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Full text of "La famille Taché"

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LA FAMILLE TACHE 









LA FAMILLE TACHÉ 



PAR 



PIERRE-GEORGES ROY 



Il n'est pas nécessaire à nn homme 
d'être premier ministre, et d'avoir sa 
part de la gloire humaine ; mais ce 
qui lui est nécessaire, c'est d'être bon 
chrétien et honnête homme. 

Sir E.-P. Taché 




LEVIS 
1904 



TIRE A 200 EXEMPLAIRES 

No. 



J.-A. K.-LAFLAMME 

IMPRIMEUR. 
QUEBEC 



PREFACE 



Tout le monde connaît l'œuvre immense accomplie 
par Mgr Tanguay, je veux dire son Dictionnaire gé- 
néalogique des familles canadiennes. Comme toutes les 
grandes œuvres, celle-ci n'a pu naître toute détermi- 
née dans la tête d'un seul homme. Il y a des impos- 
sibilités qui empêchent même la pensée de certains 
projets. C'est ce qui a eu lieu pour le Dictionnaire 
gé?iéalogique. 

Mgr Tanguay, dans les différentes paroisses où 
il exerça le saint ministère, constata les difficultés qui 
se présentent très souvent pour la détermination des 
degrés de parenté entre futurs époux. Son esprit 
méthodique lui eût bientôt fourni le moyen de remé- 
dier à cet embarras dans les limites de sa paroisse et 
des paroisses environnantes, en faisant un catalogue 
alphabétique sur cartes mobiles de tous les noms qui 
étaient consignés dans les registres paroissiaux de son 
voisinage. Ami intime de M. Joseph- Charles Taché 
pendant que tous deux habitaient Rimouski, il eut 
souvent occasion de lui faire voir l'avantage de son 
dictionnaire restreint : M. Taché, toujours à l'affût 



de tout ce qui pouvait promouvoir les intérêts de son 
pays et de ses nationaux, saisit tout de suite l'impor- 
tance qu'il y aurait à étendre ce travail à toute la 
province et au moins à tous les Canadiens-français. 
Mais comme Mgr Tanguay, il comprit que c'était là 
un ouvrage impossible pour un seul homme, quelque 
compétent qu'il fût, sans l'appui du gouvernement, 
qui seul pouvait permettre l'accès à tous les registres 
des greffes. Or comment intéresser le gouvernement 
à une oeuvre bemblable ? 

L,es choses en restèrent donc là, à l'état de projet 
latent et à peu près inutile, jusqu'à 1864, où 
M. Taché fut appelé au poste de sous-ministre de 
l'agriculture et des statistiques à Ottawa. M. Taché, 
que les circonstances avaient séparé de son ami depuis 
plusieurs années, n'avait toutefois jamais perdu de 
vue le projet élaboré à Rimouski. Avec ce désinté- 
ressement qui, au risque de tout perdre pour soi- 
même, veut arriver à un but élevé, M. Taché mit à 
son acceptation du poste de sous-ministre la condition 
formelle que l'abbé Tanguay serait adjoint comme 
agrégé à son département. C'était le moyen de faire 
le Dictionnaire tant convoité. Le projet réussit : avec 
l'assentiment des autorités religieuses, l'abbé Tanguay 
alla se fixer à Ottawa, où il put travailler avec l'auto- 
rité voulue à préparer les matériaux de son immense 
ouvrage. Ce travail est l'œuvre personnelle de Mgr 
Tanguay, que le Saint Père a récompensé par un 
titre qui honore et couronne la belle vieillesse du 



vénéré prélat. Mais il n'en est pas moins vrai que, 
sans l'énergique initiative de Joseph-Charles Taché, 
le Dictionnaire restait indéfiniment à l'état de projet. 
Aussi Mgr Tanguay n'a jamais oublié la part qui 
revient à M. Taché dans son œuvre du Dictionnaire ; 
et, au moment d'en publier le premier volume, il vou- 
lut lui témoigner son appréciation du mérite qu'y 
avait son ami, en lui en faisant la dédicace solennelle 
au frontispice de son ouvrage. Il écrivit donc à M. 
Taché pour avoir son autorisation. Mais M. Taché 
avait bien d'autres soucis que ceux de la gloire hu- 
maine et surtout de sa gloire personnelle. L'ouvrage 
avait à ses yeux une importance bien trop grande, bien 
trop élevée, pour être dédié à un homme et en parti- 
culier à lui-même. Voici donc la noble lettre qu'il 
écrivit à l'auteur du Dictionnaire : 

" Mon cher monsieur, 

" Vous me demandez, par votre dernière lettre, 
de vous permettre de me dédier votre grand ouvrage 
de généalogie canadienne : j'apprécie l'honneur qui 
serait fait à mon nom d'être inscrit, à ce titre, en tête 
d'un aussi beau travail, d'un édifice qui subsistera 
encore alors que bien des choses de notre temps auront 
été oubliées ; j'apprécie également le motif qui vous 
a poussé à m 'offrir cet honneur ; mais à cause de cela 
même, je me crois obligé de vous demander la per- 
mission de ne pas accepter votre offre pour la raison 
que je vais vous donner, et que je vous prie de bien 
vouloir trouver bonne. 



s 



" Le livre que vous allez publier est d'une impor- 
tance trop grande, d'une portée trop vaste, il se lie 
d'ailleurs à des souvenirs et à des intérêts trop géné- 
raux pour pouvoir être dédié à un individu. 

C'est l'histoire de chacune des familles qui aujour- 
d'hui constituent la population catholique française 
du pays, c'est le registre des générations qui reposent 
dans le sein de notre terre canadienne ou se meuvent 
à sa surface, que vous avez collectionnées, arrangées 
et ordonnées, et c'est l'église qui vous a fourni les 
sources où vous avez dû puiser vos renseignements; 
j'ose donc vous suggérer la dédicace suivante : 
" A l'Eglise et a mon pays." 

'• Agréez l'expression de mon admiration pour 
vos travaux et de mon amitié pour vous. 

J. C. Taché, D. M. de F agriculture" 

Il était impossible de ne pas se rendre à une 
demande aussi noblement formulée : et voilà pourquoi 
Mgr Tanguay a dédié son livre à l'Eglise et à son 
pays. Toutefois, pour que le nom de M. Taché parût 
au commencement du Dietionnaite sans froisser son 
illustre ami, ni blesser la délicatesse de sa suscepti- 
bilité, il a publié sa généalogie complète dans le pays, 
en donnant celle-ci comme modèle que chacun pût 
imiter, (i) Mgr Thos.-E. Hamel 



(i) Nous avons tenu à reproduire ces pages pour ren- 
dre justice à la mémoire de Mgr Tanguay dont l'arbre généa- 
logique de la famille Taché placé en tête du premier volume de 
sou Dictionnaire nous a beaucoup aidé dans notre travail. 



LA FAMILLE TACHE 



La famille Taché est originaire de la commune 
de Garganvillars, département de Tarn-et-Garonne, 
ancienne Guienne, diocèse de Montauban. 

Les registres de Garganvillars, antérieurs à 1642, 
ont été dispersés dans la Révolution, nous apprend 
Mgr Tanguay. Le peu qui en reste a été sauvé à 
grande peine des mains des dévastateurs de 1793, 
qu'on appelle encore dans le pays la bande noire. 

Le premier Taché retracé par Mgr Tanguay est 
Roland Taché marié à Isabeau Delzers. Leur fils, 
Jean, naquit à Garganvillars, le 23 décembre 1642. 

Jean Taché épousa Françoise Pérès, et en eut, 
entre autres enfants, un fils qui fut baptisé à Gargan- 
villars le 14 janvier 1666, sous le prénom de Etienne, 
et devint commissaire des vivres à Saint-Malo. 

C'est du mariage de ce dernier avec Marguerite 
D'Auzet que naquit le premier Taché qui vint s'éta- 
blir dans la Nouvelle- France. 

A peu près vers le même temps où Jean-Paschal 
Taché ouvrait un comptoir à Québec, un autre Taché 
venait aussi tenter fortune dans le pays. Guillaume 
Taché était fils de Joseph Taché et de Catherine Gué- 
naud, et était originaire de Saint-Sauvan, évêché de 
Xaintes, en Saintonge. Il fut tué d'un boulet de 

2 



IO 



canon le 28 avril 1760, pendant le siège de Québec. 
Il s'était marié, à Québec, à Louise-Charlotte Métivier, 
mais il ne fit pas souche. Nous ignorons si Guillaume 
Taché et Jean-Paschal Taché étaient parents. 

Pierre de Sales Laterrière, de passage à La Rochelle 
en 1764, et à la veille de s'embarquer pour le Canada, 
eut la bonne fortune d'être présenté à Mathieu Mou- 
nier, membre de l'Académie française. Ce haut per- 
sonnage s'intéressa beaucoup au jeune Laterrière et 
l'admit dans son intimité. Avec ses parentes, ma- 
dame de Couagne et sa fille, mariée à un M. Taché, 
marchand de draps de la même ville, il alla plusieurs 
fois au théâtre. Toutes deux se disaient originaires 
du Canada. (1) Nous n'avons pu établir, non plus, 
si ce M. Taché, établi à La Rochelle, était parent de 
Jean-Paschal Taché. 



• > * >**< ' < ' 



(1) Mémoires de Pierre de Sales Latemère et de ses tra- 
verses, p. 19. 



Première génération : Jean-Paschal Taché 



JEAN-PASCHAL TACHE 



Né à Garganvillars le 6 avril 1 697 ( 1 ) . 

Après avoir fait d'excellentes études à Paris, il 
s'établit comme marchand dans la commune où il avait 
vu le jour. 

Le commerce nécessairement restreint d'une com- 
mune de quelques centaines d'habitants n'était pas suf- 
fisant pour satisfaire la légitime ambition d'un homme 
actif et entreprenant comme M. Taché. 

Le 3 mai 1727, il formait une société avec Jean- 
Pierre Lapeyre, fils aîné, habitant de Montauban, ville 
située à 28 kilomètres de Garganvillars, pour faire le 
commerce du Canada. Lapeyre devait fournir 6000 
livres et une certaine quantité de marchandises. La 
société prit le nom de "Lapeyre fils aîné et Taché." 

M. Taché s'embarqua à LaRochelle le 5 juin 
1727. Dès son arrivée dans la Nouvelle- France, il 
ouvrit un comptoir à Québec. Il vendait, à moitié 
profit, prenant en échange des pelleteries qu'il expé- 
diait immédiatement à LaRochelle. 

Le 15 décembre 1727, il était de retour à LaRo- 
chelle. Son voyage n'avait pas été fructueux. Ne 



(1) Bibaud {Dictionnaire historique des hommes illustres 
du Canada, p. 311) et Huston {Répertoire national, vol. II, p. 
361), donnent Toulouse comme lieu de naissance de M. Taché. 
Nous avons vu l'acte de naissance même de M. Taché tiré des 
registres de Garganvillars. 



12 



pouvant vendre ses pelleteries sur le champ, il prit de 
l'emploi dans un comptoir, "vu que, dit-il, les profits 
n'étaient pas assez forts pour soutenir la dépense qu'il 
aurait été obligé de faire dans une auberge ou dans 
une maison particulière". 

I/a société Lapeyre fils aîné et Taché fut dissoute 
l'année suivante à la demande de M. Taché. L,apeyrene 
lui avait pas fait de remise de fond ainsi qu'il s'y était 
engagé. Il lui avait donné des marchandises seule- 
ment. L,apeyre était donc la cause de l'insuccès du 
voyage de son associé au Canada (i). 

En 1728, M. Taché habite L,aRochelle où il s'oc- 
cupe de commerce. 

C'est deux années plus tard, en 1730, que M Ta- 
ché passa dans la Nouvelle- France pour y faire un 
établissement permanent (2). 

Il s'établit à Québec, et devint bientôt un des né- 
gociants les plus en vue de toute la colonie. 

Il fut, pendant plusieurs années, syndic des mar- 
chands. On sait que, sous le régime français, le syndic 
des marchands était celui qui, au nom de tous, faisait 
les représentations au gouverneur et à l'intendant (3). 

En 1748, M. Hocquart était remplacé comme in- 
tendant de la Nouvelle- France par François Bigot. 
Celui-ci continua à Québec les manœuvres plus ou 
moins honorables qui l'avaient enrichi à L,ouisbourg. 
Ses créatures enlevaient, à vil prix, les grains et les 



(1) Les renseignements sur les premières années de la car- 
rière de M. Taché nous ont été fournis par M. Philéas Gagnon, 
^conservateur des archives judiciaires à Québec. 

(2) Nos historiens font donc erreur de neuf années en le 
faisant établir au Canada en 1739. 

(3) Sur la charge de syndic des marchands voyez le Bul- 
letin des Recherches Histotiques, vol. neuvième, p. 376. 



13 



bestiaux qu'elles revendaient ensuite, avec des béné- 
fices énormes, aux îles françaises. Les denrées devin- 
rent d'un prix excessif, et le commerce se trouva bien- 
tôt dans le marasme. 

M. Taché fut député auprès du Roi par les com- 
merçants du pays pour faire des représentations, et 
demander un arrangement de commerce pour la Nou- 
velle-France. 

Bigot avait à la Cour des affidés puissants qui 
firent échouer la mission de l'intègre M. Taché (i). 

Pendant les tristes jours qui précédèrent la chute 
de Québec et la fin de la domination française au Ca- 
nada, M. Taché joua un rôle important dans la capi- 
tale. 

Le 10 juillet 1759, les citoyens de Québec voyant 
les Anglais élever une batterie à Lévis pour bombarder 
Québec, se réunirent et résolurent de prier M. de Vau. 
dreuil d'envoyer un détachement détruire cette batterie 
avant qu'elle pût causer des dommages à la capitale. 

M. Taché, au nom du commerce, et M. Daine, au 
nom du peuple, furent chargés de présenter ce placet 
au gouverneur. C'est ce qu'ils firent le lendemain. 
Mais leur requête n'obtint pas de succès (2) . 

Lorsque, le lendemain de la désastreuse bataille des 
Plaines d' Abraham, les citoyens de Québec constatèrent 
que la lutte n'était plus possible, les principaux d'entre 



(1 ) Mémoires sur les affaires du Canada, depuis 174c jus- 
qu'à 1760, p. 62. Nos historiens disent que c'est en 1759 que 
M. Taché fut ainsi envoyé auprès du Roi. Ils font erreur. M. 
Taché ne s'absenta pas du Canada en 1759. Nous n'avons pu 
établir en quelle année fut fait ce voyage. 

(2) Journal du curé Récher, Bulletin des Recherches His- 
toriques, vol. neuvième, p. 337 ; Lettres du tnatquis de Mont- 
calnt au chevalier de Lévis, p. 185 . 



14 



eux se réunirent chez M. Daine, lieutenant-général de 
police et maire de la ville, et résolurent de prier M. de 
Raniezay de capituler avant que l'assaut ne fut donné. 
M. Taché, M. Panet et quelques autres furent chargés 
de piésenter une requête à cet effet à M. de Ramezay. 
Ils lui représentaient qu' un bombardement de soixante- 
trois jours ne les avait point intimidés ; que les veilles 
et un service fatiguant ne les avaient point rebutés ; 
que la perte de leur bien ne les touchait point ; qu'ils 
étaient insensibles à tout, si ce n'est au désir de con- 
server la ville. Cette flatteuse espérance, disaient-ils, 
était soutenue par une armée qui les couvrait, qui leur 
laissait le passage libre et qui leur assurait la commu- 
nication des vivres. Mais, malheureusement pour eux, 
elle ne subsistait plus, et ils voyaient que les trois quarts 
de leur sang répandu n'empêcherait point l'autre 
quart de tomber sous le joug de l'ennemi pour devenir 
les victimes de leur fureur. Après avoir donné de* 
raisons péremptoires en faveur de la capitulation, ils 
concluaient ainsi : ' 'Jetez donc les yeux sur le reste ; 
tâchez de les conserver pour leurs femmes et leurs en- 
fants ; conservez même ceux ou celles qui sont renfer- 
més dans cette ville ; enfin, sauvez leur le peu qui leur 
reste de l'incendie ; il n'est point honteux de céder 
quand on est dans l'impossibilité de vaincre" (i). 

L,e jour suivant, 15 septembre, M. de Ramezay 
réunissait en conseil de guerre les principaux officiers 
de sa garnison, et tous, à l'exception de M. de Fied- 
mond, furent de l'opinion des citoyens de Québec, c'est- 



(1) La requête présentée à M. de Ramezay par M. Taché 
et ses amis est reproduite au long dans le Mémoire du Sieur de 
Ramezay, publié par la Société Littéraire et Historique de Qué- 
bec en 1861. 



15 



à-dire qu'il fallait capituler immédiatement aux condi- 
tions les plus avantageuses. 

Le siège de Québec ruina M. Taché entièrement. 
Il était alors un des plus riches négociants du Canada. 
Il valait $120,000, ce qui était considéré comme une 
grosse fortune pour l'époque. Plusieurs vaisseaux fai- 
saient pour lui le commerce des Iles. Pendant l'été 
de 1759, sept de ses navires chargés de marchandises 
furent pris par les Anglais. 

Pour comble de malheur, en apprenant, au mois 
de mai 1759, l'apparition de la flotte anglaise dans le 
fleuve Saint-Laurent, M. Taché avait placé dans les 
voûtes de sa maison (1), rue Saint- Pierre, tous ses 
meubles, livres de commerce, billets, comptes, obliga- 
tions, titres, créances, et généralement tous les papiers 
qui lui appartenaient et à plusieurs autres. Le bom- 
bardement mit le feu à sa maison et consuma en entier 
le contenu de ses voûtes (2). 

Le gouverneur Carleton, qui avait hérité de la 
sympathie du général Murray pour les Canadiens, eut 
pitié des malheurs de M. Taché, et lui accorda une 
commission de notaire avec juridiction sur toute la 
province. Elle est en date du 4 février 1768 (3). 

M. Taché n'en profita pas longtemps. Il décéda 
à Québec moins de trois mois plus tard, le iS avril 
1768, et fut inhumé dans le cimetière, près de l'église. 



(1) Cette maison était située à pue près où se trouve au- 
jourd'hui l'hôtel Neptune Intl. 

(2) Greffe de J.-C. Panet, 15 novembre 1760. Déclaration 
au sujet des titres, papiers et effets appartenant à plusieurs per- 
sonnes et déposés dans les voûtes de J. Taché, ces effets ayant 
été détruits par le feu lors du bombardement de la ville . 

(3) Le greffe de M. Taché comprend neuf pièces déposées 
entre les mains du protonotaire du district de Québec. 



i6 



]Vî . Taché était poète à ses heures. On lui doit 
un joli poème : Le tableau de la mer. 

" Ce petit poème didactique n'est point sans 
mérite ; il a surtout celui de la difficulté vaincue. On 
y trouve tous les termes de marine en usage alors, les 
noms de toutes les parties d'un vaisseau, accumulés 
comme à plaisir, et sous ce rapport c'est un curieux 
et précieux travail. 

' ' Avant les Gêorgiques de Virgile, les Romains 
avaient eu des poèmes sur l'histoire naturelle, l'astro- 
nomie, l'ichthyologie, l'agriculture, la chasse, la 
médecine, etc. Il n'est point de sujet dont la poésie 
ne se soit emparé ; la tentative de M. Taché n'était 
donc pas nouvelle. Les poèmes didactiques ont été en 
très-grande vogue au commencement du dix-neuvième 
siècle et à la fin du siècle précédent, et M. Taché 
peut être regardé comme un précurseur d'Esménard 
qui en a fait un très-remarquable sur la Navigation 
(i8o 5 )»(i). 

M. Taché était un homme d'une grande piété. Nous 
avons vu plusieurs de ses cahiers, livres de comptes, 
brouillards, etc, etc. Tous portent pour épigraphe : 
"Au nom de Dieu et de la très Sainte Vierge." 

Ses concitoyens l'avaient élu marguillier de 
l'œuvre et fabrique de Notre-Dame de Québec. 

M . Taché était distrait, mais distrait à rendre des 
points au fameux Descartes. 

Un de ses contemporains, Nicolas-Gaspard Bois- 
seau, qui a laissé des Mémoires (inédits) très intéres- 
sants, relate ainsi quelques-unes de ses distractions : 



(I) P-J-O. Chauveau, De la poésie française au Canada — 
Mémoires et comptes rendus de la Société Royale du Canada, 
t. I, p. 78. 



17 



"Quelque temps après la prise de Québec (en 
1760), M. Murray, gouverneur du Canada, donna un 
grand bal à ses officiers et aux principaux de la ville. 
A minuit, il s'éleva une question à décider, qui était 
de savoir qui était le père du mensonge. Personne ne 
put le satisfaire là-dessus. Le gouverneur envoya 
aussitôt un de ses sergents d'ordre chez M. Taché, un 
des marchands français établi à Québec, qu'il connais- 
sait pour homme d'esprit. Le sergent avait ordre de 
l'amener aussitôt. M. Taché voyant, à minuit, un 
ordre du gouverneur de se rendre subitement chez lui 
au milieu de la nuit, fut un peu saisi. Il se leva, et 
comme il était distrait, à peine s'habilla-t-il, et suivit 
le sergent au château Saint-Louis. 

"Dès qu'il fut entré, le gouverneur lui dit : 

" — Monsieur Taché, je vous ai fait venir ici pour 
savoir de vous quel était le père du mensonge. 

" M. Taché, voyant que ce n'était que cela, 
commença alors à se remettre, et se grattant l'oreille 
droite, il lui répondit ainsi : 

' ' — Le père du mensonge le père du 

mensonge, c'est le diable, monsieur. 

"Toute l'assemblée se prit à rire ; on applaudit à 
la réponse. Le gouverneur lui dit : 

" — Voilà qui est bien, monsieur, vous pouvez 
aller dormir à présent. 

" Le même M. Taché était, un dimanche, à la 
grand' messe, et, comme c'est la coutume du pays qu'- 
une demoiselle quête pendant la messe, la quêteuse 
vint à lui et lui présenta son porte-argent. M. Taché, 
distrait au-delà de ce que l'on peut dire, crut qu'on lui 
présentait du tabac. Il prit une prise d'argent. La 
quêteuse fut obligée de lui dire à l'oreille, non sans 

rire : 

3 



" — C'est de l'argent que je demande. 

" — Ah ! dit- il, je n'y pensais pas." 

La peinture que fait M. Boisseau des distractions 
de M. Taché ressemble un peu à une charge. Une 
chose certaine c'est qu'il était très distrait, car la tradi- 
tion s'en est conservée absolument nette parmi ses 
descendants. 

M. Taché avait épousé, à Québec, le 27 août 1742, 
Marie- Anne, fille de feu Jean Joliet de Mingan et de 
Marie Mars, et petite-fille de Louis Joliet, le décou- 
vreur du Mississipi. 

Elle décéda à Québec, le 22 avril 1776, et fut inhu- 
mée dans la chapelle Sainte-Anne de l'église cathédrale. 
De leur mariage étaient nés dix enfants : 

I 

JEAN-JACQUES TACHÉ 

Né à Québec le 29 septembre 1743. 
Décédé à Québec le 19 août 1748, il fut inhumé 
dans le cimetière paroissial. 

II 

GUILLAUME TACHÉ 

Né à Québec le 11 décembre 1744. 

A l'âge de vingt ans, il prit du service dans la 
Compagnie des Indes. 

Il se noya dans un voyage aux Indes ( r ) . 



(1) Mgr Tanguay, Dictionnaire généalogique des famil- 
les canadiennes, vol. septième, p. 246. Il était mort en 1768. 



19 

m 

MARIE-ANNE TACHÉ 

Née à Québec le 13 mai 1746. 

Décédée à Beauport le 25 juillet 1746, elle fut 
inhumée le lendemain dans le cimetière de cette 
paroisse. 

IV 

MARIE-JOSEPHTE TACHE (i) 

Née à Québec le 8 août 1747. 

Décédée à Saint-Louis de Kamouraska le 4 juil- 
let 1801, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

V 

PIERRE TACHÉ 
Né à Québec le 13 mars 1749 (2). 

VI 

IvOUIS-CHARIvES TACHE (3) 

Né à Québec le 15 mai 1750. 

Décédé à Lorette le 15 août 1750, il fut inhumé 
le lendemain dans le cimetière de cette paroisse. 



(1) Baptisée sons les prénoms de Marie-Joseph. 

(2) Mgr Tanguay {Dictionnaire généalogique des familles 
canadiennes, vol. premier, p. 557) fait erreur à son sujet. Il le 
fait mourir le lendemain de sa naissance. Le 3 août 1776, son 
frère Charles est élu, par ses parents et amis, curateur à ses biens, 
à cause de son absence. Il vivait encore en 17S4. 

(3) Baptisé sous le prénom de Louis seulement. 



20 



vn 

JOSEPH TACHÉ 

Né à Québec le 26 mai 1751. 
Décédé à Québec le 20 mars 1753, il fut inhumé 
dans le cimetière paroissial. 

vm 

CHARLES TACHÉ 
Le continuateur de la branche aînée. 

IX 

ANGÉLIQUE TACHÉ (1) 

Née à Québec le 4 septembre 1755. 

Décédée, à Saint-Joseph de Deschambault le 28 
mai 18 19, elle fut inhumée le lendemain dans l'église 
paroissiale (2). 

X 

PASCHAL-JACQUES TACHÉ 
L'auteur de la branche cadette. 



(1) - Dans l'inventaire de la succession de sa mère dressé 
par Jean-Antoine Panet, notaire, le 7 août 1776, elle est dési- 
gnée erronément sous le prénom de Marguerite. 

(2) Mgr Tanguay (Dictionnaire généalogique des familles 
canadiennes, vol. premier, p. 557) la fait mourir le jour même 
de sa naissance. 



Première génération : Jean-Paschal Taché 
Deuxième génération : Charles Taché 



CHARLES TACHE 

Né à Québec le 29 août 1752. 

Il fut co-seigneur de Mingan. 

M. Taché fut, en outre, pendant plusieurs années, 
bourgeois de la Compagnie des Postes du Roi. 

L'immense région du Saguenay et du lac Saint- 
Jean portait, sous le régime français, le nom de domai- 
ne du Roi, et était concédée à la Compagnie des Postes 
du Roi. L,e domaine du Roi fut arpenté en 1732 par 
Joseph-Laurent Normandin . L'année suivante, le 23 
mai, ses limites furent fixées par l'intendant Hocquart. 

Après la conquête, le domaine du Roi continua à 
être affermé. La Compagnie des Postes du Roi avait 
dans son territoire un grand nombre d'établissements 
de traite on postes, entre autres ceux de Tadoussac, 
Malbaie, Bondésir, Papinachois, Islets de Jérémie 
Betsiamis, Lac Saint-Jean, Nekoubau, Chomontchoua- 
ne, Mistassin, Chicoutimi. 

M. Taché fut longtemps bourgeois du poste de Chi- 
coutimi. 

M. de Gaspé nous apprend que M. Taché et son 
frère Paschal-Jacques, seigneur de Kamouraska, étaient 
les deux hommes les plus distraits qu'il ait connus. 
" Une discussion s'engage, ajoute-t-il ; un des mes- 
sieurs Taché y prend d'abord une part assez vive et 
puis se tait tout-à-coup : les arguments continuent 
pendant un certain temps ; on change de sujets, on 
parle de la pluie et du beau temps et à l'expiration 



22 



quelquefois d'une vingtaine de minutes, M. Taché, 
qui n'a rien entendu, reprend la discussion au point où 
il l'a laissé à la grande surprise ainsi qu'à l'amusement 
de ses amis. On racontait mille traits de la distrac- 
tion des deux frères. " (i) 

M. Taché mourut du choléra-morbus. après qua- 
rante-huit heures de maladie, à Saint-Louis de Ka- 
mouraska, le 7 août 1826. Il fut inhumé dans l'église 
paroissiale. 

"Ce respectable monsieur, doué de toutes les bel- 
les qualités qui caractérisent l'homme de bien, empor- 
ta avec lui l'estime et le regret de tous ceux qui 
l'avaient connu." (2) 

Il avait épousé, à Saint-Thomas de Montmagny, 
le 22 juillet 1783, Geneviève, fille de Jean-Baptiste 
Michon et de Marie- Elizabeth Morissette. 

Ellle décéda à Saint- I,ouis de Kamouraska le 3 oc- 
tobre 1849, et fut inhumée dans le cimetière parois- 
sial. 

De leur mariage naquirent dix enfants : 

I 
CHARLES TACHÉ 

L,e continuateur de la branche aînée. 

n 

JEAN-BAPTISTE TACHE 

Né à Saint-Thomas dé Montmagny le 12 juin 1786. 
I/e'26 août 181 1, il était admis à la profession du 
notariat. 



(1) Mémoires, p. 538. 

(2) Gazette de Québec, 10 août 1826. 



23 



Le n avril 1820, il était élu député du comté de 
Cornwallis à 1? Chambre d'Assemblée du Bas-Canada. 
Il représenta ce comté jusqu'au 6 juillet 1824. 

Dix ans plus tard, le 22 novembre 1834, les élec- 
teurs du comté de Rimouski l'envoyaient de nouveau 
siéger à la Chambre d'Assemblée. Cette fois il siégea 
jusqu'au 27 mars 1838. 

Le 30 septembre 1839, M. Taché était appelé à 
faire partie du Conseil Spécial. Il ne pouvait résul- 
ter rien de bon pour les Canadiens-français des déli- 
bérations de ce corps public créé par un pouvoir aux 
abois. Aussi, M. Taché refusa d'en faire partie. 

Le 9 juin 1841, il était fait conseiller législatif de 
la province du Canada. 

Le 1er janvier 1842, M. Taché recevait sa nomi- 
nation de régistrateur du comté de Kamouraska. 

L'honorable M. Taché décéda à Saint-Louis de 
Kamouraska le 24 août 1849, et fut inhumé dans le 
cimetière paroissial. 

Bibaud dit de M. Taché : 

" Homme sans fard, honnête et aimable, qui 
n'était de trop nulle part. " (1) 

"Parmi les notaires de l'époque (1837-38), qui se 
firent remarquer par leur réserve et dont les conseils 
de modération ne furent pas écoutés, écrit l'historien 
du notariat au Canada, nous devons citer particuliè- 
rement les honorables Barthélemi Joliette, Joseph- 
Edouard Faribault, Louis Panet et Jean-Baptiste Taché. 
Ces hommes, qui appartenaient tous à d'anciennes et 
illustres familles du pa} r s et qui jouissaient d'un carac- 
tère irréprochable, crurent mieux servir la cause de 



( 1 ) Dictionnaire historique des hommes illustres du Cana- 
da et de l'Amérique, p. 312. 



24 



leur patrie et leur nationalité en prêtant leurs noms et 
leur prestige au parti de la paix et de la concorde." (i) 

M. F. -M. Derome, qui avait eu l'occasion d'ap- 
précier les hautes qualités de M. Taché, lui rend le 
bel hommage qui suit : 

" M. Taché se forma presque de lui-même et de- 
vint, à proprement parler, le fils de ses œuvres. 
Homme droit par excellence, il semblait qu'il y eut 
en lui comme un sentiment inné de l'honneur. Il en 
était même jaloux au point d'en faire la règle absolue 
de ses rapports sociaux et de sa conduite journalière ; 
aussi, la malhonnêteté sans excuse, la bassesse réflé- 
chie pouvaient-elles exhaler sa colère jusqu'au paro- 
xysme. M. Taché ne fut pas seulement le protecteur 
de quelques membres intéressants de sa famille ; il don- 
na à d'autres des marques nombreuses d'une généro- 
sité qu'il exerçait de la manière la plus noble, et, à 
cet égard, il est vrai de dire que toujours la main gau- 
clie igîiorait ce que faisait la main droite. Il avait beau- 
coup de lecture, et ses études particulières suppléèrent 
à celles du collège. Il était de plus homme de loi ca- 
pable. Des consultations importantes qu'il donna lui 
méritèrent considération dans le barreau de Québec. 
Il fit preuve d'une modestie rare, accompagné d'une 
défiance excessive de lui-même. On sait qu'il était le 
frère de sir Etienne-Paschal Taché. Peut-être eut-il 
partagé la fortune politique de son frère, si la parité 
du mérite seule décidait de la position des hommes ; 
mais il lui manqua d'être orateur. Tous deux four- 
nirent honorablement la carrière, et tous deux avaient 
eu le même point de départ. " (2) 



(1) J. -Edmond Roy, Histoire du notariat au Canada, troi- 
sième volume, p. 18. 

(2) F. -M. Derome, Le Foyer canadien, tome IV, p. 430. 



25 



L'honorable M. Taché avait épousé, à Québec, le 
12 mars 1823, Charlotte Mure, veuve de François Pin- 
guet, et fille de l'honorable John Mure, membre du 
Conseil Législatif du Bas-Canada. 

Madame Taché mourut à Saint-Paschal le 10 juil- 
let 1857 d'une attaque de paralysie, et fut inhumée 
dans le cimetière de Saint-Louis de Kamouraska. 

Ils avaient eu trois enfants : 

I. Jean-Georges Tache 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 20 janvier 
1824. 

Il fut admis à la pratique du droit le 18 septem- 
bre 1848. 

M. Taché s'établit dans sa paroisse natale, et ne 
tarda pas à se faire une position enviable au barreau. 

En 1856, le Conseil Législatif devint électif. Il 
devait se former par élections graduelles tous les deux 
ans. La division de Grandville, qui comprenait les 
comtés de Témiscouata, Kamouraska et l'Islet, fut 
appelée à élire un conseiller législatif en 1860. 

M. Taché fut choisi comme candidat conserva- 
teur. Les libéraux mirent sur les rangs M. Letellier 
de Saint-Just, qui devait être plus tard lieutenant- 
gouverneur de la province de Québec . 

Après une lutte acharnée, M. Letellier de Saint- 
Just fut élu, le 31 octobre 1860, par une majorité de 
616 voix. 

Cette rude campagne avait épuisé M. Taché. Il 
fut enlevé à l'affection des siens quelques mois après. 
Décédé à Saint-Louis de Kamouraska, le 7 juin 1861, 
il fut inhumé le 1 1 dans le cimetière paroissial. 

Un de ses amis lui consacrait les lignes suivantes 
dans le Canadien du 14 juin 1861 : 

4 



26 



"Vendredi, le 7 du courant, vers dix heures du 
soir, Jean-Georges Taché, écuier, avocat de Kamou- 
raska, rendait le dernier soupir, après une courte ma- 
ladie de treize jours. 

"Cette fin si prompte et si prématurée a produit 
dans tout le comté de Kamouraska, une sensation im- 
possible à décrire. A la nouvelle de sa mort encore 
inattendue, l'anxiété manifestée durant tout le cours 
de la maladie, s'est changée en une morne et profonde 
stupeur. Jamais douleur plus sincère et plus vive ne 
s'est exprimée avec une éloquence semblable. 

"Jeune, il avait encore devant lui une longue 
suite d'années avant de dépasser la maturité. Il 
pouvait et il voulait donner à son pays la juste part 
de labeur que tout bon citoyen est tenu de lui consacrer. 
Avec des talents distingués, des connaissances étendues, 
des habitudes de travail peu ordinaires, une heureuse 
aptitude pour les affaires et un patriotisme aussi sin- 
cère qu'éclairé il promettait de devenir un des hommes 
publics les plus précieux et les plus capables. . . . 

" L,a Providence en a disposé autrement, et, à la 
fleur de l'âge, au milieu d'une carrière pleine d'utili- 
té et de succès, la mort est venue le retrancher du nom- 
bre des vivants. 

" Comme avocat, M. Taché était déjà l'honneur 
du barreau. A son début, et sans transition, il s'était 
placé au premier rang parmi ceux de sa profession. Il 
possédait, à juste titre, la confiance universelle, et sa 
clientèle, beaucoup trop nombreuse pour un homme 
seul, l'astreignait, lui, faible de corps, à un travail ex- 
cédant les limites des capacités ordinaires. Aussi 
l'inexplicable maladie qui l'a si subitement emporté 
l'a-t-elle trouvé sans force contre ses cruelles attein- 
tes. 



27 



"Comme homme, il possédait, au plus haut degré, 
les qualités de l'esprit et du coeur, franc, sincère et 
loyal, sa parole était sacrée, son amitié inaltérable, sa 
probité à toute épreuve. Il abhorrait la duplicité, il 
ignorait le mensonge et sa bouche n'était que l'écho 
de son cœur. 

' ' Religieux sans ostentation comme sans timidi- 
té, il avait la foi du chrétien sincère, la foi qui se ma- 
nifeste par la pratique et les oeuvres. Ses derniers 
moments ont été fortifiés parles sublimes consolations 
de la religion. Sa mort a été celle du juste confiant 
dans la miséricordieuse clémence de sou créateur. 

"A ses funérailles, qui ont eu lui hier le onze, à 
Kamouraska, assistait une foule immense, l'élite de 
toutes les paroisses des comtés de Kamouraska, l'Is- 
let et Témiscouata. La ville de Québec y était aussi 
représentée par plusieurs des amis du défunt. Plus 
de vingt membres du clergé encombraient le choeur. 
La sévère tenue et la profonde tristesse de toute cette 
multitude attestaient hautement la sincérité et l'éten- 
due des regrets causés par cette perte qu'on peut jus- 
tement dire irréparable." 

M. Taché avait épousé, à Saint- Paschal, le 26 
novembre 1855, Henriette-Euphémie, troisième fille de 
feu Louis Casault et de Marie- Françoise Biais. 

Madame Taché décéda à Saint-Louis de Kamou- 
raska le 3 septembre 1871, et fut inhumée dans le ci- 
metière paroissial. 

Aucun enfant n'était né de leur mariage. 

II. Marie-Charlottb-Louise-Euzabeth Taché 

Née à Saint- Louis de Kamouraska le 22 janvier 
1825. 



28 



Mariée, à Saint-Louis de [Kamouraska, le 28 no- 
vembre 1848, à Jacques- Vinceslas Taché (1). 

III. Charles Taché 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 18 juin 1829. 
Décédé à Saint-Louis de Kamouraska le 15 juin 
1830, il fut inhumé dans l'église paroissiale. 

m 

MARIE-GENEVIÈVE TACHÉ 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 30 janvier 
1788. 

Décédée à Saint-Louis de Kamouraska le 9 mai 
18 13, elle fut inhumée dans l'église paroissiale. 

IV 

MARIE-ELIZABETH TACHE 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 28 décem- 
bre 1789. 

Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 12 fé- 
vrier 1792, elle fut inhumée dans le cimetière parois- 
sial. 

V 

MARIE-ROSE-ANGÈLE TACHÉ 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 24 février 
1792. 

Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 19 fé- 
vrier 1808, elle fut inhumée dans le cimetière parois- 
sial. 



(1) Voir plus loin. 



2 9 

VI 

MARIE-VICTOIRE-ELIZABETH TACHÉ 

Né à Saint-Thomas de Montmagny le 30 octobre 

1793- 

Mariée, à Saint-Louis de Kamouraska, le 17 jan- 
vier 1829, à Thomas Casault, notaire. 

Elle décéda à Saint- Louis de Kamouraska le 16 
mars 1830, et fut inhumée dans l'église paroissiale. 

M. Casault se remaria à Luce Drapeau. 

Il décéda à Saint-Louis de Kamouraska le 1 2 sep- 
tembre 1837, et fut inhumé dans le cimetière parois- 
sial. 

"Membre estimé du notariat canadien, Thomas 
Casault, de même que tant d'autres sujets de cette 
profession, ne dut qu'à sa persévérance et à ses talents 
la position qu'ils lui firent comme praticien et homme 
de loi tout ensemble. Il donnait l'exemple de cette 
probité antique qui sera toujours, on ne le conteste 
pas, l'apanage essentiel du notaire. Un ordre scrupu- 
leux présidait aux affaires de sa clientèle ainsi qu'à la 
tenue de sa maison. Il parlait bien : sa phrase, sobre 
et précise, s'inspiiait de la politesse de l'homme bien 
élevé. On disait de sa manière de parler qu'il en 
avait autant de soin que de sa personne"(i). 

vn 

ETIENNE-PASCHAL TACHÉ 

" Né à Saint-Thomas de Montmagny le 5 sep- 
tembre 1795. 

1 ' La famille Taché dans les veines de laquelle 



(1) F. -M. Derome, Le Foyer canadien, tome IV, p. 432. 



3o 



coule le sang de Louis Joliet, découvreur du Missis- 
sipi, jouissait d'une fortune opulente avant la con- 
quête qui opéra la ruine complète de sa prospérité 
matérielle. Voilà pourquoi sir Etienne et ses frères 
ne purent recevoir qu'une éducation secondaire, leur 
père ayant eu à élever sa famille avec de très faibles 
moyens. 

" A la déclaration de guerre de 1812, sir Etienne 
ayant offert spontanément et volontairement ses ser- 
vices, entra comme enseigne dans le 5ème bataillon 
des milices incorporées ; il n'avait pas encore alors 
complété sa dix-septième année. Il fut bientôt fait 
lieutenant et passa dans le corps des Chasseurs Cana- 
diens avec lequel il fit toutes les campagnes, prenant 
part à plusieurs engagements, notamment à la bataille 
de Plattsburg dans laquelle il perdit dix-huit hommes 
de sa compagnie, moissonnés par le feu de l'ennemi. (1) 

" Le jeune soldat profitait des rares moments de 
repos que le service lui laissait pour s'instruire lui- 
même, et ce fut dans ces heures d'étude qu'il résolut 
de s' adonner à la médecine. 

" Au sortir de l'armée à la conclusion de la paix, 
il continua ses études médicales (commencées au sein 
de la vie des camps et de garnison) sous la direction 
de feu M. Pierre de Sales Laterrière, alors médecin 
pratiquant à Québec. 

' ' Comme le Canada offrait alors peu de moyens 
de rendre complètes les difficiles études de la méde- 
cine, il alla compléter ses cours à Philadelphie. 



( 1 ) Dans une lettre au lieutenant-colonel James Steven- 
son, datée de Montmagny le 29 mai 1863, sir E.-P. Taché ra- 
conte la part qu'il prit à la guerre de 1812. Voir Tra?isactions 
0/ the Literary and Historical Society of Québec; Sessions 0/ 
187-8, p. 14. 



3i 



' ' De retour dans son pays avec le titre de méde- 
cin (i), il alla, en 1819, s'établir dans sa paroisse na- 
tale, Saint-Thomas de Montmagny, où il pratiqua sans 
interruption son art pendant le long espace de vingt- 
deux ans, desservant avec un zèle et une habileté qui ne 
sont point encore oubliés une immense pratique, com- 
posée des habitants de sa localité et des paroisses en- 
vironnantes. 

" Le docteur Taché sentait, avec tous ses compa- 
triotes, les injustices auxquelles les Canadiens-français 
étaient soumis pendant cette longue période de luttes 
qui, commencée presqu'au sortir d'une guerre dans 
laquelle, après avoir généreusement et sagement re- 
poussé les trompeuses avances du peuple américain, 
ils avaient versé leur sang pour la mère-patrie, se ter- 
mina par la malheureuse péripétie de 1837 et 1838. 
Au moment du soulèvement qui se fit dans le district 
de Montréal, le docteur Taché était partisan de la po- 
litique de M. Papineau, mais on pourrait ranger les 
opinions qu'il entretenait alors entre celles de ceux 
de nos compatriotes qui poussaient à la résistance 
armée et les opinions de ceux qui ne voyaient, en 
cela, de possible qu'une épouvantable catastrophe. 

" Il était, pour le gouvernement d' alors, au nom- 
bre des suspects et lorsque M. A.-N. Morin, poursuivi 
par les autorités, vint chercher refuge au sein des po- 
pulations de la Côte du Sud, le docteur Taché fut un 
de ceux qui le reçurent et le protégèrent. Le pouvoir 
en eut nouvelle et, dans la supposition que sa maison 
servait de refuge, de salle de conseil et de dépôt 
d'armes, un magistrat, accompagné d'une forte es- 
couade de police, eut ordre d'opérer une descente chez 



( 1 ) Il obtint sa licence du Bureau médical du Canada-Est 
le 18 mars 1819. 



32 



lui, avec injonction de l'arrêter si l'on réussissait à 
constater le moindie fait à sa charge. I,a police, des- 
cendue de nuit à Saint- Thomas de Montmagny et ar- 
rivant inopinément au sein de la famille éplorée, ne 
trouva chez le docteur Taché, en ce moment absent de 
sa maison, qu'un fusil de chasse, une paire de pistolets 
et son vieux sabre de 1812 ; le magistrat et ses 
hommes se retirèrent en hâte après ces recherches in- 
fructueuses. 

' ' Aux élections qui suivirent la promulgation de 
l'acte d'Union, auquel il était opposé comme tous les 
Canadiens, M. Taché fut élu, en avril 1841, député à 
l'Assemblée législative par le comté de l'Islet ; il fut 
réélu en novembre 1844 par le même comté, qu'il re- 
présenta jusqu'au 1er juillet 1846, date à laquelle, sur 
l' avis de ses amis et collègues les chefs du parti bas- 
canadien, il accepta le poste d'adjudant-général des 
milices du Bas-Canada. Il occupa cette charge jus- 
qu'au 11 mars 1848. 

" A cette dernière date, il entra, sur les pressantes 
instances de M. L,afontaine, appelé par Son Excel- 
lence lord Elgin à former une nouvelle administration, 
dans le ministère L,afontaine-Baldwin, avec le porte- 
feuille de commissaire en chef des Travaux Publics, 
et fut nommé conseiller législatif le 23 mai 1848. 

" On connait les violences qui eurent lieu à Mont- 
réal durant la session de 1849, à propos de l'Acte d'in- 
demnité pour les pertes de 1837-38. L,esémeutiers, non 
contents d'avoir brûlé le Parlement, et, avec l'édifice, 
les arôhives du pays et une magnifique bibliothèque, 
en voulaient à la vie même du premier ministre d'alors, 
M. L,afontaine. Les amis de l'éminent homme d'état 
veillaient sur ses jours et, parmi ceux-ci, nul ne le 
faisait avec plus de soin que son collègue et intime 
ami, M. Taché. 




Sir Etienne- Paschal Taché 



33 



" La session de 1849 venait d'être close et il 
semblait que les passions étaient sur le point de se 
calmer, lorsqu'on eut vent qu'on méditait une attaque 
contre la maison de M. Lafontaine. Immédiatement 
M. Taché organisa une petite troupe d'élite qui alla 
sous ses ordres s'installer chez le premier ministre, dé- 
terminée à le défendre ou à mourir avec lui. La mai- 
son fut en effet attaquée la nuit même qui suivit ces 
dispositions ; mais les émeutiers prirent la fuite, en 
voyant tomber mort un des leurs au premier assaut. 

" On se rappelle la fière réponse que fit M. Taché 
à l'enquête qui eut lieu sur le corps de la malheureuse 
victime de cette triste affaire. 

" — Qui a tiré dans cette occasion, lui demanda- 
t-on ? 

" — L'honneur me défend de le dire, fut la ré- 
ponse. 

" — Etiez- vous armé et avez- vous tiré, ajouta- 
t-on? 

" — J'étais armé jusqu'aux dents. Je n'ai pas 
tiré, parce que je réservais tous mes coups pour les dé- 
livrer à bout portant ! 

"M. Taché fut membre de toutes les administra- 
tions qui se succédèrent de 1848 à 1856, occupant suc- 
cessivement les charges de commissaire des Travaux 
Publics et de Receveur Général. 

" En avril 1856, il fut appelé par Son Excellence 
le gouverneur-général pour reconstituer l'administra- 
tion qui prit, sous sa direction, le nom de Taché- Mac- 
donald, le premier ministre occupant le fauteuil d'ora- 
teur du Conseil législatif. 

" En juillet 1857, I e premier ministre, déjà 
orateur du Conseil législatif, se chargea encore de la 
direction du ministère des Terres de la Couronne. Ce 

5 



34 



fut alors qu'il imagina et mit en commencement d'exé- 
cution, en faveur de la colonisation, cette magnifique 
idée de la construction du grand chemin aujourd'hui 
connu sous le nom de chemin Taché. 

" Dans l'automne de 1857, M. Taché, fatigué de 
sa longue cairière politique, résigna sa situation de 
premier ministre de la Couronne, sans cependant ces- 
ser d'occuper son siège de membre à vie du Conseil 
législatif. 

" En 1858, il fut appelé en Angleterre, où Sa 
Majesté voulut bien lui conférer elle-même le titre de 
chevalier fknight) . (1) 

" Depuis l'époque de sa résignation, sir Etienne 
Tacbé se reposait au sein de sa famille, dans sa jolie 
résidence de Saint-Thomas de Montmagny, qu'il ne 
laissait que pendant les sessions du Parlement, qui le 
voyait toujours fidèle à son poste au Conseil législatif, 
ou pour assister aux séances du Conseil de l'Instruc- 
tion Publique dont il était le président. Il a encore été 
membre de la commission des chemins de fer, en je 851, 
et directeur du chemin de fer du Grand Tronc, de 1852 
à 1855. 

" Le 13 juillet 1860, sir Etienne fut nommé aide 
de camp de la Reine avec le grade de colonel dans 
l'armée régulière : ce fut en cette dernière qualité 
qu'il fit partie de la suite officielle du prince de Galles, 
pendant tout le cours du voyage de Son Altesse en 
Canada. 

" Dans le cours de l'année 1862, le Souverain 



(1) Dans Canadiana, vol. I, p. 190, on trouvera un inté- 
ressant récit signé W. B. h. (Lamb) de l'investiture de sir E. 
P. Taché, comme chevalier par Sa Majesté la reine Victoria, au 
château de Windsor, le 13 novembre 1858. 



35 



Pontife fit à sir Etienne Taché l'insigne honneur de 
le nommer commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire 
le Grand, classe militaire. 

" Lors de l'affaire du Trent, sir Etienne Taché 
prit une large part aux travaux de la réorganisation 
de la milice et fut l'un des membres les plus actifs de 
la commission de milice, alors instituée sous la prési- 
dence du colonel Lyson. 

" Lors de la crise politique qui accompagna la 
chute du ministère Macdonald-Dorion, en 1864, sir 
Etienne Taché fut successivement recherché par les 
deux parties qui se partageaient les chambres ; il refusa 
d'entrer en négociations avec le ministère récemment 
déchu pour cause de divergence absolue d'opinions ; 
son refus fit échouer toutes les tentatives de recons- 
truction. Le gouverneur le fit alors appeler pour lui 
confier le soin de former une administration ; il avoua 
à Son Excellence qu'il se sentait une répugnance bien 
grande à rentrer dans la vie publique active ; cepen- 
dant, toutes les autres ressources étant épuisées, il 
consentit enfin et l'administration Taché- Macdonald 
fut formée (30 mars 1864), sir Etienne occupant les 
charges de ministre de la milice et de receveur-géné- 
ral. 

"L'état des partis en chambre était tel, néan- 
moins, que peu de mois après le ministère fut battu. 
On venait presque de sortir d'une élection générale, 
une nouvelle élection devenait nécessaire, à moins d'en 
venir à un accommodement avec la majorité adverse 
du Haut-Canada qui causait tout l'embarras. Cet ac- 
commodement eut lieu sur des bases tout à fait nou- 
velles. Le ministère, devenu par l'adjonction de deux 
membres de l'opposition haut-canadienne un ministère 
de coalition, reconnaissait que le pays en était venu à 



36 



un état de choses qui nécessitait des changements ra- 
dicaux dans la constitution, et qus le seul moyen de 
tirer le Canada de l'imbroglio où il se trouvait était 
l'adoption d'un plan de Confédération, dont les détails 
étaient laissés à de futures délibérations. 

" Ce fut en conformité de cet arrangement 
qu'eurent lieu à Québec, en octobre 1864, les célèbres 
conférences des délégués de toutes les provinces de 
l'Amérique Britannique du Nord. Sir Etienne Taché 
fut le président de ces conférences dont les travaux 
ont marqué le commencement de la maladie qui l'a 
conduit au tombeau. 

" C'est après avoir passé par tous ces travaux, 
toutes ces charges et tous ces grades que sir Etienne- 
Paschal Taché, âgé de 70 ans, est mort à sa résidence 
de Saint-Thomas de Montmagny, dans les bras de sa 
famille et muni de tous les secours de l'Eglise, le di- 
manche 30 juillet 1865, à deux heures moins dix mi- 
nutes de l'après-midi. 

" Ses funérailles eurent lieu le mercredi, 2 août, 
au milieu d'un immense concours de citoyens venus 
de tous les points du pays. Son corps fut inhumé 
dans le cimetière de Saint-Thomas de Montmagny. (1) 

' ' Ayant ainsi esquissé à grands traits les princi- 
paux événements de la vie d'une de nos plus belles 
gloires nationales, disons un mot de l'homme lui- 
même et de'ses derniers moments. 

" Sir Etienne- Paschal Taché était avant tout un 
homme de foi, aimant l'Eglise et toujours prêt à la 
servir. Magnifiquement doué sous le rapport de l'in - 



(1) En juin 1883, le corps de sir E.-P. Taché fut trans- 
porté dans le terrain réservé à la famille Taché dans le nou- 
veau cimetière de Saint-Thomas de Montmagny. 



37 



telligence, et il l'était encore plus sous le rapport 
du caractère, cette qualité aussi précieuse que rare et 
qui n'est donnée eu partage qu'à ceux qui croient et 
qui se dévouent. Faisant assez bon marché des choses 
de médiocre importance, dans lesquelles il se montrait 
plein de conciliation, il était inflexible dans les gran- 
des choses et immuable dans ses principes, en faveur 
desquels il déployait dans l'occasion une énergie qui 
ne s'est jamais un instant démentie dans le cours de 
sa longue et laborieuse carrière. 

" Sir Etienne Taché a été un des orateurs les 
plus distingués de nos chambres; sobre de sa parole, il 
ne parlait pas très souvent, mais il parlait toujours avec 
effet ; ses discours, dans les grandes occasions, étaient 
toujours semés de quelques unes de ces phrases qui 
restent, parce qu'elles peignent et caractérisent la 
chose, la personne, ou la situation. Sir Etienne Ta- 
ché savait aussi écrire, comme le prouvent, entre au- 
tres, les quelques écrits suivants qui restent de lui, 
savoir : une étude sur l'éducation physique publiée 
dans le recueil appelé le Répertoire National (i), 
un mémoire historique sur le combat de Platts- 
burg, publié dans le recueil de la Société Historique 
de Montréal (2) et une brochure sur la milice publiée 
à Québec, et signée Un Vétéran. (3). 



(1) Première édition, vol. iv, p. 362; seconde édition, 
vol. rv, p. 364. 

(2) Guerre de 1812 à 181 5. Bataille navale du lac Chatn- 
plain, par un témoin oculaire — Mémoires et documents publiés 
par la Société Historique de Montréal, troisième livraison, p. 145. 

(3) Quelques réflexions sur l'organisation des volontaires 
et de la milice de cette province ; par un Vétéran de 1812 — Qué- 
bec : des presses à vapeur de A. Coté et cie — 1863.45 p p. in 



38 



"Mais ces choses, toutes belles et bonnes qu'elles 
soient en elles-mêmes, ne seraient, après tout, que des 
choses bien inutiles pour l'homme qui ne couronnerait 
pas son existence par une mort chrétienne. Savoir 
mourir, voilà le savoir par excellence : bien mourir, 
voilà l'acte par excellence. Sir Etienne Taché n'avait 
pas attendu le moment de la mort pour y penser ; 
mais à mesure que le mal qui le minait faisait des pro- 
grès, il y pensait de plus en plus et, plusieurs jours 
avant l'heure fatale, il cessa tout à fait de se préoccu- 
per des affaires de ce monde, pour ne plus songer qu'à 
paraître devant son juge. 

"Sa maladie ne semble se rattacher, de l'avis des 
médecins qui l'ont soigné, à aucune affection organi- 
que, mais avoir été un affaiblissement graduel des for- 
ces vitales. Pendant les huit ou neuf mois qu'il s'est 
ainsi senti affaiblir petit à petit, sir Etienne Taché n'a 
point vu son intelligence partager les faiblesses du 
corps et n'a point perdu le sommeil, excepté dans les 
derniers jours de son existence. Pendant les deux der- 
nières vingt-quatre heures qu'il a passé sur la terre, 
sauf la dernière heure d' une agonie parfaitement tran- 
quille, il a souffert énormément, mais avec calme, de 
spasmes dans les entrailles et dans l'estomac ; il avait 
heureusement avant ce temps reçu la Sainte Commu- 
nion ; car il fut ensuite tourmenté de vomissements 
presque continuels. An milieu de ces douleurs il res- 
tait composé, se recommandant à Dieu et se conten- 
tant d'accorder à la nature des gémissements dans les 
moments des plus grandes souffrances. Ses forces di- 
minuant, il reçut l'extrême-onction, après laquelle il 
se faisait dire tout haut de temps à autre, par sa fille, 
qui ne l'a pas laissé d'un instant depuis ce moment, 
les actes de foi, d'espérance, de charité et de contri- 



39 



tiou, qu'il répétait tout bas. Il embrassait souvent 
son crucifix avec amour. 

' ' — A un moment où il paraissait souffrir horrible- 
ment et où ses gémissements arrachaient des larmes à 
sa famille réunie autour cL son lit de douleur, quel- 
qu'un de la famille lui dit : 

" — Courage ! Unissez vos souffrances à celles du 
Sauveur sur la croix ; dans peu vous serez dans le Ciel. 

" — Oui, mes chers enfants, répondit-il, d'une 
voix ferme, j'ai confiance dans la miséricorde de mon 
Dieu, je devrais peut-être ne pas me plaindre ; mais 
c'est cette pauvre nature qui se lamente ainsi. 

" C'est dans ces sentiments qu'il est arrivé à la 
dernière phase de sa vie ; vers une heure de l'après- 
midi, il a semblé s'endormir d'un sommeil d'agonisant 
qui termina, une heure après, paisiblement sa carrière 
terrestre. 

"Nous avons voulu donner ces quelques détails 
recueillis par ceux qui ont assisté aux derniers mo- 
ments de sir Etienne- Paschal Taché comme sujet d'é- 
dification. Ceux que les desseins de la Providence ont 
appelé aux dignités de ce monde doivent aux autres 
l'exemple. L,e spectacle d'une mort chrétienne est un 
grand enseignement dont tous peuvent profiter et 
dont nous voudrions voir surtout profiter les malheu- 
reux qui travaillent à affaiblir chez le peuple canadien 
cette foi vive qui fait la force des peuples, cette foi et 
ces œuvres qui font le salut éternel des âmes."(i) 

"Sir Etienne Taché, dit M. de Gaspé, était ce 
que les Anglais appellent a sel/ made man, que je tra- 



(i) Le Courrier du Canada, g août 1865 (article de M. 
Eugène Renault). Sur sir Etienne- Paschal Taché on peut con- 
sulter Henry-J. Morgan, Sketches of celebrated Canadians, p. 
680, et Courrier du livre, vol. IV, p. 240. 



4° 



duirais : un homme qui s'est formé lui-même. Les 
deux souches de la famille Taché n'étaient pas égale- 
ment favorisées de la fortune : le seigneur de Kamou- 
raska était riche et n'avait qu'un seul enfant, tandis 
que son frère peu fortuné était en outre chargé d'une 
nombreuse famille et partant empêché de lui donner 
une éducation aussi libérale qu'il l'aurait désiré, mais 
sir Etienne a tout ployé sous sa volonté de fer, et bri- 
sé tous les obstacles. Il est devenu un habile médecin 
à force de persévérance et d'énergie ; il a fait plus: ses 
amis connaissant la violence naturelle de son caractère 
redoutaient pour lui les luttes de la tribune, mais par 
un effet de sa volonté d'airain, il réussit à dompter sa 
nature inflammable, comme le salpêtre, et il s'est cons- 
tamment montré calme, froid et déférant dans ses 
rapports politiques avec ses concitoyens et dans les dé- 
bats parlementaires. Se vaincre soi-même me parait 
le plus grand, le plus noble et le plus difficile des 
triomphes, "(i) 

" Sir Etienne, écrit à son tour l'honorable M. 
Chauveau, n'avait reçu qu'une instruction incomplète 
dans son jeune âge ; il a dû son avancement à ses ta- 
lents naturels, aux études qu'il sut faire de lui-même, 
à son énergie et à l'heureuse combinaison des qualités 
qui formaient son caractère actif et courageux, mais 
en même temps prudent et persévérant. Dans les rangs de 
l'opposition dans l'Assemblée législative, il fit plusieurs 
excellents discours, pleins de feu et débités avec une 
grande éloquence, mais aussi bien nourris de faits et 
d'arguments. Transporté au Conseil législatif, char- 
gé d'expliquer les mesures du gouvernements à un 
auditoire difficile à passionner, obligé de parler le plus 
souvent une langue qui lui était moins familière, il 



(i) Mémoires, p. 537. 



4i 

s'acquitta de cette nouvelle tâche avec tact et succès, 
mais sans pouvoir y déployer, bien souvent, les quali- 
tés oratoires qui lui étaient propres." (i) 

Sir Etienne- Paschal Taché avait épousé, à Qué- 
bec, le 18 juillet 1820, Sophie, fille de Joseph Baucher 
dit Morency, navigateur, et de Marie-Angélique 
Fraser. 

Lady Taché décéda à Saint- Thomas de Montma- 
gny le 30 avril 1883, et fut inhumée dans le cimetière 
paroissial. 

" Souffrant depuis deux mois d'une maladie du 
foie, lady Taché vit venir lentement la mort, et dans 
les derniers jours de sa vie, lorsque les secours de l'art 
médical furent déclarés impuissants à la sauver, elle 
avait fait généreusement le sacrifice de son existence. 
Chrétienne fervente, elle n'avait pas attendu au der- 
nier moment pour se préparer à la mort et lorsque sa 
dernière heure a sonné, elle était prête à paraître de- 
vant sou Créateur. Avant de rendre le dernier sou- 
pir, elle avait eu le bonheur de recevoir toutes les con- 
solations de l'Eglise, et la rare jouissance de voir au- 
tour de son lit de mort les cinq enfants qui lui survi- 
vaient : double bonheur que le bon Dieu lui avait mé- 
nagé en récompense d'une carrière sans reproche, 

" Lady Taché avait vu le jour à Québec, le t8 
janvier 1800, et lorsque, en ses dernières années, des 
amis de la famille lui demandaient son âge, elle se 
plaisait à dire qu'elle était née avec le siècle. Son 
père, Joseph Morency, était capitaine au long cours 
et pilote du Roi, et sa mère, Angélique Fraser, était 
alliée à ces héroïques montagnards écossais qui com- 
battirent si vaillamment sur les Plaines d'Abraham 
contre les non moins héroïques ancêtres de feu sir E.- 
P. Taché. 



{1) Journal de V 'instruction publique, juillet et août 1865, p. 107. 

6 



42 



" Toute jeune encore, lady Taché fut confiée aux 
dames Ursulines de Québec et c'est dans cette sainte 
maison qu'elle puisa cette éducation saine qui fait la 
bonne mère de famille et la femme forte contre les tri- 
bulations de la vie. En feuilletant les intéressantes 
annales des Ursulines de Québec, on trouve dans la 
liste des élèves de 1800 à 1820, son nom mêlé aux 
noms d'une foule de jeunes filles qui occupèrent plus 
tard, les plus hautes positions dans notre monde so- 
cial. Pour ne citer que quelques-uns de ces noms, 
lady Taché avait eu pour compagnes de couvent : lady 
L,afontaiue (née Adèle Berthelot), lady Belleau (née 
Josephte Gauvreau), lady Routh (née Louise Tasche- 
reau), madame Panet (née Josephte Baby), madame 
Charles Taché (née Henriette Boucher de la Broque- 
rie), madame Polette (née Henriette Dubuc), ma- 
dame Duchesnay (née Suzanne Taschereau), madame 
Paschal de Sales L,aterrière (née Eulalie Dénéchaud), 
madame L,etellier de Saint-Just (née Marie Casgrain), 
etc., etc. 

" Le jour même de son mariage, lady Taché 
laissa Québec pour Saint-Thomas de Montmagny et 
depuis cette date, malgré les absences indispensables 
nécessitées par les déplacements forcés de son digne 
époux, elle tint à honneur de se compter pour une en- 
fant de cette paroisse. Comme elle était heureuse 
quand après une série de pérégrinations imposées par 
la position politique de feu sir E.-P. Taché, elle se dit 
qu'elle* ne laisserait plus son Saint-Thomas de Mont- 
magny ! 

" D'un caractère exceptionnellement ferme, lady 
Taché lorsque sir Etienne aborda l'orageuse mer politi- 
que, porta lestement sa large part des fatigues du jour, 
et dans les temps difficiles elle se montra à la hauteur 




François-Jacques- Albert Bender 



43 



de sa position. Ce qui ne l'empêcha pas de surveiller 
avec un soin scrupuleux l'éducation de sa nombreuse 
famille. Ht la preuve que les tribulations politiques 
ne lui firent pas perdre de vue ses devoirs de mère, 
nous la trouvons d'abord dans le fait que tous ses en- 
fants lui font honneur, et ensuite dans le fait non 
moins concluant que jamais mère n'a été plus vénérée 
de ses enfants. " ( i ) 

Du mariage de sir Btienne-Paschal Taché et de 
Sophie Baucher dit Morency naquirent quinze enfants 
(2): 

I. Marie-Sophie-Mathilde Taché 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 6 juin 1821. 

Mariée, à Saint-Thomas de Montmagny, le 10 
septembre 1844, à François-Jacques- Albert Bender, 
avocat. 

Madame Bender décéda à Saint-Thomas de Mont- 
magny, le 20 février 1879, et fut inhumée dans le ci- 
metière paroissial. 

M. Bender se remaria, à la Pointe Gatineau, le 
29 septembre 1887, à Marie-Claire-Elizabeth, fille de 



(1) Le Courrier du Canada, 7 mai 1883. Article signé 
Laurent (M. Eugène Renault). 

(2) A chacun de ses voyages à Rome Mgr Taché était 
reçu par Sa Sainteté le Pape Pie IX qui avait avec l'évêque ca- 
nadien de longues et affectueuses causeries. Dans ane de ces 
audiences, après avoir questionné Mgr Taché sur les affaires du 
Canada, Pie IX s'informa de sir Etienne-Paschal Taché, alors 
premier ministre du Canada. Il lui demanda combien sir 
Etienne-Paschal avait eu d'enfants. — Quinze, Saiut-Père, répon- 
dit Mgr Taché. — Quinze enfants, répliqua Pie IX, mais c'est 
mieux que Jacob ; il n'en eut que douze ! C'est à cette même 
audience que Pie IX accorda à sir Etienne-Paschal Taché et à 
ses descendants jusqu'à la quatrième génération, une indul- 
gence plénière, à l'article de la mort. 



44 



Francis-Hubert Ennis et de Marie-Julie-Henriette 
Ansbrow. (i) 

M. Bender décéda à Saint-Thomas de Montmagny 
le 5 avril 1899, et fut inhumé dans le cimetière pa- 
roissial. 

Né à Varennes le 25 février 181 7 du mariage de 
Louis-Albert Bender, médecin, et de Thérèse Per- 
reault, M. Bender étudia le droit et fut reçu avocat à 
Québec le 16 juillet 1840. Il pratiqua quelques an- 
nées à Montmagny puis accepta la charge de greffier 
de la Cour de Circuit établie dans cette ville. Le 6 
mars 1858, lors de la formation du district judiciaire 
de Montmagny, il fut nommé protonotaire de la Cour 
Supérieure. Il occupa cette position jusqu'à sa mort, 
c'est-à-dire pendant plus de quarante ans. En 1888, 
M. Pierre-Raymond Martineau lui fut donné comme 
conjoint, et, en 1896, M. Amédée Beaubien remplaçait 
M. Martineau. 

"M. Bender s'est toujours fait remarquer par sa 
grande bonté, sa politesse. Il s'est identifié avec son 
greffe, il l'aimait et le chérissait ; tout son bonheur 
était d'y aller travailler sans cesse. 

"Homme d'une santé robuste, il n'a jamais été 
malade. Sa vie s'est écoulée sans peine et sans dou- 
leurs physiques. Il est mort sans agonie, conservant 
jusqu'à la fin la plénitude de ses facultés intellectuel- 
les et la plus parfaite sérénité en face de la mort. "(2) 

Du mariage de François-Jacques-Albert Bender 
et de Marie-Sophie-Mathilde Taché naquirent huit en- 
fants : 

i° Marie-Sophie-Thérèse- Albertine Bender née à 
Saint-Thomas de Montmagny le 29 octobre 1845. Dé- 



(1) Voir plus loin. 

(2) La Sentinelle, 6 avril 1899. 




Joseph-Albert Bender 



45 



cédée à Saint-Thomas de Montmagny le 24 mai 1887, 
elle fut iuhumée dans le cimetière paroissial. 

2 Iyouis-Albert-Etienne-Antoine Bender né à 
Saint-Thomas de Montmagny le 30 mai 1847. Décédé 
à Saint-Thomas de Montmagny le 5 mars 1848, il fut 
inhumé dans le cimetière paroissial. 

3 Joseph- Albert- Antoine Bender né à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 7 juillet 1848. Décédé à Saint- 
Thomas de Montmagny le 19 juillet 1848, il fut inhu- 
mé dans le cimetière paroissial. 

4 Joseph- Albert Bender né à Saint-Thomas de 
Montmagny le 26 février 185 1. Admis au barreau à 
Québec le 20 juillet 1874, il s'établit immédiatement à 
Montmagny. Il a une belle et lucrative clientèle. M. 
Bender est conseil du Roi pour la puissance du Cana- 
da depuis le 28 décembre 1889. Il a été candidat dans 
le comté de Montmagny pour la Chambre des Com- 
munes aux élections générales du 23 juin 1896. 
M. Bender a épousé, à Saint-Thomas de Montma- 
gny, le 6 août 1878, Marie-Anne-Marguerite, fille de 
Louis-Napoléon Sasseville et de Olive Roy, de Sainte- 
Anne des Monts. Enfants : 

A. Marie-Anne-Edwidge-Sophie Bender née à 
Saint-Thomas de Montmagny le 10 janvier 1881. Elle 
a des aptitudes remarquables pour la musique et le 
chant. Au concert Dessane, à Québec, le 10 décembre 
1902, elle remporta un joli succès dans la Laitière de 
Trianon. Un critique écrivait le lendemain de cet évé- 
nement musical: "Mlle Bender est une toute jeune 
personne, musicienne dans l'âme, si vous voulez; mais 
enfin, elle n'a étudié que chez elle, dans les livres et 
dans les partitions des maîtres, et n'a jamais entendu 
les grands artistes, ni été à d'autres théâtres qu'aux 
représentations données dans son couvent ; et cepen- 



46 



dant j'ose, sans la moindre trépidation, vous la pré- 
senter comme une artiste. Si c'est un jugement témé- 
raire, j'en appelle à l'avenir, qui le confirmera." (i) 

B. Louis- Albert-Joseph-Michel Bendernéà Saint- 
Thomas de Montmagny le 6 décembre 1882. 

C. Marie - Edwidge - Catherine - Albertine Bender 
née à Saint-Thomas de Montmagny le 26 novembre 
1887. 

5 Antoine-Eugène-Prosper Bender né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 31 août 1853. Ingénieur 
civil. Il a été à l'emploi du gouvernement du Cana- 
da et de la Compagnie du Pacifique Canadien. Il a 
aussi travaillé à la construction du New- York Elevated 
Road aujourd'hui le Metropolitan. M. Bender s'est 
beaucoup occupé de la formation de compagnies. C'est 
lui qui a lancé dans le public l'idée de la construction 
d'un chemin de fer au Labrador. Aux élections gé- 
nérales du 5 mars 1891 pour la Chambre des Commu- 
nes du Canada, il fut candidat dans le comté de Mont- 
magny contre M. P. -A. Choquette, aujourd'hui juge 
de la Cour Supérieure. M. Bender avait épousé, à 
l'église Saint-Joseph d'Ottawa, le 3 février 1880, Ma- 
rie-Eugénie, fille de Augustin Laperrière, assistant- 
bibliothécaire du Parlement du Canada. Elle décéda 
à Ottawa le 27 mai 1881, et fut inhumée dans le ci- 
metière Notre-Dame. En secondes noces, à Québec, 
le 12 septembre 1885, M. Bender a épousé Kate, fille 
du lieutenant- colonel William-Henry Forrest, surin- 
tendant des magasins militaires du 7è.ne district mili- 
taire, et de Marianne Tweeddle. Il a eu un enfant 
de son premier mariage et huit de sa seconde union: 

A. Marie- Marguerite-Eugénie Bender née à Otta- 
wa le 18 avril 1881, et mariée à Saint- Thomas de 

(1) Le Soleil, 11 décembre 1902. 



47 



Montmagny, le 22 septembre 1903, à Joseph-Eugène 
Leblanc, de Montréal. 

B. Marie-Isabel-Winifred Bender née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 8 décembre 1886. 

C. Eugène- Albert- William Bender né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 21 décembre 1887. 

D. Joseph-Hector Bender né à Saint-Thomas de 
Montmagny le 26 juin 1889. 

E. Marie-Kate-Gretchen Bender née à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 9 décembre 1892. 

F. Auguste-Cari Bender né à Saint-Thomas de 
Montmagny le 28 mai 1894. 

G. Marie-Sophie-Dorothy Bender née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 24 juin 1898. 

H. Cécile-Irène- Violette Bender née à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 27 avril 1900. Décédée ?u 
même endroit le 16 juin 1900, elle fut inhumée au ci- 
metière paroissial. 

I. Edward-Forrest-Adolphe Bender né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 16 janvier 1902. 

6° Charles-Perreault Bender né à Saint-Thomas 
de Montmagny le 7 juin 1854. Décédé à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 1er octobre 1855, il fut inhumé 
dans le cimetière paroissial. 

7 Marie-Louise-Eulalie Bender née à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 9 juin 1858. Décédée à Saint- 
Thomas de Montmagny le 20 avril 1859, elle fut inhu- 
mée dans le cimetière paroissial. 

8° Marie-Eléonore-Eulalie-Henriette Bender née 
à Saint-Thomas de Montmagny le 12 mars 1860. Ma- 
riée, à Saint-Thomas de Montmagny, le 29 août 1883, 
à Philippe- Auguste Choquette, avocat. "M. Choquet- 
te est né à Belœil, le 6 janvier 1854, de M. Joseph 
Choquette, cultivateur, et de Marie-T. Audet. Il fit 



4 8 



ses premières études au collège de Saint-Hyacinthe, 
et quitta ce collège pour entrer, en qualité de compta- 
ble, chez M M. Louis Côté et frères, fabricants de chaus- 
sures, à Saint-Hyacinthe; puis, durant deux ans, voya- 
gea pour cette maison en même temps que pour la 
maison Alphonse Racine et cie, faisant l'importation 
des tissus à Montréal. Malgré ses nombreuses occu- 
pations, il ne négligea pas ses études. En août 1877, 
il était admis à l'étude du droit, et faisait son stage 
dans les bureaux de MM. François et Charles Lange- 
lier. Doué d'une très grande activité, il trouva mo- 
yen, sans nuire à ses études, de rompre plus d'une lan. 
ce dans l'arène politique, et de collaborer à divers 
journaux. L'honorable M. Mercier, alors solliciteur 
général dans le gouvernement Joly, se l'attacha en 
qualité de secrétaire. En juillet 1880, il était reçu 
avocat. Il s'établit immédiatement à Montmagny, où 
il exerça sa profession en société avec feu M. Charles 
Pacaud. En juin 1882, il se présentait dans le comté 
de Montmagny, contre M. Philippe Landry, mais était 
battu à une centaine de voix de majorité. En 1883, 
il fondait la Sentinelle, de Montmagny, qui, plus tard, 
se fusionnait avec V Union Libérale, de Québec. Ce 
dernier journal ayant lui-même disparu, M. Choquette 
créa VEcho de Montmagny. Aux élections générales 
du 22 février 1887 pour la Chambre des Communes, 
s' étant mis de nouveau sur les rangs contre M. Lan- 
dry, il fut élu par environ deux cents voix de majori- 
té. 'Il fut réélu le 5 mars 1891 et le 23 juin 1896, à 
de frès fortes majorités. Mêlé à toutes les luttes poli- 
tiques, il accompagna sir Wilfrid Laurier dans ses 
campagnes électorales, de l'île du Prince- Edouard à la 
Colombie Anglaise." (1) Le 7 juillet 1898, M. Cho- 



(1) Firmia Picard, L,e Monde Illustré, 16 juillet \ï 




Hon. Philippe- Auguste Choquttte 



49 



quette a été nommé juge de la Cour Supérieure du 
district d'Arthabaska, en remplacement de M. F. X. 
Lemieux, transféré à Sherbrooke. L'honorable juge 
Choquette réside à Québec. Enfants: 

A. Marie-May-Etiennette Choquette née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 25 août 1884. Décédée au 
même endroit le 11 septembre 1884, elle fut inhumée 
au cimetière paroissial. 

B. Marie-May Choquette née à Saint-Thomas de 
Montmagny le 22 octobre 1885. Décédée au même 
endroit le 19 mars 1892, elle fut inhumée au cimetière 
paroissial. 

C. Marie-Alberte-Ritha Choquette née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 8 janvier 1887. Décédée au 
même endroit le 25 septembre 1887, elle fut inhumée 
au cimetière paroissial. 

D. Philippe-Eugène Choquette né à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 22 août 1888. Décédé au mê- 
me endroit le même jour, il fut inhumé au cime- 
tière paroissial. 

E. Marie- Joséphine Choquette née à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 15 août 1889. 

F. Joseph-Prosper- Auguste Choquette né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 27 janvier 1891. 

G. Marie-Ritha Choquette née à Saint-Thomas 
de Montmagny le 15 juillet 1892. 

H. Fernand-L,éopold Choquette né à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 27 octobre 1895. 

I. Marie- Catherine- Yvonne Choquette née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 25 novembre 1896. Décé- 
dée au même endroit le 10 août 1897, e ^ e fut inhumée 
au cimetière paroissial. 

J. Jean- Albert-Rodrigue Choquette né à Saint - 
Thomas de Montmagy le 23 octobre 1899. 

7 



5° 



II. Catherine Tache 

Née à Saint-Thomas de Montinagny le ier juin 
1822. 

Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le même 
jour, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

III. Anonyme 

Né et décédé à Saint-Thomas de Montmagny le 
.... 1823. Inhumé dans le cimetière paroissial. (1) 

IV. Claire-Genevieve-Euzabeth Tache 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 22 mars 
1824. 

Mariée, à Saint-Thomas de Montmagny, le 14 fé- 
vrier 1843, au docteur Joseph Marmette. 

Elle décéda à Saint-Thomas de Montmagny le 16 
août 1863, et fut inhumée dans l'église paroissiale. 

L,e docteur Marmette se remaria, à Ottawa, lé 27 
novembre 1866, à Marie-Geneviève- Emilie, fille de 
Thomas Ansbrow et de Marie-Claire Taché. (2) 

Le docteur Marmette décéda à Saint-Thomas de 
Montmagny le 20 mars 1896, et fut inhumé dans le ci- 
metière paroissial. 

"Homme d'une haute probité, d'une urbanité 
sans égale, d'une exquise politesse, dans la maison du- 
quel il y avait toujours place pour le malheureux com- 
me pour l'ami, il a coulé au milieu de ses concitoyens 
des jours heureux et bien remplis." (3) 



(1) Vacte de sépulture de cet enfant n'a pas été entré au 
registre paroissial. 

(2) Voir plus loin. 

(3) I^e Courrier du Canada, 24 mars 1896. 



5i 



Du mariage Marmette-Taché étaient nés quinze 
enfants : 

i ° Joseph-Etienne-Eugène Marmette né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 25 octobre 1844. Après 
avoir suivi les cours de droit de l'Université L,aval, à 
Québec, M. Marmette entra à l'emploi du gouverne- 
ment comme commis au département du trésor. En 
1882, il fut envoyé à Paris en qualité d'adjoint à M. 
Hector Fabre, commissaire du Canada en France. A 
son retour, en novembre 1883, il fut fait adjoint du 
directeur des Archives du Canada, à Ottawa. Il re- 
tourna presque aussitôt à Paris pour y faire des re- 
cherches dans les archives des ministères des affaires 
étrangères et de la marine. En 1885, envoyé comme 
représentant de la puissance du Canada à l'exposition 
des colonies à L,ondres, il fut reçu par le marquis de 
I^orne qui lui manifesta une grande amitié. En 1887, 
il passa de nouveau en France toujours à la recherche 
de documents historiques sur le Canada. M. Mar- 
mette mourut à Ottawa le 7 mai 1895, et fut inhumé 
dans le cimetière de Saint-Thomas de Montmagny. Il 
a publié Charles et Eva (1866) (1); François de Bien- 
ville (1870) (2); L'intendant Bigot' '(187 2) (3); Le che- 
valier de Mornac (1873) (4); La fiancée du rebelle 



(1) Revue Canadienne, tome troisième, p. 703; tome qua- 
trième, pp. 62, 98, 319. 

(2) Québec, chez Léger Brousseau, imprimeur-éditeur. 
299 pp. in-8. Montréal, Beauchemin et Valois, libraires-impri- 
meurs, 256 et 258, rue St-Paul. 1883. 441 pp. in-12. 

(3) Montréal : George-E. Desbarats, éditeur. 94 pp. 
in-12. 

(4) Montréal: typographie de 1'" Opinion Publique", No 
319, rue Saint-Antoine. 100 pp. in-8. 



52 



(1875) ( J ); Le tomahawk et V êpêe (1877) (2); Les Ma- 
chabêes de la Nouvelle- France (1878) (3); Héroïsme et 
trahison (1878) (4); Récits et souvenirs (1891) (5); A 
travers la vie (1895) (6). "1/ ensemble de l'œuvre 
de M. Marmette avait pour but de populariser 
l'étude de notre passé, en dramatisant les hauts 
faits de nos ancêtres. L'intrigue qui, dans ses ro- 
mans, côtoie les narrations de nos annalistes, respecte 
la vérité historique, assez belle par elle-même pour se 
passer des attraits de la fiction. L'important, c'était 
d'attirer l'attention de la foule de ce côté et c'était un 
but patriotique à poursuivre. Ces romans historiques, 
écrits avec une grande conscience littéraire, consti- 
tuent son titre le plus sérieux à l'estime de ses conci- 
toyens, et seront consultés avec profit par quiconque 
voudra se rendre compte de la vie courante des pre- 
miers Canadiens. On serait étonné de connaître la 
somme de travail qu'ils représentent ; l'étude non seu- 
lement de nos annales, mais de tous les ouvrages du 
dix-septième et du dix-huitième siècles de nature 
à faire connaître les mœurs, les usages de l'époque, en 
France et au Canada. Ce sont des peintures fidèles 



(1) Revue Canadienne,' tome douzième, pp. 8, 82, 162, 
241, 321, 405, 644, 722, 804. 

(2) Québec, imprimerie de Léger Brousseau. 207 pp. 
in-8. 

(3) Québec, imprimerie de Léger Brousseau, 180 pp. in-12. 

(4) Québec, typographie de C. Darveau. 204 pp. in-12. 
Une autre édition a été publiée en 1880 par le même éditeur. 

(5) Q'uébec, typographie de C. Darveau, 80 à 84, rue de la 
Montagne. 259 pp . in-8. 

(6) Revue nationale, vol. I, pp. 70, 161, 271, 372, 467; 
vol. II, p. 25. M. Marmette écrivait son roman chapitre par 
chapitre, au fur et à mesure que chacun d'eux s'imprimait 
dans la Revue Nationale. Lorsque la mort l'a enlevé trois cha- 
pitres seulement avaient été publiés. 



53 



où revivent les soldats français, les coureurs de bois, 
les colons de la Nouvelle- France avec les traits parti- 
culiers à chacun. M. Marmette avait des qualités 
d'esprit et du cœur qui lui valurent un bon nombre 
d'amis. D'une exquise sensibilité, qui le rendait in- 
capable de faire la moindre indélicatesse et aussi d'en 
supporter une avec indifférence, il représentait ces 
bonnes traditions d'honneur et de politesse qui s'affai- 
blissent dans notre siècle positif. C'était une nature 
d'artiste qui vibrait aux moindres émotions et un 
homme de goût épris du beau sous toutes ses formes. 
Son amitié signifiait dévouement absolu à ceux qui 
l'avaient gagnée ; elle ne savait rien leur refuser, pas 
'même des services d'argent, pas même le partage de 
ce qui restait au fond d'une bourse qu'on ne vit ja- 
mais souffrir de pléthore." (i). M. Marmette avait 
épousé, à Québec, le 7 juillet 1868, Marie- Esther- Jo- 
séphine, fille de François-Xavier Garneau, notre his- 
torien national, et de Esther Bilodeau. Madame Mar- 
mette demeure aujourd'hui à Montréal. Enfants : 

A. Marie-L,ouise-Joséphine-Eugéuie- Esther- Eliza 
Marmette née à Québec le 29 mars 1870. Mariée, à 
Ottawa, le 6 juillet 1892, à Donat Brodeur, avocat, 
de Montréal. M. Brodeur fait partie de la société lé- 
gale Bérard, Brodeur et Bérard. Enfants : A. Hen- 
riette Brodeur née à Beloeil le 1er août 1893. &• Mau- 
rice Brodeur née à Montréal le 13 juillet 1894. £*• 
Pauline Brodeur née à Montréal le 15 août 1895. D. 
Etienne Brodeur né à Montréal le 7 janvier 1897. £• 
Roger Brodeur né à Montréal le 26 décembre iJ 



(1) A.-D. DeCelles, Revue nationale, volume I, p. 576. 
Dans les Hommes du jour de M. l^ouis-H. Taché (vingt-hui- 
tième série), on trouvera une belle biographie de M. Marmette 
écrite par son ami, M. Henry de Puyjalon. 



54 



h. Marguerite Brodeur née à Montréal le 15 octobre 
1900. 

B. Joseph-Emile-Robert-François-Xavier Mar- 
mette né à Québec le 25 août 1872. Décédé au même 
endroit le 15 juillet 1874, il fut inhumé au cimetière 
Belmont. 

C. L,ouis-Honoré-Joseph Marmette né à Québec 
le 22 décembre 1877. Décédé à Québec le 1er décem- 
bre 1878, il fut inhumé au cimetière Belmont. 

D. Marie-Joseph-Pierre-Olivier Marmette né à 
Québec le 27 juin 1879. Décédé à Québec le 14 juil- 
let 1879, il fut inhumé au cimetière Belmont. 

2 Charles- Arthur Marmette né à Saint-Thomas 
de Montmagny le 29 décembre 1835. Décédé au mê- 
me endroit le 14 octobre 1846, il fut inhumé dans le 
cimetière paroissial. 

3 Marie-Thérèse-Elise Marmette née â Saint- 
Thomas de Montmagny le 2 mai 1847. Décédée au 
même endroit le 25 septembre 1847, e ^ e ^ ut inhumée 
dans le cimetière paroissial. 

4 Marie-Louise-Elizabeth Marmette née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 18 juin 1848. Décédée au 
même endroit le 24 mars 1849, elle fut inhumée dans 
le cimetière paroissial. 

5 Marie- Juliette-L,éontine Marmette née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 1er juillet 1849. Décédée 
au même endroit le 13 décembre 1852, elle fut inhu- 
mée dans le cimetière paroissial. 

6° Marie- Amélie- Régine Marmette née à Saint- 
Thomas de Montmagny le 7 janvier 1851. Elle de- 
meure à Montmagny. 

7 Marie- Alexandrine-Elizabeth Marmette née à 
Saint-Thomas de Montmagny le 16 février 1852. Dé- 



55 



cédée au même endroit le 18 décembre 1852, elle fut 
inhumée dans le cimetière paroissial. 

8° Paschal-David-IyUcien Marmette né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 9 mai 1853. Il est en Aus- 
tralie depuis plusieurs années, 

9 Pierre-Marcel-Alphonse Marmette né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 29 juin 1854. Il est un des 
principaux employés de l'importante maison Holt, Ren- 
frew & cie, à Québec. M. Marmette a épousé, à Sainte- 
Pétronille de Beaulieu, île d'Orléans, le 16 octobre 
1889, Marie- Mal vina, fille de Louis-Isaïe Ferland et de 
Rachelle Clark. Enfants : 

A. Joseph-I,ouis-Alphonse Marmette né à Qué- 
bec le 5 août 1891. 

B. Joseph-Emile- Albert Marmette né à Québec 
le 2 juin 1893. Décédé à Sainte- Pétronille de Beau- 
lieu le 7 août 1893, il fut inhumé dans le cimetière de 
cette paroisse. 

C. Joseph-Etienne-Paschal Marmette né à Qué- 
bec le 13 août 1894. 

io° Marie-Zoé-Denise Marmette née à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 22 août 1855. Elle demeure 
à Montmagny. 

ii° Marie- Adèle Alexandrine Marmette née à 
Saint-Thomas de Montmagny le 1er décembre 1856. 
Décédée au même endroit le 13 avril 1881, elle fut in- 
humée dans le cimetière paroissial. 

12° Paul-Emile- Wenceslas Marmette né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 24 janvier 1858. Décédé 
au même endroit le 20 mai 1858, il fut inhumé dans 
le cimetière paroissial. 

13 Louis-Paul-François-Xavier Marmette né à 
Saint-Thomas de Montmagny le 19 mars 1859. Il est 
le chef des ingénieurs de la compagnie du Pacifique 
Canadien, à Vancouver, Colombie Anglaise. 



56 



14° Charles-Léonce-Jean-Baptiste Marmette né à 
Saint- Thomas de Monttnagny le ier septembre 1860. 
Décédé au même endroit le 3 octobre 1861, il fut in- 
humé dans le cimetière paroissial. 

15 Joseph-Octave-Léon Marmette né à Saint- 
Thomas de Montmagny le 6 mars 1862. Il est phar- 
macien à Central Falls, Rhode-Island, Etats-Unis. 

V. Catherine- Adeune (Adèle) Taché 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 17 juin 
1826. 

Elle demeure à l' Hôtel-Dieu du Précieux -Sang, à 
Québec. 

Nous lisons dans V Evénement du 26 juin 1902 : 

"Mlle Taché, fille de feu sir Etienne-P. Taché, 
avait tenu, malgré son grand âge, à se rendre, hier 
soir, à la superbe réception de l'université Laval, et elle 
rappelait avec émotion que cinquante ans auparavant, 
à la même date, elle était au même endroit, accompa- 
gnant son père, sir Etienne, lors de la fondation de 
l'Université. Mlle Taché était au bras de l'honora- 
ble juge Choquette, son parent, et Monseigneur La- 
flamme leur a fait les honneurs de la maison. Que de 
souvenirs la présence de Mlle Taché rappelait à tous, 
inutile de le dire. ' ' 

VI. Charubs-Joseph-Octave Tache 

Né à Saint-Thomas de Montmagny t le 4 juin 1828. 
'Décédé au même endroit le 13 juillet 1828, il fut 
inhumé dans le cimetière paroissial. 

VII. Emiue-Heuîne-Henriette Taché 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 4 mai 
1829. 




Hon. Michel-Joseph-Charles Coursol 



57 

Mariée, à Montréal, le 16 janvier 1849, à Michel- 
Joseph-Charles Coursol, avocat et coroner du district 
de Montréal. 

"M. Coursol, fils de Michel Coursol, officier de la 
Compagnie de la Baie d'Hudson, fut, par sa mère, le 
petit-fils de Joseph Quesnel, le populaire chansonnier 
canadien. Né à Amherstburg, province d'Ontario,. le 
3 octobre 18 19, il prit son éducation au collège de 
Montréal et fut admis au barreau de la province de 
Québec le 24 février 1841. Par un second mariage de 
sa mère, il devint le beau-fils de Mtre Côme-Séraphin 
Cherrier, C. R., sous la direction de qui il avait fait 
son droit. 

"A partir du 27 juin 1848, lorsqu'il fut nommé 
coroner- conjoint pour le district de Montréal, jusqu'au 
17 septembre 1878, où il se fit élire pour représenter 
la populeuse division de Montréal-Est, au parlement 
fédéral, M. Coursol remplit diverses charges impor- 
tantes : citons, entre autres, celles de surintendant et 
inspecteur de la police de Montréal, 1856 ; de juge 
des sessions de la Paix, à Montréal, 1870. Il fut prié 
d'agir comme commissaire en diverses causes, aux 
dates respectives de 1850 et 1869. C'est en 1873 qu'il 
reçut sa commission de conseiller de la Reine (C. R.). 
Membre distingué de l'Association Saint-Jean-Baptiste 
de Montréal, il se vit élevé par elle aux honneurs de 
la présidence. Il fonda lui-même le si beau et si popu- 
laire régiment des Chasseurs Canadiens, à la tête du- 
quel il marchait vaillamment à la frontière pour re- 
pousser l'invasion fénienne, en 1866. Quand vint 187 1, 
il fut élu maire de Montréal et réélu par acclamation 
en 1872. Cette même année, pendant son temps d'of- 
fice, il fut créé chevalier de l'ordre de Charles III 
d'Espagne, distinction d'autant plus flatteuse qu'elle 
est plus rarement accordée à nos compatriotes. 

8 



58 



" Après avoir, en 1873, décliné l'honneur d'une 
nouvelle réélection à la mairie, il résigna ses fonctions 
de juge pour se porter candidat dans Montréal-Est, sur 
les sollicitations pressantes de la masse des électeurs 
de ce collège électoral,, le plus grand de la Confédéra- 
tion. Et, de fait, le 17 septembre 187 8, il obtint le man- 
dat par l'écrasante majorité de 2,000 voix. De nou- 
veau, en 1882 et en 1887, ses constituants l'acclamèrent 
leur représentant à l'unanimité. En Chambre, comme 
partout ailleurs, sa conduite révèle toujours le même 
caractère loyal, le même esprit indépendant et droit. 

" L,e 15 août 1886, à sa résidence d'été de Saint- 
Thomas de Montmagny, madame Coursol rendait à 
Dieu son âme si chrétienne. Elle fut inhumée le 20, 
dans le caveau de la famille Coursol au cimetière de 
la Côte des Neiges, Montréal. 

" L/amer chagrin dont cette douloureuse sépara- 
tion avait jeté le germe dans le cœur de son époux ne 
contribua pas peu à abréger ses jours ; il expirait à 
son tour, le 4 août 1888, dans cette même résidence de 
Saint- Thomas de Montmagny, à deux années d'inter- 
valle. Il fut inhumé dans le caveau de sa famille, 
au cimetière de la Côte des Neiges, Montréal. 

"La mort de M. Coursol, comme toute sa vie, du 
reste, fut celle d'un vrai croyant. Il vit s'approcher 
sa dernière heure avec cette aimable tranquillité d'âme 
du fidèle serviteur qui n'a pas à porter au tribunal de 
Dieu un seul reproche de sa conscience. Puisse-t-il y 
avoir trouvé miséricorde ! 

"Parmi les nombreuses qualités qui enrichissaient 
son grand coeur, M. Coursol en possédait quelques- 
unes qui brillèrent toujours d'un éclat plus vif et l'ho- 
norèrent plus ouvertement. 

"Il est inutile dt parler de sa bravoure, elle était 




Robert Kane 



59 



devenue proverbiale. I/on raconte encore, avec plai- 
sir, ses actes de courage, lorsqu'en un jour mémora- 
ble de 1849, sous le gouvernement de sir 1,-H. L,afon- 
taine, on le vit, au beau milieu d'une échafourée, fen • 
dre â cheval, la foule ameutée, saisir, un dans chaque 
main, deux des principaux meneurs et s'imposer au 
respect de cette populace en fureur en traînant lui- 
même, hors de la bagarre, ces deux fieffées canailles. 

"C'est encore lui qui disait à ses amis, lorsqu'il 
ramena dans leurs foyers ses braves Chasseurs Cana- 
diens, après la courte campagne de 1866 : "Mes Chas- 
seurs et moi nous ne sommes pas contents de notre ex- 
pédition : nous pensions avoir affaire, un contre dix, 
à d'enragés fanatiques auxquels nous réservions une 
raclée d'importance, et nous n'avons rencontré qu'une 
poignée de lâches indisciplinés qui se sont sauvés 
comme des moutons à notre aspect." 

"Comme c'est ordinairement le cas, l'honorable 
M. Coursol avait le défaut de cette qualité, il était ex- 
trêmement prompt ; il n'était pas homme, comme on 
dit, à laisser longtemps marcher sur ses pieds. Les 
députés se rappellent encore une provocation à la fois 
digne et résolue qu'il fit à un de ses collègues des 
Communes, en pleine séance, parce que ce député, un 
Anglais, s'était permis d'objecter un "ce n'est pas le 
cas", à l'une de ses remarques. "A la porte même de 
cette enceinte, dit M. Coursol, l'honorable député ne 
me répéterait pas ces mots-là ; je l'y attends. ' ' Là- 
dessus, il sortit; l'autre ne bougea pas et l'incident fut 
clos. Autant il était prompt à s'emporter autant il 
était vif à revenir à de meilleurs sentiments. 

"Patriote à premier titre, il ne souffrait rien con- 
tre sa nationalité. On n'a pas oublié dans certains 
cercles, à Montréal, l'altercation qu'il eut avec uncito- 



6o 



yen d'une autre origine sur ee brûlant su jet-lâ : c'était 
après l'affaire Riel. On craignit même pour une ren- 
contre sur le champ ; heureusement, hs choses n'en 
vinrent pas à ce point. 

"Généreux, il le fut à un degré éminent : sans 
compter plusieurs particuliers, diverses institutions de 
Montréal, avant que la mauvaise fortune n'eût jeté le 
désarroi dans ces affaires, apprirent à bénir son nom 
et ses largesses. 

"L,a probité et l'honnêteté n'étaient pas les moin- 
dres de ses vertus. Une fois, ayant reçu à son bureau 
la visite d'une jeune veuve de bonne famille, mais 
pauvre, et, voyant qu'elle devrait le rencontrer encore 
pour ses affaires, il lui paya lui-même une voiture et 
lui donna rendez- vous à sa résidence privée : "Vous 
viendrez chez moi, lui dit ce respectable avocat, vous 
ne savez pas tout ce qu'on peut dire en vous voyant, 
vous, jeune et jolie, monter à plusieurs reprises jus- 
qu'à mon bureau." 

"Bel exemple de probité ! 

"Généralement sérieux l'honorable M. Coursol 
avait ses heures de franche expansion ; il aimait à rire 
parfois. Les mots d'esprit, les petits tours montés, 
c'était son fort, il y eut une fois, sur une importante 
question de subsides, scission absolue entre les deux 
groupes, français et anglais, des députés fédéraux : 
les Canadiens-français de la province de Québec, con- 
servateurs et libéraux, étaient rentrés sous la tente, 
n'assistant plus aux séances de la chambre et siégeant 
à part, dans une salle de comité. Naturellement, la 
situation était des plus tendue et ces différents mes- 
sieurs ne se voyaient pas d'un très bon oeil. Un jour 
que ce petit schisme durait encore, l'honorable député 
de Montréal-Est fait, tout à coup, irruption dans la 




Rodrick-Auguste-Coursol Kane 



6i 



salle où délibéraient les récalcitrants, dans la plus pro- 
fonde préoccupation : '"Mes amis, clame-t-il d'un 
ton sérieux, ces gens-là nous en veulent ; je viens d'en 
rencontrer trois, et sapristi si vous les aviez entendus! 
. .Hein, que disaient-ils, s'écrie à son tour un des déli- 
bérants ? Ah ! juste ciel ! Mais qu'est-ce donc 

qu'ils disaient, allons ? . . . . Oh ! Dieu de Dieu .... En- 
core que disaient-ils donc? et l'interrogateur s'emporte; 
voyons, juge,— il aimait toujours qu'on lui rappelât 
son ancien titre — allez-vous parler, enfin ? Eh ! bien 

ils ne disaient rien du tout !. . ..On juge du dépit 

dont l'autre se trouva pris et de ses récriminations. 
Mais le but était atteint, et les rieurs ne furent pas de 
son côté. L,' honorable député a ri bien longtemps de 
cette aventure avec ses amis. " (i) 

M. et madame Coursol avaient eu quatre enfants: 
i ° Marie-Henriette Coursol née à Montréal le 7 
mai 1850. Mariée, à Montréal, le 23 janvier 1869, à 
Robert Kane, capitaine au iôème régiment. Il est 
mort à Southsea, Angleterre, le 29 avril 1900, et a été 
inhumé dans le cimetière de Staunton. Enfants: 

A. Marie-Eva- Henriette Kane née à Montréal le 
10 juin 1870. 

B. Robert- Joseph-Willis Kane né à Montréal le 9 
août 1871. Décédé au même endroit le 4 janvier 1877, 
il fut inhumé dans le cimetière de la Côte des Neiges. 

C. Marie- Alice-Claire Kane née à Montréal le 10 
novembre 1872. 

D. Rodrick Auguste-Coursol Kane né à Mont- 
réal le 1er septembre 1875. 

2. Charles- Joseph-Taché Coursol né à Montréal 
le 8 septembre 1851. Décédé à la Côte Saint- Antoine, 



(1) Jules Saint-Elme (J.-M.-Amédée Denault), Le Monde 
Illustré, 14 septembre 1889. 



62 



près Montréal, le 2 août 1853, il fut inhumé dans le 
caveau de la famille Coursol au cimetière de la Côte 
des Neiges. 

3. Marie- Alexandrine-Heva Coursol née à Mon- 
tréal le 21 février 1854. Mariée, à Montréal, le 6 avril 
1875, à Damase Sincennes. Décédée à Montréal le 
27 août 1877, elle fut inhumée au cimetière de la Côte 
des Neiges. "Madame Sincennes était une de ces per- 
sonnes qui sont l'amabilité même et chez lesquelles les 
vertus chrétiennes rehaussent les qualités de l'esprit. 
Elle est morte à la fleur de l'âge, à 23 ans, lorsque 
tout lui souriait dans la vie et lui promettait le bon- 
heur aussi complet qu'on peut l'espérer sur la terre. "(1) 
Pas d'enfants. M. Sincennes s'est remarié, à Montréal, 
le 3 juin 1885, à Louise- Amélie, fille de Jean-Philippe 
Juchereau Duchesnay et de Margaret Wilson. 

4. Charles-Joseph-Quesnel Coursol né à Montréal 
le 17 août 1857. Il fit, pendant plusieurs années, par- 
tie de la milice active du Canada. Le major Coursol 
mourut à Montréal le 8 février 1897, et Iu * inhumé 
dans le caveau de sa famille au cimetière de la Côte 
des Neiges. Il avait épousé, à Québec, le 18 octobre 
1882, Georgina-Elizabeth-Francis, fille de Walter- 
Pearse Serocold et de Amélie Duval. Madame Cour- 
sol réside maintenant à Ottawa. Enfants : 

A. Héva-Marie- Amélie Coursol née à Saint- Jean 
d'Iberville le 5 décembre 1885. 

B. Charles-Walter Coursol né à Saint-Jean d I- 
berville le 5 juin 1887. 

C. Marie- Hélène Coursol née à Saint-Jean d'Iber- 
ville le 12 juillet 1889. 



(1) La Minerve, 28 août 1877. 



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Charles-Joseph Coursol 



63 



VIII. L,ouise-Elêonore Taché 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 30 mai 
1830. 

Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 1 2 oc- 
tobre 1831, elle fut inhumée dans le cimetière parois- 
sial. 

IX. Marie-Louise-Eulalib Tache 

Née à Saint- Thomas de Montmagny, le 1 1 avril 
1832. 

Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 23 
janvier 1857, elle fut inhumée dans l'église parois- 
siale. 

X. Eugène-Gaspard-Etibnne Tache 

Né à Saint-Thomas de Montmagny le 6 juillet 

1835. 

Décédé à Saint-Thomas de Montmagny le 30 mai 
1836, il fut inhumé dans le cimetière paroissial. 

XI. Eugène-Etienne Tache 

Né à Saint-Thomas de Montmagny le 25 octobre 
1836. 

Il a fait ses études au séminaire de Québec et au 
Upper Canada Collège, de Toronto. 

M. Taché est ingénieur civil et arpenteur pour les 
provinces de Québec et d'Ontario. 

En 1862, il reçut le brevet de capitaine dans les 
Chasseurs Canadiens, de Québec. Il fit aussi partie, 
quelques années plus tard, du Civil Set vice Rifle Corps, 
à Ottawa. 

Le 20 septembre 1869, M. Taché était nommé 
sous-ministre du département des Terres de la Cou- 



6 4 



tonne de la province- de Québec, Ce département 
connu aujourd'hui sous le nom de département des 
terres, forêts et pêcheries a pris une importance énor- 
me depuis quelques années. 

Comme arpenteur, M. Taché a une grande expé- 
rience. Il fut un de ceux qui travaillèrent à la loca- 
lisation du canal d'Ottawa. Ses cartes de la province 
de Québec sont citées partout comme des modèles 
d'exactitude et de clarté. 

Nous devons aux plans de M. Taché le palais lé- 
gislatif, le manège militaire et le palais de justice de 
Québec. L,a façade de ce dernier édifice, au dire d'ar- 
chitectes étrangers très distingués, ne serait pas dé- 
savouée par les grands architectes dont s'enorgueillit 
la vieille Europe (i). 

Le roi Edouard VII a reconnu le mérite de M. 
Taché, en le créant, en 1903, compagnon de l'Ordre 
du Service Impérial (Impérial Service Order,). 

" M. Taché, il faut le dire, est un modeste, un 
modeste sincère. Dans l'administration provinciale, 
après tant d'années de bons et loyaux services rendus 
à l'Etat, il est le seul à ne pas croire à tous ses mérites. 
Lorsqu'on le loue, il prend d'instinct l'attitude d'un 
jeune employé à qui on anrionce un avancement qu'il 
n'a pas sollicité : il est surpris et confus. C'est un 
travailleur consciencieux et assidu, appliqué à remplir 
tous ses devoirs, les moindres comme les plus impor- 
tants. Même au début de sa carrière, on ne l'a ja- 
mais vu hors de son bureau, dans les heures occupées, 
guère, dans les heures inoccupées. Dans les rues de 
Québec, ici animées comme les rues d'une grande ville, 

(1) M. Taché est l'auteur de la belle et patriotique devise: 
"Je me souviens" qui accompagne les armoiries de la province 
de Québec. 




Eugène Etienne Taché 



65 



là silencieuses comme les rues d'une ville de province 
française, on le rencontre pressé toujours de se rendre 
à son bureau. Heureusement que, par une grâce par- 
ticulière, la Providence lui a toujours donné des chefs 
laborieux comme lui, jadis M. Flynn, aujourd'hui M. 
Parent (i)." 

M. Taché épousa, à Québec, le 18 juillet 1859, 
Olympe-Eléonore, fille de feu Louis- Albert Bender et 
de feue Thérèse Perrault. 

Elle décéda à Québec le 13 mai 1878, et fut inhu- 
mée dans l'église de Saint-Thomas de Montmagny. 

Elle avait eu deux enfants : 

1. Anonyme né et décédé à Québec le 23 mai 
1861. Inhumé au cimetière Belmont. 

2. Joséphine- Eugénie- Espérance Taché née à 
Ottawa le 12 février 1866. Décédée au même endroit 
le 16 avril 1866, elle fut inhumée au cimetière Notre- 
Dame d'Ottawa. 

En secondes noces, à Québec, le 22 octobre 1879, 
M. Taché a épousé, Maria-Clara, fille de l'honorable 
Edouard -Eouis- Antoine- Charles Juchereau Duchesnay 
et de Elizabeth Levallée. 

Enfants nés de ce mariage : 

3. Marie-Antoinette-Claire-Eléonore Taché née 
à Québec le 1er août 1880. Décédée au même en- 
droit le 19 mars 1882, elle fut inhumée dans le cime- 
tière de Saint-Thomas de Montmagny. 

4. eMarie-Eugène- Alexandre - Juchereau Taché 
né à Québec le 17 février 1882. Décédé au même 
endroit le 17 mars 1892, il fut inhumé dans le cime- 
tière de Sainte-Catherine de Fossembault. 



(1) Le Canada, de Paris, juin 1903. Article de M. Hec- 
tor Fabre. On trouvera une biographie de M. Taché dans le 
Canadian Biographical Dictionary publié en 1881. 

9 



66 



5 . Marie-Louise Taché née à Québec le 1 2 dé- 
cembre 1883. 

6. Jean-Antoine- Alphonse de Rodriguez Taché 
né à Québec le 21 février 1886. Décédé au même en- 
droit le 25 mars 1901, il fut inhumé dans le cimetière 
de Sainte-Catherine de Fossembault. 

7 . Marguerite - Marie - Elizabeth Taché née à 
Québec le 21 février 1886. 

8 . Marie-Joseph-Paschal Taché né à Québec le 
7 avril 1887. Décédé au même endroit le 1er mars 
1892, il fut inhumé dans le cimetière de Sainte-Cathe- 
rine de Fossembault. 

9. Roland-Etienne-Adolphe Taché né à Québec 
le 10 mars 1889. Décédé à Sainte-Catherine de Fos- 
sembault le 10 juillet 1889, il fut inhumé dans le ci- 
metière de cette paroisse. 

10. Anne-Marie-Claire Taché née à Québec le 9 
août 1890. Décédée au même endroit le 17 décem- 
bre 1900, elle fut inhumée dans le cimetière de Sainte- 
Catherine de Fossembault. 

11. Marie-Clara- Hélène Taché née à Québec le 
30 août 1892. 

12. Anonyme née et décédée à Québec le 10 mai 
1894, et inhumée dans le cimetière Belmont. 

XII. Joséphine- Philomène Tache 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 25 juin 
1838. 

"Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 26 
juin 1840, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

XIII. Marie-Anne-Alexandrine Taché 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 14 avril 
1840. 




François-Narcisse-Odilon Gauthier 



67 



Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 8 oc- 
bre 1840, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

XIV. Marie-Joséphine-Laure Taché 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 17 juin 
1841. 

Mariée, à Saint-Thomas de Montmagny, le 6 juin 
1865, à François-Narcisse-Odilon Gauthier, notaire, 
fils de l'honorable juge Gauthier et de Sophie La- 
parre. 

M. Gauthier demeure à Nicolet depuis le 14 août 
1902. 

Knfants : 

1 . Marie-Joseph-Etienne-Narcisse-Odilon Gau- 
thier né à Saint-Thomas de Montmagny le 4 janvier 

1867. Décédé au même endroit le 19 mai 1867, il fut 
inhumé dans le cimetière paroissial. 

2 . Marie-Joséphine-Laure-Eulalie-Sophie Gau- 
thier née à Saint-Thomas de Montmagny le 1er mars 

1868. Décédée au même endroit le 4 mars 1872, elle 
fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

3 . Marie-Joseph-Narcisse-Eugène Gauthier né à 
Saint-Thomas de Montmagny le 27 février 1870. Dé- 
cédé au même endroit le 7 février 1872, il fut inhumé 
dans le cimetière paroissial. 

4. Marie-Joseph- Félix- Albert Gauthier né à 
Saint-Thomas de Montmagny le 11 août 1871. Il est 
gérant de la banque Nationale à Nicolet. Il a épousé, 
à Québec, le 21 février 1898, Marie-Louise, fille de 
Augustin Laperrière, assistant - bibliothécaire de la 
Bibliothèque du Parlement, à Ottawa, et de Chris* 
tine Paris. Pas d'enfants. 

5 . Marie - Joséphine - Yvonne Gauthier née à 
Saint-Thomas de Montmagny le 19 mars 1873. Décé- 



68 



dée au même endroit le 31 mars 1873, elle fut inhu- 
mée dans le cimetière paroissial. 

6. Marie-Joseph-Narcisse-Eugène Gauthier né 
à Saint-Thomas de Montmagny le 1er juillet 1875. Il 
est aux Etats-Unis. 

7. Marie- Joseph-Charles-Paschal Gauthier né à 
Saint-Thomas de Montmagny le 17 mai 1882. Décé- 
dé au même endroit le 18 décembre 1894, il fut inhu- 
mé dans le cimetière paroissial. 

XV. IyOUIS-JULBS-EMILE TACHE 

Né à Saint-Thomas de Montmagny le 30 mai 
1844. 

Il fit ses études classiques, partie au séminaire de 
Québec, partie au collège des Jésuites, à Montréal. 

En 1868, il entrait au département des Terres de 
la Couronne de la province de Québec. Il y resta 
jusqu'à sa mort 

M. Taché décéda à Québec le 19 mars ,1897, et 
fut inhumé au cimetière de Saint-Thomas de Mont- 
magny. 

" Laborieux jusque dans ses loisirs, M. Taché 
étudia la peinture sans le secours des maîtres. L,e ta- 
lent dont il fit preuve et l'éclatant succès qu'il rem- 
porta dans sa carrière, font présumer la perfection à 
laquelle il eut atteint, si, partageant la bonne fortune 
de confrères plus heureux que lui, il eût fait son tour 
d'Europe, travaillé sous le regard des maîtres italiens 
ou français. Un petit incident de sa vie d'atelier met- 
tra bien en relief la vérité de cette assertion. Plu- 
sieurs connaissent l'œuvre remarquable du peintre 
Dumont : Les Mousquetaires, autrefois propriété de 
M. Dubail, consul de France à Québec et dont Mon- 
seigneur C.-O. Gagnon est actuellement l'heureux 







Marie-Joseph-Félix Albert Gauthier 



6 9 



possesseur. L'honorable M. Angers ayant exprimé 
le désir d'en avoir une belle copie, chargea M. Jules 
Taché de l'exécuter. Celui-ci se mit à l'œuvre. Son 
travail achevé, il invita le lieutenant-gouverneur à ve- 
nir lui-même choisir ses copies qu'il avait exposées en 
regard des originaux. L'honorable M. Angers se 
trompa ! ce qui fit le plus grand honneur au talent de 
M. Taché ! 

" Entre autres excellentes copies d'œuvres de 
maîtres, on signale encore de lui une Scène arabe, de 
Lévy, une Scène norvéyiemie, de Bourgeois, les Mous- 
quetaires, de Dumont, le Danube, etc. 

" A l'exposition provinciale de Québec de 1887, 
deux de ses peintures remportèrent le premier prix ; 
Le Goûter et Les Carafes. L'œuvre complète de M. 
Jules Taché se compose d'au-delà de cinquante petits 
tableaux, natures mortes, paysages, marines et por- 
traits. Les paysages appartiennent presque tous à 
Saint-Thomas de Montmagny, sa paroisse natale. L'un 
d'eux cependant rappelle un site du Cap Saint-Ignace: 
Le Moulin des Bosse à l'anse à Gilles. 

' ' Quant aux marines elles sont, pour une bonne 
moitié, des réminiscences d'une course en yacht dans 
la Gaspésie. Les autres représentent des lacs et 
des rivières aimés de l'auteur, le lac Bleu, le bras Saint- 
Nicolas,\z. rivière du Sud, etc., etc. Je me suis laissé 
raconter qu'une scène d'hiver, Le Havre de Québec, 
qui se trouve aujourd'hui à Marseille et qu'un Fran- 
çais connaisseur lui avait acheté au prix coûtant d'un 
morceau d'art, était bien son œuvre capitale. 

"M. Jules Taché était encore plus modeste qu'ha- 
bile, et voilà comment il se fait que tant de gens igno- 
rent son talent inné pour la peinture. 

"L'on eût bien étonné cet homme de bien en lui 



yo 



prophétisant, l'année dernière, que le jour où l'oa 
chanterait dans l'église de Saint-Thomas de Montma- 
gny le service anniversaire de son beau-frère, serait 
celui de ses funérailles. C'est pourtant ce qui est ar- 
rivé ce matin, et entre le Requiem du bout de l'an réci- 
té pour le repos de l'âme du regretté docteur Marmet- 
te, et la messe des morts célébrée sur son propre cer- 
cueil, il ne s'est pas écoulé une heure. Etonné, cer- 
tes, il l'eut été, cet excellent chrétien, qui paraissait 
alors jouir d'une santé exhubérante, mais effrayé? 
Nullement. Il était de ces catholiques admirables 
qui fixent la mort et la regardent comme une lumière, 
qui voient en elle une aurore qui grandit et non plus 
des ténèbres qui s'amoncellent ; au lieu d'une tombe 
qui se ferme, un portique qui s'ouvre et Dieu qui ap- 
parait pour être à jamais contemplé. 

"Un événement grave, qui fit époque dans la vie 
de cette âme d'élite, m'en explique la sérénité. C'é- 
tait le 29 juillet 1865. Là-bas, à Saint-Thomas de 
Moutmagny, sir Etienne-Paschal Taché agonisant, 
assis dans un fauteuil, regardait, de la fenêtre de sa 
priucière demeure, se coucher le soleil. Près de lui, 
Jules Taché, le Benjamin de ses enfants — il avait alors 
vingt ans — se tenait silencieux, n'osant pas interroger 
la méditation suprême de son père, tout à l'extase de 
l'incomparable spectacle. Seulement, quand l'astre 
eut disparu derrière les L,aurentides, devant la splen- 
deur de ce ciel et la féerie de ce panorama tout ruisse- 
lant de rayons, sir Etienne s'écria d'une voix na- 
vrée : 

" — Comme c'est beau ! Si le bon Dieu voulait, 
mon petit Jules, on vivrait bien encore ". 

"Puis, brusquement, avec cette fausse rudesse de 
la voix qu'affectent tous ceux-là qui se surprennent, 




Louis-Jules-Emile Taché 



7ï 



devant témoins, à s'attendrir sur eux-mêmes, le pre- 
mier ministre ajouta : 

" — Non, mon petit Jules, pas de regrets à mon 
âge, disons lui plutôt tous les deux ensemble : "Que 
votre volonté soit faite." 

"L,e lendemain matin, à l'église, les cloches son- 
naient le glas de sir Etienne. 

"M. Jules Taché, qui m'a souvent raconté ce so- 
lennel épisode en était encore, à trente ans de distan- 
ce, remué jusqu'aux larmes. Pour lui la pensée de 
la mort, toujours présente, s'identifiait avec le souve- 
nir de cette apothéose de lumière et loin de s'émous- 
ser avec l'âge cette radieuse impression s'accentuait 
en lui de plus en plus. 

" Car il était fervent chrétien, dévot même au 
strict sens de ce mot-là. Congréganiste, tertiaire, il 
appartenait je crois à toutes les confréries de la ville 
et participait à toutes les bonnes œuvres. Ce qui ne 
l'empêch?it pas d'être homme du monde et de com- 
merce absolument aimable. Il se rappelait sans doute 
ce que François de Sales disait : un saint triste est un 
triste saint, et savait le dommage que causent à la re- 
ligion même les bigots et les grincheux. Aussi quel 
charmant caractère que ce Jules Taché et comme il 
faisait bon s'appuyer sur une amitié aussi sûre. Ses 
confrères de bureau au Département des Terres de la 
Couronne en savent quelque chose je crois. Et quel 
boute-en-train en vacances ! Malgré les soucis et la 
fatigue inévitable de l'âge mûr, son coeur et son visa- 
ge avaient conservé l'inestimable jeunesse de leur 
vingt-cinq ans. C'était avec une joie presque qu'il 
me racontait un jour : " Si vous saviez comme mes 
garçons me font plaisir quand ils disent à leurs cama- 
rades que je suis leur meilleur ami !" 



7 2 



' ' Le meilleur ami, il le fut de plusieurs ce sym- 
pathique Jules Taché. Ils étaient nombreux et diffi- 
ciles à compter dans cet imposant cortège qui descen- 
dait hier la rue Saint-Louis à la suite de son cercueil. 
Et ce matin combien sont-ils encore à Montmagny les 
autres intimes avec qui les absents de Québec parta- 
gent leur deuil et leurs prières ? 

" Il est parti hélas! oui, bien parti cette fois pour 
Saint-Thomas de Montmagny; il va, au milieu de ses 
chers morts, endormi comme eux dans le Seigneur, re- 
poser dans le cimetière de sa paroisse natale, bcatam 
resiirrectionem expectans. "Il ne viendra plus vers nous, 
mais un jour nous irons vers lui,' 'comme il nous fut 
promis au Livre des Rois. 

" Et que nous importe qu'il soit allé si loin ! Eût- 
il été plub près de nous à Belmont qu'à Saint-Thomas 
de Montmagny ? Fénelon consolait les pires douleurs 
lorsqu'il disait avec une suavité supérieure encore à 
son merveilleux langage: "Ceux-là que nous avons 
aimés et que nous avons perdus ne sont plus là où ils 
étaient, mais partout et toujours où nous sommes."(i) 

M. Taché avait épousé, à Saint-Jean-Baptiste de 
Québec, le 2 septembre 1867, Marie- Anne-Jeanne, fil- 
le de Prosper Bender, avocat, député-greffier de la 
Couronne et de la Paix, et de Mary-Ann-Jane McMil- 
lan. 

Enfants : 
, 1. Etienne-Jean-Paschal Taché né à Québec le 3 
juillet 1868. Employé civil. Il a épousé, à Sher- 
brooke, le 6 avril 1896, Laura-Rebecca, fille de feu 
Ferdinand Fraser et de Caroline Saint - Germain. 
Enfants : 

(1) Ernest.Myrand, Courrier du Canada, 23 mars 1897. 




Prosper-Jules-Gaspard Taché 



73 



Antoine - Etienne - Eugène - Maurice Taché né à 
Québec le 29 août 1900. 

2. Prosper- Jules- Gaspard Taché né à Québec le 
18 septembre 1869. Banquier à Québec. Il a épou- 
sé, à Québec, le 12 août 1901, Marguerite-Eléonore, 
fille de Joseph Burke et de Mary Wilson. Enfants : 

A. Marie-Mathilde-Gabrielle Taché née à Qué- 
bec le 10 juin 1902. 

B. Jules-Edouard-Alexandre-Joliet Taché né à 
Québec le 23 août 1903. 

3. Jules-Louis- Alexandre-Michel Taché né à Qué- 
bec le 29 septembre 1871. Dessinateur géographe au 
département des Terres, Mines, Forêts et Pêcheries de 
la province de Québec. Il a épousé, à Québec, le 18 
octobre 1897, Rosalie- Virginie, fille de P.-B. Casgrain, 
avocat, ancien député de l'Islet, et de Mathilde Per- 
reault. Enfants : 

A. Jules-Guy-Casgrain Taché né à Québec le 30 
août 1898. 

B. Marie-Mathilde-Rita Taché née à Québec le 
15 décembre 1899. 

C. Marie-Rosalie-Esther-Jeanne Taché née à 
Québec le 5 mai 1902 . 

D. Clara-Marielle-Marguerite Taché née à Qué- 
bec le 5 avril 1904. 

4. Marie-Anne-Eulalie-Sophie Taché née à Qué- 
bec le 31 mars 1878. 

5. Marie - Gabrielle - Sophie - Laure Taché née à 
Québec le 28 janvier 1883. Décédée à Saint-Thomas 
de Montmagny le 1er août 1883, elle fut inhumée dans 
le cimetière de cette paroisse. 

10 



74 

vm 

MARIE-CLAIRE TACHÉ 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 3 juillet 
1797. 

Mariée, à Saint-Louis de Kamouraska, le 11 juil- 
let 1825, à Thomas Ansbrow, originaire de Galway, 
Irlande, maître d'école à Kamouraska. 

M. Ansbrow enseigna à Kamouraska, puis à 
Saint-Roch des Aulnaies, à Chambly, et enfin à la 
Pointe aux Trembles de Montréal. 

Il mourut en ce dernier endroit le t8 mars 1846. à 
l'âge de 46 ans, et fut inhumé dans le cimetière de 
cette paroisse. 

Madame Ansbrow mourut à Ottawa, chez son 
gendre, M. Ennis, le 20 avril 1880, et fut inhumée 
dans le cimetière de la paroisse de Saint-Joseph d'Ot- 
tawa. 

Ils avaient eu quatre enfants : 

I. MARIE-GENEVIEVE-EmIUE ANSBROW 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 3 octobre 
1826. 

Mariée, à Ottawa, le 27 novembre 1866, au doc- 
teur Joseph Marmette, de Montmagny, veuf de Claire- 
Geneviève-Elizabeth Taché. (1) 

Pas d'enfants. 

IL Thomas-Michel-Charles Ansbrow 

Né à Saint-Roch des Aulnaies le 16 juin 1828. 
Décédé à Saint-Joseph de Chambly le 25 octobre 
1842, il fut inhumé dans le cimetière paroissial. 

(1) Voir p. 50. 







Jules-Louis-Alexandre-Michel Taché 



75 



III. Marie-Charlottb-Euzabeth Ansbrow 

Née à Saint-Roch des Aulnaies le 17 mars 1831. 

Elle entra chez les Sœurs de la Charité, à Qué- 
bec. 

Décédée novice à Québec le 23 décembre 1851, 
elle fut inhumée dans la chapelle de la Sainte Vierge 
de l'église du faubourg Saint- Jean. 

I ' Cette fervente religieuse, qui avait renoncé aux 
avantages du monde pour se vouer au service des pau- 
vres, succomba, après dix jours de maladie, à une at- 
taque de fièvre typhoïde." (1). 

IV. Marie- Juije-Henriette Ansbrow 

Née à Saint- Joseph de Chambly le 23 octobre 

1835. 

Mariée, à Ottawa, le 10 janvier 1859, à Francis- 
Hubert Ennis. 

M. Ennis succomba à une attaque d'apoplexie à 
Ottawa dans la nuit du 13 janvier 1885. 

II était à sa mort secrétaire du département des 
travaux publics. 

"M. Ennis habitait Ottawa depuis 1866, et son 
caractère affable, son esprit de justice, la droiture de 
son coeur lui avaient valu une haute considération de 
la part de ses chefs et de tous ceux qui le connais- 
saient." (2) 

Madame Ennis demeure aujourd'hui à Jersey 
City. 

Enfants : 

1. Marie-Claire-Elizabeth Ennis née à Saint-Pas- 



(1) Minerve, 30 décembre 1851. 

(2) Le Canada, 14 janvier 1885. 



76 



chai le 19 janvier 1860. Mariée, à la Pointe Gatineau, 
le 29 septembre 1887, à Albert Bender, protonotaire 
de Montmagny, veuf de Marie-Sophie-Mathilde Ta- 
ché. (1) Pas d'enfants. Madame Bender réside à l'île 
du Calumet, Pontiac. 

2. Thomas Ennis né à Saint- Paschal le 7 sep- 
tembre 1861. Après avoir fait ses études classiques 
au collège de Sainte- Anne de la Pocatière et ses étu- 
des médicales à l'université McGill, à Montréal, il se 
fit recevoir médecin. En 1889, il allait s'établir à la 
Grande-Rivière, comté de Gaspé. Il ne tarda pas à se 
créer une bonne clientèle dans cette paroisse et les pa- 
roisses voisines Cave Cove, Pabos et New- Port. Aux 
élections générales de T896 pour le parlement fédéral 
il fut candidat conservateur dans le comté de Gaspé. 
Il fut battu par M. Rodolphe Lemieux. M. Ennis 
mourut d'une maladie de cœur, à la suite d'une atta- 
que de paralysie, â la Grande-Rivière le 15 novembre 
1899, et fut inhumé dans le cimetière de cette pa- 
roisse. "L,e docteur Ennis ne tenait pas de livres et 
les malades le payaient quand ils le voulaient. Pour 
lui, l'argent n'avait pas d'attrait, et il s'occupait de sa 
profession plutôt par devoir que par nécessité. "(2) M. 
Ennis ne s'était pas marié. 

3. Marie- Jeanne-Caroline Ennis née à Saint-Pas- 
chal le 8 septembre 1863. Décédée à Québec le 14 
janvier 1864, elle fut inhumée dans le cimetière Bel- 
mont. 

4. Marie-Jeanne-Emilie Ennis née à Québec le 30 
juillet 1865. Elle fit profession au monastère du 
Précieux Sang, à Ottawa, le 15 septembre 1892, sous 
les noms de Marie-Thérèse du Calvaire. 

(1) Voir p. 43. 

(2) Courrier du Canada, 15 novembre 1899. 




Francis-Hubert Ennis 



77 



5. Marie-Eulalie-Eléonore Ennis née à Ottawa le 
ier août 1867. Mariée, à l'église Sainte- Rose de Li- 
ma, à Roseville, Newark, New-Jersey, E.-U., le 4 jan- 
vier 1897, à James-Woodward Burke, de Jersey City. 
Enfants : 

A. Francis-Edward-Henry-Joseph-L,uke Burke 
né à Roseville, Newark, le 14 juin 1898. 

B. Edward-Emile-Ennis Burke né à Jersey City 
le 17 novembre 1900. 

6. Francis- Joseph- Alexandre Ennis né à Ottawa 
le 10 juin 1869. Décédé au même endroit le 2 décem- 
bre 1871, il fut inhumé dans le cimetière Notre-Dame 
d'Ottawa. 

7. Edward-Gerald-Ansbrow Ennis né à Ottawa 
le 15 janvier 1871. Non marié. 

8. Marie-Emilie-Octavie Ennis née à Ottawa le 
7 septembre 1872. 

9. Marie-Blanche-Elizabeth Ennis née à Ottawa 
le 9 octobre 1874. 

IX 

MADELEINE-EMMÉLIE TACHÉ 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 12 juillet 
1799. 

Mariée, à Saint-Louis de Kamouraska, le 17 sep- 
tembre 1822, à Edouard Chamberland, marchand, de 
la Rivière-du-Loup (en bas). 

Elle décéda à la Rivière-du-Loup (en bas) le 24 
janvier 1826, et fut inhumée dans le cimetière de 
cette paroisse. 

Nous lisons dans la Gazette de Québec, publiée par 
autorité, du 9 février 1826 : 

" Par la mort de cette aimable dame, ses enfants 
ont à déplorer la perte d'une mère affectionnée. Ses 



78 



amis et ses connaissances déploreront longtemps l'ab- 
sence d'un si aimable caractère, d'une personne si re- 
marquable par ses qualités domestiques et son esprit 
délicat." 

M. Chamberland se remaria avec Radegonde 
Ouellet, veuve de M- Bonenfant. 

Il mourut à la Rivière- du-Loup (en bas) le 3 fé- 
vrier 1831, et fut inhumé dans le cimetière paroissial. 

De son premier mariage il avait eu deux enfants : 

I. Jean-Charles-Luc-Edouard Chamberland 

Né à la Rivière du L,oup (en bas) le 21 octobre 
1823. 

Il s'enrôla dans l'armée américaine pendant la 
guerre de Sécession. Grièvement blessé au cours d'u- 
ne bataille il fut transporté dans un hôpital où il mou- 
rut bientôt. 

Il s'était marié mais il n'eut pas d'enfant. 

II. Geneviève Josephte-Ltjce Chamberland 

Née à la Rivière-du-Loup (en bas) le 21 juillet 
Ï825. 

Mariée, à l'Islet, le 1er juin 1846, à François-Clo- 
Vis Caron, caltivateur. 

M. Caron fut maire de l'Islet pendant plusieurs 
années. Il fut aussi juge de paix et commissaire des 
petites causes. 

' Il est décédé au Cap Saint-Ignace le 1er mars 
1895, e * a été inhumé dans le cimetière de l'Islet. 

Aucun enfant n'était né de leur mariage. 

Madme Caron réside avec une de ses nièces, ma- 
dame Liguori Saint-Pierre, à Woonsoket, Rhode- 
Island, M.-U. 




Thomas Ennis 



79 

X 

VICTOIRE-SOPHIE TACHÉ 

Née à Saint-Thomas de Montmagny le 24 avril 
1801. 

Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 15 
juin de la même année, elle fut inhumée dans le cime- 
tière paroissial. 



p ??r^? 




Charles Taché 



Première génération : Jean-Paschat Taché 
Deuxième génération : Charles Taché 
Troisième génération : Charles Taché 



CHARLES TACHE 



Né à Saint-Thomas de Montmagny le 20 juin 
1784. 

Il s'engagea dans le commerce à Saint- Joseph de 
Deschambault, comté de Portneuf. 

Ayant éprouvé des malheurs et des pertes consi- 
dérables, il abandonna son commerce et s'en vint, dans 
l'automne de 181 1, demeurer à Saint-Louis de Kamou- 
raska. 

Il se décida à étudier le notariat, et passa brevet 
avec son frère Jean-Baptiste en qualité de clerc-no- 
taire (1). 

Le 18 juin 181 2, la guerre était déclarée entre les 
Etats-Unis et l'Angleterre. M. Taché fit toute la 
campagne d'abord comme capitaine au quatrième ba- 
taillon de milice d'élite et incorporée puis, à partir du 
11 avril 18 14, comme capitaine dans le corps des Vol- 
tigeurs Canadiens. 

Le 24 décembre 18 14, la paix ayant été conclue 
entre l'Angleterre et les Etats-Unis, M. Taché quitta 
le service, et retourna à Saint-Louis de Kamouraska. 



(1) Dans l'acte de sépulture de madame Taché, Mgr La- 
flèche, trompé sans doute par M. l'abbé Daniel {Histoire des 
grandes familles françaises du Canada, p. 240), qualifie M. Ta- 
ché de docteur en médecine. M. Taché n'a pas été médecin 
ni notaire. n 



82 



Sa campagne lui avait enlevé son inclination pour 
la vie trop tranquille du notaire. Il se remit dans le 
commerce, et forma avec son frère Jean- Baptiste une 
société commerciale qui dura jusqu'à sa mort. 

Le 27 août 1823, par commission signée par lord 
Dalhousie, M. Taché était nommé commissaire pour 
la confection et la réparation de certaines parties du 
chemin de Témiscouata qui mène au Nouveau-Bruns- 
wick. 

Le 10 juillet 1824, sir Francis Burton choisissait 
M. Taché comme officier-rapporteur aux élections qui 
devaient avoir lieu dans le comté de Cornwallis pour 
élire deux députés à la Chambre d'Assemblée. 

M. Taché décéda à Saint-Louis de Kamouraska 
le 16 janvier 1826, et fut inhumé dans l'église parois- 
siale. 

Il avait épousé, à Boucherville, le 2 février 1820, 
Louise- Henriette, fille de Joseph-Ignace Boucher de 
la Broquerie et de Charlotte Boucher de Niverville de 
Moutizambert. 

Madame Taché décéda à Boucherville le 23 juil- 
let 187 1, et fut inhumée sous les voûtes de l'église 
paroissiale le surlendemain. 

"De madame Taché, comme de la mère de Mgr 
Parisis, on a pu affirmer qu'elle avait le sang qui en- 
gendre les successeurs des apôtres." Comme de l'hum- 
ble mère du cardinal-évêque de Poitiers, l'illustre 
Louis- Edouard Pie, on a pu dire d'elle encore, que "la 
qualité qui devait être le trait caractéristique de toute 
son existence, c'est-à-dire la disposition, le désir, le 
besoin de se dévouer pour les autres, sans aucun re- 
tour sur soi-même, éclata de bonne heure en elle, et 
dans de telles proportions qu'elle était vraiment au 
service de tous." 



83 



"La vertu native de madame Taché, perfection- 
née dans le malheur, s'éleva à une hauteur où ne 
monte pas ordinairement celle des femmes du monde. 
Portant encore sur son front la double auréole de la 
jeunesse et de la beauté, douée d'autant d'esprit que 
de générosité, de noblesse et de gaîté de coeur, ma- 
dame Taché eut pu voir de nouveau le monde lui sou- 
rir, l'admirer, lui apporter ses amitiés et ses joies. 
Elle en fit volontiers le sacrifice, de même qu'elle s'é- 
tait résignée à celui que Dieu venait d'exiger d'elle, 
en lui enlevant son époux. 

" L,e jour où son frère se (i) vouait à son bonheur 
et à celui de ses enfants, elle, en secret, promettait à 
Dieu de rester à jamais dans son veuvage, de porter 
toute sa vie des vêtements de deuil, de s' abstenir de 
toutes soirées et amusements mondains. 

"Comme son frère, elle vivait modestement, reti- 
rée, connaissant surtout la route de l'église et celle des 
pauvres logis, où elle apportait l'aumône et les conso- 
lations ; elle passait ses loisirs à cultiver des fleurs, ou 
dans de doux entretiens avec ses deux enfants. (2) 

" Après les soins donnés à sa famille et pendant 
ses longues soirées solitaires, quand ses fils étaient au 
collège, elle aimait aussi à consacrer des heures à l'é- 
tude. Elle n'était pas seulement douée des talents 



(1) "Après la mort de son mari madame Taché quitta Ka- 
mouraska pour revenir chez son père à Boucherville, avec ses 
orphelins. Au moment où il les vit arriver, M. Joseph-Antonin 
de la Broquerie, frère de madame Taché, ému de pitié, se sen- 
tit inspiré à faire en leur faveur un acte d'héroïque vertu. Il 
promit dès lors à Dieu de dévouer toute sa vie au bonheur de sa 
soeur et à l'éducation de ses neveux. Admirable générosité, 
continuée avec une constance plus admirable encore !" 

(2) L'aîné de ses fils, Joseph-Charles, fut élevé à Kamou- 
raska, par sa grand' mère Taché. 



8 4 



d'agrément; elle avait une intelligence supérieure; 
c'était, au sens éminent du mot, une femme savante. 
Elle s'était livrée depuis ses années de couvent, à des 
études constantes d'histoire, de philosophie, de litté- 
rature, de botanique et même d'astronomie ; "elle y 
avait acquis, nous avouait un jour Mgr Taché, une 
science qui mitonnait." 

" Humble néanmoins, elle le fut toute sa vie. 
L'acquisition d'une nouvelle connaissance lui était une. 
nouvelle occasion de louer Dieu. Oh ! que ne nous 
est-il donné de réunir toute l'admirable correspon- 
dance entre elle et ses fils : sincère épanchement d'un 
noble coeur, où l'on verrait briller sous l'élégant aban- 
don de style d'une Sévigné, les pieux sentiments d'une 
Blanche de Castille " (i). 

Charles Taché et Louise-Henriette Boucher de la 
Broquerie eurent cinq enfants : 

I. 

JOSEPH-CHARLES TACHÉ 
Le continuateur de la lignée . 

n 

ANTOINE-LOUIS-JEAN-ETIENNE TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraskale 25 avril 1822. 

1} fit son cours d'études au collège de Saint-Hya- 
cinthe. 

Il étudia ensuite le notariat sous le notaire Louis 
Lacoste, à Boucherville. 



(1) R. P. Iyalande, Une vieille seigneurie, Boucherville, 
p. 328. 







Antoine-Louis-Jean-Etienue Taché 



85 



Il fut admis à la pratique du notariat à Montréal 
le 28 mars 1845. 

Il s'établit d'abord à Beloeil où il fut maître de 
poste en même temps qu'il exerçait sa profession. 

En 1848, il transporta son étude à Saint-Hyacin- 
the. Il se fit bientôt une jolie clientèle. 

En 1854, M. Taché était choisi comme secrétaire 
du conseil de comté de Saint- Hyacinthe. Il garda cet- 
te position pendant dix ans. 

Le 26 avril 1858, il était nommé percepteur du re- 
venu pour le district de Saint-Hyacinthe. 

A la mort de M. Ovide Désilets, M. Taché fut 
appelé à le remplacer comme shérif du district de 
Saint-Hyacinthe. Sa commission est en date du 8 
octobre 1864. 

M. Taché fut honoré, pendant toute sa carrière, 
de la confiance de ses concitoyens. Il fut conseiller de 
ville, lieutenant et adjudant dans la milice sédentaire, 
député-greffier de la Cour de Circuit, commissaire d'é- 
coles, juge de paix, président de la Société Saint- Jean- 
Baptiste de Saint-Hyacinthe, président de la Société 
d'agriculture du comté de Saint- Hyacinthe, président 
de la Société de Tempérance. Il fut aussi le fondateur 
et le président de la Société de colonisation des Can- 
tons de l'Est. On le pria plusieurs fois de se laisser 
porter candidat à la Chambre des Communes. On 
lui offrit également un siègb au Conseil législatif de 
Québec. Mais la politique n'avait aucun charme 
pour lui. 

M. Taché mourut à Saint-Hyacinthe le 1er avril 
1881, et fut inhumé au cimetière paroissial de Saint- 
Hyacinthe-le- Confesseur. 

1,'honorable M. Boucher de la Bruère, qui avait 
été pendant un grand nombre d'années l'ami intime de 



86 



M. Taché, écrivait dins le Courrier de Samt- Hyacin- 
the le -lendemain de son trépas : 

"L,a mort vient de frapper un homme de bien, et 
la ville de Saint-Hyacinthe déplore aujourd'hui la per- 
te d'un de ses citoyens les plus marquants et les plus 
respectés. Hier, ier avril, à 3.30 heures du matin, M. 
Louis Taché, notaire et shérif du district de Saint-Hya- 
cinthe, rendait son âme à Dieu, entouré des membres 
de sa famille en pleurs et emportant avec lui dans la ' 
tombe les regrets sincères de ses nombreux amis. Fer- 
vent chrétien et catholique plein de foi, il vit arriver 
sa dernière heure avec calme et confiance en la bonté 
de Dieu, et trouva dans les secours de la religion la 
force dont il avait besoin pour franchir le seuil de l'é- 
ternité. 

' 'Frappé de paralysie il y a deux ans, il pressentait 
depuis cette époque que sa santé chancelante ne pour- 
rait pas supporter longtemps le poids de la vie, il se 
prépara à la mort avec un courage et une résignation 
qu'il puisait dans la force de ses sentiments religieux. 

"Lorsqu'il y a dix-huit jours, il se sentit atteint 
de nouveau par la maladie, il était prêt à mourir et 
son sacrifice était déjà fait. 

"Doué de talents remarquables, le défunt exerça 
la profession de notaire avec beaucoup de distinction. 
Ses connaissances légales et son jugement sûr faisaient 
rechercher ses conseils, et sa droiture d'esprit unie à 
une grande bienveillance sut prévenir bien des procès 
et régler paisiblement bien des difficultés. Comme 
notaire il exerça une heureuse influence dans le dis- 
trict de Saint-Hyacinthe et ses confrères savaient re- 
connaître en lui de précieuses qualités. 

"M. Taché occupa successivement les importan- 
tes fonctions de percepteur du revenu de l'intérieur 



87 



et de shérif, et remplit les charges qui lui furent con- 
fiées avec une parfaite honnêteté et beaucoup d'intelli- 
gence. 

"A plusieurs reprises, il refusa la candidature 
que lui offrirent les conservateurs du comté de Saint- 
Hyacinthe. 

"L,es pauvres perdent en M. Taché un protecteur 
qui ne leur refusa jamais l'aumône du chrétien ; com- 
me membre de la Société de Saint- Vincent de Paul, il 
put exercer son zèle avec beaucoup d'efficacité et, dans 
l'autre vie, Dieu saura lui tenir compte des abondan- 
tes charités qu'il a faites. 

"Parfaitement connu de tous, il sera vivement 
regretté, et sa mort cause un vide au milieu de ses 
amis qui se rappelleront la droiture et la fermeté de 
ses principes, son amour du bien et sa conduite exem- 
plaire." (i) 

M. Taché avait épousé, à Saint-Ignace du Co- 
teau du Lac, le 17 janvier 1855, Marie-Charlotte-Odile, 
fille de Godfroi Beaudet, marchand, et de Marie- 
Zoé L,emaire - Saint - Germain, et veuve de Robert 
Cartier, M.-D. 

Madame Taché est décédée à Saint- Hyacinthe le 
3 octobre 1899, et a été inhumée au cimetière parois- 
sial de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur. 

"Depuis quelques années, madame Taché ne sur- 
montait qu'à force d'énergie et de résignation absolu- 
ment chrétienne un état habituel de souffrances, quand 
tout à coup sa maladie fut aggravée par une chute et 
la conduisit en peu de jours au tombeau. Sa très 
grande distinction et ses qualités du coeur et de l'es- 
prit lui avaient attiré le respect et l'affection de tous 



(1) Courrier de Saint-Hyacinthe, 2 avril 1881. 



88 



ceux qui l'ont connue, — spécialement à Saint-Hyacin- 
the et dans les nombreuses ramifications qui la liaient 
aux grandes familles du pays ; et le précieux souve- 
nir de sa vie exemplaire, est un bel héritage laissé aux 
siens." (i) 

De leur mariage naquirent sept enfants : 

I. Marie-Henriette-Blanche-Odile Tache 

Née à Saint-Hyacinthe le 8 janvier 1857. 
Décédée au même endroit le 26 juin 1857, e ^ e Iut 
inhumée dans la cathédrale de Saint-Hyacinthe. 

II. Ch.-God.-Pierre-Joseph de la Broquerie'TachÊ 

Né à Saint-Hyacinthe le 22 mars 1858. 

Il a reçu son instruction au séminaire de Saint- 
Hyacinthe. 

Il fit sa cléricature sous son père et sous le notaire 
Charlebois, à Québec. Il agit en même temps comme 
secrétaire privé de l'honorable M. Chapleau, premier 
ministre de la province de Québec. 

Admis à la pratique du notariat aux examens de 
mai 1881, il s'établit dans sa ville natale à l'automne 
de la même année. 

En octobre 1887, l'honorable M. Angers, nommé 
lieutenant-gouverneur de la province de Québec, offrit 
à M. Taché les fonctions de secrétaire privé. Celui-ci 
accepta et remplit cette charge jusqu'à l'expiration du 
terme d'office de M. Angers, en 1892. 

jYI. Taché revint à Saint- Hyacinthe pour s'occu- 
per de sa profession et d'industrie. 

Par ordre en conseil du 17 septembre 1892, M. 
Taché était nommé membre du Conseil d'agriculture 
de la province de Québec. 

(i)Courriet de Saint-Hyacinthe, 5 octobre 1899 




Charles-Goiefroi- Pierre- Joseph de la Broqutrie Taché 



8.9 



M. Taché avait été le premier secrétaire de la So- 
ciété d'industrie laitière de la province de Québec fon- 
dée à Saint-Hyacinthe en 1882. On sait l'élan consi- 
dérable que cette société a donné à l'industrie laitière 
dans notre Province. M. Taché a été l'artisan des 
succès remportés par elle. Aussi, en 1892, lorsqu'il 
abandonna sa charge de secrétaire, après onze années 
de bons et utiles services, les directeurs de la Société 
d'industrie laitière se firent les interprètes de tous 
ceux qui ont à coeur l'avancement agricole de notre 
Province, en offrant à M. Taché, à Saint-Hyacinthe 
même, un banquet de 224 couverts. Tous les convi- 
ves, évêques, ministres, hommes politiques, membres 
du clergé, etc., etc., rendirent à M. Taché, en cette oc- 
casion, un indéniable témoignage de reconnaissance. (1) 

M. Taché a été capitaine au 84ème Bataillon d'in- 
fanterie de Saint-Hyacinthe. 

Outre sa profession, M. Taché s'occupe aujour- 
d'hui d'industrie et de journalisme. Il est, depuis no- 
vembre 1902, propriétaire du Courrier de Saint-Hya- 
cinthe. 

A l'élection du 16 février 1904, dans le comté de 
Saint-Hyacinthe, nécessitée par la nomination de l'ho- 
norable M. Bernier, libéral, comme membre de la com- 
mission des chemins de fer du Canada, M. Taché a été 
candidat conservateur protectionniste. Son adversaire, 
M. Blanchet, l'a emporté par 196 voix. 1/ honorable 
M. Bernier avait été élu, aux élections générales de 
1900, par 11 11 voix de majorité. 

(1) Voyez la brochure Banquet offert comme témoignage 
d'estime et de reconnaissance à M. J. de la Broquerie Taché \ se- 
crétaire-trésorier de la Société d'industrie laitière de 1882 à 1892, 
par les membres de la Société et ses amis . — Montréal. Eusèbe 
Senécal & Fils, imprimeurs, 20, rue Saint- Vincent, 1894. 39 pp. 
in-4. 12 



go 



M. Taché a épousé, dans la chapelle de V Hôtel-Dieu 
du Précieux Sang, à Québec, le 26 mai 1885, Marie- 
Louise, fille de Alfred-Edouard Langevin et de Marie- 
Anne Lytle. 

Enfants : 

1. Anne-Marie- Alexandrine Henriette Taché née 
à Saint-Hyacinthe le 24 août 1886. 

2. Louis- Alfred- Boucher de la Broquerie Taché 
né à Saint-Hyacinthe le 23 octobre 1887. Décédé au 
même endroit le 30 octobre 1887, il fut inhumé au ci- 
metière paroissial de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur. 

3. Marie-Elizabeth - Odile - Jeanne Taché née à 
Québec le 8 novembre 1888. 

4. Pierre- Joseph- Boucher de la Broquerie Taché 
ué à Québec le 14 décembre 1890. 

5. Marie-Louise-Joséphine- Marguerite Taché née 
à Québec le 10 octobre 1892. 

6. Marie- Robertine-Henriette Taché née à Saint- 
Hyacinthe le 27 novembre 1893. 

7. Louise-Léa Taché née à Saint-Hyacinthe le 23 
septembre 1895. Décédée au même endroit le 25 no- 
vembre 1895, elle fut inhumée au cimetière paroissial 
de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur. 

8. Marie- Joséphine Taché née à Scott Junction le 
21 août 1896. Décédée au même endroit le 1er octo- 
bre 1896, elle fut inhumée au cimetière paroissial de 
Saint-Hyacinthe-le-Confesseur. 

g. Louis-Joseph-Alexandre-Hyacinthe Taché né 
à Saint-Hyacinthe le 17 août 1899. 

10. Joseph- Alfred-Etienne Taché né à Saint-Hya- 
cinthe le 8 décembre 1900. Décédé au même en- 
droit le 3 mai 1901, il fnt inhumé au cimetière parois- 
sial de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur. 







X 



Louis-Joseph-Charles Hippolyte Taché 



9i 



ii. Bernard -Charles Taché né à Saint-Hyacinthe 
le 13 décembre 1902. 

III. LOv, is- Joseph- Charles-Hyppoi,yte Tache 

Né à Saint-Hyacinthe le 30 août 1859. 

Il a été admis au barreau le 12 juillet 1883. 

M. Taché avait remplacé, en 1881, son frère aî- 
né comme secrétaire de l'honorable M. Chapleau, pre- 
mier ministre de la province de Québec. Lorsque ce 
dernier accepta le poste de secrétaire d'état dans le ca- 
binet de sir John-A. Macdonald, M. Taché le suivit à 
Ottawa, où il remplit ses fonctions de secrétaire jus- 
qu'en 1892. 

Le 7 décembre 1892, M. Chapleau était nommé 
lieutenant-gouverneur de la province de Québec, et 
choisissait M. Taché comme son aide de camp hono- 
raire à Montréal. 

Aux élections provinciales de 1900, il fut le can- 
didat du parti conservateur dans le comté de Téniis- 
couata. 

M. Taché a publié les Nouvelles Soirées Canadien- 
nes, de 1882 à 1888, Les Hommes du Jour, de 1891 à 
1892, et V Opinion Publique, à Montréal, en 1892. 

Nous lui devons, en outre, La poésie franco-cana- 
dienne, Biographie de Faucher de Saint- Maurice , Légal 
and Parliamentary Hand Book, Lïile oV Anticosti, etc, etc. 

En 1887, le gouvernement français décernait à M. 
Taché le titre d'officier d'Académie. 

M. Taché a été le promoteur et il est aujour- 
d'hui l' administrateur-délégué du Crédit Municipal 
Canadien, société franco-canadienne constituée à Qué- 
bec en 1903, et organisée en France en 1904 à l'aide 
de capitaux français. 

M. Taché a épousé, à Ottawa, le 11 janvier 1887, 



9 2 



Marie-Iyouise-Hémédine, fille désir Henry- Elzéar Tas- 
chereau, aujourd'hui juge en chef de la Cour Suprê- 
me du Canada, et de Marie-Antoinette Harwood. 

Enfants : 

i . Anonyme née et décédée à Ottawa le 8 mai 
1888. Inhumée dans le cimetière Notre-Dame. 

2. Marie-Henriette- Alice Taché née à Ottawa le 
16 mai 1889. 

IV. Joseph-Antoine-Henri-Oscar Tache 

Né à Saint-Hyacinthe le 22 avril 186*. 
Cultivateur. 

Il a épousé, à Saint- Janvier de Weedon, le 1er août 
1894, L,éa, fille de Siméon Fontaine et de Julie Gauthier. 
Enfants : 

1. Marie- Henriette-Blanche Taché née à Notre- 
Dame de Saint- Hyacinthe le 26 mai 1895. 

2. Joseph-Louis- Henri-Arthur Taché né à Notre- 
Dame de Saint-Hyacinthe le 11 août 1896. 

3. Joseph- Alfred-Oscar- Maurice Taché né à No- 
tre-Dame de Saint-Hyacinthe le 25 octobre 1897. Dé- 
cédé au même endroit le 27 mai 1898, il fut inhumé 
au cimetière paroissial de Saint-Hyacinthe- le-Confes- 
seur. 

4. Marie -Jeanne - Robertine - Alexandrine Taché 
née à Notre-Dame de Saint-Hyacinthe le 1er mars 
1899. ■ 

5. Marie- Juliette-Simonne Taché née à Notre-Da- 
me de Saint-Hyacinthe le 2 juin 1900. 

6. Joseph-Charles-Roland Taché né à Notre-Da- 
me de Saint- Hyacinthe le 21 juin 1901. 

7. Marie- Cécile- Rose- Aimée Taché née à Notre- 
Dame de Saint- Hyacinthe le 7 janvier 1903. 




Joseph- Antoine- Henri-Oscar Taché 



93 



V. Joseph-Alexandre Tache 

Né à Saint-Hyacinthe le 19 mai 1862. 
Décédé au même endroit le 28 avril 1863, il fut 
inhumé dans la cathédrale de Saint-Hyacinthe. 

VI. Marie-Blanche-Henriette tache 

Née à Saint-Hyacinthe le 31 décembre 1863. 

Mariée, à Saint- Hyacinthe, le 14 juin 1887, à 
Joseph-O'Callaghan Mignault, ingénieur civil et ar- 
penteur. 

Enfants : 

1. Pierre-Louis- Alexandre-O'Callaghan Mignault 
né à Montréal le 6 avril 1888. 

2. Marie-Catherine-Henriette-Antonine Mignault 
née à Montréal le 16 juin 1889. Décédée à Montréal le 
29' avril 1890, elle fut inhumée au cimetière de la Côte 
des Neiges. 

3. Marie- Eugénie - Blanche - Henriette Mignault 
née à la Baie Saint-Paul le 22 août 1890. 

4. Joseph - Daniel-Charles de la Broquerie Mi- 
gnault née à Montréal le 14 janvier 1893. 

5. Marie-Jeanne- Béatrice Mignault née à Mon- 
tréal le 10 février 1896. Décédée à Montréal le 12 
février 1896, elle fut inhumée au cimetière de la Côte 
des Neiges. 

6. Marie-Béatrice-Anne Mignault née à Mon- 
tréal le 18 juillet 1897. Décédée à Montréal le 25 dé- 
cembre 1897, e ^ e fut inhumée au cimetière de la Côte 
des Neiges. 

7. François-Xavier- Joseph- Alexandre Mignault 
né à Montréal le 3 août 1899. 

8. Marie-Odile-Paule-Eliza Mignault née à Mon- 
tréal le 21 mars 1901. 



94 



VII. Joseph-Jean-Paschai, Taché: 

Né à Saint-Hyacinthe le 22 février 1866. 

Après avoir reçu une éducation commerciale, il 
entra au service de la banque Jacques-Cartier, à Mont- 
réal. 

En 1890, il passait à l'emploi de la Peuplé 1 s Bank 
of Halifax. Il fut successivement gérant des succur- 
sales de cette banque à Edmundston, Nouveau-Bruns- 
wick, à Fraserville, à Iyévis et à Québec. 

En 1897, M. Taché résignait sa position pour ou- 
vrir à Montréal un bureau de courtier, où il s'occupa 
de l'achat et de la vente des débentures municipales 
et de chemins de fer. 

M. Taché est depuis 1902, le secrétaire et gérant 
de la Provinciale, compagnie d'assurance mutuelle con- 
tre le feu, dont il est un des principaux fondateurs. 

Il a épousé, à Montréal, le 7 juin 1893, Marie- 
Anne- Adine, fille de Martin Honan, avocat, et de An- 
nabella Stein. 

Enfant : 

Marie-Blanche- Adine Taché née à la Rivière-du- 
L,oup (en bas) le 5 avril 1894. 

m 

ALEXANDRE-ANTONIN TACHÉ 

' " Né à Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup (en 
bas) le 23 juillet 1823. 

" Il n'avait pas encore trois ans lorsqu'il perdit 
son père. Après la mort de son époux, madame Ta- 
ché alla résider à Boucherville avec sa jeune famille, 
chez M. de la Broquerie, son père. 

' ' Madame Taché était une mère admirable. Elle 




Joseph-Jean Paschal Taché 



95 



remarqua les bonnes dispositions de son fils Alexandre- 
Antonin et s'empressa de faire pénétrer dans son âme, 
avec les premières lueurs de la raison, les vertus et les 
nobles sentiments qui ornaient la sienne. 

"A l'école comme au collège, Alexandre- Antonin 
Taché se fit remarquer par la douceur de son caractère, 
sa naïve et franche gaieté et la vivacité de son intelli- 
gence. Le collège de Saint-Hyacinthe eut l'honneur 
de former cet élève destiné à de si grandes choses. 

" Son cours terminé, il prit l'habit ecclésiastique, 
passa quelques mois au grand séminaire de Montréal 
et au collège de Chambly, et retourna à Saint-Hya- 
cinthe, où il enseigna les mathématiques. 

" Mais sa vocation religieuse l'appelait ailleurs ; 
il fallait un autre champ, des horizons plus vastes à 
son zèle apostolique. La Providence avait mis dans 
son âme le sentiment des grands sacrifices, la soif du 
salut des âmes. C'est sous l'empire de cette vocation 
irrésistible qu'il entra au noviciat des RR. PP. Oblats 
à Longueuil. C'est là que la Providence l'attendait 
pour lui faire connaître sa vocation. 

" C'était en 1845. Le Saint-Siège venait de dé- 
tacher du diocèse de Québec le territoire de la baie 
d'Hudson et du Nord-Ouest, et de l'ériger en vicariat 
apostolique. Ce vicariat, devenu depuis le diocèse de 
Saiut-Boniface, fut confié au zèle apostolique de Mgr 
Provencher, l' un des plus illustres et des plus dévoués 
missionnaires de la Rivière-Rouge. 

" Ce saint évêque voulant assurer à son vicariat 
les services d'un ordre religieux, avait jeté les yeux sur 
les RR. PP. Oblats, établis au Canada depuis trois 
ans. Ceux-ci, ayant accepté l'offre libérale qu'on 
leur faisait d'aller pour convertir les sauvages, se con- 
sacrer à une vie de peines, de souffrances et de priva- 



9 6 



tions de toutes sortes, le frère Taché eut la pensée 
d'offrir ses services à Mgr Provencher. 

''Cette pensée l'effraya d'abord, et il y avait de 
quoi. Il avait 21 ans. Il était à cet âge où les fibres 
qui attachent l'homme au sol natal, aux amis de son 
enfance, aux personnes qui l'ont aimé, sont si diffici- 
les à briser. L,' arbre dont le temps a desséché les ra- 
cines, que la tempête a courbé vers la terre, est plus 
facile à déraciner que la jeune plante pleine de sève et 
de vigueur. Mgr Taché n'avait pas éprouvé encore 
ces désenchantements et ces misères de la vie qui ai- 
dent le sacrifice. Il n'avait connu que les joies naïves 
de la famille, les soins et les sollicitudes d'une mère 
adorée ; il avait grandi au milieu des affections les 
plus douces et les plus délicates. 

"Mais l'amour qu'il portait à sa mère fut le mo- 
yen dont la Providence se servit pour le décider à ac- 
complir le grand projet qui fermentait dans son âme. 
Madame Taché était bien malade, il demanda à Dieu 
la guérison de sa mère en retour du sacrifice que le 
ciel exigeait de lui. Ce dévouement fut agréable à 
Dieu, car madame Taché recouvra la santé et vécut 
encore vingt ans. 

"Le 24 juin 1845, tout était consommé : le frère 
Taché partait de Montréal avec le R P. Aubert, pour 
sa pénible mais glorieuse mission. C'était le jour de la 
Saint- Jean-Baptiste, un mauvais jour pour se séparer 
de la patrie. Partout sur son passage, il vit des si- 
gnes de joie, des drapeaux, des arcs de verdure, il en- 
tendit les chants joyeux de la patrie, ces airs natio- 
naux que l'exilé canadien ne peut entendre sans pleu- 
rer. Qu'il dut souffrir ! 

"Il a écrit lui-même, dans une page sublime, les 
sentiments qu'il éprouva lorsqu'il quitta le sol cana- 
dien. Laissons-le parler : 




Mgr Alexandre- Anton in Taché 



97 



"Nous arrivions à l'une des sources du Saint- 
Laurent ; nous allions laisser le grand fleuve sur les 
bords duquel la Providence a placé mon berceau, sur 
les eaux duquel j'eus la première pensée de me faire 
missionnaire de la Rivière-Rouge. Je bus de cette 
eau pour la dernière fois ; j'y mêlai quelques lar- 
mes et lui confiai quelques-unes de mes pensées les plus 
intimes, de mes sentiments les plus affectueux. 

"Il me semblait que quelques gouttes de cette 
onde limpide, après avoir traversé la chaîne de nos 
grands lacs, iraient battre la plage près de laquelle 
une mère bien-aimée priait pour son fils, pour qu'il 
fût un bon Oblat, un saint missionnaire. 

' 'Je savais que, toute préoccupée du bonheur de 
ce fils, elle écoutait le moindre murmure du nord- 
ouest, jusqu'au moindre murmure de la vague, com- 
me pour y découvrir l'écho'de sa voix demandant une 
prière, promettant un souvenir. J'exprime ce senti- 
ment parce que, depuis vingt ans, le souvenir de l'é- 
motion qu'il m'a causée me permet de mieux appré- 
cier le généreux dévouement de ceux qui consacrent 
ici leur vie au salut de leurs semblables. 

1 ' La hauteur des terres était comme le seuil de 
la porte qui nous laissait pénétrer dans notre nouveau 
séjour ; c'était comme la barrière qui allait se fermer 
derrière nous. Quand le coeur est en proie à une vive 
émotion, il a besoin d'un aliment plus fort. 

"Pour calmer le mien, je lui dis de considérer 
tout ce qu'il y a d'inculte et de sauvage dans la na- 
ture du sol qu'il foulait aux pieds. Je lui dis surtout 
de se rappeler tout ce qu'il y a de misères à soulager 
dans un grand nombre des habitants de ce sol. Je 
compris alors toute la grandeur du sacrifice imposé au 
missionnaire ; j'en calculai ou du moins j'en acceptai 

*3 



9 8 



toutes les conséquences. Je fis à ma patrie un adieu 
que je croyais éternel, et je vouai à mon pays adoptif 
un amour et un attachement auxquels je ne voulais et 
ne veux donner d'autre terme que celui de ma vie. 
Dieu accepta, j'espère, le sacrifice qu'il m'inspira, la 
prière que je lui adressai." 

"Mgr Taché arriva à Saint-Boniface, le 25 août, 
après soizante et deux jours d'un voyage pénible. Dans 
ce temps-là, le canot d'écorce était le seul moyen de 
transport de Montréal à la Rivière-Rouge ; les porta- 
ges étaient longs ; il fallait faire souvent plusieurs 
milles à pied, à travers des bois, des marais et des ro- 
chers. Le voyage fut rude pour le jeune missionnaire 
si peu habitué à de pareilles fatigues. 

"L,e premier dimanche après son arrivée à Saint- 
Boniface, le frère Taché fut ordonné diacre, et, le 12 
octobre de la même année, il était fait prêtre par Mgr 
Provencher, et Oblat par le R. P. Aubert. , 

" C'était la première fois que des voeux étaient 
prononcés sur les bords de la Rivière-Rouge, et, 
chose digne de remarque, le jeune Oblat qui les faisait 
était le descendant de celui qui le premier arbora le 
drapeau de la France dans ces régions lointaines, sa- 
voir : l'illustre Varennes de la Vérandrye, parent par 
sa mère des de la Broquerie. 

" Au mois de juillet de l'année suivante, le P. 
Taché commença sérieusement cette vie de voyages 
fatigants, d'aventures émouvantes et de dévouements 
sublimes que les Annales de la propagation de la foi of- 
frent à notre admiration. Il partait pour l'Ile-à-la 
Crosse, où le P. Thibault avait fondé une mission 
l'année précédente. Il avait pour compagnon cet il- 
lustre apôtre de la Rivière-Rouge qui porta plus tard 
le nom de Mgr L,afièche. Nos deux héroïques mis- 



99 



sionnaires prirent deux mois pour faire les trois cents 
lieues qui séparaient l' Ile-à-la-Crosse de Saint- 
Boniface. 

" Le P. Taché n'avait encore voyagé qu'en été, 
il avait beaucoup marché, sillonné bien des lacs et des 
rivières en canot d'écorce, mais il n'avait pas encore 
éprouvé les douceurs d'un voyage en hiver à travers 
ces régions glaciales où le froid descend si facilement 
à 25 ou 30 degrés au-dessous de zéro. Il connut ces 
douceurs, car de l'Ile-à-la-Crosse il reçut ordre de se 
rendre au lac Vert pour baptiser un vieux chef sau- 
vage qui avait toujours refusé de se faire chrétien, 
mais que la grâce avait touché à la fin, et de là il par- 
tit pour le lac Caribou, à une centaine de lieues au 
nord-est de l'Ile-à-la-Crosse. 

" Il faudrait un volume pour dire tout ce que 
Mgr Taché a fait dans le Nord-Ouest, pour célébrer 
ses actes de vertu et de dévouement. Il n'y a pas un 
arbre, en quelque sorte, pas une rivière qui ne chante 
les grandes actions de l'apôtre de la Rivière-Rouge. 
Comment rendre justice à une vie dont chaque instant 
a été marqué par un sacrifice ? On transmet à la pos- 
térité le nom du soldat qui, dans l'enivrement de la 
bataille, s'est exposé à la mort pour sauver son géné- 
ral, que dire alors de celui qui, pour sauver des âmes, 
s'expose tous les jours pendant vingt ans au même 
danger, sans aucun espoir de récompense humaine ? 
D'ailleurs, il est quelque chose qui l'emporte, à notre 
point de vue, sur ces actions brillantes accomplies 
dans un moment d'enthousiasme, sous l'empire d'une 
grande surexcitation ; c'est une vie entière consacrée 
à s'humilier, à endurer toute espèce de souffrances 
physiques et morales, c'est le sacrifice obscur et conti- 
nuel, sans trêve ni repos, l'immolation de soi-même 
passée à l'état d'habitude. 



IOO 



' 'Les vertus et les bonnes oeuvres de Mgr Taché 
l'avaient rendu aussi populaire sur les bords de la Ri- 
vière-Rouge que sur les rives du Saint-Laurent, et ses 
supérieurs n'avaient pas tardé à admirer son zèle et 
ses talents. Aussi, lorsque Mgr Laneche refusa, en 
1850, à cause de ses infirmités, la place de coadjuteur 
auprès de Mgr Provencher, le vénérable évêque de 
Saint - Boniface s'adressa au P. Taché. Celui-ci 
n'avait que vingt-six ans, il ne put croire d'abord qu'- 
on l'appelait sérieusement à l'épiscopat, mais il com- 
prit, en arrivant à la Rivière-Rouge, que la chose était 
sérieuse. Une lettre du fondateur de l'ordre des Oblats, 
Mgr de Mazenod, lui commandait de se rendre à Mar- 
seille. 

"Il s'y rendit aussitôt, se jeta aux genoux de son 
supérieur et le supplia de le soustraire au fardeau qui 
le menaçait. 

"Laissons Mgr Taché raconter l'entretien intéres- 
sant qu'il eut à ce sujet avec Mgr de Mazenod : 

" — Tu seras évêque, lui dit Mgr de Mazenod. 

M — Mais, monseigneur, mon âge, mes défauts, 
telle et telle raison 

" — Le Souverain Pontife t'a nommé, et quand le 
Pape parle, c'est Dieu qui parle. 

" — Monseigneur, je veux rester Oblat. 

" — Certes, c'est bien ainsi que je l'entends. 

" — Mais la dignité épiscopale semble incompati- 
ble avec la vie religieuse ! 

'' — Comment! la plénitude du sacerdoce exclu- 
rait la perfection à laquelle doit tendre un religieux ! 

"Puis, se dressant avec la noble fierté et la reli- 
gieuse grandeur qui le caractérisaient, il ajouta: 

" — Personne n'est plus évêque que moi et per- 
sonne n'est plus Oblat non plus. Est-ce que je 



TOI 



ne connais pas l'esprit que j'ai voulu inspirer à 
ma congrégation ? Tu seras évêque, je le veux ; ne 
m'oblige pas d'en écrire au Pape, et tu n'en seras que 
plus Oblatpour tout cela, puisque, dès aujourd'hui, je 
te nomme supérieur régulier de tous ceux des nôtres 
qui sont dans les missions de la Rivière-Rouge." 

"L,e P. Taché eut beau plaider, il lui fallut obéir. 
Le 23 novembre 1851, il recevait, dans la cathédrale 
de Viviers, la consécration épiscopale, des mains de 
Mgr de Mazenod. 

"Après son sacre, Mgr Taché alla à Rome, où il 
trouva, auprès du Souverain Pontife et sur les tom- 
beaux des martyrs, la force dont il avait besoin pour 
accomplir ses glorieuses mais pénibles destinées. Il 
partit de Rome, dans le mois de février, pour le siège 
lointain de son épiscopat, et s'arrêta quelque temps au 
Canada, où les plus vives sympathies lui furent prodi- 
guées. On ne pouvait se lasser de voir et d'entendre 
le jeune et populaire évêque de la Rivière- Rouge ; on 
le contemplait avec un sentiment d'admiration et d'or- 
gueil national ; ou aurait voulu le garder parmi nous, 
et il lui fallut faire un effort encore pour s'arracher 
aux affections les plus sincères, aux séductions les 
plus puissantes. 

"Il partit au mois de mai, passa quelques jours à 
Saint-Boniface, auprès de Mgr Provencher, et arriva à 
l'Ile-à-la-Crosse, le siège de sa mission, le 10 septem- 
bre. La joie fut grande parmi les sauvages, lorsqu'ils 
virent revenir évêque leur bien-aimé P. Taché. Mgr 
Taché se remit à l'oeuvre en arrivant et s'occupa im- 
médiatement d'agrandir le royaume de Jésus-Christ 
en jetant partout les fondements de nouvelles missions. 
Son élévation à la dignité épiscopale loin d'adoucir 
son sort ne fit qu'augmenter son zèle et redoubler ses 



IOZ 



fatigues. Il se multiplia pour être partout à la fois,, 
pour porter aux extrémités du Nord-Ouest le flam- 
beau de la foi. 

"A son appel, d'héroïques missionnaires et de- 
saintes religieuses sont allés partager ses travaux et 
l'aider à accomplir sa glorieuse mission. On a vu, 
sous le souffle de son dévouement, surgir des écoles, 
des collèges et des couvents, dans ces forêts séculaires 
livrées jusqu'alors à la barbarie, et presque partout, à 
l'heure qu'il est, le clocher d'une chapelle catholique 
fait voir que le nom de Dieu est honoré dans ces loin- 
taines régions. 

"Citons quelques-unes de ses principales fonda- 
tions : l'orphelinat et l'hôpital de Saint-Boniface, les 
couvents de Saint-Norbert, de Saint- Vital, l'Académie 
Sainte- Marie et l'Institut des Frères, à Winnipeg, les 
couvents de Saint-Albert, de l'Ile-à-la-Crosse et du lac 
LaBiche. L,e collège et le couvent ou pensionnat de 
Saint-Boniface, fondés par son illustre prédécesseur 
Mgr Provencher, ont toujours été l'objet de sa protec- 
tion et de sa sollicitude. Il a tout fait pour assurer 
l'avenir de ces deux institutions et les mettre en état 
d'accomplir leur bienfaisante mission. Il a compris 
que dans un pays si jeune, ce qu'il fallait aux enfants 
d'une population de défricheurs, c'était une instruc- 
tion pratique. On ne peut trop louer les efforts qu'il 
a faits pour donner à l'enseignement cette direction 
salutaire. Sacrifier l'agréable à l'utile, l'idéal au réel: 
tel a été son principe, sa devise. 

"L'oeuvre de Mgr Taché, à la Rivière-Rouge, 
n'est pas seulement religieuse, elle est de plus éminem- 
ment nationale. Fidèle aux traditions de ses ancê- 
tres, il a toujours mené de front le triomphe de l'Evan- 
gile et la gloire de sa patrie. Créer dans le Nord- 



io3 



Ouest un peuple français et catholique, faire de ce peu- 
ple l'avant-garde de la nationalité canadienne-françai- 
se dans l'Amérique du Nord, était le but de ses nobles 
efforts, l'objet de ses pensées. 

"Il s'est attaché au sort de ce pauvre petit peuple 
de la Rivière-Rouge, il s'est appliqué à élever son in- 
telligence, à ennoblir ses sentiments par le culte de la 
religion et de la patrie. 

' ' On peut se faire une idée des angoisses qui sai- 
sirent Mgr Taché, lorsqu'il vit l'orage à la veille de 
fondre sur la colonie du Manitoba et de détruire, peut- 
être, le fruit de vingt années de travaux et de sacrifi- 
ces. Il voulut conjurer cet orage et vint au Canada 
pour exposer aux autorités les griefs des Métis, et en- 
gager notre gouvernement à ne pas les exaspérer en 
changeant, sans les consulter, leur état politique. 
Malheureusement on sut fort peu apprécier les motifs 
patriotiques qui l'avaient amené au milieu de nous, 
on ne tint pas compte de ses sages conseils . 

" Mgr Taché, se voyant repoussé, partit, l'esprit 
inquiet, pour le Concile œcuménique qui était à la 
veille de s'ouvrir à Rome, et l'honorable M. McDou- 
gall se mit en route pour la Rivière -Rouge. 

" On sait ce qui ai riva. Les Métis indignés ne 
voulurent passe laisser imposer un gouvernement dont 
ils redoutaient les projets, et la crise qu'avait prévue 
Mgr Taché éclata. Les ministres canadiens compri- 
rent, mais trop tard, qu'il aurait été plus sage d'écou- 
ter les conseils de Mgr Taché. Effrayés de l'attitude 
énergique des Métis, ils s'adressèrent à Sa Grandeur 
et lui demandèrent de venir à leur secours. 

" Mgr Taché, oubliant les justes susceptibilités 
qu'il aurait pu faire valoir, quitta le concile et se ren- 
dit à la Rivière-Rouge. Les Métis, toujours dociles à 



ïo4 



la voix de leur évêque bien-aimé, se soumirent â tou- 
tes les idées de conciliation qu'il leur suggéra. Mgr 
Taché joua un rôle important dans les négociations 
qui eurent lieu entre les Métis et le gouvernement ca- 
nadien. Ses conseils contribuèrent puissamment à 
inspirer aux habitants ds la Rivière-Rouge une con- 
fiance entière dans les promesses d'amnistie qui leur 
furent faites par les ministres canadiens. 

' ' Inutile de dire combien Mgr Taché a été sensi- 
ble à la violation des promesses dont il s'était jusqu'à un 
certain point porté garant, combien il a ressenti dou- 
loureusement les justes mécontentements des habitants 
de la Rivière-Rouge. Mgr Taché s'est trouvé dans une 
des situations les plus difficiles qu'on puisse imaginer. 
Obligé de concilier ses sympathies pour une popula- 
tion dont il était le protecteur avec les exigences poli- 
tiques et ses devoirs envers le gouvernement, il n'a pu 
satisfaire tout le monde. Mais s'il a péché, c'est pour 
avoir montré trop de modération et de confiance dans 
un temps où les droits et les intérêts des Métis auraient 
exigé plus de défiance. I,e désir d'éviter des troubles 
qui menaçaient d'éclater à tous moments eut naturel- 
lement un grand effet sur sa conduite. Sans ses con- 
seils les Métis n'auraient pas probablement déposé les 
armes avant d'être amnistiés." (i). 

En 1872, le Saint-Siège, se rendant aux voeux du 
quatrième concile provincial de Québec, avait érigé le 
diocèse de Saint-Boniface en province ecclésiastique, 
et Mgr Taché en avait été préconisé archevêque. Le 
pallium lui fut remis le 22 septembre de la même an- 
née. 

(1 ) L.-O. David, Monseigneur Alexandre^Antonin Taché, 
archevêque de Saint-Boniface, pp. 7 et seq. 



io5 

Mgr Taché décéda à Saint-Boniface le 22 juin 
1894. 

Le Maniioba du 28 juin 1894 nous donne de pré- 
cieux renseignements sur les derniers moments de Mgr 
Taché : 

"La semaine du 10 juin au 17 fut une semaine de 
souffrances très intenses pour notre bien-aimé arche- 
vêque et père. Il avoua qu'il avait passé trois nuits 
la tête appuyée sur une table sans pouvoir dormir un 
seul instant. Depuis longtemps les médecins et les 
prêtres de son entourage le suppliaient de consentir à 
subir l'opération de l'extraction de la pierre. Une pa- 
role de son savant frère, le docteur Joseph- Charles 
Taché, lui avait toujours fait redouter cette opération. 
Enfin, vaincu par la douleur, et prévoyant qu'il ne 
s'agissait guère que de quelques semaines ou de tout 
au plus quelques mois de vie à prolonger, il consentit 
à subir l'opération de la lithotritie. Avant de se 
mettre à la disposition de l'éminent chirurgien le doc- 
teur Ferguson aidé du docteur Lambert, son médecin 
ordinaire, et du docteur Dame, qu'il avait demandé ex- 
pressément, il s'agenouilla et récita le Veni Sancte et 
Y Ave Maria avec ses prêtres, lesRR. PP. Langevin et 
Poitras, et M. Messier, curé de la cathédrale. Il se cou- 
cha bravement sur la table d'opération, et les méde- 
cins remarquèrent que le coeur battait fort régulière- 
ment, tant était grande la puissance de la volonté sur 
l'organisme du vénérable patient. La chloroformisa- 
tion fut facile, le malade s'endormit bientôt d'un som- 
meil fort paisible. L'opération dura trois heures, On 
retira près de deux onces de pierre broyée. 

"Quand il se réveilla, il dit qu'il souffrait moins 
qu'auparavant. L'espoir était au coeur de tous. Il 



io6 



reprit même sa jovialité ordinaire. Entendant tom- 
ber un objet sur la plancher : " Sont-ce mes pierres 
qui tombent? "demanda-t-il. Depuis ce moment jus- 
qu'à sa mort, ce furent des prêtres oblats et séculiers 
qui se constituèrent ses garde-malades. 

"L,a nuit qui suivit l'opération fut bonne; mais 
le lendemain, mardi, 19, il y eut fièvre et le cher ma- 
lade se sentit plus faible. L,e docteur Ferguson était 
inquiet. Vers 5^2 heures, il dit à M. Messier, curé 
de la cathédrale : "Donnez -lui tout ce que vous avez 
à lui donner." 

"Il voulait parler des sacrements. Nous ne pou- 
vons nous empêcher d'admirer cette conduite si cons- 
ciencieuse chez un médecin protestant. Il est juste 
d'ajouter à sa louange qu'il eut pour notre vénérable 
seigneur et père les attentions délicates et affectueuses 
d'un fils. 

"Il appartenait à Mgr Grandin, son collègue dans 
l'épiscopat, son frère d'armes et son frère en religion, 
de prévenir le bien-aimé malade de sa fin prochaine. 
L,a nouvelle fut reçue avec calme. Mgr Taché reçut 
l' Extrême-Onction en pleine connaissance, ce n'est 
que vers la fin qu'il parut s'assoupir. On lui présen- 
ta tout d'abord sa croix d'Oblat qu'il baisa avec amour, 
puis sa croix épiscopale en lui disant : "Monseigneur, 
il faut mourir en évêque." Il la porta à ses lèvres 
avec empressement. 

".La nuit du 19 au 20 fut meilleure. "Vous avez 
de grandes espérances ?' ' demanda-t-on au médecin. 
"Non, dit-il, pas de grandes, mais de meilleures espé- 
rances. ' ' 

"Le mercredi, 20, à 7 heures du soir, Mgr Gran- 
din, accompagné d'un grand nombre de prêtres et de 
religieuses accourus pour célébrer l'anniversaire semi- 



io7 



séculaire de l'arrivée des RR. SS. Grises de Montréal 
àSaint-Boniface, administra le Saint- Viatique au vieil 
archevêque revêtu de l'étole. Il reçut d'abord l'ab- 
solution et fit un grand signe de croix ; puis, prome- 
nant un regard calme et inquisiteur autour de lui, com- 
me pour reconnaître chacun des prêtres, chacune des 
religieuses présentes, il dit à haute voix : ' 'Je deman- 
de pardon à tous ceux qui sont ici présents, et en leur 
personne, au clergé et aux fidèles de mon diocèse des 
scandales que j'ai pu leur donner et de la peine que je 
leur aurais causée, et je me recommande aux prières 
de tous." Il y eut alors bien des larmes versées, lui 
seul était calme et ne pleurait pas. Après lui avoir 
donné la sainte communion pour la dernière fois, Mgr 
Grandin lui adressa quelques paroles d'encourage- 
ment et d'espoir, tout en l'engageant à faire son sacri- 
fice. I,a nuit fut assez bonne. Mgr Taché se sentait 
mieux : ' 'Vous me voyez dans une singulière posi- 
tion, dit-il, mais dans huit jours, je serai beaucoup 
mieux." Hélas! un jour et demi plus tard, il n'é- 
tait plus. 

" Il était grandement préoccupé des préparatifs 
de la fête des bonnes Sœurs Grises. Quelques jours 
auparavant, les Sœurs lui ayant dit que le fait de le 
voir si souffrant leur ôtait tout courage et tout enthou- 
siasme. 

" Je vous commande, dit-il, d'avoir de l'enthou- 
siasme. Le soir du jour où il reçut le Saint Viatique, 
il demanda à deux de ses prêtres s'ils allaient assister 
à la séance préliminaire. "Vous ne manquerez pas, 
dit-il, de me dire si tout s'est bien passé." Lorsqu'on 
lui annonça que le sermon était supprimé et que les 
fêtes étaient remises à plus tard, il parut très affligé . 
Cependant il se consola par l'espoir de leur donner en- 
suite plus d'éclat. 



io8 



" La journée.du 21, jeudi, fut tellement bonne 
que chacun se flattait de l'espoir de voir bientôt le 
saint évêque reparaître au milieu d'eux plein de vie. 
Le docteur Ferguson annonça même son dessein de 
qnitter la ville pour retourner à Chicago. Il retardait 
ce voyage depuis 6 jours à cause de Mgr Taché. 

" Tout alla bien jusqu'à minuit. Il y eut alors 
un changement qui prit la tournure d'une faiblesse 
inquiétante. 

" Quelqu'un téléphona à Sainte-Marie de Win- 
nipeg au "R . P. Langevin, pour lui dire que Mgr Taché 
faiblissait. 

" Il accourut en toute hâte. Il était alors 4.30 
heures. On manda aussitôt le R. P. Allard qui exhor- 
ta le cher malade à faire son sacrifice. "Dieu, dit-il, 
est le maître de la vie et de la mort, il faut nous sou- 
mettre à sa sainte volonté s'il veut nous appeler à Lui. 
Monseigneur, renouvelez vos sentiments de contrition 
pour toutes vos fautes, je m'en vais vous donner la 
sainte absolution." Mgr Taché fit alors le signe de 
la croix et parut absorbé dans une prière fervente, il 
baisa à plusieurs reprises sa croix d'oblat et il fit le 
signe de la croix avec de l'eau bénite. C'est alors 
qu'il dit : "Si c'est la volonté de Dieu, je veux bien 
mourir. Adieu! Adieu! Au revoir, au ciel." Le R. P. 
Allard, vicaire-général, commença alors la récitation 
des prières des agonisants, le bien-aimé mourant ré- 
pondait à chaque invocation et il se frappa la poitrine 
à ptopitius esto et à Agnus Dei. 

"Lorsqu'il en vint aux mots proûciscere anima 
christiana, "Partez âme chrétienne," il jeta un regard 
très vif sur son vicaire-général, comme pour lui dire, 
" je comprends, je suis prêt." 

"A 5% heures, Mgr Grandin arrive et il dit en 



io9 



sanglotant: "Monseigneur, recueillez- vous, je m'en 
vais vous donner l'absolution." Le cher malade fit 
un signe de tête et un grand signe de croix. Puis 
quelqu'un lui demanda de bénir le clergé, les fidèles, 
les Sœurs Grises, les v Sœurs de Jésus-Marie, et sa fa- 
mille, particulièrement mademoiselle Adèle Taché ; 
chaque fois Mgr Taché fit un effort pour bénir. 

1 ' Sa respiration devenait de plus en plus pénible. 
Cependant on pensa qu'il durerait encore une heure 
ou deux, et Mgr Grandin, le R. P. Allard et M. Clou- 
tier allèrent dire leur messe. "Pourquoi partez-vous, 
dit-il." "Nous allons dire la messe pour vous, Mon- 
seigneur," lui dirent-ils. Il parut content- Le R. P. 
Langevin, M. Messier, le plus dévoué de ses garde- 
malades, et le Frère Boisramée demeurèrent près de lui. 
Lorsqu'on lui suggéra les actes de foi, d'espérance et 
de charité, les saints noms de Jésus, Marie, Joseph, il 
comprit parfaitement et fit des efforts pour tout répé- 
ter. On entendait un faible son. Il baisa encore sa 
croix d'oblat, puis il fit quelques efforts comme pour 
expectorer, ses traits se contractèrent légèrement, 
après deux ou trois mouvements suivis de quelques 
spasmes ses yeux se fixèrent immobiles. Mgr Alexan- 
dre-Antonin Tachée archevêque de Saint-Boniface, 
oblat de Marie Immaculée, venait d'expirer. Il était 
6 heures et 10 minutes du matin, vendredi, 22 juin 
1894-" 

Les funérailles de Mgr Taché eurent lieu le 27 
juin avec une solennité extraordinaire et • au milieu 
d'un immense concours de peuple. 

La veille des obsèques, à 7 heures du soir, le corps 
fut transporté dans la cathédrale de Saint-Boniface. 
Le clergé récita les vêpres, Mgr Grandin chanta le 
libéra, puis Mgr Duhamel, archevêque d'Ottawa, fit en 



IIO 



anglais l' oraison funèbre du défunt. Il fit voir eu 
Mgr Taché un grand chrétien, un grand citoyen, un 
grand missionnaire et un grand évêque. 

Iye lendemain, à 10 heures, la cathédrale de Saint- 
Boniface était remplie d'une foule émue, désireuse de 
rendre les derniers hommages au grand évêque dispa- 
ru. Mgr Grandin chanta la messe. Après les cinq 
absoutes prescrites par la liturgie pour un évêque, on 
transporta le cadavre devant le portique de la cathé- 
drale, et là, Mgr L,aflèche fit l'oraison funèbre de 
celui qui avait été son compagnon d'armes dans les 
rudes missions du Nord-Ouest. 

Après ce discours qui avait fortement émotionné 
l'assistance, le cercueil fut descendu dans la crypte de 
la cathédrale de Saint-Bonif ace, où Mgr Taché repose 
maintenant auprès des restes de Mgr Provencher, pre- 
mier évêque de Saint-Boniface. 

"Mgr Taché était un lettré et un savant," écri- 
vait en 1894 M. le juge Prendergast. Ses Vingt an- 
nées de missions, un simple rapport qu'il fait de ses 
travaux au supérieur de son Ordre, sont remplies de 
choses toujours élevées et tour à tour édifiantes, spiri- 
tuelles, profondes et charmantes. Son Esquisse sur le 
Nord- Ouest de V Amérique, publiée en 1868, est une 
mine incroyable de renseignements. Les nomenclatu- 
res qu'on y trouve de la faune et de la flore de ces pa- 
rages, frappent à elles seules le lecteur d'étonnement. 
Ce nomade a tout lu. Ce voyageur a tout étudié. Il 
connait tous les livres et toutes les découvertes. Il se 
sert de l'astrolabe, il mesure les cours d'eau. Il a été 
professeur de mathématiques, et a écrit entre deux 
missions une étude sur les Méridiennes. Il connait 6 
langues sauvages dont deux offrent d'incroyables dif- 
ficultés. Il parle culture et construction, développe 



III 



ses théories sur les ciments et les bois. Il cause de 
■chimie et de médecine, d'hypnotisme et d'électricité, 
et c'est ma foi tant mieux si la science n'a pas tort. 
Tout ce qu'il sait, il ne le sait d'ailleurs pas à la ma- 
nière des autres. En tout, et même dans le domaine 
scientifique, ce ne sont pas des aperçus, de simples 
connaissances, des opinions qu'il exprime : ce sont 
des convictions inentamables assises sur le granit le 
plus ferme. Ceux qui les ont ébranlées sont rares, 
comme son exceptionnel mérite." (i) 

' ' On ne comprendrait que très superficiellement 
le caractère de Mgr Taché, dit M. L.-A. Prud'homme, 
si l'on s'en tenait exclusivement au récit de ses 
pénibles voyages et des diverses œuvres sorties de 
ses mains bienfaisantes. Tout ceci n'est pour 
ainsi dire que le côté extérieur de ce grand évêque, 
tel que ses contemporains ont pu le saisir, 

' ' Pour retrouver et réunir dans un harmonieux 
ensemble les traits épars de sa physionomie, il faut 
chercher ailleurs et pénétrer jusque dans la partie la 
plus intime de son âme, pour y découvrir tout ce 
qu'elle contenait de grandeur et de bonté. Dieu avait 
déposé de riches trésors dans ce cœur d'élite, qui le 
faisait gémir sur toutes les douleurs et s'intéresser à 
toutes les infortunes. Ces nobles sentiments ont ceci 
de particulier qu'au lieu de s'épuiser par les aumônes 
qu'on en fait, ils s'augmentent au contraire d'autant. 
Aussi, Mgr Taché sut les multiplier en les déversant 
avec surabondance sur tous ceux qui lui étaient con- 
fiés. Sensible à l'excès, le moindre heurt le blessait 
douloureusement et était pour lui une cause de grande 
souffrance. Son âme se meurtrissait à toutes les aspé- 



(i) Manitoba, 28 juin 1894. 



\11 



rites de la vie, à un tel point, qu'on serait presque ten- 
té de croire que son organisme si délicat se fût mieux 
accommodé aux calmes douceurs d'un cloître, qu'aux 
froissements nombreux inhérents à une carrière épis- 
copale. 

' ' Cette tendresse si touchante était relevée cepen- 
dant par un esprit vigoureux et qui ne connaissait pas 
les lassitudes de la lutte. Aussi il tint ferme le gou- 
vernement de son église pendant les tempêtes qui l'a- 
gitèrent. Comme les Macchabées des Israélites, il de- 
meura sur la brèche, combattant pour les siens, ré- 
clamant avec des accents émus et une éloquence virile, 
les droits imprescriptibles de la vérité et de la justice. 

"A certains moments, quand des événements gra- 
ves se produisirent, sa parole autorisée ébranla tout le 
pays et fut répercutée par toute la Confédération. 
Qu'il faisait beau de le voir au milieu de ces jours 
tourmentés, calme et serein, conservant toujours son 
même état d'âme et un merveilleux tact des circons- 
tances. L'adversité ne put rien contre sa douceur, 
tout comme la prospérité n'avait pu altérer sa modes- 
tie. 

"A côté de ce grand évêque, homme de lutte, 
placé au siège d'une province qui a connu bien des 
orages auxquels il fut intimement mêlé, il existe un 
homme affectueux, tendre, timide parfois, qui se ré- 
pand avec ses amis en un flot de paroles caressantes. 
C'était là surtout qu'il se révélait entièrement. On 
sentait qu'il éprouvait une excessive jouissance dans 
ce commerce intime où il semblait pour ainsi dire vous 
mendier une parole d'affection. 

"Il a moins connu que qui que ce soit, cette peti- 
te passion qui s'appelle la vanité. 



H3 



"Il a pu aimer la gloire, je veux dire celle qui 
consiste à faire triompher la vérité ; mais il a dédaigné 
le bruit. On ne saurait avoir l'âme plus haute que 
la sienne. Les consolations banales et les joies éphé- 
mères n'avaient aucun charme pour lui. Il préférait 
goûter les douceurs du renoncement chrétien." (i) 

IV 

ANNE-CHARLOTTE-HENRIETTE TACHE 

Née à Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup (en 
bas) le 8 décembre 1824. 

Décédée au même endroit le 7 janvier 1825, elle 
fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse. 



(1) Revue canadienne, tome XXXVIe, p. 35. Dom Paul 
Benoit, supérieur des chanoines réguliers de l'Immaculée Con- 
ception, de Notre-Dame de Lourdes, Manitoba, est à mettre la 
dernière main à une Vie de Mgr Taché. En attendant que 
l'ouvrage du distingué chanoine soit publié, on peut consulter 
sur Mgr Taché, outre la brochure de M. L.-O. David que nous 
venons de citer : Une vieille seigneurie, Boucherville, par le R. 
P. Lalande, pp. 298 et seq ; Nouvelles Soirées Canadiennes, 
volume sixième, p, 347, article de M. J.-Hermas Charland ; 
Revue canadienne, année 1895, p. 154, et année 1899, p. 31, 
articles de M. L.-A. Prud'homme ; Semaine Religieuse de Mon- 
tréal, 30 juin 1894 et 7 juillet 1894 ; La Nouvelle-France, tome 
deuxième, p. 113, article de M. L.-A. Prud'homme ; Vingt- 
cinquième anniversaire de Vépiscopat de Sa Grandeur monsei- 
gneur Taché, archevêque de Saint-Boniface, brochure publiée à 
Montréal en 1875 ; Le Manitoba, 28 juin 1894, article de M. J.- 
E.-P. Prendergast etc., etc. Dans les Cloches de Saint-Boniface 
on trouvera un grand nombre de lettres de Mgr Taché à sa mère. 

15 



ii4 

V 

HENRIETTE-GENEVIÈVE-EMILIE TACHÉ 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 15 juillet 
1826. (1). 

Décédée à Boucherville le 13 août 1827, elle fut 
inhumée dans le cimetière de cette paroisse. 



(1) Posthume. 




Première génération : Jean-Paschal Taché 
Deuxième génération : Charles Taché 
Troisième génération : Charles Taché 
Quatrième génération : Joseph-Charles Taché 



JOSEPH-CHARLES TACHE 



" Né à Saint- Louis de Kamouraska le 24 décem- 
bre 1820. 

" Il fit ses études au séminaire de Québec, pen- 
dant que ses frères Louis et Alexandre étudiaient au 
collège de Saint-Hyacinthe. 

' ' Son cours terminé, il étudia la médecine et fut 
reçu médecin le 16 novembre 1844. 

' ' Après avoir été attaché pendant quelque temps 
à l'Hôpital de la marine à Québec, il alla s'établir à 
Rimouski où il pratiqua sa profession. 

" Ses grands talents le firent bientôt connaître 
avec avantage et, le 24 janvier 1848, à l'âge de 27 ans, 
il fut élu député du comté de Rimouski qu'il repré- 
senta pendant dix ans en parlement. 

" Doué d'une mémoire prodigieuse, d'un juge- 
ment sûr et d'un talent hors ligne, il se livra avec 
acharnement à l'étude et acquit en peu d'années la ré- 
putation d'un érudit. 

" Il n'avait que 35 ans lorsque le gouvernement 
jeta les yeux sur lui pour représenter le Canada à 
l'exposition universelle de Paris en 1855. Il se distin- 
gua et réussit par ses écrits et son intelligente activité 
à faire connaître notre pays à la France qui nous avait 
pour ainsi dire oubliés. C'est alors qu'il publia son 



n6 



Esquisse sur le Canada considéré ati point de vue écono- 
miste, ouvrage qui fut fort apprécié. 

"M. Charles Robin, dans son Histoite de F Expo- 
sition universelle, lui rend le témoignage qui suit: 

" M. J.-C. Taché a déployé dans l'accomplisse- 
ment de son mandat un zèle et une activité vraiment 
méritoires; on peut dire qu'il a popularisé le Canada en 
France, qu'il l'a fait aimer en le faisant connaître par 
les publications pleines d'à propos qui ont été répan- 
dues par ses soins. Son Esquisse sur le Canada est une 
de ces oeuvres qui, dans un pays comme le nôtre, 
atteignent leur but. C'est un ouvrage concis, nourri 
de faits substantiels, un tableau animé de ces contrées 
fertiles, pittoresques, où battent bien des cœurs fran- 
çais. M. Taché aime la France comme ses compatrio- 
tes ; cela se sent à chaque ligne de son remarquable 
opuscule, et c'est sans amertume qu'il nous rappelle 
que 800,000 habitants d'origine française se souvien- 
nent toujours au Canada que leur mère patrie c'est la 
France. Au point de vue commercial, il a fait très ha- 
bilement ressortir les avantages que les deux pays peu- 
vent retirer de transactions suivies et cette propagande 
portera des fruits, la beauté des produits du Canada 
nous en est un sûr garant." 

" En effet, cette propagande porta ses fruits, 
car, la même année, arriva dans le port de Québec la 
corvette La Capricieuse, commandée par M. de Belvèze 
qui était chargé d'établir des relations commerciales 
entre la France et le Canada. 

" Cette corvette était le premier vaisseau de 
guerre français venu au Canada depuis 1760. 

" C'est à l'occasion de l'exposition de Paris que 
M. J.-C. Taché reçut de l'empereur Napoléon III la 
croix de chevalier de la L,égion d'Honneur. 



ii7 



* 'Le représentant du Canada fit un rapport dé- 
taillé et très intéressant de sa mission en France. 

" M. Taché quitta Rimouski en 1857 pour venir 
résider à Québec et fonder le Courrier du Canada. 
Il en devint le rédacteur conjointement avec sir 
Hector Langevin. Pendant deux ans qu'il resta 
attaché à la rédaction, il se distingua tout particuliè- 
rement comme polémiste, et les hommes de cette épo- 
que se rappellent les luttes ardentes qu'il soutint dans 
son journal contre l'honorable M. Cauchon, alors ré- 
dacteur du Journal de Québec, et contre MM. Fournier 
et Marc-Aurèle Plamondon, rédacteur du National. 

" Le 2 décembre 1859, sir Georges- Etienne Car- 
tier nomma M. Taché membre du bureau des Inspec- 
teurs des Asiles et Prisons. 

" Le 13 août 1864, il fut appelé au ministère de 
l'agiiculture et des statistiques en qualité de sous-mi- 
nistre. 

' ' Durant sa carrière dans le service civil il rendit 
au pays les services les plus précieux. Il ne se con- 
tentait pas de travailler le jour ; il consacrait à l'exé- 
cution de ses devoirs et à l'étude des questions les plus 
ardues une grande partie de ses nuits. 

" Lorsque le gouvernement avait un travail im- 
portant et difficile à faire, c'est à M. Taché que reve- 
nait la tâche de le rédiger. Que de fois sir John- A. 
Macdonald (1) lui confia la préparation de mémoires 
d'état que d'autres n'auraient pu préparer aussi promp- 
tement et avec autant de savoir. M. Taché acceptait 
ces nouveaux devoirs pour rendre service non seule- 
ment à ses chefs, mais surtout à son pays qu'il aimait 
d'un amour profond et sincère. 



(1) Aussi bien que M. McKenzie. 



n8 



"Dans l'exécution de la tâche que sa position lui 
imposait, on ne le trouva jamais au dépourvu. Il con- 
naissait le chemin de la bibliothèque du Parlement et 
plus que tout autre il savait où trouver l'auteur dont 
il avait besoin. 

"I,e recensement de 187 1 auquel il consacra tant 
de veillées et d'études, restera comme une oeuvre di- 
gne de son talent et de ses connaissances en statisti- 
ques. Cet ouvrage fit l'admiration des gouvernements 
étrangers. C'est M. Taché aussi qui prépara celui de 
1881. 

"L,e 30 juin 1888, il prenait sa retraite. 

"M. Taché mourut le 16 avril 1894, à l'Hôpital 
des Soeurs Grises d'Ottawa où il résidait depuis plu- 
sieurs années. Il fut inhumé dans- le cimetière Notre- 
Dame. 

"M. Taché fut un de nos écrivains les plus ins- 
truits et les quelques ouvrages qu'il a publiés à tra- 
vers ses nombreuses occupations attestent un talent 
très relevé. Citons les principaux : 

' 'De la tenure seigneuriale en Canada et projet de 
commutation — 1854. 

"La Pléiade Rouge — 1855. 

' 'Esquisse sur le Canada — 1855. 

"Le Canada et T Exposition Uîiiverselle — 1856. 

" Des Provinces de V Amérique du Nord et d'une 
union fédérale — * 1858. 

" Notice historiographique sut la fête célébrée à Qué- 
bec le 16 juin i£jç,jom du 200 ième anniversaire de 
V arrivée de Mgr de Montmorency- Laval en Canada — 
1859. 

' l Le défricheur de langues, tragédie bouffe en vers — 
1859. 

"Trois légendes de mon pays — 1861. 



ii9 



** Forestiers et voyageurs — 1863. 

l 'Le braillard de la montagne, légende en vers — 
1864. 

"Mémoire sur le choléra — 1866. 

"La mouche ou la chrysomele et le -moyen d 'en com- 
battre les ravages — 1877. 

"Les histoires de M . Suite — 1883. 

"Les Asiles d'aliénés de la province de Québec et 
leurs détracteurs — 1885. 

" Les Sablons et F île Saint- Barnabe — 1885. (1) 

Quoiqu'il ne fut pas un des pères de la Confédé- 
ration, qu'il ne fut pas mrne député depuis plusieurs 
années, M. Taché a pris à ce grand oeuvre une part 
importante et qu'on a essayé de méconnaître en cer- 
tains quartiers. 

M. Taché publia dans le Courrier du Canada, en 
1857, une série d'articles remarquables préconisant la 
confédération des provinces anglaises de l'Amérique 
du Nord. Ces articles furent ensuite réunis en bro- 
chure sous le titre : Des provinces de F Amérique du 
Nord et d'une Union fédérale. 

"L,es idées émises par M. Taché dans sa brochure, 
écrivait feu le sénateur Tassé en 1883, n'ont pas toutes 
été mises à exécution ; mais les lignes principales ont 
été adoptées par ceux qui ont fait la Confédération, 
sous la direction d'un autre Taché — le noble et regret- 
té sir Etienne- Pasch al Taché — dont le mérite politi- 
que est aussi insuffisamment apprécié. Quiconque au- 
ra étudié avec soin le vaste projet exposé dans cette 
brochure, ne pourra s'empêcher de constater que l'acte 
d'union en renferme les pièces essentielles et porte à 
un haut degré l'empreinte d'un homme aussi modeste 



(1) Courrier de Saint- Hyacinthe, 19 avril 1894. Article 
de M. Bouclier de la Bruère. 



120 



que remarquable, l'un des esprits les plus cultivés et 
les plus complets de l'Amérique. 

Puis M. Tassé énumérait les idées émises par M. 
Taché et qui furent incorporées subséquemment dans 
notre acte constitutionnel ou dans notre législation. 

" Si remarquable que soit l'étude que nous ve- 
nons d'esquisser à grands traits, déclarait-il en termi- 
nant, il est certain qu'on n'a pas décerné à l'auteur 
tous les éloges qu'elle lui mérite. Dans le débat qui 
s'engagea dans nos chambres, en 1865, sur le projet 
de la Confédération, et qui se prolongea pendant plu- 
sieurs semaines, l'honorable M. J.-G. Blanchet fut 
seul à signaler cet important travail, quoiqu'il eût été 
incorporé presque en entier dans la nouvelle constitu- 
tion. Pareil oubli ne s'explique guère que par les gra- 
ves préoccupations qui absorbaient les esprits à cette 
époque. 

" Si l'injustice dure depuis longtemps, il n'est 
pas désirable de la perpétuer, et nous sommes heureux 
de pouvoir contribuer à restituer à cet homme éminent 
la grande part qui lui appartient dans l'élaboration de 
notre système politique. 

" On ne saurait exagérer la gloire qui lui revient 
de droit, car notre constitution est probablement la 
plus sage, la plus libre, la mieux équilibrée de toutes 
celles qui ont jamais existé. Elle forme un heureux 
mélange de constitutions anglaise et américaine, tout 
en étant parfaitement adapté aux besoins politiques, 
nationaux et religieux d'une des plus belles et des 
plus vastes portions du nouveau monde. " (1) 

M. Rameau de Saint-Père, l' éminent écrivain 



(1) Minerve, 12 mars 1885, 




Joseph-Charles Taché 



121 



français si sympathique à notre pays, écrivait, en 1883, 
à un de ses amis canadiens : 

"Transmettez à M. Taché mes compliments non 
seulement pour cette étude si intéressante sur les cen- 
tenaires, mais pour ses recensements, surtout celui de 
1871, que je considère, avec beaucoup d' autres person- 
nes, comme un des plus excellents travaux de statisti- 
que de ce siècle. La méthode, la science, la hauteur 
des aperçus, rien n'y fait défaut ; joignez-y une ri- 
chesse de documents qui honore le nom et le génie 
français, car je ne sache pas qu'aucun peuple puisse 
établir sa filiation et les lois de sa progression d'une 
manière si saisissante et si certaine." (1) 

Dans Y Opinion publique du 15 février 1872; Placi- 
de Lépine traçait une silhouette assez fidèle de M. Ta- 
ché : 

"L' homme impossible ; étonnant par ses qualités 
supérieures et par ses défauts. Beau caractère, mais 
étrange, pittoresque jusque dans ses défauts. Le 
meilleur des hommes et le plus impraticable. 

"Droit jusqu'à l'héroïsme, généreux jusqu'à la 
prodigalité, admirable de désintéressement, de charité 
inépuisable, prêt à donner sa dernière chemise au der- 
nier des mendiants. 

"Avec cela, d'un commerce difficile même pour 
ses amis, intolérant, frondeur, entier dans ses idées, 
contradicteur aussi habile qu'impitoyable, esprit sys- 
tématique, retranché dans ses lubies et plus imprena- 
ble que la citadelle de Québec, vivant dans un monde 
à part, isolé comme Robinson dans son île. 

" Homme charmant et détestable ; qu'on aime et 
qu'on fuit : en deux mots, cœur d'or, tête de mulet. 



(1) Revue canadienne, tome XIXe, p. 14. 

16 



122 



<( Savant, très savant ; connu pour le plus uni- 
versellement érudit des Canadiens. Prêt à discuter et 
à écrire pertinemment sur tous les sujets. Il connaît 
son Canada sur le bout de son doigt, sait tout, même 
ce qu'il y a de plus caché dans son pays. Avec M. de 
Gaspé le plus canadien de nos littérateurs. 

11 Caractère scabreux, mais intègre, franc comme 
l'épée du roi. Diamant superbe, mais pas entière- 
ment taillé. 

" Au demeurant, grand cœur, grand esprit, l'un 
des plus nobles types qu'ait encore produit la race ca- 
nadienne." (i) 

A son tour, Mgr Thomas-E. Hamel, dans une 
circonstance solennelle, disait, entres autres choses de 
M. Taché : 

" Joseph-Charles-Taché n'a jamais perdu une mi- 
nute de son temps. Serviteur consciencieux de son 
pays, il s'est livré avec ardeur à tous les travaux, à 
toutes les études que nécessitaient ses fonctions. Sur 
son chemin se sont rencontrées une foule de questions 
intéressantes, comme cela arrive nécessairement, à 
tout le monde du reste ; mais pendant que, pour la 
plupart, ces questions passent inapperçues ou dédai- 
gnées, lui a cru devoir y employer ses loisirs, afin 
qu'aucune partie de son temps ne fut perdue. Grâce 
à une heureuse mémoire, il se fit ainsi dans sa tête une 
véritable encyclopédie de connaissances sur toute es- 
pèce de sujets. Naturellement, tout ne pouvait pas 
être également approfondi. Quelques-unes de ses 
études, plus superficielles, ont pu se ressentir de ses 
préoccupations et de ses aspirations. Ainsi je ne ga- 



(i) Dans ses Guêpes canadiennes, vol. I, p. 205, M. Augus- 
tin Laperrière a reproduit au long cette silhouette littéraire de 
M. Joseph-Charles Taché. 



123 



rantirais pas qne toutes ses idées astronomiques se- 
raient admises par tous. De même, en fait de cons- 
truction navale, on a beaucoup parlé de son vaisseau 
à trois quilles ; mais je crois qu'à cet égard on a été 
injuste envers lui, et que le sarcasme plus ou moins 
envieux d'adversaires politiques ou autres a eu plus 
de part que la stricte vérité dans l'appréciation qu'on 
en a faite. La tendance un peu paradoxale de ses af- 
firmations a pu aussi faire juger d'une manière défa- 
vorable des assertions qui étaient loin d'être dénuées 
de fondement. Quoi qu'il en soit de ces petites taches 
(il y en a tant qui en ont de plus grandes), il n'en 
restera pas moins à Joseph-Charles Taché d'avoir été 
un des hommes les plus érudits de notre pays. 

"Dans ses fonctions de sous-ministre de l'agricul- 
ture et des statistiques, il est une oeuvre à laquelle on 
ne pourra se défendre d'attacher son nom de la maniè- 
re la plus honorable : je veux parler du recensement 
de la puissance du Canada de 187 1. Il a donné à ce 
travail, par les tableaux statistiques qu'il en a déduits, 
un caractère de précision et d'utilité générale qui ne 
pourra pas être dépassé. Je ne crois pas me tromper 
en disant que le dernier recensement, auquel il n'a pu 
prendre part, s'est ressenti de son absence. 

"Une autre oeuvre qu'on pourrait dire la préoc- 
cupation de sa vie officielle à Ottawa, c'est l'établisse- 
ment de la Léproserie de Tracadie. L,' étude de la 
terrible maladie de la lèpre a été un de ses grands sou- 
cis, et on dit qu'au moment où la mort l'a surpris, il 
était à mettre la dernière main à un grand ouvrage 
sur cette question difficile. 

" Je laisse de côté sa carrière de député, son pas- 
sage comme journaliste au Courrier du Canada, la part 
qu'il a prise aux expositions universelles de Paris, ses 



124 



travaux littéraires, historiques et autres .... Je crois 
en avoir dit assez pour faire voir quel rôle éminem- 
ment utile a joué notre illustre professeur. 

" Je termine en disant que le docteur Taché a 
couronné toutes ces belles qualités par une vie sans 
reproche. Chrétien convaincu, catholique de fait 
comme de nom, il a mis la pratique en harmonie par- 
faite avec ses croyances. 

" Consciencieux jusqu'à un point inconnu de no- 
tre temps, ce fut de lui-même qu'il se mit à la retraite, 
comme député- ministre, donnant pour raison que, vu 
ses infirmités, il n'était plus capable de gagner son sa- 
laire. . . .en conscience! je crois qu'il y en a peu qui 
aient ce souci. 

" Sa charité était proverbiale. A Ottawa, on l'ap- 
pelait le père des orphelins, de même que madame Ta- 
ché en était la mère. Au reste sa charité se manifes- 
tait sous une foule de formes. En voici deux exem- 
ples, pris entre cent autres. 

" Un jour, -c'était le jour de l'an,-au moment où 
le docteur allait se mettre à table pour dîner, une pau- 
vre femme frappe à sa porte et lui demande à manger: 
"Tiens, dit-il à sa vieille servante, porte ceci à la pau- 
vre femme." C'était son dîner. Puis il ajouta en sou- 
riant : "Ce sera toujours un bon repas qu'elle fera. 
Quant à moi, j'en ferai bien d'autres !" 

" Dans l'automne de 1852 ou 1853, après la Tous- 
saint, ,une goélette chargée de provisions, venant de 
Québec, était arrivée à Rimouski à l'endroit appelé 
Pointe-à-Pouliot. L,e docteur était à bord. L,a glace 
qui entourait la goélette l'empêchait de se rendre au 
rivage, mais n'était pas assez solide pour porter les 
gens de l'équipage ; or la goélette faisait eau. Alors 
pour utiliser le plus possible la faible solidité de la 



125 



glace, on établit, de la goélette au rivage, une espèce 
de pont en posant des planches sur la glace. Les pas- 
sagers voulaient tous que le docteur débarquât le pre- 
mier. — "Non, non, dit le généreux M. Taché, des- 
cendez et tâchez de gagner le rivage : vous avez des 
femmes, des enfants, des familles qui vous attendent 
et qui ont besoin de vous. Moi, je descendrai le der- 
nier avec le capitaine." Tous purent échapper au nau- 
frage, et l'on peut se figurer les acclamations qui ac- 
cueillirent le "bon docteur" quand il arriva au rivage! 

" Après une telle vie, rien de ^surprenant que Jo- 
seph-Charles Taché ait vu venir la mort sans trouble ; 
muni de tous les secours de la religion, il a accepté 
avec une résignation parfaite le sacrifice de ses travaux 
et de sa carrière ici-bas. Il a eu la consolation et le 
bonheur, à sa mort, d'avoir à son chevet Mgr Duha- 
mel, son archevêque, qui se rendit auprès de lui aus- 
sitôt qu'il apprit que la fin approchait. Sa Grandeur 
fit elle-même les prières des agonisants, auxquelles le 
mourant répondit avec la ferveur d'un saint. " Mon 
cher docteur, lui dit l'archevêque, vous avez édifié vos 
concitoyens par votre vie vraiment chrétienne, vous 
avez fait beaucoup d'aumônes, vous avez toujours 
beaucoup aimé votre patrie terrestre ; allez avec con- 
fiance jouir du bonheur de la patrie céleste. " 

" La mort de Joseph-Charles Taché a donc été 
vraiment l'écho de sa vie ; et il a laissé à sa digne 
compagne ainsi qu'à 6es enfants et à ses amis, la plus 
solide de toutes les consolations, celle qui s' appuie sur 
la promesse faite par Notre Seigneur au serviteur bon 
et fidèle, qui attend avec confiance la récompense de 
son juste Juge, (i) 



(i) MgrThos.-E. Hamel, Annuaire de V Université Laval 
pour Vannée académique 1894-95, P- io2 - 



126 



M. Taché avait épousé, à Rimouski, le ier juil- 
let 1847, Françoise L,epage, fille de Macaire Lepage et 
de Cordule Côté. 

Madame Taché décéda chez son fils, à la Pointe 
Gatineau, le 25 novembre 1897, et fut inhumée dans 
le cimetière Notre-Dame, à Ottawa, le 29 du même 
mois. 

Elle avait eu six enfants : 

I 

ANONYME 

Né et décédé à Rimouski le 4 août 1848. Inhu- 
mé dans le cimetière paroissial. 

n 

JOSEPH-CHARLES TACHE 
î,e continuateur de la lignée. 

in 

tOUIS-JEAN-BAPTISTE TACHÉ 

Né à Rimouski le 26 juillet 1852. 
Décédé à Rimouski le 22 août 1852.il fut inhumé 
dans le cimetière paroissial. 

IV 

IvOUIS-JEAN^BAPTISTE TACHÉ 

Né à Rimouski le 29 août 1854. 
Il a étudié aux collèges de Sainte-Anne de la Po- 
catière et de Sainte-Marie, â Montréal. 



127 



En juillet 1 88 1, il était admis à la pratique du 
droit après avoir suivi avec succès les cours de l'uni- 
sité Laval, à Montréal. 

M. Taché fréquenta ensuite pendant six mois les 
cours de droit de l'université de Toronto afin de con- 
naître plus parfaitement la loi de la province d'Onta- 
rio. 

En 1882, après un voyage en Europe, il ouvrit 
son bureau à Québec. Il a pratiqué depuis, à la Ri- 
vière du Eoup (en bas), en société avec son cousin et 
beau-frère M. Paschal-Vinceslas Taché, puis à Ri- 
mouski, où il s'est établi en 1887. 

M. Taché est maire de Saint-Germain de Rimous- 
ki depuis 1895. 

Il a été candidat conservateur dans le comté de 
Rimouski pour la Chambre des Communes aux élec- 
tions générales de 1887, pour l'Assemblée législative 
aux élections générales de 1892, puis encore pour la 
Chambre des Communes aux élections générales de 
1896 et de 1900. 

M. Taché est célibataire. 

V 

LUCE-HENRIETTE-FRANÇOISE TACHÉ 

Née à Québec le 5 avril 1858. 

Mariée, à Ottawa, le 12 janvier 1881, à son cou- 
sin, Paschal-Vinceslas Taché. 

Elle est décédée à la Rivière-du-Loup (en bas) le 
5 novembre 1886, et a été inhumée dans le cimetière 
de Saint-L,ouis de Kamouraska. Elle laissait deux en- 
fants. (1) 



(1) Voir plus loin. 



128 

f 

VI 

ALEXANDRE-ETIENNE TACHÉ 

Né à Québec le 2 novembre 1860. 
Décédé à Ottawa le 31 décembre 1873, il fut in- 
humé dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 



'??r^? 




Louis- Jean Baptiste Taché 



Première génération : Jean-Paschat Taché 
Deuxième génération : Charles Taché 
Troisième génération: Charles Taché 
Quatrième génération : Joseph-Charles Taché 
Cinquième génération ; Joseph-Charles Taché 



JOSEPH-CHARLES TACHE 



Né à Rimouski le 25 mars 1850. \ 

îl a fait ses études au séminaire de Québec et au 
collège de Sainte- Anne de la Pocatière. 

Au mois de février 1871, M. Taché entrait à l'em- 
ploi du département des travaux publics, à Ottawa, 
en qualité de dessinateur. 

Il étudia le génie civil sous M. G. -F. Baillargé, 
assistant-ingénieur en chef du département des tra- 
vaux publics. 

Il fut ensuite employé à l'exploration du canal 
Soulanges et il aida à la préparation des plans du ca- 
nal de la Baie Verte. 

De 1880 à 1899, M. Taché a conduit de grauds 
travaux dans les provinces de Québec et d'Ontario. 
Il agissait en même temps comme dessinateur en chef 
du département des travaux publics. 

En février 1899, M. Taché recevait instruction 
d'aller au Yukon conduire et surveiller les travaux 
d' amélioration des rivières et la construction des che- 
mins, ponts, etc., etc. Il resta au Yukon jusqu'en 
novembre 1901. 

Dans l'hiver de 1902, M. Taché a été chargé de 
faire l'examen du havre de Québec et il a soumis un 

17 



I30 



projet dont une partie est maintenant à s'exécuter. 

Depuis juillet 1902, M. Taché a la direction des 
travaux publics des districts de Saguenay et Chicouti- 
mi qui comprennent le lac Saint-Jean, la rivière Sague- 
nay et la côte Nord. Il a établi sa résidence à Rober- 
val. 

M. Taché a épousé, à Ottawa, le 10 septembre 
1875, Marie-Léda, fille de Stanislas Drapeau et de Ca- 
roline Drolet. 

De ce mariage sont nés trois enfants : 

I 

ROLAND-CHARLES TACHÉ 

Né à Ottawa le 9 février 1878. 
Décédé à Ottawa le même jour, il fut inhumé 
dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

II 

MARIE-LOUISE TACHÉ 

Née à Ottawa le 10 juillet 188 1. 

Mariée, à White-Horse, Territoire du Yukon, le 
29 juin 1900, à Paul-Emile Mercier, ingénieur civil, 
fils de feu l'honorable Honoré Mercier, premier minis- 
tre de la province de Québec. 

Pas d'enfants. 

ni 

YVONNE TACHÉ 
Née à Ottawa le 10 octobre ii 



BRANCHE CADETTE (i) 

Première génération : Jean-Paschal Taché 
Deuxième génération : Paschal- Jacques Taché 



PASCHAL- JACQUES TACHE 



Né à Québec le 30 août 1757. 

Comme son frère Charles, il fut bourgeois de la 
Compagnie des Postes du Roi. (2) 

Il fut élu député de Cornwallis à la Chambre 
d'Assemblée de la province du Bas-Canada le 20 mars 
1798. Il siégea jusqu'au 4 juin 1800. 

M. Taché décéda à Saint-Louis de Kamouraska 
le 5 juin 1830, et fut inhumé dans l'église paroissiale, 
sous le banc seigneurial. 

Il avait épousé, à Saint-Louis de Kamouraska, le 
26 septembre 1785, Marie-Louise-Renée de Charnay, 
veuve de Jean- Baptiste Magnan, co-seigneuresse de 
Kamouraska. 

C'est elle qui mit la seigneurie de Kamouraska en 
possession de la famille Taché. 

Madame Taché décéda à Saint-Louis de Kamou- 
raska le 15 novembre 181 3, à l'âge de 55 ans et 11 
mois, et fut inhumée dans l'église paroissiale. 

L'aimable auteur des Anciens Canadiens, M. Au- 
bert de Gaspé, rend un délicat hommage à la bonté de 
madame Taché. 

"J'ai souvent accompagné, dit-il, avec son fils, ma- 



(1) Voir p. 20. 

(2) Voir p. 21. 



132 



dame Taché dans les fréquentes visites qu'elle faisait 
aux pauvres et aux malades de sa seigneurie, chez 
lesquels elle était accueillie comme une divinité bien- 
faisante. Outre les aumônes abondantes qu'elle dis- 
tribuait aux familles pauvres, elle portait à ceux de ses 
censitaires malades, qui n'auraient pu se les procurer, 
les vins, les cordiaux, les biscuits, propres à accélérer 
leur convalescence, et toutes les douceurs que sa gé- 
nérosité ingénieuse lui suggérait. Aussi régnait-elle 
en souveraine dans sa seigneurie par les liens bien 
chers de l'amour et de la gratitude. 

"Lorsque madame Taché sortait de l'église à l'is- 
sue des offices, les habitants prêts à partir arrêtaient 
tout à coup leurs chevaux et une longue suite de voi- 
tures, réglant leur marche sur la sienne, la suivaient 
jusqu'à ce qu'elle débouchât dans l'avenue qui con- 
duit au manoir seigneurial. Et quoi qu'elle eût en- 
suite le dos tourné à ceux qui poursuivaient leur rou- 
te ils n'en ôtaient pas moins leurs chapeaux en pas- 
sant devant l'avenue, que si elle eût pu avoir connais- 
sance de cette courtoisie. Je fus cependant témoin 
un jour d'une infraction à cette déférence universelle. 

"C'était le jour de la Saint- Louis, fête de la pa- 
roisse de Kamouraska : madame Taché précédait à 
l'ordinaire, à l'issue de la messe, une longue escorte 
de ses censitaires, lorsqu'un jeune gars échauffé pas 
de fréquentes libations dont plusieurs d'entre eux 
étaient coutumiers pendant les fêtes de paroisses à la 
campagne, lorsqu'un jeune gars, dis-je, se détachant 
du cortège, passa la voiture de sa sêigneuresse de toute 
la vitesse de son cheval. Madame Taché fit arrêter sa 
voiture et se retournant du côté de ceux qui l'accom- 
pagnaient s'écria d'une voix forte : 

" — Quel est l'insolent qui a passé devant moi ? 



133 



" Un vieillard s'avança vers elle chapeau bas et 
lui dit avec des larmes dans la voix : 

" — C'est mon fils, madame, qui est malheureuse- 
ment pris de boisson, mais soyez certaine que je l'amè- 
nerai vous faire des excuses et en attendant je vous 
prie de vouloir bien recevoir les miennes pour sa gros- 
sièreté. 

" Je dois ajouter que toute la paroisse ne parlait 
ensuite qu'avec indignation de la conduite de ce jeune 
homme. Il y avait en effet double offense de la part 
du délinquant : d'abord manque d'égards envers leur 
bienfaitrice, et ensuite, d'après les mœurs, insolence 
de passer une voiture sans en demander la permis- 
sion, (i)" 

Paschal-Jacques Taché et Marie-Louise-Renée de 
Charnay n'eurent qu'un enfant : Paschal. 



(i) Mémoires, p. 532. C'est encore la belle coutume, 
dans nos campagnes, de ne jamais passer devant une voiture 
sans s'excuser ou demander la permission. Conservons tou- 
jours ces vieilles et touchantes traditions, cette belle politesse 
française, que nous ont léguées nos pères, les plus polis des 
hommes. 



BRANCHE CADETTE 

Première génération : Jean-Paschal Taché 
Deuxième génération : Paschal-Jacques Taché 
Troisième génération : Paschal Taché 



PASCHAL TACHE 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 3 juillet 
1786. 

Il hérita de la seigneurie de Kamouraska. 

Il se fit recevoir notaire le 19 septembre 1809. (1) 

M. Taché décéda à Saint-Louis de Kamouraska 
le 3 janvier 1833, et fut inhumé dans l'église parois- 
siale, sous le banc seigneurial. 

"Une bonté de coeur peu commune, une disposi- 
tion des plus entières à obliger tout le monde de son 
crédit, de ses services et de sa bourse, étaient ses pen- 
chants caractéristiques. Ses propensités à la bienfai- 
sance respiraient d'ailleurs dans sa physionomie, em- 
preinte de douceur et de bienveillance. La nature 
l'avait ainsi fait que ses propres contentements dépen- 
daient en quelque sorte de ceux qu'il trouvait le mo- 
yen de procurer aux autres. 

"M. Taché, de l'aveu de tous, était bon compa- 
gnon, rempli d'anecdotes de genre ; il savait plaire 
dans un cercle par la manière dont il les racontait. Sa 
mémoire à cet égard était une mosaïque toujours plei- 



(1) Il pratiqua très peu. Son greffe déposé au bureau du 
protonotaire du district de Kamouraska ne contient que 214 
pièces. 



136 



ne, d'où sortait à point nommé le trait ou le mot de 
circonstance. 

"Il quitta ce monde sans avoir dépassé la période 
de l'âge mûr." (1) 

Il avait épousé, à Québec, le 14 mai 1810, Julie, 
fille de Jean-Baptiste Larue, arpenteur, et de Gene- 
viève Clesse. 

Elle décéda à Nicolet le 10 septembre 1852, et fut 
inhumée dans l'église de cette paroisse. 

" Madame Taché, à titre d'usufruitière de la sei- 
gneurie de Kamouraska, sut accroître les ressources 
de sa maison par sa gestion habile eu affaires et par une 
culture soignée de ses domaines. L,es habitudes d'é- 
conomie et d'ordre de cette femme d'élite facilitaient 
de sa part, loin d'y faire obstacle, les libéralités d'oc- 
casion et ses bons offices envers les malheureux. Des 
lettres que l'on a d'elle rendent un éloquent témoi- 
gnage à sa générosité. Ses traits, calmes et d'une no- 
ble dignité, imposaient au premier abord. Ils reflé- 
taient une sérénité d'âme qui devait être égale à sa 
piété. L,a religion, pour elle, était plus qu'un devoir, 
c'était une affaire de cœur. On la vit partout allier 
le caractère d'une grande dame à la simplicité des ma- 
nières. (2)" 

Enfants : 

I 

1 LOUIS-PASCHAL-ACHIIXE TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 5 mars 181 2. 
Décédé au même endroit le 17 novembre 181 2, il 
fut inhumé dans l'église paroissiale. 

(1) F. -M. Derome, Foyer canadien, tome IV, p. 427. 
(a) Idem, p. 428. 



137 

n 

LOUIS-PASCHAL-ACHILLE TACHÉ 
Le continuateur de la branche cadette. 

m 

LOUISE-HÉLÈNE TACHÉ 

- Née à Saint-Louis de Kamouraska le 13 mai 1817. 

Mariée, à Saint-Louis de Kamouraska, le 16 août 
1842, à Nazaire Têtu, négociant. 

Elle décéda à Trois-Pistoles, le 13 juin 1890, et 
fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse. 

M. Têtu mourut moins d'une année après sa fem- 
me, à Trois-Pistoles, le 16 février 1891, et fut inhu- 
mé dans le cimetière de cette paroisse. 

"M. Nazaire Têtu né à Saint-Thomas de Montma- 
gny fut baptisé le 17 octobre 18 14. Il partit à onze 
ans de Saint-Thomas de Montmagny, pour aller de- 
meurer chez son frère Charles, établi à la Rivière- 
Ouelle. Il y remplit l'office de commis jusqu'à l'âge 
de vingt ans, et alla ouvrir aux Trois-Pistoles une 
maison d'affaires qui fut longtemps florissante et finit, 
comme bien d'autres, par disparaître. Il avait des 
moulins, faisait le commerce de bois et de marchandi- 
ses de toutes sortes. C était un homme très entrepre- 
nant, grand bâtisseur, aimable, bon, hospitalier, cha- 
ritable, et ne manquant certes pas d'esprit. Il abon- 
dait en fines reparties, et dans la discussion, tout en 
gardant parfaitement son sang-froid et sa belle hu- 
meur, il vous décochait de petits traits qui faisaient 
rire et touchaient en même temps l'adversaire au point 
vulnérable. Il avait brigué les suffrages des électeurs 

18 



138 



du comté de Témiscouata, mais sans succès. M. Têtu 
n'avait fait que céder aux instances de ses amis, sur- 
tout de l'honorable Luc Letellier de Saint- Just, dont 
il était l'un des plus dévoués partisans, car il n'était 
pas un homme de lutte et n'avait aucune am- 
bition personnelle. Aussi profita-t-il de sa défaite, 
d'ailleurs très honorable, pour ne plus reparaître sur 
les hustings, se contentant, comme auparavant, de 
jouer un rôle plus modeste, mais plus efficace. Excel- 
lent catholique, il supporta avec patience la longue et 
dernière maladie qui le conduisit au tombeau." (i) 

Du mariage de Nazaire Têtu et de Louise-Hélène 
Taché naquirent onze enfants : 

I. GÉRALDINE TÊTU 

Née à Trois- Pistoles le 26 décembre 1843. 

Mariée, à Trois- Pistoles, le 13 février 1860, â Da- 
vid Bertrand, marchand et propriétaire de moulins à 
farine, de Trois-Pistoles. 

Elle mourut à Trois-Pistoles, le 12 janvier 1872, 
et fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse. 

Elle n'avait pas eu d'enfants. 

M. Bertrand se remaria, à la Rivière-du-L,oup (en 
bas), le 30 septembre 1874, àFanny-Hermine-Juliana, 
fille du docteur Joseph-Eusèbe Hudon et de Françoise- 
Julie-Hermine Blanchet. 

II. Louis Têtu 

Né à Trois-Pistoles le 6 juillet 1845. 

Il s'est d'abord occupé de commerce et de culture. 



(1) Mgr Henri Têtu, Histoire des familles Têtu, Bonen- 
fant, Dionne et Perrault, p. 216. 



139 



Il est maintenant employé au greffe de la Cour Supé- 
rieure, à Québec. 

M. Têtu a épousé, à Winnipeg, le 6 mai 1878, 
Marie-Reine- Georgiana, fille de Onésime L'Heureux 
dit L'Hérault et de Lucie Rivard. 

Knfants : 

1 . Joseph-Arthur Têtu né à la Rivière-au-Marais 
(Manitoba) le 28 mars 1879. 

2. Nazaire Têtu né à la Rivière-aux-Prunes (Ma- 
nitoba) le 22 juin 1880. 

3. Marie-Léa Têtu née à Trois- Pistoles le 8 octo- 
bre 1881. 

4. Joseph- Wilfrid Têtu né à Saint- Fabien le 1 1 
août 1883. 

5. Marie- Amanda Têtu née à Sainte-Cécile du Bic 
le 11 juin 1885. 

6. Joseph- Alphonse Têtu né à la Rivière- Pente- 
côte le 21 avril 1887. 

7. Joseph-Louis-Léopold Têtu né à la Rivière-du- 
Loup (en bas) le 21 novembre 1888. 

8. Marie- Elzéar -Alexandre Têtu né à Saint- Jean- 
Baptiste de Québec le 16 novembre 1890. 

9. Marie-Joseph- Edouard Têtu né à Saint-Roch 
de Québec le 15 mars 1893. Décédé au même endroit 
le 15 juin 1893, il fut inhumé dans le cimetière Saint- 
Charles. 

10. Marie- Joseph-Prudent Têtu né à Saint-Roch 
de Québec le 1er septembre 1894. Décédé à Saint-Roch 
de Québec le 6 décembre 1894, il fut inhumé dans le 
cimetière Saint-Charles. 

11. Joseph- Jules Têtu né à Saint-Roch de Qué- 
bec le 12 janvier 1896. Décédé à Saint-Roch de Qué- 
bec le 2 février 1896, il fut inhumé dans le cimetière 
Saint- Charles. 



140 



12. Joseph- Philippe Têtu né à Saint-Roch de Qué- 
bec le 12 janvier 1896. Décédé à Saint-Roch de Qué- 
bec le 2 février 1896, il fut inhumé dans le cimetière 
Saint-Charles. 

III, MARlE-HêLÈNE-AMÉUE TÊT^ 

Née à Trois- Pistoles le 11 septembre 1846. 

Mariée, à Trois- Pistoles, le 20 juin 1871, à Char- 
les L,eBoutillier, négociant. 

M. LeBoutillier qui était à la tête d'un important 
établissement de pêche à la morue â Gaspé, a été for- 
cé par des revers de fortune d'abandonner ses biens à 
ses créanciers. Il demeure maintenant à Montréal 
avec sa famille. 

Knfants : 

1 . Marie-Hélène-Elizabeth DeBoutillier née à Gas- 
pé le 15 mai 1872. "Aucune chanteuse n'est si avan- 
tageusement connue à Montréal que Mlle Hélène L,e- 
Boutillier. Souvent au Parc Sohmer, dans des salles 
de concerts, le public l'a chaleureusement applaudie 
et son succès toujours grandissant est, aux yeux de 
tous, le plus éloquent témoignage de son taleut artis- 
tique et musical. Dès son bas âge, l'enfant se révéla 
l'artiste qu'elle devint plus tard et ceux qui l'entendirent 
alors purent deviner quelle richesse de sons mélodieux 
étaient renfermés dans son gosier d'oiseau. Au cou- 
vent de Jésus-Marie, à Sillery, où Mlle I^eBoutillier 
termina son cours d'études, la médaille de chant offer- 
te par cette institution et présentée par le gouverneur 
général lui fut décernée à l'unanimité. Un talent si 
remarquable avait besoin de se développer dans un 
milieu plus en rapport avec ses légitimes aspirations 
et les parents de la jeune artiste se préparaient à l'en- 
voyer étudier au Conservatoire de Paris, lorsque sou- 



Hi 



dain, nu terrible revers de fortune vint renverser ses 
plus chers projets et mettre un terme, pour le moment 
du moins, à la brillante carrière qui l'attendait chez 
nos compatriotes d'outre- mer. Mlle LeBoutillier dut 
se contenter d'aller aux Etats-Unis, à Boston, croyons- 
nous, étudier léchant, où d'ailleurs ses progrès furent 
si rapides qu'elle obtint bientôt l'emploi de premier 
soprano dans une église. Deux ans plus tard, la jeu- 
ne canadienne revint au pays et se fixa à Montréal où 
elle s'acquit rapidement une enviable position dans les 
cercles artistiques de cette ville. Sa voix, puissante et 
douce, et naturellement sympathique, va droit au coeur 
et charme tous ceux qui l'entendent. Elle excelle sur- 
tout dans le genre à grands effets et ceux qui l'ont en- 
tendu dans les partitions d'opéras de grands maîtres 
chantées devant le public montréalais se rappellent 
aussi les applaudissements enthousiastes et les rappels 
chaleureux qui l'ont saluée." (i) Mlle LeBoutillier 
s'est mariée, à Montréal, le 15 janvier 1902, au doc- 
teur Arthur Lavoie, de Sillery. Enfant : 

Eva-Thérèse Lavoie née à Sillery le 15 octobre 
1902. 

2. Marie-Louise-Eva LeBoutillier née à Gaspé le 
5 août 1874. 

3. Marie- Jeanne-Alice LeBoutillier née à Gaspé 
le 29 octobre 1877. Mariée, à l'Anse-au-Griffon, com- 
té de Gaspé, le 3 août 1902, à Olivar Asselin, journa- 
liste, de Montréal. Enfant : 

Olivar-Claude- Roger Asselin né à Montréal le 7 
juillet 1903. 

4. Jean-Charles-Joseph LeBoutillier né à Gaspé 
le 7 août 1879. Il est assistant-gérant d'une compa- 
gnie d'assurance contre le feu, à Montréal. 



(1) Passe-Temps, 15 juin 1895. 



142 

5. Elizabeth LeBoutillier née à Gaspé le 7 mars 
î88i. 

6. Marie-Thérèse-Hermine LeBoutillier née à 
Gaspé le 15 octobre 1885. Décédée au même endroit 
le 16 août 1892, elle fut inhumée au cimetière parois- 
sial. 

IV. Ernest Têtu 

Né à Trois-Pistoles le 2 novembre 1847. 
Décédé à Gaspé le 5 novembre 1881, et inhumé 
dans le cimetière de cette paroisse. 

Il était à sa mort collecteur des douanes à Gaspé. 
Il ne s'était pas marié. 

V. Marie-Juanita Têtu 

Née à Trois-Pistoles le 6 janvier 1849. 

Mariée, à Trois- Pîstoles, le 1er octobre 1873, à 
Henry- William French, né à L,iverpool, en Angle- 
terre. 

M French fut pendant plusieurs années employé 
dans le commerce de bois. Il abandonna ensuite ce 
genre d'affaires pour se livrer à la culture améliorée 
à Trois-Pistoles. 

M. French décéda à Trois-Pistoles le 30 octobre 
1901, à l'âge de 60 ans, et fut inhumé dans le cime- 
tière paroissial. 

Enfants : 

1. Harry-William French né à Québec le 14 sep- 
tembre 1876. Cultivateur. 

2. Géraldine-Gertrude French née à Québec le 
25 octobre 1877. 

3. Joseph French né à Québec le 9 février 1879. 



H3 



Décédé à Trois-Pistoles le 27 juillet 1879, il fut inhu- 
mé dans le cimetière paroissial. 

4. Joseph-Luc French né à Québec le 16 octobre 
1880. Etabli à la Nouvelle-Orléans. 

5. Joséphine- Norah French née à Québec le 20 
mars 1882. Décédée à Trois-Pistoles le 11 août 1897, 
elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

6. Maria-Juanita French née à Québec le 1er 
août 1883. 

7. Marguerite-Marie French née à Québec le 29 
août 1888. Décédée à Trois-Pistoles le 29 août 1890, 
elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

VI. Jean Têtu 

Né à Trois-Pistoles le 26 décembre 1849. 

Il partit avec le premier détachement des zouaves 
canadiens qui volèrent à la défense du Pape. Il revint 
au Canada après la prise de Rome. 

En 1876, il fut nommé agent d'émigration au 
Nord-Ouest. 

M. Têtu mourut à Saint-Boniface, Manitoba, le 2 
mars 1892. 

Il s'était marié, à Saint-Paul, Minnesota, E.-U., le 
25 mai 1870, à Francisca-Carmina, fille de Louis Tur-> 
geon, seigneur de Joliette, et de Jane Gordon. 

Elle décéda à West-Lynne (Emerson), Manitoba, 
le 14 juillet 1882, et fut inhumée au cimetière de 
Saint-Boniface. Elle laissait deux enfants : 

1 . Marie-Carmina Têtu née à West-Lynne (Emer- 
son), Manitoba, le 4 juin 1881. 

2. Joseph-Carmen Têtu né à West-Lynne (Emer- 
son), Manitoba, le 4 juillet 1882. Décédé à Winnipeg 
le 12 novembre 1890. 



144 



En secondes noces, à Montréal, le 26 décembre 
1884, M. Têtu épousa Fabiola, fille de Joseph-Ful- 
gence Pellant et de Marie-Marguerite Prendergast. De 
ce mariage naquirent : 

3. Alexandre-Joseph- Ernest Têtu né à West- 
I^ynne (Emerson), Manitoba, le 20 octobre 1885. Dé- 
cédé à Winnipeg le 22 avril 1890, il fut inhumé au ci- 
metière de Saint-Boniface. 

4. Jean Têtu né à Montréal le 12 avril 1892. Dé- 
cédé à la Rivière-du-I,oup (en bas) le 28 mai 1895. 

VU. LJ)A TÊTU 

Née à Trois-Pistoles le 25 janvier 1851. 
Demeure à Québec. 
Non mariée. 

VIII. Daniel Têtu 

Né à Trois-Pistoles le 19 janvier 1852. 
Il réside à Montmagny. 
Célibataire. 

IX. Eva TÊTU 

Née à Trois-Pistoles le 24 juin 1853. 

Mariée, à Trois-Pistoles, le 15 octobre 1878, à 
Henri Garneau, fils du docteur Jean-Baptiste Garneau 
et de Nathalie Rinfret. 

M. Garneau a fait partie de l'expédition des zoua- 
ves canadiens à Rome. C'est lui qui a fondé la mai- 
son Beaudet, I^efebvre et Garneau, qui fit le commer- 
ce de ferronneries, mais ne put tenir longtemps, faute 
de capitaux. M. Garneau est aujourd'hui voyageur 
pour la Rock City Tobacco Co. 

Enfants : 




Henri Garneau 



145 



i. Evangéline Garneau née à Trois- Pistoles le 10 
août 1879. 

2. Paméla Garneau née à Québec le 7 janvier 
1881. 

3. Fleurange Garneau née à Québec le 12 janvier 
1882. Décédée à Québec le 18 décembre 1896, elle fut 
inhumée dans le cimetière Belmont. 

4. Henri Garneau né à Québec le 7 avril 1883. 
Décédé à Québec le 6 novembre 1901, il fut inhumé 
dans le cimetière Belmont. 

5. Thérésa Garneau née à Québec le 18 mai 1884. 
Décédée à Québec le 3 janvier 1898, elle fut inhumée 
dans le cimetière Belmont. 

6. Léo Garneau né à Québec le 21 juin 1885. 

7. Blanche Garneau née à Québec le 20 septembre 
1886. Décédée à Québec le 12 mars 1893, e ^ e ^ llt i n " 
humée dans le cimetière Belmont. 

8. Georges Garneau né à Québec le 5 novembre 
1887. 

9. Juliette Garneau née â Québec le 24 décembre 
1888. Décédée à Trois- Pistoles le 7 avril 1893, elle 
fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse. 

10. Charles Garneau né à Québec le 8 mars 1890. 
Décédé à Trois- Pistoles le 28 mars 1893, il fut inhumé 
dans le cimetière de cette paroisse. 

1 1 . Yvonne Garneau née à Trois-Pistoles le 13 
septembre 189 1. Décédée à Trois-Pistoles le 24 mars 

1893, elle fut inhumée dans le cimetière de cette pa- 
roisse. 

12. Raymond Garneau né à Trois-Pistoles le 15 
février 1893. 

13. Paul Garneau né à Trois-Pistoles le 27 juillet 

1894. Décédé à Trois-Pistoles le 3 août 1894, il fut 
inhumé dans le cimetière de cette paroisse. 

19 



146 



14. Joseph Garneau né à Trois-Pistoles le 30 jan- 
vier 1896. Décédé au même endroit le même jour, il 
fut inhumé dans le cimetière de cette paroisse. 

X. Joseph Têtu 

Né à Trois-Pistoles le 25 novembre 1855. 

Il a hérité de la terre paternelle à Saint-Thomas 
de Montmagny. Il est aussi seigneur du fief de Saint- 
Luc. 

M. Têtu a épousé, à Saint-Thomas de Montma- 
gny, le 23 avril 1895, Marie-Eugénie, fille de Jean- 
Baptiste Côté et de Virginie Bernier. 

Enfants : 

1. Anna-Marie Têtu née à Saint- Thomas de 
Montmagny le 26 avril 1896. 

2. Marie-Eugénie- Yvonne Têtu née à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 24 juin 1897. 

3. Marie- Jeanne- Aimée Têtu née à Saint-Thomas 
de Montmagny le 18 août 1898. 

4. Marie-Louise-Hélène Têtu née à Saint-Tho- 
mas de Montmagny le 16 septembre 1899. 

5. Joseph -Luc-Edgar Têtu né à Saint-Thomas de 
Montmagny le 24 octobre 1900. 

6. Marie-Agnès-Lucie Têtu née à Saint-Thomas 
de Montmagny le 15 janvier 1902. 

7. Joseph- Jean-Dutilly Têtu née à Saint-Thomas 
de Montmagny le 10 janvier 1903. 

XL Alice Têtu 

Née à Trois-Pistoles le 17 mai 1857. 

Décédée à Saint-Roch des Aulnaies le 6 septem- 
bre 1864, elle fut inhumée dans le cimetière de cette 
paroisse. 



147 

IV 

JULIE- ARTHÉMISE-TACHÉ 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 13 août 
1822. 

Mariée, à Saint -Louis de Kamouraska, le 20 avril 
1846, à Charles-Barthélemi- Gaspard Tarieu deLanau- 
dière. 

M. de Lanaudière était fils de Pierre-Paul Tarieu 
de Lanaudière et de Véronique Gordon. Il naquit au 
manoir de Lavaltrie le 16 novembre 1821. Ses études 
commencées au collège de Nicolet furent terminées au 
collège des Jésuites de Georgetown, près de Washing- 
ton. Le jeune de Lanaudière se fixa ensuite à l'Indus- 
trie, chez son oncle et tuteur, l'honorable Barthélemi 
Joliette, afin d'y étudier la loi. 

M. de Lanaudière qui avait de la fortune aida 
beaucoup M. Joliette dans la fondation de l'Industrie. 
Aussi lorsque le village de l'Industrie fut érigé en ville 
en 1864 sous le nom de Joliette il en fut choisi à l'una- 
nimité comme le premier maire. En 1872, il aban- 
donna ce poste de confiance, mais, en 1874, on le réé- 
lisait malgré lui pour ainsi dire. 

M. de Lanaudière mourut à Joliette le 25 juillet 
1875, et fut inhumé dans l'église paroissiale. (1) 

"Bon chrétien, vrai type du bon citoyen, M. de 
Lanaudière emporta avec lui dans la tombe les regrets 
de tous ceux qui l'avaient connu." (2) 



(1) Lors de la démolition de cette vieille église, les corps 
de M . et Mme de Lanaudière, de même que ceux de leurs 
enfants, furent inhumés dans un terrain choisi par la Fabrique 
dans le cimetière de Joliette. 

(2) Minerve, 27 juillet 1875. 



148 



Madame de Lanaudière décéda à Joliette le 23 
janvier 1888, et fut inhumée dans l'église paroissiale. 
De leur mariage étaient nés onze enfants : 

I. Chs.-Barth.-P.-Pasc.-Gasp. T. de Lanaudière 

Né à Joliette le 3 mars 1847. 
Décédé à Joliette le 10 juillet 1847, il ^ ut inhumé 
dans l'église paroissiale. 

II. Utichanne-Arthémise T. de Lanaudière 

Née à Joliette le 2 mai 1848. 
Décédée à Joliette le 9 octobre 1849, elle fut in- 
humée dans l'église paroissiale. 

III. Antonine- Hélène T. de Lanaudière 

Née à Joliette le 10 septembre 1849. 
Décédée à Joliette le 29 mai 1853, e ^ e fut inhu- 
mée dans l'église paroissiale. 

IV. Joseph- Antoine- Alphonse T. de Lanaudière 

Né à Joliette le 12 janvier 185 1 . 
Décédé à Joliette le 1er décembre 1853, il fut in- 
humé dans l'église paroissiale. 

V. Joseph-Edouard-Gaspard T. de Lanaudière 

, Né à Joliette le 6 juillet 1853. 
Décédé à Joliette le 22 juillet 1853, il fut inhumé 
dans l'église paroissiale. 

VI. Josephte-Antonine T. de Lanaudière 

Née à Joliette le n décembre 1855. 



149 



Mariée, à Joliette, leio juillet 1878, à Louis-Ar- 
thur McConville, avocat. 

Né à Saint- Paul de Joliette le 20 décembre 1849 
de parents irlandais, M. McConville fut admis au bar- 
reau le 12 janvier 1871. 

En 1875, il fut un des rédacteurs du Nouveau-Mon- 
de qu'il laissa, en 1876, pour aller se fixer à Joliette où 
il fonda V Industrie, tout en se livrant à la pratique de 
sa profession. 

Après la résignation de l'honorable M. Baby 
comme ministre de l'Intérieur, et sa nomination 
à la Cour du Banc de la Reine, M. McConville 
fut choisi par les électeurs du comté de Joliette pour 
remplacer M. Baby à la Chambre des Communes. Il 
fut élu, le 9 décembre 1880, par une majorité de 444 

voix. 

M. McConville mourut à Joliette le 9 mai 1882, 
après une maladie de quelques jours seulement, et fut 
inhumé dans le cimetière paroissial. 

' ' Doué de toutes les qualités du coeur et de l'es- 
prit, il avait su conquérir l'estime et le respect de tous 
ses concitoyens, qui n'attendirent pas le nombre des 
années pour lui accorder la confiance qu'il méritait à 
tant de titres . ( 1 ) " 

Il laissait deux enfants : 

i° Marie-Anne-Julie McConville née à Joliette le 
9 décembre 1880. Décédée au même endroit le 5 fé- 
vrier 1883, elle fut inhumée dans le cimetière parois- 
sial. 

2. Marie-Joseph- Alice McConville née à Joliette 
le 22 mars 1882. Décédée au même endroit le 13 
juillet 1882, elle fut inhumée dans le cimetière parois- 
sial. 



(1) Gazette de Joliette, 12 mai 1882. 



15° 



Après avoir perdu ses enfants, madame McCon- 
ville renonça au monde et entra, le 9 mai 1884, au mo- 
nastère du Précieux-Sang à Saint-Hyacinthe. Bile y 
fit profession le 14 septembre 1886, sous le nom de 
soeur Marie de la Croix. Elle exerce en ce moment 
la charge d'assistante-supérieure au monastère du 
Précieux-Sang, de Nicolet. 

VIL Anne- Caroline- Josephte-T. de Lanaudière 

Née à Joliette le 3 décembre 1856. 
Décédée à Saint- Antoine de Lavaltrie le 30 juillet 
1857, elle fut inhumée dans l'église paroissiale. 

VIII. Joseph-Jean-Gaspard-T. de Lanaudière 

Né à Joliette le 23 décembre 1857. 
Décédé à Joliette le 5 février 1858, il fut inhumé 
dans l'église paroissiale. 

IX. J.-B.-Antoine-Joseph-T. de Lanaudière 

Né à Joliette le 23 juin 185g. 
Décédé à Joliette le 8 août 1859, il fut inhumé 
dans l'église paroissiale. 

X. Marie des Anges Alice de Lanaudière 

Née à Joliette le 2 octobre 1860. 

Mariée, à Joliette, le 16 février 1885, à Norman- 
Johti-Rieutord Neilson, fils de John Neilson et de Lau- 
ra-Caroline Moorhead, et petit-fils de l'honorable John 
Neilson, l'ami et le défenseur des Canadiens-français. 

M. Neilson fait le commerce de bois dans la pro- 
vince de Québec et dans l'île de Terre-Neuve. Il ha- 
bite Domald, Neilsonville, près de Québec. 



i5i 



Enfants : 

i. Norman- John-Moorhead de Lanaudière Neil- 
son né à Trois- Rivières le 14 novembre 1885. Décé- 
dé à Neilson ville le 16 juillet 1886, il fut inhumé dans 
le cimetière de Sainte- Foy. 

2. Marie- A lice Neilson née à Trois- Rivières le 14 
février 1887. 

3. Joseph-Nathanaël-Moorhead Neilson né à 
Trois- Rivières le 22 février 1888. Décédé à Trois-Ri- 
vières le 27 octobre 1888, il fut inhumé dans le cime- 
tière de Sainte-Foy. 

4. Robert- Moorhead Neilson né à Trois- Rivières 
le 11 août 1890. 

5. Marguerite de Verchères Neilson née à Bot- 
woodville, Baie des Exploits, Terre-Neuve, le 19 juin 
1892. 

6. Amédée de Lanaudière Neilson né à Botwood- 
ville, Baie des Exploits, Terre-Neuve, le 24 septembre 
1893. 

7. John- Gordon Neilson né à Nicolet le 6 avril 
1897. Décédé à Joliette le 19 décembre 1898, il fut in- 
humé dans le cimetière de Sainte-Foy. 

8. Anthony- Gordon Neilson né à Neilson ville le 
17 juillet 1901. 

XI. Joseph-Gaspard-Charles-T. de Lanaudière 

Né à Joliette le 10 septembre 1862. 

Il a été admis à la pratique du droit le 10 juillet 
1883. 

Il s'occupe de l'exploitation des carrières de pier- 
re de Joliette dont il est propriétaire. 

M. de Lanaudière est célibataire. 



152 



JACQUES- VINCESLAS TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 3 octobre 
1823. 

M. Taché fut nommé, le 16 septembre 1865, shé- 
rif du district de Kamouraska, en remplacement de M. 
Ovide Martineau. 

M. Taché s'occupa activement de milice. C'est 
lui qui organisa le 88e bataillon d'infanterie du comté 
de Kamouraska dont il fut le lieutenant-colonel du 9 
avril 1874 à sa mort. 

Il mourut à Saint- Louis de Kamouraska le 1 1 
janvier 1879, et fut inhumé dans le cimetière parois- 
sial. 

Il était à sa mort seigneur de Saint-Paschal. 

M. Taché avait épousé, à Saint-Louis de Kamou- 
raska, le 28 novembre 1848, Marie-Charlotte-Louise- 
Elizabeth, fille de l'honorable Jean-Baptiste Taché 
et de Charlotte Mure. (1) 

Madame Taché demeure à Saint- Louis de Ka- 
mouraska. 

De leur mariage naquirent six enfants : 

I. Jean-Baptiste-Paschal Tache 

Né à Saint-Paschal le 5 août 1850. (2) 
M. Taché a beaucoup aidé à l'établissement des 
beurreries dans la province de Québec. Il est, depuis 
1879, chef des commis de langue française â la Cham- 
bre des Communes, à Ottawa. 



(1) Voir p. 28 



(i) voir p. 2». 

(2) Baptisé à Saint-Loais de Kamouraska. 




Jacques-Vinceslas Taché 



153 



Il a épousé, à MonteBello, le 14 février 1888, Eli- 
zabeth, fille de Charles Major, marchand, et de Odile 
Fournier. 

Elle décéda à MonteBello, le 2 mai 1896, à l'âge 
de 28 ans, lui laissant quatre enfants : 

1. Charles- Vinceslas-Roland Taché né à Saint- 
Louis de Kamouraska le 1er novembre 1889. 

2. Henri-David Taché né à MonteBello le 2 no- 
vembre 1891. 

3. Jean-Baptiste-Paschal Taché né à MonteBello 
le 6 janvier 1893. 

4. Joseph- Adolphe- Léon Taché né à MonteBello 
le 26 avril 1896. 

II. Paschal-Vinceslas Taché; 

Né à Saint-Paschal le 28 janvier 1853. 

Admis à la pratique du droit le 11 juillet 1876. 

Il a pratiqué à Kamouraska, puis à la Rivière-du- 
Loup (en bas). 

En 1877, M. Charles-F. Roy ayant remis son man- 
dat de député de Kamouraska à la législature de Qué- 
beo, M. Taché se présenta pour le remplacer. Le 19 
mars 1877, il était battu par M. Joseph Dumont, à la 
majorité de 3 voix. 

L'élection dt M. Dumont ayant été annulée, M. 
Taché fut de nouveau candidat. Cette fois, le 1er 
mai 1878, après une lutte acharnée, il fut battu par 
M. C.-A.-E. Gagnon. 

M. Taché fut nommé, en 1880, avocat de la Cou- 
ronne, pour le district de Kamouraska. 

En octobre 1885, il acceptait la charge de réviseur 
des listes électorales pour le comté de Kamouraska. 

Le 18 février 1887, il était fait conseil de la 

Reine. 

20 



154 



Par arrêté en Conseil, en date du 22 avril 1901, 
MM. Joseph-Gabriel Pelletier et Paschal-Vinceslas Ta- 
ché étaient nommés grenier conjoint de la paix et 
greffier conjoint de la Couronne pour le district de Ka- 
mouraska, et protonotaire conjoint de la Cour Supé- 
rieure pour le même district. 

M. Taché a épousé, en premières noces, à Ottawa, 
le 12 janvier 1881, sa cousine Euce- Henriette- Françoi- 
se, fille du docteur Joseph-Charles Taché et de Fran- 
çoise Eepage. (1) 

Elle décéda à la Rivière-du-Eoup (en bas) le 5 
novembre 1886, et fut inhumée dans le cimetière de 
Saint-Eouis de Kamouraska. 

Elle lui laissait deux enfants : 

1. jVI arie-Henriette-Adine Taché née à Saint- 
Louis de Kamouraska le 14 janvier 1882. Décédée au 
même endroit le 7 avril 1892, elle fut inhumée dans le 
cimetière paroissial. 

2 . Marie- Anne-Amanda Taché née à Saint-Eouis 
de Kamouraska le 17 juin 1883. 

En secondes noces, à la Rivière-du-Eoup (en bas) , 
le 24 novembre 1890, il épousait Isabelle, fille du doc- 
teur Joseph- Alexandre Hamel et de Marie-Caroline 
Marquis. 

Madame Taché est morte à la Rivière-du-Eoup 
(en bas) le 26 février 1903, et a été inhumée dans le 
cimetière paroissial. 

," Ea regrettée défunte n'était âgée que de 31 ans, 
et se voyait depuis assez longtemps déjà minée par 
cette terrible maladie qui ne pardonne jamais : la con- 
somption. Sa mort crée un vide sensible parmi la 
bonne société fraservillienne." (2) 

Aucun enfant n'était né de ce mariage. 

(1) Voir p. 127. 

(-2\ Saint-Laurent, 27 février 1903. 



155 



III. Charles- Georges-Etienne Tache 

Né à Saint-Paschal le 16 mars 1854. 

Comme son père, il s'est toujours intéressé aux 
choses de la milice. Il a été lieutenant-colonel du 88e 
bataillon. 

Il demeure à Kamouraska. 

IV. Marie- Julie-Charlotte-Amanda Tache 

Née à Saint-Paschal le 26 janvier 1856. 

Mariée, à Saint-Louis de Kamouraska, le 14 jan- 
vier 1884, à Simon Cimon, ingénieur civil. 

M. Cimon est décédé à Saint-Etienne de la Mal- 
baie le 22 mars 1903, et a été inhumé dans le cimetiè- 
re paroissial. 

" Encore un qui vient de disparaître ! La pha- 
lange des lutteurs de 1878 voit ses rangs s'éclaircir. 
Un à un, ils partent pour le voyage d'où l'on ne re- 
vient plus, allant grossir la majorité de ceux qui nous 
attendent. 

" Simon Cimon qui ne s'était jamais lassé de com- 
battre, s'est éteint bien doucement, dimanche matin, 
le 22 mars, sans presque d'agonie. La veille, il avait, 
selon son habitude, lu ses journaux et conversé avec 
ses amis, éloignant ainsi la pensée qu'il devait mourir à 
brève échéance. Malade depuis des années, sentant 
parfois ses veines se figer et le peu de sang qui lui res- 
tait, lui refluer au coeur, il faisait contenance, se rai- 
dissait contre le destin fatal, n'avouant jamais qu'il 
fut en danger et ne voulant pas s'en convaincre. 

" Il a souffert cependant, beaucoup souffert, et il 
était bien trop intelligent pour ne pas soupçonner qu'il 
n'entendrait pas chanter les oiseaux du printemps, ni 
ne verrait les fleurs s'ouvrir. Mais après une faiblesse, 



156 



un affaiblissement qui le laissait inerte, sa nature d'a- 
cier reprenait le dessus. — Je ne mourrai pas, — et il 
partait chancelant, visiter ses vieux amis, leur dire 
bonjour et les rassurer sur l'état de sa santé. Huit 
jours avant sa mort, épuisé, n'ayant plus qu'un souf- 
fle, mais souriant encore, il montait en voiture, par de 
mauvais chemins et un temps humide pour aller sur- 
veiller des travaux d'arpentage à Saint-Irénée. 

1 ' Les ressorts qui font mouvoir la machine hu- 
maine ne sont pas tous fait du même métal. Il y a des 
hommes qui étonnent et renversent toutes les données 
de la science et les prévisions des médecins. L'élastici- 
té de leur tempérament est telle qu'au moment même 
où on les croit perdus, — par un simple effort de vo- 
lonté, ils commandent au sang de circuler plus vite et 
de ranimer l'organisme un instant vaincu par la dou- 
leur. Ceux qui ont connu sir Adolphe Chapleau sa- 
vent le nombre de fois qu'il a ainsi trompé ses méde- 
cins et ses amis. Mourant le soir, il enthousiasmait la 
foule le lendemain sans que sa figure trahit aucune 
trace de malaise. Jules Faucher, le gai censeur, le 
boute-en-train de la demi-bohême d'autrefois, dont les 
bons mots couraient la ville, commandait son cercueil, 
le matin, et trouvait encore le soir, assez de force pour 
traîner sa charpente, comme il disait, sur la terrasse 
Frontenac et fredonner un air d'opéra à ses compa- 
gnons que l'émotion suffoquait. Simon Cimon était de 
cette trempe, mais il lui a fallu, lui aussi, succomber 
comme les autres et subir la grande et juste loi de la 
mort qui nivelle toutes les ambitions et à laquelle per- 
sonne ne peut se soustraire. La source de la vie était 
tarie. 

"Toujours prêt à rendre un service, sans regar- 
der si c'était à un partisan ou à un adversaire, Simon 



157 



Cimon a joui, un jour, dans le comté de Charlevoix, 
d'une popularité fort enviable. Il fut élu en 1887 à 
la Chambre des Communes, à la mort de son père feu 
Xavier Cimon, et siégea jusqu'en 1891. De 1891 à 
1900 il se présenta quatre fois et fut battu par des ma- 
jorités variant de 175 à 90. Ces revers successifs ne 
l'abattaient pas. A chaque nouvelle lutte il se relevait 
plus courageux, plus décidé, plus confiant. 

"I^a capricieuse politique a parfois de bien tristes 
et singuliers revers pour ceux qui se donnent à elle, 
sans réserve. C'est beau de sercir son pays et de se 
dévouer pour ses concitoyens, mais aussi que de dé- 
ception ! que d'ingratitudes poignantes à dévorer en 
silence, avec un sourire aux lèvres lorsqu'on a du 
coeur. Quand un homme a sacrifié sa fortune, son 
avenir, les joies si douces de la famille ; que tous les 
serpents ont sifflé l'injure à ses oreilles et sali sa répu- 
tation et son caractère ; qu'il a tout enduré stoïque- 
ment pour son parti, enveloppant dans son manteau 
troué de philosophe, sa pauvreté ridiculisée par ceux 
qui se sont servi de son influence pour tirer les mar- 
rons du feu, et qu'il jette, autour de lui, les yeux pour 
chercher un appui, un consolateur, quelqu'un qui lui 
dise un mot d'espoir, le plus souvent, il ne rencontre 
que des donneurs de conseils quand ce ne sont pas des 
faiseurs de reproches. Qui dira, alors, ce qui doit se 
passer dans cette âme ulcérée ? 

"Et ils sont nombreux, ceux à qui l'on a rendu 
la vie amère sur la fin de leur carrière et qui dorment 
maintenant de leur dernier sommeil, après avoir par- 
donné à leurs persécuteurs. Prenons les hommes pu- 
blics depuis vingt-cinq ans. A partir du gouverneur 
L,uc Letellier qui est mort du coup qu'on lui avait 
porté et que l'on poursuivit jusque dans son cercueil, 



158 



combien sont tombés épuisés par la lutte, trahis par 
leurs amis, bafoués par leurs adversaires ? On peut 
différer d'opinion sur les mérites d'un homme. Au 
cours de la discussion, dans l'emportement d'une in- 
vective, l'accuser d'une intention qu'il n'a pas ; mais 
l'histoire calme et juste n'admettra jamais que s'il a 
pu se tromper, il n'agissait pas avec sincérité et con- 
viction, comme bien d'autres qui ont commis des er- 
reurs, tout eu poursuivant un but digne et avouable. 

"IV ami qui vient de nous quitter a bu, lui aussi, 
le calice des amertumes ; mais il avait du caractère et 
une confiance sans borne en l'avènement du parti pour 
lequel il avait si vaillamment combattu ; c'est pour- 
quoi, il a pu tout supporter avec l'imperturbable aplomb 
d'un stoïcien, et voir sans broncher la grande débâcle 
emportant dans ses débris, ce qui lui restait d'avenir 
et de fortune. Est-ce qu'il n'est pas permis aux sol- 
dats du camp opposé, d'admirer une telle persévéran- 
ce d'opinion, une pareille énergie de volonté ? 

" Il en faut de ces vaillants dans un pays comme 
le nôtre où les institutions et les garanties de bonne 
administration reposent sur la divergence de principes 
des partis politiques. Si, à un moment donné, tous se 
concertaient pour proclamer une suspension d'armes 
indéfinie, l'équilibre serait rompu et les admirables 
remparts qui nous protègent tomberaient d'eux-mê- 
mes. 

1 " Sans affectation comme sans mépris pour ceux 
qui ne partageaient pas ses principes religieux, Simon 
Cimon était un ferme croyant. Elevé par une mère 
chrétienne, il avait foi au Christ qui pardonne et con- 
sole en promettant la paix aux hommes de bonne vo- 
lonté. Jamais de sa vie, il n'a jugé personne et rien 
ne l'ennuyait comme ces fanatiques du pharisaïsme, 



159 



vouant sans merci, au feu éternel, quiconque ne 
dit pas "amen," à tous les refrains de leur casuistique 
perfide. Il accomplissait ses devoirs, sans bruit, à la 
manière de tout catholique convaincu que l'ostenta- 
tion n'est pas la religion. Il aimait son Dieu, son pays, 
sa famille : ses deux chers petits enfants surtout qui 
ne se réalisent pas encore qu'ils n'ont plus de père et 
son épouse qui a toujours été son plus solide appui, sa 
suprême consolation. 

" Sa mort si soudaine a jeté un deuil général dans 
tout le comté de Charlevoix . On savait bien que sa 
maladie serait fatale ; mais personne ne s'attendait à 
un dénouement aussi prompt. Ceux qui ont assisté à 
ses funérailles peuvent maintenant apprécier combien 
il était estimé et nous, ses amis, ses camarades qui 
avons connu son bon coeur et l'avons tant de fois 
éprouvé, nous ne pouvons que le regretter et garder 
de ce citoyen, un souvenir durable." (i) 
Du mariage Cimon-Taché naquirent : 
i. Charles- Vinceslas- Roland Cimon né à Saint- 
Etienne de la Malbaie le 28 mai 1885. Décédé au mê- 
me endroit le 5 août 1885, il fut inhumé au cimetière 
paroissial. 

2. Marie-Louise- Aima- Amanda Cimon née à Saint- 
Etienne de la Malbaie le 9 septembre 1887. Décé.dée 
à Saint-Louis de Kamouraska le 30 avril 1892, elle fut 
inhumée au cimetière de cette paroisse. 

3. Marie-Claire-Adine Cimon née à Saint-Etienne 
de la Malbaie le 28 septembre 1888. Décédée à Saint- 
Louis de Kamouraska le 31 mai 1892, elle fut inhu- 
mée au cimetière de cette paroisse. 

4! Joseph- Arthur Cimon né à la Rivière-du-Loup 
(en bas) le 20 mars 1 890 . Décédé à Saint-Louis de 

(1) Soleil, 31 mars 1903. Article de M. Alfred Cloutier. 



i6o 



Kamouraska le 7 mai 1892, il fut inhumé au cimetiè- 
re de cette paroisse. 

5. Marie- Aima Cimon née à Saint-Etienne de la 
Malbaie le 18 février 1894. 

6. Antoine-Alexandre Cimon né à Saint-Etienne 
de la Malbaie le 26 février 1898. 

V. Pascha^-Henri -Alexandre Tache 

Né à Saint-Paschal le 8 novembre 1858. 
Il demeure avec sa mère à Saint-Louis de Kamou- 
raska. 

Célibataire. 

VI. Marie-Jeanne-Adine Tache 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 28 novem- 
bre 1860. 

Décédée au même endroit le 4 juillet 1870, elle 
fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

VI 

Marie-Anne-Aglaé-Lêontine Taché 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 10 avril 
1826. 

Décédée au même endroit le 1er novembre 1829, 
elle fut inhumée dans l'église paroissiale. 




BRANCHE CADETTE 



Première génération : Jean-Paschal Taché 
Deuxième génération : Paschal- Jacques Taché 
Troisième génération : Paschal Taché 
Quatrième génération : Ls-Paschal-Achille Taché 



LOUIS-PASCHAL-ACHILLE TACHE 



Né à Saint-Louis de Kamouraska le 22 juin 18 13. 

Il épousa, à Québec, le 16 juillet 1834, Josephte- 
Joséphine-Eléonore, fille de feu Jean-Baptiste-Philippe 
D'Estimauville et de Marie- Josephte Drapeau. 

M. Taché fut assassiné dans la nuit du 31 janvier 
au 1er février 1839 par le docteur Holmes, de Sorel. 

Le Canadien du 20 février 1839 donne des rensei- 
gnements assez véridiques sur ce meurtre horrible : 

"Vers les quatre heures de l'après-midi, le 31 jan- 
vier dernier, un étranger venant d'en haut arrêta à 
l'auberge de Wood, à quelques arpents au-dessus de 
l'église de Kamouraska, fit dételer son cheval et or- 
donna qu'on lui prépara à manger. Il ôta son capot 
et descendit à pied quelque distance plus bas que l'é- 
glise, tandis que la femme de l'auberge lui préparait 
son repas. Il s'informa d'un jeune homme qu'il ren- 
contra en chemin où demeurait madame Taché, la 
seigneuresse du lieu, et si son fils, M. Achille, était à 
la maison. Le jeune homme lui indiqua le manoir et 
lui dit qu'il pensait que M. Achille y était. Il revint 
ensuite à son auberge. 



IÔ2 



" Vers six heures et demie il fit mettre son che- 
val sur sa voiture et dit à la femme de l'auberge qu'il 
allait à Saint-Paschal, qu'il descendrait par Saint-An- 
dré et reviendrait dans deux ou trois jours. Il prit le 
côté d'en bas. Arrivé à quelques arpents de la route 
qui conduit à la maison de madame Taché, qui est à 
quelque distance du chemin et qu'il s'était fait indi- 
quer un instant auparavant, il fit rencontre d'une des 
voitures de madame Taché dans laquelle se trouvait 
M. Achille Taché, qui venait voir un de ses amis ma- 
lade près de l'église. Il reconnut M. Taché, lui dit 
qu'il venait de Sorel, qu'il avait des nouvelles de sa 
famille à lui donner, (i) Sur quoi M. Taché tout 
joyeux passa de la voiture de sa mère dans celle de 
cet étranger qui rebroussa chemin et prit le côté d'en 
haut. 

"M. Taché n'ayant point retourné le soir chez sa 
mère, celle-ci s' informa du domestique de ce qu'il était 
devenu. Il lui rendit compte de ce qui s'était passé, 
et madame Taché demeura sans inquiétude jusqu'au 
lendemain, vendredi premier février courant, où elle 
fit faire des perquisitions qui amenèrent à supposer 
qu'il s'était rendu à la Rivière -Ouel le chez un de ses 
compagnons de collège où il allait assez fréquemment. 
L,e samedi, M. Taché n'ayant point reparu et des ha- 
bitants de Kamouraska, venant de Sainte-Anne, ayant 
dit qu'un étranger avait couché dans la nuit du 31 
janvier au 1er de février, dans une auberge â Sainte- 
Anne', que sa voiture était pleine de sang, qu'ils 
avaient vu des traces de sang dans l'anse de Kamou- 
raska jusqu'à une petite distance d'une maison que 
M. Achille Taché avait au-dessus de l'église, l'alarme 



(1) Madame Taché et ses deux enfants étaient en prome- 
nade à Sorel. 



163 



se répandit, et on se mit à la recherche du jeune hom- 
me qu'on ne douta plus avoir été assassiné. 

' 'Le dimanche matin son corps fut trouvé sur la 
batture de Kamouraska portant des marques à la tête. 
Lors de l'examen du corps fait par le docteur Dou- 
glass, deux balles furent trouvées dans la tête de l'in- 
fortuné jeune homme. 

"D'après le signalement donné de la personne 
que l'on supposait avoir commis le crime et avec qui 
M. Taché s'était embarqué, les soupçons se portèrent 
sur le docteur Holmes, de Sorel, compagnon de collège 
de M. Taché. On a donné à sa poursuite d'abord 
jusqu'à Sorel où on est arrivé le 7 du courant. Là, ou 
apprit que le docteur Holmes s'était absenté du villa- 
ge, où il demeurait, depuis le 22 janvier jusqu'au 5 
février, et que dans la nuit du 5 au 6 du courant, à 
l'arrivée de la poste, il s'était enfui en toute hâte, pre- 
nant la route qui conduit aux Etats-Unis. La pour- 
suite a été continuée jusqu'à Saint-Ours où on a trou- 
vé son cheval, sa carriole et ses peaux encore teintes du 
sang de sa victime. Le docteur avait pris un cheval 
frais pour aller plus vite." 

Le docteur Holmes fut arrêté à Burlington, dans 
l'état de Vermont, mais le gouvernement canadien ne 
put obtenir son extradition. On n'en a plus entendu 
parler depuis. 

Madame Taché se remaria, à Québec, le 18 mai 
1843, à Léon-Charles Clément, notaire, de la paroisse 
des Ebaulements. 

Elle est décédée à Montréal le 24 juin 1893, e * a 
été inhumée au cimetière des Eboulements. 

Deux enfants étaient nés de son premier maria- 
ge : (1) 



(1) Elle en eut six de sa seconde union. 



164 

I 

J . -B. -JOSEPH- P ASCH AIv-I V ANHOE TACHÉ 

Le continuateur de la branche cadette. 

II 

LUCIEN-ELZÊAR-ISIDORE TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraska, le ier octobre 
1836. 

Il épousa, à Saint-Romuald d'Etchemin, le 22 
avril 1879, Mary- Jane Ahern. 

M. Taché décéda le 29 avril 1888, et fut inhumé 
dans le cimetière Belmont, à Québec. 

Sa veuve s'est remariée à Gaudiose Lambert. 

Pas d'enfant de son mariage avec M. Taché. 



BRANCHE CADETTE 



Première génération : Jean-Paschal Taché 
Deuxième génération : Paschal- Jacques Taché 
Troisième génération: Paschal Taché 
Quatrième génération î Ls.-Paschal- Achille Taché 
Cinquième génération : J.-B.-J.-Pasc.-Ivaûhœ Taché 



J.-B.-J,-PASŒAL-rV r ANHOE TACHE (1) 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 4 novembre 

1835- 

Il fut greffier des journaux français et député 

sergent d'armes du Sénat de la puissance du Canada. 
M Taché décéda à la suite d'une attaque de pa- 
ralysie, à Ottawa, le 20 avril 1887, et fut inhumé dans 

le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

Il avait épousé, à Québec, le 25 novembre 1856, 

Thérèse-Catherine, fille de l'honorable juge William 

Power et de Suzanne Aubert de Gaspé. 

Madame Taché mourut à Ottawa le 24 septembre 

1890, et fut inhumée dans le cimetière Notre-Dame 

d'Ottawa- 
Treize enfants naquirent de leur mariage : 

I 

WILLIAM-ARTHUR TACHÉ 

Né à Québec le 23 décembre 1857. 

Employé au département de l'Agriculture, à Otta- 



wa. 



Célibataire. 



(1} Connu sous les orénoms de Louis-Ivanhoe. 



i66 



n 

MARIE-SUZANNE-CÉCILE-(CECY) TACHÉ 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 3 avril 1859. 

Mariée, à Ottawa, le 16 juin 1891, à Jude- Alfred 
Chassé, greffier en loi au ministère des travaux pu- 
blics, à Ottawa. 

Enfants : 

I. Marie-Juue-Thérèse Chassé 

Née à Ottawa le 2 novembre 1892. 

II. Marie-Marguerite Chassé 

Née à Ottawa le 16 janvier 1894. 

III. Joseph- Alphonse- Ivanhoe Chassé 

Né à Ottawa le 7 octobre 1895. 
Décédé à Ottawa le 23 juin 1896, il fut inhumé 
dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

IV. Joseph-Ivanhoe-Alfred Chassé 

Né à Ottawa le 11 février 1897. 

V. JOSEPH-LOUIS-HORACE CHASSÉ 

Né Ottawa le 11 juin 1899. 

Décédé à Ottawa le 16 août 1900, il fut inhumé 
dans" le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

m 

CATHERINE-THÉRÈSE-JOSÉPHINE TACHÉ 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 1er août 
1860. 



167 



Mariée, à Ottawa, le 31 août 1885, â Louis- Amé- 
dée DesRosiers, ingénieur civil, à l'emploi du départe- 
ment des travaux publics du Canada. 

Enfants : 

I. Louis DesRosiers 
Né à Ottawa le 4 juillet 1886. 
Décédé à Ottawa le 31 mars 1893, et inhumé 
dans le cimetière Notre-Dame d' Ottawa. 

II. Ivanhoe DesRosiers 
Né à Ottawa le 18 août 1888. 

III. Arthur DesRosiers 

Né à Ottawa le 7 juillet 1890. 

IV. Ivonne DesRosiers 

Née à Ottawa le 15 février 1892. 
Décédée à Ottawa le 7 octobre 1892, et inhumée 
dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

V. Emma DesRosiers 

Née à Ottawa le 30 août 1893. 

VI. Gustave DesRosiers 
Né à Ottawa le 22 décembre 1895. 

VII. Joseph DesRosiers 
Né à Ottawa le 25 août 1898. 

VIII. Paul DesRosiers 

Né à Ottawa le 20 novembre 1900. 
Décédé à Ottawa le 30 juin 1901, et inhumé dans 
le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 



i63 



IX. Pauline DesRosiers 

Née à Ottawa le 20 novembre 1900. 
Décédée à Ottawa le 31 juillet 1901, et inhumée 
dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

X. Noël DesRosiers 

Né à Ottawa le 24 décembre 1901. 
Décédé à Ottawa le 5 mars 1903, et inhumé dans 
le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

IV 

EMMA-LUCE TACHÉ 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 24 mars 
1862. 

Elle réside à Ottawa. 

V 

LOUIS-JOSEPH-IVANHOE TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 2 novembre 
1863. 

Décédé à la Pointe Gatineau le 12 août 1887, il 
fut inhumé dans le cimetière Notre-Dame, à Ottawa. 

VI 

ULRIC-HENRY TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 4 juillet 
1865. 

Décédé à Saint-Louis de Kamouraska le 29 dé- 
cembre 1865, il fut inhumé dans le cimetière parois- 
sial. 






169 

vn 

BLANCHE-ALICE TACHÉ 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 6 octobre 
1866. 

Décédée à Saint-Louis de Kamouraska le 2 avril 
1871, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

vra 

HARLINE-GEORGIANA-ISABELLA TACHÉ 

Née à Saint-Louis de Kamouraska le 20 juillet 
1868. 

Décédée à Ottawa le 6 décembre 1879, elle fut in- 
humée dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

IX 

MARIE-LAURE-WILHELMINE TACHÉ 

Née à Saint- Louis de Kamouraska le 17 mars 
1870. 

Décédée à Saint-Louis de Kamouraska le 30 juil- 
let 1871, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial. 

X 

HENRI-PASCHAL-ACHILLE TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 20 octobre 
1871. 

Employé au département du revenu de l'Intérieur, 

à Ottawa. 

Non maiié. 

22 



170 



XI 

ACHILXE-GEORGE-GUSTAVE TACHÉ 

Né à Saint-Louis de Kamouraska le 25 mai 1873. 
Décédé à Ottawa le 28 juillet 1879, il fut inhumé 
dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

XII 

EUGÈNE-ERNEST-ETIENNE TACHÉ 

Né à Saint-I^ouis de Kamouraska le 12 février 

1875. 

Décédé à Ottawa le 2 décembre 1879, il fut inhu- 
mé dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 

XIII 

MARIE-LOUISE-LAURETTE TACHÉ 

Née à Ottawa le 27 avril 1879. 
Décédée à Ottawa le 29 novembre 1879, elle fut 
inhumée dans le cimetière Notre-Dame d'Ottawa. 




APPENDICE 



-oo- 



LA FAMILLE TACHE 

( Bihliograph ie ) 



Taché, Mgr Alexandrb-Antonin ; 

Vingt années de missions dans le Nord-Ouest de 
V Amérique. — Montréal, Eusèbe Senécal, imprimeur- 
éditeur, rue St- Vincent, Nos 6, 8 et 10 — 1866.245 pp. 
in-8. (1) 

Esquisse sur le Nord-Ouest de V Amérique. — Mont- 
réal, typographie du "Nouveau- Monde", 23, rue St- 
Vincent — 1869. 146 pp. in-8. 

Sketch of the North- West of America, by Mgr Ta- 
ché, bishop of St-Boniface. Translated from the french, 
by captain D. R. Cameron, Royal Artillery — Mont- 
réal : printed by John Lovell, St-Nicholas street — 
1870. 216 pp. in-8. 

Discours de Mgr Taché aux noces d'or du Révérend 
Messire Pépin — Presse à vapeur du ' 'Franc- Parleur' ' — - 
1874. 

D amnistie. Montréal : imprimée par le journal 
"Le Nouveau Monde", 30, rue St-Gabriel — 1874 — 72 
pp. in- 16. 

Encore r amnistie. Imprimerie du journal "Le Mé- 
tis", Winnipeg — 1875. 4 2 PP« in- 16. 

Denominational or free Christian schools in Manito- 
ba — Winnipeg : "Standard" Book and Job Printing 
Establishment — 1877. 126 pp. in-8. 

La Situation. 1885. 



( 1 ) Une seconde édition a été publiée en 18S8 par la li- 
brairie Saint- Joseph, Cadieux &Derome. «39 pp. in-8. 



172 



Two letlers or archbishop Taché on the school ques- 
tion. 1889. 9 pp. in-8. 

Ecoles séparées : partie des négociations à Ottawa. — 
(Traduction d'une lettre adressée au "Free Press," 
Wirmipeg, 27 décembre 1889, d'une autre lettre pu- 
bliée le 15 janvier dans le "Free Press," datée le 13 
juillet 1890, et d'une troisième lettre datée du 24 jan- 
vier 1890) — "Le Manitoba", Saint-Boniface. 1890. 

Une page de V histoire des Ecoles du Manitoba. Etu- 
de des cinq phases d'une période de 75 années : 18 18- 
1868, 1868-1870, 1870-1888, 1888-1890, 1890 à ce 
jour — Imprimerie "Le Manitoba", Saint-Boniface. 
1893. 

Mémoire de Monseigneur Taché sur la question des 
écoles en réponse au rapport du comité de V honorable Con- 
seil Privé du Canada. — Montréal, C. O. Beauchemin & 
Fils, libraires-imprimeurs, 256 et 258, rue Saint-Paul. 
1894. 64 pp. iu-8. 

Taché, Sir Etienne- Pasch ai, : 

Du développement de la force physique chez P homme, 
discours prononcé à l'Institut Canadien de Montréal. 
(J. Huston, "Répertoire national", éd. 1848-50, vol. 
IV, p. 362; éd. 1893, vol. IV., p. 364). 

Guerre de 181 2 à 181 5. Bataille navale du lac 
Champlain, par un témoin oculaire ("Mémoires et do- 
cuments publiés par la Société Historique de Mon- 
tréal", troisième livraison, p. T45). 

Discours prononcé par P honorable colonel Taché, à 
P inhumation des restes des braves tombés en 1760 sur les 
Plaines d' Abraham. ("Le Canadien," 9 juin 1854.) 

Lettre de Sir E.-P. Taché au, lieutenant-colonel Ste- 
venson, datée de Montréal le 20 mai 1863. — (Transac- 
tions of the Literary and Historical Society of Québec, 
Sessions of 187-8, p. 14). 

Quelques réflexions sur P organisation des volontaires 
et de la milice de cette province, par un Vétéran de 181 2. 
Québec : des presses à vapeur de A. Côté et Cie — 
1863. 45 pp. in-8. 



i73 



Taché, Eugène-Etienne : 

Carte de la provi?ice de Québec — 1870. 
Carte de la province de Québec — 1880. 
Carte de la province de Québec — 1893- 
Carte de la province de Québec — 1898. 

Taché, Joseph-Charles : 

Rapport du comité spécial de l' 'Assemblée Législative 
sur l'état de V agriculture — Imprimerie Louis Perreault. 
1850. 

De la tenure seigneuriale en Canada et projet de 
commutatio?i. — Québec : imprimé parLovellet Lainou- 
reux, à leur établissement à vapeur, rue Lamontagne. 
1854. 63 + XIX pp. iu-8. 

The seigniorial tenure in Canada and plan of com- 
mutation. — Priuted by order of the Législative Assem- 
bly. (Translatée! from the French) — Québec : printed 
by Lovell and Lamoureux, at their steani-printing 
establishment, Mountain street — 1854. 53 pp. in-8. 

La Pléiade Rouge, par Gaspard Le M âge. Mon- 
tréal : imprimerie de "La Minerve" — 1855. 24 pp. 
in-8. (1) 

Esquisse su? le Canada considéré sous le point de vue 
économiste. Publié par ordre du Comité exécutif char- 
gé de l'exposition canadienne siégeant à Québec — Pa- 
ris, Hector Bossange et fils, quai Voltaire, 25 — 1855. 
180 pp. petit in-8. 

Catalogue raisonné des produits canadiens exposés à 



(1) "La Pléiade Rouge est une oeuvre commune à un ami, 
que je ne suis pas .autorisé à vous nommer et à moi. L'idée 
première, le titre, l'ordonnance et la moitié de l'exécution sont 
de moi, l'autre moitié et le pseudonyme de Gaspard Lemage 
sont de mon collaborateur. Je vous dirai que chacun de nous 
deux a fait sa part sans le concours de l'autre, en sorte que le 
fond et la forme de ce qui appartient à l'un lui appartient tout 
entier. Mon ami et moi passons, dans notre petit monde des 
lettres canadiennes, pour avoir des qualités et des défauts dia- 
métralement opposés et très saillants : cependant, personne de 
ceux qui ont parlé de cet écrit n'a encore découvert, de lui-mê- 
me, aucun signe de la dualité que je vous indique." — Lettre 
de M. Joseph-Charles Taché à Placide Lépine, Ottawa, 16 fé- 
vrier 1872. L' Opinion Publique, 29 février 1872. 



174 



Paris en 1855 — Paris, imprimerie G. A. Pinard — Den- 
tan et Cie, 9, Cour des Miracles. 118 pp. petit in-8. 

Le Canada et V exposition universelle de 1835. — Im- 
primé par ordre de l'Assemblée législative — Toronto: 
des presses à vapeur de John Lovell, rue Yonge — 
1856. 477 pp, in-8. 

Canada at the universal exhibition of 1835. 

Des provinces de V Amérique du Nord et d'une union 
fédérale. — Québec : des presses à vapeur de J . T. 
Brousseau, 7, rue Buade, Haute- Ville. 1858. 252 pp. 
in-8. 

Notice historiographique sur la fête célébrée à Qué- 
bec le 16 juin 183g, jour du deux-centième anniversaire 
de l'arrivée de Monseigneur de Montmorency- Laval 
en Canada. — Publié avec l'autorisation de M. l'abbé 
L -J . Casault, docteur en théologie et recteur de l'u- 
niversité Laval — Québec : imprimerie de J.-T. Brous- 
seau, 7, rue Buade, Haute- Ville. — 1859. 73 pp. in-8. 

Le défric/ieur de langue, tragédie-bouffe en trois 
actes et en trois tableaux, par Isidore de Méplats. — 
1859. 8 pp. in-8. 

1 rois légendes de mon pays ou l'Evangile ignoré, 
l'Evangile prêché, l'Evangile accepté — ("Les Soirées 
Canadiennes", 1861, p. 11). (1) 

Forestiers et voyageurs ("Les Soirées Canadien- 
nes", 1863, p. r 3 ". ) (2) - 

The Board oj Inspectors of Asylums, prisons 
and hospitals and ils accusers. Letter of Mr. J. 
C. Taché, chairman of the Board — Reprinted from 
the"M^—* Chronicle." — Québec: printed at the 
office „i aie "Morning Chronicle", foot of Mountain 

— 1864, 20 pp. iu-16. 

Le braillard de la Montagne. (3) 

'("Les Soirées Canadiennes", 1864, p. 97). 

Mémoire sur le choléra. Publié par autorité. Im- 
primé par le bureau d'agriculture et des statistiques — 
1866. 52 pp. in-8. 

(1) Publiée en brochure chez A. Côté et Cie, Québec, en 
1876. 162 pp. in-16. 

(2) Une édition populaire a été publiée par la librairie 
Saint-Joseph, Cadieux et Derome, en 1884. 239 pp. in-8. 

(3) Légen.le en vers. 



175 



Le recensement du Canada, i8ji.+ Remarques sur 
un écrit publié par M. Harvey dans le numéro de fé- 
vrier du "Canadian Monthly". 1871 — 8 pp. in-8. 

La mouche vu la chrysomèle des patates {Chrysomela 
Decemlineatà) et le moyen d'en combattre les ravages. 
Province de Québec, Montréal : la compagnie de litho- 
graphie Burland-Desbarats — 1877. 38 pp. in-8. 

Les histoires de M. Suite. Protestation. Montréal, 
librairie Saint- Joseph, Cadieux et Derome — 1883. 32 
pp. in-8. 

The third volume of the census of 188 1 and ils cri- 
tics. — Ottawa — 1883. 13 pp. in-8. 

Les asiles d aliénés de la province de Québec et leurs 
détracteurs — Hull, imprimé à "L,a Vallée d'Ottawa" — 
1885. 51 pp. in-8. 

Les Sablons (L' Lie de Sable) et Vile Saint- Barnabe . 
Montréal, librairie Saint-Joseph, Cadieux et Derome — 
!885. 155 pp. in- 12. 

Taché, Jean-Paschal : 

Le tableau de la mer. — (J. Huston, "Répertoire Na- 
tional", éd. 1848-50, vol II, p. 353 ; éd. 1893, vol. I., 
P- 3- 

Tache, Joseph de la Broquerie : 

Les conservateurs et la politique nationale de /8y8 à 
1882. Saint-Hyacinthe, des presses à moteur hydrau- 
lique du " Courrier " — 1882. 96 pp. in-8. 

Rappot t annuel de la Société d' industrie laitière de 
la province de Québec — 1882. Des presses à moteur 
hydraulique du " Courrier de St-Hyacinthe " — 1883. 

77 PP- in -8- 

Deuxième rapport de la Société d industrie laitière de 
la province de Québec — 1883. Des presses à moteur hy- 
draulique du " Courrier de St-Hyacinthe " — 1884. 
152 pp. in-8. 

Troisième rapport de la Société d industrie laitière 
de la province de Québec. Extrait du rapport de l'ho- 
norable commissaire de l'agriculture et des travaux 
publics. 1884. Imprimé par ordre de la Législature. 
Québec : Imprimé par Charles-François Tyanglois, im- 



r76 



primeur de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine — 

1885. 91 pp. in-8. 

Supplément au troisième rapport de la Société d'in- 
dustrie laitière de \la province de Québec. — Rappot de 
l' Assemblée tenue à Québec le 11 mars 1885. Saint- 
Hyacinthe, des presses à moteur hydraulique du 
"Courrier de Saint-Hycinthe" — 1885. 64 pp. in-8. 

Quatrième rapport de la Société d' industrie laitière 
de la province de Québec. — Extrait du rapport de l'ho- 
norable commissaire de l'agriculture et des travaux 
publics. 1885. '■ Imprimé par ordre de la Législature. 
Québec : Imprimé par Charles- François Langlois, im- 
primeur de Sa Très- Gracieuse Majesté la Reine — 

1886. 133 pp. in-8. 

Cinquième rapport de la Société d'industrie laitière 
de la province de Québec. Appendice au rapport de 
l'honorable commissaire de l'agriculture et des tra- 
ivaux publics. 1886. Imprimé par ordre de la Légis- 
lature. Québec : Imprimé par Charles-François Lan- 
glois, imprimeur de Sa Très Gracieuse Majesté la 
Reine — 1887. 199 pp. in-8. 

Sixième rapport de la Société d'industrie laitière de 
la province de Québec. Extrait du rapport de l'honora- 
ble commissaire de l'agriculture et des travaux pu- 
bliées. 1887. Imprimé par Charles-François Langlois, 
imprimeur de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine — 

1888. 153 pp. in-8. 

Septième rapport de la Société d'industrie laitière de 
la province de Québec. Annexe et rapport de l'hono- 
rable c.;:iiaiiààaire de l'agriculture et de la colonisa- 
tion — 1888. Imprimé par ordre de la Législature, 
Québec : Imprimé par Charles-François Langlois, 
imprimeur de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine — 
1889 — 199 pp. in-8. 

Huitième rapport de la Société d'industrie laitière de 
la province de Québec. Annexe au rapport de l'hono- 
rable commissaire de l'agriculture et de la colonisation. 

1889. Imprimé par Charles-François Langlois, impri- 
meur de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine — 1890. 
196 pp. in-8. 

Neuvième rapport de la Société d' indtistrie laitière de 



177 



la province de Québec. Supplément au rapport de l'ho- 
norable commissaire de l'agriculture et de la coloni- 
sation. 1890. Imprimé par ordre de la Législature. 
Québec : Imprimé par Charles- François Langlois, 
imprimeur de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine. 

1891. 184 pp. in-8. 

Dixième rapport de la Société d'industrie laitière de 
la province de Québec. Supplément au rapport de l'ho- 
norable commissaire de l'agriculture et de la coloni- 
sation. 1891. Imprimé par ordre de la Législature. 
Québec : Imprimé par Charles- François Langlois, 
imprimeur de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine. 

1892. 244 pp. in-8. 

Courrier de Saint- Hyacinthe. 1902- 1903- 1904. 

Taché;, Jules : 

Carte régionale du lac Saint-Jean. 
Carte régionale du bas Saint- Laurent. 
Carte régionale de la Gaspésie. 

Taché, Louis- H : 

La poésie française au Canada . Précédée d'un 
article de revue historique sur la littérature cana- 
dienne-française. Compilation par Louis-H. Taché — 
St- Hyacinthe : imprimerie du " Courrier de St- 
Hyacinthe " — 1881. 288 pp. in-8. 

Nouvelles Soirées Canadiemies, recueil de littératu- 
re nationale. — Québec, typographie de P.-G. Delisle. 
1882. 571 pp. in-8. 

Nouvelles Soirées Cayiadiennes , recueil de littératu- 
re nationale. Deuxième volume — Québec, typographie 
de L- J. Demers et frère — 1883. 576 pp. in-8. 

Nouvelles Soirées Canadiennes, recueil de littératu- 
re nationale. Troisième volume. Montréal, typogra- 
phie de la "Gazette" — 1884. 575 pp. in-8. 

Nouvelles Soirées Canadiennes , recueil de littératu- 
re nationale. Quatrième volume — Montréal, typogra- 
phie Imprimerie générale — 1885.288 + 284 pp. in-8. 

Nouvelles Soirées Canadiennes, recueil de littératu- 
re nationale. Cinquième volume. Montréal, typogra- 
phie Imprimerie générale — 1886. 576 pp. in-8. 

23 



i 7 8 



Nouvelles Soirées Canadiennes, recueil de littérature 
nationale. Sixième volume. Montréal, typographie 
Imprimerie générale — 1887. 574 pp. in-8. 

Nouvelles Soirées Canadiennes , recueil de littératu- 
re nationale. Septième volume. Montréal, typogra- 
phie Imprimerie générale — 1888. 384 pp. in-8. 

L'île d'Anticosti. 

Jhaucher de Si-Maurice. — Montréal : Eusèbe Sené- 

& Fils, imprimeurs-éditeurs — 1886 — VIII + 143 
pp. in- 16. 

A légal hand-book and law-list for Dominion of Ca- 
nada and a book of Parliamentary and gênerai information. 
Toronto : Carswell & Co, law publishers — 1888. 486 
pp. in-8. 

Les Aommes du Jour, galerie des portraits contempo- 
rains. — Monument érigé à la gloire de la Confédéra- 
tion du Canada. Sous la direction de L,ouis-H. Taché. 
Editeurs: Mortimer et Cie, Ottawa — 1890. 230 pp. 
petit in-folio. (1) 

Men of theday, a ca?iadian portrait g allery \ — Edited 
by Louis-H. Taché. — Ottawa: Mortimer & Co., pu- 
blishers — 1890. 237 pp. petit in-folio. (2) 

L? Opinion publique, i8ç2-çj. 

The Montréal Citizen 1 s Directory. 18ÇJ-Ç4. — Mont- 
réal, 809, New- York Life Building, P. O. Box 1579. 
814 pp. in-8. 



-00 



ELOGE FUNEBRE DE SIR E.-R TACÔE (3) 



Mes frères, 
JLa mort vient de porter le deuil et la tristesse dans 
tous les coeurs. Une de nos plus grandes gloires ca- 
nadiennes, l'honorable Augustin-Norbert Morin, tom- 



(1) Une édition populaire a été publiée la même année. 
507 pp. in-8. Editeurs: L,a Compagnie de Moulins à papier 
de Montréal, No. 588, rue Craig, Montréal. 

(2) Edition populaire. 507 pp. in-8. 1890. Mêmes édi- 
teurs que l'édition populaire française. 

(3) Prononcé par le grand vicaire Cazeau dans l'église pa- 
roissiale de Saint-Thomas de Montmagny le 2 août 1865. 



179 



bait, il y a six jours, sous ses coups, après une vie 
pleine de services et de mérites. Deux jours après, 
elle frappait également un homme qui faisait honneur 
à sa race, l'honorable Saveuse de Beaujeu, dont les 
ancêtres se sont signalés, par leur bravoure, dans les 
armées qui volaient autrefois à la défense du pays. 
Aujourd'hui elle vient encore enlever une de nos gloi- 
res les plus pures, une des vies les plus précieuses aux 
yeux de l'Eglise et de l'Etat, dans la personne de l'ho- 
norable sir Etienne- Paschal Taché, premier ministre 
de notre gouvernement provincial, aide de camp de 
la Reine, commandeur de la classe militaire de l'ordre 
de Saint-Grégoire-le-Grand. Appelé, en l'absence du 
premier pasteur, à rendre les derniers devoirs à cet 
homme é minent pour qui il professait la plus grande 
estime, je ne puis me dispenser de payer un faible tri- 
but d'éloge à sa mémoire, au moment où la tombe va 
s'ouvrir pour recevoir ses restes mortels. 

Nous lisons dans le premier livre des Machabées 
que, lorsque Judas, général d'Israël, mourut en com- 
battant contre les ennemis de la religion et du pays de 
ses pères, le peuple rempli de douleurs, fit un grand 
deuil et le pleura pendant plusieurs jours, en disant : 
"Comment cet homme invincible est-il tombé, lui qui 
sauvait le peuple d'Israël ! Quomodo cecidit poiens qui 
salvum faciebat populum Israël '." Eh! bien, mes frères, 
nous aussi, dans notre juste douleur, nous pouvons 
nous écrier, avec le peuple d'Israël : "Comment est-il 
tombé cet homme puissant qui, dans sa longue mais 
trop courte carrière, a travaillé constamment, jusqu'à 
la dernière heure, à sauver son peuple du naufrage 
et à lui conserver ses droits et ses privilèges." En effet, 
suivons-le un instant, depuis sou adolescence jusqu'à 
sa mort, et nous verrons que, comme le grand général 
d'Israël, il a un droit bien mérité à nos regrets et à 
nos larmes. 

A peine est-il arrivé à l'âge de 16 ans, qu'il coure 
à la frontière, pour défendre la patrie contre un enne- 
mi puissant, et il est du nombre de ces héros canadiens 
qui contribuent à la sauver du danger qui. la menaçait. 
Plus tard, revenu du champ de bataille, il s'ap- 
plique à l'exercice de la médecine, après en avoir fait 



i8o 



une étude sérieuse, et il y acquiert une habileté peu 
commune. Dévoué à sa profession, il est toujours 
prêt nuit et jour à voler au secours des patients qui 
réclament ses soins. J'aime à dire ici que bien sou- 
vent il se rencontrait au chevet des malades, avec son 
digne curé et constant ami, le vénérable M. Beaubien, 
dont la paroisse de Saint-Thomas déplorait, il n'y a 
pas longtemps, la perte. Tous deux rivalisaient de 
zèle, l'un en prodiguant les soins spirituels, l'autre 
les secours corporels, pour sauver la vie de l'âme et la 
vie du corps. 

Cependant voici que se présente une des époques 
les plus critiques de notre histoire. Une mesure ini- 
que, tramée pour le malheur du pays, nous est impo- 
sée par la métropole que l'on était parvenu à égarer. 
Pour empêcher le succès de cette mesure funeste, on 
appelle à la lutte tous les hommes qu'anime le feu sa- 
cré de la religion et du patriotisme. Le docteur Ta- 
ché, élu pour représenter le comté de l'Islet dans l'As- 
semblée Législative, est au premier rang des combat- 
tants. Heureusement il n'y avait pas alors de division 
parmi les hommes politiques chargés de la défense de 
nos intérêts ; ils n'avaient tous qu'un coeur et qu'une 
âme pour faire face à l'ennemi. Grâce à la Divine 
Providence, dont la protection nous fut toujours si fa- 
vorable, les projets formés dans l'ombre furent déjoués 
et le pays fut sauvé. 

Je ne parlerai pas ici des travaux du regretté dé- 
funt, soit dans l'assemblée populaire, soit dans leCony 
seil législatif, soit encore dans les conseils du gouver- 
nement. Qu'il me suffise de dire que, dans toutes les 
situations, il se distingua toujours par la sincérité de 
son patriotisme et par son amour de la justice, et que . 
dans toutes les luttes qu'il eut à soutenir, il sut allier 
la modération à l'énergie, et tempérer par une exqui- 
se politesse l'expression souvent ardente de ses con- 
victions. Aussi il ne faut pas être surpris s'il s'était 
acquis l'estime de ses adversaires aussi bien que de ses 
amis : tous respectaient en lui l'homme d'honneur et 
de probité, le citoyen dévoué à son pays. 

C'est sans doute cette confiance générale qui lui 



181 



a mérité la plus haute distinction à laquelle un Cana- 
dien puisse aspirer. Comblé d'honneurs par notre Au- 
guste Souveraine, qui avait voulu récompenser de la 
sorte ses nombreux services, son coeur ne s'est jamais 
élevé ; il appréciait sans doute les honneurs qui lui 
venaient de si haut, mais seulement parce qu'ils étaient 
un hommage rendu au pays dans la personne d'un de 
ses citoyens. 

Mais c'est surtout comme chrétien, que je dois 
vous le présenter, en ce moment, où la tombe nous 
prêche si éloquemment la vanité et le néant de toute 
la gloire de ce„monde. Vous pouvez nous le dire, vous, 
mes frères, qui avez été si souvent témoins de sa foi et 
de sa fidélité à remplir les devoirs du christianisme. 
Quel n'était pas son amour pour la sainte Eglise Ca- 
tholique, et son attachement pour le Pontife qui la 
gouverne au nom de son divin Fondateur ? Avec 
quelle vigueur il défendait, en toute occasion, dans 
nos chambres législatives, les intérêts de la religion et 
de la morale ! C'est en souvenir de son zèle pour tout 
ce qui est sacré, que Sa Sainteté le pape Pie IX lui a 
décerné la croix de commandeur de l'ordre de Saint- 
Grégoire. Cette distinction, le vénérable défunt y 
attachait le plus haut prix, parcequ'elle lui venait de 
la main bénie du représentant de Jésus-Christ sur la 
terre. 

Vous savez, mes frères, qu'en 1857, se sentant 
fatigué et avancé en âge, il lui avait été permis de se 
retirer de la vie active de la politique, pour qu'il pût 
se livrer à un repos que ses longs services lui avaient 
justement mérités. Mais il n'était pas encore rendu 
au bout de sa tâche ; la Divine Providence voulait 
qu'il se sacrifiât de nouveau pour le salut de son peu- 
ple. Choisi, il y a seize mois, par le représentant de 
Sa Majesté, comme l'homme d'état le plus qualifié 
pour former une nouvelle administration, dans les cir- 
constances difficiles où se trouvait alors le pays, il ac- 
cepta ce fardeau avec un dévouement religieux, ne se 
dissimulant point toutefois que le travail qui lui était 
imposé ne tarderait pas à le conduire ?u tombeau. 
Hélas ! ses prévisions ne se sont que trop vérifiées : 



r§2 



malgré une santé qui devenait chaque jour de plus en 
plus chancelante, il a employé tous ses moments, jus- 
qu'à la dernière heure, à travailler pour le salut de son 
pays. C'est donc avec raison que nous pouvons nous 
écrier, en pleurant, comme le peuple d'Israël, à la 
mort de sou chef Judas Machabée : "Comment cet 
homme invincible est-il tombé lui qui combattait avec 
une si noble ardeur, pour sauver son peuple. ' ' 

En finissant, mes frères, je ne puis mieux faire 
que de vous répéter quelques paroles qu'il prononçait 
en présence de deux prêtres, qui étaient allés lui ren- 
dre visite, avant que sa maladie n'inspirât de sérieuses 
inquiétudes. Convaincu qu'il ne lui restait que peu 
de temps à passer sur la terre, et désirant mettre ces 
courts moments à profit, il leur disait : "Il n'est pas 
nécessaire à un homme d'être premier ministre, et d'a- 
voir sa part de la gloire humaine ; mais ce qui lui 
est nécessaire, c'est d'être bon chrétien et honnête 
homme. ' ' 

C'est dans ces sentiments que le vénérable malade 
a vu venir la mort, entouré des soins empressés d'une 
famille digne de lui, et consolé par tous les secours que 
la religion multiplie en faveur de ses fidèles enfants. 
11 est mort, étant comme Moïse, chéri de Dieu et des 
hommes, Dilectus Deo et hominibus ; chéri de Dieu, 
par sa foi et par ses mérites ; chéri des hommes, par 
l'élévation et la loyauté de son caractère ; il est sans 
doute allé recevoir sa récompense dans le ciel, et sa 
mémoire sera en bénédiction sur la terre du Canada, 
cujus memoria in be?iediciione est. 

Mes frères, l'homme illustre dont nous déplorons 
aujourd'hui la perte, laisse ses vertus et ses exemples 
pour héritage à ceux qui le suivront dans les diffé- 
rentes carrières qu'il a parcourues. Daigne le Sei- 
gneur lui susciter un grand nombre d'imitateurs, et le 
Canada marchera dans la voie du progrès véritable, de 
ce progrès solide, qui, tout en développant ses riches- 
ses matérielles, peut seul procurer à ses habitants des 
richesses d'un ordre bien supérieur, en les conduisant 
sûrement vers leurs immortelles destinées. 



*«3 

HONNÊTE HOMME ET CHRETIEN 



Hommage à la mémoire de V Iwnorable sir E.-P. Taché 

Un vieux soldat, soucieux de sa gloire, 
Disait : "Le ciel me donne un beau trépas ! " 

Il est tombé ! Vénérons sa mémoire, 

Mais que le deuil ne nous abatte pas ! 

Dans les travaux de sa longue carrière, 

Toujours guidé par l'Honneur et le Bien, 

De son grand coeur sortit cette prière : 

"Dieu, fais moi vivre honnête homme et chrétien ! " 

Chercher ailleurs le secret du courage, 

Qui, dès l'enfance, aux combats l'animait, 

Erreur, erreur qui serait un outrage 

A son cercueil ! ! Plus tard, il exprimait, 

Dans ses conseils toujours pleins de sagesse, 
La Loyauté dont il fut le soutien : 
Jamais son coeur ne connut la faiblesse, 
Car il sut vivre honnête homme et chrétien ! 
Parents, amis, le héros qui succombe 
Riche d'honneurs, de gloire et de vertus, 
Peut-il laisser, au-delà de sa tombe, 
Le désespoir en vos coeurs abattus ? 

Oh ! non ! Sa vie est un auguste exemple, 

Son souvenir est un doux entretien : 

Que, près de Dieu, votre âme le contemple, 

Car il estmort honnête homme et chrétien ! 

Emm. Blain de Saint-Aubin 



UNE PAROLE DE SIR E.-P. TACHE 



La deuxième session du deuxième parlement, 
sous l'Union, fut ouverte à Montréal par lord Cath- 
cart, le 20 mars 1846. 

C'est à cette session que le gouvernement propo- 
sa une loi de milice qui passa sans opposition, les deux 
côtés de la Chambre étant unanimes à vouloir mettre 
la milice sur un pied efficace. Sir Etienne- Paschal 



184 



Taché fit à cette occasion un discours rempli de pa- 
triotisme. Après avoir rappelé les exploits de ses com- 
patriotes en 1812, il assura, la Chambre qu'ils étaient 
prêts à tenir une conduite aussi héroïque lorsque l'oc- 
casion s'en présenterait. 

" Ce que nos pères ont fait, disait-il, ce que nous 
avons fait nous-mêmes pour la défense de cette colonie 
nos enfants seraient encore prêts aie faire, si l'on vou- 
lait rendre justice au pays. Notre loyauté à nous n'est 
pas une loyauté de spéculation, de louis, schellings et 
deniers, nous l'avons pas constamment sur les lèvres, 
nous n'en faisons pas un trafic. Nous sommes dans 
nos habitudes, par nos lois, par notre religion, comme 
l'a très bien remarqué mon honorable ami de la cité 
de Québec, monarchistes et conservateurs. Tout ce 
que nous demandons, c'est que justice nous soit faite; 
et si un ennemi se présente, vous verrez nos légers et 
joyeux bataillons voler à sa rencontre comme à un 
jour de fête et présenter hardiment leurs poitrines au 
fer de l'assaillant. Mais, diront nos détracteurs, vous 
êtes des mécontents ; un député qui n'est pas à sa 
place nous disait, il y a quelques jours, vous êtes in- 
traitables ; vous êtes des rebelles, nous diront les ultra; 
nous possédons seuls la loyauté par excellence ! Mille 
et mille pardons, messieurs, traitez-nous comme les en- 
fants d'une même mère et non comme des bâtards ; un 
peu plus de justice égale, non dans les mots mais dans 
les actes ; je réponds que si jamais ce pays cesse un 
jour d'être britannique, le dernier coup de canon tiré 
pour le maintien de la puissance anglaise en Amérique le 
sera par un bras canadiefi . . . . " 



^ORAISON FUNEBRE DE MGR TACHE 



L'oraison funèbre de Mgr Alexandre-Antonin 
Taché, archevêque de Saint-Bonifaee, prononcée dans 
la cathédrale de Saint-Boniface, le 27 juin 1894, par 
Mgr L,aflèche, évêque de Trois-Rivières, a été publiée 
dans le Manitoba des 21 et 28 novembre et 5 et 12 dé- 
cembre 1894. 



i8 5 
LA SEIGNEURIE DE KAMOURASKA 



Le 15 juillet 1674,1e gouverneur de Frontenac 
concédait à Olivier Morel de la Durantaye, " en con- 
sidération des services qu'il avait rendus à Sa Majesté 
en ce pays, où il était venu capitaine d'une compagnie 
dans le régiment de Carignan, " la consistance de 
trois lieues de terre de front le long du fleuve Saint- 
Laurent, savoir : deux lieues au-dessus de la rivière 
appelée Kamouraska, et une lieue au-dessous icelle 
comprise, avec deux lieues de profondeur dans les djtes 
terres, ensemble les îlets étant, au-devant des dites 
trois lieues, et le droit de chas?e et de pêche dans 
l'étendue des dits lieux. " (1) 

Cette concession était faite en fief, seigneurie, 
haute, moyenne et basse justice, à la charge de la foi 
et hommage au château Saint- Louis de Québec. 

Le 5 novembre 1680, par acte passé à Québec par 
Maître Duquet, Olivier Morel de la Durantaye et sa 
femme Françoise Duquet, vendent, cèdent, transpor- 
tent et laissent à Charles Aubert de la Chesnaye, la 
terre, fief, seigneurie et justice de Kamouraska, "à la 
charge des droits et autres redevances mentionnés à 
l'acte de concession et en outre moyennant le prix et 
somme de douze cents livres laquelle le dit acquéreur 
a présentement passée au compte des dits sieur et da- 
me vendeurs qui lui en étaient redevables et les ac- 
quitte et décharge au moyen de la présente vente. ' ' 

Le 18 octobre 1700, Louis Aubert du Forillon et 
Barbe LeNeuf de la Vallière, sa femme, acquièrent 
de Charles Aubert de la Chesnaye, par acte passé de- 
vant Maître Chambalon, la terre, fief et seigneurie de 
Kamouraska. Cette acquisition était faite en retour 
de l'abandon par Louis Aubert du Forillon de tous ses 
droits dans la succession de sa mère, Marie-Louise 
Juchereau de la Ferté. 

Le 20 juillet 17 13, par acte passé à Québec par 



(1) Pièces et documents relatifs à la te mire seigneuriale, p. 

23- 

24 



i86 



Maître Chambalon, Louis Aubert du Forillonet Barbe 
LeNeuf de la Vallière donnent par donation pure et 
simple entre vifs, à Henry Hiché, marchand, de Qué- 
bec, la terre, fief et seigneurie de Kamouraska. "Cette 
donation était faite à la charge par le dit donataire de 
porter la foi et hommage au château de Saint-Louis, 
de payer les droits au domaine du roi, et outre ce pour 
la bonne amitié que le dit sieur et dame du Forillon, 
donateurs, ont toujours porté et portent au dit sieur 
Hiché et à condition que le dit sieur donataire promet- 
te et s'oblige d'épouser demoiselle Marguerite LeGar- 
deur, leur nièce, fille de Jean- Paul LeGardeur, sieur 
de Saint-Pierre, et de défunte Marie-Joseph LeNeuf 
de la Vallière." 

Le 15 septembre 1723, par acte passé devant de 
la Cetière, notaire à Québec, Henry Hiché et Marie 
LeGardeur de Saint-Pierre, son épouse, vendent, cè- 
dent, quittent et transportent à Louis-Joseph Morel de 
la Durantaye et à Elizabeth Becard, son épouse, la 
seigneurie de Kamouraska, pour le prix et somme de 
quinze mille livres. (1) 

A la mort de Louis-Joseph Morel de la Duranta- 
ye, la seigneurie de Kamouraska passa à ses enfants. 
Louis-Joseph Morel de la Durantaye, l'aîné, en eut la 
moitié. Les autres enfants, Marie-Catherine de la 
Durantaye, André Morel de la Durantaye, Charles 
Morel de la Durantaye, Brigitte Morel de la Duranta- 
ye se partagèrent l'autre moitié. 

Le 22 novembre 1757, par acte devant Dionne, 
notaire à Sainte-Anne de la Pocatière, Marie-Cathe- 
rine Morel de la Durantaye et son mari François Ga- 
gnon, vendent à Jean- Baptiste de Charnay, pour le 
prix de 2773 livres et 14 sols, un cinquième de la sei- 
gneurie de Kamouraska à eux appartenant. 

Le 20 janvier 1758, par acte passé devant le mê- 
me notaire Dionne, André Morel de la Durantaye 



(1) Louis-Joseph Morel de la Durantaye venait de vendre à 
l' Hôpital-Général de Québec, au prix de trente mille livres, la 
moitié de sa seigneurie de la Durantaye. C'est le domaine qui 
prit dès lors le nom de seigneurie de St-Vallier. Voir Monsei- 
gneur de Saint- Vallier et f Hôpital-Général de Québec, p. 253. 



i8 7 



vend à Jean-Baptiste de Charnay un cinquième de la 
seigneurie de Kamouraska pour la somme de 3843 li- 
vres et 14 sols. 

Le 20 janvier 1758, par acte devant le même no- 
taire Dionne, Charles Morel de la Durautaye vend à 
Jean-Baptiste de Charnay un cinquième de la seigneu- 
rie de Kamouraska pour la somme de 2773 livres et 14 
sols. 

Le 8 mai 1765, par acte devant Dionne, notaire à 
Sainte-Anne de la Pocatière, Brigitte Morel de la Du- 
rantaye et François LaChaussée, sieur de la Durauta- 
ye, vendent à Marie- Louise Quercy, veuve de Jean- 
Baptiste de Charnay, leurs parts et portions dans le 
fief de Kamouraska pour la somme de 800 livres. 

Le 9 mars 1770, par acte devant Saint- Aubin, no- 
taire à Kamouraska, Ignace Noël vend à Marie-Louise 
Quercy, veuve de Jean- Baptiste de Charnay, ses parts 
et portions dans la seigneurie de Kamouraska pour la 
somme de 1000 livres. 

Madame de Charnay étant commune en biens avec 
feu son mari avait hérité de la moitié de la seigneurie 
de Kamouraska. Marie- Louise de Charnay, mariée à 
Jean-Baptiste Magnan, et Marie- Louise- Renée de Char- 
nay de Varville, ses enfants, avaient hérité de l'autre 
partie chacune pour un quart. 

Marie-Louise de Charnay, épouse de Jean -Baptis- 
te Magnan, devint veuve après quelques années de 
mariage. Le 26 septembre 1785, elle se remariait à 
Paschal- Jacques Taché. C'est par elle que la seigneu- 
rie de Kamouraska passa à la famille Taché . 

Le 22 janvier 1790, par acte de cession et trans- 
port devant'Charles Voyer, notaire à Québec, Louise 
Quercy, veuve de M. de Charnay, en son vivant notaire 
et avocat, en considération de l'estime qu'elle a tou- 
jours eu pour M. Paschal-Jacques Taché, devenu son 
gendre par son mariage avec Marie-Louise de Charnay 
sa fille unique, veuve en premières noces de Jean-Bap- 
tiste Magnan, duquel mariage il n'est resté aucun en- 
fant vivant et seule héritière de la dite veuve de Char- 
nay sa mère, et voulant leur assurer un établissement 
honorable, les constitue les héritiers da sa part affé- 



rente dans le fief et seigneurie de Saint- Louis de Ka- 
mouraska. Paschal -Jacques Taché, pour remercier 
madame de Cliarnay et lui donner des marques de sa 
gratitude, s'engage à lui payer une rente viagère de 
trois mille livres de vingt coppes égale à cent-vingt- 
cinq livres argent courant de la province. 



A MONSIEUR ET MADAME IVANHOE TACHÉ(i) 



A /'occasion de la mort de quatre de leurs enfants 



Le sacrifice dd juste est bien 
reçu de Dieu, et le Seigneur 
n'en perdra point le souvenir. 

Ecclês., XXXV, v. 9 

Le sort de ces enfants qui vont, avec les anges, 
Orner du Saint-des-Saints les célestes phalanges, 

Ne devrait point nous attrister ; 
Car ceux que nous pleurons, incessamment peut-être, 
S'ils pouvaient sur la terre un moment reparaître, 

Viendraient nous dire de chanter. 

Us ne sont point perdus, ces êtres chers à l'âme 
Des parents, des amis ; au ciel Dieu les réclame 

Pour en former son plus doux choeur. 
L,à, priant pour tous ceux qu'ils aimaient dans la vie 
Leur joie est pure, entière, et n'est jamais suivie 

D'aucune affliction du coeur. 

De ceux dont Dieu vous prive, ô famille affligée, 
Isabelle-Marie était la plus âgée 

Et la mieux faite pour charmer. 
Son douzième printemps fleurissait sur sa joue ; 
Ce n'était déjà plus l'enfant qui rit et joue ; 

Sa jeunesse allait se former. 

(i) Voir p. 165. 



189 



Douée, au plus haut point, des vertus qu'on admire, 
Et qui font d'une élève un brillant point de mire, 

Ou le bon exemple vivant, 
Isabelle-Marie eut un droit légitime 
A l'admiration de même qu'à l'estime 

De ses maîtresses du couvent. 

Ses maîtresses l'aimaient. Sa figure angélique 
Plaisait, de prime abord, à la plus apathique, 

Qui dès lors devenait sa soeur. 
Ayant reçu du ciel tous les dons en partage, 
Elle semblait charmer chaque jour davantage 

En donnant cours à sa douceur. 

Vous l'aimiez, frères, soeurs ; vous l'aimiez père, mère. 
Sa mort empreint vos traits d'une souffrance amère, 

Vos coeurs sont abreuvés de fiel .... 
Vous l'aimiez. . Mais l'église, aux funèbres offices, 
Vous dit combien à Dieu plaident les sacrifices : 

Offrez tous les vôtres au ciel. 

Amis, votre douleur n'est pas seulement vôtre ; 
Elle est si grande, hélas ! qu'elle devient la nôtre 

Et que nous pleurons aussi, nous 

A défaut de bonheur, à défaut d'espérance, 
L,a sympathie apporte un baume à la souffrance 

Où l'on prie et pleure à genoux. 

Mais le sort des enfants qui vont avec les anges, 
Orner du Saint -des-Saints les célestes phalanges, 

Ne devrait point nous attrister ; 
Car ceux que nous pleurons, incessamment peut-être 
S'ils pouvaient sur la terre un moment reparaître, 

Viendraient nous dire de chanter. 

J. A. BÉLANGER, (i) 



(i) Foyer domestique, ier janvier 1880. 



INDEX DES PRINCIPAUX NOMS CITES 
DANS CET OUVRAGE 



Ahearn, Mary-Jane 1 64 

Angers, L'hon. A.-R 69, 88 

Ansbrow, Marie-Charlotte-Elizabeth 75 

— Marie-Geneviève-Emilie 50, 74 

— Marie-Julie-Henriette 44, 75 

— Thomas 50, 74 

— Thomas-Michel- Charles 74 

Asselin, Olivar 141 

Aubert, R. P 96, 98 

Audet, Marie-T 47 

Auzet, Marguerite d' 9 

Baby, Josephte 42 

— L'hon 149 

Baillargé, G. -F 129 

Baldwin, Robert 32 

Beaubien, Amédée 44 

Beaudet, Godfroi 87 

— Marie-Charlotte-Odile 87 

Belleau, Lady 42 

Belvèze, M. de 116 

Bender, Antoine-Eugène-Prosper 46 

— François- Jacques- Albert 43, 76 

— Joseph- Albert 45 

— Louis- Albert 44, 65 

— Louis- Albert- Joseph-Michel 46 

— Marie- Anne- Edwidge-Sophie 45 

— Marie- Anne- Jeanne 72 

— Marie-Edwidge-Catherine-Albertine. . . 46 

— Marie-Eléonore-Eulalie- Henriette 47 

— Marie-Marguerite-Eugénie 46 

— Marie-Sophie-Thérèse- Albertine 44 

— Prosper 72 

Benoit, Dom Paul 113 

Bernier, L'hon 89 

Bernier, Marie-Eugénie 146 

Berthelot, Adèle 42 

Bertrand, Françoise-Julie- Hermine 138 

Bibaud, L'historien 23 

Bigot, François 12 

Bilodeau, Esther 53 



192 



Biais, Marie- Françoise 27 

Blanchet, Françoise- Julie-Hermine 138 

Boisseau, Nicolas-Gaspard 16 

Bonenfant, M. 78 

Boucher de la Broquerie, Joseph-Antonin 83 

— — — Joseph-Ignace 82 

— — — Louise-Henriette.... 42, 82 

Boucher de la Bruère, I/hon 85, 119 

Boucher de Niverville, Charlotte 82 

Brodeur, Donat 53 

Burke, James- Woodward • • 77 

Marguerite-Eléonore 73 

Burton, Sir Francis 82 

Carleton, Le gouverneur 15 

Caron, François-Clovis 78 

Cartier, Robert 87 

— Sir Georges-Etienne 117 

Casault, Henriette-Euphémie 27 

— Thomas. 29 

Casgrain, Marie 42 

P.-B 73 

— Rosalie-Virginie 73 

Chamberlaud, Geneviève-Josephte-Luce 78 

— Jean-Charles-Luc- Edouard 78 

— Edouard -. 77 

Chapleau, Sir Adolphe 88, 91. 156 

Charland, J.-Hermas 113 

Charnay, Marie-Louise-Reuée de 131 

Chassé, Jude- Alfred 166 

Chauveau. L'hon. P-J.-0 16, 40 

Cherrier, Côme-Séraphin 57 

Choquette, Joseph 47 

— L/hon. Philippe-Auguste. .. .46, 47, 56 
Cimon, Simon 155 

— Xavier 157 

Clark, Rachelle 55 

Clément, Léon-Charles 163 

Clesse, Geneviève , 136 

Cloutier, Alfred 159 

Côté, Cordule 126 

— Marie-Eugénie 146 



193 



Cousgne, Madame de 10 

Coursol, Charles- Joseph-Quesnel ' ' ' ' 62 

— Marie- Alexandrine-Heva 62 

— Marie-Henriette 61 

— Michel 57 

— Michel-Joseph-Charles 57 

Daine, M „ 13 

Dalhousie, Lord 82 

Daniel, L'abbé 8î 

David, L'hon. L.-O 104 

De Celles, A.-D 53 

Delzers, Isabeau 9 

Denault, J.-M.-Amédée 61 

Dénéchaud, Etilalie 42 

Derome, F.-M 24, 29, 136 

Désilets, Ovide 85 

DesRosiers, Louis- Amédée 167 

D'Et>timauville, Josephte- Joséphine -Eléonore. ... 161 

Drapeau, Luce 29 

— Marie-Josephte 161 

— Marie-Léda 130 

Drolet, Caroline 1 30 

Dubail, M 68 

Dubuc, Henriette 42 

Duchesnay, Jean-Philippe Juchereau 62 

— L'hon. Ed. -Ls.-Ant.-Chs. Juchereau. . 65 

— Louise- Amélie Juchereau 62 

— Marie-Clara Juchereau 65 

Duhamel, Mgr 109 

Dumont, Joseph 153 

Duval, Amélie 62 

Elgin, Lord 32 

Ennis, Francis-Hubert 44, 74, 75 

— Marie-Claire-Elizabeth 43, 75 

— Marie-Eulalie-Eléonore , 77 

— Marie-Jeanne-Emilie 76 

— Thomas 76 

Fabre, L'hon. Hector 51, 65 

Faribault, L'hon. Joseph-Edouard 23 

Faucher, Jules . . . ., 1 56 

Ferland, Marie-Malvina ^5 

25 



i 9 4 



Fiedmond, M. de 14 

Flynn, L'hon. E.-J 65 

Fontaine, Léa 92 

Forrest, Kate 46 

Fournier, M 117 

Fraser, Laura-Rebecca 72 

— Marie- Angélique 41 

French, Henry-William 142 

Gagnon, L'hon. C.-A.-E 153 

— Mgr. C.-0 68 

— Philéas 12 

Garneau, Evangéline 145 

— François-Xavier 53 

— Henri ^ 144, 145 

— M arie-Esther- Joséphine 53 

Gaspé, Aubert de 21, 39, 131 

— Suzanne Aubert de 165 

Gauthier, François-Narcisse-Odilon 67 

— Julie 92 

— L'hon. juge 67 

— Marie-Joseph-Félix- Albert 67 

Gauvreau, Josephte 42 

Gordon, Jane 143 

— Véronique 147 

Grandin, Mgr 106 

Guénard, Catherine 9 

Hamel, Isabelle 154 

— Mgr Thos.-E 8, 122 

Harwood, Marie-Antoinette 92 

Hocquart, L'intendant 12, 21 

Holmes, Le docteur 161 

Honan, Marie-Anne- Adine 94 

Hudon, Joseph-Eusèbe 138 

Jolièt, L'hon. Barthélemi 23, 147 

— Louis 30 

Joliet de Mingan, Marie- Anne 18 

Kane, Marie- Alice-Claire 61 

— Marie- Eva-Henriette 61 

— Robert 61 

— Rodrick- Auguste- Coursol 6i 

Lacoste, Louis 84 



195 



Laflamme, Mgr 56 

Laflèche, Mgr 81, 98, 100, 110 

Lafontaine, Lady 42 

— SirL.-H 32, 59 

Lalande, R.-P 84, 113 

Lamb, W . -B 34 

Lambert, Gaudiose 1 64 

Lanaudière, Charles-Barthélemi-Gaspard T. de.. 147 

— Jean -Gaspard-Charles T. de 150 

— Josephte-Antonine Tarieu de 148 

— Marie-des- Anges- Alice T. de 150 

— Pierre-Paul Tarieu de 147 

Landry, L'hon. P 48 

Langelier, L'hon. Charles 48 

— L'hon. François 48 

Langevin, Alfred-Edouard 90 

— Marie-Louise 90 

— Sir Hector 117 

Laparre, Sophie 67 

Laperrière, Augustin 46, 67, 122 

— Marie-Eugénie 46 

— Marie-Louise 67 

Lapeyre, Jean-Pierre 11 

Larue, Julie 136 

Laterrière, Madame Paschal de Sales 42 

— Pierre de Sales 10, 30 

Laurier, Sir Wilfrid 48 

Lavoie, Arthur 141 

Leblanc, Joseph-Eugène 47 

LeBoutillier, Charles 140 

— Jean-Charles-Joseph 141 

— Marie-Hélène-Elizabeth 140 

— Marie- Jeanne -Alice 141 

— Marie-Louise-Eva 141 

LeMaire Saint-Germain, Marie-Zoé 87 

Lemieux, L'hon. F.-X 49 

— L'hon. Rodolphe 76 

Lepage, Françoise 126 

Lepine, Placide 121 

Letellier de Saint-Just, L'hon 25, 138, 157 

— — — Madame 42 

Levallée, Elisabeth 65 



196 



L'Heureux, Marie- Reine- Georgiana 139 

Lytle, Marie-Anne 90 

MacDonald, Sir John- A 33, 35, 91, 117 

Magnan, Jean-Baptiste ,. 131 

Major, Elizabeth 1 53 

Marmette, Charles-Arthur , 54 

Joseph.... 50, 70, 74 

Joseph-Etienne-Eugène 51 

— Joseph- Octave-Léon 56 

— Louis- Paul-François-Xavier 55 

— Marie-Adèle-Alexandrine 55 

— Marie-Amélie- Régine 54 

— Marie-L,s-Joséphine-Eug-Esther-Eliza. 53 

— Marie-Zoé -Denise 55 

— Paschal-David-Lucien 55 

— Pierre- Marcel- Alphonse 55 

Marquis, Marie-Caroline 1 54 

Mars, Marie 18 

Martineau, Pierre-Raymond 44 

McConville, Louis- Arthur 149 

.McDougall, L'hon. 103 

McKenzie, L'hon . .. 117 

McMillan, Mary- Anne-Jane 72 

Mercier, L'hon. Honoré 48, 130 

— Paul-Emile 130 

. Métivier, Louise-Charlotte 10 

Michon, Geneviève 22 

Mignault, Joseph-O' Callaghau 93 

.Moorhead, Laura-Caroline . .... > 150 

Morency, Sophie Baucher dit 41 

Moriu, L'hon. A. -N 31 

Morgan, Henry-J 39 

Morissette, Marie-Elizabeth 22 

Mure, Charlotte 25, 152 

L' hon. John 25 

Murray, Le général 15, 17 

Myrand, Ernest 72 

Neilson, L'hon. John 150 

— Norman-John-Rieutord...* 150 

Normandin, Joseph-Laurent 21 

Ouellet, Radegonde 78 

Pacaud, Charles 48 



i 9 7 



Panet, J.-C , 15 

— Jean- Antoine 20 

— L'hon. Louis 23 

— Madame 42 

Papineau, L'hon 31 

Parent, L'hon. S.-N 65 

Paris, Christine 67 

Pellant, Fabiola 144 

Pelletier, Joseph-Gabriel 154 

Pérès, Françoise 9 

Perreault, Mathilde 73 

— Thérèse 44, 65 

Pinguet, François 25 

Plamondon, L'hon. Marc-Aurèle 117 

Polette, Madame 42 

Power, L'hon. juge William 165 

— Thérèse-Catherine 165 

Prendergast, L'hon. juge no, 113 

— Marie-Marguerite 144 

Provencher, Mgr 98 

Prud'homme, L'hon. L.-A m, 113 

Puyjalon, Henry de 53 

Quesnel, Joseph 57 

Rameau de Saint- Père, M »... 1 20 

Ramezay, M. de 14 

Récher, Le curé 13 

Renault, Eugène , .- 39, 43 

Rinfret, Nathalie 144 

Rivard, Lucie 1 39 

Robin, Charles 116 

Routh, Lady 42 

Roy, Charles-F 153 

— J. -Edmond.' 24 

— Olive , 45 

Saint- Germain, Caroline , 72 

Saint- Pierre, Liguori 78 

Sasseville, Marie- Anne- Marguerite 45 

Serocold, Georgiana-Elizabeth- Francis 62 

— Walter-Pearse 62 

Sincennes, ûamase , 62 

Stein, Annabella , 94 

Stephenson, James 30 






rg8 



Taché, MgrAlexandre-Antonin. . 43, 94, 171, 184 

— Alexandre-Etienne , 128 

— Angélique 20 

— Anne-Charlotte-Henriette 113 

— Anne-Marie- Alexandrine-Henriette 90 

— Antoine-Louis- Jean- Etienne 84 

— Blanche- Alice 169 

- — Catherine . , 50 

— Catherine- Adeline (Adèle) 56 

— Catherine-Thérèse- Joséphine 166 

— Charles, sr 20, 21 

— Charles, jr 22, 81 

— Charles-Georges-Etienne 155 

— Chs-God-P-Joseph de la Broquerie.. 88, 175 

— Charles Joseph-Octave 56 

- — Claire- Geneviève-Elizabeth 50, 74 

— Emilie-Hélène-Henriette 56 

— Emma-Luce 168 

— Ernest 142 

— Etienne 9 

— Etienne-Jean-Paschal 72 

— SirEtienne-Paschal 29, 43, 56, 70, 172, 178,183 

— Eugène- Ernest-Etienne 170 

— Eugène-Etienne 63, 173 

— Eûgène-Gaspard-Etienne 63 

— Guillaume 9, 18 

*— Harline-Georgiana-Isabella 169 

— Henri-Paschal- Achille 169 

— Henriette- Geneviève- Emilie 114 

— Jacques Vinceslas 28, 152 

— Jean ,. 9 

— Jean- Antoine- Alphonse de Rodriguez... 66 
— : L'hon. Jean-Baptiste 22, 81, 152 

— J.-Bte.-Joseph-Paschal-Ivanhoe 164, 165 

Jean-Baptiste-Paschal . 152 

— Jean-Georges 25 

— Jean-Jacques 18 

— Jean-Paschal 9, n, 175 

Joseph - 20 

Joseph- Alexandre 93 

— Joseph-Antoine-Henri-Ôscar 92 

Joseph-Charles, sr 5, 83, 84, 115, 173 



199 



Taché, Joseph-Charles, jr 126, 129 

— Joseph- Jean- Paschal 94 

— Joséphine- Philomène 66 

— Jules- Louis- Alexandre-Michel , 73 

— Julie-Arthémise 147 

— Louis-Charles 19 

— Louis- Jean-Baptiste 1 26 

— Louis- Joseph-Charles-Hyppoly te . ... 91, 177 

— Louis-Joseph- Ivanhoe 168 

— Louis-Jules-Emile 68, 177 

— Louis-Paschal- Achille 1 2>7j J 6i 

— Louise-Eléonore 63 

— Louise-Hélène 137 

— Luce-Henriette- Françoise ...127, 154 

— Lucien-Elzéar- Isidore 1 64 

— Madeleine-Emmélie 77 

— Marguerite-Marie-Elizabeth 66 

— Marie- Anne 19 

' — Marie- Anne-Aglaé-Léontine 160 

Marie- Anne- Alexandrine 66 

— Marie-Anne- Amanda .."..*••• 1 54 

— Marie-Blanche- Adine 94 

— Marie-Blanche-Henriette 93 

— Marie-Charlotte-Louise-Elizabeth. . . .27, 152 

— Marie-Claire 50, 74 

— Marie-Clara-Hélène 66 

— Marie-Elizabeth 28 

— Marie-Elizabeth-Odile-Jeanne 90 

— Marie-Eugène- Alexandre-Juchereau. .. . 65 
Marie-Geneviève 28 

— Marie-Henriette-Alice 92 

— Marh-Jeanne-Adine 160 

— Marie-Joséphine- Laure 67 

— Marie-Josephte 19 

— Marie-Julie-Charlotte-Amanda 155 

— Marie-Laure-Wilhelmine. 169 

— Maiie-Louise 66, 130 

— Marie-Louise-Eulalie 63 

— Marie-Louise-Laurette 170 

Marie-Rose-Angèle 28 

— Marie-Sophie- M athilde . . 43, 76 

Marie-Suzanne-Cécile (Cecy) 166 



200 



Taché, Marie- Victoire-Elizabeth 29 

— Pasclial 135 

— Paschal-Henri- Alexandre 160 

— Paschal-Jacques 20, 21, 131 

— Paschal-Vinceslas 127, 153 

— Pierre , 19 

— Pierre-Joseph-Boucher de la Broquerie. . 90 

— Prosper- Jules- Gaspard 73 

— Roland 9 

— Roland-Charles ', 1 30 

— Ulric-Henry .* . . 1 68 

— Victoire-Sophie 79 

— William- Arthur 165 

— Yvonne 13» 

Tanguay, Mgr Cyprien 5, 18, 19, 20 

Taschereau, Sir Henry-Elzéar 92 

— Louise 42 

— Marie-Louise-Hémédine 92 

— Suzanne 42 

Tassé, L'hon. M 119 

Têtu, Alice 146 

— Daniel 144 

— Eva 144 

Géraldine 138 

— Mgr Henri 138 

— Jean 143 

— Joseph 146 

— Léa 144 

— Louis '. 138 

— Ma; ie-Hélène- Amélie 140 

— Marie-Juanita 142 

— Nazaire 137, 139 

Thibault, R. P 98 

Turgeon, Francisca-Carmina 143 

Tweddle, Marianne 46 

Vaudreuil, M. de 13 

Wilson, Margaret 62 

— Mary 73 



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