdiaiiUmm-ni- 

gruin L. 
Kquiscluin arvcnse L. 



Par line Iransilion loulc natiirellc, nous arrivons 
aux planlcs cjiii demandont le voisinage cl (jiiohjue- 
fois k' conlacl iiilcM inillciil des eaux, dans les [)rai- 
ric's, sur les berges dos riiissoaux ou le hord des 
niarais, sous les rocailles huniides, etc. 



PJiu aqnaticnm. 

Liinim pralense. 
Althcva. 

Medicce species (4). 
Loli species (5). 

Trifolii species. 
Lysiinachia purpurea (6). 



Thalicti-uni Medlterraneum 

Jord. 
Linum calliarticum L. 
Althioa olCicinalis L. 
? Medicare) niaculata Willd. 
Tetragonolobus siliquosus 

Uolh. 
Bonjeania recta Rchb. 
Epilobiuni parviflorum 

Schreb. 



(1) Avant le nom de Trichomanes, reproduit a la table, Rau- 
wolffavait, dans I'herbier, ecrit celui de « Polytrichiim )). On 3- 
voit, au-dessous de n Trichomanes », le mot « officinarum » 
ajoute par Clusius. 

(2) Rauwolff n'avait pas cletei mine cette Fougere. C'est Charles 
de I'Escluse qui a ecrit sous I'echantillon la denomination trans- 
portee ensuite a I'index. 

(3) Meme observation pour la Presle ; Rauwolff ne s'etait pas 
prononce. Clusius ecrivit en marge de lechantillon : « Credo 
Equiseti speciem esse ». 

(4) Lechantillon n'otfre que des feuilles. sur lesquelles nous 
croyons avoir apercu les taches caracteristiques du Medicago 
maculata. 

(5) On ne trouve pas dans I'herbier I'indication de « Loti 
species », inscrite a la table ; on lit au-dessous de rechantillon : 
« Trifoliiun hileiim Mathiolo ». 

(6) Trois sj'nonymes sont indiques dans I'annotation qui 
accompagne la plante : » Lysimachin purpurea Fiichsio. — Filiiis 
ante patrem. — Hcrba Sancli Anlonii, quod moi bo Sancti Antonii 



— 45 - 



Lysimachitc species. 

Tarnarisciis (1). 

Levisticum (2). 

Sion. 

Apiiim (3). 

Alisma. 

Agevatum Mesiiei. 

Calaminthtv iertia species (4) 

Anagallis tcriia Lobelii (5). 

Lysimachia liitea. 

Scrophiilaria major. 

Scordium. 

Malrisaluid. . 

Pcrsicaria. 

Ilydropiper. 

Populiis cdba. 

Narcissi species (6). 



Lythrum Salicaria L. 
Tamarix Gallica L. 
Silaus pratensis Bess. 
Berula angustifolia Koch. 
Apiuni graveolens L. 
Senecio Doria L. 
Achillea Ageratum L. 
Pulicaria djsenterica 

G?ertn. 
Samolus Valerandi L. 
Lj'simachia vulgaris L. 
Scrophularia aquatica L. 
Teucrium Scordium L. 
Salvia pratensis L. 
Polygonum Persicaria L. 
Polygonum H^dropiper L. 
Populus alba L. 
? Narcissus poeticus L. 



medetiir ... Le imd de saint Antoine est un nom que Ion don- 
nait a rerysipele, alnsi que nous lavons indique plus liaut. 

(1) Dans riierl)ier le nom de « Tarnarisciis » est suivi de celui 
de « Myricd ... 

(2) La mention inscrite au has de rechantillon est ainsi con- 
cue : « Ligiistnim Mathiolo, et nunc Fncbsio et Gesnero ». 

(3) <' Apiiim sioe Eleoseliniim » , porte rannotation de 
riicrbier. 

(4) L'index reproduit iei, en la modifiant un peu, la denomi- 
nation appliquee dans I'herbier a la Pulicaire : « Calanujutha; 
Icrliiim c/cniis Fiichsio ». Cest en effet le P. dysentcrica que 
Leonard Fuehs a ties fidelement represente sous le nom de 
« Calamintluc tertium genus >> {op. cit.). 

(5) « Anagallis tertia » est bien le nom que Mathias de Lobel, 
dans son Stirpinm Observationes, a donne au Samolus. Ainsi que 
nous lavons cxplique plus haut (note de la page 16), 11 rc- 
sulte de cette circonstance que, longtemps apres la confection 
de son herbier, Rauwolff travaillait encore a remplir les blancs 
qu'il y avait laisscs. II ne put determiner son cchantillon de 
Samolus que posterieurement k Tannee l.")7(5, jjuisque ce fut seu- 
lement en cette annee-la que parut I'ouvrage de Lol)el. 

(6) Le mauvais etat de rechantillon fait naitre quelque doute 
sur ridentite specifique de ce Narcisse. 



40 — 



Ciipilltis Veneris (1). 
IC(]uiscliiin (2). 



Adianllnim ('.apillus-Vcmc- 

ris L. 
l-l(Iiiiscluni Tolnialcya I'lhrli. 



Lo gionpo (los pinnies vorilableiuciil (KjiKiliqiies, 
V('p;('l:inl an milieu des eau\ douces, — couranles ou 
(loi inanles, — esl represenle dans les deux premiers 
volumes deriierbierparles cinq especesqui suivenl: 



Mjiriophijllum prinmm (.'>) 
XiiiuplKCd (tlhd. 
Sysimbrinm (4). 

Pcdiciilaiis niaxiinu . 
Potamogclon. 



Ranunculus aquatllis L. 
Nynq)luva alba L. 
Nasturtium officinale R. 

Rrown. 
Pedicularis palustris L. 
Polamogeton fluitans Roth. 



Leonard Rauwolff eul Toccasion, aiissi ])ien en 
Languedoc qu'en Provence, de recolter sur le littoral 
de In Medilerranee un assez grand nombre d'especes 
mari times : 



Viola mririiui (3). 



]\Ialcohnia liltorea R. 
Brown. 



(1) I.innc n cu k' bon esprit de laisser a la Capillaire le nom 
que (loniiaieiit a cclle-ei les botanistesdu wv sieele ; et ee r.oni. 
([lie Uainvi)irt' a un jjeu raecourei dans son index, figure en 
entier au l;as de lechantillon : « Adianliim Capillns Veneris ». 

(2) La synouNinie suivante accompagnc rcxcniplairc d'E. Tcl- 
malcija : << Hippiiiis. — Cauda equina. — Equisclum. » 

(3) En inserant eette Renoneule dans son iierluer. RauvvolfT 
I'avait ainsi designee : « Ranunculi nquatici species ". Celte appel- 
lation valait bien celle de " Mijriophjjlluni » conseillec par 
Cbarlcs de lEseluse. 

(4) La denomination eompletc, inscrite au-dessous de 1 eehan- 
tillon, est eelle-ci : « Sysimbrinm Cardamine, Naslurtiiini 
aquaticuni «. 

(,")) Nom indique par Clusius : HauwoUT avait eerit : « Leu- 
coium maiinum '>. 



47 



Raphanns marinus (1). 

Nasturtium inarinum (2). 
Raphanns niarinns, 
Sesamoides niinns. 
Cijlisi species (3). 
Pastinaca marina (4). 
Eryngium mar imam. 
Aster Atticus pnr parens. 
A hsijnthinm Seriphinm. 
Gnaphalinm marinnm . 



Matthiola sinuata R. 

Brown . 
Alyssum maritimum Lmk 
Cakilc maritima Scop. 
Reseda sufrruticulosa L. 
Medicago marina L. 
Echinophora spinosa L. 
Eryngium maritimum L. 
Aster Tripolium L. 
Artemisia (iallica Willd. 
Diotis candidissima Dcsf. 



(1) Rauwolir, nc distinguant pas, ainsi qui! est probable, le 
Makobnia du Mattliioht, avait applique a cette seeonde cspece 
le menie iiom de « Leiicoiiim inarinum ». C'est encore Clusius 
([ui, pour le Mailhiola, a marque : « Raphanns marinas. » P>au- 
Avolt'f, conime on va le voir, donnait ee dernier noni an Cakilc 
inarifima, pour lequel Clusius aurait dii indiquer une autre 
denomination, puisque, d'apres lui, le « Raphanns marilimns » 
etait la Crucifere que nous appelons aujourdhui Matthiola 
sinuata. 

(2) On trouve un excmplaire iVAlyssum maritimum dans clia- 
cun des deux premiers volumes de I'lierbier. lis sont I'un et 
lantre enregistres a lindex sous le menic ncm de « Nasturtium 
niaiinum .>. Mais linscription qui aeeompagne le premier ecb.an- 
tillon est ainsi fornuilee : « Nasturtium marinnm posset vocari. 
Flares odoralos [un mot illisible] hain't acrinioniam. » ~ Quoi- 
f|u'il alteclionne beaueou]) le voisinage de la mer, VAlijsiium 
/Jia;//(;;)(/;?i s"en eloigne parfois, de meme que quelqucs autres 
des especes qui composent cette liste. 

(I!) L'eehantillon elait ainsi nomme : « TrifuUum marintim vet 
?}Ie(lica marina ». Clusius e\)rrigea et mit : •' Cijtisi species )\ La 
eori-eclion. accejjtee par Rauwoll't', fut inseree a I'index. 

(4) II y a dans Therbier : n Pastinaca nmrina Anguil [lara'] 
vacant ». Charles de rKscluse ecrivit au-dessous : « Chrithmum 
sativum ». Mais, exeeplionnellement, Hauwolff na pas acquiesce 
i\ la rectification. — Clusius etait loin davoir, a cette epoque, 
la science et le coup dccil qui lui out valu sa grande renommee. 
Dans ses corrections, il jette les noms un peu a tort et a tra- 
vers. Nous verrons plus loin que cette meme appellation de 
<f Crithmum sativum », 11 1 indiqua aussi pour le Salsola Kali : 
cette seeonde fois, Rauwolff raccueillit . 



— 4S 



Empctvnm phacoides lu- 

leuni (I). 
Lacliica nuiriiin (2). 
Condrilld piisilld luarina (i?). 
Soldaiiella (4). 
Aiitirrhiimin album (5). 
(A)roiwpiis nuirina. 
Limoniuni ((V). 
lieeii riihri .species. 
Porlnlacn marina (7). 
Cidi herba. 
Ambrosia' species. 



Inula crithmoidcs I^. 
Sonc'Inis mariliimis L. 
C.rcpis bulbosa C.nss. 
Convolvulus Soldanclla L. 
Trixago Apula Stcv. 
Planlago niarilinia L. 
Stalice Liiiionium L. 
— virifala NVillci. 
Obionc i)ortulacoi(les Mo([. 
Salicornia fruticosa L. 
Suaida maritinia Dumort. 



(1) Lc'chantillon est ainsi ctiqiiete : " Critbini scgiindn spe- 
cies Malhiolo. — Qidbnsdani Aster Ailicus mariims )'. — Clusius 
inscrivit au-dessous la denomination que I'index a reproduite. 

(2) Le Sonchus mnritinuis n'est ici represcnte que par un 
jeune pied, trcs pcu developpe : il est neanmoins reconnaissa- 
hle. — Le noni dc « Lactiica marina « est inscrit a lindex; la 
note de Iherhicr portait : « Lactiicam inarinciin possiiiniis 
voc(tre ». — Taljenia'montanus a donne le nom de Lacliica 
marina a une Algue qui est devenue Yl'lva Lactiica de Linne. 

(3) Voici le texte complet de liinnotation dont la table ne 
donne que les premiers mots : « Condrilla piisilla marina luica 
hiilbosa Petri Pcna'. planta marina. -> — Nous avons dejii eu 
loccasion dexposer que dans le Stirpinm Adversaria, qui est 
signe de Pierre Pena et Mathias de Lobel, niais dont la redaction 
est en majeure partie l^.ncuvre personnelle de Pena, Ic Crepis 
bulbosa est decrit et figure sous ce meme nom de c Condrilla 
piisilla marina liitea bulbosa ». Voir plus haut (page 22) tout 
ce que nous avons dit a ce sujet. 

(4) Dans riicrbicr. les mots « Brassica marina » accompagnent 
celui de « Soldanclla ». 

(5) Noustrouvons au bas de lechantillon une petite note ([ui 
explique ainsi le nom d' Antirrhinum : « propter formam simi- 
lem vitiili naribus ». Cest une allusion evidente au vocable 
populaire « Mutle de veau », qui s'applique a plusicurs 
Scrophulariees. 

(6) L'inscription dc 1 herbier donne comme sjnonj'mc : v Been 
riibriim Mathiolo h. 

(7) Le nom de « Portulaca marina " est precede dans I'her- 
bier de ces indications : ;• Ilalimiim quibiisdam, sed falsa, meo 
judicio. — An forte Crithmum ». 



- 49 — 

Crilhmon saliimm (1). Salsola Kali L 
^''■«^"^- - Tra<^us L. 

PolHjomimmavimun. Polvgonum maritiuuini L. 

^>^'« <2). Euphorbia Pcplis L. 
Titluj/nahis Paralias. — Paralias I.. 

Riibns niariims (3). Ephedra distachva L. 

Asparac/us marinus. Asparagus scabcV Brign. 

Ilcmerocallis (4). Pancratium maritimuui L. 

Cijperiis marinas. Cypcrus schcrnoidcs Gri- 

seb. 

Cauda imlpina. Lagurus ovatus L. 



Avec les plantes mariliines, nous avons a men- 
lionner une Plianerogame marine que posskle I'her- 
h'lev : le Posidonia Cmilini Krenig. Rauwolff ne lui 
avait point trouve de nom : Charles de rEsclusc 
ccrivit : « Alga ». 



(1) Les trols denominations « Cali hcrlxi », « Ambrosuc spe- 
cies » et « Crithmon ■Milhnim », onl cln fournics par Charles de 
rEscluse. 

(2) Le mot Pcplis est suivi dans riierl)ier de eette indication, 
que nous avons deja eitec : « Semirut sub foliis luiitaui, similia 
seminibus tithimalunim ; spariiiiiit se per Icrram ». — Au sujet 
du nom de la i)lante, Clusius avait, en ces Icrmes. exprime un 
doute : « An ClKunccstjcc Diosc. ct Curdi ■> ; mais Rauwoltl" nc sv 
est point arrete, et dans son index il a maintenu le nom de Pcplis. 

(3) Dapres lannotalion de rcehantiiio;i, « linbns mdriniis ,> 
etalt un nom vernaculaire : « linbas niarinns a rnslicis voca- 
iiir V. Rauwolif }• a ensuite consigns ses observations person- 
nelles : « Dnlcis [un mot illisihle] fvncLns fere similis maris [les 
fi-uits du murier]. Frnter. valde. astrin(]cns, carens foliis v, Les 
auleurs du Stirpinni Adrersarid declaraient fp. .'io.")) avoir man.ne 
avec grand plaisir, quand ils etaient a Montpellier, les fruits dc 
I'Ephedra, que les peehcurs, les matelots et aussi les etudiants 
a])pelaient du nom provencal de Rasin dc mar. « II }- en avait, 
ajoutaicnt-ils, une si grande ahondanee qu'on aurait pu en 
charger des chariots ». 

(4) « Hemerocallis » est de Clusius ; I'lauwollT avail uomme 
cctte plante « Fancratinm ». 

4 



— 50 — 

L;i lloio (ios haulos nionlagnos est aussi ropre- 
U'c dans les deux i)icinieis voluinos do I'herbier. 
Coninu' nous savons, par Ics tMionciations du Iron- 
lispice, quv RamvollT etail alio horhoriser dans Ics 
Cevcnncs el Ics nionlagnos do la Lozoio, nousavons 
drosso unc lisle speeiale dos planlos (pfil avail pu 
rapporlor de cello region 0) '• , 



Aconilmn licoctonum. 

Ilcsprris siilvcslris. 

Pcntiiphijllum aigcnlaluin. 

Sorbus. 

Meiim Gennaniciim (2). 

Gen liana. 

(Sans nom). 

Diijildlis hileu minor. 

Bislorla. 

Bifoliiim (3). 

Manns Chrisli (4). 



Aconitum lycoctonum L. 
Anibis Alpinn L. 
Ak'heiiiilla Alpina L. 
Sorbus aucuparia L. 
Meuni alhanianticum Jacq. 
Gcntiana lutea L. 
— verna L. 
Digitalis lutca L. 
Polygonum Historla L. 
Maianthenuim bifolium DC. 
Nigritella angustifolia Rich. 



Apres avoir cnumere toutes les especes qui, etant 
communes au Languedoc el a la Provence, ont du 
pour la pluparl elre recollees par Leonard Rauwolff 
sur le terriloire do I'une on de I'aulre province, il 
nous resle a faire connailre les plantes spontanees 



(1) Nous avons souniis cette liste a uotre ami CJi. Flahault, 
professeur de botanique a I'Universite de MontpcUicr, afin qu'il 
en controlat lexactitudc au moyen de ses propres herborisations 
dans les memes regions. 

(2) L'inscription placce sous I'Lchantillon portait d'abord : 
« Seseli Creticiim quibiisdam. — Meiim ». Clusius ajouta : 
« Meum Germanicum «. 

(3) Nom indique par Charles de FEscluse, en I'absence de 
toute autre determination. 

(4) Jean Bauhin (Hist., t. 11, p. 77S) rapporte qu'il avait I'ecu 
cette Orchidee des Cevennes : c( Ciim essemus Mouspelii delata 
haec planta ex montibus circa Gangen » . — La petite ville de 
Gauges (Herault) est situee dans le voisinage des Cevennes. 



— 51 — 

etrangeres a la flore de ces deux paj's, et prises, des 
lors, dans les autres contrees dont le frontispice 
fait mention (1) : 



Thora venenata (2). 
Viola malronalis alba. 
Viola malronalis rubra (3). 
Viola purpurea alba. 
Anagijris Diosc. 
Capri barba (4). 
^Chamcedrijs. 
Nerium Alpinum. 

Gentiance species. 
Digitalis lulea. 
Car pin us. 

Damasoniuni nothum Do- 
dona-i. 



lianunculus Thora L. 

Hesperis matronalis L. 

? Viola alba Bess. 
Cytisus Laburnum L. 
Spirnea Ulmaria L. 
Dryas octopetala L. 
Rhododendron ferrugi- 

neum L. 
Gentiana acauhs L. 
Digitalis grandillora All. 
Carpinus Betulus L. 

Cypripedium Calccolus L. 



Outre les plantcs sponlanees dont nous venous de 
passer en revue un si grand nombre, I'herbicr de 



(1) Quelques-Lincs dcs especcs portecs sur c-etle lisle ne sont 
pas complctement etrangeres a la flore soit du Languedoc, soil 
de la Provence; niais comnie elles j- sont rares et croissent en 
dcs lieux oil nons ne croyons pas que Ramvolff ait passe en ce 
temps-la, nous aimons niieu.x, desirant aulant que possible ne 
point nous ecarler de la verite, les considerer comme prises en 
des endroits oil ccs plantcs sont beaucoup plusrepandues. 

(2) ATappellation de « Thora venenata », choisie par RauwolfV. 
(Ilnsius suljstituait le nom d' « Aconilnm ». Mais cette substi- 
tiition na pas ete goiitee ct lindex ne I'a point enregistrce. 

(3) Les deux cehantillons d'Hesperis matronalis, lun a fieurs 
blanches et lautre a tieurs roses, out chacun dans I'herbicr un 
s^-nonyine : le premier est appele « Hesperis alba » et le second 
« Hesperis purpurea ». 11 est en outre indique que le n(;in de 
« Viola mutroiKdis » a etc emphrve par Rembcrt Dodoens, ce 
c[ui est exact . 

(4) Quaud Charles de I'EscIuse a donne cette indication, la 
plante ctait encore innommee dans Iherhier. 



— 52 — 

Leonard UauwolIT conlitMil (juelqucs specimens de 
vegelaux (li^neux ou herbacesj obteiuis par la cul- 
fiire. Les uns elaienl cullives a cause de leur iililile 
aliiuenlaire oil iiiduslrielle, les autres comine objet 
de ciiriosile on pourorner les jardins. Nous les avons 
tous reunis sur la meme lisle : 



Jiaplumns. 

X(tpus. 

Cappavis. 

Psciido Sycomonis Malh. 

Slaplujlodcndron (1). 

Jiijninv. 

Ocliri species (2). 

Arbor Jiidaica (3). 

Rosa' lidcce. 

Rosa nmschala (4). 

Sorhiis. 



R;i])li;iniis sntivus L. 
Brassica Napus L. 
C-api)aris spinosa L. 
Mclia Azedarach L. 
Staphylca ])innala L. 
Zizyj^hus vulL',aris Link. 
Lalhyrus sativus L. 
Ccrcis Siliquastrum L. 
Rosa lutea Miller. 

— moschata Herrm. 
Sorbus doniestica L. 



(1) On troiivc ccrit dans I'herlMer. aii-dcssous du nom de 
(I Staphijlodendron », le synonvme dc « Pi^tachia Germanica ». 
Ces deux mois out ele traces par line plun-.c qui n'etait celle ni 
de Rauwolit, ni dc Clusius. Dasylycus ne s'etait pas contente, 
ainsi que nous lavons dcja dit. dc soumcttre sa collection a 
(^liarlcs de rEBcliise : il avail ullerieurement consulte un autre 
l)otaniste. 

(2) (I Lathijri vel Cicercuhc species », avail ecrit I'auteur de 
riier})ier. — « Ochri species en videtnr ». declare Charles de 
rKscluse. 

(','>) La niemc main cfui a ecrit le noni de c Pisfachia Germa- 
nica ■■> sous rechantiilon de Staphylea, a aussi annote le Cercis. 
Au-dessous de linscription primitive : c Arbor Jiidaica ». ce ])o- 
tanisle, dont lecriturc nous est inconnue. ajoutaic ; « Ari^or 
Jiidce vel Xijlncanila salvatica ». 

(4) Ces deux Hosiers etaient, au xvF siecle, fort recherches 
par les botanophilcs. Conrad (k'sner ecrivait le 23 septembre 
IJG.Taun medecin d'Augsbour^ : " Rosarum lutearum et mus- 
catarum plantas adhuc habere non potui. Domini Fuggeri 
habent : jjlanta? utcuncjue minim;e niibi snfiicerent >'. — Les 
Fuggcr, riches gentilshommes d'Augsljoiirg, avaicnt un jardin 
botanique oil ils multipliaient les plantes rares. 



53 



Granatiis (1). 

Opuntia (2) 

(jiiciis. 

Scolymiis hortensis. 

Olea. 

Rhododendron Neriiim (3). 

Solaniim Indicani. 

Mandragora Morion. 

Basylicum. 

Ocijmum (4). 

Cupressns. 

P alma' folia (5), 



Punica Granatuni L. 
Opuntia Ficus Indica Webb. 
Carthanius tinctorius L. 
Cynara Scolymus L, 
Olca Europ?ea L. 
Nerium Oleander L . 
Solanum pseudo-capsicum 

L. 
Atropa Mandragora L. 
Ocymum minimum L. 
Polygonum Fagopyrum L. 
Cupressus sempcrvirens L. 
Phcenix dactvlifera L. 



Outre les diverses Fougeres et les deux Presles qui 
out pu etre determinees avec certitude et que nous 
avons inscrites sur uos listes, on trouve dans Fher- 
bier d'autres Cryptogames. Deux seulemeut sont 
bien reconnaissal)les ; un Lichen et une Algue. 

Le Lichen, au-dessous duquel Rauwolff a ecrit 
« Lichen », — nom que Clusius a ensuite remplace 



(1) Lc Grenadier est subspontaiie cii Provenee et en Languedoc. 
II I'etait deja au xvi'= siecle, ainsi que le constatait Jean Bauhiu 
{Hist., t. I, p. 79) : « Sxivestre genus in planis et maritimis pro- 
venit, in Gallia Narbonensi et Provincia passim, gustu valde 
acerbo, ut Monsjjclii in sepes :>. 

(2) « Opuntia » est de Clusius. 11 a, dans Ihcrbier, joint ce 
noni a I'inscription originairc qui portait : « Ficus Indica ». 

(3) Le Laurier-Rosc est spontane sur lc ])ord des petits cours 
d'eau qui coulcnt dans la partie la plus cliaude de la Provence 
(dcpartcments du Var et des Alpcs-Maritimcs). Mais rien u'in- 
dique que Rauwolff ait parcouru cette region pendant son 
premier sejour en France. 

(4) L'annotation inserec dans I'berbier est ainsi con^ue : 
« Ocymum inter frumenta. — Alias Gallice Burail aut Ble 
forcassin ». 

(5) C'est encore Cliarles de FEscluse qui a inscrit dans Iberbier 
cette denomination. Le specimen ne consiste quen un fragment 
de feuille. Le pluriel v. folia » doit etre traduil par foliolcs . 



— 54 — 

pur cv\\\\ dc « Pnlmonaria n, — est Ic SHcla pulmo- 
navca. On raiii^eail alors ce Lichen parini les siibs- 
l. lines medieinales paiee (luil ollVe, disait-on, par 
sa ronue on i)ar sa eonlenr(?), (jnel(|no ressem- 
l)lanee avec le [)onnion : eela snffisail i)()nr (jn'on le 
eriil aple a i^nerir les alVeelions pnlmonaires. 

L'Algne, a Andi'osdcc Maihiolo », esl presentemcnt 
nne Si[)honee, appelee Acdnlnilaria Medilerranea 
Lanionronx. Par I'eleganee (Fnne forme ties carac- 
terisliqne el sa presence dans les clangs sales on 
sanmalres des environs de iMonlpellier, 1' « Andro- 
s(tce » avail attire laltenlion des l)otanistes dn 
xvr siecle, et la ])lupart des grands onvrages de 
phytographie publics a cettc epoque I'ont mention- 
nee et en onl donne une figure. 

Nous avonsindique plus haul, dans une note, que 
deux des echantillons de plantes du second volume 
de riierbier n'exislent plus, le fenillet sur les pages 
duquel on les avail fixes ayant etc arrache. L'index 
nous a conserve les noms des deux plantes enlevees : 
I'une y etait appelee « Raiuincuhis marimis )y ei fautre 
« Antirrhinum Fuchsii ». 

Malheureusement, ces denominations ne nous 
apprennent pas a quelle espece appartenaient les 
echantillons supprimes : ni fun ni fautre de ces 
noms ne se trouve parmi les nombreux synonymes 
que Gaspard Bauhin a recueillis avec taut de cons- 
cience et d'exactitude dans son Pinax theatri 
botanici, et Leonard Fuchs, en son De historia stir- 
pium commentarii insignes, ne mentionne aucun 
(( Antirrhinum «(!). II eut ete curieux de savoir 



(1) Nous avons constate plusieurs fois qu'iin iiom de plantc 
attribue, dans une annotation de Iherbier, a tel on tel floriste 
du temps, ne se trouve pas confirme par louvrage dii pretcndu 
createur de cette appellation. II est difficile dexpliquer le fait 
par une erreur imputable a Rauwolff, qui parait avoir eu, de la 



— 55 — 

pour quel vegetal, evidemment maritime, RauwollI 
avait cree le nom de « Ranunculus nuirinus » (1). 



litterature botaiiique contemporainc, unc connalssance assez 
etendue Nous admettrions plus volontiers qu'en parcillc cir- 
constauce lorsquil associait a une denomination de plante le 
nom dun botaniste, il avait, en realite, consulte celui-ci, de 
vivevoixou par lettre ; et Fuchs, par cxemple, avait tros bien 
pu, dans le cas present, suggerer le nom d'Antirrhiniim, quoiquc 
lui-memc, en son ouviage, n'eiit point enregistre cV Antirrhinum. 

(1) On pourrait meme se demander si c'etait bien une plante. 
Divers botanographes du xvi" siecle out decrit dans leurs ou- 
vrages des Ccelenteres qu'ils prenaient pour des vegetaux. Et 
puisquil y a, parmi cette categorie danimaux, des types que 
Ion a compares i\ lAncmone et appeles de ce nom, Rauwolff 
pouvait y avoir vu aussi une Renoncule marine. 



Nouvelles herborisations en Provence. — Le depart 
poup rOrient. — L'<< Hcdceporieum ». — Le qua- 
trieme volume de I'Hepbier. 



Muni de son diplonie de docleur en medecine, 
Leonni'd RauwollT avail qiiitte la France en 17)(V2, 
et nous Savons qu'en 15G3 il s'etait rendu en Italie. 

II rentra dans sa ville natale avant la fin de celtc 
meme annee ir)63. II y cHait de retourlorsque Charles 
de TEscluse vint a Augsbourg trailer avec le riche 
Anloine Fugger, qui voulait lui conlier ses deux fds 
pour qu'il les accompagnat dans un voyage d'elude 
a travers ritalie (1). RauwoliTcul ainsi Foccasion de 
se lier avec un botaniste dont la reputation acquise 
laisait presagcr une renonimee plus grande encore. 
II lui niontra son herl)ier, le priant de reviser les 
nonis qu'il avail donnes a ses plantes. Pour beau- 
coup d'especes, Clusius indiqua d'aulrcs denomi- 
nations. RauwollT, comme on I'a vu, acccpla la 



(1) EnouAno Morren, Charles de VEscliise, sa vie cl ses 
(eiivrcs (Liege, l(S7o). — Charles de lEscluse et les jcunes ^hirc et 
Jean Fugger se mirent en route au commencement de lannce 
ir;(i4. Mais au lieu de se diriger vers I'ltalie, ils vinrent d'abord 
en France, de la passercnt dans la peninsule iberiquc. et par- 
cournrent IMspngne et le Portugal. Ce vo^-agc foiirnit a Clusius 
la niatiere de 1 ouvrage quil publia en 157() : liarionini aliquot 
stirpiiim per Hispanias observutariim Historic . 



— 58 — 

|)lu|);irl (k's chanfioincnls i)ioposes el Ics inseradans 
liiiilrx quil ajoula. en ir)()4, aux Irois volumes de 
riuMhicr. 

Kn If)!);"), il prend rc'innu\ ol Conrad Gcsner Ten 
IcMifili' (1). Apros son inariage, il va s'c'lablir d'aljord 
a Aic'hac'li. puis a KcinplcMi, oil il exorcc la nicdociiic. 
II ri'vicMil a Aiii^shouri^ en l.")?!) el il ohlionl alors de 
ladminislralion nuinicii)alc (2) le litre, — quil csl 
lier de j)Ouvoir inscrire sur les fronlispices de son 
lieihier el de sou livre, de « niedeciu ofliciel de la 
ville d'Augsbourg (li) ». 

Mais il ne renonce pas a la bolanique. II rcvoit de 
temps en lemps sa belle collection de planles 
secbes (4) ; il a son jardin bolanique, dans lecjnel il 

(ll Epislolarnm mcdicinalium Conrudi Gesneri pbilosophi el 
medici Tigiirini Ubri III (Zurich, IT)??), lettre du 18 fevrier 1565, 
il Adolphc Occon, medecin a Augsbourg : « I). Rauchwolff, novo 
sponso, omnia fausta et felicia precor ». 

(2) Annales des voyages, de la geographic et de I'hisloire. . . 
publiees par M. Malte-Brun, tome treizieme, Paris, Buisson, 
1811. — Ce volume contient une Notice sur la vie et les oiivrages 
de Raawolf que I'auteur s'est contente de signer des initiates 
J. B. E. Les details qu'il 3' a donnes sur Ic botaniste 
d'Augsbourg ont ete extraits des ouvrages suivants : Tobie 
Col)ber, Ohscrvationiiiu caslrensiiiin Decas tertia , Helmstadt, 
1685 ; IJruclicr, Ilisloria viUv Adolpboriiin Occoniim, Leipsiclv, 
1734 : Weitli, Bibliolheca 'Angiistana, Augsbourg, 1792. 

(3) « Der Stat Aiigsparg hcstellten inediciim. » — RauwolfT 
n'etait pas le seul titulaire de cet eniploi municipal. Le docteur 
Jeremie IMartius, son ancien condisciple de Montpellier, avait 
ete investi des memes fonctions. Gesuer, dans sa correspon- 
dance avec deux medecins d'Augsbourg, Adolphe Occon et 
Achille Gasser, leur donnait ce titre : Inclytcr Reipiiblicce 
Aiigiistance medico. L'un deux, Occon, avait etc charge par le 
Senat de la surveillance des pharmacies : « Ab amplissimo 
Senatu vestro, — lui ccrivait Gesner en 1564, — conductum te 
esse, ut piiarmacopoliis iustituendis et censendis pnesis, gaudeo 
et gratulor tibi : ac spero ea occasione fructum aliquem ad mc 
quoque manaturum. » 

(4) Ce fait ressort de rherl)ier meme, ainsi que nous Vavons 
montre plus haut. 



— 59 — 

reunit un grand nombre d'especes rares ; il entre- 
tient dcs relations d'echange avec des savants, bota- 
nophiles zeles comme lui (1 ). 

Telle etait I'existence que, depuis une dizaine 
d'annees, menait le docteur Leonard Rauwolff, lors- 
qn'une circonstance inopinee lui fournit roccasion 
d'entreprendre le perilleux voyage qui devait etre 
I'evenement capital de sa carriere scientifique. 

Son beau-frere, Melchior Manlich I'aine, faisait 
en grand le commerce de la droguerie. Ilavait mai- 
son a Marseille et possedait plusieurs navires. C'est 
du Levant qu'il tirait en majeure partie les mar- 
chandises qui alimentaient ses entrepots. En 1573, 
il eut I'idee d'envoyer Rauwolff en Syrie, afin d'y 
etudier, dans leur pays d'origine, les drogues et 
autres substances dont il avait a se pourvoir. Non 
seulement il se chargeait de toutes les depenses du 
voyage, mais il offrait en outre « un salaire conve- 
nable. » Dasylycus prit conseil, se decida, obtint les 



(1) Nous avons cite au chapitre precedent une lettre de Ges- 
ner par laquelle il chargeait Occon de remercier Rauwolff des 
plantes et dcs graines que cclui-ci lui avait envoyees. On trouve 
dans le recueil des Epistolce medicinales plusieurs autres lettres 
oil il exprime sa reconnaissance envers Dasyhcus (il se servait 
quelquefois de ce nom) a raison des dons multiples qu'il a recus 
de lui. Et de son cote il lui offrait des graines de plantes rares : 
« Si gratum ei fore sperarem, — disait-il a Occon, — vicissim 
aliqua mitterem semina... Tu admonebis ; aut, quod malleni, 
per literas ipse petet. » — Jean Bauliin, devenu a Montbeliard 
medecin du due de Wurtemberg, raconte dans son Histoire uni- 
verselle des plantes qu'il avait seme des noyaux de Styrax en- 
voyes dAugsbourg par Leonard RauwoltT : >■ Nobis Styracis 
ossicula missa Augusta \'indelicorum per meorum studioruni et 
peregrinationum socium, clarissimum virum Leonhardum Rau- 
wolff, plantavimus Montbelgardi in liorto ». — II a, du reste, 
mentionne dans le meme ouvrage beaucoup d'autres envois de 
plantes que lui avait faits son ami. 



— 00 — 

nulorisalions nccessniros ; puis, s't'lanl roconimnnde 
;i Dic'u, il parlil i)Oiir iOriciU (1 ). 

I]n {•oinnuMU'anl la n.'!ali()n (jiril a laisscc do cello 
momorablo oanipagiio, UamvollV oonfcsso quo do- 
puisson onrance il rovait de visitor ocs pays oiion- 
laux,hal)ilos par les plusancicns pouplcs du niondo, 
ol sur losquels rognorcnl les inonarqucs cl los priu- 
cos los plus puissanls; de ooulouiplor, daus les 
oudroils monies ou olios croissonl, los pianlos do- 
orilos j)ar Thoophrasto, Diosoorido, Aviooune ou 
Sorapion; do pouvoir oniin, au rolour, oclairor les 
apolliicaires sur la nature de cellos que leur minis- 
tere les oblige a se procurer. 



(1) Tons CCS details nous ont etc transmis par Raiiwolff lui- 
menie dans la relation qu'il a ecrite de son vo^'age et qui a etc 
imprimee pour la premiere fois en l.'iiS'i. Le titrc de louvrage est 
foi't long; nous n'en donnons (jue les premieres lignes : Lcon- 
hurli Rdiiwolfcn... Aigenllichc Beschreibiing der Raiss so er 
vor diser zeit gegen Aiij]\jancj inn die Moryenlander... |\'eridi- 
que Relation du voj'age de Leonard Rauwolff dans les paj^s 
d'Orient...] — Les premieres editions, qui parurcnt en 1582 a 
Lauingcn et a Francfort, ne contenaient pas une quatriemc 
partie, que Rauwolff donna I'annee suivante et dans laquelle il 
insera une quarantaine de figures gravees sur hois : « Priores 
vidi editiones, — tcrit Pritzcl, — in quibus omnibus pars quarta 
iconographica desideratur T Laugingen dureli Leonhart Reinmi- 
chel, 1382.— Franckfurt-a/M. gedruckt bei ChristofY Raben, 1582. » 
— Une nouvelle edition, comprenant les quatre parties, fut 
publiee en 1583. C'est un e.\emi)laire de eelle-ci que nous avons 
cu entre les mains. Nous en devons I'obligeante communication 
a ^L le docfeur Saint-Lager, a qui nous sommes heureux d'e.\- 
prinier encore une fois notre vive gratitude. — Le frontispice de 
cette edition (imprimee a Lauingen par Leonard ReinmicbeL 
porte quelle est publiee aux frais et par les soins de Georges 
Willers. Mais il y a tout lieu de croire que, pour Timpression de 
son livre, Rauwolir cut des bailleurs de fonds en la personne de 
Jean Widtholz, Cbristophc Cbristel et Nicolas Bemer, auxquels 
il I'a dedie. Les deux premiers etaient les cousins de Tautcur : 
Remcr representait, comme lieritier, un autre cousin decede, 
Leonard Cbristel. Dans sa dedicacc, Rauwolff dit expressemcnt 
qu il acquitle ainsi une dette de reconnaissance contractce envers 



— 61 — 

Le depart d'Augsl)ourg s'elTectua le 18 mai 1573. 
Rauwolff avail pour conipagnon un de ses compa- 
triotes nomme Frederic Rentzen. lis devaient allcr 
a cheval (rAugsbourg a Marseille. lis se dirigerent 
dabord snr Lindau, ayant riiitention d'atteindre 
ensuite la Lonibardie et de passer par Milan et 
Nice. 

Pendant toute la dnree du voyage, Rauwolff a tenu 
■ un journal de route ou il a fidelement note, sous leur 
date, les moindres incidents, et aussi quelques 
details historiques relatifs aux pays traverses. II 
herborisait le long du clicmin et ne manquait pas 
d'inscrire sur son carnet les noms des plantes les 
plus interessantes qu'il apercevait. 

Les deux voyageurs arriverent a Nice le l'"' juin 
an matin (1). Aussitot Rauwolff ecrit sur ses ta- 
blettes : «. Cette ville, siluee sur la mer Tyrrlienienne, 
est munie d'un chateau-fort qui occupe le sommet 



eux. Et dans sa lettre a Charles de lEscluse, (du 7 septem])re 
ir)<S4, conservee a lUniversite de Lc3de, ct dont nous avons deja 
parlc au chapitre precedcut), il se justifie d'avoir, en ecrivant sa 
Relation, employe I'idionie populaire (au lieu du latin). 11 a fait 
ainsi, dii-il, pour etre agrcable a ceux qui avaient encourage la 
jnihlicatioii de son ouvrage : « Quod Hoderporicum meum non 
alio quam communi ct patrio Idiomate conscripserim, feci id 
uiaxime in amicorum mcoruni gratiam, qui adhortatorcs edi- 
tionis fuerunt. » — Quelques autcurs d'articles ])io-l)ibliogra- 
phiques out prelcndu que le livre de Rauwolff avait ete cnsuile 
traduit en latin. Lcxistcnce de cette traduction a etc contestec 
l)ar dautrcs, et nous cnnons que ces derniers out raison. Au 
surplus, si en realitc cllc a vu le jour, elle est maintenant in- 
trouvable.— Remarquons, dans la lettre de Rauwolff a Charles 
de rEsclusc, le mot grcc a desinence latine Hodoeporicuiu, qnil 
emploie commc equivalent dc son titre allemand Beschreibiing 
dcr Raiss. Cc mot a ete adopte par la plupart des ccrivaius qui 
ont parle dc liauwolff" ct nous-mcme en userons quelqucfois. 

(1) Rauwolff donne a la ville de Nice son nom italien de Nizza. 
— Nous n'avons ricn dit du trajet entre Augsbourg ct Nice. 
Notre voyageur y iit bieu quelques observations botaniques; 
mais elles nentrent pas dans le cadre de cette etude. 



— 62 - 

dun inonl. Kllr apparlicnl an (hie dcSavoie. En 
IM;?, lainiial lure Barberoussc lil pendaul long- 
U'uips Ic sic'gc du t'halcau ; mais il n{> piil s'en em- 
pairr, l)ien (pi'il sc Cul rendu niailrede la ville. C'esl 
dans eelte nieme ville que Tenipereur Charles-Quinl 
el le roi Franeois \"' vinrent Irouver le pape Paul III 
pour nt'goeier un Iraile de paix (I). » — Puis il enu- 
mere diverses plantes qu'il a remarquees aux envi- 
rons de Nice Nous en donnerons les noms plus 
loin, quand nous dresserons la liste de loutes les 
especes qu'il signala dans cette nouvelle serie dlier- 
borisalions a Iravers la Provence. 

A Nice, d'aulres voyageurs. dont les noms ne sont 
pas indiques, se joignirenl a nos deux compagnons. 



(1) En rappelant ces deux evcnemeiits, Leonard HauwollV a 
interverti Fordre clironologique. Lentrevue uegociee par le papc 
Paul III cut lieu en 1538. Voici en quels termes la racontee le 
vieil historicn proveneal Cesar de Nostradamus : w Paul tiers 
de ce noni, de la trcs-noble famille des F"arneses jiaravant Car- 
dinal, avoit le gouvernail de rEglise, lorsque voyant la misere 
universelle qui desoloit la Chrestiente a loccasion de ses tem- 
pestcs de guerre, desireux de mettrc hors d'entrepriscs ces deux 
grands Monarques, practique de les assembler a Nisse, oii^ 
qu(J3que charge de lxxv ans, il se delibera neantmolns d'aller, 
pour mettrc en generale pacification la Chrestiente, que ces deux 
tant puissants et redoutables Lyons (qui facilement y condcs- 
cendirent) tcnoient en fraj'eurs continuelles. Par quoy le com- 
mencement de juinfut choisi jjourceste entreveueoii sa Sainctete 
se trouva. La nc fut le travail petit que le Sainct Pere employa 
a les accorder, pensant vuiderleurs diffcrents : mais ne pouvant 
achever un tant difficile ouvragc, il avanca une trefve dc dix 
ans, esperant par ce moyen trouver la paix. » — La treve ne fut 
pas observee; les hostilites recommencerent en 1543. Francois 
I"avait fait alliance avec la Turquie. « Les fleurs de lis et le 
croissant, ecrit Victor Duru3% sunirent dans la Mediterranee ; 
une escadre turco-francaise vint bombarder Nice, la sculc ville 
qui restiit au due de Savoie (1543). Le siege fut terrible. Nice se 
rendit a la condition que les seules troupes francaises y entre- 
I'aient. Une femmc courageuse, la Segurana, avail etc liime dc 
la defense ; combattant au pi'emicr rang, elle avait pris un dra- 
peau turc. Longtemps on vit a Nice une statue en sou honneur. » 



— 63 — 

La caravane se remit en marche le 2 juin. II fallut 
chevaucher pendant trois jours avant d'arriver a 
Marseille. Parmi les localites on passait la route, 
RauwolITn'a cite qu'Antibes, Cannes, le Luc et Bri- 
gnoles(l) : toutes les autres sont englobees dans un 
« etc. « . II evalue a trente lieues de France la dis- 
tance entre Marseille et Brignoles. II mentionne les 
'prunes confites qui avaient procure a cette petite 
ville une renommee speciale (2). II vante la saveur 
et le parfum de ce produit de I'industrie locale : 
mises dans des boites, les prunes de Brignoles sont 
expediees fort loin ; elles sont excellentes pour cal- 
mer la soif chez les febricitants. 

Enfin on entre a Marseille le 5 juin, soit dix-neuf 
jours apres le depart d'Augsbourg (3). 

(( A mon arrivee a Marseille, ecrit RauwolfF, j'allai 
me loger dans la maison de monsieur mon beau- 
frere ci-dessus nomme, pour y attendre la venue 
dun de ses navires. .Fy trouvai un jeune homme 
qui devait etre mon compagnon de voyage, Jean- 
Ulrich KralTt. Ills du noble et venere Jean Krafft 
I'aine, conseiller secret a Ulm . II etait arrive tout 
recemment avec I'intention de se rendre la-bas pour 
affaires de negoce. J'attendis avec lui le moment du 
depart. Commc ce jour-la tardait a venir, j'entrai en 
relation avec des docteurs (4) et des pharmaciens. Je 

(1) II ecrit : Antibo, Canciho. Liic, BrUjnola. Son livre est 
imprime en lettres gothiqucs ; niais pour ces quatre mots et 
quelques autres, notamment les noms latins de plantes, les 
typographes ont cmploje des caractcres romains. 

(2) La reputation des prunes de Brignoles etait parvenue 
jusqu'a la cour de France, ^'oir ce que nous avons raconte a ce 
sujet dans notre ouvrage : Pierre Pena et Mathias de Lobel. 

(3) Entre Nice et Marseille, Rauwolffne cessa pas dobserver 
les plantes. Ainsi que nous I'avons dil plus liaut, nous donne- 
rons ulterleurement, avec les autres, la liste des espcces dont 
il prit note dans ce parcours. 

(4) Ce mot est eu latin dans le texte : « Doctoribus s. 



— ()4 - 

I'miiu'iilai surloul .hu'(|iics RcMi;uid, hoinnu' (rune 
£^r;ui(le cxpc'rionce ct passioiuio pour la ])()laniquc\ II 
inc monlra hcaiicouj) dc IjcIIcs planles nu'dicinalcs 
('X()li(ji'.cs (jiril cuHivait dans son jardin. II me lit 
voir aussi iiii Ires grand nond)rc dc planles seohes , 
conservecs pour la pluparl dans dcs leuilles de 
pai)icr (1) ». 

Notre Dasylycus ne s'en lint pas la. Le l)aieau 
Santa-Croce, sur lequel il dcvait s'enil)arquer, se lit 
attendre el le eliargenient prit du temps. Le capi- 
taine Anloine Ueinardt ne ])ul meltre a la voile ([ue 
le'i seplembre 157o. Le sejour de RauwollT a Mar- 
seille se prolongea done pendant pres de trois mois, 

II prolila de ees delais pour faire aux alentours de 
la ville line serie d"her])orisa{ions. Bien que dans 
son lro[) laconique recit il ne le disc pas Ibrmelle- 
ment, nous avons la certitude qu'il eut pour guide 
Tobligeanl et zele Ravnaudet. II a insere dans la 
relation de son voyage Ics noms de vingt-neuf espe- 
ces qu'il ol)serva dans la banlieue de Marseille. 
Mais il en vit uii bien plus grand nombre, ainsi 
qu'en Icmoigne la phrase dont 11 a fail suivre cette 
lisle : c( et i)eaucoup d'aulres qu'il serait Irop long 
d'enumerer ici. » 

« Quand enlin, — ..poursuit RauwollT, ~— le navire 
Sanic-Croce i'ut charge, arme de canons et approvi- 
sionnc de victuailles pour trois mois, nous parlimes 
lous les deux, KralTt elmoi, en con.ipagnie du patron 
Aiitoine Reinardt et de quelques-uns de scs 



(Ij I.o noin de Renaud, on plus cxactemcnt Piaynaud. com- 
portecn provcucal un diminutif, /?ay/jandcf, el c'cst ainsi (jiic, 
le plus souvent, deux botanistes celebres, Pierre Pena et .lean 
Hauliin, appelaient Ic phannacien marseillais, quilsavaient pour 
ami et (jui leur envoyait des planles. Par ses cpialites de J)ota- 
nistc, auxquellcs Rauwolff, on le voit, rend un Juste honimagc, 
.lacqucs Ravnaudet nuiitait qu'on le remit en hur.iere. Cest ee 
([uc u(nis avons essaye de faire dans une notice qu'il etait natu- 
rel de placer a la suite de notre etude sur Leonard Rauwolff. 



— 65 — 

homines, sur une fregate (1), le l-^' septenibre 1573, 
dans la soiree, et nous accostames le bateau qui 
etait a I'ancre pres de quelques petites iles, a une 
certalne distance de la ville, avec d'autres navires 
charges. Nous devious partir le lendemaiu matin. 
— Le 2, tout etant en regie, et des vents favorables 
s'etant leves avec la grace de Dieu, nous mimes a la 
voile I'apres-midi a deux heures. Notre patron 
adressa ses recommandations aux gens de I'equi- 
page, les invitant a rester toujours unis et a executer 
fidelement ses ordres. Tons promirent d'obeir avec 
devouement. Puis nous fimes la priere et nous nous 
confiamcs a la protection du Tres-Haut. » 

Nous n'avons pas a suivre plus loin Tintrepide 
voyageur (2). Au debut de ces pages nous avons fait 
counaitre Titiueraire qu'il suivit. Ajoutons seule- 
ment que cette longue expedition eut une heureuse 
issue et qu'apres trois ans d'absence il rentra sain et 
sauf a Augsbourg, oil il reprit I'exercice de sa 
profession. 

(1) Lc textc portc fregata. — Thomas Platter, de Biilc, qui 
ctait venu, en lo'J.i, s'inscrire commc etudiant a lUiiiversite de 
Montpellier, fit, en ir)i)7, le voyage de Marseille. Dans les 
memoires qu'il a laisses et dont nous avons publie tons les 
passages (traduits d'alleniand en franeais par M. Kieffer) rela- 
tifs a la Provence (La botaniqne en Provence au .xvF sieclc : 
Felix et Thomas Platter, Marseille, 1900), Thomas Platter a 
decrit avec un soin minutieux les difTercntcs sortes de bateaux 
(|ui remplissaient alors le port de Marseille. Apres avoir parle 
(les tartanes, « deux fois plus longues que les canots, munies 
de deux voiles generalemcnt, sans pont aussi, et pouvant aller 
a la rame quand le vent ne souffle pas », Tetudiant balois ajou- 
tait : « 11 y en a ensuite qui ressemblent a des demi-galeres et 
dont on se sert aussi quand le vent fait defaut ou qu'il est con- 
traire. Les Kspaguols en font grand usage et les appellent 
f re gates. » 

(2) Pour ccux de nos lecteurs qui seraient eurieux de savoir 
comment Dasylycus supporta Icpreuve d'un premier voyage 
en mer. nous reproduirons encore les details qui suiveut ; « Au 





- 66 — 

Nous devons leveiiir maintenant ii ses hcrl)orisa- 
lions sur Ic Icrritoire dc la Provence et voir ([uelles 
sont les decouverles donl il ;uira enrichi I'liisloire 
de la Ilore proveneale, 

l\'ndant son voyai^e, il ne devait pas se conlenl(M- 
d'observer les j)lanles. Kn j)arlant il s'elait i)roniis 
de eolligei", soil en Provence, soil surloul en Orienl, 
celles qui lui sembleraient offrir le plus d'inleret. 
II denieura (idele a cclte resolution. Le long de la 
route dc Nice a Marseille, [)uis en parcouranl le ter- 
roir de cette derniere ville, il rccolla un certain 
nond)re dechantillons et commenca un nouvel 
herhier. II en aniassa dans le Levant une quantile 
plus grande encore. Tons ces exsiccata, ceux rap- 
porles des pays orientaux conime ceux pris en Pro- 
vence, sont contenus dans le quatrieme volume de 
riierbier que possede actuellement la Hollande. 

Saur[)Our Tepaisseur, les dimensions de ce (jua- 
Irieme volume excedent celles des Irois premiers, 
(|ue nous avons decrites an chapitre precedent; ce 
sont les dimensions ordinaires des livres grand in- 
folio : en tenant compte de la reliure, la hauteur est 
de 49 centimetres, la largeur, de 'A(y (1). 



mumciit clu depart, avant datteindrc la haute nier, noire navire 
vint si pres d'un autre c[u'il le toiicha de sa jirrjue et (jue nous 
faillimes faire naufrage. Mais les ec|uii)ages reiissirent a separer 
les deu.\ batiments. Lorsque tout danger eut disparu, nous 
voguames allegrement a pleines voiles (nous en avions jusqn a 
six). liientot nous perdimes la terre de vue et n'apercumes plus 
que le ciel et lean. Pendant ce temps plusieurs dentre nous 
eurent un tel mal an c(cur quit fallut, reverence parler, rendre 
tout ee que nous avions mange. Mon ami Kraflt et moi fumes si 
bien purges ce soir-la (jue le lendeniain nous nous trouvames 
Irais et dispos. Mais dautres furent tcllement eprouves quil 
leur fallut sept jours pour se remettre. Pas un seul des qua- 
rante-huit passagers que nous etions nc fut dispense de payer 
son tribut au mal de mer. » 

(1) Les feuillets out cxactement Hi millimetres de liaut. et 
:Ui de large. 



I 



- 67 — 

Ce recueil a ete forme suivant les meines procedes 
que les anterieurs, mais avec infiniment plus de 
soiu. II semble que, cette fois, I'auteur a voulu 
faconner line veritable oeuvre d'art. On voit que les 
e'chantillons out fait I'objet d'une selection particu- 
liere : ils ont ete choisis complets autant que possi- 
ble, avec fleurs et fruits, et de grande taille, de 
maniere a occuper chacun leur page en entier. lis 
sont fixes sur le papier au moyen d'une colle dont 
la force d'adherence demeiire, apres plus de trois 
siecles, inebranlabie. A Tinverse de ce qui a ete fait 
pour les trois premiers volumes, il n'y a ici qu'un 
seul echantillon par feuillet, applique au recto. Les 
pages sont bordees de bandelettes etroites en carton 
mince (jaune, moire de noir} formant encadrement 
et constituant un systeme de protection contre les 
agents destructeurs. A I'origine le volume conte- 
nait 200 feuillets, numerotes en chiffresarabes ; mais 
quelques-uns ont ete supprimes. 

Ce grand in-folio est relie de la meme maniere 
que les trois recueils precedents, entredesais recon- 
verts de cuir faiive (quadrille en losange), avec coins 
et fermoirs en cuivre. Mais cette reliure n'est pas, 
comme celle des autres volumes, de meme age que 
I'herbier. Elle a remplace, a une epoque plus ou 
moins recente, la reliure primitive, usee par le 
temps ou deterioree i)ar accident (1). 

(1) Nous navons pus pii echiircir i\ Lcydc. par des ciocunieiils 
darchives , cette petite question: de quelle epoque date exac- 
tement la reliure actuelle. Mais le fait que le volume a ete relic 
deux I'ois nous a paru constant. Nous avons dit qu'il y manque 
plusieiirs feuillets. ("-es feuillets existaient certainemcnt quand 
le recueil a ete, dans le principc, revetu de sa premiere reliure. 
Sils avaient etc arraches avant ([ue cette reliure cut ete rem- 
placee, on aperccvrait des vestiges de laceration (ce (pii est le 
cas pour Tun des deux premiers volumes auquel un feuillet a 
etc cnleve). Or, comme on nc dccouvre ici nulle trace do declii- 
rure, il faut en conclure que le quatrieme a ete rcmis, une 
secondc fois, entre les mains du rclieur, et a un moment oil les 



-^ 68 — . 

Lo quatrii'inc voliinu' s'ouvio, aiiisi (juc les Irois 
promicrs, pariin IVonlispice porlanl unc inscription 
I'alligraphicc on lollies j*()llii(|nos ol donl lo lihollo ne 
vario j^uoro ([u'cn ce qui concorno los indioalions do 
lioux. Nous lonons |)onr oorlain quo los (pialro lilros 
liironl ooiils [)ar la nionio jihinio. Mais ioi, comino lo 
Ibrnial so liouvail plus grand, Tospaoo libro a etc 
ronipli, sur les qualre cotes, par uno sorie de pein- 
tures qui ontouront le texto dun largo cadre 
colorio (1 ). 

Co loxle est ainsi concu : 



gUATHIKMi: HKCUKIL DE I'LAMES 

on bcancoiip de belles phinles etramjeres out tie soi- 
(jneiiseinent enfermees ct fi.vees par le ires savant 
inonsienr Leonharl Ranwolf]\ doctenr en medecine ei 
medecin of/iciel de la ville d'Angsbourg. II les a cneillies 
nan senlement en Piemont, pres de Nice, et en Pro- 
vence, pres de Marseille, mais encore en Sijrie, snr le 
Liban et VAnti-Liban, en Arabic, pres du fleuve de 
I'Knphrate, en Clialdee, Assijrie, Armenie, Mesopota- 
niie el aiitres lieux, dnrant son voijage detrois annees, 

t'eiiilk'ts al)si'nts avaicnt deja (lis|)aru. — I)u reste, cettc I'cliure 
(111 (luatrienic volume tranche a))solument. par sa fraicheur. avcc 
celle des trois ])remiers dont la vetiistc est iiianifestc. 

(1) Dans son interessante Hisloire dcs llcrhiers (Paris. LSiS.")), 
leniinent l)otanisle lyonnais, M. le doctenr Saint-La,<>cr, a dccrit 
le ([uatrienie volunie de Iherbier HanwoDT dapres des notes 
(|u"il tenait de M. Hocrlaf^'e. alors conscrvatcur de rHerbici- 
lloyal de Leyde. \oiis liii enijirimtons lexacte tlcscrl])tion qu'il 
a donnee dc ce frontispicc : .< Le litre est orne de plusicurs 
dessins colories. representant, en haut Jesus a Gethseinane, eu 
has leutree du (Whilst a .lerusalem, a droile un medecin (est-ce 
le portrait dc Hauwolff .'i tenant unc lleur a la main, a gauche 
un paysan occupe ahecher la ierrc. Au-dessous de ccs ligures 
sout dcssinees des corbeilles de lleurs. et entin des anges sont 
reprcbcntcs sur les quati'c angles. « 



— 69 - 

accompli cwec Vaide de Dieii, non sans beaucoiip de 
peines. de fatigues, de dangers et de depenses ; dont il 
a fait le recit dans le livre imprime quit a public. 

Fait apres la naissance de noire Sauveur Jesus- 
Christ 

Dans les annees 

1573 

1574 et 

1575 (1). 

II existe entre les trois premiers volumes et celni- 
ci line dilTereiice a signaler. Ici, les indications qui 
accompagnent les echantillons n'ont pas ete appo- 
sees par des annotateiirs divers. Toiites les inscrip- 
tions sont unil'ormes, emanant de la meme plume, 
et nous n'y retrouvons plus I'ecriture de Rauwolff. 
On reconnait a premiere vue que c'est le calligraphe 
du frontispice qui a ete charge des annotations inte- 
rieures. II va sans dire qu'elles out ete redigees par 
RauwolfF et simplement recopiees par I'ecrivain. 

(1) Le doctcur Saiiit-Lagcr {op.cit.) a reproduit Ic tcxtc alle- 
mand que lui communkiua M. Bociiage. Mais comnie il 3- avail, 
sur la copie qui lui fut adressee, quelques erreurs de transcrip- 
tion, nous le reimprimons ici, apres I'avoir soigneusemcnt 
eollationne sur loriginal : •>. Vierte Kreuterbuech — darein vil 
schone und frembde Kreutter durch den hochgelehrten Herrn 
Leonhart Rauwolffen der Artzney Doctorn unnd der Stat Augs- 
purg hestellten Medicum gar fleissig eingelegt unnd aufgemacht 
worden. Welche er nit allain in Piemout umb Nissa unnd in 
der Provincia umb Marsilia sender auch in Syria an dem Berge 
Liban<t unnd Antilibano auch durch Arabiam neben dem Fluesz 
Kuphrale in Chaldea Assyria Armenia Mcsopotamien unnd an- 
dern Orteu in seinen mitt Gottes hillf volbrachttn dreyjarigen 
Raysen, mil groszer muehe arbait gefehrligkhait unnd uncosten 
bekhumen hat davon Er auch in scinem Rayszbucch so in dem 
(Iruckh auszgangcn ist meldung timet. — Geschehen nacli der 
geburt unnsers Seligmacheis - IHHSV CHRISTI - M. D.LXXIII 
"— LXXIIII — und LXXV jar. « 



— 70 — 

Kllrs son I platu'cs non plus au-dossous de rechan- 
lillon, mais vis-a-vis, c'csl-a-dirc sur lo vorso inoc- 
fupi' du IVuillcl ([iii ])rc'fode. Ellcs donncnl le noiii 
lalin, ol souvcnl Ic synonymealleniand, francais ou 
araho. Qiiolqiiefois dies conlienncnt des observa- 
lions, presque loujours en alloniand, relatives a 
loriij,ine on aiix proprieles dc la planle, on a qnclque 
autre particnlarite (1). 

Les cxsiccdla que rcnferme Ic qnalrieme volume 
ont ete disposes par ordre ehronologiqne d'acqnisi- 
lion et divises en qualre series. Le commencement 
de chaque serie est indique par nn litre d'entree 
appose au verso du leuillet precedent. La premiere 
serie, la seule dont nous ayons a nous occuper, est 
ainsi intitulee : 

Suivent les plantes 

que fai prises en Piemont aux environs de Nice 

et ensuite a Marseille de Provence, en France. 

Cette premiere serie, consacree aux plantes de la 
Provence , se composait a I'origine de trente-un 

(1) Le fait que cest recrivain du frontispice qui a etiquete les 
echantillons a ete reconiiu par le docteur Saint-Lager (op. cit.) 
dapres les indications deM. Boerlage. « En regard de chaque 
plante, dit-il, est ecrit le nom latin. . . L'ecritiire est de la meme 
main que celle du titre. » Et il ajoutait aussitot : « On ne sau- 
rait dire si elle est de RauwoliT, attcndu qu'il ne reste aucun 
autograjihc de ce botaniste ; toutefois cela nous parait pen pro- 
bable, parce que RauwolfT n'aurait pas ose s'appliquer a lui- 
meme lepithete liochgelchrt (doctissimus) qu'on lit dans le 
texte. » Sauf I'assertion qu'il nexiste aucun autographe de Rau- 
wolff, le passage que nous venous de citer dit vrai. On doit 
croire, en effet, que si, pour la confection du titre initial de son 
herbier, Rauwolff avait personnellement tenu la plume, il aurait 
eu la modcstie de ne S3 point appliquer a soi-meme le qualifi- 
catif de tres-savant. Nous supposons que Tartiste auquel il 
sadressa etait un ami, ct celui-ci prit sur lui. en transcrivant 
le contextc des quatre frontispices, dy inserer ce petit 
compliment. 



— 71 — 

feuillets , contenant chacun un seul specimen (1) : 
on ne trouve plus, actuellement, que vingt-sept 
feuillets. Grace a cette circonstance, expliquee plus 
haut, que les noms etaient inscrits, non point sur la 
page occupee par I'echantillon, mais sur le verso du 
feuillet anterieur, nous saurons quelles etaient les 
plantes qui ont disparu et nous pourrons en donner 
les noms (2). 

Void, dans I'ordre meme du volume, et avec les 
numeros de pagination, quelles sont les especes 
representees par les vingt-sept echantillons qui 
existent encore (3) : 

1 . Abroloniiin fcvmina. 

Chamcecyparissos sen pii- 
mila Ciipressiis. 

Germanis Garten Gypres, 
anders geschlecht (4i. 

Gallis petit cj'pres et gar- 
de robbe. Santolina (^hamtecyparis- 

sus L. 

3 (5) Helichrysum Stoeclias DC. 



4. Holostiiim Monspeliense . 
Plantac/o aiKjaslifoUa albida. 

(1) Les trois autres scries comprennent : 1" les plantes de Tri- 
poli de Syiie : 2 ' les plantes de I'Euphrate ; 3" les plantes du 
Liban. 

(2) On sexplique difficilement la disparition de ces quatre 
echantillons. Ont-ils ete enleves parce qu'ils etaient endom- 
mages? Cette hypothese parait inadmissible, tant est parfait 
I'etat de conservation des exsiccata qui subsistent. En tout cas, 
la suppression a eu lieu avant le renouvellemcnt de la reliure, 
ainsi que nous lavons expose plus haut. 

(3) Nous donnerons en note la traduction des remarques 
ajoutees par Rauwolff aux denominations de quelques-unes de 
ses plantes. 

(4) « Cypres de jardin, autre genre. » 

(5) L'annotation relative a cet echantillon a disparu avec le 
feuillet 2, au verso duquel elleetait inscrite. 



- 72 - 

CiKU. Klcinspilzlg AVcgrich- 
krnut mil \vcislMrl)en 
blclllcin (1). PlanUif^o albicans L. 

G (2) Scolymus Illspanicus I.. 



7. Pscndocylisiis. 
Cijlisiis sijlvcslris . 



Ononis raniosissinia Dcsf. 



8. Soncluis Uvvis alius, liileo 
/lore. 

Geh. Ilascnkoe (3). 

Italis (Uccii)ita. Urospcrmuni Dalcchampii 

Dcsf. 

9. Soncluis asper. Helniinthia echioides 

Gsertn. 

10. Hieracium inajus per- Urospermum picroidcs 
pulehrnm. Dcsf. 

11. Hieracium marinum, 
planta perquam rara. 

Frembd Habichkraut, aus 
Mor wachsendt (4). Soncbus maritimus L. 

12. Tregacanlha [sic], sive 
liirci spina. 

Arab. Kitira sen Alcbatad. 

(iEHM. Tra^ant (5). Astragahis Massilicnsis 

Lnik. 



(1) (1 Plantain petit ct pointu avcc fenillcs blanches. >^ 

(2) Le feuillct .'> nnuupie : mc-nie observation cpie ci-dessus. 
(;5) Litteralement, c treflc de licvre ». 

(4) " PZpervierc t'tranj^erc. venant an bord dc la mcr «. — An 
cours de ses herborisations de la premiere periode (ISeO-iruVi), 
Uauwolft" avail deja cueilli le Sonchiis mdiitimiis, c[iii fii^ure 
dans le second volume de 1 berbicr sous le nom de Lactiica 
marina. En 1573. il recolta de nouveau celte (^hicoracce, qu'il vit 
aux environs de Marseille. 11 en a fait mention dans VHoda- 
poriciim sous le meme nom de Laclncu marina. 

(")) Le nom allemandest suivi de cctle annotation : « La racinc, 



— 73 — 

13. Scabiosa monlana maxi- 
ma . 

Gallis Scabieiisc. 

Gi'ossen Apostcnikraut, ein 
senders geschlecht auff 
hochcn bergcn wach- 
sendt, niit weissen blue- 
men (li. Cephalaria Icucantba 

Schrad. 

14. Pohjgomim marimim 
tereti folio. 

Weggrass ein frembde ges- 
chlecht aus Mor wach- 
sendt(2). Spcrgularia media G. G. 

16 (3) Eryngium maritimum L. 

17 . Coris Monspelliaca. Odontites lutea Rchb . 

18, Xastiirliiim aqnaticwn. 



aprcs incision, distillc une larme [lachnjma) comme une gomnic : 
on en fait les cartes |tablettesV| d'adragant ». 

il) '( Grande Scal)ieuse [litteralement jAanle a aposteme\. 
espece particuliere venant sur les liautes niontagnes, avec flcurs 
blanclies ». 

1 2) « Renouee I litteralement hcrbe des chcmins], espece etran- 
gere venant an ijord de la nier ». — II y aurait quelque raison 
de s'etonner que Rauwolff ait donne a une (Jaryophyllee le noni 
de " Polijgoninii iiKiriniini », alors que dans le premier volume 
de son herl)ier il a\ait deja applique ce nom a I'espece ([ue nous- 
memes appclons aujourd'liui Polygonum maritimum L. — Gre- 
nier et Godron (Flore dc France) partageaient en deux varietes, 
— transformees en espcees par dautres floristes, — le Spergu- 
laria quits out decrit sous le nom spccifique de media Pers. 
Le respect du aux ecliantillons venerahles de llierbier Rauwolfl" 
empecliant toute dissection, dans le cas present eomme en beau- 
coup dautres, nous etions dispense de teuir compte des 
nuances. 

(3) Le nom a etc emporte avec le feuillet 15. C'etalt indul)!- 
tal)lemcnt cclui d' « Eryngium marinum ■>, dejii applique, dans 
le premier volume, a un echantillon de la menie Ombellifere. 



— 74 — 

Siiiiu C.viiteiHV ct Plinii. 
Hrunkrcssichs soncicrs jiics- 
i-hlccht (li. Nasturtium officinale R.Br. 

19. Tamarix Narbonica . 
Mifricd. 

AuAH. Thnrsc, den Inwo- 

nernA//i<'/(2). 
CiEHMANis Taniarisken. Tamarix (iallica I.. 

20. RiiUv sijlvestris species 
prima. 

Arab. Sedab. 

Wilder Hautten erstc ge- 
leschlecht (3). Ruta angustifolia Pers. 

21. RuUi' sijlvestris species 
secunda, angustifolia. 

Ger. Wilder Rautten wit 
schwalen blettlein , das 
ander geleschlecht (4). Ruta montana Clus. 

(1) « Espece particuliere cle Cressou de fontaine. » 

(2) « Tharse chez les Arabes, Athel pour les habitants [?] ». 
Le rameau de Tamaris qui setale au recto du feuillet 19 a etc- 
detache d'un arbre croissant a xMarseille, ainsi que le constate 
YHodceporicum. II semble done que logiquement 11 faudralt en- 
tendre par « habitants o^les Marseillais. Mais nous ne croyons 
pas que ceux-ci aient jamais appele Athel le Tamaris. Ce nom 
devait etre en usage chez les habitants des bords de TEuphratc. 
RauwolfT vit, en eftet, dans cette region, des Tamaris de grande 
taille. Illes a signales dans unc note dont il a fait suivre, ici 
meme, le nom allemand Tamarisken : « Tamaris qui ressemblcnt 
plus que les notres [il designe par la le Myricaria Germanica. 
alors appele en Allemagne Tamarisct:, sic dans FuchsJ aux tres- 
grands Tamaris qui croissent sur les Jiords du tleuve Euphrate. 
(sauf les fruits que je n'ai pas trouves lors de mon passage). » Et 
la note se termine par une question qu'il ne tranche pas : ne se- 
raicnt-ce pas les Tamaris que le prophete Jeremie avait en vuc 
dans les deux passages oil il dit, chap. 17 : » Erit enim... » et 
eh . 48 : « Et eritis quasi M^ricse in deserto » ? 

(3) « Rue sauvage. premiere espece. >> 

(4) « Rue sauvage, a feuilles etroites, seconde espece. « 



- 75 - 
22. Lychnis sylvestris. Silene 



24. , (1) Echinops Ritro L. 

25. Tartonraire Galloprovin- 
cice Massiliensiiim, planto 

rara maritima (2). Passerina Tarton-raira DC. 

26. Psyllium. 

Ger. Psillenkraul, Floche- 

kraut (3) . 
Gal. Herba a puces. Plantago Psyllium L. 

27. Seseli Aethiopiciim frii- 

lican-^. Bupleurum fruticosum L. 

28. Zizyphus arbor. 

Die Inwoner nennents En- 
nab , die Arabcs aber 
Hanab ; welches stechte 
die Apotecker Jiijiibas 
nennent (4). Zizyphus vulgaris Lmk. 



(1) Le fcuillet 2;{, qui portait au verso le nom de VEchinops, 
est un de ceux qui manquent. — Un echantillon de la menie 
plante se trouve dans le deuxieme volume de Therbier. 
Rauwolff lavait nomme « Carlina MonspeUi » et Charles de 
lEscluse, amendant, « Acanthus sylvestris )> . II eut ete curieux 
de savoir quelle etait, en dernier lieu, lappellation que notre 
botaniste avait adoptee. 

(2) La denomination qu'il donne ici au Tarton-raire reproduit 
exactement I'intitule du chapitre consaere a cette plante dans 
le Stirpiiim Adversaria. 11 avait du souvent consulter cet 
ouvrage. Nous verrons un pen plus loin qu'il en a fait mention 
dans VHodceporiciim. 

(3) « Herlje a puces. » 

(4) « Les habitants [?] le uomment Ennab et les Arahes 
Hanab. Les pharmaciens appellent les fruits jujubes « Nous 
avons a faire ici la meme observation ([ue pour le Tamaris. De 
quels habitants sagit-ilV Les deux specimens de Iherbier furent 
pris a Marseille. Etaient-ce les Marseillais qui donnaient alors 
au Jujubier le nom A'Ennab ".' C'est bien peu probable ; et nous 



— 70 — 

20. '/Azijphi iiUci species. 
l\()llt'rl)rusll)o(M-lon Haiims, 
:uuk"r ^eleschlcclil (1). Zizypluis vulj^aris Link. 

30. Valeriana rubra. 

Hdllcr 1?al(irian (2). Ccntranlhus riil)cr \H.. 

.')1 . Catanance Dioscoridis 
species prima, vera, non- 
diim cognita (3). Plantago Lagopus L. 

Lcs qualre feuillels ancanlis contenaient uii 
exemplaire des cspeccs suivantcs, dont le iioni sc 
lit, commc nous TaYons explique, au verso du 
feuillct precedent : 

2. Jacoba'a marina. 
Arthemisia marina. 
Cineraria . 
Eines senders geschlecht 

der JacolisBluemen, beini 

Molir waclisende (4). Senecio Cineraria DC. 

supposoiis eucore que par le mot « haljitants « Rauwolff a voulu 
designer les Levantins, chez lesquels il coiistata egalement la 
presence de cet arbre. 

(1) ft Arbre aux bales rouges pectorales, seconde especc.» — 
En se figurant quil existait a Marseille deux especes de Jujubier, 
Hauwolff, tres probahlement, avait ete induit a erreur par le 
Stirpiiim Adversaria. Les auteurs de cet ouvrage semblaient 
admetlrc, en elTet, deux especes de Zizyphiis : la difference ne 
consistait qu'en uue question de taillc. 

(2) « Valeriane rouge. » 

(3) La plante ctant " encore inconnue ». UauwolfV n'a pas pu 
lui faire application dun nom allemand. Mais il I'a deerite en 
ces termes, dans unc note que nous traduisons: d Petite plante 
etrangere resscmlilant au Plantain lanceole, [Spitziger Wcgrich. 
sic dans Fuchs] connu des Grccs et des Latins, .le lai aussitot 
distinguee ii cause de ses petites feuilles secbes, tout a fait sem- 
blables aux serres dun milan [bractees scarienses, lanceolees. 
munies dune lignc noire sur le dos]. » 

(4) « Especc particuliere de Fleur de Jacob, venant nu bord de 
la mer. » 



— 77 — 

5 Sempervinim minus offi- 

clncirnm. 
Vermiciilaris . 
Crassula minor. Sedum 



l"). Erijnyium. 

Gek. Brachendistcl. Mans- 

trcw. 
Gallis Panicault (1). Eryngium campestrc L. 

23. Cliondrilla viminea. Chondrilla juncea L. 

Grace aux indications que Leonard RaiiwoKT 
a donnees dans la Relation de son voyage, nous 
Savons que sur les trente especes qui forment la 
premiere serie du quatrieme volume de I'herbier, il 
y en a seize qu'il recueillit en herborisant aux 
alentours de Marseille. Ce sont : 

S|)crgiilaria media G. G. Ccphalaria leucantha 
lUita nionlana Gliis. Schrad. 

— angustifolia Pers. Cliondrilla juncea L. (3). 

Zizyphus vulgaris Lnik. Sonchus maritimus L. 

Astragalus Massiliensis Odontites lutea Rchb. 



•o 



Luik. Plantago Lagopus L. 

'I'aniarix Gallica L. — Psyllium L. 

Hupleurum fruticosum L. Passerina Tarton-raira 

Eryngium maritimum L. DC. (4). 
(^entranthus ruber DC. (2). 

(1) VanicaaL est lui mot provciical. (rest ctfectivcniciit Ic 
nom que les I^roveiicaux donncnt a VErynginin campestrc : eii 
Francais Chaidon-Roland. 

(2) Dans VHoda'poricnin. RainvoHT emploie comiiie dans 
Iherljier la deiiomiiiatioii de " \'aleriane rouge d ; mais il 
ajoute : " Rcmberli l)od. i. Dodoens, en et'i'et. appela le premier 
du uoni do VdleriaiKt rubra la phuitc (|ue De Candolle a nom- 
inee Ccutraidhns ruber. 

(."{) D'apres VHoda'poricum. Dasylycus vit eette plante ii Mar- 
seille, « surtout dans les vignes ». 

i4) Nous avons fait observer plus liaut que dans Iherbier le 
mot t, Tarionrairc » est ecrit tel quil fut donne par le Slirpium 



- 7S - 

MaisRamvoltTii'a inlroduil dans son horbier de 
\')1'A (|iio ((uehiuos-unos dos plantes qu'il apercut, a 
fc>lU' rpo([iu\ sur lo k'niloiro dc Marseille (1 ). II en a 
noninie iin plus grand noinbre dans VHoda'jxfriciiin, 
el nous rappelons ((ue la liste qu'il y donne se 
lermine par cette forniule deccvanle : « et beaucoup 
d aulres qu'il scrail Irop long d'enumercr ici ». 

Voici les plantes de la llorule niarseillaise citees 
par VHodcvporiciim et non representees dans le qua- 
Irieme volume de liierbier (2) : 



Trifoliiiin Asphallilc. I^soralca l)iluinino.sa L. 

Dcnlillavia (.'}). IMumliago Huropiea L. 

Gratiolo. ? Gratiola ollicinalis L. 

Adversaria. Dans VHoda;poricum. Ramvolff adopte une ortlio- 
graplic difl'c'i-oiilc : il imprime Tartenmijrc . Or cette forme est 
celle qu'employait Jacciues Raynaudet, cireonstance que nous 
a fait connaitrc YHMoria planiariim universalis : Jean Bauliin 
y raconte que Raynaudet, en hii envoyant de Marseille des 
ecliantillons de la plante, lui ecrivait que les Marseillais la 
nomniaient Tarl-en-raijre. Nous avons, dans notre Pierre Pena 
et Malhias de Lobel, expliquc Ic sens de cette expression pro- 
veneale et devoile la curieuse etymologic du nom de >■ Tarton- 
raira ». 

(1) La nature des plantes citees marque avec quel soin Rau- 
wolff avait explore le t&rroir de Marseille. VAstragaliis Massi- 
lieiisis et YErijngium mariliimim croissent dans les sables mari- 
times ; il trouva le Tarton -raire sur des rocliers voisins de la 
raer : et pour cueillir le Biipleuriiin fruticosam et le Cepluilarid 
leucantha, il dut faire I'ascenslon des coUines (|ui entourent le 
territoire et y atteindre une certaine altitude. 

(2) Six des plantes inscrites sur cette liste avaient ete cueillies 
par Rauwolft" pendant son premier sejour en France et sont 
representees dans les deux premiers volumes de liierbier : ce 
sont : Medicago marina, Psoralea hiinminosa, Diotis candidis- 
iima, Asterisciis spinosus, Cupularia viscosa. Asjuiragns acnli- 
folius ; elles y figurent sous les memes noms, sauf le Psoralen 
(jui est appcle >i Trifolinm biUiminosum » et VAsparagus aculi- 
foliiis, qui porte a Tindex le nom d" « Asparagus sylvcslris ». 

(3) Au mot Dentillaria, Rauwolff ajoute dans son livre : ^ du 
savant et celebre Docteur (niillaume Rondelet. mon devoue 



- 79 - 

Gnaphaliiim marinnin. Diotis candidissima Desf. 

Medica marina. Medicago marina L. 

Comjza major. Cupularia viscosa G. G. 

Vermiciilarisfriiticans(l) ? Suitda fruticosa Forsk. 

Cardmis tomentusus i2). ? Galactites tomentosa 

Moench. 
Nepa (3). Ulex parviflorus Pourr. 

Aster Atticiis lideiis. Astcriscus spinosus G. (i. 

Corriidd. Asparagus acutifolius L. 



professeur. « — Le Plumbago avait, en effet, recu a Montpol- 
lier le nom de Dentclairc de Rondelet. C'ctalt un specifique 
iccommande contre le mal de dents. 11 suffisait, disait-on, 
|)()ur c'tre soiilage, de tenir a la main nn brin de la plante. 

(1) II n'etait guere possible de donner une traduction cer- 
taine du « Vennicidaris friiticans » de Rauwolff. Ce nom, tcl 
(ju'il I'ecrit, n'a etii employe par aucun des floristes du xvF sie- 
tle. Nous cro3-ons neanmoins que notre liypotliese du Siia'dd 
fruticosa a i)our elle une grande probabilite. Cette Salsolacee 
ctait appelee par les Adversaria « Cliamwpithijs vermicutata 
Sedi cffigic •>. par Lobol, dans les Observationcs. " Vermicutata' 
I'ruticis varietas major » et par Cesalpin « Vcrmicutariu arbores- 
(•<'/(,s. » — M. le docteur Saint-Lager, dans une des lettres qu'il 
a bien voulu nous ecrire an sujet de VHoda'poricum, emettait 
lavis que le Vcrndiularis de Dasylycus pouvait etre un 
Frankenia. 

(2) Le texte ajoule (en allemand) ; « ressemblant [nil ungteicli, 
litteralcment non dissemblabte] a la Lcucacantha. d — Dans 
\ Historia plantarum unioerscdis (t. Ill, p. oT), Jean Bauhin a 
])ose, sans la resoudre, la c|uestion de savoir quelle etait la 
plante que HauwoItT, en son Itinerarium, nommait ainsi, et 
([u'il signalait « circa Marsiliam. » En faveur de Tassimilatiou 
((ue nous hasardons, nous aurious I'autorite de Dalechamp, qui 
donnc le nom de « Leucacantha » a la Carduacee que nous appe- 
lons aujourd'luii (ialaclilei; tomentosa. Mais ee meme nom de 
Leuc(u-antha. Anguillara rapplic(uait an Cirsium bulbosum, d'au- 
tres botanographes du temps an Silybum Marianum. an Cen- 
taiirea solstitialis, etc. — M. le docteur Saint-Lager {in titleris) 
pense qu'il s'agit ici dun Onopordon. 

(3) Le mot « Nepa », iusere dans une enumeration (jui com- 
prend <( Clwndrilla viminea, Conyza major, Vermicularis fru- 
ticans, Cardans tomentosus », est suivi immediatement de I'ob- 
servation que voiei : m desc[uels fait mention leminent et excel- 
lent Matthias de Lobel en ses Adversaria nova. >> II semble 



— 80 — 

Trois c'spc'c'cs sonl (U'signoos, non i)oinl par lour 
nom Inlin, mais an inoveii (rune pcripliiaso alle- 
inaiule (pie nous Iraduisons : 

Epcron-dc-cheualier a Jlcurs 
jannes parfiimces (1). ? Linaiia siii)iiia Dcsf. 

i-csultiM- tic i-i'Uc plirasc (|iK' UaiiwollY considers Mathias dc- 
Lohcl coiniiK' I'aulc'ur iuii(iiio, on tout an nioiiis rauteur prin- 
cipal dii Stirpium Adversaria. Nmis avons. dans nofrc etude 
sur Pierre Pena, racontclcs niacliiuations auxcpicllcs Lobcl cut 
recours pour sattribuer la patcinilc dc eet ouvraj-c. Xous trou- 
vons iei la preuve que ces manoeuvres eurent un pronij)! suc- 
ccs. Lanuee oil RauwolfT rentra dans sa ville nalalc. an rctour 
dc sou voyage dn Levant. (l.'iTG), est ccllc mcuic oil Lobcl 
l)ublia Ic Phtnlarnni sen Slirpiinn Ilisloria. destine ii faire 
oublicr le nom dc Pcna, (pii avait etc inscrit en premiere ligne, 
cinq ans auparavant, sur le litre des .A (/ccrsar/a. liauwollY fit 
rae(|uisition du volume recent, puiscfuc nous savons ([uil y 
deeouvrit le nom a donner au Samolns Valerandi, plante jus- 
quc lii inconnue pour lui, admise dans son lierl)ier, sans avoir 
etc detcrmiuec, depuis loGl ou 15()'2 (v. supra, p. 16). En pre- 
naut connaissance dc la nouvclle publication, Dasylycus subit 
PelTet des babiletcs de Lol)cl ; 11 tut, conime on le voit, un des 
premiers ii suiiprimerle nom de Pena en citant les Adnersaria. 
Et ee fait est d'autaut plus signifieatif qu'il connaissait Pierre 
Pena, au moins de reputation, et devait savoir mieux cjue per- 
sonne quelle part celui-ci avait prise a la redaction du livre 
dont Lobel netait que le co-signataire. Noublions pas, en elTet, 
que Ic premier volume de Pherbier conticnt un exemplaire de 
Crepis bulbosa auquel RauwollY, appliquant un uom qui devait, 
luiit ans plus tard. etrc imprime tcl cjuel dans les Adversaria, 
ecrivait de sa propre main que ce nom ctait une eoneeptiou de 
Pierre Pena, v Petri Pen.k » {supra, p. 23). 

(1) RauwollY ajoute ii cette designation : « Plante que j'ai 
Irouvee aussi ii trois lieues de Nimes, au Pont du Gard [il 
imprime Ponlcgard. en un scul mot], sur cet antique monu- 
ment, encore solide et superbc. •• — Le mot allemand Ritters- 
})orn. dont nous avons donue ci-dessus la traduction litteralc. 
sappliquait alors (et se donnc encore aujourd'luii) au Pied 
d alouette (Sic: Adversaria, Lobel, Dodoens, Jean Haubin, ete.i 
Mais serait-il possible que Dasyhcus eut trouve dans le terroir 
dc Marseille, et precedemment sur les mines du Pont da Gard, 
un Delphinium a flcurs jaunes parfumees :' Xous proposons, non 
sans quelque timidite, le Linaria supina , dont les fleursjauues 
epcrounees exlialent un Icger parfum. 



— 81 — 

Mulcne a feuilles decoiipces 

(!)• Verbascum sinuatum L. 

Pavot conuijaime (2). Glaucium flavum Crantz. 



Outre les plantes recueillies aux environs de Mar- 
seille, Rauwolffa mentionne quelques-unes de celles 
qui i'offrirent a sa vue sur le territoire de la Pro- 
vence, au cours de la longue chevauchee qu'il eut a 
fournir, depuis Nice, pour atteindre le port d'em- 
barquemcnt. 

Mais, chose singuliere, aucune des autres plantes 
dont le nom est cite par IHodocporicnm n'est repre- 
sentee dans riierbier de 1573, en sorte que pour les 
quatorze echantillons qui completent la premiere 
serie du volume, nous savons bien, par le titre d'en- 
Iree, qu'ils proviennent du sol provencal, mais nous 
ignorons en quel endroit precis ils furent pris. 

Aux alentours de Nice notre voyageur remarqua : 
« deux especes de Pavot cornu, I'un a fleurs jaunes, 
Fautre a fleurs brunes » [Glaucium flaviim Crantz et 
Ra'ineria hijbrida DC.) ; « un Ladanum a leuilles 
larges )> [Cistiis Monspeliensis L. (3j] ; enfin, sur une 
hauteur, dans la direction de Villet'ranche, « un Li- 
seron blanc raye de pourpre, a feuilles allongees et 
decoupees (4) ». 



(1) (I Wullkraut niit zcrtliailten bleltern. » 

(2) " Dcss gchonieteii gcll)C'n Olmag'en. » 

(3) Notre traduction est confirmee par le Piiuix de Gaspard 
IJauliin. qui fait du » Lddiinum lalifolinm Rniiivolff n un syno- 
n\me de son « Cistiis lacUinifcia Munspelicnsiiim », devenu le 
Cistiis Monspeliensis de Linne. 

(4) Nous traduisons par Liseron les deux mots allemands 
I' Winde Glockcn » dont I'un signifie Liscion et Tautre Clochclle. 
Ce pleonasme nous oblige 'a decider quil sagit ici dun Convol- 
vulus. Mais nous n'en voyons aucun qui reponde dune mauiere 
exacte au signalement donne par I HoJveporicum, si ce nest peut- 
etre le C. althwuides L. 

6 



— 82 — 
I-',! loul \c loni' do la roiilc do Nice a Marseille 



Scscli Pcloponcaidcnm (li. 
Tlujnu'la'd. 

(U'sltis a lUnirs hhuiclu's ot 
:i lUnirs purpuriiics. » 

I.iidiiinun do ('.liisiiis >. i\ 
fouilios c'troilcs (ie ronia- 
rin el i\ lleurs jaunes » (2). 

Thcvebinlhus . 

Ilex cocci f era (3). 

Aspalaliis (4). 

Polcmoiiiuin Monspelien- 
sinm, TrifoUiun fnilicuns 
lie Ueniborl Dodocns. 

Hiisciis . 

Sinilax ttspera. 

Lenlisciis . 

Calaminlha montana . 



'riia])sia villosa L 
Dapliiie {iiiidimii L. 
(lisUis all)idus L. 

— salvifoliiis L. 

— Monspclicnsis L. 



Hclianllicmunihirtum Pers. 
Pistacia Terebinlhus L. 
Qucrcus coccifcra L. 
V (^alycolonic spinosa Link. 



.lasminum i'ruticansL. 
Hiiscus aculealus L. 
Smilax aspera L. 
Pistacia Lentiscus L. 
Calamintha oi'ilcinalis 
Moench. 



(1) Hauwollf fait preceder le iioiii latin dcs trois mots allc- 
maiids (' ein gar schoncs « [un tout-a-fait beau. . .]. Etait-ce uii 
([ualificatif quil appliquait dune manierc generale a cctte Om- 
licllifere, ou voulait-il dire qu il en avail apcrcu un specimen 
lu.xuriantV — Le Tluipsia, et toutes les plantes qui suivent, a 
lexccption du « Ladanum de Clusius », de Vv Aspalatiis n et du 
K Calaminlha montana », figurent parmi les recoltes de 1560- 
1562 dans les deux premiers volumes de I'herbier. et y sont 
inscrites avec les memes noms. 

(2) Gaspard Bauhin {Pin., p. 407) insere le « Ladnni species foliis 
Rosmarini. RamDolU' » parmi ics synonymes de son <■ Cislns Icdon 
joliis rorismarini sublux incanis •>, dont Linne a fait le Cislns 
hirtns. actucUement Hclianlbcminn birtiini. 

(3) Le tcxte porte « Ilva « au lieu d'llex. C'est evidemment 
une fautc d'impression. 

(4) 11 est tres probable que par >< Aspalatiis » Rauwolft'a voulu 
designer le Calycotomc spinosa, tres commun dans la region 
qu il a traversee. Mais commc les botanograpbes du xvr- siecle 
ne s etaient point mis d'accord, ct qu'ils appliquaient le nom 
d'Aspalatns a divers arbustes epineux. il n'est pas possible 
d'avoir une certitude complete. 



— 83 — 

Qualrc des plantes rencoiilrees pendant le mcme 
Irajet sont encore designees par des denominations 
ou des periphrases allemandes : 



Liseron raide (1). ? Convolvulus Cantabricn 

L. 
Garance des teintiiriers (2). Rubia peregrina L. 
Plante de Stcechas (3). Helichrysum Stoechas DC. 

Chardon des hesliaiix vul- 
gaire (4). ? Silybum Marianum Gticrln. 



(1) « Scharpffc Windc ». — « Raide >> doit s'entendre dii ])ort 
dc la plante ; cest du moins ce que nous supposons. Mais ce 
detail est beaucoup trop vague pour que notre determination ne 
soit j)as simplement hypothetique. 

(2) « Ferberrote ». — Le Riibia tinctonim et le R. peregrina 
sont deux especes tres voisines. Nous croN^ons que cest plutot la 
seconde qu'avait observee Rauwolff. Elle est beaucoup plus 
commune en Provence que la premiere, et celle-ci n'etait pas 
encore, comme cllc le fut par la suite, I'objet dune culture 
speciale. 

(3) (f Stocbaskraut »>. — La nomenclature du xvi« siecle don- 
nait le nom de « Slcechas Arabica -» an Lavandula Stoschas, et 
celui de « Stadias cilrina » a Y Helichrysum Sloechas. Quand 
on se trouvait en presence du mot Slcccluis sans epitbete, quelle 
plante fallait-il entendre ? Nous avons ici opte sans besitation 
pour VHelichrijsnni Stoechas, qui figure a la page 3du quatrieme 
volume de Tbcrbier : il est, du reste, beaucoup plus repandu que 
le Lavandula Stcechas, le longdu cliemin parcouru par Rauwobi'. 
Cette Lavande et VHclichrysum sont representes dans le premier 
volume, Tune sous le nom de Stoechas Arabica et I'autre sous 
celui de Sla'chas cilrina. Quant u recbantillon du quatrieme 
volume, nous ne savons pas comment ila\ait ete etiquete. Ainsi 
c[ue nous I'avons dit plus liaut, le nom etait iuserit au ver.so du 
feuillet 2, qui a di.sjjaru. 

(4) « \'cbendistel gemainc ». — Le nom dc « Vchendistel » 
emploj'e par Vllodoeporicuni nous parait etrc une forme dialec- 
taic du mot allemand Vichdistel que nous tronvons, dans VHis- 
toire de Jean Baubin, traduit e:i latin par Cardans armcniarins 
sive pecuarius. Quelques auteurs allemands appelaient ainsi la 
plante que nous nommons aujourdbui Silybnni Marianum. — 
II y a, dans le deuxieme volume de Iberbier, un exemplaire de 



- 84 — 

Kn tVnnanl cellc lisle, UamvolIT prcnd soin do 
nous (liiT ([u'clle lie coulitMil j)as, hieii loin de la! 
lollies les piantes qu'eii eelle oceurence il a passees 
en revue. II y en avail beaucoup d'aulres, dil-il, 
« iiiid andere melir. » 

11 csl proibndemenl regrellahle (pi'll ail use, — 
nous devrions dire abuse, — de ce procede abrevia- 
tif, quand il a parle des planles exoli(|ues reunies 
dans lejardin de Jacques Uaynaudel. 

On a vu plus haul coninienl, ayanl a ])rendrc 
j)aliencc en allendanl que le S(n}t(t-Ci'ucc' [)iil lever 
I'ancre, il s'etail lie avec Raynaudel. Celui-ci lui 
inonlra d'abord son herbier, puis le conduisit dans 
son jardin, on il cullivail des simples (1). (>onibien 
il scrail anjourd'lini inleressanl de savoir exacle- 
nienl ([uelles elaient, en maliere de culture, les pre- 
dileclions dun i)harinacien bolanojdiile niarseillais 
ail xvr' siccle I 

Nombreuses devaienl elre « les belles planles 
niedicinales elrangeres » que cultivait Jacques 
Raynaudet : ainsi rindi({ue le desolant « et ccvtera » 
de RauwollT. II n'cn a nomine que cinq : Aloe, 
Ambrosia, Ainini, Mohj et <( le vrai » Scammoniiim. 

Ce nest point chose facile que de chercher a lixer 
avec certitude ridenlile des especcs aiixquelles on 
attachait alors ces nonis, transmis par la venerable 
anliquite. 

Nous supposons que pour Raynaudet et Rauwolll' 
le « Scammoniiim vrai » etait la planle qui porte 



Silijbiim, que Piauwollf a inscrit sous Ic uoni dc • ('(trdniis 
Malice >■> . D apres M. le docteur Saiut-Lager (in lilt.), c'est l)ieu 
a la mcme cspece cju'il ap])liquait plus tard, dans VHuda'jwii- 
ciini. le tcruie de Vchcmlislcl. 

(li Le mot latin « simplicia » est impiinie dans le Icxle en 
caracteres lomains. 



— 85 — 

depuis Linne le nom de Convohmlm Scammonia (1). 
Le mot de « vrai », employe ici, avail pour but do 
distinguer cette plante de la Scammonee de Monl- 
pellier (Cyimnchum Monspeliaciim L., considere 
aujourd'hui comme une simple variete du C. acii- 
tum L . ) 

(( Ambrosia » s'appliqiiait sans doute a Tespece 
qui, faisant toujours partie du genre Ambrosia, a 
recu de Linne le nom specifique de maritima(2). 

Pour « Ammi )), la difliculteest grande. Brunfels, 
Tragus, Valerius Cordus, Gesner, Lonitzer, VHistoria 
Liigdiinensis, Dodoens, Camerarius appelaient ainsi 
rOmbellifere qui est presentement notre Ammi 
majiis L, Mais Jacques Raynaudet voulait dans son 
jardin ])otanique, — Rauwolff le dit expressement, 
— dcs plantes a etrangeres. » Or, V Ammi majiis est, 
de nos jours, extrememcnt commun dans les champs 
([ui avoisinent Marseille. Pour croire que Raynaudet, 
I'ayant inlroduit parmi ses cultures, prenait plaisir 
a le montrer aux visiteurs de son jardin, il laudrait 
supposer qu'au xvr' siecle c'etait une rarete. 



(1) Cordus ct Dodoens appelaient c Scammoninm » le Con- 
volvulus Scammonia L. ; les Adversaria ajoutaient « Syriaciim ». 
Lcs aiitres lloristes contemporains sc servaicnt des mots « Scani- 
monca » et « Scammonia ». 

(2) Cc nest pas Linne ([ui a cree le nom d'Ambrosia maritima. 
Lauteur du Species scst contente dV rcproduire lappellation 
etablie par (laspard Bauhin (Pin., p. 138). Celui-ci donnait pour 
synonymes a cette plante : 

Ambrosia, de Dodoens, des Adversaria, de Cesalpin, de Came- 
rarius et de TabcrnaMiiontanus ; 

Ambrosia qnibnsdam dicta, do Conrad Gesner, Amfcros/a sativa 
hortensis, de Lohel (Observationes) ; 

Ambrosia hortensis procerior. de VHistoria Lugdunensis. 

On pout done considerer comme certain ((uc cost bicn V Am- 
brosia maritima de G. Bauhin et de Linne que Jacques Raj'- 
naudet cultivait dans son jardin botanique. 



-:- 8fi — 

« Molij » osl uii noin ct'lcbre, (|ui remonle jiis- 
qu'a Honu'ie. Aussi los bolano^raphos do la Renais- 
sance avaienl-ils eprouve un vil" desir de savoir a 
quelle j)lante ce noni pouvait elre adaj>le. De la, 
(lans la nonienelalure dii xv^' siecle, nne Ires ^rande 
eonlusion, la denominaiion de Mohj ayanl ele, ;i 
tort et a travers, dislribuee a beaucoup de diiYercntcs 
especcs. II esl probable (jue le Moly de Raynaudel 
etait nn Allium : il serait lemeraire de dire lequel (1). 

Enlin V « Aloe « etait vraisemblablemenl Aloe vul- 
garis Lndv. Nous savons par les Adversaria que 
TAloes ligurail, vers la meme epoque, parmi les 
plantes rares qui ornaient le jardin du gouverneur 
de la ville, Pierre Bon, baron de Meolhon (2). Rien 
d'etonnanl que Raynaudet le possedat aussi. 

Voila tout ce que nous ont fourni, au sujet de la 
flore provencale, soit VHodoeporicum, soitla premiere 
partie du quatrieme volume de Therbier de Leyde. 

Leonard RauwoHY ne revit plus la Provence. Le 
navire a bord duquel, apres un sejourde trois ans en 
Orient, il prit passage pour retourner dans sapatrie, 
vint atterrir non point a Marseille, mais a Venise. 



(1) Gasparcl Bauhin (Pin., p. 75) donne le nom de n Moly lati- 
foliiim lilifioiiun » a la plante cjue Theophraste , Anguillara , 
Clusius et Camerarius appelaient « Moly «; les Adversaria, Lobe! 
dans les Observatioiies, VHistoria Liigdunensis, « Moly liliflo- 
rumy>, et Dodoens, k. Moly latifolium ». Linne a fait de cette es- 
pece VAlliiim luagiciim. Mais en quel pays croissait I'Ail nia- 
gique '? Linne lui-meme I'ignorait, puisc[ue dans la troisienie 
edition du Species, il ne pouvait indic[uer la patrie de cette Lilia- 
cee mj'sterieuse et faisait suivre d'uiie ligne de points le mot 
habitat. h'Tndex Kewensis ideutifie V Allium magicam avec VA. 
nigrum L. Si cette assimilation est fondee, ce serait alors VAl- 
liiim nigrum que vit Hauwolff dans le jardin de Raynaudet. 

(2) La Botanique en Provence an xvi" siecle : Pierre Pcna el 
Mathias de Label, p. 83, 



— 87 — 

L'heureux voyageur fit Sca rentree a Augsbourg le 
12 fevrier 1576. Le destin lui reservait encore vingt 
ans de vie, mais vers la fin de sa carriere il fut en 
butte a de douloureuses epreuves. 

Des son retour, il avail ete nomme medecin de 
I'hopital des pestiferes, avee mille florins de 
traitement. 

(( Apres avoir rcnipli cette fonction avec Tappro- 
bation generale durant plusieurs annees, RauwollT 
eut, en 1588, le malheur, ainsi que plusieurs de ses 
compalriotes, de perdre sa place et son traitement, 
parce qu'il ne voulut pas quitter la religion reformee 
pourle catholicisme. Pen apres les Etats d'Autriche 
rappclerenl a l.inlz en qualite de medecin de la ville. 
II n'esl guere probable quMl ait vecu tranquille dans 
ce nouveau poste, puisque, malgre son age avance, 
il suivit connne medecin des armees les troupes 
autricliiennes qui alloient en Hongrie... Quelques 
ecrivains disent quil mourut de la dysenterie au 
siege de Hatvan en 1606. Cette date est fautive, car 
le medecin Tobie Cobber, qui le soigna dans sa der- 
niere maladie, dil expressement qu'il termina sa 
carriere a Hatvan en 1596. « Un peu auparavant, — 
« ce sont ses expressions, — je representai a Rau- 
« wollVqu'a son age il ne supporterait pas les fatigues 
« et les dangers inevitables a la suite d'une armee : 
« mais il m'objecta que son long voyage avoit en- 
« durci son temperament. Cependant la mauvaise 
« eau de Hatvan lui causa bientot une diarrhee qui 
« ralTaiblit exlremement et finit par le conduire au 
« tombeau. » Cobber ajoute que peut-etre Rauwolff 
n'eiit pas succombe a sa maladie si ses chagrins 
domestiques ne I'eussent pas tourmente sans 
relache... (1). » 



(1) Annales des voyages, de la geographic et de Vhistoire, 
loc. cit. 



— 88 — 

Que dcvint, an niiliou do cos peiipetics, riicrbier 
do Loonard RauwollV? Comnionl a-l-il pu olro con- 
sorvo jusqua nos jours, ol par (juol conoours do 
ciiTonslancos osl-il dovonu piopriolo do la Hol- 

landoV 

Voici CO quo dit a co sujol I'aulour do la Notice a 
laquollo nous vonons d'ompiuntor lo rocil dos der- 
niors jours do RauwolIT : 

« L'herbier do RauwolIT a eu uno doslineo singu- 
lioro : Isaac Vossiuson dovint possessour durant sou 
sojour on Suodo. Jacques Brovn lui avoil onlondu 
diro (juil I'avoit rocu on prosonl do la roino Chris- 
tine (1). Cot hor])ier, ai)rcs la mort de RauwoHT, avoit 
sans douto ete place dans la bihliothcHpio do I'Elec- 
teur de Bavicre ; et comme dans la guerre de Trente 
ans los Suodois s'emparoient dos curiositos littorai- 
res des pays dont lis laisoient la conquote, il est pro- 
bable que c'est de cette maniero que Thorbior aura 
oto Iransporto on Suede (2). >» 

(1) En invoquant le temoignagc de Jacques Hreyn , lauteur 
de la Xotice aurait du iiidiquer que ce liotaniste faisait suivre 
son affirmation de cette reserve : " X/.s/ mc fallil memorio ». — 
La Nuiwellc Biofjraphic gcncralc donne, sur Texistenee d'Isaac 
Vossins, les details suivants : « VossRS (Isaac), celebre erudit... 
ne ea 1G18 a Lcyde. mort le 'Jl fevrier 1681). ii Londrcs... Apres 
la mort de son frere Mathieu, il obtint de lui suecedcr dans la 
double charge d'bistoriograplie des Ktats de Hollande et de bi- 
bliothecairc de la ville d'Amsterdam (KUG). Invite par la reine 
Christine a vcnir a sa cour. Isaac s y reiidit en 1G49. et recnt un 
accucil tres favorable... Kile lui aebeta la bibliotheque de son 
pere et lui donna, en 1650, commission d'acquerir, dans Ics 
Fays-Has, en France et en Allemagne, des livres et des manns- 
crits... 11 la snivit en Hollande. apres son abdication, et se de- 
dommagea comme il put dc ce (|uelle lui devait en livres, ta- 
bleaux, manuscrits. etc. En KiTO. il sY-tablit a Londrcs et y passa 
le reste de sa vie dans raisance. grace a un riche heritage de 
famille et aux liberalites du roi Charles II, qui lavait pourvu 
d'un cauonicat a Windsor ; il recevait aussi, dcpuis WyA\. une 
pension de 1200 livres dc Louis Xl\'. II mourut a 71 ans ). 

(2) Conringii Inlroductio in artem mcdicam, ciira Schelhttm- 
meri, Helmstadt . 1G87. - J. Bcckmann { Liltcratiir der altercn 



— 89 — 

A la morl d'lsaac Vossius, rUniversite de Lcyde 
s'empressa de trailer avec les heritiers du defunt : 
elle aclieta en bloc, moyennant le prix de 32.000 
florins, la bibliotheque du celebre crudit, et depuis 
lors rher])ier de Leonard RamvoIlT n\a pas cesse 
(rappartonir a la Hollande (1 ). 



Reseibe schrcihiinfjcn . 1.S07) a ete plus affirmatif. II declare 
cxprcssc-mcnt que Dierljier de RauwoIiY etait cntre dans la bi- 
bliothequft de rKlectcur, apres la mort du botanistc dAugs- 
l)ourg. ct que Ie< Suedois layant cnleve pendant la guerre, le 
transporterent en Suede. — Faire Iiommage de son herbier a 
quelque prince eclaire et gcnereux, en vue des avantagcs que cc 
don aurait pu lui valoir, etait un projct que Leonard Ramvolff 
avait longtemps caresse avant de mourir. II en parlait dans la 
lettrea Charles de I'EscIuse que conserve I'Universite de Leyde : 
il priaitson illustre correspondant de semettre personnellenient 
a la recherche dun tel prince : « Habeo adhuc, ecrivait Rauwolff. 
alia quamplurima siniplicia, ex Orientali jihiga mecum allata. . ., 
in suo virore chartis ca diligentia agglutinata et in iinum opus 
compacta, ut a (juibusvis exquisite cognosci possint : qua- cum 
non sine niagno labore. periculo. niulto<[ue sudore acquisierim, 
munitico et liberali alicui Princijji, et qui horuni cognitione 
maxime delcctaretur, baud gravatim offerrem. Talis si occurre- 
rct cumc[ue meo nomine hac de re per occasionem alloquereris, 
feceris mihi rem non ingratam. ■; Mais ce reve ne put se realiser : 
et, comme on vient de le voir, ce tut seulement apres la triste 
fin du botaniste-voAageur que son herbier devint la propriete 
du souverain de la Haviere. 

(1) Nous trouvons dans la Biographic universcUc le detail 
que voici an sujet de cette acquisition : « 11 | Vossius] laissait 
une riche bibliotbecjue que I'Universite de Leyde acheta trentc- 
six mille florins, et qu'clle fit enlever aussitot. <• Si Ion neut 
« pas use de cette diligence, ecrit Haj'lc, si les livres n'eussent 
" pas ete porteschez M. Citters, anibassadeur de Hollande a la 
« cour d'Angleterre. il serait venu des ordrcs pour en empecher 
« Ic deplacement, alin que les heritiers fusscnt obliges de rom- 
« pre le marche et den conclure un autre avec I'Universite 
n d'Oxford.'i — II resulte d'une note qu'a bien voulu nous 
fournirM. Icdocteur Molhuyscn, conservateurde la Bibliotheque 
de IT'niversite de Leyde, que le jirix fut non point de trcnte-six 
mille noiiiis, mais seulement de trente-deux mille. Voici, d'aprcs 
la mOme note, en ([uels termes, lors de la ventc, Iherbier de 
HauwoliT etait inscrit sur le catalogue de la bibliotheque d'lsaac 



- 90 — 

PcMidaiil (iiu' rherl)ier etait an pouvoir d'lsaac 
Vossius, celiii-ci se fit un plaisir de le commiiniquor 
•1 divers savaiils; el plusieurs l)olaiiisles de i^raiul 
reiiom v puiserenl d'lililes renseignemeiils : .laefjues 
Breyn (1 ), Robert Morisoii (2), Leonard PlnUenel (IV) 
et .lacqiies liol)aii (4). 

Vossius : Ilerbarius niniis, sine CoUeclio Ilcrlutnnn oiuniiini 
yencrtim rdnssiiwiniin per Dominiim Leonnnhim lUtuwolfen, 
MciUcincv Doclorem, sumnm cma, magnis siimplihiis cl iinjentibus 
periciilis facta ante centum ct viijinti qninqiic annos tain in 
Europa quam prccsertim in Siria, in Monte Lihnno, Anli I.ibano, 
in Arabia et propc Enplxratem fUivium, in Cfialdea, Assiria, 
Armenia, Mesopotamia ac ila clegantcr ac mir(t arte disposita 
nt plnrinia' Iwrbcr tiactenus colores contineant . Duo tomi in 
folio, tres in quarto. — n Le manuscrit, ajoute M. Ic docteur 
Molhuysen, est aujourdhui cote dans notre Bibliotheqiie : 
Codex Vossianus germanicus, in-folio n" 1. » 

(1) Plantarum exoticarnni Ccntnria prima, p. 82. — Hreyn 
declarait, aiiisi f(ue (Ironovius la rappele dans son FZo/v/ 
Orientalis, quen 1G(J3 les echautillous de Iherbier conservaient 
encore toute leiir fraicheur: ((adeopulchre et curiose exsiccata 
sunt, ut eodem anno videlicet mdclxiii quo eodem oculis usur- 
pavit, collecta esse viderentnr. » 

(2) Plantarum Historia universalis Oxoniensis. t. Ill, passim. 

(3) Almagestum botanicum, p. 50, 76 ct 141 — Chaque fois 
que Plukenet fait mention de Iherbier Rauwolff, c'cst a propos 
de plantes quil declare n'avoir vues que la; ainsi, il ecrit au 
sujet dune Aristoloche : « Hanc elegantissimam Aristolochia? 
speciem conspeximus tantiim inter CoUectaneas Rawolfianas in 
manibus Reverendiss. D. 1). Vossii apud Windsoram Preben- 
darii dignissimi. » 

(4) Le celebre botanographe anglais Jean Ray, dans son Histo- 
ria Plantarum (t. Ill, p. <J3()), dit au sujet de V a Acanthus Dios- 
coridis verus sativus Rauwolfii » : a In Horto sicco 1). Rauwolfii 
vidit U. Bobart. » — Nous trouvons dans Gronovius I'cxtrait 
d'une lettre ecrite en 1692 au meme Jean Ray par son conipa- 
triote Hatton, et dans laquelle celui-ci parlait dune offre de 
quatre cents livres sterling faite quelques annees auparavaut a 
Isaac Vossius pour le determiner a ceder les quatre volumes 
de I'herbier RauwoHT : « I have heard Isaac Vossius declare 
above 400 1. sterling had been offerd for the 4 specious Volu- 
mes he had of dried Plants collected by Rauwolfius » 

Nous n'avons pas besoin de falre ressoriir quelle pouvait etre, 



— 91 — 

Au xviii^ siecle, un magistrat de Leyde, Jean-Fre- 
deric Gronove(l), botaiiophile passionne, a ce titre 
ami et correspondant de Linne, eiit I'idee de publier, 
sous le nom de Flora Orientalis, un releve de toutes 
les plantes d'Orient doiit RauwolfT avait insere un 
sjtecimen dans le qualrieme volume de son herbier 
oiiqu'il avait mentionnees dans la Relation de son 
voyage. Get ouvrage fut imprime a Leyde et parut 
en 1750 (2). II contient I'enumeration de 888 especes 
qie I'auteur a classees d'apres la metliode sexuelle 
de Linne. 

Pour chaque espece, Gronovius a etabli avec beau- 
coup de soin une synonymic qui debute par la desi- 
gnation linneenne empruntee soit a VHortiis Cliffor- 
tianus, soit a tout autre des ouvrages que le grand 
botaniste suedois avait deja publics : Flora Lappo- 
nica, Hortus Upsalemis, Materia medica, premiere 
edition du Species; elle donne en dernier lieu la 
dcinomination employee par RauwolfT dans VHodoe- 
poricum ou dans YHortns siccus. 

C'est par cette expression que Gronovius designe 
riierbier, ou plus exactcment le quatrieme volume, 
car il a completcment laisse de cote les trois pre- 
miers; il parait meme n'avoir pris, de ce quatrieme 
volume, qu'une connaissance un pen superficielle. 

au xvii« siecle, rimportance dun capital de 400 livres sterling 
qui cquivaudrait aujourdhui a 10.000 fr., mais qui representait 
alors une valeur au moins cinq fois superieure. 

(1) Jean-Frederic Gronoveappartenait a une famillede savants. 
Son aieul et son pere s'etaient fait un noni comme philologues. 

(2) En voici le titre complet : Flora Orientalis sive Recensio 
Plantaram qitas Botanicornin Coryphaeus Lconliardiis Raii- 
ivol/fiis, Mediciis Aagiistaniis, annis 1573, 157 i^ et 1575 in Syria, 
Arabia, Mesopotamia, Babylonia, Assyria, Armenia et Judaea 
crcscentes obscrvavit et collegit, earnmque dncenta Specimina. 
qnce in Bibliotheca publica Lmjduno-Batava adscrvantur, niti- 
dissime exsiccata et chartce adglutinatn in vohimen retulit. Has 
Metliodo Sexaali disposnit, Synonymis probatiorihns illustravit, . 
Nominibiisqne Specificis insignivit Johan. Fredericiis Gronovius. 
— Lugduni Batavorum, Typis Wilhelmi de Groat, 1755. 



— 02 — 

Nonol)slnnl son litre i\c Flora Oriciilalis, il a insero 
siir sa lisle line qnaranlaine d'espeees cilees dans 
Vllodn'poriciiin connne ayanl ele observees par 
Rauwolllen Iraversanl la I^rovence. 

Les eriliques que nous avons a iaire du Iravail de 
Gionovius n'auronl nalurellenienlpour oJijel que ce 
qui inleresse la llorc provencale. 

Nous avons, en premier lieu, a relever certaines 
erreurs de determination. 

Ainsi qu'on la vu plus haul, c'est VOdoiitiles liiica 
(|ui figure dans le qualrieme volume sous le nom de 
« Coris Monsj)elh'nsimn «. Nous avons explique qu'au 
XVI'' sieele, rallribulion du nom de Coris iiVOdonlHes 
ne constituait point une inexactitude. Mais, au xviii^, 
il n'etait plus permis de confondre. Pourtant Grono- 
vius, se laissant tromper par la similitude de nom, 
identifie la plante de RauwolfYavec le Coris Monspe- 
liensis de Linne. On ne comprend vraiment pas com- 
ment, ayant sous les yeux un echantillon d'Odontites, 
il ait pu y voir la Primulacee susdite. Du reste, s'il 
eut consulte les autres volumes de I'herbier, il y 
aurait trouve Y Odontites hitea, deja inscrit sous le 
nom de « Coris », et notre Coris de Montpellier, 
presents sous celui de « Sij mphy turn pet ranim ». 

Du (( Seseli Peloponesiaciim », que Dasylycus de- 
clarait avoir apercu pendant le trajet entre Nice et 
Marseille, Gronovius a fait le Ligiisticiim Levisticum. 
Ici encore, s'il eut pris la peine de feuilleler les 
volumes anterieurs, il aurait vu, dans le tome ii, ce 
meme « Seseli Peloponesiaciim «, et nous devons 
supposer qu'il aurait fiicilement reconnu le TImpsia 
villosa L. 

En reproduisant les indications d'habitat donnees 
pa.r Vlloda'poricnm, Gronovius a commis certaines 
inexactitudes qu41 aurait evitees s'il cut apporte une 
attention plus grande a I'examen du texte de 
Rauwolft". 

Olui-ci, enumerant les plantes qu'il a vues ou 



— 93 — 

cueillies aux aleiitours de Marseille, nomme le Qhon- 
drilla juncea et dit de cette espece qirdle croit sur- 
toiit dans les vigiies, « soiiderlicli in den Wein- 
gaiien ». 

L'auteur du Flora Orienialis ne s'est point avise 
que cette observation s'appliquait seulement a la 
Cliondrillc et il la etendue a d autres plantes de la 
llorule marscillaise, notamment au Biipleiinim frii- 
ticosiim, au Sediim album, au Passerina Tarton- 
raira, pour lesquels pareille indication constituait 
une erreur absolue. 

Nous avons eu soin d'enumerer plus liaut toutes 
les plantes dont Rauwolff constata la presence sur le 
lerritoire provencal, tandis qu'il chevauchait entre 
Nice et Marseille. Gronovius n'a mentionne que qua- 
tre de ces plantes, et il a, par megarde, reduit le 
l)erimetre dans lequel le voyageur declarait les avoir 
vues : au lieu du trajet de Nice a Marseille, il ne 
parle que de celui entre Brignoles et la grande cite 
maritime, « in via qiuv Brignola Massiliam diicit », 
sans s'apercevoir que Brignoles n'est cite que comme 
une des etapes du voyage. 

II y a, sur la liste du Flora Orienialis, un assez 
grand nombre d'especes dont Gronovius ne fait pas 
connaitre Thabitat, parce qu'il n'a trouve dans YHo- 
(lu'j)oricnm aucune indication precise a ce sujet. S'il 
avait lu Tinscription placee par UauwoliT au verso 
du iVontispicc dans le quatiieme volume de I'lier- 
bier, il eut vu que les plantes occupant les 31 feuil- 
lets suivants avaient ete recoltees sur le sol de la 
Provence, et il aurait pu faire connaitre cette origine 
pour le Soiicluis niaritimns, le Spergularia media, 
VErynginiu campeslre, le Naslurlium officinale. 

Et pourrait-on expliquer, autremenl quavec Tliy- 
potbese dune inadvertance, le fait qu'il a exclu de 
sa liste et complctement passe sous silence quatre 
especes repi'esenlees par de Ires beaux ecbantillons 
dans cette premiere serie de plantes du quatrieme 



— 94 — 

voluiiu' : Sculiimiis Ilispaiiiciis, Urospcnniimpicroides, 
Ccpluilarid Iciicanllja, l'Aliii}oi)s RUro? (1) 

Dans sa ties inleiessanle Histoire des Herbiers , 
M. lo docleur Saint-Lager a consacre un chapitre a 
riierhier de Leonard RauwolfT. Mais, n'ayant pas eu 
loccasion d'aller a Leyde voir liii-meme cette pre- 
eieuse colleciion, il s'esl conlente dc la decrire, en 
son etat exteiieur, d'apres des notes demandees a 
a M. Boerlage, qui en etait alors le eonservaleur. Kl 
pour le conlenu, il a du s'en tenir a la liste de plan- 
tes donnee par le Flora Orientalis. II a seulement 
Iransfornie cette liste en un tableau a trois colonnes, 
contenant, Tune les noms de la nomenclature bi- 
naire (an lieu des phrases diagnosliques adoptees 
par Gronovius), la seconde les denominations qn'a- 
vait employees Rauwoltl', et la troisieme les indica- 
tions de provenance, telles que les avait formulees 
le meme Gronovius (2). 



(1) Nous aurions pu pousser plus loiu uos critiques. Mais 
outre que ces redresscnients peuvcnt ne pas iuteresser beau- 
coup !e leeleur, les lacuues signalees sufiisent poui' justificr le 
reproche, que nous avons adresse a Gronovius, de n'avoir pas 
etudie avec tout le soin voulu les documents fournis par Leonard 
Rauwolff. 

(2) M. le docteur Saint-Lager a impose quelques changemeuts 
aux determinations faites par Gronovius. C'cst ainsi que pour 
le « Scseli Pcloponesiacum » de RauwoHf, on trouvait. dans 
VHisloirc des Herbiers, le nom de Moloposperinuin cicutariiiin 
substitue a celui de Ligusticiim Levislicuni . Mais dans une lettre 
quil nous lit Ihonneur de nous ecrire anterieurcment a notre 
depart pour la Hollande, il declarait que le Seseli du Peloponese 
devait etre en I'ealite le Tbapsia villosu. A Leyde, nous avous 
etc heureux de constater que llicrbier donnait raison a notie 
savant confrere de Lnou, non seulement sur ce point, ma s 
aussi pour deux autres rectifications quil nous avait indiquei s 
dans la meme letti'e : Ruta angiistifolia, au lien de li. gravco- 
Icns ; Rcemeria violacea {R. hybrida DC), au lieu de Glaiiciiim 
liitenm ftore cceruleo. 



— 95 — 

Nous avons, en achevant ce travail, a dire un mol 
dun autre herbier qui nous a ete montre a Leyde el 
dont I'origine demeure mysterieuse. 

C'est un epais volume relie, du meme formal in- 
lolio que le tome iv de I'herbier Rauwolff. II est (lore 
sur tranches et revetu d'une pleine reliure de cuir 
fauve qui porte inscrit en lettres dorees (capitales 
romaines) cet elegant hexametre : 

En tibi perpetuis ridentem floribus hortum 

« 

II contient plus de Irois cents feuillets de papier 
Tort sur le recto desquels ont ete colles les echantil- 
lons. Le nom latin de la planle est inscrit an haut de 
la page, dune ecriture qui parait appartenir au xv^ 
siecle. 

On ne Irouve dans tout le volume aucune autre 
indication. A la difference des quatre recueils formes 
et signes par Rauwolff, il n'est point pourvu d'un 
frontispice, et les denominations de plantes ne sont 
pas une seule fois accompagnees de notes relatives 
a la provenance, aux proprietes, etc. Et comme les 
echantillons sont ceux d'especes qui vegetent sous 
des cliniiits tres divers, la nature de la collection ne 
pent fournir aucun indice sur Forigine de celle-ci. 

Quel est I'auteur de cet herbier? A qui a-t-il 
appartenu? 

L'Universite de Leyde le possede pour Tavoir 
acquis, ainsi que les quatre volumes de Rauwollf, 
(le riioirie d'Isaac Vossius. II etait conipris dans la 
vente au sujet de laquelle nous avons donne plus 
haut t[uelques details. 

S'il fallait en croire les enonciations du catalogue 
qui avait ete dresse anterieurement a la vente, ce 
volume serait parvenu entre les mains de Vossius en 
meme temps et de la meme maniere que les autres, 
etl'on devrait le considerer aussi comme I'oeuvre de 



- 96 — 

UnuwollT. Xoiis avons ri'produil ci-dcssus,(hins iiiic 
nolo, le U'xto (ie ce calaloguo, lei quo nous I'a obli- 
goanimonl lourni ISI. lo doolour Molhuyson. Apros 
UMO analyso du conicnu dv ]\( I Icrbariiis viims )) on 
lil : «. Duo lomi in folio, Iros in (|uarto. )) Los Irois 
lomos in quarlo soul los doux proniiors ou RauwoIlT 
onfornia los planlos du Laui^uodoo ol do la Provonoo, 
ol lo Iroisionio, alVoolo a collos do I'ltalio ol do la 
Suisso; los doux lomos in folio sonl Tun lo qualrio- 
mc, rompli (sauf 31 louillots; i)ar los plantos de 
rOncnl, oH'aulro, lo volume 7i/J tibi perpetnis... 

Ce dernier regislro doit-il vorilablemonl otre attri- 
bue a Leonard RauAvoKT .' 

Rien, a noire avis, n'auloriso a lo supposor, ol 
nous oroyons, au contraire, (pf il y a lieu de rcpondre 
noi^alivomonl a la quoslion aiusi posee. 

Si RauwollTeiit elo Tautcur de oel herbior, 11 Tau- 
rait confection ne sur le memo modele et d'apres los 
memes precedes quo les autres. 

II n'eiit pas manque, notamment, d'encadrer avec 
des bandelcttes de carton les pages on sont fixes les 
ochantillons. C'otait la, pour proteger coux-ci, uno 
motbodc cxcollonto, ol RauwoltT y est toujours 
demoure lidele. II Tomploya une premiere fois pour 
les exsiccata colliges pendant la periode 15G0-156;i. 
Plus de dix ans apres, quand il ontreprend de reunir 
les recoltes apportees d'Oriont,il a recours au memo 
systeme. Pourquoi Taurait-il abandonne, s'il avait 
ou I'occasion de former plus tard un cinquiemo 
volume? 

En outre, dans la double collection de la premiere 
et de la seconde periode, nous avons vu qu'il ne s'est 
pas toujours contente d'ecrire a cote de Tecbantillon 
le nom de la planto : bien souvent il y ajoute une 
note pour fixer telle ou telle circonstanco. Pourquoi 
se serai t-il rigoureusement impose de n'adjoindro 
ici aucuno espece d'annolation? Tandis quil ornail 
les precedents regislros d'un frontispice indiquant 



— 97 — 

i\ quelle epoque et en quels pays avaient ete prises 
les plantes incluses, pour quelle raison se serait-il, 
cette fois, abstenu d'eu faire autant ? 

En fin, nous possedons un texte qui coneourt avec 
les observations prccedentes a exclure dc la collec- 
tion RauwolfTle volume En tibi perpetnis. 

Nous avons dit qu'au temps ou cette collection se 
trouvait an pouvoir d'Isaac Vossius, residant alors 
en Angleterre, le savant hollandais Tavait tenue a la 
disposition de divers botanistes qui en prirent con- 
naissance; et nous avons vu que dans une lettre 
adressee a Jean Ray, Halton lui parlait d'une somme 
de 400 livres sterling proposee a Vossius pour I'ame- 
ncr a se dessaisir de I'herbier RauwolIT. Or cette 
oITre avait ete faite, disait Hatton, « for 4 specious 
Volumes... )) Ne resulte-t-il pas de cette lettre que 
lors(|ue Isaac Vossius montrait a scs amis la collec- 
tion de plantes formee par le botaniste d'Augsbourg, 
il admetlait lui-meme quelle se composait seulement 
de qiiatrc volumes et non point de cinq? (1 ) 

L'origine du registre En tibi perpetnis demeure 
done inconnue, et nous ne pensons pas que la ques- 
tion puisse etre jamais eclaircie, a moins qu'un 
lieureux hasard ne sen mele. 



(1) (iroiu)viiis attrihuait a Hauwolff la confection du xoliinic 
Ell libi perpetnis. Et pour expliqucr Ic fait quisaac Vossius 
n'avait montre a Morison que qmitie volumes seulement, il 
(leelarait que Ton devait regarder les deux premiers (recoltes 
de l,')(>0-ir)G2, Langucdoe et Provence) com me formant les deu\ 
tomes dun volume unique : « Constat clarissimum Isaaeum 
X'ossium, apud Windsoram Pricbendarium. ex Suecia redueem, 
volumina i\\\i\\.uor {prinnun enim diiobiis tomis comprehemliliir) 
Pvoherto Morisono... ostendisse. » La distinction entre tomes ct 
volumes n'est pas admissible ici. RauwollT ayant lui-meme 
r.umerote de cette maniere cliacun de ses volumes: « Erstc..., 
Ander..., Drilte..., Vicrte Keutlerbuech. » 

7 



APPENDICE 



LEUKK 

DE 

LEONARD RAUWOLFF 

A 

CHARLES DE L'ESCLUSE (') 



Clarissimo Viro D. Carolo Clusio Atrebatensi 
medico eximio domino et amico observando 

ViENN.E 

.S\ P. Miror admodiim, Vir clarissime, qui fiat 
quod liierce inanes sine e.vemplari quaricu partis 
observatiomiin mearum tibi sint redditw ; num id 
aliorum quibus tunc temporis cliam scripsi addi- 
ium sit, iiec iie, affinnare noii ausiin ; utut sit, 
paruin interest, nee diligentius inquiram, niodo 
longior mora Exeettentiw Yestrce non fuisset mo- 
lesta. Milto hac vice aliud hisce insertum, non ta- 
nien eo nomine, ut in met memoriam reserves, sed 



(1) Nous avoas eu loccasioii, an cours du travail qui precede, 
de citer deux passages de cette lettre. Nous tenons a la donner 
in-extenso, parce quelle est interessante et, croyons-nous, 
eneore iuedite. 



— 100 — 

el si (luiv suiil, (jiKr (ulinonilione uidebunlur esse 
(licjna, mc ccrlioiriu facias, evil luvc mihi pcrgrala. 
Quod Huda'poriciini mciini nou (dio quaiu com- 
miini I't palrio Idioiualc conscripserim, feci id 
imwimc in amicorum mconim <ji-aliam,qni adhor- 
lalorcs cditioiiis fneruni : ncc eliam co aniiuo volui 
siinpliciiim, qiuv passim in ilinrrc (trquisiui, mcn- 
lioncni faccrc, u! dr hujuscemodi cv profcssn quid 
scribcre cl in puhiicuni cinillcrc rolurriin, scd 
sDlummodo nonnulla c.v hisnunuscofjnila in luccm 
prodncerc, uli })crili()rihns, rt qui acriori judicio 
pra'diii, ad illununanda luce snis propriis coloribus 
ansani prwhcreni. Qiiarc hnnclaborem aliis com- 
niillo, ncc ncgotia quibiis obrulns, ctiamsi posscm, 
ialcni mc snscipcre pcrmiltcrenl. Habco adhiic alia 
qiiamplurinia siniplicia, ex oricn'.ali pla(ja mccnm 
allala cl inter cdia vara admodiim, in sno virorc 
chaiiis ca diligcniia agglulinala cl in uniini opus 
eompacla, ut a quibusvis exquisite cognosci pos- 
sinl : qua' cum non sine magna laborc, pciiculo 
mulloque sudorc acquisierim, nuinifico el liberali 
tdicui Principi, el qui horum cognilione maxime 
deleclarelur, hand gravalim offer renj. Talis si 
occurreret, e.umque meo nomine hac de re per oc- 
casioncm alloqucreris,feceris mihi rem non ingra- 
tam. Ilisloriam luam Pcmnonicarum slirpiuni 
proximc cdilam, quandi) mihi olium dalur, lego, 
qua' miiii non lam grata esse potest ob harum 
facullalum exquisitiorcm cogniiionem, qiiam ex 
ilia assequi possum , qiuun jucunda, ulpole cum 



— 101 — 

hac iniln Indies complnra incognila innotescaiiL 

Pro quo tuo laborc el studio siciil ei pro aliis, iios 

medicimv stiidiosi, iii'lCI cum tola posterilnte pluri- 

mum debcre /'(demur. Hcvc perpaucis respondere 

volui. Sed aue ac fceliciter vale, vir clarissime, 

meoque nomine D. Doclorem Aichollzium vicissim 

officiose scdules, necnon el Dominum affuiem Tho- 

hiam ^yel]sen, D. Matheum Steinhoven, elc. Ilerum 
udle. 

Datum Augusta' 7 seplembris Anno Salulis H'l. 

Tibi addiclissimus , 
Leonhartus Rauwolff Med. 



ANNOTATIONS 

DE LA MAIN DE ChARLES DE L EsCLUSE 
All DOS DE LA LETTRE 

1584 

Leonard. Rauwolf. 

Augusta' 7 Septembr. ad meas 31 Julii. 

Accept 

Vienna' 22 Seplemb. cum '/" parte 

Hodoporici. Respondi 27 Octobris. 

Misi bulbos el sennna. 



— 102 — 



TRADUCTION 



A rillustpe Monsieur Charles de I'Escluse, d'Arras, 
m^decin excellent et mon digne ami, 

a VIENNE. 

Jc ne puis pas m'expliquer, tres honore Monsieur, 
comment il se fait que ma lettre vous ait ete remise 
sans etre accompagnee d'un exemplaire de la qua- 
trieme partie de mon ouvrage ; cet exemplaire 
aurait-il ete joint ou non a quelqu'une des lettres 
que j'ai ecrites, vers le meme temps, a d'autres per- 
sonnes, je n'oserais I'affimer ; quoi qu'il en soit, 
cela importe peu, et je renoncerai a m'en enquerir, 
esperant que ce long retard n'aura pas trop contrarie 
Votre Excellence. 

Je vous envoie sous ce pli un autre exemplaire, 
non point avec la pretention que vous le conserverez 
en souvenir de moi, mais afin que si vous y trouvez 
quelque chose qui donne lieu a des observations, 
vous men fassiez part, ce qui me sera extremement 
agreable. 

Si, pour ecrire la Relation de mon voyage, je me 
suis servi de la langue vulgaire de mon pays, je I'ai 
fait surtout en consideration de ceux de mes amis 
qui ont encourage la publication de cet ouvrage. 

En faisant mention des simples recoltes ca et la 



— 103 — 

au cours de moii voyage, je n'entendais pas en parler 
ex-professo en vue de la publicite ; je tenais unique- 
ment a signaler quelques-unes de ces plantes les 
moins connues, de facon a fournir, a des gens plus 
habileset douesd'unjugement plus sur, I'occasion 
d'elucider la matiere au moyen de leurs propres 
lumieres. J'abandonne done a d'autres un tel tra- 
vail ; d'ailleurs les affaires dont je suis accable ne 
m'auraient pas permis de I'entreprendre, meme dans 
le cas ou je m'en serais senti capable. 

Je possede encore beaucoup d'autres plantes, que 
j'ai rapportees de rOrient : il y en a de tres-rares. 
Elles ont etc collees avec soin sur du papier, ou elles 
conservent leurs couleurs, et reunies ensuite en 
volume, de telle maniere qu'elles peuvent etre aise- 
ment etudiees par qui que ce soit. Ces plantes, que 
je n'ai acquises qu'au prix de grands efforts, de 
beaucoup de peines et de dangers, je les oftrirais 
volontiers a quelque Prince liberal et genereux qui 
prendrait plaisir a les connaitre.S'il s'en rencontrait 
un qui fiit tel, et si vous aviez I'occasion de lui par- 
ler de cela en mon nom, vous feriez une chose qui 
m'obligerait particulierement . 

Je lis, quand j'en ai le loisir, votre histoire des 
plantes de Hongrie recemment publiee : j'y prends 
grand plaisir, parce que j'acquiers ainsi une con- 
naissance plus etendue des proprietes de ces plantes ; 
et ce plaisir ne fait que s'accroitre quand, en vous 
lisant, j'apprends une foule de choses que j'ignorais. 
Pour cette oeuvre, ainsi que pour tous vos autres 
travaux, nous vous devrons, nous qui sommes voues 
a I'etude de la medecine, et nos successeurs vous 
devront egalement une profonde reconnaissance. 

J'ai voulu vous dire tout cela en pen de mots. Mais 
adieu, et jouissez d'une heureuse sante, tres honore 



— 104 — 

Monsieur. Aye/, la honle de Iransmellie a M. le doe- 
tcur Aicholl/., a son parent M. Tobie Weyscn, a 
M. Mathieu Sleinhovon, ele., les compliments qu'a 
mon tour je leur adresse. De nouveau adieu. 

Augsbourj^, le 7 seplembre 1584. 

Voire bien devoue 
Leonard Rauwolff, medecin. 



Annotations de Charles de l Escluse 

1584. De Leonard RauwoKT, Augsbourg, 7 sep- 
lembre, en reponse a ma lettre du 31 juillet. Je I'ai 
recue a Vienne le 22 septembre avec la quatrieme 
partie de VHochrporiciim. J'ai repondu le 27 oelobre. 
J'ai envove des bulbes et des graines. 



JACQUES RA\^ADDET 



JACQUES RAYNAUDET 



Ni la Biographic universelle (Michaud), ni la Nou- 
velle Biographic gencralc (Hoeferj, ni le Dictioimairc 
cncyclopcdiqiie dcs Sciences meclicales (Decliambre), 
ni, croyons-iious, aucune autre publication simi- 
laire n'a recueilli le nom de Jacques Raynaudet (1). 

Cela tient, sans doute, a ce qu'il ne fit rien impri- 
raer. Signer un livre, meme mediocre, est encore le 
plus sur moyen d'assurer a son nom une place, si 
modeste soit-elle, dans les recueils bio-biblio- 
graphiques. 

(1) II est hors de doute que le veritable nom de notre botaniste 
etait Raynaud. Ce nom est extremeraent repandu dans toute la 
Frovence. On le trouve ecrit de difTerentes facons : Rainaiid. 
Beinaiid, Reynaiid, Renaiid. D'apres le Tresor du Felibrige (dic- 
tionnaire provencal-francais) de Frederic Mistral, la forme 
romane etait Raynaiit et cclle de la basse latinite, Rainaldus ou 
Reginaldiis. Les diminutifs sent dun frequent usage en proven- 
cal : Raynaudet en est un. On s'en servait, soit pour marquer 
([ue le titulaire du nom etait encore jeune, soit pour lui temoi- 
gner amitic et familiarite. Nous avons adoptc nous-meme ce 
diminutif, parce que nous le voj ons emplo3'e de preference par 
\cs Adversaria et par VHistoria plantarum universalis de Jean 
I'auhin. Mais I'orthograpbe y subit de nombreuses variations. 
Pierre Peua se scrt des formes Rainaudetus, Reinaudetus, Rai- 
naudet, et de celle que nous avons conservee, Raynaudet. Jean 
Bauhin, a sou tour, ecrit Rainaudetus ou Reinaudetus, une fois 
Reynaudet. Fa forme Rainaudus ou Reinaudus apparait plus 
rarement. Ainsi qu'on la vu, Leonard Rauwolff avait ecrit 
Renaud. 



— 108 — 

Mais s'il iia rii'n j)iil)ru'', Hayiiaudol n'cn lul pas 
nioiiis nil vaillanl holaniste, j)assioiinr pour la rca 
Iwrhariit, iiii de ccs iililcs ('oo})t'ratcnirs (pii ai(l(M(MU 
onicacemenl aux progros de la bolaiiicjiie dcsciiplivc. 
II merile, ceiics, d'etre lire de Touhli, car il eoncou- 
rul, nil des j)remiers, a laire eonnailre la llore pro- 
ven(;ale, en eoinnuinicpiant aux plus illuslres pliy- 
lographes de sou ieuips les plantes de la Provence. 

Jacques Raynaudet elail pharmaciena Marscille(l). 

Ainsi que nous I'avons vu, quand Leonard Rau- 
wolIT vint en cette ville s'embarquer pour I'Orient, 
il ful oblige d'y attendre pendant pres de trois mois 
le depart du navire Santa-Croce; il profita de ce 
retard pour entrer en rapport avec Jacques Renaud, 
dont il a loue le savoir et le zele. 

Botaniste non seulement instruil et plein d'expe- 
rience, mais en outre aimable et complaisant, le 
pharmacien marseillais se mit avec empressement a 
la disposition du medecin d'Augsbourg, auquel, 
heureux de montrer d'abord son herbier et son 
jardin botanique, il procura I'agrement de faire 
ensuite, a travers la banlieue de Marseille, d'inte- 
ressantes et fructueuses berborisations. 

En ecrivant la Relation de son voyage, publiee en 
1582, RauwoltTne laissa point ecbapper cette occa- 



(1) II rcsultc d uiie multitiule de documents eonteniporains 
quail xvr- siecle lu profession de pharmacien attril)iiait a ceux 
i|ui I'exercaient un rang asscz eleve dans la liieraiciiic sociale. 
Des gentilshommcs, appartenant ii la j)lus liaiite aristocratic de 
la Provence, nc croyaient ])as deroger en exi)loitant une officine. 
Charles de Hibhe {Ld Sociclv provencalc a In fin du inoijeii-a(je) 
a cite, a ce sujet. 1 exeniple dun apothicairc issu de rillustrc 
maison de \'alhelle : « (]e n'esl jnis seulement a Marseille, dit-il, 
qirun personnage tcl que noble Honorat de Valbelle se qnaliiie 
de maitre apothicairc dans son contrat de mariagc a\ ec Alayoniie 
d'Arsaqui (2juin 1515): « Nobilis mcuiislcr lloiioraliia ilr Vdl- 
<' l>cUe. apnihccnrius riintatis Massilicnais. ■> 



— 109 — 

sion d'acquitlcr la dette de reconnaissance conlrac- 
tec envers Raynaudet. Mais riiommage public qu'il 
Ini rendit n'etail pas le premier que celui-ci recevail. 

La Flore celebre qui parut a Londres au commen- 
cement de Tannee 1571, sous le litre de Siirpiiim 
Aduei'saria nova, avec la double signature de Pierre 
Pena et Mathias de Lobel, avait cite neuf fois le nom 
du pbarmacien de Marseille, et toujours en Taccom- 
pagnant des adjeclifs les plus elogieux. 

Nous avons, dans un precedent ou\Tage(l), elabli 
que Pierre Pena prit a la redaction du Stirpium 
Aducrsavia une part preponderante, et qu'en tout cas 
ce fut lui qui, etant Provencal, ecrivit les divers 
cliapitres relaiils aux plantes du pays, et par conse- 
(juent ceux ou le nom de Raynaudet est prononce. 

II est done certain que le pbarmacien de Marseille 
ctait rami personnel et le correspondant de IMerre 
Pena ; quand celui-ci fait mention de lui, les 
expressions qu'il emploie ont presque toujours la 
valeurd'un superlatif et montrent combien fut etroile 
I'amitie qui les avait unis : « Nosier pharniacopirns 
Jacobus liaijiiaiidct..., amicus nan ridgaris..., pera- 
iniciis... » 

D'autres qualilicatifs nous font concevoir une opi- 
nion tres avanlageuse du savoir de Raynaudet : 
« doctiis. . .^periliii. . . , indn;jtriiis...,singnlaris indiislria' 
pliannacopu'iis. » 

Ce que le texte des Adversaria met particuliere- 
ment en relief, c'est une vive passion pour la bola 
nique. « Stirpium valde ciipidns... apprime sednlus 
vestigalov slirpinm... », dit encore Pena. 

Nous y apprenons aussi que Jacques Raynaudet 
elait nc a Marseille : les mots pliarmacopceiis Massi- 



(1) L(i Botaidqne en Pvuvciicc an wv sivcle : Picric Pena el 
Mathias dc Lobel. 



— 110 — 

liensis, Massilicnsis civis, doiiiii'iit a ccl ogard une 
cerliliule coinplele (1). 

II y esl deux lois qiialilic de jiiuenis. A quelle dale 
letail-il ? Au temps, — ineouiiu de nous, — ou Peua 
eciivail, ou hien en Tannee nienie ou Touviage fut 
mis sous i)iesse '? Si nous admetlons que Raynaudet 
n'avait pas plus de Irenle ans quand parul le Stir- 
})iiini Adversaria, nous pouvons placer la date de sa 
naissancc vers 1540 (2). 



(1) Lorsqii'on faisait siiivie im iioin de personne d un adjectif 
derive d'un nom dc ville, cetait pour designer le lieu oil la per- 
sonne etait nee, et non ijoint celui oil elle avait transporte son 
domicile. Nous parlerons plus loin dun ami de Raynaudet, le 
pharmacien ^'alerand Dourez, ne a Lille en Flandrc, mais etahli 
a Lyon. Les contemporains qui citent son nom y ajoutent liabi- 
tuellement I'epitliete d'lnsnlaniis, ou Flander Insnlanns, et 
jamais celle de Lugdunensis { Ludovic Legre, Un botaniste fla- 
mand du XVI^ siecle : Valerand Dourez, Lille, 1900). 

(2) Cette api)ro.\imation est cf)rroboree par un detail ([ue nous 
fournit la eorrespondanee du celebre Conrad Gesner. Dans une 
lettre du 20 juin 1564, oil il parle dun pharmacien marseillais qui 
ne pent etre, comme on le verra, que Jacques Rajnaudet, il le 
traite d'adolcscens. Lexpression permet de supposer que Ray- 
naudet etait alors age dc vingt-quatre ou vingt-cinq ans au plus. 
Nous avons fait d'inutiles tentatives pour arriver a dccouvrir la 
date exacte de sa naissancc. Le greffc du Palais de Justice a 
Marseille conserve 480 registres d'actes de Ictat-civil anterieurs 
a la Revolution, et tenus, comme on salt, par le clerge des jJarois- 
ses. Le plus ancien rcgistre remonte a I'annee 1.511. Mais il exisle 
dans cctte collection de nombreuscs laciincs. Les archives 
paroissiales furent. il y a vingt-cinq ans environ, lobjet de 
patientes recherches effectuces par un savant plcin dezcle, Felix 
Timon-David. 11 a consigne quekjues-unes de ses decouvertcs 
dans un travail fort intercssant intitule : Les Archives jxtroissialcs 
de Marseille aiix xvF et xvii" siecles (Marseille, 1875). Les notes. 
les extraits et les tables laisses par lui ont ete gracieusement 
mis a notre disposition : nous n"y avons rien trouve au sujct . 
de Jacques Raynaudet. — Un autre erudit qui a longtemps com- 
pulse les archives du Palais de Justice, M. Felix Verauy, a bicn 
voulu y faire a notre intention de nouvelles fouilles. II y a trouve 
un Jacques Reynand figurant, dans un acte de baptemc du 
23 deeembre 1542, en qualite de pere dune enfant ii qui Ton 



— Ill — 

II cut avec Jean Baiihin des rapports suivis et lui 
commuiiiqua iin certain nombre de plantes de Pro- 
vence. UHistoria plantarnm universalis a cite treize 
fois le nom du botaniste marseillais, accole a des 
epithetes qui louent chez lui unc autorite et une 
competence deja proclamees par les Adversaria, 
a Doctus..., indiistriiis pharmacopanis y>, ecrit Bauhin; 
une i'ois meme il dil : « Insigiiis pharmacopams Jaco- 
bus Rainaudetus. » 

Raynaudet eut la bonne fortune de nouer des rela- 
tions avec le savant illustre qui est une des gloires 
de la Suisse, nous voulons parler du grand natura- 
liste Conrad Gesner (1). II alia le voir a Zurich et 
recut, en 1564, I'hospitalite chez lui. Le fait nous a 
ete revele par Gesner lui-meme qui, en deux de ses 
lettres, a parle du pharmacien de Marseille (2). 

donnc le prenoni de Catherine. Mais assurement il ne s'agit 
point ici de notre pharmacien botaniste, trop Jcnne, en 1542, 
j)()nr etre pere. On ponrralt tout an phis adniettre que Catlie- 
rine Heynaud fut la jeune soeur de celui qui nous occupe : en ce 
cas nous napprendrions qu'uue chose, cest qu'il avait recu le 
meme prenoni que son pere.— 11 n"y a, du reste, pas lieu de 
setonner outre mesure de I'inanite de ces recherches, la redac- 
tion des actes de letat-civil laissant alors fort a desirer sous le 
i-apport de Ic-xactitude. 

(1) Conrad Gesner fut une euc^xlopedie vivante de toutes les 
eonnaissanees scientifiques et litteraires de son temps, et pour 
riiistoire naUirelle il merita d'etre appele \e Pline de la Suisse : 
" (lesnerus, — cerlvait Jean Bauhin, — diligens omnis naiura- 
pervestigator, el alter ([uidani Helveti;e P]inius.» 11 etait ne a 
Zurich en 1516 et il 3' mourut, victime de la peste, en 1565. 

(2) I'n grand nombre de lettres ecrites par (]onrad Gesner a 
divers personnages furent, apres sa mort, colligees par les soins 
de (jasi)ard A\'^oltf, medecin ii Zurich, et publiees sous ce titrc : 
Epistolariim medicinaliiim Conradi Gesneri philosophi et medici 
Tiynrini lihri III (Zurich, Froschover, 1577). — Ouelques autrcs, 
demeurees inedites, ont ete reunies par Gaspard Bauhin, et 
iniprimees a la suite dun opuscule de Jean Bauhin intitule : 
Dc Plantis a Divis Sanclisoe iiomen habcntibiis (Bale, Waldkirch, 
1590). 



— 112 ^ 

Olui-ci lie s'y Iroiivc pas,il est vrai.expresseim'iil 
iionune. Mais, ainsi ((n'oii va lo voir, sa personnalile 
y est designee do lacon lollc ([u'aueun doiilc n'esl 
possililo. 

Luno de ees Icllres olail adressec a Theodore 
Zwingger, medeein a Hale [\). Nous allons eiter le 
passage ou est signalee la presence de Raynaiidel a 
Zurich ; inais pour rinlelligence du texte, il imi)orle 
(\nc nous exi)li{piions par avance a quelle occasion 
Gesner ecrivait a Zwingger. 

Conrard Gesner desirait avoir, pour le cultiver 
dans son jardin holani([ue,un pied de « Cantabrica », 
l)lanle (ju'il croyail originaire du Midi de la 
France (2). II pria, par une lettre du 7 avril l.KU, son 



fl) « Z\viNGi:i'. (Theodore!, dit \ Aiicieii. celel)re medeein. et 
chef dime famille qui, penthint ti-ois siecles, na pas cesse de 
produire des hoimncs distingues dans les .seience.s, naquit a 
Hale Ic 3 aout UIV,]... Cc fut a leeoie de Tiiomas Phitter, hnhiie 
gramniairien. (piil apprlt les elements des lan<iues aneiennes... 
Admls en 1548 a IWcademie. il y suivit avec siicces les lecons 
des professeurs ; mais entraiiie j)ar le desir de voyager, il sortit 
un Jour de Bale ])lus charge de ll\ies (|ue d'argcnt. ct se dirigea 
vers Lyon. A son arrivee dans cette ville, il fut recu jn-ote dans 
ratclier typographiquc des Bering, ct il y resta trois ans. II sc 
rendit cnsuite a Paris, oil il frequenta les conrs des plus cele- 
bres professeurs. entre autrcs de Ramus... .Apres cincj annees 
d'abscnce, il rcvint a Bale en 15');$, mais il partit presquc aus- 
sitot pour ritalic... Apres avoir suivi les eours de T Academic 
de Padoue. il visita Vcnisc pour y perfectionner ses connais- 
sanccs... Avant de quitter I'ltalie. il reeut le lauricr doctoral a 
la faculte de mcdecinc de Padoue. A son retour a Bale (lo.'jJ)), ses 
amis, pour I'y fixei', lui firent epouser la veuve d'un riche nego- 
ciant. Libre, des lors, de suivre ses gouts studieux, Zwinger 
l)artagea ses loisirs cntre la culture des lettres et la pratique de 
la mcdecinc. Sa nomination, en lo()5. a la chaire de langue grec- 
{[ue de rAcademic, lui fournit les moyens de rendre ses talents 
utiles il la jeunesse. 11 passa de cettc chaire, en 1571, i> cellc de 
morale : ct. en 1580, il fut nommc professeur de mcdecinc thco- 
riquc... II mourut le 10 mars 1588. » [Biographic nniverscllc.) 

(2) Le nom de Cantabrica rcmonle ;i Plinc Ic Naturalistc : 
cctail. disait-il, u unc plante d Lspagne decouverte par les 



~ iia — 

ami, le medeciii de Bale, de lui en envoyer uii : « Ca- 
talogiis horti tui, — lui maiidait-il, — jucundissimus 
mihi fuit ; et rogo ut Teiicrii plantain ad me mittas 
per hunc nuncium cum sua radice, ita ut plantari 
possit... item Dauci Cretici, Arcae angelicae, Canta- 
bricce e Narbonensi Provincia... » 

Zwingger expedia la Cantabrica demandee. Nous 
ne possedons pas sa lettre d'envoi (1). Mais, comme 
nous le verrons par ce qui va suivie, il y declarait que 



Cantabres au temps de lempei-eur Auguste. « Les ttoristes du 
XVI' sieclc, qui avaient, comme on sait, iin grand desir de re- 
connaitre les plantes decrites par les anciens, ne s'aceorderent 
pas sur lattribution a faire du nom de Canlahrica. Anguillara 
crut que la Cantabrica de Pline ctait notre Campanula rotun- 
dij'olia L. LAnglais Turner se pronouca pour un Giillet. Charles 
de lEscluse et quclques autres optcrent en faveur de Tespece a 
la(|uelle, en dernier lieu, Linne confera la denomination de 
Convohniliis Cantabrica. Gesner, de son cote, avait appele Ca/j- 
tabrica une (lentiane (en allemand Bittcrnnutz). II eroyait 
dilTerente, et nouvelle pour lui, la plante que Zwingger eultivait 
en son jardin et ({ui figurait sur son catalogue avec le nom de 
Cantabrica ; il fut, ainsi que nous allons le voir, fort desappointe 
en retrouvant sa Bitlerwurtz. 

(1) Hien que d'apres la reponse de Gesner il fut possible de 
reeonstituer le sens de la lettre de Zwingger, nous nous somraes 
demande s il n y aurait pas quelque espoir d'en retrouver le 
texte. Nous avons ecrit dans ce but a notre ami M. le docteur 
i). Sell niter, professeur de botanique au Poltjlechnicum de 
Zurich ; il nous a communique, quelques jours apres, la note 
suivantc, emanant du bibliothecaire de la ville de Zurich : 
«... Une sorte de fatalite semble avoir poursuivi les papiers 
blisses par Conrad Gesner. La bibliotheque de notre ville n'en 
conserve que de courts fragments. Aucune autre, a ma connais- 
sance, ne possede des manuscrits de Gesner. Liuspecteur 
Simmler, qui a reuni avec un zele Infatigable une riche collec- 
tion de lettres manuscrites et douvrages imprimes concernant 
1 histoire du xvi^ siecle, n'a pu decouvi'ir aucune lettre de 
Zwingger. Or, quand la collection Simmler ne peut rien nous 
fournir. jc ne puis me flatter de mieux faire. y, Les recherches 
que, dautre part. M. le professeur Schroter a faites cliez les 
descendants de Conrad Gesner, et dont nous le remercions \ivc- 
ment, nont pas eu meilleur resultat. 

8 



— 114 — 

c'elail un joune phannacien de Marseille, nomine 
Jaeciiios Raynaudel, qui, elanl venu a Bale, avail 
delermine cello planle el reconnu la Canlabricd. 

En la rcoevanl, (lesner eprouve une deeeplion. 
Celle prelendue (Utnldbrica, il la connaissail deja ; il 
s'allendail a aulre chose. C'esL ce (ju'il ex])li(iiie 
dans la leUre de remerciemenl qu'il adresse le 24 
jnillel ir)()4 a sonohligeant ami, el donl voici Texacte 
Iraduclion : 

(I J'ai recu la Canlahrica en lleiir el je vous en 
re'.nercie. .Fai souvenl Ironve celle cspece sur le 
sommel; des monlagnes ; en divers lieux on I'appelle 
BittcvwiirLz : si vous eussiez employe ce nom, je vous 
aurais dispense de m'envoyer la planle. .T'ai mainles 
fois tente de la I'aire vivre dans mon jardin, mais en 
vain : elle defie tons les soins. Je lui ai aussi appli- 
que le nom tie Ccmfahrica (c'est ou la Cantabrica 
vraic, ou plulot une planle du meme genre), el, me 
Irouvant a Lyon, j'ai Tail part au medecin Dale- 
champ de mon opinion a ce sujet. Dalechamp , 
de son cote, a communique tout ce qu'il savait 
a Constantin (1), et c'est peut-etre ainsi que 



il) il s'agit ici de Uobert Constantin, celebre siirtuut ooninic 
lielleniste, et dont la Biographic iiiiincrscUe resume ainsi la vie : 
(( Ne a Caen dans le xvi' sieele, il s'appliqua des sa jeunesse a 
letudc des langiies et des belles-lettres, et y lit de tres grands 
progres. II se rendit ensuite a Agen, pour suivre les leeons de 
Jules-Cesar Scaliger, qui le pril en affection et dont il devint le 
commensal. Scaliger, en mourant, Ic eliargca de publier cjuel([ues 
ouvrages quil laissait iniparfaits, et lui en lit reniettre les 
nianuscrits... Constantin passa en Allemagne, oil il frequonta 
les ecoles les plus celebres, sappliquant particulierement a se 
perfectionner dans la langue grccquc. 11 en fut rappele par ses 
eoncitoyens qui lui offrirent. en 15()1, la place de prol'esseur de 
belles-lettres. 11 etait alors occupe de limpression de son dic- 
tionnaire grec et latin, qui parut lannee suivantc et quil dedia 
aux magistrals de la villc de Caen et a Jacques Dalechamp, son 
ami... De retour a Caen, il se fit recevoir docteur en mcdecine en 
lo{>4 ct donna des Iccons publiques et particulieres do langue 



— 115 — 

le jeune pharmacieii marseillais I'aura su (i). J'ai 
garde celui-ci chez moi en meme temps que Pierre 
Pena, jeune homme tres savant, pendant quatre 
jours : je leur ai montre toutes mes collections et 
leur ai donne bien des choses (2). » 

II faut rapprocher cette reponse a Zwingger d'une 
lettre que le meme Gesner avail adressee, trois se- 
maines auparavant (30 juin 1564), a Jean Bauhin, 
alors medecin a Lyon : 

« Ce jeune pharmacien marseillais qui etait venu 
a Bale est parti dernierement pour Venise avec un 
autre jeune Francais, et j'ai charge celui-ci des 
lettres qu'a cette occasion j'ai ecrites a Cortusi, a 
Vallerand et a d'autres (3). » 



grecque. On laccusa de laisser percer, dans ses explications du 
Nouvcau-Testament, des opinions favorablesau protestantismc... 
La prudence le determina a se retirer a Montauljan oil il exerca 
la medecine, et ne s y crojant pas en suretc il se refugia en 
Allemagne. II 3- vecut dans rohscurite et la misere jusqua sa 
mort, arrivee le 27 decembre 1605. » 

(1) Pour venir en Suisse, Raynaudet et son eompagnon avaient 
certainenient traverse Lj'on, oil se trouvaient alors et oil ils 
rencontrerent Robert Coustantin et Jean Bauhin. Pendant son 
sejour chez Gesner, il etait bien naturel que le jeune pharma- 
cien marseillais fit part de cette circonstance a son bote, dont 
Constantin et Bauhin ctaient les amis. Et voila pourquoi Gesner 
suppose que le nom de Cantabrica, donne par lui-meme a la 
Gentiane, a ete revele a Rajnaudet par Constantin. 

(2) « Cantaliricam aecepi cum Hore, et gratiam ago. Snepe earn 
in jugis niontiiim inveni, Bitterwiirtz passim vocant : quod 
nomen si indicasses, herbam mitti non opus fuisset. Sa;pe in 
liortis educarefrustra conatus sum, cultum enim omnem asper- 
natur. Cantabric;e nomen ego etiam ei j)osui (sive ea ipsa sit, 
sive generis ejusdem potiusi et Dalecliampio medico LugtUiiii banc 
ineam scntentiam aperui, is vero sua omnia Constantino, a quo 
forte pharmacopola illejuvenis JIassilien acceperit. Ilium una 
cum Petro Pena Juvene doctissimo domi meie per dies quatiior 
retinui et mea omnia osteudi, multa etiam doiiavi. . . Tlguri 1564. 
julii 24. )i {Epist. medic, f' 108 v.) 

(3) « Adolescens ille Massiliensis pharmacopieus qui Basilere 



— 116 — 

Cos lexles nous peimellenl do reconsliluor Tliis- 
loriquc des relations de Jacques Raynaudet avec 
Conrad Gcsncr. 

Raynaudet, acconipai^ne de son ami Pierre Pena, 
est d'al)ord alle a Bale. II a etc recu la |)ar Theodore 
Zwings^er. Dans le jardin l)otani(|ue de ee medecin 
il voit une (ientiane (juil noninie (laulabrica. 

De Bale, Raynaudet el Pena vont a Zurich, (iesner 
leur donne Thospitalite, les retienl chez lui pendant 
(pialre jours, leur montre ses collections, leur fait 
divers cadeaux. Les deux voyageurs ont rintcntion 
de se rendre a Venise. (iesner profile de cette occa- 
sion pour conlier a Pena des lettres adressees a 
(Lortusi, a Valerand Dourez et a d'autres. 

Quelques semaines apres le passage de Raynau- 
det a Bale, Theodore Zwingger fait parvenir a 
Gesner la Cantahrica que celui-ci desirait. II ecrit 
en meme temps que I'identite de cette plante lui a 
ete indiquee par le pharmacien marseillais. 

En accusant reception de I'envoi, (iesner explique 
a Zwinggei- comment, a son avis, Raynaudet 
a pu ainsi se prononcer. C'est lui, Gesner, qui le 
premier a confere le nom de Cantahrica a cette 
meme plante. II a fait connaitre a Dalechamp son 
opinion sur ce point. Le medecin lyonnais en a 
informe Robert Constantin, et c'est probablement 
Constantin qui a transmis Findication a Raynaudet. 

Gesner, dans salettre, designe Raynaudet par cette 
periphrase : « Le [ou ce\ jeune pharmacien mar- 
seillais ipharmacupola ille jiiuenis Massiliensis). )) 
Pourquoi ne le nomme-t-il pas ? Parce qu'il repond 
a une letlre en laquelle Zwingger a lui-nieme ecrit 
le nom. Gesner juge inutile de le repeter. Laformule 
qu'il emploie equivaut a ceci : « Le jeune pharma- 
cien dont voiis me parlez... )> 

fiiit, nuper cum alio juveiic (lallo Vcnetias profectus est, [)ci' 
quern U. Cortusio scrips! et \'alleraiido. etc. » [Dc Planiis a 
Divis.... p. 162.) 



— 117 — 

Mais, dira-t-on, esl-ce bien le nom de Jacques 
Raynaudet que citait Theodore Zwingger dans sa 
lettre a Conrad Gesner ? Le medecin balois ne pou- 
vait-il pas avoir recu la visite de quelque autre 
pharmacien de Marseille ? 

Qu'il soit ici question de Raynaudet et non pas 
d'un autre de ses confreres marseillais, c'est la un 
point qui ne peut faire doule. 

II rcssort des termes menies de la reponse de 
(iesner que c'est le meme personnage qui, a Bale, 
dans le jardin de Zwingger, a reconnu la Cantabrica 
et qui. a Zurich, a ete Thote du celebre naturaliste : 
ce personnage ne peut etre que Raynaudet. 

Nous apprenons, en etTet, par la lettre de Gesner, 
que sonjeune pharmacopola Massiliensis voyageait 
en compagnie de Pierre Pena. Or, nous savons 
deja que celui-ci professa pour Raynaudet une 
grande aniitie. S'il avait eu, dans la confrerie des 
pharmaciens de Marseille, un autre ami ayant a 
un egal degrc le gout de la botanique, il n'aurait pas 
manque de le nommer dans les Adversaria, comme 
il a nomme Jacques Raynaudet. Nous pouvons 
done tenir pour certain que Pena s'etait mis en 
route avec Tunique ami botaniste qu'il eut chez les 
pharmaciens marseillais, et que c'est bien Raynau- 
det ([ui I'accompagnait, quand il traversa la Suisse 
et vint a Zurich chez Gesner, pour se rendre ensuite 
a Venise (1). 



(1) Les nicmcs observations sappliquent ;i la lettre ecrite le 
30 juin par Gesner a Jean Bauhin. Gesner y designe encore 
Raynaudet par cette periphrase : « Adolescens ille Massiliensis 
pharmacopcviis... » Jean Bauhin, qui alors cxercait la medecine 
il Lyon, avait du ccrire a Gesner quil venait d'y recevoir la 
visite du pharmacien de Marseille ; et le savant de Zurich, ayant 
a son tour I'occasion de parlcr, dans sa lettre a Bauhin, de ce 
menic Raynaudet, se sert d'une formule qui doit etre ainsi tra- 
duite : « Ce jeune pharmacien marseillais, que vous avez 
recemment vu a Lyon et qui m'a parle de vous... » 



— 118 — 

Panni los savants avec lesqucls Rayiiaiulel cut 
roc'casion do sc incllre en rapport, nous avons 
encore a nomnier le celehre prolesseur de Monlpcl- 
lier, Gnillaunie Kondelet, et le pharniacien lyonnais 
Valerand Donrez. 

Les Adversaria nons appronnent qu'il fit en 1565 
le voyage de Monlpellier, ou il apporla le Laserpitimn 
Chillicum, planle quil avail Irouvee dans les collines 
de Marseille el preeedeniment envoyee a Pierre Pena. 
Gclte Oinbellifere, si repandne en cerlaines regions, 
avail ponrtant echappe jusqu'alors a Tallention des 
botanistes. Jacques Raynaudet est le premier qui 
Tait remarquee et Fait connaitre. II la soumit a Ron- 
delet : celui-ci decida que c etait un ft Laserpiiiiim ». 
Pena I'a decrite.en a donne une figure, et ranommee 
dans son ouvrage « Laserpiiiiim e regione Massilice 
repertiim » (1). 

Valerand Dourez, ne a Lille en Flandre, avail 
choisi la ville de Lyon pour s'y etablir en qualite de 
pharmacien. II devaild'autant mieux s'accorder avec 
Raynaudet qu'il etait, autanl que lui, bolaniste ins- 
truit et passionne pour la recherche des plantes. Les 
deux confreres firent connaissance, soil a Lyon, que 
le pharmacien marseillais Iraversa pour aller en 
Suisse, soil a Venise, ou Dourez sejourna pendant 
assez longlemps, soil peut-elre a Marseille meme, 
ville que ce dernier avail Ires probablemenl visitee ii 
I'epoque ou il vinl a Monlpellier (2). 

Nous savons, en tout cas, que Raynaudet lui fit 



(1) Stirp. Adv., p. 313 : « Hanc Jacobus Rainaudus Massiliensis 
pharmacopteus, stirpium valde cupidus ct peritus, nobis misit : 
deinde attiilit Monspellium quatuor ab hinc annis : quae prae- 
ceptori eximii ingenii Rondelletio visa fuit Laserpilio aptius 
congruere, quam qufevis alia ex multis, quas ille vidisset, 
Ferulis. d 

(2) Un botaniste flamand dii \vi* siecle : Valerand Dourez, p. 8. 



— 119 — 

parvenir a Lyon uiie provision de Seseli toiiiwsiim, 
plante que divers botanistes du temps prenaient 
pour le fameux ((^ Seseli Massalioticon >^ de Diosco- 
ride. Dourez etait renomme pour son habilete a pre- 
parer la theriaque. C'est Raynaudet, disent les 
Adversaria, qui, le premier, lui fournit, ainsi qu'a 
divers medecins lyonnais du plus grand merite, le 
Seseli destine a rendre la theriaque parfaite : cette 
adjonction avail ete approuvee et recommandee par 
les professeurs de Montpellier, surtout par Ron- 
delet(l). 

Nous avons eu maintes fois, au cours de nos 
etudes d'histoire de la Botanique, I'occasion de rap- 
peler quels services importants les pharmaciens de 
cette epoque rendirent a la phytologie. 

(( lis avaient alors, dans I'exercice de leur profes- 
sion, a compter sur eux-memes bien plus que ne 
sont obliges de le faire leurs successeurs actuels. La 
chimie, encore a I'etat embryonnaire, ne pretait pas, 
comme aujourd'liui, un puissant concours a la 
matiere medicale. La plupart des medicaments pro- 
cedaient du regne vegetal, et le pharmacien les 
preparait lui-meme. II ne pouvail done pas se dis- 
penser d'etre botaniste. II etait tenu, avant tout, 
d'etudier les plantes et d'acquerir toutes les 
notions que fournissait la res herbaria. Puis il se 
mettait personnellement en campagne, afin de se 
procurer les simples qui lui etaient necessaires pour 
alimenter son officine. II herborisait d'abord dans la 
region oil il avait son etablissement. II se dirigeail 



(1) Stirp. Adv., p. 352: « Singularis industrise amicus Jacobus 
Reinaudus. Masslliensis civis et pliarniacopieus, primus banc 
Lugdunenslbus medicis, etiamque Valerando Dourez illic phar- 
macopjeo, liujus cognitiouis supra quam dici queat consultis, 
miserat ad Theriacre exquisitam confcctionem, cui etiam Mons- 
pelliensium Doctorum instituto, Rondeletii praesertim, additur, 
cujus sententiam non raro sequimur. » 



— 120 — 

ensuilo vors los pays loiiilains. Sa grando ainl)ilion 
visait la cU'couveilc di's especes donl la vcju'iable 
auliquile avail proiu' los veiiiis. An retour, il seniail 
dans son polil jardin bolaniquc, annexe obligaloire 
de sa boutiqne, les graines qu'il ra|)po!tait. Et s'il 
avail la bonne ioiinnc d'etre en relation avec un bota- 
nograpbe que reeomniandaient des recliercbes et 
des publications renonimees, il s'empressail de le 
eonsuller sur le nierile de ses trouvailles el il Irans- 
niellail ainsi a Tecrivain de i)recieux nialeriaux (1). » 

Les environs de Marseille ollraienl a Jacques 
Raynaudel un champ d'herborisation dune singu- 
liere richesse el qu'il cut soin de parcourir en tons 
les sens. II nenegligea pas la flore des bords de la 
mer ; parmi les indications d'habitat fournies par 
lui a ses correspondants, les Adversaria mentionnent 
celle-ci : « in coUibus inaritimis », et Jean Bauhin 
cette autre: « //? littore maris ». 

II ne se contenta pas d'herboriser dans la banlieue 
de Marseille. II explora aussi I'interieur de la Pro- 
vence. De ses decouvertes aux alentours de la ville 
d'Aix, quatre ont ete signalees par Pierre Pena et 
une par Jean Bauhin . Les Adversaria nous appren- 
nent qu'il fit I'ascension du niont Sainte-Victoire, 
d'ou il rapportale Telephiam Imperaii. 

Puis il entreprit une serie de longs voyages en 
France et a I'etranger. 

Nous avons vu plus haul qu'il etait venu a Mont- 
pellier et qu'en allanl en Suisse il s'etait arrete a 
Lyon (2). 

En Suisse nous savons deja qu'il passa par Bale, 
ou il vit Theodore Zwingger, et i)ar Zurich, ou il fut 
recu chcz Conrad Gesner. 

(1) In hotaniste flamand du xvi« siecle, p. (5. 

(2) Son sejoiir a Lyon est confirnie par cette circonstancc. 
relatee un pen plus haut . ([u'il avait apporte et distrilnie a 
divers medecius lyonnais. ainsi qua ^■alerand Dourez. le Seseli 
Massiliensc. 



— 121 — 

II franchit ensuite les Alpes pour se rendre en 
Italic. 

II dut laire mi long sejour dans la peninsule et en 
visiter les diverses regions. LesAduersaria ontdecrit 
deux especes qu'il avail rapportees dc scs hcrbori- 
sations d'ltalie, Tune provenant de la partie meri- 
nale du Piemont, a ex aiistrali tractii Pedemontanw 
regionis», et I'autre cucillie dans IWpennin. 

Au temoignage de Jean Bauhin , il ctait alle a 
Florence (1 ) . 

Enfin, nous avons vu, dans une des lettres de 
Gesner citees plus haut, qu'a leur depart de Zurich, 
Raynaudet et son compagnon Pierre Pena s'etaient 
mis en route pour Venise. II est hors de doute qu'a 
Venise notre pharmacien, si etroitement lie avec 
Pena, y eut les memes amis que lui. Et certainement 
il fut du nombre des botanophiles qui se reunis- 
saient habituellcment, pour deviser de la res her- 
baria, dans rol'ficine du pharmacien Albert Marti- 
nello, ad Angeli symbolum (2). 

Voila, pour les voyages de Raynaudet, les seules 
indications precises que nousont livrees les auteurs 



(1) Hist, plant, iiniv.. t. I, p. 599. — Nous devons recoiinaitre 
qu'il y a de rainl)igu'itc' daus la declaration de Jean Bauhin. A 
propos de 1' <« Alijpum Monspeliaciini)) (Globularki Alijpum L.),il 
rapporte qu il avait vu lui-meme cette plante cultivee en divers 
jardins ditalie ; ])uis il ajoutc : " D. Calzolarius Verona? noliis 
ostendit pro Ptarmica : quo nomine et doctiss. Medico Rantzio 
in horto Florentino lectam nobis attulit, et ex Provincia misit 
.lac. Rainaudetus industrius pharmacop;eus. » Est-ce le phar- 
macien de \'erone, (-alzolari, on Jacques Raynaudet, ([ui avait 
cneilli la Globulaire Tnrbitli dans le jardin de Florence pour 
lenvoj'er ii Jean Bauhin et au medecin Rantzius? — En tout cas, 
il cut ete bien surjjrenant que Raynaudet, ayant parcourul'Italie 
(In Nord, ne fut pas venu ii Florence. 

('_') Voir, au sujet dAlbert Martinello. Pierre Pena et Matliias 
de Lohel. p. 12et 13. 



— 122 — 

conteinpornins. Mais il est infinimonl probable que 
le zele botanisto inarseillais avail herborise en 
beaucoup dautrcs lieux. 



II nous reste maintenant a donner la lisle des 
plantcs que Jacques Raynaudct avait coninuini(|uees 
soil a Pierre Pena, soil a Jean liauhin. 

Voici d'abord les planles de la llore provencale 
fournies a Pena. 

Nous avons deja nientionne'' deux Ombelliteres, 
Laserpilium Galliciini el Scseli torliiosiim, ainsi que 
le Telephium Imperati. 

Nous avons dil de cetle Paronychiee que Raynau- 
det la cueillil au sommel de la monlagne qui porle 
actuellement le nom de Sainle-Vicloire : « Dono 
misit banc, — ecril Pena dans les Adversaria, — 
noster industrius el perilus pbarmacopaeus Jacobus 
Raynaudet, quam e jugis arduis montis D. Bona- 
venlurae, non procul Aquisexliis, erueral (1). » 

II avail recolte sur les collines marilimes de la 
Provence, « collibiis maritimis Galloprovinciw » le 
Frankenia Icevis L. Cette planle, communiquee a 
Pena qui ne la connaissail point encore, ful inscrile 
dans le Stirpiiim Adversaria sous le nom de « Po- 
lygonum alteriim, piisillo vermiculato serpilli fo- 
liolo » (2). 

(1) Stirp. Adv., p. 405. — Le Telephium y est appele « Helianthes 
species rara, flgurn leguminosa, floribus aiireis ». — Nous avons, 
dans Pierre Pena et Mathias de Lohel (p. 90), donne des explica- 
tions, auxquelles nous renvoyous le lecteur, sur la montagne de 
Sainte-Victoire et le nom qu'elle portait au xvi« siecle. 

(2) Slirp. Ado., p. 180. — Le Frankenia Icevis ne se rencontre 
pas aux environs de Marseille. Cette espece est silicicole, et cest, 
en suivaut le bord de la mer, que Ton commence a I'apercevoir 
dans le voisinage de Toulon. Raynaudet ne s'etait pas contente 
d'explorer le littoral de Marseille ; il avait dii s'avancer beau- 
coup plus loiu. 



— 123 — 

Une Rosacee qui appartient a la flore de la Pro- 
vence, Potentilla recta L., nominee au xvi« siecle 
« Pentaphijlhim riihrum », fut rapportee par Raynau- 
det de TApennin (1). 

Sous le nom de « Camiimm sylvestre Dioscoridis », 
Pierre Pena decrivit, en indiquant qu'il la tenait de 
Raynaudet, une plante qui donne lieu a de serieuses 
difficultes. 

« Dioscoridc distinguait deux sortes de Cumin : 
le Cumin cultive « Ciiminiim sativum », et le Cumin 
sauvage « Cuminum SLjluestre ». 

« Sur I'identite du Cuminum sativum on etait fixe. 
On le recevait de la Syrie, de la Cilicie et de la 
Grece (2), 

« Mais on pouvait-on se procurer le Cuminum 
sylvestre Dioscoridis '/ 

« Deux plantes, — disent les Adversaria, — qui 
« croissent en abondance dans des endroits pierreux 
« pres d'Aix-en-Provence representent cette espece . 
« Le zele pharmacien marseillais Jacques Raynaud 
« nous en envoya a Montpellier plusieurs pieds, 
« ainsi que de la graine destinee a etre semee. De la 
« ce Cumin a ete transporte dans quelques jardins 
« d'ltalie (3). » 

« Ces deux plantes, qui repondaient aussi bien 
Tune que I'autre au Cumin sauvage de Dioscoride, le 



(1) Stirp. Adv., p. 307 : « In Apennino Italise purpureo flore, 
perquam aspectu amceno, legebat peritus pharmacopjeus et ami- 
cus non vulgaris. Jacobus Rainaudet Massiliensis. » 

(2) C'est presentement le Cuminum Cgminum de Linne. 

(?) Stirp. Adv.. p. 330 : « Speciem prse se ferunt utriusque 
Sylvestris dua^ plant.'c, qute locis glareosis prope Aquas Sextias 
Galloprovincl^e ubertini crescunt : cujiis stirpes aliquot et 
semen serendum nobis Monspellium misit Jacobus Reinaudus 
industrius pbarmacopjeus Massiliensis, et indidem in hortos 
quosdam Italiic translatum fuit, ubi rarissimum a paucis 
colitur. » 



— 124 — 

ri'dacleiir de cello pnrlii' dc loiivmifc [Picrro Penal 
cluMclie a les dislinj^uor, el il consacre a chacune 
delles un arlidc sj)ecial. A rune il atlrihue lout 
simplemenl le nom de « Ciimimim sijluesfre Diosco- 
ridis y^. Pour raulic, il allonge ce nom en y ajoulanl 
les mots « altenim sili<jiiwsiiiu ». 

« La plante appelee Ciimimim sijlveslrr sans epi- 
Ihele esl deerile et dessinee dans les At/;'er.sa/'/a. On 
y reconnait lout de suite rOmbellifere que Linne a 
nommee Lagwcia ciiininoides(l). 

« Que faul-il conclure de cette circonstance ?(2) )) 

C'est ici, juslement, que surgissent les difficultes. 

II est certain que le Laga'cia ciiminoides, plante 
d'Espagne et d'Orient, ne se rencontre pas, actuelle- 
ment, aux environs d'Aix. 

Y croissait-il au xvi^ siecle ? 

Nous avons montre, dans notre etude sur Pena et 
Lobel, quelle foi est due, pour I'enonce de faits mul- 
tiples, a Toeuvre des Adversaria. 

Que Jacques Raynaudet ait envoye a Pierre Pena, 
residant alors a Montpellier, des echantillons de 
deux plantes qui parurent a celui-ci pouvoir etre 
prises I'une et I'autre pour le Cumin sauvage de 
Dioscoride et dont I'une , decrite et figuree dans les 
Adversaria, represente le Laga'cia ciiminoides L., 
e'est la un fait qui ne peut pas etre conteste. 

(1) Voici quelle est la genealogie onomastiquc de cette espece : 
ail « Ciiminum sylvcstre Dioscoridis )> des Adversaria, (laspard 
Uauhin {Pma.v, p. 146) substitua « Cuminiini syli'estre capitulis 
ylobosis ». et Linne inscrivit Tappcllation du Pinax parmi les 
synonvmes de son Layaicia ciiminoides. — Les tloristcs du xvi« 
siecle furent unanimes a considerer cette plante comme le vrai 
Cumin sauvage de Dioscoi-ide. Cette unanimite apparait claire- 
ment dans leurs descriptions et leurs ligures, Ic Lagaria ayant, 
il raison dc ses tleurs groupees en glomerules et non point en 
ombelles, une physionomie tout a fait caracteristique 

(2) La Botaniqiie en Provence an xvF siecle : Pierre Pena el 
Mathias de Lohel. p. SO. 



— 125 — 

Raynaudet avait-il reellement trouve cette Onibel- 
lifere « croissant en abondance dans des endroits 
pierreux pres d'Aix-en-Provence », ainsi qu'il raffir- 
mait dans sa lettre on sur ses etiquettes ? 

II n'existe aucun motif serieux de revoqiier en 
doute la veracite du pharmacien marseillais. 

Toutes les autres plantes qu'il otTrit soit a Pena, 
soit a Bauhin, en les presentant comme des plantes 
de Provence, sont bien des especesqui appartiennent 
encore a la flore provencale. Pour quelle raison, au 
sujet du Laga'cia, aurait-il donne une fausse 
indication ? 

Diverses hypotheses expliqueraient la presence a 
Aix, en ce tenips-la, du Lagoncia cuminoides. 

On pourrait admettre que cette plante. apres y 
avoir ete spontanee, en a disparu depuis lors, four- 
nissant ainsi « un nouvel exeniple des modifications 
que subit, dans le cours des siecles, la vegetation de 
tel on tel pays (1) ». 

Ou bien que le Laga'cia etait simplement adven- 
tice, apporteet repandu, comme tant d'autres especes 
etrangeres, par des manipulations de marchandises. 

Ou bien encore que cette Ombellifere, cultivee 
dans (juelque jardin, s'en etait echappee pour vege- 
ter au milieu des graviersou Raynaudet I'observa. 

Le passage des Adversaria que nous avons repro- 
duit plus haut mentionnait deux plantes susceptibles 
d'etre identiliees avec le Cumin sauvage de Diosco- 
ride, et communiquees toutes les deux par Jacques 
Ravnaudet. 



(1) u Nous pensons que la presence du Lagcecia aux alentours 
de la ville d Aix ne serait pas plus etonnaiite que celle de 
V Anemone palniala L. Or cette Renonculacee se perpetue au 
milieu des colliues qui entourent la vieille tour de la Queirie, eit 
une station connue dun certain nomhre de botanistes, signalee 
par le Calalogne des plantes de Provence d'Honore Roux. et oil 
nous-meines sommes alle la cueillir. » [op. cil.) 



— 126 — 

La seconde, sous k> nom de « Cuniimim sylveslrc 
alteriim siliqiiosiim )>, est egalemeiit decrile el figuree 
dans rouvrage. C'esl VHijpecoiim prociimhens L., 
Papaveiacoe qui est demeuiee lidele an Iciroir dAi\. 
On Irouve aussi, en cc nieme lerroir, VHijpecoiiin 
pendulum L. Les Adversaria \y ont signale, loujours 
d'apres Raynaudel, en accompagnanl dune ligure 
la mention qu'ils en ont faite. Aueun nom speciul 
nest altribue a ce second Ciiminiim sijloeslre siliqiio- 
iunj. Le texte se contentc de dire quit y a dans la 
meme localite « iisdcm natalibus » une autre plante 
siliqueuse ressemblant beaueoup a la premiere, et 
s'en distinguant seulement par des feuilles a divi- 
sions plus etroites (1). 

Enfin Jacques Raynaudel fit parvenir a son ami 
Pierre Pena deux especes qui sont etrangeres a la 
flore de la Provence : Poteriiim spinosiim L. et Salvia 
pomifera L. 

Les Adversaria donnent a la premiere de ces planles 
lenomde « Po/erzon ». Raynaudet I'avait rapportee 
dune localite situee dans le Piemont meridional. 
« Ex australi tractu Pedemontana? regionis vulsum 
nobis misit peramicus juvenis doctus pharmaco- 
pseus Massiliensis Jac. Rainaudetus (2) ». 

(1) Stirp. Adv., p. 331. 

(2) L'eminent auteur de la Flurc des Alpes Maritimes . 
M. Emile Buniat, ne croit pas que Ic Poteriiim spinosiim ait 
jamais etc spontane en Piemont. < Laire du P. spiiwsiun. 
dit-il (t. III. p. 126). est. en effet. fort eloignee de iios regions: 
Italie centr. et merid., Sardaigne. Sicile, Dalmatic, Turquic 
d'Europe et regions mediterraneennes asiatiques. L'espece na 
jamais pu etre trouvee a I'etat spontane dans le Piemont. ■) Pour- 
tant M. Burnat cite le temoignage d'AUioni et eelui de M. Ins.e- 
gnatti ( Caf. -l/o/if/opi), d'apres lesquels ce Poteriiim aurait eie 
trouve a Garessio et a La Morra.— Au surplus, nous ne devo is 
pas perdrc de vue que les botanistes du xvi^ siecle donuaieut 
rarement des indications precises au sujet des stations et ne 



— 127 — 

Le Salvia pomifera L. est appele (c Salvia cocci fera, 
sive haccata, Cretensis ». En indiquant qu'il tenait 
cette plante de Raynaudet, Pena ne dit pas quelle en 
etait la provenance. Le 6\ pomifera est indigene en 
rile de Crete. Est-ce la que notre pharmacien, apprime 
seduliis et peritiis vestigator stirpiiim, etait alle le 
querir ? Nous n'oserions I'affirmer. Ce I'ut sans doute 
une des especes qu'il intioduisit et cultiva dans son 
jardin bolanique. 

Jean Bauhin, en son Historia plantanim univer- 
salis, a mentionne, pour treize plantes, I'envoi que 
lui en avait fait Jacques Raynaudet (I). 

Nous y voyons d'abord trois des especes deja 
fournies a Pierre Pena : 

Frankenia Icevis L., que Bauhin nomme « Cali sive 
Vermiculari marime non dissiinilis planta » ; 

Telephium Imperati L., qu'il appelle, lui aussi, 
(( Helianthes species rara », et qu'il declare avoir recu 
deux fois de Raynaudet : en premier lieu, sous le 
nom de a planta' repentis at Nummulariay), ensuite 
sous celui de (( stirpis Veronica' modo repentis » ; 

Laserpitium Gallicum h., auquel il applique, lege- 
rement niodilie, le nom cree par les Adversaria: 
« Laserpitium e regione Massilice allatum ». 



voyaieut aiicuii intcret a faire coimaitre si uue plante etait, en 
tel endroit, spontanee ou cultivee. II etait done fort possible 
([ue Raynaudet eut cueilli dans un jardin du Piemont meri- 
dional les echantillons de Poteriuin spinosiim dont il fit i)art a 
Pierre Pena. 

(1) Les envois de Ra3uaudet seleverent a un chitrre bien 
superieur. Souvent Jean Baubin negligea de citer le nom de son 
eorrespondant. Mais il reconnut expressement que les dons de 
celui-ci avaient ete nombreux. A propos du « Tragacantha 
Massiliensis », il disait : « Ante quadraginta annos doctus pbar- 
niacopanis .lac. Ueinaudctus niihi misit ex Galloprovincia cum 
(diis mnltis. » 



— 128 — 

Voic'i (luclles sonl les aulros ospoces Iraiisinises 
par Jacques Raynaudel a rauleur de VHisloire uni- 
verselle des planies : 

Pnsscrina Tdrlon-raira !)(>. — .lean IJauhiii lui 
(lonno le noin ile « Tarlonmire Massilicnsinm » et 
rassiinile au « Sananuindd prima » de Charles de 
I'Esclusc. Dans le ehapilre quil a consacre a cette 
plante, il s'exjiriine en ces lermes : u .lac. Rainau- 
deliis pharmacopa'us nobis niisil hunc I'rulicem in 
littore maris Massilia' natum, scribens Tart en raijre 
ibidem vocari, quod aluiun miri/icc solval (1). )> 

Globiilaria Alypiiin L. — Bauhin Tinscrit sous 
le nom de « Alijpiim Monspelianiiin siue Friilex 
terribilis » (2) . 

Ephedra distachya L. — C'est pour Bauhin, comma 
pour d'autres floristes du temps, « Tragus siue Uva 
marina)). L'etiquelte redigee par Raynaudet portail : 
« Planta marina Equiseto similis » (3). 

Astragalus Massi lie nsis hmk. — Les botanograplies 
du XVI'' siecle avaient reconnu en cette Papilionacee 
le « Tragacantha » de Dioscoride. Dans son Histoire, 
Bauhin ajoute a ce nom Tadjeclif Massiliensis : il 
Yit en efTel, pendant qu'il etait a Montpellier, des 



il) Hist, planl. iiniv. t. I. p. .")94. — Par rannoliitioii Jointc a 
^o^ envoi et que Bauhin a transcrite, llaynaudet nous a aide a 
deeouvrir la curieuse originc du nom de Tarton-raire. Voir 
I'explication que nous en avons donnee dans Pierre Pena cl 
Mathias de LobcL p. 72. 

(2) Hisl. plant, univ., t. I, p. 599. — Les Adversaria nous 
apprennent c[ue le nom de Friite.v terribilis avait ete donne a la 
Globulaire Turbith a raison de lenergie, quelquefois perilleuse, 
dc ses propriety's drastiques (V. Pierre Pena et Mathias dc 
LobeU p. 73). 

(3) Hist. planl. univ.. t. I, 2'>part.. p. 406. 



— 129 — 

L'chantillons de Tragacantha apportes de Marseille, 
et il en recut lui-meme de Raynaudet (1). 

Scabiosa stellata L. — Le iiom de « Scabiosa cum 
pulchro semine minor y), adopte par VHistoire des 
plantes, parait etre celui qu'avait ecrit Raynaudet en 
envoyant cette Scabieuse a Bauhin (2) . 

Inula crithmoides L.— Matthiole appliquait a cette 
Composee le nom de « Crithmum » . C'est sous ce 
nom que le pharinacien marseillais adressa la plante 
il Bauhin, et celui-ci admit I'appellation en la deve- 
loppant ainsi : « Crithmum marinum tertium Mat- 
thiolo, flore hiieo Buphthalmi » (3). 

Thapsia villosa L. — Cette Ombelliiere incarnait, 
pour la plupart des floristes du xvi'' siecle, le « Seseli 
Peloponnesiacum » de Dioscoride. Lorsqu'il la 
transmit a Bauhin, Raynaudet ecrivit sur I'etiquette: 
« TlmpsicD). UHistoire universelle des plantes, accep- 
tant les deux noms, I'enregistra sous cet intitule : 
(( Thapsia quorundam , hirsuta et aspera , Cicutce 
folio, flore luteo, semine lata, aliis Seseli Peloponne- 
siacum » (4 ) . 

Plantago subulataL. — Suivant toute apparence, 
Pierre Pena fut le premier inventeur de ce Plantain, 
qu'il designa, dans les Adversaria, au moyen d'une 
periphrasc : ((Plante marseillaise intermediaire entre 



(1) Hist. phml. uniiK, I. 1, 2' part., p. 4UG. — A propos dc 
VAstrcHialus Massiliensis. les auteurs du Stirpium Adversaria 
coiistataient qua Marseille on ne lutilisait pas : lis faisaient 
allusion a la i^ommc que fournit TAdragant. lis avaient, ajou- 
taient-ils. charge un ami d'obtenir, sil etait possil)ie, par des 
incisions aux racines, une certaine quantite de cette gommc. 
Nous avons suppose que cet ami etait Jacciues Raynaudet 
[op. c(7., p. 23,")^. 

(2) Hist, plant, iiniv.. t. 111. p. 7. 
(;5) Hist, plant, nniv.. t. Ill, p. lOG. 

(4) Hist, plant, nnio.. t. III. 2' part., p. 18<). 

9 



- 130 — 

Ui Corne-(k'-c'crrel r()r|)in des inonla^nes, Corouo}H 
rl Scili moiitani mcdin planta Massiliensium ». 
Rayiuuulcl constala que celtc espece lonail d'un 
Planlaln plus (pie (run Scdnin, el sur la cedule (pii 
ac'conipagnail les t'chaiilillons (k^slinos a .lean 
JJauhiii, il mil: n ('.oronopiis luarilinuis n . Ikiuhiii 
a[)pi\'cia la jiislesse do celte dtMiominalioii : il la 
consorva, niais il y ajoula le noin do rauUnir : 
<( Coronoj)nH inaritinms Rainaudeli » (1). 

Siui'dd luaritiinct Diiniorl. - Kn expcdiant a 
Hauhin cctlc Salsolacec, Ic pharinacien niarseillais 
lui (lonnail deux iioms : « Vennicidaris maritima 
(trlwrescens » el ^'^Aizoonmaritimiim snhfruticans ^^ . 
L'auleur do YHistoirc des plantes acce[)la le premier 
de ces noms, mais il chaiii^ea, mal a propos, mari- 
liina [nnw mfirina: nCali species, sive Vcrniicularis 
niarinii (trhorescens » (2). 

Jean Bauhin a inserc" dans son Hisloire un « Airi- 
plex maritima » qu'il avait recu, dit-il, de Valerand 
Dourez, de Jacques Raynaudel et de son IVere Gas- 
pard Bauhin alors a ^'enise. La description qu'il en 
donne est incompI(>te, et le bois qui raccom})agne 
lr(?s grossieremcnt taille; en sorte qu'il ne nous est 
pas possible de lecoilnaitie Tidentite el d'indiquer le 
nom moderne de ce pretendu Atriplex (3). 



Ici s'arretent les renseignements (jue nous out 
fournis, an sujet de Jacques Raynaudet, les auteurs 
contemporains avec lesquels il eut des relations. 

Dans notre etude sur Leonard RauwollT, nous 
avons fait connaitre tout ce que nota le voyageur 



(1) Hisl. plant, iiniv.. t. Ill, 2" part., p. oil. 
(2i Hisl. plaiil. iiiiiu.. t. Ill, '2'- part., p. 704. 
(3) Hisl. plant., nnio., t. II, p, 1)74. 



— 131 — 

allemand a propos du jardin ou Raynaudet avail 
reuni « beaiicoup de belles plantes medicinales 
exotiques (1) ». 

II y a lieu de completer, par deux observations 
interessantes, celles que nous ont suggerees les noms 
cites dans VHodoeporicum. 

Parmi les especes cultivees en ce jardin, Rauwolll" 
a mentionne le Scammoniiim a. vrai » (Convolvulus 
Scammonia L.). S'il faut en croire Jean Bauhin, les 
pharmaciens marseillais avaient I'habitude de subs- 
tituer frauduleusement au sue de cette plante un 
extrait de « Scammonea Monspeliaca » (Cynanchum 
Monspeliacum L.) melange a de la colophane; ils 
preparaient ainsi des purgations qu'il fallait admi- 
nistrer a plus hautes doses et dont I'effet etait moin- 
dre : a Massilienses cum succo istius herba; et colo- 
phania adulterant Scammonium tarn exacte, ut vix 
cognosci queat. Succo lacteo concrete purgationcs 
moliebantur, sed majore dosi quam Scammonii et 
minore effectu (2) ». — Le fail que Rajmaudet cul- 
livait le Convolvulus Scammonia temoigne de sa pro- 
bite professionnelle. Ne voulant pas imiter des con- 
freres pen scrupuleux, il s'elait mis en mesure de 
purger ses clients avec le veritable Scammonium. 

A propos de 1' a Ammi », nous devons ajouter que 
Hugues de Solier, dans ses Scholies au texte d'Aetius, 
a fait mention de cette plante (3). Mais il ne I'a pas 
decrite et n"a fourni aucune indication qui puisse 
nous aider a la determiner. II s'est contenle de dire 
([u'elle demeurait inconniie par la faute des phar- 
maciens, trop paresseux ou trop ignorants pour se 
mettre en peine de la rechercher : « Pharmacopo- 

(1) Voir ci-dessus, p. 84. 

(2) Hist, plant, iiiiiv., t. II, p. 136. 

(3) V. laoti-e etude intitulee : La Botaniqne en Provence au 
.\'y/e siecle : Hiignes de Solier (Marseille, 1899). 



— 132 — 

lanim dcsidia, crassie ignoranlia' niagislra, ignota 
delilescit. » — En iiilrodiiisanl lAinmi dans son 
jaidin, Jacques Raynaudet cchappail au double 
rcproche d'inortie et d'ignorance, formule conlrc les 
pharniacopolcs par Hugo Solerius. 



La carriere de notre bolanisle-pharniacien ful- 
elle longue, et vers quelle epoque niouiut-il ? 

Nous n'avons, a cet egard, auciine donnee })recise. 
Mais nous inclinons a croirc qu'il disparut d'assez 
bonne heure, et voici quelle est notre raison de le 
supposer : 

Lorsque Gaspard Bauhin ledigea son Pinax Ihea- 
iri hotanici, il dressa, pour Timprimer en tete de 
I'ouvrage, la liste des noms de tons ceux qui I'avaient 
aide en lui iburnissant des plantes etdes graines(r). 

Nous y trouvons inscrits la plupart des bolano- 
philes contemporains , nolammei^.t Jean Bauhin , 
Mathias de Lobel, Jacques Cortusi, Henri Cherler. 
Le nom de Jacques Raynaudet n'y figure pas. 

Or, si Raynaudet eiit vecu plus longtemps, etant 
deja Tanii de Jean Bauhin, il scrait certainement 
devenu, par Fentremise de celui-ci, I'ami de Gas- 
pard (une grande intimite paraissant avoir existe 
entre les deux Irercs); et sans doute il se serait fail 
un plaisir de communiquer des plantes au second, 
comme il Tavait fait pour le premier. S'il n'a pas ete 
porte sur la liste du Pinax, il i'aut done en conclure 
(ju'il etait mort prematurement (2). 



(1) Celic iistc ])()rte pour litre : Xuininu curiun <nii planias cl 
scniinci conininnicaninl. 

(2) La consequence a tirer de cette omission nous parait 
d'autani nileux foiidee que Gaspard Bauhin a miiintenu sur ia 
listc de scs donateurs les noms de ceux qui etaicnt morts loi'sque 
le Pinax fat iinprime (lG23i. L'abreviaticn « p. m. v pier 



— 133 — 

L'exemple de Jacques Raynaudet nous montre 
que la science des vegetaux eut, a Marseille, des le 
xvF siecle, des adeptes instruits et fervents. Assure- 
ment, Raynaudet ne fut pas le seul. Et si, iaule de 
renseignements plus etendus, nous nc pouvons pas, 
a cote du sien, citei* d'autres noms, nous ne devons 
pas oublier la declaration faite par Leonard Rau- 
wolff, qu'il y avait alors en cette \ille « des docteurs 
et des pharmaciens » avec lesquels le botaniste 
d'Augsbourg s'etait plu a nouer des relations. 



mcmorue) accompagnc Ics noms des Ijotanistes alors decedcs. 
Tel est le cas pour Jean Bauhin, Lobel, Cherler, etc. Done, qu'il 
fut niort anterieureiiieiit, ou qu'il veefit encore en 1623, Raynau- 
det aurait figure sur la listc du Pinax, s'il avait eu le temps 
d'entrer en relation avec Gaspard Bauhin et de lui faire des 
communications pareilles a celles quavait recues lauteur de 
YHistoire iiniverselle des plantes. 



INDEX 

DES NOMS DE PERSONNES MENTIONNES 
DANS CE VOLUME Q) 



Aetius : 131. 

Aicholtz (le docteur) : 101, 

104. 
Allioni : 126. 
Anguillara (Louis) : 20, 39, 

79, 86, 113. 
Arsaqui (Alayonne d) : 108. 
Auguste : 1 13. 
Avicenne : 60. 

Barberousse (ramiralj : 62. 

Barrandon : 28, 41 . 

Bauhin (Gaspard) : 54, 81, 
82,85, 111, 124, 130, 132, 
133. 

Bauhin (Jeanj : 6, 8, 24, 28, 
38, 39, 50, 53, 59, 64, 78, 
79, 80, 83, 107, 111, 115, 
117, 120-122, 125, 127-133. 

Baviere (I'Electeur de) : 88, 
89. 

Bayle : 89. 



Beekmaan (J.) : 88. 
Bemer (Nicolas) : 60. 
Bering (les freres) : 122. 
Bobart (Jacques) : 90 . 
Boerlage : 68-70, 94. 
Breyn (Jacques) : 88, 90. 
Brucker : 58. 
Brunfels : 85. 
Buisson : 58. 
Burnat (Emile) : 126. 

Calzolari (Francois) : 121. 
Camerarius : 6, 38, 85, 86. 
Candolle (A.-P. de) : 77. 
Cesalpin : 79, 85. 
Charles II : 88. 
Charles-Quint : 62. 
Cherler (Henri) : 132, 133. 
Christel (Christophe et Leo- 
nard) : 60. 
Christine de Suede : 88. 
Citters : 89. 



(1) Nous avous exclu de cet Index les noms des botanistes cites (le 
plus souvent en abrege) a la suite et comme auteurs des denomina- 
tions specifiques des plantes. 



— 136 — 

Cobber (Tobio) : 58, 87. Gasser (Acbillc) : 58. 

Coming (HcM-innn) : 88. Gosncr (Conrad) : .'3, 0, 7,20, 
Conslanlin (Uoberl) : lU- 24,28,52,58,59, 85, 110- 

110. 117,120,121. 

Cordus (Valerius) : 20, 85. Goetbart (le doctcur) : 8. 

Corlusi (Jacques) : 115, 110, Grenier el Godron : 73, 

132. Gronove (Jean-Frederic), 
Craton de KralTtbeim : 3. (irononiiis : 2, 90-94, 97. 

Cralon (GodelVoy) : 3. Grool (Guilhuinie de) : 91. 

Dalecliamp (Jacques): 79, Hallon : 90, 97. 

114-110. Hoefer : 107. 

Decbambre : 107. Homere : 80. 
Delcasse : ix. 

Uioscoride : 21,36,00,119, I"gegnatti : 126. 

123-125, 129. ^.^,^.^ , .^ 
Dodoens (Remberl), Dodo- 

nams : 20, 30, 51, 77, 80, Kieffer: 4,6, 65. 

^'^' 85. Krafft ( Jeanj I'aine : 63. 

Dourez(Valerand) : 110, 115, Krafft (Jean-UIricb) : 63, 64, 

116, 118-120, 130. 0(3. 
Duruy (Victor) : 62. 

Legre (Ludovic) : viii, 110. 

Escluse (Charles de D, Clii- Levgues : viii. 

sins : 1, 18, 20, 21, 28, 31- Liard (L.) : x. 

44, 46-53, 57, 61, 75, 82, Linne : 38,48, 81. 82, 85, 86, 

86, 89, 99, 101, 102, 104, 91,92, 113, 123, 124, 

113. Lobel (Mathias de ) : 4, 5, 

16, 23, 30, 38, 45, 48, 49, 

Ferdinand le Calbolique : 4. 63, 78-80, 86, 109, 121, 124, 

Flahault ( le profcsseur Ch. ) : 128, 132, 133. 

50. Lonitzer: 85. 

Francois I"' : 62. Loret : 28, 41. 

Froschover : 111. Louis XIV : 88. 
Fuchs (Leonard) : 6, 20, 34, 

35, 45, 54, 74, 76. Malte-Brun : 58. 

Fugger (Antoine, Jean et Manlich(Melchior)raine: 2, 

Marc) -.29, 52, 57. 59. 



137 



Martinello (Albeil): 121. 
Martins (Jeremie) : 3, 5, 58. 
Matthiole : 20, 38, 129. 
Meolhon (Pierre IJoii, baron 

de): 8(5. 
Michaud : 107. 
Mistral (P'rederic) : 107. 
Molhuyseu (le docteur) : 18, 

89, 90, 96. 
Morison (Robert) : 90, 97. 
Morren (Edouard) : 57. 

Nostradamus (Cesar de) : 62 

Occon (Adolphe) : 7, 58, 59. 

PaulIII(lepape):62, 
Pena (Pierre): 4, 5, 23-25, 

30, 38, 48, 49, (53, 64, 78, 

80,86, 107, 109, 110, 115- 

118, 120-129. 
Planchoii (Giistave) : 6. 
Platter (Felix) : 4, 65. 
Platter (Tboiiias) : 6, 7, 65. 
Platter (Tbomas) le pere : 

112. 
Pline: 112, 113. 
Plukenet (Leonard): 90. 
Pritzel : (50. 

Rabelais : 4. 

Raben (Cliristopbe): (50. 

Ramus : 112. 

Rantzius: 121. 

RauwoliT (Leonardj, Dasylij- 
ciis: vn-\, 1-21, 23-47, 49- 
(55,(58-97,99, 101, 104, 107, 
108, 130, 131, 133. 



Ray (Jean) : <)0, 97. 
Raynaudet (Jacques) : 24, 

(34, 78, 79, 84-86, 107-112, 

114-123, 125-133. 
Reinardt ('Antoine) : (54. 
Reinmicbel (Leonard) : (50. 
Rentzen (Frederic): 61. 
Reynaud (Catherine) : 111. 
Reynaud (Jacques) : 110. 
Rilibe (Charles de) : 108. 
Rondelet (Guillaumc) : 22, 

39,78, 79, 118,119. 
Roux (Honore) : 125. 

Saint-Lager (le docteur) : 60, 

68-70, 79, 84, 94. 
Saporta TAntoine) : 3, 4. 
Saporta (le marquis Gaston 

de) : 4. 
Savoie (le due de) : 62. 
Scaliger (Jules-Cesar): 114. 
Schelhammer : 88. 
Schroter (le professeur C), 

113. 
Segurana (la) : 62. 
Serapion : 60. 
Simmler : 113. 
Sober (Hugues de), Hii()o 

Soleriiis: 131, 132. 
Steinhoven (Mathieu) : 101, 

104. 

Tabernaemontanus : 48, S,'^. 
Teulie (Henri) : 3. 
Theophraste: 60,86. 
Timon-David (Felix) : 110. 
Tragus: 85. 
Turner (Guillaume) : 113. 



138 



Valbolle (Honorat de) : 108. Widthol/ (Jean) : (iO. 

Veraiiy (Felix): 110. Willers (Georges) : 60. 

Vossius (Isaac): 88-90, 95, WolfV(Gaspard): 111. 

97. Wurtemberg (le due de) 
Vossius (Mathieu) : 88. 59. 



Waldkirch: 111. 

Weith : 58. 

Weysen (Tobie) : 101, 104. 



Zwingger (Theodore) : 112, 
113, 115-117, 120. 



INDEX 



DES NOMS GEOGRAPHIQUES (*) 



Agen : 124. 
Aichach : 58. 
Aix-en-Provence : 120, 122, 

126. 
Alep : 1, 
Alpes:6, 121. 
Amsterdam : 88. 
Antibes : 63. 
Anti-Liban : 68, 69, 90. 
Apennin : 121, 123. 
Aries : 5, 10, 11. 28. 
Arras : 99, 102. 
Augsbourg : 2, 3, 5, 7, 10-12, 

23, 29, 40, 52, 57-59, 61, 

63, 65, 68, 69, 87, 89, 97, 

101, 104, 108, 133. 
Avignon : 5, 7, 10, 11, 13. 

Babyione . 1. 

Bagdad : 1. 

Bale: 4, 5, 7,8,65, 111, 112, 

115-117, 120. 
Boiogne : 8. 
Brignoies : 63, 93. 

Caen: 114. 
Cannes : 63. 



Cette ( coiiine de ) , Mons 
Cetius : 5, 6, 10-12, 25, 30. 
Gevennes : 5, 12, 13, 50. 
Come : 8. 
Crau (la) : 13. 
Crete : 127. 

Damas : 1. 

Euphrate (1') : 68, 69, 71, 74, 
90. 

Ferrare : 8. 
Florence: 8, 121. 
Francfort-sur-ie-Mein : 60. 
Frontignan : 5. 

Ganges : 50. 
Garessio : 126. 
Geneve : 2, 10-12, 25. 
Gethsemane : 68. 
Grenoble : 13. „ 

Hatvan : 87. 
Helmstadt : 58, 88. 

Jerusalem : 1, 68. 



(1) Nous n'avoDs admis daus cet Index que les noms de localites spe- 
ciales, villes, bourgs, montagnes, cours deau, etc. II nous a paru 
inutile d'y introduire les noms generaux, tels que ceux des royaumes 
ou des provinces. 



— 140 — 

KcMuptcn : .nS. Nicc^ : ()1-();V <><^ <>«-7(>, SI, 

82, 92, 9;}. 

La Have : viii. ^^I^t^s : 5, 10, 11, 80. 

LauiiiiicMi : 00. Ninive : 1 . 

Loipsick : r)8. Oxford : 89. 
Levde: vii-x, 1, 2, 8, 9, 13, 

18, 25, 61, 07, 08, 86, 88, Padouo : 8, 112. 

89, 91, 94, 95. Palmyrc : 1. 

Liban : 68, 69, 71, 90. Paris : viii, ix, 58, 68. 

Lille: 110, 118. Parme : 8. 

Lindau : 61 . Plaisancc : 8. 

Linlz : 87. Pont dii Gard (le) : 80. 

Londres : 88, 109. Rhone (le) : 5. 
Lozere : 12, 50. 

Luc (le) : 63. Saint-Gothard : 8. 

Lucerne : 8. Saint- Martin de Crau : 28. 

Lyon : 2, 10-12, 25, 94, 110, Sainte-Victoire : 120, 122. 

114, 115, 117-119, 120. Salon de Crau : 10, 11, 13, 

28. 

Maguelone:30. Toulon : 122. 

Mantoue:8. Tripoli de Syrie : 1, 71. 

Marseille : viii, ix, 5, 10, 11, ™ /;. ^ ,x 

13 24 28 99 59 61 63 Tubingue : b. 

64-66, 68-70, 72, 74-79, 81, Ayrmenienneimei; 

82, 85, 92, 93, 108, 110, 111, uim : 63. 

114, 117, 118, 120, 122,127- Uri : 8. 

129, 131, 133. 

Milan : 8, 61, Valence : 7, 10, 11, 13. 

Modene:8. Venise : 86, 112, 115-118, 
Mondovi : 126. 1^1, 130. 

Montauban : 115. Verone : 8, 14, 121. 

Montbeliard : 59. Vienne : 18, 99, 101, 102, 104. 

Montpcllier: 1-7,10-13,19, Windsor : 89, 90, 97. 

23, 24, 30, 40-42, 49, 50, 

53, 54, 58, 65, 79, 85, 92 . Zug : 8. 

Moria (la) : 126. Zurich : 3, 6-8, 111-113, 115, 

Mossoul :1. 117,120, 121. 



INDEX ALPHABETIQUE 

DES XOMS BOTAXIQUES MODERNES DES ESPECES 
CITEES DANS l'oUYRAGE 



Acanthus mollis L., 3U. 
Acer Monspcssiilanum L., 41. 
Acctahularia Meditcrranca La- 

mouroux, 54. 
Achillea Ageratum L., 4.1. 
Aconituni lycoctonum L., 50. 
Adiantuiii Capillus-Veneris L., 

4(). 
Adonis autuninalis L., 31 . 
Ajuga chama?pitys Schrcb., 1)9. 

— Iva Schreb,, 39. 
Alchcmilla Alpina L., 50. 
Alkanna tincloria Tausch, 38. 
Allium magicum L., 8G. 

— nigrum L., 86. 
roseum L., 43. 

Aloe vulgaris Lmk., 8(5. 
Althiea officinalis L., 44. 
Alyssum campestre L., 34. 

— maritimum Lmk., 19, 
22, 47. 

Amaranlus Blituiu L., 32. 
Ambrosia maritima L., 85. 
Ammi majus L., 85. 
Andryala sinuata L., 37. 
Anemone palmata L., 125. 
Anthemis secundiramea Biv., 

29. 
Anlliriscus sylvestris Pers., 35. 



Antirrhinum majus L., 38. 
Apium graveolens L., 45. 
Arabis Alpina L., 50. 
Arbutus Unedo L., 42. 
Argyrolobium Linna^anum 

Walpers, 34. 
Aristolochia Clematitis L., 20. 
longa L., 30. 

— PistolochiaL.,39. 

— rotunda L., 43. 
Arnieria plantaginca \Villd.,39. 
.Vrtcmisia Gallica Willd., 47. 
Arum Dracunculus L., 30. 
Asparagus acutifolius L., 40, 

78, 79. 

— scaber Brign., 49. 
Asphodclus cerasifer Gay, 40. 

— fistulosus L., 40. 
Aspidium aculeatum Da^ll, 43, 
Asplenium Adianthum-nigrum 

L.,44. 

— Trichomanes L., 44. 
Aster acris L., 36. 

— Tripolium L., 47. 
Asteriscus spinosus G. G., 19, 

36, 78, 79. 
Astragalus glycyphyllos L., 42. 

— Massiliensis Lmk., 
28, 72, 77, 78, 128. 



142 



Astraj^alus Monspcssulanus L., 

35. 
Atiopa Mandragora L., 53. 

Berula angustilblia Koch., 45. 
Biscutclla laevigata L., 3-1. 
Bonjeania hirsula Rchb., iC). 

— recta Rchb., 44. 
Brachy podium raniosum 

RaMii. et Sch., 40. 
Brassica Napus L., 52. 
Bryonia dioica Jacq., 42, 
Bunias Erucago L., 31 . 
Buplcurum fruticosuni L., 75, 
77, 78. 

— rigidum L., 36. 
Buxus sempervirens L., 43. 

Cakile maritima Scop., 47. 
Calamintha Nepcta Link, 38. 

— officinalis Moencli, 

82. 
Calluna vulgaris Salisb., 37. 
Calycotome spinosa Link., 82. 
Campanula Rapunculus L.,37. 
— rotundifolia L., 113. 
Camphorosma Monspeliaca L., 

39. 
Capparis spinosa L., 52. 
Cardamine hirsuta L., 41. 
Carpinus Bctulus L., 51. 
Carthamus tinctorius L., 53. 
Catananche crerulea L., 37. 
Celtis australis L., 43 
Centaurea Calcitrapa L., 37. 

— collina L., 37. 

— Cyanus L., 32. 

— solstitialis L., 32 , 

79. 
Centranthus ruber DC, .36, 
76, 77. 



Cephalaria leucantha Schrad., 

73, 77, 78, 94. 
Cerastium viscosum L., 34. 
Gercis Siliquastrum L., 52. 
Cetcrach ofllcinarum Willd., 

43. 
Chcnopo(iiuMi iiotrys L., 13. 
Chlora perfoliala L., 21, 4',i. 
(Hiondrilla juncea L., 77, 93. 
Cirsium bulbosum DC, 79. 
Cistus albidus L., 34, 82. 

— Monspcliensis L., 34, 81, 

82. 

— salvifolius L.,34, 82. 
Clematis Flammula L., 33. 
Cneorum tricoccum L., 29. 
Colutea arborcscens L., 42. 
Convolvulus althteoides L.,81. 

— Cantabrica L., 83, 

113. 

— Scammonia L., 85, 

131. 

— Soldanella L., 48. 
Coriaria myrtifolia L. 29. 
Coris Monspeliensis L., 37, 38, 

92. 
Gornus mas L., 42. 

— sanguinea L., 42. 
Coronilla Emerus L., 42. 

— juncea L., 18,28. 

-— scorpioidesKoch,32. 
Crata?gus monogyna .lacq., 42. 
Crepis bulbosa Cass., 23-25, 

48,80. 
Cuminum (Lyniinum L., 123. 
Cupressus sempervirens L.,o3. 
Gupularia graveolcns G.G., 42. 

— viscosa G. G.. 36, 

78, 79. 
Guscuta epithymum Thuil. , 
38. 



^ 143 — 

Cynanchiim acutum L., 85. Erica arborea L., 37. 

— Monspeliacum L., — scoparia L., 37. 

85, 131. Erodium ciconium Willd., 34. 

Cynara Cardunculus L., 30. — inalacoides Willd., 34. 

— Scolymus L., 53. Eryngium campestre L., 26, 36, 

Cynoglossum cheirifolium L., 77, 93. 

38. — luaritimum L., 26, 

— pictum Ait., 38. 47, 73, 77, 78. 

(^ynosurus echinatus L., 40. Euphorbia Characias L., 40. 

Cyperus schoenoides Griseb., — helioscopia L., 33. 

49. — Paralias L., 49. 

Cypripedium Calccolus L., 51. — Peplis L., 22, 49. 

Cytinus Hypocistis L., 39. — segetalis L., 33. 

Cytisus Laburnum L., 51. — serrata L., 39. 

— sessilifolius L., 41. Evonymus Europaeus L., 41. 

Daphne Gnidiuni L.,22, .39, 82. Ferula nodiflora L., 36. 

Delphinium Staphisagria L., FicariaranunculoidesMoench., 

41. 41. 

Dianthus Monspessulanus L., Filago Germanica L., 19, 36. 

29. Frankenia l?evis L., 122, 127. 

Digitalis grandiflora All.. 51 . Fumana viscida Spach., 34. 

— hitea L., 50. Fumaria spicata L., 31. 
Diotis candidissima Dcsf., 47, 

78, 79. Galactites tomentosa Moench, 

Diplotaxis tcnuifolia DC., 31. 79. 

— viminea DC., 31 . Galeopsis angu.stifolia Elhrh., 
Dorycnium sullruticosumVill., 93. 

35. Galium corrudaefolium VilL, 

Draba muralis L., .34. 36. 

Dryas octopctala L. , 51 . Genista pilosa L,, 41 . 

— Scorpius DC, 34. 

I^cballium Elaterium Rich., 35. Gentiana acaulis L., 51. 

Echinophora spinosa L., 47. — luteaL.,50. 

Echinops Ritro L., 36, 75, 94. — verna L., 50. 

Ephedra distachya L., 22. 49, Geranium sanguineum L. , 41. 

128. Gladiolus segetum Ga\vl.,33. 

Epilobium parviflorura Sch- Glaucium flavum Crantz, 34, 

reb.,22, 44. 81. 

Equisetum arvense L., 44. Globularia Alypum L., 30, 120, 

Telmateya Ehrh., 45. 128. 



— U4 — 

Globularia vulgaris L., 39. Laserpiliiiin Gallicuni L,, 118, 

C.ratiola officinalis L., 78. 122, 127. 

Lathynis anniius L., 32. 

Ilelianthcimini hirtum Pcrs., — (^iccra L, .32. 

82. — cnsifolius Badaro, 42. 

— lavandukvfo- — sativus L., .Vi. 

liumD(:.,28. — setifblius L., 52. 

Hclichrysuin SlcKchas DC, 36, — si)ha'ricus Retz, .35. 

71, 83. Lauriis nobilis L., 43. 
Heliotropium Huropanini L., Lavandula Stoechas L., .38, 83. 

32. Ligusticuni Levisticum L., 92, 

llelniinthia cchioides Givrtn., W- 

72. Linaria spuria Mill., 32. 
llcrniaria incana Lnik., .35. — striata D(^, 38. 
Hesperis matronalis L., 51. — supina Desf., 80. 
Hicraciuni pnrcox Sch.-Bip., Linum catharticum L., 44. 

37. Lilhosperniuni arvense L , 21 . 

Hippocrepis comosa L., 35. — i'ruticosum L., 

— glauca Ten., 35. 38. 
Hypecoum pendulum L., 12(3. — purpurco - ca»- 

— procumbens L.,31, ruleumL.,43. 

12(5. Lupinus angustifolius L., 34. 

llyssopus officinalis L., 38. Lychnis dioica DC, 41. 

Lj'cium Europium L., 43. 

Iberis pinnata Gouan, 31 . Lysimachia vulgaris L., 45. 

Inula crithmoides L., 48, 129. Lythrum Salicaria L., 45. 
Iris fcjetidissima L., 43. 

Maianthemuni bifoliuni DC, 

Jasminum fruticans L., 19, 42, 50. 

82. Malcolniia littorea R. Brown, 

.Tasione montana L., 37, 39. 46. 

Juniperus Oxycedrus L., 40. Matthiola sinuata R.Brown, 

— PhwniccaL,, 40. 47. 

Medicago falcato-sativa Rchb., 

Kcntrophylluni lanatuni DC , 32. 

37. — maculata Willd., 44. 

— marina L., 21, 47, 78, 

Lagoccia cuminoides L., 124, 79. 

125. — scutellata All., 22, 

Lagurus ovatus L., 49. 30. 

Lamium amplexicaulc L., 32. Melia Azedarach L., 52. 



145 



Meicurialis annua L., 33. Osyris alba L., 43. 

— tomentosa L., 21, Oxalis corniculata L., 32. 
40. 

Meuni athamanticum Jacq.,")!). Paliurus aiislralis Roeni. cl 

MicrolonchusSalmanticusDC, Sch., 41. 



37. 
Molopospermuni cicutarium 

DC, 94. 
Muscarl comosum Mill., 33. 
— racemosuni DC, 33. 
Myricaria (iermanica Desv., 

74. 



Pancratium maritimum L., 21, 

49. 
Parictaria diffusa Mert. el 

Koch, 40. 
Passerina Tarton-raira DC, 

75, 77, 93, 128. 
Pedicularis palustris L., 46. 
Peucedanum officinale L. 42. 
Narcissus dubius (louan, 40. Phagnalon sordidum DC, 36, 

— poeticus L., 45. Phillyrea anj^ustifolia L., 37. 

Nasturtium officinale H.Brown, Phlomis Herba-venti L., 39. 

46, 74, 93. _ Lychnitis L., 39. 

Nepeta Cataria L., 22, 39. Phoenix dactylifera L., 53 

Ncrium Oleander L., 53. Pistacia Lentiscus L., 34, 82. 

Nigella Damascena L., 33. _ Terebinthus L., 34, 82. 

Nigritella angustifolia Rich., Plantago albicans L., 39, 72. 



50. 
Nymphica alba L., 46. 

Obionc- portulacoides Moq. 

20, 48. 
Ocymuni minimum L., 53. 
Odontites lutea Hchb., 38, 

73, 77, 92. 
Olea Europita L., 53. 
Onobr\chis supina DC, 28. 
Ononis ramosissima Desf., 72. Polygala comosa Schk., 41. 



— Coronopus L., 39. 

— Lagopus L., 76, 77. 

— maritima L., 48. 

— Psyllium L., 75, 77. 

— subulata L., 129. 
Plumbago Europa^a L., 78, 79. 
Podospermum laciniatum DC, 



37. 



Polycarpon tetraphyllum L., 



.}.). 



— viscosa L., 34. 
Opuntia Ficus Indica Webb., 

14, .53. 
Orlaya granditlora Hoffm., 35. 

— i)latycarpos Koch, 32. 
Ornithogalum Narboncnse L., 



.)0 . 



— tcnuii'olium Guss. 
43. 



Polygonum Bistorta L., 50. 

— Fagopyrum L., 53. 

— Hydropiper L., 45. 

— maritimum L., 49, 

73. 

— Persicaria L., 45, 
Polypodium vulgare L., 43. 
Populus alba L., 45. 
Posidonia Cauliui Kocnig., 49. 



10 



14(1 



Polamo^olon lluilans llolli., Salvia poniircra L., 12fi, 127. 

U). ,. — pi-alcnsis L., 4"). 
roleiililla recla L.. 122. — verhcnaca L., .'{.S. 

I'oleriiim spiiiosiim 1.., 12(), .Sanioliis VaicM-andi L., Ki, lo, 

127. 80. 

Psoralea biliiniinosa L., .>.'), 7(S. Sanicula Huropa'a L., 12. 

I'ulicaria dyseiilcrica CiaTtn., Sanlolina (".liaiuivcyparissiis 

I.'). 1.., 71. 

Piinica (iranaluiu L., ").'i. .Saponaria oincinalis L., 41. 

Saxilraj^a tridaclylites L., .'!."). 

QiuMHiis coc'cifera L., .'!.■), 40, Scilla auUiiiinali.s L., 40. 

(S2. Scolynuis llispanicus L., 72, 



— Ilex L., 4;}. 



94. 



-Scorpiurus subvillosa L., .'}.'). 

Haiuiiiculus a{|ualilis L., 21, 4() Scropluilaria aquatica L., 4,"). 

— Thora L.,21,51. — canina L., H8. 

Raphaiius Landra .Mor., ISl. Seduin albiiin L., 9:'). 

— sativus L., 52. Scnecio Cineraria DC, 7G. 

Reseda Phyteuma L., 19, 152. — Doria L., 45. 

— suHruticulosa L., 47. — eruciiolius L., 42. 

Rhagadiolus stcllatus DC, .'52. — viscosus L., 3G. 
Rhamnus Alaternus L., 34. — vulgaris L., 32. 

Rhododendron ferri'.gincuinL., Sescli tortuosum L.,20, 3G, 119, 



51. 
Rhus Coriaria L., 34. 
Rcvmeria hybrida DC, 31, 94. 
Rosa lutea Mill., 52. 

— moschala llerrni!, 52. 

— piuipinellilolia L., 12. 
Rul)ia peregrina L., 36, 83. 

— linctoruni L., 83. 
Ruscus aculoalus L., 82. 
Rula anguslit'olia Pcrs. 74, 77, 

94. 

— graveolens L. 



122. 
Setaria verticillata P. ik'auv,, 

Siderilis hirsuta L., 39. 
Silaus pratensis Ress., 45. 
.Silybum Marianum Gitrtn.,37, 

79, 83. 
Smilax aspera L., 82. 
.Solanuni Melongena L., 14. 

— nigrum L., 'A2. 

— pseudo- capsicum L., 

53. 



— montana Clus., 34, 74, 77. Solidago Virga-aurea L., .3(). 

Sonchus asper Will., 32. 



Salicornia fruticosa L,, 48. 
SalsolaKali L., 47, 49. 

— Tragus L., 49. 
Salvia .Ethiopis L., 38. 



maritimus L., 48, 72, 

77. 
oleraccus L., 32. 
tcncrrinius L,, 37. 



— 147 



Sorhus Ariii Crantz, 42. 

— aucuparia L., 50. 

— domestica L., 52. 
Spartium juncciim L., 34. 
Specularia Speculum A. DC, 

32. 
Spergularia media G. G.,73, 

77, 93. 
Spiraea Ulmaria L., 51. 
Spiranthes autumnalis Rich., 

43. 
Stachys annua L., .32. 
Staphylea pinnata L., 52. 
Statice Limonium L., 48. 

— virgata Willd., 48. 
Sticta pulmonacea Ach., 54. 
Suteda fruticosa Forsk., 79. 

— maritima Dumort., 48, 
130. 

Tamarix Gallica L., 45, 74. 
Telephium Imperati L., 120, 

122, 127. 
Tetragonolobus siliquosus 

Roth., 44. 
Tcucrium Botrys L., 39. 

— Folium L, 22, 30. 

— pseudo-chamsepity.s 

L., 29. 
Teucrium Scordium L., 21, 45. 

— Scorodonia L., 21, 43. 
Thalictrum majus Jacq., 41. 

— Mediterraneum 
Jord., 44. 



Thapsia villosa L., 28, 82, 92, 

94, 129. 
Tordylium maximum L., 42. 
Torilis Helvetica Gmel., 35,30. 
Trifolium angustifolium L., 35. 

— campestre Schreb . , 

35. 

— stellatum L., 35. 
Trigonella corniculata L.,34. 
Trixago Apula Stev., 48. 
Turgenia latifolia Hoffm., 32. 



Ulex parviflorus Pourr., 79. 
Ulmus campestris Sm., 43. 
Ulva Lactuca L., 48. 
Umbilicus pendulinus DC, 42. 
Urospermum Dalechampii 

Desf., 37, 72. 
— picroides Desf., 

72, 94. 

Verbascum Blattaria L., 43. 
— sinuatum L., 81. 

Vicia Narbonensis L., 42. 

— sativa L., 32. 
Vinca major L., 43. 
Vincetoxicum officinale, 

Moench, 37. 
Viola alba Bess., 51. 

— tricolor L., 41. 

Zizyphus vulgaris Lmk., 52, 

75-77. 



TABLE 



Pages 

Preface vii 

LKONARD RAUWOLFF : 

I. Herborisations en Langiicdoc ct en Pro- 
vence. — Lcs deux premiers volumes (ie 
I'Hcrbier de Leyde 1 

II. Nouvcllcs herborisations en Provence. — Le 
depart pour I'Orient. — L' <> Ilodocpori- 
cum ». — Le quatrieme volume de I'Her- 
bier 57 

Appendice : Lettre de Leonard Rauwolff a 
Charles de I'Escluse (texle latin) 99 

Traduction 102 

.TACQUES RAYNAUDET 105 

Index des noms de ])ersonnes 135 

Index des noms «eoi^rai)hiques l.'>!> 

Index alphal)eti([ue des noms botaniques modernes 

des esjjeccs citees dans Touvrai^e 1 11 



Marseille. — '1 yp, et Lith. BARLivnr.K, rue Venture, la. 




IMPHIMKRIE LITHOGRAPHIE BAULATIER 
MARSEILLE 



iw miIme authur 
ETIIDKS D'lllSTOlRE DE LA BOTANIQUE 



L.V BOTANIQUE KX PROYENCK AU XVI« SIECLE : PlEKHE PeNA 

ET Mathias DE LoiJEL (Mai'scillc, 1899, in-8o, viii-263 p.). 

La IBotanique en Provence au xvie siiicLE : Hugues de 
SoLiEH (Marseille, 1899, in-8», 45 p.). 

(Cos <l(>u.\ oiivr;iji<"s out obtonu de rAc;ul<'-niie des Inscriiitions et Rellos- 
Lettivs la prt'iniore nu'iilioii au concours des Antiquiti's de la France , 
en 1899.) 

L'Indigenat en Provence du Styrax officinal (Marseille, 
1897, in-8", 4 p.) 

Le vallon du Dragon a Rognes (Bouches-du-Rh6ne) (Mar- 
seille, 1897, in-8», 6 p.). 

Notice sl'r le botaniste Provencal Jean Saurin, de Col- 
mars, 1647-1724 (Paris, 1899, in-8», 15 p.). 

La Botanique en Provence au xvi'- siecle : Felix et Thomas 
Platter (Marseille, 1900, in-8", viii-93 p.) 

Un botaniste flamand du xvf siecle : Valerand Dourez 
(Lille, 1900, in-8^ 18 p.). 

La Botanique en Provence au xviif siecle : Pierre Forskal 
ET LE Florvla Estaciensis (MarsciUc, 1900, in-S*), 27 p.). 



EN PREPARATION 

La Botanique en Provence au xvi* siecle : 

Louis Anguillara 

Pierre Belon 

Charles de l'Escluse 

Florvla Massiliotica : Histoire des plantes nuxquellcs la no- 
menclature botanique a donne une denomination specifique 
derivee du nom de Marseille. 

Impriinerie du Semaphore. — Barlatier, Marseille. 



^ 






BioMe<i 



^^^'''^L2 8m9 



QK 
21 
F8P75 



Legrd, Ludovic 

La botanique en Provence 
au XVI® siecle 



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