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Annie U2-Ui
1912-lU
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
REVUE MENSUELLE D'HISTOIRE NATURELLE
QUARANTE-DEUXIÈME ANNÉE
V" SÉRIE — 2- ANNÉE
1 9 1 S
L»3«ARY
^E^V YORK
eOTANICAL
(iAKUBN.
A PARIS
Chez M. Adrien DOLLFUS, 5, rue Fresnel (16*=)
— H —
'J'AHLE DES MyVTIHHES DE LA XLIh ANNÉE
(1912 — V' Série — 2' Année)
Martel (H.). — Co(]uilles de Cancale, iconographie et critique de quelques
petites espèces, avec 8 fig. (n" 493) ]
BouLY DE Lesdain (D'). — Les Dunes pléistocènes de Ghyvelde (Nord), avec
3 fig. et 1 planche (n° 493) 4
Laville (A.). — i.imons à Amandes du type dit Acheuléen, de Saint-Piat
(Eure-et-Loir), avec 3 fig. (n" 493) 6
Id. — Le quaternaire à industrie chelléo-moustiérienne du Dunois, gisement
de Touchémont (Eure-et-Loir) (suite), avec 3 fig. (n° 493) 10
Brôlemann (H. W.). — Matériaux pour servir à une faune des Myriapodes
de France {suite), avec 5 fig. (n° 494) 13
Gros (D"" A.). — Hypermétamorphose (n" 494) 17
Caziot (C). — Mollusques terrestres de la haute vallée du Var (n" 494) 20
Laville (A.). — Terebratuîa bellovacina Lav., du calcaire pisolithiciue de
Laversines, avec 1 fig. (n° 494) 23
Loiselle (A.). — ■ Deux nouveaux Insectes Cécidogènes : Rhodites Eiefferi
n. sp. (Hym.), Perrisia Spirœœ (Dipt.) (n° 495) 25
Caziot (C). — Invasion d'une Vitrina piémontaise dans le département des
Alpes-Maritimes, avec 2 fig. (n° 495) 27
Laville (A.). — Paloplotherium du Sannoisien de la Brie, à Romainville,
avec 2 fig. (n° 495) 29
GouRY (G.) et J. GuiGNON. — Insectes parasites des Violariées (n"» 495-496). 30, 40
Laville (A.). — Gisement préhistorique de Charentonneau.avec 4 fig. (n° 496). 37
Lacroix (Joseph). — Contribution à l'étude des Névroptères de France
(n°^ 496, 497, 503) 40, 53, 162
IvABAUD (Etienne). — Notes biologiques sur Larinus vittalus F. et sa larve
(n° 497) 56
Laville (A.). — Vertébrés fossiles du gypse Parisien et du Sannoisien des
environs de Paris (n™ 497-498).: 61, 69
Gros (D'' A.). — Lydus (dgiricus L., ses mœurs, sa larve primaire (n° 498)... 78
Villeneuve (D"" J.). — Des espèces européennes du genre Carcelia R. D.
(Diptères) (n" 499) 89
Martin (René). — Les Libellules du cercle de Sikasso (n° 499) 90
Lanorand (E.). — Les Oyats et les Dunes (n" 500) 105
Villeneuve (D"' J.). — Les Travestis (n° 500) 111
Dautzenberg (Phil.). — La faunule conchyliologique marine de Paris-Plage,
Pas-de-Calais (n" 500) 113
Manuel (P.). — U Oppidum, du Ciuzel, près de Pouvourville, banlieue de
Toulouse (n" 500) 114
Dewitz (J.). — L'importance de la Physiologie pour l'Entomologie appliquée
(n"' 501, 502) 121, 137
Pallary (Paul). — Observations sur quelques Férussacidées de la Syrie et de
l'Egypte, avec 8 fig. (n° 501) 123
— III —
GuiRAUD (Honri). — Notu préliniinaiiL' sur le Jurassique moyen et supérieur
entre Alais et Saiut-Aïubroix (Gard) (n" 501) 127
Gros (D'' Auguste). — Contribution à la Biologie des Méloïdes algériens,
note préliminaire (n" 501) 131
GouRY (G.). — Etude comparative entre le Macrure/ihus xanthostomtis Ev.
et le M. Unearis Schrk. (Hyra.) (n» 502) 142
Caziot (C). — Notes sur la section Cairico/lina dans le genre I/rh'x et
indication do la dispersion gcographii|ue des espèces qui en font partie
(n°' 502, 503) 142, 157
Lavillk (A.). — Observations sur le calcaire pisolithique de Montainville
(n- 503)' I6f)
Caziot (C). — Deux variétés nouvelles de Mollusques dans les Alpes-Mari-
times, avec 2 fig. (n° 503) 166
Oh. Oberthijr. — Les Synchthus de l'Europe occidentale et de l'Algérie
(Lépid. Kiiopal.) (n" 504) 169
P. Pallary. — Liste des Mollusques marins des côtes de la Syrie (n" 504) 171
GouRY (G.). — Observations sur la chenille de Slenoptilia zophoductijla Dup.
(Microlép.), mœurs, hibernation, premiers états (n" 504) 174
Falcoz. — La rcchc'ifhf di's Artlii(]p(ifl<s iliiiis les terrii'rs (n" 504) 178
Notes spéciales et locales.
Hugues (Albert). — La Sarja serrata (n" 493) 12
Mercier (L.). — A propos de la note de M. Virieux <( sur la présence de
Polycelis cornuta dans le Jura français » (n° 493) 12
Cavro (E.). — Mante religieuse dans le Pa.s-de-Calais (n° 494) 24
Dupont (L.). — Répartition géographique en France d'Araschnia leiaïui
(n° 494) 24
Le Brun (Pierre). — Flore des étangs d'Ouroux, canton de Montsauche
(Nièvre) (n° 495) 34
Gasser (A.). — Mante religieuse (n" 495) 35
BuYSSON (H. du). — yeri/dafis wnjor Muls., iiec Lin. (n° 495) 35
Id. — Cnethtjcnmi»! piti/ocampa F. (n° 495) 35
Mantz (Emile). — Vrillette {Ânolnum pertiimx) (n° 495) 36
Giraudeau (H.). — Crioceris merdigera (n° 495) .36
Id. — Les Hats (n» 495) 36
Letacq (A.). — Question (Sarcophaga carnaria) (n° 495) 36
LOMOKT. — Voyage d'exploration ornithologique au Nord de l'Europe (n» 495). 36
Loiselle (A.). — Ponte sur une feuille d'arbre d'un insecte à larve aquatique
(n° 496) 49
Falcoz (L. ). — A propos de Cnethorampa pityocnmpa (n° 496) 50
Id. — Campagnol des champs (Ariiroh nnah'.i Pallas) (n" 496) 50
Id. — Taupe commune (Ta/pa ciiropoa) (n" 496) 50
— IV —
BuYssoN (H. du). — De l'uniformité dans la préparation des Insectes (n° 496). 51
Id. — Nouveau procédé d'asphyxie des Micros (n° 496) 51
Smits (A.). — Mante religieuse (n" 496) 52
Delaoe (Y.). — Monument à Henri de Lacaze-Duthiers (n° 496) 52
BouLY DE Lesdain. — Question : Herbier de Lichens de Grognot (n° 496). —
Réponse (A. Bovet) (n" 497) 52, 68
LoiSELLE (A.). — Quelques rectifications à propos de Tenthrédines (n° 497)... 65
Thomas (Maurice). — Sur une nouvelle grotte à Ours des Cavernes à Besançon
(n° 497) 68
Smits (Albert). — Nouvelle aberration de Arctia caja Cf (n° 497) 68
Manuel (P.). — Note sur deux gisements géologiques des environs de Gréoulx
(Basses-Alpes) (n° 498) 86
GuiGNON (J.). — Diptérocécidie sur Poteiitilla verna, avec 1 fig. (n" 498) 86
Id. — Hyménoptérocécidie sur Geum urhanum, avec 1 fig. (n" 498) 86
Id. — Aphidocécidie sur Geum urbanum, avec 1 fig. (n" 498) 86
Id. — Aijapatitliia vil/osoviridescens De Geer sur Urtica dioica (n° 498) 88
Haxet (Charles). — Quelques mots sur la flore de Moisdon-la-Rivière (n° 499). 100
Rabaud (Etienne). — L'inefficacité d'un moyen de protection (n° 499) 103
LiCHTENSTEiN (Aug.). — Hyménoptères (n° 499) 104
Feostin (A.-M.). — Le Scdum dasyphyllum (n" 499) 104
GuiGNON (J.). — La chenille de Calocampa exoleta et les plantes basses (n° 500) 116
Id. — Pnteiitilla verna et son cecidozoon (n° 500) 117
Id. — Polistes galliciis et son nid (n" 500) 117
Id. — Diptérocécidie du Géranium sanguineum (n" 500) 118
Chappellier (A.). — Inefficacité d'un moyen de protection chez les Tortri-
cides (n" 500) 118
Chopaed (L.). — Même sujet (n° 500) 119
Malinvaud (Ernest). — Le Sedum dasyphyllum L. dans la flore française
(n° 500) 119
Fkostin (Abbé A.-M.). — Plantes rares du départ, des Côtes-du-Nord (n° 500). 119
Kerhervé (B. de). — Le Gui (Viscum album) (n" 501) 133
Vibieux (J.). — Action déformante de Puccinia Thlaspeos sur le Thlaspi
alpestre (n" 501) 133
DuMÉE (P.). — La chenille de Calocampa (n° 501) 134
SiEGUEY (Paul). — Lucanus cervus (n° 501) 134
GuiGNON (J.). — Homoptérocécidie chez Lunaria biennis (n" 501) 135
Id. — Un des effets de la Cuscute chez le Millepertuis (n" 501) 136
Agnus (Albert). — Chrysomela cerealis sur le Dompte- Venin (n° 502) 154
MoREiLLON (M.). — Nouveaux habitats du Gui (n° 502) 155
Laville (A.). — Hélix arbustorum en Seine-et-Oise (n° 502) 155
Id. — Découvertes néolithiques à Montainville (Seine-et-Oise) (n° 502) 155
Id. — Couleuvre vipérine et Couleuvre à collier dans la vallée de la Mauldre
(n" 502) 155
KcECHLiN (Georges). — Des parasites du Pieris brassicœ (n° 503) 168
Vuillet (A.). — Nouveaux habitats du Gui (n° 503) 168
Nécrologie. — M. Galien Miugaud (n° 502); le colonel Schlumberger (n° 502).
Bulletin Bibliographique (n<" 499, 500, 501).
échanges ; 39 notes d'échange (sur la couverture).
Livres nouveaux publiés en langue française (sur la couverture).
C^ jyYju.^ Janvier 1912
V Série, 42- Année
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LA FEUILLE
N -493 ^gj^/^
DES JEUNES NATURALISTES
REVUE MENSUELLE D'HISTOIRE NATURELLE
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Abonnement annuel (France et Étranger)
payable à M. Adrien Dollfus, 35, rue Pierre-Charron, Paris (S>^). . 6 fr.
Les abonnements à la FEUILLE seront faits dorénavant à partir du 1"'' janvier
(au iitni du 1"'' nov('inbic).
Imprimerie Obbrthur, Rennes — PXri»
u
1912
1 ^ Janvier 1912 — V' Série, 41' Année — N' 493
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
AVIS
Nous reprenons aujourd'hui la publication de la Feuille, bien que notre
inslallalion nouvelle ne soit pas encore achevée. La correspondance devra
donc être adressée comme précédemnionl, :Jo, i-ue Piene-Charron. Le temps
nous a manqué pour mettre au point les modilicalions que nous avons en
vue et qui sont remises à plus lard.
Le service des prêts de livres sera repris à partir du lo janvier. Nous
espérons pouvoir envoyer prochainement à l'impression les Catalogues
pour 1012. Rappelons que les abonnemeiils sont valables pour l'année 1912
tout entière.
La Rédaction.
COQUn^LES DE CANCALE
ICONOGRAPHIE ET CRITIQUE DE QUELQUES PETITES ESPÈCES
ODOSTOMIA
Malgré les nombreu.x et remarquables travaux publiés jusqu'à présent,
la délerminalion dos Odoilnmia de notie réiiinn est restée fort difficile et il
y a un cei-tain nombre de pseudo-espèces ipie les auteurs conservent en se
copiant successivement sans remonter aux sources oi-iginales. Les figures
des meilleui's ouvrages ne peuvent guère ser\ir tant elles sont défectueuses :
il y a souvent plus de dilîérence entre celles de la même espèce représentées
par des auteurs dilîérenls qu'entre des espèces différentes dans le même
ouvrage. Le but de cette note est d'éclaiicir la question sur un point spécial.
§ 1". — Odostomia eiUimoides Hanlev.
Odostomia palUda Jeffreys (non ^lontagu).
Jeffreys (Brit. Conch., T. IIL p. 124i adopte le nom spécifique de Monlagu
et fait tomber en synonymie relui de llanley. quoique sa minutieuse desciip-
H. .Martel. — Coquilles de Cancale.
Iimi iir siiil (|u'iiii (l('\('l<)|)|H'iiii'iil (le la diaj,'iiosc (luiiiiéc pai' cp dernier et se
trouve l'ii (lésaccdi'd eoinplel avec celle de .M(iiilai;ii. connue on peut en juger
par leui' coniparaison.
N'oici la diagnose de l'O. i-utiiniiidc.'< de llanley il'roc. Zovl. Suc. Lviidon,
1844, p. 18); jo la traduis lilléralenient du latin :
•I (locpiiile oljjongne. lurriculéc. Ijlanc de neige, lisse, pulie, suhpeliucide.
)) C'uu\ loui-s un peu rou\c\es, Ir dcrnici- égalant la spiic. Sidure distincte.
>i Ouverture oblougue, lisse, avec un pli denlifunnc au nulieu de la lèvre
» injeiieure. I.èvic extérieure sulidilalée à la. hase, l)oril à peine convexe.
" i.ongueur. (P\H (4""/"' 6): largeur, O^US (2 7"'J. »
\'oici la diagnose originale de Monlagu l'/Vv/. liril.. 1804, p. 32.")i; je la
ti-aduis litléralenient de l'anglais :
" Turijo avec une coquille lisse, blanche, de forme assez élancée, avec
» six ou sept spiies s'etlilaid jus(pi'à un sommet modérément lin. Les tours
" Ile son! |ias très convexes mais si'i)ari''s par une ligne hien délinie. (luver-
n Uni' orhiculaiie. lahic aiipié. tue faihle du|)licature sui' la columelle
» dépouiNue (le hMde dent mais formant par sa réllexion un petit ombilic.
» Longueur, plus d'un huilième île pouce f.'i"' "2); lai'geur. à |>eine un tiers
» de |;i longueui' I I '" '"I. li
Ainsi la coipiille de Monlagu a I ou 2 tours tie spire de |dus avec une
taille sensihlemenl moiiidie, son ouxerture est ronde au lieu d'ohiongue et
ne porte pas de deid visible. D'après Jeffreys, Montagu. dans son supplément
de 18(18. 11. V.Vl noierait expi-essément " le pli ou denticule allongé sur la
columelle 11.
,lelTi-eys déclare (ju'il ne ihnde pas de l'idenlilé des deux espèces, mais
il avoue (ju'ayaid examiné au liritisli Museiun la collection de Monlagu, il
n'a trouvé collé sur la lahlelte portant en tiessous de la main de celui-ci :
<( Turbo pallidAis >• i|u'un exem|)laire roulé et brisé de Risaoin pmra var.
inlcrnijita l ^lais il préfère garder son opinion et attribuer sa déconvenue
à une négligence de Leach dans le classement de cette collection.
(Conclusion : l'espèce de llanley. iiarfaitement décrite par .telîreys et facile
à i-econnaître. ne coirespond nullement à celle de Montagu et celte dei'nière
est impossible à idenlilier par sa diagnose ou sa figure. H y a donc lieu
d'abandonner complètement le nom d'O. pallida et de conserver seulement
celui d'O. eulimoides Hanley.
Cette espèce est d'ailleurs 1res variable de forme et de dimensions. Son
habitat (U'dinaire est sur les oreillettes de Pi'clen maximus Linné.
La ligui'e ci-joiide re|iréseide. dessiné à la chambre claire, un exemplaire
de Cancale exactement conforme à la diagnose île Hanley et à la description
de Jeffreys. J'y ai joint les calques des fignies données par ces auteurs eux-
mêmes et par ^lontagn.
§ 2. — Odostomia rissoides Ilvxi.EV.
Il me sendde que, pour celle espèce, Jeffreys a faussé la diagnose originale
en modiliant certains cai'actères essentiels et en en ajoutant d'autres de
son cru.
Voici la diagnose originale de llanley (Prnr. Znnl. Soc. l.ovdon. 1844,
p. 18): je la traduis liltéralement de l'anglais :
«( Coquille conique, oblongue, blanche, lisse, polie. Cinq tours \m peu
» convexes, le dernier égalant la spire. Suture distincte. Ouverture égalant
» les deux cinquièmes de la longueur- totale. Pli columellaire presque obsolète;
» labre lisse intérieurement. Longueur, CIS (4'"/'"6); largeur, O^IQ (27°'3). »
llanley ajoute : voisine de l'O. exdimokles, mais la bouche est bien plus
petite eu [iroportiou ih' la hmgueui' de la spii-e. Le f)li se trouve si en arrière
IKI III.K DES JEINES NATII5 AT.ISTES
li>' ANNÉE. — l'I. I.
SlPPI.EMKNT AU .N" VJ3.
J«' Janvier 1912.
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H. MABiEr,. — ('(Kiuillrs do Cancalc.
,|(. |;i cnliiini'lli' iiuim ohsoi-viilciii- iii.illnilil ne le discerne pas. (Ce qwi
ii'i'sl pas liiiijiuiis exact.)
Odostomia euUmoiJcs llanley
de Cancale, dessinée par II. Miuti'l.
Odostomia rissoiden Hanley
de Cancale, dessinée par 11. Marlel.
Turbo paUttlux Odost. paîlida Odostomia paUida Odost. risnoities Qdost, rUsoidt» Odoat. riMoidea
MontJgii Forbcs et Hanley Jefireys Thorpo IH-K Forbes ot Hanley .Teffreys. 1867.
Test. Brk., suppl. lirit. Uoll, isr)0 lirit. Conch., («H t» l'.rlt. iiiar. Conch. lîrit. Moll., 1S60 lirit. Conchol,
l'I. 21, rlR. 4. ri 98,11»!. l PI. 73, IIk. 5 1"1. uniiiuo. Us. Il- PI. 116, tlg.l. PI. 73, flg. 4.
,lult'ic>s (liuiiic les (lirirrciicos siiivanlos ciilrc les ileiix espèces {liril.
t'o)ir.h., T. III, p. liitij : I/O. /)«//((//(*;• itpi'il assimile à \'(). eiiUmoides) diffôre
de VO. ri.isoides par sa plus grande taille (il adapte, je ne sais pourquoi,
à VO. ri.ssoitli's les dimensions de VO. pnU'ulu de iMoidagii), sa ciniiciii' lilanc
de lail, sa tcxliin' sulide; la spire esl plus éiancce et la hase est pdiiiliic ou
,iiii,Milriise; les tours ne sont pas si comcxes; la lioiiclic est ('onsidr-ralilcmi'iil
(lilalcc au-dessous de la columelle où le liord intéiieui- devient à peu près
droit au lii'ii d'èti'e courhé comme dans raiilre espèce (0. rissoides).
Dans sa di'srriplion de VO. rissoides, .lellieys donne au dernier tour les
diii\ ciiiiiuièmes de la lonij;ueur totale et à la Itouche les deux cinquièmes,
ipielipielois la moitié lU'. la lon.mieui' de la spire.
(lu peut donc i-elever cliez .lelïicys les discoidances siiixaiiles a\ec la
diaynose oiiirinale : taille moindre; tours plus convexes; alors que Hanley
emploie pour les O. ciirmtnidrs cl rissoides la même expression ■< convexiiis-
ciilis '■: dernier lour proporlionnelleiiieiit jilus coin I e| uuverture un jieii
l'ius luiii^iie. Il avoue d'ailleurs (|iie celle espèi'i.' élaiil idinmiiiie se iiiniilre
exlièmemeiil xarialile.
l'Ji résumé. 10. rissoiilcs de .le|'fix>y.^ est liieii dilïér(Mit de celui de llanley,
comme .son 0. pallida de 10. adiïiwidi'S et il n'y a pas lieu d'en tenir compte.
Repi'cnant les cai'actères différentiels donnés par llanley entre ses deux
espèces, mi voit qu'ils sont |)eu imporlaiils et doivent prolialilement s'expli-
quei' par une différence de se.xe, les femelles avanl générah-menl des coquilles
II. Martel. — Coquilles de Cancale.
jikis vcalrucs el plus trapues que les mâles. Celle variulion de l'uriue,
s'observe notamment chez 10. ,«;u;'«l/,v Moiilagu comme j'ai pu m'en assurer
sur des exemplaires recueillis eiisenihlc à Cancale. Les dilîéi-cnies de .lelîrtîys
tiennent à des varialious individuelles nu à l'âge; elles ne son! d'ailleurs pas
constantes comme nous l'a moulié l'examen de nondireiix spi'rjmens.
Conclusion : les di'ux espèces iVOdoslmitid de llanley n'en forment en réalité
qu'une seule très polymorphe; le nom d'eulinio'ulrs étant le premier doit être
conservé et celui de rixsoides ne forme pas même une bonne variété constante.
Jeffreys a décrit comme espèces distinctes une quantité de formes qu'il a
ensuite, dans sa Drilif.li Cdiirhotduii, lattachées à lilre de vai'iétés à son
0. rissoiife.s; pour nous, ttnit cela i-enlre dans l'O. ciiliinnides, les cai-actèi-i's
ilinV'renliels n'étant pas cmislanls el la distiiirlidu l'-lanl iiii|inssililc dans
la plupart des cas.
La ligure ci-dessus représente, dessiné à la chambre claii'c, un exi'mplaire
de Cancale exactement conforme à la diagnose de Hanley. .l'y ai joint les
caNjucs des ligures données par Tliorpe, llanley el .lelli-eys.
Cancale. H. Martel.
LES DUNES PLEISTOCÈNES DE GHYVELDE (Nord)
A l'est de Dunkerque, contie la frontière belge, et sur le territoire de la
commune de Ghyvelde, on remarque une rangée de dunes larges de 300 à
300 mèli'ês, qui s'étendent jus(|u'au village d'Adinkei(|ue inelgi(|ue). Elles
sont pai-allèles aux dunes liltdralcs, d(int elles sdul séparées par une bande
de polders entièrement cultivés, large d'environ 1,:)00 mètres.
Ces dunes intei'nes ne paraissent pas jusipi'à préseut avuir attiré l'allenlidn
des géologues, et c'est ainsi que ceux qui .se soid mi upés de la plaiu"
llamande (I), les passent sous sileiirc mi leur assigueni le même âge qu an\
dunes littorales.
M. l'abbé Delépine pourlani, dans un hès intéressanl ménidire : l'UiuIr
(Ifuiriraphique. Ij:s cnnltDis lillmvu.r dr lu Flandre jrançaisi', Hailleul, lOOli,
"a tout spécialement étudié les dunes situées à l'est de Dunkei-que. Voici, p. «i,
les conclusinns ipi'il tii-e de ses ohseivalions : » Les dunes d'Adinkei-que-
Cliyvelde, les aflieuriMuenls sabloiuieux de Cliyvelde-Télégliem, avec les dunes
intélieuies (II' Kunrke el ci'llcs lUl ('.iici|. l'epi-ésenlrlil une première VClUie
(!) Menoy : Essai de Géologie praliquc sur la Flandre Française, I.iUc, tSôi. Dans son
« Tableau statistique prûsentant par commune la conslituUon géologique du sol, etc... », signnJc
le sable dans les communes suivantes : Arnibouts-Cappcl, Coudclœrque, Coudekerque-Branche,
TcHéghem.
L,\DRn>nE : Excursions dans îc quntj-'rnairo du Nord de la France cl de la Belgique {Ann.
Soc. Géol. Nord, XX, 1S02, p. 2!K:i).
GossiîLET : ICsquisse géologique du Nord de la France et dos Contrées voisines, Lille, 1880-11)0.1.
RLANCiiAnD : La Flandre. Etude géogrni>liiquc de la Plaine Flamande en France, Dunkerque,
lOOG, p. 1-48, ... à resl de Dunkerque, le village de Ghyvelde se trouve sur une éminence sableuse
plus élevée que la plaine d'environ 2 mètres, qui commence au Mculhouck de Zu.\-dcoote el se
ronlinue jusqii'au village d'Adlnkerquo. C'est la encore \m de ces bancs tonnés proliabloment
dans la mer flandrienne...
Li-nu;m; kt Dor.\.\Mi : Aperçu géologique du département du Nord, Lille, 1900.
Cai-te géologique do la Franco. Dmikerque (2).
Carlo géologique de la lîelgiquo dressée paj- ordre du Gouvcrnemetil, Moëres-Furnes, n» 51).
Roi'i.Y DE f.ESDArN. — Jxs Duvos Pfmtnrf'nrf! âe Ghiivnidp ISord). :\
(II- sables i|ui si; Sdiit aiiiassi-s sur des liniils fuiuis ou des îlots. Par les
iiili'ivalli's laissés l'iilrc ces îlots, la inrr' |)riir'lrail lihicriiciil dans la dépros-
sion de la i'Iaiiio inaiiliiiio. I^o i i\agi' dos l'Iaiidics se lioiivail donc roporlé
au sud de sa |iosilioii acluelic... »
i-es (lunes inleines siml bien visibles à l'est du viliai,'e de (ibyvelde, où elles
lorment des monticules liauls de 2 à •'{ nièli-es qui se relèvent assez brus-
'lueinenl piès Av la rioniièir beli,'e, pdui alleindre jusipi'à 8 et !) mètres de
hauteur.
.\ l'ouest, elles ne sont plus i i'|iié.sent^'es ipie par- des allleuremenls
sableux, eoinuie au Meulen-liock. au sud de Zuydcoote, et à Tétéyliem; dans
cette deinièi'e conuuune, ils soid l(''i,'èi'einenl élevés au-dessus de la |ilaine.
f'.onuiie l'a lecdiuui M. l'abbé Dch'pine : /"i-. n'^, p. 4, ces nriieureuienis
[ilon^'enl pai' endroits sous une couche d'un limon ai'gileux, qui, au village
do Lot'frinckoucke, près de l'église, alteini une épaisseur de l^oO.
M. fabbé Delépino n'a pu suivir les allleuremenls sableux fi l'ouesl de
TélégluMii; plus lieureiix. je les ai relinuvés le long du canal de Meigm^s
près le l'orl-I.ouis. où des talus sablonneux ciuixerts de Dijilnld.iis IcniiilaUd,
erdouient des praiiies mai'(''cageuses dont la Jloi'e : (iliiu.r innril'min, SaiiKibis
\'td('r<i)nli. Iljidrocoliilc nilijdris, Chlnra ])crj(>Uala, Emjlhrœa raniosissima,
llrrminiinn nmiinrchi'^. etc.. rappi'lle celle des pannes humides des dunes
li Morales.
Kn descendant encore vers l'ouest, on retiouve le sable dans quelques
champs de la l'ouuuune d'Armbouls-Caiiiiel; entre ce village cl le canal de
Hergues, une l'ciine porte d'ailleurs le imni bien caraclérislique de : La
• '■arenne.
Il est probable ijue sur ces allli'ureineids s'i'levaient autrefois des petites
(limes, dont le sable a été onl(>vc par les habitants, au fur et h mesure de
l(Mirs besoins.
Les dunes les plus inléressanles soid situées dans la propriété de l\. Dan-
sctle : elles débutent h 800 ou 000 mètres de la gare de Ghyvelde, pour se
continuer jus(]u'à la froidière, le long d'un petit sentier qui conduit au village
d'Vdinkei-que.
l-',llcs étaicnl autrefois enlièrement couvertes de P'mii<: sUvestris et de Pn-
}niJits mnriilili'ni, mais les travaux d'assèchement des Moëres, poussés
beaucoup plus activement ces dernières aniu'-es, ont amené avec le dessè-
chement des dunes voisines, la diminution et, par places même, la disparition
de nondu'cuses plant(^s (pii maiidenaienl le sable. Les dunes sont deveiuies
ainsi de joui- en jfuu' plus s(''clies el plus mobiles, ce qui n'a pas tardé fi
amener uru^ diminution considéiable des arbres, dont les derniers dispa-
raissent peu à peir à chaque tempête. (La tempête du 30 sept. 1911 en a
abattu environ '70.)
Dunes inicrnes de Ghyvelde.
a Dunes Ilolocènes avec débris de cuisine du Moyen ftge.
,3 Dunes Pleistocènes avec Mollusques el petites pierres.
Trop éloignées du bord de la mer pour qire le vent puisse amener des
coquilles et i-enouveler ainsi leirr provision de calcair-e, ces dunes plus ou
moins (hValcifiées par l'eau de pluie chargée d'acide cai'bonique, sont cou-
vertes d'une flore calcifuge. C'est ainsi qu'on observe les phanérogames
6 BouLY DE Lesd.mn. — Lcs Dunes Pleislocènes de Glujvelde iS'ordj.
siiivanls : Tecsdalin nudicauUs, Omilhopus perpusilhis, PoUmllUa oirientea,
Sorothavimis scopariu.^, Nnrdiis striclo. etc., et qiicKiiies mousses : Hhtiio-
niitrium canescens, Pobjtriclunii pUilcnnn, lliildcomiinn Ii-Kiuclnon, Ihipinnii
Scltrebcii, elc..., qu'un clieirliei-ail vaiiieineiit dans les dunes litlui-ales.
Je n'ai pu jusqu'à présent trouver de traces de l'industrie préhistoi'ique,
bien que, non loin de là, dans les dunes de La l'anne (!) on ail l'ecueilli
(luehjues silex taillés. Par contre, les morceaux de poteiies du Moyen-Age
sont assez nomlireux, soit éjiars sur le sol, soit mélangés à des débris de
cuisine et siiués dans de petites dépi-essions (2), que le vent a par places
recouvert d'une couche de sable de I à 2 nièlres de liauleur. In anneau de
bronze recueilli à cùlé des llelix pleislocènes aitpailicnl probablemi'iil à une
éi)oque plus ancienne.
il est probable que ces dunes, ainsi que (piehiues-uncs des plus hautes
dunes littorales, consliluaieid des îlojs d'énieision au milieu de la plaine
llaniande, lors de rinvasit»n de la mer au X" siècle.
•WV t'
^A.„x.^
". — ^«A.'v^ ey
Les molhisipies (pie j'ai trouvés, iiermelient de l'econnaîtic dans ces dunes
deux assises l)ien distinctes : l'une snpérieui-e de formation assez récente et
d'origine éolienne, l'autre inférieure et pleistocène.
Les dunes d'origine éolienne récente ne ]irésentenl rien dr pnriirulicr, saut
les débris de cuisine du .\biyen âge déjà signalés.
Les anciennes dunes pleistocènes ont été pi'csquc eidièrement emportées
par le vent ou par les eaux; cependant, on aperçoit encore quelques rares
petits monticules à sable légèi-ement jaunâtre, dont les plus élevés alteigneid
à peine 3 mètres de hauteur. Ailleurs les fossiles s'observent an i-as du sol
(1) Baron A. de Loë : La Slation prohislorique, belgo-romainc et Xranque de La Panne,
BnixcUes, 1902.
J. Maertens : Feuilles à la Slalion prcliistorique de La Panne, Bruxelles, 1003.
Baron M. de M.\ere D'.VrnrnYCKE : I^ Collection d'objets anciens de La Païuie déposés à
Grunthuuse, Bruges, 1905.
(2) Le même fait s'observe actuellement auprès des petites villas disséminc^cs dans les dunes
littorales.
Uour-Y DK Lksomn. — (.rs Dmws l'irixlmènrs de Ghip'fldp tNnrd). 1
ou s(»iil rociiiivoi Is par di's diiiii'S nindcitir^ à salilc i^iisAlii,' comiiio l'i'liii
tlii littdial.
Le iilcislncènc est cai-iiiérisé ici pai- dr niiiMluciisrs |M'lili'S |tieiics ri
des iiinlliis(|iies lorresli-es, lluvialiles el niaiiiis.
l'KTiiKS l'ilclutKS. — Noinlii-i'iiscs |iar jdaces ol coiislamiiii'iil associées aux
Mitillusi|ues. elles se coiuposeiil de j^ivs, de ipiarl/, de i,'iii'iss, de <,'i-aiiil, de
craie et de calcaire carbonifère; prescpie louli's son! l'oulées, (pichpies-uncs
cepeiidaiil oui lU'^ aièles \ives. el oïd iieMl-èlrc en partie été apportées pai'
riioiUMie.
1-e veni a souxeiil oiiéré une sorle de triai^e entre ces pierres, et il n'est
pas rare d'oliserxei' sur les lianes d'une pelile dune, une eoiwlie de très
pelites pierres, tandis ipie les plus f;i'osses onl loidé le loiii; de la penle.
Il ne faut pas oublier d'ailleurs cjue le sable constitue un terrain essen-
tiellement mobile, où tout se déplace et se modifie au gré des vents.
Certaines de ces pieires soid creusées d'un i^rand noini)re de petites
lo^'elles. (pu ainsi ipic je l'ai dijà sii,'nalé dans la Foiille, s(inl dues h des
licliens ealcivores : SarcofUn^i' i>riiii>iiui et plusieuis espèces de Vcirucnrid.
.\u premier abord, on pouirait les atlrii)uer à des algues ou à des éponges,
et en eoneliire ainsi, ce (jui a dû prid)ablement ar-i'ivei' jjIus d'une lois, qu'elles
ont été recouvertes par la mer pendant un temps plus ou moins long.
MoM.rsQiKs TERRESTHKS. — lis soid a.ssez abouilanls par place, et repré-
sentés en grande partie par des Hélix: voici les espèces que j'ai détemiinées
jusqu'à présent.
Leucorhroa candidissima Beck. — Assez commun. \ il aciurllemeid dans
la région méditerranéenne où il esl 1res commun.
Ueli.r hicten Midi. — Très rare. N'existe plus en Fi'ance; les exemplaire-
signalés i)ar Mo(piiii-Tandon. dans les Pyi-énées-OrienlaIes. avaient été inlro-
duits d'Espagne. Locaid ne l'indiqui' pas dans .ses Coriuillcs Icirctrrs di:
France.
Ilcli.r nupnlcU(i)m Ten'. — Un exemidaire. Idenlicpie aux écliaidillnns ipie
je possède de la province d'Oran.
Ilelir pisana Midi. — Un exemplaire. \ it achieiiemeni dans le midi et dans
l'ouesl de la France.
Ifelix ericctorum Mi'ill. — .\ssez rare. U^imnuin dans i)res(iue toute la
France el dans les dunes des environs de Dunkerque.
Hclix crspiUim Drap. — Assez commun, mais rarement typique. Existe
toujours dans la même localité ou j'en ai rencontré une nombieuse colonie
i"! éclianlilions bi(Mi cai-actérisés. Non loin de là. dans Ii's dunes di' Zuydcoolc,
j'en ai recueilli (piel(iues rares exenqdaires qui se rapprochent davantage
de ceux du pleislocène. Cet Hélix est abondant dans le midi et dans l'ouest
de la France; De Norguet: Calnl. des mollusques terrestres et (Invintdes d\i
drpfirlemoit du \nvd. p. 27ri, le simiale aux envirdus de Valencjennes où d
a été recueilli par Leiièvre.
Ilelir eiiphorca Bourg. — Assez l'areuienl bien hiiique. Habile le midi de
la Fi-ance.
Ileli.r acittn Miill. — Un exemplaire. Cet Hélix commun dans le midi et
dans l'ouest, naiuialisé depuis peu snr les côtes du Boulonnais, remonle
vers le nord, aux environs de Dunker(]ue où il esl très commun par places.
Je l'ai signalé dernièremeni en l'.elgique. à La Panne, où il a pénétré en
suivant la voie ferrée de Dunker(pie. C'est une espèce qid sendile devoir
coloniser de nouveau les localités qu'elle occupait au début du qnaleinaire;
jusqu'à présent, je ne l'ai pas rencontrée vivante dans les dunes de Chyvelde.
Heli.r nmnkUrn Moq. -Tandon. — Rare. Habile |e midi de la Fiance.
Rumina decollala Risso. — Assez rare. Commun dans le midi de la France.
8 BouLY DE Lesdain. — Les Dunes Pleislocèncs de Ghyvelde (Nnrd).
Mf)i,i,i soiKS i''i,iiviAïii,ES. — Tlu'ddn.ria llnruiUlis Isscl. — ■ Un soiil cxcin-
l»I;iii-c. Celte espèce est actiiellciiH'iit très rare aux environs de Diini<ei-(iiio;
j'en ni icciii'illi (|iiel(iiies petits exemplaires non loin île là, dans le canal d(!
i'"iii-ncs. Klle est très comniiine pai- places, à l'état subfossile, dans le drpai-
tenient du Nord, mais toujours rare à l'état vivant.
^loLLUSQi'ES MARINS. — Je n'en ai ojjservé que quelques rares éclianlillons :
LillovUm (iblusa Menke, Trnrhiis sp., Aslarle sp., l'eciinrulas sp. elCjin'tui
jliniiinaUs : ce dernier ne se i-encontre plus que sur les liords du Nil. Au
\u>n\ et à la hase des dunes internes, on ot)serve quelques petites fosses peu
profondes dont le sable esl. plus ou moins argileux, et où l'on ti-ouve en
abondance des Cardiimi cdiile remarquables par leur grande taille, .l'ignoie
si ces Cardium sont d'Age pleislocène, où s'ils ont vécu dans les lagimes qui
di'vaieni l'idoui'ei' ces dnne.s, loi-s di' la iiériodc d'imiiieision de la |ilaine
llaniande.
La pi-ésence de mollusques marins est 1res intéressante, car elle permet
d'afllrmei- (jue les dunes internes de Gliyvelde bordaient l'ancien livage de
la mer pleistocène.
Au point de vue de la géograpliie botanique, on peut tirer des conclusions
importantes de la persistance des dîmes yileistocènes jusqu'à notre époipie,
et admettre que quelques-uns des phanérogames et des cryptogames qui y
végétaient, ont colonisé nos dunes littorales. Ce serait sortir du cadre que je
me suis tracé ici, que de développer celte question que j'ai simplement voulu
indiquer, et sur laquelle je me pi-opose bien de i-evenir un jour ou l'autre.
D'' BouLY DE Lesdain,
Dunkerqne. ^' ès-sciences.
..çjp..
LIMONS A AMANDES DU TYPE DIT ACHEULEEN
DE SAINT-PIAT (Eure=et=Loir)
Le 24 mai's 190.^, M. Lambert, propriétaire de la biitpietei'ie de Sainl-I'ial.
me remettait deux pièces du type dit : orhoulécn, que ses carriers avaieni
recueillies dans la limonièr'e qui alimente sa briqueterie.
Le 6 juin 1908, M. Lambert me r-emettail encorde une autr-e amande, éga-
lement du type dit : acheiiléeti, recueillie aussi par ses car-riers dans les
mêmes conditions que les deux pr-emièi-es.
I,a limonière est située dans la vallée de l'Eur-e, à envir-on 300 mèti-es au
sud de la station de Saint-Piat. Sa partie haute, qui peut être à l'altitude de
+ 106 environ, borde le côté ouest de la voie ferrée et paraît être à 2 ou
.1 mètr-es au-dessus du niveau de la rivière qui coule à 400 mètres environ
à l'ouest.
Je donne ici. frg. 1, la coupe fnirr-nie par celte exploitation.
m. — Limon rouge à briques : o de Ladrièi'e, recouvert d'humus qui s'est
for-mé h ses dépens ^"^^^ ^ ^'"^\^
IF. — Couche irrégulière d'Ergeron O^SO à 1"80
T. _ Couche tr-ès ondulée de cailloirtis analogue à celui de la Forte-Maison
près Saint-Prest, mais avec au moins la moitié de silex anguleux, provenant
de l'argile à silex qui est très abondante dans torrte la région. En X gisaient
les pièces figurées aux figures 2 et 3 et en XX une troisième pièce du type
A. Lwii.i.K. — Liinnns à amandes du lijpe dit : Achculécn. 9
dil : achcutéca. Ces iiisliiiiiii'iiLs appai lii'iiiiciiL ct'ilaiiioiiiciil au nivpaii du
railloufis de rRi'gcrnn, (|iii ici devait se lioiiviM', oiUro I cl II, si ce n'esl pas
I lui iiiciiic. — K|>aisscur visiiilc (I"":{() à l°'2(t
Cl' cailliiulis a i iii|innilç ses éléments à l'argile fi silex ijni repose sur
la craie cl diml une pailie a été roulée par les ailuvious.
--fCO CA>
a.'nO- i.oô
lit- â.
J'^iç--^
vJlf^^
EXPLICATION DES FIGURES
FiG. 1. — Coupe de la carrière Lunibcrl ù Saint-Pial (Eure-et-Loir). — 111. Limon rouge à
liriquos = o de Uidrière, sunnonlé par la terre végétale, 0™80 ù I^ÛO. ■— 11. Ergcron = b
de I.adrièrc, O^SO à l^SO. — I. Cailloulis visible sur 1"2() au plu.s. — Epaisseur inconnue.
En .\ {•isemenl des pièces figurées, en XX gisement de la troisième pièce.
l'iG. 2. — Amande Iriangulaii-e recueillie au point X, entre les couches I et H. — 1/3 de grandeur.
TiG. 3. — .Amande du type dil : achcuiicn, recueillie au point X entre les couches I et IL 1/3 de
griuideur. Collection de l'Ecole des Mines.
I,a première pièce, (ig. 2, est une amande taillée avec soin en forme de
Iriangle isocèle à C(Més courltes. Elle est en silex brun fauve de la craie et
mesure 0'"li'i x (no x 0"'(»2.">. Klle a été ti'ouvée, ainsi que la seconde pièce,
au sonimi't d'un piton de silex, en X, entre la couclic I et la couche II.
l.a deuxième pièce, lii,'. .'i, est luie amande du |iiir type dit : achculrcn,
taillée aussi avec beaucoup de soin. Kile (>st en silex gris de la craie et
mesure 0"'I3!I x (T'IOi x (l"'(i;{:i. Elle reposai! nnn loin de la première sur le
même piton de silex enti'C les couclies I et 11.
l.a troisième pièce, que je ne ligure pas, est cgalemenl nue amande du
pur l.\|ie dit : ((c/icu/cc/(. linenienl taillée sur les deux faces et en silex inun
lauve. Kile mesuiv 0"'J2 x (l"'(l7ti x (r():2i>. Klle gi.-^ait sur le cailloulis de la
couche I au fond d'une large cuvelte.
Ursiiiiir. - - Dans la vallée de l'Eure, à environ + lllt», des amandes en
silex du type dit : orhi'iili''pn, gisaient sous l'Ergeron, sur un cailloulis roulé
et formé aux dépens de l'argile à silex (pii ii'coiivic la craie dans cette i-égion.
.\. LWII.LE.
•*••
10
A. Lwii.LE. — Lf Qnalcrnnirr à iruliisiric Cliclléo-movsliéricmic.
LE QUATERNAIRE A INDUSTRIE CHELLÉO-MOUSTIERIENNE DU DUNOIS
GISEMENT DE TOUCHÉMONT (Eure>el=Loir)
(SuUe.)
Au mois de sepiciiiliie dernior, U. Lagiiay-l'onlul, qui exploite la kiiloi'ie
de Toucliéiiiont, me remit qnekiiies silex taillés qu'il avait recueillis dans la
limonièrc aliiiiontaut la tuilerie.
l'armi res pièces, il y en a deux qui son! plus iuléi'cssantes que les autres
qui ne sont (lUC des tronçons de lames ou éclats quelconques.
L'une de ces pièces (lig. 2) est une poiide du pur type dit : Moiisliérien;
l'aulie (lig. 3) est une lame pointe du type dit : de la Gravettc, qui caracté-
riserait le nouveau niveau indusli-iel dil ; Aiir'Kjiuiciv}!.
La carrièi-e do Toucliémoid. siluée à + l.'ill environ, au nord de la vallée
de rVerre, petit afilueni du Loir, sur le rn[r nnid iU' la roule de Courlalain
à Cliàleaudun et à peu près à mi-clieinin cnlre ces deux localités, oITre la
coupe suivanle (lig. 1) :
1. — Cuujie de lu cunicre de louchéiiionl (Eiiro-ul-Luir).
I. — Conglomérat à Silex.
II. — Argile rougeûU-e gnisse.
III. — Limon argilo-snbleux bigarré.
IV. — Humus.
IV. — Terre végétale sablo-argileuse 0"20 à 0"'30
III. — Limon argilo-sableux Ingarié (.aigile pas trop forte,
M. Leguay) 0"'70 à (r73
IL — Argile roiigeàlre gi-asse (argile forte, M. Leguayj... 0'"20 à l'"<)0
I. — Argil(! à silex (Tuf, M. Leguay), épaisseur inconnue dans l'exploi-
tation. Cetl(; argile à silex n'est souvent que de la craie décomposée, dans
laquell(! les bancs de silex se sont réunis en une masse plus ou moins épaisse.
Avant de passer à la descriiilion des liièces figurées, je liens à faire une
réserve au sujet de la pi-ovenance indiipiée par le carrier. La gangue (|ui
adhère encore à quelques-unes de ces pièces ressemble pluhM, au liuion
argileux de la couche II! qu'à l'ai-gile de la couche IL Seules deux silex, tlonl
une poiide sans relouches, oïd encore une gangue qui indiqui; qu'ils |ii-o-
vieimenl de la couche II. Les cai-riers n'ont-ils pas bien remar(jué la nature
de la couche d'où ils ont lii-é leurs silex, ou bien oïd-ils élé trompés parce
que certaines pièces qu'ils oïd pu très bien i-elii-er de la sui-face du (/(//)
(argile à silex) pouvait ètie iuunédialeinent recouverts par la couche III,
la couche II, d'épaisseur variée, pouvaid se leruiiner en biseau en difféi-enls
endroits, et l'industrie se rencoiilMi- aussi bien eidre ilrux biseaux que sous
l'épaisseur de la couche IL (leci pour allirer ratlenliim des géologues et
des préliisloriens (jui auront l'occasion de visiter cetb; l'égioii.
\. I.wii.i.i.. /.(• Quaternaire à iiidu-slrie (.'helliUi-nanifliûrienne.
11
l.a (Il l'iiiiii r |iin(' (lig. 2) fsl uiM- |i()iiiti' (lu l\|ii' (lit (lu Mdiislii'i-, avec une
face plam- |ioitaiil lr liiilhc ilt' percussion, nii plaii de liaiipe imhi iiiai-lclé;
upposcc à la face plaiii', une face i\ deux laci'lti's picscuir ('j^alcs, [toilaiil des
fctdiiclies iiiarj,'iiiali'S sur loul le poniluur. Ldiigueiir : irOCtT; lai-f^eur : ()"'()'i(l,
é|.aisscnf au hulhe ; (l"'(lll.
La dcuvièiur pièci- ilii,'. ."ti csl miic pniiilr-laiiii' pi i>iiialicpic ilniil, le dos,
c'esl-à-dii r la paiiic oppnsi'c au liaiidiaiil île la plus large l'areile, est
luarlelé \ers la iminle sur une liuigueiir île (l"'()'i;i. Celle pièee est du lypo
dit : (l'iiiule île la (iraeelle). lype ipii es! illl laiaejéiisliipir de 1' \urigiuicien,
unuvelle ili\isinn ai'Clir'oiogiipie ipii \jeMl se raser eillie je Mniisliérieii r\ le
Solulréeii. l.ongueiir : ()"'li:i: largeiii : (»"'02: épaisseui' : (l"'0'.l.'i.
lue Iriiisièiiie pièee. ipii pro\ieiil eerlaiiieinenl de la hase (le la cduclie II,
est une pdiiile du type dil : du Miuislier, (l(''p(iur\ ne de relniiilies uiaigiiiales.
/4-^
FiG. 2. — l'Uicf. (lu type dit Muiislii rien.
Carriôre de Touchéiiionl, pii-s Chiilwiudiiii (Eurp-ct-Lnir).
Au tiers de grandeur. Coll. Kcolo dos Mines.
Fig. 3. — I.ninc pointe, l.vpc dit : pointe de La (iravellti, cairièie de Tou-
chiMilonl 'Ki;r,-s'l-I.oii-:, if?, de grandeur. Cuil. l-xolc des .Mines.
Le reste (li.'s siie.x ae cunsisle iiu'eii fraguicids de lames et éclats sans
valeur archéologique.
Les deux pièces ligurées ffig. 2 et 3) proviennent, h mon avis fromme .je
le dis plus haut), de la couclie III. couche de liniiin ai gilo-sahleiix higarré
analogue au limon de la couche ipii. dnns la carrière de M. Duhouchagc,
à Laiigey. a fourni des pièces aeheuir'ennes e| une (lièce moustiérienne sans
retouches marginales.
Uèsumè. — Une pièce en silex taillé du lype dit : Mousliéi-ien, et mie
auti-e pièce également en silex du lype dit : de la C.ravelte. qui caractériserait
I Aiuignacien. ont élé trouvés dans un dépi'il pleistocène analogues à ceux
(|ui dans la ri'vgiou nu! fourni des pièces chelléennes ci acheiiléeimes.
A. L.WILLE.
i'i .Vu/(',y spéciales et locales.
NOTES SPÉCIALES ET LOCALES
La Saga serrata. — Chassaat les orthoptères, dans les garrigues de Saint-Geniès-
de Malgoircs (Gard), j'ai pu, en juin 1903, capturer une jeune larve femelle de
Snga senafn. Le 3 septembre 1911, une magnifique femelle adulte tombait dans mon
filet, nie prouvant que l'espèce n'avait pas disparu malgré les sept années où je
n'avais pu la capturer, bien que revoyant assez souvent à la bonne époque les pentes
de la colline qui m'avaient donné le premier exemplaire.
Mise en ca^e et nourrie de petits orthoptères, la «S'aura a paru s'accommoder aisé-
ment de sa réclusion; elle saisissait rapidement peu après qu'ils étaient lâchés près
d'elle les petits lacustres qu'elle dévorait, à l'exception des parties trop coriaces.
Une branche garnie de feuilles vertes, et que j'aspergeais fréquemment d'eau,
permettait à l'insecte de se désaltérer.
Le 5 septembre, à huit heures du soir, j'ai surpris la Saga serrata qui pondait dans
le sable qui tapissait le fond de sa cage. La ponte a continué jusqu'au 20 septembre,
date où l'insecte est mort.
L'autopsie ne m'a donné que trois œufs.
Les résultats plutôt mauvais des éclosions d'œufs obtenus en laboratoire par ceux
qui m'ont précédé dans ces recherches me laissent peu d'illusion. Je pense que le
moyen d'obtenir encore des Saga, et d'arriver à trouver un mâle, sera de chasser
le plus possible à l'époque propice sur les champs de kermès où j'ai capturé la femelle
par deux fois.
Saint-Genics-de-Malgoires (Gard).
Alberl Hugues,
A propos de la note de M. Virieux c< Sur la présence de Polycelis cornuta
Johns. dans le Jura français ». — Dans son intéressante note (1), M. Virieux
m'attribue la trouvaille de Planaria alpiiia Dana dans les Vosges. Or, ce n'est pas
dans cette région montagneuse que j'ai recueilli la Planaire en question, mais
dans des sources situées aux environs immédiats de Nancy, c'est-à-dire en plein
plateau Lorrain (2), région bien différente au point de vue géographique, géolo-
gique et climatérique du massif Vosgien. La présence de P. alpina dans ces
sources, sources froides et à température constante, met très bien en relief le
caractère sténotherme de ces animaux, caractère sur lequel M. Virieux insiste
tout particulièrement.
Je n'ai pas encore capturé Polycelis cornuta Johns. =P. felina Dalyell, aux
environs de Xancy, et cela malgré de nombreuses recherches (en effet, durant le
seul mois d'août dernier, j'ai exploré une trentaine de sources).
Enfin, pour terminer, je dirai qu'au cours des années 1910 et 1911 j'ai relevé
un certain nombre de stations de P. alpina et de P. cornvta dans la portion
française de la chaîne des Vosges. L'étude détaillée de ces stations sera l'objet
d'un travail qui paraîtra prochainement.
L. Mercier.
(1) J. ViniEux ; .Sur la présence de Polycelis cornuta Johns. dans le Jura français. {Feuille
des Jeunes naluralisles [\'= série], 41* année, p. 199 ilOll].)
(2) L. Mercier : Sur la présence de Planaria alpina Dana aux environs de Nancy. (Arch.
Zool. cxp. [5], t. I, N. et R., p. xlix [1909].)
(3) P. DE Beauchamp : Notes faunistiques. Plagiosloma Lemani (Du Plessis) et Polycelis
felina (Dalvell) icomula Johnson'i] aux environs de Paris. {Bull. Soc. Zool. de France, t. 31,
1). 124 [1909] .
Le Directeur Gérant,
A. DOLLFUS.
Im|i. ObiTthUr. Ri-nncç— Paris (4273-11
ANNEES PRECEDENTES
DE LA
FEUILLE DES JEUNES NATURALISTES
I« SÉRIE DECENNALE
Années 1870 à 1880 (partiellement épuisée) :
Le numéro O fr. 35
L'année 3 fr.
(Les premières années sont épuisées).
Table des Matières de la Série O fr.. 40
IP SÉRIE DÉCENNALE
Années 1880 à 1890 :
Le numéro O fr. S5
L'année 3 fr.
(Quelques numéros ne peuvent plus être vçndus séparément).
Table des Matières de la Série O fr. 50
IIP SÉRIE DÉCENNALE
Années 1890 à 1900 •:
Le numéro O fr. •^O
L'année 4
Table des Matières 1 ^•'
IV^ SÉRIE DÉCENNALE
Années 1900 à 1910 :
Le numéro O fr. 50
L'année 6 fr.
La Table des Matières de la Série est en préparation.
V«= SÉRIE
Année 1911 :
Le numéro O fr. 50
L'année 6 fr.
Les Abonnés de la Feuille jouiront jusqu'à nouvel avis d'une réduction
de 25 % pour l'achat des Z* et 4° séries.
l'f Février 1912 — V= Série, 42= Année — N° 494
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
MATÉRIAUX POUR SERVIR A UNE FAUNE DES MYRIAPODES DE FRANCE
38. — Cvi.lMlHiiH I I > illKOMÎNSIS, II. S|i.
Cf : longueur, 22 à 28 luill. ; diaiiiùlro, 1.1)0 à 2.10 inill. 't5 à 48 segments;
79 à 8o paires de pâlies : 2 segmenis apodes.
Q : longueur, 2(>.50 h 32 m'ill.; diamèlre, 2.50 à 2.80 mill.; 47 à 48 seg-
ments ; k;» à 87 paires di; pattes : 2 segments apodes.
• Coloration brun noir, plus ou moins tlislinctemcnl annelé de brun. Antennes
brunes; pâlies brun roux. Itellel luisant.
Tète presque lisse, brillanle; 4 fossettes piligères prélabiales suivies par-
fois en ai'rière de 2 ou 3 rides transversales. Sillon occipilal extrêmement
lin, parfois accompagné d'une fossette punctiforme ; les branches antérieures
sont à peine distinctes. — Yeux ovales, composés d'une cinquantaine
d'ocelles aplanis mais distincts ce|)endant. — - Anlemies n'atleignanl pas le
boi'd poslérieui' du deuxième somite ; les deux piemiers articles sont presque
glabres (hormis à l'extrémité), le troisième et le quatrième sont parsemés
de soies vaguement disposées en trois couronnes, les derniers sont couverts
d'une pilosité longue et assez dense.
Le premier somite (colium) est (inement striolé-cuiieux sur sa surface;
le bord anléi'ieur est à peu près rectiligiie entre les yeux, oblique dans les
côtés ; les angles sont arrondis. Le sillon marginal est limité à la partie
oblique du bord antéi'ieur ; il est suivi, le long du bord postérieur, de quelques
stries dont la seconde ou la troisième peuvent être assez longues pour
rejoindre obliquement le sillon marginal ; elles sont d'ailleurs de plus en plus
courtes vers le dos, et sont limitées aux lobes lati'iaux du segment.
Les somites du tronc ne sont pas absolument cylindriques, les métazonites
ne sont cependant qu'extrêmement faiblement bombés. La suture transverse
est nette, non sinuée à la hauteur du pore qui est situé dans le sillon même.
Les prozonites sont parsemés de strioles longitudinales nombreuses, plus ou
moins longues, pouvant même traverser entièiemenl le prozonite. Les stries
des métazonites sont serrées; dans la moitié postérieure du corps, la lon-
gueur (lu mélazonite à la hauteur du pore est égale aux 9.1/2-11.1/2 (cf) ou 10-
12.1 2 interstries qui sont situées immédiatement au-dessous du pore(l).
(1) Par abréviation nous appelons ce rapport « le rapport du mélazonite aux stries ».
Pour Tobtenir, il faut mesiij-er au inicroiiiolre la longueur du molazonit»^' considéré, en
faisant coïncider exactement la première division du micromètre avec le milieu du pore.
Supposons que cette mensuration donne 27 divisions. Faire ensuite tourner le micromètre
de ;iOo et, après avoir de nouveau fait coïncider la première division du micromètre avec le
centre du pore, voir combien les 27 divisions couvrent d'intersli'ies le long de la suture
transverse au-dessous du pore. — Ce rapport n'est jamais absolu, tant A cause de la varia-
bililé de la position du porc, cju'à cause de celle de la largeur de chaq\ie intei-sU-ie. Par
exemple, les mensurations de 22 individus de l'espèce en question ont donné comme extrêmes
une fois le chiffre 8 et deux fois le chiffre 13; les 19 auli-es mensurations ont donné des
chiffres compris entre 9.1/2 et 12.1/2 qu'il convient de prendre comme moyennes. — Ces
moyennes ne sont valables que pour des individus adultes.
14
Il.-W. RiuiLEMANN. — Faune ik'x Mtiviapodcf de France.
Les slries ne sont que inr'diocrcnient régulières, elles sont généralement
complètes, mais peuvent parfois èti-e altrégées en avant ou en arrière, jamais
elles ne sont coniluentes cependant; les interstries sont à peine un peu
bombés. Le bord postérieur- des somiles est dépourvu de frange cannelée.
La surface du dernier soniite est franchement cuireuse. Son bord postérieur
se continue par un prolongement triangulaire dont la pointe aiguë dépasse
un peu le niveau du bord des valves anales ((ig. lxxxix). On remarque quel-
ques plis vagues de chaque côté de la base du prolongement. Les valves
sont saillantes, médiocrement globuleuses, un peu aplanies près du bord
qui ne présente toutefois aucune trace de sillon ni de bourrelet ; chaque valve
porte une rangée marginale d'une douzaine de soies. Le reste de la surface
est striolé-cuireux, glabre. — Sternite anal subtriangulaire, à pointe
LXXXI.X
xc
xci
XCII
XCIII
EXPLICATION DES FIGURES
C. iluronensis extrémité postérieure, profil.
— e.xtréraité d'une patte de la deuxième paire.
— patte de la première paire.
— patte copulatrice, profil externe.
— feuillet postérieur de la patte copulatrice postérieure isolé, profil
interne.
H.-W. nitùi.KMANN'. - raiiiie des Mijriapodes de France. 15
IroïKluée-arrondie; sa largeur à la Itase égale environ deux fois sa longueur;
2 paires de soies on une rangée ar'ijuée au second tiers de sa surface.
SLerniles non striés. Pattes courtes.
Chez le mule, la protubérance du tronc des mandibules est arrondie. —
T/os pattes de la première paire sont transformées en cr((cliels à courbure
ani^'uleuse (lig. .xci) ; l'angle de la couibure est suinionlé d'un faible tubercule
(■(iiiiiiue; la branche terminale est longue. — Sur les paltes suivantes, les
articles 4 et 5 sont munis, en dessous, dune soie lamellaiic bien développée,
dont l'angle antérieur est aigu et dépasse un peu le niveau de l'extrémilé di;
l'ai'ticie correspondant (flg. xc). — Le bord ventral du septième somite fait
à peine saillie siii' le ventre.
Pattes e(i|iulatiices (lig. xcii et xciii) : Paii'e aiiléiieur(! médiocremeid
longue, acuminée ; la plus grande largeui- se trouve au premier tiers ; à iiaitir
de ce point l'organe est graduellement i-élréci jusqu'à la pointe, le bord
externe étant cintré, tandis que le Imi'd inleme est piesque recliligne sur
toute sa longueur.
[-a lame postérieure de la paire posléiieuii; est très proéminente. La crête
(pii la surmonte es! étroite et ar(piée; son ai'èle est airondic en avant, dilatée
ensuite et l'ormaid un méplat, moins accusé (]ue chez psibipimus cependant,
creusé d'une cannelure particulièrement accentuée à l'extrémité. Cette crête
est sépar'ée du reste de l'organe pai- une profonde échancrure arrondie.
Le feuillet interne de l'oi^gane est étiré en pointe tronquée, dont l'cxtréhiité
dépasse celle de la ci'ète. Le talon est arrondi latéralement et très pi-oéminenl:
il est nul on airière de l'oi-gane.
IJasscs-Pyrénées (Ossau), en octobre; Pious-.Vrtigues, près Gabas; Bois
de Lusque, près Eaux-Chaudes. Cette espèce se trouve au-dessus de
000 mètres, dans les amas de feuilles de hêtre mortes. Nous possédons
égalemeid du ciiipie de Gavarnie une femelle atlulte que nous rattachons à
cette espèce.
Par la forme de son extrémité postérieure, C. iluronensis se rapproche
de C. sagillarius Brol. ; on pourra néanmoins facilomeid reconnaître les
femelles des deux espèces à la taille (sensiblement plus gi'ande chez iluro-
nemis), h la composition de la rangée mai-ginale d(^ Soies dos valves anales,
et à la stiiation dos métazonites qui a pour coroUaiie le rapport du métazo-
nite aux stries ; ce rajjport (pii est de 9.1/2-12.1/2 inteisti'ies poui- ilurduen.ns,
est de ;)-7 interstries pour sagillarius. De C. limilaneus du littoral méditer-
ranéen, il est plus diUicile à distinguer; mais outre que leur habitat n'a guèie
de chance de se confondre, on pouria également reconnaître les deux espèces
aux rapports du métazonite aux stries, ce rapport étant de 6.1/2-î*.l/2 intei-
stries pour rnitilaiieiis.
39. — Clef dichotomoque de CYLINDUOIULES.
Ayant eu l'occasion d'établir une clef dichotomique des femelles de Cylin-
droiules français que nous avions sous la main, nous pensons être utile au
lecteur en la publiant :
1 (4) — Valves anales h bourielet mai-ginal distinct, a\ec une pilosité plus
ou moins dense sur toute leur surface ; bord postérieur des
somites orné d'une frange transparente plus ou moins fortement
cannelée ou sculptée (l.eucuiulus).
2 (3) — Pointe du sternite anal accolée aux valves :
Leucoiuhis nitidus Veihoeff.
3 (2) — Pointe du sternite anal di'iachée des valves et foi mant une épine
aiguë dont l'extrémité atteint ou dépasse le niveau du bord
des valves Leucoiulus spinosus Ribaul.
«
16 H.-W. lînui-EMANN. — lùvinc des Mi/riapodes dp France.
4 ^1) \ alvi's aiialrs sans bounrlel niaigiiial disliiict ; la pilosité est limitée
à une i-aiigée inai-ginale de soies sur chaque valve; bord posté-
l'ieur des soniites lisse, dépourvu de frange (Cj/Hiidruivlus).
(6) — Poiule du steniile anal délaclié des vahes et l'oiniaïU. une épine
aiguë dont l'extrémité atleinl le niveau du bord des valves :
CylindirAulus pyrenaïcus BrôK
G (5) — Pointe du sternite anal accolée aux valves, ou si elle semble
parfois détachée, elle n'est en tous cas jam;iis prolongée
en épine.
7 (18) — La rangée marginale de soies des valves anales est com-
posée de 3 ou 4 soies (accidentellement 5).
8 (U) — Bord postérieur du dernier somite ne formant pas de
prolongement distinct, il peut être arrondi ou angu-
leux, mais la pointe recouvie tout au plus, sans le
dépasser, l'angle dorsal des valves anales,
i) (10) — Petite forme, habitant les jardins (terreau), et dont
le dernier somite est complètement arrondi. Le
rapport du métazonite aux stries est de 3.1/2 à
.5 inlerstries Cylindroiulus frisius Verhoel'f.
10 (9) — Grande forme habitant les boi'dures de bois el les
pi'és en montagne (plus conmiunément au-dessus
de 800 mètres) et dont le deinier somite forme un
angle très ouvert dont la pointe recouvre, sans le
dépasser, l'angle dorsal des valves anales. Le
rapport du métazonite aux stries est de 7 à
U inlerstries (accidentellement 3.1/2 ou 14) :
CyVtndvoiulus Inndincnsis, var. linitimus Ribaut.
11 (8) — Bord postérieur du dernier somite se continuant par un
prolongement caractérisé, globuleux, cylindrique ou acu-
miné, dont la pointe atteint le niveau du boni des valves
anales.
12 (13) — Le prolongement du dernier somite est globuleux et
plus ou moins fortement étranglé à la base el arrondi
à l'extrémité. Valves ornées d'une rangée marginale
de 3 soies. Le rapport du métazonite aux stries est
de 6 à 10 interstries :
CylindroMus sikarum (Meinert).
13 (12) — Le prolongement du derniei- somite est plus ou moins
cylindrique el non étranglé à la base.
14 (13) — Il n'existe de stries, au bord postérieur du premier
segment, que dans les lobes réfléchis, el en petit
nombre (1 à 3 stries). Forme médiocre, de 52-
35 segments, habitant les forêts pyrénéennes.
Le rapport du métazonite aux stries est de 3 à
7 inlerstries... Cylindroiulus sagillarius (Brôl.).
13 (14) — Il existe des stries sur presque tout le bord pos-
térieur du premier segment, par conséquent
aussi dans la partie dorsale, et ces stries sont
très nombreuses.
If) (17) — Forme moyenne de 53-35 segments, habitant les
Alpes-Maritimes (au-dessus de 1,000 mètres).
Le rapport du métazonite aux stries est de
8.1/2 à U inlerstries :
Cylindroiiiliis aUnbrngiryx f^irinensis (Brôl.).
H.-W. Bkoi.kmaNiN. — l'aime firx MijrinjMxU'H do Franco. 17
17 (16) — Grande forme de 44-47 sognienls, liabitiinl la
Franco occiilciilale l'I, la |iattir dos l'yn'nôes
^'ÔMoialenioht inlôiiciiii' à 1,0(1(1 mèhes. Le
l'apport du niétiizonito aux stries est de 11 à
16.1/2 intorslrios.
CjiUndwiulus londinensis psUopydus (Latzel).
IS 71 I.ri raii,i;(''o iiiari,Mnali' de soies des valves anales est coiniioséo ilo
(i sdii's (111 davaniago.
lî) (22) — Loi'sim'il existe dos stries au hoi'd posiériciir du ])ieniier
soinilo, elles sont limiléos aux lobes rélléciiis et manquent
dans la partie dorsale.
2n i2r> l'iiiiiio du lilloral niôdiloi-raiiéoii (Monaco-Mi'iilon) diml le
rapport du iiiolaziiMito aux sti-ios esl de 6.1/2 à !).1/2
inleisiries. 10 soies dans eliaqu(> rangée inai'^ijinaio dos
valves anales CjiUndroiuluii limitancus (Brôl.).
21 (20) — Fornie des Pyrénées (au-dessus de 900 mètres), dont le
lapport (lu n)(''laznnito aux sti'ies est do 9.1/2 h 12.1/2
intersfiios. l'ue douzaine de soies dans chaque langée
marginale des valves anales :
CyUndrohdus Uaronensis Brôl.
22 lit) — Les stries existent tout le long du bord postérieur du premier
somile, par rons(''quont aussi sur le dos.
23 (24) - — FjO bord posh'iieur du dei-niei- soniite est largement angu-
leux, sans pr(tloni,'eiiieTd proproniont dit, et rocou\re,
sans le dépasser, l'angle dorsal des valves anales. 6 soies
dans la rangée marginale de chaque valve. — Plaines do
toute la France Ciilindmirdus tondinensi^ (Leach).
24 (23) — l.e bord postéiioui' du d(Mniei- soinile est prolongé en un
angle très saillant dont la iioi^^le aiguë atteint le niveau
du boi-d dos valves anales, lue quinzaine de soies dans
la rangée marginale de chaque valve. — Pyrénées.
Montairno-Noiro CyUndrnhdu^ Chainndei Ribaiit:
H.-W. Broi.emann.
HYPERMETAMORPHOSE
Les métamorphoses dos Méloides n'ont été connues qu'à une époque assez
rapprochée de nous : Buandt et Ericiison, dans leur Mnnnriraphia generis
Meloi's. parue on 1831, |iouvaient encore écrire ceci :
<i (Juamquain bas larvas pullas anctoros voteres ianiiam obsor\arunt,
I) tameii bue us(]U(' nietanior|iliosin earuiii, sine dubio sat niii'abilem, expio-
» rare nemini contigit. i>
Ce n'est qu'on 18'il -- 20 ajis après — que Newpokt fit connaître, le
premier, une partie des Iransfoiinations que subiss(?nt les lanos de Melnp.
(Juoli|ues années plus tard, en IS.'iT-.'iS, .I.-H. Fvhhe conlirma et compléta
les laits découverts par Newport. 11 établit que les .Mclncs subissent dos inéla-
niorphoses jibis coinpliipioos (pie la généralité des Coléoptères, et passent
successivement par les états suivants :
18 D' A. r.ROS. — Ihjprnnôtnmorphosp.
i" Œuf;
2" Première forme laivaiie ini lrioii!j;iilin ;
']" Deuxième forme lai'vaire;
4° Pseudoiiyinplie :
5° Troisième foi-mc liii\airc;
6° Nymphe vraie ;
7° Insecte parfait.
Il nvn, pour désigner cette série île transformations, le terme d'Hyper-
métamorphose.
Etendant ses investigations à d'autres représentants de cette famille,
J.-II. Fabue démontra que le Silfiris muralis a une évolution analogue et pré-
sente les mêmes phases de développement ; il put suivre également une partie
de ce processus chez divers Zonilis, chez un Cerocoma, et émit l'opinion que
l'hypermétamorphose devait exister chez la plupart des Meloïdes, peut-être
chez tous. En effet, d'autres observateurs vini'ent bientôt confirmer ces déduc-
tions théoriques par la constatation de ces mêmes phénomènes chez plusieurs
autres espèces, ^'aléry Mayet en apporta la preuve pour Sitaris collelis ;
UiLEY pour plusieui's" genres américains : Epicanla. Macrobasis, Hcnoiis,
Ilornia; Kunckel d'Herculais pour un Mylabris (M. Schreibersi-:} Lichtens-
TEiN' et Heauregard pour Stmnria (ipicaii'<, Cantharis vesicatona, etc.
On a donc tendance aujourd'hui à généraliser la chose, et à admettre que
tous les insectes de la famille des Vésicanls subissent l'hypermétamorphose.
Il est probable que cette manière de voir sera confirmée par les faits; il
résulte, en effet, de mes observations personnelles, que divers insectes de
ce groupe, dont les mœurs étaient jusqu'ici inconnues, ne font pas exception
à cette règle : c'est ainsi que j'ai pu obsei-ver l'évolution d'un Sitari.<!, le
S. ru[ipes Gory, semblable à celle des Sitaris déjà étudiés par J.-H. Fabre
et Valéry Mayet: de VHornia algérien, sp. nov., pareille à celle de Vllnriiia
minutipènnis Riley et des Silaris ; de la Nemognalha chrysomelina F., iden-
ti(|ue à celle des Zonitis ; de plusieurs espèces de Meloe : M. majalis L.,
.1/. aulrimnnlis 01., M. punctipennis Eschrich, M. foveolalus Guer., qui se
comportent comme le Mcloe cicatrirnsiis olisené par Newport et J.-H.
Fabre. C'est ainsi encore que j'ai pu obtenir d'éclosion les larves primaires
de deux espèces de Zonitis (notamment du Z. mutica F.), ce qui complète leur
histoire ébauchée par J.-H. Fabre ; de VAlosimus viridissimus Luc, du Lydu.s
olgiricus L., de ïOenas afer L., dont les affinités avec les triongulins de la
Cantharis vesicataria font prévoir un développement similaire.
Il ne faudrait pas croire cependant que ces insectes ne nous réservent plus
aucune surprise. Déjà Rraher (1) a signalé, il y a quelques années, un
Meloe (M. erythrocnemus) dont l'évolution ne comporterait pas le stade de la
pseudonymphe. J'ai moi-même observé un fait analogue pour un Meloe resté
indéterminé, la larve en question étant morte avant de subir la nymphose.
Mais si l'on a constaté l'absence de ce stade pseudochrysalidaire, on n'avait
pas encore, que je sache, parlé de sa réitération. Or, c'est là, précisément, le
fait nouveau que j'apporte aujourd'hui.
Une première fois j'ai observé la chose chez le Meloe majalis L. : le
20 juillet 1010, une pseudonymphe obtenue d'élevage et remontant à l'année
précédente changea d'aspect: elle devint plus étalée: sa peau parut comme
plissée et soulevée: sa couleur se rembrunit légèrement. Il était évident qu'elle
subissait une évolution, et que la troisième larve était apparue. Le 2 août,
je constatai dans la soirée que l'enveloppe pseudonymphale était déchirée
irrégulièrement au niveau des pattes: un lambeau triangulaire soulevé laissait
apercevoir la peau blanche de la troisième larve. Sa tête n'était pas dégagée,
(1) Br.^ukr. Veber die Venoainllung der Melo'iden, 1887.
D' \ Cnos. — lliiperinélaniorphose. 19
et lestait recouverte par le niasquo céplialiiiiie psoudDclii-ysalidaire. Tout le
corps était inclus dans la coque de la pseudcmyiiiplie. Le lendemain, jinur
tiiiciix me l'endr'e cninpio, j'exposai un instant le llacon au soleil; sous l'in-
llui'iico des rayons solair(>s la larve se contracta et esquissa quelques mou-
vements laléi-anx de la tiMe toujours coilTre de son masque. Je m'cmittessai
de remettie ma précieuse larve dans l'armoire à l'ahri de la liimii're pour
ne pas risquer de compromettre son évolution.
I,e 10 aoiU, dans la soirée, j'examinai celte larve, tjui, le malui encore,
('■l.iil Iclli' que les jours précédents, la tête toujours coiffée du masque cépha-
li(Hie pseudoiiyiiqilial. Je la trouvai dépouillée de son masque pelliculaiii-.
et soi'tie pailii'llrinrnt de sa coijuc: la tète et le tlioi'ax en eidicr étaient
visiliies. A mon extrême surprise, je constatai tpie la nouvelle foi-me, qui
aurait dû être la nymphe vime, l'eproduisail très exactement l'aspect de la
pseudoniimphc antérieure : les pièces buccales, les pattes, ne présentaient
pas plus do relief que sur cette pseudnnymphe: la couleur seule était modifiée :
ce n'était jtlus la Iciide ambrée de la pupo précédoidc; la nouvelle était toute
l)laii(lii\ Kxaminéi> le lendemain assez lunçuement au ijrand jour, et même
toueliée légèrement par le soleil à un momi'id donné, elle ne manifesta
aucune réaction contrairement à ce qui était advenu |iour la troisième larve
le 3 aortt dans des conditions semblables.
Les jouis suivaids. les choses i-estant en l'état, je tus bien obligé de me
i-endi-e à l'évidence, et d'admettie i|u'il s'agissait bien de la léapparition de
la forme pseudochrysalitlaire.
Malheureusement, cette pscudoivimphc ilérotivc mouiul dans les premiers
joui-s de septembre. En examinant ultérieurement cette pièce conservée dans
l'alcool, j'ai reconnu à l'intérieur de la peau pin\euant de la pseudonymphe,
la iM'ésence d'une deuxième enveloppe plus mince résultant évidenmniil de
la mue de la ti'oisiènie larve : c'est la ili''pouille i-ejetée le 10 aoùl lors de la
régénération de la forme pseudonymphale.
Dans ce premier cas, une pseudonynqihe a donc donné la troisième larve
(pii a foiMiii des preuves d'activité : contractions et mouvements sous l'in-
lluence des rayons solaii-es. Celle-ci a donné à son tour, 12 jours après, une
}i.'^cii(Ii>niitiiplii' ilérdlirc identiciue à la forme i)r(>mière.
Pour la seconde fois cette année, j'ai obseiTé un fait analogue : une pseu-
donymphe qui m'est encore inconnue, de petite UnWc, trouvée l'an passé
;'le 7 aoilt 1910) au milieu d'une colonie souterraine (VOsmin Sonndcrsi Vachal.
mais en dehors des cellules (ce qui, sans exclure le pai-asitisme chez les
fismies. ne rimitli(|ue pas forcémentl a donné, le I!) août lîlll, uni' laive
qui a rejeté eidièrement sa mue. et a fouillé iiendant quatie jours le coton
sui' leipiel elle reposait: puis, elle s'est étendue sur le dos. dans une immobilité
absolue, et, le 28 août, j'ai trouvé à côté d'une dépouille qu'elle venait de
quitter, au lieu de la vraie nymphe que j'attendais, une nouvelle pseudo-
nym|ihe iderdique à celle dont elle dérive.
Dans ce second cas comme dans le pi'cmiei'. à la pseudonymphe pi-imitive
a donc succédé une larve active, qui. à son tour, a reprodiut la foi-ioe précé-
dente. Près de quatre mois se sont écoulés depuis, et aucun changement
nouveau n'est survenu dans l'état de cet insecte. Tl est fi présumer que sou
évolution ne se fera que l'été prochain.
\'oilà donc deux faits qui montrent que dans eertains cas la forme pseudo-
chrysalidaire peut se répéter. Ces cas sont-ils fréquents? Sont-ils une ano-
malie '? Constituent-ils une évohdion vicieuse chez certaines espèces (par
exemple le Melon majnUs. dont les méfamoi'phoses suivent en temps ordi-
naii-e la marche indiquée par .T. -H. F\nRE), normale chez d'autres? A'oilà
des questions auxquelles il n'est pas aisé de répondre en l'état actuel de la
science.
20 W A. Cuos. - llupcrmétamorphose.
Quoi qu'il en soil, il scuihlc bien que tout n'est pas encore connu dans ces
cui'icux pliiMionirnes de i'ilypei'mélauioi-iihose. Ces faits de réUrvariori de la
pseudonynqilie pai-aissent sin^julirrenicnl conlinner l'opinion de Uiley,
Braieu, KiiNCKEL d'Hercilais, et autres, qui ne veulent voir dans ce stade
qu'une forme contractée {Coarcfata larva Riley; larva oppressa Brauei), une
(oj'mc iVallvnte, une sorte d'enkiislc-ment adapté à une évolution relardée
(Hjipnnthhiuc, Kinickel d'ileiculais) (1). Si cette interprétation était conforme
à la vérité, peut-étn^ faudrait-il alli'ihuer le manque de ce même stade pseu-
donymplial, obseivé par Braueh et par moi-même, à une influence inverse,
c'est-à-dire à des causes favorisant l'évolution, et amenant une transfor-
mation plus i-apido que de coutume. Dans cette hypothèse, la série des
morplioses, indi(iuée par J.-H. Fabre, représenterait donc le type nomat
do Vérolutinn des ]'c'.'<icanls: mais ce type moyen serait susceptible de subii'.
suivant les circonstances, des rarkitions en plus ou en moins pai- la réitéralion
ou. au contraire, par la suppression du stade pseudompnphal.
Cette manière d'envisager les choses nous donne une explication facile et
rationnelle de ces faits imprévus qui déconcertent au premier abord, mais
qui, convenablement interprétés, semblent au contraire nous donner la clef
de l'énigme de rilyperinélamonihose elle-même.
Mascara. D"^ A. Gros.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE LA HAUTE VALLÉE DU VAR
M'étant trouvé, pendant le chaud été de Ittll, dans les mêmes conditions
que mon collègue et ami M. Margier qui, en t!)04, fit connaître, dans la Feuille,
la faune nialacologique de la haute vallée du Verdon, je crois utile de faire
connaître la liste des mollusques qui vivent dans la haute vallée du Var que
j'ai explorée pendant le séjour d'un mois et demi à Saint-Martin-d'Entraunes,
à 1,0.^0 mètres d'altitude. C'est une charmante station estivale, une véritable
oasis dans la vallée qui est absolument dénudée entre le pont de Guezdan et
Villeneuve-d'Entraunes.
On traverse, il est vrai, la partie très pittoresque des gorges de Daluis
dans lesquelles la route se fraie un passage à travers des défilés sauvages
d'une imposante majesté au fond desquels coule le Var qui s'est creusé un
lit dans ce dôme d'intumescence permien. Un peu avant d'arriver à Enlraunes
le Var est très resserré. Cette dernière partie semble privée de mollusques.
Des cascades pourtant humidifient les parois schisteuses des rochei-s.
Toute la partie comprise entre Saint-Maiiin-d'Entraunes et Entraunes est
couverte de prairies jusque sur les sommets ou bien est ombragée par des
bois de chênes, de noisetiers, de pins ou de mélèzes. Tout est calcaire.
La source du torrent est à 12 kilomètres enviion en amont de Saint-Martin,
au col de la Caillole, près Esteng, composé de 3 à 6 maisons éparses dans
une partie mi-inculte, mi-couverte de prairies. Le mot source est mal employé
car le Var ne sourd pas ; les eaux qui en constituent le débit, filtrent à
travers des vestiges morainiques, provenant, par infiltrations, du lac d'Allos
qui est situé à l'ouest, à 2,.300 mètres de distance (à vol d'oiseau) et ta
1,000 mètres au-dessus environ.
La haute vallée du Var, depuis Villeneuvç-d'Entraunes jusqu'à Esteng
(1,400 mètres), surface explorée, comprend environ 28 kilomètres. Elle est
séparée de celle du Verdon, qui coule à l'ouest, par des montagnes, dont
l'altitude de quelques-unes : Pointe des Trois-Evêques, le Jallorgue, le Pal,
(1) Kùnckel cI'Hehcui.ais. Observations sur rHvpermétamorphose ou Hypnodie chez les
r.anUiaridiens [Ann. Soc. Ent. Fr. Paris, t. r>Xin, 189i).
Gaziot. — Mnlhisqucs terrestres de la haute vallée du Var. 21
s'élcst'iil jusiiu'ii près (!(• ;t,000 iiiétics. l.i's iiifj;uilles de Peleiis, dont j'ai
exmniné les pentes, d'un aspect absolument cmiciix il pittoresque, ne
s'élèvent qu'à 2,'.\2'.'} nièties.
Le haut \ar est un glacier coasidéivible à en juger par l'importance de
SOS depuis : ses ti vallons principaux l'ouiiiissenl chacun un glacier tiihutaire
à rr-poiine qualeinaire et après leur rciraile dans leuis cii(|ucs supèrieui'S.
i.orsipie le glacier n'eut plus, entre Knlraunes et Saint-Mai lui, qu'une puis-
sance de lOU à iiiU mètres, il édilia, sur les basses pentes de sa xallée, une
série de moraines latéi-ales que l'auteur de la carte géologique des Alpes-
Maritimes a eu le tori de dénommer : éhoulis sur les pentes.
Clés moiaines cunstiluenl le Iciritoire t-ullivé de celli' n'gion. Suint-Maiiin-
d'Knli-aunes est bâti sur une moraine frontale (I).
Toute cette vallée est calcaire. Le climat est sec, le cu'l très pur pendant
l'été. Des orages éclatent (lucltiuefois pendant I api'ès-midi. Les sources
jaillissent un peu partout.
l'as plus (pie M. .Maigier, je n'ai la prétention de préscnlei' l'énumé-
ratiun conqilèle des mollusipies ipii vivent dans la région dont il est question
mais, couune je me suis li'ouvé ipielquefois dans la montagne, pendant les
orages, je crois avoir constaté la présence de la plus grande pailie de ceux
qui y vivent. Il n'y en a pas dans le lit plus ou moins lai'ge et caillouteux du
\ai' qui transporte de gros blocs pendant les crues; seuls les bords fortement
en pente du torrent, les bois, les pai-ties non cultivées où cioissent les buis
et les labiées, les plateaux veiis, renferment les espèces ipie je signale
ci-après.
Comme la haute vallée du \erdon, celle de la haute vallée ilu Var est
pauvre; son caractère provençal est bien accusé aussi. Les espèces caracté-
ristiques (les Alpes occidentales moyennes, déjà visées par .M. Margier, telles
que les llciu cdmtales Drp., plehcia Drap., Enu iiKDitana Drap., les clausilies
mani|uent conqMèlement. tin trouve encore des petites hélices du groupe de
Vllelu- unifasciata l'oiret sur les plateaux entre 1,200 et l,tiOO mètres d'alti-
tude. Je n'en ai plus trouvé sur les piair'ies du col des Champs (2,500 mètres).
Les Ilcliv alpina Faure Biguet, ai'b}islurinn L.. sijlratiai Drp., nicicnsis Fer.,
ccspiiinii Di'ap., ne s'y lenconlienl pas non plus, pas |)!us (pie les djclos-
tnines et les pDinalias.
.\ucune trace de coquilles (luviatiles. Les eaux sont trop torrentueuses et.
parce qu'on tue tous les oiseaux, gros et petits, ceux-ci ne peuvent plus
disperser les mollusques en transportant inconsciemment leurs n-ufs au
moyen ûo. leurs pattes ((u'ils chaigi'iit de limon quand ils vont se désaltérer
dans les lacs, nu dans les cours d'eau au cours paisible.
Ci-joinl l'énumi'ration des mollusques recueillis ;
Piitula rupeslri.s Drp. — Trouvé sur un seul point : sur les rochers au fond
du ravin des Filleuls, sur la face nord de la Testella, au sud de Saint-Martin.
Ih'lix obvolula Miillei'. — Très rare, sous les bois morts, dans le bois de pins
de la IJerarde, au noi'd de Saint-Martin.
HelLc lapicida L. — Idem.
lleli.v du (iroupc de l'Il. tclonensis. — Trop jeune. .Ii' n'ai pas pu la déter-
miner. Bois de la Bcrarde.
UeU.r ciliata Studer. — Très rare, de l'état minor, dans les bois de la Berarde,
sons les bois moi-ts.
Heli.r nspersa Millier. — Cette espèce a été apportée accidenlellenienl et vil
sur une surface restreinte, dans une prairie, au sud de Saint-Martin. File
ne s'est pas encore propagée et vil bien localisée.
(1) David M.vnTix. filnriers qiiatorjiniies en Alpes- MaiiUmes liuH. de la i >i:(i- ijrol. de
France, t. XIX, juillet, 1909, no 122.
22 Caziot. — MoUiistiitex terrestres de la haute vallée du Var.
Hclir }iomalia L. — Espèce cxlièiueiiieiil iv|iaii(liio dans toute lu vallée du
Vai". Elle commence à Entraunes (ne semble pas remonter jusqu'à Esteng)
et ne descend pas plus bas que Touët-de-Beuil, le Villars, à l'est de
Puget-Théniers; à Saint-Martin, on le recueille dans les liaies boidant les
pi'airies et sous les tiges de buis et de lavande. Ne semble pas .s'élever
au-dessus de 1,800 mètres.
Hélix iiemnralis Millier. — J'ai communiqué les échantillons recueillis de cette
forme à M. Coutagnc. 11 a conlirmé ma détermination en ajoutant que par
leur périslomc peu coloré, par la blancheur des coquilles restées vides,
exposées à l'air, celles-ci lui rappelaient celles qu'il a signalées entre Saint-
Rémy et les Baux, dans ses notes malacologiques du bassin du Uhône
en 1881, mais dans les Alpines presque tous les sujets sont sans bandes,
tandis que depuis Guillaumes jusqu'à, et y compris Entraunes, depuis
800 mètres jusqu'à l,fiOO mètres d'altitude, on trouve, principalement sur
les buis, des spécimens depuis 1 bande jusqu'à 3, toutes à fond jaune, de
dimensions comprises entre D. 18.20, H. 15.17 millimètres.
Hélix carthusiana Mùller. ■ — Dans les prairies, autour de Saint-Mariin. —
T. R.
Hélix rufilabris Jeffreys. — Idem. — R.
Hélix nnifasciata Poirel. — T. C, dans les prairies et sur les plateaux et
points élevés. Je ne l'ai plus trouvé au-dessus de 1,800 mètres.
H dix graliosa Studer. — Idem.
Hélix spirilla West. — Sur le plateau de la Chapelle-Saint-Jean, à l'ouest de
Saint-Martin (1,430 mètres).
Hélix Mouqueroni Bourguignat. — Dans les prairies sur la rive gauche
du Var.
Eïm detrila Studei'. — Existe dans la vallée du Var depuis Guillaumes jusqu'à
Entraunes, principalement dans le buis, dans les parties sèches, s'élevant
jusqu'à 1,500 mètres environ.
Chondrcla tridens Mûller. — Très rares spécimens dans les parties sèches.
l'upa avenacea Brug. • — Peu commun. Je ne l'ai trouvé que dans le ravin des
Filleuls, au sud de Saint-Martin; .sui' la route d'Entraunes, sur les calcaires
qui surplombent la route et sur la route ancienne d'Entraunes à Esteng,
et à 200 mètres au-dessous du col des Champs (2,200 mètres).
Une variété minor se trouve sous les pierres au col de Laugeron, un peu
au-dessous de 2,000 mètres d'altitude.
Je n'ai trouvé nulle pai't de Pupa variabilis Drp.
Pupa similis Brug. • — Ce Pupa ne semble pas dépasser l'altitude de
1,300 mètres. Il n'a pas été indiqué par M. Margier dans la vallée du
Vei-don. Ce n'est qu'après de nombreuses recherches que j'ai pu constater
sa présence, d'abord à l'état de variété nnifasciata Caziot, sur la rive
gauche du Var, à 2 kilomètres, au sud d'Entraunes, près de l'unique pied
de vigne qui existe dans la région, en compagnie de VHelix graliosa et
VHelix pomalia qui vivent sur le terrain cultivé voisin; ensuite sur la route
de Saint-Martin à Sacy, à l'entrée du tunnel sur les rochers du terrain
crétacé, à la cote 1,200 mètres environ. Ce sont les deux seuls points où
je l'ai rencontré.
J'ai, en outre, constaté l'existence, dans les bois de Chastanette, au pied
du col des Champs, vers 2,000 mètres d'altitude, d'une limace que je n'ai pu
déterminer d'après la description que j'en ai prise, n'ayant pu la transporter.
C'est un animal de coloration marron, orné de 4 raies continues ou discon-
tinues marron plus foncé, limacelle ovale, de même couleur que les raies
non carénées. La sole couleur blanc crème. Longueur, 0.10; largeur, 0.01,
dans tout son développement.
Caziot.
A. Lavili.e. — TiTcbratula bellovacina Lavillo.
23
TEREBRATDLA BELLOVACINA Laville, DU CALCAIRE PISOLITHIQUE DE LAVERSINES
Au cours d'une course palcunlologiiiue, l'aile le \2 aoùl IllUI, dans les
environs de Heauvais, pour le Laboi-aloire de Paléontologie de i'Kcole des
Mines, j'ai pu recueillir trois éclianliilons d'une espèce de Terebralule dans
le calcaiie pisolilliique : un exemplaire couiplel, un deuxième exemplaire
mulilé sui' le cùlé droit et sur la valve ventrale, enliii, la partie supérieure
d'un troisième exemplaire.
Ayant, depuis plusieurs années, recueilli un grand nombie de matéiiaux
de ce niveau du crétacé, dans différentes localités, je comptais en faire une
étude spéciale, que je relardais faute de moyens matériels suffisants. Une
déception récente me force à abandonner ce travail à plus fortuné que moi,
et je suis conli-aint de m'y résigner en me réservant toutefois la peu onéreuse
description de la Terebralule de Laversines.
C'est une coquille (iMg. 1. t «, 1 b)
à têt mince, finement ponctuée, longue
de 20 millimètres, large de i(i et
épaisse de 10. Lorsque cette coquille
est posée sur sa valve ventrale, la
forme de son contour est à peu près
celui que donne un gr-os œuf très
pointu, qui aurait un très grand dia-
nièli'o par- l'apport à sa longueur. Le
crochet couit, très grand, avec un
large foramen recouvre un court delti-
dium (voir fig. 1). Dans l'échantillon
dessiné ce deltidium est plus long que
dans les deux autres chez lesquels le
crochet atteint presque le sommet de
la valve doisale. La suture, sur le
bord frontal, est infiéchie vers la valve
dorsale qui est dépourvue d'inflexion
médiane. Sur cette valve la région
médiane est limitée par deux inflexions
l'échantillon figuré, mieux maïquées dans le
KiG. 1 — Tcrebratuta Bellovacina Laville.
Calcaire pisolithiqiie de Laversines (Oise).
— Hecueilii par M. Laville, coll. Ecole des
Mines. Grandeur double.
latérales, obsolètes, dans
deuxième échantillon.
C'est avec Turebralula bisinuata Lamk du calcaire giossier parisien, que
la terebralule de Laversines peut être comparée, elle rentre dans le même
groupe au point de vue morphologique. Mais elle est plus que la moitié i)lus
petite, tout en paraissant être ailulle: elle est aussi plus épaisse. En un mot,
d'aspect, moins plat .moins C'inlù. Comme dans le Tcrcbrtitula bisinuala Lamk,
chez lequel le crochet atteint le sommet de la valve dorsale, le crochet aussi
est près du sommet de cette valve dans deux échantillons.
RÉSUMÉ. — Une espèce de terebralule, que j'ai -appelée Terebralule de
Beauvais. se rapprochant, par ses caractères du Terebralula bisinuala Lamk.,
du calcaire grossier parisien, a été rencontrée par moi dans le calcaire piso-
lithique de Laversines, près Beauvais (Oise).
A. Lavillf..
24 Notes spéciales et locales.
NOTES SPÉCIALES ET LOCALES
Mante religieuse dans le Pas-de-Calais. — En octobre dernier, l'Instituteur de
Montigny-en-Giihelle (l'.-de-C.) m'adressait une Mante religieuse (brune) trouvée
en septembre dans sa localité, dans un champ de betteraves, et me demandait de
lui déterminer l'insecte. ^
A-t-on trouvé déjà cet insecte à une telle latitude?
Les fortes chaleurs de l'été dernier en sont probablement cause.
Roubaix. E. Cavro.
Répartition géographique en France d'Araschnia Levana. — Les enquêtes qui
ont été souvent ouvertes dans la FtuiUe sur la répartition dans notre pays de
certains insectes ont été fort instructives. En général, il s'agissait de savoir jus-
qu'où s'étendent vers le Nord des espèces qui sont surtout répandues dans le Midi,
comme la Mante religieuse, le Grand Paon de Nuit, le Papilio Fodalirius. Il nie
paraît intéressant de rechercher cette fois jusqu'où s'étend vers l'Ouest et le Sud,
une espèce qui occupe la partie Nord-Est de la France, la Vanessa (Araschnia)
Levana L.
J'ai déjà réuni de nombreux faits; j'ai reçu des renseignements très précieux
de MM. Louis Demaison, de Reims, et Georges Postel, de Foncquevillers (Pas-de-
Calais). D'autres collègues voudraient-ils m'envoyer, soit directement, soit par
l'intermédiaire de la Feuille, des renseignements précis ? Je désirerais surtout
en recevoir pour les départements de Seine-et-Marne, Meurthe-et-Moselle, Vosges,
Loiret, Yonne, Côte-d'Or, Nièvre, où l'existence de Levana est certaine ou possible.
Sa présence en Piémont pourrait faire supposer qu'elle existe dans nos dépar-
tements montagneux du Sud-Est.
Je remercie d'avance mes correspondants.
Evreux. L. Dupont.
Deuxième Congrès international d'Entomologie (Oxford, 1912). — Le deuxième
Congrès international d'Entomologie se tiendra à Oxford du 5 au 10 août 1912.
Les renseignements généraux et spéciaux concernant l'organisation de ce Congrès
seront portés prochainement à la connaissance des entomologistes.
Le Comité exécutif se propose de procurer aux membres du Congrès des
chambres en ville et dans les collèges de l'Université, ces dernières n'étant dispo-
nibles que pour les hommes seulement. MM. les Membres du Congrès, ainsi que
les personnes désireuses de s'inscrire comme adhérents, sont priés de s'adresser à
l'avance au Secrétaire général du Comité, afin que l'on puisse prendre en temps
utile les arrangements nécessaires.
Les Comptes rendus et Annales du premier Congrès sont sous presse et seront
distribués sous peu.
La correspondance doit être adressée à M. Mai,colm Buer, Secrétaire général
du Comité exécutif, Entomological Society of London, 11, Chandos Street,
Cavendish Square, London, W.
Errata. . — l'"'' septembre 1911, p. 182. — Notes sur la faune et sur la flore des
environs de Dunkerque. — Phoma ossicola..., Perithecia circa 0,09 "/™ au lieu
de 0,9.
1" janvier 1912 : Les Dunes Pleistocènes de Ghyvelde (Nord) : PL 1 : n° 4 :
Helijr pisana Mùll. ; n° 11 : Hélix euphorca Bourg. ; n" 7 : Hélix Dupofefiana,
var. Zafjarina.
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Ce livre diffère des ouvrages antérieurs en ce qu'il embrasse la totalité du Bassin
de Paris, aussi liien les terrains jurassiques et crétacés de sa Iwrdure que les
terrains tertiaires du centre.
On ne possédait sur cette région classique au point de vue géologique aucun
travail d'ensemble, la multiplicité même et la diversité des études en rendent la
compréhension difficile. Les mémoires détaillés si considérables qu'ils soient ne
portent généralement que sur des points spéciaux nt les lacunes sont nombreuses.
La cot)rdination des publications faites sur cette région depuis de longues années
par plusieurs générations de géologues sera donc très utile pour tous ceux qui
s'intéressent aussi bien à la Géologie pure qu'aux multiples ipiestions qui relèvent
de la CJéologie appliquée. Agriculture, Travaux publics, Hygiène, Recherche des
eaux souterraines et des matériaux utiles.
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S'ndr. il M. te SecTi'Iaire de la Sociili' d'Agriculture, Sciences et Industrie, -iO, qu»i SI- Antoine, Lyon.
SOMMAIRE DU N» 494
H.-W. Brôlemann : Matériaux pour sei-vir à une faune des Myriapodes de France.
D'' A. Gros : Hypermélamorphose.
Caziot : Mollusques ten-esU-es de la liaule vallée du Vax.
A. Laville : Terebraliila Bellovacina I. avilie du calcaire pisolithique de Laversines.
Notes spéciales et locales :
Manie religieuse dans le Pas-de-Calais (E. Cavro).
Répartition géographiL|uo en Ki'nnce d'Araschnia Levana (I,. Dupont).
Deu.Nième Congrès international d'entomologie (Oxford 1912).
Errata (Iîoui.y de Lrsd.mx).
Echanges. _
BULLETIN D'ÉCHANGES DE LA FEUILLE DES JEUNES NATURALISTES
M. Jean Miquel, à Barroubio, par Aigues-Vives (Hérault), offre de belles collections
de fossiles de tout âge et de tout pays, pour de bonnes séries locales.
M. Smits, ingénieur, 23, rue Colbrant, à Lille, offre échantillons de boife indigènes
et exotiques contre œufs d'oiseaux ou microlépidoptères ; adresser listes.
M. Paul Sirguey, 28, rue James-Cane, Tours, désire entrer en relations avec
Coléoptéristes d'outre-mer.
M. P. Maury, instituteur à Menet (Cantal), offre des roches (volcaniques et
autres), des enclaves volcaniques, des minéraux (hypersthène, tridymite, zir-
con, etc.), des silex taillés, des plantes fossiles, contre objectif anastigmat 13x18,
baromètre altimètre de poche, chalumeau en cuivre, microscope, ouvrages récents
de géologie (volcans, glaciers, plantes fossiles) et de préhistoire (éolithes), des
haches en pierre polie et en bronze, et des roches, minéraux et fossiles.
M. Paul Noël, directeur du Laboratoire régional d'Entomologie agricole de la
Seine-Inférieure, route de Neufchâtel, 41, Rouen, désirant publier un travail sur la
propriété qu'ont certaines femelles d'insectes de pouvoir attirer de loin les mâles,
serait reconnaissant aux entomologistes qui voudraient bien lui citer quelques
faits bien observés, relatifs à cette attirance; il enverrait en échange quelques-uns
de ses travaux entomologiques, et l'ouvrage en question aussitôt son impression.
V* Série, 41* Année
N» 495 ,sfr^O
4
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
REVUE MENSUELLE D'HISTOIRE NATURELLE
Aljonnement annuel (France et Étranger)
Payable à M; Adrien Dollfus, 3, rue Fresnel, Paris (16') 6 fr.
Les abonnements à la FEUILLE seront faits dorénavant à partir du l'' janvier
(au lieu du l"' novembre).
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Macé (E.). -- Traité pratique de Bactériologie, 6" édition, gr. in-8°, viii-907 p.
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Millet (H.). — Histoire agricole de la Sologne depuis 1850 (thèse), in-8°, 188 p.
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Neveu (J.). — Contribution à l'étude -de l'huile de jusquiame (thèse), in-8°,
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608. — Paris, Alcan.
RouviÈRE (H.). — Précis d'anatomie et de dissection. T. I : tête, cou, membre
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à (lécouvi-ir, l'éUide du la nature nous procure encore parfois, heureusement,
l'occasion de ipielques trouvailles intéressantes, et c'est souvent ce que nous
croyons connaître le mieux (jui nous réserve le plus de surprises.
Une petite cécidie très conunune sur les rosiers sauvages et consistant en
une production de forme sphérique, de la grosseur d'un pois, uniloculaire,
lisse et glahre, à pai-oi nunce, rouge ou verdàtre, fixée par un point sur
diverses parties de l'arbuste, est coniuie depuis longtemps comme étant
causée par la fiiqùre d'une cynipide du genre Rhodites, décrit par Ilartig
sous le nom de Hh. eijlanteriœ.
Uuand elle est habitée par le commensal l'ciidistus canina: Htg., elle
devient plus grosse, moins régulière, et multiloculaire.
Depuis quelques années, je trouvais à Lisieux et aux environs, sur les
rosiers qui croissent le long des chemins et que je crois pouvoir rapporter
à l'espèce lio$a anensls Tluds. très conunune ici, des galles répondant
complètement à la description ci-dessus, souvent parasitées également par
Periclistus caninx, et qui me paraissaient, sans doute possible, èti'c la
cécidie de Bh. eglanteriœ, lorsqu'un beau jour il me prit l'idée d'en récolter
pour en obtenir l'auteur; je constatai alors avec étonnement, et j'ajouterai
même avec une certaine satisfaction, (jue l'insecti^ qui en sortait n'était pas
du tout celui que j'attendais, et qu'il m'était impossible de l'identilier avec
les autres espèces de Rhodites figurant dans la Monographie des Cynipides
de l'abbé Kiefler; je pris en conséquence le parti de le soumettre au savant
abbé qui me répondit obligeamment que j'avais affaire h une espèce nouvelle,
bien que la cécidie fût absolument semblable à celle de Rhodites eglanterise,
et que, fait unique dans le genre Rhodites^ mon envoi comprenait plus de
mAles que de femelles (j'en avais obtenu i."} contre 6 Q seulement) alors que
jusqu'ici on trouvait à peine 1 cf sur une centiiine de ç chez les espèces
connues, et il m'en envova la diai'nose suivante :
2G A. LoiSELLE. — Deux rjouveaux insectes cécidogènes.
Le mule se distingue de toutes les espèces d'Europe, connues jusqu'à
piésent, pai' l'ubdoiucn qui est eiitiùrPiiienl d'un roux pâle, y compris le
péliolo, l'cxtriMiiité postéi'ieui-e de l'abdomen est parfois un peu obscurcie,
les pattes sont brun noir, moitié dislalc des fémurs antérieurs, tiers distal
des fémurs intermédiaires, tibias antérieurs et les deux extrémités des tibias
intermédiaires, faiblement aussi l'extrême bout des quatre premiers articles
torsaux des pattes antéi'ieures d'un jaune sale, tête avec les antennes et
thorax noirs. Tète et thoiax brillants, finement ponctués, pleures mates et
chagrinées, mésopleur'es sauf les côtés, lisses et br'illantes; lobe médian du
mésonotum avec un sillon longitudinal dans sa moitié postérieure, qui n'existe
pas chez rosœ, Mayri-, sculellum chagriné, mat, ses parties déclives grossière-
ment rugueuses, presque réticulées, fossettes transversales, minces,
pr'csque en sillon, lar-gement séparées l'une de l'autr'e. Antennes gr-èles,
3"' article non sinueux, d'un tiers plus long que le 4" qui est 3 à 4 fois aussi
long que gi'os, articles 3-13 gr^aduellemenl r-accourcis, le 13" encore 2 à 3
fois aussi long que gr'os, un peu plus court que le 14". Ailes légèr-ement
teintées de br-urr, nei'vures noir-es et gr-osses, cellule r'adiale courte comme
chez 7'osie, fortement brunie sauf un petit espace centr-al, rar-ement seule-
ment au lier-s basai, les deux parties du radius en ce cas borxlées de brun;
1" partie du r-adius brisée en angle, comme chez rosœ, aréole bien formée,
grande, tr-iangulair-e, les deux ner^'ur-es latér^ales deux fois plus longues que
la ner"\fure drstale. Taille cf : 3 millinrètr^es à peirre.
La ç offre les car-actères du mâle sauf que l'abdomen est d'un r^oux plus
vif, l'hypopygium un peu plus sombr^e, les antennes sont plus robustes que
chez le cf, les ariicles plus couiis, le 3° est aussi d'un tiers plus long que
le 4", mais celui-ci seulement 2-3 fois aussi long que gros. Le 13° seulement
du tiers orr de moitié phrs long que gr'OS, plus cour-t que le 14'; l'" partie du
r'adius quelquefois iron brisée en angle, mais faiblement coudée, pr'Csque
ar-quée, aréole manquant chez la plupart des Q, tandis qu'elle existe chez
tous les c?.
Taille Q : 3 millimètres.
Cette espèce est pr'oche de rosarum dorrt le cf est encore à découvrir', elle
en diffèr-e par' la tache brune de la cellule radiale et l'absence pr^esque cons-
tante d'aréole ainsi que par la couleur des pattes.
Je dédie cette espèce à l'excellent abbé en r^econnaissance des nombreux
ser'vices qu'il a bien voulu me rendre jusqu'à ce jour.
2° Perrisia Spiraeae n. sp. (Dipt. Cecidomyidœ).
Au commencement de juillet dernier, je r^emai-quais des inflorescences de
Reine des prés {Spirœa ulmaria L.) dont certains boutons demeur-aient fer-
més et prenaient le plus souvent une teinte rougeâtre; dans un renllement de
la base du calice se trouvait une larn-e également rougeâtre qui en sortait par
une ouver-lur-e latér-ale; pensant que cette cécidie était nouvelle, j'en r'écoltai
un certain nombr-e et, vers le milieu de juillet, j'obtins l'insecte que je soumis
aussi à M. l'abbé Kieffer; en voici la description :
Couleur rouge à l'état frais, blanche sur les individus conser'vés dans
l'alcool. Flagellrrm, 3 bandes du mesonoirrm et mesosternum bnrn noir; des
écailles noiiTS forment sur l'abdomen des bandes transversales; les pattes
sont couvertes d'écaillés semblables. Antennes de 10 articles (cf Q), 3° et 4'
connés, chez le mâle cylindriques, de moitié plus longs que gr'os, deux fois
aussi longs que leur col, articles .5-13 gratluellement plus petites, cylindriques,
pas plus longs que gros, aussi longs que leur col, sauf le 13° dont le col est
plus cour't, 14" ovor'dal, chaque article du flagellum aura 3 verlicilles de
soies ar'quées fortement par en bas; filets ar^qués comme d'ordinaire (cf Q).
Oazkiï. Incasitm d'une Vilrina piémuntaise. 27
Ai'tifli's du ll;i;,'clluiii lU' l;i f^ (> liii{li-i(]uc's, an moins de moitié plus longs
(|uc i,'i-(is, à cdl h peine dislincl, siihiiul, ave<' 2 verlicilles de soies, 14° article
plus long (pie le \T. Ailes à iniid aiiléi-ieur eoiivert d'éeailles noires, trans-
versale située avant le nulieu du radius. Culiilus aboutissant peu avant la
piiinle alaiie. (Iriirliels bilides, égalant l'enipudiuin. Oviduclo long, article
l( iininal ulilus, deux fuis aussi long (pie gios. Pince du cf conformée comme
(roKJinaire dans le genre. Taille d" : 1 '"/"'; Q : 1,.*J 7™.
1,7 liiiiiiii ou l!eiiie-des-l'iés ayant déjà donné son nom à la l'enisia
iiliiitiri:r lîrciiii. je (lniuic à luoii espùce celui de l'cviisia spirwx, du nom
généri(pie du sulishal.
Lisieux. A. LoiSELLE.
INVASION D'UNE VITRINA FIEMOIS TAISE
Dans le dcpartcment des Alpes-Maritimes
Il y a lien d'ajouter, à la Faune des Mollus(pics de Franco, la Vitrina
Slobilei V.. l,essoua de la section des l'hciKicnliiiiiix (I), de Slabile; cette
espèce, dont nous donnons la descriplion ci-après, est alline de la Vilrina
nuijiir Férussac père, 1807 {\ilriiui pcllucidn Draparnaud, 18U1), elle la rem-
|dace dans les Alpes occidentales du Piémonl. (Mi ne la trouve pas dans la zone
maritime. C'est une es|)èce piémontaisc (pii a é|é ligurée par Lessona. Consi-
dérant celle-ci comme l\piipie on la trouve au lac de Fioren/a et au Piano
(tel P,e au pied du mont \ isa là 2, (MU) mètres dallilude). Une forme plus
pi tite el plus aplatie, \il au vallone di \altroide au-dessus de IJardonccchia,
au M'-Cenis (2.0(1(1 mètres) et au col d'Ullen dans le \al Sesia (Gamerano) (2).
C'est donc une forme absolument piémonlaise qui s'est répandue dans le
nord du déparlement des Al|)es-Mariliines, sur les pierres moussues et conti-
mielleinent liumidiliées de la, source du ravin de Chiamia, sur les boi-(ls'd'un
alllueul (pii se jette dans le Ciaiis vers l,(SOO m(''lres d'altitude, l/eau était
gelée à répo(pie où M. .Maynard, l'obseivateu] pliijosoiihe du mont Mounier
(2,800 mètres) les a recueillies et nous les a envoyées el les mollus(jues néan-
moins étaient en pleine mnrclie dit notre dévoué fournisseui' des coquilles
rares et iiM'ditcs de cette régimi non encore parcourue |iar les malacolo-
gisles.
VITRINA STABILEI
li/n'/ja ;/(«/(*/■ Slabile, I8t)'i, Moll. l'iémont, \>. 21.
— var. SUihilri [.essona, 1880, Moll. \iv. Piemonte. p. 2i. I. I\ ,
lig. ;i-7.
— Slubilci Polloneia, 188i, .Monog. del ^eneic \iti-ina Alli délia U.
Accademia délie Scienze di Tornio. vol. \l\, pi. 1, fig. 33, 34, 3o.
— Stabilei Pollonera, 1889, Notes Malacol.
(1) Nota. — Stabile divise le gem-e Viti-ina (Draparnaud, 1801) en deux sections pour la
région puloarcliqiae : 1° les Scmilimax, coiiiprenanl les niollus(iues ne ivnlranl pas dans
leur coquille à la cuirasse très développée avec une coquille ovale, allongée, sans ombilic ;
2» les Phenacolima.r, dont les aniniau.x rentrent dans leur coquille en formant un epiphragmc.
Ceu,\-ci ont la denii-cuiro-sse bien dévelop))ée et une coquille ovale sans ombilic : le D^ Fisrlier
a ajouté la section Uliijolinia.v pour des animaux rentrant dans leur coquille n'ayant pa.s de
demi-cuirasse visible avec une coquille striée, orbiculaire, avec une petite perforation ombi-
licale.
l2) nenseignenicnls puiS(;s dans la Monographie du Vilrina Pollonera, ISSi.
*
28
Caziot. — Invasion d'une Vitrina pi^montaise.
« Testa depresse-globosa, ioiiuis, leevigata, nilidissima, pellucida, liyalina,
» pallidc lutosccnte; s|)ira l»rcvissiina, apice vix promiiuda. AnIVaclus 3 cele-
» riler crescenle, sutura lilo-nuu'giiiata separati, ultimus tlepressus, antror-
» sum elongatus, basi suljplanus, margine membranaceo breviusculo, semi-
» lunare; opertura suldioiizonlalis subovato-elongata.
u Longit. ti t/2-8 1/2 iiiilliinèlres. »
La Vilhna Stafiilci est loujduis plus comprimée que la Vitrina major de
Féiussac, l'ouvciture est moins oblique, elle est même piesque horizontale
et non descendante: le développement des tours de spire est aussi plus
rapide, le dernier tour est plus ample et n'a que trois tours a\i lieu de trois
tours et demi comme dans la V. major.
Les figures ci-jointes, mises à rap|)ui, indiquent nettement la différence
qui existe entre ces deux formes.
\ Urina major Férussac, de Montpellier.
Vilrina Stabilci Lessona = var. inaior Slabile {non Férussac, du lue de Firenza au M' Viso
(Piémont) et de la source du Mt Chlama (Alpes-Maritinics, France).
En 1889, dans ses Notes malacologiques, M. C. Pollonera, a fait remarquer
que Westerlund, en 1886, dans sa Faune europ. considérait la V. Stabilei
Lessona, comme synonyme de la V. major Férussac et la V. major Stabile
comme synonyme de la V. Drapaniaudi Cuvier.
Dans sa Note malacologique, M. C. Pollonera se référant à Fagot (Glanages
malacol. Il Toulouse, 18815, p. 14) démontre que Vitrina Draparnaudi Cu\ier
est synonyme absolu de Vilnnu major Férussac; par conséquent Westerlund
était dans l'erreur en donnant deux noms à une seule espèce. Cette erreur
est expliquée par Fagot de cette façon : Moquin-Tandon (Hist. moll. II. 1855,
|). 50) a décrit une variété Draparnaudi (coquille plus égale, pas plus dépri-
mée) de la Vilrina major de Fénjssac (du Pont du Gard); Letourneux (Catal.
moll., Vendée, 18*19) éleva ensuite cette variété au rang d'espèce en la
nommant Vitrina Draparnaudi Cuvier. Cette erreur a été reproduite par
Mabille (1871), Saint-Simon (1877), Fagot et Letourneux (1877), Malafosse
(1878), Paulucci (1881), Locard (1882). En 1886. Westerlund, nous l'avons
dit, est tombé dans la même erreur : cette variété Draparnaudi Moq. -Tandon
est une variété de la vraie Vilrina major très peu caractérisée et non une
espèce distincte.
Nice. Caziot,
*
A. Lavili.e. — Paloplotherium du Sannoisien dp la Brie, à Romainrillp. 29
PALOPLOTHERIUM DU SANNOISIEN DE LA BRIE. A ROMAINVILLE
!-e 3 ilt''(cinbn,> 1!)(»4, M. Koch (Charles), carrier à Ritinainville, me remettail
trnis molaires supérieures gauches qu'il avait iccueillics dans la carrière
(iauvaiii, derrière l'ri^Hise di' Kuiiiaiiiviili'. (les dents pi'ovieruieid de la jjartie
sir|)éi-ieur'o de la carr'ièr-e et gisaient à la hase du Travertin de la Ui'ie, dans
un petit banc de calcaire mar-neux exploité pour- la fabrication de la chaux
hydr'airlitiire.
I,a eou|)c de celte partie de la carrièr'e est la suivante (voy. Fig. 1) :
e.yt--e ■ ■■'-'^^--^M.i/fvii.'ùe
V\G. 1. — Coupe prise dans la pai-tie supérieure de la carrière Gauvain à Romainville.
I. - Humus O-aO - 0»50
I. — Silex calcédonieux en gros blocs dans une marne calcaire blanche de Z^TO d'épais-
seur. A la base, à O^SO de 1 il y a un banc épais de O^SO de blocs, de calcaires
marneux, nommé les Boulants par les carriers. Ce calcaire exploité pour la fabri-
r»\.h<n rie la chaux a fourni la^ doiiU de l'aloplnlhcrivm.
I. _ Argile verte, séparée à 0"70 de sa partie supérieure, de II, par une couche de marne
blanche épaisse de O^TO.
F. — .\rgile verte dont la partie supérieure est sépar-ée à O^TO du Travertin
de la Br-ie, jiar une couche de niar-ne blanche épaisse de O^TO.
II. — Tr-aveitin de la Rrie, composé d'abor'd par une couche marneuse
épaisse de iroO, et surmontée par- un j)etit lit de calcaire marneux (Des
Boulants, des carriers) épais de 0"'20. — Enfin 2'°70 de gros blocs de calcaire
siliceux, novés dans une mai'ne calcair-e souvent poudi'euse.
III. — HÙmirs d'épaisseur variable, O'^'SO à O-^oO.
4f
ifc
FiG. 2. — Paloplolherium.
Deuxième et quatrième prémolaires, première arrière molaire gauches. — Calcaire de Brie,
banc appelé les Boulants, carrière Gauvain à Romainville. — Recueilli par M. Laville, coll.
Ecole des Mines. Grandeur double.
C'est dans le petit lit de calcaire marneux, dit : les Boulants, que le carrier
Koch (Charles), dit avoir recueilli les molair-es, objet de cette note.
Cette série de molaires qui appartiennent au côté gauche du maxillaire
supérieur, se compose (voy. Fig. 2) de la deuxième prémolaire qui n'est
formée que d'un croissant avec le denticule 1.
30 A. La VILLE. — Paloplolherhim du Sannoisien de la Brie, à rtomainville.
La troisième préinolairo a été perdue au moment de la découverte.
La quali-iômc prémolaire, coniraircmont à ce que dit Gaudry (1), montre
fort bien le denticule i, dont l'absence, d'après ce savant, doit caractériser
le genre Palnplotfioiivm.
En effet, la figure (iS, que donne Gaudry, d'un fragment de maxillaire
supérieur gauche de l'aloplotheriiiin minus, de la Débruge, montre que la
quatrième prémolaire qui a son deuxième lobe extrêmement dindnué est
dépourvue de ce denticule i. La collection paléontologique de l'Ecole des
Mines possède une série de pièces semblables qui montrent fort bien la dimi-
nution du deuxième lobe et la presqu'atrophie du denticule i.
Mais la quatrième prémolaire Sannoisien de Romainviile possède un
deuxième lobe qui a lucsipie les deux tiers de la largeur du premier et le
denticule i bien développé.
Le Paloplotherium de Romainviile, par les caractères de sa quatrième pré-
molaire se rapproche donc des Paheotherium. (1r, si on compare cette molaire
avec la correspondante du Paloplotherium JavalL Filhol, des phosphorites
du Quercy, on conslale qu'elles ont une assez grande ressemblance. En effet,
dans la dent de ce dernier gisement, le deuxième lobe est en largeur pres-
qu'égal au premier et le denticule i existe.
De plus, j'ai recueilli, en 1896, à Sannois, carrière Rirkel, un crâne complet
de Paloplotherium, que les carriers avaient rencontré dans la première masse,
dans le banc appelé (les feuilles) : dont la quatrième prémolaire présente tous
les caractères de celle de Romainviile.
Cuvier n'a pas été à même de figurer dans son ouvrage, des maxillaires
supérieures de son Palœotherium minus. Or, le caractère de la quatrième
prémolaire supérieure, signalé, par Gaudry, comme caractère du Paloplo-
therium, se rapporte seulement à des échantillons de la Débruge; tandis que
les deux restes des environs de Paris ne le présentent pas.
Je crois qu'il faut conserver le nom de Paloplotherium minus de Cuvier à
l'espèce des environs de Paris et celles des autres régions possédant aussi
les mêmes caractères, et peut-être considérer comme une autre espèce la
forme de la Débruge à laquelle on donnerait le nom de sa localité d'origine.
Paris. A. Laville.
INSECTES PARASITES DES VIOLARIEES
I. — - Coléoptère.
Larve. — Globuleuse d'un blanc laiteux; dans les capsules dont elle mange
les semences. — Fontainebleau : bois de Champagne, 7-1907. — Sur Viola
sikestris !
Imago. — D'un noir violacé. 1 à 2 "/"". — Sur Viola canina, palustris, etc.
(A'oir L. Redel, V, 3.'J0) Orobitis cyaneus L.
(1) Gaudry. Les enchaînements du monde animal dans les temps géologiques. Mammifères
terrestres, pp. 60 et 61.
n. (lOiRY ol .[. r,rK;NON. - luspclpx pnrn\ilP\ dos ]'inhiriérf!. 31
II. — Lépidoptères.
IJKMMiQii:. — Poiif fjicililcr l.'i ili'li'iiiiiiialidii siii' |»lace des chonilli's qui
s';iltiii|ii('iil iiii gciii'o \ inla, imiis avons |iciisr <|ui' l.i rlcf ci-dcssnus (■vilciail
(les l'asliili(Mis<'s icdili's siii'lnul à |iiii|mis du genre l/v/i/zouv. |,a valeni' n'i-n
l'st (iM'apiiidNiinalive ol ne peul dispenser du e(iiiti('i|e par l'élude et l'élevage.
I . (lin 'in Ile aipeiiteuse 30
in)n arponteuse 2
2. Tirs \elno 3
NiHi veluo 6
3. l'uils en verlicillcs 4
- - non — 5
4. A veitirilles dn poils hmgs 33
îi. A poils simples 7
arborescents 8
fi. Avec ipn'l(jues poils isolés , 28
A peu piès rase 29
7. l'Ins on moins cyliinlrique 22
i'iseiforme (liés alli''nnée postérieurement).... 18. l'ararge megera L.
8. Sur des mamelons 9
\on sur des mamelons 10
'.I. A doi-sale jaum' continue 1. Mclilœa mulurna L.
— interrompue 2. !\fclUœa cijnihid ilb.
10. \ iiilie noire 11
non noire 12
11. \ dorsale liliinclii' el l'pmes noires 12. .{rgynnis Agîaia L.
\ doi-sale nulle et épiiu's jaiuies 5. Argynnis Eiiphrosyne L.
12. A dorsale nette 13
— I nulle et épines blanchfilres 3. Ai-gynnis Aphirape Hb.
13. A dorsale géminée 14
— simple 16
Il A dor.sale continue 15
— intei'rompue; épines jaunâtres. 17. Argynnis PandoraSdniiï.
l.'i. A dor.sale blanche 18
— jaune; épines jaunâtres 16. Argynnis l'aphin I;.
1 6 . A épines barriolées 17
— de couleur testacée seulement. 10. Argynnis Lalhonia L.
17. Kpines jaunes il bout blanc 7. Ai-gynnis Dia h.
— Iir'unes à bout noii 4. Aiujinnis Selene Schiiï.
IS. .V dor.sale continue 19
— interrompue 21
III. A dorsale bordée de noir: épines blanchâtres... 13. Argynnis Niobe L.
non bordée de noir 20
20. A dorsale blanche; épines brunes 14. Argynnis Adippe L.
— à dorsale hanche bordée de jaune; épines jaunes.
9. Argynnis Daphne Schilt.
32 0. r.ornv et .1. Cuiono^. — hi<;pctos parasites des Violariées.
21. A cpinos jaunâtres; tôto noii'c 8. Argynnis AmathusiaEsp.
— fauves; tête liiuiiiâtre 6. Argynnis Pales Schiff.
22. .\ rnrps rylindrique rciifir' d'avaiil on arrière; arête sur le H° anneau.
25. Nœnia lijpica L.
.\ corps cylindiique rcnnô d'a\aiil en arrière; sans l'arête 23
23. A chevrons dorsaux 26
Sans chevrons dorsaux 24
24. Taches cunéiformes sur le IT anneau 25
Sans ces taches 27
23 . Points orbicuiaires sur le y et le 4" anneau 19. Agrnlis Unogrisea Schiff.
Sans points orbiculaii'es 20. Agrntis -promiba L.
26. Ligne dorsale pâle bordée de foncé 21. Agrolis primitlse Esp.
Non bordée, de plus foncé 22. Agrolis segetum Schiff.
27. Ligne dorsale peu nette 23. Phlognphora scila Hb.
— • nettement blanche 24. IhololoiniameliculosaL.
28. A poils courts sur verruqueux X. Caradiina alsinesBrhm.
A poils rares, veloutée seulement 27. Rusinaiimbratica Goeze.
29. Plus rouge que brune; ligne dorsale très nette.
28. Oniwdia Van-punctatum Esp.
Plus brune que rouge; ligne dorsale très pâli'. 29. Orrhodia vacciniiL.
30. Ligne dorsale géminée d'tm brun rougeàtre: sligmalale jaune.
30. Acidalia sirigilaria Ilb.
Ligne dorsale simple et interrompue: sligmatale blanche.
31. Pygmœna fusca Thunb.
31. Sous-dorsale très large 32. Spilosoma lubricipeda L.
Sous-dorsale nulle 32
32. Taches noires sur les côtés 33. Spilosoma menthastri Esp.
Non 34. Spilosorna urticœ Esp.
33. A verticilles de poils très longs unicolores. 35. Pericallia maironula L.
— — mêlés de blancs et de noirs.
36. Coscinia cribrum L.
I. — Macrolépidoptères.
A. — Piiiop\i,or,i;RES :
1. MeliUea ninliiriia L. — Chenille cylindrique à poils rameux en rang
transversal sur chaque anneîui; tête cordiforme noire; dorsale continue d'un
jaune soufre; stigmatide de même couleur; pattes membraneuses de couleur
lestacée. — 8 à 5, sur feuilles de Viola canina. — Fontainebleau : Samoreau,
bois Gasseau. — Sur Viola caniim, 4, 1905 ! — Chrysalide trapue, verdàtre,
suspendue par la queue, à verrues jaunes sur l'abdomen et points noirs sur
l'étui des ailes.
Papillon. — 5 à 7.
2. Melitcea rijnlhia Hb. — Chenille assez semblable à la précédente, sauf
la ligne dorsale interiompue et pattes rougeàlres. — 5, 6, sur Viola (Kalten-
bach).
3. Argynnis Apfnrape Hb. — Chenille à poils arborescents blanchâtres. —
Sur Vio/fl pabistris (Kalt), 5, 6. — Chrysalide très anguleuse, à paitie ventrale
ornée de taches métalliques, à partie doi-sale garnie de i-angées de points
saillants.
G. Goi'iiY et J. GiiGNON. — Insectes parasites des Violariées. 33
l'uiiilldii. — Dcï^sous des iiik's iiilërieures d un |,iiiiif nlion ù deux bandes
Iraiisveisiilcs fauves, i\ série de laclies (ei iiiiiiales triangulaires ijlanehes
pi écédée de points blanes.
■L Aiyynitis Selene Seliilf. — Clionille à robe d'un noir velouté, ornée
d'éliini's jaunes. — Sur Viola cniiind, V. tnciilar (Kall), i ; ".). — GhiAsalide
ne dillÏMe yucre de la pircédenle ipie par une eouleur générale plus foncée.
/'(//)(7/(//i. — Dessous des ailes udV'riruies ferrugineux; lidis bandes Irans-
veisales nacrées; la terminale surninnléf dune série de clievroiis noirs. —
:; ; 8, 9.
.". Avfiiivnis lùiiihnisync L. ■ — Clienille noire ou noiràlie plus ou moins
veloutée, à épines jaunes, ornée sur le dos de deux rangs de taches orangées.
— Sur \'iola (auct.), V. caninu (Kall), 4, M.
l'apillvn. — Dessous des ailes inféiieures nacré à la base, au milieu et à la
termiiude, celle-ci non surmontée de clievions noirs. — a ; 7, 8.
G. Argijnnis l'aies Scliiff. — Chenille à doi'sale géminée blanche el à épines
fauves. — Sur Viola monlana (Kalt), 5 à 7.
Papillon. — Dessous des ailes inférieures d'un jaune fauve, traversé par
trois bandes rougeàtres éclairées de blanc iid'érieurement ; la médiane large
au bord interne s'amincit bius(juemenl vers le milieu. — 7, 8.
7. Aiyyiuiis Dia L. — Chenille ù robe d'un brun plus ou moins roussâlre
à ligne dorsale plus foncée, cl épines blanches et rouges. — Sur Viola (auct.),
r. odorata (Kalt), 6, 7 ; 9 à 4.
l'apillon. — Dessous des ailes inférieures d'un jaune fauve à taches
argentées groujjéesles unes à la base de l'aile, les aulies en ligne médiane
transversale suiinontanl une série de lâches oculaires cerclées de fei'rugi-
mux. — 7, 8.
S. Argynnis A)iialhusia Esp. — Chenille à dorsale blagche inlerrojnpue et
épines jaunes; tète noire. — Sur Viola (licrge, de Joannis), "i.
9. Aryynnis Dapluw Schiff. — Chenille à doisalr iilamiir l'onlinue et épines
jaunes. — Sur \'ii)la (Kalt), ;>, 6.
l'apillon. — Dessous des ailes inféi-ieures d'un jaune clair à la base, le reste
glacé de violet, de roux el tie fauve, traversé en son milieu de deux lignes
rousses; série d'ocelles i-ousses pupillées de verdûtre à la bordure. — 7, 8.
10. Aiyiinnis Lallioiiiu V. — Chenille à rolie é|Hneuse d'un brun plus ou
moins gr-is;\lr-e ou l'oussàlr-e, parfois veitlàlrr, mar-quée d'uiri' ligue doi'sale
blanche ordinairement faite de chevrorrs; lignes doi-sale el stigrnalales fauves.
-- Sur- \'iola caniud (Kalt); V. Iricolor (Heige), 4, 5; 7, 8.
l'apillon. — Dessous des ailes inférieures fauve clair mêlé de fermigineux
et de taches nai'rées dont cinij plus gi\'indps au milieu; bande trarrsver-sale
feirugineuse oiirée d'yerrx à prrpille argentée; barrdi' lerirrinale surmontée de
sept taches nacr-ées assez gr-andes. — o; 8,'.).
*11. Arijynnis Elisa God. — » Chenille d un biun noii', chaque segment
portant une tache triangulaire noir-e dont la base est sur l'incision. » — Sur
\'ii'la tricolor, o, 6.
l'apillon. — f», 7. Corse (Helliei', in Frionnel).
!2. Aryynnis Afilaia ].. — Chenille à robe noir-e ou rroiràlre terne, couverte
d'épines noir-es et por-tant ordinairement une tache stigrrratale phrs ou moins
ronge sur les anneaux, 4 à 10. — Sur' Viola canina, V. odorala, V. palustris,
V. tiirolor (auct.), 5, 0.
Papillon. — Dessous des ailes inférieur'es or'né de nombreuses lâches
argentées glacées de veri sur fond jaune d'oci^e. — fi, 7.
1.3. Anjynnis Mobe L. — Chenille r'obe à coulcrrr très variable et à dorsale
d'un blanc jaunàtr'C. — Sur- V'io(rt odorala, V. tricolor (Kalt), 5.
Papillon. — Dessous des ailes inférieures marqué de taches blanches dont
34 G. GouRY et J. Guignon. — Insectes parasites des Violariécs.
telles (le; la htiiduiL' li'riiiiiialc suiil précédées d'une séiie de poiiils bi-uns
piipilK's (le l)laiic. — 6, 8.
l 'i . .l/v/7;//i(.v Adippe !>. — Clienille à nihc d'un gris plus tiu iiuiins foncé,
couverte d'épines i-auiiliées d'un brun clair, à ligne iloisale blanche bordée de
l)oints noirs. — Sur Viula caniiui, V. Idrtu, V. odoivla, \'. triculor, olc.
laucL), -J, t».
l'upillon. — Dessous des ailes iid'éiieures marqué de lacbes argentées, les
unes groupées à la base de l'aile, les autres rangées en deux lignes transver-
sales renfermant une série de taches oculaires ferrugineuses. — 6, 7.
*lo. Av(jijnnis Luudlce l'atlas. — Chenille? — Sur Viula (Berge, de Joannis),
5, 6.
l'apilUm. ■ — Dessous des ailes d'un jaune lavé de vert à la partie basilaire;
d'un brun foncé dans ta partie terminale. — 6, 7.
(A suivre.) G. Goury el J. Guignon.
■•*••
NOTES SPECIALES ET LOCALES
Flore des étangs d'Ouroux (canton de Montsauche, Nièvre). — Ces étangs sont
au nombre de deux : le premier se trouve au bas du village dOuroux et est longé
par le chemin de fer de Corbigny à Sauliou. 11 est situé sut un fond de porphyre
rouge, à 500 mètres d'altitude environ. La rive longée par la voie ferrée est formée
de gravier de porphyre a gros grains, recouvert d'une vase granuleuse et siliceuse.
Le second (étang de Puizot) se trouve environ à 2 kilomètres du village, dans un
bas-fond tourbeux, au pied et à droite de la route d'Auroux à Planchez, peu après
la bifurcation de la route de Chaumard. — Soumise à divers facteurs : l'altitude
(620 mètres), la silice, la tourbe, couvrant les rives nord et ouest, enfin le voisi-
nage des hauteurs du Haut-Morvan; la flore de cet étang est intéressante en ce
qu elle renferme à elle seule les espèces caractéristiques des régions tourbeuses et
élevées du Morvan.
Principales plantes obserrées là (du 1^ août au 17 septembre l'Jll).
A. — A l'étang d'Ouroux :
1° Bord des viviers, au pied de la chaussée. — Bidens cernua, var. radiata Bor.,
Fulyijoiium bistorta L.
2° Rive sud, découverte et longée par la voie ferrée. — Elatine hexandra D. C.
(parmi le gazon du Snrpus), lUecebrum verticillatuiii, L., Corrigiola litto-
ralis L., Littorella lacustris L., Scirpus acicularis L.
3° Rive nord-ouest, face au village. — Isnardia palustris L.
4° Marécages, a la queue de l'étang. — Viola palustris L., Parnassia palus-
tris L., Comaruin palustre L., Varum verticillatum Koch., Menyanthes trifo-
liata L. , Varex stricto Good.
5" Pré humide, contiqu au marécage et a la route de Cœuson. — Carum verti-
cillatum Koch., Arnica montaita L., Pedicularis palustris L., Juncus supinus
Mœnch., Poa sudetica Hœnke.
6" Prairies dominant l'étang au sud. — Trijulium eUgans Savi.
B. — A l'étang de Puizot :
1° Endroits inondés des rives. — Comarum palustre L., Menyanthes trifoUata L.,
Littorella lacustris L., Carex stricta (îood.
2" Parmi LES Sphagnum de la rive nord. — Viola palustris L., D rasera rotundi-
folia L., Drosera intermedia Hayne (endroit inondé, au pied dun bouquet
d'aulnes nains; très restreint), Parnassia palustris L., Stellaria uliyinosa
Murr., Epilobium palustre L., .Sedum rubens L., Carum verticillatum Koch,
AnayaUis tenella L., Pedicularis palustris L., Scutellaria minor L., Rhyn-
chospora alba Walh., Eriophorum latifolium Hoppe, Carex vuli/aris Pries.
3° A LA QUEUE DE l'étano. — Aconitum Napellus L. (très rare), Elodes palus-
tris Spach. (très abondant dans une prairie semée d'aulnes, entre la route
et l'étang, au sud-ouest), Lysimachia nemorum L.
Notes spéciales et locales. 35
4° Prairie coupée de ruisseaux, sur la rive sud. — Viola palustris L., rarnassia
pa/untris L., Eludes palustris iSpach., C'arum verticillututn Jvoch., J iincus
su/)iiius Alœncli. et ('() variété viviparus Cariot.
6" Taillis uoudant la rive sud. — Scnccio Fuchsii Gossel., Endymion niihins
Dunioiit, i'uli/slic/iiim spiiiulostim D. C, Bleclinum Spicant Koth.
, Landes dominant l'étano, au nord. — Genista pilosa L., Senecio adonidifo-
lius Lois., Erica tetralix L., Lijsiinmhia nemorum L.
Paris. Pierre Le Brun.
Mante religieuse. — Kii réponse à la note de M. Cavro (n° 494), je rappellerai
qu'il résulta de l'onciuétu <jue j'avais provoquée dans la Feuille en 1898, que la
Mante religieuse (bruni.' ou verte) est plus répandue qu'on ne pensait dans toute
la France ; on l'a trouvée dans tout le bassin de la Seine, mais les stations les
plus si'ptcntrionali's étaient Méziéres (Meuse) et les environs de Rouen.
11 n'est pas étonnant qu'à la faveur de l'été exceptionnellement chaud, elle ait
remonté jusque dans le l'as-de-Calais II s'agit de savoir si elle s'y maintiendra,
et M. l'Instituteur de Montigny fera bien de la rechercher l'autiimne prochain
sur les mêmes emplacements. La variété brune ne parait être qu'un cas de mimé-
tisme de l'espèce verte. Il suffit en France qu'une colline soit calcaire et bien
exposée pour que la Mante puisse y vivre.
Mantoche (Hauto-Saone). A. Gasser.
Necydalis major Muls. I^uec Lin.). — L'insecte que j'ai représenté jadis dans la
Feuille des Jeunes Naturalistes, n" 94, pi. 2, 1878, et dont j'ai dit quelques mots
(/. <:.., p. 127), est celui que Mulsant avait décrit, avec le nom de Linné, daus la
l" édition de ses Loiujiconies, en 1839, et que son neveu, l'abbé Victor Mulsant,
professeur de sciences au Collège de Kiom. déterminait ainsi à ses élèves.
C'est à lui que se rapporte aussi l'habitat du noyer, donné par moi dans la
Faune de l'Allier (Vol. 11, Coléoptères, p. 327), de M. Eru. Olivier, et vraisem-
blablement aussi celui cité pour le même arbre par Maurice des CJozis sous le nom
de y. major L. Il faut être de son temps et aujourd hui cet insecte doit porter
le nom de ^V. ulmi Chevr. — Mulsant, dans la 2" édition de ses Longicornes, avait
d'ailleurs rectifié cette dénomination en 1863, et elle avait assurément échappé à
son neveu.
La même correction est à apporter dans le Catalogue des Longicornes gallo-
rhénans de M. Dubois (Ifev. dEnt., p. 318). La citation en mon nom et en celui
du R. P. V. Mulsant regarde le N. major Muls. (= Fanzeri Har. = ulmi Chevr.)
et non l'espèce de Linné. C'est moi d'ailleurs qui ai donné les deux citations de
lîiom et de Broût-Vernet.
La note très intéressante (Bull. .S'oc. Eut. Fr., n" 1, p. 48, 1912) de M. F. Picard,
professeur d'entomologie à l'Ecole d'Agriculture de Montpellier, a fait renaître
en moi ces vieux -souvenirs et, pour éviter toute mauvaise interprétation de la
part de ceux qui ne savent pas se rapporter à l'époque à laquelle les auteurs ont
écrit, je me fais une obligation de mettre les choses au point.
Observation. — La robustesse des antennes et le bourrelet apical des élytres
noirâtre sont les caractères qui permettent le mieux de distinguer cette espèce de
sa voisine N. major Lin. (= salici Muls.) qui offre les antennes notablement plus
grêles et le bourrelet des élytres concolore.
Broiit-Vernet (Allier). H. du Buysson.
Cnethocampa pilyocampa F. — Il est à noter que les pluies de l'année 1910 ont
été absolument néfastes, tout au moins dans l'Allier, pour cette chenille qui forme
ses bourses bien connues sur les pins.
Tous les ans, on passait plusieurs jours à l'échenillage des arbres du parc du
Vernet, et je faisais brûler tl'énormes tas de bourses habitées par ces chenilles, en
les faisant couper avant l'arrivée des journées à douce température. En février
1910. je n'en vis pas une seule, et cet automne j'eus les plus grandes peines à en
trouver une pour l'envoyer à quelqu'un qui en avait besoin pour des études spé-
ciales. L'espèce a presque disparu et je n'en connais absolument qu'un nid, en ce
moment, chez un de mes voisins.
Je n'estime pas que ce soit les grosses chaleurs de l'année 1911 qui leur ont été
pernicieuses, car depuis l'an dernier elles ont presque absolument disparu, ce qui
est un grand bien pour les arbres verts.
Cette espèce se tient plus particulièrement sur les pins noirs d'Autriche et les
pins sylvestres. Cependant il m'est arrivé d'en voir une scu/e fois deux bourses
sur un cèdre du Liban.
H. DU BUTSSON.
36 Notes spéciales et locales.
Vrillelle (Anobium pertinax). — Un fait assez curieux, qui ne manquera pas
d'intéresser les naturalistes, se passe actuellement dans notre musée. Depuis plus
de quarantt! ans un insecte vit et se reproduit de génération en génération dans
un liacon bouché hermétiquement ! Actuellement, il vit encore et ses larves ayant
une provision de nourriture suffisante, il est à prévoir qu'il se perpétuera encore
une dizaine d'années, ayant alors accompli ses transformations pendant un demi-
siècle.
Le flacon où se passe ce fait (peut-être unique) contenait des graines de pavots
et faisait partie d'une collection de graines conservée autrefois dans l'ancienne
salle de l'herbier. La collection date de 1870.
A travers les parois de verre du flacon, l'on peut observer les larves vivantes
se nourrissant des graines restantes, des chrysalides engourdies et des insectes
parfaits prêts à se frayer un chemin à travers la couche de débris pulvérulents
qui est superposée aux graines. Des milliers de cadavres des générations précé-
dentes recouvrent ces débris, puis une agglomération de galeries où circulent les
insectes vivants vient ensuite. Quelques insectes ont réussi à se loger dans le bou-
chon qu'ils ont entamé et semblent être morts à la peine, sacrifiant leur existence
pour essayer de libérer leur race de la prison perpétuelle où elle semble être
condamnée.
Mulhouse. Emile Mantz.
Crioceris merdigera. — On a cité de nombreux cas intéressants de captures ento-
mologiques ou autres faites cet hiver et dues à la clémence de la température en
décembre et en janvier. M. Bérard nous cite celle de deux Crioceris merdigera Cf
et Q, faite le 28 janvier sur un lis, aux environs de Montpellier.
Les Bats. — Depuis six mois surtout, on constate, dans la région, que les gros
rats (J/h.s rattus L. et Mus ilecumanas Pallas) sont devenus plus nombreux qu'ils
étaient auparavant. A quoi cela tient-il? Je l'ignore. Nous avons eu, il y a
quelques années, une véritable invasion de campagnols des champs ; ces bestioles
sont à peu près disparues, espérons qu'il en sera bientôt ainsi du rat noir (rat
ordinaire) et du rat gris (surmulot), dont le voisinage est fort gênant; ces der-
niers, surtout, très voraces et très forts, dévorent tout et se défendent aux chats.
Lignières-Sonneville (Charente). H. Giraudeau.
Question. — Sarcophaga carnaria (Diptère vivipare). — Y a-t-il d'autres Dip-
tères vivipares ? — Oii cette espèce émet-elle ses larves ? — Quand se transforment-
elles en pupes î — Oii trouve-t-on celles-ci? — Comment passent-elles l'hiver? —
Quand éclosent les jeunes mouches? — Durée totale de la transformation?
Alençon. A. Letaoq.
Voyage d'exploration ornithologique au nord de l'Europe. — MM. M. Bon, juge
suppléant au tribunal de Libourne, et Lornont père et fils, naturalistes à Manon-
ville (Meurthe-et-Moselle), ont décidé d'entreprendre un voyage d'études sur la
biologie des oiseaux qui nichent dans les régions du nord de l'Europe, pour déter-
miner, aussi exactement que possible, la dernière limite vers le pôle nord, où
chaque espèce s'arrête pour nicher. Le départ aura lieu vers le l" mai et les études
commenceront en Danemark pour être poursuivies en Suède-Norvège, îles Loffoden,
Islande, Spitzberg, etc. Les meilleures stations de reproduction seront étudiées
avec soin, des collections d'oiseaux dans toutes leurs livrées seront préparées en
bonnes peaux, des œufs et nids seront recueillis pour en former des biologies et
de nombreux clichés accompagneront ces matériaux précieu.x pour la science.
Les membres de cette expédition, rompus dès le jeune âge aux dures épreuves
de la vie en plein air, chasseurs accomplis et préparateurs habiles, ont la ferme
volonté de parcourir les sites les plus favorables à la reproduction et de vivre
au milieu des oiseaux, le plus loin possible de toute habitation.
Ce voyage étant très onéreux et notre mise de fonds n'étant pas considérable,
pour le mener à bonne fin, nous faisons appel à tous les ornithologues qui voudront
bien nous encourager.
Au retour du voyage, une exposition des collections rapportées sera faite à Paris
et chaque souscripteur recevra des peaux, des œufs ou autres objets d'histoire
naturelle, pour une valeur au moins égale à la somme versée, avec, en plus, un
exemplaire de la relation du voyage aussitôt son impression.
Dix membres correspondants seront admis avec cotisation de cent francs.
LOMONT,
à Manonville, par Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Mos.;
Le Directeur Gérant,
A. DOLLFUS.
Imp. Oberthttr. Rennes— Paria (36012).
GEOLOGIE OU BASSIN DE PARIS
par M. Pacl LEilOINE, Vice Président du lu, Iriocii-le gfulugniuu de France.
Paris, Heumann et fils, C, ruo de la Sorbonnc.
Grand in-8°, ii + 408 pages, 136 figures, 9 planches color., relié : 15 fr.
Co livre dilïùro des ouvrages antérieurs en ce qu'il ombrasse la totalité du Bassin
de Paris, aussi bien les terrains jurassiques et crétacés de sa bordure que les
terrains tertiaires du centre.
On no Possédait sur cette région classique au point de vue géologique aucun
travail d ensemble, la multiplicité même et la diversité des études en rendent la
compréhension difficile. Los mémoires détaillés, si considérables qu'ils soient, ne
portent généralement que sur des points spéciaux et les lacunes sont nombreuses.
La coordination des publications faites sur cette région depuis de longues années
par plusieurs générations do géologues sera donc très utile pour tous ceux qui
s' iiilérfssi tit (/i(.isi hii n l'i lu G'ruliji/ie pure qu'aux multiples questions qui relèvent
de la (l'éuloijii- appliquée, Âi/riculture, Travaux publics, IJyijiè.ne, Hecherche des
eaujc. souterraines et des maCériaux utiles.
L'étude du Ba.ssiu de Paris est faite méthodiquement, terrain par terrain. C'est
donc un travail essentiellement dest^'iptif où les sujets sont traités dans leur
entier. On y remarque un-grand souci d'exactitude. Chacun des faits avancés est
suivi du nom' de l'auteur qui l'a observé; grâce à l'index bibliographique (plus
de 8flfi numéros), on sait immédiatement où trouver des données complémentaires
plus détaillées.
COLLECTIONNEUR, Attention !
100 Papillons de Digne, tous ditlérents : 12 fr. — Coléoptères en sciure :
2 fr. 50 le cent.
Chrysalides, nombreuses raretés : Prix avantageux.
L. MEFJ\'/L'/i, chasseur, Dir/ne-Sièyes (Basses-Alpes).
INITIATION BOTANIQUE
Ouvrage étranger à tout programme, dédié aux Amis de l'Enfance
(Collection des Initiations scientifiques),
Pjr E. Beucker, Agrégé de l'Université. Docteur es sciences naturelles.
Professeur au Lycée de Versailles.
Un volume in-16, orné de 235 gravures, broché : 2 fr. (Hachette et C", Paris).
Vient de paraître Librairie Léon LHOMME, 3, rue Corneille, Paris
DÉLASSEMENTS ENTO M O LOG I Q U ES
Par Rodolphe BONET, avocat. In-S», 149 p 2 fr. 50.
M. BoNET, grand admirateur de Fabre, de Sérignan, a trouvé dans l'étude des
insectes et- de leurs mœurs un délassement agréable, indispensable à un cerveau
surmené par les affaires. Heureux de cette cure, il en a fait profiter ses enfants,
ses amis, et en publiant aujourd'hui ses notes écrites dans un langage clair et
ensoleillé, il veut en faire profiter ses lecteurs.
BROTERIA
Série zoologique, vol. X, 1912, faso. I avec 18 figures et l'estampe.
Cette revue, si estimée du monde scientifique, va paraître à nouveau, après mille
tribulations.
Pour tous renseignements, s'adresser à M. Léon Lhomme, 3, rue Corneille, seul
dépositaire pour la France-
SOMMAIRE DU N° 495
Avis important.
A.'lioiselle : Doux nouv<jaux insectes Cécidogônes.
Caziot : Inviision d'une \ Urina piémontaisc dans le déparlement des Alpes-Maritimes.
A. Laville : raioplotlierium du Sannoisien de la Brie, à Romainville.
G. Goury et J. Guignon : Insectes parasites des \iolari6es.
Notes spéciales et locales :
KIore dos Otangs d'Ouroux (canton de Monlsauche, Nièvre) (Pierre Le Brun).
Mante religieuse (Gasskr).
Necidahjs major Muls. {nec Lin.) (H. du Buysson).
Cnethocampa pityocampa F. (H. du Bi.'ïsson).
Vrillette [Anobium pcrtinax) (Emile M.\ntz).
Crioccris nierdincra.
Los Rats (11. CiIRAUDEAU).
Question (.\. Lktacq).
Voyage d'exploration ornitliologique au noivi de l'Europe (Lomont).
BULLETIN D'ECHANGES DE LA FEUILLE DES JEUNES NATURALISTES
M. R. Bérard, 1, passage Brun-Faulquier, Montpellier, désire entrer en relations
d'échange avec des Coléoptéristes de France.
M. Hugues, Saint-Geniès-de-Malgoires (Gard), se charge toujours de chasser dans
sa région petits vertébrés, chiroptères vivants, insectes, scorpions roussâtres,. etc.,
contre livres de zoologie et peaux d'oiseaux européens.
M. Rousseau (Ph.), instituteur à Simon-la-'Vineuse CVehdée), offre Plantes phané-
rogames et cryptogames, Fossiles de tous les étages géologiques, Roches et Miné-
raux, Coquilles marines, terrestres et des eaux douces. — Désire Fossiles, sui'tout
des terrains primaires, et des empreintes de plantes, insectes et poissons ; des
Minéraux, des Coquilles marines, terrestres, etc.; des Silex taillés et polis, des
Ouvrages scientifiques. — Envoyer oblata et desiderata.
M. J. E. A. Jolliffe, Keble Collège, Oxford (Angleterre), désire échanger les
Coquilles terrestres et marines et fluviatilos de l'Angleterre et des Indes Occiden-
tales et Orientales contre les Coquilles terrestres du Monde paléarctique et surtout
de la France. Envoyer oblata et desiderata.
M. H. Giraudeau, Lignières-Sonneville (Charente), offre en échange de livres ou
revues, bons Coléoptères d'Europe et quelques exotiques, et procurera, aussi aux
mêmes conditions, tous sujets d'histoire naturelle de sa région.
M. L. Host, 14, rue Charles-Martel, à Nancy, demande objets, livres et matériel
d'histoire naturelle; offre Coléoptèi-es, Hémiptères dont Gicada speciosa, Scorpions
d'Algérie, etc.
On offre une peau de jeune Cerf fraîchement préparée ; l'ouvrage de Husnot
(Mousses et •Hépatiques) ; vingt cartons Deyrolle pour entomologistes. — On
demande en échange beaux Coléoptères et Papillons exotiques pour tableaux de
luxe. Coquilles marines exotiques. — Ecrire au Secrétaire de la Société des
Sciences et Arts de la Sarthe, rue du Bourg-Belé, 46, L« Mans.
OUVRAGFS OFFERTS A LA BIBLIOTHEQUE
DU V' OCTOBRE 1911 AU 10 FÉVEIER 1912
De la part de : MM. Bavay (2 br.); Boulenger (8 br.); Carez (2 br.); Chatelet
(4 br.); Chevreux (1 vol., 2 br.); D"- Cros (1 br.); Dognin (2 br.); A. Dollfus (25 vol.,
66 br.); DoUot et Ramond <3 br.); Fallot (1 br.); Filliozat (6 br.); Gadeau de Ker-
ville (7 br.); Gerbault (3 br.); Giraux (10 br.); Hachette (1 vol.); M"« Hure (7 br.);
Jahandiez (1 hr.); D'' Tî. Koehler (2 br.); Lacoste (1 br.); Laville (3 br.); Lemoine
(1 vol.); Lloyd (1 br.); J. Martin (1 br.); Noël (1 vol.); Rabaud (1vol.); X. Raspai!
(1 br.); D' Riel (9 br.); Rignano (1 br.); Stebbing (5 br.); Vuillet (1 br.).
Nous adressons tous nos remerciements aux donateurs
O^^^l" Avril 1912
V' Série, 42* Année - ^"496^^^/^
LA FEUILLE
^^
DES JEUNES NATURALISTES
REVUE MENSUELLE D'HISTOIRE NATURELLE
■9* «9» •$•
■^•- ««J-» •j-»
Abonnement annuel (France et Étranger)
Payable à M. Adrien DoUfus, 3, rue Fresnel, Paris (16=) 6 fr.
Les abonnements à la FEUILLE seront faits dorénavant à partir du !'<' janvier
(au lieu du l" novembre).
Imprimerie Oberthur, Rennes — Paris
u
191 2
^0
ANNÉES PRECEDENTES
DE LA
FEUILLE DES JEUNES NATURALISTES
P- SÉRIE DECENNALE
Années 1870 à 1880 (partiellement épuisée) :
Le numéro O fr. S&
L'année 3 fr.
(Les premières années sont épuisées).
Table des Matières de la Série O fr. 40
11^ SÉRIE DÉCENNALE
Années 1880 à 1890 :
Le numéro O fr. S5
L'année 3 fr.
(Quelques numéros ne peuvent plus être vehdus séparément).
Table des Matières de la Série O f r. SO
III^ SÉRIE DÉCENNALE
Années 1890 à 1900 :
Le numéro O f r. 40
L'année - 4 fr.
Table des Matières . . ., 1 fr. 50
IV« SÉRIE DÉCENNALE
Années 1900 à 1910 :
Le numéro O fr. ÔO
L'année 6 fr.
La Table des Matières de la Série est en préparation.
V« SÉRIE
Année 1911 :
Le numéro O fr. 50
L'année 6 fr.
Les Abonnés de \-à Feuille jouiront jusqu'à nouvel avis d'une réduction
de "25 "/o pour l'achat des 3* et 4° séries,
•
1' Avril 1912 — V Série, 42' Année — N' 496
LA FEUILLE
NEW yoKK
DES JEUNES NATURALISTES "iKo'r
GISEMENT PRÉHISTORIQUE DE CHARENTONNEAU
Au mois d'octobre 1901, une touille ouverte pour Ja construction du
l'avilloii bleu, en burduie de l;i Marne, à 10 niùlres environ des beiges de
la ri\ière et ;ï l'angle du buule\aid Sainl-.Maurice, niellait à jour une stuliuii
pirliisluiiiiue iiidi(iuée [lar i|Uelques usseiiienls liuiiiaiiis, des éclats de silex
tailles, des Iragiiients de puleiies et des ossements d'animaux de la faune
ailuelle.
La coupe que j'ai pu relever dans cette fouille est la suivante (fig. 1) :
1\ . — Humus et limuii très sableux biuii luiicé. Presque à la base gisait
1111 liagiiii'iit d'Iuuiiérus luiniain accunipagiié d'un tiagiueiil de son cubitus,
tu peu plus luiii, egaleinenl à la base, la luèiiie cuuclie contenait quelques
riagiiieiils d'une poterie non tournée, à pâte grossière. Cette couche débute
au iiéulitliique pour arriver jusqu'à nos jours O^TS
III. — lîiseau de limon sableux gris, avec quelques traces de coquilles
d'eau douce, des ossements d'un petit bœuf, d'un mouton et d'un cochon
ou sanglier 0'"00-0"'y5
II. — Limon gris, gras, avec traces de coquilles d'eau douce et à osse-
ments de petit bœuf. Ces deux couches II et III appartiennent à l'ancienne
époque dite de transition = hiatus = infra-néolilhitiue à Ceivux meyaceros
de Villeneuve-Saint-Gcorges. C'est aussi probablement une de ces deux
couches qui a donné les quelques éclats de silex taillés.
1. — Sable pléistocène un peu argileux, jaune, gris, blond. Faune de
coquilles d'eau douce. Epaisseur inconnue. Plus au sud, un puits creusé
donne le gravier pléistocène à environ trois mètres du sol, ce qui donnerait
environ 1"'70 pour cette couche de sable.
Les es|jèces de mollusques recueillies dans cette couche sont les sui-
vantes (1) :
Billdnia tcnlacidula Linné, 1758. — Habite toute la France. Ml dans les
eaux douces tranquilles, les bassins, les fossés, les ruisseaux.
Valvata piscinalis Muller, 1774. — Habite toute la France. Vit dans les
bassins, les marais, les eaux stagnantes.
S'criima lluviatilis Linné, 17o8. — Habite toute la France. Vit attaché aux
rochers, aux pierres et aux autres corps submergés; n'aime pas les eaux pro-
fondes.
Limnœa ■palustm MûUer, 1774. — Habite presque toute la France. Vit
dans les fossés, les étangs, les marais, les canaux. Ne dépasse pas l'altiliide
de 4o0 mètres.
Limnica slagnalis Linné, 1758. — Habile presque toute la France. Vit
(1) Je fuis accoiiipngncr le nom de chaque espèce de son habitai d'après Moquin-Tandon.
38
A. Laville. — Gisemcnl préhisloiique de Char entonne au.
dans les fossés, les étangs, les nuipes, les eaux stagnantes; fréciiiente les
lorrains calcaires.
lAnincca nuriculaiia Linné, 1758. — Habile le département du Nord, la
Moselle, la Soninic, l'Ilc-de-Francc, les Landes, les liasses-Pyrénées, la Haute-
Garonne, l'Hérault, le Gard.... Vit dans les bassins, les canaux, les mares.
Planorbis corneus Linné, 17^8. — Habile dans presque toute la France.
Vit dans les eaux stagnantes, les fossés.
l'isidium ainniciun JMiiller, 1774-. — Habile presque toute la France. Vil
dans les rivières, les ruisseaux, les fossés.
Unio pictorum Linné, 1758. — Habite la France septeidi-ionale dans presque
toutes les rivières.
A.LMt/./^
fcT,.
EXPLICATION DES FIGURES
FiG. 1. — Coupe d'une fouille dans la plaine de Charentonneau.
IV. — Humus et limon sableux brun foncé. — En X, ossements humains. —
En X.\, débris de poteries grossières non lom-nées. — i\rolillii(iun h actuel.
III. — Limon gris sableux. — Bœuf de petite taille? Coquilles d'eau douce.
II. — Limon gras, gris. — Bo'uf de petite laiUe? Coquilles d'eau douce. — Ces deux
couches sont mtru-néolilhiques = hiatus.
1. — Limon sableux gris jaune. — Faune de coquilles d'eau douce d'espèces
actuelles. C'est le sommet des graviers et galets pléistocones.
FiG. 2 et 2 a. — Fragment de poterie, qui provient probablement du sommet de la couche III.
— 1/2 grandeur. Coll. de l'Ecole des Mines.
FiG. 3. — Fragment de poterie qui provient probablement du sommet de la couche III. —
1/2 grandeur. Coll. de l'Ecole des Mines.
Dans les déljlais, j'ai ramassé quelques débris de poteries qui proviennent
probablement des environs de l'endroit d'où j'en ai retiré quelques-uns,
c'csl-à-dire du point XX, mais au-dessous, car la gangue grise qui y adhère
indique plutôt la couche HL Parmi ces débris il y avait (fig. 2 et 3) un fragment
de la partie supérieure d'un vase à anse. Ce vase gris noirâtre, à pâte
grossière sableuse, est lissé en dehors, il est rugueux et noir en dedans.
Ce devait être une sorte de vase ventru à col bas, muni d'une anse courte,
large et peu proéminente.
Un autre débris (lig. 4) appartenait à la partie supérieure de la panse et
à la partie inférieure du col d'un vase noir, rugueux, qui devait être ventru,
à pâle gi'ossière sableuse. Ce vase, dont le diamètre a pu être de L5 à
18 centimètres, était orné, au point oîi la panse se sépare du col, par une
série d'impressions digitales contiguës, qui ont laissé les empreintes des
ongles 1res visibles.
A. Laviu.e. — Gisemcnl prdldxluriiiue de CUareiUwineau. 39
l'.iiiiu les osseiiiL'iils (|iiL' jui riiiiiiisst's dans les déblais, j'ai pu, guidé par
l'élal de cuiisur\atiuii, lu cuuk'ui' ilus us et les liaccs du la gangue qui y
adliéiail, en l'aire trois séiies el avec beaucoup de vraisemblance recunnailre
la couche d'où ils provenaient.
I,a proiuière série est composée d'ossements ti'ès bien consei-vés, de couleur
l'iiaiiiuis un (leu violacé. Leur degré de conservation lait que je les attribue
à la couclie de limon argilcuv II, roche dans la(|uclle les ossements se
consersent mieux (jue dans les limons plus ou moins sableux.
l'armi cette séiie d'ossements qui appartiennent à un bceuf de très petite
taille, il y a un fragment de i-adins gauche, un radius di'oit avec la partie
supérieure de son cubitus.
i,a cunqiaraison des diliérentes mesuies de cet os avec celles d'un os
similaire ayanl appartenu à un bœuf actuel, qui fait partie de la collection
ilr l'aléontologie de l'Ecole des Mines, a donné les résultats suivants :
Bœuf Q/
Uœuf uutucl. do Cbiiroutonncuti. /o
Longueur 0'"32 0"'2o8 80,G
Longueur à l'articulation supéi-ieure. 0"'1U 0'"074 74
Longueur à l'ai^liculatioii inl'érieuie.. U"'U87 0"'0G8 75,8
Largeur au milieu de la diaphyse... U"'Uo5 U"'U40 72,7
Epaisseui- au milieu de ladiaphyse... U"'033 0"'U23 69,7
Kn faisant la moyenne de ce pourcentage des mesuies du ladius de chacun
(le ces bu'ul's, on arrive à ce résultat que le petit radius de Clharenloniieau
est d'un quart au moins plus petit dans toutes ses dimensions que le radius
du boeuf actuel de l'Ecole des iMines, puisque celle moyenne donne environ
73,2 pour lUU.
Si les proportions de la charpente osseuse du tronc du bœuf auquel ont
ap[iarleiiu les petits ossements de Chai-entonneau sont en relation avec celles
des os de ses jambes, la taille de ce petit ba'uf était de plus d'un quart
plus réduite que celle de nos bœufs domestiques.
Deux astragales accompagnaient ces radius : un dont il ne reste que la
moitié, l'autre a été l'objet d'un travail de comparaison avec un aslragale
de bteuf actuel de la collection de l'aléontologie de l'Ecole des Mines, dont
voici les l'ésultats :
Astragale Astragale q/
de l'Kcolu. de ChurelituDUuuu. /o
Longueur 0"'0S1 0"'067 81,6
Largeur en arrière O-^OoS 0"'044 75,6
Largeur en avant 0"'052 O'-OiO 76,9
Eitaisseur 0"'046 0"'035 75,1
La moyenne de ce pourcentage donne 77,2 pour 100, chiffre a[)prochanl
de celui donné par les radius el qui certifie l'existence de ce petit bœuf, qui
doit être conlempoiain de la couche 11 ou de la couche 111 de la coupe donnée.
La couleur des ossements de cette série est la même que celle d'une série
d'ossements d'animaux divers, cerf, bo'uf, rencontrés il y a quelques années
au Pont d'Ivry, dans les limons gris bleus infra-néolithiques. Pour celte
raison, je rapporte à ce niveau les couches II el III de la coupe donnée, la
couche I à la partie supérieuie des graviers pléislocènes, la couche IV el
la surface de la couche III au néolilhiipie jusi|u'à nos jours.
La deuxième série des ossements est composée de débiis lenfermant dans
leurs cavités médulaires une gangue composée de limon gris, sableux,
analogue à celui de la couche III. Cependant, tout en étant plus altérés et
de couleur plus claire (jaune gris) et souvent lâchés de rouille, on voit que
certains monlrent des surface-j analogues aux ossements de la première
40 A. Laville. — Gisement préhistorique de Charentonneau .
série. Peut-être étaient-ils dans le voisinage tout en étant dans la couche III?
Comme eux, la plupart appartiennent à un bœuf de tiès pelile taille qui est
représenté par un radius gauche iucoinplel, la partie intérieure d'un tibia
droit, un cubo-scaphoïde, un métatarsien et quelques molaires inférieures.
Une mandibule gauche de mouton et une diaphysc d'humérus de cochon ou
sanglier accompagnaient dans cette série les ossements du petit bœuf.
La dei'nière série ne comporle que l'articulation sur li-s phalanges de méta-
carpien d'un bœuf de taille ordinaire. Cet ossement conlicnl dans sa cavité
médulaire la môme gangue que l'humérus humain que j'ai relire de la base
de la couche IV.
J'ai attribué les séries des ossements que j'ai ramassés dans les déblais
à des couches désignées sur la coupe donnée, parce que la gangue qui y
adhérait était la même que la roche de ces couches, mais je comprends le
peu de crédit que le lecteur peut faire à l'importance de fossiles datés dans
de telles conditions. Si j'ai agi ainsi, c'est dans le seul but d'attirer l'attention
des géologues et des préhistoriens sur une petite r-égion où le lotissage à
outrance a pour conséquence une série de fouilles, dont l'étude suivie peut
être intéressante.
Résumé. — La plaine de Chaientonneau peut donner, par les fouilles
nombreuses qui y sont exécutées journellement, la coupe suivante :
Pléistocène. — Gravier et galets surmontés de leurs limons plus ou moins
sableux, avec faune de mollusques d'eau douce, d'espèces actuelles.
Infra-néolithique = hiatus. — Limons et sables limoneux avec débris de
poteries non toui'nées au sommet, faune de mammifères composée d'un bœuf
de très petite taille, de mouton, de porc ou sangher et de traces de mollusques
terrestres et d'eau douce. C'est la couche au cerf des tourbières de 'Ville-
neuve-Saint-Georges (1).
Néolithique à actuel. — Humus et limon sableux rouge. Débris humains
et débris de poteries non tournées, à pâte grossière à la base.
Toutes les pièces signalées appartiennent à l'Ecole Nationale Supérieure
des Mines de Paris.
A. Laville.
INSECTES PARASITES DES VIOLARIEES
(Fin.)
16. Argynnis Paphia L. — Chenille à robe brune et dorsale jaune bordée
de brun; épines jaunes. — Sur Viola canina (Kalt), 9 à 6. — Fontainettleau ! 5.
Papillon. — Dessous des ailes inférieures d'un fauve glacé de vert, ti-avei'sé
par quatre bandes argentées; les deux supérieures cunéiformes incomplètes;
les deux autres traversant toute l'aile. — 6, 7.
17. Argynnis Pandora Schil'f. — Chenille à robe brune; dorsale géminée
et épines jaunes. — Sur Viola tricolor (Kalt), 5, 6.
Papillon. — Dessous des ailes inférieures jaune clair, traversé de quatre
bandes argentées, dont les trois premières sont déviées, et la terminale sur-
montée de gros points ferrugineux. — 6, 7.
18. Pararge niegera L. — Chenille très rétrécie en arrière, verdâtre,
pubescente; dorsale plus foncée. — Sur Viola (Rûhl, in Frionnet), 6, 7 ; 9, 5.
(1) T.AViLLE. Le Megaceros hxjbcrnicus Ilart. aux environs de Pai'is, dans les dépôts infra-
néoliUiiques. (La l'euillc des Jeuiu-s NnluTalislfS, 1"^ décoinbre lOCO.)
fi. fioiiiv il ,1. GuiGNON. — Iritpclfs parasites des Vinlariécs. /|l
R. — NOCTUF.LLES :
I!). Agrntis Unorjri<!ea Schiff. — Clionillo rylinclriqiio, rase, épaisso,
all(^nuéc en avant et se renllanl progrcssivomonl jiisiiu'aii 11° anneau; 3' et
4" anneaux marqués de points orbienlaii-cs blancs; U" omé de taches cnnéi-
fonnes d'un noir velouté. — Sur V'n'la (lieire, de Joannls), 2, 3 après
hivernage.
20. .Uirotis promtba L. — Chenille d'un in un saie avec une ligne dorsale
claire, d'aulres lignes longiindinales noires vers le bas, puis des stries
oblirines plus foncées sur les derniers anneaux. — Sur Viola (Kalt), 3, 4 après
hivernage.
21. Agrntis primiilu' Esp. — Chi-iiillc à hMe brnne tachée de plus foncé.
Kobe ociu-acé pfde, souvent varialde allant du gris verdAIre au brun foncé.
IJgne dorsale p;\le i)or(léc de foncé; l:i sous-dorsale siunionlée de poinls noi-
l'àlres. Celle chenille est moins atténuée en avant que les deux pi-écédeides. —
Sur Viola (Merrin, i» Roûast), 3, 4 après hivernage.
22. Agrnlis segclum Schiff. — Chenille luisante d'un terreux plus ou
moins brun et lavé de gris et de vert. — C'est le fameux vor-gris, dont la
chrysalide est compaele, brilianle : d'un rou\ foncé sur l'élui des ailes ; d'un
janiie rougeàtre h la partie abdominale lerminée par deux pointes courtes,
épineuses et légèrement divergentes. — Sur Viola (Kalt), ti, 8.
23. Phlogophora scila Ilb. — Chenille cylindrique d'un beau vert à dorsale
peu netle, rase, veloutée à chevrons latéraux bien marqués. — Sur Viola
laucl.) : V. odorala (Kalt)
2'i . nrolntomin mrticitlosa L. — Chenille semblable à la précédente, mais
la ligne ilorsale blanche est bien mai-quée, quoique parfois interrompue aux
incisions; latérales jaunes suiiuonlées de lignes en chevrons. - - La 2" généra-
tion hiverne. — Sur Viola (Meyrick), V. tricolor cultivé, en janvier iOOfi, à
Samois-sui'-Seine !
2."i. Sxnin tfipica I,. — Ciienille cylindrique, rase, h corps s'épaississant
du 1" au il" anneau, lequel est marqué d'une arête : tète petite, ochracée,
tachée de brun. — Sur Viola (Kalt), 8 à 4.
26. Caradrina alsines Brhm. — Chenille de teinte ochracée lavée de rou-
geàtre sur les côtés et de brun .sur la partie dorsale ; tôle d'tm brun foncé ;
ligne dorsale pAle. — Sur Viola (Meyrick), 2, 3.
27. Kiisiiia iimhratica Goeze. — " Chenille brun ochracé, cylindiique,
veloutée, légèrement atténuée aux extrémités ; dernier anneau surmonté de
quelques poils; tête petite, globuleuse, pubescente; les lignes dorsale et laté-
rales pAles. — • Sur Viola (aucf.), 2, 3.
28. Orrbodia Van-piinclaliim E.sp. — Chenille d'un rouge plus ou moins
hrunàlre. allongée, cylindriipie et atténuée en avanl. — Sui- Viola (Kalt), 'i, fi.
2!l. Orrlwdia vnccinii L. — Chenille identique à la pircédentc, sauf que la
robe est plus rosée, les lignes dorsale, sous-dorsales et stigmatales moins
nettes d'un verdàlre pAle. — Sur Viola (Kalt), 5, 6.
C. — GÉOMÈTRES :
30. Acidalia strigilaria TTb. — Chenille h robe jaunâtre, à dorsale géminée
et les sous-dorsales d'un brun rouge, à stigmatale d'un jaune blanchâtre. —
Sur' Viola (Kalt), 4, 5.
31 . Piigmœna lusra Thunb. — Chenille jaune brun à corps grossièrement
chagriné, caréné sur les côtés et couvert de poils très courts et serrés. —
Sur Viola calcarata (Berce), 6, 7.
D. — .Vrctiides :
32. Spilosoma bibriripeda L. - Chenille d'un gris brun plus foncé sur le
dos, h poils blancs, raicles et courts implantés sur des tubercules. — Sur
Viola (Kalt), 7, 8.
'i2 0. GoniY el J. HriGNON. — Imedes parasites des Violariées.
33. Spilosnma monthastii Esp. — Chenille identique, mois à poils biuns
et longs; à ligne dorsale rousse non interrompue. — Sur Viola (Kalt), 7, 10.
34. Spilosoma iirficss Esp. — Chenille identique, mais à poils grisâtres et
courts; ligne dorsale blanche visible sur les trois premiers anneaux seulement.
— Sur Viola (Kalt), 8, 9 ; 4, S.
35. Perirnllin matronnia L. — Chenilhî d'un brun noirâtre, à poils en verti-
cilles épais cl d'un bi"un i-oussâtre, très longs et rabattus. — Sur Viola (Kalt)),
V. tricolor (auct.).
36. Chenille d'un noirâtre plus ou moins fonce à poils en aigrettes étoilées,
implantés sur des tubercules saillants; ligne dorsale blanche. — Sur Viola
canina (Kalt), 5, 6.
II. — Microlépidoptère.
*37. Pancalia Lctnrpnhœkelln L. — Petite chenille à tête d'un brun jau-
nâtre pâle taché de foncé; plaques écailleuses luisantes. Coi-ps d'un rouge
pourpre foncé; incisions et plis ochracé pâle. — Vit d'abord dans les pétioles
des feuilles de Viola Itirta, d'après Meyrick, puis dans une galerie soyeuse
établie entre les racines. — 6 à 8. — Sur Viola hirta, V. siJvestris (de Com-
brugge).
N. B. — Les noms précédés d'un (*) sont ceux qui ne figurent pas dans
l'ébauche de clef ci-dessus et dont nous ne connaissons pas les représentanis.
Nous nous sommes contentés de donner quelques aperçus sur certains
papillons Àrgynnis ; les descriptions de ces papillons étant dans tous les
auteurs.
Pour les chenilles, la plupart sont décrites tout au long dans les 3 volumes
Los premiers états des Lépidoptères français, de M. l'abbé Frionnet.
III. — Hyménoptères.
1 . Larve (fausse-chenille) d'un bleu ardoisé foncé, plus clair sous le ventre;
à tête d'un noir luisant. — 10, 11 Emphytiif^ teiirr Fait.
Sur Rosa odorata ! — Melun ; Machault ; Fontainebleau : Samois, Vulaines-
sur-Seine, 13 novembre 1906 (Voir F. d. ./. N., XLP année, p. 118).
2. Larve d'un vert clair, plus foncé en dessus. — 10 à 3.
Taxomiis glabratiis Fait.
Sur Viola tricolor (in Konow). — Fontainebleau : à Valvins, au bnixl de la
Seine nous avons trouvé des lan'es de cette Tenthrède réfugiées dans les tiges
sèches d'Urtica dioïca. Le même enirenœud contenait de 1 à 4 larves, avec
trou d'entrée sur le côté et operculé intérieurement d'une membrane parche-
minée transparente. Recueillies le 30 mars 1906, elles ont livré les imagos du
10 au 15 mai suivant.
IV. — Diptères.
1 . Larve isolée dans les ovaires qu'elle déforme en v produisant un gon-
flement anormal Laii.ranin ;i-nra Meig.
Sur Viola tricolor et sa var. an^ensis (Kalt).
2. Lar\'es grégaires blanchâtres, jaune orangé à la fin; dans un enrou-
lement marginal" involutif de la feuille, décoloré, épaissi et sans pilosité
anormale : ou sur l'inflorescence qu'elle déforme complètement.
Perrisia afjinis Kieff.
Surlesl'io/a, principalement V. hirla! V. odorata! V. silvcstris! V. canina!
— Fontainebleau !
3. Lai-ves grégaires toujours d'un jaune orangé pâle ; à l'extrémité des
tiges où leur présence est trahie par une pilosilé anormale.
Perrisia violse F. Low.
Sur Viola tricolor et sa var. arvensis. — Fontainebleau.
G. t. ni \i\ ,■[ ,1. Cl i(.\(iN. Insectes parasites des Violuriévs. 43
V. — Homoptères.
i . l'ucei^ii aptèro tl'iiii mtI pàlo, y ciwiiiPiis lu (iiiciic au moins de la iiioiliù
dos cornicides; ailr lniiii l'i iilulnnirii il Un \ri-\ |iliis un iiioiiis jaunàlre.
.I///11.V malvu: Walkcr.
Sur \ii)la odorata, sui- le jifliolc iléfoiinr, '.). l'uiiliiinohlcau : \ ulaiiies-
sur-Soiue ! Samois.
2. l'uicroii aplèrc d'un vcil pâle, mais à (|ucm' jaune plus cuuilc (pic la
mnitir (les ciiiiiiculi's ; ailé liiim janiiAlii' à aluldiinMi voidàlio, à cDruiculcs
longs, mimes, jaunes Ijordées de Ijrun à iexli-éniilé, à queue biuno.
Macrosiphnm. pchmjnnii Kali.
Sur Viola Iricolor sous les feuilles fi'oissées cl défoi-mées, 9. — Fonlaino-
l)lcau : Valvins ! Samoreau !
HEMARQUI-IS. — On peut citer encore quoi(|iii' l'dii ne puisse les faire
entrer parmi les Insectes proprement dits :
r Un acarien : Eriophyes violx Nal. (|ui pi-oduit un enroulement marginal
serré sans décoloration et sans épaississemcnl notable (in Iloiiard). — Fontai-
nebleau !
2° Un nématude : Hclrrodera radicimln Greeff, dont la présence est signalée
par lin iriilleincnl aiidnnal et glolnilcux dr la racine chez tous les Viola.
l'armi les Insectes vivais, nous n'avnns parlé ni de i' \nlhnbiinn prninil;r
Stepli., parce (jue <'e coléoptère n'est qu'un sim|ile visiteur ; ni de VÀdela
rioh'lla Tr. cité par Macquart, parce que ce fépidoptère nous semble n'avoir
lie rapport avec la ]'inlctle que par la valeur de son nom : ni de l'nntnrinia
vinlicola (loquill, spécial à l'Amérique du Nord (pourtant si l'on remarque de
petites larves grégaires sauteuses dans la fleur des Vinla, l'attention sera
éveillée); ni .'l.r/romi/:« violée Curtis dont la description et les ligures qui
illustieid les pages 2'i4, 2i.') de The finrdener's Chmniclr. iSii. se rap-
|iroclient assez de celles de I^ait.ronia wnea dont il est question ci-dessus.
Nous avons trouvé plusieurs fois et plusieurs années de suite la feuille de
Vinla sUveslriK minée par une larve dmil nous avons tenté vainement l'élevage
jiisipi'iei; son signalement ne répond pas à celui de Pmvoliu f.einrcnhœhilla L.
— Kxclusivement dans les bois humides; environs de FoDtainebleau : Samo-
reau (partie basse tlu bois Gasscau) !
En somme, fort peu d'insectes spécialemcni parasites des Violariées :
parmi les Macrolépidoptères cités plus haut, on peut diie (pie leurs chenilles
sont régulièrement polyphages.
G. Goi'Rv et J. Quignon.
•*••
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES NÉVROPTÈRES DE FRANCE
{l'remière liste.)
I,f but que nous lions [uoposons ici n'est évidemnn^nt pas de donner un
catalogue véritable des Névroptères de France. Cette faune, trop négligée
dans notre pays (les Odonates exceptées), mérite, à noti'e avis, une série
d'études plus importanles que nous soumettrons aux entomologistes le plus
tiM possible.
'l'i J. Lacuoix. — • Conlribulion à l'élude des Névroplères de France.
Nous commençons simplement aujourd'hui i'énumération de nos captures
au fur et à mesure des déterminations et nous ajouterons les observations
soumises par d'autres natuialistes et les insectes que des collègues voudront
bien nous communiquer ou nous donner.
Nous prions donc tous les entomologistes qui voudraient nous aider dans
la tâche que nous nous S(.»miiies imposé — l'élude complèle de la faune
névroptérique de France, — de recueillir, dans leurs chasses, des insectes
névroptères et de nous les envoyer avec le lieu et la date exacts des captures.
Nous les remercions à l'avance de leur collaboration.
Nous prévenons ceux qui auront ces listes entre les mains que nous
employons le terme Névvoplèrc dans son sens large; nous y comprenons
les Odovales ou Libellules et les Tiichoplères. Plusieurs auteurs, dont l'au-
torité en la matière est d'ailleurs très grande, — Van der Weele, Vhner,
Klopaleck, Endcrlein, Desneux..., — ont créé de véritables ordres pour les
différents groupes {Mégaloplères, Mécopières, Plannipennes, Trichoptères,
Isoptères...). Si ce fait peut avoir, au point de vue de la systématique, une
importance réelle, nous croyons que dans la pul)lication de ces listes il n'est
pas nécessaire d'en parler plus longuement.
Voici donc la méthode que nous voulons suivre dans ce travail de prépa-
ration. Nous adopterons deux sous-ordres : celui des Lioptèrcs (R. P. Lon-
ginos Navas) et celui des Trichoptères (1).
Le premier sera divisé en deux grandes sections : celle des Odonates et
celle des Oxynales. Chacune d'elles se subdivisant en tribus et en familles.
Le deuxième, c'est-à-dii-e le sous-ordre des Trichoptères, sera également
divisé en deux sections : celle des Inéqvipalpes et celle des Eqnipalpes.
Nous saisissons cette occasion pour remercier notre maître, le R. P. LoN-
GiNOS Navas, de ses bontés à notre égard. Avec une bienveillance dont nous
sommes très touché, ce savant entomologiste s'est entièrement mis à notre
disposition et a consenti à nous guider dans nos études sur les Névroptères.
Avec un guide aussi éminent, qui nous honore de son amitié, nous ne pouvons
qu'aimer de plus en plus cette branche de l'Entomologie.
A. — SOUS-ORDRE DES LIOPTÈRES.
1. — Section des Odonates.
Plusieurs travaux ayant été déjà publiés au sujet des Odonates (2), nous
nous dispenserons de donner ici une liste de ces Névroptères. Nous nous
contenterons simplement de signaler quelques localités nouvelles pour la
région de l'Ouest.
Orthetrum cancellatum L. — Espèce peu commune et toujours très loca-
lisée. Nous l'avons trouvée dans un petit coin de la commune de Saint-
Martin-dc-la-Coudre (Charenle-Inf.).
Orthetrum cœrislescens Fabr. — Plus commune qno la précédente, mais
généralement localisée aussi, a été trouvée par nous sur un petit espace de
la rivière le Mignon, à Saint-Martin-la -Grève (Charente-Inf.).
SoMATOCHLORA METALLICA Van der Lind. — Toujours rare en France. Nous
(1) Nous ne nommons pas ici le sous-ordre des Adélopfères (R. P. Longinos Navas). Ce
sous-ordre, qui comprend les sections des Tisannures et des Colemholes, ne sera pas étudié
par nous.
(2) Nous citerons surtout la série d'études consacrées- aux Odonates par notre savant
collègue M. R. Martin, études pariies dans la Feuille des Jeiines Naturalistes (années 1S87-1889).
L'autorité de cet Odonalologue est suffisamment reconnue pour que nous ne soyons pas
obligé de conseiller l'usage des descriptions qu'il a données. — Voir aussi l'étude de
M. E. R. Dubois sur les Névroptères de la Gironde [n" 280 et 330).
J. Lackoix. — Conlribulion à réludo des Névraplèrcs de France. 45
l'avons trouvée dans trois localités nouvelles pour l'Ouest : Saint-Martin-
(li'-la-Coudre (Charente-Tuf.), Le Bnsscan et Vniitré-en-Gdtinc (Deux-Sèvres).
Al)on(lante, en mai 1010, dans cette dernière localité.
riOYEniA ( = Fonscolombia) Irène Fonsc. — A été trouvée par nous dans
le maraix dWmiiré, près Epnnnes (Deux-Sèvres).
CoiîDiiLEr.ASTER ANiMULATiis F.atr. — Celte superbe et grande Odonate est
assez commune en Fiance, mais est quelquefois localisée. Nous l'avons ren-
contrée alîondanle à Voulré-cn-Gâtinc (Deux-Sèvres) et rare à Saint-Martin-
dc-la-Coudve (Charente-Inf.).
GoMPHUS Grasuni Ramb. — Cette libellule est assez commune dans le
Centre, mais est plutôt rare partout ailleurs. Nous avons capturé un cf dans
la Forêl de l'UennUam (Deux-Sèvres) le 20 juillet 1000.
Onvciiogomphus foucipatus L. — Capturé par nous également dans la
Fnrêt dp nirrrriUniv, à la même date.
Lestes virens Charp. — Trouvée par nous h Fniiras (Ctiarente-Inf.).
IsciiMURV pi'Mii^io Charp.. var. Q aurantiaca Sélys. ■ — Nous avons ren-
contré cette variété de piirnUio dans le marais dWmitré, près Epaimcs (Deux-
Sèvres).
2. — Section des Oxynates.
«) Famille des Ephémérides.
Nous nous excusons de ne pas donner dès aujourd'hui une liste plus impor-
tanle d'insectes de cette famille. Les Ephémérides sont excessivement déli-
cates, s'altèrent très rapidement et demandent des soins tout spéciaux que
nous saurons prendre désormais. Nous espérons pouvoir donner bientôt une
série plus intéressante.
Epiiemera vulgata L. — Cette espèce est excessivement répandue et
commune.
Epiiemera danica Miill. — Peut-être moins abondante et moins répandue
(du moins dans notre région) que la précédente espèce. Elle ressemble
d'ailleurs assez à celte dernière. Il est à noter que la tache discoïdale de
l'aile postérieure est réduite à im petit point ou même effacée. De plus,
l'abdomen est d'un blanc d'ivoire.
Harropitlebia fusca Curlis. — Cette espèce a été trouvée à Saint-Nazaire
(Loire-Inf.) par M. Revelière (1).
EcDYURUS FORCiPULA Kollar. — Nous l'avons trouvée à Voutrc-m-Gdtinc
(Deux-Sèvres).
Heptagenia sulphurea Miill. — Cette jolie espèce ayant le réseau de l'aile
brun a été capturée dans les globes électriques de la ville de Niort.
Nous ajouterons à cette très petite liste d'Ephémérides trois Clcon trouvés
sur les bords de la Sôvre Nioi'taise, aux portes de Niort :
Cleon dipterum L., Cleon simile Eaton et Cleon rufulum MQll.
Au sujet des Ephémérides, il est intéressant de noter que l'insecte, aussitôt
dégagé de sa nymphe, n'est pas encore à l'état complètement adulte : c'est
l'état dit subimago. Il lui faut encore abandonner une dernière peau pour
devenir imago. Les Ephémérides peuvent quelquefois différer beaucoup dans
ces deux états et être même méconnaissables.
b) Famille des Ascalaphides.
Ascalaphus LiBELLULoïDES Schâff. ( = coccajus W. V., = meridinnalis
Ramb.). — Cette espèce a été trouvée à Cautereis (Hautes-Pyrénées) par
M. Gelin. — Notre collègue M. d'Olbreuse nous l'a donnée (iwVernct.
(1) Il est bien entendu que les localités mentionnées ici n'excluent pas celles où les
Névroplères signalés peuvent encore se rencontrer.
'i(') ,1. Lacroix. — Conlribulion à l'élude des Névroplères de France.
AscALAPiirs i.nNr.icoRNis L. — Cet insorlo se renronirp dans nos régions
(11- l'OuPsI. Il a été capture au bois de MaUcl. prf's Mnuzi^ (Deux-Sèvres), par
M. r.elin.
Asr.ALAi'iHS IIISPAMCUS Ranib. — Nous avons roeu. en ('(imnniniratinn,
(l'un correspondani un Vsraiapho eapturé l'été dernier' (li)ll) aux environs
de Toulon, ('et éelinniillon unique était le seul représeniant de rette f;unille
dans l'envoi (consislanl surlouf en Odonales). Il ne laisse micun dovlo dans
notre esprit sur son identité. Cette capture nous semble parlieulièremeid
intéressante et fort probablement nouvelle pour la Franre.
Asr.ALAPiii'S CiiNii Sélys. — Notre maître. le R.P. T,on£;inos Navas. dans
une de ses lettres, nous indiquait cette espèce comme trouvée dans le Midi
de la Franre. Nous nous permettons de l'ajouter <à celle liste.
c) Famille des Myrméléonides.
ME(;iST0i'rs flavicornis Rossi { = bisignaliis Ramb.). — Nous avons ren-
contré un exemplaire de celte espèce à Chatelaillon (Charenle-Inf.). Dans la
lisle (publiée en mars 1911 dans la Feuille des Jeunes Naluralisies) des
captures faites par M. Revelière près de Saint-Nazaire, le R. P. Lon^inos
Navas cite cette espèce. l\ ajoute qu'il la croit nouvelle pour la région atlan-
tique.
Myrmeleon inconspicuus Ramb. — A été trouvé dans la T^oire-înférienre
par M. Revelière.
Myrmeleon nostras Fourcroy ( = europ,xus M'. L'.) (lormirariux Auct.). — ■
Nous avons trouvé cette espèce à CJiatplailJon fCliarente-Inf.'). M. Revelière
l'a éijalement capturée dans la Loire-Inférieure.
]\Iyrmeleo\ formicarius L. — Trouvé à Cauiprrlx fïîautes-Pyrénées) par
M. Celin. Nous avons pris ce Myrmeleon à Chalclaillon.
Macronemurus appendiculatus Latr. — Cette espèce a été prise sur le
lilloral de la Méditerranée. M. d'Olbreuse nous a donné un exemplaire capturé
à nonrp-lps-Bnint, près Royan (Charente-Inf.).
AcAN'THAn.isis nrc.iTAMCA Villers. — On trouve ce £;rand Myrmeleon dans
nos régions de l'Ouest. Il a même été "capturé dans la Loire-Inférieure par
M. Revelière.
Palpares libelluloïdes L. — Ce superbe insecte est très commun sur
tout le littoral de la Méditerranée.
fl) Famille des Chrysopides.
La liste des Chrysopides que nous donnons ici, quoique ayant déjà son
importance, ne contient pas toutes nos récoltes faites jusqu'à maintenant.
Plusieurs espèces sont encore à l'étude et n'ont pu être assez rigoureusement
identifiées pour figurer ici.
NoTHOCHRYSA CAPITATA Fabr. — A été capturée par M. Revelière, à Saint-
Nazaire (Loire-Inf.).
CiiRYSOPA ATLOARis Schu.. t>ipp. — Cette espèce est excessivement com-
mune et 1res répandue. Elle a été trouvée dans le Nord-Ouest de l'Afrique
(R. P. Longinos Navas) et nous la possédons de l'Algérie. C'est une espèce
véritablement polymorphe, susceptible de varier énormément. Le type qui
ne doit avoir aucun trait noir ou noirâtre sur la face, ni de taches ou lignes
rougeàtres sur le corps, a le réseau des ailes entièrement vert. — Nous
signalerons ici quelques variétés (d'autres figureront dans une liste prochaine).
Var. JiiCROCEPHALA Rrauer. — Elle doit être aussi répandue que le type.
Nous l'avons trouvée partout dans notre région.
Var. .«QUATA Navas. — Est peut-être un peu moins commune que la pré-
cédente sans cependant être rare. Nous la croyons également répandue.
Var. PoDAi Navas. — Nous avons rencontré cette jolie variété dans les
J. Lacroix. — Conlribulion à l'élude des Névroplèrcs de France. 47
(lépailempiils des Dciix-Sèvres et de la Charenle-Inf(^rieurc (I). Cotte variété
a été décrite, pour la première fois, par le R. P. Longinos Navas au Congrès
de Cralz (1010).
Var. BELLA Navas. — Cette magnifique vaiiéié décrite par notre vénéré
maître, le R. P. Longinos Navas, a été trouvée pour la première fois, par
nous, dans le dépai'tement de la Vendée, en septembre 1911.
Var. BISERIATA Schum. — Nous avons capturé pendant l'été de 1911 un
certain nombre d'exemplaires de cette très intéressante variété.
CiiRYSoPA Fi.AViFRONS Braucr. — Trouvée à Saint-Nazaire (Loire-Inf.) par
M. i?evelière. Nous l'avons capturée assez fréquemment dans le département
des Deux-Sèvres.
CiiRYSOPA viRiDANA Schneider. — Jusqu'à mninlenant nous n'avons ren-
contré cette Chrysope qu'à Niort.
CiiRYSOPA PRASiNA Rurmeister, type. — Il a été pris à Rlain (Ijoire-lnf.)
par M. Revelière. Nous ne l'avons encore pas trouvé dans notre région où
il existe très cei-tainemenl. Comme la viilgaris, cette espèce est très variable.
Var. ADSPERSA Wesm. — Très commune et doit être répandue. M. Reve-
lière l'a capturée dans la Loire-Inférieure.
Var. STRIATA Navas. — Commune également, du moins dans notre région.
Var. PUNCTiGERA Sélys. — Nous rapportons à cette variété deux exem-
plaires trouvés l'un au Busspou fDeux-Sèvres). l'autre à Samt-Mnrtin-dp-la-
(niidre (Charente-Inf.). Ils ont les nervules gradiformes noires et un point
également noir sur la partie dorsale du premier article des antennes. Il n'est
|ias possible, nous croyons, de la confondre avec mariana Navas, var. stic-
loccra Navas, qui doit avoir les nervules en gradins vertes.
Var. DEGRADATA Navas. — Assez difficile quelquefois à bien séparer de
var. arlspersa. Moins commune que cette dernière. Paraît être cependant
assez répandue.
Var. Zelleri Schn. — Nous rapportons à cette variété un exemplaire
trouvé dans la Forêt de l'Hermitain fDeux-Sèvres). Il n'est pas possible de
rapprocher cet exemplaire de mariana type qui a les nervules gradiformes
vertes.
Chrysopa mariana Navas, vai". chlorocephala Navas. — Nous n'avons
trouvé celte variété, jusqu'à maintenant, que dans la Charente-Inférieure :
deux exemplaires à Samt-Martin-de-la-Coudre et un dans la Forêt de Bennv.
Var. STiCTOCERA Navas. — Nous rapportons à cette variété un échantillon
capturé dans la Forêl do Benon fCharente-Inf.'*. L'exemplaire, par sa taille
et ses nervules gradiformes vertes, s'éloigne de la var. punctigera de prasina.
Chrysopa formosa Rauer. — Nous avons pris un exemplaire de cette
espèce à Aiffres, près *Niort (Deux-Sèvres) et plusieurs autres sur le littoral
de l'Atlantique.
Chrysopa perla L. — Excessivement abondante.
Chrysopa 7-punctata Wesm. — Cette Chrysope doit être assez répandue;
mais elle ne nous a pas semblé également commune partout. Dans notre
i-égion elle était, en 1911, excessivement abondante à Niort et plus rare sur
d'autres points. — Elle paraît affectionner, d'une manière plus particulière,
les jardins ou les petits lieux boisés très proches des habitations.
Nous l'avons capturée à Mort et ses environs immédiats : Aiffres, Bessines.
Sainte-Pezenne...: à Epaiwrft-gnrr. au BufseoTi. à BoixsproJ, dans la Forêt
de Chizé (Deux-Sèvres) et à Saint-Martin-de-la-Coudrc (Charente-Inf.l Elle
a été trouvée à Saint-Nazaire (Loire-Inf.) par M. Revelière.
1) Dans ce travail, il nous est impossible d'insister sur l'aire d'expansion de tollp ou telle
espèce. Nous reviendrons sur cette question dans nos monographies.
'iS J. Lacroix. — Contnbiition à Vétude des Névroplères de France.
Var. PALLF.NS Rambnr. — Cette variétt^ ne semble pas enmmnno. Elle se
ronronlre rôfo n rôio aver le type. .Tnsqn'fi maintenant nous l'avons naptiir*^e
seulement à Ninrl. M. Revelière l'a prise h Saint-Nazaire. Pour ce qui nous
ronrerne, sur h peu près 100 exemplaires de 7-punctata capturés dans un
seul jardin h Niort, nous avons trouvé i paUens.
CuRYsorERCA FLWA Scopoli. — Cette espèce est assez curieuse. T.e c? est
un peu différent de la Q. Cette dernière a lïénéralement les ailes plus déve-
loppées, avec la ner\'ure costale moins incun'ée (cette incurvation est très
accusée chez le cf). Ce dernier a l'abdomen plus \nr\2. que celui de la g .
Ce senre Chmisncerca a été créé en 1909 par Van der Weele.
Cfirysotropts Lacrotxi Navas. — Nous avons trouvé, le 13 aortt 1911, ai'v
environs de Xiort. cette Chrvsonidc qui a été étudiée par notre maître, le
R. P. Longinos Navas. Ce savant névroptériste. après une étude minutieuse
de cet insecte, s'est décidé définitivement h le prendre comme type d'un
nouveau ^enre IChrysntmni'') qui sera, ainsi que l'espèce, décrit sous peu.
I\u moment où nous écrivons ces liîmes, l'étude du R. P. Lon£rinos Navas
n"a nas encore paru: aussi nous dispenserons-nous de parler plus longue-
ment de cette intéressante espèce.)
r) Famille des Hémérobides.
Nous diviserons cette famille en deux tribus : celle des Sisynvn.'!. qui ne
comprend qu'un seul ^renre en France, et celle des HniK'rnhmrs. Cette division
est justifiée par les rapports différents, dans les deux tribus, des vprvvrox
Mnvs-ro.ttalp pt radiale à l'aile supérieure. Les insectes de cette famille sont
assez petits et assez voisins les uns des autres. Ils vivent, comme les Chn^so-
pides. dans les branches des arbres et des buissons.
De la tribu des ^i^i/rinps nous signalerons trois espèces :
SiSYRA FUSCATA F. — Espèce très commune.
SiSYRA TERMINAUS Curt. — Plus Pelle quc fuscnfn, avec l'extrémité des
antennes tranchant par sa coloration. Moins commune, il semble, que
la précédente.
SiSYRA Datei M'. L'. — Nous n'avons trouvé, jusqu'à maintenant, qu'un
exemplaire de cette espèce, à Ninrt (Deux-Sèvres).
Il est à remarquer qu'on trouve les Sisyra principalement dans les maré-
cages, le bord des rivières, des ruisseaux et des étangs ou mares. La larve
est aquatique.
De la tribu des Hémérohmes nous citerons :
MiCROAU's APHiDivoRi'S Schr. — Nous avons recueilli deux exemplaires.de
cet insecte dans la ville même de AHorl. sur la muraille d'une maison, au
mois de novembre 1910. Il a été aussi trouvé dans l<i Fnrêt de VHermifam
(Deux-Sèvres), en octobre, par M. Gelin.
AIiCROMUs VARiEC.ATUS F. — Nous avous vu. jusqu'h maintenant, peu
d'échantillons de cette espèce. Nous avons pris un exemplaire aux environs
de Ninrt et un autre dans le bois de la Fm/n Moniavlt. près Bcam^nir (Deux-
Sèvres).
Hemerobu'S marginatus Steph. — Cette Hémérobe est commune. Nous
l'avons capturée un peu partout dans notre région. M. Revelière l'a prise
à Saint-Nazaire (T^oire-Inf.).
Hemerobk'S humili L. — Saini-Nazairp, par M. Revelière.
Hemerorius micaxs Olivier. — Non très commune. Nous l'avons trouvée
h Vniitré-en-Gâtine et au Busseau (Deux-Sèvres).
Hemerobius pini Steph. — Non commune. Forêt dn rilprmitain (I^acroix).
Hemerobius stigma Steph. — Fn seul exemplaire trouvé sur le littoral
de l'Atlantique.
Hemerobius lutescens F. — Extrêmement abondante.
J. Lacroix. — Contribution à l'élude des Névroptères de France. 49
UuEi'AMJi'iEHVX PHALENoïDEs L. — Saint-Nazaiie (Loire-Inf.), par M. Reve-
lière.
Meualumus iiiutus L. — Nuus avoiid capturé celle espèce à Muit el ses
enviions.
/; Famille des Osmylides.
UsiMVLUs MACLLATUS F. {'= [ulviccplialus Scop.). — Gel insecte n'est pas
raie non loin des ruisseaux. 11 frùquenle aussi les forêts et les bois.
ijj Famille des Conioptérigides.
CoiswEiM'ziA PUNCTicuLA Euduilcin et Sk.midalis clrtisiana Enderleiji. —
Tous deux d'Ainéile-les-Bains {ï\. P. Longinos Navas).
li) Famille des Sialides.
SiALis LiiXARiA L. — Extrêmement commune au mois de mai et même dès
le mois d'avril.
SiALis FULiGiiNOSA Pictel. — Nous avons rencontré cette espèce aux environs
de Murl. On avait pu croire, pendant un certain temps, que Sialiti fuligi-
no^a Pictet el aigripes Ed. Pictel étaient une seule espèce. Il est établi
aujourd'hui qu'elles forment deux espèces différentes.
i) Famille des Raphidides.
iNous ne citerons pour l'instant qu'une seule famille : Kaphidia cognata
Kamb. — Elle a été capturée sur le territoire de la commune de Niort, par
M. Gelin.
j) Famille des Psocides.
Psocus NEBLLOsus Steph. (= similis Brauer). — Nous avons trouvé cette
espèce dans la Forêl de rHerniilaln (Deux-Sèvres).
CtECiLius FLAViDUS Steph. — Cette très jolie petite espèce a été prise par
nous aux environs de Niort, le 14 novembre 1911.
k) Famille des Panorpides.
xNûus ne donnons, dans cette première liste, aucun insecte de celte famille,
quoique nous en ayons capturé cinq espèces et variétés dans notre seule
région.
Niort. Joseph Lacroix,
Membre de la Sociélô Entomolot'ique de France
lA suivre.) et de la Sociedad Aragonesa de Ciencias naturales.
NOTES SPÉCIALES ET LOCALES
Singulière méprise. — Ponte sur une feuille d'arbre d'un insecte à larve aqua-
tique. — Je retrouve, en parcourant mes notes, une observation que je fis vers
la fin de l'été 1910 et qui me parut alors assez intéressante pour en faire mention
sur mon carnet. Peut-être les lecteurs de la Feuille eu jugeront-ils autrement;
en tout cas, la voici :
Le 17 septembre de ladite année, je parcourais un petit chemin ombragé, à la
recherche de larves de Tenthrédines, quand une personne qui m'accompagnait
me fit remarquer une feuille de coudrier portant à sa surface une petite masse
gélatineuse sans forme déterminée, offrant un volume d'environ un centimètre cube.
Intrigué, j'examinai de suite à la loupe cette gelée, et vis qu'elle renfermait de
nombreux œufs. Je songeai à la ponte des Phryganes, bien qu'il n'y eût pas d'eau
dans le voisinage, et emportai le tout pour en surveiller l'éclosion; je le rais pour
cola à l'abri de la dessiccation.
50 Noies spéciales et locales.
Une huitaine de jours après, les œufs donnèrent naissance à de petites larves
que je reconnus pour appartenir eilectivement à une espèce de Phrygauide. Je leur
donnai de l'eau dans laquelle elles se rendirent après avoir éprouvé une certaine
difficulté à se tirer de la gelée qui les engluait. Elles se mirent alors à nager avec
vivacité et quelques-unes se construisirent de petits fourreaux avec des bûchettes
microscopiques de bois que je leur procurai sous forme de sciure, mais je ne pus
réussir à les élever.
Les Phryganes pondant habituellement soit dans l'eau, soit sur les lalantes
aquatiques ou au bord des fossés, je ne vois qu'une explication à c«tte ponte sur
une feuille d'arbre, c'est que l'année 1910 ayant été très pluvieuse, les feuilles
mouillées auront trompé la femelle qui y a déposé ses œufs, et qui a ainsi voué sa
progéniture à la moi't.
Il est vrai que mon intervention n'y a rien changé.
Lisieux. A. Loiselle.
A propos de Cnethocampa pityocampa F. — M. H. du Buysson signale dans
le dernier numéro de la Fe.utUe la disparition dans l'Allier de cette chenille qui
infeste trop souvent les arbres verts et plus particulièrement les pins.
J'ai pu taire la même remarque dans les environs de Vienne, où, depuis l'automne
dernier, je n'ai observé que quelques très rares bourses habitées, alors que les
années précédentes je pouvais en constater souvent un très grand nombre et voir
aussi, comme conséquence, de malheureux pins noirs d'Autriche, surtout ceux
appartenant à de jeunes plantations, littéralement réduits à l'état de squelette,
toutes leurs feuilles ayant été dévorées par ces chenilles.
Je partage l'opinion de mon excellent maître et ami quant à la cause de la
disparition de cette espèce et, comme lui, je l'attribue aux pluies persistantes
de 1910, lesquelles ont dû très probablement gêner la ponte et nuire au dévelop-
pement des jeunes chenilles.
Vienne (Isère). L. Falcoz.
Campagnol des champs (Ârncola arvalis Pallas). — Au sujet de l'influence
pernicieuse des années humides sur certaines espèces animales, je signale également
la diminution très notable dej^uis un an dans ma région du Campagnol des champs,
dont l'abondance était prodigieuse avant 1911.
Ayant eu besoin d'un certain nombre de nids de ce petit rongeur, pour étudier
la faunule des arthropodes qu'on peut y recueillir, je n'ai réussi à en découvrir
que quelques rares spécimens pendant l'automne dernier
Il est à présumer que les terriers contenant les nids du Campagnol ont été
inondés pendant l'été de 1910. Le contact de l'eau et de l'humidité ont contribué
à faire périr la plupart des nichées et de cette façon cette engeance nuisible s'est
trouvé décimée pour le plus grand profit des agriculteurs.
L. Falcoz.
Taupe commune {Talpa europœa L.). — Pour une cause tout opposée, l'été
anormalement chaud et sec de 1911 a amené la diminution notable du nombre des
taupes non seulement en France, comme je l'ai observé pour la région viennoise,
mais aussi en Allemagne. En effet, un de mes correspondants de Leipzig, M. Max
Luike, m'écrivait dernièrement que dans la même région où durant l'hiver passé
il avait déterré plusieurs centaines de nids de taupe, il n'avait pu en découvrir
un seul cet hiver. Il attribue cette disparition à la sécheresse de l'année dernière.
Les taupes, ainsi que tous les mammifères adéphages, ne peuvent se passer de
boire. Celles dont le cantonnement est situé à proximité d'une rivière ou d'une
nappe d'eau, creusent toujours une galerie faisant communiquer leur gîte avec
l'abreuvoir; cette galerie est journellement fréquentée. Celles qui habitent les
plateaux secs ont la ressource en saison normale d'utiliser l'eau des pluies qui se
collecte dans les dépressions de leurs terriers. Certains taupiers affirment même
qu'elles creusent des puits servant de réservoir d'eau. Mais, pendant les étés sans
pluies comme celui de 1911, ces petites nappes souterraines venant à tarir, ces
animaux tourmentés par le besoin de boire quittent leur terrier pour venir à la
surface à la recherche d'une eau absente et ne tardent pas à périr de soif et de
chaleur.
L. Falcoz.
Notes spéciales et locales. 51
De l'uniformité dans la préparation des Insectes. — Pour cette raison que chacun
d'entre nous est porté à échanger ses trouvailles contre celles des personnes qui
étudient les mêmes groupes d'insectes, il est utile qu'on s'applique à uni» bonne
préparation permettant de reconnaître facilement les espèces eu mettant à
découvert les parties qu'il est indispensable d'examiner. Le travail est surtout
indispensable pour les petites espèces qu'on colle sur des rectangles en papier.
On tend de plus en plus à abandonner ce petit triangle au bout duquel on collait
l'insecte en travers, ce qui était fort contrariant pour l'œil qui aime l'ordre et
l'alignement, tout comme une même direction et un même éclairage pour l'examen
superficiel dans les cartons.
Aujourd'hui nos collègues allemands et autrichiens excellent dans l'art de la
préparation sur rectangle. Ces petits morceaux de bristol, découpés à l'epiporte-
pièce, avec deux fins traits imprimés pour limiter la place de l'épingle, sont
assurément tout ce que l'on peut désirer de mieux. Cependant, on doit leur
reprocher d'en abuser un peu, car ils collent des espèces assez grosses qu'il serait
plus avantageux de piquer, afin d'en voir facilement le dessous.
Ceci exposé, parlons de ce que bien des personnes ont dû remarquer, c'est-à-dire
de la difficulté qu'il y a à louper ces insectes avec une loupe à foyer plus ou
moins court, lorsqu'ils sont placés à 10 millimètres au-dessous de la tête de
l'épingle. Il faut alors, pour être à son aise, faire remonter le rectangle et cela
nuit beaucoup à sa solidité autour de l'épingle. Le mieux ne serait-il pas (et
le Congrès international est là pour cela) de s'entendre sur la distance à laisser
entre la tête de l'épingle et l'insecte, que celui-ci soit piqué ou collé?
La mode est aujourd'hui de se servir du doigt pour enlever ou replacer les
insectes dans les cartons, et avec ce système on ne peut les fixer solidement.
Conservons donc ou reprenons la pince courbe et ne laissons pas nos insectes enfilés
aussi bas sur l'épingle. Mais, quelle distance observer? Pour contenter tout le
monde, l'accord ne me semble pas difficile. La distance de 10 millimètres me paraît
excessive et c'est contre elle que je me révolte. Celle de 6 millimètres me semble
largement suffisante. De plus, il est naturel qu'elle soit donnée par la largeur du
mors de la pince courbe qui est habituellement de 5 millimètres de large. —
Je suis possesseur encore (et je m'en sers journellement) d'une pince qu'on vendait
jadis à Lyon. L'élasticité et la rigidité de ses branches font de cet instrument un
modèle supérieur à tout ce que l'on rencontre encore aujourd'hui et son mors est
de la largeur de 3,5 mill. ; épaisseur qui donne la distance qu'on ménageait jadis.
Aujourd'hui, on a aussi démesurément allongé les épingles; cela peut être commode
pour ceux qui ont conservé l'habitude de faire des étages, mais cette grande
longueur facilite beaucoup les vibrations dans les envois par la poste et elle cause
souvent le bris de bien des insectes pendant le voyage.
S'il m'est permis d'exprimer ici mon denderata, je demanderai que les épingles,
de quelque grosseur qu'elles soient, ne mesurent que 20 millimètres de long, tête
non comprise, et que les insectes ne soient piqués qu'à une distance de 5 millimètres
au-dessous de celle-ci.
Enfin, que dire de la méthode anglaise, qui exige une patience inouïe, et des
rectangles de toutes les dimensions, appliqués tout contre le fond des boîtes avec
des camions. J'espère que nos collègues d'outre-Manche se déshabitueront d'une
telle préparation. Ils attachent à l'étalage une importance capitale, bien que les
tarses soient souvent englués par la colle et qu'il soit impossible de les examiner
par-dessous quand il y a des lamelles. Ce minutieux travail de préparation
restreint alors considérablement le nombre des spécimens qu'on pourrait réserver
pour les échanges.
Broût-Vernet (Allier). H. du Buysson.
Nouveau procédé d'asphyxie des Micros. — Je tiens de M. le D"' Robert, de Lyon,
qui le tenait de M. Ch. Fagniez, le procédé d'asishyxier les petits insectes à l'aide
de quelques gouttes d'acide acétique sur un peu d'cuate hydrophile, placée dans
la sciure du flacon de chaux. Ce procédé est excellent et il permet de retrouver
au bout d'un jour ou deux les insectes aussi souples que lorsqu'on les a récoltés.
On sait que pour les petites espèces telles que la plupart des Atheta, la souplesse
est une condition indispensable pour arriver à une bonne préparation des pattes
ou des antennes. Il va sans dire que ces insectes ne doivent jamais être mouillés
sous peine de devenir méconnaissables par l'agglutination des poils de la pubes-
cence. Il convient donc d'être très parcimonieux en réglant la dose d'acide acétique.
H. DU Buysson.
Notes spéciales et locales.
Mante religieuse. — Réponse à la note de M. Cavro (n° JfiJ,) et de M. Gasser
hi" Ji95). — J'ai capturé une jeune Manie religieuse (privée par conséquent d'aiirs)
fin août 1909, dans un bois tout proche de Saint-Dié (Vosges), à une altitude
de 400 mètres environ ; c'est donc à l'extrême nord-est de la France.
Finot, du reste, dans son catalogue des Orthoptères, dit : » Rare dans les Vosges »
Dans l'ouvrage de Bleichcr sur les Vosges, il est dit que la Mante religieuse n'est
pas rare aux environs de Colmar ; un exemplaire a été pris par M. Pierrat à
Gerbamont, à environ 800 mètres d'altitude (à 35 kil. au S.-O. de Saint-Dié).
Enfin Godron, dans son ouvrage plus ancien sur la Zoologie de la Lorraine,
dit : « Espèce très rare capturée à Darney (75 kil. O.-S.-O. de Saint-Dié) ».
Lille. A. Sjiits.
Monument à Henri de Lacaze-Duthiers. — Voilà 12 ans que Henri de Lacaze-
Duthiers est mort, et, ainsi qu'il arrive pour les œuvres vraiment grandes, la
sienne grandit encore par l'éloignement. Ses admirables travaux sur le Corail,
sur le système nerveux des Mollusques, les Archives de Zoologie Expérimentale
qu'il a fondées, les Stations de Zoologie Marine de Roscolï et de Banyuls dont
il est le créateur, son empreinte ineft'aça^sle sur deux générations de savants, tout
cela est, aujourd'hui comme au lendemain de sa mort, dans la mémoire de tous.
Le buste en bronze, œuvre admirable du sculpteur Benllure, due à l'initiative
de nos collègues espagnols, la statue à laquelle ont souscrit les savants du monde
entier pour son tombeau situé sur le promontoire qui domine la Station de
Banyuls, sont de vivants témoignages de l'admiration universelle. La petite ville
de Roscoff considère comme un devoir de ne pas laisser croire qu'elle reste indiffé-
rente à l'honneur d'avoir été choisie par Henri de Lacaze-Duthiers comme le
point des côtes françaises le plus proiire à l'établissement de la première Station
Zoologique qu'il a fondée, celle qui porte aujourd'hui son nom.
Sur l'initiative de MM. Cloarec, député du P'inistère, et Daniélou, maire de
Roscoff, les personnes constituant le Comité ont décidé qu'un buste de Henri
de Lacaze-Duthiers, porté sur un stèle de granit, serait érigé sur l'une des places
de la ville de Roscoff, auprès de la Station Zoologique, en face de la mer. L'exé-
cution du monument sera confiée à un artiste breton, M. Guillioic. Pour rehausser
l'éclat de cette fondation, nous demandons aux lecteurs de la Feuille de vouloir
bien se joindre à nous en nous envoyant leur adhésion.
Pour le Comité : Professeur Y. Delage,
A la Sorbonne.
Question. — Le D"' Bouly de Lesdain serait heureux de savoir ce qu'est devenu
l'herbier de Lichens de Grognot. Un assez grand nombre d'espèces ou de variétés
nouvelles, qui ne sont citées par aucun des Licbénologues français, ont été décrites
par cet auteur dans Plantes cryptogames-celhil aires du département de Saône-et-
Loire, Autun, 1863.
Errata. — P. 25, 21° ligne en remontant, il faut un cynipide au lieu d'wwe.
P. 26, 8" ligne, tarsaux et non torsaux; ■ — • 22" ligne, aussi longues au lieu de
plus; — 4° ligne en remontant, plus petits et non petites; — 2" ligne, avec
3 verticilles et non aura.
P. 27, 5" ligne, radius, cubitus (virgule et petit c); — 8" ligne, dans ce genre
au lieu de le.
Le Directeur Gérant,
A. DOLLFUS.
Imp. Oberthur, Rennes— Parla (luul-I2)
TARIF DES ANNONCES POUR LA Âl' ANNÉE
Page entière 22'
1/2 page 12
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Friren (2 br.); de Gaulle (4 vol., 10 br.); Gerbault (1 br.); Kilian (5 br.); Laville
(1 br.); Sekera (1 vol.); Wuitner (1 br.).
Total : 8 vol., 36 brochures.
Nous adressons tous nos remerciements aux donateurs
SOMIkîAIRK DU N" 496
A. Laville : Giseiin'iil [irOhis torique cU' Ctimviitoiincau.
G. Goury et J. Quignon : Insi:c:les parlisilcs des Molariôes i/i").
Joseph Lacroix : CoiitribulJLin a IV'tudc des Névruptc-res de l''raiiee.
Notes spéciales et locales :
Singulière méprise. -- l'onto sur une fouille d'ai-bre d'un insecte "à larve aquatique
(A. Loisei.le), •
A ])ropos do Cni'llii'cdiiiiia iiilyocamija F. [L. Kai.koz).
Campagnol des cliauips {Arvk-ola arvaUs Pallas) (L. rAi.coz!.
Taupe commune (TaXyfi, europxa L.) ;L. Falcoz).
De luniforniilé dans la pi-éparalion des Insectes (H. du Buysson).
Nouveau . procédé d'asphyxie des/Micros (11. dij'Bl;v,.-.son).
Mante religieuse (A. Smits).
Monumenl à llrui'i df l.ac.-izo DiiIiul'i s l'i-uf, V hi i m.i .
ijuostioîl.
Errata.
Echange.
BULLETIN D'ECHANGES DE LA F£(1ILLE DES JEUNES NATURALISTES
M. Plateau, à Merfy (Marne, France), offre Coquilles fossiles de l'Eccène
parisien : du Thanétiem, du Sparnacièn, de VY présien, du Lutétien, etc., pour
analogues de l'Angleterre : Thanétien, LonJinien, BrarMesham, Bartonien. —
Envoyer ohlafa et desideratas / • '
M. Raymond Decary, à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), désire entrer eu
relations avec des entomologistes d'outre-mer pour faire des échanges de Lépi-
doptères. '
M. Courjault, conservateur du Musée de l'E. P. S. P. Pons, .à Saint-Sauvant
(Charente-Inférieure), offre Coquille^ européennes et exotiques et bonnes séries
du jurassique et crétacé de la Cliarente-Inférieure, du tertiaire de Touraine,
Bordelais, Landes et Basses-Pyrénées (raretés), contre ossements tertiaires et qua-
ternaires, insectes, fossiles primaires ammonites et bilemnites.
M. P. Duchevet, 24, rue Mauljean, Wassy (Haute-Marne), désire entrer eu rela-
tions d'échanges avec débutants en Coléoptères du Midi et d'outre-mer. Il offre les
espèces de sa région.
La Station entomologique de Rennes — renseignements gratuits concernant les
Insectes nuisibles — fait appel à tous les entomologistes pour ses collections
naissantes. Le moindre envoi d'Insectes sera reçu avec reconnaissance. — Direct,
technique M. C. Houxbert, Rennes (Ille-et- Vilaine;.
Contre 60 Coléoptères français, déterminés ou non, mais représentant 15 espèces
au moins, M. C. Houlbeet, Hennés (Ille-et-Vilaine), enverra sa brochure :
Tableaux analytiques illustré» pour déterminer les familles de Coléoptères. —
Les espèces les plus communes seront acceptées.
o
1«' Mai 1912
V'= Série, 42« Année
N" 497
LA FEUILLE
^
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DES JEUNES NATURALISTES
REVUE MENSUELLE D'HISTOIRE NATURELLE
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Abonnement annuel (France et Étranger)
Payable à M. Adrien Dollfus, 3, rue Fresnel, Paris (16=) 6 fr.
Les abonnements à la FEUILLE seront faits dorénavant à partir du l" janvier
(au lieu du 1*'' novembre).
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des préparatious galéniques de la racine de Gentiane (thèse), in-8°, 104 p. — Lons-
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fasc. I : Histoire des concessions, description géologique du bassin, gr. in-4°, 447 p.
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Séismologie, in-8°, 221 p. îvvec fig. — Lille, imp. Danel.
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HiCKEL (Robert). — Graines et Plantules des arbres et des arbustes indigènes et
communément cultivés en Franec : I, Conifères, in-8°, 187 p., avec 93 fig. originales
(dessins de l'auteur). — Mâcon, imjv Protat.
Lassetjr (A.-P.). — Contribution à l'étude de Bacillus chlororaphis G. et S.
(thèse), in-8°, 149 p. et planche. — Nancj', Berger-Levrault.
Lecomte (H.). — Flore générale de l'Indo-Chine, t. I, fasc. 7 : Simaroubacées,
Ochnacées (H. Lecomte); Bursériacées (A. Guillaumin); Méliacées, Dicharacées
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tion de J. de Morgan; t. I, Paléontologie, 2« partie), gr. in-4°, 18 p. et 5 W. —
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Mesnard (E.). — Simple aperçu de l'histoire des sciences naturelles en Nor-
maindie, in-S", 24 p. — Rouen, imp. Gy.
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Obeethur (Charles). — Etudes de Lépidoptérologie comparée, fasc. 5 (2* partie),
in-8°, 136 p. et planches. — Rennes, imp. Obei-tliiir. i
PÉNEAtr (H.). — ■ Contribution à la- cytologie de quelques microorganismes
(thèse), in-8°, 113 p. et planches. — Lille, imp. Le Bigot.
Peneveyre (F.). — Le Noyer, sa culture, in-16, 80 p. avec grav. — Villefranche
(Rhône), libr. du Progrès agricole. — fr. 30.
Ranchier (R.). — Monteui, ses terres. Notice de la carte agronomique de la
commune de Monteux, in-8°, 54 p. — Carpentras, imp. Auquier.
Roux (Claudius). — Histoire des Sciences naturelles et agricoles en Forez, dép.
de la Loire, in-S", 383 p., 87 portraits. — Lyon, Rey. — 7 fr.
Congrès de l'Olivier à Saint-Kemy-de-Provence, in-8°, xv-280 p. avec fig. • —
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Laboratoire d'Histologie du Collège de France. Travaux de l'année 1910. in-8°,
iv-217 p. — Paris, Masaon.
l" Mai 1912 — V Série, 42= Année — N" 497
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES NÉVROPTERES DE FRANCE
(fin)
B. — SOUS-ORDRE DES TRICHOPTERES.
yuuique uu ceiiaiii uuiiibrt' de nos cupUiies ne soient pas encore coinplète-
nienl étudiées, nous nous peiiaettons de donner une liste de ces curieux
insectes.
Il faut les reclierclierdans les marécages, sur le bord des étangs, des mares
et des rivières (quelques espèces se rencontrent loin des eaux). Ils se cachent
le jour dans les arbres et les buissons, aimant surtout à se placer au-dessous
des feuilles ou encore sous les écorces. Là ils sont immobiles, à moins qu'ils
ne soient dérangés. Dans ce cas ils volent avec une certaine rapidité et une
gi-ande brusquerie, en décrivant une ligne en zigzag très accentuée pour
aller le plus souvent se réfugier de nouveau dans le feuillage. Ils se préci-
pitent aussi dans l'herbe. Il est alors souvent très difficile de les trouver :
la position en toit de leurs ailes facilite leur progression et ils courent avec
agilité au milieu des graminées pour aller s'abriter quelquefois assez loin
du point où on les a vus tomber. Le chasseur est alors souvent déçu dans
ses recherches. De plus ils savent très bien proliter des moindi'es tissures
du sol et y pénétrer.
Les petites espèces, principalement celles de la section des Equipalpes,
voltigent assez souvent, au coucher du soleil, sur les eaux des rivières,
ruisseaux, mares et étangs où on peut les capturer peut-être plus aisément.
1. — Section des Inéquipalpes.
Comme le nom l'indique, celle section conq^rend des insectes névroptères
chez qui le nombre des articles des palpes maxillaires est moins élevé chez
le mâle (3-i chez le cT; 5 chez la g).
a) Famille des Phryganides.
PiiRYG.\NE.\ GRANDIS L. — Cette Phrygauc, la Nellereri Brauer et la
■slriala L. sont les plus grands insectes de ce sous-ordre, au moins en Europe.
La Ncttereii peut atteindre 02 millimètres d'envergure ainsi que la grandis,
et la slriala In millimètres.
Nous avons li'ouvé celle espèce dans le marais (VAinuré, près Epannes
(Deux-Sèvres). M. Gelin l'a capturée à Auzé (Vendée).
PnRYG.\iNE.v V.VRIA F. — Prise à Sainl-Nazaire (Loire-Inf.) par M. Revelière;
54 J. Lacroix. — CoidribuHiDi à l'élude des Névroplères de France.
par nous ù Siuri (Dcux-Sèvrcs) vX sur la coiiunuiu! do. Nuchamps (Charente-
Inférieure).
Nous n'avons pas encoi-e trouvé Pliryriariea striala L. en Franre; mais
cette espèce y vit liien cortaincnicnl.
/)) Famille des Limnéphilides.
Grammotaulius AToMARiu.s F. — Cette espèce est commune, au moins
dans notre région de l'Ouest. Nous l'avons, jusqu'à maintenant, rencontrée
un peu partout en Vendée, dans les Deux-Sèvres, la <'harenle-in(éneure.
LiMNKPiiiLA viTTATA F. — Dcux exemplaires trouvés par nous dans la
Furél de illennitalii (Deux-Sèvres).
LiMNEPiiiLA AFFiMS Curtis. — Trouvée à Sainl-Nazaire (Loire-Infér.) par
M. Revelière, à Mort (Deux-Sèvres) par M. Gelin et à Surgères (Charente-Inf.)
par nous.
LiMNEPiiiLA Al Rir.ii.A Curlis. — St-\a:au'e (M. Revelière), Niort (M. Gelin),
ïllermiluui (Lacroix).
LiMNEPiiiLA MARMORATA Curtis. — Cette espèce nous semble assez répandue
dans notre région de l'Ouest, mais ne doit pas être abondante. Nous l'avons
trouvée dans les départements de la Vienne, de la Vendée, des Deux-Sèvres,
de la Clutrciile-In[érieure.
LiM.NEi'iiiLA FLAVicoRMS F. — De toutes les Limnéphilides de notre légion,
elle est certainement la plus commune. Elle pullule et il est difficile de battre
un arbre sans en faire sortir quelques-unes. Nous l'avons trouvée un peu
partout dans notre région. M. Revelière l'a capturée à Saint-Nazaire (Loire-
Inférieure).
LiMNEPiiiLA LUXATA Curtis. — Nous avons trouvé cet insecte dans le marais
d'Amure, près Epannes, dans la Fmèl de ïllermitain et à Niort (Deux-Sèvres).
LiMNEPHiLA BiPUiNCTATA Cuit. — Mdvt, Forêt de l'Hermilain (Lacroix).
LiMNEPniLA RHOMBiCA L. — Ne nous semble pas commune. Nous avons
capturé un exemplaire dans le nnuals d'Amure, près Epannes (Deux-Sèvres).
LiMNEPiiiLA SPARSA Cuitis. ■ — Lu seul exemplaire à Sainle-Pezenne, près
Niort (Deux-Sèvres).
Mesopiiylax adspersls Ramb. — Cette Limnéphilide est assez facile à
reconnaître à sa nervure procubitale presque noire très nettement inter-
rompue au tiridiwn. Elle nous apparaît comme assez commune à Niort où
nous l'avons capturée, jusqu'à maintenant, à la lampe. Dans ces chasses
nous n'avons eu que des mâles.
Halesus radiatus Leach. — Cette espèce, avec ses larges stries grises dans
presque toutes les cellules de l'aile supérieure, est très belle. Sans être très
commune, elle n'est pas rare. Nous ne l'avons capturée qu'à Niort et seule-
ment à la lampe. Cette chasse nous a donné des cf et des g .
Glypiiot.clius pellucidus Retz. — Trouvée à Saint-Nazaire par M. Reve-
lière. Nous l'avons prise, jusqu'à maintenant, dans le département des
Deux-Sèvres, où elle ne nous semble pas abondante.
c) Famille des Séricostomides.
Les Trichoptères de cette famille sont très curieux par la conformation et
surtout la position des palpes maxillaires chez le cf. Ceux-ci sont composés
de deux ou trois articles et sont généralement appliqués sur la face, à la
façon d'un masque.
Sericostoma personatcm M'. L'. — Nous n'avons vu jusqu'à maintenant
qu'un exemplaire trouvé par noire aimable collègue, lépidoplérisle distingué,
M. Daniel Lucas, dans le marais d'Amure (Deux-Sèvres). Nous saisissons
J. Lacroix. — Coniribulion à V étude des Névroptères de France.
celli' l)onne occasion pour remercier M. I). Lucas des dons de Névroptères
(pj'il nous a déjà faits.
NdTiuoiiiA ciLiAHis L. — Niort (Lacroix).
C.ŒUA l'irosA F. — Niort (Lacroix).
Lepidostoma iiiRTLM F. — Niorl (Lacroix).
2. — Section des Eqviipalpes.
Les Trichoptères de cette section ont les palpes maxillaires composés de
cinq articles, ordinairement semblables dans les deux sexes.
a) Famille des Molanides.
Molanna angustata Curt. — Nous avons trouvé un exemplaire de cette
espèce ;i Niort (Deux-Sèvres).
b) Famille des Leptocérides.
Lei'Tocerus mgroaervosus Retz. — Deux exemplaires à Niorl par nous.
Lei'Tocerus Braueri Pictet. — Cette espèce est excessivement abon-
dante dans notre région de l'Ouest. Dès le mois de mai jusqu'en août, vers
ciu(i beures et demie du soir, on peut voir cette espèce voltiger en nombre
sur l'eau des rivières. Ces insectes rasent assez souvent d'assez près la
iiaiipe aqueuse et rendent ainsi leur capture quelquefois ennuyeuse. C'est
néaiunoius un des meilleurs muments pour les prendre.
Nous avons rencontré cette espèce un peu partout.
Mvstacides azurea L. ( = nigra Pictet). — Commune. Nous l'avons ren-
contrée un peu partout.
MvsTACiUES iMGRA L. ( = alra Brauer). — Niort (Lacroix).
Triœaodes conspersa liambur. — Environs de Paris (Rambur). Nous
l'avons trouvée communément aux environs de Niort et dans cette ville.
UKcETis testacea Curtis. — Niorl el environs (Lacroix). Commune.
c) Famille des Calamocérides.
Calamoceras Volxemi M'. L'. — Niort (Lacroix). Le R. P. Longinos Navas
(jui a étudié nos deux échantillons nous écrivait qu'il ne connaissait pas cette
espèce de France.
(/) Famille des Hydropsychides.
llïDROPSYCiiE GUTTATA Pictet. — Asscz commuue. Marais d'Amure, Sainle-
l'ezcnne, Voiihé-en-Gdline (Deux-Sèvres) par nous.
e) Famille des Policentropides.
l'LECTROCNEMiA L.ETABiLis M'. L'. — Niorl (Lacroix).
Plectroc-NEMIA conspersa Curtis. — Niort (Lacroix).
Cyrnus TRiMACLLATUS Curtis. — Ce petit Trichoptère nous semble extrême-
ment commun, tout au moins dans notre région.
/) Famille des Sicomiides.
TiiNODES VŒAERi L. — Très commun dans notre région.
ïiNODES DUES Pictet. — Un exemplaire, aimablement donné par M. D. Lu-
cas, trouvé à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne).
PsYCHOMYA FUSILLA F. — Cette petite espèce, voisine des Tinodes, mais
à ailes plus étroites, plus aiguës, et à appendices anals supérieurs du cf
fortement dirigés en haut, nous a été dunnée par M. D. Lucas. Elle a été
prise à Collioure.
g) Famille des Philopotamides.
CiiiMARRiiA MARGiNATA L. — Quclqucs exemplaires trouvés par nous à
Sainte-Pezeniw (Deux-Sèvres). Celte très belle petite espèce est tout à fait
56 J. Lacroix. — Conlnbulinn à l'étude des Névroptères de France.
caractéristique avec ses ailes en partie bordées de jaune doré et une ligne
oblique loiigiliidinalr ilo même cnulciir.
h) Famille des Ryacophilides.
RiiVACoi'iiiLA DoitSALis (liut. Moil (Lacroix).
('.elle list(> d'iiisccles iiévioplèros (lue nous venons de donner ne repré-
sente évidemmcril qu'un nombre 1res restreint de la faune névroptérique
de Fi-ance. Elle contient une partie de nos chasses depuis juin jusqu'en
décembre 1!»11. Comme nous l'avons dit au commencement de ce travail, elle
ne doit pas être prise pour un catalogue. Et si nous nous sommes décidé
h la publier (elle ne sera pas la dernière), c'est que bien peu de choses
avaient été dites sur les insectes qui nous occupent. Dans ces conditions,
la moindre énumération faite avec (|uel(|ue méthode nous a paru suflisammeni
nouvelle pour mériter une attention i-éelle.
iNoti-e but est de réunir les matériaux nécessaires nous permettant de .
publier, ,sur la Faune névroplérique de France, une série de monographies
avec lesquelles il sera possible' enfin d'aborder courageusement et sans
la crainte de trouver des difficultés insurmontables, l'étude ti-ès intéressante
des Névroptères de noti'e pays.
En terminant, nous prions une fois encore tous nos collègues de vouloir
bien recueillir, à notre intention, les insectes névroptères. De cette façon ils
contribueront à la réalisation d'un travail qui ne rendra que des services.
n. Gelin. — Les Libellules de France. — Diagnoses dichotomiques
(Travail très consciencieux et (]ui peut être d'un grand secours). Extrait
des Mémoires de la Société historique et scienlilique des Deux-Sèvies,
1010.
Errata. — 53" ligne (y compris titre, sous-titre, sous-ordre et section), au lieu
de Foi/^re-en-Gâtine, lire Foî;/(e'-en-Gâtine; — 59" et 86" lignes, même correction; —
154" ligne, cingiilata Navas au lieu de Pndaï; — 255" ligne, au lieu de ^o^/^re-en-
Gâtine, lire Foi//ie-en-Gâtine; — 278" ligne, au lieu de qu'une seule famille, lire
qu'une seule espèce.
Niort. ' Joseph Lacuoix,
Membre de la Société Entomologique de France
et de la Sociedad Aragonesa de Ciencias naturales.
■•'X?"
NOTES BIOLOGIQUES SUR " LARINUS VITTATUS " F.
ET SA LARVE
Bien que Larinus vitlatus F. soit depuis longtemps connu, tant à l'état
de lane que d'insecte parfait, diverses particularités de sa manière de vivre
sont encore inexactement rapportées. Il semble que l'on s'en tienne aux nar-
rations incomplètes, erronées à bien des égards, de J.-H. Fabre (1). Voici
quelques faits nouveaux, dont chacun paraîtra, peut-être, d'importance
mince, mais qui, se rattachant à l'ensemble, ne sont pas sans intérêt.
(1) J.-H. Fabre, Souvenirs enlomologiqitcs, 7" série, p. 76 et suiv. : Le larin ours.
Et. Radaud. — Noies biologiques sur Larinus vxUalus F. el sa larve. 57
I
1,0 plus soiivcnl, l;i laivn de Lurhni.s rilldlKs F. vil dans les capitules de
('ai'liiia CDnjmhosu L. Dans les régions où existent siiinillanénKMit plusieurs
es|)èces de (lariines, C. airtjriihosa L. est, inconteslai)leuienl, l'haliilal par
excellence. Si, par exemple, C. corymbosa L. et C. lunalu L. se trouvent
mêlées, celle-ci ne i-enferme pas de larves de L. riUaliis F., ainsi que l'a
noté F. Picard; il en est de même si C. corymbosa cohabite avec C. vulgaris,
ainsi (|ue je l'ai oliservé de mon côté(l). (lependanl la spécificité n'est que
relative; en l'absence de C. coii/mbosa, d'autres (jarlines sont envahies par
les lai-ves de /-. rlltaliis. J.-II. Fabre les a signalées dans C. acanlhcefolia et
je les y ai également rencontrées; de même je les ai rencontrées dans C. vul-
gans : en l'une et l'aulie circonstance, la région, sur une assez grande
étendue, ne renlermait pas C. corymbosa. La diversité des habitats, pour
des êtres aussi semblables entie eux que peuvent l'être des larves de même
espèce, esl loujours lorl inléressanle, car elle conduit souvent à des compa-
raisons fort iiisiruclivcs.
Lorsqu'on ouvre, dans le courant du mois de septembre, un capitule para-
sité de C. corymbosa, on y trouve généralement une seule et unique larve
tout près d'avoir atteint sa maturité; elle occupe une loge conique, dont la
base correspond à l'inserlion de la tige sur le réceptacle. Creusée aux dépens
du réceptacle, des akènes et de la base des aigrelles, celle loge est enduite
avec une sécrétion anale de la larve.
Je ne crois pas qu'on ait signalé, et pour ma part je n'ai jamais observé
dans une loge plus d'une larve adulte ou près de l'être. liien des auteurs,
J.-H. Fabre en particulier, ont prétendu qu'il s'agissait d'un isolement pri-
milif, proxenant de ce que la mère ne pondrait qu'un (çuf par capitule. La
larve considérée aurait donc toujours vécu seule. En réalité, un capitule
quelconque peut renfermer plusieurs larves, mais alors ces larves, qu'elles
soient du même âge ou d'âge différent, sont toujours des larves jeunes. C'est
ainsi que, pour préciser, j'ai compté dans un capilule de C. corymbosa trois
petites larves ayant atteint le même degré de développement: dans un autre,
une larve parvenue au tiei's environ de sa croissance et huit larves très
jeunes semblables entre elles. Que signifient ces faits?
D'une part, la coexistence dans un même capitule de larves d'âge différent,
très différent, résulte, sans aucun doute, de pontes successives. Deux ou
un plus grand nombre de femelles sont venues déposer leurs œufs dans un
seul ca])itule : ni le passage de la précédente, ni la présence de larves n'ont
empèelié la suivante de pondre; rien ne prévient donc une femelle de l'état
d'un capitule, au point de vue des parasites qu'il peut renfermer.
D'autre part, une accumulation de larves de même âge dans un seul capi-
tule provient presque nécessairement d'une même femelle. Si chaque lai-ve
provenait d'une femell(> différente, il faudrait admetti-e que ces femelles se
sont succédé tivs rapideuKMit, se sont presque rencontrées sur un capitule.
Or, si cela peut, à la rigueur, se produire dans le cas de deux larves, on ne
peut guère l'admettre pour un nombre plus grand. Nous sommes donc
conduits à conclure que rien n'astreint une femelle à ne pondre qu'un œuf
par capitule.
Ces faits et les conclusions qu'ils entraînent sont en opposition formelle
avec les assertions de J.-H. Fabre. A son dire, une femelle déposerait un
1) F. Picard, Les mœurs du Lniiuiis villnhis F., /■". d. j. .V., n" 476, 1910. — Et. Rabaud,
.\ propos do Larimia vHtaliis F., F. â. /. A'., n" 477, 1910.
r)8 Et. Rabaud. — Nnlcs biologiques sur Larimis villahis F. el. sa larve.
seul œuf par capilnle; nulle autre ne viendrait après elle, sauf » erreur ».
L' « erreur » se proiluit assez souvent et de toutes les façons, soit qu'une
femelle ponde plusieurs œufs, soit que plusieurs femelles se succèdent sur
un même capitule de C. corijmhosa ou de toute autre Carline.
Dès lors, pour comprendre l'origine de l'isolement constant des larves
adultes, examinons les conséquences de la multiplicité des larves jeunes.
Ces conséquences vai'ient évidemment suivant les dimensions des capitules.
Dans le cas de capitules de grandes dimensions, tel que ceux de C. acan-
thœ[oUa, toutes les chances seront pour que les liôtes demeurent séparés
jusqu'au bout; dans le cas de capitules de petites dimensions, les hôtes
entreront en contact dès qu'ils auront al>sorbé la substance du réceptacle
et des akènes qui les séparait; tôt ou tard, les divers individus se rencon-
treront. Que se passera-t-il à ce moment ? Les particularités connues du
comportement de L. rittalus permettent-elles de choisir entre les diverses
possibilités ? Les individus s'entretucnt-ils, comme le font d'autres larves dans
des conditions analogues (1)? Emigrent-ils après avoir épuisé toute la subs-
tance d'un capitule ? Les deux éventualités doivent se produire suivant le
nombre des larves, suivant le moment où elles se rencontreront.
Lorsque plusieurs larves jeunes vivent aux dépens d'un même capitule,
elles sont répai'ties dans ce capitule d'une façon absolument quelconque ;
les plus voisines, épuisant le peu de substance qui les sépare, entreront
bientôt en contact et l'une pourra tuer l'autre. Les autres larves, encore
isolées, ainsi que les survivantes du premier conflit continuent de se nourrir
aux dépens du même capitule. Par suite, successivement, à mesure que la
substance végétale disparaît, les larves entrent en contact; elles y entrent
d'autant plus rapidement que la nourriture devient de moins en moins abon-
dante, à un moment où la plupart d'entre elles, sinon toutes, sont encoie
loin d'avoir atteint leur complet développement. Quel que soit le nombre des
survivantes, elles se trouveront dans un capitule presque vide, elles mourront
d'inanition, à moins qu'elles n'émigrenl.
Cependant l'émigration ne paraît vraisemblable quo pour des larves rela-
tivement jeunes. Dans le cas où deux larves seulement vivent dans un capi-
tule, elles ont atteint une période voisine de la fin de leur croissance, au
moment où la nourriture vient à faire défaut; il est alors possible que toutes
deux disparaissent, car, à ce moment, elles semblent peu aptes à se déplacer
de façon très active. Et il ne suffirait pas, pour ensauverune, qu'elle dévorât
sa commensale.
Quoi qu'il en soit, par un procédé ou par un autre, l'isolement de ces
larves est, en principe, un fait secondaire. S'il arrive que, dès l'abord, une
larve soit seute et le demeure, c'est par suite d'un ensemble de circonstances,
parmi lesquelles l'instinct de la femelle ni celui des larves ne jouent aucun
rôle. J.-IL Fabre, cependant, insiste sur cet isolement et lui attribue une
extrême importance : " l'isolement dit le genre de nourriture », écrit-il, la
larve qui va naître a besoin d'une certaine quantité de substance pour par-
venir jusqu'au bout de sa croissance, il faut donc qu'elle soit seule, car le
canitule n'y suffirait pas : la femelle ne pondra donc qu'un œuf...
En dépit de l'instinct qui les guide, les pondeuses déposent fréquemment
plusieurs œufs dans un même capitule : ,T.-ÏÏ. Fabre glisse sur cette difficulté,
qui ne 'ui a sans doute pas paru comporter de solution téléologique. Je serais,
au surplus, bien tonte de croire que l'on retrouverait un isolement secondaire
dans un très grand nombre des cas. Bien des larves, peut-être, passent pour
vivre toujours solitaires, parce que l'observation est faite constamment trop
(1) Et. Rabaud, Le di^terminisme de risolement des larves solitaires, CR. Acad. des Se,
27 nov. 1911.
Et. Rmîaud. — Notes biologiques sur Larinus villatus F. et sa larve. 59
tard. Tel est, par exemple, le cas de Balaninus nuchitm, au sujet duquel je
possède quelques indices de cohabitation (1) de deux larves, dans une noisette,
coliabilaliiiri ri'sullani, n'en doutons pas, de qucl(iue « erreiir )> de la fomelle.
II
Dans quelle partie du capilide lYeuf ou les œufs sont-ils déposés ?
J.-H. Fabre prétend que l.i ienielle pond sur le réceptacle lui-même, de telle
sorte que la lai've, dès sa naissance, puisse en attaquer la substance. Le
sens de cette affirmation apparaît clairement : l'instinct qui guide l'insecte
n'abandonne r-ien au hasard; tout devant être prévu dans le détail pour
assurer la péiennité de l'espèce, la mère portera l'œuf jusque sur la subs-
tance même qui doit faire la nourrituie de la larve. Sans cette précaution,
la larve, sans doute ti'op jeune pour être douée d'instinct, risquerait évi-
demment d'absoriier des ajimenls nuisibles pour elle. Le fmalisme s'embourbe
ici dans une question de régime alimentaire; à vouloir trop préciser on tomlie
dans l'erreur flagrante. Les jeunes larves, en effet, vivent non pas dans le
réceptacle mais au milieu des graines encore fraîches, creusant une galerie
dans leur substance, perpendiculairement à leur grand axe et dans une direc-
tion sensiblement rectiligiir. Il s'agit incontestablement d'une galerie d'ali-
mentation; c'est bien aux dépens des akènes frais que les jeunes larves se
nourrissent, c'est au milieu deux, ou au-dessus d'eux, que très certainement
la femelle a déposé sa ponte; si elle la dépose plus bas, sur le réceptacle,
ce ne peut être en veilu d'un instinct fatal, mais en raison de contingences
?t de contingences peu fréi|UFntes.
Quoi qu'il en soit, tout en se nourrissant, les larves passent d'une graine
h l'autre en même temps qu'elles s'accroissent: la galerie s'allonge donc
constamment et, constamment, devient trop étroite. Comme conséquence de
cette succession de mouvements, les faisceaux d'aigrette attenant aux graines
détruites sont soulevés de bas en haut: ils viennent alors dépasser, d'une
longueur variable, mais toujours appi-éciable, le plan que déterminent le
sommet des aigrettes et des fleurons correspondant aux graines indemnes.
Le pinceau de poils qui dépasse ainsi, et tranche en blanc sur fond jaune, est
un indice très sûr de la présence d'une larve dans un capitule. Même, le
nombre de pinceaux sur un capitule permet, en quelque mesure, de compter
les larves habitant ce capitule, tandis que réjiaisseur du pinceau renseigne
sur l'âge approximatif de la larve, la quantité d'aigrettes refoulées aug-
mentant avec le temps.
Une fois les graines épuisées, et seulement à ce moment, suivant toute
vraisemblance, la larve attaque le réceptacle et s'en nourrit jusqu'au terme
de sa croissance. En même temps, elle commence à tapisser la paroi supé-
rieure de sa loge, agglutinant les poils des aigrettes au moyen de sa sécrétion
anale. Elle fait ainsi un feutrage solide. De la même façon, elle tapisse les
parois du réceptacle quand elle l'a vidé. Sa loge étant ainsi terminée, elle se
transforme en nvmphe, puis devient imago vers la fin de septembre; elle
demeure néanmoins dans sa loge, y passe l'hiver et ne l'abandonne qu'au
printemps suivant.
(1) Ce.s lignes étaient rédigées, lorsque j'ai reçu le n" 18 du Bulletin de VInslUut sodolo-
(liqve ^olvmj, dans lequel M. de Selys-Longchamps m'a fait l'honneur de prendre texte de
ma note sur « l'Isolement des larves solitaires », pour examiner la question de la « vie
solitaire chez certains animaux ». M. de Selys-Longchamps fait remarquer que les larves
sont mises à l'aliri des compétitions, lorsque les femelles ne pondent qu'un œuf; il cite, en
particulier, le ver des noisetles. Tout en étant d'accord avec lui sur le fond, je crois devoir
insister siu- ce point que les femelles ne pondent peut-être quelquefois qu'un seul œuf. mais
qu'elles n'obéissent pas h une loi fatale.
60 El. U.\ii.\UD. — Soles biologiques sur Larinus vilhilus F. et sa lan-e.
Le coinporleinenl. ne diflrre par aucun liait cssciiliel poui- les larves qui
vivent dans ('. ruigaris ou dans C. ardiillcfjolid. Les dimensions considé-
rables des capitules de cette dernière plante permettent à plusieurs lai'ves
de vivre et de giandir sans se l'encontrer jamais. En fait, j'ai constaté la
présence simultanée de deux larves parvenues à la moitié de leur croissance,
situées à distance l'une de l'autre. Ces deux larves, ainsi (|n'un(> ti'oisième
observée sur un autre capitule, habitaient le bord du capitule: est-ce un fait
général et correspond-il à une manœuvre détenu iuée de la femelle? Je l'ignore.
Je signalerai simplement une parlicuiarit(' fini iutéi-essante résultant de
l'attaque du réceptacle de C. acanlhselnUn pm- |,i larve de /.. riilalus.
Dans un chapitre au titre saisissant, J.-IL Fabre admire 1' « instinct
botanique » des insectes, de /.. ritlatus entre autres : ce charançon vivant
dans les Caiiines, et exclusivemiMit dans les Carlines, en dé|iit des dilTéi'ences
extérieures qui les sépare, posséderait donc le moyeu de discerner les aftinités
systématiques de plantes aussi dissemblables par leur aspect général que
C. corymbosa et C. acmilhcefolia.
Le point de vue manque un peu d'horizon. Les classifications morpholo-
giques de l'Homme n'intéressent guère l'Insecte, et si la classification de
l'Insecte co'incide parfois avec celle de l'Homme, les critères de l'un et de
l'autre diffèrent trop, pour qu'd y ait autre chose qu'une coïncidence pure :
les cas ne manquent pas, d'ailleurs, où il y a discordance notoire.
Quel est le critère de L. villatus ? Il n'est certainement pas morphologique,
il n'est pas davantage physiologique, au sens humain du mot. Les deux
Carlines, en effet, ne se ressemblent guère à ce dernier point de vue, puisque
C. acanthœfolia sécrète un latex blanc, devenant visqueux à l'air libre, tandis
que C. corymbosa ne sécrète rien de pareil. Ce latex visqueux et blanc sem-
blerait même devoir constituer une gêne pour L. vittatus, car aussitôt que
les tissus du capitule sont entamés par la larve, le latex suinte et baigne
incontestablement la larve, réalisant pour elle des conditions de vie assez
différentes de celles qu'elle rencontrerait dans d'autres Carlines. Le latex,
du reste, suinte en telle abondance que, remontant par capillarité le
long des aigrettes, il vient s'étaler à la suiface du capitule. Là il perd sa
fluidité, devient visqueux et forme une tache blanchâtre, visible à distance,
signe révélateur de la présence d'une larve.
En l'ab.sence de matériaux suffisants, je n'ai pu examiner diverses ques-
tions relevant de ces différeiu'es de conditions, si grandes à nos yeux. Je me
borne à constater que, dans ma région, où C. acnrilli^'Jolia est commune,
elle est cependant rarement habitée par L. villatus. Celui-ci, doué d' « instinct
botanique » ou d' « instinct » tout court, prévoit-il ces différences de condi-
tions ? Pourquoi ne dirions-nous pas, plus simplement que, dans ce cas,
comme dans tous les autres, nous appelons « instinct », en leur attribuant
un sens mystérieux, des phénomènes évidemment très mal connus, mais qui
se ramènent nécessairement à l'action réciproque des Insectes et des Plantes,
au jeu des affinités physico-chimiques, pour employer un autre langage, qui
a, tout au moins, le mérite de ne pas fermer la porte à la recherche.
Nombreux furent les natui'alistes qui se plurent à étendre le mystère sur
toutes choses: mais, pour quiconque sait actuellement regarder, le mystère
cesse de paraître impénétral)le : une femelle pond ses œufs sans >< savoir »
qu'une autre l'a précédée : elle " choisit » une plante sans s'arrêter à la
morphologie et, moins encore, à la systématique humaine.
Etienne Rarud.
A. I.AViiJ.E. — \'crl('hn''s fossiles du gypse Pdrisicn cl du Sannoisicn. 61
VERTÉBRÉS FOSSILES DU GYPSE PARISIEN & DU SANNOISIEN
DES ENVIRONS DE PARIS
Ceci esl un calaloguc dos rosles de Vei tébrés que j'ai pu fecueillii' dans
les plàlrières des enviions de Paris pour les collections de Paléonlologie de
l'Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris.
Le nomhio des pièces que j'ai pu recueillir et que je signale ne représente
certaiueincnl ([ue le dixième de ce qui a pu être trouvé depuis l'année 1893,
époque à laquelle j'ai commencé mes exiiloralions, dans les différentes car-
rières des environs de Paris. Il est grandement regrettable qu'il n'y ait pas
à Paris un service spécial pour les recherches paléonlologiques de ce genre.
Un cliercheur dévoué et consciencieux, avec un crédit suffisant, 1,-00 à
1,">U0 fr., ne tarderait |)as à enrichir nos musées d'histoire naturelle des
pièces intéressantes, sinon très rares et même nouvelles, qui sont perdues
journellement.
Je me propose de faire plus tard la description des pièces les plus intéres-
santes, mais auparavant, je crois devoir faire connaître aux paléontologistes
celles qui existent aujourd'hui dans les collections de Paléontologie de l'Ecole
Nationale Supérieure des Mines de Paris. Si j'ai pu réunir ces pièces, c'est
sur les ordres et avec les encouragemenis bienveillanls de mes Chefs,
MM. Haton de la Coupillière, Carnot, Doiivillé et Zeiller, qui ont compris tout
l'intérêt qu'il y avait, au point de vue scientifique, et surtout au point de vue
moral pour notre pays, de ne pas laisser perdre les éléments scientifiques
(]iie les phéuiimènes géologiques ont accumulés dans notre région et de les
recueillir pour les réunir dans un ]liiséc jriDtçais. .l'adresse aussi l'ex|)ression
de ma reconnaissance à MM. les Exploitants de phitre et à leurs Directeurs
et commis qui se sont empressés par tous les moyens à me faciliter une
tâche que j'aurais voulu avoir les moyens de continuer; à MM. Aubry,
Audebertde Lapinsonie, Bancel, Rerthaiici, Birkel, Chaiiier, Chatellier, Cornu,
Henry et Caston Crépin. Dian, Dindin, Dorliat, Eve, Finel, Gauvain, Gerbaud,
(iougelet, Ilerbinot, LauiJK ri fièies. Labrousse, Leclaire, Leclère, Lrcouffe,
Letellier, Leperdrieux, Lucas, iMarchand, florin, Nitard, .Jules Pachot, Léon
PachoL Paul Pachot, Pers, Porte, Raboiiidiii, liapp et Ueitenbach, Régis,
Rouzzé, Royer, Vieujot, etc.
Je donne ci-dessous la liste de toutes ces pièces, avec leur provenance, me
réservant, comme je l'ai dit ci-dessus, de décrire celles (jui sont rares et
intéressantes.
PREMIÈRE PARTIE
CLASSE DES POISSONS
Ordre I — Sélaciens.
Carcliariidnn aurpisiidens Agassiz. — Une dent de grande taille déci'ite
par M. Priem (I). recueillie le 10 août 190.3, à la base des marnes à huîtres,
dans la carrière Lambert, à Sannois.
(1) Priem, B. S. G. F., WOfi, p. 199, pi. VIII, fig. 14-15.
62 A. Laville. — Vertébi'és fossiles du gypse Parisien et du Sannoisien.
OunuE II — Ganoïdes. — Faïuillo Acipenséridés
Acipenser parisiensis Prieni (1). — Séries d'écailles dorsales et bidorsales,
recueillies le 17 août 4895, dans les marnes bleues Sannoisiennes, à l'"65
au-dessus du dernier chien {'z). — Romainville, carrière Gauvain.
Acanthoptérygiens.
Famille des Staroïdes. — Genre : Sargus Cuvieri Agassiz.
Empreinte et contre-empreinte de la partie postérieure.
Dimné sur ma demande, par JI. Lucas, Directeur de la carrière Leper-
di-irii\, le 23 octO'bi'e 18!);J. 1"'° masse du gypse (3).
\ntngenii.'i a[f. Cuvieri Agassiz. — Débris divers recueillis dans les marnes
à limnées de la cai'rière de Pers à Noisy-le-Sec, 4 juillet 1901.
Une empreinte d'un grand poisson, indéterminé, recueillie à Vaux près
Tiiel, dans la f' masse, le 4 novembre 1893.
Un débris de poisson indéterminé, recueilli dans la l" masse, carrière
Pers à Livry.
Deux vertèbres, de la 1'" masse. Canière Leperdi ieux, à Sannois,
i" décembre 1898 et 19 mars 1901.
Un os operculaire, du banc tendre, en haut de la 1" masse. Sannois,
carrière Volembert.
Un poisson presque eidier, sans queue, empreinte et contre-empreinte: de
la l" masse (banc les Moutons). Cari-ières Dian, à Sannois, 9 octobre 1902.
Poisson incomplet, queue et partie postérieure du corps. Des marnes
bleues, à I^IO au-dessus du 'i" chien. Romainville, carrière Gauvain,
30 avril 1896.
Une vortèljre, un aiguillon de.... une plai|iii'_il(' la lèle id des di-bris divers;
des marnes bleues et des chiens. Romainville, carrière Gauvain, 4 sep-
tembre 1903.
Un opercule et des débris indéterminés de la tèle. Des marnes à limnées
de la carrière Gauvain à Romainville, 19 février 1897.
Chéloniens.
Un hyoplastron droit, roulé, (ÏHmiis ? De la marne à faïence entre la
1"^ masse et le l" chien. De la carrière Pers h Noisy-le-Sec, 10 novembre 1893.
Une plaque costale inférieure gauche iVEniys parisiensis Cuviei-. Du
4° chien, carrière Gauvain à Romainville. 30 avril 1896.
Un humérus (VEnnis. Du 1" chien au-dessus de la T" masse. De la carrière
Pers à Noisy-le-Sec, 3 décembre 1904.
Emys parisiensis Cnv. — Un hvoplastron incomplet, une pièce paraissant
entière dans la gangue, 4 mai 1895, et quelques débris divers de carapace,
18 .juin 1896. Marnes à limnées, carrière Gauvain à Romainville.
IJne carapace presque entière en nombreux morceaux. Marnes à limnées,
Noisy-le-Sec, carrière Pers, le 24 octobre 1895.
fl" Priem. Elude des poissons fossiles du bassin parisien, p. 132 (Annales de Paléontol.}. IÏ)OS.
(2) Les marnes bleues sont au-dessus de la l"'" ma.ssc du gypse et les chiens sont des petits
lits de g.v'pse au nombre de cinq qui .sont à la base, séparés par de^ lits d'argile.
(3) Priem, B. S. G. F., 1000, p. 85."), pi. XVI, fig. 2.
A. Laville. — Vertébrés fossiles du gypse Pamien et du Sannoisien. 63
Une autre carapace de même espèce, même enrrièi'e, même niveau,
30 avril 189fi.
lùmjs ? — Deux luimérus, jt^auciie et di'oit, de grandeur difféi'cnie et un
hy()|)iaslron gauche. Marnes à lirnnées. Livry, carrièie Pers, 15 juin ISO'i.
Emys. — Un hvoplaslron droit. Marnes à linmées. Fesnes, carrière Mar-
chand, 23 janvier 1902.
Emijs parisiensis Cuvier. — Fragment de carapace et de plastron en
nnnd)i-cu\ l'ragmenis. ^lai-nes à Cyrènes, Mons-Ivrv, Les Barmonls, à Ville-
juif, 14 février 1910.
Une mâchoire inférieure que j'afirihue à une tortue. Cheiles, 1" masse du
gypse, 4 juillet 1893.
Emi/s parisiensis Cuv. • — Une plaque marginale de la carapace, entre la
1" et la 3" mnsse. De la carrière l'ers à Livry, juin 1893.
Un débris d'ossement indéterminaljle que je rappni'te à cette espèce du
même gisement, 17 septembre 1893.
Un humérus d'un petit sujet, même gisement, 7 mai 1895.
Un hvoplastron, de la 1" masse, banc dit (les Biens-venants). Carrière
Pers à Livrv, 8 novembre 189.".
Un humérus..., 21 septembre 190fi, même gisement.
Un débris de plastron peu déterminnble du banc dit (les Moutons). Carrière
Pers, Noisy-le-Sec, 23 novembre 1906.
■ Hvoplastron gauche, même gisement. 4 juillet 1901.
Un débris de olasfron de la U' masse. Carrière ,\ubrv à Cagnv, 3 mai 1901.
Trioivjx. — Dans plaque costale : une de 1"'° masse du gypse, banc dit
(les Riens-venants): la deuxième sans indication de la couche, mais de la
[" masse également. Carrière Pers à Livn-, le 12 mai 1898 et le 2S sep-
tembre 1901.
Sauriens. — Genre : Crncodilvs.
Une plaque dermique, dt la haute masse, .\rgenteuil fVolembert), 27 juin
1893.
Une écaille, du T banc au-dessous du sommet de la haute masse. Carrière
Lambert à Cormeilles-en-Parisis, 2 octobre 1908.
Une vertèbre, du 1" chien. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 3 décembre 1904.
Un débris indéterminé, des marnes bleues, au-dessus de la l™ masse.
Carrière Cauvnin à Romainville, 4 septembre 1903.
Trois dents, de la marne à limnées, de la carrière Pers à Noisv-le-Sec,
7 juin 1895 et 30 avril 1896.
Quelques vertèbres et dents, de la marne à limnées. Carrière Cauvain à
Romainville, 18 juin 1896.
Une dent, de la marne à limnées, de Fresnes-Les-Rungis. Carrière Mar-
chand, 23 janvier 1902.
OISEAUX
Une empreinte d'une espèce voisine par ses proportions et le rapport pro-
portionnel de ses membres avec le Hnltus intermediiis Al. M. Edwards, qui
est au Muséum. Oiseau presque complet empreinte et contre-empreinte, de
In U" masse, banc dit dies Cheveux). De la carrière Volembert à Argenteuil,
8 déeembre 1893.
Fragment d'humérus d'un oiseau indéterminé, de la U" masse. Carrière
Gauvain à Romainville, 30 janvier 1894.
6'i A. Laville. — Vertébrés fossilea du gypse Parisien el du Sannoisien.
Une patte d'oiseau indéterminé, avec l'iiiunérus, radius et cubitus et trois
doigts, de la l"'" niasse. Carrière Voiembert à Sannois, le 20 juillet 1894.
Des débi'is de membres indéirmiincs, de la marne à linmé.^s des rarrières
Pers à Noisy-le-Sec cl (lauxaiii à lliuiiaiiiville, 17 août I89"j.
Un fémur fendu d'un ftiseau indéterminé, de la U" masse. Carrière Eve
à Argenteuii, ;tl mars 18!IH.
Une patte d'un oiseau indéliMiniué, de la 1" masse. Carrière Pachot à
Gagny, 1" avril 1902.
Divers os de membres, des marnes à limnées de Romainville, cariière
Gauvain, et Xnisy-le-Sec-, carrière Pers, 2i octobre 1893.
Un humérus d'un oiseau indéterminé et divers débris d'os longs, marne
à linniées. Cari-ière Pers à Noisy-le-Sec, 30 avrU 1890.
Paitie supérieure d'un fémur d'oiseau indéterminé, marne à limnées.
Carrière Gauvain h Romainville, 8 août 1890.
Divers os longs brisés d'oiseau indéterminé, marne à limnées. Carrière
Gauvain à Romainville, 19 mai-s 1897, \ septendjre 190.'i.
Un tarso-métatarsien d'oiseau indéterminé, marne à limnées de Romain-
ville. Carrière Gauvain, 3 décembre 1904.
Divers débris indéterminés, dont deux têtes d'humérus d'oiseau indéter-
miné, marne à limnées. Fresnes-les-Rungis, 23 juin 1902.
MAMMIFÈRES
Ordre des Marsupiaux. — Sous-Ordre Iksectivores.
Didrtjjhis Curicii Fisciier. — Animal entier. (Is mai'sn]iiaux invisibles, de
la U" masse du gypse. Carrière Volembeit à Sannois, 20 juillet 1894.
Ordre des Rongeurs.
TrcclxDiu/s HniHliiclH l-artet. — Des mai nés a humées. Carrière Pers à
Noisy-le-Sec.
Diverses pièces, dont :
Débris de mâchoire supérieure et une mandibule intéi-ieure droite, 21 oc-
tobre 1894.
Une extrémité de museaii, avec les seules incisives, 5 mai 1893.
Débris de mâchoire et de tète, 7 juin 1893.
Une mandibule inférieure di-oite, 30 avril 1890.
Débris de pattes et de mâchoires, 24 oclobi'e 1898.
Deux mandibules et quelques débris d'ossements divers, 16 janvier 1903.
Même dépôt, à Romainville, carrière Gauvain. un crâne écrasé, 18 juin
1890.
Un fragment de crâne, 6 juillet 1899.
DEUXIÈME PARTIE
Ordre des Ongulés. — Sous-Ordre Perissod.\ctyles.
Paloplotherium minus Cuvier(l). — Une 3^ arrière-molaire supérieure
gauche (D), de la 2' masse du gypse. Carrière Voiembert à Sannois.
(1) Parmi les pièces rapportées ii ce genre el ù celle espèce il y en n qui sont douteuses,
.l'indique ce doule par la lettre (D;.
A. LwilJ.ic. — \'i'ii(''lirr\ Jawilcs du gypse Parisien el du Sannoisien. 65
l 11 cuboïde giuiclie, tie la T' masse du gypse. Cairière Pers à Livry,
23 décenibi-e I8!):î.
Un 3" iiiét<icai|iicii droit, du la 1'" masse du gypse (D). Carrière (jauvain
h Romainville.
In fi-agmenl de mandibule avec la 4" prémolaii-e, les 2" el 3° arrière-
molaires el (piatre donls délachées (D), de la J'" masse du gypse. Carrière
lilanelietol à iNoisy-le-Sec, ti août 1S;)3.
Ine omoplate gauche (U), de la l'' masse du gvpse. Carrière Cliarliei-,
Avr-on, 23 juin 1893.
Une empreinte de pied avec asti'agale, phalanges el autres ossements du
larse (D), de la T' masse du gvpse. De la cairière Volemberl à Sannois,
16 février 18!)i.
Un astragale droil (D), de la P' masse. Carrière Pers à Uivry, l-i juin 1893.
Un 2" ou 4'' mélalarsien (D), de la 1" masse. A\nin. Donné par M. Cornu,
20 juin 1893.
Une 3" phalange el quelques os sésamoïdes (D), de la l'" masse du gypse.
De la carrière Pers à Noisy-Ie-Sec, 13 août 1905.
Mâchoire supérieure avec les 2", 3" et 4' prémolaires gauches, les 2", 3" el
un quart de la 4" prémolaires droites et les 2° el 3' arrière-molaires droites (D),
de la 1" masse du gypse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 17 août 1893.
Débris d'une patte avec phalanges du 2"^ doigt du pied droit de derrière (D).
Carrière Bancel à Saint-Brice, 3 septembre 1893.
Mâchoire inférieure avec les six incisives, les deux canines, six molaires
à gauche, de la marne bleue au-dessus du gypse; banc dit (Cios-Banc), à
ciment et à chaux, à 2"60 au-dessus de la 1" masse. Romainville, cariière
Gauvain, 18 juin 1896.
Crâne, avec sur le côté droit, trois incisives, une canine, les 2°, 3° et
4" prémolaii'es, 1" et 2" arrière-molaires ou 3' el 4' prémolaires el 1", 2"
et 3° arrière-molaires: sur le côté gauche, 1", 2", 3" el 4' prémolaires el l''"
et 2' arrière-molaiies. Du banc dit (les Feuilles), dans la [" masse. Carrière
Birkel à Sannois, 20 juin 1896.
Tète supérieure de radius di'oit (D), de la 1''° masse du gvpse. Sannois,
1" février 1899.
Un 3" métacarpien droit, de la f" masse du gypse (D). Carrière Aubry à
Gagny, 3 mai 1901.
Un 3' métatarsien gauche (D), 1" masse du gypse. Carrière Leperdrieux
à Sannois, 6 mars 1902.
A. Lamlle.
(A suivre).
NOTES SPÉCIALES ET LOCALES
Quelques rectifications à propos de Tenthrédines. — Avant de donner la liste
des espèces dont j'ai réussi l'éducation depuis la publication de mes dernières notes,
il me paraît utile de revenir sur mes premiers articles pour y apporter les diverses
modifications ci-après :
Cladius pectinicornis Geoff. — Dans la Feuille des Jeunes Naturalistes, 38* année,
p. 8, je disais : « Je réunis ces deux espèces {pectinirornis et crassicornis) dont
les larves mélangées se trouvent à peu près constamment dans les jardins. »
Je doutais, en effet, fortement de l'existence de deux espèces sur lesquelles je
6G Notes spéciales el locales.
ne parvenais pas à reconnaître les caractères au moyen desquels Konow les a diffé-
renciées, même sur les exemplaires dcterjiiinés par lui; après bien des comparaisons
je considère plus que jamais ces deux prétendues espèces comme n'en formant
qu'une, et c'est du reste l'opinion du D' Enslin [m litt.).
Il y a donc lieu de conserver seulement le nom de pectinicurnis, qui a la priorité.
Friophorus tristis Zadd. — Tout ce que j'ai dit à la page 9 du même article et
à la page 18 de la 40*^ année, comme étant relatif à Priophorus padi L. se rapporte
à F. trisiis Zadd.
J'avais fait mes premiers élevages a^ant d'être en rapport avec Konow, et ne
possédant à ce moment que l'ouvrage d'André, je n'arrivais pas à être fixé; mes
larves, d'après ledit ouvrage, me paraissant être /'. BruUei, tandis que les in-
sectes parfaits ressemblaient à t. tristis.
Lorsque je soumis au savant spécialiste les insectes que j'avais obtenus, il me
les étiqueta l'riupkurus padi, et, pensant que cette détermination présentait toute
garantie, je publiai mes observations sous ce nom; mais depuis, ayant trouvé sur
l'Aubépine la larve du véritable F. padi, et ayant réussi à l'élever, ainsi que je
le dirai plus tard, j'ai reconnu que Konow s était trompé et je me suis assuré,
au moyen de la clef analytique qu'il a publiée dans Wiener Entoiiiol. Zeitung,
13" année, p. 86, que mon espèce est bien Friophorus tristis Zadd., comme je l'in-
dique plus liaut.
J'ajouterai que, dans son Gênera, Konow met en synonymie, sous F. padi, deux
espèces de Lepeletier de Saint-Fargeau, Cladius murio et pallipts, cependant bien
séparées par celui-ci dans sa Munutjraphia tenthredinetaruni, où elles figurent
sous les n"' 168 et 169.
Or, il ne me parait pas douteux que si Cladius pallipes Lep. est bien synonyme
de Friopliurus padi L. {pedes paliidi, tarsis 2 posticis mgris), Cladius morio
n'est autre que Friophorus tristis Zadd. {pedes paliidi, feinorihus niijris).
Fontania bella Zadd. — Ou trouve souvent sur les Saules une cécidie à peu j)rès
sphérique, faiblement velue, fixée par un point sur le dessous de la feuille et que
l'abbé Kieffer, dans son travail sur les Hyménoptérocécidies, paru dans la Feuille
des Jeunes À'aturalistes, 21" année, p. 253, attribuait à JS'ematus bellus Zadd.
Le même auteur, dans son Synopsis des Zoocecidies, publié dans les Annales
de la Société entomologique de France, année 1901, p. 489, indique deux cécidies,
l'une sur Salix aurita! fortement velue de blanc qui serait due à Fontania bella
André = baccarum Cam. et l'autre sur Salix aurita caprea et cinerea, faiblement
pubescente de gris, due à Fontania pedunculi Hartig.
D'un autre côté, Darboux et Houard, dans leur Catalogue systématique des
Zoocecidies de l'Europe et du bassin méditerranéen, et Houard ensuite, dans ses
Zoocecidies des plantes d'Europe, etc., n'indiquent plus qu'une seule cécidie pré-
sentant ces caractères et ayant pour auteur F. pedunculi Hartig; j'en conclus alors
que les deux dénominations étaient synonymes et je rapportai à Fontania pedun-
culi les remarques que je publiai à la page 9 de la 38" année de la Feuille.
Je ne possédais à cette époque aucun travail de Konow sur le genre Fontania
et je nommai mon insecte d'après les caractères tirés de la galle; mais lorsque,
ayant pu me procurer, grâce à l'amabilité du D'' Enslin, l'analyse que Konow
avait fait paraître dans les Mémoires de l' Académie impériale des Sciences de
Saint-Fétersbourij (Ueber die Ausbeute der russischen polar-Expedition an Blatt-
wespen , 1907, p. 8), je voulus vérifier la détermination de mon insecte, je
m'aperçus que j'a\ais fait fausse route et le D"' Enslin, dont je demandai l'avis,
me répondit que pour lui c'était bien F. bella Zadd. et non pedunculi Htg.
Fteronus oligospilus Fôrst. — J'ai déclaré, page 10 de la 38" année, avoir trouvé
une larve sur Salix fruijilis et une autre sur Alnus glutinosa. Brischke et Zaddach
(6" partie, p. 39), sous le nom de Ncmatus oligospinus (sic), décrivent également
une larve qui vivrait selon eux sur Salix triandra et aussi sur Alnus glutinosa,
et Konow, à qui je soumis les deux insectes sortis des larves dont je parle plus
haut, n'ayant pas moi-même remarqué la différence des larves que j'avais élevées
à des époques éloignées, de sorte que je n'avais pas conservé souvenir de la pre-
mière quand je trouvai la seconde, Konow dis-je, me les nomma tous les deux
Fteronus oligospilus.
Or tandis que ce nom s'appliquait bien, selon moi, à l'insecte sorti de la larve
du Saule, celle de l'Aulne était incontestablement Ft. polyspilus Fôrst, dont j'ai
parlé, page 19 de la 40" année, à l'occasion d'un autre élevage. J'ajouterai que je
ne crois pas que polyspilus vive sur le Saule comme je l'ai dit à cet endroit.
Dans son Analytische i'ebcrsicht der Larven, p. 20 et 21, Konow différencie les
larves du Saule et de l'Aulne et attribue la première, d'un vert bleuâtre clair,
mat, à Fteronus microcercus Th. et la seconde d'un vert brillant à Fteronus oli-
gospilus Fôrst. Plus tard, considérant ces deux noms comme synonymes, il rem-
Notes spéciales et locales. 67
plaça microceicus par uUyu^ijitua el corrigea ulKjuipilui ou ijuly.-'pilus = gluti-
nosce Cam.
Les caractères distiuctifs des deux larves paraissent avoir été copiés dans
Brisciike et Zaddach, qui décrivent la première sous le nom de A emalus miliaris
i-'ï., 3" forme, et la seconde, comme je le dis plus haut, sous celui de jV. oligospinus
qui serait alors polyspilus, si je ne me trompe.
Depuis, j'ai eu l'occasion d'élever a nouveau ces deux larves qui diffèrent nette-
ment, tant par leurs caractères que par leur plante nourricière, et j'ai pu me
convaincre que Konow avait confondu les insectes parfaits.
J'ajouterai que dans sa Kevision der Nematiden Gattung fteronus, parue dans
la Zeitsckrifl fur llym. uiid Dipt., en ]9U3, il prétend que i't. oiiyuspiius est facile
à reconnaître par une carène longitudinale traversant le champ frontal, carène
qui, il l'avoue ensuite, est quelquefois indistincte; or je n'ai jamais pu l'apercevoir
nettement, même sur les exemplaires déterminés par lui, et ses deux espèces se
ressemblent tellement qu'il est fort difficile de les distinguer (je ne parle que
des Q, car je ne possède pas de C/ de polyspilus).
J'ai bien fait quelques remarques que je me proposais de publier, mais je
possède un trop petit nombre d'exemplaires pour être sûr de la constance des
caractères que j'ai cru constater et j'attendrai que j en sois plus certain.
l'teronus bipartitus Lep. — Il y a quelques années je capturais sur de petits
Saules, plantés en bordure dans mon jardin, quelques exemplaires d'un Fteronus
qui me parut être l'espèce décrite dans Brischke et Zaddach (ô" partie, p. 321),
sous le nom de Sematus oc/iropus Th. {bipartitus Lep.).
Comme Konow, dans son Gênera, tout en admettant la même synonymie, classe
cette espèce dans le genre toiitania dont mon insecte n'avait aucunement les carac-
tères, je pensai m'étre trompé d'autant mieux que quelque temps après je trouvais
la larve dont je vais donner ci-après la description; cette larve vivant en liberté
sur les feuilles de Saule et nullement Cécidogène, ne pouvait être celle d'un
Pontania; je soumis alors mes insectes parfaits au D"' Enslin qui crut y recon-
naître le rteronus ini/usotidis var. falaciosus, ainsi que je lai indiqué à la page 18
de la 40° année de la Feuille.
Je continuai cependant à correspondre avec lui à ce sujet et lui exprimai mes
doutes venant de ce que ma larve ne ressemblait pas du tout à celle du Fteronua
myosotidis et n'avait pas la même nourriture puisque cette dernière, d'après les
auteurs, vit sur le Trèfle.
Il écrivit alors un intéressant article dans la Deutsch. Ent. Zeitschr., 1911,
p. 179, où il exposa que mou espèce était identique au Nematus bipartitus Lep.
que Konow avait d'abord compris dans le genre l'teronus, dans son Catalogus
Tenthredinidarum Europœ (Deutsche Entom. Zeitschrift, 1890) et qu'il avait en-
suite, dans sa Revision der Nematiden-Gattung Fontania Costa (Zeitschr. fur
syst. Hym. und Dipt., 1901) classé par erreur dans ce dernier genre.
Voici maintenant la description de la larve :
Longueur 15 à 16 millimètres. Tête jaunâtre légèrement velue, parsemée de
petites taches roussâtres, une tache longitudinale brun noir sur le vertex, divisée
en deux, sauf dans le jeune âge, par une fine ligne claire, puis s'infléchissant
brusquement sur le front à angle droit de chaque côté, de façon à figurer un T
renversé, ces deux branches pâlissant et finissant même par disparaître avec l'âge.
Une tache subpentagonale moins foncée sur la face et séparée de la première par
une autre ligne claire en forme de V renversé et très obtus faisant suite à celle
qui divise la tache du vertex; une petite tache brune, s'éclaircissant aussi avec
l'âge, commence derrière l'œil et remonte en pointe vers le sommet de la tête; champ
oculaire noir, mandibules verdâtres, brun rouge à l'extrémité. Corps vert clair,
cylindrique, parsemé de petites verrues grises, puis gris verdàtre et enfin vertes,
en se distinguant alors du reste du corps qui est mat et paraît comme chagriné
sous un fort grossissement, que parce qu'elles sont lisses et brillantes, les unes
surmontées d'un poil blanchâtre, les autres, moins grosses, d'une petite pointe
brune; vaisseau dorsal vert foncé limité par deux lignes presque blanches, clapet
anal vert, velu, parseiné de petites taches grises dans sa moitié postérieure, cerci
courts, obtus, verts; stigmates linéaires bordés d'un fin liséré brun rougeâtre, une
ligne longitudinale claire passant sur lesdits stigmates, ongles bruns.
Emphytus serotinus Miill. — A la page 22 de la 40= année de la Feuille, j'ai
rapporté, avec doute, à cette espèce, un Emphytus dont j'avais élevé plusieurs
larves trouvées sur des rosiers; je me suis assuré depuis que c'est la variété flli-
formis Kl.
Je crois avoir retrouvé les mêmes larves vers le milieu de mai 1911; elles se sont
enterrées à la fin du mois, mais jusqu'à présent je n'ai pas eu de résultat.
Lisieux. A. Loiselle.
68 Noies spécialex el Incales.
Sur une nouvelle grotte à ours des cavernes à Besançon. — Dans une grotte
située à 1 k. 500 de Besançon, dans les escarpements astartiens du bois de Peu,
au-dessus de Casamène, j'ai trouvé dernièrement un repaire d'ours des cavernes
(Ursus speleus). Cette grotte possède une entrée hauto de sept à huit mètres et
large de cinq à six mètres et se continue par un petit couloir assez bas au bout
duquel s<^ trouve une chambre qui forme un abri d'une vingtaine de mètres de
profondeur environ. C'est dans cett<^ salle du fond que j'ai trouvé les os qui font
le sujet de cette communication. Ils sont pour la plupart en bon état de conser-
vation. Deux crânes possédant la plus grande partie de leurs dents, des vertèbres
et un certain nombre d'os des membres, tous très minéralisés par les infiltrations
de l'eau. L'un des crânes présente des particularités anatomiques assez intéres-
santes : sa longueur est, par rapport à sa largeur, de beaucoup supérieure à la
moyenne et les exemplaires du Musée de Besançon avec lesquels nous l'avons
comparé ne laissent aucun doute à ce sujet. Cet ours est assez abondant dans les
cavernes de la région, entre autres à celles d'Osselle et de Goudenans-les-Moulins,
fouillées jadis par Cuvier. Cette dernière a fourni quelques pointes moustériennes.
La station de Casamène est la plus rapprochée des stations qui aient été signalées
jusqu'à ce jour dans notre région, c'est pourquoi j'ai cru intéressant de la si-
gnaler ici.
Besançon. Maurice Thomas.
Nouvelle aberration de Arctia caja cf. ^ Cette nouvelle aberration, du moins
je la suppose comme telle, a été capturée par un jeune chasseur entomologiste,
M. Michel Bernard, à Flaniboin, non loin de Nogent-sur-Marne (Seine-et-Oise).
Voici la description du sujet que j'ai eu en mains : Ailes supérieures avec
taches brunes aux dimensions normales, mais de couleur un peu plus claire; fond
de l'aile au lieu d'être blanc, d'un brun clair.
Ailes inférieures avec les six taches bleu foncé très petite.^, variant de 2 à
3 1/2 millimètres; fond de l'aile brun-noir au lieu de la teinte normale rouge
brique; frange de la teinte du fond des ailes supérieures.
Abdomen brun, foncé; thorax de la teinte des taches des ailes supérieures, pas
le collier rouge du type; antennes brunes au lieu d'être blanches.
C'est en somme, comme on le voit un sujet très intéressant et j'ai eu beau le
fasciner, je n'ai pas réussi à le faire entrer dans mes boîtes. Godard, dans son
mémorable ouvrage, nous donne l'aberration à ailes inférieures et à abdomen
à fond jaune; c'est ab. lutescens; puis l'aberration à ailes supérieures de teinte
uniforme brune sauf .sept petites taches blanches par aile, les taches brunes du type
ayant à peu près envalii totalement l'aile ; puis les ailes inférieures uniformément
bleu foncé, abdomen jaune, c'est ab. cunfiuenu {ni<jre.^cen.s).
Lille. Alb. Smits.
L'Herbier des Lic'-ens de Grognot. — En réponse à la question insérée dans le
dernier numéro d- la FfuiUc, j'ai l'honneur d'informer son auteur que l'herbier
des Lichens de Grog lot fait partie des collections do la Société d'Histoire Naturelle
d'Autun. Cet herbier comprend environ 250 espèces et variétés et je me mets entière-
ment à la disposition des lichénologues pour leur donner de plus amples renseigne-
ments sur son contenu.
Autun, 16, rue de l'Arquebuse. A. Bovet.
Le Directeur Gérant,
A. DOLLFUS.
Imp. Oberthûr. Rennes— Paris (1236-12)
ANNEES PRECEDENTES
DE LA
FEUILLE DES JEDNES NATURALISTES
P- SÉRIE DECENNALE
Années 1870 à 1880 (partiellement épuisée) :
Le numéro O fr. S5
L'annéi' 3 fr.
(Les premières années sont épuisées).
Table des Matières de la Série O ir. 40
II« SÉRIE DÉCENNALE
Années 1880 à 1890 :
Le numéro O fr. 35
L'année 3 fr.
(Quelques numéros ne peuvent plus être vendus séparément).
Table des Matières de la Série O fr. SO
IIP SpRIE DÉCENNALE
Années 1890 à 1900 : '
Le numéro O f r. 40
L'année ; 4 fr.
Table des Matières 1 fr. bO
IV^ SÉRIE DÉCENNALE
Années 1900 à 1910 :
Le numéro O fr. 50.
L'année 6 fr.
La Table des Matières de la Série est en préparation.
V« SÉRIE
Année 1911 :
Le numéro '. O f "r. SO
L'année 6 fr.
Les Abonnés de la Feuille jouiront jusqu'à nouvel avis d'une réduction
de 25 % pour l'achat des 3' et A" séries.
SOMMAIRE DU N° 497
/
Joseph Lacroix : Contribution à J'élude des Névroptèi'es de France {(in).
Etienne Rabaud : Notes biologiques sur Larinus vittatus F. et sa larve.
A. Laville : Vertébrés fossiles du gypse Parisien et du Sannoisien des environs de Paris.
Notes spéciales et locales :
Quelques rectifications à propos de Tenllirëdines (A. Loisiîlle).
Siu- une nouvelle grotte à ours des cavernefi à Besançon (Maurice Thomas).
• Nouvelle aberration de Arclia cafa cf (Albert Smits).
1/llerbier dos Lichens de Grognot (A. BoviiT',.
BULLETIN D'ECHANGES DE LA FEUILLE DES JEUNES NATURALISTES
M. P. Duchevet, 24, rue Mauljean, Wassy (Haute-Mgrne), s'occupant d'une col-
lection de Coléoptères de sa région depuis trois ans, désire entrer en relations
d'échange avec débutants du midi et d'outre-mer.
M. L. Bruyant, préparateur à la Faculté de Médecine de Lille, désire se procurer
de nombreux exemplaires adultes de l'Acarien, appelé Tromhidium holosericeum,
expédiés vivants ou en alcool. Il i-ecevra également toujours avec plaisir des
échantillons -de larves parasites de Trombidions (Kougets) récoltées sur les Ver-
tébrés et les Invertébrés. Lui écrire en e^'po&axA desiderata en échange.
M. Dutot, 56, rue Montebello, Cherbourg (Manche), offre coquilles marines et
terrestres, fossiles, roches et minéraux, fougères vivantes, contre échantillons
analogues.
VIENT DE PARAITRE
FORME, PUISSANCE & StABILITÉ DES POISSONS
Par Fbédéeic HOUSSAï, professeur à la FacuUé des Sciences de' Pari.s
Gr. in-80 de 372 pages, avec 117 figures 12 fr. 50
HERMANN & FILS, 6, rue de la Sorbonne, Paris
M. HODSSAY avait résolu de moatrer avec rigueur sur un exemple net la façon dont le milieu
extérieur modèle une lorme animale donnée. Ayant fait choix des poissons pour sujet de son étude,
il a entrepris de prouver que la résistance de l'eau était capable à elle seule de rendre compte de
toutes les formes et de toutes les variétés que l'on trouve chez ces animaux, chacune étant
exactement appropriée à une certaine vitesse, à laquelle aussi correspond une certaine résistance.
Dans son liTOe sur les Poissons, M. Houbsay passe incessamment de l'observation laite sur le
vivant à l'expérience exécutée avec des modèles artificiels, marche des courants d'eau sur l'animal
mobile étudiée à l'aide de fils de soie fiottants fixés sur son corps, mesure de la puissance sur
des pDissons ingénieusement et sàmplement attelés, résistance à l'avancement des carènes
de toutes sortes avec ou sans nageoires vibrantes, modifications des formes depuis les époques
géologiques jusqu'à nos jours : tout concourt à l'unique conclusion fermement assise.
Cet ouvrage si satisfaisant pour l'esprit du philosophe et du biologiste épris de science p'ure est
de la plus opportune utilité pour la science appliquée.
AVIS. — Les noms des donateurs de la Bibliothèque pour le mois écoulé
paraîtront au prochain numéro.
Les prochains fascicult-s du Catalogue sout en cours d'exécution.
0.vrt»,l" J"i" 1912
V Série, 42» Année — N»498^j,. /^
LA FEUILLE
-i)
DES JEUNES NATURALISTES
REVUE MENSUELLE D'HISTOIRE NATURELLE
-?- -Ç-
Abonnement annuel (France et Étranger)
Payable à M. Adrien DoUfus, 3, rue Fresnel, Paris (16^ 6 fr.
Les abonnements à la FEUILLE seront faits dorénavant à partir du 1"' janvier
(au lieu du 1°"' novembre).
u
Imprimerie Oberthur, Rennes — Paris
1912
LIVRES NOUVEAUX PUBLIES EN LANGUE FRANÇAISE
Boisseau (G.) et G Lanokville. — L'Escargot. Elevage et Parcage, in-16, 96 p.
avec grav. — . Paris. Hachette. — 2 f r. 50.
Courtois (M"" J.). — Sur le criheUain et le mhuniitruin des Araignées cribellates
(Diplûnic detudes supérieures), in-8", 5" p. avec fig. — Paria, Laroee.
CoQUiDÉ (M.-E.). — Etude des formations récentes de la vallée de la Somme et
du littoral avoivsinant, in-S", MO p. avec fig., tableau et croquis schématiques. —
Amiens, iinp. Grau.
Uelaïcsse (Maurice). — Haut-Sénégal (Soudan français), I"'^ ^érie. T. I, le pays,
les peuples, les langues, 434 p., gravures et cartes. — Paris, Laiose.
FiNET (Achille). — Notulte systematicœ (Herbier du Muséum de Paris, Phané-
rogamie). T. II, n" 6, in-8°, p. 161-192, avec fig. — Paris, Geuthner.
I
FouARD (Eugène). — Recherches sur l'état colloïdal do l'Amidon et sur sa consti-
tution physico-chimique (thèse), in-8°, V-152 p. avec fig. — Laval, imp. Barnéoud.
Gain (Edmond) et Brocq RoussEU. — Traité des Foins : composition botanique,
préparation et conservation, caractères antérieurs. Les foins spéciaux. Etude chi-
mique des foins. Monographie des foins français et*étrangers. Foins et fourrages
des colonies françaises, etc., in-S°, 795 p. — Pai'is, Baillière.
GÈZE (J.-B.). — Etudes botaniques et agronomiques sur les Typha et quelques
autres plantes palustres, in-ô", viii-174 p. avec planches. — Villefranche (Aveyron),
Société d'imprimerie.
Lemoine (Paul). — Géologie du bassin de Paris, in-8", II-412 p. avec 136 fig. et
9 planches. — Paris, Hermann. — 15 fr.
LÉVEiLLÉ (H.). — iconographie du genre Epilohium, gr. in-8°, p. 303-328,
planches cxlviii-cclxxii. — Le Mans, imp. Monnoyer.
Magnan (A.). — Le tube digestif et le régime alimentaire des Oiseaux (thèse),
in-8", 181 p. — Paris, Hermann.
Poirier (P.), A. L'harpy et Nicolas. — Traité d'Anatomie humaine. T. IV,
fasc. I, Tube digestif, gr. in-S", 448 p. avec 213 fig. — Paris, Masson. —, 12 fr.
Robert (G.). — Recherches sur l'appareil pilifère de la famille des Verbénacées
(thèse), in-8°, 68 p. avec planches. — Lons-le-Saunier, imp. Declume.
Thomas et Cuzin. — Liste de 305 espèces et variétés de Champignons récoltés
aux environs d'Auxerre, in-8", 62 p. — Auxerre, imp. Gallot.
l-- Juin 1912 — V= Série, 42<^ Année — N° 498
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
VERTEBRES FOSSILES DU GYPSE PARISIEN & DU SANNOISIEN £
DES ENVIRONS DE PARIS
(Fin)
Genre Palœothcrium (1).
Fragment de bassin. Carrière Chateilier à Villejuif, 29 septembre 1907.
Pied de der-rière dioil avec i' doigl, dont le métatarsien et la plialange.
De la carrière Chateilier à Villejuif, 13 mai 1908.
Fr-agment de mandibule droiie avec les l''^ 2", 3°, 4° prémolaires, 1"^" et
2' arrière-molaires. De la mandibule gauche reste seulement la l"'* prémolaire,
du banc de marne dit (les OEufs), dans la 2" niasse du gypse. Carrière Nitard
à Sannois, 14 août 1900.
Une mandibule droite sans dents, banc de marne dans la 2" masse. Carrière
Lambert à Cormeilles-en-Parisis, 11 mars 1902.
Fragment de mandiliule avec quatre prémolaires, de la 1''^ masse du gypse.
Carrière Leclère à Avron, 12 mai 1893.
Mâchoire supérieure avec la 4° prémolaire et les 1", 2° et 3° arrière-
molaires gauches, les 3° et 4" arrière-molaires droites, 1" masse du gj'pse.
Carrière Leclère à Avron, juin 1893.
Mandibule gauche avec les 3" et 4"^ prémolaires, 2" et 3" ariière-molaires
et patte avec deux métacarpiens et le calcanéum. Carrière Herbinot à Chelles,
1 1 juillet 1893.
Une articulation intérieure du fémur droit de P. magnum Cuv., de la
P' masse du gypse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 6 août 1893.
Un palais avec les quatre prémolaires et les 1" et 2" arrière-molaires
gauches, les P' et 2^ prémolaires droites et la canine droite, de la l" masse
du gypse. Carrière Gauvain à Romainville, 13 août 1893.
Mâchoire inférieure avec la canine, les molaires 1 à 6 pour le côté droit
et 1 à 7 pour le côté gauche, 1'" masse du gypse. Saint-Leu-Tavernv,
21 août 1893.
Fragments de dents de Palseotherium m,agnum Cuv., 1" masse du gypse.
Carrière Pers à Livry, 17 septembre 1893.
Les 2° et 3^ arrière-molaires sur fragment de mâchoire, 1" masse du gypse.
Noisy-le-Sec, septembre 1893.
Une mandibule écrasée, 1" masse. Carrière Leperdrieux à Samiois, 3 oc-
tobre 1893.
1) Sauf pour le P. magnum, les noms d'espèces sont incertains.
70 A. Laville. — Vertébrés lossiles du gypse Parisien et du Sannoisien.
Fragment de la màcliuiic supéiuMiie, cùlé gauclii- avrc ciiiq incisives, la
canine, 2' cl -i' iiiéinolaiix's. l"' masse. CaiTière .N'iiaixl à Sannuis, 24 oc-
lobi-e 1803.
Tète supérieure du radius gauclie, de la i'" niasse du gypse. Cariière
Volembert à Sannois, S décembre 18!};j.
Fragment de raïUculalion ilc l'humérus sur le radius du /'. incujiiuiii Cu\.,
['" masse du gypse. Livi-y, 23 décembre 1(S!)3.
Une mâchoire intérieure avec les 2^ 3', 4" prémolaires, les 1", 2° et 3"
arrière-molaires pour le côté droit et les 2", 3", 4" prémolaires et l'" arrière-
molaire poui' le côté gauciie. V masse du gypse; donné par M. Dindiii.
Carrière Dindin à Vaujours.
Un quatrième mélalarsien gauche, de la l'' masse du gypse. Carrièic Pei's
à iNoisy-le-Sec, 10 lévrier 18'J4.
Une canine épointée. un fiagment de mâchoire supérieure avec les l" et
2" arrière-molaires droites, de la 1" masse du gypse. Montigny, 23 février
1894.
Un fragment de mandibule droite avec les i", 2°, 3'' et 4'' prémolaires et
une arrière-molaire, de la 1" masse du gypse. Carrière Bancel à Saint-
Brice, 1894.
Un calcanéum droit, de la 1" masse du gypse. De la carrière Leperdrieux
à Sannois, 20 avril 1894.
Divers débris de dents : molaires, canines, une 2"= prémolaire gauche
complète, de la 1" masse du gvpse. Carrière Leperdrieux à Sannois,
20 avril 18!)i.
Les 2" et 3° prémolaires inférieures droites, la 3' arrière-molaire inférieure
gauche, une rotule, de la 1" masse du gypse. Carrières Pers et Blanchetol
à Noisy-le-Sec, 1" mai 1894.
Une articulation inférieure du fémur gauche, de la 1" masse du gypse:
une 3" arrière-molaire inférieuie droite, de la l''' masse du gypse, carrière
Dindin à Vaujours et les 2" et 3" arrière-molaires supérieures gauches de
la 1" masse du gypse. Livi-y, le 15 juin 1894.
Une mandibule gauche avec la 4° prémolaire et les 1", 2° et 3° arrière-
molaires, de la 1"'^ masse du gypse. Carrière Pachot à Gagny, 30 juin 1894.
Des 1" et 2' arrière-molaires gauches supérieures; mâchoire inférieuie avec
les 4° prémolaire, P" et 3" arrière-molaires gauches et les 4° prémolaire,
l^, 2", 3" arrière-molaires dioiles, de la 1" masse du gvpse. Carrière Bancel
à Saint-Brice, 3 juillet 1894.
Débris du pied de derrière droit avec calcanéum, astragale et articulation
du tibia sur l'astragale, le naviculaire, le cunéiforme 3 et le 2° métatarsien,
1" masse du gypse. Carrière Blanchetot à Noisy-Ie-Sec, 7 septembre 1894.
■ Une mâchoire inférieure avec deux canines, les sept molaiies gauches.
Un autre fragment très mutilé avec quatre incisives, deux canines, deux
2° prémolaires, 1" masse du gypse. Carrière Blanchetot à Noisy-le-Sec,
7 septembre 1894.
Pied de dei-rière gauche, 2", 3" et 4' métacarpiens, astragale, calcanéum,
scaphoïde, cuboïde, cunéiforme et quelques petits os, des phalanges d'un tout
petit palœotlierium: en plus des débris de tibia et de péronés, de la 1" masse
du gypse. Carrière Audebert de Lapinsonie à Montmagny. Donné par !\I. Au-
debert de Lapinsonie, 9 octobre 1894.
P. magnum Cuv. — Débris très mutilés de la mâchoire supérieure et infé-
rieure. Une incisive, une canine, 1", 3' prémolaires inférieures droites avec
d'autres débris, 1" masse du gypse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 4 mai 189.S.
Un fragment de mâchoire sur gangue, un cubitus et un radius gauche, de
la 1" masse du gypse. Carrière Pers à Livry, 7 mai 189o.
A. Lavii.le. — lertébrés fossiles du (j\ip'<(' l'orisim cl du Sannoisien. 71
Les 2" et. 'S' pi-éinolaires siipérieuies di'oiles: base de la 1''° masse, selon
quelques cari'iers, sommet de la 2° luasse selon d'aulies; banc dil (les Urines).
Carrière Gauvuin à lvomain\ille, 7 juin J<S!),').
Les 2° et 3° métaUusiens d'un petit l'ulwuUienum ou peut-ètie l'aloplo-
IhcrUun ? De la 1" masse du gypse. Cairièfes d'Avion. Donné par M. Cornu,
20 juin 1895.
Mâchoire supérieure avec les 2% 3°, i" prémolaires, 2' et 3" arrière-molaires
gauches, les 2", 3' piémulaii-es droites, de la f' masse du gypse, 17 août 1895.
Un fragment du cubitus droil, un radius et un cubitus droits presque entiers,
de la l" masse du gypse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 24 octobre 1893.
Une denture supérieure avec la canine, les 1", 2^ 3", 4" prémolaires, 2" et
3' arrière-molaires droites et poui- le côté gauche les mêmes dents moins la
4" prémolaire. Une arrière-molaire supérieure gauche et de mauvais débris
d'une mâchoire du Palujulltcrium magnum Cuv., de la 1" masse du gypse.
Carrière Pei's à Livry, 8~novembre 189o.
Une empieinte de tibia, l" masse du gypse. Les Cloviers à Sannois,
31 mars 1896.
Cubitus et aiticulation supérieure du radius droit, f" masse du gypse.
Carrière Pei'S à Livry, 19 mai 189(i.
De grandes dents en fragments : 3' arrière-molaire supérieure gauche,
2' prémolaire inférieure gauche, le l" échantillon du l'. magnuin Cuv., l'autre
peut-être de la môme espèce ? De la i" niasse du gypse. Carrière Pers à
Noisy-le-Sec, 18 juin 18!)6.
Le 4° métatarsien gauche, d'un Pdlœolheriwu de grande taille. De la
l" masse du gypse. Carrière Régis à \d\\x, 23 juillel 189G.
Débris de mâchoire sur gangue. Cai lière Laiidierl à Cormeilles-en-Parisis,
20 juin 1896.
Débris d'une mâchoire inférieure, côté droit, avec les trois incisives, la
canine, les 2", 3" et 4' prémolaires, de la 1" masse du gypse, banc dit (les
Trois-Pieds) entre les Cros-Bancs el le Ranc-de-Pavé, 19 oclobre 1896.
Fragment de mâchoire sur gangue, de ia l'' masse du gypse. Carrière
Lambert à Cormeilles-en-Parisis et de la même carrière, mais de la base de
la l" niasse, banc dit (les Œufs), un fragment de mâchoire supérieure avec
la 1" prémolaire, la 2' ou 3" arrière-molaire d'un grand Palœotherivm,
22 mars 1897.
Une mâchoire inférieure avec la canine, la 4" prémolaire et les 2" et 3"
arrière-molaii'es droites, pour- le côté gauche, la canine, les 1", 2", 3" et
4" prémolaires et 1", 2' et 3" arrière-molaires gauches. Carrière Crépin à
Villiers-Adam, 31 mai 1897.
Un fragment du maxillaire supérieur, côté droit, avec les 1" 2", .3^ 4^ pré-
molaires, les l" et 2° arrière-molaires, de la 1"" masse du gypse. Carrière
Crépin à Villieis-Adam. Donné par M. Crépin, .5 juin 1897.
Un cuboïde gauche, f" masse. Cariière Pers à Livry, 12 mai 1898.
Fragment de mâchoire dans la gangue, de la l'" masse du gypse. Les
Cloviei-s à Sannois, I" jum 1898.
Fragment de mandibule droite avec la 4° prémolaire, la 1™ arrière-molaire
d'un grand PaUcoUicrium, de la l"'" masse du gvpse. Carrière Crépin à Villiers-
Adam, 12 juillet 1898.
Fragment d'un ci'âne sur gangue, de la l" masse. Carrière Crépin à Villiers-
Adam, 14 août 1899.
Un fragment de mâchoire, de la 1"^ masse. Carrière Dorliat à Sannois,
ti août 1900.
Une tète sans dents, un pied de derrière et un pied de devant.
Une mandibule inférieure droite avec les 3', 4" prémolaires, les l", 2" et
3" arrière-molaires d'un ['alœolheriiim de taille moyenne.
■ Vertébrés fossiles du gypse Parisien et du Sannoisien.
Un fiagmcnl de côté droit du maxillaire supérieur, avec les seules arrière-
inulaires 1, 2 et 3 d'un grand l'aliculheiiuin, de la T" masse du gypse. Carrière
Uapp et Reitenbach à Fontenay-sous-Bois. Donné par MM. Uapp et Reiten-
bach, le 26 août 1899.
Une patte de devant, droite; la partie supérieure d'un radius et d'un cubitus,
le 3° métacarpien droit, de la 1" masse du gypse: banc dit (les Gros-Aloulons).
Carrière Rirckel à Sannois, 28 juin 1900.
Un pied de derrière droit avec le 3' doigt, de la 1"" masse du gypse. Sannois,
19 mars 1901.
Un moulage d'encéphale et des débris de mâchoire inférieure avec les
incisives 1, 2 et 3 pour le côté droit, 2 et 3 et la canine pour le côté gauche.
Un scaphoïde droit, de la l" masse du gypse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec,
16 mai 1901.
Un débris de mâchoire inférieure avec la canine et la 2" prémolaire poui-
le côté gauche, les l'", 2' et 3* aiTièrc-molaires pour le côté droit, de la
T" masse du gypse. Carrière Crépin à Villiers-Adam, 23 août 1901.
Pied de devant gauche avec les métacarpiens 1, 2 et 3, de la l''" masse du
gypse. Noisy-le-Sec.
Une mandibule gauche avec la canine, les molaires mutilées, 1" masse du
gypse. Cai'rière Leperdrieux à Sannois, 6 mars 1902.
Une mandibule sans dents et un fragment de mâchoire supérieure avec
les 1", 2°, 3% 4' prémolaires, la ['" arrière-molaire gauches et la 1" arrière-
molaire supérieure droite; deux incisives isolées, de la l"'" masse du gypse,
banc dit (les Urines douces). Carrière Gerbaud à Livry, 29 mai 1902.
Un crâne dans la gangue.
Pied gauche de devant, 4° métacarpien; une canine, de la l" masse du
gypse. Carrière Pers à A'oisy-le-Sec, 16 août 1902.
Débris de mâchoire dans la gangue, de la 1""' masse, banc dit (les Foies de
Cochon). Carrière Dian à Sannois, 9 octobre 1902.
Divers fragments de dents, de la 1''° masse, banc dit (le Banc de Pavé), au
deux tiers de la hauteur de la 1" masse qui a 18 mètres de puissance dans
cette région. Carrière Pachot à Livry, 27 mars 1903.
Fragment de mâchoire supérieure avec les 2', 3°, 4" prémolaiies, les T',
2° arrière-molaires gauches, de la 1" masse. Carrière Gerbaud à Livrv,
24 juillet 1903.
Fragment de mandibule droite avec les 2', 3°, 4" prémolaires et les 1", 2",
3" arrière-molaires; une grosse incisive isolée, base de la l'* masse, banc dit
les (Grosses Urines), 17 novembre 1903.
Débris de mâchoire dans la gangue, 1" masse. Carrière Pers à Livrv,
29 novembre 1903.
Deux incisives; un 3' métatarsien gauche et un 'l^ le droit; une phalangette,
1''' masse, banc dit (les Urines). Carrière Pers à Livry, 3 décembre 1904.
La 2' ou 4" phalange, une mâchoiie inférieure avec pour le côté droit les
1", 2^ 3" prémolaires, ^'■^ 2", 3" arrière-molaires, pour le côté gauche les
2^ 3* prémolaires et les 1'", 2" et .3"" ariière-molaiios, l"'" masse. Les Cloviers,
à Sannois, 18 février 1905.
Une canine droite! d'un grand individu, une série de dents de la mandibule
gauche avec les 2°, 3°, 4° prémolaires, 1", 2' et 3" arrière-molaires, du banc
dit (les Urines), base de la 1" masse. Des débris de mâchoire supérieure
gauche avec les 3^ et 4° prémolaires, la 1" arrière-molaire très mutilée, de
la 1" masse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 15 aoijt 1905.
Une mâchoire inférieure avec, pour le côté gauche, la 3' arrière-molaire:
poui' le rôt/' droit les 2°, 3° et 'i* [irémolaires et la 1''° arrière-molaire: une 2"
ou 3" j)iémolaire isolée d'un petij sujet: nu fragment de mâchoire sur gangue
A. I,\\ ii.i.K. — Vertébrés fosailes du gypse Pari.sini el du Sannoisien. 73
avec une canine, deux incisives, de la V niasse. Ganière Lambert à Cor-
Mieiik's-en-l'aiisis, 21 auùl 1!)03.
Deux plialanges indéterminées, l" masse du iianc dit (les Hiancs Lits).
Carrière Pers à Noisy-le-Sec, octobre lOOo.
Une mâchoire supéiioure en mauvais état avec débris de la tète, 1" masse,
banc dit (les la'ines). 2 mars 1900.
Fragment de mâchoire supérieure, côté gauche d'un grand l'uUenlheriuui
avec les 2", 3", i" prémolaires, la 3" arrière-molaire et deux canines isolées,
1" masse, banc dit (les Foies de Cochon). Carrière Pars à Noisv-le-Sec,
22 août i!»OG.
Une tête supérieure de radius, i." masse. Carrière Gerbaud à Livrv,
21 septembre 1906.
Des débris de mâchoire inférieure mutilée, sans dents, de la 1" masse,
banc dit (Galle des Blancs Lits), 23 novembre 1906.
TROISIÈME PARTIE
ARTIODACTYLE
Genre Dichobune.
Mandibule d'un jeune individu, avec la 4'^ prémolaire el la l" arrière-
molaire, du milieu de la 1" masse du gypse, banc dit (les Galles), entre les
Blancs Lits et le Banc gris. Carrière l'ers à Noisy-le-Sec, 12 octobi-e 190o.
Genre Xipliodou.
Partie supérieure du radius droit, de la l'" masse. Carrière Audebert de
Lapinsonie à Monlmagiiy, 27 mai-s 1894.
Deux fiagments de la partie supérieure des 3' et 4" métatarsiens, de la
1'"' masse. Carrière Pers à Livry, 15 juin 1891.
Du pied de devant : tibia, les os du carpe, les 3' et 4^ métacarpiens incom-
plets, de la 1" masse. De la carrière Pers à Noisy-le-Sec, 4 mai 1895.
Un calcanéum dans la gangue, de la f" masse. Avron, 8 mai 1895; attri-
bution au Mphodon, inrei-taine.
X. gracile Cuvier. — L ne phalange, de la T' masse. Carrière Pers à Livry,
19 octobre 1896.
Id. — Epiphyse de métacarpien ou métatarsien, de la l" masse du gypse.
Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 4 juin 1897.
Id. — Un tibia gauche, de la f" masse du gvpse. Carrière Crépin à Villiers-
Adam, 12 juillet 1898. " >
Une tète en mauvais état, de la [" masse, banc dit (les Urines). Carrière
Dorliat à Sannois, l" septembre 1898.
Empreinte d'une jambe de derrière et du bassin, [" masse du gypse.
Carrière Uian à Sannois, 16 avril 1902.
Un métatarsien ou rnétacai-pien, de la l''" masse, banc dit (les Foies de
Cochon). Carrière Dian à Sannois, 9 octobre 1902.
Mphodon gracile Cuv. — De la marne à limnées, une mandibule inférieure
droite avec les 3°, 4° prémolaires, les 1", 2' et 3' arrière-molaires. Fresnes-
les-Bungis. 23 mai 18!)6.
Epi|)hyse du tibia gaucho, une phalangine, une epiphyse de métatarsien
ou métacarpien. Fresnes-les-Rungis, 1" décembre 1898.
I>e i'' métatarsien, le naviculaire du 4" doigt du pied gauche, la phalange
et la phalangette. Fresnes-los-liungis, 20 juillet 1899.
Patte de devant et patte de derrière, quelques os, le 3^ métatarsien ou
métacarpien, des phalanges, un astragale et un calcanéum droit, des débris
74 A. Laville. — Vertébrés fossiles du gypse Parisien et du Sannoisien.
de mâchoire avec trois dents sur gangue, des incisives et quelques molaires.
Fresnes-les-Rungis, 21 avril 1900 et 19 mai 1900.
Ln metiiiarsien ou métacarpien de la marne supérieure à ciment (manie à
limnées). Carrière Leperdrieux à Sannois, 12 mars 1902.
Genre Anoplotherium Cuvier.
A. commune Cuvier. — Des 3' et 4'^ prémolaires. Carrière Cliatellier à
Villejuit, 30 janvier 1902.
Lue plialanije, dans un rognon de Ménilile. Carrière (ihatellier à Villejuif,
30 octobre 1903.
Partie supérieure et moitié de la partie inférieure du tibia gauche. Carrière
Cliatellier à \ illejuif, 22 janvier 1903.
Une phalange. Même carrière, 22 novembre 1906.
Les deux épiphyses d'un tibia gauche. Carrière Chatellier à Villejuif,
lo février 1910.
Une mandibule inférieure droite avec la 4' prémolaire et les 2' et 3° ari-ière-
molaires. Carrièi-e Lambert à Cormeilles-en-Parisis, de la 2' masse, 10 sep-
tembre 1904.
Lue mmidibule inférieure gauche, le moulage d'un encéphale et des débris
de la tête en très mauvais état, de la l''" masse du gypse. Carrière Eve à
Argenleuil; donné par M. Eve, le 4 juillet 1893.
Un moulage d'encéphale, de la T" masse du gypse. Carrière Dindin à
Vaujours, 25 juillet 1895.
Un astragale droit, de la f' masse. Carrière Fers à Noisy-le-Sec, 6 août
1893.
Deux fragments de mandibules inférieures avec les 2" et 3' arrière-molaires,
quelques dents isolées, un unciforme droit, de la f' masse du gypse. Carrièie
Pers à Livi'v, 17 septembre 1893.
Un fragment de mandibule gauche avec les 2° et 3'' arrière-molaires,
f" masse. Carrière Blanchetot à Noisy-Ie-Sec, 24 septembre 1893.
Un cubo'ide droit, l"'" masse. Carrière Crépin à Villiers-Adam, 20 octobre
1893.
Un fragment de mandibule gauche avec deux prémolaires, un fragment
de mâchoire supérieuie gauche avec la 4" prémolaire et la f" arrière-motaire,
de la l" masse du gypse. Carrière Pers à Livry, 7 novembre 1893.
Les 2^ et 3* arrière-molaires supérieures droites, un calcanéum gauche,
de la 1" masse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 10 novembre 1893.
Une mandibule inférieure droite avec cinq dents de lait, i" masse. 23 dé-
cembre 1893.
Un calcanéum droit, f" masse. Carrière Gauvain.
Une 3° arrière-molaire droite, un fragment de mandibule droite avec deux
prémolaires, un astragale droit, de la l" masse. Carrière Pers h Noisy-le-Sec,
10 février 1894.
Une njlule, 1'''' masse. Sannois, 15 février 1894.
Une phalangine du .3° doigt gauche, 1" masse. Montigny, 23 février 1894.
Un naviculaire droit, un astragale droit, de la 1" masse. Chelles, 16 mars
1894.
Une tête supérieure d'humérus, une rotule, un naviculaire, une 4^ prémo-
laire droite, de la l" masse. Sannois, 20 avril 1894.
Un fragment de mandibule gauche avec les 3" et 4'' prémolaires, un 4'' mé-
tatarsien gauche, deux phalangettes du pied de derrière gauche, une
3° arrière-molaire gauche, de la 1" masse. Carrière Blanchetot à Noisy-le-
Sec, 1" mai 1894.
A. LwiLLE. — Veiiébrés fossiles iht gypse Parisien et du Sannoisien. 75
Un 3° inétataisien gauche, de la 1" masse. Carrière Letellier à Claye,
i:; juin 1894.
Lin astiagale droit, une 2' arrière-mniaii-e droite, 1"° masse. Carrière de
la Fosse-Maussoin à Livry, 26 juin ]8!)4.
Iji omopiale, de la 1" masse. Carrière Blanchetot à Noisy-le-Sec, 30 juin
1894.
Un fragment de mandibule droite avec les 3'^ et 4^ prémolaires, les 1" et
2" arrière-molaires, une 3° arrière-molaire supérieure gauche, un cunéi-
foi'me 3, droit, un caicancum droit, 1"" masse. Carrière Bancel à Saint-Brice,
3 juillet 1894.
Une tète mutilée en nombieux fragments, avec le moulage de l'encéphale,
un fragment de mandibule droite avec la dernière aiTière-molaire. de la
1" masse. Carrière Pachot à Livr>', 7 septembre 1894.
L'extrémité du calcanéum d'un très grand sujet, de la 1" masse. Carrière
Pers à Livi y, 23 novembre 1894.
Un semi-iunaire gauche, une phalangette du 3' doigt du pied de derrière
droit, de la T"" masse du gjpse. Carrière Pers à .Noisy-le-Sec, 4 mai 1893.
Un uncifoime du pied de devant droit, un grand os, un pyramidal, un
semi-lunaire du même pied, un 4° métatarsien droit, une phalange et une
phalangine du 4* doigt du pied de devant gauche et du pied de devant droit,
un astragale droit, une phalangine du i' doigt du pied de derrière et du même
doigt du pied de devant, un cunéiforme gauche, un demi-astragale droit,
une phalange du 4' doigt du pied gauche de devant, deux phalanges du
3" doigt du même pied, de la 1"^ masse. Carrière Pers à Livry, 7 mai 1895.
Une mandibule gauche avec deux arrière-molaires dont une dent de lait,
de la 1"^ masse du g\"pse. Carrière Pachot à Gagnv. Donné par M. Pachot,
20 juin 1890.
Deux pieds non entiers, de la V" masse. Carrière Pers à Livry, 17 août 1895.
Un fragment de mandibule droite, avec les 2^ .3°, 4° prémolaires, les 1",
2" arrière-molaires, de la f" masse. Carrière Gauvain à Romainville.
Une canine inférieure? droite, les 2° et 3^ arrière-molaires supérieures
droites, de la l"* masse. Carrière Gauvain à Romainville, 24 octobre 1893.
Une mâchoire inférieure avec les -3', 4"" prémolaires, les l'■^ 2" et 3^ arrière-
molaires pour le côté gauche, les t"'", 2°, 3° et 4° prémolaires pour le côté
droit: une 3* prémolaire inférieure droite, deux .3° et 4" prémolaires inféi ieures
gauches, deux incisives: la partie supérieure du 3" métatarsien du pied droit,
de la l"* masse, à 3"30 au-dessous du sommet. Carrière Pers à Livrv, 8 no-
vend.re 1893.
D'un pied gauche, l'astragale, le cuboïde, le naviculaire, le cunéiforme 3,
le 4° métatarsien avec les phalanges, de la 1" masse, banc dit (le Gros Banc).
Carrière Pers à Livry, 30 avril 1896.
Une 4° prémolaire inférieure droite de lail, un pied de devant droit, un
i" métacarpien, la partie supérieure du 3°, un semi-lunaire, un fragment de
crrand os, un fragment de mâchoire en mauvais état, de la t" masse. Carrière
Royer à Gagny. D'un pied droit, la phalange et la phalangine du 4° doigt, à
épiphyses détachées, deux sésamoïdes, un semi-lunaire, de la V masse.
Carrière Pers h Noisy-le-Sec. 18 juin 1896.
Un 4' métacarpien gauche, de la l" masse. Carrière Réstis à Vaux près
Triel, 23 juillet 1896.'
Les .3° et 4° prémolaires inférieures gauches, de In 1""" masse. Carrière Pers
à Noisy-le-Sec, 8 août 1896.
Le 4° métatarsien droit, une phalange, une rotule, de la 1" masse. Carrière
Gauvain h Romainville. 8 août 1896.
Une 2" arrière-molaire gauche, du banc dit (les Cendreux), dans la 1" ma.sse.
Carrière Pers à Livry, 12 mai 1898,
76 A. Laaii.i.e. — VorW'bri'S fnsxili'.^ du gypse Parisien et du Snimnisiev.
Un troisième mf^tatarsion gaiirhe, d'" masse. Can'ière Crépir» à Viiliers-
Aiiam. Donné par M. Crépin, 12 juillet 1898.
Un fragment de mandibule avec les 4° prémolaire, 1" et 2° arrière-molaires
inférieures dioilcs, de la P" niasse. Carrière Crépin à Villiers-Adam,
28 juillet I8!)S.
Un fragnKMit de mandibule ganehe avec les 2', 3° arrière-molaii'es, un
4° métatarsien gauche, de la l" masse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 17 no-
vembre 1898.
Un 3' métatarsien droit, un calcanéum droit, un pied droit avec le calca-
néum. le cuboïde, le naviculaire. le cunéiforme 3, les .3° et 4° métatarsiens,
les phalange et iihalangine du 3' doigt, de la i" masse. Carrière Pers à Uivi'v,
8 décembre J898.
Une mâchoire inférieure mutilée avec, pour le côté droit, les 1", 2° et
3° arrière-molaires, pour le côté gauche les 2^ et 3° arrière-molaires, un
4' métacarpien gauche, de la 1" masse. Carrière Pers h Livry, 2 mars 1899.
Deux molaires inférieures engagées par la couronne dans la gangue,
1" masse. Carrière Pachot à Livry, fi juillet 1899.
D'un pied de devant droit avec l'unciforme, le grand os, les articulations
supérieures des 3" et 4" métacarpiens et une articulation inférieure de la
phalange du 3° doigt.
D'un pied de derrière, les phalange et [)halangine du .3" doigt, l" masse.
Carrière Crépin à Yilliers-Adam. Donné par M. Crépin, 14 août 1899.
Une mandibule droite avec les 3", 4" prémolaires et les 1", 2° et 3" arrière-
molaires, de la 1" masse du gypse. Carrière Dirkel à Sannois, 19 mars 1901.
Une l" et une 2° arrière-molaires supérieures gauches, une K" et une
2° arrière-molaires inférieures gauches, de la 1" masse. Carrière .\udebert
de Lapinsonie h Montmagny, 10 avril 1901.
Une demi-mâchoire supérieure gauche avec les 1", 3°, 4° prémolaires et
les 2° et 3' arrière-molain'S, de la 1" masse. Carrière Pers à Livrv, 2^ sep-
tembre 1901.
Un débris de mandibule gauche avec la 3" incisive, la 2" prémolaire, les
2' et T arrière-molaires, de la r° masse. Carrière Audebert de Lapinsonie
à ^lontmagiiy, 2 avril 1902.
Un fragment de mandibule d'un grand individu a\ec la 3^ arrière-molaire.
Une prémolaire gauche, la 2" ou .3° inférieure.
Une incisive, de la 1" masse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec. Ifi août 1902.
Une phalangine du 4" doigl du pied de devant gauche, du banc dit (les
Foies de Cochon), dans la T" masse. Cariière Dian â Sannois, 9 octobre 1902.
Un fi'agmenl de mâchoire encore dans la gangue, \" masse. T,es CInviers
à Argenteuil, Ifi avril 1903.
Un pied gauche incoinplel d'un gios imlividu a\ec les deux lêtes de deux
tibias, le rubfâ'de. les 3'' ci 'r mi'-lalni'siens cl les plialaiiires cl phalaiigines des
3* et 4' doigts, la phalange du 4" doiirl dn pied de devant droit, 1" masse.
Carrière Cerbaud â Livrv, 24 juillet 1903.
Des débris d'une mâchoire inférieure avec les 1", 2°, 3' arrière-molaires
gauches et seulement la 3° arrière-molaire droite.
Une incisive, une arrière-molaire de lait supérieure gauche, un semi-lunaire
droit, un méfacar-pien du 4" doigl gauche, 1" masse. Carrici'c Pers â Nnisv-
le-Sec. 2^1 juillet 1903.
T^ne mandibule droite avec les 1". 2^ 3" et 1" prémolaires, un pied de devant
gauche avec l'unciforme, le semi-lunaire et le pyramidal, du banc dit (les
Blancs TJfs), 1" masse. Carrière Cerbaud â T-ivrv, S septembre 1903.
Fragment d'une mandibule gauche avec la 'i° prémolaire, les 1""". 2" et
3° arrière-molaires, la phalangine du i" doigt du pied de derrière gauclie.
A. I.wiLij;. — Vertébrés (osxiles du gypse Pansicn rt du Sannoisien. 77
un cuboïde du pied gauche, de la T" masse. Carrière Herbinot à Chelles,
6 seplembre 1904.
Un pied gauciie de derrière avec le caicanéum, cuboïde, le naviculaire, le
cunéiforme 3, les métatarsiens et les phalanges et plialangines des 3" et
4° doigts.
Des fréigments de i-adius et de cubitus gauches, du banc dit (les Galles),
dans la f" masse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 3 décembre 11)04.
Un astragale gauche, un fragment de mâchoire encore dans la gangue,
de la i" masse. Carrière Herbinot à Chelles, 8 avril 1905.
lu fragmenl de mandibule gauche avec les incisives 2 et 3, la canine, les
2", T, 4° prémolaires, des incisives, des prémolaires et arrièie-molaires
diverses, du liane dit (Banc gris fer), un ealcanéum droit, du banc dit (les
Blancs Lits), 1" masse du gypse. Cairière Pers à Noisy-le-Sec, 5 août 190.^.
Un mauvais débris de mâchoire inférieure avec les 4° prémolaire, l''", 2",
3" arrière-molaiies pour le côté droit, la 1" arrière-molaire pour le côté
gauche, de la f' masse. Carrière Uambert à Cormeilles-en-Parisis.
Une 2" ou 3" incisive supérieure droite, une canine inférieure droite et une
gauche, du banc dit (les Galles), 1" masse. Carrière Pers à Noisv-le-Sec,
12 août 1903.
Un pied de devant gauche avec le 3" métacarpien, l'extrémité du 4°, la
idialange. la phalangine et la phalangette du 3" doigt, du banc dit (les Galles),
P" masse. Cai-rière Pers à Noisy-Ie-Sec, 19 octobre 1905.
Une mandibule encore dans la gangue, du banc dit (Banc gris fer), l''' masse.
Carrière Gerbaud à Livry, 26 octobre 1905.
Une l'' et une 2^ prémolaires supérieures gauches, du banc dit (les Blancs
Lits), 1" masse. Carrière Pers à Livry, 2 novembre 1905.
Un caicanéum droit, du banc dit (le Gros banc), T' masse. Carrière Pers à
i\oisy-lp-Sec, 2 mars 1906.
Un fragment de mandibule encore dans la gangue, 1" masse. De la carrière
Pers à Noisy-le-Sec, 1906.
Un fragment de mandibule avec une incisive et une canine, 1" masse.
Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 7 juillet 1906.
Un pied droit de derrière avec le navirnlaire ef un cunéiforme, d'un pied
gauche di> devant avec le 4° métacarpien et la phalange de ce doigt, du banc
dit (Banc tendre), vers le sommet de la 1" masse. Carrière Gerbaud, à Livrv,
26 septembre 1906.
Une incisive, du banc dit (Banc de fer), dans la V" masse. Carrière Lambert
à Gormeilles-en-Parisis, 23 octobre 1906.
Mariip à Lininées.
D'un humérus gauche, l'articulation sur le cubitus, du Ranc veit, un des
lits de la marne à Liumœa slrigosa. Carrière Gauvain à Romainville, 4 mai
1893.
Ordre oes Carnivores. — Genre Àmphicyon.
Articidation inférieure d'un humérus gauche, que je rapporte à un animal
de ce genre, de la marne à limnées. Carrière Pers à Noisv-le-Sec, 24 oc-
tobi-e 1893.
Ossements et défiris d'ossements dont je n'ni pu déterminer te genre
auquel ils appartenaient.
Un fragment de bassin. Carrière Chafellier à Villejuif, 22 novembre 1906.
Une articulation inférieure d'un fémur, une phalange d'un petit mammi-
fère, de la [" masse. Carrière Dian à Sannois, 24 septembre 1904.
78 A. L.wir.r.E. — Verlébn's lo.s.sUi\s du (jupse PûTisien et du Sannoisien.
Quatre petits ossements, de la 1'° masse. Carrière Herbinot h Chelles,
8 décembre 1904.
Une phalange d'un petit animal, do la 1" masse. Carrière Pei's à Livry,
7 mai 1895.
Une diaphyse d'un os très long (chauve-souris ou oiseau), de la 1"" masse.
Carrière Pors h Noisy-le-Sec, 17 août 189.5.
Une phalange et une phalangine d'un 1res petit mammifère, de la i" masse.
Carrière Pers à LivrA', 8 novembre 1895.
L'articulation sur le calcanéum d'un humérus, de la l" masse. Carrière
Tréfois à Montmagny, 30 mai 1896.
Une articulation de l'humérus sur le cubitus d'un animal que je n'ai pu
reconnaître, l" masse. Carrière Pers à Noisy-le-Sec, 18 juin 189fi.
Une mandibule inférieure avec les {"". 2° et 3" arrière-molaires, de la
l""" masse. Carrière Gauvain à Romainviile, 19 févi-ier 1897.
Deux phalanges d'un petit mammifère que je n'ai pu reconnfiîlre, du
2° chien au-dessus de la 1" masse. Carrière Gauvain à Romainviile, 4 mai 1895.
Deux phalanges longues et grêles de , de la marne à limnées. Carrière
Pers à Noisy-le-Sec, 7 juin 1895.
De la meulière de Brie.
Paloplotherium minus? Guv. — Une P*, la .3" et
rieures gauches, du calcaire siliceux de la Brie,
Carrière Gauvain à Romainviile, 3 décembre 1904.
la 4° prémolaires supé-
banc dit (les Boulans).
A. Laville.
LYDUS ALGIRICUS L.
Ses moeurs — Sa larve primaire.
On sait depuis les Iravaux d'Abeille de Perrin (/»(///. de la Soc. d'Ilisl. nul.
de Toului(u\ 1880, p. 2'(fi) et d'Escheriih (Revis, dor Mel. Gatl. Li/r/i/.v Lalr.,
in D eut. Entum. Zeitschrijl. 189<), Ilift II, p. 193) que sous le nom de Lijdus
Algiricus L. on a englobé autrefois diverses espèces dont la séparation n'est
pas toujours aisée, notamment le Li/dus sanguimpennis Chevrol., espèce
marocaine qui pourrait fort bien se retrouver dans notre région.
Je crois m'être mis à l'abri d'une pareille confusion, car les nombreux
sujets que j'ai observés répondent tiès bien aux descriptions de VAlgiricus
par ces deux auteurs. D'autre part, j'ai noté chez eux l'absence constante
de deux caractères attribués au Sanguimpennis : <( Elytris sanguineis,
» sutura plus mimisve nigrescante, capilc thoraceque glabris », dit Escherich
dans sa diagnose. Mes exemplaii'es ont tous les élytres d'une couleur rouge
uniforme, sans la moindre coloration noire sur la suture, et de plus ils ont
une pubescence très accusée sur la tête et le thoiax.
J'ai cru devoir faire cette déclaration préalable, en raison de ce qu'a
écrit Lucas : << Je ne pense pas que ce Lydus habite l'Ouest de nos possessions
» du Nord de l'Afrique, comme M. Cheviolat l'a indiqué dans son tiavail
» sur les Mylabres de la l!arbai-ie. » (Lucas, Exvlor. scient, de l'Algérie,
t. H. \>. 392).
A. Gros. — Lydu} Algmcus L. 79
N'en déplaise à cet auteiii- — du reste fort excusable, puisqu'il ii'esl jamais
venu cl Mascara, celte espèce est aussi commune ici qu'elle peut l'être
à Coiislantine.
Ces insectes se rencontrent généralement dans la dernière (jninzaine de
mai, et la première moitié de juin (dalos extrêmes de mes captures : 22 mai —
3 juillet). C'est également à pareille époque que Lucas les a observés aux
environs de Constantine (1), oîi ils se tiennent, dit-il, le long des tiges des
grandes lierbes.
Parmi les plantes qu'ils fréquentent, j'ai remarqué notamment la Scabieuse,
le Uéséda blanc, et une Centaurée à tleurs jaunes (('enlaurra Icrd.v). On les
l'encontre ordinairement sur les Heurs, souvent en assez grand nombre.
Il est assez fi'équent de les Irouvei- afcouplés : ils sont aloi's disposés bout
à bout, abdomen contre abdomen. La durée de la copulation est assez longue :
le 8 juin 1908, j'ai surpris vers 5 heures du soir deux Lydus algiricus in
copula; h minuit le couple n'était pas encore disjoint; mais le lendemain
matin les insectes étaient séparés.
J'ai pu voir la manière dont les Ijjdus alyiricus déclarent leur llainme à
leurs belles : c'est absolument le même modu.s fnciendi que j'ai observé avec
les Lydus (Âlosimus) viridissimus (2) : le mâle grimpe sur la femelle, et se
campe sur son dos; puis il étend en croix ses deux pattes antérieures, et
avec ses antennes portées alternativement à droite et à gauche, il fait un
massage vibratoire de l'antenne de sa compagne, qu'il ramène à l'aide de
sa patte correspondante par une pression d'arrière en avant. Parfois la
femelle baisse la tête, et l'amoureux ne peut faire que le simulacre de ses
passes antennaires. Après quelques instants de ce manège il se recule et
s'efforce d'amener la coaptation des organes; si la tentative échoue, il reprend
sa position première et recommence *ses manœuvres.
La ponte a lieu les jours suivants; la femelle confie ses œufs à la terre.
Dans le bocal où je tenais enfermés mes Lydus, j'ai vu le 20 juin 1910 une
femelle creuser une galerie dans le sable. Quelques jours après, à cet endroit
j'ai fait une fouille qui m'a mis en possession d'une très volumineuse ponte
située à une profondeur de 4 à 5 centimètres. Les œufs étaient disposés en
las et placés parallèlement les uns aux autres, comme dans les pontes des
Méloés. Ils sont cylindriques, arrondis aux deux bouts, allongés, grêles, par-
fois légèrement incun'és. Leurs dimensions sont de i mill. 1/4 environ en
longueui', [/li de millimètre en largeur. Leur couleur est jaune pcàle; leur
nombre, difficile à évaluer, m'a paru fort élevé, et doit atteindre plusieurs
centaines, peut-être un millier.
La durée de l'incubation des diverses pontes que j'ai obtenues (une dans
le sol, Irois autres dans des boîtes où j'avais enfermé des femelles captives)
a varié de 15 h 22 jouis. Déjà avant que la jeime larve sorte de l'ii-uf, on
peut l'apercevoir par- transparence dans sa coque; à. la loupe, j'ai pu distin-
guer, la veille de léclosion. les contours de la tète, avec les deux yeux, sous
forme de points noirs, et le corps un peu aplati.
Les larves qui viennent d'éclore sont à peu près incolores, mais ne tardent
pas à prendre leur liviée définitive. Les pellicules des œufs vides sont large-
ment ouvertes à l'une des extrémités dans le sens longitudinal, et forment
un amas de petites enveloppes blanches au milicii desquelles fourmillent
les larves très agiles.
Ces laiTCS, dont l'aspect rappelle .singulièrement celui des triongulins du
(1) .Signalés comme très communs en Kiibylie par Thiriat [h'aimc entom. du Sud de la
Kabylie). — Capturés il Tunis (10 juin) par Kobelt,
(2) Voir mon li'avail : Lydus (alosiinuS' viridissimus Luc, ses mœurs, sa lai've primaire
{Feuille des Jeunes NaluraUstes, 1911, p. 191).
80 A. Gros. — Lydus Algiricus L.
Mrloe majnlis L. (1), paiaissent prendre parfois pour marcher un point
d'appui sur leur anus. Elles ont une forme allongée, aplatie; leur longueur
est d'un millimètre et demi, leur largeur d'environ un cinquième de milli-
mètre. Elles sont composées de t:l segments cliilinisés : la Icle, 3 segments
tlioraciques, et !) abdominaux. Leur abdomen, dont les anneaux très arrondis
sui' les ciMés foi-mcnl comme des feslons laléiaiix, est muni h son extrémité
de deux longues soies divergentes. Elles sont pourvues de trois paires de
pattes. La tête, presque carrée, porte deux courtes antennes, et de ctiaque
côté un œil noir. Les segments tlioraciques sont plus développés que ceux
de l'abdomen. La lar\'e vivante, dont les anneaux sont écartés, présente au
niveau de chacun des segments qui la composent deux zones de coloration
bien distinctes; l'une antérieure, correspondant aux arceaux chitineux,
foncée, brune ou acajou; l'autre postérieure, correspondant à la membrane
unissante intersegmentaire, claire, presque blanche; de telle façon que
l'insecte dans toute sa longueur présente des bandes transversales altenia-
tivement claires et oliscures. Sur la larve rétractée, la coloration est uni-
forme, d'un biun rougeâtre.
Voici la description détaillée des divers organes de la larve du Ljidiis
aJgiiicus examinée au microscope à un fort grossissement (2).
Tête. — Presque carrée, surtout vue par la face inférieure, à angles forte-
ment arrondis; moins large que le prothorax sous lequel se cache son bord
postérieur; présente quelques épines sur les côtés et sur le front.
Le labre, de forme rectangulaire, est bordé de cils en avant, et masque
les mandibules quand celles-ci sont fermées complètement.
Les mandibules robustes, à peine courbes vers la pointe, paraissent trian-
gulaires, et légèrement excavées à leur face interne; se croisent au repos,
mais dépassent largement le labre quand elles sont ouvertes tant soit peu;
ne présentent aucune denticulation.
Les maxillaires robustes, saillants, presque cylindriques, arrondis à leur
sommet, ne paraissent avoir qu'un lobe très peu développé, non garni
d'épines.
Les palpes maxillaires pendent au-dessous de la tête presque verticalement,
et sont composés de trois articles : l'article basilaire, en forme de disque,
court; le second, cylindrique, court également, un peu moins large que le
premier: l'article terminal plus long, aplati en forme de palette, terminé par
un certain nombre de petites papilles.
La lèvre inférieure très étroite, porte très serrés l'un contre l'autre les
palpes labiaux, de deux articles, le premier en socle cylindrique, très court,
le second en bâtonnet, légèrement renflé au milieu.
Les antennes, placées en avant des yeux près de l'origine des mandibules,
et un peu au-dessus d'elles, se composent de trois articles : un article basi-
laire, en forme de disque rond et large: cet. article est très court; le deuxième
article, moins long que le troisième, un peu plus long que le premier, d'un
diamètre presque égal h celui-ci, est comme excavé en cupule en dehors.
Dans cette excavation se trouve logé un appendice hyalin, complètement trans-
parent, affectant la forme d'un œuf, dont la grosse exirémité repose sur
l'article moyen. L'article terminal, en forme de bâtonnet arrondi à son extré-
mité qui est légèrement renflée en massue, est inséré latératement sur le
précédent du côté interne et se termine par un long cil. Il supporte en outre
4 ou 5 poils placés en cercle tout autour de la massue, qui lui forment comme
(1) Voir mon travail :.Mœ\irs et évoliilion du Mcloe majalis L. {Bulletin de la SociéU d'His-
toire naturelle de VAfriqtie du Nord, 1912, n"» 2 et suivants).
(2) M. J. Lansiiepin, pharmacien a,ide-major h l'Hôpitfll militaire de Mascara, a bien voulu
dessiner, sur mes indications, les détails de celte lai-ve. .le lui en expiime ma sincère graliludc.
A. Cuos. — Lydus Algincus L.
81
1. Lciive.
s. (1. = sillon de déhiscence.
st. = stigmale.
Lydus algiricus L.
-'. Tète.
3. Mandibule.
4. Palpe ma.xillaire.
5. Antenne.
c. h. = corps hyniin.
6. Patte.
82 A. r.uos. — Li/dns Algiricus L.
une sorte de couronne divergente, et font avec le grand cil terminal un angle
de 45° environ.
Les yeux placés de chaque côté de la tète, en arrière des antennes, se
détachent sous forme d'un gros point noir arrondi.
Thorax. — Le pio-thorax, de forme i-ectangulaire, plus développé dans
le sens transversal (juc dans le sens antéi'O-postérieur, une fois et demi plus
long que le méso-thorax, à angles légèrement ai'rondis. l'ecouvre en avant
le bord postérieur de la tête qu'il imbrique, et qu'il dépasse latéralement;
en arrière, il imbi'ique également le méso-thoi-a\. FI présente trois courtes
épines sur ses bords latéraux, une au milieu et une aux angles antéi-ieurs
et postérieurs.
Le méso- et le méta-lhorax de forme trapézuïdale, surlout le méla-lliorax,
à angles à peine arrondis, sont à peu près égaux entre eux, un peu plus
longs que les segments de l'abdomen. Le méso-thorax imbrique en arrière
le méta-thorax, et celui-ci imbrique le premier segment de l'abdomen. Ces
deux articles présentent vers le milieu de leur bord latéral une petite épine
au poil difficile à apercevoir. D'une façon générale, les articles thoiaciques
sont glabres.
Sillon de Déhiscence. — La tète présente en arrière un sillon de déhiscenoe
médian antéro-postérieur qui se bifurque vers le milieu de cet organe, et
dont les bi'anches recourbées en dehors à leur partie antérieure vont mourir
en avant des antennes près de leur base. Ce sillon se continue en ari'ière sur
le pro-thorax et sur le méso-thorax; il paraît s'arrêter près du bord posté-
rieur de celui-ci. Je n'ai pu l'apercevoir sur le méla-thorax.
Abdomen. ■ — Les segments abdominaux s'imbriquent les uns sur les autres
d'avant en arrière. Ils sont au nombre de 9, sensiblement égaux sauf le
dernier qui est plus petit, conique, arrondi à son extrémité. Ils sont beaucoup
plus larges que longs, avec le bord postérieui- plus large que l'antérieur.
Leur forme, par conséquent, est nettement ti-apézoïdale, et leurs angles
postérieurs sont fortement arrondis, ce qui donne à l'insecte un aspect
festonné très caractéristique. Chaque segment porte en arrière une cou-
ronne de poils ayant une fois et demie la longueur du segment lui-même. Le
dernier segment présente en arrière deux longues soies divergentes, en plus
de la couronne de poils qu'il porte comme les autres articles. Les segments
de l'abdomen, à la face ventrale présentent également une bordure de poils
analogues à ceux du dos.
Stigmates. — Il y en a 9 paires, une sur chaque segment de l'abdomen,
à l'exception du dernier qui en est dépouivu, et une sur le méso-thorax. Ces
stigmates sont très gros, énormes pourrait-on dire, ronds, sensiblement
égaux, visibles avec la plus grande facilité; leur diamètre égale le tiers du
diamètre antéi'o-postérieur du segment. Ceux du méso-thorax sont placés
très près des angles antérieurs, sur le bord latéral.
Pattes. — Elles sont composées de quatre segments : une hanche globu-
leuse; un trochanter; une cuisse cylindrique présentant à son tiers supérieur,
du côté intei-ne, deux comtes épines voisines, presque perpendiculaires, et
une troisième près de l'articulation du genou. La jambe arrondie, cylindro-
conique, est hérissée de tous les côtés de courtes et fortes épines, et se
termine par trois ongles recourbés, longs, divergents, formant griffe, les
deux externes moins longs que celui du milieu, sur lequel ils sont insérés
à angle aigu près de sa base, un de chaque côté.
Les larves du Lyrf//v (lUiiriciis présentent comme l'on voit des caractères
anatomiques qui les l'appiorhrnl non seulement des lai'ves des autres Lyilus.
(Ex. : Lydus (Alosirnus) riridiixinms) mais encore des larves de Canlharis,
d'Epicauta, de Zonabtis, et du Meloe majalis, notamment la présence sur
A. Gros. — Lydus Algiricus L. 83
le 2" seyiiiéiit des aiilL'iines d'un voliiiiiiiifiix arliclc liyalin (organe sensoriel),
et la loiTue des pattes. La contigiiiation de l'antenne de la larve de la Can-
(haris vcsicatoriu telle que la repiM'sente lîeauiegard (Les In.seclcs {'('nicanls,
pi. W, fig. 31) scinhie pres(iue dessinée d'après une larve de Li/dus. De
uiènie la jaiiilic de la lane de VEpicautu verlicalis (pi. X\'ll, lig. 8 du même
auteur) et eelle de la larve du Mylabiis varions (pi. XVllI, tig. ti) rappellent
heaucoup celle de la larve de Lijdus. Les ongles de la larve de Mylabins
(pi. X\lll, fig. 7) rap|)ellent complètement les organes similaires de celle
(lu Ijjdiis aUjhiiiis. C'est aussi la forme de ceux du triongulin du MeUw
iiKija'Us. Il y a du reste beaucoup d'auti'es analogies de détail entre ces divers
genres, que je laisse de côté, pour ne signaler que les principales.
Caractères dil[érenliels. — J'ai donné dans mon travail sur les Alosimus
viridisshnus les principaux caractères différentiels qui permettent de dis-
tinguei' facilement les larves du Lydus al[iiriciis de celles de VAIosimns. Je ne
peux que les reproduire ici :
Ces deux larves présentent une aflinité considérable; elles ont notamment
même forme des anteimes, des pattes, des ongles. Mais la distinction sera
aisée si l'on tient compte : 1° de la taille, deux fois plus grande chez Lydus
algiricus; 2" de la coloration uniforme chez L. algiricus, formée de zones
claires et foncées alternant régulièrement (ou d'un brun rouge unifoime sui'
la larve létractée), variée chez Alosimus, qui est brun, sauf les deux premiers
anneaux de l'abdomen, et le deinier qui sont jaunes; T de la grandeur des
stigmates, réellement énormes chez L. algiricus, mais sensiblement égaux
tandis que chez Alosimus les deux premières paires sont beaucoup plus
grosses que les autres; 4° du sillon de déhiscence, borné aux deux premiers
segments thoraciques chez L. algiricus, porlant sur les ti'ois segments thora-
ciques chez Alosimus, etc.
La distinction d'avec la lai've du Mcloe majalis se fera d'api-ès la colora-
tion de cette dei'nière (brune, avec le prothorax, les trois premiers articles
de l'abdomen, et le dernier jaunes); d'après la taille, deux fois plus grande
chez Meloe majalis (près de 3 millimètres), la grandeur des stigmates, beau-
coup plus pelils chez Mt4oe iiaijidis, et inégaux (ceux du méso-thorax et du
1"'' segmi'ul abdonnnal plus gros que les autres; la forme des antennes légère-
ment différente (les deux premiers articles plus développés que chez L. algi-
ricus) etc., etc.
Pour les Zonabris { = Mylabris olim) il n'y aura qu'à considérer également
la forme des antennes : chez les Lydus, le 2" article qui poile l'organe sen-
soriel, est tr-ès court; chez les Zonabris, au contraire, il est allongé, et mesure
de deux à trois fois la longu(!Uf de l'article basilaire; il est de beaucoup le
plus long des articles antennaires, tandis que l'organe hyalin est propor-
tionnellement beaucoup moins développé. En outre, les mandibules sont sou-
vent polydentées chez les Zonabris (Ex. : Zonabris oleœ Cast) ; elles sont
dépourvues de dents chez L. algiricus; les stigmates sont plus petits chez
les Zonabris, etc.
La distinction d'avec les larves d'Epicauta que je ne connais pas en nature,
pai'aît aussi pouvoir se faire d'après la forme des antennes dont le type se
rapproche de celui des larves des Zonabris, d'après les dessins de Beau-
legard.
Cette différenciation serait probablement plus malaisée pour les larves
des divei-ses espèces de Cantharis ( = Lytta) (si j'en juge d'après la description
de la larve de Cantharis vesicatoria et les dessins de Beauregard) qui
paraissent avoir avec nos larves les plus grandes ressemblances. Sans doute
ici encore la taille, la coloration, et d'autres caractères morphologiques, tels
que la forme des mandibules (dentées en scie chez Cantharis vesicatoria), la
84 A. Gros. — Lydus Algiricus L.
grandeur des stigmates, la forme et l'étendue du sillon de déhiscence, etc.,
pourront-ils rendre des services.
Il semblerait à priori i]u'en raison de leur l'essemblance anatomique les
la.i-ves de Ijjtlns doivent avoir au point de vrrc biologiipre une cxislcncc pai'eille
à celle des Canlharis, des Epicauta, des Ztmabrls, du .)/r/oe majalis. On peut
]Méjuger ([u'elles ne s'attachent pas aux hyménoptères, et qu'elles doivent aller
directement à la recherche de leur' nour-riluic coniirre les larves de ces dif-
fér-ents insectes.
il y avait donc lieu de tenter' des expériences pour' arr'iver' à échiir'cir ce
point, et d'essayer' d'élever ces larves. C'est ce que je m'empr'cssai île lair-e.
Le 2 jrrillet J!)()6, le jour même de leur' naissance, je plaçai ces lames dans
un tube de verre, dans lequel j'introduisis faute de mieux, le cadavre desséché
mais en très bon état, d'un h\niénoptère très velu lEucera longicnrnis). J'eus
soin de laisser le tube couché, car loi-squ'il était dans la position verticale,
les triongulins ne pouvaient gr-inrper- sui' ses par'ois. .]e vis bientôt de
rronibr-cuses lar'ves cour-ir' très atraii'ées sur' les diver'ses parties du cor^ps de
lAlii'itlc, nrais je n'en vis aucune se cr-amponiier aux poils conirne les tr'ion-
gulins du Silaris muralis, du Mcloe cribripennis ou du Meloe tuccius, ou
lilonger' la tète sous le rebord des anneaux de l'abdomen comme le font ceux
drr Meloe. pitrpvrascens. Un nouvel examen pratiqué deux heures après nv.
m'en montr'a pas davantage. Le lendemain je conslalai que sans aucune
exception elles avaient totalement dédaigné mon hynrénoptèr'e.
Ayant pu captur-er' vivants deux Apiair'es, une Apis inclUlica v[ un IlciUclus,
je les inti'oduisis successivement dans le tube où étaient les lar*ves. Celles-
ci ne songèrent nullement à s'accrocher ni à l'une ni à l'autre. Je notai toute-
fois que l'IIalictus paraissait gêné par leur voisinage, et que si parfois l'une
d'elles venait à fr'ôler ses pattes, il se secouait vivement comme s'il redoutait
une attaque de leur part.
Le résultat de l'expérience parait donc définitivement acquis : comme les
larves du Meloe majalis, celles du Lydus algiricus doivent aller à la recherche
directe de leur nourrituie. Ces épreuves ont donc confirmé ce que taisait
prévoir la conformation anatomique de ces insectes.
Faute des matériaux nécessaires, je ne pus tenter cette année-là d'autres
essais. Du reste, je fus surpris par la brièveté de la vie de ces larves, qui
toutes avaient succombé le 6 juillet n'ayant vécu que quatre jour^s. Leur
existence est donc relativement courte si on la compare à celle des trion-
gulins du Meloe majalis qui vivent envii^on 20 à 2.t jour-s; mais, au contraire,
sous ce rappor't elles se r-appr-ocherd. du Lydus {Alosimus) viridissimus, dont
l'existence lai'vaire ne dure également que quelques jours, et est peut-être
plus courte encore.
Avec les larves obtenues en 1908, je tentai d'autres expériences en vue de
les élever. Dans un flacon contenant des pontes d'/lcndn;m peregrinum, et
des œufs de Gr'illori mélangés à du sable, je plaçai le fi jiurr quelques lanes
de Ijjdiis algiricus écloses le malin même. D'autr-e pai't dans la boîte orj était
la nichée de Lydus, je mis deux co([ues ovigères intactes, l'rme U'ès gr'ande,
de Painpluigus luunidicus, l'autre plus petite, appai'teirarrl à une autr'e espèce
de Pamphagiis. Ces tentatives ne donnèrent aucun r'ésultat.
Le G juillet, j'obtins une nouvelle éclosion de larves de Lydus algiricus. Je
recommençai avec ces larves déjà très pigmentées, et peut-êti'e âgées d'un
jour', de nouveairx essais avec les oolhèqires de Pomphagus . Mes triongu-
lins ne par-ur'cnt aucrinement s'inquiéter de cette pr-ovende.
Je cor'sai l'expérience, en ajoutant des cellules d'Anthophor'e : aussitôt la
scène changea : mes larves se nur'ent à courir' dessus, en fouillant tous les
recoins, toutes les anfr-actuosités, cherchant évidemment à découvrir un pas-
A. Cros. —Lydus Algiricus L. 85
siigo pour s'y inlioduiro. Leurs allt'us el venues me rappelaienl beaucoup la
façon d'agir des Irinngulins du Melne riuiiali.s. Po\uUm[ je n'en vis aucune
essayer de creuser les parois des cellules. Un îdvéole ulilisé pai- une Osinie,
doiil le fond brisé laissait à dérouvei-| sui' une lies large surface un gâteau
de poll(>M pulvérulent ne sendjla guère les intriguer. Je vis les lar'ves passer
sui- le pollen sans avoir l'air d'y prêter la moindre attention. C'est exactement
la conduite des triongulins du l/c/oc mnjolis qui refusent le pollen, le percent
nièuie tle leurs galeries comme la coque cellulaire elle-même, alors qu'ils
mangent fort bien le miel pâteux ou li(piide. jj'expérience ne donna pas
d'autre résultat : les larves continuèrent h errer dans le flacon pendant
quelques jours, et le tl juillet je pus constater qu'elles étaient toutes mortes.
Je vérifiai qu'aucune cellule d'Antliopliore n'avait été perforée.
Un mois après le début des expériences, le 6 août, j'examinai les pontes
de l'amphagits. Le résultat de mon examen fut encore négatif; aucune larve
de Lijdu.s n'avait pénétré dans ces oothèqucs; tout au moins aucune ne s'y
était développée.
En 1!)I0, ay.int obtenu une nouvelle ponte, suivie d'éclosion le "i juillet,
j'instituai immédiatement des expériences avec ces larves peu nombreuses,
le plus grand nombre d'enli'e elles s'étanl évadées déjà. J'en mis quelques-
unes : 1" dans un tube contenant deux larves dWntliophorn albhiciia: 2"
dans un tube contenant des cellules en pétales de (leurs d'Osiiiia hnKjisphui
Ferez, une intacte, une autre ouverte ne contenant que du miel pâteux, la
larve de l'hyménoptère étant morte, desséchée; 3° dans les boîtes renfer-
mant du miel d'Abeilles ou d'Antliophores.
Deux jours après, le 7 juillet, je constatai que les lai-ves placées avec les
cellules A'Osmia longispina avaient disparu; je ne pus les retrouver. Celles
qui étaient dans un autre tube, au nombre de trois, avec des lanes (r.lH//H<-
phores, étaient encore vivantes le matin; le soir je n'en vis plus qu'une seule.
Ici encore se pose l'éteiTielle question : est-ce la mort par- famine? ou par
bataille? Le lendemain 8 juillet, la troisième avait succombé à son tour. Il
semble donc que l'alimentation carnée ne leur convient pas — autant du
moins qu'on peut en juger d'après une expérience uniiiue.
Par contre, il restait deux larves encore vivantes, bien que ne semblant
pas avoir subi le moindre changement dans une boîte contenant du miel.
Le 9 juillet une de ces larves était encoie en vie, mais le 10 juillet, je la trou-
vais mor-fe à son tour.
Pour la troisième fois, mes essais d'élevage ont donc encoi-e conqtlètement
échoué. Il semble néanmoins résulter de mes expériences :
1° Que les larves du LydtiS algiiicus refusent de s'accrocher aux hymé-
noptères, ce qui inq^lique pour elles l'obligation d'aller directement à la
recherche de leur nourriture, comme le font les larves du Meloe majalis avec
lesquelles elles ont de nombreux points de conlact; elles semblent du reste
aptes à explorer les profondeurs du sol, puisque je les ai vues parvenir au
fond d'un flacon garni de sable;
2° Qu'elles ne sont pas parasites des Orlhoplères; certains indices au
conlraire pourraient faire croire qu'elles se développent dans les nids de
(juelque hyménoptère à nidification souterraine [lUtliclus? Andfcna?) Mais la
(lémonsti-ation n'en est pas encore faite. En tout cas, elles ne paraissent pas
perforer les cellules comme les triongulins du Meloe majalis.
Ces expériences d'élevage sont à reprendre sur- de nouvelles bases; peut-
être pourrai-je arriver à un résultat positif, si je puis avoir sous la main au
moment opportun des cellules récentes d'hyménoptèi-es, contenant un onif,
ce que je n'ai pu réaliser jusqu'ici.
Il y a lieu du reste de ne pas oublier que la forme des anteniii's drs larves
8G A. Gros. — Lydns Algiricus L.
du /.;/(/(/.y algiricus est. identique à celle des larves de la Cantharis vesicatoria,
et que ces der'nioies ont pu être élevées avec du miel comme pi-emier aliment,
mais qu'elles dévorent aussi piéalablement l'œuf ou la larve de la cellule
envahie. La similitude des formes peut justitler pour le Lydiis algincus une
telle espérance, malgré mes échecs successifs, car il ne faut pas perdre de
vue combien ces élevages sont difficiles, et je ne sais que trop, par une expé-
rience déjà longue, qu'on ne les réussit pas à tout coup, tant s'en faut.
Mascara (Algérie). !)'• A. Gros.
NOTES SPECIALES ET LOCALES
Note sur deux gisements géologiques des environs de Gréoulx <Basses-Alpes). ^-
J'ai étudié en 1910 et en 1911, aux environs de Gréoulx (Basses-Àlpe.s), deux gise-
ments géologiques que je crois peu connus. Tous deux appartiennent au Néoconiien
((Jrétacé inférieur).
I. — Gisement de Château -Lavai,. — Au Nord-Ouest du château de Laval se
trouve un éboulis de calcaires marneux néoconiiens ravinés par les eaux pluviales et
sui'montés de couches de cailloux roulés se rattachant à un faciès lacustre tertiaire.
Les principales espèces que j'ai recueillies dans ce gisement sont les suivantes :
Ostrea Couloni (d'Orbigny), Èynrhontlla depressa (d'Orbigny), Terebrntvla prœ-
loiiga (Sowerby), Luna lioyezi (?), Spondylas (indéterminé).
II. — GiSEAiENT d'Auresfrèdes. — Ce gisement est situé .sur les flancs de la
montagne d'Aureefrèdes, au sud de Gréoulx. C'est comme le précédent un éboulis
de calcaires marneux. Les fossiles y sont variés et abondants.
J'y ai récolté les fossiles suivants : Ostrea Couloni (d'Orbigny), Rynchonella
depressa (d'Orbigny), l'erebrafida prœ/oiif/a (Sowerby), Venus GaUoprovincialis
(Matheron), Pholadomya elonyata ( 1).
J'y ai trouvé en outre des fragments d'Ammonites indéterminables et de nom-
breuses espèces d'oursins.
Marseille. P. Manuel.
Diptérocécidie sur PotentUla verna. — Cette année encore Potentilla verna a
donné la cé^îidie signalée pour la première fois en novembre 1910 dans la Feuille
des J . N ., XLP année (par les notes aux Jeunes, p. 17, et par la note spéciale,
p. 18). , .
Le cliché ci-joint en date du 20 mars dernier indique les divers états de cette
cécidie : fig. 1, pied de Potentilla verna indemne et en fleur; — fig. 4, deux pieds
de la même plante dont l'inflorescence offre l'aspect d'une cécidie en artichaut
ou plutôt en rosette très dense et serrée; — fig. 2, cécidie ouverte pour montrer
une larve prête à faire son cocon-pupe (normalement la larve est en position ver-
I
\otes spéciales et locales.
87
ticale, mais par suite de son exposition à la lumière, elle s'est affaissée au moment
du tirage); — fîg. 3, cécidie ouvert* montrant le cocon-pupe en place et fixé soli-
dement par sa base au centre do la rosette.
A remarquer que les cécidies dans lesquelles le parasite est le plus avancé dans
son évolution, offrent une rosette moins épaisse, mais plus allongée, par suite de
la reprise de la végétation normale lors du jeûne du cécidozoon en voie de méta-
morphose. Mais dans les deux cas il y a cliloraiithie.
La larve passe donc l'hiver dans sa galle et se nj'mphose au premier printemps.
J. Ci.
Diptérucécidie sur PotentiUa renia, 20. 3. 2.
Cécidies produites par la ponte de Monojihadnvs geniciilai
voir F. d. J. X.. p. 1.55 (1911).
/; bail uni.
88
Notes spéciales el locales.
Hyménoptérocécidie sur Geum urbanum. — Le cliché promis l'an dernier s'est
fait attendro d'un façon désobligt^ante. Nous réparons un oubli causé par des
événements imprévus.
Il montre deux tiges de Geum urhaïuim dont celle de droite porte dans la partie
■inférirurt dos deux entre-nœuds une cécidic due à la ponte de Monophadnus
iienii-iilatuîi Htg. La tige de gauche en montre d'autres plus petites, en série sur
le même entre-nœud; de plus elle offre l'aspect des feuilles rongées par la larve.
Pour les détails, nous renvoyons à la page 155 de la Feuille des J . N . (1911) où,
d'ailleurs, il faudra corriger " au premier tiers supérieur » par <( ...inférieur. »
J. G.
Aphidocécidie sur Geum urbanum. — Sur le cliché, une feuille (fig. 1) au centre
présente les déformations dues aux succions des Macrosiphum ulmariœ Schk. , dont
on aperçoit quelques individus répartis sur les différentes tiges : une larve de
Syrphe (fig. 2), parasite desdits pucerons, s'aperçoit malgré la défectuosité du
cliché; les feuilles d'en bas (fig. 3) sont également déformées et froissées par les
mêmes pucerons; au voisinage du chiffre 4, vue en profil d'une autre cécidie du
Mo)ioi)lia<in u.<i ci-dessus.
J. (i.
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Giinus iirhaïuim à feuilles déformées par 31acrosijihiim nlmariir. voir F. d. J. A., p. 155 (liHl).
Âgapanthia villosoviridescens De Geer sur Urtica dioica. — A la liste déjà
longue des plantes dont la tige sèche est rongée par la larve de ce Coléoptère,^ on
peut ajouter Urtica dioica. Plusieurs exemplaires recueillis dans de vieilles tiges
d'Ortie au voisinage d'une mare au commencement de mars ont donné leur imago
le l" avril.
Vulaines-sur-Seine. J. Guignon
Le Directeur Gérant,
A. DOLLFUS.
Imp. OberthUr, Rennes— Paris (1744-12 '
»
^ /
ANNEES PRECEDENTES
DE LA
FEUILLE DES JEDNES NATURALISTES
I«^« SERIE DECENNALE
Années 1870 à 1880 (partiellement épuisée) ;
Le numéro ' O fr. 35
L'année 3 fr.
(Les premières années sont épuisées).
Table des Matières de la Série O fr. 40
11^ SÉRIE DÉCENNALE
Années 1880 à 1890 :
Le numéro O fr. S5
L'année 3 fr.
(Quelques numéros ne peuvent plus être vendus séparément).
Table des Matières de la Série O fr. SO
IIP SÉRIE DÉCENNALE
Années 1890 à 1900 :
Le numéro..- O fr. 40
L'année .' 4 fr.
Table des Matières 1 fr. SO
IV'' SÉRIE DÉCENNALE
Années 1900 à 1910 :
Le numéro O fr. 50
L'année 6 fr.
La Table des Matières de la Série est en préparation.
y SÉRIE
Année 1911 :
Le numéro O fr. 50
L'année 6 fr.
Les Abonnés de la Feuille jouiront jusqu'à nouvel avis d'une réduction
de 25 % pour l'achat des 3* et 4° séries.
SOMMAIRE DU N' 49 8
A. Laville : Vei-tébrés fossiles du gypse parisien et du sannoisien des environs de Paris Hin).
D"' A. Gros : Lydus algiticus L., ses mœui'S, sa lai've primaii-e.
Notes spéciales et locales :
Noie sur deux gisements géologiques des environs de Gréoulx (Basses-Alpes) (P. Manuel).
Diptérocécidie sur Potentilla verna (J, G.).
Hyménoptérocécidie sur Geum urbanum (J. G.). •
Aphidocécidie sur Geum urbanum (J. G.).
A a a pan II) ta villosoviridescens De Geer sur Urlica dioica (J. Guignon).
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Du'lO Mars au 9 Mai 1912
De la part de : MM. Berthier (1 br.); Boulenger (2 br.); De Riaz (1 br.); Her-
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(P\ jff», 1 " Juillet 1912 — V' Série, 42^ Année
N' 499,wftv. O
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LA FEUILLE
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DES JEUNES NATURALISTES
REVUE MENSUELLE D'HISTOIRE NATURELLE
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Abonnement annuel (France et Étranger)
Payable à M. Adrien Dollfus, 3, rue Fresnel, Paris (16«) 6 fr.
Les abonnements à la FEUILLE seront faits dorénavant à partir du I"' janvier
(au lieu du 1"" novembre).
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GuiNiEK (P.). — Atlas des arbres, arbustes, arbrisseaux et soue-arbrisseaux
croissant spontanément ou naturalisés en France et dans les régions limitrophes,
900 p., 280 pi. et nombr. fig. — Paris, Lhomrae. — Prix de souscription : 16 ir.
Lecomte (F.) (Sous la direction de). — Flore générale de l'Indo-Chine, t. I,
fafec. 8. Renonculacées à Sapindacées, in-8°, p. 849-1070, 26 planches. — 12 fr.
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ments de terre, in-16, xx-284 p. avec 64 fig. et cartes et 16 planches. — Paris,
Colin. — 4 fr.
MoREAUx (R.-A.). — Recherches sur la fonctipn glandulaire de la trompe utérine
des Mammifères (thèse), in-8°, 125 p. — Nancy, imp. Barbier.
SCHLEGEL (C). — Recherches faunistiques sur les Crustacés Décapodes bra-
chyoures de la région de Roscoff (Diplôme d'études supérieures), in-8°, 52 p. —
Paris, Société Zoologique.
ViALAY (A.). — Essai sur la genèse et l'évolution des roches, in-S», x-226 p. —
Paris, Dunod et Pinat.
1" Juillet 1912 — V= Série, 42= Année — N" 499
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
AVIS TRÈS IMPORTANT
Nous prions instamment tous nos Correspondants et les
Directeurs des publications avec lesquelles nous faisons échange,
de noter notre changement d'adresse :
3, rue Fresnel (XVh arrond.)
La maison de la rue Pierre-Charron ayant changé de mains
et devant être démolie, tout envoi qui y serait fait risquerait de
se perdre.
■•*•■
DES ESPECES EUROPÉENNES DU GENRE CARCELIA R. D.
(Diptères)
Les espèces de ce genre sont, parmi les Exoristines, celles qui sont le
moins connues. On rangera dans le genre Carcelia toute Exoiista n'ayant (]ue
deux soies siernopleurales et présentant des gênes (sous-orbites Pandellé,
Wangen des auteurs allemands) absolument nues. Les yeux y sont très déve-
loppés en sorte que le péristome est toujours très étroit. C'est un grdupement
très naturel : les espèces sont si voisines rpie leur détermination est souvent
difllcultueuse et réclame, en tous cas, beaucoup d'attention. C'est pourquoi
nous avons essayé de résumer, dans le tableau suivant, les caractères diffé-
rentiels qui nous ont paru les meilleui's et les plus constants.
(. Pattes toutes noires.
— Coloration cendrée: .3 soies dorsocentrales
(.3 de) derrière la suture C. rccusalu l'and.
= suwirans Rond.
{nec\\.D.:nec\iA\.).
(1) Dr J. Villeneuve. DcscripUons de deu.x nouveaux Diptères [\V. ent. Z., x.\.\, 82, en noie).
90 D"' Vi[j,K.\ErvE. — Espèces européennes du genre Carcella.
— Coloration noire; une bande blanchâtre à la
base des 2' et 3" segments abdominaux
(4 de) C. bisetosa B. B.
= hnrhilana Egg.
= clavipalpis Pand.
Pattes noires; tibias testacés.
A. Espèces teintées uniforniéinenl de jaunâtre ou de gris cendré.
1) Pruinosité d'un cendré plus ou moins jauni.
— Espèce large ovalaire, 1 soie mé-
diane aux tibias antérieurs C. excisa FnU.
— Espèce étroite, allongée. 2 soies
médianes aux tibias antérieurs.. C. rutilla B. B. {nec Rond).
2) Pruinosité d'un cendré plus ou moins gris; tibias rembrunis. 1 soie
médiane aux tibias antérieurs.
— Espèce large, ovalaire C. separatal\ond.
= excisaYsM. var.?
— Espèce étroite, allongée C. leucophsea^onA.
= susurrmis B. B.
B. Espèces cendrées; les cTcf ont les deux ou trois premiers segments
abdominaux tachés de rouge sur les côtés.
1) Abdomen avec des soies discales, sans ordre et plus ou moins
développées.
ï) Espèces ovalaires.
— Tibias nettement marqués de noir du côté interne de leur
extrémité basale: front assez étroit (2/.')" d'oeil chez les
cfcf) et à peine saillant; soies frontales sur les gênes
plus rapprochées de l'épislonie que de l'œil.
C. chelomx Rond.
— Tibias, surtout les tibias antérieurs et les tibias intermé-
diaires, non noircis en dedans de leur extrémité basale;
front large (iZ-o"' d'œil chez les cfd") et saillant; soies
frontales à égale distance de l'épistome et de l'œil sur
les gênes C.laxijronswom.nos'.
= Parexorisfa lucnrum
opwrfB. B.
6) Espèce étroite, allongée, plus obscure, souvent avec des
reflets noirs plus accusés sur la bande médiane et le
bord postérieur des segments abdominaux; tibias mar-
qués de noir à leur origine. Front conformé comme
chez Pelniatoniyia phalenarin Itond. mais les soies
frontales descendant plus bas sur les gènes.
r. Kowarzi nom. nov.
2) Abdomen à pilosité discale courte ou longue, sans inter-position
de soies.
a) Espèces ovalaires, à pilosité abdominale courte; les soies
frontales (2-3) atteignant à peine l'extrémité du 2' article
antennaire.
— 2 soies mai-ginales au 2' segment abdominal, bande fron-
tale étroite, tibias entièrement testacés, chète anten-
naire épaissi à la base seulement, les 3 premiers seg-
ments abdominaux rougcàtrcs latéralement.
C. bombylans R. D.
— gnava Macq.
iv Villeneuve. — Espèces cnvopéennes du (jnivc. ('mr.cUa. 91
— 4 soies mai'ginalos an 2° sognioiiL alHloiniiial, baiidi' truii-
tale large, tibias plus ou moins rembrunis à leurs extré-
mités, chiMe anteniiaire longuement épaissi, les 2 pre-
miers segments seulement de l'abdomeu <\ côtés rou-
geàtres C. gnava Meig.
6) Espèce étroite, allongée; pilosité abdominale développée;
soies frontales plus nombreuses descendant sur les
gènes jusqu'au niveau de l'insertion du chéte anten-
naire: tibias entièi-ement testacés; i soies marginales
au 2" segnii'iil MlMJiiininal C. lu(.nrmn/W.V>.
[nec Meig., m-c Uond."!.
■= Si.syropa eod. m un.
Remarques.
1. Ce tableau est exact pour les c^cf, mais chez les Q Q il faut être avei li
que les espères qui n'ont (ju'une pilosilé rase à l'abdomen et 2 soies margi-
nales au 2" segment ont fréquemment ici 4 soies au 2" segment et une pilosité
abdominale plus développée, paifois mêlée d'ime ou plusieurs soies irrégu-
lières sur le disque du 3" segment. La coloration des femelles est généra-
lement tout à fait gris cendré sans transparence rougeàtre sur les ccMés
de l'abdomen. En portant son attention sur les autres caractères plus cons-
tants de forme générale, de coloration des tibias, de disposition des soies
frontales sur les gènes, etc., on évitera les confusions.
2. On trouve parfois dans les collections de gros cfcf dont la prninosilé
esta peine marquée en sorte que le fond obscur et la transparence latérale
rouge des trois premiers segments abdominaux sont très accusés. Ils onl
d'ordinaire les soies frontales plus nombreuses et plus ou moins fasciculées
à leur terminaison sur les gênes, 4 soies le plus souvent courtes au bord du
2" segment abdominal, une pilosilé courte mais dense, des tibias notoirement
rembrunis. Ce sont, autant qu'il seml)le, des individus mal venus qui, par
anomalie de dévelnppement, n'ont pas pu prendre leur différiMiriation spé-
cifique. Peut-être que Carciiia rasa !\Iacq. englobe ces anormaux. Il m'a
paru que ces exemplaires se rapportaient à C. hnmhylans P,. 0.
3. Faute d'avoir vu tous les Types de quelques auteurs très importants tels
que Zettersti'dl. je n'ai pas osé changer plusieurs noms d'espèces pouvant
prêter à l'équivcxpie; je me suis contenté de préciseï- le sens que je leur
donne. Cependant, j'ai créé deux appellations nouvelles, au moins à titre
t)rovisoire : 1° C. Kairarzi et 2° ('. laxifrons ( = Pari\rorisia hicorum Meig.
type de ^'iennp mais non de Pai'is = Pare.r. cnmata Mik et Wachll vraisem-
blablement), r. Id.njnms est, de toutes les espèces, cette qui a te tronl le
plus large; ses vibrisses i-emonlent très haut. ,Te lui aurais bien donné le
nom de vlgilans Uond. puisque litauer et lîergenstamm le font synonyme,
mais ce ne serait pas exact d'après ce que m'a écrit M. Ciglio-Tos. — Enfin.
j'ai maintenu C liicimim B. P. en indii|uant qu'il s'agit de S'(\//ro//^( hirnriim
ajiud lî. R. et non de leur Vnri'.ntrisln liicannii Meig.
i. Carcdia h'mrnrzi n. sp. est une espèce dont tes cfcf sont souvi'iil con-
fondus avec celui de l'clmalomi/ia phnlcnarui l'.ond. — Le front a le même
aspect mais les soies frontales descendent un peu plus bas. Les soies
apicales du scutellnm sont ici robustes, ténues chez P. phalpnarifi: les cuil-
lerons sont blanchâtres chez C. Koicarzi. jaunis dans l'autre espèce.
Je ne possède qu'une seule Q de C. Kowarii: elle pourrait être aisément
prise pour C. chelonise Rond. On la dépistera à sa forme étroite, à son thorax
foncé, à son abdomen à reflets noirs sous forme de bande? transversales, à
9? \y \'ii.i,ENFA'VF,. — E.'ipl'ces curopéenues ,lu (jeiire l'arrclia.
son ficiiil ddiil les soies fi'onlales revêtent le même aspect que eliez le cf. Elle
ne présente pas les caractères de P. iiliulriuinu n. à savoii- la dilatation des
palpes et du dei-nier article des laisses antérieui-s.
D'une fa^on générale, P. pholcrytria Rond, a une coloration plus obscure,
d'un niiiràtre assez terne. Cependant cette espèce ne s'éloigne guère de nos
CaireUa dont elle a les deux soies sternopleurales. Elle semble faire
le passage vers le genre Ht'inhiKicquartia B. B. On peut, à la rigueur, con-
sidérer aussi le genre ?^('morillii B. B. comme intermédiaire entre le genre
Carcella R. D. et le genre Winthi'myia R. D., le genre ('h:rl(iniijia B. B.
comme transition entre Carcelia et le genre Chxtohjgu Rond.
5. Je n'ai pas pu maintenir de distinction entre C . chelonifr Bond et C. duhia
B. B.; dans les foi-m'es extrêmes, cette dernière a l'alntomen plus rol)uste
et plus large, le fi-ont un peu plus étroit, le forceps des cfd" plus couit et
droit. Mais il y a des foi-mes intermédiaires. Le forceps même ne paraît pas
constant. Il y a déjà longtemps que j'estime qu'on ne peut plus faire grand
cas de la conformation de cet organe pour la séparation des espèces parce
qu'à l'inverse du |iénis, c'est un organe externe, sujet à varier davantage.
r. comula Rond. { = liiserinlis Scliin.) avec ses antennes longues, ses soies
fr-ontales descendant plus bas et fasciculées à leur terminaison, constitue sans
doute une forme en voie de dil'térenciatiou. mais cette ébauche d'évolution ne
serait-elle pas simplement une tluctuation due aux conditions du développe-
ment? (voir remarque 2). Jusqu'à plus ample informé, je la tiens pour une
variété de C chchirthv Bond.
(le modeste travail m'a donné bcjiucdiiii de peine. .Mais j'ai été encouragé
par le concours bienveillant et aimable de M. le Professeur Bouvier qui a mis
à nui disposition les Types de Meigen conservés au JMuséum de Paris, de
M. Anton Handlirsch qui m'a communiqué les Types de Brauer et Bergens-
tamm, de Schiner, de Egger, etc., appartenant au Muséum de Vienne, de
M. (liglio-Tos, enfui, qui a bien voulu comparer mes exemplaires avec les
Types de Pxondani (pii sont la piopriélé de Vlslitiitn ili Sliidi siiperinri à Flo-
l'ence. Je n'oublierai pas ikhi plus (pie je dois à l'obligeance de M. le Pro-
fesseur Sji'istedt, de Stockliiilm. et de M. le D'' Hengtsson, de Lund, d'avoir
pu avoir sous les yeux (luelipies Types de Fallén et de Zetterstedt. A tous
ces Messieurs j'adresse mes plus sincères remerciements. L'avenir dira si
toutes ces espèces sont valables ou si quelques-unes des espèces étroites ne
sont pas autre cliose ipie des variétés des espèces larges correspondantes.
RaiiilMiiiillct. D"' ^'Ir.LENEUVE.
LES LIBELLULES DU CERCLE DE SIKASSO
(Afrique occidentale française).
La faune des Libellules de l'Afrique occidentale est riche et compte plus
de deux cents espèces, actuellement décrites. Ces espèces sont, pour la plu-
part, assez unifo-méniftnl répandues dans l'immense région qu'est l'Afrique
occidentale; la moitié d'environ d'entre elles habitent même un territoire
encore plus vaste et se retrouvent aussi dans l'Afrique équatoriale et dans
U. Mmitin. — Les Libellules du cercle de Sikasso. 93
rAli-i(]iie uriiMilale. ïiès peu élendciit leur habitat jusqu'à l'Aliiiiur ausliule,
les Sécheiies, Madagascar et i'AlVi(iue septeiiti'idiuile. Il \ a là d'aulies
espèces plus ou moins \uisiiies. Eiiliu, une douzaine d'espèces seulement se
Irouvenl hors du conlinent africain : l'aiitahi fUicescens qui vit dans les
i-égions tropicales du monde entier, Crdcnllieniis erylhnea qui vil partout
d;uis l'ancien monde, Tliolyinis lillaiya qui habite l'Asie chaude et-jusqu'à
l'Australie, TrUlwinis avleriosa et rubrinervis, Diplucodes Lejebvrei, Orthe-
Irtini chrysiisUfiiiia, Ueinkiuux epphipiger et l'seiKldgrion pnele.rldlnnt qu'on
rencontre aussi dans l'Asie occitlentale, Anu.t joriiiosiis qui se tri)u\e presijue
parhiut en Afri(pie, et aussi en Asie et en Eui'ope, Diilietrinn tvlmurui (pii
se trouve en Sicile, Ceiiagiion ylubruin qui habiterait aussi l'Australie.
Toutes les autres espèces de l'Afrique occidentale sont exclusivement afri-
caines.
L'Afrique occidentale, dont une bonne partie est française, comprend,
entre autres régions, celle du Haut-Sénégal-Niger, et dans cette dernière
région se tiouve le cei'cle de Sikasso, entre le Sénégal et le .Niger. La ville de
Sikasso, placée à une gi-ande distance de la mer, à une altitude de 880 à
400 mètres, au fond d'une dépression de terrain, est entourée de mai'écages
et d'une brousse assez dénudée. Particulièrement, la faune des Libellules est
riche et intéressante aux environs de Sikasso: sin- les deux cent et quelques
espèces connues de l'Afrique occidentale. soixante-dix-Jiuit ont été prises
à Sikasso, jusqu'à présent. En voici la liste :
LIBELLULID.^
Sous-Famille des Libellulinae.
1 . Thohimis tillargu Fabr. — Ne paraît pas èti-e très commune. Les
femelles ont souvent les ailes absolument hyalines.
2. Panlala jlacescens Fabr. — Peu répajidue dans la contrée.
3. l'alpopleura marg'mata Fabr. — Assez commune,
i. Palpopleura portia Drury. — Très commune.
0. Palpopleura deceptor Galvert. — Assez commune.
6. Palpopleura jucunda Rambur, race Graffei nov. subspec.
P. jucunda n'est elle-même qu'une sous-espèce afi'icaine de P. sej-
maculala Fabr., espèce de rÉxtrème-Orieni. Comparée à la forme
typique « jucunda », la nouvelle forme <( grajjei » en diffère ainsi qu'il
suit :
cf adulte : Taille infiniment plus petite; abdomen 15 ■"/"■, aile inf.
13-14"/"° avec 10-11 anténodales et 3-4 postnodales aux ailes supé-
rieures {jucunda : abd. 19 "/■", aile inf. 17-19"™ avec 12-13 anténo-
dales et 5 postnodales aux supérieures). Ailes plus étroites, stigma
plus court et proportionnellement plus large, jaune clair entoui'é de
noir. Tache nodale des supérieures plus grande, lignes basales noires
des inférieures plus courtes et plus minces; tache safranée des infé-
rieures, entre le nodus et lé stigma, plus étroite. Dessus du thorax
plus clair, côté du thorax entièrement jaune clair. Pieds jaune ]iaille;
. abdomen plus étroit, surtout aux premiers segments.
Un mâle de Sikasso et deux mâles de la Côte-d'Ivoire.
7. Bracluithemi.s leucosticta Burm. — On la trouve partout en .\frique, de
l'Algérie au Cap, partout dans l'Afrique occidentale et jusqu'en Asie-
Mineure. Elle est tellement peu farouche qu'elle vient, par centaines,
planer autour du filet du chasseur et se laisse prendre sans que
celui-ci ait à changer de place. Elle vit sur les étangs.
y 1 W. Martin. — Les Libellules du cercle de Sikassn.
8. Brachylemis lacustris Kii'by. — Très commune sur les marécages, à
Sikasso, et, comme sa congénère, très facile à capturer.
9. Crocotheiuis erythiœa BruUé. — On la trouve absolument partout en
Afrique, à Madagascar, aux Séchelles, aux Canaries, à peu près
partout en Europe, à peu près partout en .\sie, dajis l'Insulinile, à la
Nouvelle-Guinée et jusqu'en .Vuslralie. C'est à peine si l'espèce a
varié en quelques localités.
Elle vil dans les eaux stagnantes.
II). Crocothemis sanguinolenta Burni. — Jolie petite espèce, assez com-
mune dans l'Afi'ique occidentale, de même qu'en Âbyssinie et au Cap.
Elle semble intermédiaire entre les Crocothemis et les Tiilhemis.
11. Trithemis itibrinervis Selys. — Assez rare aux environs de Sikasso.
12. Trithemis arteriosa Buiin. — Extrêmement commune dans toute la
région du Haut-Sénégal-Niger. Variable de laille.
13. Trithemis kalula Kirby. — .\ssez comnume à Sikasso.
14. Trithemis ardens Karsch. — Comnmue à Sikasso, de même t]uc dans
toute l'Afrique équatoriale.
15. Trithemis pruinala Karsch. — Assez répandue dans loule rAfi-ii|ii('
chaude, notamment dans les marécages de Sikasso.
16. Trithemis dichroa Karsch. — .Vssez commune.
17. Trithemis stictica Burm. — Trouvée à Sikasso, comme dans toute
l'Afrique tropicale.
18. Philonomon luminans Karsch. — Très jolie espèce de toute rAfrifjur
équatoiiale, prise plusieurs fois dans les étangs de Sikasso.
19. Urothrniis Ldivardsi Selys. — Assez répandue à Sikasso.
20. Urolhemis desiyuata Selys. — Deux spécimens pris à Sikasso.
21 . Ilrulhemis mundula Karsch. — Cette petite espèce a été prise au Séné-
gal, au Dahomey, à Zanzibar, à Delagoa-bey. J'en ai reçu cini] exem-
plaires de Sikas.su, tous mâles.
22. l'hulcostepliiu lluvifrons Kirby. — l'as trop rare à Sikasso, de méiin'
(]u'à Angola, Fernando-Pù, et dans l'.Vfrique orientale.
23. Hemistigiiia albipuncta Randjui-. — Se trouve à Sikasso, de même que
dans toute l'Afrique chaude jusqu'au Cap.
24. Pseudumacroiida turrida Kirby. — Semble assez commune dans le cercle
de Sikasso, comme dans toute l'Afrique occidentale, les Canaj'ies et
les îles du Cap-Vert.
2.D. Pseudomacromia torridu allantica Selys. — Une femelle prise à Sikasso.
Ne diffère de la torridu type que par sa taille très grande, les ailes
safranées et une assez longue tache br'un fducé placée le long de la
membranule.
26. Zijxomma jlancans Maiiin. — l'i'ise à Sikasso. Connue seulement du
Congo.
27. Olpogastra liigubris Ehrenbei'g. — Connue de Dongola et du Tchad,
cette magnilique espèce n'est pas très rare à Sikasso, de mai à
novembre. Elle est remarquable par l'énorme gonllement inférieur des
premiers segments de l'abdomen, gonllement de coloration noire ou
bi-une rayé de bandes jaunes, et par les côtés du thorax à fond iw)ir
ou vert bronzé foncé ou vert bleu métallique couverts d'une douzaine
de taches jaunes. Sa foi-me rappelle beaucoup celle de Celebothemis
DeXeaillei Bis, de Celébès.
28. Orthetrum chrusostigma Burm. -.— Très commune à Sikasso, comme
dans toute' l'Afrique. On trouve, du reste, dans la région du Haut-
Sénégal-Niger' presque toutes les espèces africaines' (ÏOrthetrum.
I!. Martin. — Les UbclluU's du cercle de >iikasso. 95
29. Urlhetrum ckiysosligina Abbotti Kii'by. — Celte espèce, qui, d'après le
D"' Ris, n'est qu'une sous-espèce de chryxostigma, luibile le (lougo
et la région du Kilimanjaro. Elle a été capturée à Sikasso.
'M. Orthetrum brackiule iJeauvois. — Commune dans presque loule
l'Afrique et très variable.
31. Orlhelrum innacriu Selys. — Espèce trouvée en Sicile, commune en
Egypte et en Algérie, aux îles du Cap-Vert et qui paraît se retrouver
dans presque toute l'Afrique tropicale, où elle habite les lacs et les
marais. Sa taille est assez variable.
32. Orthetrum ajricanmn Selys. — Prise dajis beaucoup île localitt's de
l'Afiique occidentale.
33. Orlhelrum faiinosum Fôrster. — Observée au Transwaals dans l'est et
le centre de l'Afr-ique. Elle n'est pas très rare à Sikasso, le long des
marigots.
34. Orlhelrnia stemmale capense Calvert. — Habite probablement toute
l'Afrique occidentale, assez commune à Sikasso.
35. Orthetrum cajirum Burm. — Capturée aux environs de Sikasso.
30. Orthetrum angustiventre Rambur. • — Un mâle et deux femelles.
37. Orthetrum austeni Kirby. — Un mâle.
Ces deux dernières espèces sont rares et spéciales à l'Afrique occi-
dentale. 0. austeni est de grande taille et de formes massives, avec
l'abdomen large, bleu pulvérulent chez le mâle adulte. On l'a trouvé
à Angola, à Sierra-Leone, en Guinée et à Sikasso.
0. angustiventre a l'abdomen beaucoup plus mince, marron varié
de noir. Le mâle que je possède a l'abdomen cylindi-ique, très allongé;,
il est de très grande taille. Les deux femelles sont infiniment plus
petites et ont également l'abdomen très mince et bien moins long. Chez
les deux espèces, le stigma jaune orange ou brun est très grand, le
triangle des ailes supérieures est biréticulé et suivi de 4 ou 5 rangs
de cellules.
38. Œtliiothemis palustris nov. spec. — Nous devons signaler ici une espèce
nouvelle qui appartient au genre Œlhtothemis nouvellement décrit
par le D'' Ris (iat. Coll. Selys). Nous avons envoyé les quelques exem-
plaires reçus de Sikasso à notre ami le D' Ris qui pense que palustris
serait une variété de solitarla, l'espèce décrite par lui. Nous n'avons
plus sous les yeux qu'un exemplaire en médiocre état.
En voici la description :
Longueur totale : 30 7", abdomen 20 7", aile inférieure 22 "Z".
Face et front entièrement jaunes, thorax d'un bi'un jaunâtre avec
une ligne dorsale noire et une ligne humérale noire, les côtés plutôt
jaune clair. Pieds minces et assez courts, les fémurs jaune extérieu-
rement, brunis en dessous, les tibias noirâtres en dessus, jaunes en
dessous, les tarses noirâtres.
Abdomen jaune avec bande dorsale noire d'un bout à l'autre et les
sutures noires, le premier segment seul jaune avec une tache oblongue
noire médiane, de chaque côté de l'arête dorsale. La bande dorsale
assez étroite sur le deuxième segment s'élargit sur le troisième et les
suivants, et sur les segments, elle est un peu plus large au bout qu'à
la base; elle couvre entièrement le dos des neuf et dixième.
Appendices supérieurs du mâle noirs, minces, de moyenne lon-
gueur, en lame de couteau, l'inférieur presque aussi long; ceux de la
femelle noirs, en lame de couteau mince, très courts, écartés, avec
une protubérance jaunâtre entre eux.
Ailes entièrement safranées, devenant plus claires entre le nodus
913 H. Martin. — Les Libellules du cercle de Sikasso.
el le sligma. el, suus le sliynui, dans tout le bouL foiteiiienl brunies.
Toutefois, l'exti'ènie boul derneuie plus clair. Sligma lung, couvianl
environ 3 cellules, assez mince, d'un jaune verdâtre entouré de ner-
vules noires.
Triajigle discoïdal des supérieures assez étroit et assez long, tra-
versé, le sous-triangle li-ès large, de 3 cellules, 3 rangs postrigonaux
d'abord et ensuite 2 aux supérieures. Espace hyperlrigunai libre.
Triangle discoïdal des inférieures libre. Houcle anale large en ftjrme
de botte à semelle très Idugue, dont le bout touche presque la marge
inférieure de l'aile. .Membranule blanchâtre, courte, assez étroite aux
supérieures : 10-12 anténodales, la dernière continue et 3 et 6 post-
nodales.
Le mâle vieux devient, je crois, bleu pruineux avec les ailes hyalines.
;i!). Diplacodes Lefebvrei Rambur. — Assez commun.
i(). Diplacodes exiUs Ris. — Espèce du sud de l'Afrique et de Madagascar
retrouvée dans l'.Vfrique occidentale.
i I . Diplax Fonscolombei Selys. — Espèce européenne qui habite aussi r.\sie-
Mineure, la Perse, le Khashmir et à peu près toute l'Afrique, en tous
cas l'Afrique septentrionale, l'Afriiiue occidentale et l'Afrique ausli'ale.
Elle vole le long des étangs.
Sous-Famille des Cordulinae.
Cette sous-famille compte onze espèces dans l'Afrique occidentale : la rare
\eophija Rutherjordi, Idoinacromia proavita, les Macromia sophia, Selysi,
oneralu, [iinicularin, les l'Ivjllomacroinia xqualorialis et biflava, qui n'ont
pas été observées à Sikasso, et les trois espèces de PJujUomacroinia ci-après,
(pii ont été pi'ises dans cette région. Le geni'e Phyllomacromia nous parait
(ievoir t'ti-e maintenu, séparé du genic Macromia, mais si le caractère basé
sur un seul i-ang de cellules postriangulaires est généralement constant chez
les Phyllomacromia, il n'est pas d'une constance tout à fait absolue, surtout
chez les femelles.
I . Pliiilloniacroaiia Inipicali-^ Selys. — Zanzibar, Afrique méridionale, 2 ou
3 exemplaires à Sikasso.
2. Pliiilloinarromia africaiiu Selys. — Cette très jolie petite espèce était
comme de Nubie et du Dahomey. Nous en avons i-eçu plusieurs spéci-
mens de Sikasso.
3. Phyllomacromia bifasciata nov. spec.
Cf : abd. 46 "r. aile inf. 37 "V".
Ailes réticulées comme celles de irijasciala. mais un peu plus étioiles,
la costale jaune clair aux quatre ailes, l 'i-l'i anténodales et 5 postnodales aux
ailes supérieures, 11 anténodales et 9 postnodales aux inférieures; le sligma
jaune, très mince et très court, les triangles très petits, suivis d'un seul rang;
le membranule marron, le triangle anal à réliculalion jaune très clair.
Face rougeàtre, couverte de poils noirs très courts; dessus du front jaune
ainsi que les côtés le long des yeux; vésicule du vertex bleu métallique.
Thorax marron clair en dessus avec bandes humérales jaunes et un point
jaune au milieu de la ligne dorsale, les côtés marron avec des reflets bleu
métallique; sinus interalaires d'un beau jaune citron. Pieds longs, noirs.
Abdomen mince, très grossi du 7° au 10" segments, avec les feuilles des
S-fl""' bien moins grandes que chez trifasciata, même à peine indiquées au 9";
. 1" segment jaunâtre, le 2' jaunâtre marbré de noirâtre, le 3" jaune dans ses
' deux premiers tiers, noir dans son dernier tieis. le 4" noir avec un anneau
R. Marti.\. — Les Libellules du cercle de Sikassn. 97
complet jaune au milieu, les S'-G" jaunâtres à la base, noirs ensuite, le 1°
jaune brunâtre en entier, le 8" jaune brunàti-e à la base, noir ensuite, les
derniers d'un jaune noirâtre indécis.
Appendices ayant la forme de ceux de trifasciata, mais noirs, les supé-
rieurs plus minces que chez l'autre espèce et plus courbés vers le bas, l'infé-
r-ieur 1res large, presque aussi long.
2 nu'iles, de Dakar et de Sikasso, dont l'un en très mauvais éiat.
Femelle inconnue.
JESCUm\)M
Sots-Famille des Gomphinae.
I . Onijchixnniiplius iiuiiiilid Rambur. — Habite le Maroc, l'Egypte et toule
l'Afrique tiopicale. Pas très rare à Sikasso.
2. Crenig(miphii.s denliculatus Selys, var. occidenlalls Martin. — .'5 ou
4 exemplaires mâles et femelles à Sikasso.
:(. Leslhnifiomphus migtislus Martin. — Fn mâle et une femelle de cette déli-
cate petite espèce, déjà connue par un exem|ilaire de l'Afrique occiden-
tale anglaise.
i . l'inilliifjdinijltus œlhiops Selys. — Côte-d'Ivoire, Guinée. Fn exemplaire de
Sikasso.
."i. Irlinus [eni.r fUniihiir. — Fin exemplaire.
Sous-Famille des .ffischninœ.
1 . Aitii.r /ora/o.vH.y Lind. — Un exemplaii-e de celle espèce qui habite toute
l'Europe, l'Asie-Mineure, cenli-ale et septentrionale el à peu piès toute
l'Afrique.
2. IleiniancLT ephippigcr Rurm. — Pas très commun.
:i. lleUœs€hii(( liili(jin(ixu Selys. — Plusieurs exemplaires.
Il est certain qu'on peut trouver dans la région de Sikasso quelques autres
.Esrimine.s, notamment deiLx ou trois espèces de Gynacantha.
AGRIOMFXî
Sous-Famille des Calopteryginae.
1. Phaon iridipennis Burm. — Pas très rare.
2. Phaon. camerunensis Sjôst. — Un exemplaire.
3. Cleis cincta Selys. — Un exemplaire, ayant le stigma de moyenne lon-
gueur,
i. Libellago decnnilu Karsch. — Assez commune. Elle habite à peu près
toute l'Afrique tropicale.
5. Libellago curla Selys. — Rare.
6 . Libellago dispar Beauvois. — Assez rare.
Une série d'autres espèces de Libellago, comme caligala, concellata, gra-
cilis, cyanifrons, nibida, nepiunus, lanceolata, etc., habitent un peu plus au
sud et ne paraissent pas se trouver à Sikasso.
Sous-Famille des Lestinae.
1 . Lestes Jaenhi Martin. — Fin mâle el deux femelles de cette espèce qui
n'est connue que de Sikasso.
2. Lestes chromalus Martin. — Sénégal et Soudan.
3. Lestes pallida Rambur. — Un exemplaire.
98 R. Martin. — Les Libellules du cercle de Sikasso.
Sous-Famille des Agrionins.
1. Mesocnemis singularis Karsch.
2. Mesocnemis irregulaiis Karsch. — Les deux espèces existent à Sikasso
el vivent dans les marécages, notamment en janvier-mai's.
3. Plalycnemis congolensis nov. spec.
Abd. cf Si-aS"/", g 30 7"', aile inf. l!J-20 7"'.
cf Epistome jaunâtre, joues jaunes, tout le reste de la lace mai run ou
noirâtre ainsi que le dessus de la tète avec une bande d'un mari'on
plus clair sur les ocelles. Prothorax mai'ron avec des traits jaunâlies
mal déUnis au dos et une tache jaunâtre de chaque côté. Dessus du
thorax marron avec fine raie dorsale jaune bordée de chaque côté de
noir, une bande humérale jaune déchiquetée en haut, les côtés marron
en haut, jaunâtres en bas; le dessous jaunâtie. Pieds jaune vif, les
fémurs épais, les tibias élargis, avec une numice bruiu' courte à la
jointure des fémurs et des tibias, les tarses un peu brunis.
.\bclomen mince, brun noirâtre nuancé de jaunâtre : le .1" segment
noirâtre avec une petite tache centrale, les côtés et un trait au buul
jaunâtres, le 2" noirâtre avec une large tache dorsale ovale jaunàlic,
les 'i'-d" brun noirâtre avec un anneau basai et un anneau anliterminal
jaunâtres, le 7" brun avec le premier quart en anneau jaunâli'e, le
l'esté brun noirâtre.
Appendices supérieurs jaunâtres, minces, coniques, très peu
recourbés en bas, les inférieurs plus longs, bruns, assez épais, un
peu en forme de pinces, si on les voit du dessus.
Ailes hyalines, peu larges, stigma brun bordé de jaunâtre, presque
carré, l'angle intérieur du bas un peu pointu en dedans, la nervule
extérieure un peu plus longue que l'intérieure.
Q Face comme le mâle; le dessus de la tête plutôt marion avec une
bande noire devant les ocelles. Prothorax et thorax connue le mâle,
mais avec la raie dorsale bordée de vert au lieu de noir, la bande
jaune humérale plus mince el plus longue, bordée en dessous de noir.
Pieds jaune rougeâtre, les tibias non élargis, abdomen à peu près
comme le mâle. Appendices bruns, coniques, épais, excessivement
cour-ts. Stigma en losange, coloré comme chez le mâle.
Hab. Sikasso, Congo, Côte-d'IvoIre.
4. Psilocnemis sikassuensis nov. spec.
cf abd. 27 77 aile inf. 13 7"'.
Epistome jaune, tout le dessus de la tête noir avec, de chaque côté,
une tache ronde jaune le long de l'œil. Prothorax roux; thorax roux,
le dessus avec une large bande dorsale verte divisée en deux par une
très mince raie rousse, les côtés roux avec une raie verte basale
s'arrêtant à moitié du thorax. Pieds minces, rougeâtres.
Abdomen ayant, en dessus le 1°'' segment roux nuancé de noirâtre,
le 2*^ roux bordé sur les côtés de noirâtre, les y-T noirs avec un mince
anneau basai blanchâtre, les 8°-9° noirs, le 10° jaunâtre, très court.
Appendices supéiieurs en forme de gi-ains de blé, larges en dessus,
jaunes, beaucoup plus longs que le 10° segment; les inférieurs noirs,
minces, à peine plus longs que les supérieurs.
Un mâle unique, de Sikasso, en novembre. Femelle inconnue.
5. Disparoneura vittata Selys. — Rare.
6. Disparoneura pruinosa Selys. — Un exemplaire.
7. Ceriagrion glabrum Rurm. — Assez commun.
R. Martin. — Les Libellules du cercle de Sikassa. gg
8. Pseudagiiun angolcnse Selys. — Un mâle et une fenielk-.
9. Pseudagiion prœtextatum Selys. — Très commun.
10. l'seudagiion glaucescem Selys. — Plusieurs exemplaiies.
1 1 . l'.scudagnon nuhicum Selys. — Un mâle de cette espèce trouvée en
Kgyple, en NuLic, au Tchad, au Congo et à la Côte d'Ivoire.
\-2. l'xeiuhujiidu gt'rshi'kcri Karsch. — Commun à Sikasso, commun dans
r.M'rique oiientale.
13. l'seudagrion kersteai Gërst. — Plusieurs exemplaires.
14. l'seudagrion lindicum Griinberg. — Plusieurs exemplaires de cette jolie
espèce, reinai'quablc par sa tête et ses antéhumérales verdâtres.
15. Pseudagrion Sjôstedti Forster. — Plusieurs exemplaires de cette espèce,
remarquable pai' sa tète et son thorax en partie roux.
16. Agriocnemis exilis Selys. — Commun sur les étangs.
17. Agriocnemis maclachlani Selys. — Rare.
Soit au total : Libellulin^e 41
— CORDULIN^ 3
— GOMPHIN^ 5
— :4îschnin.î: 3
— Calopterygin^ 6
Lestin^ 3
— Agrignin^e 17
78
Nous profitons de l'occasion pour donner le signalement de la femelle d'une
très curieuse espèce dont le mâle seul était connu, » Neophya Rutherfordi
Selys », prise, non pas à Sikasso, mais dans la contrée peu éloignée de la
Côte d'Ivoire.
Cette femelle, unique et en médiocre état, ressemble au mâle décrit avec
les différences suivantes :
Elle mesure : abd. 21 "/", aile inf. 28 "Z""; elle est par conséquent plus
grande que le mâle. Les ailes sont fortement safranées de la base au nodus;
le stigma tout à fait rectangulaire est très court et pas trop mince; il y a,
aux ailes inférieures, 7 antérrodales et 7 postnodales. La coloration est à
peu près entièrement d'un brun jaunâtre, l'abdomen est assez épais (appen-
dices en mauvais rial): les pieds sont très minces et pas ti'ès longs.
Je remercie de tout cœui' ceux qui ont bien voulu chasser pour moi les
Odonales à Sikasso, notamment M. Graffe, administrateur, et mon fils
•lacques Martin, commis des affaires indigènes.
René Martin.
100 Motes spéciales et locales.
NOTES SPÉCIALES ET LOCALES
Quelques mots sur la flore de Moisdon-la-Rivièfe (Loire-Inférieure). — La com-
niuiie de Moisdon-la-Rivière (Loiro-Inférieure), favorisée par la diversité de ses
terrains, est relativement riche en plantes. On trouve les espèces aquatiques dans
le Don qui traverse la commune de l'est à l'ouest, dans les affluents de cette rivière,
dans les étangs Neuf au nord, d'e Gravotel au centre, de la Forge-Neuve à l'est.
Les bords rocheux de l'étang de Gravotel et surtout de celui de la Forge contiennent
des espèces curieuses. Les plantes des marécages et des prairies tourbeuses ne sont
pas moins intéressantes et variées.
Le pays est boisé; il a deux forêts sur ses confins : la forêt Pavée au nord et
le bois de la Foi au sud-ouest. Les landes cjui couvraient jadis une partie de la
commune sont aujourd'hui en grande partie mises en culture ; néanmoins elles
nourrissent encore des plantes caractéristiques, dans le midi de la commune, par
exemple.
En dehors des pâturages et des prairies naturelles et artificielles, les cultures
dominantes sont : le froment, l'avoine, l'orge, le seigle, le sarrazin, la pomme de
terre, la betterave, le chou, le colza, le navet, les fourrages verts, le maïs. Le lin
est peu ou mal cultivé, le chanvre ne l'est pas du tout. La vigne est, en fait, nulle.
J'ai déterminé jusqu'à présent 352 espèces de la commune et ne puis signaler
ici que quelques-unes d'entre elles qui me paraissent dignes d'intérêt.
Tlialictriim flaviim L. — Au bord du Don.
RaniinriiliU'i chœropJiyllus L. — ■ Coteaux de Gravotel et de la Forge.
Aquiler/ia vuli/ari.s L — Trouvé seulement quelques feuilles de cette plante dans
la forêt Pavée, le 15 avril 1912.
Nymphœa (ilba L. — Commun, surtout dans le Don.
Nuphar luteum Sibth. et Smith. — Voisin du précédent dans le Don, Le fruit
de cette espèce est appelé vulgairement Baratte, parce qu'il contient une subs-
tance blanche ressemblant un peu à la crème du lait.
CnrydaUx rlai'iculata D. C. — Trouvé seulement au sud de la Forge, le 2 mai 1912.
Très abondant sur une petite surface.
Barhfirea vulr/aris R. Br. — Assez commun.
Alliarin nffirinalis Andrz. — J'ai trouvé cette plante en 1910. au sud de la Sebinaie,
près le Don et à la Chaussée.
Sisymhn'iim officinale Scop. — Assez rare. Trouvé à la Pochetais et à la RohoUais.
Arabis Tlialiana L. — Assez commun.
Cardamiiie liirsuta L. — Çà et là.
Roripa amphibia Bess. — Assez commun, par exemple au bord du Don.
Camelina sativa Crantz. (Caméline cultivée). — Trouvé une seule fois, le 5 juin
1911, dans un champ de lin au nord du Gage, au lieu dit « Les Violets ».
Lepidium campestre R. Br. {L. heterop/iyHumBenth.). — Commun.
Asterocarpus Clusii Gay. — Quelques exemplaires sur la butte des Aubertières
Ilelianthemum gutlntum Mill. — Rare. Trouvé seulement dans le chemin des
Fouets, à l'ouest de la Foy, et dans le chemin de l'Eusse, au nord-est du
même village. Les pétales présentent la petite tache à la base.
On trouvait autrefois dans les prés tourbeux une plante connue sous le nom de
Deuve et que je crois être un Drosera. Je n'ai pu en rencontrer. Disparu par
la culture.
Spergula arvensig L. — Se trouve surtout dans les anciennes landes mises en
culture, avec S. rubra Pers. , qui est plus rare.
Mrciir/iia rrecia FI. d. Wett. — Çà et là.
Radiula linoides Gmel. (Radiole faux lin). — Trouvé le long de la route de
la Barre.
Androsœmum officinale Ail. — Çà et là, vers la Pochetais et la Foy. Générale-
ment rare.
Elodes palustris Spach. — Commun dans la vallée du ruisseau du Palierne.
Lathyrus Nissolia L. — Rare. Se trouve çà et là dans les champs, mais en petite
quantité.
Lathyrus macrorhizust Wimmer. — Assez commun.
Spirœn Ulmaria L. — Rare Trouvé seulement au bord du Don, près de la Genètrie
et sur la rive droite.
Potentilla Fragnriastrum Ehrh. — Assez comnnin.
Notes spéciales et locales. 101
Circœa hitefiann L. — Trouvé seulement au bord du Don, dans l'ouest de la
commune et en petite quantité.
l.ythnim /ii/ssopifolin L. — ■ Rare. Trouvé çà et là dans les champs, vers la Barre
et la RohoIIais.
.Mon fin f on fana L. — Trouvé surtout dans li's landes cultivées.
Corriç/iola liffornlis L. — • Commun.
Sedvm TcU'iihiuni L. — Rare. Je l'ai trouvé au bord du Don. Un ami, à qui je
suis également redevable des deux espèces suivantes, l'a trouvé vers la queue
de l'étang de Gravotel.
Srdiim rrflrxiim L. — • Trouvé à la Forge.
Sedum amjlirum Huds. — Coteaux nord-est de l'étang de Gravotel, etc.
r mhih'nis pendiiliniis D. C. (Nom vulgaire : Hirondelle). — Commun.
Ani/clira siluestris L. — Peu abondant, mais çà et là dans les endroits humides,
au bord des eaux.
(Knant)ir cracafa L. (Nom vulgaire : Pimpin). — Assez commun; très abondant
dans la vallée du ruisseau du Palierne.
Œnanthr fixtulosn L. — Trouvé dans le Don.
Sison Amomvm, L. — Çà et là. Assez rare.
Heloisriadium nodiflontm Koch. — Assez commun. Dans le Don, vers la Pochetais,
on trouve H. imnidatum Koch.
Vixcam aUiiini L. (Gui blanc). — Le gui est commun sur le pommier, le poirier
et le peuplier Je l'ai observé, mais plus rarement, sur l'épine noire (Prunus
spiiioaa). l'alisier (Aria terminalis), le cormier (Sorhiis domestica) et le
tilleul (Tiliar silvestrisi). Je crois aussi l'avoir vu, il y a quelques années, sur
l'aubépine.
Ridens triparfifa L. — Assez commun au bord du Don.
Inula l'iilicfiria L. (Inule Pulicaire). — Assez rare. Trouvé près de la RohoIIais,
de Belle-Rivière et de la Barre.
Serratulu' finctoria L. (?) (Serratule des teinturiers). — Assez commun.
Scorzonera humilis L. — • Assez commun.
Lohelia urens L. — Commun sur les landes.
Wahlenherj/ia hederacea Rchb. — Rare. Trouvé seulement çà et là dans la valléo
du ruisseau du Palierne.
Krira rilinris L. — Assez commun; très abondant sur les landes du sud-ouest de
la commune. Les fleurs sont roses, souvent pâles, quelquefois blanches.
h'rica cinerr/i L. (Bruyère cendrée). — • Commun. Fleurs d'un rose violacé, très
rarement blanches (observé une seule fois, sur une touffe, le long de la route
au nord de la Barre).
f'trinilaria vulfinrix L. (Utrieulaire vulgaire). — Plutôt rare. Trouvé dans le
D<m (ouest de la commune).
Anaijallis tendla L. — Trouvé çà et là dans les environs de la Pochetais.
Vinca minor L. — Très rare. Trouvé seulement, il y a quelques années, dans le
bois de la Foi. Retrouvé le 14 novembre 1911; forme une colonie très dense,
mais de peu d'étendue.
Cirendia filiformis Delarb. — Trouvé seulement le long de la route de la Barre,
au sud de la Foy.
Vrronira pentica Poir. — Trouvé seulement près de la Pochetais.
Pediriilaris silvatira L. — Assez commun.
Si'ufellaria ijalericiilafa L. — Assez commun au bord des eaux. Le S. minnr L.
à fleurs roses se trouve dans les endroits plus secs.
P<)ly(]i>n\im flydrapiper L. — Assez commun.
Ff/r/ns: xiJvafira L. (Nom vulgaire : Fouteau). — Bois et buttes.
('axtanea ruJi/arix Lam. — Assez commun.
Querrus Rohiir L. — Le type, à pédoncules plus courts que les pétioles, est
appelé vulgairement Dreulier. Le Q. pedunculata Ehrh. est plus abondant '
et appelé simplement Chêne. Ces deux chênes sont, de beaucoup, les arbres
les plus répandus dans le pays.
Qi/fm/x Tozza Bosc. (Nom vulgaire : Doueeau). — Sud-ouest de la commune;
abondant sur la limite de la commum- de la Meillera.ye-de-Bretagne.
Salix alba L. (Nom vulgaire : Ziard). — Assez commun.
Sali.1 cinerea L. — Très commun.
Sahx repens L. — Trouvé çà et là dans les landes humides du sud-ouest de la
commune.
Populuit nir/ra L. — Assez commun.
l'opulus Tremvla L. — Peu abondant.
Betula alha L. (Bouleau blanc). — Assez commun. On trouve aussi B. pubes-
cens Ehrh.
\i)'î Nolen spéciale!^ et Incales.
Afnu.i i/Ziifiiifisa Gaertii. — Assez coniimin.
S(i(iittari.n xiif]iu<i fui in li. (Nom vulgairr ; Cobêche). — Assez coiiiiiiun dans le Don.
AUium l'iricalr L. — Assez commun.
Eiidi/midii niitnii.i Dumort. — Assez commun.
l'hnlaniiiiim plaiiifolium Pers. — Rare. Trouvé seulement près do la Pochetais
et de la Foj*.
A.ip/iodeIiis n/hus Willd. — Cà et là.
Pohjrionafum multiflnrum Ail. — Forêt Pavée, bois de la Foi.
Iris pseitt/aronis L. — Commun. Désigné vulgairement sous le nom de Pavoué
et confondu comnw toi avec Spaiiianiiim ramuxiim.
Spironthes fiutumnnli^ Rich. — Peu abondant.
Orrliis In.riflora Lam. — Assez commun. Tx-s fleurs sont rouges: je n'en ai trouvé
de blanches qu'une fois dans un pré, au sud de la Pochetais. Tous les Orcliix
sont appelés vvilcairement Pentecôt*, sauf VO. iif:tiiIfifo.
Orchis Mnrio L. — Fleurs roses, quelquefois blanches. Commun.
Orchis ustulata L. (Nom vulgaire: Moine). — Ai-'-sez rnre ; cà et là.
Orchist masculfi L. — Assez commun. Je n'ai pas trouvé de fleurs blanches.
Orchis rnnopsea L. — Rare. Trouvé seulement quelques exemplaires dans la vallée
du ruisseau du Palierne. Je crois aussi en avoir trouvé dans le bois de la Foi.
Orchis macula ta L. — Fleurs roses ou blanches. Commun.
Arum maculatum L. (Nom vulgaire : Bâton de Saint-Jacques). — Assez commun.
On trouve des feuilles très dissemblables.
Sparç/anium ramosiim Huds. — Commun.
Sparçianium simple./ Huds — Trouvé une seule fois, le 9 juillet 1911, dans le
Don, au Pont-Bourbier, entre Relie-Rivière et la Rohollais.
Scirpus silrnticiis L. — Rare. Trouvé au bord du Don, vers Beau-Soleil et un
peu en aval
Scirniis riciriilarix L. As' 'z ' a'e. Çh et là dans l(> Don, vers Belle-Rivière et
la Pochetais.
Scirpus palusfris L. — Assez commun.
Carer pulicaris L. — Rare. Trouvé seulement le long de la route de la Barre,
au sud-est de la Pochetais.
Carex stellulofn. Good. — Assez commun.
Carex re.mota L. — Çà et là.
Cnrex stricto Good. — Appelé improprement Prêle. Commun.
Carex lœviqata Sm. — Trouvé seulement au nord-est de la Foy, au lieu dit » Les
Prés Huet ».
Lu-ula rernalis X. — Bois de la Foi.
Baldinçirra arundiiiaccn Dumort. — Je l'ai trouvé au Perchaud, entre la Poche-
tais et Belle-Rivière.
Mibnrn rcrna Adans. — Rare. Trouvé une seule fois, en mars 1910, à la Forge et
à la Rivière-Péan.
Oplismenus Crus-GaUi Kunth. — Appelé improprement Millet. Assez commun
çà et là.
Phraqmites cnmmvnis Frin. — Rare. Trouvé seulement au bord du ruiss-au '1m
Palierne, à l'ouest de Launay.
Ar/rostis setaccn Curt. — Sur les bords du sud-ouest de la commune.
Molinia ccrrxdea Mœnch. (Noms vulgaires : Grenat, Ganche). — • Assez commun.
Festuca Myurns L. — Assez commun.
Festuca ovina. L. — Commun.
Brachypndium. silvaticvm R. et S. — Cà et là.
T oJium temulenliinr L. — Peu abondant.
yardns stricta L. — As-^p' va'e. Trouvé cà et là d"is le sud-ouest de la commune.
■Juniperus commuais T,. (Nom vulgaire : Jaunaie Genièvre). — Ra'c Trouvé seule-
ment sur les landes vers la Ferronaie et la Cotti'lerais.
Oxmuiida rriialis L. — V<'1lé>' d" ruisseau du Palierne, la Foy, la Haute-Moraie, etc.
Asplenium Adianfum-nir/rtim L. — Assez commun.
Asplcniiim Trichomaiirs L. (Nom vulgaire : Capillaire). — As,sez rare. La Forge,
la Chaussée, Beau-Soleil, queue de l'étang de Gravotel et "h l't là.
Eqvisetum poluxfrr L. — Rare. Trouvé seulement au lieii dit « Cupidon », 1" long
de la route de la Baw .Jr- c''iis aussi l'avoir rencontré vers la Haute-Morai"^.
Equisetum Umnsum T,. — Très abondant dans l'étang de Gravotel. Rare dans le
Don (Beau-Soleil).
La Pochetais, par Moisdon-la-Rivièi-e (Loire-Inf.). Charles Halet.
Notes spéciales et locales. 103
L'inefficacité d'un « moyen de protection ». — Dans les premiers jours du
mois de mai, l'un des travailleurs du laboratoire d'évolution rapportait du bois
de Verrières une touffe de branches de chêne sur lesquelles vivaient un assez grand
nombre de chenilles, enfermées chacune dans une feuille pliée. La touffe fut placée
dans un coin du laboratoire, sur le rebord d'une fenêtre.
Dès le lendemain, nous constatâmes que les chenilles disparaissaient et dispa-
raissaient rapidement; nous n'en retrouvions aucune trace, ni ne voyions aucune
d'elles errant aux alentours; les feuilles pliées semblaient également disparaître
ou s'étaler. Je ne tardai pas à connaître la raison de cette disparition, car,
m'approchant inopinément de la fenêtre, je fis envoler une bande de 5 à 6 moi-
neaux, qui picoraient dans les feuilles; à plusieurs reprises, dans k courant de
la journée, je pus voir les oiseaux s'abattre sur les branches de chêne, fouiller
avec rapidité, puis s'envoler.
Cette observation, banale eu apparence, touche directement à une question générale.
Les chenilles — que je n'ai point déterminées — étaient parfaitement dissi-
mulées à la vue; enfermées dans une feuille repliée, elles y demeuraient, mon-
trant à peine au dehors l'extrémité céphalique lorsqu'elles mangeaient le bord
de cette feuille même. Encore faut-il dire que les feuilles voisines les masquaient
complètement. On pourrait donc penser que, du fait de leur habitat, les chenilles
se trouvaient dans les conditions les plus favorables « pour échapper à la pour-
suite de leurs ennemis », suivant l'expression courante. Je remarque, en outre,
que les moineaux ne viennent que très rarement dans le jardin du laboratoire
et que, dans tous les cas, la présence d'une touffe de chêne chargée de chenilles
était tout à fait exceptionnelle. Tout semblait donc concourir à une excellente
« protection ».
Or, il n'en est rien, et le fait que je viens de relater possède toute la valeur d'une
expérience rigoureusement conduite : quelle que soit l'influence qui ait conduit
les moineaux jusqu'aux feuilles de chêne placées en un lieu inaccoutumé, mais
chargées de chenilles, nous constatons qu'ils y sont venus; quel que soit le sens
qui les guide, ces moineaux ont rapidement découvert et détruit ces chenilles si
bien dissimulées à la vue.
Que conclure? sinon que la feuille pliée n'a pu être considérée comme un « moyen
de protection » que grâce à une interprétation anthropomorphique ? L'interpré-
tation repose sur une double hypothèse : la vue seule guide les animaux; la vue
des animaux est identique à celle de l'homme. On en déduit que tout être qui
est dissimulé à, la vue de l'homme se trouve dans les meilleures conditions pour
échapper au plus grand nombre des causes de destruction.
De plus en plus, il devient évident que les prétendus » moyens de protection »
ont une tout autre signification. Depuis quelque temps, on commence à comprendre
que ces " protections » ne suffisent point à arrêter les parasites; il faudra main-
tenant renoncer à considérer ces protections comme efficaces contre les oiseaux 'D.
Quant à la signification véritable de l'habitat dans une feuille pliée, nous l'igno-
rons; et nous l'ignorons en grande partie parce que, dans la quiétude que pro-
cure la conception des « moyens de protection », nul n'a cherché à se renseigner
par l'observation ou l'expérience.
Mais alors, une autre question se pose : s'ils sont dépourvus de " protection »
ou de 11 défenses », comment les êtres vivants existent-ils encore? Comment n'ont-ils
pas tous disparu dans la n lutte pour l'exist-ence ? ». La persistance et la multi-
plication des êtres résulte évidemment de conditions multiples et diverses, formant
un ensemble extrêmement complexe, sur lesquelles je puis d'autant moins insister
ici qu'elles sont, en somme, assez mal connues.
Je signalerai cependant une condition de drn-iifé tant du prédateur que de la
victime. Remarquons, en effet, que si plusieurs branches de chêne cueillies en des
points divers d\i bois de Verrières n'avaient pas été acccumulées en un faisceau,
une bande de 5 à 6 moineaux n'aurait pu détruire toutes les chenilles aussi rapi-
dement ni aussi complètement; de même, des chenilles disséminées dans un bois
seront d'autant plus f.ieilement atteintes que le nombre des prédateurs sera plus
grand.
De ces faits et des considérations qui en découlent, on peut tirer une fois de
plus argument en faveur r\n la protection des oiseaux. Je voudrais surtout nue
cette note incitâ.t les naturalistes à étudier de près, au moyen d'exnérienoes faciles
à réaliser aux champs, la sienification des prétendus « moyens de protection >i ;
ce sera faire l'étude scientifique de la biologie.
Paris Etienne Kabai'd.
(1) Je rappelle à ce propos la très significative expérience de .ludd avec les .\cridiens
n feuille morte » instantanément découverts et détruits par des Oiseaux (American Salu-
ralist, 18991.
104 Notes spéciales cl locales.
Hyménoptères. — J'espère intpioss<'r l<-s hyménoptérologist^s en leur signalant
la iin'scnw on France de quelques hyménoptères qui n'y ont pas été, je crois,
trouvés juscju'à ce jour.
Ces espèces ont toutes été caiiturées aux environs de Montpellier. Ce, sont :
C'rypfiis extinctor Tschck., non encore signalé en France, mais répandu en
Europe.
Pyoïurryptun lovfiicaxide Kricch, signalé de Triest<', Vienne, Corfou.
Cerreris lunata Costa, signalé do C'alabre et de Corfou (d'ap. André).
Cette espèce est assez commune, en juillet, sur les Erytif/ium campestre, aux
environs de Montpellier.
Eurrrn xquamosa Lep. Cette espèce a été décrite par Lepelletier, d'après un
exemplaire de provenance inconnue. Elle n'est pas rare dans les environs de
Montpellier.
Eucera trivittata Brullé, signalée de Morée, d'après Kirchner.
Nomada paKioralix Eversm., d'après Schmiedeknecht. Signalée de Russie et
d'Europe méridionale; mais cette nomade ne figure pas dans le catalogue de
M. de Gaulle, pas plus du reste que les hyménoptères que je viens de citer.
Je n'ai trouvé qu'un seul exemplaire de cette jolie nomade.
Montpellier. Aug. Lichtenstein.
Le Sedum dasyphyllum. — Je signale aux lecteurs de la Feuille une planti'
étrangère à la flore de l'Ouest, le Sedum daayphyl/iim L., var. (iltindulifcrum Gi'css.,
que j'ai recueillie à Matignon (Côtes-du-Nord). Cette plante ne se trouve que dans
les Alpes, les Pyrénées et la région méditerranéenne. Il est bien difficile, impossible
même d'en établir la provenance dans notre région.
Plouër (Côtes-du-Nord). A. -M. Frostin.
Errata. — Dans la note que M. H. du Buysson a donnée (Feuille des J. N.,
p. .51), il convient de relever une erreur assez importante qui porte sur un nombre
mal reproduit. Ligne 41, au lieu de 20 millimètres, il faut lire 35 milli-
mètres, qui est la longueur normale qu'il conviendrait de donner uniformément
à toutes les épingles entomologiques et surtout aux plus fines.
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Guide pratique de Vamutenr de papillons, par BerGE-Rebel, édition française
par J. .de Joannis, avec 97 figures dans le texte et 24 planches en couleur. —
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volume a été traduit par M. J. de Joannis, qui l'a mis au point pour les collec-
tionneurs français. L'introduction (pages 7 à 70) expose les généralités d'une
façon simple, claire et méthodique. Dans la partie spéciale (pages 71 à 222) se
trouvent décrites 314 espèces des plus importantes parmi les macrolépidoptères
de nos pays; tous sont figurés en couleur sur les planches fort bien réussies, ou,
pour quelques-unes, en noir dans le texte. L'ouvrage justifie ainsi pleinement
son titre, c'est vraiment un guide pratique.
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SOMMAIRE DO N" 499
D'f J. Villeneuve : Des espèces europcemiûs du geni'e Carcelia R. D. (Diptères).
René Martin : Les Libellules du cercle de Sikasso (Afrique occidentale française;.
Notes spéciales et locales :
Quoiques mots sur la llore de Moisdon-la-Rivicre (l.oire-lnforieure) (Charles Halet).
L'inefficacité d'un moyen de protection (Etienne r!,\B.\uD.
Hyménoptères (Aug. Lichtensieini.
Le Sedum dasyphylhim (A.-M. Frostinj.
Eii-ala (H. nu BuyssoN).
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Leclère (L.-L.). — Une Mucorinée nouvelle : 21ucor nigrans n. sp. (thèse),
120 p. et 4 pi. — Lons-le-Saunier, imp. Declume.
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Le Double (A.-F.). — Traité des variations de la colonne vertébrale de l'homme
et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologique, in-S",
vii-550 p. et 120 dessins. — Paris, Vigot. — 25 fr.
Marchand (R.-G.^. — Les pores interalvéolaires du poumon chez l'homme et
chez quelques animaux (thèse), in 8°, 52 p. et fig. — Lille, Le Bigot.
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264 p. et 275 fig. — Paris, Laurent.
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Suc (L.). — Les plantes médicinales du Mexique (thèse), in-8°, 237 p. — Tou-
louse, Dirion. — 7 fr. 50.
Législation phyiloxérique algérienne, in-S°, 48 p. — Alger, Fontana.
1" Août 1912 — V« Série, 42' Année — N° 500
LA FEUILLE
DES JEUNES NATURALISTES
LES OYATS ET LES DUNES
I. — Fixation des Dunes.
Il est bien rare, (IikiikI un parle des Uyals (l'iumina arenuriti), qu'on ne
rappelle iliin niul le rùle inipuitanl que juuenl ces piaules dans la iixaliun
des sables aiuuvanls; et. l'inlerpi-étation Iraditionnelle en botanique est que
leurx longs rhizomes l'ixenL les dunes. Si le rùle est évident, et d'ailleurs mis
à prolit par l'iiomme, l'interprétation m'a toujours semblé absolument
inexacte, et un séjour de douze ans dans un pays de dunes très développées,
énergiquemenl i-euianiées par les coups de vent, m'en a donné les preuves
les plus l'épélées et les plus variées. J'ai essayé, en divei-ses occasions, de
faire partager cette conviction à des amis, et je conunençais par ce raison-
nement irréfutable à mes yeux :
— D'où s'envole le sable des dunes? De la surface, ou de lintérieur de
chaque monticule?
— De la suiface évidemment.
— El où se trouvent les rhizomes des Uyats? à la surface, ou dans
l'épaisseui?
— Dans l'épaisseur de la dune...
— Donc ce ne sont pas les rhizomes qui lixeiU le sable.
L'argument me sendjje toujours sans léplique; cependant j'ai i-eniarqué
(pi'on se rendait avec peine, bien qu'on ne pût répondi'e. C'est que le fait
même des dunes, llorissantes et couvei-tes de Uyats, pai'aissait prolesler cohtre
celte preuve toute négative; et l'on se figurait parfois les rliizômes emprison-
nant dans un chevelu de radicelles tout le contenu de la dune, comme ces
Meurs que les jaidiniers lèvent avec leur molle pour les changer de place,
ou encuie couvrant toute la suiface de la dune, ;iu moins quand le vent en
a rongé la couche superiicielle, comme d'un réseau prolecteur. Ur, il n'en
est rien; et pour trouver la véritable explication du rùle des Uyats, il sullit
d'examiner comment, avec leur concours, une dune se forme, s'accroU,
et meurt.
1. — I-'ORMATION DE LA DUNE
(l'est en avant des dunes existantes, à la limite supérieure du l'ivage,
i|Mc se forment sur notre côte (1) les dunes nouvelles; il y a souvent à ce
tlj Ambleleuse, vers l'entrée du détroit du Pas-de-Calais. J'écaàs ce mot à dessein pour
réserver les particularité.s que les dunes peuvent présenter sur des rivages soumis à d'autres
régimes de vent, ou encore dans l'intérieur des teiTes. On se rendra compte, du reste, que
ces variations ne changent rien au rôle mécanique des Oyats.
106 E. Langrand. — Les Oyats et les Dvnes.
iiivciiii une légère levée de sal)le lin, salile ébuulé tics grandes dunes, uu
(lé|)Osé. à leur pied par les vents modérés du large, qui l'onl eidevé à la plage
découverte par la marée basse. De ces grandes dunes aussi sont loiubées
des graines di; (lyats, par ébctulemeut, ou par l'action des vents de leiM'e;
bieut()t. elles lèvent, et la zone de sable tin se eouvit; d'un duvel verdàlre
formé par les jeunes pousses. La dune est désormais amorcée et va s'élever;
tout vent chargé de sable qui passera sur ce plaid naturel de Oyats y
laissera un peu des grains qu'il transportait.
(lomme ce résultat est dû à l'action de la |)artie aérienne des Oyats, je
(lois en rap|M'ler brièvement la description. Les Oyats sont des granunées
dont les feuilles ne sont pas étagées le long d'un chaume élancé, comme
dans nos céréales, mais resserrées en touffes dont la base paraît toujours
ensablée, comme une touffe d'herbe géante. Nous n'avons pas à considérer
les épis, dont l'apparition est temporaire et le nombre restreint. La tige est
invisible; elle est formée en effet de nœuds très rapprochés, d'où parlent
des feuilles alternes qui l'enveloppent complètement. (Iliaque feuille est
constituée d'abord par une gaine cylindrique emboîtée dans les gaines plus
anciennes, qu'elle ne dépasse que de peu, puisque les nœuds se suivent de
près, et cet ensemble de gaines forme une fausse tige, celle-ci aérienne et
visible, longue parfois de l-'i centimètres et jilus, et remplie par les gaines
concentriques des différentes feuilles, alors que les entre-na'uds de la vraie
tige sont creux. .\u sommet, la gaine se transforme en un limbe linéaire,
long de 30 à 50 centimètres, large de 5 à 10 millimètres, et qui est Vinxtru-
ment eljicace de la lutte contre le vent. Ce n'est pas une lanière plate, mais
une gouttière, plus ouverte dans le jeune âge, plus enroulée, jusqu'à ferme-
ture complète, quand la feuille est sèche ou vieille, et dont la concavité,
située à la partie supérieur(>, est parcourue de bout en bout par de fortes
nervures en relief, ordinairement au iioml)i-e de 6, avec quelques nervures
secondaires. Comme les colonnes creuses ou demi-creuses qu'emploie
aujourd'hui l'industrie, ces feuilles offrent ainsi autant de résistance que
si elles étaient cylindriques et pleines, sans péril de cassure. Une autre
particularité importante est que, malgré leur disposition tout autour de la
tige, elles ojjveid toujours toutes enseinijle le dos au veut. Leur forte nerva-
tion ne leur permet pas en effet de plier; si on emploie la violence, les
nervures se brisent, en se décollant même du limbe à l'endroit de la
rupture. Elles ne peuvent que se courber un peu par une légère torsion;
c'est ce qu'elles esquissent déjà au repos, sous l'influence de la pesanteur;
la pression du vent sur le bord de la gouttière cpii lui est le plus exposé
achève la torsion, en même temps ipie la goultière se ferme par la dessic-
cation.
Si notre examen a été minutieux et un peu long — encore avons-nous
omis tous les détails d'anatomie ou de physiologie qui ne se rapportaient
pas à notre but — nous allons en être récompensés par la clarté et la
facilité de la conclusion.
A courber, comme autant de ressorts, toutes ces feuilles, le vent use son
énergie; divisé, par le dos de chaque feuille, en deux courants un peu diver-
gents, il se détruit lui-même par d'innombrables interférences; le sable,
n'étant plus soutenu par une force suflisante, tombe, et grain à grain, la
dune s'accroît rapidement.
On voit que ce n'est pas par la résistance ouverte, mais par l'affaiblissement
et la division qu'une force comme celle du vent est le plus facilement
maîtrisée; de même, à quelque distance du pietl de la dune, c'est par l'inertie
des grains de sable soulevés et ballottés que le flot s'alourdit et vient mourir
doucement sur la plage.
E. LanCiRand. — Les Oyats et les Dunes.
107
l.'diilili (le CCS lois aiiiciic |i;iclnis ilc hiiudcs cii-ciiis |]iiilii|ii(_'s : on cniil
se in-oli'gcr (lu vciil pai' un niui- (Ui hml iiiilic iilislaclc Jilisulu; et le vent, s'y
lieurlant, se replie en Idiii-ltillniis (|ui allniiillenl la hase, en eoniproniellenl
la solidité, et sènienl la [loussière aux alentoni-s, puis, ajji'ès s'être élevés
au-dessus de l'ubstacle, pressés qu'ils sunt pai- les courants supérieurs, se
rabattent en trombe sur ce qu'on pensait avoii' abrité.
11 est à remaïquer que c'est (Icrrii'rc chacpie piaule, après que le vent
s'est épuisé à la ti'averseï', que se produit le (l('p(M de sable : mais si l'on
l'étlécliil que ce (|ui tondre derr-ièi-e une ioulle se trouve devant la touffe
suivante, on coiuprendi-a que la dune s'élève partout. Ajoutez à cela que
le balancement perpétuel des feuilles amène une oscillation incessante de la
fausse tige de gaines; le résultat en est que les grains tombés d'un seul côté
glis.sent tout autour. Ajoutez encore que le vent, après avoir agi dans un
sens, agit pai-fois dans un sens opposé, toujours au prolit de la dune.
FiG. 1. — Profil des dunes, d'après la Uiéorie commune. -«-
; Direction du vent de mer.
Est.
Ouest.
^^
tssff
* c ^r 'a a/ Il '~
*''»■ eV '» :)/'
I''iG. 2. — Profil pris à Amldeteusc : O. — Oyats des sommets en fortes touffes. = O. pi. — Oyats
plantés régulièrement pai' l'homme sur l'ensemble de la pente ion ne les a figurés que
sur une portion!. = H. — Haies mortes, protégeant ces plantations de Oyats. = d. — Ligne
do sable fin tamisé par ces haies et déposé derrière elles, par rapport au coup de vent.
= D. R. — Dune ruinée plus éloignée, vouée à la destruction. = D. N. — Dune nouvelle,
amorcée par un semis naturel de Oyats, en avant de la dune existante.
DÉVELOPPEMENT DE LA DuNE
Ce progrès s'arrêterait bientôt par rensableineiit et l'immobilisation
progressive des feuilles, si la croissance des Oyats ne suivait une mai'clie
parallèle; mais les plantes se développent lapidement. En /i«H/c)fr d'abord :
les nieuds succèdent aux nœuds, plus ou moins écartés cette fois, selon la
lapidilé de l'ensablement; et chaque nunid donne naissance à une feuill(\
de plus en plus forte. A l'aisselle de cette feuille se développe en même
temps un bourgeon qui produit une tige courte, analogue à la tige primitive,
avec sa touffe de feuilles. Il en résulte une série de dichotomies de la lige,
cachées dans le sable, et au dehors, une touffe composée d'un nombre
indélini de touffes simples, serrées, qui se fortifient mutuellement et délient
tout vent. La dune a beau s'élever, les touffes vertes et drues opèrent leur
huilage automatique, et en couronnent toujours le sommet. Comme il faut
nourrir toute cette végétation, de chaque nœud partent latéralement de
longues racines tortueuses, et, latéralement aussi, de longs rhizomes qui
vont rayonner dans toute l'épaisseur de la dune. Tant qu'ils sont à distance
U)8 E. Laxc.RWD. — Les Oijuls ri les Dunes.
lies irilliirnccs i'xl(''ri('iin's, t'cs iliizôinos s'alluiigriil l'ii cnln'-iiiriuls assez
ospacés. lie S à 20 ceiilimèlres en iiKiyeiiiie; el eliaqiie iKeud produil un
lioiirgeoii (iiiriiiaiil avec, sur les côtés, une ou ileux paires de racines. Mais
quand l'exli-éiuilé des rliizùnies arrive près des bords de la dune, les bour-
geons produits à cet endroit se dévelo])pent, gai'nissant les lianes de nouvelles
touffes de Oyats qui vont se nourrii- et s'aecruîlii' d'une façon indépendante.
Croissance indélinie en haulenr, (■(nisolidalidii ej exleiision des pentes par
les pousses sorties des rhizomes, vdilà pour la dune le résultat de raetimi
des Oyats. Il semble que la dune soil désormais viclorieuse du vent, (pi'ellc
ne puisse que gagner; l'étpiilibre de forces que la nalurc pi-ésenic parloul
va niius expli(]uei' comment la dune poui-i-a dépéiii'.
3. — Ruine de la Dune
Il est évident que la lie.xibilité el le ressort des feuilles de Oyat ont une
limite, et qu'un coup de vent violent et soutenu les maintiendrait inclinées,
et loin de leur abandonner du sable, enlèverait le sable existant. Cela ne. se
conçoit toutefois que pour les dunes naissantes et peu couvertes de feuilles,
où l'effet du vent est d'ailleurs moins apparent. On voit bien, après une
tempête, tout un côté de gi'unde dune couveit d'un sable nu; mais c'est du
côté opposé au vent; c'est une coulée de sable nouveau que le vent a aban-
donné après avoir traversé les Oyats du sonunet : ce n'est pas une perle,
mais une acquisition.
Je n'ai jamais vu une dune péiir par le suinmet, qui semblerait le point
le plus menacé, mais par les flancs.
S'agit-il d'une dune côtièie? des marées exceptionnelles, marées d'équi-
noxe ou de tempête, vont ravinei' la base de la dune, emportant le sable,
que les rhizomes el les radicelles sont bien impuissants à retenir; et la dune
offre sur le front de mer une tranchée verticale, plus ou moins haute suivant
que le ravinement a rongé plus ou moins la base. Cette tranchée est bien
couverte de i-acines et de rhizomes llottauts; mais le moindre vent balance
tous ces débris, et leur fioUement perpétuel ne fait qu'user la paroi. Si le
sable se maintient, c'est par le tassement pi-olongé qu'il a subi, el souvent
par une légère adhérence due aux intiltrations calcaires et salines (embruns
et dissolution du calcaire coquillier). — Les li'anchées des sablières exploitées
par l'homme dans l'intérieur des terres présentent du reste une résistance
analogue, sans Oyats ni rhizomes d'aucune soi'te.
Le vent, lui, produira moins nettement, mais aussi bien, les mêmes effets
sur toutes les dunes, côlières ou non. Nous avons vu que sous l'inlluence
des Oyats les dunes tendaient à s'élever en pyramides ou du moins en
croupes accentuées; la partie vulnérable en sera les flancs. — Les touffes
y sont moins denses, car l'ensemencement y est plus rare; elles y sont plus
jeunes, venant en grande partie des rhizomes, el non de pousses piimilives.
Enlin el surtout le mécanisme d'airèt du sable n'y joue plus de la même
manière. En effet, les touffes, qui tendent à la verticale, n'y sont plus pei-pen-
diculaires au sol, d'où il suit qu'un vent encore modéré appliquera leurs
feuilles sur la surface montante, de façon à glisser sur elles sems les tra-
verser ni s'y affaiblir comme ailleurs; de plus, les touffes sont étagées el ne
se prêtent plus un nuduel appui. Nous avons donc une lésistance moindre,
devant laquelle se tiresse luie attaque plus violente. C'est que le vent ne l'ase
plus, mais heurte plus ou moins normalement ces surfaces dressées; ce
n'est plus un appel d'air, un léger frottement qui envole ou entraîne le
sable, mais un choc qui le fait jaillir. On comprend donc que les pentes des
dunes abandonneront souvent de leur sable. Oi', le moindre affaiblissement
E. L\N(iR\!VD. — Les Oyais et les Dunes. 109
cnli-aîiic iiMO déchéance de plus en plus piut'uiidc: cliaqiic touiïe, une fois
un peu dégai'uie à la hasi\ s'inclinci-ii plus profoiidéiuenl snus le vent; son
l'ùie mécanique lailtllt: rllc se déchausse et pend cnlin lanicutalilement,
l)alayanl le \ci'said de la dune, (pii s'éboule d rnlcaînc les sdininets, pai'
eux-niènies hivincihies avec leurs Oyats.
J'ai vu souvent ce siH'elacle: c'est une l'inne que lieu u'aia'é|ei-a, jus(prà
ce que rél)Ou!eineid (le salile n\anl cepiis au lias nue assielle sullisanle
IVirnu_^ une surface propre à recevoir les i^raines; et un nouvel eiisenience-
uieul, lot ou tard, y reproduit le cycle <jue nous venons d(i parcourir.
(.l'ajoute i|ue ces l'uiucs fournissent à l'oliservateur sur les liiizôines, sur
la (licliotonue i\i'^ liges, les notions (pie la masse des dunes lui cachait: de
même (pie les liouleverseinents du sol en fout coiinaitre an géologue la
constifulion).
II. — Disposition des dunes.
Après a\oir e\p(is(;' ie mode de ji.idHini ilc.^ (Iiini's par les Oyats, je dois
ajouter quelques détails à pidpos de l'influence exercée par les Oyats sur
In (UspnsUion des dunes.
La théorie classique de la foi-niation. du prolil. de la niaiche des dunes
est bien connue : talus en pente douce du côté du vent, en pente plus forte
du côté opposé; sommet sans cesse repoussé pai' le vent vei's l'intérieur des
terres, et tivansporl insensible de toute la masse dans ce même sens (fig. 1).
Il y aurait bien des remarques à faire sur cette théorie, que les auteurs
n'exposent d'ailleni-s qu'avec certaines réserves, et dont la représentation
graphique offi-e des difficultés. Prenons-la cependant connne l'expression
d'ensemble du l'égime des dunes.
1° Marche de la dune. — Théoriquement, elle est annulée par les Oyats;
ils arrêtent le sable, donc la dune s'accroît sur place.
2° Profil de la dune. --Le sommet, au lieu de reculer sous le vent, se
maintient au bord le plus exposé. 11 suffit pour le comprendre de se rappeler
qiK^ plus un Ovat re(;oit de sable, jibis il se développe, plus il en arrête de
nouveau, et ainsi de suite. Or, ce sont évidemment les Oyats du premiei'
rang qui recevront le plus de sable. (Se reporter à ce f]ui a été expliqué
sur la prospérité et la résistance des Oyats des sommets) (fig. 2).
3° Formation des dunes nouvelles. — Comme on l'a vu, cette formation
aura lieu, en dépit du vent, non pas en arrière mais en avant des anciennes
dunes, à la seule condition qu'il y ait ensemencement de Oyats. Cette condi-
ti(m peut ne pas se réaliseï-, (piand il y a un i-égiim» trop constant de vent
de mer, qui emporte les graines vers l'intérieur. Mais l'homme ne povrrait-
il [aire alors ce que n'accomplit pas la nature? l'ejlort est si minime en
com]iaraison du rôsultat à espérer que l'essai en vaudrait peut-être la peine.
Il n']i aurait qu'à ensemencer de Oyats le sable fin de la haute plage, et à
laisser faire la nature: peut-être les circonstances locales amèneraient-elles
an. insuccès; mais cet insuccès même permettrait suny doute d'i'n troirrer le
remède: et on aurait risqué si peu de chuse !
.le serais heureux que celle l'Iiide almulil à une semblable iililisalion: ce
serait un complément, une forme nouvelle du concours apjiorté par les
Oyats à l'Homme, concoui-s déjà utilisé, et doid il me reste à parler,
III. — Les Oyats et l'Homme.
I^a destruction des dunes, telle (pi'on l'a vue plus haut, ollVe pour l'homme
de nombieux inconvénients; c'est un abri qui disparait, et dont on avait pro
110 E. Langrand. — Los Oyais ol les Diinrs.
Jitc puur des oiganisatiims diverses... culUii'es...; lieiireu.x iiiiand cet abri
ne sert. i)as de détViise naturelle à un pays trop bas contre les invasions de
la mer. conmie cela se |)i-oduit pai- places s\U' les C(Mes françaises, belges et
iiollandaiscs de la mer du .Nord. .\u conliaire, la diuie s'est transbuinée en
sables mouvants (pii peuvent reco\ivrir champs et même habitations.
Déjà sans l'inteiTeidion de I homme, celle marche vers l'inlérieur est
combattue par le développement d'une végétation plus complète, que permet
l'éloignemenl des inlluences marines : la mousse recouvi-e tout le sol sableux:
une foule de plantes hci'bacées, quelques arbrisseaux s'y élablisscnl,
montrant à l'homme la voie à suivre: mais tout cela esl impuissant coidre
les ensablements postérieurs.
Quant aux dunes côtières, sources de ces ensablements, à leurs flancs
menacés, ravinés, et où le seul Oyat peut végélei- utilement, comment les
défendre des ravages du vent? — En replantant persévéramment des Oyats
sur toutes les pentes dénudées, où l'ensemencement se ferait mal. C'est ce
qui se pratique sur nos côtes de temps immémorial, partout où les variations
de la dune intéressent municipalités ou particuliers. On profde pour cela de
préférence des loisirs de l'hiver. On divise les touffes de Oyats des endroits
prospères et d'arrière-plan, et par poignées de 6 à 8 pousses simples on les
repique, avec qnelques centimètres de tige, h 20 ou 2'i centimètres de
distance en tous sens. — Même avant leur reprise, ces touffes par le jeu
mécanique des feuilles protègent et nourrissent les pentes contre les vents
ordinaires.
Mais comment les protéger elles-mêmes des vents plus violents qui ont
causé les •ruines précédentes? — Par des haies mortes, formées de bran-
chages, hautes de 1 m. h 1 m. 30 au-dessus du sol, et qu'on dresse en lignes
ininteiTompues. plus ou moins rapprochées, pour barrer le passage aux
vents dominants. Le vent s'use en les traversant, et dépose à la sortie, toit-
jourf! en arrière, une levée de sable fin, très visible de loin après chaque
tempête. Un vent contraire ensablera l'autre côié: de sorte que parfois, en
quelques années, la haie a disparu, complètement ensablée: mais la dune,
loin d'être ruinée, s'est donc accrue d'autant, et aux endroits qui étaient
les moins favorables, sur les flancs ! On replante de nouvelles haies, de
nouveaux Oyats, si les premiers n'ont pas suivi la progression du sable; et
sous la protection des haie.s, la lutte se poursuit, toujours par les mêmes
moyens (fig. 2).
Dans toute étude de la nature, l'observation conduit à une explication, à
des lois, que l'on contrôle par l'expérimentation. Notre explication du début
a enlevé aux rhizomes des Oyats, pour la restituer aux feuilles, l'importance
qu'on leur attribuait: les rhizomes vis-à-vis des dunes n'ont d'antre rôle que
de transporter à la périphérie des touffes secondaires, puis d'aider à la
ruine dès qu'ils sont à découvert. La pratique des habitants du littoral, tou-
jours couronnée de succès, montre que c'est Iiien là l'enseignement de la
nature.
Quelques précisions pour terminer. Les Oyats sont-ils les seuls à fixer les
dunes? Evidemment non: mais seuls ils ont une influence aussi mai'quée,
ce qui tient à l'ensemble de l'organisation que nous avons examinée; et seuls
ils prospèrent à ce point sur les endroits menacés, ce qui tient à leur physio-
logie, qu'il ne convient pas d'aborder ici. D'ailleurs c'est à eux sjjéciale-
nieid que s'applique la phrase traditionnelle que j'ai cru pouvoir rectifier.
Ambleteuse (Pas-de-Calais). E. La.ngra.nd.
D" Vii,T,KNEl'VE. — Los Travestis. 111
LES TRAVESTIS
On renconlip do temps à autre, parmi les Diptères, des individus singu-
liei's qu'on peut apiiolci' des <■ Iraveslis » ou plus exactement des « ambigus »
suivant les termes employés en Allemagne pour désigner précisément les
types sexuels intermédiaires. Ils rentrent bien, en effet, dans les
u Zwisclienstufen » du D"' Magnus Hirschfeld (1). Ces individus sont le plus
souvent des c^d" qui revêtent à des degrés divers les caractères sexuels secon-
daires des Q Q ou, plus i-arenient, des individus paraissant être des
Q Q dont le front reti'éci est tout à fait anormal et se l'approche alors de
celui de leurs cfcf.
Il faut remarquer tout d'abord que ces anormaux appartiennent soit à des
espèces très communes partout, soit à des espèces moins communes peut-
être mais qui se trouvaient représentées par un grand nombi'e d'individus
dans la localité désignée. Or, il est d'obsenation courante que les espèces
abondantes sont aussi les plus variables.
Les cas observés et parvenus à ma connaissance se répartissent de la
façon suivante. Fannia (Ilnmalomyia olim) scalaris F. : 7 cfcf pris à Lille
par M. le D' van Oye; I cT pris à Lyon par M. Grilat. Ils ont tous le front
élargi et nanti de 2 soies orl)itaii-es externes. Plus le front est large et tend
à égaler celui des g g normales, plus la callosité des tibias intermédiaires
propre aux cfcf est amoindrie. On sait (pi'un sujet semblable observé en
IJosnie par M. le Professeur d. Slrobl a été décrit par lui sous le nom de
Gymnochoristomma bosnica! (2) — ChortophUa cilicr-ura Rond. : 2 individus
capturés par M. Hervé-Bazin à Erigné, le 27 avril 1910. Tous deux ont le
front large et 2 soies orbitaires externes, tous deux aussi ont la ciliation
caractéristique des tibias postérieurs. Celui qui a le front le moins élargi
présente encore l'iiypopygium saillant des cfcf, mais l'autre a tout l'aspect
d'une g normale. — Dincni ç/risescens Fall. : un cf parmi un lot considé-
rable d'individus du même sexe pris en Russie orientale par mon vénéré
ami M. le D' J. Schnabl, de Varsovie. Front très large; 2 soies orbitaires
développées et disposées régulièrement, comme chez Ja g ; mais hypopygium
saillant des cfcf. — Platiirhinis pcUalus Meig (3). Un & : conformation de
la tête identique à celle d'une g ; hypopygium d'un cf de même que les
caractères des pattes. — Mt'lanostoma scalare F. et Melanostoma meUmitm
L. : une g de chacune de ces espèces, du moins je le crois, car je n'ai
rien vu qui rappelât la protubérance génitale des cfcf. Le front présente
absolument la même pai'ticularilé chez ces deux sujets : il est brusquement
rétréci dans sa moitié postérieure en sorte que sa largeur n'y est plus que
la moitié de celle qu'il avait au niveau de l'insertion cîes antennes. Au sur-
plus, ces deux g g apparliennent h la variété unicolore de ces espèces c'est-
à-dire que l'abdomen est entièrement noir, sans aucune tache.
Ces Syrphides provenaient de divei'ses localités : Plati/ehirus peUafiis a été
pris, le 27 mai ItIftS, dans la légion de Lille, par M. le D" van Oye; Melanns-
liima tnclliiiinn, en Maine-et-Loire, le L'i avril l!1ll, par- !\l. Ilervé-Bazin:
(1) D' méd. Maonus Hinsr.uFFi.D. Dio Zwischenstufen Théorie, in Sexual-Probleme (Zeit-
.irt}ri[t (lir SexuaUuissenschaft und Se.malpolUik, février 1910).
(2) Dr J. Villeneuve. Sur Gymnochoristomma bosnica StrohI (\l'. enl. Z., xxix. Tf)).
(3) Df J. Villeneuve. Anomahe analogue à la précédente constatée chez un Syrphide :
Platychirus peltaius Meig. {loc. cit., SI).
112 rc" \iLLENEiiVE. — Ia's Tmi^estis:.
MeUinosloma .scnlare, le 2 mai 1897, par moi. dans le bois de l'Haulil (Seine-
el-Oise).
Ln question reste posée de savoir sons qurllc iiilluenre perturbatrice se
produisent ces anomalies de développrincnl. A l'iKMire actuelle, elles ne
conslituiMil encoi'c (ju'une simple cui-iosilc.
On sait que resi)éce hunKiine n'échappe pas à ces biziirreries de la Nature.
Il y a un certain nombre de cas bien connus : femmes à barbe; honuues à
formations i^iandulaii'es mammaires, etc., et on ne lira pas sans grand intérêt
la traduction d'un ai-ticle i-emarqual)le du D'-médecin Magnus Hirschfold qui
a paru dans la nrviic des Idées (n" 87, page 401) sous la l'ubrique : les Types
sexuels intermédiaires. Bien qu'il n'y soit question que de notre espèce, les
insectes ne sont pas oubliés et l'auteur ajoute, en noie : « le biologisle
anglais W. Bateson distingue {Maternai far Ihe stiidy of variation treatcit ivitli
especiat regard to discontimdty in Ihe origin nf species, London, 1894, p. 38)
des mâles de plusieurs espèces d'insectes, d'après le développement des
caractères sexuels secondaires, en « bigh maies » et " low maies » c'esl-à-dirc
surmàles et sous-mâles.
Puisque nous avons en vue ici tous les travestis, tous les ambigus quels
qu'ils soient, nous ne pouvons pas borner notre sujet au seul chapitre des
anomalies qu'on vient de lire et qui sont encore inexpliquées.
Que dire d'abord de ce fait très curieux qui nous est offert par Anacamp-
tnm'iia IRmitiaudia) riifcsccn.-: Villen. M) el qui relève pcnl-ètre des mêmes
causes (]ue les cas précédents? Cette jolie Tachinaire africaine est parasite
de guêpes du genre Relonogaster et M. Emile Roubaud l'a trouvée en nombre
dans les recherches qu'il a poursuivies tant au Congo qu'au 'Dahomey. Or,
tous les c?cf que M. Roubaud m'a envoyés du Dahomey ont le front élargi
et nanti de 2 fortes soies orbitaires externes! Tout le reste est pareil aux
exemplaires du Congo.
Sous notre ciel on voit aussi apparaître ces soies chez des espèces dont
les cfc? en sont normalement dépourvus. Cela se produit assez rarement
chez Plmj.re vvJgaris Fait, et il existe au Muséum de 'Vienne un c? que Brauer
et Bergenstamm ont nommé viilgari.'; var. wonnrhada : il a, de chaque côté,
une grande soie orbitaire. Par contre, chez mon Plirii.rr'IBlephaiiiira niim)
vnirntnr les nombreux cfcf pris à Hyères ont tous luie soie orbitaire externe.
Enfin, Brauer et Rergenstamm ont distingué 2 espèces â propos de
Wohifahrtia Meigem Schin.. réservant ce nom aux cfcT porteurs de petites
soies orbitaires externes et nommant Agria hvngarira nov. sp. ceux qui en
sont privés. Tl n'y a là cependant qu'une seule et même espèce.
Ces exemples sussent pour caractériser une seconde catégorie d'anor-
maux bien distincte de la précédente. En effet, on connaît des Tachinaires
chez lesquelles, normalement, les cfcf ont les yeux largement séparés et
portent 2 soies orbitaires externes bien développées, tout comme les Q Q
(Masicera siilratira Fall., Prnsnpnpa .icytcllaris Fait., Cavalleria genil^arliix
Villen., etc.). Ne voit-on pas aussitôt que chez Phiti.vp, par exemple, la ten-
dance qu'ont les cfcf à prendre aussi des soies oibitaires externes lésulte en
quelque sorte de la largeur considérable de leur front? Et puis n'ont-ils pas
déjà, aux pattes antérieures, les griffes courtes des QQ? A vrai dire, il
n'v a pas, dans cette catégorie, arrêt de développement mais plutôt sur-
développement: autrement dit. l'anomalie représente une modalité de l'évo-
lulion chez les cfcf en question. Remarquons qu'ils n'ont qu'une seule soie
orbitaire et non deux et, alors, n'est-il pas permis de penser que cette
(1) D''.I. Villeneuve. De.scriptions de nouvelles espèces de Tachinaires provenani il»' I \fiii|ne
occidentale (IV. ent. Z.. x.xix. 249).
D' Villeneuve. — I^es Travotfis. 113
llncliialinn ir.injiiiird'liiii ilcviendra, à la suilo (l'mic série d'efforts et de Icn-
lalivcs dans ce s(mis, la iiiulatidii dr doiiiaiii avec a|)i)ai-ilinii iy{\]\r i'si>rce
dôliiidivo ayant li's 2 soies ofi)ilairos exlei-nos ciicz le cf !
dette (t|)inion nous la trouvons en quelque sorte réalisée aclnelleineid dans
le i^enre .l/i/o/o'fl. Le sous-genre SoUcria li. D. eonipi-end les espèces dont les
cfd" ont l'alhwe de g g par le front très large, 2 robustes soies orl)it.-exl. et
di's griffes courtes aux tarses des pattes antérieures. Heliant les SnUrvin aux
Miiolùii proprement diles, l'espèce Mfinhiu ruciiii Itiind. niius nioidre des
niî'des ayant eiu'ore leurs griffes antérieures allongées mais présenlaid un
troni lai-ge avec une éhauclie de soies orl)ilaires sons forme de cils plus ou
moins nond)ieux. d'allui'e encore indécise et irrégtdière.
Sans doute est-ce encore par le processus en nnivre chez /'/i/v/.cc qu'esl
appaine Dcgcarin miiscnri'a Meig. (^LatrcUlia debUilaln Pnnd.) qui ne
dilièi-e de Mhrissiiia liirrila Meig. que par une coloralion plus s(ind)i'e el
2 soies orbilaires chez le cf. Je me suis cru autorisé à lui assigner un nom de
genr{' nouveau : Microrihrisshia (1). On conçoil que les QQ, dans ces
2 geiues si voisins, soient difTiciles à distingue!' <iimme (dles le soni aussi,
du reste, dans les différents sons-genres de Miinhui.
Kn résumé, les vrais travestis ce sont ceux de la pi'emièi-e catégorie: il
y a \h matière à des recherches intéressantes. Y a-f-il castration parasitaire
comme le suggérait M. le Docteur van Oye; à quel stade du développement el
dans quelles conditions s'installe le parasite? — Le proljlème est peut-tMre
li'ès complexe et on ne peut s'empêcher de remarquer, d'autre part, que
chez des espèces véritables, comme celles du genre Snljprin R. D., les carac-
tères sexuels secondaires des cfcf ont été amplement modifiés, jusques et y
compris le caractère des griffes des pattes antérieures. Il en est de même
pour Micrnvibrisfiina .
Uambouillef. D' J. Villeneuve.
LA FAUNULE CONCHYLIOLOGIQUE MARINE
De Paris-Plage (Pas-de-Calais)
La faunule de celle localité est très banale et ne mériterait pas de lelenii'
l'attention si l'on n'était frappé, à première vue, par les grandes dimensions
(pie certaines espèces y atteignent.
\.o Maelra cnrnlluui liinné, var. nthinlua R.D.D. (= ,1/. xtnUoriim aucl.),
présente noiammeni une taille exceptionnelle : diam. umbono-ventral '^'^.
diam. anféro-postér-ieur (i.'i millimètres. C'est, de beaucoup, la taille la plus
foile que nous ayons eu l'occasion d'observer chez ce Mollus(p]e.
I,e ilacfra snJkhi Linné, est également représenté par une race robuste,
à valves très épaisses . diam. umb.-veidr. .36, anii'ro-post. 47 millim. —
Le plus grand individu de notre collection provient de La Baule (Loire-
Irdérieure) el mesure : diam. umbono-vcnir. 37, antéro-post. i(S millim.
\.p Macoma balthicn Linné est à peu près de la même taille que les spé-
cimens de Rerck-snr-^Ier, de Malo-Ies-Bains et du lilloral belge fdiam. umb.-
\enlr. 2'i. diam. antéro-post. 'M millim ).
,lj D'' J. Vir.LENEUvK. Descriptions de deux nouveaux Diptères (VV. enl. Z., x.\x, 82, en nole\
1 14 Dmitzenrekc. — h'diniiih' ciiiichnhiihKjiiiiie iiidiinr de l'aiis-l'lagc.
Lv Maroiiui Iciiiiis |);i Cdsln, l'sl rcini-seiilr aussi par uni' foiine très
grande : diaiii. iiiiili.-Nciili ., 20. ili.in:. ,iiil('io-i)()sl. liO millim., que nous
n'avions oiiservrc, jusi|u'à luésciil, i|u'à iiri( !<.
Enlin, certains cxoinplaiirs de TcHhia fithnhi (ironovius atteignent : diam.
unibono-ventr. 17, diam. anléro-post. 27 millim. Nous avions déjà rencontré
des individus de dimensions analogues à Beick et à Malo-les-Bains.
Les observations qui précèdent ont été fades sur des coquilles ramassées
à basse nier, pendant le mois de juin l!tl2, jiar M. JMaui-ice Duciiange. Voici
la liste des espèces qui composent sa recuite. Celles ijui sont précédées
d'un astérisque ont été ivcueillies vivantes.
Bucc'nuun undalum Linné.
Litlonna lUtorea Linné.
*\'aHcu (Saticina) r.ateiia lia Costa.
— — nitida Donovan.
Gihhidfi )>ui(iiis Linné.
.■lno/m« ('phippium Linné.
('hkimi/.s varia Linné.
— (.Eipiipi'cfpul divioiliiris Linné.
*Mytihis rduli.s Linné.
Pc(;t.itn('nhi.s (A.ri)t.:ra) nliji iintcfis Linné.
*Card'uim iCcnistudeniiaj cdulc Linné.
— (La^vicardhnn) iKim'diam Spengler.
*Doniu: viltatus Da Costa.
*Ënsi.s eiisis Linné.
*Marfra rorallina Linné var. afhmlica B.D.D.
* — (Spi.siihi) solidu Linné.
Liilrarki liilraria Linné.
Pholas dadijlus Linné.
Barnea candida Linné.
*Tpllinn (Atigiihisj falmla Cronovius.
*Macnnia InDiis l)a Costa.
*
— balthica Linné.
l*h. Dautzenberg.
L'OPPIDUM DU CRUZEL
près de Pouvourville (banlieue de Toulouse)
Ou désigne, à l'ouvourville, sous le nom de Cruzel, un plateau inculte
(220 mètres d'altitude) dominant le.s alentours et limité du côté de la plaine
par un à-pic de plusieurs mètres.
Ce plali'au, qui mesure (iO mètres de liuigiieiir sur .'iO de largeur, a sen'i
de refuge à partir du néolitliiqiie jus(prà répo(pie gallo-romaine.
Le gisement iiéolilliiipie, (pic j'ai découvert, se trouve sur la face Sud-
Ouest du |)lateau. M. F. Sardiiig m'a donné deux haches polies en grès
très dur provenant de cet endroit et j'ai pu recueillir à la surface du sol
une nouvelle hache polie, des morceaux de poteries grossières à pâte gri-
sâtre dont les parois ont été égalisées à la raclette.
p. Manuel. — I.'Oiipiditm du Criizel. 115
Sur le iilnicau lui-môrne cxislc un inlérpssanl gisciiiciil |ii-iil()lusl(iri(iuo.
M. .Iiiuliii Jiviiil déjà l'ail eu l!HI:i i|ucl(|U('s fouilles sur col cuiplaccuicnl;
j"y ai fail à mou loni- (li> nouvelles icelierches ces dernières aniuM's.
' La couche aiTliéolo£ti(iue comnieuce à '" 2(1 du sol aciuel et finit à 1 ""!»()
de |)rofoiuleui-; elle repose sur des bancs de i,'rès tei'liaires; c'est une terre
formée de cendres et de chai'honille contenanl des galets recueillis dans le
lit de la daronue, des fi-aii-menls de poteries et (le noudireux ossements
d'animaux.
Poteries.
La pâle des poteries noirâtre ou l'ou^eàlre, foi-fement mii'acée, est parfois
recouvei'te d'un vernis marron ou noir, [/ornementation est tout à fait pri-
mitive (stries régulières, trous faits à l'aide d'un poinçon, traits, cordes,
empreintes digitales). Les exemplaires les plus caractéristiques que j'ai
trouvés sont les suivants :
Un vase entier à panse renflée, noirâtre et jaunâtre à l'extérieur; sa
liauleur est de 7 centimètres, son diamètre an col est de 6 centimètres.
Aucune ornemenlalion: cependant sa forme est assez élégante.
Deux fragments de poteries portant de grossières empreintes digitales.
Un morceau de poterie noire sur lequel sont gravées en creux trois
rangées de lignes parallèles, qui pai'aît se rattacher au type des vases dits
cordés.
Un morceau de couvercle orné de simples traits obliques.
Un fond de vase intact de 9 cenlimètres de diamètre.
Un fond de vase en poterie noire très fme que j'ai en partie reconstitué.
Toutes ces poteries paraissent dater de l'âge de bronze qui s'est pro-
longé, dans la France méridionale, jusqu'à la période gauloise; d'ailleurs,
j'ai trouvé quelques tessons de poteries romaines (poterie campanienne).
Ossements.
Les ossements sont, comme je l'ai dit, très nombreux, mais leur déter-
mination est rendue difllcile : la plupart .sont brisés ou cassés en long.
La faune reconnue jusqu'ici comprend les espèces suivantes : cheval, chien,
sanglier.
Fortifications.
Le plateau du Cruzel présente des traces très apparentes de fortifications.
Le côté Nord-Ouest, tourné vers les coteaux du Pech-David, a été défendu
par un à-pic de 3 à 4 mètres de hauteur taillé dans les grès tertiaires.
La pente assez douce qui foiTiie la face Sud-Ouest a été fortifiée par un
fossé et une série de talus en terie dont la hauteur varie entre 1 mètre
et ."!"'.'îO. Des fortifications du même genre ont été autrefois découvertes à
l'oppidum voisin de Vieille-Toulouse, et, à ce point de vue, le Cruzel res-
semble beaucoup à l'énorme motte de défense d'une vingtaine de mètres de
hauleui' qui domine ce village.
Marseille. P. Mantjet,.
•*••
1 16 Notes spéciales et locales.
NOTES SPÉCIALES ET LOCALES
La chenille de Calocampa exoleta et les plantes basses. — Cette chenille, malgré
sa Ih'IIc rciljc d'un vert trôs gai, sa rangée de taches disposée® entre, une ligne sons-
d(irs:dc d'un jaune vif et une stigmatale d'un rose tendre, n'est vraiment pas d'es-
tomac difficile.
On no K'expli(|ue guère la rareté du papillon, puisque le régime alimentaire de
sa larve est si varié que la plupart des auteurs se contentent d'indiquer ses plantes
nouri'icières par ce simple signalement : plantcsi bnsxc.t.
C'est d'un vague un peu voulu; mais quand l'occasion se présente de pouvoir
donner un nom à ces plantes même basses, il semble qu'on ne devrait pas le négliger;
d'autant mieux que parmi ces plantes &rtssf,< on trouve... un rrunellier!
Le 2 juin dernier, cette chenille a été trouvée en flagrant délit sur le Choii,
variété rœiir-t/c-bœuf r/roa, dont toute la moitié d'une feuille dévorée ne laissait
aucun doute sur l'appétit de son paravsik- d'aventure.
La Feuille des Jeinies Natiirnlistes (a.nnée XXXV, p. 107) l'a déjà signalée sur
les J'aparéracéps, mais non sur les Cmrifè.res. C'est donc à y ajouter.
Après avoir consulté Maequart, Berce, Kaltenhacli, Roiiast, de Peyerimhoff, Lam-
billion, Siépi (Tutt n'étant pas à notre disposition), force fut de convenir qu'aucune
(Jrvcifère ne figurait dans la liste.
Pour varier le menu, la chenille fit les frais d'un pied A'Eiiphnrhe des jardins
prêt à fleurir.
Pour les amateurs, il semble que la liste suivante, dressée d'après le tohu-bohu
des auteurs ci-deseiis cités, ne sera pas sans intérêt, d'autant mieux qu'ils y pour-
ront trouver matière à expériences.
Papavéracées : Papaver (geni-e).
Crucifères : Brassica olerare.a!
Résédacées : Reseda (genre).
Caryophyllées : Silène inflata (('iiridxiliis belien), S. Otites; I.ychnis Tespertina
(dioira) ; Diaiithiis Caryophylliis.
LiNÉES : Linum (genre).
Papilionacées : Spnrtium pi.nreum; Sarothamniis scopnrius; Genista tinctorin;
Ononis repens (arrr-nsis) ; Phaseolus vnlf/aris; Lotus corniculatiis; Vicia sativa;
Pisiiin sativuni ; Lafhy/iis tiiherosiis.
Rosacées: Pnnius sjjinosa; Piibus sn.rafilis, R. idœvs.
Crassulacées : Seduiit Telephivm.
OmbellifÈRES : f'iuernphijlluni fenndtim; Cotiiuiii niarulatinii.
Caprifoliacées : Lonirern (genre).
Composées: Scabiosa Svcrisn: Petasites offlcinalis; Solidago Virga-avrea; Cir-
siitm arrense; Cardinis initrms; Centmiren (genre); Serratula tinrfnrin \,Cichoriirni
Intiihiis: Traiinpogcm jtnitevsis; Lo.ctiica sativa.
Campanuxacées : Campannla Rapunculus.
SoLANÉES : Snlainnn- tiiherosum.
Scrofulariées : Digifalis purpiirea.
PlantaoinÉES : Plnntago (genre).
Salsolacées : Atriplex (genre); Beta vidijnris; Chenopodinm. (genre).
PoLYGONÉES : Poli/goniiin avicidare.
Eléagnées : TIip]inplwë. rhamvnïdes.
Aristolochiées : Aristnrhin <'lem/ititi.s.
Euphorbiacées : Eiiphnrbia Pephis!, E. Cyparissias, E. Esida.
Urticées : Urtira dioïca.
Salicinées : Salix Capreo.
AlismacÉES : Alisuia Plantagn.
LiLIACÉES : Asparagus nffirrntilis.
Graminées : Festnra (genre).
Donc 25 familles et environ 50 espèces sont ici représentées.
A rencontre d'une simple liste alphabétique, cette disposition selon les familles
botaniques aura, l'avantage de suggérer aux éleveurs le moyen de tourner les diffi-
cultés de l'alimentation de leurs pensionnaires éventuels.
Pour les jeunes, une description plus détaillée d'après la chenille qui .s'est fait
prendre sur le Chnv sera peut-être une bonne fortune. Nous la prendrons après
sa dernière mue.
Noies spéciales et locales. 117
Chenillo lii's allongei' (7 à 8 ccutuiiètres), i-ase, cylinchifiue, à 6 pattes écailleuscs
f<j(i/ix entre ellc«, et 10 iiu'iiiln ancusi'.s, île la couleur du fond.
Robe verte à ligne dorsafe. un peu pluiS foncé*, à sous-dorsales jaunes et à stiguia-
talcrt roww interrompues sur les incisions.
Sans nou.s occuper des stigmates, disons que la ligne stigniatale est surmontée
à chaque wgnienl de point« blancs cerclés de noir ainsi disposés . : . sur les
anneaux alitlominaux ; . : et . . s<Hil<'jiient sur les anni^aiix di' la partie thora-
ci()ue et de la région anale; une double série de taches longitudinales d'un noir
de velours ornées de points d'un blanc d'argent formant des trapézoïdaux, très
nets sur les segments abdominaux, peu accusés sur les segments antérieurs et pos-
térieurs. Sur la partie dorsale du thorax : 1'"' anneau ( : : ) ; 2" anneau ( ) ;
:î" anneau ^ /.
Tête d'un jaune verdâtre relativement petite, à deux points noirs sur le vertex.
Sur le côté et inférieui'emen.t, 6 points (dont 5 en demi-cercle) indiquent l'enipla-
ooment des yeux.
Ce signalement permet de ne pas confondre notre chenille avec celle d'autres
Calocaiiipa.
Un mot sur sa façon de manger.
Après avoir été mise en observation, notre chenille, qui faisait honneur succes-
sivement et alternativement aux feuilles de Chou, puis à celles de l'Euphorbe-
cyprès et de l'Euphorbe des jaidins, attira l'attention par la manière dont elle
se comporta à l'égard de cette dernièie plante. Lorsque la feuille qu'elle convoitait
se trouvait au-dessus d'elle, au lieu de la ronger prosaïquement comme elle le
faisait pour celles qui se trouvaient horizontalement à la portée de sa bouche, elle
prenait soin de les cueillir délicatement l'une après l'autre, par le pétiole, puis une
fois détachée, de maintenir la feuille entre ses pattes écailleuses pour la dévorer
complètement, rappelant ainsi la touche de l'écureuil grignotant une pomme de pin.
Malheureusement, ma pauvre bête était parasitée et quand fut venue l'heure de
s'enterrer profondément pour se chrysalider, ce furent des larves de VÂpaiiteles
coiiyestux Nées qui m'avertirent d'avoir à dire adieu au papillon que j'attendais
pour le mois d'août, au plus tard pour le mois de septembre, vu la précocité de
la larve.
En plus de ce si commun Braconide, il y a encore un Ichneumonide qui se
charge de la destruction de Calocuiiipa eioletu, ce serait Aiionialon flavifrons Gr. ,
d'après le très intéressant i'atctloijue des Hyménoptères de France, de J. de Gaulle.
Avec des ennemis aussi entendus et si universellement répandus, il n'est pas
étonnant que cette belle chenille devienne si rare, malgré les ressources que notre
flore offre à son espèce.
En tout cas, elle a un rude tempérament : passer ainsi du Chou à l'Euphorbe,
du Prunier à la Ciguë, de l'Asperge à la Digitale ' Elle en remontrerait au vulgaire
Escargot, mais en définitive elle n'est pas la seule, dans le monde des chenilles,
à pouvoir .se permettre de pareille* fantaisies gastronomiques.
Vulaines-sur-Seine. J. Guignon.
PotentiUa verna et son cecidozoon. — La cécidie en question (F. d. J . N., XLI,
p. 17 et ls;XLII, p. 86-87) a donné son Diptère le 5 mai; celui-ci a tout l'air d'un
Auphondi/lia nouveau. Je laisse à de plus compétents le soin d'en faire une descrip-
tion détailli'e, car je n'en ai obtenu qu'un seul exemplaire cf et une quantité d'hyper-
parasites hyménoptères a peu preii microscopique.s.
J. G.
Polistes gallicus et son nid. — Le plus souvent le nid des Polistes est suspendu
à une tige sèche de l'in/ie.j, de Spirée, de Saponaire, etc., et toujours à l'air libre
et en prairie. De plus, ce nid a une forme franchement ovale allongée et est alors
soutenu par un pilier horizontal et excentrique par rapport à la forme générale
du nid. Celui que j ai trouvé dernièrement était fixé sous une dalle formant le
chaperon d'un mur de jardin. D'où nécessité d'un pilier vertical.
En outre, nid d'une forme absolument régulière, avec son pilier au milieu d'ime
circonférence impeccable.
On s'explique fort bien que l'architecture des Polistes nichant en plein air et
sur le côté d'une tige plus ou moins rigide doive différer des procédés de construc-
tion à adopter dans le cas qui nous occupe. Solidité du support, abri contre la
pluie et facilité de travailler à son aise : tout cela a dû contribuer à l'emploi des
moyens propres à s'adapter à la situation nouvelle.
Il semble que ce cas n'a pas encore été relevé; du moins c'est la première fois
que je le constate, malgré le nombre des nids que j'ai déjà rencontrés.
J. G.
118 Notes spéciales et locales.
Diptérocécidie du Géranium sanguineum. ~ Cette. anné« encore, le 22 juin, j'ai
constaté sur le territoire de Samore-au, chemin des Vasaniers, de nonihreusew
cécidies do Pcnisia f/crtiiiii Kieff. sur le Gri-tiiiiniii xtinyuiiieinn, dont la fleur
gonflée ne s'ouvrait pas. Cette cécidie est facile à récolter avec se« habitante, para-
sit<'S et hjiM'rparîisites.
On sait qu'avant l'anthèse, la fleur de ce dirainiun est déconibantc, tandis qu'elle
se dresse lorsque le calice s'oilvrc. Ou peut donc au jugé récolter toutes les fleurs
dressées et non ouvertes ou seulement eut r' ouvertes mais déformées et à pétales
flétris et noircis, pour être amplement pourvu de ce Perrisia, en attendant que
l'insecte parfait et ses parasites veuillent bien éclore l'année suivante. On peut
trouver cette cécidie et son cécidozoon tant que dure la floraison du Géranium.
J. G.
Inefficacité d'un moyen de protection chez les Tortricides. . — Dans le dernier
numéro de la Feuille, M. Kabaud écrit ceci : u Vx\ bouquet de branches de chêne,
portant un assez grand nombre de chenilles enfermées chacune dans une feuille
pliéc, a été placé dans un coin du jardin au Laboratoire d'Evolution. Les moineaux
qui ne viennent que très rarement dans le jardin ont eu vite fait de découvrir et
de manger les chenilles qui cependant étaient parfaitement dissimulées à la vue
de l'homme ". Et M. Kabaud fait remarquer que les prétendus « moyens de pro-
tection 11 n'ont été d'aucune utilité, et qu'il serait intéressant d'en rechercher la
signification exacte au moyen d'expériences, faciles à réaliser aux champs.
C'est une de ces expériences, expérience faite bien par hasard, que je voudrais
rapporter en y rattachant quelque* réflexions qui se relient également à l'histoire
des chenilles de la rue d'Ulm.
Le Laboratoire d'Evolution possédait, il y a peu de semaines encore, un chat
qui ne négligeait aucune occasion de corser son menu aux dépens des moineaux
assez imprudents pour se mettre à sa portée. Ce chat étant mort, dès après sa
disparition les moineaux vinrent plus nombreux et plus fréquemment dans le
jardin. Le bouquet de feuilles de chêne ne devait pas leur échapper, car il y a une
chose dont on ne tient pas suffisamment compte, lorsqu'on parle de la facilité
avec lafiuelle les oiseaux découvrent une proie : les oiseaux ont une très grande
acuité visuelle, c'est parfaitement juste ; mais, outre cette vue perçante, ils montrent
une inlassable activité On peut dire que l'oi.seau est un u fureteur » acharné, aussi
bien le vautour qui, planant à des hauieurs telles que nous ne pouvons l'apercevoir,
survole pendant des heures entières son territoire de chasse, que le grimpereau
recherchant devs œufs d'in.sectes dans les anfractuosités des écorces. Les oiseaux,
cela a été bien vu pour le vautour, connaissent en détail leur territoire de chasse
et se dirigent de préférence vers ce qui frappe leur vue pour la première fois : les
moineaux de la rue d'Ulm, par exemple, auront découvert la masse verte du
bouquet de feuilles de chêne dès que ce bouquet a été mis en place.
Ce point étant acquis, l'enroulement de la feuille, cachant la chenille aux yeux
de l'homme devait-il « protéger n cette chenille contre l'oiseau? Voici le fait expé-
rimental qui me permet de répondre : non, bien au contraire.
Au mois d'avril dernier, nous remettions en liberté, à la campagne, une mésange
à tête bleue (Parus cœruleus L.). Rendue familière par plusieurs mois de captivité,
elle se percha aussitôt sur un pruniei voisin dont un certain nombre de feuilles,
enroulées, logeaient une chenille.
Immédiatement la mésange se mit à la recherche de sa nourriture comme si elle
n'avait fait aucun séjour en cage. Pendant plus de vingt minutes, deux autres
pei-sonnes et moi avons pu la suivre dans sa chassi; aux chenilles; rien ne l'en
détournait, ni le bruit de nos voix, ni même l'approche de la main ou d'une canne.
La mésange se dirigeait rapidement vers les feuilles enroulées qu'elle explorait
et qu'elle .semblait même explorer de préférence à toutes les autres : ceci nous a
beaucoup frappés et nous avons eu l'impression que la mésange, guidée par sa
mémoire, allait droit vers les feuilles que l'expérience acqui.se avant la captivité
lui avait appris renfermer des chenilles. Il s'agirait ici du souvenir de la forme
de la feuille et non d'une acuité visuelle spéciale permettant à l'oiseau de voir
de loin la chenille qui échappait à notre vue A plusieurs reprises, en effet, la
mésange a exploré des feuilles enroulées ne renfermant plus de chenilles..
Il nous a paru que, pour la mésange, il n'existait pas un rapport étroit entre
une certaine forme de feuille et son contenu, car l'oiseau examinait aussi bien les
feuilles roulées par des chenilles que celles boureouflées et recroquevillées par des
colonies de pucerons dont elle s'éloignait sans y toucher.
Il en résulte qu'une mésange apprend à explorer diverses feuilles déformées, en
relation plus ou moins directe avec la présence des chenilles qu'elle recherche, et
que cette acquisition persiste après plusieurs mois de captivité.
Notes spéciales et locales. 119
Par consôiiuont, le fait pour une cliciiillo de. vivre dans une feuille enroulée ou
pliée, loin d'être un <■ moyen de ))votection », sera, tout au contraire, une attraction
pour le prédateur et une caus<' de disparition pour la clienillo.
(Vest ce que nionlre la manière de procéder de la mésange ; c'o«t ce que montrent
également les moineaux parisiens. Ceux-ci, comme tous ceux de leur espèce, nour-
rissent leurs petits exclusivement avec des insectes; ils savent leur faii-e la chasse
et peuvent connaître les cachettes à chenilles : les chenilles que ^ir/iuilnifiit les
feuille« enroulées ne pouvaient échapper à leurs investigations.
Boigny (Loiret). A. Chappellier.
Même sujet. — Dans le dernier numéro de la Feuille des Jeunes IWiiurti/istes,
M. E. Rabaud rapportait une observation tendant à prouver l'inefficacité du
moyen de protection offert aux chenilles de Tortricides par leur habitat dans
une feuille roulée. Je rapprocherai du fait constaté par M. Rabaud une obser-
vation que j'ai faite moi-même pendant l'été 1908 à Domont (S.-et-O.). Dans une
haie de charme et d'aubépine où avaient vécu de très nombreuses chenilles
de Tortricides de diverses espèces, s»; trouvaient à cette époque de l'année
une grande quantité de chrysalides abritées dans des feuilles roulées. J'ai pu
observer que ces chrysalides étaient détruites par une espèce de musaraigne dont
je n'ai pu capturer aucun individu, mais qui devait être C'rocidura araneus
Schieber. Les petits insectivores recherchaient avec vivacité les feuilles roulées
et se montraient fort habiles à extraire, avec les pattes antérieures, les chrysalides
dont ils faisaient une véritable hécatombe. Il est bien évident que, dans oe cas
particulier, la feuille roulée, loin de protéger la nymphe de l'insecte, ne pouvait
que déceler sa présence au petit mammifère qui la recherchait.
L. Chopard.
Le Sedum dasypbyllum dans la flore française. — La distribution géographique
de cette Crassulacée dans notre pays est assez irrégulière et en général mal connue.
Nulle dans l'Ouest et le Nord de la France, au moins à l'état spontané, naturalisée
sur quelques points de la Normandie, rare aux environs de Paris, où elle a été
probablement introduite, elle est assez commune sur les vieux murs, les rochers
granitiques et volcaniques du Plateau central et y atteint jusqu'à 1,500 mètres.
On la retrouve dans les Vosges, le Jura, puis dans les Cévennes, les Pyrénées, la
région méditerranéenne, les Basses-Alpes, l'Ardèche, etc. Son aire géographique
comprend la Grande-Bretagne, peut-être l'Islande, le Portugal, l'Europe centrale
et méridionale, l'Afrique septentrionale.
Les rameaux de l'inflorescenoe sont ordinairement glanduleux. Une variété du
Sedum dasyphi/Uum souvent considérée comme une espèce distincte, le Sedum
brevifolium DC., est entièrement glabre.
Ernest Maxinvaud.
Plantes rares du département des Côtes-du-Nord. — Voici la liste des plantes
considérées comme rares dans le département des Côtes-du-Nord ou même non
encore signalées.
Saponaria vaccariu L. — Probablement introduit par la culture; se trouve à
Plouër
SiiKipis alba L. — Cultivé à Plouër comme fourrage.
Ârahis sngittata L. — C. sables de Saint-Cast.
Alsiiie tenuifolia L. — C. dans les landes du marais de la Briantais, à Lancieux.
Hyperirum 7nuntnnum L. — C. pointe de la Garde, à Saint-Cast.
Acer netjundo L. — Tend à se multiplier et est planté à Langoat, Saint-Thelo et
dans un certain nombre de localités.
iVelilofus alba Desr. — C. dans les sables de salines, à Matignon et aux environs.
Epilobivm ain/ustifolium. — Forêt de Lorge, près de la gare de L'Hermitage.
Sur la voie du chemin de fer, près de Dol.
Epilobium liirsutum L. — CC. bords du Frémur, Pléboulle.
Tillœa musrosa L. — CC. Lesraonts, Plouër.
Petroselinum segetum L. — CC. Quatrevaux, Saint-Cast.
Peucedanum hincifolium L. — CC. La Motte et ses environs.
Fetasites vulr/aris L. — Matignon, près du cimetière.
Erigeron canadensis L. — CC. dans presque toutes les gares du réseau de l'Ouest.
Erigeron acris L. — CC. La Digue, en Matignon.
Gnaphalium. silvatinim L. — CC. Plessala, Plouguenast, La Motte.
Onopordum acanthum L. — C. Plouër, Matignon.
120 Notes spécialex et locales.
Sili/buiH mariiiiium L. — C. Le Port, en Plouër.
J'Iiyteitma spiidliiin L. — G. I>' Canibuiit et La Motte.
Monotni/M hypDpitys L. — Pk-ssala.
Viiicii miiKir L. — C. à Plouëi', Plouguciiast, La Motto.
Lil/iospermiim officiwi/i' L. — CC. valléo clo la Ivancc à Plouër.
Diitura s/n/itKj/iium L. — • CC. Lo Caiiiboiit.
I.innriii niiiior Desf. — C. gari' do La Brohinière.
.Vrjifta raiariii L. — C. Saint-Vincent, prè.s Rothéneuf.
Euphorhid hitliyrix L. — C. tons les boris clo la llance, Plouër.
(Jucicus puluatris L. — Planté à Plouër, à Langast et dans d'autres endroits.
Tend à se répandre.
S/ilij purpurea L. — Plouër, planté.
Alyrica Gale L. — C. landes humides de La Motte et du Cambout.
A/isma iJamiisonium L. — AC. Plouër.
Orchiis pyramidalis L. — C. Saint-Cast et l'île des Ebihens, Quatrcvaux, etc.
Opiirys apifera Huds. — C. Quatrevaux, près N.-D. du Guildo.
àSpiranthes œstiralis Rich. — C landes humides du Cambout.
Narfheciuin ossifragiiin Huds. — C. landes humides de La Motte et du Cambout.
Carex ■pallesccnx L. — AC. Plouër.
Leersia oryznidcs L. — C. La Motte, Plossala.
Jù/uinetiim iciwateia Ehr. — C. Saint-Cast, grève des Calots.
Osmiindti rpi/filis L. — C. tous les ruisseaux de La Motte et de Plessala.
Sflinum car ri fol in L. — C. tous les ruisseaux de Plessala et de Langast.
l'olystic.hum thclypteris Roth. ■ — AC. étang du Rot, en Saint- Juvat.
yanhiriis Larhcnalii God. — C- Le Chêne- Vert, en Plouëi-, et bords de la Rance.
Arum maculaium L. — • CC. Plouër, Plessala.
Je m'arrête là pour aujourd'hui; j'espère que cette faible nomenclature pourra
peut-être rendre service à quelques botanistes
Plouër (Côtes-du-Nord). Abbé. A. -M. Frostin.
BIBLIOGRAPHIE
Ecurcuih et Peupliers. — Sous ce titre, la Section de Sylviculture de la Société
des Agriculteurs de France a publié une communication de M. D'Anne, d'où il
ressort que l'Ecureuil est décidëment nuisible et doit être considéré et traité comme
tel. Cette intéressante placjuette signale la nature des dégâts et leur conséquence
sur le^ Peupliers; prouve la sulpabilité de l'Ecureuil par les faits observés; explique
la raison et l'époque de ces dégâts; propose l'unique remède qui est la destruction
sans trêve ni merci de l'Ecureuil dont la malfaisance est générale, malgré sa gen-
tillesse, et termine par un appel à une entente entre tous les intéressés, soit gardes
forestiers, soit simples particuliers.
Qiie.-itinii.i- biologiques actuelles, collection de Monographies publiées sous la direc-
tion de M. A. D.\STREj Membre de l'Institut, Professeur à la Sorbonne.
Sous lo titre général u Questions hioJoyiques actuelles », la librairie Hermajin
entieprend une collection de Monogiaphie.s où seront passées en revue les questions
qui ont, ces derniers temps, particulièrement retenu l'attention des expérimen-
tateurs, dans les domaines de la Physitiue et de la Chimie biologiques, de la Physio-
logie, de la Biologie expérimentale.
Ces Monographies seront donc d'abord de bonnes revues générales des questions
qu'elles traiteront; elles en donneront la bibliographie. Mais elles seront aussi des
exposés critiques. Les auteurs ne se borneront pas à enregistrer l'un après l'autre
des résultats souvent di.scordants : on leur demandera au contraire de les critiquer
et au besoin de les systématiser suivant leurs vues. Beaucoup do monographies
pourront ainsi prendre un tour original.
Monographies parues : Larguier des Bancels, Le Goût et l'Odorat, un vol.
gr. in-8° de x-94 pages, cart. toile angl., 3 fr. 50. — Louis Morel, Les Parathyroules,
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S'adresser à M. COSSMANN, 110, faubourg Poissonnière, PARIS (X")
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E. Langrand : Les Oyats et les Dunes. •
D' J. Villeneuve : Les Travestis.
Ph. Dautzenberg : La {annule conchyliologique marine de Paris-Plage (Pas-de-Calais).
P. Manuel : L'Oppidum du Cruzel, près de Poiivourville (banlieue de Toulouse).
Notes spéciales et locales :
. La chenille de Calocampa exolela et les plantes basses J. G:. .1. GiaGNON''.
PotenUlla verna et son cécidozoon (J. G.).
Polistes galticu^. et son nid (J. G.).
Uiptérocécidie du Gcranium sanguineum (J. G.).
Ineflicacilé d'un moyen de protection chez les Tortricides A. Chappellier).
Même sujet (L. Chopauu). , '
Le f^cdum dasyphyllum L. dans la floi-e française (Ernest Malinvaud).
Plantes rares du département des Côtes-du-.\ord (Abbé A. -M. Frostin).
Bulletin bibliographique.
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meti; Pap. podaliriy,s; Chelonia diverses; Catoccda diverses; Van. lo, grande
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roches, minéraux, minerais et fossiles des Cévennes ; il dé.sire, à l'exclusion de
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LA FEUILLE
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L'IMPORTANCE DE LA PHYSIOLOGIE POUR L'ENTOMOLOGIE APPLIQUÉE
Bien ciue rEiiloiunldgic :i|i|ilii|iir'c ail pris un i^iaïul cssoi- cL que le noiulice
de ses adeptes augmeiile tuus les juurs, le rli;:iii|) de reclierches de celle
partie de la zoologie est resté restreint. En cllel, un s'est, jusqu'à présent,
contenté d'étudier le côté extérieur de la biologie des espèces nuisibles, d'en-
registrer leurs parasites et de trouver empiriquement des moyens de destruc-
tion, tandis que des recherches physiologiipies font presque entièrement
défaut. Il est iiourlaiit iiidénialjle (jue des lecherches de ce genre contribue-
raient beaucoup au progrès de l'Entoniologie appliquée pai'ce qu'elles nous
expliqueraient souvent des phénomènes de la vie de ces ennemis de nos cul-
tui-es et nous donneraient de précieuses indications pour la lutte contre eux.
Il me serait donc permis d'exposer ici l'inipijrtance de la Physiologie pour
cette branche do l'Entomologie en |)arlant de sujets doni je me suis occupé
personnellement.
Les Tropismes
A rencontre de ce qui s'est passé dans la Botanique, les tropismes n'ont
attiré que depuis relativement peu de temps l'attention de ceux qui s'occupent
d'objets appartenant au règne animal. D'après ce que je sais de l'historique
des tropismes des animaux, les premières recherches ont été faites sur cette
question par les auteurs qui ont étudié le chiiniotropisme des leucocytes, par
Ilermann et par moi. Tandis ([ue je ((uistatai pour la première fois chez les
animaux l'irritabilité provoquée par le contact (qu'on a dénommée plus tard
« sléréotropisme », <( tigmotropisme », etc.), Hermann découvrit le galvano-
tropisme en expérimentant sur les têtards. Plus tard, des éludes approfondies
ont été faites par I. Loeb sur les divei's tropismes des animaux.
Parmi ces réactions appelées tropismes, l'héliotropisme nous intéresse ici
plus particulièrement, car c'est lui qui forme la base de la destruction des
insectes nuisibles à l'aide de la lumière artilicielle.
Les modestes débuts de cette méthode remontent jusqu'en 1787, où l'abbé
Boberjot, curé de Saint-Vérand, près de Jlàcon, capturait la Pyrale (0. piUfi-
hana) en mettant des chandelles sur la fenêtre ou en répartissant des feux
^ dans les vignes. Bien que depuis cette époque lointaine la destruction des
22 insectes nuisibles au moyen de pièges lumineux ail atteint une très grande
ÇQ I)erfection et qu'elle ait provoqué un nombre immense de publications, très
.— < peu de ces expérimentateurs se sont laissés guider par des principes scienti-
d. fiques. Ainsi, à quelques rares exceptions près (Perraud), on a complètement
^ négligé d'examiner par le spectroscope la source lumineuse et d'étudier
"attraction des différentes paities du specli-e solaire pour les différentes
tO
. 122 J. Dr.wiT/. — Pliysiohxiie pour VEnlomolngie applicpiéc.
ospùccs. Le inrinc i-ciJidchi' doit (Mrc l'ail à ce gciii-c (rcxitriiciices en ce ijiii
(■niici'i-iic rcxiiincn |ili()l()iiirli-i(|iic des liiiiiièirs ai-lilicicllcs ('ni|il(i\r'PS.
I,;i |)i()|)iiiliiiii dans lai|ii('llc les ilciix sexes sdiil ra|iliii(''S à l'aide de piètji's
liiiniiieiix esl iiii aiilre poiid i|ui iiiéi-ile iiiiti-e allenlinii. .Ndinhre de |iei-soiiiies
iKMis iiid iiuli(|iié le cliiri're des niàles et des lenielles de Iciii-s pi'ises, mais il
a'a |ias élé iiossihle de (N'iliiiee une lèi^le (]iiele(iii(]ue de leiii's données. Des
expériences pmiisiii\ies par aidj peiulaid. pliisieiirs années à la station de
Xillerianclir il!h('iiici in'oid pei-mis de conslaier (pie la |ii-iipiali(iii des femelles
des l,(''pid(iplri-es piises dans les lam(ies à acélylène (pliaic .Mi'mIiisc \ iMinorei)
ne varie p(uir nn i,'rnui)e dunné (]ue dans des linnles relalivenieni restreintes
el (pie ces pcdpdrlions s'appioclienL dans chaipie ^'ruupe d'un certain chilTre.
INnir les iîdndiycidcs ce cliiiïre était 4 %, pour les iXoctuelles, Géomelrides et
Micrdiépiddptèri's, l!l. 21 el '2H ";,. relativement. La proportion des femelles
ca|i|in-ées aui,'nieidait ddac en allaid des iidndiycides aux .Mici'dl(''pid()|il('res.
Ouant à ce dernier .i,'rdnpe, I. I.abdi'de et mol avdns cimstaté (pie. pdiir la
(Idchylis et la l'yrale, les deux reddiilables ennemis de la vigni\ la prd|)drlidn
des femelles (pi'on avait |irise.s, .soit à l'aide de lampes à pétrole soit à l'aide
de lampes à acétylène, était de 40 %, ce (|ui correspond à la règle (jne je
viens d('ii(iiicer. La réaction (pi'on désigne sous le nom de plidtolropisrne
\arie donc d'après le sexe, et il paraît (pic celle xariahilili'' esl sdiimise à des
lois spéciales.
i.e plididtrdpisiiie se fait enc(n-e remaiMpier dans heaucdiip de cas. Ainsi, la
lar\e de VEiUiviimpa adiinibvdhi se tiduve en général sur la surface des
feuilles du cerisier dont elle se iidiiri il. (ir, E. Moïz a constaté que celte lai've
place sa surface dor.sale dans la direcliiin des layons solaires, de sorte qu'elle
iorme avec eux un angle droit. L'insecte est donc forcé de se tenii' sur la
surface des feuilles et de s'y nourrir. Nous ne pouvons ici entrer dans d'autres
détails, mais il sera permis de lappeler que le pliototropisme décide souvent
les insectes à choisir leur liahitat. Tantôt ils se cachent sous son influence
dans la terre ou .sous les pierres (phototropisme négatif), lanlùt ils mènent
leur existence en pleinQ lumière (|). positif). Ils cliercheid leur nourriture
pendant la nuit ou pendtlnt le jour. Tous ces [ihénomènes se trouvent sous la
dépendance d'un seul genre de réaction. Mais cette (piestion devient plus
intéressante encore ldrs(pi'on se lappelle (pi'dswald a reconnu qu'il existe un
ra|ipoii entre le phototropisme et la présence d'enzymes dans l'organisme.
D'ajirès lui les insectes positivement phototropiques sont riches en catalase
et i>auvres en |)eroxydase, tandis que les insectes négativement plmtolro-
pi(pies se trouvent dans une situation d|qiosée.
Des |iliéndm(''nes iidiuhreiix (pie nous observons tous les jours chez les
animaux inférieurs s'expliquent par i'acti(jn qu'exerce sui' eux le contact (thé-
l'éotropisme). Elle fut observée pour la première fois par J. Massart et par
moi chez les spermatozoïdes des animaux qui ont la particularité de se
mettre en contact avec la surface de corps solides ou de pénétier dans des
corps poreux. Beaucoup d'animaux, les Vers de terre, les Nématodes et
d'autres groupes se ciimpditent de la même façon. Aussi utilise-t-on cette
réaction pour la destruction des espèces nuisibles. Ces méthodes sont, il est
vrai, en usage depuis longtemps sans (pi'on se rende compte du principe
scienlili(pie (pii en tdi nie la base. La pratiipie avait devancé la théorie. La
capture des larves du Ciiipitrapsd poiiKiiicllu à l'aide de ceintures dont on
entoure les troncs des pommiers s'exjiliipie de cette manière. La même chose
est vraie pour les jiièges se coin|iosant de morceaux d'étoffes ou de morceaux
de papier enroulés qu'on attache dans les pays viticoles aux vignes dans le
l)ut de capturer les vers de la Cochylis ou de VEudemis. Les pièges formés
par des planchettes nu des pierres aplaties (pi'on place sur le sol des jardins
J. Dewitz. — Physiologie pour iKnlomologie appliqu(''e. 123
|i(il;i,ii:('i-s cl sons |csi|iii'lli's si' i-assciiihlciil les l.iiiiaccs. les Xovs, les l'crce-
(ii-rillc cl, iiiaiiilcs autics cs|icccs iiiiisililcs. soiil (\:,mIciiii'IiI des engins aiix-
iliicls la icaclion dn cunlacl l'uniiiil les \icliiiics.
Les insectes sont souvent guidés par riiiIlnciK r du rontacl dans l'accom-
plissement de leurs fonctions sexuelles. Ils clioisissrul par e\eini)le poui' la
ponte de leurs (l'ids l'eiulroil ipii leur est indiqué par la sensibilité de l'exlré-
mil('' de leur ahdonien. "Les Saulei'clli's cntonecnl celle dernière dans un
milieu coiuiiacl dei're), tes l'a|iillons de la Cnchiilix et de l'Iùidciiiis choisissent
ascc sou aide sur le Ijouton Itorai ou le raisin rendinil (pii leur parait con-
M'iiir poni' la lixation de l'n'uf. ImiUii, nos Mouches exphncul nu morceau de
\iaude a\ec l'extréinili' di' leur alidomen iprcllcs allougcid cl, n''ti-aclent
conuiie nu doigt. Lors(nrclles ont li-ou\é une' (''troile tente, elles ne tardeid
pas à y iutroduii-e cet oi-gane et à (lépos(>r les cents.
Chez certaines Chenilles conuiu' che/. celles du <i. iicii.sli-iii, on peut remar-
(jner (|ne deux individus adultes se placeni l'un coidre l'autre (A. Seitz). Ce
phénomène, qui peut être inlei-prélé comme ri'sidlal de l'iniluence du contact,
nous mène an socialisme des insectes. Celui-ci a une assez grande im|>ni-tance
piuu- la protection des récoltes parce qu'il l'acilile la destruction des insectes
qui vivent en coumumauté. Certaines espèces comme les Sauterelles passent
loide leui- vie ensendjie et foi'ment des troupeaux aussi bien à l'étal adulte
(jue pendant leur jeunesse. D'autres, comme beaucoup de Chenilles, se dis-
perseid et deviennent solitaii'cs lors(]ue. avec l'âge, l'état physiologique de
leur oi-ganisme subit des cliangements. Cependant, l'iniluence des factcui-s
extérieurs ou intérieurs peut i-élablii' l'ancienne situation et l'amener au socia-
lisme les espèces qui étaient dexeiiues solitaires. Ce ]ihi''nomène n'est pas
|u-opre aux insectes parce qu'il se i-enconlre un peu partout chez les animaux.
Les oiseaux se rassemblent en automne lorsipie la température commence à
l)aisser, les Loups eux aussi forini-nl des troupeaux sous l'influence de la
l'igueur de l'Iuver, les Poissons montent jiar bandes dans les fleuves, rivières
et ruisseaux à l'approche de la maturité des ]>roduits sexuels. Il paraît donc
(|ue c'est surtout l'âge, la température et la reproduction ipii exercent une
influence sur le socialisme dans l'un ou l'autre sens.
Metz. J. Dewitz.
{A suivre).
•■flt?"
OBSERVATIONS SUR QUELQUES FÉRUSSACIDÉES
De la Syrie et de l'Egypte
Il existe en Orient un certain nombre de Férussacies encore assez mal
comuies, à cause de leur rareté dans les collections d'abord, ensuite à la
pénurie de l'Iconographie.
Mon attention a été appelée sur ces Férussacies à la suite d'envois qui
m'ont été très aimablement adressés de neyrouth par le P. Clainpanain et
le frère Louis que je suis heureux de remercier publiquement pour le pré-
cieux concours qu'ils apportent à mes études malacologiques depuis plusieurs
années déjà. Grâce à ces zélés correspondants j'ai pu signaler plusieurs
foiiiies nouvelles de VilriiKi, BiiHiniiui.^ sans parler de Melatiopxi}; que je
déciirai plus loin.
l'2'i l'\i,i.\itv. — Sur quelques l'erussacidées de Syrie et d'Egypte.
lui et' qui idiHi'iiii! rKgypIc, m oiilrc du I'. (;iaini);ui<iin, je suis t'iicurc
l'uhliiîr (le I .ililic IVilluii-d ilc CIkiiiIiii ipii in'a |jr<)ciw('' les rénissaeies et
CircilijiiiclJcs (les l'iniroiis du (liiiic ({iii did ilT' li^'iiii'cs diiiis iimui l'iiliiliique
lie lu l'dinic iitiddiiihiijlijUe (h' n-'.(l\l}ilr.
De |diis, j';ii li-(iii\('' dans la (•(ilirclion de Lholeljcn'e, iiiallicureiiseineid
api'ès la |iuldicaliiin de ei' leaxail (I), un lui iiii|HMiaiil de iM'iiissaeies de
la. régidii d'Mcxandiir (mi j'ai ii'niaii|ii(' uni' Im-nii' mnivelle (jue je vais
drci'ii'i' pins liiin.
SF.CTIOS CALAXIS lî(n l'.crn.WT.
\.\ i,'('nii' Calaxis a rlé publié en IScS.'l par iîDnigniçînal dans le PriHlromc
lie 1(1 .\liil(iiiilii(iir (le la 'l'iini.sie (pp. 114-lir») dans l(^s lei-ines suivants :
" ;{" Calaxis (li(lnl■.i,^ ///, Sehed. 1882). Cioiuc t'-taltli pour un petit groupe
d'('S|ièi'('s syi-icnni's caiiadéiisées par uii(> eolnnndle poni-vue iniï'riiMwenicnt
d'iuie lurle lanicllc Iniinanl iani|ie et ohstruaiit la base de riuiviTlure. I.cs
(lalaxis, Icis ipic les ('. liii'rdsdlijiiKii'uin, Ihillii, Siuilciii r\ Moiissaitiamis,
ont tous ('II' d('ceils ri li^'urés (pi. XIX) dans la 4'" décadr (ISHi) des Mol-
lus(|ues nuiiNianx ".
Le lypi' du i;'eiu'e esl, dmic le ('. hh'fdsnUiiKdiiini Hulli. ipn est aussi le
plus ancicnnenicnl ciDuni.
Dans la diai^niosc de son TanKilelIliui ItienisahiiiKiruiii, Uolli (in Si)iril.
Mtill. OrlciiL, I8.")"i, |i. '2:i) doinic uni' dcseiiption salislaisanle de sou espi^'ce,
mais la liguralion ijui raeeoni|)anii(' ipl. I. lig. 8-9) si elle est suflisaniment
eorreele |i(iui- le ninloue. esl. par ((inhc peu précise pour ee qiu eoneerne
les délails i\r InuMalun', cuhi' aidi-es. pour la lamelle pariétale qui j-es-
srndilr à un ginhidr. L'Iialulal indiipn'' esl .h'rusaicm.
Om'hpics amiéi's plus laid, ( ii IcSii'i, l!(iur,:,Mii,i;nal miidiniMiail dans ses
M(il.his(iiic\ nii(ic('(iii.(, liiKj'K iij (lit lieu iiiitii(i\ tasc. I\', \ts l'enissacia Rciliii,
MiiUssDiuiiiKi cl Sdiilrii'i ipii ajqiarlicnncid au même groupe (pu- l'espèce de
Koth. Les deux premières pioviennenl également de Jérusalem tandis que
le Saulcyi esl de Saida (Sidon).
Mais la iigui'alion (juc doime lîourguignat (pi. XIV, fig. 1-4) du Ferussacia
hierosolymarit»} est assez différente de celle de Roth. La figure de Roth
l'eprésente une c(H|uilie allongée comme le Ferussacia Rothi (fig. 13-16)
tandis que Roiirguignal figure une coquille plus trapue, à sommet plus obtus.
Aussi jusipi'à plus ample infoi hm' je liens coinnie identiques les /■'. hieroso-
lymaniiii et linllu.
lyi's (lahrxis que j'ai reçus de Beyroulli et de Gebaïl ont l)ien l'aspect
général du Ferussacia InernsoliiDiarum de Roui'guignat {Moll. Utig., pi. XIV,
lig. 1), mais les détails de l'onverture sont semblables à celle du F. Rothi
(fig. 16). La forme libaniennc participe donc des deux autres et elle peut
être caractérisée en disant qu'elle a le galbe (ou profil) du F. hierosolymarum
de Hourguignat (iion Rollu el les ilélails du /•'. Hothi et pour synthétiser ces
observations je propose de considérer l'espèce vivant à Beyrouth comme
une \ a liété ;/(/.(■/(/ du Calaris hierosolymarum Roth (non Bourguignat [fig. 1]).
Le caraclèi-e le jibis i-npoiiant du groupe Calaxis est l'existence d'une
vérilable laiiielle. large e| peu nhliipie qui s'enroule le long de la columelle
comme on l'obseive elie/, les Tornalinella et certains Auriculida". Roth avait
déjà noté : ■< paries laniella l'orli aciila, alba, spirali, usque ad apicem,
ducla munilus >.. (Ir en biisanl avec pi'écantion le test d'un Calaxis on
(I) La boîte qui conlonnit cps onqiiillos (Mail reslOe, par erreur, à Alger et ne m'a été
remise que plus d'un :m aprf>s.
l'\i.i,\it\ . ,'>iir iincl'iiiiw i'ciii^sinidées de Sijric. f-l, d'Enufilr. 1 lTi
observer iju'il oxi.sle deux plis sur In coliiincllc, I un Ir [iliis l;ii-;,'r i|ui pirnil
iiiiissciiict^ à la liiiiiliMir ilc riiisi'ilinii du pcii-lniiii' il ilcsiciiii jiis(pi';'i In
hnsf! (le la coliinit'llc d l'niili'L', l)»_'nii(j()U|i plii^ l'Iniii. ipii s'cnioiilc Idul le
Idiii,' ili' In (•oliiincllc cl s'insiM'O entre les deux l.inirlh'^ lni\i,n's jusiiu'à In hnsc
Mnis iiinl,i,'i-(j les appaiciices (car In fii,Mii'(,' en jurscnU; deux) c'esl In inéiiu'
Uniivlli' lni-i,'e qui |ii-end naissance siu' In pai'oi (■(iliiiiicllnii-e, sVnionle en
spii-nle nulinii' de i'nxe pour liiiii" n In basi; de la cdlunielle, niiisi qu'on le
voit si nettement sur In lli,'uia(ion iilioliigrapliiiiue ipie nous donnons (liic. 2).
Quant au petit pli coluinellaire inlci-niédinirc il est invisible à moins de
découvrir la columelle.
La dent pariétale et la troncature de la linse (W In cnlumclle nous nvnil
fait considérer comme un véritnbh^ Calaxis il) la Férussacie éi,'yplicimc
décrite en 1874 par Jickeli [l-uuna A'. Osl Wlrikas p. 132, pi. V, lig. 20)
1.
9
CaUiJÎs liicnisiilyiiinniiii Unlh. \:ii'. iiii.rhi ]'.
■ Le même, montranl. la Uimelle spiriili' inlei'nc.
■ Pscuilnraltt-ria Hiiiilcntntiim .lickelj.
Le même, niDnlranl, Ir pli coluriielliiiiv.
• Pseiidomla.vis Iciclielhini. FaHury, juv.
• Pstudocalaxis It-n'hiilhiin l'allai-y, Upu.
■ I>e même, var. edcnlvla V.
■ CxcUianclla irriyptiaca P.
(Grossissement de 6.)
(1) Cillai. Inune malac. Eovpie, p. 13, pi. III, fig. 27.
126 l'MJ.MîY. — Svr iiiicl<]iii'< F('riissaci(li''i'\ <lc Si/rii- ri rHEfiJiplc.
et que Wnslprliiml rt lûiln'lt ont ogaloniPiit placé, avni' dniito il est vrai,
dans cette coupe ilig. 3j.
Mais en i)rocctlanl comiiic i)our les Calaxis, c'esl-à-diie en brisant le lest,
j'ai pu constater, de la façon la plus évidente, qu'il n'existait pas de lamelle
sur l'axe coluniellaire cl ijue l'cxcioissanee qui forme sur la liguie un den-
tieule i(]ui lui a valu son nom d'iniiilcnlnla) est à |ieine longue de -i niillim.
et fort peu saillante : l'axe coluniclknre est pai'faitenient vertical et ne
porte aucun ornement, sur sa spii-e (fig. 4).
L'espèce ég\'ptienne est donc bien distincte des Calaxis : mais elle a un
caractère commun ([udu observe aussi dans l'espèce que nous décrivons
I)lus loin : c'est la base netlemeat tiouqué' (]u'on ne voit ni dans les Féius-
sacies, ni dans les Holienwaithia mais seulement dans les Cfccilianelles et
Calaxis. Il nous paiail donc rationnel de créer une coupe pour ces Férus-
sacies à base tronquée i-l nous proposons la section : Pseudoc.vlaxis.
Nous avons à faire connaître une nouvelle forme de ce groupe ■:
Pseudocalaxis terebellum Pai.lvp.v.
Coquille allongée, petite (fig. 0), jHilucide, coHq)rimé(' latéralement, ayant
l'apparence d'une Cœcilianelle. 6 tours, sommet obtus, comme tronqué,
sutui'e oblique. Ouverture un peu moindre que la moitié de la hauteur totale.
l:iord columellaii'e nnuii d'un pli peu saillant en son milieu et loi-du à sa
base. Base tronquée.
Hauteur : 6 '7'" 3;k (iraud diamèti-e : 2 7"° 1/2. Hauteur ouvei'l : :J '"/'•' I, 1,
Habitat : .Mexandrie, Marioux, Le Mex, lîamieli. Sous les pierres, au pied
des haies de roseaux, daiis les détritus, dans les fourmilières i.I. de Lho-
Icili'ric).
Cette ps|ièce sp distingue à jucmirrc \ne du /'.T»(/i»r((/«.r/.v iniidinlnliiiii
jiar sa forme plus grêle, sa suture oblique alors i|u'elle est horizontale dans
l'inikleiilahim, par le pli de la base de la columelle moins fort et enlin par
son ouvei'ture moins haute (dans \'inii(lciilalum elle est la moitié de la
hauteui'). Elle a quelque analogie de forme avec les F. chavdjiia, gracUenlu
et iil)i(i de l'Algérie, mais la fronralnrc de la base suffirait seule à les diffé-
lenciei'.
Var. l'denluhi P. — Forme 1res remarquable par l'absence de protubé-
rance sur le bord ]iariétal. De plus la base de la columelle n'est pas plis.sée
comme dans le type (fig. 7).
Les exemplaires jeune> de Pseuilocalaxis sont assez dil'féreids de la forme
adulte et ce n'est que lorsque la coquille a atteint son maximum de déveloji-
liement (pie l'on constate la présence de l'excroissance pariétale. Ce qui fait
(jue. si l'on n'était pas prévenu de ce fait par l'examen de nombreux échan-
tillons, on ari'iverail facilement à décrire plusieurs formes nouvelles (fig. o).
Mais dans cette variété, dont nous possédons d'ailleurs bon nombre
d'échantillons, la iiaroi columellaire est bien lisse et nous avons iiréci.^énient
ligure un échantillon de taille plus grande que le type pour nneux montrer
(pi'il ne s'agit pas d'un jeune sujet.
Or, de cette forme éileidule pour' passer aux Ccccilianella il n'y a qu'un pas!
On sait (jue sous le nom de Hohenwarihia. Bourguignat a gi'oupé toutes
les Férussacies à ap|)arence de (^écilianelles telles que : //. Ilulionrarthi,
iiKiiirclinticii, l'iicliiiri'.ld. l'almlillifi. ,1/(/;cv/, Vninjutçiimli. llKiiùiinpIiila.
hiiii'Iuud. etc.
Notre P. terehclhon paraît donc être intermédiaire entre les Hohenwarihia
et les Cpecilianella. qui. comme on le sait, sont carai'térisées par la tion-
calure de leur columelle.
H. GuiRAUD. — Noie .w//' Ir .lufiis^Kinf nimirii cl, Mipérieiir. 127
Aliii ili' liif'ii pidincr ce i;ip|ii(iilii im ni miiis lii,'ur(iiis le '. n'impUdcn
que iHius iivoiis piililii' cil l'.IOl) ihiiis le CiiIiiIikiiii- iIi In jdiiiic inalac. ilr
n-AjIHitc, |i. i.'5, |il. III, lig. 28. Tuuli'luis clans la dc^ci iplinii oi'iginaic iiuiis
avons ('"(■r-it (|iie .< la coliinicile élail Uonqiicc à sa parlii' siijH'iiciire ». C'est
là un lapsus évident puiii « inférienic •>.
Celte espèce présente (|uelqiies variatiuiis de laille. Ndiis liquidas dii;. Il)
nu exciiipjaire dont la spire es! reinaiiinabjeiiienl (|é\el(ippi'e mais ne dilTèi'c
pas aulrenient du l,V|ie.
En résume, par les Holienwarthia et les l'seudocalaxis on ani\c à i-cliei'
les Ferussaeia aux Ctecilianella, ci^ (|ui est un nouvel exeiuplr de la lilialion
lies es|ièces et des genres.
Oi-aii-lv'kinulil. l'anl l'\l,L\HV.
NOTE PRELIMINAIRE SUR LE JURASSIQUE MOYEN & SUPERIEUR
ENTRE Al,AlS ET Ï^AINT-AmHHi lIX (GaKD)
Dès ISi.'i, Kiuilien Dumas, celui-là même (|ue l'on a si jusiement appelé
" le jière île la Céologic du Gard ", a groupé sur sa carte de rari-oiidisseinenl
d'Alais, sous la désignation d'O./'/o/v/ic;;. toutes les assises ronqirises entre
le Cdlldi'ioii inclusivenu'iil et le Ucrridsicn exclusivemenl.
Pour la région qui nous occupe, ladite carte indique deux grands allleure-
ments iVO.rfordien (sotsii Id.lissjnin) : ils s'élendent sur les conunnnes dt;
Sainl-.Marlin-de-Valgalgues, Saiid-,lulien-de-Valgalgues, Uousson, Saiid-.Jean-
de-\ al(''iiscle et les Mages.
Dans son texte explicatif entièremeid rédigé dès 18oU, mais paru seulement
en 187fi, api-ès sa mort, le même savant propose, dans son groupe Os-jm-dien,
les quatre sous^groupes suivants fi) :
i" Etage du calcaire gris massif {O.ilnniicn su|iéiieui-. jiassage
au ( 'iiniiru'ii), épaisseur ."iO m .
3° Etage du calcaire gris nettement stratifié iAidovh'ii des géo-
logues suisses), épaisseur 10(1 m.
2° Etage de la zone à AdniKiiiih's iniilalux tSpiiiinHii'ii d'Klallon),
épaisseur 30 m.
1° Etage des marnes grises {Callorien), épaisseur 40 m.
220 m.
Emilien Dumas, qui a pourtant parcouru maiides fois noti'e région. ru>
signale aucun gisement fossilifère dans l'n.rjnrilii'n entr^' Mais et Sainl-
Ambroix.
Dans divers mémoires, notanuiient une notice indtliée en 1S80 dans le
" Hidietin de la Société géologique de France », M. Louis de Sarran-d'Allard,
appliiiuant aux sulxlivisions d'Kmilien Dumas, le syst<Mni^ des zones paléon-
tologiipies d'(lp|iel. a présenté la coupe ci-après :
(I) Ces quatre étages avaient d'ailleurs déjà été décrits par Emilien Dumas dans son
premiei- mémoire de 1846 {BiiUelin de la Sociôlc gcologhiuc de France).
128 H. GuiRALD. — A'o/f iur le Jiiiii.ssi(jiif moyen et supcneur.
7° Calcairos massifs (4° soiis-gi-uupe Osjiuxllen d'Emilien
Dumas), épaisseur 50 m.
6" Etagi' Ti'iiuilnlKiiicii, zone à Ammonites tcnuUobalus
(3" sous-grou|te, partie supérieuie) lUUiii.
5° Etage Aigocien ■ — niveau inféiieur — zone à Am.monites
bimammalLis (3" sous-groupe, partie inférieure) 50 à 80 m.
4° Etage Argovicn — niveau inférieur — zone à Ammonites
transvei\s(irius (passage du 3° au 2" sous-groupe) 30 m.
3° Etage Dirésien : O-ifanlien, seiisii sliieto [2" sous-groupe). 30 m.
2° Etage KeU(}rii'n — niveau supéri(uu- — zone à Ammonites
unceps (1" sous-groupe, partie supérieui-e) 30 à 40 m.
1° Etage Kellovien — niveau inféiieur — zone à Ammonites
nuicrocephahis (1°'' sous-groupe, partie inférieure) 10 m.
Comme gisements fossilifères, l'auteur indique les localités suivantes :
Saint-Mai-tin-de-Valgalgucs, Saint-Julien-de-Valgalgues et divers points de la
l'ivière d'Avène.
Au mois de juillet 11)01, paraissait la feuille d'.Urfi.v de la » Carte géolo-
gique détaillée de la France ». Celte feuille, œuvre d'un géologue aussi savant
que consciencieux, le regi'etté Georges Fabre, signale les divisions suivantes :
J6. TitlKmique inférieur. — Calcaire gris d'apparence souvent
bréclioïde. l'IujUoceras ptijclioicum, l'erisphinctes contiguus,
V\igope jaitilor, etc. (sui-inonlés à Rei'rias par le J'', tithonique
supérieur à Hoplites Culislo) 10 à 15 m.
J5. hiinméridien. — Calcaire de Païolive, gris compact,
massif, l'uiuiforme. Pluilloceras Loriji, Uaploceras Staszicii (Les
deux étages J^ et J^ n'ont pas été séparés) 50 m.
J''. Sé(iu(mien. — Calcaire des Gras, gris compact, sublitho-
graphique, en bancs réguliers, séi)arés ou non par des lits mar-
neux, lesquels bancs, d'abord minces, deviennent éiiais vei's le
haut de l'étage : Aspidoceras acanlhicum au sonuuet, Oppelia
tenuilolmta, Perisphinctes polyplocus à la base 40 à 50 m.
J3. Haiiracien. — • Calcaire gris sublilhographique alternant
avec des lits marneux surtout vers la base. Pelloceras bimam-
. niatum dans les calcaii-es i>t Ochetoceras iuaruiiH(inum dans les
marnes 40 à 50 m.
3". 0.r(ordien. — l'aitic supérieure {Argovien] calcaire mar-
neux avec Ochetoceras cunaUculalum et Perisphinctes Martelli.
Pai-fie inférieure grumeleuse : Cardioceras cordatmn, Pelloceras
transversarium. Phnlloeeras torlisulcatum, etc 20 m.
Ji. Callorien. — Alarne grise à Pnsiilonomyes, Reineckia
anceps h la partie supérieure et Mucrncriihaliles macrocephalus
vers la base. Epaisseui' de 30m.
Emilien Dumas (il est bon de h; ra|»|)eler) opérait en 1845 sui- la carte très
défectueuse de Cassiiu au 86,400". De plus, ind)u des idées de d'Orbigny sur
(( l'indépendance » de chaque « étage », le regretté savant ne tenait aucun
compte des failles. C'est cette lacune que M. Fabre a dû combler. Il avait
d'ailleurs à sa disposilidii. pour ses levés, la min\de de la carte d'Etat-Major
en courbes de niveau au I0,000^ On conçoit donc que sa carte, éditée au
80,000°, soit un chef-d'œuvre d'exactitude et de probité scienlifiiiue.
Il est seulement regrettable que M. Fabre, tout comme Emilien Dumas, n'ait
signalé aucun gîte de fossiles dans la région qui nous occupe.
En 1909. M. F. Roman, le jeune et distingué professeur à l'Université de
H. GuiRAUD. — ■ Note sur le Jurassique moyen et supérieur. 129
Lyon, a pulilir, en collaboration avec MM. de Biun et Vedel, une très inté-
ressante élude géologique sur les environs de Saint-.\nil)roix.
Voici, résume en (iuel(|ues lignes, ce (jue ce savaid dit de VOxfordien et
du Callovien de Saint-Hrès :
6° Calcaire giunieieux à PeUoceras tran-sver.^(triuiit (horizon classiiiue
Argovien). ■ — Très nomhi'eux Perispidncles oscillant autour du groupe l'Ii-
calilis.
ri" Marne callovienne à llducckia aitc.eps. — Celte zone, rapportée au
Callovien moyen, est directement recouverte pai' VArgovien, sans intercala-
lion d'O.rfon'iieii inférieui", ni même de Callovien supérieur. — Peltoceras
athleta.
4° Marne à Macroeeplialiles inacroceplialus et fossiles pyriteux.
3° Marno-ealcaires à Spheroceras bullaluin. — Faune peu abondante où
conuneneeni à prédominer les Perisphinctes du groupe sub-Backerise (extrême
base du Cailovien).
2° Calcaire grumeleux à grains de quartz, à llliiiiirhonella oxyoplicha. —
Dathonien supérieur.
t" Cai<'aire udir à imprégnations fei-rugineuses, Tmelocerus scissurn. —
Etage Aalénien (Toarcien supérieur).
Pour être conqilet, je dois mentionner une carte géologique au 4^.^00^ des
environs dAlais, dressée de 1880 à I8!t9. par M. de Sarran et M. Alfred
Pierredon, ingénieur-géolcigue, ancien collaboi-ateur de la Carte géologique
d'Algérie, lauréat de la Société d'étude des Sciences naturelles de iNimes.
Ces deux savants confi-ères ont d'ailleurs communiqué leur minute au
regretté Georges l-'abre et à son jeune et distingué collaborateur M. Cayeux.
M. Pierredon, qui a spécialement étudié les envii-ons de la Gardie, près
Rousson, inlerprète comme suit la géologie de cette région :
Tout connue Georges Fabre, M. Pierredon indique la « Faille de la Nou-
garède », h gauche de laquelle il marque le lias moi/en. Puis, vers les
Mathieux, au Nord-Est des Roberls, il dessine un atïleuremenl de Callovien
pincé entre le lias inférieur (calcaii'e à Gryphées) et le ./. P. ^.Jurassique supé-
rieur). Au Sud des Roberls et au >'ord du mas dil la Mine, le même géologue
relève un auli'e lambeau de Callovien butant par faille contre le liax mm/en.
Vers le Sud-Est, le Callnvien est normalement recouvert par VOxfordien
pi'opremenl dit. Enfin, au Sud-Est de Landas, sur les deux rives du ruisseau
de la Gai'die. M. Pierredon indique un assez beau développement d'Oxfurdien,
qui vers le Noi-d s'apimic (lii-(>c|einent sur le Kajocien (Calcaire à Eulriujnes),
tandis que vers l'Est il iiub' - pai' faille évidenuneid — contre le ■luru'^siipie
sujiérieur.
A cent mètres, vers l'Est, du point où \o chemin de la Gardie au Pont
d'Avène franchit le susdit ruisseau, le même auteur signale un gisement de
fossiles dans VOxfordien.
Tel était l'état de la question lorsque j'ai entrepris une étude un peu métho-
dique de ces divers gisemeids. J'ai relevé une série de coupes que je me
propose de publier plus tard, avec une liste détaillée des fossiles rencontrés,
si toutefois, comme je l'espère. M. de Riaz, le savant auteur de la » Faune
de Trepl (Isèrei ». veut bien mettre à ma disposition sa haute compétence en
maiièi'e de l'erisphinrles.
Pour l'instant, je me bornerai aux conslatations suivantes :
1° Environs de Drultie^. — Si l'on fait une coupe Nord-Sud, de la cote 274
au Sud-Est de Saint-.Mai'lin, vers Sermeil et Drulhes, on observe en remontant
130
(il IU\l I». \iilc \iir Ir ■linii\.\i(iiic iiimicii ri mi jiél'ifiir.
la série : /'/', ddloiiiii' iufr;i-li;isii|iii' [UclUniiiicii s\i\)i'fu>\ir)\ /-, Shietiunicn
(lias inférieiii-), /•'', ('liKiinnulltim ilias iiioNcni, Jl-iv, llnjucieit el [ialliutiicn. (?)
iiuinio-cfiicaires à Fiicoïdi's ol caicaii'es à Enlrnqucs, à peine visibles en ce
poinl. : J', Marnes 'callovioiDcs ; J-', O.ilurdicn, niJirno-calcaifes à faciès
.{igiiricii.
Je ne s;iis \i-aiinenl |i(Min|ii(ii .M. I-'alin^. loiijoiirs si conscieiiciciix. a omis
ce (lei-iiier li(H-iz(iii, iioriualeiiiciit siiperiidsi' an Ciillnrien d a iiidiqui'' en J^,
Ilinn-mirn, une zone intercalée entre le susdit Calluricii cl h- Shiciniiiien.
J'ajoute, à la. décharge de l'éminenl et regretté géologue, que, tout comme
le calcaire à Eiilroquoi:, \'Àrgovie)i de Drulhes est peu développé el Tort
jiauvre en restes organisés.
2" lùiriroths di> Sdiid-Mcniin cl Sdinl-.liiHoi. — Dans celle n''giiiM, l'.Wv/o-
rifii acquiert tout son dév(Mopp»'mi'nl. Sans être aussi riche (]ue le beau
gisement des Terrasses que M. \'edel m'a montré à Saint-Brès, il est assez
fossilifère, surtout en deux points. Le premier se trouve dans des " fa'isses »,
autrement dit dans des terres cultivées au-dessus de l'église de Saint-Mai-lin.
Là, r.1?v/oriç/(. i-epose sur le ('(dloricn, qui lui-même surmonte le calcaire à
Eulfitiiucs (non mar(|ué par M. Fabre sur sa carte au 8(1. (10(1"). Le second
gisement s'élend sur une étroite mais longue Itande au-dessus du chemin de
Saint-Martin à Saint-Julien.
Dans son mémoii'e précité, M. de Sarrau admet deux zones |ialéonlolo-
giqnes : l'une, attribuée à l'O.r/nn/ic/; inférieur (zone à Cardincrrns- cnrd(ilinii)\
l'autre, i-aïqioi-tée à VOilorilieii supérieur (zone à Pellnceras Irinisrersuriuni).
Avec M. Honian, je pen.se que. jias plus à Sainl-Bivs (pi'à Saint-Marlin, on
ne i)eut considérei- connue distincts ces deux hoi'izons, où j'ai d'ailleurs
ti'ouvé à peu près les mêmes fossiles qu'aux Terrasses, notamment ;
Uriemuile.s fmsùilus Blainv. Assez rare (dans les couches supé-
— Sduraïuiusus d'Orb. rieures).
Duralid l)utni>rHeri Uppel (?). Aspiduceras pcrannulinu Sow.
l'IiijUoceras uiediterroueum Neum. ('?). Peltoceras tra)i.sver.sanum Qn.
Assez
Baie.
Très
(?)■
Ziguddi d'Orb.
— Snirerbiieenis lorUsidid
lutu d'Oi-b.
Oppcliu deuUila (tpp. -
commun.
— Arnlica ()|ip. (?).
— Callicera d'Orb.
rare.
Avuiuuyria Iricrisliilu ()pp
Rare.
— nruintn Bean.
— fle.runsa Opp. (?). —
Bare.
Orhelocerus i-inudiculiiluin .Miuist. -
Les marnes, calloviennes ne m'oni enciue fourni que des spécimens peu
détei-minables : on y aurait Irouxé des fossiles pyriteux : mais je n'ai pu
contrôler le fait.
Dans le calc<iii'e à Eulnupies de cette région, M. Pierredon a découxerl un
niveau fossilifère à Anuuonitcs d'assez grande taille, sufhsammenl bien con-
servées. Il se réserve d'en faire l'objet d'un mémoire spécial.
An delà de la Boipie. la cai'le de M. Fabre indique, pi-is entre deux failles.
un lambeau qui ne porte aucune notation, mois ipii est revêtu de la couleur
bleue foncée, spéciale au /•' Sinémurien.
Cardioceras ronlalum d'ftrb. (Assez
rare ; seulement dans les couches
inférieures).
Creiiiceras crciuilum Brug.
Cardioceras alleruuus de Buch. —
Assez commim.
Pcrisphiueles iiHr(diHs Sow. — .\bon-
dant.
— Lucingeusis Favre (?).
— Très rare.
Glossdllifiris Uouei Zeuchner. — Assez
commun.
ItlninilKiiiellii nriiiied M(esch.— Bai'C.
i
H. (liiiRAii). — Note sur le .lurossbpw iwnji'n cl stipéricur. 131
Vers le Nord, re 1;imi1)i';iii iii';i |iani reposer siii- ic J' iSiuiiKinii'ii) ;il(ii-s i\\w
vers le Sud. il siiiihlr n(iriii;iliMiicnl rccdiniMi par li' Cv [mimics ralaiifii-
nieimi'.'').
N'y ayant pas trouvé de fossiles, je a'ose me pioiimiciM- sur l'âge de ci't
ameurenient assez étianije.
;}" lùini-nns de la (iiinlic. — Sans dduli' parce qui' je n'ai lias su rcli-ini\rr
!(> véritable i^'iseiiieid de .M. Piei'redon, VArrioru'ii, de ec ipiarlier ne m'a pas
donné la belle série que j'espéi'ais.
Par contre, le Callnvien, mieux étudié, poui-rail [)eul-ètre non seulemeiil
fournir des fossiles calcaires, mais encore des Ammonites pyriteuses.
i° Serre des Hahiillrs. — Les marnes CaUoviennes du Mas de Vais pré-
sentenl un niveau à l'itsiihniannies. \a\ zone à Ammonites pyriteuses est
indiquée |uu- des nuncrs débris iulormes de fer hydraté.
La zone supérieure a donné des Ammonites calcaires assez grandes, mais
écrasées et en fi-agnients indétei'minables. Malgié toutes mes rechei-clies, je
n'ai l'ien trouvé dans VOjjordieu. J'^, pas plus que dans le liauracicn P.
On trouve dans le Séijiuriiiea ipieNpies Ammonites (i'erisphinct(>s) malheu-
l'cusement très dilliciles à extraii'e eu bon étal. Au-dessus de ces calcaires
bien lités, mais épais, le souunel du mamelon qui domine le col est, non en
Séijuanlen (J''), mais en Kinunéridieu, ou calcaii'e gris massif (J^) (horizon de
l'aïoiive) qui renferme de très rares Phi/lloceras et Hnploceras, fort empâtés
dans la roche.
Sous le Seri'e des Batailles, le passage de VO-ijardieii au Hnunniew est
il'ailleurs si brusque qu'il sendjie nécessaire de faire intervenir une cassui'e,
laipielle pourrait èlre le prolongement de la. " Faille de la Coste de Cameiras »
marquée par Georges Fabre lui-même.
Au col du Serre des Hatailles. vis-à-vis les ruines d(^ Saint-Remèz(\ au
conlact de la Faille de la Nougaiède, la zone Perispitinrtes jtuluphinis
{Séijutit)]en) i-epose directement sui' la partie supérieure du Toareien (peut-
être même sur la base du Bajnrieii à lùicoïdes, comme le pense M. Gayeux),
sans intercalalion de J^ et de J-, indiqués à tort par M. Fabre.
Saint-Jean-de-Valériscle.
Henri GiuuuD,
Membre correspondant de la Sociélè d'Etude
des Sciences Naturelles de Nîmes.
CONTRIBUTION A LA BIOLOGIE DES MÉLOÏDES ALGÉRIENS
(Note préliminaire)
Gontinuanl mes rerherclies sui- la biologie des Méloïdes qui existent dans
la région de Mascara, j'ai pu, celle année, acquérir certaines données nou-
velles, concernant les insectes suivants :
t° Melne )niiri>ni\ Brandi. — Ge Melne est lueifuge et noctand)ule, contrai-
rement à ses congénères, (pii soid amis du soleil. Sun Iriungulin, de très
petite taille, est conformé exactement comme celui du Meloe luccius Rossi.
2° Mosiimis ciridissinvis Luc. — Le Iriongulin de cet insecte se nouri-it
13V U" A. CliOS. - Ciinlrilnitinii à la IViaUufir (1rs Mélnhics nlgrripris.
(l'abui'd (II' l'œuf d'iiii liyiii(Miupli''ri> el ciisiiilp de mi(M. .rai pu ubli'iiir la lar\i'
si>couduire (jui est biauclif et. l'apiiollo de très près la larve secoudaiic du
Mcltir majdlis L.
Il" Ijidits tilgiricHs h. - (li'l iusccli' (>st éi^'alcnioul pai-asilc des llynièiiop-
tèi'cs. Son iridui^uliu, i)uur sr dévcioppci', n'a jias hcsdiu di' Wvwï d'un apiaii'r;
II' niirl lui sul'lil. Sa larve socomlairi', lilaiirlir. i-rssrudih' hi'auniup à rdli' i\i-
ÏMiisiiiiiis riridissiiiiiis Luc.
4" Silarohrachys liuigasi De la Escalera. — M. de l;i Escalera a décrit les
deux sexes de celte espèce i]ui sont très dil'ierents, mais sans insister sufli-
sanunent sur leur diniorpliisme; il a omis, à ce point de vue, de signaler un
caractère essentiel : c'est ijue, chez le mâle, les hanches intermédiaires soid
éloignées des posléi'ieures, comme chez les LjitUni, tandis que chez la
femelle elles sont contiguës connue chez les Mehniii. (iet auteur a obseiTé la
ponte, mais non le triongulin. J'ai été assez heureux pour obtenir ce dernier
d'éclosion : il ai)partient au même type que ceux des SUaris, Hornia, Zonitin,
Aemngnatha. caractérisé entre autres signes par la présence d'un appareil
rrrrtih' spécial, sur la face dorsale du 8'' segment de l'abdomen (et non veii-
livlc comme le dit l!eain"egai-d en traitant du Silaris ataraJis Forst (Insectes
\'ésicants, p. 338). Comme tous les triongulins de ce groupe, il s'attache aux
poils des Hyménoptères. J'ai pu également trouver, dans la sculpture de la
coque de sa pseudonymphe, le moyen de la difféi-encier de celles des Znaitis
(Z. mulica F. el Z. analis Ab.) et des Xciiiogiiallia clirnsDiiicliiia F. auxquelles
elle semble à première vue identi(|ue.
5° Cevnniaia Wiihlii F. — Ce Méloïile elTechie sa poiilr dans le sol; son
triongulin pi-ésente les principaux caractèies anatonnques qui distinguent les
larxes des Zonabrls (ou ^liilabrcs), notamment la même forme des antennes.
Il iir s'attache pas aux Hyménoiitères. Je n'ai pas réussi à l'élevei-; il a i-efusé
tous les aliments ipie je lui ai offerts, en iiar-ticulier les larves de Mantes du
Tachnsplie.r /7»(7»«///.v (lei-st. Un i-este, dans les nombreux nids de ce préda-
teur que j'ai fouillés, jamais je n'ai rencontré ni sa larve ni sa pseudonymphe.
6° Zonabi'is unpre.ssa Ghevrolat. — Comme ses congénèi'es, ce Zonabris
|iond ses œufs dans la terre. Son triongulin présente les caractères spéci-
iiques des autres larves connues de Zonabris. Mais, contrairement à ce que
j'aurais |)U supposer après les observations de MM. Kunckel d'IIerculais el
l'iii'tscliinsky, qui oïd rencontré les larves de jdusieiu-s espèces de Zonabris
(/. Sehrcihersi Uchi', Z. jluraH'i l'allas, Z. l 'i-piimiala l'ai. Z. j-pamlala L.)
dans les coques ovigères de divers Aci'idiens {Slaiiroinilas niamccaniis^ Pezit-
h'Ihi.v, Slelopliipua), ces triongulins ont l'efusé les leufs de Sautei-elle iPatn-
liliagiis inDniiHcii.s l'oii-et) et ont accepté s<uis la moindre difliculté le miel et
les larxes de ilivei-ses espèces d'Hymi''noptèri's du genre ('riiiHiKi. J'ai niènu'
pu li's élever sans miel, en les nouriissaut uniqueiiu'ul a\ec des lai'ves il'Ox-
//(/(/ Idiigisjiiiia l'éi-ez. Comme les Ti-UIkkU's \(lcrhlcs) les Zonabris soni iloiic,
les uns parasites des Acridiens, les autres des Hyménoptères.
La larve secondaire est blanche et rappelle au iireniier alioid les lai'ves
secondaires du Melne iiiajaHs, du Liphis algiririis, mais pii'sente, iii'amiioins,
certaines difféi-ences assez apprt'ciables.
Ces diverses observations fcidut ullérieurenicnl I nlijci de moIhhs di'taib
lées.
Mascara. D' \. Ciuis.
Notes spéciales el locales. 133
NOTES SPÉCIALES ET LOCALES
Le Gui (Viscum album). — La Feuille des Jeunea Naturalistes, en 1891 (com- •
iiiuiiipations des p.agos 138, 152, 177), a donné iino série d'essences (26) sur lesquelles
iiii a (ibservé le (iui, M. Charles Halet, toujours dans la Feuille, vient d'ajouter
deux nciuxeaux noms: le Prunellier et le Tilleul ordinaire.
•IVu ann<'x«- deux encore: l'Amélanchier et le Merisier à grappes, ce qui porte
la liste à trente noms, sans recherches spéciales, avec les seules indications de la
présent*' Revue :
/'o/iiiliis nif/ra. — /'. pijramidalis. — • /'. anyiilala. — /'. (ilba. — • Salix ulhu. —
(^iiemis pediinciilata (et sans doute aussi le sessilif.ora). — Carpinus betiilus. —
l'/riius. — MiiiKs iiii/ra. — Moins ulha. — Frarinus e.rcelsior. — Cornus mas. —
Ciirnus sani/iii/iea (M. de Guerpel, 1891). — l'iius romrnunis. — l'irus malus. —
Misjiilii.t i/fi/iifi/iica. — Vratœyus o.ryaeaiitlia. — Sorhus domestica, 1891 et 1912
(Halet). ~ Sorhus tormiiiaiis, 1891 et 1912 (Halet). - - Amelanchier rulr/aris, à
hacres (Haut-Boulonnais), Pas-de Calais. — /'ru uns padus, Lacres (Pas-de-Calais).
— l'ruiius spiiiosn (Charles Halet), Loire-Inférieure. — J'ruiitis cerasiis, je suppose.
Bref, le Cerisier, sans indication spécifitiue, 1891. — Âmijijdalus comiinrnis (Res-
l)aucl, 1891, p. 177). — Jîobinia pseudo-acuria . — Arer ramprstre. — Arer ruhrum.
— ■ Arer saer/iarum. — Tilia sylvestris (Charles Halet), Loire-Inférieure; Lacres
(1912). recueilli sur un arbre élevé; les deux touffes étaient jeunes et vertes. —
Tilid ))hiiijplnjlhi.
Le (iui e.st coninum sur le Populu<i nigra et le Pommier, il n'est pas rare sur le
Poirier et sur l'Aubépine. Il prospère sur le Robinier et on le rencontre chez les
espèces précité<-s..., à compléter du reste.
C'est la famille des Ros.acées qui tient la tête avec ses onze porteurs de Gui
(Vieillunmes, en patois boulonnais).
Sur une vieille épine rose, double, je possède une touffe depuis un certain
iKPiiiliii' d'années; elle est plutôt en décroissance, mais l'este verte.
1^' (iui a déjà été signalé dans le Pas-de-Calai.-î sur l'P^pine blanche, à Lot-
linghen ((îéneau).
Lacres (Pa.s-de-Calais). B. de Kerhervé.
P. -S. — Le Gui vient d'être trouvé chez moi sur le Saule Marceau (Sali.i- raprea).
C'est une nouveUe plante, qui porte à 31 les hôtes du Gui signalés jusqu'à présent
dans la Feuilh , à ma connaissance. B. de K.
Action déformante de Puccinia Thlaspeos sur le Thlaspi alpestre L. — Dans
un Compte Rendu d'herborisations dans le Jura Central, M. Camus (1) remarque
que les Thlaspi alpestre L. (7*. Gaudinianum Jord.) sont « souvent attaquées par
un Champignon qui les déforme entièrement ».
J'ai eu très fréquemment l'occasion d'observer la même déformation dans les
nombreuses localités où j'ai récolté la plante en question : vallons de la Brévine
et des Ponts (2), tourbières des Mortes, de Chapelle-des-Bois, des Rousses, etc. Dans
les marécages, le parasite semble beaucoup plus abondant que dans les lieux secs :
au col du Bredot, les Thlaspi sont indemnes, alors que, dans les tourbières de
Bémont et des 'Varodes, très rapprochées, plus de la moitié des échantillons sont
att<'ints.
Le Champignon est une Urédinée : Puccinia Thlaspeos Schiib {= P. Tlilaspidis
Vuillemin, /■*. Vuilleinini de Toni), bien décrite dans les traités usuels, par exemple
dans Fischer (3) qui indique de nombreuses localités du Jura Suisse, sur plusieurs
espèces de Thlaspi. Les amas bruns couvrant la face inférieure des feuilles sozit les
téleutospores biloculaires à membrane épaisse surtout au sommet et dont un grand
nombre présentent des promycèles déjà germes sur place.
Contrairement à la plupart des Urédinées qui n'.attaquent leur support que peu
grièvement, cette Puccinie fait subir à son hôte de notables déformations, qui
retentissent sur l'appareil végétatif et surtout sur l'appareil reproducteur.
Par le port seul, les plantes parasitées se distinguent aisément de leurs voisines :
(1) Contributions à l'ëtufle de la flore de la chaîne jura-ssaquc. i^oc. bot. Fr.. -15, fa.sc. 8,
p. 451 [isns].
(2) .Soc. d'//i.ç(. .Vfl(. du Doubs, n" 19, p. 27 [imij.
(3) Die Uredineen der Schweiz [1904], p. 312.
134 Notes spéciales et locales.
leur tfinte j<aunâtrc tranche avec la ciuilcur vert glau(|Uf un peu cvntlré dos spéci-
niens normaux, et par la disposition de leurs petites feuilles légèi-(>nirnt recroque-
villées ress<'inblent à s'y nu'prendrc — cpiand on les voit, à t<'rre, de sa hauteur —
au classique Euphorbe Petit-Cyprès attaqué par les Uroniyces. — Les feuilles
inférieures, on l'osotte. sont cependant normales, quoique un peu décolorées aussi,
ainsi que déjà Schroter (1) l'a fait remarquer. Les caulinaires plus petites et plus
rapprochées, bien qu'abondajnment couvertes de téleutospores, n'ont pas une ana^
tomie bien difl'érente des feuilles normales : leur mésophylle est plus lâche, les
cellules sont boursouflées et disloquées par de gros filaments de mycélium. La
chlorophylle est notablement diminuée : les chloroleucites atteignent à peine le 1/3
de la dimension normale. — La tige contenant aussi du mycélium possède un
sclérenchyme moins développé.
Les inflorescences, souvent contournées, sont envahies aussi et les fleurs sont par-
ticulièrement éprouvées. Elles restent verdâtres : les sépales petits, les pétales
inclus, très courts et viresoents. Quant aux étamines, elles sont grêles, à filets
gonflés et leurs anthères à demi-avortées ne contiennent qu'un pollen ratatiné.
L'ovaire se boursoufle irrégulièrement et prend des formes bizarres : il est plus ou
moins spirale et le style diver.sement incliné. Les fleurs sont assez souvent incomplètes
(2 sépales; 2 pétales, pétale; 2 étam.J mais, en tous cas, elles restent ttiujaurs
stériles. On a donc là un beau cas de rast ratio» parasitaire. Le mycélium agit
directement et on le retrouve nettement dans la plante entièi'e : la Puccinie {Lepto-
puccinia) doit passer l'hiver dans les parties persistantes du Thlaspi et, dès le
premier printemps, pousser ses gros filaments à travers toute la plante. Dans les
fleurs même, sur les sépales et les pétales, on trouve des amas circulaires, formés
de massues mycéliennes qui représentent des téleutospores arrêtées sans doute dans
leur développement par l'état maladif de l'hôte ainsi parasité. On retrouve du
mycélium dans les anthères et la silicule, et cette infiltration totale du parasite
permet de comprendre la gravité de son action beaucoup plus nocive que celle de
beaucoup d'Urédinées.
Besançon. J. 'Virieux.
La chenille de Calocanipa. — L'article de M. Guignon, dans le numéro du mois
d'août 1912 de la Feuille des Jeunes yaiuirilisies, sur la chenille de Ca/orampa
e.vdletn, m'a rappelé que j'avais par deux fois trouvé cette chenille.
Une première fois, à Meaux, en 1895, sur un épi femelle de Typlia latifolia, dont
elle avait dévoré une partie : cette chenille m'a donné un bel exemplaire que j'ai
dans ma collection.
Une seconde fois, à Poschiavo (Grisons), sur un pied d'Arthemisia, dont je con-
serve également le papillon.
Ces deux plantes ne sont pas mentionnées dans la liste qu'a donnée M. Guignon.
Godart et Duponchel, vol. IV, p. 167, disent en parlant de cette chenille : h on
la trouve en juin et juillet sur un grand nombre de plantes, de genres et de familles
très éloignées «; on pourrait dire alors qu'elle est omnivore.
Le dessin que je possède de ces deux chenilles est conforme à la description de
Godart et de M. Guignon, mais ni l'un ni l'autre ne parlent d'une ligne blanche
très visible qui se trouve au-dessous de la bande rouge.
N'ayant pas vu la chenille de retusta, je n'en parlerai pas, mais je po.ssède son
papillon en quatre exemplaires, de même que celui de l'e.roleta dont deux ejr larva.
D'une façon générale, vetusta a la teinte de bois mort dont parle Godart, avec
des parties plus foncées et plus claires; tandis que la teinte d'ejuletei est brune
tirant sur le fuligineux. Dans ce dernier, les deux lunules des ailes supérieures
sont très accusées; on y remarque en outre 2 lignes noires en forme de flèche 5
tandis que dans retusta il n'y a qu'une lunule et une ligne noire en forme de
flèche <:.
Enfin les ailes inférieures dans vetusta montrent au-dessous une tache centrale
noire en forme de croissant ) alors que dans eœoleta la tache noire est formée de
deux croissants accouplés )).
Paris. P. DuMÉE.
Lucanus cervus. — Je viens signaler aux lecteurs de la FeuiUe un fait qui m'a
bien surpris. Est-il normal et comment peut-il s'expliquer?
Le 10 août, à 1 heure de l'après-midi, j'avais remarqué sur la route un cadavre
de Lucanus cervus dont la tête avait disparu et dont le corselet était assez écrasé.
(1) Entwicldangsgeschichle einiger Rostpiize. CohrCs Beilrûgc, III, p. SG [18S3].
Notes spéciales et locales. 135
Vers 3 lifuros 12 de l'après-midi, repassant au même endroit, j'eus l'idée de
ramasser ce cadavre et je constatai avec étonnement le fait suivant : Une patte
postérieure et le moignon de l'autre patte remuaient comme si l'insecte eût été
vivant. Les mouvements n'étaient pas brusques comme ceux d'un insecte à l'agonie,
mais réguliers et modérés.
Les mouvements ont continué mais plus lents, et à lu lieuri's du soir, lorsque je
cessais mon observation, ces patU's s'agitaient encore.
En résumé, j'ai constaté le mouvement de ces membres pendant 9 heures au moins
après la mort de l'insecte. Je dis au moins parce que je ne sais pas à quelle heure
la Ix^stiole avait été décapitée.
Ce spectacl(! m'a semblé assez extraordinaire pour le signaler et tâcher d'en
obtenir explication.
Tours. Paul SlRGUEY.
Homoptérocécidie chez Lunaria biennis. — Cécidie : Silicules à surface bosselée,
mamelonnc-e, totalement déformées et recoquillées, légèrement décolorées, à graines
avortées; offrant le vivre et le couvert à des colonies de Pucerons.
l'iiceron : L'aptère d'un gris verdâtre, couvert d'une forte pulvérulence bleuâtre,
à appendices bruns. — Correspond de toutes les façons à la description de VAphia
brassicœ L.
l'atrie : Secqueville-en-Bessin (Calvados) sur la Luiuiire-clefs-de-montre ou
Monnaie-du-pape, 26 juillet dernier, et loin de toute autre Crucifère.
A ajouter aux » Insectes parasites des Crucifères », Feuille des Jeunes Natura-
lisiez (1907), XXXVII, 211.
lUm