Skip to main content

Full text of "La France; g"

See other formats


m. 



r REFERENCE C H ."^ 

lî'if.'^V.^il-J'^ LIBHAHY THE BRANCM LIBHARIES . y4 

liiiiiiiiiiiri ^'^^- 

3 3333 08109 5321 'J^lc^S^'' /\ '^% 2 T Z 

\jùL 1 . 



LA FRANCE 

GÉOGRAPHIE ILLUSTRÉE 



p. JOUSSET 



LA FRANCE 

GÉOGRAPHIE ILLUSTRÉE 



TOME SECOND 




19 .PXHKÇJ''?'y.."!'JQi"s texte. — 29 Cartes 
et i.FLîîi'iïs/'VTi. ïnoir et en couleurs. 
1071 Reproductions photographiques. 



PARIS. — LIBRAIRIE LAROUSSE 



OUVRAGES DU MÊME AUTEUR 



L'Allemagne contemporaine illustrée, in-v, ôss gravures, 

22 caries et plans en noir et en couleurs, f Collection in-'l" Larousse.) 
Broché, 18 francs; relié, 23 francs. 

L'Espagne et le Portugal illustrés, in-'j", 772 iAravures, 

19 planches, 21 cartes et plans en noir et en couleurs, f Collection in-l' 
Larousse.) Broché, 22 francs; relié, 28 francs. 

L'Italie illustrée. In-'i", 78'. -ravures, I 2 planches, 23 cartes et plans 
en noir et en couleurs. (Collection in-i" Larousse.) Broché, 22 francs; 
relié, 28 francs. 



THE NEW YORK 

PUBLIC LIBRÂRY 







AKHI\i:i: A .MARSLill.l.li ! LE l'UAHi:, LA JOLlEriL, LA C A P H L D R A L L . 




LA FJiA^JCE 



UTTOnAL de la MEDJTEJiJ{AJ\IEE 



I. - Dii Rlïône à la frontière italienne, 



AU LARGE DE MARSEILLE 



Le graii.l l.'rriluiiv ,1,. plu; 
parseniiM-^ (rrM,iiiL'> .|in ^"ii il.- 
de Fos, d'\i\r~. ,1 1,1 i,[.i . l'.-l 
bras, saigin's di; iiiulli|iles déi 
Mais son œuvre créatrice est 



iiiiri i.iiiics l'I de plaines basses 
!'• Il' -lill.' d'Aiguesniorles et celui 

■ ( iv,iii-ii ilii WiÙHC De si's deux 
lions, il eiiilùt ce vasLe domaine. 

ilievée. LMionime s'en est emiiaié 



trop tôt pour en jouir. Au lieu de diriger la fougue du fleuve, de 
le laisser étendre ses eaux de crue comme autrefois, accroiUe ainsi 
l'épaisseur du sol en foiinatinn, l'enrichir elle rendre propre à la 
culture par la dilution des sels en excès dont l'ontsatuié les retours 
offeiisifs de la mei', on a traité le Rhône en ennemi ; son cours prin- 
cipal a été rejeté à l'est, emprisonné entre des digues. Le (lr\iv 
ligoté se venge: pour un delta plantureux qui devrait êtn- aus>i 
prodigue que celui du Nil, nous avons une Camargue, en parlif 
dévorée par les el'Ilorescences salines et, malgré ses mas entourés 
de champs en culture, dévastes espaces déserts, des landes cliétives 
constellées de mares croupissantes. Eties ITmillionsdemètres cubes 
de limon que le graml Rhône entraîne annuellement s'en vont ainsi 
<àla mer tout à fait inutiles, bons seulement à encombrer le débouché 
du fleuve. De part et d'autre les fonds s'élèvent, dcstheys (îlots; émer- 
gent, se soudent, allongent en nier le nuisoir du lleuve et, de plus en 



plus, barrent ses approches à la navigation. Déjà même le golfe de 
Fos est atteintparcet apportincessantde matériauxde comblement : 
des sondages récents on t relevé 10 mètres de fond où on en troiivai t20, 
il y a moins d'un siècle : les trois cinquièmes de la baie sont 
menacés par le glissement sournois des limons rhodaniens. Si l'on 
n'arrive à rejeter le grujid Rhône à l'ouest, de façon à colmater la 
grande cuvette cenlrale ilu Vaccarès et réparer les brèches faites par 
la mer aux rivau's, Ir conililoment inutile et désastreux du golfe de 



On espérait, par des tiav;i 
du Rhône une force assez gi 
pour balayer au large les m 
.•;nix. Al ' 



n avenir plus ou moins éloigne : 1 étang 
Pori-di'-iionc seront alors sans issue. 
;iii\ .rrihli_'iicnient, donner au courant 
1' 1 r une chasse assez puissante 
snlidi's en suspension dans ses 
avoir fléchi sous cette poussée inattendue, le seuil 
s()u^-in,iiiii qui barre l'entrée du fleuve s'est relevé; la barre, un 
inonii-nt lonipue, s'est reconstituée et ferme impitoyablement le 
passage aux navires. Alois fut pratiquée, sur le liane gauelie du 
nilône, en amont, la saignée du canal Saint-Louis t|ni ])ermet de 
tourner l'obstacle en pénétrant latéralement dans le lleuve parle 
golfe de Fos. Ce chenal d'accès, un canal de Suez en miniature, 
se développe en droite ligne, sur près de 4 kilomètres. Un port 
intérieur le lie au fleuve; un autre, prolongé entre deux digues, 
plonge à l'intérieur 



îme de la baie de Fos. 



LA FRA.NCI' 



Dans le même golfe déboucliail le c.nial des Fo. 
ouvert par des l>'>i;ions de Marius à travers le clia|ir 
l'cliel'uiiM'.s .lc|iiiis Arles jusqu'au grau du Galéjun. .\|i 
au i.iMi.iill'Mii^nl des troupes rouiaiues, le caii.ii ■ 
caceiii'iil au diaiiiage des terres basses qui le con\o\ 
deux rives. Presque tous les anciens marais en bordui 




sel, fournissent un alimenl aux indusliies chimiques. Lui-même, 
bien (pi'en communication souterraine avec la mer, l'étaug do VEs- 
i<.iiiii'ti,ii (non l'Estomac) ne laisse pas de s'amoindrir; c'est le 
Sinm,,-I.iinné de Strabon ((ito-aï, bouclie, Xi'iavti, étang), ancien 
iliMMMiir, mainlenanl emprisonné. 

Tout autre est le grand lac salé de Berre, dont la vasque irrégu- 
lière est bordée de collines presque ininterrompues, détacliées du 
soulèvement côtier de l'Eslaque. Ces montagnes sont faites de 
calcaiie stérile ou voilées d'un maquis d'arbustes nains d'où se 
délachent, sur les pentes, des oliviers de petite taille. A l'ouest 
s'élève le massif de 5am(-il'/i(?'e (131 mètres d'allitude maxima), entre 
bassin du lac, les étangs et la plaine basse de la Crau : non loin 
!■ là tb'bouclienl dans le lac, au voisinage du bourg d'Istres, le canal 
■'S A Ijiiites elle canal de Craponne, sillons de drainage des terres 
assts voisines. Un pelit canal creusé dans le roc ouvre une issue 
l'élang riverain de l'Olivier. 

Au nord, le relief monte à 12() mètres au-dessus du cul-de-sac de 
aint-Chamas, aux fonds encombrés d'herbes. A l'est, les alluvions 
e la Tuuluiibre, de la Durançulle et de VArc ont créé des terre- 
leins où se montrent, parmi les champs, des olivettes et des vér- 
ins d'amandiers. La côle, ourli'e do salim^s. se rfTnnrbe en éperon 
u-dcvant de Bcne, tidryi |irn|..|ir nm. 1, ,,,■,■,. |,i;ii,. ,.i un seuil au- 
essus duquel il n'y a p.i- -1 m- ip- .Irm : im p.u, , ,■ fond, désigné 
[lécialement sous le nom d.^ Ii,i>-iii .m . i.my ,|,- \',,',„,., sera séparé 
u grand lac de Birrc. Le fait déjà s'est produit au sud-est. Dans 
intervalle des bourrelets montagneux de Vitrolles et de l'Estaque, 
étang de Bvlinan, qui échancre les rivages de Marignane et de 
Sai)tt- Victoret, sur une longueur de 6 kilomètres et une largeur de 2, 
est séparé de la grande nappe salée par le lido sablonneux du Jaî. 
Le lac amer de Berre couvre plus de 15550 hectares: son pour- 
tour mi-sure environ 72 kilomètres pour une longueur extrême 



caillouteuse de la Crau sont ainsi 
disparus ou envoie de disparaître, 
tandis que, sur l'autre bord, la ter- 
rasse dite Plan du Boury, qui mi il 
là rive du Rhône, est comiilèl'iiiiiil 
émergée, excepté aux apprm his du 
littoral. L'ancien canal de Mariusest 
aujourd'hui remplacé par le canal 
d'Arles à Port-de-Bouc. Le canal de 
Marius suffisait aux transports de 
son temps. Après l'écrasement des 
Teutons à la journée de Pourrières, 
le vainqueur céda son œuvre aux 
Marseillais, en reconnaissance du 
concours précieux qu'ils lui avaient 
jn-êté. Alors les Grecs de Marseille 
créèrent, au débouché du canal, 
un port, source de gros revenus, à 
cause des pi'':iL"'s; qu'ils exi^eaii'ui 

des passants, I, i-n y..^ i in.ns.i; 

lais des F.- - 1/ . ;i ,|i~|i,iiii 

comme le ran.il ; iii;ii> 1^' jimiu ic>l.j, 

et de nombreux débris, amphores, poteries, monnaies, gros blocs 
taillés, fondations ensevelies, permettent d'en retrouver remplace- 
ment, à peu de distance de la ville actuelle de Fus. En traversant 
l'étang du Gah'jim, pourprendre, à la traverse, jusqu'à r»s, et eftleu- 
rer, en le contournant, le fond du golfe jusqu'àPort-de-Uouc, le canal 
d'Arles enferme, à l'intérieur des terres, d'anciennes lagunes vives 
condamnées à disparaître. Déjà les cuvettes de Bassuen^ei de CitU 
sont converties en salines; le niveau de l'étang de Lavalduc et celui 
de VEnprenier sont réduits, par l'évaporalion, à quelques mètres 
au-dessous du niveau moyen de la mer : leurs eaux, saturées de 




de 22 kilomètres et une largeur de 6 à l-'i kilomètres. Celle belle nappe 
bleue, abritée des tempêtes, emprunte à l'éclat de la lumière et à la 
variété de ses rives un charme tout particulier. Les fonds donnent 
un mouillage excellent : toute notre flotte marchande y trouverait, en 
cas de guerre, un refuge excellent, hors la vue et les entreprises de 
l'ennemi; 17 kilomètres de côte, entre Marligues et Saint-Chamas, 
s'ofl'rent aux chantiers, cales, ateliers, entrepôts de la marine de 
commerce. Or, à peine trouve-t-on sur ces bords quelques établis- 
sements industriels pour utiliser les produits de la pèche et des 
marais salants; rares senties barques de pêcheurs, et plus encore les 



LITTORAL DE LA MEDITERRANKE 




U VIEUX PORT. 



lialeaux de caliotagp ; Jamais 1rs navires de coniiiicice ne visilciil 
cet admirable goll'e. On ii"y voit point de pni l di-ne d,> !-,• n 

l.etaiig de Beire communique avec ]a nui- | ii- l.lmii,. ,1 |h'ii 
profonde lagune de Caroiilc; Mnrtigues, « la \riii>i' |ii .n .'iir,!!!' 
(on compte en France une demi-douzaine >\'- \.iiis, > , r.iiiiiiMinlr 
le débouché intérieur du lac; Port-ilc-/!'iiir l'.niiic c xIk uni/', i Hc 
île partage la coulée des eaux lacushvs ;ni iM—.ijr (!.■ J/./, //,/»r s; 
mais un chenal, creusé à 6 mètres de |ii (ilnihliiir llhnihim'nii'uL 
du moins), ouvre la voie aux bâtiments jusqu'au mole de Ferrièns, 
à l'intérieur du Jac. Une prolonge du canal d'Arles à Port-dr-Bnur 
traverse jusqu'à Martigues le couloir stagnant de Caronte, en frô- 
lant la live scplriilridiiali' sur une longueur di- !i Vin nirtics. Son 

point d'.ill;n hr, l',,ii-ilr-/!niic, prendjour en u\r I(iii|is sur Arles 

parle canal et sur !'■ i;niri; de Fus par une rupliin' naliuclle des 
falaises cotières. Il suffirait d'approfondir cette passe, de creuser à 
10 mètres le port de Bouc, en donnant le même fond au chenal de 
Martigiies, pour vivifier cette immense rade intérieure de Berro, que 
la nalure a si magnifiquement préparée, mais dont nuire iiK luic 
fait un étang désert et à peu près inutile. 

Entre le cap Couronne et le cap Croisette, l'arène nuaivanli' dn 
golfe de Marseille se développe dans 
une enceinte de haut relief que des- 
sinent, sur le bleu du ciel et de I; 
mer, la chaîne côtière de YEstaque, Ich 
monts de l'Etoile, avec le Pilon du Bu. 
(710 mètres), Noire -Dame -des- A ngi-; 
(o25 mtli -^ h fliiine de H 'J '/ - 
Baiw 111^ ^ / I II m II 

le m, ni I ' / M |i m m II 

de Jl/«; iil III II \ I ml 

rieui de te \ I I i i| I ili n n^ii 

tue pai des il i i u |iii i 

siques,unem is I i n n | In-^ t n li 
acciue pai les dtp 
rHu\eaune, apitpii 
sinmaiitime,la( ihi 
fut le bel et lu I 1/ 
gent toulLS les i\ Il 



Au noi'd, la côlo s'aflirme dès le cap Cunronne et surlout avec les 
falaisi'S roui.'eàlics du cap iléjean (153 mètres). .-Vvec la chaîne de 
y lixiaijae, rrilii-ssée en falaise, la ligne du rivage est nettement 
(h'Iinic. f)i; iiflits ports échancrent la côte : Carri/, Gi(/nac, Niolon, 
Vcsse, Fi'jueroUc, escile de VEslaqw. Passé l'ansi^ de la Madrague, 
une longue digue égrène les bassins de \:\. J^dictlc 

Au sud du Pharo s'incurvent Vanse des Cuialan.i r\ le mouillage 
à'Endonwe, et, au delà du lioucas Blanc, la belle plauc .In Prado ou de 
Montredon, dans l'embrasure du débouché de llluveaune. L'narchipel 
d'îlots et d'écueils hérisse les approches du cap Cruiselte, dans un 
cercle de roches traîtresses. L'archipel compte en tout une quinzaine 
de rochers, à peu près inhabités, nus et déserts, domaine des oiseaux 
de mer qui viennent y cacher leurs nids et s'y réfugier pendant les 
tempèles. Des fragmenis romains ont été retrouvés dans l'île .Maire. 

A 10 kilomètres einiion du cap Croisette, le phare du Planter 
s'élève d'un îlot bas el plal. s,. s trois éclairs blancs, strii's d'un 
éclat rouge, percent la unit la plus noire. Par temps clair, sous 
l'étincelant soleil de l'r.ivenn', Planier est le premier anneau 
de cette chaîne leudne par vingt écueils échelonnés jusqu'à 
Marseille, sur le nui oiieim ni di's eaux. Planier ne souffre pas de 



du Jauet et I 
au cœui du b is 
ut inti iieuieipii 
ill I i convi 1 
s In _ Ife Dun 
éeueildeioch i I m tii m le \ ili 
Dame de-la-(jaide suivit di la d( pits 
sion du vieux poit, sui Ihoii/on de li 
mei I 'i se noue 1 1 pi ion qui pio) tl 



au 



doum I I lii| I 1 / I / 

neau l n i I m lu h l il/ Il 1 
sur le h ut Cu lii^ | un s li s | u 
lanatuiecontielesllotsdulaiç,c,dLl( n 1 
les appioches de Mai^edle et en tnce 
la loute aux na\nes venus de 1 Oiient 
Pai lui le golfe se tiouve paiti-,e en 
deux conques distinctes : l'une au 
nord, la rade de Marseille proprement 
dite; l'autre au sud, \:iha.ie A' Endmune. 




lRTIGUES 



LA FRANGE 




l'isolement farouclie des phares atlantiques; ]a nostalgie ne lue |ias 
ses hôtes. Près de la tour ronde et blanche du phare, liaiile de 
59 mètres, sont des habitalions. Car les gardiens de Plnnirr uni 
ce privilège : femmes et enfants les acconi|iai.'iiriil, duns leur exil 
volontaire. Il est vrai, les logements sont élrcil^; iii.iis, ,'i linl. linir 
des bâtiments, règne une cour à l'abri de la(|ni'llc 1rs ijaidiiMis cul 
édifié des pigeonniers et des poulaillers : c'est le furuui dr la 
colonie. Tons les dix jours, un petit navire côtier fait la relève du 
phare, le ravitaille en légumes, eau douce et pain frais. >■ On ne 
se languit [.as Imp ,.|, Phwi.r. . 

DU CAP CROISETTE AU CAP SICIÊ 

Il y a flagrante opposilhoi rnire la côte du golfe du I.ion (ou de 
I.yon) et celle de Pnn.'iiri' : lune concave, faite de plages sablon- 
neuses et d'alluvions instables (jui fléchissent et disparaissent au 
moindre étal du flot; l'antie, toute en saillie, hante et droite, cui- 
rassée de falaises, bastionnée d'écueils, faisant tète contre les as- 
sauts de la mer. A l'ouest, une rive incertaine et tremblante, ourlée 
de lagunes traînardes; à l'est, la roche vive, tantôt de calcaire com- 
pact (de Marseille à Toulon), tantôt de granile ou de brèche volca- 
nique, avec les Maures et l'Estérel, qui surplombent la côte, depuis 
llyères jusqu'au-dessus de Cannes, dans les parages d'Antibes. 

Aussi, quelle variété de sites! Ce ne sont que pointes hardies, 
promontoires abrupts projetés en belvédères au-dessus des vagues 
jaillissantes; calanques tranquilles et profondes entre de hautes pa- 
rois grisâtres; ports de pêche doucement étalés au bord de plages 
dorées; archipels d'îlots qui flottent cà portée de la rive; dans les 
retraits plus amples, des i.i.li s .miiiM'rs, il.s cih's laborieuses, des 
édens de repos et ilr (iln-n . J-^ ^ illi- |.h|in ,■. ,ni flanc des collines 
moutonnantes ou lil-Mir.^ s, ,11, |, , |ni.,|ii, i~ il,Miris; dans les jar- 
dins, la flore des tr.ii.iqu.-^, ,|r,ui..ui._- à col,- de e.dle des |iays tèni- 
lién's: l'c-ventail du ]ialmier qui frémit à la brise du large au-dessus 
des champs d'orangiMs ; ici, d'une roche empourpi'ée, le gracieux 
pavillon du pin parasol (|ni s'élance; partout, sur les pentes, l'oli- 
vier provençal, l'arbre iiiininii,|, ,1. sm- ce vivant amphithéâtre, 
la grandiose toile de fond drs .\I|ms n. i-euses, tendue entre l'azur 
immuable du ciel et la cou|m- (■tinrrlaiite de la mer. Les liomains 
peuplèrent de leurs villas cette région bénie; ils y trouvaient la 
lumière vive, l'air vivifiant, le climat tempéré par le voisinage de 
la mer, l'exubérante nature de Baies, aux portes de Naples. 

Depuis qu'on l'a délivrée de l'obsédante terreur des Barbaresques 
qui la tinrent de longs siècles à leur merci, la Côte d'Azur est rede- 
venue le rendez-vous du monde. 

L'âpre et hautaine muraille crétacée qui commande la mci- au 



détour du cap CroiscVe s'échancre à peine de quelques couloirs 
sinueux : calan(|ues île Sormion, àaMorrjiou, de Port-Miou,\rMS. fjords 
Scandinaves dont les goufl'res prennentsous les lueurs qui glissent le 
long des ]iaruis de leur prison des reflets d'améthyste, d'émeraude, 
de lurqu.iisc : l'eau dort ici à côté delà mer qui gronde; plus d'une 
linrijuc en didi-esse y a trouvé le salut. Le port de Cns!ii<;, autrefois 
cnvelopiii'- de forêts, fut une oasis dans l'isolenienl r.iiMinlir de crllc 
côte inhospitalière. Pour échapper aux Sarrasio-, !■ - ImIuI mis de 
Cnxsis durent, au moyen âge, abandonner le ii\.i_' -1 -1 ii lu^irr 
sur la ha\iti'ur voisine, à l'abri des murnilb-s ,-\ du . li.iu-uu éiigés 
par lessfigm-uis des Baux. Depuis, la vdle ,1 ie-,, 
la cri(ine où liriuit escale les navires iilhi, . , us 



rive ; mais 
. peu s'était 

s pentes dé- 



Longlemps Cassis fut le reihle/-\ mus des li.iKpies |ii ..\eiie;ilcs, laïa- 
lanes et génoises, qui venaienl |iM, h.r le^ |.M|\]ies edi illi-.nes. tiès 
abondants dans les eaux du ynlle : la .lipi eeiali.ui du lii.iil a l'ait 
tomlier cette industrie; mais les belles pierres de taille de C'issis font 
encore l'objet d'un fructueux trafic, après dix-huit siècles d'exploi- 
tatiiin. Trop isolé, le port de Cassis décline, faute d'aliment. 

Plus heureux est son voisin, le port de La Ciolat. Simple faubourg 
maritime de la ville, aujourd'hui village de Cctjrcsle, situé à quelques 
kilomètres de la côte, ce ne fut longtemps, après l'occupation et la 
dévastation de la place par les Normands et les Sarrasins, qu'une 
agglomération de pécheurs. Au xiii* siècle, sous la suzeraineté de 
la puissante abbaye de Saint-Victor de Marseille, La Ciolat comptait 
jusqu'à 3000 baliilanls. I,'/labli--eMienl, iu..deine des grands chan- 
tiers de construeh le^ .l/r.^./'/./eï m'Uiimim en a fait une ville 

populeuse. La ])éelie esl lies aeii\.'. M I eu \ eu lait lier par une digue 
l'île Vcrle au Brc ,lr l'A,;/!,; recuuil.e sur feutrée de la rade, les 
plus gros navires pourraient mouiller par des fonds de 20 mètres 
dans ce bassin tranquille, désormais à l'abri de la houle. 

Dans l'enfoncement nrieiiial de la baip, sous réperon du cap 
Saint-Louis, la |ila-e ,|, , /,;,,,, , a e.ni- i\,', eii-e\e|is sens un linceul 
de sables mouvaiil-. |.s 1 ii,| ni ~ J une a ueieu ue \ ilie qui fut con- 
sidérable, à en juger pai' riniji.Tiaui e ,lii peu ijui lesie. Elle s'appe- 
lait Taurocntuin : le port s'ouvrait au pied dus Baumelles, tandis que 
les maisons étaient groupées à flanc de coteau sous la protection 
d'une acropole. Dans ces eaux, la flotte de César, commandée par 
Junius Biutus, anéantit dans un combat sanglant à l'abordage, dont 
le récit nous a été conservé par Lucain, la flotte de Tauroentum, 
alliée à celle de Marseille, sous les ordres de Nasidius, combattant 
pour la cause de Pompée. Des fouilles, commencées par le savant 



LITTORAL DE LA M EDn EIUl ANKE 




abbé Barthélémy en l'ijri, reprisrs fii I7S1 par iM. Marin, et renou- 
velées par M. l'abbé Magloin- (.inniil, nul ramené au jour ce qui 
subsiste des principaux monuincnis de l.i \ille antique : acropole, 
agiira (place publique), théâtre, tbri m,», inair-isin':. Les criiinli's 
jarres exhumées n'ont pas moins ilr l'",J.'i ,\r (Immi'Ii •■ : puui bs 
médailles, fragments d'œuvres d'art, a--i-' > l.nll' > <, .h l.n- ib' Lmir 
sorte, on ne les compte plus. Mallieuieu?.unu;nt ce m- scmt là que des 
débris; il ne reste des monuments que des substruclions. Sur la 
plage déserte et ensablée, l'ancienne colonie phocéenne n'est plus 
qu'un souvenir. 

Avec les baies de la Moittle, de Bandol, de Sanarij (Saint-Nazaire), 
la côte se découpe de plus en plus jusqu'à l'archipel des Einbicz, 
détaché en avant-garde sur le front du cap Sicié. 

Bandol est une réduction de La Ciotat : un fortin perché sur son 
écueil Uanqué d'une île rappelle le Bec de l'Aigle et l'île Verte. Mais 
Dmidul soulfre du voisinage de Toulon : l'exportation des vins de la 
côte et de la plantureuse contrée du Bausset ne fournit qu'un 
maigre aliment à son commerce. Saint-Nnzaire, aussi heureu- 




seiiniii ..-iiih' ,|ni' n.in.bil, sur une baie complètement abi'ilée du 
laii-''' |i.ii 1,1 >iilli.' (lu r.ip Sicié et de l'archipel des Embiez, x\a. pu 
(l,n,iiil-i;:c I ( li^i|i|i.i ,1 I aixaparement du voisinage, surtout depuis 
ipii- le clieniin de fer de iMarseille à Toulon draine toute l'activité 
qui faisait vivre ces petits ports. Par bonheur, la mer est poisson- 
nruse et les pêcheurs ne sont pas rares. 

La lade du Brusrj, si complètement abritée par l'archipel des 
Embiez, comptait parmi les plus sûrs mouillages offerts à la flotte 
romaine le long des côtes de Provence. C'était VyEmines purlus, 
grève d'un abord facile, avec quekpies hangars pour les marchan- 
dises, des habitations peut-être, mais en petit nombre; car les 
cités antiques, pour échapper aux surprises de la mer, se grou- 
paient d'ordinaire sur quelque éminence voisine, dans une ceinture 
de remparts. 

F.a péninsule de Six-Fours semble une véritable \Anc>' f.Mli> natu- 
relle pointée sur le large par l'éperon du cap Sicir. Ln chemin pavé 
de dalles parles Romains conduit au sommet. Mais, avant les légion- 
naires, lesCirecsy avaientconslruitdesfortins, "E;<l>pouft'a, d'oùvient 
probablement le nom de Six-Fuurs : on devrait dire Six-Forts. Le 
moyen âge éleva sur cette hauteur une tour de guet, d'où un fanal, 
pendant la nuit, la fumée d'un feu de paille, pendant le jour, annon- 
çaient la présence au large de navires suspects et prévenaient les 
attaques des pirates. On se réunissait en toute hâte : les Maures du 
l'iaxincl, entre autres, débarqués sur la plage du Brusq, y furent un 
jour durement reçus et aussitôt rejetés à la mer. 

Il ne reste rien de ranriiinir' cilniloUe grecque, romaine, pro- 
vençale, sur le morne de ^'( /-/■'""/- ,• m.iis le génie militaire a cons- 
tiuit, sur cette admirable p.i-ilion sli.il' uique, un fort dont les feux 
b,il.i\ent le tour de la prescju ile, du lirusq à Toulon. Dans la crypte 
de la vieille église de Six-Faurs, on retrouverait l'exemplaire parfait 
de te que furent les sanctuaires chrétiens de la primitive Église : 
double souterrain rayonnant d'une abside où le siège de l'évèque, 
un banc circulaire, la cuve baptismale, les parois des couloirs, 
liiut est taillé dans le roc vif. Une église romane, puis une 
gotliKjne ont successivement enveloppé cette vénérable catacombe. 

Dans le cortège d'ilôts qui forme l'archipel des Embiez, le grand 
Rluveau porte un phare dont les feux cioisent ceux du Planier et 
é( binent l'accès de la rade de Toulon. A la pointe du cap dentelé en 
scie, cap Sicié, par lequel la presqu'île de Six-Fours plonge à pic sur 
la mer, s'élève, au-dessus du vert sombre d'une épaisse futaie de 
pins, le sanctuaire IS'otre-Dame-de-la-Garde ou de la Bunne-Mère, 
providence des marins. 

1. 



LA FRANCE 




TOULON 



HYERES 



TOULON 

Du cap Sicié au cap Béant, promontoire occidental de la cliaine 
•des Maures, la côte multiplie comme à plaisir les saillies rocheuses, 
les écueils, les déchirures et les retraites abritées : aucun cadre ne 
fut mieux préparé pour rétablissement et la défense de noire pre- 
mier port de guerre. Doux rades, une grande et Mn&pelite, appuyées 
sur le bastion avancé du Ct'pet, que le mince pédoncule des Sahlettes 
rattache à lapi'uinsule deSix-Fours, conduisent au /imt pi..|u'.'mpnt 
ditetàlarfV/cde Toulon. Il y a 13 kilomètres du c^i|i .s/-// à In pointe 



: Cai 



e, et de celle- 



ip Céjict, I oUV( 



mile 



rade dépasse 5 kilomètres. Celle pointe roui,'eàtie de Cniijui'ninine 
soutient, à plus de 60 mètres au-dessus du flot, une plate-forme que 
domine le gros morne vert sombre de la CoUe-.Xoire (302 mètres). 
A la suite s'enguiilandent, d'est en ouest, plusieurs abris : liaie de la 
Garonne, au fond d'herbes et de sable limoneux; petite anse Méjan, 
dessinée par la pointe abrupte, mais 
peu saillante de Sainte-Martiuerito, 
•et le cap Brun; rade des Vignettes 
en bordure du Mourillon, entre le 
cap Brun et la petite jetée enracinée 
à la Grosse Tour qui commande la 
petite Rade. Cette digue s'approche 
à 500 mètres d'une jetée opposée, 
celle de la Vieille, soudée au front 
de Saint- Mandrier, dans la pres- 
qu'île de Cépet. Malgré l'étroitesse 
du passage, on voudrait, pour dimi- 
nuer les risques de le voir forcé 
I>ar une attaque résolue, le défendre 
au moyen d'une double digue d'avant- 
ijarde tendue entre le cap Cépet et 
le cap Bi-un, en arrière d'un brise- 
lames. Si ce projet se réalisait, la 
l^elite Rade de Toulon pourrait être 
ruiisidérée comme inabordable. 

lue fois doublée la digue à double 
front qui la commande aujourd'hui, 
on entre dans Isipetite Rade : à gauche, 
l'enfoncement du Lazaret; surl'autre 
liane du promontoire de Tamaris, la 
grande baie peu profonde de la STi/ne 
nue coupe un chenal de 6 à 7 mètres 
lie profondeur; enfin, dans la partie 
■est, la;)e<i(ei{a(/e proprement dite, que 
des curages incessants maintiennent 
•à 10 mètres de fond, jusqu'à moins 
■de 300 mètres du bord; c'est le bas- 
sin d'amarrage des grands navires. 

I.e port est au fond et comprend 




quatre darses : la darse Vieille à l'est, la darse Neuve, la darse de Cas- 
tigneau, celle de Missiessy à l'ouest; enfin, dans le coin oriental de 
la rade, le port marchand ou ;)or( de la Rode. La darse Vieille couvre 
une superficie de 3S 000 mètres carrés, accostée par plus de 500 mè- 
lies de quais. Une passe de 50 mètres en ouvre l'entrée : elle s'appelle 
la Chaîne Vieille, parce qu'on la barraitautrefois d'une chaîne. Outre 
le port de Rode, qui lui appartient en propre, la marine marchande 
occupe encore les deux tiers de la darse Vieille et peut mouiller en 
bordure, à l'extérieur. Les trois autres bassins appartiennent exclu- 
sivement à la marine de guerre. \.'Arsenal les étreint de ses im- 
menses constructions. Là se pressent, autour des bassins de carénage 
et des cales couvertes afl'ectées à la construction des plus gros 
vaisseaux, les forges avec leur marteau-pilon colossal et les engins 
compliqués qu'exigent l'équipement et l'armement d'un navire de 
guerre. Castigneau détient la grosse chaudronnerie, l'atelier de 
torpilles, la fonderie, la grande boulangerie de la marine qui, avec 
ses vingt fours, peut fournir quotidiennement 600 OCO rations. De 
beaux bassins de radoub, le parc aux ancres, l'artillerie de marine, 
le colombier militaire sont groupés autour du bassin de Missiessy, 
de création récente, qu'une passe 
ouvre sur la petite rade et le canal 
des Subsistances dans la darse de Casti- 
gneau. Trois bassins de radoub dans 
la darse Neuve, l'arsenal hors les 
murs, du Mourillon, avec des forges, 
une scierie à vapeur, cinq cales cou- 
vertes, de grandes fosses pour la ma- 
cération du bois de construction : tel 
est en aperçu l'outillage de notre 
grand port de guerre. Mais il faut 
pénétrer dans cette remuante cité de 
l'Arsenal qu'animent des milliers 
d'ouvriers : les statues de Mars et de 
Uellone en défendent la porte monu- 
mentale. Vous verrez, en passant, la 
M(//e d'armes, étincelanle de trophées, 
If Musée naval, ses galères en minia- 
ture, ses engins modèles, les réduc- 
tions du Su/fren, du Duqucsne, des 
nomsglorieuxquisonnentlavictoire. 
Toulon est le fief de la marine. 
Partout, dans les rues, le long des 
quais, la vareuse du matelot, la cas- 
((uette de l'officier, se mêlent à une 
foule vivante, expansive, toute mé- 
ridionale, qui ferait dans Toulon une 
autre Cannebière, si la place ne man- 
c[uait. Depuis l'élargissement de l'en- 
ceinte par Napoléon III, une ville 
neuve, régulièrement découpée de 
belles rues, avec de grands et riches 
immeubles, s'est bâtie à côlé de la 
vieille cité toulonnaise. Au boulevard 



LITTORAL DE LA MLDITLUU ANLE 




de Slrasbourg, trait d'union des deux villes, s'attachent, au contre, la 
place de la Liberté, ornée de palmiers, l'avenue Vauban, et, dans le 
rayonnement de la place de Strasbourg, le Jardin botanique, le Jardin 
de la ville et son Musée-Bibliothèque. A l'autre flanc, l'avenne Colhcrl 
et le théâtre monumental; enfin, au seuil de VAr/~enal, la place 
d'Armes, encadrée d'admirables platanes. Dans le labyrinthe de la 
vieille ville, les places Victor-Hugo, Puget, Raspail, Louis-Rlanc, 
Gambetta mettent un peu d'air et de lumière : toutes les rues, ou 
presque toutes, la rue Hoche, celle d'Alger, bordées de beaux ma- 
gasins, convergent, ainsi que le cours La Fayette, vers le pari, rai l.i 
est la vie, surtout au quni de Cronstadl oîi les cafés bruyants, la foule 
des promeneurs et des partants, les mannsqui ie|(ugnent leui boid, 
les touristes qui s'embarquent, les camoldts qui ruent, les batelieis 
empressés, et les bateaux qui sifllenl, 
prennent, sous la lumière crue du Midi, 
une intensité de vie extraordinaire. Iii 
monuments, il n'en est guère, à paît 
YHdicl de ville appuyé sur les cariatides 
de Puget, et l'ancienne cathédiale 
Sainte-Marie-Majeure , vénérable édifn e 
du xi" siècle, tant de fois remanié, le- 
bàti, déformé, que le premier édifice est 
depuis longtemps méconnaissable. 

Toulon compte 104 oS2 habitants. Ce n e- 
tait, au temps des Romains etdes Grecs (des 
Phéniciens peut-ètrei, qu'une escale connue 
surtout pour l'abondance dans ses eauxd un 
certain coquillage, le murex, dont la sécré- 
tion particulière servait à la production de 
la pourpre, celte teinture rare et precieu>.e 
dont se paraient les chefs de peuples et les 
chefs d'armée. Aussi les Romains appelaient- 
ils Toulon : Telo-Marlins, parce que lapourpi e 
était la couleur de Mars, dieu de la guerre. 
Cependant, sans être recherché des anciens 
navigateurs qui n'avaient guère besoin des 
bassins profonds nécessaires aux masto- 
dontes de la marine moderne, mais accos- 
taient de préférence aux grèves de sables, 
commodes pour l'atterrissage de leurs petils 
navires, Toulon dut être, au début de noire 
ère, une cité déjà constituée, puisqu'ily eutde 
bonne heure (fin du lu» siècle) un siège epis- 
copal. Duv= siècle au milieu du XIII», les actes 
des Conciles nous ont conservé les noms de 
ses évéques. Les invasions barbares, mais 
surtout l'établissement des Maures en Pro- 




epirin. -, I,, - M, M,,,l.^ ,!-• M .: . iM. , . ^ .1.:.. .: ~,.ll,l \,rt,,l- 

de l'n.v.;urr, l,l ivillr JoUlllu Mlli-Ul lui .n. ,,,,|<T, i,t .1. .- llMl.da-r.-. .'-aiiit 

Louis visita Toulon avant du s'ciuburquur pour la prciuiùrc croisade et fit 
élever plusieurs tours pour sa défense. Mais la menace des Maures tenait 
la plaro en de perpétuelles alarmes; du haut du Faron, la vigie promenait 
son i'l: ml ini|iih I sur l'horizon pour signaler les navires suspects et pré- 
venir I iM i\ i ' h - pliâtes. Toulon était prédestiné pour la guerre. Louis XII 
acii'Ml -' - '\> r. ii-< - rt commença la Grosse Tour, que termina François ler. 
IIiiiii l\ liii '\ Miii 1 une nouvelle enceinte bastionnée, appuvée de deux 
foi th dctacliLb . Saint-Antoine et Sainte Catherine, la munit de bonne artil 
lerie, et jeta les assises des deux môles du port. Richelieu voulait faire 
de Toulon leBrcbtde la Méditerranée. Le vrai créateur de notre sraml port 
iiiilil III. fut luuis \1\, ,aide de Co/Ae;/ et de I 'h' '» FnI iim. ii 1 I i n- 
ceinte bastionni • i .li ii 1 ii ml i ii^i s 
batterieb et de d ii\ I M I ni I un Im de 

piil. 1 iiiMi 1 1, ( kf de la pi itt , cnliu oiga- 
ni ili 11 I I \I■^l nal : tout se fit comme par 

11 11 ml III ni Innlon put se croire mtan- 
_il I I I \ i\ nn t llii |ii ^nc coulaient 
-11- iii\ Il II m I 1 1 I pidiULniiinl 

11 \ un 111 m I 11 I 1 \l hl 11 i.KC, Iniii 
\ illi \ Il ni 1 ni 11 1 mj 11 ni 1 1 M , après I i 
cil I iiti iIl I i lliilti ingld-hull indaise dans la 
Il m ili Lagos. Pendant la guerre de la suc- 
1 1 ssiiin d Espagne, la place tint vaillamment 
( iiiitit; la flotte anglaise et les armées du duc 
(le Savoie, Victor-Amedee, et du prim eEuficne 
qui 1 assiégeaient : le patriotisme des Inbi- 
tants, la vigueur du comte de diignin, 
gouverneur de Provence, etl heroiipie du\oue- 
ment de 1 evéque Bonnin de Chalucet foice- 
rent l'ennemi a se retirer (1707K 

A l'exemple de Marseille, de L\on et des 
grandes villes du Midi, Toulon se soule\ i 
i outre la tjrannie sanglante de la Con^cn- 
lion (14 juillet 1793). On sait ce qu il ad\ int 
de Lyon. Le gênerai Carleaux, après la prise 
(le Marseille, fut dirige sur Toulon. Toutes 
les familles provençales, entraînées dans le 
iiKinvi mentcontre-revolutionnaire, } avaient 

I lu II lie un refuge. Sous la terreur de li 

II pu s,ii)n mexorable dont on les menai ut 
Il s louUmnais crurent trouver leur salut i-U 
pid int 1 oreille aux promesses fallatunisis 
(le 1 amiral anglais Ilood qui cinglait d.ins 
( es parages, en même temps qu une escadie 
espagnole aux ordres de 1 amiral Lanqaui 
L'amiral Trogo/f commandant de la défense, 



LA FRAACE 




ouvrit la rade et les forts de Toulon aux alliés (28 août V 
Carteaux prenait son f|narlier général à O/Z/o/^/psetprélndai 



est investi du commandement en chef à la place de Carteaux, mais pr 



le 



_;mbr 



mari in qui venait d'être assez ;;i ir\ i innil M ■ -. , i,l< \ !■ mit [iIm ,■ .m ;ji ulr 
de chef de bataillon, lionujjarle devint r.im.' du -ir^r. Il \.,iiI.hI mh v. t 
le fort avancé de l'ÉguiUette : du coup la vlll'' l iiil- r ni . ru |r- \ii^l,ii~. 

pris entre deux feux, devraient, sous peine d rhr il hmIm-. . \.n ufi- n 

diatement le port. Deux batterirs sont élal>lirs -ni' i.s li.Mihiiis dr j,, 
Seyne. On .•ill:hiMr il ^l'plriiilir.' : |h'iih' prniue. I/ennemi vi'ill.iil ; drvi 
nant Bon:iii:iil.\ il |. nlihe -.1 |i>i-il nui, rl,vc une redoute à la pl.-icc (m(ii|ht 
depuis par le Imi i.in-' iiii II, ri N i|Hi|i',iii. Les Anglais l'appel.ii./nt Inrl 
Midgrave, ou, plus liLiuiULiil, lu iru.yaiil imprenable, le petit Gilindtur. 
Un coup de main ne pouvait suf lire contre Tonton ; il fallut entreprendre 
un siège en règle. Alors Tartillerie est convoyée de toutes paris; le géné- 
ral La Poype, collègue de Carteaux, qui, sans le prévenir, avait dirigé 
contre le Faron et le cap Brun deux attaques infructueuses, est envoyé à 
Lyon pour amener des renforts. Doppet, qui venait de prendre cette ville, 



: aussitôt le cède à Diirjo 



(16 




ibre). Bonaparte , de son coté, 
Irrjo, s'impose par son zèle, sa fougue rai- 

Irr.Kiie I,- |ii . \ i-iiMis des chefs eux-mêmes 
l \ ' Mil rih'iii indispensable. Un conseil de 

. : I iii i.|ii. . -I rr.-iilue comme l'avait deman- 
!■ . h' - hiiilcurs voisines de la Seyne, ses 

MiiLiix. . La plus exposée d'entre elles, la 
I ..ii\ i II In m, est emportée d'un élan furieux, 

dais u'Iliira. Mais voici Dugommier, Bona- 

Bt Mouret ; la batterie est reprise, l'Anglais 



Cipenifinl Ir /,i/// Gibraltar tient toujours. Enfin, après un nouveau 
conseil de guerre (U décembre), la canonnade recommence contre le 
fort Mulgrave, et dans la nuit du 16 au 17, le capitaine Muiron, à la tête 
d'un bataillon de chasseurs, enlève la redoute d'assaut, avec le vaillant 
concours de Dugommier et de Bonaparte. En même temp« le ffénéivil 
La Poype escalade le Faron par le Pas de la Masque et y pliude une 
batterie. 11 ne restait aux Anglais qu'à déguerpir, s'ils ne \Mul,ihni , in: 
anéantis. Le 17, l'amiral anglais, sans prévenir son colleene is|hienid, 
commanda la retraite, non sans mettre le feu à l'arsenal, aux chanliers et 
aux vaisseaux ancrés dans le port : vingt mille réfugiés, accourus sur les 
quais, supplient qu'on les arrache à une mort cer- 

time, pas une chil upi tu In^p ne \ient a leur 

■CiK" '^icouis U fallut qui I iiiii I 1 11 an ému de tant 

««^^^ dinfoitune piitluuli ii\ I u\ 1 lutant de mal- 

^ .iiJH lu urtuxqu ilput ci qii \ \ ml I iiiiiiil//oorf cédant 

"u\ mipuCTtionsdi. ^i pi |i mi limes essaja mais 

iptxid d en sunei quilqui s unts, aux lueuis si- 

isliLs de 1 ini endie qui dix 1 ait nos \ aisseaux Sui 

inquanti. SIX naMits i 1 ani u dix huit duitnt leur 

ilut aux fou atb qui puicnt ciiconsciiie 1 lULendic 

1 a -vengeance de la Conxention fut ciuellc Les 



fusillades sont a 
'2b decemlii 
que son tiii| 
tarjne lOiMii 



du ]i 



uxait Fi 11 on 
I sirait rase et 
' <it de la-Mon- 
iit requis pour 
X deuct ne put 
/ /// tn 1 is 



1 lion Ni] 1 II 1 1 1 mil 1 


1 1 nteinte 


Ctlksfoil nllll II 1 1 h N MN 


ni mcitles 


hauteuis b.ii 1 iilli lill 1 d 


1 liitluries, 


de redoutes, de loits plonj,Laiits 





Ln veiitable boulevaiJ Je feu f nveloppr h don 
lil( nde et les appiocheh de la place suieiiMioii 
)b kilometit b Dans le lajonneiiient de la pu s- 
qu lie du cap Cepet foH Saint-Elmc et batteiie 
inne\e, baltene haute du La.,aret, batteiies de la. 
Pid'.tie, du Cicui-Saïut-Gcoiges, de la Carra(jueA 



I.ITTOP.AL DE LA MEDITERRANEE 



(oïl de \a. Croix-des-Signain elhiUcwf" -MW^ \ 1 ill ii s lu 'i ( / I 
du Gms-i;«K de Peyras. Aid 1 IV. ..1 I s I I ii^ di 1 i ^i m I iil 
fort de la Co/Ze-A^oîVe, quidoiiiiii I I iini I (.(lunrt ^> U \ i.\ i\t ii 
deCarquciraiine; [ovlsSat7iU-M I / /lu' ip-Iiiim Ji\( c \ ill ii s 
hautes et basses, ïoit Lamnlr/u il si lu M uiilloii et b ilLi 1 1 I h 
Croupe-Lainaly^te.Buvla. petite ladc, lui L Anyjiy/ton et bittiiii uni \ 
sur la hauteur, batterie de 1 Lyuiltette, en avanl-gud( , foi t 1/ / 
(piet, aujourd'hui sansvaleui I e puot de la di fiiiso est, en uni 
la montagne-citadelle du i^'ajon, dont les feux plongent sui la vilb 
redoute du fort Faron, leliô pai la batteue de la CreinnlUie an /oit 
de la Croix-Faron, placé au dessus, a 'i3U mettes d altitude et boidi 
d'escarpements à pic de plus de 101) mcties, batt( lies du Pii (/( 
la-Masque et de la tour Beaumunt, caséine relianclUe du laion, i 
l'ouest, le retranchement du Paifoi/tet, \i tour d [Inbw le foi I 
Saint-Antoine; enfin, Vûxsnài^i] n^Hui h I illilul I I il 1 1// 
S'WM et le fort S«m(e-Cn//i''n/i i niii li ul m ni I 1 u ml 

Afin d'échapper à la longu | ii I -i ^|i ^ I iiinin 
et éloigner l'attaque, on a cou\ ut (1 I uv louslisni iiN \ ism-, 
fort du Coudon (702 mèties), avec louvidge du B<ih I' / I d u\ 
batteries annexes; au noid-ouest, les ouvi igts du U nt t m i mu 





un étroit plateau situé à 79j mètres d'altitude. A 6 kilomètres ouest- 
nord-ouest du mont Caume et 9 kilomètres de Toulon, les ouvrages 
du Gros-Cerreaii commandent les gorges d'Ollioules, la voie ferrée 
de Marseille-Toulon et lient leurs feux à ceux de la presqu'île du 
cap Sicié que défend le fort des Sijr-Fours, admirable position stra- 
tégique qui tient sous ses canons la baie de Saiiary, les caps Sicié 
et Cépet, la grande rade de Toulon et la Seyne. 

Tniihm est une ville de guerre : les voyageurs ne font qu'y passer, 
à luit peut-être, car c'est le point de départ de belles excursions 
v.us : Tamaris et la plage des Sablettes; la Sei/ne et ses puissantes 
installationsmélallurgiques; la vallée do Z)ffrrfm;iM et son vieux pont ; 
la source de la Foux; Ollioules et ses gorges pittoresques; Evenos et 
son vieux cliûteaujuché sur un piton volcanique; les grès de Sainte- 
Anne, découpés comme une ruche colossale; le ravin sauvage du 
Destéou; la jolie vallée du Baussel, le belvédère de Si.r-Fours. Vers 
l'est : esplanade du bois de Sainte-Marguerite , Carqueiramie et sa 
plage, vestiges gallo-romains de Pomponiana, Ui/ères au milieu de 
jardins embaumés; le Faron et le Coudon. soulevés au-dessus de la 
ville, et, tout là-bas, en remontant la coulée fleurie que l'arrnîchit 
le Gapeau, les ruines romantiques de la vieille Chartreuse de Mon- 
trieux (xii= siècle), au milieu de sources vives et dans le recueil- 
lement des grands bois; enfin, les dolomies de Valbèle, aux formes 
titanesques, qui couvrent près de 30 hectares. Voilà ce que l'on 
devrait voir dans le rayonnement de Toulon. 



et roulé l.'s luielli's 
en longues llèchcs 
de sable. Ainsi la 
presqu'île de Cêpcl, 
par la plage des Sa- 
blettes, et sa sœur, 
la presouile d,- 



blimneuse, mit di- 
tirées de leur iso- 
lement. 

Pour Ginns, la 
soudure est loin 
d'être complète et 
ne se fera jamais 
si l'on maintient en 
coin municati " n 
avec la mer, par iiii 
yrau de sortie, l'c-- 
tang intérieur des 
Pesquiers et les sa- 
lines à demi noyées 
qui l'accompa- 



HYÈRES 

La presqu'île de Céprt. (|ui garde les 
ililiiiiilns (il la glande lade de Toulon, 
(l h pu s(iu lie de Gcos if ' "Uibi'e sui le 
jolit de te nom, sont ^ituis pu !i in- 
liiie gianitique de liius i li ■> i I pu 
Il Ul liaison lecented li I ii I iili i ^ 
(Il nx musons opp i>-, ^ h _i mili 11 idi 
loulonnaise et h _ Il I (.n ns in Im 
ment qu'une m m im| | i((ident(_i 
seulement en smi iiiilu ii | ii li )un nu 
nence de Caïqupiianm 

Avant que n eut étt li i I i 1 1\ I m 
rienne île de Giens, au. un ul si m h m 
SI paiaitce golfe de la idde d Hyeres, ( I 
pdi Id celle Cl se tiou\ait le tonipli un ni 

natuiel de la lade de Toulon I n istl 

a suigi entie les deux pai le U ni li i\ ul 
(le la mei, qui, a foite d t buinli i li s pi u 
montoiies saillants, en a (1( m mil II h s is 




LA FRANCE 




gnent du côlé de la lerrc. Des deux Uèclies sablonneuses qui l'en- 
cadrent, l'une à l'ouesL, très basse, n'a pas, en certains points, 
plus do 20 mètres de large; l'autre, à l'est, se profile, plus ferme, 
)usiiu'du suijissement de l'ancienne ile la laigeur mo}(nne de 
I isilnii, (stdt 200 mettes, mainlet. baïqups y sont \t_iiues faire 
n luli 1,1 It s souvenus de pillages qui s illcu lient a cette langue 
de sable loiit lait noniinci Irne d' \capto il i i| in Qiii liiues val- 
lons de la pi es(]U lie de Gicnj cfrient des si i -MM iii- sa longue 
ériiine mesuio 7 kilomutics sui 1 de lai^i n m \ nu 

Entie les îles tlHyera, f paves du massil d« s \1 ai c s llotlant sur 
les eauv, b s piesquiles de Gaiii et de Lepet, les liants leliefs do 
Cnrijttrirnnnn cl de Fenuiiil/ct, il y a une etioile paiente de foitune 
et(liui_ini ( Il pit II iiiiii /-^z' "o/W (203 metiesi, point culminant 
dis 1/ Il ni 111 1 ! il s, avant que ne fussent combles les 
ml 1 I I I II h II I 11 I illuvions du Gfl/jerru. Ce louent, des- 
t uni I I s I , il II, iijii ,) I ouest, au sortii d'un étroit 



défilé, par la plaine basse et pierreuse 
dune sorte de Crau intérieure, dont le nom 
subsiste pour témoigner de l'état précé- 
dent. Toutes les eaux dévalées du Coudon, 
du Fenouillet, de Carqueiranne se don- 
naient rendez-vous dans cette coupe na- 
lurelle qui se perd au-dessous du village 
de la Garde, dans le bassin de la grande 
rade de Toulon : VEijgoutier, qui draine 
cette dépression, devait être un ancien bras 
du Gapeau; il sourd presque au rebord 
du torrent, à son débouché des monta- 
gnes, et prolonge sa direction première. 
Pour le Gapeaxi, h force de rouler sables 
et cailloux, il s'est lui-même barré la 
loulo du sud et a pus la direction do l'est, 
que nous lui vo\ons suivre aujourd'hui. 
Ses alluvions s t talent maintenant aux 
^ boi ds de la i ade d H\ ères : elles y ont dé- 

^' veloppeuiie pl<ige ciiculaire, dite /(/«je rfîi 

■^•'«■«s ( iiiiliitiiii entie les cuvettes de Vieux-Sa- 

in I "^ lins-Neuf eten borduredel'étang 
I I |in I s, sui le fi ont marécageux où 
M 1 I - I iihe le ruisseau du Roubaud. 
\ 1 kiloiui ttesdelamer, la ville d'Hyè- 
res ,1 i\i|ii les tuiles brunes de son vieux 
|ii II tin I l 11 s toits clairs de la ville nou- 
velle aux lianes du tertre où se greffent 
les remparts de son château démantelé. 
Lu mur de séparation divisait l'ancienne 
ville en deux groupes fortiliés. L'union se fit plus tard; la grande 
avenue Alphonse-Denis, ouverte sur le front des deux villes, les a 
réunies. A droite, au seuil du logis de l'ancien maire Denis, aujour- 
d'hui Musi'i' nuMi I sin lis ili'lji iiiisis fimiilaisons du Jardin public, 

la plai-e Jr l,i IIjJ- luii ,i r.-ii|,iii,ii|.' |.l,iiitée de la place de la 

Uépulilii|iiiMiii |i.ii.i.|i' I i|ii-n .|i-i.li,n i-sirAnjou, non loin de l'église 
SnuU-Liimx, véiirnilili' i ilili. !• du \u" sinle, entièrement réparé au 
cours du siècle iIi-iiihi i liapelle du xv" siècle, vitraux de Maré- 
chal). Ls.place Mii^^ill'iii i.'riiii|H', au cœur du quartier commerçant, le 



marché. 


a pnissi.ll 


iiiii', dont les coloni 


PS ,ie IV, 


lie voisinent avec 


l'Hôtel il.' 


Vlllr. lui,' 


■ dans une ancienin' 


|U|||.|1. 


ib-s Templiers, de 


curieuso 


nllllrrlll 


e romane. On mmi 




Iliiliaton, l'humble 


demeure 


lùnaquil 


l'un des plus illuslie 


eiifanl 


dllyères, le doux 



et p.itl lé tique Mnssillon. 
Puis ce sont des rues tortueuses et montantes vers l'esplanade 

Saint-Paul, ouverte au grand soleil. Un escalier conduit, sous 
l'arête d'une poterne que 
flanque sa poivrière en en- 
corbellement, à l'église 
Saint-Paul, édifice irrégu- 
lier dont les parties les plus 
anciennes viennent du 
xii= siècle. Enfin, troisième 
étape, l'on grimpe par des 
rues en escalier, des échelles 




ent 



is il 



LE G. \ PEAU AU 



liisii.uni Lhn.hl JI/,/r,r',, 
cUadelli' t-veiiliée qu'ac- 
caparent les vignobles et 
les jardins d'une propriété 
piivee Snnf Louis s y re- 
pu- I ni 1 1 I iir de la croi- 
- I 11 il I -\ pli I juillet 12o4); 
( Il 11 11 s d \ujou en fut 
lliote; plus taid, le roi 
René, dont la boute survit 
dans le souvenu des habi- 
tants. En ce nid d'aigle, 
d'où la -sue plane sur l'ad- 
miiable panorama de la 
mer éblouissante et des îles, 
François 1°' décida la cons- 
truction d'une forteresse cà 
Porquerolles, contre les 
Darbaresques, et créa le 
Marquisat des Iles d'or. Il 
n'eût tenu qu'à lui de voir 



LITTORAL DE LA MÉDITER II A NLE 







w\ 




'i y 



les clievaliers de Rhodes, ces pionniers de la clirétienlé, lians] 
ici leui' qiiarlier général et poursuivie, contre les pirates qui 
talent la Médilrn-.ni.W-, li lnlh" .'lu'iU riii'n.ii'Mil i.'l.iiii>uscnii'iil . 
des siècles coiiIp' Il -In m. ;iii\ ;i\ ;iiil-|ni.|.>^ J.' I (ii iimiI. l'nl - 
prévoyance, d^'.l.iin [i^ ui •'\\v, ;i|i|ii .■lirn-innv ,,|,-rMir, ' im 
les chevaliers s'i-hil'lir ;'i M.ijli' l'I l.i loir d.- I'iommi';'' r,iiiiiiiii,i 
infestée par les corsaires d'Afrique. 

Henri IV commença la démolition du château d'Hi/ères; l,ou 
l'acheva. La ville conserva, au nord, des rem|iarts des xu» et xi 
clés, flanqués dune dizaine de tours presque intactes. La sédi 
qu'exerce le climat d'Hyéres, l'incroyable fécondité de son ti 
l'éclat de la lumière, le pittoresque des sites qui renvelo|i| 
attirent une nombreuse clientèle : des palais-hôtels, dis vill.is, sui- 
gissent de tous côtés pour les recevoir. Deux quartiers ihuIs pin- 
longent l'avenue Alphonse-Denis : vers l'ouest, par l'aM-iiiif ([■■s 
Iles d'or; au nord-est, le long et sinueux boulevard d'Ui'ienl. >'c! 
quittez pas Hijères sans aller visiter ses jardins, où s'épanouissent 
à l'envi, entre les haies de rosiers du liengale, la flore et les végé- 
'taux des tropiques; le cocotier du IliV-il. 1.' i:M\,i\ier des Antilles 
y mûrissent leurs fruits à côté de I'uIim . ^•■ h iii.'iie, du raisin. 

1,'oranger couvrait lUO hectai'es de m'^ 'ii»i i im-ds, avant que 

les gelées hivernales de '17S4-1755-^^w u m fussent consommé 
la ruine. C'est qu'en effet, malgi'é la constante douceur de son 
climat, et pour bien abritée qu'elle soit, la campagne d'Hijères 
n'échappe pas complètement aux subites incursions du mistral 
par la coulée du Gapeau. Le palmier a remplacé l'oranger : il 
s'épanouit ici avec une vigueur incroyable; le boulevard hyérois 
des Palmiers fait penser aux fu- 
rieuses poussées de Boidigliera. A 
•côté du palmier, l'eucalyptus, aux 
acres senteurs qui purifient l'air des 
miasmes exhalés par les lagunes 
riveraines, monte en fusée rapide 
d'entre les tamaris, les grenadiers, 
les niyrthes et le cactus aux ra- 
quettes pointues (21340 habitants . 

La campagne d'Ui/ères est l'Eldo- 
rado du maraîcher; les plates- 
bandes de légumes le disputent aux 
•champs de Heurs et de plantes aro- 
matiqiir-. I,.'- |n'|iini.''res d'Hi/âres. 
son Jai.liu d.M I liiii,ii;iiion sont jus- 
lement i > I- liics : mi i;oûtera moins 
les abords de la [duge, encore mal 
assainie, et les grandes étendues 
éblouissantes de Vieux-Salins et de 
Salins-Neufs, qui produisent eu an- 
née moyenne 10001) tonnes de sel. 

La rade d'Hyères, complément 
naturel de celle de Toulon, seitaux 
exercices de la flotte, pour laquelle 
ont été aménagées les approches de 
Vieux-Salins. De la presqu'île de 
4",iens (ouest) au cap Bénat (est), 



entre la côte du Var et le cercle des îles d'Ihjèrcs, s'étend une magni- 
fique vasque liquide ayant la forme d'une ellipse dont le grand axe 
mesure près de 18 kilomètres. C'est un mouillage très sûr, en partie 
abrité du nord, contre les vents de terre, par les contreforts de la 
chaîne des Maures, et par les îles, au sud, contre les lafales du large : 
les fonds vaseux d'Iierbes offrent partout une excellente tenue pour 
une épaisseur de 10 à 30 mètres d'eau. De bons abris, en eau profonde 
et trani]uilb', s'incrustent entre les découpures de la côte orientale et 
les îlots riverains. Les pointes de la Galère, de la Tripe et du cap Blanc 
1p 'rissent l'extrême saillie méridionale des Maures, avec le cap Binât, 
dont le haut sémaphore annonce l'entrée du gi'and bassin d'Hijères. 
Au sud, la clôture de la rade est faite par les fragments symé- 
triques des îles d'Hyères. Ici s'échelonnent, reliées par l'inter- 
médiaire du (Irand-Bibaud à la presqu'île de Giens, les grandes îles 
de Porqucrollcs, la principale; Porl-Cras, la plus haute, et son 
satellite, l'île de Bcyiicud ; enfin, l'ile du Levant, la plus allongée. 



cliadcs rir 



Pu 



Tins. Plinr. qui 



•st 



aiiï-M ' 

Stuvll, 

qu aux 



il.ir- lil r, ,:.>,„.. ri:, nu r. l'hd.i. r..,„èyue.^, lUltui, IICUU, 1/' , Sont 
-iL'ih '■- p ir II - -.■.i-iM|ilH - ri |r- historiens anciens sous le nom de 
!• -- > iii- iImiiIi/ l.iiit-il mil iidi'c |Mi' l:i les petites Stœcliades, tandis 
les d Ili/eres appuilient esseiilielleuient ce nom. Stœcliades, en effet, 
s rangées. Ainsi, les Grecs désignaient d'après leur apparence : les 
5, parce qu'elles étaient disposées en cercle (^ùzXoç) ; les Sporades, 




LA FUA.NCE 




G I E N s El 



Les îles d'Hyères formeiU une cluùiie de 31 kilomètres; mais elle 
n'est pas infranchissable. Des passes ouvrent entre les îles et les 
écueils l'accès de la rade inlérienre : petite Passe, ou passe de 
l'ouest, enti-e l'île du Grand-Uibaud et le petit Langoustier, avanl- 
1,'arde do Porquerolles (en anièie des écueils balisés de la Jeune- 
(iarde) ; yninile Pass)\ ou jinssedusud, entre Porquerolles et les îles 
jumelles de RaL'ueau et Port-Cros (près de 9 kilomètres de large); 
jiiisse de Binjucni, entre cette île et Port-Cros, qui débouche sur 
une excellenlr rade abritée; passe des Grattes, entre Port-Cros et l'ile 
du Levant; cnlin gvande passe de t'Est, qui étale une m.iL;nirK|ue 
avenue d'eau, vérilalile bras de mer, entre Port-Cros et li' c.ip ni'Miat. 



Les navires trouvent, en cas d'alerte, un refuge à l'extrémité de la 
presqu'île de Giens, dans la rade du Pradean, entre le promon- 
toire de la Tour-Fondue et le cap de l'Estérel, et, sur le revers, 
dans l'hémicycle intérieur que protège la pointe de la Badine. 
La rade de Purt-Cros constitue encoie un excellent abri, le meil- 
leur peut-être qui soit, de Toulon h Saint-Tropez, car l'île s'in- 
cline au nord et tourne ses escarpements du côté du large. U 
en est de même pour ses voisines insulaires. P«r(/!(ero//e« culmine 
à 156 mètres d'altitude; longueur : 7 kilomètres 1/2 sur plus de 
2 kilomètres de largeur. Barjueau ne monte qu'à 51 mètres : elle 
a moins de 2 kilomètres du nord au sud. Port-Cros, très massive,, 
longue de 4 kilomètres 1/2, large de 2 kilomètres, érige sa 
dorsale méridionale à 207 mètres au-dessus du Ilot; elle projette 
au sud en brise-lames l'îlot de la Gabinière. L'ile A\i Levant (alti- 
tude 129 mètres), longue de 8 kilomètres, large de 1200 mètres, 
en moyenne, détache aussi vers l'est un écueil d'avant-garde. 



itlade. 




TE DES JIEDES. 



t se hérisse de pointes : Maupertuis, le Titan, l'Areste, 
au sud ; au nord, cap de Caleruusse, pointe et 
escale d'/luw (ancien pénitencier). 

Poui une superficie totale de 2600 hectares, 
dont 1254 d Porquerolles, l'archipel n'a pas un 
milliei d habitants. Comment ces îles à peu 
I I s I --iihs ont-elles niérilé d'i''tro apjielées 

1 II II..' L'appellatinn rsl i,, , nlr, de la 
I I I tout au plus. Piiil-.li V |.'> ( hanips 

d c 1 m, 1 i|iii peuplaient la cùlc dllyèics i''\oquè- 
lent-ilb a 1 imagination des poètes les fameux 
jaidins d \unide aux fruits d'or des îles For- 
tunées ' Ces îles sont boisées de pins et de 
chênes \ Porquerolles, la plus visitée, les porcs 
sauvages ou smgliers sont remplacés par des 
lapins II faut suivre le rebord intérieur de l'île 
avec les sentiers qui longent le rivage, par 
Alicaslie, jusquau belvédère du cap des Jlèdi-s, 
pi nctiei sous le couvert des pins d'Alep, au nii- 
lii u des lauiieis et des cistes sauvages, agreste 
ni 1 |uis qu'emhdument la lavande et l'arbousier, 
I t quLgayent les bouquets de bruyères roses et 
les ajoncs piqués de gouttes d'or. Dans cette 
solitude, des moines de Lérins vécurent plusieurs 
siècles. 

/•oî^Cros, piopriélé particulière, cultive lespri- 
meuis . aitichauts, pommes de terre, salades, 
grâce à des sources nombreuses et abondantes 
qui ne tarissent pas. 

L'ile àw. Levant, propriété de l'État, n'a d'autres 
li.iliilants que les gardiens du phare et du sénia- 
plinre; elle est riche en minéraux : grenats, tour- 
malines, etc. 



LITTORAL 1)L LA MLDirLlU! A.NLE 



13 



LES MAURES ET L'ESTEREL 

LES MAURES 

La chaîne et la cote dos Maures s'éleiuliMil de l,i plains .1' 
création du Gapeau, à celle de /Mtiy'iis.foniice pai- les allininn-, 
cens. Au sud, la mer; au nord, la vallil'e de l'Ai-gens cl il^ r Ai 
àrikient, l'oinplrlée parle roiii-s nppnsi- du Px'al-Marliii, liihiil 



Ce sont comme autant de gradins montant vers la ligne de faîte qui 
constitue la dorsale des Munies, au-dessus de TArgens, au front des 
terrasses de soutènement dos grandes Alpes, les pré-Alpes calcaires. 
Au premier plan, les i/cs d'FIi/èrcs constituent li; premier degré du 
l'Iirl', eu partie seulement éuu'rgé. Le second dr-i.' s''iii:iiii lande 
au il limai, entre le cap Bénat et le cap de Saint-Trn|i(/, sm- une lon- 
:;u'iii' (!'■ 'i(l kilomètres, avec lesliauteui'sdu Bout <li: l;<.ni,r~ y.--2 iiiè- 
tir> , des l>n„!cls (:i2'i nièlros\ de Priitirr (:i09 mètivs ri d.- Pml/a.^ 




Gapeau, lui lormentune circonvallation continue, nouée au pied 
Notre-Dairie-des-Anges, sommet culminant du massif (779 mètres). 
C'est un domaine absolument distinct [)ar la nature dos i-oclies pri- 
mitives qui le composent et par son relief qui émerge des leiiasses 
calcaires moulées au flanc des grandes Alpes de I'i^'m^mi'. I.'ilul 
primitif du Var, comme les géologuesuppellent le massit'dis Mmurs, 
comprend à l'est une grande masse de roches cri^lnlUins : gneiss 
injectés de filons granulitiques, niicas( liislrs eiiliemèlés de cou- 
ches comprenant des grenats, de la siaiiniii.lr... Sur celte assise 
repose, cà l'ouest, une traînée de pliyllaih's S'ilinieiitaii-es, dont la 
soudure se profile de la Sauvette au cap lîénat et partage, au sud, 
Port-Cros en deux parlies inégales, de sorte que les deux tieis 
de cette île, avec celle du Levant tout entière, se rattachent à la fnr- 
mation cristalline et le reste de l'archipel aux phyllades. 11 va donc 
analogie complète de formation entre les îles d'Hyères et le massif 
des Maures. Si l'on admet, avec M. G. Fabre, qu'à l'aurore de l'âge 
tertiaire, alors que surgissait la chaîne des Pyré- 
nées, une puissante masse de roches cristallines, 
en partie effondrée, existait entre la Provence 
et la Sardaigne, la Corse et les Maures avec leurs 
satellites insulaires en seraient les débris visibles. 
1,6 granité entre pour une part considérable dans 
le squelette des Manri'^; l'cspai .■ i]u'il occupe à 
l'est, desaboi(U,b.(,i iiiiaiiil ,i la \ .ill.'o del'Argens, 

'II' '-'Il l^il 'Il .s Ml 1-3; çà et là se 

s ilols I >li\ii.nus, des basaltes 



(32Ô mètres). A la 
ride soulevée 
entre le rivage et 
la crête faîtière 
appartiennent: le un bULvL-iiTci. 

C(7S<e/fas (342 mè- 
tres) au sud-est 

de Pierrefeu, VObbède (469 mètres), le Boucicaut (640 mètres), la 
Verne (629 mètres), la Perluade (440 mètres). Enfin la dorsale de 
faîte se révèle par la montagne de Nolre-Dame-des-Anrjes (779 mè- 
tres\ le;//'- '/'■ l<i Sfhirfiir d'allilude égale, la Valpaijelte (667 mè- 
tres) et les Itu, l,r--lil.iii,lir< ifi.'tH mètres); à l'ouest et au sud du 

Frn.niicl ii'iS iiirliv^i ipii il me la Garde-Freinet, la C(;//c-Z)»re 

à ^l■•^l Tiiis iiiriiv^ , I,. /'rl/-^■,,,^ :vix mètres) au seuil du col de 
(iialhloiip, le S,iii,l-M,niin \'.t-l\ iinlirs:; enfin les crêtes de iîo(/»e- 
Iniinc \'M\ iih'irrs', qui pbuiirml en liiadins sur le cours inférieur 



forme une zo 

manifeslmt . 



'^ dr C. 



enlin, un affleurement de terrain liouiller tra- 
verse la crête, du Plan de la Tour à la valh-e 
du Collobrier. De nombreux filons métallifères 
s'insinuent à travers les schistes du massif: fer 
oligiste avec grenats aux environs de Collobrières, 
galène et blende (minerai de plomb et de zinc) en 
plusieurs gîtes exploités. Si le massif des Maures 
n'avait été troublé et comme tordu, à l'époque 
éocène, par les grands mouvements orogéniques 
qui comprimèrent l'ossature de la région proven- 
çale, le relief engendré par ses assises primiiives 
régulièrement disposées offrirait un développe- 
ment peu compliqué. Mais, dans l'elTort de la 
compression venue du sud, quatre longues i id.s 
saillantes, séparées par trois dépressions, se sunt 
superposées, et, comme une vague pousse l'autre, 
chevauchent d'ouest en est le massif tout entier. 

Fhance. — II. 




14 



LA FRANCE 




Ari;>' 



Ams 



s .1111 



lu nord el s'abaisse de 
lies des hautes, tel i asses 

Sll|i,ll|MI|rs, S.'llllili'llt .Ir^ I] In||l| ils SdllS lIlipOl tdlUe, IlL bnnl 

<]ii'' l's liiiiiilil.'Mc^lcs |rsi.;iiiiifsu--i I s de montagnes qui, al époque 
de l'iir siir^issiiiiriii, drvaieiit altt iiidie 2000 nieti es et peut-etie 
<lavaiilaur. les J/«/i/( s, roinme la peniubule d Ai nioiique et comme 
rAiiliiiiic, n'uni innsi'ivé que les subbti actions danciens edificfs 
ébranlés par révolution de l'écoice teiiestie, decoiisub i I, linib- 
meiit, arasés par les agents atinosphéiii|ups 



les 



i-oni 



lorsque le cliène-liègo atleintOi^/iO 
de circonférence, à un mètre de 
(erre, on soulève sa premièreécoice 
parsectionsréduitcs,afin qu'il n'ait 
point trop à souffrir de la privation 
de son épiderme; cette opération 
s'appelle le di-maselage. Après un 
laps de temps, variable suivant la 
iialure du terrain, en moyenne au 
liiiut de dix ans, l'écorce nouvelle 
est enlevée et livrée à l'industrie. 
On en fait des bouchons : Collo- 
brières et la Garde-Freinet s'y em- 
ploient très activement, mais de 
nombreux villages exercent la 
même industrie, soit avec les pro- 
duits indigènes, soitpour les lièges 
importés de Corse et d'Algérie. 
L'exportation atteint une valeur de 
plusieurs millions. Les résiduseux- 
mèmes, réduits en poudre et sou- 
mis à une forte pression, servent 
à fabriquer des lapis de pied, ou 
encore, agglutinés avec un mé- 
lange de sable, forment des bri- 
ques utilisées par la marine. 

I>es foj'èts de pins, exploitées 
d'aulre part, fournissent un im- 
purtant appoint aux boisements 
des galeries de mines, alimentent 
(les scieries, menuiseries, etc. Le 
jiui il'Mip décèle la région des 
jibyllades, qu'il aime; le pin mari- 
ttinc, celle des schistes cristallins; 
le sol et l'arbre sont solidaires : 
uitre Quant aux pins parasols, ils al- 
iénée, le long du liltoial Cette accu- 
li haute légion dis Maures offre aux 
ispiili siiiis un ( it I (h b'ii : dfs cen- 



Mais, pour être devenues plus 
pas inoins conservé unobeaulé p 
nature el au ciel qui les échaull'i 
Maures, règne en souveraine : elh 
iprunte lescontours gracieux, ne I 
les vallées et les coteaux |uo( I 
au-dessus des roches grises nu 
roses, paillelées de mica, qui 
étincelleiil au soleil el dont les 
miellés dis[ii'rsées sur les sen- 
tiers de la monlngne semblent 
de la poudre d'or ou d'argent 
semée sous les pieds, un som- 
bre manteau de verdure mou- 
tonne sur l'hori/.on, du vert 
sombre des pins, qui couvrent 
«n bataillon serré les deux tiers 
du sol, au vert plus lumineux 
du chène-liège, à l'émeraude 
du châtaignier. Celui-ci re- 
cherche les pentes humides du 
versant nord, les vallées fraîches 
<les clairières de l'intérieur. Le 
•chène-liège, plus frileux, se plaît 
davantage aux versants que 
chauffe le soleil du Midi : c'est 
la richesse des Maures; il oc- 
cupe le quart de la superficie 
forestière, envii-on 20000 hec- 
tares, et son domaine gagne 
tous les jours, car cet arlne pré- 
cieux, si l'on sait attendre son 
développement, donne d'appré- 
ciables revenus. Vers dix ans. 




bon ni leui p m m lu (h | 

Ululation di ii ■- i\ ■! 

incendies une aiuoiLL toi 
lames d liecIdiLS sont pa 
la suiveillance iiicessanti 
)ouis au guet, )oui et nuit I I l il p -.^i ,1, diuxl h Kd ms la région 
des Mauies celle de Notii-Daiiic-dts- {nycs (2'i4 hei tares) et celle 
du Ddin-de-Bo-iiiiLS (1 046 heclaies) aux agi estes sous-bois. Quelle 
(Mibeiance, avec le piinlLiiips' 1 arbousiei, la biuyère blanche, 
un -land ciste aux elfluves pi nétiants, le cytise épineux, se mêlent 
I II 'I inexti 1 cables maquis, dans les claiiieies, l'oichidee et l'aspho- 
di II pKiuent leuis \i\es couleuis, la Lavamlnla stœchas, que vien- 
III ni lui II III 1 11 s abeilles, exhale son etiange pai fum, sous les hautes 
1 iiimiis I h lisieie des massifs, de ciandes fougeies épanouissent 
leui palmes veites aux tons 
dans, enfin, le long de che- 
mins pailletés de mica, ou sus- 
pendus aux aspciités, l'agave, 
lefi.niei deBaibarie se multi- 
plii iil I nmme a plaisir. A cette 
M -. I ilKin toute spontanée, 
i|iiuliz I oiangei, le grenadier, 
le citionniei, les mimosas qui 
aiboient lenis plumets odo- 
lants, les lauiieis roses géants, 
1 eucalyptus, le palmier qui mù- 
iit ses fiuits dans les inms 
abiili s, cette legion des Maum, 
lu cieux des vallons défendus 
I ontie 1 apie bise du nord, aux 
bords des ciKjues de sable d'or 
que le soleil échauffe el la brise 
lafiaichit, dut paraître à ses 
hiilis afiicains le paradis de la 
P 1 1 1 II 1 1 II iiiiM 1 même ciel, 

M •^ I iu\ lui me terre pro- 

li_iii I In I ip|M Ile justement 
uni l'ioM nce dans une au- 
tii » Ce qui, en effet, caracté- 
iise la Prmencp ces collines, 
laUaues, aiides et chauves aux , 
tons cius, a 1 i Liât aveui,dant '■ 



LITTOItAL [)E LA MKDlTi: RR ANÉE 



15 



qui sVlèvent en giadins coninip 
d'immenses escalieis, d\ec louis 
olivettes et leurs vignobles^, de \ i 
lence à Toulon et de Cannes i Mi n 
Ion, cessent à lappioclie des 
.]ftiures. Ici rien de semblable, plus 
de murs en pieu es si clies, iien 
ne gâte riiarmonie du paysage, 
rien ne lieuile le legaid, de la base 
au sommet des montagnes, cai, si 
les reliefs sont puissants, les angh s 
s'arrondissent, et, bien que le ( o 
loris général soittieb chaud, 1 p\u 
bérante végétalion foiesin i iii 
nue le trop vif éclat di I i tiiiiii i 
proven(;ale : tout est a^i st pi 
initif, et la nature seule i.st I luU m 
de cet ouvrage aJiiiiidble 

Front de mer. — I e nnssif di s 
Maures op|)ose un fiontconvexi i 
la sape du Ilot. Aussi, comme il ii 
rive pour sa sœui ai moi Raine, h 
côte est-elle ouilee de denteluies 
sans nombre, de piomontoiies u 
gus, entre lesquels s évasent de 
grands bassins, desanses modestes, 
des criques dormantes, fiangees de 
parois abruptes ou de conques de 
sable fin. Trois baies principales 
échancrent les remparts des Mau- 
res : Burines, Cavalaire, Saint-Tropez, 
les deux premières face au large, 
l'autre en retrait, seuil ouvert au 
cœur même du massif. C'étaient 
Irois stations maritimes de la 

flotte romaine : Alconis (Bonnes), Hemclca Caccnbaria (Cavalaire) 
et le sinus Snmhracilanus (golfe de Saint-Tropez). Dos fragments 
de poteries, des substructions informes, voilà ce que l'on trouve 
à la place de l'antique Alconis, envasée par les alluvions de 
deux modestes ruisseaux. 

Le L'ivandiju, sa jolie plage, ouvrent le littoral sur l'étendue de la 
mer, conque de tur(|uoise sertie dans l'émeraude des bois qui cou- 
vrent la péninsule du cap Béiiat et l'Iiorizon de Bornes, à la Inis 
nouvelle ville percée de larges rues et viidlle cité aux ruelles inon- 
tantes, tortueuses, barrées de poternes contre les pirates, qui s'est 
éloignée de la merj presque au seuil de la forêt. De là monte, 
à travers bois, par 
le détour de la Môle, 
le chemin de \iiChar- 
trevse de la Verne, si- 
lencieuse et poétique 
retraite où, du xii'^ siè- 
cle à la Révolution, 
vécurent les religieux 
de saint Bruno. Les 
bâtiments que le van- 
dalisme des hommes 
n'a pas ruinés ser- 
vent à une exploita- 
tion agricole; le 
reste se défend mal 
des enveloppements 
du lierre, des lianes 
lleuries, des plantes 
aromatiques, vrai ma- 
quis avant-coureur de 
la forêt où chênes 
verts, chênes-lièges, 
châtaigniers, vétérans 
contemporains de 
l'abbaye, les uns ro- 
bustes encore, se mon- 
trant prodigues, les 
autres pliant sous le 
faix des ans, décapités, 
croulants, ajoutent à 
la mélancolie de la 
Chartreuse délabrée. 




Cavalaire « si 



ni 1 \ ( dans un site idéal ; la coupe de 
iijle s 11 I II hl I III-, un lu inicycle de hautes collines. « De 
[iiiis pli 1^ N ml I I- lit la plage de sable fin où vient. 
iiLeinenl une nui qin le vent du sud peut seul agiter. 
Il iiible inistial n a secoue les fruits d'or qui surchargent 
is Aussi le palmiei, 1 aloes, le laurier-rose, le liguier 
Is avec une étonnante vigueur; les bois touffusquiemplis- 
illons poussent librement dans un magnifique désordre de 

l'i.rèt vierge. » (G. Bautoi.i.) 
Ciivahiire fut, à l'égal de Bormes, une station fréquentée dès la 

plus haute aiiliquiti' : dans celte baie ouverte en courbe gracieuse- 



-up- 



sent 




16 



LA FRANCE 



du cap Lardipi- à la pointe de Cavalaire, les galères roinninos Iron- 
valeiit un refuge. Il ne lesle rien de l'établissement antique, hormis 
des fragments variés de poteries, de tuyaux de plomb et raraorce 
d'une jetée dont l'arc formait le port. 

I e golfe de Saint-Tropez (goll'e de Sambiacie), vaste nappe de 
4 kdoim lits I iifoui ed Skilomi lies à peu piesdanslesteues, ofTii- 
nit aii\n unes un moudldge cxLtllent.si! n était 
ou\eit a la lioule du laige etausouffle dumistial 
Plusieuis fois de\astte par les Saiiasins, lebatie 
api es leui expulsion ded ni tne, moi fondue encou 
dans la lutte du duc d \njou contie Jei Duias, 
ippeiiplee par une coloiue génoise (1470) ^enue 
cl 1 instigation du bon i oi Ri ne, la Mlle fit lete 
luioiquement contie di s . 
manœuMaient poui s'en i iii| ni 1 ■ i nu i 
Chaque année desfi ( 

cetexpb il,i I 1 ] iti iid la \ille, -«^/f y («yic , est 
associe a < I M m nul I il ion populaue. S il dime 
le biuit, st s II M -^ 11 I I 11 ])ii\pnt gueie. Ce ne 
sont, i la _i iiiili ]ii(Mission oiaanisee en son 
liiiuneui, que h ii\ de sahe, det h litres di tiom 



culminant de la péninsule qui bastionne les approches de Saint- 
Tropez, l'un des villages les plus caractéristiques de la région des 
M'iurcs. Au pied même des montagnes où les Sarrasins avaient établi 
leur repaire, un étrange village rappelle leur ruine : c'est une 
avalanche de toits accrochés au monticule isolé que couronnent les 
pans de mui et le donjon démantelé du château de Grimaud. Giba- 




blons, coups isolés vers le ciel ou contre terre, cependant que des 
fanfares variées déchirent de leurs cuivres le bruit assourdissant 
de la fusillade et déploient leurs bannières sur l'ondoiement des 
panaches et des costumes du « capitaine de ville » et de son brillant 
état-major (3704 habitants). 

Il y a deux villes dans5n'mi-rro;)e:.-la neuve, qui gagne vers l'ouest, 
autour de la darse, avec de belles percées et un quai-promenade; 
l'autre, aux rues moulantes vers la citadelle, quartier des pécheurs 
et des marins, qui recèle plus d'un coin pittoresque aimé des 
curieux et des artistes. I.a darse, profonde de 4 à b mètres, ne 
reçoit guère que des caboteurs; une jetée de 300 mètres, éclairée 
d'un phare, garde le port contre le large; il y a ici un poste de 
toi'pilleurs et une école d'hydrographie. La promenade ombreuse 
des Lices conduit, sous le couvert des platanes, à la roule de Cof/o- 
Un, aimable et industrieuse cité bâtie au confluent de la Môle et de 
la Giscle,dans un bassin fertile. Vers la mer, Gassin se dresse comme 
une vigie contre les corsaires, du haut d'un tertre de 200 mètres : 
ses ruelles, son rempart circulaire évoquent un temps d'alarmes et 
de sanglantes surprises. C'est, avec hnmatueUe, adossé au point 



UiiGrimaldi, le vaillant Gé- 
nois qui mit son épée au 
service de Guillaume I" de 
Provence, contre les mé- 
créants, reçut ce fief pour 
prix de sa bravoure, et le 
golfe de Saint-Tropez, dé- 
signé par les anciens sous I 
nom de baie de Sambracie, 
prit le nom de l'un de ses 
bérateurs : ce fut le golfe 
de Grimaud. 

Les Sarrasins venaient 
d'Afrique : la côte provençale 
otfrait à leurs légers esquifs 
des retraites s ftresd'oii ils pou- 
vaient guetler une proie et 
fondre à l'iraproviste 
1 :, t ,1 \i ,,.,, villages ou les passants. La 

/, . Méditerranée était leur tribu- 

taire : de Gibraltar à la côte 
d'Asie, les corsaires l'écu- 
ni.iinit iiii|inni;'iui;nl, cniiiirn' li-ui-s lointains ancêtres, les SaraceHJ (Sarra- 
;-iii- Mil I '., , ^, , ,; , ,. 1 M,. ,1 l-iMH I, v.uiée au désert, exploitaient les 

ijiMinU ■ \ - ■'. : I ' |, 1,1 , lui. Il ihiit les caravanes de l'Inde qui, re- 

iMMiiiiiii II I ji. h . Il I iL'ii' il ili' I I iiplii-ate, se dirigeaient, à partir de 
l; ili\ liiiii I ^ Il : il - .1 Iunlis 1,1 l'akslim; ut la Phénicie, les autres au sud- 
Mii,-i |iii l'i ir I, vers le Nil, Ale.xandrie, Thèbes et Mempbis. C'était pour 
Il - I \]itiii iiiN lie larouteune source de notables profits. Ausslles^ rafces 
.Si . ,1//, s. iiiiiins par la ten-cur de vastes territoires pratiqués parle com- 
nieive, nmiiadis il p i~li m -. :jii. i ri, r- il iii-liii. I, n'ayant rien à perdre et 
d'autant plus âiii-.- .m |iill i^i , i n |" r|" im I ilr|il nrment grâce à leurs cha- 
meaux et à Ieur> . lu \ iii\ n-ili -. .i\ m ni il- p. nhi, en celte vie d'aven- 
Ini-f; et île i!érfi:li l'n ni - i :- It in. N - Ir.nUlioua que leurs frères de race. 
Il - I -: I hii -. Iil- il \ Il ili lin ri ilr' ^nili, non d'Agar, la servante mère 
(1 l-ni II I n iii ni II l:-ii n-i ni, Ml , i m-i r\ ,,s. Profondément corrompus, les 
.l/,/'.,s' s :,i|i,iiii:ii, ni iiii\ rxlr.ix i-inl, s pratiques du fétichisme et du 
s.dieiMiie (culte du feu , leurs idoles étant aussi nombreuses que variées. 
Dans colle décadence, prologue certain d'une prochaine dissolution, un 
homme au génie hardi, puissant par la séduction de sa parole et les pro- 
messes, conquérantes des niasses populaires, osa se mettre en travers des 
préjugés et des abus qui allaient perdre sa race, proclama un seul Dieu, 
un ciel pour tous, la fortune et les joies de la vie pour lus plus déshérilés. 



LITTORAL DE LA MLDn'ERRAAEE 



17 




Ils élaient légion 



temps Mahomet 



n-npl,élO illl,-Ulyil>l^'- 11,1 r..||li:,il .,, r,,i'lilll(' 


au fil <hl u\.n:. C, - i, -|..|,- 


'■ à Medinc. Il n'o-.Ml -.■ .1. 1 m. i m p,,,,,- 1rs 


tout des M . -1 , 


l.li-n que sa durhn,. u. lut M" "" inrl,,,,!;,; 


Alors les |.ii i. ■ . ■ .M,, m > 


AiH'ien cl .■niNnnvr.nil, -1, ni ; .I,t,,.:,I,-i„, 


L'un de er^ lu i - nel-. ii..ii--r 1 


■ Il r,l|ill;llf lie 1: n illc l'r 1 1 ^.> | , il | . \ ,l\ .lllt 


considéra ce pays iiiuatueu.x, e 


l\ .lll \i:\- Ar h.iiiir r.:l\\ 1 r lui. Srv ,| 1 -ri 1 , 1 fS 


fondre sur tous les points du ter 




Les Srirmshif: élevèrent au !■ 


.>■>!.■ ri MiH. NM'iAr,^|n!rn"\M,scrq"L''d 


l!^-^v''ml/^il''!I,'''!•MM'',''^ll 


- riihiil polir rili;i|,|i(i- iMi iii.i--:irrc de sa 


• ■^■"■■^■- |ii-l !■-. '1- -■iMl-r - 


r : Il i.:i>-r illl MiMnr ru Kspii;;,!.', fl folldu 


iMlellK n.iil ,,,,.,,. ,iM,,,.-.ilil, 






ain du Cruissaiil. La péninsule asservie, lus 


xinels. les |>ii .ii< - \ . lll n- ni, si 


'S Pvrénprs, pillenl et massacrent le Midi; 


sions favoiMhl, - ilr jhIIilj, - IVii 


II- : \r .-M-nr iiirnir ,]r la C.rmlr ,-|nTli..nnr va 


Proveneo p:ir,ii--,iil a,rMMi|ili 


' 1/ 1 ' ' .iiif ml il 1 nu .i-mn ,',_'. Mi-|ir i - ■ les 


et pnssiiiil-, rhh Nil lui iM//h 


, . 1 P .ii-iiiv,,i,l Ir- hn ir,|. 1 ,.|H.,. il.ni- 1rs 


Tant de in:iii\. r\ -iirlniil |, ,1 ,, 



ipez. 



Vnll I I I i;|.,|,.- -.u 

toul In iiiMr ,1 I. ur 

cesser ilr li.il I ii\ \ liii 

escailri'ii- d M'il ii I 

reins, Imr iv|ii-, ml N 

qu'ils avaieiil i iz/e 

l'Islam ne se h nul 

Désespérant île r i-u 

S(7iTfl,vi';is revinrent | 

d'Afrique. Des escudr 

confisquaient les navires, fondaient a l'improviste sur les villages du littoral, 



ouvert d'épaisses forêts, d'où l'on pouvait 
■itoire, sans craindre la tempête ni les coups. 
■ri.riiirt (la Garde-Freincl\ cnenr du Massif, 

la, r.iliii-lr-.e du li.'In. y,,,,,;,, ■„ \ dont 

]r \ -l-in i^i-, 1-iilr,. ,|,. I, ., - , .a ^ |,ar dCS 

iilll-, il . lua.|iii- i-juii i, I i e : ' iile des 
. l;ii litiil il aiiln.. |,aU I-..I. -, il - l.ilirsde 

lialahail a l.i | l|.,il.' |,a I- |i --i' l.s oCCa- 



■iiu'au lihone. L'i:iiiai|ii la - luiv : uiii 

I : ilvoulait laM.'ilii. iiiiiii' .■ I 

iule par la traverse .li - \'\ i . le i -, li 
ler, en prenant leur el.ui de l.i euli 
sillonnaient la vaste étendue bleue 



écle. 



r le sol, i I, ut l - plu- iiiililliiaail-, l'u- h - - , u. .itr.'S de 

l'iii|iiia ili' l.i Cililii^iii-. de la Sicile, de la i .ii--a il,' la Mr,| u^ue, des 
liiii-ili- l;alL,iii-, -iaiiblaient près de riaili-ri- !,■ ]a\ .- il.- laus kha- 

- : laiivili 1.1 \l.ilili a i.iiieeun lacmusulmaii. l n.' er.u-.ul,. lui pia.,lK-ei962) 
iilre eii,\ pur .vm/W Mit'jeul, abbé de Cluny, que secondait un précurseur 

Pierre l'Iirmite, Bobon, ou Barons, depuis honoré par l'Église comme 
, saint. Sous les ordres de Guillaume \<"\ comte de Provenc:;, il déploya, 




LA FRANCE 




la haicle Fieinel 
> iidi n it .Ile 
I I \i 1 I II 



aux côlés du Génois Grimaldi, un yrand courage, lorsque l'assaul fut 
donné au Fraxhiel. La lulte fut terrible, car, pour les pirales, la perle de 
leur citadelle était le gage d'une expulsion prochaine. Nous n'avons mal- 
lieureusement sur cette action que les récits épiques un peu aventurés des 
du'oniques. 11 imporle seulement que le coup fj'appé par Guillaume de 
Provence fut décisif : chassés de toutes leurs positions l'une après l'autre, 
les Sarrasins durent reprendre le chemin de l'Afrique, mais non pas tous, 
car, le vainqueur ne 
s'ctani pas montre trop 
dur, beaucoup d'cnlrc 
eux continuèrent dha- 
bili-r les villages de la 
côle, cil leurs descen- 
dants, mêlés à la po- 
pulalion indigène, ont 
pei'pétué jusqu'à nous 
les traits caractérisli- 
ques de la grande fa- 
mille arabe. Les Biir- 
baresques ne laissèrent 
pas, malgré leur dé- 
faile, d'inquiéter long- 
temps encore les côtes 
provençales : mais ce 
n'était plus un brigan- 
dage sur place. Les 
cltevaliersde!\latle,f\ui 
lut:crent contre eux 
pendant trois siècles, 
eulin la glorieuse cam- 
pagne d'Egypte et sur- 
tout la prise d'Alger, en 
ont pour toujours dé- 
livré la Méditerranée. 

Au pied des ruines 
assez insignifiantes du 
l'ancienne citadelle sar- 
rasine qui couronne 
une hauteur escarpée de loO nieties 
s'emploie à l'inoffensive mdustiie du I 
les châtaignes. Assis dans une plame 
la Xartuby, le Muij, marche de cocon f 
se pourvoir, n'a pas à redoutei comni 
400 mètres d'altitude, suri une des ciel 
qui balayent les hauteurs et glacmt 
leurs hivers. 11 est rare qu en jan 
vicr le sommet de Notre Dame des 
Anges, pointculminantdesMauies 
nereinivc pasuntapis de nei^e en 
haut l'un gèle, en bas l'on goule une 
douce lieileur, le long des pligis 
échauffées du soleil. 

Cours d'eau. — Le Massif 
des Mnam se détache en leliel 
comme une forteresse natui elle 
séparée du gi'und ampliitlii Uie 
des Alpes par la douve de 1 Ar- 
yens : aucune réciprocité d une 
live à l'autre ; ici les i oches pi i 
milives, là les terrassements 
calcaiies inouli's en conticf il 
di's cimes neigeuses L Ar- 
gens tient de l'une et de 1 aiti 
lésion, d'nîi il tire ses affluents 
une abondance d'eau et une \d 
riété d'aspects qui lui donnent 
un grand cluirme. Il puise au 
versant oriental de la montngne 
de Sainte- Victoire (1 01 1 meti ( si 
non loin des sources de 1 \i( 
issu du mont Olympe (813 m 
1res). Au revers du pli ou 1 1 
(jcns vient au jour, le vill lee d 
Tourrières, dans la vallée de 
l'Aie, rappelle l'écrasement des 
Ambro-Teutons pur Marins. Ils 
suivaient la coulée opposée des 
deux rivières, véritable chemin 
de ronde qui, de Fréjus, enve- 
loppe avec VArgeiis le mas.sif des 
Maures et, par la plaine d'Aix 
avec l'Air, rallie, en contournant 
ranipliitliéàlre moiilagneux de 



Il lailli dms 1( luL desc 
u\ gioUi s dans 1 une de 




Marseille, la dépression du lac de Berre et le Delta du Rhône. C'était, 
à l'écart de la côte escarpée et semée d'obstacles, le chemin le plus 
direct et le plus commode pour passer de l'intérieur de la Gaule en 
Italie. Par là défilèrent les légions, en suivant la voie Aurélienne. 
\,'Arge7is naîtà270 mètres d'altitude d'une /'oii.r abondante, jaillio 
de la roche fissurée; une autre puissante fontaine, la rivière de 

Mri/romv; accroît, à 
1 500 mètres en aval, 
le volume de ses 
eaux. Puis les tor- 
rents dévalent : à 
droite, le Cauron, 
venu de la Sainte- 
Baume ; le Caramy et 
VIssole réunis, qui 
confinent à Carcès, 
en face de la Cassok, 
entre Y Eau-Salée de 
lîarjols et la Brrsqxœ 
de Salernes. Au-des- 
sus de Vidauban, la 
vallée se contracte 
dans la gorge de 
Saint-Michel; après 
un bond furieux, 
l'eau s'engouffre sous 
.'.eux ponts naturels, 
iicades subsistantes 
.1 une ancienne voûte 
clfondrée par le mi- 
lieu, sur une lon- 
gueur de 80 mètres, 
("est là ce qu'on ap- 
p. 11. \ipeitedel \r- 
11 L\ il |u ([uau ton eut 
I 1 I I In petite jdilllt 
Miii I 1 III la chapelle 
1 1 I iM le se dihte 
I \ I 1 lul m \Aiyens 
iillc bon piincipal af- 
lluent des Mauies dans un si- 
nueux delile puis danslaphine 
du Muy UJSattubi/ de Di igui- 
^n m \Eiube passe au pied des 
lochcis de Roquebiune laisse 
rii|us a giuche npits a\oir 
cipti le Rcijran de 1 Esleiel en- 
fin g une la mei a 1 ouest de 
Saint-Rapliiel apiis un cours 
de 116 1 ilomi tiesl/2 

Ses alluvions ont comblé 1 an- 
cien poit de Fiéjus bien qu'il 
lecoive de li riaie des souices 
alondmtis 1 \ujens ne porte 
j 1 (1 1 ih lux on) flotte seule- 
II ni m 1 ssoub du confluent 
I I I I 1 |ue des bois de pin à 
I lui ili n des poils du Midi, 
1 lulouse et Maiseille Les sites 
1 iltoiesques ksioi hescoloiécs 
(lu iiroscnt ses eaux chues, 
piennent sous h chaude lu- 
micie de Piovence une beauté 
singulii le I a voie Auielienne, 
iiuiempiunlaitcetti dcpiession, 
>\it apiesie meuiliede Ctsar, 
It s légions de I tpide canton- 
ni es au voisinage de \idduban, 
fiateiniseï aveu celles d \n- 
loine, arrivé à l-'réjus; l'entente 
des deux chefs fut le prélude 
du triumvirat d'où l'Empire ro- 
main devait naître, sur les rui- 
nes de la République. 

Fréjus, arsenal de la marine 
romaine à la porte des Gaules, 
fut uneeréalion de César. Marseille, 
jusqu'alors fidèle à l'alliance de 



■i.,iandie de main 
de S,iHr iy-(/,c/ sun^ l,iic Plus I, in 1 
dans une ample et fei lile valke \u di 

capte 



LITTORAL DE LA .M LDLrElUl ANEE 



lî> 



Rome ol la meilleure ouvrière de sa fortune au delà des Alpes, s'étant fuur- 
voyée, dans la querelle du proconsul et de Pompée, en piininl pnli [hhji- 
ce dernier, Césa/' ne le lui pardonna pas. 11 fallait à la CMii.pn !,■ nim l.i-e 
plus rapprochée de l'Italie pour le ravitaillement de ses liMii|,r -. i;,,,, im 
se prêlait mieux à la réalisalion de ce dessein que la siluutu.a du I rcjus, 
au point précis oii la voie Aurélienne, ce grand chemin d'Italie en Gaule, 
quittait le littoral pour pénétrer dans l'intérieur, contourner, par la vallée 
de VArgeiis, le massif des 
Maures et atteindre, en 
suivant la dépression de 
l'Arc, les grandes villes du 
Rhône, Arles, Orange, Nî- 
mes. Les Oxybiens, peu- 
plade ligure qui occupait 
la côte, virent venir une 
avant-garde de vétérans 
de la 10» légion, qui s'as- 
sura de la position : la 
nouvelle colonie prit le 
nom du fondateur et celui 
des premiers arrivants: 
Forum Julii, Decumano- 
rum ; de Forum Julii, l'u- 
sage a fait Fréjuls, puis 
Fréjus. On bâtit sur le 
versant méridional d'une 
éminence effleurée par 1^ 
lieyran, torrent de l'Esté 
rel, qui mêle ses alluvions 
de crues aux eaux blanches 
de l'Arffeiis : une lagune 
s'étendait au front des tei 
rains de transport amassés 
par les deux rivières. 

Le port de César parait 
n'avoir été qu'une ansu 
naturelle ouverte dans la 
sinuosité du rivage, à l'est 
de la ville : son fondateur 
mourut avant d'avoir pu 
l'aménager et le défendre cohnicue 

contre les limons envahis 
seurs de VArgens, poussés 

de l'ouest à la rive de l'étang I d iim lut i. . niipli |i m I //// / iiiiiii>lrr 
et favori d'.Vuguste. Romegaidnl ii\ :_ I h m i \lii Ii^iih ri dr 

la mer Tyrrhénienne par di u\ II II p iniin ni I ni I nli .■ de i ni- 
taillement était, pii\ir rniii H i\ lhul , puui 1 lulu Mi i m 7 / . /hv il.\ iul 
le point d'appui .1 1 u-m il .1 nue tioisieme flotte thai^Le do suivelUer les 

côtes de la Pr.ix, i i | | , Narbonnaise, de con\(ijLr les tioupcs, les 

vivres et les a[i|no\i- ,i m, iil^ de f,uMii 1( u^umI Ai>itn\l, dédié à 

Auguste, prit le nom de .\(«(//( I ' in nioiiim parce que 

la 8' légion (Oc/aua) était \enu( i i i i li | m i , .hmie 

Le soldat romain ne de\ait | mi i ni une règle capi- 

tale de la discipline des legam» \u i 1. m dul lli i n t ulile con- 
cours, plus encore qu'à celui deb nieui u luei un des \ un n I i nn ill inv 
part des grands édifices qu'elle tle\ ait pi 




ses fils éloignés l'illu 
forum, remparts sur- 
tout nen ne fut ou 
blie a Ftejus L'en 
ceinte pouvait a\oii 
3 500 mètres de de\e 
loppement, a\ec des 
muis épais de 3 me 
Il hauts de 8, que 
Il I III uent des tours 
■ I I ii\ étages de 12 i 
Ij uietieb La grande 
l'Oie Aurélienne ti x 
versait la ville en son 
entier; entiee par la 
pm le Romaine a 1 ésl 
elle en sortait i 
l'ouestparla; m le des 
Gaules. La place ou 
vrait sur les teu uns 
bas del \igens par i 
poilaAigeiiUu, et sui 
le puit p u la poile 
dOiie (non la poitt 
Dorée) n était ee pas 
Voiee, la soitie de l\ 
ville sur le mage 
{ora)1 Aux angles 
avancés des remparts, 
et du côté du large, 
deux forts d'avant- 
garde, l'un à l'ouest. 



i de lai 



rtmi: 




la citadelle (aujourd'hui butte Saint-Antoine), l'autre à l'est (aujourd'hui 
désigné sous le nom de plate-forme), protégeaient immédiatement le port. 
Agrippa dut creuser celui-ci par d'énergiques dragages pratiqués dans la 
lagune, le défendre par une jetée contre les envahissements de VArgens. 
Par bonheur, les navires de ce temps, bien que ceux de transport fussent 
parfois lourdement chargés, ne montraient pas trop d'exigences. Auguste 
put envoyer dans le port de Fréjus les galères d'Antoine , trophée de 
sa victoire d'Aclium. 

Cependant l'.lrgens con- 
tinuait son œuvre : au 
biuit de deux siècles il tour- 
nait la jetée d'Agrippa. On 
essaya, par une dérivation 
de ses eaux, de provoquer 
une chasse capable de ba- 
layer ses propres alluvions, 
en les empêchant de se dé- 
poser dans le bassin tran- 
quille du port; l'inefficacité 
du remède contraignit d'en- 
tretenir un chenal artificiel 
à travers la lagune et d'al- 
longer la passe en même 
temps que la digue, à me- 
sure que r^/-je«s menaçait 
de déborder l'obstacle. Les 
invasions, on le pense, les 
Sarrasins en particulier, 
qui incendièrent la ville et 
lirentde l'amphithéâtre leur 
citadelle, ne favorisèrent 
pas la continuité des tra- 
vaux pour l'entretien du 
chenal. Pourtant, même 
après que Charles -Quint 
eut laissé pi'.lerles églises 
et les monasières de Fréjus 
par ses mercenaires alle- 
mands, le port de Fréjus, 
au temps de Henri II, avait 
assez d'importance encore 
pour que ce roi y ait établi 
un siège d'amirauté (IbSo). 
\.' Arr/fiix. malgré tout, restait le maître : il a comblé les bassins, créé entre 
Il \illi (I lamerune plaine de 2 kilomètres oil luit le filet d'eau d'un petit 
.in il enlie des champs cultivés. L'ancienne lagune, isolée, transformée- 
eu lu.ueciige, s'est enfin comblée, et les trains de Marseille à Gênes roulent 
sur l'étendue solidifiée qui fut le port de Fréjus, arsenal d'Auguste. 

11 reste des anciennes constructions romaines des masses impo- 
santes, plutôt que belles : lien ne rappelle ici le magnilique amphi- 
théâtre d'Arles, les richesses de Nîmes et l'arc triomphal d'Orange. 
Nous n'avons plus de Fréjus que les squelettes de ses édifices, épais- 
conglomérat de petits matériaux qui, ce semble, les rendait indes- 
tructibles : parements, frises, statues ont à peu près disparu, si tant 
fsi qu'il rn fut, rar Fréjut était uup place de guerre, un arsenal plutôt 

qu'une ville de com- 
nieice ou de plaisir. 
\u pied de la 
butte Samt-Antoine 
(l'une des deux 
le ropoles , flanquée 
le tuiib tours, s'en- 
I i( me la jetée du 
I Mit, à l'extrémité 
le laquelle un sou- 
1 issi ment circu- 
1 111 e poite une py- 
1 imide hexagonale, 
s >i le d'amer haut de 
|iI">,jO ou de balise 
piopie à diriger les 
navii es dans Tavant- 
t, mais non le 



DE LESTEUEL. 



POUTE DE 



I 

I Ini p lui-même, 
1 I n |U a ait qua- 
lili 1 1 interne ce 
-iiuuliei édifice. Le 
] lidip, d une bien 
autre importance, 
jaillissait à l'origine 
delajetée,ducôtéde 
la citadelle. Comme 



20 



LA FRANCE 




ESTER EL : l'auberge 



celles d'Oslic ou d'Alexandrie, le modèle par excellence de ces édi- 
fices, lalouravailplusieiirs élages en reirait les uns sur les aiitresel, 
dans chacun d'eux, des salles |inur les employés et les matières né- 
cessaires à l'enlrclii'n (lu lan.il. L(>s vestiges qui subsistent autori- 
seraient cette rp^(lll^llllllioll . mais la tour, qui tenait encore, il y a un 
demi->ii''i|c, inclina -j'i nirlr^'S de haut, s'est écruulée. I.a porte 
Dorci' il iii , ,■, ,!,■ M,i iir . ipii (Innnait sur les (|unis, (•la il |.arlicnli(''- 



n'avoir élé que I'ihim'i hn c d un 
grand portique orn'' ^1 .n > .ulc^ijiii 

porte a été tant de l'ois réparée, 
presque rebâtie, que seul l'arc 
d'en haut subsiste dans sa pre- 
mière courbe. La porte desGaules, 
dans la demi-lune de ses deux 
tours, louche l'ancien rempart,qui 
a conservé son chemin de ronde. 
Il ne reste de la poite de Rome 
qu'un jambage. Oncroitrelrouver 
dans les salles voiîtées, sur sol 
incliné, les magasins d'approvi- 
sionnement ouveris aux navires, 
dans le soubassement de la se- 
conde citadelle élevée à l'angle 
oriental des remparts. Au milieu 
des jardins et des terrains vagues, 
le peu qui a survécu du Forum, du 
Théâtre, se reconnaît à peine. 
Les Thermes ne valent gu'u-e 
mieux, englobés qu'ils sont dans 
une métairie. Mais on a sauvé de 
la ruine une partie notable de 
V A mpliithéùtre : \cs gvudins et les 
arcades, les galeries voûtées 
tiennent encore en partie: iùk 
12000 spectateurs y pouvaient 
trouver place; ce qui donnerait à 
la Fràjus romaine une population 
de 33 000 âmes, l.'nijiicdtic est la 
partie maîtresse des )'uincs : il 




puisait, à 30 kilomètres, les eaux fraîches de 
iaSiagnole et, par monts et par vaux, tantôt 
chevauchant à l'air libre sur de hautes 
arcades, tantôt en souterrain, débouchait 
au niveau du rempart, d'où un chemin de 
ronde distribuait la provende aux dilTé- 
renles parties de la ville. Sur la ligne d'eau 
rompue, des groupes d'arcades s'élèvent 
encore : les plus belles sont à 4 kilomè- 
tres; d'autres, plus proches, ont été revê- 
tues par le lierre et les plantes parasites 
d'un pittoresque manteau. 

Lorsque, après l'expulsion des Sarrasins, 
l'évèque de Fréjus releva, sous l'égide du 
comte de Provence, les murs de sa ville 
épiscopale plusieurs fois incendi'-e et 
presque détruite, la défense en fut concen- 
trée sur une aii-e moins vasic, d h- (liii>- 
tianisme dola la cité nouvelle de jimmi- 
ments nouveaux. Les ruines faites par les 
Barbaies furent mises à contribulion. Il 
n'est pas difficile de reconnaître dans les 
deux tours de la cathédrale, vrais donjons 
reliés aux murs de l'ancien évèché, des 
débris romains. Un collatéral du xi" siècle 
etnne nef du xuosiècle composent la fo;/(('- 
ilni/i\ On admirera les célèbres vantaux de 
Il porle principale et les stalles de la 
lienaissance, le baptistère octogonal aux 
absides appuyées de huit colonnes anti- 
ques, le cloître du xiii« siècle, aux arcs 
romans portés sur des colonnettes de 
maibie accouplées. Firjus est un musée 
où revivent louslesâges. Les Romains en avaient peuplé de leurs vil- 
las les environs : des resles variés ont été mis à jour jusqu'à 
Saint-Raiihaël. Ceux qui rêvent de rendre à Frcjits son ancien 
prestige voudraient rétablir ses communications directes avec la 
mer par un grand canal amorcé au seuil même de la ville et conduit 
à travers la plaine ('t022 habitants). Mais la flotte pour laquelle 
avait été créé le p(ul de Fréjus et les nécessités stratégiques qui 
furent sa raison d'être, comment 
les remplacer"? 



UESTÈREL 



Bien que frères d'origine et 
inclinés tous les deux vers la dé- 
pression centrale de la plaine de 
Ficjds qui les sépare, au débouché 
de l'Argens, les deux massifs des 
,]Jniircs et de l'Estérel se distin- 
guent par une grande différence 
de formes et de couleur. Un en- 
tassement de mamelons ondulés 
d'aspect monotone, que le cou- 
cher du soleil enveloppe de celte 
délicieuse teinte d'améthyste qui 
lésa fait surnommer les « Alpes 
bleues )> : telles apparaissent les 
montagnes des Mmircs vues de 
la plage d'Hyères. Mais, pénétrez 
dans leurs vallées ombreuses, de 
puissantes masses bizarrement 
découpées se révèlent aux yeux 
surpris : ces murailles roses ou 
violacées injectées de veines de 
quartz., et pour ainsi dire sau- 
poudrées d'une poussière de 
mica, re.splendissont au soleil 
cfunme une mosaïque incrustée 
de diamants. Dans les sentiers 
écartés, la marche soulève un 
poudroiement d'or et d'argent 
ijui fit croire que ces montagnes 
recelaient des mines de métaux 
précieux. Mais cet éclat de la 
pierre disparait a\i loin sous le 
manteau vert sombre qu'une 



LITTOltAL DE LA MKDlTF.Ii II A MM' 



21 




DU TRAV,' 



puissante végétation de pins, de chênes et de châtaigniers a sus- 
pendu à tous li'S reliefs de la montagne. 

L'Estérel remplace londoiement harmonieux des pentes par des 
arêtes aiguës, des liums liiiiii''.'s, des promontoires de porphyre 
qui, sous i'érjalant sm|, il ,lii ^ul, semblent llamhoyer dans le ciel 
bleu comme de la gunilr i iiil.i,i-ie d'un four. Ce heurt des formes, 
cette vivacité des couleuis éclatent aux yeux avec une intensité 
extraordinaire du haut du mont Vinaigre (616 mètres), point culmi- 
nant du système. « De ce sommet déchiqueté, l'on domine un monde 
de contrastes violents. Le bleu profond de la mer, oij tranche vive- 
ment le porphyre d'un roui:'' s.iii-lini. l'immensité neigeuse des 
Alpes, les forêts toujours vei l.s r\ n -ii-ims de profonds ravins, les 
escarpements farouches et les llrches ekmcéesde la montagne, le 
croissant harmonieux du golfe de la iSapoule, tout cela, baigné 
d'une lumière ardente, forme un tableau surprenant de vigueur qui 
étonne et charme à la fois. » (G. Daptoli, Annnles dit Club A Ipin fran- 
fai.^, 1885, tome XII.) 

l.'Estérel se soulève entre la dépression de VAi-yciis et celle de 
la SiiKjne, la plaine de Fréjus et celle de Laval ou de la Napoule; au 
Udrd, l'Endre, affluent de gauche de l'Argens, le sépare des tasse- 
ments calcaires qui forment le soubassement des Alpes; au midi, la 
mer gronde contre les écueils de porphyre, la falaise découpée 
d'angles saillants et résistants comme une fortification inaccessible, 
les arêtes de flamme dénudées et sauvages, les écueils polis sur les- 
quels la lame déferle, inlassable, depuis des centaines de siècles, 
sans avoir pu les entamer d'une façon appréciable. C'est essentielle- 
ment une côte fixe que celle de VEitérel. « Le relief, les dente- 
lures et les anfractuosités du rivage, les fjords et les cavernes ro- 
cheuses dans lesquelles la mer s'engouffre, ont à peine varié et 
sont aujourd'hui ce qu'ils étaient à l'oVigine même des temps histo- 



riques et même, on peut le dire, aux premiers jours de notre époque 
géologique contemporaine. » (Lenthi'îric.) 

D'ouest en est, l'axe du massif mesure lo kilomètres et, du nord 

ausud,2llUi] Mr.'s; l,i sm|mi li, ir 1. .|,i!ré,|,ii valant à30 000 hectares 

environ. li"<>ii-i iupliM' |M,iir l,i |ilii|.,iii, h's roches de YEdéreL 

oITrent ]diiMrms \ai iili > (!r |imi |ili\ i , s, |ruill,>iées et injectées de 
globules de quaiiz alternant avec des lutrusiuiis gréseuses. Des schistes 
rouges se montrent non loin des Adrets; on exploite à Auriasque un 
gîte de houille; à Bozon, des schistes bitumineux qui ofTrent des em- 



preintes vé^n'lnles, maissui- toutes f 
bleuâtre il'.a'i s.^ jMa. h. ail ,!■- ni- 

Romains liiairiii ,!.■- , , i ,■- ,lr la 

Le relief du ma^.sif s aM_ujc a 1 ■' 
Vinaigre i(ilt) mètres), avec les snuii 
ilarsaim v-y-'yl mètres), du Pelct '■>: 
enlacé à l'est par le cours tonv 
l'ouest par un éventail de ruisseaux 
de la petite rivière d'Agay, la Cabi 



le fameux porjihyre au Ion 
aux blancs de feldspath, que les 
"I''. entre Agay et Sain t-Haphaél. 
I dans le rayonnement du mont 
irN (lis ( 'ir/ires (S60 mètres), du 
'i III. Il' - , triangle montagneux 
ilh'l di' \' Argentier et drainé cà 
lue léunille Grenouiller, aflluenl 
», au-dessus du val Perthus. Les 
eaux du massif occidental vont au Reyran, affluent de l'Argens, par 
le ravin de la Mourre, au pied de hauteurs qui n'atteignent pas 
300 mètres, et directement à la mer avec la Louve de Valescure et 
la Garonne de Saint-liaphaël. 

L'intérieur de ce pays montagneux et sauvage, hérissé de pointes, 
coupé de ravins, enveloppé d'impénétrables fourrés mêlés à 
d'épaisses forêts de chênes et de pins, dut ofTrir aux populations 
priniili\ a-, il, (!r|iiiis. aux pillards OU corsaires de la région, d'inexpu- 
giialihs II iiaii.-. hiiM irns postes fortifiés s'y rencontrent, entre 
auii is ,1 lui ,1 \iii la-iuc. juché à 288 mètres au-dessus de la route 
aclurllf di- l'i'iiis d tiannes qui contourne le massif par le nord, en 
remontant la vallée de la Mourre, pour se replier à l'est, au dévalé 



[.A FRANCE 




lie l'Argentier. Un autre oppidum du 
Cabre. Les Romains en tenaient l'iss 
jinuii, point de convergence de plusieur 
naturels de la nionlagne ouverts sur 



r pal' le po^lc (Ir Ruussei- 
lilets torrentiels, chemins 
a vallée d'Ayaij. Ce poste 



intérieur protégeait contre les surprises d'en iiaut la grande voie 
Aurélienne. Mais celle-ci, au lieu de pénétrer le massif, comme elle 
le fait plus loin pour les Maures, suivait prudemment la côte, où 
s'échelonnaient les stations, à portée des carrières de porphyre. Le 
pays, en ellet, n'était pas sûr: ces monlagnes âpres et désertes ins- 
piraient la terreur. Trop de fails 
juslilîaient ces appréhensions, il 
n'y a pas si longtemps encore 
Saussure, qui parcourait 1 Lste- 
rel en 1787, exprime à la fuis la 
joie que lui causait sa iloie in 
soupçonnée et l'inquiétude 
dont il ne pouvait se défendis 
en ce pays sauvage. << I e che 
min, dit-il, entièrement a de- 
couvert, est dominé pu des 
poinles saillantes sur lesqutlh s 
les voleurs placent dts si nti 
iielles. Ils laissent avancei li s 
voyageurs ou, embusques d uis 
les bois, ils fondent sui eu\ 1 1 
les dépouillent, tandis que h s 
sentinelles veillent à ce que li 
maréchaussée ne vienni pas ks 
surprendre. Dans ce ras, un 
coup de sifflet ou un autie si- 
gnal convenu les aveitit et ils 
s'enfuient dans la foi et II est 
absolument impossible de les y 
atteindre; non seulement c est 
un taillis très épais, mais le 
fond de ce taillis est lempli de 
gros blocs de pierre; il n'y a là 
ni chemins ni sentiers et, à 
moins de connaître l'intérieur 
ilu lieu comme les voleurs eux- 
mêmes, on ne pfut y pénétrer 
■ lu'avrr une IniL-ur et une dif- 

prolonge Jusqu'à la nier, et 
tout cet espace inculte est le 
refuge des forçats évadés des 
galères de Toulon, pépinière 
de tous les brigands du pays. » 



Que dirait aujourd'hui le savant genevois? Le massif, sillonné de 
roules, est partout d'une pénétration facile. Ce grand chemin de 
ronde qui l'enveloppe avec la roule nationale de Fréjus à Touloii 
commença d'assainir le pays : le poste de VEstérel, créé pour cet 
effet, laisse maintenant aux gendarmes d'heureux loisirs, et la 
fameuse auberge des.l(/rrts. de sombre nn'moire, n'est plus qu'une 



La cote de l'Estérel est ui 
parable joyau, n Moins élevi 




'S rriiiiiiis i'.W'l mètres d'altitude). 
iMillc ; Ir cap Roux, son incom- 
Ic luuiit \iij;ugre, puisqu'il n'at- 
teint qu'à Ao'S mètres, ce pro- 
montoire, aperçu avant tout 
autre par les navires cinglant 
duhige,cetétincelanlc(7j) Boux, 
ainsi nommé du voile d'or fauve 
que le soleil au déclin jette sur 
st s ( p iules de porphyre, s'élance 
di s Ib ts, monte et, par-dessus 
1 M tesde Provence, planed'un 
\ 1 sans rival. Aux premiers 
1 lus, de touscôtés, desaiguilles 
I ipliyioïdes jaillissent, et ces 
il ts 1 ougeàtres, ces écueils ra- 
smt la mer, qui, à plus de 
1 2tt0 pieds sous le regard, font 
eeumei une vague sans cesse 
agitte, que sont-ils eux-mêmes, 
sinon les sommets de monta- 
gnes plus bailles que VF.ftèri'}, 
dontlesracinrss.nid.MiIrs plon- 
gent aux prutiMiil'Mii >ili' 1.1 M''di- 
teiianée? » (Sleplun Lii.oL.viiu., 
Des cnernes se creusent aux 
flanc s du cap et dans les soulè- 
\ements volcaniques du voisi- 
nage : l'une d'entre elles, la 
Sainte-Baume, garde le souvenir 
de saint Honorât. 

Du haut du cap Roux, le re- 
gard se promène, des montagnes 
de Nice à celles de Toulon. Rien ■ 
n'arrête la vue : à l'ouest, entre 
le brise-lames de la Tour du 
Drainant et le promontoire d'^- 
gay (170 mètres), que prolon- 
gent les îles des Vieilles, s'ou- 
vre une profonde échancrure, 
l'une des mieux abritées de 
Provence , où trouveraient un 



LITTORAL DL LA MEDITERRANEE 



23 




refuge les plus gros navires, par "2 > nu lus ili f lud \u li )[(! dt 
la baie, où, coiiiiiie de graiuls oiseaux île mei, ( liassi s p u I i l( in- 
pêle, les tartanes vont se réfugier et altendie 1 apaisement du llnl 
si dangereux eu ces parages he'iissi s de ]iointes et d((uuls, 
Agai/ se repose, à remboucluire de son lui^'.i m d ms une pi lil( 
claiiière créée par ses apports et douiiin | n d s is ii|iuitiits 
de 300 mètres qui la défendent des lafalc s ( si I i | il duiiMii 
où le torrent du Malinfernet roule et saulL l\\ g uid iiit au luihi u 
des blocs, entre des parois aux bizaues silliouettes d ou |aillissent 
à l'aventure des pins écbevelés. De la Bnnleiii, le long de laioute 
enguirlandée aux sinuosités du rivage, ce ne sunt i|iie \dl is, pla^'ps 
et caps pittoresqnes : à la peinte d un b i^h n ]ii iiniu ni, d( u\ 
écueils formidables semblables à deux monsli s i i ii| i^ | i m ib 
terre et Lion de Mer, ouvrent la baie de Su: I, jl i I \h plus > n 
pluslaroules'anime,devientunelonauea\i lin I mi 1 | ilmi i- 
le boulevard Félix-Martin, un nom qui, a\( 1 liu d U| h n Km 
rappelle les enthousiastes auxquels ce |oli i m d t in d il m 
partie sa fortune. Il n'y a pas d'b>peibolp, dit mi, puni Saint 
llapliaël : » C'est Rome au fond du golfe de Naples, » excepte qu iiid 
se décliaine le mistral. La nouvelle \ ille, d'ailleui s, est un d iinn i 
de rues et de maisons neuves, rangées autoui du poi I Qu mile Idii 
riste aura vu, au cours Jean-Bart, le monu- 
ment commémoralif élevé au souvenu de 
(iiinaparte, la nouvelle église byzantine 
de !Votre-Daine-des-Victoiies et, dansl an- 
cienne cité, bâtie à la rive de la Gaionne 
provençale, sa vieille église du xii= su - 
cle, flanquée d'une tour plus ancienne, il 
gagnei'a Vnicscure { Vntlis curans, vallée qui 
guérit), à laquelle son heureuse situation 
et ses environs pittoresques valent une 
colonie de convalescents, de médecins et 
d'hivernants. 

Trois points suffiraient à faire de la côte 
orientale de VEsiérel ïune des plus belles 
corniches du monde : le clique de Saint- 
Barthélemy au cap Roux, le sommet de 1 1 
lioiiUederilsquillnn,ctThéoulesu[iéiieui, 
ou pointe de l'.Aiguille. La Galère, sœui 
de l'Aiguille, s'effile au-dessus d'exca\a 
tions creusées à sa base : la mer s'y en- 
gouffre avec fracas. On pénètre en barque 
dans la grotte de Gardanne (fameux runlir- 
bandierquis'yétailréfugié). Les nn'ill^in s 
points de pénétration dans l'intérieiii' du 
massif sont, de part et d'autre du ca[i 
Roux : Agny et le Trmjns, admirablement 
situé au pied du pic d'Aurèle, sur deux 
petites anses azurées, ouvertes dans le 
porphyre. Tkéoule, en face de Cannes et des 



ms et Siiii vieux château à l'ombre des 
H a\,iiHV' ,1, s p.iinles de l'Aiguille et 
'S h ,iii( h. . -. il'S viaducs, des tunnels 
rjnir,., ,|c I / iirrcl, la voie débouche 
iiiiH- <lii |H.||| , hàteau de la Napoule, 

iiirM' ri i,i\ lante de Heurs, c'est 

nulle aulie |i,iieille. » La campagne 

M'irc en plein i-panoiiissenienl. Sur 
IIS parasols; dans l.i pliine, de longs 
; des ruisseaux, de \irit,il.l. ^ Inùsde 
sdseraies; partout deseliaïups d'ciran- 
lanceen distance, les plantes caiacté- 

: palmiers, cactus, aloès, projetant 
lies. Ce n'est plus la Provence, c'est 
iiitcn Orient. >i (Lenthékic.) 
■ sans interruption à la double cor- 
'/, des palmiers d'Hyèrcs à ceux de 

dév(d(ippe àtravers les sites les plus 
fs niiileurs et l'enchantement d'une 

bain dair limpide, sur l'horizon bleu 
m une route comparable au monde? 




24 



LA FRANCE 




CANNES ET NICE 



CANNES ET SES ENVIRONS 

EnU-r. r.ippaieil lilli>i-al de Catiiirs el celui lï fli/rif^. i|ui eilcailreiU 
sur cliaque llaiic le baslioii primilil'de 1 listérel et celui des Maures, 
se révèle une singulière symétrie. A Test, lapresqa'ile d'Antibes; à 
l'ouest, celle de Giens, forment un double bassin à l'abri des écueils 
qui surgissent, ici avec les îles d'Hyères, là-bas avec les ilcs de 
Lérins. Deux goH'es particuliers se dessinent au retrait de cliaque 
baie, sous l'éperon d'un promontoire central : d'un côté, le yolfe 
/H/7n(ou Jouan) et celui de Camus (ou de la Napoule) aux ailes du cap 
de la Croiseth; d'aulre part, le grdfe de Burines et celui iVffi/èrrs. sur 



les deux lianes du cap Béiiat. Si Ciinn 
golfe Juan comme J/;/ères, h l'aulie I 
desa rade, l'analogie s'acceutuerail p; 
Powponiana, enracinée au revers de ' 
d'une façon évidente à l'ancienne cité 
au promontoire de ce nom. Anlibes 
Ferrât; Pomponia regarde Toulon, au 



it le fond oriental du 
loncement occidental 
(|ue l'ancienne cité de 
\'\\r <lc C.iens, répond 

.1 .\ iihhi's, extérieure 
.\i^ '-. a l'abri du cap 
ip Sicié. Ainsi, 




aux deux extrémités des Maures et de l'Estérel, Toulon, métropole 
de guerre, Nice, (leur de la côle d'Azur, se correspondent et se 
regardent coiunie les de\i\- pùjos essentiels de la vie du littoral. 

ïl n'est pis iusi|ii';i la ili>ir! luiliuii des cours d'eau qui ne com- 
plète celle ii.ii iiitus.' ui,l,,uii,iih r : au Gapeaude la rade d'Hyères 

correspiiii.! la .Sii/y/ic du tiollr ,lr ( lannes. Enln- eux, et dans l'inter- 
valle des Maures et de ii:sh-ie|, la l..iii;ue d('r,.upure de VArgens 

OUMe 1rs .llrUlUIS .le riIlLlleUr. GopCaU Ct 

Si,i,/iir, p,ir leurs alluvbuis, achèvent de com- 
bler d 'aiiiiennes lagunes littorales et, de con- 
eeii avec, le flot, déploient au fond du golfe 
qui les reçoit une plage de sable, au contour 
gracieux. 

Il est probable que \a.Siagne confluait autre- 
fois dans un fjord profond ouvert entre les 
croupes orientales de l'Estérel et les terrasses 
calcaires de Grasse, conlrel'orls des grandes 
Alpes: la poi nie del' Aiguille et le cap de laCroi- 
sette foiiueut le double musoir avancé de 
cette bail' inieneuie. |)u jour où, par la mal- 
l'aisance et I iu( une ibs hommes, le déboise- 
ment des hauteurs livra carrière à ses em- 
porlements, la Siagne, devenue torrentielle, 
envahit ses rives, charria, broya les débris de 
la in.>iil:iLMie, combla les fonds et, d'une grève 

liiiiii.i ssa, comme le Gapeau, comme 

I \i_iii-rt le jihùne, son embouchure au pied 
iM lueilu prumontoire le plus proche qui en 
iii.iiqnait l'entrée. Sur une longueur de 3 à 
'i kilonièlrcs, la Siagne serpente au milieu de 
ses piiipres alluvions. Un delta s'ostformé ; des 
deux branches ouvertes, celle qui circonvient 
la base de l'Estérel ne sera bientôt plus qu'un 
souvenir : l'ancienne lagune s'est colmatée. 
Mais cette plaine basse, dite plaine de Laval, 
(|ui s'étend de la Napoule à la première inclinai- 
son de la Croix-des-Gardes, aux avant-postes 
de Cannes, est uue création peu ancienne de la 
rivière elle-même. 



Phot. do M. Gil 



LITTORAL DE LA MKDITl'It II ANEE 



25 




La voie Aurélieniie tournait par le noiil criie |il.iiiii' Ihis-c, miIi- 
mergée à la moindre crue, et passait an pii'il du hi.iumI.iu d'Ai lue, 
ancien poste des Ligures Oxybi<Mis, d'oii le chimiI (juiiiius ()|iiiiiiiis 
entreprit, à la demande de Marseille, l'na iii^ avant J.-C, la cam- 
pagne qui devait éloigner ces peuples de la côte et aclieniinrr lis 
Romains vers la Gaule. Marseille y gagna la domination du litloral. 
A laplacederaacientr'iiiiilrii-rn'niiniroiirnnnaitréininenced'Arkic, 
un sanctuaire consai-i'' à >" ' r ' /■», populaire en Provence, attira 
les pèlerins. Un iiumuc ('rlun-c -ulisiiiiia le; culte de saint Pierre 
(S. Peyré) à celui de Jlii uiiiu, au bommc-t de la montaL'np qui dn- 
inine la Napoule et son vieux cliàteau. Les Romains p<i~^r ,|,ii( ni 
au seuil de l'Estérel, dominant le conlluent de la Si.iLii''. d. s iii,ii:,i- 
sins d'approvisionnement dont les substructions iniiinii.mhs nul 
été révélées par les fouilles exécutées lors de la construction du 
chemin de fer. D'autres ruines antiques se montrent au bord de la 
mer : peut-être y avait-il làun quai d'embarquement pour le ravitail- 
lement des places de la côte, Fréjus en particulier. 



des quatre coins du monde sa 
bourgade de pêcheurs s'est ti.iii: 
en un immense parc lialnlc. 
à près de 30000 habitants, saci 
en 1787, y comptait trois rues : 



la joie de vivre. L'humble 
en grande ville, ou, plutôt, 
ulation ordinaire, estimée 
■t durant l'hiver. Saussure, 
elles seraient légion aujc 



les exigences de l'alignement ne les avaient allongées comme 

plai ■ 

De 



dans l'attraction du 
Socca, qui regarde vei'S la >' 



Cannes, V/Egilna des anciens, fut à l'ongin: 
Oxybiens, groupés aux flancs du uinnt Glicval 
vieille cité. Un camp rotranché sri\il .le rrlni; 
hauteur que couronne la petite vill ''>•■ Mu 
gins. Par la dcfaite des indiyèri.s dwlinn-. 
r r, ■/ .'/ m iriliine passa au pouvoir du iMai- 
I [Ml livrée de ses mailres, et s'appela 
' 1/ 'sm7(«uw ." on y a retrouvé des 

1 t I ih^ae des monnaies massalioles 

Nuub buun^ dadleuib par de norabieu\ do 
cuments epigraphiques et dauties témoins 
nrecusabks, que celte cnle faxoiisee a I égal 
! 1 I I I s elc e\eri a 
Il II la fortune un 



une bourgade des l.ir,nres 
i.'i-, où s'attache encore la 
a la tribu vaincue, sur la 



le gidfe Juan, se déro 
paralili^ avenue de palmiers qui ciii^ 
la Mi'dilei raiiée d'innouibralile-^ de 
\ei(ln]e, 1rs unes belles, les .iiili is 
si vies, lleiirs de tous Ics <ai>i ic,'^. A 
nœud intermédiaire de la vieille y 
promenade de la Cruiselte, qui nie>\n, 
1res, sont le rendez-vous (ie lai i>iiic 

Bien humble, à c(ih', parail 
étages au-dessus du juiri, s; 
valier. De là surgit la dnulile v 
donjon féodal, Nnlre-Danir^ii: h 



lie, au cap de la Croisette, 

Ibiir dc' rive une incom- 

ide sur la vasque bleue de 

es, dans des berceaux de 

ndidcs, échos de tous les 

oudés l'un à l'autre par le 

ville, le boulevard du Midi et la 

Ile ,'i elle seule plus de 2300 mè- 

iMialie des deux mondes. 

ité moyenâgeuse dontlespignons, 

ochenl aux lianes du mont Clie- 

uette d'une vieille église et d'un 

ance, dont le reliquaire vénérable 



des plus celebi 
sur 1 s puMk^i 
aussi vif atti iil 
tueuses \illas i i 
anéanti pai 1 m\ i: 
les Lombaids le>- 
de<! iiiinc s pt Ti 



[ I I ii( 1 hll ni Tout fut 
itnbiibuc apie^ksOottis 
Samsins ne lais'-ucnt ipie 



du juii 



1 il Hvait 11 
syin I illi] II 11 1 11)1 \ ^ iit ti ni 
ans (I I I I I III il 

Encci I I I I I I I 1 

la sp iil II I I Mil I I I I 1 III II 

ser\elanKiii u il 1 illi n^li un li\ille 
de Cannes reconnaissante, lui i ele\e une 
statue, œuvre magistiale de Paul Lienaid 
elle émerge d une corbeille fleurie qu ombi igc 
un groupe de palmiers 

Cannes, en effet, doit sa leniissinci i 
loid Biougham et aux botes nombiciix (jiu 
son exemple attira : on y vient aujourd liiii 




CANNES : BOULE 



2G 



LA FRANCE 




aurait conlenu en partie les restes du grand ana- 
chorète saint Honorât. La tour, massive, est à la 
fois un posli' d'observation et un instrument de dé- 
Icii-^.' ; 1 :.lil"' .!,■ I.rrins, Adalbei t H, en posa (1070) 
Ifs |.iriiii-irs assises. De braves gens, marins et 
ji.'-clii'uis, jiiiliii.'ut ce quartier, leSii/juet, comme 
on l'appelle; les amateurs de pittoresque se 
hasardent volontiers dans ces rues montantes, 
coupées d'impasses, aux rudes pavés, dont les 
eflluves ne rappellent que de fort loin ceux des 
champs de roses qui exilaient leur parfum aux 
environs. Leporl, assez pauvie d'aspert, environné 
d'écueils, suffit, grâce à de n'it-ni.-, .hikIimi i 
tions, au mouvement du cabot, u^' . i J I i | < lu 
Abrité de l'ouest parl'Estérel, de 1 ■ ^1 |mi I i |miiiiIc 
de la Croisotte et du large par les ilcb de I.rrins, 
le pelit bassin de Cannes ne voit arriver jusqu'à 
lui qu'un Ilot a|iaisé. 

En!re snn paravent de ninnli-nes el l, nier. 



, 1-2° cm 
particul 



.les, 



rose,l héliotrope, l'œilletlleuiissentses parterres. 
D'après les observations de M. de Valcourt, les 
moyennes sont à l'ombre : en novembre, 11°,6; 
en décembre, lO^S ; en janvier, 8°,9; en fé- 
vrier,9°,9; en mars, 1!°,3. Il arrive, même en hiver, 




que le soleil, dont il faut se garder, chauffe 
l'air à 32° centigrades, tandis que la brise 
rafraicliissante de la mer atténue les cha- 
leurs de la canicule, qui ne sont jamais 
excessives. Dans les six mois que dure la 
saison, le ciel est absolument pur pendant 
quatre-vingt-douze jours, à peu près. Il 
pleut environ trente-six jaurs, mais les 
averses de Cannes fournissent une quantité 
d'eau considérable : B27 millimètres, en 
moyenne, et le soleil presque aussitôt re- 
parait radieux, après de courts déluges. 

Il est heureux que l'on ne vienne pas à 
Cannes pour voir des monuments ; aussi 
l'Hôtel de ville ne surprendra-t-il guère. 
Si, par contre, vous aimez les parades de 
maisons à perte de vue, la rue d'Antibes, 
complément de la rue Centrale et de celle 
de Fréjv:, ce défilé sans fin de masasins, 
d'hôhlbii, ■. d. Mlli-^, (b- rli.ib'Is. de ba- 
zaïs, i il (|M .1 s iii^i III,. \,,ii,. iv:;;ird. La 

se plulili, funaiit la Luuibe delà plage, 
entie la promenade de la Croisetle et la 
voie feiiée, qui ciironv lent la ville au nord. 
Mais Cannes peut-il être circonvenu"? Si 
les Allies de la Liberté et la place des Pal- 
»i!Ms, la Croiictte et les squares mettent 
dans la ville propiement dite la joie de 
b 111 veiduie et de leurs massifs, Cannes 
N iiiadie à l'infini dans la plaine, sur les 
I nllines ondulées qui lui forment une ad- 
miiable ceinture. A tous les reliefs, dans 
lesieplis du sol, de droite, de gauche, en 
haut jusqu'à Grasse et, de la Napoule au 
golfe Juan , c'est partout un enchante- 
ment de la natuie. Il faut voir aux envi- 
rons : le Cannct, dont les bois d'orangers, 
plantés jadis par les moines de Lérins, ont 
grièvement pàti des fureurs de la spé- 
culation (là fut la tombe de Rachel et le 
berceau de Sanlnu ; -- .V., ,(.,/„-, l'.nitique 

monsŒ;/itnc. mi liil -uiiln' i ,l i niiverait 

avec peine les l.,iiil;iiii- li-i ili'i s d.'s Ligures 
Oxybiens; — la tour de Cii>ii-ll'i,,i.i, l'un des 
plus beaux belvédères de Provence, sœur 
du donjon de Saint-Honorat; — Vallauris 
(vallon d'or ou des lauriers) 
et ses ateliers de fa'ience 
d'art; — vers l'ouest, le pla- 
teau de la CroLi-di's-Gardes, 
semé de li'iilisi|Uis et de 
bruyèrr. >\ur 1,-iihM fleurit 
desesgr,ipiM'sd'i.retniilepin 
maritime se groupe en bou- 
quets : de recueil de blocs 
amoncelés que surmont-e la 
croix, Caniies se découvre 
avec son double golfe, son 
château, ses îles et la mer 
azurée. Vers la Siagne : Auri- 
heau, décor romantique dans 
le cadre d'une fraîche Arca- 
die ; — Saint-Césaire, ses por- 
tes, son enceinte féodale, les 
dolmens voisins, des gorges 
sauvages percées de grottes 
et la claire fontaine de la 
Faux, qui jaillit du rocher, à 
4 ou 5 mètres au-dessus de la 
Siagnole: nonloin,lebarrage 
que les Romains avaient 
construit pour capter l'eau 
de la petite rivière et la con- 
duire à Fréjus par le souter- 
rain de Roquetaillade ; — 
Grasse, dont les champs et 
les jardins montent en espa- 



LITTORAL I»i; LA MLD riL UR ANÉE 



27 



jusqu'à la ville 

\l,M.sl'„nl,-n,H. 
rs,!aJ.n„,,.rn\ 



iiilastique de (Iciui.Imh 
lire des parois béanirs, ai 
iud desquelles le luiicn 
1! I.oup) gronde et saule ci 
iscades dans une cour.sf 
' 10 kilomètres (cascadi 



hrll 



M'I" 



Saut du I.oup . l'ius li>in, 

cisl Vence, la ville des figues 

et des violettes; Cnrjnrs, elc. 

Grasse méiile (|ii'nn la 

uiirùtdeculonuelebu.slede 
l'iaLconard, encore moins 
pniir le boulevard ànJcAi-dr- 
JJalInn et l'avenue 7'A«tv; 
car la ville a voulu se [.ny 
lielle pour attirer I'Iliu- 
ger. Mais les rues cirl.-; 
d'arcs-boutants, les vi. ilh-, 
portes sculptées sous (i^i\ r-, 
les carrefours où l'Ion^r 
dans l'ombre Tt'-r la la ni M.lnl 
deProvence : ers r.aii ia>irs 
et cette vive évncaih.ii d'au- 
trefois feront rêver l'artiste. 

Industrieuse par tradition, Grasse, avec ses chemins 
ses terrasses, ses champs de roses et ses oliveraies, ti 
du verger et de l'espalier. « Où d'autres 
sèmeraient la pomme de terre, elle 
plante la rose; l'héliolrope remplace 
pour elle les petits pois Des tipis de 
géraniums, de résédas, de jonijuilles 
de tubéreuses, drapent sa c impa-,nt 
Aux soirs de mai, l'aii de\ieiit lues- 
pirable à force de senlu bon De h ui 
côté, les pâtres apport( nt de Ix mon- 
tagne le thym et la lavinde siuvt^i 
le fenouil, la menthe et le lomaiiu 
Alors il neige des pétales, il pleut di -^ 
étamines; alors aussi l'ai imbio \a rom- 
mencerson œuvre. » (Stephen I ieclard 
Le monde en lier est tri butane de Gui^sr, 
ses essenics parfumé, -s llniib IniP de 
ses oli\(lli'<, .^rs TniiN M 1 I ilh s ml 

avideiiiriii |,., (mm li.'^ (I , iiiN 

C'est la /•■..»,, sniis !.■ , 1 1,1 I I ^ 11 , 
qui vaut à la petite ville K Ut I iluii, 
elle fait mouvoir ses nombreuses UM m s 
alimente ses fontaines, ai i ose 1 1 f, c ondt 
ses fleurs et ses vergers (19 70i hib i 

Acette altitude, pourtant(325metiesl 
Grasse n'échappe pas, bien que fiut 
abritée, aux surprises de 1 hivei II nei_t 
là-haut, comme à Cannes dailleuis 
Mais, dans la serre ch lude assise m 
bord de la mer, sur les deinu isdigies 
du vasle amphithéâtre qui la piotc^e 
contre les âpres morsures du noid, les 
frimas, presque aussitôt fondus, ne sont 
que pour mieux faire goulei pai le on 
traste la douceur de cette admii ilii 
nature. Entre les extrêmes de 1 1 I, in|i, 
rature hivernale et celles de 1 1 l, I , , u I 
est de 12° seulement et la mo\, un, d, 
l'année 15°. La mer, plus lenle a s, 
refroidir, tempère les défaillances de 
l'hiver et, plus lente à sechauffei, 1, s 
ardeurs de l'été. D'ailleuis, tannes n (- 
chappepasau refroidissement que cause. 




s à tempér. 
■ne est moi 



ure élevée, I, 
sensible qu'. 




■uis. I.,' vent brûlant 
d'.\frique se brise sur 
les écueils du large. 
Quant au mistral, 
il ne fi ini lut gueie 
1 I ( nn de 1 Esleiel 

ILES DE LERINS 

I,s il, s ,/e Lnin., 
|(i> iu\ de 1 i cou 
lonne de Cannes, 
sont 1( s plateaux 



Wiii iiunl, cl Sainl- 
Iliinoiat, la saui et 
1. ficie 

T es incien-^lcs aj pr- 
I iicnlLouiI 61 (]i Len 
lia dunomd unpeison- 
n i^e Itgtndiue soiti 
,1, demi dieu, auquel 
, Il rcmliit un culte 
/ ///, ( a ut la petite 
I I ^li ,l),in neonte 



tie^ peuple 
me cultuie 
aieheuli gi- 



DU LOUP 



LA FliAiNCE 



ecevoir 

.i-gent, 
a Monnaie, 
fuis repa- 
1 ITho. .Mais depuis assez 
nelait plus que l'ombre 
Cette rielie pré- 
ntait : ses biens devin- 




lu ciel k conduit bienio 

ipelile île Leio il m iiii 

stte de seipenls En piii di t iii| 
1 lie ( Il inj,e de 1 ^1 1 giice aii\ nomliu ii\ ih i| 1 |iii 
Mtnnent se gioupti autoui du ^ mil mm h i l 
une communaule *; oi„anise la ptlil < I m I \imI Ii .,1 m I m 
piue de» puites est I 1 île det. Samls ^ ul ibk pi puiiLii, d ipuh 
piintifLS d ou Mnitnt b-unt Pab icU, apulie de lliKmlt, saint//; 
iswnilutliei Ai les ^ oulut i/oHoi ai poui eveque 1 humble eimite 
f,na bon ^il mil gu a qnitUr ^a clicie ili il SLlii^nit dm» 



lutie a 
se reM 

SIMIL 



iiis I ili 11 plus j,i indt p iilic 

\(ihù(ii/e deLeiiHS elait lune des plus cclebies dt la 

si. Ihc et de la foi uitfimps tioubUs des inMsi,,ns 



It uliiui dt n sinplml.s lui itombis 1 ib|,e l(/r(//)e/ / (\i' sitck) dit sa 
sui les rocbeis qui regaidentl \riique un donjon de défense ou la commu- 
nauté se lefugiait en cas d alerte elles étaient fréquentes Puis ce fuient les 
corsaires génois a\ec lesquels il fallut comptei après les Génois les Es 
pignols Frani ois I ■■ piisonniti de Chailts Quint, passa dans 1 île Saint 



diiiijiHi, Idit de la (bspelle sim salon de la '^unle Table 1 ip[Uii de son 
balcon » D autiis au iim nt i ! 1 lis, ,11^.., I s , | ili s .., m iit d elable : 
un moment aiii\ 1 u lii n li i\ il | I 1 1 1 1 m I \ 1 1 I I lejus, 
eiil8o9,l achetai I i|i | In 1 m 1 inli 1 lu ii\ I 1 m I -I itiens 

parvinient enfin 1 1 I \ i I illi im u ils m i iII i nt un 1 i |i'i lui it pro- 
fessiountl, 1 impumi iiL de I ibbi\t a produit di s o umi s lemiiquables. 

1,'île Saml-Honoiat,peUte Leio on Planasin, paice qu'elle piesenle 
l'aspect d'un plateau peu e'ievé au-dessus du niveau de la mer, n'a 
que 100 mètres de large sur 1 500 de long et 3 kilomètres de circon- 
férence. Une ceinture d'écueils, les Moines, lui fait cortège (l'un de 
ces rochers, flpres et nus, porte le nom de Saint-Ferréol). Des pins 
s.'i uliii' s. nnx iflluvis liais, iniiques, que les tempêtes ont courbés 
nii -{■■ .!.' hiii s r,i].i h 1 s, ,|, s fourrés de myrtes, de cistes, de chè- 
\ 1 1 I' iiili's, la \ i-ii.', luliv iir, font à l'île une agreste parure; on y 
cultive le fioiuent : lliuile et le vin, le lait et la farine, rien n'y 
manque de ce qui est nécessaire à la vie. Le nouveau monastère 
enveloppe un vieux cloître au.K piliers trapus, spécimen d'un art 
un peu fruste, mais dont les voûtes n'ont pas fléchi depuis dix 
siècles. Une nouvelle église remplace l'ancienne abbatiale et l'on a 



LITTORAL DE LA MKDITERRAXKE 



29 




eu 



.'Urciis 



reliefs, aUlrU.I \r|,hl,|,., MT,1,m|||S ,I,i1i^ I llr. 

Le donjuii dAiLillii 1 1, il. . nu|.e l.ni|,,ms .-,i massive silhouette au- 
dessus du ilûL; ses iiiuiailles, velues de lierre à l'occident et partout 
dorées du soleil, abritent encore un double cloître, l'un au rez-de- 
cliaussée, qui appuie ses ogives sur des colonnes de granité et de 
marbre rouge; l'autre, plus mutilé, au premier étage : au centre, 
une grande citerne pouvait servir aux assiégés. On montre, dans ce 
qui fut la chapelle Sainte-Croix ou Saint des Saints, la place oii repo- 
sait le précieux reliquaire de Saint- Hunorat; une terrasse vide rap- 
pelle la bibliothèque. Cent marches de grès rouge conduisent au 
chemin de ronde à mâchicoulis qui couronne le donjon; la vue qui 
se decouNie du haut de ce belvedeieet, de lEsteiel a Tuiin, f-t 

1 lie Sciint-Honoi at (b si \oimii 
I lu e du iiv U' I il m '-ui 
c est un beau d m un |ii i 
ulillie, itineisl s ml II un 
iinusse qui III lit I I I Mit I 

pas les 01 iiiyeis, les citionnieis se pi s-- iil lui i lui I li 
maison foiLsliLie, ou conduit une alh e I iiiiii n ( un im 
double range e d I ue ihpf us _ inN 1 ipms i 1 1 ^l-^ m i ni ut hn 
lesfourits Mais l m li |ii '^ iiit llonoi it pos'^ I i i\Imi 

ches qui )am us ne t IMS ni ^ / - l/flîjî(fn/e est | 1 1\ I m 
vives Cette île, 1 mli [iie / , in tenu le nom ili 1 i [ i n l ii 
bitp, sœui du gi ind tli iuindtui.ip de leiins, qui, enliamte i ii 
l exemple de sju fitie, y vint clieiclier la solitude L île appaitmt 



1 une des |ili 


b belles de 


la cote 


Lnd ti 1 


de 700 mi 


les sepa 


S uni V 


Il 1 


lus l| 1 


33110, 1 


1 1 1 M 


Il ' 1 II 


COUNl 1 11 1 


, llll,|. / 


, 1 


luniK le lil 


1 llle sui Ul 


lip. d 




depuis au domaine 
de Grasse, qui la h 
lants de Cannes, m 
Chevreuse, le due i 
tenleui-S, llirlii'licii 
pour déflMlill e 1,1 1.11I 

gnols emiioi Irreiit 



e. Après l'avoir inféodée à Bertrand 
la, les moines la donnèrent aux liabi- 
ne redevance légère. Après le duc de 
.ban de lîellon, qui en furent les dé- 

li ;ii le la couronne et la fortifia 

1 r n'. l.iit |ias achevée quand lesEspa- 
'iU: S'niiir-.]/,ir'/iirrite et s'en firent un 



point d'appui pour leurs opérations en Provence (1635). Après deux 
ans d'occupation, ils durent se retirer. Une seconde occupation, 
en 1746, par les Autrichiens et les Piémontais, avec le concours de la 
Hotte anglaise, céda, l'année suivante, sous les coups de Belle-Isle. 
Les mêmes vicissitmles troublèrent les deux îles sœurs. Cependant 




DE s A 1 N T - II N O 1 



LES COCOTIEIIS Db GOLl-E Jb> 



France. -II. 



LA FRANCK 




Sinnlc-Marcjuerilc, à ciuse du fnrl qui la défendait et du peu de dis 
tance qui la sépare du cap de la Croisetle (1 100 mètres), reçut tou- 
jours les premiers coups. Remanié et complété par Vauban, le fort 
campé lièrement sur uii promontoir abrupt, devint prison d'Etat. 
Une pièce carrée, voûtée comme une cave, entre des murs épais, e 
éclairée par une fenêtre unique, alors surélevée, serait le cacbot d( 
l'énigmatique personnage qui, sous le nom de Masque de Fer, y fut 
eniprisonué par ordre de Louis XIV. Des Kabyles, en 1841 ; de vagues 
Kroumirs, en 1871, y furent aussi retenus comme otages. Enfin 
Tex-marécbal Bazaine, interné dans le fort depuis le 26 décem- 
bre 1873, réussit à s"en évader, pendant la nuit du 9 au 10 août 187 'i 
Une vingtaine de kilomètres s'étendent entre la pointe de VAiguil 
lou, extrême saillie de l'Estérel, et le cap d'Antibes. Vers le centre, b 
cap de la Croisetle, pointé sur les îles de Lérins, sépare l'intervalle en 
deux grands bas- 
sins maritimes: ce- 
lui de la. Nnputile et 
le i/(ilfeJuaii (pron. 
Jouan). Cannes 
rayonne sur Fun et 
l'autre. Mais, tan- 
dis qu'à l'ouest les 
alluvions de la Sia- 
gne empiètent de 
plus en plus sur la 
mer et compromet- 
tent ses conditions 
nautiques, le golfe 
Juan, privé d'ap- 
ports sérieux, s'in- 
curve dans riiéini- 
cycle gracieux 
d'une côte stable,au 
creux de laquelle 
une borne mil- 
liaire de l'antique 
voie Aurélienne 
désigne l'endroit 
oii,lel"mursl81îj, 
débarquait à l'im- 
|ir-nviste l'exilé de 
File d'Elbe. Des oli- 
viers de belle ve- 
nue, des oiangers, 
des bosquets de 
grands pins odori- 
férants couvrent 




d un \ ei t manteau les collines littorales et la pénin- 
suli (Il 1 1 ^ i;o!(;)(>, qui arrête, à l'est, l'expansion 
(lu ^1 lli lu ni Dans sa plus grande ouverture, 
I I iilii I du ^iilfe présenle une ampleur de 7 kilo- 
un [[t"^, il est d un accès commode et, en certains 
points, les plus gi os bâtiments trouveraient, pour 
mouillei, des fonds de 13 à 18 mètres. Ces avan- 
tages ont inspue la pensée d'en faire une grande 
lade militaue, en fortiliant les sommets du lit- 
toral et les îles de Lérins à l'avant-garde. Aucune 
suite n'a été donnée jusqu'ici à cet utile projet. 

NICE ET SES APPROCHES 

1 I I I V |u ili d laiiuidlc s'adosse le golfe Juan 
|i -.ni -ui siin flanc une série de retraits qu'ac- 
( Ils ni II s s ailles du cap Gros, de la. pointe Bacon, 
le Toihet d Antibcs et le monticule où repose 
le fort Cane. C'est un monde nouveau dont l'ho- 
iizon se développe jusqu'à la double projection 
du mont Doion et du cap Ferrât, entre lesquels 
s'ouvre la rade de Villefranche, à l'orient de Nice. 
Au centre de ce mouvant bémicycle, le delta détri- 
tique du Var dessine comme une double coupe 
dans le bras de mer. 

Nice, à l'est, Anlibes, à l'ouest, se regardent. Les 
origines de celle-ci sont grecques et remontent, pour 
;. Ile M. Giietia. le luoins, au iv= siècle avant notre ère. Sur la foi 

de Strabon, Nice est regardée comme fille de Mar- 
seille et Anlibes serait, ainsi que toutes les cités 
hellènes de la cote, une colonie massaliote. 11 n'y a 
pas d'apparence que cette opinion puisse être acceptée sans réserve, s'il 
est vrai, d'après llcrnilnto, le plus rap|irocbé des événements et le plus 
cnn^rirucifiix ilrs 1 1 i - 1 ' n'i l'us :iiiriin-'. quc Ifs l'iioréens, résolus à s'expa- 
lii.T ,n imI i|iiillr ni iii.i--r II I -Ir il \-ii', -r ihii^rrent sur divers points 
ilr II imI,- li-iiririiii. , II- Mil- \M- \lii-'ill'', li Mitres vers l'ile Cyrnos 

(t-i i;.ir-r . un \\- > ri.ililnviil .1 11 [i Il' iHiril. nmi liiin de Calvi. La côte 

liyuru esl pri.rlu- ; |i,ir lu ni liiii|i-, rlli- -•■ vml luiil à clair. On présume, 
avec raisiiii. i|iii- l-- iii-rrs ur im.iii'|ii' r-iil p.i- il v venir et que la lutte 
engagée avrc Minrs rmilrr 1rs iiiviiuns iirrii|i;iiil - (lu sol donna son nom 
à la colonie qii ils luudei'eiit sur ce nvaye : >.;/,f,, victoire, Nice. 

Antibes n'est que la contre-partie de Nice (13 198 habitants). L'in- 
scription gravée sur un galet roulé trouvé sur son territoire par 
M. Alougins de Ilochefort, en 1SU6, prouve à l'évidence l'existence 
dune cité grecque en cet endroit, vers la fin du v» siècle avant notre 
ère. Par la conquête romaine Anlibes devint un municipe. Il est pro- 
bable que les matériaux de ses édifices furent utilisés pour la construc- 
tion de ses 1 erapai Is, 

( ai d reste peu de 

chose de la cite ro- 



I m I 1 |u 11 pos- 

II I il I h |ii une 
mil 11 I 1 elle 
futidstL -l;i/(iesfut 
tant de fuis boule- 
Misce démolie et re- 
n 11 lute a\ec les 
111 I muv pumitifs 
I i II s de grand ap- 
1 I il substiuctions 
dueuque dans les ca- 
\es paiticulieres ..), 
qu il faut 1 expé- 
rience de 1 archéo- 
logue pour lecon- 
naitie le peu qui 
reste encla^e dans 
les consliuctions du 
moven âge et de nos 
JOUIS Cette Mlle, 
a\ant 1 mnexion du 
comte de Nice était 
la^ant- poste de la' 
Ti m e du ccte de 



itilie 



Sun eneeinlebastion- 
née, le fort Carré qui 
la protège, ne sont 
plus qu'un joli décor. 



LIITORAL ï)i: LA M KDITi: l( R ANÉE 





donnrr [. .1 I M iiixrlli' r.iiilr, 1,1 / /.( I ///■. 

romaine il-liiiiiil l ii^'iirur qii .1!. ni. m.' lui I' 
Heraclea,rou[c>incvcu\i2, duiiti.nl. ni l.^\ir,,x 
de haut les collines littorales, il l.-iii-nr m II 
oppida ligures juchés à tous les ivln N. i nln- i 
fut l'un de ces camps retranchés : dis iinir, 
paient ce plateau d'une enceinte dont li- ^i - I 
d'une longue suite de siècles et de il. \ . i i 
de Cimiez une place de guerre, sur la gi\inl 
deux aqueducs, dont on a relevé le tracé, de 
vastes Thermes en partie mis à jour, l'épaisse 
carapace de l'Amphithéâtre, oii peuvent s'as- 
seoir 4 000 ou 5 000 spectateurs, des médailles, 
des mosaïques, des inscriptions en très gr.iiii! 
nomhre donnentl'idée desonimportanee.iiiln- 
fois. Cimiez, ancienne capitale de la région, 
n'est plus rien; Anlibes, peu de chose; Nice a 
survécu et triomphé. Entre celle-ci et son 
émule d'en face, le delta du Toc élevait l'ob- 
stacle llr -.s r,nili".is inriil.iiMr-. ile seS CrueS 

terril. Il'- .1 .1 un.. ir,t,i lun', . il'.h-.., semce 
d'îhils .1 il ■ |..n.lri.r..s ,|ii,. ^Ii.|...îi évaluait 
de snii lini[is ,1 jiliis de 1 -'"Il nietie.-. Il n'y a 
pas bien longtemps, la fougue du fleuve indis- 
ciplinable a pu être maîtrisée par des digues 
et ta communication régulière établie entre ses 
deux rives, le long du littoral. 

C'est un fougueux tori'ent i|iio le 'Var, 
et un torrent qui, à la moindre enie, loulo 
de l'eau comme un grand lleuve. Dans son 
bassin supérieur, il ne court pas, il fond 
tète baissée, d'un bassin à l'aulte, par les 
couloirs d'étroits déllh s. De sa souice d 
Ja iner, il tombe de 1 800 mèties, pour un 
parcours de 412 kilomi lies : on imagine 
la pente, la chute, pour mieux dut Ni 
à 1 kilomètre au noid d'Esteinc, d mu 
fontaine abondante qui souid d un amis 
calcaire, entre des crêtes qui moulent a 
2621 mètres avec le Gaiiet, 27'i3 metus 
avec les Grandes Tours, alimente peut eti e 
par de petils lacs soutei lains blottis à di s 
niveaux supérieurs, d'autieb disent pai le 



ilAnlilies. grand ii'seivuir du lae iVAlhis ^bien que celui-ei, ('■tuli'' au revers 

1 romaine, ,|,,s miiiits, se déverse au moyen du Chadoulin dans le Verdon et la 

■ lîid > '■'.?>• I>iii''inee), le Var capte, à 3 kilomètres de sa source, le tribut d'une 

Vnribeàn foiilaiiie abondante, écoulée par le torrent de Snnr/idnière; il prend 

fut aban- '"^ Buiiidous à Entraunes et dégringole à Saint-Martin-d'Entraunes : 

[.lus près pour une douzaine de kilomètres qu'il vient de parcourir, il est 

III! la voie ti.mbéde ToO mètres. Déjà fuit la région alpestre; de belles forêts, 

iiiense rin île petits champs en terrasses étagées, des prairies, des jardins font 

Ile suivait pressentir la Provence. 

'' ^"^ .'''"^ A Guillaumes, le Var entame les escarpements calcaires : de bas- 

I ir™^^^ siiis en (b'dilés, c'est une succession de sites sauvages ou gracieux, 

I " ,,'', iir.snli's .111 leilil.s, all.iehés à ses rives. Voici la dus ou défilé de 

„ II, ni Ihilin^: ., La iim.-i.. eoiile dans uu abîme si étroit que les parois 

il ., ml. ; s.'inl.leiil s.' 1 Ii.i;ilii fond du goulîre surgissent, de-ci de-ln. 




GOUGES 



32 



LA FRANCE 



d"ndmirables pyramides rouges pareilles à des rloclietnns de ca- 
tliédrale. » (G. Taudiel:.) A la porte du dérdé, api'ès 8 kilomètres de 
tourment, le lorrent se calme dans rOpanouissement de Daluis, où 
lui arrive la fraîche source du Chnudou. Aussitôt il reprend sa 
course, frappe de droite, de gauche, arrache des pans entiers de col- 
lines, couvre les terres de gravats et de cailloux. Avant que les 
traités de 1860 ne nous 
eussent donné son 
cours à peu près en- 
tier, le Var n'apparte- 
nait à la France que 
par 13 kilomètres, 
dans le département 
des liass. 



Un, 



.Al|. 



ut ui 



fut ilouué au départe- 
ineiU limitrophe. Uien 
que l'on ait depuis dé- 
taché l'arrondissement 
de Grasse pour l'unir 
au comté de Nice, et 
former la circonscrip- 
tion administrative d.-s 
Alpes-Maritimes, le dé- 
partement du Var, qui 
ne touche plus dii to 
au lie 







rent se met en mouvement : elle bouge, elle marche, et l'on ne voit 
pas le moteur qui l'anime. Le spectacle n'en est que plus elTrayant. 
La masse s'avance comme une coulée délave grise; elle gravit le 
talus de la route, le déhorde et convie quelquefois de son amas la 
chaussi'e sur plus de 1(10 mètres de long. » (Vr. Noetinger.) 

Avant d'atteindre laTinée,le Var pénètre dansla. dus de l'Échaudon, 
colossale entaille de 
200 à 400 mètres de 
profondeur, au pied de 
cimes qui montent à 
près de 800 mètres au 
l'icciarvet, plus de 
1 ^ioO mètres au mont 
Vial. « Les bancs cal- 
caires en couches 
épaisses, ondulées, se 
su|)erposent avec un 
orili >■ parfait dans leur 

• 'iil.i->riiirnt gigantes- 
qur; la roche est tan- 
tôt verticale ou sur- 
plombante, tantôt en 
saillie ou en retrait, 
tiilaillée par les eaux, 
nst'e et polie par les 

• boulis, ou bien déchi- 
rée, ci'evassée, fourmil- 

ant de creux et d'aspé- 

■ités, de mamelons et 

lie oITre 

lus va- 

s, dc|iuis le blanc et 

1(1 re jusqu'au 







sur 



Hres de 



comme il convient à un torrent toujours tendu pour l'elTort, quitte 
sa première direction du nord au sud, et prend veis l'est, sousl'im- 
]mlsion de la rivière; il anime le site pilloresque d'Entrcvanj-, 
laisse cà l'écart le hameau de Gliindrr,.. ,,ni fui vilh- é|Msr,,p;,le, avant 

qu'une crue ne l'eût rasée, au xi" sir, t^ . A l'u-ri - 1 ip i scnnllne la 

Ruiidoule, aux eaux de crue rougcàh '■^, iiiri, ,^ ,\,- pin i ailles et de 
limon, que le Var déchaîné eniraiii' ri i .mM. .nj , dans srsllots ti-ou- 
blés, avec les éboulis du Gr<ih I. bs a\alaiM lir^ ,hi Ciam (ou Gians), 
fa Tinte, grisâtre, la trouble Wmi/», . '1 mu-, , i < ion rnts, dévalés de ver- 
sants i-apides et, le plus soiiv. Mit. I. 1111, |r>, r \a-.|,,M ,iii le llcuve jusqu'à 
la fureur, l'ip' l''iii|i,'h' sur fs haiih-s i i m.s iI/m haine le Cinns en 

formidables ahaU, haïr à l^ui jai s. r-ii^.'s ,ai iiuirs, à travers des 

gorges lri'ribl"s qui iI.-Imui, h. ni au-(!rs-„uis .lu nid d'aigle de Touët- 
de-Beuil. Pour le Gralr.l, dont le cours ne dépasse pas et atteint à 
peine 3 kilomètres, ce sont des champs de débris qu'il roule en fu- 
rieux : on l'a vu entasser un delta de débris long de 150 mètres, 
large de 800 mètres, sur une épaisseur de 18 à 20 mètres. « Sous la 
poussée d'une pluie d'orage, la masse de cailloux et de boue du lor- 



jaune ocreux et foncé, au brun, au noir, avec des bandes ou layures 
liizarres, formées parle suintement des eaux. Parfois nue ou si'ub- 
inent colorée à la surface par le manteau bariolé des lichens qui s y 
cramponnent, elle est parfois remplie de veidure répandue en niill.- 
b..u.|ii'|s, arbr.'s rabougris ou magnifiques pins et cliênes tordus, 
sn-|i. ihius . .iiuiiie par miracle aux fissures du rocher, arbrisseaux 
.1 ail 11-1, >, I li.'vrefeuilles, clématites, herbes délicates etparfu- 

Au pont de la Mesela conflue la Tinée, beau torrent qui roule 
16 nièties cubes en eaux ordinaires, 1900 mètres cubes en crues 
excessives. A 7 kilomètres plus bas, la Vésiihie apporte le tribut de 
ses eaux fraîches et limpides dont le vert émeraude, rougi par les 
crues, se profile assez loin dans les flots limoneux du Var, parfois 
très sombres et couleur lie de vin. Si l'on voulait analyser les eaux 
de crue du fleuve, on y trouverait, par décantation, tous les terrains 
de son bassin supérieur livrés sans défense par la déforestation des 
pentes et la dégradation des pâturages à l'entraînement des eaux 
sauvages. Enfin, sorti de la i-égion des «étroits», le lleuve court 
enli'c des coteaux plantés de vignes et d'oliviers, i-eçoit de droite 



LITTORAL DE LA MEDITL RllAXEE 



33 





[T^térim, moins 0111- 
Iioitequosesémules 



ni, IIS pciui-laiit cii- 
raissL pai-roisàrex- 
IK me en d'innom- 
1 1 ables fissures. 
^aint-Marlin-du- 
\iU, la station de 
( olomais, Saint- 
I luient s'échelon- 
ni lit à portée du 
\ n assagi. A moins 
(le 7 kilomètres sud- 
(iu( st de ^iee, il 
alt( int I i mer; les 

1 1 I.KI-TIll-M tl,S . l'ONT DE LA IROIN. ,. , . i- 

digues dont on I en- 

cliaine donnent au 

(lot cliargé de terre, de sable et de gravier, une telle puissance que 

souvent une traînée jaunâtre prolonge au loin, sous le cristal des 

eaux de la Méditerranée, la poussée du Meuve. 

Par sa haute vallée, la Vésubie met la Suisse à portée de Nice. 
Elle naît, à 930 mètres environ, de deux torrents venus d'Italie : 
le Dori'on et le ruisseau de la Mivlunr r/rs Frin'irrs, dans l'inleivalle 



domine la Cime des 
Gelas (3 13o mètres). 



Ma 




lagneux qui unit 
■0 élroile, exlrémc 



l!;,li 



Var, qu'elle rencontre rn face du villag.' .!.■ 
mètres à vol d'oiseau de son issue, qui coti 



134mètresd'aUitude, aux 
crêtes, élevées de 3000 mètres, d'où ruissellent ses piemières eaux. 
I.e Boréon, son principal aliment, draine le mont Pclago et quelques 
hautes cimes voisines ; il est grossi du torrent de Salhes. Pour le tor- 
rent de \a.ifadone des Fenêtres, il puise au vaste amphithéâtre que 



Vcsu- 
bi(\ prend le nom de 
Vésubie. Vdi-milesCi- 
lels torrentiels issus 
des champs de neige 
et despetits lacs très 
nombreux de celte 
haute région, \a.Gur- 
dijlasque est le puis- 
sant déversoir du 
massif d'où surgit, 
à l'est, le Clapier 
(3 0^)6 mètres). 

Saint- Marlin-Vi- i h t d. m criii 

subie, RoquebiUière . "-" ^■''''' '"-" i"AM..Aib, a i.iua>us. 

la Bullène, Lan- 

liisqxie, Utelte. marquent les étapes principales de la rivière. \ la re- 
monte, lorsqu'on quitte la vallée du Var, la Vésubie s'encaisse 
entre de prodigieuses murailles de rochers qui surplombent : ce 
défilé, où la route se faufile avec le torrent qui mugit, dépasse en 
beauté pittoresque et sauvage les gorges du Fier. I.e « Saut des 
Français » rappelle les exploits des farouches habitants de Duranus, 
qui, embusqui^s dans leur nid de vautour, au temps des guerres 
de la Ré|iublique, envoyèrent tète basse plus d'un traînard dans 
l'abîme. I.e village de Lantosgue ne relève plus que partiellement 
de la région provençale : l'olivier, la vigne, le figuier fructifient 
encore sur les coteaux bien exposés; mais, aux produits des ver- 
gers et des jardins s'ajoutent ceux de la forêt et des pâturages, 
avant-coureurs de la montagne. La Bullène accentue la transition 
avec ses champs de blé et de pommes de terre, ses prairies émaillées 



LA FRANCE 




Je lleui-s. Sur - 


„ii preiiKiiilcire rn 


la Cordolasipir 


]'„-lrr,lrir (illVe Illl 


pied de celle . 


,Ml|H. iiio,i|,i::m,mi-, 


étaséesmai.l. 1 


Ml.hlese..|llle h - -1 


déjà (le 1,-| vie 


M-I(.rale. l»aiis le x 


vr'siiiiie. :, -2 kl 


.iiiK'-Ues en amont. 


n"alh'i-Mt ils |i 


I-?) tiraient pai-li 


siillai eii.s. s (le 


;eiUiemont. — Cm, 


Saint-Martin- Vésubie apiiaili 


parîout une ve 


■dure supeibe, 1 ea 



eux au-dessus du d('bouclit' de 
\^:iL:e d'une rare fi'aiclieur. Au 
H'.rirhillièrc, avec ses maisons 
Mi li'iiients de la Vésubie, relève 
leii (lu Sjifrillnrd, ouvert sur la 
■ ISn^iiirtiillirif, les Roiuains (où 
•s S( mires minérales alcalines 
de la Vésubie, 48 kilomètres, 
it franchement à la montagne : 
ruisselante ou filant à travers 
cliamps par de nombreux canaux; le froment, les pommes de terie, 
le blé de Turquie, les haricots viennent à plaisir. Plus d'oliviers, 
mais des châtaigniers superbes et, dans le voisinage, de grands 
massifs forestiers : poiriers, pommiers, cerisiers mùi'issent leurs 
fruits à 1000 et 1300 mètres d'altitude. De cette résidence cham- 
pêtre, les excursions s'offrent à tout venant : vallée du Buréon, avec 
sa cascade bondissante, au milieu de quartiers de roc écroulés; la 
forêt de sapins et de mélèzes où mille coulées « ai'genllnes et pures 
sillonnent en bruissant les tapis de ga/.on » ; puis la vacherie, les 
troupeaux et leurs sonnailles, les prairies piquées de mille fleu- 
rettes, aconits dressant leurs grappes de clochettes violettes, pen- 
sées des Alpes, gentianes au calice bleu intense; dans les rochers, 
des saxifrages variés, le myosotis, les véroniques, tout cela mettant 



au front du Buréon naissant une jolie couronne. I,e vallon secon- 
daire de Sdlcscs conduit au lac N<nr, dont les eaux, d'un bleu in- 
tense, dorment silencieusement dans une conque de blocs entassés. 
Par le vallon de Notre-Dame-des-Fenêtres, on accède à l'antique 
sanel\iaiii> de ce nom. sur la frontière des hauts pcàturages, des 
cliaiiips (le iieiiie cl (les ( reles maîtrcRses qui, comme le Gelas 
, planeiil se II ve ralliement sur les plaines de Piémont et 



e Lomliurdie, et puri 
lets, du mont Hose à 
i nappe miroitante de 



sur la légion des grands som- 
( liamps de neige étincelants à 



Nice et Cannes sont (leii\- sduis ('ealoment favorisées de la na- 
ture, avec des traits et des tempéraments divers : l'une exubéranie, 
de facile accueil; l'autre moins en dehors, plus réservée, d'abord 
plus froid. Tout le monde vient h. Nice; n'habite pas Cnnnci t\Hi 
veut, du moins sans ennui. Ses IkMcs arisloeratiques, retirés der- 
rière les grands inms de leurs paK s el de leurs villas, ne se livrent 
qu'à bon escient : Airr est |iliis a\ciiaiile, plus vive, plus franche 
d'allure, moins gourmée; ce n'es! peiii ,iic pas sa moindre séduc- 
tion. Même ciel d'ailleurs sur les deiK i ii s renies de la C(Jte, même 
atmosphère limpide, même tiédeur de lau, même soleil radieux 
que les nuages voilent à regret. Mais Cannes, entièrement abritée 
sous l'écran ininterrompu de hautes collines calcaires, tandis que 
les Alpes neigeuses, réservoirs de froid, déploient bien loin sur 




JAllDIN A\tG CIERGES 



LITTORAL DE LA MLDn ERR ANEE 



35 




riiorizoïi leur magnilique décor, retient mieux la chaleur, ayaut 
moins à redouter que A'fce les bises fraîches qui s'engoulîrent par 
les intervalles des monls. Ici, en ctTet, la neige est proclie; elle plane 
à peu de distance, sur des cimes de 3000 mètres, génératrices 
d'orages et de coui'anls, dans les couches supérieures de ratmosplière. 
Euliu la ni''r de r<i»/,rs et sa plage de sable iiii se inooIrHui |,liisr|/- 
meiili's au-c |ie>iU ili>- li,ii-ii''urs que la nap|if ijr -.ilris ri ,!,• r.iillnuiis 
en pente rapidr, l'ialic au ras de la promena. Ii' un nisc ili s A iil'I.u--. 
Cnnnes, aussi bien, est-elle autre chose qu'une agglomération sans 
cesse grandissante de retraites fleuries, une sorte de cité Inxueu- 
sement agreste, propre aux amoureux du repos? A7cp, grande ville de 
134230 habitants, caravansérail du monde au temps du carnaval, 
alors toute à l'entraînement du plaisir, ne peut échapper au trouble, 
au bruit, au tumulte qu'entraîne un va-el-vient pareil ; à côté d'elle, 
sa voisine semble dormir. 

l,ec/i//;'7(deNice, encore que traversé d'assez fréquentes alertes, est 
pourtant délicieux : la température moyenne de l'hiver dépasse 9", 
celle du printeii]|is 13». lété 2'2°, l'automne 17": moyenne de l'année, 
130,5; écart d.' I liivci à lil.', 13", 2. Si Ir lln'rinoinètre, en hiver, tombe 
durant la nuitaii-.li --mi, Jr z.i ,., qui |i|ii(S heures de soleil ont bien- 
tôt fait de le laniiiMi : lei-r rai '■, plim s abondantes mais courtes, 
avec une moyenne de soixante-sept jours par an; vents d'est fré- 
quents; vent du sud-ouest ou Libeccio, chaud et humide, venu 
d'Afrique, assez rare (vingt et un jouis pai an) ^ent du noid en 
Gregaou, encore plus exceptionnel; mistral violent et glace du ii i i 
ouest, deux ou trois fois par an ; aMil et mai v< nteu\, 1 \n i H 
novembre calmes : telles sont les canctei istiques du cliinil I 
Nice. L'abondance de l'ozone dans l'an, 1 1 buse imiine chii_i i d 
principes salins sont des reconstilu ints enei^Iiques Aireposs I 
encore des vallons abrités à l'air moins Mf et plus seditif [ i 11 i 
donne l'idée du climat : son épanouissement est ma_nili [Ui, sut 
an Jardin public (dattiers d'Afrique, myi tes aiboiescents, in issils 
de caroubiers et de poivriers à grappes lougesi soit dans les pi- 
dins des riches villas où des soins paiticuli isf nf mm ilp 
pérer les phœnix d'Afrique, les bambous et li u 1 ii 

d'Australie, les araucarias géants, les fou. i il i ni 

agaves extraordinaires mêlés à une pi olusi n U (.inaiiis 1 i/ 
surtout fleurit à Nice; elle se prête aux plus modestes, conmn I i 
violette de Vence, dont les éventaiies se paient tous les p>uis m 
marché. Mûriers, figuiers, amandieis, vignobles de Belkt, d 
Saint-Martin-du-Var ajoutent aux richesses du tenon 

Il y a proprement deux villes dans Nice : celle des étrangers ou à 



leur usage et celle des Niçois. I.'illustn- l'uillon. dont les grèves, 
quand elles ne sont pas sous un Ilot di'-bordé, font la joie des 
filanchisseuses, dislingue les deux cités sœurs : l'une attachée au 
rocher du château, sur l'anse des Ponchettes; l'autre épandue 
à l'ouest, sur l'aire d'anciens faubourgs : les Baumeltes, la Cruix- 



,1,-Ma 



e, Br 

a 1rs : 



iilini. Il 



yr.,nii.. 



II. vaste enceinte que débor- 
-l'/iilijipe, Saint-Etienne, Cnra- 
iivallalion sur les gradins qui 

ilrnl à CiniK-:.. lies \oies liiees au cordeau entre de beaux 

i riililrs, (1rs lioulevards bien plantés composent la nouvelle ville. 

lui' lonmie lur (■•chelonne, à l'arrivée, ses magasins bien pourvus, 
ses In'itels, ses bazars, ses cafés somptueux entri' une .bniMi^ rangée 
de platanes, de la gare à la place Masséua, les ilrux ii-lr- Ju mou- 
vement urbain. Chemin faisant se dressent l'égli-r n. ..-.iiluque de 
N„lre-lhu,i,> et le palais de marbre du Crédit Lyonnais; sur les deux 
ai 1rs ib' ra\ riiiir, |r |niii|rv 11 d I Ml Ir.iic liage et celuî de Viclor-llugo, 
(Ir |iari r| daiili r, |iai larriii 1,1 Mllr < Il dcux portlons Inégales, dans 

re>|.ai r !■ pi isfiiiie la N.iH' Iriirr ri 11' lit du Paillou. Comiue la rue 

de liiv.ili, la grande artère niçoise de la gare débouche par une série 
d'arcades sur la place Mas- 
séua : ici le Casino munici- 
pal réunit, dans son triple 
|iavillon, les séductions les 
I lus vallées, jardin d'hiver, 
siUes de concert et de lec- 
tuie, théâtre, cercle et ta- 
\eines i estaurants et cafés : 
I m 1 m niuin cosmopolite 
|ii I iupai;nent, d'un côté, 
I /; /( iy<i(///R- aux plantu- 
i( iix massifs, de l'autre le 
square ou s'abrite la statue 
du duc de Rivoli, un enfant 
de Nice, dont le bronze, 
fondu pai Carrier-Belleuse, 
donne une belle impression 
de vit A l'extrémité du 
I II din public, dont les fron- 
1 lisons exotiques recou- 
\ient le lit dissimulé du 
Paillon, s'élève le monu- 
ment commémoratif de la 



5*^■:H■?^^. - 


W'ÎM 






||J| 


siJ-wP 


WÊ' 



30 



LA FRANCE 



réuiiinn de Nice à la France, et, plus loin, s'allonge la JetéP-pronie- 
nade, esLacade jetL'e sur le flot vers un belvédère ciiiii|">sil.- ;iih]iir 

rinde a fourni une pagode-théâtre, la Cliino un resl.iuranl, \r .ti] 

un café, les pays mauresques des salies brillantes i-t urii^iii.ib's, I., 
lirijineiiade dfs Anglais, attachée à la rive de])uis l'einbunihun- dr 
l'aillon jusquW celle du Magnan, complète l'investissement de b 
nier : ses frondaisons malingies, trop battues des embruns, m 
laissent pas d'attirer, entre trois et riiiq heures de l'après-midi 



cher clignote la petite anse des PnnrheUes, où les 




cavaliers et pronieneuis, anx layons bjenl'aisaïUsdu soleil. I.a longne 
avenue se prolonge à l'est du l'aillon, piu' le <jitai du MuU, sur h' 
front de la Vieille Ville. 

U s'étale, entre le torreni, la nit-r et b' château, dont le rocher 
alirite la petite anse des Ponchelles, la ville administrative, a\'i.>c la 
Préfecture et le nouveau Palais de justice, l'Hôtel de ville et l'Opéra, 
i.a cathédrale Suinle-Hcparate gagnerait à se souvenir que la simpli- 
cité estune vertu chiétienne. A lame Saint-François-de-Paulc, gi-ande 
artère de la ville niçoise, s'attache le souvenir de quelques holes 
diversement fameux : Hobespierre jeune. Barras, Kellerniann, Hona- 
parte. Dans le prolongement de celte rue, le palais des anriiMis 
Gouverneurs évoque la mémoire de Napoléon 1"', de Cha[b'S-.\ll)crl, 
de Victor-Emmanuel, de Napoléon III, qui nous donna Nice et la Savoie, 
avec la fiontière des Alpes. A l'autre pôle de Nice, le quartier de la 
Croix-de-Marbre éveille le souvenir du double passage de Pie VII, 
celui de l'entrevue de François I'"' et de Charles-Quint; enfin, l'an- 
ciimne villa Fnrtndo-Heinc, affectée à la convalescence de cinquante 
ofriciers des aine'es di' ti'ire et de mer, rappelle la princesse Pan- 
Inn-, so'ui' de .\a|io|inii [■ r^ qui en fut propriétaire. 

11 ne ri'sie à jieii près rien de l'ancienne citadelle qui coniajnnait 
lescarpement du Ciiàteau. Des allées sinueuses, bordées de 
cactus, d'aloès, d'agaves, égayées ç;'i et là de palmiers dattiers et de 
cliamœrops, conduisent sur la hauteur, à moins que l'on n'y accède 
par l'escalier en lacels qui se noue à la grosse tour Bellanda, accro- 
chée au flanc de la lal,ii-e, ,lu , ôlé de la mer. Au faite, les eaux de 
la Vésubie s'épanclieiii en , a-i ,ide et multiplient les filets rafraî- 
chissants : de la plate-lurme dominante, le regard embrasse un 
magnifique horizon. 



jintcs d._' Provence et rois de 
;des(;nmaldi de Monaco, s 
[aal.i en isss, et ce fut [ ■ 



rmce, sans parler des Lascaris de Tende 
eiii|i.irerent. La croix do Savoie s'y im- 
i| ^h, le^. \i trineols I" ni son allié le 
Imi-mi r : . .mire lallaque de lo43, Calhe- 
e iii'oivr. evrillaul la g.arnison surprise, 
■ Tiire .1 le crni.-.iiil, ]r loi arracliC 



Mirlulh 


■ ,1 oiiir, et de 


n IGUU, 


el ,1e Navarre, 
le mareclial de 


i Rçpul 


Iroupes sardes 
liqiie française 


nn.le,, 


à laSanlaigne. 
,lrs l,:,l.itants, 


n'ee !-,_ 


:i',(i habitants)'. 



Son port est tout artificiel : en 1750, le roi Charles-Emmanuel III en 
posait la pieniière pierre. Un siècle de travaux l'a enveloppé de quais, 
proté'yé ii'un(! douille jel.'e, car la pointe du Château, qui abritait la 
eriiiue des l'oneliriie,, le laiv>ait à l'est ouvert aux houles du large. 
I.e nom du port «si Lunnn:; une superficie de 10000 mètres carrés 
environ, compi ise entie la jeh.e qui se lie au pied du château et le 
môle opposé, sert d'avanl-poi l, eu lai— aoL 'X\ nieires de pas^e à l'en- 
trée, tandis que l'accès i\\\ poi i Im-iMénie e-t laii.'e ,|e 07 nielies. I.a 
nappe circonscrite convie !j beitarus et demi; sa [uofondeur est 
de 7 mètres à l'entrée par basses mers, de G"",f!0 à l'intérieur; la 
longueur de quais utilisable dépasse 1 000 mètres. Plus d'un millier 
de bateaux y entrent annuellement en relâche. Le mouvement 
commercial du port de Nue le range après Cotte et Marseille. 



LITTORAL DE LA MÉDITERRANÉE 




l.e nouveau quarlier qu'il anime se relie, par la place (buste de 
Cainol) et la rue Cassini, à la place Garibaldi que côtoie le Paillon, 
dans le voisinage du Muséum d'histoire naturelle. 

La nature, complétant l'œuvre des lionimes, a ouvert à colé du 
port de Limpia, entre les escarpements du mont Boron et la [n'uln- 
sule Ae, Saint-Jean, le magnifique bassin de Villefranche : on dirait 
un bras de mer creusé artificiellement entre des falaises abruptes 
qui le protègent de toutes parts. Sa grande nappe deau tranquille, 
d'accès commode par tous les temps, inaccessible aux tourmentes 
et gardée par le recul contre les courants littoraux, avec des fonds 
de 20 mètres devant la ville, offre un admirable mouillage aux plus 
gros navires et à nos vaisseaux ib- i.nieri-e qui 
viennent s'y reposer, dans fini' i \ il ■■ '!•■ j.urs 
exercices, l.e Piémont y enini. ni ii |;i.li~ une 
flottille; mais les anciennes euiisUu'jlinns, 
qui avaient été élevées dans ce but, ontdepuis 
longtemps perdu leur intérêt. La rade d'ail- 
leurs manque de l'outillage nécessaire à un 
port de commerce. Villefranche, suspendue à 
ilanc de montagne, comme au temps où il 
fallait se garer des corsaires, est trop peu 
attachée à la rive et trop voisine de Nice l'ac- 
capareuse, pour attirer à elle mieux que de 
petits caboteurs faisant des opérations de 
transit tout à fait locales. (4 740 habitants). 

Des deux grands môles naturels, projetés sur 
les lianes do la rnde de Villefranche, l'un, celui 
de.S'i//»/ ■J'''iti . qui iiointeaucff/jFerra/.s'avanc-r 
de 4 Uilniinli .-^ ni mer; l'autre, formé ]iar le 
mniit li,.:nn. |ii i'liiii:;ement du mont Albun. du 
Vitianirœr et du iiiunt Gros, olfre une sailli'' 
moindresurlellot,'2kilomèlresl iàiieuprès: 
il s'incline vers le port de Limpia et le ch.ileau 
de Nice. La défense de la plar'' .i mi-; r.-u.- |m.- 
sition à profit en édifiant, à 1- Il ' 'i 

tude,sur le»ion/l?oTO«, les b.i! I - m 

et celles de Cauférat au front il'. 1.1 | inn-uh' 
Saint-Jean; en retrait, le fort dti Mont-Alban, 
dont les feux passent au-dessus de Nice, se 
relient à ceux des ouvrages du nord et du 
nord-est, et battent au large la Méditerranée. 

France. — II. 



Nice est le pivot de la défense française du sud-est, appuyée sur les 
.Alpes. A 10 kilomètres nord-est, le fort de la Têle-dc-Ckien fait front 
contre l'Ilalic, du haut d'un escai'pement de b7b mètres: diessé en 
face et au-drssus de Monaco, il balaye la route et la voie ferrée de 
la lîasse-Corniilie et le large jusqu'au cap Ferrai. Le fort de la Ro- 
vère, la batterie des Feuillcrins et celle de la Drelle commandent, 
en arrière, la route de la Ilaute-Corniclie et croisent leurs feux avec 
les forts du Mont-Chauve de Tourettc et du Mont-Cliauve d'Aspre- 
munt, juchés, celui-ci à 8o2 mètres d'altitude, l'autre à 783 mètres 
sur l'échiné séparative des vallées du Paillon et du Var. L'ouvrage 
de Colomars et, plus bas, la batterie de Saint-Jean-dc-la-Rivicre, com- 
plètent leur action sur le Var. 
Enfin, les avenues éloignées de la place, 
coupée des défilés montagneux, sont gar- 
dées par le fort du Barbonnet, à 23 kilomètres 
nord-est de A'ice, 2 kilomètres sud-sud-ouest 
de Sospel, sur un roc isolé qui commande le 
conilucnt de la Bevère et du Merlanson, de 
le !)l)0 mètres; les défenses de VAuthion, 
dbmirlres au nord de Sospel et 4 kilo- 
s 1 2 siiibiniMit de lafrontière italienne, 
I - i'MWM.' >t\r M illrf(iurchese\,àe\a.Forca, 
I' ~ ,1 JuMiuii II I - «l'altitude, sur la crèle 
Si |i,ii ,iiiM' ili' 1,1 Ih\i II' et de la Gordolasiiue. 

Vris loiicsl, InUMiiL'e (le Pininrvet, sur UU 

Ihienldu VarctdrlaTiiiér, avec la redoute de 
Bawna-Nn/r,i; en arrière d/Cnlrennu; sur le 
Var, et de Cohnins, au boni du Verdon, points 
de ravitaillement sur la lii:ne de communici- 

on entre la déreiisc prnMuu-.ile et celle du 
tienèvre, par Touriinux il Hn nuon. 

Ia>s environs de .\ii !■ nll i . ii I :ni\ |>romeneurs 
nii.iiils biils du pioiiii iiiule. Sans parler 
.II' Il > ' /> -■'. dans la haute vallée de la 
\ , Milh . \ 1,1' iMii. he, sa rade et la côte Saint- 
i. iiilii u ;iiiai:lié à la rive, dans un cadre 
africain : C'i//ut;,sesvillas, ses ruines romaines 
et ligures, rOisen'(7<où-e du Mont-Gros, l'abbaye 

3 Saint-Pons, vieille de douze siècles, dans 
un site adniirable siir la vallée du Paillon; 




38 



LA FRANCE 




Tourcttc avec les ruines et la giolte de Chàteauncuf; la grutle de 
Saint-André, ses cascatelles et son cours souterrain; la cascade de 
Gairmit où saute la Vésubie; le Vur et sa haute vallée pittoresque ; 
les étroits de VEsléron; Caf/iirs: Vencc, ancienne capitale ligure, 
cité romaine, avec une partie de sa vieille enceiule. su catli''drale 
élevée à la place d'un lfNi|ilc i\i- Mars; les gorges du Lmij), elr. 

DE NICE A LA ROYA 

LA CORNICHE 

L'enchantement de Nice jiouisuit à l'est. Sous la poussée des 
grandes Alpes, les falaises calcaires qui leur servent de contreforts 
seirentde plus près la mer; la côte, dressée en espalier contre les 
rayons directs du soleil, prend de plus en plus un aspect africain. 



Brisé par TEstérel, émietlé par les arêtes 
des hauts sommets, le mistral n'arrive plus 
qu'à bout de souffle. D'ailleurs, les cou- 
rants froids du nord, qui rayonnent des 
champs de neige, tombent de trop haut 
pour atteindre la base des monts; ils pas- 
sent par-dessus la côte, et Ton voit la ra- 
fale s'al'.illre et PMulevr-r les vaiiues à plu- 
sieurs itiiI:, i iir, ,],. iii.'hrs ;ni 1,11-.'. Aussi, 

dans cdl.' -- li.m.h- ii,i-r,. pai- la 

nature, l.i v'-iji-hili I.^s Irnimiues s'épa- 
nouit-elle àplaisir. Dès Toulon, le iKiluiiei', 
l'agave, les arbustes épineux se nu lent à 
la flore indigène ; mais ce ne sont là que 
des nianileslations isolées. Il faut Ilyères, 
liormeset Cavalaire, Sainl-Ti'opez, Cannes 
et Nice pour que la végétation exotique 
s'aflirme avec vigueur, jusqu'à transformer 
la pliysionomie du pays. Menton en est la 
fleur. Le cilronnier, cette sensitive qui 
souffre de quelques degrés au-dessus de 
zéro, et meurt tout de suite au delà, pros- 
père ici comme nulle part ailleurs : le 
_ , même arbre porte en tout temps des lleuis 
1^ ,^ î et des fruits à divers degrés de maturité; 
Sicile ni les Baléares ne lui oiïrenl 
(les conditions climatériques plus favora- 
bles. I.a iiTolte se fait ilu 'l"' janvier au 
;il d'iiMidire, et cela vaut au Mentonnais 
di' uiiiiiliii'ux millions par au. Cette côte est le triomphe de Vulivier. 
Au Ih'u ili's (bi'tirs arbustes étages aux premières collines de Pro- 
vcnic, il prind ici des proportions magnifiques. De Beaulieu à 

M'iii'iu. lis II ;s noueux, dontun bon nombre prit racine avant 

les CK.is.hIc-, il quelques-uns peut-être virent passer le légionnaire 
niuiain. siniblmt indestructibles : leurs fantastiques rameaux, 
gros rouinii' drs arbres, engendrent une étrange futaie qui fait 
songer à la forêt enchantée du Tasse. On voit de ces colosses dont 
le tronc mesure plus de 12 mètres de circonférence, tandis que les 
branches maîtresses montent à 20 mètres de hauteur. Un nouveau 
venu, Yeucah/j)Ui$, mêle ses feuilles d'un vert bleuâtre à la fron- 
daisuu argentée de l'olivier; découvert seulement à la fin du 
xviu" siècle par le botaniste La Billiardière attaché à la croisière 
d'exploration envoyée à la recherche de La Pérouse, acclimaté en 
Europe et en Afrique vers 1860, cet arbre prospère aujourd'liui sur 
le littoral algérien et se voit sur toute la côte provençale. 11 jaillit 
plus qu'il ne pousse, et en 




peu d'aunns pi iiki urs pro- 
poi-tions gi:;,iiilr>i]Ui's : ses 
propriétés lliura|icutiques, la 
dureté de son bois, sa faculté 
d'absorption le rendent pré- 
cieux comme desséchant et 
désinfectani , surtout dans 
les bas-fonds alluvionnaires, 
encore mal colmatés, qui ac- 
• "iiipamient presque tou- 
piiii-. l'embouchure des tor- 
1 1 II N.pn'-cipités de trop court 

I I ib- liop haut, par les mon- 
i,ii.'iii s lillorales. A peine est- 
il lii'soin de dire-que l'admi- 
i.ibb' ibiuceur et la fixité de 

II ti'iii|ii'rature font de tout 
. ■■ p.iNsle paradis des Heurs. 

De ÏSice ou plutôt du cap 
Ferrât, son avant-garde au 
soleil levant, le ruban litto- 
ral se déploie autour d'une 
double conque azurée : la 
première jusqu'au cap Mar- 
liii : la seconde, de ce point 
au ('.(/i d'.\ nijjc'/lio, promon- 
l-iiv di' lioidigliera. Dans 
rh.ii|iii- riubrasiiro, un bel- 
védère avancé festonne la 
côte : entre le cap Ferrât el 
le cap Martin, le cap d'Aglio, 
projeté sur l'horizon de 



Linouvr. Di^: la medi ikuuanêe 



39 




Itraulicii et d'Eze, du côté de Iniiol ; Moii.ii .1, la Tiiiliie, Cabbé- 
Uoqucbnuii', du côté de l'est. l).iiis l'iiitri \alli; du c»/) Marliii à celui 
i\'Aiiijiei//iu, la pointe de la Mortula des>iiie à son tuur une double 
baie, dont le fond est occupé, d'un côté, par Menton, à l'emboucbure 
du Caret; de l'autre, par Vintimille, que deux torrents, la Roua et la 
Nci-fia, séparentdii promontoire de Bordigliera. La France finit à un 
|)('u plus dr 2 kilomètres par delà Menton, au pont Saint-I ouïs 

Deux mules desservent le littoral, l'une allai liée aux sinucisil, s 
du rivage avee, la voie ferrée, l'autie mouli'e aux ( m les et (ouiuie 
suspendue au->l<--n< Jrs , il, iiiies: c'est la iiiuii ih h^ // A Nip^ 

léonl^lalll -111111. \.is 1806: ellesuit, ( \ |i .iiinNi dli 

Turbie, le Iim' i'- de r.mrienne voie Auu lu iiik , li nul ( le iiiiii 
d'Italie en Gaule, et rallie sous Roquebniiie la \oip lilloi.ile diii^^ee 
vers Bordigliera, Savone et Gènes. 

Eze, la Turbie, Roquebrune, bien qu'oUM 1 li s sui 1 1 niei , pi inent 
sur dessommetsquiles relient natuii lli un iil I \\( nu In bsdinx 
dernières surtout; car Eze, hisst e d m- s, n m | | ii_| n s 1 ii- 
taclie proprement à rien. La pjiamuli i^ ,1, 1 I epu 11 - - m u- u- 
s'accrochent, autour d'une 
étrange ruine, domine la 
mer de plus de 600 pieds: 
l'atteindre de ce côté par le 
sentier qui monte au caprice 
des courbes, au hasard du 
vide, peut passer pour nu,- 
véritable escalade. " L'slill'- 
delamontagne y desei-nd. ni 
pourtant, la cruche sur l,- 
paule, pour porter leur lait 
au marché : un faux pas les 
précipiterait, mais elles sa- 
vent leur sentier par cœur. 
A mesure qu'on monte, la 
pente se redresse. Les mai- 
gres sauvageons, les buisso n > 
rabougris ont disparu; le 
mont devient muraille, mu- 
raille rougeàtre, ocrée, si ri i'^, 
abrupte, dont là-liaut, bien 
liant, la ligne de faead.-s eu 
surplomb ne semble qu'un 
piolongementgéologique. On 
arrive enfin; on pénètre par 
une sorle de chemin de 
ronde : voici la porte qu'ont 
Iranchie les Maures, après 
César. A des fentes tortueu- 
ses, à des ruellesmisérables, 
la roche, grossièrement apla- 
nie, tient lieu de pavennuil. 
C'est encore la roche i|iii. i\<- 
ses assises naturelles, 1, n un- 
ies prodigieux degrés luuu- 
tant à la citadelle; c'est elle 



toujours qui prête des soubassements aux maisons, et ces mai- 
sons, reliées entre elles par d'obscurs couloirs ou par des roches 
entre-croisées, ne font qu'un agglomérat unique, digne couronne- 
ment du luoiiolitlie. » (Sléplien Liégeard.) 

La Turbie groupe les ruines pittoresques du château des Lasca- 
ris, un svelle campanile et le tohu-bohu de son vieux faubourg 
loupe de 1 utiles et SI elle d ail s-boutants, au pied de la tour ou Tro- 
phe (rAïu/iiste. Elle lui doit son nom. La langue grecque diuninante 
sui le litloial l'.ippi lait Tinpnia Sebastou, d'oii Torpea, Torbea, 
liiilii I s| I m el il< 1 1 petite place, oïl se cliaufTent les vieillards 
it pu iil I s IiiiiiImiis I oinmande un abîme vertigineux au l'ond 
duqui I I iMuiiii il! Mil de Monte-Carlo et se détache Monaco sur 
son 101 bel, semblable a un |Ouet d'enfant. 

Au-dessus de la loute de la Coi niche, Roquebrune se suspend à 
la montagne une lampe d'accès y monte par des pentes un peu 
iiiilis jusqu'aux polies en ogive qui ouvrent la cité : des arches 
nii-siMs piotegent contie les flèches du soleil le labyrinthe des 
m - n I Tilois le nncaihm est lemplacépar des escaliers. En haut, 




L\ FRANCE 




iliniscs glissoires, ou jamais 
une voilure ne s'avenlura. Du 
Iiaut d'une plale-fonnc, l'é- 
iïlise Saint-Michel, bàlie 
avant le xiv» siècle, et sou- 
vent depuis réparée ou 
ai;randie, dresse au-dessus 
des quais son campanile à 
trois étages que termine un 
petit dôme. La porte Saint- 
Julien, reste des fortifications 
Téodales, rappelle le temps où 
l'on vivait dans l'appréhen- 
sion des pirates. Quehiucs 
débris, enclavés dans le ci nic- 
lirie, subsistent de l'ancien 
I h.'itrau fort, élevé en 1502 
Mil b s r,,iidriii..iils d'une ci- 



II est 



lir;,dpjy'v,/o/i,LMi utilisèrent 
les assises pour construire 
li'ur résidence de Carnolès. 
Mciitun fit partie intégrante 
de la France durant la lié- 
volution et l'Empire, mais les 
traités de I8I0 le rendirent 
à Honoré V. La révolution 
de lo-iS déchaîna cette ville 
et Roquebrune contre le 
prince de Monaco : cela fit 
une petite répuldique aulo- 
iiome jusqu'au jouroù le vote 
unanime de ses liabilaiits 



des mil. 11. 
seul 1 un 
chu lu I - 

Menton 



11 chemin de 
lels la Franc. 



I 11 lltche sur un promontoire, 
au 1 l ui lu i| MiiUn C est une enchanteresse, 
sani I Ni ((.!(( urnes, moins en dehors que 
s m uni c, plus douce a ses hôtes que l'arisloiia- 
tiiiue lesidence de la ISipoule. Son airsalubrc.lrs 
bnses chaudes qui, dans la traversée de la iiut, 
ont tempéré leurs ardeurs africaines, attirent en 
ce coin de terre béni du ciel une clientèle amie 
des reposants loisirs. Ce n'est pas que Menton 
n'ait aussi son Casino municipal, sa fête des fleurs, 
son carnaval joyeux; mais sa radieuse nature sur- 
tout exerce un invincible attrait. La moyenne 
de la température mentonnaise est de 10', 3 pour 
l'année, celle de l'hiver 9'',fl, du printemps 15" 3, 
de l'été 23°,6, de l'automne 16°, 8. Rarement le 
tlierinomèlre descend à zéro, et pour quelques 
heures seulement. L'extrême chaleur ne dépasse 
guère 311°; quatre-vingts jours de pluies-averses 
ont pour contre-partie deux cent ipiinze jours de 
ciel sans nuages. Un vi'iilalib- ciniiie de monta- 
gnes enveloppe Mcnlnn, dr la ( ii-lc de VAgcl à 
l'àpre chaîne du Granuiuntl. 

La saillie de la vieille ville, qui projette un 
vieux bastion génois à la racine du môle recour- 
bée sur le port, dessine, dans la baie tendue en Ire 
le cap Martin et la pointe de la Morlola, deux 
bassins au gracieux contour : celui de Garavan, 
à l'est, très abrité par des falaises; à l'ouest, le bassin di: Camulès, 
que bordi'ut les alluvions apportées par les deux torrents du Curn et 
de Burrii/o. C'est, de ce côté, une promenade sans fin, à ileur de 
rivage, douce aux amis du soleil. Une avenue la double à peu de dis- 
tance, l'avenue Cnrjmf puis Fi'Ur-Fiinre, qui chemine sous le nom 
de vy\QSamt-M,rhrl iii^.nfiï ril„lrl d^- \ ill.', ani es avoir smié sur sa 




route le Janlia puhl,,, [-■s Imlrls, i,.s mai^.iMus !,■ inmi^mind. cmiiinr- 
inornlif de la réuui.ju de Mcnluu à la Fiaiic, et laisse uu peu à l'écart 
le Casino, à portée des grands caravansérails cosmopolites. Telle est 
la ville neuve. A l'escarpement que couronnait jadis un château 
fort, le vieux Menton noue le réseau serré de ses rues étroites et 
sombres, ses escaliers, ses voûtes, ses contreforts, sur de hasar- 



EN VIRONS DE 



rattacha les deux villes à la France, l'ar le traité' du 2 f 
Napoléon III rachetait au prince de Monaco, pour la soiuiue 
4 millions, tous ses droits sur Menton et Roquebrune. 

Le citron (30 millions de fruits par an), la violette double (t; 



SGI, 
3 de 



pou 



m p.- 



rfum\ 1 or 



la parfum 
autrefois 
370mètrr 



... I,.. 



la .. Vvz. 

il~. riiin 

I-: 1,1 m:. 



ir, ajoulent aux ressources du sol. Le port, 
' d'échouage, offre, à l'abri de sa jetée de 
de 6 à 7°", 50, aux caboteurs surtout et même 
(18000 hahitanls). 



L ITT on AL DE LA M Kl) m; Il II A NKL 



41 



> environs 1 

a.'s i.uis.i,. 



Iiiiit au cap iMailiii une s: 
lu\uiiante parure; soit ver^ 
('•iiihio, camp reiranclié tli 



m\ peu 



stilh, 



les incruslces dans 
re; — au vnl de Mcnto 
veilleuse Tempe Je ja 
et de fruits, dnnt 1 
isses, commeen un pi i 
[is (lerpétuel, proili-'ur 



^; — a L'iil' 
■paire bast 
l's, de porl 




^ 


SSjjk; 




lafâ^il 








■'"-^^- 



PRINCIPAUTÉ DE MONACO 

r.lal s..„v.;,;,in, lu,. ,h~ |.ln- p.lils ,|ni .M„rnl, la 
principauté de Monaco [ i m nu. i ih I i\ ,■ il. :i kilo- 



niiiois abui'dèreiit avaii 
de Irai- dieu Mellcarll,, 
r. Mrll.nrih clait le ilie 



''■ : I <Mi|i"ilr-[iiece, 
:s tjrecà ut laissèrent 
témoignage de leur 
fiM-t et sans rival, le 

: o'/ - - iil :, la mai- 



aucun .111': ( i: 1/. . -' ' ''' \ Ir port 

,17/(';v«/r .)/..„",...■, .1 ..Il I..II .1 I m, . Il ,ij.,i.l ml !.• sur- 
nom : Mojiuiuos, Monaco. D'autre part y.ovo; veut dire 
aussi nioiue. Par ce singulier rapprochement, deux 
religieux ont pris ]ll.^ce dans l(^s armoiries du prince 
lie.!/"//./.", j l:i lil.H'. ili r.in.i.n dieu pliénicien. 

A t; 11. - 111 1. --Il- .!ii n.it, le bastion naturel 

ilr .l/"//".'. |...iM ni ji.h- ij.ihr toutes les attaques: 
aiiciiii iii.hri II. lui pliiv ili-puté. Quand tomba Tépée 
tutêlaire de Cliai'lruiagne, 1 s Sarrasins s'en empa- 
rèrent. Après l'empereur germaniiiue Frédéric 1", qui 
!c cédait aux Génois en 1t.'^2. des maitres divers s'y 
,.iL'riii|H'n.iit ri ni lirrnt un uu! -'i- [i:i-il ■^. l.cs Gr'nnaldi, 
, iiiiii. i|..mI ]. - |ii.iiii.i- . "1 : ilcnR'ut bataillé 
, ,.iiii .■ |, - >.ii r.i-iii- |...ii! I 1 . lu.'Ut de la cote 

l,i'..\..ii.-,ilr. V cur.i.iiiri-. ni i u ..,.1. .- ils y tiennent 
eiuui-e, malgré 1rs iiivasiuiis. les truites spoliateurs, 
li^s révolulions qui ont traversé leur liistoire. 

A Jean II, prince de Monaco, son frère Lucien se 



.|lll|.: 



par 



fossés; ~ enfin et surtout par la cote de Garamau, toute constellée 
de villas, vers le pont-frontière de Saint-Louis et les fameux lio- 
chers-nuiiges. Dans les cavernes des Baoussé-Roussé furent trouvés 
|iar M. Rivière, en 1872, et par M. lîonfils, les squelettes complets 
d'autoclitones contemporains du mammouth, du grand ours, du 
renne, de l'auroclis et autres carnassiers de grande taille dont les 
redoutables maxillaires ont été recueillis à côté des pointes de 
lléches, des hameçons, des silex tailles, qui furent l'unique défense 
lie nos lointains ancêtres. 

Vu d'en bas, le pont Saint-Louis est écrasant : celte arche audacieuse 
de 22 mètres d'ouverture, jetée sur un précipice de 200 pieds, est 
faite h la taille du rénovateur de la Corniche, Napoléon 1" (1806). 



hommes 



iri-i. .lefer 

renforts du duc de Savoie (;! de :i iioo lionunes 
envoyés par Louis XIII, eut à la fin raison 



F R A N G r 



des Monégasiiues, appuyé 
do bonnes troupes franc: 
de ratla(|uc : les Génois se retirèrent. 

Auguslin Grimnldi, évcqur de Crris-^r, fr.rr .1 liri-ifirr de Lucien, ayant 
mis sa principauté sous Ii -uiMuiiVr .!. I i.: : i: i ii ules-Quint, les 
rois d'Lspagne furent niailiv- <]r i;..»./. .. li. .i.i |.i ! un siècle. Mais, 
en ICiOt, le prince régnant, ;;.-»e,v //, v.inl.inl . limu. i .1- mnitre, fit appela 
f! ici I (dieu, mit dehors par surprise l;i garnison espagnole et des soldats fran- 
eais dans la citadelle. La Révolution annexa toute la principauté deil/oHnco; 
iloquebrune et Menton (15 février 1793); les traités de 1815 la confir- 
mèrent aux Malignon-Grimaldi, sous la garantie du Piémont. Honoré V 
rentra dans sa capitale, mais n'y resta guère. Au prince l'Ion-Klan /-"■ 

4. 



LA FRANCE 




son sui'i-c-seiii 


, M.'ntn 


leur lilii 1 Ir. O 




radji'l. - . Il l^ 


1 |M, 1 


danrr, . . iMiih 


1 il |lll 


Cl-sl 11,1- 1 11 




pour 1 1 1 iii- 
les (inl -II- . . ~- 


l\- llh Ml 


cet ei;i, 1 1 - |. 


1- 1 


rin, (1- 1 -Ui II 


1- 1 > 


Danir IMi 1 1 


- - lll _ 


prési'iil- 1 ni II 


|ll- Mil il 



ijui-brune, soulevées en IS'iS, armclii-rciit 
it li"^ droits féodaux bur ces deux villes, 
ir Napoleoii 111, ne laissèrent au prince 
reconnaissance formelle de son indepen- 



que ceti 



lutte inlassable dcî Grimnhii 



^-(Juint, etc. Des hôtes illustres . 
1 palais. Louis XIV s'y faisait re- 



ilus, le palnis princ 



\li-i 



dessus de l'isthme qui l'attaclie 
duit; des canons de tironze iii 
parapet qui bnrde la place <V i. 
guerrii r. 'i 1 i ]i- it- inini qnli - 

tion, il- ii\ il 1 1 - iii\ - I. ^ -ni ~ 
portr.iiU il-' I I I Il |ii il 

nouvellecathfili il- s,,,„/ \,- /, i-lnni l - n -l \ I- rninar 

byzantin. A l.i pi i_- -lu :_i i- i n \ li i ~ m -|iji - m- m \ - ni i - I lier et 

côte, un quarlier 11 -iil, 1,1 c'"H'('('/(//(e, & i-^t -ill n li- . I- m -ni-li-' r-iin 
terre en ce petit tlat est un trésor; aussi ne li I n--- i --ii ^n i 
emploi. C'est ici le grenier d'abondance de la jn in- i|i ml- . ---in--iil-l 
vins, épiceries, boulangeries, magasins, tout s\ li-nn ■ i ii-lr -I- i-- 
logements, de retraites accessibles aux bourses modestes; des Theriii 
^'élèvent au bord de l'eau bleue ou clapotent les canots amarrés, non Ir 



lua autrefois retiré qu 
il des villas, sous larcin 
lu n- au cœur des Moné 



(;--lil- W -»., - -|ii iM ml \ --M -nli- I I n i|i|ie .-i/urée du port et le ciel 

!■ -ij-liit 11 I- -1-1- iLihs- mil I, I- Monte-Carlo, ses terrasses en 

I i-lin- -- - m i--ils cxoliques, ses palmiers frissonnant à la brise, sorte 
- 1- 1- •- n I I IL M'i's le Citsino, temple de l'or, dans un écrin do marbre. 
l-iii-ii\ \l.iii, .(s-yHi-ç/ 1,'étranger pourvoit à ce que la terre, faute d'es- 
,111- n- -mini I. iir il.-nn r : ils n- r--niiii---nl |.i-le rude et trop sou- 

nil \i\ii\ il I il 1- - - Il iiii|is mi I - -1- II! % -lu ciel, ils ne sèment 

-is, I ( |..-iii I ml I I 1 1 I --II-- -ili -u-1- I i I 1- I II- -I pirr remplace la faux 

t Ir 1 il- III lin iii-ns---iiii-'iii- \uss| [. nul ,1 inqinK . ni celui de la terre, 
1 1 - lui -In --iiiii, m IIS srni •inrnt la jiiie de vivre sous le plus beau ciel du 
i-iiil -1 l'is lin {iiiliii Iniijours fleuri. Gomme l'on comprend que les 
I > I , n . s-,1- iii j il-ni\ de leur indépendance et tiennent à rester ce 

Trophée d'Auguste.— Vu-dessus du royaume de 1 or, la Tuibie, sui 
-m 11 il( nu expose à la morsuie du noid, semble une Sibérie a cote de 
\ln-|iii I .• \ill.i-e est piiihe soi di s piecqHL.s dais \\ n^n-n di - pins, 



al:/inic (,iilli,( » — .. J„s,pi u I I Ihilie idiis Inin In l.inile Tous I, s doi u- 
ments géographiques de 1 antiquité voient dans cet emplacement la fion- 




;11APELLE DE SAlNTE-DlLvOTE 



s SALONS DE JEU, A MONTE-CARLO. 



LITTORAL DE LA MÉDITERRANÉE 



43 



lieie natiiielle (Ils deux piN-^, et tu i 
nous inipoile exUcniemenl A"? aux 
yeux même des Romamb, comme tous 
Ici comptou'b grecs éclielonncs de 
Monaco a Marseille, appartenait au 
httoial des Oaules. 

Noiisna\ons plus que le bquclotte 
ebieclie du no/i/KPr/ liiqtnie I a des- 
cnplii'ii il 11 I , I r I P 1 fi 111 



tiscaii 
les > 



liarbaiesdouncientlcspi 


eiiiici- coups 


Tout le \ilUge de la h 


>b,e est con- 


struit de SCS debiis di 


is la limon 


nerie du imii 1 " ml 


1 ht 1 lu 1 


trouM- m 1 h 1 in ni 1 




dedu 11 .1 IN 1 |IM 




Jolîlull. \hillii 1 1 1 


IiIm 1 s II 


Cheoln.n „l 1 


hlii 1 < Il p 1 



iiq pour 1 1 



num 



- I' 



resli I 1 1 ' \ "-l< lis neul 

frajiiii I I MiMe.li 

Saint I I ! I I '' 'pliLt' 

servie ni I I I M| I K et, au 

MX» SU I il uuL gi ludi tiiiii ( renelee 
surgit du milieu des ruines Les rexe- 
tements de marbre avaient été dispei- 
ses . plus d'un palais de Gènes en recelé 
quelques-uns. D'autres servirent à la 
décoration du maitre-autel de la vieille 
cathédrale de Nice, où tout saula sons 1 
par les boulets de CatiiMl, |m nd ml Ir ^ 
Tel qu'il nous est ii,m\. mm. , i lu n 

Trophée d' Auguste est mm jim \ 1. i 

Ces pierres ont vu p.i-^i i h - Irj ..n- ~i 

du peuple dont II |iiT- MMMli I l' -il ni r. p;- m nil r.irli Ii-im 

nous le représi-ii'i' 1 1 ii. 1m-- ml T - \I|ir. .: im- I : i._i l.-s m 

dessus de ternhli - |ii - Min.-.- , m . -t |, i- un m ■ 1 1^ ■ - mi- imi-mm 
çons d iiiiM v-iM' |iMiMili\ i' rc:r.iM\. - . I ri II -iir |. -,..!<- .1. l'i 

dont piirl Ml II- ;iiil. iir- .im i- ii-, iiMi r- h ni I mm .i I nili ■ h - . 1 ih 
phéniciens, l'cul-cli'u ukiiic ce cliuiiiiu, un peu pn iLikni ili'iu 
vraisemblable, ne fut-il qu'une ancienne pisle tracée par les Li 
de temps immémorial, occupaient tous les promontoires de la ci 
du Rhône. 
'Voie Aurélienne. — I.i- t; .iin~ n'rniinl ipi'.'i snivn-, el nn 

comme iMI\. |iNl-.[il n.iliv i.MlIr ,|r 1,, Inriurh,' nnllr MMl nili 

cienne ("/,• .l/jr.,,, "i/;.-. Il r.iil ni :im\ I; .liiis 




r.'.ll. 

guré, méconnais 
les choses qu'il 



1,1 ri. Ml.' Il iM- II. Il |... 1- lil n-iilli' àCabasse 

I i!rf,-n, < l I '. 1...II. Il ni ,ï Aix [Aquœ 

rn ,lrM\ l.i .- .1 :,i 1 ii . 1 i II u . -MT Marseille, 

p.Li- le IrM.x.i- ij. 1 I I iiM, i.nl!.:iil dans .4i7e.v, 

ivait. 

daires greffés surlai'Oj'e Aurélienne ouvraient 



par exemple la route de Vida 
1-e côté du Verdon, à la i 



ii-i. III - \ .1. - r II! I II- - Il iM I -Ml iil II'- A l|ies dans la direction du Rhône. 
in I II', rilli' il II ,;...,,/(,.;/.'/ .r, ([Ml r.iyniinait suv Arles par la Durance, 
le col de la Croi.x-Ilaute et la Drôine sur Valence, par la Romanche 
Vienne. Au nord, les deu-^c routes du Pelil et du Grand-Sainl-ISer- 
I, l'une par la coulée de l'Isère, l'autre suivant, depuis Martigny, la 



ni.i 



l-S de 



l~ /,' 



conquérants de la (.;iiil. 




-i'in r..i]lii'i- ipii 


leur permit de porter 1 


'S le^ 


nm, I-Mplilrlrienl 


d un point à un autre el 






taillement. Le consul .1 


(,.'/,, 


,' (■..//.(. en eiin- 


struisant la route lilln 


il.' 1 


' l'i... lui 


laissa son nom : la vi 


1 




Oux'erte d'abord de l! 




1- ;.' .I.Mlijee 


jusc|u'à Gênes, puis 


M- |M 


II', \:p. -, elle 


atteignit enfin le Rhoiu 


. Pur 


Va, II,,,, II,: Men- 


ton, la Turbie, elle traversa 


t l'exti-èine snn- 


lè\-ement des .\lpes p 


r le 


m.ilit .l<,e/. ^,'1- 


gnait r;,„;,':. .-.„■ Xi. 


, ei. 


i.lii.. plii.eeenne. 


alliée ri lui 1,' ili' \ 






l'exeinpli il. - h.'i 


,,|, , 


.11-1 r\ .' ses usa- 


ges el -1- I..I- 1 ■.|Mi 


l:..M 




àsongre. De Ciinicz, lu 


■tiliec 


par une enceinte 


ligure, la voie Auréli 


nne 


gagnait Aiilihes, 


arsenal de la flotte, fila 


itdrr 


itpar Cannes sur 


la N.-iiii.iil.', |..'mI .'II'.' A 


ni'ibi 


m Ilorrea belli. 


grenier-. 1 i|.|.i..m- m 

car ivi.i|,- . ,.ii .,. .. 
néraii-e i'i.mmum .■ -...i. 


,l.'-i 
e lin 


-liour la guerre); 
^nee par 1' .. Iti- 
11 de ad Ilorrea 


reste incertaine, bien i 


ne d 


i récents travau.x 


croient pouvoir l'attrib 


ler de préférence à la 


Napoule. Ici. serpentant 


pnro 


niche, le long des 


falaises d.- ITs/,,...'. pli 


^ |..ii 


f, ini^cM,., enlin 


toute ili'..il.'. 1 1 l'.Ml. .1 




,, /■ ' ,. .'Il'-e- 


nal civ,. |i II' 1..'- M' Il 11 


\ . |. 


r \m_i,-!.'. pnnr 


le ravil.iilli'iiMMl dr- 




- el il.' Il IL.tte. 


La voie Aurélienne ^' 


■nlon 




pays, tournait les Mm 


res 1 


ar la courbe de 




44 



LA FRANCE 



toin 
Do„n 



aiUs du lil 
Ions lubin d 




I ' li-iiKb et 

I' " 1 1 1<^ pi 

I I pi, M, , ns et 

„ILlb tu LltUt d la 

mode antique leurs 
iniqiips vnrIcmagL, 



RUINES DE (JIMIEZ, PRES DE NICE. 



llullL lu 


11 IIIIL 


ma 


uns et 


legionn 


au es 


1 hrmim 

1 1 iii 


™t de 

1 1 II 


con- 




1 1 i_ii 


s de 


1 1 1 1\ 1 1 


III III 


1 Uld 


tlll.lllU 


du hlume 


chemin 


ouvei 


au 


cœui m 


trae c 


e K 


bnule 


ur le 


■lont 


des Alpe 


s (11. 





DEPARTEMENTS DE LA COTE PROVENÇALE 



Alpes-Maritimes. 



SupeiTicie : 374 900 liectares (Cadastre), 373 800 (Service gt'ogra- 
piiiiiue de l'arniée). Population : 356 336 habitants. Chef-lieu : 
Nice. Sous-préfectures : Grasse, Puget-Théniers. — 27 cantons; 
159 communes; I5' corps d'armée (Marseillk). Cour d'appel et 
Académie d'Aix. Diocèse do Xice (snllragant d'Aix). 

.Vdossi' à des massifs (jui allriyncnt et dépassent 3000 mètres, le 
déjiartement drs A Ijifx-Murilînini tnmlie assez brusquement des mon- 
tagnes sur la mer, principalement à l'est de Nice, où les derniers 
ressauts de la grande cliaine érigent au-dessus de la Médilerraui'e 
le prestigieux balcon de la Corniche Du cid de Tende et de la cou- 
pure de la Roya au sillon de.l'Ubayetle, oii passe le col de Lai'clie 
dans le val opposé de la Stura, le mont Clapier (3046 mètres), le 
Gelas, le Mcrcaiitnur, la poinle de V ArgenMre, le mont Mounier 
(2018 mètres) et, en reli-ait du cheminement de la grande crête, je 



Tin ih ras (3031 m è I re s \ 
le bleu du ciel leur l'rt 

diiiit la source avoisine 
rivière puisent au vers 
(30o3 mètres), château 
l'ouest-nord-ouest vers 
mont Chauve d'Aspremo 
longue échine enraciin' 
leinont Alhan et le /,(../- 
table muraille de di-lrn 
ban te, les torrents de 6 
ton. La Roija de Vinliui: 
Le front maritime du 
décrits avec la côlc. 



/':iirl(iislr,ii/r i2 9"i!j mètres) découpent sur 
. t drcliiqurir' iiu jioudré à frimas. Des lianes 
xl..irentiellesruissellentausudverslari/iep, 

celle du Var : tous les deux, le lleuve et la 
ant des crêtes que domine le mont Pelât 

d'eau nourricier du Bachelard, qui dérive à 

l'L'baye, et du Verdon, vers la Durance. Le 
itl, sur le sillon du Magnan, le Falicun et la 
<' ,111 ((/((/// (wK.s. (jui pointe vers la mer avec 
/ 11,, mil. siHilrveiit autour de Nice une véri- 

si'. A laiilic liane de la Corniche surplom- 
hirbio et du C'</ra: arrosent le jardin de Men- 
ille n'est pas française. 

déparlement et son chef-lieu, Nice, ont été 



Personnages historiques. — P. llehnus Perlinax, né en Liguric, 
an 120, (ils d'un alTranclij, que ses talents militaires, sous Marc-Aurèlc, 
rent oonsid puis enipeiciii' d'i' janvier 19:1) : prince honnête, il fut as- 
sassiné le 28 mars de la 
même année ; Catherine 
Ségurane, la Jeanne Ha- 
chette niçoise, qui défen- 
dit héroïquement sa ville 
natale, en 1543; l'orato- 
ricn Jrri,,^ Pierre Papon 
I7:;'i isj;; . né à Puget- 
'llirni.r-. i|ui écrivit une 
bi^luiiv de la Provence; 
Cille Viiiih.o, né à Nice 
il7n:i-l7i;r,, élève et coUa- 
linralniL- di'son frère Jean- 
li.ii.li-lr. i.rinive rélèbre 




,/ ,■ l/.-.wcno, 

|i,llirr,ri-:sS- 

,il cir Fr.mcc, 
près de Nice 
après avoir 

Uamment en 

Cn-îlifrlione, 
I . tour ;i luur 



LITTORAL 




battre en retraite; J.-B. de Lalil (1761-1839), né à l'ile Sainle-Margiiuriti', 
cardinal-archevêque de Reims; le général J.-B. Fidèle Bréa, né à ML'iiInn 
en 1790; Ilonové-ilichel-.lnspp!,. comie lieille. né à Antil)es {177.ï-1ni;(I!, 
maréchal de France; Hh,^,-,,,,- .]n<r^,]i r„,f!l,aldi, général italien, né 
à Nice en 1807, mort àCiir-:.! .u is.j : .n nit pris les armes cnnire 
rAutrichc en is;;9, et omuIiiuuI >\r 1- .|r|M,.ri- |>,ir la paix de Villafi-an.-a, 
il parlit a I:i I' I- i^' 1.1 k'gion des Millr. ,ll.:in|ii,i m Sirilr 'Isiini, ,nlra 
dans .\.i|il. - -1 |ii, lihla ainsi au niouwin-nl m"' .ilHiulil im il. nimi ;. 
l'unité il'. I II ili" ; .1 •iiie-Adolphe Dlamiiii. m- a Nnr i /is \s ,\ , , . ,.ii,i- 
miste, el -"Il rii.||., Auguste Blanqui !lsii:,-|sM : rrliii-n inil [.ail ,mi\ 
inouvenu'uls révolutionnaires de 1830, LSÎS, 1871. 



premier culminant au moût Vinaigre (016 mètres), le second au 
sommet de Notrc-Dcime-dcs-Avgcs (779 mètres). Ce double massif 
de roches cristallines primitives s'enchâsse dans l'auréole calcaire 
des grandes Alpes. 

l,'Ari/e>u, artère vitale du département, puise au revers de l'arèle 
montagneuse qui lie la monlagne de Sainte-Victoire au montOlympe, 
non loin des sources de l'.-lrc, diiigé en sens opposé. 

Né au versant oriental de la Sainte-Baume, d'où coule en sens 
inverse ['fhivcaiine marseillais, le Gnpenu se perd dans la rade <rilyè- 
res, un peu à l'est de cette ville : c'est avec l'Argens le principal 
cours il'iMU iiMici- de la région. 



Var. 



DrapTuifrna 



Superlu; 

guignan. 
Ion. — 



599 34 4 hectares (Cadastre), GoiSOl) 
■ l'arméel. Population : 3'iO 7oS habilanls. 
. Sous-piél'eclures : Brignoles, Tou- 
il) cantons; 148 communes; KJ" n.rps 



d'armée (Mauseille). Cour d'appel et Acadiinio 
d'Au. Diocèse de Fiiiijus (sulTragant d'Aix). 

Profondément découpé au nord par le dèlilé 
sinueux du Vcrdon, le département du Var projette 
eu mer de nombreuses saillies entre la baie des 
Lcques, voisine de la Ciotat, et le revers du cap 
Roit.r, aux approches de la iXapoule. Deux grandes 
échancrures trouent l'appareil littoral : dvicap SiciC- 
au cap Lardirr, sur les deux ailes de la pres(jH'ile 
de Giens, la rade de Toulon et larade de Giens, d'une 
paît, de l'autre la rade d'Hijire^, qu'dbiitent au 
laige les ilr. d n lu d nt I i I luu i I il lu 

Levant, sopi m i| / I i I n I / 

et cellede Ci I l un ni I i n i I i 1 ni 

au I udici D ii\ . Il pini iii\ ^\ni lu [ii 1 
I ul m lljeies, cntadlcntle fiontoiicutal du \ u 
/ // de Gnmaud ei golfe de Fujus, opposés I un i 
1 lulie entie le h istion aiguisé pu les c ips / (/ 
dtP), tamaiat, la poinle de Saiat-Tiope. et 1 1 i lo 
jectinn evtieme de 1 Esteiel au cap Roui 

Piesque tout le missif volcanique de 1 E-iléul i t 
le misbif gianitique et schisteux des Maaiis m 
entier appartiennent au département du \ai .le 




LA FRANCE 




.1 \ll 


''''m',' m' 




il 




Mil! 


.ll".l 'l" 


'\i<u 


,, 


ni II ' 1 


iijiiii 


Mil - 1 


1 |IU 




111% ml II 


L( 111 


iLpill 


lin 


<l. 


Imcn bii 1 


b ni 




■ V" 


71 


et nm ,11 


dei' 


,>, i 2 


-40 
Liine 


^]< 


tiiiit 11 


nkl 


umilLi 


cKi 




nul 


lU \ 


11» s 1 l 


( m 




Il 1 



Bi( n (ju 

4011(111 

, pui-'l 



■ Cl s liiils ne 
, Dki'/iik/ikii 



ili llii^luiiodi Diaguiynan D 
, \\ villo, qui étouffait 
■-I ^ Il mil ni-, VI diiiini. 



(.laïul lîii.,k-i.Ut.- ui\ II. 1 In- 
du MiidiL l m aulie lui i in . 
fuitiliiB iiniliiiipi 11 nnUMlll 
Mlle puni 11 dtliiidiL Minli' I. - 
pai 11- ins i|iii, i II f i\i 111 (1 s 
yuciKh cnili-, ti uni 111 lit k- 
cainpignis! 1 i Tiundi di Piu- 
\ I ne c dti Inind, nu nie ici, tant de 
I meurs enlie kaljieuis et Cmn- 
ii'h, que L.mis \U fit jilii- bas 
1 ini ipn lu iriiu du \ii ski le ijue 
iippilli 1 p.. -m 11 tnm d. 
1 llork.ge. 

En 1797, Draguignan fui 
déclaré clief-iieu du dr^parlr- 
iiient du Vnr, alors plus iiiipin- 
lant qu'aujourd'hui, iiuis- 
qu'une partie en a été distraite 
liour compléter le département 
des Alpes-Maritimes, a|irès 
l'annexiiin du conilé de rv'ice. 




I iniiiii ilii -iiuulnii 11 Luuiodeiudu \'ny iii; luuclie 
un pi ml lu d puteinent qui gai Je son nom. Avec 
J)i I /m /Il III 1 il lu iJt enputie les murailles de sa 
iLi int) pu (Il liigLs %oies, des boulevards et des- 
pioinemdes poui de iiou\t iu\ ijuiitieis nlka irAzviiwr, dues au 
pli fet de ce nom en ISOO (biaux ombnges foi mes par six rangées 
deph(incs) Janltn imilitis Jm dm des Plantes al extrémité du bou- 
leMid de il Iibeiti Le P il us di justice (I62b) le Théâtre (1838), 
I holel de h Picfectuie (1849) la chapelle di ^olIe-Dame-du-l'eupl& 
ft son liipt\que du x\ sicclc, lit,lise o^i\ale (moderne) de la 
lui I I m iison dile de h leine Jeanne et son escalier Reiinis- 
III I iiis I I Mil de Tians ( incienne \oic lomiuie), sans ometlie 
hl m d III I In^e et son campanile en fci foi -,L du xvi° siècle, les. 
il ii\ p iiisdi I I |il II 1 iii\ lli i1m s 1 I 1 oitaiguii les, offrentqiielque 
lutiiet Le Musée-Iiibliothè- 
que établi dans une belle 
I onsliuction du xviu» siècle, 
iiKienne lésidence des évê- 
quis de Tiejus, contient une 
inleiissante collection de ta- 
ble iu\ ((iu%resdeTéniers, Mi- 
_iiaiil Riibens, Parrocel, Rou- 
hi 1 \anloo; buste du comte 

I \albelle par Houdon); de 

II mbieuses médailles romai- 
I set dinslar.ildiothèque.uiii 

I Lieux incunable du xv" siè- 
1 le Roman de la Rose >., 
nianusciit du xiv' siècle. 

A 30 I ilomètres de la mer, 
90 kilomètres de Nice, et 
200mcliis il'nlliliiile. Dragui- 
qnan ibiil 
du Mahiiiinl 

piunte au Mjisiiiagc de la mon- 
tagne un air salubre et une 
température clémente au peu 
d'éloignement de la côte. 
Les excursions que l'on y peut 



1rs h.iiiteurs. 



LITTORAL Iti: LA :\I l'.DLILR R ANLE 




îuire soiiL extrèiiuMiifiil varic'cs. Le loiif; de la ente, c'est railiiiii-ahle 
t'clielonnenieiit de Toulon, Ilyères, Saint-Tropez, Fréjus, Saint- 
lîaphaël, les Maures et l'Estérel, qui sont de ce domaine, jusqu'au 
<léloui- du cap Houx. A l'intérieur, dans l'intervalle de l'Argeus au 
Verdon : la /um-p ilr In /■'/■/', /(■•; Clappox; Snint-IIermcnlaire, sa chapelle 
■et les ri-i' - '1'^'- lli' 1 Mh^ i^niiin^ ; les sources de la /^okj:, riches en 
alumiur ■ i !■ -•■] >■ ni mmI. .^ ; |.^ . f-rades de Trans (dont l'usine élec- 
trique ril.iiir \\y:v^\wj,\\:u\ /,S.ii iilr- Itns.u'line 
(pèlerinage); la i\'(irtubi/, an saul du Cfjie- 
Jan; les gorr/es de Pcnnafurt et leur chute, 
■entre de superbes parois de porphyre; les 
ruines cVAmpiis; les grottes de Villecroze, 
l'ancienne abbaye du Tluimnet et son cloî- 
tre du XH« siècle, aux arcs trapus ; \Aperte de 
l'Argens, sous une grotte elTondrée; les 
gorgesdii Verdon ; Fontinnc-f Evéqite (source 
•des plusabondantesqui d''bite6000 litres 
par seconde, eu iiinyriMi,. ; la cascade de 
Sillons, (ovmri' \>.ii\-\ llic-pu'; enfin riai- 
jols, aux riaulis c m-.. ,il. II. >. le Tivoli de 
laPr.,vence; Bnguoirs, etc. 

Personnages historiques. — Fréjus lu 
riiiiiiiine a produit : Ir porte Cni'neliusGallux. 
ami de Virgile ; '//■/"s ./. l.,/v../a (;i7-y3), qui 
■conquit la Gr.-in'l< l;i< I iirh : saint llilaire, 
«vèque d'Arles :)"l ,■-' . .Ii-'iiil.' de saint Ho- 
norât. Au xui» si' ■!■ ■' '/ IIS. de la maison 
■d'Anjou-Sicilr, II.' I Un II. l : llomée de Vil- 
leneuve, un p:iii\ri ili.iiiir 1, \-rnu b.iron de 
Vence et mort s')i.r|i,i! il. l'i Mvence, en 1250; 
au xive siècle, les Irouh.idours Tamudel de 
l'iassans et Rambaud d'Ih/ères. Au xvi» siècle, 
Suzanne de Villeneuve, qui défendit nnrnies 
-contre le duc de Savoie: Aiii'''Hf 'l'Airna. 
historien-poète né à S'ill; \ i -iccle, 

i'érudit AVcote-CZaurfe / ■ /' i.,s(i- 

1637), naturaliste distiii^'iii , I. - IV ni Miiniiie 
Théophile Minuti, l'abbe l.nui^ M.;;;i (\Wi- 
1680) qui écrivit un fameux Dictionnaire liis- 
Joriqiie; le peintre-graveur Josepli Parrocel, 
né à Brignoles (164S-170'i). Au xvuii= siècle : 
J.-B. Maxsillon, de l'Oratoire, évêque de Cler- 




ijuriHc iiiviiiu.iiitr ri .loiii-c, aboudaiile rt pallirliiiuc: le P. Amiol, jésuite, 

ne :i Toiil.'Ti. ri .1 I'. km : le jurisconsulte et conseiller à'VAa.[, Jeun-Èlienne- 

Mdti,' r,.rl,ilis- iTo.lMiT : le conventionnel B«n-a,ç, président du Direc- 
toire 17:..-Is:^ii ; I .ihlie IjiiUianuel-Josrph S'îc/ps (I7'iS-lS3n\ né n Fréjus, 
dè|)Mte aux Etats généraux, membre du Hii ■ . I.ii . . r..ii.iil. \ii \.\ -n'ele, 
F/'. /iai/noHn;'(/, poète et philologue, I M i l.i.i. I i ,; i , I . Imu- 
sonnier Wai'c-.'lH/o/He /)e'saM.7!er.s (177.' !• ■ i I ' / i' "Imi, 

juriscnii-iill. I -iij 1 ■ ; ; h [i. nili ' A.- lu.v 
rines Courdnuan et le sculpteur I..m,,s Hu- 
/lac : Cl. Catj, voyageur et naturaliste. 



Bouches-du-Rhône. 

Superficie : 810500 hectares .:'Cadastre\ 
ri-2 iTDOiServicegéographique de l'armée'. 
l'o[iulation : 805 532\abilants. Chef-lieu : 
Marseille. Sous -préfectures : Arles, 
Aix. — 33 cantons; 111 communes; 
13= corps d'armée (Marseille). Cour d'ap- 
pel et Académie d'.\i.\. Diocèse de .Mar- 
si;iLLii isullVaeant d'Aix) et archidiocèse 
d'Aix, coiuprenaul les arrondissements 
d'Aix et d'Arles. 

Tout le départeuieut des Bouckes-du- 
niiùne gravite d'.Vrles à Marseille sur l'axe 
de la JJurancc, entre cette rivière et la 
mer. Dans l'intervalle moutonnent les 
dernières saillies des Alpes calcaires avec 
1,1 cli.iîne des Alpines, la montagne de la 
/', /.-Ne gonflée par le volcan éteint de 
!;■ ii;.i''U, la chaîne de Sainte-Victoire, à 
i "1 1' lit d'Aix, entre l'.-lrc et la Toulouhre 
liiliulaires du lac de 5crre; enfin, comme 
uni- couronne posée sur le bei'ceau de 
.Marseille, la Sainte-Baume. Vers l'ouest 
s'allongent la chaîne de l'Étoile et les re- 
liefs de YEstaqve, entre le lac de Beire et 
kl mer. Ici la côte s'incurve en falaises et 
fait front au large, du golfe de Marseille à 



j O L I E T T E . 



LA FRANCE 




lajs : une inscription, exhumée 
en l.S'iô, qui contient des prcs- 
criplions relatives au culte de 
Baal, quel(iues, edicules de sl\le 
■mliii([U( nus i jour tn Isfai 
Ml I 1 11 1 II lh^ ^ qui 
I I I I I m 11 liip 

11 II! ibles 



l( liiilMdUiiltitMKn 1 nquit- 
tint leur pa^s, les navigateuis 
importaient leur dnu familier 



Ln 



Laies), 

un I 11 III n piotcctLur 

Il lit ou Ilei- 

/ / \ iiibtle du gL- 

I 1 I ni d sa race 
I in I ^( ndi.iaconte 
I I I i\ int notie eie, 
llill p i! Ile de Phocee, 
I ic 1 dans 11 cal in(|ue 
1 ille siius la conduite 
I nomme Pi olis ou Eu 
I u\ désignations sjni- 
s piobiblemcnt, lune 
lit; temiei, 1 autre éie» 
I tLiiiris immtmorial. 



celui de Fos, où elle se traîne alors, de coulées en marécages, entre les 
bras extrêmes du grand ileuve, tantôt accrue et tantôt rongée par le 
Ilot, à la fois domaine de la terre et des eaux. Dans l'intervalle des 
deux Ithônes, grand et petit, le grand étang de Vaccarès, autrefois 
lagune vive où mouillaient les navires, s'enlise de plus en plus sous 
l'apport des limons qui l'encombrent, tandis que son voisin, le lac 
de Berre, enveloppé de roches vives, nourri de deux rivières, pourrait, 
si on le voulait bien, et au prix de travaux relativement faciles, 
devenir un merveilleux bassin marilimc,à l'abri de tous les assauts. 

MARSEILLE 

Marseille porle allègrement le poids de vingt-cinq siècles bien comptés, 
depuis son origine historique. L'ne avant-garde de navigateui-s phocéens 
déban|ii,iit eu cet endroit vers o'JO ou COO avant Jésus-Christ. Mais bien 

aU11:.|■.^ Ull. l- /■/..„;,;,•„.. ,.s n„,|HT. ,1,. I,, M,.,|||r,Tailr,. (pil, ,lrs \r 



I 1 Unes, se don 
III m iH ce littoial, 

niimient du Rhône 

Qu ind les Phocéens 

it a la gie\e de Min- 

is peuplades, d'après 

' ■* *' '^li 1 H ccupaientles districts 

X puui 1 II le les Dec ea/es, voisins 

des .VIpes, jusqu en deçà d'An- 

tibes ; les Oxyhie-ns, dans la 

vallée de l'Argens; les Salyens, de la Durance au Rhône. Une tribu de ce 

dernier peiqde tiaiait Arles et la re^;ion du bas fleuve : c'étaient les 

^Vv,./.,„,,^v. N.iKiiis mil Ii.ils ilrs iiniivraiix arrivants de Phoeée. 

Il, -irrii\ ilr - ,1 .-uni- leur l,iiM\ cill iih '■, /'/.y/As partit pour Arles avec une 
anili.i-- I.I.' cl ,lc^ piv-, ni-. >Mn h, in. II-.' forlune Voulut que le roi des 
^éyulnujis reuail, le jour lueiiie un il .iinvail, 1rs prinei|iaiix piierriers de 
sa tribu afin que sa fille Gi/plis piil il i^n. r p nnn eux Iri \ de son 



choix. Invilé au banquet, le jeune ('• 
manières, la disllnction de ses trail: 
et II fiii-l,' .illnie des autres coiiv 
enii|ic (Ir- Il in.Milles. Ce choix en ei 
el.nl l-inl, M.ns 11 lui fallut se 
bleuies d.i 



empu 



rr de ses 
Imivante 
Innlit la 
i--aliote 

inisit en 
primitifs. La petite 



ns leur amour-propre et 
hàle quelques rustiques habitation; 
troupe, d'ailleurs, n'était qu'une avant-garde de la Grèce, 
Vers 542 avant Jésus-Christ, c'est-à-dire un peu plus do cinquante ans 

nliis lird, P/nirr>-.\:\ iiière p,ilrie des eobuis iii,i>s,irnilr-, 1,,mli.iil niix mains 



pèles du large. C'elail, à la place du l'n // ■ /',,;/ :i,lii,l. une sorte de lagune 
vive intérieure qui frôlait le pied de tmi- .■,,lhii.~ 1rs Carmes, les Moulins, 
Saint-Laurent). Les géographes anciens l,i ncamnan-ut Lacyilon ou Alyci- 
dou, par alliisinn sans doute aux salines qui raccompagnaient, car la 
Lagune s'éteuitiit en ni.arécages jusqu'au pied des collines qui contre-butent 

Au fond du Vieux Porl debnnrli.ill l'humble ruisseau du Jaive/, qui rejoint 
aujourd'hui l7/KBe'/»//e. |i,,iir al hiiidre la mer : ses alluvions, unies aux 
terres meubles entrain. , - d, s li,tiil,nrs, encombraient peu à peu les fonds. 
Ces malerlaiix de cmnlilrin, ni. r, j, les surla rive méridionale, ont édifié 
peu à |ieu les trrr.Tssi-ments qui limilent iii.aintenant au sud rr\|i;in-i,,n du 
^■iellx r ,ii. In,' tjilere antique, exhumée à 60 mètres enMi,,ii iln 1, ,r,l i\\u 

cuulinr a I 11, il, 1 ,1e ville, dans une vase comp.acle ép,ii--c i\.- : In -. 

■ donn,' 1.1 ni,-iiii' ,1,'s exhaiiSsemenls proiluils au nord pu h- Iim\:ii1 il,, s 



peuple, 



\n-l 



Une assemblée deliberative de membres nommés à vie par le 
les Timouques, désigne quinze magistrats qui, à leur tour, choi- 
pnrmi eux une sorle de triumvirat chargé du pouvoir exécutif, 
il vanlé la sagesse de cette organisation. Désormais 
I ni, •mes de remparts, les Massiilioles s'avisent de re- 
n, puissante rivale, Carthage, devait borner leur essor ; 
,Mi--i l'ennemie de Rome. La communauté des intérêts 
: républiques. 

ne, envahie parles Gaulois, dut leur payer rançon, Mar- 
'lle de lui ouvrir son trésor public. Même fidèlllé à l'ap- 



municalions 



son 



i-l iiites, durent à l'origine â'étayer sur de solides pilnlis, 

s, hôtes de passage, trafiquants toujours en quête^d.'opéra- 
n'unl presque rien laissé d'eux-mêmes sur le sol m.arseil- 



intr 



s de la première heure, même tacli(|ue. Ceux-ci, repousses 
lurent céder la place aux Massalioles; mais cette fols les 
iiin Cnlvimis campèrent près de l'ancien oppidum des 
amp devint une ville : Aquse Se.rliœ, Aix en Provence. 'Voilà 
iaule; bientôt la Province romaine accaparait le littoral, des 



LITTORAL DE LA MÉDITERRANÉE 




Alpes aux Pyrénées : lac 
seille étanl sœurs par l'ii 
et SOS comploirs, de la i'. 
clierclier fie nouveniix ili 
de ses plus illiishcs rnf.i 

cotes iliriinnilr^ .|ih' II. 

d'Herrulr i, ilir.ill.i : Ir 
vique el p.inni.ul j,i-.|ii 
tltijyni'iif, tournant an ^ 
chure du Sénégal el eu r 
pour les Irnnsartions en 
par les ilrux ilhulns u 
Strab.iu -I IMiir , 1 ili.i 

porlérrni Ml Iil.. Il I, 

était en sr, ui.uiis. l'.ll. 
de César et de Pompée, . 
le lui pardonna pas : sm 
détruit sa tlotte (49 av. ,1 
en pareille occurrence, 
Sévère, Marseille dut aux 



re d'or, précieux 
■ reste ri<'n d.s 




ih, n<lii -. I Il \. r-.. , iiurll,. a repris aux deconibres 

il I hi iihh I -"Il ni' \' IIP ni. Rome, du moins, laissait 
|..ii.lr. - il'iiiiiii -"II- I iiii.is de leurs débris où on les 
liiu l/i//s.,.7t .ideliuil .-es propres ruines, pour en tirer 
I il |i I- .|iii- cette tille de la Grèce, vouée par nature au 
Il |. I--HII1 du beau, aurait laissé prescrire, dans le tour- 



•, rien de tel, pas même une 
iples que l'on suppose avoir 

i-l-nn ici des reste? notoires 



ne nous a lais; 
Aplirodile, sœi 



me homme au.x traits délicats, les cheveux boucles sous une cou 
le revers porle un taureau, la corne haute ou llccbissanl d 
iri', lointain éclio du goilt toujours vivace des Provençaux 



- ],| 



fui I. 
écriv 



dont la tradii 



reporli 



l.iil \:<ir-.rill,- la maîtresse des études; Cicéron, YMJifm's do 
■ cul ru rll. I .1rs écolés florissantes, un gymnase el un collèyt 
1 les jeunes gens mêlaient aux exercices du corps, si cliers fi 

grecque, les études utiles, surtout à l'art de bien dire. Quand 
ibn, c'est à .l/orae!?/e que les nobles romains vinrent s'inilier aux 



uo 



LA FRANCE 




son é^angllt dans le même iilinme Le giec fut H langue des piemieib pon 
tif(!, et dLb apolot,i'!tes de 1 Lf,libe , au M siicli ukok Mint Tcmui 
t\equed Viles offiriaiten„recouen la(m Dans li \i n\(|iiiili 1^,1111! I m 
deMaiseille et refuge des MeiUes tiadUions pi \ n il I | li 11 1 
les mauns pailunt un savoureux langage dont t Ml I 11 t ( 1 M t I m 
piofesbion sonnent le grue ou sont du grec 'sluI il 1 I n I \ 1 1 m! I 
citidiome toulcs les religions de 1 Orient prncnt pitJ sueccsbULiuLut m 
ICI, le culte de Milhia voi'^mait a\tc celui de C\ht\i 
Il l/t//.n//i disPliiniri. n apu s Ms/oî/e t\iitnni 
M I h 11 r nu 11 II 1 11 Taneilh du Nil que 
I 1 I il m Is sont les mtmes 

I I ni iil tmigie des 1 1\ âges 



le sol de Pro\ence 
1 O'.iris ég\p K n a\i 

WMineiie li 11 ni h n r im 1 

1 on honiinil - 1 1 

Ritnddonn ! I 

d \Me a\L< 1 II i\ Il |iii M I I II il ni I 
pour cingler M-ib ks pi i^i-b du PiuM.nn, P 
scun di missionnaires emo\eb de Rome 
dcii\ mfmis a\pr les marrhamls \ns irin 



ni, ecumant . 
priitnt pitd sui 



En 

pb 1\ mUc iLuaibbUt a li libuili, pai uut, cliaitt ubk 
Pro\ence (1112) un podeslat noiuniL a Me, assiste de trois 
t d un rnninl mmiiiTinal ç,ou\ernait la lepubluiue Mais les 
oulables emnl \ m ( oils 
\ it accapai aient n m m i 
I SCS forces en qui 1 II ml 
I I Louionne de Fi m 1 isi u I ussa 
is appréhension Pouilintk m uIil élait 
foikraent attaches a la cause fiançaise 
[ifs du ronnclablt de Bouibon une lesistance he- 
1 ii|u 1 ni n I iil i\ Il I I ni liiili passe a Charles Quint (lo2i) Les 
I jiiiii n 11 I 1 I III iili 1 1 nt un courage admii able que 
I II II I 11 111 1 /'// il innt i lune des glandes voies 
I \\ \ill Mil ili 11 jii lui p ui la LioUe CasauK, 1 un de ses 
pitiiiiLis Lilii\i ns I 11 ciij, im i 1 1 JtknsL a 1 aide de troupes espagnoles 
t ctaitun dictait ui Libertat, lunde ses ennemis, le tua et omrit lapoite 
aux tiuupes iu\ ili s Depuis le nln^en âge Marseille gardait jaloubement 
ses consulb élus iinui I adinini lui '^ u ]< nimi t< 1 d Mazaiin Louis 
de \alois gomciii m I I 1 \ n | 1 I n hl I II I 11 lui même et les 
imposeï la tent ili\ lui 1 | 1 | n un n 1 u Mais avec k 



pis non plub ks Musulli 
loin ils païunnt mciiiL 
pnui opposer an\ 



Il ilil 



tint bL 
\ lurent 
si il plus 



(-iiul III ili\iti iiiblinoe et au\ diiiiii I I In I u 
lis pi un I I m un iges ceilains di I \i I u I un 
ciiiiiiiiun III lin In une x Maf-edle s, 1 i| | il ni m 
iiiiit\ii ik siiiiil l ilIoi et de sts cmnpagnuns (Sii 1 tn 
1 honni ui disquels le moine Cassitn constiuisit, au 
n^sitili lis niissiNcs aicaluiLb d un mimaskie au- 
dcssub di „iolles mtuielks ou u tificielles ou\tiks aux 
fl ints disioihtib que couronne Nolic Dame de la Oank 
et ou sciaient rtfugiLS les pumiers chietuns Lls 
lia\ui\ i_\i(ulis 1)11111 11 (leu iiiieut d un bi sm d 



tiuil. il u 
citadelle d. 
pape sous 1 
et les soml 
lafoitui 
plus qu u. 
\andaks I 
qnntlei en 
inlluircnt 



\ cimenta Icb touib 



s I pILU\LS Dt 




\IV enlia dans Maiseille comme dans une place 
uni nouMlle administration urbaine futoir,a- 



ik Uou^ct de 11 1. 
les fedeies marscil- 
lusp en principe aux 



//( l„ 1 


1 1 lin II 1 I 1 1 h 1 11 Il II 


tcmbre 


itnequi en uppiimaiil | n 1 1 1 m 
792) lordie de Malte, enli \ u' un 1 ml 


''Pi. 


Il 1 h 1 s puâtes bai baresfiues 



\I utagnards mirent la main si: 
:lti publique Maiseille I-\on toute 



MARSEILLE 




LITTOIIAL i)\Z LA MEDITERRANEE 




les grandr's villes du Midi s'insurgèrent conire la Convention imai 1793). 
Le gênerai Carteaux n'entra dans la ville qu'après une Uitle sanglante 
(25 aoiM 1793). Tout Marseille éclata contre Robespierre, ri viiii:! ans :i|hvs 
saluait avec enthousiasme le retour des Bourbons; car, ^nuriniv, jvint 
tout des intérêts de son commerce, elle accusait Na[iu|..iii 1' d ivnii- 
aggravé par la guerre les ruines accumulées chez elle par la Itevoluliuu : 
Waterloo fut accueilli dans Marseille avec une joie non dissimulée, aux 
cris de : « Vive le roi! ■> 

Étrange revirement. Le neveu de celui qu'elle comptait au nombre 
de ses ennemis, Napoléon JII, porta au comble la fortune de Mara-ille. 
Déjà la prise d'Alger et l'achèvement de la conquête de l'Algérie met I aient 
sous sa main le littoral de l'Afrique: bientôt le percement du canal 
deSue/.liiin„vi-,,il U.uU-^ur.uv].:]r. ,„,rlr- d.rrxlivni. nri-.„t. An Vieux 

Port iriMllh-.lIlt.^l. - h- IN IIIV ^1- -ni. -.jll. - -l.li-llIll'Hl I- IM.'-Ullh Irvr- 

lOppeilinil .\r- II, ,--111- .!.■ I I ./"/ -"-■ ,,,|„|ni- -il,' le 11. il. ll.UI- |e-|,,,re ,1,. 

vingt an- 1 -■ .ii-l y'.n , ] , |M>|iiil i!i. 
trouani Ir- i|ii.nl 1' I- iiii|Hii . : 1 , i 
remuaril'- inin- --!■ .|. li'ii^Hi - .1 



■1 ]. I- iiii|Hii . : 1 Misons nouvel 

--!■ .1' li'ii^iii- IN' - ombreuses; 

une niMiNrlIr p.innv ; r.iHi -e el l'il.iis du commero 
pices, Château d eau. Cnllinlrilr iioii\ illr, lilli' de Saiiil- 
Âlarc de Venise et de Saiiile->,i|iliie <\< <:eii-i;iiiliii..|.le. 
campaniles et coupoles, siii',iji--eiit ,1 IVuni sons la 
vedette protectrice de Xolie-Llanie de la(iarde, dmil I 1 
Vierge dorée scintille au loin sur la mer bleue, connue 
un phare de bon accueil. Aussi, que de vivats, que de 
protestations éclatantes pour le pouvoir à l'initiative 
duquid re\en;Ml un -1 iii;i:jnilh|ne e--oi-l 
En iM.i le- \l:ii-- ill il- r. e,,iin.ii-- mis envoient siéger 



s enveloppent d'une 
a Cannebière prend 
•ce, Préfecture, bos- 



àlaCleUMl,n-.|e-i|, |H 


,-. non pi- .lel.esse 


ps, créateur 


du canal de bue/,. Il 


i ilo- ne ill •III- Miivi- 


ers de leur 


fortune, mais un av. 


l-lll lie 1 il, 1,1. Il ,,! 


1, inibelta, 


adversaire déclaré du 


iv-nn- ,ie,,i|. 1 1; 


e .lovait 


sa résurrection. En 


l.s7n-|sTI. /•,.,.,,.,,, 1 


tint préfet 


des R..ne|,e.-,|u-l;linn 


■, Gamhella. mini^lr 


e de l'inté- 


rieur p-nr h- ..e,v,. 


lement de la Défensi 


nationale. 




onner, ce qu'il (it 1 


3 novem- 


bre l.sTn : In.i- nnn- 


près 's février ■1n71\ 


ses anciens 


admini-lri - 1 .■n\-\ 1 


ni -n L'iT eiiini le 


n'i' .■1 r\" 


semblée n. n,|. , 1 


1 ' iniiiii -ni - 1 !■ 


lier, n-Hi.n 


dans ,l/w,se,//e ; ,nn,l 


h' les IMHM-e- s el.U. 


ni einp.Mvs 



setle, un immense golfe 80 déroule sous la saillie centrale du ro- 
cher de Notre-Dame de la Garde qui le divise en deux conques 
distinctes : au nord, la rade de Marseille, proprement dite ; au sud, 
la baie d'Endoume. Un petit écueil, l'îlot Maire, prolonge en mer 
le cap Croisette : l'archipel de Pomè/jues, Rùlonneau, Château d'If 
(les Stœchades des anciens, Phila,Phœnia, Iturium), fait avant-garde 
au-devant de l'.'i-ueil central, qui abrite à ses pieds la calanque 
alh>iii.n'e ou ]irii-eiit terre les navigateurs phocéens. C'est par 
mer (lu'il convient d'arriver à Marseille, non que la ville se découvre 
du large avec' la majestueuse ampleur de Naples, penchée immé- 
diatement au bord du Ilot, sous le panache nuageux du Vésuve. 
Marseille s'abrite dans un repli du rivage ; la surprise n'en est 
que plus vive lorsque la ville apparaît. Passé Planter, dont le 
phare, planté sur son écueil, éclaire l'entrée du golfe, l'immense 
rade se développe dans un superbe amphithéâtre de montagnes. 



de la Pr.'re.ture, le général Espivent de la Villeboisnel 
les bombarda du haut de Notre-Dame de la Garde et ré- 
tablit l'ordre. 

De 110 000 âmes qu'elle comptait en 1800, plus de 
150 000 en ISbO, Marseille dépasse aujourd'hui 350 (i'20 ha- 
bitants. De plus en plus le vrai Marseillais s'englue 
dans le Oot montant de l'immigration étrangère pro- 
voquée par le développement industriel de la nou- 
velle ville ; Italiens, Espagnols aflluent de tous cotés. 




LA FUWCE 




^ -"î*^: 






Entre lc3 cap avancé de Notre-Dame de la Garde et Tarcliipel dé- 
cliiqueté de l'omègues et Rutonneau soudé par une forte digue, en 
arrière de l'écueil qui porte la sentinelle détachée du château d'If, 
la nappe d'eau s'amoindrit : là font escale, au port du Frvml, les 
naviies suspects. Et la mer se peuple de petites voiles blanches qui 
cinglent comme des volées de mouettes aux approches de la terre. 
De gros transatlantiques rayent d'une traîne d'argent la nappe mou- 
vante d'un bleu doux et profond. Comme une toile de féerie qui 
tout à coup s'étale, voici le port, ses longues jetées, son fouillis de 
navires, ses docks, ses entassements de marchandises apportées 
de tous les points du monde, les engins d'acier aux formidables 
mandibules qui déchargent les soutes encombrées; les lorrirnotives 
le long des quais interminables, dans la 
mêlée des sifflets aigus et des rauqucs 
meuglements qui font rugir les rochers 
d'alentour, l'agitation bruyante, le va-et- 
vient d'une foule ivre de mouvement et 
de vie, et, sur le tout, les dûmes de la 
Mnjur qui, du haut de son esplanade, 
trône étiucelunte au radieux soleil. 

La création des nouveaux bassins de 
la Juliette a fait pencher de ce côté l'axe 
de la vie marseillaise. Jusqu'au milieu 
du dernier siècle, la ville tout entière 
était inclinée vers son vieux port inté-- 
rieur. Battues d'un flot sec et dur, les 
falaises d'approche s'écroulaient en gros 
blocs, après chaque tempête. Contre la 
mer qui l'assiégeait, la ville prit l'offen- 
sive, et cette offensive date d'un demi- 
siècle. On a rasé la rive extérieure, jeté 
bas les collines menaçantes, comblé des 
anses par le nivellement des quais. Des 
môles soudés à la rive l'ont divisée en 
autant de compartiments ou bussiiu pro- 
tégés par une digue commune, chemin 
de ronde ^iiid.i'iciix, jeté comme un di'li, 
sur |u - d" .iiii'ii mètres, contre la pous- 
sée lin 11 'I- T'ii- l.i digue s'est allongée; 
les b;i>-.iiis >'■ Ml. rèdent : après celui de 
la Juliette, ceux du Lazaret et d'Arenc, 
inféodés à la Compagnie des docks; le 
bassin de la Gare-Maritime, le Bassin 
National, le Bassin de la Pinède, avec pro- 




longation éventuelle des jetées protectrices jusqu'au capJanel. Les 
Docks possèdent plusieurs formes pour la réparation des navires, 
23000 mètres carrés de h.niLMr-, 'r2onii ,|,. m-iLM^ins. iin entrepôt 

pouvant contenir 60000 Ini s. J.'^ ri--.i vnii^ .,|m( i.nix [loiir l'huile, 

le pétrole, l'alcool; des pr.'<s.s peur h- lull^s ,!.■ cottin, le tabac; 
des moulins à piler le sucre, et, pour la manutention des marchan- 
dises, plus de 820 élévateurs, des grues, des locomotives, elc. Dans 
leur ensemble les bassins offrent une superficie totale qui dépasse 
134 hectares; la longueur des quais utilisables est de 13107 mètres, 
et, si l'on ajoute à ces chiffres ceux des passes des avant-ports, 
des bassins de réparation, l'on arrive à près de 19 000 mètres. 
Vous coiiiprendrez après cola que Marseille, notre premier port 
de commerce, ait pu fournir, en 1802, 

h lui seul, 73 millions de droits de 

douane, pour un mouvement atteignant 
presque 10 millions de tonneaux. 

Bien que l'application du récent ré- 
gime ibiiianipr ait porté un coup sensible 
à ce ina-'iiiliiiii' .-Mir (tarifs du 11 jan- 
vier iN'.iJ . |.< ]MM|.|s d'agrandissement 
ne LiissiMil |.;is d'.ilh'r leur train. Peut- 
être la plage des Catalans disparaî- 
tra-t-elle, au sud du Pharo, pour faire 
place à de nouveaux bassins; enfin, 
un immense brise-lames tiré contre le 
large, sur plusieurs kilomètres, for- 
merait au front du bassin un avant-port 
en eau profonde, où pourraient mouiller 
les plus gros mastodontes de la marine 
moderne. 

Plusieurs grandes Compagnies ont 
leur point d'attache à Marseille : 3Jes- 
sageries maritimes : Compagnie gr 



iquc; C„ 

nn.Frms. 



irijif, 1/1,1 



Marsedlai 



Tra 



n.<j„., 



Tr.nn 

,lr X.f 

M.:ntn,irs à rnpeur; X. 
Tiiaache;Cumpagnie française de Navigation, 
Cgpr. Fabre et C'"; Cum^agnie Paijuet; 
Compagnie française de l'Afrique occiden- 
tale; Compagnie générale de Navigathm. 
La cathédrale, d'origine récente, comme 
le bassin de la Joliette, qu'elle domine, 
est une merveilleuse création des archi- 
tectes Espérandieu et Vaudoyer, com- 



LITTORAL DE LA M EDITEUR AN LE 



53 




iiiencée en 1838, livii^c au ruitc l'ii IS'.i.'!, ri luiu drlir Irnuiiii'r 
pour la décoration iiilrrinn !■. Dans iiiic (^^i^c lalim' s'insciil uiir 
basilique byzantine, avec de nombreux di'tails empruntés à l'archi- 
teclure romane : celte grande coupole qui jaillit du transept, entre 
plusieurs autres greffées aux croisillons, offre aux Orientaux qui 
débarquent comme une réminiscence de leur pays. Deux coupoles 
encore surmontent les tours de la façade, encadrant un grand arc 
triomphal. L'intérieur est grandiose : les grès verts de Florence y 
alternent avec la pierre blanche de Calissanne; le marbre de Car- 
rare, le granité rose de Corse rivalisent de ricliesse avec les admi- 



rables mosaïqu 
de cette respli 
humble, à din 
terre-plein vni> 
des arlisti-'s, l.i < 
la Renai^-an. ,., 
Arauli.' li/il.' 
Garde sidcvc eu 



qui 



»nt la grande nef et le cliœur. A cOté 
■iini's^i\ l'ancienne Major paraît bien 



srs n( 



fs du xn' 
t une mervei 



■ a Francesco Laurana. 
Miirscille, sur un rn. hri- aiidc 
le une vigie tntélairc l.anbi- 
tecte de la catiiédrale, Espérandieu, a reni|daii- 
l'ancienne cliapelle du xin= siècle par un smIic 
édifice byzantin varié de motifs romans et Renais- 
sance d'une grande richesse : sur une crypte de 
marbre pavée de mosa'ique, la nef supérieure, 
llanquée de trois chapelles et couronnée d'une 
coupole, mêle les blancs revêtements de Carrare 
au rouge éclatant des brèches africaines : les co- 
lonnes du transept sont en marbre vert des Alpes. 
Knfin, au sommet du clocher, on a hissé, à près 
de 200 mètres d'altitude, une colossale slaUu' 
(9 mètres) de la Vierge, sur l'horizon de la inrr 
et des îles. 

L'entrée du Vieux Port devait être telle, au teiiips 
où Protis s'y glissait avec ses compagnons. Dun 
côté le U'yiSainl-Jf.in (Iiasse-Tilly), ancien clià- 
teau dr, , h. ^,,||, ,, ,1, Mili.-; de Vautre, le fort 
Sainl-Sn--l'i^ -il .1 r.iiiM , ,i~iraux), bâti au xvii" siè- 
cle sur lis pl.iiis di: \auban, couronnent deux 
écueils. Au moyen âge {\\n du xiv« siècle), lors- 
qu'il fallait craindre les alertes perpétuelles des 
écumeurs africains, une chaîne barrait le passage. 
Dès l'abord, la vieille église citadelle de Suinl- 
Victor, plusieurs fois ruinée par les Sarrasins et 
rebâtie au xiii* siècle, sur l'emplacement de l'an- 
cienne abbaye de Saint-Cassien (410), ses deux 



dans 

a rega 



dnn jnns en gros blocs, ses murailles crénelées, ses fenêtres étroites, 
son pmche pratiqué dans une tour carrée, évoquent de manière sai- 
sissante une époque troublée. 

Le Vieux Port, avec ses annexes, le bassin de carénage et le 
canal do la Douane, présente une surface liquide de "28 iiectares 54 
et plus de 2o00 mètres de quais utilisables. Le tirant d'eau, 
de 6 mètres en moyenne, peut atteindre 7 mètres et même un 
peu plus. Le port est maintenant investi de tous côtés : de nouveaux 
quartiers remplacent l'ancien marécage. Sur la rive septentrio- 
nale, jadis la seule habitée, s'élève VHotel de ville, construction 
(lu xvii« siècle, assez ordinaire. La joie du Vieux Port, ce sont ses 
légères embarcations à la fine entoilurc, qui vont, viennent au milieu 
de petits bateaux rageurs, de grands voiliers, de navires chargés 
de grains, et cet enchevêtrement de mâtures, des proues, des cor- 
dages surplombant la rive, au débouché de la Cannebière, l'entre-croi- 
sementdes cliars, des voitures, des tramways; aux terrasses des 
cafés, le fourmillement des gens affairés, des marins, des flâneurs, 




u 



LA FRANCE 



l'exubérance du mouvement, les cris, les gestes, cette vie débor- 
dante déconcertent d'abord et amusent l'étranger. 

La Cnnnrhière est encore etfut toujours pour Marseille la porte de la 
mer, l'avenue de la fortune. Ici s'élève la Bourse (18o2-1860), dont la 
façade olfre, au-dessus d'un avant-corps de grandes arcades, une 
colonnade corinthienne dont l'atlique porte ji's statues de l'Océan 



graphes (1889-1S91), 
xn" siècle), rrb.ili de 
avec des bas-i rliris 
Arts, dit pal.iis^lr /y- 
l'architecte tut le nu 



par l'architecte Huot ; VHôtel-Dicu (du 
1 à ISC,:;; un Arc rfe «nom/j/ie (1823-1833), 
\id d'Ani;' is et de Ramey. Le palais des 
in/i. 1 i\alisi; de beauté aveclacathédrale : 
■s|M raiidieu (1862), après Bartholdi, dont 

appiouvé par la municipalité en 1859. Le 




et de la Méditerranée soutenant les armes de Marseille. Eu retrait, 
le génie de la Navigation et celui de l'Industrie et du Com- 
merce, sur deux grands piédestaux; dans des niches, les statues 
des fameux voyageurs Pythéas et Euthymène. Tout 3Iarseille revit 
en ce décor. N'est-ce pas h la Bourse que siège la Chambre de 
commerce, organe essentiel de la cité marchande, assemblée agis- 
sante encore plus qu'arbitrale? Cette chambre, fondée le 5 août 1599, 
envoyait dans le Levant des consuls chargés de défendre ses intérêts, 
correspondait directement, telle une puissance, avec l'ambassadeur 
de France à Constantinople, créait la Compagnie d'Afrique, aînée 
de la Compagnie des Indes, armait en guerre contre les pirates 
barbaresques. 

Les grandes avenues de la nouvelle ville rayonnent, de la Bourse 
et de la Cannebière : l'une qui se profile sous divers noms, rue de 
Noailles, allée de Meilhan, boulevard de la Madeleine, jusqu'au 
palais de Longcliamp; l'autre qui coupe à angle droit celte grande 
artère vitale par le boulevard de Paris, le cours Beisunce, la rue de 
Rome, de la gare d'Arenc au Prado. Un raccourci, la rue de la 
République, coupe la vieille ville, entre la place de la Joliette et 
l'issue de la Cannebière. A l'exception de ceux dont il vient d'être 
parlé, les anciens monuments dignes d'intérêt sont rares à Mar- 
seille. Sa parure monumentale est récente : VHûtel des postes et télé- 




IQUEDUC DR nOQUEI 



regard est séduit par l'harmonieux déploiement de cet hémicycle 
autour d'un château d'eau central d'où les eaux de la Diirance 
bondissent en larges nappes, entraînant, dans un amphithéâtre de 
verdure, tout un cortège de génies, de nymphes, de tritons. Une 
double colonnade à jour soude les deux ailes au maître pavillon 
par-dessus le fracas des eaux : à gauche est le Musée des Beaux-Arts, 
où la plupart des maîtres des différentes écoles (peinture, sculpture) 
sont représentés; à droite, le Muséum d'histoire naturelle. Non con- 
tente d'élever aux arts ce magnifique palais, Marseille en assure 
l'enseignement par VÊcoledes Beaux- Arts (Aessm, sculpture, archi- 
tecture); \a. Bibliothèque d,Vir\eTi& ; un Cabinet des Médailles, où sont 
groupées les plus belles productions de l'art grec en Provence ; 
enfin, pour l'édification des savants, le musée archéologique du 
palais Borély. 

Dans cette région, entre le Vieux Port et l'avenue du Prado, la 
Préfecture (18131-1867), l'une des plus grandes et des plus belles de 
France; le Palais de justice (1858-1862), dû, comme le monument 
précédent, à l'architecte Martin (sculptures de Guillaume, Travaux, 
Gilbert); \e Pharo, construction sans intérêt, dont tout le charme 
vient de sa situation admirable au-dessus de la ville et des ports. 
Les grandes voies modernes, rues de Paradis, de Sainl-fi-rréol, 
de Rome, de Noailles, cours Beisunce, rue de la Ré|iulili(|ur, 
auréolent la Cannebière : de beaux 
magasins, des bazars, des cafés, 
des squares, des promenades om- 
liiacies de grands platanes qui 
il I ili lit de leur épais feuillage les 
\ ni mes fleuris; des fontaines 
I 11 II 1^^ iules, des statues, des mo- 
uuminls commémoratifs : rien no 
manque à la Marseille d'aujour- 
d hui. Parmi les monuments ; 
celui des Enfants des Bouches-du- 
Rliône morts pour la patrie; la co- 
lonne de l'Immaculée-Conception, 
érigée en 1838; l'Arc de triomphe de 
la place d'Aix; la statue de Beisunce, 
près de la Major; les bustes de 
Pierre Puget, Espérandieu, Lamar- 
tine, la statue de Berryer. Grâce 
au canal qui puise à la Durance les 
eaux fraîches et bienfaisantes dont 
Marseille fut si longtemps dépour- 
vue, six cents fontaines jaillissent à 
tous les carrefours. Au lieu qu'il 
fallait autrefois se contenter du 



Lirroi'.AL DE LA Ml':it Hi;i! 1! A Mil' 



I)auvri_' Iriliut JcrHuveaune, 
le canal de la Duiance 
apporte à Marseille 8000 à 
9000 litres d'eau par se- 
conde, même au plus fort 
de l'été. Les environs, au- 
trefois arides, sont fertilisés 
par l'irrigation; il n'est pas 
jusqu'au Vieux Port, dont 
l'infection séculaire ne se 
soit atténuée sous ce lavage 
abondant. 

Le canal, maintes fois 
projeté, commencé même 
en 1771, repris en 1818 et 
en 1834, fut enfin exé- 
cuté, de 1837 à 1848, par 
JI.de Montricher. H puise à 
la Duraiice, en amont du 
port de Portuis, sur la rive 
gauche, à 187"', 23 d'altitude. 
On sait combien les eaux de 
cette rivière sont chargées 
de limon (2 mètres cubes de 
dépôt pour 1000 mètres 
culaes de liquide) : deux 
grands bassins d'épuration, 
sans parler de trois autres 
plus petits, le réservoir de 
Saint-Christophe, et, plus 
bas, celui du Réaltort, em- 
magasinent successivement 
les eaux du canal, qui s'y 
décantent en déposantleurs 
troubles. Chemin faisant, le can:i 
célèbre aqueduc de Roijiiefavi, 




franchit, la gorge de VArc par le 
îiilin débouche eu territoire de 
Marseille, après un parcours de 84 300 mètres. 

Il s'étoile alors en cinq directions principales. La branche mère, 
se développant au flanc méridional des hauteurs de l'Étoile, gagne 
la mer, après Mazargues, b kilomètres sud-ouest de Notre-Dame 
de la Garde, 2 kilomètres 1/2 nord-est du cap Croisette, à la Ma- 
drague-de-Montredon. L'œuvre a coûté près de 60 millions, mais 
elle arrose 3000 hectares de terre, donne en chutes une force mo- 
trice de 2500 chevaux à plus de cent usines, met la vie et la fraî- 
cheur là où n'étaient que sécheresse et stérilité, assainit l'air et, par 
surcroit, assure un revenu an- 
nuel qui dépasse largement le 
million. Grâce au canal de la 
Durance, Marseille s'est trans- 
formé : les promenades se suc- 
cèdent comme par enchante- 
ment, cours Pierre-Puget, parc 
du Pharo, longue et magni- 
fique avenue du Prado, parc 
Borély (acheté par la ville 
en 1862). La Réserve, la Corni- 
che, la jetée de la Jolielte sont 
délicieuses aussi, le soir, pour 
humer la brise fraîche dulaige. 

Marseille vit de son port el 
des industries qu'il alimente. 
D'abord la métallurgie. Dans ses 
hauts fourneaux, l'usine Saint- 
Louis transforme pour canons, 
projectiles, blindages, etc., les 
minerais de fer, de chrome, de 
manganèse que lui envoient 
l'Algérie, l'Espagne, l'Italie. 
Trois usines travaillent Vétain 
]iour l'industrie des capsules 
III' i.illiques; d'autres dégagent 
i.i iii.ilirre précieuse du plomb 
ariiciilil'ère espagnol et em- 
ploient le complément du mi- 
nerai en tuyaux, céruse, plomb 
de chasse, etc. Le cuivre aus- 
tralien ou américain est ouvré 
par une dizaine de fonderies. 



grand- .■l,ili[i-~-'iiir, 
ateliers .Ir i.i S,.n.'i' 
dustrie de la iia\iL:;il 
lion des toili's à \ ..i 
l'alimentation ,!.■ m>> 
1ère de la région, m 
reste d'Anglri. 1 1 r. |, 
ment de Hns-i.^ ipr 



lul.le 




Mir, dragues, phares, machines-outils, docks 
gouvernails, treuils, pomprs.clc, «■iii|.loyi''s 
■ ■ ot la marine de guerre, snii,.|il ilr imis 
'■s Fiirr/es et chantiers de la Mciliirnanf'r, 1rs 
-w,/c/, ceux de Stapfer, Dudr.s et C". A liii- 
-'' i.illa.lif celle de la corderie, la fabrica- 
■.\\i\r-i. Ole. Pour l'entretien de ses usines, 
Il .-. M^n-seille absorbe la production houil- 
!'• ' ill'' du Gard (Bessèges, Alais), et tire le 
s/nr :iliiiii'titaire tire les céréales principalo- 
le toutes les importations réu- 
nies), des Indes anglaises, de 
Turquie, d'.\lgérie, de Tunisie, 
des États-Unis. Les céréales 
importées alimentent une cen- 
taine de minoteries sur le Jar- 
ret, l'IIuveaune et le canal do 
la Durance, de nombreuses fa- 
briques de pâtes... L'orge de 
Russie, de Roumanie, de Tur- 
quie, de Tunisie est utilisée 
pour la fabrication de bières 
absorbées sur place ou expor- 
tées aux colonies. 

Tous les produits en olives do 
la côte provençale et languedo- 
cienne, des Alpes-Maritimes aux 
Pyrénées -Orientales, conver- 
gent vers Marseille, qui en uti- 
lise l'huile et dirige le surplus 
sur l'intérieurde laFrance et les 
colonies. Des pulpes soumises 
à un nouveau traitement, l'on 
fait une huile excellente pour 
la savonnerie; les tourteaux, 
enrichis par le sulfure de car- 
bone, vont à l'agriculture. 
Graines de lin, sésames, arachides, 
coprahs, pavots à réduire en 
huile : cela fait vivre plus de 
cinquante maisons, s'exporte et 
surtout est utilisé par la5fli'o/i- 
nerie. Dès la plus haute anti- 
quité, Savone fabriquait du sa- 



36 



LA FRANCE 




ilAUeiK du MiioL dAuhtiilu J -Vnie 
iiqup du Sud 1 ifibiicition des biiques 
iks I iRiK Hb d ornement des mosaïques 
smtdii, indusliies m useillaises de loiu- 
tiuK tnlition 

11 fiudiiit poui achevei le iictouici 
lectll pi idicieuse activité compteren- 
euic 1 md istiie du bon impoitt de Suéde 
dAmiiique de Finlande qui f ut vnie 
de nombieuspb scieues des f ibiiques de 
futuilts et de caisses jioui Icxpcdition 
des maiLliandises Ainsi la legiession 
causée dans les tnnsactions commei- 
(lales et le mou\Lment du poit pai les 
tiufb lestuctifs de itcente application 
liouve sa conlie-pai tie dans les piogies 
constants de la pioduction industiielle 
maiseillaise gi ice a la maindœuMe 
foui nie pai leti ingei Malgit tout Mur- 
seillc ti i\ aille et s eni ichit 

Personnag-es historiques — Outie les 

1 m I \ i\a^ ui / /lliiiibLi Lul/ijmene Vai 
il 1 pi luit 1 lii t 11 n 7 1 igue I ompee 



M, U. U' // 


|iii 


iil ]; me 


pour (Iib- 


,ll 1,1 1 


1 1 


1 1 11 JlU\ 


elcves a 


Il 1^11 illii lia m II 
batiuqut et fa-iou de 


1 / hone 
Ntiun avant 


ecrn ain 
d être sa 


•victime soupçonne d 
plot de Pi on il fut 

lesMiii (Mil 


avoir pris pai 
rnntnint dr 

M ill 


t aucom 
>; ouv 1 1"- 


aint 1 
mailM 1 1 

dAllt M 1 

Jeune Vuwii 
ligues (1040 11 
de Saint Jein 
Uerb de Malte 
les piritcb le 


1 M) 1 t \ 1 1 lllfdb 

, 1 1 1 ,//le 
1 \ 1 1 1 ( lanlileMm 
1 1 II 1 1 Hospitaliers 
1 1 111 1 m 1 lut, tard Clieva 
i\ ml , Il Jl dt Mirseille contre 
chroniqueur Albei il d Aix et 



les troubadouis du gai savon Fouquel 
mort éveque de Toulouse (1231) et Bei h and 
ta) boiiel qui floribsait v ers 1 «dO leb liaymond 
déballes Banal des Baux Bei li and Posland 
luengei ferventb du luth et de la viole 
I nimui qui oui nt Mai cilk piur mer \.u 
\M il I I ml lidil iHinli ui V 11 
1 m 1 111 i ti I ^iiL 1// hel de Ni*/ ein i 



roH et, avec (lent s ^iidiitk monopole de ci Ite industi le Mmsnlh 
tientà présent la ttti a i c pies d une ctntaine dt, fabuqueb picidui 
saut plus de 50 millions moitié de la pioduc- 
tion de toute la Fiance 1 a fabucation des bougies 
appelle les cires du IMni d Mi hj,ascai d Al- 
gérie, les sîh/s de 1 1 i I ni h |ii Vufutine d Vus 
tralie, les .çflmrfm; d I i i 1 m 

L'industrie des 1 1 hnl liiim jues est née de 
la nécessité de pouivoii Icb fabuqucs Mandlle 
tire le soufre de Sicile le td de ses salines les 
pyrites du Gaid et de 1 Aulei lie cnrhonale de 
.<!0!(rfepourlasa\onnerie etlast nineue chloniu 
de chaut, sulfure de cm hone sou t pi odui ts sur place 
I.ecaoutchoui d^fuquc lacoclienille le clou de 
girofle, l'orseille le bois de campeche debai- 
quent à J/(//-«i/^ a\ec le cacao des Antilles k 
[loivre des Indib ni tilindaibcs les cafi s du Bie- 
bil, les sucres coloniaux il se fait de ces dénués 
une importation considérable La concuiience 
des raffineries allemandes a seiieusemcnt if- 
fccté l'iudustiie similaue de Marseille L ippli- 
cation du récent iej,ime douanier a également 
causé un gra\e piéjudice i son commerce des 
vins et aux industiies quil fait vivie dislilk 
ries, vins de laibins secs 

A Marseille debaïquent les soies fines de Cliine 
du Japon, de Sjrie Avint que Gènes et \n\tib 
même n'eussent di toui m ce mou\ement coin 
mercial à leui piolit c ttait ri le giand maiclie 
des colons du LcMnt Enfin la tmneue fpeau\ 
lie clicvre, de mouton et d if,iii au impoilees 




iipai 
l't 
1 d 



puetd ^1040 1 lij neb 

de foi but ne a Gai 

Il 1 \ a) émule de 

Il I il \u wiii» sie 

1 i Ai\ ainsi 

I ims de Vauie 



•Il 



herob de la i i i i l s8) 

dAi\ k mM / I IroIo 

gueb rauiis 1 I I I II 1 u I Bai 

bai OUI était de MiibLilk Ll \i\ bitck a pioduit 
J s Pw lalis{^\\ le marquis (/e / asio>ei (Marbedlei 
les dpu\ I atnict I ar/es neb i MiisciUe ainsi que 
/ I il I' 191S;/) étriv -un et homme 

I I I { 1 devons une Hibtoire de la 

I I le littérateur Joseï h Met y 

I 1 I 11 I I I 4t/i iW (l^,l^ lS7o) le 

1 n I / I I 1 1 s I I Ml liai le génie 

de la 1 I \ 1 111 I m u M ill iiine en lb30) 
le L 1111 11 1 1 / I I I I ^iit hinenc David 

Migne/lln t iitn 1 u Iss lu. n dnii\ < uil ei t {liWi 
l8Sb), archevêque de Parib, tous les deux ncs a Ai\ 



LITTOHAI. DK LA Ml- DTI ERI{ ANÉE 



S7 



Corse. 



SuptMlii'ic : S77800 li.-clarcs 'Cadaslic . <S7-2 ilKI Servi... i:,-;,iiv 
Iiluiiuo de l'.inn.'e). Popululioii : 2SS S2() li.iliilaiils. Cln'l-licu 
Ajaccio. Sous-prùfeclurcs : Bastia, Calvi, Sartène, Corte. 
Ci cantons, 30'l commum-s. l.'l" imps cfai iim'i' i Maii>kii.i r. i. Cû 
d'appel de Basiia. Académie d'Aix. lliDc^M' d'AjAcdo sulliai;a 
d'Aix). 

Son éloignemenl des grandes roules du couiuiei-ci' et du mon 
cosmopolite a piéser\é la Corse des exigences d'une civilis 
tion raffinée et défoiniatrice. Sœur de la côte d'Azur, elle a niiei 
conservé qu'elle cette Heur de beauté simple et sans apprêt, 1 
peu sauvage même, si ciière aux amants de la vraie nature. 

Avant de la nommer Ci/rnos, les Grecs la qualifiaient de t, 
belle (xxXXiffT/,). Elle possède en efTet les éléments essenliels do 
la nature compose ses nici \ eilleii>; l.ilde.mx : |,i ,,,,,, nue m 
délicieusement pure; la ,'"/''', .■im-Ji--iis .1.- \ -i ^,1 < ,1 -i ni.-i - 
de citronniers, des olnei.ues \ i-<.iii .n-r ,,, ,|rs i li.i Mi-m-i s ij-,ii 
qui, de loin, ressenildeut à des llUi^:^Mll^ \ei l>, laul le> \,i-ues de 
terre soulevée sont gigantesques en ce pays; enfin, avec la liai: 





clairon jaune pâle sertis par l'é-ineiaude des ver- 
gers, dans le uiicoir sans loud d'une eau limpide. 

Tout Ajaccio l'.i 227 liafjifaulsj évoque l'épopée 
lia|H.|. oiiM me'. Najicjléôii Bonapnrle, né dans Cette 
\ill ■. le r.aaii 1709 (peut-être en -17(18), était le 
d. iiMeiiie iii^ .le Charles Bmin/iarte et de Lwlilin 
lt,„n..l,n„. IlniourutàSainte-Héléne,le5mail821, 
.1 ans sa ;j-2'= année. Parmi ses frères : Joseph, l'aîné, 
lut r.'i de Nttiiles, puis d'Espagne; Z-ouii, roi de 
Hollande (père de Napoléon 111); Jérôme, roi de 
Wesplialie. 

Rien d'ailleurs qui retienne dans Ajaccio les 
curieux en quête d'inédit; la nature seule s'est 
mise en frais pour plaire et elley a réus.si, puisque 
cette ville devient le sii'jour hivernal préféré d'une 
clii'ulèle, fiius les jours plus nombreuse, que sé- 
.luii l'ejalii.' de -a |. iiipérature, la douceur de son 
I lioiai .'I . le pi iiiieiiijis venu, l'inlinie variété des 
sil.s à visiter dans lile. Avec l'été (do juin en 
octobre), chacun gagne la montagne: Vi::avona, 
Baslclica, Vico, Guagno, Evisa, Bocorjnann , Vcnnco, 
Cervione, offrent, au seuil de la grande forêt et à 
uii-chemin des hautes cimes, de frais et ravis- 
sants séjours. Aucun pays d'ailleuis n'est iclati- 
venieut plus riche que la Corse en sources thermo- 



futaie des hêtres qui moutonnent bien haut, les 
colonnades de pins .[ui jaillissent Jii-.praux som- 
mets couronn.'s lie llia_'i'-. la i!n,,,/,,',:nr. ,1e L'iailil'- 

rose OU bleu, s.'s .iines .|/|ile^, ^e^ lninads i|ui 
bondissent 
tremêl.'s .1. 
de fruils >; 
les attriwl- 
vence, 1' \n 
eiitre l'a/m 
La t'.a-e 
Nice à Calv 



e~ id\ Hii|ii.'s pleines de fleurs et 
•\i\. La ',,;■-(' offre en raccourci 
-^ li.'s.liveis : l'Afrique et la Pro- 
e .1 la Savoie s'y rencontrent, 
lier et celui du ciel. 
.■il.» d'Azur sont proches : de 
'ile Rousse, six heures sufllsenl 
pour traverser, huit heures si l'on va jusqu'à 
Bastia, au revers de File. Des paquebots rapi.l.s 
relient d'autre part Marseille et Ajaccio : un.- 
nuit passée, le réveil avec l'aurore est un enchan- 
tement. De loin, lile se révèle par l'étrange et 
doux parfum qu'en apporte la brise, au prin- 
temps surtout, lorsque les cistes, les myrtes, l.-s 
thyms et les bruyères du maquis, sous l'afflux 
de la sève nouvelle, exhalent leur baleine sub- 
tile et mêlent d'acres parfums aux tièdes émana- 
tions de l'oranger en fleur. « A l'o.leur s.ml.', 
disait Napoléon, je devinerais la Corse, les yeux 
fermés. » L'on arrive. Dans un amphithéâtre de 
verdure que couronnent des cimes lointaines, 
Ajficcio, penché sur la nappe bleue de son golfe 
sans rides, reflète ses maisons roses, lilas, vert 




Phol, de M. Guiltart. 



LA FRANCE 



iiiiiiéi-ales : Orez:a, Guagiu), Quitcrii, Pielrnpdla , ("al- 
Jaiiiccia, Caldaue, etc. Alais, poui- la plupart, une 
iiistallalion trop sommaire atténue leur bienfaisance, 
en raréliant les visiteurs. 

RELIEF 

l.a chevauchée des grands sommets qui constituent 
l'épine dorsale de la Corse déroule, du nord-ouest au 
snd-ouest, sur le double horizon delà France et de l'ilalie, 
une longue arête sinueuse qui, sans avoir la rigidité 
d'une muraille rectiligno, n'en dresse pas moins une 
l'oimidahle barrière de séparation enti'O les deux versants 
de l'ile. 1,6 point d'attache de cette longue chaîne est en 
vuedeCaIvi : lo Capo Judo [2032 mètres): elle >e t, nui, ,e 
au-dessus de Bonifacio par VUomo di C'i^/n.i \-2V'< ne- 
trcs), pour s'affaisser et mourir à la poinle de linmi/^nm. 
Deux parties inégales, deux îles dans une, se trouvent 
ainsi séparées : l'une à l'ouest, d'environ 330000 hec- 
tares, ancienne province d'Au delà des Monts; l'autre 
plus grande. ;'i \'i'<l, de rv2'2 000 hectares, l'ancienne pro- 
vince d'/;,/ ./.. ' '. ,1/ '-. C'est, en effet, vers l'^-.! ^pie 
l'aii'le molli i_im m-' m^ liane tourne sa convexib- ^^ nr- 
rale et l.ii>^e mu -> ~ llmies extérieurs le plus U'i'^ine c 
libre; les eu ni reloris y sont moins serrés, moins alun pis, 
alloni.'('S en lollines (pii s'allaissent doucement dans la 




CORSE 



Q Préfecture 
® Sous Pi 






""""sf C 



Rousse 



Capo al Cavallo^ 1^ V< ,ib .'/ u. , 

-f ^<= ^ ■^' '"" M' 

„ ""^s/'-ïJ^^ ^'l.Wluh II, 

^ ^-P-Ïnl:,ll. 
"= Rossa ' 3 CapTfAllaM.d,, „ „ 



Cap Co 



s'il.iT.jii •,/;is//4 

Cd/ i/f- Teohime 
(11. lli 

. M'fAtn ,-.t ' Biguglia 



S' M i 



L 1^"' 



M*Ti lynao"""' 



^'^Vls..„ . -ni 

GdelaL,^'' P 

-__ c^' 

CdeFeno^-—' 

AJACCiOn '^ I 

P*^" délia Parata ' ""^ ^1 M 



pta, 
Castagn 



C Nero 
C de Porto P. Ih 

G de i^ahnco 
Pt.^di Campe Moro 



'Jl" --^ Golo 



ill 



n.S-, 



PMAqi 



Brayone 

liucM n in,^"""'" ' 

;l „M'H, non p^^, ,_ <Ei£tSdUrbwo 

^Itîn i ' iFtumorbo 

t ' I l< I Et9de Palo 

Marina di Salenzai 



P">di Farone 

'f^'d, Pinarello 

P<-*SanC.pr,ano 
6 de Porto l'ecchi, 
PtadellaChiappa 

llesCerbicale 



"''^^ Cau'nl/ LU„„,àd, 

t.duna ^ f. 






c Pertu^rtavezzf 8 K ', j cta». 
ptadelPalcon''a 'l'd";* fJ ' 



^apicetolo 
fa ci 



délia Maddale 
C délia Te^'ta"'""""'^^?'-''^'"^ " ^ I d. Cap.er 



A R D A I C N t 



plaine littorale. A l'ouest, au contraire, tout se presse, tout se 
mêle, jusqu'à plonger à pic dans le flot, comme des étais puissants 
qui contre-butent une vaste arcature. Cependant, les anneaux de 
la grande chaine si'parative centrale ne sont pas si étroitement 
soudés ensemble qu'ils ne laissent place à quelques brèches. Deux 
passages princiiiaux en rompent la continuité : au nord, le col de 
Ver'jio, dans la région des sources opposées de l'.iitone et du Golo; 
au centre, le col de Vizzavona, sur la selle de séparation d'où s'épan- 
chent, à l'ouest, le Gravona vers AJaccio; à l'est, le Vecchio, affluent 
du Tavignano. Par cette dernière brèche passent la route et le 
chemin de fer d'.\jaccio àBastia, qui coupent l'île obliquement, sur 
le pivot de Corte, au cœur même du pays. 

A cette double rupture de l'arête centrale correspond un fléchis- 
sement des sommets, comme le flottement d'une chaîne détermi- 
nant une double conque montagneuse on sens opposé, l'une ouvei'te 
veis l'est, d'où s'écoulent le Golo et le Tavignano; l'aulre ouverte, 



vers l'ouest, à un faisceau de torrents écourtés : le Fmigo, le Porto, 
le Limnone, leGravona et le Prunelli Jumeaux, tributaires du golfe 
d'Ajaccio; le r^rtv"'', ei h- /f;.-:«»é-c, enfin VOrinlo^ voisin de la pointe 
de Roecapina. l.a rbr ,),. m, file ,|e l,i inniiM n- conque paraît être 
la Pn,jUn Orha i'-'^ll iielr.- : e.[|. ,|.' lu s.rnnde, le monte d'Ora 
(2391 mètres) et le ;/e-/ik'iî(7(r«- 2:;:.: neli.- . ihvsséssur la coupure 
de Vizzavona. Au sud, V Incadine 2 l.iii mm li. - iiymmim^ sur in |iarlie 
méridionale de l'île; au nord, le ,//-./,/. r,. ■-, JTln mm In ^ lu est 
le point culminant. 11 y a donc une inelinnisnii ^i lei.ile de-, monts 
du nord au sud et de l'ouest à l'est. 

En réalité, le Cinto{2~\0 mètres), relié à la Pffji/ta OrJa (2328 mè- 
tres) par l'échiné de la Punta Minuta (2 547 mètres), forme, dans l'in- 
tervalle de Corte à Calvi, le triangle résistant et comme le front de 
la Corse. De ce groupe rayonnent : au nord, le monte Padro (2393 mè- 
tres), le Capo Jovo; au nord-ouest, la Mufretta (2 148 mètres), dont 
les derniers ressauts poussent, comme une jetée protectrice, à l'en- 



LITTOIIAL I)i: l,\ MKhl 1 l^lUlAMiR 



59 



le C.ilvi, l;i 
.ur>l, dan 



1ri''e du golfe 
ReveUnla; à 
lerv;ill.- ,lr^ ,l,„x sillons c-i-«misi's 
par le 1 .m... .i [,■ l'mio, le Cnjxi 
Ma M, 1,1, , ilOiU iiielres) et le 
Capo al Ciclii; au sud-ouesl, le 
Cnpo dello Vilallo (1_332 mèlres) 
■et le monte Rno ( /27 mètres), 
projetés sur le cap llosso, dans 
une région touimentéc de la- 
laises el de nies aux fuîmes bi- 



pouisilil ,'iu sud lie lii l',ii/li,i(>iliii, 
[)iii:\njiiinln Arlica j2 329 mètres), 
belvédère du lac de Nina, d'où 
s'épanclie à droite le Tavignau", 
opposé aulJamone-Sagoiia, dé- 
valé sur l'autre versant. Entre la 
punta Artica et le monte d'Om, 
le monte Jtotondo (2625 mètres , 
géant de la chaîne centrale, 
émule du Cinto (2 710 mètres . 

Passé le col de Vizzavona, la 
■crête se profile par le monte li,- 
noso (2 31)7 mètres) et la /lunln 
alla Vctta (2264 mètres), que 
prolonge \a. punta de Mantellncein 
(1681 mètres), opposée àrincu- 
dine (2136 mètres), sur l'un et 
l'autre flanc du Taravo. EnTm 
Vlncndine est le pivot de dis- 
persion des monts : S. Pictto 
(1 3U2 mèlres), ^ioito dclla Vaccn 
Morla (1 315 mètres), VUoma di 
Cagna (1213 mèlres), sur le 
front desquels se détache l'au- vut iiust dans 

■dacieuse falaise de Bonifacio. 

Encore que gravement at- 
teintes, les forêts sont l'orgueil de la Corse, la |iarure de ses mon- 
tagnes. Elles couvrent loOOOO hectares, dont 45001) \ l'Etat, 
le double aux communes et plus de 20000 aux particuliers. 

I,es essences diversis qui s'y mêlent donnent à ces massifs une 
grande variété de teintes : ce sont le chpue rni, le hêlre, le jiin 
loricio, dont le tronc vertical jaillit 
à 40 ou même 50 mètres de hauteui', 
telle une colonne llexible dont le 
panache frémit à la brise des som- 
mets. C'est l'un des plus beaux ré- 
sineux de l'Europe : son bois rougo, 
admirablementveiné, le faitrecher- 
clier de l'industrie. Mallieureuse- 
menl, amoindrie chaque année par 
le vandalisme pastoral et mercan- 
tile, la haute futaie, mangée on 
herbe par la dent des chèvres, 
bouleversée par les porcs, piétinée 
par le passage des tioupeaux et ra- 
vagée régulièrement par les im 'ii- 
dies, dans le seul but de faire du 
pré pour les bctcs ou de se moquci 
de l'adminislration forestière, la 
haute futfiie descend peu à peu à la 
banalité du taillis, de la lande dé- 
serte ou du maquis, le mystérieux 
maquis emmêlé d'arbustes verts, 
<le genévriers, d'arbousiers, delen- 
tisques, de lauriers-tins, de myrtes, 
de buis, de bruyères, de cistes, 
de romarins et de lavandes, qu'en- 
lacent, au-dessus de fougères 
monstrueuses, les chèviefeuillcs, 
les clématites, les ronces vives, 
jetant sur le dos des monts une 
inextricable toison. 

Grâce au manteau protecteur du 
macjnis, l'épiderme végétal des jh/ii- 
tes résisie à la cuisson du soleil, 




au ciaiiuêlement de la gelée, à 
l'entraînement des pluies d'o- 
rage I e marpiis retient les eaux , 
fdtieles souites, eue des om- 
b) T.,ps C pstaussi 1 asde nuiob 
<lis fugitifs qui, apics avoii fait 
un m il lu ui, se lelusent là comp- 



I d un me ui 

II un le s 



oud une 
ig pa. le 
lie Coi se 



ili son inili |i( nilani 1 , piesque 
tiiu|ouis di me poui la d( li ndie 
Ici guciie, qui fut pcmlant des 
sRclts son état noimal, a m s 
au rœui de ce peuple un in\in- 
I ible goût des aimes ^ ajant 

lins du di lu is If s Coises se 
lulli ul ( iilH ( u\ la iindottn 

s,\,,,. d. Illlllll. l flllllllf 



dius , 



Il uli ise mf me,\ienn( ni i n aide 
m coulage. 

lin n qu assez atttnuns, ces 
\ loli nces n ont pas entoie dis- 
]i 11 u, 1( sbainessontvnacesetse 
1 1 M , ti uism()tt(nt a\ec le sang S il 

min 1 II MioNE c^t viai que le banditisme tend 

a s effaLLi , Ils tiaditions f.i- 
ioulIrs de la lemletta sui vivent, 
principalement dans les pays du sud, couverts et isolés, du San 
l'ietro à Porto Veccliio, en y comprenant Sartèneet Zicavo. Colomba, 
l'héroïno de Mérimée, était du bourg d'OImeto, pittoresquement 
situé dans un vallon qui descend au L'olfe de Valinco. I.'étmnger n'a 
rien à i raiiulie de ces minus un fieu vives : cela se passe entre 



IêM 




mm.^^ 










'■^'à' 
^^1^"^- 



) N T E D O n O . 



GO 



LA FRANCE 




lembip, les liuu|if;iux éiiiigient de l.i luoiilugue vers la 
[ilaine du lilloral de Fesl. Ce soiU les femmes qui tra- 
vaillent le soi aidées par des laboureurs lucquois On 
\anle le bnucio du ^nln mets coi se p ir exrellence, qui 
neiappclle ennemi li li mi ( I un s itedecième 
1 ute de hit de chiM il \ ni 1 i n i lance de la 

_elee et d un goul I | I i | | i i i ] ui le palais 
isL Pai 11 col du l j 11 u iu\ i^c ouvpite à 
1 1 'imeties daltilude que k ueiye Liicoiiibie six mois 
I 1 innée on passerait en desiendint les pentes ra- 
I I 1 de K foiet d AtUinp i ti iveis les colonnades de 
1)1 ^ mts dins la couke dCvisi et la coupe 
lu II I I uto 

\u 11 I 1 (lu Golo le Bciinco toiiciit des giiaes sau- 
\ ic d Lancone (2j kilometies) qui se deveise dans 
le viste etaiig liltoi al de Bigiiglut (long de 10 1 ilomètres, 
etioit peu piolmd si pue de U mer par un lulo à 
1 me epiispaifois de 2b0 meties) entie le Golo elle 
I uunmo le Fium alto sont des fiamicelh Emissaire 
lu le m Clique de Piedicioee le Fiam alto seipente 
lins la ^all e ou jaillissent les souices bienfaisantes 
I0(( a quombia ent des chitaignieis a la puissante 
lamuit Celte i i >n en a pus le nom de Castagniccia 
[Ckutaiyneiaie). C est un pdjs admu ible . 1( cli itaignier 
y atleintdes proportions inconnues ailleurs et forme, sur 



Corses; la population de Sartène est accueilUinte et hospitalière, 
le vin de ses coteaux exquis, les fruits de ses jardins savoureux, 
le gibier de ses maquis parmi les meilleurs qui soient. 

COURS D'EAU 

Versant oriental. — Il n'y a de vrais cours d'eau en Corse que 
le Golo et le Tavignano, à l'est; le Taravo et le Gravona, à l'ouest. 
Ce sont des fiunii; les autres, des torrents ou torrenticnles inter- 
luiltents : i\r^ /ijiiiiirrlh. Snus la |i,uissi'e d'une pluie d'orage, tous 

rugiss'iit t'i I ililr lit; I.M.iiiMiili' l's a|iaise en les mettant àsec. 

Alors ils ga^iH'iit |ienibleiiienl lu mer (s'ils y arrivent), éiiandus en 
llaques dormantes, en amont de la barre marine qui les retient au 
rivage, ou bien, comme sur la côte orientale, englués dans leuis 
propres alluvions, au seuil d'une plaine à la pente insensible. 

Le Golo se forme au relu in 1 .le l.i couim'ui i^in.Iii' luili !■ b's (■■-( ,ii |" 
mentsdu Ciiito, de la Pagliu < h liu .;:i2.'l neli r~ ,1 ,|r |,i l'uni, i \iii, i, 
en vue du golfe de Porto, ibuiL il n'r^t M'iiun'' ipu |mi- 17 kilnnu li . s 
à y 'A (Tnix Mil, tandis que la rive orientale de 1 île, ouii se lieid, est 
élni-iii .■ (ir :;:> kilomètres. Son cours total, avec les détours, est de 

7:> kil In-. Il arrose le bassin du iVîo/o, le plus grand de la Corse, 

lili>iiye au d. là de Calacuccia, dans le défilé sauvage de la Scala di 
Santa-Regina, aux parois surplombantes de granité sombre, de por- 
phyres enflammés, de serpentineverte, 
qu'escaladait un escalier gigantesquede 
80 degrés talLés dans la muraille verti- 
cale, à 200 pieds au-dessus de l'abîme, 
autrefois seule issue de cet infernal 
eliaos. Le Golo s'en échappe au pont du 
Diable, serpente en un bassin élargi, 
ju-end à gauche, en passant au-dessous de 
Ponte alla Leccia, les eaux réunies de 
deux torrents : YAsco et le Tartagine, 
s'engage entre de nouvelles falaises, puis 
en des fonds malsains .jusi]u'à la iinu, 
qu'il atteint, à 7 ou 8 kilomètres du dé- 
bouché des montagnes, au ti<iveis (li'~ 
grèves et des débris anachés à ses rives. 

Isolée, par les défilés de la Scala di 
Santa-Hegina, dans la vaste cuvette de 
granité qu'anime le Go/o naissant, la ré- 
gion du Niolo a conservé une physio- 
nomie propre. Presque tous les Nio- 
liiins sont bergers, de teint bronzé, au 
regard luisantet à l'aspect rude, accueil- 
lants puurlani, mais avec simplicité. Les 
beautés sévères de la nature qui l'en- 
veloppe ont fait du berger niolain un 
intuitif, un poète même, grand im- 
provisateur de vycYTîVqui respirent une 
inàle énergie. Chaque année, en sep- 





les hauteurs, des réduits défensifs ou se 
rt'fugièrent les derniers champions de 
l'indépendance corse, autour de Paoli. 
Le héros repose à Morosaglia, dans le 
sol même de la chaumière où il naquit. 
La châtaigne est l'une des principales 
ressources alimentaires de la Corse : 
des deux régions qui en fournissent 
le plus, l'une regarde les golfes de 
Sagone et d'.VJaccio, Evisa, Bocognano, 
Zicavo ; l'autre couvre, au sud du Golo, 
plus de la moitié des 35000 hectares 
que représentent les châtaigneraies de 
i'ile. Les arbres de Cervione rivalisent 
avec ceux d'Oiezza et de la Casinca, 
au seuil de la plaine basse et insalubre 
,|uc 11' 'l'avignano encombre de ses ter- 
rains (le transport. 

I'n>,|ue aussi long que le Golo, le 



Tavis:nano ( i 



-st 

■< sources, 
iil.i Artica, 
I Un tapisse 
c de J^ino, 



doutlabrlli' toirldr V„l,l., 

le revers. U s'épanche du 
vasque limpide et poissonneuse (truites), 
endormie à 1 7S0 mètres d'altitude, dans 
un paysage sévère encadré de grands 



LiiToiiAi. i)i: i.A Mi;i)i ri:i!i!AM-:i': 




pins. Le tonvut plonye par des i^in-'j,es spleiulidus, picii.l, s» 
loc abrupt de Co/Vc/la Ik-slonicn. dévalée des lacs iiidiàssi 
flanc du monte Rnhmdo : dans un val à peu prés d('M'i l, il icci 
le Vccclo'o, déboucliédu col d(! Vizzavona, gagne la plalin" lii'\ 
du littoral, où il frôle les ruines de l'antique cité greccpiu d'.l 
et se perd dans la mer, entre l'étang de Diana et l'étang (/'■/ 
le lu-emier large de plus de 3 kilomètres, long de 4000 nu 
aulrrfois lagune vive et rade ouverte, au teni[is de la doinin 
romaine. 

Il semble que la Cnrse soit composée de di'ux moicsiiix, dr n 
granitique et porpliyriquc, ajustés sur uin^ diagonale liri' 
l'île Rousse à la Solenzara de la côte orientale. De ce cô 
l'appui des terrains primitifs injectés de serpentines, des terr 
secondaires, pai semées de 1 imbeaux 
lerliaiics et boidees dalluvions le- 
c eiiies, offrentàl eiosmn touentielle 
une prise facile qui e\plique 1 cffrce 
ment des saillies, la di s un ., ilion 
des pentes, le comblement des uub n 
talions et l'unifoimite des ii\ij,is 
Chaque année, les deltas du U lo el 
lia Tiirtijifino, C( s ouviieis mfati 
t;aMes de di'molition, gagnent sur li 
mer; des lidos sablonneux, enioub s 
sur leur front pai 1 action du fl il 
euntraire, emprisonnent en umic 
au milieu des t( ii uns de ti uispoit 
des nappes d'eau s uis issue ijui c \li i 
lent, aux premieis ia\ons du sideil 
estival, des miasmes d 1 I its (| lu 
4;ènes, produits de li I iii| iii n 
des plantes et des 01. nii m mnin 
L'antique Akna n e-^t i lus pi un 
ombre, bien que 1 1 | 1 un n m ii 
iluii limon bieni usant n lui ml m 
sous les champs de Cl 1 ilisit([ii I s 
arbres fruitiers poussent avec une m- 
gueur et une beauté exceptionnelles. 
Le gibier à poil et à plume foisonne 
«lans cette région et en particulier sur 




lièvre qui reprend, jusqu'en octobre, ijosse^-inii ,lr>oii ,l,,maiiie. Les 
villages s'accrochent en balcon aux demn i^ i. ~-,niU di' la inon- 
lagiie. C'est que le mauvais air ne s'élévi' pi^ au ii --us d'une alti- 
liidebien délerminée, dont la ligne sinueuse, époii>,iiit les cimlours 
duridii'lel des vallées, dessine comme un plan li\ ps-im'ii ique sur 
la dielivile ilii relief. Bien que la plaine orientab,' snit parlimljére- 
ineiil .■priiuM'e, elle n'est pas la seule. Parlent oir les tniieiils dé- 
biiiK linii en mer, leur faible débit d'élé ne leur permettaut pas 
de ri.iiiiliir l.i liane enroulée contre leur issue par le rellux des 
eaux marine-., il se forme par l'arrêt de leur écoulement une vé- 
rilable enveile dCau stagnante qui croupit et infeste les alen- 
bmrs. La er,i riilentale paye aussi un tribut, du moins par inter- 
valles, à la malaria; la côte méri- 
dionale n'en est pas non plus in- 
demne : seules, la falaise de Bonifacio 
et la péninsule du cap Corse n'ont pas 
à redouter ses atteintes. Des travaux 
de drainage, l'ouverture des barres 
marines apporteraient une grande 
amélioration aux conditions climati- 
ques du littoral et surtout de la 
l'Iaine orientale. Les Étrusques de la 

Vriicalyjjtus, cet arbre ineiM-illeux 
1,'ràce auquel les stations de la ligne 
Pise-Rome, à travers la Maremmc, 
sont aujourd'hui délivrées du cauche- 
mar de la fièvre '? 

La plaine orientale de l'île poursuit, 
du Tavignano à la Solenzara. Dans cet 
intervalle débouchent des monta- 
gnes : le Fium' Orho et le Travo. Le 
Fium'Orbo, c'est le torrent aveugle, 
indiscipliné : il s'abreuve au flanc 
oriental du lîcnuso, d'où coule en sens 
opposé le Prunelli, frère du Gravona, 
dans le golfe d'.Vjaccio. A la sortie du 



Fr. 



C2 



LA FRANCE 



plus 

livs;, 



grand rc-duit de iMarmano, qu'enclosent des monts de 1500 à 
de 2000mèlres{Renoso, 2357 mètres ; Kyrie Elei^. m, I '.'>x'i un- 
il happe au passage les émissaires de plusieuis p. ni- Ij -, 
gouffre dans les déniés de Vlnzecca, recueille au d'I.Mii lu ,b s 
tagnes le Saltaruccio et le Varagno et, toujours sinueux, aUe 
mer, après un cours de 41 kilomètres, en aval de C/iisonaccia 
minus actuel du che- 
min de fer de Haslia. 
l.'Inzecca est l'un 
desplusL>eauxd.-.niés 
de la Corse monta- 
gneuse. Au pied di' 
Ghisoni, qui som- 
meille au Uanc d'un 
grandiose enton- 
noir de montagnes, 
dominé de tous côtés 
par de gigantesques 
aiguilles sonibi es ou 
violacées, le Fiam 
Orbo mugit au fond 
delagorgechautiqui 
qu'ils estfiaji'eddus 
la roche duu i iMile 
de la seipt nini ■ 
" Lesio( sd ih nhiui 
sont comme h u li - 
par une i lli i\ ildi 
tourmenli , di ^ [nn^ 
entiers de monta- 
gnes louchent les la 
vins d'ebouleinent-- 
désordonnés Quel- 
ques iibie>- _'i-ent 



sur les pentes, 
d'autres ont été 
entraînés en 
morceaux épars. 
c< Plusieurs, 
battus par les 
flots grossis d'hi- 
ver, meurtris par 
les blocs, élèvent 
un tronc blan- 
chissant el tor- 
dent leurs bran- 

des attitudes d(> 
désespoir. Des 
chênes verts se 
suspendent aux 
parois et leurs 
masses au fin 
feuillage s'avan- 
centtoutestrcm- 
blantes sur l'a- 
bîme. La gorge 
va se resserrant 
et devient de 
^ plus en plus fa- 

rouche. Soudain 
elle semble s.- 
n i 1 impression d'un étau qui va 
c ( st 1 Inzccca tragique. Le chemin, 
nt dans la colossale muraille, sur- 
de rochers, le Fium'Orbu, 
.. Kl-iir cr>sro.-lH's verles. 



dans une impasse, d'être enfermé dans une prison de rocs. L'an- 
goisse s'accroît encore si ou rencontre les trains de madriers qui, 
sur des chars massifs, descendent des hautes forêts vers la mer, 
par cette route invraisemblable Rien n est émouvant comme le pas- 



sage de ces énormes pu ( es de b(ns d iii'- 





cloie, le I i 
se r feimi i 
que les cou| 

I lomlK 1( i 

I I un d e u 
dms ks , 



t \ous eliLindi 
démine enlaiU 
. au fond, d ms un cl 



m-\ 



Sui la loutt tiuitc ets uib 1 u q lI, t n a toujours l'abîme devant 
les jeux. Ils tjui nuits suit sulitt,, a chique instant, à chaque mi- 
nute, on est suspendu au dessus du gouffre. Et le délilé serpente à 
CL point qu a toub les j is ] usque, on a l'impression de s'engager 



tournants brusques ou 
ipiession intense que 
Lhars, chevaux et 
conducteurs vont 
jierdre l'équilibre et 
1 ouleremporlésdans 
les remous du tor- 
lenf...» (II.IIagukt.) 
Le Travo (27 kilo- 
mètres) descend de 
1 Incudine à travers 
un massif forestier, 
sauvage et à peu près 
désert. Avec la So- 
lenznra (18 kilomè- 
ties) finit l'étendue 
plate qui, de Bastia 
lusqu'îci, mesure 
de 80 à 100 kilo- 
mètres. 

Alors la côte se re- 
dresse, se frange 
il écueils, monte en 
lalaises déchirées de 
lailles impression- 
nantes, comme cette 
s-igantesque entaille 
de 9 kilomèlres en 
e lu profonde qui en- 



rieure, de Portn- 
Vecchio, le Tou- 
lon de la Corse, 
si on le voulait. 
Autourdelacité 
vétusté, serrée 
derrière ses 
vieux remparts, 
d'anciens forts 
génois en ruine 
montent une 
garde inutile sur 
leurs socles de 
porphyre. Le 
Stabiacco finit en 
marécage au 
fond dui-'olie ,],■ 

Porto- Vr.chin. 

Son émule, I'Om), 
qui n'a guère 
plus de 18 kilo- 
mètres, a con- 
quis sur la Mé- 
diterranée un 
vaste delta dont 
l'envergure est 
de 3 kilomètres, 
deux branches allant se 
l'autre p,ir r.'.hrm>i ure d'.Vraso. 

Sur un.' Il I. M ,,' au l;n ieuse, projetée en encorbellement, à GO mètres 
au-dessus ilu 11 -t i,i..'ur qui évide ses flancs en cavernes profondes, 
Bonifacio iJiJGO habitants', fièrement campé k la pointe de l'île, 
avec ses vieux rempail-. --■- r|...h''i -, --- ui:ii-.>ns. -riiiM,> défier 
les hommes et les éliMurul-. iju.iii.l. par l.li-ii .aailon' ,lu dtHroit, 
la mer soulevée s'élan.'c àlas-aul .l.s lalai-a-, 1rs l'iuanlr ri mugit 
au fond des mines qu'elle creuse sournoisement dans le sous-sol, il 
semble que tout va s'écrouler dans les Ilots. La Sardaigne est en 
face : par temps calme, le regard l'atteint, à travers les îles et les 
îleltes qui llottent en escadrille sur l'azur du détroit. Le long de la 




dans le golfe de Poi 



idiio, 



LITTORAL DE LA MÉDITERRANÉE 



63 



rive corso pointent on av,uit-g;u'<lo les Monacci, moines do |iiorro 
éternellementli.il lus des embruns ; pi us loin, l'orgueilleuse si lliouclle 
du l.inii ilr lliirnijiina se détache de la côte, monstre accroupi à 
la (irle d'un éiucil de granité tout ruisselant. L'Ortolo (23 kilo- 



qui 



le gn 



mMrrs, d.-vair ,1.. la Vacca Morta, 
Versant occidental. - I. \iiiil 

torrentiel des rivières corses, mais 
d'abord à une oscillation de l'axe 
insulaire qui, en surélevant le sol, 
éloignaitl'ancien rivage en bordure 
des montagnes et oO'rait ainsi une 
plaie-forme favorable au dépôt des 
mati'riaux de transport : les bancs 
de coquilles rencontrés à des alti- 
tudes supérieures au niveau de la 
mer actuelle confirmeraient celte 
hypothèse. De là, entre les deux 
côtes longitudinales de l'ile, une 
opposition flnuraiih^ : à l'est, une 
plaine rectilii^iie >',ili,ii>^,nil pai (!.■- 
grés sous les lbil>; à joiii ~.t, des 
falaises, des luuuiuuloires, ib-s 
caps, des écueils qui plongent eu 
découpant à l'infini des golfes, des 
sous-golfes, des anses, des retraites 
tranquilles sous la projection im- 
médiate du haut relief. On ne peut 
que citer les golfes de : Vatinco,i-é- 
.servoir du Tavaria et du Taravo; 
Ajaccio, où se déversent le Prunelii 
et le Gravona ; Sngona, qui reçoit le 
torrent de ce nom, elle Liamone; 
le golfe de Porto, séparé par la j(!(»/a 
alla Scopa du sous-golfe de Giro- 
lata; Elbo, que la. piinta Rossa dis- 
tingue de Galeria: ici le torrent duFango, là celui de Porto; euliii le 
golfe de Calvi, avec le Ficarella, la Marina de Purajola et l'OsIriconi ; 
la baie de 5ami- F/orm< et ses toi itntsnouiuciei s, entre autres l'A liso. 
Rizzanèse, Tavaria, \nhnco désignent un même torrent, émissaire 
de rincudine ; d'une faille profnndnnent lavini e, il gagne le char- 



contre les pirates génois ou pisans, étage 
ms, hautes comme des tours, prèles à s'uilenir un siège, 

byrintlie d'escaliers, de porches, Ai- \ is ri .l'allées som- 

es de surprises et d'embûches 'i7'ii'> hiil.ilniN. 



èlr.'s), nis du 




mant bassin de Tallaii 
collines, dans l'une ib ^ 1 ni 
son troisième nom. ('• • 

Taravri court au dévab de -^ i \< 
devant lessources thernialesde 




1 t se perd à l'issue des 
Il <le Valinco qui lui vaut 
Issu du monte Grosso, le 
s de San Piedro di Vcrde, 
ueille en passant plusieurs 
filets torrentiels 
et, comme son 
frère du Valinco, 
se perd en mer 
par les deux 
branches d'un 
ilelta. Aufoiiddu 
^'olfe, sur uiu 
uve de giaiiih 
sans ombiagi 
Piopuniii) est 1 
|M,iilb,iissnil,l 
Sartene, mi ni 
II. dallun h 
iou( lie, qui (. M 
lonne lesomiu 
d une cioupe i 
cheuseceintuit . 
d'oliMeis, de vi- 
gnes et de m i- 
(|uis luxuiiants 
Une route v 
^'iimpe en lai els 



\iaie Satlene, 
ville histouqi 
dont la \io II 



bras inférieurs, avant d'atteindre le golfe d'Ajaccio. Par ses pre- 
miers lilets nourriciers, le Gravona puise au seuil de Vizzavona, 
bouillonne en courant sous la verte ramure des hêtres et des chà- 
taiguieis, laisse sur un torrent latéral Bocoynano, où Napoléon 
fut pris par les bandes de Paoli ; Bucognano, pays de la famille légen- 
daire des Bonelli qui, sous le nom de Bellacosia, linrcntle maquis de 
père en fils, durant près de cent ans. Un aqueduc emprunte 500 litres 
par seconde au Gravona, pour Ajaccio. La rivière passe devant les 
bains thermominéraux de Caldaniccia, arrose et féconde la plaine 
basse du Cnmpo d'Oro, et, après avoir lié partie avec le Prunelii, 
atteint le golfe un peu au nord d'Ajaccio. La coulée du Gravona 
ouvre p.iss.iL-e à la voie ferrée qui coupe l'île obliqueinenl par Corle, 
.rAji.i.. I bi-lia. Un tunnel de 4 kiloMièirr^ rr.Mi.dil b- s,.„i| de 
s.|i,ii,ih-n ,l. - .■.iiix; c'est alors, au-dessus .1- l;i -m -.• |ii .il'.nhb' du 
IV.- : .-. Il h.i. lie vision de Vizzavona, vilb ;.i,il m .• i,|.,i|.', ,l,iiis lo 
cenle d'une sylve admirable de grands hêtres au clair feuillage. 
Le grand golfe de Sagone est le réservoir commun du Sagona 




G4 



I.A FRANCE 




(■21Uiloiiu'lres),;iu Jéliiiudii .le 
la ville de ce nom, el du Tah- 
mune, torrent des hautes cimes, 
proche, par ses sources, du T.n i- 
gnano. A peine né, le Lmin me 
{'^0 kilomètres) bondit pu la 
belle cascade de Pmialoiul, , en- 
traine en passant le toiienldes 
buiusde Guagno, ou no (jios&o, 
et s'enlise, au sortir des mon- 
tagnes, dans les alluvions litto- 
rales (]iii le conduisent a 1 anse 
de l.iscia, Tune des decoupuies 
du golfe de Sagone. 

Audévalédelacuvettealpestie 
du Molo, d'où l'on d.-boui lie sui 
le versant occiilonlal cb s monis 

la.bdiciensiM ..ii.iih^J / 1 

l.his beau mIm-' .1 ( i s, , 
tout embauiiii-e des eniaiialioiis 

lialsamiques de laforèt d'Aïtone, u i u g eu i es 

d.'couvre sur le golfe de Porto 
l'un des plus beaux horizons 

du monde. C'est peu de chose que le torrent de Porto { 
lies), dans lequel vient se fondre celui à'Aîfone; mais s. 
jiittoresque à souhait et l'une des plus actives de 1 île. 
rendi-nt les bois magnifiques de la montagne; la 
Marina les embarque avec des huiles à destina- 
tion de Nice, des cédrats pour l'Italie, des mar- 
rons pour l'Algérie. Dans l'enceinle de ses gra- 
nités rouges qui strient de lueurs sanglantes 
l'azur transparent des eaux, sous les falaises 
sombres ou embrasées, les porphyres roses du 
Cajio lldssd, le vert changeant des maquis, éche- 
lonnés jusqu'aux forêts d'oîi les hautes cimes 
se profilent dans le bleu profond du ciel, le golfe 
de Poiio passe avec raison pour l'une des mer- 
veilles du monde. Entre Pinin, Partinello, Oa- 
Iriia, Talvi. la nîte est un nichaiili-iiM-iil. bi >.■ 
beuilrnl, dansuiH- .■■liante i,,,.!/,., |.. ai^ai , ;. -. 
les doMirs nililanls, les .il..'! i>qurs ai-us i,,,lii. 
des |u-nfoiKl('Urs, 1,'s rurlu-s chaulM|n,.s li^.-.,-s 
en silhoueltes exlraordlnaires de iIiiiim-hs, 
d'animaux fanlastiques, une ini'iiai;ci le Ar 
cauchemar pétrifiée : ce sont les Calanches 
modelées par le temps, le vent rongeur et la 
brume de mer. Souvent le S|iectacle change, 
sans cesser d'être admirable : falaises déchique- 
tées, serties d'émeraude, promontoires enllam- 




22 luloine- 


lent, du côte 


a valb e est 


son aiete lo 


Pai la des- 


de \ dlMs di 




niés plongeant dans lo Ilot, rochers 
piqués de myrtes et de bruyères : 
cette Corniche rivalise avec sa sœur 
de Provence. Cahi, la génoise, ser- 
rée dans sa gaine de remparts cal- 
caires qui s'efiritent, a l'air d'une 
casbah mélancolique et vide, au 
bout de cette cote admirable, l.a 
vieille cité, figée dans l'immobilité 
du passé, rappelle aux Corses le 
souvenir de leurs luttes séculaires 
pour l'indépendance : lavilleneuve, 
avec ses maisons blanches, dans 
une ceinture de jardins, évoque un 
coin de Provence ou d'Italie. 

L'ile Eousse que Paoli créa, par 
haine de Calvi, pour en faire la ca- 
pitale de la Corse, est l'entrepôt de 
la Balagne fertile, toute en vergers 
et en espaliers, où. mirrissent l'o- 
range, le citron, le cédrat; sur les 
pentes, la mûre, l'olive, l'amande. 
Dans le val pittoresque de la 
.N'avaccia, Bdyodère est le centre 
d'il ne ii'^'iuu plantuieuse, où le 
chàlaii'iiici atteint des proportions 
niuuiiiliiiuos : nulle part l'oli- 
vici n'est plus vigoureux ni plus 
prodigue que dans cette terre 
promise, épanouie de Calvi à 
la Marina de Parajola. \.QFlca- 
rella (Ï9 kilomètres', descendu 
de la Mufrella (2148 mètres) 
au golfe de Calvi; le Regino 
(17 kilomètres), émissaire des 
eaux de Belgodère; enfin l'O^- 
triconi (20 kilomètres), sillon- 
nent la Balagne heureuse, à 
rencontre de la Balagne déserte 
et montueuse que draine le 
Fango (2o kilomètres), tribu- 
taire du golfe de Galeria. I.'-V- 
Uso, fiuine du Nehhio, arrose une 
vallée féconde, avant de se per- 
dre dans le golfe de Sainl-Flo- 
icnt, dont les rives, autrefois 
enfiévrées, ont été assainies. 

La péninsule allongée du cap 
Carse forme un petit monde à 
part, non le moins riche ni le 
moins pittoresque de l'ile. A sa 
lacine, deux villes: Saint-Flo- 
' de 1 ouest, veis l'est, Bastui. Sur les deux flancs de 
ngitudinale, des condefoits écourtés séparent autant 
Ib lentes d ispei t, mais également riches et parfumées, 
ou les Mgniibles et la flore africaine s'épa- 
niiuissent à plaisii. Une route suit les contours 
tb la cide Monza. Centuri, Luri (à l'écart), San 
^\ u II, 111 (b I lit i en sont les florissantes étapes. 
Bastia 2'i il 2 habitants) est une ville mo- 
di 1 m un poi ttii b actif, de hautes maisonsbicn 
ili_n( (S (b s lues pa\ées d'une sorte de marbre 
1 isp, qui la moindie pluie transforme en bril- 
I iiiti iiKisaïque, cela faitun contraste saisissant 
i\i 1 la vieille cite, dédale de ruelles entrecou- 
]H I s d aicades, de passages voûtés, entre d'an- 
iKlues demeuiesou niche une population dense 
1 Icxtieme. Les environs sont un immense 
\iii.ei ou mûiissent les fruits de Provence 
il d Italie Des relations étroites unissent £",<- 
lia et la cote italienne voisine, d'où lui vien- 
11. nt, bon an mal an, viii^d mill'' iia\.iilleurs 
lui quois A l'encontie à'Ajnr. ,<>. wW,- dadminis- 
ti itmn et d bivemage, Ba>tt'i est la imMiopole 
III II b unie de l'île. La plupart des villes corses 
sniit ,11 v,,ie de transformation : depuis que la 
cauipaunc est sûre, peu à peu les habitants se 
risquent hors des enceintes fortifiées, abandon- 



LITTORAL DE LA MÉDlTERRAiNÉE 



65 



nées à la ruine, pours'approchei'de la mer, 
et forment des cités, des marines animées 



lui alisdrlii'iit le tialic et le mouvement. 
\insi de Sniiriir, limufucio, Calvi princi- 
lalrmeiil, dniit li's vieilles maisons bran- 
aiiles sont d'',i'i, pour la plupart, à peu 
irés dé'snics. I.a crainte des pirates, les 
ilcihs porpéiiirlles de la guerre civile 
i(.us.-,iii lit .luii'inis les populations dans 
(•> pl.ii-. V toi h-, : |i;isde fermes nid'liabita- 
,ioiis isoi.'i's lro|i l'xposéesà d'inccssanles 
l('|irédatioiis, mais seulement de uros vil 
.•ii,'esaux maisons rébarbatives, prèles I MOI I 
:i défense. Avec la paix, tout cela cliaiii;o : 
ju sort des villes; peu à peu les villa;,'es 
lescendent dans les vallées. Mais la Cor^i 
lorle encore les stigmates d'un long étiil 
le guerre qui vi. ni à |i.'ine de fuiir. 
Aucun passé lu' lui |>l '' 



luurla contraindre ilans les i-e- 
Ls.ses forêts. Hérodote raconte 




CITADELLE DE 



Jesus-an-isl,lacité d'.U.ilie, 
depuis Aleria. Cotte proie 
tenta les Carthaginois. 

Rome, pour les déloger 



1,1 >, 



province : ConineiJe ,iv,iiil 
donné à la pri'iiiière un gou- 
verneur particulier, prasses, 
elle ne fut que mieux ran- 
çonnée. Beaucoup d'Iinliens, . 
devant les Barbares y elim lu 
série y abordait avre ^i s 
éprouver une résist.uh e J.nil 
sant des ni.-ii-Urs >,uiile .lui 
plus que do n.ini ,i 1 I iM|ioe 
proclamation Ju c'Iiel ,\, - II,-, i, 
roidlhili,- ,7e . 



et, après un retoui 
voici venir les Sai- 
écumeurs de mer : 
Pour loeilr.. un lei 



de Tojrane, av 
léguant sacharg 
constituait au pr 
veraineté que ( 
chef du S,iii,l-I 




des partisans et c'est par 
là qu'elles vinrent aux pri- 
ses. A défaut de pirates, 
que les mercenaires génois 
valaient bien, on se battit 



ntre Cnr=es 



i'entre- 



>.h 



-. l'i 



icales, 
s d'm 
1 s et de le- 
- Il 1 |uil est fort difficile 
(1 en diriger des faits cer- 
tains. On saccoide sur les 
noms de quelques hommes 
énergiques qui prirent en 
main la cause de l'indépen- 
dance corse et, pour la plu- 
part, payèrent leur dévoue- 
ment lie In vie ■ <rinri)ncnccio, 
f.iihli . Ml il e . ■ iiltaches 

lie I oiilll -■ . e Paoli, 

le ileiMI. r el le |i|i|- lHuStre. 

Lu lies nobles romains que 
les incursions sarrasines 
avaient appelés en Corse, 
■1 iMiielii' des fameux comtes 
' , .|iii, forts des services 
- I \ 11- Il le entière. Peuple 
iiih I , ii\ el eleiryèrentSam- 



1 O U T E DE 



lys situe entre Aleria, Calvi, 

a dota d'une sage organisation. On 

Ciiporali les chauiiiions de l'indépen- 

selillilelll ,l\.i||'e(e investis d'UDpOUVOir 

' II'. I :i l'ile aux pré- 

li - e, .11,1. -lie r/»,/;-CU. Solli- 

|,,i|,i- leni' , iivi,\ .1 iHiillaume, 
,11 eiii iih iii-i I ,ii ,r,'\pulser 

I. llex ,MU,M peu. AleCSGré- 

ne, 11. M. liée,, ,1,-léfaite 

i,il--ii _. . |.i . .' • sous 

|i,. .1 /' . . ' ■ e iixpen- 
|, . |. \l I . ■ Il M ,1e Pise 
ii|..|l,--, I,,. ,ii .].-. M.,|uesde 

■I,. 1, ,1 I, , ilie t il, mil 11, SUS- 



Pour 
■ nnée 
■outre 



C6 



LA FRANCE 



sesadversaires(12S0) 
un descendant des 
comtes do Ginarca, 
Sinucello délia 
Rocca, qui, en peu de 
temps devenu popu- 
laire sous le nom de 
Giuidtice, fut pro- 
clamé coinlec/eCot'se. 
On respira pendant 
vingt ans à peu près; 
Giuulice , livré par 
traliison, périt dans 
une prison de Gènes 
(1321). Alors la ty- 
rannie génoise, sous 
le couvert de la lian- 
quf de Saint-Georges, 
put s'exercer sans 
frein. La Ban./". 1, IV- 
lail de l'argi-ril .: 1 i 
République, mn^ 1- 
récupéraitlargriiii ni 
par des taxes abusi- 
ves, l'accaparement 
des produits insulai- 
res et du commerce 
d'échange. Pour 
maintenir sa domi- 
nation. Gênes attisait 
les haines intesti- 
nes ; presque tous les chefs 
ralliés, avecGiuidice, au mou- 
vement de l'indépendance, fu- 
rent assassinés, et, parmi eux, 
le dernier des dcUa Uocca 
(loll). C'est la fin de l'âge 
féodal en Corse. 

A l'appel de Sampiero, dr 
Bastelica, le roi de Franci 
Henri II envoya le maréchal 
de Thermes, avec des troupes et 
des vaisseaux, dans lili'. .\cli- 
vement secondés par le valeu- 
reux Sampiero, les Français 
sont accueillis comme des 
libérateurs (1553). Les Génois, 
battus en toutes rencontres 
(Tendal, ne tenaient plus que 
dans Calvi et Bonifacio : le 
15 septembre i:;.i7, des l'r.siiis. 
successeur de Tlin-iih- ;i ]., 
tête de roccu[i;ihi'ii. pi . .1 .m i. 
•dans une asM'inlilr.' -m. i- il. 
i'incorporalion de ki C './m- à 1 i 
France. Deux ans plus tard, le 
déplorable traité de Cateau- 
Cambrcsis nous contraignit de 
la rendre (7 novembre 1559'. 
En vain l'infatigable Sam/.iero 
parcourt l'Europe, sollicitant 
des secours, débarque à Valinco, culbute 
les Génois : en 1507, ses ennemis le font 
assassiner. Son fils Alphonse d'Ornano émi- 
gré; beaucoup de ses compatriotes l'imi- 
tent. Et la Banque de Saint-Georges conti- 
nua ses exploits. 

Enfin une assemblée générale, tenue à 
Saint-Pancrace {[13U), sonna le réveil di 
dépendance. Après une accalmie (paix du 
11 mai 1732), la Corse rompt définitivement 




avec ses oppresse 
de sa dTrn^f C 
Surc.--,!r. 1 ,!h 
un 1" r-..:i)i !_■•■ 
Ac»A-:// ,,,. ,1 M, 


urs (janvier 1755) et charge 
-ilrri et Hyacinthe Paoli. 
1 barquaitau portd'Aleria 
iiLiuatique, Théodore de 
/ - protégé d'.Ubéroni, ami 


del.aw.en.iu.i- 
trouver en r,„^r 


une r,, un. nne qu'il crovait 
ili.nliv Inute attente, l'u- 


mon populanv , 
il fut procl.Ullr 1 

dore I", rovaut 


' lil .niloiii- ,1e son nom, et 
.i >wi,. 1. „„m de Théo- 

.•phiiiHiv -il ,,1 fut, car 


ne!"Z:^^^''^:l^ 


lin .lui I.i.iiImI .pull.r s..u 

:.Mi.' ■■^. lii.piii--;.iil.'.-|uand 
.. r,.r..'. 1 1 li.p.il.li.iue fit 


appel ;, r.Mlrnr, 
-vricT 17;;s, le cni 


li-ri .1,- 1 , Kr:i„.v. Le S fê- 
le lie l:u:s.;icux debanjue à 




son successeur, le 
maïquib de Maille- 
bois, maître de l'ile 
en cinq semaines, 
firce la sympathie 
{.enei aie par son 
c |uitt Mais un im- 
pôt nouveau vint 
., vter la fête, et l'iné- 
Mtable Théodore re- 
parut, sans succès 
d ailleurs au milieu 
de ses partisans clair- 
semés Sa Majesté, 
de retour i Londres, 
j mourut après que 
ses créanciers l'eus- 
sent fait jeter en pri- 
son (175b) 

Ne comptant plus 
que sur eux-mêmes, 
les Cotses se décla- 
lent indépendants, 
sous la protection 
des généraux Gatfori, 
Matra, Venturini, 
chargés de faire l'u- 
nion de tous pour 
la cause commune. 
GafTori, l'effroi de la 
Il è publique, est 

repon.knl en acclamant Pas- 
cal PaoU Alôô). 

La dernière épopée com- 
mence Paoli pousse les Gé- 
nois , ils ne possèdent plus 
|ue quatre places : Ajaccio, 
Il istia, Saint-Florent, Algajola. 
1,1 nés aux abois implore la 
1 lance une troisième fois. Le 
imte de Marbeuf, envoyé 
I ir Choiseul, qui rêvait l'ac- 
.(uisition de la Corse (octo- 
bie 1764), ne montre aucune 
hostilité a l'égard de PaoU et 
du parti national. Réclama- 
tions de Gènes : rappel de Mar- 
beuf , on aboutit au traité dé- 
Imitif parlequel la Sérénissinie 
République, si tant est qu'elle 
ut eu d'autres droits que ceux 
.les pirates, cède l'ile de Corse 
i la France (15 décembre 1768). 
\ous n'avions plus qu'à la 
pi endre En vain M. de Cliauve- 
liii en\o\e par Clioiseul, fait 
publier 1 edit de cession, PaoU, 
^"''^"' qui a fait voter la résistance 

générale, s'empare de cinq 
cents Français au Borgo (sep- 
tcmbit 176S) Peu a peu cependant les Coraes, 
re^enant aux sentiments de Samperio, un 
parti français se forma Paoli eut beau dé- 
créter la lL^ee en masse ;26 avril 1769;, la 
sanglante défaite de Pontenuovo (9 mai 1769) 
porta au parti séparatiste un coup dont il ne 
dcMit pas se rele\er Le 15 août de cette 
annei 1769 parut ledit d'union de la Corse 
i H hiance Malgie tout, Paoli ne déses- 
Kr ut pas Louis \\ I le nomma gouverneur 
a Coi se et lorsque l'ile forma un dé- 
I il m nt il en fut préfet. Sachant son 
I I I \nglais dont les intrigues 

I I I nous susciter partout des 

uiigeient et soutinrent de 
une nom elle insurrection que 
/ I inq régiments anglais, débar- 

I I lorent (179-4), mirent la main 
ui I 11 ils sti atc'iques de l'île, et nom- 
inticut un Mce roi Georges Elliot, qui ne 
put s entcndi e B.\ ec Paoli Celui-ci quitta l'île 
et stuliiiLn Vn„hteire. Pour les Anglais, 
ilbé\ i II ' loux ans après l'avoir 

occu| I i I I ibord divisée en deux 

depui I 1 1 Liamone, fut réunie 

en un s il \ \j lo pour chef-lieu. (Sé- 
natus Lonsulte du U aMil ISll.) 



ALPES (PASSAGES^ 



LES ALPES 

GRANDES VOIES DE COMMUNICATION 



Roules carrossaWes 

Can3u\ ■ Chemins 

Lois II Sommets n Mlilodes MZ'S 






' \t' Bi 1 






M E n 



',^"!;^'=" k^^j Y?rkr„/>>/''*é5 ^e^ W M E 1) iTE n n A \ F E 



^ GOLFE DU L 



FRANCE - 







LES ALPES. — LE JiNOME 



LES ALPES 



ALPES OCCIDENTALES 



Les Alpes occideiilales f[uiicu-iUilieiiiies, de iiaiui e piiiuilive, loin 
lie préseiiler une masse compacte et conliiuie comme les Pyrénées, 
se sccliiinrienl en massil's traversés de nombreux passages. On les 
distingue en trois gioupes : Alpes CuUimncs, au centre (du nom do 
Cottius, qui présidait, à Suse, la fédération des tribus monta- 
gnardes); Alpes Grées et Alpes Maritimes, sur les deux ailes, les pre- 
mières au nord, arc-boutées contre la masse du mont Blanc, sur 
l'Iiorizon du lac l.éman; les secondes au sud, dirigées vers la Médi- 
terranée, qu'elles surplombent de leurs conlrel'orts au-dessus de 
Monaco et de Menton, jusqu'au débouché de la lîoya. 

Sommets et passages. — Si l'on restreint le nom d'Alpes occi- 
dcntalcs aux massifs (pii enveloppent le bassin supérieur du Pô, 
entri'le cul de TiMule et le mont Blanc, il est facile d'en dégagerl'as- 
pect général. Au centre, un bastion triangulaire, dont la pointe esl 
le mont Thabor (3 203 mètres), se dresse du côlé de la France; .s>s 
angles de base sont appuyés, au sud, par le mont Visa; au nord, [lai 

Du mont Viso découle le Pô; la l.cvanna parlaue les eaux entre 
l'Arc et l'Isère d'une part, VOrco de i aulu 1 u .iiiièie de 1 Oi( o < I 
du Pô, Tarin noue ensemble les filets diveigents des Alpes uniihn 
liitrs, et la Doire Ripaire, qui conllue pu cisement en cet endiml 
l'orme l'artère centrale de ce vaste éventail de toirenls. 

Il va sans dire que les côtés du hnstuin italien n'ont point \\ ii-i- 
dili' d'une liguic i;i'ométrique. Sur l'escarpe méridionale, I i ■ ini. du 

Itn^iii et le gi.ind cône raviné du Chaberton (3 13 jmi ti esj ) ni 

du Viso Jiis(]u'au Tliahor, de magnifiques behédeies au-dt ssu> dt s 
vallées di' la llnire otde la Durance L'escaipe seiitentiionale déve- 



loppe un double croissan 
iiKiiit Crriis : d'une part, le 
(3 375 mètres), que flanqu 
la i)oinledeiî'7rr/;d'autr 
rwclu;tichm{3'o-M mètres 
de ]aCiairmrrlla{:i(i'.'iSm 
la croupe longue et di 
s'effondre à iiic dans u 



t adossé au |.inm,.i,|,,iir inl, 

,/,„,iJ \-.://..„ -j'.i.i:; iieii.^- , 1 


inié,Iiairedu 
• , 1 Ainbin 


eparl,let.raiidPairv ,11.,, 
),rL7a(l)rf«fic.«,7»s(3:,'.M ne 
êtres), la pointe de fi,,/,/,,- -/ 
entelée de la Levannn ^3i,ili 
n épouvantable précipice d. 


n.-,|,Mieiges, 
ili, l-rt delà 
h., ,1a crête 
i i:;i mètres), 
nulles) qui 
9(11) mètres. 




68 



LA FRANCE 




DE UABUONS (3C 



Il y a une opposition absolue eiilre les deux versants italien et 
rr.mrais : celui-ci, enconibi'é de conti-eforts et de plateaux dont les 
assises tlcscendent vers le lointain fossé du Rhône ; l'autre, brusque- 
ment abattu sur la plaine comme au temps où, à la place des 
cliamps cultivés faits d'alluvions séculaires, la mer écumait au pied 
de ces gigantesques falaises. De loin, on les dirait inaccessibles. 
Entre la Levanna et la Rochemelon, le massif compact et cuirassé 
de t'Iaces ne s'abaisse nulle part au-dessous de 3000 mètres. Cer- 
tain'^ |i,i-^,i-,'s loii ^ 11' fnl ilWnibin et le col d'Êtiaclie &owi cou- 

vriis ,!.■ ih i_r^ |H.i |i('lur||( -,. M, lis, de chaque côté de ces trouées 
(|uc|i|iir ["Il ( liiiiii I i(|ni's, la rnule du mont Cenis et le chemin de fer 
iXwFrijas ouvrent une communication directe de la vallée de r.\rc 
à celle de laDoire, de France en Italie. 

Du col de Tende au mont Viso, les Alpes Maritimes décrivent 

un vaste croissant dont b's sni is s'' lèvent avec le mont Clapier 

('iOV-S mètres), d'où un louh, imi, il.srcnd sur Nice entre la Koya 
et le Viir; les cimrs du Gt'lifi (■'< {'.'<■'> nn'lro! et le contrefort intérieur 
de \[ipunla Anjeutora (3 297 mètres); ÏËiichastrai/e, nœud des Alpes 
de Provence, dont le double rameau pousse au sud entre le Var et 
son aflluent la Tinée, entre le Var et le Verdon (mont Monnier, 
mont Pclat). De nombreux |i;i^s;iiiis inl.iill.'nt i 's iii,i~^irs : outie le 
col de Tende {de la Roya au l.('>>n, .ililm ni .!•■ I,i Si mm, rt de Vinti- 
mille cà Coni), le col de Fiiii-.irr, ciiIm' b' Ci.ijihT ri \:i punta Ari/cn- 
tern (de la Vésubie au Gesso et de iNo e à Coni;; le Cdiihuuja, de la 
Tini'e à la Stura; le col de Lirclie, de VArgenlière, ou de la. Madda- 
Iran (1 0!t.5 mèlres', entre l'Encliastraye etle Chambeyron (de Barce- 
lon[u_'tte, sur rUbaye, à Vinadio, sur la Stura). 

Il faut se garder de prendre un col pour un défilé. Comme Louis XIV 
pressait Catinat d'obstruer les passages des Alpes : «L'on s'imagine, 



col de l'Argenlii 
L'armée, partie 
col Bavard, au- 
celuide Varsdai 
col de l'ArijoUU 



dit l'illustre général, parce 
que cela s'appelle col, que 
ce n'est qu'un trou à bou- 
cher par où il faut passer. 
La plupart des cols sont 
des entre-deux de monta- 
gnes qui ne laissent pas 
d'être fort larges et ouverts. 
La peine est d'y monter et 
d'en descendre. » Aucun 
col ne justifie mieux cette 
observation que celui de 
ÏAri/entière. C'est le plus ac- 
cessible de toutes les Alpes, 
moins un détroit de monta- 
gnes qu'un bief de partage 
des eaux d'où s'écartent la 
Stura vers l'est, l'L'bayette, 
aflluent de l'L'baye et de la 
Durance, vers l'ouest. Entre 
les deux cours d'eau, un 
ruisselet dévalé du talus 
l'ii.ii, di M uiietta septentrional s'épand sur 

l'un et l'autre versant. 
François 1°" passa par le 
re avant de gagner la bataille de Marignan (ISlo)- 
de Grenoble, avait remonté le Drac, passé par le 
cssus de Gap, dans la vallée de la Durance, par 
s la vallée de l'Libaye, ta Barcelonnette, enfin par le 
e descendu la Stura vcis Guni. « L'ingénieur Na- 




varro ouvrait la marche, pour auM Imi ir ri ,iu besoin créerla route. 
A cet effet, il disposait d'un ci'i]'^ i\>- :!(iihi pionniers. Derrière eux 
marchait l'avant-garde, avec le (■..iiii.i,ilib- de Bourbon etle maré- 
chal Trivulce. L'avant-garde se cumpos.iit dr troupes légères à pied 
et à cheval. L'infanterie était ainnr d'.irbalètes et d'arquebuses. 
Elle comprenait un corps de 4 000 liaupbinois, ancêtres de nos chas- 
seurs alpins, et un autre de 6000 Gascons, petits hommes maigres, 
noirs de teint, les meilleurs marcheurs de l'Europe. 

« Après l'avant-garde, le corps de bataille. C'étaient d'abord, mar- 
chant au son des" tambours et des fifres, 8000 fantassins français, 
vieilles bandes de Picardie; puis, leurs enseignes noires claquant au 
vent, 22000 lansquenets allemands, armés de hallebardes et de 

piques, habilli'S de culottes boulT.i ni '-.. lu ai;.'^ dr |mii,m li.> niulti- 

colnres. On appelait ces auxUiam- rii.ni-c i-, |r^ /-,,,.,.> /,-./;■-■,<, à 
cause de leurs di-apeaux. Venaiml . hmiiI-' ■^::i<ii l.mrr, -jinirs de la 
gendarmerie d'ordonnance, repri'sent;int lOOdO cav.ilieis avec les 
éiuyers et les pages, puis le roi avec son état-major de princes et 
de chevaliers : hommes et chevaux étincelaient au soleil sous leurs 
armures dorées. 

« L'artillerie légère suivait avec 300 pièces à dos de mulet. 
Quant à l'aitillerie altelée, elle formait avec les charrettes de muni- 
tions et les accessoires un train immense. Sur les chemins rocail- 
leux des montagnes, ce train ne se déplaçait qu'avec une certaine 
lenteur : il comprenait 72 canons de bronze; certains attelages 
comptaient 23 chevaux. L'armée formait 
un effectif total de 70 000 hommes et 
25 000 chevaux ou mulets. » (J. Periœau.) 
La pyramide du Viso (3843 mètres) se 
dresse, en territoire italien, suriine double 
série de passes; au sud, débouchant de 
l'Ubaye et du Guil, tous les deux aflluents 
de la Durance, le col du Lnio/ct rt cidiii 
à'Agnellû, qui ouvrent, dans la xalbr dr la 
Vraita, sur l'ancienne place Inuilirri^ de 
Château-Dauphin et Saluées; au nord, le 
col de la Croix et le col Saint-Martin ou 
d'Aines, qui tous les deux conduisent du 
Guil dans les valli'rs vaudnises de la l'ellice 
et de la Grrnianasi a. 

Pour facililrrli c.iiiiniiiniiation de ses 
Étals avec le Daupliinu français, le mar- 
ipiis d'' .S',//!(re',-, Louis II, fit creusera la 
base inrine du Viso un chemin muletier, 
dit perluis de la Travcrsettc; par cette ga- 
lerie de 74 mètres, entièrement taillée au 
ciseau dans une roche granitique fort 
dure, on évitait les neiges amoncelées 
au-dessus, à 3 000 mètres, dans l'éclian- 



LES ALl'ES. 



lîHÔM' 



69 




i L P li s M A m T I M E t 



IDE HE I. i: (} L I 



■ci-ure ou col de la Traverselte. Quand les ducs de Savoie 
■cm|iari's du marquisat de Saluées, ils obstruèrent les ace 
tiiis [uiur n'avoir p^s la peine de le di'femlrc. I.e ma 
Saluées occupait la vallée supérieure du Pô et celle di 
la haute Maira et quel([ues places sur la Stura II sépar 
l'ii'uiont et le comté de Nice appartenant 
alors aux ducs de Savoie. Pinir «r i-,ii di r (l 
leur puissant voisin, les ni.uiini, (le ^ / 

<ii''S le xiu'' siècle, s'élainiit iimi^ \ i- 

saux des daupliins du Xiciiih.i^, |iiii> ih -• 

français. 

I e ( ol ou j lui t I I 1 il lu (lu Genevre 
ouvielenin( .,aui lu du s ull int i_enti d d 
Alpes Cottiennes Pu li pi ili lu du ni ni 
<pn(M( une loulc fi( lie unit Bmn an sui 
I i -Duïfim^, a Ct sanne sui\iD(jiip Pus du 
mII li^e fiinçais un obi lisque de niilu 
1 ippelleque N ipob on I ■■ fit constiuiu < i II 
loute a la pi i( e de 1 lucieniie iiiiii pu 
les eboulib L iltitude du passade pi i 
1 obélisque est de 1 8 »9 melies 

Awiîixi auiiitcunpe sur ce plate lu i\( 
^es Numides d \fiique ses chevaux sesib 
phants au miln u de la neige Outtutdli 



flQ d 1 1 1 


1 IllMl 


alpin commeni i 


it 1 


stvii 1 in 


h u 1 


s plus conli idictoiies 


ont 1 11 


1 1 


1 expliquer la m i 


du 


<1 \inii 1 1 II 


i\ 1 1 


s \.lpes ceux des 


bis 


ton II 1 II 


1 '1 1 


t ne s cntendf lit 


qui 


SUl 1 lllll II 


1 1 1 


aioule eiuoiefi 


it-il 


i.|cti uni, 


" 1 


Is CI iliins iKils d( 


IitL 1 n( lui 




Mil 1 II .1 In 


, h 


dissoute au I 


1 \ 1) 


Il Mini-i 1 1 


Il 1 


gni^e de tet 


L m U 


Il t lllll. i (_ t 


d 


ceux du geiij, 


apho S 


1 thon et de 1 M 


e h 


\iai hisloiien d \nn 


ibil Deux fditb 


sont 


cei tains Ann 


ibal pa 


ti de Romans lu d 


but 


d octobre 218 


aiii\ 1 


t a Tuiin vd-, 1 


lui 







■ICO-ITALI 



. H paraît dès lors vraisemblable qu'au sortir de 
niuonter la rive droite de l'Isèi-e, passer cette rivière 
i;or le Drac, puis la Romanche, où l'armée faillit périr 
.b- SécliiliiiiiM . .1 i:.iiiur la haute région de lîoiirg- 
iiiliit eiiMiii' !■ I I lin l^iularet, desconditla Guisane 
|ii~ [Il I - Il ( iiilluentavec la Durance (sous 
— ^ iiii.Hh "Il , ii-iiioiita les gorges de cotte ri- 

m M.'ir cl, après deuxjours de repos au pla- 

9 li'jiii du GetiPvie, poussa, au travers des 

* ébiuilis qui barraient la |i.i';>;i' de Siis.% jus- 

qu'à la pbiine de Turin. Pc 'iimiimi luiiiimi-s 
qu'elle comptait à rciilii'' >!' s Alp'S, l'ai- 

dciiii. .\iiiiili,il , p.iiii de (^iilliagène, avait 

l'ail lUtlO kilonièlres à travers des nations 
barbares ou hostiles, et il avait vingt-six 
ans, le même âge que Ronaparte au début 
de la campagne d'Italie. 

A Césanne, la route du mont Gcnèvre jette 
un embranchement sur Fénestielle par le 
col de Scstrières, rallie à Oulxhi voie ferrée 
^fiij du Fréjus et, au delà de la forteresse 

d'Iixilcs, rejoint à Sksp la route du mont 
Cenis; plus bas, elle poursuit par la vallée 
de la Doive vers Turin. 

Née en France (à peine assez pour qu'on 
le dise\ la petite Boire (Dorai, laissant à 
i;aurlie le village de Rlont-Genèvre, eiilie 
en ll.ilie et, au bout d'un kilomètre, trouve, 
à la sorlie d'une passe, le petit village de 
Clnrirrrs (1790 mètres) : jusqu'à Suse elle 
diTiii un grand arc de cercle, long denvi- 
iMU '■>:] kilonièlres. A Ci'sanue {I3^i0 mètres), 
elle j.iinl la Hiji'i ou Rihc qui, plus longue 
et |ilus alHindiiile qu'elle, pourrait passer 
|ioiir le vrai déversoirde la vallée. Les deu.\ 
cours d'eau, unis sous le nom de Doire 



LA FRANCE 




Jîijiairc, laissent à gauclip, au milieu d'une forêt de pins, If liaineau 
de Fenils {ad fines), frontière des anciens peuples ségusiens, puis à 
travers des pâturages, des champs de seigle, d'orge et d'avoine, ar- 
rivent à Oulx(\ 066 mètres), centre de la haute vallée, au conduent 
du torrent de Bardonèche. L'horizon de la Doire se rétrécit alors 
entre des versants peu écartés, elle accélère sa course et entre à 
parlir de Salhcrlrand dans le déQIé dont Scrre-la-Yoûle et les gorges 
de Suse marquent le double étranglement. 

Suse est la clef de la Boire. Ancienne capitale des Ségusiens, 
elle devint la résidence du roi Cuttius, auquel l'empereur Auguste 
(■onfia la garde du passage, en le déléguant comme « préfet des 
Romains » sur les deux versants des montagnes de Lanzo et 
d'Avigliana jusqu'à Gap et la vallée de Maurienne. Cattim édifia en 
l'IioniiiMir d'AiiLTiistp l'arc de triomphe qui est aujourd'hui l'un des 
plus iiil. I. --iiiu iiiniiuiiiruts de Suse. Des fragments d'aqueducs, 
des >l.iiih'^, .|i'^ iii^i ii|.liniis ont été recueillis. 

I.rs l-ii_< lin. 1^ .!.■ cil,, ii'ïïinn, le peu de profomleur de la terre 



Hussoleno), par celui des Fenêtres 
(à Suse en 4 h. 1/2, à Chaumonl 
en 5 heures), par le pas de Cote- 
/ilane (à Oulx en 7 heures), en 
U heures à Césanne par le col de 
Sesirièrcs (vallée de l'ragelas). Celte 
mute est carrossable; les autres che-' 
mins praticables, au moins à cheval. 
On passe aussi de Fénestrelle à Gia- 
veno dans le val d'effondrement qui 
termine le plateau de l'Assiette. 
C'est pai- Giaveno que Charlemagne 
lournale passage fortiTié des Lom- 
liards, la Chiusa, en le prenant à 
I evers. 

Le flanc seiitentrional du bastion, 
>|u'aiguise le Thabor, livre passage 
.'i la route du mont Cenis et au che- 
min de fer du Fréjus. Le col du 
mont Cenis s'allonge en plateau 
[il e^, pie li.iii/(uital, de la Ramasse 

I 11 I Il loix. Pour y parvenir 

Jiiii Ml h ~. 1,1 route de Saint-; 

II jii Ji --Mauiienne-Lanslebourg à 
Suse décrit de nombreux lacets 
qu'il a fallu tailler en plein roc, 
étayer d'épaisses murailles et jeter, 
par de solides viaducs, au-dessus 
des ravins. L'ancienne route llé- 
ehissait à la descente, au delà de la 
Grand'Croix, sur la Novalaise, et dé- 
valait aiïreusement, avec la Cenise, 

en aval de Suse. Cette dernière portion, souvent balayée parles ava- 
lanches, fut abandonnée lorsque, en 1803, Napoléon donna l'ordre de 
refaire toute la route, devenue alors impraticable aux voitures. 
L'ouvrage ne fut terminé qu'en 1813; c'est aujourd'hui l'un des 
meilleurs i Iiemiiis .les Alpes. Entre des sommets glacés ou enve- 

!e|i|iis il i'|i.iiN lii 11.11 ils, le> plateau du mont Cenis est battu par de- 

forts tmii i.illiii>. l.ii-.|ue le vent de la plaine lombarde el celm de 
la Vaiioixr s y eiiiioullreii t à l'opposé l'un de l'autre. Des poteaux 
indicateurs servent à diriger les voyageurs surpris; l'hospice con- 
struit par Napoléon 1"' leur donne le gîte et le couvert. A côté de 
l'hospice, une caserne peut contenir 2 200 hommes et 300 chevaux. 
C'est que la route, essentiellement militaire, est le plus court che- 
min à découvert de Lyon et du Genèvre à Turin. Par là passèrent les 
léiiions lie Consi.miin, Pépin et Charlemagne; de nos jours, les sol- 
il.il- i|. ^..M' mm. Le ravitaillement y est relativement facile, malgré 
1,1 -. . 11. I . --.• I I l'aridité des montagnes. Des racines, des restes de- 
puis l,ii-s, ni , loue (pie ce plateau lut jadis couvert de bois. On les- 



eaux s 
la mil 
tarage 



il. -M 



semailles et la moisson n'occupent 
pas les habitanis pins de trois mois de l'année, 
heureux quand les torrents ne couvrent pas leurs 
champs de graviers et de cailloux : les forêts, le 
bétail (bœufs, moutons), voilà leur principale re.s- 
sourcc. Le blé leur vient en grande partie d'ail- 

lesgi.|i-i-s t;n-iliM-s, b > i li,,i,^i innils bi u^jnes ,1- 
température causent plus d un mécompte. Ln 
plein été, lorsque la chaleur est torride, entre les 
hautes parois de roclieis, le vent tombe tout à 
coup des cimes pro<-liairies, glacées par les neiges. 
N'était cette incerfitiiile du ejii,i,it, la vallée de la 
ûoire, enrichie de feililes allinions, serait mer- 
veilleusement favorisi/e. 

L'isthme élevé de l'Assiette forme, à droite 
de la Doire, comme une fortification naturelle, 
dont le torrent du Cluson [Chisone] sillonne l'es- 
e;ir|ie au pied de Fénestrelle. Ainsi la route du 
mont Genèvre est doublement barrée : sur\ci Loire, 
par Exiles et Suse; en arrière du col de Ses- 
trières, par L.-ie-slre||e, s\ir le C/usnn. Le dus 
aride -de l'As-nlli. si- ili-r^-r enii.. les dnix forte- 
la Doire par le cui de ÏUurstère (en heures à 




LRS ALPES. — LE HIIONE 




it îlt'truits, coinini" 



■s, p.iur laiic (III |uv : Ir^ iroupeaux 
sont iiniiilin'ux et donnent du lait i|ui l'ail d'exc-ellcnls fromages. 
Les liiiilr^ ,il".ii,i.nt dans le lac (2 kilomètres de long, 1 kilomètre 
de \:\v-'-. :iii ]iii ii'S de profondeur, 1913 mètres d'altitude). L'eau, 
]iarc.xi'iii|ih', \ i.'>ie gelée six mois de l'année; mais, quand renaille 
]iriulciii|is, le tajHs vert des prairies et les plis des rocliers se parent 
de iiiillr llfurcllfs; des buissons de rhododendrons tapissent les 
pend's il'une mousse rose. 

Le chemin de fer dit Fréjus complète, i 2.5 kilomèties de dis- 
lance, la route du mont Cenis. Un col se dessine au-dessus de la 
galerie creusée pour la voie feirée à tidveis le massif; mais ce pas- 
sage aérien du Fnyxs, à2u'il mètres d'altitude, n i st (ju'un mau\ais 
sentier, praticable seulement pour lis [ik lims il i |iiinelibie de 
neiges, de juillet en septem- 
bre. Le tunnel s'ouvre entre 
Modane, versant français, et 
Bardonèche, versant italien, 
mais non pas d'un point à 

trriiies sniil .'Ini-iiées de 
l',l kiloiuitres : Modane à 
1 057 mètres d'altitude (celle 
de la gare) ou 1072 mètres 
(celle du village); Bardo- 
nèclie à 12^)8 mètres (alti- 
'lude de la commune). 

Le luiiiiel pènèlre smis 
roche à 1 i:;s"Mii| a'allilinl', 
ducM.' il.' Mn.laiir, cl .-ii^nrl 

le point culminant iiil' 1 1- m 
est à 1 294",59. Une lai^.iii 
de 8 mètres (au plus a |"i - 
mis d'établir deux voiis. 
entre deux trottoirs latéraux . 
sous une voûte de 6 mètns 
à la clef. Le souterrain est 
ru liane droite; sa hni^'ui-ur 
rllVclive de 12 23;! mèUvs. 
Maison a niénaeé ]HHir l'oi- 
tii'e et la SMii„.dn Irainuii,' 
ruurhed.rarrMnlquilais.i. 
à la ventilation les pu,.|,„ns 
extrêmes du tunnel, i'i|iii\a- 
lant à 597°','i0 de liuii:u.'ni. 
Si l'on tient coniiUe des 
1 21)0 mètres environ ajoutés 



ji.ii h s deux courbes de raccord, on arrive 
a 1 i'i )0 mètres au moins d'exravalion to- 
tale. L'enti éprise fut d al I pi-. .• i m pos- 
sible :sesadversaires al h _i in. iil 11 ( liali'iir 
inteiieuie, le manque tlair i csi'iiable, 
les souices imprévues qui arrêteraient le 
tiavail. 

Commenct? en 18i57, activé en 18B1, le 
tunnel fut inauguré le 17 septembre 1871. 
On avait créé près de Modane et de Bardo- 
nèche deux véritables villages de chan- 
tiers, détourné des couis d'eau, creusé des 
lanaux pour actionner les machines per- 
loratriceset assurer la ventilation. L'accès 
(lu luniiel nécessitades travaux prodigieux, 
liii ( ('ili' de l'Italie, la voie descend la vallée 
(le la Doire en suivant l'escarpement des 
iiionl.i;:!!' - . ('le 1 li^si' Suse un peu au 

11(11 (I et t I /; ■(/.7W (/i40 mètres d'al- 

liliiile II ' Il i.iiii .1. I( V de Turin. Pour un 
pan ours de 4il kilmiictres, de la sortie du 
tunnel à cette station, la locomotive fran- 
chit 2() tunnels d'une longueur de 8 kilo- 
iiK'dres; 1^5 grands viaducs (travée en fer de 
C.ombascuia, viaduc de la Tagliata) : G gares : 
iSardonèche, Beaulard, Oulx, S.ilbeitraml, 
(■.hauiiiont,Meana. On passe une fois le ruis- 
seau lie .M''l('zi't, deux fois le torrent de 
liai. |..ii('( lie, quatre fois la Doire, et la 
pi'iite (lc>( ciidiie est, à Bussoleno, de 
829 mètres, soit0'",020b par mètre. La dis- 
lance tolalc (le linnlniirrhek Turin étant de 87 kilomètres (altitude 
finale, 230 noMics , celle de Modone à Clwmhtry de 98 ki'omèlres 
(altitude finale, 2ti9 mètres), il faut au train moins de temps et de 
chemin pour descendre plus bas en Italie que du côté de la France. 
La diversité des deux versants ne pouvait se démontrer d'une façon 
plus manifeste. 

Dans les Alpes Grées, de la Levanna au massif du mont Blanc, 
plusieurs brèches élevées entaillent la ligne des grands sommets : 
le col de la Galise, à la source de l'Isère, entre la Cima del Carro, 
la pointe de Bnzel (3 606 mètres) et l'aiguille de la Grande-Snssière; 
le vol du Mont, dirigé de Sainte-Foy-Tarentaise (Isère) sur Val- 
crisanche, au pied du lliiilnr (3 486 mètres); le Petit-Sainl-Dernard 
^2 157 mèlies'i. entre le Ihninr ilalicn et le LnncehrnnlMle fran- 




LA FRANCE 




I m ipirti lupi interai bdt. 1800 
La 1 ute diiLLeb du ce te de It 
Suisse sillet ut al is a Sunt 
PiLiu, puui lepnndir sui li^ 
\eisaiit itilien au \illa^e d 
Saint Reiin , d lus la ^ ill 
d Aobte d b sentieis impi iti( i 
bleb s pai ueut cls deu\ p mis 
< Lanneb pissa le i leinn i, a. 
H tête de la\ant giuk, dans U 
nuit du 1^1 au 15 mu 1800 On 
se mil en loute entie minuit et 
deu\li(.uies,poui de\ancei l ins 
tint ou la clidcui du soleil fai- 
sant tondie lesneues pieti] itait 
des n 1 nta^nes de glice sui 1 1 
tête des voM^euis II f illait liuil 
h uitspouipu\ nu au sciiuneL 
lu (cl, deux liLUies siukinent 
I m redesceiidie a S uni Utmy 
1 s s 1 I iN I iMs^ii lit 1 s sen- 



I ni 



rais (-2 933 iiièHvs), de liour«-Saiul^> 
risi'iv, à la Tliuillo, et Pié-Saint-Didie 
au pied de l'aiguille des Gl/icirn, promonloue suil-n( ( idt ni il du 
iiiiiiit lîlaiic, le'coldelaSc/jraemnnte de Bouig Saint MuniLe{Iseie; 
par !!niiiicval-lcs-Bains, les Moflels, etdévile pai 1 alli e Bl inclie 
jus.prà Imi trêves, où convn-.nl lis ,I.ii^ l,i isnouiiK u i s de la Doue 
'liall;-,', nui cnMisriit, du II- .!- Iliilo' li dnu\e pu.londe du 
iiiassil-du iiioiitlllaiir.Arn|i|---M ■! 1-1 i-iH, ]e col FeiiH di boucht 
sur le val d'thsièivs, où d.-\a,r, de l^..ll dl , le rlii mm du Gr^riKl- 
SniiU-Bernard, vers Martigny, la vallée du lili m i t li 1 ni m 

A partir d'Aoste, la voie romaine du Grand-Saint-Bernard 
suivait la rive gauche du Butliier jusqu'aux enviions du < dl qui 
s'i'dève à 2 Tri mètres. Sur un terre-plein, pies d une sorte de i u\i Ite 
naturelle où doit un ]ietitlac, les Romains naientth \e nu te m [de a 
Jupiter -/VfoiiH, pour implorer son as- 
sistance! dans ce dangereux passage, 
et, en lace, une halte ou mnnsio pour 
s'y aliiiler. (a' petit plateau d'arrêt, 
qui |ireièile iiniiH'ilialeinentle (léchis- 
seiiieiil ili' la ( I l'Ie en arc de cercle, 
s'appelait le y,/ (j( de Jupiter, et le col 
lui-iiièiiie, mont de Jupiter (mons/yi'is) 

ou [nonlJiux. Les nombreux ex-voto 

qu'on y a recueillis témoignent de 
l'ellroi que cette région inspirait aux 

anciens. Une ancienne borne iiiil- 

liaire trouvée à Bourg-Saint-Pierre in 

diqne la direclinn de la route, (ia- 

giianl la Di'anse, puis Martigny, elle 

suivait le liliniie au delà de Saint- 

Maui ire, tournait le lac de (Jenève et, 

coupant la plaine suisse, atteignait le 

liliin. C'était la grande route straté- 
gique de Milan àMayeiice. La station 

fortifiée d'Atjaune défendait le pas- 
sage, au dévalé. Comme la légion thé- 

baine, formée de chrétiens d'Egypte, y 

campait avec sou chef, saint Maurice, 

elle fut livrée au martyre, e:i 297, 

par ordre de Maximien-Hercule. 
I.e Grand-Sdinl'Beniard a vu passer 



I 1 s 1 

pu pi 



saut leui montuie pai la budc 
t etiit sins daneei a li montée, 
111 us a la debtente, le scntiei 
f it etioit ks obligeant a iiiii- 
I bel devant le clic\ il, ils el u ut 
(\p ses SI 1 mimai faisiit un 
lin\pis i etie entiiini s a\LC 
lui I uib 1 s pieciiiices \eisle 
m dm, on pmuit a 1 hospice du 
Saiir-Beriuiid, etlàune sur|uise 
ménagée par le Premier Consul 
ranim'a les forces et la bonne 
humeur do ces braves troupes. 
; l.io\i>ioiis iiiTessaires, avaient. 
Iiaqiie soldat une ration de pain, 
iioiiii ni lie reiios, l'on se remit 



Lfs vi\ 



affûts 



a d .s 



et les caissons déuToi 
les pièces de canon ell 



■s (111 




e l'on avait construits pour 
lli s 11 jianuit- nii, c ii iiiia,;:ina un moyen qui réussit : ce fut 
kputa,(ipu il miliiud s troncs de sapin, de les creuser, d'enve- 
(qqjei aiecdeuxde 1 1 b dcini-troncs une pièce d'artillerie et de la. 
,1 iinei ainsi piobgee le long des ravins. Mais les mulets man- 
[uaient, les muletieis étaient épuisés ; alors les soldats tirèrent eux- 
nemeb leur aitilleiie I i musique jouait des airs animés dans 
es passiges diflu ihs \iiixé au faîte des monts, on prenait quelque 
repos pour recommencer, à la des- 
cente, de plus grands et de ]dus pé- 
rilleux eiïorts ». (TuiERS, IJusIuire du: 
Ciinsiiliit et de l'Empire.) 

LePremierConsulqui,deMaitigiiy, 
ordonnait le passage, partit enliii, non 
point, comme on l'a dépeint, sur un 
cheval fougueux, mais monté sur vw 
mulet et conduit par un guide du 
pays. Parvenu à l'hospice, le Premier 
Consul s'arrêta quelquesinstanlsavec 
les religieux, les leiiieicia de leurs 
soins euM'is raiiion', puis descendit 
ra|iideineiit sunaut la coutume du> 
pays, en se laissant glisser sur la neige, 
et arriva le soir même à Etroubles. 
Ainsi la Duire Baille en Italie, l'/iè/e 
en France, déversoirs des/l/>ies Gréa 
et du mont Blanc italien, rassemblent, 
en même temps les chemins et les 
pistes transversales pour les conduire, 
d'un côté sur Aoste, de l'autre sur 
Moutiers en Tarentaise, Grenoble et 
Lyon. A l'intérieur du croissant ita- 
lien, Turin relie les débouchés de la 
Uoiie Baltée (Aoste), de la Doire Ili- 
jiaire (Suse) sur la ligne du Pô, et, par 



LES ALPES. 



LE II II ONE 



73 



imanile l'i'ventai 



de toi 

(Ts, Al 



Mits dévalés des 
iii's, AIpps Mai'i- 
du iiKiiit Blanc, 



maines, li''iiliii rscdh 

l'niir unir les di- 
vrjscs parties de lenr 
(■iii|iiie à sa capitale, 
les Romains avaient 
percé au travers des 
.1 //)(?,?, jusqu'aiixbords 
diiRliinetdu Danube. 
I.rs routes furent 
pimr eux un moyen 
denoiivriii.Mnent.Par 
làpas>;,h'Ml,,,|,,r-,|r.s 

armi'rs, l.vs ( ,ii,i\ani's 
de inm,li.uid.s, les 
ev|iliiiieursde mines, 
1rs agents du fisc; 
maison y rencontrait 
surtout des sohlals, 
des fonctionnaires, 
des courriers imiir- 
riaux. Solidement t'Ia- 
blie sur un triple 
remblai, la chaussi'e 
pavée s'avançait par 
grandes lignes droites, 
entre deux trottoirs 
que mesuraient, à in- 
tervalles réguliers, 
des bornes milliaires. 
Le mille romain fai- 
sait l 'iSl'n^SO. Des re- 
lais de poste («îî^^r^/io- ^^ ^^^ ^ 

voya-. ■,!,., ,lu Ml 

autoiis' s ,1 IV |in iir les services de la posie impériale, les cht 
nécessaires. CfS relais se succédaient, de 10 à 12 milles les un 
autres. Des gites ou numsiuiies, espacés de 30 à 40 milles, et 
abondamment pourvus de vivres et de personnel. A ces étapes se 
ravitaillaient les légions. On pouvait, en course rapide, fournir six 
étapes ou relais par jour, soit environ une centaine de kilomètres. 
Soucieux avant tout d'abréger les distances, les ingénieurs ro- 
mains p s ( lia 



marelie maîtresses des hauteurs. Les grandes voies ro- 
s Alpes furent celles du Brenner, de la Malnja et an Sep- 
Spli'iijen, du San Bcrnardino, du Grand et du Petit-Saint 
u mont Gcni'vre et de la Rimera, suivant le littoral, 
s (Iciiii. Tes appartiennent aux Alpes Occidentales et sont 
Mrs par leur tracé. 

1rs Horii.niis n'osèrent pas traverser l'épaisseur du massif 
alpestre gaulois. Ils le 
tournèrent au nord 
par la vall< e d'Aoste 
et le Grand Snint-Ber- 
naul, du sud par la 
loïc Aurthenne qui, 
longeant daboid la 
Mt (liteiiani e à flanc 
de montagne, coupait 
[ni 1 1 tiavciscde l'Ar- 
- Il iiisipi a Aix et 
\ I II I Rhône, ov'i 
I Ih II II voie Do- 




1 II Ml m I 


ou%ou des 


1 "|i 1 - 


.'lul.,lMS,à 


Il N .1 su 


le^ d. ux 


\.isdnts d 


ts mouta- 


-nés Api 


s qu'Au- 


-usle eut 


di lait les 


Salasses e 


t ouvert la 


voie du Gi 


and-Saint- 


liernard, e 


n assurant 


la montée de la Doire 


lîaltée par 


la fonda- 


lion d'Aos 


e, il ouvrit 


drsm'riici 


liions avec 


l/nltllIS, ipi 


coniman- 


dait;Ï.V».v.' 


les appro- 



prit à 



ches du mont Genèvre 
et du mont Cenis, par 
de de l'Empire et en fit 



des 
ienl 




le sillon de la Doire Ri| 

le gardien oITiciel de ces passages. Une voie romaine régulière 
prit la place du chemin de fortune suivi jusque-là par les monta- 
gnards gaulois. Au dévalé du mont Genèvre, la voie se dédoublait 
en aval de Briunni)}, ili'seendait la vallée de la Duranee par Rama 
(en face de (liiillisii r , llinliriiii, Gap, d'oii un tronçon conduisait, 

par le cid ilr i.il I la liKniie, à Vn/e/ice-sur-Rhône, pendant 

que 11 II II {MU i| il I III in\ ut pal Sisteion Apt Cavaillon, 

iiliii ill i.iiiill 11 ii\ |i \ Il il 1 7 «»sco)! et se liait lu-dessous 

I \ / i h I iil I N I In hll 1 il 
Il liiit un ni ml 1 iiKlienient remontait veis le nord 



i| I III III I III 

montagnes k 
\ersant exposi 
lu soleil et ui 
\ant piesquL 
t luiouislamcme 
MM dt S C^UI 




 



\ALLth Ut LV liOMANCllL 

France. — 11. 



1 m ul pu un 
] 1 icee du lo 
ils le touinaii iii 
p 11 des esc il id 
qui a\aient m 
moins cet iviu 
t ige ta( tique d 
lendre les le- 




lAlNtb COLO>NADE DC UlEZ 



LA FRANCE 




IlOUTE DU PETlT-SAI^T-t)EHNAUD : B O IJ It U - S A 1 N' T - M A L 11 I C L l 

par la vallée de la Guisaiie, passait un Lnularet (l'Aularet, ïatlarr- 
tuiii, petit autel élevé par les voyageurs aux divinités tulélaires du 
passage). Là s'ouvrait, vers TouPst, le sillon tourmenté de la /?"- 
manche, entre les châteaux de glaoe de la Meije, les contreforts de^ 
aiguilles d'Arvcs et les crêtes des (Irandes-Rousses. Dans la première 
partie de la gor^te ou cinnhc de Mulaval, la voie romaine s'enCcuiçait 
avec le torrent dans des délilés profonds nu cnnipait aux promon- 
toires, comme à Monl-do-Lans, et il l.illiit ^'niiMii au cimmu un 
passage à travers le granité (porte 
Jcs fi'Diinht^. dont il if~le uueai- 
cadi' I ll.'iiJi ' ' , I II.' \ Il secon- 
daire. .Il I h h itii ni, dcssei- 

vail 1' s -II. -, .iiL.uiil I. - du flanr 
des Graudes-Uousses. A paitir du 
Buiirg-d'Oisans, où elle débou- 
chait, au confluent du Vénéon, 
la voie de la Romanche gagnait 
Grenoble, en suivant le Diac in- 
férieur. C'était, de Turin au 
Rhône, le chemin le plus diiect, 
mais non le moins risqué 

D'autre part, sur la giande cou- 
lée de pénétration de la Doue 
Baltée (vallée d'Aoste), une diia- 
matiou se produisait au pied des 
gigantesques escarpements du 
mont Blanc. La voie, lemontanl 
ÏAIli'c-B/nnche, gagnait par h 
Pclit-Satiit-Bemard la déclivité 
op|)os.'e de l'Isère, passait a I)a- 
raiilaxia (Moutiers en Taienl.use), 
Lcinenciim (Lemenc, fauliouig de 
€liambéryi, pénétrait, par une 
fracture élargie au ciseau, la fa- 
laise calcaire dressée au dessus 
du conlluent des deux Guieis. 
en vue de Lavisco (les Lchellesl, 
gagnait, par Diémoz [ad duodei i- 
mum, 12» mille du point li i nu 
nus), Oytier(a(/()etoî)i(;/i, 8 imll 
Septèine [ad septimiiin. "i"- inilli 
enfin Vicjinc, sur le Rhi.iii 

En cours de roui. . d. u\ t m- 
branchements se di'l u li m ut il. 
la route du Petit-Saint-Bouatd 




sur Goiiève : l'un par le col de Tauiié et la 
dépression du lac d'Aimecy; l'autre par 
l'ouest du Bounjet, Tenue, la trouée du 
Rhône jusqu'au lac Léman, où se retrou- 
vait la route du Grand-Saint-Bernard. 

Ainsi, parles deux vallées jumelles de 
la Duirc Ballée (Aoste) et de la Boire Ripairc 
(Suse), issues de la plaine du Pô, une 
double route d'invasion gravissait le ver- 
sant oriental des Alpes : l'une au nord, 
développée autour du mont Blanc par la 
double brèche du Grand et du Petit-Saint- 
Bernard, pour se concentrer au dévalé des 
montagnes sur Vicîtne; l'autre, percée au 
centre même do l:i prande chaîne alpestre, 
dans l.i I il ..|.i li.iii .lu mont Genèive et déva- 
lant, ]'.ii I' ~ ipii - d.lilés delà. Romanche, 
jusqu'au p. .lut uniiic de concentration gé- 
nérale sur le fleuve Vienne, tète de bélier 
de l'invasion, à la porte intérieure de la 
Gaule indépendante. 

Aucun chemin d'approche ne pouvait 
être mieux choisi que celui du mont Ge- 
nèvre pour distribuer à propos l'efl'ort de 
l'attaque sur tous les points de l'horizon 
du Rhône, et c'est par là encore que les 
Italiens, héritiers de la tactique romaine, 
modelée elle-même sur la disposition du 
sol, déboucheraient, en cas de guerre, sur 
notre territoire. Ils ont constitué sur la 
plate-forme du Genèvre une sorte de Gi- 

A TOU u nO.M AINE . } ,. , , ,, , . , , . . 

brallar alpestre, découpe, troue, hérisse 
de feux la citadelle naturelle dumont Clta- 

/"//■"(. qui 1 iii.l.- 1..U-1. -,il. ul..iii-.ju-.iucpi-èsdeBriançon. De 

ri- h Mil I.. 1\. .1. I . du ';.'."/', I. ^ \ . I. ■^ 1 .1111 nues rayonnaient : sur 
If /.../, |i,u 1 I l;..iii m. II. , d.iii^ I I .In . . li..n di' Vienne; sur le 7nidi, 
|idi la iHiiaiii e, dM-c Ai/e^ |inui ..l.|. . iil. ri .1 iiis l'intervalle, à partir 

de Gap, par la Drôme jusqu'à V"'" ■ \ l. m I -, les têtesde pont du 

Rhône, Vienne, Valence, Arles, t-l.\>' iil i. lu . > . iili e elles par lagrande 
voie i\'.\'/nppa. qui, depuis l.>iui, talla. hait à la rive gauche du 
llfin.'. |ii^.|ir.iu punit lu'i s .niiiiiçaient de part et d'autre, sur le delta 

rhodanien, la voie A urclienne et la 

voie i)omi(i>)!î?p, long ruban déve- 
loppé en vue de la mer, des Alpes 
aux Pyrénées. 

Au moyen âge, la STUoie reprit 
pour son propre compte les direc- 
tions traditionnelles, car, faute 
d'entretien, les voies romaines, dis- 
loquées par les éléments et ba- 
layées par les eaux torrentielles, 
étaient devenues sur bien des 
points impraticables, puisqu'il est 
avéré que, du temps de Cliarle- 
magne, elles laissaient déjà fort à 
désirer. 

Les ducs de Savoie, maîtres de 
la Tarentaise, berceau de leur 
petit État, firent de la vallée de 
VArc, unie par la brèche du mont 
Ceyiis à la vallée opposée de la 
Boire, le trait d'union de leursdeux 
capitales successives : Chambéri/. 
puis Tarin. Toutes les traverses 
des Alpes, malgré la réunion de 
la Savoie à la France, convergent 
encore sur la capitale du Piémont; 
autrement dit, Turm rayonne sur 
notre territoire par des voies diver- 
gentes chez nous : celles du Petit- 
Saint- Bernard par l'Isère, celles 
du munt Cenis et du Fréjus par 
l'Arc, du mont Genèvre par la Dii- 
rance, sur Briançon et la Provence. 
Rien n'a été fait pour parer à ce 
danger et compléter, par l'union 
transversale de nos vallées et de 
nos routes, l'œuvre des traités 



LES ALIM'S. 



LI' RHONE 



75 




.le 1860, en donnante notre 
fronlière une ligne de com- 
munications. Le raltaclie- 
ment d'une vallée à lautie 
nest fait, de l'Isère à l'Aie 
(St'ez-llodane), de l'Arc à la 
Homanclie (Saint-Michel, le 
l.autarot), que par les tra- 
verses muletières de l'Iseran 
et du (ialibier. Ainsi, entre 
le val d'Isère et Bonneval 
bassin supt'rieiir de l'Arc, 
il y a 16 kilomètres. Si l'on 
songe qu'il est encore néces- 
saire, pour gagner d'un point 
a 1 autie par une route cai- 
lossable, de doscendie sui 
AlbeitMlle i I ,1( i m ni i 
ensuite pu M nii i^ i ii I 
cmantuncii ml d Jiiil il 
meties,l utililt d uiu \ u di 
ipctepialicable,pai latioui e 
de l'Iseran, s impose d elle- 
même, ptcetle loiite d ipiis 
des études i ni n \ i 
deiait pis .2 . 1 il m II s 

Qud pi, 1 Liv ,11 ml 
poui ladi U iisi de 11 lii li( Il 
tiLie aljipslie it qui lli i s- 
souice poui 1( s comniimii i 
tions d'une \alleedl autie, si 
une voie continue, utilisant 
les nombieux fiagmenis qui 
existent deja, deioulait son 
luban sansaiiet, en mai^e 
de nos Alpes, du lac de 
Genève à la Côte d'Azur! 

Partie à'Évian ou de Thonon, elle remonterait la vallée de la Dranse 
Au col des Gels, descente sur la coupure du Giffre et montée du ver 
saiitjusqu'aucolde ChàtilUm, ouvert mu 1 \m > . ji,' r/,,,, , j S,iU,i,ir/irs 
il n'y a qu'à suivre le cours do la 
rivière; et de là, par Mégève cl 
Fliimet, la route de VAilij pni 
Albertville, de l'/sèrtf par Mou tiers, 
Sécz, d'où se délaclie le chemin 
du Petit-Sninl-Dornnrd. 

Tarie fiuiiroii de l'/vf/v,,,, loi, 
gai;ni'iait lidiincval, LanslelM.ur-, 
Mudane et Saint-Michel-de-JIau- 
lienne. Ici, nouvelle traverse par 
le col du Galibier, débouché sur 
le Laularet, le Monestier, par la 
route nationale, jusqu'à Briançon. 
Alors dévale la pittoresque vallée 
de la Diirnuce et l'on traverse, 
de Guillfxtre à Barcelonneltc, 
par le c(d de Vars, entre la val- 
lée du (liiil et celle de l'Ubaye. 
De Baict'liinnctte à Entraunes, le 
chemin muletier du col de la 
Cni/olle se transforme en roule. 
Enfin par le Var et les admiia- 
bles gorges de Daluis, on atteinl 
JS'ice. 

Belle d'un bout à l'autre, sou- 
ventimpressionnante, cette roule 
carrossable suivrait douze vallées 
pittoresques, franchirait huit 
cols, enroulée au flanc des grands 
sommets alpestres et comman- 
dantun incomparable horizon : cr 
serait l'une des plus belles du 
monde. Elle serait aussi la plus 
haute d'Europe, puisqu'elle at- 
teindrait, au passage de l'Iseran, 
•2 770 mètres, tandis que la route 
du Stelvio, en Tyrol, la plus 
élevée qui existe actuellement, 




n'atteint pas 2760 mètres. Trois tronçons de raccord suffiraient 

pour réaliser cette merveille et unir entre elles des vallées qui 

irsli'iil iliani;èiis riiiii- à l'.iulre, et, bien que /'/■««faws, demeurent 

orientées, comme autrefois, vers 



LE MONT BLANC 



Le dôme du mont Blanc est 

la clef de voûte d'un prodigieux 
édifice : de vives arêtes l'appuient, 
comme les contreforts d'une ca- 
thédrale de glace, dont les dômes 
blancs, les aiguilles, les pinacles 
s'arc-boutent aux quatre coins 
de l'horizon. Leur silhouette se 
détache nettement sur le ciel. A 
l'est- nord-est : l'arête du 7nont 
Maudit (4 46b mètres), reliée au 
dôme par les pitons rocheux des 
Pelils-Midets (4 691 mètres pour 
le supérieur) el des Jlocliers-Bonges 
(le supérieur, 4503 mètres), à 
peine émergeantsde leur manteau 
déneige ;dans leprolongementdu 
mont Maudit, le inont Blanc du 
Tacul (4 249 mètres), avec ses 
deux satellites, V Aiguille de Saus- 
sure el\e Capucin. Au nord-ouest : 
le Dôme du Goûter (4 331 mètres), 
que relie au dôme du munt Blanc 
l'arête de la Tourneite (4 671 mè- 
tres) et des Bvsses-du-Droinadaire- 
(4bS6 mètres). Du Goûter se dé- 
tache, dans le prolongement de 
la crête, la haute silhouette de 
V Aiguille du Goûter (3 845 mètres) 
et, d'autre part, l'Aiguille de Bion- 
7wssny (4061 mètres) dont l'escar- 
pement tombe sur le val Veni. Au> 



LX FRANCK 




sud, \eis rilaiio, un 
triple contrefort se 
soude au mont Blanc 
de Courmayeur, voi- 
sin et rival du Dôme 
central, par l'arête 
des monts du iJTOHiV- 
lard ( 'i t)22 mètres), 
celle de Pcleret (ou 
Peutercl), d'oii sur- 
gisse n tl' A î'jrîu'ne 
Blanche (4108 mè- 
tres), les Daines an- 
glaises {'SGOimelres). 
V Aiguille Noire 
(3775 mètres) et le 
mont Rouge [29i2mi'- 
tres). 

Dans l'intervalle 
des crêtes, partout 
d'immenses éten- 
dues de neige, des 
glaciers qui s'épan- 
chent. Le Borne lui- 
même n'est aulre 
cliose qu'un bloc de 
glace ou plutôt de 
neige stratifiée et 
durcie, à l'intersec- 
tion des contreforts 
de soutènement. 11 
est difficile d'apprécier l'épaisseur de 
sa calotte glaciaire. Elle repose sur un 
noyau cristallin de schistes micacés 
ou amphiboliques souvent injectés 
de protogine. Les micaschistes se 
trouvent aux Petits-Mulets, au mont 
Blanc de Courmayeur, à la Tourelle, le 
plus haut rocher d'Europe, dont la 
cime n'est inférieure que de 20 mè- 
tres au mont Blanc de Courmayeur cl 
de 80 mètres au mont Blanc lui-mènif. 

Il n'y a aucune corrélation entii 
la structure du sol sous-glaciaire i t 
la forme apparente du Dôme. Le pouil 
culminant du mont Blanc se présenti 
comme une crête de neige dure di- 
rigée de l'est à l'ouest, longue duii' 
centaine de mètres, abrupte vers b 
nord, incurvée au sud Jusqu'à la sm- 
reclion du mont Blanc de Courmayciii 
dont l'escarpe plonge d'une hauttnu 
de 4 734 mètres. Le modelé du faile 
varie souvent d'une année à l'autre . 
tel l'a trouvé tranchant, tel autre plus 
large. En 1891, une crevasse profonilc 
de 100 mètres, ouverte du nord au 
sud, le partageait en deux Ironçons : 
un guide qui montait au mont Blanc 
pour la quarante-troisième fois n'a- 
vait jamais vu de crevasse en cet en- 
droit. Quelque temps après, la fente 
s'ouvrait à l'est, et des fissures, écla- 
tées sur la face nord et sud, trans- 
formaient le sommet en un énorme 

sérac. Ainsi la crête du î)!on< fi^anc, tout uniforme qu'elle paraisse, 
n'échappe pas à la loi du mouvement universel. On n'a pas remar- 
qué toutefois d'affaissement dans sa masse. D'abondantes précipita- 
lions neigeuses compensent les pertes que lui causent les ouragans 
ou le soleil, et maintiennent sensiblement au même niveau sa 
calotte glacée. 

L'état-major françaisdonne au mon<5/«nc 4 810mètres d'altitude; 
l'état- major italien, 4 807; M. Vallot, d'après ses derniers travaux, 
4 808 mètres. C'est le géant des Alpes; un pygmée à côté du Gauri- 
sankar dans l'Himalaya, ou du plus haut sommet des Andes. On 
grelotte au mont Blanc, à 4000 mètres, tandis que Potosi vit très 
bien à cette altitude ; I.a Paz, à 3 71S mètres, est accessible en che- 
min de fer. On rencontre, dans l'Himalaya, des régions bien exposées 




ou les moutons pais- 
sent à 6000 mètres, 
sans presque tou- 
cher la neige. A la 
]il,icf de ces puis- 
-.iiiN massifs, le îiioni 
/; '///' londrait au so- 
\i il, jusqu'au rocher 
ilu moins, qui alors 
éclaterait par l'effet 
de la cuisson. Sa la- 
titude, 4o»U0', le 
sauve; sous notre 
ciel, à 4 000 mètres, 
la neige tient bon , 
ou, après un com- 
mencement de fu- 
sion, se transforme 
'■n glace résistante. 
Le moyU Blanc lui 
.l..i( sa -laiidrur. On 
le VMii a.' I.Ht Inin 
,'i 1,1 r..i,a.' : du Bal- 
lon dALsace, à 230 ki- 
lomètres; du Mézenc 
et même du Puy de 
Dôme, à304kilomè- 
M. ULiiii.i, Ic's ili' distance. Sa 

puissante carrure 
luailiise les som- 
mets qui lui font cor- 
tège, bien que plusieurs d'enire eux 
dépassent 40C0 mètres : mont Maudit 
i 'iti'i mètres), Aiguille du Géant 
lin \ inrhes), Aiguille Verte {ii21mè- 
li's , C rondes dorasses (4206 mètres). 
I,c mont Rose lui-même, qui le cède 
de fort peu au mont Blanc, paraît sur- 
baissé auprès de son rival : c'est 
qu'un épais bataillon de grands som- 
mets l'encaisse, alourdit ses formes; 
une quarantaine d'enti'e eux dépas- 
sent 4000 mètres et quelques-uns 
itteignent 4500 mètres. Le mont 
Illanc, au contraire, se détache sou- 
\ l'iainement, à l'écart de ses émules. 
Un val Vem et de V allie Blanche, au 
-nd. à la coupure de l'A rve au nord, de 
I nuimayeur ea Italie et de Chamonix 
' Il Fiance,éloignésseulementde 14 ki- 
lomètres en ligne droite, il tranche 
-lit le ciel, tout d'une pièce : àFest, à 
l'iui'st, ses contours sont nettement 
I' I oupés par la retombée des glaciers. 
Conquête du mont Blanc. — Depuis 
iM -ml' interminable de siècles, le )noH/ 
/ |il inait dans un majestueux iso- 

Iriiirnt. radieux sous le soleil, ou cou- 
nmné de brume. On le redoutait : d'hor- 
ribles précipices, peuplés d'êtres plus 
étranges encore, en défendaient, croyait- 
on, l'approche. Des chasseurs de chamois, 
des « crystalliers », égarés dans ces soH- 
l'LACE i>E l'église. tudessaus fond, n'avaient plus reparu; 

ceux qui revenaient en faisaient d'étranges 
récits. On tremblait, on admirait, per- 
sonne n'osait pénétrer plus avant le mystère. 

Deux Anglais, Windham et Pococke, en quête d'aventures, passaient à 
Genève en 1741 : aborder le monl Blanc leur parut devoir être un exploit 
rare. 11 fallait, au dire des gens, s'aventurer dans une contrée presque sau- 
vage, par des sentiers affreux, au milieu de gens capables des pires excès. 
Cela prouve que l'horizon de Grnèvc, d'où le mont Blanc se voit tout à 
clair, ne s'étendait \<:i< i\.rl Inm. N'.nla nos Anglais partis, équipés 
comme pour une r\|M ,iiti,,ii ijin-nrii-, . avec armes, bagages, provisions. 
L'accueil qu'ils ri.inini lr> muihiI ,1 1^ s charma; ce vallon retiré des 
Alpes était des plus civili>is ; l.t vivait, {,'i'oupée autour de son prieuré, 
une population honnête, laborieuse, instruite, aux mœurs simples mais 
non grossières, comme on l'imaginait. Nos voyageurs firent sans peine 
n l'ascension » du Monlanvers, par le sentier des » crystalliers », mirent le 
pied sur le placier, sorte de » lac agité qui aurait gelé tout à coup ». Le 




LA TOUK-UOMJi:, DA.NS LE MASSIF UU MUM-ULAXC 



LES ALPES. 



LI<] RHONE 




.ih- 



Mo II la II 
aux yei 



: M.ii/el, ]. 
»■ .■ un posa le piud ^ii 
des voynf,'eufS, du Ij i 
n,- fut p.is ,],ic«tL..n. 



>ur en découvrir l'ac-i'ès. 
souhait pour y conduire : 



s arrêta de 



du T.i 



prirent par le dos di 
S0II1 : une sorte de ] 
deux Paccaril, V. T, 
contact avec le lilnci 
être même le r^ |.l il 
du mnnt Blaii, . M n 
passèrent : Je m \l i 

lèrenl I I I. Ml ilix. 1, 
glant .1. - le lu. - il. 
irrcMslilde, pi,., il, 110 
Alors Duun-il, tpi ,iii 
de sa personne et, j 
sur le yl.-u-ier : une | 

suiv ml I I 11 iililhni 

l'i-''^- "-" 'I' - 

les Cl, \ ,", - |,i,,|..,i 
jeles Mil .1 - .1.1111 



SOI 



IV H 1. I--. I I Illlll 

I. dis. l,nllul-.-Mlu,l, 
iMud-Plateau, au pied 
inchir : on revint. H 



>, les avalai 
V menstruel 

.ns de neiL:e 



leirondrenieiil 
les crêtes, li - 



dans Ces solitudes uniformes, le de, I 
au-dessus de l'océan des neiges : voil.'i 
en effet, arrêtait les plus intrépides. 

Ilnurrit pourtant ne se décourageait 
avaient, disait-on, escaladé IWiguiUe 



nt d'eUroyahlLs 
fallait craindre i 



, Il , II, Illlll, I, 1 .i„l. -. .1. I ,.1, ,il MM I ,1, I. c'est 

il. I I i|.i.i .. I. .In - I I !.. ' .1,1 I,. 1784, 

ne caravane pari ni .1 [•■ un. ii . . i nii.t I _ mil . l liour- 

il p.Tidrint que M liii-ii .- I ni :.l i. . -m I . i .n' i ,iilil Lindet, 

.Il . iir de chamois, poui ~iii\ 11, ni siii I.. ' m . .n ,l,-l i du /)iîme 
. c. L'immensité d, 'S pi. , ipii I -- ,|ii lU , i ni . ..rs les arrêta : 

III- . .iiomèlresprès, le »-.,»M;/,(„.- .IX ni iiln ill.iiil. 

s,/»ssHre, à celte nouvelle, crut la parlie g.i^nee : avec liourrit, Pierre 
.iliu.il et M. Coutlet, l'on s'achemina vers Pierre-Ronde pour camper au 
led lie l'Aiguille du Goûter (septembre 1783) : une neige surabondante 
l'rèla net re.\[iedition. 

11 apparaissait pourtant que l'escalade du moni Blanc avait cessé d'être 
ne chimère. Mais l'on hésitait entre deux chemins : celui de Sniiil-Cervais, 



Di'ime 



ri„ 



^les 



Ile du 
base 




France 



LA FUAxNCE 



qu'aux l:osses; mais celle aiélc elroile, d'nfi le ivgarj plongeait de part 
et d'autre sur d insondables abimes, glaça tous les courages. Ces 
hommes sans peur, qui venaient de risquer leur vie sur la perfide éten- 
due des neiges, reculèrent comme hallucinés; mais non pas tous ; un 
seul persista, Jacques Balmat, qui venait d'errer deux nuits el un jour 



à l'autre ne permettaient de la traverser en quelques poinls. Ihdinal, ce- 
pendanl, n'avait pu en venir à bout à la première tenlative, parce que la 
neige était trop molle et menaçait de s'elFondrer. Mais en ce jour il avait 
observé que, par tout le glacier, les ponts de neige se montraient assez 
solides. Il se risqua donc de nouveau et réussit à aborder la penle, haute 

lie '''"1 Tii. lies, (|in d(\;iit !.■ c luire ,Tii-dessus des Rocliers-nougcs. La 

neige durcie qui l'avait 
aidé à passer la crevasse 
lui fut ici une difficullé. Ne 
pnuvant la tasser sous ses 
piMls dans une nian he 
ililiqni , il put le parli de 
^1 l\ll h ni ,li II ,, (piil 
Id ' iliininl d,.|,nus 




M us le ciel s ttait cuu- 

\i il des nuages s ibais- 

II nt sur le sommet du 



au juste dins quelle di- 
letliiin It chen lier 11 at- 
tinclit uni hi un , api es 



gre le mauvais 
lade du Goûter 
rattrapera. » 

Jacfjues Balmat n'avait a 
rêvait d'atteindre, autour d 
main : coiaiiieut ^Vll , Inivi 
-abimes, il es.-.iya il j\ inrn 
■cédant sous le jih .1, l.iiili.l 

si tranchante qu'on ne | 

quilibre. 11 se mit à cIp \ il 
mains, se calant des lil-ii- 



aiiCraud-Plaleau.Aufond du GraHi/- 
l'inleau se dresse le mont Blanc 
proprement dit, un sommet qui do 
mine encore de 800 mèties Sur li 
■droite, l'arête des Bosses le relie au 
Dôme; à gauche, il est soutenu 
■épaulé, pour ainsi dire, par deux li 
;gnes de rochers parallèles on les 
appelle les Rochers- Rov.ges Quel 
■ques jours avant, Balmat était aile 
sur le Brévent. De là, à 1 aide d une 
longue-vue, il avait inspecte la place 
et il lui avait semblé qu on pourrait 
monter à droite des Rochers Rougis 
■C'est sur celte conjectuie qu il si- 
tait mis en campagne l'dv int-\(illi 
Mais ces reconnaissances a distante 
sont nécessairement incomplttes 
L'accès de la rampe des Rocheii 
Rovges esi défendu par une élevasse 
si profonde et si large qu elle seiait 
absolument infranchiss ibli , si les 
tranches de glace qui se détachent 
de ses bords et les arches de neige 
■qui enjambent d'une do ces ruines 



iloir de ses compagnons, avait pratique avec eux 
Balmat est leste, dirent les autres en détalant, : 



-)rs que vingt-quatre ans : le mont Blui 
quel il rodait, il le tenait là, presque 
■ri Perché sur la crête des Bosses, eut 
mais l'aréle devenait de plus en plus 
l'un côté, tantôt de l'autre, à la fin si ■■ 



> 11 

lion, 



dut a chaque pis, lois- 

qu il sentit un de ses pieds 

en voiU assez poui aujuui- 



•:^:^^ 


dr 


^1- |„i|i.ir.,lil „ lui ni 1 
~-,|.. Il u.^ 1,1 1 1 n, M, 
.i-e.-spr,,vi 1 li ( lu 


re deux 
élre.ite, 


de 
Cè- 


te, celle-ci sur la glace 1 


algue el 


de 


^ Bossons, le hassm ou le 



I ii_ il ili posa son sac de cuir et s assit 
ii\ iliiii poui s enveloppei, et il avait 
I iiiMlii iiii nuit qu il passait dehors les 
, H tioibitrac a gi un la montagne delà 
Giaml-Plaleau e'it le resenoir du glaeiei 
neui s du nmnt Blanc s ai cumulent et d ou 
elle- drliiinlint il M, 1, \ ill 11,1, 1 . lu I I |liis ,I,,ii,Is dc 1 année 

II- lli'''-|iMMii h ■■, ml \ 1 M I I I ml II il /i 10 et ]usr|u a 

-'"■' :iii riml II I I I i ii !_ / > I il | lu I |ii h Grand Pla- 

Ir.'iii. Il Vuy.iil 11 I III h ili I II. I I ili I II II \s limi 13000 meties 

au dessous de lui 1 obseuiite et ut telle i peUte dist ini e, la blancheur 
du sol autour do lui si terne et si trompeuse qu il n osait se lL\er et 



marcher sur place pour se rechautîei de pcui di 
vasse. H entendait de tous entes giundei h i\ il 
pied de laquelle il el ut m ^ luf gui le mu ii\ |ii m 

\ei I imli 




seg.li 1 i.l 
i tombci tu 


It t 


1 1 II i_ se mit 
ibl mt de fines 


aiguilles qui s insinuaient sous ses 
\ éléments II tua son mouthoii 


n udi 1,1 su 
m, Ui 1 1 1 illi 


il 

lin 1 
i 1 


Msageetcom- 
111 db asefrap 
quil saiielait, 
un engouidis- 
unait, sa tête 


ipp, mil 1 


'r' 


m sapoitiine 
lit et, ch ique 


1 1 \ ill ni n II 
|ii il n 1 MM 
1 im 1 inlii il 1 1 
Il et lit tiiups P, u 
halmai ne fut gelt 
fiictionner di s ag 


iiitala pensée 
1 1 c seiait son 
Im laubepaïut 
s en fallait que 
A force de se 
tel de se Ii\iei 


\mt 1 1 1 il lu 


1 m 


"■";::„;:,'•:;. 


setiit 1 ilnn 
1 lemnntti 
chissaientsoii 
dans ses arti 


1 1 
1 II II 

s lin 


lïnl il'"i'Cea 

1" fl^- 

ii_ 1 iiiissail 
\ ii\ iillim- 


mes pari et 11 


d.sl 

nt L 


1 \i SI 1 1 iiisom- 
jtmt 11 lumière 



LES ALl'I-S. — LE JUlO.NE 



79 



(lu JHir. II comprit qu'il lui fallait enfin se décider ii regagner la vallée s'il 
II;; viHii.ilt mourir sur ces champs de neige, inutiL'mont, sans laisser même 
li; renom de la victoire. 11 descendit. I.orsipi il ariiv.i cluz lui. Il alla 
.s'enfermer dans la grange, s'étendit sur le loin il (Inniiil viii^il-iiuatru 
lieiu-es sans se réveiller ( i i. 



Les Touristes. — Le »«o";B/rt;ic vaincu ne laissait pas d'effrayer (?ni-ore : 
îs récils exagérés qui furent faits des premières e.Nplorations n'elaicnt 
as pour câliner les craintes. Peu à peu cependant l'attrait de l'inconnu, 
■ siiicis de nombreuses tentalives, l'entrainemcnt tardif de la mode 
iriuli.iiisérent les esprits avec l'idée du monl lllanc. Chaiiionix reçut 



4 




constater 


11 


m 


auD' Mi( 


lu 


1/ 


parlinul. 


■1 





I par un témoin 



deux, 
mollir 



rs du 



liait 



met du monl lllanc [H 
>ut le village en un 
■l.ii.Kilionrrlenlil. l'ri 



quand on les vil, uni' inuiieusr ni'cl.iiiKilion 
les deu.K héros, vaimpiriir- ilii ,„,,iil llfaiir. yr 
aveugle, atlache à llnlm,,! : \m :i.linir.ililr 
marche: à onze liruns, ils ri iitraierit s.iiiis ri ^,miI^ .i C.li.uuouix. 

du tnnnt lllanc sous la conduite de Balmat. On p.i-- i il- I i i "d .iii\ (Irauds- 
Mulels; la teule fut dressée au Grand-Plateau piiui' \ |ii--.i' lanuil. I.e 
lendemain, esrala.l.' du r.-iiipnrt dos Rochers-Ituii,:;Ls, il.iiir, un laids de 
neige fariiuMi se mil .hIIh i. iil. . i.' |i is franchi, ^((«.vsHi-e ne pouvait_plus 
avancer sans ainl Imi- li < iinin/i [i.i- ; il s'assied, reprend haleine, arrive 
enfin, foule du pi I m. .il-iv la cune qui, depuis vingt-sept ans, pèse 



COli 



i|u"il rêvait; sans doute il se dédommagea 
' "/, de Chamonix à Courmayeur (I7S7), mais 
.! . II est pourtant de ceux qui, par leur esprit 
itribué à sa conquête. 



(1) Récit de M. ch. 



lincanco de communi 



d'après une lettre que 
!r 1S30, à M. lo D' Auîîi 
mer. (Le Monl nianc.) 



des fils 



■rs, Gœlhe (1779), Chateaubriand (isi 
ni</n' /'(/»!os (183-2), Geori/e Sand ctLi 



a\av Kau' lamille. i.i purlr ilr|i, ml I; 
le mont Blanc « avir -a lia.' ilr -I a, . 
traîner jusqtie dans l.i vniliiiv .1. 
.. Qu'on se figure d'cina uns ihimih^ 
selon le rayon de soleil qiù les fi 
variées, ceux-là inclinés, cetix-ci del 
sanls sur un fond de sombres mtdé 
de cippes, de colonnes et de pyramii 
cres, et je ne m'étonne pas (pie les 
aient souvent cru voir des êtres suri 



il vint de 
< les deux 
■r CM-.arpé, 



drla 



l.^ du dl 



k's. nue elle de triiipli s cl du .sepill- 
primilifs liabilanis de cette contrée 
laturels voltiger entre les fièches du 

lala u'i \i lui pas chez lui la sincère 
; il irii\ul |i. air ainsi dire sous la 
- |H ihl iiil i|iiils retraij-aient pour lui 



« .\u débouché de la vallée, dit T 
soudain ii nos regards si splendidii 
mes et des couleurs terrcslrrs, <\\i 
nous à deux battants les imid - -lu 
que frappait le soleil eiM nn, i n i 
phonie en blanc majeur. ('. i i :* 1 l 
lumière qui illumina le Chri-t mu 1: 
ton que la neige, et qu'on n'en disti 
descendaient le long de la montagne, comme les 
Jacob, à travers des ruissellements de clarté, et, dépas? 
sublime qu'ils prolongeaient dans le ciel, semblaient, avec 
leurs ailes immenses, prendre l'essor ]>inir l'infini. ■> 



ni Blanc se découvrit 
si en dehors des for- 
lu'iin ouvrait devant 
Il m ii;e élincelanle 

ipii ii-iins de la si/in- 
I ili ilii, le blanc de 
s MUirihes, du même 



,it qu I 



belle de 



80 



LA FRANCE 



Aujourd'hui, la vallée de 
Chamouix est un grand 
caravansérail internatio 
liai, le 7nont Blanc une 
tour de Babel au pied de 
iKluclle résonnent toutes 
ks langueb C pendant 
I invasion a ete lente a si 
pioduiie Fi isio ctbt 
1 due quaianU i|iiitie 
anb apri s I exploit de Jai - 
ques Balmat, I on ne 
comptait guère qu uni 
vingt une d abcensionnis 
tes 11 y en avait a peint 
70 en 18d3, mais la con 
stiuction de cabanisic- 
fuges sur les étapes de la 



jt la créa 



tion I 



ont 



/ / 11/ I 



?a(/(A, p iu\ie seivanle de 
Chuuoiuv, a\ait lienle 
ans cnliainee par 1 es- 
poir (]ui cet exploit lui 
pioliteiaiten la si^'n Uant 
a 1 attention, elle osa tcn 
ter 1 a\enluie ( 14 juil 
letlSOS) PourM">- d in 
geLtlle, le mont Blanc 
depuis longtemps 1 obse 
dait elle en vint c bout 
le 4 septembie Ihjs 

L une de ses émules 
miss lircvoort, accomp i 
gnce de M""= ^ijlocun 
Coullel, renouvelait son 
exploit (20 octobre ISbo) 
sur le faite, on vida une 
bouteille de Champagne, 
un quadrille fut organisé. 
Vit-on jamais salle de bal 
aussi fraîche sous un 
plus éblouissant lumi- 
naire? il n'est pas jus- 
qu'aux enfants qui ne se 
soient hasardés au som- 
met du mont Blanc : le fils d'Horace 
de Saussure axait quator^tc ans 
quand il y monta, Armand de \er 
ncuil, quinze ans, M"<= Aline Loppe 
sei/e ans, lorsqu elle renoontia au 
sommet du Dôme le marquis de 
Tuicnne, qui en avait soixante 
douie (août 187-)) Les anunaux eux 
mcmes comptent dans les fastes du 
munt BUnii, Isthiiiqel 11 chienne 
de M Cm lidgi i|ui axait giavi avec 
son miitie pliisKuis géants des 
\lpes le mont 11 se laJun^fnu li 




J O .N c 1 1 O N , LES G n A ; 



>a b 



UiD 



aux (il md Mi 



de H neige, elle 
r( mais pailout 
1 ittii elle bon 




neiges un sous-sol pro- 
tégé contre le rayonne- 
ment et par conséquent 
I lus chaud, dont il s ac- 

nmmode ties bien . ce 
petit longeur vit aux 
(il inds Mulets qui lui of 
Innt 1 la saison, une 
ikIk pioxende Depuis 

|ui h ,,ontl,l,n., estsil- 
I mm il( piomi m uis, le 

luniiois sin tloune, il 
liupiuili de piileienee 



1 1 mime ou 

I nneregulie- 
issiblc, dans 
u loc de"! Pe- 
i|ue cernent 
teinelles, le 
I a recueilli 






N ux /d ^ I pp. Oi, 

l(sl> hl- Mulets S élèvent 
I (I Ml lut lies d altitude, 

I II ux pas du mont 

I I I (Hais ascension- 

III I qui les animal- 
iil I SI n cet endioitl 

I I saison la plus favo- 
1 ible pour les excursions 
lu mont Blanc varie, du 
ff juillet au 15 septem 
lui suivant le temps 
\l Ils 11 I ite des ascen- 
>i Ils jilus précoces : 
I lli ih M Kennedj, le 
I s m ïi 1S75 , d autres plus 
I 11 dix es celle de M. de 
1 ill\ au 6 octobie 1824 
Miss Mary Isabella S/ra- 
lon a fait mieux : le 31 jan- 
Mir 1876, elle atteignait 
lacune, en compagnie de 
s\l\ain Coultet. Après 
I I ( hec d'une première 
Imlative, on était redes- 
renilu aux Grands-Mulets. 
Le lendemain, à quatre 
u matin, la caravane se 
en ii.utr par Li» de froid. 
iiiTs ili' I .i|irés-midi, miss 
II. luiMil hl cime, par go" 



. corneilles i iJ e ] iiiii /. 
Diimi et Vont s ibittre su 
sses pai les caiaxanes. Le; 



I i| lit n > tombent de froid 

II I I niveiulle, y vient 
I III I I plus haut encore, 

il I In il nie dans le voisinage 
itiau ou lis altiunt les reliefs 
ions ollicnt au campagnol des 



de lengi.urdissemi 
tagne Si le mauva 



temps n'en exagère p;i 



,ta la même aven- 
ue put réussir : 
ige le fit reculer. 
le froid, dans la 
^ \ il' ;i ( :li,iiiionix 

■I- . 1 iih Mil' qu'au 
,"- lih Ir-s ,ra||i- 



cnI Llitil.j iniliii.iiivil.'S griiiils som- 
iiirts ; il fait pénétrer le froid jusque 
dans les moelles. Ajoutez que la 
température delacalolte, qui oscille 
lie _ 40 à — 10" en été, peut des- 
cendre en hiver jusqu'à — 40" et 
même plus, tandis que le soleil dar- 
in air d.'iiuê de vaoenr il'eau, fait 



;iii\ iMiir-iiiii- III iiiiinlagne 

le 1 1111 .ipiielle I.' mal de mon- 
i les ellets, ce malaise passa- 



LES ALPES. 



LE llllÙNE 



81 



ger ne laissera qu un lugiiii 
souvenir, h'u-n i(iiii|wrisc |)arl:i 

joie du SUl'CTS (I llllr II !lr :is- 

cension. Les ^iml- -, i miihi- ;i 
l'exerciee des mu- 1- - p n .l.s 
excursidns imn ii.iii> r--. -- ii''- 
raleninil .Ynur -,ii,lr v.^.u-\r 
aCOrilr|i;i|-| rllMi I , Miilniil. --ni 
frent ji^'ii l'ii \. inl ■- • uh 
tions aUncisl'lii 1 l'|ilr - ^i uin n 

lières aux f.'iMiiil.- .iliiiu.l. - 
Mais le tonri-l.- nr.liiiurr ,|iii. 
à peine ilcliii- pw ilc l.i vcillc. 
sonfie :i iiniiilri- - iiis aiicinu- 
pré|iar:ili.'ii, in' |i ul prétendre 
à ser.il.lahl>' iiiiiiinnile. Il ne 
n"ian(]ue jias iWdjiinisles, habi- 
tués à la dure des longues 
étap(^s à travers monts, qui ae- 
complissent l'ascension du 
mont Blanc sans ressentir au- 
cun malaise, comme il arriva 
plaisamment à M. Durier et à 
l'un de ses amis, M, l.emuel, 
qui,parlis par un temps som- 
bre p(jur exeursionner autour 
de Cliamonix, s'égarèrent dans 
les bois des Bossons et, de 
Pierre-Pointue aux Grands-Mu- 
lets, puis au Plateau, finale 
ment au Dôme du Goûter, se 
trouvèrent sans y penser, d'é- 
tape en étape et sans l'avoir 
voulu, transportés comme par 
enchantement au sommet du 
mont Blanc. 

Le temps n'est plus où l'on 
s'avançait au hasard dans l'in- 
connu de l'océan des neiges. 

Des pistes sont tracées; des guides prudents et eouragei 
fois pratiquées : ceux qui ont fait l'ascension vingt fois 
il en est qui comptent trente et même quarante ascensi 
pelin montait au nwnt Blanc, en 1S8S, pour la soi\ 
hommes savent deviner le vide sous la neiue, à la I 
qu'elle prend, reconnaître et prévoir, au m. ImIm' -ilm.', 
tempête; on avance presque à coup sur - |: ii , nv 
solide, de l'endurance et un certain r.i; p i i iv 

cette randonnée tant de fois accomplie m n i p --'i 
un exploit hors ligne. A moins de nialih un , ,M.piMiii 
sans trop de dommage; et, de là haut, .pi- I jImim ihl.- > 

Si l'on prend une carte d'Europe, dit M. (lli. M nhii-, 
une pointe de compas sur la ville de Dijon, I autre sur h 
Blanc, en traçant une circonférence dont celui-ci soit le 




le coucher du so 
Mais combien n 
aux Grands-Mult 
frisson que proci 



I au iiinnl Itlanc. Beaucoup de touristes eu révent, 
rivent même pas à la cime ou simplement s'arrêtent 
Après avoir pris l'air du glacier, éprouvé le petit 



I avalanche ou la 
du jarret, la tête 
r le mont Blanc, 
aujourd'hui pour 



tire 



i|ue l'on place 
ommet du tnont 
mtre, ce cercle, 

dont le diamètre est de 420 kilomètres, comprendra la portion de la sur- 
face terrestre que l'œil 

peut embrasser, du som- 
met. D'après ce calcul, 

le rayon visuel porterait 

à 210 kilomètres. Mais ce 

n'est là qu'une vérité 

théorique. En fait, par un 

ciel lumineux et une at- 
mosphère limpide, l'œil 

ne perçoit guère, au delà 

de 100 kilomètres, que les 

grandes masses noyées 

dans l'opale uniforme de 

l'horizon. Vers l'est, le 

regard porte sur la masse 

des Alpes, du Viso à 

l'Ortler. Immédiatement 

au-dessous du Dôme, se 

dressent les aiguilles et 

les crêtes qui lui font 

cortège. Au lever, comme 

au coucher du soleil, le 

mont Blanc projette sur 

la Tarent aise ou sur les 

m ontagnes du Piémont un 

cône d'oiiibi-e immense, 

auréolé de pourpre vive, 

sur le fond rose du ciel : 

la magnificence de ce 

spectacle n'a d'égale que 

celle des aurores boréales 

dans les régions polaires. 
Un véritable alpiniste 

doit avoir vu le lever ou 




la vue des crevasses et des grandes solitudes ennei- 
gées, l'un redesernd à Chamonix. Peut-être même les Grnmls-Mulels 
ser\ iiMul-il- un JMiir à ilr^ cures d'altitude, comme une sorte de villégiature 

jn'l III ' I. i l< \ , ili - nirs de points noirs comme une traînée de fourmis 

ravi ni h liii-iln m i^ n-.- du Hion/ iîianc; il en vient de tous les côtés : 
de >.iiiil-i.M vil-, iji I h iiunnix, de Courmayeur; les uns montent, les autres 
descendent. Des cabanes-refuges marquent les étapes vers le Dôme qui 
domine tout le reste : là haut, deux Observatoires se découpent fièrement 
sur le ciel; on y demeure; peut-être, après des congrès scienliliques, y ver- 
rons-nous un village sportif, une ville. Déjà l'on y est monté en chaise à 
porteurs, même en traîneau. A quand les skis, le funiculaire, l'ascenseur, 
le chemin de fer? On parle de percer le mont Blanc. C'en est fait du mys- 
tère qui enveloppait la 
Cère montagne. 

'Voies d'accès. — On 
parvient au mont Blanc 



l,en U's i.u lin t liiniionix 
vrlsal.l fiançai^. 1» De 

Courmayeur, lescarpe- 
luent est tel que, long- 
leiiips, l'accès de ce côté 
parut une entreprise 
folle, ou du moins émi- 
nemment dangereuse. Ce- 
pendant le col du (jt'anl 
fiirmait brèche dans le 
gigantesque rempart : 
Bùurrit passa par là, 
de la vallée de l'Arve 
dans celle de la Doire; 
Saussure, Loppé y de- 
meurèrent. On tenta de 
ce côté l'asec'usion du 
Dômr. Il-abnni M. Uam- 
wv is-.-. ua-na.par le 
glarirrlni:'' -M \l:;uillc 
diiMi il .M luont 
Mji,,!iI 1 il. .1,1 l:l me du 
Ta, ml M .1. -.. iinil iiar le 
Corridor aux Grands-Mu- 
lets et à Chamonix; entre 
les deux versants, le che- 
min était tracé. Mais la 
traversée, trop dure, ne 



82 



LA FRANCE 



pouva 



1 sa fain- tl un trait : tes 
[le C(.nn.i,i\r„r. |h„„' r.'ure 
écliec à ceux -!■■ i .li.iiih'inx. c.u- 
struisirent nue .mImh- ^Ir i^ln^v au 
rebord de l'Aiguillc du Midi. Ce.-t 
alors que MM. Diéguel et Maquelln^ 
remontant de la vallée d'Aoste 
(18C2), arrivèrent aux Petits-Mulets. 
La cime du mont Blancétait proche; 



1 fur 



: ouragan qui 



Hait 



déchaiué redoubla de furie : aveu- 
glés par les tourbillons de neige, 
criblé-; d'aiguilles de g'ace, culbutés 
i{ louks au dessus deb abîmes de 
la Bi ul 1 ! ^ -s \ agents furent 
conti 1 I I III de la Me, de 

Hcli lli en I traite 

pai I \[ [ K Enfin un 

in^l M /' 1 1 i\e a la cime 

sui ks pas de SCS de\ancicis, et 
api es lui (j août 1S64), M Gior 
dano, le premier Italien qm ait ga 
gne le monl II [ i II | i I 
Le long delc m i i I i II I I ii 1 ^ 
risques a c ui ii I i i t l i I n 
nei , aussi bi n lui il Ile 

a partir du m nt Miulit, a\ee 
celle de Chamoni\ 

M Mooie enlSCl tenta I epreu\e 
par le glacier de la ISienla On]u 
géra par le récit qu il en fait des 
difficultés que présente cette direc 
tion Nous étions sur un mur 
la glace a dioite, tombait \eitica 
lemenl et il en eta t de même a 
gauche D un cote pas plus que de 
1 autre, il n était possible de donnei 
prise à l'alpenstock. Nous tenions 
la véritable glace bleue, sans un 
grain de neige dessus. » Plus loin 
il fallut se mettre à cheval. « L'arête 
est devenue tranchante comme une 
lame de couteau, et pendant quel- 
ques mètres il est impossible d'a- 
vancer d'aucune façon. Plus moyen 

de tailler des pas ; on se contentait d'abattre le tranchant di 
Avec des peines infiim ^ se hissant au-dessus îles abiines. nos 




atteigniient enfin le bout de l'arête- 
Intel n lie et pai le détour du mur 
de la Cote auntrent au sommet 
du tiiviit Blanc Jolie route, en ve- 
nte pour des touiistes' 

( In 1 s i\ a 1 escalade par le r/la- 
lei tie M I /e elle Rocher du mont 
I htn ijuis irc boutealaTournctte, 
non loin de la cime la halte se 
laisait a 1 issue du glacier, dans la. 
I abane (Jutnlino Sella l'arête des 
Bosses ou 1 on an n a t, n'est qu'à, 
une demi heure du sommet. Au- 
jourd'hui, les ascensionnistes ita- 
liens vont se reposer à la cabane 
(lu Dôme, au pied de VAir/uille- 
Grise, gagnent la dépression qui 
sépare le Dôme du Goûler de l'Ai- 
guillc de Bionnassay et suivent la 
crête des Bosses jusqu'au mont 
Blanc. De quoli|ue point que l'on 
atta(]iie le versant italien, toute 
piste praticable s'accroche à la 

I leir, sur le double chemin d'ac- 

I I ,s ilu versant français; c'est un 
-|pi ri pour les alpinistes de passer 
ainîi lie Courmayeur à Sainl-Ger- 
vais uu à Cliamoni.x. 

1° Route de Saint-Gervais. 
On se r ipprlli' 1 1 I. niative de Bour- 
iil. I "Mil. I , h .|iii iioussèrent,de 

lAi-iiill' .lu I. I pisqu'auDôme, 

sans pmn mi Ml. iiidi-e le monl 
lilancAw- ut nm, -, déve- 
loppe do IJ- I /' ii.oii- 



piiis 



e gla 




longueur de e kili.uK Ue.s. Point 
d'avalanches à craindre, encore 
moins de crevasses, les neiges dé- 
valant sur chaque plan du rocher; 
à l'altitude de 4 000 mètres, la vue- 
I i ' -iM ii.i:. s'étend, d'un bout à l'autre, sur un 

^ , iiAMn-, i\. panorama splendide. Mais cette- 

belle avenue est exposée aux pires 
surprises. Par un clair soleil, ce 
serait l'idéal, puisque l'edort de l'ascension se limite principalement à 
VAi'/uille du Goùler. De Sniiil-Gerrais on monte jusque-là par Bion- 
n I- i\ 1 1 I k \oza, où s'é- 
li \ Il / // /( de Bellevue 
1 si m II h sentier con- 

ti uni mt k 111 int Lâchât gagne 
I \iete de Tele Bouise. C'est la. 
lupture dune poche d'eau du 
i/laciei de "lele-Rousse qui, dé- 
I hainant sur la ^ allée du Son- 
nant un (lot de boue épais de 
mètres au moins, emporta le 
\illage de Bionnay, détruisit 
l'hôtel des Bains et charria les 
cadavres de 150 victimes jus- 
qu'au del'i du Fayet (12 juil- 
1, I 1 1 I J I I Ml iMi-se, il 
I 1 I //-■ du 



nlhaUjc par les projectiles 
! pierre : la roche est niau- 
ise; de toutes les pyramides 




m i ilt Iv 



LES GRANDS- MULETS : DKPAllT D UNE CARAVANE, 



pu l,s i-,,iK iliii.isplHjiiiues. 
lue cabane assez rudiinentaire 
lUend les ascensionnistes au 
I lite, par 3 S19 mètres d'altitude. 
( I i u'i iii|"'i lu qui I "S. I nsion 

,1 //,',, pu I I- in/'edu 

ni I 11 I ihileu- 

1 u\i iili Mis il MM iilil unfu- 
iiieulaue le\oilaencoursd'exé- 
lution. Dcja le rail monte au 
eut de Voza, bientôt il atteindra^ 
le Dôme du Gauler; de là le 
m ml Blanc parait sous la main. 
On s'élève, de Chamonix,, 
par la cascade du Durd et 
celle des Pèlerins tombant 



LES ALPES. — LE RHÔNE 



83 




d'une hauleur de ÎJÛ mètres, à travei's une furèl d'épicéas et de mé- 
Irzps. I.e chalet de la Para (1 60S mètres), et plus liaut, après avoir 
f|nilté les bois, le pavillon de Pierrc-Painliie (2 019 mètres), font 
double étape : un bloc de protogine erratique, reposant sur les 
schistes cristallins du voisinage, a fait donner ce nom au chalet. 
Là s'arrête le chemin muletier; un sentier en corniche et en lacets 
:se déroule jusqu'au lieu dit la Pierre à l'Echelle r24l() mèlresl, eni'; 



l'iuclie alois le ghi- 
ili < Boisdiis, formi- 
le 1 emous coupé (b' 
lui.'s,i|n'ili,iutti,i- 



ciintre et sons la pi cs- 
sion des deux fleuves 
glacés; puis, un plan 
(le neiye Ciinchllt aux 
(h,n„h-M,,hl., ai rie 
de lo, llrs , ui.'Ii,'(Mnt 
ib' 1 i'|iiileruie glai ée. 
I 'Ji.itelleriedesGraïu/s- 
Miileh s'est déplacée 
plusieurs f,>is. Qui re- 
.•nnii.ùtiail.il.iiisiebà- 
hmeill ?l d-UX . laue., 

s illf à manger, salle cl 
iliM Iciirpourles guides, 
cil, iiubres pour lesvoya- 
geurs, l'héritier de 
l'abri primitifque Saus- 
sure fit élever, en 1781), 
à r.ippui du même ro- 





chi'i .' ,^ui une plaie biiini' tic 20 pieds, les guides avaient appuyé 
des peu lies contie l,i paroi supérieure, étendu sur cette charpente 
impiii\i&ée des draps cousus ensemble; et chacun grelottait là 
dessdus, dans .sa couverture, en attendant l'aube. 

Des Gramh-Mulets (3067 mètres), il y a encore plus de I 760 mè- 
tres à giavir jusiin'au sommet du munt Blanc. Aussi les caravanes 
n'attendent-ellespas, pour partir, le lever complet du jour. On s'en- 
gage sur une longue pente de névés, dans la direction du Goûter : 
ies Petites-Montées et le Petit-Plateau tvAnchis, si des avalanches de 
séracs tombés du Dôme n'arrêtent pas la troupe au passage, on 
arrive au Grand-Plnleau, vaste hémicycle ouvert à la base de la 
Calotte, dont le sépaie l'abîme tantôt béant, tantôt gorgé de débris, 
de la Graiide-Crevasse. A ce carrefour, la route bifurque : d'un côté 
vers l'arête des Bosses, 'de l'autre ^a.v V Ancicn-Passaije de Jacques 
lialmat, ou le Corridor, qui, tournant les Rockers-Boinjes, aboutit à 
l'arête tendue entre le mont Maudit et le mont Blanc (mur de la 
Côte, Petits-Mulets , au-dessus des abîmes de la Brenta. Bien que 
M. Jdnssen y ait fait bâtir une cabane-refuge, ce passage dangereu.t 



84 



LA FRAiNGE 



est aujourd'hui à peu près abandonné. Quand l'ouragan se décliaine 
sur celte crête, il peut être irrésistible. Alors culbutenl, sur l'Aucieii- 
l'assage, de terribles avalanches de séracs; la neige, peu adhérente 
sur la paroi glacée qui la supporte, glisse, se précipite en un tumulte 
effroyable dans la grande crevasse béante, au pied de la murai lie polie. 
I.e 11' Hiimel se trouvait engagé avec une caravane sur celle pente 



comme un roulement de tonnerre. Ce ne fut qu'au bout de huit à 
dix minutes que l'air s'éclaircit et que, toujours les mains crispées 
sur son pic, il aperçut, à 2 mètres de lui, un de ses compagnons, 
accroupi et arc-bouté sur son alpenstock. 

V Ancien- Passage est aujourd'hui délaissé : depuis longtemps déjà 
la terreur en éloignait les touristes. Par le Col du Dôme, on arrive 




T R .1 V E n s E 



dangereuse, au mois d'août 1820 : un Uipis de 
neige peu compacte recouvrait la glace vive où 
Saussure avai l dû, pour mouler, tailler des degrés 
ù la hache. On s'aviin ni .n .hi^'onale, suivant 
l'usage, mais les [i.i^ J^^ \ i'\.i-'iiis engagés sur 
la même piste trarairnl iLm^ la couche super- 
licielle peu adhérente un long sillon. Tout à 
coup, la fente se prolonge d'un bout à l'autre du 
lapis de neige, comme la fêlure d'une glace 
qui se brise; en dessous, le sol fuit, entraînant 
les derniers de la troupe. Presque aussitôt, le 
champ supérieur, manquant d'appui, descend 
et se précipite à son tour : ce fut une horrible 
mêlée. I.e guide de tête, Mathieu Balmat, roulé 
dans l'avalanche, eut assez de présence d'esprit 
jiour piquer son bâton ferré dans la glace : 
ce coup le sauva; quelques-uns de ses compa- 
gnons se relèvent à la fin, étourdis, à demi- 
asphyxiés, à la gueule même de la Grande-Cre- 
vnsfc. Lesaulres ; l'Ii iiv l'.i hn.i 1 , Pierre Carrier, 
Auguste Tuirraz av,iiri;l >niMlii.' dans l'abîme. 
Ou sait que le glaciei , euliainc par la pesanteur, 
glisse sur le fond de son lit comme un fleuve, 
mais la masse qu'il entraîne entre d'abruptes 
parois ralentit sa marche, pendant que, sous esc^hdl 

l'action de la fonte et do l'évaporation, les cou- 
ches supérieures, peu à peu rédui les en épaisseui , à mesui e qu'elles 
avancent, laissent apparaître les parties inférîeuu s a li siiifue 
Après un certain temps, le glacier rend au jour h s I i n I mlis 
danssescrevasses. Longlempsaprèslacalastrophe I i- I 1"^ i ilc 

tristes débris émergèrent sur le front du glacier A l> I im- 

beaux de crânes encore garnis de cheveux, effets d ' quipt im nt un 
bâton ferré, une boussole, des souliers, un sac On leconnul les 
victimes de la Grande-Crevasse : du 13 août 1861 jusqu'en 1804, les 
restes des malheureux reparurent par morceaux. Or, de la Grande- 
Crevasse à la partie inférieure du glacier des Bossons, on compte 
8 kilomètres : ils avaient donc mis quarante et un ans à faire 
ce chemin sous le glacier, avec une progression moyenne de O^jSS 
parjour. 

D'autres malheurs ont rendu tristement célèbre cette funeste 
coulée de Y Ancien-Passage : le 13 octobre 1866, une caravane y 
fut ensevelie sous un écroulement de séracs. Sylvain diullet se 
trouvait en tête; au premier craquement, il pousse un cri d'alarme : 
(< Couchons-nous! » crie-l-il à ses compagnons, et il enfonce son 
pic dans la glace, se cramponne au manche, à genoux, têle baissée 
contre l'ouragan. L'épais nuage de neige poudreuse que sou- 
levait l'avalanche l'enveloppe; il sent les blocs passer sur son 
dos, des glaçons lui fouetter le visage et un bruit affreux l'étourdir 




à 4275 mètres, entre la grande esplanade du 
Goûter et le refuge construit par M. Vallot, sur la 
pointe d'un rocher des Bosses : on peut s'abriter 
là en cas de tempête; il convient d'y passer la 
nuit, si l'on veut voir le lever du so!eil du haut 
du mont Blanc. Après le passage troublant de 
Varcie des Bosses dressée entre d'effrayants pré- 
cipices, il suffit de toucher l'écueil de la Tour- 
nette (4671 mètres) et, par une pente inclinée^ 
de gagner la cime. La route des Bostes est main- 
tenant adoptée presque invariablement, de pré- 
férence à toute autre. 

La science mi iii'mt Blanc. — A peine arrivé 
an .-Miiiiii.i , ,1 iiiaLn' une extrême fatigue, 
saii"iii.' ili-|i"- 1 ^' s iiisiruments et fit les ob- 
>ri\,iii,,iis .[II.- .!■ ]aiis iMii-lempsil rêvait, sur la 
-I I ih liM •■ d'S 1 la^ii'-. Lui- liaison, l'altitude, 

r.ll n:.i-|'lli I r. ^,'S r\|ir| l^aircS Ollt été dcpUÎS 

1^ \ . I. l's avec minus de h.ite et plus d'exac- 

I liihi' : mais il eut le mérite de les vouloir et de 
>i' ^-ari iii.p pour elles. Enjuillet 1788, il passait 
Ipi/a' ,1 'urs dans une cabane de fortune, au col 
du (.i'anti3371 mètres), y étudiait la formation 
' " ^' ' ' ' et le développement des orages, la grêle, la vio- 

: Aïoiiiit leiK e du vent, les variations baromélriques, 

l'électricité, etc. Souvent, tandis que le calme 
lesudit du coté de Courmayeur, la rafale soufflait là-haut à faire 
tiemblei la montagne; contre le froid pénétrant, les fourrures ne 
pouvaient sufdie : on alluma un réchaud, mais la flamme languis- 
sante dans cet air raréfié avait peine à se soutenir. Mais aussi, 
pai temps calme, quelles radieuses soirées! 

Enjuillet 1844, les savants Martins, Bravais et Le Pileur se por- 
teient au 7nunt Blanc; on se mit à l'œuvre. Un théodolite est dressé 
pour la mensuration des distances : la pression atmosphérique, l'ébul- 
lllion de l'eau, la hauteur du mont Blanc, la température sont véri- 
fiées. Le thermomètre marquait — 18°, 8 sur la neige, — 17°, 6 
et — 14°, à 20 centimètres de profondeur. 

Tijndall, en septembre 18o8, devait renouveler ces expériences, 
dresser un thermomètre à maxima, en enfouir un autre à minima 
dans la glace. Celte tentative ne fut pas heureuse ; en août de l'année 
suivante, il remontait, mais, cette fois, pour mieux mesurer la perte 
de calorique des rayons solaires dans l'espace, il voulut être là dès 
l'aurore. 11 n'y avait qu'un moyen : passer la nuit au sommet; c'est 
ce qu'il fil. Une simple tente abritait les voyageurs, serrés les 
uns contre les autres et enveloppés dans leurs couvertures, sur la 
neige même, qui marquait 13° au-dessous de zéro. Chose à peine 
croyable, on souffrit plus de la rareté de l'air que du froid. Le len- 
demain, brume épaisse, vent terrible; il fallut renoncer à l'élude 



LES ALPES. — LE UIlOiNE 



lonncinent solaire; la rorm.ilinii .1rs ijl.u iri>, 

iial.le à civile d'un oruanisi,,,. .nniual, su 

Ir ,1c Tvndall. 

aoùl, lS7:i, M.JuIrs Vinllr iVsnl iil nili i, !,■ piul, 

lit snlaiiv : la vaiM-iir .Irau r.. ,,,111, lu,. ,laiis 1' 



il>lir un i,H I,. 



pscemlil a (.liaiiKuiix. 1 imjis 
-liaut : 2S-:il juill.'t 1«87. 

isil i.M,ui-ry 



lIllT cùl 



.M. \,,llol ,'lr 




tiavailleur 



•■Ic-iniMils de la 



1 y a diMix Observatoires au nuuit Hlauf : lu 
, pijur l'étude des phénomènes météorol,ii.'i,pi,' 
,/anssen, pour les observations astr,)niuuh|u 
lorme malelas d'air et de vapeur d'eau ,pii ,1 
■1,'f dans 1,'S i,'-inns iufi'rieures et faussent i 
lruui,'nls en: r-i~l M III s, les phénomèucs alin 
il, ilaiis 1rs li.iiiir> ,ilii Indes, une intensii,' ipii | 
sir l'ori^iii,,- ,-t d en étudier les lois. I.ursi|u, 
iisporter sur le rocher des Dosses les inslruii 
it il comptait se servir, il voulut, en coinpairni 
, ],rouver, contrairement 
',.pini,ni reçue, qu'il était 
isddr ,!,■ vivre à cette al- 
i,|,.,d,rv l'aire, ..livre utile. 



m, 'lit arniii,',.!-! muni,- intr- 
rii.ii rement de toile goudron- 
ii,'|., sous un feutre épais. I.e 
iuui;issement du vent dé- 
(diain,., cmiime sur une mer 
,■11 liiii,', linubla la première 
nuil.l.s UnU'Sihi mont Blanc. 

s,.ul !,• ,-i,h|'u,.ui,-iit ,lrs ava- 



is de 
Mit la 



rrs à l'avance et laborieusement transportés 
■ni ajustés sur des poulies dans le prolonge- 
i iu,iiceaux de roc entassés assurèrent l'adlié- 
■s, ,l(iubles fenêtres, des plaques de feutre in- 
iil à l'intérieur une cuirasse imperméable. Le 
|u,ilongé des deux côtés jiisi|irau sol, et cela 
! l'air d'une i:ar,i|i,ir,. ,11 , -iMiiili'r , mitre lèvent 
er aux plus \hi|,iiis I ii.il I-. lirs instruments 
larlie de la tonsh nrUru ir^rn,,. à l'Observa- 
it; !.. rest,. srrt d liabitatnjii, et l'on est tout 
iii-ihssiis ,l,.s nuages, dans le désert des alti- 
I s i du l'onfort et de la douceur de vivre. 



■ part un bruissement strideiil 
causé par des milliers d'étin- 
celles. .\l,>s chevi.iix se dres- 



étincelles : nous sommes lit- 
téralement baignés dans la 
foudre. » Le lendemain il 
faisait froi,l; la tente se ve- 



France 




LA FRANCE 



\: Observatoire Vallot fut un premier pas. M. ^n^isscn se préoccu- 
pait d'étudier dans une atmosphère limpide les gaz qui enveloppent 
le foyer lumineux du soleil. Toute ascension lui étant pénible, l'illus- 
tre astronome fit construire à son usage une chaise à porteurs, que 
sa mohilité maintenait toujours droite, malgré l'inclinaison du ter- 
rain. (In l'employait sui- les premiers escarpements, le i-nc solide. 



MASSIF DU MONT BLANC 



Structure générale. 

'une cilad.dle de tilaui 
lassives, des pyramides 




à travers le labyunlhe des séiacs : sur les pentes de neige, un traî- 
neau glissait comme dans les régions polaires. On parvint ainsi à 
l'observatoire Vallot; un ouragan prolongé l'y ayant retenu, 
.\1. Jdiis^i'it observa que l'intensité des raies spectrales de l'iixNgène 
diminuait progressivement avec l'altitude; d'où il conclut, par un 
calcul appiopiié, que l'oxygène, cessant de trahir sa présence à la 
limite de l'atmosphère terrestre, n'existait pas dans renvelo[)pe 
gazeuse du soleil. Malgré le vent qui balayait la crête des Bosses, le 
traîneau, rampant au-dessus des abîmes, 
atteignit la cime du mont Dlnnc. On ne vil 
jamais plus extraordinaire ascension 
.M. Janssen avait résolu d'élever au faih 
un Observatoire astronornique. Mais il fal 
lait en assurer la base : cette calotte d' 
glace qui forme la cime offrait-elle un- 
assiette assez solide pour y asseoir un- 
construction durable? Une équipe d'ou- 
vriers, sous la direction de M. ImfeM. 
oiivi il uni- i-Mli-rie horizontale, à 12 mètres 
aii-<l.',-MM^ (lu l.iile : partout on trouva la 
gl.M i \ n !■. III lis. de roc solide, point. Ex- 
pi-MiMuc iaiu- en son laboratoire de Meu- 
don sur la résistance de la neige durcie, 
.\l. J;inssen reprit, malgré tout, son projet. 
Une pyramide tronquée en bois de sapin, 
à double paroi et double étage, s'enfonça 
de 3 mètres dans la crête glacée du Dôme 
et surgit de 7 mèlres au dehors : tel fut 
l'Observatoire. Une tourelle en terrasse le 
relevait de 2 mètres encore. Il n'est pas 
en Europe de construction plus auda- 
cieuse: elle a jusqu'ici résisté aux oura- 
gans déchaînés, mais, bâtie sur la glace, 
elle s'enfonce avec elle, par l'effet "de la 
fusion lies masses inférieures, tandis que la 
]ilali--rorine voisine reçoit des précipita- 
tions neigeuses une compensation qui con- 
serve son niveau sensiblement le même. 



s la domination du Dôme, donjon 
issent de toutes parts des tours 
L'S, des flèches inaccessibles éche- 
velées sur les crêtes ou 
projetées sur les gla- 
ciers. Des remparts de 
1300 à 2000 mètres 
tombent au sud, sur le 
fossé profond de l'allée 
Blanche italienne et du 
\al Véni; au contraire, 
iN s'abaissent par con- 
1 1 escarpes échelonnées, 
du côlé de Chamonix. 
La plus grande épais- 
seur du Massif est de 
13 kilomètres entre 
l'Arve de Chamonix et 
le confluent des deux 
torrents qui composent, 
à Entrèves, la Doire Bal- 
lée. Il mesure, dans son 
plus grand développe- 
ment, 43 kilomètres, du 
I o| du Bonhomme au 
lac Champey. 

Trois Etats se parta- 
yr nt ces 400 kilomètres 
cariés de rochers et 
de glaces. Les eaux du 
M-rsant français des- 
ct^ndent par l'Arve, l'I- 
sère et le Rhône a. la Mé- 
diterranée ; de même 
celles du versant 
suisse, par la Dranse 
et le Trient, tributaires 
du llhône, au-dessus du lac de Genève; enfin, les eaux du ver- 
sant italien vont par la Doiie Baltes et le Pô à l'Adriatique. Varête 
frontière se dégage du col de la Seigne, entre la France et l'Italie, 
gravit le revers du Goider et celui du mont Blanc et, par l'arête 
concave que dessinent les escarpements suspendus au-dessus de la 
dépression de la Doire jusqu'au col Ferrel, se lie au mont Dolent, 
môle de séparation des trois pays voisins : France, Italie et 
Suisse. Là convergent la Haute-Savoie, la province d'Aoste, le Va- 




■%■.,. -Il 






-s Si*?" S 
, I à .S' /^►s 

s ■s f ^-^ ■ 



" 1 



i I 
I -î l! 



X - 



m 

3 - 

a ^ 
Ci- ^ 







1 î "". 

^îi fil 






Ji,f' i 




I?;' \ij '''>uajgi!iaV,Vi /€ ,, •• * SS 



/ ^ 




°^ c/î „ Sa I 



LKS ALIM'S. 



Ll' lilIÙiXE 



87 



,-A . 


j^ ^ 




^^HunaL^PcL '^''"^vHmK^t'' 


É^Â 


b 


^^9 


fe&^O 


M 


Ë^^l 


Mli^^ 


■1 



Agents de destruction. — De I 



lou.l 



: qui 



se gonlle 



pui 



rliiaiilc et balaye, le suleil qui cuit. Veau 
sou-^ liiutes ses formes -vaiieur pluie «l'ico 
t I iKuls (oiiblilue le pinitipal i_ent 
I liiK iLUi En enet, 1< ui siiibinuinl 
I iiis !( s fissuics (Il li 

I II I f,(I ecuto 

II iil < Il s (I SI f II Iiiii lit PU jil iqucb nu 
Il ni pu II I i( Il jn ( inollK nli, de 

Il ImI III I I I lu ut et t imbent 

\ii\ \| I I II 1 stiULli\es c Ulsees pdi 
I ^- 1 s i|(iule le puissiiil ti i\dil dtio- 

I II K ( nu phpdi lis glaciers ils sapent 
I II I I 1 is ks ciLti s d( m ilif s p a la cime 

' I 11 MU 1 ibot de felac e moule aux 
I II 1 I 11 uses qui 1 ( m lavLtit les use 
I I hl I '-liu I II 1 irtuin dtscaillnux 

II f-i i\i I |ii il eiiti nue (Juind pu 
ml I un ill 11 III ut de la misse tl i- 
iiii lu . h 1 iiiM ledel iliuuulitinn, 

I I II lu I 1111 b i[ip 11 iissi ni lu ]fiur, 



ou 



u- 



lais suisse, ilnul la liiiiile se relie au enl 1 1 iliii m 
sant nord du Massil'. 

(1 On cnusidérait le munt Dhinc cnuiiui' uu iil I I / / / 
encore à l'élat plastique, serait venu au joui u 1 u n u il 
sres latérales, en s"épanouissant coninie une f,eibe stiitc 
milieu. Mais MM. Du|iarc et Vallot ont démouiie que la pi 
ollrait des plissements très aiyiis entre lesquels s mt p ii 
sehistes cristallins, Fensemble cnnstituant dis I mil I \ 
nîi Térosion a creusé des couloirs et sculpte I u mil 
schistes représenteraient les restes de l'en nini m ml m 
taire qui recouvrait autrefois le Massif il I ni 1 I ml 
calcaire jurassique perché sur la plus liaul I ■- \uuill 
serait encore un témoin. » (M. LkRoux.) 

I,e massif du im»il B! nie ii'i'sl en fail ipie I i un u m 1 un 
compact antérieur qui 
s'effrite et tombe en 
ruine. Chaque jour en 
accentue la dégrada- 
lion; nous le voyons 
sombrer, pour ainsi 
dircSousTaction sécu- 
laire des agents atmo- 
sphériques, Il solide 
membrure des crêtes 
se disjoint davantage, 
les coupoles et les dô- 
mess'aii;uisent en obt-- 
lisques, eu pyramides, 
en aiguilles, dont les 
|i irois écaillées se cre- 
vassent et s'écroulent. 
<Jni n'a entendu les 
iraquements sinistres 
qui rompent tout à 

up le silence des 
Il ml s s hiudes' C i st 
I IX il m h des 1 e 



en son 
otngine 
I s dis 



< I l( s entailles ou\ei les 
I 1 s essieux des loues 
> inliqut s qui louhient 
1RS de P )m| ei 

ni IV lui (H - nid, s 



ut eu tdu^ I I lU lu I II II 
( un !, lit I il Ou I ii\ I I 1 I 1 11 iili ni 1 I n\ ino 

m i uiK iiithine un i 1 i | i ii i I i n i il lie dis 

olacicibdc 1 esililux el lui il li I i |ii n \ei tu de sa i lo^us 
sion le (//'fier atteint 1 \li m | ml I lu i u au S( uil de sa vallée 
infeiieuic les del ils qii il liiiii i ni ut pour foi mer sut le 

lijiitd s nesciipem nt un si uihb dt bus c lsIXù. moraine fionlnh 
1 i su II ssi 11 de plusieurs moi unes d ins 1 encaissement vide d un 
//;(( ( p 1111 t de mesuier son lecul en remontant pu etip s le 
(liemiii ju il suivait i 1 1 descente En lin, sous 1 1 masse gl icee les 
^lavKis bs cailloux et les blocs loules foiment une inuraine pru- 
fmtlc dont ks d( bi is \ lennent au )our, i mesure que diminue ou se 
I lu I III m liiiu 1 Mus nui iiti iim s sou\eiil foi t 



Mis 



il I II 



II 

m 


m I 1 


un 1 ull 
un u dins 


m 


un 1^ 


1 ludiiuxqui 


b 


inlela 


iicommeuup 


dé 


barge 


d'artillerie. 



---^ 


i 


>fc_^ 


M. 


^-W . 


m 


* V ^«y^^'^c- -^ 


jJnUP' 


■"^ M^ ^ '^ 


^Sê^ 


. -J^^-^ 


^B4. 


^n^^bf*' 


^K^ 


t^^*^^ 


a^P 


1 


^^ 




i O u K C li G L A ( 



LA FRANCE 



loin rappellent l'aucienne présence du '//"'•"■'. '■! l:i nili 
des matériaux entraînés révèle leur pi >i\ 'Iium > . l'.nl' 

des cailloux engagés dans la masse et si II p- ^Ir r, i li 

lèles ou entre-croisées par la morsure ih- ynniiM-- \> 
non moins clairement de l'ancienne progression glacial 
les roches peu consistantes, soumises à une trituration 



même 2204 mètres au-dessus de la mer, était au niveau des deux cimes 

.lussi, qui le dominent : la Croix de Fer (2340 mètres) et les Grands, qui 

, parai- dépassent 2680 mètres. » (Ch. Mabtins.) 

■ lignent Dans la vallée même de Chnmanix, cinq moraines successives 

Enlin marqui'iit par échelons le retrait des glaces vers le mont Blanc. 

issanle Au rrviMs du Massif, dans le val Véni, Ton retrouverait de même 




GLACIER DU lALLhliE 



dans ce milieu liuinidi' (pi' pro luit la lusn.ii. m arrivent a u l'tre 

plus qu'un mélau:;e iur.Misislaiit, une Iniiir i;iaiiain', c ne le 

/<mde la vallée .lu liliin. 

Accumulés sur le front des c/lacirrs, les di'bris moraiui.jues for- 
ment souvent barrage en travers des vallées et retiennent les eaux. 
Tantôt la poussée torrentielle a rompu cette digue d'arrêt, tantôt la 
digue a été assez |iiiis^;iiiie pnur se maintenir et emprisonner der- 
rière elle une na|i|"' Liii-h'. Les lacs morainiijues sont (ovt nom- 
breux. Il en est ip M ^ .ill.n deni, bien loin des masses glaciaires, re- 
tirées depuis des siècles à 1 inlé- 
rieur des monts. Ainsi les lacs 
al[iins du versant italien : lacs 
Majeur, de C'imr, de Gar,lr, véri- 
tables mers inti'rieures; au ]iied 
des Pyréné.-s, le lac de Lnunir,. 
sont des lacs d'origine moraiui- 
que. Dans toutes les régions au- 
trefois envahies par les glaces, 
la fusion a laissé des constella- 
tions de petits lacs sans moraine 
apparente, auxquels suffit une 
simple cuvette d'affaissement : 
ainsi les lacs Blancs, au-dessus 
de la vallée de Chamonix, qui, à 
une altitude de plus de 2000 mè- 
tres, ne dégèlent presque pas. 

A des points de repère aussi 
multipliés qui trahissent leur an- 
cien passage, il est facile de re- 
trouver avec certitude la route 
des glaciers primitifs et de me- 



'oui 



leni 



nia 



dépres- 
sions qui le cinonscrivent : val- 
lées de Cliamonix, de iMonljoie, 
du val Véni, du val Ferret furent 
comblées par des mers de glace, 
dont les glaciers actuels ne sont 
que les affluents supérieurs. I.e 
manteau glaciaire débordait sur 
les cols voisins de Vnza, du non- 
homme, de la .Seigiic, de Ferrel, 
de Tête-Noire, de Ralme. « Les 
glaciers ont abaissé ces cols en les 
érodant : ainsi le col di,> Balniç, 
actuellement à la hauteur de 




n G u T E DU 



les traces visibles du retrait glaciaire. Les coulées du Miage, 
du Brouillard et du Fresnay ne formaient qu'une seule nappe gla- 
cée : trois niveaux successifs, nettement marqués, amenèrent leur 
séparalion. Comnn' les t;la('iers du nord s'étalaient jusque dans la 
plaine duRliône, ceux du nmli dévalaientparlavallée d'Aostejusqu'à 
la plaine du Po. 

Malgré des observations répétées et minutieuses, on n'a pu fixer 
encore la loi de recul et de progression des glaciers : car, s'ils se 
retirent, ils avancent aussi, quand ils sont suralimentés; le mouve- 
ment est al lernatif, bien que plus 
accentué en arrière. Les raisons 
profondes de ces changements 
nous échappent en partie : le gla- 
cier a sa vie intérieure, une cir- 
culation d'air et d'eau que l'on 
devine, sans en connaître les 
règles. Rares sont les observa- 
teurs qui, tombés dans une cre- 
vasse, ont pu en remonter, ou 
garder assez de sang-froid pour 
observer, comme Viollet-le-Duc, 
ce qui s'y passe, en attendant 
qu'on vienne les secourir. 

Le glacier est un organisme 
en voie de perpétuelle transfor- 
mation ; il se meut, il agit par ses 
propres moyens et d'après des 
règles spéciales à son tempéra- 
ment. Son rôle est double: bien- 
faisant d'abord, puisqu'il retient 
en blocs solides le surcroît des 
pr('cipilalionshivernales, pour en 
.|i'|Mi (il a\ ei- niesun' el, en temps 

\nulll, les e;lUX de fllsiol,, sèvC 

vil.ilede 1,1 |il,iule et des animaux. 
M,ii. ,iu"i . e.iiiiue toute action 
|,i.i.luil I 11-111 e, le <;i.(CîCî- en mar- 
elle ver~ la pl.ii lie (''rode ses bords, 
liibotelefoud surlequel il glisse; 
son lit s'élargit et s'enfonce et 
(■est le corps de la montagne qui 
en pâtit. En l'usant, d'ailleurs, le 
7/»fi>!- s'amoindrit lui-même par 
rabaissement continu de son ni- 
veau qui, en l'éloignant du point 
de coimélalion nécessaire à son 



LI'S ALPES. 



LE RIIÔiNE 



entretien, li^ 


r.VV 


iiifc'riiniros. 


'.et a 


rives; alm-s 


■s i-n 



l'oclie (le l'atinosplirre éinollientc! des régions 
llaisscment général dégage le modelé de ses 
•tes ('mergent, les arôles s'allongent, les pointes 
mes s'arrondissent : c'est la montagne qui parait, 
et ses aspects varii's, (■"imiie une belle statue 
niiui; sous le ciseau d'un s< uliileur de L'i'uie. 



central offre un large champ d'expansion aux glaciers, entre des 
crêtes allongées jusqu'à la vallée de l'Arve. I,e promontoire aigu de 
V Aiguille dn Tacul, rattachée par le pédoncule des Périades et du 
mont Mnllct (^988 mètres) au nceud de VAiguiUe de Rochefort et du 
di'iiiil, puinle \i-rs 11' nnrd au cn'iir de rhé'niieyelc, entre deux grands 
llrUM'S lie riarr : |c iiliinir (I il Cniiil.ii l'uuest, accru de celui de 




Sommets et glaciers. — Dans la confusion apparente des 
sommets qui composent le massif du mont Blanc, le regard, acca- 
paré par la cime maîtresse, cherche en vain l'arête qui attache 
ensemble les diverses parties de ce gigantesque organisme. On 
devine ce lien, plus qu'on ne le voit, sous l'épais manteau de fri- 
mas qui voile ses attaches. Une longue suite de crêtes se lie en 
croissant, d'une part, au mont Maudit, contrefort du mont Btniir; 
de l'autre, à V Aiguille du Triolet, partenaire du mont Dolent. Les 
sommets en relief sur cette ligne sont, à partir du mont Maudit 
(4 46b mètres), la Tour-Ronde (3792 mètres), le Grand-Flambeau 
(3554 mètres), les Aiijuilles Marbrées (3541 mètres), VAii/KÎlIc du 
Géant (4014 mètres), VAiyuitle de Rochefort (4003 inétresl, les 
Grandes-Jorassps (4 206 mètres) et les Pelites-Jorasses (,'Î(1M2 mè- 
tres), VAi./u.r,' ,].- T.r^rJ:„u. ':i7S() ,,,;.|,rs\ r.l/v„///r d,> VKhnule- 
ment (36(t'. tii- .1 . . !!-■ An T I. ,■• :\::\\' nirlir> , riilin VAi;/aille 

du rn»/W i:;sTli Ill-IN- r[ Ir innlll /»,,/o,/ A Sli^ Ulrlvs . 

I.a eonvrxil,' :{.■ I .nv, I.hm \.•|^ l'ilali.', diesse au-d.-ssus di' la 

vallér ,!,. la |i,,ii,> ,r.il.iu|.|s escarpements qu'étayent plusieurs 
cnlieloits n.'. r-s.iiiviiinil (Tunrtés : monts de la Brrnra, de 
Jrtuiihi, de Riidufurt, de \ llièqur, mont Gruetta, montagnes lloui/cs, 
mont (Irépillon. Dans les intervalles des contreforts se logent quid- 
ques amas glaciaires : ceux d'Entrèves, de Tonle, de Ruchefort, di' 
l'Iiin/irinfière, de Frcbouzie. Entre les deux arêtes principales de celte 
portion du versant italien, les deux glaciers du l'riolet et de Bar 
s'attachent aux flancs de VAiguiUe du Triolet; à l'ouest, le grand 
lleuve glacé de la Brenva moule ses névés à la dépression orien- 
tale du mont Blanc et du mont Maudit. 

Du côté français, la concavité du grand croissant montagneux 



la V,illfe-Hlanclte;l<d glacier de LescItaux, à l'est, gontlé par l'affluent 
du Talèfre. L'n chevauchement continu d'arêtes enveloppe cette 
grande arène glaciaire : sur la rive gauche, à partir du mont Mau- 
dit, le mont Blanc du Tacul (4 249 mètres), VAiguiUe du Midi 
(3 8'r2 mètres), celle du Plan (3 673 mètres), celle de Blaitière, 
VAiguiUe de Grépon (3 482 mètres), celles des Grands et Petits- 
Charmoz (3 443 mètres et 2 867 mètres), VAiguiUe de Trélaporte 
(2 550 mètres), dont la base plonge sur la coulée glaciaire. A 
droite, se dressent en falaises les crêtes étoilées autour de VAi- 
guiUe Verte (4127 mètres); au sud, les Droites, les Courtes, et, 
au nord-ouest, VEvéque et le Moine, qui enveloppent le cirque de 
Talèfre, d'où émerge, au centre, l'ilot du Jardin; au nord-ouest et 
au nord enfin, VAiguiUe du Dru (3 732 mètres) et celle des Grands- 
Montets (3 298 mètres), qui projette vers le glacier des Bois VAi- 
(/uille à Bochard (2 668 mètres), en face du fameux Montanvers. 
I.à s'ouvre l'estuaire de la mer de Glace, que forment les trois 
irrands courants glaciaires du Géant, de Leschaux et de Talèfre. 
\ s. in iI.lMiiirhé en vue de la plaine, le gigantesque fjord de glace 

priu.l !.. Il de glacier des Bois. Cette immense coulée, la plus 

inipnrlaiili' du Massif, mesure, dans sa plus grande longueur, 
1 i liiliimètres environ, de Iol Tour-Ronde à VArvegron, qui sourd au 
front du glacier des Bois. 

Sur les flancs du déversoir central s'épanchent deux grandes cou- 
lées. L'une, à l'ouest, entraîne parles glaciers de Taconnaz et des 
Bossons les neiges et les avalanches du cirque formé par le mont 
Maudit, le mont Blanc, le Dôme et VAiguiUe du Goûter. L'autre, 
coulée latérale, aussi longue que le fleuve de Leschaux et la mer de 
Hlace réunis, glisse, du mont Dolent jusqu'à peu de distance du 

8. 



90 



LA FRANCE 



Mllage (1 \u/etili(ip, qui lui dunne son nom D uiip paît, les Lieles 
lavmnjiili s de 1 Aiguille Va le et, d'auhe ^a\l, le Tour Non (3S43mè- 
ties) et V iiyuille de la Neuvaz (3 750 mettes), celles d {>i/inluie 
(3912 iiK 11 esi, du Chmdonnet (382 > ml tresl, dessinent sa d<iul>le i ive. 
Ainsi deux giandes coulées glac laues, tell s de 1 \; /iiilu le et des 
iîosso?)?,s'allongi nt sur les deu-î flancs de li im i ih ^///m , sm le de 



gros Bécliar), de la Côte, AiyiiiUe de la Tour, la Tapinz ou plan de 
l'Aiguille, qui doiuine Chamonix, des tètes de coulées glaciaires 
s'insinuent, de [letits réservoirs se blottissent (les Pèlerins, etc.). 
Passages. — (in passe de la vallée de rAi"ve,par Saint-Gervais, le 
col du Bnnhnnnne ylWW mMres', le col de la Seiync (2512 mètres), 
dans la rdiiimie d.- 1' Uln-lilanelie et du val Veni, qui descend à 




pieuvre gigantesque dont les tentacules pénètrent au cœur même 
de l'arc central du Massif. Une double poussée du versant italien 
se prononce par la projection de deux bastions d'appui sur les 
points d'altaclie opposés: mont Dolent et mont Blanc. A l'occident, 
le bastion triangulaire pointe, -pur l'Aiguille de Biunnassai/, entre les 
deux côtés que dessinent : d'une part, la Têle-Cnrrée et VA iguille des 
Glaciers ; de l'autre, le Dôme du Goûter, l'arête des Busses, le mont 
Blanc, le mont Blanc de Conrmai/eur, les Aiguilles Blanche et IVoire de 
PHiret. Dans l'intérieur du triangle bastionné, s'allonge, en per- 
pendiculaire sur l'Allée-Blancbe et le val Véni, le glacier du Miagc 
italien, dont les affluents sont: le glacier de l'Allce-nianrhc, au 
revers de V Aiguille de TvHutêle; sur l'autre bord, le glacier de 
Biontiii^sdii iliilirn. et celui du Borne, que séparent les Aigiiillrs Grises; 
celui ilu niniil Jlliincde Cmmnaijeur et, dans la pince des inouïs du 
Urouilliinl rt d.s Aiguilles de Péléret, le glacier A\i BnmiUard et 
celui ilu Frcsuag. I.e bastion oriental, moins important, pointe à 
l'Aiguille de la Neuvaz, entre les arêtes du moni Dolent et du Gr&jiil- 
lon, celles du Darréi et de la pointe de Plancreu^e; dans les inter- 
valles se nichent quelques réservoirs glacés: ceux du Dolent, de la 
Nenvaz, de Treulz-Bouc, de Plancreuse. 

Il y a un évident contraste entre les saillies qui contre-butentà cha- 
cune de ses extréinitésle jl/assî/ entier du uiontBlnnr. Ce sont, à l'est, 
(lu côté suisse, des plateaux massifs et de -i m l^- .illiln.le, soudi'S à 
la pointe d'Orny, sorte de proue qui surploml h - _1 m ii isdu Trient, 
deA Grands, de Brun (versant nord), les l'I e i.i> tlOtm/ et de .S'fl- 



^^,^. 



Icinaz, ravi 
Saleiiiaz éui 

A l'autre 
pée, silloiini'c .l'ai ^Irs . 
deux versaiils du /i.h^ir , 
arête àpeinc (•luVxii,.,. i 
portant de TrélnliU- I I . 
V Aiguille ù.eBion,n: 
français et du Bm,,,. 

Enhn, entre les ai. l 
.Massif au-dessus de la ' 



■• du Trient, .\u-dessus du 
-Fourche. 
montagne est plus décou- 



Frassc; dans le rayonnement de 
is du Bionnassaij italien, du Miage 



d a\,iul-garde qui frangent le front du 
lée de r.\rve : montagnes de Taconnaz (le 



Courmayeur. De là, le val et le col Ferret (2543 mètres) conduisent 
la circonvallation dans le sillon de la Dranse, vers iVartigny et la 
vallée du lihône. Elle remonte alors par lecul de la Forclaz ( 1 520 mè- 
tres), le val de Trient, bifurque sur le col des Mnnirh t I iil2iuètres) 
ou débouche directement par le col de Balnie (22iil mi n, ~i sur la 
coulée de l'Arve, Chamonix, le Fayet, en vue de Sami-i.ri vais. 

Bien qu'il n'y ait en cette longue traite qu'une seule mute de 
voitures, celle des Montets, à cause de la faible altitude, on trouvera 
plus facile encore le tour du mont Blanc que sa traversée. Si l'on 
excepte le col de Voza (1 G75 mètres) et celui de la Forclaz du Prarion 
(1 556 mètres), qui franchissent l'éperon, du val Montjoie cà la vallée 
de Chamonix, les cols dirigés à l'intérieur du Massif, d'un versant 
àl'aulre, ne constituent à proprement parler que des pistes, prati- 
cables seulement quelques mois de l'année, pour de vi'ais alpinistes 
rompus aux escalades. Tels les cols des Courtes et des Droites, per- 
chés sur l'arête du glacier d'Argentière, et tellement escarpés qu'il 
est arrivé de les atleindre sans pouvoir descendre de l'autre côté; 
le c(d du Cliiirduniict, entre le glacier de Saleinaz et celui d'Argen- 
tière; le col des Grands-Montcts (3 241 iiièlies , entre l'Aiguille de ce 
nom et l'Aiguille Verte; le col du miuil /i.Jn,) :::;'i3 mètres); le 
col de Pierre-Juseph (3478 mètres), enli.' h- .b ,-//.. de Talèfre et 
de l'Éboulement; celui des Hirondelle •> iTT nu lies\ entre les 
Petites et les Grandes-Jorasses; le col du Géant (3371 mètres\ 
ouvert au fond du glacier de ce nom, entre les A iguilles Marbrées et 
les Flambeaux, en surplomb sur la coupure de la Doire. 

Des communications normales auraient existé autrefois par cette 
voie entre les deux versants de Courmayeur et de Chamonix. Cette 
obscure tradition s'explique peut-être par le lien religieux qui ratta- 
( hait le prieuré de Chamonix à la grande abbaye béiu'diitiiie de 
SaiulMi( lui, juchée au delà des monts, surune roche prrs.pu' iuar- 
cessiMe, eiihe Suse et Turin. C'est en s'inspirant de la tiadiiinu 
populaire que Bourrit, parti du Monlanvers, en 1787, remonta la mer 
de Glace, traversa, non sans risques, le col du Géant et descendit à 
Courmayeur; le Massif n'élait donc pas infranchissable. Saussure 
passa quinze jours au col du Géant, mais seulement en juillet de 
l'année suivante : il y fit des observations scientifiques, et l'on a 



LES ALPES. — LE RHONE 



91 




justement donné son nom à Tune des cimes voisines. M;iis Buiinit, 
l'admirateur entliousiaste de la première heure, Tenlraîneur inf i- 
(i;;able de la course au mont Blanc, bien que la joie d'y atleiiidie 
Ui;it àfaitlui ait été refusée, ne mérilait-il pas que l'on consac l 'it sa 
iniMuoire par un signe visible, autant du moius que le rutrue sd\ant 
lie Berlin, Pitckener, qui, surla route du mont Blanc déjà fiequenti e, 
vints'établiraux Grands-Mulets et célébra à coups de canon et giand 
renfort de musique une promenade qu'il prenait pour un exploit 

I.e col du Midi, entre l'aiguille de ce nom et le mnnt Blanc du 
Tacul; celui de la Tour-Ronde, 
outre les glaciers de la Brenva 
et du Géant, sont des pistes peu 
recommandables aux touristes 
non aguerris. Encore que moins 
élevé, le col du Miage (3376 niè- 
lies), llanqué de couloirsde glace, 
a vu plus d'un drame. M. John 
l'.iricbeck, en juillet 1861, fit de 
l;'i-liaut une épouvantable glissade 
vi'rlicale de 538 mètres. Ses com- 
pagnons le croyaient en capilo- 
tade : par miracle on put enfin le 
retrouver, moulu, écorché vif par 
l'horrible frottement, mais sans 
aucun membre cassé. 

I,c |i.i-.>.i-r(lc(;iiainonixàCour- 
uiayiiii, <-\ p , i|ii M(iuement, par 
le (i.i\-is lia .M.i-;>if n'est qu'un;? 
prouesse, l'raliquoment, les cols 
sont des trompe-l'œil : la limpi- 
dité de l'atmosphère, la crudité 
des formes, l'écrasement des 
masses, tout est fait, dans cet 
amas compliqué de roches et de 
glace, pour déconcerter les mieux 
avertis. 

Dumo)i<ronrfu(3196mètres)àla 
poinled'On!y(327''i mètres), môles 
de rrprre dressi's à chaque extré- 
iiiitr-, sur les parties déclives du 
Massif, 1.1 ilisl.inee absolue est de 
34 Ivil Il'-: Il ddcsaledes crê- 
tes s. ml ev ->. Il Ire, esdeux points 
ne iiiesiiie pas imiiiis de 50 kilo- 
mètres. On juge par là du reste. Lo 
»io)i/fi/(7/ie, comme l'amphithéâtre 
gigantesque du cirque de Gavar- 
nie, dans les Pyrénées, échappe 
à la toise du regard humain. 



GRANDES ALPES DE SAVOIE 

ET DE DAUPHINÉ 

MASSIF DE LA VANOISE 



Dans 1 enlacement de VJsèr 




et de VArc, qui confluent en aval de 
'S puisent, à 8 kilomètres seulemeul 
l'une de l'autre, au cœur des 
Alpes Grées, le relief de la 
'Vanoise développe le croissant 
de ses champs de glace : au nord, 
l'.l iijuille du Midi et le mont Pourri, 
en avan t-garde sur l'Isère ; au sud, 
le glacier de Gébroalaz; au centre, 
la V'(7«oiseproprementdite. Surun 
développement d'environ 50 ki- 
lomètres, la chaîne se maintient 
à plus de 3000 mètres, pour 
atteindre, avec la cime des Grands- 
Couloirs, près de 3900 mètres. 
I.e mont Pourri ou Thuria, 
presqu'île étroite et allongée 
qu'un isthme déchiqueté, tra- 
versé par le col du Palet, rattache 
au groupe de la 'Vanoise, tranche 
nettement sur Y Aiguille du Midi, 
au-dessus des vallées de Peisey 
et de Tignes, qui dessinent pro- 
fondément ses contours. L'al- 
titude de ces vallées latérales 
étant en moyenne de l'iOO mè- 
tres, le mont Pourri, dont la hau- 
teur absolue est de 3788 mètres, 
surplombe ainsi le voisinage par 
\\n relief de 2 388 mètres. De là 
vient sa fierté : au lieu d'être en- 
caissé dans les masses environ- 
nantes, il se dresse isolé et ne 
perd presque rien de sa taille. Sur 
TigiiesetPeisey, ils'arc-boutepar 
des arêtes entre lesquelles s'escar- 
pent les masses glacées de la -S')'- 
vinc et de la Gurra:, de la Plalièn: 
et de la Sache. L'Isère s'enroule, 
de Tignes à Bourg-Saint-Mau- 
rice, au pied de ce perron gigan- 
tesque dont le cône terminal, 



LA FRANCE 



'•gèrement Ironqui'', di'coiipe au nord la 
pure silliouelle de son manteau de glace. 
Des écueils émerge's l'enveloppent au sud- 
ouest, comme les lignes de retranchemeni 
d'une citadelle démantelée. Peut-être 
rosion, en déchiquetant ces pointes d 
rochers, a-t-elle valu à la fière montagn 
le nom vulgaire qu'elle porte, à moins qu 
les escarpements de gypse en dissolu ' 




qui se triiuveiil au nord-ouest de Peisey, et que l'on nomme les 
Ai'/i' /'' /.' " ' . ne justifient cette désignation ; car le mont Pourri, 
étant 1 I aiiiiii^in cristalline, présente, à l'ouest notamment, une 
slraiiii< al I -11 i' iiiarquahle de gneiss, de quarlzites et de schistes. 
Soumis, cumiiie ses congénères, à l'action météorique, il n'a subi 
aucune décomposition anormale. Il a ses enthousiastes, ce belvé- 
dère dégagé au seuil même des grandes Alpes. Les cartes donnent 
à la cime le nom spécial de Thuria et réservent l'autre désigna- 
tion pour une saillie secondaire de l'est, qui domine Sainte-Foy. 

Entre Bourg-Saint-Maurice et Modane, YTsèreet VArc sont éloi- 
gnésde48 kilomètres, dansleur plus grand écartemenl. Le niassifile 
la Vanoise avec ses satel- 
lites : mont Pourri et mont 
Gcbroulaz, en occupe l'inter- 
valle; mais la Vannise pro- 
prement dite en retient la 
majeure partie, soit 30 ou 
3S kilomètres, jalonnés par 
quinze ou vingt cimes qui 
dépassent 3000 mètres. 

L'état-major donne à la 
pointe des Grands- Couloirs 
une altitude de 3861 mè- 
tres : c'est l'arête culmi- 
nante du Massif; un superbe 
glacier s'incline du somme! 
sur son front nord, le seul 
accessible, tandis qu'au sud 
plonge un abîme vertical de 
2 000 mètres. Une cuirasse 
glacée emprisonne la cime 
voisine de la Grande-Motte 
(3683 mètres). Au sud, par 
delà le col de la Vanoise, 
qui ouvre au travers du mas- 
sif une brèche de 2527 mè- 
tres, le massif de Clinsseforêt 
ou Grand-Pelvoz développe 
sa large croupe arrondie oîi 
sont étalés les deux plus 



beaux glaciers de l.i 
Savoie : celui de Son- 
nailles a\i nord-ouest, 
celui dePelvoz au sud- 
est. Pendant 7 kilomè- 
tres, la ligne de faîte 
n'est qu'une croupe 
éblouissante qui on- 
dule au-dessus de 
3500 mètres. A peine 
si deux écueils noirâ- 
tres surgissent de 
cette vaste mer de 
glace. 

La pointe de Gébrou- 
Inz (3520 mètres), les 
masses triangulaires 
du Bouchetet de Châ- 
teau-Bourreau compo- 
sent l'arrière-garde du 
Massif. Elle épanche 
ses eaux, par les lor- 
Martin et des Allues, dans le sillon 
on qui, au-dessous de Brides et de 
s, conflue, àMoutiers, dans l'Isère, 
se trouve le centre de rayonnement du 
massif entier, par l'artère vitale du Doron. 
A la rive du torrent s'échelonnent, au-dessous 
de Bozel, les deux stations thermales de Brides 
(eaux sulfurées et chlorurées sodiques), dans une 
couronne de vergers, de vignes et de bois, sous 
es cimes neigeuses de la Vanoise; Salins-les- 
/?"/«s 'ennx salines chlorurées sodiques), dans 
, au-dessus d'une véritable 
MI ilh 1111 il. -liiil.rraine. La remonte du Doron 
iiiiJuil .Im I1'-:,I, d'une part, vers Tignes, sur 
Isère, par le col du Palet; de l'autre, veis Pra- 
lognan, clef du col central de la Vaimise. I.a 
conque du lac de Tignes, charmant bassin de 2 kilomètres de cir- 
conférence, s'étale à 2088 mètres d'altitude. Les ruissellements du 
glacier de la Grande-Motte qui l'alimentent, absorbés en partie dans 
îe filtre calcaire de la montagne, jaillissent à 200 pas du lac en 
nappe de cristal. Même phénomène à la sortie : l'émissaire 
s'effondre et rejaillit plus loin en véritable torrent. On pêche, dans 
le lac, des truites savoureuses. 

Pralognan, sur le Doron supérieur, conduit, par le col de Cha- 
vière (au flanc du Gébroulaz), dans la vallée de l'Arc, à Modane, tète 
de ligne du chemin de fer du Fréjus; parle col de la Vanoise, sur 
le revers du massif, à Enlre-deu.r-Eaaj, Therniii.'nnn 'en amont do 




LES ALPES. — LE RHONE 




semble promis n 
réserve aux alpi- 
du Crand-Saint- 



iMûJane) et à Lanslebourg, qui commande la nmli^ du Mont- 
Débouclié de ces deux voies im[i(irtantes, Prnlw/iniii, dans son 
de prairies, de forêts, de tciirnis il ili' i:\. 
un bel avenir. Le col de lu l'.//i.//sr -i.'iJT i 
nisles la surprise d'un pass.i^.- ijin r,i|i|H'|| 

l;.Tiiai.I; d.. -i.Mids I MMX .11 m1..iii,.iiI 

rliain.a, v li- ni. I in' |i.' a--r/, ,|n 

ou M\ iM|.|M s i.h u.li.s lars .l.s .1 ,.;,v. . ,I>M,I la |ilii^ Irlande pet 
avoir i:itlUnirU-esd.M;in;oulen'iir(.,tles(-eU(lauliaiiiraudA'u/;-c-,/cu, 
/•-'(/».'■, groupe de cabanes où les bergers de Tliermignon et de ! 
Mauiiiuine font esliver leurs moulons à la laine blanclie et soyeusi 
Ln frère du Doroa de Pralognan, le Doron iVEiitre-deux-Enu. 
côtoie le versant de la Yanoise, mais dans un sens opposé, puisqu' 
descend à l'Arc. 

Tandis que le mont Rlauc, dr> nalure cristalline, ne montre si 
ses flancs que de faibles lanilir,Mi\ M'iliiiMaii;iir''s, If iiia^sit ili> 1 
Vdnoîse, au contraire, a C"ii~<'i \^' il un i^ nues a-~~i-''s .i|i|.ai h-nai 
à cette formation : redressions jiar pla- rs .a |i|ms on un. mis |.riil..ni|. 
ment érodées, elles nelaissent voir que la- 
rement larocliede base. Cette composition 
variée du massif lui donne une grande ori- 
ginalité de formes et de couleur: ici, les 
dômes de nature schisteuse, peu i ésistante, 
et couverts de pâturages; là, les gneiss et les 
scliisles cristallins, plus solides, aiguisés 
en pyramides, comme dans la magnilique 
circonvallation du mont Tliuria; ailleurs, 
des parois verticales en solidi s ,issisrs de 
grés; des calcaires déclnqucli s i l Inuii s 
Les vallées des AUu/": et de s,„„/-.l/„,//y/- 
dc-BellcviUene\\] esentent pii's(]ue pailoul 
<iue des calcaires sombres, surmontés de 
grès blancs. « Des amoncellements de 
gypse donnent à tout le pays, principa- 
lement aux environs de Brides et de S,iliii\, 
un aspect singulier; ces amas, Mams 
comme neige, ont parfois plusieurs cen- 
taines de mètres de profondeur. » (Fei'd. 
lÎEYMOMi, A/iiiiiaire du Club Alpin.) 

Avec le gypse (sulfate de chaux), le sou- 
fre se rencontre à l'état natif ou, encore, 
associé au cuivre, au plomb, à l'argent. 
Toutes les richesses minérales : le plâtre, 
le marbre, les minerais divers, l'anthracite, 
s'offrent à une fructueuse exploitation. 



11 l'anl, piair riini|ii endie la VawAse, faire l'ascension du munt 
Jiii'ct, belvédère tlressi' sur le promontoire que dessinent à leur 
conlhient l'Isère et le Doron. Les schistes lustrés du trias qui com- 
posent la montagne s'y développent en dômes d'accès facile, sous 
un tapis ininterrompu de pâtu-rages. Peut-être pour cette raison, les 
Cfiitnms, piiiiiilifs habitants de la contrée, eurent-ils cette mon- 
tagne en V. iii'ialiiiu : elle nouri-issait leurs troupeaux et leurs 
lamilli's; c'itail ui\ Dieu bienfaisant, Jupiter sans doute, Jovis. De 
là seiailvenu le iiuiiil Jovet. Du mimtBIancàla Tarre des Écrins, 
en passantpar les champs de glace de la Vanoise, le regard embrasse 
du haut de ce belvédèie un merveilleux horizon. 

Entre l'Arc et la Romanche, sur le front baslionné du Thabor, que 
les Alpes Cottiennes projettent dans l'intervalle de deux grandes 
masses granitiques : la Vanuise, au nord, le Pelvour, les Êcrins et la 
^^f|'iJe, au sud. des vagues montagneuses, détachées de la traverse 
du Cnhh/rr. se siiiièilent avec les Aiguilles d'Arves, les Grnndes- 
//(/;/^w■^. la ilnidile II ete des monts d'Allevard et le massit de Belle- 
(htiinr |iisi|ii ,1 la ilnine profonde du (irinsiviTidnn. ni'i coule l'Isère. 




LA FRANGE 



MASSIF DES 



\RVES 

1rs .1/7, 



l'Arves mit le 

;'i la racine du Granil-Gulibicr ['S 2'r2 nièlres) ; à l'ouest, sur les lor- 
rciiLs opposés de l'Arvelle et du Gua, ou plutôt, en tenant compte 
du remous parallèle noué à la cime des Torches et au pic du Mas de 
la (Jrare, sur la trouée torrentielle du Ferrand, dont le col dos Très- 
nouveaux marque le seuil de séparation. Au nord, l'.irc; au sml, l.i 
Ihiinancke développent leur courbe opposée. Le sommet culminanl 
du massif est l'Aiguille centrale (ÏArves, qui trône à 35l)'.t mètres, 
au-dessus de ses deux sœurs et d'un peuple de hautes cimes; 
Aij.Miilles de la Saussaz, du Goléon (3 429 mèlres), de l'Argenlière 
'3l>'iO mèlresV le Cnis-C.renier (2 917 mè(res) e( le mont l'.diard, 




tournés vers le nord. C'était, il y a trente ans, un massif à pmi pics 
ignoré; le déboisement y a fait rage; les pauvres gens perdus au 
milieu de ces déserts n'ont plus que la bouse de vache séchée pour 
se défendi-e des rigueurs de l'hiver. Mais la nudité même de ces 
montagnes, leurs formes altières ne manquent pas d'une sauvage 
grandeur. Comme la Meije, sa voisine, la grande Aiguille d'.A/i'cs 
semblait inaccessible : elle fut escaladée pour la première fois 
en 18"8 ; depuis, de nombreux alpinistes, des femmes, l'ont foulée 
du pied, même l'aiguille méridionrde, bien que celte ascension 
exige, à certain rebord perrle' ;iu-ili-Mis d'iin fi-pic vriiiL'iiicnx, un 
exercice de voltige qui ne l.iis.sc |i,i-, d'iiii|iivs-iniiiirr l^s l^irs les 
plus solides. Les cols de rinririnl l'i ilu Col.ini, le col l..indi:ud 
forment autant de failles pénétrantes qui permettent de circuler à 
tjavers les émergences de la forteresse. 

LES GRANDES-ROUSSES 

l)i; formes plus massives, moins di''C(iup('cs ijue les Aiguilles 
d'Arves, les Grandes-Rousses nouent leurs chamiis de glace 
(glacier de Sniiit-Surlin, glacier des O""''"'») aux deux cimes cen- 
trales de l'/iift/rfrt'rrf (3 473 mètres) et du Gm.»/-.S>»urt,7e. Au sud-ouest, 
la RoinniuUe; à l'ouest, VEau-d'OUe, fossé de Belledonne ; à l'est, les 
combes torrentielles du Ferrand et de la Valette ; au nord, le col 
de la CTO!j-(/e-7^er, circonscrivent le domaine des Grnndcs-niiussp$, 
trisles montagnes au demeurant, dont les (lancs, dépourvus du 
manteau protecteur des forets, restent sans défense et comme 



riiussis par l'àpreté du gel et la 
tant sont de belle taille : au nord 
sml, le pic Dnijh, la Pyramide, I 
éperon sur le [dateau nu de lira 
les Sarrasins, exploiléient ici c 
grisargenlilére (lnul bs Dauphin' 



cuisson 


du sol( 1 


. L 


es 


:imcs poui- 


, l'Aigu 


lie Nmre 


(3 1 


73 


melies); au 


epic d 


1 Lnc-Blanc 


et 


VUnpie,.n 


ndes. L 


es lîonia 


11'., 


( 


api es eux 


les min 


■s de ga 


en 


e e 


t de cui\re 


s à Irni 


loUl.sill 




tl 


ei de beaux 




Is. De 



. ellondieesi 



expk 



l.i tour du Prince-Ladre, véritable tour du Trésor, où se réfugiait le 
directeur des mines, monte encoi'e la garde avec ses murs de 
2 mètres d'épaisseur, ses fossés de 8 mètres taillés en plein roc, au 
milieu des champs argentifères vides et déserts. A lest de la tour, 
une chapelle dédiée à saint Nicolas remplace un temple antique. \]w 
veslige de la voie romaine se voit encore sur la rive du lac Blanc, 
réservoir de 600 mètres sur ISO, dont les eaux, blanchies par le sul- 
fale de baryte, contrastent avec les roches noires de l'IIerpie, les 
[tàturages roux, les pics et les glaciers e'tincelants. D'arbres, il n'en 
est plus guère : le feu des mines ou des âlies iihlii.'ènes a presque 
tout dévoré. La voie romaine s'élevait de la Jlmiunnlie par le plateau 
de Paris et celui de Brandes, dans le priil..ii-.iiniit tlu lac Blanc, en 
suivant le cordon des nappes lacustres é( helonnées au liane occiden- 
tal des Grandes-Rousses : lacs Bcssun, de \a.Fare, de Baline-Rousse, de 
la Jassc, jusqu'au col du Couard. La vallée de VEau-d'Olle ouvre, de 
ce point, les commnnienlions an f^nd vers Belledonne, an nord vers les 
Srpi^f.i,ii\ A Ilrr.inl , ilr la \alh'e ilf l'disans àcelle duGraisivaudan. 

!,( s l'ifii' Jr^-/lf,ii^-.r^\ iiioiiis (bii Mlles, seraient le paradis de ceux 
qu'ellVayenllesciines trop n.'bai balives, mais qui voudraient goûter, 
sans trop de risques, les émotions dune promenade à travers de 
vrais glaciers et la joie de contempler d'immenses horizons. Encore 
que réduits, les glaciers des Grandes-Rousses offrent un réel intérêt : 
celui de5«»i<-.Sor/m s'incline doucement, sans cievasses; le glacier 
des Quirlies, au contraire, de pente bien plus forte, présente assez de 
crevasses pour exiger l'emploi de la corde. Son point d'appui, le 
pic de YElendard, point culminant des Rousses, se termine par une 
plate-forine de schistes archéens de 4 à 5 mètres carrés. Le Grand- 
Sauvai/o, son frère, qui d'en bas paraît une simple arête, se compose 
en réalité d'une série de prismes verticaux diessés les uns derrière 
les autres, d'escalade pénible et de descente assez périlleuse. Un col 
sépare les deux sommets voisins. La merveille des Grandes-Flnuxses 
est plus bas, dans la vallée du Ferrand, leur émissaire principal, 
une cascade rivale des plus belles de l'Europe. 



LRS ALPES. 



LK RIT An F 



9S 




MASSIF D'ALLEVARD 

l.a vallée du Urinsiriuidan. que sillonne l'Jsèn-, se développe, dc 
Montmélian à Grenoble, entie les escarpements calcaires de la 
(iiando-Cliartreuse, à l'ouest, et une longue arête dentelée de 
roclir^l.iiiiiili^.s t-h,lur, ,\r ni.iinuiwsrt, sur l'Arc, au col de lu 

Cocli.' iii..[ii,iuii''^ J 1//' -;/'/ '■! .1 ^ -I aux défilés de la Romanclie 

(pi.- ri ,i,.|r ,!.■ /;,/;,,/-, ,., au-, 1. -MIS ,1 rriaiîe-les-Iîains). F,a vallée 
de l'l-:„u-/h,ll,-, tiil.nlaiiede la Uni, mm. h.', limile à r.'.;t le re|i,.f,l,. 
lirlI.'duuMe ; celle du torrent des Vtll.n,ls. alUu.nl, ,1.- F Ai.-, Iran. li.' 
la hase oiieutale des monts d'A //'/■.(/./ ; enlii' l.s .hii-c niassiis, j.. 
oil (le lu Coche ouvre une brèclii' il.- s.-parali..ii, au hIm.kI .lu 
plaleau des Scpt-Lnu.r: (sept lacs). 

L'orographie du massif d'Allevard eslasse/. .■ |i|i.\e. M. ii. Imi- 

land, qui en a fait une étude coin|ili''|i\ \ v..il .Icux pi in. ipale.s 
arèles en l'orme d'U, courant du su.l au ii.inl, p.ii alii-ieruenl l'une a 
l'autre. Au milieu s'étend l.i rianl.' vail.i. .lu llrr.la .mi il.' la 
l''e)'rière; au point de jon. - 



fameus 


es imnrs ,!.- le 


• d 


Allevard. Les 


■eplis 


st 


■.ui.L- 


M.' 


s de 


Jlrame- 


Farine a Au liil la II \,- \ 


ro 


iin"en 


tdansl; 


bouc 


le 


[11. mI 


■Ss 


III' 1 


Lréda, 


au moment de conlUu 


r ( 


.IMS II 


s.r... 














2» L 


Arête orientale. 


(|i 


1 r|iai 


■h., s. -s 


eaux 


i 


un c 


)té 


sur 


a Mau- 


rienne 


del'auliesur 


c ( 




n.lan, . 


ehelo 


nn 


e ses 


lia 


>sil's 


du pl.i- 


teau d. 
dir.'cli 


s Sr 1,1 -Lan.,- -An 
.n .lAi^.u.-l.rlI. 


'■' 




'|',',"s','„ 


-/.■m 


w. 




■Is 


s Kl 


laiis la 
slarhes 


[■1~ ■!'■'> 


„M-.|lvs , l'iii; 


//// 


'• /„.,, 


. ,''./.■. 


Clrl 




Al-. 




■IV, 


sur le 


liane , 


!■ la (',..nili.'-.\ 


a.l 


1 ; 


iiij--ir 


I.' r 


// 


III' 


i_' 


lll.' 


i:.pinr.l 


[1X'X\ 1 


ss aux p.ir.Ts i 




ll|..]|. 
nl'in/ 
1 .'1 su 




.lu t 

;iil 1 

pr.'Si 


/,■ 




m 


i.lll. 


sur un 


.1.' -11.' 


.endi 


eul 




et dont 


la p.ui 


1.., srinlilal.l.. 


\ 1 




!lll.', SI 


ii^il . 




s les 


au 


s au 


-dessus 


,1'un d 


iruM ; .•■.•si 1.. 


s.. 


iiini^t 1 


illiiiliia 


Il .!.• 


t. 


ules 


les 


mo 


itagnes 


AAIIir 

l'.uil .• 


//■./. A la li-n. 
, l.i p !.■ 


.1. 


laite 
iberuus 
te pou 


du air 

se, celle 
■suit ve 


s du ( 


al 


arlie 

Md-(i 

.1 : Ml 


it 


e gl. 


eier de 
Il llaut- 
(Iranil- 



lion, le pi 


te.l 


ides.S'.y,^^,,» 


offre, à -2 


■2()( 


m. 'lies d'alt 


tude, le 


sp 


■elaele d un 


grandinse 


eti 


lajestueusedi 


solation ; enlln, l'arête orien 


taie, de be 


auc 


oupsuperieui 


en élévation 


et en impoi 


lance, en 


oie 


à son tour, 


l'est et à 1 
lions SIM 


oue 

iii.l 


sf, divers rliai 

III, s .|ui r..i 


lllrul les 


1 u 


i. II-. ^ \ iii . 



loire, du (.l.'NZiii, du \ i-N l.ili 
du liens et du Joudron. 

1° Arête (iccidentalc. A\isui\ 
e.iiir.inn.int le fond de la 
\alli'e.li> 1,1 Perrière, le massif 
arliciil.. ,1e la Belle- Étoile 
(•2 7-22 nu'^lies) et la pointe 
de\a. Dent du Pi at 2(i2'l m.- 
1res) cominand,-ntl,-pla|. au 
des Sept-Laux; ceux-, i la. 
du Cos, lac Blanc, lac Cit. - 
pen, lac Carré, laclVoir) cap- 
ti's par le Bréda pour l'Isèip. 
les autres (Jefilan, la Corn,., 
la Sagncj dérivés par l'Eau- 
d'Olle veis la Romanch.-. 
Des ramilications soudées 
au nœud de l'Étoile, un Ions 
chaînon de pAturayes et de 
forêts se détçani- au n.uil, 
par 16 )() et 2 001) m,''li. s 
d'altituile pis.pi'.'i /-( Tiiilli'l : 
c'est ce clMÎniui tiès m lie 
en ininei ais iiui .iliiiienli- l.-s 




96 



LA FRANCE 



riuclrer du Finie 
(2 811 mètres), 
dont le flanc 
nord est tapissi; 
par un glacier 
i contrefort occi- 
dental, Grande- 
Gnui bière [2641 
mètres], Grand- 
Cluu-nier L2 56i 
mètres] et Petit- 
(^Iiarnier) ; mas- 
sif des Grands- 
Mimlins (Grand- 
Moulin ou roc 
Crotières [2497 
mètres], pointe 
de R o g n i e r 
[2 346 mètres], 
ram if icat i on 
occidentale de 
la montagne d'A- 
vrillard ) ; mas- 
sif dit du Cu- 
cheron (série de 
croupes herbeu- 
ses portant sur 
sonfront,ducôli' 
de l'Isère, le fort 
de Monlgilberl). 
I>ans une agreste ceinture de prairies de châtaigneraies, où le 
Iln'da roule ses eaux fraîches à l'issue d'une gorge profonde, Alle- 
vard offre à ses hôtes le charme d'une villégiature champêtre, 
l'efllcacité reconnue de ses eaux sulfureuses et le plaisir, sans trop 
i\c risques, des courses en montagne. Dès le xi'= siècle, les moines de 
Cluuy pénétrèrent dans ces retraites éloignées, alors infestées de 
bètes féroces. Au xii" siècle, Allevard, fief de l'évèque de Maurienne, 
devint le siège d'une seigneurie qui comprit, durant le moyen âge, 
une place fortifiée. L'industrie métallurgique lui donnait un vif 
essor, au début du xvn» siècle. C'est dans l'étroite gorge du BinU du 
Mnnde, sur la rive gauche du Bréda (1 kilomètre du bourg), que les 
hauts fourneaux réduisent le minerai de fer extrait en partie des 
mines de la T;iillal. 




MASSIF DE BELLEDONNE 



L'Isère 
BMeduni, 



la Homanolie, 
Au levers di 



l'Eau-d'Olle circonscrivent le massif de 
pas de la Coche, l'alTaissement des Sppt- 




US D AI.LEVA RD. 

■^1 l'excursion clas- 
-im.Ih, sont encore 
rliiiuves, le chalel- 
làturages : partout 
horizons pour les 




l L L i: E DU .M o l L I N - \- 1 E l: X ; A G ; 



Lintx dégage scm 
horizon sur la 
coulée d'Alle- 
vard. Cultures cl 
prairies parse - 
mées de ha- 
meaux, forêts de 
hêtres et de pins 
encadrant de jo- 
lis vallons frais, 
des clairières 
vertes, enfin de 
grands pâtu- 
rages comme 
Chamr eusse, 
précurseurs des 
moraines rou- 
lées, des cirques 
glaciaires, des 
schistes cristal- 



celle de la l'iu. 
d'où surgissent 
les trois pics de 
Belledonne : tel 

est le spectacle gi.aciei.s du gl 

varié que pré- 
sente le massif. 

I.a montée àlaCrnix-de-nelIrdniiiie 2 '.M: 
sique d'Uriage. Le cliiilei-li, ,ir| ,1e lo,,, s 
un joli but d'excui sinii. Ijiii.' rnniseï 
hôtel de Roche-Béranger aninii' la soliti 
des lacs, des cascades liruissautes, de 
grimpeurs. 

M. H. Ferrand, accompagné de son père et des guides Pierre Ginet 
etRemy Favier d'Allemont, escalada, le 4 septembre 1876, le plus 
haut des trois pics de Belledonne : le panorama du pic de la Croix- 
de-Belledonne leur |';ii,ii--,iil fn lieii^-enieni hiisé par les cimes voi- 
sines: Grande-Lm le /) ,::< i,f js:;:; lie>, Grand-Duménon et 

Grande-Lance d'J /. /„./,,,• isW m, ii. - , m, us surtout au nord-est, 
par une noire pyramide, aii;uille abiuple. eiilonrée d'affreux pi''- 
cipices et qui, semblable à la llèche hardie d'un ebicliei, s'(|e\;iii 
dans les airs au-dessus de tout le reste. De nnmbieuses lenl.ihxes 
avaient été faites par les chasseurs de chamei< peur d^uiipter la cime 
rebelle; mais l'inclinaison de l'aiguille e-i ixe^-nr, les an frac tuo- 
sités qui rident ses flancs, pleinsde neiee, i . e..u\ i eut la roche d'un 
perfide veigl is ei, cemme l'ascension 
se faitparlenurd-est, où la glace abritée 
du soleil ne fond presque pas, il eu ré- 
sulle que les couloirs d'approche ne 
soiil pi.iliealiles que pour un temps très 
limil'- (le l.i v.ii-eii la plus chaude. Au 
debul de se|i|ehdiie, quand M. Ferrand 
se trouva au jiied de Y Aiguille noire de 
Belledonne, le petit lac, déversoir de ses 
eaux glaciaires, était encore en partie 
eelé; iipiès lesdeinièies 1. -u iïes de ga- 

Z,UI. les ,-|Minll-,, 1,1 |,M I,,. Mlle, les||,.véS, 



qu'il faut enjamber sur un vide de 
tidO mètres, roches tremblantes, paroi 
debout contre laquelle on se hisse 
,ivec un câble (s'il ne casse pas), arête 
lueireuse où l'on grimpe à quatre 
[jattes : telles furent les étapes de cette 
troublante escalade. « Tout est mouvant 
sur cette cime battue par les orages; 
quatre hommes peuvent à peine y 
leuir d; de paitout le vent souffle avec 
Molence. Maisquelhorizon! Mont Rose, 
uu)utBlanc, Alpesde Savoie, la Vanoise, 
les Grandes-Rousses, la Meije, les 
Ecrins, le Pelvoux : de toutes parts sur- 
fit l'étincelant bataillon des cimes, des 
aiguilles et desgrands massifsalpestres. 



LliS ALl'ES. 



LE lUlU.NE 



97 




MASSIF DE L'OISANS 



I7> 



l.e iiiiissif lie la Vatioisc, que circonsi 
sa conti-e-]iaiiie dans le cirque glaciaire île VOismis, quViiveliiii|ieiil 
la RijiiKinche et le Lrac. Mais, au lieu que la Vanoise, attachée de 
|irrs à la crête princiiuile des Alpes franco-italiennes, dont la dis- 
lingue à peine la courte dépression de l'Iseran, semble, de notre 
côté, le prolongement du grand Paradis, le massif de VOisans 
s'éloigne assez de ses deux plus puissants voisins, le 7'habor et le 
Viso, géants de la crête séparative, pour former un monde à part: 
la Darance et son premier al'Quent, la Gtiisane, lui ci eusent à l'est 
un lossé complémentaiie du double sillon ouvert au nord et au sud 
|iar la liumanche et le Drac. La massive citadelle profile sur- un 
hnri/,(in sans bornes la prodigieuse niasse 
(le M's 1 i'iii|iai'ts inaccessibles et de ses tours 
tuiiass.TS de glace. On dirait, sur le ilanc 
delà Vanoise, un autre mont Blanc, bien que 
l'élévaliiin générale des plateaux qui l'en- 
caissent ne permette pis d'abord d'en saisir 
les pioprili us r\ [ ti nnrUes 
( hiiii iii\ Il 11 ( I I lit iual041meli 

1 illiUil 1 // / I 11 UteintiSlOni 

tics kd iiiin uiiiu lui nKntde3779iii 
tiLs t mdis que la Otave, LU imonix de 1 <> 
s itis siii la Romanche, n elant el i.;nee 1 i 
f ute de la Meije \oisine que de la dilleitu 

I 1 )26 mtties a 3987 meties t est i lu 

1 1-ibl mctiLS, se tiou\e a 1318 ii li 

I his 1 ippidcliee que son émule sa\ri i un 
de 11 II lute cime qui la domine De iului 
poui la Bcranle, ceutie de lalliement du 
massif dauphinois sur le Vénéon, qui en 
rii'use l'artère centrale d'écoulement. La 

II rnrde cote 1 738 mètres d'altitude ; la crête 
iiiliiiinanle des Écrins barre son horizon, 
à '1103 mètres, ce qui réduit à 2:ii;';ni- 

1res la différence d'un niveau à l'auti' . i ■! 

que celle de la Grave à la pointe de l.i .1/ 
Pour s'élever de Chamonix au muul Jihmr. 
on inonle 1 41''i mètres de plus que de la 

France.- 11. 



Itl„ 




Ëlie de lieaumont, dont la prescience fut adiiiii;ilil'', in.n.ni ib'viné 
l'intérêt et signalé le caractère étrange. «Les moiii.i.ii.- Ai-KH'^.ins, 
dit-il, ne présentent, il faut en convenir, que d.-s ImmuI.'s géolo- 
giques. Le voyageur ordinaire n'y trouve que de belles horreurs. 
Il y cherchera vainement ces paysages à la fois gracieux et gran- 
dioses qui l'attirent àsi juste titre à Grindelwald età Chamonix. Le 
fond des vallées est trop élevé pour que la végétation puisse embel- 
lir de son luxe les bases de leurs flancs glacés. Quelques maigres 
pâturages y cèdent bientôt la place à la neige ou à la roche nue; 



le HiMiiMiisiii et dEiilrai:;iies sont eiilièie- 
iieiitniis. Les neiges et les glaciers de ces 
lUMitagues sont leur seule décoration, et il 
au t se donner quelque peine pour y atteindre, 
les points d'où on ait une reculée sufli- 
•ante pour les bien voir. Moins hautes sans 
Iniiie que le mont Blanc et la Jungfrau, les 

l.iLjiies de l'Oisans paraissent encore 

M 11 iieiins hautes qu'elles ne le sont, à 
lu-i' (le l'élévation absolue des vallées. Il 
ml. essayer d'y monter pour bien se per- 
iiader qu'elles sont hautes et, même alors, 
eil a quelque peine à se rendre au témoi- 
:ii,iL'r des jambes. » 
I:Im' lie Beaumont compare l'ensemble à 

Il'iir mi-éclose dont la corolle eiitr'ou- 

■ ■[[•■ r-i li-iiive pur des couches de gneiss 
|iii, Mil |.ir~,|iie toute la circonférence du 
:i 111" . -'.i|'|iiie lit sur les masses granitiques 
\'- 1 111 1.1 leur, pour s'enfoncer sous les dépôts 
. < iihliiies. Le hameau de la Binudc, cou- 
. 1 1 ,|r neige sept mois de l'aum'e, occupe le 
eiilie de ce calice ou plutôt de ce ciniue 
inmensc, don t les bords, découpés en massi Is 



LA FRANCE 




la profonde dépression des 
Elançons. Une Brèche ouvre 
le rcmpai t à l'ouesl et com- 
mande à la fois la vallée do 
la Romanche et celle du 
Vi'uénn; l'étape du Chàtel- 
leiet est à mi-cliemin, de la 
Bérarde sur Vénéon, au fond 
de la \allêe des Étanrons. 
De là partirent M. de Castel- 
nau et ses deux guides : 
' NousdeMons, dit-il, passer 
la nuit à la belle étoile, par- 
tii le lendemain avant le 
|i)Ui pour la Brèche, et dcs- 
( cndie à la Grave. Nous arri- 
\.iniis luenlût au pied des 
|M. \»\< \^ KHliiTsdela J/ez^f. 
IK s. iil I -.1 ;ii |irs, mais ils 
olli I ul (Il s siiillies nonibreii- 
t-es qui nous permettent d'a- 
van-cer assez rapidement. 
(Vest un granité rouge très 



de 3000 à 4001.) mètres, dessinent un cercle gigantesque. 11 n'y 
a pas au monde un cirque comparable à celui de ^(7 Bérunle. 
l.e Val del Bove de l'Etna ne mesure pas 6000 mètres; le cratère 
du Cantal aurait seulement 10 kilomètres d'ouverture. Mais 
l'immense arène de i'Oisa.is permettrait de fournir un circuit 
de 60 à 80 kilomètres, sans quitter la roche nue et iursiinc touiiiurs 
la neige ou la glace, du »iO)if de Lans au Pierrou.r, qui ilomiiif la 
passe de Saint-Christophe, sur le Vénéon. 

On attribuait au Pelvoux la primauté dans ce peuple de hautes 
cimes; mais le Pelvoux_(3934 mètres) le cède à \a._Meiie (3987 mè- 
tres'i, et celle-ci aux Écrins (4 103 mètres'i. Les Écrias sont la clef 
de vnùl,. ,lu ...In^.al .slifir,.. An 
Rnrlu'^r.nnn. :;71li npli.- r\ l.i 



nuest, lui font cortège : la 
I' -Sngne (3779 mètres), de 
-llmne (3734 mètres), le pic 



liiMi Je M. viiioiio Sella rement arrêtés. Le rochei- 

i.,iEu uLANc. change tout à fait de nature, 

le granité fait place à un 
schiste, plus ou moins pur, 
qui est lisse et sur leiiud les clous des chaussures n'ont aucune 
prise. Une paroi verticale de rochers, qui surplombe même à cer- 
tains endroits, nous sépare du glacier du Doigt. La distance est d'en- 
viron 130 mètres. Après un examen attentif, nous reconnaissons 
que, si nous parvenons à franchir les vingt premiers mètres, le reste 
lie la paroi sera relativement plus aisé à gravir. Gaspard, malgré sa har- 
diesse, refuse de tenter cette périlleuse escalade; il la dit impossible 
tt déclare qu'il ne s'y hasardera pas. — « Je vais essayer seul, dis-je. 
— Nous monterons, puisque vous le voulez, dit Gaspard, mais 
« nous ne descendrons plus. » Pour être plus solides sur cette roche 
glissante, nous ôtons nos souliers que nous abandonnons sous une 
pierre. Les vingt premiers mètres de la muraille sontescaladés. Gas- 
pard acquiert la certitude que nous avons franchi le plus mauvais 
passage \>(nv atteindre le glacier du Doigt. Or, tous les alpinistes qui 



.1/' 



(3 987 
.Jandr 



l!:i 



(3-2! 



f'id.s:! inrlirs , II' |iic Coolidge (37.j6 me- 
lics , 1 \ilr fr..iilr (3923 mètres), lapointe 
du Srir :; 'ifv'i iM.lios), les Bans (3631 mè- 
lrrsi.|.s/i'-»/rs :!(;34 mètres), le pied 01 m 
(3 37N in.-'lnsi, la Itoche de la iJn ,11, 
(3439 iiiM,rs>, I,. Picrroux (2873 mi ties 

Les Ecrius s'inclinent, pai la double 
traînée glaciaire du glacier Blanc et du 
glacier .\oir, vers la Guisane et la Duiance 
de paît et d'autre, le pic de Noige-Cutdiet 
(3015 mètres) et le massif du Pclvuui 
(3 934 mètres^ à la pointe Pmseiii) bas- 
tionnent le sommet pi'incipal 

Longtemps la Meije, notre Ccrvui dau- 
phinois, fut indomptalile; les meilleurs 
grimpeurs s'escrimaient à en atteindie le 
faite: deux d'entre eux y laisseient laMe, 
martyrs de la montagne. Enfin, après dix- 
liuit expéditions inutiles et un assaut qui 
fut près de ré'iissir avec M. Duhamel, eu 
187li, M. Boiloau de Caslelnau, accom- 
pagné des guides (laspard père et fils, 
emporta la citadelle, le 10 août 1877. De 
la Grave, les trois sommets de la Meije 
se voient tout à clair; ils s'enlèvent au 
revers comme une muraille verticale sur 




LA SIEIJE, VUE DU PI.AIEAU DE PARI 



LES ALPES. 



LE imu.NE 



99 




avaient exaiiiiiié 
à penser qu'elle s 
du Doigt. » L'Ihmi 
la fin de leur |m 
dans le roclier ir 



montagne du ccîlé tli's Elaiii;(ins s'accordaiiMil 
il vaincue, le jouroiion aurait atteint le glacier 
[v>'\i ,i\ancée décida les grimpeurs à remettre 
^^'■. I or corde d'une dizaine de mètres scellée 
t la cl.scente facile. 



Après quelques jours d'attente causée par le mauvais temps, 
voici nos alpinistes revenus au Chàtelleret à 2 heures du matin: ils 
emportent 100 mètres de corde. « A 4 il. 20, aux premières lueurs 
de l'aube (le 10 août), nous nous remettons en marche; nous nous 
reposons 30 minutes après avoir traversé sans difficulté le glacier 
des Etani,ons, a9 h 1j, nous atteignons la pMamidede M Uuhi 
mel, cil nous nous aiietons pour dejeunei A9h 2*5, nous lepie 
nons l'ascension La coi de nous permet de ç,i i\ii plus facilement 1 
passage que nous avions tiou\é si dinceiPii\ I c itstc de la mu 
raille nous ofîie poui tant d i / nu difli ull s 



NI I I . ml il fillu 
1 lui t ni nu-, lu 1 X, 
1 i( s de I evcnii sui n 
uloii dont nous ne | 
ut i s adi Llei II m est 
lis que nous eûmes \ '^ui 
esi ihdi i cette muniili 
ment que, sans nous i 



Nous avancions a\ 
tiplier les pu cautions cai li | i i luit iipin-i lu imiIkiI 
A chaque insl mt n n n n \ \ i ii 
après nous t li n [m un 

plus sorlu 11 1 1 III 1 il imii 11 
sible de deciii ii I 1 ul 1 lilli u 
et la route que nous suivîmes jiou: 
delSOmcties Je consl item seul 

une seule minute de icpDS nous einplo) mu s 2 h lO poui i intiiii 
au sommet et poui atlcindie le glaciei d i Botr/t ISous (Uiim 
laisser d'aboid ce gl k iti a notie dioite afin d en n |oindi( 1 i i u I 
terminale a 1 ouest De cette citte nous apeii^umcs ks cli mips 1 1 
les maisons de lu Graie Poui fergnei ensuite li ghciei, il nous 
fallut rétiogi ider dt, quelques pis et nous hisser couki jusqu au 
névé, où nous nous aiietimes 40 minutes poui dejeunei Jean- 
Baptiste Rodiei le ^uide de la Beiaide, avait etc jusqu a ce point II 
principale cause de notre retard : il ne continua pas l'ascension et 



dut allcudre imlie retour au peint oii nous labandonnàmes, à une 
altitude de 3020 mètres. 

«A midi 45, nous nous remettons en route tous trois : Gaspard, son 
fils et moi. Le glacier que nous allions traverser n'est nullement 
crevassé et |iréseiile une ponte uniforme dans toute son étendue. 
Cctli- inrlin.iiM.n, ,i-sr/ lurle il est vrai (45° environ), n'oiïrait pas 



s dûmes néanmoins tailler des marches 
(4.5 minutes) avec un soin tout particulier 




II A L T i; E i> 



hwri^. 



100 



LA FRANCE 



vers la partie supérieure ou 
mius renconlrùmes la glace 
vive. En arrivant à l'extréiuilé 
du glacier, nous nous tiou- 
vàraes au sommet d'un cnl 
d'où nous apercevions la vall('c 
de la Grave vers laquelle dcs- 
cendaitun couloir do glace ver- 
tical. Tournant alors adroite, 
nous gravissons sansdifficullé 
et très ra|iideinpnt les rochers 
du pic proprement dit de la 
Meijr, en no\is main tenant to\i- 

jours Mil- le \ ri^.iiit sud de l.'l 



blai 



sommet, un obstacle imprévu 
nous fit douter du succès. La 
montagne surplombait de tous 
côtés; en d'autres termes, la 
ligne de pente formait une 
courbe dans la concavité de 
laquelle nous nous trouvions. 
Xos efforts restent d'abord in- 
fructueux. Gaspard père lente 
le premier l'escalade; il fran- 
chit trois ou quatre mètres. 
Arrivé à cette hauteur, il se 
trouve dans l'impossibilité d'a- 
vancer ou de retourner en ar- 
rière; il nous crie de lui porter 
secours, ce que je parviens à 
faire en me hissant sur les 
épaules de son fils. J'arrivai à 
temps, car ses forces faiblis- 
saient. J'essayai à mon tour, 

mais sans plus de succès : après moi, Gasiiaid lils [larvint àatl 
un point plus élevé, mais il nous fit courir un si grand dange 
l'aider à redescendre que je voulus donner le signal de la n 
Il s'était tellementépuisé en efforts, qu'il était incapable à son 
de mouvoir aucun de ses membres et qu'il fondit en larme 
la contraction nerveuse avait été forte. Tous trois, pâles et 
blants, nous dûmes nous réconforter un instant. Le froid, ass 
paralysait nos forces. Le temps s'était gâté depuis une lieui 
nuages, chassés par un vent violent qui risquait de nous f.ii 




■etour 
1, tant 
tre ni- 
ez vif, 
e. Les 




gringoler, nous enveloppaient 
à tous moments. Nous redes- 
cendîmes de quelques mètres, 
prêts à battre en retraite, après 
être arrivés à S ou 6 mètres 
tout au plus du sommet, lors- 
que Gaspard, furieux de voir 
ses efforts impuissants, nous 
proposa de tourner le pic jus- 
qu'à la face nord, si cela était 
possible. Avec beaucoup de 
difficulté nous franchissons 
pour y arriver un très mau- 
vais passage, mais cette fuis 
le succès récompense notre 
persévérance et, à 3 h. 30, nous 
posons le pied sur le sommet, 
après avoir vainement tenté 
pendant deux heures de gra- 
vir les derniers mètres. « Ce 
" ne sont pas des guides étran- 
" gers qui arriveront les pie- 
■■ miers», s'écrie Gaspard d.iiis 
l'exaltation du triomphe. Tou- 
tefois, ce qui lui fit le plus de 
plaisir en atteignant le point 
e\ilniiii.int, ce fut d'y trouver 
lies pierres pour y construire 
\iiii' pyramide. Le sommet de 
la Meije (iiOST mètres', en- 
tièrement (b'-|i..urvu de neige, 
forme une e>i.ece d'arèie très 
étroite dirigée de l'est à l'ouest. 
L'arête elle-même et la face 
nord sont en décomposition; 
. . .>.>v-'.> = . les rochers de la face sud res- 

tent au contraire très solides. 
" I^Midant que Gaspard et son fils charriaient des pierres et cons- 
truisaient au point culminant deux pyramides d'environ l™,oO, je 
m'installai pour faire quelques observations à l'abri du vent, à 2 ou 
3 mètri-s au-dessous d'eux, du côté de la Grave. Le thermomètre 
marqiuiit 2° au-dessous de zéro. Les sommets voisins n'étaient pas 
visibles. Le village de la Grave, situé au-dessous de nous, ne nous 
apparut que par moments, car les nuages nous entourèrent presque 
tout le temps que nous restâmes au sommet. Je pus pourtant, grâce 
à ma lunelle, distinguer des membres du Club Alpin français qui se 
promenaient devant l'hôtel Juge. 

« C'était beaucoup d'être parvenus au 
point culminant; mais il nous fallait en des- 
cendre : cette idée n'avait rien d'agréable 
ni de rassurant. A 3 h. S5, nous nous re- 
mîmes en marche. Les difficultés se pré- 
sentaient aussi nombreuses qu'effrayan tes. 
Le passage le plus rapproché du pic était 
infranchissable : nous dûmes fi.xer une 
des cordes à une pointe de rocher, puis 
nous laisser glisser le long de celte corde 
jusqu'à un ressaut qui nous permît de 
prendre pied. Ce ressaut ne se rencontra 
qu'à 20 mètres plus bas; il nous fallut 
donc nous résigner à couper notre corde 
et à en abandonner un premier fragment. 
Ce mauvais pas franchi, nous descendîmes 
sans trop de peine jusqu'au glacier du 
Doigt; mais, après avoir traversé le gla- 
cier, où nous retrouvâmes Jean-Baptiste 
Rodier, et regagné la crête qui sépare le 
versant de la Grave de celui des Élançons, 
les difficultés reparurent, la corde devint 
encore une fois nécessaire, et un nouve.m 
morceau de 20 mètres dut être abandonné, 
on devine avec quels regrets. 

" La nuit approchait, et ces rochers ver- 
ticaux, déjà presque impraticables le jour, 
devenaient de plus en plus dangereux dans 
l'obscurité. Nous parvînmes cependant en- 
core à franchir, presque sans y voir, deux 
ou trois passages très difficiles; mais. 




LA MEItiE liT LE VILLAGE DE LA GllAV: 



France. II. - 9. 



LKS ALl'ES. — LE RIlOiNE 



101 




arrivés à 15 ou 20 mètres seulement au-dessus de la Pierre iminide 
de M. Duhamel, nous nous trouvâmes arrèti's sur une corniclie sans 
pouvoir y trmivi^r le moindre pas';nîo. et imiis (Innu-s; lums ri'"<niidro 
à demeurer Jiisqii',111 I'ii.i''iiMin in.ilm >iii- ( il '■! mil |i,ilirr ,|r i orh.'r. 

Un bloc, conv.'U.il.lr ni, .•.luililir.' jur !.■ |i'i.' l,,i-|i,inl. imus >.'[vit 

de parapet, et, peiuluiiués sur iiiais-inrints pour luii'ux ri'M»tcr au 
froid, nous nous préparâmes à une longue et terrible nuit. 

« De peur de nous voir enlevés par le vent, nous resserrâmes la 
corde à laquelle nous étions attachés tous les quatre. Nous en pas- 
sâmes une nouvelle autour de nos reins à l'aide d'un nœud coulant, 
de manière à nous enlacer. L'extrémité de cette corde fut scellée 
au moyen de nos piolets dans les rochers à quelques mètres plus 
haut. Ainsi suspendus dans un étroit espace où 
nous ne pouvions ni nous asseoir ni rester de- 
bout, nous attendîmes le jour. Incapables de nous 
mouvoir, tant la place que nous occupions était 
limitée, nous eûmes à supporter un froid intense: 
la neige et la grêle qui ne tardèrent pas à tomber 
par rafales causèrent à nos membres engourdis 
de vives douleurs. 

« Vers 10 heures, un phénomène assez, curieux 
de rnii^.'i.iiiuii s,. pi.Mliiisit sur nos vêtements: 
la U'i^' . iM l.iiiili:iiil, l>iihlait àla chaleur de notre 
cor[is, puis 1,1 iriii|,. 1,,: lui.' extérieure la transfor- 
mait en tildce; aussi uuus était-il impossible de 
remuer les bras. Cette glace s'incrustait tellement 
dans nos habits que nous essayâmes en vain de 
nous eu débarrasser avec nos couteaux. Rien en- 
tendu, aucun de nous ne songea à fermer l'œil 
durant toute la nuit. Gaspard ne me lâcha pas 
une minute; nous restâmes enlacés à bras le 
corps ou à genoux, tant que dura cette tempête. 
La solidité de la corde qui nous retenait était dou- 
teuse, et nous savions qu'au-dessous de nous s'ou- 
vrait un vide profond de 500 ou 600 mètres. Du 
reste, aucun murmure ne sortit de nos lèvres : 
de temps à autre une voix demandait l'heure; à 
cette question personne ne pouvait répondre; ou 
bien l'un de nous priait ses compagnons de le 
tenir avec la corde pendant qu'il changerait de 
position, parce qu'il souffrait trop d'une crauipe 
dans les jambes. Rien ne pouvait nous aider à 

France. — II. 



supporter le vent et le froid. Nos provisions étaient depuis long- 
temps achevées; notre dernière goutte d'eau-de-vie avait été équi- 
tablement partagée au commencement de la nuit. Gaspard fils voulut 
l'umer, mais il se vit dans l'impossibilité de bourrer sa pipe, car ses 
mains lui refusaient tout service : mon thermomètre à minima, 
que j'avais fixé au commeneiMueut de la nuit un peu au-dessus de 

nous, me donna le matin i leiii|,,iMiure de 1 1° au-dessous de zéro. 

« Vers 2 heures, le teiii|is deMut m.iins affreux, le vent se calma, 
et, après avoirattendu les iireim. n^s lueurs du jour, Gaspard voulut, 
vers 4 heures du matin, continuer la descente. Ce premier effort fut 
très pénible; nous nous vîmes tous à peu près incapables de nous 
mouvoir et Gaspard nous donna l'ordre de nous accroupir de non- 




102 



LA FRANCE 




Ois 



frappions muluelli-iiient pour tâcher de ramener la circulation dans 
nos membres à moitié gelés. Nous comptions sur le lever du soleil : 
ce fut la neige qui survint. 

« A 6 heures, elle tombait en abondance et le vent soufflait en 
tourmente : il fallait partir et descendre à tout prix. Mais les rochers 
couviM (s de grêle et de verglas n'offraient aucune prise, et pour la 
troisième fois il nous fallut recourir à la corde pour atteindre la 
Pierre humide. 

« Le temps ne s'améliorait pas. Toutefois, près des rochers, la vue 
de notre cher sac de voyage que nous y avions laissé la veille nous 
causa une vive émotion de joie. Nous descendîmes au pas gym- 
nasticiue jusqu'au Chàtelleret, et, arrivés à 9 heures à notre bel 
liolel de la \eillp, nous fîmes un bon feu sous les rochers 
a l.ilui de la ]iluie, (t nmis m ingeàmes avec un terrilile appi'til. 



« Ce repas ter- 
miné, nous rega- 
gnâmes la Bc'rnnle, 
par une pluie bat- 
tante; il était midi 
lorsque nous eûmes 
le bonheur d'y ren- 
Irer. »(E. Boileau pe 
Gastelnau, Annuaire 
du Club Alpin fran- 
çais, ann. 1877.) 

Si l'on remonte le 
cours du Vtnéon qui 
draine en éventail 
toutes les eaux du 
grand cirque inté- 
lieur de YOisans, la 
I ivi' du torrent con- 
ilinl, de l'oasis du 
liourg-d'Arud (com- 
mune de Venosc) au 
Clapier de Saint- 
Christophe, encom- 
bré de gros blocs 
'boules, au Plan du 
l,ic, dont les eaux, 
'■puisées autrefois 
p;ir la ruplure d'un 
ancien baiiage,vîen- 
niMit d'être recueil- 
lii's à nouveau pour 
en utiliser la force 
motiice uu moyen 
d'un canal de dériva- 
lise de ses arbres au 
nn('e à coups de mine 
irsiiiii' a-^^rmllla^e de 



tion. Sainl-Christopl 

sortir des âpres défilés où la roi 

dans le roc vif; puis ce sont 1rs 

quelques huttes misérables; enlin hi llrinidr. ,iii inniliiml du Véncua 

et du torrent des Élançons, émiss.iirr inlc-riiMir dr la Mitjf. l.e fond 

de la vallée paraît barré : c'est la masse des Écrias, du moins le Dôme 

de Neige ou pic de la Bérarde, qui se dresse dans l'axe même de la 

vallée, tandis que la crête principale reste invisible derrière le pic 

Lory. C'est la voie ouverte aux grimpeurs qui veulent l'escalader : 

les à-pic y régnent en maîtres; des cheminées étroites et profondes 

remontent contre les flancs de la montagne, se terminant, le long 



de la crête déchirée, en clochetons couverts de ne 
entre lesquels, de loin en loin, on aperçoit dans une 



séracs du glacier de VIHi 
ricr de Bunnc-Pin-rr 




ndr 

■liule iliipile d'environ SOU mèlres. 
In r.ipi.lr couloir de glace conduit 
an col ,|i'S Krriiis, l'une des brèches 
iiu\(i les dans b' pourtour du massif 
cl pl.iis.iiiimciii (|iMliliées passages. 
F.n liaul, sur le iilAr'ifï de YEiicoula, 
pai lie supérieure du glacier ûlanc, 
la piste du col des Ecrins rejoint 
(file des caravanes parties du revers 
[lar Ville-Vallouise, la vallée du Gyr, 
le torrent de Saint-Pierre, le refuge 
C('7.anne, le pré de M°"= Carie et le 
pied glacédelaCrande-Sagne. De là 
jusqu'au sommet des Écrins, une 
abiuple paroi de glace, inclinée de 
bU" au moins, reste à franchir. 
M Coolidge dut y tailler près de 
■)!)() pas; la moindre neige fraîche, 
une buse, même légère, peuvent 
iMidie cette escalade impraticable 
il moi telle. M. Whymper y giim- 
pait en 1864. « Si quelqu'un, ra- 
i-onle-t-il da.ns ses Escalades, m'eût 
dit : « Il faut que vous soyez fou 
. jiour être venu là! » j'aurais ré- 
pondu en toute humililé : « Ce n'est 
« que trop vrai. " Et si mon censeur 
eût ajouté : « Jurez que vous ne ferez 
« plus aucune autre ascension si 
« vous réussissez à descendre sain 



LES ALPKS. 



LE IITIÔXE 



103 



« et sauf des Ecrins », j'au- 
rais, je crois bien, prêté li- 
serment demandé. » Laparni 
glacée du nord a fait, en 19011, 
In lis victimes. 

M. II. Duhamel, en 1880, a 
ouvert au sud une voie nou- 
wllr vers la cime des Krrin-^. 
((Il part de la Bérai.l.- : un 
SI' 11 lier de mulets cninlmi ,iu 
ivplal sillonné de iuism IrU 
au milieu duquel s'étend un 
la|iis de gazon et de gené- 
viiers : le Carrelet, carre- 
fdur de combes glaciaires de 
la l'ilatte et du Chardon. Un 
bu lanis te dauphinois, Villars, 
le signalait en 1786 et citait 
avec admiration un petit bois 
voisin, encore existant, dont 
la présence à pareille alti- 
tude ne laisse pas en effet 
de causer quelque surprise. 
Le glacier de Vallon, l'ai- 
guille du Fifre, érigée sur 
l'arèle qui relie le pic Coo- 
lidge aux Écrins, la brùrlu' 
des Avalanches, ouvcrir en- 
tre les Écrins et le FilVi', 
conduisent au pied du rem- 
part terminal. Il faut l'esca- 
lader obliquement : le ro- 
cher Blanc surplombe ; on le 
tourne; euTin la ligne de 
crèle conduit à un couloir 
de ncit'f^ assez élroit et qui 







r^'^>--^.jf^ i 


-^vr 



Noir par un à-pic de plus de 
plus formidable précipice des 
élit glacier des Écrins succède : 



i 400 l„rfir., I,,, ,,M|eMall|ei 

Aires d.uHi i.es. I.ené, 

encore une grande coulée de neige, des rochers nus; le sommi>t se 
montre. Le Pelvoux, que l'on croyait la plus haute montagne de 
France, avant l'annexion de la Savoie et du mont Blanc, présente 
deux saillies, l'une de 3 936 mètres, l'aulre de 3 934 mètres, la 
pointe Paiseux, escaladée par l'astronome de ce nom, en 1849. 



LE RHONE 



Par la beauté des montagnes où 
glaciers qui l'alimentent, le piltoies 



ise, la magniflcence des 

Je ses défilés, le charme 

du lac Léman 




entre le Nord et le Midi, la Suisse et l'Italie, à la frontière de deux 
races. 

Le massif du Sainl-Gothard culmine à 3197 mèlres (Pizzo Ro- 
tondo^ ; sa tète chauve, à côté des champs de glace qui le pn.'ssent, est 
d'assez pauvie apparence. Il n'en fut pas toujours ainsi. L'ancien gla- 
cier du Rhône, le plus grand des Alpes et de l'Europe centrale, le 
couvrait de frimas. Des blocs morainiques, témoins irrécusables de 
son passage, se relrouvent, avec des fragments striés et polis du ter- 
rain erratique, sur une aire immense dont les contours sont marqués 
par Bourg, Ars, Sathonay, Lyon, Vienne. L'épaisseur de la prodi- 
gieuse carapace atteignait 1 200 mètres au-dessus du lac de Genève. 
Au carrefour de sortie du fleuve actuel, le glacier du Rhône ralliait 
rc'lianiljeiiiiMil du mont Blanc par la vallée de l'Arve et ceux de 
risèiv. ,\,- lAiv, ,ln |ii,ir, unis en une seule nappe qui emplissait les- 
dépi.>.-,iuiis (I Année y et du Bourget, couvrait la Bresse et dévalait- 
an sud, jusiiu'à \ienne peut-être, même plus loin. Au moment de la 
glaciation la plus intense, le glacier du Rhône formait, avec ses 
afiluenis delphino-savoisiens, iine immense mer de glace, de largeur 



ijue, le Rhône, 
malgré la briè- 
veté relative de 
son cours, esi 
l'un des pre- 
miers fleuves du 
monde. Le mas- 
sif du Saint- 
Gothard, «lui 
domine sa val- 
lée supérieure, 
géant trapu à la 
solide carrure . 
lient à l'attaclo 
de grands soin 
mets déjetés sin 
ses flancs : c'esi 
l'un des piliiMs 
du grand édifice' 
des Alpes, une 
vedette dressée 




104 



LA FRANCE 




D'autre part, le Rhône gagne du 
côté de sa source par la fusion et 
le letijit des glaciers; sou sillon 
dKoulenient se dfffnL'f d iim ino- 



la(ï 



ï''e sur plus de 400 kilomètres. Le Rhône alors 
filet de fusion échappé à la tète du glacier et 
.•rranée à peu de distance de sa source. Car 
(■■liimrrée entre la chaîne de THstaque, voi- 
■■' ill'', i| la montagne de Ci-ll''. Ii\i ail c.irrière 
iMl-ihiiie, qui ne fut auti'' iliov,. ,|ii,. l'em- 
luuruiiraissé entre les murailles des Crvennes 
Alpes. Dans ce golfe profond, le Rliùne et la 



très irréL'iilièro, allo 
ne pouvait rirr ipi,' 1 
il renconliail la M.d 
la côte, prolond. iina 
sine de la rade (!•' \l 
au Ilot dans um' h n 
boucliure du fjoid jii 
et les ronlrefo'rts des 

Durance déversaient séparément leurs eaux chargées d'alluvions. Peu 
à peu des îlots émergent au-dessus des eaux : chaîne des Alpines, 
talus de Beaucaire, plateau d'Arles, etc., comme autant de points d'at- 
tache naturels offerts à la sédimentation. Ils élargissent leur base ; les 
intervalles se comblent de tous les débris arrachés à la montagne 
(galets, cailloux roulés, sable et limon); le flot recule devant l'inva- 
sion alluvionnaire. Bientôt la Durance, emprisonnée dans ses pro- 
pi'i's Icrr.iins lie transport, se soude au Rhône, et le fleuve, autre- 
fois ronliiii' a\i fnul ilii i;nll'c mai in, iMnpiète sur la mer à son tour. 



du Binuget, dWnnenj, de Gennt, 
bas-fonds de l'ancien glariei du 
Rhône. Enfin, les Alpes suisissent 
de km iiiiiih m .] i, , . f h liletdu 
RhôiH Min ml h 1 II m .1, s„ngla- 

ciei 11 I I 11 1 I II il un seuil 

1 1 luh pi |ii 11 p uni ou nous le 
\ii\' 11^ Mil 111 I I m Le Rhône pai- 
1 l'ui I 1 1 I I -I I ^ luen distincles 
Du glu Kl don. 1111 d Lyon, pai la 
coulée du \aldis, le lac Léman, les 
cluses du Jura : c'est la zone d'oo 
tion. De Ljon, ou il lei oit la Saône, 
le fltu\e ai lu M h liilui ilmn des 
ililnisdiiaih.s I 11 m ni i.neetles 
enlidine c i si I i 7i ne il (inilement. 
A Beducdiie, Id vdllée s'elaigit, le 
couiant s apaise, dépose ses tiou- 
ci iiioio„iob blés dans la \dste plaine du delta, 

N E . colmate les bas-fonds, gagne de plus 

en plus sur la mer : c'est la zone 
de déjjôl. 
Bë sa. source à Lyon, le i?/«one fournit trois étapes : l" descente du 

Valais, en territoire suisse; 2° traversée du lac de Genève; 3° percée du 

Jura, delà frontière française k Lyon. 



LE RHONE SUISSE 



Le développement total du Rhône étant de 812 kilomètres, la Suisse en 
possède 252, dont 72 pour le lac de Genève. Des 97S0O kilomètres carrés 
qui composent son bassin d'écoulement, la Confédération en garde 7170. 
10 Descente du Vî^ais. — 11 ne reste qu'un lambeau de l'ancien gla- 
cier du Rhône (22 kil. carr. 80), mais il est superbe. De la partie supé- 
rieure, longue de S kilomètres environ, un ressaut précipite la masse 
hlocs étincelants, d'aiguilles aux couleurs irisées, 
ombrent dans une sorte de conque étoilée de cre- 
,'rut : le glacier s'incline entre le Dammastock 
IHutere Gelmerhôrner (3 395 mètres), jusque dans 
Icl^cli, à la joniMion des routes de la Furka et du 
Grimsel. C'est par une 



glacée 
qui s"c 




belle voûte azurée que le 
Rhône se dégage du gla- 
cier. Le Mullbach, qui le 
rejoint, un peu plus bas, 
sur la gauche du Glelsch- 
boden , pourrait passer 
pour une seconde source 
du fleuve. Presque aus- 
sitôt, le Rhône absorbe 
un petit courant d'eau 
chaude dont le débit est 
de 15 litres, à 170,9, par 
seconde. Ce phénoiiiène 
d'une eau thermale j aillis- 
sant au front d'un glacier 
s'imposait à l'admira- 
lion : les gens y virent la 
source même du fleuve et 
l'appelèrent i?o/M»7i(ei/e. 
Dans le haut Valais, le 
Rhône est le Rodan : d'où 
la forme gréco-romaine 
Rhodanus. L'étendue cail- 
louteuse mise à nu par le 
retrait des glaces prend 
le nom de Glelschboden. Il 
n'y a guère plus d'un de- 
mi-siècle, tlle était encore 
couverte par le glacier ; 
celui-ci, en se retirant, 
a laissé quelques rides 
morainiques au travers 



LES ALPES. 



LE RHÔNE 



103 



inue pn 



desquelles 1 
deeuurUiiir;,„J,v~. 

Unkil-iiirliv|,lii-l..is, !.• /;/,.;/, 
plon^'e (1 111^ iiii ■ 1 li^ilr yiii':;e r. 

très, pour une course de 2 kilomé 
très. Un premier bassin élargit u 
peu son liori/.on. 



A M 



,1,1. 



que 



:lLh, 



dégage au pont de (i,-en,i',,ils. I.,i 
Massa, émissaire de lAld^rh, 
double le volume des t lux ilu 
ûeuve. 

Le sillon du \alais creuse pu 
leRho?u s aligne entre des monis 
gliies aunoid, le Schieckliot i, 
(4 OSO mètres), le l insle,,i,i, /,,ii ,i 
(4 275 mttres) 1 Alel^ lih ,, i 
(4198 nii (n si gcints d. \lp 
Berniii m n ! I un il lu 
Rosa .1 il II 1 I I /' 

foui I , Ml I 1 ' 

Mail,, I / , I m ti I 

Weis /io;;i|,ioU2mLtit=) auvLUi 
rasses etincelante», rivalistiit 
a\ec le mont BHnc Pir d 
gor^ I i' I 1 11 

des m iii 

entr m i i i I il 

chiiiii ' I I I i; , 

scpm I I I , I I 1/ h \ 
plus, MU m I \l| 1 n_d 
23 kl! iii h III i I I ^ I il 

metiLb di 1 ii_ 1 \ 1111 1 

fantasti(|ue M I _1 i i ni 

évalue a 2o niilli n I I m h 
cubes du quoi il il i [ n I ml 



18 mois la seine 



Et 



glacier d iletsch n est que I un 
des réservoirs d alimentation du 
Rhône 

LaS'i^/uie (duSiraplon' \\\ ,•.} 
oui i'r/e la BoijHe (d Herensl li 
Dvanse (de Bagnes), le /' leiil, ac- 
courent sur la rive gauche du 
fleuve. Brigue, Sion , Uarlignij 
sont ses principales étapes. K 
nise. Tout ce qui n'r«t p.i^ i-orlir 
cultures. Dans I. - li i- liml^ -ni' 
transformés eu iiriiii- 'l • n I 

demi sauvages ri d.s t. iii\ 

tantôtgroupés en trnnpeauv ^ur 
et d'oseraies, tantôt à 
demi noyés. Sans les 
hautes montagnes qui li- 
mitent de tous cijlés riio- 
rizon, Ton se croirait dans 
un steppe de la Camar 
gue provenc aie Peu après 
Sion, sur la ii\e droite 
directement exposée au 
midi, la \ igne s étale sui 
les pentes, alternant a\ci 
les champs de ble ou de 
mais et f irnnnt, ^ur plu 

sieui-kil 111 il u- 

echil 111 1 I II 11 s 

SUSp Mil I I 11 pi 

et soûl Jiii T lu piiv d cl 
forts inouib par une mul 
titude de petits murs en 
pierres sèches Ainsi s'e 
chelonnent une série de 
paliers couv ei ts de\ ign<i 




à mi-cole. Au-d( 


spus, s'élcnd la 


sùMilir.- i|r;i|M.n,. 


«les pins, des 


""■I'"- I""-- '' 


ijuurs en nion- 


llllll, MlllPl-.nr.i 


ilre plus que les 


luullrs V rlrs d. 


uses des rhodo- 


dendrons. Plus 1 


aut encore, les 


rochers ne sont 


revêtus que de 


mousses stériirs 


ansiiiuineten- 



ques, 
iquée 



Irgique de la vallée, commande 
la roule du Gothard et du Sini- 
plon; du haut du Tourbillon la 

\ uf s'il- M'! jn-qn j Martigny, dé- 
liiiiH Im- i\r I I r..iil.' du Grand- 
S uni l'.i mil '\. \ -/.■r/-p,enamont 
ili' 1.1 \ill'\ I nlhiiiie germanique 
rrilr Ir [i:is au français. L'Em- 
|iuv aviiil fait de S/o?! (I8I0-lsi;>) 
11' (lu f liiu du département du 

Sniis 1,1 poussée de la Dranse 
Y,i|:ii-.iiic. le R/wiie s'infléchit à 
M,-,rlig„i/. brusquement vers le 
n ni Pi ( -que aussitôt, le torrent 
r iigueux du Trient débouche 
lu sT franche il Tccnuitdune 
_ i_ m 1 iiii il in- 1 un 



Mul 1, s.deil 
Ine galiiie 
Mombie au 



que rt percutent h- nulle 



des tourbillons d ccume avec un 
( hos de ce xcstihule d enfci bursarne 
]■'',' par \\ cascade de l'isteiatlie, 
II' Il iintt 

I II in pai la cluse de '^aml-Man- 
n „/ (lu V„li a Denl de Votdcs 



blés, de ve 
ries et i 
cebui 



-, de pr 



Mu- 



ehesp I I 

maisons lie 

a mesure qu on s tlc\ c 

la pente dev icnt plus 

laide, la robe\ci,i taie de 

la montagne, tiouee de 

roches saillantes, s'arrête 




T DU niIONEl 



lOG 



LA FRANCE 




de cn,>,Tili,,n 


sonl ( 




■i-^onr- linn^ 


IcIVA-.,..,, 


iiinloh 


Il- 


;,,■,. p. !■- ll.llils 


insiihiiir, mIiI 


-, , • , , 1 1 


IV 


ml' ~ h.ir (les 


épisnn .,.,. 






leul iiiv- iiil,.- 








1 - '1' ~ autres. 


^i!'n,' , 1 






, l.iiie géné- 
1. UN disues- 








M-. ebni'L'ee 


de souleiiii- 


i'Ihm 


!. 


r iii\. 1 .Milre 


insiibmersibl 






ii:mti. iv-|i(.m1 


soudé, par i 


1'- lr;i\ 


'■!■- 


- el.llihr- ,!.• 


distance en d 


-1 IWr, 


^1 


■ Il eivl,. inle- 


rieure. Entre 






||~ llM\ . r-rs. 


1-eau dépose 




llh 


-. el Ir , M,l- 


rant central, 


b.l-lllir 


|.lll 


l.i eMiilr.iiiile 


iiiili..seeàsa 


course 


tia 


ave sa ciimiue 




etrom 


ptl 


s barrages ac- 


niiiiulessur-. 
v,lllrrsl:ilr,-:, 


a route 

e^. 




débouché des 


l!/,n„r.,\ r-\ , 


.Mlliv- 


>iiil 


-.- (le trouble 
i,il(l(^-..un'es 


Sibir. 1 

lee .1 ^ 


V.' 'i 




il.i'Jrell.M.; dus 

les rceuciUenL 


et r,iril,|, Ml 


M-, 1.. 


les 


>échement des 


Kn iv.ilil, . 






(■((,M|!|||" |,|'„'s 



Italie du Nord. Des 
avec soin. Dans la 
enne, avec leur chef 

la porte du Valais : 



lie large. L'un ne sait où smi ( 11. ri 

i|ue année sur son front un \ -l 

Régime des eaux. — I i I hlh 
n'eurmesure à peu ((k - |i Kd - 
et la dépression de l ■ h 

sauvage, de Gleh.h . ><' 
rapides, sur une l.ei (((ni d i i-i > 

surabondance des jx.Midlil - l.i 

déehainent parfois de \r iil.ddi - n 
que les torrents, IimiiUcs ,i ;iii;.dc dri 
par le travers, des délias de uialeria 
de crue ou le refoulent sur les ba 



' nie Iles sur des pentes très raides 
lue lies liquides sur la valléc. Ajoutez 
I Mir le courant principal, projettent, 
IX qui entravent récoulement du Ilot 
-fonds des anciens bassins moraini- 



moyenue il , ,i ,, 
descend d.in- le^ 
double digu.- lalei- 
lac de Constance. 



a déblayé le remplissage de calcaire 

schisteux qui tapissait sa conque su- 

à encombrer sa vallée de matériaux on il 

d'rndiLMirment rxérntes poiir ;m-, id-r.r la 

,drll|-di- ;dlll\i(ill- ru\:,^-rr- d , , I , .. ,: dll 



-1-e i(„ lieuse sur laquidle s'epan- 
ei'iiilile ee défilé parles érosions 
ei^riiieiit du fleuve, dont le delta 
riiliuiaun a suivi à la sonde un 
ciu moins sinueux, d'une largeur 
kilomètres, par lequel le fleuve 
ant de droite et de gauche une 
I (le uiéine pour le libin dans le 



ques. Un endiguement rationnel du Rhône a été entrepris. Deux systèmes 



LAC LÈKIAN 

Le lac Léman ou de Genève, lac à demi français, n'est qu'un épa- 
nouissement du Rhône. Sa grande nappe bleue se développe en 
forme de croissant dont la corne orientale amorce le fleuve, tandis 
que la corne occidentale forme son estuaire, à l'abri du seuil sous- 
lacustre de Promenthoux-Yvoire. C'est ici le Pclit lac ou lac de 




LES ALPES. 



LE RIIOiNE 



107 




/ /'/( (111 lac I ( mui 
s I i longueui totale 
Il \. et \illeueu\e 
Il IIS , 11, ,1, I l\ 



)J() lllllll lis 

[e\i( Ipini nt 



.si ,le (jJ kil 400, dapits les demi i ^ lu li us 
ilii ue sunantKi combe latoiale, 7J I il ni |i I n 
ilu /{/(ouc, laiive dunoidmesuieOj kil m n s il 
inelies; ensemble 167 kilometieb pnui 1 1 Iuik di ■ 
glande laieeur du la( , entie Moines et Amphion, ( si 
la supeilicie tolale, de bS2 kil. eau. 3b, le volunn , 
de nieties cubes, la pi ufundeur moyenne, 1"53 mcli 
1 j2"',7 , la plus glande, 309™, 7 

Poui cliai un des deux lacs, on leleve les caiaclei isliques 
A inti s : Ginnd hic supeificie, 503 kil m ti s ( m s pin 
m i\i une, 172 metieb Petit lac sii| ili i 
7 I kilometi es Cdiies, profondeur m \ un 
'il nu lies rnsemlile «upei lu u , 'iSi 1 il m 
tiebeains.pioloiidi m m \miii I m II s 

est d 37j 1111 lus d illiluJi m I us I I i 
Mediteiianee. Boide de tilus s / i i I 
il semble que le fond de\Niil |i ul i I i 

pect d'une gorge entre deux i liiLuus . i 

rappeler, par exemple, le sillun du Valais. 
que le Rhône a successivement comblé. Pour 
être moins visible, le travail du Rhône l'.i' 
laisse pas de se poursuivre. Bien que le vu- 
lume des matériaux transportés varie d'une 
année à l'autre, suivant l'état hygrométriqy 
et la fusion des masses glaciaires, on peui 
évaluer à 300000 mètres cubes au moin- 
l'apport solide versé annuellement par h 
Ibuiv,- dans le creux du lac. 11 faut bi.'n qiu 
.■elui-rise,.,n,blepeuà penel ,iuele.sas|M. 
lil/'S dispaiaisseiil. 

U'auties cours d'eau ajustés aux ii\i'- 
contribuent avec le Rhône à ralinieulalinu, 
mais aussi au colmatage du Léman : la '//- 
nière,\a. Vcnoge, la. Promenihouse, an nni,l: 
la Murge de Saint-Gingolph, le Redvn an sud, 
mais surtout la Dra/ise savoyarde dont le ihll i 



\-\on |7() me ti ( s 
Man (71 metiesl 1 
saillinles felb d 
uni pi I indi ui I 




pioptte assez a\ant un piomoiltoue de débris. 11 n'y a pas d'iles 
nituielles assez impoitantes poui offiii des assises au comble- 
nu ut mteiieui du lac (Roche aux Mouettes, non loin de Clarens). 
Ou I |u s il K /' tl pies de Villeneuve, Roche à Saliigmm, près 
I ( I II IIS I 1 /A / i II lie ne font pas en tout la superficie d'un 
h lu I I ml II insulaiie du IdC peut donc passer pour insi- 
.iiili iiil (lllllll iii\i lis loclieux de Ix pointe d'Yvoireet de Vénoge, 
s nid sll s I 1 1 iii |in s laisses pai les anciens glaciers. 
On 11 I \ (liiisl /'( ;(^ Mr, une seiie de fosses secondaires, à : 
ii_ii s (71) milles), Coppet (66 mètres), Cbe- 
\\\ ii> Mit ties), séparées par des barres peu 
/' (/(// (//. au piunt le plus élevé, présente 
Hi nu lus, le baiii sablonneux de Travers 
luiique, d ldp(iioche de Genève, la fron- 
ii le du 1 ic et du Rhône. Si le courant ne 
luidjdit Mgouieusemeutce couloir de sortie, 
(Il puis longtemps le fond, exhausse^ d'ail- 
l(iiis pai un mouvement du sol lu's leni, 
III IIS pouitantappieciable, se serait dlisliné, 
(l( membie en plusieurs bassins et liiiale- 
mi nt colmate. 

Sous le croisement de leurs giandes voiles 
latines, les bateaux du lac Léman ont une 
yràee sans pareille : ils sont faits pour le 
cadre ; mais, s'ils se promènent, c'est en tra- 
vaillant. La valeur marchande du poisson, 
pris dans le lac dépasse annuellement un 
million. Aucun lac n'a été mieux étudié que 
le Léman: sa. faune, sa. flore sont connues. 
Des cygnes redevenus sauvages, des mouettes, 
lies liiuiudelles de mer sont ses hi'ites ordi- 
n,iii-.>s: ajiinlez des raiiavds, des grèbes, des 



1 rislal,.iui CiilKslilueiit la laune de |i|eiu la 
et les êtres qui pullulent dans les grand 
pidl'ondeurs. 



108 



LA FRANCE 




ciers ont célébrés à l'envi pour la liclicsse 
Je lour Icrroir el l'abonJunce Je leurs 
fruits. Déjà, au temps Jes riomains, l'on re- 
cluM-chait celte côte ensoleillée, tournée 
vers le suJ et abritée Jes vents froiJs par 
l'épnis écran Ju Cap au Moine, Je la Dent Je 
Jaman, Jes Rochers Je Naye (2 O'iS mètres), 
avant-coureurs Jes granJs massifs Ju Va- 
lais. A leurs pieJs, le pittoresque château 
Je C/(i7;on plonge les épaisses murailles Je 
ses souterrains tirefles surir ] .h , ,\\ ],lr\ii<- 
eau vive. Plus J'un prison m •! Imiu.i, .1 ms 
cette tombe anticipée, une im>i. n. ,■ nii>,- 
i:iM.' : /?.„;.,,,,/, |,ii,-.ni' Je Saint-\ ictor, 
\ A. i,;-;l,, |..,i.h ,,,;,. ,,ll,i,Jié. 

I.i M>r- ,i--,.[i;iiM,.| .iiiii-ecôtéJuniiône 



2Iu 



lion. Entre la Suisse el la >;i\'iir, 
nantlaFrance, le traité Jel,.iii>.iiu 
lobre 1564) failloi et fixe la IVunli 
l'axe central Ju lac. On Jésigne p;i 



ticuliè- 



Rives du lac. — Si le Léman n'était le \lsIi 
bule Jes granJes Alpes, l'aspect Je celle vaste 
masse liquiJe sans arrêt paraîtrait assez uni 
forme. C'est par la vie et la lumière qu il letient 
le regarJ : Jans le miroir Je ses eaux se fonJent 
les oppositions Je ses rives, pour composeï un 
tableau J'une séJuisanle harmonie. Elles sont i 
la fois majestuiMi^rs ,l douces, riantes et séM 
res. Au suJ, la I ■! m' >,iw,-.,ii Je moule à tiaveis 
J'épaisses chàl.ii.iiriMM s [.liisieurs fois sécu- 
laires jusqu'aux verls pâturages où, l'ete venu 
tintent joyeuses, Jans l'air pur et la soliluJ 
Jes hauteurs, les sonnailles Jes troupeau\ 
là-haut, vers l'horizon, le mont Blanc JaiJe si 
tète au-Jessus Je dômes immaculés. Au noid Ju 
lac, les collines ondulent, plantureuses et ani 
mées, les coteaux s'allongent au milieu Jes 
parcs, Jes villas et Jes châteaux; villes et ha- 
meaux se pressent; du haut des clochers quis'ef- 
lilent au-dessus des vergers et des champs, le son 
de la cloche ne meurt pas, d'un village à l'autre. 

Coppet, Nyon, Marges, Veveij, Clarens, Moutmtx 
sur la rive suisse, auxcoleaux luxuriantsquelespoi 



s'enguirlande 

■tes et les roui 



rement sous le nom de Hnui-Li 
Vevey elMeillerie; V^Grand^-i' 




la partie profonde qui s'étale entre 
'(indic est la cuvette qui s'enfonce entre 
le iliJiaJi' la llranse et la pointe J'Yvoire. 

Évian-les-Bains Joit à son excellente 
.iii;:iiiisalion (Inslitul hyJrolhérapique), 
mais surtout aux charmes Je ses environs 
elà l'eiichantoment du lac, l'afflux crois- 
sant Je ses Ilotes d'été. Une petite ville 
aiii iniiir ,s'f i.iijr Jans une couronne d'ave- 
nu.'^. (I ii,,i, u ri Je villas, aux premiers 
pl.iu- >!■■. iiiMiiLi^'iics du Chablais, que do- 
iMiih- l;i l)nU ,1. Uche. Ce fut li (Mpif.ile Ju 
paysJr (",ni/ut,iivec une cilaJ' !!.• Ji.iil . iiiq 
toiiis sulisistent encore ,o-7ii lialnlaiiK . 

Thonon, ancienne mélrupulc Ju Cha- 
blais, tient à la rive Ju lac par un funicu- 
laire qui relie la ville du commerce et celle 
Ji'S bains au faubourg marin de Rives 
r,-}-.'.-! habilanls . Crst Je Thonon qu'en 
bi'.t'i sailli Fiamnis Ji' Sales entreprit l'é- 
vangi'lisaiiuii Ju (Uialilais. r/iO))on appar- 
tenait à la Savoie Jepuis le xi= siècle : 
llumbert aux Rlanches Mains, premier 
comte savoyarJ, le reçut de Conrad le 
>alique; la ville fut comprise, en 1792, dans 
If département du Mont-Blanc, puis dans 
iiJui du Léman ; rendue à la Savoie en 18 14, 
et eiitîn recueillie avec celle-ci, après la 
campagne J'Ilalie. 



Li:S ALI'ES. 



.\\ lîIlO.XE 



109 



lies et les bourgs actuels riverains du 
|ii(i\imité, sinon en face, d'un ancien 

la cilé insulaire, les com- 
autre furent compromises. 
Les Romains [)uurtant trouvèrent là un pont qu'ils 
détruisirent, pour le remplacer plus tard par un autre 
aux solides assises. Mais les grandes êlendues d'( 
les lacs, les lleuv.v iii^rn 

opposé aux rel.li|..|i^ mlr,- nxirUM- lin -1. ' . !'■ i)lus 

et conslilur uwi -.|iirii |i[ii- .|.->.lih' que 

les montagnes elir^-iiii m. -. Vn-i I .lu lue de 

Genève et le cours du 7.7/., /,■ .|i\ , .uni il- îles peuples 

1res dilférents : au noril. I - ll.ii,' ,■-: montagnards; 

les Allohror/r^. ninii. d- \l|irs Tlauphi- 

niil M ■ ^ii; I. l;i . I,. Il/ I . i|.i:ale; 

.■- Iril'ii .1 1 I ■ ■ , |. ...i , •:, .1 .aillent 

[., li^.j, . |, .:• ij.'ml- 

li'S It :illl- II" r..lil|Hr. Ml p |. r h. IIS éta- 




agglomrralions op 

plus qu'une bourgade juchée au-dessus 
des eaux du lac : les hommes de l'âge de 
pierre et de celui du bronze y ont laissé 
leurs traces. Peu à peu la cité flottante 
s'épanouit sur la rive en village littoral : 



France 



pf-npi 

M- I ■ i|.. s'.il'lii-raei" 

lin. .|ii- r/ijui' liomi- 
,1 r.-..-i|rr.liviuJre, 
Cenrve s'est ouverte à de plus larges 
liorizons: de tous les points du monde 
on y vient prendre l'air des grandes 
s et du ciel d'Italie. Cet alllu.x de 
l'étranger a transformé la ville, élargi 

10 



110 



LA !• Il AN CI' 




«es contours, occupé les deux iives de s( 
Tac. Un seul pontjadis, le vieux pont d 
César, enjambait le Rhône, en s TppuN m 
au milieu du lleuve sur une lie \in M i 

au cours des siècles le pont fui i i| 

aux solides assises de la consim ii 
romaine se greffèrent des logis piiasil( 
appuyés sur pilotis. Dans ce quiitiei d 
l'ile, isolé de l'un et l'autie usage pi 
un double pont-lcvis rt f I lili 1 I ui 
vivait une popuiali-m l.il i i ii lui 
sans, héritiers iiir.iii-.ri. Mil I I m i un 
tité lacustre d'où sortit. Il hiafx pi 
mitive. 

A mesure qu'il s'approche de Gcnei» 
ie Petit Ine, qui forme Icsluaiie d 
J,éman, se rétrécit par degies luge d 
3 000 mètres, selon Forel, àA kilomeli 
«n amont de l'ile Rousseau, il ne m 
sure plus que 2G00 mètres, i 3 kilonn 
très de dislance; 1730 metics, a 2 Ivil 
mètres; TM), h 1 kilomètre. En mêiii 
temps Ir r..iid<.' i.|.\.' par degrés jusqii' 
la digue s .ii<-l.M ii-irr .II' Travers. Par ci' 
amoindl■l^^.■lll.■lll yi.Mluel du Petit lu 
le Rliùne se retrouve comme un giaii 
lleuve. Des quaisl'enserrent, discipliiH'ii 
le courant et, pour atténuer l'inteivall 
de séparation d'une rive à l'autre, d^m 
îles rompent la nappe liquide: 
la grande ile de Genève en aval 
et, au-dessus, l'ancienne ile 
des Bnrijues, entassement de 
pierres et de gravier, depuis 
-entouré d'un mur, où s'amar- 
raient jadis les chalands de 
transport; la slalue de Jean- 
Jacques Rousseau par Pradier 
s'y repose, au bruissementdes 
grands peupliers. A cette dou- 
ble attache insulaire se sont 
soudés plusieurs ponts. D'au- 
tres ont suivi : Genève n'en 
compte pas moins de sept, 
«ntre autres celui du Mont- 
l!lanc,d'où,parun tempsclair, 
s'estompe au loin la silhouette 
du dominateur des Alpes. Ge- 
nève et Saint-Gervais, son an- 
cien faubourg, ne forment 
plus, des deux côtés du Rhône, 
•qu'une seule et grande cité : à 





AUX DORDS DU LI 



droite, luspalais-holels, les avenues 
plantées, les larges quais, où s'atla- 
chent les grands bateaux, vrais 
hôtels flottants qui sillonnentlelac. 
l,e nom de Phi/ios rappelle les prai- 
ries (pascim, pâturages) qui s'éten- 
daient sur la plus grande partie de 
cette rive jadis à peu près déserte 
et souvent inondée. 

La Genève de Calvin, des Rur- 
gondes, des Francs, des Allobioges, 
se concentrait à gauche. Il est c.m- 
tain que le plateau des Tranchées, 
un peu au-dessus de la vieille cité 
du moyen âge, fut fortifié et habité 
|iar les Romains : des armes, des 
iiiscriplions lapidaires, des mon- 
naies et des poteries, des ustensiles 
lie binn/.e, mis à jour, ne per- 
mettent pas d'en douter. Il ne reste 
lien des enceintes successives qui 
ont dû défendre la ville. En 1034, 
l'ilrfiit anncM'.,. p,,r Conrad le Sa- 
liiiii.' .i r.'iiipii.' i;.'i iM.iiii.iue, avec 
si-> ..\ ■■,\\\r^ p. .111 pi m.'. -s tempo- 

I .I--- I .1 1 ' I li.-'Cahin chassa l'évèque 

■ Il r..r.. .1 lifiii've fut indépendante, si 
i. M |..'iil .i|. p. Ii-r indépendance l'étroite 
-M|. Iii.ii ,'i iiii p.iuvoirsoupçonneux, dont 
Michel Servet fut victime, en 1553. 
Il.ittachée à la France, de 1798 à 1814, 
.■nmme chef-lieu du département du Lé- 
man, Gei^ève se rallia, en 1814, à la Confé- 
dération helvétique. C'est une ville ou- 
verte aux choses de l'art et de l'esprit; 
lin y professe, non peut-être sans quel- 
.juc ostentation, un véritable culte pour 
l'étude. Voltaire, dont la raillerie neres- 
|.. li.iit rien', se moquait agréablement 
Ir ..tli' exagération de zèle poussée 
liis.|u,\ la manie, dans les controverses 
i.-ligieuses et phil..s..phi.iiii-s. .Miis le 
irmps atténue bi. u .1.^ i h..-.-, i, ,,:,',;■ 
1 produit des huniin. - i .hmi .iimM. s : 
/. /. Rousseau (1712-1778;, dDiil l'J^utile 
■t le Contrat social furent brûlés par la 
main du bourreau; le naturaliste de 
S:n, ssiin' (I7'i0-I790 , ,1,. 0'»i//'-//<> 1778- 

l.-;'il ,r/„.y,„, ,■,/.,. v../.r l7:!2-ls()'i ,;',■„- 

//.-■ I 17.Mi-|,V,2 , 7:>/,'/\r. l'iiiij.-iii.iiK 

jicr Viclur Ckcrhuticz-. 

Genève offre à l'étude des établisse- 
ments scienlinques et des collections re- 
m,iri|nables : pour les arts, le musée Rath 
(peinture), le musée Foll 
^sculptures antiquesi, YAthe- 
(Kfi (exposition peimanentede 
tableaux modeines); pour les 
sciences et Ihistoiie, le Mu- 
séum (Thistuue natuielte,\e Mu- 
sée arcltuiliigique, la Btbliuthe 
que (autogidphes, manusc uls , 
dans les Bâtiments académi- 
ques, le Jflîrfmiotonîi^îfe, le J/w- 
sée hi^lmtqve qeneinf., le Musie 
d<s AU d ' ' rt VkLule 

d'Hoil I I gmc- 

voise 1 / I ^ wdus- 

l,uh i 1/ 1/ i,senbi- 



toial, Lniviisité et Jaidin 
botanique, Théâtre), pronie- 



LES ALPES. 



LE RIlOiNE 



lit 




Aiil. 



»|isi'! 



Diane); sur la rive droite, Saiul-(i 
square des Alpes, les quais, les 
boulevards, lesCropettes, le pave 
de Mon-Repos, sur un gracieux 
terre- plein que baignent le> 
eaux bleues du lac. 

I,e Rhûnc et son lac sont la 
vie de Genève, mais on n"a en- 
core tiré du fleuve qu'une partie 
de l'effort utile qu'il pourrait 
donner à l'industrie. Par l'alti- 
tude des étapes du Rhône, entre 
sa source et la sortie du lac de 
Genève, on jugera de la force 
laissée sans emploi : Glelsch, au 
pied du glacier d'origine, est 
ù i7:J3 mètres; Môrel, 760, 
llrigue, 673; Loèche, 623, 
siou, 491; Saint-Maurice, 411; 
le l.éman, 37'j. 

Génère développe de plus en 
plus ses établissements liydrau- 
li(|ues. Sur le bras droit du 
fleuve, que coupe en deux la 
grande île du Rhône, un sys- 
tème d'écluses règle l'écoule- 
ment des eaux, de façon à en- 
tretenir la chute nécessaire aux 
turbines de l'établissement hy- 
dro-électrique de la Goulouvre- 
nière, attaché à la rive gauche 
d'aval. Libre de ses impuretés, 
déposées dans le grand réser- 
voir du lac, le Rhône a la lim- 
pidité du cristal de roche : vous 
diriez, sous le barrage, une cou- 
lée d'émeraude. 

A 2 kilomètres environ du 
pont du Mont-Blanc, le Rhône 
limpide reçoit un affluent. 




n itie, chaigé de boues et de débiis. 



à moins de 2 kil 12 de 
unsiiand usumui piuii déposer 
s, s tiniil,]. s Issu du ,..1 de 
Bnlin,, il eiiti iiii, bs luiss, llc- 
inents des grands glaciers qui 
composent le colossal iceberg 
du mont Blanc : torrents du 
Tour, d'Argenlière, de la mer 
lie Glace, eaux de fusion des 
Pèleiins, des Bossons, de Ta- 
connaz. De la région du col de 
Balme, où il nail, à 2200 mè- 
tres d'altitude, le torrent tombe 
à 372 mètres, pour un cours de 
1(12 kilomètres, au point où il 
rejoint le Rhône. Sous le coup 
(l'une débâcle, la puissance de 
VArve est irrésistible. Si son 
débit ordinaire est de 160 mè- 
tres cubes par seconde, avec un 
minimum de 3S mètres cubes, 
il atteint en crue 700 mètres 
l'ubes, et, par débordements 
exceptionnels, dépasse 1 200 mè- 
tres, tandis que le /(/('j/-'' donne à 
sa sortie du lac une moyenne 
de 250mètrescubospar seconde, 
son écoulement étant réglé 
artificiellement. La coïncidence 
des maximapour les deux cours 
d'eau ne se présente qu'excep- 
tionnellement. Alors le flot ter- 
reux de VArve reflue dans le 
Rhône limpide : on l'a vu, 
en 1888, soulever le niveau du 
fleuve de 2°',05 sous les turbines 
de la Coulouvrenière. VArve 
peut même, en refoulant le 
Rhône, pousser ses déjections 
torrentielles jusque dans le 
Léman. Ce fait très rare, parce 



H2 



LA FRANCE 





OUCllLS. 



Ithàne : non seulement elles entia- 
veiit le cours du fleuve par le 
refoulement de ses eaux, mais elles 
épuisent son aclivilé au déblaie- 
ment des matériaux jetés par Tinon- 
dation à travers son lit, comme une 
iligue sans cesse relevée, qu'il faut 
rompre toujours. Ce sont les allu- 
vions de VArve qui ont comblé 
l'ancien marécage, étendu àlajonc- 
lion des deux cours d'eau, sur lequel 
est construit le faubourg genevois 
de Plainpalais (palus, marécage). 

Les affluents de YArve sont: à 
gauche, le Bonnant, issu du col du 
lîonhomme et alimenté par les 
glaces du Miage, de Trélatête, de 
lîionnassay; la Sallanclie, le Foron, 
le Bronze, la Borne, qui entame 
les chaînes calcaires et précipite 
ses eaux dans le défilé d'Entre- 
niont; à droite, la Diosaz, émis- 
saire du Buet, qui s'efTondre dans 
une entaille étroite à travers la 
roche cristalline dePormenaz; le 
Giffre, dans une cassure perpendi- 
culaire à la dépression de l'Arve : 
Giffre-Haut, venu du Buet; Giffre- 
Bos, émissaire du lac de Vogeable 
et des nombreuses cascades du Fer 
ù Cheval qui ruissellent d'une gi- 
gantesque muraille couronnée d'al- 
pages ou de blancs névés; enfin, 
Cl. eu. la Ménoge. 

Pour un bassin de 1980 kilo- 
mètres carrés que draine VArve, la 
Suisse en possède seulement 80 ; de 
nombreux méamlies conduisent lo torrent dans la plaine de Plain- 
palais, à la " jnnriinii lin rdh'me ». Désormais le fleuve serpente 
dans un lit (b ;ii"ll;i--r llni'iu'- .le hautes falaises : des villas, des 
fermes isolées, n ri, pi. s -i.iii|irs d,. maisons défilent sur l'escarpe- 
ment, entrenirli s ,}i- jaidiiis, de vignobles et de quelques bois. Sous 
l'afflux des eaux troubles de VArve, des atterrissements déchirent 
çà et là le cours du Bhône; des berges s'allongent, où prospèrent 
quelques établissements industriels. Plusieurs cours d'eau viennent 
au fleuve, avant qu'il ne quitte le territoiie de Genève (18 kilomètres 
de rive droite; 24 kilomètresderive gauche, depuis la sortie dulac). 



LE RHONE FRANÇAIS 



DE LA FRONTIÈRE SUISSE A LYON 

Le lihône entre eu Franee, dalioi.l par .sa rive droite (départe- 
ment de l'Ain), au-dessous du coniluent du London; plus bas, par 
sa rive gauche (département de Haute-Savoie), en aval de VAire, 
avec unelargeurmoyenne de 350 mètres, et par 330 mètres d'altitude. 
Son lit s'encaisse enire des f,il, lises, dont quelques-unes atleignent 
81) mèlres de haut ; iLsemlili' que le fleuve veuille prendre son l'I.ni 
pour entamer, au delà du Im^-ui de CoUonges, l'épaisse digue du 
Jura qui lui barre la roule- de lonest. Alors, il se contracte, rassem- 
ble ses forces, disjoint par un terrible effort la tenaille serrée du 
Grand-Credo jurassique et du Vtiache savoisien : il se creuse un cou- 
loir profond, s'insinue d.ins le^ fissures du sol (la Perte du Rhône), 
écume et nin-il. poui- irj. iiMiiie. upaisé, à la rencontre de la Val- 
serine. 'Voilà le |ii . r pi- II. lin lu. La poussée de la Valserine jette 

le fleuve dans une l.niP- |ou,-ilndin;ile, qu'il suit, aux flancs du Grand- 
Colombier, de Bdlcyiirde au bassin de Ciitoz. 

Alors le Rhône torrentiel se réveille, cherche sa voie, incline 
vers l'ouest sous le promontoire de l'Épine, longue arête riveraine 
du lac du Bourget, dans le prolongement du massif de la Grande- 
Chartreuse. Ici, un nouveau barrage ferme la route de l'ouest; le 
iî/fd/ie l'entaille, de Yonne à la Balme, par le défilé de Pierre-Chdtel : 
du bassin d'Arlod à la plaine de l'Ain, il découpe un bastion trian- 
gulaire au sommet duquel débouclie le Guiers. Maître désormais 
de sa roule, le Rhône se promène à travers les mailles d'un ver- 
doyant archipel, se laniasse, enfin entre dans Lyon, où il lencontre 
la Saône. 



FRONTIERE DU NORD-EST 



rail 



S .^4 /. .,.^?~ BRUXELLES ^-^ ^^'^^'"^Ï',^,, 

%/;^*.. B F L G I Ql h '7^ 






"Aixl n p 



Bonn /&■ £cyî^/- ^ 

EMPIRE 



l «BLl N r. 



dcUltiis 



-Dieppe 



/» /'.^d uIl 



AMIENS 



Count 
P 



i'beuqc 






LEGENDE 

^ Forteresses Franc ses 

^ ii^ Allemandes 

f ii Belg-es 

8 i(f Italiennes 

Limite iEtat ^ColPont-, 
5 /illeFortifipe et Fort 
lïftx Chefheu de Corps d Armée 
Ertielle 
^1"^ ?5 ^k 



l I tfEA\\r 1 •*' 



Pran<^brt 



Neufchatel Mmtdidie LiFtre «^ 

. oBOTJEN' Eeauv; 

Evreux j^ 

^VersuM '^' 

Drevx tiux 



Ml/UK s 



^t lêe A 
Sol. 



ul mm.ei 






«(rtTîr 



VI I LAIA> I) 



-^ rdiHi 



Kaib rslautpm 

\,^n-, Ji, Doux Ponts |B»(;ar/s<T^ffla2 

yit 1/. "-^^ isiTfJ j A •% i izJiSlP'' ' 



' nnstadt 
1 iiinheim 



' requeim^e 



enih UT/ 



Jfr 



^_. PARIS ^ ^^e elFrr "BarleLu, i„.,i-B, 

Chartres y'metde s^" 

Foatdinetleju Tr,„ 



Chsteaudim p^fj^^ ^ - 

M l 3 (pS o 



,0^^ 



' fea'û 



'Lorre 



Cien 



Auxerre «^ 



^ Oidumoiit 
"" jme^e Ciottllon ^ 



T\om nitm 



^'L luqri 



I i 
.11 \SI Ol ne 



\ 1 tboui ;| 

F lab g 



Stuttgart 
tJ\ R 1 f 31BtI t 



bi ^Tnanagpa 



_^.(Cun^t<mce 



B^a e -^ 
Clan eq 



Jiocht 



Sanc&re q '- 
BOURCl S 



4taFn ^Sp-n r 
I),, 



/ JudLa 



Ctt 
Chjiir 

Nevers. 



Moulins 



Chaleam-oux 5,^^^ 

^^^ o }uin(Jiara ^ 

CretMe 

Is (3iatre "ô 

Boj c Montîuç n 

V.^ Gueret ^ ^ ^_^^^ 

^ ^ t. ^ 

LIMOGES o A,j 

P yd Dôme ^ 
PI de ( Ll RAIONT 
I Ile ache TI RKAND 



•* 5 Lons le Saunier 



^ *■ Suleui e ^ f 
'> \ O 3i&i^e Luceriu 
, ^eu^hatel gERNE 
^^,S l I 



Zurah. 



Ulorl 



Fribour 



\t 



L 



rCFara', 
~ Mdcon 



^Laubanne ^ 



^i 



Boaane ^ ^ hâ-anclif 

o Thiers ^j -^ov I ' 

* V 

Mg^t'hr-j or 
Aia^ert % 



J Vj 



Novare 



F j 



bti^heiine 



Ctiambi 
CRFNOBM' 



v',. 



Aurillac P'°'"t' d^ 



«LePuy , T irarp 

^ MMezenc \dknLt 




J n 
\vun 



lome 
Milan 



r A L I E 

^ - < Pavie 



'" lurm û ^ 

7^ ,. 1 erroné 

Asti -, "*' ° 

;'.^™' ' ^ r„na''" Alexandrie 

X M s 
. t .Gênes 



'^'iùifiimlle M E Jl 

NACO 



M AHSI 11,1 1^: 



M EDITE BB A NEE 



LES ALPES. 



LE R 11 One 



113 




Ainsi, du fort de l'E- 
cluse, qui ouvre l'en- 
trée des défilés du 
Rhône, au pont du 
Sault, qui lui donne 
carrière sur la plaine 
de l'Ain, deux rup- 
tures principales : la 
Perte, entre l'Écluse 
et liollcgarde; la 
gorge de Pierre-Chû- 
tel, entre Yenne et la 
Balme, conduisent le 
lleuve, d'une cluse du 
Jura dans l'autre, 
avec arrêt intermé- 
diaire dans le bassin 
de Culoz, jusqu'à 
l'épanouissement de 
la plaine lyonnaise. 
Le Jura est vaincu. 

La perte du 
Rhône. — >< De Col- 
longes à Oellegarde, 
c'est une cluse [clau- 
sura, clôture). Le 
lleuve y précipite son 
cours entre des rives 
abruptes, formées 
d'abord de roches 
solides, puis de cou- 
ches beaucoup moins 
résistantes de mo- 
lasse tendre et de 
marnes. Son lit est 

étroit, profond, à pente rapide mais assez régulière et obstrué çà 
et là par des écueils adventifs. Ce sont des roches écroulées des 
bords et que le torrent a vite fait d'user et de rouler. Mais d'autres 
les remplacent sur les mêmes points ou ailleurs : le lleuve niiuf 
ses rives qui s'éboulent sans cesse. » 

Le fort de l'A'c/îise n'est qu'une élape de ce Ihul: cniilnir: di' liiiips 

immémorial, ce passai:^' Fui lmi .l' ; b'S Mms ilc S.n^iic y av.ii^iit i 

citadelle. Le 3 Janvier |n^:;, nu l-i i iM'' rli--'- ni .|r iioiiiiihi hp'I i ''^ 

cubes, détaché de la l..i-'- A\i i i: '::,>!-< 'n Jn, snimil [mi' la Imm- l'nn 
des deux forts de lErluse, eu burplumb ?ui li- Ib'UVL-. Le It/ione, 
encombré, recula. 

« Dans cette cluse, tout parait à l'état d'équilibre instable. La 
vallée n'est qu'un ravin escarpé, sauvage et à pou pies ininl it I 
villages sont tout en haut des versants, aux points ou 1 ^ | ni 
s'arrondissent pour former des plateaux ondulés, a la biul m 1 
150 à 200 mètres au-dessus du lleuve. Les cultures descend nt i I 
là jusqu'au bord de l'eau, mais, presque partout, ce ne sont (]u 1 ^ 
prébois. On y accède par d'assez mauvais souliers dont qu 1 \u s 
tronçons seulement sont à peu près parallèles au (liu\e lus ul 
chemin accessible aux chars de montagne met on communication 
les deux rives. C'est le chemin de Vauzy, rive dioUe, au village 
d'Éloise, rive gauche, par Grésin. Ce chemin traveise le Rhône pai 
un petit pont de bois jeté sur un singulier étranglement Le fleuve 
s'est creusé là un double lit, des deux côtés et au-dessous d un gios 
rocher de molasse en forme de pyramide renversée Le plus laigc 
de ces deux bras, celui de gauche, a 5 ou 6 mètres delaigeui, et te 
lui de droite en a 3 ou 4. La profondeur est considei ible et le 
courant de surface très peu sensible. A quelques centaines de mè- 
tres au-dessous, il y a un fort rapide. 

« Du pont de Grésin à la Perle, les rives sont peu accessibles, mais 
cependant visibles partout, et, avec plus ou moins de difficultés, 
abordables. A la Perte même, il y a de bons sentiers sur les deux 
rives. » La Perte du Rhône se produit au pont de Lucey; pen- 
dant les basses eaux, le fleuve disparait sur une longueur de 50 à 
GO pas. Le pont, en pierre, a une arche de 12 mètres de portée. Les 
eaux du fleuve sont grises; elles accourent en ligne droite par un 
étroit canal, avec des bonds et des jets d'écume. A partir d'une 
chute initiale en fer à cheval, à 2bO mètres en amont du pont, c'est 
comme une cascade horizontale. La chute en fer à cheval est produite 
par une digue oblique au courant. Elle ne barre pas entièrement le 
lit du Rhône. Entre son saillant et la rive gauche du fleuve, on a 
laissé au courant un libre passage d'une trentaine de mètres. V.n 
tout temps le Rhône forme par ce pertuis un rapide impétueux, mais 



sans atteindre le niveau du barrage. En été seulement, pendant les 
grandes eaux, il passe par-dessus en lames plus ou moins épaisses, 




114 



LA FRANCE 



•et y forme une cliute 
oblique au courant 
principal, mais de hau- 
teur verticale. 

Au-dessous du bas- 
sin tumultueux, d'une 
longueur de près de 
100 mètres, où ces cou- 
rants se rencontrent en 
formant des vagues 
énormes, les eauxs'en- 
goulTrent dans un ca- 
nal roclieux d'une di- 
zaine de mètres de 
large et qui va, se 
rétrécissant encore, 
Jusqu'au pont de Lu- 
cey. Leur vitesse est 
d'abord effrayante, 
puis il semble qu'elle 
•diminue avecla largeur 
•du couloir. Presque 
toute la masse [lasse en 
siphon dans un lit in- 
férieur, sousun plafond 
de rochers, rompu vers 
son milieu et comme 
formé de deux corni- 
•ches. Mais le défaut de transpaiciirr de 1 
deviner, excepté en hiver, lorsque le , ,iii;i 

« Le Rhône, au pont de Lucey, n'a p,i 
■ne se perd pas : on le voit. C'est en ,'ir 
l'on en rapporte une déception. 11 fau 




Ml|,. 



ee qii ,.n y cjn 

être prévenu 
■qu'il y ade remarquable, c'est précisément ce rapetissement 
•espèce d'évanouissement du fleuve. En amont du barrage ( 
•courant superbe, 500 mètres cubes par seconde en eaux mr 
■d'été. Cette masse s'écroule dans >in goulfre avec un bniil 
bonds formidables, puis, sans 
•cause apparente, le tumulte 
■décroît et s'apaise. C'était un 
fleuve puissant, ce n'est plus 
•qu'un étroit et rapide canal, 
puis un torrent sans grande 
importance. Ce qu'on en voit 
•couler sous le pont de Lucey 
ne dépasse pas 50 met res cubes 
par seconde, le dixième du 
•courant d'amonl. Pendant ce 
traj.'l (ie:!niliiiMivs,l,iut s'est 
riMiiM'i, non pas srnienient le 
Ueuve, mais ses lives, sa vallée 
même. Le pont de Lucey a des 
dimensions mesquines, 
•comme pour un médiocre tor- 
rent de montagne. La vallée 
■est étroite et sans grandeur, 
un simple lavin La ^oige voi 
sine de la VdKeiine est plus 
imposante et lavalke ou elle 
■se Cl euse a une auti e ampleui 
Elle est large et bien dessinée, 
on la sent ancienne C'est évi- 
demment la valhe maîtiesse 
et le Rhône > d( bouche comme 
-d un lavin aniui nt. 

« Il faut \()ii le fleuve i nhi 
111 On (lislin_n il is deuv 

in M i| I I \ II: [m iMde, 
de lOni 11 I I 1 t Kim. 
tlesih I 1 I II I II i\ Il t I m 
foiiduni I I I I I ni h 1 1/ Il 
taie 11 ni| n m e nln i i 
Comme foi m de deu\ ap- 
pnits, liissuit enlie eux un 
vide sinui u\ de 2 ou 3 mètres , 
au-dessous, un lit infeiieui 
■que l'on devine, mais qu'on no 



ut; vide. 

mais il 
State et 

que ce 
et cette 
;'est un 
yennes 



voit pas et où tout le 
fleuve passe en basses 
eaux. Par les étiages 
moyens d'hiver, l'eau 
vient effleurer les cor- 
niches et quelques jels 
a-écume jailli^.ell^,,,■,^ 
leur illI.'Halh . l'.ii' |,.s 

plusba-^'-. iii\, Ii^,- 

tinguelelhu\e.,ciiiel- 
que distance au-des- 
sous, mais alors son 
courant parait faible. 
Ce double canal on ti- 
roirs étages, dent l'as- 
pect n'apasdùehanger 
beaucoup depuis de 
Saussure, court en 
ligne droite jusqu'au 
pont de Lucey. Mais, 
à mesure qu'il en ap- 
proche, la largeur du 
couloir supérieur di- 
minue un peu, puis des 
rochers tombés des 
deuxpaniis >'(iilass.'nt 

sur les e,M III, h, .s ,|u 

fondai! i-ii.M. 'Il ii,,-,s- 
quer l'intervalle. Sur une bm-uenr d'une (piaranlaine ,!,■ nirii,.>, ,|,.iil 
le pont marque à peu pi-rs le m Mien. ,,ii n,. \-,,ii plu. ],. ,aiial mlei,.. ni- 
que par quelques illler>|iers ,-nlle 1rs Mues ai l-oinli. ,■( p-lls et ,|lli 

formentdes Irons snnibies, cuuinie d etruiis oiilices de puits. 11 y a là 
perte totale pendant au moins quatre mois de l'année. Au-dessous, à 
une trentaine de mètres en aval du pont, le fleuve reparaît dans 
une sorte de bassin encaissé et à parois surplombantes, où ses eaux 
remontent en liouillniis eeinine d'une source. De la chuteinitialeù la 
renaissanro du Heine, la ililVérence de niveau est, àl'étiage, de 12 à 
13 mètres. » (G"' Rourdon, BuI- 




,!,' h, Su 



■dr 



'■"l"'"'' 

En is-A, deux Américains, 
ayant acquis la concession du 
tiers des eaux du Bhône, cons- 
truisirent une digue de dériva- 
tion en amont de la perle. Un 
tunnel, do 8 à 9 mètres de 
large sur 6 mètres de haut, 
sous clef de voûte, creusé dans 
le massif calcaire qui sépare 
le Rhône de la Valserine, en- 
traîna une partie des eaux du 
fleuve (GO mètres cubes en- 
viron) dans le lit de la rivière. 
La chute obtenue, étant de 9 
à 11 mètres, développait une 
force de 8 000 chevaux. Une 
usine s'éleva sur le promon- 
toire, au piedduquelse réunis- 
sent le Rhùne et la Vahcrine. 
Le site est impressionnant. 
Sous les roches cyc1o])éennes 
qui surplombent, le Rhône, 
large à peine de 10 mètres et 
presque sans courant, mais 
d'une profondeur incroyable, 
reçoit le flot bruyant et rapide 
de la Valserine qui traveise 
en courant contre la rive op- 
posée, qu'elle frappe avec vio- 
lence. 

Les turbines de l'usine distri- 
buent aux fabriques de Belle- 
ijarde l'électricité et la force 
motrice : scieries, filatures, 
papeteries, minoteries, fabri- 
ques de courroies, de carbure 
de calcium, vivent du Rhône. 
Bellegarde, clef de la route de 



LES ALPES 



LE H II ONE 



113 



Lyon à Genève par Culoz, est situé 
sur la rive gauche de la Valserine. La 
poussée violente de la rivière tor- 
rentielle précipite le fleuve, du nord 
au sud : on le dirait son affluent. 

Mais là ne se borne pas l'efTort du 
Mône. Pendant 8 kilomètres en- 
core, l'encaissement de son lit s'ar- 
croît, pour diminuer ensuite. A Del 
legarde môme, Tallitude absolue d<s 
bords supérieurs du di'tilé est di- 
340 mètres; à Malpertuis,''iSO. Le vil- 
lage de Beaumont qui, sur la rive 
gauche, domine le Rliône de très 
près, est à la cote de 492 mètres, 
c'est-à-dire à 220 mètres au moins 
au-dessus du courant. L'escarpement 
s'élève en deu.\ paliers dont le se- 
cond fuit en pentes; de là, sur les 
rives, une suite de paysages d'étrange 
caractère. 

Bien qu'il suive docilement, du 
nord au sud, la base de la biiii,nii' 
jetée que soulèvent le Crêt Jn .Vx ■ I 
le Grand-Colombier, entre Bi'II'-mi <!' 
et Culoz, le Rhône ne laisse pas d- 
percer quelques éperons de roclie> 
sur sa route : partout se révèle l'ef- 
fort patient et tenace. 

Au pas de Maljiertms, ou de la 
Planche d'Arlod, le (leuve se resserri' 
entre deux rives, éloignées au plus de 
6 mètres Tune de l'autre : « Les ro- 
chers en encorbellement mêlent, sur 
l'abîme vert entrevu, des branches i 
des ruines. Le Rhône disparaît presque comple 
dans le trou sombre où il est contraint de s'engoull 
il pousse des cris furieux grossis par les échos pi r 
niers dans les cavités souterraines; la. Planche d' \ 
(château ruiné sur un gros rocher au-dessus du UliO 
qu'on levait quand la France était en gueire avec " 
voie, a éic riMii|ilai l'e par un tablier en fer. Un peu | 
bas, }<■ I iMh.iii ,!.■ C'nissiat suspend ses touis à 200 
au-desMis (la Ibinc. >i (Ardouin Dumazep.) Là s'efi 
dénié (la Mmilniir, fn're du Malporluis. \u-des^us 




Pi/rimont, le château du Paie mai que 
l'origine officielle de la navigation. 
I n dépôt de gravier, où s'enracinent 
quelques osiers, témoigne du chan- 
yament qui s'opère dans l'alluiedu 
I iiurs d'eau : sa vitesse n'est plus 
aussi grande; le courant devient 
di-uve et porte, d'une rive à l'autre 
. litre Pyrimont et Seyssel, des ba- 
laaux chaigi'b d'asphalte, dont les 
illb ui. m. lit-. 7( tuent la montagne 
\'aMii. Mil-, I . st plus bas seule- 
un lit III cl. 1 1 de Seys'spl et apiès le 
' 'iiiilii, ni du Fur, que les rives s'a- 
I 11--' ni et la vallée s'élargit. Seyssel 
I ' n| h II s deux rives du Rhône en 

I' ii\ 1 ininiiins distinctes : long- 
I II I ■- ili I ni ^ entre la France et 
I I ^ i\ n ^ I 11 I s par une fiontière 

jii m II III iit la inle jetée au milieu 
ilii Ib in a, léunies en 1794 au dépar- 
li lin ni de l'Ain, sépaiées encore 

n |s| ,, l'annexion de la Savoie les a 
1 liln 1 ^ une deinièie foisà la France. 
\I ii.- I mil', sur la ii\e droite, appar- 
lii iitaudi partementde l'Ain; l'autre, 
^111 la ri\e gauche, à celui de la 
llaiite-Savoie. 
Aucaiiefnui de C((/o:, la voie ferrée 

h l\nn 1 (a m \ a croise la ligne in- 
li I n ilmn ili I' n is-Tuiin par le tun- 
111 1 du lin 111 1 1 I, in^, (mont Cenisj : ici 




116 



LA FRANCE 



ouvert de Seyssel à 

Grenoble, parladépres- 

sion du lac du Bourget 

et la trouée du Graisi- 

vàudan; les deux 

grands glaciers du 

Rhône et de l'Isère y 

unissaient Icius h-'-- 

racs. Lorsqu'ils sr rc- 

tirèrent, un lac tor- 
tueux reçut leurs eaux 

de fusion par les dé- 
versoirs du Rliône, de 

l'Isère, de la Romanche 

et du Drac. La trouée 

du Rhône à travers le 

Jura ayant changé son 

orientation, de son 

côté l'Isère fraya sa 

route à travers les dé- 
bris glaciaires du Grai- 

sivaudan. Entre les 

deux, le lac du Buuryct 

demeura, pauvre reste 

de l'ancien fjord inté- 
rieur. Le canal de Sa- 

vières (2 kilom. 1/2) 

écoule les eaux du lac 
dansle/?/('!»'',àCli;in.'iz. 

Alors 1.' Il'in \\\r sa voie entre les vig 

vergfis (1rs priilr, |iiii:i'ysiennes. Du pont d' 
des Romains, au p.mt de la Balmc, il entaille, 
ron projeté par le Jura, du nord au sud, iiili^ 
(629 mètres) et le mont Tournier (884 mèh -. 
parois rougeâtres, tranchées au vif des rn. lu 
de Pierre-Châtel érige ses 
bastions et ses épaisses mu- 
railles. On l'a déclassé ; des sol- 
dats y remplacent les moines, 
dans le cloître d'une Chartreuse 
du XIV» siècle, que des remparts 
enveloppaient. Cet appareil guer- 
rier, dans un site farouche, n'est 
plus qu'un décor. Le fort des 
Bancs, plus récent, domine à 
540 mètres d'altitude celui de 
Pierre-Chàtol; un escalier dans 
le roc vif descend de là-haut 
jusqu'à une batterie basse qui 
garde le passage du fleuve, au 
pont de la Balme. 

A l'issue du défilé, le Rhône 
prend le large : des îles boisées, 
des masses calcaires détachées, 
donnent à son cours un aspect 
varié, jusqu'au confluent du 
Gnicrs, accouru du massif de la 
Grande-Chartreuse. Comme à la 
rencontre de la Valserine, le 
Rhône dévie sous l'effort du tor- 
rent, à ani:lr .liLju, "lisse (fin-^ 

ventla Vi^rmurrci la.sV/rc. Iiriix 
étroits encore [Mnlararje cl .S',;,(' 
dit Rhône), et le fleuve se ]in.- 
mènc, du château de Veiliicu 
au bloc oolitliique de l'ile Vré- 
mieu, recueille au passage la 
Bourhre et Y Ain, qui conflue 
dans la plaine de graviers de 
la Valbonne. C'est alors, depuis 
les talus morainiques des Bal- 
mes Viennoises jusqu'en vui' 
de la Côtière, qui appuie ]r |il,i^ 
leau lagunaire des Domlio, uip 
dispersion des eaux, entre des 
grèves sablonneuses, des îles 
multipliées au point d'étendre 




nobles 
Yenne, 
sur 3 

'fl llln 



savoisiens et les 
l'antique Epaona 
kiliiniMi es, l'épe- 



lules 
■ fort 



Affluents de gauche (1 




le domaine fluvial sur 
près de 3 kilomètres de 
large, en face de Mi- 
ribel. Et le fleuve j oyeu- 
sement se perd et se 
retrouve dans le dédale 
des îles, lesunes arides, 
les autres transfor- 
mées en prairies ou en 
champs cultivés, quel- 
ques-unes envahies par 
d'épais maquis où le 
gibier pullule, à l'abri 
des saules et des peu- 
pliers : étrange région, 
paradis du chasseur et 
enfer du batelier, si l'on 
n'avait laborieusement 
conduit une bonne 
partie des eaux entre 
les digues d'un étroit 
chenal, dit « canal de 
Miribel ». Le syndicat 
lyonnais des « forces 
du Rhône ;> emprunte 
Phui. de M. Brun. au fleuve son énergie 

DUKNGT, vu DE TALLoiREs. paT uuo prisB d'cau 

amorcée au pied des 
Balmes Viennoises. 
Avant de toucher Lyon, le Rhône assemble ses eaux, franchit 
une dizaine de ponts et atteint la Saône un peu plus bas qu'au- 
trefois, un ingénieur du xvni' siècle, Perraclie, ayant reculé le 
confluent des deux grands cours d'eau, pour y créer le quartier qui 
porte son nom. 

de la frontière suisse à Lyon. 
1° Les Usses, déversoir du pla- 
teau des Bornes et du versant 
orientil du Silève passententre 



^luchc, d dioite \c Fumant qui 
I oupe le chaînon Vuache-Mu- 
sitgp au di lile de Malpaz : le 

1 ii| n taiie (\iv' siècle) du 

liii lu de Salit nove domine le 
iilhi nt des Usses et des Pc- 
li(t s-llsses 

2° Le Fier, ne du mont Char- 
\\n apiis i\oii tianché profon- 

I III I I lui au travers des 

1 I 11 insversales du 

il ' /' locueille, dans 

I I I un d Vunecy, le Thioa, 

imssiiK du lac, et s'abîme 
dins h juofonde entaille des 
- 1- s il / )î T iny. Par le pont 

I I I is u se voient de 

I 11 m II II il s de Géants, l'on 
iiLLdc iu\ \Liiiics à travers le 
délicieux boih, du Poète ; une 
galène de 2dG meti es s'accroche 
d 28 meties au-dessus du tor- 
lent, le long dune fissure 
t tioite, dont la largeur ne dé- 
passe pas 10 mclies. L'extraor- 
linaue chaos dune Mer de ro- 
htrs attend les voyageurs à la 
sutie des dcfiles : une sorte 
1 écueil, tnoime bloc de con- 
_lomnat, nommé la. Roche atix 
Fies, suigit du courant. A peu 
de distance s'ele\e le château 
féodal restauré de Monirottier 
(xiv''-xvi= siècles). 



LI"]S ALl'KS. 



Li: UIIÙiM-: 



117 




Échappé au défilé de Lovagny, le Fici s'iiibinue enlie de haut 
falaises de molasse jusqu'à la cluse pittoresque de 4 kiloniiHies qu 
découpe dans la chaîne de la Chambolte. A dioite lui viennent . 
Nom, issu du col desAravis; la. Filliere, qui lavine le Paunelan; 
gauche : le Chéran, collecteur principal des naua;ps, qui lile de 
combe de Bellevaux par un fossé profond, d"()U il s'échappe au p i 
de VAbiiiie, et gagne le Fier dans la giande et ftitile \ i\\< • . 
Rumilly. I.e Thiim déverse le trop-plein du lac d' Viinec y, ou si |h i 
à l'autre extrémili', r/?rt'»-.1/')r/p venue du lol de 1 h imiisp,u l.i | I m 
basse de Faverges. 

Le lac d'Annecy, résidu, comme n lui du Bmix/it, île 1 nu u 
glacier du Rhône, est resté, ainsi que lui, tiihutaiie du Ih um I n\ 
de 14 kilomètres, large de 3kilométiis 1/2, le l.ir muMi I m 
nappe liquide, épaisse de 64 mètres, une plaine sous-l.ii usln | 
s'enfonce à 80 mètres de profondeur au Kouiïie du licuiluo/, i un 
saire d'une source chaude. Le promontcui e aluupt du Rocde Clu 
(643 mètres), projeté entre Talloires 
etMenthon,étreinlla nappe lacustre 
et distingue le Grand du Petit lac. 
Rien de charmant comme les bords 
de cette mer en miniature. 

M. A. Theuriet l'a délicieusement 
décrite : 

« L'eau est d'un vert lustré et 
tendre. Des frissons Lmlni .iigcrités 
et tantôt mor il'ii .s l.i m.ii rui à lu 
moindre brisi'. !,.• solnl Iml |iaitnul. 
A droite, il baigne l'iuKUrne croupe 
allongée du Semnoz d'une blonde 
couleur ; à gauche, dans la verdure, 
il fait pi'lillor ili-s poinlos de clo- 
chers il.- vill.i-'', .lis riinrs Mancs et 
des ti 'il s (11' \r III l.i 11^:1 'ni rs il inséminés 
dans lis \ i^iM s. \Vi s II' lorul ilu lac, 

cinq pl.iiisili' iil.iL'iii'S s'i''clii'liiii- 

nent l't s'i'im lii'\.'li l'ul , n.'vr's i|i' 
bruiui's li.iii-|i,iii'nti'Siiui Mlonleirl 
les contours, arrondissentles arêtes, 
puis s'envolent en fumées blanches 
et vont former comme un chapeau 
de nuées autour des cimes les plus 
hautes. La lumière attendrie du 
matin harmonise toutes ces lignes 
et fond dans une tonalité sans cesse 
changeante le vert phosphorescent 





N T u o T T I E 1 



-O VAGN Y. 



de M Brun. 



des vignes, l'or des blés, la verdure 
épaisse des noyers trapus et le ve- 
lours presque noir des sapins. Une 
biisr I.'i;i''r-.- traverse la nappe cé- 

ruli'i I lu lie, y fait des risées 

ciiuli'Ui il .ir:.'iir-inarine et apporte 
jusque sur le bateau l'odeur des vi- 
gnobles qui commencent à fleurir. » 
Voici, au pied du Veyrier, la Tour, 
où mourut Eugène Sue; Mentlwn, 
où Taine voulut être inhumé, sur 
l'horizon du lac qu'il aimait : son 
tombeau, une petite chapelle très 
simple, creusée dans le roi-her, i>st 
sur la face nord du Roc de Chère. 
Au bord du lac, un établissement 
lie bains, héritier lointain d'anciens 
thermes romains, utilise les eaux 
sulfureuses sulthydriquées alcali- 
nes d'une source qui a été retrou- 
vée en 1863. Au-dessus du nid ver- 
doyant où s'éparpillent les maisons 
du village, le château de Mentlion 
(xrii° au xvi= siècle) couronne une 
colline détachée sur le front des 
Dents de Lanfon. Là naquit, au 
x° siècle, saint llernard de Menlhim, 



118 



LA FRANCE 



foiulateurdes hospices du Grand et du Petit-Saint-Bernard. Tiilluires, 
pairie de Berllioliet, commande l'entrée du pflit lac, on face de la 
presqu'île de Buiiujt. 

Un village lacustre s'appuyait à l'ilot du Hnselet, sulimergé entre 
Talloires et la pointe boisrede nttini/t. Cette rive conduit dans le val 
ombreux d'Entrevernes, au cliàteau de D'-r/T, qu'habita saint François 



dont les roches calcaires ont été profondément dissoutes et cre- 
vassées par l'action dissolvante des eaux atmosphériques. 

Le Parmelan n'est pas une montagne quelconque. Haut de 
1855 mèties à son point culminant, il soulève, au-dessus des 
bois feuillus, des sapins, des talus gazonnés, un quadrilatère de 
roches ciénelées, flanqué aux angles de tours arrondies, d'une pro- 





do baies, le 
bout du lac af- 
tb'uri- à la plaine 
III a r i- ca gcuse 
d'dii monte, en 
vedette, près de 
VEau- Morte, la 
tour du Vivier 
(Xn^siècleV 

Uu C(Mé iV An- 
née)/, au ilrclin 
du jour, le reflet 
du ciel orange 
répand sur l'eau 
très calme une 
éblouissante 
coulée d'or à 
chatoiements 
vermeils. Bar- 
rant cette nappe 
incandescente, 
la presqu'île de 
....,,,,1 ^ „L su iu,,,z r)ui)ujt y dé- 

coupe avec vi- 
gueur son châ- 
teau et ses feuillages presque noirs; ]iuis l'eau, se décolorant insen- 
siblement, prend une teinte verte toujours plus tendre jusqu'au 
l!out-du-Lac, où elle se fond dans les vapeurs gris bleu qui fument à 
la base des montagnes, tandis que les crêtes les plus élevées, encore 
effleurées pa^r le soleil, semblent lavées d'une suave couleur mauve. 
11 faut v4|Uer, dans la sphère d'attraction du lac, le Crét du Maure 
(Observatoire), le CriH de Chdtillon (1 704 mètres), point culminant 
du Semnoz, d'où la vue se promène sur les lacs de Savoie, des gla- 
ciers du Dauphiné jusqu'au mont Blanc; les gorges du Fier ei le cas- 
tel de Montrottier; Thoreiis el l'ancien manoir de Salles; la Tour- 
netle (2 357 mètres) et son fauteuil, bloc isolé de 33 mètres que l'on 
escalade par des échelles scellées au rocher; la comhe d'Ire, le Pur- 
luetiiii (1 855 mètres), ses lapia: analogurs à ceux du désert de Plalé, 




(tigieuse tiar- 
diesse : ses (bm- 
ves profondes 
sont rayées, à 
1 30:1 mètres en 
contre-bas, par 
les filetsdu Fier, 
du Mélèze et ib- 
la Filliéiv. Vur 
de la plaine 
d'Annecy, la 
montagne parait 
inexpugnable 
C'est un entas- 
sement titanes- 
que de roches 
pelées, arides, 
démantelées, 
semblables aux 
flots pétrifié-! 
d'une mer en 
furie. « Çà et l'i 
pointent, comme ,,,,i,iis i,i -,iiku(i/, 

des mâts de vais- 
seaux engloutis, 

des squelettes de pins dépouillés de leurs feuilles et de leur écorce, 
blanchis par les années ou frappés (lar la foudre. .■ (C. Dunant.) A 
quelle ca>ise sont dus les lapiaz du Parmelan? I.a déforeslation 
d'abord qui, en livrant la roche aux ardeurs du soleil, à l'éclate- 
ment du gel, à la morsure du vent, à l'acidité des précipitations 
atmosphériques, a commencé le démantèlement de la montagne. Au 
surplus, géologues et physiciens s'escriment en explicatimis plus ou 
moins plausibles. 

Cette Arabie Pétrée qu'est la mer des lapiaz offre tour à tour au 
regard l'affligeant spectacle de l'aridité et de la ruine : partout des 
crevasses traîtresses, des arêtes tranchantes, des puits sans fond 
où les neiges d'hiver se moulent en épaisses ci'oûtes de glace. Il 
n'est jias jusqu'aux roches décharnées iiui, je luisant aux rayons du 



LES ALPES. 



LE P, Il ONE 



lia 



soleil, ne donnent l'illusion des champs de névés él des séracs de 
la Mer de glace. Dans ce sol bouleversé, les pluies les plus fortes 
•disparaissent comme par enchantement : pas d'eau; les pâtres qui 
fréquentent, avec leurs chèvres et leurs vaches, paimi les îlots 
<Ie verdure semés coiuim' drs oasis dans (■ctlc di'snjation, n'ont 
pour abreuvei' h'urs hrli-s il ctiinh.-i- U-wi snil' ipi>' |;i ni-i:;i' 



Les Bauges. — Entre les dépressions des lacs d'Annecy et du 
Bourget, d'Albertville sur l'Arly à Chambéry, sur le front de la 
vallée de l'Isère, en amont du Graisivaudan, le relief des Bauges, une 
petite .Savoie dans la giande, élève ses abrupt» remparts que rom- 
piMit scuicmi'nt (|md(|ucs couloirs d'accès : passages de I.eschaux, de 
Cusy, ilii l'iéiir.i ,{,■ r,imi('. De belles routes s'insinuent à travers des 




ccjngelée dans les fonds à l'a- 
bri du soleil : on la fait fondre, 
et l'eau, recueillie dans des 
troncs de sapins creusés, pa- 
vait un nectar. Une sorte tie 
mirage se produit par l'éi- lia ni- 
fement des grandes vai-'ursilr 
rocher; la réverbération du 
soleil d'août sur ces dalles 
miroitantes est intense; le 
vent souffle là-haut comme 
l'haleine d'un four à chaux. 
Alors fondent les réserves de 
l'hiver et partout où, entr.' 
les replis arides ou au fond 
des cirques, se trouve un peu 
de déti'itus végétal, une flo- 
raison s'épanouit ; la campa- 
nule, les crucifères jaunes, la 
centaurée bleue se niontrenl 
dans les fentes de r.icliiT ou 
piquent un IimmIi c ^azoïi (!.■ 
leurs vives cou b'i lis; d.'s ij-ai- 
tianes, desorchisudurifiauls 
jonchent le sol de quelques 
criques abritées, tandis que 

les rhododendrons suspendent leur guirlande caiininée au couron- 
nement, comme unvélum de pourpre sur l'arène d'un amphithéâtre. 
Dans les parois du roc s'ouvrent parfois des cavernes mystérieuses 
comme celle du Haut-Aviernoz : une tranchée de 30 mètres sur 10 
pénètre sous roche, d'une vingtaine de mètres; des pins en 
frangent les bords. Le sentier suspendu aux pai-ois presque verti- 
cales de la tranchée aboutit à un parvis de glace. l!n grand arc 
triomphal ouvre la porte; des colonnettes de glace, dont quelques- 
unes gisent écroulées sur le sol, ont l'air de soutenir la voûte de 
cette crypte dont la crèle reçoit à ciel ouvert l'illumination du 
soleil. Si l'aride désert du Parmdnn recèle d'étranges merveilles, 
elles sont par malheur d'un accès peu facile. 




délilés pittoresques faciles à 
défendre : ce serait, en cas 
d'invasion, la position stra- 
tégique la plus importante de 
la Savoie, car elle commande 
Albertville, Montmélian, le 
débouché du Petit-Saint- 
Bernard, par l'Isère, et celui 
du Mont-Cenis, par l'Arc, 
Chambéry, Aix, Annecy, 
Cgines et les approches du 
Khône, de Culoz à Genève. 
Cette citadelle naturelle, ap- 
(irovisionnée de tout ce qui 
est nécessaire à l'entretien 
d'une armée, pourrait tenir 
indéfiniment. Les Bauges, en 
idîet, bien que dominant d'as- 
sez haut les régions plantu- 
reuses qui les entourent, sont 
riches en bois et en pâtu- 
rages : des luHres, des pins 
couvrent les souiiiiels; dans 
les vallons croissent des 
noyers énormes, d'où l'on 
tire une excellente huile; 
eiiliii l'iiidiislrie pasloiali- excelle dans la fabrication du beurre et 
du fromage. Tout n'est pas uniforme dans cet entassement de roches 
jurassiiiues et crélaci'es. L'altitude moyenne étant proche de 
l 000 mètres, le point le plus élevé, la Bmit du Pccloz, atteint 
•2200 mètres; le plus bas est au pont de Bauges, issue du pays par la 
vallée du Chéran sur la riante plaine de Rumilly et le cours du Fier. 
Le Chàtclard élaye ses maisons sur un promontoire escarpé qu'en- 
veloppe le Chéran : c'est le cœur du pays; on rayonne de là sur la 
forêt et sur l'ancienne abbaye de Bellevau.r, les grotles du Pré- 
Rouge et des Bauges, le site pittoresque du pont de l'Abîme. Tandis 
que la partie orientale du plateau forme barrage au-dessus de 
risère [Haulcs-Bauges], la partie nord-occidentale s'épanouit par 



120 



LA FRANCE 



l'évenldil du Chérati. eiitie les sail- 
lants de la Dent du ISivolet, au- 
desbus de Cliambeij, du Ilcintrf 
sur Aix-leh-Bauis, et, d autre pnU, 
l'arête du Sniniid-, poinlee sur An 
necy Le Semnnz, Rujinde laSaïuic, 
depuis longtemps fiequenté des 
touiistes, possède un Ubsei\atniiP 
(poinlculmmant . le ci et de Cliàtil- 
!on, i7U'i mèties); 1 asi ension du 
Ni\olpt (in'i3 mèties) est le com- 
pl( ment ciassii|ue d une visite à 
Chambéiy. On jugeait inaccessible 
l'abiuple aiete du ReiaiJ, qui se 
dresse fièiement au-desbus d \i\- 
les-Bains : un funitulaiie, qui le 
prend à leveis, pai les collines éla 
gées de Mouxy et Piigny, en rend 
aujourd'liui l'ascension facile. 

Le lac du Bourget, long de 
18 kilonièties, laigc au plus de 
3 kilomelies, avec une supeipKie 
de 4^462 beUaic ^ est ipiclel. 
man, le plus li n I il | I is | i 
fond de nos l.n ^ i i 1 1 ni il 

doucenipul iik lui iili i-tt m 

les cdiili I iN II s. ^ de la Diiit 
du Chili (|u I 11 I ( n use JUbqu i 
unepiiil .ikIi m b Sll 100 et menu 
14S nictiLb. Le pioinontoue de 
Grésille, piobableraent d'oiigine 
moiainique, et le delta du Siei- 
roz, qui sépare le grand et le petit 

port d'Aix-lcs-lîains, dessinent ^ ^^ 

deux bassins dans la nappe la- 
custre. Lamartine aimait le Bour- 
get : il en a reçu d'émouvantes inspirations; il écrivit à Cbàl 
une partie de Jucelyn et ses Médilntions. 

Huutecoiiibe, vu du large, semble un nid de verdure llottant su 
eaux. Depuis Amédée 111, les princes de la Maison de Savoie y r 




\- 


•ur qi 


il'é. 


n 


10 nu m 


enls 


t 


issemi 


lc(^S 


( 


ercle de la 




sent. Dès le .xu" siècle, des reli- 
gieux de Ci teaux fondaient sur cetle- 
presqu'ile un monastère. La Révo- 
lution de 1"93 établit une faïence- 
rie dans les bâtiments claustraux; 
mais, en 1825, Cbarles-Félix de 
Savoie racbeta l'abbaye et ses dé- 
pendances et fit restaurer le Pan- 
théon de ses ancêtres. L'église, dr 
style ogival fleuri, est à trois nefs 
avec transept; la façade principale, 
les chapelles, les murs, la voûte 
même disparaissent sous une sur- 
c'Iiarge d'ornements peu eu harmo- 
nie avec la destination de l'édifice. 
(Juelques belles œuvres : la Reine 
Marie C/iristine secourant les pauvres, 
la statue de Cbarles-Félix, reposent 
(le la monotonie des tombeaux. Au 
sommet de la tour qui commande 
11' lac, un fanal servait do phare 
aux mariniers. 

Aix-les-Bains est la reine du 
Bourget; une belle avenue franchit 
la distance de 3 kilomètres qui l'en 
sépare. Abritée des vents froids par 
b' Rcvard, dans le cadre d'une val- 
lée luxuriante où la vigne, grâce au 
(limât, s'épanouit sur les pentes, 
,111 niilii'u de cultures variées. Air 
N'.i.ii habitants), déjà fréquentée 
des Ibiuiains pour l'aménité de son 
séjour et l'efficacité de ses eaux, a 
retrouvé, depuis Henri IV, Viclor- 
Amédée III de Savoie et surtout 
son annexion à la France, une fa- 
stations thermales les plus fréquentées. Pour 
ùtels le long de larges avenues, des villas 
erdure, deux casinos, la villa des Fleurs et le 
(Mdré's de gazons bien peignés et de massifs 
fleuris. Combien parmi 
leurs hùtes de passage s'at- 
tardent aux souvenirs du 
passé : poteries romaines, 
inscriptions, objets lacus- 
tres retirés du lac et réunis 
au Musée? l.fs courses de 
Marlioz, les fêtes du Casino, 
les petits chevaux, le tir aux 
pigeons, le Golf-Club, le 
lawn-tennis, les courses de 
canots et d'automobiles ac- 
laiiarent toute la vie. Aix 



'".7 1 . Les Thermes ro- 
ua ins remonteraient au 
'■ siècle. L'édifice construit 
ar Victor-Amédée III, à la 
n du xviii" siècle, a été 
ranslnrmé. Deux sources 
1,1 in,il.'s fournissent 4 mil- 
i.iii> .h' litres par jour à 
i:ial.li>-emenl: leur tein- 



Irssrlsi 



l G DU E O U 11 G E 1- ET 



sulfuré, qu'elles reii 
rn quantité à peu pr 
'■xercent une acTn 


1 


lient 
gale, 
sahi- 
eLla 


-outtcarlici 


laiivchi 


ou 


i(|ue. 


1 )n traile é:. 
les engorge 
des viscères 


alemenl, a 
nents du fi 
abdomina 


ie et 

IX. 



LES ALPES. 



LE l; II UNE 



121 




lette;( 

il bVpanehe 
ilans le Giiieis. 
I e lac atteint sa 
plus glande pro- 
fondeur (71 mé- 
tier) en face de 
S,iiiil-All.aii-de- 

i-„u,. ucw, uucna. M<,,llli.^l; Sa SU- 

.VUC UOMA.N, A A,X-LES-BA1NS. |,„,,„.„. ^^^ ^|^, 

'6 kiiunirlri's car- 
rés. On y poche la carpe commune, le caipeau, la truite saumum'c, 
le véron avec le barbeau, le chevesne. Le lac du Bvurget est plus 
poissonneux encore ; il nourrit vingt-sept espèces, parmi lesquelles: 
le chabot de rivière, la perche, le ciievesne, le goujon, la tanche, la 
truite de Genève, l'ombre-chevalier, le lavaret, la lotte de rivière, 
l'anguille noire. 

Le Guiers est formé par la ii'uninn dr deux torrents : le Guiers- 
Vif ei le (laiers-Murt {aussi vil' t\\u' l'imli.' , qui prennent naissance 
au cœur du massif de la Gi'aiid'-i'.li.irlivii^(>. Le Guiers-Yif, issu au 
revers du Grand-Soni, sous le pl.il'Mii il'- T Alpelte, entaille profondé- 
ment le massif, de Saint-Pien-r-,ri-:nirr,in,iit au village de La Grotte; 
son cours, sinueux et rapide, se ib\.l.i|ipe au milieu des sapins 
embués de rosée. Son émule h' Cmrr-M'.rt ouvre, par de grandioses 
défilés, le chemin de Saint-l.nii l'ui-.lii-rdut à la Grande-Char- 
treuse. Les deux Guiers, unis mmis la ville drs Échelles, franchissent 
rauliclinal du mont ïournier, par les gorges de Chailley, passent au 
l'oul-de-Beauvoisin et se jettent, en aval de Saint-Genix, dans le 
IVu'ino. — Cours : 43 à 48 kilomètres, par le Guiers-.Mort. 

I.i's Echelles furent une station romaine, le Lahisco de la grande 
iiiiile iiiililaiie de Milan à Vienne, sur le Bliàne. Un seuil de rochers 
aluupts sépare la vallée du Giiiers-Vif de celle de ÏHière qui con- 
duit à Chambéry : les Romains l'entamèrent au ciseau, et l'on voit 
encore, aux parois de la route actuelle, les entailles qu'ils avaient 
pratiquées dans le roc. Et comme celte gorge, lit naturel d'un 
torrent, se trouvait, à certaines époques de l'année, envahie par 
les eaux, un mur fut élevé, pour protéger le passage en détournant 

France. — II. 



ux [i.ir II' lavm du i.rand-doulet. -Mais la voie romaine, à la 
évre du défilé qu'elle s'était accommodé, tombait à pic au-dessus 
de la plaine, en sorte qu'il fallut pratiquer dans les falaises 
rocheuses une sorte d'escalier, une échelle, d'où les fardeaux descen- 
daient péniblement à dos d'homme jusqu'en bas. 

En 1667, le duc Chailes-Emmannel II, pour faciliter les relations 
commerciales entre la Fiance et la Savoie, dont le poste des 
Échelles était frontière, lit réparer et élargir à grands frais l'an- 
cienne voie romaine, de\enue un simple passage muletier. Par là 
se trouvèrent assuiées les communications de Vienne à Chambéry. 
Mais on dut, pour iiiMiiui i uni' mulr duis ces défilés, faire sauter 
à lamine 13 000 lu' tn ■> miIm s ,I,mu, h, i s rt Intir 6000 mètres cubes 



de maçonnerie, 01 
la route contre 
la falaise et l'in- 
cline peu à peu 
vers la plaine. 
L'ancienne fis- 
sure de dégage- 
ment de la voie 
romaine sert à 
présent de fossé 
pour l'écoule- 
ment des eaux, 
sans préjudice 
du Grand-Goulet 
par où fondent 
en torrents les 
préci pitations 
sauvages de 
la montagne. 
Un monument 
commémoratif, 
adossé à l'une 
des parois de la 
route, rapporte 
à l'initiative et à 
la persévérance 
de Charles-Em- 
manuel II l'hon- 



>ment qui arc-boute 




LA FRANCE 




ncur do ce grand et 
difficile travail. 

Depuis les légions 
romaines, bien des 
armées ont gravi ou 
descendu le défilé des 
Échelles. Napoléon I", 
trouvant trop pénible 
encore pour les lourds 
chargements l'incli- 
naison de la route de 
Charles-Emmanuel, 
fit ouvrir, à travers le 
rocher surplombani la 
plaine, un beau tun- 
nel, long de 308 mè- 
tres, large de 8, d'oii 
la roule, conduite par 
une pente douce en 
lacets (4 kilomètres), 
atteint la localité des 
Échelles. Le tunnel, 
commencé en 1804, 
peu après abandonné, 
puis repris en 1812, 
fut percé en 1813; le 
13 août de cette an- 
née, les mineurs qui 
travaillaient à ren- 
contre les uns des au- 
tres se rejoignirent; mais la route ne fut terminée que plus tard 
et inaugurée en 1820 par le gouvernement sarde. Voitures et auto- 
mobiles plissent par le tunnel; les vrais touristes suivent la pre- 
mière portion de l'ancienne route. 

Plusieurs cavernes s'ouvrent dans la misse ïocheuse. Pai les soins 
de la Société des grottes, les paities les plus inteiessnntes sont 
devenues accessibles. Dans la fissuie du Grand-Gmib t , une galène 
en fer s'accroche au flanc de Fescaipement. La memniie du 
fameux contrebandier. Mandrin, hante ces sombies souteuains il 
en avait fait un repaire inaccessible. Louis Mnndiin (né en 172')) 
recrutait des partisans parmi 
les déserteurs, qu'il payait : en- 
nemi-né des fermiers généraux 
et de ]a. gabelle, il faisait le coup 
de feu contre leurs agents, at- 
taquait même des villes, tenait 
tète aux troupes envoyées ré- 
gulièrement contre lui, mais 
respectait les biens des particu- 
liers, ce quiluivalutunoi^iaiidi' 
popularité et la complicité des 
paysans qu'il protégeait, tin 
vous mon Irera, dans la gorge du 
Grand-Goulet, le siège de Man- 
drin, sa cuisine, etc. 

La petite ville des Éf/te/te com- 
mandait l'issue des défilés. Celte 
situation, sur la grande route 
des Gaules en Italie, lui valut 
une grande importance mili- 
taire et commerciale jusqu'à 
nos jours. De nombreux ves- 
tiges romains y ont été trouvés 
Au moyen â-,e, le ch iteau i\ec 
le territoire d( b Echelles fuii nt 
l'apanage de la piincesse Bia- 
trix de Savoie qui epousi en 
décembre 1220, Haymond Be- 
renger, comte de Pio\enre Sa 
réputation de be luté et d psput 
lui faisait une c m 1 i ill nili 
c'était, audiicdi M iliu n | ms 
«la plus ht Ht ^1. i ( I Ml I ul( 
piincessodesonli iu| s p(i( |( ssi 
ello-ménip, elle fut clniiti e pu 
les poètes » I aînée de ses 
filles, Marr/xiente de Pmience, 
épousa le 101 de Fiance I ouisIX, 



en 1234; Éléonore, sa 
cadette, fut mariée à 
Henri II r, roi d'Angle- 
terre; Béatrix, la der- 
nière, épousa (124S) 
Charles d'Anjou, frère 
de saint Louis, et lui 
apporta en dot la Pro- 
vence : par là, Charles 
d'Anjou fut roi de Ka- 
ples, de Sicile et de 
Jérusalem. L'une des 
petites-filles de Bt'atrix 
de Savoie, Béatrir de 
Sicile, en épousant un 
Paléologue, devenait 
impératrice de Cons- 
tantinople. Béatrix de 
5fluoie mourut en 120G 
au château des Échel- 
les; on lui érigea, 
dans sa chapelle, un 
splendide mausolée de 
marbre. Pour le châ- 
teau, canonné et pris 
en mars 1591 par Lcs- 
diguières, repris l'an- 
née suivante (août i par 
le duc de Nemours it 
Amédée de Savoie, à la 
suite d'une nouvelle canonnade désastreuse, incendié, croulant, il 
fut complètement abandonné. Des défrichements et des déblais, 
pratiqués en 18'>7 dans 1rs ruinr';, ont amené l'heuieuse découverte 
du tombeau de II pi m . ss. R, itn\. 

I e massif de la Grande-Chartreuse compose avec la suite des 
hauts icht Is ainsi, s I, ut i Imnl, i?«??îcs i t Bauges au nord, Yercors 
et DelO?»// ausiid, , I II, ,n .ml, ( \l ii, uie de contieforts qui, sous 
le nom de Prealpes calcaires, b isli .une à l'oupbt sur la plaine, 
le la Balance, nos grandes Alpes 
phim . Llseie auete brusquement 
au sud 1 expansion du massif de 
la Lhartrcuse : il se prolonge 
veis le noid jusqu'en vue du 
Bouiget, sur l'horizon au Jura, 
soulevé en bordure sur la rive 
dioite du Rhône. Il y a entre 
les deux chaînes une évidente 
patenté de lole et de nature, 
celle de la Chaitreuse étant uni- 
quement constiuite de roches, 
massiques et ciétacées. Même 
analogie dans la disposition du 
lelief en chaînons juxtaposés, 
d où suigissent les sommets, 
avec cette dilTéi ence que le Jura, 
en généial moins bien défendu, 
oliie sui ses hauts plateaux des 
aspects plus ludes, un climat 
plus âpie que la Grande-Char- 
iieuse ou se letiouve mieux, à 
I abu d'un épais manteau fo- 
lesliei, la beauté première des 
montagnes de moyenne alti- 
tude. 

De nombreux blocs erratiques 
(col du Fiène, etc.) prouvent 
que, duiant la période quater- 
naiie, les glaces qui emplissaient 
la dépression du Graincaudan, 
diint llseie est lé déversoir, 

I 11 111 lent dans l'intérieur du 
de la Grande-Chartreuse et 

s ) III heient par les profondes 

Il II iiiies du Guiers-Vif et 

II' ns Moit. Le massif se 

II 1 ii-iie en quatre chaînes pa- 
lallilit, ouentiis du nll^d-e^l 
au sud-ouest . 1° la chaîne du 




LI'S ALPES. 



LE RHO. NE 



123 



Granier et do la De ni 
de Crulles qui, sou- 
tenue pur les assises 
des coteaux de Belle- 
Combe, soulève àl'est, 
au rceard du massif 
de Uclledonne, un 
rempart continu où 
culminent le mont 
Granier (1938 mè- 
tres), le sommet de 
VAlpette (1841 mè- 
tres); au revers du 
col de Saulce,lePp<i(- 
Som ou Dent de Crulles 
(2 060 mètres); au 
delà du col des Aijes, 
le Roc de l'Aiguille 
(I 787 mètres), enfin 
la crête du mont 
Eynard ou du Snint- 
Eynard (13o9 mè- 
tres), dont le fort 
commande les appr.i- 
elles de (ireiiiil)li'; 
2° la chaîne de Cha- 
mechaude, avec h- 
Signal de ce nom 
(2 087 mèlrcs\ point 



let l'un tii ui le 

rocheux que cieuse piofondement lesillon de hVcnce enfin le mont 
Rnchais, àonl les premiers esrnipem ntspoitentle foi tb Rabot et de la 



\"" '^ 


"■^ 




fÊBÊÊÊÊÊh 


k 




A 




''"y ' , 


^ 




'':wsr'^^ 






w^mSÊÊÊÊ^^- ' 




^mk 


T 


''"1^ , ^./^J'C^ 


pu,. 




j.ff-.ii.,,,.H ''y B^S^^^fe^^^BI 


^^É 


\ 




J^Mteittftai 


lgfe.,l 



DastiUe, juclies i pir tu 1 <; u I I 
3" la chaîne du Grand Som [ 
Por<e(13j2m tiPb)rt 1 II I h i 
très) et 1 ccl du t u h i i I ii^ 
dessus de la plaine 1 i I u I i j 
tres)etquunonte au I I 1 I 1 m 
avec la montacn d ( il l 1 ii 1 
(964-1812 niLties) JUS lu lu 6-/« / 
cime du massif behedue de h Oi 
s'estompent au sud le Cluamant S 
du Casque rfe ^ r n [\ iO'i m ti i 
au sud ouest sui li 
coupure de 1 Isli 4° h 
chaîne de la Grande- 
Sure, s I 11 le 1 i 
chaîne du ( i m 1 s m 
par plusieuis d pies 
sions, entiel qu lleslt 
vallon ou s (.1 \e le im 
nastère de la t nn le 
Chartreuse i e cli unon 
amorcé au mont OUi mu 
(1007meties) monte m 
Signal de l i Cachette 
(1 623 mt ti es) s oum e m 
passage du ( ui i \il 
soulève h ( 1 1 111 
liénard(i jb iu\ li ju 
coupe le (juiei Mit t 
culmine i la G/n ik Suie 
(I924metieb) poui liiiu 
sur la uve dioite de 
l'Isère pai lalon^ueciêt 
lies Rochen de Chihi 
(1776 mètres) Cette 
chaîne foi me sui 1 1 
plaine de Saint Liui nt 
du-Pont etdLsELhcll 
le rempai t occident il dt 
tout le massif, abstrac- 
tion faite d'une petite 
crèle d'avant-yarde, 
celle du Uaz ou du Itatz. 



de ( lenoble 
1 nte p II le col de 
I lu/rt inllb4me 



Dluxî (/ I 11 
du CiUiei M il I 
bif du sud ui 11 1 
ndtuie saine M^iuieusc et m i 
C/(ar/;<>i(it joint 1 lutei t des pi 



1 le monl de / i 
luie delaCoc/( // 



ilmttiieui du côté de 1 ouest [iili lu- 
luGuieis\if Une II isi me ti i\ i I m i: 
tieOienrl 1 t ( liiiiil r) V 1 ittidit d ui: 
1 I 1 lie le maàsi/ d 1 
\ 1 1 nt il e t coiiiin 
bi-h dcie d un c jte h & giand s Vlj a 1 1| I m *; n i i un s m 
f,hciers etinctl uits lelautie la lésion j 1 uitui u l I ii 1 
lies du 1 ouiget et d \iinec) C est encoie un iiii I I i 
de la vie \ ^ dit un tiait dunun cntie \ I Ij I ni 

qui 1 11 1 11 I 1 M il I ( iitiiiuil de la Me t s ti u lis d u i 
Il 11 luj ui l hui I 11 

I i Grande -Chartreuse — Diiis lpn\ebp|e lu ( ni 
1 lit I 1 uv In-, 1 ( uib s lui Mt niiv m •, fi ii h s 1 




EN HIVEll ; LE GUIEHS-M011T, PRliS DU GHAND-LOGIS. 



124 



LA FRANCE 



contreforts orientaux, le 
Grand-Som (2 033 mètres) 
abrite du nord une clai- 
rière verte et retirée où 
s'élèvent les bâtiments 
de la Grande-Chartreuse, 
aux toits aigus dardés 
contre la neige. Le site, à 
la fois riant et sévère, se 
développe à la lisière des 
grands bois qui montent 
au nord vers le col de la 
Ruchère; à l'ouest, un 
contrefort boisé de l'Alié- 
nard complète l'investis- 
sement de l'agreste désert. 
On y pénètre par la cluse 
étroite et sinueuse d'un 
petit torrent à la source 
duquel s'abreuvait sniid 
5nmo, lorsqu'il s'ensevelit 
avec ses compagnons dans 
cette solitude. 

Venu de Cologne, où il 
naquit vers 103S, il étdil, 
à Reims, directeur des 
Écoles dont il a\ait été 
d'abord élève : on le \ oulut 
pour arcbevèque; il s'en- 
fuit à Paris pour écliappei 
à cet honneur, et résolut 
de consacrer sa vie à la 
prière, dans le désert que 
saint Hugues, évèque de 
Grenoble, lui indiqua, au 
milieu des Alpes du Daa- 
phiné. Piès d'une souice, 
à la lisière d'une foi et pio- 
fonde, Bruno et s^es com- 
pagnons bâtirent quelques 
huttes rustiques, avec un 
oratoire, sur un rocher. 

„. ,,, . ,. ,,, Gli AN DE-Cn AUTUli i: s E : C II E .M I 

Bientôt une église s éle- 
vait, aujourd'hui Notre- 
Dame de Casalibus, dont le nom {casa, cabane) rappelle le modeste 
campement qui fut l'origine du monastère. Appelé à Rome par 
Urbain H, dont il entlamma le zèle pour la prédication de la 
première croisade, saint Bruno mourut le 6 octobre MOI, sans 
avoir eu la consolation, qu'il i-èvait, de revoir la Chartreuse. Une 
avalanche de rochers ayant écrasé le premier couvent, élevé par 
saint Hugues, les religieux transférèrent leur résidence à l'endroit 
où s'élève la Grande -Chartreuse d'aujourd'hui. Les bâtiments 
actuels furent édifiés en 1676, après un incendie allumé par les 
soldats du baron des Ailrels. Une première fois (179b), les moines 




r 

1 15 



1 i D 




DE S\INT-UHUNO, E 



alelieih, voies de com 
chanté La loi de 1901, i 
pajs des Clinrlreur; le F' 
(que la Fiance posséda 
fabiiquée p ii les 
Pèles Chai tieu\ 
se fait d'autre 
part en Espagne, 
à Tarragone!' 

L'architecture 
desbâlimentsde 
la Grande-Char- 
tieuse est d une 
siin[ li( lie \uu 
lui c )inme 1 i 
\i d(S hiMis 
quiK-ll lit lient 
lensemlih (n- 
toui de uni 

d en ce mit s i 
Lit e couMe uiK 



(huent quitter leui cou- 
> I nt que 1 Etat s a(l|Ugea 
I I Restauiation lendit a 
la Grande-Cliai treuse ses 
Ilotes (1816), en leui lais- 
^ int l'usage des pâturages 
enclos dans le Déseit, 
ainsi que le bois qui lem 
était necessaue. 

Les Chartreux, lentiés 
( hez eux en locataiies, di - 
mandeient àlalaluicatioii 
d'une liqueui les les- 
souices nécessdiies à leui 
subsistance. Des plantes 
ilpines aiomaliques, li 
m lissi la lavande, des 
lli III s II, illiesdanslespà 
lui I- s nu les anfiacluo- 
-il s (I s in( hcis voisins. 



itu\ que débita d'aboi d le 
]ihaimacien du couvent 
Il fallut, poui lépondie à 
la faveui du publa, éten 
die la fabinalion, la dé- 
placei, poui ne pas trou- 
lilei le lecueillement des 
sdlitaiies : de vastes bâti- 
ments, édiliés pour cet 
objet a Fuvudîi ir, ainsi 
que d£businesieiiii)la( nil 
un haut fiuini lu con- 
sliuit pai les Cliaitieu\ 
au milieu du xvii"= siècle, 
s(int à piésent aux mani' 
hmhquilil.i - -- 

|.l„lili n 
\,^( hnl, 



LE U É F E C T O 1 It E 



1 liDi loge qui 
monte a 30 me 
tiebdehiut Une 
chapelle ouveile 
liois du couvent 
le l0j,emenl des 
employés, celui 




GALE II lE DU 



LES ALPES. — Ll' lUIÙiNE 



125 



des Ilotes qui étaient reçus 
gratuitement, accompa- 
gnent l'entrée large et 
massive. Une paix profonde 
ii'i-'ii.ul à l'intérieur, mais 
uni- paix vivante que trou- 
l.l.iil Miil II' tintement de la 
clnche ap|)flant les reli- 
giiux à la prière. De cette 
Miiiiude se dégageait une 
pénétrante poésie; une 

à s'y révélait : il n'y a 

plus rien que le vide; le 
cadre reste, les hôtes sont 
partis. Le grand cluitre, où 
glissaient d'un pas à peine 
perceptible les Chartreux 
hlancs se rendant à ma- 
li lies, ne s'éveille plus qu'au 
délilé des touristes, sous la 
«niiduite d'un guide pa- 
tienté glaiiissant des bana- 
lili's mal apprises. Dans la 



talent, le long des murs, la 
vie de saint Bruno, d'après 
l'œuvre de Lesueur au mu- 
sée du Louvre; ils n'y sont 
plus. Les portraits des gé- 
néraux de l'Ordre, depuis sa 
fondation, noble et impres- 
sion nai il.- lignée s'il enfui, 
<iiil ar.Miiqiagné les Char- 
treux en exil. La salle des 
Cartes n'a plus ni plans ni 
i-eliefs; de la Bibliothèque 
reconstituée patiemment, 
après la dispersion des 
plus anciens manuscrits 
par la Hévolution, les der- 
niers volumes sont partis; 
Véglise, où les Chartreux 
passaient le meilleui deleurvie 
à 5 heuies et demie du matin, a 
8 heuies, 1 10 heuies, a 11 heu 
les, a midi et quai t, a 2 heuies 
tiuis ijuaits, a b hiuies, i 
Il heuies tiois quaits, (usqu i 
'2 heuies du matin pom lecb mt 
des oflices 1 .lise est muett 
conimi 11 lest ( t u\ quiles ont 
vues se iipiill nt les .,1 miles 
ombi s 1 I m 11 m Im 1 s d nis 

les (III |i IV still s ,lii 

chaui 1 1 I lu 111 m itiim di s 
lanternes 1 ui ml ii s glus m 
tiphonaues poui le chant des 
offices pu inteivalles, la lu 
mieie lé| I f II! I se voilait 
sombi ul] III I I iiebies des 
voix ^1 i\ Il iil II nt, sonoies 
et vibi iiiks iiLi tacle était 

beau, impiessionn int 

Le refectoiie est deseit les 
Chaitieux n\ venaient gueie 
on sait combien leui legle i si 
sévère. Chaque religieux a son 
logis communiquant avec le 
cloître : un promenoir, un petit 
jardin, un atelier avec tour et 
établi pour se donner quelque 
exercice; au premier, où l'on 
accède par un étroit escalier, 
un réduit pouvant servir au re- 
pos, le cabinet de travail, com- 
prenant une table, une chaise, 

France. — II. 





quelques livres; la cham- 
bre à coucher avec lit, 
paillasse, couverture, deux 
draps de laine, un petit 
oratoire dans le mur; 
telle est la cellule d'un Char- 
treux. Avant 11 heures le 
matin, à 5 heures l'après- 
midi, chacun reçoit son 
repas par un guichet. C'est 
le régime du prisonnier 
volontaire. Jamais le Char- 
treux ne parle, même au 
réfectoire, où le règlement 
ne l'appelle que le di- 
manche et à certains jours 
de fête. Il porle un costume 
archaïque, tout de laine 
blanche, vêtements de des- 
sous, tunique et capuchon; 
ses aliments sont simples : 
pain, légumes, lait, fro- 
mage, œufs (jamais de 
viande) ; les ustensiles dont 
il se sert, d'un modèle pri- 
mitif : cuiller, fourchette, 
assiette, le tout en bois 
grossier, avec un pot d'é- 
tain à deux anses, qui lient 
lii'u de verre. On ne quitte 
la cellule que pour aller à 
I .iilise, et une fois par se- 
maine en promenade : le 
silence est de rigueur tou- 
jours, en dchiirs de cette 
pnimonadi' et du colloque 
autnris.' |Miiii' le dimanche 
.1 .-.•i laim s lèles, à moins 
i|iii' 11' Slip 1 iiMir ne donne 
une [leniiissioii spéciale, 
('.est paitiiul la paix pro- 
fonde, le silence, le recueil- 
lement en harmonie avec 
celui de la nature. Mais la 
Chartreuse sans les Chartreux 
n'est plus qu'un corps sans âme, 
une morne solitude sans grand 
intérêt. Des religieux qui rani- 
maient, il ne reste que les morts : 
ils reposent dans l'enclos aban- 
donné du cimetière, gardiens 
du sol pour leurs frères exilés, 
lémoinsd'unegrandechosetom- 
bi'c, sous l'égide de la croix, sym- 



inii 



iT-PA NClt ASSE. 



Le massif ib' la i.i .Hhli'-l_;liar- 
Irciisr ne di'iM—aiil :^ii.ii\ sauf 
i|ueli|Ufs pii-s ilairscmés, l'alti- 
tude de la véi;i'tation arbores- 
rciile. un manteau de forêts 
presque continu enveloppe la 
montagne (forêts de Malissart, 
de Ginieu, de Curière, de Porte, 
de la Grande-Chartreuse). Par- 
tout les bois, la grande futaie 
aux arbres plusieurs fois cente- 
nain's. Grâce aux Chartreux, 
la s\ Im' ilniit ils surent envelop- 
|ii 1 li'iir ri'traile demeure in- 
I ..iii[iai aille. C'est la forêt sa- 
crée, mystérieuse, aux arbres 
sains, robustes, vénérables : les 
ormes, les bouleaux, les frênes, 
les pins s'élancent à l'envi des 
cimes, dans une oasis de fraî- 
cheur où ruissellent les sources 
cristallines et murmurent les 
cascalelles. 

11. 



126 



LA FRANCE 




Que l'on vienne des Échelles o ' ' 
route de la Cliartreuse est admiia ' ' 
gauche du Guiers-Mort (église orig'" ' ' 
g.'nénisilé des Chartreux), la lo" '' ' 
entre les sapins drus et serrés dan"' . ' ' " 
les Chartreux taillèrent dans le roc ^ ' '""^ 
A 42 mètres au-dessus du torrent, 1 ^""' 
audacieuse dans un site d'un pil "" "'1'^ 
ninnlcnt tonjoursaveclesaiguillesc'' '^'"'.' ' 
passe un tunnel, puis un autre, u? 
c liant.'; en haut, sur le transparen ^ ' "Z" '•' 
h's aiftes dentelées de la Cochet '"^ '^ 
un (l.'lil(S un ruissflrt sur des piei' " ' ^ , 



I ,ia,,t,i 
"P" 11" 



ins, d< 
M II du 



Ol ilh I 
d lUb 1 



amphithéâtre di' U< 



LE RHONE DE L 

Jura II 



YON AU DELTA 



Libre des entraves q 
son essor vers le sud. A limite, le"" 
granitiques dirigml s.i miiiM-; à - J 

moutouneul les i il^, roui i cl.ii ts 

de l'ouest, la in.iiila^nr s.' prmiie ' ' 
même parfois dans le tlot, et, lorsn" 
rive opposée, contracte le fleuve e" 
jusqu'à la prochaine clairière d il" 
muse entre des îles 
vertes, qu'il submerge 
à la première crue, ou 
des bancs de graviers, 
qu'il s'amuse à dis- 
joindre et à recon- 
struire. De plaine en 
étroit, le lihône file en 
droite ligne, comme la 
llèclie vers son but, les 
courbes légères qu'il 
décrit n'étant qu'une 
exception sans valeur 
dans l'ample et majes- 
tueux développement 
de sa vallée. 

Par cette coulée lu- 
mineuse, tous les peu- 
ples ont passé; ce fut 
l'une des grandes 
routes du monde : 
chaque rocher, chaque 
vallée a son histoire; 
les pierres parlent et 
éveillent mille souve- 
nirs : ici revit le Grec 
dans les légères créa- 



Hknn, p, 



-, ,,.lli 
Mil- ,1 



tionsde bon f,'i un 1 i li liom 
foice Li b diiupiiis vns|M min 
\ide é\i)HULiit di s -,1' ' I' ^ il' 
sans liein, kb In iii]i|in -, i qii 
l'id^lIc Lt le dtdini CM illi m 

Bien a\aiit b lihin s.m In 
glatiei d ou il I iillil s,ms un i 
les goiges sau\ i-i s 1. s di lil 
tuieubf s, les uili s illiiniin i ' 
1 une deb nu m illi ■^ du iinnnb 

De il/»/! à h Jhinni,, m ,1, 
le LOUIS du J,/nn, b |iP nin 
Louile d. \ii un, b s, ,nn,i 



ilation de la 
lants sur le 
b's passions 
L't l'histoire. 



tcnalle de ci tli i 
en dtu\ lai!.i s 
autitloibuui sinl 



. ilis \1|H-, 1p /î/,(;»e était vivant: le 
I di ciistd, le lac bleu où il s'épure, 

b pittoiebques, les campagnes plan- 

de son couis héroïque en feraient 

SI on II ( nnii lissait mieux. 
snn^ il \\ i-imn, trois seuils entravent 
1 ■. ms b siillmt du mont Pi7(7<, au. 
I 1 II tiMisn lin , sous la poussée du 
/. n, I t lin ( oiiini. Tmirnim et Tnin 

Imiii ni b II ni^nnin se poursuit au- 
-- ]i H b ih lili iln Uniizère. Dans l'in- 
lii lli iiM 1 I iiM gauche se développe 
-lis mv I il lises du Vercom: ce lut 

Il 1 nn In I d importance par la ferti- 
I I 1 ib II iisi , le Valentiniiis. Au nord 
111 siill ml du l'ilat, le Viennois, terri- 

ili imni u appelait, au temps de 

pi npl I. In iiu.'d.ssiin-lribniMi. 

IN, Il ,|,|.11M, ilel'nsl ^n, !.■ in,i-Mr 





•grmm_ 




W^^rn^ -H 


À 


- Mf'fl^^i 


ai 


L._ 


' WMmÊwm 1 9 


1 T 


Vfl^ 




■éH 



me il'Oraitge eld'Avignoyi, 
luisqu'il est une création 
du ileuve, à la place 
ili rainicii golfe marin 
ibnit la vague poussait 
dans l'embrasure des 
monls. 

Première étape. — En 
aval du bec effilé do 
Perrache, " le Rhône et 
la Saône roulent pen- 
dant quelque temps 
dans le même lit, sans 
que leurs eaux se con- 
londent. Le mélange se 
fait peu à peu, et les 
\ liesses si dilTérentes 
des deux cours d'eau 
tendent à s'égali'ser. 
1 es eaux paresseuses 
de la Saône sont gra- 
duellement attirées et 
comme absorbées par 
son fougueux voisin. 

I e Rhône ainsi dou- 
blé perd un peu de son 
allure torrentielle. 

II est désormais navi- 
gable. » (Li:n'tiiéric.) 



LI'S ALl'ES. — LE RIIÙNE 



127 




Sous la haute silliouelle du Pilât, qui barre l'Iiorizon de r(iué->l, 
Givors transparaît dans l'atmosphère embrumée par ses iniiniubru- 
bles usines. Là débouche le G;('r(44kilomèlres) : celle vallée, ([ue la 
nature avait faite riante, n'est plus qu'un couloir industriel, enlaidi 
]iai- les déjections du labeur humain. Forges, fonderies, aciéries, 
hauts fourneaux, verreries se succèdent le long d'un petit canal 
de i.1 kilomètres environ, où traînent les lourdes gabarres pleines de 
minerais, de houille etde produits nianufaeturés. 

Au détour du Pilât, tout d'un coup 'Vienne se découvre. Cette 
ville (-24710 Iialiifanlsl fut, avant Lyon, avant Paris, alors simple 
station de pérliems, la iie'li'M|in|,. du |Hii--,inl l'Inl des J//n/„,„/« 
et, après (|ne r.- p.Mipl.' lui a-Mii^m, iinr r,,|,,l,i|e ,!,■ |,,,,vinee 

romaine. Alliée' lideic de lieiii,', V>r, m i,.,;,il plnsd-uM la-ailail; 

outre les immunités attachées au titre de .. e(donie r aine .-, des 

palais, dos temples, un forum, 
des roules. Cn lien directla rat- 
tachait à la capitale de l'enipiie : 
c'était, en effet, du Tibre au 
Tihône, le point terminus de la 
glande voie qui, par Jlilan, la 
\allée d'Aosle, le Petit-Samt- 
l'.ernard, Chambéry, les 
El belles, tia\eisail de paît en 

bmsbsmilliMus s.mUenns 
f lie sni r » .1 Mil - s m 




civile. Les ediln i s icdi^ieux 
Samt-Mmtnre, l'un des plus 
beaux du Midi à l'époque ogi- 
\ale, fuient incendiés, mis à sac, 
I (imnie t.intd'auties dans laval- 
b l'du Rhône, les Mliaux biisés, 
bs cloches fondues, le Irésoi 
pillé ou détruit par les bandes 
I uKitiques de des Adrets. 



jviii, I I I., ^. s \ i.nes aux VCl- 
sanls, n.nl, ill, s du Pilat, d'Am- 
}Hiii d Cuiuhuu. La live droite 
olfre le spectacle d'une grande 
feilihle : l'uianye des abricots, 

le I 11 11 1( s I 1 isi s, le veimil- 

liiii di I I il - I (11 I. s de fiaises, 
la m i_'i il. s p( .luis et des piu- 
lueis en lleuis, a\ i\enl un pai- 
terre de primeurs, de petits 
pois, de haricots verts. C'est, 
tout le long du fleuve, un \eiger 
d une merveilleuse opulence. 




riusloin.au pied des escar- 
pements du Pilat, dressé de 
toute sa hauteur au-dessus du 
lihàne, défilent les hameaux, les 
villages, où se recrutaient au- 
trefois les meilleurs bateliers 
du lleuve. Avanliiu'une défores- 
talion acharnée n'eût dépouillé 
les Cévennes et les Alpes, le 
débit des affluents du Rhône et 
celui du lleuve lui-même, plus 
abondant, moins précipité, li- 
vrait à la navigation, ou du 
moins au flollage, des cours^ 
d'eau, aujourd'hui impratica- 
bles. L'Ouvè:e et VArdèche 
avaient leurs corporations de ba- 
icdiers; la Curie de fvimes faisait 
lionneur de vingt-cinq places, au 
premier rang des gradins de 
sou amphithéâtre, au Collège 
" splendidissime >> des bateliers 
du Rki'ine. Lorsque, en dehors 
des voies romaines, les cours 
d'eau, « ces chemins qui mar- 
chent », constituaient le seul 
moyen de transport pour les 
voyageurs et le commerce, le 



12S 



LA FRANCE 



rôle de balelier fut de premier ordie. La dénudation du terrain et, 
par suite, le c:iraclère torrentiel des cours d'eau portèrent un coup 
fatal à son industrie, l-a navigation à vapeur et les chemins de 
fer surtout l'ont i-endue plus précaire encore. Les bateliers se 
recrutent au pied du Pilât, dans le Riauine, abréviation de Hoyaume, 
mot par lequel on désignait, aux xi<^ et xn" siècles, la rive dioitesou- 



A cel 



duul.l 






mise aux rois de France, par opposition à la rive dauphinoise et 
provençale sur laquelle pesait, au moyen âge, la suzeraineté du 
Saint-Empire romain germanique. D.ins le lMn:.';\t;e ini.iL'é di-s liale- 
liers, celte dislinction persiste : /'"/"'■ '> /'/-''"/", > ''>t l-.n i '• 'i -.iin-jir 
(en descendantle courant); piqiifnn lli-m, l,,iiiv .1 .h-iir. il, ci.iicnl, 
ces «vieux loups» du /î/iy/ie, d'une liai.lics-r rt .ruih' mu .■!/■ mnoya- 
bles pour franchir les rapides et échapper aux remous sourimis. 

Au-dessous de Condrieu, la vallée du Rhône se développe liar- 
monieuse parmi les saulaies, les grands rideaux de peupliers que le 
Pilât couronne de forêts. Serrières, le château du Péage-de-Boiis- 
sillon, SaiiU-Ramhert-d'Albon défilent sur le fleuve. Andance (rive 
droite) regarde Andancelle (rive gauche) et le donjon carré de Saint- 
Homan, reste d'une importante forteresse d'où sont sortis les dau- 
phins du Viennois. La Cance, rivière d'Annonay, débouche en aval 
d'Andaine et au-dessus de Saint- Valller, où conflue la Gnlaure. Le 
château de Sa»i/-yrt//ù'c, ancien domaine des comtesde Valentinnis 
les tours et les remparts Ae Serves, face au donjon A'Arras, lière- 
ment campé sur l'autre rive, gardaient ici le passage du fleuve 
au commencement des défilés, d'un côté pour le roi de France, de 
l'autre pour les dauphins du Viennois. Adroite encore, les ruines 
pittoresques du château à'Yzerand, Saint-Jean-de-Muzols, en face les 
célèbres coteaux de l'Ermitage. Tournon et Tain complètent l'in- 
vestissement des deux rives : Tournon (4720 habitants), avec ses 
tours, son rocher crénelé de remparts. Deux ponts suspendus en- 
jambent d'une rive à l'autre au-dessus du Rhône qui commence à 
s'émouvoir et à gronder, puis à s'élancer, plus impétueux que 
jamais, dans la série de défilés et de rapides qui vont le conduire 
au delà de Donzèie, jusqu'à Pont-Saint-Esprit. 

Deuxième étape. — Des hobereaux, embusqués dans un repaire, la 
Roche de G un, qu'ils avaient grelTé à une île rocheuse, guettaient 
le fleuve et détroussaient les passants. Comme saint Louis allait s'em- 
barquer à Aiguesmorti-s, il châtia leursinéfaits, culbuta la forteresse, 
« pour ce que, dit Joinvilli», Rogiers, li sii'es du chastel, estoit criez 
de desrubcriièleiins et marchans ». 

Deux l'iaines ouvrent la rive gauche du Rhône sur l'horizon des 
Alpes : celles de Valence et de Monlélimar, entre \& plateau de Cham- 
baran, au nord, le mont de la Lance, au sud, double avant-garde pro- 
jetée sur le front du Vercors(mont d'Ambel : 1 703 mètres) et du 
Dévoluy (Rochecourbe, 1S25 mètres), adossés à la grande chaîne. 
Entre les deux clairières voisines, le relief de la forêt de Saou 
(1592 mètres) s'interpose. Il s'en faut que le territoire de Valence, 
où y hère et la Drôme tracent leur sillon vers le Rhône, présente une 
aire de développement uniforme. Au contraire, la plaine de Monté- 
limar, circonvenue parla forêt de Saou et l'échiné de la Lance, dans 
le bassin du Roubion et du Jabron réunis, étend du Rhône à. Puy- 
Saint-Martin un sol presque uni, durant 2'i kilomètres. 



■]<■, lisCévennes opposent, sur la rive droite, 
des esc.ii [iriiMiiK i|iu phiii-riiL; de Tournon à Rourg-Saint-Andéol, 
les reluis .V.' Il' I i-M iil. Iji \ ue de Valence, deux donjons ébréchés, 
les Corna i/e CiumuI, planent sur la vallée, au sommet d'un village 
fortifié dont les débris roulent au versant qui regarde le Rhône ; au 
delà de Saint-Péraij (vins renommés), la tour Maudite d'Yons. Puis 
ce sont les vieilles maisons de Charmes, à l'as- 
saut d'un manoir démantelé; la Voulle (la Volte), 
son beffroi, sa vieille église, ses maisons, le châ- 
teau qui fut domaine des Soubise et des Venta- 
diiui, groupés dans un retrait de la masse grani- 
iKjue dominatrice du fleuve. Désormais le Rhône 
ueuse sa route dans la roche crétacée, moins 
duie que le granité. Il reriieillc, à liauche, la 
Brame, torrent des Alpes cale. uns; ,i dioile, YOu- 
veze cévenol, sous les terrassas et b's jardins du 
Pouzin, où fument des fonderies. Le lleuve, tou- 
jouis vil, mais avec moins de turbulence, se pro- 
mène enire les haies de peupliers, dans une vallée 
largement ouverte. 

Presque aussitôt son humeur le reprend; la 
poussée du Coiron volcanique accélère son allure : 
un appareil guerrier s'attache à la rive. Voici Cruas, 
sou abbaye, l'i'glise, une merveille romano-byzan- 
liiic; le donjcin, le bourg, autrefois défendu par 
une triple enceinte flanquée de tours carrées; 
Rochemaure, site archaïque, ville de basalte, 3ux 
ruis en échelle, bordées de logis surplombants, 



^^tt 




dont l'enceinte fortifiée se suspend à l'impérieuse silhouette du 
donjon, planté à 200 mètres de haut sur un noir dyke basaltique. 
Teii, la blanche, à côté de Rochemaure, la noire, s'embrume des 
vapeurs et de la poussière de ses usines à chaux hydraulique. Tcil 
regarde Montélimar : et la rive droite se redresse encore. 'Viviers 
commandait ici le passage du fleuve vers le Mézenc et le Massif 
Central, par la coulée de l'Ardèche; pendant des siècles, entourée 
de solides murailles, la cité épiscopale entretint une petite année, 
battit monnaie, tint tète au roi de France. Son pont suspendu relie 
la ville à Chàteauneuf, clef du couloir ou Robinet de Bonzère, dans 
lequel le /î/(dne s'engoufl're, entiv cb's l'alais.-s louizeàtres percées de 
nombreuses grottes. Ce passa,y>' b'm niriil'', rrlln.i Ji'S mariniers, se 
défendaitde lui-même : le vieux I..1 1 Ai- l)'»i:r,rrn gardait la sortie. 
Bonrg-Saint-Andéol en occupait l'approrhe. 

Dans l'écarteinent des montagnes, au pied des Cévennes, à la 
racine des Alpes, le i?/iône prend le large, découpe des grèves fauves, 
des archipels d'ilôts, qu'il submerge ou déplace, au gré de sa fantai- 
sie. Au dévalé de l'Ardèche, le fleuve se divise, en glissant sous les 
Oiïches du Pont-Saint-Esprit. Un «étroit » encore, au-dessous du Lez, 
cueilli en passant : les gigantesques citadelles de Mondragon et de 
Mornas gardaient cette dernière issue. Voici la plaine. Orange, à 
quelque distance du fleuve; au loin, Chàteauneuf, Avignon, le 
fameux rocher des Boms, les remparts, le palais des papes, formi- 
dable entassement du moyen âge féodal et religieux, qui se détache 
sur le ciel clair, tandis qu'à l'orient le Ventoux surgit brusquement 
comme une acropole projetée, des Alpes, sur la rive où venait 
autrefois battre la Méditerranée. 

Le Pont Saint-Esprit fut un ouvrage extraordinaire pour le temps 



LES ALPES. 



LE RHÔNE 



129 



où il fut construit; une sorte de vénéralion l'entoure : il a de fait 
résisté sans faillir h tous les décliaînemcnts du Rhône. On ne connaît 
pas l'arcliitecte : c'est un chef-d'œuvie anonyme; du moins, la 
marque des maîtres ouvriers qui s'employèrent à sa construction 



et la mer se perdent dans l'azur sans fin. Qui n'a pas essuyé un coup 
de mistral au sommet du VenUmx ne peut imaginer sa puissance. 
Les nuages allolés se ilécliirent en lambeaux qui sifQenten courant 
dans l'air avec une rapiditi'' effrayante : les rochers tremblent, les 
[lierres an'ach('rs, b's c.iilluux rouliMit en mitraille, tnurliillunnenl, 




loin de nous Les giands 
rope de tant d institutions utiles lieux d 
'itelleiies ou^eltes i tous écoles de m 



ladrs, 
leur f: 
pensé 



ilifes (fiiseuis de pon 
p iu\ies et d( 

(Ullt 



aiiuitl institution d 

sage des livieie^ i 
vent moins de la put di s l 
jours en éveil conlie les passants Les su es de t 
de Noves avaient fut bien miuvaise lepulation a ceitain 
la Ditraiice : on 1 appelait poui cela le Mmipni l n 
nage nommé Sîôoi aj ant eleve tout pits un oi il ii i li\i 
réunit quelques compagnons établit une maison I m I 

l'argent recueilli pai ses œu\ les construisit un p ni I pu 
la rivière; une sécurité relative s établit B<mpa$ lemiildca le 
;)(7S (le mauvais) Denouvelles leciuess étant eniolees dans la p 
confrérie, d'autres ponts furent con- 
struits sur la Durance et bientôt 
dans la vallée du Rhône. 

Aux Frères pontifes appartiennent 
les deux ponts de Montélimar, le 
vieux pont de Romans, sur l'Isère; 
celui de Saînt-Nicolas de Campagnac, 
sur le Gardon, dans une gorge sau- 
vage, entre Niiues et Uzès, et surtout 
le Pont Saint-E!<prit. On osa ligotei 
le Rhône, d'une rive à l'autre. Deux 
alignements de 800 mètres enjam- 
bant les bras, les îles et les gieves 
du lleuve opposent au courant un 
saillant aigu. A chaque extiemid , 
deux bastilles crénelées et deu\ 
tours centrales défendaient 1 <mi 
vrage. Dans l'une d'elles, on eiigea 
un autel en l'iionnourde saint Nico- 
las, patron des mariniers. 

Troisième étape. — Le Pont Saint- 
Esprit ouvre glorieusement la plaine 
de Provence; l'atmosphère, purifiée 
par le souflle puissant du vdslral, 
prend une transparence admirable. 
C'en estfait dunord : plus de brumes, 
mais le ciel clair, l'exhilarante lu- 
mière; aux pentes, sous la domi- 
nation du Ventoux , l'olivier, ami 
du soleil, pique ses bouquets d'ar- 
gent, tandis qu'au sud la terreaplanie 



^ 



ISSE r>F LOBSEllVATOlRl 




ml I lit les 
Il 1 ^4ion- 

iliinu.ibel 
lu &> vit par 



I-, i| 



naîtrai, quelle 
I 11 II I I ilui ispheiL, quelle 
111. ,pi. laii d. iRieux! 
■ 'Ventoux (montagne du vent) 
it comme un géant, tout dune 
lu-dessus de la plaine. Dans 
\\\ soûles Pjiénet s, enchâssé 
I |i usse eaine de massifs qui 

I 11- lit le 11 -'Ud pu ib -'IIS )Us- 



I I m lu 11'- - 11 1- I III lit -ui une 
1 I I \ee de quelques mcticsseu- 
1 III ni lu-dessus de la mer le gian- 
ilii .1. gage ses contours, en fait, 
|ioui la lierté et l'harmonie des 
lignes, le iival heureux du Canigou. 
l ne petite chapelle couronne le 
sommet, depuis le xv^ siècle : on y 
vient chaque année en pèlerinage; 
les lacets de la route qui s'enroulent 
au flanc de la montagne ne font 
pas moins de 22 kilomètres. Il pleut 

ibondamment sur le Ventoux, mais 
les pluies, même diluviennes, s'éva- 
nouissent comme par enchantement 



130 



LA FRANCE 




lU DE PErnARQU 



dans cet immense filtre calcaire. Tout ce q>ii n'est pas Im par l'évapo- 
ration que stimulent la si'cheresse de l'air et l'àprelé du vent unies 
à la vigueur du soleil disparait dans les entrailles de la montagne 
et, par mille veines mystérieuses, alimente de .claires fontaiues 
jaillissanl's, ciimnie ce petit filet qui sourd à peu de distance du 
sommet (I 'JlJ iii^Ur> ; la source du Groscau, au bas de la mon- 
tagne, du i.i|i> du \u'\i\-o\\c?,\.;\a. F'intaine deVaucluse. 

Entre la Uurauce, fougueux émissaire des grandes Alpes, et l'Ou- 
vèze, la Sorgue, issue du Venteux, draine les infiltrations du relief 
de Vaucluse. On disait IcsSorf/uc.:.', quand la rivière divaguait à travers 
les marécages qui noyaient la plaine d' VvIl'ii.iii ; iii.iii;, dc[inis que 
les eaux sauvages ont été disriplin<'es il I ■ // ' -ni, nii. I.i lene 

s'est tiauslorméeen l'une des plus ricli''s i _ --m -l'S i|iii Miii'iit. 

l.'hlr-Mir-Siiryiif, avec ses canaux, ses mm- i.ll- < i|mi innn rni, drs 
moulins bavards, ses usines et ses ateliers qui nut remplacé de 
misérables huttes de pêcheurs, témoigne de celte heureuse tians- 
formation. En amont, la. Surgue 
réunit ses eaux, et sa vallée cou 
duit, entre des collines pici 
reuses, revêtues de vignobles cl 
d'oliveraies,jusqu'au hameau de 
■Vaucluse. Un vieux château 
surplombe au-dessus de la ri- 
vière, en haut d'une falaise es- 
carpée. Philippe de CalLi-^Mi. , 
cardinal-évéque de Curpeniias, 
y recul, Pélrarijve, son ami. l)'uii 
abîme ouvert sous roche, la^'or- 
gue impétueuse jaillit en ra- 
pides et en cascades : c'est la 
fin de la valhe, une sorte de 
bout du monde {v'nllis claiisa: 
val fermé, Vaiichcjé-y! La fraî- 
cheur des eaux, le tumulte des 
remous écumants, dont la pous- 
sière s'irise, sous le soleil, des 
lueurs adoucies de. l'arc-en- 
ciel : les poètes, les géogra- 
[ilies ont décrit à l'envi cette 
merveille. Pétrarque fut l'hôte 
assidu, l'admirateur enthou- 




siaste de la /^odtewerfe Vau- 
cluse : il lui confia ses es- 
poirs, ses déceptions, son 
amour. 

Onsaitla passion malheu- 
reuse qu'il nourrit durant 
toute sa vie pour la belle 
l.aure doN.ives. Celle-ci, née 
.■n 1308, mariée à un riche 
boui'geois d'Avii;uou, âme 
|U-ofondément re|,^ien-e el 
droite, ne fui p,is i,,-,M,-.iMe 
à l'amour pei~.v. rant du 
poète, mais ne se départit 
jamais de la i-éserve que lui 
imposaient ses devoirs d'é- 
pouse et de mère. « Elle 
resta, dit Pétrarque, ferme 
et inexpugnable. Le peu 
que je suis, je le suis par 
elle. Elle m"a séparé de la 
société du vulgaire, elle a 
aiguillonné mon génie. » 
Le nom de Pétrarque et de 
L'iare, indissolublement liés 
à la Fontaine de Vaucluse, 
ont fait de cette charmante 
retraite comme un sanc- 
tuaire de la poésie. C'est la. 
fontaine de Castalie, où les 
disciples d'Apollon pui-:, 
salent, à Delphes, l'eau d'im- 
mortelle jouvence. 

Le débit de la Fontaine 
de Vaucluse varie avec la 
quantité de précipitations 
reçues par les montagnes 
poreuses dont elle est l'émissaire. Tantôt elle bondit au pied de la 
falaise, dressée à 200 mètres sur son front : elle peut atteindre, 
bien que rarement, 120 mètres cubes à la seconde; c'est alors un 
gave déchaîné sous des fhjcons d'écume. Le débit ordinaire se réduit 
à 22 mètres cubes ; alors la fontaine, incapable de franchir le rebord 
de sa conque, se repose, ti-ansparente comme le cristal. La cascade 
ne coule plus, mais d'autres sources alimentent la petite rivière de 
Sorgue et maintiennent son débit à 4 mètres cubes par seconde 
dans les plus basses eaux, à 8 pour l'étiage moyen, 13 et même 20 
en bonne saison et jusqu'à l'JO par crues abondantes. 

Au faisceau de drainage que composent la Sorgue et la Nesque, 
nourries par les monts de Vaucluse, le Lauzon elVOuvèze, qui em- 
luassent le Ventoux ; VEijyucs et le Lez, sur la rive gauche du lihône, 
lArdi'clir et la Cèze, sur la droite, ajoutent le tribut inégal de leurs 
eaux torrentielles. Le lil du Illiôno est encombré de leurs alluviiuis; 
des îles s'allongent : ile .lu Cidomhier, longue de 5 kilomèlres, 
en vue d'Orange (à 6 kilomèlres) ; 
ile de la Piboulelte, petit monde 
à part avec ses bois, ses champs, 
sesprairies, sur une plate-forme 
lOMilaire de 7 kilomètres; l'île 
^1'/, . /./, en avaldeRoquemaure 
I il un. '1/2); la Barthtiasse 
I 10(1 hectares), dont la langue 
sablonneuse se profile, comme 
la pioue d'un grand navire 

I clioue, jusque sous les murs 
d VMgnon. 

Le Rhône penche d'instinct 
vers sa droite. De ce côté, Vil- 
leneuve fut longtemps l'escale 
de la batellerie sur le bras 
droit du fleuve : c'était le plus 
abondant, le plus régulier, tan- 
dis que le bras gauche, re- 
foulé par les atterrissemenis 
de la Barlhelasse, n'était qu'un 

II lône » souvent impraticable à 
la navigation : les tartanes, les 
radeaux, les barques s'arri- 
maient au pied de la tour de 



LES ALPES. — LE RHÔNE 



131 




Pliilippe le liel, en vue de la Chartreuse el du l'o 
C'était là le port de Villeneuve. Mais une digue tli 
soudée à la pointe de la Bartlielasse, a détourné 
partie des eaux du Rhône dans le bras d'Avignon. Lo 
enllé par les torrents cévenols et alpesties, étendai 
reuses sur la plaine de Provence, laissant, après ( 
grandes flaques marécageuses entre l's ni.iill.^s c. 
canaux vifs et des fossés crou- 
pissants, le Rocher des Boins 
émergeant formait, sur l'im- 
mense lagune, comme une acro- 
pole naturelle à laquelle s'atta- 
chèrent les Cavares indigènes. 
En haut, sur la plate-forme, le 
refuge; en bas, sur la berge, les 
huttes des premiers bateliers. 
Il n'est pas douteux que, six 
siècles avant notre ère, les Phé- 
niciens et les Grecs aient tia- 
fiqué avec les occupants du ro- 
cher des Doms; ils apportaient 
les produits de leur industi'ie ; 
les métaux, les étoffes en 
échange des produits agricoles 
de la vallée. Peu à peu, la 
pénétration pacifique des Ilrl- 
ïènes s'affirma de telle sorlr 
c{\xAvignon put passer pour 
être une colonie de Marseille. 
Il est probable qu'au début 
la ville fut entourée d'une 
-enceinte et qu'elle s'agrandit 
autour du noyau primitif des 
Doms. C'est contre l'enceinte 
gallo-romaine que vinrent se 
heurter Clovis, pour en délogei- 
les Burgondes; Charles Martel, 
contre les Sarrasins. La dernier»' 
enceinte, celle des papes, em- 
piétait sur le champ d'inonda- 
tion du fleuve : elle a survécu. 



rt Saint-Audré. Sui- la même rive du Rhône, mais plus au nord et un peu à l'écart 

! \ 800 mètres, du lleuve, Orange (11(187 habitants) a conservé de beaux monu- 

la plus grande ments romains. Un théâtre étage ses gradins dans le roc vif d'une 

rsque le Rhonc, colline; les blocs superposés donnent à sa façade l'aspect d'un véri- 
t ses eaux ter- table rempart : la scène s'adosse à un grand mur sans ornement. 
haque Cl ne, de C'est massif, puissant, d'une brutalité architecturale qui convenait 

'rnpli.|iiiMS (les aux spectacles grossiers et sanglants de l'amphithéâtre. Un aqueduc 

rohuste qui captait les eaux do 
la fontaine duGrosseau, par une 
canalisalinn d'environ 30 kilo- 
mètres, ua laissé que des traces 
à travers la campagne, sans 
cesse remaniée par la culture. 
Mais l'are de trioiiijihe d'Oronge ne 
je cède en rien aux grands mo- 
nunienls de ce geni'edont Home 
sVnori;u.'illit. Haut de 22 mè- 




pr. 



. Il C D li TRIO 



ileur, il com[ii''ihl li isanailes 
dont l'une, ci-W,- ,lii nnli- n, jdus 
haute, était di^^lio' <■ ;iii ji^issage 
des chars et des cavaliers. D'élé- 
iïantes colonnes corinthiennes, 
les bas-reliefs du fronton, les 
rosaces des voûtes, les guirlan- 
des de fleurs et de fruits enrou- 
lées aux arcades, les trophées 
d'armes, les sculptures à pro- 
liision, la force et la somptuo- 
sil.- réunies en font le type 
achevé de cette fastueuse archi- 
tecture qui fut ciière aux lîo- 
mains, parce qu'elle lémoicnail 
de leur puissance et de leur 
richesse. I.a masse entière, mais 
surtout la face septentrionale, a 
tenu bon pendant vingt siècles. 
A la vérité, les détails ont souf- 
fert : il n'y a plus d'inscription 
dédicatoire ; les lettres en 
bronze doré ont ét('' arrachées. 



132 



LA FRANCE 




AFFLUENTS DU RHONE 



L'ISERE 

Née du glacier de la Galisc, au cœur 
l'Isère fraye sa voie par de multiples dt 
rejoint au-dessus de Valence. Ses 
afiluents di'Toupcnt les grands mas- 
sifs delpliiiin s i\nisi.Mis. A droite : 
rAr/y,ilr\:ili' .lAllii rlville, puise pour 
elle aux prniiirrsc.iiiUefortsdu mont 
Blanc ; sur la gauche, le Doron lui 
apporte, au coude de Moùtiers, les 
ruissellements do la Yanoise. Par 
VArc, elle draine l'intervalle de la 
Vanoise aux grandes Rousses; la Bu- 
maiichc, émissaire des Housses et des 
Écrins, lui apporte, avec le Vénéon, 
les eaux du puissant massif de l'Oi- 
sans; enfin, plus enragé que la Ro- 
manche elle-même, dont il recueille 
les eaux, le Brac enveloppe cet im- 
mense réseau torrentiel d'une douve 
profonde qu'il s'i'st rri'iist<^ ni ipvpis 
des Écrins, sons 1^ rnl , lu M h \insi 
de la Durance pi M\ riM il i 1 \i\, ^i 
voisienne,r/jtv(iii;u''Uep u 1 i m nliil 
de ses tributaires les lephs de nos 
grands massifs alpestres des Ecrins 
et de la Vanoise, en les lattaclianta 
la citadelle française du mont Blanc 

Pour un si vaste domaine, les dé- 
buts de VIsére sont modestes : un 
ruisselet s'épanche à 2400 mètieb 
d'altitude, dégringole au Piaz-Rwn, 
gracieux cirque de verdui e a2272 me 
très, s'étreint au Mnlpas ou iLil) / 
(2100 mètres) entre des paiois pu s 
que perpendiculaires, atteint 1 m 
son premier village oîi mûrissent les 
orges et les seigles, aune altitude de 
\ 936 mètres. 

Val d'Isère, dans un bassin complè- 
tement invesli do monis glacés, pienJ 



pour leu 


r âprt 


lé, des arbres fru 


ses poin 


iiicrs 


l'iiinfiit un cxi'cllc 


le l.rl.ll 


piu>p 


■l.'. Kn nllllT, l- s. 


(eaux ri, 


Ollll/' 


•> so,|iqu.-s,l Arhun 




jour à la fois sur la 
Vanoise et le Valgii- 
sanche italien, par le 
col de (ialise, et sur 
Ronneval , dans la 
haute vallée de l'Arc, 
par la traverse do l'I- 
seraii . Dans une gorge 
profonde, vrai couloir 
d'avalanches où des 
croix trop fréquentes 
évoquent de funèbres 
souvenirs, l'Isère 
atteint le large et pit- 
toresque aiuphi- 
théàlre de TUjnes, ad- 
mirablement situé, 
au débouché de deux 
torrents. De Rréviè- 
res à la Thuile, les 
escarpements ennei- 
gés du Thuria ou mont 
Pourri scintillent au- 
dessus de la vallée. 
Sainte-Foij, de sa ter- 
rasse, commande le 
lorient. 

Bourg-Saint- 
Maurice, débouché 
du Petil-Saitil-Bcr- 
nard sur la vallée de 
Ylsère, possède, bien 
qu'aussi proche de 
montagnes réputées 
dans une aire verdoyante; 
Ire, le miel est savoureux, 
fiche eu produits minéraux 



n'est qu'un berceau de verdure ; 
y descend d'un cours paisible. Quel- 
ques sites pittoresques présentent çà 
et là d'imposants contrastes. » (De 
Mi'ûtiers à Aoste, par !.. BiiiiABD. « Ann. 
du Club Alpin français. ») 

Aime, l'ancien A j-wm, et l'une des 
inincipales cités des Centrons, offre 
aux archéologues ses restes de forti- 
lications romaines, des inscriptions, 
une église romane, prétendu temple 
de Diane, construite de débris anti- 
ques et consacrée à saint Martin 
(crypte du xi' siècle, peintures mu- 
rales du xii= siècle); les ruines d'un 
château fort, etc. A 2 kil. 1/2 d'Aimé, 
Vhèrr s'est creusé un défilé tour- 
niiMili', ]n iiiripalenient au Saut de la 
l'iirrllr cl, par drlà le hameau de Cen- 
linii ipii rappelle les prirailifs de 
iillc valléi',. elle force le passage de 
r'(((/ iSiii.r, Saix; sacrum, rocher), 
.'UniiL- lissurc large au plusde44 mè- 
iKs, sciée dans un beau calcaire 
lie teinte bleuâtre. Trois tunnels, 
(idiit l'un pénètre sous une cascade, 
livrent passage à la route, à travers 
le rocher : l'ancienne voie gravis- 
sait sur de fortes murailles d'appui 
un promontoire d'où elle domine, à 
300 mètres de haut, le cours du 
torrent. Au voisinage, ruines du 
cbàteau de la Pi'rouse et, en aval, ro- 
cher de Saint-Jacquemoz, où depuis 
saint Jacques, apôtre de la Taren- 
taise, et premier évèque de Moùtiers, 
résidèrent saint Marcel et ses suc- 
cesseurs, arcbevèques suzerains de la 
ville. Lesdiguières, au xvi« siècle, n'a 
laissé du château que des ruines. 



fJ'S AI.PRS. 



I.l' UIIONE 



133 




A Moûtiers (2550 habi- 
laiils) ciuiinienee la Basse- 
'laiviiiaisi'. Le coude aigu 
,1c l/sre' circonscrit le ter- 
iildiie de Moûtiers dans 
lin bassin trianyulair,^ nii 
ciinllue le Duruii, éniissaiiv 
ili:s vastes dépôts glaces 
(le la Vanoise. Salim-les- 
Binns, au confluent du 
torrent do Saint-Martln-d<- 
lii'lleville féaux thermales 
>aliiies chlorurées sodi - 
ipics ; rSriiles-les-Baim, au 
lonlluciU du torrent des 
Allnes, dans unejolie vallée 
enrailree de vergers, de vi- 
gnes el de bois (eaux ther- 
males snllalées sodiques, 
calcaires); Dozd, dans sa 
vallée supérieure, et Prahir 
i/iian, jalonnent le cours du' 
Doron de la Vanoise. 

Pralognan, dans un 
cadre de prairies alpestres, 
au pied du Grand et du Pciii- 
Marc/iet, dont les escar]"-- 
mcnts épaulent d'imnn-nse-^ 
cliamps de glace, ouvre le 
passage du co/ (Ze la Vaiwiir. 
par le cen Ire du massif, vers 
Bnlre-deux-Eaui, dans la 
région supérieure de l'Arc; 
ou bien, en remontant vers 
la source du Doron, la des- 
cente parle col de ChavuTC, 
sur Modane, tète de ligne 

ilu tunnel ouvert sous le mont Fr('|us. ]'riil'ii/iiiiii i,st le cenlre de 
lallienieiil des touristes qui veulent i'X[diirer la Vamjise. 

De Mdùliers, VJsèrese hâte, non sans quelques arrêts, vers le bas- 
sin d'Albeilville : au Pas de Briançon, an déiilé du Pas de la Rochc- 
Crriiis. elle s'irrite et bondit pour s'épanouir bientôt en plusieurs 
bras dans une amide vallée de plusieurs cenlaines de nn'dies, ..l'i 



riveraines contre les divagations 
de son cours. 

l/Arly (plus de 40 kilomè- 
tres), qui conflue dans le bassin 
d'Albertville, apporte à l'Isèn 
2'J mètres cubes par seconde à 
l'ordinaire. Ce carrefour est 
d'importance : là se croisent en 
cll'ct les routes de la Tarentaise 
et du Graisivaudan avec celles du 
bassin d'Aiinerv par Faver^es- 
Ugines el la vue <\,' r. 1/7'/ 'par 
l'Iumet-Mé-éve, vers l'Arve, d,iii> 
la double direction de Chanioiiix 
et de Genève. La place forte qui 
commandait ce carrefour sur la 
rive gauche de l'Arly s'appelait 
Coiiftans : son faubourg de la rive 
droite, érigé en cité par Charles- 
Albert, est proprement Albert- 
rillc. 

La rencontre de l'hère et de 
1 \>c (ii\e gauche) se fait en n il 
de Violant dont le ch iteau ni i 
gniluiuement perche sui un i il 
isuh L ii^e d pic SCS belles luiiu 
lu dessus du cieux de 1 1 \ ill 
Chaini a (< gaide le conllu nid 
diu\li\RiLs \utit lois ( 1 m lu 
dm il lii_ \ ill ( qui , I 

c iiiiii I \ I I iil lu ( 1 II n m 




Il d ( Il unb 
naiit conliac: 



entre des digues qui laissent à son cours ordinaire une largeur 
à peine sufllsante, se déchaîne parfois en véritables trombes, lorsque 
les débâcles de la Vanoise gonflent ses eaux. Montmélian, gardien 
de la route de Chambéry, fut une forteresse de la Savide contre la 
France. François l"' l'enleva en 1523, Henri IV en IGOO, non sans 
iMurir le risipie d'elle tin'; Catinat la prenait à son tour en 1691, 
après trente-trois jours de tran- 
cliée; enfin la place fut détruite 
au début du xviii» siècle. Ce 
triangle de vallées qu'elle domine 
fut manilesleiiieiit un grand lac 
dont les eaux s'insinuaient par la 
ili'pression du Bourget jusqu'au 
lîhône. Ici VJsère se perdait dans 
la grande nappe intérieure laissée 
[lar le glacier. Depuis le comble- 
ment de la vallée du Graisivau- 
dan, ÏIscre poursuit entre le re- 
Imrd de la Grande-Chartreuse et 
le relief d'Allevard-Belledonne. 
Le massif de la Chartreuse, trop 
escarpé de ce côté, n'envoie à 
VIsère que de brefs torrents : des 
i;laciers d'Allevard vient le char- 
mant Bréda; de Belledonne et de 
ses lacs, descendent le Duinétwn 
et le Sonnant qui enveloppe de 
Iraicheurle parc tïUriaye (source 
saline sulfureuse, source ferrugi- 
neuse carbonatée, établissement 
gallo-romain). 

Enfin VIsère touche Grenoble, 
cœur du Dauphiné, nœud rayon- 
nant de communications sur 
Lyon, Valence, Gap, Briançon, 
Chambéry. Dans ce bassin, ÏIscre 
ellei)r<.cse donnent rendez-vous. 
Avant que le connétable de Les- 
diguières n'eût corrigé son cours 
inférieur, le Z)r<7c serrait Grenoble 
entre deux pinces : ramenées en 

12 



434 



LA FRANCE 



■un seul lit, les eaux du 
terrible Dragon se versent 
à présent, d'un Irait, à 
3kil.l/2cn avalde la ville. 
Cet apport accroît l'Isère 
de deux cinquièmes à peu 
pies \nmbiede luibseaux 



I V . 
a< li( 



Fiur 



de Lanspai des cb lili s]iil- 
toiesques {cuves ib s,i^si 
nage) A dioite, la ^ i un 
deine de la Giande-Ch ii- 
lieuse ainsi que la \(iii< 
lie Vtiteppp, bouig situi 
a 1200 nulles de"l Uc n 
au pied d un ciuiue gi m 
diose, ruisselant de < as- 
catelles 

Lapioie( tiondts monis 
de Lans, pai b Bu th 
l Eihinll(m,d 2 bilniin lu s 
fet ulemi nl(b su iii{mi K.b 
lal.iande rhaitidis, , ,.„ 
ti mit le lit de 1 hcie tl 
i( ( nmbe une deinieie fois 
son I mus de la ]usqu i 



'V'- 



<Ieu\bi is.li I I 

b,ia d. \nunn 

;-((?»mgillo-iniiuun, luu. 

Itinps dispute mtie I i 

&d\oie et le Dauidinit , 

cédé par celui-ci à. la 

France en 13oo (toiles, 

soieries, papeteries); sur 

la Fure, Rives, au-dessus 

du confluent de cette rivière et du Réaumont, \illr i 

avec des aciéries qui datent du xii= siècle d île; 

du xv!- sièrie. l,aF»rrcstrémi>saii.',luA/r,/,.Paladru, 

ris.'-iv, ,h,Ms u,„. v;,s,|,i.. ,lr Vu|,.n'K''l',',r>,C'''|'..'myu'eu'r : 
i^'i-^.'ur : dr UliM à 1(10 ;.|,v.; ,i,„l,„„bM,r maxiiiii 





imueui' ; y kil. 1/2: 
maxiiiia : 35 mè- 
tres 90; moyenne: 
près de 25 mètres ; 
tour : 12 kilomètres; 
superficie : 390 hec- 
tares 100 ares. 

De longs ruisseaux 
descendent à VJsère, 
du plateau de Cham- 
bûTfin, où sommeil- 
lentquelquesétangs: 
]aCuinarir, parSaint- 
Alarcelliii (à 3 kilo- 
mètres de risère; 
restes de remparts et 
d'un château du 
xiii" siècle). A b ki- 
lomètres, ruines 
pittoresques du châ- 
teau de Beauvoir, où 
résidèrent les Dau- 
phins et que lluiii- 
beit 11 se réserva eu 
cédant sesËlalsà la 
Francis à H kilo- 
mètres, ancienne 
abbave de Saint- 



Antoine, fondée en 1070, 
d'abord hospice, puis chef 
d'Ordre des religieux Anlo- 
nins, souventvisiléeeten- 
ricliie par les souverains, 
pillée au XVI» siècle par les 
Calvinistes, enfin vendue 
par la Révolution comme 
bien national, après la dis- 
persion des Anb.uiins ral- 
lathés aux chevaliers de 
Malte. A Saint-Gervais 
(rive gauche), la vallée de 
VIsère s'élrangle sous la 
]ii'essi(in des monls cal- 
caires du Royannais, pro- 
Jeclion du Vercors et, 
r 0111 nie lui, de môme 
nalure que la Grande- 
Cliailreiise. 
Pont-en-Royans s'é- 

sur la Biiuriie. un peu en 
amont du confluent de la 
Vernaison avec celle ri- 
vière. Un gouffre au fond 
duquel le torrent roule 
ses eaux claires sépare les 
rochers où s'accrochent, 
sur des étais pittoresques, 
les vieilles maisons de 
l'ancienne capitale du 
llôvans. La Bourne n'a 
[il- 'l.'i Kibanètrcsde déve- 

M|i|ir ut : c'est mal- 

ui •■ ImiiI l'une de nos ri- 
\ ièrr> Icsplusabondantes: 
■ ■llr dr.iiiie un territoire 
iDUt lissiué oîi les eaux ac- 
courent de toutes parts en 
lilets souterrains. LaBour- 
niUon .jaillit d'un cirque 
<ii'i i 1 s'effondre en cascade 
. , ^ , ^ ... uiaiiiiifique : là s'ouvre 

' ... ^^^^ . glotte mystérieuse 

où, sous un é-|lM)lgb'nirllt 

de 5 mètres, le torrent bouillonne à grand fracas. La Vr;„, /,>,„) li ibu- 
taire de la Rourne, bondit écumante avec un bruit fiuMiidable dans 
les lumineux défilés des Grands et Pcltts-Goulets : elle conflue, d'une 
fente étroite, entre deux hautes parois de rochers presque per- 
pendiculaires. La petite vallée d'Eclievis, qu'elle creuse au bas 
de grands escarpements rocheux, se trouve close en aval par les 
Petits-Goulets, en amont par les Grands-Goulets. Ci iix-.i s'ouviiiit 
au-dessous du hameau des Baraipics, au ]iiiiiii où la Vrnniis^.ii, a[u es 
s'être fravé un sillon sur le plabMu du ViM-cms, s'rii l'iliapni' iiour 




LES ALPES. — LE RllOiNE 



135 




n 


w 


'1:^,1' ïVl If '^^fs 


/ - /^ 


\ -: 


^ *; ' . '•. (-' il, , . JJ8S9 


-^ ry 1 


A 


M-M 


'";/ 


4à 


Î'M 


v^ 


Pi ⣠






'^^'i. '" 


^^"iSfe^^^i 


r^^ 


«i** 


..J^F^:-- 



GOllGt s 



LA BOUIi' 
GOULE-NO 



do tunn, Is, d . n- 
coibelkinou ts, 
par lesquels la 
route s'accroche 

aux parois vertigineuses au-dessus de l'abîme, au fond duquel la 
Xcrnnison dégringole en cascades et roule à grand fracas. 

Entre la Vernaison et la Lijonne, dont la rive droite porte le clief- 
lieu de canton de Saint-Jean-en-Royans, la grande forêt de Liante 
oITre aux promeneurs l'allrait de ses falaises calcaires trouées à<i 
grottes et d'avens [scialels] , connue les Causses, dans un cadre de belles 
futaies à essences variées, de clairières et de grands pâturages. La 
route de Combe-Laval conduit aux sources du Chollet, singulier 
cours d'eau, proloniicniPiit iMolialilo du /^nc/o»,)- perdu sous terre, 
puisqu'il jaillit, dans l.i nhiiii' iliivrii.ni, iluiir lissure étroite, dans 
un amphilhéàlre di' mi-inri jn.s i -, hihum ni-;, l.a. BoKriie, sillon 
commun des eaux du i:-yaiui.u~, |m .scnl.' cll.-in.-ine dans sa tra- 
versée du Vercors calcaire des beautés de premier ordre. Au-dessus du 
pontde la Goule-Noire, une fontaine vauclusienne, souvent plus abon- 



Ire I \ 

21jM,IM ,, 
mmaiie d s II 
généraux i\r \'i^\). 
La réunion des 

trois Ordres convoqués par le roi, le 29 août 1788, aboutit à la réu- 
nion des Étals du Dauphiné ('l'"' décembre) qui discutèrent, h. Romans, 
les cahiers électoraux rédigés par l'évoque de Gap, sur l'initiative de 
Mounier. L'abbatiale 5ami-i?<Trnflrrf, beau spécimen de l'ai'chitecture 
iluxi= siècle, rappelle que la ville doit son origine à l'abbaye fondée 
par ce saint archevêque de Vienne, au début du ix° siècle. 

Bien qu'abondante encore, l'Isère, assez peu large, mais pro- 
fonde rivière, laissant sur sa gauche le canal d'irrigation tiré de la 
Bourne au profit de la campagne deValence, atteint enlin le Bhone à 
5 ou 6 kilomètres au-dessus de cette ville. Pour un cours de 290 kilo- 
mètres, VIsère est dite flottable sur 63 kilomètres, à partir d'Aigue- 
blanche, et navigable sur 150 kilomètres, en deux sections, dont la 
dernière (42 kilomètres), de la Bourne au Rhône, offre un tirant 
(l'eau moyen de 1™,50, à quelques exceptions près. 



136 



LA FRANCE 



UARC 

L'Isère et VArc puisent aux glaciers des grandes Alpes; leurs 
sources sont voisines (8 kilomètres à vol d'oiseau) : l'une naît au gla- 
cier de la Gniise; l'autre aux versants des Lcvanna, dont le point 
culminant (les Trois-lîecs : 3ti4l) mètres) offre un admirable pano- 
rama, du mont Cenis au Petit-Saint-Kernard. Vheran, qui sépare les 
deux -rivières sœurs, ce fumeux IsiMan que l'on faisait gigantesque, 



dans 

de c. 

It. 



le versant ilali 



jltiplient les attraits 




bien qu'il dépasse à peine 3240 mètres, s'incline sur un sill |ui 

réunit les deux vallées, entre Val d'Isère etHonneval. PciKlaol IKion 
40 kilomètres, l'Arc et l'Isère coulent d'abord à l'inverse 1 un di- 
l'autre; leur plus grand écartement (48 kilomètres entre Modane 
et Bourg-Sainl-Maurice) mesure l'aire d'où surgit le haut relief 
de la Yanoise. Enfin les deux rivières se rapprochent, l'Arc décri- 
vant une courbe harmonieuse, et se réunissent en vue de Cha- 
mousset, après un cours sensiblement égal (10 ou IB kilomètres de 
plus pour l'Arc). 

L'Arc naît à 2188 mètres d'altitude. Bonneval (1 798 mètres), 
son premier village, ramasse dans un coin de la vallée ses maisons 
basses et grises entourées de pauvres champs. Peu de régions 
alpestres sont aussi d.'sjiériii'rs ; en hiver, les habitants vivent 
dans les élables souterraines à la di.ileur de leurs animaux. Le bois 
étant rare, le chaibon tmp ,li,r à Irniisporter, le combustible usuel 
est l'excrément des bestiaux si'clié au soleil. Entre le montagnard 
et la terre avare, la lutte est ûpre. Deux saisons sont nécessaires 
au seigle pour mûrir, parfois même il ne mûrit pas. « La neige 
couvre le sol prn.Iant six ou s.pt mois de l'année, interrompant 
souvent les comiiniin. al mus, .sr, illustrant les habitants comme dos 
marmottes dans lenis t< inns. <• Cl. Iîegauii.) 

Avec l'été, tout srv.-ille, tnut lleurit. On délaissait Bimneval : 
depuis que le Club Alpin français a fait construire un chalet-refuge 
en amont du village, à la lisière d'un bois et non loin du tor- 
rent de la Lentn, qui amène kVArc les eaux de l'Iseran, les tou- 
ristes sont venus. Le bois, les ruisselets qui babillent sous les roues 
de moulins rustiques, la fraîcheur des prés, les environs cons- 
tellés de plantes alpines aux' vives couleurs, les pâturages qui 
montent au pied même des glaciers, en supprimant presque les 
traînées ordinaires d'affreuses moraines, les excursions sans nombre. 



~-l nn II' ~ , nu peu plus en aval, est de pauvre appa- 
rence : a rp,u.ssc-s dalles, aiipartenant aux schistes lustrés du trias, 
reposent sur une forte charpente qu'elles défendent contre les vents 
violents, et sauvent de l'écrasement, sous les 3 ou 4 mètres de 
neige qui s'y accuninlent durant l'Iiivcr. Quelque pauvre qu'il soit, 
les gens aiment leur p i\s ,i i mh^, lArni leurs usages : les couleurs 

vives de certains ihsI - Iml U eorrigent agréablement la 

mélancolie générale de , elle nn|e rmilne. 

Lans-le-Villard, Lanslebourg se succèdent au pied du mont 
Cenis. Au-dessus des pentes gazonnées, parsemées de sapins, 
monte la magnifique route construite, de 1803 à 1810, par Napo- 
léon !'■'■. Il ne semble pas que ce passage dis Alpes ait été fréquenté 
lies Romains: Polybe etStrabon n'en ]iailenl pas. Cependant Pépin 
le Bref, et après lui Cliarlemagne (77 'i et Charles le Cliauve, y tra- 




ou eu traîneaux {ramasses). Napoléon I'^'', en construisant la route, 
agrandit l'ancien hospice, et un service régulier de diligences relia 
dès lors Suse à Lanslebourg, la Doire liipaire à la vallée de l'Arc. 
Vingt-trois refuges forment étapes entre ces deux points : laborne- 
fninlière entre la France et l'Italie se trouve pi'ès du dix-huitième 
refuge (•21)82 mètres). De là une rampe conduit à la dépression 
centrale du passage du mont Cenis, large bassin de prairies au milieu 
duquel dort un joli lac bleu, entre des sommets éblouissants. 

Termignon marque le coniluent du Doron de Yillard dans l'Arc ; 
c'est le torrent du hameau d'EnIrc-Deiix-Eaux, réunion de quelques 
cabanes où fréquentent les bergers de Maurienne, lorsqu'ils condui- 
sent sur les hauts pâturages leurs moutons, ces jolies hôtes à la 
laine soyeuse et tombante comme celle des mérinos, au museau 
noir comme le tour des yeux et le bout des oreilles, signe dis- 
tinctif de la race. Enlre-Deax-Eciux (entre la rive gauche du Doron 



et la 
du Me 

Dor,.n 
Api 



Bram 



nrrent de Saint-Jacques, descendu des glaciers 
Tuie halte au débouché du col de la Vanoise 
•, greffé, de l'autre côté du massif, en vue du 

voisin du torrent de Saint-Pierre, les forts de 



VEsseillon, face au torrent de Sainte-Anne, gardaient le jiassage. 



LES ALIM'S. 



Li: illlONE 



137 




avant que la dtMV-iise n'eût élé i-u|.iortée au Jébourlié i.lu Uiuiil'I iIc 
iModane-narJonnt'che. Avrieux signale le torrent d'Aussuis, qui 
liiuibe de la Vanoise par une cascade de 80 mèlres. Mudmie-iiave, 
<lont la longue rue bordée d'Iiôlels, de cafés, de bureaux doua- 
niers, gagne au sud vers Fourneaux, prolonge Modanc-\i\]e, ancien 
liourg sur la rive gaucbe de l'Arc. Sur un éperon rocheux, Ir 
fort du Iteplnlon et, plus haut encore, le Snjijifi/, communiquaul 
avec des batteries par des câbles aérions Jcli'S sur la vallée, défen- 
dent le d('bouclié du tunnel creusé smis le l'n'jus. Par son as[M>( i 
international, JSIodmic tranche fur l's 
autres localilés de la vallée : Saint-Mirli.'l 
et Saint-Jean-de-Maurienne, où vient lAi- 
vant. 5rT!)i<-.l/if/(o/-de-JIauiienne, au dé- 
bouché de la verdoyanle vallée de Vahn.i- 
nior, que conirnamle le fort .lu '/'''In/nij^lw. 
ouvre la roule fré(|ueiili''e du (.ahbier, |i;m 
le torrent de Vallnire, vers h' cirrefour 
du Laularet, d'où s'éloignent, à l'est, la 
route de Briançon par la Guisane ; à l'ouest, 
celle de Bnurg-d'Oisans-Grenoble par la 

Saint-Jean-de-Maurienne .'1327 ha- 
lii(anlsj fut capitali^ de la Maiirienne et 
Cl inserve son évèque, avec une cathé- 
diule décorée par la libéralité des Char- 
lieux : un cloître aux arcades d'albâtre, 
d'iiili'ie.ssantes collections y retiendront 
l'areliiii|Mi;ue. La Chambre est bâti à 
i-'JO luelies au-dessus de la rive droite 
de VAir. I,e dernier village que fi'ôle la 
rivière, avant d'atteindre l'Isère, est.-tîjKe- 
hflle (rive gauche], petit centre industriel 
qu'animent une fonderie, une usine do 
[iroduits chimiques, de riches mines de 
fer, sous la Crète qui porte les baUerie^ 
complémentaires du fort de Montdlbert. 
Cuars de l'Arc : environ, 150 Uiloim' 1res. 

France. - 11. 



Tro 
pressi 
d'Alv; 
>'ei:;e 



placiers uni 
enclose pa 
3Fi:!'i nièlie 
iKi nièlre.' 



l^,les;i 
/,/ 7'/., 






LA ROMANCHE 

îu un seul bloc se moulent à la vaste dé- 
la lioche Méane ('Aim mètres), la noche 
la n.M he Faurio (3716 mèlres) et le Pic de 
MIS li.iuruents disloqués s'épanchent vers le 
MIS lie moraines, et, du plus avancé d'entre 
'e ilrs A'/)ii;n:.r: une grotte ruisselle par un 
r, lie Vr.iiiile. C'est le berceau de la Ro- 
manche. Elle s'échappe du lac, déjà bon- 
dissante à travers les gi-os blocs, prend au 
passage le torrent du Clut des Cavales et, 
au delà An lac Pei/re, rallie, sous le chalet 
de l'Alpn, son bras oriental, la Grande- 
A irjue, issue du cold'Arsines (2 3(i8 mètres), 
où puise, d'autre part, un torrent de la 
Guisane, aflluent de la Durance. Du gla- 
cier de l'Homme, du revers de la Meije, 
affluent les eaux torrentielles. I,a Grave, 
capitale tourislique de ces hautes vallées, 
étage ses maisons en espalier à 100 mètres 
au-dessus de la Romanche, dans un site 
alpestre comparable à celui de Zermalt 
et de Chamonix : la Meije hautaine, entre 
les champs de glace du Tabuchet et du 
Râteau, barre l'horizon du sud. Presque 
aussitôt, après le torrent-cascade de la 
.Meije et le saut de la Pucc/le, le village 
des Frcvai.r juche ses maisonnettes sur des 
éperons de rocher, à l'entrée de la combe 
de Malaval, mauvaise vallée à coup sur, 
stérile et sinistre, creusée par la Roman- 
che enlre les escaipements du Plateau 
de Paris et le glacier du Mont-de-Lans 
qui n'a pas moins de 8 kilomèlrcs de long 
sui 3 de large, et s'incline en pente douce 
vers le torrent. Du Platcati. de Paris, où 



12. 



138 



LA FRANCE 



iiiiiuiUMit plusieius petits lues, la ravine du /((/-run/ précipite ses 
eaux dans la lioinanche par une cascade de 200 mètres, aux loclies 
surplombantes. Au moyen âge, riiospice de VOc/ie, fondé, dit-on, 
par Humbert II, servait de refuge aux voyageurs engagés par la 
combe de Malavai : celie-ei prend lin uu liariie.ui de l'an/.d, dans le 
petitbassin verdoyant (lu li.iupliiii, "ù luiillue !.• Im lenl du ( '.lia ui lion. 



plus loin, l'émissaire des puissantes sources de la 7i'ir'', la Sarennc, 
VEiui d (Jl/c, diiuve (rr^coulement de Belledonne etdes Sept-Laux. 

1,'Oisans fcjrma ia<lis un petit monde à part : il s'étendait le long 
de la/{o//(rt)îc/('', deSecliilienne au col duLaularet; c'était le pays des 
Uceiii: les Homains y insinuèrent une voie stratégiquequi desser- 
vait au passage les mines .li' llimides, en tournant le promontoire 



If v-'s 






'.^V 






\ 




Hientôt paraît le Fernnid, torrent sauvage dévalé du glacier des 
Quirlies, dans le massif des Grundes-Bousscs, et grossi, en roule, du 
ruisseau de la Valette, issu des névés du Grand-Sauvai/e. Complè- 
tement dépouillée de ses bois, la combe supérieure du Ferrand 
s'allonge monotone jusqu'au point où le torrent, gonflé de toutes 
les eaux accourues à lui, se resserre entre les bautes parois schis- 
teuses et, comprimé dans un étroit canal, s'élance d'un bond 
de 80 mètres, en décrivant une coui-be immense dont les ilôts jail- 
lissent en gerbes étincelan tes. « Il faut aller jusqu'à la chute du Rhin 
pour trouver un semblable fracas d'eaux mugissantes et de roches 
broyées. » (P. Puiseux, Annuaire du Club Alpin français.) Au-dessus 
de la cascade, C/fl(,'f7îî5 étale sesriantes prairies ombragées de frênes. 
Puis le torrent bondit encore dans une gorge effroyable où aucun 
sentier ne pénètre, pouratteindrelaiJojnoHcAe, au-dessous du village 
de Mizoën, qui domine la vallée, du haut d'une terrasse plantée 
d'arbres fruitiers, à 1206 mètres d'altitude. 

l.e cours de la Romanclie esttout en contrastes; passé le Freney, un 
précipice l'élreint sous l'éperon des Grandes-Rousses, au fond duciuel 
on l'entend mugir sans la vni,', .u |,,i>s;mt la galerie de Vlnfcrncl. Puis 
l'étreinte se desserre bi iiv.piriiM ni, et la Aoiiflfic/ie s'épanouit dans 
la plaine fertile de r(li>.uis, ;inrn n lac colmaté, long de 12 kilomè- 
tres, large de 1 500 à 1 81)0 mettes, où viennent la rejoindre : le Vi-nùon, 
gonflé de tous les torrents du vaste amphithéâtre glacé des Écrins et. 



des Grandes-Rousses. Ces mines de galène et de cuivi-e gris argenti- 
fère, ex[doitées peut-être plus tard par les Sarrasins, prirent, sous les 
Dauphins, une grande importance. Une ancienne tour, dont les murs 
avaient 2 mètres d'épaisseur, sur des fossés de 8 mètres taillés en 
|ilein roc, servait de fort au Directeur. Les mines argentifères de 
C/iahmches, près d'Allemont,au flanc du massif de Belledonne, sur la 
inulée de l Ean d'Olle, remplacent, depuis le xvm" siècle, l'ancienne 
exploitation romaine; des gîtes d'argent très rapprochés y ont été 
mis à découvert : certains ni in m. lis onl rendu 50 pour 100 de im'lal. 
Outre l'argent, cette montagn.' i onhrnl le cuivre, le zinc, le niikil, 
le cobalt, le soufre, l'or, \i- [n:\iiv. wf'-^i-, l'antimoine, l'anlhiacite ; 
l'asso, i;ilioH d'élrinruls si .ln.isl:iil ,!.■ I,i iinnihii;ne de Chalanchrs 
un liv-Mi' iinninr d;ins 1rs Alp.'-; el |..nil-.-lre ,-in monde. 

l.e lln,t!<i ,1' ()i:.,iiis, i|ni r;i\onn,iit sni' !■■ l>,is>in île la Romanche, est 
bàli, à70U me 1res de la rivière, sur je [lelit luisbeau delà 7?iVe, au pied 
du Signal de Prégentil. Des travaux importants ont dû l'abri ter contre 
le torrent de Saint-Antoine qui descend de cette cime, et, d'autre 
part, des digues le défendent contre les terribles emportements de 
la Uoniandie. Au xii» siècle, la vallée entière fut recouverte parles 
eaux, le bassin transformé en lac, le Bourg en port intérieur, sous le 
nom de Saint-Laiirenl-du-Lnc, qu'il conserva deux siècles durant. 

La chaîne de Belledime pèse sur le débouché de l'Oisans : dans les 
dernières années du xu' siècle, elle jeta dans la vallée de la Roman- 
che un quartier de la montagne de Voudène : sous l'avalanche des 
rochers, de la terie, des graviers et des arbres, la rivièie s'arrêta 
devant un colossal barrage, les eaux refluèrent, engloutirent à 10 mè- 
tres de profondeur des villages entiers, et la plaine de l'Oisans fut 
un lac, le hic Suint-Laurent. Les montagnards se firent pêcheurs, 
mineurs, ou essayèrent de défricher le sol aiide des environs. A la 
fin, dans la nuitdu l 'i au loseptembre 1219, le barrage artificiel qui 
obstruait la vallée de la numanclie, cédant sous la pression, sauta. 

« Lue masse énorme d'eau s'engouffra par le débouché dans la 



LES ALl'ES. 



LE RHONE 



13î> 



gorgp, brisant, ciiiiiorlaiil tout cl.ius son cours furieux : ar 
végétale, habitations, des villages entiers, rasant lavalliT 
lienne comme feiait un faucheur d'une prairie unie, inond 
et la plaine de (ircnoblo. L'/si-re, arrêtée dans son cours 

riMe délionlemont, rellita vri s l.i ville el la reni|ilit de i 
un.- haulenr (b-m ,|n„i„-,.. CV.i.iil la niiil; Crmnhl,' 



lu x" siècle; puis les Dau[diius y résidèrent. Lrsdi- 
ilever la place aux catlioliques, mais devenu, 
ion, lieutenant général pour Henri IV, il acquit 
! el le transforma. I,e 21 juillet 1788, les députés 




d'étrangers, le leud 

éperdue; les uns 

autres se réfugient sur les toits des maisons .1 ib'> i 

baut des tours; un grand nombre se picssc ,'i l,i |ior 

de pierre, afin de fuir par la montée de ('.babiininl ; m,i 

est fermée, et, la rivici'e siiiiuonl.iiil les |i;ii;i|iets du pont, ce: 

malheureux sont engloutis. I.e <l,Mi|ibiii (iin-iies VI eut grand' 

peine àatteindre sa maison lui te de S.nnt-M.irlin-le-Vinoux. Il en 

Irevit dans cette catastrophe la C(dère du ciel et fit vœu de se croiser 

l'ar la rupture du barrage de Livet et l'écoulement des eaux, 

de VOifans fut exhumée de sa tombe. Elle reprit sa place au 
nus l'action de la chaude lumière et 
I.iIh Ml s (|.^ iii.iiii,mnai-ds, elle se couvrit de nouveau 
dliabilaliiiiis. ,!,■ I h II, s iiM 1,111 PS, de jardins, de prairies, d'une vé- 
gélalMin A i^.iiii iiiv,. fi, \ai i>-e. Cependant le sol a gardé des traces de 
cette luiimi,. sl.iuiialion des eaux. D'ailleurs la li'unnnc/ie n'a [loint 
ce sur la plaine d'Oisans. Trop souvent, le toireiit, 
gonllé par les eaux pluviales, surmonte ses digues et, redevenu ter- 
rible dominateur, il se répand dans la plaine, où il porte partout la 
désolation. « (A. Albert, Essai descriptif de l'Oisans.) 

Des gorges de Livel, où se produisit l'écroulement de la mon- 
tagne de Voudène, la Romanche gagne Rioupéroux, Séchilienne, et 
leprend sa liberté, au confluent du torrent de Sainl-Barthélemy. Le 
déversoir d'un petit lac du Taillefer lui arrive en face de Séchi- 
lienne; celui de l'un des lacs de Laffreij, à l'entrée du bassin de 
Vizille. Lalfreij, sur son plateau exposé aux vents, commande le val 
de \a. Romanche; une plaque d'ardoise, scellée dans le mur du cime- 
tière, relate les paroles que Napoléon I'^'', à son retour de l'île d'Elbe 
et sur le bord du lac, adressa, le 7 mars 1813, aux soldats du déta- 
iliement envoyé à sa rencontre pour l'arrêtei-. 

■Vizille ( Vigilia\ amienne station romaine de la route de Milan, 
garde le débouché de la Romanche. L'évêque de Grenoble en était 



l'erier ont possédé son cliàte.iu et h' parc aux 
' a Romanche rencontre le Dnir, après une 
course tourmentée de 78 kilomètres. 

LE DRAG 

Deux torrents, celui d'Orcières et celui de Champoléon qui j'uise 
aux névés du Sirac (3438 mètres), sur le revers du glacier de la l'i- 
latte et du mont Pelvoux, forment le Drac ou Dragon, cours d'eau 
endiablé, vrai brigand dont les rapines s'aggravent de celles que 
commettent une collection de brigandeaux dressés sur son modèle. 
Au Brac-BInnc ou Urne de Champoléon, tombe l'fssora ; uwe source 
intermittente, la. fontaine de Lait, lui apporte l'afflux considérable 
d'une eau blanchâtre qui la qualifie. I.e Drac-Noirvientd'Orcicri's qui 
commande la valb'e, à 1 3o0 mètres d'altitude, sur des pentes pau- 
vrement cultivées en seigle et orge, au centre de hameaux épars. 



140 



LA FRANCE 



^B^HStel; -^'..1^: --m 


fe 




"^"^^^^^^^■lÉH 


^Hh 


^H^^i s'-\ 


kU^M 


^'j^^^^^l 


^M 


BB^B^/^ 


po 


oBH 


H 


1 


^ 


IHI 



poi 



' Ip"; ipstos bien amnin- 
diis du (lidlocui des ili- 
'//(;i /e^, beueau di> la famille 
du f mieux Cdiiiii table. 

Du coullueut de la Sêvc- 
tnnse à celui de la Bonne, 
le Drnc se tourmente au 
buid d'àpies défiles, sous la 
double etieinte du plateau 
de Beaumout et des lacines 
de l'Obiuu : le pont Bernard 
l'enjambe d'un roc à l'autre ; 
celui du Loup relie deux 
parois Miiii s,,iii-.I, .^susd'un 
étroit ,\r r> iM-iM's. Villes 
etvill:i^r,>V|,,,^n,.,,|; Corps 
s'(M('\ r Mil iiiM' (''i lasse fer- 



de la 
départ 



.e Haut-Champsaur 



l'-e du Drac stiji('riei(r, depuis Sainl- 

sance, a éh' iiialhriiivusrriii.nt d.'li.iisé; !.. sn|,-il du Aiidi brûle ses 
iiuiula^'iics cia(|Ui'l, rs par le yc], labourées pai' les eaux torren- 
tielles; le climat est si'C, et l'été venu, cuisant. 

A peine formé, le I)rac vcise au camil de Gap 5000 lities d'eau par 
seconde ; plus bas, au canal de Pimt-du-Fassé, 1 120 litres pour l'arro- 
sage du Bas-Chiniipsaur, ](mgue coulée d'alluvions toi'renlielles dont 
les di'|i."i|s en terrasses, appuyés à l'est sur des calcaires jurassiques, 
vieiiiiriit buler à l'ouest contre le massif du Dévoluy. Avec ses cent 
villai,'is, ses grasses piairies au milieu desquelles la rivière miroite 
au soleil, cette plantureuse vallée du CAaHîyjMiirn'est pas sans beauti'. 
Par la Scvcraissc, qui puise, d'une part, aux névés du Sirac, de l'aiili e 
aux glaciers de la Pilalle et des Houies, la vallée du Valgaudémar 
(Valgodémar, d'a|iiès l'Etat-major) s'épanouit dans le (',liam|isaur, 
presque en lac.' du iiionlicule, qui, sur la rive opposée du Drac, 



"//■•'■ 



vallée de la Hnnnr. ,1 
l.a Cl,np,dlf-n,- Vali. 
vallée d.- la linmir el ,■•■11 
ilure el dVaii liairlir, i|ui 
les ])ins sylvestres iiirleii 
des hêtres, à l'argent de 



turages ou, le i'.' s. |i|riii|,re 
1846, laVierl..■ap|Mlul.>,li- 
vant une pirii^r ii(.\,iii( ,.. 
que perpétue la basili((ue 
romane érigée dans celte 
solitude. 

l.a Bonne draine les nei- 
:;es lie l'ilisans par les miil- 
liples prises d'eau du Val- 
joi,/frr,,r\,[n Valseiusirr.On 
a|q>elle 'Valjouffrey la 



du 'Valsenestre, riante coulée de ver- 
l'ioiile un iqiiilriil manteau de forêts où 
leur éidice rugueuse et ardente au gi-is 
bouleaux et au vert tendre des sapins. 




L'évenlail des torrents du Vaijoufl'rey, du Valsenestre et la Malsanne 
forme, sous Entraigues. le Vnlhmmni-^ proprement dit : alors les 
champs cultivés succèdenl aux prairies, |usi|irau iioinl où la Hoinie 
se jette au Drac, à Ponsounas. 

la Mallicysiiie oii le i;ran.l lac de Laffrey l'Iend, sur 3 kilomètres 
de long el SIKI iiiélres dr large, ses eaux poissonneuses, enti-e des 

hords si'inés ib- |».uquois Iireii.x. Tidis autres lacs appelés : Mort, 

Pelirhrt. Pirrrc-CIcitcl, s'éclndoniient, les deux derniers et le Laf- 

frcy vers La Mine, méiropole de celle agreste région. I.e Petichet 

présente la forme originale d'un eoMir, avec pio- 

niollloile elllle dellX liolfes, el ,lll e.'iilie une 



'(Un 



très d alliliule, ilomine 
lUX, de bois et de prai- 
ud, le moutonnement 
ndent.àl'est, le Taille- 

rs les 



Sous rarihix do VEhron, venu du sud àf 
I l'iiil"- \oidoyantes elles rocbors du plale;iu <le 
/ . 'iil re le Dévoluy à l'osl ol h s i~( ,i i |n nis 

■ >' ' à rouest(rirand Vr\ iiiMiii l'.'l'ii in-; 

n 1 // /(.>...), le i);<ïf ton I m I i ii-'iu.iipnl au 

ni' I II- le piolongemciit diiLcL de sou tribu- 
ini I I --' en vue de la iiyo«e-/ei-5ffm5, recueille 
I I I 1 I h du luisseau de VnuU, enfin s'élargit 
i\ Mit d. jii m iK 1 dans I anc len lac de Grenoble, 
pi mu liilili ouhiiaiiiM I imi» tueuse Romanche. 
I i Malle I t son I bateau se gieffent a une colline 
isoli e au iiiiliLU d'un bassin veit qu'arrose le 
luissi.iu de Vauli. Ses eaux thermales bromo- 
tbloi UK t s-sodiques, excitantes et toniques, jail- 
li ssi ni aux boids du Diac : une pompe les refoule 
,1 1 ■)() I ini lies plus loin, dans 1 Etablissementdes 
bains, gi 11 e à la foice motuce fournie par le ruis- 
seau de \ aulx, qiii plonge par une cascade magni- 
fique de 1 !0 mtties. 



LES ALIM-S. — LP; RHONE 



141 




PIEnilE PERCEE. 



La. Romanche accroît le Drac d'un tiers : il s'élargil, enveloppe 
des îles basses, absorbe la Grosse, à défaut des sources deRochefort 
dérivées sur Grenoble, et se rétrécit sous l'arcbe de Pnnt-t/r-Claix, 
atteint l'Isère en aval de CiviinMc, .ni |.i.a .I.s rsr,ii|M'iiiriiis ,1e la 
Grande-Chartreuse. D'un (■li.i-" (!.■ \n mrii ,-. ml..-. ].■ /)/■,,,■ |i,i".\ en 
grande crue, à 1800 mMivs. C- lni,,„i ,-1 inuM..; .u.ml !,■ rejet 
de ses eaux à 3kilomètres 12, aii-tirssuus de (..leiiubli-, il iiioiulaet 
fit souvent trembler la ville. On le dit flottable sur 11 kilomètres, 
mais rien n'y flotte ou à peu près; on l'utilise pour les arro- 
sages. Mais, si des barrages écbelonnés resserraient dans ses 
défilés les eaux sauvages, ce serait un merveilleux producteur de 
force et de richesse. Cours : 125 kilomètres. 



LA DROME 



11 n'y a pas 8 kilomètres, de 1 
rance, aux premières sources d' 
plus de 1 000 mètres d'alli- 
tude, près du village de la 
Ràlie-des-Fonds. Sept filets, 
qui la rejoijinent à l'étoile- 
ment de Valdrùme, la por- 
tent, à travers un défilé de 
10 kilomètres, au fond du- 
quel descend le Maravel, son 
premier affluent. A 1 kilo- 
mètre 1/2 au-dessus de Luc- 
en-Diois, un barrage de ro- 
chers encombre son cours: 
en 1442, la montagne du C/up, 
s'effondrant, précipita dans 
la vallée des blocs énormes; 
l'avalanche, divisée en deux 
par un contrefort, se répandit 
jusqu'à larivière et la coupa 
d'une double digue, en for- 
mant deux lacs de retenue : 
le grand elle petit lac, d'une 
superficie de 300 hectares. 
Les Chartreux de Durban 
(1788) entreprirent le dessè- 
chement et la mise en va- 
leur des deux cuvettes lacus- 
tres : on ne leur en laissa pas 
le temps; cinq ans après, 
en 1793, leur abbaye fut 
vendue comme bien natio- 
nal. Il n'en reste que des 
ruines informes sous un 
fouillis de verdure; le loge- 
raentdu prieursertde ferme. 
La Chartreuse de Diirhon, 
fondée en 1116 par un dis- 
ciple de saint Bruno, s'éle- 
vait dans un vallon agreste 



rive du lUicch, aflluent de 
la Ihnnie ,,u,.iailliss..nt 'i 



et reculé, voisin de Saini 
qui passe par le col de Li i 
de laDurance, au val <lr I 
le Bez aborde la Di ."mi.'. 
consacrée à la d. .v^.Cn | 
Jlilan; de là son iiii|iui i,i 
du comte de l)uns o 7y<S 
De Snint-Auhan à Crest. 
lant au passage la Sure, 
la Roanne, rivale du Dr?.; 
GenmnHe (grottes et ai]]|il 
donjon commandent um 
tenue par des diL'ues, i.n 
arides qui fei'.ii'nl d.iiil 
dernier afilueni, ni .!■ --i 
le Rhône. De va>l'-; l.'i ni 



liili. Il .n-lM'auchêne, sur la voie naturelle 
' n,i I - ll.niir, de la vallée du Buech, affluent 
lli ..II, .ililiirnt du Drac. Entre Luc et Die, 
Die, I ancienne Dea Augusta Vocontiorum, 
.' 1'-, faisait étape sur la route de Vienne à 
1. '■ jiassée : ce fut, au x= siècle, la capitale 
labitants;. 

la Drame vague de bassin en défilé, cueil- 
le torrent raviné du pittoresque Pontaix, 
h S.-iill.in<;, le Rioussec dans une gorge, la 
illi.Vili.' ' -I arpé de Beaufort). Cres< et son 
r,iiii|.:i^ii.' fertile. La Drônie, tantôt con- 
l.ii ip. indue sur des grèves et des cailloux 
. r qu'elle existe, reçoit la Grenelle, son 
~ .!'■ Livron; après quoi, elle se perd dans 
.11. 'S ont été conquis par des digues rive- 
:ivst à la jolie vallée du Itnahi,,,,. la Foret rie 




I o N T A 1 G L 



142 



LA FRANCE 




le Genèvre à la suile de Charles VIII 
(l'iOi), de France en Italie. 

Ce prétendu col est une grande 
roule, due à l'initialive île Nupn- 
léonl"', comme celli' iln Mmil-CiMiis 
Htcelledu Siniplon. l.'s |),iii|i|iius 
(lu Viennois avaient l'on,!,-, im hos- 
pice au seuil de séparation des 
.leux versants : on l'agrandit. Il ap- 
partient au départe ment des Hautes- 
Alpes. Des gendarmes en occupent 



y étaien 
l'Italie ei 


h. 


pour les 


noi 


montais 
uu début 


qui 

de 



. L L i: E U E 



Saou groupe sur une longueur de 12 à 13 kilomètres, une largeur de 
B à 6 kilomètres, une colossale corbeille de verdure, semée de ro- 
chers et trouée de vastes clairières. Cours de la Drôme : 102 kilo- 
mètres. 

LA DURANCE 

Première étape, de lu smiree à Brinnrun. — Si l'impiirtance d'un 
cours d'eau se mesurait exclusivement au nombre de kilomètres 
qu'il parcourt, la Clairée, déjà longue de 30 kilomètres lorsqu'elle 
rencontre la Durmice, qui en a fait 8 à peine, devrait être considé- 
rée comme sa sœur aînée et, par suile, la source viaie du fleuve. 
Mais, si agreste que soit la vallée de la Clairée, entre les roches- 
calcaires, aux tons chauds, qui rattachent sa rive gauche aux 
escarpements du Thabor, et les eaux jaillissantes, les lacs et les 
cascatelles qui babillent ou somnolent sous le couvert épais des 
bois de mélèze, celte fraîche coulée ne mène à rien. L'éperon du 
Thabor en barre l'issue et, pour en sortir, il faut grimper à des cols 
ouverts, comme celui de l'Échelle, sur l'âpre vallée d'oii dévalent 
les eaux sauvages vers la Doire Impaire. 

Aucontraire, la vallée de ]a.Durance s'épanouit il'un vaste ]ilateau 
qualifié col, celui du Genèvre, 
011, depuis l'origine de l'his- 
toire, tous les peuples ont 
passé, après les sujets du roi 
Coltius, qui occupaient les 
deux versants des Alpes et 
dont le nom figure sur l'arc de 
Suse, jusqu'aux conquérants 
modernes : hordes gauloises 
de Bellovèse, Annibal et ses 
éléphants, Marins et César à 
la tête des légions romaines, 
Auguste, Claude, Domitien. La 
voie romaine du Genèvre des- 
cendait sur Arles, oii elle se 
soudait, d'une part, à la grande 
route du Rhône sur Vienne et 
Lyon, de l'autre à la voie Do- 
mitienne, dont le cercle se dé- 
veloppait, des Alpes aux Pyré- 
nées. Théodose aussi et, après 
les Romains, Charlemagne, 
les nôtres enfin passèrent par 



f VON . 




eux ouvriers ]iir- 

iversent les Alpes 

iver et reviennent 

chez eux, par celte route, avec le 

printemps. 

Le ruisseau qui ouvre la grande 
roule du Genèrrr, entre le rocher 
di' lAlpi'l(23i:! mèlres) et la cime 
du (;iiriiaill.>t(-2(;3'i nièires\ devait 
l'-lic las<iurre de la Durance. Il 
uaitdansun cirque ouvert au nord 
et relevé au sud par le relief du 
Giindran, à l'ouest par le moiitJanus 
iiu Chàteau-Jouan (2 514 mèlresl. 
" 11 y a sous le col du Gondmn, 
dans un site charmant, paimi les 
buissons d'airelles, quelques 11a- 
(|ues d'eau très profondes, creusées 
dans les pâturages tourbeux et qui 
n'ont p.i- do ,l'\oi>oir i\\>\ ni. I.rs eaux se frayent une voie se- 
crète à lr,i\ oi s ,|rs ainos imoImiicIos que les prés ont recouvertes, 

et liiii>soiii p,,i 1 o|i,ii,ii:i o ,1 :; ki|. .moires de leur point de départ. Le 
lit du torrent ne parait pas d abord; mais, en prêtant l'oreille, on 
entend sous les rochers le sourd bruissement des eaux. » (P. Guil- 
LEMiN, Ascension du Chabcrton. <c Ann. du Club Alpin français ».) 

Le seuil du Genèvre incline la Durance à gauche, par un assez- 
brusque détour; elle happe la Clairée, glissant dans une gorge creu- 
sée à travers des poudingues de cailloux siliceux et porphyriques 
agglomérés par un ciment calcaire. 

Au confluent de la Guisane et de la Durance, Briançon groupe 
dans une attitude guerrière ses remparts baslionni's et sa vieille 
ciladellc à la Vauban, sur un étroit plateau en contrebas des hau- 
teuis de la Croix de Toulouse (1 973 mètres), dont les pentes tom- 
bent de part et d'aulre sur les fossé'S profonds des deux rivières. Le 
pont d'Asfeld enjambe, d'une seule arche de 40 mètres, le précipice 
au fond du(iucl roule la. Durance. Contraintes par la cuirasse des rem- 
parts, les maisons de Briançon s'étagent : peu de places libres; la 
grande rue veut une escalade, comme un chemin de ronde. L'église 
même, grâce à son épaisseur massive, l'entre par son aspect dans ce 
cadre guerrier : Vauban l'édifia 
sui un bisiion qui commande 
iaioiii d (.1 II 1 I la pieoc- 
cup ili II il I 1 I I lise y est 
e\id. lit -^sMi il 11 itilsi 

Biuiu, ,n o-L i^ncucle de 
toits qui gai dent ses appio- 
ches : sui la Clan ee, louviai,e 
durorhei de 1 Olne ri bsl il- 
teiits de lEul ii -mm ill nt 
les culs des Ad I -^ I Imi s 
di I Libelle, pu ■ u i i^- i ut 
-- iiis pt ine, sous un tunnel de 
> Uilomtties, une voie feiiee 
ib lulissant a Bai donneche, si 
iks considéiations sliategi- 
ques ne rendaient cette sépara- 
tion nécessaire; au nord de la 
place, à 1 960mètres d'altitude; 
la redoute des Salettes. Contre 
les routes du Genèvre et de 
Pignerol, les forts du Château, 
des Tèles, du Dauphin, tandis 



LES ALPES. — LE lUIÙiNE 



143 




qu'au premier plan, le fort du I'"n<l 
baltent la vallée de la Cenvy/r//. , An-n 
ries du Gondran et du Jmiits, ;<. ■ uninl^ 
rent à la haute Durance. Au mmI, |.> <i- 
Aijes et du col carrossable d'h'^n-'l, .pi 
forteresse par la vallée du liuil, .'..'Ht (!• 
de-BrctiKjne et les ouvrau'i's (l'.n.iiil'ij 
veyretle et le double [M>>.i:;r : (.ini.i^ 
Grande-Maye, etc. C'est im In ris>.'iipiil 

mune (!'■ M"iit.n'iiri-re possède, sur 
le plal' III. ri ilrj'i |.n teri'itoire ita- 
lien, d's [.àlui,!::. s iju't-lle loue au\ 
bergers provençaux; les pentes du 
C/irticr(ou s'y rattachent, puisqu 11 ^ 
viennent mourir en face de Ch\ i i es 
Peut-être pouvions-nous, lois de 1 m 
nexion de la Savoie, gaidei cette pai 
celle de territoire et la Chaberton a.^ p 
elle? Celte montagne, foitifite di 
toutes parts, trouée de casemates i i 
d'embrasures de canons, le Gibi il 
tardel'Italiedansles Alpes, nous don 
nerait moins de souci poui la dtfens 
de Brianrnn, car la distance qui si 
pare hs ihnx f'i Ivresses n est qu 
de 12 kilniiiciirs 1 -2. Or, le sommet 
de crtir iiiiiiiiic jiyramide calcaii 
de 3 VS.'i nirli i-s a été aplani, ciéneh 
par les Italiens, qui, laissant subsistei 
un pan vertical de la muiaille lo- 
clieuse tournée du côté delà 1 nn 
y ont ajusté la gueule de ] i 
longue portée, logées ellt s-ni m -^ 
l'abri de ce rempart natuiel, d lus 1 
tourelles à coupoles. Ce foit du Cha- 
berton commande tout 1 hoi i/ Il d 
la Durance à la Doire : le i imI iill 
raent en vivres et munitions se fut 
par un câble transboideur amou 
au village de Césane et soutenu pu 
deux postes de relai inteimediaiies 
Un chemin en lacets, à l'abri de nos 



vV la ivdoute d.\»/"" 
w'i-cVInfernct, lesbatte- 
s l'intervalle de ce tor- 


cuups, cunduitau sommet, par le lliiii. 
millions ont été prodigués pour fuirr 
sive et défensive hors pair : battrii. 


!.• C/,„h,,i„„ iiii,.|,rHii,i,Millén- 
>. rrdniiir.. |,;,,.i-|ii.ni.-iils se 


ies du col muletier des 
lettraient de tourner la 
s par le fort de la Cr«ù- 
■lii-h.nn.-sf.nlip la Cer- 


hissont aux pointes, se di---iriuil(iil 

entière semble un colossal .iHiit à [ili 

DriL.ihne étape, d'' Brw„,,.H ,) K,,.!. 

et la Biin/sse viennent de tlmile à la 


il.iiis 1rs ciriix; 1,1 montagne 
virurSLTihIins ,|r (Mii.ins. 
../'. - - l.a ^•."-" r, la Gi/roiidr 
Ihirana:; de ijauche, la Ccmij- 


1,1 / n:.:'< . h^lio de la 

r..|,|,.|MMlr~ 1rs crêtes. 


rp//cet le GiiiL 

La Guisane descend du col de L 


nilarct, que les neises d'hiver 


ir^:i ii-.iilirir. I.a rnni- 


enveloppent d'un épais manteau bl.ii 


c. mais 011 le soleil d'été fait 



i.:_ .^^ 






"^v^He^ 




. -' '~4a 





[„ltnrrj dislir.iiniiv, Mir la voic ro- 
maine de rOisans. L'hospice du moyen 
âge, reconstruit par Napoléon l"'', est 
maintenant un hôtel. Par Monèlier- 
Irs-Bains (ancien monastère de Béné- 
dictins, sources thermales) et le val 
liiiisé de Saint-Chaffrey, la Guisane 
rnnflue sous Briançon, presque en 
lace de la Cerveyrette. 

Les eaux du Pelvoux, du Glacier 
lllanc et du Glacier Noir descendent 
par l'Onde et le Gi/r, dont la réunion, 
ru aval de Yllle-Vallovi^e, forme la 
Gi/rondc.î)e belles f. ii .'N ,ii'i h-, li ènes, 
les sapins, les in.ir/,^ ^r [,|r^>rnt, 
piinripalemeutaulniii ,|r |\l , /, /,„„/c, 
l'oninte .'Il un ]>:n >■ >i1Imiiii.' d'raux 
\ i\rs ri siiii,'- ,!,. (I.iiriri l's vertes, au 

snulevés d'un bniiJ dans un envelop- 
[lement de glaciers, s'unissent pour 
l'aire de celte vallée l'une des plus 
pittoresques des Alpes Dauphinoises. 
De toutes parts les eaux ruissellent: 
Ville-Vallouise, métropole rustique de 
ce petit monde alpestre, regarde vers 
II' midi de la Durance. 

En aval de la Ccrvcyreltc, le Guil 
iiuvre la sauvage et pierreuse vallée 
ilu Qnei/ms, dont l'arc se recourbe 
entre la Durance et le mont Viso. 



141 



LA FIlAiNCn; 



pnr Mont-Dauphin, 
Château-Qucyras, 
Aiguilles, Abriès, 
jusqu'au pied du col 
de Valante, sur une 
longueur de U6 kilo- 
mèlres environ. Par 
les nombreux pas- 
sages qu'il com- 
mande entre la Cer- 
veyrelte et TU baye, 
de ce côté-ci des 
Alpes, et surtout les 
cols nombreux et 
faciles dont il est le 
débouché naturel, 
Tévenlaildu Guil p.bt 
d'une importance 
capitale pour la dé- 
frnse du territoire. 

Aussi lesO,(rtri>ïte, 
i|ui l'.iisaient partie 
de la confédération 
de peuples régie par 
Cottius, se firent-ils 
habilement valoir. 
Ilurabert II leur con- 
sentait, enl3''i3, une 
charte de franchise; 
les archives do Mo- 

lines, deSaint-Véran, de Ville-Vieille, ont conservé jusqu'à nous ces 
anciens titres de noblesse du pays. Comme en Andoi-re, les archives 
de l'Escarlou du Çuei/ras reposent à la niaiiie de Ville-Vieille, 1 une 
des plus anciennes cités des Alpes, dans une armoire de fer dont 
sept communes possèdent une clef, sans laquelle on ne peut l'ouvrir. 

Le Queyras vit de son industrie pastorale et de l'émigration. On 
émigré du Queyras en Amérique. Les fréquents passages de ti'oui)es 
mirent le pays à rude épreuve : ce furent, au temps des guerres de 
religion, les 1! ii \« ls\ m lois, \ k | .i \ni b e et HeiwicU, pendant la 
guerre de su( I i n il I ^| i_ui I s Vu^li. s iides, enlSlb. Le t;»;/, 
en ellet, ia\()ini. , p II lui m hh ■ u p u s, , alllueiits, sur les cols de 
Lonyet, de Sailli \niinild ly/iWoud i'jiii'llii,leco\deValante,h\Aid- 
cine septentiionale du Viso, la Tiavemlte, le col Larron, celui de 
Saint-Mai tin i\\i\ conduit pai la valh e de la Geimanasca veisPignerol. 

Mont-Dauphin, a l'ontiee de la vallée du Ciinl, et h Chàirau, 
en amont de I i i luiibe de (Jui juis, au fiuiil de l.iquelle le toiient 




roule seseauxctaires 
sur des cailloux de 
iiiaibre vert et rouge, 
entre des murailles 
infranchissables, 
gardent l'issue de la 
vallée. VaubanetCa- 
tinat forli lièrent sur- 
tout Mont-Dauphin, 
sur son plateau 
abrupt dressé pres- 
que à pic, au con- 
tinent du Guil et de 
la Durance; mais 
l'importance de 
cette place a été fort 
amoindrie par le dé- 
veloppement donné 
aux fortifications de 
B, lan; un et VélahUs- 
sement du camp de 
Tinnnuux. Château- 
Qiu i/in^, jilanté sur 
son loi lier p\rami- 
.l,il, gai.le Id'combe 
(lu Gatl, dont le pas- 
sade est miné : au 
nmd, les ouvrages 
qui commandent le 
col d'Izoard; au sud, 
le camp de Tournoiix, défendentriiitervalledelaCerveyrelteàrUbaye. 
Embrun noue les monts du Chainpsaurk ceux du Parpaillon, sur 
l'une et l'autre rive de la Durance. Juchée sur un plateau, la ville 
(3556 habitants) étage, à 100 mètres au-dessus de l'eau courante, 
l'amphithéâtre de ses maisons autour de sa vieille cathédrale 
du xii= siècle, de la tour Brune, étonnante de fierté avec ses 
créneaux et ses mâchicoulis, dans une couronne de jardins et de 
promenades qui ont pris la place des anciens remparts. On a 
déclassé, puis démantelé la place. Cité latine dès Néron et métro- 
pole de cette pailie des Alpes, saint Marcellin fut son premier évêque 
au n" siècle. Sans pailer des Vandales, ^//i/j/k/i ne put échapper 
aux Lombards, puis aux Sarra^ns, et passa, dans rémietlement ter- 
ritoiial du moyen âge, sous la suzeiuiiieté germanique (Il'i"). Ses 
piemieis archevêques battaient monnaie, i'/xirifu revint aux Dau- 



ph 



1 1 F. 



Lesdi 
. d. h. 









ILL A GE UE CEILLAC. 



^iiièifs la prit, Louis XUI rasa 
iilit lii'iou|ueiiient contre le duc 
de Savoie. Louis XI montrait 
une dévotion particulière à 
.\otre-Dame d'Embrun, dont 
la statue vénérée se trouvait 
sous un porche de la cathé- 
drale (le Jléal), précieusement 
orné, entre des colonnes de 
marbre rose ; les soldats hugue- 
nots le détruisirent en 1585. 

Troisième étape, d'Embrun à 
Sisirnm. — Aflluents de la rive 
droite : laiî/i/êdet.ap, le Buecli 
de Sisteron; de la rive gau- 
che : VUbaije. L'Ubaye se dé- 
roule à travers des pays bien 
diflérents; au nord, les cluses 
calcaires dorées par le soleil, 
les aiguilles, les névés, les 
champs de glace, tranchant 
sur le vert des arolles et des 
mélèzes (autant du moins qu'i 1 
■ ■Il reste) sous le ciel cru de 
j'iiivence; au sud-ouest, la 
li.isse-LIbaye, avec ses terres 
iioin's, ses schisles arides, ses 
airaires décharnés, ses tor- 
rents effrénés (le Riou Bour- 
douxî, égayés çà et là par des 
bassins de verdure, des prai- 
ries (Barcelon nette) et des coins 
ravissants (val du Bachelard). 
Moins exposés que leurs voisins 



m; 



A mm; s. — 



itiKi.M'; 



143 



iluQueyrus au passage des 
liiiupcs, les habitants de 
\ l'hiji/c surent aussi bien 
rlrM.ln" leurs franchises : le 

,;,,mlrltoll^'.Mh.v,,^,!,,.,.,,|,|- 

lialt7M-/-';ilalMaii.-.- i:.i:. ; 
le traité de Câteau-Caml.i ■■ 
sis (n;r;'.1) la rendit à la >-:i- 

vriuriilàl.i Fianci.'auliail. 
dTliaMlil, ITII! . 

En aval dr Saiiil -l'aiil . 
dans une fiai. .m,i..i 

lie mrlèzes, \r ji l- Jr la /.'' 

sûle suspend 1. ssliahs \. i- 
ticales desesscliistrs aidoi- 
siers, au-dessus de IV/,,/,/,, 
qui fjlisse par une lissun' d'' 
:! mrln's. Tournoux rst 
pinilie : plus de huit l'imiIs 
inaichestaillri'sdansle roi- 
vif montent aux batteries 
siipéi ieuresdu fort; lamon- 
taL'MO évidée découvre des 
riiihiasures de canons, et 
(ilie épaisse cuirasse de 
yuiMre se hausse en deux 

C'est uiir s.a,r,nr||,. |M,sl,T 
aud.'l.uurh.- dur. .1,1, •/.,„(■/„ 
(der.b-yf)i/;V'n'oude \ii JJa- 
dcleine) par la vallée de 
rUhayette, dans celle de 
VUbaye (batteries de La 
R(iche-la-Croix, de MaUmort, 
de la Tête de Virai/sse 

(27S0 mi'tres] la plus haut perchée qui soit). Le caïup relraiiché de 
Tuuniiiux peut donner la main à Mont-Dauphin, par le col de Vars; 
au camp des Fourches et à la Tinée, par le col des Granges Com- 
munes (Pelouse). 

l.e col de Larche, le plus célèbre et le plus fr.',pi,'nl.'' il,- lous, dé- 
lH,u,he parla dépression de la Madeleine sur la \all,-,' il,> la Slura; 
■ lii ni (i,'nèvre au col de Ten,le, au,'un n'i-sl ,ra,',-,s plus fa,ili', 

Barcelonnette, mrtr,,|M,I,^' de llliave iJ^ili'J lialulaiils , ,'st 








„■. ,-inissaii,' .1 uu,' s,.un-,. alH,ii,lanl,', aux 
s ,1,'s m,uils d,' A»/r; la Uzc, issu,- ,lu pi.,- 
,iire des monts dt^ Ltihérun, qui s'all,mi.'i'nt 
le ,1e Manosiiue. De gauche vienn,'Ul a la 
nco : la Btùme. VAsse, le Verdon. 
haut relief qui barre au sud Thorizon de 
ilairi'lonnette, par le sommet des Truh-liviklws 
■1 '.1-27 mètres), le mont Pflnt (3033 mètres) el 
I,' Lnuzmner (2434 mètres), lie en faisceau les sil- 
l,uis lie trois cours d'eau, la Bliune et le Verdon, 
alllu,'iils d(! la Iturauce, le Vnr et son affluent la 
Toiir !n|,|,.,s,-sau l!a,li,lai,l de l'Ubaye), qui dé- 
ns.iiilil,- ,■! ,lnv. I, ■m, Mit àla Méditerranée. 
I.a Bléone iTll kil.uu,'ln-s), rivière de Digne, 
l'ordinaire peu d'eau dans un lit trop vaste. 
VAsse, filet rapide, qui se faufile sur de larges 
grèves, comme la Bléone, entre des roches déchar- 
nées, peut devenir terrible. Aucun affinent de 
la Durance n'égale l'incomparable grandeur du 



146 



LA FRANCE 



Verdon. Le canon du Verdon comprend plusieurs section 
première que suit la route de Castellane à La Palud et dont 1' 
s ittenue a mesuie que le toiient s eci 
' _clio de SLS musîissemen 
1 dulie Au hamem de nouj;on, la lou 
s enfonce, \eisle sud, le deuxième a 
tulle aismtesqup du 



tf sse de 1 eau n est jamais inférieure à 2 met 
I s eiux que nous avons eu la clianri 
ne un VI ai toiient de montagnes qi 



qui, authentiquement, u'avuniit pu eii- 

iitrée même elle Pas de llmbul, vers 

is une somme d'énergie terrible. La 

I t demi de labeur pour 21 kilomètres 

iiiierrocber, un de 

h'rs de service; 

liuuer la descente 

llotter), — que M. Janet et nos 

(c'est-à-dire presque tout le 

- qu'en cinq endroits, de lon- 

les deux bateaux épargnés fu- 

équipe entière des passages 

pour être guéables ou traversés 




D li 1' I L E s D 



diose de tous, en face du signal de Collet-Barris (14U2 mèlies'i. Il 
faut grimper au Jas d'Aire, au pied des hauteurs de Collet 
la vue plonge d'en haut, sur une entaille de 600 mèties que feime 
la baume d'Escales; une pointe surplombe, à peu de dislance, le 
conlluentde l'Ar/Hi// qui jaillit d'une fente haute de plusieurs cen- 
taines de mètres. Une piste en lacets descend au Verdon à travers 
les éboulis : le regard ose à peine sonder la profondeur vertigi- 
neuse; d'en bas, au-dessous de Guègues, surtout au défilé du Saillet, 
l'œil se trouble sous l'étreinte des titanesques mui-ailles qui s'élan- 
cent jusqu'au ciel. C'est du 11 au 14 aoiit lOO'i que fut effecliii'i' 
la première visile complète du grand cafion du Verdon, par 
M. Martel, en compaenie de MM. A. Janet, Le Couppev de La Forrsl, 
L. Armand .•! dix .uixili.iii vs d.s xill.mes de Uougon et de La Palud, 

MM. lilaiir, AiMili.Tl. (::.il I, ,■},■. 

« Gi''ii,i;i .i|iirn|ih'iiiiiil, !'■ linm,/ l'inaiidn Verdon, du confluent du 
torrent du Kaus au (,ai.-l,is, a 21 kiluinètr.'S de Inngu.uir; rrllc |m.i- 
tion de son cours, dessinée sur les carias uui.ph luiMit d'api's r.' 
qu'on pouvait en apercevoir d'en liaul, '"-Liilus ijuaui uni' aulir 
vallée française du Jura, des Causses et luéun; d(i lnute I liuinpc, 
un véritable canon, seinblal)le à ceux de l'Ainéiique du ^■ord. La 
hauteur des escarpements qui l'encaissent n'est jamais inférieure à 
300 mètres; elle atteint par place 600 à 700 mètres, et les cimes 
montagneuses qui forment les gradins supérieurs de la vallée la 
dominent même deOOOàl 100 mètres. La largeur, au fond, est par- 
fois inférieure à 10 mètres. La dénivellation totale du courant que 
le Dictionnaire Joanne dit être de 2()() mèiics |i,,ur 20 kilomètres, 
soitl pourlOO, n'atteint, en réalité que K>:! m-li.- de 603 à'iuOmè- 
tres d'altitude), soit une pente de7"',33p(iur looo supérieure;! colle 
du Rhône entre sa source et le lac de Genève, et à celle du Tarn en 
Lozère, 2°',71 pour lOUO). 



à la nage. La première nuit, la cabane de l'Escalés nous recueil- 
lit au soir tombant. Sans la perfection prolongée du temps et le 
faible volume du torrent (au minimum d'étiage, environ 8 à 10 mè- 
tres cubes), nous n'aurions pu réussir. Le moindre orage, gonflant 
subitement le Verdon, nous eût mis en position ultra-critique. 

« La seconde nuit fut passée dehors, sous un auvent de roches, 
(b'signé par les coupeurs de bois comme étape du premier soir; là 
une escouade île ravitaillement, descendue de la Palud par des ro- 
rliiTs u'.iiuis (le cu.b's et de crampons, nous avait vainement at- 
tendus toute la nuit pivçé.buite. 

« Après lie multiples incidents de chavirement, de chutes péril- 
leuses dans les cascatelles, de portages terribles, parfois à plus de 
100 mètres au-dessus du torrent, la troisième nuit nous surprit, 
avec nos deux derniers bateaux crevés à leur tour, encore à trois 
heures de la sortie du canon; il fallut la passer à la belle étoile, 
sans couvertures ni provisions, autour d'un feu de broussailles, 
séchantnos vêlements et nos membres trempés. Mais la nuit parut 
courte, tant la scène fut sublime, au bord du Verdon rageur, en bas 
des falaises si hautes et si rapprochées, que pas un rayon de la 
pleine lune ne put nous atteindre, par-dessus ce rempart et malgré 
l'impeccable pureté du ciel. Cette stupéfiante gorge du Verdon fait 
bien pâlir celle du Tarn dans la Lozère. Notre torrent des Basses 



LES alim:s. 



m: iniùiNE 



147 



Alprs a ilix Etroil.^ 
roinnio rmx ,Ip \:i 
.M;il('iii! cl, viiiiit plis 
(IcSmiriKnVvimii'vU- 



nn;i 



snus di'S 1 
rhoux! \ 



laiits ( liauinc-aux- 
l'igroiis, gn.lle d'É- 
iHcraude, etc.); ''• 
r.iurant s'y brise on 
liiurbillons ilange- 
rcux, clifficilcs à 
éviter. Deux d'eiUio 
eus furent bi(Ui près 
de nous être fii- 
nostcs. Armand, sous 
nirs veux, fut re- 



conjointemeut avci;, 
lui-même hors du 
courant furieux. 

du Vrnl.m esl uue 
iiieuui|.arahle mer- 
veille, ce que je con- 
nais de plus admi- 
rable en France, 
beaucoup plus i;ran- 
diose et plus extra- 
ordinaire que les 
canons des Causses 
et de TArdèche. Pra- 
tiquement inacces- 
silile en l'i'lat actuel, il sera 

nialliriiiriis, rit (ou plutôt 

lieiii . U-. III. ni |i,.ur la préser- 

vali !'■ -1^ iii'autés) impos- 

siM'' .'i ,iiiii ii.i.ji'i- : ou bien les 
cliriiiin~ ,1 mut, s ilevraientêtre 
élalilis lin|, h. ml pnur voir, ou 




Us sel 



JUt 



les crues; il en cniuna 
millions pour rendri^ rr 
Canon visitable, sansTalii 
(E.-A. Maiitul, La Ni 
17 mars 1906.) 

l.e Vn;h,n nail à une 



7, ai 



Ile rt 



lalflrol 

r !.• yen 



-.hab 



lileparC'o//»r(,-,s-,Saiiit-Andic-d(- 
.Mêouilles, Cnstc/linir, a„,i,su„, 
(iiéoulx, au confluent du Cn- 
liixti-f, venu de Hic/. \.i- lac 
d'AUos, à '2-2:i7 iiieiivs ,r,ilii- 
linb'jjnii (1 UilniiiMicsdi' liuir, 
1 ijllO mètres de luny, OlILI de 
larf,'e; profondeur 'il à î)2 mê- 
Ires), dans un cadre de forêts, 
de montaiines et de pàturaixes 
semésde fermes et de hameaux, 
olïre le charme d'une liai.hr 
retraite alpestre, sous le c irl 
du .Midi. Calmars, son nmu le 
dit (colline de Mars, Collis 



'^^im 




iVintli), lut OCCUpi 1 11 lis lin 

mains; les chu tu iis ' lili i ni 
sui le-i luines di mmi Ii iii| I iim 
i_dise àsdint Pu m 1, iMimud 
lie Tuienne, en l.i'IU, leduisit 
Il petite ville en cendies ; au 
wii'&iMc, la Fiance en lit une 
(ilace de «ueiie. des lempaits, 
de^poites flanqui es de touis, 
d(sfoitsappuii nt hdi Pense sur 
Il \n II II qui iniil, I ntie les 
iiiiii s d ( Il I mil Ils penles 
s, Il pu s d h (.iid Ile. Des 
pi mil s s , Il iiili ni I l'est, >eis 

1 I liiuli \alli e ou la Lance bon- 
dit in L isi ade sous une voûte 
lit mkIiiii m I md ili 

2 iiKlUM In - 1 iiis ,1 s , ii|„ s 
1 .1/1, iii|i iilii^ ,„ilLi,i/<r 
2"iiiliii h \nlpi\sd,.inon- 

I i_ih s II In! plus ,1, \asté et 

II Mil iliN is| I is I lus aiides 
jiii I 11 ml II In I lu OUL^- 

I is I, Il 1 i\ I. i I l;l une ( t 
In \,| Inil Viiisi s, xpliqui h 

Castellanei ul un I iss, ^m i- 



iiunttbe pai k Vdilmi, li citi 
dis Suitiiens fut n levée au 
iv- siècle pai un ci i tain \alenti- 
nus, appaienté aux lumces de 
CastiUe, qui donnait la chasse 



LA FRANCE 




irr.isins de Provence. Le 

i'li;i Caslidlana, d'où Cnsl. 
iu|ics d(; Charles Oiiint 



éloigna Lesdiguii' 
Aiulran : Caslcllaii. 
la ville a 180 m."' 
environs, li'S rocli 
Cinquihnc cliijir, 
core son travail d' 
elle court, elle se 
vagueàsafanlaisi 
iilies de ses alhivi 



< n pu lu a 1 1 di nudation des montagnes, 
illiili >- 1 jH nli il une niani( 16 \aiiable 
' lli di ^ I nd (Il 11 metieb par kilometie 
inlii lin 1111 on (t Embiun, de 4 meties 
ulii Eiiil lun et Sisteion, 3 nielies entie 
I I lli mIIi etPeituis, en a\al du Veidon. 
I» I 1 1 I II i[ pi e à l'i xtii niili des monts, elle 
I llli un , I u p ISS iiit di I i Hli ne au \pi- 

1/ . siiut il ttt s (Il 1111 lu s (_ ili Mil s, pai- 
1 is siIk cuses, dontltno\au, duiLi pai un 

I iiiient naluiel, a pu itsistei à 1 eiosion 

\ us diiiiz, au dfssus de la Dwance, les 

II 11 ^ lui iilsd 1111 Miinseiratenminiatuie. 
I I II I ml I 1 I i\ H le se donne du laige, 
i| ni III inilii u des pieiiailles, en\c- 

I l|i d s dois is, I, s dont les saules 

I loii-i iil II ui s 1 H m mI nis le couiant. Les 

\ illi s s 1 liiuii, ni ,1, Ui Jiininirc capucieusc 

t I I liaii-i iiiti .1 di oite, J/rtJiowy!!^ qui s'dt- 

I 11 lu i 'ikilometies de la me, aux Ilanis 

du iiimil dUi, esLdlade par les champs 

d I liMtib, agdurhe, (htixn la-Baim, dont 

h s eaux appiecH es des liomains, lemibes 

(Il honneui pai les Teinpln^is, atliient 

I h ique anni e une nnniliK use clienlfle, 

diiisunsil( 1^1 (s|i |iiii(l(ii,'U( duVeidon 

^(ius 1 i p(.uss( ( il( c( puissant tiibu- 

tiiK, la Duuuu, tduiuedlouist. Au-des 

sdus de Jluabcau, d ou tue son oiigine la 

famille du puissant dateur de ce nom, 

voii 1, à l'ecait du fleuve et de ses mineuses 

. L("ze; Cudenel, qui, du penchant d'une colline 

is d'un vieux manoir, étend jusqu'à la Du- 

M-te de mûriers (dans un site admirable, à 

■ .ilib.iyc li.stciriciini; de Silvacane, fondée 

ml ilrs H.iiix et l'uiie des mieux conservées 

riii[is ; ()r^/i,ii livr i.',iurhe) dont le château. 



.-La/* 
■ni; du 



Cn'iiillnii rive droite), son arc de h iiiiii|ilir, ^(m ,■-! 
jardins. Aux environs : Gunlrs mi^|,,ii.I ,mi pn 
Kuuaissanee, entre deux ravins eiiibiuussaillcs d 
de ses terrasses, de ses figuiers et de ses mais 
monts de Vaucluse. L'n ravin sauvage abrite, au cœur 
tagnes, l'anlique aldn 




p/iiditm gaulois; 
Saint-Véran,ses 
(le son château 
viers, la cascade 
aux pentes des 
e ces mon- 
p de S('7ia7i- 
quc, sœur de ."^ilvai ;iiic, f.aub'e au 
xii" siècle par un (•\("t|iic de Cavail- 
lon; du seiilii i i iillmili ux qui 
^'umpeàtiaveisleb ( iilliss mx mi s, 
I i vue découvie le ( nhn ,,ii s( 1 |H I - 



à tui 



is de 



Apt (Si h ,||, ,1e ,(ll( \ ,11.1 
Juh b ( I su lui dduna snn nniii 
XpluJulia, et Auguste Ki fa\oiisa. 
Ions les bdibaiosy derilèrenl. Elle 
lUt des é\i'(|ues, dès le il" su ( b 



jULb . DO.NJON Ur 



lu I I iiiin h s iiiiiK s (l ocie, une 
iiuiii di sniih I , lui Adlent une 
loituiii KiiMiunt, (hairaants; as- 
cension du (.land Lubeion). Bai- 
hcDtinic, au pied do sa montagnette, 
lui une lie, quand laDiiiame dé\oi- 
siil dans le gland golfe du Rhône 
SI s tononts d eau boueuse et ses 
iiiniitagnes de cailloux: dis leni- 
|| Il Is, en pdilie tdilb s (I ins le i ..i , 
mil belle toui du \i\" su , h d, s 
MUiis, des pi, uni s Imil un jnli 
ib I or à la petite (île. I d IhnitiiK 
coiillui' d.ins le lîbi'iiie, en a\al de 
Nniis (sdus rii ileduienaid) et de 
Kiniii niie dbbiM" du B.mpn . 
La Ihiiniuc dislubui' la Me aux 



LES ALI'RS. — LE lilIONE 



149 




campagnes qu'elle parcourt : ce ne sont que canaux d'arrosage, qui, 
d'ensemble, lui prennent 82 mètres cubes, sans qu'elle en soit 
épuisée. Son étiage extrême étant de 40 mètres cubes, les plus' 
fortes crues de 9000 à 10 000 mètres, on rêve de lui emprunter 
encore. Son flot, tantôt limpide, tantôt bourbeux, surtout au prin- 
temps et à la fonte des neiaes, transporte par an 18 millions de 
mètres cubes de matières tnifiisis ipii, d'après M. Hervé Manyon, 
contiennent aulant d'aziiic .is^nMiI.ihl' que 100000 tonnes de guano 
et au tant de carbone qu'une l.nvi,!,' :i(M)0(l liectares. Or la plus grande 
partie va au Rliône et à la nier sans pinlil,. — Catirs 3'M) kilomètres. 



DELTA DU RHONE 

Dans l'estuaire où le lUinnr et la Duranci', jiulnfois la 
dus, déposaient li'iirs IrouM.'s, d.-s il..|s. drs ,■, mil- 

émergeaient au-il.-ssiis drs r.mx \,i-,il h-. ,lr> il,,>| 

et (leslai:unesq\ii,iVMiiiirssniisr,,lil,!x ,!,■. ,m,i n, r,ii m 

lable mer intérieur,' ;i liiliri .Ir^ hi|.i^>,,M iix ion 

du ,l,.||a. I.'lMininieviiil, -.ucv.,. I,,-, ,],■ p,,MM-s iiull.'.. 



Aviijiuiti, susiiendue au rocher des Diniis : .1 rirx, sni- son i.-,!,' |.|,i- 

ican ; Ciirili':i, Mimtmajuvr, sur leuis su, lis in\f>ii-. ilf l.nis i oi.'s pu 
les eaux. Des chartes des xii' et xiii'" siècles lappoiiruL qu'un ne 
pouvait aborder à ces îles qu'en bateau. Vers la lin du xvni" siècle 
encore, les pèlerins, pour atteindre Jio)i(mj/o»r, devaient s'embarquer 
près d'Arles, traverser les étangs, poursuivi-e par d'étroites levées 
que coupaient de distance en distance des ponts de bois, pour la 
défense. Tout cela est bien changé : une bonne route a remplacé les 
levées de fortune, des prairies et des champs sillonnés de canaux 
ont surgi des étangs. Mais, au vni° siècle, lorsque l'invasion sarrasine 
déchaîna sur le Midi de la Narbonnaise et de la Provence ses bandes 

France. —H. 



de pillards et d'incendiaires, dont les exploits dépassaient en féro- 
cité stupide tout ce que les populations avaient eu à souffrir des autres 
barbares, Cordes devint l'enlrepôt L'iMii''r;il di"; prises l'aitesàBéziers, 
Nimesrt Ail. 's, p,ir p.. S, m,, -m-, lin n qn- Liliinnl.- de cette plate- 
forme rnilirii^r iif ,b p,i-~r p,iv I il iir., I . ' s | , i r, , i , s n'curen t pas de 

peine à en l',nif nn rjnqi n li .nn In} jm-sq un in ac cessible. Aujourd'hui 
encore, bien cpir l's iMn\ (jui l'enveloppaient se soient retirées, 
l'accès de cette i il.nj. No n.ilmelle n'est praticable que du côté sud. 
Des restes de nnnp.iils sont soudés au roc; une grotte naturelle 
ouverte .i l'nili-i n mi , je Tmii des Fées, a suscité de terribles légendes. 

I.e )■,"/('; r/' Montmajour (nions majnr, mont principal) a perdu 
la Cdbuiio (lo Hoiiodnqins qui en avaient fait un asile des lettres et 
de l'Iiunianilé en pleine barbarie. L'abbaye datait, pour le moins, du 
temps de Charlemagne : une tradition en i-apporte la fondation à 
saint Césaire. Los bâtiments clausliaux, en reconstruction au mo- 
ment de la Révolution, ne sont plus qu'une carcasse lamentable 
ouverte à tous les vents. L'église abbatiale, d'une belle ampleur et 
romane par le style, repose sur une vaste crypte; tout à fait au- 
dessous, ouvert en plein loc, un oratoire primitif évoque, par sa 
fruste ornementation, les premiers sanctuaires chrétiens. Le 
cloître profané, plus ancien que celui de Saint-Paul du Mausolée 
(Saint-fiémy) est une traduction simplifiée de celui de Saint- 
'l'rophime d'Arles. 

A l'origine, Tarascon \'nl iino il.' 8 630 habitants). Beaucaire, 
sa rivale, sur l'autre rive du lîhône, prit, de sa situation au bord 
d'un grand fleuve accessible aux navires par la lagune vive, une 
importance commerciale exceptionnelle. C'était, au moyen âge, le 
iMjni-Novgorod de la Fiance : ses foires exerçaient un attrait 
universel. Dans ses bazars improvisés, les riches étoffes, lesarmes 
damasquinées, les vases précieux, les épices du Levant s'échan- 
geaient contre les huiles de Provence et les vins de France, les sa- 
laisons de l'Ouest, les peaux et les diaps du Nord, l'ambre et l'étain, 
les oranges et les métaux d'Espagne. C'était, autour de la cité mar- 

13. 



LA FRANCE 



chaude, un va-et-vient incessant 
d'embarcations. Les navires de 
faible tonnage y abordaient par 
le fleuve ou par le chenal des 
étangs. Bcimcaire n'a pas sui- 
vécu à l'enlisement de sa lagune, 
et suiiniil au iirogrès des trans- 
ports jiar voie l'eriée. 

Arles, porte ouverte iln Tiluinf 
sur la mi:r, fut avantUeauciii i | m 
termédiaire naturel et inrr-. m, 
entre la Gaule et rOricnt. ^^i, m i 



lidVes. Les l'Iu 
et, avant eux, i 




{I II III "-i I II I liiii 1 que le 
au iiiuin^ di- illuMons s at- 
le aux assiscb du bol en forma- 
i, la masse annuellement en- 
bee dans le delta du fleuve ne 
ut \\ is inférieure a 4 millions de 

I I iibes Pour maintenir libre 
- ili la mer, il n'existe qu un 

, Il iflRaie la dnirue au\i- 

II il I Ml li_iii m nt ou 1 ou- 

1 un I II 11 il itiiue dou- 

it I 1 \ 1 lliiM il ( I ircfler- 

I Mil |ll Ml I il 11 



I, ( iiHil de M<(i 
Marianse d( 1 1 



11 faut venir au i'^ siècle avant J.-G. pi 
d'être rapporté par l'histoire. Marius, envu 
aux Aiulini-Tiufiius, en marche sur l'Italie 



avant tout, le clierain de la mer. Or leinboucliui-. 
Plutarque, obstruée par des boues profondes, coni 
fleuves à delta qrii déJjouchent dans une nidr sans 



eieii-e h'iiendc 

l'iiili- , ayant 
lui deutrc eux 
ilyptis, séduite 
pour époux et 



la route 
un pro- 
vei-s le 
r.ahi-iel. 
LM'eS, et 



les lagunes ]usi| 
vèrent pi^h s , 
voisin i_ I \ I \ 
Au s. ml II. I 
duflcuM n I 
l'Orient, jiai un 
et à toutes les i 
exilai) es, elle di 
qu'A) les posscJ ul i 



p di s Ri. ni uns I ts < il i 
lleltiiible htiatoinbe dt 



bubi 



1 mer. Ailes communiquait par la batellerie 
, Il Oaule, avec MusLilIc , 1 11 du li Ouïe, 

iiiM parles emban iti n I - i 1 I » " 
I nt une riihe et iiui ml. il \ii i. .lit 
1 tb . 1 un sur le Rhont p ui h s u ml ni. i s .lu 
fleure, 1 autre au sud, pour les naMres et les radeaux piopics a la ciitul i- 
tion des étangs Lne triple flotte fluMale, maiitime etlagunaiie, muuilUit 
presque snub s^s muis Viissi, l,,is,|uc C. s u dut issu ^-a Mus, ill, qm 
avait I m lu I II m . il I' m II. I ml I i I . h iii- 



tiers 



les gLiis d ill m. . ^1 aipii. ni ml un .1 li .1 
paiement sui lauve dioite du liUune en un \ i-l 
le faubouig actuel de Ti inquetaïUe n est qu un du 
compta, au temps de son apo.,. i Iflfi iioii Ii du 
grecque de goût et de moeurs, 1 I n |i. l i mm 
sansleffacer En 4b avant Jebu- i . i m 

dirigeaitsur 4(/e';unecolonneili \ . . Iml 




ud dont 
it Atles 



I ible prise 



Constantin /e G) and, 

I I m I \ / m. 1 tt sur 
.1 I I. m e oïdi- 



u et a sang, firent de 1 am- 
une forteresse dont Chailes 

I Inssa, puis Charlemagne 

II tour offensif de la pira- 
I I demembiement de 1 em- 

iii.i. n 11 ndit i 1 ini u nm 



du i\» siLi le au début du xiii", le 
royaume d'Arles, ajuste al Etat de 
IiiuiU'Oj^'ne iisjuiane, puis Transju- 



I> L M O N T M V J O c 1 



(M Allèges port 



des outres pon- 



LI'S ALI' ES. 



LE RHÔNE 



loi 



comté de Pro- 



vence 



in'vcii lie Urne ilAnjnu, ciiii laissa I.- 
rviiilé (le Prnrence (lu roi Louis XI, 
Arles devenait française. Henri IV 
voulut être proclamé dans celte ville 
et prit, comme Louis XI, le titri' dis- 
tinctif de comte de Provence. 

I.a ville dWrlcs, résiilenei' île 
l'empereur romain, dos hauts nui- 
gislr.its, des patriciens et dos fa- 
milles opulentes, s'élevailsiir la rive 
iiaurho du Rlinne. Au premier plan, 
une pnrie ninnumentale couron- 
nait, à son eniri'e dans la ville, la 
Via Aurélia, en regard du beau pont 
jeté par Constantin, de part et d'au- 
tre du faulionrg de Trinquetaillc, 
sur chaque liras du fleuve. Le 
palais iNi|i.'ii il, vraie cité dans une 
autre, ilniiiiiiail le fleuve de sa m- 
tondi' l'-i niin.ile et s'ouvraitàrouest 
|iar un aie de- tiiomphe de grand 
intérêt, qui subsistait encore sous 
Louis XIII. Les consuls arlésiens 
de 1743 le jelèrenl bas, pourélargir 
une rue! Le palais, dit yroZ/t'a ou 
Trullium, comme celui des empe- 
reurs de Kyzance, s'étendait du Rlii'me au Forum, au centre duquel 
s'élevait une colonne en l'honneur de Constantin. L'ossature de 
briques des pavillons ipii composaient le palais disparaissait sous 
de lielies pli eiiieiils. Tii eniiiile y réunit (31'i) de très nombreux 
évèqii.'-. \|ii è- lis eiii|Hi l'iirs, lis (loths et les rois d'Arles, Alphonse 
d'AiM-'iiu, l;.i\ iieiii.l liiiaii-i 1 |\ l'habitèrent. Si l'on n'avaità temps 
répaii- lu iiiliiiiile qui coniui.indi' le Rhône, ce vénérable témoin de 
tant de choses ne serait plus qu'un souvenir. 

Le Forumdemeure à la place qu'il occupait; son nom même a 
survécu, et les flâneurs n'y manquent guère, bien que le rendez- 
viius des Arli'siens soit à présent la promenade des Lices, aux 
niagiiilliiues iiiiibrages. Deux colonnes de granité, soutenant un 
fraiiment de fronton corinthien, font l'ornement du Forum, à l'une 




>bélis(|ue d'un seul morceau (U)°',oO) taillé dans le gi 
'Kstérel, a éli' retrouvée, en V.WO, dans le limon du lili 
I devant l'IIiitel de ville, sur 
.ns datent de 1828). 
e Saint-Trophime,aprislaplace 
u Piétoire. Le théôlre, tout prochi 



par Louis XIV 
nouveau les qn 

LaJ/-(/e/-, liasi 
peut-éire il'iiiir | 
les arènes un en 

L'amphithéâtre, dans s; 
œuvre romaine. La passion 



monumental 

liii^l 



•Ile; 



de ses extrémités; mais ce ; 
ment détruit. Des portiques 
01 nés de statues en toui aient 
la place on en ietiou\e la 
1 i( ine sous foi me de galè- 
nes qui se piolonsent, des 
soubissements le 1 II t 1 1 
Mil |Usqu au\( a\ s lu ( 1 
iej s lUsla ( lUi d t I 1 1 
bliss imnt une aicide a\eL 
ni h sot lonnescannelées 

U piobablement une 

nue Basilique ou se 

ut 1 1 ]usti e 

nmt ilH tel de Mlh 

i 1 l'il is 1 lUstl 



les nii 



rhésil' 



romain. 

était toi 
et du c;i 

lii.n lie 



anite gris de 
ône et érigée 
un piédestal 

d'un temple, 
', forme avec 

raiment une 
qui éleva le 
es du [leuple 

elal.'urs, elil 
.M-.lu faible 
•l'Ile institu- 



^^•i4>it'>oi'^ir <-* 



lin 



<b sL I lie d cnlitL un eu 
lieux \(stige dautiefiis, le 
bxnc de pieue d ou le juge 
puLliut ses aiiets et sui 
l juel le Mguiei et le gou- 
verneur de Provence ju- 
raient par serment de res- 
pecter les franchises de la 
ville. 

Dans l'attraction du Fo- 
rum se groupaient les ther- 
mes, les temples, le théâtre, 
les arènes et, sur la décli- 
vité qui descend au fleuve, le 
grand Cirque, dont \a.Spina, 




152 



LA FRANCE 




IS \n 



U's 



iUiénti-f 



leU'ouvé de nos jours un recaia 
f vie : on y donne des jeux, ni:iis 
p ne sont p:is des spectacles d'é- 
ouvante. Avant la conquête ro- 
laine, les Provençaux, comme 
l'UX d'aujourd'hui, aimaient, à l'aire 



lullant 



théâtre. I,e i'er<!(«(j; Titus inaugura le Colisée par une série de fêtes 
où des milliers de bêtes féroces, lOOOO gladiateurs ou esclaves furent 
mis à mort. Et ce ne futlà qu'un spectacle d'ouverture ! F/idée, alors 
acceptée des hommes réputés les plus sages, de faire manger en 
masse des êtres humains par des animaux féroces, donne la mesure 
do la bienfaisante révolution accomplie par le Christianisme. Aussi 
pour ces gens que réjouissaient la vue des souffrances et l'agonie de 
leurs semblables, n'y eut-il pas de pires ennemis que les chrétiens. 
On les jeta aux bêtes. Aucune terie n a bu plus de sing innocent 
que celle de l'amphithéâtre. Celui d Wlos eut aussi ses martyrs": 
snint Génies y fut livré aux betes par Dioclelien En 404, les 



empereuis chiétiens ajant pi'olube les 
theàlie, les Alênes d'Aïto furent a peu 
sins en firent une cita<lelle : quatie t 
piiiinpales l'attKiue, ipii ronrinnait 




ints de 1 amphi- 
I I s LesSarra- 
II t lux entrées 
lit ] I 1 as pour 
L ml 1 1 1 'S por- 
ti lULS du rez- 
d (liiussêe.A 
1 1] I ae dts Sar- 
1 isins expulsés, 
I ut( un popu- 
1 ili u dt misé- 

I ux se logea 
d ms 1 aniplii- 
th lie lesarca- 
1 s cIt^i s furent 

II insl jimées en 
elibles ou eu 
moulins i huile; 
on 11 oua les voû- 
tes poui le pas- 
sii^e des clieini- 
neLS les dalles 
dt m iibiedu/<o- 

/( lin et les bel- 
1 s pieu es tail- 
I ( s des fÇradins 
I 11 pillèrent à 
I ut venint. En- 
liii les Arènes, 

I cupéiées par 

I I ville en 1809, 
nt repris fi- 

^uie Gidiidaxe: 
140mèties, hors 



de la tuerie espagnole. On dompte 
le taureau de Camargue, on le maî- 
trise par les cornes en lui faisant 



force de la tradition qui fait revivre 
au milieu de nous, comme s'ils 
l'Iaient d'hier, les jeux populaires 
cl les combats de la Grèce antique, 
pn-iiiiêre édiuatrice de la Pro- 
vence, car la pi'iii'tration des pays 
ihi llliMii'- p.ir l'Hellénisme fut pro- 
l-iel'' 'I ■--eiiiiellement pacifique, 
Mil clii.iii ,111 |uiii-(l'liui économique 
el, pailiiit, très durable. 

Allé.', M 1)10 habitants) est sur- 
' ' ' tout grecque. Son Théâtre re- 

' ^'•''"' produit les disposilions ordinaires 

créées de toutes piècespar les Grecs. 
En contre-bas de la scène, l'orchestre ( 'Op/'i^nTpa, danse), réservé 
d'abord aux évolutions du chœur autour de la thymèle ou autel 
de lîacchus, fut mis par les Romains à la disposition de specta- 
teurs choisis. Au lieu que la tragédie grecque se déroulait grave et 
imposante dans un cadre simple, devant un public délicat comme 
celui d'Athènes, venu pour entendre les beaux vers de Sophocle et 
d'Euripide, la foule romaine, qui voulait surtout repaître ses yeux, 
exigea des décors somptueux, des costumes brillants, des parades, 
des défilés de bêtes féroces, d'escadrons et de chars : la féerie rem- 
plaçait le théâtre, et Térence s'en plaint amèrement. Ajoutez les 
athlètes, les gladiateurs, les bouffons et le cortège ordinaire des 
courtisanes, le théâtre di''riguré n'était plus qu'une succursale de 
l'amphithéâtre, et lespi einins i'M'(|ues d'Artele considéraient avec 
raison comme une écle ,!e i|,'|.r,i\,ition. Des néophytes dans leur 
zèle, animés par un diac ic uoiumé Cyrille, vouèrent le t/i,hifre 
d'Arles à la destruction. Tout fut renversé, brisé, mi- <'u |i'<^ -. Kt 
chacun vint y puiser à sa guise : les marbres fureiii ,iii,i. h. -. les 
statues des dieux brisées, les bas-reliefs jetés pèle-niéle Imi s île jen- 
ceinte avec des fragments de corniclies, de i amir-labres, de colon- 
nettes et de vases d'ornement. Depuis iinnii la eumplètement dé- 
gagé des décombres et des parasites qui rnlislruaient, le théâtre 
iVArtes nous est résipiiaru : l'orcheslri' et plusieurs séries de gra- 




LES ALI'K 



LH lilIÙ.XIi: 



153 



lulileau. Dus iiurli(iiics, .les 
i;alei'ics, eiitour.iii'iit li' 
Ihédire, et la parlii' ^u|h'- 
i-ioum H:i\\. 



^r,' ,lr 



liaii'lll.S.Tr].os,Trl, |.l.'Il,lrr 
II- fiais. Il iir ivsic rien .1^ 
ii'llf (li'ciiratiim exli'rieui !•. 
Du fouillis tics di'bi-is fui 
rxhuiii/c (lOlJl), en tmis 
innlv.MUX. la 1m.|].. \'//-»n 
,/'.lr/r,,rlirl-,|-,,.uviv,l,.rarl 



l.ouis XIV 11 



cl (In niaius vulgaires, runr 
teuanl une pomme, l'auliv 
un miroir, dont la di'essi; 
parait quelque peu cmbar- 
lassce. 

Les débris antiques, exlin- 
uiés du théâtre d'Arles, du 
llhône et du sol de la vilh', 
ont été réunis au Musée 
lapidaire (auei(uine éi:lise S;iinle-Anu 
Ki-ance eu doeinueuls i.'allo-r,,iu:iius. \o 

de la terre; un Milhra sans lùle, tnmvi' 
torse enveloppé d'un serpent, dans bs 
seulptés les signes du zodiaque. Miilu; 
gi''n(''rateur de la vio; les signes du zn 
l'anni'e réglée par lui; l'immolation du I 
siiiuiliait la régénération parle 




A II L E s : 



IVt Iil,- n'. 

n l.'i'.IX, le eh 

.|Url sont lil 



leuibiruir .b' dr l.l 

lui elait nllVrt, de li 



Il fuit rceliiMcher les dépouilles opimes des A lyscamps i\i\ns 
■s luusi'es dlùirope, et les collections particulières : Aiirs 
uisiTve (|ue la [ilus petite part. Au xvi" sièele, ("barles I\ fit 
r do sarcophages plusieurs bateaux qui snuiluèi eut en plein 
: le prince de Lorraine, le duc de Savoie, IlielH'jiru, b's gou- 
rs de Piovence en poss('daient. La consliU( Imn ibs aleliei-s 
niupaiinie l'ans-Lyiui-.Méditerranée a coiisuinue' eilli' ruine : 
ibi rux IiuiiIhmux out l'Ié brisi's en miellés. >aiiit Tinnhirue 



liui. 



Ml 11 il I m ni d e iii pn- 

I ibb 1, liul (.uig de Tiimiue- 
l iilb L n tombi au gi et voisine 
iM c un phi nicien, des su o- 
pliagps païens se mêlent iii\ 
liiietiens, ceux-(i icpiLstn- 
lint enbas-iclief des scem s de 

I Evangili , Lcu\-Li des chasses, 
ib b comluils, etc. 

( f sont b s tpaves des Alys- 
camps, Cl s Cliamps-ri\s( I s 
d \iles nu d'innombiabli s 
.,1 ne lations, celtiqui s, giu- 
loisps, gieiquPb, lomunes et 
« lui tiennes, ciuient liou- 
M 1 le repos dans la tombe. \ 
puer par le peu qui nous 1 1 sie 
bionzes, inscriptions, ^el ii s et 
bi|ou\, e\Iiumesdi s tombeaux, 

II on imagine quelle devait 
«lie 1 incompanble rn liesse 
de cette ni i | 1 b m ni n 
Vlub de Mii-l I 1 ul 11 
tout a eti di I 1 1 liiiil l 
« e ne sont p i-^ b > l> n b m s du 
iv= SK de qui ont eonimeiRe ce 




154 



LA FRANCE 




ittiaiis 



lu n d< 
dei. pi 11 



IKIU h\ 

Dè'sli' Il 
pi-eniin 
Arks 1 , 
snuit T) 



ell( a ( 1 

I a 11 ( 

orient ili 

venait 1 1 



I ^ 



] u de temjib, a peu p 
mil |iio des \hisc iinpi 
Il iiiMpi 1 h beige inc < i 
I u iiK nt uipiLS des 111 
( I nus (I( \( nus 



Iruile et rebàlie, 
pillée par les 
Sai-rasius, sac- 
(_ liji'e en 1793, 

s di-^ia'ce de sa gangue. 

iiK lin ut \( is 1 extirmiti- 



S( I I 



une 



piiHlicalKin (Il 
l'Evangile. A 1 1 
place d"un an - 
ci en sanctuaiie 
dédié à saiiil 
Elienne (début 
du vii° siècle;, 
i|ue saccagèrent 
1rs Sarrasins, 
l'i glise acturllr 
futcnnslruitc ,iii 
xi= siècle et (im 
sacrée à l'apoln 
iV Arles. C'est li 
M aie basiliiiue 

puie : nef ci-n- 
tiale appuyée dr 
deux bas cuirs 
étroits que fi i- 
ment deux ab- 
sidioles, de cliaque c 
système de voûtes (au 
ledilirecstriiin.ui. 
Leiiiirlail rsl ,rune 




glande abside tei 
centre, bas côtés 



Au. 



■galr 



s I 



su ns d 
ia\i^ation 
ui la ville 



moins pi 
sant di s 
et du rtliiHi , iiini 1 
comblei , si ti ui^l i 
mai ce igespeslil nii I 
paiurent peu i | u 
laiies, piesque tous \\ 
rigine, et a\ec euv Id 
inteiieuie qui i tut \ 
une souii i I ju sp 

Sousl I\ I 11 1 

Ems, api II 111 ml I s i 



lï Ailes a BtiuL, icviMscence de 
celui de Minus, a cnuionné 
l'icuMP de diuni^p nitiepiisi 
L'an II imi ili d \ili m nul 
liant t 11 ,1ms I. m II uni s ml 



un 



it in 111 II 



en 



se lelu uit, la un i lui a enlev 
le nicilb ui appoint de sa fui tune 
Presque tout i pi u de 1 1 \ die an 
tique son c idu , ses monuments 
en initie, nu me les moUs 

Il est i( m lupi ible (ju ipiesli 
bouiiasque jussi e dis ^i nul s 



in\asions 



monde ouidnilil se 
enfin h lenaissince d 
tique se pinduisit dan 



tôt qu 1 II 1 
le cloilii 1 
offient un 


ilii 1 1 1 isihiin II 

I Saint Trophime 

II uni ju ible evem 


plane dis 
xi« et xii" 


edilices élevés au\ 
Il 1 les dans les pio- 



vinces du Midi , on y reconnaît 
dans 1 adaptation dU\ foiinrs de 
l'ail aieluteetunique romain, la 




di'ux ili' srs galeries datent du 

r nii'iicrini'nl du xii" siècle, 

iliaciini' il'flli's comprenant trois 
liavéos de quatre arcades por- 
lées sur des colonnes jumelles, 
ijuatre piles d'angle, somptueu- 
sfinent décorées, reçoivent, à 
li-iiicroisnni'nl, la ivlinnb.-T des 
vnùles en b.'rreau. H ii'rst dans 
Ir Midi que le merveilleux portail 
dr Saiiil-liilles pour soutenir la 
roiii|., liaison avec celui de Snint- 
Tiujihiiiif : l'exubérance de la flo- 
raison seul plurale s'y déploie dans 
un cadre roman. 

A côlé' de la Renaissance des 
arts, celle des lettres achevait de 
donner à la Provence du moyen 
âge un caractère bien marqué. 



cours el amour ei iii's irirs po- 
pulaires, dont réchocst v.iiujus- 
qu'à nous. 

I.es collections r.'linir> dans le 
Museon Arlalen par le zèle et 
la générosité de F. Mistral évo- 
quent ce passé, ses usages, ses 
li.i.liliMiis : r'osl tout un monde 
MiMi- -<Mi~ 11.., yuxpar les traits 

.| Il ,1 I. 1 1-. ni la vie provençale 

li.idilioniullc, les dictons popu- 
laires, les bijoux, le costume, le 
mobilier, les objets d'aliiiieiila- 



Ics custumes, les usages de la 
vii'ille Provence , Mistral en a 
l'voqué l'àme, élevé le langage à 
la noblesse de l'épopée, dans son 
immortel chef-d'œuvre de Mireille. 



Li;s ai.im:s. 



M'] Il 110 M' 



153 



LE FÈLIBRIGE 

PROVENÇAL 



Les lro„ha,lo,u:. 


la 


partie inlé^'rante île ( 
cours priiH'irrrsc|ua 

Cllrv.ilh l--|nH Ir, , 


il : 

.1 . 








j i*,. 





et r,,,nln -,„,- la main .lu r 


.1 ilr 


Va 11 


r la féodalité du 


Mi. h. Li- .-■ .ml • ,lu,' 1, 


il.-Ti. 
iliK |i; 


|,a|. 


, les cours pnn- 
^. les liviibailouvs 


evirnil le >..rt .l,s M., , ,,. ~ .p, 


11- l^a 




if vivre. Oïl n'eut 


plus le laiHir ni Ir ImimmIt .h. 


lin-: \ 


a- I. 


lin du xiii« siècle, 


après lieux ca'iils au^ il.- il 




la 


Miesie provençale 


chaulait sa dernière ballaJe as 


■i: (,■//( 


,//(/ 


tnjuie,; le dernier 


(les troubadours. 








Ce[iendaut la poésie no pou\ 




iiir 


ai rr,.,n,c^ : v\\v 


se ressaisit, mais il une niauiri 




ailr. 




des barons, se subslit liait une 


lii.iii- 


■.il-l 


■ ilr , lailllinrr ri 


de métier qui tint à li.iiiiinii- , 




rr\ < 


|r- llMillIliillS ili 


la langue et de la raer. .Mais 


i-rllr 1 




laai\.Jlr llr P- 



ibla 



où elle devait vivre; bientôt le fonualisiue, la routine pla- 
cèrent son inspiration. L'on s'unit pourtant, afin de la dé- 
fendre, en lui créant un foyer, yueliiues lettrés de Toulouse 
fondèrent, en r.M.\, la Joyeuse cninpar/iiie des sept Ironha- 
dnurs tnulniisniiis; l'année suivante, leur assemblée deve- 
nait une Académie litlèraire sous le nom de Coiisis/ori de la 
^ai/a sciensa, car. pour eux, la poésie fut toujours lo r/ay 
cuber (U; ftai savoir). Des concours poétiques : " Jeu.x lloraux ". 
distribuèrent au mois de mai, chaque année, des récom- 
penses aux poêles, smis f.irine de tleurs d'or ou d'arf;i'iil. 



Jla 



In 


ili 


.lan-, ,| 


dau 


"l''"' "' 


de 


lie 


de -1-01110 


iiC 


fidèle a s 


ad 


ne 


tait au 00 


ncoi 


rs les oi 


a|) 


es 


un long 


3ubl 


, elle es 




a 


vieille tr 


idili 


in piaiv. 


se 


foi 


nièrent à 


son 


exemple 



1 


1 '1 


le dis manifes- 


1 


Hl 


(hacun parlait 


nui 


Mil il 


Louis Uellaud 




)bS 


le Marot de la 


nlel 


H, d 


„' Toulouse, au- 


1 1 

r 


d. V 

11 

1 


mni ts pr.acieux 

Il 1 1 1 [loesie 
1 Ml 1 iiliini de 
) liiiiiiniiste sa- 


V" 

.1 - 
; 

1 II 


1 
1- 1 


li is 17, ,1, le 

Il s jours, le 

\ 1 1 II (1708- 

11 1 1 , dismt 

1 Mil iiMisme 


11 une I 


eiiaissance poe- 


dxit 


et h 


s poêles locaux 




■uvenrale : l.ou llmn lA.w^s,.. |iir t)r.>aiiat; 1 autre 
i-provencale, ini-IVanrai~i- ; l mi I niiihuuriiunre ai le 
r«c.s-/rc/, parlirll.il ri Imi-; Mri\ : enlln, en 18.52, le 

rirai ilr |„„ -ir- : /; /■.,.„,■„."/-■, r.lilr par Joseph 

an Il , :,\. :■ Il rr[! ,|,,,r ilrri .riilr- I r- lilaine dcS 

lll. II! - p. H I. - |a .r , ,r ,i,\ 1 , Irl mr- r \rlation : 
ai niMr.^iii.Ml pi- .pr Ir pal, r p. ,piila,rr rpuré pilt 
Mariai, I ilr -avnir. ,lr iirlilr^-r. .1 harmunie. Mais il 
llail iliiiiirr I r-xMi- par iiiir in-piration nouvelle 

rrll,, lalirnr .Ir l'i . .\ . 1 1. .•, si ri.lir, si doUCC et fpiï 

avait lie trop longtemps que le gazouillement d'une 
■usée enfantine. 

'l'r..is |i.iètes : Joseph Roumanille, Théodore Au- 
iiiel, fri-déric Misira/, contribuèrent surtout à ce 

1 Mail ; par eux le langage populaire cessa d'élre 

1 Miiq.lr patois; la langue parlée devint une langue 
iilr 1 I lillrrnire. I.'ninc de ces précurseurs, Jo- 
îpli Ronmanillc, .lai nr à '^ linl 1;. my, d'une 
iii:l.' I ■ .': !'•'.■ ■ - 1 ■ I [.!■. .■.:.-^- ,Iu sens 



nr .niniirenant 
Is dut traduire 
:til parut ainsi 
u. Houmanille 
II. i.rlil profes- 



■ morceau, du frai 
iliniment plus gr 



.,,,,. f, N\,a.-. piii~ a AM^irai, .l.iii^ Ir p. iKionnat 
in.pi.v, .ri il r.ii.,,iilri Mi-lr.il .1 \ii-.liii.' .M.ithieu, 

.Iriix ami- triai- r.,i Im il nirair | r 1. iirparler 

natal; enfin huit ans correrl. m- a limpî im. rie avi- 
gnonnaise de Fr. Séguin,ilcomp..- a .1 pu 1.1 1 a. laimme 
éditeur, des opuscules en prose ,pii 1. lii, ni . ..nuaitre. 
Son pr.'iuii'r livre, Li Maryaridelo îles l','i.|uerettes) 
fut un recueil d'élégies et de stances printanières, d'un 



LA FRANCE 




allicismc suave, inconnu jus.Mir-|,i du 
/ioHm,ni(7/eneui-aitraubô|iiu(c. .111111,. 
au rcalisuK! ti'rrien, les f.irl, - >< nir 

Th. Aubanel is-n-: ssr, , ,| unr un 
frAvi,;..n..n. lui cnl.nv ,I,m,-^ ^..n :~\s\.' 
linn. Fr. Mistral, I-' [iln- jmnr .Ir- i 
^•■'Vinms,l..l/.,.// .,;,p.u,l. ,!,-!, M 

jnlirs ,.|,:,„-u„. | ..ov,., H.l,- , |. ,n I .: 



fesseur : ce lut ui 
natal, de la lanuii 
l'un corriijrani et : 



naliuutil à au.uue l-esululiou ulilr. C-lu 
'VAir, (lu à l'inilialive (le J.-13. (Iiuill, n 
réussit p.is (I.-ivrinla^e ; ,T fu! , enhv 1rs |H,ele 

(lelieieUM- , , m .■: I m' ,:.„'x li'Avi 



uitres, en liant l'accent toni(|ue à l'ùrtliu- 



1, sans avoir pu s'entendre. Ceux d'Avignon, 
ir la langue de Provence et sa poésie, réso- 
de s'imposer à f(uve de chel's-d'œuvre. Ils 



Mal/i 



■ Félibrig( 





Mailt-ilh' , 1 .. 1 . ■,,. 1 1 ,! .1,,,. „ ■,. ,(,|,,,r .,,1. Il vrlll .r|,l /,7,',,r,v 


u sol 


sept i'l'"l" ■■' ' i'I "• '''' .1 .1 • 1 1 1 rt, rMlMIIir Ir J, ,,,,■,„ 


4Uon, 


se fonil.i l. 1 II i. 1, ,|. • , / r , ,• ,,ii 1,1 |iril |i.iiii' |i,iiiMiiiii' 




Estelle d ui;. m, ,ui,iii ml ,, ,-,:','. , u |ir...i\ lilmI, Icl-ilc svuibuiiiiuu a sep 


1 sol 


branches lut 1 cuibleuie de 1 Association. 


lève. 


C'était peu de s'entendre ; on ne pouvait rien sans le peuple dont i 


-sept 


fallait ennoblir la langue, en l'attaeliant à des (euvres iiu'il put coui[iren 

drr. \.r< -r|,| .uni- nvriviil „„ „/,„„,„„/, 


^ 


Kl \ li-iliuereul, niais surtout Mistral, Ilouuia- 


^m 


■1^^. \ nille. Aubanel. Mathieu. Le succès dépassa 


M 


mH^. \ leurs c-prrancps : l'àme populaire fut se- 




fut ur 



In ijraud poète épique nous est né i>, dit 
l.;uiiarline à qui Mislml avait fait hommage 
lie son livre. Et Villeiiiain : « La France est 
.isse/. riche pour avoir deux littératures. » 
A Niines, oïl l'on fêlait le chef-d'œuvre en 
un banquet officiel : « Je bois, dit Jean Re- 
ùoiil, le boulanger-poète, à Mireio, le plus 
beau miroir où la Provence ait jamais pu 
se mirer. » C'était, en effet, l'àme elle-même 
et lr rniir il'iin priiple, snu langage, la terre 
piM\,;. ,[,■ i.m'.- (lr |,,iiiiini et de lumière, 

A\. r .l/'r /■ I. ciili,. ilii Beau faisait sa 
renfne Iriniupli.ale eu Provence. Depuis lors, 
le l'clibrige n'a fait que grandir et s'étendre ; 



LES ALl'ES. 



LE RHONE 



157 



poéto 



Mil M,-i 



ht Cb siid 1 luinn 


111 


(It cette p(>( ML r 


i 


^ 11 (1 iniK uni 


\ 


IK s,,n ,t Ml,, , 


11, 


Il 1 l, L pi \,l. il, 
(ItlIHlIhui 1 1 1 

n bit, tlk i 1 \ 


II 


d,,^ le p upl 
scntiiii.nls,! lui 


1 



tlllK 



î atui e des Felihi e\ 
]iirM BoiiEvuN tiail 
( Iin„'t chti lîou 
manille, AM^'aon ) 

Entie II Dui inte 
et 1 1 pi uni i iilldu 
t( use (Il I i ( I m la 
misst di s Alpines 
détache sous le bleu 
cru du ciel provcii- 
i;al ses remous cal- 
ci iii's qui, d'eu bas 




lusl 



M.ili. 



<:i<i 



iiii' (li'l,iunia les eaux liunmeus, 
alors infertile de la Cran. Saini 
Il Ucii, dont il reste, à Pi'eart, u 
,lans un earrornur >l,-sert inipivs 
[r ,1,-s Alpin, 'S. ,lii ,.-4r .!,■ la l»i 



de di'troit par le,|u 

de la Diirauce sur b' «b»- 

Itéinij, hérilièi'e de l'an, mm 

arc de triomplie et un ma 

sionnant, est la vedette c 

rance. De ses cours ombrai:, s ,.ii inm iiiiiiv, >,,iis |V|,;iis 

des platanes, des micocoulieis, ,l,s lu.iiinuiiicrs, l'eau liai 

monlai-'ne qui court partout en gais ruisseaux, on pénètr,' 

ravins s,M-s, ta|iissi's de clit''n,'S verts, d'arbustes soulTret, 

enracinés à une mince couche d'humus desséché. Une tid 

uniforme enveloppe toutes choses; puis ce sont d'âpres 

des pans de montagne comme taillés à l'emporte-pièce, i 

éldouissants sous la lumit-re aveuglante, cadre digne de la 

t,,iue d,'S Baux, jm-bée sur r,'\li,'m,' pr nt,>ir,' ,!,■ ,-,| 



de pierre servai,'iil ,1,' si, 'g,' aujc ib'lilM'ranIs 
tante et sèche, |,,n-,- lainhii li,',l,-l ,l,s J/„» 

meneaux, en pailif i.hsli u,,s | r é\il,' 

amorces d'escaliers, une haute clo'mim'-e s 
bâillant sur le vide, contrastent par leurdéc 
recherche d'art très purde la lienaissance. I, 



alvéoles dans une 
ruche. Au lieu d'é- 
lever des murs en 
mettant pierre sur 
pierre, ils ont évid,5 
la montagne elle- 
même, dressé des 
tours en isolant de 
gros blocs, découpé 
des tranches do 
rocher en guise de 
murailles. Dès l'en- 
ti ée, un corps de 
uanle est niché dans 
I,' rnr. Au snriii- ,!,■ 

pelle la place Neuve 
(ici le moindre car- 
refonr est nommé 
place), Vllùtid de 
ville oll're à son 
pignon les armoi- 
ries de la maison 
des Baux; l'inté- 
rieur renferme 
trois grandes salles 
voûtées dans l'une 
d,'squellesdesbancs 
l'n,' glande rue, mon- 
///,, ,ni des fenêtres à 
la luine (lb72), des 
igneuriale, des portes 
épitude avec l'évidenle 
ruedesFours prolonge 



i>|i 



ip- 



fait un Mus,-, 
,■ la Tour di 
onstruclions 



lilKI 




penil)tes (li'Iours 
jusqu'à >i n e 
porte en partie 
découronnée de 
ses mâchicoulis, 
et gardant en- 
core les rainures 
de la herse dis- 
parue. C'est la 
Cnln.lr, aulre- 



■, ,lit le rn,n,uri -,il|.. ,|. ~ I . I, 
lirau. r/,--l, a\,'e b, Ji.,. p,,in 

•estées debout dans cette \ille 
Vincent possède troisembryons de nefs succès 
la première à droite, d'origine romane, a des 
cuve baptismale et bénitier de m,'iii,' i:>Mi 
rédiflce est du xu= siècle; enlin !,■ ti ,,iM,'nM \ 

un élégant campanile, renferme b' I I'imu ,1 

romano-byzanlin ,l,' li-glise, i,'>iaiii,' ,11 1m 
tère. Le sous-s,d 
formait une né- 
cropole, où fu- 
rent ensevelis 
dans la pierre, b' 
long de corn- 

leries ,les cala- 
eombi's roinai- 



Ni(i-,i, une /,) 
>neme clievelui, 
,1,11 que Misti 1 



■ ,l,' ( ,1 1 ililir,- ; ou en 
- , Ti iiM ,il ,ni maison 
»ial,', un,' ,l,-s rares 
d,' d.-Linlii,-.. Saiut- 



pi incesse dfs 
Baux d nnt. u 
m 11 ,(11 dile be lu 
le, moite a la 




158 



LA FRANCE 




de murailles, des tours entières 
manquant de base se sontafTais- 
si's, comme de grands arbres, 
rnuprpnu pii^il.quis'arc-boutent 
' m "I '■ 'i II m i-i^p du rocber 

iju I ju II lui liions ont 
I 1 \< nul 11 ndiementdefinitil 
It cette luine, mais la \Rillt 

II qui 1 entouie, cette CTpitib 

III pi ht pu Iqiii c iiii| tT|iisi|ii 1 



I 1 lil K , commLnt 
u 1 hei cuisint et 
-m s' Pas, dindus- 
u i jii u les maisons se 
pencbent et tombent, 
nt 1 qui veut Dans les 
I il s II s animaux se 
il il ii^e, le coq y fait 
•~ I nies et, pcichi 



u iih 

lin 1- 



lleur de l'âge. Proche de l'église, une école s'esl logée dans l'ancienne 
maison seigneuriale des Porcelets, marquis de Maillane (patrie 
de Mistral), l'une des plus nobles familles d'Arles. La chapelle ro- 
mane de Saint-Biaise n'aconservé que ses murs. A côté se Irouvait 
l'hôpital. Une citerne pour recueillir les eaux de pluie dévalant 
de la grande surface dallée qui touche au plan du Château ; un mou- 
lin à vent à l'extrémité du plateau, servaient à l'iippi m i--i"iiiii'niriit 
de la ville. Iinagine-t-on que l'on ail perché l.'i. imIh' dr^ iiiini's, 
un enclos sommaire, comme toujours, destiné aux .(.iii-.>^ ilr l,ni- 
reaux? Des Grecs si'nl>^ pouvaient smihailer pour Icuks aila>^rni.-iils 
un cadre pareil. Ii.- la l.i u-.... |mi b lufis clair, la vue pinlr jusqu'à 

Aiguesmortes et (1 \ii- bail.' la /';■./ c/iee du Uhône : à l'Iim i/nii, 

sur le fond bleu di; la nnr, lisSai!!lu.-,-.Maries, le grand élaniide Vac- 
carès qui miroite au suleil comme une cuve de métal fondu, la 
grande Camargue et ses fourrés verdoyants, la Crau, les lagunes, 
les canaux, la Sainte-Bauine et la montagne de Sainle-Victuiie, 
l'Estaque qui enchâsse le grand lac de Berre, Arles, Mniiliua jMiir. 
Mieux que tout, le Château domine ce splendide paimiania. 
On y monte parla brèche ouverte entre la tour Sarrasinr ri nllc 
ides Bannes. Ce devait être autrefois inacrrssililr. Iri rrxIiMm ili- 
niaire passe l'imagination. Les 
fpiintes des Baux se s ml 
•ompaiLS delà mimtdgni iK 
i ont fimilke, ioni[uie, lui i 
JOUI, sculptée ; le don|iiii I > 
touis, le iochei,ctlane loinir 
jioui ainsi due qu une seule 
ipiecc, des salles cllondues, 
«les amoices de voûtes, dis 
lionçons d escalieis, des 
jiiii t( s ou\ei tes au-dessus d un 



pied, tout u i st qu ei loult - 
ment, et, toiiime les couches 
iiiféiieuies de la loche se dé- 
composent plus Mie que ks 
parties supérieures, des pans 



\eisfe 1 1111 I 1 1 _ s biil- 

lintsdes-i II 1 1 II uisvenus 
a 11 coui d s B nu lune des 
plus nobles dePio\ence, limes 
les cours d amoui ou les che- 
\alieis poètes et 1 dite destiou 
badours célébraient la beauté et 
les vertus des princesses Cécile, 
Clairette, Alix, la dernière de 
son illustre race. Les fêtes populaires se sont éclipsées à leur tour : 
celle de saintVincent, avec l'antique jeu des Chivau frits (attribué 
aux Phocéens); la plantation du Mai, la procession empanachée 
de saint Éloi... Désormais, la ville est muette; elle somnole, ense- 
velie vivante dans ses ruines, comme dans un tombeau. 

Le premier qui prit le nom patronymique des Baux vivait dans la 
première moitié du xi" siècle. La princesse Alix, son ultime héri- 
tière, mourut en 142G. La seigneurie annexée au comté de Provence 
passa, comme lui, de Bené d'Anjuu à Charles du Maine, son neveu 
et, par celui-ci mort en 1471, au roi de France Louis XI qui ordonna 
de démanteler la place et le château des Baux (1483). Sur l'empla- 
cement de l'ancien jardin seigneurial, en contre-bas de la ville, 
subsiste un pavillon, vrai bijou d'architecture qu'édifia la reine 
Jeanne de Naples, comtesse de Provence. 

A peu de distance, la grotte îles Fées, immortalisée par Slistral, 
et la gorge du val d'Enfer. Au-dessus du l'rou des Fées, la montagne 
Costa Péril servit de quartier général à Marins; un deuxième 
camp romain occupait au nord un monticule dominant; le plan du 
Château en retenait un autre. D'anciens remparts, des tombeaux 




II' 1 oc \ II: lies leslrs il aqueduc 

'm iII I. Il 1 II il.'S Baux. 
I»i ii\ si I, s .nuire, les Tré- 
I II 111 mil iiit un groupe de 
lims pi isdiiiiues sculptés à 
même le loiher, les Gaié , 
uni foit éprouvé la perspi- 
cacité des ai chéologues. Ceux- 
ci voient, dans les trois per- 
sonnages figuiés, Marius 
\i compagne de sa femme et 
de la piophetesse égyptienne 
qui le suivait dans tous ses 
(Il placements, car il était ou 
pinissiit etie superstitieux. 
I m ( oiiliisi II 1 iiiiiui y vou- 
h ni \ Il M iillii', Marie et 
I 1/ m ili I 11 qu saux Saintes- 
Mai les. Ce 11 était là probable- 
ment qu un ex-voto à trois 
peisonna^'es, l'homme et la 
it iiiiiii en adoration devant 



LES ALI'ES. — LE RHONE 



159 




REGIME DU RHONE 



'S Al 



ri-ues ili' s.-; ,irilii.-i,|. rnn-espdndaicnl -i \:i i\rh.\r\i' 
serait un .1.!m_n . l'n ["Hilieur la Saône et le Dmilis 
(les mcmlai:!!' - iimn ^iiin'S, fortement boisées, recim 
hivernali-s Lui |iiiii. i|ial aliment. Ces deux rivières .l 
se glacent les sources alpestres du fleuve. T'est l'U ai 
que les tnnents cévenols, Doux, lùàeux. Arilé( le-, ( 
rive LMiieln'. I''S t'missaires préalpins, lirruni', K>ui 
|ii'i'ci|.il.iii .11 Imnibes sous la détente des L'raud^ "i 
li.Mii.n-r .li-|iii -i.m des eaux qui le nourrissent. \>- 
à la pauvrel.' uL à l'excès des fleuves tributaires du 
d'un même climat. 

Pour un cours de 812 kilomètres, mesurés depi 
d'origine, 8t)0 kilomètres en remontant à la 
source de la Saône, son naturel proloni;enient, 
et 1023 kilomètres à la naissance du Doubs, le 
Rhône req.oil 9')0 millinièties de pluie, la mnvcnne 
de la Franc étant scnlenient ,1.- 770. Son i.assin 
de 9S«8:iiil h.Tlarrs.'sl Irllmirni armsé, que \r 
lleuve, si bien ré.-lé. quil paraisse, ccub- Innjnurs 
rapide et ne souffre pas qu'on l'entrave. I,a navi- 
gation, par suite, y est de nature assez précaire. 

Le Guide officiel de la navigation dit le Rliôno 
/lottable, de la frontière suisse au Parc, sur '.'<:] ki- 
lomètres; navigable du Parc à la Médilerranér, 
sur -'i89 kilomètres. A son tour, la partie navi- 
gable se divise en trois sections : la première, du 
Parc kLijon (134 kilomètres); la seconde, deLyi'ii 
au delta d'Arles (287 kilomètres); la troisièm'\ 
d'Arles tila. mer, par le grand Rhône (48 kilomètre-; 

1° Du Parc à Lijnn, le fleuve offre à l-li i- ^ 
(]uand il se produit, un mouillage de (în . . un 
mètres, ne laissant aux bateaux que O», Vi JVn 
foncement. Lorsque les eaux d'été le permettent, 
des transports à aubes, calant 1"',40, peuvent 
conduire les voyageurs à Aix-les-Bains, par le 
canal de Savières, déversoir du Bourget. Mais la 
pente du fleuve est d'inclinaison assez Imli', \,- 



m glaci 



débit variable et le lit semé d'écueils. Tout concourt à entraver une 
navigation régulière. Le haut Rhône pourtant n'est pas la quantité 
négligeable que l'on paraît croire : quel(|ues écueils sautant, des 
ili-n;.'ai:es apprnpi-iés et l'aniénat-'enient depln^^ieurs bi-as secondaires 
,I,,iinorab'hl au (l.-ii\c un i i\.-iMriil dr Linri-h-s .4 une circula- 
tion e.iuiiniuvialr Mon plus inipoi Lmlr. fjilio r„'l|ooarde et Pierre- 
Ch.itrl. d,>s paysages admirables se succèdent : le haut RItône est le 
cliomiu naturel du Bourget, l'un de nos plus beaux lacs, et son trafic, 
mène' laissé à l'abandon, égale celui de TAdour, de Bayonne à la 
niei'. C'est le liant Rhône qui conduit à pied d'œuvre les énoimes 
blocs de pierre do Villol.ois, .lonl sont construits les quais, les 
ponts et les mcmunioiits di- l.von. 

2° De Lijon au Di'll.i, lo .(uiraut. grossi des eaux de la Saône et du 
Donlis, s'accidèro: il siuait cliini''i ique de le vouloir contraindre, en 
divisant s. m couis par l'icbolonuiMuent d'écluses successives; une 




lAliA SCON 



160 



LA FRANCE 




crue subite balayerait l'obslacle. Le mouillage niiiiiiiiiiiii, diiis cette 
section, est de 1™, 10, laissant aux bateaux un fnlunct'iiient ilc(l",9U. 

l)es bateaux à aubes, le chemin de lialage étant impraticable sur 
nombre de points, d'un tirant de 1"',30, à pleine cliarge, descendent 
au gré du courant et remontent vides ou à moitié chargés, tirés à la 
reniiin|ui' |iai' dcsli.iliMii'c d'un sysli'-iue particulier nommés grappiiis. 

l.a p. •nie, lié-^ Uni'- ciiiMic. old,' :i:j centimètres par kilomètre; 
le lit enriiiiibi e de i;ia\ iers iiKibiles cipables de former barrage au- 
tour du moindre obstacle de lencunlie; |e llenve, teiijoiirs courant, 
d'un débit très inégal, cm^e Je liV.,|ueiii, rrlnuLi-e.. Si la Sein,-, 

fleuve lent, de débit con^i.ini, ii,i\ei-;iht i le^i Iiiliiimle 

moyenne, a pu subir le tiein d écluses nombieu.ses qui en ont lait 
une magniPique voie fluviale, on n'a pu que diriger le Rhône, con- 
tenir sa fougue, le régulariser par des digues longitudinales sub- 
mersibles qui ramènent le Ilot dans un lit régulier, hors des îles et 
des bras moris ipii répuisiMit ; des épis transversaux rattadienl les 




digues au rivage, à travers les Ducs. Par basses 
eaux, tout le courant se trouve ainsi ramassé 
dans le lit majeur, tandis que les crues se don- 
nant libre cours par-dessus les digues, celles-ci 
se trouvent préservées de rupture. Depuis que 
sont terminés ces grands travaux (plus de 50 mil- 
lions y ont été dépensés), le Rhône a pris une 
allure plus régulière que le Rhin lui-même ou le 
l)anube; les chômages sont devenus rares; la ba- 
tellerie reprenant confiance; la Compagnie géné- 
rale de navigation du Rhône a créé une excel- 
lente flotlille appropriée aux exigences du régime 
lluvial. 

3° D'Arles à In mer, le grand Rhône offre un 
mouillage minimum de 1™,60, ce qui laisse aux 
bateaux un enfoncement de 1",40. Les transports 
se lont par bateaux à voiles ou chalands, que 
lin ni (les remor(iueurs à aubes ou à hélice. Le 
pi lU Rhi'nio, classé comme navigable d'un bouta 
l'iiilie ne (loiiiie à l'éliage qu'un mouillage de 
T' (1 ;i|,i[- 1.1 ii.i\ ij.ileiii s'.iriète. Grâce aux 
I Mi_i r , ,|(. 1,1 ciiliin i' il,iii~ 1,1 ( .,imargue, le trafic 
1' CL Lias du liliùac tend à s'accroître; les ba- 
teaux sont halés, presque toujours vides à la 
remonte, par des chevaux. 

L'altitude duffran(/ii/('ine, en basses eaux, n'étant 
([ue de l",7o dans Arles, sa pente d'écoulement 
ue -M. MCI..UI-, devient insensible. Pre que partout le mouil- 

lage dépasse 2 mètres; à l'approche de la tour 
Saint-Louis, 4 etS mètres. Cette profondeur cons- 
tante favorise la navigation; mais, sur ces rives sans abri, le mis- 
tral, quand il souffle en tempête, peut entraver la marche des gros 
bateaux, et même les faire sombrer. 

Le mouvement est actif sur le Rhône, depuis que le canal de Saint- 
Louis lui ouvre un débouché sur la mer, par la grande rade de Fos. 
Il est clair que, malgré les progrès du port de Saint-Louis, la car- 
rière ouverte à la navigation par ce canal se trouve limitée, en 
amont, au port d'Arles, et qu'en aval les bateaux du fleuve ne se ris- 
quent guèie en mer par la voie du chenal maritime, l'n transborde- 
iiient s'impose donc : nous avons un port de plus, mais le pi oMéme 
lie la iia\i^alion intérieure du Rhône attend une plus c pie le solu- 
tion. U n'y en a pas d'auti'e que l'ouverture d'un grand cniuil mun- 
tiine, reliant directement Marseille à Lyon, à l'aide, mais hors la 
puissance du Rhône. 

Canal latéral. — Sur la nécessité de cette grande voie de com- 
miMiication, il n'y a qn'uin- voix : le simple exposé des projets que 
celle question a soulevés ferait plus d'un 
volume. Les uns préféraient la rive gauche, 
liien ,|ue l'élalilissement de la voie ferrée, 
depuis les jiieiuiéres éludes, ait fort com- 
pliqué le creusement du canal, sans parler 
des grandes brèches luiverles par l'Isère et 
laDrôme, qui exigeraient des travaux d'art 
très coûteux. D'aulies len.iient pour la 



'Iles, 



pas 



le |eis.l;ieileiiieni p, ■ ij é | l'abl es : 
d allliient à 11 ancliic ; mais sur- 
tout le c(//ie/ Irouveiait de te colé un trafic 
assuré par les grandes cités industrielles 
de Rive-de-liier, Saint-Élienne, Annonay, 
les mines de Privas, les carrières de Clio- 
mérac, les fours à chaux de Tain. Le pre- 
mier projet, après les essais de Céard en 
ISIIS. CarPtoieen 1822, futexposé, en 1847, 
|i,n' rMiu''nienr .1 rhtideDumont; desobser- 
\,iiiiiii- plu- >ei 1, 'es aboutirent àl'avant- 
projel ,lr isTi : un canal de 327 kilomè- 
lies, doté de 33 mètres cub(>s jiar seconde 
à l'étiage, 4S en volume normal, devait 
s'amorcer sur la rive gauche du Rhône, à 
la hauteur de Condrieu, descendre jusqu'à 
Mornas, passer en siphon sur la rive 
droite et gagner Montpellier. Mis à l'en- 
quête (janvier 1874) par le conseil général 
des Ponts et Chaussées, subordonné (1875) 



LKS ALl'ES. - Li: ItlIONE 



161 




ù l'achr-vement dos grands travaux entio 
salion du Rhône, objet d'un projet de l"i 
la Chambre des députés, qui prenait 30 iih 
30 à l'Isrre, reronnu d'utililé publique ,,;,, 

ui..nl;iir.- chin-r l'.-ipi.iVrirr (|uii, 1S77 

bidis>..|.Uh.n ,b' v\l,- CiMiniir.., b^ prnjM, 

(drrriiilii .■ \s~'.i . Mais la proposition de M. 
l'expir^^ioii ,1 uni' nouvelle combinaison U>i 

Cfi'iiiihi'i Iriii, iIlmui'' de reviser, en le mell; 



pusr |i,ii' M.ShIi Cil II -1 ,i\iil bSSl); on obtint le vnir ,!.■ l;i ( :li,iiii hre, 
le.jniii- ,11-111. • il.' rrx|iir;ilh.n d.' ses pouvoirs (iO.iiiilIrt iNNb. 

i.rs iiMuurbrs (lu S' liât iLiu, h lirrcH t encore le fameux plan. Pour 
un iMiial et à pioposibun Ib'uve smis notre main, il nous a fallu près 
di! i|uatre-vinL;ls ans de discnssimi, et l'œuvre est loin d'être accom- 
plie! Elle se résume ainsi : Doahlc canal, un sur chaque rive. Prise 
d'eau sur la rive droite, à Mornas : dotation, 25 mètres cubes; prise 
d'eau sur la rive gauche, à Romans : dotation, 12 mètres cubes. Un 
troisième canal puisera au Rhône (rive droite) 12 mètres cubes, près 
de l'embouchure de la Cèze, pour l'irrigation de 33000 hectares de 
terrains bas. Arrosage, circulation, force motrice : tels doivent éln' 
les bienfaits du mulliple ciiiml jniur les pays riverains. 



FLORE ET FAUNE DES ALPES 



FLORE 



s'épanouit dans I 



'altitude, 
où crois- 
subalpinc 
s glaciers, 



Des palmiers de MiMiInn, .'i I . inil,. ,| ;,vi 
région des glaces, la \ .L^r'l.ilinn si rlirlciiin' par degrés avec le 
formes variées que lui iinpusi; b' ilim.it. En peu de temps on pass 
de l'Afrique au pôle : dans l'oasis du Jardin de Talèfre en plei 
massif glaciaire du mont Blanc, 24 phanérogames sur 87 habi- 
tent la Laponie et li le Spitzheru. On dis 
trois régions végé.|,-il.'s ,l;,iis l..-.\l|-s : I,, 
sent les arbrrs et 1rs pLinics d.'s |i,i\ - l'i 
ou forestière; la )■«/(,„( ,(//.r's/,v .b-s [kUiii'.iu 
des grands sommets. 

1° Région inférieure. — Chaque espèce de la vie végétale doit à 
l'orientation vers le nord ou le midi, comme à la nature même dn 
sol, des différences marquées. A égalité d'altitudr, |,i Pmv. ih r, b 
Daupliiné, la Savoie ne produisent pas les mêni. s pi, nili-, mi lr~ 
prodnisent dilféremment. Sur les versants qui r. ::.ir.lriil la M-di- 
terranée, Volivier prospère à 600 et 800 mètres d'aliituib'; son do- 
maine, dans la vallée du Rhône, s'étend jusqu'à Montélimar. Une 

France. - It. 



vi'iri'lalinii loutr Miéridiimale l'accompagne dans les garrigues : 
la\andr, iliwii. cisics, i.. marin et autres arbrisseaux à feuille per- 

sislanlc il p.irtum ar aliqne. Aux cliénes-liè{/cs, chênes verts et 

/)/)/.s (l'Mi'j), (|ui s'associent avec Volivier, succèdent, à partir de 
Monli'linuir, le châtaignier, le chêne blanc, etc., arbres à feuilles 
caduques, adaptés au climat plus humide des premières pentes du 
Dauphiné et de la Savoie; le lionx et le buis, à feuilles persistantes, 
rappellent encore le climat chaud du Midi; mais, sur les landes 
stériles, la fougère, le gencl, la bnujère ont remplacé les arbris- 
seaux aromatiques des garrigues méridionales. 

2° Région subalpine. — Le châtaignier, le chêne, le hêtre, les 
conifères à feuilles caduques comme le mélèze, ou persistantes 
comme les jiins et les sapins, composent la ceinture forestière des 
Alpes, mais ici encore l'orientation et la latitude les distribuent à 
des degrés divers. A 500 mètres, dans les Alpes-Maritimes, l'olivier 
cède la place au chêne, puis au pin, sur les versants exposés au 
nord; il ne disparait qu'à 800 mètres, sur les versants du sud. De 
même pour le ciiêne (guercus ilex) : à 900 mètres au nord, 1200 mè- 
tres au sud, il recule devant le hêtre ; le hêtre à son tour, vers 
1 300 nu'dres au nord. 1 .iDO mètres au sud, est remplacé par l'épicéa 
ou b' riin à croclifls. Dans b' Daupliiné. d la Savoir, b- liêlre succède 




i6â 



LA FRANCE 



au cliène blanc (qiier- 
cus robur), à 700, 800, 
ou 900 mètres, suivant 
la latitude, puis il 
règne seul et cède la 
place aux sapins. 

Avec le liètre qui 
l'accompagne, mnis qui 
s'arrête plus bas que 
lui (ISOO mètres en 
moyenne), le sapin 
monte : d'abord le sa- 
pin argenté [abies pec- 
tinnta) ; Vépicéa, dont la 
ramure sombre se mêle 
au feuillage plus clair 
du sorbier, de Vorine, 
du frêne (que l'on 
trouve à 1800 mètres 
au sud, 1100 mètres 
au nord). Enfin , des 
arbres moins exi- 
geants, le bouleau, ou 
plus robustes, le mé- 
lèze, et plus haut en- 
core, le/im« tronc tordu, 
le pin cembro, portent 
la forêt alpestre jus- 
qu'aux pâturages de la A i - i.i .^s 
région glacée. Des ali- 
siers, des chèrrçfeuiUes, 

des groseilliers, Acsronces fleriuet des niielli ■. a 1 
ciin]|iai;ni'iit <l.uislesclaiiRie&,lesiotailles,lpt 
fi'U'/rri's, dans li's endroits bumides, des carey 

Région alpestre. — La foi et monte en 
1700 mètres dans nos Alpes fi inc ni^' ^ I'hui 
monte à 1810 mètres sui le mi- ml m ii lu 
l'escalade du sapin s'ariLle a ITihi m ii.s 
Daupbiné, Vépicea, suivant 1 cxiiu^iUmi ^11111 
mélèze et le cembro, par ex( eplmn, jusqu a 
la végétation arborescente se labouant, des 
buissons, ïaune \ei% le qentvner nain (jui I 
rappellent la forêt; le pâtuuvje commi ik < Wi 
des troncs oblitérés, dont les de- 
bris trouent la surface du gazon, 
prouvent que jadis la foi et se pi ci- 
longeaitplus haut; on a biijle b 
bois pour faire du pré : 1 uu\ii 
de destruction n'a ith nir |ms 
épargné les rhododendum-- «.II. 
joie des yeux dans la ib ^.,1 itmn 
des hautes solitudes. On lencoii- 
trait leurs massifs carminés a 
2330 mètres; à peine arrivent-iK 
aujourd'hui à 2000 mètres, m iis 
k côté du rhododendron, une m 
finie variété de plantes et d 
Heurs pique le manteau veit di - 
nlpaffes : le bleu pur des gentiam 
les nuances roses et blanches t\> n 
saxifrages, Vaster alpin au capiliil. 
violet à cœur jaune, le tendji 
myo<otis, les anémones, l'edelwef.-< i 
étoile d'argent. 

La persistance des neigi s plus 
<luo la ligueur du froid, s opims, 
à l'ascension des plantes . n I i 
température du sol, on 1' 1 1 mis- 
taté, même au bord des 1.I h i. is 
n'arrête pas les fonctions <|. I , m, 
végétative chez certaines espi ( ( s 
parliculières, organisées pourn- 
sisler aux basses températuies 
Aussi a-t-on rencontré, au-desbus 
des déserts de neiges et de glaces 
qui ne fondent jamais, les sa.ri- 
fraga oppositifolia (3300 mètres), 
saxifraga Bellardi (3480 mètres). 




. h iiilis iiiiM.|UPdes 
(1 iii~ I --Il lUi lieux 
m \. mi I K.DO et 
ait Ir / mil-, uiiLuiata 
ml du \entou\ Si 
dans les monts du 
H a 1 10(1 iii.ties, le 
2 lOn iiH II. s \l„is 
tiilhs II, liMiiv des 
|iii s s uil< s / nii/>ant^ 




BOUQUET DE! 



la cainpanula cenisia 
(3672 mètres); au col 
du Géant, Vandrusace 
glacialis (3436 mètres); 
enfin, la plus auda- 
cieuse de nos plantes 
alpines, la rammculus 
glacialis, qui a été trou- 
vée à 4080 mètres sur 
le Schreckhorn, à 
4275 mètres, sur le 
Finsteraarhorn. Plus 
haut encore grimpent 
les lichens; M. Valloten 
a trouvé à 4700 mè- 
tres. Enfin, dans le bain 
glacial de la neige elle- 
même, un végétal mi- 
croscopique {hœmalo- 
I occus lacustris) dont les 
ellules multipliées res- 
semblent à une poudre 
tine, anime l'étendue 
blanche d'un doux co- 
lons : c'est la neige 
I oiige, qui a tant éprouvé 
la sagacité des cher- 



11 1.1s . \\(iNs LN iii\Ei, L œinre de la nature 

est faite de nuances : 
d'une espèce à l'autre 
la tiansition se fait sans heuit, et teld jiaïaît surtout dans la mon- 
tagne Un > obseive une soite de migiation des plantes; les unes 
montent, les auti es descendent. Il n'tst pas lare de trouver asso- 
ciées SUT les moiaines de la \allee de Chamonixdes plantes mnnta- 
gnaidt s rtd's plantis (b la plaine Ceitaines espèrps, cniniiic le 
ihododi II iinii ilis, mmImiI isspz bas, au-dessous i\i- nnn hm'Iii's 
dans b iiMssii ,1, h ( Il iilM use, àWO meties au boi.Mii In (I Aii- 
necj, a 2(l(t lULtii b bui b b \i isants du lac de Côme, iinlé à la viune 
et a 1 oliviei 11 lesulte de ce double mouvement de montée et de 
descente une accommodation de la plante au climat avec lequel elle 
doitvnie Puni mieu\ lesistei au fiiiid cli s hautes régions, la feuille 
sipaissii s( 1 1111 ISS, ,11 insittis I I pi mie laccourcit ses entre- 
nu mis s( 1 approche du sol, dont 
1 1 t. inpt lature est toujours plus 

I le\te que celle de l'air ambiant; 
elle se ciamponne aussi, allonge 
ses lacines contre les bourras- 
ques qui pourraient l'enlever; la 
tloraison est plus précoce, l'évo- 
lution de la vie plus rapide, car 

I I 11 esttaidifet court. Jlaisaussi, 
dans LPtle alnios[ibpi'e de plus 
on plus 11 msjiaiente, à mesure 
que diminue la vapeur d'eau, 
s(.us la chaleur rayonnante et 
1 intensité de lavive lumière, dans 
cpI an Mf, léger, quelle pureté de 
enloiisdu rouge, du bleu éclate 
bui les Hem si 

On 1 a vu, Vexposition exerce sur 
la dispersion des végétaux une 
influence décisive : on est sur- 
plis de trouvera certaines alti- 
tudes des plantes amies de la 
( lialeui, une flore provençale sur 
cutdins coteaux ensoleillés de la 
ba\oie Le sol, à son tour, a sa 
it iipicussion dans la vie de la 
plante et introduit des différences 
caiactenstiques entre la végéta- 
tion des Alpes siliceuses et des 
Alpes calcaiies. Des îlots se trou- 
vent ainsi tiansportés d'une ré- 
gion dans l'autre. 

Les Alpes et les Pyrénées 
possèdent une grande quantité 
d'espèces communes. Pourtant 



LES ALIT'S. 



LE niIÔNE 



163 



M. Ronnier a signalé l'ab- 
sence de l'éjjicéa et du. mé- 
lèze dans la chaîne pyré- 
néenne; en retour, lessari- 
frages sont nombreux dans 
la zone alpine. Il y aurait 
l'U échange entre les deux 
systèmes montagneux, 
mais souvent des Alpe-i 
aux Pi/rênées. Enfin, sur 
700 pianlos rf crardé.'s 
comme cai .hl''i islniurs ib' 
nosA//«.,v,:((;i,.,„r 1(111 bM.r 



tant celle différence, qu'un 
certain nombre d'entrr 
elles se trouvent à des ni- 
veaux pluslias,en Laponi'' 
l>ar exemple, et cela est eu 
elfet très naturel, la lati- 
tude compensant les dilT'-- 
rences d'altitude. 

FAUNE 

A mesure que l'un s'''- 
lève dans les nu ni un 
bî froid, en s i.- i 

égrène les manil i i 
de la vie, mais b ui d un 
des formes plus oii-in il - 
par la nécessite ]iii| s , 
aux animaux et aux [danlts 
df s'adajder aux exigences 
du milieu où ils M\Lnt 

Mammifères. —Avant 
que les chasseurs l'eus- 
sent refoulé dans les n'- 
traites presque inaccessi- 
bles des hauts sommets, le 
chamois (rnpni rvpicapra 
l.inn.i animait de ses ébats le voisinage di.'S 
souplesse incroyable, son courage, ses ruses, 
l'ardeur de ses ennemis. Chaque année en v 
mais la frugalité du 
chamois, une aptitude 
presque indéllnie de 
ri''sistance à la fatigue 
elauxinteuipi'ries,nnt 
jusqu'ici empéclié que 
la race ne disparût. 
H en reste de nom- 
breuses familles dans 
les montagnes des 
Housses, la Vanoise, 
l'Oisans, les hautes 
vallées de l'Arc et de 
l'Isère. La timidité du 
chamois, toujours 
pourchassé, est deve- 
nue excessive : le 
moindre bruit Tef- 
fraye. Très retiré, il 
vit en été de rares 
touffes d'herbes et 
d'arbustes; l'hiver, en 
éloignant les chas- 
seurs, élargit son do- 
maine : il descend en 
quête de lichens, d'é- 
corces tendres, de 
touffes desséchées. 

Si le boiKjuetin (capra 
ibex Linn.) n'était soi- 
gneusement défendu 




iremieres neiges. Sa 
n'ont fait qu'exciter 
lit des hécatombes; 




sur le territoire de chasse 
du roi d'Italie en Piémont, 
peut-être aurait-il à présent 
disparu des Alpes occiden- 
tales. Le courage de cet 
animal est extrême, son 
agilité incomparable. Pour- 
tant il s'apprivoise facile- 
ment : on en voyait autre- 
fois se mêler aux troupeaux 
qui vontesliverchaque an- 
née sur les hauts pâturages. 
L'ours bnm (ursus arctos 
I inn.i h.ibite les forêts du 
\ ' lui ~ I t les districts 
III' nl.i_n' nx les plus boi- 
si s d'' bi >avoie; mais il se 
lait plus rare de jour en 
jour. Presque jamais il ne 
se hasarde dans la région 
(j.s iM ii.'.-: l'hiver le fait 
.|i -■ • n II ■ jusque près des 

h.iliil il s, à moins qu'il 

ne le conliue dans son trou. 
Le lynx [felis lynx Linn.), 
ou loup-cervier, encore as- 
sez commun en Suisse, il y 
a un siècle, doit être con- 
sidéré comme à peu près 
disparu : le dernier aurait 
été tué, d'après Tschudi, 
en 1867, en Valais. D'un 
tempérament féroce, le 
lynx tuait pour le plaisir de 
tuer : chèvres et moutons, 
marmottes et tétras, telles 
étaient ses victimes ordi- 
naires. 

Vhermine, ou belette des 

ne\aes(mustelanivalisL\nn.) 

ne fait plus que de rares 

apparitions, à la poursuite 

descampagnols, jusque sur 

les sommets neigeux. 

La muniiiitte (nrelumijs marmotta), cet amusant rongeur qui réjouit 

notre enfance par ses gambades et ses grimaces au bras de quelque 

jeune Savoyard, exilé des montagnes comme lui, passe sa vie, au 

pays du chamois, non 
loin des neiges, à 
brouter le gazon qui 
végète à l'abri de quel- 
([ue nicher. Les mar- 
iiinii, a se groupent en 
laiiiilles; tandis qu'el- 
les se reposent, lissent 
leur fourrure ou gam- 
badent au beau soleil, 
un vétéran de la 
troupe veille à la sé- 
curité commune. 
Qu'un chasseur, un 
oiseau de proie, un 
carnassier s'approche, 
un petit cri déchire 
l'air : toute la troupe 
disparaît sous terre. 
C'est là que, au fond de 
leurs galeries, les 
marmottes passent de 
longs mois d'hiver, 
dans une sorte de 
chambre garnie de 
fourrages, condam- 
m ' ■< à un jeûne pro- 
h II..' iiui, en ralen- 
ii".iiit à l'extrême les 
I. niellons vitales, les 
plonge dans une sorte 



164 



LA FRANCE 





fie sommeil léthargique. On recherche la marmutle pour sa four- 
rure épaisse. Bien qu'où l'ait exterminée dans certaines parties des 
Alpes, elle vit encore en nombreuses familles, dans la région de 
Vallouise, par exemple. 

Le campa'jmil des neiges (arvicola nivalis Mari.), autre rongeur 
parent des marmottes, mais de taille plus petite, se creuse des ter- 
riers dans le voisinage des neiges ou 
furète à la manière des souris dans 
les cabanes de bergers, sur les hauts 
pâturages. I.e lièvre des Alpes {lepus 
vnriiibilis Pall.) est un animal bizarre; 
rhi\crvenu, son pelage fauve s'har- 
monise avec la nature qui l'entoure. 
On le dirait d'aboid couvert de flo- 
cons de neige; peu à peu les taches 
blanches s'élargissent, se rejoignent, 
euvi>liip|i(Mit noire lièvre d'une robe 
immarul(-e, sa meilleure défense, 
puisqu'elle le souslrait à la vue sur 
l'uiiirornie étendue de la montagne 
neigeuse. I.e lièvre des Alpes ne des- 
cend jamais au-dessous de 1000 mè- 
tres, mais il peuts'élever jusqu'à 3000 
et même plus; on le rencontre dans 
toutes les parties de la chaîne, en Sa- 
voie, en Dauphiné, en Suisse, en 
Tyrol, comme aux Pyrénées et dans 

le Caucase. Il habile, durant l'élé, la zone intermédiaire des sa- 
pins et des neiges permanentes; l'hiver le fait descendre, mais, loin 
de somnoler comme la marmotte, il cherche sous la neige des 
écorces, des racines, des herbes sèches dont il fait son maigre repas. 

Oiseaux. — Les grandes :,l;iin,]. , ;,pp:ii lirnnent au vautour des 
Alpes ou gijpnète barbu (, i ,iv.) et à l'aigle royal 
{aquila fiilva Cuv.). Le piu,! im l.,,-,,ii i , il y a quelque cin- 
quante ans, dans le Dauphin.-, enire 1 uisans et la Maurienne : on 
en vit d'assez audacieux pour s'attaquer au chamois, rarement tou- 
tefois avec succès, car le gracieux ruminant est armé de deux 
cornes solides et poinlues, et le courage ne lui fait pas défaut. 
Vautours et gypaètes semblent avoir émigré des Alpes savoyardes 
et dauphinoises. Les aigles, au contraire, sont assez nombreux 
dans les grands cscariiemcnls : non loin de Grenoble, à la Char- 
treuse, dans le V'ercors,nn'iiic mu- |.s hautes montagnes cristallines 
de rOisans et dansles g.iij.s (I.- la lu. manche. 

Milans, faucons, buses, bu.^unls se partagent avec la chouette et le 
liibiiu grand-duc [strix bubo Lin.), les zones inférieures. Celui-ci, très 
rare en France, a élu domicile dans les grandes forêts de la Savoie 
etduDauphini'. Là encore habitent,pourla grande joie des voraces: 
\n gelinotte, le faisan (pltasianus colchicus Lin.), le grand tétras iletrao uro- 
gallus Lin.), de plus en plus rare; et, au-dessus de ce monde em- 



EOUQUr 



plumé, le tétras lagopède {tetrao la- 
gopus Linn.) dont le plumage brun 
clair, tacheté de noir, passe avec 
l'hiver au blanc pur de la neige. 
A un niveau plus élevé, tourbil- 
lonnenl, autour des rochers noirs, 
mouchetés de blanches plaques 
neigeuses, les corneilles alpines ou 
clioquards {jpyrrhocorax pyrrhocorax 
Cuv.), à pieds rouges, au bec jaune, 
qui nichent et vivent jusqu'à plus 
de 3000 mèlres de hauteur. De 
jolis petits oiseaux, Yaccenteur des 
A Ipes, le bruant des neiges, la ber- 
geronnette jaune, égayent de leurs 
ébats les savanes blanches des 
hautes cimes : aucun n'égale, pour 
la beautéde sa livrée, le tichodrome 
échelette au manteau cramoisi, qui 
grimpe, les ailes mi-ouvertes, le 
long des rochers, à la pouisuite 
des insectes qu'il pique de son bec 
recourbé et pointu. Jamais on ne 
le vit percher sur un arbre; de 
Saussure l'a rencontré à 3362 mè- 
tres, au milieu des glaces du Géant. 
Les corbeaux noirs {corvuscorax Lin.) 
sont aussi les hôtes des sommets : 
ils chassent les petits rongeurs, 
marmottes, etc. Des pics les plus abrupts 
le martinet à ventre hlanc {cyjiselus alpinus) 
fond sur sa proie en l'enveloppant, comme 
en un filet, de cercles extrêmement 
rapides. 

Au bord des grands lacs, vit un monde 
à part : l'aigle criard et Va.\g\e Jea ii-le-Blavc 
{A. brachydactyla Cuv.), qui habile les fa- 
laises escarpées du lac du Bourget, bat les 
bois àla recherche des perdrix et des tétras, 
chasse les reptiles, explore les étangs 
et les rivières, pêche le poisson. Parfois le 
milan royal tombe sur sa proie, la saisit à 
la surface de l'eau et l'enlève dans ses 
serres avec la rapidité de la foudre. Pour 
le caihartes aliinoche, vautour au plumage 
blanchâtre, qui habite la Dent du Chat, au- 
dessus du Bourget, les roches du Salève 
et les plateaux du Vercors, il se repaît de 
charognes; le faucon pèlerin chasse les 
hirondelles. 

Chaque année l'automne attire le long 
des lacs des bandes d'oies rieuses [anser 
albifrons), de canards, de grèbes, de cormo- 
rans, de cygnes et de hérons: tous se livrent 




CHEZ ELLES. 



LES ALPES. 



LE IIIKJXE 



dG5 




sur les eaux dulacde Genève, des iim'.s de nnniritcs y voltigent à la 
surface des eaux, et l'on peut voir, dans ([ui'hiue anse retirée, la 
femelle du grèbe huppé, promenant ses petits sur son dos, au-dessus 
des eaux tranquilles. 

n.irement les reptiles quittent les régions basses; ils ont l.esoin de 
rhalrur pour vivre. Cependant le It-zard vivipare se rencontre iusi[u'à 
la liniile lies ni'iges; Vorvet {angiiis fragilis) se trouve au Pelil-Sainl- 
Iternard; lu salamandre noire et le trilon alpestre, à 21)00 mèli-es et 
plus ^aliuudanls dans le lac Robert et le massif de Belledonne . I.e rrn- 
paud, capable de supporter de longs jeûnes, résiste lijrn ,iii fioid in 
se terrant; la grcnuinUo rousse mieux encore : ses d'uls cl lirvr-^. 
grâce à une sécr/dion mmiueuse préservatrice, peuvent sub^islci- de 
longs ninis sous la neige et même la glace. 

Poissons. — Dans 1rs torrents, les rivières et les lacs al|ieslres vil 
une niinilireuse po[iulatinn aquatique, dontli»sva- 
riéti's les plus communes sont : le gardon, Vahlclte, 
le giiujiin, la tanche, la carpe. Mais la truite et le 
brochet sont les plus beaux poissons des Alpes : ils 
prennent, dans les lacs, des proportions bien 
s\ipérieures à la taille de leurs congénères de 
livière; la truite saumonée (trutta lacitstris Lin.) 
du lac de Genève peut atteindre plus de 1°',20 et 
pi'ser jusqu'à25 ou même 30 kilogrammes, tandis 
(pie la truite commune ne dépasse guère 0°',S0 à 
0™,60 de long, et comme poids 7 à 8 kilogi-ammes. 
On pêclie le brochet dans la Durance, l'Isère, le 
lîliône, les lacs de la Savoie, de la Suisse et du 
nord de l'Italie : c'est une terrible bète de proie. 
Il a pour frères, dans les lacs alpins : Voinbre- 
chcvalier, le lavaret qui abondent dans les lacs 
d'Annecy, du Bourget, de Genève; par malheur 
ces beaux salmonidés recèlent quelquefois les 
germes do grands parasites tels que le ténia... 

\.a.pcrche de rivière est fort eslirm'e des gour- 
mets; la lotc, coniinnuc d.ins !•■ Illi.'.iie et le lac 
du Bourget, a le sin^ulei' inslin, t, \ivaiit liahi- 
tuellement dans les l'nnds, de r.nmnlrr au mo- 
ment du frai, et de sauter sur le gravier de la l'ive 
pour y déposer ses œufs. Singulier poisson que 
Valofe iiilosa vulgaris Cuv.), qui remonte de la Mé- 
diterranée parle Rhône jusqu'en Savoie et même 
à Genève, pour y déposer sa progéniture et rega- 



Insectes et mollusques. 



se déroulent sous leiii 
qui s'agili', du plus II 
cimes les plus inacces 



ite, s'ébat au gr: 
it les espèces ii 
; qui expurgent 



- Une incroyable population d'êtres 
de la montagne : la plupart des lou- 
■s par la grandeur des spectacles qui 
'aperçoivent guère ce petit monde 
in d'herbe jusqu'aux neiges et aux 
ce le soleil, chacun s'éveille, quitte 
. Il va des insectes carnassiers, qui 
MU dangereuses par leur nombre ; 
i\'--~ iMipnret(-s qui gâteraient la sève 
les raniassiers : les cicindèlides, vrais 
t leur ]irnic à la course, jusque dans 




166 



LA FRANCE 



le voisinage des lîI.hhts 
vers blancs et ilrs i ..iili 
feu sur un halul d un m 
des niai-es; les .s/.///Ay//. 
les déirilus, les |iiciir- 
gnons. Aux iii'rrnji/inrcs ,-| 



■ihiilrs, ennemis des limaces, des 
nil'iis niirifiuli-n-i, an corsage rouge 
i|U''. Les iliihs, i.Irs sont les pirates 






sali 



latea, aux ailes blanches, découpées par un échiquier noir; le 
sali/rus Ifermione, un eiïrontéqui se pose sur les épaules etjusquesur 
le nez du promeneur; Vcrebias au manteau brun velouté, qui voltige 
même sur les moraines des grands glaciers; des satyres encore, 
le bn\pis, cl.iii' panaché blanc, le co/i'as, jaune, le ff(mo/)(erî/.r, dont le 
vol (l.'.iil (li\s li.iils de flamme; le C. ht/aie, d'un jaune sombre 
brodé de noir; le pulyo- 
iiintu!:, aux reflets irisés d'un 
manteau cuivre et feu: le 




If. 



sylvmnis 



lune fa 
e flc-ur 



•si la( 



hée 



II. h 



comme aux hyènes et aux chacals du (h'scrt : ils cnlnuisscnt les ca- 
davres Au contraire, les méUdonthidca, h'-; hiraiwlrs d.ml li l.irve pro- 
duit le cerf-volant), les tcrcdiles sont d.'s iu-,.'rl(.s iiuimM.s, parce 
qu'ils s'attaquent aux arbres, dont les vins (h'v.ir( iit la r.uiiie et les 
autres perforent l'écorce. Les Imnicides font parfois de tels dégàls 
dans les forêts et lesjardins qu'il fallut, voilà un siècle, incendier 
plusieurs milliers d'hectares de bois dans le Ilai-z pour en délivrer 
la confiée : leurs Tiatirssnul armées de Icrribb'S cr.M-|icfs. Oui'biues 



insectes 
métallii| 

cants, b 

jaunes; 

vètem.'i 

L'hun 



1rs /./ 



■r/x ; 



iMKJ mètres, 

.\/.„//,/élalf srs ailes blan- 
ches tiaus|iarenli's comme 
une brume légère, brodées 
de disques de vermillon; 
son rival , le thaïs medesi- 
caste, aux ailes roses qua- 
drillées lie noir, habile de 
|ui I. leuee les Alpes méri- 
'iuin:iles ei les sommets voi- 
sins de Digne. Au-dessus de 
■2000 mètres, les biens, sa- 
phirs vivants; les ti/cwna 
(tjntilcle, améthyste animée, 
se jouent dans l'azur. Rien 
n'est sans vie, même dans 

l'allVeuX désell ,les i:I,iees: 
là vil, i:l(UI|M'e eu eel-nies, 
\apu,hnrll,' ,,n ,n:rr ,/,,. ;,/„- 
ciers (iU'suna ylacialis ;, in- 

secte si petit qu'on le pren- 

.1 w lui drait, à la surface de la 

Ils ni.MMis 1,1-, M CI s. 'icige, pour une pincée de 

poudre noire : au moindre 
bruit, tout cela saute, dis- 
parait dans d'étroites flssuies invisibles, entre chaque grain de 
névé; des familles de podurellcs ont été vues dans le Pelvoux, sur le 
glacier du Tacul. Il n'est pas jusqu'aux mollusques, ces êtres si 
peu doués pour le mouvement, qui ne se retrouvent avec les gla- 
ces; Vhelix alpina se cache dans les fentes des rochers, sous les 
pierres et les gazons humides entre 1 100 et 2100 mètres ; il abonde 
à la Grande-Charireuse. La taille de sa coquille ne dépasse pas 
'20 niillimèlri's de diamètre. De quoi peul-il biiMi vivre? 



POPULATIONS PRIMITIVES 



larves (pii lon^e,,! bs arbres et les piaules. La l.u'nf;iis:iue.. des uns 
rachèle bi m.! I l,i i ~;i ni-e des autres. 

Plus heuieux que les coléoptères, les lépidoptères ou piiinlluiix oui 
le don d'attirer le regard le plus distrait : ils animent de leur vol capri- 
cieux et de leurs jolies couleurs les cimes les plus désolées. Les 
uns vivent de jour (les rho- 
palocères), d'autres la nuit 
(les hétirocèien) et dorment 
pendant que leurs congé- 
nères prennent un bain 
d'air pur et de soleil. Quelle 
variété de couleurs, de 
tailles et d'humeur volage 
parmi les papillons des prai- 
ries et des clairières! Les 
lycènes ou « bleus » sont 
partout : le mdananjia ya- 




J^laC.., .lU pnU.I.UenI senieuir 


N iM..' .In I;1m.,,, . :,,, .1, 1 . .!,. 1 ^..u. r\ vW.x,- 

.■ e, M, ,,-... ,1,. h, Ml .-, ,-. 1 .■niMV.IMl ll.-.'l-l 


biiiii.VuH' (les ubslaclcs insiu- 


ll.Hi: il,l, .. All-H les h.iri.s i|„| ,VN.'lrlll la 


preuiieie ;i|i|iarition de rtiono 


le il III, |i< (//„ V ,,e,M/i'/i/,//es se IlIrrUt- 


elles |ilus l.inlet essaimcessi 


,. 1,., 1,;,^ \ rrs.lllls (lu II. nul ■ Mil - hirll- 


loi, sous ] influence d'un olim 


it sec et froiil les ffl.-U'iei'S i. . ul 1 iliui- 


donnant sur leur front les nior 


aines et les boucs glaciaire- il,! uns 


les blocs erratiques de roches 


crlstaflines, témoins de I. m 1 . linu- 




pétueuxtoriviil-ie - ,', l ii<,,ile 


^Êd^Ê^^k 


des glaces raviiiùrcnt les allu- 




\ vions anciennes, découpèrent 


^^S^^E 


%^ les sommets, ouvrirent des 


l!^^V^VH| 


1^ voies à l'invasion humaine, 




^^ en même temps que l'adou- 


m^' ^^1 


[^^^ cissement du climat par la 


^^ 


^^^^ plus cvnnde luniii.|if(i nliims- 


F 


^ Pl--' '--1 1^- 'l-c- 




^ l01l|lrllielll (le 1 :i V. L' . U .1 1 1 . m 


' 


sylvalniiie. Telle iir.iliiii.l,.nio- 


rhot. dcM.Gast. 


dificaliiin du régime aipesfre 


ALPES. 


coïncide avec f'arrivêe de 



LES ALPES. — LE RHÔNE 



167 



tribus pnmii 
rocli.- .lu S„i 
indu^lii'- III' 



paléolithiques, qui habitaient les abris sous 



la tombe est recouverte d'un toit fait d'une table de 
indestructible, 'l'els sont les monuments mégalitliinuos, 

a iiierre polie témoignent d'instincts sociaux plus pro- 
ifîeiice plus vive que leurs prédécesseurs de la /kcdi? 




'X. 


^"'^^ 








i-. 







PANS i: N C O 



Ph.il. (le M. Tair 
VGE V£ TIU- Lie Cil A NT. 



le G étaient e-isentRlIi 



dol, 




/ A (/ 


.1 i.i ill ii_ 


Mais 


le 


plus an, a 


n ! pusintant 


l Lspete 


humaine 


danb les Vlp 


pani 
1 1 |i 


e 
II 


lel hnmm 

m di 1'/ 

l,|lii 1 1 


> chelleen < o 
/ has anliquw,. 
Il une de la pi i 


1 i 1)1 




\ 1 


1 Cm son du 

1 iniiiiilir 1 


(lui, 


,1 




,'' ' i' 


pu 1 




1 


1 1 1 


d im 


1 1 


i\ 1 


1 _i i\ 



1 n olitl 


1 nie m de la piirri 


ni m 


Il 1 pourtour di s 


Ml , M 


1 11 m nli.n 

1 iiii II 1 iiii 


indu lu 11 




On (Il II 1 II 


IN 1 1 / 1 ll\ 


groupis .Il Ii i 


1 II 1 llll 


longues Lpii 




prun us aux 


llllIM II 1 1 1 


dans la Sa\ i 


1 1 1 s , 1 , 


tlLS plus ou III 


III lit llll 1 


gulaii.s p, N 


1 llll 1 lll ll\ 1 



pi Ml lll I iiiiiii iii\ I nusiiipus y I 
1 II < I 1 1 I I 1 par la formi 

aiinii h llll 1 ui ce sont des 

imt/iy w //<//< s 1 ,)ui eux lamoil 
ttant uiit nouNcUe Me la tombe du 
défunt doit i appeler sa maison il \ 
est tn e\Lli a\ec ks outils de son 
lia% lll ses amus des objets de 
paiure, et, poui le piesentr des 



doliiiins iimI, ut 

les bas lunds ou 

ptmcnis forment i 

Une nom elle p 




il d s hts non loin de la ri\L tis^iou 

I II lies ou palaflltfs 

il Us appartenant au t\ pe /hli( hnc ep/iule 

I 11 hiu ti n. I. i I 1 1 liiulir \lois 

|.lii „i ml I ul 1 I h N h |ULs se 

In lll iiiiii lll II I I 1 II ..if 



iiiiiui n 1 I II \ I ul (j un iiques 
L âge de bronze ippaitient, 
romme celui di la pu ne polie i la. 
nce b)a(-hi/(i>p/iri/e ( i ttti ronde) 
Nous sonimi s i I un n rh 1 his- 
loiie dej \ Il Pli lll I 11 \ ul I her 
( liei 1 elain ui\ il i i il 1 1 I car 
i ctain enlu i\ I i ui\ i dans 
1 illiage du bron7i lis unies et 
lis outils foires pai les iieo hiaOïy- 
tej haies ces a^ant toureuis des 
Telles oxxVitcelliqiies douent i la 
puiete dt leui métal da\oirusiste 
1 1 Usure du temps Dans les debns 
des cilis Ihu lu du lu de f:ene\e 



men 


t= en »ile 


\ de 


Il plel 


e polie 


d(s 


couteaux 


des 


lanc(s 


Us fau- 


uUe 


des bia 


ekts 


debion 


/i mais 


toui 


)uis ass( / 


1 un 


Il II 1 1 1 


miiense 


que 


des mv 


1 III 


1 M lll 


a.bhs 


ains 


pa, l,s 


1 11 1 


m 1 


tiafi- 



llll lu 



sec de bi 



piin- 
,illon 
,it Ger- 



1 UN t DE 



fiequc 



lompte pies de bOO pièces 
ilhffe de Reallon pies d Eni- 
luduit i un col anciennement 
te. qui dépasse 2 dOO mètres 



168 



LA FRAiXCE 




d'alti 
le y. 



IIVI-RTS aiiiuii 



r<, peut- 
I 1 niule, 
i^' L't de 



Avec l'âge du fer, vuici venir 
Celles et Galates ou Gaulois, 
race dolichocéplude, oomme les j 
léolitliiques de la |ih i i c .i 1 iIc r . I 
néolithiques de l.i -i,,,,,,!,. |„ii, 
lacustre. Ce sont d. - IkiI.uiI.'ui^ 
Tépée de bronze ils nul miIi-i ilne i , 
de fer, plus solide et plus meurtrie) 
ils construisent de vastes camps 
tranchés dont ils savent relier 
poutres p.-ii- ilr- c-r.iii]|M.ns iii.'la 
ques (()/'/,-./,> du l'.iii - il,\ r.. 
Ghatelanli : A.- lilml.^. ,1 - iJ.,,,, 
de ceinliii'Mii, .1. - lin lir^ .!,■ I r. 



hlMll/r, y.n: r .yu^ ■ , -I ,, || 
M. 111- l:i I. llllr Vlllrh 1m .|iim -1 

M, I., i: tr . 'i'ii , I ,, • I 

.^i/<es, ae.iii-lil,. ,|ii,. I, MHS 111 
funéraires s-nl :i [ini |iirs 



jets ont été trans|i rli - 
lie Lyon. A Sainl-Vr -.i ,. 
plus élevé de Fimih ^ ■ , 
M. B. TniiniiT.i 1 Ml Mi- 
santes drrnll\ , llr-, 1 r-l 

miilu.i de II 111. Ml ■ r|i,Mii 
dans le .Iium, ru Im m, l,. 
Bourgogne et en Suisse (|i 
pôles alpines ont le plus 
Refoulés par les Cauloi: 
de rage du fer, les *;'o. 
de la pierre polie el de ràj 






^ 



ne se laissèrent pas entièrement sub- 
merger : ce sont eux qui conslituent 
encore le fond de la population de 
la haute région des Alpes; il y a 
une parenté de race entre le Savoyard, 
le Bas -Breton et l'Auvergnat, mais 
lexpression la plus pure de la race 
hraehyeéphaleà crâne court se trouve 
en Savoie. Mêlée aux peuples autoch- 
tones des Alpes et bientôt absorbée 
par les vaincus, la rare coni|uérnnle 
et guerrière des Gahil,-- \:: ',. ,-, va 
défendre avec eux le [i I- - _ ! - m ii- 
tagnes contre le Ilul m m' i.i .1 I in- 
vasion romaine, et e • -l il \ii\i iLue, 
celte citadelle naturelle de nuire pays, 
i|ue se lèveront les derniers cliam- 
[lions de l'indépendance gauloise. 



CLIMAT 

DES ALPES 

La montagne est un merveilleux 
laboratoire : enlre elle et l'atmo- 
.splière s'établit un mutuel courant 
d'i-nergie. Par les cimes, la mon- 
tagne puise au plus liant des airs 
les vapeurs suspendues qu'elle con- 
dense en brouillards, distille en 
pluie fine, ou bien réduit en neige 
et en névés qui conslituent les immenses réserves glaciaires d'où 
la chaleur et la fusion feront jaillir, en temps utile, les eaux nour- 
licières de la plaine. Mais en retour de cette action bienfaisante 
qu'elle provo(iue, la montagne reçoit, des forces mises enjeu par 
elle, une empreinte qui niodilie 
sa .sirih Une et sa physionomie. 
Sestiaits s'accusentpar l'érosion. 
Ii.pi.uillée des sédiments préser- 
valeiiis, la roche s'efl'rile, se 
(li'^agrt'ge et croule; par suite, 
ralTaissement général du relief 
amoindrit la puissance de son 
action dans l'air et restreint son 
rayonnement aux alentours. Ainsi 
la montagne s'épuise par sa pro- 
pre activité jusqu'à ce que l'ef- 
fort continu des agents atmosphé- 
riques, après l'avoir découpée en 
morceaux et réduite en miettes. 



>-■ 



lELllS ESCALADANT UNE PENTE. 



l'abaisse au terre à terre du sol 
enveloppant. 

Kds Alpes sont toujours jeunes 
el lièies; pour entamées qu'elles 
paraissenl, leur relief constitue 
eiieiiie le plus puissant couden- 
sati'ui- de l'Europe. 

Lorsque, sous l'inlluence du 
relii.iilissement nocturne ou d'un 
abaisMinent accidentel de teni- 
piialuie, les vapeurs qui som- 
meillent dans les vallées rencon- 
liint une paroi froide, elles s'y 
allaihent, prennent la consis- 
tance vésieulaire du brouillard : 
ce n'est [lasla pluie, mais ce n'est 
plus la simple vapeur d'eau; 
celte buée s'élire comme une fu- 
iiu'e bi;i'-ie, s'étend, suspend aux 
,is|ii'iit''s son échnrpe de gaze. 
Itientùt on la voit flotter dans 
lair, envelopper les plus hauts 
suiiiiiiets, emplir les intervalles 
comme une ouate floconneuse 
d'où les crêtes émergent, 
|iareilles à des récifs au-dessus 
d'un océan laiteux. Le brouillard 
est terrible dans les montagnes 



Ai.i'i;? 



liiioNi; 




y 




l( s I I ui iK >.( Mil S i ( h i(|iii |i IN tout se viiile aux yeux du vu 
rul)is _iii( i 1 i 11 11 K Imii ili 1 1 luuiii 16 au travei'S des 
Il lt( b ti nues en «-uspi UMun d lus 1 ituiO';ph( le, il se produ 
liind du d( 1 01 floi onneux une soi le de mil ige des fonuos 
iKIues se dessinent etajout* iit i loffioi del isolement. Ces f;i 
de 1 iir ont été vus lu BroLken d ms li s monl unes du lia 
l<s \lpts nhi liqiies dinslrs monts 
d \.iipen7ell Vu souille du vt ni s, us 
I I ( 1 iir d un ra\on de soli il i]iii It li i 
Mise, le bioniUnrd se dttend, silli 
liH lie, dispar ut I orsqu il estiuMsibli 
d en bas sous son misiiue m buh u\ 
on ditqu. I. m nt Jll,,„ i son < Imn 



y,ii.TUi-. 


sur le 


goulto- 


et de 


t sur le 


même 


fantas- 


des pi 


ntômes 


pagne 


7., dans 


que le 



, puis sur les Ci'veiines, où elles se résolvent encore; enlin 
s Alpes, où elles fondent en abondance, à cause de l'altitude- 
la basse température des sommets. Il pleut abondamment,, 
à l'approcbe des montagnes : à Li/un, la moyenne annuelle 
nies est de 77G millimètres, tandis (ju'elle s'abaisse en Ghaiii- 
à 400 millimètres. Aucune région des Alpes n'est plus arrosé& 
riunit Blanc et la vallée de l'Arve : la pluie atteint là 1 200 à 
1 -'d Kl III illi nielles de ji.ni lion ,.'11 année 



dit qu il a 1 uni , qut I i |ioussi e de 1 m 
( Il isse 1 1 neige et er be\elle les en t( s 
d une aigiette mobile et bullante, b 
innnt Blnnc « fume sa jupe ». 

Pluies. — Le monl Blanc n'a pas 
de rival au monde pour l'étude des 
gi.indes perturbations atinospliéii- 
i|ues. C'est un rendez-vous de nu.ujes 
il les attire comme le paratonnein 
appelle la foudre. Au contact des 
liantes cimes, la vapeur d'eau cbai 
liée dans l'air par le vent se deveisi 
en pluie. Cette grande aiète inonla- 
gneuse, l'épine dorsale de 1 Euiope, 
que dessinent les Puém es, les Ce- 
veiines, les Alpes occidentales, i eii- 
liiiles, orientales, dont lépeion si 
lelie aux Carpatlies et pousse on \sie 
par le Caucase, forme le condensati ui 
par excellence des vapeuis aspiri es 
par la clialeur solaiie au dessus des 
mers tropicales. Le vent du sud-ouest 
les pousse Contie les PMéuies, ou 
elles laissent une pu mu le [ui i ipi- 




les 



ils 



Alpes l'i 



es Alpes (.rees, 
ceux de Savoie, le l'elvoux ainsi que 
la portion orientale des Alpes-Mari- 
limes reçoivent encore 1000 à 
1200 millimètres. Il est remarquable 
qu'entre ces deux zones bumides^ 
des Alpes occidentales, du Tliabor 

Il 1 I di' Tende, les crêtes alpines 
\ 11! moins de 1000 miUimèties, 

M |M 1 MIOseuleiiKut dans les Alpps 

I 111 Suis ,li ut. 



s ( I 



s / 



;>./- 



Fr; 



uis. Pal suiti , le \eibaiit pienion- 
laib LOI lespoiidant est assez panvie 

Il eau : 000 à 700. même 600 miUi- 
111 lus (Il iiiii\ mil, dans la liaute 
\ lUi I du l'ii I» mil 1 jiait, la pailie 
ili (I Misiiii qui ii^aide la zone 
SI 1 lie t'u lussin lianiais de la Du- 
lance iei,oit de 800 à 900 millimèlies, 
1 omme par une soi te de trouée ou- 
\eile dans la i nnlinuilé di I i i baine 
condeiis iiiii 1 . 



13 



170 



LA FRANCE 




revêtement de roches cal- 
caires qui dominent la rive 
du Rliône dans la gorge de 
VÉcluse, au pied du Grand 
Credo jurassique : tout fila 
en un clin d'œil. Sous la 
masse des débris, le Rliône 
reflua de plusieurs kilomè- 
tres, couvrit ses rives sous 

UU.Ml,l|i|w ],|nr,,||,|r. Si le 

ilrin.. ii'^iii lu 1-/' r..|te en- 
li;i\^' J'- 1 ' iriiip', il i-emon- 
lait ,ik-lu:;e V. niable) jus- 
qu'aux plateaux étendus 
icheetleSalève, 



.Vu 



La répartition de la pluie n'est pas la même sur divers points des 
Alpes. Ainsi les hauts sommets comme le Veninux, le mont Blanc 
le Grand-Saint-Bernard rrcnivcnt sui Inut d.'s |iluirs ilc jirinleinps; 
à Genève, ce sont les pluirs (V^'ir b's |iliis alM.iid.iiilr,; ,\ uicsiire que 
l'on se rapproche du nuissil iiiniii,i::iiiMix, 1rs pliiM s à'nninnnie l'em- 
portent, comme à Grenoble, Ga|i, Biiau(;(jn, iNue. Cenree compte, 
en année moyenne : 122 jours de pluie et reçoit 815 millimètres, 
dont 227 en été; — Grenoble: 119 jours de pluie, 871 millimètres, 
dont 207 en automne ; — Albertville : 101 jours de pluie, 1 109 milli- 
mètres, dont 404 en automne, la plus forte proportion des Alpes 
françaises inférieures; — Gip : 11 jours de pluie, 836 millimètres, 
dont 314 pour l'automne; — Briançon : 103 jours de pluie (34 au 
printemps), 786 millimètres, 336 en automne; — mont Venteux: 
13o jours de pluie, 1743 millimètres, dont 639 au printemps; — 
Grand -Saint -Bernard : 119 jours de pluie, 892 millimètres, dont 
337 au printemps. 

Ce sont les vents de l'ouest, du sud-ouest et du sud, qui contri- 
buent le plus aux précipitations pluviales dans les Alpes; le vent 
d'est n'entraîne que des nuages secs, appauvris par une course pro- 
longée au-dessus du continent : la mer est trop loin. 

Le fœhn (fuvoniut des anci( nsl vent tiède qui souffle impétueux du 
sud-ouest, appoi II il \ i| ui i h ni 1 il | lui li 1 |uil ntfut 
surnommei le mm m lui il I li i I il i li dts 

montagnes et SI i h i lil I hmi h I i | u Iihi m ii a ilti- 
tuile. La cil te fi m In il i I ml suiliiilie\ i int 1 1 u Iioum i 
la descente un il un I i I i h ileur pai IIH) nu tu s di chute le 
neiges fondent s u n li il m émuUienle les itl u lu s du 
roc peu consistait se d l nient les tiiies mi ubli s se 
liquéfient en coulées de boue les toiiLUts eue imbu s 
refluentet se gonfli nt et ce sont tiopsiiu\ent dmsles 
vallées alpesti es des im nd liions dc\astaliices d s i\ i 
lancbes de neue et dis éi loulcmenls 
dont le sou\enii se ti insmi t d ige en 
âge, comme celui d un m ilhi ut qui ne se 
peut oublioi \iii il" / /i< de 1 1 
montagne duT; ; m \ min 12'iS 

dont la falaise s di m I us de 1 1 

vallée de ChamliLi^ i nsi \ litilusieuis 
villages, la ville de Saint-Andié et fit 
SOOO victimes; de petits Incs sommeil- 
lent dans l'intervalle des ili'rombres : on 
les appelle « Abîmes de Mi/uns ». 

Les talus mal assujettis au flanc de 
parois abruptes sont exposés aux pires 
aventures. Ainsi s'effondrait soudaine- 
ment, dans la nuit du 3 janvier 18S3, le 




Seule issue qui lui restât en 
aval de Genève. Le désasire 
eût élé incalculable. 

Les avalanches de neige 
ne sont pas moins terribles. 
« Celles que l'on nomme ava- 
Innehes de poudre se produi- 
sent seulement en hiver et au 
|iremier printemps, lorsque 
sur une croûte de neige 
ferme et dure tombe une 
grande quantité de neige 
fraîche, granuleuse, sans 
consistance. Dans les pentes 
raides, cette neige nouvelle 
n'a aucune cohérence avec 
l'ancienne, et quand les cir- 
constances sont favorables, il suffit de la chute d'une petite corniclie 
de neige sur les hauteurs, du passage d'un chamois ou d'un lièvre, 
ou seulement de la moindre commotion dans l'air pour que toute la 
masse se mette en mouvement; elle avance d'abord lentement et 
tout d'une pièce, puis, entraînant les couches plus profondes, elle 
se divise, déborde et tourbillonne. L'ébranlement de celle masse, 
le courant d'air qui en résulte déterminent sur toutes les pentes 
latérales des avalanches partielles qui grossissent la première. 

« Cel|p-ri se pi-i'i-ipite avec une rapidité croissante, une fureur 
toujours plu- len iMe. On ne voit plus qu'un tourbillon de poudre 
qu'accuiiipaL'in' je L'iondementdu tonnerre, les arbres craquent, les 
rocheiss'i lu ni jeu t, les ci mes d'alentour répercutent tout ce vacarme 
et prolongent riiurreur. La puissance de la colonne d'air qui accom- 
pagne les avalmiches de poudre est terrible : elle brise et déracine les 
arbres, précipite les hommes et les animaux. » (F. de Tsciiudi.) Dans 
les cirques élevés des grandes montagnes, au pied des couloirs qui 
rayent les flancs des aiguilles décharnées, Varalanche neigeuse dé- 
coche, au milieu d'une mitraille de pierres, des blocs de glace, des 
séracs déracinés, projectiles monslrueuxqui oui la il luiiiib'svictimes. 
Quant aux orages, comme les nuées charL'i'e- d'. h > 1 1 1, iié qui en 
allument l'éclaii ils se répartissent sousTacH'iu du \'iil il du relief, 
d une fanon tout i fait inégale. Des localités peu rlm-iM es l'une do 
1 autre peuvent offrir, à ce point de vue, un p ^iine lié- dilli leni. 
AiUbi cinq ongesàGap correspondentàvingl li - i- iKuir >m e ; dans 
Ils hautes rt .,10ns des Alpes maritimes et dans le Ih idiiruiiiiais, il y 
1 p u d origi s Mais le mont Blatie, à ce point de vue, est sans rival. 
La répartition des neiges est aussi très iné- 
gale. Elles s'accroissent avec l'allitude : pour 
i jours de neige à Nice, Grenoble en compte 10, 
Burcclonnette 30, Briançon 36, le Ventoux 38. Au 
Grimsol, la neige peut atteindre, année moyenne, 
une épaisseur de 9 mètres. Le Grand-Saint-Ber- 
nard, très exposé aux courants froids, a reçu, 
en 1873, enviion 3">,70 de neige et, en 1876, plus 
de 13 mètres. Or le Grand-Saint-Bernard n'est 
qu'à 2478 mètres d'altitude. Bien qu'inférieur 
encore (2160 mètres), le Petit-Saint-Bernard a 
reçu, en 1873, 14"" ,34 de neige; en 1874, seule- 
ment 7 mètres; 13°", 40 en 1875 et le chiffre 
énorme de 17'", 30 en 1876. De tous les 
t^ ^ .^ points régulièrement observés, c'est le 

M ' •*' col du Pelit-Saint-Bernard qui, à égalité 

1% tofc^ ^ d'altitude, est le plus enneigé des Alpes. 

* rJ"*^ On juge de ce que doit être, chaque 

année, la provision du mont Blanc. A 
NARD. 3000 mètres, il no pleut presque jamais; 



Li:s ATJ'I'S. 



LI-: Ri:()-NR 



171 




à 3500 mètres, la iiliiio est 
|i(iui" ainsi dire inconnue; 
partout règne laiieigc. Elle 
|HUirrait s'amonceler indé- 
liiiiment, mais le vent la 
lialaye des sommets; la cha- 
leur du soleil, très âpre sui- 
les hauteurs, en l'ait l'nndre 
une partie; le rcsl(> L'Iis^e 
sur les pentes aliru|ili's .iii 
SI- coni.'èlo en n<'vcs, ali- 
nicnt des f/Iariers. 

(lu a fort exay.'rc ra.liun 
(■(irrosive des glaciers sui 
le fond solide de leur lit : 
les récentes observations de 
M. Rabot prouvent que les 
blocs, entraînés par le lleuve 
de glace, proviennent sur- 
tout de la surface et soni 
t.iiiibés dans les crevasses 
avec les pierres et les débris 
divers arrachés à la mon- 
tagne. Le glacier ne creuse 
pas son lit à la façon d'une 
charrue : il le polit seule- 
ment jusqu'à la roche dure, 
en charriant avec lui la ma- 
tière meuble; d'autre part, 
il émousse les saillies de ses 
rives et, par ses moraines 
latérales, sape la montagne 
et l'use. 

.Si , aux pans de roche 
écroulésparl'elTetdugel, de 
la chaleur, de la pluie, que le 

gtiicicrroxûe ou rejette en blocs épars bien loin, dans la plaine. Ton 
ajoute les matériaux de démolition des schistes argilo-calcuires liasi- 
ques, détrempés par les eaux sauvages et coulant en masses pâteuses 
comme des laves de boue torrentielles; si l'on tient compte aussi des 
graviers, des limons, des terres pulvérulentes charriés par le Rhône 
et ses torrents, sur les vastes étendues de laCrau et de la Camargue et 
accumulés au loin dans les abîmes de la mer, on jugera du gigan- 
tesque travail de déblaiement ac- 
compli par la nature aux dépens 
des Alpes et de leur altitude. 

Température. — Les Alpes 
occidentales, comprises entre les 
isnthcnnes annuelli's de |-2",0o 
et 14°, d'ailleurs éjni-n.'es .le l.i 
mer, éprouvent tous bs ex, rs .lu 
climat continental, non S'-nle- 
nient en latitude, mais aussi in 
hauteur. Ainsi la chaleur .illei- 
gnait, à Nice, 37» en juillet ISSl , 
à Grenoble, 36°8 en juillet 1884; 
37° à Gap en juillet 1881; 27° au 
Ventouxenaoùtl889. Lamoyenne 
des températures inaxbna donne: 
32° à Nice, 13° à Briançon, 13° à 
Grenoble. Les températures les 
plus basses qui aient été obser- 
vées sont : — 7°, 4 à Nice (décem- 
bre 1879), — 21° à Gap (jan- 
vier 1881), — 20°,4 à Grenoble 
(décembre 1887), — 21° au Ven- 
teux (mars 1889), — 30° à Clia- 
monix en 1891. Vécnrt entre les 
extrêmes donne 44° de différence 
pour Nice, B8° à Gap, 57° à Gre- 
noble, 48° pour le Venteux, G2° à 
Barcelonnette, et cela pour une pé- 
riode, relativement courte, d'une 
dizaine d'années. Les régions du 
littoral et celles de la haute mon- 
tagne sont moins éprouvées par 
les températures extrêmes que 
les vallées intérieures ou les 




plaines étendues au pied des hautcuis : l'i si'vi'.-eiit les étés brû- 
lants, les hivers glacés. Souvent même, Im^ nie ,,.|ile journée, le 
thermomètre peut tomber de 18° à 6° en pnu, de 22» à 12° en pleine 
canicule, de 21° à 8° au début d'octobre : cela s'est vu à Grenoble. 
Les observations faites au mont Blanc, un Sainl-Bcmard, dans la 
région d'Aniirci/ offrent un utile enseignement. Depuis longtemps a 
lUé signalée la diei nissance des variations barométriques, à mesure 
que l'on s'élève vers le dôme du 
mont lilanc; le soleil est plus 
chaud, la lumière plus vive, dans 
un air plus sec. Il résulte des ob- 
servations faites simultanément 
à Chamonix, aux Grands-Mulets 
et à l'Observatoire Vallot, sur le 
rocher des Bosses, du 13 juillet 
a\i 1-1 août de la même année, 
nue leiii|M rature moyenne de : 
II' .-'. :. .^. — 0°,4 pour chacune 
de , r-,,^i.iiiiiiis ; oscillation diurne 
i,un., inir : ll°,î), 4°,3, 3°,5; maxi- 
iMuiii ,ili^-Iu:30°,l,13°,3, 4'; mi- 
ninnnii absolu: 7°,t;,0°,9,— 13°; 
écart entre les extrêmes : 22°, 7, 
12°, 4, 17°. Ainsi la température 
est plus stable aux Grands-Mulets 
et au mont Blanc qu'à Chamonix. 
A nm-Tii. à 44S mètres d'altitude, 
proche des grandes montagnes et 
éloigné de la mer, a des étés 
chauds et des hivers rigoureux, 
comme toute région continentale. 
.Mais les variations barométriques 
y sont moins brusques et moins 
fréquentes qu'au bord de l'Océan 
ou de la Méditerranée; les coups 
de vent sont rares, les orages 
aussi. Grâce à la radiation so- 
laire et aux étés plus chauds, cer- 
taines cultures, celle de la vigne 
par exemple, réussissent plus 
liant et plus loin. Les vignobles 
s'élèvent à 700 mètres en Haute- 



172 



LA FRANCE 




M O N T PO 



Savoie, à plus de 800 mètres dans la Savoie, située plus au sud. 1-e 
mois le plus cliaud d'Annecy est juillet : rarement alors le thermo- 
mètre descend au-dessous de li" a K" pemlnnl la nuit; durant le 
jour, il se maintient entre 2;>° et 28°; on la vu même atteindre 
36° centigrades. La température moyenne de juillet est de 19°, 07. Si 
la température de l'été se maintient au-dessus de la moyenne, celle 
de l'hiver semble, au contraire, en voie d'abaissement. Il y aurait un 
rapport curieux entre l'allure de l'hiver et le développement ou le 
retrait des glaciers. Hiver plus sec, été plus chaud : le glacier. 



moins bien aliin' nie rrcul,.; Invrr dr neiijes, été pluvicu.x; le 
glacier, mieux ]".uivu, n-incml dr ra\,iin'e. Tout se tient, tout 
s'enchaîne dans lu'uvre di' la nature : 1rs nuages, le brouillard, la 
pluie, la neige, la glace, dans la dépendance des vents, de l'altitude, 
de la température. Au régime des eaux tiennent l'abondance ou 
la stérilité de la plaine et l'existence de l'homme lui-même. C'est, 
par le moyen de la montagne, un échange perpétuel entre le sol 
et l'atmosphère, l'activité sans trêve des éléments les plus divers, 
dans une harmonieuse et puissante manifestation de vie. 



DÉPARTEMENTS DES ALPES ET DU RHONE 



Haute-Savoie. 




1)0 Service géogra- 
it.inls. Chrl-liini : 
Annecy. Snus-pré- 
IVclur.- : Tho- 
non, Bonneville, 
Saint- Julien. 
2Sc,iiilnns,:-;riroin- 

IHdetAcad.Miir 
CUAMUÉIIV. — 

corps d'armée. 
Diocèse d'ÂNNECV 
; suffragan t de 
C.hanibi'ry I. 

Origines de la 
Savoie. — Annecy et 
Chambéry furent, 
.avec des fortunes di- 
verses, les deux plus 
.■uirii'nnos métropoles 
ilr l.t Savoie. Dans ce 
v,i>lr champ, qu'en- 
r.hln iil les Alpes etle 
lilionr. (lu l:u- l.éman 

■i-, Ir^ Allohror/es 



voie). Plus avant, 
dans les vallées al- 



Cenlf 
le Val 
inféri 
vallét 



et Je l'Arve, :i Mégève, à Beaufort, vivaient les 
confinant au I.ac l.éman, poussaient jusque dans 
aissant; enfin, au sud, les Graioc'elesen Maurienne 
?s. plus li.-nit fini-- If-^ rn..nlnL'nf"=. tenaient la 



de l'Arc. Ces tribus 
époque reculée, par 
■, du la / 



rei,oli, 



''T,u 


',;' 


.. Allobroges, 


ifSBn 


lia 


ns ri,,./,, ■UN, Dm 


fut bri 




,r.,lH,nl |,:>rPu 


Fabiu:- 


M 


MMiu-, :i.h|,n-l 



• m du sol, 
fer et d,. 
,■ iiifllre ;i 



Allo- 



bro<i 



Viennoise : Vn-iine. bur le tili'iUc, cii clait la ciialalc. Par d lialnh'S 
concessions, la politique achevant l'œuvre de la conquête, lus Romains 
parvinrent à se concilier leurs ennemis de la veille. Vienne fut dotée de 
somptueu,x ni,inuiii,-nts. éh'Vo,; au rang de coI,>nie privilégiée, admise 
enfin a,i -Irnil il,,li,|,„.. ,,in 1,, r,,i-,,il ^uair |H,i„,.. ,1. I,, :jr,,n,l,. .■ilé 
romain,', ii, - l,/.'...' <■ . ■ iih nvnl .m >rnil. ,1 :,■■ ■ - ill n -I i , 1 1 iil i!,,,is 
leshann - , 1, ,.-■- ,1- I , n,|H,, \l,n-, ,1,- Ir p, , m . r l .,r, I ,""■■ ,'lail, 
devennr lu Ir^nl ,r,,lla,|,,,' ,lu l;,,,,,,. ,.,„iliv |,, ,,.,,,!-■. 1„. ^IuImIu .lu \ry- 
cingéturix livra celle-ci tnul enliuru à César (bS-Sl;. 

Pour garder sa conquête, Rome dut assurer ses communications au tra- 
vers des Alpca, car, si h"; mnnlairnnrds n'osaient trnp disputer le passag,' 
auxlu^i,ui-, il- Imiu, l,,i. Ml I, ,!,■ iM u I,.-, |ull ,i. riM.-- . Mnvni<, i<u,lniunt lu^ 

déta,-lu'liU Ml- p..,i;' I - inl. :,., , , ' I , :,, i. , I . r a-^IMM \< uail- ,ln 

niOnl I ,• II' 1 ! ■ |i T I ,': II. ■■ 'lu I I ' ,; Il . . Il 'Il I||,| ill . .1 Ml--', l.'l 

Cotlius, ami ut alliu du puuplu r.uuain, lit pour lui la pnlice du la roule de 
Genèvre par la vallée de la Doive Bipaire. Son fils, (^ui remplit le même 
rôle, étant mort sous Néron, l'État des Alpes Cottiennes fut annexé à 
l'empire et réduit en province. 

A l'autre extrémité des Alpes occidentales, la vallée de la Doire flallee 
était occupée par la tribu belliqueuse des Salasses. Auguste entreprit de 



a-. 












.W\. 











«_.= ^-^ |o -y^\i 



< l 

■s 



t ^? ,° °" 



^ r' ^ ^ 






'5' .= ^ 



')î!tft- 







^- i .-.}JL-^i^-A%r&HX:.i-^^^S^'.-~^ %mi¥. 



]A-: 



ij-: uiioNK 



173 



Il 11 / / 

, , I V si ) MU <ami 
I tranché ou furent eU 
blis 3 000 \tlei an"* Ainsi 
ipu^slavoit (In GeneMc 
la (louhlt r( ut(, qui di 
% i„'e de la\alltLd \obte 
s n le (.1 ind et le Petil 
"^ lut li iri r I st ti n\ lit 



\ is 




I i n itiun et de son roi 
(lunther dtti a les sui- 
\i\\ntb i emij,icr ^trs le 
sud Ils s inipostrent 
Jiiis 11 huit hissin de 
il Si ML tt du Rli nt et 
I Wibl \ntli niiiis a la 
\ lit (^ de Id ruine 
lin lie ratilia eet et iblis 
sèment Les Buigondes, 

I ullnirs t; niplis par 

II lit 



n païut peu fi 

(i cote des e\ac- 

■ mmi^ps par les 



. pi>s 



Rh( 



de 



iperieui et le 
VUjor et des sourees 
I I \ ih(> d Id Durince 
i I I n I jon \ienne 
1 I Genève et le 
1 1 irtie de la 
■.Li'iii ii'< Aljic's fran 
■■■n-.-.r, I,, r.,, sait ut 



Th, 



llonorius eut l'Oochii ni l; . ■■/:,, I i )i nul I riii|iiri' il i inrnl \ mit , iimii 

sans peine, un millnr .1 iiinr, -, jii-,|ii ,1 imiir, ,i, \| il iri || ,i Cmi,- 

tantinople (1453). L'euipirc d Uccuk-aL lUviul Li (.r,u,j d^^ It.irb.iir,, ,iOb,. 
V.n vain Slilicon, Cottslance, Aétius, essayent du le sauver. Les Francu 
descendent du nord; les Bxirgondes sont à l'est; les Wisiffolhs, sous 
.Marie, et, après eu.N, les Oslmr/olhs, les Hériilex fondent sur l'Italie. 



Ulix 



puis, à l'est, dans la vall 
sont créé un royaume. 
e, importé de bonne heure à 



rs lr< Fr.i,,. 
.Uanc 11, n 
de la Saône 

par 



lui Guin/jcih-, de 



a ruine. 

ssurer la défense, 


gondes 
Len 


iir 1rs [inints me- 


sembl; 



laud, avec Clovis, chef des Francs, 

• iidi- uni' saiivi-t;ardc contre l'am- 

' -1 \l I 1- h' Il irli irr, III l'iOllde- 

' ; li |M i':r ..,11 I : , r,'. lit père 



;34) 



trceai.ent 


ve en 


77.1, l'i 


niontCcnis 


, le se 


cond 1 


mère voie ( 

l.cllllcll 


llcp,- 


^pivii 



- .1 formé 
ijicrovin- 
• ut et ra- 

- rn Italie 
[.:u- la Ira- 
it ipiedes 
, concen- 

■ par le 



ii-s en deux corps, le pr 
l'.einard, et c'est aussi par cette der- 
'inc, le nouvel empereur d'Occident. 
I- caridinf.'ien. p.ir la faiblesse de 



b uni 
.s C(i 



^ iint Mari len, s mit 
lleraclee. Genève au 

ut ete evangelisee au 
II' siècle 

Premier royau- 
me burgonde — 



i\ ml SI disloealinii 
dilinitive, les Bur- 
gondes avaient d a- 
liiird obtenu des can- 
tiinnements sur la rive 
du Rhin, dans le pays 
(lui correspond au Pa- 
latinat; l'atTreux mas- 
sacre (1) qui fut fait de 



(1) Ce lugubre évone- 
iicnt a inspiri; la légende 
les Niebelidigen. 




174 



LA FRANCE 










"■' 


4LLÉE 


DU D O 11 O N , 


LdUis le Dehnnnaue (it pi^-^i i 
mltriiK Jniie crée ihhu 1 oth un 
de la Mcditerran. , i 1 i iiim du N 
de la Meu^e et dt 1 1 ml li nh 
diaire fit de la io/A./, ,» ,-. (1 :l 
pciii. tii. Is conflits tnlic 1. 1 i 
Tel (tut encore inalgie tnul 1 
(hail.sh Chauve, a peint m nli 
pniii iMueillirdu moins, i .1 1 i 


«•, pa\h subalpins 
la Lotharingie 

,1,1 pu 1, s \ ,11, ,s, 
,1, \,1 liUL s, ( 

un 1 llMi 1 1 

1 1 ll_ ,11 : Il m 

,1 1 1 Ul II 
,1 ,1 1 ,M|U h 


d. 

Inn^ 

u 1,1 

1 


es 

UL 

,1 


t dan 
band. 

il, 1 


s IRit 

Ml, ime 
n|it de 

1, irst 


,iii| 


Ml que 
Il Italie 


niiiiir 


ut aurctoui, dans un pain 


Il \ lll l_ 




ni 






^il \ 


n ut 


un einpcieur pei sonne ne 1 


Uli,l 1 ' 


1 


II, 1 




" 


1 ,1 Uls 



:)!, ttment le littoral 
I mpc de nou\eau\ 



, Il 



ptieui tuniiiiUeGtimaïuiiue deli\ra 
le pa\s dt teb puâtes, en suscitant 
IIoivi OIS et 'î 111 asms 1, s uns contie 

lis mil , s p Ul I, s , 1 I is, 1 pendant 



s,|, \I,. 



Deuxième royaume burgonde 

— Le démembrement de 1 empire d, 
Charlemagne au traite de \eidun 
(8431, en créant 1 Ttat tnnipim di h 
lothaiingie, entii ri ,i I I (1, 
etLouib le Germ m 
la nationalité bui i l i i 

blee des giandb il I [ , hi I I , 
région des Alpeb et du lili u , lui 
Doson, gendre de Charles u i h un, 
pour roi de Boui^oj"'' et d 1;/, \ s- i 
Comme, d autre ] ut I i im 
buigonde était i m 

deU du Juia ou I i I I u 

daitlEtatdeBo»/ ; ,, 

les deux ro\aumi s, lumlus cns, m 
ble, formèrent, a la mort de Bobon 
le second loyaume de Buutgogne 




qui iluia nnt anb (93^-1032) le dcrniei sou\erain de cette d^nastie, 
Hodul/jhe III i e,l i st b Ftats 1 1 empereur d Ulemagne Coin ad le Salique. 
De 1 1 11 s p, I isi ml, s pu t, niH.ns deb empeieurs germains a la domination 
delà /'/ '," 1/ /,////,(, / l//,s)et aux teiutoires de 1 ancien Etat bur- 
gonde I |n m I , I lui 1 i ut ete depece par morceaux Boni gogne ^pro- 

preniiiil dit , ml il BuuipOgne ou A antfte Com/e Lyon sous la do- 
minât i, u t iii| lll lll ses aiebe\eques Dauphuie, ancienne piovince 
Menniu i ui\ limi luus Pioiente, aux comtes de Barcelone, Savoie, à 
, eux il, \liiiii Mil I IL lealile lesu/ininik gi riinnii|Ue ne conbtituait, 
|ii,ii 1 I I il I II ,1 1 un II 11 1 \ luiii liiii- 11,1 ipiun lien Ihéorique 

Mipii {lll I ^ Il \ 111 1 lll 11 \ ni il m I \l| I autant de petits 

I I it pu ,1 \ lll , ( I lll 1 I 11 il , lupli 1 de la teire par le 

I, lin t funlid I I pour ne citer que 
dis fiinl, iiis ,pii ont contribué à 
r,.iiii, 1 11 ^,(/ /, I on -s distinguait 
(i II ,11, I 1 I n X lis le gou- 

M I u m ni ' I le Gene- 

Melie (1, W 11 M lurienne, 

lelui de i^aiiil Juin Leb evêques 
étaient inxestis deb mêmes droits de 
sou\eiaini te que les b lions, privilège 
i trange en appaunie mais bien 
, omprehen&ible, si 1 on fait attention 
qu i cette époque tioublee, il n'y 

naît contre les attaques soudaines 
iks gens de guerre ou les incursions 
baibaresques d autre refuge que les 
\illis fortifiées nu le piemirr de la 

lll il, \ n ul I 11 , I ,1 u défenseur 

ht \iii I I II lie Mau- 

Mil I 11 mm du mont 

I un-, 1 11 1 I \ lll I il, / 1/,, prit le 
p ib bui bebxoibinb et, en leunissant 
successnement la Mauuenne, la Ta- 
iintaise li Chablais le Genevois et 



r 


' ' 


IX 1 IX 


1 1 


il -ii|iérieure 

lll lll ee nom 


^\ 


l'iint 


s don 


t il t 


m un au delà 
n ut les princi- 


Du 

1 


h au 

Tint 


sages 
t dun 
Il lit 


eper 

di 1 


-in rocheux qui 
\ii et semble 
ii\ «lufeau de 



^^lo-ises tmirs le dtbouehe du long 
di lile de Mauuenne, chemin naturel 
du mont Genis dans la vallée de 



LES ALPES. 



LE lUIÔNE 



173 



Isère, issue du Peti 
ifiDie était, des le ; 



Saint-Bernard. Le comte de Muu- 
siècle, le <• portier des .-Vlpes", et 



llh 



Comtes de Savoie — Le piemicr dt la djnTslie 
s cuiuIls de te i\oie dont lenom tt h mii pu >,( nli ni 

ih li|ue CLi litudc fut llumbei l ai 

u \o sietle^ Sun petit lils Odnti 

m in( du m ir nii^ d( ^ii'.e m 



iioinJretli / 

jn ( ommi 1 i ilt 

lis piini(_s (I -. n 



pi, 



111 II Di sol mais les co»i/es rfe Saioîi suit il 
7»(s en lltilie 

Eiilie les deu\ Étals -mi ins di Sivoie 
phine tous les di ii\ i n lu I ni ml 
I \aume de Bour^iun \i l n ni un ii\ 
liihiinetun enchtMli m ni d I m ii 
% lient nianqiur de lis mitln au\ |ii 
fiihl Ihiuiliiit III inhume i laljbi\ I 
<_ imti, Thomas fut une -Neiitalilc i un 
ailitti L/iiiiiiliLi 1/ a sein sei^ntur lîiili ii 
piiui son us i^t (12)') ilaicoidi dis fi un 
lions 1 ontle 11 s pi tils bliims fi iidiii\ Son i 
de Plo^cnle épouse sa lille Bi itii\ i t I s 
dis couionncs souMiunts 1 uni i 1 un 
autiLs sont uines de I-i ance d Vii_li I ii 

V la d\na tie di s Thnwa-. su, ml 

une tjur bupieme di jii lui i-ii m uni 
licndinee Entre les pin i\i s \ ^ ,, | 
le Comte rouge i nlnln 1 ni I Ml! I 
mai on 1 e pu mu il 1/1 liiil I 




Amedee Chamberv reçoit 
I m 1 un le et d indé- 
I I Comte vert et 

I I I 1 lune di leur 



sir. le : I a.h.il du Genpvois à son dernier titulaire, la Savoie érigée en 
(/i(r/(p souvrrain par l'empereur frermanii|ue Sipismond flSfévrierl.'il6),rae- 
ipii-ilion ilu Molli ferrai, de Saliir,'n.,'t !.■ iTlmn- an doniMim-, du Pîemon/, 
|iivrrd.inment inféodé à la branehr r n!, m,, .r \r|i ,,,■ j , pi-onnilsation des 
Shiliili lie Savoie, code de lois rnli-r |) .r I— |.r inir-i jurisconsultes 
d'aloi-s, i-es importants événemnii - .Ijni-i-ul :i li nniisim de Savoie 
une éelal.nilr i,,.|nii,l,.. Tu r, m. \mi..I'. \II1 n .,• \ ordre ile Sa'nit-ilau- 
rice, aii<in I - n .ni i ..Im II - / ' . I niime il se reposait des 

fatigues lin I ■, :r 1 III- .ii. 'i i'. I I;; ' |in\s de Thonon, le con- 
cile de liiik: le drM-u L p.iur lu >uu\i,rini I' nlilieat. Le nouveau pape 
prit le nom de l'cli.r V. Avec Eugène IV d'Avignon et Nicolas V, qui 
résidait à Rome, cela faisait trois pontifes, au lieu d"un. A la mort 
d'Euf.'ène IV, Félix T", cédant aux sollicitation^ des princes chrétiens, se 



v^r, m; gardant que le ti 
ncve : c'est i 



de Ge- 




Dans cette r- - Il I ' l- l'Etat 

de Savoie. Annecy I I.' i! ■ !■ jn imipe, des 
ilr-liiir.s |i:u!ii nh' 1 1 ■ I i - . \ l'i lues-princcs de 
i.ivnv .■. .; V iiil 1 1 - 1! 'Il' I I ni|i' iriir, au xii« slècle, 

in\.'-lilnrii ilr Inn- \iiln r|.isi'opaIe, et, par 
II. -Mil V iiMinement temporel, il fallut bien 

in. II. /«, administrateurs naturels du 

|.i\- il.nl ilrneve était la métropole, cher- 

h I il ill ui une résidence Ils choisirent 

tniiLL j Leur Etat dans 1 c pèce le comte de 
tiene\e ou Genevois comprenait a\ec An 
ntc> Rumilh Cliaununt la Roche etc La 

naisoii de heneie stttipiiit en 1394 Le Ge»e 
lots con tituaitune enila\e fiiheuse pour les 
Mats de batoie Au» i le comte Amedee Mil 

( lui I i m me qui fut dut puis pape sous le 

1 I I I I li\ ^ achetât il le Oeneiois de 

I n 1 \illii son dernier héritier mo-sen 

, ni u d ir lnsi,cIeplustard(lol4l 



\l(Ut 

pour 



/ /// 



latl 



n don 

/ ' / ppe U 

il ( printi 

tnn ois I r 



ressortissent désormais i la Cjui ujn un 
Clinmhérij. Puis ce fut la gutrie a\ee \K.I)ouph 
iiui'ii-. Ilninliert II qui se\0}ant i 
II-. Irin-inil I:i4<)) ses Etats au roi 
r. i:ii I,;,.,, Aiuèd c tnitant direit m 



el le Faiu 
en échan, 

duGuiers':Le ComI, 
batailleur. Son fils 
fils de Bonne de Be 



m 1 Amedee VIII 
egna près d un demi- 



I I lin nianage «a 

il n t lui inféoda le 

lu tu I N ) I I I II fut l oiigme de 

I 1 I I 111 I 1 1 II 1 s. \ I thiede Genève s 

\ Il ( I il I iiiin lin I 11 rifitties heu 

1 1 m ni ni \Mi 1(1 I iiniti di. la Sa\oie 

1 I I lit) ^ Jeanne Mm le de beneiois 

\ I iiliere du dernui duc mort sans 

I 1/ le Faucif,n} Beaufort fax 

I 111 I m IFtntd ^niri après en a^ on 

I I u dunul un i I et demi 

Ducs de Savoie —I [ i ini es de SaM il 

\ Il 1 ni Im 1 lit d m llie a piolit h 

1 I 111 n de leurs -^ 1 ins pour en tirei 

\ I 1 I iharrasses pal fois dans leuib pro 

1 I 1 t intct a%ec la Fi ani e et tiop sou 

\ ni iili elle aAéc l Empire germanique et 

lanni nd \utriche ils s ingagerent malheu 

rousement et perdirent plu leur foistous leuis 

Ltats A foi ce de courage et d adresse ils par 

Murent i li ressai ir Mus quand la Sa%oie 

pioMnte isolée de ce cote ci des Alpes, leur 



176 



LA FUAACR 




.1, Bnui 

iu mm 
MU pi 



M.'i 



parut d'une dêfens 
qu'elle fût le berc 
ainhiliuns à l'abri, 



3, ils n'hésitèrent pas à l'abamlonni r, lu'n 
famille, pour mettre leur buim I Imi- 

coté des montagnes. Le doiiiairir i|ii il> s v 
11, p. il à peu s'étendit à toute l'Italie. Les 

, lii^i ni maintenant à. Rome, dans le palais 



l'h. 



lee que 



cuUc calli-liqiic, 1 
à la place. Ue coi 
l'offensive contre 1 
biais à l'ouest d 

nrrnMi,,.. I„, parti 

|-orr,i|,. ivnl, I,,, |i 
lllr. Mil- il, I , l., i 



duc de Savoie, s'emparent du 
la Dranre, et partout impi 



de terribles hasards. 
Rivalité de la France et de la Savoie. 







rrance et Suivie se 


- Si, au lieu de 


se battre 


le moindre incident d 


les de Savoie et 


les D,ni- 


lutte, ne devait plus 



Vii-iuiiiix eussent pu se mettre d'ac- 
r uih' IV. lilicatlon de frontières, asso- 
I 1 il il bnalement les fondre en- 
limce de famille, l'ancien 
ogne se trouvait ainsi re- 
s dans ses parties essen- 
ci^'ement ce que rêvait la 
'^aiote, mais elle le n'vait pour 
it pietendait y anixr r [i ii- 1'. Imii- 
cbsne de ses vniMn-, m rr|i\.int 
: L\, lusif les dn.iN, In. ,.lMi:,iies 
I .1 I 1 mpire germaniipie sur la 
1 1 I II ipparut que ce rêve deve- 
111 I I >ibque le dernier des Dau- 
I Mi\ titure de ses États au roi 
Il II' -iilistituant à sa place, sur la 
■- i\ II' . Contre un voisin de celte 
j.i |i.i>sedait Lyon et la Provence, 
conipi-it que la lutte allait devenir 
résolut, après la première alerte, 
ter sa ;capitale au delà des Alpes. 
■p côté encore, le duc de Savoie se 
na ili. France, car celui-ci, maître 
.. I .lait ainsi du Briançonnais, 
rr iliii^'ee par-dessus les monta- 
Phoi. de M. Ti.iuih.i- gii.s au rn'iirméme du Piémont. La vallée de 

juiEiNNE). îa Doiie (Oul.\, Exiles), jusqu'en amont de 

Suse; celle du Cluson par Fenestrelle et Bec- 
Dauphin, saillant avancé du Briançonnais sur 
le front dumont Genèvre, étaient français et se reliaient, le long de la crête 
principale, à Chdleau-Daupliin, dans la haute vallée de la Vraita, sous les 
escarpements du Viso. Entre la double pince de Bec-Dauphin (vallée du 
Cluson) et ChAleaii-liaiipliiii liaiil.- \i lil i . I.s vallées de la Germanasca 

et de la Pellire, ... .ui ~ [..r im- ail.- I - Vaudois, et, au seuil même 

de la plaine, le nnir^ini:.,!! ./.• >i.;i/, ■ ., .y,, l.ni à notre cause le souci de 
sa propre défense, proluayeaiL ni 1 aclioii d.- la France briançonnaise jusque 
dans la plaine où convergent, dans le rayonnement de Turin, tous les tor- 
rents dévalés des Alpes vers le Pô. 

De Son coté, la Savoie débordait, sur ses deux flancs, la projection 
iiiena.anl.' .In Ttriaii.;. innais : au sud, par le comté de Kice et surtout la 
vaille .].■ I / /""/.• .1 nurceloniietle, porte ouverte sur la Provence qu'elle 
Mpaïail .In |i.iii|.l.ni.' ; au nord, p.ar la masse compacte des territoires 
savoisi. IIS .'. li.|..iiii.'> du Rlione au bassin du Pô, vers Aosle, par le 
|i.'lil-Sanil-l!. I nar.l. v. as Snse, par le mont Cents. Si la France possédait 
II' pas- ai;.' .lu III.. ni i;. ii.M-.- ri quclques trouées jusqu'au delà du Viso, le 
Siivi/fii-il |. liait la .1. 1 .1. s |irincipales communications par le col de 

ïr,,,/,-. chu .1.' Ijn-rl, I I \r-. iilirre, le mont Cenis, le Pelit-Sainl- 

jn, :■!,,■,■ ,/,'s Alpes, et il poussait de ce côté du 
. lin II a .1- Lyon. Si le Dauphiné briançon- 
i:i ils, il l'etreignait de partout sur ses flancs, 
lient donc en deç.à comme au delà des Alpes; 
s mettre aux prises. Mais la Sayoïe, dans cette 
u'un ri'de secondaire. L'efl'ort de l'attaque et de 
a .1. f. II-.- va M- ]..irl.r au cœur des Alpes, 



l!e,',i< 




)ù la France, 
par la maison 



lutt.'..\pirslui, 
'U,s MU et lii- 
t et Berwick la 
par les armes, 

III siiil.parles 
I II la l'rancke- 
/ ' , ^ lias. Dans 
I liai. \.a.Savoie 
ii\ islissement. 
Il' .1.' laPénin- 
si.ii'iiie avec le 
.1. M. II., et de 



an\ Liais de la République de 
cia, Vérone, qui l'eussent reliée à 
escendue par les montagnes du 



rien ne fut négligé pour l'obtenir. Par ce 
moyen les troupes espagnoles pourraient, en 
toute sécurité, traverser les montagnes au 
col du mont Cenis, descendre par le long cou- 
loir de la Maurienne jusqu'au delà du Rhône, 
où l'on se retrouverait en terre espagnole. 



LES ALIM-S. 



LE IlIIONE 



m 



Dans ce grand conllil, l- /" 
tif;sitait à se dcclaivi-, lu -ii 



oais, il fallut en assurer les communical 
ciintre Charles-Quint. 

Al..rs le nù île France sollicita l'alliance 
ci Voulait resler neutre. On le somma 
(le ciiuMuuuie.ilicin la plus courte cnir 
liourj;. Cliaiiihrry, le couloir de la M; 
c'est-û-dire |i.Lr la Bresse, la Savoie, I 



avec la France, le dèfemlre 

e formelle du duc de Savoie. Celui- 
là Sai'nie fut envahie, car la ligne 
Piu-is et Milan passait par Màcon, 
■iriLue. le mont Ccnis, Suse, Turin, 
l'irniont. Comme, d'autre part, la 




N ttait ce pas de 1 Empire quêtaient \enu 
i sa famille les titres de tomte puis de 



duc'Poi 


1 priK de son r 


m our 1 Viitn 


h 


\ou.li ut 


peut ilr .1 


Il II 1 1 


II 


1 UKI 11 


\ luuu ! 1 1 


M II! 




M_U((. il 


lit ille II 


1 11/ 1 IM 1 




cour nn 


lojile 1 II \ 1 




1 


j retlcch 


t 






D aboi 


d le duL de Savoie %oulut flairer 


1 


■lent de temps immemo 


rial <^a Maison 


n 


trttenait 


a\tclacoui I 


1 1 II 1 I 


1 


tions de 


couitoisie et 1 


iili \ { In 1 


,1 


reprises 


des allian 


1 1 Ml II \ Il 


11 



scelle cette commun ni ni I m l\ 

épousait une petite fil e de fe i\ oic 'i ol inde 
fille de Louis \t devenait la femme du duo 
Amedee I\ et la tutrice de son fils Mai fru. 
rite de France sœunl II un II lut m m 
i Emmanuel Phihli il i hn 1 m i I 

I rani ois I'^'' devait h I n I ^ \ i 
la propre sœur du du i h n I III \ii i 
quind le loi de France François I ' u 
^en(lll|u^nt les droits de fouis \II et de 
( Il iili s \ III sur le Milami -voulntpa ii 
<n II ili, nqnoux i I il I 1 [ i ( 1 i 
parint m une ilifli uH I IM 

de Us/ i/HC boi I \l 

IK me du / / laiii m [ i i i| ! m iit i 

Sust par ou pensan ni il d \ m iit p i u 
Us Frani ai a 1 issue du mont Gine\it 
Franiois I r déboucha par h c I di I li 
qenlieie dans la plaine de ( ni Su il t 

II nus de leur surprise \i m i i 

I lisser enfermer dans les h ml \ M i i 
en retraite abandonnent la lin I Imin 
dans la plaine de Mansnan 
se I onnaissait en i m un 

I es Suissies \aiii n i n i 
Pair perpétuelle en \ iluil li 
JOUIS a leur service di 



"^r^ 


É 






II 






P . 


.^...*^ 


Hi^^^^UB\ 


*^f 




TN fifËfc^^rr 












UHm^ 


^f 




^^^ 


E7 





I le pays 

ileulal et 

qui lui 



Iteforme enlevait au ilm r, 
lie Gex et de Vaud, le (Inl 
le Bas-Valais, à peu pi' - 
restait en dei;"i iles Alpe.-. Ir m illieiireux 
prince, ayant tout perdu. p,ii 1 un .ision, se 
retirait à \eie.il. Emmanuel-Philibert 
sauva sa dyn.islie que l'on croyait perdue. 
On conn.'iit sa devise : " Aux spoliés restent 
les armes » {spolialis arma supersuni). 

Il a|iiiiil la guerre en se battant et, <à la 
léte d'une année es]iagnole,infligeala défaite 
de S,iiii/-(ji(riilhi 1 :.;;7) aupâle successeur de 
Franeois I'", Henri II. Le honteux traité de 
Gâteau Cambrésis avec l'Espagne suivit 
,!'■ |iir. I , ,1 : |i ir lui. Il -|Ki^»ne, qui avait 

ii\ ,1,1 |, w ■ ' Il 'i-,la, ainsi que le 

I ,,\ iiiin, ,lr N ,j,l, -, I , -i, ;l,\ la Sardaigne; 



tous ses Etats, et 
durent évacuer Ti 
encore. La premièi 



I m ni 11 1 s»i InK iil 

lui m li\i nt h il util i Fi un ois 1 

ee fut au duc de Tinulce qui 

e de géants 

1 11 I ni i\ec nous H pair de liihnuiij dit 

d I I ju lie les rois de Fi ince entii tinn nt I u 

luntiiigents de cette nation aupii i\ int n tu 

ennemie, mais dès lors notre alliée fidèle. Pour le Milanais, devenu fran- 



ioii|,rs françaises 
|ir, lies tenaient 
iipiilinn française 
,/r lu .siiroie avait duré vingt-trois ans. 
Kiniiniinii-l l'hiliberl, pour compléter sa vic- 
l.iii,,. Menait avec les Genevois et leurs 
iiniis de Berne le traité de Lausanne (156i), 
|ui le remettait en possession du pays situé 
sur la rive gauche du Léman ; un accord 
avec le Valais (l.ifi;)] lui rendit le vieux 
i;li:,|.l,ii- in-,|n I 11 ii\,' - iiielie de la Morge 

I 1 M ii,i,j11i,. ; .s ' '. M . qirenant quel 

1 s \ 1 1 i V 1 i. s. .■i,l\ , 1- ,ir,' -, I ,ii j,,.,;i I I 1,, roi de France, 

il p.e-,-a les m, ml.- il. ti lusl'era sa capitale 
à Turin (lôlii); Chaiiihery demeurait la 
tett des États patrimoniaux de Savoie, mais ce ne fut plus qu'un chef- 
lieu de proMnce éloigné. 

Annecy (lo(i-22 habitants) se penche sur son lac par l'iie des 
Cn.ii si I I I presqu'île ombreuse duJardiyidrs Plantes, qui baigne ses 
pu ils il iiis h double douve latérale dnT/iiiru et du canal du Vffsse.Au 
noiil II slii lies frondaisons du i'i/'yKicrs'atlaclient à la rive, où s'élève 
la statue en bronze de Germain Sommeiller, promoteur de la percée 



178 



l'UANCE 




Fréjui, 



Plante I // 
tniit pi I 



gran 1 ml i I i I 
d'iinpoil ils II 
lions d iilIi lo^ie 
pvélijsloii [ue et il lus 
tûiic uitmelle V ( té 
d'une CTsiine liei-e 
dansles baliments d un 
couvent de domini- 
cains, se voit l'ancien 
collège fondé piir Eus- 
tache Clwpjinis d'An - 
necy, en i''to3. Saint 
François de Sales fut 
élève du collège Cliap- 
puisien (aujourd'hui 
bureau de l'état-ma- 
jiir). Son souvenir esl 

[lartout dans Anncc/ : vnm . i i i, c \ \ m 

à la cathédrale, assez 
pauvre édifice, où il 

officia comme évoque, ctoii ]ihis l;iid Jeaii-Jaciiiies liousseaii ch.iiila 
comme élève de la maiti-ise. Les bureaux de la Compagnie des 
bateaux à vapeur du lac, des particuliers, diverses industries oc- 
cupent ce qui reste du premier monastère de la Visitation, vendu et 
mutilé p;ir la n'^vnlulion. Saint François de Sales et sainte Jeanne de 
Chantai y ,i\,ii('iil, eh' inhumés; c'est là que M""= de Warens abjura 
le proli'sl.inl isiiie IT-JCi. Les ndiques de saint François et de sainte 
Jeanne dt,' Cliantiil liiLeut transportées dans le monastère eu bordure 
de la rue principale. La maison de la famille do Sales se voit dans la 
rue du Pàquier, bordée d'arcades. 

Va.ssé N'otre-Daine-dc-Liesse (très ancien pèlerinage, ii.irduu d'An- 
necy), l'ancienne ville évoque d'une façon saisissante ces petites ( api- 
tales italiennes comme Padoue, Bologne et tant d'autres, qui furent, 
au moyen âge, un centre d'activité politique, artistique et lithnaire 
et exercèrent une attraction, comme aulantd'oasis disséminéesdans 
la solitude des provinces : mêmes arcades, même fantaisie, celles-ci 
d'un côté, celles-là de l'autre, comme dans les rues de la Filaterie et 
Notre-Dame. De droite, de gauche, les évenlaires des marchands, de 
sombres couloirs, des passages voûtés; çà et là, de vénérables poi tes 
seigneuriales, des escaliers au fronton armorié, de vieux muis ou 
grimpe la vigne vierge, pour retomber eu feslons sui- quelque (oui 



silencieuse. A l'appro- 
che du ThioH, ses pas- 
serelles, ses ponis rus- 
tiques, les maisons 
enguirlandées di; bal- 
cons lleuris qui sur- 
plombent la rive, 
l'voquent un coin de 
Venise. 

Il n'y a rien dans- 
Annecy de la vulgarité 
commune aux villes 
trop récentes et bâties, 
sur un plan uniforme. 
La vieille cité gagnait, 
par le travers du canal 
duThiou, le faubourgde 
la côte Perrière, groupé 
au pied du château. 
Dans l'embrasure de la 
porte Sainte-Claire(cré- 
ueaux et mâchicoulis),! 
la rue Sninte-Clairé 
égrène ses arcades et 
ses vieux hôtels. Dans 
l'un d'eux, le président 
Favre fonda, au xvi" siè- 
cle, de concert avec 
saint François de Sales, V Académie flurimontane, sœur aînée, mais 
trop peu durable, de l'Académie française. L'hôtel, donné parson pro- 
priétaire à saint François, devint résidence épiscopale. Le pré- 
sident Favre rendait ses arrêts au présidial du palais de l'Ile, maison^ 
forte, anciennement aux comtes du Genevois, qui s'élève à la proue: 
d'un îlot sur le canal du Thiou. Ce logis original, aux pièces 
basses, aux murs trapus, terminés au deiiors en proue de navire 
pour mieux résister aux assauts, ses fenêtres étroites, grillées de 
lourds barreaux, ne dit rien qui vaille. Il servit d'atelier monétaire, de 
l'.dais de justice, de Chambre des comptes, mais surtout de prison; 
I e n'est plus qu'un résumé d'antiquailles (belle salle au premier). 
C'est une très ancienne ville qu'Annecy. Une charte de l'emiiereur 
Loihaire la mentionne [Anîiesiacuin) -clm ix= siècle. Les Burgondes y 
luienl; avant eux, les Romains. Elle compta surtout, lors(iu'elle 
devint, avec les premiers comtesduCenevois, la capitale de leur petit 
État. Son château, plusieurs fois incendié, reconstruit en partie au 
XV' siècle, ofl're un ensemble composite où se remarquent la tour 
Sauit-Paul et la poite piincipale (\iv° siècle), la toui de la Reine 
(mi" su cle) ; couitine cienelee, tourelles d angle du \vi° sièi le. Les 
comtes, puis duc s, de la blanche cadette de Sa\oie, dite de Ginevoit- 
Xiiiniiii^ ( nih( lliK ni ( I tli itsidinii UM eiitit , I e li gant buis qu'ils 




IX NECY : ANCIEN PRESIDIAL. 



LES ALPES. 



LE lUIÔNE 



179 



firent conslniire ronliont 
niiK! I.rll.. salle ,les Tèles à 
pl.ilniia lîeiiaissane,-. llr- 
puis rextiiictioii de la fa- 
iiiillo ducale, le château 
i\' Aniieci/ fut assez délaissé; 
une caserne l'occupe au- 
jourd'liui. A ses pieds le 
canal du 7'hiuu forme, à 
l'entrée du lac, un petit 
|iort où viennent s'amarrer 
<les flottilles de barques et 



; a v; 



•ur. 



Personnages histori- 
ques. — Saint lieniiinl île 
Mfiilhoii, lils (.le Fi-annus <\r 
Mciillion et (le lieni-linr dr 
Duingt, né au oliàteau (le Mcii 
Ihon, près du lae d'AiiiK^ \ . 
vers 9S0, mort à N'cvarc, en 
Italie, en 10S2 : il év,(iii,'.li~.i 
les haules vallées des AI]..- cl 
fonda des rcfn-rs an r.A du 
uKiat .1..IIX -,- . ,v ,/.. i.. ,,,,.,.( 



ul ; Je 



z,m, cardinal de liro,,, 
village du Petit-Brui; 
Anneey ( 13 i:i\ paiivi 




eni;Hi;:illoiid i.daii- Ui-ihni, 

un C(dlcgc, (iii \ iii_a .]ii ili-i' 

places graliiilc. ,a m ni iv-n-- 

vees aux éludiniN >,i\ov:irds; 

GiiillaiiDie l'ichet, né en l',33 au Petit-Bui 

recteur de ffriiversUé de Paris, où il eut V 

merie : Genève en 1478, Cliambéry en l'iS'i, 

•ds Genève, Clément 17/ d'Avignon, né au cli.' 

héritier direct des comtes de Genev(jis: s; 

'l'horens (1567), l'apôtre du Chablais, dont le 



; G lî T ( s A V o I 



Vlnlroduction à la vie dévole, 
rang des écrivains fran(;ai3 l( 
favorisait : l'Académie fiorim. 
fonda, en 1610, de concert av( 
Fran(;oise de Chantai, l'ordre 
mort à Lyon, endécembre Kri-I 
puis (1499-1556), chanoine de 
taire du du( de Sa\oie Cl ni 
de ( 1 I I (U I I 1 II I 
n \ 1 il 11/ 



lit /(■/ ( 
^nons de 



!^. 1 


l:t, 1 




\' 




1 1 àBo- 










- 


1, mort 












,'. né à 


... 1. 


1 .,, 


,1 






, bords du 


(. lll.C^ 


Il.ilca 


II 


IH' 


c l\m 


•eroy et de 


1 i:-\| 


(■: ./• 






hirie Dessaix, de 




■ciihl 


,• 


ici 


le la 


égion des 


i défendit c 


Ih 


pr 


)VMice 


contre les 


Diipns 


d'Ev 


an 


qu 


Jitla 


campagne 



Il fut I 
1 «;tnat 



// 



I mil I (.( / lil, ne ab iinoens toi I 

pi f ^seur a 1 unl^elslte de I l| ' 

^'imdepirt iHulKtiind i i I 

p ir le p i[u P ^ II 1 I / / 

/e V I I I II 

I s tl lip s I I ( 1 I 

Ihdei Ui I 1 I M I 1 tl 1 11 I 1 [ I 
Tippo baeb et li\i \plubieuis cumb Us ui\ \ii 
glais, Michel Mai le Pachlod, de Saint Julie ii 
gênerai de division, blesse a \^^^'lam I 
flteialie) de Bullet, originaire de B inneMll 
ingénieur distingue , Jacques Balmat et le do(_ 
teur Paccnrd, conquérants du mont Blanc; 




LA lUAiNCE 



■ rililie, frrincliif 1p prpriiier le pont de Lodi sous uiip prdo - 
l'iil :i Aii^lnlil/ . Irii.i . Wnpr.iiii ; A/exis liouvaril, de r.iiil 
S iiiii-i.ri vu-, iir il iiiif laiiiillr lie cultivateurs (ITTT-I'^r . i' 
il,' I .iiilarr: .InsPiili-Sirnhi-i Sirallel, aslronome, ne n Clll-rs 
a Pans (IS^S); l.ei-iKuni Somuieiltei; de Saiul-Jeoire-en-l''aiii-l 
tour du perforateur à air comprimé, qui perça le luunel du 
(mort en 1871); Mii' Diqwnlonp [Féli.i), né en ISiia, à Sainl- 



mven- 
it Cenis 
:, d'une 



gardi 



non! Cenis Minliiielian boulL\aid de la pui ini t duc ili a 1 issue- 
lit s uni lii in ird et de la coulée de Cliinil i\ I ml iu\ mains 
1111 1\ ^11 Mlle pii lartilleiie de Sull\ 1 / I Lvon (I611I) 

I i ( id |ii \i iiicincnt les deux ad\ei 111 1 Iml I mmanueL 

Calmes en iLsliluant Château Dauphin di ti 1 1 te des \lpes il 
1 la Fiance 1^ pa>& de Gea le \alioiney le bugey \a.Biesse c est- 
tous les teiiiloires> sa\oisiens de la n\e dioite du Rhône sans par- 




Su p 1 

MOOO hectares 
(Cadastre), 618 700 
(Service gôograplii- 
ciiATE\u DE BouuDiîVLx quB ds rarméel. Po- 

pulation : 2'i7 89Û 
liabilants. Chef- 
lieu : Chambéry. Sous- préfectures : Albertville, Moûtiers, 
Saint-Jean-de-Maurienne. — 29 canlons, 330 communes ; 
14= coi|)s d'arnii'e ( (Ihenobi.e). Cour d'appel et Acadt-mie de 
CiiAMBÉiiY. Diocèses de Chambéry, de ïauentaise (Moûtiers), de Saint- 
Jean-de-Mauuienne, ces deux derniers, suffraganls de Chambéry. 

Les ducs de Savoie au delà des Alpes. — I-e marquisat de 
Saluées constituait une enclave gênante pour le Piémont; sa fidudité à 
rallia:ice française était une menace. Le dernier mavqnis île Saluées étant 
mort sans lierilier, le mi de l-'rance Henri II, arguant de s/s droits suze- 
rains, réunit ce dniuaiue à la couronne, coniiin' lu f ni ili -lierence. 
Charles-Emmanuell"'', meltant à prolil les tninlih < mi 1 ih - m l'i-ance 
par la i|nriTlle ri'ligiriise, occupa, en pleine paix, li' in n i|ii!..il •]<• S-z/mccs, 
terre française, et mit garnison dans Chdleau-Daiii>!ini, [Kiiiie inlegranle 
du Dauphiné. Le roi de France Henri III, aux prises avec dextrémos diffi- 
cultés intérieures, ne put relever l'injure. Ce fut Henri IV qui s'en 

Du'clief de sa mère, sœur de Henri H, le duc ./-■ - - ■■ i ri- mlait à la 
couronne de France; en saisissant le marquisat di' '- i N i ; niil un 

gage. Henri IV en prit un autre contre lui, en o. , 1 itl . - , . I.ei<ll- 
guiéres, le " vieux renard du Dauphiné », couiiiie I .j lui le Sivnyard, 
enlève l'une après l'autre les forteresses de son rival. Après Charbon- 
nières, berceau delà dynastie savoisienne, qui commande la vallée de l'.Vrc 



^ lie inteuenlion eue in i pi | 
du d^ Maiitoue \incentdc(i 11/ 1 \ n 
sin hciiKge a Chai les de Ni \ 1 • li I 
con\i)itut le Montfenat qm el iit cl 
r--paf,nolb ne pouvaient ^olr sans ap[)i li i 
poser dans le nord de lUalie enli 1 
lioupes t pa„noks en\ dussent les Lt il I 

\u il 1 Louis XIII I n ^ / Il 

lias ,iu| I 11 .iil \ I Mil luiiiiill\ Il 
net le 1 1 f 1. le / - / V, M , 

plate de Pignetol au 11 u I 1 1 1 \ 
montaise, tombe tu u li | n\ n h 
pille Manlone se pi ni n nt I \ ml ( 
allait en\tnir aux main qumd Mn m 
medialtui auela la lulle et fit signtr en 
Cheiaiin (1( iU Charlev rmimniiol obti 



et pendant que 
an 1 Riiheheu 

n ni I In f lie 



tiell 
tiali 



Mil II I traite de 
un I 1 11 II M inlferrat 
,1 ut i\ I I il l'igneiol 
le iet liauj liin de Fenes 
( excellente ^ole de pêne 
s et du mont Oenevre 1 a 
\nioie d n 1 1 \ u il 1, sis ani 1 ns maîtres elle na\ait jout 
d^ns cette 1 I mil m |ii un lole tout a fait secondaue 'Victor- 

Amedee I ■■ ni 1 ( 1 il I mm inuel en reprit possession Api es lui 
(halles Vini anu 111 en e lupleK 1 unile par son marngc(ll(7) a\ee 
llieulieie des Ceneiuis \eiiiuuis auxeiuels lt (jene'vois le Faueigny et 
L aufiiit a\ aient ete apimges 

Les ducs de Savoie, rois de Sicile, puis de Sardaigne — 
Victor Amedee II fui un lui I m li_u 1 CaUnat, n\< un 1 m iitn 
I is 1, \ ul II et il Louis XIV u I l\ 1 u I I I I lin 



1 h 



iludiii de s<a le m Itiitl iiiunii i 1 île il n |utl uUi 11 et li^ii i 
1 Fui pt contie ni us tli^ue d Vu^ boui^, Ibsi 1 Calmai lt plus ^lanil 
benirae de guerre de son temps pasbC en Italie par le GeneMe le col de 



Li;s alim:s. ^ li- uiiôae 



181 



SosUièrcs, le val Cluson, Fciiosli-ull,;, Pigncrol; 
il attaque et met en déroute, à Sta/furde, le 
lUic de Savoie et ses alliés d'Allemagne cl d'ICs- 
|iagne (IS amM l(ii)(ii. En se rolirant, il enlève 
>H.vp, |iui'5 ;ili:iiii|Miinniit. niix premiers souflli's 

|irini.iiii' t -, - - ■ imI iiicnts de Provcni-i'. 

i.'nl'\r !.■ .Il il. iM il, \ , ,', occnpe le conili- 



SI r, 



lur du Viso en notre possession. La l-'rance 
l'venait le <i porlier des Alpes »; les rôles 
aient cl.ani^vs. Malljcurciiscnicnt le sirge ile 



niands, espagnols et le 
français, envahit l'année 
le niianrnnnais franr,, 



Pour assurer la succession d'Espagne à 
son petit-iils le duc d'Anjou, Louis XIV ilul 
tenir tète à l'Europe coalisée conire lui. I>:n' 




murs de Tiirl,,, par Vi.lor-Ai 
p.^nlur, la Prov.'uce envahir 



avec le litre de roi. Par nu 
Savoie, la France lui accordu 
Dauphin, Fénestrelle, Exilr>, 




1- ■, hiiniM.rs de 


La Révolution er 


iiiiiiliL,.ilri|ii iMuper 


la <<nn d. Tnini u . 


m ni, il M- h- A1|H.^, 

i|ii- 1' iiiiiii 1 11' Ir.'iih' 


1 \UIII h 1 1 1 1 il! 

h [0. hil 1 II h 1 1 


■ !■ , il .1 1 \iilrli hr 
,1 1 . ..., |.,,i,/V,. //, 


.1 \ ml 1 1 1 


i:i ; ;iv,c le due de 


pom.l. un 1 1 m 


M. :H-es, Chàteau- 


htliqes ] mil 1 1 


urii- iv|nvnait laval- 


pa>sxouliU.I, 1 mu 


In ili r.ini Ii.nurtte, 


ce vau et la ^ta. te 


ili 1 11 II. 1- ,1 ilis du 


fut mcorporee dans 


.■i.iiii, ,|,. i'iiwnce. 


le qualie-\mgt-qua- 


\iiiH lu IVi.MliiTe des 


tiieme département 


Alpes dauphinoises 


celui du Monl Hhn, 


coïncide avec la crête 


Les engages \ 1 n 


ries.-eauxpendantes.., 


taires du Mmil 1 hm 


loiii^, de notre coté. 


fcumiKut un, \ iil 


l.i ^,ir,,le reste au 


lante(<.li il n- 1 


iii.iu.iu roi de Sicile. 


chefsM Min l\ 


Cni.i ans plus tard, 


(lui et 111 ni ih - Il 1 


VUlor-Amédée II 


Cependant ks nqui- 


échange à contre- 


silions fieiinentes en 


cœur la Sicile pour la 


hommes et en argent. 


Sardaigne. Singu- 


les atlemles leileiee» 


Ii.Tr,|.-lin.....,,,r,-elle 


a la kheite de cons- 


.lr...|i,in.., \ l:i-cde 


cience et i toutes les 




tixdilions (heies au 


(ITail 1 il alidique 


cœur des SaMi\ mis 


en faveur de son 


soule\<rentuni puli 


fds Chnihf-lmnm- 


de la popui i i 1 o 11 


„„,/ III niuv -,n 


(onh 1, i.-uni 11 m 



~ou\ent hiureux de 
I ouïs \1V le fait ar- 
iilir. Il meuil de- 
I iissL au th ile.iu de 
Muni du ri (o< t 17521 
le tr ute d Ltrcdit 
fut un triomphe pour 
la Maison de t^maip : 
elle sortait njeunie 



111 mil puis M ,...., ,11 
ks iljlUiluI (Il I m 
tretoledes Alp. s 

Trois ans plus I ml 
Bompai le mi n ni 
t unbiuir halHnt sa 
tiiompliante t mipa- 
gne d Italie après 
\i(ole, le II mie de 
l;,ns (■ l(Mit i la 
momi ( lue s ai de 




JE I \ s W (1 lE V LA 1 R/ 



182 



I.A F 11 AN CE 



le Molli 
de Savi 



I noire ji.iys s:i fniiiliri-c n.iliirelle 
de Savoie devient roi d'Italie. 



Alpes. lUenlnl le 



Chambéry s'pteml dans une plaine fertile, au seuil de ladépres- 

,011 qn'orcnpail le iilacierdu liln'me, entre ce fleuve et l'Isère, et 

dont le lac du Bourget n'est 

qu'un résidu attardé. Au 

pied du soulèvement qu'oc- 

jue Li'iiH 
Le^bse piomem sur le front 
la \ille son humeur in- 
conslante, aujourd hui tor- 
lent d eau tiouble a la fonle 
des ni i.:!es ou sous l'afllux 
s pluies automnales; de- 
mi pauMc filet qui se perd 
tii de gidsses pierres 
inssues et di s filets brû- 
il ddoùl. Dos 
ides plantées s'atta- 
de paît et d'autre, 
u boul d( la iiviere. Vers 
ouest, la \ille nouvelle 
avec ses monuments, le 
Palais de justice (statue de 
minenl |Uiisconsulte,pré- 




Le3 princes de Savoie 

Api. s 1/ / , / „,„,„„ I I , 



gueiu Il 

et de \ \ il Ml 
Emmanuel II , 



du VillEtfranca, c|ui < 1 U 1 
let tSja), et échange de cettt 
laisse la Savoie tout entière 



rois d Italie 

1 III 1 1 m 1 


- 1 . \ m ment est d luer 
X Charles-Albert : 


h il 1 

1 1 ih II 1 


Il 1 il liK Victor- 


ml u h 1 1 i 1 
luMnue dvcu le 1 


iiliiil i\ 
m,, M, Inii n>L ^12 juil- 
ui de bdid ligne, qui nous 



comié de Nice (traité du ' 



sident Famé), le Muste-liibliotlieque (1888), riche en antiquités 
piehistouqup^; à h lisièie de la belle piomenade du Veiney, les 
etdlilisseiui iils il lis uni iiii ni hitisdi „ ik nis et de filles, école 
niiinidle d iiisl il Mil II \ii |i mlil iilli m nid s deux villes, sur 
la Le^ssp, h 1/ mmi iil ihi (mil II II nuMi siipi ibe de Falguière 
et de ruj(d, 1 1 1^1 LU lh'i2, LiiiiiiiiLiiKiie Id u uuiuu de la Savoie à la 
Fiance en 18b0 De là se déploie, veis 1 est et le sud, la cité qui fut 
capitale des duis de Savoie : leur chàledu couionne une éminence 
en\eloppee de belles fiondaisons, dans la peispective de la grande 
rue de Boiyne, qui lui fait une avenue monumentale, avec ses beaux 
portiques aux arcades élégantes, bordées de magasins. Au seuil 



LFS ALPES. — LE IIIIOM' 



183 



mime de la lue Je Boigne, li ruaUnne dei, Lkphanh i qipelle li 
siiuiilitie foilune d un enfant de Savoie, le geneial conili de 
lî iijne (de son nom pdlionjinniup I eboignc), qui, apiLS a\iiii soni 
I i 1 1 ance et la Russiej s tniôia dans les li()up( s de jj, tnni] a^nie 
(Il > Indes (1777) et olTut ses sel vices an 1 1) ili (1( I)( llii piili [uclil 
fut ( omble d lionneuis et de biens Tnlm i \ mi i < li iiiib i\ ivi ( 



monte, pai une tour plus ancienne (|ue la tour carrée des Arcbivcs 
(xn" siede), i une plaie-forme d'où la vue porte sur tout le bassin 
de Chimbfiy 

Sui les df ux ailes de la rue de Boigne gravitent : à l'ouest, VHûtal 
de viHi , d 1 est, la cntlMrnle Sainl-François-de-Sales, avec son gra- 
cieux poi I 11! gotbiqiio fxiv-xv" siècles), malheureusement privé des 



vf , ,^AH^^ ^^ 


iFv^"/ 


/ 


li»,^' i>^-'^> — '^'rk. ^ 


ij^^/' 




wÊ'^^'^^ iJ^f^ 


^^^^ 


l^ftiiii Kwi^v^^ 


\^ 


WK/j^BÊÊU^^g^ 




I^^^^H^^HIi;^'"»,: ^ s^^H 


■■m 


^^K- % m 


H^H 


^^^^^^K* 


3^H 


issÉâfettL. "i^^Hi^^^H 


HH 



: Q U E s ROUSSEAU, 



une forlune de 15 millions, il l'employa en œuvres de bienraisuiicc, 
écoles, hospices, embellissements, et reçut pour ses libéralités, du 
roi de S.ird.iiune. le titre de comte, de ses concitoyens reconnais- 
sanls If ^111 -Il II,' r monument (1838) qui rappelle l'origine de son ex- 
tram .Im, un- imiiiiif. A l'autre extrémité de l'avenue, près des pre- 
miris ili'.'ii's lin ihàteaii, le monumentdes frères (/e Mnhtre évoque 
(ilepuis 180'J) le souvenir de ces deuxécrivains, également bien dciurs, 
quoique en des genres différents : Jnseph, l'ainé (17u3-1822), sénateur 
de Chambéry, "ambassadeur du roi de Sardaigne à Saint-Péters- 
bourg, oîl il écrivit ses ouvrages de politique et de philosophu- 
[Du l'ape. Soirées de Saint- Pitersbuurq); l'autre, Xavier, pensciu 
moins profond, mais écrivain plus habile à exprimer des senti- 
ments délicats (Voyage autour de ma chambre: — h' L&'jii(tn <li' hi i iii 
il'Adste; — le Prisonnier du Caucase). 

Chambéri/ fut capitale de la Savoie 

(1-232) du jour où Ir . n,,il.' Tl is I" 

acheta de Berlion m- .Ii-in - i.n. u 

riaux, moyennant 'i.iiHMi 11 - I n n - 

rpiérant un peu plus taid le dcilt'iii i\r 
(^hnmbéry, Amédée V en lit sa ii-m- 
deiice oflicielle. Lorsque Emmanurl- 
l'hililiert, ;ipiés In vive alerte qui avait 
l'ailli lui .•iiliM r >.- I':ials, jugea pru- 
ilnil b'.ti-J iralinln la Ini'lunc de sa 
Muisi.u de laulr.'oit,' Jrs Alpes, et fit 
de Turin sa capitale, Cliambtrij, demeu- 
rée à la tète de la Savoie, ne fut [iliis 
qu'un clief-lieu de province; sa réunimi 
à la France en a fait un chef-lieu de 
département. Mais, au calme de ses 
1 lies, au développement de ses boule- 
vards, au grand air de son artère vi- 
tale, se retrouve l'allure d'une ville qui 
fut chef d'État, durant plus de trois 
siècles. 

Il reste peu de chose de l'ancien châ- 
teau des princes de Savoie; la Sauitr- 
Chapeile, écrin du x\= siècle, ornée 
d'éclatanles verrières de la Renais- 
sance, en est la pièce la mieux con- 
servée, bien qu'un peu à l'abandun. 
L'n grand bâtiment classique, élevé 
sur l'autre face de la cour intérieure, 
abiite le général commandant la sub- 
division militaire, le préfet, le Conseil 
général et l'Académie de Savoie. On 





slaliirs qui 1 aiiiuiaieiil, et ses trois 
iiels L'iilliiques, dont les voûtes peintes 

■ 11 II pe l'œil rappellent celles de la 

I atliiilral.- de Milan, où cet art, cher 
aux ai ii.sles italiens, a trouvé son plein 
l'panouissi'menl. 

De chaniianls buts de promenade 
l'niit une cduronne à Chanibêry : l'agreste 
niaisiin des Cliarinettes, où vit le souve- 
nir di' M""- de \Varens et de Jean-Jac- 
ques Housseau; ailleurs, l'église dres- 
sée sur le relief de l'antique Lémenc 
I tombeau de saint Concord, archevêque 
d'Armagh, du général Boigne); Challes- 
hs-Eaux (eau froide, sulfurée sodique, 
Kulo-bromurée); le Bout-da-Momle et 
son pittoresque vallon où la Doria 
s'épand en poussière argentée; la cffs- 
, ,ide de Jacob, la Dont de Nivolet, pour 
les apprentis alpinistes, le lac dWiijue- 
lirlrtte, le Grnnier et la Crande-Char- 
Inn^e. Ai.r-h's^nams et le Bourycl... 

Personnages historiques. — Saint 



•,/h,'!u 



iiiIIm 



ijiRT punt d'Avignon, .sur le Rboue (mort 
■ n 1184); Thomas 1", comte de Savoie, 
ne au château de Charbonnières, qui fit de 
Chambéry sa capitale; Pierre de Ckam- 
pngnij, né en Tarentaise, pape sous le nom 
d'Innocent V; lo comte Amédée V, dit le 



184 



LA FRANCE 




Grand, né au i-IihIimh iIh Ihmii:;i-i i _'s,,-|.;j,; : 
Amédce 17, dit. Ii' ■ Comir. \,v\ ., ,i ,■ m-r Or 

l'armure qu'il pini.Ml din- un Imu i cliim. 

à Cliambéry, ne d.in: crlle vilk- Jii'ij-l.^J: 
Amédée VIII, comte, puis duc de Savuie, pape 
sous le nom de Félix V, né à Chambéry (13ai- 
1451): Claude di' Spi/fixrl, né à Aix-les-Bains 
en 1450, rli;iii.-rliri- (lu n.i Ij.uis XII, évêque 
de MarM'ill- irnxnn pim, ri aimable : tra- 
duisit le< ■'u\ I i^r> ilr, iii-|,.i inis grecs de l'an- 
tiquité el rniMt mil' lii-loire de Louis XII: 
Emmanuel -l'hUibei-l de l'ini/on (1525-13821, 
magistrat, historien de la maison de Savoie; 
Marc-Claude de Butlet, poète fécond, ami de 

Ronsard, né à Chambérv ru i ,20, i I . u i;;sr,; 

le duc Emmanuel-Philihrif. \ iMh,ii' m .1- s. nul 

Quentin, restaurateur di- I : ^ i\ l . .'• l .mi ; 

Philippe de Genevois-Srni'.in^. tiu-' •)>■ r.llr 
branche cadette de la Maison de Savoie fmurt 
en 1533); César Yiiichard, de Saint Real, né 
un des bons histo- 



à Chambéry en 1 
riens du ^ - • " -i'< 
Flumet. 1. ji |. 



Ciens, ihrr, i.iir ■_■. ,,. , ,i| ,ii - ji-nl- cl .ii;ias- 
sées, giiuvenirur de la lianque de l'rance, 
ministre de l'Intérieur sous Napoléon I""'' (1747- 
1809); Albanis de BeaumonI, de Chambéry, 
antiquaire et agronome ; le général Doppel 
(175:i-18i)«), de cette même ville, écrivain, puis 



181)0), de cette même ville, 
lieutenant-colonel de la légion Allobrog 
au sir-e de T.uilu 



de Lcubcn avec Bonaparte ( ITÎiTi ; /.'r. 
Boigne (1740-1830), né à Chambéry; les 
Fra/irnis (mort en 1S3!)', qui écrivit 17) 



Isère. 



Superficie : 828 900 hectares (Cadastre!, 423 5110 (Service tréoara- 
phique de l'armée). Population : 555911 habitants. Chef-lieu : Gre- 
noble. Sous-préfectures : Vienne, La Tour-du-Pin, Saint- 
Marcellin. — 45 cantons, ^M (Mimiuunes; i'i" corps d'aimée 
(Gp,enoble). Cour d'appel et Académie de CnE^oBl e. Diocèse de 
Grenoble (y compris le canloii de Villeurbanne : départeiuent du 
Rhône), sufframint de l.v(ui. 




Dauphi 



p lUi s LU Une 
cheielue, dont i 
sTit comment. 



lll„h)n,,e6 \.\ mt les Ro- 
is Phenmens lemontaient 
•s lie di pi m II Ttion ou- 



li („iule 
quête On 



le Domitienne se nouan nt 
bas Rhône, Vienne coni ent 



Il tntt dOrsui I. d 
t de la Loire, et celui i 
iim du Rhin. 
■Vienne, rnpilnle ib 



\ aldieu dans la duec- 



rte sur 



I //..',/-;, rs ;^^,,||| rlMiun,". les Roiiialns de 
t luiuJee par .Muualius Plancus sur la rive 
au-dessus du confluent de cette rivière avec 
de Lyon. Aucune position ne pouvait être 
volonté sur tous les points de la Gaule, 



■ C.'.va 



ant l'autel de Rome et 
; Grandes-Rousses) qui 



.iusi i'ienne lut supplauleu par la grande cilé voisine : elle n'en restait 
. moins la tctj de ligne des principaux chemins des Alpes sur le Rhône, 
par le prestige de son ancienneté et de sa richesse, une grande cité 



ALPES. 



LE IJIIOM-: 




que Claude, dans son discours au Sénat pour l'accession des Gaulois aux 
grandes charges de l'État, qualifiait de « colonie splendide et puissante «. 
Thêàtr'-;, rMiiini, Iruiples, amphithéâtre, rien n'y manquait des organes 
indi-^lM 11- ilili < ,1 II vie d'une grande cité romaine. Nous n'avons plus 
malliriii, li-. III, ni ,|,. tout cela que des restes incomplets défigurés, ou 
d.sfiuio m M ,1 

Loi i|ii„ 1 1 luimc ^ tlTondia -ou 1 u ilanche barbare des i\e et v" siècles 
1 ani lenne I /•'/(HOfsepissl au pou\ iipdcs Bi^fi/OHrfes (tiondebauil i puis de- 
piin, ,- / n, s fils di ri .tiin ( on- 



Cliablais, lu Genevois, la Tarentaise, la 
>ar clic, la double issue du Grand et du 

\r (In ni. ni r, ,/ s ,ni r.iilri>, dirigés sur 

I I I , i I 111 ■' n-, échappaient 

.!i ( ' I > ipiiin ji' II tardivement, 

I \ ni I I ] iil 'S divergentes 



m ut (jLUt.\lL 

iiobli la capital! dauplii 



pnr le 



pire cdioim^iLn te p us ht p iiti inlt- 
^rinte d\i second loyaume buiqonde 
lele^e par Bosnn dans H roulée du 



k f n h II I 
il \ eul pi. pi 
\all.ps et il III 



\ .1 



nepul r que dis [iiiin ipiii\ 
fi agiiientait le si cond ro\ auiii 
gngne rtMM-ienie de la L il 
du piMiiiirr \ iiime bui_onde 



I D luphine n*tachait plus pai- 
tii uli I m ni 11 lli proMnce bien qu il 
n en eut pas con ir\e I etendm i ii 1 1 
Viennoise confinait au lac Iiinin il 
cestpourla sau\er di_b HlImU- qm 
César leur a\ ait barre i.GcnL\e lu p i 
-âge du Rhône Dins 1 intervalle des 
montagnes au fleuve, la Savoie peu à 

France. — 11. 




1 remontait vers le Geneiie, 
defiUsdi H Romanche que 



; plu 

1 col 



inconnais u Qes 

i i\tc la Doire 

m pas de Suse, 

I 1 1 1 Doire nais- 

I / de ><es<)teies 

I I /,t Dauphin 

I \ 1 1 1 in amont 

lin n II \L en 



Il II 1 II 1 


1 il il. ( ha 


' ' 1 " 


Il II leur 


iilln ni 1 II 1 


1 1. iirts 


1 1 \l II 1 In 1 


I 1 1 i fron- 


1 u LU l\ il LIk ( J 


li i, y c Dau- 


liai cLs mots sont 


ilsdsse^evocateurs 


u Daiqihme ' 




\in I pai le Bii< 


ninnnais a cheval 


m 1 1 UN s 1 ml 


.1 Vlpes du Ge- 


M m \i 1 1' 


/ 1 me sinLlinait, 


Il ni lin 1 ni 1 


1 1 II. m au de— us 


1 1 1 1 lin 'n 1 1 


Il ni |ii-|iialen- 




1 1 1 _ - sou- 


1 1 ni 1 II 1 


11 ni 1 hauts 


iiiiii 1 ni 1 {III 


1 1 1 . pour 


ni lin 1 1 1 1 II 1 II 


1 1 1 . ituser 




' i-on- 


1 ni M 


1 1 lin fron 


1 1 /' 


1 epre- 



Il ut pour son compte 1 aneien territoire 
fédéral de Cottius, établi sur les vallées 



LA Fil AN CE 




raj onnanteb de-- deux v ersants, les hauts plateaux n aj ant jamais constitue, 
quni qu on dise une "îepintion reellp C était 1 innenne orgini<!ition 



le pa>s lui rat me s'appela d'eux le Dauphiné. Dans les armes de Gui 
^ues I\ tliriiniLnt des daupliins; de là vint peut-être le noiii. M:iis emn- 



la Pio\enre (t3ss^ a\ec le umitt de \u e au piofit du S i\cij iid iu noid, 
la masse compacte des Etats de Savoie investissait sur ses deux flancs 
le saillant dauphinois Bien mieux, le Savoyard empiétait sur le Gineis 
par de nombreuses encla^es semées entcrritoiie dauplnn i t 1 p Tnt 
le Rhône tournait son m al pirli Btesse jumih lui | u i I 

Ljon De ce cote, il est vrai 1 acquisition du Fau( i_n\ |1 ni ni I /<(»// /, 
en pleine terie savoyarde Comment la guérie ( ni II | n n \ i nnln 
■entre les deux voisins' En substituant le rui de ti mi i 
■cession qu il lui fit de ses droits le dauphin II 
compère de Sa\oie un Mlamtour Sous la pesée d I i 



pu 




Pio- 



pai k niauaj,e dt Béatrix, heriliure de Guigues \', avec le duc IIiii;iii's III 
(1183) La seconde Maison dauphinoise dura une centaine d'aniieis. jus- 
qu a la mort de Jean l'', dont la sœur Anne épousa, en 1273. Humhrrt. 
I n u d 11 Tour et de Coligny ; ce fut la maismi .lilr ,],■ l,, T.ui,-,hi-l'',n. 
'~ Il I nu I lepiésentant, Humbert U, a.VL\ pn-r- .ixrr ,1-- ililln ullés 
I lih |ii ( I suitout financières qui lui parurenl inr\iiir;il.lr-, ,i|ii il. avec 
I 11 iili jiii nt de ses grands feudataires, de ir-i^nrr l.ins ;.,■> dmils en 
fT\tui du pimce Charles, petit-fils de Philippe de Valois, fils de Jean le 
Bon, depuis roi de France sous le nom de Charles V. Après de laborieuses 
ntgociatiims, le transfert du Dauphiné se fit à Lvon (16 juillet 13'iO'', 
Ilumbi it II en 



m u liM s ili 1 


lllUlt 1) 11 11 SiLll 




ui ysinsi Milili pu 


tu (t 1 UllR Ul 11 


\-" 


k Diuphini le 


bannie re et lepee, 




.entie de fei iMk 


au pi ince Charles 




dt Ix Maisnn du 


Le nouveau Dau 




SfiiiKe de\ xit ne- 


phtii sengagi ait a 




1 essairement s in 


lespecttr les li- 




( liner vers 1 autre 


belles et fian- 




M 11 11 (Il 'n 

1 II IhiiiI ni Ml 

ill ni 1 ill.in II, 


clusesdesDauphi 
nois et pour bien 
maïquer le carac 
tue de cet engi 
gement il lut 




d Mis < 1 kIii^i su 


con\enu que U 




piLiiie pai 11 11 is 


Dauphiné consi 




llnn L diiubl. tdc 


dce comme ipi 




du Rinn lin II 






lis Dauphins? 


I. m uup . 1 1 ut 




1 n 1 1 lllwn 






1 m M 1 \u, an 


cOU\Line pir eux 




M II 1 lU dP- 


non tomme une 




llll 1,1 1 Mldl 


pio^ince ordi 




Il II II de K 


mue mais dune 




1 1 mil 1 nixison 


fai on indepcn 






d inte sunant ks 




\nn„ ,s ippeks 


lois piilicuheies 


, 


ilLpiiis < Dau 


a ce pa\s 


J 


[iliius leprinom 


Alois pai un 


n 


nu le surnom de 


tiaitesi^ni i/»)c 


IH 


((tte famille ser- 


(13-.4) entie U 




ait a en designer 


nou\eau maitie 




les souverains, et 


du Dauphiné et le 






LES ALPES. — LE llHOiNE 



187 



duc de Savoie, disiia- 
rurent les ein Lim ^ 
territoriales qui v< n 
stituaient, ciilu I 
deux voisina, uiil 
cause de perpétuels 
cundits 

It (lUieii deMul 

fi nlicit Miist uiiii 

m-, il ui ( Il 

uiuu dt dLU\ t 11 
iciits \eGuieisino) l 
tt lu Guieis vif, pxi 
ou de\ aient i s( ^ 
deux e-îtremil I 
taux du mas^il I I 
Oiande Ch ii d 
le tnite n asdul ^ i 
spécifié de quel 
Ouars il s agissait, 
1 intervalle m ni i 
gueux deratui i i 

veine, 3u<!qu n l 
pir le Put ^ 11 1 I 
dLsCliartrcux Pu un 
Us (ils de France qui 
giiUM rnt rtnt k D iii 
phmr.l.ninsM D.ni- 

phlll L'U.sIl MMiiIlM 

une S:i,u:irilo |i;irlhii- 

lière ul un zclc qui i, iii:.Noi; 

valuiLut au pi\s de 
nombreuses et utiles 

reformes il agissait en nnitie din-< ^on npims 
pieftrtnces du loi son ptie ( h nk^ \ I] dnl I 1 i n i In fi / ; 1. 
1 i qui^ition di cette pioMui I si tii\ I || p h ( i i In h i 
donniit aux lois di 1*1 inue un pini n\ q [ u i i I \ \ m 

s i\ ue Aussi / lanrnit, I , deM nu m iili du Mil nu [ i I i \ i I n 
M iiiç'nan (lol5), voulut il s en assurer ks cumniunn ations tu ottupaiit 
^«(Oic, presque sans coup ferir C est parla Mauuenne, couloii de 1 Vi 
et le mont Cenis, que lo=! f?îj t rf? «n; o(P résidant -i Tui m depuis I mm 
uuel-Philibeit,hi\nit] m I I I I 1 ii\ mi ml d \l| | ir 

défilaient leui s trou| l /' / 1 | m \ n_ i I i | m I s ii,, 

et la violation du I 1 1 i i u | 1 m | ii\ | i I ii| li ii 

Chiteau Dauphin «. ii ' ' ' / i / \ nlol iq i I I I il is 
pins d, ,, punit U.dtutae.t, k m un ' ' ' 

I i|>|iel ut U ^ i\n\ ird, ne cessa de hai I i 
( ijii\ lis en\o\ i_s i 11 défense de la ^ u i 
sui 1 1 V alke de 1 \rc, par les cols du i 1 1 1 
nieres, Montniehan, boulevaids dt 
et de 1 Iseie, tombèrent en nos main 
le pa\ s entier François de Bonne dm I / 
est lun des plus nobles fils du Dauj lun 
château patrimonial se dressent sur une fa- 
laise du Df\nlii\ an di ssu» du Prar qui 
mu. il 11 M I 1 1 I 1 \ M I I n> 




vniil 



au( K nnos fi am 



Napoleiui !• 



toussr.s Etats de Sa- 
voie de ce coté des 
Alpes et retenait les 
vallées briançon- 
nniscs du vorsant 
.i|,|Hi-r Sii^r, l-'énes- 
ii-ll-. l'i^'ii.i-.ij. Clià- 
I.MU iMiqihiu.Dftait 
I Halle pii-due pour 
nous, avec le Dau- 
phiné décapité, une 
Alsace qui nous 
échappait, l'ennemi 
prêt à fondre du 
haut des Alpes dont 

i'ieli.iil |,,|i- les paS- 

-,^- -, -lu s ,iiil Ber- 

111 '! I 'I- Tende, 

■'l-'-lM -I-E^- 

pagne de malheur! 
i Jusqu'à la fin du 

J wiii" siècle, les sti- 

pulations qui liaient 
la France au Dau- 
phiné furent respec- 
tées ; mais de 1760 
filTOn, lapénurie des 
finances ayant pro- 
voqué des édits hur- 
saiix exceptionnels, 
le Pa)-Ze7»<'"/ de Gre- 
noble, en qui se per- 
sonnifiait, aux yeux 
du peuple dauphi- 
nois, la défense des 
nt attendu. Menaces, exil des 
I I journée di's Tuile? . l'hôtel 

1 Mirnl ivili-l.llle~ de vive 
' I.Hil ee IllIMIlIte .'llnOltit à 



//.> 



iluih d. liKiiui.u d s E/als ypiiéraux du 
n Grenoble, la bourrasque passée, applaudil 
retour de 1 ik d Elbe 



Grenoble 77 438 habitants', 
iiilii et comme la réduction 



s et de couper les 
nnt a 1 improMste 



Dans sa couionne de mention 
semble une petite patiie dans ui 
en beauté du pajs dauphinois 

Montez a la tour de Cleueux, qui suigit du centre de l'ancienne 
ville, face a Notre Dame . devant vous, piesque sous la main, en re- 
giid 111 1 veis le noid, les escaipementsdu Rabot plongent de 300 mè- 
liis iliiis les eaux de 1 Iseie, à 100 mètres plus haut, la 5«s<i7/p, 

mil itddelle de Grenoble, peiche sur un ressaut du mont /<(7- 

i h II 1 1) i7mMiPs) pxtipme projei tion de la Grande-Chartreuse vers 



D p 



i H 111 1 1\ 111 


ml dis \lp, s ,1 luiilliuist 


l\ll 11 s s|]I|il 


1 s tt les ressourtes de la 


111 iiiti_ii mil 


il i tt prime et a son pajs 


d tuiineiils s, 1% 


Il ts 


loisque de 


a Savoie la lutte entamée 


par Fiani us 1 


tt Henri IV porta son effort 


de 1 lutie t. Il 


il s \l|„s jiour \ itlMudit 


lesrf«c<t, ail 11 


1 1 1 1 i 11 III \ullll lu 


dans leurs 1 1 il 


Il Il lll Ml il 111 


phinois devuil 


1 |\ 1 1 1 1 h 11 II III 11 


(voir le det ni 


Il 1 1 |,uv dt luui, 


(aoùtlb96) IN 


\ 1 1 1 \iii ke dont Id dt 


fectionalali_ii 


1 \ii„ 1 m, imena le traitt 


deBvsxMtk 1 


1 m 1 II iite de Monta 


heii II 1.1 


1 1 iiiM lits traites d Ltrecht 


et d 1 1 1 II 


i\ 1 la coahtion contre 


loui \l\ 1 1 


1 1 s de la succession d Es- 


pa Ut lau ul 1 


n iu\ opérations de Calinat 


et de BeiiLick 


SUI le double versant des 


Vlpps 




1 rspagneie- 


tiitaupttit filsdtIoius\I\ 


il n \ a\ lit 




ndiLssiit ( ni 


n II 1 1 III 1 ni 1 1 1 


Vlpts En tll 1 


1 1 M 1 II ul 1 II II llll 1 


signe le 31 otli 


hi. 1 t. luthatmdt )l u 


ea/îe?(, presdeTuiin, \utoi Amedeellnoui 


cédait la vallée 


de Barcelonnette, il reprenait 




l'ItOFlL DU PA 



DE JUSTICE. 



lit, avec les forts qui couron- 
III lll 1 I lus rapprochées : le Saint-Ei/- 
I I 1 • mètres), dont les feux battent 
I ^i| i \ it le col de Porte (1352 mè- 
ii I II iiu Ion monte à Saint-Pierre- 
I 1 h 11 11 use, et, sur l'autre flanc du 
< liiiiiiiiliniiih , l'intervalle qui se creuse 
iiilii cette croupe montagneuse et la 
Itnit de Crollei (2066 mètres). Au-des- 
siius (lu Samt-Eynard, à 730 mètres d'al- 
liliidi le loit du Buurcet, avec batterie 
m m \p, ( oiuni inde, à plus de 500 mètres 
m dessus du cours de l'Isère, le débou- 
(lie du Giaisivaudan. Dans cette vaste 
(lt[iiLssion, le Brame-Farine (1214mè- 
tipsi montie la tète, et, tout l;i-bas, dans 

I 1 dm 1 timi d \llevard-les-Bains, le mont 
m llll s , siompe sur l'horizon lointain. 
l'iiisd SI lll, en suivant du regard le cercle 
ihs gtautb diessés contre le ciel : le 
(,>and tlwmei (2564 mètres), au delàdes 
^(pt-Laux, le Grand Rcplomb (2548 mè- 
In s^ le Ruchei de TZ/omme (2 786 mètres), 

II s tiois pus de iJc/Zerfonne (2 981 mètres).. 
Il uni ip encoie inviolés, qui se devinent 
|ihis qu on ne les voit; la Grande Lancede 
I) aune (2 8 'l 'i mètres i, la Grande Vaudaine 
i2789 metres\ le Chamrousse (22So mè- 
tiesi sui le front duquel les forts du 
Marier, des Quatre-Seigneurs,de Montavii; 



188 



LA FUANCK 




défendent l'intervalle de l'Isère à la Ri)iiianrlie, sur la traverse 
d"[Jriage. A l'extrême sud-est se dégagent le TniUefer (2861 mètres), 
la Gramle Serre (2 W\ mètres), la tète de XObwu (2 793 mètres), très 
loin, par delà les lacs de Laffrey, h. la lisière des profonds défilés 
où mugit le Drac. Sur la rive gauche du torrent s'attachent en file, 
l'un derrière l'autre, le Veymont (2346 mètres), la Grande Mnucherolle 
(2289 mètres), le massif de Villard-de-Lam, aux flancs duquel le fort 
de Comboire croise ses feux avec celui de Montavie, par-dessus le 
Drac; enfin, les promontoires du Vercors, projetés avec la Sure 
(1 631 mètres) et la Pyramide de la Buf (1 627 mètres) sur la vallée 
de l'Isère, en face de Voreppe, accroché aux derniers talus de la 
Grande-Chartreuse. 

Au nœud des crêtes et des sommets qui se haussent à l'envi les 
uns des autres, jusqu'à près de 3000 mètres, comme les gradins 
échelonnés d'un cirque immense 
taillé par des cyclopes, Grenoble ne 
pouvait souhaiter un plus noble et 
plus magnifique horizon. Mais cet 
horizon est limité; il semble que ces 
grandes murailles le séparent du 
reste du monde. On aie sentiment du 
chez soi : de là peut-être cet esprit 
individualiste, cette originalité, ce 
goût très vif de l'indépendance, dont 
témoignèrent à maintes reprises les 
habitants de la capitale dauphinoise. 
Postés au débouché des vallées al- 
pestres dans la grande avenue du 
Graisivaudan, ils durent en découdre 
avec plus d'un adversaire. De tous 
côtés, en effet, .s"insiiin''iil par les in- 
tervalles des iii'iiit-, III Miivant le 
cours des tornnl^, d^s Muticrs, des 
chemins, des roules, des voies ferrées, 
de la plus grande importance pour la 
sécurité de notre frontière de l'est : 
L>/nn et Vn/pnrr, snria invinde conb'e 
duRlion.-. M„r r,/lr p:,r !,■ |i|-,ir rt la 

Croix-llnil-., /;., „ ,.| I,. (,,.,lrvir 

parlaDiir.iiicr nu j,,ii> l'di^.nis, !.•/„.„// 
Cenis et le Frcjus (M..,|.iii,.d;,ii Jm,,- 
nèche) par le couloir ilr i' \i i-, Ir l'riii- 
Saint-Bernard par l'Isère sii]»'riiMnf, 
le Grnnd-Sainl-Bernnrd par AUevard, 
Chamonix, Albertville ou Genève; 
Armée;/, Chamhénj prennent jour sur 
le bassin de Grenoble. Ce camp re- 
tranché intérieur est la grand'garde 




de Lyon, à mi-chemin des Alpes. Aussi en a-t-on fortifié soigneuse- 
ment les approches par l'utilisation de l'enceinte montagneuse qui 
l'entoure et barré les chemins d'accès. Cette dispersion de la défense 
à longue portée atténue d'autant l'importance du corps de place 
proprement dit, appuyé sur la double ligne de l'Isère et du Drac, en 
amont de leur confluent, dans le cadre d'un rempart bastioniié qui 
couvre l'intervalle des deux cours d'eau. La vieille cité, livrée à sa 
propre défense, serrait de près le cours de l'Isère, sous le canon du 
Rabot et delà ciladrllc; j.lus d'une bus die en pàlil. D'aillcnri les 
eaux déchuiniM-s du IMac |"inv,iMiil l'alliiiidn', en d^'lnudaut sur la 
plaine. 

La ville moderne s'étale au large et gagne la rive du Drac, dans 
la direction de .'^assenage. De grandes artères traversent les quar- 
tiers neufs de la ville ouvrière et de la ville marchande. La plus 
Inngue, cours Bernai, païaît inleimi- 
n ilile . elle coupe, au passage, de 
_i iiules et belles a\enues bien ba- 
il s nmrt Saint- André, boiilevanl 
<,u,il>ffi. boulevard Ed -Rey et des 
\///^ 1 loib S sui le lond-point qui 
s i|us|e du cours de l'Iseie, dit pla( e 
de la Bastille De la gaie, ra\enue de 
ce nom et celle d'Alsace-Loi lame ga- 
gnent, de concert avec l'avenue Bei- 
1 Ml et la lue I esdiguieies, le champ 
«bis du mouvement inteiieui, entie 
b joli square Yictoi-Hxigo, la place 
il( la Comtituliun et le Jaidin de la 
\ille pioche du Palais de justice. 

Au centie même s'allonge la place 
Gienetle, gi uni ni i p m >uie, à la- 
quelle une (1 iil I I ni- di [Hii- 
tiques, align s s\ m lii|Uiinent d(^ 
paitet dautie sui b h uni de la fon- 
taine qui en décore le fond, donne- 
I lit I aspect d'un forum, dans les cites 
Tiiliquis < il ni au foinin que se 

I s iiislilnli.ins de ciedit, les niagd- 
siiis II -^ Il >Li Is, les buieaux de louage 
. t d e\[H dition : c'est un va-et-vieni, 
un mou\ement incessant, suitout 
quand les premiers beaux jours ap- 
pidlentles voyageurs et les touristes 
l'i.oi. j,M Kiv.iic. dans les émouvantes solitudes de 

JUSTICE. la Chartreuse, les fraîches retraites 



LES ALPES. 



LE imuAE 



189 



d'AUevai'd et d'Uriage, les t;oii;c'S pilln- 
resques du Vercoi-s, les âpres di-lilis de 
la lioraanciie ou du Drac, les rliaiiips di' 
neige des Grandes-Rousses ou les i;i,iii- 
dioses solitudes de l'Oisans. Tramways, 
cars alpins, voitures particulières, alpi- 
nistes et curieux donnentalors à la place 
(iri'nelte une joyeuse animation. 

(aenoble, ville de progrès et de mou- 
vement, a retenu du passé queli]ues 
monuments de valeur. Cependant, pimr 
ime ville aussi notoire, la cnthàlnilr 
Notre-Dame paraîtra d'assez médionc 
aspect. C'est une niosaï(|ue de tons les 
âges : un clocher du xii= siècle surimmle 
la façade récemment reconstruite. A lin- 
lérieiir, quatic nel'sd'allurc oi:i\a|e, il.-ux 
à drnile, une à gamlie de l'avenue <-,-n- 
trale, dont les ogives ictuiiilieiit siii- de 
massifs piliers, Imlès aux angles par des 
colonnes à chapiteaux corinthiens, cela 
forme avec les galeries des trihiines un 
bizarre a>si-inlilai.'e : même en pleine pé- 
riode i;nihe|ie . le Sud-Est ne put jamais 
sedèga-'i- ( ■■iiii'hleinent des formes de 
raichii. riiii '■ I .iiiiaiie. Il faut louer sans 
réser\ '■ I'- iiiai-'iiiii'iM.- ciii..i iumdu cliœui 
qui ]iro|ri|.- |ii^i|u à la voûte ses festons 
délicals. Le sirt;e do levè.jue, oeuMe île 
gante du xV siècle; des toml» ni\ m il 
heureusement mutilés, sont > m on di- 
gnes de remarque. De ce qui icsti , i qiu 
de menues réminiscences de notie lien, 
mieux ne rien dire. Cela ramené invinci 
tade connue : « Il n'est pas de pa\s i n 1 i 



kk.-^,|p'-*t*;«^4» 





que dans le 
" Si {.lenoble 
pas le Midi 



chapiteaux étant d'assise trop étroite 
polir supporter la retombée des cintres, 
on a dû les siirnionler de tnilhtirs, forme 
i-ararléristique propre à l'art byzantin 
ilii VI" siècle. Les motifs décoratifs soni 
em|iriintés au symbolisme des premiers 
temps chrétiens : colombes, brehis, pam- 
pres et raisins; leurs contours indécis 
révèlent l'inhabileti' d'artistes épris en- 
core des formes antiques, mais incaiia- 
bles de les rendre. Les sculptures, trai- 
tées par mc'plnts, sans relief et sur fond 
uni, comme à Ravenne, ne rappellent 
que de fort loin cet incomparable mo- 
dèle. C'est un art qui sombre, avant de 
renaître glorieusementsous rins|iiralion 
des architectes romans du moyen âge. Le 
fameux casque en bronze doré, trouvé 
dans les champs de Vézeronce, où Francs 
il Bourguignons se livrèrent bataille 
• M '.'yl'i, et que possède le Musée de Gre- 
noble, est, avec la crypte de Saint-Lau- 
reiil, un des plus précieux documents 
<|in nous restent pour l'étude de l'art à 
ri-poque mérovingienne. 

Saint-André, ancienne chapelle du 

palais des Dauphins, avec sa tour mas- 

M I sive qu'effile une flèche oclogonale, le 

lu DIS coMiTi^ Palais (le justice, l'Hôtel de Ville se 

-loiipint entie la place Grenette et le 

lioi 1 de 1 Keie. Grrnohle doit être lière 

de von Palais dr pistia , ou lieu peut due autant de la statue de 

1)1 1 ml qui pieiede I edilice. Dans un cadre du xv° siècle, la fan- 

I ii^n II dienne a brode de giai leux di cors : c'est la Renaissance 

II ini use de nos châteaux de 'louiaine donnant la main au renou- 
veau de lait antique. Les i onsti uclions du Palais aiipartiennent à 
tiois époques : la poite d eiitu e de la (.oui d'appel et son vestibule 
à cioisees d'ogni s sont des plus am leiuies (xv" siècle). On y saisit 
la \ene sain iqiii desnnilns un unis du moyen âge ; elle s'est 
doiini 1 ai Iinslid i m ition di I i poi le : des lions dévorants. 



is, 1 

■i imens i 

deiaden 



ill.sl 
, di l'( 
des lai 



lisl|,,|„|| .,,,, 

1 1 ( atacombe d 
'>.iint-Cali\te , peut- 
iti. aussi fui-(e, 1 
I 1 ii_iiii lin 1 1 I- 



I \ e T u (1 11 Sol. 
1 xh insscment dis 
I 1 1 es la enseveli 

I I st un rectanL'lo 
I inoiii sur b- 

Hntiefa es en qii i 

II ibsiilioles. L'ai 

I itiave antiqiii' - 
mil 1 pose sa ligie 
I i-ide dans l'enrou- 
I ment des arcs. Les 




LA FRANCE 



iiiil^'ut un liS, ("iiiiiii' |i'^ t:'' 


IN , 


■La !.. |M,M 




ir. la i;lia|H.|l,., 


(lonUaliMaeLMi i-ii.:url.ellr 


11. ■! 


Mail Mjnli, 


li'lil >,lll 


ir sur la laçaile 


du l'ulais, nexisie plus qu 


fU 




une (iMi\ 


■e gracieuse du 


tem|is de Louis XII. 










Rien n'e'-ijale la parljp Fr; 


111-, 


is I" pnur 1 


auiplrur 


(Ips litrups et le 


Uni du drtail. Sur If ivz-d( 


-cil 


lllSSri' un 1" 


Il IViisIe 


(in'eni:iiirl,ilide 



lerie et le Musée-Bibliuthèque, construit en 1865 avnc une entente 
parfaite des dispositions propres à ce genre d'i-diin r. a r/iir des 
maîtres français, italiens, flamands, hollandais, repn -,iii, s |i n des 
œuvres de clioix, une salle renferme les portraits des Daupiiinois 
qui ont fait lionneur à leur pays : belle mosaïque gallo-romaine 
provenant de Vienne. 

La Diblidl/wfjiie contient 250000 volumes, des incunables, des ma- 
nuseiils précieux (poésies de Charles d'OrléaiisV On a choisi p.uir le 




CHATEAU D URI 



une frise de iietits arcs surbaissés, le premier étage est tout à jour; 
de grandes fenêtres monumentales à trois embrasures, en hauteur, 
accompagnent un motif central où, dans trois niches ouvertes au- 
dessus de la porte, figuraient les statues de Louis XI, de Charle- 
magne et de la Justice, la seule qui soit restée à son poste. L'intérieur 
du palais renferme de très belles salles : l'ancienne Chambre de In 
Cour des Comptes, décorée par Paul Jude (lo-2I) d'une dnulile raiiué'e 
d'armoiries avec un dais monumental, eniichi d'une |iMirii^e,ii .le 
pinacles; la salle des ÂJidiences générales, avec un plateinl ,|rr,,i.'. de 
profondes uieiilnivs dues aux nièillemvs ciieeplimis Je 1 ,,i i r,,i,M us 

du XVIC M-cle; 1,1 |,|e|,,i;.|e (:li;ill,l,re ,|e l,| C ■. nll s.lile ,1e, /W-'e- 

ratioiis, au iiKifeiid |iliiMeiiis f.,, reiiiane', aux p.a le, ,.,i-.ii i l.nel. ■- 
de chêne, ([ue surmontent de petits génies portant une eau. .une. 
L'Hôtel de Ville, ancienne résidence de Lesdiguières, n'a rien 
de particulier. L'ancien jardin du connétable olfre au public d'agréa- 
bles ombrages. A l'autre pôle de la iiie Ci-enette, la place de la 
Constitution groupe, autour de ses ma-, ils .1.' marrcmniers et de 
platanes, un ensemble de monumi'iils iiii|...',aiils : VUniversité et 
Vlmtel de h Divisii.ii, en face de la l'ri'fn-hur : ^ \ ,■,!. V École d'nrtil- 



Miisée archéologique l'ancienne chapelle du couvent de Sainte- 
Marie-d'en-Bas. Au sud-est de la Préfecture, le Muscuin s'allonge 
en bordure du Jardin des Plantes, non loin des belles avenues om- 
breuses de l'Ile-Verte : une collection minéralogique remarqualde, 
et la salle de géologie où sont groupés les animaux alpeslre's de la 
région delphino-savoyarde, en sont les principales richesses. 



Grennlile n'est pas une ancien 


ne capitale figée dans les rêves du passé. 


industrie des ciments, sou 


rce de beaux profits jusqu'à une époque 


,-.ut.', osl un pivsent du s.,I 


dauphiniiis. L. Vii-at avant rccmnu, en 


sis, ,|l„. t..lll.. .■..l„-l,e,.,,l.',:ire 


.ll-llell,.-, Mlfn, ,1111111. Ill Ih.llie-.lie, dont 




!!''i ''■'■'"" r.''',' 


ci's pinssances, 
III. lit réduit les 


!'i!"'riTr'i'n 


.le. Il lin ciment 


-r. ii,-M,,|- 1.i 


ele.l'C rUI. ■ma- 


;^ 1 1 1 ■ 1 , 1 ■ 1 1 1 1 1 1 1 ■ ^ 


il, illi,, il, .■! il.'mi 


,1,. l..|,n.-..l,. 1 
terre 1 mille 


■Il 1. lAii-le- 

, 1 1 |.,.il .!,■ la 


France n'e-l .i 


i'- A.' \ .« iton- 


nesetpourll- 


!'■ I'- l'.iinus. 



Tl" 



Vif 



et du Valbonnais. 

Dans un pays qui possède 
le- imni.nses r."'.^rv..irs placés 
,|,.r(ii-,ii,-.l. -.■li,.i.i|i,.l.' neige 



houille blanche, éiieri;ie do 
l'e.ui c.inrante transfeinice en 
êkctricité, pour s'adapter à 
toutes les furmcs du labeur 
humain, devait être une source 



LES ALI'I-S. — Ll' UIIO.M' 



101 









lINli DE UELLEDC 



qui fournit la luniiùre 
l'tée sur le Drac, qui ni 

V de I.aMiiiv; um.iu .h 



de richesse. .^ 
lique, qui trav 
sienne en foui- 
usines hydro-r 
mique de la li 
A'Avignonnet. 
tion électriqu.' 
LaTii:. ■]'■ - 
bière ■ \i I 'i ' 
auiii. .; 



près d"Annccy, etc. C'est la Iuuiimv , i l.i |..i ,-■ |, iil,-nl m,-, - .m .,, r\ i. ^ .In 
mouvement, de la chimie, de la iiiri.illnr-i''. M n- \,-,ni , >..iii'. .■ .\,- |..ii^ r,- 
biens, a b-^aiiconp d'ennemis : Ir ilili-i-. in.iil, ,|iii l inl 1. - .,,,,]■,■, ~. |,mii- 

incon>..Iii I -, h d' -li'n- Ii.im A.- |i il nr i-. - d- riilr,i\,. il mu' .■iiliiiiin-- 
tratioll In. I--I. r-. I.ii i.riMi'i|i-., lui- |. - .•-.iir- ,1 , .iii, n ,m^,,|,I. - .m |l.,l|,i- 

bles, .•ipi'H'liiniirnl :mi .Imiiii I.- IKIil : mi in' imil \.< i,!ili-i-i- -:iii- 

une autorisation souvent précaire, incouqjatibic avec l'établissement d'une 
industrie sérieuse qui doit pouvoir compler sur l'avenir. Pour les cour> 
d'eau qui ne sont ni navi^'ables, ni flotlables, le riverain peut s'en servir. 
sous la réserve du drnit ili-^ tirr^ .'i l'ii-.i-r ,\, r, in, n-nx,- |,l,inr irnn 
bûches et dont lu-nlllmt i|.- n .iirl i, i --,,,--, ni|ii,h . -m - n- m. - ! ^ ,i, ,,, 

liques ll:in|illinoises, J'I >'inl il ililr - -m- il- - I lilir^ il I m ii,,ii ,1 i .... 

Les eaux minérales I iilli--.nl lin --1 .1 in|ilini..i- . l m ._. . \ll.\.;..[. 

LaMoll... l;,rn,li||. iLillilinli. ini.Vnnin. W In - . / ,.,„.,,■ il,,,l ..n, ^,.,-, 

nades el .1 I . lin- inln i|.. -. - ,-.,u\ ri.i1rni..nl, elili .iniv.- .1 -iillnr.n-.- 
pOUr luules II- .ill.i lli.n- i{nl ivlevetlt du lynillll.ill-nn . I .].. Il -. l'..|n|. . 

un succès tou< l..^ ,i..iir^ n-nissant. Grenoble e-i |..nl [in - 1 _• kilmn 
très); un traniw iv ri. . iii.|ii.' relie la grande vil Ir 1 -..n |i,ir.- .ilii.-lr 

Rien ne surpa^- . In rli'ni le la vallée d',l//(Tir"/. .|iir 1 ..n iv !,■ ,11 

suivant la cnuli r |iil|..ri -.in., du jlnd.n i;'r-l fi I 1 j..i- un.. -I il;..n Mil r 

maie, une oasi.-< dr iv|,.i-, un e. mIm. .1 ..\.-n|.-i..ii-, l.i mu--.. .In li.in|.l 

Son.eau sulfliydlliinn, I. -. 1 nn ni eli|..iiir. .■ ,-i"ii.|ni- il Irniiln, .- . niiiLn. . 
par inhalation, couiro la brouelule ehroiiique, le ealaiile, l.i l.truiinde. \ 
473 mètres d'altitude seulement, dans une vallée complèlcinent investie 
par la haute montagne, Allevard jouit, pendant plusieurs mois d'été, d'un 
climat tempéré d'une grande efficacité sédative : on excursionne au\ ruines 
delà Chartreuse de Saint-Hugon, au chàtean de Baynrd: ..n -. |.! .ni. ne 
au Bout-du-Monde. Toutes les beautés alpestres : forèt,^ .[. .[ -n- 

vertes, neiges étincelantes, sont réunies aux environs. /..' '/ /. ,>. 

accessible par le chemin de fer de La Mure, l'une des plii.> b. U. ,-, \..u,-, 
ferrées de montagnes, se blottit à 640 mètres d'altitude dans un vallon bien 
e.xposè, au climat exempt d'humidité : ses eaux thermales bromo-chlorurées 



ont coupe les vi 
et le chahol, s'ai 
s aux lorreuls d( 

l-.iv ri 1,. |l|-,i, 



if.dsante sur la 



poissons. I)ru\ e-|ici-,.s seule- 




UENT Dli CUOLLES. 



192 



LA FRANCE 



tout : telles t-ont les 
causes dun appauvris- 
sement certain. Par 
ordre de fréquence dans 
les eaux dauphinoiseb 
il faut compter le lai- 
ron, ou cuzeau des gre- 
noblois (ruisseaux de la 
plaine), le chabnl ou 
chavasseau (Furon, 
eaux torrentielleb), la 
sui/fe bouchesse ou bla- 
f)eon d'\nnecy (poisson 
le plus commun di 
risère et du l)i i I i 
suiffelombarde i u \ n 
doise (bas Iser . l 
suiffesdulacde l> ih lin 
(qui sont de vriis gai- 
dons), \& meunier (Isevf 
et bas coursduDrac),li 
truile noiie ou grise 
saumonée, reine de^ 
torrents (assez fre 
quente dans l'Isère et li 
Drac), le brochet et l.i 
lote, ou bec-figue de 
l'Isère, voraces qm dé- 
truisent une grande 
quanUté d'alevins; l'a- 
pron ou apré (Isèrel, la cm 
lacs de Laffrey et de Palad 



avec l'ombre cum 

sons lacuslres i|i [ 

courantes dauplim i-^ 
de l'Isère est pauvrem 
dont l'initiative fut pr 
non sans succès, le r. 
Pays de hautes ni..n 
ses ressources nnlnn I 




", de plus en plus rare 

; le W'^ij'oi (lietiles pii-i 



lise, le Lan 
rement pa 



la, 



en témoigne : le-; -ml- i\- i. r-ii-l.lr. ;,u x\ 
royales. (''.'Ilr iihln-l ri.>. .m niiliiu ilii wi i 

quand \v,\\\ ,1 ,:..iil l : ,<. rl;ili|l--:iMl i|i'< ih . 

coup scM-ililr, N .11 - iiI<'Im''mI II- l'.irl iiii ni 
ment dc^ rilil-. m n-, ,!,■ .,i |,['. i|ii'i- .Milmilr 

dauphilMI-r-. ,|m|,| Ir- piM.llIll- ri, Il nl ,\,.~U 

de douane. Ii-.nlr^ |.,iMiiir. mi ,Milr<- I i- >• 
lèvemeiil ilii liaiipliMu-, pivlihl,- ,\r l:i lirvul 
tion, ne fut pas aussi desmli rr-v,- (|ii ,,ii y,, 
draille faire entendre. I.a lî. \ mIuI hm fui 
mort de toute indusirie. .V jm m. i.iui^,- 
cette dure epreu\e, la rj tnl if ^\ n lil n' 
tombée de moitié, se reput a M\it, Bieni 
l'Angleterie lui omiait ses portes, puis 
fut 1 \miiiqu importatri<e de; gants ib 



vreau (|iii \ il n ni iii\ _ ml I 
finesse. Il m i { ul .li u I i n i 
et leur pu [i u ili u iiup 1 1 ni 
à la valeur du pioduit oin I iii 
le gant thevieau qlai-e I | 
dites nitionabs , et i i i n 
duDuiphine Pour le gant c /ici/ 
meilleuies peaux Mennent de 
Sud, des Canines On impnrtp 
gne, de Suisse d II iln m m 
des peaux prep n \| 

Grcniihle n est ni u i 



. dans les 
es d'eau à fond sa- 
■ Il \riirr D'autres 
Il il ilii llliiiiie dans 
I I / ' '. '(■■. Il' i/ardon 
c l.uiL p.Ls confondre 
!)■<;/, ce sont despois- 
i à la faune des eaux 
; faune ichtyologique 
nuls de pisciculture, 
illi rt, ont entrepris, 

i' .1 su tirer parti de 
!!• Il ganterie est, à 
I uK r-isliv de 1343 

\:il ml 1rs |irrl',-|-enrcs 



d'œuvre. .Malheureuse- 
ment, le bon marché 
qui prévaut surlegoiM, 

les taiifs |llM|rr|ion- 

nislr- .1, s 1 I il- I nis 
(tanr Iiin_.| N. l.nTl, 
raC(i-iH--inirut des 
charges pèsent lourde- 
ment sur la ganterie 
grenobloise. Au lieu 
qu'en IS'.io elle expé- 
diait en .\ngleterre et 
au Canada pour plus de 
28 millions, et 18 mil- 
lions aux États-Unis, 
cette exportation est 
tombée, pour 1903, à un 
peu plus de 2-2 millions 
pour les États britan- 
niques, 8 millions et 
demi avec l'.Vmérique, 
et pour l'ensemble de 
tous les pays, de 49 mil- 
lions à 31 millions. 
Grenoble qui, en 1867, 
comptait 180 fabricants 
couturières en 1878, n'a plus que 
. On produisait 1 500 000 dou- 
is de francs en 1S93: il ne s'en 
iiHiii, valant 22 millions. L'in- 
Ih irnient l'acheteur; il doit à. 



et 30 000 ouvrières, l.iO fabricants 
66 fabi-icants et l.ïoiio ein[ilnvés 
zaiiies ili' -uni- il une v^ilnir '.h- 'i 
fait pin-, ihs :iii- ,i|ir.-. .11 l'iiij, 
duslrii-l -1- ii..|il..i- iliinlnl..,- .il 
présent, imiune sr.- c.MirnirrllI-. I ill i- ilnrrlirp i-liez lui. 

Un niassif forestier cniiiinr ii lui il - iin.iil.i-iu- iln Hauphinéet delà Sa- 
voie pourrait donner, lin .i i.|iii im ni iln m .111-. n I 1 I iluacation du papier 
par cellulose delmis nn .ilinenl |.i. -.pir im pin- iM ■. I.rinploidelapiilede 
bois iMr.Miiiiiii I. lu III II] n ■, iliii-rrllr niilii-ln- 1-1 iiiviit is:, . . 1:11 Iiiii:',, 

aver l:i iiMii|.i-i. 1 . Il- lii.i- - .11- I..11I. - - - l.inii. - .1: , |.i p iill.. -mil., s); 
la cnii-..iiiiii 1I1..11 I..I il.'rii |i il., il.. |i..i- lut, celle année là, de 4o oiiu tuunes. 

Il siiliii 11' .]. j Il . I n. - ,l. Ii..i- piiur alimenter une telle fabrication. Or, 

le d iir li.ii -hr r ili l|iliin..--.i\ .i-iiMi, bien que déjà fort entamé, repré- 

senli- i.ii. -iiinr \in-t Lu- -ii|i.i-irure. Mais la forêt se défend. Les 

Il ri II. - n -. I I il- 1 - i]ii I iinv .In |i,i|iii r .' II. .n.- il faut importer, et 

Im -'■ |.liiiii i|. - liiil- il. ni. i-..n\iiiil ih.iir Irniitière sans compen- 

-iliiii. in -.ni |ir..|il ilr .|iir|i|nr- -TM- -|H . ni. il, ni-. I.rs produits de choix 

I.a haute montagne, il n y .. pas si Imi^ilinip- .ri.'.ir.». .'tail cdmitèe 



s(/i le, 
( iique 
si d r-. 



fais in! 
pêche. Il 
i-iquedii 
anatômi.] 
Xavier Je 



A 






,► ,n.j^^ 


T] 


r 






HHHHI^gg^ 




m '^''"W^k^^^ÊM 




■ 





;is humaines à trente-deux types prin- 




VALLÉE DE LA ROMANCHl 



France II. — 16 



LES AL1»ES. 



LI-: UIKKNE 



193 



àl'épal ilr r(icr:in.llicn avant 

que \r ^'imikI i n-iin'iit (lu 

toui-i>ni.' Il i ni Iiiit ilans 

les iii,i"iN ,l:iiipl,iii.,is les 
expldiMlcurs, les savants, les 
curieux et les amants de la 
grande nature, la montagne 



11. 



(I, A-.l. H. 



plus ul.i.' ■[•- 1 -ml 
de raml.i.r . T. .1,1 


!''i"i'ii.'ii 


v!'m!^iMi':!rm'l'''!'. 


liv .lal- 


pinisme. Smis 1 i 


1|.uImu„ 
il IsTl . 


de sa ^.Tl,,,,, ,1, 


li-rr,. 


(août I-7'. . <!- 1' 

des ■i.:ln;.lr. ,IU 


/.,.;/.'/,//,' 



(les cables metaUi(.iues aux 
endroits dangereux, ménager 
des chalets de repos. L'ère 




Facultés, vaut à leurs cours 
prt'S d'un millier d'auditeurs 
venus de toutes les parties 

iihl.' il d:!. . Iini.ililiun du 



Personnages histori- 
(jues. — Pierre du Terruil, 
seigneur de Bni/ard, « le che- 
valier sans peur et sans re- 
proche ■'. qui nrnia Fran- 
r.:,- \ ' .],.x ilicT .Ml suii- de 




Hrdiiiiiûiit, baron des .1 
Frelte(I513-15S7),tour à 
tant, enfin revenu au cal 
la Maison de Liirraine j. 



Itefor- 



ce, T( 



Jacques de V( 
nieux. dont le 



-iiii. I.N'ii. nul attaché ù. sa mémoire 
liiiir: >, '!'■>:■<, (/-■ ISoissieu, écrivain, 
i-iiin ih ,, \irime (1600-1683); -4Aei 

," iM L - Ml. NI- des traités de West- 
I - M III \ Il llii;,iies de Lionne (1611- 

I. m ili rMiiiM,-' lui, nés à Grenoble; 

..i. , I, 1 ,i,!n, il ,1e Teucin (1«8(I-17.ÏS), 

~ ' -.riii Ml ,1e Teucin (I6S1-1749), 

lii 1 1 I lii-l' iii 11 (iiihriel Bonnol de Ma- 

.-nii II. II. Ir |iliilosophe Bonnol de 

-IT^ii : Il I le Pierre-Joseph Ber- 

. iH 11 (, 1. ii.iiiic; des savants, des 
liirv : H, ,1,1, ire (17G1-1793) et Mou- 
i qui préludèrent à la Révolution; 
icanso7i (1709-1782), mécanicien ingé- 

automates excitèrent l'admiration de 



héroïque passée, après les premiers grimpeurs. 
\V. Coolidge, E. Whymper, E. Boileau de Cas- 
telnau, le vainqueur de la Meije (3 987 mè- 
tres), avec P. Gaspard père et fils, sont venus les 
visiteurs ; les refuges se sont transformés en 
hôtels : la Bérarde, grand TLitid du limir- 
d'Oisans, Grand Som. Sninl-l'i. nv il, Clmi- 
treuse, le Lautaret, etc. I. m li\ ilr iln --viiilii il 
d'initiative de Grenoble a cninplrir l,i rnniiiirtr 
commencée. On facilite de toutes manières la 
visite de la montagne : voyages circulaires. 
cars alpins s'organisent, et l'alpinisma (non 
celui des hautes cimes qui n'a plus ou presque 
plus rien à dévoiler) recrutant chaque jour de 
fervents adeptes, de nouvelles Sociétés se 
forment : (;;-(/»/)CHcs ,le.s Al/,es. Socicic des Al- 
pinisles r '',■•:■' ^. ^.•■i-lr il.'- I',.',;.,'cs ,liiii 
plin,..: , ,111 - I ...K , .••111 . ^ . .^^.-||.■ 

comur I ■ I 1 •! Kl II. ■ ! : I .1 ;'; • ' ' .■ . |iiv- 
que ui.il l-iic, j„ic Imp .1.111.1,1, c il i.|.uili.;il 
tout guidei. Ajoutez les conférences, les pu- 
blications, les annuaires, des livrets-guides 
variés : cela explique la cohue des voya- 
giHH's, cyclistes, automobilistes, amateurs de 
tout genre, qui envahit Grenoble, à certains 
jours de l'été. 

Le mouvement intellectuel d'une ville comme 
Grenoble se devine. 11 convient de citer, parmi 
les sociétés savantes : r.lca(/e'm(e delplii- 
nale, la Société de slatistique du département 
lie l'Isère, la Société dauphinoise d'elhnoloffie 
et d'anthropologie. Le patronage des Etudiants 
étrangers, si heureusement organisé par les 

France. — II. 




1 D - D .\ n E > 



194 



LA FRANCE 




ses contempoiains 
nufactuies de suie 
chines utiles a c t 
géologue et min i 
l'erin nf n Oi ii 



irdini 
(if <ti( 



Fleury ins]K 
i eu inM niT ] 

I I 11 I 



SOI) 


ClUl Mlk (1 n ,11 t 1 


<,imii 


Rhcne en n il \ i i 


ptre 


discipl s de ^ Il 1 1 1 1 


jpLle 






Kfin 1 III 


ntde 


bires ] il 1 II 1 1 1 


ique, 


le n m 1 1 1 ' / 


nan 


geneiil d II n.iuis De Huli 


ihoz 


Rhône n en nixn(|ua guère 


■iint 


Wmqnlh'! et pins 1^rd le^ 


rent 


noid s - Mu 11 n ^^ nt 


dt 11 


les r 1 M 1 


imte 


terni \ 1 1 1 1 1 


S)l 


Tnl 1 1 1 1 



ittriit lu sei iind sip( le i\ int JesusChu^t Les R ni uns 
it dt I inc enti ition sui le fi ont di s Alpes 

le rayonnement du mont Gene^re sur le 
a plue de 1 ancien Foi uni En 212 trois 
del^in -^ nppiitircntl christiinismL 
\ ]] ] 1 I lue \tib 

I I II 1 d s Bu- 

1 I I I I 1 Icf ndie 

Il I / t 1 1 11 Ils du 



s T ileii 



in le c uli 



du 



r Huaient même du sud, comme li s 

!((s/nç les hr imn7ids, eux, Mnicnt du 

1 1 inr I lii I 1 pi andi s in\ lisions 

s I I I I ir domination Le 

I I le Bomgogne 

I I I I I [1 III 1 de leur -Mlle 

il II I il I ihnlinois 



D 



rome 



Superfirip 652 100 hectan s i i 
iic) e'jGOnO (Seiviiegeogi i| lu |ii I 
1 II m 1' imliliuii 200894 luliil mis 
(lui 11 u Valence Sous pu fectuies 
Die, Nyons, Montelimar. — 29 c m 
tons, 378 communes, i'i" cuips d ai mee 
(GRbNOBic) Coui d appel et Académie de 
Grlnobll Diocèse de Vallnle (sullia 
gant d Avignon) 

Les Caoare* dans 1 arrondisstnu nt de M n 
tclimir, les Votonces i Dir < t i N\ ms Irv 
( eiteconaioM dans le ^ I s i 

mens a \alence, les li 
Trois Chiteaux ces du 
Voi onces et de s Ulobn ^ il M 

occupf icnt le teint me du ! j il m ni I 
la Diome, vague heiitiei de 1 ineitn T! il 
feod il de Valenlinoib La situation de I ( 
lence au bord du Rhône, cette grande A le 
naturelle du commerce antique, lui donni, 
de bonne heure une grande importance. Sa 




d une pu Ut de 
< Valence, creie 



nant en second, ^ int compléter son éducation 
militaire à l'École d'artillerie de Valence. 



LES ALI'I'S. 



r.IIOAE 



195 







Ily.-idpuxvillesdans 
Valence (SSTUU ha- 
Mlaiils) : l'une flam- 
liant neuve, qui enve- 
loppe de ses avenues 
(Félix-Fauie, Victor- 
Hugo), de ses boule- 
vanls ombreux (bou- 
l.-vards Gambetta, 
lîaucel, Maurice-Clerc, 
Alsace, Sadi Carnotet 
Vauban) l'ancienne 
cili5, groupée autour 
de la place de la Li- 
iM'rlé, d'où surgit 
rilnlel de Ville. L'en- 
semble s'incline, à 
12S mètres d'allitudi'. 
MU- la rive gauche du 
lUioue. De'" l'Eshbi- 



nel, le regard descend 

sur le jeune parc 

Jouvcl; surlepontsus- 

pendu et le nouveau 

ponLdu Rhône, qui, d'- 

ses arches massives , 

enjambe le fleuve, eu 

dos d'âne (216"', 10), 

sous la romantique ,, xlu.mi-, i.miL i.i b ouands- 

silhouette des ruines 

de Crussol, projetées, 

à la pointe des Cévennes, au-dessus de l'horizon du Rhône. Le long 

des boulevards, ajustés à la forme baslioniiée des anciens remparts, 

cheminent les monuments : ceux des enfants de Valence, d'Emile 

Augier et de Montalivet, au delà d'une gracieuse fontaine. 

L'Hôtel de Ville, de construction récente, est un édifice de belles 
proportions dont la salle des fêtes et celle du (Inuseil ont été déco- 
rées par deux 




les valen 
nois : WM. Ollier et Malleval. 
Sui les deux ailes de la place de 
h Liberti , quil domine, st- 
levc, au sud, le Palan de Justice 
(lb24 lS27),non loin du nionii 
ment d Emile Au.,iti et de li 
place de la République Alautie 
pôle «ni h pi I e s //))/ Juin 
lejis I , n I I 1 I h tclo 
chei I I I |u il II 11 I uni i 
dansl X 1 iiii. lu y , I.ihh 
Iheque et d peu de distance de la 
Pieftctuie, dont les jaidins en 
teirasse planent magnifiquement 
SUI 1 1 \ ill I du fleuve De ci de 
h |u I |u s bonnes vieilles lues 

I II 1 luit s a I odieuse ligne 
droite, de vieux hôtels c t lui d< 
Siei/ei>, ou fut le su ,i du pif 
iiiiei Piesidial valentinois, 1 an 
cienne chapelle de labbi-ye de 
Saint-Ruf, affecte e au temple 
piotestant, la maison des Tetrs 
à façade Renaissance, coui in- 
ti Ht ure ornée de nu dallions el 
de figuies en h lut lelicf (luitie 
en 1530) Sui. la place voisine 
dite place dei Clerc:, se tient 1< 
m ai ht, c est la qu on c\hcu 
tut liUustie bugand, I ouïs 
M ludrin, y fut loue, puis ttiaii 
gb le 26 mai 17ol 

Lxcathediale5<im(- XpnllmuK 
n est pas du Midi 1 Vuvu^ne i 
fourni son modèle Rtconstiuik 
au M" siècle, a la plai e d un \c- 

II 1 il le édifice qui 1 1 mont ut en 
ii.irtie, croit-on, aux premiers 




temps du christianisme à Valence, la basilique actuelle fut consa- 
crée, en 1093, par le pape Urbain II, lorsqu'il vint prêcher la croisade 
à Clermont. C'est un majestueux édifice avec porche de quatre 
grands arcs décroissants, que supportent trente-deux colonnes à 
chapiteaux richement sculptés; une tour carrée de 57 mètres en 
jaillit, cl finis luTs, de billes proportions, se couronnent d'une ab- 
side à chapelles rayonnantes. La 
forme est celle d'une croix la- 
tine; la longueur, 75 mètres : 
conduit par le couloir de la maî- 
tresse nef, le regard découvre 
vers le porche une belle pers- 
pective. Un monument de pur 
style Renaissance, dû à Nicolas 
Mistral, chanoine de la cathé- 
drale (1546), pour être affecté à 
la sépulture de sa famille, fait 
l'ornement de la petite place voi- 
sine : des arabesques variées, 
des soleils, des animaux et la sa- 
lamandre de François I", qui 
entrent dans la décoration de ce 
|oli édifice, n'inspirent pas la 
imdancolie ordinaire à ce genre 
de consliuclidiis : la forme de 

d<;itif. 

A Valence, le Midi commence : 
les environs sont charmants, 
[dantiireux. Sur la vaste plaine 
où le Rhône et l'Isère dévelop- 
pent l'f'clair de leurs eaux, avant. 
de se fondre en un seul cours, la. 
mine altièie du donjon de Crus- 
•■iil se hisse à la cime d'un roc. 

Valence est la porte du 'Ver-- 
cors. De Sainl-jcini-cn-noi/ans 
monte la rouir ,].■ i niulH-l.aval. 
Cette immeiisr r\r,i\,iip.ii, (aillée- 
comme àremiHu ti-pièi c surune- 
longueur de 7 kilomètres et 
une largeur de 3, contre-bute le: 
plateau mamelonné que la foréf 
de Lente recouvre de ses vertes 
clairières et de ses mystérieux 



196 



LA FllAiNCE 




iH|iiiinriil, ;i\r'.- :n(ili,,MnLU'S,cuntrc22C00as- 

I ïl ''i' '1 .' 1 ■- ii--caux; contraint de 

, 1 ■■ ■ il-niiii. - mil M --res de ses ennemis 
■ii'iil :i 1 rrliilau'l, upiLS un procès inique, 
mis et cassé en 1778; lo général Jean-Êtienne 
net (1762-1800), né à Valence; le géologue 
• Saivl-Fnnd. né à Mnntélimar ;t7;i-isi!i'; le 






. \alc 



;en ISll; Philip pe- 
. "Il M-'/lai'u de la Dvùme, émule de 
MiN-iMjj ; le poète dramatique Emile 
•ô), né à Valence. 



Hautes-Alpes. 



■licie: 558 900 hectares (Cadastre!, 564 200 

■ t:''oi;iaiiliiqne de l'armée). Population : 
lialMi.iiits. Chef-lieu : Gap. Sous-préfec- 
Embrun, Briançon. — 24 cantons, 

iiiiiiiiii'>: 14» corps d'armi''e ((Ibenobi.e). 

ippi'l et Académie de GutNOBLE. Diocèse 

(^iillrai-'ant d'Aix;. 

ssurant, par la suzeraineté des dauphins du 
, la garantie de leur indépendance contre les 
du dehors, Irs populations du Briançoiuiaii 
t rifn aliéné de leur indépendance, mais bien 
•aire pi-ovoqué des déclarations formrlles et 



i-nt toute 



ombrages. On pourrait, en franchissant le seuil de 15ouvante-Ie- 
Ilaut, descendre sur Omblèze dans le vallon pittoresque de la Gcr- 
vanne. Le Pont-cn-Royans, qui accroche ses vieilles maisons à de 
hautes falaises en surplomb sur la Baume tapageuse, la route re- 
nionte la coulée de la Vcmaison par Sainle-Eulalie, le délilé des 
Petits-Goulets, l'étrange vallée d'Échevis, que couronnent des enta- 
blements rocheux: hérissés de hêtres et de sapins, enfin pénètre sous 
les tunnels des Grands-Goulets, dans le roc vif, au-dessus d'abîmes 
d'oii s'élève la clameur du torrent. Au-dessus d'un escalier gigan- 
tesque, sur les gradins duquel la Vi-nniis,,,, (l.-riii-nle en une s'uite 
ininterrompue de cascades, la i oui.. >'.iii:..i]|li .■ .lan-^ un noir tunnel, 
aux parois ruisselantes, et débnu. Ih' il.in-. la pl.in.. lumière d'un 
berceau de verdure, les Baraques. 
L'herbe fraîche et drue, les filets 
clairs courant parmi les fleurettes, 
les bois touffus, l'activité, la vie re- 
posent de la grandeur sauvage des 
Grands-Goulets. Des Baraques, la 
route porte au sud, par le col de 
Rousset, sur Die et la liante vallée 
de la Drôme, ou bien, tiaversant le 
plateau de haut lelief qui sépaie la 
Vernaison de la Bourne, s'engage 
dans celte dernièie vallée, gagne en 
surplomb du ton eut le pont de la 
Goule-Noire et pouisuil, à tiaveis des 
sites giandioses, dignes de ceux du 
Tain, jusipi'a Vi11ai"d-de-Lans, d'où 
l'on dé\ale sui 1 Isèie et Gienohle. 

Personnag-es historiques. — ^nml 
Bur/upi ,-, ,,, ri ( ,,n l.l , t - m 
'horaon\ ni ' I 1 \ n \i m 

cle), ( '/ 1/ / , ,1 ,„ a , 

-qucnt I II I I il I I h I I Mil 1 1 . I I 
sade, /i / / I III II I I 

l'ordre il ~ m l i m 
duPui/ i; , i' I I „ii I 

(15tO-I / / ' / , 

laCha, , ,111 I I I I 1 , , I 

son pi II 1 I I II I 'il II ii| I III 

lestroii|i lu lu I ^ \ I I 
Thnmu-, I // i I I / / 

dal, du I I 1 II 

(1702 1 I I I 

aux ImiI I iiiiii ^1 I II m ^ 11 1 il 
deb etahlissLUii iil= fi m ais abandonne 
sans re&soui tes dans Pundicherj , il «o de- 



du ba 



du Guil 


de 


la Doir 


torrents 


del 


un et de 


les au In 


s (1 


la Oui-. 


deri'|.iil 


li.ji 




fedeiv..- 


>..u 


- I. |..it 


de r.illi. 


II. 1 


1. |.i. -.| 


se tn.iiN 


il.' 




m.agi-lr 


U 


.ii-iil- 


les ru;. 1 


N 1 


li iru'.'- . 


la cuim 


uni. 




putsini 


jlan 


er dauM 


un privi 


ese 


: la péel 


cumiiie 


e dl 


oit de r. 




i.'ii.. I..I1II II. ut Jaua Kur^ vallées autant 
lu 1. - .1. ~ .111. lennes tribus gauloises con- 
lui-/;././,/...», après Suse, fut leur centre 
- ii]..iit~. (laquante et une communautés 
II. une s'administrant elle-même par des 
il. nunt élus, qui nommaient à leur tour 
iiiui. iiiale et de la régence des biens de 
|. il urages; car jamais la féodalité ne 
. iu.;.innaises. Ce qui, ailleurs, constituait 
|. i>urt des armes, était le bien de tous, 
-nlliage. C'était la liberté complète, sous 
réserve des impositions d'intérêt général 
et des contingents militaires à fournir 
au suzerain, dans des cas déterminés. La 
suzeraineté dau/>hinoise se résumait en 
une autorité suprême de justice et de 
commandement. Le Dauphin érigeait 
dis places fortes pour la défense com- 
mune . Bec-Duuphm barrait la vallée 
du Cluson, Château- Dauplim la haute 
\i iila au dcssu.^ de la phim du Pie 



1/ /- 



uiiL /tdtiallun duul ka iuIlkIs Liaient 
gerts par une Asbemblee de députes re- 
piesentant chacune des paitn s conli n - 
tantes La quote-part di - iliu. - illii 
buecs a chaque c iniiunn ul il li 
fédération, en ^'ue dl l ml i li nimnn 
se nommait 1 estai? un i^ \|liiu b 
nom descoj/on empl \ | m I i_iui 
une fédération et scm t nii u I inq 
iicait'iiis du Bnani / ; I i ni u iit i 



aldt 



C était donc une vraie république fé- 
1 1 \li\i que le Briançonnais, sous le 
1 I .1 I il militaire desZ*fHi;)/i!ns, libre- 
1 ni I jl et garanti par des traites 
I lin 1 1 lit ( eu\-ci, et aprcs eux les 
1- il 1 1 mce, leurs successeurs, se 
lonlitrent toujours respectueux Ainsi, 
mime leurs frères des Alpes, les mon- 



LES ALPES. — LE RHÔNE 



197 




tagnards des Pyrénéen, ceux de la vallée d'Aspe gardaient jaluu.seint 
contre les vicomtes de Béarn leurs antiques libertés. 
On a vu quel puissant appoint apportait aux rois de France le Dauphi 



cheval 


sur deux versant': 


di'S montaffnef 


it coni 


•e 1,. duc de Savui 


, pour donner 


Alprs 


Avec- l'ignerol, ,, 





capi 



céder la Sacoi'e, pour conser\(i -on il ,\:\< lini-il|.iii Nous e 

malheur de perdre en de^liill.- jImi i, n-. -, - niiilili->l |ia 

s.i^'""-, |u. ],,l^,^o^,„^ ,1 .e|ue politique de llenn 

Ri''i"i' ■"""■ " "i^"ii "H m |.M 

1.i-mIIi--Ii IiIiiiiIi liiiiiih. i\ ml |iM-|cs du fl«Mp/i(He sur 

des j;Mod. - \liM-. Gap, I ml i, .1. . inviit parfcus cruel! 

soulTrir du Vuihinago des du. - .li-'~i\oi- m nli. - de I i \ ilj. . d 
lonnette. L'invasion de KJOa fui p ii u, nie n on ni .1. - i-h mi-, \ h I 
déc II. parti de Turin, pn"i l> - \l\n ^ I d.- I \i ^. nie n . 



hu'j 



frni 



contingent de réfugies protestants 



1 m\ i-imi pue II 0)1 d. \i \ ill [• de l'Ubaye OU de Barcelonnette, qui 
appartenait au duc, dans le hastin du Guil, qui composait le Quoyras 
français, Guilleslre, Chàteau-Gueyras, Embrun tombent aux mains de 
l'ennemi, non sans lui causer des pertes sensibles par une cnorfjiipie 
re^i-tine, I i d. fi n<:e d'Embrun, sous les ordres du ni mpii- de I irrey 
(.^ oiiii liMiiMm - d h nupes régulières contre 30 000 asM( M ml- i -I I mi des 
plu- 11' m\ h ni- de notre histoire militaire : pour ton II nlill.n. I i |d ice 

n',i\ ni i| Ii\ p. lits canons en fer, sans affiÛs, et, pmn- ImhI, i-, . ceux 

ijue l'ennemi envoyait ». Comme le duc de Savoie souimait m^di uiment 
la ville de se rendre : « Mes soldats et moi, dit Larrey, ne mamiuiuis m 



r, ni d'epees. » Et la garnison, étant à ses dernières cartouches, 
ambour battant, avec armes et b.agages, enseignes déployées et 
au niouS(|uet i Ifi août i:i92l. Caprara mit le feu à la ville : la 

elle et les ipi.ilre cinipueines des maisons furent anéantis. 
I ite-qiie. Il ill.iiil 11 cinqiitine, razziait, incendiait, massacrait 
■ . h s Mleiii.iiiiK -iirliiiit iiioiilr.iient une ardeur sauvage. lîien 
ipiiL'ie-: l.iiibnin perdit les (doehes de toutes ^,.s eLdise<, celle 

I H I iieipal, et jusqu'aux morliers des ip 'I n- dniit on 

1 \ expédies à Turin; ses remp.n-l- Inniil i\ n Ires, les 

- -ml nul. Mais quand, aiin's avidr enliM li - 1" -I i m \, incen- 

im 11 11 - .1 m- 1. - .11. Il ip- 1 I lili -iil\ ml. .Ii\ Mil. - . I Mll.lges, 

. - ni I ni 11 .1. 1 II iiil m I . ii\ |. .1. -. il I - . I. i--i Cette 

II 1 I lil. 1 ipiii I .il I \ I. I. I \ 1. 1 pin- I. 1" I lininmes. 

I illiiiil.il .11 i.\ I- ili - numl- p.1,11 lui iiilh^. 1-, aiu-i qu'à ses 

1,1. lui. I. I. iili-- ml. .1. /(( .l/K/iHi/Zi; ^4 octobre lO'JJi qui l'obligea 
iiiin.i II ...ililiiiii il.i 1,1 ligne d'Augsbourg et de traiter séparé- 



1, h iilllliiil. embel- 
li n \ nll iiil I. lume : 

I ' ' l''P's- 

-. iiilili^ilili nixpil- 
f.iits suicnl e.\agerés. 



France. 



II. 



lissant l'histoire, a fait une réputation d'Ii. i. i- 

Philis de La Tour du Pin de In Charce, qui . . 

tolet au poing, souleva ses vassaux et fil mn 

lards du duc de Savoie. Bien que. ainsi présente 

au dire des critiiiucs les mieux avertis, les ser\'ices rendus à la cause de la 

défense commune p,ar Philis de La Tour ne sont pas contestables. 

Après de telles épreuves, Gap f 10647 haliilanls) ne peut offrir 
aux curieux un grand luxe de monuments : la paix m'-cessaire à 
IVclosiou des arts n'est pas le pri\ilège des places fortes destinées 
jKiriHat à se défendre. La Cathédrale est une reconstruction roniano- 
gotliiciiic (180()-1895\ dont l'aspccf est lieureiisenient varié par 
l'eniiiloi do la pierre et des marbres indigènes : noir de Champsaur, 
vert de Maurin, rose de Chorges. Une cioix de granité monumen- 
tale termine le cloclier; quatre magnifiiiues colonnes monolithes, 
en marbre rose de Cliabrières, découpent autour du chœur surélevé 
liuis cliapiliMux finement ciselés. La Pi'éfecture n'a d'intérêt que 
p.ir le inausnli'e du connétable de Lesdiguières, défiosé dans la salle 

17. 



LA FRANCE 



du Conseil général; la statue en marbre blanc de l'illustre défunt 
est étendue denii-couchée sur un sarcophage en marbre noir de 
Cliampsaur; de curieux bas-reliefs en albâtre, par Boscodon, enca- 
drent le monument. 

La ville de Gap s'appuie au contrefort de la montagne de Charence, 
dans un bassin qu'arrose la l.uye et qu'empruntait probablement la 
Durance, lorsqu'elle 
servait d'écoulement 
à l'ancien glaciei 
moulén CFttedi pie-,- 
sion. Le |(di p iK (I 
la Pépinii II <>, , iip, 
sur le il.uK (iiH iil il 
de la ville, 1 uitei- 
vallede la Luye et de 
son petit affluent, la 
Bonne : une a\enue 
plantée de beaux 
noyers, l'avenue 
d'Embrun, y conduit 
au sortir de la gare. 
Là sont réunies, dans 
le nouveau Musée, 
des collections ai - 
chéolociquesduplus 

hiut inirp \ |l 1111 11 



Lesbijoutieisde Gap 
sont habiles à mon- 



Basses-Alpes. 




Superficie : 695400 hectares (Cadastre), 698 700 (Service géogra- 
phique de l'armée). Population : 107 231 habitants. Chef-lieu : 
Digne. Sous-préfectures : Barcelonnette , Sisteron, Forcal- 

quler, Castellane. 
— 30 cantons, 248 
Kimniuni s, 1 > coips 
d'arniPL iM uiseili e). 
Coui d'appel et Aca- 
di nue d'Aix. Diocèse 
de Digne (sufliagant 
d'Aix). 

L histoire des Alpes 
se révèle, par frag- 
ments, avec celle des 
di\i-i ses communautés 
qui, chacune dans sa 
vallée , menèrent une 
■vie particulare Sans 
doute, le souci de la 
'\i Imi I M niinune les 
.1 i| M il \ eut entre 



\ 1 iM II - iiiuncs in- 
1 itiiiKs, Il peste, les 
in\ iMons . après la do- 
iiiination des Bur- 
{,1 miles, celle des Wi- 
Mgiiths et des Francs, 
les deprcdations san- 




BAnCELO> 

teren bijouxdes 
étoiles fossiles 
ou pierre des 
Alpes, SOI te de 
panlaciiintr' tiès 
abondante dans 
les teu.uns ba- 
siques de la 
I ontiee. Au di - 
v<ilé de Gap, les 
[iitliui squi srui- 
III s du ( bateau 

il /nll ni (à la 

I II ill 11 sCler- 

I I \ iquent 

I I I ui-N iiile foi- 
li lesse qui com- 
mandait fièie- 
nient, au début 



IdDi 



iince entip Eni- 
lunet Sisti ron. 
,esdiguièies 
dut s'acharner, 
après une pre- 
mière attaque inutile en !î377, pour la prendre de vive force douze 
ans plus tard; les troupes du duc de Savoie y mirent le feu en 1692. 

Personnages historiques. — Guillaume Favel, né près de Gap, qui, 
après avoir étudié à Paris, prêcha en Dauphiné et en Suisse, s'établit à 
Geiiivr, où il allira Calvin, et organisa, de cmici-rt avec lui, la Itéforme 

•l'"i- iri 1,. \ illr ; 1 1 j. 1 1 1 i Hij avcc SOU collabor.i I r M I' r ■ I rh.i--r lie i.rnrvo pour 

-, ^|iii |i.iri-iiurut 

/'• l!<nnn\ ihic de 



lUn.iil 
Lesduiu 
d'abord 
Dauphii 



tira à Neurl 


il. 1. ■ 


né à La Gi. 


\ ' . Il 


lie de Henri 


1 1 ; /•- 


■:inre, né à 


Saint- 


Il Uefornie, 


1 servi 


S;ivi)ie, il al 


jura 1 



■|.(l,. llnirilVen 
i-nii- à (.rrnoble 
(l:/i:i-|r._'i. ; .l/7»s ,/.■ I.ionnr, ^ruinrli-r, e\i-ipii' ili' ii;i|i, sa ville natale; 

U'-l iiirilhiii ITT'.-I^'il : ir iii|.lMii,,:i,. .\],,,i,,. ,■ l:l,,,ir ,/,. /,/ Naulte, comte 
de Ihni/riue . ITjI-IsJu,, nu a Aspres-lcs-Curps ; d aburj collaborateur de 
Choiseul-Gouffier, à Gonstantinople, puis attaché par Talleyrand au minis- 
tère des Affaires étrangères, il travaillait directement avec Napoléon. 



glantes des Lom 
bards et des Sar- 
lasins, ceux du 
Languedoc et ceux 
du Fraxinet M us 
lien ne prouve a 
quel point le pi\s 
était morcelé 
comme le nombi e 
des petits États 
qm surgirent 'sui 
le territoire di s 
Basses- VIp-s, i 
cote des églises 
précédemment 
constituât s Cilm- 
deves, isi nez, 'sis- 
teron, Rli /,DlJ;lll 
qm Lut p lUl ipn 

nm ()l 1 1 ^ uni 
\inc.iit, sts diiix 
pruni, is tvequis 
Fiiii alquipi, Cas- 
tellane, B ircelon- 
nette, satellites 
ecailes du comte 
de Provence, vi- 
vaient à part. Le 
comté de Forcalqui 
par un mariage, à 
Caslellnnr. rbmt 1' 
chissriih Ml lin pa- 
dePrn\vnrr.,|,,i ,N 
Barbari-Hiir.. I n n 




r, qui confinait au domaine dauphinois, fut rattaché, 
la Provence, au xii« sif-rle. A leur tour, les sires de 



ger, ci.imI.- ,1 I; ir. i |,,]|,., qui fut, sous 11- iiiiiiMl. /; ■ ' /■' - ■ -/ .la. 

tige ilr I I --' .'II. 'r. 111, uson provençale. 1.1111 il. - -.::,,.., . /; ,.,,/ 
Bére»:/! I / 1 . li.inl.ul au .vni" siècle, dans lu \ tll ,. .1, Il |, . \ . , mu \ ill. .[n il 
appela linrcflunnelte, en mémoire dr. l,i \illr ijiu lui I- liiM-.ni de sa 
famille. Ce prince aimait les frais pays.ii.. - i\-- \l|ii - il n-hl ut souvent 

à Sisteron, oîi l'accompagnait une cour lu ill mh . , .In uiv savoir», 

comme on disait alors pour désigner la pm-le il, s Irnnli.nli.ni - el des trou- 
vères. La quatrième fille de Raymond Bérenger, liikilri.r, si m héritière (1245), 
en épousant Charles d'Anjou, frère de saint Louis, fit passer dans la 
maison angevine le comté de Provence, avec les droits auxquels il préten- 
dait. Après le règne bienfaisant du roi René d'.injou, la Provence, échue 
à Charles du Maine, son neveu, revendiquée par Louis XI, fut annexée 
avec ses dépendances à la couronne de France (1487). Pourtant Barce- 



LES ALPES. 



LE itIIONE 



199 



;'n de- 
1. C.esl 



.1 Uij 



éch 



Ch.i 

donnera uu tuuile du ! 
voie. Aiiiéilée 1 //, en 
servant p ir des li.ii 
Soltriii.M^ m- .11. 1 m 
frau. lu I . N .11.. 



Ba, 



ud. 



coni[i..-i un [ 
à part, iiiiM-rl,d I esl, bul- 
les hautes vallées pie- 
montaises par des pas- 
sages faciles à franchir 
et inclihé vers le sud par 
les cours du Verdon, du 
Var et de la Tinee. De 
hautes crêtes le séparent 
du nord. Le col de I ucs, 
((ui en ruuipt la conti- 
nuité cnire la de|ii. ssuju 
.le ILIiixe .1 ..lie du 
(,uil, i-t i Jll . m. tri'v 
.1 illitude, tan.lib (|ue ce- 
lui do l'.lciyeH/i'or.duverl 
entre l'Lbavette et la 
Stura, na,ce!,„iNc//e el 
Con,, Il ill. ml pas 
20(10 III. Il - . . Il i.pie 
pnnt. M.| - 1 I 11 ui I ili.iniliinni 
soit lil.i. 11 \ i\ ut d..ric entre 
une SLpii.iUun plus réelle ([u'enlre ci 
piemuntaives. P ir l.i s'e\pli(|ue son r,i 
d'in\a-ion ouverte, au pn.lit dis dues 
briançonnaib, menai 1' |..ii|..iii~ pi. -.ni. 
et le territoire pro\eii. il I . - li .il. - 
nos voisins du Pieni. ml in i- . . I.il 
(|-ais de l'autre versant i|. ^ Mp. ~ ri 
Juan (1^'' mars 1815), prit sa ruut. -i . i ^ i 
Alpes : de Grasse, il arrivait le I. ii.l 
(4mars'l, entrait àSistoron dcii\ i .mis i 
de la, par la grande r..iil .In li i. 

extraordinaires de 1 1 i i . 1 1 i . i 
sant son entrée, au iiiili u I I iMi n 
siasme général, daiiN h . .|i|.il. .I.i 
riauphiné. De Grenoble au\ Tuileries, 
ce ne fut qu'une promenade. 

Digne (7 317 habitants) s'élève 
gracieusement sur la rive gauche 
Je la Bléone, où confluent le 
Mardei'i.^ et le torrent des Eaux- 
Chaudes. C.ir Di^/nr possède des 
sources tliei inales sulluieuses alca- 
lines, eflicaces contre la chlorose, 
la paralysie et les rhutnatisiiies, 
pour lesipielles a été créé un .1 i- 
blissenient thermal, à 3 kiloneti es 
de la ville. Pline et Ptolémée en 
ont parlé. Romaine sous Auguste, 
évangélisée au iv"> siècle par saint 
Domnin et saint Vincent, Digne 
conserve du passé, à l'écart du 
quartier neuf, qui arflmire ;i la 



la Cathédrale Saint-J. i ne . ,i m | 
nefs (xv siècle), coiupl. i..' p.ii' un.' 
façade de pur xiii° si. .1- ; !.' Mu-. . 
départemental, unef. .nluine ni..iiu 
mentale à double p..rli.]iii' .r..i.li.' 
corinlhien, la véiiéi .iM.' hi-iluiu. 
de Notre-Dame-du-lîoui g ,.\i'' siè- 
cle) et ses curieuses fresques, sa 
superbe rose et la tour du xii= siè- 
cle, i.'atlrait des souvenirs double 
celui d'une ville animée, pleine de 
projets et d'avenir. A signaler l'in- 




dustrie originale des 
parures en pierres de 
Saint-Vincent, ditcsf?!- 
criuill'.':. vei'i tables ob- 
jets d'art fails de fos- 
siles et montés en métal 
précieux. Les (^lui's de 
llnilc-, roches fanlas- 
liques où le jîès a percé 
sa route; celles de CAa- 
hrièrcs (19 kilomètres), 
sur le torrent de l'Aise, 
appelleront les tou- 
ristes dans le voisinage. 
A portée de Digne : les 
(.'ndièrrs de Brandis, 
Castellane, surtout les 
incomparables gorges 
du Verdon. 

Personnages histo- 
riques. — Saint Maijeul, 

ililie de Cluny. l'une des 
lumières de son temps 

lin du X" siècle); saint 
.lf(in (le Matha , fonda- 
Pur de l'ordre de la Merci 
..u de la Trinité, pour le 
rachat des captifs, né 



leurs semaines, avant 
uphine et 11 \ allée d,- 



1.1e p.ir le couvert d, s B isses- 
a Castellane, gagnait Digne 
atteignait la Dur.ance, Gap, et 



né ft Moutiers (mort en \'66x]; son 
professeur de malheuiiitiipies à 
nome, historien, ne pi- - .1. liiLU.' 
qui a laissé de c lu u u\ M. n... 
membre de rAcadeiiii.u n.- i Pi./. i.i^l7l> 
tellane; le médecin de Louis MU, Jean S,il 
Fenillée. m- ii Mane, près de Forcalquier i 
nisti- : les marins Desmichels de Chamjif 
savant oralorien liérenoer. né A liiez (17, 
Laurent Bai/le (\i:,-\^\i' : P- \ i. .■ .nu. .1 /■ 
netwe, né h Valeusul. - i:.,, i^im, . / 

tique,néàBaroelu !!.■ ITT, \-i: ■.ll>rr-^ ■ 

ne à Diiiiie ■PMPIN.I. ; I .■.■i-ivi.in fn„i .1, 



'ievre Cas--.' il . 1.1 .PAIx, 

à la fois pluP.-.i.l, , astro- 
..; ; Louis de l'unUs (Ii'J3-1670), 
l'abbé Gaspard Abeille, poète. 



Dnlle. 



iilpte 



.1 li.ita- 
/;, - . / . uu-; le 

i "" ! '"-P'n-d- 

■ -le .-.v/tciVre de Ville- 
■• Manuel, orateur poli- 
'"«/, écrivain et ministre, 
lie Sisteron ( 18'.:î-IS9f,). 




200 



LA FRAiNCE 



Vaucluse. 

Su|ierficie : 3oi771 liectares. rdpuLilion : i.'iSdoii habitants. 
Chof-lieu : Avignon. Sous-piéfectuies : Apt, Orange, Carpen- 
tras. — 22 cantons, 130 communes; io" corps irarmi'e (Marseii.i.i;). 
Cour d'appel de Nîmes. 
Académie d'Aix. Ar- 
chevêché d'AviGNON 
(suffragants : Valence. 
Viviers, ,Nimes, Mont 
pellier. 

La Provence, il^nt I 
dépait ni ni .1 \ I In- 
n'cstijn II I II II ni I I n 
réduit I II I h il III 
ciennc Province / 
marne qui rtliiil m 
rembra«;ure du Mi n I 
littoral ligure \ui m d 
l'Italie au littoril ibi 
rique chemin d approchi 
de la Pininsule Nnj 
bonne -ni 1 i 1 1\ un ]i n 

pelait I 11 I I I I 

et la fl Ml 

Aueuni | ih i n | n 
vaitnii ii\ Mil I I 
jets d I II II II |ii 

rants d I i i i il i 

NaihiN, I I 

PrOMin 1 II II I II 



Jklll M H Il 

par 1 1 \ 1 1 1 I I I I 
ronnt \l n ill I nu 
naît \> Il ni| I II il 

sa clii ni I I ni I I II I 
toiredu I Min n n 
pom ut I 1 I I I iii n 
d'une I i| il I II I I i| 
prochLi I 111! Mil II 

clave I 11 I 1 1 h II III |ii 
unecdii iiM ni I i 

alliée du | n| I 
Pai UUL in^nli I I I 
née cefuti.LttoiLoioni|iii 
con!5er\a le nom de 1 an 
cienne Province et re-l i 
la Provence tandis qm 
l'ouest a\cc NarbonuL 
devenait le Languedoc ( t 
les piys du Var se giou 
paient autour de ^lce 

Au centre, Ma>':etlle 
cite grecque par e\(_i-lli m 
institutions la langue d 
d'elle une fu'Jion de t ni 
delintciiLui avec la M 
ci\disation 1 ait et le ( n 
leurtiaco onfeiaita^ 
cale le plus riche mu i 
intacts tint de bai ban 

Aucun pi uTil n i ni n i 




la vallée du Rlione. Puis vint Charlemagne, qui réunit tout l'Occident 
par le double lien de la même autorité civile et religieuse. Ce rappel à 
l'unité devait tomber avec le grand homme qui l'avait créée. De son 
empire démembré, grâce à la faiblesse de ses .-ucresseiirs. Irnis grands 
États Mii-ii-eiit du traité de Verdun (K43i : les F..:... ., I -I, l,i Germanie 



M:i ni ji 1^ I L.jlli.aireetfut 
dépecée à son tour. Pour 
la seconde fois, le Rhône 
revenait aux Burgondes. 
et comme la région li' Ar- 
les s'était groupé' aulour 
de Boson, beau-l'i'. re du 
roi de France, Charles le 
Chauve , on la rattacha 
au second royaume de 
Bourgogne iiue Ro- 
dolphe II mit bientôt 
sous la suzeraineté ger- 
manique Longtemps les 
empcreuis germains se 
prévaudront de cette dé- 
pendance théorique, poi r 
pretendie n la souder u- 
iKt, di h Pimente, 

niiii I pi\sdelu- 

in I il hnt et de 

\ I 1 Mil I mil pim\ iiten 
M n .l.p(nihL de- louiis 
I e-ii- du NordI 

La Provence au 
moyen a^e — P ur 



I I |ii lin n\ lin C ir 

II// 1 ut du SL- 

II I I \ ilinn de Boui- 
_ _n 1 iiiiiii un do- 
Mi uiu 1 p ut na\ait pu 
(onser\er son inteorite. 
Plusieurs grands fitfs se 
pailagerent au mi" su- 
de, la terre pro\eni aie 
le comte de Pi vienne, 
gioupe autoui d \i\ en- 
tre le Rhône la Dui inc e 
et 11 mer le mimiuiuit 
de Pioience désigne 
Mis-i sous le nnin de 

ml it d \ I msipit (1) 



la ^dllet de LuiLilon- 
nelle détachée a la fin 
1 fiia ri tour par li tiaite 



u de morceaux i la ^cll 



triompli II lli ih il I 11 III ii\ I - I 

cette lobustesse h s i i lin 

éléments conjuies A h m i i i i / 
sans lis pouvoir detrun i\ \ 

Fîancj de Ntustue Osh III / 

sans broniher fondre di lui | ni 11 
Dans 11 dislocation gi II i I I I ni{ n m 
dé\eloppi Di ] I II s gl III I il In M n 

Maut II 111 I I 1 I I 1, n I 1 

conti il 1 I I 1 1 1 

A-ilh I I I I I ni| 

lants d II 1 m lin ni I j i \ i h imn il 

quelques enipeuui Le fuimt les Bubales 
aux autres : après les Burgondes, les Francs 



1 me de rénovation s était 

lit iliii liennes Marthe 
I il i\ Il nt jete dans la 
uni \ lUpclisait la cite 

I in| Il malgré de bril 
il 1 i I idi nce pieferee de 
uetiens qui s imposèrent 

Clovis furent maîtres de 



ce t 1 1 il 
a Cl I 1 1\ 
Allii^ I 
de 11 h 
au b unt 
rdln lî 
P m I 
sunit I 
rm mil! 
San i m 
du Piui 
odieuses 
passer li 



\iii 



Sie,,! plus tard ivignon qui \iMit en elle indépendante, sj 
is) «nos la commune autoiile des papes 

comtes de Provence loi li i>i n d a 17 nb me qm 



'mt (Il ^iide lleiu 1) et leu sit i dilniei le Midi di li ui s 
déprédations Au début du mi^ siècle (vers 1122), un mariage fit 
PioLence sous 1 autonte de Baijinond Èeienget , comte de Batce- 



uonaldtb monts 



LI'S ALIM'S. 



LE lUIOiNK 



201 



piwg 


Mjà^^ 




M 






IM': 




%^:- >«3«^' ^;:-:T^ 






1 . 1. 


\iU 


} 


'1 


Ma 
1. 


ne furen 
l'roieia 


annexés 
e ne fut 
■l.s VIII. 


teluis 


. rli 


,n 


i\r 


li 


.loi 


Ml lin 1' 
i: iiiirruL 


ri 111. ■ni. 
Iuiij.jurs 


distii 


(^liun 


en 


K 


le 


irs 


rapports 


avec les 


s du 


sud e 


ceux 


qu'ils 


avaient 


avec les 


■s pi- 


.[ireri 

Lui 


■ni 


1- 
i-l 


tr 

In 


<1( 

;il 

.Il 


.1.' 1, 


>nne, en 
■:.mle de 

;• ..rence 
.■Ile une 


icatiu 
eut. 


à! se 


dr 


1.1 


r. 


i'I' 


Il IV rin\ 


{garantie, 
asion de 


rh-^-Q 


uini, 


1 I 


.M. 


: . 


- 1 


Mlllilrs d 


.Uxetde 



lone, tiL'e di- la .Iriixii^me Maison pr.ivenrale. Si la ccssiun que ce prinee 
dut .■i.n^.^nlir :i -..ii li'.'p pni-^-.inl v..Niu il.- Siinl-iiilles l'appauvrit du 

,■..11, 1,1 \, iMi-Mii, il - .^iMil .. I.'-I. |Mr la r..ii.l:ili..ii .le Barcehiinette, le 
ci'iir .!.■ 1,1 \,.ll,.' .!.■ Ill..i\.', l!.\ii I li.T'ii;j. r aiiii.iit les pays.ages de 

de ^.■i^^.i.'iir- .-1 .!.■ Ir..iil.,nl...ir<. 

1)11 iiiili.ii .lu \ ■ H. . I. ;i II lin du xui= , la Proî-eHpe, heureuse et floris- 
sante, > .■\. ill ni Mi\ ,-..ii\ ' iiir^- de l'art antique, si profondément entré dans 
son espnt et dans s. s ni.rurs, mais que le déchaînement des Barbares 
avait engourdis et presque effacés, jusqu'au jour où l'expulsion des S.irra- 
sins mit fin, pour ce malheureux pays, au régime de la pein-, C'rljiit 
le temps où, sous l'inipulsinn des évéques et des moines, l'ar.hileilure 
et la sculpture, de trn.llli.H i..iii nn., [.r.i.luisai.Td .les (e livres adiiiinilil.s : 



cloître et portail d./ -uni h i.linn 
Saint-Gilles, œuvre .■.i|.ii.l. .!■ .H. 
renaissance de l'art. Av. . I - ^i.n.l. : 
abbayes, les châteaux .La h .i. ni I i-iL 
des lettres : Avignon, .\i\ ..\ n. ni l. m 
cours d'amour; lapoesn, .n |...li..inl l.^ 
esprits, mettait aussi plus d'anienit. 
dans les mœurs et faisait de la Pro 
vence une oasis, au seuil de l'Europe 



■:ile 

Mar~.^ill.^. siiM'il.- |..r|. - ^.i.ri.- r.li^i.^uses; 

,!.■ la Fn.n.l.'. n.-n : ,1.' I . |.. -n- .|in .l.'|..^lipla 
Marseille, en ITi», et s.^nilil.it .■.^..■i|. ]..■.■ a .■.II.' |. i iv .h, -,,|, M. ,,n, II,, fai- 
sait peri.idiqueuienl de triTud.js li.j.a|..iiil.. ~. I. a. ■.■,■"!. .11 ,|.^ M. ni. .11 et de 
Riiquiliriine, souli;vrs contre le prince de Monaco en ls4s, la réunion de 
Xice et de la Savoie, en IsGO, ont achevé de grouper autour du même foyer 
la gr.inde famille française et la famille provençale. Aix, ancienne capi- 
tale de la Provence, en est restée le centre judiciaire et universitaire. 
Mais, en Provence, la vie est partout : à Marseille, Arles, Avignon, d'où 
la sève provençale vient de rejaillir en fleurons magnifiques. 

Avignon (49304 habilants) eut, en Provence, des destinées 
particulières. Après avoir subi tous les Barbares, passé successive- 
ment ili'sWisigotlis aux Francs, puis aux Burgondes, aux comtes de 
Provence et à ceux de Toulouse, avec le comtat Ven.nissin, lasse 



Naples, ce prin..^ anil.|h.^ii\ allir i -n 
la Provence .!.■ I.^iiil.l.^^ ii'|.r.'- .ill.'- \i 
contrains, Hvnr il' I///..;/. ilil |.- I...!. i ■■ 
René ■■ \\:.\-\ iS" . lui ]. ■ h- l'i ■• • << 

çaux un Inallr.' .1.1. ..lin nn .1 ■ ' I i ■ 
fort épris .1 - I lli.'-. .L- arl- . i ! 
bien de ses siij.i- l.. lni,.liiijni nn 
partie de sa vi., -a r.'-i,l.n. .■ ..nlinain^ 
11 légua ses l-llal-, .■n ni..iiranl, a >..i 
neveu Charles du Maine, dont lastu 
deux Louis XI sut capter la confianc 
en se faisant promettre l'héritage de se 







202 



LA F II A i\ CE 



administrée par des 
consuls. Assise au dé- 
bouclié du Rhône, sur 
la plaine et presque en 
vue de la mer, la cite'' 
avignonnaise ne pou- 
vait manquer de pros- 
pérer : elle ne sut pas, 
en se donnant des lois, 
éviter l'anarchie. Dans 
l'enceinte de ses rem- 
parts, les quartiers di- 
vers s'entouraient 
i d'une muraille proli^r- 
trice, les maisons se 
crénelaient, des tours 
se dressaient comme 
de véritables citadelles 
intérieures : l'insécu- 
rité était la règle, la 
guerre presque end' - 
mique. Avignon fut à 
qui voulait la prendre. 
Déjà le roi de France 
avait investi le Saint- 
Siège des droits qu'il 
possédait sur uni> pai lir 
apanage des rois ilr .\,i| 
la reine Jeanne, icllr-i 
apparence de corijplirii 
grie, vendit son (l.uii.iii] 
le comtat Venaissm, y < 
des souverains Ponlil'ei 




le son leii iioire; le reste étant passé comme 
es, ((Unies lie Provence, entre les mains de 
|i"iir se Iili('rerdu souci que lui créait une 
'l.iiis la mort de son mari, .\ndré de Hon- 
.(viiriionnaisau pape Clément VI. Ainsi tout 
inipris Avignon, se trouvait sous l'autorité 
(13'i8). Alors commence une ère nouvelle. 
Les factions qui désolaient Rome en avaient rendu le séjour into- 
lérable à la papauté. « On ne trouverait pas, dit M. Gebhart, de 
Charlemagne à Bonifare VIII, dix; |ieiilifes (|ui n'.ii'iil (-I'' |(ers('- 

cutés, outragés par le peiiiile i aiii dii les jeil.l.s, , li,i-~,.^ iiailms 

à coups de pierres, rap|iel('s, sans (csse liuniire's |iai- |i' i :a|iiliile. 
toujours effarés et tremblants t-n l'ace de ces bannis (h. ni h s Inirs 
se dressaient comme une forêt sur la ville. » lians ( es dillii ibs 
conjonctures, Bertrand de Got, archevêque de lèndi an\, l'iail i'\r\r 
au souverain pontificat. Philippe le Bel, dont cette clcvatinu était 
l'œuvre en partie, sut persuader nu nouveau Pontife qu'il convenait 

au premier pas- 





nnit XH fl3.?'i-13',2), 
rlr,„rnlVI l?.'ii-\:V.\i), 

Jnnnrnii VI \:'.:\-2-\:\*\i}, 

Urhaia V { l3G-2-loT0J. 
Grégoire XI[ï?,-Q-\Ti&). 
Les Romains criaient 
à l'apostasie, repro- 
chaient au pape d'être 
Français et, comme tel, 
sous la sujétion du roi 
de France. Urbain V 
essaya sans succès de 
rentrer daus la capi- 
tale romaine : Dante, 
Pétrarque, l'opinion du 
monde chrétien y rap- 
pelaient le pape, suc- 
cesseur de saint Pierre. 
Une simple i-eligieuse, 
sainte Catherine de 
Sionne, trouva, dans les 
inspirations de 
sa piété, les rai- 

Gréyoïn: XI Aiins 
la capitale des 
papes, le 13 sep- 
tembre 1376. 
Deux ans après, 
il y mourait 
(27 mars 1378) et 
le grand schisme 
d'Occident met- 
tait dans Avignon 
deux antipapes 
successifs : Clé- 
ïiient VU (Robert 
de Genève), d'oc- 
tobre 1378 à sep- 
tembre 1394; Be- 
noit X/// (Pierre 
de Luna), Arago- 
nnis originaire 
(l'Ilnesea , cou- 



^1409, 1417), 
mort en novem- 
bre 1424 à Pa- 
niscole, en Ara- 
gon. De 1376 à 
1691, des légats 
remplacèrent le 
pape dans Avi- 

l'l uLiiiu,, ^'""'' P"'*' ^'^ 

furent des vice- 

l'yiils, subordon- 

n( s i unt Consii »ilion de cardi- 

uiu\ £t dt pu lits, établie par 

hin(.L< ni \II d. 1542 jusqu'à la 

Mill di I uHRM m au lojdume de 

liuKe piononi^ee le 14 septem- 

bie 1791 par 1 \ssembke nationale, 

etiatifu e pai 1 article 6 du traité de 

lolentino en \ei tu duquel le pape 

lenontait a ses dioits sui Avignon 



d le 



itat ye^w^^s^^; 



du 



des iKits [Il tliLUis Sun succes- 
seui J( uiWII etint éveque d'Avi- 
gnan loi squ il fut t lu pape continua 
d habiter son pahis » piscopal et se 
contenta de l'agraiidii-. .Mais ce palais- ' 



LES ALPES. 



LE UIIÔNE 



203 




nesuflisuiliiliisauxi'xii;rnri'sclui.'ijuvrnii'nii'nt, ni surtnut à l;i ilt'IVnst» 
de la paiiauli'. Bnidit XII, nidini' cisIciciiMi nommé Jacques Foiii- 
iiicr, ori-iiiairc (lu cdinh' dr Fmx. sii.'.rssi-ur de Jean XXII, éleva 
sur li's diluis inriiirs de la résidence ('iiisi-opale les premières con- 
slnicliiiiis du palais aii'istuliqiie. Ce fut un monastère enclos dans 
une forlen-sse; au lenire, une cour carrée s'enveloppait d'un cloître 
aux larL'i'S airades, appuyées sur une muraille extérieure que 
(lanquaient, aux deux extrémités, la tour massive de Trouillas et la 
tour de la Campanc, ainsi nommée du campanile à cloche d'argent 
qui la surmontait. Plantée sur le roc et haute de 66 mètres, avec 
des murs épais de 4 mètres à la base, 2",o0 au sommet, celte 
tour formait un véritable donjon douiinant tous les ouvrages du 
palais. Une seconde série de ( ousir ui Imus, qui furent l'œuvre de 
Clément VI, d'Innocent VI et d'LiLain V, mais surtout du premier 
pontife, compléta l'ahbaye-forteresse de Benoît XII. 

Le caractère guerrier del'extérieurn'est pas moinsaccusé : li' liui:: 
des courtines s'échelonnent des créneaux et des màchnoulis. 
grandes arcades ogivales enjambant Tinlervalle des conliefoit- 
extérieurs et permettant de balayer, par de véritables avalanches 
de projectiles, les échelles des assaillants ou les mineurs assez 
hardis pour tenter l'approche des murailles. Un ouvrage fortilie, 
entouré de fossés et garni de redoutes, gardait la porte d'entrée 
pi incipale, au lieu de la rampe banale qui le remplace depuis \Sol : 
deux tourelles la surmontaient et portaient le pennon pontifical; il 
n'en reste plus que les attaches en encorbellement. Le palais apos- 
toli(]ue était, au dire de Froissart, « la plus belle et la plus foi le 
maison de France ». Car l'intérieur fut aussi beau que l'exIi lo iii 
•était sévère; les plus célèbres artistes d'Italie furent coum' ■■ i h 
décorer : Florence, Pise, Sienne, Pérouse envoyèrent d'ailnm alibs 
irosseurs de fresques. 

Tout un monde gi-avitait, dans la \ilb' dis papos, aulnui- de Irur 
palais. Les |iiinces d'Italie, de Franer, ilr (,.i niaiiie s'y i nu onlraienl 
avec les ambassadeurs de Byzance, le kliau niemc dis 'laitares, 
auprès du souverain Pontife, alors l'arbitre de la paix du monde. 
Evêques et seigneurs, marchands et pèlerins, poètes et artistes, 
gens de métier habiles à profiter du mouvement, aventuriers de 
toute sorte y venaient, attirés par le prestige et l'éclat de la cour 
pontificale. Avignon, la Rome d'Occident, atteignit alors l'apogée de 



sa foiliine : dix-neuf conciles y furent lenus, tous les ordres reli- 
gieux de l'univers eliit'tien y étaient représentés. En aucune cité du 
monde ne s'i iilemlaient de pareils carillons. Dans la mêlée d'une 
|iopulation eosiiio|iolite avide de fêtes, d'honneurs et d'argent, il 
serait à peine croyable que des désordres ne se fussent pas produits. 
On accusait le fasie de Clément VI, qui fut un grand seigneur sous 
la tiare, et, quoi que dise Pétrarque, se montra un très noble et très 
méritant pontife. Son entourage ne le valait pas. 

Que reste-t-il de ce brillant passé et de cette richesse d'art accu- 
mulée par les papes dans leur palais? Si la masse du noble et impo- 
sant éiliilee liiMit encore debout dans ses parties essentielles, bien 
ipie di'li^'ui ( r. Iiiili'i ieiir en a été mutilé, dépecé, vendu, sariai;i' 
Coin me à |iLii-ir p.ir di's liarbares obtus, dignes émules de ceux ipii, 
au IV' sièi le. ili iH.iiii.irnt des forèls de la (lermanie. Le iiuins. en 







_^"'''-'. 




^p,7' 


' ■ 1 . 


o 


âtt 





IltblDLN ( E D 1.1 I 



204 



LA FllA.NGE 



eiïc-l, n'est pas seul respon- 
sable de cette déplorable 
ruine. Même après qu'ils eu- 
rciit quiHé Avignun pour 
Ruine, les papes n'oublièrent 
pas leur palais des bords du 
Rliône. Maitin V, en 142i; 
Julien de La Ilovère (depuis 
Jules II), en 1472; le grand 
pontife Léon X, en lol4, con- 
sacrèrent des sommes éle- 
vées aux réparations et à 
l'entretien du palais d'At'î- 
gnoii : une taxe fut établie 
pour cet objet sur tous les 
revenus ecclésiastiques du 
Comtat. L'œuvre réparatiice 
du cardinal de Glerinont-Lo- 
dève, légat de Léon X, se 
reconnaît sans peine. Mais, 
peu à pou, les vice-léyals , 
comme peidus dans ce palais 
tiop vaste, ne donnèrent d'at- 
tention qu'aux parties utili- 
sées par eux, laissant le reste 
à l'abandon. Le grand esca- 
lier, dont les marches étaient 
de marbre, dut être réparé 
en 1639 par le vice-légat Gas- 
par Lascaris, à l'occasion du 
passage de Louis XIV, qui 
séjourna au palais, du 19 mars 
au 1"' avril 1660. Le roi se 
rendait, suivi d'une cour bril- 
lante, dans le Midi, pour 
épouser Maiie-Thérèse d'Es- 
pagne. Deux ans plus tard, 
comme le duc de Créqui avait 
été insulté dans Rome par 

les gardes corses du pape, Louis XIV fit saisir le Comtat et la ville 
d'Avignon, en même temps qu'il signillait h Lascaris d'avoir à 
s'éloigner, jusqu'à excuses cnnipIMes pour l'injure faite à son am- 




,1111811) 
le d Avi- 



Deux dcLicts 1 
^23a\lll 1810 et 8 
djant donne a la \ 
gnuii la nue pi npi u le des 
prisons et de s I I m [m |- 
qups AMgnonn 1 1 >- , , nt 
d sauvei ce ijui i ^i ni ,| i i 
décoiation iiitcuLUie : une 
dame Baitet (1819) pioposa 
même d enlevei les fiesques 
pai un piocéde spécial et de 
les tidiispoitei sui toile poui 
les dounei au musée du Lou- 
\ie, ou d celui de la ville. 
I ddministiation du Musée 
lepondit que ctia n'en valait 
I is I I I I Mil Telle fut aussi. 

Il 1^-- I I K ponse d'un ca- 
I II lin In -I me au moins 

n II il iiii liMii 1 \( us( ' En- 



bassadeur. Le comte 
tolique (1662), le déclai.ui ; 
décoration intérieure di'> pin 
Dans les salles consistai i.i|.> 
de la Renaissance italienih , ( 
Survient la Révolution, 1^ 
papes, devenu bien national. 



III. rli;ii -•■ il nirll|"|- \i- p, liais apOS- 
i-n |u.s iiilnliil.ilil.-. Crprinlant, la 

|ii lin i|>ales ii avait pas tmp souffert. 
'■^ ^.'landes fresques, chefs-d'œuvre 

m niaient intactes. 

Il ri il'annexion (1791); le palais des 

■>l abandonné ou transformé en pri- 



son. Le décret de la Convention nationale du 25 juin 1793, qui 
instituait le département de Vnucluse, ne changea lien à ces disposi- 
tions. Dans l'intervalle, le Conseil général de la < ommune d lu- 
(jnun (l»"' octobre 1792) avait voté la démolition de cette Bistille 
du Midi, terreur des patriotes». 
Etce fut, en attendant, une ,:\i 
rièrc de pierre et di' m niiie 
où chacun puisait à I-imi 
« Les tuiles, le fer, le Imis. imi 
disparut, dit un conteniii-iain: 
il no restait plus ni ]i'iih ~. n 

fenêtres.» Des casernes I n 

établies dans l'en. e,,,ie. .■, ,v,t. 
des prison.; a la pla. e ,|,.s e|.- 
gantes feneti rs gulhnines, li.iil- 
lèrent de grandes ouvi ituiev 
carrées, d'une banalité laineii- 
lable; on coupa les i;aliMie.; |,i 
gi-aiide salle rcn-i^iiri île lui 
divisée en trois eia^ex p nu inic 
des dortoirs, et les IVes,|iie- 
élincelantes qui couvraient se^ 
parois disparurent sous um 
épaisse couche de badigeon, or 
bien furent mutilées, di'truiles 
Un amateur fit enlever les nie 
des personnages pour s'in lam 
des tableaux et les revendre : 
ce fut la dévastation complèlcl les vikux hemparts d. 



pressant pour la conservation 
et la restauration du palais 
pontifical, Napoléon 111 décida 
que tout se ferait h la charge 
de l'Etat. Les événements 
de 1870 entravèrent tous les 
projets : les plans de Viollet- 
le-Dnc lestèrent inexécutés. 
En 1878, le département lit 
transporter ses archives au 
palais : c'était un premier 
pas; on répara la chapelle de 
Benoît XII; l'architecte Re- 
voil dressa et fit approuver 
ses plans de restauration. 
Enfin, des casernes spéciales 
ayant été construites pour le logement des troupes, celles-ci se déci- 
dèrent cà partir, en octobre 1906. Grâce à la WUe d'Avipnnn et à la 
Commission des monumenls histoiiipn'S, l'o^ni e de lestauialien est 
COmmeiieee. (hi a d.^a-" la Liaiele sa I le en ,,h -h n laje , 1 e 1 :1 .• ne 1 1 1 VI 
(dite chapelle 1m.~.' . ihmi |e. vaih'^, re|.n,, l.uit sur une ,,,ii^ée 
centrale de (iii,| eolmnies, ,1.. iivenldeux vastes nefs dmil les murs 
étaient mm s de peinimis ni,ii:nili(]iies. Quelques figures de pro- 
phète>, Ineii i|u eihluiniii.i^'i'.>. dennent l'idée de ce que devait être 
cette splendhle ih'euialioii, u'uvie probable de Simeone Memmi, de 
Sienne, ou peut-être d'Orcagna, le maître décorateur du Campo 
Santo de Pise. La chapelle haute n'a de remarquable que la hauteur 
de ses votîtes (16 mètres) Apiès avoii admiie une gi u leii^e pt tite 
galeupih \in.,t tidvees, I on passe, dlapaitieoiientil I I m iiN 
dans h toui S unt-Jean qui lecele un oiatoiie aux d h i I i- 



>coi 




(unu I un iMiilie d ^ it i he 
M tl ( I \ m tti, dont le nom 
si I \ I I 11 uiicomptedel34b 
di 1 se ui\ ln,hl\esdu^ ilican 
La toui de Tiouilln^, lesenee 
(hns le piincipo aux appiite- 



8(1 



inesui 

la derli\it( e\l I i 

ties sui 1 autit I 1 Is I 
ties de Idige LU tiil luli I i& 
plus élevée et suimontee d une 
toui de guet, on la entouiee, 
1 Ml I 1 ( nservei, de deux im 

I II I 1 s de fei Les h 

1 I 1 I lusiidicules se sont 
lin II I 1 a son sujet on 
I pus la du ininee de la cuisine 
pontificale poui le four a louju 

II s insti uments de supplice dans 
une silh des Toituies, bien 
qu il soit avéré qu il n y eut 



LES ALPES. — LE RHONE 



203 



jamais de prison dans le palais des 
papes au temps de leur séjour, et 
<|ii(>, s'il y en eut, ce ne fut pas du 
et; cot-'. Mêmes légendes à propos 
de la salle Brùl.'c'qiii faillit som- 
brer dans le va>te inr,.ndie allumé 
l>endant le siège que soutint l'anti- 
pape Pierre de Luna contre les 
troupes de Boucicaut et les Avi- 
t'uonnais restés fidèles au pape de 
iiome. C'était en 1402. Malgré la 
petite armée d'Aragonais et de Ca- 
talans qui l'entourait, Pierre dr 
Lima (Benoît Xlll) allait être con- 
tiaint de capituler. Or, un grand 
soulerrain, sorte d'égout, proba- 
bliMui'ut d'origine romaine, s'en- 
Innci', à partir de la tour, jusqu'aux 
prtils canaux souterrains, ou sor- 
i/iirtles, qui traversent Avignon pour 
aller se jeter dans le Rhône. C'est 
par là, qu'une nuit, Pierre de Luna, 



(le Mnnlinajuur, le prit et lit force 
(le rames vers Cliàteaurenard. C'est 
encore au pied de la tour de 
Trcjuillas que, dans la nuit du 16 au 
17 octobre 1791, soixante mallieu- 
leiix prisonniers, hommes, femmes, 
vieillards, adolescents, furent mas- 
sacrés à coups de hache, de bamn- 
iiettes, de barres de fer, pendant 
que leui sinisti t b "n i m / m I 




. U M L N r ( O M M K M O H 



liUMOX DU CO.MTAT VENAISSIN A LA FRANCE. 



I-. (I 



maitie 
lant a 

Il nt SL' 



lii" 
J( m 



\\l 



iolitiim, \„I,,-Dn 
Il dans son obscuii 
mit a diverses 
Il pu- ~ Il (hn. I , loman d oii- 
..ini , iLiinsim m bdle coupole 
1 1, bii n qu lin 1 ut dépouille de 
1 1 ]iliip ut di s (1 uvies d ait qui 
I mil lient jinssidi un siLge pon- 
tilii iltnmubn du xiii» siccle, 
une ViMyede Piadiei, des iieui- 
tuies de Deveiia, une riac/elln- 
liiin en aigent, pu Puget, et, tu 
t\mpin du poiclie, imite delan- 
iiqui ile> fiisqnis de Memmi 
I istitui di la \ H ige, hissi'e au 
s.iniiin t di 11 toui, est di 18j9 
Sui 1 esplanade \oisine, le biavc 
( nlbm un peu seul, p ii ide sui 

Le roi'lier des Diims, dont les 
[iremiei s degri'S servent d'assise 
au palais aposlulique et à la ca- 
(héiliale, monle en pente rapide 
par lies escaliers et des avenues 
diiibrenses qui sertissent de leurs 
massifs viM'tsunlac, un ruisselet, 
(le fiaiclies retraites et des tapis 
lleuiis, jusqu'au plateau culmi- 
nant qui plonge à pic, de l'est 
et .lu nord, sur la vallée du Hhône. 
Au bas des rochers en surplomb: 
le lleuve, l'île de la Bartbelasse, 
comme une corbeille flottante, 
avec ses champs, ses bosquets de 
vigoureuse venue, piqués d'auda- 
cieuses maisonnettes que n'ef- 
fraient pas les emportements du 
(leuve qui les enlace; car de lui 
viennent les grasses alluvions qui 
assurent une abondante récolte. 



Franc 



- II. 



du palais. Au pud nu ni( de 1 esc u peinent les aiches d. m inli I i - du pont 

son oigie de Samt-Bem ze t, le bac, semblable a un jom I I ni mi ■-h-ik ndu 

Ml tunes au fil pusqui invisible qui conduit a la iivi di - - n-. i jsiopi- 

lu I il us qui s (Il I luln iiili du fleuve, aux eaux fau^e--, de m ip slutuse 

II! m I iliuii liliui(l( 1 liilip[ie le Bel, issue d une opulente feuiUee, sui 

son loc, le foit Saint-Andie, 
doK pu 11 s ans, et, tout la-bas, 
1 1 11 uite silhouette du Ventou\, 
IV int-(ouieui des Alpes, qui 
Il un lhoii7iin II n v a pas, sous 
Il (itlduMidi, de passage plus 
nnbb [dus iiclie et jdus liant Le 
lui li( 1 di s Ijiiiiis fut 1 aciopolc de 
Il pi( mil 11 1 l( d iiii est né Avi- 
•liii'ii ( \i ( pi. (lu ^iid et du sud- 
I ui si ( 1 II. p. sillon et ut pi iti- 

I i ville moderne ( l'i {il'i b i- 

1 II plaine, au pied du Palus 
ili s pajies et de 1 ancien hôtel 
des Monnaies, lourd édifice qui 
(•viMlue, par son rez-de-chaussée 
en liossages, les palais italiens 
de la Renaissance. A la solitude 
un peu irisie de l'esplanade pon- 
lilii ,ile Ml. '.■.'■dent sans transition 

le M ment et le bruit de la 

plaie de rikUel-de-Ville et de 
l'Horloge, vrai Forum d'Avignon, 
ou l'on vient, sous prétexte de 
musique, ou même sans prétexte, 
voiretêtre vu, deviser entre amis 
il regarder des gens qui regar- 
dent. Tout Avignon est là, dans 
les beaux après-midi des jours 
de fètc, comme le tout Venise à 
la place Saint-Marc. Il manque 
seulement à notre cité avignon- 
naise le cadre grandiose des ar- 
cades de marbre sur le front 
rutilant de la basilique véni- 
tienne. Cette place pourtant n'f st 

18 




L uu T M KA nu; . 



206 



LA FRANCE 




pas sans beauté : le mrmiwicnlda Centenaire, par F. Cliarpentier, érigé 
en mémoire de la réunion du comtat Venaissin à la France (1791); 
la gracieuse faraùe du Tliiâtre; l'Hôtel de ville, b;Ui en 1845 à la 
place d'un ancien palais cardinalice dont on a judicieusement con- 
servé la tour de l'Horloge, avec son campanile du xv siècle, si joli- 
ment coiffé de clochetons et muni d'un jaquemart : cela n'est pas 
d'une banale ville de 
province, à la mesure 
d'aujourd'hui. Une 
grande rue droite, 
l'une des rares qui le 
soient en Avignon, 
l'avenue de la Répu- 
blique, conduit la 
vue, de la place de 
l'Hoiloge à la porte 
de la gare, entre une 
double haie de maga- 
sins, que rompent 
agréablement quel- 
ques bouquets verts 
et la retraite ombra- 
gée du sipiai-e iiuverl 
dans l'dncirn pai i 
des Celestins. Ou le 
nomme :iiiint Mm - 
tifrl, parte qu'il s'a- 
dosse à l'église béné- 
dictine de ce vocable 
(xiv' siècle), dans 
laquelle loge un tem- 
ple protestant, et aux 
bâtiments conven- 
tuels qui ont reçu la 
collection d'histoire 
naturelle due à Esprit 
Requien. Dans le 
square, monuments à 
ce savant, à Perdi- 

guier, à Roumanille, l'ardent promoteur de la renaissance proven- 
çale qu'a immortalisée le génie do Mistral. 

L'ancienne librairie de Roumanillo existe encore dans la rue 
S«m<-A(;)-iC((/, presque en fare >\r niir l'-lisc, oit repose le peintre 
architecte Pierre Mignard (rcl.iMc dis linni^ par Boachon, Vierge 
de Coysevox, tableaux anciens^. L'igli-sit, à. laquelle on accède par 
un perron latéral, remplace, depuis les xiv°etxv'> siècles, un ancien 
sanctuaire fondé par saint Agricol, vei-s la fin du vu' siècle. Sa fa- 
çade est agréable, bien éloignée toutefois de la riche et harmo- 
nieuse décoration qui fleurit la porte de Saint-Pierre (façade cons- 
truite de 1512 à 1525; vantaux en bois, scul|ités par Antoine 
'Volard; chaire du xv'= siè- 
cle; tableaux de N. Mi- 
gnard, P. PaiTocel. Siniiin 
de Chàlons; retable de l'rr- 
rinet Parpaille, par Iniliert 
Boaclion; tombeau des (ia- 
léan-Gadagne). 

L'église Saint-Didier, bâ- 
tie au vil" siècle par saint 
Agricol, reconstruite au 
xiv° siècle, possède l'uiie 
des premières œuvres de la 
Renaissance, exécutée 
en 1481 par l'Italien Finii- 
cesco Laurana, retable en 
ronde-bosse (le Portcnn'iil 
de croix), provenant dr 
l'ancien couvent des C.é- 
lestins. 

C'est un dédale que le 
vieil A vifjnon, un régal par 
les surprises de ses rues 
originales : dans celle des 
Teinturiers (clocher go- 
thique et restes de l'église 
des Cordeliers; grosses 
roues mues parles eaux de 
la Sorgue) ; place Pie : la villeneu vk-li 




tour Saint-Jean, restes d'une commanderie des chevaliers de Malte; 
rue Banasterie : chapelle des Pénitents noirs, entièrement revêtue 
de boiseries d'un grand prix; rue Carreterie : la haule tour cou- 
ronnée de mâchicoulis qui fut le clocher des Augustins ; même rue : 
façade du xv<= siècle, qui servait d'entrée au couvent des Carmes; 
rue des Fourbisseurs : maison du xv= siècle, à deux étages en 

encorbellement; rue 
Galante : la maison 
dite de Mignard; rue 
de la Masse : hôtel des 
ducs de CriUon; rue 
Josepli-Vernet : cha- 
peHe en rotonde des 
( iralorieiis; rue Saint- 

Ihinuc dilr de la reine 
.Ira mil'; rue Dorée : 
aiirirn huleldeSade, 
"IL la liadilioii veut, 
sans raison plausible, 
.[u'ail habité la belle 
l.aure; près du 
llhône : l'hôtel du 
l'alais-Royal, où fut 
assassiné le maréchal 
Brune, en 1815. 

La perle artistique 
d'Avignon est son nni- 
u'e Calvrt, installé 
dans un bel hôtel du 
XVI 11" siècle : ses col- 
lections archéologi- 
ques (égyptienne, 
grecque, romaine, 
bronzes et verres an- 
tiques) sont d'une 
rare valeur; les Par- 
rocel, les Vernet, les 
Mii.Miai,l suiii liiniie- 
présentés dans la galerie de peinture; en si iil|.| m r, jr /•',,;,„, ri le 
Merctirede L. Brian. Une bibliothèque de 150(iii(i vdluim > . -I adjointe 
au musée (près de 1000 incunables, plus di' oUOO maiiusci ils, édi- 
tions rares du xvi'" siècle dont le premier fonds vient des richesses 
bibliographiques eonlisquées par la Révolution sur les établisse- 
ments religieux) ; ajoutez les documents du D"' Calvet. 

Les remparts, construits par les papes, s'harmonisent heureuse- 
ment par leur architecture avec celle du palais pontifical; ils enve- 
loppent complètement la ville de murs épais, flanqués de tours 
rondes ou (•ari(''es, dent l'enceinte est per( l'e de se|ii portes que 
protégeaieiil des chàlelels. Créneaux et mii clin ,,u lis aihiiir,'.s coiiron- 
neiil les eiiiirliiies et les 
tours : la grande porte don- 
nant sur la gare (œuvre de 
\i(dlet-le-Duc) fait à la 
ville une soi te d'entrée 
tuomphale. Qui n'a pas vu 
le fameux pont de Saint- 
Bnii.it, ancetie du pont 
^ mi(-l sjuit, ne peut ap- 
pii ( it I h coulage et l'au- 
dace qu il lallut, alors que 
toutes les traditions de 
lait romain avaient som- 
bii dans la glande nuit des 
iinasions baibaies, pour 
nseï, à la fin du \ii= siècle, 
avec des mojens rudimen- 
taues, opposeï au cours du 
Rhône un ouviaue qui a 
bi nf toutes ses fureurs, 
lui uil plus de cinq cents 
m I ll77àl679,oùdeux 
Il In ^ SI lompuent). Com- 
be Il (Il jmnts modernes 
pmiiioiil en dire autant'? 
Onze anni es suffiient pour 
meltie deboutle pontSainl- 
l'.enezet, alorsque le pauvre 



•-ONTAINE DE L. 



LES ALPES, 



LE RllOiNE 



207 




ouvrage en charpente qui le remphira, an d'imt ilu sirclr di-rnii-i-, 
mit treize ans f I8Û5-1818) à se planl'cr arl„,ul. In niai;nili.|iie pont 
de pierre traverse aujourd'liui le Rlunif, en aval du pont suspendu 
qui suppléait tant bien que mal au pont Saint-Benezet. I.e véné- 
rable pont ne tient plus au rivage que par quatre travées. 



possedut dix huit et enjambait le 
(alois du cote d Avignon) 1 île de 
passeï i pied sec sous les ai ceaux) 
de \illeneuve Despile Uf n.u 
voie fa\oiisaiont 1 ul m ni 1 
culee est h itie la ( Il i| Il I s uni 
Philippe le Bel et 1 Lh a 1 t ncoie 
exist mt d ms les i empai ts, qui en defen 
daient les deux exti émîtes 1 omi i_e 
mesui ut enviion 100 meties Cetaitle 
tnit d union d( 1 1 t( ne de Fiince avei 
la Mlle dt s ]! ipes et nant cu\ uvct la 

Pi MULe 

\illincuii' sui liutie ini fut aux 
xi\ et w^siLcles le \ersaiUPid {it/niin 
les lois de Planée et, a leui dcfiut les 
gouveintuis du Languedo( , j sepui- 
naient fréquemment les caidinaux ^ 
avaient leui n sidence d été de la ei s u 
cades ces poi tes de haute allure ces u 
moines ces feneties seigneuuales que 
lencontient ca et là les yeux suipiis 
dans cette ancienne ville aujouid liui i 
peu pies déseite L église était crénelée 
son ancien cloître (du xiv" siècle) abrite 
aujourd'hui dt-n charrettes, des provi- 
sions ni.u.ii' lii'i ■ <, il. s (li'bris innoin- 
mahlrs. I„i ( li,i|i.'llr cl.' I llù|iital conserve 
le inaiiiiilique tombeau du pape Inno- 
cent VI; dans les hautes salles de réta- 
blissement existe un véritable musée de 
toiles, dues, pour la plupart, à des ar- 
tistes provençaux : on l'a dépouillé d'une 
superbe Pietà au profit du musée du 



h.unaue du Rhône 

I I I II Ml I I ou 1 on pouvait 

II .1 III I I I I du ileuve en face 
uini ul t d Ijmpans a claue 
glandes eiux sui la deinieie 

Nicolas Entie l\ toui dite de 




l.ijuvre. (hi pourrait errer longtein|is dans les dépendances du vaste 
riiiliis que fut la Chartreuse de Villmcnve : junte monnnientale, 
petits cloîtres gothiques, cellules ib'^ umoih ~. 'n'i nirln ni (!'• |i.iuvres 
gens, vaste cour à puits central, csi il, i ^ ,|. Kd i . -. |. n. i n ~ ri j, mi- 
beaux de la plus pure Renaissam r, i .i,.)!!! > il m^i\ i > -;iji> Mippurt, 

la boulangerie de l'abbaye avec suu ancien luni . la cliapell.- [leiiite 
à fresques: c'est un labyrinthe, une misère de choses croulantes 
sousune parure flétrie etrongée par les ans. Quel merveilleux musée 
on ferait là! Au-dessus de la Chartreuse, le {oviSaint-André enclol de 
ses remparts, flanqués de deux grosses tours fauves, les vestiges 
d'une ancienne abbaye bénédictine et les débris d'un village effondré : 
de ce dtlabiement extrême à la ma- 
_nilii|ue tt plantuieuse natuie qui par- 
tout M pi idig'ue au dehoib sous le lumi- 
ni ux I lel de Piovenie, le contraste est 
poignanl 

Dans le laNonneiiunt d V\ii;non : le 
pont du Gant, a [ ou> '^l, Banu-ain; T<i- 
ra\crin, Arle^, au sud, au sud-est, Saint- 
Rànij, les Alpines sauvages, aux senteurs 
de thj m et de la\ ande, encadrant l'extra- 
oïdinuie cité des Baur; Montmnjour et 
son \ leux rloitie i a la descente sur Arles) ; 
Caiaillun (aie de tiiomphe, cathédrale 
lomane), a I est, Apt, Gurdes, SenaïKpie 
(abbaje du xu" siet le, viai bijou d'ar- 
chitecturel, l'Isle-sui-Soigue, et l'im- 
moitelle fontaine de Vaucluse, Pernes, 
Vcnasque sur la ^esque, Saint-Didier, 
Carpentras (ancienne capitale du Com- 
tat); Montmirail (eaux minérales), le 
Ventoux, Vaison, Malaucène et la source 
du Groseau, au bord de la séduisante 
vallée de rOuvèze (ancienne capitale des 
Voconces); au nord enfin, la cité ro- 
maine d'Orange, son théâtre-forteresse 
où mille spectateurs peuvent encore 
goûter l'illusion et la grandeur de la 
scène antique. 



RBENTANE. 



208 



LA FRANCE 




tstiint s (K lauile JnsephVeuiet(\l\-t 17S')),pa\SHf;isl 



Personnages 


LYON 


historiques. — 




(..iriiiii.il l'iLilipiie 


Origines. - 


,ler„h„<:'.ole.Uti i 


l.vnn (,ii:t 7!ii, lin- 


(;.i\.iillmi XM'biù- 


bitauts) lui, pen- 


lk^),U•hvi^eCril- 


dant quel(|ues 


A.»ll-"iHs (les Gal- 


siècles, la pre- 


bes dr Berton), 


mière cité des Gau- 


comp.ignuii d'ar- 


les et, à plusieurs 


mes de Henri IV 


reprises, pendani 


(ne à Murs : 15U- 


le séjour des em- 


11,1 , . 1. Mvant 


pereurs rnmaius. 


/-i; s/-,-M^.evè- 


la seconde caiii- 


.|ii< <\, \ lison 


tale du monde. 


1 ,'i't K.TTU le 


EUeseconeenliMil 


In.inu. |iin\,,i- 


alors sur la hau- 




teur de Fourviè- 


MH ['"-< 1^ 


res; le Rhône et 


niHMMU, ,1 les 


la Saône unis bai- 




gnaient le pied d.. 


VnllH N\ (Ifil4- 


sesescarpemeiils, 


lt,7. l'.pnlFlé- 


car les deux neu- 


,/,„'i, e\e(iue de 


ves mèlei-eiit d'a- 


Nulles ne à Per- ' 


bord leurs eaux au 


nés, l'un des 


pied du promon- 


i^i inds nrateurs 


toire de la Croix- 


.1, 1 , ,l,ure au 


Rousse, à 4 kilo- 


^\ll M., le (1632- 


mètres en amoni 


l"liil d urnncjnra 


du point où nous 




voyons leur con- 


cle Turenne; le 


fluent aujour- 


s.ivant P. Joseph 


d'hui. Ces grands 


idom Malachie 


cjuartiers qui s'é- 


d'Inguimbertl, 


tendent au 1 lin 


evèque de Carpen- 


sur la rive gauche 


tras, sa ville 


du Rhône : les 


natale (1683-1757); 


Brotteaux, laGuil- 


Iqnace-François 


lotièrcn'exis- 


l'arrorel (1704- 


taient qu'à l'état 


17sM d'une fi- 


d'iles instables et 


iiiilli d p(inties 


deseitcb dans le 


1 II 1 diuxen 


champ d mondatio 


M 1 1 lu pi and 


meisibles i punt 


llM 1 , it.Ul, 


concmh ili II 1 


„ Du 


raontoii 1 1 1 1 


1 1 imle- 


succe i\ 111 ni 1 


1 \ ui. u (1-28- 


destin 1 1 III .11 


Hi sillustia pai 


emei^i l ni u un 


1 1 II Joseph 


comm 1111 1 1 II 


uni la , leliwij 


ensenil 1 lin 




itencs basses sub- 
Mus au p imt de 



philosophe et hi 
mnihn \\\\ \\> 
I ! I 11 



compi^u n d„ h unniiiille 
(ne i S unt RLm\ ) 1 1 di Mis 
hnl (ne pus de '\liilliui) 



Rhonc 

Superficie 285916 hec 
tiips(il ipi( sleradistre) 
ropuhlion Ml', ,S| lulii 
l mis ( In l-lii u Lyon 
Sous [11 i,,iun Ville- 
franche " 2') i uiluiis 
2b') communtb Coui 
d appel ft Académie de 
I YON ( nuveinemt ntmili- 
1 uiedel YON,ii^p ulit iitn 
le 14= coips (I>(>iil cf 11 7 
( Besançon) Au IihIum i si 
de Lyon dont le tituluie 
est primat des Gaules. 



nfils 
Ponl- 
las et 



900 m. h I I ii_ |iii II I 1 I II) Mil 

sa foilnii M M III, ni 1 II iM iiM II m 
Medit, 11 un un i liiiii il I \ u uilui.lle .1 
neui de la G iule et li s i onlins de 1 Lui ope Oci i 
n aurait il pas suni cette grande route du comi 
Par Hercule entende? lis P/ienuient dont il 




Kli n 1 |ii lin 


1 s 900 ans 


u ml II < In 


Il une, les 


iiilii II iiii iiii 


dus tard 


Lui, Il nui il, 1(1 


un deBie- 


tigiie lue des i 


is Si.ilin- 


,.,ues de 1 ambii 


de 11 Bil 


tique d, s p, aux 


dueunie 


ils app it lient 


es epiees 


dixtiime Onint 





luises a\ec les rnei uns de 
la Snone gardiens dis pi - 



( t du Rhnne sui la colline 

Qu uid Lesar passa les Al 
pes pour conqueru la Gaule 
(58 avant J.-C), les Romains, 



LYON 



llrll Ml.m.na 




I A I I I I [) li 



'/ M^'^. 







LES ALl'RS. 



LK IIIIÔNE 



209 




déjà étaljlis dans la Province qui com 
aux Pyrénées, s'étaient assurés la lifii 
eux, sur le lleuve, le point de concentiM 
à travers les montajjnes. De l'autre ' 
indépi'nilante et g-uiTriève. la Ci'iule <•// 



Gar 



veni 
plusii 



all<> 



il notre ère, les colons 
; Vienne, à la suite de 
•mêlés avec la noblesse 
Il Ml m rhen-her un refuge 



<lii i: 



réialilir J.ins 1 / iiiii< |iar la force, le 
Sénat rnui.iiii doiiua l'ordre à Mxi- 
natius Pkincus d'installer les exi- 
lés au confluent de la Saône et du 
Rhône, c'csl-à-dii-e sur la colline 

de 1- ■Il'-, ijii lut aux Ségu- 

s/((('r~. I ' !■ i! ivance, Rome, 
IiuImI' ' II! 11. lire dans les 
(|uir.lli- i|iii iliu.^alcnt entre eux 
Irs ililli rnils peuples de la Gaule, 
lis ilii:.if;i'a de la domination des 
Edurii>, iliinl ils élaicnt clients, 



atl.i 



-dire 



était t.. ri. 1,1 |HM- nii II iiiTi, .inn.ii^- 
sait ïiir la l.iiM'ii iinr rxliii-imi ili' 
territou'e dont Feurs (Koiaïui), la 
capitale, groupa, depuis, le Forez. 
L'importance politique et straté- 

Frangb. — II. 




rte sur 
deux SI 



rs qii 



lit 



/ Il - 1 -iil.- inmliii- lirut de Lf/on en 

illii -lui;!,. II. r illi 11. ni -iir |i. liUiiralla grande 
lin . I i il 11 ih. . il I -Il iL'Mi. Iii ii\ .|.jiicilucs d'abord, 
i.iir l.i \ illi. Il- i.iiix II. mil.- ilii oiont d'Or, des 
i'l,\ i|iii I Lui iii- .1 Imiii. I ..ii-lriiisit le fameux 

i< ili. ,iii kil .|ii.-. :iii\ -..111. i.~ ilu mont Pilai. 

I.iniii i! i.iii lui l.iii|..in.- lin.. i.|rlii..-sc. Rome, qui 

•lir ,li. ,-i.- :iiii.|..|i~ :ii|iii.iliii -, ..-I riicore la ville 

l'Ile il i. .111 ; ili. vi ril.ilili - M\ Il II-- >i-|ianchent dans 

u.-.es c.iMiiile.s, puiv.-i i oiiiiiii.: le c^i^tal. La colonie 

comme toute grande ville de l'empire, des éla- 

délassements du peuple : elle eut un théâtre, 

un cirque et deux amphithéâtres 

I n I iili I I il II Mile romame, 

II I I m ni II I I 11 par le Uhone 
I 1 I ^ Il I II I \ iiu comme une 

s ikili c ili ml iiiiUunale !ts/io!S 
Gaules s y doiin uent rtndez-^ous, 
chaque année pour honorer le génie 
tuteliire de Roint et de Icmpeieur 
auquel on i] \ il ]i | ii\ \msi 
tous les pi u| I \ lin II tiou- 

\aient unis il m 1 i i^i vi- 



U 1\V I E n E S . 



iblp d uni 



.t la 
te de 



illUi ut 1 et ut une liti 1 11 lui 
religieuse et marchande 

Dèb les piemiers smks 1, s 
\iiiiles [iiajilj m\i„Ltiuis du 

I II II ni| I \ ml III 11 m poit 

1 m IMIII 1 I l I une 

I lit lin i| 1 ili 11 I m mil dont 
liMui. iMus se gi .upuenl d ins la 
^ ille bds.se, aux abord» du taimabi\, 
grand canal de communication qui 

18. 



210 



LA l'JlAiNCE 



liait le Rhône à la Saône 
sous le promontoire fédéral, 
. hauteur de la place at- 
luelle deb Terreaux Dans ce 
couloir intérieur, l'anima 
lion était intense la se ma 
nuficliii 11. ni d 



pereurs, ou naqui- 
inanicus, Claude, 
i : un Lyonnais, 
, ayant acheté 
s en 1500, y cons- 
lation où fu- 
iniiilirc d'ob- 




•Mi"i ■ni'i'"" 


-M„|,.x|,,|,M 


•. nu c 
n él( 


arrefon, 
ignaient 


de^ 


tlie.iliv; .11! 


Miisa-ean 
■ ihImmux. U 
.lane les r 
air-, se voil 


ne pr 

■SifS 


tl::: 


laii 
<lii 


l'oi-um de 'Il 

d'une villa 

l.aill^, pa\a 


Ijau .|lll - r, 
.iliiaDic; |,a 


li:: 


. n -MI. 1 


llr 


lir;,i|\ ,r;h| 

(>J0 arcades) 


Miir- : nir 

eut aux eiiv 

à Beaunan 


lu .lu 

,isb 


(-.l,-|>,u 

■' l'lia|M. 
elles .a IV 


lii> 


sur un tapis de prairie 
tif,'cs imposants du fa 


: ce 


sont 1rs 
a,|u,alu, 


il 



saints Irénce, Alexandre, Épipoilr, .aiiis 
qu'un ossuaire contenant les rcsli- il, 
plusieurs milliers de martyrs. Lliospi. a 
de VAnliquaille occupe l'emplacement di 
palais de l'ancien Préfet du prétoire, gou 
verneur des Gaules, résidence de plu 



h.apcUe 



ac dum \u de l,i 
iule récemment, 
du vœu formule 

\. ,|iu il. I \ .111, le 8 octobre ISVO: 
■ el.ut pi-e^rrvee de l'invasion, 

lique suppléerait l'j 



LES ALI'ES. — LE RHÔNE 



211 



1, ouvrage, presque 
liMininé, est remar- 
c[uablp, non que les 
luopiii lions en soient 
I \li iiiiilni mes, i cote 
Il 1 1 II s (le nos vastes 
I itln.h il. ^ (S6 m. très 
ili long, 33 de Idi^e, 
iS de haut), mais la 
iiiinulipuse poileition 
ili s df tdils, la uchessp 
ikb mati uaux niai- 
liusbleus, \oits, loses, 
I 1 jnzes tt ois etince- 
I mis, la splendeui de 

I i perspective, de 
_i uicl,sinosii,iu(s(iui 

II imhoi.iil, U 1 i\ II- 

1). 111. lit d. t.Hlt.t, dl.l- 

si s font d. cet . dili. . 
. iimposite, d inspii i- 
liiin \ hfois Inrinliii 
si.ili im I iiMii I 
g-'t 1 |ln 



poui mil u h V m iil 
I d 1 1. ide est nolile 
Des colonnes en ^ii- 
iiitt lose d Ililie, d. s 
|iil islies en poipli>i.^ 
.1.^ I Estel el, sou- 
li. nnont, i 1 est au- 
loui d. I ibside emei 
^eiiil lies t. nasses 
liois. I s i|ui sui plom- 
bent la S i.Mie, une j, i 
lent en couionne d ou 
1. 8septembi.,lai. lie 
vp.iue de l>on donne 
hbenedi. lion a la ville 
«^tendue a ses pieds 
Des quUiP touis qui 
Il iiuiuentiux ingles h 
li.isihqu. , celle du 
n.ud est possède un 
( ibs. ivatoiie d ou 1 on 
il. I oiivie un immense 
/on un. .nn.b tililed. 

Ull .11 SUI lu Mllllll , 



Du 



cil. s 



li.lii. s, 11, ,1, (,,iii nil. I .n 
i..lu. iDii, polie i S) nu 11. s 
de b tuteur un. pi it. f.uni. 
d DU le r. ^iid pl.iii.p . n b is 
i 212 nielles, sur 1. . mis 
1 1 S lone De la tuui met 
lique ou de celle de la basi 
Iulue de Fourvieres, le pano 
rama estcompaiable au\ plus 
vante's. Par malbeui, le ci 
de Lyon n'a pas, du moins 
l'ordinaire, latianspii n 
celui de l'Ilalie si I i i 
l'atmosphère le \n i m 
le r.-uMi.l |..T 1 I 1 ] I I 
m.iiil l;l,i,i, I I I il I 
La .S.i.iii.' jii- I 1 I \l 
plateau des iJeiub. s 1 i mon- 
tagne qui domine Bouig, 1. 
Credo, la chaîne du Juiaet le 




(irand-Colonibier, les 
liauges et la Dent du 
l'.bat, les monts d'Allo- 
vard, la (irande-Char- 
tieuse, l'imposanle 
masse du l'elvoux, le 
Vercors tourmenté, 
\i.■nnesurlelîh(^ne, le 
l'ilat, phare des Cé- 
vinnes, le Tarare, les 
coteaux du Reaujolais; 
plus près enlin, les 
trois cimes du mont 
.l'Or, sont dans le 
rayonnement de Four- 
vii-rpa. Du moins, com- 
jnend-on mieux ici 
que nulle pari ailleurs 
la formalion, l'accrois- 
s.iiiiiit .-t la grandeur 
s^iiMss;nile de l'agglo- 
iiMiiiiioii lyonnaise : 
en bas, sous la double 
('■Ireinle de \aSa('ine et 
,lu Bliône, la presqu'île 
alloiiij.'f (|u'occupe la 
mII.' moderne; à la 
KO m.' d.- cette pres- 
quile, la côte rapide 
lie la Croix-Rousse; 
là-bas, dans la plaine 
l'iib'.^ sur la rive 
_.iin 11'' .lu fleuve, les 
'jiMi II' 1^ neufs et in- 
.luslii.ls des Rrot- 
l.'.iux, il.- la (iiiillotièrc 
.'1 bs loiiilaiiis fau- 
l"'iiiL's ; Vilb'Uibanne, 
M"n|'l:iisir, qui s'éta- 
j. iii pi-'iu'à l'horizon. 
A I '10 mitre de ce qui 
--'■ |i,i--i- pour la plupart 1 
,\.-< iji.iiiib's villes as- 
^i-i's sur le cours d'un 
v'iand fleuve, tandis 
qu'elles gagnent vers 
r.iuest, avec lui, Lyon, 
.l'abord allongé entre 
ses deux grands cours 
d'eau, du nord au sud, 
s. tend de plus en plus 
\eis lest Du côté du 
ud en eflet, le surgisse- 
nl .1. la Cioix-Rousse ; à 
u. si 1 escTi pement de 
'/// / /(S airetent son ex- 

I a.cathfdrnleSamt-Jean, qui 
■levé au pied même de la 
siliqn. est un édifice com- 
I I \' I iil i] moieeauxajus- 
I < h i| Il ^ iint-Pierre, 

I iiii I . III. ut 1 oiiiane; chœur 
. t tiansept, plus bas que la 
nef (style ogival rudimen- 

aire de la fin du xii» siècle); 

rois portails mutilés et dé- 

ourvus de leurs statues, da- 
tant de la fin du xiii° siècle. 
Seules les statuettes des vous- 
sures et les médaillons des 

ambages ont survécu aux fu- 
reurs iconoclastes du x^i» siè- 
cle. Une galerie de la Renais- 
sance sépare les portails, de 
a grande rose flamboyante 
qu'encadrent les deux tours 
de façade noyées dans la 



212 



LA FRANCE 




masse de la construction. 
Il est probable que, d'a- 
près le plan primitif, ces 
tours devaient s'élever 
plus liau t, d'un étage, et dé- 
gager ainsi l'édilice, mais 
on ne croit pas qu'elles 
aient dû jamais recevoir 
de llèchos. Le gable déco- 
ratif qui les s( pare )a lis 
ajouré, fut aveugle pu 
l'adaptation de 1 1 nou\ elle 
toiture ùson in( linii n 
tours et gable m liiiI u ml 
fort alourdis lui ut I i 
minés à la fin du \\ bi 
cle. Deux auties touis 
flanquent le tiansept 
l'une du xiii= si le 1 m 
tre du XV'. L absi I m 
déambulatoue ni li i] Il 
conception ti idili nii 11 
de la basilique lomaine s 
détache, à 1 extéiieui, au 
dessus des issises em 
pruntéesaufoium tel ul 
de Trajan,pai une galeii 
élégante qui iv( o la 1 i 
luslrade du ^i ind ll ml I 
relie d'heuimse iaeoii ks 
morceaux di^iaiates d 
rédiTice. 

Arintérieui dehcitli 
drale : jolie chapelle flam- 
boyante, de belles verriè- 
res, une chaire en mai lu r 
blanc d'après Chen.naid, 
une curieuse horloge as- 
tronomique de la lin du 
xvi" siècle; de part et 



(1 iiilii du maîtie autel, deux cioix 

I ii_. ( s I 11 mpinoueduconcile œcu- 
III' iih|U( lU l'27''i qui tenta de lea- 
li^-i 1 I iiuhui ih s il, u\ I _lises giec- 
qiii 1 t I iiiii \ |M I 1 I i façade 
di I 1 1 illi. ,li il II, ninlerw, 
nu 1. Il lo-i-. d. - . h mil.-, ou de la 
iiiiiliisi niniiii (iiiilii)f, chantei dts 

II iiiiliii piisiiiii une seiie d'ar- 
I iili s Mil colonm lies accouplées, 
u iiM I c II limante du \i'= siècle, mal- 
in m I iiM un nt mutib e en i'>C,2 et, 
ili [lUis Ims, alteiée pai de malen- 
ccnitu usts lestauialions. 

Du XI au \\i° suile, Sntnt-Jean 
u sumt tous les stjlis . c'est un 

I' 11 pliilot qu'un modèle; les 

_i iiiiU I iils de l'histoue lyonnaise 

m un \i II a_e y ont eu li ui it pei- 
1 ussmn Su( Lessnemi ul Jliii'/ninli , 
|iuis Flanque, Lolh n in in un i\i( 

I <illiaiie,petit-filsdi ( h ni m i-in , 
atlacln e au lojaume dt l'nninn 
sous Boson, pabst e aux lois de la 
lamille de btialluujcn et, a la moit 
de 1 un d eux, Rodolphe III, sous la 
suzeraineté des empereurs d'Alle- 
magne, Lyon échappait à cette sujé- 
tion artilicielle par l'action résolue 
ib l'aichevèque Bourcaid, fieie ca- 
ili t du dernier souveiain Rodol- 



III 



.omtLs du IiuL/,uu suji 

Lonllils L'aidievi ([ue i 

muni s se pu i 



M'"- 



de giaVLS 
t les cha- 
ilan nt du 




l'nii s. iM imiiefen- 
i |iii d \ ml jilus taid 
1^ 11 (1 1 I il . Il huent in- 
iiceies ludoMC bforza, 
■ fameux baion des 
liets. Cinq -Mai s et de 
lou, exécutes sui la place 
s Tel 1 eaux. 

(Juati e ans api es la moi t 
' saint Louis (1270), les 
lui.iciis de Liimi obtin- 
ut le dioit de s'assem- 
II pi 111 d. libiii, MU les 



- / 



/ /; / 

h N |l 



du tli i| Un uni ]Milie des 
lui ns qui juslili lient leur 
diiut 111 tempiiit 1, accoi- 
dait a Lyon un Cumulât 
Il limé de douze conseil- 
liis(1312). Ainsi lespié- 
io,'ati\es épibcopales se 
tinuvaient sensiblement 
illi nuiVs pal It 1 piivile- 
_i -1 iiMil m s ili la ville 
I 1 1 ii\ I I I [M II I loyale. 
I M - I I i ildeiyrm 
_ u 1 1 .Il I 1111 II une pu- 
ni uil. 1 m imt , un sin- 
^uln 1 pu ^lut . A Lyon 
lunnt assemblés deux 
L milles œcuménKjues. -celui 
de 124b, présidé par le 
pape Innocent IV, qui dé- 
posa Frédéric II de Hohen- 
staufen;le concile de 1274, 



LES ALPES. 



LE HIKVNE 



213 




sous la pi'L'Si- 
(IciuM! du pape 
(a-égoire X, ten- 
liTent de réali- 
siT, àrappiilélo- 
([uent de saint 
Bonaventure. 



pes poui que Liiim n ut pas en i n 
de icligion lui luient plus fun l 
Louis \I, Lyon fut iede\abk il (m 
lui pi ep lièrent m I n u\tll I iliiii 
munauti s li s li [ i I Mm n 
se gioupent il m I Mu n I II 
de loi et de i i m\ ut 1 n I il 

conniissible a II ludgiiilique tolu 
sui la ii\e dioite de K Saône et s I 
thédtie de Toumeies ( e qniitiei t 
rues montantes et eni 11 \ li lu 
daitisans de lenti i I 1 m 
tiaditions et de LUI I ii\ 1 i m I 
coupole byz iiiliii I ^ ' / / / / I 
' ceidos sui 1 I uni I un I I I I 



Le lUione est 
tiop piLS des K\ 
lllili ( Il 



m i_i»tidts les gen 
] lin, d^Ja tue le 



les Si 



pi 1 iM 11 lilli I lie 
Il 11 11') 1 n s tint Si 
I un I I |l I Ihiiit I i.ee plus taid pai 
I 11 < Il II I m i-ii ml lli au xui" sietle 

ui_ _iie uthe\i lUL dt 1 >on 
u\ 1 les a celui de Ix Cioix Rousse on voudiait 
it( |ut a 80 meties au-dessus de h Sione 
ilieis qui se legardenf de chaque c iti d un 
abiine st tendiaientla main li montat,ne qui pue et celk qui ti a 
viille se tiouveidient ainsi reunies 11 est douteux que les a\an- 
tajjes piomis a la lealisation de ce beau i \e en r inpi nsent di 
sitôt Ils fi aib II op cei tains 

Enti e & lone et Rhune, le tei ti e de la Croix-Rousse 1 \ e bi us 



ti 11 11 un ]! Il 
pu 11 les de 



quement de la place des 7 erreaux In s ouvi 
ment, le canal de communication des deux 11 
de laplace desTeireaux conseive le souvenu 
m ( es ui s poui unir au piomontoue ml 




îtiïiK 




indépendance bi ice a cette oi_anisation 1 imiliale du travail, 
femme enfants souvent des compagnons du même métier, se 

pi t ntnninl ili Mais le souci du bon m ir lie n 'A par la concur- 
1 I, Il m 1 Lt la cheiti des ti i- i li immii, l'élévation 

d liiii I II Mil ib suri entiee des mili i p n i^ m s et la sortie 
a 1 ] I III 11 ili lui ] Il siiile la n itL dj produire beaii- 

( ii| I ) I I I 111 ni iliii I I iii| 11 1 h niodiLite desbénéOces en 

1 I iiilii| Il ml I 11 I 111 \ Il |ues toutes ces causes on I 

m iili 1 111 ni I 11 ml i< li m | I i lion du tisseur à domicili». 
I 11 m 1 I \ 1 1 nii tiei idiiulul bui 8o 000 métiers montés pour 
I h 1 I 11 le dans la lésion h onnaise 50000 sont à la cam- 
I I n 1 Il 1 17110(1 ini II is i m un . n mIIi et de 20 000 à 22000 




T\IL d'une col h. 



iiio 11 ine Le de 


h.ue I oulilli- 


\el p[)iment du 


delasoitii l\ Il 


quntiei de la 


naise pLui li 


( ioi\ Rousse LSt 


estimé i 1 lu il 


intimement lié à 


100 millions. 


relui de l'indus- 


Ce capital du 


trie de la soie. 


tra\ ail est le gain 


C'est le domaine 


de plusieurs siè- 


de l'ancien tis- 


cles. Dès sa nais- 


seur lyonnais, le 


sance, Lyon fut 


.. canut .., vérita- 


une ville iadus- 


ble industriel 


tiieuse: au 


liansforniant à 


temiisd'Aumisle, 


domicile, surdes 


ses orle\ies, ses 


métiers qui lui 


potieis, ses tis- 


.ippartieiinent. 


seurs de fils d'or. 


la matière four- 


ses verriers 


nie par le fabii- 


étaient réputés; 


idiil. .'^'il subit 


et il est probable 


les a le 11 s du 


que leurs pre- 


roinmene, il en 


miers maîtres fu- 


recueille aussi 


rent précisément 


du moins en 


ces marchands 


partie) les pro- 


grecs et tyriens 


lits, mais surtout 


qui leur appoi- 


il conserve son 


taientpar la voie 




214 



LA FRANCE 



MUT ' F '■ ogipa efi g g i g e 




du Rhône les produc- 
tions de l'industrie etdcs 
arts de l'Orient. Toutes 
les nations marchandes 
du moyen âge étaient 
repre'sentées à Lijun. 
Lorsque Cliarles Vil et 
Louis XI eurent affran- 
chi de tous droits les 
foires qui s'y tenaient, 
ce fut un concours tel 
que le roi dut insti- 
tuer (l'i62) une sorte de 
tribunal consulaire, dit 
tribunal de Conservation, 
pour régler les diffé- 
rends de nature com- 
merciale. A l'exception 
des Anglais (on était au 
lendemain de la guerre 
de Cent ans), tous les 
peuples venaient au.x 
foires de Lyon; les let- 
tres de change étaient 
dès lors en usage pour 
les règlements de 
comptes. L'industrie 
de la soie venaitau pre- 
mier rang du com- 
merce d'échanges. '-'"'' ' ''•"■■'•' -^ ' -^ "^ ^'^ uauth 
En 1450, Charles Vil 

donnait à £(/o?i le monopole de celle vente. Louis XI établit en celle 
ville une manufacture royale de tissus, qu'il devait ensuile trans- 
porter à Tours. Enfin François /" donnait un élan décisif à l'in- 
dustrie naissante, en exonérantles ouvriers de la soie de tout inqiot 
ou service de milice: Milanais, Génois, Florentins, Lucquois arilm''- 
renl d'Italie. Grâce aux subsides du Consulat, les Piémoul.iis 
Etienne Turchetti et Barthélémy Narrix réussirent à monter vingt 
métiers de tissage en 1S36. Ce fut un merveilleux essor, qu'en- 
travèrent, presque aussitôt, les guéries religieuses de la fm du 
xvi» siècle. La prospérité revint au xvii% avec les inventeurs : 
Claude Dagon, Honorât, Blanchet, James Fournier. Le xviu» siècle 
fut l'apogée de la soie; la Révolution son effondrement. Jacquart^ 
en 1801, ouvrait une ère nouvelle. Malgré ses épreuves mul- 
tipliées, Lyon demeure encore, par des prodiges de travail et 
d'ingéniosité, le plus grand marclK' du commerce des soies. 

Une institution 
sprrinlp, ,Iiler,»u/(-- 



pnx J.s d.Mirces. 
Lyon tire de la 
Chine et du Japon 
67 pour 100 de la ma- 
tière première mise 
en œuvre dans ses 
ateliers; 13 pour 100 
viennent d'Italie. 
Les querelles de ta- 
rifs, en troublaul, à 
mainte reprise, l'in- 
dustrie lyonnaise de 
la soie, ont dispersé 
sur les campagnes 
environnantes les 
métiers de tissage. 
La ville ne conserve, 
en dehors des mé- 
tiers à main de la 
«"loix-Rousse, poiir 



-a. h 

Itdlts 



laine 



des 11 

les er 




O II T E D A H l 



tries annexes du tis- 
sage : teinture, ap- 
préls, impression, 
finissage. Si l'on 
conipleavec lesaili- 



balleuis, commisMnn- 
naues, etc., le nuinbie 
des ouvrieis eiuplnji s 
par cette industue 
serait de 300000. Le 
chiffre total de la pio- 
duction dépassait lar- 
gement B50 millions à 
la fin du deruiersiècle. 



I Aii^li'liM I .• |i..ur un 
rin.]iiiriiM> . b's Élals- 
I m-, l'Ail. ■nia;:ne, la 
Suisse, la Belgique. 

Au front de la Croi.r- 
Rousse , le boulevard 
de ce nom s'enroule 
avec le cours des Char- 
treux en face de Vaise, 
qui surplombe, de 
l'autre rive, une courbe 
de la Saône. Du haut 
de Fourvières, ce 
Di (PLACE DLs TERKEAix pauorama Bst admira- 

ble. A mi-côte s'élève 
l'église Saml-Bruno, ancienne chajielle des Chartreux. 

Sur la déclivité de la Croix-Rousse, dans une vigne de la côle Sainl- 
Sébastien, fut exhumée, au xv« siècle, la fameuse Table de bronze ()ui 
contient en jiarlie le discours prononcé au Sénat par l'eiiipeieur 
Claude iW) pour obtenir l'accession des Gaulois aux charges el 
aux: Imnni'ui's de l'empire. Quatre mois après sa découverte, le 
12 mars l:i29 (vieux style : 1528), les conseillers de Lyon achetaient 
au propriétaire de la vigne, Roland Gerbaut, le précieux document, 
pour 58 écus d'or au soleil (environ 650 francs de noire mon- 
naie). Après des vicissitudes sans nombre, la Table de bronze est 
venue orner le vestibule du Musée des antiinH-, ;iii P.il.iis (b s Ails. 
C'estun témoin d'unevaleur inestimable, non pj^i-ml pu h Ji-immis 
de Claude, dont Tacite nous donne d'aillfiiis l.\ sul.-l.ui.r, unis 
par les faits qu'il révèle et les inductions qu'il auluiise. « (Test 
près de l'emplacement où il fut relevé que devait s'élever autre- 
fois, selon toute vraisemblance, l'autel de Rome et d'Auguste. Il 
se trouvait ainsi précisément sur l'arête faitière des deux versants 
qui descendent, l'un à la Saône, l'autre au Rhône. A 151) mètres 
environ, au cou- 
cha n t de ce 
massif, se déve- 
loppait l'aiii phi- 
théâtre de la 
Société des Trois- 
Gaules, affecté 
aux spectacles 
qui faisaient par- 
tie des fêles du 
culte de Rome et 
d'Auguste. 11 On 
remarquera que 
Claude appelle 
Lyon de son vrai 
nom, Lugadu- 
num, et non pas 
Luydunuin.[\'oh- : 
La Table de 
Claude du musée 
de Lyuii, xiarAA'.) 
Sur la place 
des Terreaux, 
le groupe ma- 
gnifique de Bar- 
tlioldi symbolise 
les fleuves, dans 
leur course vers 
l'Océan. Le gran- 




CHEMINEE 



Li: 



ALI'ES. 



LE RIIÙ.XE 



213 



diose palais des Arts ou palais 
Saint-Pierre tient le côté méri- 
dional de la place. Cette con- 
sliuclion, exécutt'e, à la fin du 
xviii'- sii-i'le, pour les religieuses 
hrnédictinos de l'abbaye de 
Saiiil-l'iom\ contient de belles 
collerliiins d'art, d'arcliéolot-'ii' 
et d'lii>t(iire naturelle : sous li'> 
porli(|ui-s de lacour intérieuns 
le musée épii/rapliique, enrichi 
par la récente mise à jour de 
la ni^cropole du Trinii (stèles, 
taui'oliolcs, inscriptions, sarco- 



liolll 

dun. 



musredesAn! : ,>. . -. , .nlmi- 
rables ni..>ai' iu-^, ki T-hlr ,lr 
Claude, des statues de bronze, 
des bijoux, des monnaies, un 
Cabinet des médailles, un Calen- 
drier gaulois encore ofTert à la 
sagacité des chercheurs. Pres- 
que tous les maîtres des écoles 
italienne, espagnole, flamande 
et française sont représentés au 
musée de Peinture ; il y a une 
salle des p.Miilrrs lynuiiais. I,,.s 
cnlleclioiis du M.yii .\-r ,■{ ,|,. 
la Renaissance Iniil ,i>srz iiiaii;ie 
figure à côté des antiquités 
gallo-romaines. Par contre, le 
Muséum d'histoire naturelle est 
l'un des premiersd'Europe pour 

la minéralogie et la paléontologie (mammouth gigantesque trouvé à 
Lyon en 18o3). La Bibliothèque (plus de 100000 volumes) compte 
000 incunables, 23 manuscrits carolingiens, plusieurs globes terres- 
tres, dont l'un, exécuté vers 1700 par des moines franciscains, men- 
tionne, au centre de l'Afrique, des lacs qui ont été reconnus et 
déterminés, au siècle dernier, par les explorateurs africains. 

L'Hôtel de ville, bâti au milieu du xvii= siècle par un architecte 
lyonnais, remanié par Mansarl au 
début du xvui", présente deux fa- 
çades : l'une sur la place des Ter- 
reaux (perron élevé, avec une statue 
équestre de Henri IV, dans une 
niche; sous le vestibule, groupes 
en bronze du Rhône et de la Saône, 
par les frères Coustoul; l'autre ou- 
verte sur la place de la Comédie, 
en face du Grand Théâtre, par un 
charmant péristyle que surmonte 
une galerie ornée. 

Le Grand Théâtre, entre l'Hotid 
de ville et le Rhône, lut 
de 1817 à. 1830, par Che 
Follet, remanié à l'inlé 
Daidel. 

Au double flanc de la 
<|ui porte la ville moderne, de nom- 
breux ponts enjambent le Rhône et 
la Saône, jusqu'à leur réunion. Il y 
en a 22 en tout : 9 pour le lih.'.iir, 
12 pour la Saône, 1 an conllin ni. 
Dans ce long cheminement <\r ru. s 
qui emplit l'intervalle drs deux 
fleuves, des traverses se surc.-.liMil 
d'une rive à l'autre, mar^innit l.i 
progression de la marée niniil;iiilr 
des maisons. Deux de ers li,iiN 
d'arrêt ouvrent à travers la nirlrc 
urbaine des clairières d'air et de 
lumière : la place Bellecour, au 
centre; au sud, la place Carnot, 
avec le cours du Midi. Des Terreaux 
à Bellecour, c'est la ville commer- 




çante et financière, la cité des affaires ; de Bellecour au boulevard 
du Midi, tendu devant la gare de Perrache, habite de préférence 
la riche bourgeoisie lyonnaise. 

Trois grandes rues ajustées aux Terreaux coupent, du nord au 
sud, la cité des affaires, jusqu'à la clairière verte de Bellecour : rue 
Chenavard-Centrale, parla place des Jacobins; rue de l'IIôlel-dc- 
Ville et rue de la République (monument de Carnot). Dans la rue 



mslruil, 
avard el 
ieur par 

resqu'ile 




LA BOURSE. 



216 



LA FRANCE 




mi 



î?ïii 



te. ^^^ }7ZK^/^ 


WM 


^1 


~^™™*^ , , r^-^^^jm 




- 











Chenavard, l'église Saint-Nizier remplace l'oraloire que saint Potliin, 
disciple de saint Polycarpe et premier apôtre de Lyon, s'était mé- 
nagé dans les fourrés d'un terre-plein marécageux. Là fut la pre- 
mière cathédrale de Lyon, à laquelle appartiendrait une petite 
crypte sous le transept de l'église actuelle. L'édifice date de la 
fin du XV' siècle. Une demi-rotonde en hors-d'œuvre, attribuée à 
Philibert Delorme, flanque la façade, dont le pignon porte une 
Vierge de Bonnassieux. A l'intérieur se remarquent les roses du 
transept, les arcades du triforium, un autel en marbre de Carrare, 
de riches hnluslrndos. Dnnsle vnisina;;^, Sninl-Pirrrr, quifutl'église 
des relii,'ii'iis''s lii'ii'Mlii-iiiir^. |mi-,s;'(|,- un 1"mii |"irlail roman. 

Leceiiln» d^'s ;iiV.iii'S cvi ,111 y„//,i,\ ./,( Cununrrrr et i\ela. Bourse. 

Dardel, qui b/ilil rr miiii.'nl lSo4-lS01j, lui donna de grandioses 

proportions. Li' Mus/r ln^h.n'jin' des tissus en occui)e le second étage : 

on y verra, mi'llhMlii|iii' nt rangées, les plus admirables étoffes 

do la productidn fi.iin hm' r[ iMi'ani.'i're, depuis deux mille ans avant 
Jésus-Cliii-I : li-siis ^ L'\ |ili'i]^, l;i|iis^fries byzantines, brocarts du 
Moyen A^"''-i ,1,- |,i IIcimi-^hi. .■, (Ii-iiirlles, broderies, tapis d'Orient. 
Uu coubur tsi (.11, lu ,r,.|n|lr.^ ,|,. Cliiiii.; dans une galerie, modèles 
des principaux métiers à tissci-. Tue lubli.i- 
thèque historique des tissus rompli'li- t-l ix- 
plique cette collection unique au iuoimIc. 

La place Bellecour fut largement tiu ,'.■, 
au début du .\vui'= siècle, dans une luuru' 
qui appartenait à l'abbaye d'Ainay; c'esl uiaïu- 
tenant, avec les avenues ombreuses qui leu- 
tourent, ses massifs, le jardin anglais et sa 
pièce d'eau, uu polit parc en pleine ville. 
L'esplanade mesure en tout 310 mètres de 
long sur 200 de large : au centre, la statue 
équestre de Louis XIV. L'abbaye bénédictine 
,1p S„int-_\fnrtin-.r \i„„„. Vun- ,\f^ plus 11- 
In-lp . J.- /. ■ :. ^■■■h .. ,1: i,.,ii t .11, .!.• l.iSaone, 

■■I l.i l'I.i' ' --l"ii 1,1 i,,,<I,i,,,M, ,. •,.,',/,■ Blm>- 

(//''■ I lit ''U^ri rlir. a\ i-- !■■, '■iiui|ia;.ij'jus de son 
martyre. L'église est uu siiécimen remar- 
quable des basiliques primitives. Un clocher 
trapu, coiffé d'une pyramide à quatre acro- 
tères sur les angles, domine l'entrée; des in- 
crustations rouges décorent la partie centrale 



ou Ir h' 


iiple d'Auguste; 


be 


prés d.- 


1,1 rl,.,p,.ll,-al.~i. 


,il. 


du 1\'' ^ 


rrl,.; , ,x|,|,. ,Mll 


1 ' 



delà façade. Hàlie au vr^ siècle, reconstruite aux x^etxi', consa- 
crée avant son achèvement par le pape Pascal II, la basilique ouvre 
par trois portes sur cinq nefs, dont deux furent ajoutées au xn° ou 
xni'' siècle. C'est un véritable musée que l'intérieur : au front des 
Irnis absides, coupole portée sur des colonnes ayant décoré l'autel 
sa'ique découverte dans le chœur; 
"il'', irsli's d'une ancienne église 
iiiNil'li s peintures sur fond d'or, 
par II. l-i.iii.li m. ;ni 1 i.'l >|i > .1 |.-i Ji ~ ; p. 'il ail roman de la cliapçlle 
d.'sli.nis iMplisiuuu.x; Virr./r d,- l;..nn,isMriix. scidplures de Fabisch ; 
luailrf aulid >-u liiciiur d.nV' par INiussnkur. X,,n loin <VAin<iy, très 

L'ancienne statue équestre de Louis XIV qui ornait la place de 
Bellecour, ayant été détruite par la Révolution, une autre statue du 
même roi, œuvre de Lemot, la remplace depuis 1825. 




Kell.r: 
réussi 



isMuyeanlc entre dans lu place. Les rc- 

s liucnt implacables. Par décret du 12 oc- 

C.nvonllon décida qu'une partie de la 



•nt 



')//"' - /;, / 'irlié, MûkUiuU, exécuteurs 

.• (■,< 'I h . I. .1 I II I -. La besogne de destruction 
t iiirii. ;i. , riiiiiiii et, pour aller plus vite, 
I iiiiptiiv:i 11 uiiiii'r..nlre 1rs édifices, les canons 
i:ii-;;rs à niitriullc roulic dis files demalliuureux, 
imirs [i.ir rriil.utirs, .lins la plaine des Brot- 
.iu.\. Un an après, quand il y eut assez de sang 
de ruines. Commune a/fraHcIde reprit son nom 
autrefois. Mais les rancunes soulevées poussèrent 



Ll-S ALl'ES. 



I>E lUlO.M' 



217 



lin us 1 uni n ■ 



% M le Cdiisulat 1 < 
Mus de nom. Il .| 



ui guuNLiiiLUiont de Juillet 
s obstinait contie les nou 
ii\ t iiifs lutii moin( mont, 



liiisiii, lit ( 11,1 ,t , jmu isi, 

11, lus lo lajnnnenient ili 
JSdhcour s'attachent à 1 un 
I t 1 auti e 1 n p du Rhône di 

lil llldl s lUstlluIlnUb cliai lia- 
1,I(S : // hl-]>ini, hu^puf 




,1, Il Ch 



h,,ll,l Di^qr 



. du ]Hiiit d( ILniveisilé (iive gauche), les i^'ictiZte des 
I, SI II n is III ilnine, magnifique cité scolaiie à laquelle 
I i| mh 1 un JJiisi iqnniiint trrlitnijiip I iit,'ement repii'senté 

i^'iii (Il /'(///(//( il I ni (iiinnii un li il i ,ii;p. Au wnii^bie- 
1 I \tn luitt de la iui squ de un SI il \elo[i[)e la \ille mu- 
Liituii piuinontoiie mail cageux au-dessus du confluent 

et du Rhône. Giace à 1 ingénieui lyonnais Penaclif, un 
ut a I té ciée. Mais il dc- 
1 à l'écart de la vie ui- 
sine à gaz, les abattons. 



C est que l'industrie de la soie en a suscite bien d autres Si la filatui e 
se fait toute en di hors de Lyon, le moulinar/e en grande partie dans les 
/e(/(/(/'/e, 1 nui dibsage et le //ssnçe sont large- 
ur iIImiI iii\ atelieib de teintuie, d ippitt et 
M I liiitiuis de la mature qu ils em- 
-1! Il I /uits chimiqiiet qui fournissent 



nerale On liaite les os et les ;ieah 
dus donnent encore des supi rpl 



1 us. 



il \ sont comme 1 
il- piiitd attache 



di I 1 'si.ine et du Rlii'uie 
Rive gauche du Rhône. 

niti (Il la ( iti maichande, la \ 
ouMii le I II nd au Luge ses lUf 
SI s biiiili \ II ils il ins la gl inde [il i 



-sia 



coinpii ml . Il gi nul jiaïc de la J i li - 
d'ur (iiioiiuineut des mobiles et le- 
gionnaiK s du Rhône, a la poi te piin- 
iiliale); le quaitier des Bioiliinn, 
\i iitable ville ameiiraine aux inlii- 
ininables avenues tianchees dans U 
diinier des lues qui se cou|icnt a 
nu'leilioit; tout pi es de la me gain lu 
du lleini , à |ioitt e du pont L.i Fay lli 
I t de la Boiiisp, la. Prcfectmr, tiès lu I 
1 dilue de btjle Renaissance, bàti di 
1883 à 4890. Là commence, au sud 
dis Biotteaux, \a.Gmllubcie, qnailiu 
iiuMu r que iien ne distingue de si s 
p 11 eils, sinon les lai ges voies qui huit 
pi netier paitout l'air et la lumièie. 
1)1 |a les Biotteaux et la Guillotièie 
sont cil convenus par les faubouigs 
de Charpennes, Vdleiiihanne, Montplni.- 
sir, Montihat, la Mouche, viaie ville 




sleari 



il! \ _ I 1 1 ou mi- 

I 1 1 Ils resi- 

i I I I /. ■. sul- 

I IN I I I I iitiRiue 

,.iH/e, sulfites de fer 

il', produits phaima- 

• que ni> fibnque-t-on pas a 

n qii 1 s tniiims immédiats 

I I \ Il I iiiiii I >i, 1 on met en 

Il I ni s I II H 1 s du Creusot 

ml I 1 I II pour en fane des 

\Ls, des punis, des machines 

i, les fonde) les de cuivre produi- 

cloilus et dis bron/is \orfe- 

=inl. ni 1 II I liso, la 



Ims 



\usti,- 



sila/i- 
1 mimee 
\poi fa- 
illi ah- 
s palet 



liiouveite de Onti 



:es toi: 



les jours grandissante. 



r 1\pographi- 
rtics que, sous 
[itait (lej i plus 

' des transports 
strielle . Lyon 
IX funiculaires 



218 



LA FRANCE 




fifexfap 





montent a la Croi\ Rousse et i Fourvières S iint-Just II semble que, ^rice 
aux derniers travaux la grande navigatum du Uhnne dui\e retiuuv( i une 
partie de bon ini n nm ictnite les petits bateaux de la Saône et du fleu\e 

sont en i \ in ni im I ^s mt 

Nomlii I I I In In ( Il ingères a la ville de Lyon, Mvent de ses rap(/nur 
\insi, I I |lii| ni I I h iilionms-os des fonderies et forges de la I oire ont 
I I I m I il M i| itil Ti_i_ dm ill m ^ n -t pns infc- 

M I 11 / 1 I il I / I I I I I il, innih Mlles 

,11 ! n I I I I V II I I I I - I M I X iiidus- 

lii II \ I I I I 1 I I I ililisse- 



Personnages historiques — Claude (Tib. Claudius Nero Drususl 
Is de DiMsiis fine de Tibcii, Carncalln (Marc-Auitl Anton. Bassia- 
us^ fil^ di "^1 pliiiii ^1 \ M il ili liilii Ilniiina, empereur en 211, ne a 
,>on Iss I I - I M pie de ( lermont (430-489) 

artliil I / / ' ( Batbou, chef dune ce 

=bii I I II I I I ni de 1 Min auxM= siècle 



frei, 
Ile, I, 



m- de la Fiance, pu 
inportance htiatigii 



Boisiieu, pi mile, dessmateui f,i i\ 
/ Ipui leti Jean-Mai te Roland de I i 



de boliil. s i)n 


,1. d ippu 


1, 


en ont tle fm 


iliecs, ains 


1 ou 


du Rlinii du 


1,1, d, lii 


lun 



\ile iiivhe k mnnl d t), \ 

Ions, ses taillis, ses btlM I 

les /es-Cains et ses chai m M | 

(deux sources d eaux mun i il 

de Tiajan et 1 agreste \t1Iii di 

les grottes de la Balme, le Tarare 




77 l,Si') , le iiiucilial L -Oui buchet, duc 
Vlbufeu (1772-lb26 ; 1 économiste Jean 

,,,tist, ^1,,/ (!-(- IS-Î21, Il bii.in di Ge 



iiide Bel 
I iiiiil, cai 
I / /!, » 



Lmis 1 inest Mti-.',m,e, (1 
de Chavannes (1S24-1899). 





■MlHJi^ 






r^^^ 



CHAJJNE Blf JlfJiA. — LA SAÔTNE 



LE JURA 



ETUDE DU MASSIF 



H ./'( Jura d.-M.iil,. ^rs iil,,ii, !,,.> ;ii-,-i,.<. s,.,,il,l,iM.', ,, <;,., \,iL'iifs 

teiiinit dau.sl imiiHjl.ilitédi-lapicne. A mi-Mir« i|ii\-llc ^ r|ui-,if des 
pôles solides auxquels l'enracinent ses extrémit<'-s, la digue juras- 
sique, livrée à ses propres moyens, a ci'dé davantage sous la poussée 

des f'>i s nroîTHniques qui la comprimaient de l'est, et a pris cette 

f'T Midiil iloir(\ si caractéristique à la fois du fléchissement de 

la I '■■^i-l;iiir.> cl (!,■ la violence de l'attaque. C'est au centre que la 

digue a le plus c'dé : elle ne s'est pas rompue, mais le faisreau des 

rides qui la composent s'est diHendu; des craquelures ont disjoint 

les arêtes, sectionné la masse intérieure, dont elles ont cniiiiii-nmis 

la belle ordonnance première. De là, ces 

brèches qui entament l'escarpe orientale 

du massif : cols de la Faucille, de Saint- 

Cergues, de Vallorhe-Pontarlier ; de là ces 

plissements de la roche, déjetée, tassée et 

comprimée contre elle-même, qui sont 

comme les derniers frémissements de la 

grande convulsion qui contracta l'écorce 

terrestre, lorsque le formidable édifice 

des Alpes jaillit dans les airs. 

I.e Jura est par excellence une montaf/ne 
de plissement. Ses chaînons, dirigés d'a- 
bord du sud au noi'd, puis incurvés au 
nofd-est , dessinent un vaste amphithéâtre 
(très large en son milieu, effilé aux deux 
extrémités), de la coupé'e de l'Isère au 
sillon de la Limmat embranché par l'.Var 
sur le Rhin. La plus grande largeur du 
croi.fsant jiirassirjue est de 80 kilomètres ; 
elle se réduit à 3b kilomètres entre Bienne 
et Porrenlruy, d'Ambérieu à Seyssel; la 
corde de son arc ne mesure pas moins de 
250 kilomètres. 

Détinir exactement le point de < nul, h i 
du Jura proprement dit avec les \ msj. - 
et la Forèt-iN'oire d'une part, les AIim -, df 
l'autre, paraît assez complexe. Les mon- 
tagnes ne sont point séparées par des 
poteaux-frontières, ni toujours déchirées 
par des abîmes; il y a d'ordinaire fusion 
insensible d'un système à l'autre. Cepen- 



dant il convient d'alioi d d'édiminor, du Jura proprement dit, le Jura 
souabe et le Jura francnnien, considérés à tort comme son prolonge- 
ment naturel, bien qu'ils appartiennent à un régime de caractère 
tout din'érent. A écarter également ce que les géographes appellent 
Tafd-Jiira, table calcaire projetée au sud du Rhin entre Bùle et 
Schafriiouse parl'expansion du manteau secondaire de la Forêt-Noire. 
Ainsi déliiii, le Jura se révèle à l'ouest de la Birse par des chaî- 
nons délaclK's aiiii. .s~iisde la région (mdulée A\iSitnd;iau, transition 

gi-aduell(. d,-, 1 ni s à la plaine du Rhin. D'autres collines dites 

pnjiirasxiijiirs limt ces plissements à la projection terminale des 
Vosges. C'est de Clvn-al àtfe.sflnfonquesurgitncltement, à la rive du 
Doul>s,la l'alaise jurassique. A partir de Saint-Vit, oh ce cours d'eau 
quitte la chaine, celle-ci se juolonge en escarpements de .300 à 
4tiil mètres, coupés d'échancrures au-dessus de r,ill.iis-.iii,,|ii, de la 
Bresse et delà Ihimhes, jusqu'au coude du RIh'mi. , à l.iL'nJrii, non 
loin de l'embouchure de l'Ain. Sur la rive gauche du lleuve, une 
sorte de terre-plein calcaire, l'île Crémieu, s'interpose comme un coin 
entre la Dombes et le plateau dauphinois. Le long de cette réserve 




PHOJECTIO 



220 



LA FRANCE 




tinguent nettemo 



la 
ii\e druite du 
Rli me, pousse 
au sud ses falai- 
ses jusqu'à la 
chaîne subalpine 
de la Grande- 
Chartreuse, et 
tombe brusque- 
ment surla/W(7/e 
lie Voreppe, ou- 
verte pnrl 
Un seul jili juras- 
sique Irai 

;iu pour 
se fondre d 
masse du Vercors 
subalpin. 

Du côté de 
l'est, le Jura et 
les Alpes se dis- 
ue de Sm-die qui 
■tdui delà Balme 
■; deux systèmes. 
I' 1,1 plaine suisse. 



ibkm. 



pr.'S Y^ 
dTJlten 
unique 



■i(b,n; ,lrS.,u,h'-Vrn;n-,Yvr^ Solnirr; ,\r Itnrii, a 
Enlin, tout à fait au nord-est, le Jura s'eftile 
l'arête des Lâgern, projetée de l'autre côté de 1 



Structure du Jura — ( m\ ii aux vét(-rans du 
1( Massif tential ciel de voûle de notre 
liianele ai moi ic un tout décrépit, la 
'ira est une 
1 I ni ^l I I 1 m h II I I iiii;iiirs, ni les 
1 ii| li\ I h m ni I II II I I iiinils cons- 

L 1 1 \ 111 11 1 ^ 1 lU 11 11 ly,; secondaire 
sentent lu giand c mplet le ^/lOfliswywe, surtout, 
I en occupe li plus gnnde paitie Alors la mor, en- 
oppant la claine tôt ilement iinmeigee, y superpo- 
siit les matnuu\ alUnionnaiies du futur édilice 
montagneux Un exbausst inent de h phte-forme ayant 
e ailé ses eaux, des lagunes attaidees formèrent par 
évaporation des dépôts de gypse depuis exploités. Avec 
'i période crétacée, une nouvelle invasion marine se 
roduit, mais elle n'atteint que les arêtes septentrio- 
nale et orientale de la région : nouveaux dépôts, suivis 
d'émersion totale. De plus en plus la chaîne se dégage. 
Quand survient, à l'époque oHijocène, une nouvelle in- 
( iirsinii de la mer, mmiI.-; Ic-^ |hirtiestout à fait septen- 
s, sonc recouvertes; 
mis qu'clb ^ I . ( i,i\ riii ;il..is se lient aux alluvions 
cien bras de mer, devenu la vallée du Rhin. Le 
début de l'âge miocène marque un retour offensif des 
eaux marines, le long de l'escarpe suisse où se déposent les molasses 
ge helvétien. 
Déjà le massif, hors d'atteinte, prend figure. Dans les hautes 
régions de l'air, les sommets s'enveloppent d'un manteau de frimas 
et le grand glacier du Rhône, le plus vaste îles clacii-v^ alpins, s'épen- 
dant à la ronde, enveloppe toute la um--.- pu :i--h|iir . |,i p m 1 1 v ,!,■ 
coulées dont témoignent, nu loin, ib-, |.|..rs iii,iih|ii,s ilini-in.' 
alpine mêlés aux blocs calcaires de piii vni.'' jm ,i^^i,|ii,' 
fermé de Ruz, dans celui de Saint-Imier, et jusqu'en Argovie, se 
rencontrent les témoins de cette ancienne invasion glaciaire. Alors, 
par les eaux de fusion se creusent les vallées et se remblaient les 
plaines : des graviers, des sables, des limons s'amassent, s'étagent 
en terrasses et, dans ces alluvions anciennes, s'incrustent les osse- 
menls des grands animaux : le mammouth, le rhinocéros tichorinus, 
qui peuplaient ces parages. Puis sont venues les alluvions modernes 
auxquelles appartiennent les tourbières des grantls plateaux juras- 
siques. Tous les agents atmosphéricjues entrent en 
donner au Jura sa physionomie actuelle. Mais, entre tous, aucun 
n'a comme buriné ses arêtes avec plus de force que le grand mou- 
vement qui, à la fin de l'époque miocène, a poussé ses roches les 
unes contre les autres et fait surgir de la masse ces rognons, 
plissés comme une étoffe qu'on froisse, qui constituent les traits 
propres du /"acrà jurassique. 

Exposés sans défenseà l'aclion rorrosive et dissolvante des agents 
de destruction : l'air, le subil. |,i |i|iiir, l;, nri^r, lis brouillards, les 
plissements dn Jura, (ii^]i'.~rs ru m,)/, -s siiiw in^ims, ont rarement 
gardé leur aspect primitil. Si le noyau dr l.i iiM.iii,i::ne, mis ànu par 
le démantèlement des faites, laisse pai ail i ,■ drs mii, hes marneuses, 
on les désigne sous le nom de combes: \r<. |i,ii,as .a Iraires escarpées 
sont des créts; de part etd'autre des voulus, bs .Impressions longi- 
tudinales sont des vais ; que l'un des flancs de la voûte soit entamé 
par l'érosion, cette coupure est désignée sous le nom de ruz; mais 



Il AI m: m .11 i; A. 



LA 



A ONE 




carde, coii|i(! la inolnnuo du f'iraiid Ciiloiiibier. 
Iri finit vraiinriil le Jura méridional. 

i" l.c Jura central est plus complexe, parce 
i|ii(^ plus épanoui. Marcel Bertrand y distingue 
Ir.pjs zones, alignées du sud au nord et superpo- 
si'cs en gradinsde l'ouestà l'est, vers la latitude de 
l,ons-le-Saunier : d'abord un minée revêtement 
de coteaux en vignobles, à la lisière de la plaine 
occidentale; puis \n zone desplaloaux qmsi''lag(\ut, 
région moins tourmentée que la pi-érédenle, mais 
subdivisée pai- trois gi-andes failles longitudinales; 
enlin, à l'est, lesnriHesréyiilièrfs de la haute chaîne 
hissé'es au-dessus de la plaine suisse. 

I.'arèle tuailress(> de celle bordiiie oi ientale, le 
Reculet, poii,- Ifscnis bs |.liis éb'\.s du .lura : 

(■,Tt,lr /., .\r,.,rl\--l:i nirllrM, la /*,;/,•( 1078 mé- 

li.-.,,le wunl. Tn„lrc(\V,HUmvUr<,i. Mais la chaîne 
(lu llcculet, d'où surgissent ces sommets, a l'air 
du M rempart extérieur plaqué au front de la for- 
Irics^e juiassique; elle s'en déi.'a!.'e vei's le sud et 



si la voùle est tranchée transver- 
salement par une faille ]ir'ibiiiib' 
à parois souvent verticales, re .h 
Iroitest une cluse, couloir de roui- 
niunication entre deux vais voisins 
l'un de l'autre. Souvent les crêtes 
enveloppent de hauts plateaux qui 

Chaînes et sommets. — i'.nui- 
ments'y reconnaître ou, plutôt, ilé- 
gager pour l'étude des distinclions 
rationnelles dans cette chaîne si ho- 
mogène et d'apparence si uniforme 
(|u'est le Jiirn? Il semble que son 
]u'emier aspect suggère aussitôt à 
la vue trois grandes régions nalu- 
relles : le Jura central, épanouisse- 
ment des crêtes et des plale.uix 
dans l'arc du croissant jurassique; 
le Jura méridional et le Jara oriental, 
dont les plissements, peu à peu 
contractés en une chaîne unique, 
vont se souder aux pôles d'attache 
résistants, .\lpes et Vosges, soulevés 
aux deux extrémités du massif. 

1° I.e Jura méridional, d..nire: 
piedde laC.li 11 II eu-e suli,il|une, >ui 

de Voreppe vers Chambéry ; //e//././/"' 
de l'Épine et mont du Chat, qui s'élii eiil le 
long du lac du Bourget; le mont Tvnmrr, 
dans l'inlervalle du Rhône à l'Isère, et, sur 
la rive droite du lleuve, à l'intérieur de 
i'angle aigu qu'il pointe sur Saint-Genis- 
d'Aoste, la montagne de Saint-Benott et le 
Crêt de Pont, que double le Molard de Don. 
Oesdeux plissombrentsur la coulée trans- 
versale de r.\lbarine, affluent de l'Ain. 

kn delà du fossé se profilent, du sud au 
nord, de grandes crêtes longitudinales. 
<'omme les lignes profondes d'une armée 
rangée en bataille : de l'est à l'ouest, le 
Grand Colombier (1 534 mètres) et le Cri't 
du Nu, le relief de ]a. Forêt de Coriuaranvlu-. 
les Joax noires et les Joux blanrln'<, b'- 
nmnts Berthiaut, le Corent, \e Revirnmnl , se 
juxiaposent entre le Rhône de Belle, ii, le 
et la plaine des Bombes. C'est le /; ^. 
(pie groupe Nantua, au sud d'( iViimix. 
enlre lîourg et Genève. Deux sillons, c élu i 
de V Alharine au centre, celui de \'Ain à 
l'ouest, interrompent la continuité de- 
dorsales montagneuses et ouvrentles com- 
munications d'un val à l'autre. Vers l'est, 
la Semine, qui tombe au Rhône à Bellc- 



Fr/ 




me projection vient buter, au 
. Mipure de Voreppe, tranchée 
1 -.sitôt, se ramifie en plusieurs 



ron du mont Vuachc, que coupe le Rhône sous l'escarpement du fort 
de l'Écluse. Une seconde ligne d'arêtes se profile en arrière du Re- 
culet, comme la muraille d'une enceinte intérieure : dans le prolon- 




222 



LA FRANCE 




gfijipnt du Coliiiiiliifr, la lnni.'ue rliaiiiH <lu nuDit S<ill,i:.. puis, d.- 
droite à {iauche, la traînée du mont Itisua.r, le Xoirinoiit, le bourrelet 
du mont Cruz, la Joux en bordure du terre-plein de Cliampagnole. 
Trois brèches de traverse coupent ces arêtes longitudinales et 
donnentjourau Jura sur la plaine suisse : le col de la Faucille et celui 
de Saitil-Ccri/ucs, ouverts dans la falaise du Reculet; le col des Hôpi- 
ti/ii:r, ipii tranelii; dans l'rpaisseur même du massif, entre la coulée 
de rOihe etcelli- du Doubs, snus Pontarlier. Sur cette faille centrale 

se l'onipent les pli>M' ni-- |Miii(i|Mux du Jura central. Il y a eu, 

comme au col ilc S.iinl-C r-m ~. iniisd'une façon plus brutale, tor- 
sion des plis moiila-iKMix, dnr.M linui'nt des assises, de sorte que, 
d'un bord à l'autre de la cassure, leajetr^s cunstitulives du massif 
ne se correspondent plus. D'une part, la Jlnil Jr VhhIhui, avant-garde 
du Uccidet sur la trouée de l'Orbe; le Lnrrmn. ]>■ Soinnont, projec- 
tion des plissmi.-, ils p|V.,é,lrl,ls; ,1c r:n , Ir umnl A iihvrl,\e Cl„l,- 

Seroit, \r rrri ,lr -r,'irr:.. ,-|l|-ll.>S |.s llll> rll \,ur 1 1 1 ■ S ;n 1 I I vs, SCMlblrllt 

appai'lruir ,\ driix s\slri,,r> , 1 1 11 - 1 V 1 1 1 - . 1,1. ■„ ,pr,i\.iiil la convulsion 
qui les brisa lisaient dû conipuser le même faisceau d'arêtes. 

L'on dirait une nouvelle région qui commence. Au lieu que la 
Sienne et VAin cherchent leur issue vers le sud, VOrbe, issue du 
val de Joux, VAreuse, du val de Travers, frayent leur voie au nord- 
est, vers le lac de Neuchàtel. Crêt de Travers, sur la gauche de 
r.\reuse, et, sur la droite, le Chasseron et le Chaumoni, en prolonge, 




dure nait le C/ias.^eriil, qui bientôt, à son tour, uni avec la ride jiaral- 
lèle dn Montoz, rebord du val Saint-Imier, forme la digue uniiiue du 
Wcissoistein. Le Jura cential a pris fin : ses arêtes se resserrent et 
se fondent en un plateau calcaire, celui des Franchcs-Muntaçjnes, sur 
la rive droite du Doubs. Plus loin, c'est la Suisse. Un nouvel épa- 
nouissement de crêtes, bientôt mêlées aussi, ne forme plus qu'une 
seule croupe altachi'e à l'éperon de la Forêt-Noire. 

Les plateaux du Jura cenir«/ offrent un développement plus simple, 
moins lu isi'' que celui des hautes chaînes. Au cœur même du massif, 
le iilateau de Champagnok, borné au nord-est par le rendement 
du mont Croz, à l'ouest par le bourrelet de Yffeiitc, Icmlu sur 
la coulée de l'Ain, s'étend à l'altitude moyenne de l'M inrlrcs : le 
sillon de la 13ienne l'entame. C'est par excellence la n-^ion toifs- 
tière du Jura : ses vastes sapinières, aux fûts élevés aux altières 
colonnades que pénètre à peine le soleil, encore qu'un peu mélan- 
coliques, ne manquent pas de grandeur; elles impressionnent sans 
beaucoup séduire, mais le pays n'a pas de richesse plus sûre. 

Le plateau de Nozeroi/ , voisin de celui de Champagnole, au 
nord-est, mais d'une altitude moyenne supérieure, enclôt de vastes 
tourbières. Il bute à l'est contre la chaussée du Luremn ; le InuL'eon 
écoule ses eaux vers le Doubs. Le plus oi ri, Lui ni il. s i^I.iI.mmx jui is- 
siques, ou plateau Lédonien (de Lons-li-S;niliih i , niu ■pic un ili iji é 
inft'iieui à I I lui (!■ ( h nnp uimlc. Sa plus 
glande altitude ne dcpasse pas 6U0 mètres. 
Il s ttend d Oigelet à Salins, où finit la ré- 
gion d( coupée de nombieuses failles, aux 
\i is mis (Il 1 Hiui lie muussent les crus des 
vignobles di '^'unt-Maur, Poliyiuj, Arbois. 
i I Iti /OUI ( \lii me du Jura s'affaisse en 
iKuduie sui la plaine de Bresse, et di- 
minue rapidement de laigeui vers le nord. 
(( n'est qu un levetement adventif de la 
1.1 ludi 111 issi |UMssi([ii, i 1 incident. 
\ Il lililuili il' ^iliii^ sous l'escarpe 

du liniiil l'inlji, /, 1111 uil il' SI -, ii'M'JS de sou- 

I. 11, m, ut 1, pi II' lu il (hn,,,^ r-'iid nu 
l„n, SOU is|„ , I ,ouln,ni' I II proloML^niiu 
i,,'i,l 1, |.lil' ni I 'loiin n, ' Inl'^ ;,u I.iilc 
-.'-'spnisil, niiilis quit.iikul dis tailles 

lii'liiinl'-- ,1 1 Iiieuses la Lune elle 

I) I iil I \ I H 11^, ut leui cours sinueux, 
ui loinl d' M 1 ilables canons eu minia- 
liii, r< u a peu la plate-foi me de VOrnans 
|i, ni sa iigidité monotone le sol ondule, 
,l(s nphs naissent, vont se resserrant 
,t conveigent en une jetée unique qui 
M, nt mouiii sous l'escaipe extérieure du 
I oiitont, dans la depiession du Doubs, cil 
dune le Dessoubie, en a\al de Saint- 
Hjppoljte Dans ces mêmes parages, mais 
a lest du Dessoubie, se fondent égale- 
ment les piolonges plissees du plateau de 
Nuzeioy, dont la plus saillante, l'arête du 



CIIAI.M: 1)1 .ILllA. — LA SAONE 



223 



Clos du Doiih.y, lu iiA'tilf 1 ml.'- 
rieur du coinli- .hju ^I'' '•■II^' i i- 
vièrepointéMir~-,uiii' 1 i-.iiiiM'. 
3" Le Jura oriental e.-^L in 
(ii'']i'inent suisse. La cou|"'i' 
Inriiicuse de Biienne-Ponvii- 
Iniy, p;ii-le col des Ranyicrs, lucl 
en relief la saillie de ses cluii- 
nons parallèles : Weisscnslein. 
Muron-Grniteri/, mont liaiineiir, 
mont Terrible, dont l'expansion 
s'est butée à l'ouest contre If 
plateau non plissé lïAjoie, il. 
à l'est, sur le bloc tabulaire iln 
Tnfcl-Jura , contre-buté lui- 
nienip par le socle piimitit d' 

II Foiêt-Noue. La proxiniit' 
(lu jiole résistant auquel s at- 
ti lu ]p Jma oriental, en lele- 
u ml ^1 s |ilis (liiiiiiuiait leui 
sniipi ss( , nli i\ lit kui deve- 
lo|i|ii 1111 iil ^uun 1 1 [1 lussi e \e- 
1111. d. I inl. iiMii Unis bs 
( Il iiiiniis tiin ni 1 iinime dt la- 
( m s, siiuli \i mUi Mil [loui ainsi 
iliK i loisi s etmlbutes les uns 
sui 11 s auties dans un inexpii- 

III ilile désoidre Par mille dt- 
liiuib en ce dédale de valb es 
et de bassins en chapelet, la 
Birse cherche sa voie, et la ligne 
fpiri-e de Hienne à Dàle s'y in- 

siinif avec elle. La poussée latérale fut si violente, à cette extn'milé 
ilii Jiini, i]ue les plis chevauchent comine des écailles, en superpo- 
sanl jusim'à trois fois les mêmes dépôts les uns sur les autres. Ce 
Irniible extrême se révèle surtout dans VUauenslein, où se résol- 
vriit les plissements du Jura oriental, avant de pousser de l'autre 
c.ilt' de l'Aar, de la Reuss et de la Limmat par quelques traits vite 
einiiàtés dans la plaine molassique, un seul émergeant encore, jus- 
qu'à Regensberg, sous le nom de Lafjcrn. 

L'analogie de la terminaison en pointe, par convergence des plis, 
révèle entre le Jura oriental suisse et le Jura méridional français une 
paionté trop évidente pour qu'il soit nécessaire d'y insister. D'ail- 
leurs, l'uniformité originale de sa structuie donne à tout le Jura 

une individualité qui le distingue de toulfs I.s .mlir^ I,ii;ii.'s 

de l'Europe. Mais ne lui demandez pas les cli:iiii|i< W. — I,m •■ .ji-- \l|i. -, 
la chevauchée des pics inaccessibles, le vrii..' ,1.., alinp s ^all■^ 
fond, les horizons sans limite. Les géants du t/wn; smil mieux à iinhr 
mesure ; ils se tassent, s'allongent au lieu de dresser lièrenient 
leur tète dans les nuages. A l'intérieur même du massif, les failles 
de rupture qui rra(]iièlent ses plateaux engendrent, par contraste 
avec la moiiiii'iiii'' d^s biuteurs, des sites repo- 
sants, pittoresi|iir-, ,1111 s, qu'égayentde claires 

fontaines et des loiienls tapngpurs. Est-ce à dire 
que le Jura manque de lar^^'S !■. Ii,i]i|h.(s ? se- 
crètes sont des belvédères iialui ils. An iMniarl d- 
la plaine orientale, l'affaisseineiit des h-nes dap 
port ou de débris qui constituent le pays de Gex 
accuse mieux le relief de la montagne. Du faite, 
après la pénible montée du revers opposé, c'est 
tout un monde violet et bleu qui apparaît, comme 
[Ml- un coup de baguette magique : en bas, le 
p.irlerre moutonnant des collines de Gex, piqué 
de petits villages semblables à des ruches d'a- 
Im illes; la longue traînée d'azur du Léman, de 
(ènève à Chillon; au loin, à droite, comme une 
111.1 le de montagne, ouverte entre le Jura et les 
Alpes pour le passage du Rhône; enfin, d'une 
pureté idéale, le mont Blanc (\\i\ trône surle héris- 
sement des aiguilles poudrées à frimas, dans une 
sereine majesté. Il semble que le Jura se hausse 
pour mieux voir : du belvédère de la Dole, ce 
spectacle est d'une sniivernine grandeur. 

En manteau vert de forêts 'I de pdiarar/es enve- 
loppe le Jura d'une la. mii ].ii-i|iii: continue. Le 
sapin est ici l'arbre duiuiiuil.jur : ses fùls, hauts, 
dioits et serrés, accaparent l'air et l'espace : il 
ne souffre point de concurrent dans son voisi- 




nage. Le chêne lui-même, pourtant si robuste, doit reculer. Il n'y a 
que le hêtre pour vivre avec le sapin en bonne compagnie, et c'est 
merveille quand son feuillage léger, empourpré des feux de l'au- 
tomne, met comme une gloire h la lisière des grandes pineraies 
sombres. Le sapin a son habitat principal limité par une ligne allant 
de Champagnole au confluent de la Bienne. Si tyrannique qu'il 
soit pour la plupart de ses congénères, des arbustes et des plantes 
plus humbles prospèrent à coté de lui, dans les clairières : le cytise, 
le gem'vrier, l'aubépine, le buis, le ne/lier, le chèvrefeuille et le rosier 
des Alpes, le rhododendron, joyau de nos montagnes. A côté de ces 
arbrisseaux vivent de nombreuses plantes herbacées : le suave 
ri/clamen, la belladone, la digitale, l'aconit, la valériane, le géranium 
'ii-i Uni. \t' muguet, l'élégante et gracile spi'rea aruncus, reine des prai- 
1 1. s al|.iiies et ornement de nos jardins. 

I. ■ \|ili.itation des pâturages alimente, en Jura, une double 
iiidusliie ; celle des frnilirres et celle des raffineries de fromage. 
Dans les régions d.- |i..|iiilaliiin ai;i;li.mérée, les producteurs de 
lait, unis en soei.d.'. iiViait un . Iialel „n fruitière aménagé pour 
la réeeplion et le liavail du lail. (diaeuii y apporle Joiirnellenient 




22i 



LA FRANCE 




le produit de la traite de ses bêtes, dûment pesé et enregistré. 
A la fin de la saison, le bénéfice de la vente, déduction faite des 
frais de l'entreprise, est partagé entre les sociétaires, au pro- 
rata de ce qu'ils ont versé. Le fromage est l'objet de soins intelli- 
gents : c'est une façon de gruyère, dont la production totale est 
estimée par M. Priant à 6 millions de kilos par an, pour le Jura tout 
entier, et vaut à peu près 7 millions de francs. 

Danslpsri'<;ions élevées, où la disppi-^inn di-; villncesne peinii'l ipie 
difncileiiiriil i',-,|.|H.rt,lulai(,l,i |iin>lM.li,,n .lu -nix/r.' c-l i r,n|.l,MV.,. 
par celle des IVmiiaui'S |ii'r>ill''S, r..iiiiils r-.iii^ Ir iMiiii -rM'iiij.h' il.- 
septmonccl: licllcrombe, les hoiirlmux, 1rs .MnlniH'>, |,.s Mmissirivs 
s'adonnent à cette industrie. C'est même aux ildus.siércs que le 
septmoncel s'est fabriqué pour la première fois. Mais Septmoncel 
en a centralisé le commerce, tout en prenant l'initiative d'une autre 
industrie : la taille des pierres précieuses. A lOÛll ou 1200 mètres 
d'altitude, comment employer mieux les loisirs d'un long hiver? 




)E DE LA LAN GO CETTE 



LES EAUX 



Aucun pays n'est mieux arrosé que 
le Jura. Le filtre de son. sol fissuré, 
absorbant les eaux du ciel, les déi obe 
à l'action réductrice de l'air et du so- 
leil, pour les rendre à la lumière par 
des couloirs mystérieux, en sources 
jaillissantes. Ce ne sont, dans le liant 
pays, que fontaines claires et vives, 
riviérettes sémillantes, filets d'onde 
pure et bleue, grâce auxquels, même 
sous les ardeurs de la canicule, tandis 
que la plaine meurt de soif, la mon- 
tagne conserve son tapis vert et les val- 
lées leur ln'llc ib.iaison. Les eaux ju- 
rassiques s'. coulf ni : au Tî/impar rOi'lic 
et la Thirl,., tnluitaires de l'Aar; la 
Birse, affluent direct du Rhin; à 
l'ouest, vers la Saône, par le J.)oubs; 
au sud, par l'Ain, la Bienne et r.\lba- 
rine, vers le Rliùne, ou directement à 
lui par la Valserine. La Birso, le DouIik, 
VAin sont les rivières jurassiques par 
excellence : au nord, le groupe Aar, 
Reuss et Limmat; au sud, le Rhône et 
VIsère lui sont plutôt extérieurs, leur cours ne faisant que tra- 
verser, à l'une et l'autre extrémité, son double pédoncule de rat- 
tachement aux massifs voisins. 

De même les grands lacs qui s'étendent en contre-basde la bor- 
dure orientale : ceux de Genève, de Bifnnc de Nevchàlel. lui sont 
extérieurs. Tout autres sont les rési'i \ (.ii s ,|, |,i li.niii- cliaiiic empii- 
sonnésdans le creux des vais : lacs di' ./"" ' . il'' Sinni-I'nmi. de Ctiail- 
le.ron, de Sila,,, de Chàlnin. lar M-«„hn ri l.,r Dr,, us étalés sur le 
plateau de Champa-iinl,', lai- di' .V-////'/'». Leur vie se lie intime- 
ment à celli' drs rciMs di MU, (|ui . n s.uil les dérivatifs naturels. 

Parl'Amel !■■ ])niihs, alIlMeul di' la Saune, la majeure partie des 
eaux du Jura descend au Itliône. L'Ain jaillit d'une fontaine pro- 
fonde (TfiO mètres d'altitude), à 10 kilomètres est de Cliampagnole. 
Accrudela5cr;)«!Ù'rec, autre coulée d'eau pure, il se perd dans des 
cluses pittoresques dont les parois s'entr'ouvrentà l'apport de tor- 
renlicules, émissaires de lacs nombreux et de sources abondantes. 
Tout à coup le petit fleuve disparait sous des blocs sauvages 
détachés de la rive. A peine revenu au jour dans le réservoir de 
Rourg-de-Sirod, il fait un bond de 17 mètres pour capter au passage 
lo-Siume, née comme lui d'une puissante fontaine, la. font sous la 
Lete. Cette turbulente rivièiv plnn^e Imis fois sans désemparer, 
gagne les Plancbes-en-Monla-m . sanlr 'i mètres, puis 30, et plonge 
dans l'étroite fissure de la 1 iu-mu, iir Pourtant de contorsions et 
de biuil H5<7!»iena f ut <]ui 17 1 ib mètres, mais ses 4 360 litres 
d eau en débit oïdinaiie sont poui 1 Ain, un précieux apport. En 
a\ il coniluent \ \ngillon fils de la combe profonde des Nans; le 
bief drr»/- fmi'=: ain du I u d. Ch dam. 

M 1 I nul i I lu luilnl ni 1 s tubutaires de l'Am, un torrent 
lie 2 I il ui II I ] III I Hérisson, dont le cours heurté n'est 
I m iin I lu |u 1111 1 I idt en interrompu. Le lac de Bonlieii, 
1 u il lii| I u 1 11 un de inière du Lac, est l'une des plus 

h mu ml lilul lu I iKi une Chartreuse se reposait à la rive ; 

I 1 II 1 I jiiiii liivuinntes des bouquets de hêtres sécu- 

I mes et dt sipins atblLtii|ui s se muent et souvent trempent leurs 
lu niches dans li nappe tianquille Le lac, profond de 12 mètres 

uMion couvie une étendue de 18 hectares, à 803 mètres d'altitude. 
A peine issu de cette conque champêtre, l'impétueux Hérisson 

I I m outre 1 eniiss me du lac d Illai/ grossi du trop-plein des deux 
Mailuf ses \oisins un cipiicieux encore, qui, après avoir passé 
en sous-sol pu un caml de 400 meties sous le village d'illay, lie 
piitie avec son tuniultm u\ voisin et commet avec lui toutes 
suites de folies AnsanI Girayd le ,ffcHMon s'essaye au métier d'acro- 
bite couit se contiacte et plonge d un jet, au milieu d'un grand 
huas a \o mcties plus bas Cette chute, la dix-septième di- 
puib son oiigme ne vient qu au se( ond rang pour l'imporlanci'. 
Il faut \ou plus loin le Heriswn bondir, on s'effnndrant du haut 
dune coiniclie de locbes comnn im pdil Mat;.iia; lUi mieux, 
loisque piécipite sui les sliales lui aiihs (l'iiii virilaMe cbàleau 

1 eau natuiel il di ploie d un mouscineiit gracieux les plis on- 
doyants de son echaipe blanche, pailletée de diamants. C'est ici la 
cascade de l'Éventail, l'une des plus belles connues. La hauteur de 



CIIALNE DU JIRA. 



LA SAONE 



22.^ 



la chute est de 60 mètres. Encore quelques remous rageurs à li.i- 
vers les éboulis, jusqu'au moulin Jacquand, et le Hirissmi ,ip;iis. 
sa fougue dans la double conque des lacs du Val ou /'c y^v k- 
(longueur : 1500 mètres; largeur : 400 àGOO) et de C/mmbl,/ ou 
lac De<!sfms (longueur • 1 250 mètres; largeur • 300 à 400) Pour une 
^tape de quelques kilometies, le Hérisson est lombi , de la i('i;ion 
dllhy à ctlle de Chambh, d une b iiili ui nciIk \W i]iii (b i' i"---' 
'JiOiniues 11 se peid alois <I iiiN b mI1( ii (b 1 \ni 

Il lac de C/irf/r/m (ou Cbiiin p. u . Im.,,, .Iu(l bl\ b. Ib 

ét(udueliquidede220 becliKs, b.ii- 2 >(ill ,,,, li . s , I I ii .. .b 

500 a lOOOnK tus, le plus Vcislo k s, m I , m ,lii hii i i|>n ■. ( . lin 

de Saint-Point, SI Idle àGOO niLlK s (I ilhiii b .nin uhnmI i i|.is 

de piailles et un fi i à cheval de icx lu ■- (ji uimiiih iil ib vhim i h. ^ 

hetidies Le site est dune (iniiu\uilu btaulctl lu 1 lo l"il |i"i^ 
sonneux on a evhuin< de ses cauv les u sli s assez bien c nn^i i m - 
d une antique ciU bu ustii , ( nli e aiilii s uni lu Ib piiogiK , lnii_n 

Il Drouvenant, mi /)/i//(i Mi/i' In h iIii II iiss t il nissilm 

biib nie n itui I, jaillit diinnabiu |. h |.iini,|, I , r „/- .h. Uu h, bnii 
de 1 bO meties Si s miilliiib s (ib Is n unis Im un nt une lu u\ ml' 
cascade, dont les seieiies et moulins de lai lasiu e utilisent b Ibil II 



s 


Enlie elle i 


t 1 


de 


la hautPiH, 


d, 


xp 

1 il 

nu 


io|p[tenl II 

liibiil ilis 

Il ilu /'// V 
. 111 1 'lltU 


::,;; 



aiiiveque les eaux suiabond iiili s pio\eu mt de la funte 
ou de pluies exceptionnelles obslment 1 oi ilu e mi n e di 
le iiop-plein lemonte aloi s p.ii un conduit inluii I dit I 
Gaw/ûnes etiiMint bondii du h ait d un inibci appelé 
Dnrd Cette chute atteint alors pu s de 90 nu 
souice noimale de la inieie, a moitié, au tu 
failles nuisibles, dt s giottes, di s sillons tmti 
de cascdtelles intei nu ili un s d iiis I i uMib i li 

Pai le Diouvriitint ( I J iOd un li i s) di 1 1\ i i 1 
lacs de Chnnaux 1 m d Fn /fnul, 1 n Shih m 

de 700 meties, birgi de^lO, qii ili ili lib I 

d En-Bas, In fi7u HT ou Ginud-Lac{ uln i I m - 

tics,laigeui -iOOaTnOj Pai gnnib s , ni\ b s ,|. ii\ I n s ^i .li.nn.nl 

la main sui le pi m de pi m n s qui b s m pu I n 1^7(1 lui i nt nn- i 

joui les 11 stes d une I ili I n iisli, ,li j i.i ,b Idiueiie polie I - 

saiiedi sib ux biisou />'"/ i/i /" /"'" bs|Hiiti au Diouvenanl \ nisni 

I entiaineniPiit di s. s tui biiN iiK li ibul nu s précipite le muis ,b 
VAin Sous Pont-de-Puilte il f,li'-se en lapide et fianehit un seuil 
de 18 meties par la belle chute du Saut de la S(7^^se des eouiants 
tumultueux se croisent, se biismt, lejaillissi nt en fusées, e'( st 
moins une chute qu une mèli e de bondisseinents Les Inugis de 
laSaisse (Compagnie des foiges de Fianche-Coniti ) utilisent (etfi 
précieuse foi ce natuielle. Puis VAin se 
faufile en de profonds couloirs, presque 
déserts, où ses eaux bleues frôlent le pied 
de grandes roches fauves. Cette longue 

faille dr 'iikil lins. 1,1 .. Cnmbe d'Ain», 

oITre il.i-i ' -I' < |i,i", !-.■-. ili's sites impré- 
vus : C/n:i',< ii-r ,lr .\ ui ,r- 1 ),i me de Vaucluse 
et ses. jardins suspendus, la yioc7(e-5M!-i?r(«7, 
le Saiit-da-Moriier. 

Voici la Bienne (68 kilomètres), émule 
de VAin et son principal adjuvant. Issue 
d'un plateau peu éloigné de la frontière 
suisse, et d'abord connue sous le nom de 
Bief de Chaille, elle dévale et saute comme 
ses sœurs du Jura, incessamment accrue 
de sources jaillissantes. Au-dessous de 
Morez, longue cité inilnstrieiise qu'effile 
une double entrave de r.ulnTs, \'l-'riihin< 
lui arrive, par bunds irasr.nle ilu i:ii,ipr.ni 
de Gendarme), d'un iiialrau l'I.vi' I mii) à 
1100 mètres), où somnolent : le Lac des 
Mortes {10 hectares) et celui de Belle fontaine 
(12 hectares). Puis la Bienne, par une 
échappée pittoresque que commandent de 
hauts rebords calcaires, happe la Vattchise, 
puissante fontaine de l'amont de Saint- 
Claude, et rencontre au pied de cette ville 
le î'^eon, torrent d'allure désordonnée qui 
dégringole de la région élevée des Bou- 
clumx, entraînant avec lui le Flumen, cé- 
lèbre par ses défilés et ses cascatelles. 

Au-dessous de Saint-Claude, des cluses, 
des couloirs épanouis en bassins ver- 
doyai! ts, e-o nduise 11 t la Bienne à la rencontre 
de plusieurs toireiils : le Lison (ne pas 




leyion (b S, lins 



roni/riri/ (émissaire 
e où il glisse et se 
l'Alihdi/r, vasque de 




226 



LA FRANCE 




sont los lieux rapitales industrielles de la Bienne. 
Morez, ancien village de Combe-Noire, aurait 
fu l'iiur ( rt'Mirur de sa première industrie un 
certain Élienne Morel, qui vivait au xvi« siècle 
et dont elle aurait pris le nom : Combe-Morel, 
d'où l'on aurait fait Mitre:. C'est à pre'sentiine 
ville de 3900 à 6000 habitants, ou plutôt une 
longue ruche laborieuse étirée aux bords de la 
liienne, le long d'une interminable rue de 2 kilo- 
mètres et demi, tronçon de la route nationale de 
Paris à Genève. I,a lunetterie et V/iorlogerie en 
sont les deux industries fondamenlales. De J/o- 
rez nous viennent ces monumentales horloges, 
ciu Ilissims dans des coffres enluminés de fleurs 
et de sMji Is ( liainpètres, avec un balancier qui 
1 ehnl , I nnnins sous le nom de «comtoises". Il 
s ,'11 lalirlque :j:;(lOn par au. De J/,-,v; éealenient 



.1)0 lin 



93 heclares, longue de "2 kilomètres, profonde de 20 inèires environ, 
à près de 880 mètres d'altitude. On imagine les ressauts, les bonds 
et les circuits de l'Enrayé; son nom est une gageure : il saute dans 
une caverne, fouille les profondeuis du sol, où il rallierait les eaux 
de la rivière de Luuirc, disparue subitement à 5 kilomètres de sa 
source. Qui sondera le monde mystérieux des eaux souterraines"? 

Vficrin, dernier affluent notable de la Bienne, recueille en sous- 
sol les eaux du lac d'A7itrc, nappe solitaire de 8 hectares, endormie 
à 824 mètres d'altitude, au pied d'une roche où s'étayaient les habi- 
tations d'une cité gallo-romaine, la ville d'Ancre, l'une des plus 
notoires de ran[i([ue Se. pian le, ri \ aie de Jeun-e et de Villars d'Héria. 
Les débris qu'on eu a i cueilli-; d. puis des siècles donnent l'idée de 
ces vieilles citi's il/clmes : d.^ \ ilLiues se sont élevés sur leurs rui- 
nes, après que b-s Sariasius eiiieiit passé par cette vallée d'Héria, 
comme une trombe dévastatrice qui n'en laissa rien subsister. iMoi- 
rans, petite, mais active cité, est aujourd'hui le centre de la région. 

Par une dernière gorge (cluse A'Uffel ou de Chancin), la Bienne 
atteint la coulée de VAin. Dans sa course heurtée, la sémillante 
rivière sème la vie sur ses bords. 

Avec ses torrents indisciplinés, ses cascades, ses fonts vives, ses 
chutes rapides, le Haul-Ja a possède une merveilleuse réserve de 
force. L'industrie d'ailleurs n'y chôme guère. Morez et Sainl-Clmide 




de douzaines, qui s'exportent dans toutes les 
rincipalement en Angleterre et en Allemagne. Zîj- 
veites et Iwrlo'/es donnent à la i égion moré- 
/i 1111 une moyenne annuelle de 6 mil- 
h u- d'i qipoit de la classe d Horlogerie à 
1 I \|i Mh .nunneiselledelOOO) 

Saint-Claude est d'aspect moderne, 
Inn (|u snu oiieme lemonte au temps 

I hiuni <pu s nnt Romain et saint Lupicin 
Miiii nt fixei leui i esideni e au confluent de 

I I Bienne et du Tacon. I e premier grou- 
pement tonne aulonr du monasti re qu'ils 
lundèient s'apptl lit ( i,!:h,i n/himl; il 
jnit ensuite le ii m lu ipiilii nie abbé, 
'^ iint 0-\and,puis ( I lui lin il u/i , saint 

I ibl i\ ^omemait souveuunement celte 
I _i n 1 I foimait, à la lisière du pays 
ml 1- une soi te d Etat indépendant, ou 
/ / ! iqianilejii(h(fituie (leSaint-Clinide. 

M iLi snn ancienneté, la ville, maintes 
1 is 1 i\ ir,ee pal de tenihles incendies, 
a gdide pou de chose du passé la cnt/ié- 
drale elle-même, c ii le sieye abb itial fut 
111-' en éveillé en 1742, avec la froide 
Ml 1 lin ini e de sa façade composite, n'ar- 
léleiait guère, n'étaient les trente-huit 
stalles di'iicieusement sculptées pour elle 
par Jehan de Vitry (1A49-14G3). Le site, 
d'ailleurs, est agréable : ce pont de pierre 



CHAÎNE dl: juha. 



LA SAÔNE 



227 



qui enjambe liai-diiiient la coupui 
ili' la i^icnnc, à la place d'un piciiih 
• MiMuije dû aux frères Poiilil'.-. .p 
ji^lrrenl sur le Rhône le poul >aiii 
Esprit; celle passerelle qui susprn 
ses fils de fer à '60 luélres au-de; 
susdesbouillonnonientsdu Taron t 
que le terrililiM'vr|..iic(li' iSOO lord 
comme unfi-lii: rr^clnlaiiihiL'i' pî 
toresquo du M''ii\- i|ii;Miiii' (!'• I 
Poval : cela nrsl p,is ■..in- n.l iV 
i,UnsSai„t-rl,n„l., r'.'-l -,, \;il|, . 
ce sont SCS iimiilaL'ii' s, >c.-. ;:i ,iin 

bois, ses eaux I di>-,i ni.-- , - 

claires fontaine-. Si -.(liiiMinh' 
l'éveil du prinl.Miip-. si liai lir iii 
core et si vertf scius les aidruis d 

r.'li', cette nature rpa w d 

lla\il-.lura connaît iHUiilant la sla 




gnation des hivers prolongés, qui, sans montici de iigueuis exceb- 
sives, closent les gens près de l'âtre poui d interminableb veillées 
Après s'être adonné à rinnnrentc industiie du sifflet Saint Claude 
a entrepris de fabriquri- d.s t'ilmiirn^ dis I intioduction du tabac 
en France, puis, comme la raeine de bru\eie melee lu buis que 
l'on employait surtoul, lu; cduvenait gueie on eut 1 id( e d en faire 
des pi;)«. Et la fabrication de Saint-Claude en pioduit une tient un 
de millions par an. Ajoutez les accessoiies de cette mduslin le 
tuyau de pipe, autrefois d'ambre, 
nin|)lacé par le caoulchouc vulca- 
iiisi', le celluloïd ou la corne du 
linsil; le travail de l'ivoire, de l'os, 
de l'écaillé, pour les articles dits de 
« Saint-Claude » ; la taille des pierres 
précieuses et du diamant, l'établis- 
sement des mesures linéaires, vous 
aurez l'idée du labeur accompli 
dans l'agglomération San-Clau- 
dienne, vraie métropole industrielle 
du Haut-Jura (12022 habitants). 

Sous l'afllux de la Bienne,à Condrs, 
l'Ain, presque aussitôt, cmipe eu 
traversles crêtes loniritudinab'- qui 
l'enserrent: jetée des monis y,', /- 
i/iiant, dorsale du Curent, escarpe 
du Re'vrnwnt, etd('d)Ouclie en plaine, 
ayant pris au passage les ruisseaux 
déclinés des vais jurassiijues : Val- 
loiise et Saran à droite, Oignin à 
gauche, déversoir du lac de Nan- 
tua; au-dessdus de Pont-d'Ain. 
r.\ //-(»■//(.' d'.\inl..'rieu. Au seuil de 
la 1). nulles paiait le Rhône. 

lùitie les hautes f.ilaises, boisées 
à la base, des monts d'Ain et l'hémi- 
cycle formé par un éperon avancé 



de la muntai;ne des Bain, < th.. aux peut, s de la.pielle s'etagent les 
maiscuis de Nantua, muuile lanapped'uu lac chaimant, à4~o niè- 
ties d'altitude. I.e lac de Nantua mesure 2 600 mètres de long, 
'lOO à 700 de lar«e et couvre 141 hectares de superficie; dans ses 
eaux poissoniieiises. picifondes de 46"" ,30, au niaxinnim, les Iruiles 
s.iumoiiées alleiuiieiit une taille remarquable. I. O/,/,/,,, /i^nmi/el 

Vain/ reuiii- , d.iii- leqind s'épanche le Bras-du-I. , , -.iii — .iire, 

s'.iceioit dl' l-i/e/'. luisscau A'Oijunnax, ville mdii-li leii-e, haut 
perchée, à ool mètres d'altitude, au pied de monts boiseb qui dépas- 
sent 4 000 mètres. Les cascades de l'Oignin fournissent à sou usine 
d'électricité la force motrice, et elles sont admirables : celle d'Ar- 
liintaine, qui plonge en arc de lOmètresdans une belle vasque natu- 
iidle; celle de Thorey, qui saule 30 mètres; enfin l'escalier d'eau 
de Charniine, la plus puissante des trois chutes. 

V \ u 1 Albarine née d un petit etan^ a (j kilometies sud-sud esl 
dl > Liitiu II 11 1 >in de la coupe veidoj mte ou subsistent les lestes 
de lidiiili u I de Meipiat (fonili e lu xii su c le^ Ion ne si drule- 
1 ut^u I. iju te p iinii iiii ml | i m i m il _ iill n il l 

quilt. s m (diteiu ii il il iii| H n I i I I 1 1 i ti\ l ,, ils 



queiicutilli 1 1// ;/(/((. tu K ttt LLiiiU 111 i^iiili ju 1 un [1 ii^iant 
de deux ca\eines (casi ide de Chai ibollej lui appoitenl un alflux 
SI abondmt qu i Chaley son flot loiile doidinaiie 3^80 litus et 




228 



LA FRANCE 




■19;]0 litres h IVHiaso. 
De 940 mètres d'alli- 
tude, la tumultueuse 
petite rivière est toui- 
bée à 400 mètres. Elli' 
semblait jusque-là sr 
diriger vers le Rhône : 
c'est VAin qui l'attire 
à l'ouest, par une gorge 
où ses eaux courent 
jusqu'à Tenay. Au-des- 
sous d'Anibérieti, elle 
débouche enfin dans l.i 
vallée de VAin; mais h- 
sol de gravier qui 
forme son lit inleiieur 
l'a tellement appauvrie 
qu'elle ne roule |.lus 
que 1 500 litres, ninins 
qu'à Chaley, au (h'-valT' 
de son plateau natal. 
Altitude de la source : 
Q'iO mètres ; altitude de 
l'embouchure : 22Û mè- 
tres; c'est pour VAlha- 
rine une chute totale de 
720 mètres en K8 kilo- 
mètres de développe- ^^^. ^^^ 
ment, soit 12 mètres 

lomi tu < Il i Mil I idée des soubiesautsdésoidonnes de sa course. 

A la II n mil lu l»ouhs, 1 Ain, qui a piicouru 190 kilomètres, 
fournit un débit oi iliiidue de Ml nu tu s nil» s, 2500 pat giandes 
crues. Cette iniere toiientii 11 i --t i | iil i naMgable, seulement 

de Condes, conlluent de la lîi lu^pi ni Rhône; mais on ny 

navigue gucie. Le flottage uflKal nnuiutiiLe à Ciiampagnok, le 
réel au Saut de la Saisse, à 4U kilomètres plus bas. Par la pie- 
cipitation de S(m couis, \ Ain possède une réserve d énergie, en 
paitie sins f inpl n 

Les h ml I I |i iialleles du Juia méiidional olTiaient, dans les 
dépiessi M pil ^ paient, des cadies fwoiahles a 1 1 eonstihilKin 
de coiiiiiiun 1 II s jiii longtemps 
vécurent dans Icuis vallons le- 
tiies comme autant de pt litsl tils 
autonomes : ainsi le Viihuim i/, 1 1 
Michaitle, le Bas-Biujfi/, le v il 
Ch nry et]e paijs de Ger, anfimi 
de la glande baiiitie du Recule! 
Le Valromey s'allonge avec le 
Séian et (pu Iques toirents, ses 
tnbutaues, en lie les lehoids ( le- 
vés d'un ,! iil I Imim. i I I 

la plus h ml I ni I 

Giniul < I 1 1 I I II 1 

CietduAii J .)_. 111. tus; , l 1, 
Sujnnl du hctonlyï 322 metiesl, a 
l'ouest, les entes foiestieirs de 
Saint-(.ei III 1111 de ( ni imi hk |h 
de Ma/1 i i.n il I I In, i lui 

1237 m s \l , , , s 

Des cols iiM ni I 1 \ ill s,,! | s 
depiessions voisines. Le si uil 
élevé de Cervejiieu-\rtemdie, 
qui se pio|etle au sud sur les 
pieraieib vallons du eu que de 
Belley, poi te 1 altitude du Yalui- 
meij inft'ruur i pus de 300 me- 
ttes : a\.. Il phi lu duRi toul, 
elle muni m ii i I i 1 lOOiii, lus 
C'est 11 iimiih m m dessus de 
Hotonnes, dvei sls hauts pâtu- 
rages, ses foiets de sapins et de 
hêtres aicioiliis au\ esraipe- 
ments rihiius i nlm h s htl- 
vedèiis il| siu. |„ Ihssui le- 
chine (Il s m iiis I I p.iintuu]ieu 
<le villa.,1 s, bLuli 1111 lit di s giangcs 
gioupces en h imeau\ poui 1 ex- 



ploitation du bois, l'abri 
des bêtes en pâture et 
de leurs gardiens, char- / 
gésde manipuler le lai- 
tagedans des chalets ou 
fruitières et d'en fabri- 
quer un fromage ana- 
logue au gruyère. De-ci 
de-là, de rares champs 
d'avoine et d'orge, par- 
fois de froment. Au- 
dessous de Hotonnes 



jusque pi 



d'Arte- 



î^^^k mare, le Yalronieij s'é- 

^À^^jÉMSÊÊÊk panouit : prairies, 
,^ÊgÊÊ^^^^^^^Ê^ champs de céréales, 
. vJ B|H|^B||||[^^B cultures variées s'éta- 
.^f|H^9HHH^HH| gent aux pentes, pi- 

^^^^^^^^^^^^^ quées de villages, sous 
la bordure des grands 
Iniis. |,,i viiiiie même 
pinspèie (l.iiis la partie 
inériiriiinale: naguère 
encore, Vieu, Artemare 
tiraient de leurs vins 
un ajipréciable revenu : 
le vit-'iidlilede Machuraz 
jouit eiiriue de quel- 
que ivpiil.ition dans le 
pays Mais le YaJromeii 
de ses ioiêts et de ses pàtuiages. Ln tiamvvay U latURhe 



vit suit' 

a la giande voie feuee, Bouig-Ambeiieu-Culoz. 



\ahumeij ne veut pas due vallée romaine ou vallis : 
l'ooi^upalion romiine y ait Hisse des lestes impoitants 
tajutile de la Mllee, (htnuti ji u 1. s \ iiidilib nu ih 



iemi^iie dispiiul l ut s, i„,,i,,l 
ib, aiipartenant suc( essivement i 
ipitale féodale de <e petit Etat hi 



, bien que 
leu, ancienne 




1 LL \ une. 



I I I iilit en 1 l'Jo, iitliiit piunt 

I II ou ne se suuci^nt p is de le 
il I In confie le ici de I imte 
fn 11 12, le comte fut eujje en iini 
quisat pour Honore d Uife, fieie de 
Jacques 

I I Bas-Bugey, -,i(iupL aut(mi 
il. ihlhii SUIS h tiitill. di son 

aux(lu(sde i5iV(ue, qui le ct-de- 
lent aldl'iance en ItiOl, confie 
le mai quisat de Saluées. Riants 
pav suces autoui de BiUey, sites 
piltoi(S(]ucs sur le couis du 
Rhône, combes fiaîchi s et pla- 
teaux sauvages, touents et cas- 
cades, sapins et lieties, ce petit 
pays, hoiinis h s champs de glace 
et les pics maccesbibles, pos- 
st II (11 miniatuie toutt s les 
Il mil s des glandes montagnes 

Vu dessus du Valiome), 1 an- 
( len mandement de Michaille 

s adosse, le loni; du RIk ne, a 1 1 
haute cil I |ui is,| {Il |ui I III ti 
le Ont d, ,\ I 1 , m II s) 
Sur son il iiit .1 I 11 h 11 \ (/- 
(,//, 1 II iilu.llse mille delà 
lui I Mil nu et du \ al Chf 
I 1 1 iiH iist par sa souice, a 
1j kil m liisnoid-est de StiuI- 
t.laudi-, la \ahiuiie desLCnd 



CIIAiM^ DU JURA. 



LA SAO.NE 



de 11 villi^e des Happes pii une ii^gion 
d^iLstc et pistoidle ou s< sucrèdeiit 
Mijoux Ch(^7fi\ I c lo\ dinsun rulie 
det,i iiul(s |.i mi |u I 1 I iil , Kbl 

des (S ujH m ni I I oiiu m Im i 

1 OlRsl dullUll lllu U I II II I IIM 

inti foilt. dun liiut| i île m di 1 200 i 
1 00 iiilIms ou S( di'^peispiit l( s li ibi 

I ili iib d( s Molunes ( tdt Bi 11( ( onil e les 
dtuv MiinnuK i) 1( s ])lub ( Icvi es du Jiii i 

Vu \ni d du ( ut de la Neige (1 723 m 
tu ( nui inudebiedu m issif \i\ il 
m I issci c lime )u^ |u i I i \ i 
iiime eiUie ks ( ii| m ni I I 

II 11 issis en suiploiiil pu I I I 

(Ile SI démène ploii.i d m nii li il 
libsuie digiinyiik de 22 j iulIus in 
81 iloinètics happe en pdbbdut d s I i 
icnts tpiidus ( mime elle \i^r))niii n 

pu I lli ^ hlll/l n h Vultull s I 1 i 




m 


g^^g 


,1 , 1, 1 , 




%,j^ 





mimes au profit du canton de Genève : ce 
qui reste du territoire forme uu arrondisse- 
ment du déparlement de l'Ain. 

C'est une ri'gion éminemment agricole : 
de gra-s iidlurages, des bètes superbes, 
d'exetd lents fromages, un vin blanc assez 
Linùli', de grandes forêts de hêtres, des 
rairières de pierre el de marbre, des 
l.ibriiiues de poteries, de ciment, de 
verres lenticulaires, la taille du diamant, 
di'S tanneries, cjuclques minoteries don- 
nent une large aisance à ce petit pays. 
Ses eaux qui descendent, par la Versoix 
belles sources au pied du mont Mussy), 
dans le Léman; par le Lmdim, grossi 
du Jnurdan, rivière de Gex, dans le 
llln'.ne. ollriîai.iil au déveloiipement in- 
du--linl M.' I p. h ;i>es ressources, si les 
eiiliaves ini-i > i\<- part el d'autre par les 
douanes au lilue éeuuleinent de ses pro- 



vient 1 



tivité 



Si, a 
de se 



, lieu de divaguer sans cesse et 
replier sur lui-même par des 



coudes aigus et des détours sans (in, le 

Dimhs coulait directement de sa source à 

la reneoiilie ,1e la Saône, il ferail90 ki- 

loniMirs : il en parcourt 430 en réalité. 

C'est un fantasque. Sa pi •ninre dii eetion le mènerait droit 

auRliin. A peine né, par 937 mètres d'altitude, d'une paroi 

rocheuse du Nuirmunl que Couronnent des bouquets de 

sa[iins el de hêtres, il prend vers le nord-est. Cinq mi- 

milesapiès, il nient une piiMuière scierie. Sous le village 

pillni, .-,pic ,lr l;<irlir|.,iii, i| pimd uuB bclle sourcB : 

la/ey,/,/,ee,/, /J/e, , i,,eein.la IL lu-e-liief, fait son entrée 

de Itemoraij, de 

I peu près, large 

■. dont le Dimbs 

M , tandis qu'il 

e Saint-Point, 



V^ilh'r des Lacs. I.à s'.'hni 
esque ovale. Ion g de 1 diin 
900, profond de 27 .a 2 s 
trop-plein par un jeiii 
dans toule son ampleur 



N.i^l.- i<--nuir de 400 hectares, allongé, à s:iO mètres 
.1 allilu.l.', sur plus de 6 kilomètres. Sa ]dus grande' pro- 
fondeur dépasse à peine 40 mètres; on l'appelait lac 
Damvaulier, d'une ville qui aurait sombré sous ses (lots, 
peut-être une cité lacustre, à moins que le seuil rocheux. 



LAC DE SAINT-POir 



à 3 kilomètres plus bas, sous un ainoncelk'ineiil 
de roches effondrées [perte de la Vaherine], puis 
reparaît, tournoie et s'engoulTre dans des cre- 
vasses au fond desquelles ses eaux mugissent à 
grand fracas, pour se perdre enfin dans le lihône, 
nonloin de Bellegarde. 

La haute barrière qui sépare la coulée de la 
Valseriiie du pays de Gex porte les cimes culmi- 
nantes du Jura. Une seule route coupe ce rem- 
part, au col de la Faucille, et assure les commii- 
niiations du pays de Gex avec la France. 

Cette contrée, qui s'adosse au Jura, en regard du 
Léman, appartint autrefois au Comté des Équestres, 
ancienne Colonia Julia Equeslris fondée par César et 
mêlée à une |iopid;ili,.n d'aneiens Helvètes. Sur cette 
route il. - i;,ill..ii- ipi.' r..| m ii( l.i .1 .11!. l.' ir..U''.> ^Iii 

("1 au I . ■ ' ■ 1 1 • ■ ! . ■ ■ . ; ' '•'•'!' I \ ' I • ' ■ ■ j ■ ■ - 

Sarrasias, des Ilalieus, dus Espagnols, luerLCnaires 
des ducs de Savoie. Car la baronnie de Gex, d'une 
brancha puînés de la maison comtalo do Genève, était 
passée au " Savoyard », à qui I' - V. m .1- I'- ni. vri', ni 
en loSfi, en lui imposant la lîrl I' a I - 

Genevois, qui s'en emparèrent IV I ' ! Il milN, 
le pays de Gex devint un bailli.i:-'- li m n- p i- 1- Ir.nlr 
de Lyon, en 1610, et fut rattaclié à la Geiieraliîé de 
Bourgogne. L'Empire en fit un arrondissement du 
Léman; mais les traités de 1815 en détachèrent 6 com- 



Fk.i 




230 



LA fra.xcf: 



dit Pont-des-Sarrasms, qui surgit dans la parlie nord-est, ne rappelle 
une extermination accomplie par les barbares du Sud. Tandis qu'à 
gauche moutonnent les hauteurs de Saint-Point, jusqu'à 900 mètres 
et plus, la rive droite se hausse au-dessus de 1000 mètres, avec le 
ri'nlli'mrnl .Ih Mall.uissnn et de Mniitfw.i i rux. De-ri df-l,'i, drs rui^- 



l'eau profonde, aiguilles effilées, bastions aventurés sur le viilf, Iriurs 
démantelées, promontoires échevelés, corniches vimi i-in^u-r,, ,i,,ù 
les sapins audacieux piquent dans le ciel. En bas, aïo mi iii,.ii\. mnit 
ne trouille la nappe immobile, miroir sans rides, où disci luk iit, dans 
liiilini, h's L;i;iiidr-i vculips souilires et leur luxuriante chevelure. 






lE-LES-DAMEt 




selets purs s'épanchent dans le lac ': source de Malbuisson, source 
Bleue, fontaine de l'Oiseau, la Malepierre, etc. 

Issu du lac après un long repos, plus clair encore qu'il n'y était 
entré, le Doubs reprend sa route, happe au passage maint ruis- 
seau, mais, au lieu de poursuivre droit devant lui, par la douve occi- 
dentale duCrètde Travers, il dérive par la cluse qu'ouvrit le décro- 
cht-nicnldes crêtes jurassiques au col des Hôpitaux, entre Vallorbe 
et Pontarlier. Le Doubs arrive dans cette ville, clef des communi- 
cations de la France avec la Suisse, entre Besançon et le Léman ; il y 
rencontre le Brurjeoii, cours d'eau traînard, émissaire d'un plateau 
humide et froid, qui fut et demeure un peu demi-marécage. 

Le pauvre tiibut de celte rivière ne suffit pas à éveiller le Dinibs: 
il avance lentement sur un lit d'oo- 
lithe, où, avant qu'on n'eût isolé, par 
des circonvallations de fortune qui 
l'en préservent, les fissures ou œil- 
lettes qui captaient sournoisement 
son onde incertaine, la rivière ces- 
sait de couler, pendant la saison 
sèche, en aval d'Arçon. Elle poursuit 
désormais. De la gorge d'Entre-Floches, 
au pied de parois en hémicycle, dé- 
coupées en colonnes et en strates de 
belle apparence, elle s'engage dans 
l'étroit du Coin de la Roche, entre les 
versants boisés du mont Rognon et 
de la Grand' -Combe, l'un dépassant 
--1000 mètres, l'autre y atteignant 
presque. Les rives s'écartent, et le 
Doubs, calme et limpide, si lent qu'on 
le dirait endormi, touche à. Morleau. 

Presque aussitôt reçu le bief de la 
Tanche, il s'anime, disparait dans 
une gorge dont l'i^^panouissement 
forme la vasque dentelée du. Chail- 
lexiin, nappe magnifique, en cinq 
bassins lacustres que séparent des 
défilés pitloresiiiies. La rive gauche 
reste fiamai^e a mm- le village de 
■Chaillexon;ladioiieestsuisse,avec 
celui dus Brenets. Un petit bateau à 
vapeur, des canots pcnnillrnt <riii 
-admirer les aspects i Miiiaiili.|iii>. 
D'un bassin à l'autre, àcliaqiu' J.'t'.ur, 
le décor change : roches verticales, 
hémicycles abrupts, plongeant dans 




Tout à couple fleuve s'écroule de '27 iii'hv> dans un l'imiIIic. C'est 

le Saut du Doubs: le spectacle est L'ian.lin-.^. C.lia.pie a '.■, jadis, 

les gens de la rive suisse et ceux ili' la i ivc tramaiM' se i finiissaicnt 
en juillet, pour l'admirer et célébrer la fête dn Dmibs. On y vient 
encore aujourd'hui, surtout de la rive suisse, à grand renfort de 
chorales et de fanfares. Songez que Le Lucie, berceau de l'horlo- 
gerie montagnarde, et La Chaux-de-Fonds, métropole mondiale de 
cette industrie, ne sont éloignés que de 4 kilomètres à vol d'oiseau. 
Quand l'hiver a glacé les eaux calmes du lac, on y vient en foule de 
ces deux villes pour se livrer aux joies du patinage, sur une piste 
idéale, polie comme un miroir. 

A peine libre, le Dovhs s'engouffre une fois de plus, meut des 
scieries et des moulins dans une 
ciiuh'e solitaire, entre de hauts pla- 
teaux froids et sévères, animés par 
une industrieuse population. En aval 
de (ioumois, l'un des sites de cet 
élriiit ]iassage, le Doubs coule en 
Suissi- par ses deux rives, durant 
•iT kilnnH'dres environ. L'extrémité 
du r. .11. Il' brusque qui le ramène sur 
Siiiiil-rr-aïuie n'est qu'à une tren- 
taine de kilomètres du Rhin. Li- 
Duubs irait à Bàle par le tortueux 
sillon de la Birse, si le barrage du 
mont Terrible ne le repliait sur lui- 
même, autour d'un éperon monta- 
gneux qu'il étreint et qui, pour celle 
raison, s'appelle le Clos du Doubs. 
lue échappée s'ouvrant à l'ouest, la 
ri\ière s'y engage, et, par Soulcr, 
diint les colonnades rocheuses évo- 
quent le souvenir des orgues d.- 
liorl, gagne Sinnt-Hijipoh/te, où lui 
arrive, du sud, un humble afllueiit. 
le Dcssoubre, dont la vallée, l'un.' 
des plus délicieusement agrestes et 
sans doute l'une des moins prati- 
quées du Jura, conduit, par une suc- 
cession de ravins boisés et de bas- 
sins verts, jusqu'à l'amphithéâtre 
ou grand Cirque de Consolation. 
Deux hémicycles entaillent ce « bout 
du monde », enfoui sous la ver- 
dure : de l'un surgit le Dessouhre; 
l'autre projette le Lançot, son frère. 



niiAi.Ni': DU JURV. 



LA s AU. NE 



231 



lintic les deuxruisselets, un 
bec lie roc se redresse sous 
le dais échevelé des sapins 
et des lii^tres. 

Saiiii-Z/i/i/iolyte s'élève à la 
rentiiiilre du Dcssoubre el. 
du J)niihs, dans un beau site 
q\ie duniinent des escarpe- 
ments boisés (forges, tanne- 
ries, filatures, moulins, pis- 
ciculture). Bientôt le Douhs 
licui le aux portes de sa pri- 
son jurassique. La plaine est 
là, au revers du Lumunl; mais 
l'étrave de cette crête en 
bordure arrête net l'expan- 
sinn naturelle de la rivière; 
<(iiiiine le mont Terrible a\i 
nniil-est, le iomo?i<, au nord- 
ouest, forme un infranchis- 
sable barrage. Alors le Douhf, 
déviant sous l'obstacle, se 
ramasse, l'enlauie par de 
nouveaux delii.'S ,|ur jalon- 

„cut : P„„/-,lr-ll:„Jr cou- 

llueut du Hoidc , JJ.indfun', 
où, dans une boucle de la 
rivière, s'élevait l'antique 
Epomanduodunim ; Vonjcau- 
court, au dévalé du grand 
cingle décrit par la rivière. 
Eu gagnant droit vers le 
noiil, le Ihiubs atteindrait 
Montbéliard, place forte 
qui, di^ tcuips immcuiorial, gai 
par la trouée de Belfiui. liés |, 
le rattachait à la Lni/i,ini,,/ir 
Louis le Débonnaire. Mniitbrhn 
des comtes particuliers et pas 
Wurtemberg, qui en 




t le passage du lil 
• siècle, le"^traité d 
(•(■■e pour l.otlialr 
eut, jusqu'à la fin 
par alliance, dans 
resta maîtresse, encore que 

occupé la place, de 1676 à 1697. Le rattachement 

au foyer français ne se fit qu'en 1793. La ville (10 

s'est défendue bravement en chassant de ses murs le 

mandes, après la sanglante bataille d'Héricourt (16 
Montbéliard est assis pies de l'.l/ 

laine, surle canal du Rhône au Rhm 

Canal et rivière, le Dmibs s en em- 
pare, et, comme les colhurs ]ui pi 

rassiques qui appuient h m i ^il 

principal en iléfeLulent les aiqn Im s 

du côté du nord et baueut, dt ii 

côté, l'horizon, la rivièie de\ie \eis 

l'ouest, à la lisière du Juia et de 1 1 

plaine, et en suit les talus de soule- 

nement, par YIsle-sur-Duubs, Cl<rvnl. 

Baume-les-Dames, E nam, ou le fll de 

l'eau se brise au l'apide de Gmnarht', 

Arcier, aux belles sources, ( iplii;, 

déjà par les Romains, repus, s de 

nos jours pour le service de Bi smu nu 

Baume-les-Dames doit son nom a une 

ancienne abbaye de Bentdu tnas, 

fondée au temps de Chdileiiiai;ne, 

retraite princière dont les poites ne 

s'ouvraient qu'aux aspiianles qui 

pouvaient justifier de seize quai tiei s 

de noblesse. La ville a élevi un uhi- 

nument à Jouffroij dWbbans, li | i < 

mier pionnier de la na\i-Mih.ii i 

vapeur. Au voisinage, d.uis 1 i.i -i 

vallon du Cusam-in, bains de (,ii,ll .ii 

dont les sources sulfuiees-. ih i pi s 

offrent quelque analogie avec llIKs 

de Rarèges. 
La ceinture d'eau vive que le Dnubs, 

accru de l'abondante source de la 

Muulière, déroule autour de Besan- 
çon, lui vaut un détour de 5 kilomè- 



e Verdun (843) 
e, fils aîné de 
du xiv siècle, 
i la maison de 
Louis XIV eût 
de Montbéliard 
392 habitants) 
■s troupes aile- 
janvier 1871!. 




très, tandis que rislliiiie étroit (pii rallaclie au.\ derniers talus 
jurassiques le terre-plein de la ville n'a pas 40U mètres. Sur ce 
mince pédoncule est dressée la citadelle; le canal du Rhône au Rhiu 
passe en tunnel sous l'écueil montagneux qui la porte, à 118 mètres 
au-dessus de la rivière. A Thuraise, nouveau détour du Doubs que 
le canal évite encore par une percée directe. Ossclle, dont les 
vastes cavernes recèlent la coulée bruyante qui jaillit par la grande 
source de la Froidière; Saint-Vit, un peu à l'écart; Fraisans, à la 
lisière de la forêt de Chaux; Ranchol, Ûrchamps, Dole et Crissey 
conduisent le Doubs à la rencontre de la Saône, par 173 mètres d'al- 
titude. Dôle regarde à ses pieds le 
Diiubs et le canal, son comparse 
inséparable. C'était déjà, du temps 
de la conquête romaine, un croise- 
ment de routes importantes, au con- 
tact du Jura et de la plaine, entre le 
Rhône et le Rhin. Louis XI, après 
avoir mis la main sur l'héritage di- 
rect de Charles le Téméraire, duc 
de Bourgogne, entra de vive foice 
dausi)<)/e(li7'J), capitale de la Fran- 
clie-Comlé; il cherchait de ce côté 
notre frontière naturelle. Cette in- 
cursion dura peu, Dôle ayant fait 
retour, par le tiaité de Senlis (1493), 
à Maximilien d'Autriche. En 1668, 
Louis XIV. renouvelant la tentative 
(le Louis XI, enleva la place, puis la 
[lerdit et la reprit délinitivement 
eu 1674 : le Parlement et l'Univer- 
siti' passèrent à Besançon, désor- 
mais capitale de la Franche-Comté 
liaiiçaise. 

Après avoir frôlé de près les col- 
lines boisées que suit, à l'est, le 
cours de la Loue, le Doubs s'en écarte 
à la hauteur de Saint-Vit, et prend 
le large dans la plaine alluvionnaire 
de la Bresse Chalonnaise. Là, le rejoi- 
gnent la Loue, son maître affluent, 
et YOrain, fi'ère de la Glantine, 
deux riviérettes venues de Poligny ; 
celle-ci fille d'une cluse fraîche et 
charmante, la t'«/<'e de Vaux, l'autre 



232 



LA FRANCE 



issue du grand roclier de la Dent (ol4 mrli-es) l'uiuli' du Griinoiit, qui 
porte les ruines d'un château des comtes de Bourgogne. PijUijnij 
produit des vins estimés; sa forêt communale couvre 2 960 hec- 
tares : aux environs, mine de sel gemme exploitée. 

I.a couii'e de la Loue et celles de ses Irilmlaires, le Lisim, ou 
Li/.on, la /'hcckw, \h ('nixniicc, comptent p.irnn !.•-; pins S(''(luisautes 



talus de son vignoble et arrive à la plaine du Val d'Amoui' où se 
promène la Loue. {Cours, 44 500 mètres.) Ariow rappelle l'illustre 
Pasteur; on montre la maison qu'il habita. I,a Zoue gagne le Doubs, 
après un cours de 125 kilomètres. Accru de cette rivière, puis de 
l'Orain, le Donbs poursuit jusqu'à Verdun, où, en trois coulées, il 
rencontre la Saône. {Cours, 430 kilomètres.) De Dole à la Saône, 




du Jura. L'on s'élève, en remontant la vallée, entre des sites riants 
que couronnent de magnifiques entablements calcaires. Sur la 
route : Clcron (rive gauche), sa fontaine, les rochers et la cascade de 
Valbois, que commande un château féodal restauré; Omans et ses 
vieilles maisons en encorbellement sur la rivière; parmi les vignes 
et les prés, Lods et le mouvement de ses forges, de ses laminoirs, 
de ses scieries qui puisent la vie au fil de la rivière. De beaux 
rochers surplombent; des escarpements étreignent la Loue dans les 
gorges de Nouaillc, où s'effondre la cascade de Stjratu (180 mètres en 
deux étages). Voici la source du Ponté, qui dégringole à la rivière; 
la grotte ogivale de Baumachée, au fond de laquelle bruit une fon- 
taine; enfin, dans un hémicycle sans 
issue, dressé à 106 mètres de hau- 
teur, la Loue, qui tombe d'une ample 
caverne, large de 60 mètres, par 



une chute d. 

des fonl.iiiM' 

La sonn r 



■s. C'est la reine 



l'2) 



bondit .finir IliiiI.' ri nriir raverne, 
happelafr|lr>niiMr ,1,1 /,,/■>•,„■,•„.,/(, 
jaillie d'une giganlrbijuc niche cin- 
trée, court bruyamment, tel un gave 
déchaîné, entre de hauts rebords 
couverts de pins et de hêtres, s'en- 
gage dans un profond et tortueux 
couloir, prend le bief d'Eternoz, celui 
de Conc/ii', cc'lèbre par sa double cas- 
cade, frôle Chàtillon et son antique 
château sur de giands rochers, à 
180 mètres au-dessus de la rencontre 
de la Loue. 

De cascades en défilés, la Furieuse 
se démène, prend au passage la 
Gouaille, tombée des nues par un 
abat de 120 mètres, en trois bonds, 
court \ia.v Salins, longue ville effilée 
à sa rive (eaux chlnruri'os sodiques); 
elle creuse les f.ilus ,\,- snulriiement 
du mont Poupet ,x.'i:; ne'Irrs , enfin 
rencontre la Loue. \Cuarx, 184o0mè- 
tres.) La Cuisance, elle aussi, s'épan- 
che d'une grotte du cirque des 
Planches, où dort un petit lac, donne 
la vie aux usines A'Arhois, frôle les 




le Doubs est flottable sur 54 kilomètres, entre Dôle et JNavilly, et. de 
ce point à l'embouchure, navigable sur 15 kilomètres. 

LA SAÔNE 

Au lieu de sureii biusquement, comme ses sœurs du Jura, d'une 
grotte sombre, a la lumieie du joui, la Saône naît d'un mince filet 
et s'étiie au \eisant inteiieui d^s pietendus monts Faucilles qui 
contie butent les \ osges La souue est a 396 mètres d'altitude, au 
Mllage de ^Mlnllnll. Danslaiene montueuse aux pentes adoucies 
du pays forestier qui l'enveloppe, 

I lUuie tianquille de la rivière lialiit 
un autie sol les Vosges granitiques, 
au\ foimes arrondies, reniplaernt 

II Ji»(rca/f(7ire, abaissé par terrasses, 
que sautent les torrents. 

Cependant les premiers pas de la 
'^aane nt \ontpas sans quelque fan- 
t ii'^ie elle liait vers le nord-ouest à 
1 1 \ me, affluent de la Meuse, si un 



ti 11 s de la \aste furet de JJarncy, 
( ntoume cette localité, la « ville 
iu\ tiente tours », dont il ne reste 
|u un jian de mur, baigne Monthu- 
I (M, ancien oppidum gaulois, dans 
une t tioite piesqu'île, sur la roule 
dt lingits a Strasbourg; puis elle 
\ 1, \ient, pai brusques détours, aii- 
l(\antd. 1 l/r7nc^.riviérettede5oî(r- 



SOUUCE DU PONT! 



I, Il I II. 11 du Khone.de la Moselle 
et de la Ml use 

1 e\titme facilité avec laquelle le 
canal de l Fst passe d'un versant 
a lautie des Faucilles et, de la 
Saône à la Moselle, montre, à elle 
seule, combien fut erronée la con- 
ception des géographes inexpéri- 



ciiAi.M-: Di; .11 lîA. — L.v saune 



203 



is lll 



iiii'iités, qui ont vu dn 
.s'uil une vraie uioul 
l.a thi'-oi-ie des bass 
viaiixempi-isonnés dans uiir 
barrière continue a causr 
plus d'une méprise. Rien, 
absolument rien, ne peut 
iM.-iilri'aux /•'-'»',//« la. |ii.i 
lilicali !.■ lii,,lila:^lirs. I.r 




Saône sur la Mo- 
FmicU.'s ne sont 
.■riuvlrs des géo- 



l.aude de lerrain, la 7V/,- 
Jlinile, porte seulement à 
ii !'( mètres; il serait d'ail- 
li'iirs exagi^ré d'estimer la 
liauleurmoyennede laligne 
de faîte h. plus de 4bO mè- 
tres, et si l'on cuiisiilèi ■■ 
que les points les |iliis i|.- 
primés des terres \"i>iih ^ 
cotent jusqu'à 3S0 mètres, 
ou jugera du faible relief 
de celle iirétendue cliaine 
i\i'. luonlagnes. De part et 
d'an Ire, 1rs pentes sont si 
douces ([ue les eaux incer- 
taines s'étalent sur le faile 
en étangs et en mare>, dni'i 
l'on ne sait, au luinii. r 

coup d'œil, si elles pic ni 

leur dilerlinn V.TS le lll. m 
ou le liliùne. Ce f.iil nav.iil 
puintérhappéaux 1!.. mains, 
s'il est vrai, comme !'■ rap- 
porte Tacite {Annales, Mil, 
li'S), que les lieutenanls de 
César projetaient déjà ]>■ 
canal actuel pour y faire passi'r les léginns, 
selle, le Rliin et la mer du Xonl. Ihi réalil 
qu'une plaine ilevée. liais comme les carli 

grapbes, continuent de les qualifier immtx, fnii a rher, le- ilans h 
Vosges voisines la montagne absente en réalllé- : un iliaiiioii délacli 
du Ballon d'Alsace fut réputé le point d'attache de la jetée des Fai 
cillrs, bien que la forme de ce soulèvement, Ballon de Servanc» 
Ballon Saint-Antoine... et la roche de syénite qui le conipnse, 1 
rattachent, d'une indissoluble façon, à la chaîne vosgienne connu 
[larlie intégrante. (L. Roussel, Annuaire du Club a//iiii fi-<nir,n^, 188.'! 

L'éventail de ses premiers affluents a doublé la Sa/mr. lie l'.nies 
le pliiteaa de Langreslui envoie VAmanre p; 
Missey; \a Gouri/eanue, ruisseau de sources 
issu des premiers talus en bordure de la 
plaine; le Salon ou Saiilun, dérivé du voi- 
sinage même de Langres; la Vingeanne. 
qui s'incline avec le canal de la Marne à hi 
Saône. De Vest arrivent, au revers des 
■Vosges : la Lanterne, le Durgeon de Ve- 
siMil et ÏOgmm; la Lanterne etson trident 
tl'eaux. vives, la Semouse, VAiigruienc et la 
Cuinbeaulé. Dans les prairies où s'iiuissenl 
la Seinuuse et l'Augromie, Sainl-Lmip lui 
une position forte, que déliuisit Allila. 
Sur VAugronne, dans une étroite et piltn- 
resque vallée vosgienne, riche en sources 
et eu beaux ombrages. Plombières et 
ses eaux thermales ou froides, sull'.in'r, 
sodiipies, à forte proportion de silice, mil 
toujours alliré', de[uiis les Romains, d^^ 

hôl'es I ilnvnx, pacnii lesquels c,m,|.l- 

renl Mnnl,l|-lie, llhlicllcu, le loi Sl,misl,i~. 
iNapol. on lll. Il.nis la \alh c d,; l.i r,-,„- 
beaiilé, le val d'Ajol essaime ses soixaule 
hameaux iiidusiriels sur un territoire 
de 7 7(18 hectares (forges, tissages, fila- 
tures, elc.) : au-dessus de Faymont, la 
Combeaulé ouvre le magnifique étroit de 
la vallée des Roches. 

L'Ognon, rivière vosgienne qui peut pas- 
ser pour une branche mère de la Saône, des- 
cend du ballon de Servance (1 210 mètres), 



rs Lure (ti 



■, sous la feuillée, la 
),,„..„ prend le Rabin, 



Gray 



in li.iliilanls , au dévale du petit ruisseau des Ecintlutles, 
de-siis ,|n conlluent de la Vingeanne et de l'Ognon, 
les eaux qui, des Vosges et du plateau de 
l'me, en fout une grande et belle riviéri', au 



— II 




234 



LA FRANCE 




ieb(uiisse, lenninii dut se retirer et 
I luiis Mil \oulut que la vaillante petite 
\ill( lut (xemple Je tout impôt. La Révo- 
luli Ml pi IIS t 11(1, la nomma Belle-Défense; 
m us I. s iiii| nis ( talent revenus. En 1814, 
^ mil I III- h-/ iisne repoussait victorieu- 
sunent, une lois de plus, les alliés; il y a 
dans ces muis comme une tradition de 
liravouie : ISapoleon I" voulut le recon- 
naîtie en ajoutant la croix de la Légion 
d'honneur aux aimes de la ville. 

La Dheune, issue de la coupure ouveric 
enfiP les tiois pointes ronversentes de la 



seuil de la plaine. Pour un paliei de "ii meties qui lui leste a des- 
cendre lusqu'au nneau du Rhône, la Saône doit paicouiir encoie 
253 kilomètres. Aussi avance-t-elle avec lenteur, souvent attardée en 
coulées latérales, toujours prête, dès la moindre crue, à fondre sur 
ses bords. C'est icWa. plaine de Bourgogne, immënnQ lac autrefois, aire 
d'alluvions fertiles aujourd'hui. 
Du seuil de la Côte d'Or des- 
cendent à la Saône, après raboii- 
dante source de la Bèze, qui jail- 
lit des talus inférieurs, la Tille 
(88 kilomètres), appauvrie par 
les fissures de l'oolilhe; VOuche 
(100 kilomètres), rivière de Dijon, 
dont le cours supérieur ouvre la 
voie au canal de Bourgogne, trait 
d'union, par l'Armançon, avec 
l'Yonne et la Seine. De puissants 
réservoirs, établis sur la crête de 
partage, constituent à cette voie 
d'eau une réserve insuffisante, 
car ils sont fort éloignés de la 
plaine de gravier que traverse le 
canal au-dessous de Dijon, m'i 
il s'appauvrit fort : enfin il dé- 
bouche à Sivnl-Jean-de-Lijsiip, 
petite ville campée k i kilomètre 
au-dessous du confluent de l'Ou- 
che, en aval de l'amorce du canal 
du Rhône nu Rhin. Saint-Jean- 
de-Losne, maîtresse de ce car- 
refour impm tant et petite capitale 
du pays de Lomois, tint heioi 
quemen't, en 1636, au plus foit de 
la guerre de Tiente ans, runtie 
Gallas, géneial (h rt-iiipi n m Tt i 
ditiand II, qui > n\ iliil I i jioiu- 
gogne à la U U di doii ii) U miium s 
Ils étaient I'jU combattants d\ei 
les femmes et les entants : on ai 
rêta l'armée assiégeante jusqu'au 
moment oii la Saône secourable, 
inondantles environs, et le maré- 
chal de RanUau survinrent à la 




~shni h ' M (/ /»r ,v,/,7■.sull.^^parlaBoul■- 
l 111' I i I I I .11 ],■ ln^oiii. Ainsi, du côté 
I I iH si II , /, //(//( r</)//r ],, 11- laDlieune, 
I lui d H m /Il/Il avrc rihiihe, le canal 
dtine de la Maine à la Saùnc avec la Vin- 
i/eanne; le canal de l'Est, s'insinuant par 
le Coney veis la Moselle et la Meuse; à 

I oiient, le canal du Rhône au Rhin, divergé 
du Doubs en a\al de Dôle; tous ajustés, 
(il lui de 1 Est excepté) sur le cours de 

II ^ I III , dans 1 aire triangulaire que 
nulent, sui ses deux ailes, Dijon et 

I iiM m, Cil lion à l'aval sur la rivière, 

III M ni I II II en communication avec 

II - I lu -I M Is fleuves, le Rhône avec la 
/ I I '^ ( ( le /?/im, et font de la plaine 
Il I. III- -III II' carrefour des communi- 

"' ^ < ili lis ilii su I a\ec l'ouest, le nord et l'est 

■ I I III 1 liiii (. iule. Par cette voie natu- 
ilHi iciiioiiti lent les Phéniciens et les 
Grecs, puis les Romains, pai la pénétrèrent aussi les hordes ger- 
maniques, et c'est encoie dans ce champ clos de la Saône que 
se débattrait, comme au temps de César, notre indépendance, 
si Louis XI et Louis XIV, dans une claire vision de l'avenir, n'en 
avaient mis, par la conquête de la Franche-Comté, la clef dans nos 
poches, en donnant à la France 
sa fioutiéie naturelle du Jura. 

Au-iléssiis de Chaliin, presque 
en face du didiouché de la Dlieuiie, 
la ville de Verdun-sur-Douhs pré- 
side à la réunion de cette rivière 
avec la Saône, celle-ci puissante 
et d'une seule venue, moins lon- 
gue toutefois que son rival, peut- 
être aussi moins forte. Mais la 
Saône l'emporte par l'abondance 
léguliêre, la force mesurée, 
débit de ses crues : aussi m: 
trise-t-elle le Doubs en lui impo- 
sant sa direction. 

Cette grande étendue plate, à 
peine mamelonnée, qui s'affaisse 
léi;éirmeiit inclinée sur le trait 
|ii'ipondiciilaire de la Saône, des 
derniers talus jurassiques à la 
jetée granitique et porphyri(iiie 
des monts du Charolais, du Beau- 
jolais et du Lyonnais, fut sans 
doute un grand réservoir des eaux 
courantes dévalées de ces hau- 
teurs et du seuil de l.angres : le 
même sédiment pliocène eu ta- 
pisse le fond, aujourd'hui trans- 
formé en terres de culture et en 
prairies. C'est la Bresse, nom 
qui s'applique plus spécialement 
à la région comprise entre le re- 
vers du Jura, ou Rrnriinnil, et la 
rive gauche di' Ii >' ^''^nr, Imii que 
la même plaine IitIi.hi.' (uiilr la 
rive droite de la iivnre jusqu'à 
la base des montagnes voisines. 
La région Bressane se distingue 



cil Al. NE 1)1 JURA. — LA SAÔNE 



233 




-LEE DE UAUr 



en Bresse proprement dite ou Bresse de Baurg, en Bresse Louhannaise 
et Clmtnnnaise dans la dépendance de Louhans et de Chalon. Le 
même mot ne désigne, en réalité, quune seule contrée parfaite- 
ment Immogène, qui mesure 90 kilomètres du noi.l an sn.l. cnlre 
le cunlluent du Doubs et la rive gauche delà Vi;yl>'.'l '-''^ Uih. mè- 
tres environ de l'ouest à l'est, la plus grande expan-mn .^ mIImuI à 
lalianleur de Chalon. 1,'altitude générale est niédioi [c, 170 uièlies 
au d(liouché du Donlis, 170 mètres à celui de la Seille. Si faible 
est la penle du terrain (|ne les eaux incertaines coulent dans tous 
les sens, même du sud au n^ril, rnninie il arrive pour un tribu- 
taire inférieur de la >.illr. l,i. n i|ii'' I i >■;■.. i > --l'rvoir commun de 
tous 1rs étiers df la |ilain'' lli ■•--.i lo. h ~ i' ■ loillr à l'ouest. 

La Seille, fleuve do la A'/.vj, , j.iillii du:^ un iviili du Jura, de deux 
sourci's pittoresques, laUoye ou Scillc de Bluis, et la Seille de Baume. 
qui s'échappe d'un jet puissant au seuil de vastes cavernes ou- 
vertes dans un hémicycle de roches : de part et d'autre, les eaux 
ruissellent sur des parois moussues, dans l'entraînement de la chute 
principale. Tout près de là, Baume-les-Messieurs, assis entre de hautes 
falaises, à la réunion de la magnifique souice du Dard avec la 
Seille, ne conserve de son illustre abliav., fou,!,-., à la fin du vi= siècle 
par saint Colomban, que de beaux l'iili po-, ouvrant l'accès de 
l'ancien cloître dévasté. Après avoir bai-o'- \ (.il.Mir, la Seille échappe 
aux collines du Vignoble pour s'épandre et errer dans la plaine de 
Bresse, aux horizons illimités. Dans celte aire uniforme lui vien- 
nent, du nord, la Brenne sinueuse et indolente, tombée comme la 
Seille d'une combe jurassique; à l'est, la Vnllière, de Lons-le-Sau- 
nier, née d'une source sous roche, dans la combe de Revigny; au 
sud-est, le Solnan et le Sevron, ruisseaux frères, qui confluent près 
de Louhans. — Cours de la Snlle : 110 kilomètres. 

Entre les rivières paresseuses et les ruisseaux traînards, plus 
d'un étang sommeille dans les creux; des prairies spongieuses at- 
tendent les drainages libérateurs. Bien qu'une tradition surannée 
les dise d'esprit lourd et peu ouvert aux nouveautés, les Bressans 
tirent ingénieusement parti de leur sol froid et assez peu prodigue. 



La culture en a fort amélioré le rendement, mais l'élevage du bétail, 
des volatiles surtout, connues pour leur chair délicate, est la plus 
fructueuse industrie du pays. On parle, en Bresse, un dialecte par- 
ticulier, mais il perd du terrain chaque jour; le costume aussi s'en 
va, notamment le vaste chapeau à dentelles tombantes, rehaussé de 
ganses d'or ou d'argent, dont se parait, comme d'un écrin, plus 
d'un joli minois. La Bresse formait, du ix' au xui" siècle, un État 
]iarliculier, la Sirerie de Bdgé, à laquelle les princes de Savoie, 
qui l'u devinrent maîtres en 127'2, donnèrent Bourg pour capitale. 
Henri IV la r<-cn\ iIimix par le traité de Lyon (1601), en échange 
du niai(|iii-ai a- <aln. rs. La France gagnait ainsi le Rhône et s'ache- 
niin iii \. I- [-- M; -, -a frontière actuelle, depuis la récente acqui- 
silinii ,1c l;i ^,ivoi,- |.,ir Napoléon IIL 

Au midi de la Bresse, dans la plaine circonscrite par les crêtes ju- 
rassiques du liugey, la coupure du Rhône au sud, et à l'ouest la Saône, 
la Dombes forme un monde à part. Ses boues glaciaires parsemées 
de blocs erratiques témoignent de l'âge éloigné où le grand glacier 
du Rhône, débordant à l'ouest les crêtes et les plateaux du Jura, 
venait mourir dans ce fond, qu'il combla de ses débris. Des allu- 
vions moins anciennes, cbs sajil.s iilmcènes, la molasse se sont su- 
per|iosi'saux anciens di'|i"i- .i i ,iih|UiS. Le sol né de ce mélange se 
reconnaît sans peine, du sud il,' la \c\ le au Rhône. Pauvre d'aspect et 
de consistance, à l'cjnc inclncc du sud-est au nord-ouest vers la 
Saône, cribb-e ir.l.niL-. la |il.ime de Dombes ne suffit guère à l'écou- 
lement de SCS iiidnlciiis niis-c.iux. Loin de s'affaisser vers le Rhône, 
elle se redresse, au contraire, à l'approche du fleuve; ce bourrelet 
s'appelle la Côtière de Dombes, talus de peu d'apparence, que domine, 
à 377 mètres d'altitude, le Martinertm, protubérance avancée du 
Jura, au point où l'Ain s'ccliappe delà n'irion montagneuse. Le co- 
teau de laCroix-Ic.ii-^c, .lic.^,. .I.ms i,v<.n. au-dessus du confluent, 
de la Saône et du llh iiic. c~i i |.i..]ccic.n delà Co^ière. Son alti- 
tude de 231 mètres d/croit, vers lest, à 1-.^L) mètres au-dessus du 
Rhône; encore cette dénivellation va-t-elle en s'amoindrissant au 
delà de Miribel, jusqu'à se fondre dans la plaine caillouteuse et 



236 



LA FRANCE 



aride de la Val- 
himnc. La Sereine 
et le Longcvert 
ébrèrliPiit la Cô- 
tièrodeDombes, 

qui parfois enra- 
gent dans leurs 
ravins ou se per- 
dent en roule 
dans leseailh.u- 
lis de la Val- 
bonne. 

A l'intérieur 
de la Bombes, 
parmi les traî- 
nées lagunaires, 
les terre-pleins 
d'aventure, les 
prés mouillés, 
les fonds mis ré- 
cemment à dé- 
couvert, çJi et là 
bombent des ter- 
tres, d'origine 
morainique, qui, 
se détachant sur 



due plate , font 
comme une pa- 
rodie de relief. 
Au centre, Villnrs, dans une dépression, ne dépasse pas 279 mètres 
d'altitude. Pour une superficie totale de 11272o hectares, on en 
compte près de 10 000 en nappes stagnantes. Tel de ces étangs prend 
188 hectares ; il en est un assez grand nombre de 50 à 100 hectares, 
la moyenne oscillant de 20 à 30. C'est une souir." d.' Iumux profits 
qu'un étang bien aménagé, pour l'eau d'abord ri s's iniMliiiis, et 
pour la culture du fond, car le même terrain, l,ii>>i' .l.u^ ims sous 
l'enii Ti'volau'el, se cultive en « assec », la troisième aiiin-i/, etpro- 
diiil di' r,iv.iiiie ou du blé. Ces revemis intercalés font une sorte de 




r o U K !• A B 1 



igs. 



En eau, Vctaïuj donne ses pois' 
truites, élevés avec plein succès: 
espèces de canards, des iiiihk 
incalculable sont encore ses hii 
aquatiques, depuis l'algue qui In 
la «brouille» et le fenouil d'e.ii 
cherchent avec avidité. Aussi l'In 
prix assez élevé, son rendemen 




ts, tanches et 


cial, rbavi 


ion, plusieurs 


Despuil- 


s en nombre 


soutei i.iii 


nt les plantes 


mètres ,1. 


.■•l,in-s jusqu'à 


routes ,1:; 


1rs bu.ufsre- 


sionnaiM- 


1 iillrindre un 


dess.M-h.n 




et même 300 francs dans les cas exceptionnels. On loue, en 
moyenne, 40 à 45 francs l'hectare, souvent plus. Mais un étang 
desséché, fût-il de fonds riche en matières organiques déposées par 
les êtres qui l'animent, perd un tiers de sa valeur en « assec ». 
Aussi arrive-t-il que plusieurs propriétaires voisins s'entendent 
pour inonder leur terrain par un barrage à frais communs : les 
fruits de Yéla-nr/ appartiennent à la communauté, mais chacun des 
associés reprend possession de son bien lorsqu'il revient à dé- 
couvert, et la culture succède à l'exidoitalion de l'eau. De nombreux 
lacs stagnants furent créés artificiellement, surtout aux xv=, xvi", 
xvu' etxviii"= siècles ; avec eux se multipliaient 1rs iwrnus. Mais aussi 
la fièvre, cette misère des eaux sans écouleniml, |irrii;iil possession 
du pays et en dévorait les habitants. La Butnln ^ .sr (lr|Miipla. (Jurl- 
ques étangs pourtant furent vidés, entre autres celui des Échets, 
qu'un ancien canal du xvi" siècle écoulait dans la Saône. 

En 1853 seulement fut institué, pour la. Bombes, un service spé- 
le l'i-roiilement des mares et du drainage des terres. 
ilrn.ls allrinit capter, pour l'alimeiitatinii, 1rs n.ipin's 
|Mirrs i[f toiilc contamination. En dix an^, 2110 kiln- 
111 s (I r,ui furent nettoyés, rendus à la circulation; des 
'1rs silldiiiièrent le pays; alors la Compagnie conces- 
I I lirhiin de fer de Sathonay à Bourg, par Villars, 
iiio lirrtares de marécages. La même initiative féconde 
la Biiiiibes, comme la Sologne : l'air se purifiait des 
miasmes mortels qui l'empoisonnaient; les habi- 
tants cessèrent de fuir ou de végéter : on se reprit 
à vivre. Enfin la fièvre, messagère de mort, de- 
venue plus rare ou moins malfaisante, cessa d'in- 
fester le pays. Mais aussi le dessèchement de la 
Bombes, en la rendant plus habitable, a diminué 
ses revenus; car la terre ne vaut pas l'eau : d'an- 
ciens étangs ont dtj être reconstitués. Ce singu- 
lier pays forma un fief indépendant (1032) avec 
les sires de Betiujeii, qui passèrent leur bien au 
duc de Bourbon, Louis II. Confisqués en 1522 
sur le fameux connétable de Bourbon, par Fran- 
çois I", \eBeaiij(iliiis ei la. Bombes, celle-ci pourvue 
d'un paileiiieiit à Trévoux, furent donnés à 
Louise de StiNoie, mère du roi, puis aux Bour- 
lion-Monl|iriisicr, et, par ceux-ci, le Beaujolais 
\iiil .i l'Iiilippe d'Orléans, la Bon^bes au duc du 
Maine, lils b-itinié de Louis XIV. C'était un fief 
du Domaine en 1762. 

Au regard de la Bombes et de la Bresse, les 
monts du Charolais, du Beaujolais, du Lyonnais, 
dressent leur digue de roches anciennes que drai- 
nent la Grosne et VA:ergues, vers la Saône. Le 
cours de ces rivières est opposé. Tandis que la 
Grosne s'allonge au nord-est, en côtoyant les talus 
du Charolais pour gagner la Saône, sa partenaire, 
issue du même nœud central, où culmine le 
Saint-Bigaud \\0\2 mètres), descend au sud-sud- 
est et contourne la butte du mont d'Or, projection. 



(Il M\K i>r .iriiA. 



LA SAÔ.M' 



237 



<le lii JKti'-e obliiiue des iiKHilagnes 
(lu Lyonnais. La Grosne, livirne de 
Cliini/, n'entame pas la traverse des 
monts du Cliarolais, drainés d'autre 
part, sur leur versant occidental, 
par la Btmrbince de Montceau-les- 
Mines et de Paray-le-Monial, l'Ar- 
a))!fc,deCliarolles,etle5orambeau- 
Jolais, tous dévalant, avec VArroux 
d'Autun, dans la douve commune 
de la Loire voisine. Au sud, VAzor- 
yicrs rallie la Turdine, émissaire du 
massif de Tarare, et sa sœur la 
Brévenne, avant de prendre contact 
avccla Saône : au sud-ouest de Ta- 
rare, le mont Boussicvre (lOU'i mè- 
tres) se dresse comme le phare mé- 
ridional du Beaujolais,sur le double 
luii izon de la Loire, de la Saône et 
du liliône. 



ditioa i.i-lh|iir, Cluny IH' ,iii\ \ . 

XI» el M!-Mr,-|r-, IllMC .1. , Mh lrM|„,|,.~ 
religil'll-r^ cl illtrll.vlllrllr^ ,li- 1 T..!- 

rope clirélicnnc. I.rs verliis et les ta- 
lents de ses premiers al)l)és : saint 
Mayeul, saint Oïlibm, saint Iliigiies le 

ligirUN :, I. ,l,-M|T|,,n. ,1- -M.ll l:,-,,..,!. 

et,p.nM,rMX.,l.h--...:.n,|--.,.,H.,ir-. 
L'aclivilc (Ir- ,iMi. ~ Ji' ' //(!/'/ il. ji,!--, lit 

souverain ponlih. il : 
UrliainlI. l.',.,.|i,. ,].- 
ils Vdlniiljfi-; .'iiiimI ;n 
gran>lr> ,i--iNililr,>- I 
rende/ v.ni-. i.iiillniii 
se d..iiii' 1' iil 111 Ij, .. 




abliaye; trois d'entre en 
e VII, l'indéfectible ch.ii 
-: Pascal II. Aussi les s.. 



ils 



SUJC 



grand., ,j, /, „ l,eiu ■^. 
dation, la plupart de 
A travers les épaiss 
debrigands, lesm.iii 
raient le sol cmuih 
L'abbaye fni-r il. ni m 
romaine^ ay.iril l< n i 
autour de Iriliii- •■ | 
la terre, jus.|iii l i 
raréfia les di^' ilrv 
pauvrelé, nii|ii i-r.- | 

Les ilrhlll. A.' ' .' 
les er:-l|.|. - .il.h,>, . 
d'une 1 ,, I ,,,11. |, .. I 



galln-n.iuaine, fuldniiiie., ,i:ii„.|,,r ,i,,i 

le Pieux, duc d'A.iiiil . ,, m,i • -i, lu 

nommé Horucin, qui vml - \- elihlir ;i\ ,,■ ,|,,i, 
compagnons. On défrieha le snl, labbaye s( 
leva. Ses colonies essaimèrent par le mond, 
De toutes parts, on y 



terer avec le pape : 
bénédictins furent 



' fondée à Solignac par saint Éloi, ministre de 
'e saxon qu'il avait racheté et dont il fit son 
.•ail. La tinifiirpin s'identifiait ti'op avec la pre- 

.|iii . -I ,!'■ 1-1,' r |ii' ,1 |.-i,i' éti-e négligée. 
n-h , ' , 1 1 I musique reli- 

Mi .1 ,1. ,. ,, _. . M :ir l'abbé Rat- 



1. garder et de 
,e, au seuil et 
s, de Cbartre,. : 
la Renaissaii.'. 



après 
à \C) 
Mi.-ii. 



dptait 
I lan- 
luni/, 
lienté, 
li.iuve 



[.arables, ferait de gros in-folio. 

-es à un degré éminent. Que reste-t-il 

latiale, vendue par la Révcilution, fut 



s'édifier et 
struire. La règle de saint lienoit, en elTet. qui 
imposait aux religieux la loi stricte du liM\.nl 
et de la prière, ne proscrivait pas, bien m 
contraire, la culture des lettres et des iil- 
Les moines terriens se tirent inventeurs, archi- 
tectes et maçons. Tous les aris qui se ratta- 
chent fi l'architecture : la sculpture, la verre- 
rie, l'orfr'Vi-erii', s'a|i|iri'naii'nt ihins li- ciniire. 

ClunV.S,lnl l.:lll r-.r.-l\,,.-u\ .|,.i-ImI ,lell.-:il 



Fran.'.', . n \lh n, ■,_,..■, . ,, M .h-, |iei-ev,T, ,■-,,( 
dans cet incroyable labeur de peinture ut de 
calligraphie. La. peinture sur verre suivit celle 
du parchemin : elle a produit des merveilles 
inimitables. Dès le vu" siècle, Jumi.'ges avait 
des maîtres verriers. On conn;dt la biill.inle 




;t-geohgeï 



238 



LA F11A.\CE 




coupie iIl puntb, une ligne 
de coteaux, deinieie ondu- 
lation de la Biessi'. De ce 
côté, laSaônc a le champ libre 
à tuiveis la. prauip. giande 
nappe verte de 2 a 3 kilo- 
mèties qui s'étend piesque 
entièrement sur la iive gau- 
che, en aval deTouinus; sur 
let. deux mes, de >làcnn à 

lllnlsM\ Mil II in, ,ll,,lt,', 
m-d."nl|s,l, ,. Il |,„ dit, 
( ,11, tdll,lls ,|ll I l,,U,st h'* 

mimts du Be.iiijolais s'éloi- 
gnent de la rivièi e. la Bombes, 
a l'est, gdgne veis la Saône, 
[1 11 le bourrelet de sa Cô- 
iiiir De ce côté s'étage la 
pilloiesque petite Mlle de 
Mniitmeile; BelleviUe , au 
contraire, Villefrannhe, Anse, 
échelonnées sur la Saône, 
s'éloignent de la rive droite 
par crainte des inondations. 

Villefranche est à 2 kilomè- 
tres de la ihière seb habitant» 
sont des Caladois de 1 an 
rien hour? de Oalade que 

l.Mll T Itipll < I 9(7 69 de 



ifficile. 



démolie pitire a pierie [leiniis 
^oltl!,ts dt lintru in \ili i ■ 
tiient sagloue dm nil | lu i m 
tluny au wi'' 'il, , I I i li li h 
B„uill,,n enfui, ni 1 1 I 



seul rebte de 1 eglibe ueu quelques 
débris de 1 abside un grind clocher 
octogone et e, lui (h 1 h il,,, D iiis 



1 Mi Ml 1 1 1 1 lt( 


,nne 


h Ml/ mu 1 1 lu 


dde 




tint 


pu ut Lue htoh ,1, 


)/-.(/ 


rpionsliuits dans un 


sl\l. 



m, iiit ip,nes voisines ou fut leui premieie resn 
de I einijeu formée au début du \« sieele et d 
alliance Anne fille de Louis \I montra une r 



Beaujeu I e suerie 
une des tilul mes par 
dgesse pendant la mi- 
norité de son frère Charles VIII fut confisquée par Francoib l" 



d montagneux, d assises si 1 
alraiies sur les veis ints qui 



bon se 



debout I . Ijii lnlul ml 

A lautie pôle des monts du 
Beaujohis, Tarare, sui 1 1 Tui 
dîne, arilii, ni .1, 1 \/, i_ii s p ,ii 
vie boni -il, I il II I I I ] I I 
d un anei, n // ' '"' - Il i ni un 
vivant d( s, st iiiiieiu s et de I il i 
bncation de toiles jiossieies, diil 
au génie de l'un de s, s enTmls 
Simonet, fils d'un maichin,! I i 
lier, l'industrie delà mouss Imt 
(lo76), des cotons fili s, dt s 1 i idi 
riesaucrochet qui roiiimi neeieiil 
sa réputation et safoitune 1 in- 
dustrie des mousselines, pelu- 
ches, tartanes, brodeiR s M hlUls 
rideaux brodés, impiessi n , 
cupe, dans le rajon d, 7 i 
60000 ouvriers, disséniiiit s d h 
Loire au Rhône (42532 habitants 

Au-dessous de Touinus et ,1 
l'île de la Palme, que la iiMen 
enveloppe, Mâcon est la leine d 
ISiSaûne, entre Clialon et I a on I i 
ville est assise sur la ii\e dioile 
à gauche, sou faubouig Samt 
Laurent gagne, pai une levée, 




s 1 , \ lu ,1, SI (hments 
ni I I ^ 1 11 I 1 nluit un 
m I I m I 1 - I pi m 1 linessi , 
u di II, leuv f,oiU di It HOU 
De \ illefranche a -in^e le pajs 
st plantuieux a souhait, consi- 
li 1 ilili le ie\enu ([u on en tue 
1;/ ( tiiui he I Vzeigues sui la ii\e 
lioiti Trévoux s ittai he pit- 
oiesquement a la ine gauche de 
i Saône ^3072 habit uits) 

Encore une capitTle an petit pied 

m, imiunn 1 1 lui n li iM leDic 

I lin n I I I II m 1771, 

I I m II I I par les 

I mil I I I m III || LUS, des 

iilileries dm un, niinufacture de 
,ue ont donne une notoriété a la 
die riveiainc de la Saône 

Cependant 11 Cotiere de Bombes, 
loubsant contie le piomontoiie 
lu mont d'Or, resserre le cours 
,■ la Siiùne : elle s'encaisse dans 
l's ilililés de Quart, enveloppe 
I giaiii'use île Barbe, sous la côte 
■ ■ Siiiiil- ll.iiiilii-rt, et dans un 
,11 hu'' ,1'' l'.ii I s, de châteaux, de 
ill.is I li.iiii|i, Il is, s'avance abon- 
<iiili' l'i pins vive, parce que plus 
oniraiiile, entre le promontoire 
e la Croix-Rousse et la montaene 



.LES DU CIK 



li/iiiiir. Mais, le fleuve et la ri- 
en' ayant accumulé sur leur 
l'iil d,'s vases, des graviers, des 
rre-jdeins insulaires, la ren- 
ntre se fit plus loin. Depuis lors, 



eu AI. M' 1)1 Jir.A 



LA SAÔNE 




Ils tii\ iu\ Lk Plu k 1r 1 
Muhti ip la ^aon( tombe 
lti2 m tif, cl altitude 1 istl 
<1 isMst i 11 ville do I ^nll 

Cjun, i82kiloni Ik s I 
mt re de 1 1 Saône ii i~ i il i 
puis sa souicc 11 s iiii| 1 
IjI) 1 inn m lips 1 I s 
Si) 111 11 s m I 11 I II 



|>l t en n ( 11 d\ il du | ut d 
lut i un 11 m iç,e d ms le Rhône, \ 
ill 11- |iii h sep ue du fleu\e s 

Il tu ut 11 Doubs poui 1 i lu m 
s sjit 'i8 de i)lus que k kli ii 
s la lenrontit, du Doubs lu. 



il 11 I I I I 11 I I 11 s II I I il I [ jon eaux oi I 

naii - Il III II iii I II I, III III tus cubes (.oiill 

pu I s [lui ^ I Iii\ 1 II ii\i 1 L ui.uuu iiiK n est ijik 1i 
sujette a soilii de sou lit et ses eau\ ne se leluent quf li iil m i 
Miib aussi ces eiues leguheies fécondent son bassin, mti i m i 
(oime de telles dlluNiales, qui ont comble l ancien lac lu s m I 
cliakuis de lele leduismt foit le débit de la Saune test al i 
que le Rhône, ^ondi pu li fonte dis iipu,ls alpesties, compuis 
dunflotiipid linlutii e de son indolenti \ usim Ii ^ i m t- 
chss e n IM_ I I I ( 1 I 1 Lyon sui 37i I il m li s ] n I il n 
dan p ( ni un I iii\ semblables i II I un _i m I I i iii 

coui mt i| I 11 ni I lin \oie cnmiuf K i il |i i ii I s m i n 

le sivdiLiit, lussi Ul i h m ni ils un »i m 1 I 1 1\ i n li I s m uUt ' 




DEPARTEMENTS DU JURA ET DE LA SAONE 



Ain. 



Supei-Hcic : «79 800 hectares (Cadasti-e\ 582 :;nO (DepAI (le la sueriv''. 
Population: 342 382 habitants. Chef-lieu : Bourg--en-Bresse. Sous- 
préfectures : Belley, Gex, Nantua, Trévoux. — .((i r.intons, 
457 communes; 7'= corps d'armée (Bi;sanço\). Cour d^iiqiel et .Vailé- 
mie de Lyon. Diocèse de Bi;lley (suffragant de Besanroii , 

Le département de VAin tient l'intervalle de la Saône au Hhôiie, 
entre Mâcon et Genève. Les formes les plus opposées se heuitenl 
sur son territoire : à Test, le massif du Jura méridional, avec ses 
grandes crêtes longitudinales, réunies en faisceau sur la coupée du 
l'ihône; .i l'ouesl, la plaine de Bresse et la cuvette des Bojnbes. Du 



point le plus déprimé au sommet ciilniiiiant ilii .liira, l'alliludi^ varie 
entre 200 et 1723 mètres. Mais, au lieu de munler doiieemenl, le 
sol s'érige assez brusquement au conlact de la Bresse et du Jiever- 
niont, escarpe occidentale des montagnes que raye le cours de 
r.Vin, comme une douve d'approche. Sur la plaine suisse et le Rhône 
genevois, le Jura dresse ses plus hauts sommets : Cnlonihey de Gi-.r 
(1691 mètres), /?PC((W (1720 mètres). Grand Crêt d'Eau (I 62'i mè- 
tres), dont l'étrave, poussée contre le surgissement du Vuache sa- 



voisien, étreint le Rhône dans un étroit déTiJi' n 
sa voie sous terre. Puis c'est au-dessous de B' I 
premier rempart, une autre chaîne qui s'alloua 
en surplomb sur la rive droite du Rhône : le </■ 
tres', le Grand Odomhier (1534 mètres!. 
Deu.x cluses rompent, par le travers, la coi 



itinuité des crêtes 



240 



LA FRANCE 



])iualleles . l'une au noi d, que ci rusent, d une pni t, VOu/nin, dt\ci- 
snri du lac de ?\^<intun, veis 1 \in, et, ddulie pai t, le petit louent de 
Combet, par ou b écoule le lac de Silatis a la Semine, tiilmlaii e de la 
\alseiine ihodanienne. r,a biisuie tiansveisale du sudsuit la ^all^e 
de FAlbaiine, le sillon supeiieui du Finaud, iivieie de Belle\, 1 1 li 
dél)ourhé duSem?isurle Rhône T'ai lapiemieie coulée tiansv( isili 



An( lenne capitale de la Biesse, depuis le début du w» sièt le, et 
sou\cnt lehidence des ducs de Savoie, qui bàtuent un château loit 
poui sa défense, Bourg n'est pas si déiiourvu qu'il convienne dj 
passer sans au et Statues et piomenades ne lui manquent guèie . 
bionze du généi a.\ Jouhcit, pai Aube, dans la cour de la Piefectuie, 
p>iainide en I honneui de 1 illustie soldat, sous les platanes de la. 




.^|# w 



."--■^■;:s: 






APELLE Dt 




court la voie ferrée de Bourg-Nantua-Genève; par l'autre, celle de 
Boura-Ainbérieu-Culoz-Turin. 

Bourg (20 343 habitants) doit à cette double ligne son impor- 
tance : c'est la gardienne de la route entre Saône et Rhône, au dé- 
bouché du Jura. Aussi les ducs de Savoie, maîtres du Jura méridio- 
nal, par l'occupation successive du Bugey, du Valromey, du pays de 
Gex, firent-ils de Brou la tète de front de leur marche vers l'ouest. 



Bien avant eux, les Romains avaient smimi 

plarifs ^'■iiiloi^ps df re |invi. criiiiiii.- en li'inn 



leur domination les peu- 



inaitre de la Provuncu, ruiiait l'aiiciti 
dolplic m, qui on laisse la suzeraineté à 
C'est la raison des rOrl.-imations siii-aii 
sur une région ni.inilV- irin- ni .'^i, ,, 

lois de la nature ^ i .! ' , ,!. i , 

teutonnes à pn>|' I .i i . , 



déjà 
I Ro- 

1033). 



'■ .liira et ses ap- 
ili-omeii,\eBugeti, 
une fie Bienfie fut 



les liet^ -M . -. . /: . , , ril, ^mIIii r,,ii . .' .' I i: I < Il .. -H .| ill :i 

concilf il I ' '. . 1 ^ . M .'' : Ir^ ,1,1111.1 1111- ~ i|i- - ,, ■ ,i. I I I i, irirrii- 
aux sires de li.'.-uiji'u et, par eux, aux lii-llll \|.:il;. I |.| ,iil|i a 1 

couronne de France, nombre de vdliigcs Irnilil m rin i L i miIi, iir /,y„ 

gardèrent leurs franchises sous le nom di' /, ,,„, /. .|ii .|ii,i laid 

volution. Partout ailleurs s'étaient implaiilco d..-, du. > .1^ ^aMM.-. On sa 
comment la ferme et habile politique de Henri IV nous donnèrent ton 
les fiefs savoyards en deçà du Rhône, par le traité de Lyon (janvier IGol 



place qui porte son nom; statue du philosophe Edgar Quinet, par 
Aimé Millet, à la promenade des Quinconces; Bichat, par David, 
sur le front de la promenade du Bastion; entin un buste de Charles 
Robin, par Aube. Les tableaux du 3Iuste Lurin, les trouvailles du 
Musée préhistorique, dû à M. l'abbé Tournier ; les pièces si originales 
du costume bressan, réunies par M. Guillou dans le Musée ethnogra- 
phique, oITrent un vif intérêt. 

Les ducs de Savoie voulurent faire de Bourg le siège d'un évêché : 
cette fondation ne dura pas. Il nous reste l'église Notre-Dame, d'un 
beau style ogival, fin xvi" siècle, déjàtoutbrodé de Renaissance. Mais 
on vient à Bourg surtout pour visiter, non loin de là, ce merveilleux 
écrin de pierre qu'est Véglise de Brou. Marguerite de Bourbon avait 
projeté cette église pour commémorer le retour à la santé de son 
mari, le duc de Savoie Philippe II. Elle mourut avant d'avoir pu 
réaliser son vœu. Marguerite d'Autriche, sa belle-lille, veuve de 
Philibert II le Beau, en fit une réalité. Sous la direction de l'archi- 
tecte Van Boghem, Conrad Meyt fut chargé de la sculpture; le 
monument s'éleva de 1305 à 1532 et ne coiita guère moins de 
■23 inillions. Bien que d.' faïade un peu lourde, l'église rayonne 
il'iiiii- lill" r\ii|iii ,iiii .' .Il riii,iii\-i> i|ii'iiii 1,1 li''iit à bon droit pour 

H 1.'- .l'iiMi-. iii.iiin ",s ,lii >i\l,. ,i-i\,il ll;iiiil„,yant. Le jubé, les 

sl.ijl.'s M'iiliih'.'S j.;ii- un ,ii lis!.- I,,, al, |.s \ilr.iiix, b'S mausolées, ceux 
de Marguerite de Bourbon et de Marguerite dAulriche, celui de Plii- 
libert le Beau, dans le chœur, y sont d'une royale magnificence. Le 
retable de la chapelle de la Vierge, les deux grandes figures d'al- 
bcàtre de saint Philippe et de saint André, l'inimitable coloris des 
verrières de sainte Suzanne et de Notre-Dame des Sept-Douleurs 
sont tout à fait dignes il'admiration. 

Personnages historiques. — Philibert II, duc de Savoie («80-1504), 
l't I.mnse de Saeoie. fils et fille du duc Philippe II, nés à Pont-d'Ain; Gas- 
pard de Cidir/i,,/, niai-fchal de France s.ius François I" (ne pas confondre 
avec son fils l'amiral de Coligny, né à Chàtillon-sur-Loing); le grammai- 
rien Claude Farre, baron de Faj(.9e;o«(lo8D-1650) ; le mathématicien Jacques 
0;anu?« (1640-1717); l'astronome Joseph-Jérôme Lefrançais de Lalaiide, né 



ciiAiM': F»i .11 ii\ — I. V s\('»\r': 



2U 



Ti liourfr (I7;î2-1.s(i7 : un fameux liurlu- 
-iT, li-piiie, nu à Cli.-ili'x; le ncneiMl 
l!,ir/li.-C,i/lin-hie Jnuherl, f;K,r-icu\ ;i(l- 
v.Ts.nnj (1.^ Suuv.iniv, lue :i N.ivi ( ITil'J- 
ll'Mr, l';ilj|j(3 .liirii.-Ainh-r (■:,„evii, ilc 
(lex (17;«-l.sll ; Drillnl >ur,rrn,, .-ivn- 
cat, nu à Brll.v. anlnir ,1e la /■/,-/- 
s}olo,iie du il. ml 1, ,, |s;^i, ; liii:;,.- 

nieui- -rn:;l:i|il,r .!/,./,,•/ ,U,,/,sv/',,/, m- a 

Naiilua 11 77,1 |sj.' ; J.-/(.- 1 -,/.„■ /;„« 

,/>». Jll.d,', lu ri I ' N.illil.lll,'. lu,' 



M,n-h„n.\, ,-,,„.|u,r,nl ,1,- I U,„|,„ 
uMualurialu U'- ^' Tlpa-,;y ,u Isi,,,. 

Jura. 

Superficie : k'Mhm h,',l,n, - 
((■acUisliej, :ili:i^lHI S,rM,,. ..n 

..,a|,l,.,iu,',l,'la.„„^,-.l'„|,ul, , 

•2;i2 Tl.'i lialiilauls. ( ;ii,'r-li,'u ; Lons- 
le-Saunier. S,iu^- |,i ,'r,Miui ,s 
Dôle, Poligny. Saint-Claude. 





32 cantons, S85 communes; 

ili.' Saint-Claude (suffragant , 



rps d'armée (lii;; 






Dans le partage du ]iay 
Jura fut assez heuren-.,) 
,|,'S premiers talus Juia^ 

Moii,'Mt,'|,'S.I,'iix ma^^ils 
-•all.mi;,' le l'e//io/,/r, ,i,.nl l,'^ mus i,.iii;,-^ j,'.^ phw ,'slim,'S s, .ni .■■•M\ 
,1,'S Anur,'i et dVlW/ew, ,|U.! ^..ùlai.'ut r,.rl l.s r,,i.s ,1e Fraii,;,' Kran- 
•;,>is I" et surtout Henri IV; .S'o/ms [.lus précoce quArliois; J/™é/,<- 
r,mr les vins rosés, Foulnay (coinnuine de P(digny) ; les vins lilan,- 
,l,iux mousseux : Arbnis, Salins, l'Étoile, (Juintigny; le Chàliiin 
L'Iiiiliin, d'un,' |h'1|i> s,''v,> aromatii|ue. 

Si r,in fran,inl, l,s pifmi,'rs gradins du massif, de grandes lni. i 
cou vr,'ntr,'d,'n,hie(li'Sy,/'//e(ïi/,r. Après la forêt de CViowi, l'uneil,-s |,Im 
vasies de France (près de 12 9oO hectares I, dont nue partie a ppa II I, Il I 
au département du Doubs, celles d'.-b-//,//s, de Po/iV/h;/, des .l/<,(,/,e,^ 
l'i 109 hectares), de la Joux, de la Serre, de la Frasse, du jShinI Smr. 
du Risoux, etc. Le chêne, le charme, le hêtre s'y mêlent; dans !,• 
haut pays, l'épicéa et le sapin, de magnifiques proportions. A 
cJté des étendues monotones et froides de Grandvaux, du val d,- 
Mièf/es, qu'un déboisement inconsidéré a livrés sans défense ;\ une 
marâtre nature, des pâturages verdoient et, l'été venu, s'animent. 

France. - II. 



^1 lu «1 uuu in(jHt<ii/Hi tstcxt, iHini au d, p il li m, ut ,lii y»;,? il 
n ]iiissi_de d( s beautcs de piemii i oïdie, gi h e a la disposition d, 
( s au ti s paialli ks et de ses t( nasses en uiadins, soi ti di gi^'aii- 
i s,|ui cil itciu d'eau ou h s toi i ents se ])ii t ipitent en i as, ades, s, 
, 1,1, lit (1 ms 1, s lissiii, s ,lii , il, III, p,iui ic|aillil dans les \allees 
Il liiiil mil s \ iM s I L I,. 1111,1 I, s plus madenx passages llj a 
,1111111, un, !-i-,ui, ,iili, I, s ,,,uis ,l(dU r l»i II IhnisoH, lu 

.nnn, 1, 7 l, , ii Mni.l.i I, I ), „l , , ,i,nit J \ ^aw( d( S Planclll s- 

ii-M ml iLii. , h (II, nn,, . I h / „,„„., Iiibuliins ,1, |i | ,,ii, 
iM 1,1,^ , I 1 ipi,l,s iiM, 1,-, s,„il. Il un, s, l.ouilbmii, m i I.UM, 

■ ilhll--.. II! ,1. |,,|lt, s pill- I II IM is ,1, s„mlll,sd, hl.s d, s (lus, s 

lilitiii,- il, s \ illi.iis pill.ii, si|ii, V |, //■,(»<-■/«/ n- (Si conslc 11. de 

1'^ Il -, i\,iiis,li , , - I iils I I 1 I lin (,.mpos(.un m iitahh tn sor 

I II, ml, s 11 ilui I lli s 11 ,.|i i_ii,ii 1 , ■- I I une im i(i\abk i, s{ iv( di 

Lons-le-Saunier I !''27 li ilm niK p,,ss, ,1, nu li, 1 , I ibli-,-, nu ni 

il Il, pli (b s 

,,in, s,(/(/„s (( 
lui fut d, bonm 



tiaulms 1 appe- 
laient Ledn. En 
iililisant ses sa- 
luas, les Ro- 
mains ajoutèrent 
a A(/»N le surnom 
,!,■ Sulinanu^i : 
,|-,u'i vient Z,o;cv- 




l„irons féodaux 
,lu voisinage : 
plusieurs fois la 
ville fut incen- 
diée. Ce n'est 
|ias que la place 
l'ùt d'exceptioii- 
ni'lle iiiip,ir- 
lance. Dôle 
itfi29'i habi- 
tants), sur le 
Doubs, qu'elle 
a supplanté de- 
puis, fut jusiiiie 

-21 



2i2 



LA F II A NCR 



'^W'^Vâ, 









mm 



vrrs la lia du xv<= siinle lu capitule Je lu Franche-Comté, à laquelle 
l.ons a|i[iurti'nuit. On sait la glorieuse résistance opposée par les 
défenseurs de JJùle aux assauts de l'armée envoyée par Louis XI, 
enl'479. Mais, la place ayant succombé malgré d'héroïques efforts, 
le roi d'Espagne liuns|Hirla la capitale franc-comtoise à Bcsanrun, 
dans une boucli! du hmilis, dunl risllinii' d'uicrs est Inluli'iiii'Ut 
barré par une cil.idrllr. Ici drsinni.iis m' ib 'kmiIc l'Iiisliiiic ilr la 
Frmirhe-CiDutr. (]iii est crll,' du .//,,■,/. I.nuis XIV, iii;iili.' .!.• Dùlr 

en 1674, priva la villr dr snn l'arlc iil. r\ de ^n,, | nivriMi,', |i(.iir 

en doter la m.iivrll.' capilalr IVaiir-rniiilni^,-, /,',s„,„„„. 

L,M,s-l,-^S„innrr puss,-,!,- un M usrr v\chr ni.lnru nlsdc la picnv 

polie, tirés des laciisliTsdr Clan vaux; ,l.-s aul uinil.s r.db.-i oinaiii.'s 
et burgondes, aniu-s et ]inlcii.'s; (les slahu's, (■cjli's ^i- J!,„i,,rt ,/,• 
Lisie et du général l.mmrlw. I,. |,usi,. du srul|i|rii,- l>n,;n„l. rrlui 
de Bichat. Des prnMiruad.-s, drs avruurs piauliez, h, C.lirvaln i,', b- 

beau pui'C di' ré'lalilissfnicnt des itaiiis, varient bciiicusc ut Ir 

dévelopiicrucnt de la vilb'. limujrl ,!,■ Lisir nuquil au vdiai:.' ib- Abui- 
taigu, qui, du baut du pluteuu de ïlhuln. d<uuiur |ullnics(|urui.uil, 
au-dessus de Lum, le développement de la Vullii rr ri snu viiibiyant 
bassin; son église, en partie du xiu» siècle, ]U'é(é,|,i (clb' dis Curdr- 
liers de Lons, où se voient de très bidles boisrri.s. 

Personnages historiques. — Saint Claude et llii,,ues ,/,■ Saliiix, liais 
deux nés en celle ville;, lu pivniirr, evéïiue {\u- sii'cli , Ir siinml, ilirlLi.'- 



ruiitre Henri l\ ; .l,;u, I:, ,,/,-,„, |,irMii,i' 
(1580-1650); le prr.lliMlnu- .HMlni-irll .Iran 
Claude Pio.st (lapiLuric l.^n u/.im), I un 
Kranche-Conité, au xvii" siècle (I(;ii7-li;sl 
de Ctuiniar/e (1079-175^); Dom Claude Juii 



à Poligny (l(i9e-17xâ) 
1757); Claude Louis, 
Louis XVI (17117-1 77s 
Jean-Denis Al lin- 1. ]i 
neveu Cl. Allir,-/. s 
Cl,rif.-lin. ne n S;iim 



l.i.slf, 

-le lti,i 
vis Va. 



-Ie.lia,i/s7p-/w((»r 
latin, niinislre de 
nqjortanics rclm-i 
le, mort à Pékin i 
le jurisciinsiille 
t:i:ils çeniTUiX 



Doubs. 

Superbcie : r.-2-270n becliires (Cadaslrel, 531 500 (Service géogra- 
pbique). l'opulatiiiu : 2'.t'.M«:> bubilanls. Cbd-lipu : Besançon. 
Sous-préfectures : Montbéliard, Pontarlier, Baume-Ies-Dames. 

— 27 cantons; 63(i cduiiuuucs; 7^^^ cmps d'anuép. Cour d'appel et 
Académie de Besançon (lelli-es, sciences, l'cnle de nii'deciuei. llio- 
cèse de Besançon (Dnubs el liaule-Sarme , 



L'ancienne Franche-Comté 

Ihuile-Snàne, du Ihaihs cl du ,laia 
le cadre dessiné^ par le Jui'a, la i 



il une ri-gion originale, dans 
l'e des Vosges, les terrasses 



CHAÎNE DU JURA. 



LA SAONE 



2Î3 




us DU DO LU S, PU US DU B E S A N (^ O N . 

•S, le |.l,il.MU d<' l.,iii-ivs et le seuil de la Côte-d'Oi 

jl.iul'', si l'iiilcivaile ouvert entre les extrêmes t;i 
ilu Jura et di's V.isues n'eu ;i\ait l'ail le pussai^e naturel Je la val! 
du Rhin à celle du UhOne, et d(! lia! 

e bonne heure ce passage fut fré(|ui'iilr; .les peuplades primitiv 
V "lit laissé h.MU-s traces, dans les ■^rMUrs ,!,• Hnrlie.hmr, |.irs l'.iul-, 
Iloi.Ie, sur les haulnii-; vniMnrs ,|r .\l,.nl hrli,ir.|. ,l,,,i- |r^ ni, s l.ini-h 
du (7,,;/,, 
iI'hu V<<n aexliunie dr^ l.i|-.i\ ,1,. ,.|,rr-. m,.. roiiiMiiiir 

l,r |irii|il.' i\.< Séquanes ImIuIhI rdir rMiihcr. Coiil 

U-rl.rru.nt~. ,|N1 .MV„i,,ih.:,l, ,, r..\r .IruX. I:, MV,.,I, 

ll''"vr,.„|.,M„,|„-,|n , 1,^, .,,!,. ->,.," s ,.„r,.Ml !„u|, 



l.iplaui,: 
(o8 avant J.-C). Les 1. 
['oppidum de Vcsonlhi ^ 
reuiaineciintre la Griiii 
cin-,„nv„„|M,-l,.|rH,l,. 
^■■■"l'Ml r.r |M,- I,, 



; l'iuiportauce slratcyi(ii 
situation. Bientôt la G 

idse par étapes, grâce : 



1, la défait et con- 
tour, est 
-ace, njrlu de l'autre coté du UUin 
■ut dans le pays des SéqiKdifx. et 
lit le point d'appui de l'occiipalidu 
la-maitune sorte de camp reirauclie, 
ir. cil aclrlle naturelle, barrait l'étran- 
\irrr. Celait là, pour les Séquanes, 
il, 111 Iriups de paix, des marchés 



l.von à Uàle; d'autres r.j 
eut sur Langres et Ponta 
(|iii subsiste de son thcàti 



dans rrinniil,. mr In ll,r,l 

quelles premiers ap"lrrs do rhn 
lianisme en Franclic-Camlc. sai 
Ferréol et saint Fcrj'c".r, iuis>iii 
naires venus de Lyon, auraient su 
le martyre en 213. Quand l'Iigli 
reçut, de Constantin (oUG-3j7), 




t de vivre au grand air, Uesançoti, en sa qualité do métropole, reçi 

écpie dont l'autorité s'élendait jusqu'à Lausanne. 

Lors(|ue, au début du v" siècle, la marée montante de la Germanie bar- 
b.are déferla par-dessus la double ligne du Rhin et iK's Vosges, impuis- 
santes à contenir |diis l,.ii;;l( iiips smi iir.ai. la S, './«,( //,',■. placir au pre- 
mier rang, fut au~~ih'l -uImu^i -r.- : Alun». Sin \r-, \':inM,ilr~ Inir chef 
Crocus devant YcsmiiIi.. . -,■ rn.iviil mu- la i,.iiilr. ].r< Sr,///,/,,,'s. v.ms dé- 



farnurlics d'entre ces barbares, les 
Burgondes, sorte d'aristocratie 

gu( iiirrc qui domina le pays, entre 



alliance ne sauva pas l'ancienne 
Srquanaise de ses turbulents voi- 
sins de l'cmcsl : un petlt-fils de 
C.lovis.Gontran, fol roi de laHur- 
gon.li.. coM,|uisç. Dans le partage 
.le rciiq)ire de t'/iurlfi,i„;,i,r, la 
Si-tjiitniic, attribuée à Lothaire, 
constitua le trait d'union de ce long 
domaine ([ui, par les vallées du 
lih.'.ne et de la Saône, de la Moselle 
cl de la M(uise, cimstituait, de la 
Mi'ililcnaiice à la mer du Nord, 
I l'.lal (|Me l'on appela, du nom de 
^oll liliilairo, la Lo/liiiringie {trailé 
. r 1, . ; s , : I :. t VAiii ne pou- 
\ il .1 1 l; Il ' Il Sivyuan/c était 



1 ,1, >\r 1 .au,!, Louis le Germa- 
ine et C/utrles le Chauve. Elle 
;illait entre la double attirance 



244 



LA FRANCE 



de la France et de la Germanie : cette ;>ituation intermédiaire lui valut des 
maux, inévitables sans doute, mais aussi des privilèges particuliers dus 
aux deux ad^eisaires qui cheuhaient a se la concilier 

La Franche Comte germanique — D abord la pi Mn( ( inclina 

vers lest Du d(in lubn ni ni I I . ih| n i I I i ni n du 

nombreu'-Pb piiii i| ml un i I I n h i I i I il I i hiii\( 

Boson, fonda li i \ mm \ I i i n I i 1 I / ili\int 

suzeraine Le di m I \i I I I l| I III nil n I l iN i 

1 empereur d VI 11 m n |n hi II ni_ n n Fnnche Comte 

passa dans la dt | n I m _ i ninn pi I i ni I li ii < / \ i_iii i I ih 

fiait par le mari ui il / '// h i ili m I I i ( i\ I ( i n ^ m 

Frédéric Barberousse |iii miiI Im m nn i li ui(cin(ll4S) 

D( lin us II |iiini ml i i)/,„l II : » ///, sont gcr- 

III un 11 m I ni II m ni lili n I n il i i ii leiin tle ( halnn 



lippe le lii 1 i|iii ^1 I I l'liili|iiii \ dit II I iiii^ 
La Franche Comte française et bourguignonne 

Comte M_i ut jiii il ili ii\ ■-Il I II il m I i ili |i ml un i ili 
sous 1 e^lde du i i li I i m |nii ill i lu il |ii i I i 
duc de BouipO^ii Philippe le Hardi ni I I m I I i 
province en ap n 



1/1/ 



( m 



pai 11 loi (jronti ui Luxeud pu saint ( o- 
ns enJuia, Monlbeiioit (Houbb) bainLilauile 



ciuc 



ses démêlés avec la France; pendant la guerre de Trente ans, invasion des 
Suédois sous le prince Otto Louis, compagnon de Gustave-Adolphe, incur- 
sion des Français sous Bernard de Sa\e-\\ eimar arai du roi de Suéde Les 
tiailes de Westphalie et Mazarin rendirent a la tomte saneutnlite (lfa48i 
maisBcsanion ville impériale perdait son autonomie hugiiei le de Devo 
lulinn f[ue fit 1 ouïs \1V a la mort dt son bcau-piic l'Iu/tppe IV loi d Fs- 





pagnc, pour recueillir, au nom de sa femme, Marie 
Thérèse, une partie de l'héritage espagnol, ramena les 
l-Ynnc.nis en Fi-nnclic-Ciuiilé : ce fut une pi-niiininde 



mir 1 M II- r ii,i|M,ni l:i Fraiiche-Coinlê, iiiii|i.'i-e la 

1>| lli II -i-l III, . .1 /;, -"/( sous le prince de Vaudê- 
ni , ilr h' I . il' ^iliii lut donnée à la France par 

Incorporation de la Franche -Comté à la 
France. — (in cmisnv.i les luiiiniurs a>sruililccs du 



is le Parlement i 
lues, furent rame 
■illire. A la tête dr 



épiscopale, comme un véritable ; 

par les progrés de la Commune. 

De 13.s't àl',77, U Fraiivhe-ru 

habile et IIImi, il, • ,1, s ,/«, v ,/,. l;,. 

contre l.mn- \ 1 l imhIiI., r Itr II, 

ne laiss.iil i] hlir. i;,,- „■ , 

lot Louis M il,, nnlli-,^ 1,1 mnn • 
d'envahir la Cnmir ; , h.,--, s n 



et la lutte se 
Louis XI, époiis 

de Marir ,!r /;,.■ 





La Rrrn 


■ s, m- r:i,liiimi.lv,ilnin 


nients, su 


1- '/■■'■/, . /,■ /, un'raire 


somhrrnii 


■' iil '.l'i7-), 


Monthrinn 


'1 ' - . Aussi- 


Louis MV 


.111 1,, 1 II, i.i^iiiin l't 


complcuir 




Moranil, I 


L' : Ch.iil,.- \ III, M< ,1,. 


Elle eut à 


rnilIT, ,U,i, ■,,».'/■(/.•, Illlc 


périlé, vil 


liiit. On sait ciiiiiuient 


la gliiii, Il 


liartiplus avantageux. 


génc.il . 


lis (1493), rendit Mar- 


vell,..l. 1 



epOUS.'l II. . , /.' . .;, , , I . |, ,1 |,. I I iilr 

guérite il i ,1-1 ,i .n |i, r,. \|.,.. Inn ,1 Viilii, lir. 

La Franche-Comté autrichienne et espagnole. — Voici la I-'nni- 
che-Comté encore une fois orientée vers l'est par la Maison ilWulrirlie et 
celle A'Espnqne qui en fut héritière. La domination autricliienne fut douce 
au pays : V,ir-;.„cr.7,', qui II- ^',,„v,rn,.|il au nom de son neveu Charles- 
Quint, Ini ' Mil II I i\ , I |, In- I, |i,iur ainsi dire, se gouverner lui- 
même:!'/' . ' ./)../,• ,1,1 Il- lit la justice, les £(«/« ffcHeTOux 

votaient 1- iiii|i..l . -,,ii. | ml, mie ,1 nu gouverneur choisi dans les pre- 
mières familles comliiises. l.'iiiliiiinislralion de Philippe II se munira 
moins libérale. Liée à l'Espagne, la Frauclie-ConHé subit le contre-coup de 



en trois départe- 
ns de toute nature 



1 iMupirc. 
• de pros- 
nie. Après 
Tsexel, le 
il, la nou- 



crmiin, II,.. ,liil- I iMi ., iiM,:;ii,iiitl iiiuiL-lne, ;L\-ait ne^li-e ,1 y comprendre 
l'armée de 1 Esl. Nos malheureux soldats, épuisés par le froid, la faim, les 
combats, les marches sans répit, durent pénétrer en Suisse, pour échapper 
aux Allemands à leur poursuite (1" février ISTl). 

Besançon (57 978 habitants). —Monuments antiques : Avant 
que de n'cents travaux de déblaiement iroussciit ramené au jour 
iiuélques restes de ses anciens nionuiiirnts, l'on ne se doutait pas 
que l'ancienne ca|iitale de la Séquanaise fût aussi riche en souve- 
iiiis de l'époque gallo-romaine. A la vérité, nous n'avons guère, à 



CHAÎNE DU JURA 



LA SAÔNE 



243 



deux exceptions pr^s, que des fragments, des racines d'édifices 
abattus et émieltés, qu'il faut deviner plus qu'on ne les voit : tel 
le Forum, dont l'architecte Marnolte, préposé à la construction des 
égouts, en 1851, exhuma plusieurs colonnes tronquées, dans la rue 
des Chambrettes (aujourd'hui rue Pasteur); tel, le Palutium, rési- 
dence du gouverneur de la Province, qu'évoquent de nombreuses 



s'élève au seuil de la montée à la citadelle. I,e moyen âge l'enclava 
dans les fortifications de la cité épiscopale ; l'arc fut rempli, défi- 
guré : on le sauva,