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Full text of "La France protestante"

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PROTESTANTE 



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LA FRANCE 



PROTESTANTE 



PAR 



MM. EUGENE ET EMILE HAAG 



DEUXIEME EDITION 

PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ DE l/HISTOIRE 
DU PROTESTA NT I S M ■ FRANÇAIS 

ET SOUS LA DIRECTION DE M. HENRI BORDIER 



TOME V H E M I E H 



PARIS 
LIBRAIRIE SANDOZ ET FISCHBAOHEB 

H LE DE SEINE, 33 

1877 






•■-•■ 

774953 



AVERTISSEMENT 



Les auteurs de la France protestante, les frères Haag, en écrivant la biogra- 
phie des protestants français, se proposaient de montrer quels hommes pro- 
duisent les sentiments de foi et d'indépendance puisés dans l'Evangile ; mais 
ils n'ont eu le temps de composer qu'un premier tableau dans lequel ils du- 
rent se borner aux grands traits. Leur ouvrage porte en sous-titre : ou Vie des 
Protestants français qui se sont fait un nom daiis l'histoire. Ils se sont donc 
bornés à un choix des vies qui leur ont paru les plus marquantes. Ce n'est 
pas leur moindre mérite d'avoir su se circonscrire et laisser leur œuvre 
inachevée dans le détail, afin d'avoir le temps d'en tracer en entier le contour. 

Cet ouvrage, célèbre déjà du vivant de ses auteurs, complètement épuisé 
maintenant depuis plusieurs années, réclame non-seulement une impression 
nouvelle, mais de nombreuses retouches. Un supplément ne suffit plus 
aujourd'hui, et sur l'instance même des libraires, quelques membres de la 
Société de l'Histoire du Protestantisme français osent offrir aujourd'hui au 
public une : Deuxième édition de la France protestante. 

Les coreligionnaires et autres amis de MM. Haag qui tentent cette entre- 
prise sont amenés par la force des choses à lui donner plus d'étendue. Quels 
que puissent être leurs malheurs, ceux qui laissent un nom dans l'histoire 
sont encore les favoris du monde; mais s'il est une victime inconnue dont 
on ne sait rien sauf qu'elle donna volontairement sa vie plutôt que de 
désobéir à sa conscience, n'est-ce pas un devoir sacré d'inscrire son nom sur 
une table d'honneur? Et ceux qui sans avoir souffert la mort ont souffert la 
prison, l'exil ou d'autres maux, n'ont-ils pas droit aussi à un respectueux 
souvenir? Et où trouverait-on dans la France entière, non-seulement lors 
des grands massacres du XVI e siècle et des grands sévices du XVII e , mais 
jusqu'aux temps efféminés de la Régence et de Louis XV, un seul protestant 
qui n'ait eu quelque chose à souffrir de cette longue persécution dont le 
clergé catholique a toujours attisé le feu jusqu'au moment de la Révolution 
française! Ceux-là même qui ont fait abjuration, soit entraînés par des appâts 
corrupteurs, soit contraints par les violences, ont eux aussi savouré leur 
part d'amertume. Ce sont donc toutes les familles protestantes françaises 
antérieures à 1789 que nous devrions embrasser dans nos recherches. 

Mais un répertoire biographique aussi absolument complet ne serait proba- 
blement pas exécutable comme opération de librairie, et il faudrait, comme 
opération littéraire, l'ajourner à un avenir bien éloigné , puisqu'il supposerait 
le dépouillement achevé de tous les documents qui subsi:>tent sur l'état civil 
des protestants, non-seulement en France, mais en Suisse, en Hollande, en 
Allemagne, en Angleterre et jusqu'en Amérique. On a cru cependant pouvoir 
répondre dans une certaine mesure aux vœux plus impatients et bien sou- 
vent exprimés dans nos Eglises pour la publication immédiate d'une France 



vi AVERTISSEMENT. 

protestante aussi complète qu'il soitf en ce moment possible, en refondant, 
en améliorant et en élargissant l'œuvre de MM. Haag. 

Voici le plan auquel on s'est arrêté : 1° Reproduction, avec révision 
attentive, de tous les articles de MM. Haag; 2° Dépouillement complet, et 
insertion à leur place alphabétique, de tous les noms protestants cités par 
eux et disséminés dans le cours de leur livre ; 3° Rédaction des biographies 
qui rentrent dans leur cadre et qu'ils eussent écrites si les documents ou 
le temps ne leur eussent manqué; 4° Mention de tous les protestants français 
connus de nous comme ayant souffert pour la foi protestante, depuis le 
commencement du XVI e siècle, ou comme ayant marqué dans le dévelop- 
pement du protestantisme. 

Précisons les détails qui se rapportent à chacun de ces points. 

I. Tous les articles admis par MM. Haag dans leur édition ont droit de cité 
dans la nôtre; mais il n'en est presque aucun qui ne puisse être amélioré, 
par cette seule raison que trente années nous séparent du temps où ils ont 
été écrits. Nous nous sommes donc efforcés, reproduisant ce travail, de l'a- 
méliorer en le condensant, en réduisant les développements sans supprimer 
de faits ni de noms, et en visant surtout à y faire entrer les nouveaux détails 
que l'étude a révélés. 

II. On a souvent signalé et regretté l'absence, dans l'ouvrage de MM. Haag, 
d'une table alphabétique de tous les noms protestants dont leurs pages sont 
remplies. Chacun de nos volumes sera terminé par une table abondante. 

III. MM. Haag ont laissé quelques articles rédigés après l'impression de 
leur ouvrage et plus souvent des notes pour servir à la rédaction. Nous nous 
en sommes emparés et nous avons inséré ces articles à leur rang, en terminant 
chacun d'eux par le nom Haag mis entre parenthèses. 

Nous avons fait connaître, par le même procédé sommaire, les noms de 
nos collaborateurs, quoiqu'il ne soit presque pas possible d'introduire des 
communications de provenances diverses dans un texte unique sans leur faire 
subir quelques modifications. Nous donnerons à la fin de chaque volume 
une liste détaillée des. personnes qui auront contribué à sa rédaction. 

IV. Les articles déjà traités par MM. Haag se reconnaîtront à ce signe qu'à 
la tête de l'article nous plaçons le nom Haag entre crochets suivi de l'indi- 
cation du tome et de la page où l'article se trouve. Quand leur nom n'y est 
pas, mais seulement des chiffres, c'est qu'au lieu d'un article, MM. Haag n'ont 
donné qu'une simple mention du nom dont il s'agit ou d'un fait quelconque. 
Ainsi pour ce qui concerne les quatre premiers noms ouvrant notre liste, 
Abadier et Abard, n'étant accompagnés d'aucun renvoi entre crochets, 
montrent par là qu'ils sont des noms nouveaux; Abaret, qui se termine 
par le sigle : [II, 415 b], annonce que ce personnage figure d'une manière 
fugitive au deuxième volume de MM. Haag, à la page 415, seconde colonne; 
tandis que : [Haag, I, 3], placé au commencement de l'article Abauzit, appelle 
l'attention sur un véritable article consacré par les premiers auteurs à ce 
philosophe. Et lorsqu'on trouve, comme ci-après, col. 10, à l'article Abbabie 



AVERTISSEMENT. vu 

(Jacques), l'indication multiple : [Haag, I, 7 a; — 85 a, i39 a; II. 169; VU, 
425; IX, 232]; c'est que ce nom a été l'objet, dans le livre de MM. Haag, et 
d'un article spécial et de plusieurs mentions éparses. 

Ce procédé, nous l'avouons, prête à la critique. On peut nous objecter, et 
on l'a déjà fait, que recommençant le travail de MM. Haag, nous devons le 
contenir, le rendre inutile, par conséquent ne pas le citer, ou bien, si nous 
le citons encore, c'est donc que nous ne le remplaçons point. On peut ajouter 
que la première édition étant épuisée, ces citations sont un appât décevant 
pour les lecteurs invités à prendre plus ample informé dans un livre que 
peu d'entre eux pourront avoir : on dit entin que tel est l'usage et que pour 
le Dictionnaire historique de Moréri, par exemple, ou la Biographie Universelle 
des frères Michaud, chaque -édition nouvelle absorbe et annule les éditions 
précédentes. — Tout en tenant compte de l'observation et en restreignant 
ces sortes de citations au strict nécessaire, nous ne les supprimons pas et 
voici pourquoi. L'ouvrage de MM. Haag n'est pas seulement, comme les 
deux grandes biographies qui viennent d'être désignées, un ensemble de 
matériaux historiques et littéraires que l'on peut successivement modifier, 
accroître et améliorer, c'est un « Livre de sources; » c'est un recueil plein 
de recherches faites sur les documents originaux et souvent sur des docu- 
ments qui n'existent plus, comme il est si déplorablement arrivé pour les 
actes de l'état civil de Paris brûlés en 1871; en sorte qu'il est souvent 
impossible de ne pas renvoyer à MM. Haag, seuls témoins subsistants. Dès 
lors il nous a paru qu'on devait aussi donner ce renseignement utile consistant 
à faire distinguer, autant que cela sera possible, ce qui se trouvait déjà dans 
nos honorés prédécesseurs de ce que nous y ajoutons. Personne ne pensera 
qu'une information de plus offerte au lecteur, quand même il ne pourrait 
pas toujours la vérifier et la mettre à profit, doive nuire ou déplaire. 

V. Les articles qui ne sont suivis d'aucun nom d'auteur, ni accompagnés 
d'aucun renvoi entre crochets, restent entièrement sous la responsabilité 
du comité de rédaction. 

VI. Dès qu'on était obligé de relever et de placer à leur rang les noms que 
MM. Haag ont cités en passant, il fallait absolument y joindre les informations 
complémentaires qu'on possédait sur les mêmes noms, et aussi toutes les 
informations analogues glanées de toutes parts, souvent confuses, toujours 
incomplètes, mais pouvant servir de jalons pour l'avenir et guider le lecteur 
dans des recherches plus approfondies. C'est une véritable joie qu'on éprouve, 
et que nous avons souvent ressentie, de voir un simple nom qui sem- 
blait insignifiant d'abord, se réchauffer tout d'un coup, et prendre vie au 
contact d'homonymes fournis par un document de la date la plus éloignée 
ou du pays le plus lointain. C'est une récompense d'assister ainsi à des 
résurrections inattendues, et de restituer, avec des bribes en apparence in- 
différentes, des groupes de famille pleins d'intérêt. On a été ainsi conduit 
par la force des choses, dans la présente édition, à donner presque tout ce 
que l'on savait sur des noms protestants français quelconques. 



vin AVERTISSEMENT. 

VIL Ce que l'on sait, toutefois, est peu de chose encore, et la multitude 
sera grande des noms dignes d'être recueillis qui nous échapperont; mais un 
moyen facile s'offre de subvenir, pour l'avenir du moins, à cette imperfection 
nécessaire. Ce moyen est d'ouvrir à la fin de chaque volume un chapitre 
complémentaire, où seront toujours admises jusqu'à ce que l'ouvrage entier 
soit terminé, toutes les Corrections et Additions qui pourront survenir. 

Les sources où nous avons puisé nos renseignements spéciaux sont d'abord, 
les registres de l'état civil de Paris et de Charenton, qui n'existent plus 
aujourd'hui, mais dont MM. Haag nous ont conservé des extraits; à ces 
notes s'ajoutent celles de M. Ath. Coquerel fils, sur l'Eglise de Paris, et une 
table alphabétique des papiers du séquestre mis sur les biens des religion- 
naires à la révocation de l'édit de Nantes {Archives gén., série Tt), table ré- 
digée jadis par Tourlet, employé aux Archives. Des extraits de l'état civil et 
d'autres documents nous ont été communiqués par divers de nos correspondants 
à Lezay, à Puylaurens, Lyon, Nîmes, Montauban, Saintes, Pons, La Rochelle, 
Pau, Marmande, Rouen; mais cette énumération même, par son caractère in- 
complet, démontre la pauvreté de nos ressources, si on la compare à ce que 
nous eussions dû recevoir de toutes les contrées de la France. C'est à Genève, 
comme il est naturel, et comme le veut la nécessité historique, que se trouvent 
les plus abondantes informations sur les réfugiés français protestants de toutes 
les époques. Par ses registres officiels d'admission à la simple habitation et 
à la bourgeoisie, par ses actes de l'état civil soigneusement préservés, par 
sa volumineuse collection de minutes des notaires, par les comptes de la 
Bourse françoise, œuvre charitable fondée au XVI e siècle, enfin par les tra- 
vaux de plusieurs savants généalogistes, les deux Galiffe et Louis Sordet, la 
république de Genève, aussi éclairée que bienfaisante, nous offre les archives 
les plus exactes et les plus riches que l'on ait, sur l'émigration des religion- 
naires chassés de France. Pour l'émigration en Allemagne, nous avons eu, 
avec l'ouvrage d'Erman et Reclam, les travaux de Dieterici, conservés en 
manuscrit à la Bibliothèque de la Société d'histoire du protestantisme; enfin, 
pour l'Angleterre, outre les ouvrages récents de M. Smiles et du Rév. Agnew, 
nous avons mis à profit les listes imprimées des innombrables assistés auxquels 
on distribua, pendant les dernières années du XVII e siècle et un long espace 
du XVIII e , les « royales bontés, » c'est-à-dire les sommes considérables votées 
pour cet objet par le Parlement anglais. Tels sont, en dehors des sources 
historiques générales, les principaux matériaux que nous avons utilisés. 

Ils sont encore très-incomplets, et nous n'en avons probablement pas tiré 
parti sans les défigurer bien des fois par des omissions ou des erreurs; nous 
restons cependant fermes dans cette assurance, qu'une simple liste imparfaite 
de personnes et de familles qui ont souffert pour le pur amour du bien et du 
vrai, est le plus intéressant et le plus dramatique de tous les tableaux. 

Henri Bordier. 



LA FRANCE 



PROTESTANTE 



ABADIER, famille réfugiée au Cap 
de Bonne -Espérance {Bull. XV. 160). 

ABARD René, de Paris, réfugié à 
Genève et assisté dans cette dernière 
ville par l'institution charitable appelée 
la Bourse Françoise, en 1682. 

ABARET Ji\N , médecin à Saintes, 
condamné en 1569 par un arrêt du par- 
lement de Bordeaux II, 415 b]. 

ABAUZIT (Firmin), né à Uzès en 
Languedoc, le 11 novembre 1679, mort 
à Genève, le -20 mars 17GT I 
À 1 âge de deux ans. il perdit son père, 
JeanAbauzit, et lorsque arrivèrent l'é- 
dit du 12 juillet 1685, qui enlevait les 
enfants aux mères protestantes après 
la mort de leur père pour les faire 
élever dans la religion catholique, puis 
ledit de révocation , encore plus rigou- 
reux, Firmin et son jeune frère Bona- 
venture. furent mis de force au collège 
d'Uzèa pour y être catéchisés. Leur 
mère, Anne Deville 1 , sans s'émouvoir 
des punitions qui la menaçaient, par- 
vint à tromper la vigilance des persécu- 
teurs ; elle retira ses deux enfants d'en- 
tre les mains qui les retenaient et les 
envoya secrètement (en 1689)à Genève. 
où le grand-père paternel de ces enfants 
avait été déjà chercher un refuge *. 

La mère fut, pour ce fait, emprisonnée 
au château de Sommières, sur une lettre 
de cachet délivrée à la demande de l'é- 
vêque d'Uzès; mais le gouverneur du 
château, voyant péricliter la santé de 



• On de fille, mais non Anne Darlie que Micliaud 
et MM. Haag donnent par suite d une mamaise lecture. 

* On trouve chez les notaires de Genève un Firmin 
et un Bonavcnture Abauzit, dTzès, marchands, té- 
moins le premier en «689, l'autre en 1699. 



cette pauvre femme, obtint de l'évêque la 
permission de la remettre en liberté, et, 
malgré les édits qui défendaient aux 
protestants, sous peine de mort, la sor- 
tie du royaume. Anne Deville fut bientôt 
à Genève aussi. Elle y mourut en 1727. 
Doué des plus heureuses dispositions, 
Firmin Abauzit fit des progrès rapides. 
Les belles-lettres, l'histoire, la géogra- 
phie, les antiquités, les sciences natu- 
relles, l'astronomie, les mathématiques, 
la théologie même, furent successive- 
ment l'objet de ses études. Sa mémoire 
était surprenante, et ce qui ne se re- 
marque jamais que dans un esprit supé- 
rieur, l'étendue de ses connaissances ne 
nuisait pas à leur solidité. 

Après avoir terminé ses études uni- 
versitaires, il fit, en 1698, un voyage en 
Hollande et en Angleterre. 11 s'y lia 
d'amitié avec plusieurs savants et entre 
autres avec Bat/le et Newton, qui entre- 
tinrent depuis avec lui un commerce de 
lettres. Newton appréciait tellement le 
mérite de son jeune ami. qu'il lui écri- 
vait en lui envoyant son Commercium 
epislolicinn : « Vous êtes bien digne de 
juger entre Leibnitz et moi. » De son 
côté, Abauzit lui donna la preuve que 
son estime n'était pas mal placée en pre- 
nant sa défense contre le P. Castel, et 
en lui découvrant même , dans son livre 
des Principes, une erreur que l'illustre 
mathématicien corrigea dans la 2 e édit. 
de son ouvrage. Il paraîtrait aussi, d'a- 
près une lettre de notre savant, qu'il lui 
fit changer d'opinion sur l'éclipsé ob- 
servée par Thaïes, 585 ans avant 1ère 
chrétienne. La réputation d' Abauzit par- 
vint jusqu'aux oreilles du roi Guillaume. 

I. i 



ABAUZIT 



qui lui fit faire des offres pour le retenir 
en Angleterre, mais une lettre de sa 
mère qui pressait son retour lui fournit 
un prétexte pour refuser. Jaloux à l'excès 
de son indépendance, il ne voulut jamais 
aucune place, pas même celle de pro- 
fesseur de philosophie à l'académie de 
Genève, qui lui fut offerte en 1723. Il 
accepta seulement un honneur que lui fit 
le conseil d'Etat de la République, dans 
les registres duquel on lit à la date du 
6 août 1727 : « Pour marquer au sieur 
F. A. la reconnaissance qu'on a de toutes 
les peines qu'il s'est données jusqu'ici 
pour la Bibliothèque publique, » décidé 
« de lui faire présent de la bourgeoisie 
en lui donnant le titre de troisième bi- 
bliothécaire, prenant rang après les 
membres de la vénér. Compagnie, pour 
y vaquer autant que sa santé le lui per- 
mettra. » 

Nous avons dit que la mémoire d'A- 
bauzit étonnait. On en rapporte quel- 
ques traits remarquables. Le professeur 
Lullin, de Genève, l'entretenait un jour 
d'un fait particulier de l'histoire ecclé- 
siastique, dont il s'occupait pour en faire 
le sujet d'une de ses leçons. Il s'agissait 
de Virgile, évêque de Saltzbourg au 
VIII e siècle, que l'on prétend avoir été 
excommunié par le pape Zacharie, pour 
avoir avancé qu'il y a des antipodes. 
Quel ne fut pas son étonnement, lors- 
qu'il entendit Abauzit disputer ce sujet à 
fond comme s'il venait de l'étudier? et 
depuis plus de 30 ans, comme notre sa- 
vant lui en fit l'aveu, il n'avait rien lu 
sur cette matière. La même chose ar- 
riva à J.-J. Rousseau, qui le consultait 
sur la musique des anciens. Abauzit lui 
exposa avec méthode et clarté tout ce 
que lui, Rousseau, n'avait appris que par 
un travail long et opiniâtre, en lui dé- 
couvrant même beaucoup de choses qu'il 
ignorait, et cependant il ne s'en était pas 
occupé depuis les études de sa jeunesse. 
Le célèbre voyageur Pococke n'éprouva 
pas un moindre étonnement lorsqu'il 
l'entendit décrire avec la plus grande 
exactitude des pays qu'il venait lui, de 
parcourir et d'étudier. 11 ne put jamais 
se persuader qu'Abauzit n'avait visité 
l'Orient que du fond de son cabinet. 

11 n'est pour ainsi dire pas de science 
qû Abauzit n'ait embrassée. Et cepen- 



dant il a très-peu écrit. Il aimait l'étude 
pour l'étude et jamais le désir de la gloire 
ne vint troubler sa vie. C'est là surtout 
ce qui a inspiré à J.-J. Rousseau le ma- 
gnifique éloge qu'il en fait. Nous le rap- 
porterons en entier. Milord Edouard, 
dans la Nouvelle Héloïse, écrivait à Saint- 
Preux : «Voulez-vous donc n'être tou- 
jours qu'un discoureur comme les au- 
tres, et vous borner à faire de bons livres 
au lieu de bonnes actions? — « Non, 
ajoute Rousseau dans une note sur ce 
passage, non, ce siècle de la philosophie 
ne passera point sans avoir produit un 
vrai philosophe. J'en connais un, un seul 
j'en conviens ; mais c'est beaucoup en- 
core, et pour comble de bonheur, c'est 
dans mon pays qu'il existe. L'oserai-je 
nommer ici, lui dont la véritable gloire 
est d'avoir su rester peu connu? Savant 
et modeste Abauzit, que votre sublime 
simplicité pardonne à mon cœur un zèle 
qui n'a point votre nom pour objet. Non, 
ce n'est pas vous que je veux faire con- 
naître à ce siècle indigne de vous ad- 
mirer; c'est Genève que je veux illustrer 
de votre séjour, ce sont mes concitoyens 
que je veux honorer de l'honneur qu'ils 
vous rendent. Heureux le pays où le mé- 
rite qui se cache est d'autant plus estimé ! 
Heureux le peuple où la jeunesse altière 
vient abaisser son ton dogmatique et 
rougir de son vain savoir devant la docte 
ignorance du sage ! Vénérable et ver- 
tueux vieillard ! vous n'aurez point été 
prôné par les beaux esprits, leurs 
bruyantes académies n'auront point re- 
tenti de vos éloges; au lieu de déposer 
comme eux votre sagesse dans des livres, 
vous l'avez mise dans votre vie pour 
l'exemple de la patrie que vous avez 
daigné vous choisir, que vous aimez et 
qui vous respecte. Vous avez vécu 
comme Socrate ; mais il mourut par la 
main de ses concitoyens, et vous êtes 
chéri des vôtres. » On a remarqué que 
cet éloge, si mérité, était le seul que 
Jean -Jacques eût adressé dans ses 
écrits à une personne vivante, Voltaire 
qui, selon un des biographes d' Abauzit, 
lui doit beaucoup pour ses ouvrages his- 
toriques, paraît avoir professé envers lui 
une égale admiration. Un jour, raconte 
A. de Servan, qu'un de ces milliers d'a- 
dulateurs qui accouraient journellement 



ABAUZIT 



8 



à Ferney pour l'encenser, se présentait 
à lui avec cette phrase banale, qu'il était 
venu à Genève pour voir un grand 
homme : Avez-vous vu Abauzit? inter- 
rompit Voltaire. Sa simplicité égalait sa 
modestie, elle perçait dans toutes ses ha- 
bitudes ; économe de son temps, il était 
prodigue de ses travaux pour ses amis, 
et l'on retrouve dan? leurs ouvrages bien 
des pages qui lui appartiennent. Aussi 
aurait-on tort de vouloir apprécier Abau- 
zit seulement par les écrits qu'on a pu- 
bliés de lui dans ses Œuvres posthumes ; 
« Il ne voulait pas, dit Senebier, qu'ils 
vissent le jour ; il en faisait même si peu 
de cas, qu'il ne les redemandait jamais 
quand il les avait prêtés. » C'est ainsi 
que plusieurs de ses savantes disserta- 
tions furent imprimées à son insu, et 
eurent un grand succès. 

C'est au milieu de ses paisibles tra- 
vaux, dans une petite maison près de 
Genève, où il s'était retiré depuis quel- 
que temps, qu' Abauzit termina, à l'âge 
T ans. sa laborieuse et honorable 
carrière. — Ses publications sont peu 
nombreuses. En 1715, il avait consenti 
à coopérer à la traduction française du 
Nouveau Testament, qui parut en 1726. 
En 1 730, il fit insérer dans une nouvelle 
édition de l'Histoire de Spon (2 vol. 
in-4°J une dissertation latine sous ce 
titre : Geneva Sextanorum colonia ; et il 
y joignit plusieurs inscriptions nouvelles 
avec les explications. Un autre travail 
du même genre sur un bouclier votif 
trouvé dans l'Ane, près de Genève, en 
1721 . a été reproduit dans le Supplément 
de l'Antiquité expliquée de Montfaucon. 
Dans le Journal italique, t. III. on trouve 
des observations dWbauzit tendant à 
prouver que les Chaldéens connaissaient 
la sphéricité de la terre, et qu'ils avaient 
déjà terminé la mesure d'un degré du 
méridien. Comme mathématicien, notre 
savant fit voir les erreurs où était tombé 
le chevalier Renau dans sa théorie de la 
manœuvre des vaisseaux ; comme géo- 
graphe, il avait non-seulement corrigé 
toutes les cartes de son atlas, mais il en 
avait dressé plusieurs, une entre autres 
pour montrer quelle devait être, d'a- 
près la Genèse, la position du paradis 
terrestre; une autre de l'ancienne Ara- 
bie ; et une enfin du passage de Jules 



César dans la Grande-Bretagne. Savant 
théologien, il composa plusieurs disser- 
tations sur des points de théologie con- 
troversés. Son Discours historique sur 
l'Apocalypse, qu'il fit lui-même paraître 
■ mais les meilleurs bibliographes n'in- 
diquent pas l'année de la première pu- 
blication , lui attira plusieurs critiques 
et donna même lieu à des doutes sur 
l'orthodoxie de sa foi. Il y cherche à 
prouver que l'autorité canonique du livre 
de saint Jean est douteuse, et que les 
prédictions qui y sont contenues s'appli- 
quent à la destruction de Jérusalem. Cet 
ouvrage fut traduit en anglais par le 
D r Tweells, qui y ajouta une réfutation; 
et ses raisons, dit le bibliographe an- 
glais, satisfirent tellement Abauzit, qu'il 
fit arrêter l'impression d'une nouvelle 
édition de son livre en Hollande. Vincent 
Tassin. en 1778, et Bergier, en 1780, 
s'attachèrent également à le réfuter. 
Outre son essai sur l'Apocalypse, dont 
la substance se retrouve dans son ar- 
ticle sur ce sujet, imprimé dans l'ency- 
clopédie de Diderot, trois autres mor- 
ceaux de sa composition ont vu le jour 
de son vivant, mais hum sa participa- 
tion. Ce sont : le Résultat de quelques 
conférences sur la théologie et la révéla- 
tion judaïque : en Hollande, 1732; une 
Paraphrase de l'Epitre de S. Paul aux 
Galales ; Leyde, 1748; et une Lettre a 
une dame sur la controverse, que Len- 
fant fit imprimer à la suite de son ou- 
vrage, intitulé : « Préservatif contre le 
papisme. ■ en disant que s'il l'avait 
connu plus tôt, il n'aurait pas composé 
son livre. Cette Lettre à une dame a été 
réimprimée (par les soins de Ph. Bas- 
< .enève, Cherbuliez. 1838, 30 p. in-8°. 
Après la mort d' Abauzit, on publia 
deux différentes éditions de ses Œuvres. 

I. Œuvres de feu M. Abauzit; Ge- 
nève, C. Philibert et B. Chirol, 1770, 
2 vol. in-8°. = Le premier volume traite 
de matières théologiques ; le deuxième 
renferme des dissertations d'histoire et 
d'archéologie. L'éditeur, de Vègobre, y 
a joint, dans son Avertissement, une 
notice sur Abauzit. 

II. Œuvres diverses de 31. Abauzit. 
contenant ses écrits d'histoire, de cri- 
tique et de théologie; 1. 1, Londres, 1773, 
in-8°; t. II, contenant ses écrits d'anti- 



ABAUZIT — ABBADIE 



<S 



quité , de critique et de géographie. 
Amsterdam, E. van Harrevelt, 1773, 
in-8°. = Cette édition, qui a été dirigée 
par le pasteur Moultou, est précédée de 
l'Eloge d' Abauzit par Bérenger. Le 1 er vo- 
lume est consacré à 22 dissertations de 
théologie, dont 17 ne se trouvent pas 
dans le tome I er de l'édit. de Genève ; en 
revanche, il ne contient pas trois mé- 
moires qui sont dans cette dernière. Au 
contraire , le 2 e volume, consacré à dif- 
férents morceaux de critique littéraire, 
à des observations sur des sujets de phy- 
sique, d'astronomie, et surtout d'anti- 
quités romaines, est identique dans les 
deux éditions. 

III. On conserve à la Bibliothèque 
publique de Genève une liasse de feuillets 
épars écrits de la main d' Abauzit et con- 
tenant une quantité de notes relatives 
soit à l'histoire de Genève, soit à des 
questions d'archéologie, de physique et 
d'astronomie. On y trouve mêlées quel- 
ques lettres à M . des Vignoles, à l'astro- 
nome J.-J. de Mairan, à Bourguet, pro- 
fesseur à Lausanne, etc. D'après Vincens 
S.-Laurent(iïïo<7. Michaud, art. Bauyn) 
on rapporte que la plus grande partie des 
manuscrits du savant genevois furent 
brûlés à Uzès par le zèle pieux de ses 
héritiers. 

Son frère cadet, Bonaventure Abauzit, 
s'était voué au commerce et passa de 
Genève en Angleterre, où il mourut 
en 1717. 

La famille Abauzit existe encore à 
Uzès, et le Livre du. Recteur de l'Acad. 
de Genève indique un Alphonse Abauzit, 
d'Uzès, comme étudiant, à la date 
de 1821. 

Ce nom, à Genève, disparut avec ce- 
lui qui l'avait illustré et qui mourut sans 
avoir été marié. Cependant, de 1815 
à 1833, parurent plusieurs opuscules 
ihéologiques d'un pasteur genevois qui 
signait M arc -Théophile Abauzit, et qui, 
après avoir été chapelain de l'hospice 
des réfugiés français à Londres , de 
1803 à 1820 (Agnew 1, 81), fut, de 
1820 à 1828, pasteur de Chancy, et mou- 
rut à Genève, janv. 1834. Le véritable 
nom de cet ecclésiastique était Coutau ; 
il avait pris, à Londres, celui de sa 
mère, Marie-C lie (Clio ? <'t dans l'acte de 
décès Elise), fille de Pierre Abauzit, 



changement que ratifia le conseil d'Etat 
de Genève (oct. 1819). Il laissa deux fils, 
dont l'un est M.Théodore Abauzit, au- 
jourd'hui pasteur de Calvisson (Gard). 

Bérenger et Végobre, préfaces de leurs édit. d' Abauzit. 
— Senebier. — Michaud. — bidot. — Sordet. 

1. ABBADIE ou Abadie, d'Abbadie, 
Dabbadie (voy. D), Labadie, Labbahe, 
(voy. L), Davadie, etc., formes diver- 
ses d'un même nom (De abbatia) très- 
répandu dans le S.-O. de la France. 
« En Béarn, Bigorre et pays Basque, on 
« peut compter par centaines les fa- 
« milles appelées ainsi. » ( Lettre de 
M. Bavmond, archiv. des B. -Pyrénées). 

2. ABADIE (David d'). Le Registre 
des réfugiés, la plupart Français, reçus à 
Genève en qualité d'habitants pendant 
les persécutions en France, constate, à 
la date du 6 juin 1559, la réception de 
David Davadie « de Grenade, en Gas- 
coigne. » 

3. ABBADIE (Saubat d'), jurât de 
Bellocq (Basses-Pyrénées), rançonné en 
1569 [à mille francs) par les catholiques 
sous les ordres de Jean d'Armendarits, 
lequel fit en même temps « massacrer 
deux autres hommes qui n'avoient moyen 
de lui donner argent. » — « Un bon 
homme vieux de la réformée fut [aussi] 
soudain assommé à l'entrée de sa mai- 
son. » Bellocq « doncques fut tout à plat 
pillé par les Basques, et outre cela plu- 
sieurs qui estoientesgarez parmi les bois 
furent massacrez et maints autres ran- 
çonnez. Toutesfois Dieu fortifia telle- 
ment ces povres gens qu'il n'y eut pé- 
ril, danger, perte ne cruauté qui les fit 
abandonner la fidélité de leur Princesse 
[Jeanne d'Albret] ny leur religion et ne 
se trouva en tout Bellocq que deux hom- 
mes et trois femmes qui retournassent 
à la messe. » (Bordenave, p. 215.) 

4. ABBADIE. u Le 28 juillet 1003, les 
jurats de Nay (Basses-Pyrénées) deman- 
dent au synode de leur envoyer pour 
ministre Abbadie , alors ministre à 
Serres-Castet, en remplacement de Ni- 
colas de Bordenave, mort depuis plus 
de deux ans. » (Bordenave, préf., p. iv). 
Un Jean d'Abbadie était en effet pasteur 
de Nay en 1612(Aymon 1, 395). 

ASBADtH lils. ministre à Moncaup 
(Béarn), 1020 [X, 326]. 

5. ABBADIE (Jean d'), ministre 



ABBADIE 



10 



d'Osse en Béarn, 163*2. — (JeancT), mi- 
nistre de La Bastide-Villefranche (Béarn) 
en 1658, 1660 {Bull. XV. 584 - 
femme était Jeanne, fille de Jacques de 
Magendie . ministre. Elle était veuve au 
mois de mai 1679 (Archiv. des B.-Pvr. 
E 1954, 1-208. 1210). 

6. ABBADIE 'Marguerite d'), mariée 
(v. 1650) à Jean du Lion, sieur de Besle, 
et Bomaine d'Abbadie. mariée en 
à Mathieu du Lion [IV, 394 h]. Les 
Du Lion sont des gentilshommes de la 
Guvenne. 

f. ABBADIE ;Pierre), ministre de l'E- 
glise de Pau vers le milieu du XVII e siè- 
cle, nous est connu seulement par quel- 
ques sermons et par une dispute qu'il 
soutint en 1635 et plusieurs années après 
contre un jésuite nommé Audebert, au 
sujet dune dame de Pardies, femme d'un 
conseiller à la cour de Béarn. qui avait 
abandonné la foi réformée pour suivre 
celle de son mari. A cette occasion le 
P. jésuite avait publié : Le triomphe de 
la vérité ou aveu du s r Abbadie. ministre 
de Pau. sur la transsubstantiation et sur 
le purgatoire; Orthez, 1638. in-8°. Abba- 
die répondit par : La victoire de la vérité 
opposée au triomphe sans- victoire chanté 
par un vaincu, ou Réponse au livre du 
s r Audebert. jésuite, intitulé: Iy triom- 
phe de la vérité...; Orthez, Jacq. Bouyer, 
in-8°. L'ouvrage est revêtu de 
l'approbation des pasteurs Capdrville. 
de Sauveterre: La Fite. de Pau, et 17- 
dal. de Lescar, commis par le synode 
provincial des Eglises réf. du Béarn à 
l'examen des livres de religion, liais 
le P. Audebert ne se lassa point, et l'on 
eut encore de lui : La logique du g» Ah- 
badie : Orthez, 1638, in-8°. — Théodore t 
en son jour : Lascar, 1639. — Lettre 
du p. Audebert au synode de MM. Isa 
ministres de Béarn sur les passages de 
Théodoret; Lascar, 1639. — Lettre du 
p. Audebert à MM. du consistoire de Pau 
sur la croyance du s" Abbadie, leur mi- 
nistre; Lascar, 1639. — Lettre du p. Au- 
debert à MM. les ministres de Béarn 
sur les faussetés et impostures du s r Ab- 
badie leur collègue; Bordeaux. 1639. 
in-8°; plus divers autres écrits analogues 
où Abbadie n'est pas directement pris à 
partie. 

On a aussi de P. Abbadie des sermons ; 



en voici les titre> : La vierge Marie au- 
près de la croix, ou sermonpour la Sainte 
Cène de Pasques. prononcé à Charenton 
le 1 er mai 1639: Charenton, Melch. Mon- 
dière. 1641, in-U2 de 81 pas. — Deux 
sermons sur la gloire du chrestien vic- 
torieux au ciel et sur la frayeur des 
méchants au jour du jugement ; Cha- 
renton, Mondière, 16H W9 p.i. — Les 
richesses iniques, ou sermon contre l'a- 
varice, prononcé à Charenton le 4 oc- 
tobre 1643: Charenton. 1663. in-1'2 de 
83 pag. — Jésus-Christ dans le Jour- 
dain, ou sermon sur le baptême de 
Jésus-Christ, prononcé à Charenton le 
15 novembre 1643 par Pierre Abbadie, 
ministre du St. Evanu . et se vendent 
à Charenton par Jacques Auvra... Pet. 
in-1-2 de 7i pag. Bourchemn. — Soulice.) 
Via. encore VI. a - 

8. Un ministre nomm. Piem 
Abbadie et contemporain de celui de Pau. 
mais probablement autre, étant ] 
gèrement à Genève en 1661, écrivit sur 
les persécutions que subissaient alors les 
protestants dans le i une 
lettie intéressante publié» 1 dans le Bull, 
de ihist. du Prnt. ' I. M8 .— Un autre, 
ministre à Carlin (Béarn . 1660 Bull. 
W. 580). 

9. ABBADIE (Jacques , docteur en 
théologie, né a Xay. petite ville du Béarn, 
en 1654, et mort le '25 septembre 17-27. 

:y-le-Bone. petite paroisse alors 
située à un mille de Londres et aujour- 
d'hui dans la ville [ IL ■ : — 
85 S, 13'.» a: 11. 69 a, 138 b. 161 a: Vil. 
. a). 
Après avuir reçu sa première instruc- 
tion du célèbre moraliste Jean de La 
Placette. alors ministre à Xay. Abbadie 
alla compléter ses études a Puylaurens. 
à Saumur et à Sedan. C'est à lacadémie 
de Sedan qu'il prit le srade de docteur 
en théologie. Un de s<>s biographes nous 
apprend que l'indigence de ses parents 
ne leur ayant pas permis de faire les 
frais de son éducation, c'étaient les 

se de sa province qui s'en étaient 
chargées. L'édit de Nantes n'était pas 
encore révoqué ; mais le gouvernement 
préludait à ce coup d'Etat par des per- 
sécutions partielles qui déterminaient 
chaque jour de nouvelles émigrations. 
Frédéric-Guillaume, le grand électeur, 



11 



ABBADIE 



12 



accordait aux réfugiés français une géné- 
reuse hospitalité dans ses Etats de Bran- 
debourg, et il avait chargé le comte 
d'Espence en ambassade à Paris, de lui 
envoyer un ministre pour lui confier la 
direction spirituelle de la colonie nais- 
sante. Le choix tomba sur Abbadie( 1680). 
L'Eglise française de Berlin ne comptait 
encore que peu de membres, et le ser- 
vice religieux se faisait dans la maison 
de ce seigneur. Mais l'électeur donna 
l'ordre de réparer la chapelle de son pa- 
lais pour l'usage de cette assemblée, et, 
jusqu'à sa mort, les réfugiés jouirent 
de cette faveur. En possession de toute 
la confiance de ce prince, qu'il avait su 
gagner par son noble caractère autant 
que par ses rares talents, Abbadie se 
servit toujours de son crédit dans l'in- 
térêt de ses malheureux compatriotes 
qui n'arrivaient le plus souvent au lieu 
du refuge que dans le plus profond dé- 
nùment. Pendant les années 1684, 86 
et 88, il fit plusieurs voyages en Hol- 
lande, dans le but surtout de donner ses 
soins à diverses publications, et, entre 
autres, à son célèbre traité de La Vérité 
de la religion chrétienne, le plus estimé 
de ses ouvrages. Frédéric-Guillaume 
étant mort en 1688, Abbadie céda aux 
instances du maréchal de Schomberg 
également réfugié en Prusse , qui le 
pressait, au nom de son amitié, de l'ac- 
compagner en Angleterre, à la suite du 
prince d'Orange, depuis Guillaume III, 
On sait que le maréchal périt à la ba- 
taille de la Boyne, en 1690. Ce fut dans 
ce temps, et au milieu du bruit des 
armes, qu'Abbadie composa son traité 
sur les Sources de la morale ou l'Art 
de se connaître soi-même. La mort de 
son protecteur l'ayant engagé à repasser 
en Angleterre, il fut nommé pasteur de 
l'Eglise française, dite de la Savoie, à 
Londres. H en remplit les devoirs avec 
son zèle accoutumé, jusqu'à ce que, sa 
santé s' accommodant mal du climat de 
Londres, il obtint, sur la recommanda- 
tion du roi Guillaume, les fonctions de 
doyen de S. -Patrick, de Dublin, mais 
sans pouvoir les remplir, à cause de son 
ignorance il'' l'anglais. 11 accepta en 
échange, en 1699, un autre doyenné, 
celui de Killaloe, en Irlande, dont il 
jouit jusqu'à sa mort. Là il passa la 



seconde partie de sa vie dans la retraite 
et le travail, sauf qu'il aimait à s'échap- 
per pour aller à Portarlington se mêler 
à une société distinguée de ses compa- 
triotes qui y formaient une colonie et 
sauf aussi les voyages qu'il faisait en 
Angleterre ou en Hollande pour l'im- 
pression de ses ouvrages. 11 était depuis 
peu de retour d'Amsterdam, et il s'oc- 
cupait d'une nouvelle édition de ses 
Œuvres, dont l'annonce avait déjà paru, 
promettant 4 vol. in-4°, lorsqu'il s'étei- 
gnit dans sa 73 e année. Voici la liste de 
ses œuvres. 

I. Sermons sur divers textes de l'Ecri- 
ture ; Leydp, 1680, in-8°. = Ces ser- 
mons, au nombre de quatre, ont été 
réimprimés plusieurs fois. Quelques au- 
tres prononcés dans des occasions solen- 
nelles, et parmi lesquels il y en a qui 
étaient déjà arrivés, en 1727, à leur 
14 e édition, ont paru séparément à des 
époques plus ou moins éloignées. Ils ont 
été tous réunis avec les Panégyriques de 
notre auteur, à Amst. 1760, en 3 vol. 
in-8°, et sont précédés d'un Essai hist. 
sur sa vie et ses ouvrages. 

IL Panégyrique de Mgr l'électeur de 
Brandebourg ;Berl., et Bott. 1684, in-4° 
et in-8°. = Cet éloge a été traduit en ita- 
lien par Gregorio Leti, qui l'a inséré 
dans son Histoire du Brandebourg. Bayle 
en avait dit tant de bien dans ses Nou- 
velles de la Bépublique des lettres, 
qu'Abbadie lui écrivit, en le remerciant, 
qu'il avait fait le panégyrique do son 
Panégyrique. 

111. Traité de la Vérité de la reli- 
gion chrétienne, où l'on établit la reli- 
gion chrétienne par ses propres carac- 
tères ; Bott. 1684, 2 vol. in-4° et in-8°; 
6 e édit., 1711, 3 vol. in-12; le 3 e vol. se 
compose du traité de la Divinité de notre 
Seigneur J.-C, qui ne parut qu'en 1689. 
= Cet excellent ouvrage a eu de nom- 
breuses éditions ; celle de 1688 renferme 
des additions considérables. 11 a été tra- 
duit en plusieurs langues : en anglais, 
par H. Lussan ; Londres, lOO'i. "2 vol. 
in-8°, et plusieurs fois depuis; en alle- 
mand, par G.-L. Billerbêck, qui y a 
ajouté des notes et des prolégomènes, 
Francf. 1713, et par Ilahn, qui l'a éga- 
lement annoté, Garlsruhe, 177(1, in-S°. 
« Depuis longtemps, dit un critique, il 



13 



ABBADIE 



\A 



n'avait point paru de livre où il y eût 
plus de force et plus d'esprit, plus de 
raisonnement et plus d'éloquence. » 
Cet éloge n'a rien d'exagéré. Bayle dans 
ses Nouv. delà Rép. des Lettres (oct. et 
nov. 1684), les Acta Eruditorum (mars 
1685), le Journal des Savans avril 1722), 
rendent à Abbadie le même témoignage. 
Des catholiques même ardents, et per- 
sonne ne s'étonnera de nous voir citer 
dans le nombre la célèbre M me de Sévi- 
gné, poussaient jusqu'à l'enthousiasme 
leur admiration. « C'est le plus divin de 
tous les livres. » écrivait-elle à Bussy- 
Rabutin, et celui-ci lui répondait sur le 
même ton : « Il n'y a que ce livre-là à 
lire au monde. » Quelques jours après, 
il reprenait la plume, tant son cœur dé- 
bordait : « C'est un livre divin, lui écri- 
vait-il de nouveau, je ne dis pas seule- 
ment pour la matière, mais encore pour 
la forme. Je ne veux lire que ce livre-là 
pour ce qui regarde mon salut. » (Le 
comte de Bussy était alors âgé d'environ 
70 ans.) « Jusques ici, continue-t-il. je 
n'ai point été touché de tous les au- 
tres livres qui parlent de Dieu, et j'en 
vois bien aujourd'hui la raison ; c'est que 
la source m'en paraissait douteuse: mais 
la voyant claire et nette dans le Livre 
d' Abbadie, il me fait valoir tout ce que 
je n'estimais pas. Encore une fois, c'est 
un livre admirable, il me peint tout ce 
qu'il me dit, et en un mot, il force ma 
raison à ne pas douter de ce qui lui pa- 
raissait incroyable. » Le duc de Mon- 
tausier, s'entretenant un jour de l'ou- 
vrage d' Abbadie avec l'ambassadeur de 
l'électeur de Brandebourg, Spanheim, 
« la seule chose qui me chagrine, lui dit- 
il, c'est que l'auteur de ce livre soit à 
Berlin. » Et en effet, c'était là une ré- 
flexion pénible que devait naturellement 
faire tout esprit juste. 

IV. Réflexions sur la présence réelle 
du corps de J.-Ch. dans l'Eucharistie 
comprises en diverses lettres: La Hâve. 
1685, in- 12; Rot t. 1713, in- 12. m 
lettres sont au nombre de quatre. Dans 
la l re , l'auteur traite de la manducation 
du corps de .1 .-Ch., et examine le 6 e cha- 
pitre de saint Jean ; dans la 2 e , il expose la 
doctrine de la présence réelle et répond 
à quelques difficultés d'Arnaud; dans 
la 3 e , il attaque l'adoration de l'Eucha- 



ristie; dans la 4 e enfin, il rapporte un 
certain nombre de pensées que les apô- 
tres ont pu avoir, plus raisonnables et 
plus naturelles que celles de la trans- 
substantiation, lorsque J.-Ch. institua 
ce sacrement. Cet ouvrage était le der- 
nier coup porté dans une polémique qui 
durait depuis vingt ans et qui avait été 
suscitée entre le ministre Claude et les 
jansénistes par la conversion de Tu- 
renne; il a été traduit (The chemical 
change in the Eucharist), par J.-W. 
Hamersley et réimprimé en 1835, à 
Toulouse, sous ce titre : Quatre Lettres 
sur la transsubstantiation. 

V. Les caractères du Chrestien et du 
Christianisme, marqués dans trois ser- 
mons surdivers textes de l'Evangile, avec 
des réflexions sur les afflictions de l'E- 
glise; La Haye, 1686, 1687 et 1695, in-12. 

Y 1 . Sermon prononcé à l 'occasion du 
couronnement de l'électeur de Brande- 
bourg , le 13 de juin 1688; Berl. 1688. 
in- 12. 

VII. Traité de la divinité de Notre 
Seigneur J.-Ch ; Rott. 1689, in- 12: 
I e éd. Amst. 1729: trad. en anglais par 
M.Booth, Londr. 1777, in- 12. = L'au- 
teur revient dans cet ouvra tre sur les 
principes qu'il avait déjà exposés dans 
son traité sur la Vérité de la religion 
chrétienne. 

VIII. L'Art de se connaître soi- 
même, ou Recherche sur los sources de 
la morale. Rott. 1692, in-8°; Lyon. 1693. 
1701, in-12: réimprimé souvent dans le 
cours du XVIII e s. en France et en 
Hollande: nouv. édit., avec des notes 
explicatives ou critiques par M. L... 
(Lacoste), théologal et vicaire gén. du 
diocèse de Dijon; Dijon, 1826. in-12. Cet 
ouvia. tndoit en anglais par le 
ter. T. Woodcock (Oxford, 1695, in-12: 
id. 1698\ et en allemand. = Il est di- 
visé en deux parties. La l re traite de la 
nature de l'homme, de ses perfections, 
de ses devoirs, de sa lin ; dans la 2 e l'au- 
teur recherche l'origine de la corruption 
humaine. 

IX. Défense de la nation Britannique , 
où les Droits de Dieu, de la nature et de 
la société sont clairement établis au sujet 
de la révolution d'Angleterre contre l'au- 
teur de l'Avis important aux Réfugiés 
.'Bayle), Londr. 1693, in-12. 



15 



ABBADIE 



16 



X. Panégyrique de Marie, reine d'An- 
gleterre, d'Ecosse, de France et d'Ir- 
lande, de glorieuse mémoire, décédée à 
Kensington le 18 décembre 1694; La 
Haye, 1695, in-12; trad. en angl., Lon- 
dres 1695, in-4°. 

XL Histoire de la dernière conspira- 
tion d'Angleterre avec le détail des di- 
verses entreprises contre le roi et la na- 
tion qui ont précédé ce dernier attentat; 
Londr. 1696, in-8°; réimprimé en Hol- 
lande et trad. en anglais. = Cet ouvrage 
fut écrit par Abbadie à la demande du 
roi Guillaume et sur les mémoires qui lui 
furent fournis par lord Portland etsir Wil- 
liam Trumball, alors secrétaires d'Etat. 

Dans l'intervalle de cette publication 
et de la suivante, Abbadie donna ses 
soins à une révision de la trad. en fran- 
çais de la Liturgie de l Eglise anglicane, 
en tête de laquelle il mit une Epître dé- 
dicatoire au roi George I er , Londr. 1719, 
in-8°. 

XII. La Vérité de la religion chré- 
tienne réformée; Rott., 1718, 2v. in-8°. 
= Cet ouvrage est divisé en 4 parties. 
Dans la l re , l'auteur réfute la doctrine 
de la transsubstantiation ; dans la 2 e , il 
combat l'autorité du Pape ; dans la 3 e , il 
examine la doctrine du purgatoire, et 
dans la 4 e , il traite du culte des saints, 
de l'adoration des images , des reli- 
ques, etc., cherchant à prouver que les 
doctrines romaines sont clairement pré- 
dites dans l'Apocalypse. Ce traité fut 
traduit en anglais par le D r Henry 
Lambert, évêque de Dromore, pour l'in- 
struction des catholiques romains de 
son diocèse. 

XIII. Le Triomphe de la Providence 
et de la Religion, ou l'ouverture des sept 
sceaux par le fils de Dieu, avec une nou- 
velle et très-sensible démonstration de 
la vérité de la religion chrétienne; Amsf. 
1 721 . en 2 vol. selon les uns, ou en 3 se- 
lon d'autres; 1723, 4 vol. in-12. — Cet 
ouvrage fait suite au précédent. 

On attribue encore à Abbadie trois pu- 
blications dont aucun biographe ne fait 
mention : Commentaires sur les Révéla- 
tions (sans date, ni lieu d'impression) ; 
Accomplissement des prophéties dans 
la personne de J.-Ch., trad. en angl., 
Londr. 1810, in-12; Antidote souverain 
contre le poison de lArianisme, trad. en 



angl. (sans date, ni lieu d'impression). 
Il est à supposer que ces ouvrages ne 
sont que des traductions de parties dé- 
tachées du livre de notre auteur sur le 
Triomphe de la Providence. 

Dans l'édition complète de ses œuvres, 
annoncées en 1727, en 4 vol. in -4°, mais 
restée à l'état de projet, devaient en ou- 
tre être comprises plusieurs publications 
tout à fait inédites, entre autres une Nou- 
velle manière de prouver l'immortalité 
de l'âme, et des Notes sur le commen- 
taire philosophique (de Bayle) ; mais à 
sa mort il ne s'est rien trouvé dans ses 
papiers. « Cela, dit Chauffepié, ne sur- 
prendra point ceux qui savent que ce 
savant méditait avec tant de force qu'il 
avait quelquefois ses ouvrages tout com- 
posés en tête et ne les écrivait qu'à me- 
sure qu'il les faisait imprimer. » 

En 1762, un mathématicien français, 
Alexandre Savérien, ingénieur de la ma- 
rine, fit paraître le premier volume d'une 
série (8 vol. in-12) de Vies des philoso- 
phes modernes, et ce premier volume, 
consacré aux métaphysiciens, contenait 
les vies d'Erasme, Hobbes, Nicole, Locke, 
Spinosa, Malebranche, Bayle, Abbadie, 
Clarke et Collins. La biographie d'Ab- 
badie qu'y donnait Savérien se termine 
par ces mots : « Cet illustre métaphysi- 
cien possédoit parfaitement les langues 
savantes et les auteurs classiques. 11 
étoit versé dans l'histoire tant ecclésias- 
tique que profane. Il avoit surtout une 
grande pénétration d'esprit, beaucoup 
d'élévation dans le génie et une mâle 
éloquence. » 11 fut, dit un critique an- 
glais (D r Kippis), un des hommes les 
plus éloquents du temps où il a vécu. 

Bayle. — Niceron.— Michaud.— Didot. — Siniles, 496. 
— Agnew il. 90-102. — Jacq. Abbadie considéré comme 
moraliste; étude sur son Art de se connaître ; thèse 
par P.-F. Marquié ; Montauban, <855. 

10. ABBADIE (d'), à la fois homme de 
guerre et théologien. 11 guerroyait avec 
l'épée aussi bien qu'avec la plume, dans 
les premières années du XVIIl» siècle, 
pour la foi protestante. 

On a de lui : Réponse du sieur d' Ab- 
badie, capitaine au régiment de Lin- 
deboom, à diverses lettres du père de 
Souastre, jésuite à L'Isle en Flandre, 
touchant le culte des saints et l'auto- 
rité de l'Eglise romaine. Se pend à 
L'Isle chez Berteu.r. lecteur dr l'Eglise 



M 



ABBADIE — ABELIX 



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françoise. (Sans date.) 80 pag. in-12. 
Ce petit volume se lie à une publica- 
tion précédente où le même auteur avait 
fait imprimer sa correspondance avec le 
père Souastre, au grand chagrin de ce- 
lui-ci. Le 25 ou 26 juillet 1710, le bruit 
se répandit que d'Abbadie avait été tué 
le 24 devant Béthune, et dès le 27 le père 
Souastre publiait une lettre à « M. Des- 
queux, pasteur de St. Etienne, » par la- 
quelle il s'adjugeait à lui-même la victoire 
dans la controverse qu'il avait soutenue 
contre le capitaine huguenot. Il y annon- 
çait en outre une édition plus exacte et 
complète de toutes ses lettres. Malheureu- 
sement pour le révérend père, d'Abbadie 
n'était pas mort. Il avait en effet reçu le 
24 juillet au siège de Béthune une grande 
blessure à la tète; on l'avait laissé pour 
mort sur le terrain, et dépouillé comme 
tel ; il perdit un œil et resta défiguré ; 
mais il ne perdit rien de son ardeur pour 
la discussion, et le 22 février 1711. étant 
à La Haye (c'est la date que porte la lettre 
servant de préface), il décocha cette Ré- 
ponse à son antagoniste, dans laquelle il 
commence par lui montrer que son édi- 
tion « plus exacte et plus complète » con- 
tient deux lettres que le jésuite ne lui 
avait jamais envoyées. (S. Chappuis.) 

11. ABBADIE, marchand à Najî 
ses filles mises par lettres de cachet aux 
Ursulines de Pau, 1702. — Autre, apo- 
thicaire à Orthez ; le duc de Gramont 
demande au roi un ordre pour lui reti- 
rer sa fille âgée de 4 ans, 1706. — In- 
formation contre la dame Abbadie, âgée 
de 82 ans, qui après s'être confessée 
dans une maladie grave refusait de com- 
munier, 1704 Arch. gén. Tt . 

12. ABBADIE {Jean-Jacques d'i, na- 
turalisé sujet anglais, 1698. — Daniel 
d' , cornette de cavalerie au régiment de 
Galway et réfugié à Portarlington en Ir- 
lande, 1710-23 (Agnew 1, 54, 102). 

13. ABBADIE (Salomon), réfugié et 
assisté à Londres, 1721. 

ABBELIXE (Claude), femme de 
Pierre de Brueys [111, 40 b]. 

ABEILLE (Jacques), notaire au Luc. 
en Provence, « percé par le corps d'un 
baston ferré, tout vif, et ainsi porté par 
la ville, puis bruslé, » 1562. [X, 470.] — 
(Marie, fille de feu Gaspard), de Vendres, 
dioe. d'Uzès, réfugiée à Genève. 1691. 



— Jean (fils de Pierre), « de Lussans en 
Languedoc, manufacturier en laine, » id. 
1715, reçu habitant en 1723. 

1. ABEL (Anne), femme de Hugues 
Matthieu [VII, 328 a]. 

2. ABEL, de Yitry-le-François, ouvrier 
en soie, réfugié à Clèves, 1698. — 
(Etienne), réfugié à Londres, v. 1730 
[IV, 5ia\ 

3. ABÉL ! Marc-Antoine), galérien, 
1701 Bull. XVIII. 

4. ABEL (Balthazar d*), sieur de 
Chevalet [VII, 170 a]. 

ABEL1 i Honoré), « de S. Martin de 
Castilhonen Provence, pris et arquebuzé 
au lieu de Castelet par le curé et prestre 
du lieu, puis pendirent son corps à un 
arbre, » 1562 [X, 470 . — Abely . capi- 
taine ' huguenot en 1 59 1 [II, 377 a. 

1. ABELIX (EsTiENNEi, « d'Alex en 
Languedoc, » reçu habitant de Genève 
le 28 août 1587. — Abelain (Jean), na- 
turalisé anglais, 1696 (Agnew I. 521 . 
\ HELIX (Jean-Philippe), maître 
en philosophie, né à Strasbourg dans la 
seconde moitié du XVI e siècle, et mort 
avant l'an 1646 |Haac I, 11 . 

Cet écrivain, plus connu sous le pseu- 
donyme de Jean-Louis Gottfried. Gotto- 
fridus ou Gotefridus mis sur la plupart 
de ses publications, jouissait de son 
temps, comme chroniqueur, d'une cer- 
taine réputation. Il parait avoir vécu à 
Francfort. Sa vie se passa tout entière 
dans les études du cabinet. Ses nom- 
breux ouvrages sont écrits en latin ou 
en allemand et principalement consacrés 
à l'histoire de son temps et à la géogra- 
phie. 11 commença en 1619 par un texte 
écrit pour accompagner les belles plan- 
ches grevées par J.-Th. de Bry pour les 
Métamorphoses d'Ovide. 11 publia en- 
suite, en 1625, une traduction latine du 
Voyage de Samuel Braun au Congo: en 
nie « Description de tous les em- 
pires » et une Histoire de l'Inde Orien- 
tale; en 1631 une Histoire des antipodes 
ou des Indes Occidentales . en 1632 une 
Description du royaume de Suède ; en 
1633 des « Chroniques historiques ou 
Description des principaux événements 
depuis la création du monde jusqu'à l'an 



1 Par ce titre de capitaine, nous désignerons les hu- 
guenot* que nous trouvons nommés dans l'histoire 
comme ayant exercé un commandement quelconque 



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ABELIN 



ABRAHAM 



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1619 (2 vol.in-fol. avec 484 grav.); enfin 
il n'eut le temps de rédiger que le pre- 
mier volume du grand ouvrage en 21 vol. 
in-fol. publié à Francfort-s.-M. de 1635 
à 1728 par le soin des Mérian et intitulé : 
Theatrum Europxum ou Description dé- 
taillée de tous les événements remarqua- 
bles tels qu'ils se sont passés dans le 
monde mais principalement en Europe 
et dans l'Allemagne, tant dans les af- 
faires religieuses que profanes, depuis 
l'anïbïl jusqu'à l'an 1629 exclusivement. 

Quelques écrivains reconnaissentaussi 
Abelin sous le pseudonyme de Jean-Phi- 
lippe Abel et lui attribuent une trad. alle- 
mande d'une comédie de Daniel Cramer 
sur l'enlèvement des jeunes princes 
saxons, Albert et Ernest : Plagium, co- 
mœdia de Alberto et Ernesto surreptis, 
sous le titre : Kauffungs-Plagium,Fra,ncï. 
1627, in-8°. 

ABÈRE (d'), gentilhomme béarnais, 
v. 1700 [H, 501 b]. 

i. ABERLIN (Augustin, fils d'An- 
toine), marchand de Nîmes, réfugié à Ge- 
nève, 1696. — (Marie, femme de Daniel), 
et son fils Nicolas, réfugiés et assistés à 
Londres, 1702. — (Aug.), d'Orange, id. 
1703. — (Jean), de Gervières en Dau- 
phiné, id. 1708. 

2. ABERLIN (....), prisonnière, 1743, 
à la tour de Constance en la ville d'Ai- 
gues-Mortes [X, 442]. 

1. ABERT (Jehan, fils de Simon), 
« pelletier, du pays de Gastinoys, » reçu 
bourgeois de Genève. 9 fév. 1571. 

2. ABERT (Marc, fils de feu Paul), de 
Serres en Dauphiné, 1681. — (Olympe), 
de Grenoble, 1690. — (Marie), du Dau- 
phiné, ebargée de famille, 1693. — 
(Laurent), sa femme et deux enfants, du 
Val de Queiras, 1697. — (La veuve), de 
Serres, 1699. — (Paul), et son fils, de 
Die, 1701. Tous réfugiés à Genève (les 
deux derniers en chemin pour l'Allema- 
gne et le Brandebourg) et assistés parla 
Bourse Françoise. 

Ablancourt (d'), voy. Fremont et 
Perrot. 

ABLAING (Jean Daniel d'), baron de 
Giesenburg, né en 1703 à Utrecht, de 
parents français et mort en 1775 gou- 
verneur des Etats d' Utrecht. C'était un 
homme d'Etat et en même temps un 
profond érudit. (Rahlenbeck.) 



Ablèges (de Maupeou, sieur d'), voy. 
Maupeou. 

ABLENAY (le seigneur d'), gentil- 
homme de la maison de Bomainville et 
de Gaillard en Brie, mentionné dans 
les Mémoires de Claude Haton comme 
guerroyant de 1577 à 1581 à la suite du 
capitaine Besancourt. Voyez ce nom. 

Abra, voy. Raconis. 

1. ABRAHAM (le capitaine), en 1544 
[VI, 21 a]. — (Jean), consul à Nîmes, 
1574 [I, 14 b; III, 106 a]. 

2. ABRAHAM , secrétaire du prince 
àeCondé [HaagI, 14], ne nous est connu 
que par ce que nous en apprend L'Es- 
toile dans son Journal de Henri III. « Le 
samedy 13 d'aoust (1575), y lit-on, fut 
pendu, puis mis en quartiers en la place 
de Grève, Abraham secrétaire du prince 
de Condé, qui avoit été pris voulant pas- 
ser en Angleterre, chargé de pacquets et 
mémoires. » Hub. Languet cite aussi le 
fait, en disant qu'il avait bien connu ce 
personnage (Lettre du 21 sept. 1575). 
C'était l'époque de la cinquième guerre 
de religion, entreprise par les protes- 
tants et les politiques réunis, et qui ne 
fut terminée qu'en 1576 par la paix de 
Monsieur. = Ne serait-ce pas le même 
personnage mentionné en ces termes, à 
la date du 13 octobre 1573, dans le re- 
gistre des réceptions d'habitants à Ge- 
nève : «Jean Abraam, de Dijon, secré- 
taire de feu M. l'Admirai.» Nous tenons 
de M. Jos. Garnier, archiviste du dép. de 
la Côte-d'Or, que cette famille et même 
ce nom sont ignorés à Dijon aujour- 
d'hui. 

3. ABRAHAM (le capitaine) en 1609. 
Dans une lettre écrite de La Rochelle à 
Henri IV sous la date du 31 juillet 1609, 
il est parlé d'un certain habitant âgé de 
plus de soixante et dix ans, flamand de 
nation, et retiré à La Rochelle depuis 
plus de trente ans, «qui a fait, y est-il 
dit, de bons services en plusieurs occur- 
rences, et a vécu sans appréhension, ap- 
pelé vulgairement le capitaine Abra- 
ham. » [Haag I, 14.] 

4. ABRAHAM (le père) ou Abraham 
de Saint-Loup. Religieux carme et doc- 
teur en théologie qui presque aussitôt 
après l'édit de Nantes se convertit à la 
Béforme on publiant un écrit intitulé : 
Déclaration chrestienne du père Abra- 



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ABRAHAM 



ABRENETHEE 



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ham, naguières prieur des Carmes en la 
ville <Y Arles; publiquement faicte en 
l'église reformée d'Uzez ; La Rochelle; 
Haultin, 1600; 8 p. in-8°. 

C'était certainement le sentiment d'un 
grand devoir accompli qui faisait dire à 
l'auteur de cette déclaration : « Si Platon 
remercioit Dieu d'être né au temps de 
Socrate, nous devons louanger le nom 
du Seigneur de nous avoir fait naître en 
ce siècle resplendissant de la clarté de 
l'Evangile. » Il remercie Dieu de l'avoir 
éclairé et adopté pour son enfant. Il se 
félicite d'être maintenant dans la maison 
du Seigneur et dans la liberté de sa con- 
science. «S'il plaist à Dieu, dit-il, de 
sanctifier mon souhait et bénir mon la- 
beur, commej'ai servi de canal aux men- 
songes etfallaces de Satan, je servirai de 
trompette pour publier la vérité de l'Evan- 
gile... Que Dieu me fortifie et achève son 
œuvre en moi. — A quoi tout le peuple 
répondit « haut et clair » : Amen. » Le 
9 de janvier 1600. 

Une telle Déclaration devait exciter 
contre son auteur de violentes récrimi- 
nations de ses anciens coreligionnaires. 
P. V. de Gayet publia pour le réfuter : 
Les Hélas du P Abraham de S. L&up 
(Paris, Fr. Jacquin, 1 601 . in-8°, 30 j 
daté de S.-Martin-des-Champs à Paris, 
le -2 avril 1601), opuscule où l'auteur 
commence par s'élever contre «ce misé- 
rable siècle auquel chacun abuse de la 
licence effrénée de sa propre cupidité. » 
Un cordelier de Bordeaux, le frère Ni- 
colas Auhespin, lit imprimer la même 
année un pamphlet intitulé : Le Fouet 
des Apostats (Paris. 1601 ; 210 p. in-1'2 
dans lequel il accable Abraham de son 
ironie : « Suit un certain p. Abraham, 
apostat d'Arles, lequel faict l'estonné et 
dolent comme s'il estoit. au milieu de la 
mer. Je rois bipn, dit-il, qu'il me fau- 
dra marcher sur des espines. Pauvret qui 
as le cuir si délicat que feras-tu passant à 
travers ces épines? Geste haire, ces fouets, 
ces jeusnes, la dure paillasse et les au- 
tres mortifications de ta religion te rui- 
neront ! » 

L'ancien prieur des Carmes fut pasteur 
de Sumène, 1600-25 : puis de Colosnac 
etdeS.-Marcel, 16:6-37 [VII, 533; VIII. 
'i0l aj. 11 était de Langres. 

&. ABRAHAM Bernard), d'Aimar- 



gues, 165? ; étudiant à Saumur ; ministre 
d' Aiguës-Mortes, 1658 [VI. 311 b; VIII, 
367 a], de Poussan 1658-60. 

6. ABRAHAM (le capitaine), chef ca- 
misard. Vov. Mazel (Abraham). 

ABRENETHÉE Adam d' , savant 
écossais Abernethy de son vrai nom , 
que MM. Haag ont mentionné [III. 
434 b], comme s'étant exilé lui-même 
de sa première patrie, avec plusieurs au- 
tres puritains (Thomas Dempster , Jacq. 
Combarius et Hugues Piantré), lesquels 
refusaient de se soumettre aux cérémo- 
nies du culte anglican introduites par 
le roi Jacques l eT . Cette pléiade d'Ecos- 
sais, à son arrivée en France, trouva 
place à l'école de théologie ou collège de 
Nîmes. Le principal du collège, Pierre 
Cheiron. les appela et donna une forte 
impulsion aux études dans cet établisse- 
ment par l'adjonction de ces austères et 
savants étrangers. Abrenethée était doc- 
teur en médecine de la faculté de Mont- 
pellier et commença, dès le mois de 
novembre 1600. par faire une classe au 
collège de Castres. En même temps il 
était précepteur du fils de Pierre d'Au- 
gier, baron de Sabran, irouverneur de la 
province. De Castres où il ne resta que 
six mois, il passa au collège île Nimes. 
où admis à la chaire de philosophie en 
1601, à la suite d'un brillant concours, 
il professa jusqu'en 1607. Puis il entra 
au collège de Montpellier, où il ensei- 
gnait lorsqu'il eut un procès avec un 
étudiant, son compatriote, qui avait fal- 
sifié le chiffre d'une obligation souscrite 
par le professeur, et il obtint du juge- 
mage de Montpellier la permission de 
faire imprimer un récit de l'affaire, bro- 
chure de 8 pages in-8°, d'où sont tirés 
ces détails et qui porte pour titre : Ve- 
rifatis (estimonium mendacio et calum- 
nia- oppositum, in gratiam V. Cl. Ad. 
Abrenethei. inclyta' l'niversit. medieea* 
Monspeliensium doctoris et lycan regii 
apud eosdem moderatoris in eoque phi- 
losophie professons primario. Monspelii 
ex typ. Ant. Candidi, 1611. 

En 1616, l'évèque de Montpelllier 
ayant repris possession du collège de 
cette ville, Abrenethée, en sa qualité de 
calviniste, dut se retirer; mais ce ne fut 
pas sans résistance. Le gouverneur de 
la ville se vit obligé de lancer contre lui 



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ABRENETHÉE — ABRIA 



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un décret de prise de corps ; Abrene- 
thée en appela au parlement de Tou- 
louse, et ce fut sans doute afin de se créer 
une nouvelle situation qu'il concourut 
en 1617 pour la chaire de chirurgie et 
pharmacie, créée par Henri IV en 1598, 
à la faculté de médecine de Montpellier, 
et que la mort du professeur Dortoman 
venait de laisser vacante. On a la thèse 
qu'il fit imprimer en cette circonstance 
(Quscstiones medicse cathedralitiœ XII, 
etc.). H ne fut point nommé, mais il 
avait neuf concurrents, et le concours 
fut des plus sérieux. C'était un esprit 
aussi varié que solide. On conserve aussi 
de lui (à la bibliothèque de Montpellier) 
un petit volume de poésies latines 1 , dans 
lequel il traite de sujets religieux, ou 
d'histoire naturelle, ou seulement litté- 
raires, et décerne à sa patrie d'adoption, 
Montpellier, les plus poétiques éloges 2 . 

A la mort de Cheiron, arrivée en 1619, 
Adam d'Abrenethée lui succéda comme 
principal du collège de Nimes. Mais son 
administration fut malheureuse. Il n'eut 
pas, dit-on, la main assez ferme pour 
maintenir les règlements et le duc de 
Rohan lui retira même ses fonctions, 
au mois d'octobre 1627, comme suspect 
d'intelligence avec la cour de Louis XIII, 
le remplaçant par Samuel Petit. 

Abrenethée était né à Edimbourg, où 
il avait été reçu maître es arts le 7 août 
1594; il avait obtenu des lettres de na- 
turalité française en oct. 1624. 11 épousa 
Jeanne Plantavif de La Pause et mou- 
rut avant 1653. 

On lit dans les « Jugements de la no- 
blesse, » que d' Aubaïs et Ménard ont 
insérés parmi les Pièces fugitives , que de 
ce mariage naquit : « Daniel d'Abrene- 
« thèe , ministre demeurant au Gaila, 
« dioc. de Nîmes, à qui le chancelier 
« d'Angleterre étant à Montpellier donna 
« un certificat le 24 oct. 1668, portant 
« témoignage de l'ancienneté de la fa- 



1 Intitulé : Musa campestris, castitateui styli poeti- 
cœ juventuti proponcns, duobus libris. Accessit et Gal- 
liœ Parnussus Monspcliensis, colonia Musai uni, etc. 
Monspelii, typ. J. Gilleti, I609,in-I2; deux parties de 
7« pag. chacune. 

■ Après avoir parcouru la France et même mis le 
pied en «civique, en Suisse, en Espagne et en Italie, il 
n'a trouvé la vraie poésie qu'à Montpellier. «< llic l'ar- 
nassus litteraris incœ peregrinationis. Jam meautbore 
desinat dtel florentisaima ha;o ventre etvttaa Nonapea- 
miIus ci exindè nommai i inceptet Monsparnassulus * 



« mille des Abrenethées, dont le chef, 
« qualifié lord Salton, est un des lords 
« d'Ecosse. Le comte de Sidney étant à 
« Montpellier lui en donna un autre, le 
« 6 du même mois, qui prouvait la même 
« chose et que lord Salton avait servi en 
« France. Il épousa le 12 oct. 1653 
« Françoise Lautier et fut maintenu 
« dans sa noblesse le 12 déc. 1668. » 

On a conservé, de Daniel Abrenethée 
[V, 43 b], un sermon intitulé : La voix 
tonnante de l'Evangile qui exhorte à se 
convertir sans delay. Sermon sur les 
versets 7-11 du chap. III de S. Paul 
aux Hébr.; prononcé à Charenton, le di- 
manche ^juillet 1663, par D. Abrene- 
thée, ministre du S. E. au Cailar, près 
de Nîmes; Charenton, 1663, in-8° de 
79 pages, plus 7 feuillets pour le titre et 
la dédicace à MM. de l'église de Beziers. 

L'orateur, admis au saint ministère 
en 1651 , avait desservi l'Eglise de 
Béziers avant celle du Caviar et dans ce 
sermon prononcé à Charenton, il dit à 
ses auditeurs, en parlant d'un de ses 
parents qui nous reste inconnu : « Je 
veux avoir toute ma vie du respect pour 
la mémoire de celuy de mes oncles que 
l'on vous a veu tant chérir et tant hono- 
rer tandis qu'il fut votre pasteur, et de 
qui même vous avez tant regreté la chute 
depuis le triste et malheureux jour qu'il 
cessa de l'être... Souvenez-vous com- 
ment cette divine Providence a voulu 
que ce fatal jour où elle fit éclater la 
voix publique de sa désertion, le quel fut 
le dimanche qu'on appelle des Rameaux, 
ait esté 40 ans après le mesme ou elle 
vous a fait entendre ce premier essai de 
ma vocation... dans la mesme chaire 
qu'il avait désertée. » En 1684 [III, 
32 a], le pasteur du Caviar était encore 
ou celui-ci ou un autre Abrenethée, et 
il y en avait un au refuge en 1698. 

Les d'Abrenethée portaient pour ar- 
moiries : d'azur, au lion d'argent armé 
et lampassé de gueules, écartelé d'or: 
au chet'émanché d'argent. 

l'r. Michel, les Ecossais eu France et les Français en 
Ecosse ; Londres, •! vol. in-8. I8IU. 

ABREVEUX (Claude), blessé à 
Vassy [Vil, 504 a]. 

ABRIA (Didier), curé de S. -Gor- 
gon, à Metz, fut un dos premiers adhé- 
rents à la Uéformaliim dans cette ville. 



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ABRIA — ABRIC 



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Il y faisait partie en 1524 et 1525 du pe- 
tit groupe des amis intimes de Pierre 
Toussain et de Guillaume Farel; mais 
on apprend par plusieurs lettres de 
Toussain à Farel (1525 et 1526, voyez 
Corresp. des Réf. par Herminjard ) , 
qu'emprisonné neuf ou dix jours à Metz, 
puis en fuite à Paris, le prudent curé se 
tira tout doucement d'opinions et d'ami- 
tiés trop périlleuses. 

1. ABRI (Antoine d*}, duVigan, lieu- 
tenant au service d'Allemagne, né en 
1669, m. en 1 734 à Berlin (Erman IX. 1). 

•2. ABRI ou ABRY (Guillaume), pas- 
teur de Champdeniers. réfugié en 1572 à 
La Rochelle [11, 193 b. note], et de nou- 
veau pasteur à Champdeniers en 1590 
(Bull. IV. 322), puisa Melle. 1593.àChe- 
vreuxjusqu'en 1596 et à Lusignan, 1597. 
— (Claude), natif de Yezeliz en Lorraine, 
reçu habitant à Genève, 1 er septembre 
15*51 [II. 193]. 

1. ÀBRIG ou ABRILH (Guigon).« tué 
en sa maison, à Antibe, puis traîné et 
jette aux chiens, » 1562 [X. 469]. — 
(Guillaume). « Guelhermus Abricus (et 
non Aboicus; Nemausensis, » étudiant 
à l'Académie de Genève, en 1563. 

2. ABRIC. C'est ainsi que se nommait 
le héros camisard dont MM. Haag ont 
raconté l'histoire à la page 109 de leur 
tomeV, et Fidel qu'ils ont cru un nom de 
famille, n'était que son nom de baptême. 

Fidel Abric, de Mandagout, près Le 
Yigan, était un Camisard de la troupe de 
Castanet. Quelques jeunes filles de 
Ganges. raconte La Baume, chantant un 
jour des psaumes, un cordeher, qui vint 
à passer, leur imposa durement silence, 
et sur leur observation que « chanter les 
louanges de Dieu n'était pas un crime », 
il courut les dénoncer comme hérétiques 
relapses au magistrat qui s'empressa de 
dresser procès-verbal. Mais la difficulté 
était de faire parvenir l'acte d'accusation 
à Basville, les Camisards infestant tous 
les chemins. Animé par le ressentiment 
ou un zèle aveugle, le cordelier s'offrit, 
et un de ses confrères consentit à l'ac- 
compagner. « Ils louèrent d'un nouveau 
converti, dit La Baume, deux chevaux de 
louage et se mirent en chemin (25 sept. 
1704 : mais le nommé Fidel, étant averti 
de leur départ, les attendit auprès du 
logis du Bosc, paroisse de Notre-Dame- 



de-Londres, avec sept ou huit Cami- 
sards ; il les arrêta avec un capucin qui 
tenoit le même chemin ; il les conduisit 
tous trois dans le fond d'un bois, tout 
près de cette hôtellerie, et dit aux corde- 
liers de se préparer à la mort et de se 
confesser l'un l'autre, puisqu'ils croyoient 
la confession bonne. » L'historien ajoute 
que « ces bons pères se mirent à ge- 
noux et implorèrent la miséricorde de 
Dieu, tandis que Fidel demandoità haute 
voix à ce même -Dieu d'agréer le sacri- 
fice qu'il alloit faire de ces deux idolâ- 
tres. » Les deux cordeliers furent fusillés 
sans pitié: mais le capucin, qui n'était 
pour rien dans la dénonciation, fut ren- 
voyé avec les chevaux ; seulement Fidel 
lui enjoignit de dire au gardien des cor- 
deliers que s'il continuait à inquiéter les 
protestants sur des affaires aussi inno- 
centes que celle de louer Dieu, il Tirait 
poignarder dans son couvent. N'y a-t-il 
pas quelque chose de grand dans ces 
sauvages représailles? Etait-ce la soif du 
sang qui poussait les Camisards au 
meurtre, comme on les en a accusés? 
N'était-ce pas plutôt l'espoir d'obtenir 
de la terreur ce que leur refusait l'équité, 
et souvent le désir de sauver quelqu'un 
de leurs coreligionnaires, comme dans 
ce cas, où il s'agissait pour ces malheu- 
reuses jeunes filles du plus terrible châ- 
timent'/ 

Quelques semaines après, le 20 oct., 
Fidel ht sa soumission et se retira à Ge- 
nève; mais il rentra en France avec Elie 
Marion, au mois de fév. 1705. Surpris à 
Sumène, il aima mieux, à l'exemple de 
Bourgade, dit La Veille, de S.-André- 
de-Valborgne , et du terrible Porte- 
Effroi, se faire tuer en combattant, que 
de se laisser prendre et de périr sur la 
roue. Basville ne put exercer sa ven- 
geance que sur son cadavre qui fut brûlé 
à Sumène. le 1 1 mai. La femme de Ma- 
zot, qui l'avait reçu chez elle, fut pendue 
et sa maison m 

3. ABRIC. de Mandagout. empri- 
sonné en 1759 [X. 4411. Cette famille 
est encore représentée de nos jours par 
M. Léon Abric. ancien pasteur de Man- 
dagout, et M. C. Abric, pasteur de Lo- 
grian. On a. de M me Abric -Encontre : 
Les Femmes de la Réfoi-mation, trad. 
de l'anglais; Paris, 1865-69, 3 vol. in-18. 



27 



ABRIG — AGCAURAT 



28 



ABRIS, gentilhomme du G-evaudan, 
1575 [III, 212 b]. 

ABZAG (Gaston d'), de Campagnac, 
1551, et sa famille [111, 178 a. Voy. en- 
core : III, 354 a; V, 74 b, 307 a, 438 a, 
515 b; VI, 163 a, 244 a ; VIII, 294 b]. 
= Armes : D'argent à la bande d'azur 
chargée d'un besant d'or. 

ABZAG D'URTUBIE. Pierre d'Ur- 
tubie, troisième fils de Jean d'Absate- 
d'Urtubie, d'une famille du Guipuscoa, 
s'établit en France et s'attacha au service 
de Jeanne d'Albret et de son fils, en qua- 
lité de capitaine de ses gendarmes. 11 se 
fixa en Picardie où il épousa Antoinette 
de Bénard. Leur fils Antoine, lieutenant 
au gouvernement de La Gapelle et de 
Goucy, épousa en 1566 Louise de Rives, 
dont il eut 1° Abdias, tué à la bataille 
d' Auneau ; 2° Jonathan, estropié à cette 
bataille, tous deux morts sans postérité; 
3° Daniel, qui suit ; 4° Jacqueline. Da- 
niel s'éleva au grade de maréchal de 
camp. Il avait épousé Charlotte de 
Moussy, dont il eut Josias et Charlotte, 
femme d'Albert de Vateville, capitaine 
d'une compagnie suisse. 

Josias s'éleva aussi au grade de maître 
de camp. Il épousa Marie Gillon, dont 
il eut Bernard, capitaine en 1677 au ré- 
giment du Piémont, et qui servait encore 
en 1695 (Haag). 

François d'Absatte, vicomte d'Urtubie 
[II, 168]. 

En 1702, Henri d'Abzact, Jeanne 
d'Abzact-La-Forêt, 56 ans, et Catherine 
d'Abzact, sa nièce, sont portés sur l'état 
des réfugiés assistés à Londres. Les deux 
dames le sont encore en 1705. 

AGARIE (François), d'Orléans, 1568 
[VI, 531 b. Voy/vil, 290 a; VIII, 
314 a]. Voy. aussi Du Bourdet. 

1. AGCAURAT (Pierre), d'Uzès en 
Languedoc, apothicaire, reçu «habitant» 
de Genève en 1555 et bourgeois en 1559, 
avec ses fils Daniel et David; il entra 
dans le CG (grand Conseil de la ville) en 
1573 et mourut en 1586. (Sordet.) 

2. AGCAURAT (Paul), pasteur de 
Privas qui fut l'objet, en 1664, avec tout 
son troupeau, d'une persécution cruelle 
[I, 14; VI, 408 a; X, 314, 333, 346]. 
Inscrit (Paulus Accauratus Privasiensis) 
comme étudiant de l'acad. de Genève, 
en 1611, Accaurat, appelé par d'autres 



à Coras, remplit les fonctions du saint 
ministère à Vais, à Aubenas (1620, 
1626) et à Privas sa ville natale (1637). 
Il fut député par sa province au synode 
national de Castres, avec Daniel Arca- 
jon, notaire du roi et ancien de l'Eglise 
d'Aubenas, et plus tard à celui de Cha- 
renton. 11 était encore pasteur de Pri- 
vas en 1664. Son zèle que n'affaiblissait 
en rien son grand âge, — il comptait 
alors quatre-vingts ans,— lui avait fourni 
les moyens de reconstituer l'Eglise déso- 
lée de cette ville, lorsque le clergé ca- 
tholique l'anéantit de nouveau. Une 
clause de la déclaration de 1629 défen- 
dait aux protestants de s'établir à Privas ; 
mais depuis cette époque on y avait dé- 
rogé de tant de manières qu'on pouvait 
la regarder comme révoquée de fait. Ce 
fut cependant sur cette clause que se 
fonda le clergé romain pour réduire à la 
mendicité , d'un seul coup, deux cents 
familles protestantes. Un arrêt du 22 fév. 
1664, rendu à sa sollicitation, ordonna 
l'exécution rigoureuse de la déclaration de 
1629, dôfendità toute personneprofessant 
la religion réformée de demeurer à Privas 
sous peine de mille livres d'amende, en- 
joignit à tous ceux qui y étaient établis 
d'en sortir, ne permettant d'y habiter 
qu'aux catholiques, aux nouveaux con- 
vertis et à ceux qui se convertiraient. 

Les réformés s'adressèrent au roi pour 
implorer sa justice; mais le prince de 
Conti, gouverneur de la province, n'at- 
tendit pas l'effet de ce recours. Les pro- 
testants furent chassés de leurs .maisons, 
leurs biens pillés et livrés en proie aux 
catholiques. Pour se soustraire à ces 
violences, il leur était offert un seul 
moyen, c'était d'abjurer ; mais fort peu 
en profitèrent et. au bout de six mois, le 
clergé romain pouvait à peine se vanter 
d'une vingtaine de conversions. Il s'en 
prit au ministre de son peu de succès. 
Chassé de Privas, Accaurat s'était retiré 
avec Daniel du Solier, Pierre Chame- 
ran, Jacques Buraud, André Misonier, 
Isaac du Métier, Jacques et René Pages, 
Jean Chevalier, René et Pierre Ber- 
nard, Pierre Vidal. David Bonnet, An- 
toine Géniaux, Pierre Sibleyras, no- 
taire, et quelques autres membres du 
consistoire, au village de Tournon, où il 
remplissait en plein air les fonctions de 



29 



ACCAURAT 



ACHARD 



30 



son ministère. On lui en fit un crime, et 
Ip 29 juillet, le conseil privé rendit un 
arrêt qui ajournait ce vieillard à compa- 
raître dans deux mois, en lui défendant 
de prêcher ou d'administrer les sacre- 
ments. C'est par de tels actes que le 
gouvernement préludait à la révocation 
définitive de l'édit de Nantes. 

On trouve un Paul Accauraf. min. du 
Pradell669 (reg. XVII de Nimes , d'An- 
nonay, 1670, 1672 [V, 519 a: VI, 33' b]. 

ACONRAT ou Ancorat. Ces deux 
noms, que la consonnance rapproche 
d' Accauraf. sont donnés par Crespin 
(673 b)àun malheureux religionnaire dont 
il dit qu'en 156*2 le gouverneur du pays 
de Foix, nommé Pailles {lisez Pailhès) 
« ayant fait venir un juge de ses terres 
qu'il créa prevost, et se desbordant du 
tout, de dix prisonniers qu'il avoit pour 
lors, il en fit mourir deux d'une cruelle 
sorte, leur faisant couper bras et jambes 
et finalement la teste. L'un d'iceulx estoit 
nommé Ancorat (dans la table Acon- 
rat l ), qui avait esté capitaine de ceux 
de la ville (de Foix], homme paisible et 
irrépréhensible en sa vie. L'autre estoit 
un gentilhomme dit à'Amboys. » — 
Vov. Amboix de Larbont. 

1. ACÉRÉ DES NOYERS (L 
1683 [V, 270 a. Voy. VIII, 529 a: IX. 
313 a, 423 a]. Aux renseignements qui 
précèdent, MM. Haag ont ajouté depuis, 
d'après les registres de Charenton : 

2. ACÉRÉ (Marc-Antoine), banquier, 
conseiller secrétaire du roi, qui épousa 
Anne de Burges dont il eut : 1° Anne, 
née le 30 avril 1628; 2° Catherine, née 
le i er novembre 1630; 3° Paul, né le 10 dé- 
cembre 1631, sieur des Forges, marié en 
1671 à Emilie de Rogemont dont il eut : 
Paul. 1673; Emilie, 1674: Anne, 1676; 
Elisabeth, 1680; Jacob, 1681 ; 4° Jacob, 
né le 30 janvier 1633; 5° Alexandre, 
bapt. le 12 août 1635; 6° Louis, bapt. le 
5 novembre 1636 : 7° Samuel, bapt. le 
7 avril 1638; 8° Dorothée, bapt. le 24 juin 
1640 ; 9° Isabelle, bapt. le 22 juillet 1643: 
10° Pierre, bapt. le 10 juin 1646; 11° Pré- 
gent.néen 1649,m.en 1652; l2°Jacob,né 
le 5 septembre 1651, sieurde Marmande. 

3. ACÉRÉ (Marguerite , de Lyon. ré- 
fugiée vers 1693 à Zurich (Mss. de Berne ; 

1 Uaag le rite [III. 92 b) sous le nom J Acontat. 



hist. Helv. VII, 9). — (Samuel), sieur de 
La Colombière, réfugié à Lausanne, 1689 
[VUI, 163 a] et Bull. Xlll. 152. 

1. ACHARD (Jehan), de Crest-Ar- 
nauld en Dauphiné, reçu habitant de Ge- 
nève. 8 mai 1559. — (Ciprian) « natif du 
Pague (Le Pègue, Drôme), près Vaude- 
reas eu Provence, » id. 10 juillet. 

2. ACHARD (P.), condamné, 1569, à 
Bordeaux | II, 416 a ! . — (Jacques, fils 
de feu Guigue), reçu habitant de Genève 
v. 1609. — (Antoine), galérien, 1686 [X, 
408]. — (Matthieu", emprisonné, 1701 
[X. 443]. — (Marguerite), fille de feu Jac- 
ques, de Die, réfugiée à Genève, 1689. 

— (Lucrèce), de Die, id., 1696. — (Paul), 
galérien, 1745 [X, 404, 426j. Celui-ci, né 
àChâtillon en Dauphiné, en 1710, et cor- 
donnier de son état, fut l'un des deux 
(voy. Riaille) derniers protestants ayant 
vécu comme tels aux galères; il fut 
libéré au commencement du règne de 
Louis XVI en 1775 (Bull. I, 180, 321). 

3. ACHARD (Antoine), pasteur à 
Berlin, 1696-1772 Haag I, 15. — IV. 
117 b . — (Fr.-Charles) de l'Acad. des 
sciences de Berlin, 1754-1821 [L, 15]. 

— Autre Achard de Berlin, 1728 [V, 
141 b]; — de Genève, 1789 [IX, 417 aj. 

Cette famille vint, de Die, se réfugier 
à Genève. Jean-François, fils de feu 
Timothée, fut reçu habitant de Genève, 
le 30 janvier 1697, et Abraham, son pa- 
rent, fut admis à la bourgeoisie, avec ses 
deux fils, le 17 juillet 1699. Antoine, l'un 
d'eux, qui s'établit à Berlin et y acquit 
la plus honorable notoriété, était né à 
Genève en 1696 et y avait fait ses études. 
Consacré au saint ministère en 1722, 
puis appelé à Berlin pour y remplacer le 
pasteur David Ancillon, il devint pasteur 
de l'Eglise du Werder 1 conseiller du con- 
sistoire supérieur de l'Eglise en 1738, con- 
seiller privé du directoire français en 1740, 
membre de l'Académie royale des scien- 
ces en 1744, enfin inspecteur du collège 
français et directeur de l'hospice appelé 
Maison française. Non moins distingué 
par son éloquence que par son savoir et 
son érudition, il a laissé un grand nom- 
bre de Sermons, dont les plus remarqua 
blés ont été traduits en allemand et pu- 

1 La colonie française réfugiée à Berlin r était ré- 
partie sur cinq paroisses : le Werder, I riedricbsstadt, 
borotlieenstadt, kœnigstadt et Cologne. 



31 



AGHARD — ADAM 



32 



bliés à Berlin, 1774, en 2 vol. in-8°. Les 
Mémoires de l'Académie de Berlin con- 
tiennent de lui divers traités philoso- 
phiques et entre autres le plan d'une 
nouvelle métaphysique, inséré dans le vo- 
lume de 1747. 

Antoine eut un fils, Frédéric-Charles 
Achard, encore plus distingué que son 
père dans la carrière des sciences. C'é- 
tait un très-habile chimiste, qui naquit à 
Berlin le 28 avril 1754, et mourut en Si- 
lésie le 22 avril 1821, laissant un grand 
nombre d'ouvrages estimés. — D'autres 
membres de la même famille servirent 
en Prusse dans la carrière militaire; no- 
tamment, au XVIII e siècle, un major du 
régiment de Gzekuli {Erman IX, 1) ; un 
autre, propriétaire de la terre de Mond- 
schùtz, était colonel et mourut en 1775. 

4. Guillaume Achard, adjoint « en 
survivance » à son oncle, comme pas- 
teur de l'Eglise du Werder, en 1744. 

5. On conserve aussi dans les registres 
de la colonie française de Berlin la men- 
tion de plusieurs manufacturiers ou arti- 
sans du nom d' Achard , réfugiés en 
Prusse, dans les premières années du 
XVIII e siècle. Ils étaient d'Orange. Ni 
les uns ni les autres n'ont plus aujour- 
d'hui aucun descendant à Berlin. Mais 
la branche de Genève existe encore. 

6. AGHARD, pasteur de Poyols, 1659; 
etprobabl.d'Aoste, 1664(BuW. XV, 578). 

7. ACHARD (Claude), emprisonné et 
poursuivi, avec J. Jean, J. Barnier et 
E. Arnaud, pour avoir chanté des psau- 
mes en français, narguant ainsi l'évèque 
de Gap ; 1741 (Arch. gén. Tt). 

8. ACHARD (Victor d'), sieur de 
Sainte-Colombe en Dauphiné, reçu habi- 
tant de Genève, 26 septembre 1572. = 
Armes : De gueules à trois heaumes 
d'argent, grillés et embellis d'or. 

9. ACHARD (d'), du Vivarais, 1621 
[V. 140 a]. 

AGHATIUS (Israël), réformateur al- 
sacien, pasteur de Wissembourg en 1560 
[Haag I, 15. — III, 69]. Il contribua 
beaucoup, par son zèle et son activité, 
à répandre dans cette ville les principes 
de la Réforme. On lui doit une traduc- 
tion allemande de l'ouvrage de Bucer, 
De regno Christi (Strasb. 1563, in-4°), 
et quelques autres ouvrages. 

1. ACHÉ, capitaine, 1628 [VI, 258 b]. 



2. AGHÉ (Etienne), laboureur, 1681, 
et ancien à Mauzac {Bull. IV, 436). — 
(Guill.), de Mauzac, condamné à l'a- 
mende (en 1729), comme ayant manqué 
d'envoyer son fils à l'école catholique 
(Ibid. XIII, 162). 

ACHELL1ER ( Jehan ) , « natifz de 
Cosne-sur-Loyre, » reçu habitant de Ge- 
nève, 24 juin 1550. 

ACHER, libraires de Dieppe, 1653, 
1686 [V, 78 a; VI, 8 b]. — (Anne), de 
Montauban , réfugiée à Genève, 1 690 , avec 
son mari Moïse Murait, du même lieu. 

ACHETÉ (Suzanne d'), du château 
d'Exonbillat, proche de La Gaune, dio- 
cèse deCastres, âgée de 35 ans, faite pri- 
sonnière en septembre 1702; détenue à 
Carcassonne (Liste des protestants qui 
souffrent, 1711). 

Acier (d'), voy. Crussol. 

ACIGNÉ (François d'), sieur de Mon- 
tejan, capitaine, tué à Jarnac, 1569 [I, 
269 a; II, 460 b; III, 416'; VII, 459 a. 
— Sa famille : V, 325 b, 345 b, 346 a]. 
« Dans le courant de décemb. 1562, cinq 
cents cavaliers, parmi lesquels beaucoup 
de gens de condition arrivèrent à Guers 
[près Guérande] appartenant à MTd'Aci- 
gné [François] qui étoit de la prétendue 
réformée; ils y tinrent une espèce de sy- 
node dans lequel on lut des lettres du 
prince de Condé. » 

ACOU (le seigneur d'), en Brie, près 
Provins, lequel était en même temps 
seigneur en partie d'Everly. fut un des 
premiers gentilshommes de ce pays 
qui profitèrent de l'édit de tolérance 
(1560), pour se déclarer ouvertement 
protestants. Il prit les armes en 1562, à 
l'appel du prince de Condé; mais le 
curé provinois, Claude Ha ton, auquel 
nous devons ces renseignements (Mèm. 
p. 28 et 269), n'en dit pas davantage. 

ACQUART. « Bartholomaeus Acquart 
de Lille, » étudiant à Genève, 1564. 

ACQUET (Pierre de Montmorency, 
baron d'), v. 1650 [VI, 513 a ; VII, 493 a]. 

1. ADAM ou maître Adam, pseudo- 
nyme que prenait Antoine Saunier, le 
compagnon de Farel. Voy.Herminjard, 
n° 518 de la Corresp. des Réformateurs, 
t. III, p. 319. 

2. ADAM (Martin), tué, 1562, à Troyes 
[VIII, 366 b; IX, 292 a]. 

3. ADAM (Jean), et un autre Adam, 



33 



ADAM — ADDÉE 



u 



martyrisés, 1 57 -2, à M eaux [VII, 160 a, b]. 

4. ADAM (Jean, fils de Jean), de 
Metz en Lorraine, reçu habitant de Ge- 
nève, 24 mai 1585 (Cf. Crespin, 164 c). — 
(Pierre), conseiller du roi à Loudun, 1598 
[VII, 183 b]. — (Michel), « françois du 
pavs Chartrain , » étudiant à Genève, 1 608. 
— (Marie), de Metz. v. 1658 VII, 410a]. 

5. ADAM DE PUYRAVAULT (Su- 
san-ne), 1650 [V, 343 a]. 

6. ADAM (Josué), sieur de Louères 
(ou des Loires), 1686 [IX, 504 a], frère 
de Hercule Adam, sieur de Saint-Denys 

Xox.Lièwe, Protest, du Poitou, lll. 12). 

7. ADAM Jean), ministre, naturalisé 
anglais, 3 juill. 17U1 (Agnew . — Marie), 
de Mer. près Blois. veuve âgée de 50 ans, 
et sa fille, assistées à Londres. 1702. 

8. ADAM (Louis-Alexandre), fils de 
Nicolas, habile graveur parisien, reçu 
habitant de Genève le 13 août 1708 ; père 
de Henri- Albert, peintre en émail, em- 
ployé dans une fabrique impériale de 
porcelaines en Russie, et retourné à Pa- 
ris où il est mort. 

9. ADAM (Daniel d'), de Villeneuve- 
le-Rov, reçu habitant de Genève, 1 1 mai 
1573.' 

ADDE, capitaine béarnais, 1573 [I, 
134 b, 135 b]. 

ADDÉE, seigneurs du Petit-Val et 
de Grand-Champ. — (Charlotte), fille de 
Nicolas Addée, sieur des Novers, vers 
1654 [VU, 68 b]. 

La France •protestante a mentionné 
les Addée à bien des reprises. Ses au- 
teurs avaient préparé sur cette famille 
l'article spécial que voici : 

Emmanuel Addée, sieur du Petit-Val, 
conseiller secrétaire du roi et mort en 
octobre 1627, eut de Marie Berger, fille 
du conseiller Pierre Berger, laquelle 
mourut âgée de 70 ans et l'ut enterrée à 
Charenton, le 30 août 1648 : 

1° Louis, sieur de Grand-Champ, bap- 
tisé en 1613, marié en juin 1647 avec 
Anne Bothereau . puis en 1669 avec 
Jeanne Clément, veuve de François 
Brisson, laquelle vivait encore en 1684. 
Du premier lit naquirent Louis, le 15 mai 
1648, mort en 1654; Anne [440 a],bap- 
le 2 mai 1649, mariée en 1679 à 
Isaac de Monceau de La Melonnière, 
lieuten. -colonel au régim. d'Anjou ; 
Théodora, baptisée le 25 août 1650; 



Samuel-Maximilien. baptisé le 13 dé- 
cembre 1657 ; Marie, baptisée le 23 no- 
vembre ,1659, inhumée le 12 septembre 
1679; Susanne, baptisée le 3 juillet 1660. 
laquelle sortit de France à la Révoca- 
tion et mourut en Ansleterre en 1688 
[V, 351 a]. 

2° Samuel, né le 8 septembre 1613; 
3° Marie, baptisée le 4 août 1619, femme 
en 1634 de Philippe Le Sueur, sieur de 
Petiville [TU, 46 b] ; 4" Elisabeth, née 
le 30 juin 1612; 5° Nicolas, né le 8 fé- 
vrier 1616 ; il fit ses études à Saumur où 
il soutint une thèse de Deo uno et trino 
[VI. 311 a] et futpasteur de Chatelleraut 
en 1660-63; 6° Charles; 7° Hilaire, 
écuyer, sieur du Mesnil et de Buy, 
reçu conseiller au parlement de Metz le 
24 oct. 1633; il quitta ses fonctions vers 
1641 et vivait encore en 1655 [V, 117a; 
Bull. III, 567]. Il épousa en 1640 Mar- 
guerite, fille de Charles Le Goulon, sei- 
gneur de Harancourt, etc. 

On trouve encore : 

Marie, fille d' Addée, secrétaire du roi 
et de Marie Fourcoal, baptisée le 8 dé- 
cembre 1638; parrain, Addée, conseiller 
au parlement de Metz. — Pierre Addée, 
notaire et secrétaire du roi et des finan- 
ces, parrain en 1630 et 1636. — Louis 
, sieur du Petit-Val, parrain en 
1677. — Isaac Addée (Isaacus Addœus 
ilu Petitual parisinus), inscrit comme 
étudiant à Genève, le 6 mai 1 

Ajoutons l'historiette suivante rappor- 
tée par Tallemant des Réaux : 

« Un huguenot, frère de M me de Cham- 
pré, qu'on appeloit d'Espesses du nom 
d'une ferme (leur nom étoit Henry 1 ), se 
mit dans la teste une dévotion assez ex- 
traordinaire. Il se couchoit à dix heures 
sur son lit, tout habillé; à onze, il prioit 
une heure, reposoit ensuite et prioit et 
dormoitjusques à trois heures dumatin. 
Ce qu'il y avoit de meilleur, c'est qu'il 
donnoit beaucoup aux pauvres. A la 
campagne, une fois, il fut obligé de cou- 
cher avec un capitaine huguenot, nommé 
Petitval, qui n'estoit pas tout à fait si 
dévot que luy; avant de se coucher, 

« Catherine Henry, fille de François Henry, sieur de 
Gerniou ou Jarniost (Lyonnais), conseiller an parlement 
de Paris, et de (Marie de Gabian. mariée i° a Xicolas 
t'errier, d'abord ministre, puis lieutenant d'artillerie; 
2° à Ch. Mtsnanleau de Champré, conseiller au parle- 
ment. 

i. 2 



35 



ADDEE — ADERT 



36 



d'Espesses luy dit : « Ne voulez-vous pas 
« que nous fassions la prière?» — « Ouy. » 
— Il se mit à la faire, mais d'une lon- 
gueur estrange. Le lendemain, l'autre 
dit : « C'est à moi à la faire. » — Et il 
se mit à dire Notre Père et rien davan- 
tage. « Vous mocquez-vous? » dit d'Es- 
pesses. — « Ma foy, respondit l'autre, il 
me semble que nous priasmes bien hier 
Dieu pour deux fois. » 

Enfin, il ne nous est pas permis de 
négliger une boutade qui se lit dans la 
correspondance de Guy Patin, et qu'on 
trouvera tout empreinte de la verve 
sarcas tique particulière à cet écrivain : 

« Le père des Forcoal étoit un misé- 
rable Sevenol (lisez Cévenol) et hugue- 
not, qui vint à Paris chercher condition 
et faire fortune s'il pouvoit; il futlaquay 
chez un secrétaire du roy nommé Mons. 
Addèe; de laquay il devint commis chez 
ce même maître, qui étoit pareillement 
huguenot, et enfin cet homme qui n'étoit 
rien ; Nuper in hanc urbem pedibus qui 
venerat albis, devint gros partisan, et 
se fourra dans beaucoup d'affaires, aux 
Aides, aux Gabelles et ailleurs, où il vou- 
loit gagner ; depuis il changea de reli- 
gion pour devenir secrétaire du Conseil, 
et devint encore plus grand partisan; 
puis il maria sa fille unique qui étoit 
fort belle, à Mons. Addèe, fils de son 
ancien maître, qui est borgne et hugue- 
not, mais elle est catholique; il avoit 
plusieurs fils... Enfin le père Forcoal est 
mort endebté de 5 ou 6 millions, avec 
trois cent procès de ceux à qui il doit. » 
(Guy Patin; Lettre 132.) 

Un Frédéric Addèe, de Metz, gentil- 
homme, âgé de 42 ans, venu à Londres, 
avec sa femme et une fille âgée de 10 ans, 
y avait reçu 22 liv. st. de secours en 
1721 et était passé en Irlande. 

Biogr. du Parlem. de Metz, par Em. Michel; Metz, 
in-8°, 1853. 

ADELINE (Suzanne et Jacqueline), 
l'une âgée de 52 ans, l'autre infirme, ré- 
fugiées et assistées à Londres, 1702. — 
(Marie), id. 1721. — Famille huguenote 
de Caen au XVI e siècle (Bull. XI, 6). 

ADENANT, surveillant de l'église 
du Vigan, 1501 (Bull. XVII, 482). 

ADERT, anciennement ADER. Du 
temps de Henri IV vivaitàGimon,hourg 
situé à quelques lieues de la ville d' Auch, 



sur la route de Toulouse, un médecin 
nommé Guillaume Ader, quis'estacquis 
quelque gloire et dans l'art de guérir et 
dans celui de faire les vers. On a de 
lui deux petits poèmes en patois gascon: 
Lou Catounet gascoun, daté de Gimont 
le 1 er octobre 1007, et Lou gentilhoume 
gascoun (1610) dont Henri IV est le 
héros. Le Catounet, c'est-à-dire le petit 
Caton, est un recueil de cent quatrains, 
demi-moral et demi-plaisant, dédié au 
baron de Fontrailles que le poète gas- 
con aborde en lui disant combien il est 
naturel que son livret « s'empare de 
« bous, Mousseigne, qu'ets en touts çau- 
« ses lou Catoun de la bragarde noublesse 
« de Gascouigne en atge, en sagesse, 
« bertut et aunou ; » il est terminé par un 
sonnet en français adressé par Fauteur 
« Aux galants hommes et poètes gimon- 
tois, » et commence par trois petites 
pièces de vers latins, dédiées Sapientise 
Aderianse ou G. Aderio multiplicis liie- 
raturœ viro et mediciwe exercitatissimo. 
La renommée dont il jouissait à Gimont 
ne l'empêcha pas de quitter le pays pour 
aller s'établir à Toulouse où il poursui- 
vit d'une manière brillante sa fortune 
médicale, et publia en 1621 et 1628 deux 
traités in-4° sur les matières de sa pro- 
fession. Le second de ces traités est 
relatif à la peste, et le premier (intitulé : 
Guillelmi Ader enarrationes de segrotis 
et morbis in Fvangelio ; opus in mira- 
culorum Christi domini amplitudinem 
ecclesise elimaturn) est un exposé de 
cette thèse, que l'œuvre de Jésus est 
d'autant plus admirable que tous les 
malades qu'il a guéris étaient affligés de 
maladies que la médecine regarde comme 
incurables. Il est juste d'ajouter qu'on 
l'accusait (Voy. Vigneul-Marville, 111, 
184) d'avoir fait imprimer ce livre préci- 
sément parce qu'il était soupçonné d'a- 
voir soutenu la thèse contraire et d'avoir 
un peu risqué le bûcher comme héréti- 
que. Aucun de ses ouvrages, poétique 
ou autre, n'annonce ni un partisan ni un 
ennemi de l'hérésie; il n'y t'ait aucune 
allusion; aussi ne le revendiquons-nous 
point pour la France protestante, mais 
nous n'avons pas cru pouvoir le passer 
sous silence parce qu'il se rattachait 
vraisemblablement à une famille Ader 
qui était d'Àuch et huguenote. On lit, 



37 



ADERT — ADHEMAR 



38 



en effet, dans l'un des registres du con- 
sistoire de Nimes : « Du 29 e novembre 
1645, M. Chauve étant modérateur -.Jean 
Ader jeune homme de la ville d'Ans en 
Gaseongne cest presanté en Companye 
et faicc sa confession de foy en la religion 
refformée. » Le même jeune homme se 
mariait un an après, 13 novembre 1646, 
avec Marie Fesquette, de Lunel, et il 
était inscrit au registre, par le ministre 
Darnieu. sous les noms de « Jean Arder. 
sarger. » Mais arriva l'époque doulou- 
reuse de la Révocation et, le 20 juin 1689, 
le lils de Jean Ader, nommé Jean 
comme lui, âgé alors de 27 ans, épouse, 
à l'église catholique de S. -Castor et se- 
lon le rituel romain, Marguerite Du- 
masse, âgée de 26 ans, native et habi- 
tante de Nimes. Le 7 mai 17-20 se marie 
à son tour :« Jean Adert, ouvrier en lias, 
fils de Jean Adert, cadissier *, et de Mar- 
guerite Dumasse; » il épouse lsabeau 
Roussel et c'est encore le curé catho- 
lique par lequel l'union est bénie. Mais 
c'était de la part de cette famille une 
pure obéissance aux terribles injonctions 
de la loi; elle était restée protestante de 
cœur, car « Pierre Adert, compagnon 
lileurdesoie, natif et habitant de Nimes, 
lils de Jean Adert et Izabéau Roi: 
tit bénir son mariage au désert, le 27 oc- 
tobre 1753, parle pasteur Paul Rabaut. 
8a femme était Jeanne Fesquet, de 
Nîmes, dont il eutdeuxtils. L'un épousa, 
le 21 novembre 17.86, Anne Gautier, et 
leur descendance directe existe encore 
aujourd'hui, dans le sein du protestan- 
tisme, à Nimes. L'autre épousa Jeanne 
Jourdan et mourut en 1834, laissant 
quatre enfants dont le troisième se ma- 
ria le iy avril 1816, à Bergerac, avec 
M lle Jeanne-Renée Gounoulhiou , de 
Bordeaux, et alla s'établir à Genève. 
(Dardier.) 

ADILLE (Jehan), natif du village 
d'Attigny en Champagne, reçu habitant 
de Genève, "24 mai 1557. 

ADHÉMAR ou AZEMAR. nom des 
plus illustres dans l' histoire du Dau- 
phiné, de la Provence et du Languedoc. 
* Suivant une inflexion particulière au pro- 
vençal, qui adoucit toujours en z le d 

1 Sarger on serçiier était celui qui fabriquait la 
serge-, le cadissier était le faiseur de cadis, sorte par- 
ticulière de serge fine. 



latin , on le prononçait soit Adé soit 
Azè, ce qui amenait à l'écrire indifférem- 
ment, même dans le-; actes publics, des 
deux manières diverses. Un nombre 
infini de personnages du moyen âge ont 
porté ce nom sonore et patriotique, en 
sorte que les généalogistes ont eu beau 
jeu à faire figurer en tète de leurs écrits 
quelque peu complaisants un Adhémar, 
parent de Charlemagne, conquérant de 
Gènes et de la Corse, plusieurs Adhé- 
mars comtes d'Orance. vicomtes de Mar- 
seille, fondateurs de la ville de Montéli- 
mar (Montelium Adhemari) et d'autres 
illustrateurs du nom, sans oublier le 
fameux évèque Adhémar de Monteil, 
l'un des prédicateurs de la première 
croisade qui, en l'an 1098. au siège d'An- 
tioche, sut faire accroire qu'il avait trouvé. 
-.■ment dans un moment où les sol- 
dais chrétiens commençaient à perdre 
courage, la lance avec laquelle avait été 
percé le flanc de Jésus. Cependant La 
Chenaye des Bois ou autres compilateurs 
du Die t. de la Noblesse (1770, in-4° tout 
en donnant très-faussement à croire que 
ces personnages des temps héroïques 
étaient les ancêtres des modernes comtes 
d' Adhémar du sud-est de la France, n'o- 
sent commencer qu'en 1171 la généalo- 
gie de cette dernière maison, qui pour 
ne pas remonter à Charlemagne n'en est 
pas moins une très-belle et noble lignée. 
Elle joue un grand rôle, du XIII e au 
\\ I e siècle, dans la personne des Adhé- 
mar de Monteil, de Lombers. de Gri- 
iman et di- plusieurs autres branches 
moins importantes. Elle se continua en 
liirne directe jusque vers le milieu du 
XVI* Biède, puis parles Grianan jus- 
qu'au XVI11' : puis, par un seigneur de 
ilane qui avait épousé la dernière 
des Grignan,, jusqu'au nôtre. Il existe 
encore aujourd'hui des descendants de 
la brancfa aihers qui sont les 

comtes d' Adhémar de Panât et d' Adhé- 
mar de Granssae. 

Une famille noble ^ u i portait plus par- 
ticulièrement le nom d'Azémar, établie 
en Languedoc, à S. -Maurice de Case- 
vieille près Yézenobre. réclama en 1784 
et obtint officiellement en 1817 son droit 
de reprendre comme lui appartenant le 
nom d' Adhémar, e est-à-dire de se dé- 
clarer descendante de l'illustre maison 



39 



ADHÉMAR 



40 



féodale qui vient d'être rappelée. Ses pré- 
entions, repoussées d'abord par les deux 
autres branches, furent peu après (sui- 
vant acte notarié en date du 25 fév. 1819) 
reconnues de bonne foi, par l'une des 
parties adverses, comme pleinement jus- 
tifiées par Les titres que produisait le de- 
mandeur, Pierre M elchior d'Azémar, vi- 
comte d'Héran. 

C'est par ce dernier rameau seulement 
qu'il nous est permis d'inscrire dans la 
France protestante le nom célèbre qui 
figure en tête de cet article et qui, en 
tous cas, apportera son contingent à nos 
colonnes par la plus haute des noblesses, 
celle du caractère. 

Le Bulletin de la Société de l'Hist. du 
Protest. (Xll, 156) a cité des registres 
de l'état civil de ce petit bourg de la 
généralité de Montpellier, appelé S.- 
Maurice, près Vézenobre. On y trouve 
noble Guérin d'Azémar et damoiselle 
Françoise Dode, sa femme, inscrits par 
le curé comme ayant été forcés d'abjurer 
en 1685. On y trouve aussi le baptême 
de deux fils de noble Claude d'Azémar 
en 1751, et en 1788 le décès de dame 
Charlotte de Montolieu, épouse de Pierre- 
Melchior d'Azémar. MM. Haag ont cité 
de leur côté [Vil, 439 b; VIII, 369 b] 
Madelaine d'Azémar, femme, vers 1650, 
de Charles Bourdin l , sieur de Pierre- 
blanche, forcée d'abjurer, avec son mari, 
à la Révocation. Les d'Azémar ou Aze- 
mar sont très-nombreux dans la géné- 
ralité de Montpellier, mais Claude d'Azé- 
mar qui vivait au milieu du XVIII e siècle 
jouissait d'une estime particulière, et 
passait, quoiqu'il eût peu de bien, pour 
le gentilhomme le plus considérable du 
pays. Il était resté protestant de cœur, 
malgré les abjurations dont on vient de 
voir une trace dans les registres et dont 
il avait dû subir sa part. Les mêmes re- 
gistres portent comme baptisés seule- 
ment en 1751 deux de ses fils nés en 
1746 et 1748. Ce baptême catholique et 
forcé fut pour la famille un grave et dou- 
loureux événement. Depuis la mort de 
Louis XIV la réaction croissante contre 
les doctrines absolues « du grand règne » 
semblait devoir profiter aux réformés, 
mais le clergé catholique ne se lassait 

» Us citent aussi Jean d'Azémar de liège major au 
régiment de Yareunes, v. noo | Vlll, 373 bj. 



pas de faire bonne garde et de s'opposer 
à ce que la tolérance, dont l'administra- 
tion civile ne pouvait pas toujours se 
défendre, prît pied en France. Claude 
d'Azémar, veuf depuis peu, vivait pai- 
siblement dans son château à S. -Mau- 
rice avec un père et une mère octogé- 
naires et quatre jeunes enfants, lorsqu'au 
milieu d'une nuit d'août 1751 un huissier 
suivi de trente soldats vint l'arrêter et 
le conduire aux prisons d'Uzès. Son dé- 
lit était d'avoir suivant les suggestions 
de sa digne épouse défunte (Madelaine 
de Bousquet) fait baptiser ses deux fils 
au désert. Prisonnier, il se hâta de faire 
rebaptiser les enfants par le curé de S.- 
Maurice, il s'excusa humblement auprès 
de l'intendant de la province, il fit inter- 
céder ses amis pour lui ; tout ce qu'il 
put obtenir fut de n'être condamné qu'à 
1,000 liv. d'amende et aux frais (150 liv.). 
« Le rang qu'il tient dans le pays, ob- 
jecta l'intendant, le rend plus coupable 
qu'aucun autre d'avoir contrevenu aux 
ordres du roi au lieu de donner l'exemple 
de l'obéissance, et je ne vois pas d'ail- 
leurs que la punition qu'il subit ait fait 
beaucoup d'impression sur les autres re- 
ligionnaires de votre paroisse (la lettre 
est adressée au prieur de S.-Maurice, 
24 septembre 1751) , puisque la plus 
grande partie s'obstinent encore à ne 
vouloir point envoyer leurs enfants à 
l'église. » Se voyant condamné à payer 
et toujours en prison, Claude d'Azémar 
essaya de faire modérer la somme \ 
mais il n'y réussit pas davantage. En- 
core fut-il heureux de trouver à emprun- 
ter l'argent nécessaire et il sortit de 
prison le 3 décembre, après avoir payé 
les 1,150 liv. et en écrivant à l'intendant 
qu'il avait cru qu'un honnête homme, 
bon citoyen, très-zélé et très-fidèle sujet 
n'avait rien à craindre, « mais que puis- 
qu'il était autrement, il allait s'ensevelir 
dans sa chaumière en continuant d'in- 
voquer ardemment le grand Scrutateur 
des cœurs, afin qu'il touche en faveur des 
infortunés protestants celui de notre 

1 « Monseigneur, permette/, qu'un pauvre gentil- 
homme ave l'honneur d'implorer votre puissante pro- 
tection. Ma famille est une des plus anciennes de la 
province, et, malheureusement pour sa fortune, pro- 
testante de pore en lits, sans racaM variation, M '1'" 
l'a tenue daus la misère et r obscurité... » prisons 
d'Uzès, 8 octobre.) — Cette correspondance est tout au 
long dans le Bulletin, X, M. 



A\ 



ADHÉMAR 



i2 



auguste monarque et vous inspire, mon- 
seigneur, le charitable sentiment de me 
faire restituer une somme dont le paye- 
ment va me ruiner entièrement. » L'in- 
tendant Guignard, c'est-à-dire Jean-Em- 
manuel de Guignard, vicomte de Saint- 
Priest etc., trouva fort mauvaise la fin 
de cette lettre et il répondit : « Si vous 
étiez aussi zélé sujet de S. M. que vous 
voulez le persuader, vous auriez un 
moyen bien simple de le prouver en 
obligeant ceux qui ont imité votre dé- 
sobéissance à se soumettre, au lieu de 
vous expliquer à l'égard des mesures 
qu'on prend pour les ramener à leur de- 
voir sur le ton fanatique avec lequel vous 
annoncez vos sentiments (14 décembre).» 
— Mais il n'eut pas le dernier mot, car 
M. d'Azémar, en lui accusant réception 
de sa lettre, « avec le ressentiment con- 
venable aux reproches et instructions 
qu'elle contenoit. •» ajouta : « La rigueur 
de MM. les curés a mis les gens au dé- 
sespoir ; surtout voyant qu'on rebaptisoit 
leurs enfants traitant de bâtards ceux nés 
d'un mariage fait au Désert, en supposant 
malicieusement les ministres assez igno- 
rants pour ne pas sçavoir ondoyer selon 
l'institution. Tout cela a si fort aliéné 
les esprits qu'il n'est pas possible de les 
ramener, préférant, disent-ils, de souffrir 
patiemment toutes les peines qu'il plaira 
■ S. |f. de leur infliger plutôt que de 
satisfaire les désirs violents de MM. les 
curés. Voilà, Mgr, ce que j'ai cru devoir 
vous informer. Il ne me reste qu'à vous 
assurer que si porter l'amour du prince 
et de la patrie au point de préférer le 
triste état de protestant en Fran> 
j'avais l'alternative, à celui de feld-maré- 
chal dans le pays étranger constitue le 
fanatisme, j'en suis atteint au suprême 
degré. J'ai l'honneur, etc. » (Ijanv. 17ôî). 
Divers membres de la famille d'Azémar 
avaient cependant pris du service à i'é- 
tranger, mais celui qui avait écrit les 
nobles paroles que nous avons - 
resta fidèlement dans son pays, en sorte 
que ses descendants sont aujourd'hui 
plus que jamais de sincères protestants 
et, comme disait l'intendant, au premier 
rang dans leur pays. 

Un volume imprimé en 1SGI et com- 
posé presque entièrement d'analyses 
d'actes authentiques aujourd'hui consar~ 



vées dans la branche protestante de la 
maison d'Adhémar ' nous permet de re- 
prendre et de compléter la généalogie de 
cette branche en mettant aux places qui 
leur appartiennent ceux de ses membres 
que nous avons cités. 

En 1536, deux gentilshommes ver- 
riers, Etienne et Pierre Audemards. du 
lieu de S.-Martin-d'Euzet, reconnurent 
tenirde l'église cathédrale d'Uzès. moyen- 
nant 15 s. t. de cens, leur mas de Colom- 
biers et ses dépendances. C'est Thibaud. 
l'aîné des enfants de Pierre, de qui est 
émané le premier acte à nous connu 
où apparaisse nettement dans la famille 
la qualité de réformés. Il s'agit du tes- 
tament passé à Uzès, le 31 mars 1612, 
par noble Thibaud d'Azémard, déclarant 
dans cet acte de dernière volonté qu'il 
veut être inhumé « à la manière de 
ceux de la religion réformée, dont il 
fait profession. » La même clause se 
trouve dans le testament de son fils, 
noble Jacques Azémard. du lieu de S.- 
Maurice de Casevielhes. passé dans sa 
maison du dit lieu de S. -Maurice, le 
14 déc. 16Î1. Le fils de Jacques, noble 
Guérin d'Azémar, dont nous avons parlé 
ci-dessus, épousa en secondes noces * le 
27 avril 1680, demoiselle Françoise 
Dode, fille de feu Jacques Dode. doc- 
teur es -droits, seigneur de S. - Cristol 
d'Oleyrargues , et les époux promirent 
par ce contrat de faire solenniser leur 
mariage en la forme de la religion réfor- 
mée dont ils faisaient profession. On a 
vu que l'abjuration forcée des époux, à 
la révocation de l'édit de Nantes, suivit 
cet acte de bien près. Cependant l'aîné 
des enfants de ce second lit, Melchior 
d'Azémar. avait eu le temps d'être in- 
scrit (Ï0 juin 1681) sur le registre des 
baptêmes du consistoire de Lussan. Mel- 
chior épousa, le 14 juill. 1707, Margue- 
rite fille de Pierre de Pellegrin, sieur de 
La Taillade, et il en eut deux fils : Claude 
d'Azémard né le 12 juin 1708 qui eut en 
17M, avec l'intendant de la province. 
les démêlés que nous avons racontés, 
et Jaeques-Guérin d'Azémard ou d' Adhé- 

' Vol . in-i° intitulé Cenèalogie de la maison d'Adhé- 
mar Casecieille ; Montpellier, Gras impr., »35 pages. 

» M avait été marié une première fois, le 2 nov. 1658, 
-mérite de Kamon, dont il avait eu Clande, ré- 
sidant en la verrerie de la Calmette, Jean sieur de Co- 
lonilurr. el ïr-> 



43 



ADHÉMAR — ADMYRAULD 



u 



mar, né au mois d'octobre 1709. Ce der- 
nier passa en Prusse et devint grand- 
maître de la maison de la margrave de 
Bareith, sœur du roi Frédéric II (Voy. 
Œuvres de Voltaire, éd. de Kehl, t. XV, 
p. 232, et LXX, p. 218). Claude avait 
épousé, le 9 juill. 1733, demoiselle Mag- 
delaine de Bousquet, dont il eut entre 
autres enfants, Pierre-Melchior, l'aîné; 
né en 1740 , et Louis-Guérin , né le 
3 janvier 1746. Capitaine au régiment de 
l'île Bourbon à l'âge de 26 ans (1772) 
Louis-Guérin d'Azémar se délassait du 
service militaire par la culture des let- 
tres *, et de 1775 à 1787 servit d'une 
manière très-active aux colonies, parti- 
culièrement aux Indes où il l'ut nommé 
commandant du fort d'Ostembourg ; il 
mourut à l'Ile-de-France en 1826. Son 
frère aîné, Pierre-Melchior, resté dans 
sa province, et lieutenant au régiment de 
Flandres, épousa le 27 déc. 1762, Char- 
lotte, fille de Jacq.-Phil. de Montolieu, 
vicomte d'Héran, et devint, à l'époque 
impériale sous-préfet d'Uzès, puis en 
1808 préfet du Var et baron de l'em- 
pire. 11 mourut dans son château de Teil- 
lan, commune d'Aimargues (Gard), le 
2 septemb. 1821, et son administration 
avait laissé dans le Var de si bons sou- 
venirs qu'en 1844 le conseil municipal 
de Draguignan fit construire une fon- 
taine publique ornée du buste de l'an- 
cien préfet 2 . — Jacq. -Philippe, fils du 
précédent, servit dans la marine de- 
puis 1780 jusqu'à 1789, époque de son 
mariage avec Rose de Boisson, fille de 
Jean-Louis de Boisson, seigneur de 
Bagard, et mourut le 17 nov. 1793 à la 
suite d'un coup de feu qu'il reçut à l'ar- 
mée des Pyrénées orientales où il com- 
mandait une compagnie de cavalerie 
volontaire de citoyens du Gard. — Louis- 
Pierre-Alexis d'Azémar, son fils, né 
le 21 juin 1790, prit l'épée en 1807, 
comme sous-lieutenant d'infanterie à 
l'armée d'Espagne, et se retira du service 
en 1 828, avec le grade de capitaine d'état- 
major, après onze compagnes et sept. 
blessures. La devise héraldique jointe aux 



1 On a lie lui des «'OOlédiea : lM Deux Miliciens \\';i- 
ii s, 17721, le* Souliers mordoNt (l'iiris, 177(11, el divers 
(.oi'iiic-.. épures i't cliaiisiwi.s. 

I \<>v. mu' notice il Mm siiict (Ihiin VJ/isl. du Iaiuij'ic- 

do\ | par don Vaisaète, Mit. du Mage (tsiii), i. x, p. Ml; 



armes de la branche de Casevieille porte 
les mots : « Plus d'honneur que d'hon- 
neurs, » et il est véritable que les pro- 
testants rigides ont toujours eu la moin- 
dre part dans les faveurs du pouvoir *, 
moins peut-être par le fait d'un pouvoir 
catholique comme est celui qui presque 
toujours a gouverné la France, que par 
suite de l'esprit d'indépendance qui est 
le fond même de l'éducation protestante. 
Cependant c'est sous le régime de la 
Restauration qu'apparaît dans les actes 
des différentes branches de la maison 
d'Azémar-Casevieille, le titre de comte 
joint à leur nom. Les débats judiciaires 
soulevés par eux, comme nous l'avons 
dit, dès 1784 et repris en 1817, pour 
revendiquer l'identité d'origine de leur 
maison avec celles des anciens comtes 
d'Adhémar de Monteil, n'eurent leur 
entière solution que par un jugement 
du tribunal d'Alais, en date du 26 mai 
184 1 , ordonnant que « le nom d'Adhémar 
« sera substitué à celui d'Azémar dans 
« toutes les actes publics et privés rela- 
« tifs à Louis-Pierre-Alexis, à ses au- 
« teurs , frères et enfants. » Le comte 
L. -P. -Alexis avait épousé en 1817, 
M Ue Honorine Martin de Choisy, fille 
d'un conseiller à la cour royale de JSimes. 
De ce mariage sont nés quatre enfants, 
entre lesquels l'héritier du nom est le 
comte Roger d'Adhémar, né en 1821 et 
marié en 1846 à M Ile Denise de Chapel. 
= Armes : Mi-parti de France ancien et 
de Toulouse, c'est-à-dire d'azur semé de 
fleurs de lis d'or et de gueules à la croix 
d'or, avec un écusson, d'or à trois bandes 
d'azur, sur le tout. 

ADMYRAULD, Admirault etc. Dès 
le commencement du XVII e siècle, une 
famille de ce nom existait à La Rochelle. 
Un Michel Admyrauld était marié à 
Françoise Charrier, dont il eut deux fils : 
Toussaint et Jacques; et à la même 
époque Denis Admyrauld était marié à 
Jeanne Baudouyn, d'une grande famille 
écbevlnaie rocheloise, qui lui donna en 
1602 un fils nommé Jean. 



1 i.a Généalogie que boiib avons citée en slgnaMot la 
nomination «in capitaine Louis-Pierre-Aleiis, le ti no- 
vembre )827, comme chevalier du î/mtc militaire, 
ajoute : « un sait que cette décoration lut tondes pour 
récompenser le» wrvicei des officiers protestants, aui- 
■ini'is le «prmeut de catholicité fermait l'entrée de 
l'ordre Je Saini-L >uis. » 



45 



ADMYRAULT — AGARD 



46 



Mathurin Admirault. avocat à Sau- 
mur, épousa à La Rochelle, le 1 er juillet 
1641, Marthe de Lunneau ou Lonneau. 

La famille Admyrault, actuellement 
existante dans la même ville, et protes- 
tante, se rattache probablement aux pré- 
cédentes, mais on n'en est pas sûr. Son 
premier auteur certain est Gabriel Ad- 
myrault. négociant à La Rochelle en 
1735, marié à Marie-Jacquette Charles, 
et dont le fils, Pierre-Gabriel, mourut 
en 1782 après avoir été syndic, puis di- 
recteur de la chambre de commerce. Ce 
dernier laissa entre autres fils : ["Julien- 
Louis, qui fut membre du corps législa- 
tif, puis député, de 1814 à 1820, m. en 
1835 ; et Gabriel-Julien, député de 1831 
à 1837. = Armes: D'argent au quinte- 
feuille de gueules feuille de sinople et 
au chef de gueules. (Richemond. 

Adrets (le baron des), voyez Beau- 
mont. 

ADRIEN (Pierre), d'Avignon, mi- 
nistre à Chabeuil en Dauphiné, reçu ha- 
bitant de Genève, 6 octobre ! " 

ADOLPHE Françoise), jeune fille de 
ans, dont l'abjuration est insolite 
dans le recr. de l'église cathol. de Blain 
Loire-Inf.) au 25 nov. 1695, avec celle 
de son oncle Pierre Lamothe; voy. ce 
nom. 

AFFAGAR M \del.\ine ), dame de 
Juisné, puis dame de Lanfernat, vers 
1555-1575 VI 471 b]. 

AFFAITADY (Lâche;, épouse de 
Georges de Montmorenev de Bours, 
v. 1590 [VII. 493 a . 

AFFANEUR, secrétaire du duc de 
Rohan, figurant à l'assemblée dé Pons, 
en Saintonge, v. IÔÎ0.— Daniel), sieur 
de Conteneuil abjure en l685fIV, "27 a . 
itte famille était florissante à Pons 
au milieu du XVII e siècle. Les registres 
de l'état civil ' nous montrent en 1657 
et années suivantes Judith Affaneur. 
femme de Michel Aymier. notaire, Anne. 
femme de Daniel Vaurigaud: Elisabeth, 
femme de Paul de Baudroux, « instruc- 
teur de la jeunesse à Pons ; » Gabriel 
Affaneur, sieur de La Siray, etc. — Ar- 
mé» : D'azur à une fasce d'or. 



1 Conservés au greffe de Saintes, et dont nous devons 
la connaissance à un travail de M. le comte J. df Cuk- 
vus rvlatif à l'état civil protestant de Saintes, ton», 
Cozes et autre? lieux de la Saintonge. 



AFFET1XEAU (Jean), Orléans, 1568 
VI, 531 b]. 

AFFIXHER ou AFFIGXER, député 
aux synodes de 1614 et de 1617 [II, 
253 a, note: Vil, 64 a, note". 

AFF1S Isabelle d'), Toulouse, 1559 
[111, 106 aj. 

AFFOLARE Estienne;, orfèvre, natif 

de Lyon, reçu habitant de Genève, 27déc. 

— On trouve le même nom écrit : 

Affouard. Affaire, Afouer et Afoyr. 

AFFRE Etienne .ancien de Poussan, 

156-2 Buii.iii, <m . 

AFFRES (Jehan, fils de Bernard;, 
« costurier. de Dunes, près de Gyen li- 
sez Agen) au pays de Gascoigne, » reçu 
habitant de Genève, 23 septembre 1550. 
— Bernard), natif de Dunes en Age- 
noys, et de même couturier, est admis 
à son tour le 4 septembre 1551. 

AGAR Jean), Chilleurs (Loiret), 1619 

rvn, 445*}. 

AGARD. Le nom provençal, Agar. 
Agard ou d'Agard (quelquefois Dagar 
et Dagard , appartenait à plusieurs fa- 
milles probablement différentes, mais 
dont la démarcation nous échappe; et 
dans la même famille on signait tantôt 
d'une façon, tantôt de l'autre. 

1. En 1563, Pierre A gard, de Tourette- 
-\ ence, faisait ses études à l'acadé- 
mie de Genève [Livre du Recteur), et le 
même, devenu « ministre de Faience en 
Provence, ■ se retrouve à Genève le 
28 octobre 1572, fuyant la Saint-Barthé- 
lémy, et se faisant recevoir habitant de 
la à-publique. C'est encore le même 
Pierre Agard qui, le 8 févr. 1573, mi- 
nistre alors en Savoie, à Filly, puis en 
lire, et plus tard en Dauphiné, 
épousait Jeannette Cresp, d'une famille 
genevoise originaire de Grasse en Pro- 
vence. 11 mourut le 3U août 1604, étant 
ministre à Romans et Chateaudouble en 
Dauphiné. Il avait eu de sa femme, à 
Genève, de 1573 à 1583, quatre filles et 
un fils, David, qui était étudiant à lac. 
de Genève en 1598, ministre en 1607 * 



1 David Agard fut reçu au saint ministère en 160*, 
pasteur à Chateaudouble (604-1608 iprété pour trois 
rwtOB 1606, a Romans 1609-1610. à Beaure- 
paire et Rovbon 16H-I6I5. à Valence et Soyon Vivarais) 
«615-1&». Pendant qu'il était à Crest, les catholiques 
l'emprisonnèrent. Le svnode de Saint-Marcellin, 1606, 
prit sa défense et le rei «nunanda au célèbre Charnier 
qui allait en cour et obtint sa délivrance. (Antaa. 



Al 



AGARD 



et pasteur de Sovon dans le Vivarais en 
1620etl626[V, 140 a; VI, 408a; X, 332]. 

2. Le Livre du Recteur signale encore 
comme étudiants à Genève : en 1626 Paul 
d'Agar, de Gavaillon, religieux de l'ordre 
de Saint-Dominique converti au protes- 
tantisme ; et en 1717 Jacques d'Agar, de 
Londres. 

L'ancien dominicain, Paul Agar ou de 
Agard, converti en 1626, fils de feu nob. 
Laurent d'Agar et de Marguerite de 
Paule, après avoir fait à Genève ses 
études de théologie, y avait épousé, le 

22 oct. 1626, Gabrielle, fille de feu Abr. 
Cartier, régent au collège. Il eut d'elle 
un fils Alméric- Jacques qui fut baptisé 
à Paris, à la chapelle de Hollande, 

23 juin 1631 ; le parrain fut Jacques 
Sarrasin, médecin, et la marraine Ca- 
therine de La Suse, veuve du marquis de 
La Moussaye. 

Paul d'Agar épousa en secondes noces 
à Gharenton, au mois de mars 1632, 
Jeanne, fille de Toussaint Le Pelletier 
(ou Pelletier) et d'Elisabeth Lefort, 
dont il eut onze enfants. Il fit baptiser à 
la chapelle de Hollande le 28 janv. 1635 
Jacquette et le 10 janv. 1639 Isaac 
d'Agar; à Gharenton Jean le 5 décemb. 
1632, un autre Jean, né le 6 nov. 1633, 
Jean-Paul le 3 fév. 1636, Abraliam le 
15 novemb. 1637, Charlotte le 25 mars 
1640, Jacob le 9 mars 1642, Jacques le 
28 juin 1643, Théodore le 15 juill. 1646 
(parrain Théodore Naudin, docteur en 
médecine), Marie le 13 mars 1650. 

3. Théodore d'Agar épousa le 25 sep- 
temb. 1675 Marie Baudier, catholique, 
dont il eut Marie-Madelaine baptisée à 
Charenton le 1 er oct. de la même année et 
Théodore né le 25 avril 1677. Son frère 
Abraham épousa Geneviève Galet dont 
il eut Anne baptisée le 22 juin 1673 et 
Abraham baptisé le 26 juin 1676 (Reg. 
de Charenton). 

4. D'après Pithon-Gurt, « l'aîné des 
quatre fils de Paul d'Agar et de Jeanne 
Le Pelletier » (nous venons d'en nom- 
mer huit) fut ingénieur militaire au 
service de l'Angleterre et capitaine 
d'une compagnie des gardes du roi 
Charles IL Le cadet fut lieutenant 
il.i n s la compagnie de son frère et 
mourut sans alliance. Le quatrième 
fut exempt deB gardes <Ui corps du roi 



Guillaume et mourut brigadier, sans 
enfant. Quant au troisième, nommé 
Jacques, il resta quelques années en 
France après la retraite de ses frères 
et s'éleva au grade de colonel. Il finit 
cependant par passer en Angleterre. Le 
roi Charles II lui donna une place de 
gentilhomme servant et l'employa dans 
des négociations auprès du roi de Dane- 
mark, à qui Agar s'attacha lorsque Char- 
les II eut cessé de vivre. S. M. danoise, 
Christian V, le nomma son ministre 
auprès des électeurs de Saxe et de Bran- 
debourg. Il avait épousé en Angleterre 
Marie Hamilton dont il eut Charles, 
marié à Londres avec Constance Caron, 
fille d'un vice-roi des Indes occidentales, 
et Joseph-Gabriel, qui fut élevé page de 
Frédérc-Guillaume, roi de Prusse, ser- 
vit en Hongrie, puis passa au service 
du Danemark comme capitaine dans les 
gardes de la marine et finit par abju- 
rer le protestantisme. Jacques Agar, le 
père de ces deux derniers, devenu veuf, 
se remaria, en Danemark, avec Made- 
leine Le Jeune, dame de La Borne- 
blanche en Normandie; elle donna à 
son deuxième mari trois enfants : Jean , 
officier au service de Suède en 1709; 
Susanne, femme de Formont, capitaine 
des gardes de Frédéric IV, roi de Da 
nemark, et Marie, morte fille. Il mou- 
rut lui-même le 16 octobre 1715. Tels 
sont les renseignements de Pithon-Curt, 
Nous devons cependant ajouter que le 
mariage de « Jacob d'Agar avec Made- 
leine Le Jeune, veuve de Jean Berthe- 
lin de Rouen, » eut lieu, non en Dane- 
mark, mais à Charenton, en avril 1675. 
C'est aussi à Charenton que fut baptisée» 
leur fille Suzanne, le 24 février 1677. 
Nous croyons d'ailleurs que Pithon- 
Curt a commis une confusion, et qu'il 
s'agit ici non pas du colonel Jacques 
d'Agar (baptisé le 28 juin 1643), mais de 
son frère le peintre Jacob (baptisé le 
9 mars 1642) que notre généalogiste n'a 
pas connu et qui fut également obligé 
de se réfugier en Danemark* 

5. D' Agard (Jacob), né à Paris en 1642, 
cultiva la peinture et se livra d'abord à 
la peinture d'histoire, qu'il délaissa en- 
suite pour l'art du portraitiste où il de- 
vint d'une habileté remarquable. Le 
3 août HiTTi il fui élu membre de l'aca 



49 



AGARD — AGIER 



50 



demie royale de peinture sur la présen- 
tation qu'il avait faite de deux portraits 
d'hommes (MM. Girardon et Anguier). 
Il ne lui fut pas longtemps permis de se 
parer de son titre, car le 31 janvier 1682 
son nom fut rayé de la liste des acadé- 
miciens, en vertu des ordres du roi, par 
la seule raison qu'il était protestant. On 
était bien près alors de la révocation de 
l'édit de Nantes. Soit qu'il ait ou non 
attendu jusque-là, il était quelques an- 
nées après peintre de la cour du roi de 
Danemark , Christian V, et , après la 
mort de Christian, peintre de son suc- 
cesseur, Friederick IV. Au commence- 
ment du XVIII e siècle, il obtint du roi 
de Danemark la permission de visiter 
l'Angleterre et il fit à Londres, au temps 
de la reine Anne (1702 et années sui- 
vantes), les portraits d'un grand nombre 
de seigneurs et de personnages anglais. 
De retour à Copenhague, il y mourut 
(1716 . Son portrait, peint par lui-même 
en 1693, est conservé à la galerie de 
Florence [VII, 36 a ; IX, 40 b, 358 b.] 

En premières noces, Jacob d'Agar 
avait épousé Marie, fille du peintre Jean- 
Michel Picart. Elle était catholique et 
lui donna au moins trois enfants : 
1° Jeanne-Michelle, baptisée catholique 
à L'église de S. -Barthélémy, le 30 mars 
. inhumée le 29 août 1670 : 2« Char- 
les, baptisé ibid. le 15 février 1669; 
3° Jean-Michel, enterré au cimetière pro- 
testant de Charenton (des Saints-1' 
selon le Dictionnaire de M. JalJ, le 26 no- 
vembre 1671 1672, d'après M. Jal;. 
C'est au premier de ces enfants que se 
rapporte l'inscription suivante relevée 
sur le registre des baptêmes de l'église 
S.-Barthélemy de Paris : « Jeanne-Mi- 
« chelle Dagar, née à... le..., tille de 
« f. [sieur?] Jacob Dagar. écuyer. de la 
« R. P. R., et de Marie Picard de la re- 
<> ligion C. A. et R., tous deux ayant 
« leur habitation chez M. Jean-Michel 
■ Picard pareillement de la R. C. A. 
« et R. et ancien marguillier de la pa- 
« roisse , a été baptisée le vendredi 
« 30 mars 1668. Son parrain J.-M. Pi- 
" card susnommé et sa marraine ont pro- 
« mis devant Dieu d'élever leur filleule 
« dans la créance et religion C. A. et R >• 

H. Un HVwyd'^arfutnaturalisé sujet 
anglais lf 9 sept 1698 [Agnew 1,54).= 



Armes de la fam. d'Agar, de Cavaillon : 
De gueules à la molette d'éperon d'argent 
au chef cousu, d'azur, chargé d'une croix 
tréflée ou fleuronnée d'or (Pithon Curt). 

AGASSAC (Jehan de , « mercier, na- 
tif de Rabastenx , » reçu habitant de 
Genève, 1 er nov. 1557. 

AGASSE, anciennement Agace, fa- 
mille parisienne. Etienne Agasse, orfè- 
vre de Paris, fut reçu, 14 mars 1682, 
habitant de Genève où il épousa. 1689, 
Anne Plantamour. Un autre Etienne 
Amasse, fils de feu Etienne, revint 
d' Ecosse, où il était né, se faire aussi re- 
cevoir habitant de Genève, le 2 déc. 1740, 
bourgeois en 1742, avec ses fils Philippe 
et Daniel, dont le premier eut de Ca- 
therine Audeoud, sa femme, Jacques- 
Laurent Agasse, né le 27 mars 1767, 
célèbre peintre d'animaux. — Zacharie, 
Abdias, Jacob et DanieL-J ^racefurent tous 
quatre directeurs de l'hospice des réfu- 
giés français à Londres, de 1759 à 

nigaud, Mém. de la Soc. d Hist. de Genève. VI, 59. - 
Sordet. - tgnew 1 

À.G-AS8EAU (J.), condamné à Bor- 
deaux, 1569 [II, 416 a]. 

AGASSY ou ;>asteur de Dé- 

salignés en 1660 Bull. XV, [ 

Au U"LT(d' , Bretagne, 1563 (VIII. 
•2( il a]. 

AtlÉ ou Agey, famille (4 personnes) 
-.-Hippolyte en Languedoc, réfugiée 
à Ma^b'liuurg. 1698. 

A.GEZ la baronne d'), convertie v. 
1660 à Bordeaux (Bull. VIII. -264). 

AGEXOX (Jeanne), femme de Jean 
du Bouchet; Poitou [IV, 332 a]. 

AGEROX (plus anciennement Agi- 
ron . famdle dauphinoise, 1680 [V, 17 b]. 

— Abraham, fils de feu Charles), de 
Roybon en Dauphiné. reçu bourgeois de 
Genève avec son fils Gabriel, 5 nov. 1666. 

— (Pierre), de Romans, reçu habitant 
de Genève, 1689. — (Elisabeth, fille de 
feu François) et veuve de Pierre Ageron 
de S.-Antoine en Dauphiné, réfugiée à 
Genève où elle testa en 1697. — Jean 
Ageron naturalisé anglais, 3juillet 1701. 

AGERRE Jeanne], femme d'André, 
sieur de LaCondamine, 1714 [VI, ! - 

AGIER (Jaques, fils de feu Louis), de 
Ximes, marchand drapier, reçu habi- 
tant de Genève le 28 janvier 1701 et 
bourgeois le 4 février 1702, diacre de la 



51 



AGIER — AGUITTON 



52 



Bourse française en 1726. Un de ses 
descendants, Pierre, fut capitaine de la 
garnison de Genève en 1789. Une autre, 
M lle Agier-Prevost, a écrit un roman, 
Elèonore de Cressy, publié après sa mort 
(1823, Genève et Paris, 2 vol. in- 12) avec 
une notice préliminaire sur la vie de 
l'auteur. — Antoine Agier, ou Atgier ou 
Atger, ditLa Valette, chef camisard ré- 
fogié à Genève en 1705 [VIII, 251, 252, 
353]. « Soupçonné d'être en correspon- 
dance avec les Camisards et de fomenter 
les rébellions des Cévennes, » il fut pour 
ce fait emprisonné en nov. 1709, par ordre 
du Conseil et sur la demande de M. de 
Lozilière, neveu et remplaçant du résident 
de France. Il ne fut libéré que le 2 juil- 
let 1713, la paix étant faite, sur les in- 
stances de M. Stanyan, envoyé d'An- 
gleterre en Suisse. M. de Lozilière 
n'avait cessé de « payer la pension » du 
prisonnier. (Dufour.) 

AGINCOURT (Paul d') et sa femme, 
réfugiés et assistés à Londres, 1702. 

AGIRAUD (Jehan), « du lieu de Ma- 
dich, pays d'Auvergne, » reçu habitant 
de Genève, 1 er mai 1559. 

AGNAN(d'), pasteur à Bourges, 1562 
[VII, 472J. 

AGNEAUX (Jacques de Sainte-Ma- 
rïb, sieur d'), 1563 [IX, 109]; voy. 
Sainte-Marie. — (Jean d'), sieur de De- 
sertines, 1786 [VII, 310 b]. — M»« d'Ai- 
gneaux, enfermée au couvent à Gaen, 
Bull. Vil, 421. — On a imprimé à Lon- 
dres, 1723, in-12 : Le devoir de la con- 
version; ou sermon sur ces paroles 
d'Ezéchiel, ch. XXX11I : « Détournez- 
vous, détournez-vous de vostre méchant 
train, etc. «prononcé le 11 d'octobre 1723 
dans l'Eglise Franc, de la Patente en 
Soho, par J. d'Agneaux, ministre. 

AGNEL, plus anciennement Agniel 
de Riez (Carolus Agnelus Regensis , \iro- 
viitcialis) , étudiant à Genève, 1645. 
Admis au saint ministère par le colloque 
deGexen 1647, il fut depuis lors jusqu'en 
1659 pasteur de Sacconnex, Pregny, 
Meyrin et Vernier; puis pasteur à Me- 
rindol (1660). Plus tard il se lit recevoir 
habitant de Genève et y mourut en 
1687. Sa descendance s'y est éteinte à 
la lin du XVI 11' siècle. — (Daniel , de 
liiez, réfugié à Genève eu 165%; 

CUparMe. Ksi. réf. do paya deCex. 



AGOS (d'), nom douteux d'un député 
à un colloque, 1613 [VII, 149 b]. 

AGOULT (Maison d'), en Provence, 
voy. Bonneval [II, 396 a), Montauban 
[VII, 454] et Montmaur [VII, 491 b].Voy. 
aussi : [I, 242 ; II, 456 a ; 111, 103 ; V, 254 
b; Vil, 129a; IX, 473b]. 

AGOUST, Saintongeois [V,127b].— 
C'est probablement au même nom qu'il 
faut rapporter l'inscription suivante sur le 
Livre du Recteur : Isaacus Ajoustus Bra- 
geracensisPetragorius, 1625. — Dans les 
actes français de Genève : Aiouste % . 

AGRENET (Hélène d'), 73 ans, as- 
sistée à Londres, 1702. 

AGRETY, capitaine, 1572, Haut-Lan- 
guedoc [VIII, 341 b]. 

AGRIS (François d'), époux d'une La 
Rochefoucauld vers 1640 [VI, 357 al. 

AGUERRE (d), capitaine, 1576'ril, 
466 a]. Voy. Daguerre. 

AGUESSEAU (Marguerite d'), da- 
moiselle, veuve de feu Arnauld Moyne, 
avocat au siège présidial de Saintes; 
1574 (Reg. de Saintes). 

AGUET (Bartelemy), de Rion en 
Provence , chapelier, reçu habitant à 
Genève, 24 nov. 1572. 

AGUILLON (Isnard), âgé de 80 ans 
et aveugle, pris et jeté du pont de Siste- 
ron en bas, 1562 [X, 471]. — (Louise), 
réfugiée à Genève avec son mari Jacques 
Crouzet, de Montpellier, en 1700. 

AGUILLONNEÏ (André d'), ancien 
de Nîmes 1583 [X, 184]. — (Jacques), 
consul, 1607 [VII, 461 b]. —Voyez en- 
core : [1, 247; V, 462 b, 465 a]. 

AGUIRRE (Chrétienne d'), comtesse 
de Sault. On lit dans les mémoires de 
Sully que cette dame favorisa en Pro- 
vence le parti de Henri IV, y aida à 
l'expulsion des ducs de Savoye et d'Es- 
pernon, enfin qu'elle travailla pour em- 
pêcher la conversion de Sully. (Haag.) 

AGUITTON ou AGU1TTE (Jacques. 
Peyron et Mathieu), de Lourmarin , 
massacrés, 1562 [X, 470]. Peut-être est-ce 
à la même famille qu'il faut placer Guil- 
laume, fils de feu Guillaume Aguiton, 
de lourmarin, négociant, reçu habitant 
de Genève, l ( .) avril 1740, bourgeois en 
1744, et dont la descendance existe en- 

• ce sont diverses formes A'Jugvftv* qni cet devenu, 
dans le calendrier, atmtt.aoUt, ci tond aujourd'hui, par 
une lâche prononciation, ù s'affaisser en Ont. 



53 



AGUITTOX — AIGUEFOXDE 



M 



core. Une autre famille genevoise de ce 
nom, également réfugiée, s'est ancien- 
nement appelée Guiton. Voir ce nom. 

AGULHAC .'Charles d", vers 1630 
I. 223 a]. 

AGULHOX :*>')., Nîmes, 1612 [V, 
95b]. — (Marguerite d';, 1639 [III» 89 b]. 

AGULHOX (Amans), ■ de Saïgas en 
Recoules, diocèze de Mendes », galérien 
sur la galère VEmeraude , condamné 
pour assemblée pieuse à Dunquere en 
Liste des prof, qui s. . — Voy. 'X, 
i 1 7" . — (Claude), galérien, 1705 [X, 424]. 

AGUY80N 'Estiesne et Giraud), 
frères, de Rossiilion, dioc. d'Apt, reçus 
habitants de Genève, 17 août 1556. 

AGLZE, ancien à Montdardier, 1681 
IX, 5 a]. 

AIBOUD Jkan . de Bourg en Bresse, 
reçu habitant de Genève. 23 août 1574. 

1. AID1E ou AYDLE (Geoffroi. , jei- 
^nei/rdeGiiTiMÈREs, capitaine huguenot 
qui, au rapport de Castelnau, fut tué à la 
bataille de Jarnac, en 1569. Si ce fait n'est 
pas controuvé, c'est sans doute son fils, 
Antoine d'Aidie qui, en 1570, comman- 
dait un corps de troupes sous les ordres 
de Coligny, lors de l'expédition de l'ami- 
ral dans îe Midi, après la malheureuse 
bataille de Moncontour. D'Aubigné le 
distingue par l'épithète d'Huguenot d'un 
autre Guitinières qui servait à la même 
époque dans l'armée rovale [HaagI, 
15 b. —II, 460b]. 

2. L'ancienne maison d'Aidie, en Pé- 
ri gord, s'était divisée eu plusieurs bran- 
ches; celle du Béarn en était la souche. 
Geoffroi, troisième fils d'Odet d'Aidie, 
dit le Jeune, vicomte de Riberac, et 
d'Anne de Pons, est celui de ses mem- 
bres qui fonda la branche de Guitinières. 

6. AID1E F. ii' , condamné, 1509, à 
Bordeaux [II, 415 a]. 

AIGALIER, ministre ;'ugié 

à Genève, sollicite afin que sa femme 
longtemps détenue en France et refusant 
d'abjurer lui scit rendue, avec ses en- 
fants qu'elle ne veut pas quitter: 
Archiv. tfért. Tt). 

AniALLiERs le baron d . Voy» Rossel. 

AIGXA. pasteur à Gien, 1559 (Bull. 
VIII 

A1GXAX (Jacques . condamné à être 
pendu, Paris. 1562 IX. 310 b.] - Ma- 
rie;, 1627 Vin, 188 . 



AIGXE VILLE Hélène et Anse d'), 
dames deBoubers, vers 1650 [II, 4 1 

AIGXIER J.), précipité du haut de 
sa maison à Hières en Provence, puis 
pendu par un pied aux murailles de la 
ville. 1562 [X 471 J. 

AIGXOX (D), pasteur de Chaumont 
en Bassisnv, v. 1560-1567 (Bull. VIII, 
73: IX, 297). 

AIGOIX, ou Aigouin, quelquefois Ai- 
guoin, ou Daigoin, consul de Sumène. 
Languedoc. Itj27 [I, 277 a: VIII. 491 tt}. 

— (Pierre . des Cévennes, étudiant à Sa u- 
mur-.. V, 513 b: VI, 311 I 
(François , pasteur de Roquedur, 1660 
(Bull. XV. 58(i . — L'iuis '. ministre de 
Sumène, 1664-1684 [1U. 32 b : VII. 1 V* 7 a : 
VIII. 302 b ; IX, 5 a\ - Pierre, (fils de 
Jean , de Sumèrie, apothicaire, réfugié 
au Brandebourg, puis à Genève , 1699. 

— (Marie), déportée en 1687 [X, 432]. 

— Voy. Aiguyon. 

AIGREFE l IL Guill. de Rozel, sieur 

ttté en 1622 IX, 66 b]. 
A1GREFOIX i**), capitaine, 1567 
[VIL 359 a]. 

1. AIGREMOXT, conseiller au par- 
lera, de Pan>. 1562 IV. 210 b]. 

2. AIGREMO.NT : : Hochesiore, ba- 
rons d' [IV, 131 a: VIII. 459 b. 
Rochemore. — Autre baron d'\ 1678, 
condamné 1691 ML 196 h: X. 402]. 

A1GREYILLÈ (Guill. d'), pasteur de 
Ribaute, 

A1GUBBONNE Jehan d), marchand 
à Lyon, reçu habitant de Genève, 8 sep- 
temb. 151 

1. A ICI EFOXDE (famille EsrÉR an- 
dieu, sieurs n' .XVIII e siècle [Haair, IV. 
J • Vi,56b; IX. 498 a]. 
Voy. aussi Esi>érandiel\ — « Les barons 
d'Aiguefonde se sont toujours l'ait re- 
marquer parmi les plus intelligen 
plus généreux soutiens du protestan- 
tisme ; ils ont payé de leurs personnes 
dans les synodes, dans les députations. 
sur les champs de bataille. Celui qui 
vivait au temps de Voltaire s'employa 
activement en faveur du malheureux 
Sirve/t qui du reste était feudiste sur 
ses propres terres. La race est mainte- 
tenant éteinte : le dernier des barons 
d 'Aitiuefonde qui a clos la série de ces 
nobles défenseurs du libre Evangile et 
de la libre foi, vient de mourir, muni des 



55 



AIGUEFONDE 



AIGUISIER 



56 



sacrements de l'Eglise ; il s'était fait ca- 
tholique à l'époque de son mariage. » 
(G. Rabaud, Hist. du protest, dans l'Al- 
bigeois, 1873, p. 489.) 

2. AIGUEFONDE (B. de Madaillan, 
sieur d'), 1688 [VII, 162 b]. 

AIGUESVIVES (Arnaud de Bernon 
ou Vernon, sieur d'), v. 1580 [VI, 435 a]. 

AIGUILLON (Antoine), Camisard. 
Voy. Ayguillon. 

AIGUISIER ou Eguisier (Philippe), 
natif de Marseille, était fils de noble Ni- 
colas Aiguisier, avocat au parlement 
[IX, 351 b]. Entré dans les ordres sa- 
crés et devenu docteur en théologie, il 
exerça la prêtrise jusqu'au moment où 
chargé, comme missionnaire à La Salle, 
d'accompagner Fr. Teissier, martyr des 
assemblées du désert *, il éprouva lui- 
même clans sa conscience le besoin 
de rompre avec l'Eglise persécutrice. 
Après de douloureux combats inté- 
rieurs, il parvint à sortir du royaume 
et à se retirer à Berne, où il put en- 
fin rendre témoignage à la vérité. Par 
suite de cette abjuration, dénué de toute 
ressource, il se rendit à Lausanne, où 
les pasteurs français l'accueillirent et 
s'intéressèrent à lui. Admis à l'essai à 
Vevey, au mois d'avril 1689, sur leur 
recommandation, comme régent de la 
première classe et principal du collège, 
il fut nommé d'une manière définitive, 
le 16 mai suivant, à cet emploi qu'oc- 
cupait avant lui un autre réfugié fran- 
çais nommé Lantelme. Au mois de juin 
la Bourse française de Lausanne lui fit 
don d'un habit, sans doute afin qu'il pût 
se présenter d'une façon convenable 
dans l'exercice de ses nouvelles fonc- 
tions. Malgré la modicité du revenu que 
pouvait lui procurer son travail, Aigui- 
sier, souffrant de son isolement, songea 
à se donner une compagne. Il épousa à 
Vevey, le 17 novembre 1690, une de ses 
compatriotes, réfugiée comme lui, Ju- 
dith, fille de feu Pierre Favier, mar- 
chand, de Montélimar en Dauphiné. Il 
remplit ses fonctions avec approbation 
jusqu'à la fin de sa vie. On trouve dans 
les registres du conseil de Vevey plu- 
sieurs preuves de l'intérêt que le zélé 
pédagogue portait au collège et au dévo- 



iler. 



il h Écrit la relation de •■•'( 1 1> etécnlton. Voj Teis- 



loppement de ses écoliers. En nov. 1692, 
il fit représenter par eux, comme exer- 
cice de déclamation, une pièce ayant 
pour sujet Yhistoire de Joseph. On sait 
combien l'usage des représentations théâ- 
trales était répandu au XVI e et au XVII e 
siècle dans les institutions scolaires. A 
Lausanne, les étudiants avaient souvent 
donné, sur la place publique, le specta- 
cle de drames allégoriques ou sacrés, 
tels que Yhistoire de Suzanne, jouée 
successivement en grec, en latin, en 
français et même en allemand en l'hon- 
neur de Monsieur le baillif, ou le Sacri- 
fice d'Abraham en vers français, com- 
posé exprès pour eux par l'illustre 
Théodore de Bèze. Les régents de Ve- 
vey tenaient à honneur de ne pas trop 
rester en arrière de ce qui se faisait sous 
l'inspiration des professeurs de Lau- 
sanne, et ainsi se conservait cette tra- 
dition se rattachant aux anciens mys- 
tères du moyen âge. En 1694, Aiguisier 
tenta une entreprise qui pourra paraître 
d'une bien grande témérité. La pièce 
qu'il se proposa de donner au public de 
Vevey n'était rien moins que la tragédie 
(YEsther que jouaient à Saint-Cyr, cinq 
ans auparavant, sous la direction de 
M me de Maintenon, les demoiselles de la 
maison royale. L'ambition littéraire du 
principal avait été non-seulement de faire 
représenter par ses élèves l'œuvre du 
grand poète, mais de la compléter par 
deux actes nouveaux qui offraient l'a- 
vantage de permettre la suppression du 
prologue à la louange de Louis XIV, 
mais aussi le danger de mettre la versi- 
fication d' Aiguisier à côté des vers de 
Racine. La représentation n'eut pas lieu 
parce que le baillif de Vevey étant ab- 
sent il fallut la différer jusqu'à son re- 
tour et que la mort surprit l'auteur avant 
que ce retour n'eût lieu. Mais elle avait 
été imprimée dès l'année précédente 
sous ce titre : 

Addition à la tragédie d'Est lier, con- 
tenant deux actes dont le premier re- 
présente la réjection de Vasthi et le 
deuxième le couronnement d'Esther. Par 
le prosélyte de la Providence, principal 
et premier régent du collège de Vevey. 
A Genève, chez Vincent Miege, 1693, 
pet. 8°, 32pag. Dédié a très noble, magn. 
et non. seig T M. Jean Louis Steigef, ba- 



57 



AIGU1SIER — AILLY 



58 



ron de Mons, baillif de Vevey. capitaine 
de Ghillon. 

C'est au mois de novenib. 1694, qu'Ai- 
guisier mourut, sans enfants. Il laissa 
un honorable souvenir dans la ville qui 
l'avait adopté. Ces paroles que le mar- 
tyr Teissierlui avait adressées : «Vous 
mourrez dans notre religion, » étaient 
demeurées comme un trait acéré dans 
son âme et Dieu daigna les y bénir 
comme des paroles prophétiques. 

Jules Chavanues, Bull. X, 396, et les Réfugiés franc, 
dans le pays de Faud |I874|, in-12, p. 267. 

AIGU YON ou Aigoy.n (Pierre}, pasteur 
de Valfrancesque, 1568-1608 [X, 271). 

A1LLAUD (Jean), de Nîmes, étudiant 
à Genève, 1598. — (Madelaine), réfugiée 
et assistée à Londres, 1721. — P. -A., 
Jérémie et Rose), à Montauban. con- 
damnés, 1736 [X. 404], 

AILLEBOUST (b , avocat au par- 
lem. de Paris, 1600 [V, 283 b; voy. V, 
539 a]. — Ailliloust (Marie d'), femme de 
Jean de Bédé, avocat au parlem. de Pa- 
ris, morte en lb4l> Bull. Xll, 283). 

A1LLET (Toussaint), tailleur de 
limes, « natif de Colans, près Noyan- 
le-Roy, en Normandie, » reçu habitant 
de Genève, 4 mai 1556. 

AILL1È1ŒS Lb \ a>skur, sieurs d), 
v. 160U[YI1, 55 b]. 

AILLY, Ally ou Arly ^maison d). 
Cette maison tirait son nom de la terre 
d'Ailly-Iiaut-Clocher, en Picardie. Ro- 
bert d' Ailly, qui vivait vers l'an 1090, en 
est la tige. C'était une des plus grandes 
familles de la province. En 134*2, elle 
acquit, par suite du mariage de Ro- 
bert 111 avec Marguerite de Péquigny. 
la seigneurie de Péquigny et le vidamé 
d'Amiens, qui. en 1620, passèrent dans 
la maison d'Albert-de-Chaulnes, par le 
mariage de Charlotte-Eugénie, héritière 
de la branche ainée de la maison d' Ailly. 

Le Laboureur, dans ses Additions aux 
Mémoires de Gastelnau, regarde l'al- 
liance de la maison d' Ailly avec celle 
d'Esternay , « comme la cause fatale 
qui engagea au party de la religion pré- 
tendue, dont ce seigneur d'Esternay 
[Jean Raguier] estoit l'un des princi- 
paux chels, non seulement la maison de 
Bélhune [qui lui était également alliée], 
mais encore celle d' Ailly de Piquigny. » 
Deux des membres de la famille 



d'Ailly se sont distingués comme capi- 
taines dans l'armée des huguenots ; c'est 
Louis d'Ailly « l'un des plus grands sei- 
gneurs de la Picardie, dit Castelnau, 
qui s'attacha d'inclination au prince de 
Condé, gouverneur de la province. » et 
Charles d'Ailly, seigneur de Péqui- 
gny, tous deux fils d'Antoine d'Ailly et 
de Marguerite de Melun. Louis d'Ailly 
avait hérité du vidamé d'Amiens, à la 
mort de son frère aîné. François, décédé 
en 1561, à Londres, où il s'était retiré 
pour cause de religion ; dans la Coutume 
du pays, rédigée en 1567, son nom est 
mis en tète de la noblesse, immédiate- 
ment après ceux des princes. 11 fut tué 
à la bataille de S. -Denis, en 1567, et 
ne laissa aucun enfant de sa femme Ca- 
therine de Laval. Son frère, qui combat- 
tait avec lui au centre sous les ordres du 
prince de Condé, périt dans la même 
journée ; et, au rapport de Davila et de 
Thou, un de ses tils y mourut avec lui, 
mais La Morlière, dans sa généalogie de 
la famille, ne fait pas mention de ce fait. 
Ancien siouverneur de Moncalvo dans 
le Montferrat, Charles d'Ailly était che- 
valier de l'ordre du roi et capitaine de 
cinquante hommes d'armes. Sa femme, 
Françoise de Warty, dame d'honneur 
de la reine mère Catherine de Médicis, 
lui avait donné plusieurs enfants. L'aîné, 
Philibert-Emmanuel . qui avait hérité de 
-rneurie de Péquigny et du vidamé 
d'Amiens, retourna à la foi catholique, 
on ne dit pas à quelle époque; ce qui est 
plus certain, c'est qu'il servait dans les 
armées de Henri IV contre la Ligue, et 
qu'en 15'J5, il contribua beaucoup à 
la reprise de la ville de Ham sur Im Be-i 
pagnuls. Sa sieur Marguerite épousa, 
en 1581, François deCoiigny, seigneur 
de Châtillon. quatrième fils de l'amiral. 
L'histoire a eon>ervé de cette dame un 
trait de bravoure qui eut honoré une 
Spartiate. En l'absence de son mari, en 
1590, le capitaine Salard, gouverneur de 
Montargis pour la Ligue, avait surpris 
Châtillon ; déjà ses troupes pénétraient 
dans la basse-cour du château, lorsque 
Marguerite, se mettant à la tète de ses 
domestiques et de quelques soldats, les 
attaque, les repousse et fait même leur 
capitaine prisonnier. Il ne parait pas que 
les autres branches de la famille d'Ailly 



59 



AILLY — AIREBAUDOUZE 



60 



aient embrassé la Réforme. Cependant, 
Henri de Massue, marquis de Ruvigny, 
qui se réfugia avec son fils, le comte de 
Galloway , en Angleterre, était allié par 
les femmes à la branche des d'Ailly de 
La Mairie. 

Il n'est personne à qui le nom de 
d'Ailly ne rappelle un des plus tou- 
chants épisodes de la Henriade (ch. 
VIII), celui des deux guerriers, le père 
et le fils, que leur armure empêche de 
se reconnaître jusqu'au coup fatal. Ce 
combat du vieux d'Ailly contre son fils 
est une pure fiction du poète. 

[Haag 1, 15. — II, 104, 456 h, 457 a; 111, 
251 b, 409 a; VII, 322 a; VIII, 365 b.] 
— Françoise d'), dame de Houtkerque 
[IX, 452 a]. = Armes : De gueules au 
chef échiqueté d'argent et d'azur de trois 
traits (Palliot). 

AIMAR (Pierre Rotolp. sieur d'). 
Castres, v. 1666 [IX, 9 b]. Voyez Rotolp. 

AIMÉ, maître d'école, fouetté publi- 
quement à Troyes, 1562 [IX, 292 a]. 

AIMER1G (Pierre), consul de Nîmes, 
1596 [V, 192 a. — Voy. VI, 175 b]. — 
(Etienne), Nîmes [111, 424 a]. 

AIMER Y (Simon), marchand à Calais, 
mort relaps. Procès contre son cadavre; 
1689 (Arch. gén. Tt). 

A1NAUD (Jean), de Barcelonette , 
reçu habitant de Genève, 7 sept. 1572. 

AINEAU ou EsNEAu[Haag I, 16], 
conseiller au présidial de Saintes. Nous 
rapporteron s sous ce nom un fait que nous 
choisissons entre un grand nombre de 
faits semblables, et qui prouve que sous 
le gouvernement de Louis XIV, avant 
même la révocation de l'édit de Nantes, 
les protestants étaient en dehors du droit 
commun. Une des filles du conseiller 
Aineau était recherchée en mariage par 
un catholique. Opposition du père à cette 
union. Le jeune homme décide son 
amante à fuir le toit paternel ; elle se ré- 
fugie dans un couvent où elle abjure. 
Peu de temps après, le mariage est cé- 
lébré. Un procès pour cause de rapt est 
intenté au séducteur. Ce procès n'avait 
pas encore été jugé, lorsque Aineau 
mourut. Par son testament il laissa à son 
tils la plus grande partie de ce qu'il pos- 
sédait. Mais la nouvelle convertie atta- 
qua le testament devant, la chambre de 
l'édit de Paris, soutenant qu'elle n'avait 



été déshéritée qu'en haine de son chan- 
gement de religion. La partie adverse 
objectait que la cause de la disposition 
testamentaire dont elle se plaignait, était 
le mariage contracté par elle contre la 
volonté de son père. Or, une ordonnance 
autorisait les pères à déshériter leurs en- 
fants qui se mariaient sans leur consen- 
tement, même dans le cas où ils auraient 
atteint leur majorité. L'avocat général 
le reconnut; il ne nia même pas qu'il y 
avait présomption de rapt, de séduction 
et d'enlèvement; mais cet enlèvement 
était, selon lui, une charité, et ce rapt 
n'en était plus un à ses yeux, dès lors 
que l'évèque de Saintes, «personne pru- 
dente et bien sensée, >> y avait consenti. 
Le testament fut donc cassé. Nous nous 
abstiendrons de toute réflexion. 

AIOUD (Estiknne), « sergier d'auprès 
d'Orléans, » reçu habitant de Genève, 
26 juin 1554. 

AIRE (Jean n'), tué, 4562, à Abbe- 
ville [IX, 78 b]. — (Siméon d'), du lieu 
de Belbezet, dioc. d'Usez, âgé de 25 ans, 
prisonnier depuis 1703, à Perpignan 
(Liste des pr. 1711). 

A1RAULT (Christofles), marchand 
à Paris, ajourné comme huguenot, en 
1535 (Bull. XI, 254). 

AIREBAUDOUZE (Maison d'), ba- 
rons d'Anduze [Haag 1, 17]. — Pierre 
d'Airebaudouze [I, 19, 26; VI, 262 a; 
VII, 454 b; IX, 136 b]. — Claude Guv 
[I, 19; III, 109]. — Guy [I, 17-19; II, 
331; III, 182]. —Jean Guy [I, 19; III, 
106!. — Bernardine [V, 79 aj. — Ma- 
delaine [VI, 280 a; VII, 129 a]. — 
François |VI, 280 a; VIII, 103 bj. — 
Isaboau [VIII, 162 a]. — Marie [VIII, 
460 a]. — Jean [IX, 135 a et h]. — 
Elie [IX, 135 b]. — Claude [X, 343J. 
— Voy. encore : [IV, 129a]. = Armes : 
De gueules au château d'or sommé de 
trois pièces d'or. — A Genève : d'azur à 
une gerbe de blé d'or (qui sont les armes 
de la famille Guy). 

Cette noble maison languedocienne 
acquit, le 7 juill. 1539, de l'évèque du 
Puy la moitié de la terre et seigneurie 
d'Anduze et, le 30 juin 1547, du mar- 
quis de Canillac l'autre moitié. 

Au commencement du XVI e siècle 
elle se composait de deux frères, nom- 
més Jean et Nicolas. Le dernier mourut 



61 



AIREBAUDOUZK 



82 



en 1554 laissant tous ses biens k Jean 
Guy. conseiller au présidial de Nîmes, à 
la condition de prendre les nom et ar- 
mes d'Airebaudouze. Dès lors la famille 
se divise en deux branches, celle d'Uzès 
et celle de Nimes. qui professèrent tou- 
tes deux, pendant un temps, la religion 
protestante. 

i. Branche d'Uzès. Plusieurs de ses 
membres ont laissé un nom dans l'his- 
toire. Guy d'Airebaudouze, seigneur 
d 'Anduze, président de la chambre des 
comptes de Montpellier, fut condamné à 
mort, comme contumace, par arrêt du 
parlement de Toulouse, rendu au mois 
de mars 1569, contre les religionnaires 
de Montpellier qui avaient pris part à 
la destruction du fort S. -Pierre. Ce fort 
était l'ancien monastère de B. -Ger- 
main, « construit à Montpellier, en 1304, 
par le pape Urbain V en forme de for- 
se. » Le vicomte de Joyeuse, lieu- 
tenant général du roi en Languedoc, et 
résidant au fort S. -Pierre, l'avait aban- 
donné en 1507 pendant la nuit, inquiet 
des dispositions hostiles de la ville. Aus- 
sitôt les habitants, que vint aider (le 
7 octobre) le seigneur d'Acier (nommé 
aussi Baudiné ou baron de Crussol I 
avec une troupe d'ingénieurs et de i.vn- 
tilshommes, tirent le siège de la forte- 
resse qui capitula le 17 novembre. Le 
peuple la démolit de fond en comble. On 
peut lire les détails de cet exploit dans 
les Mémoires de Jean Philippi qui nous 
ont été conservés par le marquis d'An- 
bais (Pièces fugitives pour servir à l'his- 
toire de France *). 

Avec le président Guy d'Airebaudouze 
étaient enveloppés dans la condamna- 
tion, que le parlement de Toulouse pro- 
nonça deux années après : Jean Pibel. 
seigneur des Carescauses, maître des 
comptes , Michel de Saint-Ravi, Anto- 
nin deTremolet, seigneur de Montpezat; 
Fulcrand de Vignolesel Jean de Passet, 
conseillers au présidial : La Roche, vi- 
guier d'Uzès : Jacques de Crussol, sei- 
gneur d'Acier, et son secrétaire Jean 
A/nalri, dit Sanglar ; François Maurin. 
dit Eustache, capitaine; La Valette, iils 
du seigneur de Montpezat ; Louis Bucelli. 
seigneur de La Mausson ; le seigneur de 

1 Vot. aussi dom Yaissète, Hist. du Languedoc, V, 
281. 



Saint-Martin de Cornon-Terrail. Jean 
La Place. Claude Formi. Michel Magny 
et Antoine Pelissier , ministres, et plu- 
sieurs autres habitants de Montpellier. 

En 1 574, le président d'Anduze fit en- 
core partie, avec Clausonne de Nimes, 
Montvaillant des Cévennes, Saint-Flo- 
rent d'Uzès, tous zélés relicionnaires, 
d'un conseil mi-parti composé de vingt- 
quatre membres que Damville, alors al- 
lié aux protestants, avait établi auprès 
de sa personne. En 1575 il remplit en- 
core les fonctions de 1 er consul de Nimes. 

Les renseignements que les généalo- 
gistes nous fournissentsur les seigneurs 
d'Anduze sont trop incomplets et trop 
peu précis pour nous autoriser à décider 
si celui dont nous venons de nous occu- 
per est le même que le baron d' Anduze 
qui Ut partie du conseil de dix membres 
adjoint à Crussol par l'assemblée de 
Nimes lorsque les protestants le recon- 
nurent pour chef en 1562. et s'il ne dif- 
fère pas de Guv d'Airebaudouze, baron 
d'Anduze, qui fut conseiller de la cham- 
bre de l'éditde lTsle-en-Jourdain. trans- 
férée en 1 res par Henri I V. 

Tout ce que les Jugements de la Xo- 
blesse nous apprennent c'est que Jean- 
Guy d'Airebaudouze vivait encore en 
1608, date d» 4 sou testament. 11 avait 
épousé en 1556, Jeanne Damian qui le 
rendit père de Jean Guy d'Airebaudouze, 
sieur de Clairan. Ce dernier, dont nous 
voyons le nom figurer dans les actes de 
sablée politique de Lunel, en 1613 
An h. gin. Tr. 232), à coté de ceux 
d'Elie d'Airebaudouze, sieur de La Bla- 
quière, de Pierre d'Airebaudouz< . >i.-ur 
de La Bastide, et de Jean d'Airebau- 
douze. sieur de Massane (trois membres 
de la mémo famille dont les Jugements 
de Noblesse ne parlent pas) eut de Ma- 
rie de Gérard, sa femme. Claude Guy 
d Airebaudouze, seigneur de Clairan, 
ancien de l'Eglise de Monoblet l dé- 
puté au synode national de Cbarenton, 
« j n 1631. par la province des Cévennes. 

Claude Guy d Airebaudouze testa en 
1653. De son union avec Claudine Cal- 
vière, contractée en 1613, naquirent : 
1° Jean, sieur de Clairan etde Massane, 

• Et non 1 église de Canoblet que MM. Haag avaient 
mis d'abord. - Corrigez aussi, dans le même article, 
p. «86, Claudt Fermi. U faut : Claude Formi. 



63 



AIREBAUDOUZE 



64 



capitaine d'infanterie en 1655, marié en 
\%b,a,vecGabrielleBarnier; — 2° Louis, 
sieur de Saturargues, capitaine d'infan- 
terie en 1652, major de Bourbourg en 
1657, puis de Bergue en 1668, et colonel 
d'un régiment allemand; — 3° François, 
sieur de La Salette, qui suivit comme ses 
frères la carrière des armes et qui était 
sergent de bataille en 1656. 

II. Branche de Nîmes. Le frère de 
Nicolas d'Airebaudouze, Jean, sieur du 
Gest, coseigneur d' Anduze etde Glairan, 
était trésorier du roi à Nîmes et testa en 
1533 (Jug.de la noblesse). Il laissa quatre 
tilles: Jeanne, Catherine, Bernardine, Isa- 
beau et trois fils : 1° François, baron d' An- 
duze, pourvu en 1 555 de la charge de pré- 
sident en la cour des aides de Montpellier, 
qui testa en 1594 et eut, de son mariage 
avec Catherine du Mois, trois fils nom- 
més Etienne, François et Roullin. Ce 
dernier, baron d' Anduze et président en 
la cour des aides de Montpellier par 
provision du 8 nov. 1607, avait épousé 
en 1585 Perrette de Gevaudan, dont il 
eut François Folquier, baron de Car- 
non, chevalier de l'ordre de S. -Michel 
en 1627, créé marquis en 1645. Tout 
nous porte à croire qu'il avait déjà ab- 
juré à cette époque; ce qui est certain, 
c'est que les deux fils qu'il eut de son 
union avec Françoise de Grégoire de 
Gardies professèrent la religion catho- 
lique. Nous en avons la preuve dans une 
pièce (Arch. gén. M, 670) où nous lisons 
que l'aîné avait épousé Madeleine Fau- 
con, veuve de Henri de.Combis, sieur de 
Soustelle, et qu'il en avait une fille qui, 
de son consentement, était élevée par sa 
mère dans la religion protestante, lors- 
qu'elle lui fut enlevée, en 1676, pour 
être enfermée aux Ursulines de Nîmes. 
— 2°Guillaume, reçu habitant de Genève 
le 27 avril 1556, et bourgeois le 5 juin 
suivant; nous donnons plus loin sa des- 
cendance. — 3° Pierre, sieur du Cest, 
réfugié à Genève comme son frère. 

Ce dernier d'Airebaudouze, Pierre, 
exerçait le saint ministère [I, 19 aj. Il 
avait été archidiacre de Nîmes; mais 
ayant embrassé la religion réformée, il 
s'était retiré à Genève où il avait été 
reçu habitant en janvier 1553 et bour- 
geois le 9 mai 1555. La même année, 
1555, il avait succédé à des Galars comme 



pasteur de l'église de Jussy (terre de 
Genève); puis il avait été nommé en 
1560 pasteur à Genève même. Dans l'in- 
tervalle de ces deux ministères, la Vén. 
Compagnie des pasteurs l'envoya aux 
églises de Lyon et du Languedoc qui le 
demandaient; en 1561 on l'accorda de 
nouveau à Lyon pour quelque temps. 
Il y présida le synode des églises du 
Dauphiné, Lyonnais et Bourgogne (Ar- 
naud, Docum. protest, inédits). Plus 
tard, 1562, il fut envoyé à Montpel- 
lier. En 1564 il desservait l'église de 
Nîmes. On le trouve au nombre des 
quatre pasteurs condamnés à mort par 
contumace , en 1569 , au sujet des 
massacres de Nîmes (voir Albenas). 
Comme il ne figure plus, à dater de 1570, 
parmi les ministres attachés à cette 
église, on peut supposer qu'il mourut 
vers ce temps. Sa femme, Françoise de 
Montault, qu'il avait épousée le 15 janv. 
1553, lui donna deux enfants qui furent 
reçus bourg, avec leur père en 1555. 

Guillaume, sieur du Cest, venu à Ge- 
nève le 27 avr. 1566, entra la même an- 
née dans le conseil des Deux-Cents, et 
mourut selon Galifl'e en 1571. On a son 
testament daté du 7 juill. 1565 (J. Ra- 
gueau, not.). Il avait épousé, en 1556, 
Madelaine de Burine et en avait eu trois 
fils et une fille: 1° Pierre, sieur du Gest, 
docteur en droit (Yoy. ci-après); — 
2° Jean; 3° Jeanne; 4° Jacques, du CC. 
en 1614, mort en 1623, à qui sa femme 
Marie Saladin ne donna que des filles. 

C'est vraisemblablement du ministre 
d'Airebaudouze que le jésuite Colonia 
parle, dans son Histoire littéraire de Lyon , 
en racontant comment les Lyonnais dé- 
voués aux doctrines de la Réforme devin- 
rent les maîtres dans leur ville en 1561 : 

« Le comte de Sault [gouverneur] ne 
fut pas plus tôt en place, dit-il, que les Pro- 
testants exécutèrent, par voye de l'ait, 
ce que leurs vives sollicitations et leurs 
menaces mêmes n'avoient pu obtenir 
jusqu'alors. Après s'être assemblez quel- 
que temps en divers lieux, ils s'établirent 
plus solidement dans la grande hôtelle- 
rie de Saint-Martin... Ils y élevèrent une 
forme de temple environné de galeries 
et d'amphithéâtres, qui pouvoient aisé- 
ment contenir trois mille personnes, et 
qu'ils nommèrent le temple Martin. On 



65 



AIREBAUDOLZE 



66 



commença d'y chanter, plus haut que 
jamais, les Pseaumes de Marot et de 
Bèze: on y fit la Cène: on y déclama 
impitoyablement contre le Pape . les 
Evèques et les gens d'église... » Mais 
de leur côté, les catholiques n'étaient pas 
en reste de déclamations. Le P. Jean 
Ropitel, entre autres, surnommé le fléau 
des Hérétiques . « sans se soucier fort 
de ménager en chaire ses expressions, 
à l'exemple de plusieurs autres prédica- 
teurs, y invectivoit tous les jours contre 
la nouvelle secte avec toute l'éloquence 
et la force que Dieu lui avoit donnée. » — 
« Le parti grossissant visiblement cha- 
que jour, à la faveur de la tolérance et 
de l'impunité, il fallut chercher un lieu 
plus vaste que le temple Martin. La 
maison qu'ils achetèrent à cet effet étoit 
située au coin de la place des Cordeliers 
et de la Grenète, la plus large de nos 
ruf ; s... où l'on pouvoit aisément mettre 
deux où trois mille hommes en bataille. 
La cour de cette maison, qui est 
vaste, et qu'on eut soin d'ombrager de 
tentes, servit à faire les prèch 
l'intérieur de la maison servit de maga- 
zin, d'arsenal et de logement pour les 
ministres que Calvin envoya lui-même 
«le Genève. Le plus éloquent ou le plus 
emporté de tous ces ministres étoit un 
apostat nommé d'Anduze... Les ma- 
gistrats alarmés, joints au clergé lyon- 
nais, pressèrent la Cour d'y pourvoir au 
plutôt, mais le gouverneur [que le Père 
Colonia signale tacitement comme un 
fauteur de l'hérésie], se content^ d'écrire 
à Paris qu'ayant intimé aux nouveaux 
Réformez les ordres reçus, ils avoient 
répondu tout d'une voix qu'ils vouloient 
demeurer tres-humbles sujets et obéis- 
sons, mettant leur vie et leurs biens pour 
Votre Majesté : jnais quant à leur âme. 
l'avoient dédiée à Dieu. >• Cette lettre du 
comte de Sault est du 19 octobre 1561. 
La cour répondit en envoyant l'un après 
l'autre deux délégués, le comte de Crus- 
sol, puis le comte de Mau giron: mais 
dans la nuit du 30 avril au 1 er mai 1562, 
les protestants s'assemblèrent et s'em- 
parèrent de l'autorité presque sans résis- 
tance. Ils la gardèrent pendant l'espace 
d'environ treize mois ; ce ne fut qu'après 
la publication de la paix du 12 mars 1563, 
dans le courant de juin, que le maréchal 



de Vieilleville y rétablit la messe : mais 
en laissant trois temples à ceux de la 
Religion. (Haag.) 

Le jurisconsulte * Pierre d' Airebau- 
douzp du Cest ( 1057-1627^ a eu la sin- 
gulière destinée d'être cité très-fréquem- 
ment sous un nom supposé et oublié 
sous son nom véritable. Il naquit à 
Genève en 1557, un an après l'admis- 
sion de son père, Guillaume d'Airebau- 
douze, à la bourgeoisie de cette ville. 
Nous sommes dépourvus de renseigne- 
ments sur son enfance et sa jeunesse. 
Nous ignorons en particulier si c'est à 
Gfnèvp ou ailleurs qu'il fut reçu docteur 
en droit. Haubold affirme qu'il fut élève 
dp Dent/s Godefroy et de Pacius ; il n'y 
a pas lieu de révoquer en doute cette 
assertion d'un auteur infiniment scrupu- 
leux et presque toujours bien informé, 
bien que le nom d'Airebaudouze ne se 
trouve pas dans le catalogue des étu- 
diants de l'académie de Genève, connu 
sous le nom de Livre du recteur. 

Il entra dans la vie publique en 1590 
comme membre du conseil des CC. de 
Genève. Dès lors il remplit diverses 
fonctions, et fut mêlé soit comme ma- 
gistrat, soit comme avocat à la plupart 
des événements importants de cette épo- 
que critique où l'existence même de la 
petite république calviniste était à cha- 
que instant mise en jeu. En 1598 il est 
nommé à l'emploi entièrement judiciaire 
d'auditeur. En octobre 1603 il figure 
comme avocat d'office, désigné par le 
conseil, de Philibert Blondel, syndic de 
la garde, suspect et peut-être coupable 
de haute trahison, en tout cas au moins 
coupable de grave négligence, et qu'au- 
cun avocat ne voulait assiter. Dans les 
procès subséquents du même inculpé, 
Airebaudouze était du côté de ses ac- 
cusateurs-, on le voit en effet, en 1605. 
prêter son appui à Ami Incombe, qui 
s'était porté partie criminelle. La même 
année il fut nommé procureur géné-al. 
11 occupait ce poste éminent durant le 
dernier procès de Blondel. qui aboutit 
au supplice de l'infortuné syndic. Enfin, 
en 1610, il devint membre du petit con- 
seil ou conseil d'Etat, autorité suprême 
qui cumulait la haute juridiction avec 

1 Voy. sur ce personnage la Revue de Législation. 
Paris, Thorin, 1870, p. 56-73. 



67 



AIREBAUDOUZE 



(58 



tous les autres pouvoirs. 11 en fit partie 
jusqu'à sa mort, en 1627. Comme légiste 
savant., il y tient une place à peu près in- 
termédiaire entre le c'lèbre Jacques 
Lect, qui mourut, très-âgé, en 1612, et 
le non moins célèbre Jacques Godefroy, 
qui devint conseiller en 1629. 

Cette honorable carrière, ainsi que 
plusieurs autres faits, attestent la haute 
estime dont jouissait d'Airebaudouze 
dans sa patrie. Des liens d'affection et 
d'intérêt l'unissaient encore à la patrie 
de ses pères. Il fut député, muni de 
blancs seings, au synode des églises du 
Languedoc. Divers actes le montrent en 
relation d'affaires et d'amitié avec le 
midi de la France. On le voit en parti- 
culier prêtant à plusieurs reprises de 
l'argent ou servant de caution à des éco- 
liers en théologie de Nîmes, d'Alais, 
d'Anduze. 

Il avait épousé, en 1613, Judith Gal- 
line, dont il n'eut point d'enfants. Avec 
lui s'éteignit dans les mâles la branche 
de la famille d'Airebaudouze, bourgeoise 
de Genève. Jacques, son frère puîné, ne 
laissa de sa femme que des filles dont 
l'une, femme de l'auditeur Daniel De la 
Rive, est appelée dame du Cest après 
la mort de son oncle le jurisconsulte. 

Pierre d'Airebaudouze, qui ne signait 
le plus souvent en français que du Cest 
ou Du Cest et en latin Petrus ab Area 
Baudoza Cestius , est l'auteur de plu- 
sieurs publications , rares aujourd'hui, 
dont le mérite a été contesté par les uns, 
exalté par d'autres. Nous les citons par 
ordre chronologique : 

I. Poesis Latinx Thésaurus. Decem 
libris comprehensus, quibus omnia cum 
ad Theoriam, tum ad Praxim hujus 
artis pertinentia continentur, ut fusius 
epistola ad Lectorem docetur. Opéra et 
industria Pétri Baudoziani Cestii I.C. G. 
cum rerum et verborum indice. [Ge- 
neVœ.J Apud Eustathium oignon, 1586, 
in-12:8 f. prél., 418 f. et 12 f. d'index. 
L'ouvrage est dédié à Frédéric, comte 
palatin du Rhin, duc de Bavière. 

II. Poëticxelocutionisformulx, Lyon, 
in- 12. 

Nous n'avons pu nous procurer cet 
ouvrage, qui peut-être n'est qu'une réédi- 
tion du premier, sous un titre différent. 
Morhof le cite en ces termes : « Quasdam 



« metaphorarum poëticarum. sed paucas, 
« collegit Petrus ab Area Baudoza in 
« suis poëticae elocutionis formulis , quiB 
« editie sunt Lugd., 1590, in-12, et ante 
« illud iempus sub nomine Fundani [ï) » 
— Polyhistor I, m, 10, 5. 

III. Orbis terrarum synoptica epitome 
una cum geographia poetica... ex recep- 
tioruni cum veterum tum neotericorum 
geographorum et historicorum scriptis, 
concinnata. Excudebat Jac.Stoer, 1589, 
in-8°, 8 et 184 pag. suivies de la Geo- 
graphia poetica de Lambertus Danœus 
[IV, 196a, XXIV]. L'ouvrage commence 
par une épitre dédicatoire à Jean et à 
Nicolas Pithou frères, datée : Ex museeo 
nostro, idibus augusti 1588. 

IV. Une édition annotée des Instituies 
de Justin ien; Lyon, 1591 et Genève, 1614, 
in-24. chez J. Stoer. Plus : les Titres De 
Ori'/ine Juris. De Verborum significa- 
iione, De Regulis Juris, au Digeste; les 
Titres De Regulis Juris aux Décré taies 
et au Sexte ; la Loi des Douze Tables.— 
Epître dédicatoire à «Jean Guy d'Aire- 
baudouze de Clairan, conseiller au pré- 
sidial de Nîmes (1591). 

V. Un Corpus juris civilis, avec la 
glose, Genève (et Lyon?), 1593, 1600, 
1614, en 4 vol. in-4°. Cette édition a été 
fort louée pour son élégance, la commo- 
dité de son emploi, et même pour sa va- 
leur critique. Mais depuis Hugo, qui l'a 
jugée sévèrement, il est reçu qu'on n'en 
parle plus qu'avec dédain. Pourtant 
Haubold qualifiait Du Cest inter juris 
j ustinianei editores memorabilis. Span- 
genberg avoue que son édition est de 
toutes les éditions glosées, sinon la plus 
correcte, du moins la plus commode. Il 
est clair que l'immense succès des édi- 
tions de Denys Godefroy a dû l'écraser; 
d'ailleurs la glose avait fait son temps. 

VI. Pierre du Cest a réédité les vieux 
et excellents Commentard in Institu- 
tiones de Jean Eaber. Lyon 1593 (Ge- 
nève 1643), in-i. 

On a encore de lui des préfaces, dédi- 
caces et éloges en vers, dans les ou- 
vrages d'autres jurisconsultes; c'était 
le goût de l'époque. 

Comme, selon le goût de l'époque 
aussi, il latinisait son nom, il a Uni par 
n'être plus connu dans le monde Lettré 
que comme Petrus ah Area Baudoza 



09 



AIREBACDOUZE 



A LARD 



TU 



Cesivus, et de ce nom multiple l'on n'a 
souvent conservé que le mot du milieu, 
qu'un ingénieux érudit a retraduit par 
Baudoche. croyant «ans doute faire mer- 
veille. C'est sous ce déguisement, com- 
pliqué encore de maintes variantes, qu'il 
faut le chercher dans les auteurs du siè- 
cle dernier et de celui-ci. Ainsi M. Esch- 
bach l'appelle Baudoche surnommé Cës- 
lius. et M. Spangenberg. pour expliquer 
ce surnom, le fait naître à Cette, dans 
l'Hérault. D'autres ont cru qu'il était de 
Mt>tz. où a longtemps brillé une famille 
Baudoche. Tous, sauf Haubold. le disent 
français : du reste aucun ne sait rien de 
sa vie : ils ignorent même l'époque exacte 
où il a vécu. Senebier, l'auteur de YHist. 
lift de Genève, n'a pas soupçonné son 
existence. 'A. Rivier.) 

AIRVAI'LT F. de La Rochefol- 
i.ault. baron d'), v. 1620 [VI, 357 b]. 

A1SSAN, capitaine languedocien . v. 
1560 [II. 198a: IV, 132 h]. 

AITZ Elisabeth d), dame de Mizeré, 
veuve d'Antoine Gillier, et sa fille Eli- 
sabeth , forcées d'abjurer lors de la Ré- 
vocation, et désespérées à la suite, jus- 
qu'à ce qu'elles aient pu fuir à l'é- 
tranger, abandonnant partie de leurs 
biens Lièvre. Protrst. du Poitou. III. 
112 - 

A1X (Charles . d'Orléans. 1568 VI. 
531 b . 

Aix (baron d'), vov. La Tour du 
Km. 

Aix d'). ministre, voy. Beauvalet. 

A1ZOT. surveillant de l'éslise de Nî- 
mes. 1561 Bull. XVI 1. ',86). 

A.IAC (de Leris et de PeKSOttl, sieurs 
i mille languedocienne VII. 66 a; 
VIJI. 2a.el b. Voy. Vil. Cl a]. 

AJON le baron d'). Provence, 1611 
VII. 531 b|; — voyez V. 255 a et Glan- 
dèves. 

Ajoult, vov. des Bans. 

ALABAT.'aBovr 

ALAICE ou ALA1SSE (la femme 
enceinte d' Antoine), tuée à La Motte 
il' Aiguë en Provence. 1562 X. 41 

ALAIN, ministre, 1582 [II, 168 a|.— 

à S. -Lu. v. 1620 II, 512 b: VI, 

203 b], — (René), ministre à Bellesme. 

1626, 1660 [X, 318, 346], Bull. VI. 

517. — (Pierre , minist. à Sauve. 1608- 



ALA1XE Marie , confesseuse 1 , as- 
sistée à Londres. ! "t 

ALA1S ;ie baron d'), 1562 [III. 102 b: 
V. 441 b: IX. 4561. — Vby. Cambis. 

ALAMERTIXE ou Alamartine 
(Pierre). deCluny -. marchand, reçu habi- 
tant de Genève. ISdéci, ' 

ALAMONT .Ievn. fils de Jean d' et 
de Marie de Pavant. « seigneur de Ma- 
landry en Lorraine, natif de Sathenay 
au duché de Bar. diocèse de Trêves. » 
reçu habitant de Genève, 11 sept. 1559: 
bourgeois, 30 janv. 1561 : diacre de la 
Bourse françoise en 1563 et en 1564. 
11 se maria trois fois à Genève : 1° Le 
23 octobre 1559; avec Catherine, fille de 
feu Jean des Murais, seigneur de l'Es- 
chelle en Brie, et d'Etiennette de Vil- 
lers. native du dit lieu de l'Eschelle. 
morte le 24 avril 1560. à 28 ans: 2° le 
septembre 1560. avec Françoise, fille 
de Jean de Saint-Simon, seigneur de 
Sandrecourt et de Louise de Mont- 
morency; 3° par contrat du décem- 
bre 1571 [Anas tarse, not.', avec Antoi- 
nette Bouchade. veuve de Guillaume de 
Saint-Ravy, bourgeois de Genève. 

Il eut du second lit : 1° Marie, née 
15i.|. femme, le 15 décembre 1577. de 
J.-B. Rotan. pasteur et professeur en 
théologie; 2° Anne, née 1503. mariée le 
•■tenibre ! rneille de Pel- 

lissari : 3°. Jean, né en 15ti7. 

On a son testament, daté d'août 
Arch. de Genève. (Tu. DrFi.ri:. 

A LA M Y, à Orange VI. lo3 a). 

ALANÇON \ i de Montelli- 

mard en Dauphiné. «étudiant à Genève, 
5 mars 1 " 

Al. \\i( '\ Le si sor Isàac d"), de 
Metz . marchand et manufacturier de 
bas, la demoiselle sa femme, quatre en- 
fants, quatre neveux, un garçon de bou- 
tique, un aprentif et une servante, » ré- 
- au Werder; à Berlin. 1698. 

ALARI) Garrii.i. . : • >.-Jean-Bon- 
nefonds en Forez, reçu habitant de Ge- 



1 Nous conservons a\, . respect coite qualification de 
Conft sueur et Confesseuse qui se trouve sur les Iimcs 
de la charité anglaise, à la suite «lu nom des personnes 
qui avaient non-seulement sonfTert en France de la 
persécution générale, nia;s avaient résisté pour leur 
foi a i < ticuliers et souvent corporels. 

'■ De r.lnny. La famille de Lamartine le crand poète 
était de Saint-Point, a tu kiloni. de distance. Les d.u\ 
noms venaient probablement d'une source commun» . 
lidée de fabrique iM'i-linia ' — MartinHus, la forgel. 



71 



ALARD — ALBA 



72 



nève, déc. 1585. — (Jean;, de Mirepoix, 
étudiant à Genève, 1591. — (Antoine), 
fermier à Senas en Provence, massacré 
1562 [X, 470]. — (Madelaine), femme 
d'Adrien Charnier, v. 1650 [III, 323 b]. 

— (Jacob), de Vendôme, id. 1623. — Un 
grand nombre de familles dauphinoises 
et provençales de ce nom passent à 
Genève de 1691 à 1717, la plupart pour 
se réfugier en Allemagne. Aussi Pierre 
Alart, de Sedan, réfugié à Berlin, 1698. 

— Matelin Alart, naturalisé anglais, 21 
mars 1682. — Elisabeth Alard, assistée 
a Londres, 1721. 

ALARD1, pasteur à Jesne(ouGesne?), 
vers 1567 {Bull. IX, 295). 

ALARD1N (Élie), à Montignac [II, 
185 b, note]. 

ALARDY (Jehan), de Mirepoix, reçu 
habitant de Genève, 14 juin 1557. 

ALARET (Jacques), de Milhau, étu- 
diant à Genève. 1677. — (Pierre, fils de 
Pierre), « de Milhau en Rouergue, » 
reçu bourgeois de Genève le 29 juin 1711. 

,1. ALARI ou ALARY(q.q.f. ALL), 
(François), consul de Castres, 1585 
[V, 191 b; VU, 92 a]. — avocat, 1596 
[III, 218]. - Anne[I, 200]. — Olympe, 
[II, 259]. — Voy. encore [VII, 292 b, 
375 b]. — Philippe d'Alary, seig. de 
Tanus, fds d'Olympe de Raba s te ri s- Pau- 
lin (veuve de George d'Alary -Tanus), 
épousa, 18 fév. 1613, Marguerite d Hé- 
brail, fille de Marguerite de Blanque- 
fort ( veuve de Jacq. Hébrail , seig r de 
Royre ). — Pierre Alary , seig r de 
Blanc, dioc. de Lavaur, fils de Jean- 
Jacques , sieur de Tanus et Blanc, et de 
Françoise du Base des Isles-Maison, 
épousa, 30 août 1680, Lucr esse de Comte 
fille de maître Jean Comte, receveur au 
grenier à sel de Sommières. (Pradel.) 

2. ALARY (Jean), d'Issoire en Auver- 
gne, orfèvre, reçu habitant de Genève 
vers 1625. — (Paul), de S.-Affrique, 
maître forgeron, réf. à Genève, 1693. — 
(Jacques), avec sa femme et un enfant, 
1708. — (J.-B.), de Moustié en Provence, 
1709, réfugiés et assistés à Genève. — 

— Jean Allary et sa femme, assistés à 
Londres, 1721. 

3. ALARY (Jean), docteur et référen- 
daire à la chambre de l'édit de Languedoc, 
puis juge d'appeaux de Castres en 1623, 
exerçait encore cette charge en 1650. 



Nous ne saurions dire quels rapports 
de parenté existaient entre notre Jean 
d'Alary et l'avocat du même nom qui 
dédia à la reine Marguerite le premier 
Recueil de ses Récréations poétiques... 
Paris , 1605. Ce dernier, auteur de 
plusieurs autres ouvrages, était aussi 
originaire de l'Albigeois. Au reste, la 
famille Alary était très-nombreuse à 
Castres, comme le témoignent les regis- 
tres de l'état civil des protestants du 
XVII e siècle, conservés au greffe du 
tribunal de cette ville. 

La femme de Jean d'Alary, Margue- 
rite de L'Espinasse, ne lui donna que 
des filles. (Pradel.) 

Alaudanus. Voy. L'Alouette. 

ALAUMONT (Daniel d), sieur de 
Bantheville, v. 1640 [II, 137 b]; — 
(Françoise d'), sa fille [Ibid. et III, 
434 aj. 

AL A URINE (Isaac), au village d' An- 
nov (Picardie), 1700 [IV, 299 a]. 

ALAUZI (Louis), galérien, 1687 [X, 
410J. 

ALAVOINE (Isaac), Saint-Quentin, 
1679 [IV, 356b]. — (P.- Abraham), exilé, 
1741 [IX, 91 a]. — (Pierre), directeur de 
l'hospice des réfugiés fr. à Londres, 1761. 

1. ALBA (Martial), étudiant, natif de 
Montauban, martyr à Lyon, le 16 mai 
1553, avec quatre de ses condisciples : 
Pierre Ecrivain, de Boulogne en Gasco- 
gne; Bernard Seguin, de la Réole en 
Bazadois ; Charles Favre , de Blanzac 
dans l' Angoumois, et Pierre Navihères, 
de Limoges [Haag I, 22]. 

Ils nous ont laissé la relation de leur 
arrestation et de leur jugement : « Après 
avoir demeuré, écrivent-ils, plus ou 
moins de temps à Lausanne, et nous 
être adonnés à l'étude des lettres tant 
divines qu'humaines, avant la fête de 
Pâques nous arrêtâmes entre nous de 
nous en aller, Dieu aidant, tous ensem- 
ble vers nos pays, selon les lieux d'où 
chacun de nous est natif, et ce pour 
servir à l'honneur et à la gloire de Dieu, 
et communiquer le petit talent que Dieu 
a donné à chacun de nous en particulier 
à ses parents, pour tâcher de les ame- 
ner à la même connaissance que nous 
avons reçue de son fils J.-Ch., et aussi 
à tous ceux que notre bon Dieu eùl 
voulu appeler à soi et à la connaissance 



73 



ALBA 



74 



de sa vérité par notre moyen. » Leur 
résolution ayant été approuvée par l'é- 
glise de Lausanne, ils se mirent en 
route, en passant par Genève : mais dès 
le lendemain de leur arrivée à Lyon, ils 
furent, tous cinq, arrêtés par les soins 
du prévôt de cette ville. « Et sans que 
nous eussions aucunement dogmatisé, 
continuent-ils, ni fait aucune chose con- 
tre les ordonnances du roi [Henri II, 
sans nous faire connaître notre partie 
adverse, et sans nous montrer aucunes 
informations, nous fûmes, contre tout 
droit de justice, menés aux prisons de 
M. l'official (1 er mai 1552). » Interr 
le jour même, sur les divers points de 
controverse entre les deux Eglises ri- 
vales, ils maintinrent avec chaleur, et 
sans jamais varier dans leurs réponses, 
les doctrines orthodoxes de l'Eglise ré- 
formée. Crespin nous a conservé dans 
son Martyrologe leurs confessions de 
foi, que le juge leur avait permis de 
mettre par écrit. Enfin après plusieurs 
interrogatoires, comme ils persistaient 
dans leurs croyances, ils furent condam- 
nés par arrêt de l'official à être livrés 
comme hérétiques au hras séculier : 
arrêt dont ils interjetèrent appel comme 
d'abus. « Après la sentence de notre 
dit appel, écrit l'un d'eux, ils pensèrent 
enrager de grande colère. » Le juge 
Melier se plaignit vivement de ce qu'on 
ne faisait pas prompte justice de ces 
hérétiques ; mais l'official Buatier le 
rassura en lui disant : « Ils seront aussi 
bons d'ici un mois que maintenant. » 

Ce ne devait être en effet qu'un sursis ; 
mais l'arrêt de la cour du parlement de 
Paris ne fut pas rendu avant le mois de 
février de l'année suivante. Durant ce 
temps, les cinq détenus jouirent au moins 
de la liberté précieuse de pouvoir con- 
verser ensemble, le Ions du jour, et 
même de correspondre avec leurs pa- 
rents et leurs amis, au nombre desquels 
ils s'estimaient heureux de compter Vi- 
ret et Calvin. Leurs lettres, qui se sont 
conservées, sont pleines de ferveur et 
de pieuse résignation. « Notre bon Dieu 
ne nous laisse point, disait Pierre Ecri- 
vain à un de ses amis , il nous con- 
sole et nous fortifie plus que jamais, 
tellement que ni menaces, ni tourments, 
ni mort ignominieuse ou cruelle qu'on 



nous présente , ne nous peuvent faire 
perdre courage ni quitter la place à no- 
tre ennemi... Et considérant la cause 
que nous maintenons et à qui nous 
avons affaire, nous avons attendu notre 
délivrance plutôt par la mort que par 
la vie... •> 

Vers le mois de février 1553, on les 
transféra à la prison de Roanne, où ils 
apprirent que leur mort était arrêtée. 
Mais par suite de l'intercession des Sei- 
gneurs de Berne, ou pour tout autre 
motif qu'on ignore, leur exécution n'eut 
pas lieu avant le 16 mai. Ce jour-là, vers 
les deux heures de l'après-midi, on les 
tira de leur cachot « revêtus de leurs 
robes grises et liés de cordes. » Nous 
empruntons à Crespin le récit de leur 
supplice, en rajeunissant un peu son 
style. « Ayant été mis sur une charrette, 
dit-il, ils commencèrent à chanter le 
psaume XI e : De tout mon cœur t'exal- 
terai, etc. Et quoiqu'on ne leur donnât 
pas le loisir de l'achever, ils ne cessèrent 
pas d'invoquer Dieu... Aux sergents et 
satellites qui souvent les troublaient, les 
menaçant s'ils ne se taisaient, ils répon- 
dirent par deux fois : « Nous empêche- 
rez-vous, pour si peu que nous avons à 
vivre , de louer et d'invoquer notre 
Dieu? y> Etant arrivés au lieu du sup- 
plice, ils montèrent d'un cœur allègre sur 
le monceau de bois qui était autour du 
poteau. Les deux plus jeunes d'entre 
eux montèrent les premiers l'un après 
l'autre, et après avoir dépouillé leurs ro- 
bes, le bourreau les attacha au poteau. 
Le dernier qui monta fut Martial Alba, 
le plus âgé des cinq, lequel avait été 
longtemps à deux genoux sur le bois, 
priant b 1 Beigneor. Le bourreau ayant 
attaché les autres, vint le prendre étant 
encore à deux genoux, et l'ayant soulevé 
par les aisselles, il voulait le descendre 
avec les autres ; mais il demanda ins- 
tamment au lieutenant Tignac de lui ac- 
corder une grâce. Le lieutenant lui dit : 
«Que veux-tu? » Il lui répondit: «Que je 
puisse baiser mes frères avant que de 
mourir. « Le lieutenant le lui accorda, 
et alors ledit Martial étant encore au- 
dessus du bois, en se baissant, baisa les 
quatre qui étaient déjà liés et attachés, 
leur disant à chacun : « Adieu, adieu, 
mon frère! » Alors les quatre autres, 



75 



ALBA 



76 



retournant leur cou, s'entre - baisèrent 
aussi, en se disant l'un à l'autre les mê- 
mes paroles : « Adieu, mon frère! » Gela 
fait, après que Martial eut recommandé 
ses frères à Dieu, et avant que de des- 
cendre et être attaché, il baisa aussi le 
bourreau en lui disant ces paroles : « Mon 
ami, n'oublie pas ce que je t'ai dit. «En- 
suite il fut lié et attaché au même po- 
teau, et alors ils furent tous entourés 
d'une chaîne autour dudit poteau. Or le 
bourreau ayant eu charge des juges de 
hâter la mort de ces cinq étudiants, leur 
mit à chacun une corde au cou, et toutes 
les cinq se rendaient à une grosse corde 
qui était sur un engin mù par des pou- 
lies, afin de les étrangler plus tôt. C'est 
pourquoi le bourreau, après avoir graissé 
leur chair nue et jeté dessus du soufre 
pulvérisé, et après avoir fait tous les 
apprêts, comme il pensait hâter l'exécu- 
tion au moyen dudit engin, le cordage, 
fut incontinent consumé par le feu, tel- 
lement que ces cinq martyrs furent en- 
tendus quelque temps prononcer et 
réitérer à haute voix ces paroles d'exhor- 
tation : « Courage ! mes frères , cou- 
rage! » Ce furent les dernières paroles 
entendues du milieu du feu, qui bientôt 
consuma les corps desdits cinq vaillants 
champions et vrais martyrs du Seigneur. » 
Dans une lettre adressée à ces mar- 
tyrs, Calvin écrivait : « Puisqu'il plait à 
Dieu de vous employer jusqu'à la mort 
pour maintenir sa cause, il vous tiendra 
la main forte pour combattre constam- 
ment, et ne souffrira pas qu'une seule 
goutte de votre sang demeure inutile. Et 
bien que le fruit ne s'en aperçoive pas 
sitôt, toutefois il en sortira avec le temps 
plus abondant que nous ne saurions 
dire. » En effet , leur exécution n'avait 
pas encore eu lieu, que déjà un malfai- 
teur nommé Jean Chambon, détenu avec 
eux, s'était converti. Un sixième étu- 
diant, nommé Louis Corbeil, arrêté 
avant eux, fut associé à leur captivité, 
mais ne fut pas supplicié parée qu'il fut 
prouvé qu'il était né sujet de Berne. 
Dans le courant de la même année, 
Pierre Bergier, pâtissier de Bar-sur- 
Seine, établi à Genève, Matthieu Dy- 
monet, de Lyon, Louis- de Marsacet son 
cousin, gentilshommes du Bourbonnais, 
>/)p Grarot, de( lie n-sur-Loire, mon- 



tèrent sur le bûcher, et bientôt après la 
place des Terreaux fut, encore témoin du 
supplice de Richard Le/èvre, de Rouen, 
orfèvre, et de Claude de La Canesière, 
de Paris, « excellent joueur d'instru- 
ments de musique, » qui fut arrêté à 
Lyon, au mois de mai I T> 3 f i , comme il se 
rendait avec sa famille à Genève pour y 
professer librement sa religion. Tous 
montrèrent en mourant le même cou- 
rage, la même constance ; tous aussi 
nous ont laissé des professions de foi 
ou des lettres écrites pendant leur cap- 
tivité, dans lesquelles respire un saint 
enthousiasme. 

Le Martyrologe de Crespin a fourni 
tous les renseignements qui précèdent; 
ils ne sont pas les seuls qui existent sur 
le martyre des cinq étudiants. On con- 
serve à la bibliothèque de la ville de 
S.-Gall un dossier provenant de mar- 
chands saint-gallois nommés Jean Lyner 
et les frères Zollikoffer, qui se trou- 
vant à Lyon pour leurs affaires au mo- 
ment'où s'instruisait le procès d'Alha 
et de ses compagnons, s'unirent aux ef- 
forts qui furent vainement faits pour les 
sauver. Ce dossier précieux 1 contient: 
1° une lettre de Jean Lyner à la sei- 
gneurie de Berne, avec la réponse de 
Berne en date du 10 juin 1&52, pour le 
remercier de son intervention et le prier 
d'avoir soin au nom de la seigneurie que 
les prisonniers « ne souffrent ni de faim 
ni de soif; » 2° les comptes du geôlier 
de Lyon qui avoue sans peine que « ce 
voyant sire .Jehan Lynard qu'ils estoient 
mal traitez, » il accorda avec le dit geô- 
lier « de leur bailler une chambre pua* 
les mettre ensemble tant les susnom- 
mez que M. Loys Corbeil, pour chacun 
des quels auroit promis payer un sou 
par jour, tant pour la dite chambre que 
pour les autres services qui leur se- 
roient faicts; » 3° cinq ou six lettres des 
étudiants à Jean Lyner principale- 
ment pour le remercier; trois de Louis 
Corbeil ; une de Calvm à MM . Zollikoffer. 
enlin une lettre; de Jean Alba, frère de 
Martial, qui était alors écolier - 

' 11 a été anal;. m? et en partie publié dans un petii 
écrit intitulé : CorreipOlia'ante inédite des èhiq étu- 
diants iKiutijVi I) ni lés e) l-'jtiii en I5S3 retrouvée dans 
tabiUtioth. de Fadiaa a .>.-(. ail. lictieu-, licruud, t!W, 
m 12. Sa pages. 

: L'académie de Genève dalo du nioii lie M 



77 



ALBA 



78 



nève et qui écrit pour se faire renvoyer 
les papiers et les vêtements de son frère 
en « merciant cent mille foys » Jean Ly- 
ner dont il se déclare « l'humble servi- 
teur, frère et amy à jamais (31 juill. 
1553). •> Ce Jean Alba fut reçu habitant 
de Genève le 7 octob. 1555. 

■2. ALBA (Jean), né à Montauban le 
1 1 sept. 1596 [Haas I, 21 a ; — X. 323. 
347 : . probablement de la même famille 
que le martyr, pasteur à Tonnpins 1618- 
1623, à Agen 1623-1645. à Sainte-Foy 
1645-1650 et peut-être plus tard. Il fut 
choisi, en 1623, pour représenter la 
Basse -Guyenne au synode de Cha- 
renton , à qui les églises de Bordeaux 
et d'Agen le demandèrent à la fois pour 
ministre. Il fut accordé à celle d'Agen 
et député une seconde fois par sa pro- 
vince au synode national d'Alençon, 
tenu en 1637. Quelques années après, le 
maréchal de Turenne l'appela auprès de 
sa personne en qualité d'aumônier. 
L'église d'Agen ne se sépara pas sans 
peine d'un pasteur qu'elle vénérait; ce- 
pendant elle avait consenti à te céder au 
grand capitaine, lorsque celle de Sainte- 
Foy vint tout à coup s'opposer à son dé- 
part en le demandant pour pasteur au 
synode de Charenton, qui le lui ac- 
corda du consentement de Mademoiselle 
de Bouillon, agissant au nom de son 
frère. 

Jean Alba est auteur de quelques 
ouvrages de polémique, savoir : I. Apo- 
logie pour les sacrements- dr l'Eglise 
chrestienne contre les additions, retran- 
chemens et altérations du sieur Harau- 
courf jésuiste et de ses maître»; Sedan, 
1634; 2" partie, Sainte-Foy, 1635, m-8°; 
il y dévoile les altérations introduites par 
l'Eglise romaine dans la doctrine et les 
rites du baptême et de l'eucharistie. 
II. Apologie pour le sacrifice de la croix 
(Sainte-Foy, U>36.in-8°. : il y fait ressortir 
les différences notables qui existent entre 
le sacrifice eucharistique de l'ancienne 
Eglise et le sacrifice de la messe. III. La 
recheute du cèdre ou brie/ et clair indice 
de cent /autes notables au traitté publié 
par Cxsar Haraucourt jésuite lorrain; 
Montauban, P. Goderc, 1635; in-8° m 
et 12 p.) 

Avant celte époque, la République n'avait que son 
collège de Rive. 



3. ALBA (Eue), représenta en 16141a 
ville de Bergerac dont il était maire, dans 
les démêlés qu'eurent ses administrés 
avec les synodes de S.-Maixent et de Pri- 
vas. Les protestants de Bergerac avaient 
fondé dans leur ville un collège qui, de- 
venu florissant leur inspira l'ambition de 
le transformer en académie. Mais les 
synodes jugeant suffisant le nombre des 
écoles supérieures qu'on posséda 
opposèrent énergiquement et Bergerac 
dut renoncer à ses prétentions [Haag 

4. ALBA 'Marc-David . pasteurdu dé- 
sert, né à Angles en Languedoc. 
TIaag 1.21 b\ On sait que, pour échap- 
per aux persécutions, ces pasteurs se ca- 
chaient sous des noms supposés. Le nom 
de guerre d' Alba était La Source ; c'est 
sous ce nom seulement qu'il est connu 
comme membre de la Convention. Alba 
avait étudié à Lausanne: le certificat de 
sa consécration est du 18 juin 17^4. Le 
synode provincial du Haut -Languedoc , 
le 5 mai 1785, lui assigna l'église de La 
Caune dans laquelle il avait avant sa 
consécration exercé le saint min. 

- accès. Le même synode lui accorda, 
3 mai 1787, de permuter avec Lanthois. 
pasteur de Roquecourbe etRéalmont. Il 
i comme secrétaire au synode pro- 
vincial du Haut-Languedoc, tenu le 
1" mai 1788. 

Alba était pasteur à Angles, lorsque, 
en 1791, le département du Tarn le choi- 
sit pour son représentant à l'Assemblée 
législative. Nous nous contenterons de 
rapporter les faits, en nous abstenant de 
toute réflexion; mais, pour apprécier 
ave impartialité la conduite d'Alba dans 
nos assemblées politiques, nous pensons 
qu'on ne doit pas le séparer de son 
. Il avait servi dans cette noble 
milice du désert dévouée par le pouvoir 
à tous les supplices, et la violence ap- 
pelle la violence. Doué d'une mâle élo- 
quence et d'une grande facilité d'impro- 
visation, La Source entraîna plus d'une 
fois les votes de l'assemblée. Réélu par 
son département à la Convention na- 
tionale, en 1792, il vota la mort du roi: 
mais, lorsque les appelants au peuple 
furent en butte aux dénonciations, il eut 
le courage de prendre leur défense. Ln 
instant, en avril 1793, il fut président de 



79 



ALBA — ALBENAS 



80 



la Convention. Une motion pour l'arres- 
tation du duc d'Orléans, et une attaque 
violente qu'il dirigea contre Robespierre, 
au sujet de la pétition des sections de 
Paris qui demandaient l'expulsion de la 
Convention de vingt-deux députés, au 
nombre desquels son nom se trouvait, 
achevèrent de le perdre. Compris dans 
la proscription du 2 juin 1793, plus 
connue sous le nom du 31 mai, il fut 
condamné par le tribunal révolution- 
naire, le 30 octobre, avec les chefs de la 
Gironde. Lorsqu'il entendit son arrêt de 
mort, il prononça ces paroles prophéti- 
ques d'un ancien : « Je meurs le jour où le 
peuple a perdu la raison ; vous mourrez 
le jour où il l'aura retrouvée. » Il fut 
exécuté le lendemain avec ses collègues. 
Il avait environ trente et un ans. 

5. ALBA (Abel) et deux enfants, as- 
sistés à Londres, 1702. 

6. ALBA (Daniel d'), Dauphiné,1619 
|II, 507]. — (Jeanne d'), ibid. — (Judith 
d'), 1674 [VIII, 146 b]. 

7. ALBA (Josué d'), seig 1- de Peyre- 
cave, d'Anzens etc , marié avec Anne 
de Madaillan dontil eut une fille, 8 mars 
l'iîl (Reg. bapt. de Castres). 

ALBALETRIER (Alexandre), du 
Dauphiné, manufacturier en laine, réfu- 
gié à Magdebourg, 1700. — Voy. Arba... 

ALBANEL (Jean), ministre à Blois, 
1612, 1620 [VI, 104 b, note ; X, 318].— 
(Paul, fils de feu Paul) de Combovin en 
Dauphiné, tondeur de draps, recule 23 
janvier 1723 habitant de Genève où il 
était réfugié depuis 39 ans, c'est-à-dire 
depuis 1684. 

ALBEAU (Lancelot d'), martyr, na- 
tif de l'Anjou, pasteur à Tours en 1558 
et à Valence en 1560. C'était un gentil- 
homme d'ancienne race. Calvin l'avait 
envoyé à cette dernière église pour aider 
le pasteur Gilles de Saulas, excédé de 
fatigue par suite de l'extension considé- 
rable que la Réforme avait prise à Va- 
lence et dans les environs. Arrêté par 
Maugiron, que le duc de Guise, gouver- 
neur du Dauphiné, avait envoyé à Va- 
lence pour faire main basse sur les sa- 
cramentaires, il fut condamné à mort 
par une commission du parlement de 
Grenoble, et décapité. Le conseiller 
L'Aubepin obtint qu'd serait bâillonné, 
de peur qu'il no haranguât le peuple. 



« Ayant fidèlement presché l'Evangile, 
dit une pièce du temps {Bull. VIII, 73), 
il a scellé la doctrine de vérité par son 
sang et par sa mort. » (Arnaud.) 

ALBENAS, famille noble, originaire 
de Nîmes, en possession de la seigneu- 
rie de Gajan, au diocèse d'Uzès. depuis 
1524. Elle s'est divisée en plusieurs 
- branches. — [Haag I, 24-28 ; — (Jean 
Poldo)I, 25 b; VIII, 161 b; - Margue- 
rite) II, 403; III, 39; - (Louise IX, 
147 a; — (Françoise) VI11, 279 b; — 
Vov. encore : Ilî, 469 a; IV, 259 a: V, 
88 a et 245 b; VIII, 214 b et 391 b.j = 
Armes : De gueules à un demi-vol d'ar- 
gent posé en bande, accompagné de trois 
étoiles d'or, 2 et 1. 

Jean I er d'Albenas, seigneur de Ga- 
jan, fils aîné de Louis d'Albenas, doc- 
teur ès-lois, et de Marguerite de Bordes, 
premier consul de Nîmes en 1516, et 
lieutenant du sénéchal de cette ville en 
1522, partagea ses biens entre ses deux 
fils : l'aîné, Jacques I er , eut sa terre de 
Gajan, et le cadet, Jean II, hérita de sa 
charge et de ses propriétés situées à 
Nîmes. La branche aînée s'est perpétuée 
jusqu'à nos jours, tandis que la branche 
cadette s'est éteinte a.\ecLouise d'Albe- 
nas, mariée à Henri de Porcelet, mar- 
quis d'Ubaye, en 1640. 

Nous ignorons à quelle époque cette 
famille embrassa la Réforme. Un Jean 
(fils de Jean) d'Albenas « de la cité de Nis- 
mes » était réfugié à Genève avant 1557, 
car il fut reçu habitant de cette ville le 
18 janvier de cette année et bourgeois 
le 25 juin. La première mention qui soit 
faite de la famille dans l'histoire de Nî- 
mes , comme protestante, concerne Jean 
Poldo d'Albenas, qui contribua beau- 
coup à l'introduction de la Réforme dans 
cette ville, où il était né vers 151-2. Son 
surnom de Poldo lui vint vraisemblable- 
ment de son arrière-grand-père Poldo ou 
Paul d'Albenas, docteur ès-lois, lieute- 
nant du sénéchal en 1462, et servait à le 
distinguer d'un autre Jean d'Albenas. sei- 
gneur de Colias, lieutenant-clerc en I 55 1 . 
puis, en 1566, lieutenant-général en la sé- 
néchaussée de Beaucairc. Son père Jac- 
ques, est sans doute le môme qui fonda 
la branche collatérale dont les descen- 
dants se réfugièrent en Suisse dans le 
siècle dernier. Après avoir fait ses étu- 



81 



ALBEXA> 



82 



des en droit à la célèbre université de 
Toulouse. Jean Poldo exerça les fonc- 
tions d'avocat auprès du parlement de 
cette ville. En 1551, il était un des douze 
conseillers du roi au siège présidial de 
Nîmes et Beaucaire , et il remplit cette 
charge avec distinction jusqu'à sa mort, 
arrivée vers l'an 1563. La noblesse de la 
sénéchaussée de Beaucaire le députa, en 
1560, aux Etats-Généraux du royaume 
qui se tinrent à Orléans. 

On doit à Jean Poldo d'Albenas une 
traduction française des Pronostics de 
Julien de Tolède ; une autre de l'Histoire 
des Taborites d'.Eneas Sylvius, et fina- 
lement un ouvrage d'antiquités très-re- 
marquable, intitulé : Discours historial 
de l'antique et illustre cité de Nismes, 
en la Gaule Narbonoise . avec les por- 
traitz des plus antiques et insignes bas- 
iiments du dit lieu; Lvon , 1560, in- 
fol. 

Jacques d'Albenas, frère cadet de 
Jean I er , et premier consul de Nîmes 
en 1524, avait épousé Jeanne Girard, et 
fut père de Vital d'Albenas. dit Poldo 
(probablement le même que Vidal d'Albe- 
nas, premier consul de Nimes en 1562 , 
capitaine huguenot qui figure dans nus 
malheureuses guerres civiles comme un 
des lieutenants de l' intrépide baron 
d'Acier. L'entreprise tentée par Coudé 
pour s'emparer de la personne de Char- 
les IX, venait d'échouer; il ne restait 
plus aux protestants qu'à recourir au 
sort des armes. La ville de Nimes, où 
ils étaient en grand nombre, fut une des 
premières qui répondit à l'appel du 
prince. Dès les premiers jours d'octobre 
N -tradamus, dans son His- 
toire et Chronique de Provence, « on vid 
fondre ces te grande tempeste sur M %• 
mes. où furent cruellement passés par 
les tils des épées, et inhumainement es- 
gorgez un grand nombre de Catholiques 
par ceux de ceste religion si sanglante 
et dirlbrmée, les quels de rage forcenée 
jettèrent un religieux Observantin de- 
dans un horrible puits avec quelques 
autres lions prestres, parce seulement 
qu'il preschoit une plus saine, ancienne 
et toute autre doctrine que la leur. » 
Dom Vaissète complète ce récit, dans 
son Histoire du Languedoc en disant : 
«L'action barbare et odieuse des Pro- 



testants de Xismes coûta la vie à beau- 
coup de leurs coreligionnaires que les 
Catholiques égorgèrentpar représailles. » 
Mais ce ne fut pas tout : Le parlement 
de Toulouse, ayant fait informer sur ce 
massacre, rendit, le ^8 mars 1569, une 
sentence par laquelle il condamna à mort 
par contumace 10 i personnes de la ville 
de Xismes. On distingue parmi les plus 
notables : Guillaume Calvière, premier 
président au présidial en 1557 : Denis 
Briïeys, sieur de S. Chapte, lieutenant 
criminel ; Robert Le Blanc, juge ordi- 
naire, ancien syndic de la province : 
plusieurs conseillers; Pierre Valette. 
procureur du roi au sénéchal : Pierre 
Robert, lieutenant du viguier: pra»ieurs 
capitaines, dont Vital d'Albenas, auquel 
nous rapportons cet épisode ; François 
de Parée, sieur de Servas : René de Sa- 
voye, sieur de Cipières ; Antoine Briieys, 
sieur de Sauvignargues ; Honorât de 
Montcalm, sieur de Saint-Véran : quatre 
ministres entre lesquels Pierre d'Aire- 
baudouze ; Nicolas Calvière. >ieur de 
Saint-Cosme, docteur ès-lois, consul en 
1559, et plus tard élu trois fois gouver- 
neur de la ville; les deux fils du prési- 
dent (Calvière; le sieur de Mandagout, 
dit Galareues. et Thomas de Rochemore, 
baron d'Aigremont. (Haag.) 

I." capitaine Vidal d'Albenas , dit 
Poldo . eut pour femme Jeannette Fa- 
vier, et fut père de Céphas d'Albenas. 
qui épousa Suzanne de Pavée, et fut ca- 
pitaine et viguier de Nimes. Claude, fils 
de Céphas, également capitaine et vi- 
guier, prit pour femme Marguerite Ri- 
card, dont il eut Claude qui suit. 

Claude d'Albenas, conseiller du roi, 
capitaine et viguier de Nimes. né en 1629 
et mort le 6 oct. 1705, est ce d'Albenas 
qui. en 170i. présida une députation des 
nouveaux convertis de la ville de Nimes 
au maréchal de Villars [I, 26]. Selon 
toute apparence, c'est lui aussi qui , 
après avoir été destitué comme huguenot 
en 1682 (Arch. Tr 322), avait apposé sa 
signature en tète de l'acte d'abjuration 
que souscrivirent, le 20 novembre 
une foule de malheureux Nimois. Mais 
la démarche faite en 1704, par les nou- 
veaux convertis de Nimes mérite d'être 
racontée dans tous ses détails. Elle té- 
moigne, il faut l'avouer, du peu de sym- 



83 



ALBENAS 



pathie que les Camisards rencontraient 
parmi leurs coreligionnaires dans les 
villes, soit à cause des actes terribles de 
vengeance qu'on leur imputait, soit plu- 
tôt parce que le gouvernement en pre- 
nait occasion de peser davantage sur 
les habitants paisibles. Lorsque le ma- 
réchal de Villars vint remplacer, en 1 704 , 
le maréchal de Montrevel dans le com- 
mandement de la province du Lan- 
guedoc, les protestants de Nîmes, par 
le conseil du baron à'Aigaillers, dres- 
sèrent une requête pour lui demander 
à marcher sous ses ordres contre les 
rebelles, espérant les ramener par leur 
exemple, ou résolus de les combattre 
afin de témoigner de leur fidélité au gou- 
vernement. Cette supplique, signée par 
plusieurs gentilshommes et par presque 
tous les avocats et marchands de la ville 
de Nîmes, lut présentée, le 22 avril, par 
d'Albenas à la tête de 7 à 800 personnes 
de la religion. Mais les offres des nou- 
veaux convertis ne lurent point agréées ; 
le maréchal leur répondit qu'il espérait 
ramener les rebelles par la seule dou- 
ceur. Etcependant Briieys nous apprend, 
dans son Histoire du Fanatisme, que le 
jour même, « par le conseil de M. de 
Basville, il fit l'aire des enlèvements de 
plusieurs personnes suspectes , qui fu- 
rent envoyées aux Isles de Sainte-Mar- 
guerite. » A quelques jours de là seule- 
ment, les principaux d'entre les réfor- 
més de Nîmes se rendirent de nouveau 
en corps auprès de Villars pour lui re- 
nouveler l'offre de leurs services. Cette- 
fois encore ce fut d'Albenas qui porta la 
parole : « Les nouveaux convertis de la 
ville deNismes, lui dit-il, viennent vous 
réitérer les assurances de leur plus invio- 
lable fidélité pour le service du Roi... Ils 
vous ont supplié et vous supplient en- 
core, Monseigneur, de vouloir vous ser- 
vir de leurs personnes et de leurs biens 
pour exterminer ces malheureux fanati- 
ques qui ont eu la témérité de s'élever 
contre l'autorité de Sa Majesté. Il fau- 
drait avoir perdu tout sentiment de reli- 
gion et d'humanité pour seconder une 
troupe de scélérats qui joignent à leur 
révolte L'impiété, les sacrilèges, les meur- 
tres, les incendies et mille autres cruau- 
tés dont les démons seuls peuvent être 
capables.... Nous les avons en horreur; 



et notre indignation est d'autant plus 
grande, qu'ils rendent odieux le nom de 
nouveau converti, et avec la haine pu- 
blique attirent sur nous des maux qui 
ne devraient tomber que sur eux et sur 
leurs complices.... Nos biens, nos vies 
nous sont moins chers que notre fidélité; 
la croire suspecte est le plus grand de 
tous nos malheurs. » En lisant une pa- 
reille pièce , on oublie que les protes- 
tants gémissaient sous la législation la 
plus atroce, que les massacres et les 
supplices se succédaient sans interrup- 
tion dans les provinces du Midi ; ou plu- 
tôt on se demande si ce n'est pas là le 
cri de malheureux au désespoir qui s'at- 
tachent à leur bourreau pour éviter le 
coup mortel. « Sur l'invitation d'Aigail- 
lers, dit M. Peyrat dans son Histoire des 
Pasteurs du désert, toutes les villes 
adressèrent au maréchal des harangues 
à la d'Albenas. » 

Claude d'Albenas avait épousé, le 30 
octobre 1655, Jeanne de Guiraud, qui 
montra une tout autre fermeté que lui. 
Vers 1686, elle émigra du royaume, ac- 
compagnée de sa fille Jeanne, alors âgée 
de 21 ans, de M me de Guiraud, sa mère, 
et d'autres dames de sa famille, et réus- 
sit à atteindre Genève ; deux de ses fils 
parvinrent également à quitter la France. 
De son mariage avec Claude d'Albenas 
étaient issus sept enfants : 1° Céphas, 
né le 22 déc. 1662, étudiant à Genève, 
1682, et marié le 15 janv. 1705 à Cathe- 
rine Bourelly de Roque -Servières. — 
2° Jeanne, née en 1664. Elle mourutàGe- 
nève le 31 janv. 1730, léguant à sa sœur, 
mariée à Nîmes, une somme de trois mille 
livres, à condition que celle-ci « sortit de 
France et se retirât dans un autre pays. 
pour suivre la sainte religion réformée. » 

— 3° Henri, qui continua la descendance. 

— 4° Antoine, né le 8 octobre 1672, ma- 
rié à Jeanne de Langlade-Clarensac. 
Selon l'Armoriai du Languedoc de la 
Roque, cette dernière se nommait Ga- 
hricl/e, et son mariage eut lieu le ( .l mai 
1700. — 5° Charles, né le 19 avril lliTi. 
Emigré après la Révocation, il entra au 
service d'Angleterre, où il parvint au 
grade de lieutenant-colonel, et mourut 
à Genève le 29 août 1 73 i 11 avait épouse 
dans celle ville, le 2î juillet 1742, J«MWte- 
Elisabeth de Ki(anl, de Montpellier, 



85 



ALBEXAS 



ALBERT 



86 



dont il n'eut pas d'enfants; un pre- 
mier mariage l'avait rendu père d'une 
fille. Ci.ermonde, née à Genève en mars 
L704L — 6° Anne-Jeanne, femme de 
M. Vory, avocat du roi au présidial de 
Nimes,mortele23 avril 1767. — 7° Fran- 
çois , capitaine , mort en Irlande en 
1609. 

Né le "> mai 1668, Henri d'Albenas 
quitta la France après la Révocation. de 
même que son frère Charles, et entra 
comme lui au service d'Angleterre. Après 
après avoir été dans ce pays capitaine 
de cavalerie, il vint terminer ses jours à 
Genève, où il mourut le 28 janvier 1 7:ï<». 
Sa femme, Suzanne Negret, qu'il avait 
épousée dans cette ville le 15 décembre 
1701, lui donna, outre deux enfants 
morts jeunes, trois (ils et deux filles, 
tous nés à Cenève : 1° Jeanne, née le 
7 octobre 170i. mariée en premières no- 
ces à Ferdinand-Henri-Darid de Saus- 
sure, et en secondes à Jean-Louis de 
('rniisaz, juge à Lausanne. — v )0 Char- 
les, qui suit. — o" Jean-Antoine, né le 
3 mai 1711, capitaine en Piémont, puis 
établi dans le, paya île Vaud. Marié à 
une demoiselle Plantain, il eut d'elle un 
fils, Chaules-Antoine, né à Lausanne en 
17i7.— 1° Henri, né le ? juin 17131 
lieutenant en Piémont dans le régiment 
de Portes. — 5° Slsa.nne, née le 22 août 
1710 et morte en 17'.»1, femme de Ro- 
dolphe de Crousaz , seigneur de M>- 
zery. 

Charles d'Albenas, né le 10 février 
1709; embrassa comme ses frères la car- 
rière des armes et servit eu Piémont, où 
il devint lieutenant-colonel. Fixé dans 
le pays de Yaud, il y épousa, en 17ir>, 
Louise-Marie-Claudine Mauor, dame 
de Sullens, dont il eut un lils, Cephas- 
Luakles-Lolis-IIenri. Ce dernier, hé- 
ritier par sa mère, de la seigneurie de 
Sullens, naquit le 16 novembre 1747 ; il 
fut capitaine au service de France et 
mourut à Paris le 28 juin 1805, laissant 
un fils, Jean-Baptiste- Aiiraham-Louis. 
de son mariage avec Anne-Sophie île 
Briasac, qu'il avait épousée en 1708. 
Jean-Bapliste-Abrabam-Louis s'unit en 
premières noces à une demoiselle Nor- 
dinij, et efl secondes a une demoiselle 
Rosset. et eut de cette dernière Au- 
c,i>te -Lon.— Samuel, qui est mort à Lau- 



sanne en mars 1870, laissant un fils et 
une fille L 

La branche aînée de la famille, bien 
que restée en France, demeura, dit-on. 
fidèle au protestantisme. Elle s'était éta- 
blie à Sommières (Gard) en 1608. Jean- 
Josepii d'Albenas, né le 10 mars 1701 à 
Sommières, de François- Alexandrin 
d'ALisENAS, seigneur de Cajan, et de 
Charlotte-Philiberte de Montlaur, prit 
part à la guerre de l'indépendance de 
l'Amérique sous le général Lafayette. A 
son retour en France, il remplit diver- 
ses fonctions publiques. On lui doit 
quelques écrits de peu d'importance; «or 
les Maisons de jeu, 1814; sur Ylndern- 
nifé. t s L s , et un Essai histnr. et poéti- 
que de la gloire et des travaux de Xa- 
poléon I er , depuis le 18 brumaire an vin 
jusqu'à la paix de Tilsitt; Paris. 
ih-8*. Il mourut à Paris le 82 sept. 18?4. 
Ses deux lils. Loris-Ei/in-.NE, né à Som- 
mières en 1 7 s 7 , et Prosper, ont suivi 
avec honneur la carrière des armes. Mis 
à la retraite après le licenciement de 
l'armée de la Loire, l'aîné consa< > 
loisirs à la culture des lettres. On cite 
avec éloge ses Ephi-mèrides militaires ou 
Anniversaires de la valeur franraist -de- 
puis [l'.)i jusqu'en HHS; Paris. 'lMS-2<). 
12 vol. in-8°. Quoique cette publication 
ait parti comme étant l'œuvre d'une so- 
ciété de gens de lettres et de militaires, 
le bibliographe Quérard prétend que le 
lieutenant-colonel d'Albenas eu a été le 
seul rédacteur. 

ALBKRGK- Marie , v. 1 7011 [Y. "il fui]. 
— kaaaè) de Bé/.iers. marchand chape- 
lier, réfugié a Genève, \< enne) 
de Bé/.iers, id., 1890. 

ALBERIC (J. . -alenen, 1305 [X, 

my 

ALBERON, v. lf.sr, [IV, 181 a]. 

ALBKRT le capitaine . i:,r,-> Vlll, 
407 a]. — (David), ancien de Brutnçon, 
député au synode de Charenton, 1044 
'X. 30"2 . — Albert, ancien à S. -Félix, 
1070 L YII. 293a]. — Plusieurs Albert du 
Yal-de-Queyras et de Pont-en-Royans. 
réfugiés a Genève; de lO'.iô à 1712. — 
Pierre), galérien, en 1686 [II. 
X, 408]. — (Louis), de Bretagne, id., en 

1 Ces renseiguduentt mit la branche de Claude uvl- 
beoas passée eu Suisse nous sont donné» par M. Th. 

OUflHitt. 



87 



ALBERT — ALBIAG 



88 



1687 [X, 410]. — (Jacob), id., en 1689 
[X, 412]. — (Mathieu), dit Peruset, 1686, 
jeté à la voirie [X, 433]. 

ALBERT (Marguerite d'), dame de 
Saint- André, 1588 fi, 192 a]. 

ALBERTAS (Aimare d'), baronne de 
Sénas, 1573 [V, 255 a]. 

ALBERTI (La femme du « Rentier » ), 
massacrée à Aix, avec son mari, 1562 
[X, 469, 471]; i Crespin, 678 c. — Au- 
bertin Alberti « de Lospel au comté de 
Nice, » réfugié à Genève et reçu habi- 
tant vers 1602. 

ALBERTON (Pierre, fils de Jean), 
« de Valence en Dauphiné, faiseur de 
boistes et estuis de monstres, reçu habi- 
tant de Genève, 4 sept. 1697. » — Ja- 
ques, fils de feu Pierre), né à Lyon, 
h monteur de boetes,» id., 8 août 1764. 

ALBI ou Alby (Anne-Dorothée d'). 
1665 [IV, 377 a].— (Jeanne), [VI, 243 b]. 

1. ALBIAG (Accasse d'), ou Dalbiac, 
dit du Plessis, poète français du XVI e 
siècle, né à Paris [Haag I, 28]. 

On ne sait presque rien de sa vie. 
Dans un libelle catholique (Passèrent 
parisien [par Antoine Gathalan], Lyon, 
1556, in -12, on lui impute d'avoir 
été moine à l'abbaye de S.-Denis. Ge 
qu'on connaît le mieux en ce qui le con- 
cerne, ce sont ses livres, dont la date 
géographique annonce qu'il s'était réfu- 
gié en Suisse : 

I. Le Livre de Job traduit en poésie 
françoise selon la vérité hébraïque, par 
A. Du Plessis, parisien. Au roy d'An- 
gleterre Eduard, sixième de ce nom. 
1552, in-8° (de l'imp. de Jean Gérard, à 
Genève). — Réimpr., 1553, pet. in-8°de 
157 et 2 p. 

II. Les Proverbes de Salomon, en- 
semble l'Ecclesiaste, mis en cantiques 
et rime Françoise, selon la vérité hébraï- 
que, par A. D. du Plessis. Mis en mu- 
sique par F. Gindron. Lausanne, Jean 
Rivcry, 1556, pet. in-8° de 96 ft*. en tout, 
avec deux dédicaces aux seigneurs de 
Berne, l'une en prose, de F. Gindron, 
l'autre en vers, de d'Albiac. 

III. Divers cantiques esleus et extraits 
entre les plus notables du vieil et nou- 
veau Testament. Partie traduits selon 
l'IIebrieu, et réduits quasi mot à mot : 
partie réduits en métaphrases, pour es- 
clarcir aucunnes phrases Hébraïques peu 



convenables ou mal entendibles en 
nostre langue vulgaire, sans toutesfois 
esloigner le sens, comme verra le lec- 
teur de bon jugement. Par Accasse Dal- 
biac, dit du Plessis. (Genève) Jean 
Grespin, 1558, in-8° de 110 et 2 p. 
Avec une dédicace à Antoine de Bour- 
bon, roi de Navarre, et une préface en 
vers «à tous chrestiens. » — Ges canti- 
ques sont au nombre de 34, dont deux 
seulement tirés du Nouveau Testament, 
les autres de l'Ancien. — Réimpr. 
Lyon, Jean Cariot, 1560 (Divers canti- 
ques extraits du vieil et nouveau testa- 
ment et mis en rime françoise, par etc. 
Ensemble les Cantiques de Mat. Gordier 
et autres autheurs nommez en leur lieu), 
pet. in- 12 de 188 et 3 p. 

Il paraît que, peu de temps après cette 
dernière publication, d'Albiac rentra en 
France. Le célèbre édit de janvier 1563 
venait d'être rendu, et un grand nombre 
de réfugiés avaient été leurrés par l'es- 
poir de retrouver dans leur patrie liberté 
et protection. Notre poète se rendait à 
Angers auprès de son frère, le ministre 
Du Plessis, lorsqu'il fut surpris à Tours 
par une échauffourée. La première 
guerre de religion venait de commencer. 
Les religionnaires de Tours d'abord 
maîtres de la ville n'ayant aucun espoir 
de secours, résolurent (juillet 1562), de 
se jeter dans Poitiers. « Les uns se ren- 
dirent et posèrent les armes; les autres 
rompus et deffaicts se sauvèrent comme 
ils peurent, et se retirèrent à Poitiers te- 
nue par ceux de la Religion; quelques 
autres furent entièrement desvalisez et 
menez par troupes à Chastelleraut, 
comme povres brebis à la boucherie.» 
Au nombre de ces derniers était Jean de 
Tournay , vieillard plus que septuagé- 
naire, ancien moine augustin, et un des 
douze ministres députés à la conférence 
de Poissy. qui fut noyé de sang-froid. 
Quant à ceux qui s'étaient rendus sur la 
promesse d'avoir la vie sauve, le mar- 
quis de Villars leur donna une escorte 
de quelques chevaux avec un sauf-con- 
duit pour les reconduire à Tours; mais 
la plupart furent égorgés en chemin. 
Deux à trois cents seulement parvinrent 
jusqu'aux faubourgs delà ville. Aussitôt 
on sonna le tocsin et les massacres 
commencèrent. On traîna à la rivière 



89 



ALBIAC 



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jusqu'aux enfants, dit Crespin. «de 
sorte qu'en moins de cinq ou six jours 
les bords de la rivière baissant à An- 
gers estoyent couverts de corps dont 
les bestes mesmes s'espouvantoyent. » 
Le ministre Michel Herbaut. ancien 
prieur des Augustins, ayant été arrêté 
près de Tours, fut amené devant Chavi- 
cny qui lui commanda de se tenir prêt 
à prêcher pour le lendemain. Herbaut 
obéit; mais son sermon n'ayant pas été 
goûté par les assistants, il fut jeté en 
prison et deux jours après condamné à 
être brûlé vif. Il est vrai de dire que 
cette sentence fut adoucie ; on accorda 
au malheureux ministre d'être pendu. 
Le lendemain de son entrée dans la ville 
le duc de Montpensier avait fait publier 
à son de trompe : Que chacun après 
tre confessé eût à faire ses Pâques et à 
se trouver le lendemain à la procession 
générale du S. -Sacrement, sous peine de 
la vie. Beaucoup de religionnaires inti- 
midés se mêlèrent à la procession ; mais 
leur soumission, loin de leur l'aire trou- 
ver grâce, ne servit qu'à les désigner 
plus sûrement au fanatisme sanguinaire 
de la populace. Un certain nombre d'en- 
tre eux furent noyés, les autres jetés en 
prison. Quant aux maisons de «eux qui 
étaient absents ou qui avaient été mas- 
sacrés, comme elles n'avaient point été 
« tapissées » conformément à l'ordon- 
nance du gouvernement, pour faire hon- 
neur à la procession, les gens de la 
justice leur tirent le procès et les con- 
damnèrent à être saccagées, puis ven- 
dues au plus oirrant, ce qui fut exécuté. 
Quelques jours après, des moines dres- 
sèrent une confession de foi, et il fut 
également crié par la ville : Que quicon- 
que refuserait de la signer ou approuver 
par-devant bon témoin serait mis à 
mort. Quelques femmes, entre autres, 
demeurèrent constantes en leur foi. De 
ce nombre fut la femme du poète qui fait 
le sujet de cette notice. Il est probable 
que lui-même avait péri, car il n'en est 
plus fait mention dans l'histoire depuis 
cette époque. « Une honnorable damoi- 
selle, raconte Crespin, de la maison Du 
TU en Flandres, femme d'un honnorable 
personnage nommé Acace d'Albiac de 
Paris, frère de Du Plessis, ministre 
d'Angers, estant partie de Lausanne en 



Suisse avec son mari, et surprise par les 
troubles à Tours, après avoir constam- 
ment refusé de soussigner cette confes- 
sion, fut traînée avec infinis outrages 
jusqu'à la rivière, ayant receu en che- 
min un grand coup d'espée sur le vi- 
sage, et finalement avec son hostesse, 
femme d'un nommé Du Mortier, et une 
honorable vefve nommée La Chapesière, 
jettée en l'eau si basse que n'y pouvant 
estre noyée avecques ses compagnes, 
elles y furent assommées à urands 
coups d'avirons jusques à leur faire sor- 
tir la cervelle à la veuè d'un chacun. » 
La ville de Tours ne fut pas le seul 
théâtre de ces scènes d'horreur, toute 
la province fut couverte de meurtres. 
C'est alors que périrent le ministre 
de S.-Christophe nommé Longer il le, 
homme intègre et fort âgé; le ministre 
de Ligueil, Provençal de nation, «plein 
de grande pitié et de fort paisible es- 
prit, " auquel on creva les yeux et qu'on 
jeta encore vivant sur un tas de bois où 
il fut brûlé; le nommé Ferrand, autre- 
ment dit le seigneur Dusson, qui de re- 
tour de Lausanne depuis quelques an- 
nées, avait été envoyé a l'Isle-Bouchard 
pour y répandre les doctrines de la Ré- 
forme. Il avait été appréhendé avec le 
seigneur des Perrouses ; et ils étaient 
conduits tous deux par-devant le gou- 
verneur de la province, qui faisait sa ré- 
sidence ordinaire à Champigny, lorsque 
le tocsin du château appelant les tueurs 
au dehors, ils furent massacrés par la 
commune et jetés dans une mape. 

2. L'Anjou ne fut pas moins éprouvé 
que laTouraine. Le frère de notre poète, 
Charles i/Albuc, sieur Du Plessis, pas- 
teur à Angers, fut une des premières 
victimes. [Haag l, 30 a; — II, 419 a]; 
Bull. II, 

Charles d'Albiac parait avoir joui 
d'une grande réputation d'éloquence. 
« L'Eglise de Blois, dit Béze, en ayant 
entendu parler comme ayant le langage 
plus friant que d'autres, le demanda à 
celle de Tours [au service de laquelle il 
était d'abord attaché a\ecJacq. Rouille. 
juill. 1558], qui consentit à le lui prêter 
pour trois mois. » A l'époque de l'as- 
semblée des états provinciaux de l'An- 
jou pour l'élection des députés aux Etats 
Généraux (15ÔU), Du Plessis. de retour 



91 



ALBIAC 



92 



à Angers, et un avocat du roi, nommé 
François Grimaudet, déployèrent tant 
d'activité et de zèle que les religionnai- 
res l'emportèrent, en faisant élire les 
sieurs de La Barbée et de Vallier-Bre- 
say. Mais ces élections lurent cassées 
par le duc de Montpensier. 

A Angers, les choses se passèrent à 
peu près comme à Tours. Les protes- 
tants s'y maintinrent les maîtres jus- 
qu'au 5 mai (1562). Mais à cette époque, 
Puygaillard, avec l'assistance des habi- 
tants catholiques, s'en empara « en 
moins de rien. » Le duc de Montpensier 
et Ghavigny l'y suivirent. Pressé par le 
danger, le ministre Du Plessis voulut 
fuir par-dessus les murailles de la ville : 
mais il fut reconnu et égorgé. Les juges 
sommés d'expédier en toute diligence 
le procès des malheureux protestants 
dont on avait comblé les prisons, se mi- 
rent aussitôt à l'œuvre. 

On nous a conservé les noms de quel- 
ques-unes des victimes de ces assassi- 
nats juridiques. Mathurin Bouju, rece- 
veur des tailles, avait été incarcéré un 
des premiers. Il va sans dire qu'avant 
toute autre formalité, son domicile avait 
été saccagé , et sa caisse déclarée de 
bonne prise par le gouverneur. Le sieur 
de Beauregard, diacre de l'Eglise, avait 
même été tué dans sa maison en résis- 
tant aux assaillants. Son procès donc 
étant commencé, et Bouju ayant récusé 
le président, Ghavigny, lieutenant du 
duc de Montpensier, le somma de con- 
venir d'un autre juge, d'autant, ajouta- 
t— il, qu'il avait beau choisir, qu'il n'en 
mourrait pas moins. Bouju désigna le 
conseiller François de Pincé, sieur de 
La Boue, « qui lui avoit esté de tout 
temps ami famillier ; » mais comme Pincé 
déclinait ce dangereux devoir, Ghavigny 
le menaça, s'il ne s'exécutait au plus 
vite, de le faire pendre lui-même aux 
créneaux de sa maison. Pincé eut alors 
la faiblesse de condamner son ami, qui 
fut mis à mort avec un de ses fidèles 
serviteurs, nommé Robert Crozille. 
Jean de Nodreux, sieur du Gormier, eut 
la tête tranchée ; outre le crime d'héré- 
sie dont il était coupable, il y avait pour 
sa condamnation un motif plus puissant 
encore : sa fortune était très-considéra- 
ble, et elle échut au moine Birhelieu. 



Pierre Gohin, sieur de Malabry, garde 
de la Monnoye, et un des anciens de 
l'église, eut le même sort; ce notable 
commerçant était en telle estime dans 
le pays, que le grand doyen de Saint- 
Maurice lui avait donné refuge dans sa 
maison contre les poursuites de ses as- 
sassins ; c'est chez ce vénérable ecclé- 
siastique qu'il fut trouvé et arrêté. Fran- 
çois Melct, sieur de Pincé, et Jacques 
Eveillart, sieur de La Ganerie, tous 
deux avocats, furent également exécu- 
tés; seulement ce dernier, en sa qualité 
d'ancien et de surveillant de l'église, re- 
çut de plus la question extraordinaire. 
Quant à leur confrère, Guillaume Per- 
raui , il ne racheta sa vie qu'en accor- 
dant à un valet la main de sa fille uni- 
que. Les mêmes meurtres se renouvelè- 
rent dans toute la province : à Gran. où 
le baron du lieu, le sire de La ïrémoille, 
permit à Puygaillard de transporter le 
théâtre de ses cruautés; à Baugé, où 
l'un des ministres, Jean Le Bailli, fut 
tué; en un mot, tout le pays fut inondé 
de sang, et les exécutions y continuè- 
rent, même après la publication de la 
paix d'Amboise, en 1569. 

B; ALBIAC(d'). Ministre dans leViva- 
rais, 1620 [VI, 408 a]; — (Simon,, min. 
à Sr-Vincent de Vivarais, 1671. à Vallon, 
1669, 1671, à Marcols etc. 1669-73 [VI. 
33 6, 34 a; VIII, 306 6; IX, 376 a]. Un 
Simon d'Albiac était pasteur à Aarden- 
bourg en Hollande, 1693-1703. — Pierre 
Albiac fut admis au saint ministère en 
1681 et donné pour pasteur à Montclus. 

4. Albiac (Paul), de Revel, abjure. 1 685 
[IX. 341 a]. 

5. ALBIAC ou Dalbiac (Charles, fils de 
Henri d'), de Nîmes. « fabricant dé bas 
de soie, » reçu habitant de Genève le 
16 mars 1722. 

Les Dalbiac ou d'Albiac de Nîmes ont 
prospéré en Angleterre. On lit dans 
Agnew (II, 304.) : « Cette famille fut 
presque exterminée à l'époque de la Ré- 
vocation. Le père, la mère, quatre Bis et 
trois filles périrent; un cinquième liis 
abjura et garda le patrimoine : un sixième 
put envoyer ses deux fils en Angleterre 
en les cachant dans des paniers. Ces 
deu\ enfants furent les auteurs des deux 
branches anglaises de la famille : l'une 
à laquelle appartiennent deux Simon 



93 



ALBIAC 



ALBRET 



94 



Dalbiac qui furent directeurs de l'hos- 
pice des Français réfugiés l"un en 1755 
l'autre en 1758; l'autre branche eut pour 
chef Jacques Dalbiac, marié en 1720 à 
M" e Delaporte et mort en 1 749. Charles. 
second lils de Jacques ,1721)- 1808), épousa 
1° une D" e DrvLsme; 2° D lle Le Bas : de 
ce dernier mariage il eut une fille. Hen- 
riette, qui devint lady Piteairn, et deux 
iils, dont le second. Georges Dalbiac. fut 
père du lieut.-général sir James Charles 
Dalbiac mort en 1.817. La fille unique 
de ce dernier, Stephana, a épousé en 
1836 le sixième lord duc de Roxburghe. » 

ALB1É(Jean h'}. 1057 (et J. -Jacques . 
1685 VI. 136 b]. 

ALBIGES (Madeleine), 1668 \ . 
232 1.]. 

AEHIGÈS J.). de Réalmont. salé- 
rien, 1754, libéré en 1702 [\l. 548 b; 
X. 405. L28], 

Ai.niGNAC, vov. Bedos. 

ALBIGNY (n . 1577 [III. 432 a]. 

ALBIN DE VALZERGUES (Anne, 
lille de Louis d'), 1597 [V11I, 284 a]. 

ALBON (Charles-René d'), de Mon- 
tauban en Dauphiné. réfugié en Prusse 
en 1080 (Erman IX. 3. — Un autre 
d'Albon. réfugié en Angleterre à la Ré- 
vocation, y fut lieutenant-colonel du ré" 
giment de Sibourg et signa en cette qua- 
lité la capitulation d'Alicante en 1708 
Agnew, Protest. Exiles . 

1. ALBOUY ou Alblys François, fils 
de Pierre), « paulmier, » reçu habitant 
de Genève le 24 août 1551 etboui^ 

le 2 mai 1555. Sa descendance y a sub- 
sisté jusqu'au XVII e siècle. 

2. ALBOUY le capitaine Constant 
dit,, 1022 [IV, 20 a. désigné par erreur 
à cet endroit comme père du suivant]. 

3. ALBOl'Y (IsaacJ, ou Alboy [IV, 
356 a; VII. 399 aj comme on écrivait à 
Montauban, était né dans cette ville, le 
1 er mai 1022, de <■<■ feu M e Isaac Alboy 
advocat et de d lle Anne de Lalause. ma- 
riez. » Il était étudiant en théologie à 
l'académie de Montauban en 1044, et pas- 
teur à Claye en 1049. à M eaux en 1055 et 
à Guisne en 1001. (Mich. Nicolas.) 

A Guisne, Isaac Albouy fut empri- 
sonné à la citadelle pour ses prédications 
dénoncées comme séditieuses parle curé 
du lieu. On l'accusait d'avoir invité les 
tidèles de son église à prier pour les 



Hollandais opprimés et pour leurs frères 
de Fiance dont on démolissait les égli- 
ses, afin que Dieu touchât le cœur du 
roi, leur promettant que s'ils se repen- 
taient de leurs péchés , Dieu leur susci- 
terait des libérateurs, des Jéroboams, 
des Jephtés. des Mardochées. des K-- 
thers, pour externtinpr et détruire ceux 
qui leur voulaient du mal. Albouy fut 
mis en état d'arrestation. Pour se justi- 
fier il adressa au roi une supplique avec 
la copie de ses discours, démontrant ainsi 
qu'ils n'avaient rien de répréhensible.On 
a conservé ces diverses pièces et voici 
textuellement ce qu'on lit dans le ser- 
mon : « 11 touchera le cœur de ce grand 
et auguste monarque soubz qui nous 
vivons, comme il fit celuy de Cyrus, 
d'Artaxerxes et de Darius: il nous susci- 
tera auprès luy quelque Néhémie, quel- 
que Mardochée ou quelque Esther pour 
travailler au rétablissement de l'église. » 
Il y a loin de là à des menaces de destruc- 
tion et de révolte. Mais le curé pensait 
sans doute que la fin justifie les moyens. 
Nous ne connaissons pas d'ailleurs le 
résultat du procès Arch. yen. Tt). 

I . ALBRET (maison d'). Elle tirait son 
origine d'Amanieu. sire d'Albret, mort 
en 1060, et s'éteignit, dans la ligne mas- 
culine, en la personne du marquis d'Al- 
bret, mort en 1078. Le vicomte d'Albret. 
anciennement Lebret (Leporetanus pa- 
ville principale Xérac, érigé en du- 
ché par le roi Henri 11 (29 avril 1550), 
fut réuni à la couronne de France au 
mois de juillet 1607. — En 1484, la mai- 
son d'Albret acquit le royaume de Na- 
varre par le mariage de Jean d'Albret 
avec Catherine de Foix, héritière de cette 
couronne ; mariage qui fut célébré en 
1491. La Navarre française ou Basse- 
Navarre avait 8 lieues de long sur 5 de 
large, avec Saint- Jean-Pied-de-Port pour 
capitale ; la partie espagnole du royaume 
ou Haute-Navarre, située sur l'autre ver- 
sant des Pyrénées, avait 30 lieues de long 
sur 24 de large, capitale Pampelune. En 
1512. Jean d'Albret fut dépouillé, comme 
allié de Louis XII et excommunié par le 
pape, de toute la partie espagnole de ses 
Etats que Ferdinand le Catholique, roi 
d'Aragon, envahit, et jamais la maison 
d'Albret, ni par les négociations, ni par 
la ruse , ni par la force , ne put en re- 



95 



ALBRET 



96 



prendre possession. — La principauté de 
Béarn, qui relevait en partie de la Na- 
varre, en partie de la France (26 lieues 
de long, 22 de large; capit. Pau), fut 
réunie à la couronne de France avec la 
Basse-Navarre en 1620. 

2. ALBRET (Jeanne d'), et sa maison 
[Haag I, 31-59. — I, 144, 253, 260; II, 
131, 165, 168, 429, 435, 437, 454,463, 474, 
515 ; 111, 2, etc. etc. — (Jean et Honorée 
d'), III, 47; — (Isabelle d') 1, 229; — 
(Louis d) III, 374 a; — (Hercule d') 
V, 279 b). 

Armes : Albret primitif, de gueules 
pur et sans pièce. Au XVI e siècle, écar- 
telé de France et de gueules ; puis coupé 
de 8 pièces, 4 en chef et 4 en pointe. Au 
1 du chef de Navarre, au 2 de Bourbon, 
au 3 écartelé de France et d' Albret, au 
4 d'Aragon; au 5 ou 1 de la pointe écar- 
telé (au 1 et 4 de Foix, au 2 et 3 de 
Béarn), au 6 écartelé d'Armagnac et de 
Rhodez, au 7 d'Evreux, au 8 écartelé de 
Castille et de Léon ; brochant sur le tout, 
de Bigorre (Le P. Anselme). — Ce bla- 
son est un peu différent sur la monnaie 
de Jeanne d' Albret, mais non moins 
compliqué. 

3. Jeanne d' Albret naquit le 7 janvier 
1528 de Henri II, duc d' Albret, roi de 
Navarre, prince de Béarn, et de Mar- 
guerite d'Orléans-Angoulême, sœur du 
roi François I er . Elle était l'aînée de 
quatre enfants, dont deux filles mortes 
en naissant et un fils, Jean, qui ne vé- 
cut que deux mois. Une si grande héritière 
unique ne pouvait être élevée loin des 
yeux du roi de France : avant l'âge de 
trois ans, elle fut amenée au Plessis-lez- 
Tours, où elle passa son enfance, confiée 
à des femmes d'une vertu éprouvée et à 
un sage gouverneur, Nicolas Bourbon. 
Ces soins ne furent pas perdus : dès l'âge 
le plus tendre, Jeanne fit paraître une 
âme élevée, une raison forte, une sensi- 
bilité profonde. Favoriséepar d'heureuses 
dispositions et par une excellente mé- 
moire, elle répondit à l'attente des maî- 
tres habiles que sa mère lui avait don- 
nés; elle savait le français, le béarnais, 
l'espagnol ; elle apprit le latin et le grec ; 
sa plume annonce un esprit exercé ; elle 
se plaisait aussi, imitant sa vertueuse et 
savante mère, à « composer en rime fran- 
çoise. » On a d'elle quatre sonnets inter- 



calés dans un petit poème de Joachim du 
Bellay, intitulé : « Sonnets à la Royne 
de Navarre aux quels cette Royne fait 
elle mesme response. » Prosper Mar- 
chand rapporte aussi, à la suite de son 
Dictionnaire, des vers de cette princesse, 
et il s'en trouve quelques-uns dans les 
manuscrits de laBiblioth. nationale (Bé- 
thune 8527, 8703). 

A peine Jeanne d' Albret fut- elle âgée 
de douze ans que sa personne commença 
d'entrer dans les combinaisons politi- 
ques et d'y compter à son insu. Fran- 
çois I er , malgré elle et malgré ses pa- 
rents, la maria le 15 juillet 1540 avec 
Guillaume, duc de Clèves, dont il s'as- 
surait ainsi l'alliance contre l'empereur 
Charles-Quint. Mais, aussitôt après les 
noces, pompeusement célébrées à Châ- 
tellerault, l'épousée, vu sa grande jeu- 
nesse, fut emmenée par ses parents en 
Béarn pendant que le mari retournait 
dans son duché. Pourtant, au bout de trois 
ans, il fallut exécuter les engagements 
solennellement pris, et Jeanne reçut 
l'ordre de partir pour aller joindre son 
époux. Elle dut se soumettre, malgré sa 
répugnance, lorsqu'au moment d'attein- 
dre le terme de son voyage, elle apprit, 
comblée de joie, que son mariage était 
rompu. La politique venait de défaire ce 
que la politique seule avait fait. Guil- 
laume de Clèves, battu par Charles- 
Quint, avait abandonné François I er , et 
le mariage n'ayant pas été consommé, 
ce ne fut qu'une affaire de chancellerie 
papale de le faire déclarer nul. Antoine 
de Bourbon, duc de Vendôme, né en 
1518, qui dans l'esprit de François I er 
avait déjà balancé la préférence donnée 
au duc de Clèves, l'emporta cette fois 
sur d'autres compétiteurs, sur le prince 
de Joinville, que poussait la maison de 
Lorraine, et sur Philippe d'Espagne, fils 
de Charles-Quint, vers lequel les inté- 
rêts de la couronne de Navarre faisaient 
incliner ses parents. L'autorité du roi 
(c'était alors Henri II) décida dans l'in- 
térêt de la France, et le mariage, où 
cette fois la politique et les cœurs étaient 
d'accord, fut célébré à Moulins le 20 oct. 
1548. Jeanne perdit sa mère l'année sui- 
vante. Elle donna le jour (21 sept. 153 1 . 
à un fils, le duc de Beaumont, qui mou- 
rut dans sa deuxième année, puis à un 



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ALBRET 



98 



autre fils qui ne vécut pas non plus, en- 
fin (le 13 décembre 1553 à celui qui de- 
vait être Henri IV. Le 25 mai 1555, 
elle entra, par la mort de son père, en 
possession de tous ses Etats et do- 
maines. 

Dès le règne de Marguerite, mère de 
Jeanne, la Réforme s'était introduite peu 
à peu dans ce petit pays. C'est sous les 
auspices de cette princesse que la Bible 
avait été traduite par Lefêvre d'Etaples, 
et les psaumes de David mis en vers par 
Clément Marot ,« ces deux livres étaient 
devenus comme des livres de famille. » 
Indépendamment de tout motif politique, 
l'éducation libérale que Jeanne avait re- 
çue, et l'exemple de sa mère devaient la 
rendre très-favorable aux idées nouvelles. 
Elle eut. aussi bien que son mari, dit Olha- 
garay (Hist. des comtes de Foix, etc.), 
beaucoup d'indulgence pour la religion 
réformée ; et il y a beaucoup d'apparence 
qu'ils n'eussent guère tardé à la profes- 
ser publiquement, si les menaces du roi 
de France, et celles que le cardinal d'Ar- 
magnac leur faisoit de l'indignation du 
pape, ne les eussent tenus en bride. » 
Mais, dès l'année 1555, « la prédication 
fut ottroiée, au rapport de Bèze, en la 
grande sale du chasteau [de Nérac] par 
le roy et la reyne de Navarre, commen- 
. ans à gouster aucunement la vérité, qui 
print dès lors telle racine en toute ceste 
contrée-là combien qu'il ne fust encores 
mention d'aucun ministre ordinaire) que 
jamais depuis elle n'en a peu estre arra- 
chée. » 

Chaque jour, Jeanne donnaitdans l'ad- 
ministration de son royaume des preuves 
de sagesse et d'habileté, qui contrastaient 
avec l'incapacité notoire de son mari. C'est 
ainsi qu'elle sut détourner des Etats de 
sa domination le fléau de l'Inquisition, 
à l'époque où tout le reste de la France 
était couvert de bûchers. A la suite de 
ledit de Blois. appelé la loi des suspects, 
le cardinal Georges d'Armagnac avait 
reçu la mission de purger les provinces 
du Midi du poison de l'hérésie. Or, le 
Béarn et la Basse-Xavarre lui offraient 
un trop beau champ à remuer pour qu'il 
négligeât d'y appliquer le remède souve- 
rain dont use en pareil cas un grand in- 
quisiteur. Il y vint donc; mais, au lieu 
d une faible femme que la menace sub- 



jugue, il trouva une reine jalouse de ses 
droits et capable de les faire respecter. Le 
ministre Boisnormand , autrement dit Le 
Guay ou La Pierre, Normand d'origine, 
et La Gaucherie, précepteur du jeune 
prince de Navarre, ayant été excommu- 
niés, eux etleurs adhérents, par le prélat, 
la reine n'en tint aucun compte ; le mi- 
nistre Henri Barran ayant été arrêté et 
jeté en prison par ordre du cardinal, la 
reine le fit remettre en liberté. Elle ré- 
sista de même aux exigences du gouver- 
nement français qui lui avait demandé 
l'extradition des ministres Pierre David, 
Arnaud-Guillaume Barbaste. François 
Boisnormand, Théodore de Bèze, et plu- 
sieurs autres retirés dans ses domaines, 
pour les livrer à ses tribunaux et les 
faire condamner comme hérétiques. Elle 
se contenta de les éloigner de sa cour de 
Nérac. 

Survint la conjuration d'Amboise et 
son déplorable résultat. Malgré les pres- 
santes sollicitations de Jeanne, le prince 
de Condé, retiré dans la Navarre, s'était 
rendu aux ordres qui le rappelaient à la 
cour ; Antoine avait accompagné son 
frère. Après leur départ de Nérac, la 
reine de Navarre se retira dans le Béarn. 
Elle ne tarda pas à y apprendre l'arres- 
tation du prince et les périls que courait 
son mari. L'ordre même avait été donné 
d'envahir ses propres Etats et de l'arrê- 
ter avec ses enfants. Une armée espa- 
gnole était déjà en marche. Pressée par 
le danger, la reine se multiplie; elle- 
même voit tout, pourvoit à tout; elle 
garnit ses frontières de ses meilleures 
troupes, approvisionne ses places, et, 
après avoir pris toutes ses dispositions 
pour conjurer une agression armée, elle 
se renferme avec ses enfants dans la 
place de Navarreins. 

La mort de François II (5 déc. 1560) 
changea subitement la face des choses. 
Antoine de Bourbon, nommé lieutenant 
général du royaume, appela Jeanne au- 
près de lui avec ses enfants. L'habile 
reine mère joignit ses instances aux 
siennes ; elle lui écrivit qu'elle désirait 
ardemment de la voir à la cour, elle et 
ses enfants qu'elle appelait siens, et que, 
pour resserrer de plus en plus l'amitié 
qui l'unissait à elle, elle lui proposait, de 
concert avec Antoine, de marier son se- 



99 



ALBRET 



100 



cond fils, le duc d'Anjou, avec sa tille 
Catherine d'Albret. 

La reine Jeanne partit donc avec ses 
enfants. Parmi les personnes de sa suite 
était le ministre Jean de La Tour, qui 
avait été désigné pour prendre part au 
fameux colloque de Poissy. Mais le ciel 
ne tarda pas à s'assombrir. Les habiles 
menées de l'ambassadeur d'Espagne et 
du légat, secondées par les Guises et la 
reine mère, avaient réussi à détacher 
Antoine du parti de la Réforme, et à l'é- 
loigner de la reine, sa femme, qu'on lui 
persuada même de répudier. 

Jeanne, le cœur brisé, quitta la cour 
vers la mi-juillet ; elle dut se séparer de 
son fils, qu'elle laissa à Paris avec le 
précepteur.LaGawc/iene.Une suite nom- 
breuse de gentilshommes protestants et 
catholiques s'étaientjoints spontanément 
à elle. Montluc, qui commandait dans 
les environs deNérac, avait reçu, ditron, 
l'ordre de l'arrêter au passage. Instruite 
à temps de cette perfidie de son mari, 
Jeanne en donna avis à ses sujets du 
Béarn, « qui soubs la conduite du sieur 
d'Audaux, l' allèrent accueillir au rivage 
de la rivière de Garonne. » Montluc, 
dont les forces étaient trop inférieures, 
n'osa rien entreprendre. 

L'arrivée de la reine servit beaucoup 
ceux de la religion qui, poursuivis par 
toute la France, se retiraient en Béarn 
comme en un asile. Les menaces de 
Montluc la forçaient bien de leur faire 
commandement de vider le pays, mais 
secrètement elle leur faisait dire le con- 
traire. Le roi, son mari, en ayant été 
averti, dépêcha JeanLescripvain, son se- 
crétaire, avec mission de faire chasser 
tous ces étrangers par le parlement de 
Béarn et d'interdire tout exercice de la 
religion réformée dans le pays, et il avait 
ordre de ne rien communiquer de sa 
charge à la reine. Mais Jeanne sut tout, 
et le secrétaire n'eut pas plutôt mis le 
pied en Béarn qu'elle le ht constituer 
prisonnier avec ses lettres, instructions 
et commissions. Elle fit enfin un éclat 
public. « L'an 1501, à la cène de Noël, 
elle abjura à Pau la religion romaine et 
rei 'fust la réformée, et après avoir fait 
confession de sa foy, communiqua au 
sacrement de la sainte cène suivant la 
forme de ladite religion. » (Bordenave.) 



La sourde lutte entre le mari et la femme 
cessa l'année suivante par la mort d'An- 
toine, frappé d'un coup de feu au siège de 
Rouen (19 nov. 1562). Dès lors, Jeanne 
donna libre cours à ses desseins. « Elle 
deffendit absolument partout, dit Olha- 
garay, l'exercice de la religion romaine, 
fit abbattre les images et les autels, et 
envoya à Genève pour avoir le sieur du 
Merlin [Raymond Merlin]; et peu de 
temps après à grands frais, elle rappela 
une vingtaine de ministres béarnois pour 
prescher en la langue du pays, et quel- 
ques basques pour instruire sa Basse-Na- 
varre, et surtout deffendit toutes proces- 
sions publiques. » Un synode s'assembla 
à Pau (sept. 1563) et dressa un corps de 
discipline ecclésiastique (que l'on a en- 
core, aux Archives des Basses -Pyré- 
nées). Les monastères, pour la plupart 
abandonnés, furent transformés en éco- 
les ; les églises en temples protestants ou 
consacrées aux deux cultes ; les biens ec- 
clésiastiques réunis aux domaines de la 
couronne. Jeanne appliqua une partie de 
ces revenus au soulagement des pauvres, 
à l'entretien des ministres et à la prospé- 
rité de son collège d'Orthez. Cet établis- 
sement de haute instruction avait d'abord 
été fondé à Lescar; Jeanne le transféra 
àOrthez, et y appela des professeurs dis- 
tingués. Après sa mort, Henri de Na- 
varre ne fit sans doute qu'observer ce 
qu'elle avait institué elle-même, en en- 
tretenant constamment dans cette « uni- 
versité bien pourveuë de gens doctes, » 
dit Du Plessis-Mornay, « cinquante esco- 
liers en théologie, chascun l'espace de dix 
ans, pour servir au ministère de l'Evan- 
gile. » 

La reine créa aussi un conseil ecclé- 
siastique pour administrer les biens pro- 
venant de la dépouille des églises. Ce 
conseil ne pouvait rien décider que par 
l'ordre immédiat de la cour souveraine 
et de la reine. Tout était si bien prévu, 
les pouvoirs si bien distribués, que les 
pauvres, les écoles, les hôpitaux, les mi- 
nistres, l'entretien du culte, furent abon- 
damment pourvus, et que la mendicité 
même, cette plaie sociale, n'exista plus 
dans le royaume de Navarre. Gest alors 
que Jeanne conçut le projet de faire tra- 
duire en langue basque le Nouveau Tes- 
tament, ainsi que le catéchisme et la li- 



lui 



ÂLBRET 



IU2 



turgie de Genève. Cette traduction, due 
à Jean de Liçarrague. parut à La Ro- 
chelle, en 1571. Vers la même époque, 
elle publia son Code de procédure, sous 
le titre de Stil de la reine Jehanne. Elle 
avait mis six ans à le perfectionner. On 
le cite comme un chef-d'œuvre de sa- 
gesse et de raison, et un des plus beaux 
monuments de sa gloire. Les Etats du 
Béarn et ceux de la Navarre l'accueilli- 
rent avec reconnaissance. 

Cependant le saint-siége avait résolu 
de frapper un grand coup. Le pape Pie I V , 
à la sollicitation du roi d'Espagne, donna 
l'ordre à ses inquisiteurs, par une bulle 
du 7 avril 1563, d'excommunier tous les 
hérétiques ou suspects d'hérésie, sans 
considération de rang ou de titres. Jeanne 
était trop coupable aux yeux du souve- 
rain pontife pour que sa couronne fût 
respectée. Mais, avant d'en venir aux ex- 
trémités, Pie IV voulut au moins donner 
à ses actes une apparence de modération. 
11 chargea le cardinal Georges d'Arma- 
gnac, archevêque et léuat d'Avignon, de 
tenter un dernier effort pour ramener la 
brebis égarée dans le giron de 1 Eglise. 
Le cardinal lui adressa donc une longue 
lettre: mais tout ce qu'il put obtenir, ce 
fut un refus énergique. 

La bulle de Rome ne se fit pas atten- 
dre. Le -28 septembre 1963, Pie IV cita 
la reine à comparaître devant le tribunal 
de l'Inquisition dans le délai de six mois, 
« déclarant que si elle ne comparoissoit, 
ses terres et seigneuries seroient pros- 
crites et que sa personne auroit encouru 
toutes les peines portées contre les hé- 
rétiques. » Cette démonstration allait trop 
loin et dépassait le but. En visant la vas- 
sale du roi de France elle atteignait le roi 
•lui-même. Charles IX ne cacha pas qu'il 
ressentait vivement l'offense, et le saint- 
siége dut révoquer sa bulle. 

Cependant la faveur ouverte que Jeanne 
donnait à la réforme religieuse dans ses 
Etats y causait des soulèvements qui 
prenaient de jour en jour un caractère 
plus alarmant. Pamiers avait été le théâ- 
tre de scènes sanglantes. La fermenta- 
tion des esprits était extrême. Le comté 
de Foix, le Béarn, la Basse-Navarre, 
furent successivement troublés. Si, d'un 
côté, les catholiques étaient incessam- 
ment travaillés par des agents de sédi- 



tion : de l'autre, les protestants étaient 
peu portés à la tolérance; à leurs yeux, 
la liberté des cultes que Jeanne, dans sa 
saaesse, s'efforçait de fonder, était un 
outrage à la Divinité, ou tout au moins 
une utopie. La reine seule devançait son 
siècle. Elle courut alors de grands dan- 
gers. Un complot, dans lequel étaient 
entrés les chapitres de Lescar et d'Olé- 
ron, avait été tramé pour l'enlever avec 
ses enfants, s'emparer des principales 
places du Béarn, et tomber sur les pro- 
testants au moment où ils célébreraient 
la Cène. Heureusement qu'un des chefs 
des conjurés, le baron de Moneins, le 
trahit à la veille de l'exécution. La fer- 
meté de Jeanne, sa prudence et sa mo- 
dération finirent par rétablir le calme 
dans son royaume. 

En France, la guerre civile inaugurée 
en 1562 (1 er mars) par le massacre de 
Vussy, ne s'apaisait que par intervalles. 
Charles IX, désirant sans doute enlever 
au parti des réformés l'appui de la reine 
de Navarre, la pressait vivement de se 
rendre à la cour de France, ou d'y en- 
voyer au moins son fils ; c'était, selon lui, 
le seul moyen de fonder solidement la 
paix et de prévenir une guerre qui pou- 
vait entraîner la ruine de la France. 
!a reine, qu'un motif généreux eût 
pu déterminer, était trop clairvoyante 
pour ne pas démêler les véritables in- 
tentions du monarque: elle résista donc 
à toutes ses instances. Cependant, pour 
répondre à la confiance qu'il paraissait 
lui témoigner, elle dressa les principales 
bases d'un traité de paix, qu'elle chargea 
de La Vaupillière, un de ses premiers 
gentilshommes, de lui porter (7 juillet 
1568). Charles IX répondit à chacun des 
articles, louant la sagesse qui les avait 
dictés, et protesta de son ardent désir 
que fédit de paix fût pleinement exé- 
cuté, sans acception de personnes. On 
doit croire que les intentions du jeune 
monarque étaient loyales et sincères; 
mais après la disgrâce du chancelier de 
L'Hospital, qui suivit de près, les choses 
changèrent subitement d'aspect. La 
guerre fut déclarée. « Médicis et le duc 
d "Anjou, aussi bien que la maison de 
Lorraine, dit Le Laboureur, rendirent la 
cause des protestants juste, en mettant 
la reine de Navarre, Condé et tout le 



103 



ALBRET 



4 (M 



parti dans la pressante nécessité de dé- 
fendre leur vie : la paix indignement 
violée, légitima la défense. » 

Le maréchal de Montluc, qui parta- 
geait avec Burie le gouvernement de la 
Guyenne, avait reçu l'ordre de surveiller 
les démarches de la reine de Navarre. 11 
lui écrivit même qu'au premier mouve- 
ment qu'elle tenterait, il pénétrerait dans 
ses Etats. Jeanne, dans sa réponse, dis- 
simula son indignation ; et, pour mieux 
lui donner le change sur ses intentions, 
elle invita la maréchale et ses enfants à 
une fête de famille. Montluc tomba dans 
le piège; tandis qu'il envoie sa femme à 
Nérac, la reine part de cette ville avec 
son fils et sa fille, accompagnée seule- 
ment de cinquante gentilshommes ; c'é- 
tait le 6 septembre 1568. Le 16 elle 
adressa, de Bergerac, au roi et à la 
reine, mère, deux lettres d'explications, 
pleines de patriotisme et de dignité (rap- 
portées par Bordenave, p. 157). 

En route, elle fut rejointe par les capi- 
taines Piles, Saint-Maigrin et Monta- 
mar, à la tête d'environ 4,000 hommes, 
avec 4 compagnies de cavalerie, assez 
mal équipées, sous les ordres de Fonte- 
naille, La Mothe-Pujaut, Sainte-Terre 
et Brignac. De Bergerac où elle arriva 
heureusement, mais poursuivie de près 
par Montluc, Jeanne se dirigea sur Mu- 
cidan. Elle y trouva Briquemaut qui 
l'attendait avec un corps de troupes, et 
qui l'escorta jusqu'à Archiac, où eut lieu 
son entrevue avec le prince de Gondé. 
Elle lui présenta son fils « qu'elle voua, 
tout jeune qu'il estoit (Henri n'avait 
pas 15 ans), a la deffence de la cause. » 
Le 29 septembre, vingt-trois jours après 
son départ de Nérac, Jeanne fit son 
entrée à La Rochelle, le rendez-vous 
général de tous les chefs des confédérés, 
et aussitôt, après son arrivée, publia un 
manifeste pour justifier sa conduite. 

Dans les idées du temps, le comman- 
dement de l'armée appartenait de droit 
au jeune Henri de Navarre, premier 
prince du sang ; Gondé voulut donc s'en 
démettre en sa faveur. Mais Jeanne in- 
sista pour qu'il le retînt, au nom du 
salut commun, « étant elle et les siens 
prêts à lui obéir en tout et partout. » 
Elle-même consentit, sur ses instances, 
à accepter le gouvernement civil de 



l'armée, en même temps qu'il exercerait 
le commandement militaire. A quelques 
jours de là, elle se rendit à Tonnay- 
Gharente, où elle revêtit elle-même son 
fils de ses armes : « Le contentement 
de soutenir une si belle cause, dit-elle, 
surmontoit en moi le sexe, en lui l'âge. » 
La vengeance ne se fit pas attendre. 
Le parlement de Toulouse reçut l'ordre 
de saisir les domaines de la reine de 
Navarre, et sous couleur que cette prin- 
cesse était prisonnière avec son fils dans 
le camp ennemi, et que, pendant sa cap- 
tivité, le roi, en bon parent, devait 
veiller à la conservation de ses Etats, 
on commanda au baron de Lusse de 
s'emparer du Béarn. L'état de la Na- 
varre devenait de plus en plus inquiétant, 
et cependant les revers éprouvés par les 
armes des protestants ne permettaient 
pas d'y faire passer de secours. La mal- 
heureuse bataille de Jarnac, suivie de 
l'assassinat du prince de Condé (13 mars 
1569), vint jeter la consternation dans 
les rangs huguenots. A la nouvelle de 
cette défaite, Jeanne ne se laissa point 
abattre. Elle quitte aussitôt La Ro- 
chelle, et à travers tous les périls, elle 
arrive à Tonnay-Gharente, où les dé- 
bris de l'armée s'étaient ralliés. Elle 
était accompagnée du jeune prince de 
Navarre, « qu'elle présenta, dit d'Aubi- 
gné, au gros de la cavalerie à part, et 
puis à celui de l'infanterie; et là après 
avoir preste un serment notable sur son 
ame, honneur et vie, de n'abandonner 
jamais la cause, en receut un réciproque, 
et quant-et-quant fut proclamé chef avec 
cris et exaltations; les cœurs estans 
merveilleusement esmeus par une ha- 
rangue de la Roine , qui mesla d'une 
belle grâce les pleurs et les souspirs avec 
les résolutions; cette princesse ayant 
par les tressauts de courage effacé les 
termes des regrets, l'armée après un 
grand salve se sépara. » L'enthousiasme 
était à son comble ; mais il s'agissait de 
trouver des ressources en argent. Le 
sacrifice que fit Jeanne de ses riches 
pierreries ne pouvait fournir qu'un se- 
cours momentané. Elle proposa donc la 
vente des biens ecclésiastiques situés 
dans les provinces conquises, avec ga- 
ranties aux acquéreurs sur ses propres 
domaines et sur ceux de ses enfants. 



iOo 



ALBRET 



106 



Son avis fut aussitôt partagé, et les 
principaux chefs des confédérés imitè- 
rent son généreux exemple. Ayant ainsi 
relevé la confiance de l'armée, Jeanne 
retourna à La Rochelle, où elle fut ac- 
cueillie avec les plus vifs transports de 
joie. 

Cependant le Béarn était à peu près 
perdu. Pau venait de capituler. D'Arros 
etMontamar que la reine avait nommés 
pour commander en son nom s'étaient 
jetés dans Navarreins avec le peu de 
Béarnais restés fidèles. Ils s'y maintin- 
rent avec une bravoure incomparable. 
Toutes les tentatives faites pour s'em- 
parer de cette place tournèrent à la 
confusion des assiégeants. L'heureuse 
jonction des reitres, commandés par le 
duc de Deux-Ponts, avec l'armée de 
Coligny, permit à Jeanne de consacrer à 
la défense de ses propres Etats les se- 
cours en munitions et en argent que lui 
fit passer la reine Elisabeth. Les vi- 
comtes Gourdon, Paulin, Bourniquel et 
Monclar avaient reçu l'ordre de lover 
des troupes dans le Quercy. l'Albigeois 
et le Lauraguais. Leur armée était oc- 
cupée à tenir en échec Damvilleet Mont- 
luc, en attendant une nouvelle destina- 
tion. Le fidèle Henri d'Albret-Min- 
s'était joint à eux. Mais des rivalités 
étant à craindre dans l'armée des Vi- 
comtes, et par suite le manque d'unité 
dans les opérations. Jeanne songea à 
lui donner un commandant en chef 
dont le mérite fût tellement supérieur, 
qu'il fit taire toutes les jalousies. S. m 
choix s'arrêta sur Montgommery. Ce 
brave capitaine prit congé de la reine en 
lui jurant ■ de périr ou de recouvrer ses 
Etats. » Le succès passa son espérance; 
il marcha de victoire en victoire. En 
moins de deux mois, le pays de Foix. 
le Bigorre, le Béarn furent replacés 
sous la domination de la reine de Na- 
varre, qui recouvra ainsi, dit Montluc. 
« ce que plus tard la force, ni les traités, 
ni les prières n'eussent jamais pu arra- 
cher à Charles IX. » Le -23 août, Pau, le 
dernier boulevard de la révolte, ouvrit 
ses portes au vainqueur. Le célèbre mi- 
nistre Viret, que les rebelles avaient 
épargné au milieu de toutes les exécu- 
tions dont ils avaient ensanglanté la 
ville , rendit publiquement grâces à 



Dieu d'une délivrance aussi inespérée. 

Dès que Jeanne eut connaissance de 
l'heureuse issue de la guerre, elle com- 
manda à Montgommery 7 de remettre 
toutes choses en leur ancien état. A cet 
effet, un synode fut convoqué; le con- 
seil souverain rétabli, et tous les officiers 
civils réintégrés dans leurs charges. La 
liberté des cultes fut maintenue dans la 
Basse-Navarre. D'Arros et Montamar 
furent continués dans leurs fonctions 
de lieutenants généraux. Montgommery, 
ne jugeant plus sa présence nécessaire 
en Béarn, songea alors à se frayer un 
passade à travers les rangs des catho- 
liques pour se réunir à l'armée des con- 
fédérés. 

Mais le calme n'était qu'apparent. Le 
pays des Basques, le Bigorre, la vallée 
d'Aspe reprirent les armes. Le duc d'An- 
jou leur annonçait l'envoi de puissants 
secours. Le danger devenait pressant. 
D'Arros et Montamar marchèrent con- 
tre les révoltés et les taillèrent en pièces. 
« La reine de Navarre, dit son histo- 
rien, voyant que ni la tolérance, ni l'ou- 
bli même du passé n'avaient pu toucher 
les rebelles, envoya de La Rochelle une 
nouvelle ordonnance qui obligeait tous 
les ecclésiastiques, prêtres, moines et 
reliaieux qu'elle appelait tes ennemis de 
l'Etat et les siens, de sortir du Béarn; 
elle en excepta seulement ceux qui 
voudraient s'engager par serment à se 
soumettre aux lois nouvelles; elle ga- 
rantit aux ecclésiastiques la tranquille 
jouissance de leurs revenus ou béné- 
fices, en offre même à ceux qui n'en ont 
point, mais sous l'expresse condition 
que les uns et les autres abandonneront 
la religion romaine pour suivre la reli- 
gion réformée. Par la même ordonnance, 
elle enjoint à tous les habitants d'.. 
ter aux prêches, et elle interdit en Béarn 
tout exercice de la liturgie romaine; elle 
la tolère en Navarre, ou plutôt elle l'y 
laisse telle qu'elle a toujours été, abso- 
lue, dominante. Puis elle ordonne à 
tous ses sujets de vivre en paix, et leur 
défend, sous peine de la vie, de rappeler 
le passé. » 

La défaite de Moncontour(3 oct. I 
fournit une fois de plus à la reine de 
Navarre l'occasion de montrer son grand 
caractère. Aussitôt que la nouvelle lui 



107 



ALBRET 



408 



en fut parvenue, elle partit de La Ro- 
chelle, bravant tous les dangers « pour 
tendre la main aux affligés et aux af- 
faires, » et arriva à Parthenay au milieu 
des débris de l'armée de Coligny. Sa 
présence ramena la confiance. Elle ha- 
rangua le soldat, présida aux délibéra- 
tions des chefs, commandant l'admira- 
tion de tous par la grandeur de ses 
résolutions, la sagesse de ses conseils. 
Elle exigea qu'à l'avenir les deux princes, 
ses fils (elle donnait aussi ce nom au fils de 
Condé), prissent une part active aux opé- 
rations de l'armée, qu'ils s'associassent 
aux dangers des chefs. Le plan de cam- 
pagne étant adopté, la reine retourna à 
La Rochelle, dont la défense lui fut 
spécialement confiée; La Rochefoucault 
et La Noue lui furent donnés pour la 
seconder. 

Jeanne ne resta pas inactive. Par ses 
soins, une nouvelle armée se recruta 
dans les provinces de l'ouest ; elle en 
nomma chef son cousin René de Rohan. 
Un brillant fait d'armes de La Noue 
dans le Poitou et la reprise de plusieurs 
villes sur les catholiques relevèrent les 
courages abattus. La reine s'appliqua en 
même temps à créer des ressources au 
moyen de bâtiments armés en course. 
La ville de La Rochelle, dit La Noue, 
« équippa et arma quantité de vaisseaux 
qui firent plusieurs riches prises, dont il 
revint de grands deniers à la cause gé- 
nérale ; car, encore qu'on ne prist alors 
que le dixiesme pour le droit d'admi- 
rauté, on ne laissa d'en tirer proiit plus 
de trois cens mille livres. >> Jean Sore 
commandait cette flottille. 

Cependant les affaires de la guerre 
n'absorbaient pas tellement l'activité de 
la reine de Navarre, qu'elle ne trouvât 
encore le temps de composer ou de ré- 
pandre une foule d'écrits dans l'intérêt 
de son parti. En outre, elle visitait cha- 
que jour les hôpitaux, soignant souvent 
elle-même les blessés; c'est sur ses 
instantes prières que le brave et vertueux 
La Noue consentit à se laisser amputer 
un bras où, à la suite d'une blessure 
reçue au siège deFontenay, la gangrène 
s'était mise ; elle eut même la force de 
l'assister durant l'opération. Sa cour, au 
rapport de l'oratorien Arcère (Hist. de 
La Rochelle, etc.), était brillante et 



nombreuse : on y voyait Françoise d'Or- 
léans, veuve de Lavis de Bourbon, prince 
de Condé; Françoise de Rohan, dame 
de Nemours; Anne de Salm, veuve de 
d'Jndelot ; Béraude de Ferrières, épouse 
de Jean de Lafin-de-Salins, seigneur de 
Beauvoir; François, comte de La Roche- 
foucault, prince de Marcillac, et Char- 
lotte de Roye, son épouse ; François de 
Béthune, baron de Rosny ; Philippe 
Douarti, gentilhomme ordinaire de la 
chambre du roi ; François Du Fou, sei- 
gneur du Vigean ; Charles Poussard de 
Fors et Marguerite de Bazoche, son 
épouse. 

Cependant, « il sembloit, écrit La 
Noue, que le bonheur voulust relever 
ceux qui avoient esté atterrés ; car l'ar- 
mée des princes avoit fait une brave teste 
à celle du roy à René-le-Duc [Arnay-le- 
Duc]. La Gascogne, le Languedoc et le 
Dauphiné menoient la guerre plus forte 
qu'auparavant. Le pays de Béarn avoit 
esté reconquis ; et en Poictou et Sain- 
tonge ceux de la Religion eurent de 
très-bonnes aventures , en ce que les 
deux vieux régiments furent défaits et 
plusieurs villes prises. Tout cela, ra- 
massé avec d'autres occasions secret tes 
et particulières, disposa le roy et la royne 
à condescendre à la paix, laquelle fut pu- 
bliée au mois d'aoust (1570). » Cette pu- 
blication fut faite à La Rochelle le 26, 
raconte L'Estoile, « devant le logis où 
étoit la reine de Navarre aux fenêtres, 
étant avec elle madame la princesse sa 
fille, et leurs demoiselles, et aussi y étoit 
M. de La Rochefoucault, M. Des Ro- 
ches, premier écuyer du roi, et plusieurs 
autres grands seigneurs et gentilshom- 
mes; les deux trompettes du roi sonnè- 
rent par trois fois, puis le roi d'armes de 
Dauphiné, accompagné des rois d'armes 
d'Anjou et Bourgogne, lut et publia l'é- 
dit de pacification; ce fait, la reine de 
Navarre lit faire la prière par Du Nort, 
ministre de l'Eglise de La Rochelle, et à 
la lin des prières, toutes les artilleries 
de La Rochelle tirèrent. » 

La reine Jeanne ne partagea cepen- 
dant pas l'allégresse générale. Sans 
doute l'édit de paix accordait aux reli- 
gionnaires des avantages inespérés ; mais 
il eût fallu n'avoir retiré aucun fruit des 
leçons du |iassé, pour croire à la sijiré- 



109 



ALBRET 



110 



rite de la cour de Médicis. Tant que les 
Guises continueraient à siéger dans les 
conseils de la couronne, tant que Ca- 
therine gouvernerait l'esprit de son fils, 
il n'y avait pas de paix sérieuse à atten- 
dre: tout traité dans un but de pacifica- 
tion ne pouvait être considéré que comme 
une trêve. Jeanne, avec son jugement 
sur et sa raison calme, le sentait trop 
vivement pour s'abandonner à des illu- 
sions. Selon elle, une mort honnête, mors 
honnesta (comme portait 1" exergue des 
médailles qu'elle avait fait frapper pour 
les distribuer aux chefs des confédérés) 
eût été préférable à une sécurité trom- 
peuse. Elle savait par expérience com- 
bien était vrai ce qu'avance Pasquier 
o qu'on avoit plus ôté aux Huguenots 
par des édits pendant la paix que par la 
force pendant la guerre. » Ses défiances 
étaient donc bien légitimes. Aussi per- 
sista-t-elle à rester à La Rochelle avec 
les principaux chefs du parti. Toutes les 
instances de la reine mère pour l'attirer 
à la cour furent vaines. Cest alors que 
Charles IX résolut de tenter un dernier 
effort. Il lui députa Gonnor, maréchal de 
Cossé, l'ami particulier de l'amiral, qui 
passait même pour être huguenot au fond 
du cœur. Le mariage du prince de Na- 
varre avec la sœur du roi, Marguerite, 
et une déclaration de euerre à l'Espa- 
gne au sujet de la Flandre, furent les 
amorces que le maréchal dut mettre en 
avant pour vaincre la résistance de la 
reine et de Coligny. 

Cependant les méfiances de Jeanne 
semblaient croitre en raison des avances 
qui lui étaient faites; plus l'offre pou- 
vait lui paraître séduisante, plus elle en 
suspectait la sincérité et se tenait sur 
ses gardes. Elle commença donc par 
faire ses conditions, en évitant toutefois 
de se prononcer sur le mariage proposé, 
avant d'avoir consulté son fils. Ce prince 
était alors dans leBéarn. Trois commis- 
saires, Tèligny, Briquemaut et Cava- 
gnes, furent chargés de suivre les négo- 
ciations à Paris. Charles IX accorda à 
peu près toutes les demandes de la reine, 
à l'exception seulement du rappel de 
L'Hospital et l'éloignement des Guises. 
Mais il colora son refus de prétextes si 
spécieux, que les députés s'y laissèrent 
tromper. 



Les négociations se poursuivirent. A 
l'exception de Rosny. le père du grand 
Sully, les partisans les plus dévoués de 
Jeanne, Francour, La Noue, Coligny. 
avaient été gagnés; ils voyaient dans 
cette union le gage certain d'une paix 
solide et durable. « L'excès des caresses 
qu'on leur faisoit, dit Mézeray. estoit si 
grand et si visible, que si Dieu ne les 
eust aveualez. ils eussent facilement 
aperceu les couteaux qu'on aiguisoit pour 
les esnoraer. » On commençait déjà à 
murmurer, dans le parti même de la 
reine, de ce qu'on appelait son obstina- 
tion. Sur ces entrefaites, arrive une nou- 
velle ambassade. Bironest chargé d'ap- 
prendre à Jeanne que la volonté du roi 
est qu'on lui rende tous ses droits sur 
la principauté du Béarn. les comtés de 
Foix, deComminges, d'Armagnac et de 
Bigorre: que ses places et châteaux, en- 
core détenus au mépris de l'édit, soient 
remis en son pouvoir; et que, pour ce 
qui concerne le mariage, elle soit tout à 
fait libre de le faire célébrer selon les ri- 
tes de l'Eglise réformée. En même 
temps, et comme pour lui arraeh 
dernières armes, Biron lui annonce que 
les Guises sont dîsg iroles 

de l'ambassadeur sont confirmées par le 
baron de Beauvoir , qui ajouta en son 
propre nom et selon les instructions se- 
crètes de l'amiral, queCharles IX. éclairé 
sur les véritables intérêts de sa couronne, 
n'attend qu'une occasion pour s'affran- 
chir entièrement du joug de sa mère, et 
éloigner son frère le duc d'Anjou. La dé- 
fiance n'était plus possible. Jeanne, 
vaincue par tant d'artifices plutôt que 
persuadée, assembla son conseil et lui 
soumit la question de mariage. Le chan- 
celier Francour fit prévaloir un. avis fa- 
vorable. Il ne restait donc plus à la reine 
qu'à suivre sa malheureuse destinée. 

Mais en se soumettant, elle sut encore 
résistera l'aveuglement fatal de ses plus 
dévoués serviteurs. « Vous savez si c'est 
pour moi que je crains, » leur disait-elle. 
Elle voulait bien se sacrifier, mais en- 
traîner son fils dans sa perte, cette pen- 
sée révoltait tous ses sentiments de 
mère. Elle décida donc, contre l'avis de 
l'amiral et de tout son conseil , que le 
jeune prince resterait dans le Béarn jus- 
qu'à ce qu'elle l'appelât auprès d'elle. 



ni 



ALBRET 



112 



Ensuite, elle écrivit de sa main à tous 
ceux du parti dont elle avait éprouvé la 
fidélité, Lavardin, les Sêgur, Piles, La 
Noue, Rohan, Francour, Bètut, Rosny, 
Beauvoir, La Rochefoucault, Caumont 
de La Force, Henri d'Albret-Miossens, 
François de Navailles, enfin, à plus de 
cinq cents gentilshommes, auxquels elle 
donna rendez-vous à Nérac et à Ven- 
dôme. 

La reine partit de Pau le 26 novem- 
bre (1571), après avoir nommé son fils 
lieutenant général du royaume, en lui 
adjoignant le fidèle d'Arros. Elle était 
accompagnée de ses deux enfants, Henri 
et Catherine. Au moment de franchir la 
frontière du Béarn, ses larmes coulèrent 
en abondance. A Nérac, elle trouva tous 
ses amis et partisans réunis. Elle y passa 
un mois, uniquement occupée du soin 
de gagner à son fils les cœurs de tous 
les braves gentilshommes dont elle ve- 
nait de l'entourer et de lui former une 
garde. Vers la fin de janvier, elle pour- 
suivit sa route avec sa fille, et se rendit 
à Blois, où se tenait la cour. « Le jour 
[en mars] que la reyne de Navarre arriva 
à Blois, lit-on dans le journal de L'Es- 

toile, le roy et la reyne-mère luy 

firent tant de caresses, principalement 
le roy, qui l'appeloit sa grande tante, 
son tout, sa mieux aimée, qu'il ne bou- 
gea jamais d'auprès d'elle à l'entretenir 
avec tant d'honneur et de révérence que 
chacun en étoit étonné. Le soir, en se 
retirant, il dit à la reyne sa mère, en 
riant : Et puis, madame, que vous en 
semblé? joué-je pas bien mon rollet? 
Ouy, lui répondit-elle, fort bien ; mais 
ce n'est rien qui ne continue. Laissez- 
moy faire seulement, dit le roy, et vous 
verrez que je les mettray'au filet. » Ce- 
pendant Jeanne n'était point dupe de 
ces perfides démonstrations. C'est ce 
que prouve une lettre qu'elle adressa de 
Blois au prince son fils, à la date du 
8 mars et dont le texte se conserve à 
la Bibliothèque nat. (mss St-Germain 
Harlay, vol. 255 ' ; pub. par Haag I, 54). 

1 Cette pièce n'est qu'une copie. On a conservé quel- 
ques lettres originales de la reine Jeanne; voy. collect. 
Du Puy, vol. 211 et 253. Voy. aussi Bull. V, 147; XI, 271. 
— Il existe (Bibl. nat., ms. fr. 8746) un précieux recueil 
de lettres non de Jeanne d'Albret, maisà elle adressées. 
Ce sont i2 lettres de son mari écrites lorsqu'elle n'était 
encore qui! princesse de Navarfte; jo lorsqu'elle était 
devenue reins ttt wtl M portent sur Padrene que cet 



Peu à peu les difficultés s'aplanirent. 
Catherine de Médicis accorda que le ma- 
riage ne fût pas célébré selon les rites de 
l'Eglise romaine; et de son côté, lareine 
Jeanne finit par consentir à ce que la 
cérémonie se fit à Paris. Le contrat de 
mariage fut signé le 11 avril. Mais il s'é- 
leva tout à coup un nouvel obstacle. 
Pie V refusait la dispense nécessaire au 
mariage : « il eut plutôt consenti qu'on 
lui tranchât la tète. » Irrité de ce refus 
qui menaçait de renverser ses projets, 
Charles IX dit un jour à la reine de Na- 
varre qui lui en témoignait son déplaisir : 
« Ma tante, je vous honore plus que. le 
pape, et aime plus ma sœur que je ne 
le crains; je ne suis pas huguenot, mais 
je ne suis pas sot aussi ; si monsieur le 
pape fait trop la beste, je prendray moy- 
même Margot par la main, et la mene- 
ray épouser en plein prêche. » Mais la 
reine mère trouva à la difficulté un re- 
mède plus simple, selon elle, et encore 
plus expéditif : elle fit fabriquer une 
fausse dispense, bien certaine, disait- 
elle, qu'après l'événement le pape lui en 
saurait très-bon gré. 

Jeanne partit de Blois, le 8 mai (le 15, 
selon de Thou). Elle descendit, à Paris, 
rue de Grenelle-Saint-Honoré, à l'hôtel 
de l'ancien évêque de Chartres, Guillart, 
qui avait embrassé le protestantisme. 
Les préparatifs du mariage occupèrent 
dès lors tous ses moments : elle tenait à 
ce qu'il se fit « le plus soudain que l'on 
pourroit. » Mais le 4 juin, un mercredi 
soir, elle fut saisie tout d'un coup d'une 



mots:« A nia femme.» Suivent 12 lettres ou billets d'une 
dame qui parlait à Jeanne avec l'affection d'une mère, 
une du roi Henry d'Albret, sou père, enfin une ronde 
béarnaise en 24 couplets commençant par : 

Très hilhas l'aute matii, 

Soletamen, 
Anan prene hens un bosq 

Esbatemen... 

ronde que la reine aimait certainement, pour l'avoir 
jointe à ce paquet et qui peut-être était celle môme 
qu'elle chantait en mettant au monde Henri IV. Toutes 
ces lettres, dont aucune n'est datée, respirent la plus 
vive tendresse, surtout celles du mari. Voici quel- 
ques lignes de celle du père : « Ma fille, je ne vous 
diray l'aysc que ce m'a esté d'avoir entendu la conti- 
nuation de vos beaus niaus ... Bien vous prie que \ous 
giiardés et que n'ayés point de peur de perdre vostre 
place pour les darnies (les derniers venus|, maias 
j'aynieray bien le petit lenfant. Je vous a> bien voulu 
escrire reste letre de ma main pour le playsir que j'ay 
veu que avez pris de ce que j'ay eseripl ; et --y ne lenet 
qu'a cela quo vous n'ussiés tout <e que désires. vous 
l'aiu irs liientost, quar je vous désire aussi cureuse que 
peut désirer son enfant un bon pèi 



H3 



ALBRET — ALBRET-MIOSSENS 



114 



fièvre ardente. Son état empira promp- 
tement; dès le lendemain, elle sentit 
qu'elle était atteinte mortellement. «Quoi- 
que cette vie, disait-elle, m'est à bon 
droit fort ennuyeuse pour les misères 
que j'y ai senties dès ma jeunesse, si ne 
laissé-je pas de la quitter avec grand re- 
gret quand je regarde à la jeunesse des 
enfants que Dieu m'a donnés, pour les 
voir privés de ma présence en ce bas 
... Toutefois, je m'assure que Dieu 
leur sera pour père et protecteur, comme 
il m'a été en mes plus grandes afflic- 
tions; je les remets du tout à sa Provi- 
dence, afin qu'il y pourvoie. » Sa ferme 
confiance en Dieu ne l'abandonna pas 
un moment. « Encore que les douleurs 
dont il m'afflige soient violentes, répé- 
tait-elle, je sais qu'il ne fait rien qui ne 
soit bon et droit. »> Elle expira le lundi 
matin 9 juin 157-2, dans la 44 e année de 
son âge. 

Le bruit se répandit aussitôt que la 
reine de Navarre avait été empoisonnée. 
Les accusations prirent même une telle 
consistance, que le roi se crut forcé 
d'ordonner l'ouverture du corps. 8 
médecins ne trouvèrent, dit-on, aucune 
trace d'empoisonnement ; mais c'est une 
question restée indéi 

Cette mort était la perte la plus sensi- 
ble que pût faire le protestantisme en 
France. La douleur fut générale, et même 
dans le camp ennemi, il y eut des lar- 
mes sincères de répandues. Les vertus 
privées et publiques de Jeanne forçaient 
l'admiration de tous les partis. Au juge- 
ment de l'Italien Davila, « c'étoit une 
princesse d'un courage héroïque, d'un 
esprit très-élevé et d'un mérite bien au- 
dessus de son sexe; avec ces grandes 
qualités , quoique dépouillée de son 
royaume, elle soutint toujours avec ma- 
jesté le nom de reine. Sa fermeté n'é- 
clata pas moins dans la guerre, malsré 
le nombre et la puissance de ses enne- 
mis. Dans les plus grands dangers et 
dans les dernières extrémités où son 
parti se trouvoit réduit, elle jetta les 
fondemens de cette grandeur, où son fils 
s'est élevé depuis... Les grands talens 
de cette princesse, soutenus par sa vertu 
et sa libéralité, mériteroient d'éternels 
éloges, si elle n'eût embrassé opiniâtre- 
ment la doctrine de Calvin, en voulant. 



sans les lumières acquises par l'étude, 
pénétrer et même expliquer les plus pro- 
fonds mystères de la théologie. » La 
plupart des écrivains catholiques sont 
forcés de lui rendre la même justice. Et 
en effet, qu'on la considère comme mère, 
comme épouse ou comme reine, il n'y a 
pas une tache dans sa vie. 

On a beaucoup de portraits de la reine 
Jeanne. Le plus sûr, non le plus flat- 
teur, se trouve sur ses monnaies. On l'a 
aussi en une bonne peinture de la biblio- 
thèque de Genève, provenant de l'acqué- 
reur du château du Crest , qu'habitait 
d'Aubitrné. Elle a été habilement gravée 
en 1822, à Genève, pour la Soc. des 
arts, par Schenker. Mais la plus remar- 
quable gravure représentant Jeanne d'Al- 
bret est de Marc Duval, datée de 1570. 
avec cette suscription : Jana Elebreta 
Navarrorum regina, Henrici Borbonii 
eorumdem nunc régis mater. 

Bayle.-Micbaud.- Hi.lot. — Mit deJ.à~.4lbret, par 
Mlle Vauvilliers; Pans, 1818, 3 vol. in-8». — Hist. *- 
Bèam et Navarre, par Me. de Bordenave, pub. par 
P. Raymond; 1873. in-S--. — Voir Bull. XIV, 125 et 17>i- 
termediaire, 1874, col. 175. 

i. ALBRET-MIOSSENSou Mio-- 
Haas I, 59j. Cette famille descendait 
cl Etienne, bâtard d'Albret et de Fran- 
çoise de Béarn, baronne de Miossens, 
mariés en 1510. Leur fils. Jean, baron 
de Miossens et de Coarase, favorisa de 
tout son pouvoir l'introduction de la Ré- 
forme dans les Etats de la reine de Na- 
varre, dont il embrassa constamment les 
intérêts. Il avait épousé Suzanne de 
Bourbon-Busset qui fut choisie pour 
gouvernante du jeune prince de Béarn, 
depuis Henri IV. Il en eut plusieurs 
enfants. L'ainé, Henri, qui avait accom- 
pagné le roi de Navarre à la cour de 
France pour assister aux cérémonies de 
son mariaee a\e<- Marguerite de France, 
faillit être au nombre des victimes de la 
Saint-Barthélémy. Marguerite dans ses 
Mémoires raconte que M. de Miossens, 
premier gentilhomme du roi son mari, et 
Armagnac, son premier valet de cham- 
bre, la vinrent trouver pour la prier de 
leur sauver la vie. « Je m'allay jeter à 
genoux, continue-t-elle, devant le roy et 
la reyne ma mère pour les leur deman- 
der : ce qu'entin ils m'accordèrent, » — 
à la condition sans doute qu'ils chan- 
- 'ru de religion. L'année suivante. 



115 



ALBRET-MIOSSENS 



ALDEBERT 



116 



ce fut sinon lui , du moins un gentil- 
homme de son nom qui, au rapport de 
Marguerite de Valois, éventa le projet 
d'évasion du duc d'Alençon et du roi de 
Navarre. « M. deMiossans, gentilhomme 
catholique, dit-elle, ayant ad vis de cette 
entreprise... m'en advertit pour empes- 
cher le mauvais effet qui eust apporté 
tant de maux à eux et à cet estât. » 
L'affaire, ajoute-t-elle, fut conduite avec 
tant de prudence, « que, sans qu'ils pus- 
sent sçavoir d'où leur venoit cet empes- 
chement, ils n'eurent jamais moyen 
d'eschapper. » Le 4 juin 1574, Henri de 
Navarre chargea le baron de Miossens 
d'aller complimenter le roi de Pologne, 
Henri III, sur son avènement à la cou- 
ronne de France. Au mois de janvier 
1576, peu de jours avant de mettre à 
exécution son projet d'évasion, Henri de 
Navarre lui écrivait une lettre, dont la 
suscription porte : « A mon cousin, M. de 
Miossens, premier gentilhomme de ma 
chambre, gouverneur et mon lieutenant 
général en mes pays de Béarn et Basse- 
Navarre. » Henri, dans cette lettre, parle 
d'un frère du baron de Miossens, sur le- 
quel on n'a aucun renseignement. « La- 
vardin, vostre frère, et Saincte Colombe, 
écrit-il, sont les chefz de mon conseil. » 
Le P. Anselme indique aussi un frère 
de M. de Miossens, mais sans avoir pu 
recueillir aucune autre notion que celle 
de son existence. On peut donc douter 
si ce n'est pas à ce frère du baron Henri 
de Miossens que doivent se rapporter 
une partie des détails qui précèdent. Quoi 
qu'il en soit, c'est sans doute de lui que 
parle Sully, dans ses OEconomies roya- 
les, lorsqu'il nous apprend qu'il y avait 
deux partis à la cour du roi de Navarre ; 
« l'un de catholiques, composé de MM. de 
Laverdin, Miossens, Grand-Mont, Du- 
ras , Roquelaure , Saincte - Goulombe . 
Begoles, Podins et autres [la plupart 
d'entre eux avaient abjuré]; l'autre de 
huguenots, composé de MM. de Thu- 
renne, Mont-Gommery , Guitry, Lesi- 
gnan, Favas, Pardaillan, et autres, les- 
quels par plusieurs fois faillirent d'en 
venir aux mains... » 

Armes : Ecartelé au 1 de France et 
d'Albret, au 2 de sable à 2 lions léo- 
pardés d'or armés et lampassés de 
gueules qui est Aiguillon, au 3 de Bour- 



bon, au 4 ecartelé de Foix et de Béarn. 

ALBUS, nom porté par divers per- 
sonnages français du XVI e siècle dont le 
nom véritable était probablement Blanc 
ou Le Blanc. Le religieux jacobin Albus, 
à Castres, prêcha la Réforme dans cette 
ville en 1549. 11 avait exposé ses idées 
dans une série de sermons sur Job ; 
aussi ne tarda-t-il pas à être obligé de 
s'enfuir pour échapper à l'Inquisition 
qui n'avait pas quitté le Languedoc de- 
puis la guerre des Albigeois. — On 
trouve inscrits comme étudiants à Ge- 
nève, au XVI e siècle : Joseph Albus, 
de Briançon, 1563; Jean, de Provins, 
1564 ; Léonard, du Limousin, 1564 ; reçu 
habitant de Genève, 24 fév. 1573 ; Nico- 
las, 1568. — Albus, pasteur à Castres 
en 1549 (Bull. XXII, 50). — Pierre 
Albus, « admis en 1675 et donné à M. de 
Vignolles. » 

ALBUSE (Alizette), d'auprès Uzès, 
réfugiée à Genève, avec son mari Jac- 
ques Brez, imprimeur, 1564. 

ALBY (d') ou Dolby, lieutenant au 
service britannique, 1689 (Agnew II, 
182). 

ALBY (Alexandre) , « d' Aix en Pro- 
vence, gantier, réfugié à Berlin avec sa 
femme, trois enfants et un apprentif, » 
1698. 

ALCAIS, 1628 [I, 249 a; VIII, 491a]. 

ALGAYE (Jean), à Florac, pendu en 
effigie, 1659 [IX, 193 a]. 

ALGOINE (Philippe), chirurgien, de 
Montagnac, reçu habitant de Lausanne 
avec sa femme, Isaac, Marie et Fran- 
çoise, ses enfants, 25 janv. 1702. 

Alcuin, pseudonyme et anagramme 
de Calvin [III, 110 a], voyez Calvin. 

ALDEBERT (Pierre), à S.-Eutrope, 
1578 (Reg. de Saintes). 

ALDEBERT (Claudine), à Nîmes, 
1650 [V, 355 a]. — (Pierre et Etienne), 
Milhau, 1686 [VI, 57 b]. — (François et 
Jean), 1713 [X, 403]. 

ALDEBERT, lieutenant d'infanterie 
au service britannique (Agnew II, 10 . 

ALDEBERT (Jacou), 1699; — (Gas- 
pard), 1700; — (Jeanne), 1701 ; tous 
trois de Sauve, assistés à Genève en 
passant par cette ville pour gagner un 
refuge à Schwabach ou autres lieux 
d'Allemagne. — Aldebert, de Sauve, 
1672 |Vlil, 302/bJ. 



117 



ALDEBERTE — ALEAUME 



118 



ALDEBERTE (Madelaine), condam- 
née à l'amende pour s'être mariée par 
le ministère d'un pasteur protestant, et 
son mariage annulé; à Cette, 1750 Bull. 
XIV, 348). 

ALDIX Jacques), de la petite ville 
des Vans, pour s'être marié par le mi- 
nistère d'un pasteur, fut emprisonné 
dans la citadelle du S.-Espnt le 4 déc. 
1740, et condamné 5 avril 1741, solidai- 
rement avec sa femme, Louise Domerc, 
à mille liv. d'amende, plus une aumône 
et les frais qui s'élevaient à "200 liv. Les 
deux époux restèrent captifs jusqu'à 
l'entier payement du tout, et il leur fut 
défendu de vivre ensemble tant que leur 
union ne serait pas réhabilitée par un 
prêtre catholique, qu'il leur fut enjoint 
de demander immédiatement, sous peine 
de 3,000 liv. d'amende et punition cor- 
porelle. Pradel.) 

ALDRAX ou Hardran (Esther), v. 
11.00 |VII, -263 a]. 

1. ALEAUME, Allealme, Alliaume; 
Adelhelmus. 

Jean Alleaume, nommé en 1557 bailli 
de Provins. MM. Haaa ont compté ce 
bailli comme huguenot [VIII, 334 a], et 
il le fut en eftet, au fond du cœur, mais 
sans jamais oser le déclarer. Les princi- 
paux traits de sa vie ont été dessinés, et 
de bonne main, dans différents pa>~ 
des Mémoires du prètreprovinois Claude 
Haton. Xous n'aurons que la peine de 
les grouper pour montrer quelle triste 
histoire était celle d'un « huguenot se- 
cret. » 

En 1557, Jean Alleaume, âgé de 
'25 ans, était « un grand jeune fils, licen- 
cié ès-lois, fort bel homme et de belle 
apparence. » La justice était rendue na- 
guèreà Provins par un lieutenant du bail- 
liage de Meaux qui avait été remplacé plus 
récemment par un bailli de Provins. Le 
bailli était Philippe Durand et le lieute- 
nant qu'il avait supplanté était un 
Aleaume sieur de Chenoise, pèredeJean 
Aleaume. « Car ces deux maison- 
Durans et des Alleaumes avoient de 
longtemps esté contraires lune à l'autre 
et avoient eu de grands procès par en- 
vye qu'ils se portoient à qui d'eulx >e- 
roit le plus grand et hault eslevé en es- 
tatz de judicatureau dit Provins. » Une 
alliance imprévue et dont ■ le peuple 



s'émerveilla » fit la paix. Le jeune licen- 
cié obtint à la fois du bailfi Durand la 
cession de sa charge et la main de sa 
fille. Mais il y avait un obstacle : les fu- 
turs étaient cousins au 3 e degré. 11 fallut 
demander une dispense à Rome, laquelle 
présentée par messire Pierre Cobus, 
doyen de la chrétienté de Provins, n'en 
fut pas moins refusée par le saint-siége 
qui exhorta paternellement les deux fa- 
milles à se séparer. Xi pères ni enfants 
ne voulurent obéir, « et par le conseil du 
dit Cobus , ils passèrent oultre au dit 
mariage. Et après le dit mariage benist 
puis consommé, renvoyèrent au pape de 
Rome pour demander qu'il pleust à B B 
d'approuver le dit mariase : ce qu'il feit 
malgré luy, à certaines charges. >» Mal- 
heureusement au bout de sept mois la 
jeune femme expira en donnant le jour 
à un enfant qui mourut avec sa mère. 
La dispense n'était pas encore arrivée et 
à la faveur de cette circonstance, Phi- 
lippe Durand affirmant la nullité du ma- 
riage déclara qu'il fallait lui rendre le 
bailliage et la dot. Mais presque aussitôt 
la dispense arrive et l'on y voit que tout 
en approuvant le mariage, la bulle pa- 
pale excommunie les mariés, leurs pa- 
rents, le doyen Cobus et le curé qui 
avait célébré la cérémonie nuptiale. Cha- 
cun jugea prudent de ne pas produire 
une pareille pièce et les parties s'arran- 
gèrent. Jean Alleaume conserva le bail- 
liage, paya une somme d'argent à son 
beau-père et rendit les effets de sa 
femme. 

Alleaume était donc parfaitement ca- 
tholique en 1557. En 1560 les huguenots 
de Provins, grâce à l'édit de tolérance 
accorùé cette année, commencèrent à 
lever la tète et à se déclarer. Xon point 
toutefois le bailli, « huauenot secret et 
« non déclaré, qui n'osa par sa signa- 
« ture tel se déclarer de peur de perdre 
« son état, mais au demeurant avoit tel 
« jugement et sentimentqueles nouveaux 
a frères de la ditte religion prétendue. » 
Cette même année, 1560. un de> curés 
de Provins, celui deTéslise Ste-Croix, fit 
venir un prédicateur en renom pour prê- 
cher le carême dans son église. C'était 
un jacobin d'Auxerre « grand extermi- 
nateur de toute faulse doctrine et crand 
adversaire de l'hérésie, » qui ne manqua 



119 



ALEAUME 



120 



pas de parler avec une extrême violence 
et de montrer « comment les huguenots 
par leur orgueil prendroient les armes au 
poing pour exterminer le Roy et son es- 
tât, ensemble tout le peuple catholique, » 
en sorte que les religionnaires de Pro- 
vins rédigèrent, par la main du bailli 
Alleaume, une plainte qu'ils résolurent 
d'envoyer au roi, à Fontainebleau. Ce 
fut le bailli lui-même qui la porta ; mais 
pendant qu'il s'acheminait, un secrétaire 
du duc de Guise qui passait par Provins 
se rendant aussi à la cour, apprit toute 
l'affaire et se hâta pour devancer Al- 
leaume. Il réussit. « ... Au lendemain 
le dit sieur de Guise estant avec le roy 
apperceut le bailli de Provins qui atten- 
doit sa response, auquel s'adressa le dit 
sieur de Guise, après avoir parlé au roi 
en la présence du roy de Navarre et du 
connestable et luy dist telz motz : « Bailly 
de Provins, ou sont les informations 
que tu as faictes contre vostre pres- 
cheur? N'as tu affaire icy que cela? 
Baille les moi et t'en retourne quand tu 
vouldras. Le roy et la court cognoissent 
mieulx le dit prescheur que toy ; on verra 
tout a loisir que c'est. Tu es donc de ceux 
qui veulent troubler le roy et le royaume? 
Tu es donc huguenot! Ya-t-en quand tu 
voudras ; je te marque. » Et dist le roy 
a M. de Guise et a son secrétaire : 
« Faictes response au prescheur de Pro- 
vins qu'il fasse son debvoir de prescher 
et que s'il a bien dict il dise mieux et 
qu'il prie pour moy et pour le royaume. » 
Et a telles responses se retira ledit bailly 
avec sa courte honte et estant de retour 
à Provins, dist aux frères huguenots que 
leur prescheur avoit ung diable famillier 
ou ung ange du Ciel qui luy reveloit 
toutes leurs entreprises. » 

Au journal de l'année 1562, Claude 
Haton met à la charge de Jean Al- 
leaume , la conduite d'une entreprise 
qui devait livrer Provins pendant la 
nuit aux troupes du prince de Condé, 
mais qui manqua et en 1563, au con- 
traire, il conte un incident tout à l'avan- 
tage du bailli. L'on faisait parcourir la 
France au jeune Charles IX et la cour 
s'était arrêtée à Troyes. On manda aux 
représentants de la noblesse et aux bail- 
lis, par toute la province de Champagne, 
d'y venir recevoir les ordres du roi. « A 



ceste assemblée royalle harangua et 
pourta la parolle pour la justice du bail- 
liage de Provins devant S. M. et son 
conseil , revestu de sa longue robbe, 
M e Jehan Alleaume, qui fut bien escouté 
en ce qu'il dist. Lequel ayant dict se re- 
tira de l'assemblée pour changer d'habit, 
et ayant mis bas la longue robbe et le 
bonnet carré, prit la cappeàl'espagnolle 
sur ses espaules et l'espée à la ceinture, 
avec le bonnet de velours sur la teste, 
et en tel habit se représenta devant l'as- 
semblée pour porter la parole et haran- 
guer pour les nobles de son bailliage. Il 
fut aussi bien ouy que devant et eut la 
grâce de si bien dire qu'il contenta le 
roy, les princes et toute l'assemblée ; et 
fut fort remarqué du roy et tenu pour 
homme pertinent et de bon esprit. » 

Quel usage fait Alleaume de ce glo- 
rieux succès? Avant de quitter Troyes, 
il demande au roi pour les huguenots de 
Provins et du bailliage « l'establissement 
d'ung presche pour faire l'exercice pu- 
blic de leur prétendue religion dans la 
ville de Provins, suyvant l'accord de la 
paix d'Orléans. » La demande fut ad- 
mise ; mais grâce à la résistance de Phi- 
lippe Durand qui avait acheté la charge 
de président au présidial de Provins, et 
qui opposa tous les déclinatoires possi- 
bles à la publication du mandement 
royal, on ajourna l'exécution jusqu'au 
mois d'août 1564. 

La prise d'armes qui amena le combat 
de S.-Denys (10 nov. 1567) causa de 
nouvelles craintes à Provins, comme ail- 
leurs. Le sieur de Lours, capitaine de la 
ville, en réunit les habitants pour aviser 
à sa garde. « En ceste assemblée (pres- 
que entièrement catholique) fut proposé 
comment l'on se devoit comporter en- 
vers aucuns citoyens que l'on savoit 
estre huguenotz secretz et qui estoient 
lors en la ditte ville. Tels estoient, mes- 
sire Jehan Alleaume, bailli, messire 
Jehan de Ville, procureur du roy, les 
deux principaux pilliers de la ville et en- 
cores quelques autres qui calloientla voile 
en attendant l'yssuede ceste guerre... » 
Le capitaine fit prier le bailli de venir à 
l'assemblée pour avoir son avis et là 
« fortdextrementluiiit entendre le soup- 
çon etla mauvaise opinion quele vulgaire 
commun:; de Provins avoit, de luy; » à 



421 



ALEAUME 



122 



quoi la réponse bien humble d'AUeaume 
fut qu'il avait à la vérité favorisé les 
huguenots dans l'exercice de sa charge 
et installé les prédicants tant à Provins 
qu'à Sézanne, mais « qu'il n'estoitaultre 
que catholique et n'avoit esté et que 
pour la deflénse de sa ville contre l'en- 
nemy huguenot vouloit s'exposer corps, 
vie et bien. » 

Depuis ce temps le capitaine et le 
bailli vécurent en si bonne harmonie, 
que le bon curéHaton laisse percer quel- 
ques doutes sur la fidélité du sieur de 
Lours ; il ne se tient pas de joie lors- 
qu'il voit ce dernier et sa compagnie de 
50 hommes d'armes relevés par 7 ou 
8 compagnies nouvelles qui arrivent les 
4 et 5 décembre (1567) sous le comman- 
dement du sieur de La Rivière de Puy- 
taillé; On va voir combien il avait rai- 
son.» Les maisons et biens des huguenotz 
de Provins, dit-il, furent par le dit de 
La Rivière habandonnez aux soldatz au 
pillage. Lesquelles malgré le bailly du 
dit Provins furent environnées et sacca- 
gées par les ditz soldatz qui firent leur 
proufùt de ce qu'ilz trouvèrent en icel- 
i.es maisons qui estoient en propre 
héritage aux ditz huguenotz furent quasi 
toutes mises par terre et le bois bruslé a 
faire la garde de nuict; celles qu'ilz te- 
noient à louage furent saulvées par les 
propriétaires a qui elles appartenoient, 
non du tout sans dommage. Les gens 
de la compaignie de Foissy qui estoit 
entrée quelque six jours avant la venue 
du sieur de La Rivière, s'estoient mis en 
devoir de piller et ruyner les dittes mai- 
sons, et s'estoient adressez à celle de 
Léon Godart, procureur au bailliage, le- 
quel estoit au camp rebelle et huguenot; 
mais injurieusement en furent empes- 
chez par le bailly, assisté du lieutenant 
du seigneur de Lours et de quelques 
soldatz de sa compaignie où il pensa ad- 
venir sédition. Les soldatz du dit Foissy 
se mutinèrent contre le dit bailly qui, 
l'espée au poing, en ayant empangné 
ung par le collet de manière a luy faire 
trembler le menton fut aussitôt enfoncé 
d'un coup d'estoc par ung aultre soldat, 
etn'eust esté le corcelet qui estoit sur 
son dos, couvert de ses habitz, n'eust 
jamais faict trembler soldat... Lequel 
bailly fut fort desprisé d'avoir faict cet 



acte et luy fust reproché par le dict de 
La Rivière qui après l'avoir tansé luy 
dict que s'il appercevoit tant feust peu 
de faulseté en luy contre le service du 
roy et de la ville, sans doubler il le fe- 
roit pendre et estrangler, affin qu'il se 
donnast bien garde de malverser s'il 
vouloit, quelque bailly qu'il feust et hu- 
guenot quant et quant. Le dit bailly en 
s'excusant dist qu'il n'estoit huguenot et 
qu'il vouloit vivre et mourir pour le ser- 
vice du roy et de la ville. » — Remer- 
cions le prêtre fanatique de nous avoir, 
sans se douter que c'était à son propre 
détriment, conservé cette belle page de 
la vie de Jean Alleaume. 

Au mois de mars 1568 un seigneur 
des environs de Provins, nommé M. de 
Patras sieur de Gymbroys, voulant user 
de l'édit du roi qui accordait grâce et 
oubli aux protestants qui mettraient bas 
les armes et rentreraient chez eux, s'in- 
troduisit dans Provins un jour où le duc 
d'Anjou y passait, en se mettant parmi 
la suite du prince et ayant bien soin de 
se cacher le visage dans son manteau. 
« Il passa inaperçu devant les gardes 
de la porte qui sans difficulté l'eussent 
massacré s'ils l'eussent vu, » mais ayant 
eu l'imprudence de se laisser reconnaître 
un peu plus loin, aussitôt plus de cent 
personnes s'amassèrent pour crier haro 
sur lui et il n'eut que le temps de se ré- 
fugier dans la maison du sieur de Lours 
(jui n'était pas encore parti. Le bailli 
s'empressa de s'y rendre. Bientôt le 
« peuple provinois entra en telle colère, » 
que Lours et Alleaume envoyèrent dire 
au dauphin, lequel était à table et dî- 
nait à l'auberge de l'Ecu de France, pour 
le prier de se transporter en leur logis 
afin de leur sauver la vie. « Ce que bien 
voulut faire ce bon jeune prince. » Mais 
non sans peine; il n'y parvint qu'en 
traitant rudement Patras et en le sai- 
sissant au bras pour le conduire immé- 
diatement au roi qui devait le faire, 
disait-il, exécuter sur l'heure. A une 
demi-lieue loin de la ville le duc mit 
Patras en liberté et Haton rejette au 
bailli sa bile non satisfaite : « Cette 
emeutte ne se passa sans dire injure au 
bailly et l'appeller huguenot, qui pour se 
saulver d'estre saccagé fila doux et 
monstra signe de ne tirer à soy le dire 



423 



ALEAUME 



124 



populaire et de ne se courroucer de ce 
que la turbe mutinée disoit contre luy. » 

Après le « massacre bartholomien » 
par lequel le roi avait entendu « repur- 
ger son royaume d'une « faulse couvée 
de vipères , » pour nous servir des 
expressions de notre écrivain, Jean 
Alleaume dut en sa qualité de bailli 
faire occuper les manoirs des seigneurs 
protestants situés dans sa juridiction ; 
toutefois il ne se prêta à ces exigences 
de sa charge qu'avec une répugnance 
qui devait lui coûter cher, et il eut ce- 
pendant ce bonheur que la Saint-Bar- 
thélémy n'avait point fait couler le sang 
à Provins parce qu'il ne s'y trouvait 
presque plus un seul huguenot \, Il n'a- 
vait pas encore atteint à la lie de son 
calice d'amertume, mais elle lui vint 
pleinement avec les derniers jours de 
cette funèbre année 1572. 

Il mourut à la lin de décembre, « âgé 
de 40 ans pour le plus, laissant sa femme 
et six ou sept petits enfants au monde. 
Il ne fut pas beaucoup plaint ni regretté 
du peuple, de la commune et des ecclé- 
siastiques de Provins pour l'oppinion 
maulvaise qu'on avoit eu de luy touchant 
la religion catholicque, de laquelle il 
s'estoit aultreffois desvoyé pour com- 
plaire au feu prince de Gondé et aux 
gentilshommes huguenotz ; et faut croire 
que si ce n'eust esté la crainte qu'il por- 
toit à son père, qui l'empescha à son 
povoir de suyvre la ditte prétendue reli- 
gion, il se feust déclaré huguenot. Il 
commença à s'en retirer depuis la mort 
du prince de Gondé peu à peu et de 
bien en mieulx fréquenta l'église catho- 
licque, combien toutes fois qu'il suppor- 
toit encore les huguenotz. Qui fut la 
cause qu'il demeura en la haine du roy, 
des princes catholicques et du commun 
peuple de Provins. Et a-on cru que 
cette malveillance du roy et des princes 
luy accéléra sa mort, pour le deuil qu'il 
prit en soy d'un soufflet que luy donna 
M r d' Aumalle en la présence du roy, en 
le déchassant de devant S. M. par le 
commandement d'icelle, avec menaces de 
le faire pendre pour n'avoir obéy et en- 
tendu la volonté du roy aux édictz que 
S. M. avoit faict contre la liberté desditz 

* Dès 1568, Haton n'y comptait plus que 2S a 40 per- 
sonnes de la religion. 



huguenotz. 11, bailly, lier et orgueilleux, 
porta ce soufflet fort impaciemment , 
estans toutes fois plus marry de l'avoir 
receu en la présence de plusieurs habi- 
tans de Provins qu'il n'estoit du mal 
qu'il en avoit eu. Du depuis n'osa hardi- 
ment se trouver en la présence du roy 
et des princes et du regret qu'il en eut 
tomba en une mélancolie qui lui causa 
la maladie qui le mena à la mort... Les 
gens de justice et aultres gens de bon 
esprit furent marris de sa mort et le 
regrettèrent pour la dextérité et intelli- 
gence qui estoient en luy, tant en son 
estât de judicature que aultrement. Il 
estoit homme de bonne et belle re- 
présentation, d'une parolle grave, espo- 
ventable quand il vouloit aux plus hardis, 
et consolative aux plus timides quand il 
estoit assis en son siège de justice. Il 
aymoit la vertu, il hayssoit ce qu'il ju- 
geoit estre vice; il estimoit fort les gens 
d'esprit et qui sçavoient quelque science, 
fust en lettres divines, humaines ou 
artz libéraux et mécaniques. Il avoit 
bon sentiment de toutes choses, excepté 
le temps qu'il adhéra à la prétendue re- 
ligion ou il s'oblia pour quelques an- 
nées... La ville de Provins a porté dom- 
mage en sa mort car elle est demeurée 
orpheline d'homme d'éloquence, de re- 
présentation et de travail pour le prouf- 
fit public. » — Le corps de Jean Al- 
leaume fut inhumé dans son église de 
Ghenoise et son cœur à Ste-Croix de 
Provins. Mais quel homme était ce 
bailli champenois, cet obscur imitateur 
du chancelier de l'Hospital, le plus grand 
des huguenots secrets, pour avoir arra- 
ché un tel portrait à la plume d'un en- 
nemi furibond? 

2. ALEAUME (Thomas et Claude), de 
S. -Florent, près Ste-Menehou, charpen- 
tiers, reçus habitants à Genève, 12 fé- 
vrier 1573. 

3. ALEAUME (Jacques), natif d'Or- 
léans, ingénieur ordinaire du roi, mort 
en 1627 à Paris où il était logé aux ga- 
leries du Louvre, enterré le 3 octobre 
dans le cimetière de Gharenton [VII, 
302 a]. Il nous est connu par Jm per- 
spective spéculative et pratique de l'in- 
vention du feu sieur Aleaume, mise au 
jour par Estienne Migon. Paris, Melch. 
Tavernier. 1643, in-4° avec fig. Il était 



125 



ALKAUME 



ALEGRE 



126 



problablement fils de Pierre Aleaume 
d'Orléans qui fut le dépositaire des mss 
de Viete et qui avait aidé ce grand 
mathématicien dans l'exécution de ses 
travaux [IX, 491 a\ 

De Thou, chap. (29. - Didot. 

4. ALLE AU ME | Louis \ seigneur du 
Tilloy. voy. 1000 III. '200 a . — (Cathe- 
rine), à Fontenav en Vendée, 1651 
VII, 302 a]. — (Jean), de Dieppe, fu- 
gitif en 1695 (Archiv.gén.Tr).— (Pierre), 
de Châteauneuf en Orléanais, cabaretier, 
réfugié à Halle avec sa femme et quatre 
enfants, 1698. — (Jacques), sa femme 
et deux entants, réfugiés et assi- 
Londres, 1 702. — 'Jacques), d'Autun. 
48 ans, et Françoise sa femme, 38 ans, 
id., 1705. — (Pierre), sa femme et deux 
enfants, id., 1721. — (Judith}, id., idj> 

1. ALÉGRE ou Allègre 1 (Pierre), 
massacré à Aix, 1562 [X, 469]. — (An- 
toine d), de Millaud. 1563 II. 453 ; III, 
382 a; V, 135b]. - (Thomas, fils de Ber- 
trand), de Marseille, reçu bourgeois de 
Genève avec son fils, Girard. 1559. 

2. ALEGRE 'Jacques), ministre à 
S. Martin de Boubeaux. 1623: a S.-Jean 
du Gard. 162 i : à Gombas, 1626 : à Nages, 
1637-47; à Bernis. 10i7-48; àBoissières, 
1650-55 [X, 331, 34! 

3. ALEGRE ; Nîmes, 1654 [Y, 43 b] ; 
Clarensac, 1663 [V, 51 b|. — (Pierre), 
du Vivarais, réfugié à Genève, 1680. — 
(Pierre), de Mâcon, id.. 1688.— (Jean), 
de Montpellier, réfugié à Masjdehourg, 
v. 1686 ^1X. -16S bj. —(Jacques), d 
mes, assisté à Genève. 1703. 

4. ALLÈGRE ou Alègre, roué à Nî- 
mes, 1704 II, 314 b, 315 a]. — (Etienne), 
galérien, mort 1698 [X, 420]. 

5. ALEGRE (Jean), avocat à Castres, 
« homme très-versé en diverses belles 
« connaissances et surtout en géogra- 
« phie et histoire, » dit Borel, mais dont 
la vie est très-peu connue. Nuus sa- 
vons seulement que son père s'appelait 
Jean, comme lui, et sa mère Margue- 
rite Lautier. Il avait épousé Jeanne 
d'Olier, dont il eut plusieurs enfants, et 
mourut le 18 mai 1680. Borel assure 
qu'il fit imprimer diverses Chroniques 
et pièces de géographie curieuses. Ces 
ouvrages ne sont pas parvenus jusqu'à 

1 Voy. aussi MUaigre. 



nous. Plusieurs de ses poésies demeu- 
rées inédites reçurent les éloges de ses 
contemporains. (Pradel). 

Trésor des Antiquités Gauloises et Franeoises, de 
Pierre Borel. — Les Antiquitez de Castres, du même. 
— Etat civil des protest, au trib. de Castres. 

6. ALEGRE (Pierre), pasteur du dé- 
sert, naquit à Beauvoisin (Gard), le 
15 sept. 1725. d'une famille de proprié- 
taires cultivateurs aisés, dont le chef, 
après avoir été ruiné par les mesures 
rigoureuses prises contre les protestants, 
s'était relevé par un mariage aussi avan- 
tageux qu'honorable. Plus d'une fois le 
jeune Alègre se vit poursuivi par les trou- 
pes du roi, plus d'une fois il entendit les 
coups de fusil dirigés contre lui. 11 fit ses 
études sous le pasteur Pradel. et plus 
tard sous la direction de Paul Rabaut. 
de Gibert et de Saussine, et eut pour 
compagnons d'études les Puget . les 
Guizot. les Gachon, etc. Il fut con- 
sacré au désert par Paul Rabaut le 
26 fév. 1756, et son nom figure déjà 
dans un acte du 26 avril 1757, rédigé 
aux environs de Vallon (Ardèche), et 
en 1759 dans un autre acte rédigé à La- 
gorce [Voy. aussi X. 152. 458], Pen- 
dant son séjour dans le Vivarais, il fit 
la connaissance d'une jeune fille de 
la famille Guez de Barjac (famille qui 
existe encore) et l'épousa le 10 mai 1761. 
H reçut en 1760 une vocation de la part 
de l'église de Calvisson. Ses serinons, 
dit son fils, qui nous a transmis le sou- 
venir de l'influence bénie exercée par 
son ministère, étaient défectueux au 
point de vue de la forme; mais on y voit 
de la méthode, de lonction, un sage es- 
prit et une connaissance remarquable de 
l'Ecriture sainte. Il était de petite taille, 
brun et maigre, avec l'attitude grave 
commune aux pasteurs de ce temps. Nous 
voyons en 1769 les membres du consis- 
toire de Calvisson, désignés seulement 
par leurs initiales à cause des périls du 
temps, adresser au synode une demande 
pour le prier de continuer à l'église de 
Calvisson le ministère de M. Âlègre, 
qui s'est toujours conduit en vrai mi- 
nistre de J.-C. Il mourut le 16 nov. 
1776. Sa digne épouse lui survécut jus- 
qu'en 1796. 

Son second fils. Henri, né le 20 juin 
1766 à Calvisson, est mort en 1828, pré- 



127 



ALÈGRE — ALLÈGRE 



428 



sident du consistoire de Bolbec, et a 
laissé un fils, Pierre-Timothèe, né en 
1798 et mort pasteur de Rouen en 1868. 
Avec lui s'est éteint dans cette branche 
le nom d'Alègre, allié aux Guez, aux 
A'Aygalliers et aux Encontre. Sa fille 
aînée, Jknny, née à Calvisson en 1796, 
épousa L.-D. Paumier, né à Autretot 
(Seine-lnfér.) en 1789, mort président 
du consistoire de Rouen en 1865. (Pau- 
mier.) 

Philippe Alègre fils cadet de Pierre 
fut reçu proposant en 1790 et pasteur de 
S.-Ambroix en 1791. Il avait déjà en 
1786 et 87 desservi l'église de Blausac 
(syn. du B.-Langued., 1780-91). 

7. ALLÈGRE (le sergent d'), San- 
cerre, 1573 [VI. 73 aj. 

8. ALLÈGRE (Anne d'), fille aînée de 
Christophe d'Allègre, seigneur de Saint- 
Just et d'Aisery, avait épousé en 1583 
[III, 418 b] Guy-Paul deChâtillon, comte 
de Laval, fils aîné de d'Andelot et de 
Claude de Rieux, qui mourut en avril 
1586 des suites del'affaire de Saintes. Elle 
resta donc veuve fort jeune. Elle avait 
eu ses biens confisqués pour la religion 
sous Henri III. Ils lui furent il est vrai 
rendus, 18 déc. 1589, mais comme ils 
avaient été dévolus à la feue reine mère 
Catherine de Médicis, elle dut faire 
renouveler les lettres de restitution 
en 1590, 1591, 1596, et n'en obtint 
l'enregistrement que le 15 décembre 
1597 (Chamb. des comptes de Nantes, 
vol. XIV, f° 171). Pendant les troubles 
de la Ligue la jeune et riche veuve reçut 
et encouragea les hommages du ma- 
réchal d'Aumont et ceux de Saint-Luc. 
La condescendance qu'eurent pour elle 
les chefs militaires du parti du roi en 
Bretagne, détermina bien des mesu- 
res qui furent quelquefois heureuses 
[VII, 459 a], mais que ne justifièrent pas 
toujours la prudence, ni l'intérêt du parti. 
Ce désir de plaire à la comtesse de La- 
val fut cause en particulier de la mort 
du maréchal d'Aumont, qui entreprit le 
siège de Comper dans les conditions les 
plus défavorables, et parce qu'elle dési- 
rait rentrer en possession de ce château. 
Il y reçut une blessure, dont il mourut 
peu après. Anne d'Allègre avait eu de 
son premier mariage un fils, Guy de 
Coligny, qui mourut en 1605 le 30 dé- 



cembre, ayant abjuré l'année précédente. 
Elle épousa en secondes noces Guil- 
laume de Hautemer, comte de Grancey, 
baron deMauny, seigneur de Fervacques, 
maréchal de France, lequel mourut en 
1613. Peu de temps après il était fort 
question d'un nouveau mariage. On s'en 
amusait publiquement, car dans un li- 
belle de l'époque intitulé « L'inventaire 
des livres de maître Guillaume, » on 
trouve : « Les Quinze joy es de mariage, 
reveues et corrigées par la maréchale de 
Fervaques. » On parlait pour elle, en effet, 
du prince Maurice de Nassau (juillet); 
mais le mois d'août suivant il était ques- 
tion du prince de Joinville, Claude de 
Lorraine quatrième fils de Henri duc de 
Guise, qui fut connu plus tard sous le 
nom de duc de Chevreuse (Lettres de 
Cath. de Parthenay, publ. par H. Im- 
bert). Ce dernier projet semble avoir été 
plus sérieux. On en parla plus de deux 
ans. Elle consulta même à ce sujet Du 
Plessis-Mornay (18 fév. 1616) car le 
prince de Joinville était catholique. Mor- 
nay lui répondit : « Pour la grandeur, 
Madame, je suis encore de ces bonnes 
gens du temps passé qui la font con- 
sister en la vraye vertu. Un tabouret ne 
peut pas beaucoup adjouster à vostre 
stature. A bouche je vous en dirois da- 
vantage, car si le respect dû à vostre 
qualité me retenait d'une part, le fidèle 
service que j'ay de longtemps voué à 
vostre personne m'enhardirait de l'au- 
tre. » — Madame de Fervacques, soit 
qu'elle fut touchée de cet avis, ou que sa 
conscience l'ait empêchée d'aller plus 
avant dans cette voie, ne donna point 
suite à ce projet de mariage. « C'estoit 
une honneste femme, » dit Tallemant 
des Réaux. Néanmoins elle ne rompit 
pas avec le prince de Joinville, et en 
mourant elle le fit son héritier. Elle 
tomba malade en 1619. « A cette heure 
(9 fév. 1619), écrivait Anne de Rohan, 
M. le prince de Joinville ne bouge de 
l'hôtel de Madame la maréchale de Fer- 
vacques qui est toujours fort mal. On l'a 
voulu fort prêcher, mais elle a protesté 
qu'elle voulait mourir en la religion et se 
fait recommander au prêche. On croit 
qu'elle ne passera pas le mois de mars. 
Sa maladie est étrange. » (34 e lettre.) 
Dumoulin , dans son autobiographie , 



129 



ALÈGRE — ALEMAXD 



130 



confirme ces détails. Ayant été averti in- 
directement par la sœur même de la ma- 
réchale qu'il ferait bien de la visiter, il 
s'y rendit sur-le-champ : « Je montay. 
dit-il, à la chambre de la malade; et 
comme je commençais à parler à elle, 
voici entrer l'évesque de Genève, envoyé 
par la princesse de Piémont sœur du 
roy, pour exorter la malade à mourir en 
la religion catholique romaine. Là il y 
eut quelque contestation entre l'évesque 
et moy. Sur cela M. de Roissy parla à 
la malade disant : Madame, il n'est plus 
temps de dissimuler; dittes franche- 
ment, voulés-vous que ce soit M. l'éves- 
que qui vous console et prie Dieu près 
de vous, ou bien que ce soit M. Dumou- 
lin ? Elle répondit : J'en prie M. Du- 
moulin. Sur cela plusieurs catholiques- 
romains se retirèrent, quelques-uns de- 
meurèrent, qui pendant que je faisais la 
prière, taisaient des grimaces pour se 
mocquer. Je parlay à la malade et la 
consolay le mieux que je pus. Lors trois 
seigneurs de qualité entre lesquels estoit 
If. Dandelot, rentrèrent en la chambre 
de la malade et me dirent : M. Dumou- 
lin, il y a là-bas des princesses et dames 
qui désirent vous voir conférer avec 
monsieur l'évesque. Je leur dis : Mes- 
sieurs, vous faites cela exprès pour me 
tirer d'auprès de la malade, et m'empes- 
cher de rentrer. Là-dessus ils me tirent 
de grands serments et promesses qu'a- 
près la conférence, ils me laisseraient 
rentrer pour rendre à la malade les de- 
voirs commencés (La conférence eut 

lieu . Je remontay vers la malade, la- 
quelle peu après rendit l'esprit. » (Bull. 
VII, 167.) « Madame la maréchale de 
Fervacques a été bienheureuse d'avoir 
pu être admonestée par M. Dumoulin. 
Je me doutais bien, Madame, que vous 
steriez à sa dernière fin, » écrivait 
le 8 juin de cette année Anne de Rohan 
à Madame de La Trémoille. ( Vaurigaud.) 

ALEIX ou Allein (d), capitaine. 
[V. 157 b;YI,388a;Vn,30b].— G. de 
Ravnaud, sieur d"), vers 1550 [V, 353 b; 
VU. 318 b; VIII, 394 a]. Vov. Ravnaud. 
— D'Alen, 1600 [IV, 497 a . — ÙAlens 
ou Dalens, Foix, 1598 XU, 63 b]. 

ALEIZETTE (Pierre d'), consul de 
Ghabotte, signalé en 1737 comme obstiné 
huguenot [Bull. V. 316;. 



1. ALEMAX (Charles), natif de Gi- 
mont en Gascogne, reçu habitant de Ge- 
nève, 27 nov. 1559. — Cf. Ail... 

î. AL KM AND, « Johannes Aleman- 
dus Marosiensis (Marousse, Charente?) 
Occitanus, » étudiant à Genève, 1592. 

3. ALEMAXD (Louis-Augustin), né 
à Grenoble en 1653 [Haag I, 60]. Après 
avoir terminé ses études à Valence et y 
avoir pris le grade de docteur es arts, 
Alemand se fit recevoir avocat au parle- 
ment de Grenoble. Les persécutions 
contre les protestants augmentaient 
chaque jour de rigueur; toutes les car- 
rières leur étaient successivement fer- 
mées. Alemand n'eut pas la force d'af- 
fronter les périls de la fuite et de s'ex- 
poser aux misères de l'exil ; il abjura 
en 1676, et prit alors le parti de se 
rendre à Paris, où il se fit homme de 
lettres. Il publia en 1688, in-P 
.\ouvelles observations ou Guerre civile 
des Français sur leur langue, essai d'un 
dictionnaire historique et critique de tous 
les mots, de toutes les locutions, de 
toutes les règles contestés. L'Académie 
française, qui se disposait à faire parai- 
'ii Dictionnaire, en arrêta l'impres- 
sion pour proliter des observations d'A- 
lemand. Ce fut Alemand qui publia deux 
ans plus tard les Nouvelles remarques 
' . de Vaugelas sur la langue fran- 
çaise : Paris. 1690, in-P2. Cette publica- 
tion fut suivie de ï Histoire monastique 
d'Irlande ; Paris, 1690, in-L2; trad. en 
angl.: Lond. 1782, in-M°. Ces nouveaux 
ouvrages lui ayant procuré plus de dé- 
sagrément que de profit, notre auteur 
se mit à étudier la médecine dans l'es- 
poir d'obtenir un brevet de chirurgien 
de marine qu'on lui avait promis. Il 
reçut dans ce but en 1693 le grade de 
docteur à la faculté d'Aix ; mais le brevet 
promis ne lui ayant pas été accordé, 
il reprit la plume l'année suivante et 
donna le premier volume d'un Journal 
historique de l'Europe pour l'année 1 695 ; 
Strasb. (Paris . It.'.ii, in-1'2, quinefut pas 
continué, les rédacteurs de la Gazette de 
France, du Journal des Savants et du 
Mercure s'étant opposés à ce qu'on expé- 
diât un privilège pourcetouvrage. On doit 
aussi à Alemand une traduction de la 
Médecine statique de Sanctorius, qu'il 
intitula : Science de la transpiration ou 

ï. 5 



131 



ALEMAND — ALENONCOURT 



132 



médecine statique... c'est-à-dire ma- 
nière ingénieuse de se peser pour con- 
server et rétablir la santé par la con- 
noissance exacte de l'insensible transpi- 
ration; Lyon, 1694, in-12. S'il faut en 
croire Carrère, Alemand publia aussi le 
Secret de la médecine des Chinois, Greno- 
ble, 1671, in-12. Il se proposait de publier 
un traité sur l'ancienneté des médecins 
méthodiques, lorsqu'il mourut à Greno- 
ble en 1728. — Son frère, avocat 'au 
parlement de Grenoble, abjura comme 
lui ; il se serait fait connaître (suivant 
la fin de l'article de MM. Haag) par un 
livre dédié au Père La Chaise, et conçu 
dans l'intention de défendre les protes- 
tants. D'après une note postérieure de 
MM. Haag, Jacques-Thomas Alemand, 
frère de Louis- Augustin , ne serait pas 
l'auteur d'un livre écrit en faveur de ses 
coreligionnaires ; l'honneur en appar- 
tiendrait à Louis - Augustin , mais ce 
livre n'a pas été publié. Son auteur lui 
avait donné le titre suivant : Traité pour 
prouver que les protestants ne sont pas 
inutiles à la religion. Peut-être regret- 
tait-il alors son apostasie. Quant à Jac- 
ques-Thomas, c'est un tout autre ou- 
vrage qu'il aurait dédié au Père La 
Chaise, car à en juger par le titre il se- 
rait intitulé : Préservatif contre toutes 
sortes de nouveautés et hérésies ; Gre- 
noble, 1688, in-12. 

Uochas, Biogr. du Davphiné. 

1. ALENÇON ou Dalençon (Guil- 
laume d'), né à Montauban, martyr à 
Montpellier en 1554 [VU, 497 a].— La 
fin héroïque de ce chrétien n'a été men- 
tionnée qu'en passant par MM. Haag; 
nous pouvons en donner aujourd'hui un 
récit émané d'un témoin oculaire * : 

« Le 16 d'octobre 1553, Guillaume d'A- 
lençon, de Montauban, fut dégradé. C'é- 
toit un prêtre converti qui avoit apporté 
de Genève des livres et séjournoit depuis 
longtemps en prison. Revêtu de son cos- 
tume ecclésiastique, il monta sur une es- 
trade où l'évêque était assis. Après mille 
cérémonies et la lecture de nombreux 
passages en latin, ses ornements sacer- 
dotaux lui furent enlevés et remplacés 
par des habits séculiers ; on lui rasa la 
tonsure, on lui coupa deux doigts, puis 

• Mémoires de Félix Pluttcr de Basic, trad. et publ. 
par le l) r Ed. Fick, imp. à Oenove, 480C, 111-S". 



il fut livré à la justice séculière. qui l'ap- 
préhenda sur-le-champ et le ramena dans 
son cachot. Le 16 de janvier 1554, il fut 
condamné à mort, et l'après-midi même 
il fut supplicié. Un homme le porta 
sur ses épaules [les jambes liées sans 
doute] hors de la ville, à la place où 
étoit dressé un monceau- de bois. A la 
suite marchoient deux prisonniers : un 
tondeur de drap, en chemise, avec une 
botte de paille liée derrière le dos, et un 
homme de condition, fort bien accoutré. 
Dans leur égarement, tous deux reniaient 
la vraie foi. Pour d'Alençon, il ne cessoit 
de chanter des psaumes. Arrivé devant 
le bûcher, il se déshabilla lui-même jus- 
qu'à la chemise, rangea ses vêtements 
dans un coin avec autant d'ordre que 
s'il eût dû les remettre et, se tournant 
vers les deux hommes qui voulaient ab- 
jurer, il leur adressa des paroles si sé- 
rieuses que sur le visage du tondeur de 
drap la sueur coulait en gouttes de la 
grosseur d'un pois. Ce que voyant, les 
chanoines qui faisoient cercle, montés 
sur des chevaux ou des mules, lui com- 
mandèrent de finir. Alors il s'élança d'un 
air allègre sur le bûcher et s'assit au mi- 
lieu. Par un trou pratiqué dans l'esca- 
beau passoit une corde ; le bourreau la 
lui mit au cou, lui lia les bras au corps 
et alluma le bûcher après avoir jette des- 
sus les livres apportés de Genève. Le 
martyr restoit paisible, les yeux tournés 
au ciel. Au moment où le feu atteignit 
les livres, le bourreau tira la corde et 
serra le cou du patient ; la tête s'inclina 
sur la poitrine ; dès lors d'Alençon ne fit 
plus un seul mouvement et son corps fut 
réduit en cendres. » 

2. ALENÇON (Moïse), de Montéli- 
mart, assisté à Genève en se réfugiant en 
Suisseavecsa femme et ses enfants, 1684. 

3. ALENÇON (MadameD 1 ), Metz, 1589 
[IV, 364 aj. -(... d'), réfugié, 1688 [VI, 
260 b; VII, 425 a]. — Voy. Alançon. 

4. ALENÇON de "Milleville, v. 1680 
[VI, 363 b]. Voy. encore : [III, 84 b ; 
VI, 59 a]. 

ALENCOURT (... d'), condamné à 
mort, 1562 [III, 382 b, note]. 

ALENONCOURT (M»« d'), réfugiée 
en Prusse et pensionnée par l'électeur 
comme personne de condition (Erman, 
IX, 4). 



433 



ALES 



ALEYRAC 



434 



i. ALÈS ou Allais, pasteur à Marigné. 
1572, à Gémozac, 1576. à S.-Savinien, 
1590-1600 [Haag II. 1931 ; Bull. IV. 322 : 
VII. 518: Aym. I. 189.'— Voy. Allais. 

2. ALÈS ou Alliez (René d'), Tou- 
raine, vers 1620 [V, 435 b]. 

ALESTI (Pierre), avocat à Nîmes, 
1554 [IV, 222 a]. 

1. ALEXANDRE (Paons), d'Arles, 
pasteur v. 1560 [III, 120: IV. 244 b\ — 
(Marc), de Chaumont en Bassigny, reçu 
habitant de Genève, 28 septembre 1573. 
— le capitaine), de Florac, tué en 1628 
[VIII, 490 b|. — (Charles), de Mets, 
v. 1640-1707 [VI. 445 a]. — (Paul), de 
Montpellier, assisté en passant à Genève 
pour se réfusier en Allemagne, 1708. 

2. ALEXANDRE André et Salomon), 
naturalisés anglais, 11 mars 1700. 

ALEXIS (Gervais), entretenu à l'aca- 
démie de Die par le colloque de Diois en 
1611 et reçu au saint ministère en 1612, 
exerça le pastorat à Briancon de 1612 à 
1618 [X, 329, 331J, à Rosans de 1618 à 
1622. à Livron de 1629 à 1641. L'évêque 
de Valence se fondant sur la déclaration 
royale du 14 avril 1627, qui défendait 
aux ministres étrangers de remplir leurs 
fonctions en France, enjoignit en 1630 
à Alexis de quitter son diocèse. Ce der- 
nier s'y refusa et aurait été arrêté par 
l'évêque s'il n'eut pris la fuite. 

Il parait du reste qu'Alexis n'était pas 
étranger, car le roi à qui son affaire fut 
renvoyée, ne ratifia pas la sentence épis- 
copale. Il avait résumé en 1641 Lafoy 
fondée sur les Saintes Ecritures, de 
Daillé. Gaspard Fallot, curé de Livron, 
y opposa sa ■ Réponse au livre de la foy 
fondée de Daillé, ministre de Charenton, 
transcrit et abrégé dans la lettre d'A- 
lexis, ministre de Livron, contenant la 
défense de M. Véron : Lyon, 1641, 
in-8°. » La « Lettre » d'Alexis n'a pas 
été retrouvée. (Arnaud.) 

Au mois de mai 1655. Jean Alexis, 
avocat au pari, de Paris, fils de Gervais 
Alexis, ministre à Vinsobres, et de Ma- 
delaine Samuel, épousa Aimée de Bot tin, 
dame de Vilaines, veuve de Jean de Go- 
des, sieur de Ruet, capitaine exempt des 
gardes du corps (Reg. de Charenton . 

1. ALEYRAC. Le château d'Aleyrac 
{de Alariaco , commune de S. -Vincent 
de Barrez (arr. de Privas, canton de Ro- 

.1 .5 



chemore). a donné son nom à une an- 
cienne famille qui parait être une bran- 
che cadette des anciens barons d'Aigre- 
mont au diocèse de Nîmes, du nom de 
d'Aleyrac. Le dernier de cette illustre 
race (on a une donation en date du 
1 er mars 1244, où il est question d'un 
Pons d'Aleyrac mourut en 1549. ne 
laissant de son union avec Marguerite 
de Cambis, qu'une tille nommée Mar- 
guerite comme sa mère. Cette héritière 
épousa, le 15 août 1561 [VIII. 459 b], 
Thomas de Rochemore et porta tous les 
biens de sa maison, avec le château de 
Calviac (Gard), qui depuis a passé à la 
famille des Hours, dans la famille de 
Rochemore. 

Au milieu du XVI e siècle, le même 
fief se retrouve dans une autre famille 
d'Aleyrac (ou Daleyrac) du Colombier 
(Haag IV, 365) ou plutôt de Colombiers. 

2. Claude Daleyrac, frère cadet de 
Pons, s r de Colombiers et bailli du Vi va- 
rais, épousa Jeanne de Mercoyrol, dont 
il eut trois fils, notamment Guillaume, 
chef de la branche de Chambeson et 
Guinot chef de la branche de Fougères. 

3. Guillaume d'Aleyrac de Colombiers, 
seigneur de Chambeson, se distingua à 
Moncontour à la tète de cinquante hom- 
mes d armes; puis, comme capitaine 
d'une compagnie d'infanterie, il mérita 
en 1598 les éloges de Henri IV pour sa 
conduite contre les ligueurs. 11 avait été 
député à l'assemblée de Milhau, en 1573. 
et mourut en 1606 ou 1607. 

D'Anne de Sybleyras, fille d'un bailli 
de Privas et dTsabeau de Chàteauneuf, 
il eut : David Daleyrac, s r de Chambe- 
son, homme d'armes de la compagnie de 
Vendôme en 1609, capitaine d'une com- 
pagnie qui guerroya dans la Savoye en 
1616; mort en 1649.11 laissa de son ma- 
riage avec Suzanne, fille de Jean de Jul- 
lien, s r du Fraisse. et dilsabeau de 
Chambaud, six enfants dont quatre 
filles, Paule, Anne, Geneviève et Judith 
d'Aleyrac. Son second fils Jean mourut 
en Italie à 19 ans, capitaine d'infanterie, 
1640. L'aîné. Etienne d'Aleyrac, plus 
connu sous les noms de Colombiers ou 
de Chambeson, servit d'abord au siège 
de Perpignan, 1641 : il fit ensuite les 
campagnes d'Italie comme capitaine. 
A la Révocation il n'hésita pas, malgré 



135 



ALEYRAC — ALIBERT 



136 



son âge avancé, à sortir du royaume. 
L'électeur de Brandebourg l'accueillit 
avec distinction et le nomma lieutenant- 
colonel; mais la nostalgie ou toute autre 
cause que nous ignorons le ramena dans 
sa patrie où il mourut en 1686. Il avait 
épousé en 1634, Catherine fille de Noé 
de Chambaud, seigneur de Saint-Léger 
et de Simonne de La Tour. Cette dame 
ne fut pas plutôt veuve qu'elle passa de 
nouveau dans les pays étrangers ; ce- 
pendant lorsqu'elle sentit approcher sa 
fin, elle revint aussi mourir en France, 
1689. De son mariage était nés huit en- 
fants : trois filles, Jeanne, Catherine, Su- 
zanne et cinq fils. L'aîné, Louis, né en 
1636, capitaine au régiment du Limou- 
sin, mourut à Chomerac, 1666. Le se- 
cond, Jacques, né en 1648, page du 
prince d'Orange, capitaine de la milice 
du Vivarais en 1674, fit la campagne de 
Catalogne au retour de laquelle il mou- 
rut, 1674. Le troisième, Noé, s r de La 
Condamine, né en 1649, entra comme 
cadet dans les gardes, 1671. Peu de 
temps après il abjura et son père irrité 
lui refusa toute assistance jusqu'à ce 
qu'un arrêt du conseil du 14 août 1671, 
l'eut condamné à lui payer une pension 
de 300 1. Ce fils mourut aux Invalides 
en 1718, sans postérité. Le quatrième 
nommé aussi Noé, s r de Colombiers, né 
en 1650, fut envoyé pour étudier à Ge- 
nève, mais n'en suivit pas moins l'exem- 
ple de son frère, en 16Ï3, et se distingua 
par la fureur avec laquelle il combattit 
ses anciens coreligionnaires. Le cin- 
quième, Etienne, s r de Pramoulenc, né 
en 1655, sous-lieutenant au régiment du 
Piémont, mourut à Pignerol en 1(373. 
(Haag.) 

Le second Noé laissa des fils, sei- 
gneurs de La Ghaize, de Colombiers, de 
i^a Condamine, de Saint- Vincent de 
Barrez et de Saint-Pierre de Barry, 
dont la descendance existe de nos jours 
dans l'Ardèche, et s'allièrent aux mai- 
sons de Geis de Pampelonne, de Pau- 
théac de Grandval, de Barruel, qui ne 
ressortent point de notre sujet. La ba- 
ronnie d' Aleyrac a passé par ies d' Assas 
et les Latour du Pin à la famille de Sal- 
vaire, dontlechef est aujourd'hui le baron 
Raymond de Salvaire d' Aleyrac, catho- 
lique, habitant le château de Cabrières, 



près Saint-Jean du Gard. (Cazenove.) 

4. Guinot d' Aleyrac, frère cadet de 
Guillaume, épousa en 1598 Madelaine 
du Chailard, dame de Fougères (par. de 
St-Vincent de Barrez) dont il eut, entre 
autres enfants, Daniel, s r de Fougères, 
docteur en droit, député à diverses as- 
semblées des églises réformées en 1611 
IVI, 409 b; Vil, 531 b] et 1621 [V, 140 
a]. De son mariage avec Louise d'Au- 
demar naquirent : 1° François-Louis, 
s r de Fougères, capitaine d'infanterie, à 
qui sa femme, Judith de Serres, ne 
donna que des filles : Susanne, Clau- 
dine-Gabrielle et Susanne ; 2° N. d' A- 
leyrac, capitaine au régiment de Qui- 
noy, tué à la tête de sa compagnie ; — 
3° N. d' Aleyrac, cornette dans le même 
régiment, mort en 1676. 

ALEZIEU (N.), ministre de Garlin 
(Basses-Pyr.), pendu à Pau « sans nulle 
forme de procès,» par Henri de Na- 
vailles, seigneur de Peyre, gouverneur 
de la ville ; août 1569 (Bordenave, 263). 
— (Moïse), de Montpellier, étudiant à 
Genève, 1680. 

ALGEVIN (Jean), du Grand-Gallar- 
gues, \lb1{Bull. III, 482). 

ALGLANE (Jacq.), mis au Fort-1'Evè- 
que, 1685. 

ALGON (Jehan), de Die en Dauphiné, 
reçu habitant de Genève, 13 mai 1555. 

ALGUE (Jaques), de S.-Hippolytede 
Roqueforcade en Languedoc, reçu habi- 
tant de Genève, 26 juin 1559. — Antoine 
d'), sieur de Grive, 1613 [IX, 135 b].— 
(Paul d') ou plutôt Dalgue, dit Lassagne, 
pasteur des Cévennes, 1745 [IL, 494 a]. 

ALHAUD (Antoine) et Marie Alhaude, 
massacrés en Provence, 1562 [X, 469 et 
474]. 

ALHÉNAS (... d'), officier réfugié en 
Prusse, 1686 (Erman, IX, 3). Alhoue, 
voy. Aloue. 

ALIBERT (ou Allibert), réfugié, de 
Grenoble, 1688 [VU, 424 b]. — (Pierre), 
marchand à Grenoble, réfugié avec sa 
femme et sa fille à Berlin, 1698. — 
(Jeanne), Alais 1754 [IX, 351 a]. — Jac- 
ques), de S.-Hippolyte, assisté à Genève 
pour gagner Berlin, 1698. — (André), de 
Ganges, id., 1699. — ^Guillaume) et sa 
femme, réfugiés à Genève, 1707. — (Ma- 
riej, assistée à Londres, 1721. — (Jean), 
des Cévennes, reçu habitant de Cenève, 



137 



ALIBERT 



ALIES 



138 



1731. — (Pierre), de S.-Hippolyte, id., 
1731. — (Charles), de Paris, id.. 

ALICAX (la veuve du sieur d'), réfu- 
giée au Werder (Berlin), 1700. 

ALICHOXS (Catherine d'), v. 1590 
[II, 400 h |. 

ALICOT (Pierre), de Montpellier, 
« maître en fait d'armes, » réfugié à Ge- 
nève ver? 1709. 

ALIDOR , prénom d'un capitaine ca- 
misard [II , 315 a]. 

ALIEB [Nicolas), ministre à La Rou- 
vière, 1569-70, et à Brignon, 1571-72 
(Bull. XXI, 133). 

ALIES , Alliés ou d'Aliès , et non 
Daliès ', famille distinguée de Montau- 
ban, occupant les charges de finance et 
celles de la magistrature, et ayant ac- 
quis, vers le milieu du XVII e siècle, la 
baronnie de Caussade [Haag IV, l'.H a\ 
=: Armes : écartelé, aux l et 4 de gueules 
au lévrier d'argent, aux 2 et 3 d'argent à 
3 fasces d'azur, à la bande de gueules 
chargée de 3 étoiles d'or, brochant sur 
le tout. 

Les Aliès avaient embrassé les doc- 
trines de la Réforme dès 15G1. Lorsque 
l'édit de pacification fut publié à Mon- 
tauban en 1503, Bernard d'Alii.s. avocat 
du roi au siège du sénéchal de Montau- 
ban [III, 104 a], futappelé, en sa qualité, 
à constater l'état du Moustier que la garni- 
son catholique venait d'évacuer, et i 
formellement cette garnison de l'avoir 
détruit. En 1569. il présida à la vente 
des biens du clergé en vertu d'une com- 
mission de la reine de Navarre. Il mou- 
rut le 16 août 157 | (Reg. dos sep. de M. 
1565-80. p. 24). — Un antre d'Aliès fut 
élu consul de Montauban en 1598, avec 
Lauzat. Tenant, Vacher. Faget et Vi- 
rac. — Un autre encore, probablement 
petit-fils de Bernard, servait, en 1622, 
sous les ordres de Saint-André-Mont- 
brun IV, 166 a].— Marie d'Alip.s. mariée 
le 10 mars 1612 à Jean de Caumant. 
s r de Montbeton [IIL. 270 a]. — A la 
même famille appartenait Antoine d'A- 
liès, trésorier général de la maison de 
Navarre, dont le fils. Jean, receveur .les 
tailles du Quercy. épousa Marie Pain/ 
dans le temple de Charenton en 1629. 
1 te cette union naquirent, le 13 oct. 1630, 

■ Ce qui résulte de l'examen des resistres de 1 Y't.it 
civil de Montauban. (■kkkNkoi 



Antoine, et le 17 mars 1633, Jean, sieur 
de Martel, qui eut pour marraine Marie 
d'Aliès, dame de Montbeton, et qui ab- 
jura le 9 nov. 1661. On a le contrat de 
mariage de l'ainé de ces deux frères, 
« Antoine d'Aliès, seigneur et baron de 
Caussade, conseiller du roy en son con- 
seil d'Estat, fils de messire Jean d'Aliès, 
aussi conseiller du roy en son conseil 
d'Estat et finances, avec d llc Marthe de 
Garrisson, fille de messire Jonathan de 
Garrisson. seigneur de Lustrac, et feue 
d lle Anne de Coulom, » ledit mariage 
célébré au château de Montbeton, avant 
le prêche, par le ministre Thom. Satur. 
le 29 avril 1669, on présence de David 
de Caumnnf, baron de Montbeton. An- 
toine d'Aliès soutint énergiquement les 
vieux principes de sa famille lorsque 
arriva l'heure de l'épreuve III, 8 
VII, 424 b]. En 1685. il obtint la per- 
mission de rester à Paris, dont 1 
jour avait été interdit aux protestants, 
sous prétexte de suivre un procès devant 
le Parlement Suppl. fr. 791 n° l, nunc 
- i intention était de fuir, et il 
sit non-seulement à gagner la Suisse 
en 1686, mais il fut même assez heureux 
pour faire venir successivement auprès 
de lui six de ses enfants. Le u'ouverne- 
ment se saisit dn septième, nommé Jean, 
en 1691. et te plaça an collège Louis-le- 
Grand. Sa femme, qui n'avait pas encore 
pu le rejoindre, fut privée de la tutelle de 
son (ils et de l'administration des biens 
de son mari (Suppl . fr. dont 

le gouvernement chargea Samuel d'A- 
ieur de La Tour, qui avait abjuré 
( A rchir. ';■ I . Le bar on d e Cau s- 

sade obtint gratuitement, le 26 mar> 
les droits de bourgeoisie à Genève, avec 
ses deux tils. Jonathan et David; il fut 
élu membre du CC en 1714 et mourut en 
nov. 1721. L'ainé alla, s'établir à Lau- 
sanne, qu'il habitait en 1 7 10, et le second, 
David, après avoir fait des études de théo- 
logie en Angleterre et en Hollande, fut 
consacré ministre à Amsterdam, le 1 7 mai 
1704. Il desservit l'église de Delft jus- 
qu'en I7i)9, puis il futappelé à Copen- 
hague comme successeur de Théodore 
ls Blanc ; il y mourut de la peste en 
1711, et ue parait pas avoir laissé d'en- 
fant de sa femme, Suzanne Marti e. ré- 
fugiée de Bergei ie, qu'il avait épo 



139 



AL1ÈS — ALLAIRE 



440 



à Oldenbourg, et qui survécut jusqu'au 
28 mars 1767. 

Anne d'Aliès, fille du baron Antoine 
de Gaussade, épousa en 1704 Georges 
Polier [VIII, 282 a] ; sa sœur, Marthe- 
Marie, devint en 1717 la femme de Jean- 
Robert Tronchin [IX,. 423 a]. —Nous 
connaissons encore une Marthe Dalliès, 
femme de B.-J. Courault, sieur du Por- 
tail, lieuten. gén. en Prusse [III, 316 a]. 
AL1ÈS ou Aliet. Zacharie Alies ou 
Daliès, (fils de Raimond, marchand à 
S. -Antonin de Rouergue), avocat au 
parlement de Paris, marié en sept. 1678 
avec Marie Bizot (Reg. de Char.) et en 
mars 1680 avec Fr.-Mad. Martin [VI, 
538 b, note; VII, 296 a]. — Jacques 
Aliet, de S. -Antonin, assisté en passant 
à Genève, 1698. — Isaac Alier, fils de 
Guillaume, marchand à S. -Antonin, 
épouse, oct. {&QS, Anne Rousseau, veuve 
de Jean du Ry, architecte. — « Zacha- 
rias Alies a S. Antonino apud Ru- 
thenos, » étudiant à Genève, 1705. 

AL1GRET (d'), Paris, 1562 [IV, 21 lai] ; 
— (Paul d'), 1685 [VI, 346 b]. 

ALINGE (Esther d'), femme de Jehan 
deBudé, synd. de Genève, 1602 [III, 76 a]. 
ALION (Gédéon), de Metz, docteur en 
médecine, réfugié à Halle, 1700. 

ALISEÏ, « ministre à S.-Lagier, » reçu 
habitant de Genève, 23 sept. 1572. 

ALISON ou Alizon (Honoré), massa- 
cré à Valensolle en Provence, 1562 [X, 
469]. — Alison, de Nîmes , 1687 [V, 
405 a] ; — (Henri), roué à Nîmes en 
1705 [II, 314, 315].— Autre, pendu 
à Nîmes, 1705; ibid. Voy. Bull. II, 
464. — Alison, du Vivarais, 1601 [X, 
265]; —1672 [VI, 34]; —(Jean), de 
Gluiras en Vivarais, chirurgien, assisté 
à Genève en 1697; réfugié à Friede- 
richstadt, 1700; — (Madelaine), de 
Gluiras, assistée à Genève, 1701. — 
(M" e ), emprisonnée, 1720 [X, 404]. — 
(Jean), de Nîmes, faiseur de bas, reçu 
habitant de Genève, 27 oct. 1738. — 
Jacques Aleson, de Lyon, assisté à Ge- 
nève, se réfugiant en Allemagne, 1700. 
ALISON (d') ou Alison, 1611, 1616 
[VII, 533 b,534 b]. 

ALISOT ou Alizot (Armand), de Nî- 
mes, 1561 [VII, 337 a, note]. — (Jehan), 
«natif deNismes, » reçu habitant do 
Genève, 23 oct. 1559. 



1. ALIX (Simon), « natif de S.-Sauveur- 
Lendelin, dioc. de Goutances, » reçu na- 
bi tantde Genève, 5 août 1585. — (Etienne), 
d'Orléans, étudiant à Genève, 1588. 

2. ALIX (Susanne), 72 ans, et sa fille, 
assistées à Londres, 1702. — Cf. Allix. 

ALIZIER de Langlade , professeur 
d'hébreu à Nîmes, 1602 {Bull. III, 46). 

ALL AIGRE (la dame d'), 1593 [III, 
199 b]. — Cf. Allègre n° 8, col. 127. 

ALLAIN (Jean), ou Allaire, ancien 
de La Roche - Bernard , 1561 [VII, 
138 b]. 

1. ALLAIRE (Denys), capitaine bor- 
delais, condamné 1569 [II, 415 b]. — Su- 
zanne, fille de Louis Allayre QldUAnne 
Goy, 1571 {Reg. de Saintes). 

2. ALLAIRE (quelquefois écrit Al- 
lain), famille rochelloise, 1621 [III, 265 a ; 
V, 87 b] ; — 1681 [VII, 417 b, 2« note, 2°] ; 

— 1685 [VI, 59 a]. — Voy. Alexandre 
Allaire, naturalisé anglais 11 mars 1700 
(Agnewl, 55); réfugié, 1706, en Améri- 
que [VIII, 12 b]. 

3. En 1708, un Alexandre Allaire figure 
parmi les juges consuls de La Rochelle. 
Il était frère à' Antoine, marchand comme 
lui, marié en 1679 h Jeanne Pages, et qui 
quitta la France, avec un brevet du roi, 
à la révocation de l'édit de Nantes. Ce- 
pendant, on trouve encore les nom et 
prénom : Antoine Allaire, et le même 
titre de juge consulaire, en 1686, avec 
cette annotation : « nouveau converti. » 

— Cette famille avait été l'une des pre- 
mières de La Rochelle à embrasser le 
parti de la Réforme. François Allaire 
est inscrit comme tel sur les registres 
de l'état civil dès 1566. Antoine, proba- 
blement son fils, entra au corps de ville 
en 1617. Le petit-fils de celui-ci, nommé 
Louis, seigneur du Bugnon, ancien et 
diacre, eut de sa femme, Jeanne Super- 
ville, onze enfants, parmi lesquels : An- 
toine, sieur du Bugnon , né au mois de 
nov. 1627; Jean, sieur du Bugnon, se- 
crétaire du roi; Henri, né en 1642, con- 
seiller puis lieutenant général en l'ami- 
rauté ; Esther, mariée au pasteur Louis 
de La Forest; Suzanne, mariée en 1670 
à Jean Frcylwff 'et en secondes noces à 
Jean Barbot, sieur de Romagni, con- 
seiller au présidial. L'aîné do ces onze 
ont'auts, Antoine, avait épousé, en 1651, 

inné Thcroudr, dont il avait ou A/r.can- 



141 



ALLA IRE — ALLEMAGNE 



142 



dre et Antoine, les deux frères mention- 
nés ci-dessus, plus Philippe, qui dispa- 
rait aussi de La Rochelle vers 1680, 
c'est-à-dire qui probablement s'enfuit 
pour conserver sa foi. — La famille Al- 
l.ure est encore représentée aujourd'hui 
à La Rochelle par des descendants de 
ce nom, fidèles au protestantisme. (Jour- 
dan.) 

ALLAIS (Isaac), de Gaen, étudiant 
à Genève, 1677. — (Marguerite), femme 
de G. Dupuis d'Ermenouvii Je IV. 

— Abraham Allais, de Dieppe, 53 ans. 
réfugié et assisté à Londres, 1705 ; il 
avait été naturalisé anglais, 3 juill. 1701, 
avec Catherine sa femme et trois enfants. 

ALLAMAND (Claude), galérien, 1690 
[X. M5]. —pasteur, 1745 [H, 334). 

1. ALLARD (Cf. Alard). — (Jehan), 
natif de Cusset près Moulins en Bour- 
bonnais, reçu habitant de Genèv 
avril 1559. — (Jean), de Mirepoix, étu- 
diantàGenève, 1560.—- Hubert), orfèvre, 
de Reims, hab. à Genève, 8 mai. — (Ro- 
bert), deS.-Victor en Caux, id.. 1 er janv. 
1660. — (Raimond), massacré en Pro- 
vence, 1562 [X, 160]. — (Jean), Or- 
léans, 1568 [VI, 531 b]. — (Péron- 
nelle), Genève, v. 1570 [VII. 300 b]. — 
(Anne), Orléanais, v. 1630 [VI, 536 a]. 

— (Jean), Poitou, persécuté, 1681 [VII, 
417 a]. — (Jacques), Paris, 1685 [II, 
210]. — (jG il. 77]. — (Ursinet 
François), naturalisés anglais, I6É 
1701." 

2. ALLARD (Samuel), d'Exoudun. tils 
de Pierre Allard et de Marie Robin. 
étudiant à Genève en 1671. Pasteur à 
Sauvage près La Charité-s. -Loire, en 
1680 [VII, lit» a], il épousa cette même 
année Marie Gosse lin. 

3. ALLARD, famille rochelloise 

59 a, 281 a]. — (Paul), de La Rochelle, 
pasteur à Sancerre. 161941 IV. -193 a; 
V. 213 b; VI. -27 b. 28a, 281 a: VII. 
145b; X. 318. 343]. 

4. ALLARD (P.), galérien, L705 [X, 
420]. — (Matthieu', prédicant du Dau- 
phiné, galérien, 1735 [X, 125], 

5. ALLARD Marte), de Sedan, ré- 
fugiée à Kœnigsberg, 1700. — (Jean), 
de Loudun, capitaine dans Vannée prus- 
sienne mort en 1707 V, 120 b]. 

6. ALLARD (Jeanne i>' , 1562 [IV, 
51'2 a]. — (Le sieur d), Vivarais, 1587 



[V. 120 b]. — (Jehan d'), consul de Mont- 
pellier, 1621 [id.]. — D' Allard, ministre 
dans le Bas-Languedoc en 161 s . 

ALLARDOX (Claire), de Dijon, ré- 
fugiée à Genève où elle épo 
Abel Rivery, imprimeur. 

ALLAUD. avocat à Paris, condamné 
à être pendu. 1562 IX, 310 b]. 

ALLAURE âomax), paveur, natif 
d'Orléans, reçu habitant de Génère, 
17 avril 1559. 

1. ALLEMAGNE, tué à La Rochelle 
en 151 : b]. 

2. ALLEMAGNE (Jacques d') , mi- 
nistre de Meaux, puis de Sézanne, vers 
1659-1674 [Haair I. 60; — II. 57; VI, 
422 b; VII, 49 b, 402 b ; IX, 6 b]. 

La famille de ce minis tre 11 trure da 
Tes de Charenton. Sun père Isaac 
d'Allemagne, 'mort à Paris en 1675;. tils 
d'Isaac, barbier-chirurgien, et barbier- 
chirurgien lui-même, avait épou- 

I^ouise Regnard. fille de Gabriel 

Regnard , apothicaire de Sézanne , et 

de Jeanne Moreau. De ce mariage 

naquirent : 1° Jacques dont il va être 

parlé, présenté au baptême le 22 mars 

1636 par Jacques Sarrasin , docteur 

en médecine, et Françoise Le Maçon ; 

>.ac, baptisé le 3(J novembre 1642 ; 

3° Abraham, baptisé le 1<S juillet lbi7, 

mort en 1648; 4 Û Louise, née le 2 nov. 

:\\W)i>. né le .s juillet 1650; 

6° Louise, baptisée le 25 janv. 1652; 

;.ÉNE, baptisée le 1 • > mars lt',5.i; 

iuel, bapt. 2 août 1654 : 9" Marin. 

Le premier seul est connu. (II 

Jacques d'Allemagne , ministre de 
Sézanne. l'est acquis une fâcheuse célé- 
brité par la part trop active qu'il consen- 
tit a prendre dans l'exécution du fameux 
projet de réunion de l'Eglise protestante 
avec l'Eglise catholique. Parent par al- 
liance d'un des ministres de l'Etat, il se 
crut appelé à jouer un rôle, et sa vanité 
l'aveuglant, il ambitionna d'abord une 
place de pasteur dans l'église de Paris. 
N espérant pas toutefois arriver au but 
de ses désirs par le choix libre du consis- 
toire, il eut recours au crédit de la fa- 
mille de sa femme et se fit nommer com- 
missaire du roi auprès du synode de l'Ile- 
de-France. La cour, qui se berçait alors 
du fol espoir que la décision de quelques 
ministres corrompus par ses faveurs et 



143 



ALLEMAGNE 



ALLEMAN 



144 



ses promesses suffirait pour faire ren- 
trer les huguenots dans le sein de l'E- 
glise romaine, accepta la coopération 
d'un homme qu'on lui dépeignait comme 
propre à faciliter la réunion désirée. 
D'Allemagne fut donc nommé commis- 
saire royal auprès du synode qui s'as- 
sembla à Charenton en 1671. Jamais on 
n'avait vu avant cette époque un minis- 
tre revêtu de ces fonctions ; aussi cette 
nouveauté excita-t-elle de légitimes soup- 
çons ; mais la prudence exigeait qu'on 
ne les fit pas trop paraître. Le ministre 
de Sézanne assista sans opposition au 
synode; seulement, quand il voulut opi- 
ner en sa qualité de pasteur, le synode 
le força à se renfermer dans sa charge 
de commissaire, en lui déclarant que si, 
comme représentant du roi, il n'était pas 
soumis à sa juridiction, il l'était comme 
ministre, et que, comme tel, sa conduite 
allait être examinée sévèrement. D'Al- 
lemagne ne crut pas prudent de s'expo- 
ser aux censures de l'assemblée ; il alla 
même plus loin, et se sépara de son 
église, soit qu'il espérât se pousser plus 
facilement à la cour, soit qu'il voulût 
prévenir de nouvelles contestations dans 
le cas où il serait continué dans ses fonc- 
tions de commissaire royal. A ce dernier 
égard, son attente fut trompée; car lors- 
que deux ans plus tard, un nouveau sy- 
node fut tenu à Charenton, la cabale des 
accommodeurs travailla vainement à le 
maintenir dans sa charge; le député gé- 
néral, Ruvigny, para le coup et obtint 
que la commission serait donnée à un 
autre. Cet autre, il est vrai, fut La 
Brosse de l'Hôpital, beau-frère de d'Al- 
lemagne. 

L'église de Sézanne cependant, n'ayant 
pu obtenir du synode le pasteur qu'elle 
souhaitait, le supplia de lui rendre son 
ancien ministre pour lequel elle avait 
conservé une vive affection, et la cour 
donna ordre au lieutenant général de 
Sézanne de maintenir d'Allemagne dans 
sa place (Archiv. gén. E, 3359). Mais 
celui-ci, qui ne se souciait nullement 
d'y retourner, obtintune lettre de cachet 
portant que, vu ses bons services, S. M. 
lui ordonnait de quitter l'église de Sé- 
zanne et de suivre la cour. Le synode 
ne pouvait aller à rencontre d'un pareil 
ordre, lors même qu'il en aurait eu l'in- 



tention; cependant il ne voulut pas lais- 
ser impunie une semblable révolte con- 
tre la discipline, et il cita d'Allemagne à 
comparaître devant le prochain synode 
pour répondre à diverses accusations 
portées contre lui, tout en le déclarant 
incapable de remplir les fonctions pas- 
torales dans aucune église, jusqu'à ce 
qu'il se lût justifié. D'Allemagne eut de 
nouveau recours à ses protecteurs. La 
délibération du synode de Charenton fut 
annulée par un arrêt du conseil qui le 
rétablit dans son église de Sézanne, que, 
deux mois auparavant, un autre arrêt lui 
avait ordonné de quitter. Il y retourna; 
mais il avait perdu toute considération. 
Pour échapper aux mortifications dont 
on l'abreuvait, il prit un parti désespéré : 
il se fit catholique et obtint du clergé 
une pension de 600 livres. Sa conversion 
acheva de le perdre à la cour même ; on 
l'abandonna dès qu'on cessa de pouvoir 
se servir de lui. Il vit alors dans quel 
abîme l'avait entraîné sa vanité. Plein 
de remords, il passa en Angleterre, où 
il répara sa faute d'une manière tou- 
chante et donna des preuves de patience 
et d'humilité dans l'obscure condition 
où il vécut jusqu'à sa mort. Il fut natu- 
ralisé anglais le 15 avril 1687 (Agnew II, 
236). Sa femme était Elisabeth de Beau- 
vau. Elle lui avait donné : Anne-Elisa- 
beth, baptisée le 2 oct. 1660, morte en 
1662; Charles, mort à trois ans, en 1667; 
Isabelle, morte enfant en 1672. 

On trouve dans le t. XI de la collec- 
tion Conrart (Paris, Bibl. de l'Arsenal) 
un sermon de Jacq. d'Allemagne sur 
Marc, XII, 41-44, prononcé à Sézanne, 
le 16 févr. 1650. 

3. ALLEMAGNE (Nicolas du Mas de 
Castellane, baron d'), vers 1570-1590, 
beau-frère de Liste, qui signa les lettres 
adressées au parlement de Grenoble par 
les principaux capitaines protestants du 
Dauphiné dans le but de sauver le brave 
Montbrun, dont le roi Henri III voulait la 
tête [IL 374a, 182 b, 500 a; IV. 531 b; 
V,93 b ; 1\, 142 h; X.225].— (Anne d\ 
Paris, 1670 [VIII, 25 h]. — ^Louise .1' . 
1627 [IX,358 a|. — v Hlisabeth d'), 1631 
[IX, 411 a].— (Sara du Mas d') [ 1 . 275 b . 

ALLKMAN Sobannb), 1737 [Vil. 
93 b]. — (Philippa), réfugiée et assistée 
à Genève, 1681 



lio 



ALLEMAND — ALLIX 



146 



ALLEMAND de Champs (Justine;, 
1550-1588, la femme dévouée du brave 
Montbrun [IV, 464 a]. — (Blanche , 
v. 1600 (m, 218 b). 

ALLEMAND ou Alleman, seianeurs 
d'ÀJUières, XVI* siècle [II, 181, 371, 
373: IV, 457 1): VII, 445 b]. —(Jacques 
d'), sieur de Mirabel, 1611 [VIII, 460 a]. 

— Voy. Falentin. 

ALLEN (Marthe), réfugiée de Breta- 
gne à Londres, 53 ans, et assistée. 1702 : 
encore à Londres et assistée en 1721. — 
(Catherine, v. 1750 [VIII, 275 b]. — 
(Elisabeth), naturalisée anglaise. 1696. — 
). épouse de l'historien Sismondi, 
1819 [IX, 284 b]. 

ALLENEÏ (J*àH),de Saintonge, 1563, 
condamné à mort [VIII, 507 b]. 

ALLEXETTE. de Saintonge, réfugié 
en Irlande v. 1700 IV. 224 a]. 

ALLÉON ou Aléon (Marie . femme 
de René Thellusson, à Genève, v. 1600 
[IX. 363 b . — Jean), tanneur à Anno- 
nay ; information contre lui pour propos 
injurieux au roi, annonçant son dessein 
de sortir du royaume, 1685 (Arch. gén. 
Tt . — Louis), d'Annonay et sa femme, 
chaussetiers, réfugiés à Génère, 1699- 
1709. — (Théodore) et sa femme, passant 
à Genève pour se réfugier en Allema- 
gne, 1701. — (Louis), commerçant à An- 
nonay, obtient du roi de France et du 
conseil de Genève la permission de ve- 
nir se marier à Cologny près Genève avec 
Louise, tille de Joseph-René Lombard 
de La Tune et de Maudeleine Alléon, 

ALLENS (... d), capitaine, 1587 [III. 
456 b]. 

ALLEOUD (Louis d'), du Dauphiné, 
16-2-2 [III. 218 b]. 

AL LU >l.'D Pierre, Antoine et Fran- 
çois), tous trois de Poyols en Dauphiné, 
reçus habitants de Genève en 1739, 17 il 
et*1747. 

ALLEROX (Ambré), d'Orléans, réfu- 
gié à Genève et reçu habitant v. ! 

ALLEU Anse), Poitou, v. 1560 [MIL 
401 a]. — [Jean), de Languedoc, ébéniste; 

— (Jacques), de Montpellier, serrurier, 
réfugié à Halle, 1700. 

ALLEE R d'), réfugié français tué à 
la bataille de Kollin en Bohème. 18 juin 
1757 Erman I\ 

ALLE YG RE (Berthou.emv, filzdp feu 



Jacques , orfèvre, natifz de Tholoze, 
reçu habitant à Genève, 9 sept. 1550. 

ALLEYNE Rebecca),1751 [IV. -235b]. 

ALLIAN Nicolas, fils de feu Guil- 
laume et de Clauda deChapays), deCrest- 
des-Arnauds en Dauphiné, réfugié à Ge- 
nève où il testa âgé de 18 ans en 
Sa sœur Jeanne était veuve de Jean Au- 
bret. — (Pierre), du Dauphiné, réfugié à 
Magdebourg, 1700. 

ALLIAUD Jaoc. b Vallées, ré- 

fugié et assisté à Genève, 1685. — (Cathe- 
rine), d'Orange, uL, 1703.— Madelaine). 
assistée à Londres. 1721. 

ALLIÉ (Louis), de Cal visson. charpen- 
tier, réfugié à D^rotheestadt avec sa 
femme et son beau-frère. 1698. 

1 . ALLIER (Lotis), de Nimes, réfugié 
à Genève, Il ^.— Jean), de Tresclou, 
galérien. 17i5 [X, 405, 426]. 

-2. ALLIER Zacharie), de Toulouse, 
docteur en droit, réfugié à Genève et as- 
sisté dans cette ville de 4 écus d'abord, 
puis de 8 écus pour se rendre en Alle- 
magne: 1705. 

ALLIER (Lubind), avocat v. 1560 
[VII, 371 a]. — (Marthe d"), v. 1750 [IV. 
40 a]. 

ALLIE RI-> bmocsOT d). « Innocen- 
tius Allerianus Delphinas Gratianopoli- 
tanus, » étudiant à Genève, 1601. 

ALLIES (Gédéon , fermier, âgé de 
80 ans. et Susannesa femme, réfu_ 
Londres, ! * 

ALLEN", galènes, 1708 (Bull. XVIII, 
377 . 

ALLIoN Gédéon), pharmacien, réfu- 
gié en Allemagne, v. 16.% [III, 216 a].— 
(Anne), vivant" vers 1630 [IV, 82 b]. — 
(Elisabeth), v. 1650 Vi 

ALLIOT(Jean , du Dauphiné, chirur- 
gien, Magdelaine, sa femme et deux en- 
fants, réfugiés et asi Londres, 
1702-1705. — (Françoise, veuve de Char- 
les . d'Autun au Perche. 61 ans. i<l. 

1. ALLIX Jkab . pasteur à Dan geau, 
4610, 1638, puis à Marehenoir [I, 61 b, 
note: IV, 420 a : VI. 104 b; VIII. 42 b; 
IX. 195a; X. 318,343). Il était néà Sully- 
sur-Loire et avait fait ses études aux frais 
de l'église d'Orléans (Voy. Lettre de 
Maillard à Du Plessis-Morna 

-2. ALLIX Pierre , pasteur d'Alen- 
çon.vers 1635 11.516 : IV, 278 b. Il avait 
fait sps étudps à Sedan où il soutint trois 



147 



ALLIX 



148 



thèses qui sont publiées dans les Thèses 
Sedanenses. L'une, en 1634, De monar- 
chia totius ecclesise militantis quas a 
Petro jingitur in successores transmisse 
sous la présidence de Rambour ; l'autre 
De cultu creaturarum en 1635, et la troi- 
sième De reliquiis sanctorum et eorum 
cultu, sous la présidence de Du Moulin, 
en 1636. Il avait épousé Madelaine Alis- 
sot. 

On a de lui un : Catéchisme auquel les 
fondements de la religion et de nos prin- 
cipales controverses sont établis et dé- 
fendus contre les impies et les adver- 
saires; Paris, 1658, in-8°. 

3. ALLIX (Pierre^ savant controver- 
siste, fils du précédent, naquit à Alen- 
çon en 1641 et mourut à Londres le 
3 mars 1717 [Haag I, 61. — IV, 11 b ; 
VI, 151b]. 

Son père, qui exerçait le saint minis- 
tère avec honneur, le dirigea lui-même 
dans ses études, qu'il lui fit compléter 
aux universités protestantes de Saumur 
et de Sedan. Le jeune étudiant passa sa 
thèse (ayant pour sujet De ultime judi- 
cio) à Saumur, sous la présidence d'Amy- 
raut, puis fut nommé pasteur à S.-Ago- 
bille en Champagne par le synode pro- 
vincial qui se tint à Vitry le 16 mai 1655 
(Arch. gén. Tt, 288). En 1671 il fut ap- 
pelé à desservir l'église de Charenton. 
C'était un éloquent prédicateur (voy. 
Chauffepié), un homme de grande mé- 
moire et d'érudition profonde, qui pos- 
sédait très-bien l'hébreu, le syriaque et 
le chaldéen. Il publia un grand nombre 
d'ouvrages de controverse et travailla 
aussi, avec le ministre Claude, à une 
nouvelle traduction française de la 
Bible. 

A la révocation de l'édit de Nantes, 
le 22 octobre 1685, tous les ministres de 
Charenton ayant reçu l'ordre de quitter 
Paris dans les 24 heures et le royaume 
dans 15 jours, Allix se retira d'abord à 
S. -Denis, et après avoir obtenu avec 
beaucoup de peine un passe-port pour 
sortir de France, il passa en Angleterre 
et y fut naturalisé avec sa femme et trois 
lils qu'il avait alors : Jean, Pierre et 
Jacques, le 5 janvier 1688. Jacques II 
lui accorda une patente pour fonder à 
Londres une Eglise française du rite an- 
glican. Trois ans après son arrivée dans 



le pays, il s'en était rendu la langue 
assez familière pour écrire un livre en 
anglais : Defence of the Christian Reli- 
gion, qu'il dédia au roi comme un témoi- 
gnage de reconnaissance pour l'hospi- 
talité accordée aux réfugiés de France. 
Après la révolution, en 1690, il fut 
nommé, à la recommandation de l' évo- 
que Burnet, chanoine et trésorier de la 
cathédrale de Salisbury; de plus, les 
universités d'Oxford et de Cambridge 
lui donnèrent un témoignage public de 
leur estime en lui conférant le grade de 
docteur honoraire en théologie ; mais le 
clergé d'Angleterre lui-même l'honora 
au point de le charger d'écrire une his- 
toire des Conciles. Cette histoire devait 
former 7 vol. in-fol., mais le projet ne 
recutpointd'exécution.Cesavanthomme, 
dans la seconde partie de sa carrière, 
s'exalta dans le sentiment religieux avec 
une telle intensité que sa raison en fut lé- 
gèrement altérée. L'abbé de Longue- 
rue avec lequel il avait eu beaucoup de 
relations et qui le regardait comme le 
plus éminent des ministres de Charen- 
ton de son temps, dit crûment (voyez 
Longueruana) qu' « il devint fou quand 
il fut en Angleterre, mais fou à faire 
des prophéties. » — Les n os XXI et XXII 
ci-après de ses œuvres attestent en effet 
cette déviation d'une belle mais trop 
candide intelligence. 

Allix termina sa studieuse carrière à 
l'âge de 76 ans, laissant trois fils et deux 
filles de sa femme, Marguerite Roger, 
fille de Jean Roger, marchand à Paris, 
et de Rachel Croyè. Il l'avait épousée à 
Charenton en 1678 (Reg. de Charenton). 
Ses fils furent Pierre, Jacques, né le 
23févr. 1682, et Thomas, présenté au bapt. 
lel2oct. 1684, parThomas Allix capitaine 
aurég.deLanguedoc. Pierre Allixmarcha 
sur les traces de son père. Après avoir 
pris le grade de docteur en théologie 
à Cambridge, il remplit les fonctions 
de chapelain ordinaire du roi et pasteur à 
Castlecamp, Cambridgeshire. En 17-29, 
il devint doyen de Glocester et l'an- 
née suivante, d'Ely. Il mourut en L758 
et c'est de lui que descendent deux no- 
tables familles anglaises actuellement, 
existantes : les Allix de Willoughby- 
Hall et les Allix de SwafJ'ham Aunevv, 
Prétest, exiles front France . 



449 



ALLIX 



150 



Voici les ouvrages du pasteur de S.- 
Agobille et de Charenton : 

I. Ratramne ou Bertram, prêtre ; Du 
corps et du sang du Seigneur, Lat. et 
franc.; Rouen, 167*2, in-12. 

Ratramne ou Rertram était moine de 
l'abbaye de Corbie et vivait vers le mi- 
lieu du IX e siècle. C'est à la demande 
de Charles le Chauve qu'il composa son 
livre De corpore et sanguine Domini.où 
il se prononce contre la présence sub- 
stantielle ou réelle du Christ dans l'eu- 
charistie. On comprend combien cet 
écrit était favorable aux doctrines pro- 
testantes. MM. Haag, après avoir mis 
cette traduction en toute assurance, à la 
tête des ouvrages de M. Allix. sont re- 
venus sur cette opinion [VI, 151 b] par 
la raison que Rarbier dans son Diction- 
naire des Anonymes l'attribue au pas- 
teur M. A. de La Bastide. La question 
reste indécise. 

H. Dissertatio de Trisagii origine, 
auctore P. A. V. D. M. (Petro Allixio, 
VerbiDiviniministro); Rothomairi. 1674, 
et in-4°. 

UI. Dissertationes très: 1° De San- 
guine I). X. J. Ch. ad epistolam 1 M S. 
AuL r ustini, qua num adhuc existât, in- 
quiritur: 2° De Tertulliani vita et scrip- 
' De Conciliorum quorum vis deti- 
nitionibus ad examen revocandis, Paris, 
1680, in-S. — Ces dissertations parurent 
séparément. Rarbier dans son Dict. des 
Anonymes assigne à ''die sur Tertul- 
lien la date de 1678; une trad. fran 
parut dans l'Apologétique de Tertul- 
lien. trad. par l'abbé Girv ; Amst.. 17<U, 
in- 12. 

IV. Anastasii Si/iait* anagogieariim 
contemplationum in hexahemeron libri 
XII. gntc. et lat., ex versione et cum 
notis Andréa- Dacerii; cui premissa est 
Expostulatio de S. Joannis Chrysostomi 
epistola ad Cesarium monachum adver- 
sus Apollinarii hseresin, à parisiensibus 
aliquot theologis non ita pridem sup- 
pressa; Lond. 1682, in-4°. — Ce qui in- 
spira à Allix lidée de son ouvrage, que 
quelques-uns ont attribué à tort à Jus- 
tel, ce fut la suppression qui fut ordon- 
née de la lettre au moine Césaire dans 
l'édition que le savant Emeric Digot 
publia, en L680, de la Vie de S. Chry- 
sostome par Pallade, en grec et en la- 



tin. Plusieurs passages de cette lettre 
sont, en effet, contraires à la doctrine 
de la transsubstantiation. 

V. Douze sermons de P '. A. sur divers 
textes. -2 e édition. Rotterdam, Reinier 
Leers, 1685. in-12, 522 pages. — La pre- 
mière édition était sans doute une im- 
pression non autorisée des six premiers 
discours dont il est fait mention dans un 
avis de l'imprimeur au lecteur placé en 
tète de cette seconde édition. MM. Haag 
disent que deux autres sermons de P. 
Allix avaient déjà paru en 1676. à Cha- 
renton. Ce sont peut-être les deux que 
voici et qui ne sont point deux autres 
car ils figurent dans le recueil des Douze 
imprimés à Rotterdam en 1» B 

VI. Les malheurs de Vimpènitence ou 
Sermon sur ces paroles du liv. des Pro- 
verbes au ch. I, v. 2 1-28, prononcé à Cha- 
renton le 28 déc. 1675, jour de jeûne. 
Charenton, Oliv. de Varennes, 

;i p. 

VII. Les devoirs du saint Ministère ou 
Sermon sur les paroles de S. Paul à Tite, 
au chap. II. v. 7 et 8. Prononcé à Yitry- 
le-François le 12 mai 167"). en présence 
du synode et pour l'imposition des mains 
du sieur Droûet. ministre à Epense. Cha- 
renton, O. de Varennes . 1676, in-8°, 
54 pages y compris l'acte de l'imposition 
des mains. 

VIII. Rêjlexions critiques et théologi- 
ques sur la controverse de l'Egl* 
Xous trouvons l'indication de cet ouvrage 
d' Allix dans le Dictionnaire de Chautfe- 
pié. Ce savant critique en cite une édi- 
tion de 1686, mais il ne pense pas que 
ce soit la première. 

IX. Déterminât in F. Joannis Pari- 
v Prxdicatoris , de modo existendi 

corpus Christi in Sacramento Altaris , 
alio quam sit ille quem tenet Ecclesia. 
nunc primum édita ex MS. cod. S. Vict. 
Paris. ; cui pnefixa est Pnefatio histo- 
rica de dogmate transsubstantiationis; 
Lond. 1686. in-8°. — Dans sa préface 
historique. Allix cherche àprouver qu'a- 
vant le concile de Trente. l'Eglise ro- 
maine ne tenait pas la transsubstantia- 
tion pour un article de foi. 

X. Les maximes du vrai Chrétien. 
à la suite du livre intitulé : Bonnes et 
Saintes pensées pour tous les jours du 
mois. Amst. 1687, in-2-i. — Les Maxi- 



151 



ALLIX 



152 



mes avaient paru seules en 1678, à Cha- 
renton (100 p. in-12), avec une approba- 
tion signée Daillé et Mesnard, datée 
aussi de 1678. 

XI. Réflexions sur les cinq livres de 
Moyse, pour établir la vérité de la reli- 
gion chrétienne, tom. I. ; Lond. 1687, 
in-8°; Amst. mêmeann., in-12. — Deux 
ans après, Allix fit paraître la suite de 
cet ouvrage sous le titre : Réflexions sur 
les livres de l'Ecriture Sainte, pour éta- 
blir la vérité de la religion chrétienne, 
tom. II; Amst. 1689, in-8°; ce second 
volume fut d'abord publié en anglais 
avec la trad. du premier par l'auteur lui- 
même , Lond. 1688, 2 vol. in-8 u . Plu- 
sieurs éditions. Une trad. allem. de cet 
ouvrage a été donnée par Eschenbach, 
Nuremb. 1702, in-8°; avec annotations 
par Mùtzel; Schwabach, 1770-74, 4 part. 
in-8°. 

XII. L'adieu de S. Paul aux Ephé- 
siens; Amst. 1688, in-12. — Sermon 
qu' Allix devait prononcer à Gharenton le 
jour même où le temple fut fermé. Ce 
fut le pasteur Ménard qui fit le dernier 
sermon prêché dans ce temple. 

XIII. A discourse concerning penance ; 
showing how the doctrine of it in the 
Ghurch of Rome makes void true repen- 
tance; Lond. 1688, in-4°. — Il ne pa- 
raît que ce Discours sur la pénitence ait 
été trad. en français, non plus que les 
traités suivants. 

XIV. An historical discourse, concer- 
ning the necessity of the minister's in- 
tention in administering the sacrament, 
1688, in-8». * 

XV. A discourse concerning the me- 
ritofGood Works /Lond. 1688, in-4°. 

XVI. Préparations ofthe Lord' s Sup- 
per, with maxims of true Christianity 
from the french of Paul Lorrain; Lond. 
1688, in-8». 

XVII. An examinationof the scruples 
of those who refuse to take the oaths ; 
Lond. 1689, in-4°. 

XVIII. The judgment of the ancien t 
Jewish Church against the Unitarians, 
respecting the Trinity and divinity of 
Christ; Lond. 1689, in-8°; trad. en allem. 
par C. M. Seidelius. avec une préface 
de Godfried Arnold, Berlin, 1707, in-'t". 
— Allix entreprend de faire voir que 
l'ancienne Kglise judaïque a eu sur la 



Trinité et sur la divinité du Messie les 
mêmes idées que l'Eglise chrétienne, 
quoique moins claires et moins précises. 
Cet ouvrage a été vivement attaqué par 
Etienne Nye, recteur d'Hormead, dans 
sa doctrine de la sainte Trinité et de la 
divinité de J.-Ch., telle qu'elle est en- 
seignée dans l'Eglise catholique, et dans 
l'Eglise anglicane , en IV lettres , Lond. 
1701, in-8°. 

XIX. Sorne Remarks upon the eccle- 
sislical history of the ancient churches 
of Piedmond; Lond. 1690, in-8°. 

XX. Remarks upon the ecclesias- 
tical history of the ancient churches of 
the Albigenses; Lond. 1690 et 1692, 
in-4° ; écrit d'abord en français, selon 
Ghauffepié, et trad. ensuite en anglais. 
Réédité à Oxford en 1821. 

Dans ces deux derniers ouvrages , 
Allix cherche à prouver contre Bossuet, 
que les anciennes Eglises des Vaudois et 
des Albigeois n'étaient pas entachées de 
manichéisme ; que depuis le temps des 
apôtres jusqu'au XIII e siècle , elles se 
sont maintenues dans l'indépendance de 
l'Eglise de Rome, en conservant dans 
sa pureté la doctrine de l'Evangile, et 
finalement qu'elles ont eu une succes- 
sion non interrompue de pasteurs régu- 
lièrement ordonnés. 

XXI. Animadversions on Mr. Hill's 
Vindication of the primitive Fathers 
against the Right Révérend Gilbert, 
bishop of Sarum, 1695,in-4°. — Serait-ce 
le même ouvrage que Ghauffepié indique 
sous ce titre : Défense des Pères, etc., 
pour servir de réponse à un livre inti- 
tulé : Jugem. des Pères sur la doctrine 
de la Trinité, opposé à la Défense de la 
foi de Nicée du Dr. George Bull? 

XXII. Dissertatio in Talianum, 1700, 
in-8°. — Cette dissertation, imprimée à 
la fin des œuvres de Tatien à Oxford, 
est attribuée à l'abbé de Longuerue 
dans le catalogue des ouvrages de ce 
savant écrivain, mis en tète, du Longue- 
ruana. 

XXIII. DeMessùe duplici advêntu dis- 
sertationesduse adversue Judseos; Lond. 
1701, in-12; trad. en allem. par Eschen- 
bach, avec les Réflexions sur les livres 
de l'Ecriture Sainte; Nuremb. 1702, 
lH-8°. — C'est dans ce livre qu'Allix eut. 
la malheureuse idée de vouloir détermi- 



153 



ALLIX 



ALLUT 



154 



ner le temps de la seconde venue du 
Christ sur la terre, qu'il annonce pour 
l'an 1720 ou au plus tard 1736.11 ne vé- 
cut pas assez pour se convaincre de la 
vanité de ses prophéties. 

XXIV. The Book ofpsalms, with an 
Ahridgement of each psalm, and Rules 
for the interprétation of the sacred Book ; 
Lond. 1701, in-8°. — Cet ouvrage est 
écrit dans le même esprit que le précé- 
dent. Au jugement de Bayle, « Allix 
donne à la plupart des psaumes un sens 
hien différent de celui qu'on leur a attri- 
bué jusqu'à présent ; il trouve des pro- 
phéties partout, et se récrie contre ceux 
qui leur donnent un double sens. r> 

XXV. Nectar ii patriarche Hiero- 
solymiiani Confutatio imperii Papie in 
Ecclesiam; Lond. 1702, in -8°. — Tra- 
duction en latin de l'original grec. 

XXVI. Aug. Hermanni Franche Ma- 
nuductio ad lectionem Script. Sacra?, 
édita studio P. A.; Lond. 1706, in-8°. — 
Francke est le célèbre fondateur de la 
maison des Orphelins de Halle. 

XXVII. Dissertatio de J. Ch. anno 
et mense natali; Lond. 1707, in-8°. 

XXVHL The prophéties which Mr. 
Whiston applies to the times immedia- 
tely following the appearance of the 
Messiah, considered and examined; 
Lond. 1707, in-8°. 

XXIX. ./ ('onjutation of the hopes 
ofthe Jews ; Lond. 1707, in-8°. 

XXX. Préparations à la Cène /Niort, 
1682, in-12, et Lond. 1G88, selon Ade- 
lung : souv. réimpr. à Genève. 

XXXI. Remarks on some places of 
Mr. Whiston's Books, either printed or 
in manuscript; Lond. I711,in-8°. 

Quelques écrivains ont, en outre, attri- 
bué à notre auteur : l'Ouverture de l'E- 
pitre de saint Paul aux Romains, etc., 
du ministre Jurieu: le traité De l'état de 
l'homme après le péché et de sa prédes- 
tination au salut, etc., de Ch. Le Cène. 

4. ALLIX. ancien à Gion. 1612, 1626 
[VI. 27 b: IX. 494 b], 

5. ALLIX Mllej. 1686 [X, 438]; on 
l'enferma au Pont-de-1" Arche. Elle était 
fille de Philippe Allix . marchand à 
Rouen, et A" Anne du Vidal, fille de Jac- 
ques du Vidal , contrôleur général des 
gabelles . qui s'étaient mariés au temple 
de Gharenton en 1635. 



6. ALLIX (Phil.), galérien, 1686 \ 
408]. — (P.), salérien, 1687 [X, 410]. 

7: ALLIX DE LA RAIRIE (Susanne 
« femme du confesseur), lequel est aux 
galères depuis 18 ans »; elle, âgée de 
74 ans, avec sa fille; réfugiées et assis- 
tées à Londres, 1705. Peut-être son mari 
était-il un des deux précédents. 

8. ALLIX (la veuve de Jean), 73 ans, 
assistée à Londres, 1702. — (Paul), avec 
sa femme et cinq enfants, id.. 1721. 

9. ALLIX (d), 1680 [IX, 6 b]. 
ALLOGER (Jacques) et sa femme, 

de Ximes, déportés. 1687 X. 431. 432]. 

ALLOING (François), Mâcon. 1562 
;IV. 179 a]. 

ALLOARD ou Allouard (Barthé- 
lémy), du Petit Oriol en Trièves (Dau- 
phiné), réfugié à Genève, 1606. — (Moïse. 
fils d'Alexandre), de Mens en Dauphiné, 
id.. 1691. — François, fils de Laurent), 
de Clelles en Trièves. id. . 1721. — 
(Alexandre . de Mens. id.. 1766. 

ALLOXXKAl Pierre), seigneur de 
S.-Pardoux près Parthenay, v. 1600. 

ALLONS P. m Riqueston d'). 1544 
[V, 353 b]. — Le capitaine Alons. 1621 
B3]. — Dallons ou d' Allons, capitaine 
au service britannique, 1689 (Agnew). — 
D' Allons, major au service de Prusse 
en 1729 (Ernum IX, 4). 

ALLOXVILLE (Louise d'), v. 1580 
[VI. 15 b]. 

1. ALLUD Isaac). pasteur dans les 
Cévennes, 1745 [II, 494 a]. 

VLIJT pxu . de Montpellier, étu- 
diant à Genève, 17 

3. ALLUT ;Jean), camisard VI ! 
b] qui, vers les années 1 70 4 à 1714. se fit 
remarquer comme soldat, comme pro- 
phète et comme bizarre écrivain. Après 
avoir pris une part des plus actives aux 
troubles des Cévennes. il fit sa soumis- 
sion au maréchal de Villars en 170* et 
se retira à Genève, mais pour reprendre 
presque aussitôt les armes et les dépo- 
ser de nouveau quand il eut perdu tout 
espoir en 1706. Il s'exila avec quelques 
compagnons d'infortune : Elie Marron, 
Nicolas Fatio, Jean Daudè, Charles 
Pourtalès, Isaac Avy, Daniel LeTellier, 
Elisabeth et Henriette Charras, sans 
que l'exaltation nerveuse où les avait 
jetés la lutte prodigieuse qu'ils venaient 
de soutenir pût s'apaiser en même temps. 



155 



ALLUT 



ALMERAS 



156 



L'agitation prophétique les suivit en An- 
gleterre et en Allemagne où ils cher- 
chèrent à recruter des adeptes soit en 
provoquant des assemblées, soit en pu- 
bliant des lettres et des discours. Le 
consistoire de l'Eglise française de Lon- 
dres s'éleva contre eux, les fit condam- 
ner comme faux prophètes et impies, et 
ils tombèrent bientôt dans un si profond 
oubli qu'on ignore absolument quel fut 
ensuite leur sort. 

Les auteurs du Dictionn. des Anony- 
mes, puis de la Biographie Michaud et 
ceux qui les ont reproduits , inclinent à 
croire que Jean Allut est un pseudo- 
nyme sous lequel se cachèrent Èlie Ma- 
rion et ses trois amis, ou du moins Elie 
Marion principalement. C'est une pure 
conjecture qu'on n'aurait probablement 
pas hasardée si ceux qui l'ont faite eus- 
sent su que le nom d' Allut est assez ré- 
pandu dans le midi de la {France pour 
que beaucoup de gens fussent mis en 
danger par des publications imprimées 
sous un tel pseudonyme ; d'ailleurs, la 
conjecture tombe devant cette considé- 
ration que plusieurs ouvrages portent 
réunis le nom d' Allut et les autres (Voy. 
l'art. Marion [VII, 251]. Des trois écrits 
suivants les deux premiers portent le 
nom de Jean Allut seul : — I. Discer- 
nement des ténèbres d'avec la lumière 
afin d'inciter les hommes à chercher la 
lumière, 1710, in-8° (Londres?). C'est 
probablement une édition différente que 
d'autres (Barbier. Dictionn., 1872) inti- 
tulent : Discernement des ténèbres par 
invitation aux créatures de Dieu d'en- 
trer dans l'arche de grâce qui se bâtit 
aujourd'hui (par Jean Allut, Elisabeth 
Charras et Henriette Allut) ; Rotterdam, 
Furly, 1710, in-8°. — II. Eclaire de lu- 
mière descendant des deux, etc., 1711, 
in-8°. — Ce sont des raretés bibliogra- 
phiques. — III. Cri d'alarme, ou aver- 
tissement aux nations, qu'ils sortent de 
Babylon, des ténèbres, pour entrer dans 
le repos du Christ; 1712. Précédé d'un 
Avertissement de l'esprit du Seigneur, 
prononcé de la bouche de Jean Allut, à 
Leipsic [Bull. XIII, 358). 

ALMARIC (Jean), martyr en 1558 
[IV, 510 a]. — (Guillaume), sieur de La 
Loubière, 1613 [IX, 135 bj. Voy. Ran- 
chin. 



1 . ALMERAS (Claude), coutelier, na- 
tif de Rosans au dioc. de Gap, reçu habi- 
tant de Genève, 7 juin 1557. — (Jacques), 
de Serres en Dauphiné, étudiant à Ge- 
nève, 1597. 

2. ALMERAS (Théophile), d'Anduze, 
auteur d'une thèse à Montauban, 1657 
[VII, 196 b. 294 b; vov. encore VIII, 
302 b, 464 a; IX, 5 b]. En 1658 il fut 
reçu au saint ministère par le synode 
provincial d'Alais et fut nommé pasteur 
à Ardaliès, qu'il desservit jusqu'en 1660; 
de là il passa successivement à Colo- 
gnac, 1660-1665, à S.-Roman de Tousque, 
1665-1670, à S.-Julien d'Arpaon, 1670- 
1673, enfin à Générargues et à S. -Sé- 
bastien, 1673-1685. Réfugié en Suisse 
après la révocation de l'édit de Nantes, 
nous le retrouvons à Lausanne en 1690 
[IV, 212 b]. Il avait épousé Gervaise de 
Fabre dont.il eut Théophile baptisé le 
29 déc. 1673 et Elisabeth le 21 novem- 
bre 1676. La commune de Générargues 
possède les registres très-complets des 
baptêmes et mariages faits par lui dans 
ses diverses églises, registres fort bien 
tenus, tous écrits de sa main, et d'une 
belle écriture, auxquels se trouve jointe 
une sorte d'autobiographie très-intéres- 
sante. (Auzière.) 

3. ALMERAS (Pierre), de Tribaux en 
Dauphiné, chapelier, réfugié avec sa 
femme et deux enfants, à Berlin, 1698. 

— (Charles), de Bédarieux, manufactu- 
rier de bas, réfugié avec sa femme et 
quatre enfants, à Halle, en 1698; avec 
quatre personnes de plus en 1700. — Ju- 
dith), de Gap, réf. à Berlin, 1700. 

4. ALMERAS, viguier de Nîmes, qua- 
lifié de faux converti, ayant sa femme et 
ses trois enfants passés à l'étranger, sol- 
licite un passe-port pour aller à Orange ; 
refusé; 1 700 (Arch. gén. Tt). — (Louis), 
d'Aubenas, assisté à Genève, 1707. — 
(Pierre), des environs d'Alais, assisté à 
Genève pour gagner l'Allemagne., 1707. 

— (Joseph), de Gap, prosélyte depuis 
cinq ans, assisté à Genève pour se ren- 
dre à Berne, 170 ( J. — (Pierre), assisté à 
Londres, 1721. — (Elisabeth), à Serres, 
etMadelaine, à Royans, signalées comme 
huguenotes obstinées, 1737 (Bull. Y, 
317). 

5. Alméras trahit le martyr Fulcran 
Rei, 1086 [VIII, 404 a]. 



157 



A LM EUTES — ALPEE 



138 



Almeutès, pseudonyme d" Antoine Sau- 
nier Bull. X. -213). 

ALMOUST (Jehan d), « tailleur de 
abillemens.natifz de Bloys, » reçu habi- 
tant de Genève, 19 juin 1550. 

ALOUE (d') ou d'Alhoce , sieurs de 
La Thibaudière, 1573-1615 [YIH, 5i b]. 
— (François), sieur des Ageaux ou des 
Agéols, capitaine, 1587 [III, 179 b]. — 
(Pierre), sieur de ChàteaUrouet, 1595 
[VIII. 51 b]. — Sa fille Elisabeth, 
fem. de Pierre d'Orfeuille [V. -264 a, 
359 b; YIH, 51 b]. — ,'Esttier-Marie), 
v. 1050 [III. 179 b]. — Daloue (Fr.), 
condamné à Bordeaux, 1569 [II, 415 a]. 

ALOUVEAU (Catherine d), v. 16-20 
[VII, 338 b]. 

1. ALPÉE DE S. - MAURICE. 
MM. Haag ont cité incidemment deux 
pasteurs de ce nom, seigneurs de S.-Mau- 
rice l'un et l'autre : Sigisbert Alpée, vers 
1610-1637 [HI, 199b; lY.4'.i5b; X.350], 
et Jacques Alpée, son fils [III. 199 b; 
IV. -278 a, 356 a; VI, 310 a; VII. 399 a 
et b; VIII. 372 b]. — Anne, fille de Si- 
gisbert [III, 199 b]. 

-igisbert Alpée était pasteur de B.- 
Mars en Champagne l . Il avait épousé, 
en 1010, Marie Cappel. C'était un ecclé- 
siastique instruit qui aimait les lettres et 
la polémique. On en a conservé un té- 
moignage dans une lettre qu'il adressa 
le 1 1 sept. 1618 au pasteur Paul Ferry 
de Metz s . pour le féliciter de son ou- 
vrage intitulé le Dernier désespoir, que 
Ferry venait de publier coutre le jésuite 
Véron [Y, 104 b]. 

Il eut plus tard lui-même une grave 
polémique à soutenir. Un seigneur pro- 
testant du pays qu'il habitait, nommé 
M. de La Haye, demeurant à Courge- 
nay près Sens, après avoir repoussé l'in- 
vitation du roi lui-même qui désirait sa 
conversion, ne put se refuser à entendre 
un docteur de Sorbonne que le roi dé- 
signa pour l'instruire et lui démontrer 
l'erreur de ses opinions hérétiques. C'était 



1 II signait : Sigibertus .ilpcrus, Eccletiœ reformata 
in oppido Summartiano ou bien in oppido S. Medardi 
pastor. 

1 Cette lettre commence ainsi : « Sa-pios jam ad te. 
Tir ornatissime et eruditissime, scripturio; sed pudor 
hactenus prsceps meum hoc desidenum taiiquain suf- 
flaminequodam cohibuit; teineritatis enini et audaciae 
tituluui apud te me incursurum vereor, si tibi ignotus, 
magis meis Helicone tuoillatis tela a sincerioribus et 
sanctioribus studiis distrabo... » 



dans les premiers jours de l'année 1631, 
et le prêtre désigné était Charles-Fran- 
çois d'Abra de Raconis. un des prédica- 
teurs ordinaires de S. M., membre d'une 
famille qui, au XVI e siècle, avait em- 
brassé les doctrines de la Réformation 
voy. Raconis) et maître d'escrime dès 
longtemps éprouvé (voy. Bull. IV. 01) 
en polémique religieuse. Forcé d'obéir 
au roi, le gentilhomme eut naturellement 
recours à l'appui de son pasteur ; mais il 
ne le trouva pas aussi empressé qu'il 
l'eût voulu. L'intérêt personnel qu'il avait 
à ce combat théologique l'empêchait 
d'acquiescer aux bonnes raisons que les 
pasteurs avaient depuis longtemps pour 
ne plus se prêtera ces tournois peu che- 
valeresques où jamais ils n'avaient ren- 
contré la discussion loyale, mais où le 
docteur de l'Eglise romaine , parlant 
dans une assemblée organisée et prési- 
dée par des autorités qui lui étaient en- 
tièrement favorables, mettait sa tactique 
à discuter de toute chose excepté des 
points en discussion, jusqu'à ce que le 
ministre fatigué et indigné se refusât à 
le suivre dans ses excursions; alors il 
s'écriait que celui-ci désertait la lutte et 
il chantait victoire. Sigisbert Alpée, par- 
faitement instruit de la difficulté, mais 
ne pouvant priver de son assistance 
M. de La Haye, voulut se couvrir du 
moins de l'assentiment du consistoire de 
Paris, qui refusanettement, par la main 
de son président Jean Mestrezat, d'en- 
voyer personne à cette conférence tout 
en lui permettant d'en soutenir le far- 
deau lui-même s'il le jugeait convena- 
ble, mais à la condition qu'il fixerait à 
l'avance les points sur lesquels devrait 
porter le débat et que sousaucun prétexte 
il ne s'en laisserait divertir. « Le com- 
mandement que faict S. M. à M. de La 
Haye, écrivait Mestrezat à son collègue, 
n'engageoit point un pasteur à une con- 
férence si de vous mesme vous ne vous 
y fussiez obligé. Un homme a qui le Roy 
a faict tel commandement peut porter 
des oreilles et, au bout des discours du 
docteur, respondre selon la sincérité de 
sa conscience qu'il ne se sent point es- 
branlé a changer pour les discours qu'il 
a ouys et n'est pas obligé à réfuter le 
docteur : car il suffit a un fidelle d'estre 
persuadé en sa conscience par une lu- 



159 



ALPÉE 



160 



mière proportionnée à sa portée, sans 
pouvoir réfuter les subtilitez des doc- 
teurs contraires. » 

La dispute eut donc lieu, malgré le con- 
sistoire de Paris, et le lecteur va juger 
combien le consistoire avait raison. Elle 
se tin t à Beaulieu, dans la maison du sieur 
de La Verrière, gouverneur de Sens, le 
16 février 1631, et fut close le lendemain. 
Raconis était assisté des abbés de S.-De- 
nys et de S. -Thierry. Voici de quelle 
manière commence le procès-verbal ré- 
digé d'un commun accord : 

« Le sieur de La Haye a proposé qu'il 
a receu l'homme de S. M. et depuis a 
esté prié de plusieurs de ses amis de 
quitter sa religion et se faire instruire 
en la croyance de l'Eglise romaine. Le 
dit sieur de La Haye a respondu que 
Dieu mercy il est chrestien et qu'il ne 
pouvoit se ranger à l'Egl. rom. a cause 
des additions qu'elle faict en sa religion 
aux choses contenues es Ecritures des- 
quelles il adore la plénitude. Toutefois 
que si on luy peut monstrer aux dites 
Escritures : 

« L'adoration et vénération des ima- 
ges; 

« L'invocation des saincts décédez ; 

« La transubstantiation; 

« La manducation du corps de Jésus- 
Christ par la bouche du corps ; 

« Un autre sacrifice propitiatoire que 
celui de Jésus en la croix ; 

« Un autre purgatoire des péchez que 
le sang de Jésus-Christ; 

« Comme on peut retrancher au peu- 
ple la couppe de l'Eucharistie, 

« Et cela luy estant monstre par les 
sainctes Escritures, il est prest de chan- 
ger sa religion et d'embrasser celle de 
l'Eglise romaine. 

« Le dit sieur de Raconis a dit qu'il 
justifiera que le dit sieur de La Haye de- 
meurant en la religion qu'il professe 
n'est point chrestien ; et cela faict, qu'il 
justifiera que c'est un- faux principe qu'on 
ne puisse rien croire qui ne se trouve en 
l'Escriture. Pour le reste des autres 
poincts il s'oblige de les prouver par des 
voyes que l'on ne sçauroit reprocher. 

« — Ledit sieur Alpée a respondu qu'il 
est icy pour monstrer que les obstacles 
que M. de La Haye trouve pour entrer 
en l'Eglise romaine sont bien fonde/. 



suivant son principe et partant prieM.de 
Raconis de commencer par la preuve du 
premier article pour ne point perdre 
temps puisque le dict sieur de La Haye 
s'oblige de croire les dicts poincts, si on 
les lui montre. 

« — Le sieur de Raconis a dict que le 
premier poinct estant que demeurant le 
sieur de La Haye dans sa religion il ne 
peut estre chrestien, il le commence en 
cette sorte : — « Si sa religion ne peut 
« estre appelée chrestienne et divine, 
« demeurant en sa religion il ne peut 
« estre chrestien ; or est-il que sa reli- 
« gion ne peut estre appelée chrestienne 
« et divine, donc demeurant dans sa re- 
« ligion il ne peut estre appelle chres- 
« tien. » 

« — Le s r Alpée respond que le s r de La 
Haye n'a mis aucunement le dict article 
pour doute, mais que la première de ses 
doutes est celle de la vénération des Ima- 
ges dont il désire ouïr la preuve sans 
incidenter, n'estant icy que pour mons- 
trer que les doutes dudit sieur de La 
Haye sont bien fondées. 

« — Le sieur de Raconis demande res- 
ponse à son argument ou adveu de ne 
le pouvoir faire et après promet de pas- 
ser au reste. 

« — Le sieur ministre dict qu'il se tient 
attaché au subject pour le q. il a esté 
envoyé et au cas que le d. s r de Raco- 
nis ne satisface aus dites doutes proteste 
que le dit sieur de La Haye ne peut estre 
satisfait. 

« — Le sieur de Raconis après que le 
sieur ministre a esté solennellement 
sommé de respondre à son argument 
ou advoûer son impuissance n'ayant faict 
le premier, monstre qu'il acquiesce au 
second et ainsi qu'il ne peut maintenir 
sa religion estre divine et chrestienne. 

« — Le sieur ministre a dict qu'il ne 
peut respondre au dict argument comme 
estant hors de la controverse et ne tou- 
chant point les doutes du dict sieur de 
La Haye. « 

Le ministre se maintenait donc sur le 
vrai terrain; mais son gentilhomme n'a- 
vait pas la même fermeté et déclara que 
puisque l'argument avait été proposé, il 
trouvait raisonnable qu'il y fût répondu. 
Dès lors Raconis eut toute liberté d'en- 
traîner son adversaire de syllogisme en 



161 



ALPÉE 



ALTEYRAC 



162 



syllogisme le plus loin qu'il put des ques- 
tions proposées et d'user ainsi le temps 
de la première séance. Le lendemain, 
même jeu; sauf que les adversaires ne 
voulurent plus s'y prêter et se tinrent plus 
fermement au sage conseil de Mestrezat. 

« Le sieur de Raconis s' estant obligé 
à la lin de la séance précédente de prou- 
ver que l'Escriture ne peut estre règle 
de toute vérité et juge souverain des con- 
troverses, entre en sa preuve par cet ar- 
gument : « Si l'escripture saincte est rè- 
« gle de toute vérité et juge souverain 
« des controverses, ou c'a esté pour tous 
a les temps que l'Eglise a deu durer et 
« pour toutes les controverses qui pou- 
« voient naistre en matière de foy, ou 
« seulement pour quelque temps ou pour 
« quelque controverse. Or le sieur mi- 
« nistre ne peut dire ny l'un ny l'autre 
« sans évidente absurdité : donc l'Escrip- 
« ture n'est point règle de toute vérité 
« ny juge souverain des controverses. ■ 

Cette fois, Alpée de S. -Maurice re- 
fusa positivement de répondre. Son ad- 
versaire se lit donner acte de ce qu'il 
appelle : « lascbe et honteuse fuitte du 
« ministre », et « pleine victoire, de la 
« vérité puisque l'erreur n'ose passedef- 
« fendre » ; puis il rédigea un rapport 
triomphant qu'il lit imprimer sous ce 
titre : Nue et véritable relation faicte 
au Roy de la conférence tenue par son 
commandement... Paris, chez Toussaint 
dellray, 103-2; 4 et 62 pag. in-8°. I 
avec ce rapport même que nous avons 
reproduit toute la scène et mis à jour 
quelques-unes des fadaises de L'argu- 
mentation catholique. 

3. Jacques Alpée, fils de Sigisbert, fut 
de 1649 à 1655 pasteur à Av, Chaltray 
et S. -Mars [III, 199 b; IV, 356 ft; VII, 
399], puis pasteur et professeur en 1660 
à Sedan [VIII, 37*2 h]. Il a laissé des 
ouvrages et des Sermons dont les sui- 
vants sont les seuls que nous ayons 
retrouvés : 

Deuxième sermon prononcé à Sedan 
le jour du jeusne qui s'y est célébré le 
jeudy 25 mars 1660, par Jacq. Alpée de 
S. Maurice, ministre de la parole de 
Dieu et professeur de théologie audit 
lieu (sur l'ép. IGor. XI, 31); Sedan, 1660, 
40 pag. in -8°. (Le premier sermon avait 
été prononcé par le professeur Le Blanc 



de Beaulieu, et un troisième par Josué 
Le Vasseur.) 

Disputât io theologica de missx sacri- 
Jicin. Voy. le Thésaurus disputationum 
thentogicarum sedanensium : Gênera, 
1661, 2 vol. in-4». t II. p. 1073-93.) 

On a encore de Jacques Alpée : 
Examen d'un livre du P. Adam inti- 
tulé : Projet présenté à MM. de la 
R. P. R. de la ville de Sedan ; Gharen- 
ton, 1663, in-4°. Il avait fait ses études 
à Saumur et y avait soutenu sous la pré- 
sidence de La Place une thèse De statu 
hominis lapsi ante gratiam (Biblioth. de 
S. Chappuis à Lausanne). 

Jacques Alpée, lors de la révocation 
de l'édit de Nantes, s'étant retiré en 
Hollande, fut replacé en sa double 
qualité de pasteur et de professeur à 
Maescricht. Il y demeura depuis 1686 
jusqu'à sa mort arrivée en 1700. 

ALPERON ou Alpron (Jacques), juif 
converti au protestantisme. Il ensei- 
gnait la langue hébraïque à Loudun, 
lorsque le bruit des succès qu'il obtenait 
dans son enseignement, souleva les 
bigots contre lui, et le 17 janvier 1665, 
une lettre de cachet ferma son école 
[Hâag I, 66]. Il la transporta à Sau- 
mur où il était en 1678, car le 12 janv. 
de cette année, Philippe Mesnard sieur 
d'Aire, écrivait à Bayle qu'il était logé à 
Saumur « chez M. Alpron, juif converti, 
« habillissime dans toutes les langues 
« orientales et fort profond dans la doc- 
« trine duTalmud, savant au reste italicè 
« et kupamd, qui a l'art de tien montrer 
« ce qu'il sait, enfin qui a de l'esprit et 
« du brillant. » En 1685 il obtint de pas- 
ser quelques jours à Paris [LU, 83 b], 
sans doute avant de quitter le royaume. 

ALPHAN (Anthoyne), natif de Seyne 
en Provence, reeu habitant de Genève, 
13 juin 1558. 

ALRAN (Jeanne \ emprisonnée en 
175-2 [X, 405]. 

ALTAINVILLE, officier du duc de 
La Force, emprisonné en 1698 (Bull. III, 
166). 

ALTEMPS(Jehan d'), pasteur à Mont- 
pesat, v. 1567 (Bull. IX, 297). 

ALTERIOUD (Jeanne), emprisonnée 
à la tour de Gonstance, 1739 [X, 442 . 

ALTEYRAC (famille d'), 1674-1687 
[VI, 56 b; IX, 343 b]. 



l. 



6 



163 



AJLTH1ESSER — AMALRI 



164 



ALTHIESSER (Symphorien) et non 
Altbiesser [Haag I, 67 ; — II, 5 16] , plus 
connu sous le nom. latin de Pollio. 
C'était un théologien strasbourgeois né 
dans la seconde moitié du XV e siècle, 
et qui, remplissant une cure dans la 
ville, fut chargé, par le chapitre, en con- 
sidération de son éloquence, de soutenir 
la polémique contre les réformateurs au 
nom du clergé catholique (1552). Jamais 
attente ne fut plus cruellement trompée. 
Althiesser rivalisa dans la prédication 
de l'Evangile avec celui qu'il était chargé 
de combattre. Il fut destitué et devint 
pasteur aux environs de la ville. 

ALUIE (d'), pasteur de Chàtelleraut 
réfugié, 1572, à La Rochelle [II, 193 b]. 

Aluinbusc (J. d'), voyez Houdetot. 

ALUSSON, « mercier de S.-Lambert 
du Lattay en Anjou, » reçu habitant de 
Genève, 20 sept. 1572. 

ALYE (Jacques), massacré en Pro- 
vence, 1562 [X, 470]. 

ALZARD, du Dauphiné, 1683 [III, 
28 a]. 

AMADINE (Anne d), de Bellocq, pri- 
sonnière au château de Pau, 1688. 

AMAIL (Jacques) et Marie sa femme, 
naturalisés anglais, 21 mars 1688. 

AMALBERT (Dominique), de Vinti- 
mille, étudiante Genève, 1599. 

AMALRI (Jean), dit Sanglar ou Sen- 
glar, de Montpellier, un des plus braves 
chefs protestants du Languedoc [Haag 
I 67 b ; — 18 b ; VI, 444 b] . Il s'était déjà 
acquis une certaine réputation, lorsque 
Baudiné l'envoya, en 1562, commander 
Agde , alors' menacée par Joyeuse, en 
place du capitaine Condormiac qui venait 
de mourir. Ce fut le 30 oct. que les ca- 
tholiques parurent sous les murs de cette 
ville, et ils la serrèrent de si près qu'il 
fut impossible à Calv-et , enseigne de 
Sanglar, et à Antoine Dupleix dit Gre- 
mian, d'y jeter le renfort qu'ils ame- 
naient. La ville manquait de munitions ; 
la garnison était extrêmement faible , 
et pour comble de malheur, la mort 
du capitaine de Lom, autrement dit Pa- 
reloups, et l'absence de son lieutenant 
Perrean laissaient le gouverneur sans 
officier capable de le seconder. Mais le 
courage de Sanglar, soutenu par la ré- 
solution des habitants, suflit à tout. 

Les assiégeants ouvrirent le feu le 



1 er novembre. Une batterie de six pièces 
de canon battit en brèche les faibles 
murailles de la ville, et l'assaut fut pré- 
paré. Les habitants, encouragés par 
leur ministre, nommé Tori*eau, « homme 
plein de zèle et de courage, » dit Bèze, 
se disposèrent de leur côté à recevoir 
bravement les assaillants. L'assaut dura 
quatre heures avec un acharnement 
inouï. L'ennemi, repoussé sur tous les 
points, battit en retraite, laissant un 
grand nombre de morts sur la place. La 
nuit entière fut consacrée par les assié- 
gés à réparer la brèche; hommes, fem- 
mes, enfants, tous s'y employèrent. Le 
lendemain se passa en escarmouches 
dans l'une desquelles le ministre Tor- 
reau reçut une blessure dont il mourut 
quelques jours après. 

Dès le commencement du siège, un 
soldat, nommé Trencaire, s'était chargé 
d'aller chercher du secours à Béziers. 
L'entreprise était périlleuse : il fallait 
traverser le camp ennemi, passer l'Hé- 
rault à la nage et franchir plusieurs 
lieues d'un pays sillonné en tous sens 
par l'ennemi. L'intrépide Trencaire sur- 
monta tous les obstacles : il obtint des 
protestants de Béziers qu'ils enverraient 
au secours d'Agde cent vingt arquebu- 
siers commandés par le capitaine An- 
gles et portant chacun, outre son four- 
niment, une livre de poudre. Cette petite 
troupe, guidée par lui, entra dans la 
ville à la faveur de la nuit, le 3 novem- 
bre. Le même jour, le canon de Joyeuse 
ouvrit une nouvelle brèche; mais les 
assiégés reçurent avec tant de vigueur 
ceux qui se présentèrent à l'assaut, que 
la retraite fut bientôt sonnée. La nuit 
suivante, Joyeuse, averti de l'approche 
de Baudiné, leva son camp en toute 
hâte et se replia sur Pézenas avec son 
artillerie et les débris de son armée. 

Cette belle défense valut à Sanglar le 
titre de gouverneur d'Agde que lui con- 
féra quelques jours après le comte de 
Crussol, frère aîné de Baudiné, qui venait 
d'être élu « par les Estats des villes et 
diocèses protestants tenus à A' ismes. chef 
du pays, conducteur, protecteur et con- 
servateur jusquesàla majorité du roy. » 

Dans la seconde guerre civile, en 1 567, 
nous retrouvons le capitaine Amalri à 
Montpellier, où il contribua, sous les 



165 



AMALHI — A MAT 



166 



ordres de Baudiné. à la prise du fort 
S. -Pierre Voir Airebaudouze) : aussi 
fut-il compris dans l'arrêt rendu à ce su- 
jet par le parlement de Toulouse et con- 
damné à mort par contumace. En 1573, 
il prit une part active à la belle défense 
de Sommières contre Damville. Deux 
ans plus tard, il servait sous les- ordres 
de ce maréchal, alors l'allié des protes- 
tants, qui lui confia le gouvernement de 
Sommières. lorsqu'il s'en fut emparé 
malgré les efforts du duc d'Uzès. Dam- 
ville. infidèle à ses engagements, s'étant 
rapproché de la cour. Sanglar. à la tète 
des religionnaires de Béziers. vola au 
secours de Montpellier, qui était menacé 
par les catholiques; mais, fait prison- 
nier dans une reconnaissance, il fut 
pendu par ordre du maréchal. Sa tête 
placée au bout d'une pique fut prome- 
ner en triomphe par tout le camp. 

1 . AMALRIC (Isabeau). dame de Bar- 
jac: v. 1580 I. 247 b}. Voy. Durfort. — 
(Pierre), réfusié à Genève. 1685. 

2. AMALRIC (Guillaume d'). consul 
de Sommières. 1611 [VII, 533 b], sieurde 

illargues, 1613 IX. 136 a]. — Mar- 
guerite (d';. 1600 [IX, 136 b]. - (An- 
toine). d'Alais. ayant refusé les sacre- 
ments dans la maladie dont il est conva- 
lescent est condamné comme relaps aux 
galères perpétuelles . quoique les méde- 
cins le déclarent trop faible; il abjure 
dans sa prison. 1699 (Arch. gèn. Tt). 

AMALYY Paul), seigneur de Fari- 
nières. docteur en droit, premier consul 
de Puylaurens en 16 - 23. étaitfilsde Jean, 
qui lui-même, avait occupé dignement 
cette charge pendant les guerres de re- 
ligion. Il était marié avec Catherine de 
Roux et eut plusieurs enfants dont trois 
connus : Jean, seigneur de Farinières; 
David, dont nous allons parler, et Paul, 
collecteur des deniers royaux. 

David d'Amalvy lit ses études à l'aca- 
! demie de sa ville natale sous la direc- 
tion du pasteur Bonnafoits. bien connu 
alors par son savoir et sa piété. En 1676, 
il était ministre de Réalville, en rési- 
dence à Négrepelisse d'où sa femme, 
Marthe Monteil, était originaire. Leurs 
enfants furent : Isaac. Jeanne et Mar- 
the. (Testament de Bonnafous et autres 
documents particuliers. Pradel.) 

AMAX ou Amand (Paul), de Sedan. 



marchand manufacturier de l>as. sa 
femme, trois enfants à lui. et trois au- 
tres enfants de ses beaux-frères de Metz, 
son frère, sa sœur, son père, sa mère, 
une servante et deux apprentifs. réfugiés 
à Berlin. 1698. — (Jaques), de Sedan, 
secouru à Genève (1699). pour retourner 
en Allemagne. 

Papiers Dietcrici, et de la Bourse françoise. 

AMAXDY Laurent . rubantier. du 
Luc en Provence, reçu habitant A- 
nève. juill. 1558. — (Charles), du dioc.de 
Fréjus. ïd.. 8 mai 1559. 

AMAXJOU de la Zardoxmère. tué 
à La Rochelle, 1573 [IV. 395 a]. 

AMAXZÉ ou Amanzav. capitaine. 
isiné 1568 [II. 360 a, note]. — Isa- 
belle d), 1584 [Aid.]. 

AMARD(Je\n . -.-Bonnet en Dau- 
phiné. avec sa femme et trois enfan t - 
sistés à Genève pour aller à Berlin. 1700. 

1. AMARYk Leonardus^THar/w-snor- 
manus. » étudiant à Genève. 1563. 

•2. AMARY.past.de Bressuire. réfugié 
en i:>7-2 à la Rochelle [H, 193 b. note]. 

1. AMAT, « Johannes Amaius Mon- 
tispesulanidioces., j>étud. à Genève. 1 563. 

%. AMAT de la Rose, médecin, mem- 
bre du consistoire de la Roche-Bernard 
en 1563. Voir Crevain, p. 139. 

3. AMAT (Pierre', ancien de Yille- 
veyrac (Hérault), chargé en vertu d'un 
contrat à lui passé par les autres an- 
ciens, ses collègues. 4 sept. 1678. de la 
levée des cotisations pour l'entretien de 
M. X ester Brun, ministre de l'église de 
S.-Pargoire, où ceux de Villeveyrac. pri- 
ves «le leur temple, vont entendre la pré- 
dication. 

Minutes de J. Nicolas, notaire de Viaeveyrac. 

i. AMAT. de Chamberigaud, chantre 
et lecteur dans le camp des Camisards, 
17i»', Bull. XVI. n 

5. AMAT (Isabeau , chargée de son 
vieux père, assistée à Genève. 1692. — (Jo- 
seph), d'Orange, id., 1698. — (lsaac\d'0- 
range, assisté ta Genève pour chercher un 
refuge en Suisse. 7 se; 1. 1 703. — (Sa veuve) 
et un enfant, id., le même jour. — (Jean), 
de Maringue en Auvergne, laisse à Ge- 
nève sa femme et son fils, qui enseigne 
les langues, et reçoit un secours pour al- 
ler en Allemagne. 17U4. — (Jean), sa 
femme et ses enfants, assistés à Lon- 
dres. 1721 : mort le "25 déc. 17-21. 



167 



AMAT 



AMBOIX 



168 



6. AMAT del Rang (Gillette d'), dame 
de Lautrec [VI, 435 b]. 

AMATZ (Jean), maire de Villeneufve 
en Languedoc, 1562 {Bull. III, 228). 

1. AMAURY (Daniel), de Picardie, 
maître chirurgien, réfugié à Francfort- 
s.-Oder, 1698. 

2. AMAURY (Guillaume), d'Orange, 
assisté à Genève, 7 sept. 1703. — (Margue- 
rite), assistée àLondres, 1702. — (Claude), 
de Guise, 48 ans, Sara sa femme et trois 
enfants, assistés à Londres, 1702-1705. 

— Daniel Amory, naturalisé anglais, 
1682. Plusieurs autres, assistés à Lon- 
dres jusqu'en 1723, écrivant aussi leur 
nom Amory. 

AMBARBE (P.), à Gampagnac. 1672 
[IV, 394 b]. 

AMBESAIGUES (Honorât d'), ancien 
de Pézenas, 1562 (Bull. III, 228). — (la 
demoiselle d'), vers 1590, à Béziers [X, 
225]. 

AMBESIEUX de Galignon (D'),poëte, 
né en 1729 [III, 104 a). 

AMBLARD, capitaine, 1577 [II, 181]. 

— (Jean), pastear de S.-Glaud en Sain- 
tonge [VII, 375 a 1 ]. — (P.), des Gé- 
vennes, déporté, 1687 [X, 432]. — 
(Pierre), de Paris, reçu habitant de Ge- 
nève, 10 avril 1702. 

Le pasteur de S.-Claud, après avoir vu 
sa paroisse supprimée, s'était retiré, en 
1685, chez le seigneur de Suaux, dont 
l'habitation n'était qu'à une demi-lieue 
de distance, mais en Poitou. M. de Gour- 
gues, intendant de Limoges, serviteur 
brûlant de zèle, supportait aigrement ce 
voisinage, lorsqu'il reçut une lettre si- 
gnée du roi en date du 29 juin 1685, où 
l'on signalait l'abus grave consistant en 
ce que, dans les lieux où l'exercice était 
interdit, les huguenots ne faisaient plus 
baptiser leurs enfants. Plutôt que d'être 
donnés au curé, beaucoup d'enfants mou- 
raient sans baptême. Or, cet homme im- 
pitoyable aux souffrances des vivants, 
Louis XIV, troublé par la pensée des 
morts et des damnés , écrivit à l'inten- 
dant, qui, du reste, l'en avait sollicité, 
de désigner des ministres pour remé- 
dier à l'abus. « Mon intention, disait-il, 
est que vous observiez, dans l'establisse- 

» Ou 33S bis. Dans l'impression du t. VII de llaag on 
s'est trompé en paginant la feuille 24 ; au lieu de la 
paginer 369 à 384 on a mis une seconde fois 829444. 



ment que vous ferez des ministres pour 
baptiser les enfants nouveaux-nez, de ne 
pas choisir pour cela les plus habilles, 
mais bien les moins accréditez parmi 
ceux de la dite Religion, afin que l'on 
prenne moins de confiance en eux et 
qu'ils ne soyent considérez que pour ad- 
ministrer les baptêmes. » Amblard fut 
nommé pour Angoulême, et Roch, pas- 
teur de Jarnac, pour Ruffec. Aussitôt ce 
dernier s'enfuit à Genève. L'intendant 
mit en son lieu et place le pasteur Ville- 
mandi. Villemandi, s'esquivant à Sau- 
mur, sut gagner l'Angleterre. Il ne resta 
plus d'autre ressource au zèle de M. de 
Gourgues que de nommer le pasteur de 
Jarnac, Lechantre. Ce n'était pas que 
ces ministres fussent « les moins habiles 
et les moins accrédités, » suivant cette 
fausse conception du roi qu'il existerait 
dans le corps pastoral, comme dans l'E- 
glise romaine , une sorte de bas clergé ; 
mais M. de Gourgues écrivait lui-même 
qu'il avait bien été forcé de prendre ces 
deux- là, car il ne restait pas un seul au- 
tre ministre non décrété (non interdit) 
dans le Limousin. « Ils prennent plaisir 
à s'absenter pour ne pas exécuter l'ar- 
rêt, » ajoutait-il avec amertume. Mal- 
heureusement, ni Amblard, qu'il mena- 
çait de l'amende et de la prison, ni 
Lechantre n'étaient de sa province, et il 
fallait que son abus de pouvoir fût criant, 
car on lui écrivit des bureaux du gou- 
vernement, à la date du 2 sept. 1685 : 
« Quant aux ministres de Jarnac et de 
Seaux qui refusent d'obéir à vos ordres 
pour les baptêmes, M. de Ruvigny a dit 
à Mgr de Croissy qu'ils n'estoient point 
de vostre département et qu'il y en avoit 
deux autres dans la province deLimo^v> 
que vous pouviez, Monsieur, employer 
au lieu de ces deux-là. » 

AMBLELLES (de Villeneuve d'), fa- 
mille cévenole [IU, 163 b ; VI, 28 a ; VII, 
60 a; IX, 507 b]. Voy. Villeneuve. 

AMBOISE (Antoinette d'), mère d'An- 
toine de la Rochefoucaud, capitaine hu- 
guenot v. 1568 [VI, 357 b]. - (Margue- 
rite d'), 1634 [III, 246 b]. 

AMBOIX DE LARBONT (d'). On 
dit cette maison d'origine catalane et 
l'une des familles cathares ' dont les des- 

» Les cathares, c'est-à-dire tes purs, était le nom que 
se donnaient les prêtres et les Mêles de l'hérésie alhi- 



169 



AMBOIX 



170 



cendants subsistent encore. Toujours est- 
elle pyrénéenne, ainsi que le prouvent et 
la forme de son nom . qu'on prononce dans 
le pays Amboux de Larboust*. et son fief 
situé dans la montagne de Sérou et le 
rameau de buis, arbuste indigène, son 
emblème héraldique (Nap. Peyrat. Les 
bords de l'Arise. un vol . in- 1 2] . = A rmes : 
D'or à un brin ou branche de buis, de 
sinople. 

L'un des membres de cette famille 
avait été rompu vif et décapité pour la 
religion, en 150-2, à Pamiers voy. III. 92 ). 
et ci-dessus, col. -29). Un autre Amboix 
de Larbont. se distingua comme com- 
mandant du Mas-d'Azil. en lf.?:.. lorsque 
cette place soutint victorieusement un 
siège contre l'armée royale, commandée 
par le maréchal de Thémines. Dans ce 
siège mémorable, où les femmes combat- 
tirent comme des hommes, douze mille 
soldats catholiques furent d'abord arrê- 
tés un jour et une nuit à la ferme de 
Chambonet par un laboureur. Jean du 
Tehl. avec six de ses neveux et cousins 
bien armés et surtout bien résolus : ils 
furent arrêtés encore aux approches du 
Mas-d'Azil. au village des Bordes, par 
cinquante jeunes gens dirigés par le ca- 
pitaine Pierre Peyrat et dont cinq seule- 
ment échappèrent à la mort. Enfin, au 
Mas même, qui comptait sept cents dé- 
fenseurs mâles, auxquels le duc de Ro- 
han fit parvenir un secours de cinq 
cents hommes commandés par l'amiral 
de S.-Blancart et le capitaine François 
t Dusson, les soldats de Thémines furent 
Obligés de' se retirer (1"2 oct. 1625] après 
six semaines de siège et plusieurs as- 
sauts meurtriers. Larbont prit du service 
plus tard dan> les armées de Louis XIII 
et fut blessé en Espagne au siése de Leu- 
cate 1637). Il mourut en paix, au Mas- 
d'Azil. De sa femme, tille de Tristan 
Dusson, sœur de François, il eut un fils, 
plus connu sous le nom de M. de Pra- 
dals, qui fut l'ami de Bayle. Vie de 
Bayle par Desmaizeaux.) 

En 1090, François il' Amboix, chef de 
la branche ainée de la famille, se réfugia 



geoise si odieusement étouffée dans le sang aux XII' et 
Xlll» sM 

! MM. Haag Pont orthographiée ainsi, l'avant citée 
nne fois |l\, va a]. Dans les Mem. de Ro/um, on rap- 
pelle Caiboutt, par une faut.- typegrapfcMfv. 



en Irlande avec sa femme, Catherine de 
Barricave, suivi des frères et sœurs de 
cette dernière -.Guillaume, Rose. Jeanne, 
Madelaine, Marguerite et Anne de Bar- 
ricave. Une sœur unique de François, 
nommée Marie d' Amboix, fut élevée 
dans la religion catholique, et. aux ter- 
mes de ledit de déc. 1689, elle fut mise 
en possession de tous les biens de ses 
parents fugitifs pour la religion. Elle prit 
le voile au couvent de Fabas. en 
et ne se constituant qu'une dot de 
2,540 liv. , elle fit donation du reste de 
la fortune à son oncle Paul d'Amboix. 
chef de la branche cadette et souche des 
d'Amboix d'aujourd'hui. 

Deux branches nouvelles se formè- 
rent alors de cette dernière. L'ainée eut 
pour chef Jean-Paul d'Amboix. capitaine 
au régiment du Roi. né en 1 730. mort en 
1820, lequel eut de sa femme. Jeanne- 
Marie de Bonvilar. cinq fils et une fille 
morte jeune. Deux de ses fils émigrèrent 
et moururent à Quiberon. Des trois au- 
tres : Jean-Jacques-Charles dit : M T de 
Larbont. né en 1761. mort en 1836, Ed- 
mond. 1781-4856, Vic-roR. 1779-1859. ce 
dernier seul se maria. Il fut maire du 
: Azil et membre du conseil gébé- 
ral de l'Ariéire. de 1816 :tua- 

tion dans laquelle il rendit de nombreux 
services aux églises réformées de son 
département. Il eut d'Amélie de May- 
sonnade de Larlenque deux (ils : I Al- 
bert, né en 18T2, marié en 1H38 à Marie- 
Thérèse-Inès de Chapel-Cardet, dont il a 
eu une fille et un fils. Alfred, capitaine 
d'état- major: '2 e Léopold. né en 1813, 
maire du Mas-d'Azil en 1851, mort céli- 
bataire en 1860. et deux filles. M m e de 
Falguerolles et M me de Briançon. M. Al- 
fred d'Amboix a épousé récemment 
M Me Cécile, fille du comte Robert de 
Pour talés. 

La branche cadette eut pour chef Jean- 
Pierre, frère unique de Jean-Paul. Xéen 
1739, il eut de Suzanne Pons deux fils et 
trois filles. Les deux fils. Henri, né en 
177"!. et Philippe, né en 1777. mort au 
Mas en 187-2. partirent en 179*2 avec 
leur père, comme volontaires, pour l'ar- 
mée des Pyrénées-Orientales. Le père, 
devenu chef de bataillon, fut tué au com- 
bat de Peyres-Tortes en 179:,. Henri, 
maire dn Mas-d'Azil pendant les (lent 



171 



AMBOIX — AMIEL 



172 



jours et de 1830 à 1839, année de sa 
mort, se maria en 1808 avec M" e José- 
phine Boubila, dont il eut : Adrien, en 
1809; Aurélie, en 1810 (morte en 1855); 
Lucie, en 1818; Mathilde, en 1811, ma- 
riée en 1839 au pasteur Lacroix, de Sa- 
verdun. (Goudère, past. du Mas-d'Azil. 
— Cazenove.) 

AMBRES (J.-J. de Voisins, baron d') ; 
voyez Voisins et [IX, 532 b. — Voy. en- 
core : III, 392 a; IV, 134 a; V, 396 a; 
VI. 360 b]. 

AMBRIOL (peut-être Aubriotf), an- 
cien de Mas-Saintes-Puelles, 1614 [VII, 
64 a, note]. 

AMBROIS (Lucrèce d'),1558 [111,47]. 

Ambrois, à Bourges, 1572, apostat [IV, 
300 a]. 

AMBRUN, ministre. Le catalogue im- 
primé de la bibliothèque de La Rochelle 
mentionne, sous ce nom d'auteur, un ou- 
vrage intitulé : Réponse à l'histoire cri- 
tique dit Vieux Testament; Rotterdam, 
Leers; 1685, in-4°. (Bourchenin.) 

AMELIN (Philibert), natif de Tours, 
martyr; voy. Hamelin. 

AMELIN (Marguerite d'), 1588 [II, 
122 a]. 

AMELLE (Catherine), d'Antibes; dé- 
terrée après sa mortetdonnée aux chiens, 
1562. 

AMELLY, à Valence, 1562 [El, 106 a]. 

AMELY (Olivier), pendu en effigie à 
Montauban, 1560 [III, 104 b]. 

1. AMELOT (,L), massacré en Pro- 
vence, 1562 [X, 469]. 

2. AMELOT ou HAMELOT (Ozias). 
Le premier connu de cette famille fut 
nommé pair de la commune de La Ro- 
chelle en 1601. Son fils, qui portait le 
même prénom, entra au corps de ville en 
1617. Il avait épousé, en 1576, Catherine 
de La Haize, sœur du fameux avocat cal- 
viniste Jean de La Haize, dont Arcère a 
tracé la biographie. Il mourut à la fin du 
siège de 1627-28. De son mariage était 
né, au mois de nov. 1593, Pierre Hamelot 
(signature), médecin de mérite, qui s'unit 
en 1628 avec Françoise, lille du ministre 
Hiérosme Colomiez, dont une seconde 
fille, nommée Sara, épousa le frère de 
Pierre, c'est-à-dire*/e/icm Hamelot, mar- 
chand. 

Pierre eut deux fila : 1" Pierre, né le 
24 novembre 1633, après avoir étudié la 



théologie, embrassa la carrière du bar- 
reau et quitta la France à la Révocation. 
C'est lui sans doute qui figure sous le 
simple nom d'Amelot, sur la liste don- 
née par Benoît des protestants persécu- 
tés par l'intendant Demuin [VII, 417 b, 
note 1] ; 2° Ozias ou Josias, né en 1635, 
et marié en 1656 à Suzanne Chalou, aban- 
donna peut-être aussi le royaume, car, 
après son mariage, on ne trouve plus 
son nom. (E. Jourdan.) 

3. AMELOT (Jean), potier d'étain de 
Chatelleraut, réfugié à Dorotheestadt avec 
sa femme et un enfant, 1698. 

AMÉRIC (d), famille de Montpellier, 
dont un membre était premier consul de 
la ville lors du siège qu'elle soutint con- 
tre Louis XIII en 1622. Voyez d'Estienne 
et le Bull., XII, 202. 

AMET, chef camisard [III, 291 b; VI. 
326 a]. 

AMI, couturier à Lyon, massacré en 
1572 [VI, 263 b]. 

AMIC (Jacq.), galérien, 1745 [X, 426]. 

AM1DAY (Jeanne), fille de feu Pierre, 
de Besançon, réfug. à Genève v. 1578. 

AMIDON (M me ), emprisonnée à la ci- 
tadelle de Montpellier, 1720 [X, 404]. 

1. AMIEL, greffier à Montauban, 
pendu 'en effigie, 1561 [II, 365 b]. - 
Amiel de Grâce ; Antibes, 1562 [X, 47 1 ] . 

2. AMIEL (Pierre), licencié en dro '*, 
cité dans un acte du 30 nov. 1561, comn e 
député par la ville de Limoux au sym i 
tenu à cette époque dans celle de C 5- 
tres {Bull. X, 348). — Autre Amiel . 
gociant à Montpellier et mêlé aux alla 1res 
des religionnaires en 1746 {Bull. IX,* 
236 et Ch. Coquerel, Histoire des Eglises 
du Désert I, 369). 

3 . AMIEL ; famille protestante de Cas- 
tres, qui était nombreuse au XVII e siè- 
cle, et exclusivement livrée au commerce. 
Daniel Amiel, maure couturier. 1620- 
1680. Pierre A miel, cardeur, v. 1625*, 
Michel Amiel-Montsarrat, né en 16711 à 
Vilgourdon près Castres. Jean, fils de 
ce dernier, né à Castres en 1706, trans- 
porta, loin de la persécution, la branche 
qu'il représentait et qu'il alla établir d'a- 
bord dans le pays de Vaud, puis à Ge- 
nève. L'un de ses représentants actuels 
est un des littérateurs distingués de la 
Suisse romande, M. Henri- Frédéric 
Amiel , professeur, d'abord de littérature 



173 



A MIEL 



AMOURETTE 



174. 



française, puis de philosophie, à l'aca- 
démie de Genève depuis l'année 1849- 
M. Amiel est l'auteur de trois volumes 
de poésies : Grains de mil, 1854; — II 
Penseroso, 1858; — La Part du Rêve, 
1803. et de plusieurs cantates. 

AMIENS Marie d'), dame de Hou- 
val, v. 1000 VI, 425 a]. 

AM1ETTE, capitaine, condamné à 
Bordeaux, 1569 [II. 415 b]. 

AMILHAT (Germain), emprisonné à 
la Bastille. 1705 |X, 436]. 

AMIOT (Simon, fils de feu Jacques), 
« de l'evesché de Lan en Lannoys, » 
reçu bourgeois de Genève, 4 déc. 1562. 
Voy. Amyot. 

AMXAXE Jeanne . « femme an- 
cienne, tuée hors la ville d'Aix se vou- 
lant sauver. »» 1562 jX, 471]. 

AMOX. capit. béarnais, 1569|I, 133a]. 

AMOXD d), capit., 1621 [Y. 140 b]. 

1. AMOXET (Samuel;, u natif de Lo- 
dun », bourg, de Genève le 17 janv. 1638, 
« gratuitement en considération de la re- 
commandation d'iceluy faicte par M. le 
duc deRohan, duquel il est chirurgien. » 

2. AMOX X ET. Aimonnet, rarement 
IIamunnet (Jacob, Pierre et Mathieu), 
cbefs de famille à Loudun, 1634 Tt. 

— François, fils de Mathieu et de 
Marthe du Moustier, né en 1587, épouse 
le 8 nov. 1671 Jeanne bile & Adrien 
Crommelin, marchand à S.-Quentin; 
témoin Mathieu frère de François. — Le 
mari de Jeanne Crommelin fut natura- 
lisa' anglais en 1682 (Agnew, : c'est donc 
à Mathieu Haag V, 424J que se rap- 
porte la note suivante adressée par le 
lieutenant de pohce de La Reynie à 
M. de Seignelay le 8 nov. 1685 : 

« Amonnet, marchand de points et 
de dentelles à Paris, est natif de Lou- 
dun. Il n'a aucuns immeubles qui parais- 
sent. Il est en réputation d'un homme 
très-riche, et on prétend que ses effets 
excèdent deux cents mille écus. Son 
frère, qui estoit aussi marchand à Paris 
et dans le même commerce, fut s'esta- 
blir à Londres, d y a trois ou quatre 
ans. 11 y est décédé. On prétend qu'il 
emporta avec lui et sa femme en Angle- 
terre pour 400 mille livres d'effets qui y 
sont demeurés après sa mort. La femme 
d Amonnet, ci-devant à Autun, a esté 
arrestée ces jours passés à Valenciennes, 

.i .6 



avec deux de ses enfants. U y une in- 
formation faite contre elle, à la requeste 
de M. le procureur du Roy. et dans la- 
quelle le mari se trouvera assez impli- 
qué pour décréter contre lui. et on pré- 
tend avoir la preuve de ce qu'il a retiré 
ses effets de la main de ses débiteurs, 
qu'il les a mis sous des noms empruntés 
et qu'il a pris des mesures pour sor- 
tir du royaume dans le temps que sa 
femme s'est retirée. On est dans le 
mesme cas à l'esgard de plusieurs autres 
qui se sont absentés de Paris et qui ont 
esté aussi arrestés, à l'esgard des quels 
et de leurs familles on pourroit faire 
quelque chose pour les attirer, s'il plai- 
soit au Roy qu'on se servit de ces con- 
jonctures pour les disposer par les pro- 
cédures et par la crainte de la peine de 
la loy ou par l'espérance de la grâce 
de S. M. On a parlé plusieurs fois au 
S 1 " Amonnet sans avoir fait beaucoup 
de progrès auprès de luy. C'est un bon- 
homme qui a peu de lumières hors de 
son commerce, entesté de sa religion et 
qu'il sera difficile d'amener, à moins que 
l'embarras où il s'est mis lui-mesme en 
contrevenant aux deffenses ne serve à le 
réduire, et encore réduit sera-t-il néces- 
saire de prendre des précautions avec 
luy, et comme il est tombé dans une vé- 
ritable faute peut-être qu'en décrétant 
contre luy, s'il y a lieu de le faire, chan- 
gera-t-il de disposition. » 

M me Hamonnet, Rachel Houssaye, 
arrêté» à Valenciennes, avec Rachel et 
Marthe ses deux filles, fut enfermée à 
la Bastille, où son mari fut aussi trans- 
féré; puis on l'envoya en 1687 à la cita- 
delle d'Amiens et comme sa constance 
ne se démentait pas, on finit par l'expul- 
ser de France ainsi que son mari, 
en 1688 (Arch. E 3374). Leur fortune fut 
dévolue à leurs enfants; mais leur fils 
François et leur filles Rachel, Marthe, 
Marguerite, étant emprisonnés en divers 
lieux et signalés comme fugitifs (E 3405), 
il en résulte que la plus jeune sœur, Ma- 
rie, après s'être montrée « très-dérai- 
sonnahle, » finit par se convertir, 1688. 
AMOUR ;JEAN),galér., 1705 X, 420]. 
AMOURETTE (Jean), écrit aussi 
Amorette, d'Issoudun, avocat, 1611 II, 
299; VII, 531 b; IX, 494 ^. — (Sa- 
muel, 1617 [IV, 493 a]. 



175 



AMOUREUX — AMOURS 



176 



AMOUREUX (Amaury), sieur des 
Aulnais ; Normandie, 1561 [VI, 473 b]. 

AMOURS (Gabriel d') ou Damours 
[Haag I, 68. — II, 473 a; III, 296 a; 
V, 460 b; VI, 415 b; X, 270], seigneur 
de Malbert ou Malebert (Bull. XII, 
490), était né à Paris et avait été étu- 
dier la théologie à Genève, de 1559 à 
1562. Il est qualifié par d'Aubigné de 
« ministre et gentilhomme » et il appar- 
tenait en effet à une famille parisienne 
originaire du Perche, qui était parve- 
nue aux charges de conseiller dans les 
parlements de Rouen et de Paris. = 
Armes .-d'argent à un porc-épic de sable 
passant, accompagné en pointe de trois 
clous de même rangés en pal. 

Gabriel d'Amours, élu pasteur de l'é- 
glise de Paris après son retour de Ge- 
nève, exerçait le saint ministère au mo- 
men t de la S.-Bar thélemy et fut « préservé 
miraculeusement » du massacre. 11 put 
s'échapper et gagner le comté de Neu- 
châtel, en Suisse, où il trouva son frère, 
François, seigneur de La Galaisière, 
qui remplissait depuis plusieurs années 
dans ce pays, avec le titre d'ambassa- 
deur, une charge de confiance du souve- 
rain, Léonor d'Orléans, dans laquelle il 
fut maintenu par la veuve de ce prince. 
L'influence de son frère fit élire Gabriel 
d'Amours , le 20 avril 1573, pasteur à 
Boudry, petite ville voisine de Neuchà- 
tel. Dès le mois de mai 1575, il était le 
doyen, c'est-à-dire le président des pas- 
teurs du comté, et figurait à ce titre dans 
les affaires publiques de quelque impor- 
tance. Ainsi en 1576 et 15.77, il faisait 
partie de la commission chargée de dé- 
battre avec la seigneurie de Neuchâtel 
les moyens d'abolir la célébration de la 
fête de Noël « qui donnait lieu à des ac- 
tes superstitieux et parfois à des scènes 
scandaleuses '. » L'église de Paris, dès 
qu'elle fut un peu remise des horreurs 
de la S. -Barthélémy, redemanda son 
pasteur ; mais les Neuchàtelois qui l'a- 
vaient déjà refusé à Théod. de Bèze, en 
1579, pour l'église de La Rochelle, dési- 
raient le garder, et ce ne fut qu'après 
de longues négociations que d'Amours, 
octobre 1584 , reprit le chemin de 
Paris. 

* G. d'Amours d'après des docum. inédits, par H. le 
professeur Gagnebin. Bull. XII, 1863). 



Rendu à sa ville natale et à ses fonc- 
tions, il était naturellement un person- 
nage dans le parti, et le roi de Navarre 
l'attacha à sa maison. Ce fut lui qui, à 
la bataille de Coutras (20 oct. 1587), fut 
chargé avec son collègue Chandieu, de 
prononcer la prière, selon la coutume 
des huguenots, avant que les troupes 
marchassent au combat. « Là-dessus, 
raconte d'Aubigné, le roi de Navarre 
ayant fait faire la prière partout, quel- 
ques-uns firent chanter le psaume 118 : 
La voici l'heureuse journée. Plusieurs 
catholiques de la cornette blanche criè- 
rent assez haut pour se faire entendre : 
Par la mort! ils tremblent les poltrons, 
ils se confessent. » Mais ceux qui con- 
naissaient mieux les huguenots ne s'y 
laissèrent pas tromper. Après avoir béni 
les troupes, d'Amours leur donna l'exem- 
ple en se jetant des premiers dans la mê- 
lée, sans autre arme que son épée. Par 
bonheur, il ne reçut aucune blessure. 
La victoire gagnée, il rendit grâces à 
Dieu sur le champ de bataille au nom de 
toute l'armée. 

Il continua son belliqueux ministère 
à la» suite du roi de Navarre jusqu'à la 
prise de Chartres (avril 1591), remplis- 
sant notamment aux batailles d'Arqués 
(sept. 1589) et d'Ivry (août 1590), le 
même rôle qu'à Coutras; et sa charge de 
prédicateur n'y était point légère, si l'on 
en juge par une lettre du roi, qui écri- 
vait à son fidèle ami Du Plessis-Mornay 
(du camp d'Etampes, 7 nov. 1589) : «Vous 
savez les exploits qui se sont passés; je 
n'en dirai rien davantage, si non que j'y 
ai grandement éprouvé la faveur et as- 
sistance de Dieu; et n'ai point intermis 
l'exercice de la religion partout où j'ai 
esté, tellement que telle septmaine sept 
presches se sont faits à Dieppe par le 
sieur d'Amours. Est-ce là donner argu- 
ment ou indice de changement? » 

D'Amours rentra dans Paris en 1591 
au milieu des fureurs de la Ligue, afin 
probablement, de recruter pour le parti 
du roi de Navarre. Du moins, y attira- 
t-il son propre frère, conseiller au Par- 
lement, qui par faiblesse plus que par 
conviction, s'était jeté dans la Ligue. 
Ce frère dont nous avons déjà parlé, 
était le sieur de La Galaiztère\ll\, 457 
b], maître d'hôtel du due d'Aleneon, et 



177 



AMOURS 



178 



gentilhomme ordinaire de la maison de 
M me de Lonsueville. qui avait vécu à Xeu- 
chàtel, en Suisse. Il avait épousé dans le 
temple de Loudun. en 1581, Marthe 
Martin, fille de Jean Martin, conseiller 
du roi et de Françoise Ferron (Arch. 
Tt. 232 : il avait donc certainement pro- 
fessé la religion réformée, et y serait re- 
venu après avoir quitté la Ligue. Mais 
Gabriel fut découvert et enfermé à la 
Bastille. « Malgré sa profession, lit-on 
dans l'Estoile. il y fut mieux traité par 
Bussy-te-Clerc [qui en était gouverneur] 
que pas un autre des prisonniers, disant 
ledit Bussy. en jurant Dieu comme un 
zélé catholique, que d'Amours, tout hu- 
guenot qu'il était, valoit mieux que tous 
ces politiques de présidents et de con- 
seillers qui n'étoient que des hypocrites, 
et lit si bien que le ministre sortit. » 

Il se retira en Saintonse. C'est de 
S. -Jean d'Angely qu'il écrivit à Henri IV, 
le 2o juin 1593, cette belle et précieuse 
lettre *, dans laquelle il rappelle libre- 
ment au roi toutes les prédictions heu- 
reuses qu'il lui a faites, « tout ce que 
Dieu par moy vous a dict, » écrit-il, 
et le menace «au nom du mesmeDieu. » 
s'il quitte sa religion, lorsqu'il sait qu'elle 
est la vraie, aussi bien qu'homme de son 
royaume. Il ajoute avec autant de grâce 
que d'énergie : « Si vous escoutiés Ga- 
briel Damours, vostre ministre, comme 
vous escoutés Gabrielle, vostre amou- 
reuse, je vous verrois toujours ro 
néreux et triomphant de vos ennemis. 
Vous ay-je point dict à S. Denys. en 
ung presche. ce que Dalila lit à Sam- 
son, qui le rendit misérable et eontemp- 
tible aux Philistins?... Quand Dieu a 
faict tant de merveilles pour vous, vous 
ne viviés pas ainsi. On dit que vous avés 
promis d'aller à la messe, ce que je ne 
croy nullement et en combatrois tous- 
jours en ung duel pour maintenir le 
contraire. Quoi! Le plus grand capitaine 
du monde seroit-il bien devenu si couard 
que daller à la messe pour la crainte des 
hommes?... Vous voulés estre instruict 
par les evesques de l'Eglise romaine, ce 
dict-on? O que vous n'estes pas le roy 
qu'il faille instruire : vous estes plus 

• Publiée par M. Ch. Uoad ,Hnll. I. 2fco .1 après l'ori- 
ginal lmK.dc la Kbttot nationale , Collect. du Vuu, 
vol. 323, 



grand théologien que moy qui suis vostre 
ministre: vous n'avez faulte de science, 
mais vous avez ung peu faulte de con- 
science. Priez Dieu, nous prierons inces- 
samment pour vous. » — Moins de cinq 
semaines après, le '25 juillet, Henri IV 
abjurait cependant. Mais la grandeur 
de ses vues politiques autorise à croire 
fermement que s'il fit taire sa conscience 
c'est qu'il avait le pressentiment qu'en 
établissant les deux cultes sur le pied 
d'une mutuelle tolérance, il ruinerait et 
déracinerait doucement le catholicisme. 
Malheureusement pour la France, l'œil 
inquiet du clergé de Rome ne s'y laissa 
pas tromper un instant, et l'on peut 
pardonner à notre glorieux Henri une 
mauvaise action où il se leurrait d'un 
bienfait immense et qu'il a payée de sa 
vie. 

Rendu au calme pastoral. Gabriel 
d'Amours se retrouva en Saintonge 
dans la même instabilité où il avait été 
chez les Xeurhàtelois. et il semble que 
ce fut une honorable conséquence de 
l'amour ou du moins de l'estime qui en 
tout lieu, s'attachait à sa personne. Le 
synode de la province voulut le donner 
pour pasteur à l'édise de Barbezieux; 
mais Catherine de Bourbon, sœur de 
Henri IV. 1 ayant demandé pour elle- 
même, le synode national de Saumur 
consentit à cette requête, malgré l'opposi- 
tion du député de l'église de Lyon, Louis 
Turqitef, qui prétendait que cette église 
avait des droits sur lui. Nous ignorons 
pourquoi d'Amours ne resta pas au ser- 
vice de la princesse Catherine; peut-être 
nelui avait-il étéaccordéque pour quelque 
temps, comme c'était l'usage: quoi qu'il 
en soit, le synode national de Montpel- 
lier, en 1598, chargea le pasteur de Pa- 
ris. François de Lauberan de Montigny, 
de le prier de retourner dans sa province. 
D'Amours obéit. En 1 Gui, le synode na- 
tional de Jargeau le donna pour pasteur 
à l'église de Chdtellerault qui le deman- 
dait avec instance, malgré la résistance 
des tidèles de S.-Jean-d'Angely. qui dé- 
siraient le conserver, et malgré l'oppo- 
sition des églises de Lyon et de Paris , 
qui soutenaient leurs droits. Cette déci- 
sion excita le mécontentement des pro- 
férants de S.-Jean-d'Angely. Il fallut 
que le synode leur députât Jean Gardesi, 



179 



AMOURS 



AMPROUX 



480 



ministre de Villemur, Jérémie Bançons, 
pasteur de Tonneins, et Christophe For- 
ton, ancien de l'église de Bordeaux, 
pour exposer au gouverneur, au maire 
et au consistoire de cette ville, les mo- 
tifs qui avaient déterminé sa conduite et 
pour les engager à accueillir convena- 
blement le pasteur de La Vennerie, 
donné pour successeur à d'Amours. 
Mais l'église de S.-Jean-d'Angely ne 
voulut rien entendre. En 1603, elle s'a- 
dressa de nouveau au synode national 
de Gap pour redemander son ministre, 
qui, soumis aux ordres du synode, rem- 
plissait alors ses fonctions à Châtelle- 
rault. Le synode se borna à confirmer 
le jugement de Jargeau, et d'Amours 
fut laissé à Châtellerault, où il termina 
sa carrière avant l'année 1609. 

La famille d'Amours ne persévéra 
pas dans le protestantisme, car elle con- 
serva ses charges. Après Nicolas d'A- 
mours, conseiller au pari, de Rouen, en 
1564 et 1566, président en 1574, on 
trouve (Cab. des titres) : Gabriel, conseil- 
ler au grand conseil ; — Pierre, sieur 
de Sarain, conseiller du roy en ses con- 
seils d'Etat et privé, fils de Gabriel; — 
Gabriel et Louis, fils de Pierre, conseil- 
lers au parlement et chastelet de Paris, 
en 1611 ; — Gabriel, conseiller au pari, 
de Paris, en 1644; — Pierre, greffier au 
siège de l'élection d'Alençon, en 1705, 
etc. C'est certainement à cette famille 
qu'appartenait le ministre, et il avait 
des enfants, car il dit à la fin de sa let- 
tre au roi, qu'il lui mènera son fils. On 
n'a aucune trace de ce fils à moins" que ce 
soit le capitaine huguenot à" Amours , qui 
prit part à la défense de Jargeau, en 
1621 [II, 409 b]. Voy. encore [IV, 495 b]. 
— Susanne d'Amours du Homet, de Nor- 
mandie, 63 ans, et Anne, sa sœur, réfu- 
giées et assistées à Londres, 1705. 

AMPHOSSI, massacré au Luc en Pro- 
vence, 1562 [X, 470]. 

AMPROUX. Nom d'une famille de 
robe, originaire de Bretagne. 

Daniel Amphoux, sieur de Champal- 
lard, époux de Catherine Guihard, avo- 
cat au parlement de Rennes, tenait de 
sa femme, héritière de Catherine Clouet, 
sa tante, la moitié des rentes dues à la 
seigneurie de Gavre et vendit cette moi- 
tié à Henri de Rohan le 22 août 1607. 



Il était « alloué » de la cour et juridiction 
de Blain où il demeurait, en sa maison 
du Coing. Il résigna sa charge en 1616. 
De son mariage étaient issus : Jean qui 
suit; Anne, d lle de Champlouet, morte 
en 1653; Fbançoise, femme de René 
Loyseau, sieur de Meurier [VIII, 231 bj, 
morte à 82 ans le 31 mai 1682; Marie, 
femme de René du Bois-Guiheneuc ; 
et Renée, qui épousa, en 1663, Paul Pi- 
neau de La Throsnière [V, 58 b], et ab- 
jura à Blain. 25 décembre 1685. 

Jean Amproux, sieur de La Massaye, 
fils de Daniel, épousa l°en 1630, Jeanne 
Boulleau, fille de feu Abraham Boul- 
leau, conseiller-secrétaire du roi, et de 
Jeanne Coignard; 2° en 1642, Elisabeth 
de Massanes. 

Il eut du premier lit : 1° Jean, marié 
en 1663 avec Anne, fille de Samuel 
Gaudon, sieur de La Rallière, conseiller- 
secrétaire du roi, et d'Anne Menjot; 
2° Marie, née le 25 juin 1632, et qui eut 
pour parrain Jacques Amproux, sieur 
de Lormes, procureur général des eaux 
et forêts en Bretagne 1 ; 3° Elisabeth, née 
le 8 oct. 1633 ; 4° Jean, baptisé le 29 juin 
1635; 5° Françoise, baptisée le 11 août 
1636, femme, 1658, de Armand de Saint- 
Martin [IX, 91 b]; 6° Abraham, mort 
en naissant, 1637. — Du second lit : 
Auguste, baptisé le 6 avril 1643; Char- 
lotte, morte à 2 ans en 1648; Philippe- 
Timothée, mars 1652-mai 1659; Elisa- 
beth, 1653-54 ; Paul-Henry, né le 1 avril 
1655 (parrain Pineau de La Throsnière, 
marraine Diane de l'Estoc de La Haye ; 
Angélique, 6 mars 1657- 19 juin 1711. Il 
mourut lui-même à La Massay s le 1 mars 
1659 et sa femme peu après lui, la même 
année [VII, 307 b]. 

Benjamin, frère de Jean, sieur de La 
Massaye, lieutenant civil et criminel à 
Vitré, épousa en 1651, Andrée Vezinier, 
veuve d'Abel du Maistre, résident du 
prince de Birkenfeld [Cf. V, 347 a]. 

Jacques, qui avait été parrain de Ma- 
rie, en 1632, était un troisième frère de 
Jean. Il devint plus tard intendant des 

1 Ce titre est peut-être un vague équivalent de celui 
que portait Saunai .Imjtrini.r, sieur de l.a lla»e, qu'on 
trouve qualité de : « Maître et grand u'iiour des bois 
et forêts de Rohan au comté Nantais ». h était le mari 
de Diane de l'Estoc, Bile de noble nomme Daniel de 

l'EstOC sieur .le l.a \aeln>nnei le qu'il avait épousée le 
isjanv. 1654, deux ans après avoir perdu Marguerite 
Kousset sa première femme. 



181 



AMPROUX — AMYAND 



182 



finances, puis conseiller du roi et des 
finances. Il mourut le 29 août 1679. et 
fut conduit à sa dernière demeure par 
son frère Benjamin et par son neveu 
Armand de S. -Martin. Il avait épousé 
Ma rie de Beringhen et était âgé a sa mort 
de 71 ans. 

Il est très-probable que c'est au frère 
aine. Jean, qui d'avocat au parlement 
de Bretagne était passé conseiller à Pa- 
ris, que s'applique ce passage des Notes 
secrètes sur le personnel des parlements 
vers Pitju : 

« Emproux . conseiller au parlement 
« de Paris, a de l'esprit et de la capa- 
« cité. M picque de chaleur pour ses 
« amis, est seur. et brouillé avec l'In- 
« tendant son frère quoyqu'il en puisse 
érer beaucoup de bien. Est de la 
« religion. Est capable de grandes ou- 
« vertures et les pousse avec vigueur. » 

Le prénom Jean était patronymique 
dans la famille des Amproux de La 
on La Massais), ce qui rend 
difticile la distinction à faire des mem- 
bres qui le portaient. Après les deux 
magistrats qui se marièrent, le père, 
en 11130 et le lils en 1663, se place un 
troisième Jean Amproux de La Mas- 
saye qui, en 1684, était commissaire 
royal en Bretagne pour l'exécution des 
édits et qui portait en outre le* titres de 
a chevalier. c\ devant premier gentil- 
homme de la chambre du Roy de Suède 
et colonel de cavalerie •■ \ 

C'est de lui vraisemblement que les 
convertisseurs, deux ans après, avaient 
amèrement à se plaindre. L'un d'eux 
écrivait (B janv. 1696) à un confr 
« You> ne sauriez croire le mal que fait 
ledit de La Massaye. Il s'érige en pas- 
teur et va incognito exhorter tous ceux 
qu'il sait qui sont prêts de changer, pour 
les détourner. Il se tient couvert et ca- 
ché, n'allant le plus souvent que les 
soirs et changeant presque tous les jours 
de demeure. Il serait nécessaire de met- 
tre cet homme en sûreté. » Trente ans 
après, en 171"». un « sieur de la Mas- 
sais tils ». bis du colonel peut-être l . 
donnait encore des inquiétudes parce 



1 Dans VEtat de distribution telle ea Angleterre pour 
l'an itoô ligure MHM ayant r.çu un secours de 
33 1. st. Jacques Amproux de ta Massaye, de Blain en 
Bretagne, âgé de 38 ans, réfute à tarse] Vltt sa femme 



que de Jersey où il vivait après avoir 
épousé la fille d'un gentilhomme du 
pays, on craignait qu'il ne vint secrète- 
ment à Xantes. recueillir et emporter 
les valeurs mobilières (iO à 50.000 fr.), 
dépendant de la succession de sa mère 
qui venait de mourir. On prit alors des 
mesures rigoureuses pour empêcher ce 
mauvais exemple d'un fils huguenot 
héritant de sa mère et il parait qu'en 
effet le bien de M me de la Massaye passa 
à un collatéral catholique, le comte de 
Clermont L 

Nous devons citer encore MM. Am- 
proux de Lorme, qui contribua en 1639 
à la construction du temple de Bottier 
en Blain : Amproux de La Haye, qui 
lit de même et qui ayant acheté en 1643 
un office de judicature à Vitré, en fut 
dépossédé comme huguenot ; Amproux 
seigneur du Ponfpiétin , condamné à 
l'amende en fév. l*„sr> parce que le fils 
d'un catholique avait assisté au prêche 
à Pontpiétin ; Henri Amproux de Lorme 
de La Mai _-. de Monchamps, 

m. en 1709 apri - - acquis un triste 
renom comme convertisseur ; M" e de 
La Massais qui enfermée en 1687 dans 
le couvent des Nouvelles-Catholiques à 
Paris [VU, 139 b_. demandait à être en- 
en Poitou auprès de ses frères de- 
venus catholiques, et une dame Elisa- 
beth Amproux réfugiée et assistée à 
Londres en 1721. avec ses deux tilles. = 
i : De sinople à 3 larmes d'argent 
"2 et 1, suivant un arrêt du 17 nov. 
(Haag. — Yairiuaud.) 

LiéYre, Protest, du Poitou, 111,7. - \aurigaud. £s- 
sui sur r histoire des Eglises réformées de Bretagne de 
1535 à 1808. Paris. CTiiéiUm. iSTo, I vtL in-8», III, 
13»; — Meut, de Poucault, pabl. par Baudry, ■ _ 

AMY (Anthoine), ■< de Barjol en Pro- 
vence », reçu habitant de Cenève, 16 oc- 
tobre 1572. 

AMYAND Daniel ou Amiand. quel- 
quefois Amian [Haag, 1,68. — VI, 215 b]. 

et quatre enfants. Us sont inscrits déjà dans l'état de 

1 on ne sait pas non plus à qnel membre de cette fa- 
mille doit être rapporté ce trait de l'Hist. de ledit de 
Nantes par Elie Benmt (V, 889) : « lu fermier de La 
Massaye, gentilhomme connu >ur 1< s limites dn Poitou 
et de Bretagne, ayant les pieds et le> mains grillés et 
| i il ue pouvait plus le> étendre, 
lui pr.x'iné a I intendant par son maître. L'intcnd.<nt 
eut horreur 4e ee ;-peclacle et en temoigna de l'indi- 
gnation. Mai» toute la justice qu'il en fit fut qu'il en- 
voya dés le lendemain une grosse garnison chez ee 
gentilhomme. > 



183 



AMYAND — AMYOT 



184 



— Marie Amiand (?) ou Armand, v. 1600 
[V, 327 a]. 

Daniel Amyand, de Mornac, Sain- 
tonge, étudiait la théologie à Genève en 
1672; de retour dans sa province il fut 
nommé pasteur de Marans (Aunis). En 
1684, une poursuite judiciaire fut dirigée 
contre lui, pour avoir fait des prières pu- 
bliques contre le roi et outragé le saint- 
père du nom d'antechrist. En réalité, son 
crime était d'avoir lu, le dimanche, après 
le sermon, comme cela se pratiquait dans 
toutes les églises , cet article de la litur- 
gie : « Nous te recommandons nos frères 
qui sont dispersés sous la tyrannie de 
l'antechrist, étant destitués de la pâture 
de vie, et privés de la liberté de pouvoir 
invoquer publiquement ton saint nom, 
même qui sont détenus prisonniers ou 
persécutés par les ennemis de ton Evan- 
gile. » Amyand se constitua prisonnier à 
La Rochelle, où son procès fut instruit. 
Il fut condamné à l'interdiction, à l'a- 
mende et au bannissement de la pro- 
vince. A la Révocation, s' étant réfugié 
en Angleterre, il y fut naturalisé avec 
sa femme et leurs sept enfants, le 10 oct. 
1688. Deux ans après, on l'investit du 
rectorat de Hollenb'y et, en 1718, on lui 
donna un canonicat dans la cathédrale 
de Peterborough. Il mourut en 1730. Son 
troisième fils, Claude Amyand, devint 
chirurgien ordinaire du roi George II et 
mourut en 1740, laissant pour fils, à son 
tour, des hommes distingués : 1° Claude, 
sous-secrétaire d'Etat; ^George Amyand, 
baronet, membre du Parlement; 3° Chris- 
tophe, commerçant. De sir George sont 
issus deux fils et deux filles, les comtesses 
de Minto et de Malmesbury (Agnew, 
Protest. Exiles). 

Il est difficile de ne pas admettre de 
parenté entre la famille qui précède et 
Daniel Amien, inscrit le 10 mai 1677 à 
la faculté de théologie de Genève comme 
natif de Vinsobre (Drôme), et qui, n'é- 
tant encore qu'étudiant, fut parrain de 
Daniel Amian, fils iVIsaac, chirurgien 
du roi, et d'Anne Hotot(Reg. de Cha- 
renton). Cet Amian, étudiant en 1677, 
était pasteur de La Ferté-Vidame en 
1679 [IV, 356 b]. Le chirurgien Isaac 
Amyan, outre son fils Daniel, eut en- 
core : Isaac, né le 29 nov. 1677, .Iran- 
Paul, né le -22 nov. 1682, et plusieurs 



filles. — Un Isaac Amiand, avec Anne 
sa femme, six fils et une fille, fut natu- 
ralisé à Londres le 9 sept. 1698. 

1. AMYOT (Jacques), savant hellé- 
niste et l'un des maîtres de la langue fran- 
çaise [Haag 1, 70], né à Melun en 153$, W 
et mort à Auxerre en 1593, eut dans sa 
jeunesse quelque penchant pour les 
doctrines de la Réforme, puisqu'il fut 
obligé de fuir Paris, en 1534, afin d'é- 
chapper aux poursuites, qui sévirent en 
cette année, contre les hérétiques. Il 
n'est donc pas impossible de le nommer 
dans une Riographie protestante. Mais 
choisi par le roi Henri II pour précep- 
teur des enfants de France, puis abbé 

de Rellozane (Normandie) en 1546, grand 
aumônier en 1560, commandant de l'or- 
dre du S. -Esprit, enfin ayant vécu les 
vingt-trois dernières années de sa vie 
et étant mort évèque d' Auxerre, Amyot 
n'a droit ici qu'à une simple mention. 

2. AMYOT (Nicolas), à Angers, 1563 
[IV, 500 a]. — (Pierre), sieur des Mon- 
ceaux, Gien, 1627, 1632 [VI, 28, a] — 
(Catherine), 1649 [VII, 394 b]. 

3. AMYOT, docteur en médecine et 
médecin ordinaire des eaux de Rourbon- 
les-Bains, remplit à plusieurs reprises 
les fonctions de commissaire du roi au- 
près des synodes de l'Orléanais. Zélé 
protestant, il refusa de se convertir lors 
de la révocation de l'édit de Nantes. Il 
finit pourtant par céder, et obtint la 
permission de retourner à Bourbon 
(Arch. gén. E, 3371), d'où il alla bientôt 
après s'établir à Rlois. En 1687, il fut 
dénoncé comme mauvais catholique 
(Arch. ibid.); mais cette dénonciation 
ne paraît pas lui avoir attiré de persé- 
cutions. Il n'en fut pas de même en 
1699 [X, 436], où soupçonné d'avoir fa- 
vorisé l'évasion de sa fille qui était passée 
en Angleterre, il fut arrêté et jeté à la 
Pastille (Arch. M, 678). L'année sui- 
vante, sa femme mourut, et comme elle 
avait refusé de recevoir les sacrements 
de l'Eglise romaine, ordre fut donné 
(Arch. E, 3386) de faire le procès à son 
époux. 

4. AMYOT(Jkan-Haptisti.;), d'Orléans, 
étudiant à Genève, 1672. — (Anne), 
femme de Moïse, horloger à Orléans. 
avec quatre enfants; assistes à Londres. 
1705. — (Pierre), naturalisé anglais. 



IXo 



AMYOT — AMYRAUT 



isr. 



8 mai 1697. — (Pierre), de Tours, ouvrier 
en soye, 56 ans. et sa femme. 5i ans. 
confesseuse; assistas à Londres. 1705. 
— Etienne Amiot, directeur de l'hospice 
des réfugiés franc, à Londres, i TOT». — 
Voy. Amiot. 

f. AMYRAULT Abel), seigneur de 
Beausoudun [I, 79 b; X, 318, 346] ou 
Yausoudan, fut pasteur de S.-Agnant 
dans le Maine, au moins depuis 1623 
jusqu'en 1663. On a lieu de croire qu'il 
était le père du célèbre théologien Moïse 
Amyraut qui suit. (Voy. C. Port, Dic- 
tionnaire hist.de Maine-et-Loire, I, 18.) 

•2. AMYRAUT Moïse). un des théolo- 
giens les plus distingués et les plus in- 
fluents du XYIP siècle [Haas I. 72. — 
I, 80 a, 233 h; II, 53 a, 310, 319, 3-2-2. 
495; IU, 96, 438, 176, -226 ; IV, 180 a, 
182 a, 423 b; Y. 103 a. 272 b, 301 b, 
418 a, 437 a. 514 h; Yi. 10 a, 208 b, 
209 a, 310 a; VIII. 437 b; IX, 58 b, 
176 a, 348 a: X. 319. 346]. 

Il naquit à Bourgueil, en Touraine.au 
mois de septembre 1596, d'une famille 
honorable qui prétendait descendre des 
L'Amyraultd'Orléans.i Yo\ . sur ce point 
Chauffepié.) Son père, désirant qu'il suc- 
cédât à un de ses oncles dans la charge 
de sénéchal de Bourgueil, l'envoya à 
Poitiers suivre l'école de droit. Le jeune 
Amyraut s'appliqua avec tant d'ardeur 
à l'étude de la jurisprudence, qu'au bout 
d'un an, il fut en état de prendre ses li- 
cences ; mais il n'alla pas plus loin dans 
une carrière qui semblait s'ouvrir à lui 
sous les plus heureux auspices. Les 
conseils de Bouchereau, ministre de 
Sancerre. fortifiés par l'impression pro- 
fonde que lui laissa la lecture de l'Insti- 
tution chrétienne de Calvin . le décidè- 
rent à étudier la théologie, et dès qu'il 
eut obtenu le consentement de son père, 
qui ne renonça pas toutefois sans peine 
à des arrangements de famille, il se 
rendit à Saumur où il fit son cours d'é- 
tudes sous Cameron. 

Lorsque Daillê fut appelé à Charen- 
ton. en 1626. l'église de Saumur choisit 
Amyraut pour le remplacer, en même 
temps que celles de Rouen et de Tours 
le demandaient pour pasteur. Saumur 
l'emporta et le chargea en même temps 
de remplir provisoirement à l'académie, 
de concert avec Gappel qu'elle lui adjoi- 



gnit, la chaire de théologie. En 1631, 
Amyraut fut député par la province 
d'Anjou au synode national de Charen- 
ton qui le chargea avec François de 
Mitntauhan de Rambault. seigneur dp 
Yillars et ancien de l'église de Gap. de 
porter en cour les remerciments des 
églises pour la permission qu'elles 
avaient obtenue de s'assembler, et aussi 
leurs très-humbles représentations. 

Des difficultés s'élevèrent tout d'abord 
sur la manière dont cette requête serait 
présentée. Richelieu voulait que. confor- 
mément à un cérémonial reçu, les dé- 
putés du synode parlassent au roi à ge- 
noux ; mais après de longues négocia- 
tions, la fermeté d' Amyraut obtint la sup- 
pression en fait de cet usage humiliant; 
moyennant sans doute la concession 
qu'il fit de dire en commençant son dis- 
cours : « Sire, les députés recognois- 
« sans la liberté de laquelle ils jouissent 
« par la grâce de Y. M., viennent ployer 
« les genoux devant elle pour luy en 
« faire l'hommage en révérence avec 
« tous les ressentiments de gratitude 
a dont l'esprit humain peut estre ca pâ- 
te ble. >• Sa harangue plut fort au cardi- 
nal de Richelieu qui conçut pour lui 
beaucoup d'estime et qui lui fit l'hon- 
neur de le consulter sur son fameux 
projet de réunion des deux Eglises. 

En 1632, Amyraut assista au synode 
provincial de Baugé (18 juin. L'année 
suivante (juin 1633 il subit avec Louis 
Cappel et Josué de La Place, devant le 
synode tenu à Saumur, les épreuves ré- 
glementaires. Il y satisfit et soutint sa 
thèse {De Sacerdotio Christi) à l'applau- 
dis>ement général. Il entra ainsi en 
exercice en même temps que deux collè- 
gues, avec lesquels il se ha d'une étroite 
amitié que n'altéra jamais la différence 
de leurs opinions sur certains points de 
la dogmatique. Leur affection dut lui 
être d'autant plus précieuse qu'il ne 
tarda pas à se trouver engagé dans une 
ardente polémique et exposé aux plus 
vives attaques. Disciple aimé de Came- 
ron. il avait adopté le système de conci- 
liation entre l'arminianisme et le goma- 
risme imaginé par son maître, et ses 
relations intimes avec Paul Testard, 
pasteur de Blois, l'avaient encore af- 
fermi dans ses convictions. La querelle 



187 



AMYRAUT 



188 



n'était point assoupie entre les deux 
partis qui avaient divisé le synode de 
Dordrecht ; peut-être Amyraut espéra- 
t-il y mettre un terme en se portant 
comme médiateur. Ce fut en 1634 qu'il 
publia son traité De la Prédestination 
où il développa ses opinions avec une 
sagacité et une érudition remarquables. 
Selon lui, Dieu désire le bonheur de 
tous les hommes et personne n'est exclu 
par un décret divin des bienfaits que 
procure la mort de Jésus-Christ; cepen- 
dant nul non plus ne peut y participer 
ni par conséquent être sauvé, à moins 
de croire en Jésus-Christ. Dieu, dans sa 
bonté immense et universelle, ne refuse 
à personne, il est vrai, le pouvoir de 
croire ; mais il n'accorde pas à tous 
l'assistance nécessaire pour qu'ils fas- 
sent usage de ce pouvoir, en sorte que 
plusieurs périssent par leur faute, sans 
qu'on puisse accuser la bonté de Dieu. 
Cette théorie, que l'on désigne sous le 
nom d'universalisme hypothétique, fut 
vigoureusement attaquée par André Ri- 
vet, Frédéric Spanheim, J.-H. Heideg- 
ger, Du Moulin, Jurieu, qui la traitèrent 
de pélagianisme déguisé et accusèrent 
l'auteur de contrevenir aux décisions du 
synode de Dordrecht pour favoriser 
l'arminianisme. En vain Amyraut vou- 
lut-il couvrir sa doctrine du nom de 
Calvin, en soutenant que le grand ré- 
formateur avait enseigné la grâce uni- 
verselle; il ne put convaincre ses adver- 
saires et la question fut portée devant 
le synode national d'Alençon. 

L'animosité contre le professeur de 
Saumur était telle que plusieurs dépu- 
tés ne parlaient de rien moins que de le 
déposer. Mais à cette époque déjà, il 
commençait à s'opérer dans les croyan- 
ces de l'Eglise protestante française un 
changement dont on doit peut-être cher- 
cher la cause principale dans la défense, 
faite dès 1623, d'admettre les étrangers 
aux fonctions pastorales et denvoyer 
les jeunes candidats au ministère faire 
leurs études hors du royaume. Avant 
cette défense, beaucoup de pasteurs 
sortaient chaque année des universités 
de la Suisse et de la Hollande, de celle 
de Genève surtout où dominaient les 
doctrines du calvinisme pur ; mais lors- 
que Louis Xlll eut déclaré qu'il ne per- 



mettrait plus à l'avenir qu'on mît à la 
tète des églises des ministres formés 
dans les écoles étrangères, les jeunes 
protestants qui se destinaient à la car- 
rière théologique furent forcés de faire 
leurs études dans l'une des trois univer- 
sités de Saumur, de Montauban ou de 
Nîmes. La première, qui était la plus 
célèbre, attira le plus grand nombre 
d'étudiants, surtout des provinces de 
deçà la Loire, et comme Caméron y pro- 
fessait des principes d'une tolérance 
assez large, il en résulta naturellement 
une modification notable dans les opi- 
nions du clergé protestant de France. 
Aussi le synode d'Alençon refusa-t-il de 
s'associer aux mesures de rigueur que- 
beaucoup de députés , principalement 
parmi ceux des églises du midi , récla- 
maient contre Amyraut. Sans s'arrêter 
aux lettres qui lui avaient été écrites par 
les universités de Genève et de Leyde, 
l'assemblée se déclara satisfaite des 
explications qu'il donna, ainsi que le 
pasteur Testard, et les renvoya l'un et 
l'autre honorablement en leur recom- 
mandant la discrétion et la prudence, et 
en imposant sur ces questions aux deux 
partis un silence qui fut mal gardé. 
Amyraut continuant à être attaqué, se 
défendit. De nouvelles plaintes furent 
donc portées contre lui au synode de 
Charenton, qui se montra peu disposé à 
y donner suite, et qui se contenta de 
renouveler la défense de « disputer sur 
des questions inutiles, qu'on ne propose 
que par pure curiosité et pour faire pa- 
raître la subtilité de son esprit. » Il ne 
tarda pas à donner d'ailleurs au profes- 
seur de Saumur une preuve de la haute 
estime qu'il avait pour lui, en le char- 
geant d'entrer en conférences avec La 
Milletière contre qui il avait déjà sou- 
tenu une vive polémique. Mais en dispu- 
tant de vive voix , les deux con trover s i rtes 
ne purent pas mieux parvenir à s'en- 
tendre. 

De retour à Saumur, Amyraut, tout 
en s'occupant de travaux plus utiles, 
continua de repousser avec autant de sa- 
gacité que de modération les attaques 
des adversaires de son système. Ces 
luttes incessantes étaient pénibles pour 
un homme d'un caractère doux et affa- 
ble comme il était; aussi se prèta-t-il de 



189 



AMYliAI J 



190 



grand cœur à une réconciliation avec 
Rivet. Du Moulin et le pasteur de la 
Rochelle. Philippe Vincent, qui avait 
chaudement combattu ses principes sur 
l'obéissance passive. 

Il avait été député en 1638 au synode 
de Rellesme ; il fut nommé recteur de 
l'acad. de Saumur en 1639. principal 
en 1640, « tant à cause de sa grande 
suffisance pour toutes les fonctions de 
la dite charge, que particulièrement afin 
de le retenir et conserver à cette acadé- 
mie en cas que son indisposition l'obli- 
geât à se décharger d'une partie ou de 
tout l'exercice de son ministère. » En 
1642, 1645, 1647, 1652, 1650. il prit en- 
core part aux travaux des synodes de 
diverses provinces et en 1658 il se ren- 
dit à Rourbon et à Paris sans doute pour 
le soin de sa santé qui allait s'aflàiblis- 
sant. 

En 1659, la prorince d'Anjou l'enleva 
une fois encore à ses doubles fonctions 
pour l'envoyer, en qualité de son repré- 
sentant, au synode national de Loudun. 
node lui confia le soin de publier, 
avec Blondel, Gaultier et Catelan, une 
édition correcte de la discipline des 
églises réformées de France. Après la 
clôture des séances de cette assemblée, 
Amyraut retourna à Saumur qu'il pa- 
rait n'avoir plus quitté jusqu'à sa mort, 
arrivée le 8 janvier 1664 '. 

A des talents éminents. à un parfait 
usage du monde, à un caractère plein 
de bienveillance et de fermeté à la fois, 
Amyraut joignait une charité inépuisa- 
ble. Pendant les dix dernières années de 
sa vie. il distribua aux pau^ 
distinction de religion, les revenus de sa 
place de pasteur. Ce désintéressement 
ne put lui faire trouver grâce aux yeux 
itholiques bigots qui. en 166"2. lui 
intentèrent un procès au sujet de la 
taille. Le procureur général près de la 
cour des aides saisit cette occasion pour 
obtenir un arrêt qui défendit à toi. 
ministres de prendre. — attentat scan- 
daleux, selon lui, — le titre de docteur 
en théologie! Amyraut trouva du moins 
une compensation à ces misérables vexa- 
tions, dans les témoignages de considé- 
ration et de respect qu'il reçut jusqu'à la 

1 Jean Carré y fit imprimer la même année des vers 
hébreux sur sa mort (11!, 226 a|. 



fin de sa vie d'un grand nombre de ca- 
tholiques, parmi lesquels on cite des 
évêques . des archevêques . les cardi- 
naux de Richelieu et de Mazarin . les 
maréchaux de Rrézé et de La Meille- 
raie . et le premier président du parle- 
ment de Rourgogne. Le Goux de La Rer- 
chère. — Son portrait a été peint par 
Philippe de Champagne et gravé par 
Pierre Lombard. 

Dogmatiste. exégète. moraliste et pré- 
dicateur renommé, Amyraut a beaucoup 
écrit, mais ses ouvrages sont fort rares. 
Nous en donnerons la liste en suivant. 
autant que possible, l'ordre de leur pu- 
blication. 

I. Cent cinquante sonnets chrestiens ; 
Paris, chez Pierre des Hayes, rue de La 
Harpe, à la Rose rouge, 1625, in-16. 
Précédé d'une épitre dédicatoire (signée 
M. A.) à haute et puissante dame ma- 
dame de Clermont d'Amboise, marquise 
douairière de Garlande. 

II. Hymne de la puissance divine: 
Paris, 1625, in-16: précédé d'une dédi- 
cace (signée M. A. . a très-noble et très- 
vertueuse demoiselle, M lle de Clermont 
d'Amboise. 

Personne n'avait soupçonné dans le 
sévère théologien Moïse Amyraut la pas- 
sion de faire et de publier des vers. Un 
de nos bibliophiles les plus éclairés, qui 
connaît à merveille les produits typo- 
graphiques de la Touraine et de l'Anjou, 
dontil|>ossède une précieuse collection 1 , 
M. J. Taschereau, directeur de laRiblio- 
thèque nationale, rencontra un jour les 
deux volumes poétiques ci -dessus cotés, 
et pensa que les initiale- M. A. pou- 
vaient cacher le nom du ministre de 
Saumur. M. Charles Read qu'il consulta 
sur ce point, lui écrivit : « Le nom de 
Clermont d'Amboise est une forte pré- 
somption que l'ouvrage est en effet d'A- 
myraut. La maison de Clermont d'Am- 
boise est une des plus illustres de notre 
France protestante à cette époque. I 
un Clermont d'Amboise qui présidait 
l'assemblée politique de Châtellerault où 
s'ouvrirent en 1597 les négociations pour 
l'édit de Nantes. Le nom de Garlande 
confirme aussi la présomption, car le 
marquis de Garlande ou Gallerande était 

1 Laquelle nous a largement servi à compléter la pré- 
sente bibliographie. 



191 



AMYRAUT 



192 



L'aîné de la même maison ; c'était le; titre 
que portait précisément le président de 
l'assemblée de 1597 et la marquise 
douairière en 102") était probablement sa 
veuve. Le ton de la dédicace et celui des 
sonnets me semblent bien huguenots. 
Enfin je possède, parune heureuse coïn- 
cidence, un volume qui tranche la ques- 
tion en ce qui concerne le libraire : 
c'est un psautier de Charenton indiqué 
chez Pierre desHayes, rue de La Harpe, 
à la Rose rouge. » Nous rendrons la 
vraisemblance plus frappante encore en 
citant un passage des registres de l'acad. 
de Saumur (f° 52) qui montre Amyraut 
réprimandé pour s'occuper de vers lors- 
qu'il n'était encore qu'étudiant : « Le 
mercredi 19 aoust 1620, après enqueste 
faicte touchant Amirault escholier en la 
première classe et Fautrart estudiant en 
philosophie chargez d'avoir escript et 
semé les vers composés par Viguier 
[contre d'autres étudiants], il a esté 
adouci qu'en prenant pied sur les satis- 
factions faictes par le d. Viguier on se 
contentera que remonstrances leur soient 
faictes par les professeur et régent. » 

Du reste, les vers d' Amyraut n'avaient 
rien qui les distinguât des autres vers 
très médiocres du même temps ; voici le 
commencement d'un de ses sonnets pris 
au hasard , le 71 me : 

Que me veux- tu, mon âme, quand tu fais 
Sonner au cœur une complainte amère 
Pour tes ennuis? U ma seulette, espère 
En ton Sauveur et endure, et te tais. 

Tous tes soucis en qui tu te déplais, 
De la douceur de sa grâce, tempère ! 
Il est ton Dieu, ton Seigneur et ton Père, 
Ton Rédempteur, le Prince de ta paix. 

III. Traité des religions contre ceux 
qui les estiment indifférentes ; Saumur, 
chez Cl. Girard, 1031, in-8°; 2" édit. Sau- 
mur, 1052, in-4°. Cette deuxième édition 
est précédée d'une épître à Mgr de Tu- 
renne, du 25 mars 1052. Traduit en alle- 
mand par Adrien Steger, Leipzig, 1007, 
in-12, et 1719, in-12; en anglais, Lon- 
dres, 1000, in-12.— L'ouvrage est divisé 
en trois parties. Dans la l re , l'auteur 
combat les Epicuriens qui nient la Pro- 
vidence ; dans la 2 e , il établit la néces- 
sité d'une religion révélée; dans la 3 e , il 



prouve que la religion chrétienne doit 
être préférée à toutes les autres. 

IV. Traité de la prédestination ; Sau- 
mur, 1634, in-8°; trad. latine, Salmurii, 
1034, in-4° ; nouvelle édit., Saumur, 
1058, in-8°,chez Isaac Desbordes (358 p.). 
Le titre exact de cette dernière est : 
Brief traité de la prédestination avec 
V eschantillon de la doctrine de Cah:in 
sur le même sujet et laResponseà M. de 
L. M. sur la matière de la grâce et au- 
tres questions de théologie. Elle est dé- 
diée « A mess, les estudians en théologie 
de l'académie de Saumur. » Dans cet 
ouvrage, Amyraut développe ses idées 
sur la grâce divine. Gomme Zwingle, il 
croit que les païens vertueux seront 
sauvés. C'est vraisemblablement à cette 
polémique que se rattache un autre écrit 
d' Amyraut intitulé Réplique à M. de La 
Milletière; Charenton, 1633, in-8°. 

V. 1. Sermon sur l'Apocalypse, II, 
27 ; Charenton. Melchior Mondière, 1030, 
in-8°. 

2. Six sermons de la nature, étendue, 
nécessité dispensative et efficace de l'E- 
vangile; Saumur, 1036, in-8°, trad. en 
latin par Heinhold, Stade en Hanovre, 
1717, in-8°. 

3. Trois sermons sur V épître aux 
Ephésiens, ch. I, v. 16; Charenton, 1639, 
in-12(177p.). 

4. Sermon sur ces mots : « C'est 
Dieu, etc. » (Philipp., v. 13), prononcé 
à Chastelerault le jour de la Pentecoste 
lorsque le synode de Poitou y célébrait 
la Cène. — Avec un autre prononcé à 
Saumur sur les mesmes mots; Saumur, 
1640, in-8°. Dédié à M. de S.-George de 
Vérac. 

5. Sermon sur le v. 55 de la l re épître 
de S. Paul aux Corinth. ; Saumur, 1644, 
in-10 (40 p.). 

0. Sermon sur 2 T'un. I, 12, prononcé 
le 29 janvier 1045 pendant la tenue du 
synode à Charenton; Charenton, par 
Melchior Mondière, demeurant â Paris 
en la court du Palais, aux Deux Vipères, 
1645, in-12. 

7. Sermon sur ces mois de l'Apoca- 
lypse, I, 4 et 5 : « Jean aux sept égli- 
ses, » etc. , prononcé le jeudy i de 
may 1045; Saumur, 1045, in-10. 

8. Deux sermons .sur les versets 1 et S 
de S. Jean (ép. 1, ch.|5), prononcés à Gha- 



193 



AMYRAUT 



194 



renton au mois d'oct. 1645, avec une 
action sur le dimanche 47 du catéchisme; 
Saumur, 1646, in-8°. Dédié k'M^deMo- 
rin.s à Bordeaux. 

9. Sermon sur Ps. XIV. 1 : Saumur, 
1645, in-16. 

10 et 11. Deux sermons, l'un sur ces 
mots de la Gen. (III, 19) : « Tu es pou- 
dre, » l'autre sur ces mots de Christ : « En 
vérité je vous dis » (Jean, VIII, 51); pro- 
noncés à Saumur le jour des Cendres et 
quelques jours après; Saumur, in-8°, 
1646. 

12. Sermons sur quelques sentences 
de l'Ecriture ; Saumur, 1647, in-18. 

13. Quatre sermons sur quelques sen- 
tences del'Ecriture; Saumur, 1648, in-12. 

14. Trois sermons sur II Cor.; III, 
13-16, 17 et 18; Saumur. 1651. in-12. 

15. Un sermon du voile de Moise ; 
Saumur, 1651, in-18. 

16. Le Mystère de piété, expliqué en 
quatre sermons; Saumur, 1651, in-12. 

17. Sermon sur la XLTV* section du 
catéchisme, prononcé à Saumur le 3 de 
mars 1652; Saumur, 1652, in-8°, 48 pag., 
non compris une courte dédicace à 
M me de La Muce dans laquelle on lit : 
« Au reste, Madame, j'ay une prière ù 
vous faire, de la quelle je m'asseure que 
vous ne me refuserés pas. L'idée que je 
me suis formée de l'incomparable vertu 
de feu monsieur de La Noue vostre 
grand père, par ce que j'ay pu lire de 
luy dans ses écrits et dans les histoires. 
m'a fait désirer ardamment d'en avoir 
une connoissance plus exacte. Faites moy 
donc, s'il vous plaist, Madame, la faveur 
de me dire s'il n'est point resté dans 
vostre maison quelques mémoires de sa 
vie dont on la peust recueillir. Car je 
vous proteste que si j'en avois et que 
vous jugeassiez ma plume capable de 
l'écrire, je me sentirois heureux de pou- 
voir mettre l'image de ce héros devant 
les yeux de nostre jeune noblesse pour 
l'exciter ù la vertu. Et je crois que vous 
sériés bien aise, Madame, que messieurs 
vos petits enfans en tirassent, outre 
l'avantage de la gloire qu'ils ont d'en 
estre descendus, l'utilité qui leur revien- 
droit de son imitation. » 

Voy. ci-après aux numéros 23 (col. 
194) et XXXYIII la suite du projet ici 
annoncé. 



18. Sermons sur divers textes de l'E- 
criture Sainte, prononcés en divers lieux 
par Moyse Amyraut, 2 e édit. ; Saumur, 
1653, in-8° (495 p.). Cette collection réu- 
nit onze sermons qui avaient été déjà 
publiés séparément, en particulier les 
six sermons de la nature de l'Evangile, 
de 1636. 

19. Un sermon sur ces paroles du pro- 
phète Jérémie, X, 5, 2 : « Ainsi a dit 
l'Eternel, n'apprenez point le train de» 
nations ; ■» Saumur, Jean Lesnier, im- 
primeur et libraire, au Livre d'or, 1654, 
in-8°. — Autre édition, 1654, à Charen- 
ton. chez Louis Yendosme, marchand- 
libraire à Paris, au bout du pont S. -Mi- 
chel, au Sacrifice d'Abraham. 

20. Un sermon sur Hébr. XII, 29, 
prononcé à Nyort pendant le synode le 
dernier d'aoust 1656 (avec une lettre à 
M. de Superville, docteur en médecine 
à Nyort; Saumur, 1656, in-8°. 

21. Sermon sur ces paroles de J.-C. 
«Ayés lajoy de Dieu, » Marc XI, 22, 
prononcé en l'église du Mans, recueilli 
à Belair le 5 aoust 1627 (lisez 1657) ; Sau- 
mur, 1657; avec dédicace à M me la mar- 
quise de Congnée. 

22. Quatre sermons sur le chap. YI 
del'épitre aux Hébrieux, v. 4, 5, 6 ; Sau- 
mur, 1657, in-8° (184 p.); avec une dé- 
dicace à M mc de Soucelles. 

23. Melchisedec représenté en quatre 
sermons sur le chap. Vil de l'Epistreaux 
Hébrieux, v. 1, 2 et 3; Saumur, J. Des- 
bordes, 1657 (166 pag.); avec une dédi- 
cace à M me la marquise douairière de 
La Muce en date du lendemain de Pâ- 
ques 1657 et commençant par ces mots: 
« Madame, il y a déjà quelques années 
que je me suis obligé envers le public 
d'une chose qui vous regarde en parti- 
culier avec cette illustre maison de la q. 
vous estes issue : C'est de mettre au jour 
la vie de feu Monsieur vostre Grand- Père 
cet incomparable héros que l'on nom- 
moit Bras-de-Fer. Mais je suis de ces 
gens que l'on appelle communément 
affairés et qui ayant diverses dettes sur 
les bras se trouvent bien embarrassés...» 

24. Huit sermons sur Hébr. YI, 4-6, 
et YII, 1-3; Saumur, 1657, in->°. 

25. Cinq sermons prononcez à Cha- 
renton (130, 56 et 55 p.); ensemble un 
Discours chrestien prononcé à Bourbon 



195 



AMYRAUT 



196 



(dédié à S. A. M llc de Buillon) ; Charen- 
ton, A. Cellier, 1658, in-8° ; précédé 
d'une Lettre à M. Amyot, docteur mé- 
decin à G y en). 

26. Trois sermons sur l'épître aux 
Hébr., I, 3; avec une épître à S.A. M lle 
de Buillon; Charenton, Ant. Cellier à 
Paris, 1658, in-8°. 

27. Deux sermons, l'un sur ces paro- 
les de S. Paul, 1 Cor. XV, 2-3, l'autre sur 
ces paroles de Christ, Jean XVI, 8-11, 
prononcez à Charenton; par A. Cellier, 
1658, in-8°. 

28. Sermon sur la convalescence du 
Roy, prononcé à Saumur en 1658, le 
18 aoust; Saumur, Isaac Desbordes, 
1658, in-8°. 

29. Deux sermons sur la matière de la 
justification et de la sanctification (avec 
dédicace à M mc de Beuvrière, du 25 août 
1658); Saumur, 1658, in-8°. 

30. Vingt-quatre sermons; Saumur, 
1658, in-8°. 

31. Sermon sur ces paroles de S.Paul, 
I Corinth. XV, 28 : « Et quand toutes 
choses »..., prononcé à Charenton ; Cha- 
renton, 1659, in-8°. Avec une lettre dé- 
dicatoire (Orléans, 13 déc. 1658) à M. de 
Launay, conseiller secret, du Roy. 

32. Le Tabernacle expliqué en cinq 
sermons sur l'ép. aux Hébr., IX, 2-5; 
avec un Discours sur les habits sacrez 
d'Aron; Saumur, 1 858, in-8° (256p.); dé- 
dié à M rae de La Muce. — Au t. XIV de 
la collection Conrart (Bibliot. de l'Arse- 
nal) se trouve en manuscrit le Discours 
touchant les vestements sacrez du sou- 
verain sacrificateur , ainsi qu'une autre 
dissertation d' Amyraut: De l'imputation 
du 'péché d'Adam. 

33. Le ravissement de S. Paul (2 Cor. 
XII, 1-5), expliqué en quatre sermons ; 
avec dédicace à M me la marquise de Gou- 
vernet ; Saumur, Ant. Rousselet, 1660, 
in-8°(169p.). 

34. Sermon sur la première épître de 
S. Pierre (III, 20, 21), prononcé à Lou- 
dun un jour deCène, le synode national 
y tenant ; avec dédicace à M. de La Bou- 
tetière; Saumur, 1660, in-8° (59 p.). 

35. Sermon sur le sujet de la paix; 
prononcé à Saumur le dernier de février 
1660; avec dédicace à M. du Vivier, 
F. M. D. S. E. (fidèle ministre du saint 
Evangile), 1660, in-8° (54 p.). 



36. Sermon sur les paraboles du Christ 
(Jean XVII, 24) ; Saumur, 1662, in-8°. 

VI. Echantillon de la doctrine de 
Calvin sur la prédestination. La l rc édi- 
tion parut avant 1637. Cet opuscule fut 
réimprimé en 1658, avec le traité de la 
prédestination. 

VIL Lettre à La Milletière, sur son 
écrit contre Du Moulin; Saumur, 1637, 
in-8° ; réimpr. aussi avec le traité de la 
prédestination. L'année suivante, Amy- 
raut attaqua plus directement encore les 
opinions de La Milletière dans son traité 
De la justification contre les opinions 
de M. de La Milletière, où sont exami- 
nées les raisons de l'Eglise romaine sur 
cette matière et la doctrine des Evangè- 
liqucs défendue contre elles; Saumur, 
Lesnier etDesbordes, 1638, in-8°(2 c édit. 
1658, in-8°) ; et dans celui du Mérite des 
œuvres, contre les opinions de M. de 
La Milletière, où les raisons des Evan- 
géliques sur ce subjet sont maintenues 
contre ses exceptions et celles de l'Eglise 
romaine réfutées; Saumur, Lesnier, 
1638, in-8° (244 p.). La Milletière répon- 
dit : Response à M. Amiraut, ministre 
et prof, en théol., à Saumur. Sur une 
conférence amiable entr'eux, pour l'exa- 
men des moyens par luy proposez pour 
la réunion avec les catholiques; Paris, 
1638, 1" fév. (167 p.); et de plus : Ad- 
monition à M. Amyraut de sa contra- 
diction manifeste avec M. Mestrezat et 
M. Testard, sur le nœud de la matière 
de la justification du fidèle, défendue 
selon la vérité catholique; Paris, P. Ro- 
collet, 1638 (27 avril), 83 p. — Amyraut 
rétorqua la première de ces deux brochu- 
res par sa : Réplique à M.de La Mille- 
tière , sur son offre d'une conférence 
amiable pour l'examen de ses moyens 
de réunion, où sont traittëes diverses 
questions théologiques, par Moyse Amy- 
raut; Charenton, Isaac Dedieu , 1638, 
in-8° (197 p.). — Ces ouvrages roulent 
sur les questions les plus ardues de la 
théologie : la matière de la grâce, l'éga- 
lité de la corruption des hommes, l'es- 
prit de servitude, l'opération de la grâce, 
l'alliance de l'Evangile et son étendue, 
etc. Théophile Brachet de La Milletière 
était un laïque, alors protestant, qui se 
préoccupait surtout de la réunion des deux 
Eglises et qui publia encore, quelques 



10? 



AMYRAUT 



198 



années plu» tard, d'autres opuscules 
contre les opinions d'Amyraut, notam- 
ment : Réplique à la response de M. 
Amiraut; Paris, 1642 (7 mars), in-8, 
39 p. — La Facilité de se réunir et de 
réformer l'Eglise. Représentée par une 
lettre familière de M. de La Millet ière 
à M. Amyraut pour le convier a se 
ranger à ce dessein plut os t qu'à réfuter 
les nouvelles hérésies ; Paris, I. Desdin, 
1 1 i 4 2 1-2 mars;, 30 p. in-8". 

VIII. De Providentia Dei in malo ; 
Saumur, 1638, in-4\ 

IX. De l'élévation de la foy et de l'a- 
baissement de la raison en la créance 
des mystères de la religion, avec une 
épitre à très-haute et illustre princesse 
M nic Marie de La Tour, duchesse de 
La Trémoille et de Thouars ; Saumur, 
1641. 2 e édition; Charenton, 1644, in- 12 

p.). 

X. Defensio doctrinx J. Calvini de 
absoluto reprobaiionis decreto, adversus 
anonymum; Salmurii 16il, in-4", avec 
une épitre dédicatoire, adressée à Jean- 
Maxunilien Langle , ministre de Rouen. 
Cette défense de Calvin fut traduite suus 
le titre : Défense de la doctrine de Cal- 
vin, sur le sujet de l'élection et de la ré- 
probation; Saumur, 1644, in-8° (20 et 
616 p.], à la demande de l'académie de 
Saumur, qui lui alloua 50 liv. d'indem- 
nité (Délibération du 23 avril 16i4j. Sui- 
vant Lipenius, elle fut réimprimée en 
16Î1. 

XI. Dissertât iones theologicx VI 
quarum I de œconomia trium persona- 
rum, II de jure Dei in creaturas, III de 
gratia universali, IV de gratia particu- 
lari, V de serpente tentatore, VI de pec- 
cato originis. — Les quatre premières 
furent publiées on 161,"). précédées d'une 
lettre à André Rivet, pasteur et prof, 
à La Haye, en date du 7 déc. 1644. Les 
deux autres furent ajoutées dans une 
nouvelle édition, qui parut à Saumur, 
en 1660, in-8°. Walch se trompe lors- 
qu'il considère comme un ouvra;: 

cial ces deux dernières dissertations. La 
première fut reproduite séparément à 
Halle, 1713, in-K 

XII. Paraphrases- sur l'Epifrc aux 
Romains: Saumur, 1644, in-8; — sur 
l'épitre aux Calâtes; Saum. 1645. ln-8°; 
— Observations sur les épitres aux Co- 



lossiens et aux Thcssaloniciens ; Saum. 
1645 et 1665, in-8°; — Considérations 
sur les épîtres aux Ephésiens et aux Phi- 
lippiens; Saum. 1645, in-8°; — Para- 
phrases sur l'épitre aux Hébreux ; 
Saum. 1646, in-8°; — sur les épitres à 
Timothée, à Tite, à Philémon; Saum. 
1646, in-8°; — sur les épitres catholi- 
ques de saint Jacques, Pierre, Jean et 
Jude; Saum. 1647, in-8° ; — sur les 
épitres aux Corinthiens; Saum. 1649, 
in-8; — sur l'Evangile de S. Jean; 
Saum. 1651, in-8 0J28 V-r. — Para- 
phrase sur les Actes des saints apôtres. 
Nous n'avons pu trouver de première 
partie de ce dernier ouvrage, mais seu- 
lement deux volumes intitulés : Seconde 
partie; Saumur, 1653, in-8°, chapitres 
1 à 13 (626 p.); — Seconde partie; Sau- 
mur. 1654, chap. 14 p.). 

Nous avons cru devoir réunir ces dif- 
férents opuscules, quoique publiés suc- 
. ement dans l'espace de dix années. 
Amyraut n'y mit pas son nom de peur 
des préventions qu'il n'eut pas manqué 
de soulever parmi les catholiques. 

XIU. D< claratio fidei contra errores 
Arminianorum ; Salmurii, 1646, in- 12, 
traduit en français, sous ce titre : La 
créance de Moyse Amyraut sur les er- 
reurs des Arminiens, in-8°, sans nom 
de heu ni date. 

XIV. Exercitatio de gratia Dei uni- 
<ili; Sulm. 1647, in-- 

XV. I> l'état des fidèle* 
après la mort ; S.iumur. ltiiii, in-i°, et 
1657, in-8: traduit en flamand, L'trecht, 

. in-8*; eu allemand, Leipsick, 
1696, in-12. L'ouvrage commence par 
une lettre de « l'auteur à, sa femme. » 
En effet, Amyraut composa ce livre 
pour consoler sa femme de la mort de 
leur fille. Il en a paru aussi une traduc- 
tion anglaise sans date), sous ce titre : 
The évidence ofthings not seen or di 
scriptural and philosophical discourses 
conceming the stade of Good and holy 
men after Death, by that eminently 
leamed divine Moses Amyraldus, trans- 
lated by a minuter of the church of 
Englaml; London, in-8° (232 p.). Le 
traducteur qui signe C.-.J.. a. aussi fait 
précéder son livre d'une lettre « to bis 
dearest consort. » 

XVI. Apologie pour ceux de la Relu 



199 



AMYRAUT 



200 



gion sur les sujets d'aversion que plu- 
sieurs peuventavoir contre leur personne 
et leur religion; Saumur, 1647, in-12; 
Gharenton, 1648, in-8°. — L'auteur 
cherche à justifier ses coreligionnaires 
au sujet des guerres religieuses qui ont 
désolé si longtemps la France, en décla- 
rant toutefois de la manière la plus for- 
melle, qu'il n'est en aucun cas permis 
à des sujets de prendre les armes con- 
tre leur prince, et en proclamant con- 
forme aux principes de l'Evangile et de 
l'Eglise primitive de n'opposer à la per- 
sécution que la patience , les larmes et 
la prière. 

XVII. Disputatio de libero hominis 
arbitrio; Salmurii, 1647, in-12; avec 
une épître dédicatoire à Jean de Croï, 
pasteur de Béziers. 

XVIII. De secessione ab ecclesia Ro~ 
mana deque ratione pacis inter evan- 
gelicos in religionis negotio constituenda;, 
disputatio; Salm. 1647, in-8°; dédié à 
Guillaume VI, landgrave de Hesse; 
trad. en allem., Gassel, 1649, in-8°. — 
Amyraut composa cet ouvrage dans 
l'espoir de réunir tous les réformés con- 
tre l'Eglise romaine qui ne cessait de 
reprocher à l'Eglise protestante les schis- 
mes qui la divisaient. Quelques années 
plus tard, il traita avec plus de dévelop- 
pement le même sujet dans son Etp'/j- 
vikov sive de ratione pacis in religionis 
negotio inter Evangelicos constituendsô 
consilium; Salm., 1662, in-8° (16 et 
407 p.), qu'il dédia à quatre théologiens 
allemands de Marbourg et de Rinthlen. 
Les auteurs de la. Biographie universelle 
ne nous apprennent pas sur quoi ils se 
fondent pour contester cet ouvrage à no- 
tre auteur. 

XIX. Considerationes in cap. Vil 
D. Pauli ad Romanos; Salm. 1648, 
in-12. 

XX. Spécimen animadversionum in 
exercitat. de gratia universali; Salm. 
1648, in-4° (2 tomes de 346 et 508 p. en 
un vol.). Cet écrit est dirigé contre le 
théologien allemand, Fried. Spanheim; 
voici dans quelles circonstances : « Le 
sieur Amyrault a remonstré que par le 
synode de Gharenton dernier, il a été ar- 
rêté que si quelques écrits publics ve- 
noient de dehors le Royaume par les 
q. sa doctrine fut rendue suspecte ou 



sa réputation flétrie , il demanderoit 
permission au synode d'y faire réponse 
et étant notoire que le s r Spanheim a 
composé de gros livres impugnant sa 
doctrine, demande qu'il lui soit donc 
permis de se défendre, la soutenant or- 
thodoxe, afin qu'elle ne soit blâmée et 
que son long silence ne soit préjudicia- 
ble à sa réputation. La Compagnie, vu 
l'arrêté du dit syn. national, et que 
les livres dudit s r Spanheim se voient 
dans les boutiques des libraires, a per- 
mis audit s r Amyrault de se défendre et 
communiquera ses écrits aux professeurs 
de lad. académie de Saumur et soit 
exhorté de se contenir, en écrivant dans 
les termes des synodes nationaux d'A- 
lençon et de Gharenton derniers. » (Sy- 
node provinc. de Saumur, juill. 1646.) 

XXI. Considérations sur les droitspar 
lesquels la nature a réglé les mariages; 
Saumur, 1648, in-8°(16 et 429 p.). Pré- 
cédé d'une épître dédicatoire (du 15 août 
1648) àM.Le Goux, sgrdeLaBerchère, 
premier président au parlem. de Gre- 
noble. Traduit en latin par Reinhold, 
sous ce titre : Moysis Amyraldi theol. 
et philosophi clarissimi de jure naturx 
quod cormubia dirigit dispositions sex 
ex gallica versai a Bern. Henr. Rei- 
noldo antecessore Herbonense, ex biblio- 
theca Gerh. von Maestricht J. C. S. B. 
qui notas aliaque ejusd. argumenti ad- 
didit; Staduc, 1712, in-8°; réimprimé en 
1717. 

XXII. Six livres de la vocation des 
pasteurs; Saumur, J. Lesnier, 1648, 
in -8°. Précédé d'une épître dédicatoire 
(du 16 nov. 1648) à Mgr Henry Charles 
de la Trémoille; 2 e édit., Saum. 1649, 
sans autre changement que la date delà 
lettre (2 déc. 1648); l'une et l'autre 
496 p. Ce livre est la réfutation par 
Amyraut, d'une des accusations les plus 
rebattues par les missionnaires catholi- 
ques, savoir que la vocation des pasteurs 
réformés n'est pas légitime. 

XXIII. Ad G. Riveti responsoriam 
epistolamreplicatio ; Salm. 1649, in-8°. 

XXIV. Adversus epistolx historien 
criminationes dej'ensio, ad D. Chabro- 
lium ïhoarsensis ecclesia; pastorem ; 
Salm. 1649, in-12; 2 e édit., 1662, in-8». 
— Défense des principes soutenus dans 
l'Apologie. 



201 



AMYRAUT 



202 



XXV. Discours de la souveraineté 
des rois; Paris (Charent.?), 1650, in-8°. 
— Dans cet écrit, composé à l'occasion 
de l'exécution de Charles I er , roi d'An- 
gleterre, Amyraut s'élève contre les In- 
dépendants, en se portant le défenseur 
de l'inviolabilité de la personne royale 
et en proclamant le principe de l'obéis- 
sance passive. Ce livre contribua sans 
aucun doute à lui gagner la faveur de 
Mazarin, mais il lui attira les plus vives 
attaques de la part de Philippe Vincent, 
qui avait déjà combattu ses principes sur 
cette matière. 

XXVI. La Morale chrétienne; Sau- 
mur, 1652-1660, 6 vol. in-8°, chacun de 
650 à 800 pag. — Fruit des conversations 
d' Amyraut avec Villarnoul, un des gen- 
tilhommes les plus instruits de l'Europe, 
et digne héritier à cet égard de son aïeul 
maternel Du Plessis-Momay , cet ou- 
vrage est le premier essai qui ait été fait 
en France d'un système complet de mo- 
rale. Il se divise en quatre parties. Dans 
la l re , l'auteur nous présente l'homme 
dans l'état de nature, avant qu'il y ait 
eu ni loi morale ni législateur, et il re- 
cherche les lois que la nature impose à 
l'homme dans cet état, qui n'est point 
un état de sainteté, mais un état d'inno- 
cence, d'ignorance du mal. Il tire ainsi, 
selon son expression, la première idée 
de la morale des pures institutions de la 
nature; en d'autres termes, il fait décou- 
ler nos devoirs envers Dieu, envers le 
prochain et envers nous-mêmes des fa- 
cultés et des instincts innés en nous. 
Dans la 2 e partie, il considère l'homme 
dans son état de corruption, et il dé- 
montre par une critique sage et éclairée 
l'imperfection de la morale des païens et 
des Juifs. Il ne se dissimule pas que la 
morale des livres saints est loin d'être 
partout irréprochable. Selon lui, le Dé- 
calogue n'est pas le résumé de toute la 
législation morale révélée, et il ne voit 
pas simplement dans les enseignements 
du Christ et des Apôtres le développe- 
ment de la loi donnée sur le Sinaï. Heu- 
reux novateur à cet égard, il remonte au 
delà de Moïse, et il cherche les bases de 
la morale chrétienne dans les lois mêmes 
de la nature humaine. «Je me suis pro- 
posé, dit-il, de faire une morale chré- 
tienne dans laquelle j'édifierai sur les 



fondements de la nature les enseigne- 
ments qui nous ont été donnés par la 
révélation. » Les dernières parties sont 
donc consacrées à la morale évangélique, 
mais considérée plutôt sous le rapport 
des devoirs que l'homme doit remplir 
dans les différentes situations de la vie, 
que sous un point de vue général. C'est 
un défaut, et le plan, plus historique que 
systématique, suivi par l'auteur, en a 
nécessairement entraîné un autre, — de 
fréquentes répétitions. Le style, d'ail- 
leurs, ne manque pas d'une certaine élo- 
quence, de chaleur ni de clarté. Tout en 
imprimant à son livre le cachet d'une 
vaste érudition , Amyraut a su éviter 
avec habdeté cette forme sèche et sub- 
tile pour laquelle les moralistes de l'épo- 
que avaient une prédilection marquée. 
Admirateur de l'Ethique d'Aristote, il 
s'est sans doute renfermé trop scrupu- 
leusement dans les limites tracées par 
le philosophe de Stagyre, mais on ne 
peut lui contester le mérite d'avoir le 
premier établi une distinction bien mar- 
quée entre la morale de Moïse et celle 
du Christ. 

XXVII. Du gouvernement de l'Eglise 
contre ceux qui veulent abolir l'usage et 
l'autorité des synodes; Saumur, 1053, 
in-8°. 2 e édit. : Saumur, 1058; avec un 
Appendice au livre Du gouvernement de 
l'Eglise où il est traitté de la puissance 
des coîisistoires. — Les doctrines des In- 
dépendants d'Angleterre avaient trouvé 
des partisans parmi les protestants fran- 
çais, surtout dans les provinces mari- 
times. Le synode de Charenton les avait 
hautement condamnées déjà en 1644 ; 
mais sans doute que ses censures n'a- 
vaient pas suffi, comme il l'espérait, 
pour couper le mal dans sa racine, puis- 
que Amyraut entreprit de nouveau de 
les combattre dans cet ouvrage, 

XXVIU. Du règne de mille ans ou de 
la prospérité de l'Eglise; Saumur, 1654, 
un vol. in-8°. — Toujours infatigable, 
Amyraut venait à peine de lancer son 
manifeste contre les Indépendants, lors- 
qu'il prit à partie un avocat de Paris, 
nommé de Launay, qui était grand par- 
tisan du chiliasme. Cette fois, il rencon- 
tra un rude adversaire qui ne voulut pas 
lui céder le dernier mot. A sa Réponse 
(Charent. 1655, in-8°), Amyraut opposa 



203 



AMYRAUT 



204 



une Réplique (1656, in-8°) à laquelle de 
Launay répliqua à son tour par un Exa- 
mende saRéplique(Charent. 1658, in-8 }; 
et Amyraut termina la querelle par une 
Apologie contre les invectives de Lau- 
nay ; Saumur, 1657, in-8°. Du moins 
termina-t-il ainsi avec cet adversaire; 
mais d'antres opposants s'élevèrent, té- 
moin l'ouvrage suivant : Assertion du 
règne de mille ans ou de la prospérité 
de l'Eglise de Christ en la terre. Pour 
servir de responce aie Traittè de Mon- 
sieur Moi/se Amyraut sur ce même su- 
ject. Descouvrant le triste préjugé qui 
possède aujourd'huy la pluspart des 
Eglises contre le règne du Seigneur de 
toute la terre, par Pierre Serrurier ; Ams- 
terdam, Gh.LuyCken, 1657, in-8°(397 p.). 

XXIX. Explication de l'histoire de 
Joseph; Saumur, 1658, in-8°. 

XXX. Discours sur les songes divins 
dont il est parlé dans l'Ecriture ; Sau- 
mur, 1659, in-12; dédié à M. Gâches; 
traduit en angl. par Lovvde, Londres, 
1676, in-8». 

XXXI. Exposition du chapitre VI de 
F épistre aux Romains ; Charent., L.Ven- 
dosme, 1659, 64 p. in-8°. Dédié, en tête, 
à M Ile de La Suze. — L'Exposition du 
chap. VIII (Gharent. 1659; 117 p. in-8°) 
est dédiée à S. A. M mc la princesse de 
Turenne. L'Exposition du chap. XV de 
la l re aux Corinth. est dédiée : A M. Con- 
rart, conseiller et secr. du Roy (Gharent. 
1659, 103 p. in-8°). — D'après cette der- 
nière, on voit que ces expositions étaient 
des conférences qui se tenaient à l'hôtel 
de Turenne. On a une réimpression datée 
de 1667, in-8". 

XXXII. Apologie de S. Etienne à ses 
■juges; Saumur, 1660, in-4°. — Ce poi ; me 
fort médiocre faillit lui attirer une fâ- 
cheuse affaire. On l'accusa d'y avoir 
parlé avec irrévérence du Saint-Sacre- 
ment. Il crut prudent, de se justifier dans 
•une lettre qui ne paraît pas s'être con- 
servée. 

XXXIII. Descriptio christiani; Ams- 
tel. 1660, in-12. 

XXXIV. De mysterio Trinitatis, de- 
que vocihus ac phrasibus quilms tam in 
Scriptura quam apud Patres explicatur, 
dissertatio spptem partibus absoluta; 
Salm. 1661, in-8° ou in-12. — Dans la 
l 1 * 6 partie, l'auteur traite de l'unité de 



l'essence de Dieu ; dans la 2 e , de l'infi- 
nité de Dieu; dans la 3 e , de la révélation 
de ce mystère dans la dispensation de 
la nature; dans la 4 e , des commence- 
ments de cette révélation dans l'A. T. 
Cette quatrième partie a été insérée par 
Wagenseil dans ses Tela ignea Satanx. 
La 5 e est consacrée à suivre les progrès 
de la révélation de ce mystère dans le 
N, T. ; la 6 e , à l'examen des expressions 
bibliques qui révèlent la Trinité; la 7 e 
enfin, à la discussion des locutions ana- 
logues dans les Pères. C'est de cet ou- 
vrage que parle dans sa Bibliothèque 
rabbinique (part. IV), le savant bernar- 
din Bartolocci, qui, trompé sans doute 
par le prénom de Moïse, fait d'AmyrauL 
Un juif converti. Il qualifie ce livre de 
dissertation très-érudite et catholique. 

XXXV. Paraphrasis in Psahnos Da- 
ïnrEyunacum annotationibus et argumen- 
ts; Salm. 1662, in-4° (précédé d'une 
longue épître à Charles II, roi de la 
Gr. -Bretagne); ouvrage estimé dont Mi- 
chaélis, juge compétent en cette matière, 
faisait beaucoup de cas. Il est précédé 
d'une préface où Amyraut disserte lon- 
guement sur les divers effets de l'opéra- 
tion du Saint-Esprit. Il s'y prononce 
plus fortement que jamais pour l'obéis- 
sance passive. Plusieurs bibliographes, 
entre autres Walch, dans sa Biblioth. 
theologica, prétendent qu'il en a été pu- 
blié une traduction française. Il nous a 
été impossible d'en découvrir la moindre 
trace. Il en existe une seconde édition, 
(editio altéra nitidior, emendatior et auc- 
tior), revue et augmentée, avec une pré- 
face nouvelle de J. Cremer; Utrecht, 
1769. in-i". 

XXXVI. In orationem dominicain 
exercitatio ; Salm. Dan. de Lerpinière, 
1662, in-8°. Dédié àl'évêque de Durham. 

XXXVII. Insymbolum Apostolorum 
exercitatio; Salm. 1663, in-12; avec une 
épître dédicatoire à J. Cappel. Réimpr. 
avec le précédent; Utrecht, 17118, in-8°. 

XXXVIII. Vie de François de La 
Noue, depuis le commencement des trou- 
bles religieux en 1560 jusqu'à sa mort ; 
nouv. édition, Leyde, 1601, iu-4°. — Nous 
citerons, sauf toutes réserves, le jugement 
porté sur cet ouvrage, qui est fort rare, 
par la Biographie universelle : « Le style 
est lourd, les réflexions communes; l'au- 



20o 



AMYRAUT 



200 



teur y prodigue ù son héros des louanges 
exagérées pour les actions les plus ordi- 
naires ; mais on doit lui savoir gré d'a- 
voir rédigé, dans un ordre chronologique, 
les actionsd'un guerrier également estimé 
des deux partis, et dont la vie intéresse 
tout bon Français. » Ce jugement un peu 
sévère n'est que la reproduction, faible- 
ment dissimulée, du jugement porté par 
Ànquetil sur le livre d'Amyraut. juge- 
ment qui se trouve dans les Observations 
critiques de l'auteur de l'Esprit de la 
Ligue mises en tétê de son ouvrage. 

XXXIX. Thèses Sabnurienses; Salm., 
1600. in-i°. Edit. augm., 1664, in-i°. 
Réimpr. à Genève, 1665, in-l°. Ouvrage 
fort estimé, composé par Amyraut, La 
Place et Càppel. Amyraut y eut cepen- 
dant la plus grande part. C'est de sa 
plume que sont sorties, entre autres, les 
thèses De peccafo in Spiritum Sanctum, 
qui furent publiées à Saumur en 1653, 
in-8°. 

XL. Consilium quo modo se gererê 
debeat apud illos quibuscum habitat is 
qui divers;e religionis est et quales pra> 
ficiendi ecclesi;e ministri ab alterius re- 
ligionis patronis. Cette dissertation a été 
insérée par Gesenius dans son traité 
De unione ecclesiastica ; Hermop. 1677, 
in-'i°. 

Les ouvrages d'Amyraut, — et la 
même observation peut s'appliquer à 
ceux de tous les écrivains réformés de 
la France, — sont extrêmement rares ; 
on a même quelque sujet de s'étonner 
de l'oubli dans le quoi ils sont tomliés. 
Sans doute la forme en est peu agréable, 
le style un peu suranné: mais sous cette 
enveloppe il se cache tant de jugement, 
de finesse d'esprit, d'érudition, que de 
nos jours encore ils peuvent être étudiés 
avec fruit, surtout par les théologiens, 
à qui il n'est pas permis d'ignorer l'in- 
fluence exercée par le professeur de Sau- 
mur sur les doctrines reeues dans l'Eglise 
protestante. Sa théorie, en etl'et. après 
avoir rencontré une ardente opposition, 
fut adoptée par Mestrëzat, Le Faucheur, 
Blondel, Daillè, Claude, Du Bosc; elle 
pénétra jusque dans l'université de Ge- 
nève, et par les réfugiés elle se répandit 
dans tous les pays protestants. 

3 -De son màf\ai°evLxec Elisabeth Auby- 
neau, de La Rochelle, Amyraut eut deux 



enfants : une tille, qui épousa Bernard 
de Haumont, depuis avocat du roi à Sau- 
mur, et mourut au bout de dix-huit mois 
de mariage, en 1615, et un Bis, avocat 
distingué au parlement de Paris, qui se 
réfugia en Hollande à la révocation de 
l'édit de Nantes. Ce fils s'appelait aussi 
Moïse et était seigneur de Champrobin 
en Anjou. De sa femme, Marie Thêard, 
qui se convertit, avec ses enfants, lors- 
qu'il quitta le royaume, il avait eu : 
1° Moïse, né en 1660, mort en 1670 ; 
2° Marie, née en 1661, morte en 1680 ; 
3° Elisabeth, femme, en 1678, de Fran- 
çois Hardy ; 4° Moïse, baptisé le 3 juil- 
let 168-2. 

1 . Moïse Amyraut, le théologien , n'était 
pas fils unique. Nous trouvons en effet, 
dans le Mercure des mois de mai et de 
juin 1682, cités parmi les protestants qui 
se laissèrent convertir par le P. Alexis" 
Du Bue, le missionnaire à la mode, une 
Rachel Amyraut, nièce du ministre de 
ce nom, et un nommé Boisnier, sieur de 
La Mothe. petit-fils du ministre de Bour- 
gueil. de La Gable [de La Galère, selon 
Aymon] et neveu d'Amyraut, ministre 
de Saumur. A ces deux abjurations, le 
Mercure ajoute celles de Salomon Mo- 
rin, neveu du ministre de Caen, et d'Isa- 
belle Aubestin, nièce du ministre Au- 
bestin [vraisemblablement Aubertin] . en 
s'écriant d'un air de triomphe : « Quand 
des personnes qui touchent de près les 
plus éclairés de ceux de la R. P. R. 
renoncent à leurs erreurs, on peut dire 
qu'elles sont bien convaincues des véri- 
tés de la nôtre ! » — Ajoutons que toute 
une famille, composée: 1° de Moïse Ajny- 
raut, 2°de Marie Amyraut et de ses deux 
enfants, Henry et Marie-Anne, figure 
dans une liste de réfugiés naturalisés 
anglais le 11 mars 1700 (Agnew 1 

Registre! de l'Acad. prot. de Saumur, mss à l'hôpi- 
tal de Saumur. — Moïse Amyraut ; sa vie et son temps, 
par Edm. Saigey; Strasbourg, 1M9, in-*>. — Spécimen 
ethico-theologicum de Moyse Amyraldo ethices chris- 
titinir doctore...publlco ttc solemni examini submittet 
Arentius Drost, Anistelodami, 1859, in-8*. — DU tionn . 
histor. de Mai)ie-et-Ijoire (187*, in-*«), par Cel. Fort. 

AM YRA UT (Balthas ar-Octa viax) , 
né à Anspach en 1615 [Haag I, 70b;. Il 
fut élevé à Hanau, continua ses études 
à Genève et exerçait les fonctions de 
chantre et de lecteur à Bâle, lorsqu'il y 
fut consacré au saint ministère, en 163t, 



207 



AMYIUUT 



208 



et mis de suite en fonctions. Au com- 
mencement de l'année 1640, il fut ad- 
joint au pasteur Valier et chargé de l'ai- 
der dans les devoirs de sa charge. Ce 
dernier lui avait accordé peu auparavant 
l'une de ses deux filles, Esther Valier, 
et il mourut au mois de février 1641 , lui 
laissant la place libre dans l'église de 
Bâle. Il n'y resta cependant pas long- 
temps car on le trouve pasteur, en 1651, 
de l'église de Ste-Marie-aux-Mines. C'est 
là surtout qu'il remplit sa carrière pas- 
torale quoiqu'il eût vivement désiré pas- 
ser à l'église de Metz, auprès du digne 
pasteur Paul Ferry, pour lequel il avait 
une vénération particulière et qu'il appe- 
lait son père. On a conservé (Biblioth. 
Athan. Coquerel) une douzaine de let- 
tres adressées par Amyraut à Ferry de 
1641 à 1658, dans lesquelles il s'épanche 
à cœur ouvert et laisse voir à nu les 
soucis de son ministère. Uniquement 
tourné vers la France par son origine, 
son nom, ses aspirations, et placé sur 
les confins de l'Alsace au moment où 
Louis XIV francisait le pays, il avait à 
lutter contre l'influence allemande, con- 
tre les luthériens, contre les anabaptis- 
tes; il se plaint même des Gueux; et l'é- 
glise de Metz avait refusé de l'admettre 
en le traitant d'allemand. Il se consolait 
par la pratique du pastorat et par les 
travaux littéraires. On lit dans ses lettres 
à Paul Ferry : «... Ceux de Strasbourg 
et deWirtemberg, de Turlach etdeSaxe 
(les luthériens) veulent continuer dans 
leur aversion. Sciens loquor, par ce que 
j'ay fait essay si je serois agréé en sui- 
vant les expressions de Saulmur, non 
comme les approuvant mais comme es- 
prouvant si elles seroient approuvées. 
Je m'en vay bien irriter les guespes par 
mon Traicté que j'envoye a Genève pour 
y estre imprimé » (3 janv. 1652). — Les 
motifs d'une longue absence qu'il vient 
de faire ont été de solliciter à Paris pour 
les droits de M. le comte de Ribaupierre, 
son maître , devenant non sujet mais 
vassal de la couronne de France, et le 
faire rétablir dans ses libertés et privi- 
lèges tels qu'il les possédait sous la mai- 
son d'Autriche. 11 ajoute : « Durant mon 
séjour à Paris, qui a esté de quatorze 
septmaines, j'ay preschédix fois, quatre 
fois à Charenton, six fois chez monsieur 



l'ambassadeur d'Hollande. Le succès a 
esté tel que je ne sçaurois assez en louer 
Dieu. Les pasteurs mêmes me veulent 
persuader qu'ils en ont eu quelque satis- 
faction., .et j'ay es té forcé de promettre de 
donner au public ces foibles productions 
de mon esprit. J'y travaillerai s'il plaist 
à Dieu aussi tost à mon arrivée à Ste- 
Marie. Je leur ai montré cest escrit que 
vous m'avez fait la grâce de corriger. Je 
vay le faire imprimer puisque leur cha- 
rité est égale à la vôtre au regard de 
l'approbation. Je vous envoyerai s'il 
plaist à Dieu mon Commentaire sur 
l'Apocalypse que j'ay achevé à heures 

desrobbées à Paris Amyraldismus 

nullius est momenti apud populum Pa- 
risiis qui ejus modi novis loquendi mo- 
dis non gaudet. Abbas de Marolles me 
certurum esse voluit fore, ut Jansenis- 
mus brevissimereflorescet; qui (licet ex 
parte tantum) pro nobis est, non contra 
nos est. Perficiat Jehova opus suum ad 
sui hominis gloriam et ecclesise aedifica- 
tionem ! » (Thou \TouT\, 3 mars 1655).— 
« Voicy d'autres nouvelles. Il y après de 
quatre mois que je receus une lettre de 
Paris par laquelle on me donnoit advis 
que l'église de Londres me demandoit 
et avoit donné ordre de me sonder là- 
dessus... Mais apprenant que c'estoit 
pour supplanter M. d'Elmè, un de leurs 
pasteurs, je les ay remercié; je n'en 
veux point à ce prix là, quand même je 
pourrois obtenir mon congé d'icy. La 
condition seroit bonne pour l'éducation 
de ma pauvre famille, mais Dieu ne le 
veut point encore... Je croiois avoir 
achevé pour ceste feste de Strasbourg 
mon catéchisme des Pères et mes ser- 
mons sur les deux derniers chapitres de 
l'Apocalypse qui composeront le Traicté 
de La Jérusalem céleste, Dieu aydant; 
mais je n'ay pu encore estre prest. » 
(27 déc. 1656.) — a ... Dieu m'a donné 
depuis cinq septmaines en ça tant d'oc- 
cupations contre les anabaptistes qu'en 
fin bénissant mon ministère en voila 
desja deux assez considérables qui fu- 
rent baptisez solennellement et en pu- 
blic, dimanche dernier, loué soit Dieu ; 
il y en a trois autres qui se préparent a 
recevoir ceste mesme grâce... J'ay dressé 
un catéchisme anabaptiste en allemand, 
pour instruire les uns de leurs 'erreurs 



209 



AMYRAUT — ANCILLON 



240 



et prémunir les nostres contre ces mi- 
nistres de Sathan qui se transforment 
en ministres de justice. Je l'envoyé à 
Zurich ; je ne sçay si on l'imprimera. 
Tout tel qu'il est il a desja faict du 
fruict, loué soit Dieu. Mon Eglise me 
prie de le luy donner aussi en français ; 
je le feray Dieu aydant. Je vous le com- 
muniqueray aussitost... » (30 juin 1658). 

B.-O. Amyraut, en cette même année 
1658, fit imprimer à La Haye un ou- 
vrage que MM. Haag appellent a bi- 
zarre » [I, 79 b] non sans raison, car il 
est intitulé : Introduction à l'exposition 
de l'Apocalypse, en forme de traités 
géométriques, en propositions et preuves. 

Sa femme lui donna pour enfants 
(d'après les reg. de l'église française de 
Bâle) : 1° Esther, baptisée le 26 janv. 
1640; 2? Anne-Marie, née en 1641; 
3° Sara, née le 1 er sept. 1643; 4° Su- 
zanne, bapt. le 3juill. 1645; 5° Margue- 
rite, bapt. le "25 mars 1647 ; 6° Philippe, 
baptisé le 1 er fév. 1649. 

Nous n'avons pu trouver les armoiries 
des Amyraut, de Bourgueil, seigneurs 
de Yausoudan, de Champrobin , etc., 
mais Balthazar-Octavien cachetait ses 
lettres d'un : Coupé à une étoile en chef 
à senestre et une étoile en pointe àdex- 
tre, accompagné d'une barre de gouver- 
nail posée en pal entre les deux étoiles. 

6. AMYRAUT ou Amirault, Admi- 
rauld, etc., est un nom qui se rencontre 
fréquemment dans l'ouest de la France 
et qu'ont porté diverses autres person- 
nes de la religion sans que nous sachions 
à quelle famille précisément les ratta- 
cher. — Isaac Amirauld, procureur au 
parlement de Paris, épousa Jeanne 
Chantereau dont il eut : Elisabeth , 
femme, en janv. 1668, de Daniel Birot, 
sieur de La Cour, fils de Jean Birot, doc- 
teur en médecine et de Louise Bouquet; 
ce dernier était alors âgé de 22 ans et il 
avait un frère aine, Pascal Birot. doc- 
teur en médecine à Angoulème. Isaac. 
baptisé à Charenton le 20 avril 1656, par 
Amyraut (Balth.-Oct.), pasteur de Ste- 
Marie-aux-Mines ; Jacques, baptisé le 
15 sept. 1658; Charles, né le 23 janv. 
1661, mort en 1664; Jeanne, morte en 
1663; Jeanne - Marguerite , baptisée le 
24 févr. 1662; Antoine, baptisé le 26 fév. 
1673. — Louise Amyraut, de Couhé. 



veuvede60ans,eti!faWe-4/m/?-ai^,veuve 
avec une fille, étaient réfugiées et assis- 
tées à Londres en 1702-1705. 
AXASTASE ou Anastaise ou t.uze. 

— (Thomas;, pasteur à Roure et Yilla- 
ret. en Dauphiné, 1603-1607; à Oulx.de 
1607 à 1616, année de sa mort [X. 272]. 

— (Jehan et Estienne), natifs de Ma- 
ringues en Auvergne, reçus habitants 
de Genève, 15 oct. 1557; imprimeurs 
dans cette dernière ville [Y, 12 b], — 
(Jehan) « natif d'Oulx en Dauphiné et 
de son jeune aage jusques à présent rési- 
dent de Marin gués en Auvergne. >» reçu 
habitant de Genève, 26 sept. 1558. — 
(Jehan; « d'auprès de Clermont en Au- 
vergne, » id., 3 aoust 1574. 

AXCEL (Guillaume), 1596 [HI, 447 b]. 

— (Jean-Louis), d'Embrun, étudiant en 
théologie à Genève, 1711. — Marguerite), 
classée comme réfugiée de Montpellier en 

Tt). 

AXCELME (Pierre d'), habitant d'A- 
vignon, avait embrassé le parti de la 
Réforme, et ce fut dans sa maison qu'un 
certain nombre de membres du conseil 
communal complotèrent, en 1578, de li- 
vrer la ville aux protestants. Pour ce fait, 
il fut puni de mort à Marseille en 1581. 

ANCERYAL (Jeanne d'}, Picardie, 
v. 1570 [Y, 513 b]. 

ANCET, ministre à Montfrin etS.- 
Quintin, 1637 [X, 345]. 

AXCHE Matthieu d'), ministre dé- 
posé. 1563 [IV, 322 b; X, 66]. 

ANCHE (Claude du Bellay, seigneur 
d'), gentilhomme angevin, réfugié à Ber- 
lin |YII. 425 aj. R fut d'abord chambel- 
lan de l'Electeur de Brandebourg, puis 
gouverneur des trois jeunes margraves, 
Albert- Frédéric , Charles - Philippe et 
Chrétien-Louis. On trouve son épitaphe 
dans Alt. und Neu Berlin (I, 69), par 
Kùster (Erman IX, 5). 

AXCHE RIX (d") ou Des Ancherins. 
famille protestante de Yerdun.l'ime des 
plus anciennes de la ville. Guillaume 
dAncherin, seigneur de La Tour de 
Fresne, 1560 {Bull. XI, 431). 

AXCHOX (Estyenne), réfucié sur les 
terres de Berne en 1572 (Bull. X, 233). 

ANCIEN YILLE (d'), capitaine, 1567 
[II, 457].— ^Claude d'), 1621 [YIII, 
364 a]. 

1. ANCILLON, famille de pasteurs et 



2H 



ANGILLON 



212 



de savatits français do Metz [Haag I, 
80-96]. — Charles [1, 84, 89, 95; II, 
174]. — David [I, 80, 221 ; II, 63, 319; 

IV, 356 a ; VII, 425 a]. — Autre David 
[I, 92: II, 124. — J.-P. Frédéric [I, 90]. 
— Judith [III, 292 b].— Joseph [I, 95; 

V, 102 a; VI, 445 a]. — Louis-Frédéric 
[I, 89 ; VIII, 398 a]. — Famille des plus 
influentes et des plus considérées de 
Metz depuis le XIV e siècle. = Armes : 
De gueules à la gerbe de blé d'or, liée 
de môme , surmontée de trois étoiles, 
également d'or, en chef, posées en ligné 
courbe au-dessus de la gerbe. 

2. David ANCILLON, pasteur, né à 
Metz le 17 mars 1617, et mort à Berlin 
le 3 sept. 1692. 

L'illustration de la famille des Ancil- 
lon, comme protestante, remonte aux 
premiers temps de la Réforme en France. 
Déjà le trisaïeul de David, président à 
mortier dans une des principales cours 
du royaume, avait fait volontairement le 
sacrifice de sa charge pour l'amour de 
la religion qu'il avait embrassée. Son 
fils, Georgin Ancillon, fut un des fon- 
dateurs de l'église de Metz, et c'est de 
son petit-fds, Abraham, « si habile en 
droit et si expérimenté dans les affaires 
qu'il a passé pendant sa vie poui 1 l'ora- 
cle de sa patrie » et d'Esther Marsal, 
que naquit David Ancillon. 

David étudia d'abord au collège des 
jésuites à Metz, le seul établissement 
d'instruction de cette ville où l'on pût 
s'instruire dans les belles-lettres, et en 
1633, son père l'envoya terminer ses 
études à Genève. Il y fit sa théologie 
sous Spanheim, Diodati et Tronchin. 
Gela explique les opinions qu'il professa 
dans la suite touchant la grâce-particu- 
lière. Ces trois professeurs enseignaient 
en effet cette doctrine, en même temps 
qu'à l'université de Saumur, Amyraut, 
Cappel et La Place défendaient la grâce 
universelle. Ancillon partit de Genève 
au mois d'avril 1641, afin de se présen- 
ter au synode de Gharenton pour se faire 
recevoir ministre. Le résultat des épreu- 
ves qu'il subit fut si satisfaisant qu'on 
lui donna la plus considérable des égli- 
ses qui étaient à pourvoir, l'église de 
Meaux. Il sut s'y concilier, par la dou- 
ceur de son caractère autant que par ses 
talents, l'estime et la considération des 



habitants de l'une et de l'autre religion. 
Les premiers magistrats de la ville, quoi- 
que catholiques, devinrent ses amis in- 
times. Ce quilui gagna les cœurs, selon 
son fds, « ce furent sa vie sans repro- 
ches et sa piété solide et sans faste. Il 
savoit faire d'aussi belles choses qu'il en 
savoit dire ; il mettoit lui-même en pra- 
tique ce qu'il enseignoit aux autres. Il 
rendoit ses bons offices à tous, sans que 
la différence des religions en fit la moin- 
dre dans sa conduite. Il avoit adouci et 
apprivoisé les ecclésiastiques catholiques 
romains du diocèse, et vivoit avec eux 
eh bonne intelligence. Il entretenoit par 
ce moyen la paix et la concorde entre 
tous les habitants. » Ses prédécesseurs 
n'avaient pas eu la même satisfaction. 
L'un d'eux, entre autres, Moïse Blon- 
del, avait été constamment en butte, 
pendant son ministère, aux injures de 
la populace. Un jour que ce ministre 
était venu visiter Ancillon, il fut extrê- 
mement surpris des témoignages de 
respect que son jeune ami recevait par- 
tout sur son passage et l'en félicita. Ce 
changement des catholiques, en effet, était 
son œuvre, et il avait tellement gagné 
l'affection de sa propre église, que dans 
la crainte de le perdre etpour se l'attacher 
plus étroitement, les principaux chefs de 
famille imaginèrent de le marier riche- 
ment à une personne honorable qui eût 
son bien dans le pays ou dans le voisi- 
nage. Ce futainsique seconclut, en 1619, 
son mariage avec Marie (fille de Pierre 
Macaire et de Marguerite Liénard), la- 
quelle n'avait alors que 14 ans. 

Cependant les fidèles de Meaux ne 
tardèrent pas à être trompés dans leurs 
espérances. En 1652, Ancillon ayant l'ait 
Un voyage à Metz pour y revoir ses pa- 
tents, fut invité à prêcher et il le fit aVec 
un tel succès que les sollicitations et les 
prières lui vinrent de toutes parts pour 
le décider à accepter la première place 
de pasteur qui viendrait à vaquer. Après 
quelque hésitation, il promit. Cette va- 
cance ne se fit pas attendre. Le plus an- 
cien des quatre pasteurs de l'église, Th. 
le Goulon, mourut bientôt après son dé- 
part. Ancillon se rendit donc à son nou- 
veau poste. Il arriva à Metz en mais 
1653. Ses talents pour la prédication pa- 
rurent encore avec plus d'éclat sur ce 



213 



ANCILLON 



214 



nouveau théâtre. Ses sermon? étaient 
extrêmement coûtés. On doit regretter 
que, par un excès de modestie, il n'ait 
jamais consenti à en publier qu'un seul. 
Cependant il avait l'habitude de ne mon- 
ter dans la chaire qu'après mûre prépa- 
ration. Tous ses sermons étaient écrits. 
11 faisait très-peu de cas des discours 
improvisés, toujours plus brillants que 
solides. Il avait accoutumé de dire « que 
c'étoit estimer trop peu le public que de 
ne prendre point la peine de se prépa- 
rer quand on avoit à traiter avec lui, 
et qu'un homme qui paroitroit en bon- 
net de nuit et en robe de chambre 
un jour de cérémonie ne comme t- 
troit pas une plus grande incivilité. » 
Ancillon aimait peut-être plus qu'il ne 
convient à un homme de son état, le re- 
pos et la retraite. La vie d'un ministre 
de l'Evangile ne doit pas être une vie 
contemplative. « Il ne se mèloit absolu- 
ment et à la lettre d'aucune affaire du 
monde. Comme un véritable anacho- 
rète, il était hors du commerce des hom- 
mes, et ne songeoit qu'à Dieu et son 
Eglise. » Il avait par-dessus tout la pas- 
sion des livres. Sa bibliothèque était 
très-riche. Mais lors de son départ pré- 
cipité de Metz, elle fut comme livrée 
au pillage. On ne respecta pas même 
une quantité de lettres destinées à la pu- 
blicité, et entre autres, une correspon- 
dance avec son ami intime Daillé. An- 
cillon exerça le ministère à Metz jusqu'à 
la révocation de l'édit de Nantes, en I 

- démareh- auprès du gou- 

vernement pour faire admettre un droit 
d'exception en faveur des réformés du 
pays Messin, n'ayant amené aucun bon 
résultat, les quatre pasteurs de IV 
de Metz, MM. Ancillon, Isaac de Com- 
bles , Bancelin et Paul Joly, se hâtèrent 
de mettre à profit la disposition toute ex- 
ceptionnelle de la loi qui les autorisait 
à s'expatrier sous quinzaine. Quelques 
jours plus tard, cette dernière grâce leur 
eût encore été enlevée. Au moment où 
ils allaient monter en bateau pour des- 
cendre la Moselle, tous les lidèles de 
leur église se présentèrent sur ies bords 
du fleuve et leur firent leurs adieux au 
milieu des larmes et des sanglots. Ce 
fut pour eux et leur église désolée un 
beau jour de deuil. Ils partirent seuls; 



car il ne leur était pas permis d'emme- 
ner avec eux leurs familles. La loi n'ac- 
cordait de passe-port aux pasteurs que 
pour leurs jeunes enfants au-dessous de 
7 ans, et tous les leurs, au nombre de 
seize, avaient passé cet âge. Les quatre 
exilés se rendirent àFrancfort-s.-M. Les 
principaux réformés de la ville, ayant 
appris leur arrivée, se portèrent à leur 
rencontre, et se disputèrent l'honneur 
de leur donner l'hospitalité. Pendant son 
séjour à Francfort, Ancillon alla visiter 
deux de ses parents qui desservaient 
6ë française de Hanau '. L'un était 
veuf de sa sœur, et l'autre avait épousé 
sa nièce. S'étant fait entendre dans leur 
église, toute l'assemblée fut si édifiée, 
que l'on décida la création d'une troi- 
sième place de pasteur qui lui fut offerte. 
Il accepta, et entra en exercice sur la fin 
de l'année 1685. A Hanau comme à Metz, 
ses prédications attiraient la foule. On 
s'y rendait de plusieurs lieues, de Franc- 
fort même. Des cens qui n'entendaient 
pas la langue, allaient l écouter, « disant 
qu'ils aimoientà/e voir parler. 'Mais la 
jalousie non dissimulée de ses deux col- 
lègues le fit presque aussitôt partir pour 
Francfort, puis pour le Bfandebou 

I M son in e tallation à Berlin en 1686, 
il fut invité à se rendre à Potsdam, le 
séjour favori de Frédéric - Guillaume. 
Formey raconte ainsi son entrevue 
le grand électeur : « M. Ancillon ayant 
paru en sa présence avec ses deux fils, 
les cheveux blancs du vénérable vieil- 
lard parurent inspirer à ce grand prince 
une espèce de vénération, qu'il vou- 
lut bien lui témoigner en l'embras- 
sant tendrement, et en lui parlant de 
la manière la plus affectueuse. Voici ses 
propres termes : « Je loue Dieu, dit-il 
à M. Ancillon, de ce qu'il vous a mis 
au cœur de venir passer le reste de vos 
jours dans mes Etals ; je ferai en sorte 
quevous y vivrez content. Ma bellê*-sœur, 
la duchesse de Simmern, m'a fortement 
recommandé de vous établir selon votre 
mérite : ainsi je vous fais ministre ordi- 
naire de mon Eglise françoise de Ber- 
lin. ». Les bienfaits de l'électeur s'éten- 



' Voy. sur Hanau :Vne Eglise réformée au XPll' sit- 
clt ou Ilist. de l'Eglise wallonne de Hanau jusqu'à l'arn- 
Tée des réfugiés français, par J.-B. Lcclercq, l> r en théo- 
logie et pasteur, tiauau, 1868. iii-r. 



215 



ANCILLON 



216 



dirent sur toute la famille d'Ancillon, 
dont les membres réussirent peu à peu 
à le rejoindre. Jean Cayart, habile in- 
génieur, avait épousé Judith Ancillon, 
sa fille aînée, en 1682 [III, 292 b]. 

Lorsque fut arrivé son gendre, l'ingé- 
nieur Cayart, David Ancillon vit presque 
tous les siens rassemblés autour de lui. 
Cayart avait aussi amené avec lui une 
de ses sœurs, mariée en 1688 au minis- 
tre Couliez; mais il avait dû laisser un 
fils unique, qu'il perdit depuis, et faire 
le sacrifice de ses biens, qui étaient con- 
sidérables, « se contentant d'emporter 
son âme pour butin. » Ingénieur distin- 
gué , il dirigeait les travaux de fortifi- 
cations de Verdun. Le ministre Louvois 
lui en avait témoigné toute sa satisfac- 
tion. Mais Cayart résista à toutes les sé- 
ductions, préférant le repos de sa con- 
science à sa fortune. Bientôt après son 
arrivée à Berlin, l'électeur le nomma son 
ingénieur général. A l'exception seule- 
ment de la plus jeune de ses filles, qui 
épousa depuis M. Contart, Ancillon 
eut la joie de voir, avant de mourir, 
toute sa famille honorablement établie. 
Quoique son fils cadet, David , parta- 
geât depuis quelque temps ses travaux, 
il ne renonça à la prédication que 
lorsque la maladie ne lui permit plus 
de se déplacer. 11 mourut à l'âge de 
75 ans. Sa perte fut vivement sentie par 
tous les réfugiés de la colonie. « On 
n'assista pas seulement à son enterre- 
ment comme à celui d'un ancien pas- 
teur, qui avoit rendu de bons et de longs 
services à l'Eglise, mais chacun y vint 
comme aux funérailles du meilleur de 
ses amis, qui seroit mort à la fleur de 
son âge ; tous les corps françois députè- 
rent ensuite quelques-uns de leurs mem- 
bres pour consoler sa famille affligée, et 
pour lui témoigner combien ils pre- 
noient de part à leur deuil, et il semble 
encore actuellement [1698] qu'il ait été 
le père commun de tout le monde, tant 
il est regretté. «Vers 1845, le consistoire 
de Metz avait placé dans la salle de ses 
délibérations un vieux portrait de ce vé- 
nérable pasteur. La légende dont le pein- 
tre l'a entouré : D. A. Metensium minis- 
trorum decanus i > montre qu'il datait 

' Ce portrait a dû être gravé. Celui de Paul Ferry, col- 
lègue d'Ancillon, l'ayant été avec la légende ■ ministre 



d'un temps où les Ancillon n'avaient pas 
encore été chassés de France. Les Mes- 
sins, après la détestable guerre de 1870, 
pour empêcher ce pieux souvenir de 
tomber aux mains des Allemands, char- 
gèrent un de leurs pasteurs , M. 0. Cu- 
vier, de le déposer dans la Biblioth. du 
Protestantisme à Paris. 

Ancillon a passé toute sa vie dans l'é- 
tude ; le Mélange de littérature recueilli 
de ses conversations , qu'a fait paraître 
son fils Charles, donne une idée très- 
avantageuse de son savoir et de son 
érudition; mais il n'a pas beaucoup écrit. 
Nous dirons un mot de ses publications. 

I. Thèses theol. de scriptura sacra; 
Gen. 1638, in-4°. 

II. Traité dam lequel toute la matière 
des traditions est amplement et solide- 
ment examinée ; Sedan, 1657, in-4°. — 
C'est la relation de ce qui s'était passé 
dans une conférence qu'il avait eue avec 
Bédacier, doct. de Sorbonne, évoque 
d'Aoste et suffragant de l'évèque de 
Metz. Ancillon avait disputé avec ce pré- 
lat en présence d'un grand nombre de 
personnes ; mais au mépris de ce qu'ils 
avaient accordé entre eux , que les ac- 
tes de cette conférence ne seraient pas 
livrés à la publicité , un moine avait 
eu l'impudence d'en donner une fausse 
relation où il entreprenait de persuader 
au public que l'adversaire de l'évèque 
avait été vaincu sans ressource. C'est 
ce qui détermina Ancillon à publier cet 
ouvrage. Le P. Clivier, minime et pro- 
vincial de son ordre, chercha à le réfu- 
ter dans son Fort des traditions abattu 
par les maximes de M. David Ancillon. 

III. Apologie de Luther, de Zwingle, 
de Calvin et de Bèze; Hanau, 1666, in-12. 
Réponse au vi e ch. de la Méthode du 
cardinal de Richelieu. Lorsque cette 
Méthode parut, Ancillon s'était aussitôt 
mis en devoir d'y répondre ; mais ayant 
appris que le professeur Martel l'avait 
prévenu, il supprima sa réponse dont il 
ne publia que ce fragment. 

IV. Les Larmes de S. Paul; Paris, 1676. 
— Sermon sur v. 18, 19. ch. III de l'Epî- 
tre de S. Paul aux Philippiens, prononcé 
à Metz un jour de jeûne. C'est le seul 

de l'Eglise réformée, » on força le graveur d'y ajouter 
après coup le mot « prétendue. » C'est pour éviter ce 
déboire qu'on prit le biais de la phrase lutine dans la- 
quelle il n'est pas fait mention d'Eglise. (0. Civier.) 



217 



ANCILLON 



2*8 



sermon d'Ancillon qui ait été imprimé. 

V. L'idée du fidèle ministre de J '.- 
Ch.. ou la Vie de Guillaume Farel (ano- 
nyme) : Amst. 1691, in-i?. — Edition 
unique, désavouée par l'auteur. Ancillon 
avait communiqué son manuscrit à Con- 
rart, son ami intime, qui y avait mis 
quelques remarques de sa main. C'était, 
au jugement de son fils, un ouvrage 
digne de voir le jour; mais on ne put le 
décider à le publier. Ce qui fut cause 
qu'on en tira une copie pleine de fautes 
qu'un libraire de Hollande fit paraître 
sans l'aveu de l'auteur. « On a été sur- 
pris, écrit Ancillon, de voir une édition 
aussi difforme qu'est celle-là, et si un 
jour on fait imprimer le même livre sur 
la copie revue par M. Conrart, on verra 
que cette pièce est si mutilée qu'elle 
n'est pas reconnoissable. » 

VI. Réponse à r Avertissement pas- 
toral, aux Lettres circulaires et aux 
Méthodes, que le Clergé adressa aux 
Réformés de France en l'année 1682. — 
Il ne parait pas que cette réponse ait 
jamais été publiée. Ancillon raconte que 
son père la tint cachée dans son cabinet 
jusqu'à ce que des personnes de consi- 
dération l'ayant obligé de la mettre au 
jour, il l'envoya à M. Turretin, profes- 
seur en théologie à Genève, son ancien 
ami, avec la liberté d'en disposer comme 
il jugerait convenable. On ignore ce 
qu'est devenue cette copie. 

3. Ancillon (Charles), fils aîné de 
David, né à Metz le 28 juillet 1659, et 
mort à Berlin le 5 juillet 17 15. 11 avait 
épousé la fille aînée d'Elie Benoit, morte 
en Hollande avec les deux enfants qu'elle 
eut [II, 174 b[, et il se maria en secondes 
noces avec une de ses cousines, ainsi 
que nous l'indiquerons à la fin de cet 
article, col. *225. On a son portrait gravé 
par W. de Broën. 

Après de premières études au collège 
de Metz et à Hanau, Ancillon se dé- 
cida pour la carrière du droit. Il écouta 
successivement les professeurs de Mar- 
bourg, de Genève (1 67 '0 et de Paris. Ayant 
pris ses degrés, il retourna dans sa ville 
natale, en 1679, et y fut attaché au bar- 
reau. A la révocation de l'édit de Nantes, 
les réformés de la ville le députèrent à 
la cour pour y représenter que cet acte 
ne devait pas les atteindre, protégés 



qu'ils étaient par les privilèges du pays ; 
mais il ne put rien obtenir ; on n'accorda 
même pas que les quatre pasteurs, qui 
étaient âgés, attendissent jusqu'au retour 
du printemps pour sortir du royaume. 
« Quoi ! Monsieur, lui répondit Louvois, 
ils n'ont qu'un pas à faire pour sortir du 
royaume, et ils n'en sont point encore 
dehors? » Ils durent donc partir sans 
délai, malgré la saison avancée. Ancillon 
ne tarda pas à rejoindre son père dans 
l'exil. Il l'accompagna dans le Brande- 
bourg, et fut établi juge et directeur de 
la colonie française de Berlin. L'électeur 
Frédéric, depuis roi, lui continua les 
bontés de son père, Frédéric-Guillau mê- 
le-Grand. En 1695, il lui confia une 
mission importante ' en Suisse. Dans ce 
voyage, Ancillon eut l'occasion de con- 
naître le marquis de Bade-Dourlach, qui 
conçut tant d'estime pour lui qu'il le 
choisit pour son conseiller, et pria l'élec- 
teur de le lui laisser pendant quelque 
temps. Ancillon ne retourna à Berlin 
que sur la fin de 1699. La place de juge 
supérieur avec le titre de conseiller de 
cour et de légation fut la récompense de 
ses services. Après son couronnement, 
en 1701, Frédéric I er le choisit pour son 
historiographe. La Société royale de 
Berlin l'admit aussi au nombre de ses 
membres. Quoiqu'il soit devenu auteur 
plutôt par circonstance que par vocation, 
comme il le dit lui-même, Charles Ancil- 
lon n'a pas laissé que de beaucoup écrire. 

I. Réflexions politiques .par lesq. on/ait 
voir que la persécution des Réformés est 
contre les véritables intérêts de la France 
(anonyme) ; Cologne, 1685,in-12. — Bayle 
avait commis une erreur en attribuant cet 
ouvrage à Sandras de Courtilz. 

IL L'irrévocabilitt de ledit de Nantes 
prouvée par les principes du droit et de 
la politique, par C. A., doct. en droit et 
juge de la nation française à...; Amst. 
1688, in-1-2. 

HI. Histoire de l'Etablissement des 
François réfugiés dans les Etats de 
S. A. E. de Brandebourg; Berlin, 
1690 *, in-8° ; dédiée à Frédéric HI , 
margrave de Brandebourg. — Cet ou- 



1 Voir aux Additions, à la fin du volume. 

*- Ou s'est trompe en attribuant à Ancillon : la France 
intéressée à rétablir l'édit de Nantes (anonyme). ArasC, 
4690, in-12. 



$10 



ANC1LLOX 



m 



vragfl est divisé en quatre parties. L'au- 
teur examine successivement : 1° l'état 
des gens de lettres, parmi lesquels il 
comprend les pasteurs, les juriscon- 
sultes, les médecins; 2° l'état de ceux 
qui font profession des armes; 3° l'état 
des manufacturiers, des négociants et 
des artisans ; 4° l'état de ceux qui sont 
sans profession et sans biens, de quel- 
que qualité qu'ils soient. Nous saisirons 
l'occasion qui nous est offerte de faire 
connaître par quelques détails cet inté- 
ressant épisode de notre histoire. Plu- 
sieurs années avant l'édit de révocation, 
un certain nombre de réfugiés français 
s'étaient déjà retirés à Berlin sous la 
protection de l'électeur Frédéric-Guil- 
laume, et y avaient fondé une église. 
Ahbadle et Fornerod (jusqu'en 1682), la 
desservaient. Après la révocation, l'élec- 
teur rendit un édit (29 oct. 1685) en fa- 
veur des réfugiés qui affluèrent dès lors 
dans ses Etats. Cet acte n'était pas seule- 
ment une bonne œuvre, c'était une me- 
sure de bonne politique. Aussi doit-on 
remarquer que depuis cette époque la 
puissance du Brandebourg grandit d'an- 
née en année, tandis que celle de 
Louis XIV déclina de plus en pins. Le 
grand électeur s'exprimait ainsi dans le 
préambule de son édit : « Comme les 
persécutions et les rigoureuses procé- 
dures qu'on exerce depuis quelque temps 
en France contre ceux de la religion ré- 
formée, ont obligé plusieurs familles de 
sortir de ce royaume et de chercher à 
s'établir dans les pays étrangers, Nous 
avons bien voulu, touché de la juste 
compassion que Nous devons avoir pour 
ceux qui souffrent malheureusement 
pour l'Evangile et pour la pureté de la 
foi que Nous confessons avec eux, par 
le présent édit signé de notre main, 
offrir auxdits François une retraite sure 
et libre dans toutes les terres et pro- 
vinces de notre domination, et leur dé- 
clarer en même temps de quels droits, 
franchisesetavantages, Nous prétendons 
de les y faire jouir pour les soulager et 
pour subvenir en quelque manière aux 
calamités avec lesquelles la Providence 
divine a trouvé bon de frapper une partie 
Bi considérable de son Eglise. » Notre 
auteur remarque, à la louange du grand 
électeur, « qu'au lieu que les autres 



souverains se sont contentés (Je recevoir 
dans leurs Etats ceux qui s'y sont retirés 
et de leur accorder leur protection, lui, 
il les a appelés, et a pourvu à leurs 
besoins. » Son ministre d'Etat, M. de 
Grumbkow, chargé des soins de leur 
établissement, s'acquitta de cette tàcho 
difficile avec un zèle, une patience et 
une charité dignes des plus grands élo- 
ges. L'électeur étant mort en 1688, son 
iils et successeur accorda de nouveaux 
bienfaits aux réfugiés. Nous exposerons 
brièvement leur organisation. Parmi les 
émigrés, on comptait des hommes de 
toutes professions et. de tous états, la 
plupart sans autres ressources que leur 
industrie. On les répartit sur divers 
points. Dix colonies furent ainsi créées. 
La principale, celle de Berlin *, contenait 
plusieurs milliers d'individus. Elle pos- 
sédait deux temples, au service desquels 
étaient attachés neuf pasteurs ; un hôpi- 
tal, avec un pasteur spécial ; une maison 
de charité pour les réfugiés des deux 
sexes ; un collège dont l'enseignement 
comprenait les humanités et la philoso- 
phie, et même une librairie et une impri- 
merie. D'après MM. Erman et Réclam, 
il existait déjà une académie française à 
Berlin, avant la grande émigration de 
1685 ; Charles Ancillon en eut la haute 
direction en 1687. Les autres villes que 
l'on choisit comme centres de colonisa- 
tion, furent : Francfort-s.-O., dont l'E- 
glise fut desservie par trois pasteurs, de 
même que celles de Halle et de Magde- 
bourg; Brandebourg, avec deux pasteurs; 
Lipstadt, avec le chapelain du régiment 
de Briquemaulf, gouverneur de la place; 
Clèves, avec un pasteur; Wesel avec 
deux pasteurs; Prenslow, dans la Po- 
méranie, avec deux pasteurs; Kœnigs- 
berg, avec un pasteur. Il y avait en ou- 
tre six villages, chacun avec une église 
et un pasteur. Toutes ces églises furent 
soumises, en vertu d'un édit de l'élec- 
teur, à la discipline des églises réfor- 
mées de France. L'université de Franc- 
fort-s.O. futassignée aux jeunes réfugiés 
qui désiraient terminer leurs études. Le 
sénat académique eut ordre de les ad- 
mettre à la table du séminaire fondé 
pour les étudiants pauvres, et on leur 

• Voir la note ci-dessus, col. 30. 



±1\ 



AXCILLOX 



->•>■> 



donna en outre ôû écus de pension par 
an. — L'administration de la justice 
excita ensuite la sollicitude du gouver- 
nement. Un juge fut désigné pour chaque 
colonie, à l'exception des villages où un 
inspecteur en tournée rendait la justice. 
Un greffier, un huissier, des notaires et 
des procureurs l'assistaient dans ses 
fonctions. La procédure était sommaire, 
autant que possible; la justice gratuite. 
Les juges prononçaient d'après la raison 
et l'équité. Les appels étaient portés de- 
vant le juge supérieur, résidant à Berlin, 
qui prononçait en dernier ressort. Tous 
les officiers de la justice française 
étaient nommés à vie. Les juriscon- 
sultes distingués par leur naissance ou 
par les charges qu'ils avaient exercées, 
et qui n'avaient pu être placés, for- 
maient avec les gentilshommes qui n'a- 
vaient pas pris du service dans l'année, 
le corps des conseillers de cour et d'am- 
bassade. Les plus jeunes avaient le titre 
de secrétaire de S, A. E. Six de ces 
conseillers, choisis par le gouverne- 
ment, s'assemblaient une fois chaque 
semaine avec le juge ordinaire et le 
juge supérieur de Berlin, le directeur 
des manufactures, sous la présidence 
d'un ministre d'Etat, pour prendre con- 
naissance de toutes les demandes et ré- 
clamations adressées par des réfugiés. 
Dans ce conseil se traitaient les affaires 
concernant l'émigration en général. Tous 
ces divers fonctionnaires recevaient des 
traitements proportionnés à leurs char- 
Geux des réfugiés, tels que pas- 
teurs ou jurisconsultes, qui n'avaient pu 
être employés, étaient portés sur la liste 
des pensionnaires de l'Etat, jusqu'à ce 
qu'une vacance ou la création de nou- 
veaux emplois permissent d'utiliser leurs 
services.— ' Le gouvernement ne s'apj ii- 
qua pas avec moins de soin à régler le 
sort des commerçants et des industriels. 
« Il est venu dans cet Etat, écrit Ancil- 
lon, des ouvriers de tous métiers, de 
sorte qu'on y fait à présent toutes sortes 
d'ouvrages. Il ne s'en fait aucun en 
France qu'on ne fasse dans ce pays-ci; 
car les maîtres ou les ouvriers de toutes 
les principales fabriques du royaume y 
sont et y travaillent. » Un artiste, sorti 
des Gobelins, y avait même transporté 
son industrie. De magnifiques tapisseries 



où étaient représentées les grandes, ac- 
tions de l'électeur, étaient déjà sorties de 
ses ateliers. Tous les marchands et les 
artisans pouvaient se faire admettre 
dans les corporations allemandes de 
leur profession sans qu'ils fussent tenus 
d'exécuter un chef-d'œuvre ou de payer 
aucun droit. A ceux des réfugiés qui 
établirent des manufactures, le gouver- 
nement fit aussi de très-grands avan- 
tages. Non-seulement il leur avança de 
grosses sommes d'argent, mais il leur 
fournit même le local avec tous les prin- 
cipaux instruments nécessaires à leur 
fabrication. On prit ensuite les mesures 
les plus sages pour empêcher qu'une 
mauvaise administration ou un encom- 
brement de produits n'amenât prompte- 
mentla ruine de ces établissements. Un 
directeur des manufactures fut chargé 
de les visiter tous, à de certaines 
ques, d'examiner la qualité des objets 
fabriqués ou manufacturés, de recevoir 
les plaintes des ouvriers ou des maitres. 
Des commissaires et des secrétaii 
commerce lui furent adjoints pour le dé- 
charger à Berlin d'une partie de ses tra- 
vaux. En même temps, afin de faciliter 
l'écoulement des produits, le gouverne- 
ment prohiba ou frappa d'un droit d'en- 
trée les marchandises étrangères, et 
établit un Bureau d'adresse où les manu- 
facturiers pouvaient faire porter les mar- 
chandises dont ils n'avaient pas trouvé 
le placement et qui étaient vend, 
l'enchère. Les paysans et jusqu'aux 
hommes de peine eurent part aux bien- 
faits de l'électeur. Tandis qu'aux uns on 
donna des terres et des instruments de 
travail en les affranchissant de toute re- 
devance pendant un certain nombre 
d'années, les autres obtinrent le privilège 
d'exploiter à leur profit les premières 
chaises à porteurs que l'on vit à Berlin. 
Cet usage introduit par les réfugiés en 
Allemagne s'y est conservé jusqu'à nos 
jours dans quelques villes. — Il ne nous 
reste plus qu'à dire un mot de la posi- 
tion que l'on fit aux émigrés qui gui* 
vaient la carrière des armes. Le plus 
illustre était sans doute le maréchal de 
Schomberg. En récompense de ses servi- 
ces et par une faveur toute spéciale, le 
gouvernement de Louis XIV lui avait 
permis de sortir du royaume. Il fat 



223 



ANGILLON 



224 



nommé généralissime des armées de S. 
A. E. et pourvu du gouvernement de la 
Prusse. Son fils Charles devint lieute- 
nant général. On forma deux corps de 
réfugiés ; l'un, composé des principaux 
officiers, contenait deux compagnies : c'é- 
taient les Grands-Mousquetaires ; l'autre, 
formant, une seule compagnie à cheval, 
était composé des subalternes et bas-offi- 
ciers. Les officiers qui n'avaient pu être 
admis dans l'un de ces deux corps, rece- 
vaient la paye des officiers en retraite. 
Une compagnie de cadets et une autre de 
mineurs furent aussi créées. Ces divers 
corps se signalèrent dans plusieurs occa- 
sions. — Telle fut l'organisation des colo- 
nies françaises du Brandebourg. On peut 
dire, sans crainte d'être taxé d'exagéra- 
tion, que, dans toute sa conduite, le 
grand électeur se montra le père des ré- 
fugiés. C'est là sans doute son plus beau 
titre de gloire, quoique son histoire soit 
pleine cependant d'actions mémorables. 
Le gouvernement de Louis XIV lui en 
fit un crime ; la France lui doit sa recon- 
naissance. — C'est l'ouvrage d'Ancillon 
que nous venons d'analyser. 

IV. Portrait ébauché de M. Sylv. Jacq . 
Danckehnann; Amst. 1695, in-8°. Danc- 
kelmann était un ministre d'Etat qui 
s'employa avec un dévouement digne des 
plus grands éloges à l'établissement des 
réfugiés français dans le Brandebourg. 

V. Mélange critique de littérature, 
recueilli des conversations de feu M. An- 
cillon, avec un Discours sur sa vie, et 
Ses dernières heures; Bàle, 1698, 3 vol. 
in-12; dédié à Frideric-le-Crand, mar- 
quis de Bade et de Hoehberg. Ces mé- 
langes sont une suite d'articles sur toute 
sorte de sujets, disposés par ordre alpha- 
bétique et précédés de sommaires. Le 
3 e volume contient la Vie de David An- 
cillon, par son fils, et un petit écrit inti- 
tulé : Les dernières heures de M. An- 
cillon, par le ministre qui l'avait assisté 
dans sa maladie. 

VI. Discours adressé à S. M. le roi 
de Prusse sur son élévation à la royauté ; 
Berlin, 1701, in-8». 

Vil. Dissertation sur l'usage de met- 
tre la 'première pierre au fondement des 
édifices publics ; Berlin, 1701, in-8°. — 
Cette dissertation fut écrite à l'occasion 
de la pose de la première pierre d'un 



nouveau temple que l'on construisit pour 
les réfugiés dans le quartier de laFrede- 
richstadt. 

VIII. Le dernier triomphe de Frideric- 
Guillaume-le-Grand, ou Discours sur la 
statue équestre érigée sur le Pont-Neuf 
de Berlin; Berlin, 1703, in-fol.; trad.en 
allem. par Plarre, même année. 

IX. Histoire de Soliman II, empereur 
des Turcs; Rott. 1706, in-8°. — Ancil- 
lon avait conçu le dessein de donner au 
public les éloges des hommes illustres 
répandus dans l'Histoire de J.-A. de 
Thou, et d'y joindre les additions que 
ses lectures lui auraient fournies. Dans 
ce but, il avait dressé une liste d'envi- 
ron 500 noms. Mais la mort ne lui per- 
mit pas d'achever ce grand travail. Son 
premier essai, l'histoire de Soliman II, 
fut tout ce qui en parut. 

X. Traité des Eunuques, par C. 01- 
lincan (anagramme du nom d'Ancillon). 
1807, in-12. — Composé à l'occasion d'un 
castrat italien qui prétendait se marier. 
Ancillon se prononce contre de sembla- 
bles mariages. Son traité contient, au dire 
du P. Nicéron, « quantité de remarques 
curieuses et divertissantes ; » mais Bar- 
bier (Dict. des Anonymes) y relève une 
grosse méprise : l'auteur aurait présenté 
comme une histoire véritable la relation 
de l'île de Bornéo, imaginée par Fonte- 
nelle. 

XL Mémoires concernant les vies et 
les ouvrages de plusieurs modernes cé- 
lèbres dans la république des lettres ; 
Amst. 1709, in-12. —Les Modernes cé- 
lèbres dont les vies sont contenues dans 
ce volume, rédigé primitivement pour 
un Supplément au Dictionn. de Bayle, 
sont : Valentin Conrart, dont la vie est 
la plus étendue de toutes (environ un 
tiers du volume); l'orientaliste d'Herbe- 
lot ; Urbain Chevreau, historien, poëte 
et écrivain estimé (73 pages) ; le savant 
Henri Justel;le critique Adrien Baillet; 
les Aubery, dont Jacques, sieur de Mon- 
creau, jurisconsulte, qui plaida pour les 
malheureux habitants de Cabrières et de 
Mérindol ; Benjamin, sieur du Maurier, 
diplomate, et son fils Louis, auteur des 
Mémoires sur la Hollande, qui parait 
avoir abjuré le protestantisme; un au- 
tre, Louis Aubery, auteur de plusieurs 
ouvrages d'histoire et de biographie, le 



225 



AXCILLOX 



226 



médecin Jean Aubery et le scoliaste 
Claude; le savant Jean-Baptiste Cote- 
lier, qui, à l'âge de 12 ans, étonna par 
son savoir les membres de l'assemblée 
générale du clergé de France auxquels 
il fut présenté par son père, ministre ré- 
formé qui avait abjuré après avoir été 
déposé par le synode national d'Alais, 
et finalement l'antiquaire et numismate 
Laurent Beger. L'auteur a joint à son 
livre une table analytique très-bien dres- 
sée. 

XII. Histoire de la vie et de la mort 
de M. Lichtscheid ; Berlin, 1713. 

Le bibliographe allemand Jœcher at- 
tribue encore à Ancillon les trois écrits 
suivants : 1° Réflexions sur la tolé- 
rance ; -2° La balance de la religion et 
de la ■politique ; 3° La découverte dun 
espion français, etc., mais il n'indique 
ni le lieu ni Tannée de leur impression. 

Charles Ancillon avait épousé Elisa- 
beth Ancillon dont il eut un fils : 

4. Frèdéric-Auuuste-Luc Ancillon, né 
le l er juill. 1698 et baptisé le 3 dans l'é- 
glise française de Baie. Xommé pasteur 
de l'hôpital français de Berlin en 1733, à 
la place de Pierre Crégut, il mourut en 
1758, laissant : 

5. Louis-Frédéric Ancillon qui suivit 
aussi la carrière pastorale; admis au 
saint ministère en 1702, il fut appelé en 
4765 à desservir une paroisse de Ber- 
lin et devint membre de la Société 
royale. Il est mort le 13 juin 1814,4 
l'âge de 70 ans. On lui doit quelques 
écrits : 

I. Oraison funèbre de la Très-haute 
princesse Madame Louise -Amélie de 
Brunsvàck-VVolfenbuttel ; Berlin, 1780, 
in-8°. 

IL Discours sur la question : Quels 
sont, outre /' inspirât ion, les caractères 
qui assurent aux Livres Saints la supé- 
riorité sur les livres profanes? Berlin et 
Dessau, 1782, in-8».— Ce discours avait 
été couronné, en 1778, par l'académie 
de la Conception de Rouen. 

III. Discours sur la question : Quelle 
est la meilleure manière de rappeler à la 
raison les nations qui se sont livrées à 
l'erreur? Berlin, 17^5, in-'i°. 

IV. Oraison funèbre du Très -haut 
prince Frédéric II, roi de Prusse ; Ber- 
lin, 17S6, in-8». 



V. Judicium de judiciis circa argu- 
mentum Cartesianum pro existentia Dei 
ad nostra usque tempora latis ; Berlin, 
179-2, in-8°. 

VI. Sermons sur l'amour de la pa- 
trie; Berlin, 1793, in-8°. 

VIL Tentamen in psalmo sexagesimo 
octavo denuo vertendo, cum Disserta- 
tione historica, quam claudit Carmen 
seculare Horatiicum eodem psalmo col- 
latum; Berlin, 1797, in-8°. — Attribué 
par quelques-uns au fils de L.-F. Ancil- 
lon et, entre autres, par le bibliographe 
allemand Kaiser. 

Ancillon est encore l'auteur d'un Eloge 
de Saurnaise , couronné par l'académie 
de Dijon, et de divers Mémoires insérés 
dans le recueil de l'académie de Berlin. 

6. Jean-Pierre-Frédéric Ancillon, fils 
du précédent, naquit le 30 avril 1767. 
Elevé sous les yeux de son père,U mon- 
tra de bonne heure les plus heureuses 
dispositions et un goût prononcé pour le» 
études historiques. Ses cours universi- 
taires terminés, il partit pour Genève, 
voyage que l'on regardait alors comme 
le complément nécessaire de tout ensei- 
gnement théologique, et de là il vint vi- 
siter Paris au moment même où la ré- 
volution commençait. Après un séjour 
de quelques mois, il retourna à Berlin 
où il fut nommé ministre du saint 
Evangile , dans l'église du Werder. 
Appelé, en 1791, à Rheinsberg pour 
bénir un mariage que le prince Henri, 
frère de Frédéric -le- Grand , honorait 
de sa présence, il s'éleva dans le dis- 
cours qu'il prononça en cette occasion 
(Berlin, 1791, in-8°) aune éloquence si 
entraînante, que leprince l'admit dès cet 
instant dans son intimité. Ce fut ainsi 
qu'une circonstance toute fortuite , de- 
vint la source de sa haute fortune. Quel- 
que temps après, à la recommandation 
du prince, il fut nommé professeur d'his- 
toire à l'académie militaire. 

Cependant la révolution française 
grandissait de jour en jour et menaçait 
les Etats voisins. Dévoué de cœur au 
pays qui avait adopté sa famille, Ancil- 
lon voulut, autant qu'il était en lui, con- 
tribuer à sa défense, et il se mêla active- 
ment à la polémique des journaux. Ce 
fut aussi vers ce temps qu'il publia un 
fragment de son voyage en Suisse, puis 

i. 8 



227 



ANGILLON 



228 



une lettre écrite de Paris, en 1789, sur 
l'état de la littérature en France, et des 
Considérations sur la philosophie de 
l'histoire (Berlin, 1796, in-8°). Cette acti- 
vité littéraire ne lui fit pas négliger tou- 
tefois ses autres devoirs. 11 continua de 
remplir avec zèle ses fonctions pastora- 
les, et on doit sans aucun doute rappor- 
ter à cette époque de sa vie quelques-uns 
des sermons qu'il mit au jour plus tard 
sous le titre de Sermons prononcés dans 
l'église des réfugiés de Berlin (Berlin, 
1818, 2 vol. in-8°). Si le bibliographe 
Kaiser ne commet pas une erreur, c'est 
au moins en ce temps-là qu'il prononça 
les oraisons funèbres d'Elisabeth-Chris- 
tine, reine douairière de Prusse , et du 
prince Louis de Prusse (Berlin, 1797, 
ih-8°). 

Comme orateur de la chaire, Ancillon 
jouissait d'une réputation aussi haute que 
méritée; cependant ce n'est pas à ses 
sermons, mais à ses écrits sur la philo- 
sophie et l'histoire qu'il doit la plus 
grande partie de sa célébrité. 

En 1801, il publia, outre un Sermon 
sur le jubilé séculaire de la Monarchie 
prussienne (Berlin, in-8°), des Considéra- 
tions générales sur l'histoire ou Intro- 
duction à l'histoire des révolutions du 
système de l'Europe pendant les trois 
derniers siècles (Berl. in-8°J, des Mé- 
langes de politique et de philosophie 
morale (Berl. in-8°J, et des Mélanges 
de littérature et de philosophie (Berl. 
in-8»; 2 e édit. , Paris, 1809, 2 vol. 
in - 8°j « Ces ouvrages révélèrent, dit 
M. Schnitzler, dans l'Encyclopédie des 
gens du monde, un homme qui avait 
mûrement réfléchi sur les principales 
questions débattues par les philoso- 
phes. Habile à résumer les discussions 
et ce que des opinions différentes pou- 
vaient avoir de commun, Ancillon, éclec- 
tique par la solidité de ses connaissances, 
a beaucoup contribué à mettre dans tout 
leur jour les systèmes des philosophes, 
à en montrer les cotés vulnérables, à 
en signaler les égarements, et à faci- 
liter la fusion de ceux qui, dégagés de 
ce qu'ils avaient d'antipathique, sem- 
blaient se compléter réciproquement. 11 
n'a jamais fait école lui-même, et néan- 
moins sa philosophie est bien à lui; 
elle est éclairée, bienveillante, aussi 



éloignée de la témérité que d'une timi- 
dité excessive, claire surtout et ennemie 
des voiles mystiques. » 

En 1803, Ancillon fut nommé histo- 
riographe de la Prusse. L'année sui- 
vante, l'Académie l'admit dans son sein 
et la classe de philosophie le choisit 
pour secrétaire, fonctions qu'il remplit 
jusqu'en 1814. Ce fut en 1805 qu'il 
acheva la publication de son grand ou- 
vrage : Tableau des révolutions du sys- 
tème politique de l'Europe depuis la fin 
du XV" siècle (Berl. 1803-1805, 4 vol. 
in-8°; nouv. édit. revue et corrig., Pa- 
ris, 1823, 4 vol. in-8°). L'importance de 
cet écrit le plaça au rang des véritables 
historiens et lui valut de nouvelles fa- 
veurs : en 1810, il fut institué précepteur 
du prince héréditaire. Nommé conseiller 
de légation au ministère des affaires 
étrangères, il y exerça bientôt un ascen- 
dant prépondérant. Son influence sur la 
marche des affaires s'accrut de jour en 
jour; aussi lorsqu'en 1831, le roi lui 
confia le portefeuille du comte de Bern- 
storff, cette modification dans le cabinet 
n'en amena aucune dans la politique, 
qu'il continua à diriger avec autant de 
prudence que d'habileté jusqu'à sa mort, 
arrivée le 19 avril 1837. Quoique marié 
trois fois, il n'a pas laissé d'enfant. 

Ministre d'Etat, comme ministre de 
l'église du "Werder, Ancillon resta bon, 
simple, affectueux et surtout fidèle à ses 
principes. Les honneurs ne l'absorbè- 
rent pas tout entier et il aima toujours 
écrire. 

En 1806 il mit au jour un Essai sur 
les grands caractères (Berl. in-8°). En 
1810, il prononça l' Oraison funèbre de 
la reine Louise de Prusse (Berl. in-8°), 
et publia un Eloge historique de Mérian 
(Berl. in-8°). En 1815, au retour d'un 
voyage à Paris avec son élève, il fit pa- 
raître, outre quelques écrits académi- 
ques de circonstance (tels que Mémoires 
sur E.-F. Klein; Sur la philosophie de 
la législation ; Sur la vraie grandeur, 
Berl. in-8°), un traité de h Souveraineté 
et des formes du gouvernement {Veber 
SouverabietœtundStaats-Vofassungen. 
Berl. in-8°, 2 e éd. 1816), quia été traduit et 
annoté par M. Guizot (Paris, 1816, in-8°;. 
En 1817, il donna ses Essais philoso- 
phiques ou nouveaux mélanges de litté- 



221) 



AXGILLON 



230 



rature et de philosophie (Genève et Pa- 
ris, 2 vol. in-8°), contenant un essai sur 
l'abus de l'unité métaphysique, une ana- 
lyse de l'idée de littérature nationale, 
des essais sur la philosophie de l'his- 
toire, sur le suicide, sur le caractère du 
XVIII e siècle, sur le panthéisme, sur les 
progrès de l'économie politique, sur l'a- 
bus de l'unité et des jugements exclu- 
sifs en politique, sur les révolutions du 
système politique du Nord au commen- 
cement du XVIII e siècle, ainsi qu'un 
tableau analytique du Moi humain. En 
il publia son livre Sur les sciences 
politiques (Berl. in-8") ; en 1825 un es- 
sai Sur la foi et le savoir en philosophie 
(Berl. in-8°) et de Nouveaux essais de 
politique et de philosophie. (Pans et 
Berlin, 2 vol. in-8»), traitant de l'esprit 
du temps et des réformes politiques, des 
prétendus axiomes politiques, des théo- 
ries et méthodes exclusives, de la légis- 
lation de la presse, du droit politique, 
du but, dos formes et des ressorts du 
gouvernement. On y remarque égale- 
ment de sages appréciations sur les gou- 
vernements despotiques de l'Asie et son 
discours de réception à l'académie de 
Berlin. Ces Essais (1817) et Xouveaux 
Essai ut été réimprimé* à Pa- 

1832 (Gide, 4 vol. in-^.Kn 1825, il 
lit paraître sous le titre : l'tbcr den 
Geist, etc. un essai Sur l'esprit des con- 
stitutions et son influence sur la légis- 
lation [Berl 1 vol. in-8°); en 1829, d«s 
Pensée* sur l'homme, ses rapports et ses 
intérêts (Berl. 2 vol. in-8"); en 1831 en- 
lin, comme ses adieux au monde, le se- 
cond volume des Moyens de concilier les 
extrêmes dans les opinion», dont le pre- 
mier avait été publié trois ans aupara- 
vant (Berl. in-8°). 

7. David ANCILLON, le second Gis de 
David (ci-dessus n° 2), et frère puiné de 
Charles (n° 3), naquit à Metz le 22 fé- 
vrier 1670 et mourut à Berlin le l(j nov. 
1723. Dès l'âge de li ans, il fut en- 
voyé poursuivre ses études à Genève. 
Après avoir fait sa rhétorique sous le 
savant ministre Le Jeune, et sa philoso- 
phie sous l'ancien professeur de eau- 
mur, Robert Chouct, il.se livra aux 
études théologiques sous Philippe Mes- 
trezat, Louis Tronchin et François Tur- 
retin. 11 ne les avait pas encore ache- 



vées, lorsque la revocation de l'édit de 
Nantes força son père à se réfugier à 
Berlin, où il l'accompagna. Formey dans 
ses Eloges raconte ainsi l'accueil plein 
de bienveillance qui lui fut fait par le 
grand électeur. Après s'être adressé 
successivement dans les termes les plus 
affectueux à son père et à son frère 
aîné : « Et vous, mon enfant, lui dit-il, 
que voulez- vous faire? Le jeune homme 
(il avait alors seize ans) répondit qu'il 
venoit de Genève, où il avoit commencé 
sa théologie; mais que voyant six cents 
ministres hors de France sans emploi, 
il avoit résolu de quitter les études et de 
prendre le parti des armes, si 8. A. E. 
jit. Xon, répliqua l'électeur, je ne 
le veux point. Voyez-vous ces cheveux 
blancs de votre père, ils demanderont 
bientôt votre secours. On manquera 
peut-être un jour de ministres ; il no 
faudroit pour cela que quatre yeux fer- 
més [Louis XIV, alors dangereusement 
malade, et Jacques d'Angleterre;. J'ai 
résolu de vous faire achever vos études ; 
y vuus accorde pour cet effet cent écu« 
de pension [selon Charles Ancillon, 
une place à la table de l'université, et 
une pension de cinquante écus] ; allez à 
Francfort, et lorsque vous serez en état 
d'être re>;u ministre, je vous donnerai 
pour collègue et adjoint à votre père. » 
Ancillon se rendit donc à l'université 
de Francfort - s. -O., où il acheva ses 
études. En juin 1689, il retourna à Ber- 
lin, et après un examen brillant, il fut 
admis pasteur et reçut, le 7 juillet, l'im- 
position des mains. Il partagea dès lors 
les travaux de son père, à la mort duquel 
en 1692* il lui succéda comme ministre 
ordinaire de 1 église française de Berlin 
et avec le même succès. Charles Ancillon 
caractérise ainsi son frère : a Digne suc- 
cesseur d'un père illustre, et imitateur 
des exemples mémorables qu'il lui a 
laissés, son bis par nature, son disciple 
par l'étude, et semblable à lui d'inchna- 
tion et de volonté, de nom et de surnom, 
d'air et de manières. » En l'année 17U0, 
Frédéric 1 er le chargea d'une mission 
en Hollande et en Angleterre. A son 
retour à Berlin eu 1701, il reparut dans 
la chaire, et ht sa rentrée par un Ser- 
mon sur le couronnement de l'électeur 
qui venait de prendre le titre de roi. Ce 



231 



ANCILLON 



232 



sermon, qui a été imprimé, est dédié à 
une demoiselle Mustelius qui lui avait 
prodigué ses soins pendant une grave 
maladie qu'il fit dans son voyage. Au 
mois d'août de la même année, Ancil- 
lon fut honoré d'une nouvelle mission en 
Suisse ; il y fut retenu une année entière. 
Lorsqu'il fut de retour, le roi le chargea 
d'entretenir, au sujet de la succession de 
Neuchâtel , une correspondance suivie 
avec les principaux habitants de cette 
principauté, et en 1707, il l'envoya lui- 
même dans le pays pour y travailler 
sous le comte de Metternich, son mi- 
nistre plénipotentiaire à Berne. Pendant 
le séjour qu'il fit à Neuchâtel, après la 
mort de la duchesse de Nemours, An- 
cillon prêcha tous les dimanches. Mais 
comme il touchait dans ses sermons à 
des questions étrangères à la chaire, les 
différents prétendants à la souveraineté 
de Neuchâtel en prirent ombrage et lui 
firent interdire la prédication. La charge 
de chapelain de la cour fut la récom- 
pense de ses services. Le 3 novembre 
1707, Frédéric I er reçut l'investiture de 
la principauté en la personne de son 
ambassadeur. On a remarqué que la 
Réformation y avait été introduite le 
même jour, 177 ans auparavant. An- 
cillon fit le sermon d'usage en cette oc- 
casion solennelle, sur le texte qui lui 
avait été commandé par le monarque 
lui-même. Avant son départ de Neu- 
châtel, les Etats du pays l'honorèrent 
du titre de bourgeois de la ville ; 7 nov. 
1707. De retour à Berlin, Ancillon en- 
tra de suite en fonctions comme mi- 
nistre de la cour. MM. Jaquelot , de 
Beausobre et Lenfant étaient ses col- 
lègues. « Ses sermons, dit Formey, 
étoient toujours extraordinairement goû- 
tés. Lorsque le roi étoit indisposé, il le 
iâisoit prêcher dans ses appartemens 
où la famille royale et les personnes de 
première distinction se rendoient. Quand 
M. Ancillon paroissoit dans les chaires 
des églises, il n'y montoit et n'en des- 
cendoit qu'à travers des flots d'audi- 
teurs, et les temples ne pouvoient les 
contenir. » En 1709, Frédéric enleva de 
nouveau son chapelain à ses fonctions 
pastorales pour lui confier une mission 
en Pologne. La guerre venait de se ral- 
lumer entre les partisans de Pierre-le- 



Grand et d'Auguste de Saxe, de Char- 
les XII et de Leszczynski. Ancillon eut 
ordre de tenir son voyage secret même 
à sa famille. 11 se déguisa en officier 
prussien et prit le nom de Saint-Julien. 
Plusieurs fois, il fut arrêté en route par 
les partis ennemis; mais il réussit tou- 
jours à se tirer de leurs mains, et quel- 
quefois même comblé de politesses. Ar- 
rivé à Lublin, où il comptait faire un 
court séjour, il aperçut affichées à la 
porte du monastère des Jésuites une 
série de propositions qui devaient y être 
soutenues. A cette vue, le théologien 
reparut aussitôt sous l'habit du diplo- 
mate, il fit demander un exemplaire de 
ces thèses aux Révérends Pères, qui lui 
députèrent deux de leurs confrères pour 
l'inviter à une dispute publique. An- 
cillon ne résista pas longtemps à s'y 
rendre. Les Jésuites lui firent le meil- 
leur accueil. La dispute se passa très- 
convenablement, et elle se termina, au 
contentement général, par un repas ma- 
gnifique auquel les Révérends Pères con- 
vièrent leur antagoniste. On peut sup- 
poser que, selon l'usage, les deux partis 
s'attribuèrent également l'honneur de 
la journée. De Lublin, Ancillon se diri- 
gea vers la Hongrie. Il eut plusieurs 
fois l'honneur d'entretenir le prince Ra- 
gotzki, le chef des Mécontents, qui te- 
naient leur diète à Gassovie. En repas- 
sant par la Pologne, il visita une partie 
des églises réformées qui y subsistaient 
encore malgré les persécutions suscitées 
par le fanatisme ou plutôt l'esprit de do- 
mination des Jésuites. Puis continuant 
sa route vers le nord, il retourna à Ber- 
lin par Kœnigsberg et Marienwerder. 

C'est au retour de ce voyage qu'il ap- 
prit la mort d'une sœur de lui restée à 
Metz, par une lettre à laquelle il répon- 
dit en ces termes, précieux à conserver 
pour l'histoire de la famille : « Berlin, 
18 octob. 1710. Monsieur mon cher ne- 
veu, je viens d'apprendre avec douleur 
le décès de votre mère, ma chère sœur, 
et c'est la première fois que j'ai l'hon- 
neur de vous écrire Agréez, mon- 
sieur mon cher neveu, que je vous prie 
de faire quelques réflexions sur la fa- 
mille dont vous estes et dont la piété a 
esté de tout temps exemplaire dans la 
profession de nostre sainte Religion et 



233 



AXCILLON 



:>?>< 



que vostre bisayeul paternel estoit un 
Docteur en médecine le plus célèbre de 
son temps, qui avoit de rares talens non 
seulement pour l'exercice et la pratique 
de sa profession, mais aussy pour celuy 
de la consolation des malades qu'il 
voyoit; en leur déployant les remèdes de 
son art pour le recouvrement de leur 
santé, il leur departoit des consolations 
spirituelles pour leurs âmes quand les 
occasions s'en presentoient : et que vos- 
tre trisayeul paternel estoit un Docteur 
de grande réputation non seulement 
pour la solidité de son érudition, mais 
aussi pour sa rare pieté qui en son 
temps avoit beaucoup contribué à main- 
tenir dans la profession de la vérité Ma- 
dame la Duchesse de Bar sœur du Roy 
Henry IV, de laquelle il estoit le minis- 
tre 1 n'obstant mille attaques qui estoient 
faites à cette princesse pour tascher de 
l'ébranler et la faire changer de religion. 
Je prie Dieu qu'il vous conserve et qu'il 
vous comble de ses plus précieuses bé- 
nédictions s . » 

En 1710, Ancillon fut nommé mem- 
bre de la Société établie à Londres, dès 
1687, pour la propagation du Christia- 
nisme, for promoting Christian know- 
ledge, société qui subsiste encore de nos 
jours. Il entretint dès lors une correspon- 
dance suivie avec le secrétaire de la com- 
pagnie, Chamberlayne, qui était son ami 
particulier ; toutes les affaires qui con- 
cernaient l'Allemagne, se traitaient par 
son entremise. La Société des Anonymes 
s'honora aussi de le compter parmi ses 
membres ; il y tint la plume pendant 
plusieurs années. C'est à cette société 
que la Bibliothèque Germanique (de 
1720 à 1740, Amst. ; 50 vol. in-8°) doit 
son existence. Elle s'assemblait chez le 
ministre Lenfant , et Des Vignoles, de 
Beausobre, Chauvin, en faisaient partie. 

« Cf. Bibliot. de l'éc. des Chartes XVIII, 32». 

1 BiM. nat., mss. fr., nouv. acq., n» 4967, p. 309. — 
— Le même vol. contient 7 lettres de David Ancillon 
{a* S), écrites de Meaox (4645-541 a Paul Ferry, pasteur 
de Metz, qu'il appelle respectueusement son père; et 
une lettre du même (Metz, t% lév. 4644) a Couit du 
Fivier, sieur de Lorry et de Lessy, avocat an pari, de 
Metz; — plus tu lettres écrites de Paris (1656-64) à Paul 
Ferry par Joseph Ancillon, l'avocat (a*T|; — plus 
29 lettres écrites de Metz, soit par le ministre, soit par 
l'avocat, a M. du Vivier, dans l'intervalle des années 1674 
à 4688, et presque toutes relatives aux affaires de la Re- 
ligion dans le pays Messin. Enfin nue, si. no 
cillon (Metz, 25 fév. 4687) porte au dos, de la main du 
destinataire : < M. Ancillon le jeune. » 



Une cruelle maladie, la gravelle. at- 
trista les dernières années d'Ancillon. 
Cependant le fidèle ministre ne voulut 
cesser ses fonctions qu'à la dernière ex- 
trémité. Son courage et sa résignation 
au milieu des plus atroces souffrances 
étonnaient tous ceux qui l'approchaient. 
A la fin, après bien des alternatives de 
convalescence et de rechute, il tomba 
malade pour ne plus se relever. « Son lit 
de mort, dit son biographe, fut une 
chaire d'où il prêcha avec plus d'élo- 
quence que jamais, et ses dernières 
heures comblèrent d'édification sa fa- 
mille et son troupeau. » Il mourut à 
l'âge de 53 ans, regretté de tous, et sur- 
tout des pauvres et des affligés dont il 
était le père et le consolateur. Son corps 
fut déposé dans un caveau de la Frede- 
richstadt réservé à sa famille, où repo- 
saient son frère Charles, son oncle Jo- 
seph, et son cousin Louis. Il avait 
épousé, le 11 août 1691, Susanne Meus- 
nier, originaire de Paris, fille de Phi- 
lippe Meusnier , négociant réfugié à 
Halle. De ce mariage naquirent dix-sept 
enfants, dont cinq fils et douze iilles. 
L'aîné des fils, Joseph, fut assesseur à la 
Justice françoise et l'un des directeurs 
de l'Hôtel de Refuge. Le second. Ma- 
n.vssé, suivit la carrière pastorale, et 
devint ministre de l'église française de 
Prentzlow. C'est sur des mémoires four- 
nis par lui, que Formey a écrit son 
éloge du père, qui parut d'abord dans la 
Nouvelle Bibliothèque Germanique. Le 
troisième des fils, Alexandre, également 
pasteur, fut attaché ta l'église française 
de Kœnigsberg, et mourut d'une attaque 
d'apoplexie, le 18 nov. 1738. Les deux au- 
tres étaient morts dans leur enfance. 

8. Joseph ANCILLON. frère puîné du 
ministre de Metz, avocat au parlement 
de cette ville et sieur de Jouy-aux-Ar- 
ches [VI, 445 a], était né à Metz au mois 
de nov. 1629 et mourut à Berlin le 
4 nov. 1719. Son portrait a été gravé par 
Sciller. 

Joseph Ancillon avait embrassé la pro- 
fession d'avocat, et il s'était acquis par 
son savoir autant que par sa probité 
l'estime et la considération de tous ses 
compatriotes. Lors de la révocation de 
l'édit de Nantes , ce ne fut qu'en Ré- 
chappant secrètement et au milieu des 



23; 



ANCILLON — ANDOUIN 



230 



périls qu'il parvint à rejoindre son frère 
dans l'exil. L'électeur l'accueillit avec la 
même bienveillance qu'il avait témoi- 
gnée au ministre de Metz : il le nomma 
juge supérieur de toutes ses colonies 
françaises, conseiller de cour et de ré- 
vision. « On peut le regarder, dit For- 
mey , comme le fondateur des justi- 
ces françaises dans le Brandebourg. » 
Les devoirs de sa charge ne l'empê- 
chèrent pas de faire paraître dans les 
journaux do Berlin divers articles qui 
font voir, dit-on, la solidité et l'étendue 
de ses connaissances. En 1691), il re- 
nonça à sa place en faveur de son neveu 
Charles Ancillon. Le Duchat dit de lui 
qu'il était « homme de belles-lettres, 
bon théologien, et le meilleur juriscon- 
sulte de sa province. » On lui doit un 
Traité de la différence des biens meubles 
et immeubles dans le ressort de la Cou- 
tume de Metz (anonyme); Metz, 1098, 
in- 12. M. Lamoureux remarque que 
« c'est à tort que la Bibliothèque de droit 
de Camus cite trois autres éditions de ce 
livre; celle de 1698 est la seule qui ait 
paru. » Ancillon avait encore écrit di- 
vers autres traités de jurisprudence tels 
qu'un Commentaire sur la Coutume de 
Metz, et un Recueil d'arrêts du parle- 
menl de Metz; mais ils n'ont pas été 
imprimés. Il a aussi rédigé une Chro- 
nique de Metz , laquelle a été publiée 
(Metz et Paris, A. Aubry, 1860, in-8° 
de xi-117 p.) sous ce titre : « Recueil 
journalier de co qui s'est passé do plus 
mémorable dans la cité de Metz, pays 
messin, et aux environs, de 1656 à 1674. 
par Joseph Ancillon; publié par M v F. 
Chahert. » [Voy. V. 102.] 

Los biographes donnent peu de dé- 
tails sur sa famille. L'un d'eux nous ap- 
prend qu'il avait marié sa fdle à son 
neveu Charles. C'est sans doute un de 
ses fils, Louis, qui était résident des 
Etats-Généraux dans le Brandebourg; il 
mourut le 25 janvier 1720, à l'âge de 
50 ans. Un autre, nommé Paul, en 1696 
habitait Bâle, avec sa femme Jeanne 
Roussel, de Châlons [IX, 53 a] ; il fut 
attaché comme médecin à l'hôpital fran- 
çais de Berlin [I, 96 a]. Un troisième 
fils de Joseph resta en France et y fonda 
une branche catholique existante encore 
aujourd'hui. Mame, sa fille, épousa en 



Mj8ï Paul Le Bachellé, conseiller se- 
cret, du roi en la chancellerie du pari, 
de Metz [VI, 445 a], 

Baylc. - Niceron. — Didot. — Encyclop. de Ersch et 
Grufoer. — Emm. Michel, Bwg. du pari, de Metz. 

ANCONE, capitaine, 1567 [IV, 133 b], 

Ancourt (d'), voy. Carton. 

ANDABRE (Jacquette) , veuve de 
Louis Jonquet du Goulorguos.près Uzès, 
prisonnière de 1702 à 1713 [X, 440] et 
Liste des Protest, qui souffrent. 

ANDE (Catherine), massacrée à Car- 
nellesen Provence, 1562 [X, 471]. 

1. ANDELOT (François de Chastil- 
lon, 6ieur d'), le plus jeune frère de Co- 
licnv [III, 413] ; voy. Giiatillon. — Voyez 
encore [1, 50 a, 121 b, 158, 198, 207, '229 ; 

II, 52, 58, 99, 131, 267, 312, 410, 445, 
449, 450, 455, 456,457, 459,460,511; 

III, 37, etc.; IV, 376 b, 504 a, 548 b; 
V,98 b, 167 a, 3'i5b, 528 b;VI, 201 b, 
228 a, 281 a; 941 a; VII, 112 a, 138 b, 
357 b, 475 b; VIII, 23 b, 150 b, 253 a, 
314 b, 321 b. ; IX, 249, 391 a]. —(Gas- 
pard, marquis d'), 1620-1649 [III, 412 a]. 

2. ANDELOT (Pierre d'), seigneur 
bourguignon dontle nom devraitpeut-être 
s'écrire d'ANOELAU, entra en 1566 avec 
son frère le seigneur de Champvans dans 
la ligue des Gueux. Ayant été fait pri- 
sonnier par les Espagnols aux environs 
de Harlingen, en Frise, il fut conduit au 
château de Vilvorde puis à Bruxelles. 
Là il fut décapité sur la place du petit 
Sablon, le 1 er juin 1568, avec dix-sept 
autres gentilshommes, ses compagnons 
d'armes. La sentence de mort, signée par 
le duc d' Albe, en date du 18 mai, est con- 
servée aux Archives gén. de Belgique, 
cons. des Troubles, t. 36. (Raheenbeck.) 

AND1G II ON (Jean), boursier du col- 
lège d'Orthez, 1611-17: secrétaire du sy- 
node de Morlaas en 1625 (Arch. des B.- 
Pyr.). — (Jacor), béarnais, faiseur de 
bas, réfugié à Wesel, 1700. 

AND1GNÉ (Suzanne n'), v. 1G30 [IV, 
275 a]. Voy. Argentré. 

ANDION (Lucrèce), Saumur, 1578 
[VIII, 9 a]. 

ANDONNE (Foursine), massacrée en 
Provence. 1562 [X, 471]. 

ANDOUIN (J.), condamné à l'a- 
mende, 1672 [IV, 394 b]. — (Perrette 
Andouine, c'est-à-dire femme ou fille 
d' ; Sauve, 16-20 [II, M) . — Jndotu/n 



237 



AXDOriX — ANDRÉ 



538 



condamna à Bordeaux, 1562 [IV, 502 a]. 

ANDOOXS (Madei.aine d'): Déarn, 
v. 1530 [VII, 456 b]. 

ANDOUY(Jean\ Saumur, 1685 ITI. 
8:3 b]. 

AXDOYER, de Puech. condamné à 
être pendu, 1609 [VIII, 51 2 b . 

A XDR AS (JEAN),Saneerre, 1 609 [ VIII , 
•42 a, note]. 

AXDRÂl" [David), fils d'Imbert, pro- 
cureur en la chambre de ledit, présenté 
au baptême, juill. 106."), par noble David 
de Perrota, d'Uzès. et Isabeau de Ricard. 

1. AXDRÉ, dit Foutunat, ministre ré- 
tamé à Strasbourg;, 1531 [Y, 69 b]. 

2. AXDRÉ, ministre, !" 10 a]. 

\XDRÉ DE YILLETTE Gtmx.), 
ministre de Yilleraugue, 1594 [X. 215]. 
ï. AXDRÉ le capitaine), 1502-70 [II, 
113, 164; IV, 460 a].— (Antoine), mas- 
sacré en Provence, 1562 [X, 171 — 
(Pierre), massacré avec sa femme et son 
enfanta Bar-sur-Seine, 1502 [YI11 
b]. — (N.), de Valréas ; sa maison à Val- 
nu démolie par ordre des commissaires 
catholiques en 1564. 

5. AXDRE Toys), « drappier chausse- 
tier, » reçu habitant de Genève, le 
22 oct. 1551. — Xoys), « natif d'Aix en 
Provence, » id. 1" septembre 1551. — 
( Au treLoys du môme lieu, rubantier, reçu 
de même le 18 oct. 1557. — (Louis), fds 
de feu Michel, de Vaux en Languedoc, 
reçu bourgeois de Genève le 31 àét. i 557. 
11 épousa : 1° Giletfe André, de Dijon ; 
2° à Genève, I er août 1509, Nicole Lr~ 
grain, de Troyes, veuve d'Etienne Bar- 
det, marchand demeurant à Lyon. Elu 
du conseil des 00 en 1570, il mourut en 
1588, laissant un fils, nommé aussi Louis 
(1559-1605), du CC en 1595. — (Pierre), 
« cordonnier, natif d'Alais, » reçu hab.. 
id. 1559. — (George), de Dauphiné, • ga- 
gne-denier habitant Lyon, » id. 1572. 

6. AXDRÉ (Jehan, fils de feu Pi 

de Troyes en Champagne , reçu bour- 
geois de Genève en 1557 avec ses quatre 
fils Guillaume. Jean. Denys et Daniel. 
Sa femme était Louise, fille de Guill. Le- 
bej/ et de Magdeleine de S.-Aulbin, qu'il 
avait épousée à Troyes. Avec lui était 
aussi venue sa sœur Jeanne, femme 
d' Antoine de Villemort de Troyes, reçu 
à la bourgeoisie de Genève en 1557. — 
'Osée), fils aussi du précédent, naquit à 



Genève en 1507. fut ministre du saint 
Evangile, pasteur de l'hôpital en 1590, 
et de Chancy en 1595. La même année, 
le 28 juillet, il épousa Susanne, fille du 
pasteur David Le Boiteux. En 1590. il 
fut chargé de prêcher chaque dimanche 
dans les temples des paroisses du bail- 
liage de Ternier que le duc Charles-Em- 
manuel, malgré le traité de 1504. n'avait 
pas repourvues après la guerre. Il conti- 
nua cette tâche jusqu'au moment où la 
violence lui ferma l'accès de ces terres, 
et la remplit avec un courage remarqua- 
ble en dépit dos menaces et des vexations 
des officiers du duc; mais le culte pro- 
testant fut tout à fait supprimé dans les 
paroisses de Ternier en 1597. Dès 1598, 
il fut replacé pasteur à Cartigny et 
Onex ; puis en 1603, envoyé par le con- 
seil comme chapelain de la garnison 
qui occupait S.-Genïs d'Aoste. Il ren- 
tra en France et alla desservir en 1610 
l'église de La Mure en Dauphiné [X. 

Il mourut ministre de Clelles en 
Trièves. — (Jean, fils de Moïse, fils d'O- 

né en 1651, qualifié en 1686: 
« maître orphèvre et peintre en émail 
et mignature, » et David, fils du dit 
Jean, né en 1684, étaient d'habiles ar- 
tistes qui présentèrent en 1704 de beaux 
ouvrages au conseil, lequel leur fit don- 
ner unepetite récompense de douze écus. 
Ils demandèrent à la même époque la 
permission d'ouvrir une école de des- 
sin, et le conseil leur promit de penser 
à eux lorsqu'il songerait à en établir une 
qui fût publique. Mais il s'écoula plus d'un 
siècle avant que ce projet fût réalisé. 

\rrhiv. de Genève. — Sord.-t. 

7. ANDRÉ François), de Xancy, orfè- 
vre, reçu habitant de Genève v. 1626. — 
(Jean), député à l'ass. d'Alais, J628 [I. 
249],— (Antoine), à Ximes, 1644 [IX, 
345 a" 1 .— (Jean), dit Patlon, régent à Die, 
1604 [VL 452 a]. — (Antoine et Jean), 
fils d'Antoine de Sumesne en Langue- 
doc, cordonniers, reçus habitants de Ge- 
nève, le premier v. 1660, le second v. 
167*. _ (...), d'Anduze, 1675 [V11L, 
464 a]. — (Isaac), fils de feu Jean et de 
Suzanne Aloard, de Chastillon en Dau- 
phiné, reçu habitant de Genève v. : 
— (Jean), des Cévennes avec sa femme et 
trois enfants, assistés à Genève, 1681. — 
(Etienne), Rouen, 1685 [Vil, 184 M.— 



239 



ANDRÉ 



m) 



(Gabriel), déporté, 1687 [X*, 431].— (An- 
toinette, fille de Pierre), de Galvisson, 
avec son mari Jean Peirin, de S.-Am- 
broix, id. 1691. — (Pierre), de Poussan, 
réfug. à Yverdun, \%^~l.— André, dit La 
Gaillarde et ses deux enfants, réfugiés, 
1695-97. — (Pierre), de S.-Ambroix, as- 
sisté en passant à Genève pour se ré- 
fugier en Allemagne, 1698. — (Moyse), 
de Metz, serrurier, sa femme et deux 
enfants réfugiés à Berlin. — (....), de 
Nîmes, manufacturier avec six compa- 
gnons et apprentis, réfugiés à Magde- 
bourg. — (Isaac), de Chastillon en Dau- 
phiné, cordonnier à Berlin. — (Louis- 
Guillaume), cordonnier, sa femme et 
deux enfants, à Magdebourg. — (Si- 
mon), tailleur, sa femme et trois en- 
fants, à Magdebourg. — (Jean), cardeur 
de laine, à Spandau. — (Jacques), avec 
quatre personnes, à Grambzow. — 
(Pierre), de Rivière en Languedoc, pei- 
gneur de laine, sa femme et un enfant, 
à Magdebourg ; tous en 1698 et 1700. — 
(Charles), de Nîmes, reçoit à Genève un 
secours pour gagner Magdebourg, 1701. 
— ( ), de Gap, famille de trois per- 
sonnes assistée en passant à Genève 
pour gagner l'Allemagne, 1701. — (Mar- 
guerite), de Saumur, 56 ans, et Esther, 
sa fille, assistées à Londres, 1705. — 
(Jean), de Chastillon en Dauphiné, as- 
sisté à Genève, 1709. — (Esther, Char- 
les, Françoise), réfugiés et assistés à 
Londres, 1721.— (Antoine - ), des Céven- 
nes, galérien, 1703 [X, 419].— (André), 
galérien, 1705 [X, 420|.— (Anthoine), de 
Genouilhat, (fils d'André), galérien, ma- 
nœuvre, reçu habitant de Genève, 7 oct. 
1721. — (Pierre, fils de feu Guill.), de 
Nîmes, meunier, reçu habitant de Ge- 
nève, 14 mars 1713. — (J.\ galérien, 
1705 [X, 423]. —(....), déporté, 1720 [X, 
404]. — (Claude), galérien, 1720, Bull. 
XV, 303. — (Louis, fils de feu Pierre), 
de Sauves en Languedoc, reçu habitant 
de Genève le 12 novembre 1725. — 
(Jean, fils de Claude), de Livron en 
Dauphiné, reçu habitant de Genève le 
15 août 1730."— (Pierre, fils d'André), 
de S. -Germain en Languedoc, id. 5 avril 
1737. — (Louis), de S.-Just, galérien, 
1746 [X, 426]. 

8. ANDRÉ [Haag, I, 96; — X, 
433], notable habitant du Pont-de-Mont- 



vert , victime des persécutions dans le 
Midi. Il avait été obligé de s'enfuir dans 
les montagnes, en 1685, pour échap- 
per aux terribles convertisseurs du cruel 
chevalier de Gène. Poursuivi par les 
dragons , traqué dans les forêts com- 
me une bête féroce, il eut le malheur 
d'être découvert. Il se rendit sans résis- 
tance, seulement il refusa de se laisser 
enchaîner comme un malfaiteur, protes- 
tant qu'il était disposé à suivre le soldat 
qui l'avait arrêté. Pendant cette contes- 
tation, survint un autre dragon qui y 
mit un terme en le frappant mortelle- 
ment. Avant d'expirer, le malheureux 
André demanda à serrer la main de son 
meurtrier, lui donnant l'assurance qu'il 
lui pardonnait. Son corps fut traîné sur 
la claie, ses biens confisqués, sa femme 
et ses enfants, dont le précepteur, 
nommé Blanc, fut égorgé, chassés de 
leur demeure, et sa maison cédée au fa- 
meux abbé du Chaila, archiprêtre de 
Mende et inspecteur des missions dans 
les Cévennes. Cette maison, alors la 
plus apparente du bourg, existe encore 
aujourd'hui; on y a établi une auberge. 
M. Peyrat, qui l'a visitée récemment, 
en fait la description dans son Histoire 
des pasteurs du désert : « Elle est si- 
tuée, dit-il, à l'extrémité septentrionale 
du pont, où le Rioumal tombe dans le 
Tarn; elle est isolée, et hormis ses 
deux portes au levant et au couchant, 
elle n'a point d'ouverture sur la rue, ce 
qui lui donne l'aspect sombre d'un cou- 
vent; au midi, sa façade regarde sur 
une étroite terrasse abaissée de quelques 
marches au-dessous du rez-de-chaussée, 
mais élevée de plusieurs pieds au-des- 
sus du Tarn qui murmure incessamment 
dans son large lit obstrué d'énor- 
mes cailloux roulés et polis par les gran- 
des eaux. Un puits, destiné à l'arrose- 
ment de quelques fleurs, est creusé au 
milieu de ce parterre, clos d'une haie 
vive au couchant. » Le voyageur insou- 
ciant qui s'arrête aujourd'hui dans cette 
paisible auberge, frissonnerait d'horreur 
si quelque nouvelle py thonisse d'Hendor 
faisait passer sous ses yeux les scènes 
effroyables dont ces lieux ont été té- 
moins. « Les prisonniers qui avoient le 
malheur de tomber entre les mains de 
l'abbé du Chaila, lit-on dans l'Histoire 



241 



ANDRÉ 



842 



des troubles des Cévennes , essuyoient 
des traitements qui paroitroient in- 
croyables , s'ils n'étoient attestés par 
tous les habitants de ce pays-là. Tantôt 
il leur arrachoit avec des pincettes le 
poil de la barbe ou des sourcil* ; tantôt 
avec les mêmes pincettes, il leur met- 
toit des charbons ardens dans les mains 
qu'il fermoit et pressoit ensuite avec 
violence, jusqu'à ce que les charbons 
fussent éteints ; souvent il leur revêtoit 
tous les doigts des deux mains avec du 
coton imbibé d'huile ou de graisse, qu'il 
allumoit ensuite et faisoit brûler jus- 
qu'à ce que les doigts fussent ouverts ou 
rongés par la flamme jusques aux os. 
Lorsque tous ces différents supplices n'o- 
péroient pas selon les vœux de cet abbé, 
il faisoit enfermer les détenus dans des 
prisons, et les tenoit dans les ceps. C'est 
dans cet instrument, inventé pour lasser 
la patience la plus à l'épreuve et la con- 
stance la plus longue, que cet abbé te- 
noit ces malheureux pris par les pieds et 
par les jambes, et dans une posture si 
gênante, qu'ils ne pouvoient rester ni 
assis ni debout, et qu'ils soulTroient les 
plus cruels tourments. Entre un grand 
nombre d'autres, Pierre Soulier de Rey- 
nol, paroisse de S. -Germain, porta jus- 
qu'au tombeau les marques de cette 
nouvelle espèce de gêne. — L'archiprê- 
tre, ajoute M. Peyrat, relâchait pourtant 
quelquefois les hommes, mais à prix 
d'or; et quelquefois aussi les femmes, 
mais au prix de leur vertu. » Pendant 
plus de quinze ans, la malheureuse po- 
pulation de ces contrées fut dévouée à 
tous les genres de torture. L'heure de la 
vengeance sonna enfin : l'attaque de la 
maison d'André, dans la nuit du 24 au 
25 juillet 1702, fut le signal de la guerre 
des Gamisards. 

9. ANDRÉ, famille languedocienne 
qui, réduite, comme tant d'autres, à la 
profession commerciale, par son attache- 
ment à la Réforme et par la rigueur des 
édits qui fermaient aux protestants pres- 
que toutes les carrières, s'y livra avec 
une persévérance et un succès rares. = 
Armes : D'azur à un sautoir ou croix 
de S. -André d'or, cantonné de trois mo- 
lettes de même, et d'un croissant de 
même en pointe. 

Antoine André vivait au milieu du 



XVI* siècle à Laval, paroisse de Sanilhac 
en Vivarais. Il était notaire. On lui con- 
naît deux fils, Michel et Jean. Michel 
mourut en 1589 laissant quatre fils et 
une fille. Deux des petits -fils de Mi- 
chel, nommés Jacques et David, mou- 
rurent l'un à "Verceil en Piémont, l'au- 
tre à Genève. La descendance de Jac- 
ques, né en 1G22, s'était définitivement 
établie à Genève vers l'époque de la 
révocation de l'édit de Nantes, car qua- 
tre des six enfants qu'il avait moururent 
dans cette ville (de 1709 à 1738). Son fils 
aîné, Jean, né en 1651, mort en 1737, 
épousa Louise Vazeille, dont il eut douze 
enfants. L'aîné, Guillaume, né en 1685, 
épousa en 1715 Marie, fille de Jacques 
Privât, de Nîmes, qui lui donna six fils 
et cinq filles, dont quatre furent mariées 
à Genève : Marie (1716-1773), femme de 
François de La Rive ; Louise (171 9-1793), 
femme, en 1750, du pasteur Daniel de 
Rochemont ; Jeanne (1720-1 786), femme 
de Jean-Louis Lamande; Isabelle (1731- 
1758), femme, en 1752, du professeur 
Louis Necker, seigneur deGermagny.Un 
frère de ces quatre dames, Antoine An- 
dré, né en 1717, s'établit à Southampton, 
puis à Londres, où il mourut en 1769; 
il avait épousé Marie-Louise Girardot. 
L'aîné de ses fils, Jean André, né à Lon- 
dres en 1750, acquit une place, au prix 
de sa vie, dans l'histoire de la guerre de 
l'Angleterre contre les Etats-Unis d'A- 
mérique. Nous laissons ici la parole aux 
biographes anglais : « Jean avait com- 
mencé sa carrière par le commerce, mais 
plein du désir d'embrasser la vie de sol- 
dat. Une déception de cœur raviva ses 
premières velléités et il entra dans l'ar- 
mée. En 1780, il était en Amérique et 
servait comme adjudant général sous les 
ordres de sir Henry Clinton. Un des gé- 
néraux américains, Arnold, ayant résolu 
de faire sa soumission au gouvernement 
anglais, le major André fut désigné pour 
conclure la négociation avec lui. Le gé- 
néral Arnold gagna en toute sûreté les 
lignes britanniques; mais André fut dé- 
couvert et, comme il avait pris un dégui- 
sement, il fut traité comme espion et 
pendu. Il n'avait pas encore trente ans. 
Sa mort causa une explosion de douleur 
en Angleterre. On lui éleva un monu- 
ment funéraire dans l'église de "West- 



213 



ANDRE — AXDRIEF 



214 



minsteren 1781, et le roi George 111 ac- 
corda en môme temps le titre de baronnet 
à Guillaume-Louis André, jeune frère du 
défunt. Ce dernier, né en 1760, mourut 
sans héritier, à Londres, en 1802. Qua- 
rante ans plus tard, la reconnaissance 
britannique pour le dévouement du jeune 
officier n'était pas refroidie, car ce fut 
alors (nov. 1821) que, sur les ordres du 
roi Georges IV et par les soins du con- 
sul anglais de New-York, on rapporta 
d'Amérique, pour les déposer dans le 
monument de Westminster, les restes 
de Jean André. Sa famille, quoique de- 
venue bien anglaise, n'avait nullement 
oublié son origine, car on trouve, dans 
la seconde moitié du XVIII e siècle et 
jusqu'au milieu du XIX e , sept de ses 
membres investis des fonctions de di- 
recteur de l'hospice des pauvres pro- 
testants français réfugiés à Londres. 
Ce sont : David, frère d'Antoine, 1756; 
David junior, fils du précédent, en 
1782; Jean-Louis, autre frère d'An- 
toine, en 1786 et 1809; sir William- 
Lewis, leur neveu, en 1793; Jacques- 
Pierre, fils de Jean-Louis, en 1814 ; enfin 
un second Jacques-Pierre, fils du pré- 
cédent, en 1846. Guillaume André, 
cinquième et dernier frère d'Antoine 
(1732-1814), eut pour femme Marianne 
de Félice, et vécut à Naples, où demeu- 
rèrent ses descendants. 

Cette branche abondante établie sur- 
tout en Angleterre provenait tout en- 
tière de Guillaume, l'aîné des douze en- 
fants de Jean André (1651-1737) et de 
Louise Vazeille ; la plupart des autres 
moururent très-jeunes, excepté Jean, né 
en 1689, mort à Genève en 1764, Marie, 
née en 1693, épouse de Jérôme David et 
qui n'eut qu'une fille dont la descen- 
dance existe dans les familles Hagermann 
et de Bussierre; Jean-Louis, né en 1700, 
mort à Nîmes en 1765; enfin Jacques, 
auteur d'une branche nouvelle non moins 
considérable que celle de son frère aîné. 

Jacques, onzième enfant de Jean et 
de LouiseVazeille, naquit en 1699 et mou- 
rut à Nîmes en 1775. Il épousa Suzanne 
Audibert (morte en 1742) et il eut aussi 
douze enfants. Le troisième, Jean-Jac- 
ques, ne laissa que des filles, dont l'aînée, 
Anne, épousa en 1782 Jean Pieyre, de- 
puis préfet et baron de l'Empire, lequel 



appartenait à la famille Pieyre ou Le 
Pieyre des environs de Valleraugue, qui 
fournit du temps de Jeanne d'Albret un 
des défenseurs de Navarreins et vers la 
fin du dernier siècle un poète dramati- 
que [Haag, VIII, 241]. Le sixième, Jean, 
né en 1 734, fut guillotiné à Nîmes en 1 793. 
Il laissa de Marguerite de Villas sa 
femme, une fille mariée à Jean Bonioux 
et un fils, Dominique (1766-1844) qui de 
Nîmes, de Lyon et de Gènes où sa fa- 
mille avait depuis longtemps formé di- 
vers établissements de banque, se trans- 
porta à Paris. Il y fut l'un des membres 
du Consistoire central lors de la réorga- 
nisation de l'Eglise réformée de France. 
Quelques mois avant l'exécution révolu- 
tionnaire subie par son père, il avait 
épousé Marie (ou Mira) Rivet dont il 
eut trois fils : Marie- Jean (20 déc. 1793- 
1850), Louis et Ernest ; le premier, re- 
ceveur général des finances, épousa en 
1825 Henriette, fille de Frédéric Wal- 
ther, général et comte de l'Empire; le 
second, manufacturier, épousa en 1836 
Blanche, fille de J.-A.-A. Poupart, ba- 
ron de Neuflize, et le troisième (1803- 
1863), banquier, membre du consistoire 
de Paris et député au Corps législatif, 
épousa en 1832, Louise-Mathilde Got- 
iier. Du premier mariage est né M. Al- 
fred André, banquier, membre du con- 
sistoire de l'Eglise réformée de Paris, 
député de la Seine à l'Assemblée natio- 
nale de 1871, et du dernier M. Edouard 
André, officier de cavalerie, ancien dé- 
puté du Gard. 

Smiles, The Huguenots, 496. - Agnew, Protestant 
exiles, II, Ma. — M. Ern. André, par E. Jourdan de 
Hertz; Paris, 1804, )>r. in-8°. 

ANDRÉ (Françoise d 1 ), 1674 [III, 
108]. — (Théophile d'), assisté à Lon- 
dres, 1705. 

ANDRED1EU (d'), voy. Chavagnac. 

ANDREHON, ministre de Lambesc, 
1685 [V, 337 a]. 

ANDREIN (Arnauld d'), « natif du 
pais de Béarn, » étudiant à Genève, 
4559. 

ANDRETTE (Marguerite), de Mont- 
pellier, assistée à Genève pour gagner la 
Hollande, 1692. — (Jeanne), d'Aiguesvi- 
ves, assistée à Genève en allant joindre 
son père en Angleterre, 1700. 

1. ANDRIEU (Gaspard). deMison en 



24i 



AXDPJEU — AXDROUET 



2ifi 



Dauphiné, reçu habitant de Genève, 
16 oct. 157-2. — (Jacques \ Normandie, 
1675 [VI, 545 a].— (JeanK sieur du Lonsr, 
refus, en Angleterre v. 1G84 [IX, 452 b]. 
— ànêrimt, à Montagnac, 1698 [VIII, 
456 al. — Andrieu, assisté en Anale- 
terre," 1701 [VII, 50 a]. — (François, 
Louis et Guillaume), naturalisés anglais 
en 1087 et IV00 [Aenew I, 44, B5]. — 
(Pierre), fils de feu Jean, de Cajare en 
Quercy, chirurgien, réfusié à Genève 
v. 1719. 

2. AXDR1EU (Charles), pasteur àTu- 
renne. en KV20. Il publia à Bergerac en 
1611, in-8°, une réfutation du « Catho- 
lique anti-calviniste « d'Alex. Regourd, 
ouvrage qui parait avoir eu de son temps 
quelque réputation, si l'on en juge par 
le titre qu'il donna à sa réfutation : la 
Défaite de Goliath. On cite encore de 
lui un Colloque ainical imprimé dans 
la même ville [Haag I. 97: X. 

ANDRIEU (IaAAfl n'), seigneur d'en 
Cabos, épouse à Castres, 12 juin 10C0, 
Marguerite fille d'Antoine d'Alric, de 
Revel. ^Pradel.) 

ANDRÎEUX, pasteur'à Poitiers. 1561 
(BuIl.XW Etienne), fondeur 

et fileur, réfusié à Halberstadt. 17 

AXDRIXET (Claude, George? et Hr- 
quet), massacrés à Lourmarir 
470]. 

AXDRION (Sara). V. 1650 [VII. 
557 a]. — (Jean), d'Orpière, assisté à 
Genève, 1706. 

ANDflOIS Jacqi :- ', smgneur de 
Marguerite? [Haag I, 97 1, le plus ancien 
des conseillers au présidial de Ximes, 
en l'année 1507, c'est-à-dire à l'époque 
du funeste massacre commis dans cette 
ville par les protestants et connu sous 
le nom de la Michelade (Voir Vital 
<7'Albe.\as). Impliqué à tort ou à raison 
dans cette affaire déplorable, il fut ar- 
rêté et conduit à Toulouse sous bonne 
escorte. Un arrêt du -26 avril 1569 le 
condamna à mort, et le jour même, il 
fut exécuté. Traîné, la corde au cou, sur 
une claie à la queue d'un cheval, à tra- 
vers toutes les rues de Toulouse, il eut 
la tète tranchée sur la place S. -George, 
et son corps fut mis en quartier-, B 
tête portée à Ximes fut exposée sur une 
des portes de la ville. Tous ses biens 
Turent confisqués. Ce fut peut-être dans 



l'espoir d'une restitution qu'un de se? 
parents , Louis Andron , seigneur de 
Marguerites, et contrôleur du domaine 
de la sénéchaussée, consentit à trahir 
son parti et sa religion, en entrant, 
en 1 575, dans une conspiration qui avait 
pour but de livrer Ximes aux catholi- 
ques, mais qui échoua. 

1. AXDROUET DU CERCEAU Mac 
architecte et surtout graveur ha- 
bile [Haag I. 97], tige d'une dynastie 
d'artistes de son nom. 

Pour lui. il semble qu'il fut le fils d'un 
cabaretier de Paris, qui avait un cer- 
ceau d'or pour enseigne. Son contempo- 
rain La Croix du Maine parle de lui dans 
sa Bibliot h. française, en 1584, époque 
où l'artiste vivait encore et dit : a Jacq. 
Androuet, parisien, surnommé Du Cer- 
ceau qui est à dire cercle, lequel nom il 
a retenu pour avoir un cerceau pendu à 
sa maison pour la remarquer et y servir 
d'enseigne, ce que je dis en passant 
pour ceux qui ignoreraient la cause de ce 
surnom. » Ce qui n'empêche pas qu'on 
ne trouve dans plusieurs actes ses des- 
cendants qualifiés de sieurs du Cerceau. 
On croit Jacques Androuet né vers 1515 
et mort vers 1585, mais sans rien savoir 
de plus précis à cet égard et sans rien 
connaître des particularités de sa vie, si 
ce n'est qu'il était fidèle et zélé hugue- 
not. Ses premiers ouvrages de gravure 
furent une carte du pays manceau pu- 
bliée au Mans en 1539 et un recueil, 
gravé, d'arcs de triomphe imprimé à 
Orléans en 1519. Dans son livre des 
« plus excellents bastimens de France, » 
il parle des travaux d'architecture qu'il 
avait exécutés au château de Montargis. 
il rappelle les conversations qu'il eut 
sur ce sujet, à Montartris même, avec 
le roi, et un auteur du même temps lui 
attribue la construction du chœur de 
l'église de Montargis 'Guill. Morin. Hist. 
gêner . des pays de Gastinois, Senonois 
et Hure-pois; Paris, 1636), Il était donc 
architecte et il faut bien qu'il ait paru 
grand architecte à quelques-uns puis- 
qu'un étranger, Jean Vredemann, dans 
son Architectura imprimée à Anvers 
en 1577. mentionne simultanément: 
« Le très renommé Vitruvius , Sebas- 
tiaen Serlio et l'expert Jacobus An- 
drouetius Cerseau. r> Cependant il est 



247 



ANDROUET 



248 



manifeste que l'exécution de ses gra- 
vures extrêmement nombreuses et des 
livres qui les renferment, ont été la 
grande occupation de sa vie. Yoici la 
liste de ses ouvrages ; sans tenir compte 
des planches qu'il a gravées en dehors 
et dont le catalogue est encore à rédiger : 

I. Carte pour la Description de tout 
le pays et comté du Maine par Macé 
Ogier, prêtre; Le Mans, 1539. 11 y aurait 
des éditions de la carte datées du Mans, 
1565, de Tours et de Paris ; et cependant 
cet ouvrage serait perdu. 

II. Recueil de vingt-cinq arcs de 
triomphe; Orléans, 1549; 25 planches 
in-fol. sans titre, mais avec une suscrip- 
tion gravée : « Jacobus Androuetius 
du Cerceau lectoribus salutem. En vobis 
candidi lectores et architectural studiosi 
quinque et viginti exempla arcuum, par- 
tim a me inventa, partim ex veterum 
desumpta monumentis, etc. 

III. Recueil de fragments antiques, 
d'après Léonard Thierry (ou Thiry), mort 
récemment à Anvers ; douze planches 
sans titre, mais avec un frontispice gravé 
contenant une épître latine au lecteur ; 
Orléans, 1550, in-fol. 

IV. Recueil de temples, bâtis à la 
manière antique à Rome et ailleurs, re- 
produits en geometral et en perspective. 
Pas de titre ; mais une épître latine au lec- 
teur gravée en tête; Orléans, 1550, in-fol. 

V. Liber de eo picturse génère quod 
Grottesche vocant Itali. Orléans, 1550, 
in-4°; réimprimé, augmenté et publié de 
nouveau à Paris en 1562 et par Wechel 
(Paris), 1566. (Deux feuilles de texte et 
35 pi. contenant 60 sujets.) « Délicieuse 
collection d'arabesques qui décèle une 
originalité ainsi qu'une*facilité d'inven- 
tion extraordinaires. » (Berty.) 

VI. Livre de perspective ou Vues de 
ruines antiques, inscrites dans des cer- 
cles. Avec une épître latine au lecteur. 
Orléans, 1551 ; 20 pi.; pas de titre. 

VII. Livre d'Architecture, contenant 
les plans et dessaings de 50 bastimens 
tous différens pour instruire ceux qui 
désirent bastir, soient de petit, moyen 
ou grand estât; avec déclaration des 
membres et commoditez et nombre des 
toises que contient chacun bastiment, 
dont l'élévation des faces est figurée sur 
chacun plan. Paris, Benoist-Prevost, 



1559, in-fol. 50 pi. L'ouvrage est dédié 
au roi (Henri H) auquel l'auteur dit : 
« Sire, J'ay autres-foys receu tant de 
faveur de Vostre Majesté qu'elle a bien 
voulu employer quelques heures de 
temps à veoir et contempler aucuns pe- 
tits plans et pourtraictz de bastimens de 
temples et logis domestiques par moy 
desseignés et imprimés, es quels elle 
receut (comme me sembla) plaisir et 
délectation. Qui fut cause que dès lors 
je proposay d'en composer quelques 
autres... chose que je n'ay peu exécuter 
si promptement qu'avoys la volonté.... 
Qui sera pour enrichir et embellir de 
plus en plus cestuy vostre si florissant 
royaume : le quel de jour en jour on 
voyt augmenter de tant beaux et somp- 
tueux édifices que doresnavant vos sub- 
jectz n'auront occasion de voyager en 
estrange pais pour en veoir de mieux 
composez. Et d'avantage V. M. prenant 
plaisir et délectation mesmes à l'entre- 
tenement de si excellens ouvriers de 
vostre nation, il ne sera plus besoin 
avoir recours aux estrangiers. » 

VIII. Jacobi Androuetii de Cerceau 
liber novus amplectens multas et varias 
omnis ordinis, tam antiquorum quam 
modernorum, fabricas ; jam recens sedi- 
tus, anno MDLX; 26 pi. in-fol. faisant 
suite au recueil de 1559. 

IX. Livre d'architecture contenant 
plusieurs et diverses ordonnances de 
cheminées, lucarnes, portes, fontaines, 
puis et pavillons, pour enrichir tant le 
dedans que le dehors de tous édifices, avec 
les desseins de dix sépultures toutes dif- 
férentes. Paris, André Wechel, 1561, 
in-fol., deux feuilles de textes et 62 pi. 
Cet ouvrage, dédié à Charles IX, est 
considéré comme le second tome de ce- 
lui de 1559. Il en parut en même temps 
ou du moins sous la même date de 
1561, un texte latin : De architectura 
opus alterum quo complures et variée 
describuntur rationes ad imas camino- 
rum partes circa focum decorandas, ad 
fenestras e tectis prominentes quas 
Galli lucarnas vocant... etc. Ce second 
livre d'architecture contient 20 figures 
de cheminées, 12 de lucarnes, 14 de 
portes, 6 de fontaines, 6 de puits, 6 de 
pavillons de jardin et 10 de tombeaux. 

X. Leçons de perspective positive; 



249 



ANDROUET 



250 



Paris, Mamert Pâtisson, 1576, petit 
in-fol. avec préface, 12 pages de texte 
explicatif et 60 pi. 

XI. Le premier volume des plus 
excellens bastimens de France, auquel 
sont designpz les plans de quinze bas- 
timens et de leur contenu : ensemble les 
élévations et singularitez d'un chascun. 
Paris, 1576, in-fol., dédié à la reine Ca- 
therine de Médicis. Ces excellents bâ- 
timents sont les châteaux royaux du 
Louvre, de Vincennes, Chambord, Bou- 
logne (ou Madrid), Creil, Coucy, Folem- 
bray (près Chauny), Montargis, S.-Ger- 
main-en-Laye et La Muette; plus les 
châteaux particuliers de Yallery (près 
Fontainebleau), Verneuil (près Senlis\ 
Ancy-le-Franc, Gaillon et de Manne 
(près Ancy-le-Franc). 

XII. Le second volume des plus 
excellens bastimens de France auquel 
sont désignez, etc. Paris, Gilles Beys, 
1579, in-fol. Ce volume contient les 
plans et dessins de huit maisons royales : 
Blois, Amboyse, Fontainebleau, Vil- 
liers-Coste-Rets, Charleval, les Thuille- 
ries, Sainct-Maur, Chenonceau; et sept 
maisons particulières : Chantilly, Anet, 
Escouan, Dampierre, Challuau, Beaure- 
gard, Bury. On fit une seconde édition 
des deux parties de l'ouvrage en 1607 
et une troisième en 1648. Il offre un in- 
térêt archéologique des plus vifs, car 
presque tous les monuments qu'il re- 
présente sont aujourd'hui mutilés sinon 
détruits. 

XIII. Livre d'architecture de Jacques 
Androuet du Cerceau auquel sont conte- 
nues diverses ordonnances de plants 
et élévations de bastiments pour sei- 
gneurs, gentilshommes et autres qui vou- 
dront bastir aux champs, etc. Paris, 
in-fol. (Troisième suite de VII et IX.) 

XIV. Livre des édifices antiques ro- 
mains contenant les ordonnances et 
desseings des plus signalez et princi- 
paux bastimens qui se trouvoient à 
Rome du temps qu'elle estoit dans sa 
plus grande fleur. 1584, in-fol.; 63 pi. 

Ce dernier ouvrage ne porte pas d'in- 
dication de lieu et il est dédié à Jacques 
de Savoie, duc de Nemours, qui s'était 
retiré depuis plusieurs années à Annecy. 
Androuet lui parle, dans cette dédicace, 
en serviteur qui faisait partie de sa mai- 



son et passait auprès de lui o ses vieux 
ans. » On s'étonnera peut-être d'un tel 
patronage, mais on doit se souvenir que 
le duc avait épousé (1566) la fille de 
Renée de France, Anne d'Esté, après 
l'assassinat du duc de Guise son pre- 
mier mari, et Du Cerceau, excellent et 
comme artiste et comme huguenot, de- 
vait nécessairement avoir été un pro- 
tégé de la duchesse de Ferrare dans sa 
résidence de Montargis. Or le duc étant 
mort à Annecy en 1585, on suppose 
que le commensal, alors septuagénaire, 
précéda ou suivit de près son maître 
dans la tombe, et que son dernier ou- 
vrage n'accuse point de lieu d'impres- 
sion, parce que ce lieu pourrait bien être 
la cité de Calvin. 

2. Baptiste Androuet du Cerceau 
était fils de Jacques. Il était encore 
jeune en 1575, époque où il apparaît 
dans un passage des << Mémoires du 
duc de Nevers « ainsi conçu : « Finale- 
ment il (Henri III) institua une garde 
nouvelle, que l'on appeloit les 45 gen- 
tilshommes ordinaires, parce qu'ils le 
suivoient toute l'année, en tous lieux où 
S. M. alloit, desquels il n'en prist un 
seul qui fust huguenot, témoignage très 
suffisant de l'intérieur de ce prince. Le- 
quel on ne sçauroit contredire sinon que 
pour un certain petit architecte, nommé 
Du Cerceau, que par faute d'autre il prit 
à son service en l'année 1575, lorsque 
S. M. estoit en si grande affection de 
faire bastir une maison de plaisance au- 
tour de Paris, pource que ce petit homme 
pourtrait fort bien et mieux qu'homme 
de France, et estoit diligent, actif et 
soigneux aux commandements qui lui 
estoient faicts. Et aussi que S. M. estoit 
contrainte de se servir d'un peintre qui 
souloit faire des inventions pour des 
mascarades et tournois, nommé De Ma- 
gny, lequel tant pour son âge qu'aussi 
pour ne se connoitre guère au fait de 
l'architecture, et avoit la main dure pour 
en dresser pourtraits, ne pouvoit satis- 
faire au gré de S. M. et estoit contrainct 
de faire travailler sous luy ledict Du 
Cerceau, qui estoit un jeune garçon, fils 
de Du Cerceau bourgeois de Montargis, 
lequel a esté des plus grands architectes 
de nostre France. Et par ce moyen il 
fut introduit au service de 6. M. sans 



âol- 



ANDROUET 



252 



quelle lereeonneust pour huguenot. Le- 
dit Du Cerceau a bien fait pénitence en 
sa charge, ayant fait plus de pourtraits 
de monastères, églises, chapelles, ora- 
toires et autels pour dire la messe que 
jamais architecte en France en ait fait 
en cinquante ans, et de fait il ne bou- 
geoit ordinairement d'avec les Capucins, 
Minimes, Feuillans, Jésuites et autres 
religieux et prestres avec lesquels S. M. 
lu y avoit commandé de conférer pour 
dresser les bastiments et églises à leur 
commodité. » 

Mais bientôt Baptiste Androuet s'é- 
leva aux suprêmes honneurs de l'art 
qu'il avait appris à l'école paternelle. 
Au printemps do 1578 il fut chargé de 
commencer la construction du Pont- 
Neuf de Paris et vers la fin de la même 
année, il eut la haute fortune de rem- 
placer Pierre Lescot, récemment dé- 
cédé, dans la direction des travaux du 
Louvre. On le trouve énoncé dans une 
pièce de l'an 1586 comme étant : « no- 
ble homme Baptiste Androuet, sieur du 
Serseau, Conseiller du Roy, architecte 
ordinaire dudit seigneur et commis par 
lui pour ordonner de tous les ouvrages 
des bastimens et édifices de S. M. et 
despense qui' y convient de faire. » 

Cependant, le roi fut contraint par les 
réclamations des catholiques de congé- 
dier u cet homme excellent et singulier 
dans son art, » comme L'Es toile l'ap- 
pelle ; lequel ajoute qu'au mois de décem- 
bre 1585 l'habile architecte se retira, ai- 
mant mieux « quitter ses biens que re- 
tourner à la messe et abandonnant sa 
maison qu'il avoit nouvellement bastie 
avec grand artifice et plaisir au com- 
mencement du Pré-aux-Clercs *. » 11 
avait épousé Marie Ragnidier dont il 
eut plusieurs enfants, et mourut en 1002. 

3. En 1576 figurait parmi les secré- 
taires employés dans la maison du duc 
d'Anjou un Jacques Endrouet. C'est un 
frère de Baptiste et a l'époque où ce 
dernier cessa de vivre, Jacques acheta 
la maison du Pré-aux-Clercs; il porte, 
sur l'acte, les titres de contrôleur et 
architecte des bâtiments du roi. On peut 
donc, uvec vraisemblance, lui attribuer 

« Cette maison était sur l'emplacement occupe au- 
jourd'hui par les bâtiments de lu rue Bonaparte, entre 
le» rue» Jacob et des Murais (Visconlii. 



l'ouvrage suivant : Plans et dessins de 
Chantilly, comme étoient le château et 
parc en 1592, suivant les dessins levés et 
faits par Androuet du Cerceau, archi- 
tecte du Roi; in-fol. dédié par le libraire 
Langlois au prince de Condé. (Biblioth. 
Mazarine.) 

Le registre du cimetière de la rue des 
Sts-Pères porte que : « Le 17 e jourde sep- 
temb. 1614, deffunct Jacques Androuet 
du Cerceau, architecte des bastimens du 
roy, estant de la vrayo religion, a esté 
enterré... par le fossoyeur du d. cime- 
tière, où le corps a esté accompagné par 
de ses amis et archers du guet. » La 
part de ce Jacques dans la gloire de sa 
famille est d'avoir construit la seconde 
partie de la grande galerie du Louvre, 
dont il reçut la charge au mois de mars 
15'J5 et qui fut achevée vers 1609. Il 
avait épousé Marie de M alapert qui lui 
donna au moins trois enfants : 1° Anne, 
mariée en avril 163 i à Jean d'Ensquer- 
que, secrétaire d'ambassade des Etats- 
Généraux; 2° Marie (1610-1650), mariée 
en 1627 à Elie Bédé, sieur des Fouge- 
rais, régent de la faculté de médecine; 
3° Gaspard, officier au service de Hol- 
lande, marié au temple de Charenton, 
18 janv. 1638, avec Anne, fille de feu 
Moise Carré , médecin du roi [VIII , 
•21)5 a]. 

■i. Jean Androuet. Les enfants de 
Baptiste Androuet et de Marie Ragni- 
dier étaient encore mineurs en 161)2. 
L'un d'eux, nommé Jean, fut appelé par 
ordre du roi, le 30 septemb. 1617, à la 
place d'architecte de S. M. en remplace- 
ment d'Ant. Mestivier, décédé. Ce fut 
Jean qui, associé à deux autres artistes, 
entreprit en 1639 la reconstruction du 
Pont-au-Change ; ce fut aussi lui qui 
construisit à Paris les hôtels de Breton' 
villiers, de Bellegarde et, de 1624 à 
1630, l'hôtel de Sully, qui subsiste en- 
core (rue S.-Antoine, n° 143). On le 
trouve cité dans divers actes jusqu'en 
1649 ; mais on n'a aucun autre rensei- 
gnement à son égard. 

5. Chakles Androuet se trouve in- 
scrit dans la maison du duc d'Anjou, à 
la date de 1580, comme « vallet de 
garderoljbe. » 11 est probable, que c'est 
un troisième fils de Jacques Androuet i 
et un frère de Baptise et de Jacques II. 



t>o3 



AXDROUET 



AXE AU 



2oi 



(i. Un quatrième lils do Jacques I pa- 
rait être .Moïse Androuet, commissaire 
ordinaire de l'artillerie, à qui sa femme, 
Madeleine de Court il ou Du Courty, 
donna entre autres enfants : 1° Jean, né 
à Verneuil-sur-Oise, architecte, enterré 
au cimetière des SS. -Pères le 26 septem- 
bre 1644, à l'âge de 21 ans , -,'" Jacques, 
sieur des Bardillières, orfèvre, qui épousa, 
à Charenton, août 1661 , Marie, fille de 
Paul Bèliard et de Jeanne Collet, dont 
il eut : Jacques, baptisé le 24 sept. 1662 ; 
Marie, enterrée le 1 er juin 1665; Fran- 
çois, baptisé le 21 fév. 1666. Les regis- 
tres de l'église de Bois-le-Roi, près Fon- 
tainebleau, donnent à ce dernier quatre 
enfants : François, Anne-Marie. V 
et Baptiste, les trois premiers morts en 
bas ùge. Il est qualifié : Receveur et 
bourgeois de Paris. 

7. Pale Androuet du Cerceau, que 
nous ne savons à quelle branche ratta- 
cher, florissait à Paris, comme graveur, 
en 1660. On lui attribue divers recueils 
d'ornements publiés par Poilly. Le cata- 
logue du cabinet Reynard (184647) cite 
de lui : l u Frises propres pour les pein- 
tres, sculpteurs, orfèvres, etc. nouvel- 
lement inventées et gravées par P. -A. Du- 
cerceau; Pans, J. Mariette, six pièces; 
— 2° Ornement à la mode, inv. et grav. 
par Ducerceau; Paris, X. Langlois, 
six pièces et au bas du n° ï : peint par 
Le Sueur, grave par Ducerceau ; — 
3° Montants d'ornements ; Paris, X. Lan- 
glois, six pièces; — 4° Nouveau livre 
d'ornements d'orfèvrerie, fait par Du- 
cerceau ; Paris, X. Langlois. six p 

— - 5° Ornements des appartenu n S. s d> la 
reine au vieux Louvre, par le sieur 
Errard , gravé par P.-A. Ducei 
Paris, Langlois ; six pièces. 
On trouve encore cités dans les a 

8. Etienne, inhumé le - 23 janvier 1616. 

9. Anne, femme de Jean des Mazis, 
sieur de Tilly, inhumée le 28 avril 1666. 

10. Paul, horloger à Paris, lequel ab- 
jura en 1685 (Bibi. nat. niss fr. 791, 3), 
mais dont l'exemple ne fut pas suivi par 
sa femme qui fut enfermée dans un 
couvent en 108C(.i>r/i. E. 3372) où on la 
détenait encore en 1687 bien qu'elle fit 
valoir son origine hollandaise (E, 3373; ; 
non plus que par une demoiselle An- 
drouet du Cerceau qui réussit à p 



dans les pays étrangers en 1686 [Arch. 
Tt, 252). 

1 1. Jean, connu par un a traité d asso- 
ciation entre deux peintres doreurs , 
François Comberoure, de La Crose en 
Yivarais, et Jean Ducerceau, deParis » ; 
1689. (Genève ;minut. de J. Fornet.not.; 

1 2. Jacques Androuet du Cerceau (dif- 
férent de Jacques n° 3, , architecte du 
roi, parrain à Charenton en 1627 et 1638 
JV1I1, 295 a]. 

13. Jacques et sa descendance, qui 
rentrèrent dans le catholicisme. Jac- 
ques Androuet du Cerceau, natif de 
Verneuil-sur-Oise, commis aux gabelles, 
fut enterré, 25 avril 1689, en l'église 
S.-Séverin à Paris. 11 laissa entre au- 
tres enfants un fils, Paul, dessinateur, 
qui épousa Marie Chevrol en fév. 1691 
et mourut en 1710 laissant entre autres 
lils : Guillaume -Gabriel qui prenait 
alors le titre de : Dessinateur pour le 
Roy. » C'est peut-être à cette branche 
qu'appartient le père jésuite, Jean-An- 
toine du Cerceau (1670-1 730 , qui s'acquit 
une certaine célébrité dans la poésie la- 
tine et française (Voy, Biogr. Didot,. 

Adolphe Berly, dans; |« Uvll.\, 3:13; 2* les yraadl 
.Ircliitectes franc, de la Renalisanee , Paris, «800, 
in-IJ; 3* Topographie Itistor. du vieux Paris; 1888, 
in-i , t. Il, (•. 83-90. Pour les œuvres parée* »'es An- 
drouets, voir la li>t.' irès-abondante dressée par Brunet, 
Mun. du Libraire. — Voir aussi, dans le D ut io nu. cri- 
tique de Jal, l'article Cuceu , curieux pour ses erreurs. 

AXDROULV, La Rochelle, 1681 
,V1I, 417 b, note 1]. 

Amiuzk, voy. Airebaudouze. 

AN EAU ou 1. Al. XE AL (Darptho- 

, qui latinisait son nom en Anulus, 

latin et français, né à Bourges au 

commencement du XVI e siècle, et mas- 

sacré à Lyon comme protestant, au 

mois de juin 1561 L Uaag I, 101]. 

Aneau étudia à Bourges sous le ce* 
Melchior "Wolmar , et fut sans 
doute le condisciple d'Amyot, de Bèze 
et de Calvin. Ses progrès dans les lan- 
gues grecque et latine répondirent aux 
soins de l'habile maître qui le dirigea 
dans ses études. Wolmar avait, selon 
de Thou, un merveilleux talent pour 
instruire la jeunesse, — et un plus mer- 
veilleux talent encore, ajoute le P. Co- 
lonia, pour l'empoisonner en l'instrui- 
sant. Aneau cependant, ne parait pas 
avoir jamais fait profession ouverte du 
protestantisme , et nous n'avons rien 



255 



ANEAU — ANGE 



256 



remarqué, non plus, dans ses ouvrages 
qui sentît nettement l'hérésie. En 1529, 
les échevins de la ville de Lyon l'appe- 
lèrent de Bourges pour lui confier la 
chaire de rhétorique dans le collège de 
la Trinité qu'ils venaient de fonder. Il 
accepta cette place et s'acquitta de ses 
devoirs avec autant de zèle quedetalent. 
Après dix années d'exercice comme 
régent, il fut chargé par le consulat de 
la ville de l'administration supérieure 
du collège. Il s'en acquitta jusqu'en 1550, 
époque à laquelle il donna volontaire- 
ment sa démission. Mais en 1558, il 
reprit ses fonctions. A cet effet, un con- 
trat fut signé (29 sept.) pour quatre ans. 
Remise lui fat faite des bâtiments du 
collège, avec les meubles et les usten- 
siles qui le garnissaient, et le consulat 
s'engagea à lui compter une somme de 
400 livres chaque année, indépendam- 
ment de 15 livres par an pour trois mes- 
ses basses qu'il devait faire célébrer 
chaque semaine. Une clause du con- 
trat l'obligeait à n'admettre aucun ré- 
gent qu'il n'eût au préalable présenté au 
consulat qui se réservait de l'interroger 
pour juger s'il était capable et de bonnes 
mœurs. Et, en outre, il lui était expres- 
sément enjoint de ne permettre « estre 
leu ni enseigné au dict collège aulcune 
doctrine, ni livres défendus ou censu- 
rez, contre l'honneur, auctorité et dé- 
fense de nostre mère sainte Eglise, et 
souffrir au dict collège estre tenu pro- 
pos, ni dogmatisant ni enseignant maul- 
vaise doctrine en particulier ni en gé- 
néral. » Cette clause fut-elle fidèlement 
observée? On l'ignore; toujours est-il 
que le collège de la Trinité vit renaître 
son ancienne prospérité, ce qui permit 
à Aneau de faire un mariage avanta- 
geux. Mais il ne devait pas jouir long- 
temps du fruit de ses peines. Rubys(Hist. 
véritable de Lyon), rapporte qu'au mois 
de juin 1561, un orfèvre de la religion 
nommé Denis de Valois ayant accosté 
le prêtre qui portait le saint-sacrement 
dans une procession, le lui arracha des 
mains, jeta l'hostie à terre et la foula 
aux pieds. Ce malheureux fanatique fut 
livré à la justice, et exécuté le jour 
même. Le peuple se porta ensuite en 
foule au collège qu'on lui désignait 
comme le foyer de l'hérésie. L'infortuné 



Aneau se présente, il cherche à désar- 
mer ses meurtriers, mais en vain; il est 
massacré sans pitié. Il est présumable 
qu' Aneau ne fut pas la seule victime. 
Bayle rapporte que François Junius 
étant alors à Lyon où il recevait des le- 
çons de Barthélémy Aneau, faillit périr 
aussi dans le tumulte. Quant à la femme 
d' Aneau, le prévôt lui sauva la vie en 
la faisant emprisonner. Le P. de Saint- 
Aubin, le P. Dorigny, Guadin, Severt, 
Le Laboureur confirment le récit de 
Rubys. Au rapport de ce même histo- 
rien, Aneau « sentoit mal de la foy : c'es- 
toit lui qui avoit semé l'hérésie à Lyon; 
il avoit corrompu et gasté plusieurs 
jeunes hommes de bonnes maisons de 
Lyon qui furent les chefz de la révolte 
de la ville, et avoient tous esté ses dis- 
ciples ; il les avoit desvoyez de la reli- 
gion de leurs pères. »> Cependant, il ne fit 
aucun acte d'adhésion à la Réforme, 
et quelques semaines après sa mort 
tragique, le 2 août 1561, l'abbaye de 
S.-Pierre de Lyon reçut une donation 
signée : « Claudine Dumas, veuve de 
M e Barthélémy l'Agneau, en son vivant 
principal du collège de Lyon, a Le parti 
catholique de Lyon semble avoir exagéré 
les insinuations dirigées contre le mal- 
heureux pédagogue pour atténuer le 
crime populaire dont il fut victime. Ses 
ouvrages, au nombre d'une quinzaine, 
la plupart en vers français (Chant natal 
ou noëls et chansons, 1539; — Lyon 
marchant, ou comparaison de Lyon, 
Paris, Rouen, etc. ; — E?nblèmes d' Ai- 
dât; — Description des animaux; — 
Picta poesis, 1552, etc.), annoncent un 
esprit littéraire avant tout, et sans cou- 
leur religieuse. 

ANER1N (Pierre) et sa femme , de 
Lourmarin, assistés en passant à Ge- 
nève, 1697. 

ANET (Anne d'), Normandie, v. 1600 
[II, 512 b]. 

ANFRAY (Marin), de Rouen, reçu 
habitant de Genève, 17 août 1556. 

ANGAIS (Rachel d'), de Berenx, 
veuve du S r de Lagarde , ministre à Mo- 
nein, 1677 (Arch. B.-Pyr. E, 1576). 

Anoalin, voy. Astugue. 

ANGE (Guillaume d'), d'Uzôs, mar- 
chand, sa femme, trois enfants et une ser- 
vante, réfugiés au Werder (Berlin), 1698. 



257 



ANGEBRAS 



ANGENNES 



2o8 



ANGEBRAS, pasteur, 1654 {Bull. 
X, 48). 

AXGELI ou ANGELY , capitaine, 
1573 [IV, 482 a]. — (Xoël), ministre à 
Maringues, 1637 [X, 344]. — (Isaac), 
d'Uzès, orfèvre, réfugié à Berlin, 1685 
(111, 512 b). — (François), de Montpel- 
lier, horloger, reçu habitant de Genève. 
14 nov. 1681. — (Louis), d'Uzès, étudiant 
à Genève. 1685. — (Louis-, « d'une 
bonne famille du Vigan, » réfugié et as- 
sisté àGenève, 1700. — (Jean), d'Uzès, 
orfèvre, réfugié à Berlin, 1700. — (la 
veuve) enceinte etayant déjà un enfant, 
réfugiée et assistée à Genève, 1690. — 
(Pierre , de Lyon, et son fils assistés en 
passant par Genève pour se réfugier à 
Berne, 1701.— (David), chantre de l'église 
française de Magdebourg, auteur d'une 
Jïistoire de la ville de Magdebourg ( ! 
voy. X Intermédiaire, 1874, col. 429. 

AXGELIER (Jacq.) et sa femme, na- 
turalisés anglais. — (Marc et Michel). 
id. : tous en mars 1 1 

AXGELIX (Léonard), « pignier, na- 
tif de Larbey '?), en Dauphiné, » reçu 
habitant de Genève, 18 octob. 1557. — 
(Jean, de Larbre(?), et son fils, assistés 
àGenève, 1705. — .Jacques, lils de feu 
Pierre), de Larbre en Dauphiné, travail- 
lant aux indiennes, reçu habitant de 
Genève, 23 déc. 1716. 

AXGELERAS (Jean , d'Uzès, plan- 
teur de tabac, réfugié avec sa femme et 
son fils à Wiraden, 1698. 

AXGEI, RAS . Mathieu d'), capitaine 
d'infanterie, originaire de Ximes, mort 
à Berlin en Moi. François, un de ses 
frères, ofticier du même grade, marié 
à Anne de Ghoudens de Gremma (Er- 
man IX, 6). 

AXGEXXES [if) de Montlouët. de 
Rambouillet, etc.[Haagl, 109].— Antoi- 
nette, v. 1575 [IV, 354 a). = Armes. De 
sable au sautoir d'argent. 

François d'ANGENNEs [111, 388 a, 416 a; 
VI, .135 a, 236 al, septième fils de Jacques 
d'Angennes et d'Isabeau Cotereau [IV, 
souche des marquis de Montlouët, 
maréchal de camp dans les armées du 
roi, ambassadeur en Suisse, gouverneur 
de Xogent et favori de Catherine de lfé- 
dicis. Attaché en qualité de chambellan 
à la personne du duc d'Alençon, il sui- 
vit, à ce qu'il parait, la fortune de ce 



prince jusqu à sa mort. Mais il était de- 
puis longtemps dévoué aux principes de 
la Réforme, car à lui seul peut s'appli- 
quer cette mention du registre des nou- 
veaux habitants de Genève, sous la date 
du 3 avril 1559 : François Dangene Jilz 
de monsieur de Rambouillet . Toujours 
est-il qu'on ne le trouve cité au nombre 
des chefs huguenots qu'à partir de 1587 
(cependant voy. 111. 388 a. 416 a: il y 
est question de lui dès 1569 et avant), 
où il figure parmi les membres du con- 
seil qui assistait le duc de Bouillon, lieu- 
tenant pour le roi de Navarre dans l'ar- 
mée allemande . Pendant la pénible 
marche des reitres à travers les provin- 
ces de la France, Montlouët trouva plus 
d'une occision de donner des preuves 
de sa brillante valeur, et après la défaite 
d'Auneau. « il se retira sans s'enga- 
dit Du Plessis-Mornay dans une 
lettre au sieur de Tm Marsillière. Il ga- 
u'iia Montauban où il arriva dans le 
mois de janvier 1588. Nommé gouver- 
neur de Mazères, il fit échouer une ten- 
tative des ligueurs sur cette ville, l'an 
[589, en se portant à leur rencontre, et 
les battant près de Montjart. Peu de 
temps après, nous le retrouvons à La 
Rochelle, assistant, comme dépm 
églises en deçà de la Loire, aux délibé- 
rations de l'assemblée qui se tenait dans 
cette ville. La même année, il en partit 
pour conduire au roi de Navarre l'artil- 
lerie destinée à battre en brèche le châ- 
teau de Beauvoir-î-ur-Mer. En 1590, à 
la tète de quelques cavaliers, il força les 
ligueurs à lever le siège de Mainte- 
non, château appartenant à une branche 
de sa famille, et à se retirer avec tant 
de précipitation, qu'ils lui abandonnèrent 
leur canon et leur bagage. 

Serviteur fidèle de Henri IV, il con- 
tinua de partager ses travaux et ses pé- 
rils. 11 se signala notamment à la ba- 
taille d'Ivry où il fut blessé. La con- 
version du roi n'altéra en rien son 
dévouement; toutefois, comme il était 
sincèrement attaché à la foi protestante, 
sa loyauté ne l'empêcha pas de travail- 
ler de tout son pouvoir à obtenir pour 
l'Eglise réformée les garanties que la 
cour s'obstinait à refuser, il joua donc 
un rôle important à la célèbre assemblée 
de Mantes en 1593, et il fut un des com- 

i. 9 



Q.H6 



ANGENNËS 



260 



missaires auxquels fut confié le soin de 
poursuivre le redressement des griefs 
des protestants. 

L'année suivante, Montlouët accom- 
pagna Henri IV au siège de Laon; il y 
fut fait prisonnier , mais Mayenne le 
renvoya sur parole en le chargeant de 
porter au roi des propositions d'accom- 
modement. En 1596, l'assemblée poli- 
tique de Loudun l'ayant invité à venir 
dans son sein renouveler le serment de 
Mantes, il s'excusa par une lettre qui 
est simplement mentionnée dans les ac- 
tes de cette assemblée. Ce refus lui fut- 
il dicté par la politique? On serait porté 
à le croire quand on considère la faveur 
dont il jouit auprès de Henri IV, faveur 
dont parlent les Mémoires de Sully, 
mais d'un autre coté, il est à supposer 
que, dans ce cas, sa conduite eût excité 
les soupçons de ses coreligionnaires, 
qui paraissent, au contraire, avoir tou- 
jours eu de la confiance en son zèle 
pour le bien de l'Eglise protestante. Une 
lettre de Du Plessis-Mornay à Rivet, en 
date du 30 mars 1611, nous apprend en 
effet que l'assemblée de l'Ile-de-France 
l'avait élu, avec de Bordes et Durant , 
pour député à l'assemblée générale qui 
devait se tenir à Chàtellerault. C'était 
lui qui avait signé avec le président 
Jeannin les patentes pour l'établisse- 
ment de toutes les églises de cette pro- 
vince. 

Montlouët avait épousé, le 13 juin 
1572> Madeleine du Broullat, dame de 
Montjay et de Lisy-sur-Ourcq qui, après 
la Saint-Barthélémy, se retira à Sedan 
pour y professer librement la religion 
réformée, et n'obtint la permission do 
revenir qu'en 1586. De ce mariage na- 
quirent un fils, Jacques d'Angennes, et 
six lilles dont les généalogistes ne nous 
font connaître que les noms et les al- 
liances. Julienne épousa Abraham de 
Normanville, seigneur de Boscole dans 
le pays de Caux , Madeleine fut accordée 
en mariage à Simon du Bue, seigneur 
de Fonteny ; Anne tut mariée avec Jean 
de Be. niveau, seigneur d'Espence ; Mah- 
GUEiuTE avec Jean de Cernât/, seigneur 
d Alberville ; Madeleine-Manie a\ee le 
seigneur de Longaunay, et Louise j VU, 
60 aj avec Louis Le ]'enier, seigneur de 
La lirossière et de Saint-Escobille. 



Jacques d'Angennes [VIII, 14 b] s'at- 
tira de fâcheuses affaires par l'affection 
qu'il portait à Gaston d'Orléans, dont il 
était un des premiers gentilhommes et 
le grand louveiier; plus d'une fois il fut 
obligé de se cacher pour sauver sa vie. 
David Ancillon, qui le connut person- 
nellement, nous le dépeint dans ses Mé- 
langes, publiés par son fils, comme un 
gentilhomme d'esprit, d'un caractère af- 
fable, doux, bienveillant. D Angennes 
vivait alors à Meaux. Sa maison était le 
rendez-vous de la première noblesse du 
pays. De leur côté, les églises de la pro- 
vince le regardaient comme leur protec- 
teur naturel. Ancillon raconte de lui un 
trait de désintéressement qui l'honore. 
Du Ferreux, gentilhomme de l'Ile-de- 
France, qui avait été parrain d'une de 
ses lilles, lui ayant légué une somme de 
dix mille livres, Montlouët se persuada 
que son intention avait été de faire in- 
directement une donation à l'église, ei 
dans cette pensée, il remit le legs entier 
au consistoire. 

Jacques d'Angennes de Montlouët 
(qu'il ne faut pas confondre avec Jac- 
ques d'Angennes de Bambouillet) avait 
épousé, le 15 mai 162Q, Elisabeth de 
JSettancourt. Mort à Paris, âgé de 68 ans, 
il fut inhumé à Charenton, le 6 octoh. 
1658. Il eut un lils , tué à l'armée, et 
quatre lilles : Susanne, épouse de Fran- 
çois de Roffiynac, seigneur de Montreuil 
en Périgord ; Anne [VI, 49 b], femme de 
Philippe de Jaucourt, seigneur de Vaux 
et de Brazé en Bourgogne; Henriette. 
La quatrième , Antoinette [Vil, 130], 
donna sa main à un capitaine suisse 
nommé Mosnicr, qui devint par ce ma- 
riage seigneur de Lisy. Ce fut dans 
son château que se tint le dernier sy- 
node de l'Eglise protestante de France, 
en 1683. La révocation de ledit devan- 
tes dispersa toute cette famille. Les en- 
fants de Mosnier et sa femme s'enfui- 
rent à Genève, puis allèrent s'établira 
Etoy (canton de Vaud). Jacques d'An- 
gennes avait épousé en secondes noces, 
en 1643, Marie Causse, \eu\e de Mar- 
tin du Candal, qui mourut a Fans eu 
1666, et il en avait eu encore un lils, 
Fka.v.ois, né le 28 mai 1652; plus trois 
lilles : 1° Madeleine (pée en août lëii,\ 
dame de Lisy, mariée, en 166i, à Jac- 



2fil 



AXGEXXES — ANGLIERS 



262 



ques Le Maçon [VI, 532 b], seigneur de 
La Fontaine, contrôleur général d- 
belles de France; 2° Catherine-Louise 
(morte en 1665); 3° Marie-Charlotte, 
née à Lisy, morte au refuge à Berlin, 
en 1700 Èrman IX. 7). On lit dans les 
documents des Arrh. gén. (E, 3372), que 
« M lles d'An go unes » furent enfermées, 
en 1686, aux Xouvelles-Catholiques. 

ANGEH . massacréà Claviers 

(Proveni ■ \. 470]. 

AXGERVILLE Jean de Cernay, sieur 
p'), v. 1600 [I. 1 lu , et ci-dessus co. 

Michel Le Pigné, sieur d'}, 1621 [V, 
MO 

AXGEV1N Pierre\ àLoudun, I 
— (Esthnne;. seigneur de Laine, de la 
ville d'Orange, avec sa femme et deux 
enfants, réfugié à Berlin, 1698. 

ANGEVINE. Nom d'une famille ré- 
fugiée, v. 1686, à la Nouvelle-Rochelle 
en Amérique [VI. 59 a, note]. 

ANGIBAl'LT (Daniel;, 1664 [III, 
483 a]. — Deux d" cs Angibaud. « reli- 
gionnaires entêtées; mises au couvent à 
Saintes: l'évéque demande leur transla- 
tion à la manufacture (de travail forcé) 
à Bordeaux. 1798 <Arrh. Tt). 

ANGIBOUD (Rttrt d" ..-irurdeUune, 
molesté sur son droit d'exercice, 
Tt. S 

ANi.JCnl'HT (n), voy. Dangicourt. 

ANGEADE (Elysée) , appelé aus.-i 
Dangkvh-. $ Anglade ou A'Engtadt 
leur à Antlié, dans 1 Agenois, en 1603 
X, 271, 322]. Il fut appelé à remplir a 
Nîmes la chaire d'hébreu, qu'il occupa 
jusqu'en 1607. Son traitement ne lui 
ayant pas été payé, nous ignorons pour 
quel motif, il réclama, en IGli. l'inter- 
vention du synode national de Tonneins 
qui enjoignit au synode du Haut-Lan- 
guedoc de faire droit à sa demand 
prétentions ayant été réduites par c 
node à la somme de 160 francs; il se 
montra peu satisfait de cette décision, 
comme le prouvent ses appels aux sy- 
nodes provinciaux d'Alais et de Castres. 
Ce dernier rejeta la demande. Anglade 
était alors pasteur à Pomport, où il rem- 
plissait les fonctions du ministère au 
moins depuis 1620, puisqu'il ligure en 
cette qualité sur le rôle des pasteurs pré- 
senté au synode d'Alais, — Sur cette 
même liste se trouve un Pie ire Anglade 



ou Danglade [X, 322] pasteur à Eynesse, 
dans l'A génois, membre probablement 
de la même famille. (Haag.) 

ANGLAS. de Massiliargues, obtient 
sous caution, en 1710, d'aller chercher à 
Genève sa femme et sa fille qu- 
êtaient réfugiées (A rch. lenri. 
(ils de feu i . né à 
Genève, reçu habitant de cette ville, 

9 ai 

ANGLE», capitaine: Béziers, 1562 [I, 
V. 397 b]. — (Joseph et m femme, 
d'Orange, réfugiés à Genève, 1693. 

ANGLI1 - famille rocheloise. 

[Haag I, un]. —Julie IV. 860 b; VI. 
177, b]. — Marie i VIII. 

Anùliers (Claude d'), chevalier, sei- 
gneur de La 8 de Beaureiraid 
et de La Salle d'Aitré, était flls de Pierre 
d'Angliers qui portait les mêmes titres 
et qui avait été proposé pour la mairie 
de La Rochelle en 1517, puis élu en 1526. 
Claude fut en 1547 peut-ètr-' 
lieutenant général au présidial et an 
!.">.", 7 il en devint président. Le chroni- 
queur rochelois , Amos Barbot , dit 
qu' « il estoit le plus relevé de tous les 
habitants de La Rochelle en naissance, 
en biens et en quaii 

hit un de ces nombreux sectateurs 
de l'Eglise romaine que la Réforn. 
gin silencieusement par le seul g] 
de de ses martyrs et de leur foi. Les 
doctrines protestantes s étaient introdui- 
•11e avant l'année 1534. 
On en a la preuve dans le supplice de 
Marie Becandellr ou Belandelle, vul- 
gairement appelée Gâtante. Cette jeune 
tille, natta ms le Poitou, 

était entrée comme domestique chez un 
boui- Rochelle. « Elle receut 

en peu de temps telle instruction en la 
doctrine de l'Evangile, qu après avoir 

- mee de Bondit m&istm 
tant de retour aux BattM . ne douta 
de remonstrer à un cordelier qu il ne 
presi-noit point la parole de Dieu, la- 
quelle chose elle lui monstra par pas- - i 
notoires de la Bai ncte Ësch tore. » Cette 
hardiesse éveilla i attention des i 
on l'arrêta et le stiiechal de Eontenay- 
le-Comte ia condamna à être biùiée. Ma- 
rie vit tranquillement s'allumer le bû- 
cher et mourut « en telle vertu, dit 
Crespin, qu elle fut en admiration. 



263 



ANGLIERS — ANGON 



264 



exemple de rigueur n'empêcha pas les 
progrès des nouvelles doctrines; il ren- 
dit seulement les protestants plus cir- 
conspects. Eu 1516, plusieurs nonnes 
quittèrent leurs couvents pour se marier. 
En 1548, la sénéchaussée rendit des 
sentences contre plusieurs personnes 
qui lurent condamnées à faire amende 
honorable. « D'autres furent bannies et 
fustigées jusqu'à grande effusion de sang, 
avec défenses d'user à l'avenir d'aucu- 
nes paroles hérétiques, à peine d'être 
brûlés vifs. » Barbaries inutiles! les 
principes de la Réforme se répandaient 
toujours. Ce fut sur ces entrefaites, que 
s'établit à La Rochelle le siège prési- 
dial dont Claude d'Angliers obtint peu 
(J' années après la présidence. Le nouveau 
tribunal déploya tout d'abord une extrê- 
me sévérité : Lucas Manseau fut battu 
de verges et banni ; Matthias Couraud, 
dit Gaston des Champs et Pierre Con- 
stantin, furent condamnés à être brûlés, 
après avoir eu la langue coupée. « Leur 
cendre, dit Philippe Vincent, fut la se- 
mence d'un grand peuple qui peu d'an- 
nées après s'y rangea à la religion. •> 
Le courage avec lequel ces malheureux 
subirent le supplice, frappa leur juge 
d'une telle admiration qu'il voulut con- 
naître une religion capable d'inspirer 
une foi aussi intrépide. Il serait difficile 
de préciser l'époque où il se convertit, 
peut-être ne s'y décida-t-il qu'à la suite 
de ses entretiens avec Charles de Cler- 
mont, qui, en 1557, établit pour la pre- 
mière fois un culte régulier à La Ro- 
chelle. Quoi qu'il en soit , il est à 
supposer que son penchant pour le pro- 
testantisme lui inspira dès lors quelque 
indulgence envers les réformés , bien 
qu'il n'ait jamais dû leur manifester 
bien haut sa protection ; car si d'Angliers 
possédait des talents éminents, il y joi- 
gnait une timidité excessive. On raconte 
de lui un trait qui prouve combien peu 
il était brave. Lorsque, en ibbS, Antoine 
de Bourbon, à son passage à La Ro- 
chelle, lui fit l'honneur de l'armer cheva- 
lier de sa propre main, d'Angliers voyant 
l'épée nue, ferma les yeux de peur. Le 
roi de Navarre lui dit alors en souriant: 
Monsieur le président, vous serez le 
chevalier craintif. Avec de telles dispo- 
sitions, d'Angliers ne devait pas approu- 



ver les mesures violentes; aussi se rat- 
tacha-t-il au parti assez nombreux qui 
voulait ménager la cour aux dépens 
même de la liberté du culte. Il fit tout 
ce qu'il put, en 1567, pour s'opposer à 
l'entreprise de Pontard, qui introduisit 
Sainte-Hermine dans La Rochelle, et 
assura ainsi la possession de cette im- 
portante cité aux protestants. « Mais, 
nous raconte Amos Barbot, il ne put 
toutefois dissuader le maire, quelque 
raison qu'il lui alléguât, et aux minis- 
tres, et aux plus zélés, auxquels ledit 
président en conféroit selon la naïveté 
de son sentiment, qui l'en prirent en 
soupçon et défiance, dont il fut contraint 
de se retirer en ses maisons. » Par cette 
retraite, d'Angliers renonça volontaire- 
ment au rôle qu'il semblait appelé à 
jouer, et l'histoire cesse de s'occuper de 
lui à dater de cette époque. Il avait 
épousé Catherine, fille de François Jou- 
bert, maire de La Rochelle en 1505, qui 
lui donna au moins deux fils, Claude et 
René, plus une fille Françoise. Celle-ci 
épousa Pierre de Juye, écuyer, S r de La 
Garnerie, lequel, en 1568, remplaça son 
beau-père comme président du prési- 
dial. — Un des parents de Claude, Jean 
d'Angliers, chanoine de la cathédrale de 
Saintes, en 1502, travailla à répandre la 
Réforme clans la capitale delaSaintonge, 
ainsi qu'à Mortagne, où sa qualité de 
prieur d' Armenteuil lui facilita cette tâ- 
che dangereuse [I, 111 bj. 

Angliviel, voy. La Beaumelle. 

ANGLOT (Bersaku u), « tournier à 
Orléans, » reçu habitant de Genève, 
11 janv. 1557. 

ANGLOT (d). capitaine huguenot, au- 
vergnat. Il essaya de s'emparer le 7 sept. 
15 ( J0 de Langeac, capitale du Langeadois, 
en faisant jouer le pétard contre une des 
portes de la ville pendant la nuit. Tou- 
tes les maisons voisines de la muraille 
furent renversées, mais la muraille ré- 
sista. Il dut se retirer, mais pour revenir 
à la charge. Dans une seconde tentative 
il obtint plus de succès et pénétra par la 
brèche dans les premières rues, mais 
les habitants le repoussèrent. (Haao.) 

lmbmlis, Guerres de relui, en Auvergne. 

ANGON (Renaud), ministre, Lvon, 
1562 [IX, 399 h, 545 b]. — Angon, 
1628 [I, 2i9j. 



265 



AXCOT — AX.TORRANT 



266 



A XGOT (Jacques); Meaux. 1562 [VII, 
358 b]. — (Esaïe), Falaise, 1675 [VI, 
545 a]. — (M llc ) retirée aux Ursulines de 
Falaise où, sa mère refusant de payer sa 
pension, elle sollicite les secours du se- 
crétaire d'Etat, 1698 Arch. Tt). 

Angoulin, voy. Berne. 

AXGOUMAR (Jacqdbs), du Hure, 
estaminier, réfugié à Berlin, 17oo. — 
Jfarie Angomare, 37 ans, enfermée aux 
Xouv. -Catholiques de Rouen, en 17*1 
(Tt, 302;. 

AXGÔU MOIS ,'la veuve d'Esaïe) avec 
deux enfants, assistée à Genève, 1691- 
93. — (Susanne), sa fille veuve, et trois 
enfants, assistés à Londres, 1702. 

ANGST (Wolfgang) (en latin Angus- 
tus), né à Kaisersberg en Alsace. flu- 
rissait dans la première moitié du 
XVI e siècle [Haag I, 112]. Philologue, 
poète et imprimeur, il fut à ce triple ti- 
tre l'ami de Reuchlin, d'Erasme et de 
Hutten; mais ce qui lui mérite surtout 
une place ici, c'est la part considérable 
qu'il prit à la composition ou tout au 
moins à la publication de la célèbre sa- 
tire protestante intitulée : Episiolx ob- 
scurorum virorum. Cette impression ter- 
minée, Angst partit pour Bàle où il tra- 
vailla, en 1517, à une édition de quel- 
ques écrits d'Erasme. L'année suivante, 
on le retrouve à Mayence occupé d'une 
édition de Tite-Live et de l'impression 
du traité de Hutten sur le gaïac ; mais à 
dater de cette époque, on ignore sa des- 
tinée. Mohnicke, auteur de l'article re- 
marquable qui lui est consacré dans 
l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber. pense 
que c'est à Angst qu'on doit attribuer 
un autre écrit satirique, le Triumphus 
Capnionis (id est Reuchlini), qui lut pu- 
blié sous le pseudonyme Eleutherius By- 
zenus.etne produisit pas moins do sen- 
sation que les Epistolx. 

ANGUELI (Jacques) , d'Avranches , 
secouru à Genève pour gagner la Hol- 
lande, 1709. 

ANGUEXET (Benjamin), pasteur, de 
Vitry en Champagne, environ de 1632 à 
1664, vice-président du svnode de Vitrv 
en 1649 [III, 512 a; IV. S50 a; X, 350]'. 
On a de lui une trentaine de lettres à 
Paul Ferry (Bibliot. A th. Coquerel). 

Anguvin, de Sumène, ministre avant 
abjuré, 1686 [III, 435 b]. 



AX1 AS le sieur &'), duVivarais, 1C2U 
[I, 173 b; IX, 107 a]. 

ANICE ((Jean), sieur des Bruères; 
Paris, 1603-1051) (Bull. XIII, 230). 

ANIEL (Simon), des Cévennes, esta- 
minier, réfugié à Berlin, 1700. 

ANISSE, pasteur de Beaulieu, réfu- 
gié à La Rochelle en 1572 [II, 193 b.note]. 

AXISTIX (Jean), sa femme et su 
fille, de Lourmarin (Provence), assistés 
à Genève pour se réfugier à Erlau; 1705. 

A N.l AI 1 .François d') ou d'Angeac (car 
le lieu est l'une des deux communes du 
dép. de la Charente qui portent ce nom) 
épousa Isabeau des Challes. Son fils Bal- 
thasar, écuyer, s r de Corbenit, fut marié 
deux fois : 1° avec Renée du Bois; 2° le 
11 avril 1597 « suivant les rites des églises 
prétendues réformées de France, » avec 
Marie de La Tour, dame de Mornay en 
partie, paroisse de S. -Martin de la Coul- 
dre, près S. -Jean d'Angely. fille de feu 
Pierre et de Catherine du Sy, dame de 
Bonnemie et de Villemartin. Devenue 
veuve. Marie de La Tour se remaria avec 
Fram/oisGuillotduDousset. Oberkampf.) 

AX.IKAX Gabriel), sa femme et qua- 
tre enfants, réfugiés et assistés à Lon- 
dres. 1721. 

1. AXJORRAXT, Amorhvns, Asjo- 
ran {Iiigrlranmis). Xom d'une famille pa- 
risienne originaire du Berry.qui était ar- 
rivée, au commencement du XVI e siè- 
cle, aux hautes charges de la magistra- 
ture. Plusieurs Je ses membres siégeaient 
alors au parlement. Le premier qui pro- 
ouvertement le protestantisme se 
nommait Renaud Anjorrant , sieur de 
Souillv; il fut reçu habitant de Genève le 
lOdéc. 155i [Haag 1, 112: II, 516]. Ad- 
mis à la bourgeoisie en 1556, il arriva, 
en 1570. au conseil des CC, et mourut le 
25 août 1572. De sa femme Geneviève, 
lille de Guillaume Aubelyn sieur de La 
Bruyère, et de Françoise Brachet. qu'il 
avait épousée lo 12 déc. 1559, et qui lui 
survécut jusqu'au 26 août 1592, il avait 
eu trois enfants : Jean, filleul de Calvin, 
mort en bas âge: Marie, femme de Xi- 
colas Andrion , et Jacob, qui, né à Ge- 
nève en 1566, fournit, ainsi qu'on va le 
voir, une longue et honorable carrière 
qu'on peut décrire comme un modèle de 
ce qu'était la vie d'un magistrat genevois 
aux XVI e et XVII e siècles. = Armes: 



-207 



ANJORRANT 



268 



d'azur à trois fleurs de lis naturelles d'ar- 
gent, tigées et feuillées de sinople. 

2. Un frère aîné de Renaud, Jean An- 
jorrant, seigneur de Claye et deSouiîly, 
président au parlement de Paris, avait 
probablement aussi adopté les doctri- 
nes nouvelles : c'est lui, sans doute, 
qui figure dans une liste de parlemen- 
taires suspects dressée en 1562 [IV, 
211 a]. De son mariage avec Catherine, 
fille de Guillaume Budé [III, 74 b], 
il eut entre autres enfants : Pierre , 
conseiller au parlement de Bretagne, 
mort à Genève le 13 sept. 1589, âgé de 
43 ans, marié à Françoise, fille de Jean 
Bullion, sieur d'Arny, et de Charlotte 
de Lamoignon; et Catherine, femme, 
en 1571, de Claude Laumonier [VI, 
425 a]. 

3. En 1593, Jacob Anjorrant, âgé de 
27 ans et docteur en droit, débuta dans 
la carrière politique en entrant dans le 
conseil des CC ou grand conseil de la 
république de Genève. A cette époque, 
Genève venait de soutenir une lutte glo- 
rieuse contre le duc de Savoie; mais les 
efforts qu'elle avait dû faire avaient 
épuisé ses ressources. Anjorrant avait 
attiré favorablement sur sa personne 
l'attention de ses concitoyens; car le 
conseil ayant décidé, au mois de mars 
1593, de solliciter l'appui financier des 
Pays-Bas confia au jeune docteur cette 
honorai de mission. Anjorrant voyagea 
ue ville en ville, de province en province, 
dépeignant la situation critique de sa 
patrie et lorsqu'il regagna Genève au 
printemps de l'année suivante, il ap- 
portait comme un témoignage palpable 
de la sympathie de la population des 
Provinces-Unies 7,500 fl. en dons et 
30,550 il. en prêt. Il avait aussi reçu le 
mandat de demander aux provinces des 
Pays-Bas la reconnaissance des grades 
conférés par l'académie de Genève. Six 
provinces déférèrent à cette demande et 
remirent à Anjorrant des patentes fort 
honorables; ainsi la patente décernée au 
nom de la province de Zélande décla- 
rait « qu'un essaim d'hommes distingués 
par leur science était sorti de l'académie 
de Genève comme du cheval de Troie, 
pour se répandre sur la chrétienté. » 

En 1595, Anjorrant fut élu auditeur 
de justice et en 1598 il entra dans le 



conseil exécutif ou petit conseil, dont il 
fut pendant quatre ans le secrétaire. Il 
était à peine installé dans son nouvel 
office, qu'en mars 1598, la république, 
toujours à court d'argent, le députa au- 
près de l'électeur palatin et des Provin- 
ces-Unies pour les prier de prendre en 
considération la détresse des Genevois. 
Anjorrant s'acquitta avec succès de cette 
seconde mission qui dura quatorze mois. 
Il obtint de l'électeur palatin qu'il fît re- 
mise aux Genevois des intérêts qu'ils lui 
devaient et qu'il accordât un délai pour le 
remboursement du capital. En Hollande, 
à force de pressantes instances, il ar- 
racha aux Etats une subvention de 
12,000 florins. « Les Etats l'ont chargé en 
prenant congé, dit-il, de recommander 
à ses commettans de maintenir l'acadé- 
mie qui a une grande réputation, d'at- 
tirer des gens doctes, d'entretenir l'im- 
primerie en bon état et d'avoir soin de 
n'employer que du papier de bonne qua- 
lité. » Au retour d' Anjorrant le conseil 
lui témoigna sa satisfaction en lui al- 
louant une gratification de 300 écus. 

Après la conclusion du traité de Lyon, 
Henri IV, au mépris des promesses qu'il 
avait faites aux Genevois, ses alliés pen- 
dant la guerre, avait gardé entre ses 
mains le bailliage de Gex conquis sur la 
Savoie par les milices genevoises. Le gou- 
vernement de Genève espéra faire reve- 
nir le monarque français sur une résolu- 
tion qu'il considérait comme très-préju- 
diciable à ses intérêts et dans ce but il 
chargea Anjorrant au mois de mars 
1601 de se rendre à Péris pour faire va- 
loir les droits de la république à la pos- 
session du pays de Gex. Anjorrant ob- 
tint une audience de Henri IV; il parut 
aussi devant le synode de l'Eglise réfor- 
mée assemblé à Jargeau qui, sur sa de- 
mande, appuya sa requête par une sup- 
plique adressée au roi. Mais Anjorrant 
dut retourner à Genève à la fin de mai 
sans avoir rien obtenu. 

En lévrier 1602, nous le retrouvons 
sur le chemin de Paris. La seigneurie 
de Genève l'avait chargé de dénomvr 
certains actes vexatoires commis par les 
officiers royaux du pays de Gex, de ré- 
clamer la souveraineté de quelques vil- 
lages riverains, du Rhône ainsi que le 
paiement d'un subside de 20, oui • écus 



269 



ANJORRANT 



•270 



que Henri IV s'était engagé à payer aux 
Genevois. L'envoyé obtint satisfaction 
sur presque tous les points. Pendant ce 
séjour, il avait été appelé à résister à 
François de Sales, récemment promu 
à l'évêehé de Genève, qui était accouru à 
Paris pour revendiquer divers revenus 
ecclésiastiques dans le pays de Gex. An- 
jorrant démontra victorieusement aux 
yeux du gouvernement français l'inanité 
des prétentions du prélat. Anjorrant était 
revenu dans sa patrie à la fin de mai, et 
le lï décembre de cette année le duc de 
Savoie tentait la célèbre Escalade, qui 
tourna à la confusion de ce prince per- 
iide. Un détachement de troupes suisses 
vint à cette occasion concourir à la garde 
de la ville et Anjorrant fat un des ma- 
gistrats chargés île se concerter avec les 
capitaines du continrent helvétique. 

Lorsque, au printemps de 1003, des 
pourparlers furent en ira très pour le réta- 
blissement de la paix entre la républi- 
que et le duc, Anjorrant fut l'un des 
députés qui êé rendirent à S.-Julien, le 
"21 mars, pour avoir une première entre- 
vue avec les diplomates savoisiens. Mais 
comme le résultat de ces négociations 
était fort incertain, le gouvernement 
genevois ne resta pas inactif et il re- 
courut de nouveau à Anjorrant pour 
réveiller la sympathie d ran- 

gers en faveur de la république* Il s 'igié- 
sait surtout d'obtenir leur concours 
financier. Parti le -.':> avril, Anjorrant 
se rendit d'abord en France, où il re- 
cueillit de la bouche de Henri IV 1 
surauces de l'attachement qu'il portait 
à Genève. Arrivé à Paris, il apprit que 
-•mevois venaient de signer leur 
paix avec le duc. Cette nouvelle ne 
l'empêcha point de passer en Angle- 
terre, conformément aux instructions 
qu'il avait rerues, pour recommander 
au nouveau roi d' Angleterre, Jacqu* 
les intérêts gène 

Anjorrant séjourna plus d'une année 
dans la Grande-Bretagne. Jacques I er 
avait au sujet des droits que la maison 
de Savoie prétendait avoir sur Genève 
des préventions que le député genevois 
s'attacha à dissiper. Mais sa principale 
préoccupation était d'obtenir des sub- 
sides. Jacques ne voulut accorder aucune 
subvention directe, cependant il ne fit 



point difficulté de remettre à Anjor- 
rant des lettres adressées aux digni- 
taires du clergé anglican, les invitant à 
ouvrir dans leurs diocèses une collecte 
en faveur de Genève. Muni de ces let- 
tres, Anjorrant entreprit une tournée en 
Angleterre 1 et en Ecosse. Partout il fut 
bien accueilli ; des souscriptions s'ou- 
vrirent sous les auspices des évèquos 
et lorsque Anjorrant rentra dans sa ville 
natale, en avril lljoj, il put verser dans 
le trésor une somme de 3.500 Hv, st. 

Quelques mois après son retour. An* 
jorrant fut appelé à l'office de « lieute- 
nant de justice. » En 1007 il fut porté 
pour la première fois au syndicat, pre- 
mière magistrature de Genève. Rare- 
ment un citoyen posséda d'une façon 
aussi peu contestée la confiance de ses 
concitoyens; il fut dix fois syndic et 
sept fois lieutenant. 

Mais c'était surtout comme négocia- 
teur qu'Anjorrant voyait ses services 
appréciés. Incessamment menacée par 
le duc de Savoie, la république de Genève 
attachait le plus grand prix au maintien 
des relations amicales qu'elle avait for- 
mées avec Henri IV. En février 1010, 
Anjorrant fut député auprès du monar- 
que français, pour lui présenter diverses 
demandes. Le roi qui préparait alors 
ution de son célèbre plan contre 
la maison d'Autriche, fit très-bon accueil 
au député genevois, et ce dernier put 
mander le [•» avril à ses concitoyens 
que le roi agréant une de leurs deman- 
des mettait à leur disposition une somme 
d" 7 -J . ( m mi 1. pour soudoyer la garnison 
de leur ville. 

Lit 14 mai, Anjorrant alla prendre 
congé du roi. qui se disposait à joindre 
son armée et qui lui adressa ces pa- 
: « Assurez Messieurs de Genève 
que je ne quitterai jamais mes anciens 
serviteurs pour de nouveaux amis les- 
quels je ne cosnois encore bien et encor 
que vous ne soyés mes subjects, je vous 
maintiendrai comme si j'estois vostre 
père. » 

Le jour même où Henri IV exprimait 

1 11 te rendit d'abord, quoique la peste j régnât, à 
Croydon, i ù se trouvait le protecteur naturel de ses 
demandes, l'archevêque de CantorbérT. on a publié 
iBttll. xill, awi une lettre de lui sur e* voyage, laqaveOe 
est adressée de Vinchester, <8 oet. ioo.i. a l'ambassadeur 
d Angleterre, à Paris, et signée d* Soulty-.4n)orrant. 



271 



ANJORRANT 



272 



ainsi son amitié pour Genève, il tombait 
sous le poignard de Ravaillac. 

Huit jours plus tard Anjorrant était 
admis à présenter ses hommages à la 
régente Marie de Médicis et au roi mi- 
neur. Plusieurs seigneurs de la cour, en- 
tre autres le duc de Sully, l'engageaient 
à mettre le genou en terre, disant qu'ils 
le faisaient bien eux; mais le huguenot 
genevois s'y refusa et se contenta de 
faire une profonde révérence presque 
jusqu'à terre. Après qu'il eut adressé 
son compliment à la reine mère, cette 
princesse lui répondit qu'elle était tou- 
chée des vœux que les Genevois faisaient 
pour elle et qu'elle en userait vis-à-vis de 
Genève comme le feu roi. L'enfant royal 
dit à son tour : Je les aimerai toujours 
comme..., puis se tournant vers M. de 
Souvray :je vous prie achevés. Anjorrant 
rapporta à Genève deux lettres signées 
par la reine et le jeune roi qui conte- 
naient l'assurance de leurs sentimens 
bienveillans pour la république. 

Cependant la mort de Henri FV avait 
ranimé les espérances des ennemis de 
l'indépendance genevoise et on avait ap- 
pris que la diplomatie savoisienne intri- 
guait activement auprès de la cour de 
France pour la détacher des intérêts de 
la république protestante. Le conseil ré- 
solut au mois de septembre 1610 de ren- 
voyer à Paris Anjorrant pour suivre de 
près et déjouer ces manœuvres. Il de- 
meura en France plus d'une année, 
plaidant en toute occasion auprès de la 
régente et de ses ministres la cause de la 
république, et lorsqu'il regagna Genève 
au mois d'octobre 1611, il rapportait 
128,186 1., dont 68,000" provenant de la 
subvention du roi, le reste dû aux libé- 
ralités des églises françaises réformées. 
Les principaux citoyens s'étant alors 
volontairement imposés pour la fortifi- 
cation de la ville, Anjorrant s'était taxé 
lui-même à 5 fi. par semaine. 

La république mit de nouveau à l'é- 
preuve le zèle d' Anjorrant en l'envoyant 
encoreàla cour deFrance, enl612, 1616, 
1617 et 1G19. L'objet de ces missions réi- 
térées était bien monotone ; il s'agissait 
de réclamer et d'encaisser la subvention 
annuelle de 72,000 1. par laquelle la 
France s'était engagée à reconnaître 
les services rendus par les Genevois à 



Henri IY. Anjorrant parlait souvent à 
des sourds, et il dut quelquefois revenir 
les mains vides ou avec une subvention 
trôs-réduite. En 1618, le roi avait écrit 
dans l'ordonnance de payement ma ville 
de Genève; Anjorrant signala cette ex- 
pression incorrecte et la fit réformer. 
Lors de sa députation en 1619, qui se 
prolongea jusqu'en juin 1621, la situa- 
tion d' Anjorrant était particulièrement 
délicate ; car une partie des protestants 
du Midi avaient levé l'étendard de la ré- 
volte, et le député de la ville huguenote 
par excellence faisait une assez étrange 
figure en suivant de ville en ville le camp 
du roi pour solliciter des subsides que 
dans de telles circonstances on n'était 
guère disposé à lui octroyer. Le gouver- 
nement royal pria le député genevois 
d'user de son crédit auprès de l'assem- 
blée réunie à La Rochelle pour l'engager 
à se séparer. Une pareille demande ren- 
dait Anjorrant très-perplexe ; il ne pou- 
vait ni répondre par un refus à un mo- 
narque dont il implorait une faveur, ni 
compromettre sa qualité de représentant 
de la république genevoise en se pro- 
nonçant pour la cause royale. Il se tira 
d'embarras en promettantd'écrire comme 
simple particulier à quelques-uns des 
gentilshommes réunis à La Rochelle, 
pour les engager à poser les armes. An- 
jorrant dut, certes, s'estimer heureux 
d'avoir tiré du Roi, par ses importunités 
en cette année de guerre civile (1621). 
une somme de 60,000 1. 

On comprend sans peine qu'Anjor- 
rant éprouvât quelque lassitude ; aussi, 
lorsqu'en février 1622, le conseil l'eut 
désigné de nouveau pour une ambassade 
en France, il déclina cet honneur, et ses 
excuses furent admises. 

Ces missions, d'ailleurs, dont on acca- 
blait Anjorrant, n'étaient rien moins que 
lucratives. Au retour d'une de ces dépu- 
tations, il expose au conseil qu'il a « dé- 
pensé 400 1. en sus des 3 écus par jour 
qui lui sont alloués, priant la seigneurie 
d'aviser; car il n'est pas raisonnable 
qu'en servant fidèlement le public avec 
beaucoup de peine, il y aille du sien. >< 
Le conseil s'empressa de rembourser cet 
infatigable serviteur. 

Lorsque Louis XIII, à la fin de l'an- 
née 1652, après avoir pacifié le Midi, se 



2?: J » 



ANJORRANT 



t>7 t 



fut mis en route pour regagner sa capi- 
tale en suivant la vallée du Rhône, le 
conseil résolut d'envoyer deux députés à 
Grenoble pour le complimenter. Anjor- 
rant fut l'un d'eux. Les députés portaient 
quatre truites pour le roi et deux pour le 
connétable. Dans un entretien qu'ils eu- 
rent avec le connétable, ce seigneur leur 
dit : « Vous autres Messieurs de Genève 
('■tes toujours en appréhension, je sais 
bien un moyen de vous garantir, c'est de 
vous mettre entre les mains du Roi avec 
vos libertés et vos franchises. » 11 ou- 
bliait qu'il y a tel remède pire que le 
mal. 

En janvier 1624, Anjorrant reçut de 
nouveau le mandat d'aller défendre, au- 
près du gouvernement français, les in- 
térêts de sa patrie. Le ministre.. La Vieu- 
ville, lui témoigna alors tout le déplaisir 
que causait au roi le séjour de à'Aubi- 
Qué sur le territoire de la république. 
Anjorrant excusa de son mieux son gou- 
vernement, félicita le roi sur le mariage 
île sa sœur Henriette, et revint à Genève 
en mai 1625; porteur d'une allocation de 
.">0,000 1. Ce fut pendant ce séjour d' An- 
jorrant en France que le cardinal de Ri- 
chelieu fut chargé de la direction des 
affaires étrangères, et Anjorrant avait 
conféré avec ce grand ministre sur les 
affaires de sa patrie. 

En septembre 1029. Anjorrant. àeé de 
63 ans, fut appelé une dernière foi- 
rendre en France avec le conseiller Sa- 
rasin; mais il obtint la permission, vu 
ses infirmités, de se retirer après qu'il 
aurait exposé l'objet de sa mission. De 
retour à Genève, sur la tin de décembre, 
il cessa dès lors de courir en ambassade: 
mais il continua de servir la république 
dans les plus hautes fonctions de l'Etat. 

En 1632, il fut un des conseillers char- 
gés de s'aboucher avec le baron Rasche. 
envoyé de Gustave- Adolphe, et de rédiger 
une réponse aux propositions d'alliance 
faites par ce monarque. 

En 1638. la fille d'Anjorrant épousa le 
syndic Ami Favre , et à cette occasion, 
le Deux-Cents, eu égard aux grands ser- 
vices d'Anjorrant, rendus depuis 45 ans, 
accorda au beau-père et au gendre une 
dispense de l'édit qui ne leur eut pas 
permis de faire partie ensemble du con- 
seil. 



Le 1 er janvier 1647, Anjorrant, qui 
avait atteint sa quatre-vingtième année, 
ayant été présenté en première ligne au 
conseil des Deux-Cents pour le syndicat, 
se lève et prie les assistants, en raison 
des infirmités de son grand âge, de le 
vouloir décharger de l'emploi auquel il 
est appelé, protestant de vouloir conti- 
nuer jusqu'à la fin de sa vie en l'affection 
et au service qu'il doit à l'Etat. L'assem- 
blée agréa les excuses du vénérable vieil- 
lard, et en son nom le premier s\ndic 
sortant de charge le remercia arec éloges 
des longs et grands services qu'il avait 
rendus ci-devant au public. 

Le terme de ses jours ne tarda pa> 
beaucoup à suivre pour Anjorrant la 
clôture de sa carrière politique, li expira 
le -20 janvier, ùcé de si ans. (A. Roget.) 

Registres des conseils de Genève. — Galiffe, III, lu. 

'i. Tous les Anjorransde Paris qui sui- 
vaient la Réforme n'étaient point passés 
à Genève : car on trouve dans les bap- 
têmes de Charenton. en 1596, celui de 
Marie, fille de Jean Anjorrant et de 
Sidonie Timpian. Au XY1P siècle, on 
a les faits suivants : Jeanne Anjorrant 
épousa Daniel de Ti.s-.sard. sieur de Diche- 
Toucheronde. et lui donna un fils, 1)\- 
mei., qui, du chef de sa mère, devint sei- 
gneur des trois quarts de Claye, berceau 
féodal de la famille. Louis Anjorrant, 
pi tare de Renaud et avocat du roi à la cour 
omptes en 1498, était déjà seigneur 
de Claye. Un arrêt du parlem. de Pa- 
ris, en date du 4 juillet 1636, ayant dé- 
fendu aux religion naires de cette sei- 
gneurie, et sjH'ci;\lement au ministre 
Billot, de faire à Claye aucun exercice 
de la religion réformée, tant que le sei- 
gneur n'y ferait pas sa résidence, Daniel 
Tissard s'empressa de déclarer qu'il y 
fixerait sa demeure. Cette déclaration 
n'ayant pas été suivie d'un assez prompt 
effet, dès le 12 décembre, le parlement 
confirma son précédent arrêt, et par un 
troisième, rendu le 23 juin 1637, non- 
seulement il interdit de nouveau la célé- 
bration du culte protestant, mais il dé- 
fendit à l'instituteur, nommé Jean de 
Rome, « d'enseigner la jeunesse en quel- 
que lieu et de quelque manière que ce 
fût. » En 1644, Tissard se rendit enfin 
à Claye, où il passa trois mois et où il 
rétablit l'exercice public de sa religion. 



278 



ANJORAN — ANNIBAL 



270 



Le parlement ne put s'y opposer, les 
ordonnances permettant aux seigneurs 
hauts-justiciers de faire prêcher dans 
leurs châteaux pour eux et leurs fa- 
milles ; mais, quelques années après, 
Tissard étant mort et sa veuve 1 s'étant 
retirée à Biche , près d'Orléans , il ren- 
dit, dès le 23 mai 1661, à la requête de 
l'évêque de Meaux, un arrêt faisant ité- 
ratives défenses aux religionnaires de 
s'assembler au château de Claye, et à 
tout ministre, nominativement aux pas- 
teurs de Meaux, Lisy, La Ferté-sous- 
.Touarre, Paris, Charenton et Orléans, 
c'est-à-dire à Dalbrici, d 'Allemagne, 
Bancelin, Drelincourt et Perreaux, d'y 
prêcher ou d'y faire aucun exercice de 
leur religion, sous peine de mille livres 
d'amende, enjoignant en même temps 
auxdits religionnaires de tapisser leurs 
maisons les jours de la Fête-Dieu, et, 
sur leur refus, permettant aux catholi- 
ques de les faire tapisser à leurs frais. 
Il paraît que les protestants de Glayo 
obtinrent la cassation de cet arrêt, ou 
tout au moins qu'ils surent l'éluder. En 
1668, le roi chargea en effet le lieute- 
nant général au présidial de Meaux et 
le capitaine de cavalerie Du Houx de 
régler définitivement cette affaire. Les 
deux commissaires mandèrent devant 
eux les parties, et après s'être fait pré- 
senter les titres sur lesquels les protes- 
tants fondaient des droits contestés par 
les catholiques, ils rendirent leur sen- 
tence, qui supprima l'exercice à Glaye. 

5. ANJORAN (Claude et Jacqces), 
cordonniers à Tournus, reçus habitants 
de Genève, 18 oct. 1572. 

AN.TOUIN, député a l'ass. d'Uzès 
1627 [I, 277 a, note]. 

ANLEZY (Xouise-Edmée et N. d'), 
v. 1570 [VI,' 44 b). — (Anne), 1583 
[VII, 538 a]. — (François), sieur d'Es- 
peuilles et sa fille Françoise, 1601 [VI, 
50 b]. 

ANLOZY ( Philibert d' ) , sieur du 
Lin, v. 1650 [IV, 452 a]. 

ANNEAU (Pierre), de Brie, réfugié 
à Berlin, 1700. — Pierre Annaut, natu- 
ralisé anglais, 8 mars \\\&l. 



1 Savoir Judith Hardi/, lille de François, sieur des 
Loges, conseiller-secrétaire du roi, et de Marie Gal- 
land, que Tissard avait épousée à Charenton en avril 



ANNEAU (Elisabeth d'), 1649 [V1U, 
52 b]. 

ANNET, ministre à Glelles on Bau- 
phiné. 1G70[V, il a]. 

ANNIBAL (le capitaine). On verra 
plus loin, au nom Arquier, un capitaine 
Annibal, chef de partisans huguenots, 
supplicié comme tel, mais en 1562. Nous 
voulons parler ici d'un autre person- 
nage, portant le même nom ou prénom, 
et la même qualification, qui figura pos- 
térieurement dans la prise d'armes des 
huguenots de Lyon. Nous ne le connais- 
sons, d'ailleurs, que par sa présence sur 
une liste de proscription, dressée et im- 
primée en forme d'édit du roi, à la date 
du 30 janv. 1568, contre les principaux- 
protestants lyonnais d'alors, sans avoir 
recueilli d'autre détail sur cet Annibal 
(voy. ci-après, col. Î80, le n° 1 49 , et cf. 
avec n os 101, 2il et 227). Gomme nous 
avons lieu de croire cet imprimé d'une 
rareté extrême, ne l'ayant trouvé qu'en 
un seul exemplaire (à la bibliothèque de 
Rouen, collect; Leber, n° 3989), nous 
saisissons le prétexte que nous offre le 
premier nom de la liste (alphabétique- 
ment) pour reproduire la liste entière, 
avec le titre de l'édit et la substance de 
ses considérants : 

Ordonnance de messieurs les Seneschal et 
gens tenans le siège Présidial en la ville 
de Lyon, contre les détenteurs des biens 
de ceux de la Religion p. r.; Ensemble 
les noms et surnoms des séditieux et re- 
belles contre la Majesté d>> Buy nostre 
Sire. — A Lyon , par Michel Jove , 
M.D.LXVIII. 

De par le Roy. Sur la requeste l'aicte de 
par les gens du Roy en la seneschaucée et 
siège présidial de Lyon, itératif commande- 
ment est faict a toutes personnes de quelque 
estât, nation, traficq et qualité qu'ilz soyent, 
privées ou publiques, notaires, tabellions, 
greffiers, procureurs et autres que suyvant 
les lettres closes et patentes de S. M. du 
13 e de ce moys de janvier, ceux qui ont or, 
argent monnoyé ou non monnoyé, bagues, 
joyaux et autres meubles, cedulles ou obli- 
gations et qui possèdent a recepte, louage ou 
ferme, aucuns bénéfices, rentes, maisons, 
terres, fermes ou seigneuries appartenait;, u 
ceux de la prétendue nouvelle Religion, sé- 
ditieux et rebelles qui se sont eslevez eu 
forme d'hostilité à rencontre de S. M. et de 
ses bons et fidèles subjects, ont porté les ar- 
mes avec les factieux, séditieux et rebelles, 



9 



2/ i 



AXXIBAL 



278 



et ne se sont retirez en leurs maisons dans 
le temps préfix et de ce prins acte, suyvant 
les lettres patentes sur ce expédiées et pu- 
bliées en lad. ville. Et ceux qui encores por- 
tent les dictes armes, soit au camp des d. 
séditieux... ou ceux qui les aydent et favori- 
sent... Et aussi tous ceux qui ont, possèdent 
et tiennent les d. biens, marchandises, meu- 
bles ou immeubles, livres, papier*, tiltres, 
enseignements, cédulles ou obligations, sou- 
vent et cognoissent les personnes qui ont et 
possèdent les d. biens, qu'ilz et chacun d'eux 
ayent, deux jours après la présente publica- 
tion faicte, à venir dire, déclarer et révéler 
par devant les Seneschal et gens tenans le 
siège Presidial de Lyon et en leur greffe, ce 
qu"ilz en ont et détiennent ou sçavent estre 
détenu et possédé; et ce sur peine de peine 
de perte et confiscation contre les ungs et 
les autres de tous et chacuns leurs propres 
biens, lesquelz au cas de default ou contra- 
vention, Sa dicte Majesté les a déclarez ac- 
quis et confisquez. Et à fin que personne ne 
prétende cause d'ignorance qui sont ceux des 
biens des quelz les déclarations doiven 
faictes, entre autres ensuyvent leurs noms, 
surnoms des charges, et prévenus <i- - 
;icts, Assavoir : 

George Penet, dit Janot. 

nommé Archimbaud, espkier. 

Jean de Fontba 

Pierre d'Orléans. 

nommé Chausson clerr et 
leur. 

Jacques Bebaiz. 

Henry Laneav. 

Ung nommé Pusin, tainrturier. 

Le filz de George Aulbreth. 
10. Rosarges serviteur dud. Aulbreth. 

Anthoine Papier, surnommé La croix 
blanche, de Chazelles. 

Michel de Coyretier. 

Jacques Luffet, forbisseur. 

Jean Boursier, aussi torbisseur ; de- 
meurant souz la teste d'or, rueTupin. 
:narchant de fillet demeurant en 
la rue près Sainct Pierre, qui a es- 
pousé la niepce de feu Alexandre 
Carcaillon. 

Claude Jussieu, tissotier. 
mél. 

Jiirquemet, ferratier. 

Un marchant de draps demeurant près 
la maison de George Aulbreth. 
20. Matthieu Coton, vendeur de fer en rue 
Chai amont. 

l'ng nommé Charbonneau. 

Anthoine Du Boys, canabassier. 

Ung nommé Megret. 

Ung autre nommé Guillaume, impri- 
meur. 



Ung nommé maistre Bernard, menuy- 

sier demeurant en rne neufve et son 

filz nommé Valentin. 
Le cappitaine Xoytellon. 
Charles Penot. Le neveu du dict Penot. 
30. Ung nommé La Yallidre. Ung nommé 

Tesson mercier; tous deux demeurans 

en rue Mercière, vendeurs de quin- 
caillerie et de filleure d'or. 
Anthoine Boullion, commis à la Doane 

du Roy. 
Les deux frères d'ung nommé Collin dit 

Marco. 
Le frère du capitaine BeaufoH. 
Hector Bavdin, procureur du 

Ste Colombe. 
Jacques Dorliat, hostelier demeurant 

en la rue du 1 

ommé Chabert. 
Ung nommé capitaine Brovtet. 
40. Le seigneur de Changy. 
Ung nommé le capor 

_• nommé La Roche. 
Ung nommé Sabotier, serviteur de 

François- Ponthus. 
Symon Julien, du d. lieu de Brisruais. 
L'ng nommé Le Gardier dit Cotin. 

•-ux frères Biemy* assavoir l'un 

seigneur de Beins et l'autre seigneur 

de Monteux. 
Ung nommé le juge Puto. 
Ung nommé La Garde du Boys. 
Le procureur Argo. 
Franeoy> Riv 
Jacques Barberet, pelletier, demeurant 

en la rue du B 
Jeban Goyet, du bourg de Ste Colombe. 
Anthoine Vincent, marchand libraire. 
Jehan Darut, aussi marchand. 
Pierre Pif//u>M, surnommé La Jaquière, 

cordier. 
Jehan Bouxsaint, mercier. 
Maistre André de Ba : .x s adrocat en la 

dicte seneschauoéâ et siège presidial. 
Jacques Baronnat. 
60. Gabriel Ye»y, marchand de drap de 

-•■;. e. 
Léonard Prunas diot La Piedinante, 

Pierre-Benoict Sève, Henry de Ga- 

biano, Jehan de Yassan, marchant 

de la dicte ville. 
Maistre Jehan de Castellas esleu pour 

le Roy au pays de Lyonnois. 
Symphorien Tellusson, Hierosme Des- 

gouttes, aussi marchans, et Georges 

Aulbreth maistre d'hostel du Roy. 
Le capitaine La Yillatte. 
70. Jehan Armant, de Belleville. 
Jehan Couchet. 
Jehan CrusellUr boucher, surnommé 

Le Colombier, du dict Belleville. 



271) 



ANNIBAL 



280 



Le baron de Sainct Lagier. 

Ung nommé Chastaney, rousseau, de 

Villeplanche. 
Ung nommé Odin de La Monnaye. 
Le capitaine La Chapelle. 
Le seigneur Chasteaumorand. 
Le baron de Torcy. 
Ung qui est beau frère du seigneur de 

Poncenas. 

.80. Le capitaine Jailly de Tisy. 

Sadurel, prevost des mareschaux de 
Forestz. 

Philibert du Bien dictFiston, de Char- 
lieu. 

Pierre Gueytière et René Gueytière, 
filz du chevaucheur de St Sympho- 
rien. 

Ung nommé Le Provençal , de Ta- 
rare. 

Ung nommé Bourdon qui n'agueres 
faisoit la poudre à La Rigodière, en 
ceste dicte ville. 

Claude Charreton dudict Belleville. 

Jehan Buffy du dict lieu. 
90. Les père et filz Tronchet. 

Maistre Jehan Perdrigeon, clerc de 
ceste dicte ville. 

Ung nommé Sainct Clair, archier du 
prevost des mareschaux du dict Lyon. 

Charles Bernod qui souloit estre lieu- 
tenant du dict prevost. 

Jehan Constantin d'Ance. 

Le capitaine Sainct Vincent. 

Les trois frères Vallée, de ceste dicte 
ville. 

La Boche, serviteur de feu Jacques 
Gimbre. 
100. Un nommé Guillien, capporal. 

Ung autre nommé La Conche, lances- 
pesade du capitaine Annibal. 

Ung autre nommé Gourdan, maistre 
d'espée. 

Ung autre nommé le grand Matthieu 
de rue neufve. 

Ung rousseau surnommé de Langres, qui 
n'agueres estoit de la compaignie du 
capitaine Latour, avec les dits Mat- 
thieu et Gourdan. 

Ung autre nommé La Porte. 

Le frère du dict Jehan de Vassan. 

Le seigneur de Sanict Traict. 

Ung nommé de Morgues. 

Ung autre nommé Urcin, ministre. 
110. Ung nommé maistre Bernard, clerc de 
maistre Lusson notaire. 

Le seigneur de Montplaisa,>ti,t. 

Le Gris de Mascon. 

Le capitaine Misery. 

Ung nommé Bollieu, boiteux. 

Le capitaine de Tornus. 

Les quatre frères Dagonneau . 



120. Pierre Blein, laboureur de Limonnoys. 

Chalan Crespin, commissaire des vi- 
vres. 

Le capitaine Genette. 

Trois hommes se disant serviteurs du 
thrésorier Juge. 

Anthoine Perrin. 

Le dict thrésorier Juge. 

Barthélémy de Gabiano. 

Michel Faure , drappier demeurant 
près Le Change. 
130. Ung nomméD);/'!'«/', beau frère de Clé- 
ment Gautier. 

Ung nommé Cellarier. 

Maistre Jehan de Sainct Chaulmont 
dict Tranchecouille. 

Jehan Petit. 

Jehan Perraud cordonnier de Tarare. 

Sirvinges de Tisy, beau frère du dict 
Gnytières. 

L'un des frères Micard, habillé de bleu. 

Maistre Jacques Commin, de Charlieu. 

Matthieu Le Meure, de R^gny. 

Jehan Mareschal. 
140. L'hoste de l'escu de France de Rohanne. 

Pierre Bouchicr. 

Anthoine Conte, harangier. 

Le filz de dame Jehanne Paix demeu- 
rant près ceste dicte ville. 

Le facteur de la boutique de feu Jean 
Gaultier. 

François Vallanson. 

Le capitaine Burlet, veloutier. 

Jehan surnommé Fontaney et un autre 
nommé Le Pas, son frère. 

Le dict capitaine Annibal. 
150. Annet Faure, tondeur de draps. 

Françoys Basin. 

Lambert La Pousse, de SainctVincent. 

Matthieu Sève. 

Le seigneur de Loysc. 

Le seigneur des Fossez. 

Le capitaine La Sauge. 

Les deux frères Nicolas, merciers du 
dict Lyon. 

Jehan Combe, marchand dud. Lyon. 
1G0. Ung cordonnier borgne qui autres foys 
a esté serviteur du baron Sainct Tri- 
vier, et a présent serviteur du dict 
Pas Fontenay. 

Ung nommé Bâillon , seigneur de 
Layet. 

Anthoine Pize. 

Le greffier Dauphin. 

Maistre Jehan Bavel, barbier. 
170. Les deux frères Seneton, eux disans 
seigneurs de La Reclaye et quatre 
leurs serviteurs. 

Ung nommé Banquet. 

Ung autre nommé Daigne. 

Anthoine Le Gris. 



281 



ANNTBAL 



AN NOTE AU 



282 



Pierre t ruinent, autrement Fromenté, 
libraire. 

Jehan Trinault seigneur de La Place. 

Ung taincturier de soye, appelle sire 
Jehan, portant barbe noire. 

Jehan Perier. 

Nicolas Populus. 

Jehan Armand. 
lfO. Ung nommé Bellicat. 

Hugues Lenfant. 

Le baron de La Grollc. 

Maistre Pourchier, advoeat. 

André Brouter. 

Pierre, gendre de Salomon Bouchier. 
beau frère de maistre Obret. 

Jehan Coignet, soliciteur. 

Le seigneur de Poncenas. 

Le seigneur Damhierle, ditRolliers. 

Jehan Pelletier, tisserand. 
l'.M). Maistre Claude, marchand. 

Le capporal Hautain. 

liaisire Nicolas l'arquel>ousier. 

Maistre Jehan Le Masson. 

Gabriel l'imprimeur. 

Jehan Galliot. 

Estienne Volant. 

Hierosme Le Bru,:. 

Jehan d' Auvergne. 

Pierre Chantebœuf. 
989. Ung nommé Léonard. 

Le capitaine La Grange et >ou frère. 

Guillaume le courdonnier qui souloit 
demeurer en la rue de la Lanterne. 

Ung autre nommé maistre Claude, 
aussi courdonnier. 

Maistre Michel le fortumeur, 

Ung nommé Kstienne Tixsotier, bou- 
ton nier. Pierre Tissotier. 

I nj: autre appelé Pierre, le j 
des mareschauï de ci* pa\> do I._\ «Mi- 
nois nommé Pierre Jehan. 

Le cuisinier du capitaines. Vincent 

Estienne Bonjour, marroquinier. 
210. Le greffier rie Ste Foy, homme grand et 
gros qui porte barbe noire. 

Le fourrier du dict capitaine Annibal. 

Les frères Deseraul.->\ de Provence. 

Le seigneur de l.n /, disant 

thrésorier. 

Hugues L>- (ri'i,npier. 

Pierre Guimpier, beau frère du dict 
Hugues. 

Ung nommé Brtmet. 

Paule Cordonnier. 

Maistre Benoict Josseeand. 
220. Le seigneur Du Mont. 

Loys Plancher, armurier. 

Ung nommé Jehan Pierre. 

Le serviteur de Loys Pouchon. 

Françoys Desgoutes. seigneur de Chas- 
telns. 



Bernard Chenevier. 

Ung nommé Jourdain, du dict Lyon. 

Ung nommé Ciencourt orphèvre, four- 
rier de la compagnie du dict An- 
nibal. 

Le capitaine Pierrefeu, lieutenant du 
dict seigneur de Loyse. 

Pierre Faurc. 
230. Loys Dombain. 

Françoys Chollat. 

Trois frères gantiers demeurans en la 
rue Mercière. 

Jehan Souillot. 

Jacques Commun, du dict Charlieu. 

Ung nommé Carron. 

Quatre serviteurs du dict Symphorien 
Tellusson. 

Et maistre Mouche courdonnier, de 
ceste dicte ville. 

Et sera la présente criée et proclamation 
imprimée et attachée aux portes du Palais. 

[Signé :] de Longueil, de Tourveon, 
de La Fay, de Villars etc. 30 jan- 
vier 1568. 

Le gouvernement , par cette ordon- 
nance, régularisait à sa manière, et à 
son protit, les fruits d'un pillage qu'il 
avait ordonné. C'est ce dont un des pre- 
miers magistrats lyonnais du moment. 
Claude de Rubys. rend compte en ces 
termes : 

« Etpareeque les Protestants estoyent 
cause de cote guerre, il fut advisé de 
chercher moyen qu'elle se fit à leurs des- 
pens. Et à ces Ans on constitua prison- 
niers plusieurs des principaux d'entr'eux 
au couvent des Celestins et ailleurs, sous 
bonne et genre garde; desquels aucuns 
se firent catholiques, les autres se ra- 
cheptarent par bonnes sommes d'argent, 
puis vidarent la ville. L'on dressa aussi 
un magasin en la ville, que l'on nomma 
te magasin du Ro;/. où furent portées 
les marchandises que Ton trouva dans 
leurs bouticques et magazins. lesquelles 
on leur permettoit racheter pour la moi- 
tié, ou quelquefois plus ou moins de ce 
qu'elles valoyent. sinon on les vendoit 
au plus offrant et dernier enchérisseur ; 
et s'en tira bons deniers. »» 

Histoire véritable de la ville de I.yon, par Claude de 
Rubys, conseiller au présidial; Ltod, 1604, p. 413. 

ANNONAY (Pêrette). 1557 [II, 215 



a]- 



ANXOTEAl" Jacob), sa femme, troir 



283 



ANNOÏEAU — ANTHOINE 



Ô84 



enfants et une Elisabeth Annoteau, ré- 
fugiés et assistés en 1721 à Londres. 

ANNOY (le seigneur i>'\ 1699 [IV, 
298 b]. 

ANOGUIER (Pierre), do Meaux, vi- 
trier, reçu habitant de Genève, 10 nov. 
1572. 

AN01NE (d'), ancien à Nîmes, 1012 
{Bull. XIII, 141). 

ANQUETIL (Jacques), tils d'André et 
de Susanne Hennequin, baptisé à Cha- 
renton, 1034 . — (Charles), s r de La Car- 
rière, 80 ans, enterré au cimetière S. -Mar- 
cel, 1001. — (Susanne), prisonnière à la 
Conciergerie de Rouen, condamnée à la 
réclusion, 1088. — (Marie) et sa fille, 
assistés à Londres, 1721. 

Anqueville, voy. Mehé. 

Anquitard, voy. Poussard. 

ANSELIN ( Pierre ) , massacré à 
Troyes, 1572 [VU, 249 b]. — (Jean), 
marchand à Romans, reçu habitant de 
Genève, 27 oct. 1572. — Voy. Ancelin. 

ANSELME (Jean), « praticien de Gre- 
noble, » reçu habitant de Genève, 23 oct. 
1572. 

ANS1AUD (Pierre), des environs de 
Sedan, malade etassisté àGenève, 1091. 

ANSON (la veuve de Moïse), de Ve- 
sancy, assistée à Genève, 1700. 

ANTERIEU, martvr aux Cévennes, 
1080 [IX, 390 a; X, 401]. 

Antesigxanus, voy. Bavantes. 

ANTHOARD (Claude, François et 
Jean), massacrés, quoique le premier fût 
impotent, le second fou, le troisième vieil 
et caduc. — (Louise), traînée par les 
chemins. — La femme et deux enfants 
de Claude, morts de faim et de froid. 

— Quatre enfants ^Honoré Anthoard. 
morts de faim. Toute cette famille était 
de Cabrières (Provence) et périt en 1562 
[X, 470, 471, 472]. 

ANTIGNY (d'), capitaine de cavale- 
rie, réfugié en Prusse peu avant 1085 
{Erman IX, 12). 

1. ANTHOINE ou ANTOINE 
(Claude), « boullanger à Pelligny en la 
comté de Vaudemont, » reçu habitant de 
Genève, 7 août 1559. — (Didier), à Metz, 
v. 1500 {Bull. XI, 420). - (J.,, magistrat 
du parlera, de Paris, 1502 (IV, 211 a]. 

— (Jean), massacré à Hières, 1562 [X, 
469]. — (le capitaine), 1566, 1572 [II, 
371 b; VIII, 341 bj. — (Jehan), pasteur 



en Vivarais, v. 1567 (Bull. IX, 295). — 
(Noé), de Serpolières de Dombes, reçu 
habitant de Cenève, 10 mars 1573. — 
(Claude, fils de Thibaud), de près Besan- 
çon, coutelier, reçu habitant de Genève, 
25 janv. 1585. — Antoine, apothicaire, 
condamné à mort par le pari, de Bor- 
deaux, G avril 1509 [II, 415 b]; — autre, 
ministre de Pons et Plassac. id. [Il, 
415 b]. — Anthoine, ancien de Pujols- 
de-Rauzan, 1079 [VIII, 223 b], — (la 
veuve de J. -César) et ses deux enfants, 
réfugiée et assistée à Genève, 1095. — 
(Pierre, Baniel et Jacob), chefs de fa- 
milles d'artisans (couteliers) à Metz, ré- 
fugiés à Berlin, 1098-17(10. — (Corneille), 
assisté à Londres, 4721. 

2. ANTOINE (Matthieu d') , docteur 
en droit, est l'auteur d'un opuscule inti- 
tulé : Responce aux resteriez et hérésies 
de Guilliaume Postel cosmopolite. Lyon, 
lean Saugrain, 1562, in- 12 de 119 p., 
avec une dédicace, datée de Lyon, « à 
son seigneur maistre Pierre Viret, Mi- 
nistre de la parole de Dieu, a une pré- 
face (en vers) au lecteur, et une épître 
(en vers) « aux Postelans. » — Du Yer- 
dier qualifiait déjà ce livre de calvinique. 
Il est probable que son auteur doit être 
identifié avec un jeune avocat de Greno- 
ble, nommé par les uns Mathieu d'An- 
toine, et par d'autres Anthonian, Saint- 
Antoine , ou d'Autrine [IV, 45K bj qui, 
après avoir été l'un des plus fidèles par- 
tisans de JJontbrt/n, le trahit en 1500 et 
faillit même le faire prisonnier. (Du- 

FOUR.) 

3. ANTHOINE (Nicolas), naquit à 
Briey en Lorraine, vers le commence- 
ment du XVII e siècle [Haag I, 113]. 

Son père, Jean Anthoine, ne négligea 
rien pour lui donner une éducation libé- 
rale. Il l'envoya d'abord à Luxembourg, 
où il suivit pendant cinq ans les cours 
du collège de cette ville, et, ensuite, il 
alla continuer ses études à Pont-à-Mous- 
son, à Trêves et à Cologne, sous la di- 
rection des jésuites. Il avait atteint sa 
vingtième année lorsqu'il retourna chez 
ses parents. Bans le cours de ses études, 
le jeune Anthoine ayant conçu des doutes 
sur la vérité des doctrines de l'Eglise ca- 
tholique, éprouva le besoin de les éclair- 
cir, et à cet effet il s'adressa au pasteur 
de l'église de Metz, Pau/ Ferry. Les 



28Ô 



AXTHOIXI. 



286 



instructions de ce pasteur l'ayant plei- 
nement convaincu, il embrassa le pro- 
testantisme. 11 voulut même devenir un 
de ses ministres, tant ses convictions 
étaient sincères. Il se rendit donc à Se- 
dan, et de là à Genève, pour y étudier en 
théologie. Mais de nouveaux doutes De 
tardèrent pas à assiéuerson esprit. Voici 
quelle en fut la source. A cette époque, 
l'exégèse était encore dans l'enfance, 
tve d'une dogmatique inflexible, elle 
ne chercbait dans l'A. T. que des allu- 
sions au Messie, allusions souvent si 
voilées que le jeune étudiant, ne pou- 
vant les saisir, prit le parti extrême de 
nier absolument la vérité des prophéties, 
et rejeta le Christ comme un imposteur. 
lors, il résolut de renoncer a sa nou- 
velle religion pour faire profession de ju- 
daïsme. Dans cette intention, il quitta 
Genève et se rendit à Metz pour se faire 
admettre dans la synagogue; mais les 
juifs de celte ville, craignant, dit-on, de 
s'attirer une fâcheuse affaire, lad. 
rent, après quelques conférences, à ceux 
de Venise. Même refus de la part des 
juifs de cette ville, qui l'envoyèrent à 
leurs coreligionnaires de Padoue. Le peu 
de succès de ses démarches le décida à 
la fin à retourner à Genève. .Jusque-là. 
sa conduite n'avait certainement rien de 
coupable; il obéissait à tel convictions, 
de même qu'il y avait obéi loyalement, 
volontairement, pour abjurer la religion 
dans laquelle il avait été élevé. M 
commencent, d eux, 

une sera: d'actes de la plus condamnable 
hypocrisie. Sans doute qu'il y fut en- 
traîné par la misère ; mais cela ne sau- 
rait le justifier. De retour à Genève, il 
ht semblant de poursuivre ses études 
ihéolt ' sa dissimulation fut telle 

(jue le ministre et professeur en théolo- 

liodati lui confia l'éducation u 
enfants Ses études terminées, Anthoine 
fut nommé premier régent du collège de 
Genève, et il disputa même, mai? 
succès, la chaire de philosophie. « Pen- 
dant tout ce temps-là, dit le critique de 
La Roche (Bibl. Angloise, t. IL, il vécut 
extérieurement en chrétien; mais en 
particulier il vivoit et faisoit ses dévo- 
tions à la manière des juifs. Pour met- 
tre le comble à son manège, il demanda 
un témoignage à l'église de Genève et 



alla au synode de Bourgogne, assemblé 
à Gex. pour y être admis au saint minis- 
tère. Il y fut admis selon la coutume, 
promettant de suivre la doctrine de l'A. 
et du X. T., et de se confonner à la dis- 
cipline et à la confession de foi des églises 
réformées de France. Après quoi, le sy- 
node le nomma à l'église de Divonne 
dans le pays de Gex. » Une fois pasteur, 
il n'est sorte d'expédients auxquels il 
n'eut recours pour concilier les devoirs 
de son ministère avec ses croyances re- 
ligieuses. Jamais il ne prenaitle texte de 
ses sermons que dans l'A. T. et il évi- 
tait avec grand soin de parler de J.-Ch., 
soit dans ses exhortations, soit dans ses 
prières. A la lin. le seigneur de Divonne 
conçut des soupçons, et il lui en fit part. 
La torture morale qu'Anthoine avait du 
trop longtemps s'imposer, jointe à la 
honte et à l'humiliation qu'il ressentit 
de se voir découvert, provoquèrent une 
• lise terrible : il perdit la raison. Dans 
m s accès de folie, il proférait les plus 
grands blasphèmes contre la religion 
chrétienne. In jour, étant parvenu à 
tromper la vigilance de ses gardiens, il 
s'enfuit de nuit jusqu'aux portes (i 
nêve. Lorsque le jour parut, on le trouva, 
nu-pieds, prosterné it.uis la boue, qui 
adorait « le Dieu d'Israël. „ C'était au 
mois de février. La folie du malheureux 
était trop manifeste pour qu'on put son- 
proivder contre lui. On le fit donc 
entrer à l'hôpital, où des soins intelli- 
n<* tardèrent pas à lui rendre la 
raison. Mais, lorsqu'il eut recouvré son 
bon sens, ou à peu près, il persévéra 
dans si ftUg anti-chrétienne. « blasphé- 
mant contre la Sainte-Trinité et la per- 
sonne de notre Seigneur J.-Ch.. et sou- 
tenant tant de bouche que par écrit que 
c était une idole, et que le X. T. n'était 
qu'une fable. » Les remords qu'il éprou- 
vait de sa conduite passée devaient être 
bien violents pour lui arracher une telle 
profession de foi: n'avait-il pas devant 
ix le terrible exemple de Server' 
Xi les exliortations, ni les prières, ni les 
menaces, rien ne put l'ébranler. On le 
tira alors de l'hôpital pour le jeter en 
prison. Pendant sa détention, il présenta 
trois requêtes au conseil ; dans l'une « il 
priait qu'on informât sur sa vie, disant 
qu'il avait toujours tâché de vivre en la 



287 



ANTHOINK 



288 



crainte de Dieu, et de suivre la droite 
voie du salut ; que Dieu connoissoit son 
cœur et étoit témoin de son intégrité. » 
Mais la rétractation de ses doctrines 
pouvait seule le sauver, et il repoussa 
constamment cette dernière planche de 
salut. Lorsqu'il fut question de juger 
cette affaire, le conseil désira consulter 
les ministres de la ville et les professeurs 
en théologie de l'académie. Ils comparu- 
rent dans son sein, le 9 avril, au nombre 
de quinze. Les avis furent partagés. Se- 
lon les uns, Anthoine n'était pas plus 
digne du dernier supplice que ne l'était 
tout autre juif ; à la vérité, il y avait cette 
différence qu'étant juif au fond du cœur, 
il avait feint d'être chrétien et s'était fait 
recevoir au saint ministère; c'est pour- 
quoi il méritait d'être flétri, déposé du 
ministère et banni, ou tout au plus ex- 
communié de l'Eglise, île l'excommuni- 
cation majeure. Un jugement à mort 
leur semblait d'autant moins applicable 
qu'Anthoine ne pouvait être considéré 
comme étant compos mentis après les 
signes manifestes d'aliénation mentale 
qu'il avait donnés. Quelques-uns furent 
d'avis que le conseil, avant de se pro- 
noncer, consultât les diverses églises et 
académies protestantes, et en particulier 
celles de la Suisse. Mais les autres, et ce 
fut le plus grand nombre, représentèrent 
qu'il y aurait du danger à supporter plus 
longtemps un pareil monstre; que sa fo- 
lie ne l'excusait point, puisqu'il avait 
maintenu ses impiétés dans un temps 
où il avait l'esprit lucide. L'avis le moins 
sage et le moins charitable prévalut. Ce 
fut en vain que le pasteur de l'église de 
Charenton Mestrezat et le pasteur de 
Metz Paul Ferry cherchèrent, par leurs 
représentations, à ramener le conseil 
dans les voies de la douceur et de la 
modération et à lui éviter de rendre un 
jugement que la postérité ne devait pas 
ratifier. Mestrezat s'appuyait surtout sur 
des considérations d'intérêt public en fa- 
veur de l'Eglise protestante. « Les écrits 
de nos prédécesseurs Depuniendis Hxre- 
ticis, écrivait-il à son beau-frère, M. Cha- 
brey, ministre à Genève, n'ont pas été à 
grande édification, et tournent, aux états 
où le magistrat nous est contraire, à no- 
tre grand préjudice. » Et dans une se- 
conde lettre, du 30 mars, il revenait sur 



ce même sujet. « Quant à votre moine 
juif [il se trompait, Anthoine n'a jamais 
été moine] et ministre renié, les plus 
sensés lui souhaitent ici une prison per- 
pétuelle et étroite,... et craignent mer- 
veilleusement les conséquences d'un 
supplice public de peur qu'on n'infère 
par deçà que des propos contre le pape, 
vicaire prétendu de J. Ch., ou contre 
l'hostie de la messe, soient appelés 
blasphèmes contre Christ, et prétendus 
semblablement punissables. » La lettre 
que le ministre Ferry adressa aux pas- 
teurs de Genève, également à la date 
du 30 mars, fait trop d'honneur à son 
caractère pour que nous n'en rappor- 
tions pas quelques fragments. 11 com- 
mence par s'excuser de s'ingérer dans 
cette affaire sur ce qu'ayant servi d'in- 
strument pour amener Anthoine à la 
connaissance de la vérité, il a d'autant 
plus de raisons de désirer qu'il ne se 
perde. Il entre ensuite dans quelques 
détails sur les antécédents de ce mal- 
heureux et cherche surtout à détruire 
cette fausse idée que les accès de dé- 
mence qu'il avait éprouvés étaient « un 
manifeste jugement du ciel, » d'où ses 
juges eussent pu inférer que Dieu les 
avait élus pour être des instruments de 
vengeance plutôt que de miséricorde. 11 
raconte qu'après son retour de l'acadé- 
mie de Sedan. Anthoine commença à 
manifester une humeur sombre et sau- 
vage; qu'il était « toujours inquiet, sans 
pouvoir être en repos en aucun lieu. Ce 
que nous ne pouvions attribuer, conti- 
nue-t-il, qu'au mauvais succès qu'il avoit 
eu en un synode de l'Isle-de-France, où 
il avoit été envoyé avec témoignage et 
recommandation de l'église et académie 
de Sedan, et d'où il avoit été pourtant 
renvoyé. » La pauvreté et « la nécessité 
de beaucoup de choses où il tomba tôt 
après » contribuèrent encore à augmen- 
ter sa mélancolie. « A quoi il semble 
qu'on peut ajouter, poursuit le ministre 
de Metz, la forme de ses études atta- 
chées après le Vieux Testament, sur le- 
quel il m'a écrit qu'il dressoit une con- 
cordance. En tout cas, quand bien ce 
ne seroit là les causes de son mal, si 
est ce que vous savez, Messieurs, qu'il 
se trouve une sorte de mélancolie, en 
laquelle les médecins reconnoissent 



280 



AXTHOLNE 



290 



Oîîiv tt, qui n'est pas néanmoins un 
crime, ni un châtiment de la justice de 
Dieu, mais une grande misère... Après 
tout. Messieurs, il est certain qu'il vous 
trompe en disant qu'il y a huit ou dix 
ans qu'il a résolu en soi-même ce qu'il 
déclare à présent; car non-seulement 
en cet entretemps il a toujours fait 
toutes sortes de preuves personnelles 
d'une profession chrétienne, mais a 
même gagné son frère à la nôtre, eu 
laquelle il Ait honnêtement parmi nous, 
et a tâché d'en faire autant de son père, 
auquel comme à lui il en a écrit quan- 
tité de lettres... que j'ai toujours vues 
pleines d'un style ardent et de témoi- 
gnages d'une merveilleuse et peu com- 
mune affection à J. Gh., et à la vérité 
d'icelui enseignée en nos églises. — 
Même lors qu'il fut reçu au ministère, 
il me l'écrivit de Genève du 29 novem- 
bre, comme à celui qu'il avait accou- 
tumé d'appeler, comme il fit encore 
lors, son très-cher père spirituel duquel 
Dieu s'était servi pour l'amener, di- 
sait-il, à sa connaissance. — Messieurs, 
permettez-moi, je vous supplie, de vous 
dire qu'il semble bien nécessaire pour 
l'édification de l'Eglise que cette affaire 
se traite avec une grande retenue. Tout 
autre exemple que l'on en voudroit faire, 
nuiroit sans doute merveilleusement... 
En tous cas. il n'est pas besoin de se 
hâter en chose qui peut toujours être 
faite, et où le délai ne peut nuire, peut 
même quelquefois servir. A Serve t dog- 
matisant d'un sens froid et sec depuis 
vingt ans et plus, en plusieurs lieux, de 
bouche et par livres écrits et imprimés, 
et choses bien plus subtiles et plus pé- 
rilleuses, il fut donné un long temps 
pour se remettre. Encore. Messieurs, 
savez-vous les divers discours qui s'en 
sont ensuivis, etc. » Cette lettre lit, se- 
lon de La Roche, une telle impression 
sur l'esprit des ministres de Genève', 
qu'après le jugement ils se rendirent en 
corps au conseil pour supplier les ma- 
gistrats de surseoir à l'exécution de leur 
sentence: mais si l'on considère la date 
à laquelle elle fut écrite, on ne saurait 
douter qu'ils n'en eussent déjà pris con- 
naissance avant la séance du 9 avril où 
ils furent appelés à émettre leur avis, et 
dont nous avons rapporté le déplorable 



résultat. Le 1 1 , Anthoine comparut pour 
la première fois devant ses juges, et fit 
hautement profession du judaïsme. Le 
10, son procès étant instruit, le conseil 
le condamna à « être lié et mené en la 
place de Pleinpalais, pour là être atta- 
ché à un poteau sur un bûcher, et étran- 
glé à la façon accoutumée, et en après 
son corps brûlé et réduit en cendres. » 
Cette sentence fut exécutée le jour même. 
'20 avril 1632.} « Quelques-uns , dit 
Spon (Hist. de Genève), murmuraient et 
disoient qu'il y avoit trop de sévérité 
d'exécuter des gens à mort pour de sim- 
ples opinions ; mais le conseil considé- 
roit le criminel, non seulement comme 
un apostat et un blasphémateur, qui 
traitoit la sainte Trinité de cerbère ou de 
monstre à trois têtes, mais aussi comme 
un séducteur pernicieux et un parjure 
qui préchoit sa fausse doctrine contre le 
serment fait en sa réception. »Nous osons 
affirmer, à l'honneur de notre siècle, 
qu'il n'y a pas, de nos jours, un seul 
membre de l'Eglise protestante qui vou- 
lût ratifier cette sentence. Et qu'on le 
remarque bien, ce n'est pas par imliffé- 
rence religieuse, tout au contraire, 
bien plutôt parce que la divine religion 
du Christ, religion d'amour et de cha- 
rité, tend de plus en plus à pénétrer nos 
cœurs. La lettre meurt ; l'esprit survit. 
On trouva parmi les papiers d An- 
thoine : I. Quelques passages de 1 A. T. 
avec une prière : IL Une prière qu'il 
faisait le soir avant de se coucher, et 
une autre qu'il prononçait après ses ser- 
mons; ces prières sont, dit-on, rem- 
plies d'onction, mais il n'y est fait au- 
cune mention de Jésus ; III. Une petite 
feuille contenant onze objections philo- 
sophiques contre la doctrine de la Tri- 
nité; IV. Un long écrit dans lequel 
l'auteur fait une confession de sa foi 
en xii articles, accompagnés de leurs 
preuves ; il avance : 1° qu'il n'y a qu'un 
seul Dieu sans distinction de personnes; 
2° qu'il n'y a point d'autre voie de salut 
que l'accomplissement de la loi de 
Moïse ; 3° que la circoncision est de ri- 
gueur; 4° que le sabbat doit être tou- 
jours observé ; 5° que la distinction des 
viandes en pures et impures doit tou- 
jours subsister; tj° que les sacrifie. - - - 
ront rétablis ; 7° que le temple et la ville 
i. 10 



291 



ANTHOINE — APOLIS 



292 



de Jérusalem seront rebâtis ; 8° que le 
véritable Messie doit venir, et qu'il sera 
un roi glorieux, saint et juste, qui réta- 
blira le royaume d'Israël; 9° qu'il n'y a 
point d'imputation du péché d'Adam; 
10° qu'il n'y a aucune prédestination, 
par laquelle Dieu ait décrété de sauver 
les uns et damner les autres; mais 
qu'on sera récompensé ou puni selon 
ses œuvres; 11° que personne ne peut 
satisfaire pour nous; mais que si nous 
péchons, il y a lieu à ropentance : 
12° que le N. T. n'est point conforme à 
l'Ancien. A la lin de cette profession de 
foi, se trouvent deux autres écrits ; dans 
l'un, l'auteur entreprend de prouver que 
les passages de l'A. T. où il est question 
d'une nouvelle alliance, doivent s'enten- 
dre d'une confirmation de l'ancienne 
faite avec Abraham, Moïse et les Pères; 
dans le second de ces écrits, il donne 
une explication du LIII e chap. d'Esaïe; 
selon lui, le prophète y parle des Israé- 
lites vertueux qui furent enveloppés 
dans les mêmes malheurs que les mé- 
chants. — Anthoine avait fait tenir 
cette pièce au conseil pendant sa dé- 
tention; il y apposa sa signature en 
signe de confirmation, le jour même de 
son supplice. 

4. ANTHOINE (Jacques), religieux de 
l'ordre de la Trinité, abjure dans l'église 
d'Avallon, 1618 (Tt, 259). 

ANTHON1S (J panne}, vers 1580 [II, 

sis;. 

ANT1N (René) ou Aum, « lîls de feu 
,laequcs, natif/: d'Angiers, » reçu hab. 
de r.enève, 29 août 1558. — (Pierre), 
pasteurà Autry, Orléanais, 1502 [X, 53]. 

ANT1N (Daniel du' Monceau, sieur 
n\ 1081 [VII, 439 bj. 

ANTON (Franc,.;, de S.-Médiers 
(Gard), galérien, 1750 [X, 427 b]. 11 fut 
pris dans une assemblée très-considéra- 
ble de protestants réunie, 22 nov. 1750, 
à Pontè/e. près d'Uzès, sous la prési- 
dence du pasteur ./. Pradel , dont il 
existe sur ce sujet une curieuse corres- 
pondance (B'tbl. de Genève; Mss de 
Court). Un jugement de l'intendant du 
Languedoc, daté du 24 déc. suivant, 
condamna F. Anton aux galères perpé- 
tuelles et sa femme Françoise Barre, 
qui avait été prise eu même temps que 
lui, à être rasée et enfermée à la tour de 



Constance pour le restant de ses jours. 
Leurs biens furent confisqués. (Pua- 
del.) 

ANTOR1EU (Isaac), réfugié à Neus- 
tadt, 1700. 

ANTRA1GUES (la dame d') protège 
Pierre Caroli contre le parlement de 
Paris (Archiv. ffén., reg. du parlement. 
Conseil; 22 décemb. 1525.) — D'An- 
fragues, réfugié en Angleterre à la Révo- 
cation, capitaine au régiment de Schom- 
berg, 1692 (Agnew II, 10). — Voy. 
Guillerane et Launay. 

ANTRAY (les trois enfants du sieur 
d'), massacrés à Paris, 1572 [III, 401 b|. 

ANTRICHY (Charles d'); Paris, 
1621 (Bull. IV, 91). 

1. AN VILLE (Frédéiuc d'), béarnais, 
martyr à Paris, 1557 [VII, 145 a] et 
Bull". Il, 381. 

2. ANVILLE (d'), deVillefagnan,mis 
à la Bastille, 1686 [X, 434]. Voy. |V, 329 
aj, et aussi Bidauld et Coulart. 

AONS (Arnaud d'), ministre de Long 
et gentilhomme, fils de A'. d'Aou* et, 
d'Anne de Bayctt, laquelle se remaria à 
M. de Terrade, ministre. Arnaud épousa 
Sum/rne Barthélémy dont il eut : Jo- 
seph, Isaac, Anne, Claire, Judith et 
Françoise. On a son testament daté de 
Pau, 10 mai 1591, par lequel entre au- 
tres dispositions, il lègue 20 écus sol, à 
la Bourse de Genève pour les réfugiés 
(Arch. des B.-Pyr. E, 2008). 

AOUSTIN 1 (Nicolas), sieur de Saint- 
Pierre; Dieppe, 1560 [V1JI, 313 a;. 

APASOT (la femme de Jacques), brû- 
lée vive à La Coste, en Provence, 1502 
(X, 471]. 

APESTIGNYou Lapestignv, nias-a- 
cre et noyé près Màcon, 1503 L VI, 
304 b]. — Voy. Lapestigny. 

API (Jacques), de La Coste, en Pro- 
vence, réfugié et assisté à Genève. lO'.U. 
— Jêrêmie Apis, de Provence, réfugié à 
Berlin, 1698. 

APILLY (d'), pasteur réfugié en 
Suisse, 1572. — Autre, dont le nom s'é- 
crit plutôt Dapilly ou Dapcilly, pasteur 
de S.-Flour-de-Pompidou (Loxe; ; 
1675-1C81 rVII, 107 a; VIII, iOi b; IX. 
5 a]. 

APOLIS (Etienne , de Montpellier, 

Forme romain; lï^tvgustinvs, Cf. ci-dessus \, 



293 



APOLIS — APPEL VOISIN 



294 



galérien sur la galère « La Fière, » con- 
damné en 1705 pour avoir assisté à une 
assemblée religieuse Liste des prot. , 
1711 . 

A'POSTOLY (Isaac), du Dauphiné, 
tralérien, 1687; libéré en 1713 X, 410]. 

APOTHICAIRE (David, bis de Flo- 
rin), et de Catherine dp Monforcier, na- 
tif de S. -Bonnet le-Chàteau en Forez, 
orfèvre à Lyon, reçu, le 12 sept. 137;:, 
habitant de Genève. Il y épousa le 
11 janvier 1573 Madeleine, fille de feu 
Jean Le Maistre&e Troyes, et de 
Le Duchat, et mourut le 30 déc. 
ayant eu de sa femme (remariée l'année 
suivante à Pierre Mansson, apothi 
bourgeois de Genève] neuf enfant-. 
parmi lesquels : 1° Marie, née 
femme. 1308, de Daniel Mansson, orfé- 
viv. — 2° Jonathan, né 1583, orfèvre. — 
\nne. née L586j femme, 1003. de 
Louis Roget. — 4° Marguerite, née 
1589, femme, 1606, de Samuel Scana- 
vin, orfèvre. — Françoise Apothicaire '. 
:nent réfugiée à Genève, y épousa, 
31 mai 1573. Gaspard de Hus. 

Appagnv, voy. Chandieu. 

APPA1S (Pierre . pasteur et pr 
seur. né à Die, était d'une honorable 
famille de cette ville. Un de ses anc 
Jean Ipaj/snu) était dominicain 

vers la fin du W siècle et avait publié 
en 1515 les ouvrages de son oncle ma- 
ternel Jean Reynard, également domi- 
nicain et vicaire vénérai de l'évêque de 
Die. Claude de Tournon \l A\ 

avait fait ses études théologiques à fie* 
nève où il est inscrit comme étudiant en 
1596 et il fut successivement pasteur de 
Quint en Dauphiné vers 
1601-1608. de Chastillon 1609-1626 X, 
330J, de Pontaix 1630-1634. Lorsqu'en 
1603 l'église de Die fonda une iv 
mie protestante. Pierre Appais en fut 
nommé recteur. Le -20 juin 1622, il as- 
sista en qualité de député de a 
au synode de Pout-en-Royans qui prit, 
avec un esprit des plus éclairés, la 
lution suivante : « Quelques colloques 
« de ceste province n'ayant point faict 
« nomination de ceux qui recueilleroient 
« les mémoires des églises touchant 



' « Nous ne savons s'il y a en France des ./pottiiai- 
rrs ou l'ut lient ira; les Anglais ont des Potlircar-j. » 
Closs. étyui. 'les iiuuis propres, par Ed Le llericher). 



« lesjaicts mémorables armés en icel- 
« les despuis la Réformation, selon ce 
« qui en avoit esté ordonné par le syno- 
« de précédent, a esté dict que chaque 
« colloque nommera le sien et à cet 
« effect ont esté esleus et choisis, le 
« sieur Félix pour le colloque du Vieil- 
li nois, le sieur Murât pour le 
•< lentinois, le sieur de La Croie pour 
« les Baronnies , le sieur Conel pour 
• i'Embrunois, le sieur de La Colom- 
■e pour le Gapencois, le sieur 
« Guérin pour le Valcluzou et le sieur 
« Appaii pour le Diois, auxquels leurs 
« colloques feront tenir dans trois mois 
« précisément tous Lee mémoires qu'ils 
« pourront recueillir en 1 - -. de 

« quoy lesiiits autres pasteurs rendront 
« compte au synode prochain. » — Ce 
dernier devait être en effet connu comme 
écrivain, car il avait publié vingt-quatre 
ans auparavant un volume intitulé : 

Deux Homélies, l'une des miracles 
du Christ au ventre de la saincte et t;lo- 
• uier</esa mère, l'autre de l'extrême 
ch n ute et merveilleux relèvement ê 
Manassé ; item les fruiefs divers d'une 
chrestienne, par le sieur Pierre 
I ■lulphinois. 1598, in-8* 
Homélies sont en prose, et les Fruicts 
d'une muse, qui sont des cantique- 

née, et quelqi: le circon- 

stance, sont en vers. Le catalogue de 
Viollet-le-Duc. d'où nous tirons ce ren- 
seignement, ajoute que p 
sont également ■< dél dire qu il 

a été impossible de coutrol 
livret étant introuvable. 

Pierre Appais ou Appaii est le même 
que le ministre nommé parquelqu. 

qui fut arrêté en 1034. sur l'ordre 
de l'évêque de Valence, pouravoir prêché 
hors de sa résidence, mais rendu bientôt 
à la liberté par arrêt du conseil privé. 

Appel i.' . voyez Dappel. 

Appelles, voy. Gin 

APPELLO Bertrand). ■ bout 
natif de Vienne, » reçu habitant d 
nève, 18 oct. 1 

1. APPELVt lISIN d, ouAppellî. 
signature); quelquefois de Pa: 

sin (voy. Tallemant). = Armes : De 
gueules à la herse sarrasine d'or, de 
trois traite. 

2, Fbakçois, sieur do lire 



295 



APPELVOISIN 



ARANDE 



296 



Poitou [VI, 535 a], admis à la profes- 
sion de foi protestante, à La Rochelle, 
le 10 avril 1588; adhésion qui exigea de 
sa part une certaine énergie, sa famille 
étant très-catholique. Son proche pa- 
rent François d'Appellevoisin était com- 
mandeur du Temple de La Rochelle et 
de Mauléon. 

3. Charles d'Appelvoisin, sieur de La 
Bodiniatière en Poitou, épousa, 1572, 
Madeleine Roussart, dont il eut Samuel, 
sieur de La Jovinière, vicomte de Fercé 
[VIII, 239 h], marié en 1632 à Elisabeth 
de Pierre-Bujjière, fille de Pierre, sieur 
de Chambret, et de Marie de La Noue, 
dont il eut : 1° Olivier, sieur de La Jo- 
vinière, mort sans alliance; 2° Marie fil, 
197 a; V, 347 a], qui épousa en 1662, 
Claude-Charles Goyon, baron de Marcé, 
vicomtedeTerchant,etquimourutà Paris 
en 1676, âgée de 38 ans ; 3° Marguerite, 
femme de messiro François de Goulaine, 
sieur de Laudouinière près Vieillevigne 
(Haute-Garonne), morte le 22 mai 1677 
[V, 326 b]. Famille divisée en plusieurs 
branches, dont une fut certainement 
protestante, celle de La Jovinière. — Sa- 
muel d'Appelvoisin, marquis de Paillé, 
professait aussi le protestantisme en 
1632. 

En 1664 l'intendant Golbert de Croissy 
mentionne cette famille au nombre des 
plus considérables du Poitou. Cepen- 
dant, en 1756, Pierre d'Appellevoisin 
exerçait la profession de raffineur à 
Exoudun. En 1789, Charles - Gabriel- 
René d'Appellevoisin , marquis de La 
Roche du Maine et maréchal de camp, 
était élu député suppléant de la noblesse 
de Poitiers. (Haag. — Richemond.) 

4. APPELVOISIN (d'), galérien, 1686 
[X, 408] et Lièvre III, 341. 

APPIA (Barthél.), pasteur à Mean 
en Dauphiné de 1612 à 1616. 

APRIX (Marguerite); Normandie, 
v. 1600 [VI, 362 b]. 

AQUIÉ (la veuve), prisonnière à Mon- 
tauban, 1736 [X, 404]. 

AQUIN(Jean); Grenoble, 1560 [IX, 
369 b]. 

ARABIN (le capitaine), 1567, 1588 
[II, 371 b, 374 b]. - Arabin de Bar- 
celle, cornette de Schomberg, 1689 [IX, 
233 a].— (Jean, fils de feu Barthélémy), 
de Riez en Provence, marchand dra- 



pier, reçu habit. deGenève, 19 mars 1712. 

AR AB Y (Pierre d'); Meaux, 1546[X, 
12, 13]. — Araby, à Orléans, 1562 [II, 
312]. — Daniel Arraby ; Berry, 1638 
[IX, 495 a; VI, 27 b]. 

ARAGON (André), de Castres, me- 
nuisier, réfugié à Berlin, 1700. 

ARAM (Jacob) et sa femme, réfugiés 
et assistés à Londres, 1700. — Aram, 
ouvrier diamantaire, natif de Pierresé- 
gade (Tarn), irès-considéré des person- 
nes qui l'employaient, fut obligé de s'ex- 
patrier et mourut à Amsterdam, 1758. 
« Sa vie et sa mort, dit une lettre du 
temps, furent d'un grand exemple à tous 
ceux qui le connoissaient. » (Pradel.) 

ARAMBOURG (Jean), de Pont-de- 
Veyle, assisté à Genève avec sa femme 
et trois enfants, 1691-1700. 

Arambure (Jean d'),voy. Harambure. 

ARAM1TS ou ARAMIS (Pierre d'), 
capitaine béarnais, 1569 [I, 133 a]. As- 
siégé dans le château de Mauléon (Basses- 
Pyrénées), il fut secouru par quelques 
compagnies béarnaises, avec lesquelles 
il « rembarra dans leur montagne » les 
Basques qui étaient venus l'attaquer. Sa 
femme se nommait Louise de Sauguis. 
Elle était veuve en 1598. Ils eurent plu- 
sieurs fils , entre autres Phoebus et 
Charles. Ce dernier vend l'oratoire de 
S.-Vigne, situéàFéas (B.-Pyr.), au curé 
d'Issor, en 1623. — (Jeanne d'), épouse, 
1652, Arnaud de Casamayor, ministre à 
Oloron. 

Bordenavc, Hist. de Navarre. — P. Raymond, Ar- 
chives des B.-I'yr. 

ARAMON (le seigneur d'), 1576 [IV, 
400 a]. — Autre v. 1596 [V, 139 a]. 

ARAN (Jean, fils de feu Jacques d') 
ou Daran, de Revel en Languedoc, reçu 
habit, de Genève, 30 sept. 1718. 

ARANCES, capitaine béarnais, 1569 
[I, 133 a]. 

ARANDE. — Michel Arande ou d'A- 
rande ; Arandius , Arantius, Aranda, de 
Arandia. MM. Haag ont cité plusieurs 
fois, mais incidemment [VI, 506; VII, 
232;VI1I, 104], ce théologien. Il contribua 
d'une manière notable, par sa parole, à 
répandre en France les premiers germes 
de la Réformation, et cette circonstance 
nous oblige à rassembler ici ce qu'on sait 
de sa vie; mais le sacrifice qu'il fit bien- 
tôt de ses doctrines à des intérêts pure- 



297 



ARAXDE 



298 



ment mondains nous oblige aussi à le 
donner comme un brillant exemple 
d'homme richement pourvu des dons de 
l'esprit, mais chez qui le caractère n'é- 
tait pas à la hauteur du talent. 

Né à Tournay ou près de Tournay en 
Flandre, il avait été d'abord prêtre, 
comme la suite de son histoire le mon- 
trera, et s'était fait ermite. Il était venu 
ensuite aux écoles à Paris, et s'y était 
assez distingué par l'éclat de ses opinions 
luthériennes pour être obligé de fuir, en 
1521, avec Farel, Lefèvre d'Etaples et 
Gérard Roussel. Ce fut à Meaux, auprès 
de l'évèque Briçonnet, que ses compa- 
gnons et lui trouvèrent refuge et bon ac- 
cueil. La duchesse Marguerite d'Alen- 
çon, sœur du roi, que Briçonnet avait 
entièrement attirée à ses idées de ré- 
forme chrétienne, demandait, vers le 
mois de juin 1521 l , c'est-à-dire peu de 
temps après l'arrivée des fugitifs à 
Meaux, que maître Michel lui fut en- 
voyé pour son service spirituel et sa 
consolation. Celui-ci devait probable- 
ment ce choix à ses dons oratoires, et 
il le justifia pleinement par l'influence 
qu'il prit sur la duchesse et qui s'étendit 
autour d'elle. Le 19 juin, Marguerite re- 
mercie Briçonnet d'avoir eu par sa lettre 
« et celle de maistre Michel occasion de 
désirer commancer d'entendre le chemin 
de salut * : » c'est-à-dire qu'elle attendait 
à ce moment la venue imminente de l'au- 
mônier qu'elle avait demandé à Meaux. 
Et, en effet, Michel d'Arande était in- 
stallé auprès d'elle à l'automne, car, à 
la date du 11 nov. (1521;, Briçonnet 
écrivait à la princesse : « Madame, sa- 
chant que avez maistre Michel, ay passé 
légèrement en quelque endroit. Il est 
vostre, et le surplus, qui est pour à vos- 
tre plaisir en disposer, vous suppliant 
me le prester pour l'advenir, car je m'y 
suis actendu ; et après le vous renvoiray, 
s'il vous plaict 3 . » Et en effet, le mois 
suivant, Marguerite renvoyait son au- 
mônier à Meaux avec une lettre portant: 
«... Vous renvoyé maistre Michel lequel 
je vous asseure n'a perdu temps, car l'es- 
prit de nostre Seigneur par sa bouche 



1 Correspondance des Réformateurs, pub. par A.-L. 
Herminjard, n° 35 il, M • 

* Corr. des Réf. n° 36 (I, C7I. 

* Corr. des Réf. (I, «ni. 



aura frappé de? âmes qui seront encli- 
nes à recepvoir son esprit, comme il vous 
dira;... vous priant que entre tous vos 
pieux désirs de la reformacion de l'Eglise 
où plus que jamais le Boy et Madame 
(sa mère) sont affectionnés, ayez en mé- 
moire, etc.. » Michel d'Arande continua 
sa propagande, durant l'année suivante, 
avec le même succès, car Marguerite écrit 
àBriçonnet, verslecommencementd'oct. 
1522 : « Le désir que maistre Michel a de 
vous aller veoir a esté retardé par le com- 
mandement de Madame à qui il a com- 
mencé lire quelque chose de la saincte 
Escripture qu'elle désire qu'il parface. 
Mais sytost qu'il sera faict, incontinent 
il partira. Mais louez Dieu qu'il ne perd 
point le temps *... » 

Non-seulement l'habile prêcheur tra- 
vaillait donc à cette hasardeuse entre- 
prise de gagner à la Béforme le roi 
lui-même et Louise de Savoie, mais il 
évangélisa les domaines de sa pénitente, 
la ville et duché d' Alençon *, puis Bour- 
ges, de novembre 1523 à février 1524 3 ; 
il était à Lyon au mois d'octobre sui- 
vant v : au mois de décembre, il prêchait 
à Màcon 5 , et en 1525, de nouveau, à 
Meaux 6 . Ses prédications avaient cer- 
tainement enflammé le zèle des pauvres 
gens de cette dernière ville, si cruelle- 
ment traités, puisqu'il est nominative- 
ment désigné dans une chanson faite par 
eux et dénoncée à la justice au mois de 
décembre 1525, chanson qui commence 
par ce couplet : 

Ne preschez plus la venté, 

Maistre Michel, 
Contenue en l'Evangille; 
Il y a trop grand danger 

D'être mené 
Dans la Conciergerie, 
Lire, lire, lironpha T . 

La poursuite judiciaire contre les car- 
deurs de laine et autres évangéliques de 
Meaux était en pleine activité quand, 
chose pénible à dire, au mois d'octobre 
1525 (le 8;, l'élégant prédicateur était à 

1 Corr. des Rrf. n" 35 (I, «051. 

- Ibid. n° 97. 

1 Ibid. a" 90 (I, 191 . 

« Ibid. n° 125 I, 2071. 

* Ibid. Wf 130 >I, 311'. 

6 Du lioullay. Yoy. Corr. des Réf. n° 9 tl, 391). 

T Le Chansonnier huguenot (Paris. Tross. isrri l.p 



299 



ARANDE — ARANSON 



300 



Lyon, avec la conr, rendu à son poste 
d'aumônier de la duchesse d'Alençon et 
méditant sur la question de savoir... s'il 
accepterait un évêché i: . Mais le parle- 
ment de Paris, dès le 3 octobre, récla- 
mait de la régente, Louise de Savoie, 
qu'elle le lui livrât, comme témoin seu- 
lement, mais comme un témoin indis- 
pensable dans l'affairé des hérétiques de 
Meaux 2 . Michel d'Arande et ses protec- 
teurs jugèrent plus prudent qu'il sortît 
de France pour quelque temps. Il alla 
passer plusieurs mois à Strasbourg ; et 
il est sûr qu'il y allait de sa vie d'éviter 
les téMblèS injonctions des tribunaux 
parisiens, puisque Erasme dénonça le 
fait au ! roi quelques mois après pour en 
faire ressortir l'atrocité 3 . Mais, grâce à 
sa protectrice, on retrouve Michel d'A- 
rande auprès de Marguerite, à Cognac, 
en mai l$96 ■. portant alors le titre d'é- 
vèque de S.-Paul-Trois-Châteaux ; et il 
prit ellectivement possession de son évê- 
ché le 17 juin suivant. 
■ Ce changement ne paraît pas avoir in- 
digné, ni même (''tonné, dans les premiers 
temps du moins, ceux qui en furent té- 
moins. Par l'état d'incertitude où l'on 
était nécessairement, encore sur le sort 
que réservait la Providence aux nouvelles 
doctrines religieuses, on ne pouvait sa- 
voir si l'installation d'un homme jus- 
que-là hérétique dans la chaire épisco- 
pale n'était pas une victoire gagnée par 
l'hérésie plutôt, que gagnée contre elle. 
Tout dépendait de la conduite ultérieure 
que tiendrait le nouvel élu. Ses anciens 
compagnons luthériens commençaient 
par réclamer l'emploi de son influence 
au profit de leurs idées et de leurs inté- 
rêts. Gérard Roussel, son condisciple de 
Paris 5 , se plaignait à Farel. dès le mois 
de juin 1526, que, par son éloignement 
de la cour, Michel privât les religion- 
naires de son influence 6 ; il continuait à 
employer ses bons offices auprès de Mar- 

- Ihid, n» iu:5. 

» Lettre dlùysme à Fraiweis Wt 10 juin ♦»». Cnrr. 
.m» 177 a. .1:7'.. 

' Corr. det Réf. n" 174 (I, 127). 

• Et <|tii d'ailleurs suivit fc» mômes voies «pic "\li.ln-l. 
car il devint aussi évèquc d'Oléron. mais seulement en 
IS36 |l\, M]. 

'■ Cornelii absentia omnia forme nobis ruiti illn ade- 
mit {Corr. des Réf. I, i:io). ConNÉciwiéttHl le pseudo- 
nyme dont Michel d'Vrande s'était autrefois coaferl. 
Voyez eflcorel in .-, ;n- u un. 



guérite 1 ; et l'on voit l' évoque de S.- 
Paul-Trois-Ghâteaux continuer à jouir de 
l'amitié de ses anciens collègues 2 et 
poursuivre ses efforts conjointement 
avec Farel pour la prédication évangé- 
lique 3 . 

Farel resta son ami, mais lui devint, 
à la fin, un ami justement sévère. Lors- 
que Lefèvre d'Etaples mourut, en 1536, 
profondément troublé par le remords de 
n'avoir pas assez courageusement pro- 
fessé la vérité '*, Farel écrivit à l'évèque 
de S. -Paul pour lui faire part des an- 
goisses du vieillard à sa dernière heure, 
et Michel d'Arande lui répondit humble- 
ment : 

« A mon très-dur ami Guillaume, uni- 
quement occupé du royaume céleste, sa- 
lut, grâce et paix. 

« A peine puis-je croire que le trépas 
de ce pieux vieillard d'Etaples ait aussi 
vivement impressionné ton esprit que 
m'a tout entier terrifié ta lettre si pieuse, 
si chrétienne, où je sentais, tout en la 
lisant et relisant, mes esprits et mon 
âme, non-seulement attirés par l'huma- 
nité de ton style, mais transpercés par- 
le glaive de l'Esprit, surtout quand elle 
me dépeint et me montre le Christ Jésus 
qui m'encourage et me demande avec 
une si juste insistance de ne plus gar- 
der aucune excuse qui m'empêche de me 
rendre à lui comme entièrement coupa- 
ble et convaincu. Aussi, pour ne pas 
t'importuner plus longtemps, je te prie 
et te conjure, au nom du même Jésus 
notre Seigneur, que vous m'aidiez par 
vos constantes prières et que vous ne 
ralentissiez pas vos sollicitations auprès 
de moi, de façon à ce que je puisse enfin 
sortir de ce bourbier profond où je suis 
et où je ne trouve pied nulle part. » 

Nous ne dirons rien de la carrière 
épiscopale de Michel d'Arande. Voir le 
(rallia christiana. 

ARANDELLE, capitaine rochelois. 
1622 IV. 49.") h|. 

Ali.Y.N'GKS (Israël de Cw.oi'iv sieur 
u), Ibl3 [IX. ];r,aj. 

AU AN SON (J.), ministre à Tre- 
■ 

1 Ibid. I, 450. 

- Corr. det Réf. il, fit). 

* Iles documents que n'avaient pas connus MM. IIasr 
sont venus rectilier ce qA'ils ont dit .le la mort de Le- 
fèvre |\i, m- b|. Voy, Bull, xi Bïvilt) 






301 



ARANSÔN — ARBALESTE 



302 



moing , Franche - Corn t('> , 1 -"• T 3 IX. 
it'ua]. 

ABAS8È S. m: Sap.hvj. sieur n'\ 
li,s7 "YI. -433 b]. 

ARAZOLA d'Oonate Grâce- Angé- 
lique - Thérèse . marquise de Mont- 
pouillan III. 268 b], 

I. ARÏJALESTE'. conseiller au par- 
lera, de Paris », 1562 [IV. -21 1 a].— Char- 
lotte), dame Du Plessis-Mornay [Raag 
I. 118. — VII. 516 a. 537 b': Vlll, 
151 a]. — (Rachd) I. 118 : II. -253]. = 
Armes : D'or au sautoir engrèié de Sable 
cantonné de ï arbalestes de gueul 

•2. Charlotte, iille de Gfûj Arbal 
seigneur de La Borde, vicomte de Me- 
lun. président de la Chambre des comp- 
tait née au mois de ma: 
dix- sept ans et demi, elle épousa Jean 
de Pas, puiné de la maison de Feu- 
quieres. qui était paire du roi Friii •>> II 
et faillit être compromis dans la conju- 
ration d'Amloise à laquelle il étail 
lié. Il était maréchal de France lorsqu'il 
mourut, des suites d'un coup de pied de 
cheval, le 23 mai 1569. Sa veuve qui n'a- 
vait que dix-neuf ans et qui lui avait 
donné une till> i quelques mois aupara- 
vant 8m - lan, le 2 

. rentra dans sa famille, et toute 
dévouée aux principes de la Réformatkm 
elle vécut dans les alar: fait à 

Paris a F époque de la S. -Barthélémy et 
n'échappa qu'avec peine aux sanglantes 
journées. L'élévation, la irràce et la 
ferme droiture de son esprit charmèrent 
un jeune gentilhomme, plus âgé qu'elle 
de quelques mois seulement, dont elle 

La la main (3 janv. 157 
Philippe Du PL ni/ et le nom de 

me Du Plessis-Mornay, associé à 
la célébrité de son mari, a comme effacé 
les autres nums qu'elle avait j 
« M. et Mme Du Plessis-Moroay for- 
mèrent un ménage chrétien qui a tenu, 
sinon une première, du moins une 
grande place dans l'histoire de France 
au X\l e siècle. » [Guizot. I 



1 In Christophe Arbaleste, né à Paris, moine d'a- 
bord, et médecin, se retira à Strasbourg pour la reli- 
gion, puis Mans la sui — l- romande, en I5»-QS, et devint 
pasteur, c était un habite lettré, qui publia en Swisse 
deux jolis poSmcs latins sur lu goutte Chr. BaliUtœ 
parhisiensis . in podagre m concertatio; Krosehover. 
in-fc° s. d.i, mais un réformé douteux et mou. dont 
Farel se plaignait et prévoyait le retour « a sa caeulle. >• 
Yoy. Herminjard, Corresp., t. II. 



fidèle conseiller de Henri IV avait lui- 
même le meilleur des conseillers dans 
sa femme, et celle-ci nd*H a laissé un 
précieux récit de leur commune 
tence. Elle l'avait écrit pour son tils et 
le lui remit en 1595, au moment où ce 
tils quittait la maison paternelle pour 
faire le tour de l'Europe, afin qu'il em- 
portât avec lui un modèle de conduite. 
« Mon Bis. dit-elle en commençant, en- 
core que vous n'ayez point faute de 
guide, en voici un que je vous baille par 
la main, et de ma main, pour vous ac- 
compaicmer : C nple d° votre 

propre père que je vous adjure d'avoir 
toujours devant les yeux pour l'imi- 
ter. ••> Elle eut la douleur de survivre à 
ce tils; il reçut un boulet en pleine 
trine à l'attaque de I 
tobre 1005. Bavait 27 ans. M' ! dé 
nay le suivit au tombeau le 15 mai 
Quoiqu'un simple fruit de la t.'ii 
conjugale et maternelle; son ouvrage est 
empreint de qualités éminentes. « Dans 
ioin de rien étaler, de 
rien amplifier, elle montre moins qu'elle 
ne pourrait, elle dit moins qu'elle ne sent : 

oies, 
quand elle les racon: mentsles 

plus puissants , quand elle les exprime, 
- >us une forme contenue, 
exempte de tout ornement factice ou 
prémédité. Celle qui parlait si simple- 
ment et avec c rve austèri 
plus vifs L) 

trrandes affaires de sa vie , était une 
femme au- née que grave, qui 

suivait son mari dans tous ses périls, 
prenait part à tous ses travaux, vivait 
pour lui seul et mourut de douleur delà 
mort de son tii- 

moires de M""' de Mornay dont la ma- 
nuscrit original existe à la biblioth. de 
l'Université de France) restèrent inédits 
jusqu'en is - 2i. Ils lurent alors publiés 
en 12 vol. in-8°. Récemment, ils ont été 
l'objet d'une édition nouvelle sous ce 
titre : Mémoires de Madame de 
nay, édition revue sur les manne 
(pour la £oc. de lllst. de France . avec 
variantes et lettres inédites de M. et 
M ine Du Plessis-Mornay: publ. par 
M me deWitt. sous la direction de M. 
sot son père. Paris. Renouai 
2 vol. m-8°. 



303 



ARBALESTE — ARBALESTIER 



304 



Il y eut, dans la vie de M mc de Mor- 
nay, un incident qu'il ne faut point 
omettre quelque mince qu'il soit, parce 
qu'il peint un trait des anciennes mœurs 
protestantes. Ellesétaientrigides, comme 
on sait, et leur rigidité se retrempait 
constamment par le séjour que beau- 
coup de ministres faisaient pour leurs 
études dans la petite cité de Calvin, où 
les institutions politiques avaient été 
organisées sous l'inspiration des idées 
démocratiques et religieuses. Or les ma- 
gistrats et le consistoire de Genève, s'ai- 
guillonnant et se soutenant mutuelle- 
ment, poursuivaient sans trêve le luxe, 
les fêtes, les danses, les tripots, les chan- 
sons, les jeux de hasard et cette bran- 
che de la mondanité, la plus difficile 
peut-être à contenir, la toilette des fem- 
mes. La coiffure à elle seule donnait 
beaucoup d'affaires au consistoire, comme 
deux ou trois exemples suffiront à le 
montrer : « 21 sept. 1570 :Laure femme 
de Xenophon Portus, est citée par le 
seigneur lieutenant [de police] pour avoir 
porté les cheveux tors, contre l'ordon- 
nance ; et encore voulu maintenir qu'elle 
les avoit ainsi dès sa jeunesse, ce qui 
n'estoit. Confesse avoir failly et estre de 
bonne volonté de s'amender, aydant 
Dieu. Après les admonitions, on l'a ren- 
voyée. » — « 12 oct. 1581 : Jeanne Mor- 
lot, femme du sieur Gabriel Pellisson, 
appelée pour estre reprise et réprimée 
des excessives façons de faire pleines de 
supperbetés et sans modestes termes, 
ayant faict certaines cornes en sa coef- 
fure pleines de vanité. De quoy luy 
ayant esté remonstré s'est mise a rire 
ens'escusant qu'elle nesçait les coustu- 
mes de Genève. Advis que bonnes cen- 
sures et remonstrances seront faictes a 
la dicte femme. » — « 21 juin 1612 : Sur 
ce que le vénér. Consistoire a fait re- 
montrer à messeigneurs qu'on voit un 
grand abus s'augmenter de jour en jour 
en ce que plusieurs femmes et filles par 
manifeste abus de la parole de Dieu et 
des louables édicts de cette cité se licen- 
cient à des vanitez nouvelles et deffen- 
dues comme les frisures de cheveux, 
passefilons, fausses chevelures, collets 
doubles, chaînes, bracelets et carquants 
d'or, cornettes de velours, charges de 
papillotes et jayets, et autres semblables 



excès en parures et accoutrements, a 
esté arresté qu'on mande aux dits sei- 
gneurs du Consistoire de faire appeler 
devant eux les dictes femmes et filles. » 
(Aug. Cramer, Reg. du Consist. de Ge- 
nève.) — Philippe de Mornay ayant dû se 
rendre en Languedoc vers la fin de l'an- 
née 1584 pour les affaires du roi de Na- 
varre, avait emmené sa famille avec lui 
et l'avait installée à Montauban. Quel 
ne fut pas leur étonnement, leur morti- 
fication, après un court séjour, d'appren- 
dre que M me de Mornay était amèrement 
censurée au sujet de sa coiffure par le 
ministre Michel Bérauld qui entraînait à 
sa suite les deux autres pasteurs de la 
ville, Beronis et Constant! La femme 
d'un des personnages les plus dévoués 
et les plus méritants du parti, cette 
femme si pieuse et si grave, alors âgée 
de 34 ans, était notée publiquement par 
ce grand zèle et menacée d'être exclue 
de la sainte Cène, elle, son mari, ses en- 
fants et toute sa maison, si elle ne sup- 
primait ses longues boucles de cheveux 
ajoutés et le fil d'archal qui les tenait. 
En vain protesta-t-elle qu'elle les avait 
toujours portés ainsi et qu'elle défiait 
qu'on lui montrât un article soit de l'E- 
criture soit des synodes généraux qui fût 
clairement contraire, elle fut obligée 
d'aller chercher la communion dans un 
village à trois lieues de la ville. Mais elle 
rédigea pour sa défense une protestation 
en forme qu'on trouve imprimée à la suite 
de ses Mémoires. 

3. La cousine germaine de Charlotte 
Arbaleste, Rachel, fille de Marie Arba- 
leste et de Jacques Cochefilet, seigneur 
de Vaucelas, épousa, en secondes noces, 
dans l'année 1592, Maximilien de Bê- 
thune, depuis duc de Sully. Pour con- 
tracter cette alliance, elle quitta la reli- 
gion romaine et embrassa la religion 
réformée dans laquelle elle mourut, avec 
de grands sentiments de piété, en 1659, 
à l'âge de 93 ans. Elle fut ensevelie clans 
le tombeau qu'elle avait fait élever à son 
époux, en 1642, par le sculpteur B. Bou- 
din. 

1. ARBALESTIER ou Arbalestrier, 
nom d'une ancienne famille du Dauphiné 
[Haag I, 1181. = Armes (d'Arbalostier 
de Montclar) : De gueules au chevron 
d'argent accosté de trois étoiles d'or et 



30; 



ARBALESTIER — ARBAUD 



306 



chargé de 5 pommes de pin de sinople 
la tige en bas. 

2. Jean Arbalestier , coseigneur de 
Beaufort, gouverneur de Montpezat et 
autres villes pour le parti protestant, 
épousa Louise d'Urre avec laquelle il fit 
un testament mutuel et réciproque ré- 
digé d'abord en 1567 (La Chesnaye-Des- 
bois) et qu'il aurait confirmé en 1609 
(Aubaïs. Pièces fug.). Son lils Isaac, sei- 
gneur de Beaufort, gentilhomme ser- 
vant le roi, épousa, le 22 février 1590, 
Esther San van, appelée par d'autres Es- 
ther de Sauvain de Chailar, qui le ren- 
dit père de trois fils : Charles, Paul, 
Jean, et d'au moins une fille, Esther, 
mariée vers 1630 avec Jacq. d'Heyraut. 
conseiller au parlement de Grenoble. 
L'aîné des fils , Charles , seieneur de 
Montclar [Vif, 495 b; VIII, 193 h], sui- 
vit la carrière des armes. Il commandait 
un régiment en 1635 et en 1638, fut 
major de l'arrière-ban du Dauphiné as- 
semblé en 16 Kl pour le siège de Turin, 
colonel des 4,000 légionnaires de cette 
province envoyés au même siéije. et, 
en récompense de ses services, créé 
maréchal de camp. Chorier (Hist. du 
Dauphiné) nous apprend, en outre, qu'à 
l'époque où il écrivait, c'est-à-dire, vers 
1670, Charles Arbalestier était un des 
commissaires députés par lettres paten- 
tes de 1661 et de 1666, pour l'exécution 
des édits de pacification dans le Lyon- 
nais, le Dauphiné et la Provence. Ses 
fils, Alexandre, seigneur de Beaufort, 
et Paul, seigneur de Gigors, ont eu, 
dit-il. des commissions dignes du nom 
de Montclar et de leur courage. Le pre- 
mier servit dans le résiment d'infante- 
rie de son père avec le grade de capi- 
taine, puis il passa, avec le même grade, 
dans le régiment de chevau- légers 
d'Harcourt, et il entra plus tard, comme 
lieutenant, dans la compagnie d'Auti- 
chant. En 1664, lorsque Louis XIV en- 
voya au secours de l'empereur Léopold 
un corps de six mille volontaires, Alexan- 
dre Arbalestier ne fut pas des derniers à 
solliciter l'honneur de suivre en Hon- 
grie les comtes de Colisny et de La 
Feuillade. Il commanda dans cette cam- 
pagne le régiment de Bissy en qualité 
de premier capitaine. De retour en 
France, il fut mis à la tète d'un rési- 



ment de cavalerie, par commission don- 
née devant Douai, le 8 juillet 1667. Son 
frère, Paul, qui commandait une compa- 
gnie dans le régiment de Sault depuis 
1665, en obtint, la même année, une 
de chevau -légers. Paul, né en 1641, 
épousa en 1075 Marie-Arme Hardy, 
fille de Thomas, et de Marie de Massa- 
nes ; à cette date il était major dans le 
régiment de Bellegarde (Regist. deCha- 
renton). Son frère et lui furent tués au 
service du roi et comme ils ne laissaient 
point d'enfants, leurs biens passèrent à 
de nombreux collatéraux. 

3. Ln Charles Arbalestier, sieur de 
Beaufort, fut reçu habitant de Genève 
16 octobre 1572. — Jean Arbalestier, 
sieur de Blagnac, épousa Catholique Ar- 
balestier de Beaufort et en eut, en 1596, 
un fils, Charles, présenté au baptême 
par Charles de Vesc, sieur de Comps, et 
par Esther de Sauvain lArehiv. Tt, 
259). 

4. Arbalestier, ancien de Beaufort, 
député au synode de Loudun, nov. 1659 
[X, 367]. — (Abel), « de Beaufort en 
Dauphiné, » drapier, réfugié avec sa 
femme et quatre ouvriers à Halle, 1698. 
— Alexandre), de Beaufort, sergier, sa 
femme, deux enfants et une parente, ré- 
fugiés à Magdebourg, 1698 [Voy. VIII, 
-y>7 b]. — Voy. tmuiBrmtm V.-208. 

5. Arbalestrier, du Dauphiné, v. 1700, 
gantier [IX, -268 b] et Erman V, 69. 

ARBAUD, Arbolt, Arbault; voyez 
aussi Hernault. 

1 . Arbami Daulps, capitaine huguenot 
assassiné à Brignolles, 1562 [X, 469]. — 
D Arbaut, autre capitaine, 1562 [IV. 
259 a]. — Catherine Arbaude (c'est-à- 
dire femme ou fille d'un Arbaud), mar- 
tyrisée àCabrières, 156-2 [X, 471\ Voy. 
encore, en 1572 X. 164]. — (George), 
né en 1570, conseiller et médecin ordi- 
naire du roi, marié vers 1615 avec Hélène 
Berger, et inhumé à Paris au cimetière 
des SS. Pères, 5 août 1647 (Bull. XIII, 
327; . — (Susanne), veuve de Le Blanc de 
Beaulieu, emprisonnée à Soissons, 1687, 
comme huguenote opiniâtre. 

•2. ARBAUD, prieur de Bonnieux, au 
Comtat Venaissin, se convertit aux idées 
luthériennes pendant les guerres de re- 
ligion. Il était parent du capitaine hu- 
guenot Ferrier qui commandait à Mi- 



307 



ARBAUD 



308 



nerbeset fut un de ceux que les réformés, 
maîtres de cette place, envoyèrentenl577 
auprès des troupes catholiques pour trai- 
ter des conditions de la reddition. — 
(Auguste), pasteur à Authon, puis à Pa- 
ris, 1640-1646 [VI, 310 a] et Bull. IV, 
325. 

3. ARBAUT (George), né'vers 1570, 
professeur au collège des arts de Nî- 
mes, puis ministre dans le "Vivarais 
[Haag I, 119; X, 327] et Bull. III, 45. 
Après avoir rempli plus de vingt ans 
les fonctions pastorales, il fut déposé 
par le synode provincial du Bas-Lan- 
guedoc comme coupable d'usure, de lar- 
cin et de diffamation. La sentence fut 
confirmée, en 1626, par le synode natio- 
nal de Castres qui déclara Arbaut indi- 
gne du saint ministère et exclu des sa- 
crements. Le condamné s'adressa vaine- 
ment au synode de Charenton, en 1031, 
pour le supplier de le rétablir dans ses 
fonctions ; mais il fut plus heureux au- 
près du synode d'Alençon qui, prenant 
en considération la sincérité de son re- 
pentir, coniirmée par une si longue 
épreuve, et ayant égard aux attestations 
favorables qui lui avaient été données 
par les députés du Bas-Languedoc, le 
rétablit dans l'office de pasteur après 
l'avoir exhorté à mener à l'avenir une 
vie plus régulière. 

4. ARBAUD (Jean n'), baron de Blau- 
zac(quelquef, Blossac), près Uzès [1,120; 
— [IX, 420 b], membre de l'acad. royale 
d'Arles , d'une ancienne famille pro- 
testante de Nîmes, abjura en 1684. Le 
Mercure, toujours soigneux d'enregistrer 
chaque apostasie, ajoute que d'Arbaud 
« par son abjuration s'attira l'estime des 
Etats du Languedoc qui lui en mar- 
quèrent une joie extrême; mais que dans 
ce bonheur il eut le chagrin de se voir 
abandonné par sa femme. » Affligée en 
effet au plus haut point du changement 
de religion de son mari, elle oublia, pour 
sauver la liberté de sa conscience, ses 
devoirs d'épouse, et elle le quitta en 
emmenant ses enfants , à l'exception 
de sa fille aînée qui consentit à rester 
auprès de son père, « sans qu'elle don- 
nât aucun sujet d'espérer — c'est le 
Mercure qui parle — qu'on put lui ren- 
dre suspectes les maximes de Calvin. » 
Ou y réussit pourtant. Sous prétexta 



d'un voyage d'affaires, le père la décida 
à aller passer quelques jours dans un 
couvent d'Arles, où « l'on gagna sur son 
esprit, qui était d'une étendue, d'une dé- 
licatesse et d'une force admirables , 
qu'elle entrerait dans des conversations 
aisées et sans contrainte avec quelque 
savant ecclésiastique qu'elle choisirait. » 
Le provincial des Carmes fut en consé- 
quence invité à la visiter, et le résultat 
des conversations aisées et sans con- 
trainte qu'il eut avec elle fut que quel- 
ques mois après, en 1685, elle abjura 
entre les mains de l'archevêque d'Arles 
qui, pour donner à cet acte toute la so- 
lennité possible, voulut oflicier lui-même. 
Pendant ce temps la mère s'acheminait 
vers l'étranger, emmenant avec elle ses 
autres enfants. On a conservé (Arc/i/c. 
Tt) une correspondance dans laquelle 
Jean d'Arbaud se plaint au secrétaire 
d'Etat des avanies que lui font subir ses 
anciens coreligionnaires de Nîmes et ré- 
clame l'arrestation de sa femme et de 
ses enfants en route pour la Suisse. 
(1 685). Cette dénonciation uempêcha pas 
les fugitifs d'arriver à Genève, mais dans 
un tel état de dénùment que la Bourse 
française dut leur accorder trois pis- 
toles. (Haag.) 

La baronne de Blauzac, Isabeau, fille 
du marquis de Fourque, arriva sur les 
terres de Berne au commencement de 
septemb. 1685. Nous allons donner l'his- 
toire de cette admirable mère contée par 
elle-même. C'est une lettre, datée de 
Berne le 10 septemb., où elle expose 
aux magistrats du canton de Zurich 
qu'elle ne désire pas rester à Berne et 
qu'elle a seulement besoin de secours 
jusqu'à l'arrivée d'argent qu'elle attend 
de France. Elle continue : «... La pre- 
mière source de mon malheur est le 
changement_de mon mari qui s'est laissé 
séduire au dernier estas tenus à Mont- 
pellier, où il a fait abjuration le 19 Xbre 
1684. Ce qu'aiant apris chés mon frère 
le marquis de Fourques, où j'étès pour 
lors, je partis incontinan pour aller join- 
dre mes dix enfans, que j'avès lessé 
dans notre terre à la campaigne, poul- 
ies guarantirdu malheur que je prévoies 
qui arriveroit de ce changement, fatal; 
et la première démarche que je lis t'eut 
d'anvoier deux de mes garsons les plus 



300 



ARBAUD 



310 



aines, âgés de dixhuit à vint ans à Ge- 
nève et deux de leurs sœurs, âgées de 
treize a quatorze ans, du costé du Dau- 
phiné où je les mis a couvert auprès de 
mes parans. Et pour les autres filles 
qui restent auprès de moi, l'aînée d'en- 
trelles, âgée de vint et un an, feut sol- 
licitée puissament au mesme change- 
ment par la promesse qu'on lui fit de lui 
donner une place chés madame la dau- 
phine et dix mille ecus en sortan; l'hau- 
tre, âgée de dix et neuf ans, par un ma- 
riage très avantageux et la troisième 
âgée de dix et sept ans par d'autres pro- 
messes aussi bien que des menasses. 
Il ne me restoit encorre que trois petits 
enfants qu'on m'avoit bien enlevés, 
mais que mon mari me fit randre, me 
voian en estât de labandoner, de tout 
entreprandre et acablée de douleur. Je 
ne perdis pas pour tout cela ma crainte 
puisqu'an me rendan mes enfans, on mit 
en mesme temps un prêtre dans ma 
maison pour les instruire et pour estre 
leur garde et pour faire en mesme tamps 
auprès de moi tout ce qui dépandroit 
de lui pour me perdre, n'aiant espar- 
gnié pour cela ny promesses ny menas- 
ses, estant mesmes veneu a toutes sor- 
tes d'amportemens horibles pandant six 
ou sept mois que j'ai resté auprès de 
M» d'Arbaud mon mari, qui de son costé 
fit aussi tout son possible pour m'inti- 
raider, affin de minspirer les mesmes 
sentimans quil avet pour la conserva- 
tion et agrandissement de sa maison, ne 
se contantan pas de ce que Dieu lui avet 
doné de naissance et de biens. Comme 
je vis donc qu'il n'i avoit point de fin a 
toutes ces violentes persécutions que le 
danger de perdre mes enfans, et de nous 
voir sans exsersice et dans le dernier 
malheur, je me vis enfin contrainte de 
prandre la résolution de me retirer et de 
faire mon possible pour sauver mes pau- 
vres enfans, quoique je feusse pour 
ainsi dire dans l'impuissance d'exécuter 
et de me pourvoir mêmes des choses 
nécessaires pourfaire mon voyage, aiant 
emploie une partie de ce que je pouvès 
avoir au voiage et entretien de mes en- 
fans à Genève ; mais enfin m'estanî, 
abandonnée a la providance de mon 
Dieu et résignée à tout ce qui lui plé- 
soit de m'envoier 'mon mari m'aiant 



osté tous les moiens de retirer quelque 
chose, dans la crainte qu'il avét de ma 
restraite) fortifiée par la grûce de Dieu 
et par la nouvelle que je venois de re- 
cevoir que mon mari avec le procureur 
du roi venét de m'eniever deux de mes 
tilles, l'aînée et la troisième qui estoit 
pour lors a la campaigne, pour les mes- 
tre dans le couvent et pour se saisir du 
reste de mes enfans que j'avès au près 
de moi et pour arrêter ma personne 
mesmes. Je me résoleux sans ésiter da- 
vantage avec ce que je peux avoir, 
n'aiant pas mesmes voulu demander 
aucun secours a persone qui ait peu ai- 
der mon dessein de crainte de leur faire 
des affaires, me servan de l'occasion de 
la foire de Baucaire * où toute notre pe- 
tite ville de Nismes est en foulle et où 
par boneur étoit aussi allé nostre prêtre, 
spécieux hennemi de nostre repos, m'i 
aiant fait tréner avec mes enfans dans 
un pitoyable équipage et déguisée pour 
n'estre pas reeogneue. Mais ce qu'il y a 
de surprenan et qui marque merveil- 
leusement la providance de Dieu seur 
ses enfans, feut d'avoir rencontré mon 
mari en chemin dans son carosse, à la 
v.'ue de Beaueaire, qui acompaigné de 
M. le procureur du roi, menoit mes deux 
pauvres filles captives que je recogneut 
d'aboretauxquelles,aprèsun triste : 
et plusieurs larmes répandues dune mère 
tout affligée, je ne peux donner autre 
secours que celui de mes prières et de 
ma bénédiction, n'aiant osé me doncr à 
cognoistre, de peur de perdre encor les 
hautres. Dieu sait avec quelle amerthume 
de cœur je poursuivis mon cliemin me 
voiant dans l'obligation d'abandoner 
un mari, peut estre pour jamais, que 
j'aimès extrêmement avant sa cheute et 
deux de mes filles exposées a toutes les 
plus violentes* et a estre misses le jour 
mesmes dans le couvent. Mais enfin 
voiant que je n'avès pas du tamps a per- 
dre, estant assurée que l'on me pour- 
suivroit dans ma fuite, je pris au plus 
vis te le chemin le moins dangereux qui 
étoit celui de Marseille, où j'ai rancontré 
mes deux filles que j'avès auparavant 
envoie du costé du Dauphiné pour les 
mestre a couvert et qui avèt ordre de 

1 Du 22 au 25 juillet. 
'- L'D mot omis. 



311 



ARBAUT — ARBOUET 



312 



s'y randre. Et de là j'alai jusques Nisse, 
jusque a Turein et de Turein a Genève 
ou j'arrivai avec mes six enfans par la 
grâce de Dieu après avoir este un mois 
en chemin, souffert une grande fatigue 
et consumé ce que je pouvès avoir sur 
moi. La j'eux la joie de voir mon fils 
aine, l'autre estant parti depuis deux ou 
trois mois avec M. le baron de Frisse, le 
beaufîls de M. le compte de Dona pour 
avoir de l'amploi; et comme l'on na pas 
jugé a propos que je restasse a Genève 
je continuai ma route jusques à Gnions 
(Nyon) ou chacun feut touché de conpa- 
tion a la veue de ma famille, ce qui m'o- 
bliga de me prévaloir de l'offre honeste 
que me faisoit des dames charitables de 
ressevoir deux de mes filles, en attendan 
que la providance divine y ait pourveue 
et de laisser deux petits en pension; après 
quoi j'ai pris les deux autres abeilles 
avec moi dont l'ainée est partie pour 
aller joindre M mc la contesse de Dona et 
l'autre est restée auprès de moi. Voici, 
mes seigneurs, le ressit que Vos Excel- 
lences mont commandés de faire. Estant 
aussis généreuses et charitables qu'elles 
sont j'osse me promestre de leur bonté 
qu'elles ne refuseront point la protection 
a une femme qui abandonnan tout par 
son Dieu et qui étant dépourvue de tout 
secours humain du costé de la patrie dans 
Testât présent des choses, se jette avec 
toute la soumission due entre leurs bras 
pour y trouver un port tranquille après 
tant d'orages essuies, les suplian de vou- 
loir servir de père à mes pauvres enfans 
et d'avoir de la compassion de leur mère 
affligée. » « Darbaud de Fourque. » 

Copié par M. Moebikofer aux archives d'Etat de Zurich 

5. C'est certainement aussi un proche 
parent du précédent que les listes du re- 
fuge en Prusse désignent en ces ter- 
mes : « Pierre d'Arbaut, baron, seigneur 
de Blausac en Languedoc, né au dit 
Blausac le 5 octobre 1656, colonel d'un 
bataillon au service du roi ,de Prusse, 
mort à Magdebourg. » (Erman IX, 8.) 
De même Tristan d'Arbaud cité par Haag 
[IX, 420 b] ; et Jean d'Arbaud, nouveau 
converti de Nîmes, qui reçoit l'ordre, 
1701, de .continuer la pension de son 
lils, qu'il accuse de trafiquer de religion 
(Arch. Tt). = Armes (d'Arbaud de Blau- 
zac) : D'or au griffon de sable, la patte 



dextre et la jambe senestre de gueules. 

ARBEL1N (Daniel), de Lunel, assisté 
à Genève, 1685. 

ARBELOT (Jean), de Bourg en Bres- 
se, assistée Genève pour gagner le Bran- 
debourg, 1706. 

♦ARBER (Suzanne, fille de feu Pierre), 
de Pont en Royans, assistée à Genève, 
1698. — (la femme de Moïse), de Senne 
en Dauphiné, chargée de deux enfants 
et enceinte de sept mois, réfugiée et as- 
sistée à Genève, 1690. 

ARBERT (Jehan), « de Luyberein au 
pais de lorraine, » reçu habitant de Ge- 
nève, 9 mai 1559. — (Paul) et son fils, 
de Montélimart, assistés en passant à 
Genève, 1685. — (la veuve de Jean), 
du Haut-Dauphiné et allant à Basle, id. 
1707. 

ARBERAZ; Languedoc, 1573 [VIII, 
342 b]. 

ARBISSAN, capitaine, 1622 [Vil, 
150 a]. 

ARBISSEAU, de Nérac, chirurgien, 
réfugié à Wesel, 1700. 

ARBLADE (d'), capitaine protestant, 
gouverneur d'Eauze (Gers). Bordenave 
(p. 292) rapporte qu'en 1569 il arriva à 
Grenade-sur-1'Adour, pour y rejoindre 
le baron de Montamat, « ayant quitté la 
ville [d'Eauze] sans rien dire et avec telle 
haste qu'il n'eust loisir de la desmante- 
ler, comme Montamat luy avoit expres- 
sément mandé. » Il ne faut pas le con- 
fondre avec un autre d'Arblade, capitaine 
catholique de l'armée de Montluc, men- 
tionné également par Bordenave (p. 264) 
en 1569. 

ARBOUET (le seigneur d'), capitaine 
protestant, commandant du château de 
Sauveterre en Béarn « avec quelques 
soldats qui, estans sommez [par le capi- 
taine catholique Valentin de Domezain 
et six ou sept cens hommes], sans autre 
résistance, remirent la ville et chasteau. 
aux conditions qu'elle ne seroit aucune- 
ment pillée, ny ceux de la religion réfor- 
mée forcez en leur conscience. Les sol- 
dats sortirentavec lesespées seulement, 
et les capitaines avec leurs armes et lia- 
gage, qui se retirèrent en leurs maisons 
au lieu de se retirera Navarrenx, comme 
firent plusieurs autres qui sortirent avec 
eux. Cependant les Basques ne tindrent 
rieu de ce qu'ils avoient promis, mais 



313 



ARBOUET 



ARBUSSI 



3U 



incontinant qu'ils furent dedans, sacca- 
gèrent tous ceux de la religion réformée, 
et ayans restituée la messe, contraigni- 
rent plusieurs d'y aller. » 1569. (Borde- 
nave, p. 213, 214.) 

ARBOUIX François), procureur fis- 
cal à Pons en Saintonge, 1678 [VIII, 
332 a]. — Il était déjà procureur fiscal 
de Pons au mois de septemb. 1667 et 
portait auparavant le titre de Moniteur 
d'office de la ville. En 1682, il fut chargé 
par les protestants de Pons de soutenir 
au conseil d'Etat leurs droits à l'exercice 
de leur culte. Bavait épousé Marguerite 
Chabinaud. dont il eut plusieurs enfants 
(Reg. de Pons . — En 1653, un Arbouyn, 
père ou oncle du précédent, était « no- 
taire royal héréditaire en Saintonge. » 

Arbocsse, voyez Pelet. 

ARBOUT. procureur du roi au Vinan. 
1561 {Bull. XVII. 482). — Arboux, an- 
cien au Vigan. 1675 [VIII, 464 h]. 

ARBRES (Florimon d'), cordonnier, 
natif d'Aulbenas en Vivarais, reçu habi- 
tant de Genève. 17 avril 1559. 

ARBRET 'André), du Poitou, galé- 
rien, 1687 [X. 410J. 

ARBUXOT, ou Harbunot. ou Herbi- 
not, 1661 [VII, 413 b, note]. — Jacob 
Arbunot, peintre et sculpteur, épouse à 
Charenton (vers 1675] Catherine de La 
Bourde dont il a : Daniel, 1677; Phi 
lippe, 1678; Anne, 1681. — (Jacques) 
naturalisé Anglais, 8 mai 1697(AgnewI, 
53). — On trouve aussi Arbinot (Anne), 
veuve des Moulins [à Xantes), convertie 
lors de la Révocation et recevant, à ce 
titre, « les aumônes du Roi. » • 

ARBUS (Gèralde) , emprisonnée, 
X. 405]. 

ARBL'S (Pierre d), ou d'Arbusio, 
avocat au conseil souverain de Béarn, 
1569, signalé par les uns comme hugue- 
not [I, 133 a], par les autres comme ca- 
tholique (Bordenave, p. 25 1 ■ 

1. ARBUSSV ou Arbussi (Pierr: 
à Montauban, 16 oct. 1581, appartenait à 
une famille importante de cette ville "V, 
202 b]. Un quartier de banlieue du côté 
de Tescon porte encore le nom d' Arbussi, 
et atteste que cette famille y avait de 
grands biens; elle avait en même temps, 
dès l'origine de la Réforme, déployé un 
zèle ardent pour la liberté de conscience. 
Le 8 avril 1612, Pierre avait épousé Su- 



sanne (née à Montauban, déc. 1592), 
fille de Théophile Bêrauld qui lui-même 
était le fils aîné du célèbre Michel Bê- 
rauld. De ce mariage naquirent plusieurs 
enfants, dont deux, Théophile et Joseph, 
ont acquis quelque notoriété. 

2. Théophile, né à Montauban le 
8 juill. 1614 [HaagI, 121 a; —VI, 56 b; 
VII, 294 a; 297 b], étudia la théologie à 
l'acad. de sa ville natale, et fut admis au 
ministère, oct. 1637, par le synode de 
Castres, qui lui assigna l'église de So- 
rèze : il y était encore en 1644 , et à 
Milhau vers 1656. Il fut député (1659) 
au synode national de Loudun, où il 
prononça, sur Gen. XLIX, 10, un sermon 
qui a été imprimé (Saumur, 1660, in-8°). 
En 1663, la ville de Milhau fut le théâ- 
tre d'une émeute où il se trouva com- 
promis. Les capucins qui y avaient une 
mission, ayant voulu, par excès de zèle, 
s'opposer à un enterrement, qui ne se 
faisait pas à l'heure fixée par l'arrêt 
du 13 nov. 1662, il en résulta un tu- 
multe où quelques-uns d'entre eux fu- 
rent maltraités. Trente-sept personnes 
furent arrêtées ; deux pendues , deux 
condamnées à l'amende honorable, deux 
autres au bannissement pour cinq ans 
de la généralité de Montauban, et le 
ministre, frappé de la même peine. Les 
autres accusés qui avaient pris la fuite, 
en furent quittes pour être pendus et 
brûlés en effigie ou condamnés aux ga- 
lères, sauf quelques femmes qui subi- 
rent en réalité la peine du fouet. L - 
glise de Milhau dut aussi payer une 
amende de 14,000 livres et les dépens. 
Enfin les protestants furent exclus à 
perpétuité de toute charge munici- 
pale. 

L'année suivante, Théophile Arbussi 
fut nommé pasteur à Revel, et en 1670, 
après avoir été pasteur à Anduze, il 
obtint la permission d'établir de nou- 
veau sa résidence à Milhau (Arch. Tt, 
340). En 1673, il fut désigné par le sy- 
node du Haut-Languedoc pour professer 
la théologie à l'acad. de Puylaurens en 
remplacement de Jean Gommare. On a 
(Biblioth. de la fac. de Montaub.) la 
thèse inaugurale qu'il soutint à cette oc- 
casion, intitulée : Thèses theelogicx de 
libero arbitrio, quas ex prœœpto synodi 
provincialis superioris Occitanioe et Aqui- 



318 



ATIBUSSI 



m 



taniaj composuit et publiée agitatidas 
proponit Thcophilus Arbussius, sacro- 
sanctœ theologise professor désignants ; 
Podiolauri, 1(374, in 4°, 39 pag. —Théo- 
phile Arbussi épousa, 15 septemb. 1644, 
Claudine de Bataille (fille à'Eléazar, 
procureur à la chambre de l'édit), qui 
resta en France, à Montauban, après la 
Révocation (Tt, 253) et vivait encore en 
1690. Elle lui avait donné quatre en- 
fants : 1° Théophile (ci-après n° 4); 
2° Antoine (ci-après n° 5); 3° Margue- 
iute, mariée à N. Sales, bourgeois de 
Revel ; 4° Suzanne, mariée à Jean Ca- 
zalet, avocat à Milhau. Il mourut en 1681 . 
Bayle (voy. Œuvres diverses, t. I ; lett. 
à sa famille) faisait grand cas de Théo- 
phile Arbussi. 

3. Joseph Arbussi [Haag I, 120; — 
VI, 142 b; VII, 177 a; VIII, 189 a; 
IX, 6 b; 203 b], frère du précédent, na- 
quità Montauban le 17 avril 1624. Admis 
au ministère en 1645, il fut immédiate- 
ment nommé pasteur à Sorèze. L'année 
suivante il fut appelé à Montauban, non 
toutefois sans une vive opposition, quoi- 
qu'il se vante lui-même d'y avoir été 
« demandé par la voix générale, sans au- 
cun dissentiment de suffrages, dans une 
assemblée de près de deux mille habi- 
tants. » {Lettre de Joseph Arbussy, à 
tous. les fidèles des églises réformées de 
France; Montauban, Pierre Bertié , 
1657, in-4°). Il paraît qu'un grand nom- 
bre de protestants de cette ville dési* 
raient ([\i André Martel succédât à Pier- 
re Ollier qui venait de mourir et qu'il 
s'agissait de remplacer. Pour les satis- 
faire, on partagea cette place de pasteur, 
et on en donna la moitié à chacun des 
deux concurrents. Une lettre de cette 
époque, imprimée sans nom d'auteur, 
mais qu'il y a tout lieu de regarder 
comme l'œuvre de Jacques Coras, donne 
sur la nomination de Joseph Arbussi le 
curieux détail que Paul Charles, pasteur 
et professeur de théologie à l'académie, 
vit cette nomination avec un profond 
regret, et dit : « C'est un jeune serpent 
que l'église de Montauban met dans 
son sein et qui, un jour lui déchirera les 
entrailles. » (Response à un libelle inti- 
tulé : Lettre de Joseph Arbussy,,.. 
15 avril 1658.) 

Les mêmes influences le firent nom- 



mer en 1653 à la chaire d'hébreu laissée 
vacante par la mort de Timothée De- 
lon; et bientôt après, on ajouta à ses 
fonctions de pasteur et de professeur 
celles de principal du collège. On n'avait 
pas encore vu des charges aussi impor- 
tantes confiées à un homme aussi jeune 
et qui ne se recommandait ni par ses ta- 
lents ni par son caractère. L'orage ne 
tarda pas à éclater sur sa tète. 

Bien différent de son grand-oncle et de 
son bisaïeul, Pierre et Michel Bérauld, Jo- 
seph Arbussi n'était pas un de ces sévè- 
res protestants qui condamnaient sans 
ménagements toutes les concessions fai- 
tes à l'esprit du siècle et qui tonnaient 
contre les mœurs relâchées de leur temps. 
Placé trop jeune encore à la tête d'une 
église considérable et difficile, il manqua 
de la réserve nécessaire à ses fonctions. 
A son retour dans sa ville natale, il eut 
la faiblesse de renouer des relations in- 
times avec ses anciens camarades d'é- 
tude, de vivre familièrement avec eux, 
etde partager leurs amusements et leurs 
plaisirs. On ne le vit pas sans étonne- 
ment aller à la chasse, assister à des 
banquets, afficher un luxe extraordi- 
naire pour la gravité de sa profession, 
dans ses habits et dans son ameuble- 
ment. Les hommes graves se scandali- 
saient de sa prédication dans laquelle il 
affectait d'employer le style des romans 
du temps. Cette manière de prêcher le 
fit nommer « le Grand Cyrus. » (Res- 
ponse au libelle, p. 12, etc.) 

Mille bruits fâcheux circulaient sur 
son compte ; une grande partie de l'é- 
glise se décida à demander sa révocation. 
Cette affaire fut successivement portée 
devant trois synodes de la province du 
Haut-Languedoc et Haute-Guyenne, de- 
vant deux autres de la province du Bas- 
Languedoc qu'on avait pris pour arbitre 
et enfin en 1659 devant le synode natio- 
nal tenu à Loudun. Après une longue 
enquête, cette dernière assemblée lui in- 
terdit d'exercer désormais son ministère 
à Montauban et dans le Haut-Langue- 
doc ; mais sans doute par considération 
pour la mémoire de Bérauld, elle ajouta 
« que la cessation des fonctions de son 
ministère serait sans tache de déposi- 
tion. » (Aymon, Syn. nat. 11, 754). 

A la lin de 1661, on trouve Joseph 



317 



ARB1 



318 



Arbussi pasteur à Bergerac. Colomiès 
(Gallia nrientalis, p. 228] lui rend le té- 
moignage de s'y être acquitté convena- 
blement de ses fonctions. Ce fut pendant 
qu'il exerçait le- ministère évangélique 
dans cette ville qu'il publia un Sermon 
pour l'ouverture du synode des églises 
réforméesjle la Basse-Guienne : B _ - 
rae, 1663, in-8° (Bibliot. de Bordeaux, 
n° 8073). 

En 1664, le consistoire de Nîmes l'in- 
vita à venir prêcher, par provision, dans 
cette église, jusqu'au prochain synode 
du Bas-Languedoc. Son incorrigible lé- 
gèreté ne tarda pas â lui aliéner plu- 
sieurs familles protestantes de cette 
ville. Après des débats affligeants qui 
durèrent plus dune année voy. I 
de l'égl. de Ximes, par A. Borrei 
seph Arbussi fut obligé de se retirer, 
malgré les attestations honorables que 
lui accorda le synode du Bas-Languedoc 
réuni à U/,ès en mars 1606 {Archiv. du 
consist. de Ximes). 

Soit par ressentiment des nombreux 
échecs qu'avait essayés sa vanité, soit 
peut-être aussi par quelque vague es- 
poir de s'ouvrir une carrière plus heu- 
reuse et plus brillante, il abjura bientôt 
après le protestantisme. Le clergé catho- 
lique l'en récompensa par une pension 
de huit cents livres. A Paris où il se 
rendit alors 1 , sans doute pour solliciter 
quelque emploi, il s'associa au projet de 
réunion des protestants et des catho- 
liques, qu'avait repris le maréchal de 
Turenne, et prit part à cette œuvre par 
la publication d'un ouvrage intitulé : 
Déclaration de Joseph Arbussi conte- 
nant les moyens de réunir les protes- 
tants dans l'Eglise catholique ; Paris, 
Den. Thierry, 1670, in-8. 

En 1077), Arbussi retourna à Mon tau- 
ban. Cet arrière-petit-fils de Michel Bé- 
rauld était alors clerc- tonsuré*. Le 13 
août 1689, il fut nommé avocat général 
à la cour des aides de Montauban. 11 
remplit ces fonctions jusqu'à sa mort 
qui arriva le 5 avril 1694. 11 fut enterré 



troubles religieux suscités à Montanban par 
Joseph trbussi donnèrent naissance à de nonibrcu-c* 
brochures, dont la bibiioth. de la ville conserve un re- 
cueil sons le n 

'■ Protocole de Jacques Rigand, notaire de Montauban, 
1673; (o!. W6 à iTO. 



le lendemain par le chapitre cathédral 
dans l'église des Pères Cordeliers. 

Il avait épousé en premières noces 
une demoiselle Bardon, et en secondes, 
le v'7 mai 1666, Madeleine Richaud, qui 
mourut quatre ans après. Les enfants 
qu'il eut de ces deux mariages mou- 
rurent tous en bas à'-re. 

t. Théophile Arbussi, fils de Théo- 
phile, professeur de théologie à Puylau- 
rens, et de Claudine de Bataille, naquit 
à Milhau dans le Bouergue vers 
Après avoir fait ses études de philoso- 
phie et de théologie à l'académie de 
Puylaurens. il alla passer un an à l'a- 
cadémie de Genève, où il fut immatri- 
culé le -20 mai 1678 Liv. du recteur, 
p. 17n . Reçu au ministère évangélique au 
commencement de 1080 l , il fut placé 
comme ministre à Calmon où il avait été 
appelé dès 107 >i et à la tin de 

1681 à Puylaurens*. ('/est probablement 
lui que Mp* D N Lettres hist. et 

galantes. 1790, XI. néon- 

tra d'abord à ilerne, puis en Hollande 
la Révocation; et c'est aussi lui 
sans doute, non son frère Antoine, qui 
était à Rotterdam en 1088 avec le doc- 
teur Burnet son ami. Tbéophile devint 
■ pastew des noble.- ■ à La Haye et 
mourut dans cette ville. Cerf encore 
lui. et non son frère Antoine, tp. 
l'auteur d'un ouvrage dirigé contre l'a- 
pin et intitulé : Im juste 
idée de la grâce immédiate ou Réponse 
à la critique de la doctrine de M. Jurieu 
sur les habitui! (et la grâce im- 

médiate; La Haye, Ellinkhuy; 
in-12. Voy. sur cette polémique : Bayle, 
Œuvres diverse*, IV, 038. — [VIII. 
118 b]. 

\rbussi, frère du précé- 
dent. On sait très-peu de lui. Réfugié 
en Hollande, à la Révocation, il fut 
pasteur à I 703, à Ut redit 

en 1707. et en 1713 à Amsterdam, où 



1 0« au synode de Kéalmont. en 1<P9, selon les notes 
piss. de MM. i! 

J Théophile, à la mort de s >n père, fut appelé à le 
remplacer dans sa chaire, et il occupa cet emploi jus- 
qu'à la Révocation, a^rès laquelle il se réfugia en Hol- 
lande.— Antoine a\ait épousé N <I< Laegcr d'Mgwu, 

de Puylaunn-. qui avait deux frères réfugiés en Angle- 
terre, l'un nommé de Lacga- de la Rcti'jné, l'autre de 
iMger Duroc; ce dernier, officier dans l'armée an- 
glaise, fut tue, juin 1712, en faisant omrir une tran- 
chée devant Le Quesuoy. (Pi . 



319 



ARBUSSI — ARCHER 



320 



il enseignait la théologie en 1718. (Ni- 
colas.) 

ARCAJON (Daniel), notaire à Au- 
benas, 1626 [I, 14 b; X, 314]. 

ARCAMBAL, à Issoudun, 1562 [I, 
137 b]. 

ARGES (Claude d'), «natif de Ro- 
mont en Dauphiné» (Romans?), reçu 
habitant de Genève, 23 oct. 1559. — 
(Jean d), v. 1580, mari de Clauda de 
Beranger, damoiselle dauphinoise [II, 
181b]. 

1. ARCHAMBAUT, martyr à Paris, 
1557 (Bull. II, 381). — Guillaume Ar- 
chambault, de Bourgneuf, épouse Isa- 
beau Marr eau ;Loudun, 1566 (VII, 283 b, 
note]. — (Catherine); Loudun, 1566 
[IX, 115 b].— (René), àLoudun, 1634.— 
Archambauld, pasteur de Bazas et S.- 
Julien, v. 1567 (Bull. IX, 295, 296). 
— Jean Archambaut, de Sedan, réfugié ; 
sa fille enfermée à la Propagation de 
la foi, 1686. — Etienne Archambaud et 
sa femme Elisab. Tadoureau, réfugiés 
deMarenneenSaintongo,1687. — (Jean), 
fugitif de La Rochelle , emprisonné à 
Dieppe, 1692. — Suzanne Archembaut, 
avec deux enfants , assistée à Londres, 
1 702. — Marie, femme de Jean Archam- 
baut, deS.-Jean-d'Angle (Gers ou Ghar.- 
Inf.), avec deux enfants , id. 1705. — 
Marthe et Marie Archambaut, avec un 
enfant, id. 1721. 

2. ARGHIMBAULT; Lyon, 1562 [Vil, 
454 a]. — Autre, proscrit à Lyon en 
1568 (ci-dessus col. 276).— (le capitaine), 
délégué des églises de Provence, 1573 
(Bull. X, 353). 

3. ARCHIMBAUD (Etienne), de Mon- 
télimart [V, 123 b], reçu en 1608 bour- 
geois de Genève où il avait été admis 
à l'habitation avec son frère Jean, le 
22 septemb. 1572. Un de ses fils, Jean, 
né en 1612, ingénieur mécanicien, offrit 
au conseil de Genève, en 1658, de faire 
monter l'eau du Rhône dans le haut 
de la ville. Sa proposition ne fut pas 
agréée et Genève n'eut que 50 ans plus 
tard une machine hydraulique. 

4. ARCHIMBAUD (Théodore), petit- 
fils de Jean, né à Genève en 1696, attiré 
par Benoît de Pontverre, curé de Gonfi- 
gnon S fut converti par lui au catholi- 

i Le môme qui séduisit aussi J.-J. Rousseau (Confess. 
l'art. I, liv. 2). 



cisme à l'âge de treize ans. Ses parents 
le réclamèrent en vain. Envoyé à Rome 
au collège de la Propagation de la foi, il 
obtint plus tard une cure dans le canton 
de Fribourg, puis à Thonon. 11 a publié : 
Réfutation d'un libelle intitulé : Can- 
tique sur les principales erreurs de 
la religion romaine, par B. Pictet. 
Avec un Abrégé historique des pro- 
grès que ses prédécesseurs firent dans 
Genève en 1532 jusques en 1535. Et une 
Description curieuse de la sortie des reli- 
gieuses de Sainte-Glaire, réfugiées à An- 
neci. [Le tout en vers.] Frybourg, Inn. 
Th. Hault, 1720, in-12 de 10 et 166 p. 

Sa parente, Madelaine-Olympe, née 
en 1702, suivit son exemple et se retira 
au monastère de Ste-Elisabeth, à Lyon. 
Elle est l'auteur de : Exposition de la 
doctrine de l'Eglise catholique sur les 
matières de controverse en forme de 
cantiques sur différens airs anciens et 
nouveaux. Par une Genevoise Nouvelle- 
Convertie. [En vers.] Frybourg, Inn, 
Th. Hault, 1719, in-12° de 30, 88, et 
8 p. — Philippe, autre descendant de 
Jean Archimbaud, né en 1702, fut pas- 
teur à Dardagny, 1733; à Chêne, 1736; 
à Genève, 1746. Déchargé en 1772, il 
mourut en 1775. 

5. ARGHIMBAUD(J.), du Dauphiné, 
galérien, 1689 [X, 412]. — (André), 
galérien, mort en 1701 [X, 420]. — (la 
veuve de Matthieu), du Vivarais, avec 
trois enfants, reçoit à Genève un secours 
pour se rendre en Irlande, 1693. — 
(Pierre), d'Annonay, Lecteur (chantre?) 
réfugié à Berlin, 1700. — (Antoine), fils 
de Jean, de Montmort en Dauphiné, 
cardeur de laine, reçu habit, de Genève, 
1713. — (Pierre), fils de Jean, du même 
lieu, id. 1726. 

1. ARCHER ou L'ARCHER (Jean), 
théologien né à Bordeaux vers 1516, se 
nommait lui-même en latin : Joannes 
Arquerius, Archerius, Sagittarius. 11 se 
rendit en Suisse et y exerça l'office de 
pasteur, d'abord à la Neuveville (dépen- 
dant alors de l'évêque de Bâle), où il 
était déjà en mai 1543 (v. une lettre à 
Farel du 27 mai), puis à Cortaillod, dans 
le comté de Neufchàtel, de 1552 ou 53 à 
1563. — C'était un très-docte person- 
nage qui se fit connaître en 1553 par la 
publication d'un ouvrage intitulé « les 



321 



ARCHER 



322 



Canons de tous les Conciles. » Mais cet 
ouvrage lui attira la censure de ses col- 
lègues qui en exigèrent une sorte de 
rétractation, et Viret écrivit même con- 
tre lui une critique et une réfutation sé- 
vères. 

Il était lié par une étroite amitié à 
Séb. Castalion, avec lequel il entrete- 
nait une correspondance assez suivie. 
Ces relations avec Castalion lui attirè- 
rent la défiance de Th. de Bèze, qui 
chercha à diverses reprises à le rendre 
suspect à Farel et à ses collègues. Le 
16 mars 1556, de Bèze écrivit à Farel au 
sujet de sa rétractation : « De Archerio 
vobis non prius gratulabor quam re ipsa 
ostenderit se nihil simulare et suo Cas- 
tellioni diserte renunciarit. ■ (W. Baum, 
Theodorus Beza, t. I, p. 457). £t dans 
une lettre du 2 août 1557, il lui disait : 
«Optimum fuerilin vestro conventu vel 
seorsim quaerereex Archerio vestro quis 
sit aureolus ille libellus Antwerpiae im- 
pressus de quo nuper ad suum quemdam 
amicum in bac urbe scripsit.Ila fortassis 
sese prodet hypocrita. » Et il ajoutait en 
post-scriptum : « "Vide quomodo agas 
cum Archerio. Nam hue scripsisse cer- 
tain est. Sed unum duntaxat testem ha- 
bemus qui fiteras vidit et legit in ejus 
manibus ad quem scriptae sunt. 1s vero 
plane est illi similis aut etiam deterior. » 
(T. Beza, 1. 1, p. 470). 

Que se passa-t-il au commencement 
de 1563?... Je l'ignore, ou du moins je 
ne puis le dire avec certitude. Ce que 
nous connaissons de sa correspondance, 
nous dispose à l'envisager comme un 
homme d'une piété sérieuse, fidèle dans 
la foi et animé d'une charité active. Dans 
presque toutes ses lettres à son ami Cas- 
talion, il lui recommande avec amour 
quelque jeune homme auquel il s'inté- 
resse, ou quelque frère auquel il lui de- 
mande de procurer un emploi. « Notre 
bien aimé Guillaume Aubert 1 , lui écrit- 
il le 5 novembre 155S, estant arrivé chez 
son père dedans huit ou neuf jours 
tomba en un tlux de sang, si très-aspre 
et violent que dedans trois semaines il 
lui causa la mort. Laquelle chose m'a 
été fort moleste, car c'estoit un g jeune 
homme duquel j'attendois beaucoup 

* Jeune homme de Cortaillod, étudiant à Bêle dès 
4555. 



de bien. Or une chose m'a fort pieu 
en lui, que durant sa maladie il a esté 
de fort bon propos, en sorte que tous 
ceux qui l'oyoient en estoient joyeux. 
Brief, il est mort en grande foy en Jé- 
sus-Christ et a esté fort regretté de son 
père et de sa mère et de plusieurs aul- 
tres. Or son dict père m'a donné charge 
de vous escrire et prier que lui mandiez 
a la bonne foy comme il s'enfie à vous, 
ce qu'il vous doibt et il le vous envoyera 
au plus tost. Pour tant n'ayez peur de 
rien perdre. Le présent porteur, homme 
de bien, vous dira toutes nouvelles et 
principalement que de Bèze a prins 
congé de Messieurs de Berne et qu'on 
bruit de vous pour lui devoir succéder. 
Certes si les dits seigneurs vous deman- 
doyent, je vous conseillerois de ne le 
refuser pas, moyennant qu'ilz vous pro- 
missent de vous faire laisser en paix à 
ceux que vous sçavez. Aultrement ne 
vous sçaurois conseiller de l'accepter 
car vous seriez en une continuelle 
guerre... Saluez en mon nom M. le mé- 
decin 1 , vosfre femme et toute vostre fa- 
mille. Dieu soit tousiours avec vous et 
les vostres qui vous préserve de voz 
enemys. » 

Il s'agissait de la place de professeur 
ou recteur au collège de Lausanne que 
Th. de Bèze avait quittée'et où Castalion 
aurait pu lui succéder s'il n'en avait été 
détourné par ses amis comme Arque- 
rius et pour le même motif. 

«Il y a un enfant, lui écrit-il le 5 oc- 
tobre 1562, fils de mon proche voisin 
ministre (appelé Esaïe Besson) qui a esté 
receu à l'aumosne d'Erasme, et qui est 
allé ces jours passés, et pourtant qu'il 
n'est pas retourné si tost qu'il esperoit, 
à cause de la maladie de son père. Je 
vous prie si on faisoit quelque difficulté 
de le restituer en son estât, de vous em- 
ployer à ce qu'il y soit remis. — Item 
vous prie si vous enseignez aultres pri- 
vément en Grec, que permettiez qu'il 
soit de vos auditeurs... s'il a besoin de 
quelque chose, aidez luy et le vous feray 
restituer. » 

Et cependant le registre de la classe 
des pasteurs de Neuchàtel porte ce qui 
suit, à la date du 6 mai 1563 : « Sur le 

1 « M. le médecin, » salué dans toutes les lettres d'Ar- 
querius, est Jean Bauhin, avec qui il était très-lié. 

I. Il 



323 



ARCHER 



324 



congé qu'a demandé Jehan Archérius 
pour aller ministre à Hericourt, luy a 
esté respondu par l'advis de tous les 
frères que sa procédure ne peult estre 
approuvée. Et quanta ce qu'il demande 
que son église soit pourveue d'un g aul- 
tre ministre, est arresté et passé que 
aucune provision n'y sera faictejusques 
à tant qu'elle soit trouvée estre aban- 
donnée par iCelluy. » 

Malgré cette décision de la classe, 
L'Archer partit avec sa famille pour 
Hericourt, laissant son église de Cor- 
taillod sans pasteur, et excitant par là 
contre lui le mécontentement de ses an- 
ciens collègues. 

Depuis deux ans, le duc Christophe 
de Wurtemherg avait repris par les ar- 
mes la ville d' Hericourt et les trois 
seigneuries voisines, et cherchait à y ré- 
pandre la connaissance du pur Evan- 
gile ; mais la disette de pasteurs capa- 
bles était un obstacle à l'exécution de 
son pieux dessein. Sur la recommanda- 
tion des théologiens de Bàle, le conseil 
de régence de Montbéliard adressa un 
appel à J. L'Archer, qui l'accepta, pro- 
bablement avant d'avoir consulté la 
classe de Neuchâtel de laquelle il dépen- 
dait et envers laquelle il était lié par 
certains engagements. Delà, sans doute, 
le refus de la classe de lui accorder son 
congé et la désapprobation inlligée par 
elle à sa conduite. — L'Archer fut in- 
stallé à Hericourt « le dimanche avant 
la St-Jean » c'est-à-dire le 20 juin 1563. 
«Il trouva son église dans un état dé- 
plorable, dit M. Goguel (Précis historiq. 
de la Réform. dans le- comté de Mont- 
béliard, ]). 6 "2) ; « tout y était à faire pour 
le bien-être moral et spirituel du trou- 
peau. Ses soins et son application con- 
stante produisirent peu à peu un amen- 
dement efficace , qu'il n'était pas 
moins nécessaire de réaliser dans les 
autres paroisses des trois terres. Mais 
les candidats au saint ministère man- 
quaient à Montbéliard, et Arquerius fut 
envoyé à Lausanne, en février 1565, afin 
d'y chercher des serviteurs pour l'é- 
glise. Ses démarches réussirent au gré 
de son attente, et dès le mois d'août sui- 
vant on put congédier les prêtres et leur 
substituer des ministres de la pure Pa- 
role. » 



Pourquoi L'Archer ne s'adressa-t-il 
pas aussi à la classe de Neuchâtel? Son 
départ trop précipité, deux ans aupara- 
vant, ne lui avait-il donc pas encore été 
pardonné?..; ou bien, les soupçons que 
Th. de Bèze jetait sur lui dans ses let- 
tres citées plus haut, avaient-ils quelque 
fondement? C'est ce que peut faire sup- 
poser une lettre de Farel; du 5 décem- 
bre 1563, à Christophe Fabri alors à 
Lyon, dans laquelle il lui parle du grand 
dommage que les hérésies d' Arquerius 
ont causé dans l'église de Cortaillod; 
c'est ce que semble confirmer une lettre 
que la classe de Neuchâtel écrivit au 
commencement de 1565 au maire de 
Montbéliard, Aht. Carray, pour l'infor- 
mer de la doctrine et de la conduite de 
J. L'Archer, lettre que jusqu'à présent 
je n'ai pu retrouver nulle part et qui pro- 
bablement a été détruite, mais dont une 
lettre subséquente, que je transcris plus 
loin, nous fait connaître le contenu gé- 
néral. Mais quelles étaient ces hérésies? 
c'est ce qu'il est difficile de détermi- 
ner avec certitude. La correspondance 
de L'Archer avec Castalion nous fait 
soupçonner qu'il était question de là 
doctrine de la prédestination sur laquelle 
il n'était pas d'accord avec Calvin, et sa 
conduite postérieure dans l'église de 
Montbéliard nous autorise à penser qu'il 
avait déjà alors des idées particulières 
sur la sainte Cène et qu'il admettait sur 
la présence réelle du corps de Christ 
dans le pain sacré les doctrines de Lu- 
ther qu'il prêcha en effet plus tard. 

Dans les troubles qui agitèrent le 
comté de Montbéliard à cette époque, 
L'Archer se rangea dès l'abord et sans 
hésiter du côté des partisans de la con- 
fession d'Augsbourg, et se distingua par 
la violence de son opposition contre les 
partisans, très-nombreux alors à Mont- 
béliard, de la réforme helvétique. Les 
mesures rigoureuses qui furent prises, 
avec son concours, contre plusieurs pas- 
teurs qui partageaient les opinions reli- 
gieuses de Calvin et refusaient d'adhé- 
rer sans réserve aux doctrines de la con- 
fession d'Augsbourg, engagèrent les 
pasteurs de Montbéliard qui n'étaient 
pas favorables à ces dernières, à faire 
usage de la lettre de la classe de Nen- 
chàtel, écrite au printemps de 1565, 






32;. 



ARCHER 



320 



pour s'opposer aux violences de L'Ar- 
cher et attaquer la droiture de son ca- 
ractère. L'Archer nia-t-il la vérité des 
accusations portées contre lui dans cette 
lettre? C'est assez probable: car le gou- 
vernement de Montbéliard en écrivit à 
la classe de Neuchàtel, et les pasteurs 
du comté déléguèrent auprès d'elle le 
diacre André Floret, dans le but de 
s'assurer de la vérité de ces accusations, 
et de demander à la classe de les con- 
firmer par des preuves et par une décla- 
ration solennelle. La classe de Neuchàtel, 
assemblée extraordinairementàce sujet, 
répondit à cette demande des pasteurs 
par la lettre suivante, datée du 18 août 
1570: 

« Tres-chers et honnorez frères, nous 
avons entendu de maistre André Floret, 
diacre de Montbéliard, la charge qu'il 
avoit de vostre part de conférer avec 
nous touchant certaines lettres escriptes 
par M re Guillaume Philippin nostre cher 
frère et soubzsignées par nostre bon 
père M re Guillaume Farel de bonne mé- 
mo} re et par les jurez de nostre assem- 
blée pour et au nom de toute la classe, 
qui concernent la doctrine, vie, et conver- 
sation de Jean L'Archer ; Et avons aussi 
receu lettres tant de Monsg r le Gouver- 
neur chancelier et conseilliers de Mont- 
béliard que de nostre frère M re Pierre 
Toussain, par lesquelles sommes priez 
de vous advertir et asseurer tant du 
contenu audit escript, que de ce que 
nous pourrions scavoir de la doctrine 
vie et conversation dudit Archer: Lt ce 
d'autant qu'en ce faict il est question de 
la gloire de Dieu et édification de ses 
Eglises, cela a esmeu les frères de oestt 
classe de s'assembler extraordinaire- 
ment abn de adviser à cest atfaire. 
Ayant donc par ensemble considéré et 
diligemment pesé toutes choses, ilz 
m'ont donné charge de vous escrire, 
qu'ilz ne trouvent guères bon que, ayans 
cogneu le personnage et estans advertis 
tant de sa doctrine que de sa vie et con- 
versation, voyans aussi qu'il n'apportoit 
tesmoignage de la compagnie de ceux 
entre lesqueiz par ordre il avoit esté re- 
ceu et sans ordre ne devoit s'en dépar- 
tir, ne de son Eglise laquelle comme 
mercenaire il delaissoit estant hé et 
obligé à icelle jusqu'à ce que légitime- 



ment il en fust desiié, neantmoins l'ayez 
receu et admis, dont maintenant vous 
en recevez tel fruict en salaire qui vous 
avoit esté prédit. Car vous pouviez bien 
penser, frères, que celui qui ne vaudra 
rien vers nous et entre nous, a grande 
peine qu'il soit homme de bien ailleurs. 
De sorte que vous voyez en lui vérifié 
ce que dict le commun proverbe, Cœhnn 
non animum mutant qui trans mare 
currunt. Et que quant à ces lettres qui 
furent envoyées il y a cinq ans passez 
à Mons r Carray par Mons r Farel nostre 
bon père et autres de noz frères, nous 
- imons si fermes et authentiques, 
qu'elles ne pourroyent estre davantage 
corroborées ny authorisées par nov. 
non que nous voulsissions enfreindre et 
révoquer en doute la fidélité et preud- 
homraie de nostre bon père et de noz 
frères qui au nom de la classe les ont 
escriptes et subsignées. Toutesfois d'au- 
tant que nous avez escript que ceci con- 
cerne la gloire de Dieu et la tranquillité 
et repos de voz Eglises que ce brouillon 
veut troubler, nous avons bien voulu 
acquiescer à vostre requeste eu confer- 
mantle contenu audit escript, Etmesme 
vous envoyons la copie de sa recanta- 
tion soubzsignée de sa propre main, 
touchant ceste belle rapsodie des con- 
ciles qu'il a faict mettre en lumière, où 
vous pourrez voir ce que dict le poète : 
Et crimine ab uno. etc. Avec ce aussi 
la copie des censures de M. Pierre Yiret 
sur le mesme livre, laquelle ledit Ar- 
cher a approuvée et soubzsignée ayant 
promis de faire imprimer sa recantation 
afin d'oster le scandale qu'il avoit donné 
au grand préjudice de la vraye religion 
chrestienne, Ce qu'il n'a faict jusqu'à 
présent. Item des lettres escriptes à feu 
nostre frère M. Anthoine Tomassin 1 , 
où vous pourrez voir quelque chose de 
ses bizarres opinions. Voilà frères ce 
que nous avons peu faire. Nous prions 
nostre Seigneur qu'il vous vueille si bien 
conduire et addresser par son esprit que 
le tout redonde à son honneur et gloire, 
au bien édification et tranquillité de son 
Eglise. Nous avons rescript à Mons r le 
Gouverneur et Conseil de Montbéliard 
pour ce mesme faict leur adressans le 

1 Treniicr pasteur de Cornaux, entre Neuchàtd et 
*o»j!le. 



327 



ARCHER 



328 



tout qui sera l'endroit où après nous 
estre recommandez à voz sainctes prières 
Nous prions l'Eternel qu'il vous ait en 
sa saincte et digne garde. De Neufchas- 
tel ce 18 d'aoust 1570. Vostre frère et 
bon ami D. Chaillet, Doyen, par com- 
mandement et au nom de toute la 
classe. » 

Cette lettre ramena-t-elle L'Archer à 
plus de modération et fit-elle cesser l'a- 
gitation dans le pays? On peut en dou- 
ter, ou du moins ne fut-ce pas pour 
longtemps; car l'année suivante (12 août 
1571), Daniel Toussain, le pieux et sa- 
vant théologien d'Orléans, qui suppléait 
son vieux père dans l'église française de 
Montbéliard, écrivait aux pasteurs de 
Neuchâtel que, depuis trois mois, « Sa- 
than dressoit de grans empeschements « 
à la Réformation qui s'avançoit heureu- 
sement par deçà. « Car, dit-il, combien 
que le Magistrat eut rendu tesmoin- 
gnageaux Princes du repos et bon ordre 
de ces Eglises, ce grand remueur de 
mesnage le Docteur Jacobus Andreae a 
brigué une commission qu'il a obtenue, 
de visiter (comme ils appelent) ces Egli- 
ses : ce qui rapporte à l'Inquisition, et 
est du tout semblable. Comme aussy ce 
nous a esté une grande Visitation de 
Dieu que la venue de cest homme là. 
Pour ce qu'il s'est comporté avec toute 
insolence et contre tout ordre Ecclesias- 
tiq, estant envenimé contre les Calvi- 
niens qu'il nomme ainsy, plus que ne 
furent jamais les Egyptiens contre les 
Israélites. D'entrée il s'est tousjours ac- 
costé de ce prophane Arquerius, l'ayant 
à son conseil, au lieu de peser les accu- 
sations qu'on avoit contre luy. » 

Ces troubles durèrent encore plusieurs 
années, et Jean L'Archer ne cessa d'y 
jouer un rôle actif jusqu'à sa mort, arri- 
vée en 1588. 

Si la correspondance de L'Archer avec 
Castalion nous a disposé à voir en lui un 
homme charitable, les 25 dernières an- 
nées de sa vie passées à Héricourt nous 
semblent dénoter dans son caractère un 
changement qui ne parle pas en sa fa- 
veur, et un défaut de modération qui se 
trahit dans tous ses actes. Ainsi, en 
1584, appelé à adresser à la régence de 
Montbéliard un rapport sur la conduite 
de ses paroissiens, il y dit entre autres: 



« Touchant la chanterie des pseaumes, 
elle est en grand mespris à Héricourt; 
ils n'y veulent assister ni au commence- 
ment ni à la fin, et les enfans suivent 
l'exemple des grands. Ils savent bien 
des chansons du diable, mais des bonnes 
ils n'en veulent point savoir. » 

Outre ses Canons de tous les Conciles, 
Jean L'Archer publia divers ouvrages, 
entre autres un Dictionarium theologi- 
cum, Bâle, 1567 (in-fol. 60G pages), dé- 
dié à Christophe, duc de Wurtemberg et 
comte de Montbéliard. (Cagnebin.) 

Le principal ouvrage de Jean Archer, 
ses Canons des Conciles, ayant échappé 
à l'auteur de la biographie qu'on vient 
de lire, nous en ajoutons ici la descrip- 
tion : Canones conciliorum omnium, qui 
a primo apostolormn concilio usqne ad 
postremum sub Eugenio IIII Pont, 
max. célébration, a S. Patribus sunt 
constituti. — Opus dirimendis in Reli- 
gione controversiis utilissimum ac in 
primis necessarium, magna parte ex 
tribus Conciliorum tomis nuper Co- 
lonix Agrippinx excusis, decerptum : 
Joasne Sa(httario, Burdegalensi. col- 
lectore. Basilea?, per Joannem Opori- 
num(M. D. LUI mense septembri). In- 
fol. 541 pages, plus les préliminaires et 
la table. La dédicace (Nobili et ornatis- 
simo viro Joanni Mirabili interpreti et a 
secretis régis Gallorum apud Helvetios 
est datée de Valengin, le 9 avril 1551. 

Ce recueil de conciles est bien d'une 
main d'érudit, mais d'un érudit de la 
vieille école, regardant comme un acte 
de haute science d'avoir extrait et réduit 
en un seul volume les trois volumes 
d'un recueil analogue imprimé récem- 
ment à Cologne (celui du chartreux 
Laur. Surius) et se vantant fort pour 
avoir transcrit les canons plus littérale- 
ment et plus complètement que son pré- 
décesseur. Peut-être les ministres, ses 
collègues, qui le blâmèrent, jugèrent- 
ils qu'il y avait dans son travail plus 
d'attachement qu'il ne convenait pour 
les vieux errements de l'Eglise romaine. 
« Olim nemo, dit-il dans sa dédicace à 
Jean Merveilleux *, res Deo dicatas vel 



• Conseiller d'Etat de iNeufchastel , châtelain de 
Tuielle, un des hommes qui ont le plus contribué a 
l'établissement delà Réforme daus son pays. Il était de 



329 



ARCHKK 



330 



digito movere audebat. imo quisque in 
usum eccleske et pauperum exproprio 
conferebat; nunc, o indignum facinus, 
res Deo consecrata? pradae sunt omni- 
bus. » Sa préface au bienveillant lecteur 
contient quelques détails littéraires bons 
à recueillir : 

« Je n'ai pas agi sans prendre con- 
seil. Jean Oporinus typographe bàlois 
mon ami particulier (auquel j'envoyai 
un message à ce sujet par Hugues Clerc) 
m'a souvent exhorté à faire présent de 
ce travail à la république des lettres. 
Ensuite j'ai communiqué le plan de mon 
projet à divers amis (Michaeli Mulotio 1 , 
Joanni Cutneo 8 compatribus meis ; Pe- 
tro Magno 3 et Joanni Belleio*symmistis 
meis 5 charissimis)qui ne m'en ont jamais 
détourné. Lors donc que j'ai pour mon 
dessein de tels approbateurs, je ne suis 
pas prêt à en faire fi. Quant à ma fidé- 
lité dans la reproduction du texte de Co- 
logne j'en ai un solide garant (Joannem 
Mercatorem 6 optirmu spei adolescentem 
qui cum collectionem meam fere absol- 
vissem in conferendis exemplaribus me 
adjuvit). — J. Belleius et J. Cutr.eus 
sont les mêmes dont il est parlé par 
If. Herminjard au t. II de sa Corresp. 
des Rêform., p. 472, note 11. Ajoutons 
que la préface ci-dessus est suivie d'une 
pièce intitulée : « Ad leotorem Carmen 
elegiacum auctore Joanne Cutneo. » 

Un de nos correspondants, qui a fait 
une étude particulière de la vie de Cas- 
talion, n'hésite pas à croire que L'Ar- 
cher partagea la disgrâce de Castalion, 
parce qu'il partageait ses idées c 



plus secrétaire interprète du roi François H» pour ses 
affaires en Suisse et parait l'avoir été aussi de Henri II. 

• Mullot, pasteur à S.-Dlaise, entre Neucliàlel et le vil- 
lage de Cornaux où exerçait Ttiomassin. 

s Peut-être un Le r.ouftre » 

» Le Grand, pasteur à La Cnaux-de-Fonds, dans la 
seigneurie de Valangin. 

1 Jean de Beliy, pasteur à Fontaines, près Valangin 
Ces trois, Mullot, Le Grand, Bellr, étaient réfugiés de 
France. 

s Mes collègues, En effet, au mois d'avril issi, la 
classe (ou consistoire» de Valangin se composait de: 
Jaques Sorel. à Boudevilliers; de Belly, à Fontaines 
Pierre Simonnier, à S. -Martin; Evnard Plchon, à Sava- 
gnier; Pierre Le Grand, à La Chaux-de-Fonds; Cuill. 
Philippin, à La Sagne. Pierre Besson, au Locle: Hélie 
Limosin, aux Brenets; enfin du pasteur du cher-lieu 
(Valangin et Fenin) que précisément cette qualification 
de Symmistœ, montre avoir été, à ce moment, Archer 
lui-même. 

• Jean Marchand, de Boudri. au comté de Neufehas- 
lel, alors étudiant à Baie, plus tard pasteur dans le 
bailliage de Crandson, puis au Locle, etc. 



antipathies. 11 lui écrivait à la date du 
ô juin 150:2: 

« Vous m'avez fort esjoui des nou- 
velles que m'avez escriptes et de ce que 
n'allez pas à Lausanne. Pour ma part 
j'en feusse été bien joyeux, parce que 
nous feussions veus plus souvent. Mais 
ayant considéré les grandes commoditez 
qu'avez à Basle, assavoir qu'estes en 
paix, que y avez de grans amys... je 
juge que c'est vostre grand bien d'y de- 
meurer. Car. estant à Lausanne , à 
grande difficulté vous eussent laissé en 
repos ceux que sçavez. » 

L'expression ceux que sçavez revient 
assez souvent dans les lettres de L'Ar- 
cher à Castalion lorsqu'il parle de 
Th. de Bèze, de Farèl et de leurs amis. 
On voit aussi dans cette correspondance 
qu'il faisait venir avec soin par son ami 
l'imprimeur Jean Herbst Oporinus) et 
par Castalion les livres paraissant en 
Allemagne ou en Suisse contre Calvin 
et ses doctrines. La bonté de L'Archer 
et sa sollicitude en faveur des jeunes 
gens pauvres est un des traits les plus 
marqués de cettecorrespondance, comme 
M. Cagnebin l'a fait très-justement ob- 
server \ 

Dans l'été de 155i, au plus fort du 
bruit qui suivit la mort de Servet, notre 
pasteur, peu ardent, n'avait pas encore 
pris parti. Sun attitude était celle de 
Toussaint, de Zurkinder, de Musculus. 
de Sulzer, etc. Il hésite à approuver Le 
supplice tout en craignant d'aller trop 
loin dans sa tolérance, et il se sent in- 
quiété dans ses idées de tolérance par la 
pensée que presque tous les fauteurs du 
libelle : De luvrelkis non puniefidis sont 
en même temps suspects de quelque 
hérésie. C'est dans cette disposition 
d'esprit qu'il écrit à Castalion la lettre 
grave que voici : 

« A mon très chier frère et bon a nu/ 
M. Sebastien Castalio à Basle. 

« Mon très chier frère, dès lors que j'ai 
cogneu et veu les dons que Dieu avoit 
mis en vous je vous ay porté une grande 
affection car entre tous les hommes que 
vous veistes jamays j'ayme les gens 



1 Voyez encore sur ce point, notamment, une lettre 
a Jean Bauhin du 7 octob. I.S65. 



331 



ARCHER 



332 



scavans. Or pourtant que je désire que 
les beaux dons de Dieu qui sont en vous 
servent à sa gloire je vous ay voulu ad- 
venir de certaines choses a lin que vous 
y preniez garde. . 

« Premièrement, le bruit court qu'estes 
de l'opinion de Servetus, ce que je ne 
peux croyre car on dit qu'il a été de tout 
en tout Arrien, c'est-à-dire disant que 
Jésus Christ estait créature. Or je scay 
qu'avez leu et lisez les Saints livres qui 
appellent Jésus Christ Jéhova, qui est le 
nom propre de Dieu, et Emmanuel qui 
signifie Dieu avec nous, et Dieu simple- 
ment et Vrai Dieu. Puis donc qu'il est 
vrai Dieu il n'est pas créature, mais 
créateur sans commencement et sans fin. 

« Secondement on dit qu'estes ana- 
baptiste c'est à dire que vous dites que 
les petits enfants ne doivent point estre 
baptisez jusquesà ce qu'ilz peuvent ren- 
dre rayson de leur foy, ce que je ne 
peux ainsi croyre car vous scavez assés 
que le baptême a succédé à la circonci- 
sion et que puisqu'on circoncisoit sous 
la loy les petits enfants qu'on doibt sous 
Jésus Christ les baptiser. Item vous lisez 
que plusieurs familles ont été baptisées; 
les enfants sont compris sous le nom de 
famille. Il est donc vraisemblable que les 
apostres les baptisoyent comme le témoi- 
gne saint Origène dans l'Esp. aux Rom. 
Item dit Jésus Christ que le royaume 
des cieux est à eux. S'ils ont la chose 
ils peuvent donc bien avoir le signe, qui 
est le baptême. Il les fault donc baptiser 
en la rémission du péché originel qui 
leur est adonc remis comme le dit saint 
Augustin : Peccatum originis remitti- 
tur in baptismo, etc. 

« Tiercement on dit que vous dites que 
l'homme peult venir à telle perfection 
qu'il n'a plus besoing de prier : par- 
donne nous nos offences etc.; et qu'il n'a 
plus besoing d'estre enseigné par la pa- 
role de Dieu. Ces erreurs aussi me sem- 
blent si étranges que je ne peux croyre 
qu'elles soyent en vous, car vous scavez 
que nous ne pouvons venir, pendant que 
nous sommes vestus du corps de péché, 
à telle perfection que puissions dire je 
suis sans péché. Item Jésus Christ a 
commandé que son évangile soit presché 
jusques à la fin du monde. Il fault donc 
tousjours enseigner. 



« Finalement le bruit court qu'avez 
lai et imprimer ung livre contraire à ce 
que M. Calvin a traicté contre Servetus, 
c'est : De non comburendis hxreticis. 
Or, touchant cet article je scay assés a 
quoy vous en estes car nous en confé- 
rasmes par ensemble la dernière foys 
que je feus à Basle. Si est que je désire- 
rois que pensissiez un peu de plus près. 

ci Conclusion finale vous estes en très 
mauvaise réputation en ce pais envers 
plusieurs . tellement qu'il n'a pas long- 
temps qu'il y eut ung homme de scavoir 
qui vous appella en une grande assem- 
blée : « meschant hérétique. » Et qui 
pis est j'ay entendu ces jours passés 
qu'il y a ung homme de grand scavoir 
qui escript contre vous a raison des er- 
reurs ci dessusmentionnées et d'aultres. 
Je vous en ay voulu advertir pour aul- 
tant que j'ayme vostre salut et honneur 
comme le présent porteur vous en pourra 
advertir et asseurer. Dieu soit toujours 
avec vous. Amen. Ce 3Q de juillet l'an 
1554, votre frère Joannes Arquerius. » 

Il paraît que Castalion, aigri par la 
persécution, ne prit pas en bonne part 
cette lettre et les rudes interrogations 
qu'elle contenait. Le 4 octobre L'Archer 
lui écrit de nouveau : 

« Très chier frère, ayant receu voz 
dernières lettres je feus si fasché que me 
repenty de vous avoir jamais escript, 
pour ce que me donnez à entendre que 
m'estimez semblable à plusieurs qui sont 
aujourd'huy au monde : c'est que vous 
vueille tirer les vers du nés, comme on 
dit, a fin de le rapporter à vos ennemys. 
A Dieu ne playse que face ainsi. Il m'a 
jà faict la grâce de désirer de fayre a 
aultrui comme je vouldrois qu'on me 
feist. Ce qui a esté cause que vous res- 
pondez aussi obscurément qu'aviez faict 
auparavant... » 

Il continue en entrant dans la discus- 
sion sur la parfaite obéissance possible 
à l'homme et sur l'égalité du Fils avec 
le Père et conclut : 

« Voila ce que j'ay voulu vous escrire. 
"Vous respondrez ce qu'il vous plaira. 
Cependant asseurez vous de cela de moi 
queje désire vostre bien et salut, et que 
je suis ny traître ni faulx rapporteur. » 

La preuve que Castalion se convaiu- 



333 



AKCHEK — AUCUN VILLE 



334 



quit bien de la vérité de ces protesta- 
tions, c'est tout le reste de leur corres- 
pondance, de plus en plus affectueuse 
jusqu'à la mort 1 . 

•2. Arches .Christophe), fils du précé- 
dent, ministre à Valentigney, fut reçu 
bourgeois de Montbéliard le 4 sept. 1617. 

3. ARCHER (J.), pasteur à Guillestre 
et Vars en Dauphiné, 1685 [III, 166 b; 
VI, 536 b]. Le même, sans doute, inscrit 
(Johannes Archerius Delphinensis* à Ge- 
nève, comme étudiant en théologie en 
1670. — Archer le lils, réfugié à Lausanne 
17 avril 1688. — (Jean), de Grenoble et 
son fils assistés à Genève, 1090-1706. — 
(Jean), de Mens,' idein, 1705; reçu hab. 
de Genève en 1709; bourgeois en 1730. 

— (Marie), de Grenoble, et sa fille, ré- 
fugiées à Magdebourg, 1698. 

4. ARCHIER (Peyrothon), un des 
premiers habitants d' Aaen qui embrassè- 
rent la Réformation. Arrêté en 1549 par 
l'ordre du sénéchal d'Agenois, il fut 
conduite Bordeaux et bientôt condamné 
par arrêt de la chambre de justice qui 
siégeait extraordinairement dans cette 
ville. Il subit le dernier supplice et fut 
brûlé vif devant le palais de L'Ombrière. 

— (Antoine), probablement frère du pré- 
cédent, fut condamné par le même ar- 
rêt à être fouetté de verges. (Gaui.lieur.) 

ARCHIAC (A. de Moxtberox, baron 
d'), 1569 [VII, 458 a]. — (Du Parc d'). 
Vuy. VI, 357 b et IV, 454 W. 

ÀRCHINA (Louis), de Saint-Etienne 
en Dauphiné, assisté à Genève, 1703. — 
Archinad (Jacques), de Chabeuil en 
Dauphiné, tondeur de draps, réfug. à Ge- 
nève, 1710. — Ar chinai (3 enn), de Chii- 
tillon en Dauph., poudrier, habit, de Ge- 
nève, 15 mai l?èi. — Arsinal Etienne), 
de Chastillon-sur-Die, assisté à Genève, 
1684. — (André), « de Livron, travail- 
lant aux indiennes, » reçu habitant des 
Genève, 3 septemb. 1715. 

1. ARCHINARD (Jaques;, « natif du 
lieu et paroisse d'Oste en Daulphiné 
dioc. de Dye, » reçu habitant de Ge- 
nève, 6 juin 1559. — Jacob, « Jacobus 
Archinardus Delphinas, » étudiant à 
Genève, 1581. — (Jacob), Montelimart, 
1603 [X, 269]. «Le 28 janv. 1596 àOste, 
à l'issue dupresche du matin par M. De- 

1 Nous devons ces documents supplémentaires sur 
Ircher « M. V. Bcisso*. 



vagues, a esté baptisé le fils du sieur Sé- 
bastien Archinard d' Aoste et de Susanne 
Vion. Son parrin Mons. Jacob Archi- 
nard, docteur es droicts, advocat au 
Montelimar. » — Archinard, du comtat 
Venaissin, 1612 [VIII. 103 bL 

2. ARCHINARD Jean) de Die, en- 
voyé à Genève par M. Chion, conducteur 
d'une colonie de réfugiés vaudois qui 
sont dans le Wurtemberg, pour obtenir 
des Genevois quelques secours. Il ob- 
tient 5 écus; 1700. — (Jean), de Chas- 
tillon en Dauphiné, et sa mère, assistés 
en passant à Genève pour se rendre à 
Berne, et à son retour, n'y étant pas 
resté, 1693-1700. — (Jean-François) et 
son frère, de Die, assistés à Genève en 
4705 et 1706. — (Jeanne), des environs 
de Die. idem, 1708. — (Pierre), de 
S.-Marcellin en Provence, accusé en 
France de s'être allé marier à Genève et 
d'v avoir envové élever son fiï.s, 1734 
(Bull. XI, 244)." 

3. ARCHINARD, famille de Pont en 
Royans. réfugiée à Genève lors delà ré- 
vocation de l'édit de Nantes. Elle y 
fut admise à la bourgeoisie en 1702 et y 
existe encore. Elle a produit deux théo- 
logiens distingués : 1° Daniel, 1698* 

pasteur successivement de plu- 
sieurs églises françaises de l'Allemagne, 
notamment de celle de Brunswick, où il 
mourut après y avoir passé onze ans. 
2° Jean-André, lsitj-1809, pasteur à 
Chanoy, puis à Genève, et auteur de 
plusieurs ouvrages d'histoire ecclésias- 
tique et d'archéologie. La France Pro- 
testante a cité ce dernier [VII, 209 b, 
386 a] pour diverses communications 
dont MM. Haag lui ont été redevables 
et le Bulletin de t'Hist. du Prof, lui a 
consacré un article nécrologique dans 
son XVIII* volume (1869), p; 6w. 

ARCI ou Arcy (Henri Goxdix, sieur 
d'), v. 1620 [V. 302 a]. - (François), 
id. — (Phil. Guilard, marquis d'), 
v. 1640 [VI. 378 a]. 

ARCIER (Catherine d'), vers 1550 
[IH, 109|. 

ARCONQLE D'AUBAREDE (Jean 
d'), assisté à Londres, 1702. 

ARCON VILLE (d), employé dès 
avant 1682 comme ingénieur militaire 
au service de l'Electeur de Brandebourg 
Erman IX, 9). — La famille d'Arcon- 



335 



ARCONVILLE 



ARDRES 



330 



ville passe, dans une lettre adressée à 
Bossuet par des ministres de Louis XIV, 
le 10 nov. 1685 {Bull. IV, 116), pour 
convertie alors par cet évêque. Un de 
ses membres obtient en effet une pen- 
sion de 2,000 '• *■ en 1686. — (M"« d'), 
enfermée dans un couvent en 1688. — 
Susanne de Brosset d'Arconville en 
Beauce, mise de force aux Nouvelles- 
Catholiques, 1719 (E 3405). 

ARCUSSIA (Jean d'), conseiller à 
Aix, 1562 [BI, 361 a]. 

ARDAILLON (Philippine d'), native 
d'Orange et religieuse àl'abb. de Ste-Croix 
d'Apt. suivait en 1561 les prédications du 
ministre Jean de La Plante, venu de G e- 
nève. Elle épousa le seigneur de Gignac. 

ARDANJON (Jehan), « cordonnier, 
natifz de Mont surGuyne, dioc. de Poi- 
tiers,» reçu hab.de Genève, 24 avril 1559. 

ARDEAU, ancien de l'église de Sain- 
tes, 1664 {Bull. XVIII, 97). 

ARDEL (Georges d'), seigneur de La 
Plaine v. 1670 [III, 108 b]. 

ARDENAY (Louis-Gaspard, marquis 
d'), Maine, v. 1670 [I, 153; VII, 56 b; 
VIII, 248 b]. Voy. Le Vasseur. 

ARDESOIF (Louise), d'Alençon, em- 
prisonnée à la Bastille, 1692 (Bull. XII, 
471). — (Charles), Jeanne sa femme et 
trois enfants, naturalisés anglais, 5 janv. 
1688. — (Pierre), id. 11 mars 1700. — 
Deux autres, directeurs de l'hôpital des 
réfugiés français à Londres, de 1767 à 
1789. — (Jacques), peintre, natif de Pa- 
ris, abjure le 8 déc. 1761 (Registre de 
S.-Germain-en-Laye). 

ARDIAN (Christophe), de Tours, ve- 
loutier, reçu habitant de Genève, 27 déc. 
1585. 

ARDILLON (Jean), pasteur à Mar- 
chenoir, v. 1630 | VIII, 67 b.] Voy. Bull. 
XII, 43. — (Joseph); Auxerre, 1664 
|VI, 311 a]. Inscrit comme étudiant à 
l'acad. de Genève en 1634. 

ARDILLOUSE (d*), ministre, 1580 
[III, 245, b]. Il était pasteur de Mazères 
(pays de Foix) en 1592 (écrit Ardilouze). 

ARDOIN, Ardoyn, Ardouin; à Uzès, 
1627 [I, 277], — Ardouin et autres des 
îles de Saintonge, bourreaudés par les 
dragons, 1685. — [Suzanne et Charles] 
réfugiés et assistés à Londres en 1721. 
— Voy. Hardouin. 

ARDOUIN (Philippe d'), sieur de La 



Calmette en Languedoc, molesté pour 
son droit d'exercice à La Calmette, 1685 
(ït, 322). 

ARDOREL (Pierre), sieur d' Alcange, 
apothicaire, épousa le 24 janv. 1655, à 
Blain, Charlotte Loyau, fille de défunt 
Pierre Loyau, marchand, et de Cathe- 
rine Chapeau, de Mouchamps. La fa- 
mille Loyau existe encore en Vendée et 
professe la religion réformée. Pierre Ar- 
dorel cependant, ne tarda pas à se con- 
vertir, car en 1656, quand eut lieu le 
baptême de sa'fille, Marie, elle est dite au 
registre : « fille de Pierre ci-devant de 
la religion. » La mère du moins était 
restée fidèle à sa foi, puisque l'enfant 
était baptisée dans l'Eglise réformée. Ce 
baptême avait eu lieu à Malaguet, mai- 
son noble aux environs de Blain. (Vau- 

RIGAUD.) 

ARDRES (N. d' ), gentilhomme des 
environs de Senlis, secrétaire de con- 
fiance du connétable de Montmorency 
[Haag I, 121 ]. Ce fut en cette qualité 
qu'il assista, en 1559, à l'assemblée de 
Vendôme où les chefs de l'opposition 
contre les Guises, c'est-à-dire Antoine 
de Navarre, le prince de Condê son 
frère; Coligny, à'Andelot, OdetdeChâ- 
tillon, François de Vendôme vidame de 
Chartres ; Antoine de Croï prince de 
Portien, tous parents ou amis, se con- 
certèrent sur les moyens de renverser un 
gouvernement odieux. Les avis furent 
partagés. D'un caractère plus ardent, 
Condé, d' Andelot et le vidame de Char- 
tres voulaient qu'on courût de suite aux 
armes sans laisser aux Guises le temps 
d'affermir leur autorité. Les autres, et 
d'Ardres fut du nombre, proposèrent 
des remèdes moins violents, en repré- 
sentant que s'il n'y avait rien à attendre 
du roi, on pouvait tout espérer de la 
reine mère qui n'hésiterait pas à se 
joindre à eux si elle trouvait ses sûretés 
dans leur parti, et qu'on verrait crouler 
en un clin d'oeil la puissance des Guises, 
du moment qu'elle leur retirerait son ap- 
pui. Ce dernier avis l'emporta; mais on 
ne tarda pas à s'apercevoir qu'il n'était 
pas le plus sage. Il fallut quelques mois 
après revenir au premier, et Condé 
leva l'étendard de la guerre civile en 
s'emparant d'Orléans. D'Ardres n'hé- 
sita pas à aller le rejoindre, quoique le 



337 



ARDRES — ARGENCOURT 



338 



connétable de Montmorency se fût laissé 
gagner par le parti contraire. Cependant 
lorsqu'il vit Condé, qui avait déployé 
d'abord tant de vigueur et d'énergie, se 
laisser endormir par l'habileté de la 
reine mère, il prit le parti de se retirer 
chez lui, soit que ses ressources fussent 
épuisées, soit qu'il augurât mal d'une 
guerre ainsi conduite. « Quatre gentils- 
hommes, nous raconte Crespin, assavoir 
les sieurs de Moncy St-Eloi, de Hou- 
dencourt, à'Ardres et de La Maison- 
Blanche, voisins de la mesme ville (Sen- 
lis) s'estans retirez d'Orléans en leurs 
maisons pour se rafraischir, les séditieux 
les allèrent attaquer et les amenèrent 
prisonniers, les accusans d'avoir tiré un 
coup de pistole au village de Fleurines 
contre une certaine femme sœur du 
prieur de St-Christofle, regardant par 
sa fenestre. De Senlis ils furent menez 
à Paris et décapitez aux halles, après 
avoir fait confession de foi, et ce le 
10 nov. 1562, et leurs testes apportées à 
Senlis, et mises aux quatre portes de la 
ville.» Nous trouvons dansBèze qui rap- 
porte le même fait, une circonstance im- 
portante passée sous silence par Crespin. 
C'est que le tribunal de Senlis, jugeant 
en première instance, avait acquitté les 
quatre prévenus. Rien ne saurait mieux 
établir leur innocence; car, à cette épo- 
que, l'ombre d'une preuve suffisait sou- 
vent pour déterminer un arrêt de mort. 

AREAU (Guillaume d"), président ou 
avocat général au conseil souverain de 
Béarn, destitué par les catholiques on 
1509. selon Bordenave p. -254). If. P. 
Raymond ajoute qu'après les troubles, 
il présida la chambre des comptes de 
Pau et qu'il cumulait cette charge avec 
celle d'avocat général au conseil souve- 
rain de Béarn. Il mourut en 1571. 

AREMBERT (Catherine), v. 1550 
[IV, 513 a]. - Cf. [IX, 104 b]. 

Â.REN (barons d'), vov. Mesplès. 

ARÈNES (Barbe d'), 1597 [TX, 554 a]. 
— Françoise de Saussan, dame d'A- 
rennes, v. 1610 [V, 505 al. — Intrigues 
pour convertir cette famille, en 1683 : 
Bull. I, 114. — Un d'Arènes capitaine 
au service britannique en 16S9 (Agnew II, 
181). On a écrit quelquefois Darènes. 

ARERAT, capitaine, 1570 [I, 141 b]. 

Aretius (Felinus), voy. Bucer. 



ARGAN (Charles), de Caraman en 
Languedoc, assisté à Genève, 1700. 

ARGAND (M/.rguefite et Marie), Ge- 
nève, 1645 [VII, 218 a]. — (F. Dorothée) 
v. 1770 [Mil, 513 b]. — Famille gene- 
voise originaire de Bonne en Faucigny. 

ARGELLE ou Arguelle (le capitaine), 
député des églises de Gascogne, 1573 
(Bull. X, 352). Probablement de la même 
famille quArgehs. — Voy. Arros n" - 2. 

ARGENCE d'), famille d'origine nor- 
mande qui resta très-tard attachée au 
protestantisme. = Armes : De gueules 
à la fleur-de-lis d'argent. 

En 1621, un d'Argence signa le pro- 
cès-verbal de l'assemblée du Pouzin,qui 
conféra de pleins pouvoirs au sire de 
Blacons pour la défense de la Réforme 
dans le Vivarais V. 140 a. note]. Dans 
le premier quart du XVII e siècle, Louis 
de Polignac. sieur d'Argence. comptait 
parmi la nobbsse protestante de la Sain- 
tonire avec les Chûtelaillon et les Dom- 
pierre, auxquels il était allié [V, 380a]: 
En 1650 vivait Xoé de Chambaud, sei- 
gneur d'Arizence et de S. -Léger IV, 
Vers la fin du siècle , Elisabeth 
Gourjault [V, 341 a] était femme de 
Charles d'Àrgence. sieur de La Jarrie. 
vraisemblablement la même dame 
qui fut enfermée comme tidèle protes- 
tante, en i 7 *2 ~> . aux Hospitalières de Poi- 
tiers. M" e d'Argence de Lesigny, sa fille. 
mise d'abord à l'Union chrétienne de 
Poitiers, et qui « empêchait par son opi- 
niâtreté la conversion de sa mèrp, » l'ut 
transféré? en 1727 au Calvaire de Chi- 
non, puis aux Nouvelles-Catholiques de 
Tours, et parvint en 1730 à se réfugier 
en Hollande (Tt, 32 

ARGENCOURT (d'), habile officier 
du génie, qui fut chargé par Rohan de 
diriger sous les ordres de Calonge, les 
travaux de défense pendant le siège cé- 
lèbre de Montpellier, en 1622. Il se ral- 
lia dès lors au gouvernement et aban- 
donna la religion réformée. Nommé 
ingénieur général, il fut chargé, en 
1625, de construire la citadelle de S.- 
Martin dans l'île de Ré. En 163u, il di- 
rigea les travaux de la citadelle élevés 
sur les ruines de l'ancien château d'O- 
léron, et Richelieu l'invita à tracer le 
plan des fortifications de Brouage. En- 
fin les Mémoires du cardinal nous ap- 



339 



ARGENCOURT — ARGOUD 



340 



prennent qu'en 1037, lorsque les Espa- 
gnols débarquèrent sur les côtes de 
France et tentèrent de s'emparer de Leu- 
cate, Argencourt, placé sous les ordres 
du duc d'Hallvin, avec le grade de maré- 
chal de camp, contribua, à la tète des 
enfants perdus, par son courage autant 
que par son expérience, à la prise du 
camp ennemi, après avoir forcé le châ- 
teau de Rochefort à se rendre, le 25 sep- 
tembre [Haag I, 122. — II, 149 h; VI, 
175 b]. 

Le vrai nom d' Argencourt était Pierre 
de Conti, seigneur d' Argencourt. Il était 
issu d'une famille française réfugiée à 
Genève, et né du mariage de Jean, sei- 
gneur d' Argencourt , 24 octobre 1575, 
avec Perrette, fille d'Yves de Baudan, 
demeurant à Alais. Bouffard-Madiane, 
dit, en racontant dans ses mémoires 
(manuscrits) la fin de la première guerre 
du duc de Rohan (1622) : « Argencourt, 
qui estoit capable de servir en ces négo- 
ciations, fut aussy régalé de promesses 
et s'en prévalut plus que tous les autres 
par la protection du duc de Montmo- 
rency qui luy fist changer de religion. » 
(Pradel.) 

1. ARGENSON (René d'), sieur d'A- 
voines ou d'Avesnes, riche et honorable 
gentilhomme du Maine, se retirant après 
souper de la maison de Thibaut Bouju, 
sieur de Verdigny (dépouillé lui-même 
de sa charge de juge criminel pour cause 
de religion), fut attaqué en chemin, 
massacré , dépouillé , et son cadavre 
abandonné en proie aux chiens et aux 
oiseaux, le 9 avril 15G5 [Haag X, OOj. 
Il avait contribué à la. prise de la ville 
du Mans au nom du prince du Condé }e 
1er avril 1562 [VI, 253 a]. 

Mémoires de Condé V, 281. 

2. Voy. encore : Guillaume et Judith 
d'Argenson, 1606 [II, 514]; — Esther, 
v. 1600 [III, 350 b] ; — Georges, 1562 
[III, 94 a, 499 a]. 

3. Une demoiselle Perrine d'Argenson 
fille de Patrice d'Argenson, sieur d'A- 
vesnes et de Montrevault, avait jadis 
épousé Jean Ghollet, sieur de La Chol- 
letière et de Dangeau, et une fille née 
de ce mariage, Marie Chollet, devint en 
14791a femme de Geoffroy deCourcillon, 
aïeul des Courcillon-Dangeau qui furent 
longtemps des protestants zélés. — Une 



Jeanne d'Argenson fut mariée en 1495 
à Jehan Levasseur, sieur de Cougnée ou 
Coigners, dont les descendants mar- 
quèrent comme protestants parmi la no- 
blesse du Maine [VJI, 54 b]. — Louise 
d' Argenson, fille de François d'Argen- 
son, sieur d'Avesnes, et de Jeanne de 
Cochefilet, épousa en \b61Jacquesde La 
Barre, sieur de Groslieu en Beauce, 
mort en 1587 gentilhomme du roi de 
Navarre. — François Houssemayne du 
Boulay, réfugié ea Prusse après la révo- 
cation de l'édit de Nantes, y épousa une 
protestante, nommée M ne d'Argenson. 

Argent (d'), voy. Dargent. 

ARGEftTEUIL (G. b'), à Bourges, 
1720, prêtre converti. Vov. Chariot. 

ARGENTIER (Brancasse), fils de feu 
Claude, « du mandement du bourg d'Oi- 
sans, » mercier, reçu bourgeois de Ge- 
nève, 9 avril 1576. 

ARGENTIÈRE ou L'Argentier , ca- 
pitaine, 1562 [IV, 132 aj. — Autre, dé- 
puté à un svnode, 1672 [VIII, 302 b]. 

ARGENTL1EU (Frédéric de Han- 
gest, sieur d'), capitaine, tué en 1577 
[VI, 284 b ; VII, 291 a]. — (Jean), 1578 
[VI, 291 b). Voy. Hangest [V, 429 aj. 

ARGENTRÉ (Jeanne d'), épouse dé 
Samuel d'Andigné, sieur de La Gotrays, 
fait baptiser conjointement avec son 
mari à Vitré, en 1596, leur fille Anne. — 
Cf. Andigné. 

ARGER (trois frères), avec trois au- 
tres compagnons, tous des Cévennes, 
assistés en passant par Genève pour se 
réfugier plus loin, 1701. — « David Ar- 
gerius, » de Montpellier, étudiant à Ge- 
nève, 1627. — (la veuve de Daniel), ré- 
fugiée à Manheim, 1700. 

ARGEUSES (Elisabeth d'), 1590 [VII, 
55 b]. 

ARG1S (Gilles); Orléans, 1568 [VI, 
531 b]. — (Sara), veuve de Pierre Com- 
baud, avocat à la cour de Bordeaux (Reg, 
de Pons). 

ARGON (Etienne), massacré à For- 
calquier en Provence, 1562 [X, 4691. 

ARGONDIÈRES (Jacq. Ponat, sieur 
d'), v.1630 [VIII, 287a]. —Voy. Ponat, 

1. ARGOUD (Antoine d'), [Haag, 
I, 122), gentilhomme de Vienne en Dau- 
phiné, converti au protestantisme par 
Jean Figon, ministre de grande répu- 
tation que l'on avait fait venir de Nèu- 



ail 



AKtiOlL) 



ARLANDE 



343 



chàtel, en 1 562, et » qui avait corrompu, 
dit Chorier, beaucoup d'esprits dans 
cette ville, et leur avait inspiré la 
hardiesse de faire ouvertement l'exer- 
cice de la nouvelle religion dans leurs 
maisons. » Les maisons où s'assem- 
blaient les protestants pour la célébra- 
tion de leur culte, étaient celles de 
d'Argoud, de Gabet et de quelques au- 
tres. Ces réunions, quelque inoffensives 
qu'elles fussent, furent proscrites en 
15G6, Figon reçut l'ordre de vider la ville 
dans les huit jours: Gabet échappa par 
la fuite à un châtiment plus sévère, et 
d'Argoud fut condamné à une forte 
amende. Ces rigueurs n'eurent, naturel- 
lement, d'autre effet que d'affermir les 
coupables dans leur foi. D'Argoud, qui 
devait être déjà avancé en âge, puisqu'il 
se trouve mentionné dans un acte de 
1513, mourut sans doute peu de temps 
après; mais ses descendants persévérè- 
rent dans la profession de la religion ré- 
formée, au moins jusqu'après l'avènement 
au trône de Henri IV. Nous lisons en 
effet, dans les procès-verbaux manu- 
scrits de l'assemblée politique de Lou- 
dun, qu'en 15%, un d'Argoud, député 
en cour par les églises de la Provence 
pour se plaindre des persécutions de toute 
espèce dont elles avaient à souffrir, se 
présenta devant cette assemblée afin de 
solliciter son intervention en leur faveur 
auprès du roi et de ses ministres. A.. 
Liïre du Red. est inscrit comme étu- 
diant à l'acad. de Genève en 1587 : «Ja- 
cobus Argodusdelpbinas. » C'est à cette 
famille qu'appartenait le comte d' Argout 
qui fut gouverneur de la Banque de 
France sous le règne de Louis-Philippe 
et dont le nom a été donné à l'une des 
rues de Paris voisines de cet établisse- 
ment. 

2. ARGOUD ou Argaid, Argod, Ar- 
goz (Etienne), « espinglier, » de Montri- 
gaud en Dauphiné, reçu habitant de 
Genève, 15 sept. 1572. Son fils Jean- 
François (1504-lGG'O, membre du grand 
conseil en 1634. — -t>'go. procureur à 
Lyon, proscrit en 1568 (ci-dessus, col. 

ARGAUQS (R-vchel, fille de Jean 
des;, s r de Dampierre, et de Madelaine 
de Crux, présentée au baptême à Pons 
en Saintonge par Jacq. des Argauds, 



s r de La Chaussée, et Rachel de Crue. 

àP» de Xantheuil (Tt, 285). 

ARGOUGES (Françoise d'); Tours, 

v. mO [VII, 204 a]. 
ARGOUL (d'); Lvonnais, 1579 [II, 

467 b]. 

ARGRIER ; Bertrand), condamné, 

1569, à Bordeaux [II, 416 al. 
ARGUES (Martin de, pasteur de 

Bourges, 1556 (Bull. VIII, 73]. 
ARGY (d'), famille berrichonne [V, 

438]. — Suzanne d'Argy, fille de noble 

Jean d'Argy, née à Loudun, 1566. — 

Voy. Haut-Teneuil. 
ÀRIAL ou Ariail, capitaine [III, 

493]. 
ARIEL (Nie), barbier de Senlis, tué 

à Lvon lors de la S.-Barthélemy [VI, 

264 a!. 

ARIFFATou Arifat (Nicolas de La 
Baume, sieur d".,v. 1600 |VI, 435 a]. — 
{Paul 1684 [VI, 435 b, note!. 

ARIFONT Guillaume), marchand à 
Nîmes, reçu habitant de Genève, 3 no- 
vemb. 1572. 

ARJON (André), d'Orléans, reçuhab. 
de Genève, 17 mai ! 

ARLANDE ou Arlamde. famille no- 
ble du Languedoc [Haag I, 123. — Voy. 
\ 1. .n7 b : IX. 255 a]. Loris d'Arlande, 
seigneur de Mirebel en Vivarais. qui vi- 
vait vers 15C)0, eut pour fils Gabriel Ar- 
lande , époux de Marguerite de Massu- 
guier. laquelle le rendit père de Louis 
Arlande. Ce dernier se maria, le 7 avril 
1586, avec Marthe ou Mariede Borne et 
en eut Louis Arlande, qui prit pour 
femme, le 21 avril 1624, Françoise de 
Beaumont, et laissa deux fils survivants, 
Jacques, s r de Mirebel, et Antoine, s r de 
Vendrias. C'est probablement le même 
Louis qui avec un troisième fils, égale- 
ment nommé Louis, et un autre d'Ar- 
lande, Jacques-Alexandre, furent tous 
trois confirmés, le 7 nov. 1615, par l'as- 
semblée de Grenoble, comme comman- 
dants de la place deMirebel [II, 403b; 
IX. 102 al. Jacques, fils aîné de Louis 
et de Françoise de Beaumont, eut neuf 
enfants de sa femme, Jeanne de Beau- 
mont, qu'il avait épousée en 1656. Nous 
connaissons les noms de sept d'entre 
eux : Rostan-François , Antoine-Con- 
stantin, Anne, Jacques, David, Mar- 
guerite et Antoine [IV, 181 b]. Ce der- 



3*3 



ARLANDE — ARLAUD 



344 



nier, né en 1667, se laissa séduire par 
le gardien des capucins de Villeneuve- 
de-Berg, qui l'attira dans son cou- 
vent en 1678, et l'y retint sous pré- 
texte qu'il s'était converti. La veuve de 
Jacques prouva que son fils n'avait pas 
onze ans ; le dossier de l'enquête [Archiv. 
M, 665) ne nous apprend pas si on lui ren- 
dit justice. A ces renseignements nous 
ajouterons que Jacques d'Arlande, an- 
cien de l'église de Villeneuve-de-Berg, 
fut député |X, 367] par la province du 
Vivarais au 29 e synode national, qui 
s'assembla à Loudun en 1659. Ce synode 
le chargea d'aller avec le pasteur David 
Eustache, porter aux pieds de S. M. ses 
très-humbles devoirs, ses soumissions et 
remerciments, en lui confiant en même 
temps pour le roi, la reine mère et le 
cardinal Mazarin, des lettres où l'on dé- 
sirerait plus de sincérité et un peu moins 
de servilité. Quand on connaît la con- 
duite que le gouvernement de Louis XIV 
tenait déjà à l'égard des protestants, on 
reste stupéfait à la lecture de phrases 
telles que celle-ci : « Les faveurs que 
"V. M. répand journellement sur nous 
augmentent de plus en plus les obliga- 
tions que nous lui avons, parmi lesquelles 
nous pouvons compter comme la plus 
singulière, cette assurance que V. M. 
nous a donnée par la bouche de M. son 
commissaire, de son affection paternelle 
pour tous ses sujets de la religion réfor- 
mée, et que le dessein de S. M. est de 
nous continuer les effets de sa bonté 
accoutumée, comme aussi le privilège 
qu'elle nous a accordé de nous assem- 
bler dans cette ville,, ce qui étant des 
marques d'une bonté toute particulière, 
les expressions nous manquent, et nous 
n'avons pas de termes assez emphati- 
ques pour en témoigner notre gratitude, 
et combien fortement nous nous sentons 
engagés, par cette nouvelle faveur, à dé- 
vouer et consacrer nos vies et nos for- 
tunes pour le service de"V. M. » Les deux 
députés s'acquittèrent de leur mission à 
la satisfaction du synode, qui les remer- 
cia de leurs soins et de leurs peines. Le 
seigneur de Mirebel fut encore commis, 
avec les pasteurs Homel et Janvier, et 
avec Timothëe Baruel, appelé ailleurs 
Bervil, docteur en droit civil, avocat et 
ancien de l'église de Privas, pour visiter 



l'université de Die et porter remède aux 
abus qui s'y étaient introduits. Les élèves 
de cette université laissaient croître leurs 
cheveux, portaient de grandes manches 
pendantes, des gants à franges, des ru- 
bans, fréquentaient les tavernes, recher- 
chaient la compagnie des femmes, avaien t 
l'épée au côté, et leur style sentait plus 
le roman que la parole de Dieu. — Telles 
étaient les plaintes générales des députés 
des provinces. Le synode de Loudun ne 
se contenta pas d'exhorter les professeurs 
et les directeurs des universités, comme 
aussi les consistoires et les églises, àuser 
de toute leur autorité pour réprimer de 
semblables excès, en leur enjoignant 
d'excommunier les réfractaires et de 
rayer leurs noms de la matricule des 
étudiants ; il chargea, comme nous l'a- 
vons dit, des ministres et des anciens 
d'une inspection des universités, avec 
ordre de faire savoir à tous les étudiants 
en théologie qu'ils eussent à lire publi- 
quement les saintes Ecritures avant le 
prêche. Les autres députés furent Isaac 
de Guitton et Isaac du Bordieu, pas- 
teurs, avec Paul Thouvois , seigneur de 
Champs, avocat au parlement et ancien 
de l'église d'Orléans, pour l'université de 
Saumur; Adrien Charnier et Jérémie 
Viguier, avec de Pontperdu et Jacob 
Maisojinais, avocat au parlement et an- 
cien de l'église de Bordeaux, pour celle 
de Mon tau ban; Isaac du Bordieu et 
Etienne Broche, seigneur de Méjannes, 
pasteurs, avec Edouard de Carlot, ba- 
ron de S.-Jean de Gardonenque, et de 
Pontperdu, pour celle de Nîmes. Il fui 
ordonné en outre que les synodes pro- 
vinciaux, dans le ressort desquels se 
trouvaient ces universités, députeraient 
chaque année des pasteurs pour en faire 
la visite. — D'après un travail généalo- 
gique, daté de 1702 et signé Pierre Ver- 
nes, la famille Vernes, de Genève, origi- 
naire du Vivarais, posséda, au XVI e siè- 
cle, la seigneurie d'Arlande. — Yoy. 
Galiffe, Notices généal. IV, 5'i4. 

ARLANDY et sa femme, réfugiés et 
assistés à Genève, 1684. — (Jean), na- 
turalisé anglais, 5 janv. 1688. 

I . ARLAUD, famille originaire de Ma- 
ringues en Auvergne, réfugiée et ad- 
mise à la bourgeoisie à Genève le 
26 déc. 1617. Cette famille, qui s'est 



3io 



ARLAUD 



ARMAND 



346 



perpétuée jusqu'à nos jours, a produit 
plusieurs artistes de mérite, principale- 
ment : Jacques-Antoine Artaud, excel- 
lent peintre en miniature, né à Genève 
le 6 mai 1668. Son père, Henri IV. 
206 b}, le destinait au pastorat: mais son 
goût pour les arts du dessin l'emporta 
sur les études théologiques, et en 1688 , 
il fut envoyé à Paris pour y continuer 
son éducation artistique. Ses commen- 
cements furent pénibles. Mais, à force 
de persévérance, il finit par se faire con- 
naître et apprécier. Le duc d'Orléans, 
bon connaisseur en fait d'art, voulut 
même prendre des leçons de lui et le 
logea dans son château de S.-Cloud. 
Dès lors, il n'eut plus de rivaux. Il est 
vrai que ses portraits étaient, dit-on, 
d'une ressemblance parfaite, son pin- 
ceau d'une délicatesse extrême, ses tons 
de couleur vrais et vigoureux et. ce qui 
faisait encore son principal mérite, c'est 
qu'il saisissait admirablement et d'un 
coup d'œil le caractère des personnes 
qui posaient devant lui. Après avoir eu 
tous les succès dans son art, après s'être 
concilié, en Italie et en Angleterre aussi 
bien qu'en France, les plus hautes ami- 
tiés , celle de Newton par exemple , il 
voulut terminer sa carrière dans sa pa- 
trie. Ses dernières années se passèrent 
à Genève, où il mourut en 1743. (Haag.) 
On conserve au Musée de Genève, outre 
quelques-unes de ses œuvres, un très- 
beau portraitde lui, peint par Laraillière. 
— J. Ant. [VII, 191 a]. — Abraham 
VII. 218 a|. 

•2. ARLAUD (Guillaume), d'Uzès, ma- 
nufacturier de bas, réfugié avec sa 
femme, un enfant et un apprenti, à 
Magdebourg, 1698. — (Claude) avec sa 
femme et ses deux enfants, assistés en 
passant à Genève pour chercher un re- 
fuge, 1703. — (Claude, fils de Paul . du 
Dauphiné, reçu habitant de Genève, 
26 janvier 1717. — (Phibppe, fils de feu 
Claude), d'Orange, tisserand, id. 19 oct. 
1731. 

3. ARLOD ou Arlot (Jaqeet), [X, 
471], «homme vieux et impotent et grief- 
vement malade en son lict, pris et jette 
des fenestres de sa maison en bas, et 
l'assommèrent de ses potences [béquilles] 
dont il se soustenoit; » à Castellane, 
1562 (Crespin). — Mathieu Arlo, de 



Valdrome, assisté en passant à Genève, 
4685. — 'André, fils de feu Etienne), 
d'Alex en Dauphiné, tondeur de drap, 
reçu hab. de Genève. 15 nov. 1717. — 
Marie Arliod , « de Poïlaval , » assistée 
à Genève. 1692. 

ARLAUSAC, Montauban, 1626 [IV, 
467 a]. 

ARLES (d'), seisneur de Lisv. 1567 
[VII, 359 a]. 

ARMAGNAC (Jean d'), valet de cham- 
bre du roi, 1611 ; souverneurdu château 
de Loudun. 1617 (VI, 204 b; VII, 283 a]. 

ARMAN Julian). d'Issoire, orfèvre, 
reçu habitant de Genève, 1 er déc. 1572. 

— (François), de Mens en Dauphiné. 
cordonnier, réfugié à Schwedt (Prusse), 

1698. — (la femme de Daniel), du Vi- 
vants, et son fils « qui ont demeuré 
six mois en prison et dont le mari est 
encore aux galères, » assistés à Genève, 

1699. — (Jeanne, Judith, Jean, Fran- 
çois , etc.), du Dauphiné (onze person- 
nes), réfugiés à Berlin, Magdebourg. 
Neuhaldensleben et Schwedt, 1700. 

1. ARMAND .Jean, tîls defeu Claude), 
de Zays [d'Uzès] en Provence, orfèvre, 
reçu habitant de Genève le 20 juin 1550. 

— (Pierre), son frère, esperonnier, id. 
le même jour. 

2. ARMAND et Jean Armant, pros- 
crits àLvon en 1568 v 'ci-dess. col. 278 et 
280). 

3. ARMAND (Gdill.) ; Provence, 1 5 \ 1 
[VII, 319, a]. — (Autre Guill.) massacré 
à Cabrières, 1562 [X, 470]. — Guille- 
mette, massacrée a Gordes [X, 471]. — 
Paul, 1686 [V, 45 b]. — Geoffro> X. 
220] . — (J.), du Lantraedoc, calérien, 
1686 [X, 4081. — (Aldebert), de Marve- 
jols, vers 1720 [IX, 427 a]. 

4. ARMAND (la délaissée d'Isaac), 
d'Orpière en Dauphiné, avec trois en- 
fants, 1692; — (la délaissée d'Isaac), de 
Nîmes, allant en Allemagne avec deux 
enfants, 1693 ; — (la veuve de François), 
de Die, et ses deux fils allant rejoindre 
ses parents en Suisse, 1695; — (Jean) 
avec sa femme et deux enfants, de La- 
mothe-Chalençon, 1697; — (la femme 
de Michel), de*Die, 1699; — (Jean), de 
Die, « revenant d'Allemagne en pauvre 
état et demandant à y retourner, » 1 700 ; 

— (Jeanne , de Die, arrivée malade; 
1700; — (Anne), d Orpierre, 1700-1702; 



347 



ARMAND 



348 



— (Philippe), de Vanterol en Dauphiné, 
1702; — (Jean), d'Orange, 1703; — 
(Isaac) et sa femme, d'Orange, 1703; — 
(la veuve) et cinq enfants , d'Orange, 
1703 ; — (Jean -Louis), de Bourdeaux, 
1703; — (Pierre), de Tolignon, 1703; — 
(David), de Beaumont, en Dauphiné, 
1704; — (Louise), de Die, 1710; tous ré- 
fugiés et assistés à Genève, aux dates 
indiquées. — (Antoine), du Vigan, chi- 
rurgien, avec sa femme et trois fils, reçu 
à Lausanne^ 21 nov. 1701. — (Joseph), de 
Die, reçu hab. do Genève, 18 fév. 1713. 

— (Pierre, fils de Jacques), d'Arnayon 
en Dauphiné, chapelier, id. 19déc. 175-2. 

5, ARMAND (François), sa femme 
et deux enfants ; — (Elisabeth) et trois 
enfants ; — (Catherine) ; assistés à Lon- 
dres, 1721. 

6. ARMAND (Jacques), pasteur de 
l'église wallonne de Hanau en 1762, 
et de l'église réformée française de 
Francfort-s.-Mein, 1764-65 [Haâg I, 124; 
III, 330 a]. Il est auteur d'un petit re- 
cueil de Sermons, dédié au comte Pierre 
deGolofkin, chambellan du duc de Deux- 
Ponts, renfermant quatre sermons, le 
premier sur Jean III, 19 (Francf. 1762, 
in-8°); le 2 e sur Cant. II, 4, prononcé à 
l'occasion de la paix qui mit un terme à 
la guerre de Sept ans (2 e édit., Francf. 
et Leipz., 1763); le 3 e sur Luc XII, 43, 
prononcé à Bockenheim à l'occasion du 
50 e anniversaire de l'installation d'Ant. 
Mathieu, pasteur de l'église française de 
Francfort (Francf. et Leipz., 1765), et lé 
4 e sur Ps. LXXXII, 6, 7, prononcé éga- 
lement à Bockenheim à l'occasion de là 
mort de l'empereur François I er (Francf. 
1765). Parmi des pages d'une véritable 
éloquence, on y rencontre fréquemment 
des allusions au sort des protestants en 
France, mais nulle part avec plus d'à- 
propos que dans le second de ces ser- 
mons qui eut pour auditeurs un grand 
nombre d'officiers et de soldats français 
rentrant dans leur patrie après les cam- 
pagnes d'Allemagne. « Vous avez, s'écrie 
Armand, des concitoyens, qui sont nos 
frères dans la foi, mais qui sont souvent 
inquiétés au sujet de leur créance. L'i- 
gnorance où l'on est de notre culte, fait 
qu'on les noircit souvent sans fonde- 
ment. Eh bien, messieurs, de retour 
chez vos Compatriotes* dissipez et éclai- 



rez \;ette ignorance. Racontez-leur ce 
que vous avez vu dans ces provinces où 
on professe la même foi. Dites-leur que 
cette hérésie qu'on leur reproche, con- 
siste à adorer l'Eternel en esprit et en 
vérité, à méditer ses divins oracles, et à 
lui adresser nos prières en langue intel- 
ligible et entendue du peuple; à être ja- 
loux des droits de Dieu, et à ne point par- 
tager notre confiance et nos hommages 
entre le créateur et la créature, quelque 
sainte qu'elle puisse être. Dites-leur que 
cette hérésie consiste à aimer tous les 
hommes de quelque religion qu'ils soient ; 
à n'employer que des voies de douceur 
pour l'instruction et la conversion des 
âmes-.'-à être fidèle à son prince, sans 
permettre qu'un pontife étranger empiète 
sur ses droits; à ne point souffrir d'hom- 
mes inutiles, qui s'engraissent du travail 
des peuples, qui dévorent en pure perte 
la substance des Etats, et servent de gouf- 
fre aux générations futures. Dites-leur... 
en un mot, ce que vous avez vu. Em- 
ployez le crédit que votre naissance et 
vos emplois vous donnent auprès des 
chefs de l'Etat, à délivrer des captifs 
malheureux qui, quand il serait vrai 
qu'ils fussent dans l'erreur, sont toujours 
respectables de ne vouloir point devenir 
hypocrites. Réprimez le zèle indiscret de 
ceux de vos lévites qui croient honorer 
Dieu en tourmentant les hommes. Soyez 
des docteurs de charité auprès des doc- 
teurs de votre foi ; et si vous trouvez que 
j'ai dit vrai dans mon discours, dites-leur 
à votre tour : Ministres des autels, nous 
annonçons une doctrine ancienne et nou- 
velle; l'esprit de l'Evangile, c'est la Cha- 
rité ! » — Suivant le bibliographe R. Watt 
ces sermons auraient été trad. en anglais, 
1768, in-8°. 

7. ARMAND (J.-T.). pasteur à La 
Haye, 1766, puis (1775) chapelain de 
l'ambassade de Hollande à Paris [VIL 
284 a]. — Peut-être le même que le 
précédent. Voy. aussi [X, 152]. 

8. ARMANT (Geneviève), 23 ans, vi- 
vait, en 1781, enfermée aux Nouvelles- 
Catholiques de Rouen depuis six années. 
— (Marie-Elisabeth) , 15 ans, id. depuis 
trois années, 

9. ARMAND DE CHATEAU VIEUX 
(Claude), né en 1542 [Haag 1, 124. — 
LU, 79]. Il eut de sa femme Jeanne 



349 



ARMAND 



350 



d'Issautier, de Sisteron, deux fils. Le 
cadet, Guillaume, capitaine de cent 
hommes d'armes, servit avec distinction 
sous les ordres de Lesdiguières. Marié 
avec Marguerite de Bernardi, il devint 
la souche de deux branches de cette 
famille établies dans la Bourgogne et le 
comtat Venaissin, mais qui ne parais- 
sent pas avoir persisté longtemps dans 
la profession de la religion protestante. 
L'ainé, André, né le il avril 1595, 
épousa, en 1 G 1 3 , Antoinette de Bardel, 
fille de Georges de Bardel, seigneur de 
Theus et de Morout, dont il eut aussi 
plusieurs enfants. Son fils aine, Georges 
se réfugia à Genève. Le second. Claude, 
suivit la carrière des armes et fut tué en 
1681. Le troisième, Alexandre, mourut 
sans postérité. Le quatrième, André, fut 
l'auteur d'une branche éteinte depuis 
longtemps et sur laquelle les généalo- 
gistes ne fournissent aucun renseigne- 
ment. Le cinquième enfin, Gaspard* 
fonda les branches du Dauphiné et de 
Ghaumont en Bassigny, qui renoncèrent 
à la foi de leurs pères. Le seul de ses 
cinq fils dont les descendants appartien- 
nent bien positivement à la France pro- 
testante, est Georges, né le 28 avril 1620 
et mort en 1680. De son mariage avec 
Marie Chevalier naquirent André, époux 
de Claudine de Calvière, tille de Fran- 
çois, baron de St.-Gôme, et Gaspard, né 
en 1677 à Mison en Provence, qui servit 
dans les troupes anglaises avec le grade 
de capitaine de drasons, et mérita l'es- 
time de Marlborough qui le choisit pour 
veiller sur son fils lorsqu'il l'envoya voya- 
ger sur le continent. Il mourut à Ge- 
nève en 1733, laissant de son mariage 
avec Catherine Desmons, quil avait 
épousée en 1725, un fils nommé Jac- 
ques, lequel obtint gratuitement la bour- 
geoisie en 1769 et s'allia avec la famille 
des Buisson, également réfugiée à Ge- 
nève, en prenant pour femme, le 26 fé- 
vrier 1769, Madeleine, fille de Léonard 
Buisson, ancien syndic de la république; 
= Armes : De gueules à la fasce échi- 
quetée d'argent et de sable* de deux 
traits, accompagnée en chef d'un crois* 
sant d'argent et en pointe d'un bœuf 
passant, d'or. 

10. AR>IAND(DANTEL),étudiantau sé- 
minaire protestant de Lausanne en 1764, 



fut placé en 1773 comme pasteur dans le 
quartier de la Drôme (églises de Sail- 
lans, Sainte-Croix, Aucellou, etc. par le 
synode du Dauphiné. A l'époque de la 
Révolution, il renonça à ses fonctions et 
fut nommé commissaire des vivres à Va- 
lence. Adonné dès lors à l'agriculture, il 
publia vers 1791 des Notes sur l'éduca- 
tion des vers à soie , et après de nou- 
velles observations, un Traité sur les 
vers à soie, Nyons, 1798, in-12, 101 p. 
Le premier consul le nomma juge de 
paix du canton de Nyons, charge dont 
il fut dépouillé parla Restauration. Nous 
pensons qu'il est également l'auteur de 
l'écrit suivant : Discours sur les devoirs 
qur nous devons au Roi et aux magis- 
trats qui le représentent . prononcé dans 
le Bas - Dauphiné ; 1787, in-12. — Ar- 
mand-Delille, fils du précédent, né en 
successivement pasteur à Valence 
et à Nimes, et mort dans cette dernière 
ville en 1815 à l'âge de 31 ans. ■ Quoi- 
que jeune encore, dit l'éditeur de ses 
sermons, M. Armand-Delille avait mûri 
pour le ciel. Sa vie fut, comme sa doc- 
trine, une prédication évangélique. » On 
connaît de lui un Discours sur le réta- 
blissement de la religion, prononcé le 
15 août 1806 (à Valence); Valence (1806), 
in-12; un Sermon pour le jour de la dé- 
dicace du temple de Loriot : Valence 
fl907)j in-* p : un Choix de Sermons de 
feu M. Armand Del ille. pasteur à JYis- 
vies, publiés par J.-*T. Gardes, dm des 
pasfrurs de la même église. Nimes 1 1 
2 vol. in-12. (Arnaud. 

11. ARMAND (Daniel d'), sieur de 
Saléon [I. 125 a], av. au pari, de Greno- 
ble et nommé conseiller à la chambre de 
ledit de cette ville en 1599. 11 avait 
servi dans l'armée de Lesdiguières, qui 
le dépécha secrètement à Du Poèt, as- 
siégé dans le château de Montélimar, 
pour lui dire « qu'il devait se prévaloir 
de la confusion qu'il prévoyait bien que 
la multitude des chefs (catholiques 1 cau- 
serait parmi les assiégeants, se servir de 
grenades et du canon, et faire une rude 
sortie sur eux pour les chasser de la 
ville. » L'ordre de Lesdiguières fut exé- 
cuté de point en point et la place reprise. 
D'Armand exerça sa charge 27 ans et 
s'en démit en faveur de son fils, qui suit. 
— (Pierre d'\ nommé conseiller à la 



351 



ARMAND — ARMET 



352 



chambre de l'édit de Grenoble, en 1026, 
à la place de son père. Dans les lettres 
de nomination, il est qualifié d"écuyer et 
d'avocat. Il résigna sa charge, en 1648, 
en faveur de son gendre, Alexandre de 
Bardonnenche. (Arnaud.) 

12. ARMAND (Judith d'), v. 1600 
[VIII, 368 b]. —Autre, 1623 [11,498 a]. 

13. Armand, nom de guerre d'un pas- 
teur du désert, appelé Gardes. Voy. ce 
nom. 

ARM ANDES (Antoine), brûlé à Tou- 
louse en 1543 [IX, 73 a]. 

ARMANTIER et sa femme, de Sauve, 
assistés en passant à Genève pour se 
réfugier en Allemagne, 1700. 

ARMASSAN (Antoine), de Gardet 
(Languedoc), torturé, 169V) IVIII, 512 a. 
Voy. aussi : I Vil, 197 aj. 
' ARMEN (d'), député de l'église de 
Bordeaux, 1573 (Bull. X, 352). — Ger- 
main d'Armena fut ministre de la Bas- 
tide de Villefranche (B.-Pyr.) 1575-1611 ; 
il épousa Bertrane de La Treubesse. On 
a son testament, du 16 décemb. 1611. 
Dans sa jeunesse, lorsqu'il vint étudier 
à Genève, avec son compatriote Arrio- 
latus, il signa le Livre du Recteur avec 
une chaleur qui dépasse l'enthousiasme 
ordinaire de ses condisciples. Plusieurs 
ajoutent à leur nom sur le registre une 
brève formule d'adhésion à la foi évangé- 
lique, Armenarius écrit : « Je professe 
avoir embrassé des deux bras la confes- 
sion de foi de l'église chrétienne fondée à 
Genève sur la parole de Dieu, que je la 
garderai, avec l'aide de Dieu, toute ma 
vie et que je suis venu depuis deux an- 
nées déjà dans cette ville où j'ai entre- 
pris l'éducation des enfants de Germain 
Golladon, 4 janv. 1567. » — Théophile 
d'Armena, fils du môme Germain, était 
secrétaire de la chancellerie de Navarre 
en 1600-1611. — La famille d'Armena 
existe encore près de Dax, dép. des 
Landes. (Raymond.) 

ARMEN AUD (Denys), « ministre de 
Gyen, » reçu habitant de Genève, 9 fôv. 
1573. Il y était venu d'Orléans, en qua- 
lité d'étudiant en 1563. Dans un registre 
des sépult. de Montauban (1580-1628), 
on lit : n Inhumé le 14 juin 1586 M. M re 
Denis Armenauld, ministre do la p. de 
D. natif et habitant de Guy-sur-Loyre 
(Gien). » — Pierre Armenaud (Arme- 



naldus), également d'Orléans, s'en va 
aussi, en 1606, étudier à Genève. 

ARMENTIÈRES (Jacques), du Lan- 
guedoc, galérien, 1705, libéré en 1713 
[X, 423].. 

ARMESAN (Jacques), « natif de Ples- 
siez de Plassi en Muscean l » reçu habi- 
tant de Genève, le 1 1 avril 1558. — Cf. 
Armas san. 

ARMET, de Couches (Johannes Ar- 
metus Colzensis), étudiant à Genève, 
1587. — Franciscus Armetus Colchien- 
sis, id. 1607. — Lazarus Armetus Sebu- 
sianus, id. 1649. — Philippus Armetus 
Burgensis, id. 1657. 

Lazare Armet (ci-dessus Lazarus, 
exerçait le ministère évangélique en 
1662 à Sacconnex, au moment où fut 
ordonnée la démolition de tous les tem- 
ples du bailliage de Gex. Au commen- 
cement de l'année suivante, il fut l'un 
des trois pasteurs chargés de desservir 
l'arrondissem. paroissial de Sergy, com- 
posé des quatre anciennes paroisses de 
Collonges, Peron, Thoiry et Crozet. Il y 
demeura jusqu'en nov. 1664, où l'inten- 
dant Boucbu, qui désirait ne conserver 
dans le bailliage que deux ministres , lança 
un décret de prise de corps contre lui et 
contre ses trois collègues, Heliot, Rey et 
Th. Vautier. Armet, ainsi que ce der- 
nier, échappa à l'emprisonnement en se. 
réfugiant à Genève ; mais ses biens fu- 
rent confisqués. (Clavakkde.) — Vers 
cette époque, 1666, il se maria à Genève, 
avec Madeleine, fille de feu Samuel 
de Fontaine, capitaine au service du roi, 
et l'on voit dans le contrat que lui-même 
avait pour père, Jean Armet, conseiller 
au présidial de Bourg. Trente ans après, 
en 1705, nous le retrouvons à Londres, 
obligé de recourir à la charité publique, 
si c'est bien lui que désignent ces mots : 
« Lazare Armet, de Couche, 81 ans. » 

Armet, avocat au parlement, député 
de la Bourgogne à l'assemblée de Châ- 
tellerault, 1605, puis à celle de Saumur, 
1611 [I, 201 a, 216 b; III, 505 a; V, 
94 b; VI, 49 b ; VII, 531 b ; VIII, 291 a]. 
— (Françoise), dame de Clcssy, v. 1610 
[II, 491].— (Timothée), avocat au con- 
seil privé, ancien de Couches, secrétaire 



' En Mulcicn. Il s'agit du village aujourd'hui nommé 
|q l'lossy-1'iiic-j , près Meaux. 



353 



AKMET — ARXAL 



3o4 



du synode de Charenton, 1G31 [X, 310, 
342]. — (Jacques), avocat au pari, de Di- 
jon, v. 1650, sieur de La Motte-sur- 
Deune, père d' 'Espérance Ar met, femme 
de François de Rochemont [VIII, 458 b]. 
— (François), avocat au parlement et 
ancien de Couches en Bourgogne, 104i 
[X, 362]. — Armet, pasteur à Montjoux, 
1668. — (Jean), de Couches, avocat, 1682 
[VI, 95 b]. — (Estienne), de Bourg en 
Bresse, marchand, sa femme, deux filles 
et sa sœur, réfugiés à Berlin, 1698; — 
(François), relieur, id., id. — Margue- 
rite Armet, femme de Jacques de Ro- 
chemont, réfugié à Genève en 1700. — 
Une autre Espérance Armet, femme, à 
la même époque, de Théodore Guillau- 
mot de La Barraterie, avocat. — Vov. 
encore II, 313 b; VII, 534 b]. 

ARMET d'AVOISOTTE (Isaac), pri- 
sonnier pour la religion pendant 40 ans. 
Vov. Avoisotte. 

ARMEYDE (Jean d), ou Van Ar- 
meyden, né à Xantes de parents hollan- 
dais, et naturalisé. Il était ancien du 
consistoire de Xantes; nous trouvons sa 
•signature en cette qualité au bas d'une 
pétition pour le cimetière de Xantes en 
1664 et au procès-verbal de la séance 
du consistoire le 17 août 1681. Un mois 
plus tôt, jour pour jour, il avait pris à sa 
charge sa filleule. Marguerite de Bury, 
dont le père (voir ce nom, avait été con- 
damné, pour cause de religion, aux 
galères perpétuelles. C'était l'un de ces 
nombreux Hollandais qui s'étaient fait 
naturaliser français à Xantes et qui eu- 
rent à le regretter si amèrement plus 
tard, aux approches de la révocation de 
l'édit. Il se sauva en Hollande (vers 1681- 
85), avec sa femme Catherine Van Aer- 
sen, et quatre enfants, deux fils et deux 
iilles. Parmi les Français réfugiés en 
Hollande et naturalisés à Rotterdam fi- 
gure un Léonard d' Armey de le jeune, né 
à Nantes, sorti de France en 1682. Nous 
avons lieu de croire qu'il était frère de 
Jean. 

Yaurigaud, Eglises réf. de Bretagne, III, 86. 

ARMOISES Des), famille du Barrois, 
[Bull. XI. 431). 

ARMOX (Jbar), d'Aubusson, tapis- 
sier, réfugié (famille de 5 personnes) à 
Berlin. 1700. 

ARMOXD 'François , de Vouserol en 



Dauphiné, assisté en passant à Genève, 
1685. 

ARXAC (Pierre), de S.-Ambroix en 
Languedoc, manufacturier de bas, réfu- 
gié avec sa femme, un enfant et deux 
compagnons, à Magdebourg, 1698. — 
Conf. Larnac. 

1. ARXAL, de La Salle, condamné aux 
galères en 1685. Un de ses compagnons 
de chaîne, Jean JS'issolle, marchand à 
Ganges, a écrit un récit de son propre 
malheur (Bull. X , 45Î) , dans lequel il 
raconte de cet Arnal le trait que voici : 

« Nous vîmes arriver sept de nos frè- 
res du Haut-Languedoc condamnés pour 
s'être trouvés dans les assemblées. On 
nous fit souper ensemble. Notre conver- 
sation pendant le repas tourna toute sur 
la piété et sur les soufrances auxquelles 
nous devions nous attendre de jour en 
jour pour la cause de l'Evangile. Tous 
me parurent pleins de zèle et il n'y en 
eut aucun qui ne s'estimât heureux de ce 
que Dieu ï'appeloit à souffrir pour son 
nom. Nous connûmes bien le lendemain 
que leur cœur s'exprimait par leur bou- 
che. Ils entendirent le tambour et ils s"i- 
maginèrent qu'on assemblait des gens 
de guerre pour les exécuter. Ils furent 
d'autant plus confirmés dans cette pen- 
sée que M. Daude (marchand d'Alais, 
un des condamnés), voulant les conso- 
ler et les avertir qu'ils devaient partir 
dans deux heures pour être transféras à 
Marseille dit, s'adressant à un d'eux 
nomm ■'• IL Arnal, de La Salle, qu'ils 
dévoient supporter avec soumission et 
avec patience tous les maux que Dieu 
leur envoyoit et qu'il ne doutoit point, 
voyant les marques de leur piété, que 
quand ils devroient être exposés , ce 
jour-là, au supplice ils n'allassent à la 
mort avec joye et avec constance, et 
qu'il falloit tousjours être prêts. M. Ar- 
nal crut qu'il lui annonçoit la mort, et 
se tournant vers un de ses frères en In- 
tendant la main, lui dit en propres ter- 
mes : « Courage mon frère, il faut aller 
« souper aujourd'hui avec Jésus-Christ. » 
L'autre répondit avec la même fermeté, 
et sans la moindre émotion : « Eh bien, 
« Dieu soit loué, sa volonté soit faite; il 
u nous fait une grande grâce de nous ti- 
« rerde la misère et de la soufrance pour 
« nous élever à la félicité éternelle. » La 

i. 1-2 



3oo 



ARNAL — ARNAUD 



356 



femme de M. Arnal, qui étoit présente, 
entendit une partie de cette conversation ; 
elle dit à son mari s'il y avoit quelque 
chose de nouveau et qu'il luy sembloit 
d'avoir ouï qu'on lui annonçoit la mort. 
« Oui, répondit-il, ma chère femme, il 
« faut se séparer. » Ils s'embrassèrent 
alors tous deux avec des yeux secs, car 
les pauvres gens avoient le cœur serré. 
Je les détrompay l'un et l'autre et dis à 
M. Arnal qu'il n'avoit pas bien entendu. 
Gela remit un peu cette pauvre femme 
à qui le cœur commeneoit à manquer. Il 
est hors de doute que l'on peut regarder 
ces ridelles confesseurs comme de vérita- 
bles martirs, puisqu'ils avoient receu 
avec joye la nouvelle de leur mort. Ils 
partirent le même jour, attachés à la 
chaîne au nombre de dix-sept, avec un 
visage serain et qui marquoit la joye 
qu'ils avoient d'aller soufrir pour les in- 
térêts de leur Sauveur. » 

2. ARNAL , ancien de Valleraugue, 
1678 [Y1I, 197 a].— (Etienne), de Ponti- 
nant en Cévennes, galérien, condamné 
pour assemblée pieuse en 1691, libéré en 
1713 [X, 416].— (Guillaume), de Béda- 
rieux, galérien, condamné en 1710. — 
(Jacques), de Gastagnole en Gévennes, et 
Pierre, de S.-Ambroix,assistésen passant 
à Genève pour se rendre en Suisse et en 
Allemagne, 1699.— (Jean), de Merueis, 
chapelier, réfugié avec sa femme et son 
enfant à Berlin, 1698.— Les Arnal des 
Gévennes sont une famille très-nom- 
breuse, qui a donné deux pasteurs sous 
la Restauration. Le iils de l'un d'eux est 
aujourd'hui pasteur de Lons-le-Saunier. 

ARNALD1 (Bernard), ministre de 
S.-Gilles, 1561 {Bull. XIX, 119). 

ARNASSON, 167:2 [VIII, 302 a]. 

1. ARNAULD (ou Arnaud et Arnaut). 
Illustre famille qui compte quelques 
hommes de guerre, quelques avocats, 
quelques diplomates, et brilla surtout 
par une intensité d'esprit religieux à qui 
elle dut de grands théologiens et d'ad- 
mirables femmes. Elle se disait origi- 
naire de Provence, et à la lin du XV e siè- 
cle était établie en Auvergne, particu- 
lièrement à Riom , où elle figurait avec 
les ;\iarilluc, les Du Bourg, les Duprat, 
les Robertet, parmi les ofliciers et favo- 
ris d'Anne de Beaujejp iilh'de Louis XI, 
du comte de Beaujeu son mari et du 



connétable de Bourbon leur gendre. 
Henri Arnauld, écuyer du comte et gou- 
verneur de Hermant, près Riom, était 
lié d'une étroite amitié avec Florimond 
Robertet, qui se rendit maître d'abord, 
par la supériorité de son esprit, des vo- 
lontés du comte , dont il était secré- 
taire , puis fut successivement le pins 
iidèle conseiller de Charles VIII , de 
Louis XII et de François I er . Arnauld 
eut deux fils, Jean, gouverneur de 
Hermant, mort sans enfants, et An- 
toine; c'est ce dernier qui fut la tige de 
cette famille aussi considérable par le 
nombre de ses rejetons que par les rôles 
divers qu'ils ont joués. Or, il était hu- 
guenot, ou du moins il le fut une partie 
de sa vie ; il était même beau-frère du 
martyr Anne Du Bourg, et sa descen- 
dance tout entière en garda quelque 
empreinte ; ceux même des Arnaud 
qui furent les plus fervents dans le ca- 
tholicisme l'étaient avec un esprit d'in- 
dépendance que le catholicisme moderne 
hait et réprouve; ils défendirent la 
France contre les jésuites, le jansénisme 
contre Rome, l'abbaye de Port-Royal 
contre le grand roi. Aussi, en commen- 
çant l'histoire qu'il a composée de cette 
maison religieuse, Sainte-Beuve, le plus 
lin critique de notre temps, dit-il avec 
sa clairvoyance habituelle (t. I, p. 63) : 
«Ce coin (le protestantisme delà famille 
Arnauld) voilé le plus possible par les 
petits-fils de Port-Royal (ceux d'Antoine), 
relevé malignement par les jésuites, doit 
être indiqué de loin au fond de notre ta- 
bleau, et y tient plus peut-être que les 
Arnauld eux-mêmes ne le croyaient. » 
2. Antoine Arnauld [Haag 1, 128 a] , fils 
cadet de Henri, s'établit à Paris vers 1547, 
appelé par la reine Catherine de Médicis, 
qui le connaissant capable et fidèle, le 
lit son procureur général et procureur 
du roi au présidial de Riom. Elle lui en- 
voya une sauvegarde personnelle à la 
S. -Barthélémy pour le sauver du mas- 
sacre, et depuis lors il abjura. Il pre- 
nait, dans les actes passés en son nom. 
les qualités de seigneur de La Motte, de 
Ghantegrenelle , de Fontaincbelleau, de 
Pessac et de Bonnelilles . qui sont des 
fiefs et châteaux: à une demi-lieue de 
Riom. Cependant un savant généalogiste 
^voy.Baylejle déclare anobh en l'aiiin'^ 






ARNAUD 



358 



1037. = Armes : D'azur au chevron 
d'or, accompagné en chef de deux pal- 
mes adossées et en pointe d'une monta- 
gne ou rocher d'or. 

Antoine Arnauld mourut en 1585, au- 
diteur en la chambre des comptes de 
Paris, et âgé de cent et un ans. D'un 
premier mariage avec Marguerite Meus- 
nier Du Bourg, sœur du célèbre Anne 
Du Bourg, il eut Jean, seigneur de La 
Motthe, qui, en 1500, fit lever le e - 
d Issoire par les troupes de la Ligue, 
après avoir tué de sa main dans une 
sortie le comte de Randan qui les com- 
mandait. Ce combat, qui se livra le jour 
même de la victoire d'Ivry, assura à 
Henri IV l'entière possession de l'Au- 
vergne. Mézerai raconte différemment 
cet heureux événement. Selon lui , « le 
comte de Randan avoit surpris la ville 
d'Issoire et y avoit basti une citadelle, 
les gentilshommes royalistes et les bour- 
geois de Clermont, qui, en hayne de 
ceux de Rion, avoient beaucoup de cha- 
leur pour le purty du roy, surprirent la 
ville par l'intelligence d'un consul et as- 
siégèrent la citadelle. Florat, séneschal 
d'Auvergne, commandoit en cette en- 
treprise ; Randan accourut à son se- 
cours , et l'investit luy et les siens dans 
la ville. Les seigneurs du pais, entre 
autres Rastignac. lieutenant du roy. le 
vicomte de Lavedan, le baron de Cha- 
seron, le marquis de Curton qui com- 
mandoit cette petite armée, et d'Effiat, 
vinrent pour dégager leurs amis. Cela 
ne se pouvoit sans combat : il fut fort opi- 
niastre,mais enfin ies Ligneux succom- 
bèrent. Il leur en cou s ta 500 hommes, 
dont il y avoit cent gentils hommes, et 
entre autres le généreux comte de Ran- 
dan, qui ayant esté fait prisonnier mou- 
rut de ses blessures dan? Issoire. Ceux 
de la citadelle ayant appris sa deffaite 
capitulèrent et les vainqueurs retournè- 
rent en grand triomphe à Clermont. » 

D'un second mariage avec Anne For- 
get, fille du procureur du roi au - 
présidial d'Auvergne, Antoine Arnauld 
eut au moins ' onze enfants, dont sept 
garçons et quatre filles. 



- récits, a cet égard, no sont pas concordant». 
\Miii MM. Uaag, mais Sully, qui avait parftite- 
nn.'nt connu cette famille, cite dans ses Mémoires un 
liis aine qui serait uiort avant ioiv 



;ils furent : 1° Antoine, né en I5G0 
[VI, 17 a], avocat au pari, de Paris. Il 
s'acquit une grande réputation par son 
éloquence. Ses talents étaient encore re- 
haussés par un grand fonds de probité et 
un rare désintéressement. On cite sur- 
tout le plaidoyer qu'il prononça, en 1594, 
pour l'université de Paris contre les jé- 
suites. Les Révérends Pères se vengè- 
rent de leur défaite en l'accusant (et 
avec raison selon nous^ d'être huguenot. 
Mais il ne paraît pas que l'éloquent avo- 
cat ait persévéré dans la foi protestante. 
Il mourut le 29 décembre 1619, ayant eu 
de sa femme Catherine Marion vingt- 
deux enfants dont l'ainé fut Robert Ar- 
nauld d'Andilly, père à son tour de cinq 
filles toutes religieuses à Port-Royal, et 
de plusieurs fils, dont Simon Arnauld, 
marquis de Pomponne, ambassadeur et 
ministre d'Etat. Le vingtième enfant de 
Robert fut Antoine, dit « le grand Ar- 
nauld, » et le champion du jansénisme. 
•1° Isaac. né vers : VI. 

195 b; VIII, i:,ii: IX. 79 a; ; d'abord 
avocat ', puis attaché à l'administration 
financière par le crédit de Sully, et peu 
d'années après, créé intendant des finan- 
çait un esprit éminent. 
Sul'y, dans ses Mémoires, s'est plaint 
de lui avec amertume, en disant qu'il 
oublia ses bienfaits lorsque après la mort 
de Henri IV les finances lui furent 
ôtées pour être données au président 
Jeannin, et il dépeint son ancien protégé 
captant les bonnes grâces de la reine par 
la faveur de l'indigne Concini. La mau- 

humeur de Sully, ou plutôt du se- 
crétaire auquel on doit la rédaction de 
Mémoires *, semble avoir exagéré 
les faits. Isaac était huguenot, et Talle- 
mant dit (III. lOi) qu'il passait à Cha- 
renton « pour un fort homme de bien, 
fort craignant Dieu, et qui entendoit ad- 
mirablement bien les finances ; » et le 
portrait s'achevait par ces mots: «Mais on 

cusoit d'avoir nui à M. de Sully. >• 
mots que Tallemant a biffés depuis '. 

1 II l'était encore en tcoo et eu itiOi, car il ligure 
.te qualité, dans les registres de Charenton, 
comme parrain de Pierre Du Moulin, lils ig 
bre ministre, et de Isaac de Laffemas. 
1 OEconomics royales, éd. \a-\*. III, M 
1 Cette ratnre a sa valeur. On appelle volontiers Tal- 
lemant des noms de « médisant, » de « satyrique • 
Ste-Beuve lui-méuie. Port-R. I, «), et l'effronterie de 
ses Historiettes prête a l'aecusatiou ; mais on peot voir 
dans la préface de la dernière édition 'Monmerqué et 



359 



ARNAUD 



360 



Cet intendant Arnauld était si zélé 
religionnaire qu'on l'a pris pour un pas- 
teur \ et qu'en effet il a publié (ou 
peut-être n'a-t-on publié qu'après sa 
mort) un volume intitulé : le Mespris 
du monde, qui ne serait nullement indi- 
gne d'une plume pastorale. MM. Haag en 
citent [I, 125 b] une édition de Charen- 
ton de 1651, une de Genève de 1670, et 
une traduction allemande imprimée la 
môme année 1670 à Hanau. Bayle en 
cite seulement unede Rouen de l'an 1637, 
(et l'on en connaît aussi une de Sedan, 
1623, Bull. VIII, 383). Aucune, à notre 
connaissance, ne fournit le moindre ren- 
seignement sur l'auteur. Le Mespris du 
monde, dans l'édition de 1670 (Genève, 
J.-A. et Sam. de Tournes; 740 pages 
in-12, sans aucune préface) est accom- 
pagné de cinq autres Traitez , savoir : 
les Résolutions vertueuses; l'Obéissance 
deue au Roy; le Regret d'une personne 
aimée et la Consolation en Dieu ; Médi- 
tation sur la vieillesse; enfin le Phila- 
dolpbe aux Temporiseurs. Ces discours 
ne contiennent guère que des lieux com- 
muns, mais animés par une certaine cha- 
leur de style. On y sent que l'écrivain, 
quoique bien médiocre , était de bonne 
souche, et que Guez de Balzac avait rai- 
son d'appeler les Arnauld : La famille 
éloquente. 

Il avait été marié deux fois; la pre- 
mière avec Marie Perrin, qu'il perdit en 
1610, et la seconde, Elisabeth, fille de 
Pierre Mignonneau, l'un des collègues 
de Pierre Morisson, maire de La Ro- 
chelle dans le grand siège de 1573. « Eli- 
sabeth Mignonneau , femme de l'inten- 
dant Arnault, » figure en ces termes 
dans un baptême en l'église de Charen- 
ton, le 20 août 1617. Elle perdit son 
mari le 14 octobre suivant. 

Son fils, nommé aussi Lsaac[I, 129 a], 
d'abord secrétaire de la chambre du roi 
(1611), puis intendant et contrôleur gé- 
néral des finances de Navarre, sieur de 
Corbeville, comme son père, parcourut 
ensuite avec honneur la carrière des ar- 
mes. Il était mestre de camp des cara- 

1'. Paris, 1850-00, p. xv) qu'il était d'une véracité méti- 
culeuse et inquiète. 

1 Ministre de La Hochelle (Bayle, éd. de 1741. T. I, 
p. 338, note D), et llaag d'après iiayle. Mais il y eut en 
effet, à La Uuclielle, un ministre de ces noms. Cf. col. 
305, n" 12. 



biniers , et se fût élevé sans doute aux 
plus hauts grades si, le 26 janvier 1635, 
il n'eût eu le malheur de se laisser sur- 
prendre par les Allemands dans la for- 
teresse de Philipsbourg qu'il comman- 
dait. Il écrivit avec talent une relation 
de la campagne de 1646. Il y a force 
louanges de lui dans les Mémoires d' Ar- 
nauld d'Andilly, son neveu, et dans les 
lettres de Voiture, son ami. — Anne 
Arnauld [VIII, 149 b], sœur aînée du 
précédent, femme d'un grand caractère 
et protestante d'une foi indomptable, fut 
la marquise de Feuquières ; une seconde 
sœur, M nie de Pray, perdit son mari à la 
surprise de Philipsbourg; la troisième, 
Madelaine, épousa en 1628 M. d'Heu- 
court, gentilhomme picard [IX, 79 a]. 

3° David fut, comme son frère et grâce 
aussi à Sully, commis aux finances, puis 
contrôleur général des Restes. 

4° Benjamin, mestre de camp de cava- 
lerie, fut tué au siège de Jargeau (1589). 

5° Claude, commis aux finances, mort 
à Paris le 21 mai 1603. Sully le dit l'aîné 
de ses trois derniers frères, les seuls 
dont il fasse mention dans ses Mémoi- 
res. « Le trésorier Arnauld, lit-on dans 
le Journal de Henri IV, commis de 
monsieur de Rosni, jeune homme de 
bon esprit et grande espérance , fort 
aimé de son maître, âgé de 29 ans seu- 
lement moins 9 jours, mourut... comme 
il étoit sur le point d'accompagner son 
maître en Angleterre, où le roi l'en- 
voyoit, ayant jà dressé pour cet effet une 
partie de son équipage. Il fut enterré le 
jour même, à dix heures du soir, au ci- 
metière S. -Père, où il fut porté par qua- 
tre crocheteurs... Il y avoit un poêle de 
velours sur le corps, lequel fut accom- 
pagné de 50 chevaux. On disait qu'il 
avoit fait une belle et heureuse fin. » Le 
cimetière S. -Père, destiné aux protes- 
tants, était situé entre l'hôpital de la 
Charité et Saint-Sulpice, à la hauteur de 
la rue actuelle des Saints-Pères. L'Es- 
toile raconte que l'on y éleva à Arnauld 
« une belle tombe dont chacun parloit 
comme de chose nouvelle et inusitée en- 
tre ceux de la Religion. » Il en fait la 
description. « Elle étoit, dit-il, d'un fort 
beau marbre noir, tout d'une pièce, es- 
timée à 200 écus ou environ, élevée d'un 
demi-pied de terre, et couchée de plus, 



361 



AUX A LU 



3(5^2 



autour de laquelle y avoit gravé en let- 
tres d'or ce qui s'ensuit : Ci gist Noble 
homme Maistre Claude Arnauld , vivant 
Conseiller, Notaire et Secrétaire du 
Roy, Maison et Couronne de France, et 
des finances de S. M., Trésorier-Général 
de France en la Généralité de Paris et 
ordonné par le Roy près la personne de 
Monseigneur le Marquis de Rosni, pour 
V administration des Finances de S. M. , 
sous le commandement dudit Seigneur. 
Au haut de la tombe étaient gravées les 
armoiries du défunt, et au milieu, en 
lettres d'or, une courte sentence pour 
exalter ses vertus ; le tout était terminé 
par ces mots, en latin : Mœstissimo 
fratri ptura non permisit dolor. ce qui 
prouverait qu'un seul des frères d'Ar- 
nauld avait contribué à lui élever cette 
tombe. « Quinze jours ou trois semaines 
après, continue L'Estoile, on couvrit de 
plâtre ce beau tombeau . de peur que la 
populace envieuse de tels monumens 
n'achevât de le gâter, comme elle avait 
déjà commencé, et qu'enfin elle ne le 
brisât et le rompit du tout ; comme aussi 
on fut averti qu'on avait délibéré de le 
faire en une nuit. Et voilà comme d'un 
tombeau de marbre en fut fait un de plâ- 
tre, et quelle est la durée de nos ambi- 
tions. » 

6° Louis, s r de Pontchevron, Montau- 
don et Ghateaugaillard , était le moins 
bien doué de la famille. Voy. Talle- 
mant (III, 105). Il avait l'office de con- 
seiller secrétaire du roi et contrôleur des 
Restes. Il ne se maria point, demeura 
fidèle huguenot, et fut enterré au cime- 
tière des SS.-Pères le 26 sept. 1645 
[VIII, 3G5 b]. 

7° Pierre. Celui-ci fut illustre comme 
guerrier. On l'appelait Arnauld Du Fort 
parce qu'au siège de La Rochelle (1622 
il s'était distingué contre les Rochelois. 
comme commandant du Fort-Louis qu'il 
avait achevé en partie de ses deniers. 
Ayant abjuré la foi protestante, il avait 
apporté dans cette guerre le zèle du 
nouveau converti. Il devint maréchal de 
camp et mourut le 14 sept. 1 6*2 î (Voy. 
les Mèm. de Pontis). 

8° Marie Arnauld, sœur des précé- 
dents [VII, 542 bj, avait épousé Hilaire 
Lhoste, sieur de Montfermeil, conseiller 
secrétaire du roi. Elle était veuve lors- 



qu'elle fut inhumée au cimetière des 
SS.-Pères, le -23 mars 1G51 (Voy Le 
Laboureur. Addit.aux Mèm. de Castel- 
nau- III, !98, et le P. Anselme VII, 
770.) 

9° Jeanne Arnauld, née vers 1583, de- 
meura fille et huguenote. « C'étoit un 
original, » dit Tallemant, en racontant 
au sujet de cette dame quelques anec- 
dotes qui décèlent une femme d'esprit. 

3. Judith, sœurd' Antoine I, tante des 
précédents [IX, 391 a], fut mariée à 
Paul de Tournemine, baron de Campsil- 
lon 1 . et était veuve lorsqu'elle fut in- 
humée au cimetière des SS.-Pères. le 
28 oct. 1642 (Voy. Tallemant). 

On trouve aussi dans les reg. prot. de 
Paris Isaac Arnault , intendant des fi- 
nances, inhumé le 10 mars 1608; — 
Marie Arnault . dame de La Rrossar- 
dière, vers 1615 [VIII, 52 a' . — Anne, 
fille de Claude Arnauld. vers'l 630 [VIII, 
194 h]. 

Xous ne saurions mieux terminer 
cette liste qu'en rappelant deux passages 
des Mémoires de la mère Angélique 
Arnauld, la célèbre abbesse de Port- 
Royal (I, 90, et II, 255). dans lesquels 
elle avoue qu'elle et une de ses sœurs 
flottèrent pendant un temps entre le 
calvinisme et le catholicisme, et qu'elle 
fut très -incertaine si elle ne se retirerait 
pas à La Rochelle, où une partie de sa 
famille était restée dans le sein du pro- 
testantisme. 

lz Mercure galant, dec. J693. — Moreri. - Bayle. 
— Tallemant des Reaui.— Port-Royal, par Ste-Benve, 

1 et 11.— La Feritt sur les Arnauld, par Pierre Varin, 

2 vol. ia-i'. (Paris, I'oii-miIjuc. (847.) 

L ARNAUD Bernard), seigneur de 
LaCassaune [HaagI, 127: — III, 107], 
fut un des premiers parmi les notables 
habitants de Ximes qui se déclara pour la 
Réforme. En 1562. il fut nommé mem- 
bre d'un conseil chargé de prendre soin 
de la police et de veiller aux besoins de 
L'église. En L568, lorsque le vicomte de 
Joyeuse voulut mettre garnison dans la 
ville, il fut député avec François Bar- 
rière , seigneur de Xages, et Pierre de 
Monteils, avocat au présidial, pour lui 
faire des représentations; mais ils ne 
purent rien obtenir. Déjà la réaction 
marchait tète levée, lorsqu'éclata la troi- 

1 Cansitlon, dans le registre d'inhumation; Canzii- 
lon, dans Tallemant. 



363 



AliNAUB 



364 



sième guerre civile, qui fut souillée à 
Nimesparle massacre de la Michelade. 
Arnaud fut compris dans la sentence 
rendue à ce sujet par le parlement de 
Toulouse. Ce fut évidemment dans la 
crainte de perdre la vie au milieu des 
troubles qui agitaient le pays, qu'il fit 
son testament le G sept. 1568, si toute- 
fois le Dict. de la Noblesse ne commet 
pas une erreur de date ; car ni l'âge ni 
la maladie ne lui faisaient prévoir une 
fin prochaine. En 1570, il fut élu second 
consul, et trois ans plus tard, pendant 
le siège qu'eut à soutenir Nîmes, on lui 
confia le commandement d'un des quar- 
tiers de la ville, charge dont il ne sedé- 
mitqu'enl576,àla conclusion de la paix. 
Il avait épousé, le 18 mai 1556, Mar- 
guerite Choisinet. Il en eut un fils 
nommé Daniel, qui fut honoré de la di- 
gnité de premier consul en 1593, et qui 
prit pour femme, la même année, 8 dé- 
cembre, Anne Boileau. Le temps de ses 
fonctions étant expiré, il fut chargé de 
diverses missions dans l'intérêt de Nî- 
mes. Son fils Paul [I, 127; II, HO; III, 
424 a; V, 88 a] fut à son tour élu pre- 
mier consul en 1629. Partisan zélé du 
duc de Rohan, en faveur duquel il avait 
contribué à faire déclarer Nîmes en 1625, 
il resta fidèle à la fortune de ce chef illus- 
tre jusqu'à la conclusion de la paix de 
1629. Son attachement à la Réforme le 
rendit longtemps suspect. En 1632, le 
marquis de La Force voulut le faire 
sortir de Nîmes, mais la ville s'y opposa, 
et dans une assemblée convoquée à ce 
sujet par les consuls, le 30 juillet, on 
prit une délibération portant « que 
MM. les consuls rendront témoignage 
que les sieurs de La Cassagne, de Ves- 
iric, de Fourniguet et Gattigues sont 
gentilshommes d'honneur; qu'on n'a ja- 
mais connu par leurs actions et despor- 
temens qu'ils soient autres que bons 
serviteurs du roi, et d'ailleurs qu'ils sont 
des plus nobles familles de la ville, at- 
touchans de parenté ou alliance au reste 
des principaux habitans, tellement que 
cette compagnie juge que leur sortie 
hors de la ville seroit préjudiciable au ser- 
vice du roi. » En 1638, lorsque les es- 
pagnols investirent Leucate, Arnaud 
s'empressa de prendre les armes. Il fut 
nommé capitaine de chevau-légers par 



commission du 12 fév. 1636, et se si- 
gnala parmi les plus braves. Quatre ans 
plus tard, le 1 i juin 161 2, il fut promu 
au grade de mestre de camp d'un rétri- 
ment de cavalerie, et en 1643 , il obtint 
une pension de 2,000 livres. Il testa le 
3 sept. 1647. II avait épousé : 1° le 
25 mars 1627, LouiseTroupel, qui l'avait 
rendu père de Marguerite-Anne, femme, 
en 1651 [II, 140 b], de Louis Du Roure. 
et de Claude Arnaud, marié, le 24 nov. 
1659, avec Marthe Farter; 2° Margue- 
rite de Chaumont [III, 424 a]. C'est 
sans doute de ce Claude Arnaud que 
M me du Noyer parle dans ses Mémoires 
sous le nom de La Cassagne. Après 
avoir supporté courageusement d'horri- 
bles tortures pendant les dragonnades, 
le vieux gentilhomme dut succomber et 
signer son abjuration. — Pierre Arnaud 
de La Gassaigne, étudiant à Genève. 
1684. 

5. ARNAUD (Jacques), seigneur de 
Saint-Bonnet [Haag I, 127 b], qui ap- 
partenait également à l'Eglise protes- 
tante , était d'une autre famille que les 
précédents. Par son testament du 10 
août 1622, il institua pour son héritière 
universelle Jeanne Baatide, fille de Jean 
Bastide, premier consul d'Uzès, et de 
Claude Gazagne, qu'il avait épousée en 
1599, et dont il eut plusieurs enfants qui 
rentrèrent dans le giron de l'Eglise ro- 
maine. 

6. ARNAUD (Jean), de Nîmes, étud. 
à Genève en 1563. Il fut envoyé en 1565, 
par le consistoire de Genève, pour exer- 
cer les fonctions pastorales à S.-Marcel 
en Vivarais (Bull. VIII , 76) ; mais , dès 
1571, on le retrouve en pays genevois, 
desservant l'église de Chancy ; il mourut 
à Genève le 20 oct. 1572.— ( Jean), duVi- 
varais, étudiant à Genève, 1 564.— (.1 eau , 
d'Arsans en Yivarais, ministre, reçu ha- 
bitant de Genève, 31 oct. 1572. 

7. ARNAULD (Esprit), de Baraillon 
en Provence, reçu habit, de Genève, 2 déc. 
1552. — (Guillaume», de Crest-Arnaud, 
id. 12 avril 1557. — (Pierre), fileurde soie, 
natif de Romans, id. 14 juin. — (André), 
de Grimaut, dioc. de Fréjus, id. 21 juin. 
— (Jehan), de Bourdeaux en Dauphiné, 
id. 15 oct. — (Honoré), de Beauvezet- 
les-Colmars, dioc. de Senez. id. 26 juin 
1559. — (Jean). d'Orange, id. 9 avril 1 573. 






365 



ARNAUD 



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8. ARNAULT (Pierre) , massacré à 
Vassy [VII, 503 b]. — (Jacques), tué 
àCamaret, 1562 [VIII, 394 al.- (Jean , 
fils de feu Michel. « natif de Bour- 
deaulx, » reçu bourg, de Genève, 17 juin 
1563. — Quatre Arnaud condamnés à 
mort, 1569, par le parlem. de Bordeaux 
[II, 416 a]. — (Pierre), Orange, 1570 [II, 
164 b]. — (Simon), procureur à Sancerre, 

VI, 71 a]. — (Sébastien), à Issoire, 
1 575 [II, 388 a]. — (André), fils de feu 
Jacques, provençal, reçu bourg, de Ge- 
nève avec Jacques son fils, 17 nov. 1575. 
— ancien à Vais, 1596 [IX. 134 a]. — 
(Jeanne), v. 1570 [VII, 133 a]. 

9. ARNAUD (Louis), de Marseille, 
étudiant à Nimes, 1502; pasteur de S.- 
Privat, 1601; de Montaren, 1603: de 
Fons, 1604*52 [I, 125 b; X. 327. 345].- 
(Louis), fils du précédent, était pasteur 
d'Anduze en 1637 [1, 125 b; X, 347]; 
ayant été appelé vers 1640 à desservir 
l'église de Ribaute, la dame du lieu s'op- 
posa à son installation . et le lieutenant 
général qui commandait dans le Langue- 
doc le fit jeter dans un cachot. Le synode 
de Charenton prit en main cette aiïaire. 
et, par ses pressantes remontrances, ob- 
tint la mise en liberté d'Arnaud ; mais 
un ordre du roi lui interdit en même 
temps l'exercice de son ministère 1643). 
Pendant sa détention, il avait été rem- 
placé par Boi/iY. Cependant, en vertu d'un 
ordre postérieur, daté du 3(J juin loi."» 
{Arch.gén. O 1), il fut rétabli dans l'exer- 
cice de son ministère. — Arnauld. pas- 
teur de Soyons, 1603 [X, 271]. — pas- 
teur au Chaylard, 15'Jij |IX. 134 . 

10. ARNAUD (Louis), pasteur de 
>.-Ambroix, 1648-52; de Massillargues, 
1653-65 [VIII, 367 a]; de Vauvert, 1 000- 
74. — (Daniel), fils du précédent, consa- 
cré par son père en 1005; pasteur à 
Graissesac, puis à Junas, 1006-68, et à 
Vauvert, 1675-84 [III. 32 a]. 

1 1 . ARN AU D (Daniel" , pasteur à Châ- 
teau-Dauphin en 1000, à Arnayon en 
1601. au Poët-Laval en 1670, à Volvent 
en 1083. Il fut contraint, à cette dernière 
date, de quitter la France, parce qu'ayant 
prêché dans des lieux interdits, il était 
exc'.u de l'amnistie. Il était réfugié à 
Genève dès 1083. 

L2 f ARNAUD I.-aa . . pasteur à La 
Rochelle, 1050-1662. (Auzièke.) 

i .42 



13. ARNAUD, dit « le jeune. » reçu 
au saint ministère en 1073, fut ministre 
du seigneur de S.-Jean de Védas, 1673- 
74. de l'église de Baron (Gard), 1675-77, 
du seigneur de La Bastide de Goudar- 
gues, 1677-81. — Jacques Arnaud, pas- 
teur à Langlade de 1081 à 1685. est 
peut-être le même; il se réfugia en Hol- 
lande à la Révocation et desservit les 
églises de Boolsward (1688) et de Balk 
(172 F. Peut-être aussi est-il le père d'un 
autre Jacques, pasteur à Stuttgard, puis 
à Campen (1752-1792), et mort en 1793. 

14. ARNAUD (Antoine, Matthieu et 
Pierre), galériens en 1686 [X. 408]. — 
Veuve Arnaud, Louise et Daupbine Ar- 
naud, déportées. 1687 [X. 431]. — Ar- 
naud k Moïse), prisonnier à la tour de 
Crest, 1699, abjure en 1700 [X, 443 . — 
(Jeanne), prisonnière à Garcassonne: li- 
bérée en 1713 [X, 440 . 

15. ARNAUD Henri}, d'Embrun 
(Ebrodunensis), étudiant à Genève, 1666; 
inscrit pour la théologie, 1669 (Liv. du 
recteur). 

10. ARNAUD (Charles). tailleur, avec 
sa femme, aliénée. 1680; — (Jacques, 
de Bertrerac. 1091; — (Moïse), de Die, 
et sa fille. 1696; —(Jeanne), de Mens, 
qui s'est mise servante. 1696; — (Pierre), 
de Mens. 1701: — 'Madeleine), de La 
Mure en Dauphiné, et sa sieur. « assistée 
d'habillement étant nue, >■ 1008 ; — (Jean N 
et s>es deuxfilles.de La Mure, 171)4-1710; 
— (Daniel), de la Mure, avec sa femme, 
six. enfants et deux jeunes frères, allant 
tous en Hollande. 1710: — Jac jues . de 
Montpellier, avec trois enfants, 1699 ; — 
(Antoinette . de Vain sobre en Dauphiné: 
1698 j — (la veuve de Jean', de Grenoble, 
17U0; — (la veuve d'Antoine;, d'auprès 
de Die, avec un enfant. 1700; — (Anne), 
de Castagnol en Cévennes. 1700; — 
.lean), d'Embrun, allant trouver M. le 
ministre Arnaud, son parent, en Wur- 
temberg. 1701: — (Joseph}, de Castil- 
liano en Provence, allant à Utrecht, 
1 703 ; — (la femme d'Etienne), de Cou- 
ches en Dauphiné, 1704 ; — (Louis), de 
Nimes, 17u4: — (Pierre), d'Anduze. al- 
lant en Allemagne, 1705; — (Jean;, 
d'Uzès, venant d'Italie, 1705; — (Da- 
niel , de S.-Jean-d'Angely. 171 
(deux frères), de Laigle en Normandie, 
1701 ; tous assistés à Genève, soit pour 



367 



ARNAUD 



368 



y rester, soit pour chercher plus loin un 
refuge. 

17. ARNAUD (Abraham), de «Lalet» 
en Dauphiné, drapier, 1696; — Jean, du 
même lieu, cardeur de laine, 1702; — 
Jean, fils d'Isaac, d'Anduze, 1719; — 
Etienne, fils de feu Gaspard, de Bour- 
deaux en Dauphiné, moulinier de soie, 
1727; — Jacques-Antoine, du Puy en 
Velay, relieur de livres, 1732; — Pierre, 
fils de feu Etienne, d'Epenel en Dau- 
phiné, 1735; — Jean, fils de feu Jean, 
de Mens, 1738; — Jean, fils de feu 
Jean, de Briançon, indienneur, 1739; 

— André, fils d'Antoine, de La Mothe 
en Dauphiné, 1747; — Charles, fils de 
feu Pierre, de La Mothe en Dauphiné, 
« commis dans un commerce, » 1751 ; 
tous reçus, aux dates indiquées , habi- 
tants de Genève. 

18. ARNAUD (Elisabeth), femme d'I- 
saac, de Niort, 30 ans, avec un enfant, 
assistée à Londres, 1705. — (Joseph), 
de Nîmes, 70 ans, id. — (Charles), id. 

— (Pierre), et sa femme. — (Guillaume), 
sa femme et trois enfants. — (Henry et 
Louis), chacun avec sa femme et deux 
enfants, réfugiés et assistés à Londres, 
1721. — (Pierre, Jonas, Elie et Jean), 
le premier avec sa femme Marie et son 
fils Samuel, le second avec sa femme 
Susanne et quatre enfants, le troisième 
avec deux fils, tous naturalisés anglais 
en 1686, 88, 93 et 97. 

19. ARNAUD (Un capitaine), à l'épo- 
que du siège de La Rochelle par le duc 
d'Anjou, en 1573, se fit remarquer par son 
intrépide courage [Haagl, 125 b]. Les as- 
siégés manquant de poudre, il offrit d'en 
introduire quelques tonneaux dans la 
ville. Sur une frêle embarcation, montée 
par sept hommes seulement, il passa à 
travers la flotte ennemie et entra heu- 
reusement dans le port, seul blessé au 
bras d'un coup de feu. Plus tard, en 1577, 
Condé chargea le hardi marin d'aller s'in- 
former à Royan des mouvements de l'ar- 
mée de Mayenne, qui s'avançait de ce 
côté dans l'intention d'assiéger Brouage. 
Il fallait une fois encore se faire jour à 
travers la flotte ennemie. Arnaud l'en- 
treprit résolument, et, après un combat 
acharné, il réussit complètement dans 
sa difficile mission. 

20. ARNAUD (Jacques) servit avec 



distinction sur la flotte rocheloise en 
1622 [Haagl, 125 b;— II, 37; V, 410 b, 
416 b]. Le vaisseau qu'il commandait (le 
Postillon rochelois) fut coulé bas dans 
le glorieux combat livré par Guiton au 
duc de Guise. Sur la même flotte était un 
capitaine Jean Arnault, de La Trem- 
blade [I, 125 b; IV, 499 a]. Jacques 
était, au rapport des historiens (Me- 
ruault, Arcère, Haag). originaire d'Or- 
léans. En tout cas, il était devenu Ro- 
chelois et s'était marié avec Marie 
Godeffroy, sœur du maire Jean Godef- 
froy , sous l'administration duquel com- 
mença le siège de 1627. Comme son an- 
cien amiral Jean Guiton et son collègue 
Braigneau, il accepta plus tard du ser- 
vice dans la marine royale. Un titre de 
l'année 1638 le qualifie de : « éeuyer, 
sieur de Clavettes (paroisse des environs 
de La Rochelle), capitaine de navire en- 
tretenu par le roy. » Des actes du no- 
taire Juppin le mentionnent de 1638 à 

1643. (JOURDAN.) 

21. ARNAUD (André), de La Trem- 
blade, autre capitaine rochelois, vers 
1620 [V, 409 b]. — Le capitaine Arnaud, 
exécuté à Seyne en 1586 [II, 483 a]. — 

( ), capitaine camisard, d'Uzès, 1704. 

[VI, 325 a]. 

22. ARNAUD (Etienne), de LaCharce 
en Dauphiné [III, 293 a; X, 405, 426], 
avait donné quelques leçons de musique 
sur les psaumes, à Dieulefit. Arrêté pour 
ce fait, en sept. 1744, il fut condamné par 
le parlement de Grenoble, 17 fév. 1745, 
à servir sa vie durant sur les galères du 
roi et à être flétri par la marque gal. à 
l'épaule, gauche, sur la place publique 
de la ville où il avait enseigné. Un vo- 
lume contenant le Nouveau Testament 
et les Psaumes, dont on le trouva nanti, 
fut lié avec iui au carcan. Quelqu'un, du 
milieu de la foule, lui cria pour le rail- 
ler : « Chante des psaumes maintenant ! » 
11 en chanta plusieurs avec une grande 
assurance et aussi longtemps que dura 
sa peine. » 

23. ARNAUD, famille établie dès 
1560 à La Motte-Chalençon près Die 
(Drôme), et illustrée vers la fin du XVII e 
siècle par un martyr, Daniel Arnaud, 
qui fut pendu à La Motte [X, 402], en 
1689, pour avoir présidé une assemblée 
religieuse dans le domaine d'un gentil- 



369 



ARNAUD 



370 



homme catholique, nommé de Cheilas. 
dont il était tenancier. Celui-ci eût pu 
sauver Arnaud, s'il avait consenti à ce 
qu'on démolit la ferme où l'assemblée 
s'était tenue; il s'y refusa. Il y eut aussi 
dans cette famille un Henri Arnaud, 
contemporain du colonel des Yaudois *j 

Daniel avait treize frères ou sœurs dont 
il était l'ainé.—Conf. col. 378, lig. 39-40. 

Louis-François Arnaud , descendant 
direct de Daniel, né le 9 fév. 1790, était 
au moment de sa mort (4 août 1864) 
pasteur de Crest depuis 52 ans. Pendant 
son long et très-actif ministère , il fit 
construire quinze temples et créer six 
places nouvelles de pasteur. 

Fête religieuse célébrée à Crost le 25 mai «SC2, à l'oc- 
casion du cinquantième annhersaire du ministère de 
M. L.-F. Arnaud . Toulouse, )862. in-8". 

François-Eugène Arnaud, fils cadet 
du précédent, auteur de divers ouvrages 
de théologie et d'histoire, lui a succédé, 
en 1865, comme pasteur de Crest. 

Le cachet de la famille (remontant 
jusque v. 1700) représente un sapin à la 
tige accostée de deux étoiles, accompa- 
gné de deux rameaux de chêne s'incli- 
nant sur le sapin à dextre et à senestre. 

24. Un autre Henri Arnaud. S r de Cham- 
blai, venant aussi de La Motte-Chaleneon, 
fut reçu bourgeois d'Yverdon en 1694. 

25. ARNAUD (Henri), né en 1641 
aux environs de Die. = Armes sur son 
tombeau : Trois colombe- 1. 2 mar- 
chant à droite. 

La jeunesse de ce héros est inconnue. 
On sait seulement qu'il avait quitté le 
Dauphiné avec ceux de ses compa- 
triotes qui avaient cru se mettre à l'a- 
bri des persécutions de Louis XTV en 
se réfugiant dans les vallées vaudoi- 
ses du Piémont. De pasteur français, 
il était devenu pasteur vaudois, à La 
Tour. Il y remplissait ses fonctions , 
lorsque Victor Amédée, à la sollicitation 
impérieuse de Louis XIY, défendit 
l'exercice de la religion réformée dans 
ses Etats en 1686. Arnaud, après avoir 
partagé les douleurs d'une émigration 
accompagnée des plus lâches massacres, 

1 En effet, voici en quels termes il est inscrit sur le 
livre delà Camille; « Mémoire de la naissance de nos- 
tre Dis qai est né le y jour de fev. 1646 et a esté batizé 
le 18 dj fev. par M. Ouabet, pasteur de la parolle de 
Dieu en l'égllze de La Motte; et son périn est Hennc 
Acbard soun oncle et sa mérine est Quatherine Arnaud, 
(anime de Isaac Achard et soun nom est Henric. » 



se retira en Suisse avec 3,000 hommes 
ou femmes des vallées, reste des 15,000 
que comprenait la population primitive. 
Ces infortunés avaient pour lui une haute 
considération, qu'il méritait par la pu- 
reté de ses mœurs et sa rare énergie. 
Bientôt toutes les espérances des exilés 
se tournèrent vers lui. Poursuivi lui- 
même par le regret de ses chères vallées, 
il osa concevoir une des plus éton- 
nantes entreprises dont l'histoire ait con- 
servé le souvenir, celle de rétablir les 
exilés dans leurs foyers. Un brave des 
guerres vaudoises, Josué Janavel, qui 
en 1655, autre année d'effroyables bar- 
baries, avait tenu en échec, avec une 
poignée de montagnards, les armées de 
France et de Savoie, et qui sous la me- 
nace des derniers supplices vivait depuis 
trente ans à Genève, dressa en génie 
militaire qu'il était le plan de cette in- 
croyable campagne que son âge et ses 
infirmités l'empêchaient de conduire en 
personne. Pendant trois ans, on prépara 
en sUence l'exécution de cet audacieux 
projet, et à l'heure dite, dans la nuit du 15 
au 16 août 1689, tout ce qu'il y avait d'hom- 
mes valides parmi les exilés , accourus 
de tous les points de Suisse, et plusieurs 
d'Allemagne, se trouva, malgré la sur- 
veillance des autorités helvétiques, ras- 
semblé et caché sur les bords du Léman, 
dans la forêt de Prangins. Ils firent la 
prière, partirent avec quelques mauvais 
bateaux et abordèrent sur la côte sa- 
voyarde, à droite du village d'Yvoire, 
au nombre d'environ 900, ayant en tête 
Arnaud , leur principal pasteur. Deux 
autres ministres de l' Evancile les ac- 
compagnaient : le pasteur vaudois Mon- 
toux et le dauphinois Cyrus Chyon, an- 
cien pasteur de Pont-de-Royans. Pour 
diriger les détails militaires, ils élurent 
encore un dauphinois réfugié qu'on nom- 
mait le capitaine Turrel '. 

Arnaud, évitant avec soin les grandes 
routes, traversa une partie de la Savoie 
sans rencontrer de résistance jusqu'à 
Sallanches. Se jetant ensuite dans les 

1 Au plus fort des misères de l'expédition, Turrel 
abandonna ses troupes, qui le remplacèrent par nn de 
ses compatriotes, le major P. Odiu; désertion dont il 
(ut bien cruellement puni, car étant tombé aui mains 
de l'ennemi, on le mit à mort, a Grenoble, avec le luxe 
que voici: on planta six potences a sa droite, six à sa 
gauebe, et l'on y pendit douze religionnaires rebelles; 
lui. couebé au milieu, fut rompu vif. 



371 



ARNAUD 



372 



hautes Alpes à travers les rochers, les tor- 
rents, les précipices, ces intrépides mon- 
tagnards arrivèrent près du fort d'Exilles, 
où 26 compagnies de troupes françaises, 
retranchées sur une hauteur, voulurent 
leur disputer le passage. Ils les culbutè- 
rent en leur tuant 600 hommes, poursui- 
virent rapidement leur route, et au bout 
de onze jours, harassés de fatigue, à 
demi morts de faim, ils arrivèrent, le 
27 août, à La Balsille, premier village 
des vallées. Le fanatisme ne les laissa 
pas longtemps jouir en paix du bonheur 
de fouler de nouveau le sol de la patrie. 
Les Piémontais, unis aux Français, se 
mirent à leur poursuite, les cherchant 
jusque dans les plus sauvages retraites, 
les pourchassant comme des bêtes fauves. 
Réduit à la dernière extrémité par cette 
guerre implacable, Arnaud, par des mar- 
ches et contre-marches habilement com- 
binées, fit perdre ses traces; puis repa- 
raissant tout à coup à La Balsille , il 
prit position sur un rocher gigantes- 
que, près de ce village, résolu à s'y dé- 
fendre jusqu'à la dernière extrémité. Il 
ne tarda pas à y être assiégé par les 
Français ; mais ces derniers, repousses 
avec de grandes pertes et contrariés par 
les neiges, durent remettre au prin- 
temps la reprise du siège. Ils reparurent 
le 30 avril, sous les ordres de Gatinat, 
qui ne fut pas plus heureux. Le marquis 
de Feuquières, qui le remplaça, voulant 
en finir, fit transporter à force de bras 
des canons sur les montagnes voisines, 
et commença un siège en règle. Une éva- 
sion semblait impossible ; mais le génie 
entreprenant d'Arnaud osa la tenter. 
Pendant une nuit sombre, il se glissa 
avec ses soldats au fond d'un précipice, 
suivit un profond ravin qui traversait les 
lignes ennemies et gagna à la hâte les 
montagnes voisines, où ses braves furent 
inutilement poursuivis. Sur ces entre- 
faites, un revirement complet se fit dans 
la politique du duc de Savoie. Il se déta- 
cha de l'alliance de la France pour s'al- 
lier aux puissances confédérées, et pour 
gage d'amitié offert aux gouvernements 
protestants , il accorda le libre exercice 
de leur religion aux Vaudois en leur con- 
fiant la défense des vallées. Dès lors, 
Arnaud quitta la vie militaire , où il 
avait fait preuve de tant de talent, de 



courage et d'énergie, et reprit à La Tour, 
en mai 1690, ses modestes fonctions de 
pasteur. Cet admirable chrétien suppo- 
sait chez les autres la sincérité qui ré- 
gnait dans son âme et se crut alors dans 
un Eden terrestre. Il écrivait, de Turin, 
le 6 juillet 1690, à un de ses amis de 
Zurich, nommé Du Cros, qu'il était tout 
joyeux de l'accueil qu'on venait de lui 
faire en Savoie, qu'il avait déjà pris lan- 
gue en Dauphiné avec les réformés fran- 
çais, et il ajoutait : « J'exhorte et prie 
tous les réfugiés et autres qui aiment 
l'avancement du Règne du Fils de Dieu 
de se joindre à nous. Il ne manquera ni 
terres, ni argent, ni biens et il est temps 
qu'on rétablisse la sainte Sion... J'ai 
passé pour un téméraire et imprudent; 
cependant l'événement fait voir que c'est 
Dieu qui fait toutes nos affaires, et le 
pauvre Arnaud est avec les généraux et 
aimé de tous. » (Arch. d'Etat de Zurich, 
F 153.) Il dut être bientôt détrompé sur 
l'amour que lui portait la cour de Savoie. 
Huit ans après, Victor-Amédée ayant 
fait sa paix particulière avec Louis XIV, 
et s'étant, par un article spécial, engagé 
à expulser de nouveau les Vaudois, Ar- 
naud reprit le chemin de l'exil avec plus 
de 3,000 personnes. Il les conduisit en 
Allemagne, où le gouvernemeut de Wur- 
temberg leur céda des terres. Il s'y éta- 
blit à Schonberg.Voici, tracé de sa main, 
le tableau de la colonie, dans une lettre 
qu'il adressait de Darmstàdt, le 1 er déc. 
1699, à un magistrat de Zurich, Escher. 
zélé protecteur des réfugiés : « Il y a 
maintenant 2000 réfugiés Vaudois en 
Wurtemberg, avec cinq églises. Notre 
souverain est bon prince, qui a preste du 
bled à nos colonies pour semer et qui a 
donné une [terre] à la notre où nous 
avons déjà planté 2215 meuriers , qui 
dans quelques années pourroient estre 
d'un grand profit au pais, où nous trou- 
vons bon air, bonnes terres et bonnes 
eaux. Il est vrai que notre peuple aura 
beaucoup de paine pour la première an- 
née; car on nous donne des terres qu'il 
faut défricher, des buissons et des ar- 
bres qu'il faut arracher et des grosses 
souches qu'il faut tirer ; mais Dieu bé- 
nissant le grain qui est en terre, il donne 
du pain à celui qui l'a semé , et nos en- 
nemis auront la confusion de nous voir 



373 



ARNAUD 



374 



établie avec plus de repos que nous n'a- 
vons jamais eu sous la domination des 
princes papistes, qui tremblent pourtant 
que la réunion des Luthériens avec nous 
ne se fasse. José supplier Votre Excel- 
lence et solliciter sa charité, afin que 
cette grande œuvre n'achève. Je crois 
que ce soit la gloire de S. M. Suédoise et 
de Mons. l'Electeur de Brandenbourg. 
sans y mêler des docteurs en disputes 
qui ne font jamais un vrai chrétien. Je 
dis ceci à V. E. parce que nous remar- 
quons qu'on commence à nous aimer 
partout, soit à la cour, soit aux minis- 
tres mesmes, soit le peuple qui conçoit 
que notre ancienne religion avoit des dif- 
férences infinies de la leur. Je le trouve 
fort raisonnable sur le principe du chris- 
tianisme, hormi le sacré jour du Sei- 
gneur, que le peuple n'observe pas - 
ligieusement comme les premiers chres- 
tiens et les fidèles d'Angleterre. » Il 
termine en se louant de la réception qui 
lui a été faite en Angleterre, et de ce que 
l'évêque de Londres a placé son fils aîné 
à Ghelsey, où il l'entretient. Pour son 
deuxième fils, Vincent, il sollicite Escher 
de le faire recevoir à l'instruction gra- 
tuite ;'> Zurich, car on le croyait riche, 
dit-il, mais l'Angleterre et la Hollande 
l'ont seulement remboursé de ses frais. 
Ce second lils deviendra, suivant son 
espérance, un instrument du Seigneur. 

Il continua son pieux ministère jus- 
qu'en 1703, année ou par un nouveau 
revirement politique , le duc de Savoie 
rouvrit aux émigrés les portes de leur 
patrie. Arnaud retourna donc dan! 
vallées et y resta jusqu'en 1707. Il fit 
alors un nouveau voyage à Londres, où 
l'on essaya vainement de le retenir. Il 
voulait revoir une dernière fois ses val- 
lées avant de mourir et, en 1700. il re- 
tourna en Allemagne. Il y fini' 
jours le g sept. 172!, âgé de 80 ans. On 
l'enterra dans l'église de Schonbeni. Il 
avait eu deux femmes. Marguerite Das- 
tie. de La Tour, et Renée Rébondy. La 
première seule lui donna des enfants, 
savoir trois lils et deux filles : 1° l'aîné. 
Scipion, lui sur. - honberg et fut 

ensuite pasteur à Gros-Villar. prèsSchon- 
berg: il eut deux fils qui moururent, l'un 
en Hollande , l'autre en Amérique : 
2° Jean-Vincent, fut pasteur dans les 



vallées vaudoises ; 3<> Guillaume, com- 
mença sa carrière par étudier le droit en 
Angleterre; î° Marguerite, femme de 
h Rostan. de La Tour: .">° Elisa- 
beth, femme de Philippe Kolb, percep- 
teur à Bretten (Baden). 

Arnaud a écrit l'histoire de son expé- 
dition sous ce titre : Histoire de la glo- 
rieuse rentrée des Vai/dois dans leurs 
vallées: s. 1.. 1710, in-12: nouv. éd. Neu- 
châtel. 1848, in-12. sous un titre un peu 
modifié 1 . Son portrait a été gTtté, d'a- 
près J.-B. Randon. par Lafeuille. 1 «">*.* 1 : 
et par van Sommer, à Londres, 1609. 

Brai 1; attirions rveorery fty Vie f'au- 

etc.-. London, tSJï, in-8\ - HUt. de Henri Ar- 
naud, par Théod. Muret; l'aris, DucJoux. t85.{. Tu p. 
in-12. — Biographie du Davphiné, (856, par A. Rochas. 
— Et surtout : l'Israël des Alpes, par A. .Muston 
i;i-l2; liucloax, 1801. 

•20. ARNAUD 'Etienne}, pasteur du 
désert qui souffrit le martvre en 1718 
[Haagl. 127 h: IV. 93 a: X. 406 . Il fut 
un des cinq pasteurs qui les premiers 
assistèrent Antoine Court dans l'œuvre 
difficile et périlleuse qu'il avait entre- 
prise de réorganiser les églises du midi, 
après l'extermination des camuards. De 
cinq qu'ils étaient , quatre périrent par 
le dernier supplice, et Arnaud, qui était 
l'un des plus jeunes, monta le premier 
sur l'éebat'aud. Il avait assisté aux deux 
synod umient convoqués par 

G mit en 1710 et 1717, et se dévouait 
aux nobles projets de ses compagnons 
avec toute l'ardeur d'un« jeune ministre 
plein d'espérance. » lorsqu'il fut décou- 
vert et jugé à Nîmes, puis immédiate- 
ment pendu à Alais, le 22 janvier 171^. 
gentilhomme d'Alais, bien connu 
pour avoir employé sa vie et sa fortune 
ùirir les persécutés, Ben}, du Plan. 
écrivit à la mère du jeune pasteur * : 

« ... Ce fidèle confesseur de la vérité, 
après avoir été détenu prisonnier envi- 
ron un mois, pendant lequel tous ceux 
qui aiment la Religion et qui le con- 
noissoint oll'roint a Dieu leurs prières 
pour sa délivrance, il a été condamné à 
la mort la moins cruelle de touttes celles 
que la justice peut infliger. Cet arrêt a 

1 Le ms. original d'Arnaud est à la bibliot. de Berlin. 
Voyez l'Israël des Alpes, par A. Muston (III, jsj. .. livrai 
d'une rare perfection pour la méthode et l'abondance 
des informations. 

« La lettre est datée do Niuies le l« têt., et porte 
pour adresse : « A M. Arnaud, chez M. J. I.iotard fils, 
po»/r rendre à Jeanne ; à Genève. » 



375 



ARNAUD 



376 



été prononcé à Nismes et exécuté à 
Alais. Jamais on n'a veu une personne 
plus tranquile et plus resignée à la mort 
que ce pauvre agneau. Ses ennemis les 
plus cruels en ont été touchez , presque 
tout le monde a versé des larmes. Le 
jésuitte, quoiqu'il ait été rebutté avec 
force à cause de ses exhortations im- 
portunes, a été obligé de confesser que 
s'il avoit été dans l'église romaine on 
devroit le regarder comme un martyr. 
L'officier qui l'a conduit et même un ar- 
cher m'ont dit qu'il avoit parlé, et qu'il 
étoit mort comme un saint. Le boureau 
en larmes a prononcé qu'il avoit fait 
mourirun ange. Je ne saurois enfin vous 
raporter tout le bien qui a été dit de ce 
cher enfant. Sa douceur, sa patience et 
sa charité avoint tellement gagné ou at- 
tendri le cœur do tout le monde que per- 
sonne n'oseroit en dire du mal sans s'ex- 
poser au mépris et à la haine du public. 
Je ne doute pas, ma chère sœur, que 
vous ne vous soumettiés avec joye aux 
ordres du ciel qui avoit prédestiné vostre 
cher fils a être du nombre des martyrs. 
Les nommes n'ont fait qu'exécuter les 
décrets de Dieu... » 

Papiers d'Ant. Court, n° ), t. II, p. 15. 

27. ARNAUD, dit La Plaine etDuper- 
ron, natif duVivarais et proposant, quitta 
le Dauphiné en 1745, après le supplice 
des pasteurs Ranc et Roger, et étudia 
au séminaire ou école de théologie de 
Lausanne jusqu'en 1748. A peine rentré 
en Dauphiné, où il avait été déjà con- 
damné à mort par contumace, le 17 mars 
1745, pour avoir présidé des assemblées 
religieuses, il fut dénoncé, et arrêté le 
17 juillet 1748, près de La Baume- Gor- 
nillane. Le souvenir des martyrs ne put 
soutenir son courage, et il apostasia en 
face du gibet. L'année suivante, on pu- 
blia à Grenoble les Motifs de l'abjura- 
tion, etc., et le prisonnier, bourrelé de 
remords, fut retenu captif jusqu'au 4 avril 
1750. Alors, dit un écrivain du temps, 
« il alla se jeter entre les bras de ses an- 
« ciens frères, avec des marques de sa 
« repentance qui perçoient le cœur. Sa 
« douleur l'épuisa si promptement qu'il 
« mourut le 26 mai de la même année, 
« plein d'horreur pour son apostasie et 
« pour les cruelles mains qui la lui 
« avaient arrachée. » (Réponse an sieur 



Jean Molines , dit Fléchier ; Villefran- 
che, 1753, in-8°, p. xxiv.) 

28. ARNAULD, pasteur du désert 
évangélisant la Saintonge v. 1756 [V, 
260 a]. — D'Arnaud, pasteur à Sancerre 
en 1794. 

Nombre d'autres familles du même 
nom. venues surtout de divers lieux du 
Dauphiné, et aussi du Vivarais, de Gas- 
tres, de Nîmes et de Bordeaux, s'établis- 
sent en 1698-1700 à Berlin, Halle, Mag- 
debourg, Prenzlau, Wesel etc. 

29. ARNAUD deBedoez (Antoine d'), 
condamné à être pendu; Florac, 1659 
riX, 193 a]. 

30. ARNAUD (Daniel d'), d'Uzès, pro- 
posant, abjure et reçoit en récompense 
une pension de 300 livres, 1675 [IX, 
6 b]. 

31. ARNAUD (d'), de Puylaurens, an- 
cienne famille du Lauraguais. Paul d'Ar- 
naud, consul de Puylaurens en 1629, 
mourut en 1640 [V, 203 a]. Il avait 
épousé Marguerite De Toulouse, de la- 
quelle il eut : 1° Antoine; 2° Paul, mort 
le 26 juillet 1670, à l'âge de 33 ans, 
pendant qu'il occupait la première charge 
municipale de Puylaurens ; 3° Gas- 
pard ; 4° Jean, notaire de Poudis. — 
Antoine d'Arnaud naquit en 1630, et 
fut d'abord greffier de la judicature de 
Villelongue au siège de Puylaurens, puis 
avocat jusqu'à sa mort, arrivée le 23 sep- 
temb. 1706. Antoine n'émigra point à 
la révocation de l'éditde Nantes, comme 
l'ont cru MM. Haag [I, 126 a]. Il avait 
épousé, en 1655, Marie de Mascarenc, 
fille de Daniel, sieur de Labarthe et de 
Marie de Bardou , qui lui donna : 
1° Moyse; 2° Daniel; 3° Honoré; 4° Ma- 
rie, laquelle, seule entre ses frères, 
resta en France : elle se maria en 1699 
avec Jacques deVialattes, de Pémille. — 
Né le 27 août 1658, Moyse était étu- 
diant en théologie à l'académie de sa 
ville natale lorsqu'il sévit obligé de s'ex- 
patrier. Le 29 octobre 1685, il partit avec 
François Cordes, son condisciple, alla 
à Montpellier se présenter au duc de 
Noailles, commandant du Languedoc, 
suivant l'ordre donné à tous les minis- 
tres et proposants, et reçut là un passe- 
port pour Gênes, d'où il s'embarqua im- 
médiatement pour Amsterdam. Il arriva 
dans cette dernière ville le 3 juillet 1686 



377 



ARNAUD — ARNAUDEAU 



378 



seulement, après avoir couru de grands 
dangers sur mer. Moyse d'Arnaud mou- 
rut pasteur à Franeker, dans la pro- 
vince de Frise, le 20 novembre 1697. — 
Daniel, second fils d'Antoine, naquit 
en 1667, se réfugia en Hollande dès 
qu'il eut atteint l'âge de vingt ans, mou- 
rut le 10 juillet 169-2. et fut enterré dans 
le temple de l'académie de Franeker en 
sa qualité de proposant. — Honoré d'Ar- 
naud, né à Puylaurens le 19 décembre 
1670, se réfugia auprès de ses frères en 
1689, et fut reçu pasteur au synode de 
Nimègue, en octobre 1693. (Pradel.) 

Honoré d'Arnaud fut nommé, en 1728. 
pasteur de l'église wallonne de Franeker 
[Haag I, 126], et il y remplit ses fonc- 
tions jusqu'en 1763. 11 eut la douleur de 
voir son fils , George, le précéder dans 
la tombe. Né le 10 sept. 1711 , ce fils 
montra de bonne heure de rares dispo- 
sitions. Dès l'âge de douze ans, il pu- 
blia des vers grecs et latins qui lui mé- 
ritèrent des éloges flatteurs. A dix- 
sept ans, encouragé par son savant pro- 
fesseur Hemsterhuis, il fit paraître un 
ouvrage qui lui assigna tout d'abord un 
rang parmi les plus savants philologues 
de son temps ; nous voulons parler du 
Spécimen animadversionum criticarum 
ad aliquot scriptores gnecos, nominatim 
Anacreontem, Gallimachum, Hephirs- 
tionem, Herodotum, Xenophontem et 
^Eschyium (Harling, 1728, in-8° . Deux 
ans plus tard, les Lectionum gra'carum 
libri duo, in quibus gnecorum BCripta 
passim illustrantur atque castigantur, 
in primis Hesyehii, Arati, Theonis, Op- 
piani et Appolonii Rhodii (La Haye, 
1730, in-8^, vinrent confirmer la haute 
opinion que les érudits avaient conçue du 
jeune critique. Un savant commentaire, 
De Dits r.xzizzv.^ sive adsessoribus et 
conjunctis, publié à La Haye, 1732, 
in-8°, et inséré plus tard dans le II e vol. 
du Not. supplément, ad Thés. Gnevii 
etGronovii, accrut encore sa réputation. 
Si la faiblesse de sa poitrine le lui eut 
permis, il se fût voué, comme son père, 
au ministère évangélique ; mais sa santé 
délicate s'opposant à son inclination, il 
se décida pour l'étude de la jurispru- 
dence. Dès le 9 oct. 1734, il soutint, sous 
la présidence d'Abraham Wieling, une 
thèse De jure servorum apud Romanes 



(Franek. 1734, in-4°; réimpr. Leeu- 
ward. 1744, in-4°). et quelques mois 
après, il fut autorisé à ouvrir un cours 
particulier de droit. 11 justifia bientôt 
cette faveur par la publication de ses 
Variarum conjecturarum libri duo, in 
quibus plurima juris civilis aliorumque 
auctorum loca emendantur et explican- 
tur (Franek. 1738, in -4°; réimprimé 
sous un nouveau titre à Leeuw. 17 ii, 
in-4°). Cet ouvrage fut suivi d'une dis- 
sertation De Us qui prefii participandi 
causa sese venundari pa tiuntur |F ranek. 
1739. in-4°: nouv. édit. revue. Leeuw. 
174i, in-4°). Ces écrits désignaient d'Ar- 
naud pour la première chaire vacante ; 
aussi lorsque Wieling fut appelé à 
Leyde, lui offrit-on la place de son an- 
cien professeur; mais la mort ne lui 
laissa pas même le temps d'en prendre 
possession. Il mourut le 1 er juin 1740. 
Aux ouvrages que nous avons cités, 
nous devons ajouter des Obsertationcs 
in Alciphronem et in Euripidem, insé- 
rées dans les vol. IV, V et VI des Ob- 
servât, miscell., et les Vitx Scœcola- 
rum, publiées à Utrecht. 1767. in-*°, 
par Arntzenius, ouvrage faible auquel 
il n'avait pas mis la dernière main. — 
Un G. d'Arnaud était encore en 1770 
IV, 540 a ancien à Cassel. 

3-2. ARNAUD (Jacques), capitaine 
d'infanterie, v. 1640 1 \ ' , 2 1 T fc] . — (Jac- 
ques, receveur général à Menin (Flan- 
dre.), ibid. — (Pierre), sieur de La Canti- 
nière, 1648 [VIII, 323 b].— (Jean), ré- 
fugié en Angleterre v. 1686 [V, 127 a]. 

— ( ), ancien à Durfort, 1679 [IX, 

352 ft]. — Charles), de La Mothe en 
Dauphiné, étud. à Genève, 1720. 

1 . ARX AU DEAU (du mariagede Lau- 
rent), avec Suzanne Chaperon, béni au 
temple de La Rochelle en 158Ô, naquirent 
Jehan, baptisé le 3 septembre 1685, qui 
eut pour parrain Jehan Gendrault , d'une 
vieille famille municipale et Ozée, baptisé 
le 31 janvier 1588. qui eut pour parrain 
Louis Berne, pair du corps de ville. Ces 
diverses familles ont persisté dans la 
profession de la foi évangélique, et la 
révocation de ledit de Nantes les a 
chassées de La Rochelle. (Rjchemond.) 

2. ARNAUDEAU (Claude), fils de 
Claude, notaire à Niort, naquit dans 
cette ville en 1631. Il fit ses études à 



379 



AltNAUDEAU — ARNOl 



380 



Saumur [IV, 513 b; VI, 311 b] et il était 
pasteur àLusignan en 1659. Il y mourut 
vers la un de 1682 (Lièvre III, 297). Sa 
fille Claude-Louise, épousa /. de Beau- 
sobre [II, 123 b]. — MM. Haag écrivent, 
à tort, dans ce dernier passage Arnau- 
dot et dans les deux autres ArnaudeZ. 

ARNAUDET, de Bellocq (B.-Pyr.) ; 
ses deux fils cadets poursuivis comme 
protestants par arrêt du parlem. de Pau, 
20 oct. 175(1. 

ARNAUDIN (Jacques}, chirurgien, 
réfugié de Maronnes, naturalisé anglais, 
15 avril 1687. — (Anne), de Marennes, 
4 l ans, assistée à Londres, 1702. — (Ju- 
dith), de Marennes, 40 ans, veuve avec 
deux petits enfants, id. 1705. — (Made- 
leine), et deux enfants, id. 1721. — 
(Anne-Marie), enfermée au couvent de 
Notre-Dame de Saintes, 1728. 

Arnaudie (l'), variante du nom de ha 
lienaudie, fournie par des titres péri- 
gourdins du XV e siècle (Archives des 
Basses-Pvr. E, 850). 

ARNAUD Y (Anne d"), 1614 [VI, 

m i)]. 

AR1SAUDON ou Amodon (la veuve), 
de Serres en Dauphiné, 1690 ; — (Jean), 
de Vennes en Dauphiné, allant en Alle- 
magne, 1700; — (Daniel), de Vennes, 
allant en Allemagne avec sa mère aveu- 
gle, 1708. — (la veuve), du Dauphiné, 
avec trois enfants, allant en Allemagne, 
1709; assistés à Genève. 

ARNES (d'), capitaine, 1572 [III, 
400 b]. 

ARNIF, famille protestante d'Aulas 
(Gard), aujourd'hui éteinte. 

I. Honorable et discre-t homme Pierre 
Arnif, marchand d'Aulas, est le pre- 
mier de son nom qui ligure dans les re- 
gistres de l'église d'Aulas. Il eut trois en- 
fants : 1° Jacques, qui suit; 2° Philippe, 
bachelier; 3° Framboise, qui était en 
1550 femme de noble Guillaume de La 
Court. 

II. Noble Jacques Arnif, s r de Roque- 
sedal, mort entre 1566 et 1580, épousa 
damoyselle Françoise Serre, lille de no- 
ble Guidon Serre, s 1 ' de Fromental, la- 
quelle testa le 6 mai 1618. Il en eut : 
1° Jacques, qui suit; 2° Elisaiseth, ma- 
riée le 19 déc. 1580, avec noble Fi$Ji- 
çois Beaoiat, du Caylou, de Bréau ; 
3° Autre Eusahetii, mariée l" le 30 août 



1592 avec Jacques Baudon, 2° avant 1618 
avec Estienne Cabanis. 

III. Jacques d' Arnif, s r de Roquese- 
dal, consul d'Aulas en 1595, épousa le 
1 février 1592 An thoinette de LaValetie, 
fille du s r de Cassanas. Il mourut le 22 
août 1621, laissant : 1° Jacques d' Arnif, 
s 1- de Roquesedal; 2° Jean, qui suit; 
3° Marc d' Arnif, s 1- de Peyrelade; 4° Ca- 
therine, vivant en 1621 ; 5" Anne, épousa 
le 10 déc. 1624 Jehan Aldebert, d'Aulas, 
et testa veuve le 26 août 1639 ; 6° Claude, 
née le 18 avril 1613, épousa Lois Pognet, 
fils de Lois et de Sarah de Quatre/âges. 
Elle était veuve en 1652; 7° Anthoi- 
nette, née le 24 avril 1617 ; 8° Françoise, 
née le 16 janv. 1621, épousa le 17 nov. 
1639 Philippe Fabri, notaire royal de 
Cornus, dioc. de Vabres. 

IV. Jean d'Arnif, s r de Roquesedal, 
consul d'Aulas en 1628, épousa d lle Gi- 
leite de Combes, et mourut le 31 déc. 
1675, laissant: 1° Thomasse; 2° Gilette; 
3° Hannibal ; 4° Pierre, qui tous abjurè- 
rent à la Révocation. 

IV b. Marc d'Arnif, s r de Peyrelade, 
3 e fils de Jacques et d'Antoinette de La 
Valette , fut consul d'Aulas en 1612, et 
mourut le 21 juin 1670, laissant de son 
mariage avec Thomasse de Caladon : 
1° Jean; 2° Susanne, 3° Françoise; 
4° Marguerite ; 5° Isabeau ; 6° Philippe ; 
7° Jacques. 

V. Jean d'Arnif, s r de Peyrelade, fils 
aîné du précédent, né le 24 juin 1644, et 
marié en 1671 avec d 1Je Louise de Ca- 
ladon. Les d'Arnif de Peyrelade abjurè- 
rent comme ceux de Roquesedal et à la 
môme époque. (Teissier.) 

Papiers de la famille Quatrefages du Fese, chez M. P. 
Cazalis de l'oiulouce. — Registres de l'église d'Aulas. — 
Compte des consuls à la mairie d'Aulas. 

ARNOU ((Jonathan h), sieur de Yau- 
mondois, figure au registre des réformés 
de Pons enSaintonge, XVII e siècle. 

ARNOUD, Arnoulu, Arnout, Ar- 
nou.v, et autres formes dérivées lïArnol- 
dus, comme on a vu plus haut, aux ar- 
ticles Arnal et Arnaud, celles d'Arual- 
dus. 

Thon// Arnous, de Beaucaire, reçu 
babiLaut de Genève, 27 juill. 1556. — 
Aiithouic Arnoull, « de la ville de Mel- 
g»er, dioc. de Montpellier, » id. 7 déc. 
I55li. - Arm.'ii/, ministre du sieur de 






381 



ARNOU — AROXDEL 



382 



.Serres, 1996 flX. 134 au — André Ar- 
nold, de S. -Simon en Âunis, vers 1648 
[III. 33-2 b]. — André et Abraham Ar~ 
noult, naturalisés anglais, 8 mars 
— Plusieurs autres familles de ce nom, 
originaires de Generac en Languedoc, 
de Courcelles au pays Messin, de Ste- 
Croix, Chdtel et Fressinière en Dauphiné, 
s'établissent, de 1692 à 1702, à Berlin, 
•1 et Magdebourg. 

ARXOUX. pasteur à Besse en Dau- 
phiné, IGCO. — « Le procès contre Fran- 
çois Arnoux et Catherine Bouv; 
femme iau parlem. de Grenoble] est fait 
ra poursuivi jusqu'à la torture : ■ 
20 mars 1686 Bull. VII, 137;. — (la 
veuve de François) et son fils, d'Embrun, 
réfugiés et assistés à Genève, 17ul. — 
Arnoux, d'Embrun. 1704 ; —autre 
Xoël. du Buis en Dauphiné, 1766; — 
deux frères Arnoux, de Montmeyran en 
Dauphiné, 1707; réfugiés et assistée à 
Genève. — Reçus babitants de Genève : 
Etienne Arnoux, fils de feu Jean, de 
Quint en Dauphiné. 1700; PaulArnoul, 
fils de feu Antoine, de Montmeran, 1710 ; 
Jérôme Arnaud, fils deCharles.de Mon- 
télimart. 1718; Antoine Arnouz, fils de 
feu David, de Xyons en Dauphiné, de- 
meurant à Genève depuis 1 S tpaa et in- 
specteur des cardeurs de soie à l'hôpital, 
1724; François Arnoud, fils de feu An- 
dré, de Moulin en Poitou, tisserand, reçu 
habitant de Genève, 1734; Pierre Ar- 
noux, fils de Pierre, de Gayols en Dau- 
phiné, 1743. 

ARXOUL et Arnoclt: famille figu- 
rant sur les registres protestants de La 
Rochelle, à partir de 1604. Le i 1 » août, 
fut baptisé Jacques, fils de Daniel Ai - 
noul et de Judith Dolla. Le 22 oct. 
1(08, id. Daniel, fils de Daniel et de Ju- 
dith Daule.— En 1684, Antoine Arnnul 
épousa Catherine Rousselet, dont un fils 
François, baptisé le 10 juillet 1635. — 
(Jean), La Rochelle. W64 V.127 b\— 
Un des plus ardents persécuteurs des 
huguenots porte le nom de cette famille, 
sans lui appartenir autrement que par 
l'homonymie; c'est Pierre Arnoub 
gneur de Vaucresson et de La Tour, in- 
tendant de la marine du Ponant. iRi- 

CHEMO 

ARXnl'L Guillaume, aalérien en 
171:; V 



ARXOLLLET ;Balthasar), libraire 
à Vienne vers 15Ô0 [IX. . 

ARXOYE (Charlotte d'), 1609 "II. 
199 b]. — (Antoinette à), 1649 ,'IX. 
147 hi 

AROLES (Antoine d), ancien de Fi- 
geac, 1594 [II, 183 b; X. 21.V. 

ARUMBEL J u:.j it;s, notaire à Puy- 
laurens, consul de cette ville en 1031 et 
1049. 

AROX; Bédarieux. 1685 III. > 
(Marie,, de S.-Vincent en Dauphiné, 
assistée à Genève. 1 î 

ARuXDEAU Pierre;, né dans 1 An- 
goumois, s était établi à La Rochelle, en 
et y exerçait le métier de colpor- 
teur. On le soupçonna de fréquenter 
-emblées des hérétiques. Pour s'en 
assurer, des prêtres l'abordèrent un jour 
et lui demandèrent où il allaita lan. 
Arondeauleur répondit qu'il n'\ étaitque 
trop allé à son grand regret, mais que, 
Dieu lui ayant ouvert les yeux par sa 
sainte parole, il savait maintenant que 
la messe est une abomination inventée 
par Satan. Il fut à l'instant dénoncé et 
le lieutenant criminel le décréta de prise 
de corps. Quoique averti du danger qui 
le menaçait, Arondeau refusa de fuir. 
Sur les instances de ses amis, il consen- 
tement à interjeter appel de la 
qui le condamna à mort. Le lieute- 
nant criminel l'envoya en conséquence 
à Paris sous bonne Après plu- 

sieurs mois de détention à la Concier- 
gerie. Arondeau en fut tiré !e \~> nov., et 
conduit sur la place de Grève où il fut 
brûlé vif, conformément à l'arrêt du parle- 
ment confirmatif de la sentence du lieu- 
tenant criminel de I^a Rochelle. Il souf- 
frit le supplice avec une constance digne 
des premiers martyrs de l'Eglise. (Hjulg.j 

ARONDEL Madeleine], veuve du 
peintre Bunel. morte à Paris en 1637 
{Bull. XII. 288). — Pierre Arondelle, 
mercier à Montargis, reçu habitant de 
Genève, 8 janv. l.")73. 

AROXDEL (Christophe d;, seiizneur 
de La Lande, marié à Marguerite Bon- 
net, dame de Sançay, en eut une fille, 
Renée, présentée au baptême au temple 
de I.rft Rochelle par le prince René de Ro- 
han et Ma/yuerite de Beaumont , 15 oct. 
= Armes : De gueules au lion 
d'argent. 



383 



AROTIS — ARPAJON 



384 



AROTIS, d'Orthez(ou peut-être d'Ar- 
rot), vieillard âgé de plus de 80 ans, noyé 
par ordre de Tarride et de ceux qui avec 
lui s'étaient retirés à Orthez, « pour ce 
qu'il estoit de la religion réformée et 
avoit un fils dedans Navarrens ; et d'au- 
tant qu'il s'eflbrçoit de sortir de la ri- 
vière, le firent tuer parharquebusades,» 
1569 (Bordenave, p. 262). 

AROUE (Tristan et Charles d'), gen- 
tilshommes béarnais [II, 168 a et b]. 

AROUIIET (Jacques), condamné à 
mort; Bordeaux, 1569 [II, 415 b]. — 
Jacques Arrouhet, conseiller au siège 
présidial de Saintes et Nicolle Mipin, sa 
femme, oct. 1570 (Regist. de Saintes). 

Arpaill argues, voy. Barge ton. 

ARPAJON (Les vicomtes d'), marquis 
en 1720, illustre maison languedocienne, 
une des plus anciennes de France [Haag, 
I ; 130] . = Armes : D'argent à quatre pals 
de gueules, qui est Séverac. 

Antoine, fils de René d'Arpajon, sei- 
gneur de Séverac, et de Géraude du Prat, 
fille du célèbre chancelier de François I er , 
donna de bonne heure des preuves de 
son zèle pour la propagation et la défense 
de la foi protestante. En 1561, le synode 
de Villcfranche le pria de prendre sous 
sa protection les églises du Rouergue. 
Quelques mois après, Arpajon alla re- 
joindre Condé qui venait de s'emparer 
d'Orléans ; mais ce prince, connaissant 
l'influence qu'il exerçait dans sa pro- 
vince, ne tarda pas à le renvoyer dans le 
Midi avec ordre d'y lever de nouvelles 
troupes. Tandis qu'il s'occupait de ce 
soin, les protestants de Toulouse dépu- 
tèrent le baron de Lanla à Condé pour 
lui communiquer le projet qu'ils avaient 
conçu de se rendre maîtres de la ville et 
lui demander de les appuyer. Condé pro- 
mit. Le vicomte d'Arpajon qui avait ras- 
semblé un corps de douze cents hommes 
dans les environs de Montauban, reçut 
en conséquence l'ordre de se porter sur 
Toulouse; mais comme il mettait peu 
d'empressement à exécuter ce mouve- 
ment, plusieurs des seigneurs qui s'é- 
taient joints à lui, perdant patience, 
partirent sans l'attendre. Malheureuse- 
ment ils tombèrent entre les mains des 
catholiques, et n'obtinrent leur liberté 
que sous la promesse de ne plus porter 
les armes durant toute cette guerre. Un 



d'entre eux, le seigneur de S .-Lèophaire , 
ne se contenta pas de tenir la parole 
donnée, il passa dans le camp ennemi. 
Les historiens n'expliquent pas claire- 
ment le motif des lenteurs d'Arpajon. 
Bèze semble l'accuser de mauvaise vo- 
lonté, ou tout au moins de négligence ; 
d'Aubigné, au contraire, attribuait ses 
retards aux faux avis qu'il recevait de 
Saux. Quoi qu'il en soit, il perdit un 
temps précieux, et lorsqu'il se mit en 
route, il trouva les chemins gardés. 
Craignant avec raison que ses nouvelles 
levées ne pussent soutenir en rase cam- 
pagne le choc des soldats aguerris de 
Monluc, il prit le parti de retourner à 
Montauban. Cette ville se vit bientôt 
après menacée d'un siège. Ne la jugeant 
pas capable de défense, il proposa de 
l'abandonner et d'aller tous rejoindre 
Condé ; mais les consuls lui ayant fait 
sentir l'impossibilité pour une population 
de délaisser ainsi ses foyers, ilfut décidé 
que de La Tour et Rapin resteraient 
dans la place, tandis que Arpajon, Mar- 
chastel et Montledier iraient chercher 
des renforts dans l'Auenois [III, 213 a; 
VI, 15 a, 62 b; VII,°39i a; IX, 93 a, 
196 a, 503 b]. 

Cette province avait été placée par le 
synode de Ste-Foy sous le commande- 
ment du sieur de Mesmy, qui jouissait 
d'une grande influence dans le Périgord. 
C'était lui qui en apprenant l'arrestation 
de Condé et du roi de Navarre, avait dé- 
cidé les protestants des provinces de 
l'Ouest à prendre les armes, sinon pour 
les délivrer, au moins pour vendre chère- 
ment leur vie. Le synode de Villeneuve 
l'avait confirmé dans cette charge im- 
portante, qui demandait plus que du zèle 
dans les circonstances présentes. Etran- 
ger au métier des armes, de Mesmy 
était assurément un trop faible adver- 
saire pour Monluc. Arpajon le comprit, 
et plutôt que de rester spectateur de 
fautes qu'il ne pouvait empêcher, il re- 
tourna auprès de Condé. Peu de temps 
après, il fut tué à la bataille de Dreux. 

Comme il ne laissait point d'enfants, 
ses titres et ses biens passèrent à son 
oncle, Jacquks, qui soutint dignement la 
réputation que son neveu s'était acquise 
moins par ses talents guerriers que pat- 
son caractère. Lorsque la guerre éclata 



385 



ARPAJON — ARRAC 



386 



de nouveau, en 1567, Jacques d'Arpajon 
se joignit à l'année des vicomtes avec 
un corps de troupes levé dans le Rouer- 
eue, et l'accompagna dans sa marche 
hardie à travers presque toute la France 
IV, 18 b, 134 a, 481 b; V, 397J. Après 
la signature de la paix sous les murs de 
Chartres, il retourna dans ses terres; 
mais Catherine de Médicis, en forçant 
Condé à reprendre les armes, ralluma 
bientôt la guerre civile. Les habitants de 
Castres confièrent à Arpajon un des 
quatre régiments qu'ils avaient levés 
pour le service de la cause, et qu'ils mi- 
rent avec empressement aux ordres de 
Montgommery pour recouvrer le Béarn. 
Cette rapide expédition terminée , les 
vicomtes retournèrent à Castres, et s'oc- 
cupèrent de réduire les villes voisines 
tenues par les catholiques. Dans une de 
ces entreprises dirigée contre Montech, 
Jacques d'Arpajon reçut une blessure 
mortelle, le 1 er mai 1569. Sa mort en- 
gagea les assiégeants à se retirer. 

Il avait eu de Charlotte de Castelper s \ 
de la maison de Panât [III. "243 b], deux 
fils appelés Jean et Charles. Jean, qui 
avait été nommé, en 1568. capitaine 
d'une compagnie de cavalerie et qui avait 
fait vraisemblablement la campagne du 
Béarn avec son père, continua de servir 
la cause de la Réforme et plus tard celle 
de Henri IV avec autant de fidélité que 
de valeur. Ce prince lui confia, en 1592, 
le gouvernement du Rouergue. Jean de 
Valette, qu'il avait remplacé, ayant été 
rétabli en 1594, Arpajon rejoignit le roi 
qui se préparait à chasser les Espagnols 
de Ham. Il reçut à ce siège une blessure 
des suites de laquelle il parait être mort 
peu de temps après. Il eut pour héritier 
son frère Charles qui ne nous est connu 
que par un trait d'autant plus honorable 
pour lui que, mèmeàcette époque, beau- 
coup se montraient moins scrupuleux. 
Le roi Henri III voulut le comprendre 
dans une promotion de l'ordre du Saint- 
Esprit : mais comme il ne pouvait ache- 
ter cet honneur qu'au prix d'une abjura- 
tion, il le refusa. Il eut de sa femme, 
Françoise de Montai, fille d'honneur de 
Catherine de Médicis, plusieurs enfants, 
entre autres Jean d'Arpajon qui ne sut 
pas résister, comme son père, aux sé- 
ductions de la cour. Ce qui nous le 



prouve, c'est que plusieurs de ses en- 
fants entrèrent dans les ordres, et qu'un 
autre, du nom de Louis, combattit con- 
tre les protestants au siège de Montau- 
ban en 1621. Cette illustre famille, qu 
tirait son origine des comtes de Tou- 
louse, et par son alliance avec celle de 
Séverac, des rois d'Aragon, s'est éteinte 
en 1736 en la personnede Louis, marquis 
d'Arpajon, lieutenant général et gouver- 
neur de Berry. — [ Voy. encore H, 253 b.] 

ARPAJON de Broqciés ,'d' , famille 
languedocienne distincte de la précé- 
dente. — (Samuel d) maria sa fille PA//£- 
berte, en 1633, à Jacques Launai, bailli 
de Gevaudan [VI, 427 a\ et à l'époque 
de la Révocation, Eléonore d'Arpajon, 
femme de Pierre de Montcalm, conseil- 
ler au parlem. de Toulouse, se réfugia à 
Genève où elle mourut en 1705 [VII, 
462 bj. C'est peut-être de cette famille 
que proviennent les armes d'Arpajon 
parlantes inscrites dans quelques armo- 
riaux : De gueules à la harpe d'or. 

ARPENTIGNY le sieur d'), 1649 [TV, 
356 a, note]. 

ARPENTIS (Louis, sieur des) , v. 1570 
[Vil, 395 a]. 

ARPIN Durand), fils de feu Guide, 
de Lyon, reçu bourgeois de Genève, 
7 sept. 1596. 

ARQUAIS ou Arquel (Pierre), pei- 
gneur de laine, réfugié avec sa femme 
et trois enfants à Magdebourg, 1700. 

ARQUEMBOURG (Charles de), a na- 
tif/ de la ville de Arraz, » reçu habitant 
de Genève, 2 mai 1" 

ARQUEVAI I.\ Laubsss d), dra- 
pier, « natif de Meaulx en Brie, » reçu 
habitant de Genève, li nov. 1558. — 
Svmon d' Orque vault, foulon, de Meaux, 
id. 1559. 

ARQU1ER (le capitaine Axmbal), de 
Manosque )X, 47 1|, supplicié vivant, en 
1562. (Nous n'oserions dire de quel sup- 
plice. Voir la liste des massacres de Pro- 
vence dans YHist. ecclès. de Théod. de 
Bèze et dans Crespin). — (L.), pasteur 
à Montauban, 1592. — (Jean), de Mon- 
tauban, secouru à Genève pour gagner 
l'Allemagne, 1705. 

ARRAC ^Bertrand d'), ministre à Au- 
daux, puis à Gan, place son frère Jean 
apprenti chez Jusan, a soldat et maitre 
tailleur et chaussetier à Navarrenx, » 

i. 13 



387 



AHIiAC — ARHIGRAND 



1565; achète un pré à Audaux, 1572; 
donne quittance à sa sœur Domenge 
d'Arrac, 1586. 11 avait un autre frère, 
Arnaud (Arch. des B.-Pyr.). 

ARRACHE (Marie), veuve, assistée 
à Londres, 1702. 

ARRAGON (André), « facturier de 
bas, » du Languedoc, réfugié avec sa 
femme et trois enfants à la Villeneuve 
en Prusse, 1698. 

ARRAGUE (Louise), fille des Céven- 
nes (Vigan), réfugiée à Magdebourg, 
1700. 

ARRAS (Mathurin d'), « natifz de 
Beauvays en Beuvaisin, sargier, » reçu 
habitant de Genève, 8 mai 1559. — (An- 
toine d'), boursier au collège d'Orthez, 
1609. 

ARRAULT, nom d'une famille de 
l'Orléanais, que les scribes du XVI e siè- 
cle ont souvent écrit Arraut, Araut, 
Arraud, Arrot, Aro, etc. Plusieurs de 
ses membres durent quitter la France 
pour échapper aux persécutions reli- 
gieuses. — (Pernette ou Perrettè), « de 
la paroisse de Notre-Dame d'Ormes, » 
née en 1515, femme, vers 1543, de Guil- 
laume Bordxer, de Ghanteau, avec le- 
quel elle se retira d'abord à Londres 
(1551), puis à Genève (1554). Elle mou- 
rut dans cette ville le 10 mai 1570. — 
(Paquière ou Paquette), « de la paroisse 
de Bucy-S.-Liphard, » femme en pre- 
mières noces de Mathurin Periguet, de 
Gidy, réfugié à Genève, et en secondes 
noces (1570), de Claude Vernet, bour- 
geois de Genève; morte le 20 déc. 1589, 
âgée de 60 ans. — (Symphorien), d'Or- 
léans, sergier, reçu habitant de Genève 
6 août 1554. — (Jacques), « natifz de 
Notre-Dame d'Ormes prez d'Orléans, » 
reçu id. 11 juillet 1558. — {Jean, le 
jeune), sergier et taffetatier, reçu id. le 
même jour, marié le 18 sept. 1558 avec 
No'êle Langlois, d'Orléans, dont il eut 
Marie, bapt. 13 déc. 1559. — (Jean, 
l'aîné), « d Ingrô en Beauce, » comme 
le précéd., reçu id. 19 juin 1559, épousa 
le 23 oct. suivant Leone Vallée, de Givrai- 
nes en Gàtinais, veuve de Jean Guyot. 

Ces six réfugiés du nom à'Arrault 
étaient frères et sœurs. Il est probable 
qu'une parenté tout aussi étroite les 
unissait à Etienne Jrrault, sergier et 
taffetatier, « d'auprès d'Orléans, » reçu 



habitant à Genève le 26 juin 1554 (à cette 
occasion le regislre l'appelle par erreur 1 
Aioud), et qui y prit pour femme, le 22 
juillet de la même année , Guillauma, 
fille d'Odry Macheré de Fontainevive. 
C'est sans doute le même « Etienne Ar- 
rau, sargier, » rentré en France, qui, au 
rapport de Crespin, fut massacré à Or- 
léans en 1569 avec sa femme enceinte 
[IX, 401 b, note]. — Symphorien, Jac- 
ques et les deux Jean Arrault parais- 
sent également avoir profité de ledit de 
janvier 1562 pour revenir dans leur pa- 
trie. On trouve ce Symphorien établi en 
1586 à Orléans, et en 1593 à Jargeau. A 
Genève, il avait eu de sa femme Martine, 
Sellier un fils, Daniel, baptisé le 3 jan- 
vier 1554. 

Peu après la S.-Barthélemy, un autre 
Symphorien Arau, d'Orléans, fut reçu 
habitant de Genève le 14 oct. 1572; la 
requête qu'il présenta à cet effet avait 
été appuyée par Nicolas Bordier, fils 
du Guillaume susdit. Enfin Jean Araud, 
« jadis procureur du roi à Bois-Commun 
près Orléans, » fut aussi admis à l'ha- 
bitation de Genève le 2 novembre 1573. 
(Dufour.) 

Arre (le baron p'j.Voy, Du Vigneau. 

ARRECHE (Laurence d'), naturalisée 
anglaise, 18 nov. 1687. 

ÀRRIBAT (Susanne), femme du pas- 
teur Jean Daillé, morte à Paris en 1631. 

Arrieu, voy. Lajus. 

ARRIGAUD (Éltsareth d'), veuve de 
Jacques d'Arros, seigneur de Louvie, 
puis de Pierre de Lavedan, seigneur de 
Monblanc, teste à Jurançon, 1594, as- 
sistée d'Archambaud de Colomiès, minis- 
tre du lieu (Archives des B.-Pvr. E, 201 3) . 

ARRIGRAND (d'), nom de plusieurs 
jurats d'Orthez au XVI e s. — (...), mi- 
nistre dans le Vic-Bilh (B.-Pyr.) en 1 64 i ; 
syndic du colloque du Vic-Bilh, 1649.— 
(Isaacd'), ministre, peut-être le même que 
le précéd., assiste au mariage ci-dessous 
coté, du 11 avril 1680.— (Bernard d'), fils 
d'Isaac, et ministre à Maslacq, épouse 
Marguerite , sœur de Jacques de Vis- 

■ 

1 Cette erreur est à noter. Elle montre que quelque- 
fois les secrétaires de la chancellerie genevoise inscri- 
vaient les_ réfugiés sur la production de paniers que 
ceux-ci présentaient, tandis que le plus souvent c'était 
sur la dictée des parties qu'ils se livraient a ces défor- 
mations de noms qui remplissent nos pages, et qui, 
selon nous, ont un certain intérêt philologique. 



389 



ARRIGRAND — ARROS 



390 



pâlie, s r de Crouzeilles (0,000 liv.de dot, 
plus 750 pour ameublement), à Orthez, 
9 nov. 1676. Le même assiste au ma- 
riage d'Isabeau de Vispalie, sa belle- 
sœur, avec Joseph du Pont, 11 avril 
1680 (Arch. des B.-Pyr. E, 1 -258,59). 
— Le document que nous avons cité 
déjà, intitulé « Liste des protestants qui 
souffrent sur les galères : 9 sept. 1711, » 
contient l'article suivant : « Monsieur 
d'Arrigran, ministre de l'église de Mar- 
lacq dans la province de Béarn, étant 
embarqué à Bayonne pour obéir à ledit 
du Roy qui révoquoit celui de Nantes et 
qui banissoit tous les pasteurs, il fut ar- 
rêté par ordre de M r Foucaut intendant 
de Bearn, sans que ledit sieur d'Arri- 
gran en ait jamais sou le prétexte. Il fut 
envoyé à la citadelle de St Jean de Pié- 
de-Port, et mis dans un cachot où il resta 
deux ans ; pendant lequel temps il souf- 
frit un traitement si cruel, qu'il en eut 
l'esprit affaibli. Il y contracta une mala- 
die dont il n'est pas encore revenu. On 
supposa pour le faire sortir de sa prison, 
qu'il avoit abjuré sa religion; ce qu'il a 
protesté de n'avoir pas fait, ou de ne 
s'en souvenir point. Il demeura dans sa 
maison jusqu'à la paix de Risivick, sans 
avoir jamais fait aucun acte de la reli- 
gion romaine. Et vers l'année 1698, il 
fut relégué à Lescar petite ville de 
Béarn, après avoir subi un interroga- 
toire par devant un conseiller du parle- 
ment de Pau, dans lequel il protesta 
qu'il n'avoit point abjuré, et qu'il vou- 
loit vivre et mourir dans la religion ré- 
formée. On ne sait pas précisément si 
ce pasteur a été renvoyé chez lui, ou s'il 
n'est point mort depuis quelque temps. 
Mais s'il vit encore, il est très digne 
d'être mis en liberté. Sa femme et ses 
enfants furent aussi retenus lors de sa 
détention et doivent jouir de la liberté 
de sortir selon l'édit d'octobre 1685. » 
— Jeanne Arigrand, assistée à Londres, 
1721. — = Armes : De gueules fretté 
d'or à la fasce de vair. brochante. 

ARRIOLAT; • Arriolatus génère 
Aquitanus, » étudiant à Genève, 1567. 
Voy. ci-dessus Armen. — Pierre Ar- 
riula, ministre en Béarn (Arch. des B.- 
Pyr. B, 316) en 1610. 

ARRIPE (Guicharnaud d'\ diacre à 
Bielle en 1627 (ibid. B, 3731). 



ARROQUÈRES (Daniel d',\ seigneur 
d'Aurit , cousin de J.-P. de Lescan, 
1649 ((tWA E, 1310). 

1 . ARROS (d') . maison célèbre, une des 
douze baronnies du Béarn, située près la 
petite ville de Nay (B.-Pyr.) = Armes : 
De sable à la bande d'argent chargée 
de trois molettes d'éperon, de gueules. 

2. Déjà au commencement du règne de 
François I er , un baron François d'Arros, 
dans le désastre de Pavie (1524), s'était 
distingué par le courage avec lequel il 
avait affronté tout danger pour rendre la 
liberté à son maître Henri 11, roi de 
Navarre, compagnon de captivité du roi 
de France. (Bordenave, p. 30.) 

3. Au temps des guerres de religion, le 
titulaire de la baronnie était Bernard 
d'Arros, l'un dos plus tidèles soldats 
de Jeanne d'Albret [Haas 1, 132. — 
Vov. encore 1, 49 a, 1 \\ a. 192 b, 19 1 b: 
II, 500 b; IV. 556 a; VIII, 144 a; et ci- 
dessus col. 105, 111]. 

Jeanne lui accordait une confiance 
sans bornes. Ce fut lui qu'elle chargea 
do faire échouer les projets de la cour 
de Franco sur ses Etats, mission d'au- 
tant plus délicate, qu'elle désirait sauver 
les apparences et éviter de blesser le roi 
do France par une opposition directe. 
D'Arros. pour mieux pénétrer b - 
crots du parti français, feignit d'abord 
d'entrer dans ses vues; mais dès qu'il 
fut initié, il se hâta d'assembler le con- 
seil avec toute la noblesse de la Na- 
varre et du Béarn. et leur dévoilant les 
intentions du roi de France, il leur pei- 
gnit sous des couleurs si vives la honte 
dont ils se couvriraient s'ils se prêtaient 
à la spoliation de leur dame, qu'un cri 
d'indignation sortit de tous les cœurs et 
que. d'une voix unanime, ils jurèrent de 
mourir les armes à la main plutôt que 
d'accepter une domination étrangère. 
L'enthousiasme de l'assemblée se com- 
muniqua rapidement à tout le peuple, en 
sorte que la cour de France comprit 
qu'il lui fallait ajourner ses projets ; mais 
elle se vengea on privant la maison de 
Bourbon de toutes ses charges pour éle- 
ver à ses dépens les Guises, et elle at- 
tendit une meilleure occasion. En 1566, 
le parti catholique navarrais, qui était 
aussi le parti de la politique espagnole, 
prit les armes ; mais la révolte fut promp- 



394 



ARROS 



392 



tement étouffée. La clémence dont usa la 
reine, n'empêcha pas de nouveaux sou- 
lèvements , toujours appuyés par la 
France et l'Espagne, et toujours com- 
primés. Un des plus redoutables fut ce- 
lui de 1569. A cette époque, Jeanne 
était allée rejoindre le prince de Condé à 
La Rochelle, en nommant pour lieute- 
nants généraux dans ses Etats les barons 
d'Arros et de Montamat. Sitôt que le 
fidèle d'Arros apprit que Charles IX 
avait donné l'ordre au baron de Luxe de 
se saisir de la Navarre et du Béarn, il 
convoqua les Etats à Pau et prit, de con- 
cert avec eux, toutes les mesures néces- 
saires pour la défense du pays. On leva 
douze compagnies d'infanterie, dont on 
nomma colonel ce même Bassillon, qui, 
devenu plus tard suspect, tomba sous 
les coups de La Mothe-Pujol et de Mar- 
chastel. Cependant l'approche de Ter- 
ride (ou Tarride) avec une force imposante 
et la révolte de presque toute la popula- 
tion catholique convainquirent d'Arros 
de l'inutilité de ses efforts pour s'oppo- 
ser à l'invasion du Béarn. Orthez, Sau- 
ve terre, Bellocq, Morlane, Conchez, Ar- 
zac, Nay, tombèrent successivement au 
pouvoir des factieux, qui y commirent 
d'effroyables excès. Laissant au conseil 
souverain le soin de la défense de Pau, 
il alla s'enfermer lui-même dans Navar- 
renx qui, avec ses hautes murailles flan- 
quées de quatre bastions, était regardé 
comme la plus forte place du pays. Il y 
fut suivi par Montamat, Bassillon, Po- 
queron, de Salles, François de Navail- 
les, Henri d'Albret-Miossens; par les 
capitaines Moret , Cortade , Brassa- 
lay, Casaban, Bertrand d'Espalungue, 
Gratien de Lurbe et les deux La Mo- 
the; par les enseignes Pierre Rey (ou 
Roy), le baron d'Arros, son fils, Hi- 
guères, Amou, Arance, Bassillac, Ara- 
mits, le capitaine d'Arros, son second 
fils ; par l'avocat Pierre d'Arbusio, le 
ministre Lalanne, les sieurs de Laffile, 
d'Yssy, de Baure, par Lomagne frère 
de Terride, par Du Frexo , La Pierre, 
le jeune Biron , les deux barons gas- 
cons de Viday et de Montblanc ; en- 
fin par Arnaud Gassion, procureur gé- 
néral au conseil souverain. Le gouver- 
nement de la place fut confié à Bassillon; 
d'Arros et son collègue se chargèrent de 



tenir autant que possible la campagne 
et d'inquiéter l'ennemi par de fréquentes 
sorties. 

Ce fut le 24 mai 1 569 que Terride ou- 
vrit le feu contre Navarrenx. Six ca- 
nons, placés sur les hauteurs deMontba- 
lon, à cinq cents pas environ des murail- 
les, dominaient toutes les parties delà ville 
et y causaient de grands ravages ; mais 
les brèches étaient à l'instant réparées 
par les vieillards, les femmes et les en- 
fants qui y travaillaient sans relâche, 
tandis que leurs fils, leurs époux et leurs 
pères combattaient sur les remparts. 
Désespérant d'emporter de vive force 
une place défendue avec tant d'héroïsme, 
Terride résolut de la réduire par la fa- 
mine, et comme tout le pays lui obéis- 
sait, il était à la veille de la forcer, lors- 
que Montgommery arriva pour la secou- 
rir avec les protestants du Languedoc, 
et contraignit les catholiques à lever le 
siège le 8 août. 

Après avoir replacé tout le Béarn et 
la Navarre sous la domination de la 
reine, et s'être assuré des principales 
places en y établissant pour gouverneurs 
des capitaines qui s'étaient signalés par 
leur fidélité et leur dévouement : de Sal- 
les à Navarrenx, le baron de Lons à 
Pau, Brassalay à Orthez, de Loubie à 
Oloron, Poqueron à Nay, Casaban à 
Lourdes, Gratien de Lurbe à Rabas- 
teins, Rosalis à Tartas, Montgommery 
remit l'autorité entre les mains de d'Ar- 
ros et de Montamat, que Jeanne con- 
firma dans leur charge de lieutenants 
généraux, les préférant à tous ceux 
que le conseil souverain put lui pro- 
poser. 

Cependant, la commotion avait été 
trop violente pour que le calme pût re- 
naître immédiatement. La nouvelle de 
la défaite de Moncontour provoqua un 
nouveau soulèvement. Les rebelles se 
saisirent de la ville de Tarbes. Mais sans 
perdre de temps , les lieutenants géné- 
raux marchèrent contre eux à grandes 
journées, les attaquèrent avec impétuo- 
sité et les taillèrent en pièces, « et Tar- 
bes, dit Olhagaray, qui s'était réjouie et 
enrichie du sac du Béarn, fut rendue 
misérable et brûlée à son tour. » Cette 
victoire, qui ne coûta que peu de monde, 
mais les capitaines La Tasie et Bougier, 



393 



ARROS 



394 



arrêta Monluc dans sa marche sur le 
Béarn. 

La publication de l'édit de Saint-Ger- 
main rendit enfin aux Etats de Jeanne 
la paix et le repos, qui ne furent que lé- 
gèrement troublés à la suite du massa- 
cre de la Saint-Barthélémy, grâce sans 
doute à la sage administration du baron 
d' Arros qui y exerçait encore une fois les 
fonctions de lieutenant général. 

Le 16 octobre 1572, Henri de Navarre, 
vaincu par les menaces de Charles IX. 
eut la faiblesse de signer un édit qui des- 
tituait son fidèle serviteur et nommait à 
sa place le comte de Gramont , en le 
chargeant de rétablir la religion catho- 
lique dans ses Etats. « Grammont, lit-on 
dans Mézeray.avoit esté envoyé en Béarn 
pour le réduire à l'ancienne religion. 
Comme il estoit dans le chasteau de Ha- 
getmau, où il assembloit la noblesse, le 
jeune baron d' Arros l'y surprit par un 
coup aussi hardy qu'on se puisse imagi- 
ner. Ce gentilhomme, porté à une si dé- 
sespérée entreprise par les exhortations 
de son père, vieillard octuagénaire et 
aveugle, entra dans le chasteau comme 
les autres gentilshommes avec dix ou 
douze déterminez, et lorsqu'il vit son 
temps, il se mit à charger sur tout ce 
qui se rencontra devant luy, tua, es- 
carta. chassa des gents estonnez, et em- 
mena Grammont prisonnier. » 

D'Aubigné, qui raconte le même fait 
d'une manière beaucoup plus détaillée, 
donneauhéroslenomd'.-/um?.«Ilyavoit, 
dit-il, un vieil seigneur nommé Auros. 
qui aïant passé 80 ans , estoit devenu 
aveugle. On lui vint annoncer comment 
Grandmont venoit avec commission de 
leur roi pour, à main armée, changer la 
condition de Béarn : et mesmes le len- 
demain il devoit arriver à Yemau sa mai- 
son où l'on faisoit de grands apresis 
pour 250 gentilshommes qu'il y ame- 
noit; en ce nombre compris tous les sei- 
gneurs catholiques du pays. Le peuple 
de Pau se mit en pleurs et prières pu« 
bliques, auxquelles cet aveugle se fit 
porter. Au retour de là, il fit appeler son 
fils, le baron d' Auros, pour lui tenir ce 
langage : Mon fils, qui t'a donné l'estre 
et ia vie? — Le baron respond : C'est 
Dieu, Monsieur, par vostre moïen. — Le 
vieillard suit : Or, ton Dieu et ton père 



te redemandent la vie qu'ils t'ont don- 
née; le premier qui la peut conserver 
parmi toutes sortes de dangers, contre 
toute apparence, et qui recevant la vie 
présente pour son service, en aune meil- 
leure en main, qui seule mérite le nom 
de vie, toute preste avec la couronne de 
gloire éternelle pour te donner. Ton père 
est ici, qui, si tu meurs, te suivra de 
près, et après avoir tesmoigné en terre 
ta vertu et ton obéissance, tesmoignera 
pour toi au ciel et au jugement de Dieu. 
Va. n'ouvre point les yeux à voir com- 
bien te suivent, car ils sont bons : n'aies 
point de yeux encore pour compter les 
ennemis, mais seulement pour les frap- 
per de mon épée que Dieu bénira en tes 
mains. — Le baron reçoit cette épée, 
une accollade et un baiser de son père, 
ne répond que d'une révérence, et va 
mettre ensemble ceux qui eurent le cou- 
rage de le suivre, qui estoient en tout 
38. Entre ceux-là lions, Adde etSarra- 
zier. Avec cela tout d'une traite s'en va 
mettre pied à terre dans la cour de Ye- 
mau, où tant de gens arrivoient pour 
marcher le lendemain avec le comte, que 
nul ne prit allarme de lui. Cette troupe 
entrée dans la multitude du chasteau, 
commence à jouer des mains, à tuer et 
à faire sauter les fenestres aux plus di- 
ligens : ils prennent Grandmont, font 
mourir tout ce qu'ils purent accoster, et 
puis aïans repris leur chemin, emmenè- 
rent de bons chevaux de quoi faire deux 
bonnes compagnies avec des païsans 
dessus. Le baron mène Grandmont à 
son père, qui devant le prisonnier dit au 
fils : Il ne falloit pas amener ce Nicanor : 
baron, tu as sauvé ton destructeur et le 
corbeau qui te crèvera les yeux. Grand- 
mont depuis fut mis entre les mains de 
La Caze envoie en Béarn pour com- 
mander. » 

Ne dirait -on pas un épisode des 
guerres du peuple d'Israël? La diffé- 
rence mise par les deux écrivains dans 
le nom du héros ne peut soulever la 
moindre difficulté. Ces variations se 
voient presque à chaque page du pré- 
sent volume. Il y a bien, au XVI e siè- 
cle, un capitaine gascon Auros et une 
une famille d' Auros (conseillers au par- 
lement de Toulouse), mais qui ne sau- 
raientétre confondus avec un barond'Ar- 



395 



ARROS — ARTAUD 



396 



ros. Le lieutenant de la reine Jeanne 
était fort âgé en effet lors des événe- 
ments qui viennent d'être décrits, car 
en 1569 comme il se défiait du gouver- 
neur d'Oloron, Jacques de Ste-Co- 
lomme, il tenta de le séduire à quitter la 
place pour partager avec lui, d'Arros, le 
commandement en chef de la province 
« pour ce que son âge, disait- il, ne lui 
permettoit de prendre seul tant de la- 
beurs. » (Bordenave, 193). Il est vrai que 
Bordenave ne fait aucune mention du 
bel épisode rapporté par Mézeray et 
d'Aubigné; mais rien n'est plus naturel 
puisque le récit de cet historien s'arrête 
à la mort de Jeanne d'Albret. L'épisode 
étant du règne de Charles IX eut lieu 
probablement entre juin 1572et juin 1574. 
Bernard d'Arros mourut en 1579. Il 
avait eu deux fils « braves jeunes gen- 
tilshommes pleins d'espérance » (Bor- 
denave, p. 244, 256); mais le plus jeune 
était mort dix ans auparavant en dé- 
fendant Navarrenx, assiégé par l'armée 
catholique ; l'aîné, le héros de Mézeray 
et d'Aubigné, ne lui survécut pas long- 
temps, car tous les biens de la maison 
furent apportés en dot par leur sœur 
Elisabeth à Pierre de Gontaud son mari, 
qui prit dès lors le titre de baron d'Ar- 
ros. (Voy. Gontaud.) — Ge brave aîné du 
vieux baron était Jacques d'Arros, sei- 
gneur de Loubie (ou Louvie), qui fut 
gouverneur d'Oloron après la levée du 
siège de Navarrenx [I, 133 b], et dont 
la femme, M llc d'Arrigaud, a été men- 
tionnée ci-dessus (col. 388). 

4. ARROS , nom de plusieurs fa- 
milles originaires du Béarn, comme la 
précédente, mais inférieures en rang, 
ainsi que le prouvent les armes par- 
lantes que portaient les plus qualifiées 
d'entre elles, savoir : une roue à six 
rayons. Il y avait aussi dans la même 
province des d'Arros portant : d'azur au 
chevron d'or accompagné de trois co- 
quilles du même. — Henri d'Arros, ba- 
ron d'Auriac, fils de Jean d'Arros et de 
Catherine de Montault-Bassillon, pro- 
fessa la religion protestante jusqu'en 
1682, où lui, sa femme Madelaine de 
Blair, qu'il avait épousée en 1668 (Re- 
gist. de Charenton), et leurs sept en- 
fants, firent à Pau une abjuration pu- 
blique [I, 135 b]. — Isaac d'Arros- 



Argelos, chef d'une famille de marins, 
1689 (Arch. B.-Pyr. E, 1353). — Théo- 
phile d'Argelos, capitaine au régiment 
de Jersey, 1689 (ibid.). 

5. ARROS (Arnaud d'), maître d'é- 
cole à Laruns, 1581. — (François d'), 
ministre à Arudy; épousa à Oloron, 
1592, Marie de Morlaas. — (Jacques d'). 
boursier du collège d'Orthez, 1611-13 
(Arch. B.-Pyr.). 

ARROU (Pierre), réfugié à Londres 
vers 1700, avec sa femme et quatre en- 
fants, « assisté pour enterrer un desdits 
enfants. » — Arrout, de Castetarbe, près 
Orthez, poursuivi comme protestant en 
1757 (Arch. B.-Pyr. B, 5444). — Gonf. 
Arotis et Aroue; c'est peut-être une 
seule et unique famille. 

ARS (Benoit, fils de Pierre d'), du 
diocèse de Màcon, reçu habitant de Ge- 
nève, 15 janv. 1560. — Josias de Bre- 
mond, sieur d'), 1600 [VI, 356 b]. 

ARSAG (Daniel), condamné aux galè- 
res pour avoir assisté à une assemblée 
du culte, 1696 [X, 402, 417]. Il était de 
S.-Jean-Roul en Vivarais et ne fut libéré 
qu'en 1713. — (Antoine), de Vernon en 
Vivarais, assisté à Genève pour gagner 
la Suisse, 1700.— Louise Arsat, du Vi- 
varais, assistée à Genève, 1702. — (An- 
toine), fils de feu Pierre, deSte-Grive en 
Vivarais, reçu habit. deGenève en 1765. 

ARSIGNY (Jacques d'), peintre, et 
Elisabeth du Coudray sa femme, font 
baptiser à Charenton leur fils Jean- 
Paul né le 13 sept. 1649. — Baptême 
d'Isaac, janv. 1651, et d'Etienne, nov. 
1654, tous deux fils de Jean d'Arsigny 
et de sa femme Susanne Favereau. — 
En 1686 M lles d'Arsigny sont enfermées 
aux Ursulines de Ste-Avoye à Paris. 
(Arch. gèn. E, 3372). 

ARSON (François), notaire à Nîmes, 
1562 [I, 242 a], — Arson de Beauchas- 
teau (Pierre), de l'Orléanais, réfugié à 
Berlin, 1698. 

ARSON (le cnpit. d'),1588 [111,444 1»). 

ARTABEVILLE, réfugié, inscrit sur 
le rôle des cadets en Prusse {Erm. 
IX, 9). 

1. ARTAUD (Jacques), de Crest en 
Dauphiné, reçu habitant de Genève. 
18 nov. 1696. — Jacques, malade, 1698- 
170;!; Daniel et son iils, 1099; Pierre, 
1705; tous de Mens en Dauphiné, relu- 






397 



ARTAUD 



ARTHUYS 



398 



giés et assistés à Genève. — (David), de 
Mens, id. 1700: reçu habitant, 1708. — 
(Jean), fils de feu Jean, de Mens, reçu 
id. 1717. — (Daniel), assisté à Londres 
pour l'enterrement de sa femme, i 7 ~ 1 - 
— ;X.,. vers ITOr, IX. 513 a]. 

2. ARTAUD de Montauban-Jarjaye, 
vers 1650 HT, 198 b]. 

3. ARTAULD « (Cray), « arballestier 
de Ast en Provence, » reçu habitant de 
Genève, 17 avril 1559. — (George), de 
Chastillon, dioe. de Die, reçu habitant de 
Genève, 8 mai 1550. — (J.), condamné 
à mort, 1509, à Bordeaux [BÎ, 415 b\ — 
(Vincent', « de Clavans, » mercier, reçu 
habit, de Genève, 4 novembre 1572. 

4. ARTHAUI). de Grenoble, étu- 
diant à Genève, 1091. — le sieur Pierre), 
de Grenoble, procureur et notaire impé- 
rial, réfugié à Berlin, 1698. — (Pierre), 
de Grenoble, parfumeur, réf. à Duis- 
bourg, 1700. — (veuve), de Lyon, as- 

à Genève, t693. — (J.-M. Pau- 
line,, 1775 [IX. 142 b]. 

ARTEMOT Philippe), naturalisé an- 
glais. 5 janv. tl 

ARTERAC Tr.), «lit Le More, con- 
damné à mort à Bordeaux, 1509 [II, 
i 1 5 h] . 

ARTERE (d'), maréchal des logis 
dans les grands mousquetaires de Prusse, 
mort âgé de 72 ans à Rentzlow, 171 3 
Erman IX, 9). 

ÂRTHOY Pierre d , « d'auprès de 
Chalon sur Saône, » reçu habitant de 
Genève, 19 janv. 1573. 

ARTHUR la femme de Jean), réfu- 
giée et assistée à Londres avec un en- 
fant, 1702. 

1. ARTHUYS, familleoriginaired' An- 
gleterre, mais établie dans le Berry de- 
puis la lin du douzième siècle. [Haag I, 
136]. = Armes : D'argent au chevron de 
sinople, accompagné de trois feuilles de 
houx de même. 

2. Jean, seigneur de l' Arthuys. de Yil- 
lesezon, aujourd'hui Villesaison, et du 
Figuier, conseiller, procureur du roi et 
de Marguerite de Valois, duchesse de 
Berry, garde de leur scel à Issoudun, fa- 
vorisa de tout son pouvoir l'introduction 
de la Réforme dans cette ville. Le 2 fé- 
vrier 1523, il avait épousé Catherine 

1 Nous maintenons ce nom, mais le registre porto 
MtaïUt. 



Bigot, fille de Nicolas, seigneur des 
Fontaines, et sœur de Nicolas Bigot, 
procureur général au grand conseil. En 
1536, il prit part à la rédaction et à la 
réformation de la Coutume du Berry. Ce 
fut quelques années après que les nou- 
velles doctrines commencèrent à se ré- 
pandre à Issoudun. Leurs partisans, 
parmi lesquels se distinguaient Antoine 
Dorsatne, lieutenant général d'Issoudun. 
et Jean Arthuys, jouirent d'abord d'une 
sécurité parfaite, grâce aux précautions 
qu'ils prenaient pour cacher leurs assem- 
blées ; mais ils finirent par être décou- 
verts. Pierre Yillerets fut assailli dans 
sa maison et blessé grièvement pour 
avoir chanté un psaume ; Pierre Goute- 
reau, servent royal, fut maltraité er jeté 
en prison pour la même cause. Dor- 
saine voulut essayer de garantir ses co- 
religionnaires contre les violences de la 
populace : mais son intervention ne ser- 
vit qu'à le rendre suspect lui-même. Dé- 
noncé au parlement, il prévint les pour- 
suites en se retirant à Genève. Trop âgé 
pour l'y accompagner, Jean Arthuys fut 
arrêté, retenu huit mois en prison et 
suspendu de ses fonctions. Cette persé- 
cution obligea la plupart des protestants 
d'Issoudun à se réfugier à Bourges avec 
leur ministre Thomas Chrestien ; mais 
tous ne furent pas assez heureux pour 
tromper la vigilance des catholiques. On 
saisit, entre autres, dix avocats ou pro- 
cureurs, parmi lesquels on cite • 
Augei, Jacques de Touzelles, Jean de 
Chambelly et Jean Arthuys. frère cadet 
du procureur du roi, avocat au bailliage 
d'Issoudun et époux de Catherine de 
Chambelly . On les accusait de s'être 
opposés à l'exécution de l'édit de Romo- 
rantin. Mais la reine mère, inquiète du 
pouvoir des Guises, s'étant un moment 
rapprochée des protestants, le parlement 
prononça l'acquittement des dix préve- 
nus qui furent rétablis dans leurs fonc- 
tions. 

Ce fut vers cette époque que Jean 
Arthuys, avec son fils aîné, François, le- 
quel avait commencé par être hostile 
[VIII, 305 a], fit profession ouverte du 
protestantisme, ainsi que Dorsaine, ren- 
tré en France au mois de septemb. 1561, 
et la plupart des avocats et des procu- 
reurs du siège OTssoudun. 



399 



ARTHUYS 



400 



Il faut que le parti protestant se soit 
dès lors senti bien fort dans cette ville, 
pour que les Arthuys, de concert avec 
Dorsaine, aient pu espérer, l'année sui- 
vante, de faire exécuter une mesure qui 
était tout à fait dans l'esprit rigide de la 
Réforme. Ils défendirent les réjouissan- 
ces du carnaval, malgré l'opposition des 
catholiques. Mais le parlement dp Paris 
prit fait et cause pour les carême-pre- 
nants ; Arthuys et Dorsaine furent sus- 
pendus de leurs fonctions et ajournés 
personnellement devant la cour, ainsi 
que le lieutenant particulier Valen- 
tiennes. 

Dans ces circonstances arriva à Issou- 
dun la nouvelle (1562) du massacre de 
Vassy et de la retraite de Condé sur Or- 
léans. A l'instant l'inquiétude se répandit 
dans la ville; mais comme les deux par- 
tis redoutaient également d'en venir aux 
mains, ils convinrent entre eux que huit 
personnes de l'une et l'autre religion 
veilleraient à la conservation de la tran- 
quillité publique. Lesaffaires sepassèrent 
différemment dans la campagne. Là, les 
catholiques avaient la supériorité du 
nombre, et ils le firent cruellement sen- 
tir à leurs adversaires. Leur première 
victime fut Jean Brun « qui, raconte 
Bèze, étant avec sa femme et ses en- 
fants et trois de ses voisins en un sien 
jardin hors la ville, et chantant un 
pseaume après souper, fut assailli si 
étrangement par certains vignerons, que 
lui et sa femme furent laissés pour 
morts, et à grand'peine ramenés en la 
ville par leurs amis. » Quelques jours 
après, treize jeunes gens, qui allaient 
probablement rejoindre un des chefs hu- 
guenots, furent assaillis à Ste-Lisaine, à 
deux lieues d'Issoudun, par les paysans 
ameutés par le curé, qui les garrottèrent, 
et les chargeant sur des charrettes, les 
allèrent jeter à l'eau. 

Cependant la tranquillité ne fut pas 
gravement troublée à Issoudun, jusqu'au 
9 juillet 1562 où Sanzay, nommé gou- 
verneur par le roi de Navarre, y entra 
comme dans une ville conquise. Après 
s'être saisi des portes et avoir ordonné 
aux catholiques de s'armer, il se rendit 
au temple protestant. Furieux de ce que 
les deux ministres, Robert Barbier dit 
Tm, Croix, et Ambroise Le Balleur dit 



La Plante, lui avaient échappé, il se dé- 
chaîna contre la chaire, qui n'en pou- 
vait mais, contre les bancs, contre tout 
ce qu'il trouva dans l'église. Les débris 
portés sur la place publique, au pied 
d'une potence, furent livrés aux flam- 
mes par la main du bourreau, à la grande 
réjouissance du menu peuple. Les pro- 
testants s'empressèrent de fuir. Jean 
Brun, dont les plaies n'étaient pas en- 
core guéries, se fit descendre avec une 
corde par-dessus les murailles de la 
ville. Dorsaine et l'avocat Jean Buret 
se sauvèrent avec peine, laissant à Is- 
soudun leurs femmes et leurs enfants 
qui furent exposés aux plus mauvais 
traitements. Les violences redoublèrent 
encore après l'infructueuse tentative 
d'Ivoy qui, ayant attaqué Issoudun le 
5 août, fut contraint de se retirer si pré- 
cipitamment que plusieurs de ceux qui 
l'avaient suivi, entre autres Arcambal 
d'Issoudun , Claude Pignon, Claude 
Baude , Pierre des Bergeries médecin 
de Bourges , et Mathurin Chapuys pro- 
cureur, n'étant pas avertis de sa retraite, 
furent surpris en leur logis par les ca- 
tholiques, traînés dans la ville et les 
uns pendus, les autres rançonnés. «Trois 
jours après, dit Bèze, on commença de 
forcer les consciences , commandant à 
toutes les personnes de la religion d'as- 
sister à une procession générale 

D'un autre côté, les soldats, par le com- 
mandement de Sanzay, prenoient les 
petits enfans baptisés par les ministres 
et les faisoient rebaptiser par les prê- 
tres, leur imposant d'autres noms. Même 
fut rebaptisée une fille de l'âge de treize 
ans, laquelle ils dépouillèrent toute nue 
sur les fonts, et toutefois les petits en- 
fans qui commençoiont seulement à par- 
ler, déclaroient tant par paroles que par 
signes évidens qu'ils ne vouloient point 
être rebaptisés, nommément la fille du- 
dit Brun, dont il a été parlé ci-dessus, 
de l'âge de deux ans, étant toute nue 
sur les fonts , après s'être bien tem- 
' pétée, dit à haute voix que cela étoit 
trop vilain et qu'elle n'en vouloit point, 
et disant cela, frappa le prêtre de toute 
sa puissance, comme aussi lit le fils de 
Jean des Hayes de même âge , qui 
printle prêtre par la barbe et se défen- 
dit tant qu'il put. Mais pour cela les 



401 



ARTHUYS 



402 



prêtres De laissoient de passer outre. » 
Jean Arthuys, que les infirmités de 
la vieillesse avaient empêché de fuir, fut 
jeté dans an cachot d'où il ne sortit qu'en 
payant une rançon de sept cents écus. 
Jean Furet, arrêté sur une plainte de 
l'avocat du roi , fut, sans forme de pro- 
cès, livré au bourreau. Il avait déjà 
gravi la fatale échelle lorsque le prévôt 
observa qu'il serait bon cependant de 
faire quelque procédure. Furet fut donc 
reconduit en prison, confronté avec 
quelques témoins apostés, condamné, 
renvoyé au gibet et pendu : tout cela fut 
l'affaire de quelques minutes. Enfin, 
après avoir tourmenté les malheureux 
protestants de toutes les manières, San- 
zay donna ordre, le lî octobre, à tous 
les habitants d'Issoudun suspects de 
professer la religion réformée, de quel- 
que âge, sexe, qualité ou condition 
qu'ils fussent, de sortir de la ville sous 
peine d'être pendus ou étranglés, u De 
là s'ensuivit un misérable spectacle, 
sortans parmi les autres plusieurs fem- 
mes avec leurs petits enfans au col, en 
pleurs et en larmes : joint qu'étant sor- 
tis, tout étoit détroussé et pillé jusques 
aux souliers et jusques aux drapeaux de 
leurs petits enfans. » Jean Arthuys, 
vieillard septuagénaire et si caduc qu'à 
peine il pouvait se soutenir, fut obligé 
de monter à cheval et de vider les lieux 
comme les autres. Son fils François, au 
contraire, fut jeté en prison et y resta 
jusqu'à la conclusion de la paix. Des 
femmes éprouvèrent le même sort ; Bèze 
cite plus particulièrement Catherine 
Sausson, femme de Nicolas Cosson, et 
Jacquette Cubart , veuve de Louis 
Ghartier, qui résistèrent à toutes les 
menaces et persévérèrent constamment 
dans leur foi. 

Jean Arthuys succomba bientôt à 
tant de chagrins et d'inquiétudes. Il 
mourut en 1563. Le Dict. de la Noblesse 
prétend qu'il rentra dans l'Eglise ro- 
maine avant sa mort, et que son lils 
François suivit son exemple. Quelque 
suspect que son témoignage nous sem- 
ble, nous devons dire que nous n'avons 
rien trouvé qui l'infirmât ou le con- 
firmât. 

3. Son fils François qui fut pourvu, 
en 1564, de la charge de procureur du 



roi exercée par son père, resta toujours 
un des plus fidèles partisans de Henri IV; 
il contribua beaucoup à ranger Issou- 
dun sous son autorité, et il fut assas- 
siné par un parti de ligueurs en 1593. 
D'où l'on peut conclure que s'il retourna 
réellement au catholicisme, il n'y fut 
jamais très-zélé. François Arthuys avait 
épousé en 1558 Claude des Marais. Un 
Arthuys, peut-être était-ce lui, fut se- 
crétaire des commandements du duc 
d'Alençon, et contre -signait ses procla- 
mations en 1575, à l'époque où ce mau- 
vais frère de Charles IX et de Henri III 
paraissait, suivant de Tbou, « se mon- 
trer aux protestants comme un chef prêt 
à se mettre à leur tête. » 

François avait plusieurs frères et sœurs 
sur lesquels nous ne possédons que des 
renseignements fort incomplets. Nicolas 
n'eut de Catherine Joulin que des filles ; 
Claude mourut sans postérité ; Guil- 
laume fut la souche de la branche de 
Villesaison. Catherine, l'ainée des filles, 
épousa Claude Robert, conseiller, avo- 
cat du roi au bailliage d'Issoudun; Ma- 
rie fut femme de Jacques Lévrier, pro- 
cureur du roi, et Françoise fut mariée à 
Claude Pignon, appelé Pignot par le 
Dict. de la Noblesse, et en secondes no- 
ces à François Guillot, avocat au siège 
royal d'Issoudun. 

Parmi ces noms, plusieurs sont con- 
nus et nous autorisent à croire que quel- 
ques-uns des enfants de Jean Arthuys, 
sinon tous, appartenaient à l'Eglise pro- 
testante. Leurs descendants persévérè- 
rent-ils? Cela est certain, au moins pour 
ceux de Guillaume. 

4. Ce Guillaume qui fut conseiller et 
secrétaire du roi sous Charles IX, puis 
contrôleur général des guerres sous 
Henri IV, mourut à Gisors où il se trou- 
vait pour le service du roi. Son corps, 
porté à Issoudun, fut inhumé le 18 nov. 
1590, dans l'abbaye de Notre-Dame, 
circonstance à noter parce qu'on y a 
quelquefois attaché, comme nous le ver- 
rons à l'art. d'Ambroise Paré \ plus 
d'importance qu'elle ne mérite. Il eut de 
sa femme, Marie Brébard, trois fils : 
Jean, Jacques et David. 

' MM. Haaç ont en effet prouvé [\ III, 136 b, notel que 
1 inhumation d'un huguenot dans une église catholique 
n'implique nullement qu'il eût abjuré Vov. sur cette 
question Bull. IV1I, m. 



403 



ARÏHUYS — AUT1GUEL0NGUE 



5. Jean, qui suivit avec honneur la 
carrière des armes, avait été baptisé le 
5 fév. 1576 « au temple de Dieu *, » à La 
Rochelle; son parrain fut Jehan Haste, 
seigneur des Marais. Il épousa Marthe 
Couronné, dont il eut : Elisareth, 
femme, en 1656, de Jean Vauquet, 
d'Oisemont (Reg. de Gharenton). Il eut 
deux fils, Jacques et Paul, qui épousè- 
rent les deux sœurs Elisabeth et Louise 
de Gallot, de l'Orléanais. 

6. Jacques, le second fils de François, 
inscrit à l'acad. de Genève en 1605 sous 
les noms de « Jacobus Arthusius "Ville- 
saisonius Yssoldunensis, » perfection- 
nait alors les études de théologie qu'il 
avait déjà faites à Sedan, où il avait 
passé une thèse, en 1604, sur le 4 e com- 
mandement du Décalogue [IX, 386 a]. 
Il fut pasteur c\ S. -Gilles-sur- Vie en 1620 
[X, 320] ; à Benêt (et non Benaist), vers 
1622, puis à La Mothe-S.-Héray en 1637 
[I, 138; X, 320, 345]. 

7. David, sieur de Cormes, frère ca- 
det du précédent, n'a laissé aucun sou- 
venir. 

8. Nous devons citer encore: 1° Paul, 
sieur de Villesaison, qui vivait en 1669, 
où il assista, avec Philippe Périllau, 
docteur en médecine, à l'inhumation de 
Siméon d'Andigny , gentilhomme de 
Touraine, mort cette année le 28 mars ; 
2° Une dame d'Arthuys, qui n'ayant pu 
être réduite au catholicisme malgré les 
rigueurs d'une longue détention à l'hô- 
pital général, fut expulsée du royaume 
en 1688 (Arch. gén. E, 3374). C'est très- 
probablement la même clame qui figure, 
en 1702 et années suivantes, dans les 
listes de la charité anglaise en ces ter- 
mes : « Elisabeth d'Arthuys, d'Auton 
au Perche, confesseuse *; » 3° Jacques 
Arthuys, écuyer, et Marie Chefdeville, 
sa femme, avaient pour fils Jacques- 
François, natif de S.-Savin en Poitou, 
directeur des aides en l'élection de Sain- 
tes, qui épousa à La Rochelle, par con- 
trat du 2 sept. 1739, Elisabeth, fille de 
Jacob Bremer, négociant. Nous igno- 
rons si cette dernière branche avait con- 
servé la foi protestante. 

ARTIÉRES (Joseph), directeur de 

1 Désignation consacrée par la piété des protestants, 
à La Itoclielle et ailleurs, aux églises do l'Evangile. 
' Voy. la note 1 ci-dessus, col. 70. 



l'hospice des réfugiés français à Lon- 
dres, 1765. 

ARTIGALOIS (Pierre d'); Issoudun, 
1581 [II, 167; IX, 485 a]. 

ARTIGANOUE (Amadour d'), capi- 
taine de La Garnache, château qui ap- 
partenait à la maison de Rohan, ancien 
de l'église de Blain vers 1560 [VIII, 
470 b]. — (François d'), écuyer, sieur 
de S.-Légier, rendit hommage pour le- 
dit fief le 23 fév. 1620; il signait encore 
comme parrain dans le temple de La 
Rochelle en 1628. — Pendant le siège 
de 1627 Jean d'Artiganoue, non d'Ar- 
tiganeau [II, 216 a], écuyer, sieur de 
Beauregard, faisait partie ainsi que son 
frère du corps rochelois qui le 6 no- 
vembre, donna l'assaut à la citadelle de 
S. -Martin de Ré; le frère y fut tué et 
Jean blessé à la cuisse (Voy. Mervault). 
Furent blessés aussi dans la même ac- 
tion le capitaine Bazan, Samuel Mes- 
chinet, écuyer, sieur de Richemond, 
Pluviau, Du Breuil cadet et de Guire. 
Jean d'Artiganoue épousa en 1636 Ma- 
rie Bernon, laquelle était veuve deux 
ans après et mourut en 1671. à 62 ans. 
— (Jacques d'), écuyer, sieur de l'Epi- 
nette, demeurant à S.-Genest d'Am- 
bure en Poitou, prit pour femme au tem- 
ple de La Rochelle, 25 mai 1670, Sara 
de La Ronde, veuve de Pierre Duguorry. 
Il mourut à 40 ans, le 18 fév. Ki72, 
laissant un fils, Jacques, né le 14 août 
1671. (Richemond.) 

ARTIGNALOBE (Arnauld n'), « na- 
tif/ de Morlane en Béarn, taffetatier, » 
reçu habitant de Genève, 8 mai 1559. 

ARTIGUELONGUE (P.), condamné 
parle parlem. de Bordeaux, en 1562 
[IV, 502 a]. — D'Artigue tonne l , gentil- 
homme béarnais qui lors de la révoca- 
tion de l'édit de Nantes, se laissa ruiner 
par les dragons plutôt que d'abjurer, 
puis mourut de douleur [II, 501 a] on 
apprenant que sa famille avait aban- 
donné l'Eglise pour laquelle il souffrait, 
avec tant de résignation, — (Jean d') ou 
Dartiguclongue, médecin, réfugié en 
Hollande, a publié : Apogfûpkè rrnon 
physiologico-medicarum contra Carre- 
sium pluresque alios tàm physiros quant 
medicinœ doctores eeloberrimos, Ants- 

1 Peut-être est-ce irliguelouve. nom d'une com- 
mune des Dasses-Pyrénées. 



405 



ARTIGUELONGUE 



ARTIS 



106 



terd. 1708, in-12. L'auteur entreprend 
de démontrer que philosophes et méde- 
cins n'ont jamais rien entendu aux phé- 
nomènes de l'économie animale, dont la 
cause unique selon lui est « la matière 
subtile. » 

ARTIGA VIELLE , laboureur de 
Puyôo (B.-Pyr.), poursuivi comme pro- 
testant en 1757. 

ARTIGUEPEIROU (Marie Brocq, 
femme d'), poursuivie comme protes- 
tante par arrêt du parlem. de Pau, 1751. 

I. ARTIGUES, bourgeois de Carcas- 
sonne, pendu avec quatre autres de la 
même ville, 1562, par arrêt du parlem. 
de Toulouse [IX, 73 a\ — D'Artigues, 
riche bourgeois de La Rochelle en 1673 
[I, 139 . 

•2. ARTIGUES(Frangoisd'), député de 
Montolieu à l'assemblée du Haut-Lan- 
guedoc de novemb. 1561 (Bull. X, 348). 

— D'Artigues de Cessac, ou Saissac, 
capitaine huguenot [I, 139; IV, 19 b; 
V, 397 a] qui s'est signalé dans le 
Midi, pendant la troisième guerre de re- 
ligion. Le 24 sept. --à-dire le 
lendemain même du jour où Catherine 
de Médicis signa l'édit qui abolissait ce- 
lui de janvier et défendait sous peine de 
mort l'exercice du culte réformé, d'Ar- 
tigues sortit de Castres à la tète de 
quelques troupes, mit Le siège devant 
Saissac, près de Carcassonne, la prit 
par escalade, et l'abandonna après avoir 
massacré les prêtres et brûlé l'église. La 
même année, il suivit Paulin devant 
Saix, mais il y fut blessé, ainsi que le cap. 
Baugier, et il mourut à Castres des sui- 
tes de sa blessure. — D'Artigues, de 
Lembeye *, capitaine placé par le ba- 
ron de Montamat comme gouverneur de 
S.-Sever (Landes), qu'il fit « fort bien 
remparer et avituailler, » 1569 (Borde- 
nave, p. "292). — Guillaume Artigues, 
consul de Castres. 1583 [V, 155 a]; 

— (Pierre), id. 1590 [IX, 375 a\ —A. 
de Portavis, sieur d) 1613 [IX, 135 b]. 

— (J.-G. d). Voy. Boukière. — D Ar- 
tigues, député de la noblesse, du Béarn 
au synode de Grenoble, 1615 IX. 
100 a]. — (...), ministre de Moncrabeau 
(Lot-et-G.), 1637 [X, 347]. — Jean Ar- 
tigues, galérien, mort en 1701 X, 420]. 

1 Bassos-Pfrénres. Dans la commune de Caslillon, 
près Letnbcyes, est nu fief du nom d'Ariignes. 



ARTIQLE Ja veuve) et son enfant, 
de S.-Michel en Gévennes, assistés à 
Genève, 1703. 

ARTIGOSSE, protestant décapité à 
Puyôo (B.-Pyr.) en 1569 par le capi- 
taine catholique Melet, lequel (dit Bor- 
denave, p. 215) « l'ayant attaché à un 
pau (pieu) lui trancha la teste et puis se 
mit à table pour disner. » La famille 
Artigosse était de Ramons, près Bellocq. 

ARTILLOT [Aimé), peintre; Troyes. 
157-2 [VU, 249 a]. — (Edouard), empri- 
sonné à Troyes, 1572 (Bull. VII, :> 

ARTIS, ministre à Uzès. 1620 X. 
— à Genolhac. 1626 [ibid.] 

[. ARTIS »• -, famille de Milhau en 
Rouergue. — Armes : D'azur au che- 
vron d'or accompagné de trois éperons 
du même. 

2. En 1502 Arnaud Artis, marchand, 
fait partie d'une dépuration d'habitants 
de Milhau qui réclament deux églises ré- 
formées. — Noéd' Artis de Becquignoles, 
officier du régiment de Soissons. s'expa- 
tria lors de la Révocation et fut nommé, 
en Prusse, capitaine du premier escadron 
des gendarmes français à l'époque où l'é- 
lecteur forma ce magnifique régiment de 
réfugiés qui s'acquit une grande renom- 

ians les guerres de la succession 
d" Espagne. 11 le commanda depuis cette 
époque jusqu'en 1713[1, 140 b]. Son fils 
mourut, à la fin du siècle, colonel et 
commandant de la forteresse de Cosel, 
laissant trois fils qui ont également suivi 
la carrière des armes et une fille mariée 
au fils du conseiller privé des finances, 
d'Auer. — (Jean d'j de Trooconis, frère 
du précédent, né à Milhau en 1656, co- 
lonel de dragons, mourut à Magdebourg 
en 17 

3. Gabriel, fils de Gabriel d' Artis et de 
Madelaine de Guillaumont, né à Milhau 
v. 1660 [Haag I, 139; —VII, 125 a 

gna aussi la Prusse lors de la Révocation. 
Il s'était fait remarquer par son talent 
pour la prédication et, en 1685, nommé 
pasteur de l'église française de Berlin, 
il devint ainsi le collègue d' Abbadie (voy. 
ci-dessus colonne 1 1) ; mais il ne tarda 
pas à donner des preuves d'un esprit 
turbulent, inquiet, jaloux, qui causa 
beaucoup de troubles dans l'Eglise. Ou- 
bliant qu'il était lui-même un réfog 
voulut prouver, contre Elle Benoit, et 



407 



ARTIS 



408 



contre le véritable esprit de l'Evangile, 
qu'en abandonnant leurs troupeaux, les 
pasteurs avaient trahi leurs devoirs. 
Cette querelle souleva un mécontente- 
ment général, et d'Artis, suspendu par 
le consistoire, partit pour la Hollande, 
où il entreprit, en 1693, la publication 
d'une gazette hebdomadaire, après en 
avoir soumis le plana Bayle, qui lui ré- 
pondit « qu'il lui semblait qu'il n'avait 
rien oublié de tout ce qui se pouvait ren- 
fermer dans un ouvrage de cette na- 
ture. » Et Bayle ayant l'occasion de ci- 
ter le journaliste dans son Dictionnaire 
philosophique (Esechiel.note F), ajoute: 
« C'est un ministre françois nommé 
M. Dartis, homme d'esprit et auteur de 
fort bons livres. » Cependant cette pu- 
blication fut bientôt abandonnée. Mais 
étant allé s'établir à Hambourg, d'Artis 
la reprit le 3 sept. 1694, et la continua, 
sauf quelques interruptions, jusqu'au 
27 avril 1696, époque où il fut rétabli 
dans ses fonctions à Berlin. Pendant son 
séjour à Hambourg, il renonça aux doc- 
trines calvinistes pour adopter les senti- 
ments des luthériens. Cette conversion 
est attestée par deux lettres mention- 
nées dans Joecher sous le titre : Duae 
epistolx gallicse pro conversatione suâ 
cum Bidalio et transitu ad Lutheranos. 

La bonne harmonie ne régna pas 
longtemps entre d'Artis et ses confrères, 
qu'il accusa de socinianisme ; ce qui le 
fit suspendre une seconde fois. Une let- 
tre de Cuper nous apprend qu'il fit alors 
un voyage en Hollande, d'où, l'année 
suivante, il passa en Suède, puis en An- 
gleterre. Il retourna ensuite à Berlin, et 
remonta dans sa chaire, qu'il ne quitta 
définitivement qu'en 1715. On conjecture 
qu'après avoir erré dans les Pays-Bas et 
l'Allemagne, il prit enfin le parti de re- 
tourner à Londres. Il y mourut, après 
1730, dans un âge avancé. 

Ses ouvrages sont : 

I. Oraison funèbre de Frédéric-Guil- 
laume; Berlin, 1689, in-4°. 

II. Essai d'une histoire sainte; Ber- 
lin, 1697, in-12. 

III. Journal d'Amsterdam, continué 
sous le titre de Journal de Hambourg ; 
Hamb. 1694-1696, 4 vol. pet. in-8°. — 
Recueil de nouvelles politiques et litté- 
raires. Dans les n os du 21 et du 28 oct. 



1695, d'Artis rapporte sa dispute avec 
Elie Benoît. 

IV. Sentiments désintéressés sur la re- 
traite des pasteurs de France, ou exa- 
men du livre intitulé : Histoire et apo- 
logie de la retraite, etc. d'Elie Benoît ; 
Deventer, 1688, in-12.— Benoît répondit 
et d'Artis prépara une réplique ; mais à 
la prière de quelques amis, il consentit 
à la supprimer. 

V. Deux lettres à l'auteur de l'His- 
toire critique de la république des let- 
tres [Masson] au sujet de la dissertation 
critique sur le ps. CX. — Elles sont in- 
sérées dans les T. III et IV du Journal 
littéraire de La Haye. 

VI. Recueil de trois écrits importants 
à la religion, 1° pour établir sur des 
preuves incontestables la divinité éter- 
nelle et la suprématie royale de Christ, 
dogme, fondamental de la théologie et 
de la politique Chrétienne, contre toute 
espèce d'antichristianisme théologique 
et politique; — 2° pour ébaucher une 
réformation de morale pratique dans les 
conversations particulières, dans les 
prédications et dans les autres fonctions 
du saint ministère; — 3° pour exciter le 
zèle et la piété des membres de l'Aca- 
démie françoise à solliciter en faveur des 
sujets du roi Très-Chrétien l'unique 
moyen de parvenir à la connaissance, 
de la religion révélée, pour leur en fa- 
ciliter la droite et saine pratique; La 
Haye, 1714, in-8°. D'Artis ne se recon- 
naît l'auteur que de la 2 e dissertation. 

VII. Lettres de M. d'Artis et de 
M. Lenfant sur les matières du socinia- 
nisme ; Berlin, 1719, in 4°. — Un exem- 
plaire de la trad. du Nouv. Test, par 
Beausobre et Lenfant ayant passé sous 
ses yeux, d'Artis crut y découvrir des 
traces de socinianisme et il se hâta, pour 
mettre en garde contre cette traduction, 
de publier une Lettre pastorale, qui lui 
attira une réponse fort vive de Lenfant. 
D'Artis alors ne recula pas devant un 
appel à l'autorité séculière ; il fit remet- 
tre au grand-maréchal de Prusse un 
mémoire, publié en partie dans le Jour- 
nal de Trévoux (mai 1725) sous le titre : 

VIII. Mémoire abrégé concernant le 
système et les artifices des sociniens 
modernes. Il y offre au grand-maréchal 
d'extraire de la traduction en question 






409 



ARTIS — ASNIÈRES 



410 



plus de 60 passages sentant l'hérésie. 

IX. La. maîtresse clé du royaume des 
Cieux qui est une clé d'or, dOphir, en- 
richie de perles du plus grand prix, ou 
Dissertationcontre le papisme .Londres ; 
s. d. in -8°. — Attaque violente contre 
Rome. Cet ouvrage est rare et recherché. 

X. Système abrégé de la morale 
de S.-Paul et de la théologie touchant 
la divinité éternelle de J.-G. et sa su- 
prématie royale, ou Explication des 
onze premiers versets du chap. II de 
l'ép. aux Philippiens ; 1726, in-12. Ou- 
vrage publié aux frais de l'archevêque 
de Cantorbery. Le nom de l'auteur sur 
le titre est accompagné de la qualité de 
ministre de l'église française de Ber- 
lin, ce qui pourrait faire supposer que ce 
volume est une réimpression d'une édi- 
tion antérieure. 

Jœcher indique encore, outre les deux 
lettres citées plus haut, un Factum 
pour et par le sieur Gabr. d'Artis con- 
tre le sieur Jean Biard, sans nom de 
lieu ni date. 

ARTISIEX (Thomas), de Picardie, 
38 ans, avec Susanne sa femme, 25 ans, 
et six enfants dont l'ainé âgé de 8 ans, 
réfugiés et assistés à Londres, 1705. 

ARTOIS (Franc.;, tué à Lyon, 1572 
[VI, 263 b]. — (Josué d'), pasteur à 
Montreuil-Bonnin, 1626 [X, 319], et à 
S.-Hilaire et Foussay en Poitou, 1637 
|X, 345], auteur d'une concordance des 
Ecritures [I, 191 a|. 

Artop.-els, vov. Becker. 

ARTOLL (M"* d). 1624 [V, 56 aj. 

ARTITEAl Antoine, filsde Pierre), 
de Loriol en Provence, cordonnier, reçu 
habit, de Genève, 19 avril 1585. 

ARTUS (Hubert), ministre au Val- 
de-Sezanne, 1561 [IV, 510 b]. — 
(Adrienne), mise aux Nouv. Catb. de 
S.-Lô, déc. 16 ( J2(Tt, 317.. 

ARVAXES (Jacqles), massacré à 
Besse en Provence, 1562 [X, 470); 

ARVALX (Marulerite r condamnée 
à la prison perpétuelle ; Bordeaux, 1686 
IX. 463 b]. 

ARVIEUX(d'); 1617 [II, 253 b, note]. 
— Elisabeth [III, 84]. Voy. Béranger; 
cf. Da r vieu. 

ARVOXIX (Madelaine), naturalisée 
anglaise, 21 mars 1688. 

ARZAC, condamné aux galères per- 



pétuelles pour avoir fait une lecture dans 
une assemblée religieuse près de Berge- 
rac; sa sœur, Marie Faurcy, emprison- 
née pour la vie au couvent pour y avoir 
assisté, 1688 [VII, 445 a]. 

ARZAC (Gaston d,, vers 1560 [V, 
82 b]. 

Arzeliers, Arziliers. Vov. Perrinet. 

ARSILIÈRES (Henri V;, baron de 
Revillon, mort à la Bastille, juill. 1630. 

ASERAG (Bertrand de Souillac, sieur 
d'), vers 1570 [V, 515 b]. 

ASNIER (Alexandre), du Vigna en 
Vivarais, galérien, 1713 (Papiers de 
Court, n° 13). 

1. ASNIÈRES, famille saintongeoise. 
= Armes : D'argent à trois croissants de 
gueules. 

DUCH D' ASNIÈRES [Haag I, 141], 
connu dans l'histoire de nos guerres re- 
ligieuses sous le nom de capitaine As- 
nières, était le troisième fils de Jean H, 
seigneur d'Asnières, et de Jeanne de La 
Chassagne. En 1568, il servait sous les 
ordres de Mirambeau, son parent, et il 
contribua par sa valeur à la prise de 
Saintes. Après la funeste bataille de 
Jarnac, il se jeta des premiers, avec les 
deux compagnies qu'il commandait, dans 
la ville de Gognac, et si cette place fut 
sauvée, c'est en grande partie à sa réso- 
lution qu'elle le dut. Lorsque l'armée 
catholique parut sous ses murs, les as- 
siégés firent, au rapport de Davila, <* de 
vigoureuses sorties qui ressembloient à 
des batailles, tant par l'audace et la va- 
leur des huguenots, que par les pertes 
considérables qu'ils causoient aux assié- 
geans. » Le duc d'Anjou dut lever le 
siège. Les services d'Asnières lui méri- 
tèrent le grade de colonel d'un régiment 
dans lequel à.'Aubigné fit ses premières 
armes; mais d'un autre côté, ils attirè- 
rent sur lui l'attention du parlement de 
Bordeaux, qui, par arrêt du 6 avril 1569, 
le condamna à mort par contumace, 
ainsi que son frère, François, qui com- 
battait dans le même parti que lui [II, 
415 a]. Après la prise de Saintes par les 
catholiques, sur lesquels les protestants 
ne tardèrent pas à s'en emparer de nou- 
veau, en 157U, d'Asnières sollicita la 
permission de tenter un coup de main 
sur Pons. N'ayant pu l'obtenir, il voulut 
au moins donner une alerte à la garni- 



411 



ASNIÈRES — ASPIÈRES 



412 



son de cette ville, et il s'en approcha de 
si près que d'Aubigné, enseigne de la 
compagnie colonelle , remarquant par 
une fente de la porte que la place était 
abandonnée, put s'y introduire sans coup 
férir. Déjà, de concert avec Bretauville 
etArerat, d'Asnières avait surpris Jon- 
sac, et forcé la garnison à se réfugier 
dans le château, mais sans pouvoir l'en 
déloger. Les services qu'il continua de 
rendre à la cause protestante, notam- 
ment en conservant l'importante place 
de Pons et celle de Cognac, dont le 
gouvernement lui avait été confié, et en 
faisant lever à Biron le siège de Saint- 
Basile en Guyenne, comme nous l'ap- 
prend une lettre de Henri de Navarre 
datée de Coutras, 16 octobre 1580, lui 
valurent de la part de ce prince les té- 
moignages d'estime les plus flatteurs. 
Parvenu au trône Henri le nomma gen- 
tilhomme de sa chambre. 

D'Asnières n'eut de son mariage avec 
Françoise Saunier, en faveur duquel 
son père lui avait fait donation de la 
seigneurie d'Asnières, qu'une fille uni- 
que, nommée Jacquette, qui porta cette 
terre en dot à Paul de Lage-Volude, 
seigneur de Tirac. 

Son frère aîné, François, ne parait 
pas s'être prononcé. Nous ne trouvons 
aucun indice qui nous autorise à le 
compter, non plus que son fils aîné, 
parmi les seigneurs protestants de la 
Saintonge. Mais il n'en est pas de même 
de son second fils, Olivier, auteur de la 
branche d'Asnières - Villefranche , qui 
épousa, en 1572, Jeanne Boulesteys, 
dont il eut: 1° Isaac, seigneur de Cha- 
briac, époux de Marie d'Eschallard et 
père de Jeanne, née le 22 nov. 1012 ; 
Samuel, né le 29 mai 1614; Anne, née 
le 18 juin 1615, tous trois baptisés au 
prêche de Rochechouard. — 2° Benja- 
min d'Asnières, S r de La Rivière, nom- 
mé ancien du consistoire do Roche- 
chouard le 30 déc. 1645, mari de Jeanne 
Dauphin, dont il eut Jacob et Anne en 
1633 et 1634. — 3° Jacob, S>~ de Ville- 
franche, paroisse de Roussines, mari de 
Renée de Ghièvres, qui abjura en l'é- 
glise de Roussines le 25 nov. 1685, à 
l'âge de 50 ans; elle était veuve depuis 
li' (8 déc. 1660. — 4° Esdiias qui épousa 
en 1624 Susanne Bonnart. 



De ce dernier mariage naquirent Ja- 
cob, 1625, et Anne, 1627, baptisés au prê- 
che de Rochechouard. Ce Jacob, S r de 
Villefranche, épousa, 3 juin 1655, Elisa- 
beth de La Tour d'une illustre famille 
originaire de Bohême et mourut à Bien- 
nac à l'âge de 93 ans (1718), ayant eu 
pour enfants : 1« Marie-Olympe, avril 
1656, mariée le 29 janv. 1704, à Martial 
Roux; 2° Olivier né le 16 sept. 1657; 
3° Gabriel, né le 16 sept. 1658; 4° Re- 
née-Angélique, née le 14 déc. 1659; 
5° Françoise-Elisabeth, née en 1661, 
tous baptisés au prêche de Roche- 
chouard. 

A l'époque de la Révocation, l'ensem- 
ble de ces divers rejetons semble avoir 
subi le sort commun et quitté de force 
leur religion, notamment celui qui fonda 
la branche des comtes de Lucques, mar- 
quis d'Asnières-la-Chasteigneraye. Ce- 
pendant on connaît un d'Asnières reçu 
habitant à Lausanne, le 14 fév. 1688, et 
c'est 50 ans après la Révocation qu'on 
trouve dans l'église de Rochechouard , 
Pierre-Louis d'Asnières, écuyer, S r de 
Villefranche, âgé de 30 ans, faisant ab- 
juration le 19 février 1735, puis le 20 no- 
vemb. de. la même année, Marie-Elisa- 
beth Birot, femme d'Olivier d'Asnières, 
âgée de 60 ans, abjurant à l'article de la 
mort. (Haao. — Oberkampff.) 

2. Nous ignorons s'il existait quelque 
lien de parenté entre les d'Asnières de 
la Saintonge et les d'Asnières établis à 
Gien, dont quelques-uns au moins pro- 
fessèrent la religion protestante. De ce 
nombre furent Antoine, contrôleur, et 
Georges, receveur du domaine, que l'on 
cite, avec Etienne de Guillères dit La 
Fontaine, et Nicolas Guillon, comme 
les quatre premiers protestants de cette 
ville. 

3. ASNIÈRES (Loriol, seigneurs d'), 
famille bressane, voyez Loriol. 

ASPÈRES (Pierre d') , ministre à 
Nîmes, 1563 [VIII, 243 b], — (Ar- 
nauld d'), dit Bouvière, natif de Nî- 
mes, reçu habitant de Genève, 28 nov. 
i;,r>s. 

ASPIÈRES (Antoine d) sieur de Bil- 
lot ; David d'Aspières sieur de Cau- 
rous , et André d'Aspières , membres 
de l'assemblée de Lunel , 1613 IX. 
135 b]. 






ASPLANS 



ASSIGNA 



114- 



ASPLANS 'Matthieu Bourbal, sieur 
d), id. Ibid. 

ASPONCHIES {Pierre de Leyris , 
sieur d), id. Ibid. 

ASPIS (Adrien d'), « partant pour 
la France à la guerre pour le service de 
Dieu et de son église, » fait son testa- 
ment à Pau, 1574. — (Pierre d'), capi- 
taine, épousa en 1603 Catherine d'Ohix, 
de Pau, assisté de Philippe Hispérien 
(Arch. B.-Pyr.). 

1. Aspremont (Charles d'), nom sup- 
posé que Guill. Farel aurait pris en 
(Herminjard, Corr. des réf. III, 
323). 

~2. ASPREMONT (Pauld';, officier de 
maison de Rohan, 1570 [VIII, 470 h]. 

— (Antoinette d),vers 1550 [II, 121 a]. 

— (Marguerite d'), v. 1550 [IV, 543 a]. 
(.... d), vicomte d'Orthez, v. 1600 [V, 
306 a], — (Josias, sieur d'), capitaine de 
cavalerie, v. 1650 [IV, 88 a; IX, 79 a]. 

— (Le colonel d'Apremont), réfugié en 
Hollande vers 1700 [VI, 315 b]. —Voyez 
Baile s 1-5 d Aspremont [I, 215 ; VIII, 
193 a]. 

1. ÂSPRES (d'), capitaine tué vers 
1580 [II, 375 b].— Voy. aussi Rou- 
villasc. 

2. ASPRES (Jean et André d' , 
fugitifs du Dauphiné en 1730 (Tr, 
314). 

ASPRIÈRES (François de Morlhon, 
sieur uj, v. 1550 [VII, 146 a]. 

ASSAELLV Pierre), marchand à La 
Rochelle, 1670; réfugié, 1687 (Tt, 247, 
316); natural. anglais, 1688. — (veuve), 
de La Rochelle, obtient la permission de 
vendre un bien à elle , 1624 (Arch. gén. 
E, 3410). — François Assaillit, de Selle, 
en Poitou, boucher, réfugié à Berlin avec 
quatre enfants, 1608. 

ASSAILLY M 11 '- d'), mise en 1714 
aux Nouvelles-Catholiques (E, 3400). 

ASSAS ou d'Assas. — Voy. Das- 
sas. 

ASSAUD (Etienne), sa femme et 
deux enfants, assistés à Londres, 1721. 

ASSEGOND (Jago.-Damd), marchand 
à Rouen, obtient la permission, en 1749, 
de vendre un bien à lui appartenant 
{Arch. gén. K, 1276). 

ASSELIN (Jean, fils de Jean), baptisé 
au temple deLoudun, 1566. — (Fran- 
çois), naturalisé anglais, 15 avril 



— (Jacques), id. 5 janv. 1688 ; — (Pierre), 
id. 21 mars 1688 ; — Jean), id. 9 sept. 
1698 (Agnew 1, 44-54). — (Antoine;, 
armateur de Dieppe, mort en 1704 [VII, 
310 a]. — Xaurent', sa femme et deux 
enfants, réfugiés et assistés à Londres, 
1721. — (Jean), idem. 

ASSELINE, ministrede Dieppe, 1685, 
avec Cartaut, Le Page et De Caux (Tt, 
314). 

ASSELINEAU, médecin, 1620 [IV, 
180 b]. 

ASSENA (Louis, fils de feu Louis), 
de Charenton, imprimeur, reçu habit, 
de Genève, 24 mai 1732. 

ASSENAULT, tourneur; Bordeaux, 
1569. 

ASSERIC(Jehanne), baptisée en 1664 
au temple de Pons en Saintonge. 

ASSESAT (Pierre d), s r de Dussède, 
Toulouse, 1567 [IV, 55a, 62 a]. 

1. ASSIER.capit., vers 1562 [II, 201]. 

2. ASSIER, d'Assier, Dassier, rare- 
ment Acier; nombreuse famille protes- 
tante originaire de Caussade, près Mon- 
tauban. Jehan Assier, pasteur de Réal- 
ville et Albias, deux villages voisins 
situés à mi-chemin de Montauban à 
Caussade, figure dans un colloque de 

pelisse, 5 août 1575, et dans un 
autre tenu à Montauban, 25 oct. 1576. 
Il avait épousé Marie Galabert dont il 
eut entre autres une fille nommée Anne, 
baptisée le 3 mai 1571 (parrain, Jehan 
Assier, apothic. à Caussade) et une se- 
conde fille également nommée Aime, 
baptisée le 19 juill. 1579 j»arr. Hugues 
Nadal et marr. D lle Jehanne de Cham- 
bolive). — Un autre Assier était minis- 
tre à Vabres en Albigeois en 1603-1620 
(Aymon, Syn. I, 29£et II. 226). — Ber- 
nard Assier, de Revel en Lauraguais, 
étudiait la théologie à Montauban. — 
Jules Assier, bourgeois de Montauban, 
voir Th. de Bèze, Hist. eccl. LU, 68. 
(Nicolas.) 

3. ASSIER (Jean) « d'Ysortille (Is- 
sur-Tille ; Cote-d'Or), chapelier, » avec 
sa femme, un enfant et sa belle-sœur, 
assisté à Genève pour se réfugier au 
Brandebourg, 1690; était établi à Mag- 
debourg en 1700. — (Pierre), de Bor- 
deaux , peigneur de lame , réfugié à 
Magdebourg, 1700. 

ASSICNY (Pierre d'), ministre à 



415 



ASSIGNY — ASTARAG 



416 



Norwich, 1618 [IV, 225 a].— (Marius d') 
théologien anglais, 1643-1717. 

Biogr. Didot. 

ASSY (Jeanne d'), v. 1540 [III, 421 a]. 
- François d*), v. 1580 [IX, 391 b]. - 
(Daniel d'), sieur de Villiers , parrain 
d'une fille à'Estienne le Maistre baptisée 
au Croisic, 1603. 

1. ASTARAG (Michel d'), écrit quel- 
quefois Estrac , baron de Marestang 
et de Fontrailles {F ontar ailles , Fon- 
teraille ou même Fontenaille) , vi- 
comte de Gongolas , appelé aussi To- 
nemar, second fils de Jean -Jacques 
d'Astarac et d'Anne de Narbonne [Haag 
I, 142]. = Armes : Ecartelé d'or et de 
gueules. 

2. Devenu chef de la famille par la mort 
de son frère aîné tué au siège de Metz 
(1553), sous Henri II, Michel d'Astarac- 
Fontrailles se montra, toute sa vie, un 
des plus zélés défenseurs de la cause 
protestante. C'est lui sans doute et son 
frère cadet (voy. n° 3) qui sont visés et 
condamnés à mort par contumace sous 
le nom de « les deux frères d"Astarac, » 
clans l'arrêt du parlem. de Bordeaux du 
6 avril 1569 [II, 415 a]. Gouverneur de 
l'importante place de Lectoure pour 
Jeanne d'Albivt, il eut le malheur de se 
laisser surprendre par Monluc qui, à la 
première nouvelle de l'entreprise de 
Meaux , s'approcha à l'improviste de 
cette ville et y entra sans coup férir. 
Mais il ne tarda pas à racheter cette 
faute par de nombreux et signalés ser- 
vices. Devenu sénéchal d'Armagnac, il 
fut mandé à Nérac par la reine de Na- 
varre, après la détermination prise par 
elle d'aller rejoindre Condé à La Ro- 
chelle. Elle lui ordonna de rassembler 
secrètement quelques troupes, et se mit 
en route sous l'escorte dont il était l'un 
des chefs [I, 46 a] et ci-dessus col. 103. 
Fontrailles prit une part active aux évé- 
nements de la troisième guerre civile 
jusqu'à la bataille de Jarnac (1569), 
où il eut une jambe emportée par un 
boulet, ce qui ne l'empêcha pas plus 
tard de déployer la même activité. En 

1573, il fut un des premiers à répondre 
à l'appel du vicomte de Paulin, et l'as- 
semblée de Réalmont le nomma gouver- 
neur de l'Armagnac et du Bigorre. En 

1574, il assista à l'assemblée de Milhau 



où se conclut l'alliance des protestants 
avec les catholiques politiques, et il fut 
nommé, ainsi que Paulin, Terride, Pa- 
nât, S. Romain et Clausonne, membre 
du conseil que cette assemblée adjoignit 
à Damville. La même année, il ourdit 
avec Paulin et Terride une conspiration 
qui avait pour but de s'emparer de Tou- 
louse; cette entreprise échoua, mais la 
prise de Castres, à laquelle il contribua 
[II, 419], put consoler les protestants. 
En 1586, il continua avec succès la 
guerre dans le Languedoc, et l'année 
suivante, il combattait à Coutras [V, 
460 b]. En 1588, il prit part, en qualité 
de député de la Guyenne, aux travaux 
de l'assemblée politique de La Rochelle. 
En récompense de ses services, le roi 
Henri de Navarre le nomma son lieute- 
nant général en Guyenne, et par lettres 
datées du camp de Dreux, 6 mars 1590, 
capitaine de cent hommes d'armes. Par 
son testament, du 9 octobre 1604, il or- 
donna qu'on l'ensevelîtdans le temple de 
sa terre de Castillon. Sa mort eut lieu en 
1606. Il avait épousé, en 1570, Isabelle de 
Gontaut, qui le laissa veuf avec quatre 
enfants : Benjamin, qui causa beaucoup 
de troubles dans l'Eglise réformée en 
chassant de la ville et du château de 
Lectoure la garnison protestante : conf. 
[II, 84 a]. Cet acte de violence irrita d'au- 
tant plus les réformés qu'ils le soupçon- 
naient de pencher vers le catholicisme. 
Les Mémoires de Du Plessis-Mornay 
nous apprennent en effet qu'il s'était en- 
gagé à embrasser la religion romaine à 
la première réquisition , moyennant 
« certaine somme et pension, » et ceux 
deBassompierre que ce marché ne tarda 
pas à être ratifié. On y lit sous la date 
de 1620 : « Le roi envoya quérir le sieur 
de Fonterailles, gouverneur de Lec- 
toure, à qui il donna 50,000 écus en le 
tirant de cette place, comme il avoit 
promis à ceux de la religion assemblés 
à Loudun, attendu que ledit Fonterailles 
s'étoit fait catholique et en cette profes- 
sion ne pouvoit commander dans Lec- 
toure, place de sûreté des huguenots. » 
Toutefois Louis XIII ne fit droit qu'en 
partie aux plaintes de l'assemblée de 
Loudun. Il ne rendit pas le gouverne- 
ment du château aux protestants ; mais il 
mit à sa place un officier de sa maison. 



417 



ASTARAC — ASTIER 



-il 8 



le sieur de Blainville l'aîné, qui profes- 
sait, il est vrai, la religion réformée, en 
lui donnant une garnison catholique. 
Benjamin d'Astarac mourut le 19 mars 
1625. Son frère Gédèon, qui avait épousé 
Catherine de Pardaillan [U, 22 b: VIII, 
123 b], était décédé sans enfants en 
1610. Ses deux sœurs, Elisabeth et Mar- 
guerite, furent mariées, la première avec 
Samuel de Bourbon-Mal a use, la seconde 
avec Antoine de Lévis. Après la mort de 
sa première femme. Michel d'Astarac 
avait épousé Paule de La Barthe Jlont- 
corneil qui ne lui donna pas d'enfant, 
et en troisièmes noces Eléonore de Lau- 
zières de La Capelle, dont il eut une 
fille, Isabelle, mariée à Godefroy de Dur- 
fort, seigneur de Castelbajac en Bigorre 
[IV. 508 a]. — Voy. encore [VIL Cl a". 

3. Fontrailles n'est pas le seul membre 
de la maison d'Astarac qui ait acquis 
une réputation dans le parti protestant: 
son frère cadet Bernard, vicomte de 
Montamat (Montamar, Montaumar et 
même Mont>naur' y . suivit cet exemple. 

Nous avons déjà eu plusieurs fois l'oc- 
casion de parler de lui [I, 46 a, 17. 
49 a, 13-2 b, 133] et ci-dessus col. 103, 
105, 106. On le trouve d'abord se si- 
gnalant au combat de Gannat, en 
La même année, il escorta Jeanne d'Al- 
bretàLa Rochelle. Quelques jours avant 
la bataille de Jarnac, il fut laissé en gar- 
nison dans cette ville que venait d'em- 
porter Briquemaut. La bataille perdue, 
il fut renvoyé dans le Béarn pour com- 
mander avec d'Arrosen qualité de « lieu- 
tenant général de la Reine. » Contraint 
à s'enfermer dans Xavarrenx avec le 
petit nombre de Béarnais restés fidèles, 
il contribua à la belle défense de cette 
place jusqu'à l'arrivée de Montgommery 
qu'il parvint à rejoindre, sur l'ordre de 
sa souveraine. Il se distingua ensuite en 
forçant le pontd'Osserain et en enlevant 
avec d'Arros la ville de Tarbes à Fran- 
çois de Béarn sire de Bonnasse , lieute- 
nant de Monluc. et en tenant la eampa- 
gnejusqu'à la paix générale(ll août I 
Enfin, en 1572, il accompagna le prince 
de Navarre à Paris, et là, périt victime 
de la Saint-Barthélémy. « M. de Mont- 
maur, dit Brantôme, étoit un homme de 
belle façon et qui monstroit bien ce qu'il 
estoit, et bon capitaine, et mesme pour 



l'infanterie, qui avoit esté sa première 
profession ; et avoit esté l'un des capi- 
taines de M. deGrandmont du temps du 
roy Henry, lorsqu'il commandoit à qua- 
tre compagnies. » Et ailleurs : «Ce brave 
capitaine (qu'il appelle ici Montamart" fut 
tué au massacre de Paris, dont ce fut un 
grand dommage ; car c'estoit un fort hon- 
neste, doux, gracieux et brave gentil- 
homme, n 

i. Au milieu du XV H* siècle, le ca- 
ractère de la maison d'Astarac devenue 
catholique était bien déchu (voy. Talle- 
mant}. On trouve, vers 1640, le marquis 
Louis d'Astarac, vicomte de Fontrailles. 
jouant dans les antichambres du cardinal 
de Richelieu. Cétait un homme spirituel 
et d'un courage à l'épreuve, mais un mé- 
créant laid, bossu, gourmet, débauché, 
mêlé aux trahisons de Cinq-Mars avec 
l'Espagne et que ses amis raillaient aux 
dépens de ses glorieux pères, en l'appe- 
lant par gaudriole : « Le sénéchal d'Ar- 
magnac. » 

.".. Nous croyons que l'on doit distin- 
guer les Fontrailles, de l'illustre maison 
d'Astarac, d'un capitaine Fonterailles 
qui, pendant la première guerre civile, 
s'empara de Recoules, avec le concours 
de Saint- Jean de Gardonenque et qui, 
surpris dans une reconnaissance, ainsi 
que le lieutenant Guillot, se jeta dans 
Haumont où, bien que sans munitions 
et sans vivres, il se défendit deux jours 
entiers avec un courage extraordinaire. 
Le second jour enfin, entre dix et onze 
heures du soir, il sortit de la ville à la tète 
du petit nombre de soldats qui lui res- 
taient, s'ouvrit un passage à travers l'en- 
nemi et gagna Marvejols, tenu par les 
protestants. Plus tard, en 1569, après la 
mort de La Loue, son beau-frère, il ob- 
tint de Coligny le commandement de la 
compagnie de ce brave capitaine [1, 1 i 3 b] . 

ASTER, vov. Aure. 

1. ASTIER'à Montauban. 1581 IX, 
484 b]. — (Pierre), de Nimes, étudiait le 
droit à Genève, en 1584. — (David), de 
Grenoble, réfugiée Genève, 1688: reçu 
habitant, 1701. — Alexandre . de La 
Serre en Vivarais, galérien en 1689 [X, 
412] ; il ne fut libéré qu'en 1713. — (Da- 
vid), d'Aspre en Daupbiné, assisté en 
passant à Genève, 1699. — 'Jean), de 
Die, et son fils. id. 1701. — Pierre), du 

i. 14 



419 



ASTIER 



420 



Dauphiné, id. 1705. — (Jacques), chi- 
rurgien à Chalençon, apostat et dénon- 
ciateur, 1732 [IV, 492 a]. — (Etienne, 
fils de Jean-B.), de Nîmes, ouvrier en 
bas de soie, reçu hab. de Genève, 1752. 
2. ASTIER (Gabriel), enthousiaste des 
Cévennes, du nombre de ceux qu'on ap- 
pela « les petits prophètes » et qui paya 
son exaltation par un cruel martyre 
[Haag, I, 144.— III, 33 b ; IV, 511 b ; X, 
406]. Il était né à Glieu en Dauphiné. 
Lorsqu'il eut environ 25 ans et qu'il se 
fût instruit par l'influence et les prédica- 
tions d'un autre illuminé, Du Serre, il 
parut dans le Vivarais, pour soulever le 
peuple par ses prophéties. C'est sur la 
fin de 1688 que commença son aposto- 
lat. Il se rendit d'abord au village de 
Bressac,oùil communiqua, selonBrueys, 
l'historien malveillant de l'insurrection 
des Cévennes, le don de prophétie qu'il 
avait reçu, à ses parents, à son frère aîné 
Pierre, à une femme nommée Marie. Le 
nombre de ses disciples augmenta de 
jour en jour. On peut croire que l'affreuse 
misère du pays contribua plus que tout 
autre chose au succès de ses prédications. 
Les magistrats mirent aussitôt en cam- 
pagne les dragons du lieutenant général 
de Broglie; mais Astier parvint à leur 
échapper, et avec quelques-uns de ses 
partisans, il se réfugia dans les monta- 
gnes du nord de la contrée appelées les 
Bouttières. Favorisé par la nature du 
pays, le soulèvement s'y propagea rapi- 
dement. Bientôt toutes les montagnes 
furent couvertes d'inspirés qui annon- 
çaient au peuple la prochaine délivrance 
d'Israël. L'intendant Basville, de concert 
avec le commandant militaire de la pro- 
vince, pritles mesures lesplus promptes, 
sinon les plus humaines, pour étouffer 
la révolte. Après plusieurs rencontres 
sanglantes, où les révoltés, la plupart 
sans armes, se comportèrent avec la plus 
aveugle bravoure, le calme parut enfin 
se rétablir dans le Vivarais. « Dans moins 
de quinze jours, ditBrueys avec son exa- 
gération accoutumée, plus de 20,000 per- 
sonnes s'étoient soulevées; dans moins 
de huit, tout fut tranquille et hors d'état 
de pouvoir remuer à l'avenir. » On sait 
que l'événement lui a donné le plus com- 
plet démenti. Cependant la victoire de 
l'intendant du Languedoc n'était pas 



complète; l'auteur du soulèvement, Ga- 
briel Astier devenu fameux, ne s'était 
pas trouvé parmi les morts; cette pensée 
troublait son repos : « La Providence ne 
voulut pas permettre, lit-on dansBrueys, 
que ce séducteur se dérobât au supplice 
qu'il avoit mérité, elle le livra entre les 
mains de ses juges dans le tems qu'ils 
y songeoientle moins. » Reconnu à Mont- 
pellier dans un régiment où il s'était en- 
gagé pour se soustraire aux recherches, 
Astier fut condamné à mort, et exécuté 
le 2 avril 1689. Selon M. Dourille (His- 
toire des Guerres civiles du "Vivarais, 
1846, in-8), cet événement se serait passé 
un peu différemment. Astier ne s'était 
pas enrôlé dans l'armée royale; il avait 
eu « l'imprudence, un jour du mois de 
mars 1690, de paraître à Montpellier, 
dans le moment où le comte de Broglie 
passait en revue le régiment de Saulx, 
sur l'esplanade du Peyrou : reconnu et 
dénoncé par un soldat du Vivarais, il 
fut arrêté, jugé et rompu vif à Bays. » 
Cette dernière version est sans doute la 
plus vraisemblable, sauf pour la date. 

3. ASTIER (Jean-Pierre), pasteur, né 
au hameau de Moze, commune de S.- 
Agrève en Vivarais, le 9 février 1757, 
mort le 24 déc. 1839 à Saint-Laurent du 
Pape. Il remplit d'abord les fonctions du 
ministère évangélique à S.-Didier de 
Crussol, Alboussières, Boffres et autres 
lieux, où il fut confirmé à l'époque de la 
réorganisation des cultes, et passa en 
1807 au service des églises deTouland, 
Charmes, S. -Laurent du Pape, Gilhac, 
Bruzac, etc. riveraines du Rhône. C'était 
un pasteur d'un rare courage. Pendant 
les orages de la Révolution, l'église ca- 
tholique de S.-Didier ayant été fermée, 
la foule en enfonça les portes pour le 
faire entrer, et il y annonça l'Evangile. 
Le tribunal révolutionnaire de Tournon 
le jeta en prison pour ce fait, mais il n'y 
demeura pas longtemps. Non moins 
fidèle que courageux, Astier se rendait 
dans les vogues de village (fêtes patro- 
nales) et représentait publiquement à 
ceux qui s'y trouvaient la folie de leurs 
divertissements. Ledimanche, il obligeait 
ceux qui travaillaient aux champs de ve- 
nir au culte, et si la pauvreté était leur 
excuse, il leur envoyait un ouvrier à ses 
frais le lundi suivant, pour les dédom- 






4*21 



ASTIER — ASTORG 



m 



mager du temps qu'ils avaient perdu. Sa 
charité du reste était à la hauteur de son 
zèle, et il se dépouillait de tout pour se- 
courir les malheureux. La taille élevée, la 
figure austère, le geste expressif, la voix 
puissante, il exerçait un ascendant con- 
sidérable comme prédicateur, et ce n'é- 
tait pas sans une profonde émotion qu'on 
le voyait monter en chaire, sur la fin de 
sa vie, soutenu par deux anciens. Malgré 
sesnombreuses occupations, Astier trou- 
vait le temps d'écrire, et il a laissé les 
opuscules suivants, qui ne sont pas sans 
mérite : 

I. Discours intéressant sur lanouvelie 
comtituiionen France, et la religion, etc. 
A Valence, chez P. Aurel. imprimeur- 
libraire, 46 p. in-8. 

II. L'Esprit de Bionnens sur V Apoca- 
lypse et les prophéties de Daniel, pour 
ce qui regarde les derniers temps, etc. 
Ere Chrétienne 1798, an VI de la Ré- 
publique française (Valence), 388 p. in-S. 

III. Lettre aux riches qui négligent 
leculte religieux, nés dans V Eglise évan- 
gélique de la ville de D* (Die), etc. Va- 
lence. 18-21, 36 p. in-12. 

IV. L'inquisition dévoilée ou traité 
contre le tribunal de V inquisition, etc. 
Privas, \SSft, 57 p. in-12. 

V. Lettre à un ami sur la divinité de 
l'Evangile, etc. Valence, 1326, 75p. in-12. 

VI. Sermons nouveaux sur des sujets 
très-intéressants. Valence, 1828, 115 p. 
in-12. 

VIL Le réveil des gens de bien... ou 
cri de la sublime vérité contre les faux 
pasteurs, etc. Valence (1830), 59 p. in-12. 
Arnaud.) 

Astoard, voy. Estoard. 

ASTOR (M»" d'), femme d'un officier 
qui avait fait abjuration, est mise à l'hô- 
pital de la manufacture à Bordeaux. 
1688 (Tt, 287). 

ASTORG (Jean), naturalisé anglais 
avec ses deux filles, mars 1682. — (Ray- 
mond), « fabricant en laine, » de Mon- 
tauban, reçu hab. de Genève, mai 1732. 

ASTORG, famille nobledu Languedoc, 
qui avait donné des capitouls à Toulouse 
dès le XIV e siècle. [Haag I, 145], d'après 
les Jugements de la Noblesse, par le m is 
d'Aubaïs. Mais voyez La Chesnaie-Des- 
bois et le Cabin. des titres, à la Bibl. nat. , 
Carrés d'Hozier, t. 88, t» 121-144.= 



Armes : D'or à l'aigle éployée de sable. 

Antoine Astorg. seigneur et baron de 
Montbertier ou Montbartier, fils d'An- 
toine et capitoul de Toulouse en 1518, 
épousa, le 9 septembre 1539, Jeanne de 
Lomagne-Terride , puis en secondes no- 
ces, le 17 avril 1553, Gabrielle de Goi- 
rans de Lux, fille du baron de Lux et de 
S. -Vincent, veuve de Jacques de La 
Tour s r de Jusses. Il testa le 17 février 
1587 et il était mort le 16 avril suivant. 
D'après son testament, il laissait de son 
premier lit un fils unique Bernard et du 
second : Paul, Joseph, Anne, mariée au 
s r de Trebaye. Marie et Isabelle, et il 
partageait ses biens entre ses divers en- 
fants, en substituant éventuellement à 
ceux-ci son cousin Jean d' Astorg s r de Se - 
greville. Antoine et son fils Bernard dé- 
fendirent l'un et l'autre la cause protes- 
tante, mais non pas avec une égale 
persévérance. Antoine était gouverneur 
de Montauban en 1569 et les faveurs de 
la cour ne purent le séduire. Bernard, 
qui avait rejoint A rpajon, voyant l'en- 
treprise sur Toulouse manquée et Mon- 
tauban menacé d'un siège, jugea que le 
parti le plus avantageux était de se sou- 
mettre, et à la conclusion de la paix, il 
abjura la religion réformée. Ce fut sans 
doute pour le récompenser que le roi le 
nomma chevalier de son ordre et capi- 
taine de 50 hommes d'armes. 

Joseph d'Astor::. assisté de son frère 
aîné Bernard et de D"« Miramonde de 
Goirans, sa tante, qui le fit son héritier, 
contracta mariage, déc. 1596, avec Mi- 
ramonde de Mun ; et Paul, son autre 
frère épousa en 1604 Georgette de Lar- 
dât. Paul eut pour fils 1° Jacques s r de 
(ioirans et Montbartier. 2° Joseph s r de 
Vincent qui servait en 1636 dans le ré- 
giment de Schomborir. 

Selon La Chesnaie-Desbois. un An- 
toine d'Astorg fut tué à Coutras (20 oc- 
tobre 15S7) aux côtés du roi do Navarre. 
C'est le môme probablement qui, l'année 
précédente, avait empêché Lombez Gers 
de tomber aux mains des catholiques 
[IX, 340 bj. Simon d'Astorg. major au 
régiment de Guyenne, avait encore son 
culte et son ministre, dans son château 
de Montbartier, en l'année 16*5 Tt. 
322); mais il était le dernier représentant 
maie de sa famille qui s'éteignit avec lui 



423 



ASTORG — ASTRUC 



424 



[VIII, 299 b], et la baronne, sa femme, 
est notée par Elle Benoît dans sonHist. 
de l'édit de Nantes, comme ayant été du 
nombre des persécutés à l'époque de la 
Révocation. En effet, on la clôtura dans 
un couvent, à La Pomarède, puis on 
l'enferma à la manufacture deBordeaux, 
pour avoir refusé de suivre à la messe 
son mari qui venait de se convertir (1685) ; 
et sa constance n'était pas encore vain- 
cue en 1688 (Tt, 287). Elle était alors 
âgée de 54 ans. (Haag.) 

ASTRIEL (Antoine), du Languedoc, 
réfugié à Berlin, 1698. 

ASTRINGHEM (Madeleine), « con- 
fesseuse, » réfugiée et assistée à Lon- 
dres, 1702. 

ASTRU (Jacques) et sa femme, id. 1 721 . 

1. ASTRUC (Jean), baptisé dans le 
temple de Vendemian (Hérault), 1574 
[VI, 62 b]. — (Pierre), ministre de La Ga- 
zelle, en Auvergne, 1682 ; réfugié en An- 
gleterre, 1691 ; assisté à Londres, 1702 
[VI, 96 a ; IX, 148]. — (Antoine), 70 ans, 
mis à la chaîne comme galérien, 1692 
[X, 416]. — (Jean-Jacques), du Viva- 
rais, passant à Genève avec sa femme 
et trois enfants pour se réfugier en Alle- 
magne, 1693. — (Jean), des Gévennes, 
id. 1708. — (Antboine), du Languedoc, 
marchand; réfugié à Berlin, 1700. 

2 ASTRUC (Pierre), ministre à Ge- 
nerargues, s'y marie en 1672 (Regist. de 
Generargues). 

3. ASTRUC (Pierre), fils de feu Fran- 
çois, de Sauve, et de Susanne Estienne, 
admis au s. ministère par le synode du 
Vigan, 26 août 1681, en même temps 
que Jacques, fils de Pierre et de Isabeau 
Ausselle, et aussi de Sauve [IX, 5 b]. 
Tous deux étudiaient la théologie à Ge- 
nève en 1676 (Petrus et Jacobus Astruc, 
Salvienses ex Cebennis) ; Pierre fut pas- 
teur d'Aigremont de 1681 à 1684, puis 
en cette dernière année, condamné par 
contumace au supplice de la roue et 
pendu en effigie [111, 32 b]. Jacques fut 
pasteur dans la famille de Ginestous. — 
Astruc, habitant de Sauve, 1721 [IX, 
474 a]. — (Antoine), fils d'Antoine, de 
Sauve, « paresolier, » reçu habitant de 
Genève, 21 oct. 1707, et bourgeois, avec 
ses deux fils Antoine et François, 17 mars 
1725. — Astruc, pasteur à Sauve en 1684, 
abjura le protestantisme [I, 145 b]. Si 



nous le mentionnons d'une manière spé- 
ciale, c'est uniquement parce qu'il donna 
le jour au célèbre Astruc, 1684-1766, qui 
fut successivement professeur à Tou- 
louse, à Montpellier et à Paris, méde- 
cin d'Auguste, roi de Pologne, puis de 
Louis XV, et que ses écrits , justement 
estimés, ont mis au rang des plus illus- 
tres médecins du siècle dernier. 

4. ASTRUC , martyr [HaagI, 145]. Il 
était meunier àS.-Christol (Gard), et fut 
arrêté en oct. 1703, sous la prévention d'a- 
voir pris part à l'incendie des villages de 
Saturargues et de S.-Ceriés, que les Ca- 
misards avaient livrés aux flammes en 
représailles de l'affreuse dévastation des 
Hautes-Cévennes exécutée par ordre de 
Montrével et de Basville. Brueys rap- 
porte, dans son Histoire du fanatisme, 
que ce malheureux « fut convaincu, non- 
seulement de s'être trouvé au massacre 
de Saturargues, mais encore d'en avoir 
été le principal auteur, et d'y avoir exé- 
cuté de ses propres mains les plus grandes 
inhumanitez. Comme il fut jugé à Mont- 
pellier, continue-t-il, j'eus la curiosité 
de le voir lorsqu'il fut ouï sur la sellette ; 
je me souviens d'avoir vu ses juges sai- 
sis d'horreur au récit de ses barbaries, et 
embarrassez à pouvoir trouver un sup- 
plice qui répondit à l'énormité de ses 
crimes. Il fut enfin condamné à être 
roué et jeté tout vivant dans un bûcher 
allumé au pied de l'échafaud. Spectacle 
alfreux, mais qui ne donna au public 
qu'une légère image de ses cruautez. » 
Nous aurons plus tard l'occasion, à l'art, 
consacré à Brueys, d'apprécier la va- 
leur des accusations de cet historien; 
qu'il nous suffise de dire par anticipa- 
tion qu'à nos yeux son livre est une flé- 
trissure pour son nom. Le témoignage de 
Court ne laisse aucun doute sur l'iniquité 
commise par les juges du tribunal de 
Montpellier; il aftirme avoir appris de la 
bouche même de plusieurs Camisards 
dignes de foi, qui avaient dirigé cette 
expédition, qu'Astruc n'y avait point 
pris part. Voilà le monstre pour lequel 
on ne pouvait inventer de supplice assez 
atroce. Le fils de cet infortuné, âgé de 
14 à 15 ans, fut arrêté quelques jours 
après, et, de même que son père, il fut 
convaincu d'avoir assisté à ce massacre. 
« Il fut même vérifié, ajoute Brueys, que 



425 



ASTRUC 



ATTON 



426 



les Fanatiques se servoient de ce jeune 
garçon pour égorger les enfants; qu'il 
en avoit fait périr plusieurs de divers 
genres de mort; et que son malheureux 
père l'avoit exercé à cette barbarie. Son 
bas âge tint quelque temps ses juges en 
suspens, et incertains s'ils le pouvoient 
condamner à la mort ; mais enfin le re- 
gardant comme un monstre dont on de- 
vait purger la terre, ils l'envoyèrent au 
gibet. » Ces monstruosités se commet- 
taient au commencement du XVIII e siè- 
cle. Nous regrettons de ne pas connaître 
les noms des juges pour les vouer à 
l'exécration publique. Ces exécutions fu- 
rent accompagnées ou suivies d'un grand 
nombre d'autres. « Tous les jours, dit 
Court, les échafauds et les gibets étaient 
ensanglantés. « Le 29 octobre, comme 
pour prendre une revanche de la défaite 
de Fau, le tribunal de Nîmes condamna 
au supplice de la roue Antoine Deshas, 
voiturier du Mas de Gerbe, soupçonné 
d'avoir favorisé les Camisards. Le 30, on 
pendit Catherine Fontcaille , âgée de 
25 ans, soupçonnée du même crime. 
A Montpellier, à Alais, à Mende, les 
exécutions ne furent pas moins fréquen- 
tes ; « mais elle n'eurpnt aucun effet, dit 
Brueys, parce que l'endurcissement des 
Fanatiques était à toute sorte d'épreuves, 
et qu'ils se regardoient comme des mar- 
tyrs qui versoient leur sang pour la dé- 
fense de la véritable religion. » Les as- 
sassinats judiciaires continuèrent donc. 
Le 17 novembre, on pendit à Nîmes 
trois hommes qui avaient assisté à une 
assemblée, avec une femme, nommée 
Durante de Gajan, accusée d'être pro- 
phétesse. Guillaume Isaac éprouva un 
sort plus rigoureux encore. Il fut roué 
vif, ainsi que Pierre Laval de Coulor- 
gues, Louis Brunel, d'Anduze, Jacques 
Thomas de S.-Ambroix. 

ASTUGUE (Antoine-Bertrand d'), 
sieur d'Angalin, vers 1600 [I, 143 a; 
VIII, 318 a]. — (Marguerite d'), v. 1590 
[VII. 146 aj. — (Armoise d'), vers 1650 
[VII, 146 b]. 

ATANVÎLLE ou Attenville (J.), de 
Dieu-le-Fit, en Dauphiné, réfugié et as- 
sisté à Genève, 1707-1710. — (Pierre), 
de Dieu-le-Fit, reçu habit. 1717. 

ATENOL de Goordon du Villars, 
gentilhomme du Dauphiné, compris, en 



qualité de chef, dans la confiscation de 
corps et biens prononcée par l'intendant 
Le Bret contre les religionnaires pris ou 
tués au combat de Bourdeaux, 29 août 
1683, à savoir : Timothée Guion, J. et 
Philippe Sause, Louis et Marin Armand, 
Charles et Etienne Arnaud, Jean Chos- 
tard, Lablache, Gabriel Fauché et ses 
deux fils, Isaac Maynal, Pierre Aliie. 
Silvain du Bonnas, P. Guy, Pierre et 
Daniel Bertrand, J. et David Garnier, 
Moïse Lambert, J. Mège , Sibourg-La- 
Bruyère, Jullien de Bellecom be . Isaac Do- 
ville. Philibert Mours, Pierre Joussaud, 
Jean Roux, Jean Cordiel, Moyse Gal- 
lian; David, Jacques et Noël Parot, 
autrement Pairot ou Pérot, Chamin, 
Jean Chaumar, Pierre Bec, les fils de 
Daniel et Louis Raspail. deux fils de 
Jean Gresse, François Paper, Estrandu 
Vergier, Combe, Latour, Brun, Jean 
Vandromes, La Tour de Chabeuil, les 
trois frères Andron et autres non dé- 
nommés Arch. gén.Tr). 

ATENOU (la femme de Pierre), de 
Crest en Dauphiné, assistée à Genève, 
1690. — Louise Atenoue, de Saou.2t ans, 
prisonnière è la tour de Crest, 1703 [X, 
— Attenou ou A t tenon Jean- 
Pierre , de Bourdeaux en Dauphiné, 
batteur d'or, reçu habit, de Genève, 1752. 

ATi i 1ER (Etienne) ; Montpellier, 1599 
[V, 263 aï. — David Atger, pasteur de 
Montpellier en 1636, de Lunel, 1637- 
1654 (V, 43 b; X. 345].— Atger ou At- 
gier, dit La Valette, camisard. Voy. 
Agier, ci-dessus col. 51. 

Athieules, voy. Chaumont. 

ATHIS Pierre d\ jurât de Bordeaux, 
1611 [VI, 305 a]. 

ATIGNAN ,'Jean) , de Meaux , con- 
damné, 1546 [X, 12 et 13]. 

ATIMON (Sara), assistée à Londres, 
1702. 

ATRE ^Alexis d'), « d'une famille con- 
sidérable deCarpentras, voulant faire ab- 
juration de la religion romaine, » assisté 
à Genève pour aller en Hollande, 1702. 

ATRU (Anthûine), cordonnier, de la 
Balme d'An tin en Dauphiné, reçu habi- 
tant de Genève. 13 avr. 1556. Cf. Astru. 

ATTIS, capitaine, 1579 [II, 468 a]. 

ATTON (Pierre); — (Jacques), avec 
sa femme et un enfant, assistés à Lon- 
dres, 1721. 



427 



AUBAC 



AUBERT 



428 



AUBAC (Anne), des Gévennes, 69 ans, 
et un enfant, assistés à Londres, 1702. 
On trouve encore une Anne Aubac sur 
les listes de charité de Londres en 1705 
et en 1721. 
Aubaïs, voy. Baschi. 
AUBAN (Philibert), de Charlieu en 
Lyonnais, reçu habitant de Genève, 
8 septemb. 1 572. — (Henri), fils de Pierre, 
de La Sale en Languedoc, « faiseur de 
romaines et autres poids, » reçu habitant 
de Genève, 1715. — (Henri), fils de Pierre, 
du môme lieu, id. 1743. 

AUBANE (d'), d'Uzès. condamné aux 
galères pour crime d'assemblée reli- 
gieuse; 1693 (Arch. gén. M, 670). 
Aubanes (Rossel d'), voy. Rossel. 
AUBANEL (Jean), de Gombauvin en 
Dauphiné, assisté en passant à Genève 
pour gagner la Hollande, 1684. — (Ja- 
cob), de Massillargues en Languedoc, 
reçu habitant de Genève, 1689. — (Eli- 
sabeth), Genève, 1724 [VII, 191 a]. 

AUBANEL (François d'), seigneur de 
S. -Romain, capitaine au service de 
Prusse, 1686 (Erman IX, 10). 

AUBANYE (La Vallade, s' d'), Poi- 
tou.Voy. La Vallade [VI, 438 a]. - M. et 
M lle d'Aubanie ou Danbanie, « pension- 
naires de l'évêquede Poitiers » en 1713, 
c'est-à-dire enfermés, à sa demande, sur 
l'ordre du roi, pour être catéchisés (Let- 
tres mss. à M. de Richebourg). — 
M Ue d'Aubanie, âgée de 7 ans, mise aux 
Nouv. Gathol. de Poitiers, 1724; puis à 
l'Union chrétienne de Poitiers, 1726; 
puis au couvent de Montmorillon, d'où 
elle sort convertie en 1718, à l'âge de 
11 ans (Arch. gén. E, 3410, 3563-65). 
AUBARET (Pierre), de Ghastillon 
près Nérac, assisté en passant à Ge- 
nève, 1699. 

AUBE (Claude), de La Salle en Gé- 
vennes, peigneur de laine, réfugié à 
Magdebourg avec sa femme et deux en- 
fants, 1698. — (David), 56 ans, sa femme 
et quatre enfants, assistés à Londres, 
1702. — (Jacob), sa femme et quatre 
onhnts, assistés à Londres, 1721. 

AUBEAU (Louis), de Beaurepaire, 
assisté en passant à Genève, 1685. 

AUBEIRAC (B.-J.), de Sommières, 
réfugié à Genève et assisté, 1710. 

AUBELIN (Guillaume), sieur de La 
Rivière, d'Orléans. De sa femme Fran- 



çoise Brachet, ou de Brachet, il eut au 
moins trois filles : Claude, femme du ju- 
risconsulte François Hoiman [V, 538 
b] ; Françoise, femme de Guillaume Pré- 
vost , sieur de Moulins-sur-Charente 
[IV, 146 a; VIII, 325 aj, et Geneviève, 
femme, 1559, de Renaud Anjorrant, 
sieur de Souilly (ci-dessus col. 266). 

AUBENAS (Etienne, fils de feu Fran- 
çois), de Die, reçu habitant de Genève, 
1731. 

AUBEQUIN, dit De Xainctonge, an- 
cienne famille de La Rochelle, qui pa- 
raît avoir embrassé la Réforme en 1558 
et à laquelle doivent appartenir Pierre 
de Xainctonge, marchand, 1581, et Je- 
han de Xainctonge, marié à Jeanne 
Geay, dont il eut Marie, présentée au 
bapt. par Jacques Huet, 1583. (Jourdan.) 
AUBER (Élisab.), vers 1620 [IX, 
331 bj. — (Etienne), naturalisé anglais, 
11 mars 1700. — (Marguerite), veuve 
avec cinq petits enfants, assistée à Lon- 
dres, 1702. — Plusieurs Auber, direc- 
teurs de l'hospice des réfugiés français 
de Londres, 1755-1779. 

AUBERGE, dit Le Court; à Pierre- 
rue en Provence, précipité du haut du 
château, 1562 [X, 470]. 

AUBEROGHE (E.mman.-Théod.), de 
La Marche en Limosin, 36 ans, figure 
avec sa femme et un enfant sur les 
listes de la charité de Londres, en 1702- 
1705, avec la qualification de « prosé- 
lvte ecclésiastique. » 

1. AUBERT (Pierre, fils deSimon) « de 
Mothion en la Bourgogne, lanternier, » 
reçu bourgeois de Genève, 4 août 1547. 
(Anthoine), cordonnier, de Rotier en 
Dauphiné, reçu habitant de Genève, 
19 oct. 1557. — (Jeban), de « Cayras » en 
Dauphiné, id. 20 juin 1558. — (Louys), 
de Rothier en Dauphiné , id. 27 fév. 
1559. — (Robert), pelissier, fils de Jehan, 
de Chaalons en Champaigne.id. l cr mai. 
— (Vérin), cordonnier, natif de Jar- 
gueau, id. 3 juill. — (Jean), de Bourges, 
clerc, id. 15 septemb. 1572. — (Jean), de 
Clavans en Dauphiné, mercier, id. 17 
oct. 1572. — (Jacques et Claude son 
frère), du Dauphiné, id. 24 nov. 1572.— 
Aubert, un des premiers réformés du 
Mans, vers 1562 [VI, 252 b]. — (Ron.V. 
1571 [VI11, 324 a]. — (Pierre), tué à 
Rouen à la S. -Barthélémy [IV, 68 a].— 



429 



ALBERT 



430 



La femme d'un commissaire de ce nom 
livrée aux assassins par son propre mari, 
à Pans. ibid. [III, 402 al. 

•2. AUBERT (Jacques ", pasteur à Lvon 
en 1564 [Vil, 87 b) et Bull. XII, 483' — 
(Jean), ministre de Boulogne, réfugié à 
Londres, 1675 : Bull. Il, 26. — .1. . 
pasteur à Seloncourt (Fr.-Comté) , en 
1573 [IX, 400 a]. 

3. AUBERT Jacques , docteur en phi- 
losophie et en médecine, né à Vendôme, 
et réfugié à Lausanne. On trouve men- 
tion de lui pour la première fois dans les 
registres de cette ville à la date du 4 oc- 
tob. 1571. C'est lorsqu'il présenta au con- 
seil son livre intitulé : De la peste et du 
régime de vivre. Il vivait encore en 
car on lit dans les registres de cette an- 
née, à la date du 17 octobre : « Noble 
Jacques Aulbert, docteur-médecin, a pré- 
senté à N. T. H. S. uns livre en latin 
concernant son estât de médecine et co- 
gnoissance des causes des maladies, le 
quel mes dits seigneurs ont recheuz à 
contentement, lui estant ordonné deux 
cens escus d'or solleil pour présent. » 
(E. Chavannes, d'après le Manual de 
Lausanne.) On doit à ce médecin, qui a 
joui en son temps d'une certaine réputa- 
tion, les ouvrases suivants : 
. I. Libellus de peste ,-Laus.. 1571 . in-s°. 

II. Des natures et complexions des 
hommes, et d'une chacune partie d'iceux, 
et aussi des signes par lesquels on peut 
discerner la diversité d'icelles: Laus., 
1571, in-S°: réimp. à Paris. 1572. in-16. 

III. De metalloruin ortuetcausis bre- 
vis et dilucida explieatio : Lugd., l.">7"., 
in-8°. — Traité contre les chimistes. 

I V . Dux apologeticœ responsiones ad 
J '. Quercetanum ; Luird., 1576. in-s°. La 
première de ces réponses roule sur le 
laudanum des partisans de Paracelse, et 
sur les yeux d'écrevisse calcinée. La se- 
conde a été faite contre la chimie, que 
l'auteur traite de science vaine et futile. 

V. Progymnasmata in J. Femelii li- 
brum de abditis naturabum et medica- 
mentorum causis ; Basil., 157'.t, in-K°. 
L'auteur a augmenté de quelques obser- 
vations intéressantes l'ouvrage de Fernel. 

VI. Institutiones physicse instar com- 
mentariorum in bbros physica? Aristo- 
telis; Lusd., 1584, in-8°. 

VII. Semeiotiep, sive ratio dignos- 



cendarum sedium maie affectarum et af- 
fectuum praeter naturam : Laus., 1587, 
in-8°; réimp. à Lyon, 1596, in-8° et à 
Bâle. 1634, in-8° avec la Ghirurgia mi- 
litaris de C. Fabricius r Haas I. 146. 

4. AUBERT (Daniel); Champagne. 
1655 [VII, 399 a et b]. — (Marguerite), 
v. 1660 [IV, 509 a]. — (René), sieur de 
Garnault et Diane, sa fille, damedeLaBa- 
sinière, 1661 [V, 244 b].— (Louis;, sieur 
de Bardou, 75 ans, abjure à Saint-Jean- 
d'Angélv, 1683. — Charles). Embrun, 
1686 [Ml. 17i» b]. — .Daniel;, galérien, 
16*6 [X, 408].— (Marguerite), enfermée 
aux Filles de la doctrine chrétienne de 
Châlons, 1686. — Marie;, veuve Hatton, 
transférée de la Bastille à Mons, 1688. 

5. AUBERT 'Elisabeth ; Genève, 
vers 1 7 5i i T V. 206 b]. — (Jacques), peintre 
v. 1720 VII. 263 a]. — (Pierre), Genève, 
v. 1760 [IX. 393 a]. — (J.-L. et Jeanne), 
Genève, v. 17*0 IV, 6 a]. 

6. AUBERT(Gabriel), de Nyons, Dau- 
phiné, réfugié à Genève avec sa femme, 

reçoit un viatique pour aller en 
Piémont, 1693. — (Françoise . de Cha- 
lex, près Gex, 1693. — (Judith), de Cha- 
lex, 1696. — (Judith et Is'abeau),de Gap. 

— Aubertetses trois sœurs de la Plaine 
en Dauphiné, 1700. — (Jean David), de 
Saint-Paul de Vars en Dauphiné, 1701 : 
tous Genève pour passer en 

• ou en Allemagne; — Ta veuve 
de Pierre , d'Embrun, avec deux enfants, 
17u-2; — (la veuve d'Antoine et deux 
filles, 1703; — (la veuve Aubert), de 
Nyons. et son fils Salomon, 1704; — 
(Jaques), du Vigan, 1708; — (la veuve 
de Pierre), de Lyon, 1706- 17 14 ; réfugiés 
et assistés à Genève. 

7. AUBERT (Abraham), de V 
tailleur, réfugié avec sa femme et un en- 
fant: — (David , de Loisy-en-Brie, teintu- 
rier en bas, réfugié avec Anne Rochefort, 
sa femme et deux enfants. — (Pierre), 
de Champagne, charpentier, avec femme 
et enfant; tous réfugiés à Berlin, 1698. 

— (Salomon), maître perruquier à Em- 
brun, sa mère, sa tante, sa sœur et un 
apprenti, réfugiés à Magdebourg. — (la 
veuve de Pierre), tailleur à Puylaurens, 

ée avec sa fille à Wezel ; tous en 

— (J.), de Vassy, emprisonné à 

Ham, 1694, après avoir été condamné à 

mort pour avoir parlé contre la religion 



431 



AUBERT 



432 



[X, 437]. — (Pierre), de Vassy, chape- 
lier, réfugié à Berlin, 1700. 

8. AUBERT (François), chevalier, 
sieur d'Estinquaut, épouse à Rennes, 
17 juin 1685, Marie de La Vieuville. 

9. AUBERT (Pierre), naturalisé an- 
glais, 1682. — (Robert), id. 1697. — 
(Judith), veuve d'un marchand de Rouen, 
67 ans, réfugiée et assistée à Londres, 
1705. — (Marguerite), de Loudun,40 ans, 
avec trois enfants, id. — (Anne), de 
Paris, veuve, 64 ans, id. — (Marguerite), 
femme de Louis Cagnard, de Gaen, 
67 ans, id. — (Daniel), de Sedan, 54 ans, 
avec Susanne, sa femme, et un enfant 
infirme, id. — (Judith et Marie), id. 
1721. — (Antoine), directeur de l'hos- 
pice des Réfugiés à Londres, 1773. 

10. AUBERT (Phil. de Laïque, sieur 
d'), 1676 [VII. 128 a]. 

11. AUBERT DE VERSÉ (Noël), né 
au Mans vers 1645 [Haag I, 147 ; — VII. 
557 b]. Il étudia la théologie à Genève, 
où il fut immatriculé en 1665, et ses 
études terminées, il fut appelé aux fonc- 
tions pastorales en Bourgogne. Il n'y 
était que depuis bien peu de temps lors- 
qu'un synode assemblé à Is-sur-Thil, 
au mois d'août 1669, le déposa et l'ex- 
communia comme partageant les opi- 
nions hérétiques de Socin, c'est-à-dire 
niant la divinité de Jésus et la Trinité. 
En vain allégua-t-on qu'il avait composé 
un traité intitulé : de Christo Deo, en vain 
son église insista-t-elle pour qu'on le lui 
rendît, sa condamnation fut prononcée. 
Il se rendit alors en Hollande, et il sem- 
blerait qu'il fut pasteur dans les environs 
d'Amsterdam. Soit que le ministère sa- 
cré lui ait été retiré de nouveau, soit 
qu'il l'ait abandonné de son plein gré, il 
devint dans sa nouvelle patrie docteur 
en médecine, bourgeois d'Amsterdam, et 
surtout ardent écrivain, soutenant avec 
feu la polémique contre tous les per- 
sécuteurs. 11 offrit sa collaboration à di- 
vers journaux, entre autres à la Gazette 
d'Amsterdam, publiée par la veuve de 
Saint-Glain. Ayant attaqué Jurieu, ce 
ministre le dénonça, dans un factum 
plein d'invectives et d'accusations infa- 
mantes, à tous les souverains de l'Eu- 
rope comme un homme dangereux. C'est 
dans ce» circonstances que le clergé ca- 
tholique lui fit offrir la permission de 



rentrer en France et une pension, lui 
demandant en retour d'abandonner une 
Eglise qui le rejetait et d'écrire contre 
ses coreligionnaires. Ces propositions 
furent acceptées, et Aubert vint s'établir 
à Paris où il mourut en 1714. 

Outre une traduction du premier vol. 
des Acta eruditor. Lips. et une version 
latine, peu exacte, de l'Histoire critique 
de l'A. T. par R. Simon (Amst. 1681, 
in 4°), on a de lui : 

I. Réponse au traité de M. de M eaux 
[Bossuet], touchant la communion sous 
lesdeux espèces; Cologne [Amst.], 1683, 
in-12. 

II. Le protestant pacifique, ou Traité 
de la paix de l'Eglise, dans lequel on 
fait voir, par les principes des réformez, 
que la foy de l'Eglise catholique ne 
choque point les fondements du salut, et 
qu'ils doivent tolérer dans leur commu- 
nion tous les chrétiens du monde, les 
sociniens, les quakers même dont on ex- 
plique la religion; Amsterdam, 1684, 
in-12. — Cet ouvrage, dirigé contre Ju- 
rieu, parut sous le pseudonyme de Léon 
de La Guitonnière. L'auteur cherche à 
prouver qu'en sacrifiant chacune quel- 
que chose de la rigidité de ses principes, 
toutes les sectes chrétiennes pourraient 
fort bien vivre en paix. « Il faut avouer, 
dit Bayle, qu'il y a dans ce livre de l'es- 
prit en bien des endroits. » 

III. L'impie convaincu ou Disserta- 
tion contre Spinoza, dans laquelle on 
réfute les fondements de son athéisme, 
non-seulement ses maximes impies, mais 
aussi celles des principales hypothèses 
du Cartésianisme que l'on fait voir être 
l'origine du spinozisme; Amst. 1685, 
in-8°. — Livre rare et recherché. Quoique 
les cartésiens aient constamment re- 
poussé cette solidarité, il est certain que 
le spinozisme n'est qu'un développement 
des doctrines de Descartes. 

IV. Histoire du papisme, trad. du 
latin de J. H. Heidegger, ministre de 
Zurich, pour l'opposer à l'Histoire du 
calvinisme du P. Maimbourg, et allant 
jusqu'au pape Innocent XI; Amst. 1685, 
2 part. in-8°. — L'auteur avait laissé sa 
traduction incomplète. L'éditeur a ajouté à 
l'ouvrage un supplément de trois années. 

V. Le nouveau visionnaire de Rot- 
ter dam ou Examen des parallèles mys- 



433 



AUBERT — AUBERTIN 



434 



tiques de Jurieu; Colog. [Amst.] 1686, 
in- 12. — C'est cet ouvrage, publié sous 
le nom de Théognoste de Bérée, qui 
émut surtout la bile de Jurieu. Il a été 
réimprimé avec le suivant. 

VI. Le tombeau du socinianisme, ou 
Nouvelle méthode d'expliquer le mys- 
tère de la Trinité; Francf. [Amst.) 1687, 
in- 1-2. 

VII. L'advocat des Protestants, ou 
Traité du schisme dans lequel on justi- 
fie la séparation des protestants d'avec 
l'Eglise romaine, contre les objections 
des sieurs Nicole. Brueys et Ferrand; 
Amst. 1686, in- 12. 

VIII. Traité de la liberté de con- 
science, ou de 1 autorité des souverains 
sur la religion des peuples; Gologn. 
[Amst/, 1687, in-10. — Publié sous le 
pseudonyme de Léon de LaGuitonnière. 

IX. Manifeste de maître Noël Aubert 
de Versé, docteur en médecine, et ci- 
devant ministre de la R. R.. bourgeois 
de la ville d'Amsterdam, contre l'auteur 
anonyme d'un libelle diffamatoire inti- 
tulé : Factum pour demander justice aux 
puissances, etc.; Amst. 1087, in-4°. — 
Fort rare. 

X. Les trophées de Port-Royal ren- 
versez, ou Défense de la foy des six pre- 
miers siècles de l'Eglise touchant la 
sainte Eucharistie, contre les sophismes 
de M. Arnaud: Amst. 1688, in-12. 

XI. La véritable clef de l'Apocalypse, 
ouvrage où en réfutant les systèmes 
qu'on a bâtis dessus jusqu'ici, l'on in- 
dique le véritable, et où l'on découvre 
en particulier l'illusion des prédictions 
de J. F. P. D. R. (Jurieu, faux prophète 
de Rotterdam); Colog. [Amst.], 1690. 
in-12. — Dans la préface, l'auteur an- 
nonce un travail plus étendu sur la 
même matière, lequel parut effective- 
ment à Paris, 1703, 2 vol. in-12, sous le 
titre : La clef de l Apocalypse de 
S. Jean, ou Histoire de l'Eglise chré- 
tienne sous la quatrième monarchie. 

XII. L'anti-socinien, ou Nouvelle 
apoloyie de la foy catholique contre les 
sociniens et les calvinistes: Paris, 1692, 
in- 12. 

On a encore attribué à Aubert de 
Versé un mémoire sur l'inspiration des 
livre? saints, inséré dans Les sentiments 
des théologiens de Hollande contre 



l'Histoire critique de l'A. T., par Ri- 
chard Simon, et le Platonisme dévoilé 
d' HippolyteSouverain (Cologne, 1700), 
in-8. 

1. AUBERTIN [Jean, fils de feu 
Jean[,« de Chastenay-Vaudin, en Bour- 
gogne, coutelier, » reçu habitant de Ge- 
nève, 8 juin 1585. 

2. AUBERTIN , famille de Vitry-le- 
Franeais, A la fin du XVI e siècle, vi- 
vaient dans cette ville Edmk Aubertin, 
avocat renommé, et Gabriel Aubertin, 
sergent royal (Bull. XI, 152). Edme 
était fils d'un avocat qui portait le même 
prénom, et il eut un fils à son tour, né 
en 1596 à Vitry-le- Français, qui, lui 
aussi, reçut au baptême le nom d'EoME. 
Le grand-père prit soin lui-même de l'é- 
ducation de cet enfant, dont il voulait 
faire un médecin. Mais la vocation du 
jeune homme l'entraîna aux études théo- 
logiques, et il devint l'un des plus sa- 
vants pasteurs de l'Eglise réformée de 
France [Haag I, 148 ; — 79; IV, 356 a, 
495 aj. Admis au saint ministère à l'âge 
de 22 ans, en 1618, il exerça les fonctions 
pastorales d'abord pendant neuf années 
à Chartres, puis 25 ans à Paris [X, 315, 
350]. En 1626, il avait déjà publié un ou- 
vrage plein d'érudition intitulé : Confor- 
mité de la créance de l'Eglise et de S. 
Augustin sur le sacrement de r eucha- 
ristie. Son but était de prouver, contre le 
sentiment de Bellarmin, Du Perron et 
autres, que les doctrines du célèbre évé- 
que d'Hippone étaient sur ce point par- 
faitement conformes à celles de l'Eglise 
protestante. 

Aubertin était d'un esprit naturelle- 
ment pacifique, mais le hasard voulut 
qu'il fût jeté dans d'orageuses discus- 
sions. Peu de temps après son établisse- 
ment à Paris [1627), il eut un jour à 
recevoir dans l'église, à Charenton, un 
catholique converti, et il lui posa entre 
autres questions celle-ci : « Renoncez- 
vous de tout %otre cœur à l'abominable 
sacrifice de la messe? » Le biographe an- 
glais, Jean Quick *, auquel nous emprun- 
tons ce détail, accuse le commissaire 
royal, Auguste Galland [V, 201], d'a- 
voir été immédiatement dénoncer Au- 



1 Pans son recueil de 50 biographies de célèbres pro- 
testants français, intitulé : Icône* tarrw Gallitann- 
Voy. Bull. X, ii. 



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AUBERTIN 



436 



bertin, qu'il n'aimait pas '. Celui-ci s'é- 
vada et fut obligé de se cacher pendant 
deux années entières, passant la plus 
grande partie de ce temps dans l'hôtel 
de l'ambassadeur de Hollande. C'est 
dans ce Pathmos,dit encore Quick, qu'il 
employa ses tristes loisirs à composer 
son incomparable ouvrage sur l'eucha- 
ristie. 

Après deux années de disparition, on 
ne savait plus à Paris où était M. Au- 
bertin, ni ce qu'il était devenu. M. de 
Rambouillet qui avait un emploi dans 
la ferme des impositions, ayant dû ren- 
dre visite, pour affaires, au cardinal de 
Richelieu, le cardinal lui demanda s'il 
pouvait lui donner des nouvelles du mi- 
nistre Aubertin.Soit qu'il en sût ou non 
et qu'il craignît de le faire découvrir, 
M. de Rambouillet ne répondit que par 
le silence. « C'est bien, Monsieur, dit le 
cardinal; je vous prie de l'aller trouver 
de ma part, je puis vous dire où il est : 
vous le trouverez chez l'ambassadeur, 
de Hollande. Voyez-le de ma part et di- 
tes-lui qu'il peut aller prêcher quand il 
voudra à Charenton ; seulement que nous 
n'entendions plus parler de lui à propos 
de controverse en chaire et qu'il nour- 
risse son troupeau de bonne et saine 
doctrine. » Le dimanche suivant Auber- 
tin causait à tous ses coreligionnaires 
une joie égale à leur surprise en réappa- 
raissant tout à coup dans la chaire de 
Charenton. 

Peu après cette affaire, Aubertin s'en 
attira une autre en faisant une nouvelle 
et plus ample édition de son livre sur 
l'eucharistie. Le succès, de ce livre le dé- 
termina à en faire cette seconde édition 
qui parut (Genève, 1633, in-fol.) sous le ti- 
tre : « L'eucharistie de l'ancienne Eglise, 
ou Traité auquel il est montré quelle a 
été durant les six premiers siècles, depuis 
l'institution de l'eucharistie, la créance 
de l'Eglise touchant ce sacrement : le 
tout déduit par l'examen des écrits des 
plus célèbres auteurs qui ont fleuri pen- 
dant ce temps , avec réponse à tout ce 
que les cardinaux Bellarmin, Du Per- 
ron et autres adversaires de l'Eglise ont 
allégué sur cette matière. » Le clergé 
catholique indigné de ce qu' Aubertin 

1 A gentleman whose name was Galand and a servant 
of the then Trench king... 



avait osé taxer deux cardinaux d'adver- 
saires de l'Eglise, et s'arroger la qualité 
de pasteur de l'Eglise réformée , sans y 
ajouter l'épithète de « prétendue, » se 
plaignit de cette double énormité. Des 
poursuites judiciaires furent commen- 
cées contre lui à la requête de l'archevê- 
que de Paris. Elle furent, il est vrai, 
bientôt abandonnées, et le savant mi- 
nistre passa tranquillement à Paris dans 
la paix de son laborieux ministère, les 
vingt dernières années de sa vie, partagé 
entre les soins qu'il ne cessa de prendre 
pour revoir et améliorer son ouvrage, 
dont il voulait donner une traduction la- 
tine, et l'entretien de quelques amitiés 
distinguées, au premier rang desquelles 
il comptait le duc de Verneuil, alors abbé 
de Saint-Germain et précédemment évê- 
quede Metz. Gaston de France, duc d'Or- 
léans, avait, dit-on, beaucoup d'estime 
et de bonté pour lui. Il donnait aussi 
beaucoup de temps, après ses occupa- 
tions pastorales, au jardinage et à la 
culture des fleurs qu'il aimait passionné- 
ment. Il n'était pas moins amateur de 
musique et l'on en faisait chez lui cha- 
que semaine. Et c'était le même homme 
qui se plaisait à répéter devant ses fils 
qu'avant d'avoir atteint l'âge de 33 ans, 
il avait déjà lu tous les Pères de l'Eglise. 
Il possédait une riche bibliothèque dont 
a parlé Benj. Guérard, de l'Acad. des 
Inscriptions, dans son étude sur Fortu- 
nat 1 . 

Daillé disait du Traité de l'eucharistie 
que ce « grand et incomparable ouvrage » 
était resté au-dessus de toutes les atta- 
ques des catholiques et que pas un n'a- 
vait osé le combattre en face et de bonne 
guerre. L'ouvrage est divisé en trois par- 
ties. Dans la l re , Aubertin en appelle à 
la fois à l'Ecriture sainte et au raison- 
nement pour répondre aux arguments 
produits par les docteurs catholiques, et 
passe ainsi en revue tout ce que les con- 
troversistes ont jamais écrit sur la doc- 
trine de la transsubstantiation. Dans la 
2 e , il recherche, par la comparaison des 
témoignages des Pères, quelle a été du- 
rant les premiers siècles la croyance dé 
l'Eglise, et il arrive à ce résultat, que la 
transsubstantiation et la présence réelle 

1 Notices et extraits des uiss. de la Biblioth. natio- 
nale, t. XII, p 80. 



437 



AUBERTIN 



-438 



ont été des dogmes inconnus pendant 
toute cette période. Dans la 3 e , il rap- 
porte comment ces doctrines se sont in- 
troduites dans l'Eglise. — La traduction 
latine à laquelle il avait travaillé, ne pa- 
rut que deux années après sa mort, édi- 
tée par Blondel qui y ajouta une préface. 
En voici le titre : ■ De eucharistie site 
cœnœ dominical sacramento libri très. 
Primus ex Scripturis et ratione petitus. 
Secundus ex Patribus sex priorum aîné 
christiana; seculorum depromptus. Ter- 
tius quomodo et quibus gradibus pri- 
mœva de hoc sacramento fides ad er- 
rores hodiernos, multis piis et doctis 
repugnantibus , defecerit, ad occulum 
demonstrat contra prœcipuos adversa- 
riorum partium scriptores... Autore Ed- 
mundo Albertino apud Parisienses qui 
Carentoni synaxes suas habent verbi 
Dei ministro; Daventri;e, 1655, in-fol. » 
On a encore de lui : Deux Lettres de 
M. Aubertin à un sien amy fI633, la l ro , 
in-4°, la '2 e , in-8°, s. 1.) relatives aux 
plaintes élevées contre son livre de l'eu- 
charistie. — Jnatomie du livre publié 
par le sieur de La Milletière pour la 
transsubstantiation ; Charenton, 
226 p. in-8°. L'abbé de Marolles nous 
apprend dans ses Mémoires qu' Aubertin 
avait composé ce livre à sa prière. Enlin, 
selon Adelung, notre ministre doit avoir 
répondu aux attaques qu'un bibliothé- 
caire du roi, Jean de Chaumont, dirigea 
contre lui dans une pièce intitulée: 
« L'aréopagite défendu contre Edme Au- 
bertin. ministre à Charenton. » 

Si les vingt dernières années de sa 
vie furent paisibles, sa mort ne le fut 
point. Voici comment la raconte le Rév. 
John Quick, qui tenait ses renseigne- 
ments d'une courageuse femme qui 
s'était réfugiée, en Angleterre pour la 
religion et qui était la bru d'Edme Au- 
bertin. 

« Quand le ministre fut à son lit de 
mort, des voisins allèrent prévenir l'abbé 
Olier, curé de S.-Sulpice, paroisse sur 
laquelle il demeurait. Mais le fils aîné 
du malade, qui vivait à Rouen, et était 
accouru au chevet d'un père qu'il véné- 
rait, n'ayant pas voulu permettre qu'il 
entrât, le curé fit appeler à son aide le 
bailli de S. -Germain. M. Aubertin était 
en ce moment dans une syncope léthar- 



gique qui durait depuis 24 heures, et 
semblait comme mort ; mais le bruit 
fait par le prêtre, par le bailli, par la 
foule qui s'efforçait de pénétrer dans la 
chambre, lui rendit un peu de vie et il 
promena son regard autour de lui. 
Voyant cela, le bailli s'approcha et dit : 
a Monsieur Aubertin, je viens aunomde 
Sa Majesté savoir de vous si vous voulez 
mourir catholique ou hérétique? » — 
— « Je n'ai jamais été hérétique 
cria le mourant. Par la grâce de Dieu, 
je veux mourir dans la religion où j'ai 
vécu, que j'ai professée et que j'ai fidèle- 
ment prêchée! » A ces mots le bailli se 
tourna vers le curé et dit en lui prenant 
la main : « Monsieur, il vous faut par- 
tir; vous n'avez point d'office à faire 
en cette maison. » Aubertin expira le 
même soir. Les autres ministres ses 
collègues et les anciens de l'église se 
réunirent pour délibérer au sujet des fu- 
nérailles, car ils étaient inquiets. On 
avait peur que la populace ne voulût 
faire du bruit parce qu'elle avait entendu 
dire que M. Aubertin avait demandé un 
prêtre et que ses amis avaient refusé de 
recevoir le curé de la paroisse. Un gea- 
tilhomme du voisinage, qui tenait une 
« académie, » M. de Vaux, vint au mi- 
lieu de la réunion offrir ses servi, 
ceux de ses écoliers, jeunes gens réso- 
lus et bien élevés, pour conduire le corps 
à sa dernière demeure. L'offre fut ac- 
ceptée avec reconnaissance, mais l'in- 
dulgence du Ciel voulût que la cérémonie 
s'achevât sans insulte et sans trouble. » 
mort avait eu lieu le 5 avril 
Edme Aubertin avait épousé Claude 
Brun, qui mourut en 1661. Il en avait 
eu : 1° Marie, femme en 1652 de Nico- 
las Houssemaine, bailli deVillebon, tils 
de Charles, sieur de La Croiserie et de 
Jeanne Le Moine A Alençon : — 2° J eanne 
mariée, en 1653, avec Henri de Lussan, 
apothicaire du roi en son artillerie, fils 
de Jean de Lussan, apothicaire à Orthez 
et de Jeanne de La Place ; — 3° Sa- 
muel, bourgeois de Paris, qui épousa en 
1655 Marie Lorrain veuve de Pierre Le 
Blanc, secrétaire des finances de S. A. 
R. et mourut en 1684 à l'âge de 63 ans ; 
— 4° Edme banquier à Paris, qui épousa, 
en 1661, Susanne de Viviers (et aussi 
Du Vivié, Le Vivier, etc.), fille de Jar- 



439 



AUBERTIN 



AUBERY 



440 



ques de Viviers, marchand à Meaux, et 
de Madelaine Guereau, et dont il eut 
Anne- Aimée, née en 1670, Suzanne et 
Jeanne, mortes jeunes. Anne- Aimée, 
infirme et chargée de sa tante Marie Au- 
bertin, alors âgée de 80 ans, était en 1701 
réfugiée et assistée àLondres ; — 5° Nico- 
las, baptisé le 29 mars 1637. Ce dernier fit 
ses études de théologie; il soutint à Sau- 
mur, sous la présidence du pasteur Amy- 
raut, une thèse De tribus virtutibus 
christianis [VI, 311 b] ; il était pasteur 
de Boulogne en 1669 [VII, 49 a] ; de 
Houdan en 1670 et d'Amiens en 1675; 
mais il mourut deux années après, âgé 
seulement de 38 ans. 

Bayle. — Micuaud. — Didot. — Mss. Quick , Icônes. — 
Régi st. de Cbarenton. 

3. Nous ne savons quel degré de pa- 
renté unissait le ministre de Paris à Bar- 
thélémy Aubertin, conseiller au conseil 
souverain de Sedan et lieutenant géné- 
ral au bailliage du même lieu [1, 150a; — 
VI, 114 b]. Le rapprochement des dates 
permettrait de supposer qu'ils étaient 
frères. Seul avec Henri Dauber, con- 
seiller au même bailliage, Barthélémy 
Aubertin refusa de prêter serment au 
roi de France lorsque Fabert, en 1642, 
prit possession au nom de Louis XIII 
de cette place dont le duc de Bouillon, 
compromis dans la conjuration de Cinq- 
Mars, dut faire l'abandon pour sauver sa 
vie. Ils préférèrent l'un et l'autre se dé- 
mettre de leurs emplois. C'est sans 
doute à ce Barthélémy Aubertin que 
l'on doit les Mémoires de Frédéric- Mau- 
rice de La Tour, prince de Sedan, im- 
primés avec ceux de d' Aubigné, revus 
par Jean Dumont. Amst. 1731, 2 vol. 
in-12. 

4. Il y eut aussi un ministre Auber- 
tin qui s'expatria lors de la révocation 
de l'édit de Nantes, puisqu'un ordre du 
roi fit don, en 1695, des biens meubles 
et immeubles qu'il avait laissés en 
France [VII, 396 b]. 

5. AUBERTIN (Marie), de Vitré, fille 
aveugle, 25 ans, réfugiée et assistée à 
Londres, 1705. Elle avait été naturali- 
sée anglaise le 5 janv. 1688. — (Pierre), 
directeur de l'hospice des réfugiés fran- 
çais à Londres, 1705. 

6. AUBERTIN (André), de Metz, ma- 
nœuvre, réfugié avec sa famille (6 per- 



sonnes) à Berlin, 1700; \— (Jean), de 
Metz, id. 1700. — (Daniel), avec sa 
femme et cinq enfants, réfugié en An- 
gleterre, 1621. 

AUBERVILLE (Antoine Le Séné- 
chal, sieur d'), beau-frère de Du Pies- 
sis -Mornay [VII, 513 a], 

1. AUBERY (Pierre), a natif de Nen- 
thueul près Meaux, » reçu habitant de 
Genève, 17 juill. 1559. — Jehan Au- 
beri, « natif de Nanthuel lès Meaux, » 
id. 25 déc. 1559. — (Philibert), d'Au- 
txm,id. 20 août 1574. — Aubéri,hTroyes, 
vers 1580 [III, 181 bj. 

2. AUBERY (Claude) naquit en 
Champagne [Haag I, 156]. Il alla étudier 
à Genève, où il s'inscrivit à l'académie en 
ces termes : « Claudius Auberius Cam- 
panus, » 1563. Il était à Bâle et peut- 
être y enseignait, en sa qualité de mé- 
decin et de philosophe, lorsque Biaise 
Marcuard quitta la chaire de philosophie 
de Lausanne pour celle de Berne. 

Le 8 mars 1576, Nicolas Colladon, 
recteur de l'acad. de Lausanne, écrivait 
aux magistrats de Berne : « Les minis- 
tres de vostre église de Berne nous 
avoyent entre aultres parlé d'ung nommé 
maistre Claude Auberi, lequel nous avons 
cognu aultre fois demourant en ces te 
ville, homme de bon savoir... » Il prie 
Leurs Excellences d'appuyer la demande 
à Basle. Aubery accepta ; il fut installé 
à Lausanne la même année et y devint, 
en 1585 et 1588, recteur de l'académie, 
sur les registres de laquelle il signait 
« Claude Albery. » En 1587 il publia un 
ouvrage de théologie, qui souleva des 
orages, intitulé : Claudii Alberii Triun- 
curiani l de fide catholica apostolica ro- 
mana, contra apostatas omnes qui ab 
illa ipsa fide defecerunt, orationes apo- 
dicticae VI. Quibus epistola Pauli apos- 
toli ad Romanos scripta catholice expo- 
nitur. Lausanme, exe. J. Chiquellseus, 
1588 (363 p. pet. in-8°). Aubéry expose 
dans ce traité la doctrine enseignée par 
saint Paul aux Romains et cherche à 
démontrer combien elle est éloignée de 
celle qu'enseignent et l'Eglise