(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "La galerie des oiseaux"

t^^m$^m^ 



■W^i .,,,; v\/v^^|^i^f^, 



mf ^'-1^ 



Ar'^'^.... 






ïïmm 






■j^mm 






^UMÈààÈM^ 















^'vvi ^M^%i^ 






^^'^^-^SHÏfi^^^ 






m.. 






jya.\;_jvw- 



'^^%g^vytww^'^^^^ 












;^v ^"^H'^^g, 



^\j\.j\j -Oyot 



:VW^^.VUu 









K^^^W^ 



m^ 






.,^;t?VW 



v^.uv 



vv nv- 



J^^^^ûi^^^^' 






y^'^VUy\J\i 



mmmmmm&m 



.,Uu wu, ' V. -*.; • ■ ■>■'■; / Wf/UUv 






,jj ^^^ 



"''Wi,,-, 



:'^-ivft^? 



|iffi« 



^vvv^iV^u 



;u^vv^^^g 



igijvvyw* 






#f#»"'-"* 



,S,.wj.*„y^^v-^--,j 



VVVV^.'^ 






'^^s^^mm^ 



^%^^i 






,UU Jt^fcM 






V V V 



l i\ri^ttïH'0:^i^% 






'mmm^: 



|g,»68fi*- 



m 



■jWWM 



ysmPm^^^^ 



E; '*:^''^^i!^^' 



■1 ^U'î 'Uv /V^Vivy vv 






,^WMM 



kwwi 



^;i'-: V/" 




^^^V^i 



'mMm 



mmr" 






'^'/V^^àyr,,^;-'' 



Wi^m\ 






:H%.te;è 



p 

|UUwW,Wi) 



Uyty^WM^VM^X^^'.^:^ 



F^^^^^^^^S^" 



mm^mMm: 



w& 






:y^w'%gSœo 



'^:<:j':^Ui:::c-ifM 



IHi: l ï'A^i^^ 



-Hvl^i^MV 



^^m 



V Z;^ V 



l yUU:^ 



y 



vv\ 



1^9'^ 



'^VU 



I \ / ^ ■ 



v,n-;A^; 



::>^§S«M 






fe!Hf^UUi-:ubiïyyi»ib 



y^W; 



W^' 



\J \j' W V 






/vVVMv 



ÉiËlËi^ 



^^•^^m^jm^m^ 



■^.■,^v\j^ 



^^V^^y^^WV^.-/^ 



\i^'H«'^Sûi 



:WMU 



■; '.Oi i^/ v~^; w ^ -^ / \ j \-~.-'- 



SW9 



"^mm^. A 



(W^^. ;U««S, 



\jv'/„,«yKi^= 






WWW^^^^^i;^-^^^^-^-^^-^ 



¥^m 






^ - '^ ■■ M 



V^W 









yWWu\ 



^v^^^U 



u^M; 



'Wo o vy 



w>^yU; 



•M^'^M,-:^, 



aJUU 



^^HSS«^« 









à^*«^ 



WM^^ 












LA 



GALERIE DES 0ISE4UX. 






RUK TKAÎaÉE, N» l5 , PRÈS S.-EUSTACHE. 



t nt»: 



DES OISEAUX, 



PAR L. P. VIEILLOT, 

* » » 

Continuateur de THistcuee des Oiseadx dorés, auteur de celles des Oiskaux chanteuss de la 
ZoHE Torbide et de l'Amérique SEPXEWTRifiwALE , de I'Orhithologïe française, l'un des savans 
collaborateurs des deux éditions du nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle et du Tabllau 

ENCYCLOPÉDIQUE ET MÉTHODIQUE DES TROIS RÈGNES DE LA NaTDRE ; 



ET PAR M. P. OUDART, 

PEINTRE EK HISTOIRE NATURELLE , ET tlN DES ELÈ"VES LES PLUS DISTINGUÉS DE M. VANSPAENDONCK» 



TOME PREMIER. 



9: 



teiiviexzj ei^ KjcJetixieiiiej 



(De 



9axheôU- 




'Tvti.j- 'tzù^-^'i-v^.p£ 



CARPENTIER-MÉRICOURT, ÉDITEUR, RUE MAZARINE, N» 63. 



1834. 



'^i^.^-s-k. 



"^ 



-c./ 

5"C' 



'\/^/\^/\^-W\,-\/\/\, "S 



INTRODUCTION. 



Oi BuFFON, cet interprète sublime de la nature, a pu, comme homme, 
s'e'tonner des grandes et nombreuses difficultés que lui offroit l'entreprise 
d'une description et d'une histoire des oiseaux, comme e'crivain, son gé- 
nie sut bientôt lui indiquer la route à ouvrir pour vaincre de pareils ob- 
stacles, et lui inspirer, sur cette intéressante partie de l'histoire naturelle, 
un Traité qu'il lui fait qualifier modestement ai esquisse, mais ouvrage 
qui « servira long-temps, comme il l'a dit lui-même, de base ou de point 
« de ralliement auquel viendront se rapporter les nouvelles découvertes 
« que le temps amènera. » 

L'une de ces principales difficultés, étoit « le défaut de termes, en au- 
i( ciine langue pour exprimer tes nuances, les teintes, les reflets et les mé- 
u langes, c'est-à-dire, de donner, parle discours, une idée des couleurs, 
u souvent seuls caractères essentiels pour reconnoîlre un oiicau et le dis- 
« tinguer de tous les autres : aussi cet auteur illustre ne trouva-t-il d'autre 
« moyen d'y suppléer , que celui de faire non seulement graver , mais 
K peindre les oiseaux à mesure qu'il pouvoit les recevoir vivant (i). « 

Cette Ornithologie physique , bornée aux oiseaux dont il étoit parlé 
dans l'histoire naturelle, n'est plus complète, si on la compare à l'état 
actuel de cette partie de la galerie du jardin du roi. 

Soutenus par l'exemple d'un aussi grand maître, aidés des lumières que 



(i) Voyez son plan de l'histoire naturelle des oiseaux. 



ij ' INTRODUCTION. 

lëpancl son immortel ouvrage, nous entreprenons aujourd'hui de publier 
une Collection ornithologique de tout ce qui existe et pourra successive- 
ment exister dans la galerie du jardin du roi, la seule en Europe où se 
trouve un ensemble aussi nombreux et aussi parfait en ce genre. 

Phaëton fut cause de sa perte en voulant devenir l'égal du soleil; nous 
craindrions le même sort si nous osions pre'tendre rivaliser avec notre 
modèle, en nous décorant du titre de ses continuateurs pour cette partie 
de l'histoire naturelle. Loin donc de notre pensée une présomption aussi 
dangereuse. 

Notre ouvrage se bornera à présenter le dessin exact et colorié de 
chaque oiseau; à ce dessin sera jointe une simple notice descriptive de 
l'oiseau et de ses habitudes les plus connues. 

Notre unique but, en publiant cette collection, est de rendre, pour 
ainsi dire, portative, la galerie des oiseaux, ou du moins d'en rendre con- 
tinuelle la publicité , et de généraliser ainsi rutilité des tre'sors qu'elle 
renferme. 

De tous les avantages qui nous paroissent devoir résulter de notre en- 
treprise , nous n'en signalerons que les suivants : 

D'abord, les regnicoles et les étrangers y trouveront une connoissance 
préliminaire des oiseaux si parfaite , qu'en venant à Paris pour en visiter 
la galerie , lis y reconnoîtront aussitôt l'exactitude de notre copie , et pour- 
ront, à leur retour dans leurs foyers, porter à ceux à qui l'âge ou les 
infirmités, ou les occupations ordinaires, interdiroient un pareil voyage, 
l'assurance d'avoir, dans notre collection, un moyen facile et sûr de 
jouir, sur cet objet, des effets si souvent consolateurs de rillusion, 

Eii second lieu , dans les provinces , un grand nombre de personnes se 
font une étude ou un délassement de la peinture ou de la broderie. Beanu 
coup donnent la préférence aux objets d'histoke naturelle ; si elles veu^ 



INTRODUCTION. iij 

lent s'occuper du genre des oiseaux, il leur manque des modèles qui 
puissent leur donner une idée vraie des formes de ces oiseaux , et de la 
variété des couleurs dans leurs plumages. Que notre ouvrage soit placé 
sous les yeux de ces personnes guidées par le goût autant que par Fin- 
struction dans leurs travaux , bientôt elles n'auront plus rien à désirer 
pour fixer leur choix dans ce genre. 

Enfin , juscju'à présent tous les ouvrages sur cet objet n'ont pas laissé 
aux naturalistes et aux amateurs la liberté de classer eux-mêmes leurs 
oiseaux ; ces amis de la science trouveront dans notre collection ce nou- 
vel avantage : car nos livraisons se feront de manière que nos souscrip- 
teurs pourront suivre dans leur classement , soit leur méthode particu- 
lière , soit celle adoptée pour la galerie dont nous leur transmettrons' les 
détails si précieux. A cet effet , chaque livraison sera numérotée sur la 
couverture seulement. Pour prévenir toutefois la confusion dans le texte 
de la notice descriptive , au haut de chaque page sera répété le nom 
donné à l'oiseau au bas de chaque planche , avec un> numéro d'ordre 
relatif à la livraison dont il fera partie. 

D'après des considérations aussi déterminantes, nous ne craignons pas 
d'être taxés de témérité ni même d'orgueil , en espérant que les amateurs 
des sciences, et particulièrement de l'histoire naturelle , accorderont leurs 
suffrages à une entreprise que le désir seul de contribuer au progrès de 
l'étude et des arts, nous a fait concevoir, et pour le succès de laquelle 
notre exactitude scrupuleuse à faire paroître nos livraisons , prouvera la 
constance de nos efforts, et la franchise de notre zèle à justifier la con'. 
fiance de nos souscripteurs. 

Non verbis sed factis convincere , le\[e. est la loi que nous nous im» 
posons. 



LE ROSSIGNOL DE FRANCE. 

(LUSGINIA.) 



JLe Rossignol a de six pouces à six pouces un quart de longueur, et 
neuf pouces de vol. 

Le mâle a l'œil plus grand, la tête plus ronde. Son bec, d'un brun"- 
foncé en dessus et d'un gros brun en dessous , est plus long et plus 
large à sa base , sur-tout e'tant vu par-dessous. Le dessus de son corps 
est d'un brun tirant sur le roux ; sa gorge , sa poitrine et son ventre sont 
d'un gris-blanc, et le devant de son col d'un gris plus fonce'. Les couver- 
tures de sa queue et de ses ailes sont d'un blanc-roussâtre. Les pennes 
des ailes sont d'un gris-brun tirant au roux , mais le côte' extérieur de 
deux ou trois de ces pennes à chaque aile, est noir. La queue, qui est 
plus touffue et plus large lorsqu'il la déploie, est d'un brun plus roux. 
Il a le croupion large, avec une ligne, au milieu, laquelle semble le par- 
tager en deux. Il a l'anus plus gonflé et plus alongé dans la saison de 
l'amour. Ses jambes sont plus grosses, ses pieds sont bruns , mais avec 
une teinte couleur de chair; ses ongles sont délicats et un peu courbés. ' 

Enfin le fond de ses plumes est cendré-foncé. 

ludL femelle., diffère du mâle en ce qu'elle a la tête plate, le bec court 
et menu, l'œil petit. Son plumage est moins foncé en couleur ; son 
ventre est plus blanc , sa queue moins touffue et moins large lorsqu'elle 
la déploie ; son croupion est plus étroit, et son fondement plus plat. Ses 
pieds , lorsqu'on les met entre soi et la lumière , et qu'on regarde au tra- 
vers , paroissent blanchâtres. Au reste, elle a dans la queue le même 
mouvement que le mâle ; et lorsqu'elle est en joie , elle sautille comme 
lui au lieu de marcher. 

Le jeune Rossignol, avant la mue, est moucheté de roux-clair sur lu 



GALf.BIE DES OISEAUX. 



2 LE ROSSIGNOL DE FRANCE. 

tête, le dos, les scapulaires et à l'extiëmité des couvertures supérieures 
des ailes; il est oirde' de la même couleur sur le devant du col et sur la 
poitrine, et d'un blanc nuance de gris-brun sur les flancs. 

On prétend que les Rossignols nés dans les contrées méridionales ont 
le plumage plus obscur, et que ceux des contrées septentrionales ont 
pins de blanc. 

Outre les différences qir'on remarque entre le mâle et la femelle, dans 
leur forme et leur plumage, il est d'autres manières d'en faire la distinc- 
tion parmi ceux qui sont en cage : d'abord le mâle gazouille plus tôt et 
d'une manière plus soutenue, et il se tient long-temps en la même place, 
porté sur un seul pied, au lieu que la femelle court çà et là dans la 
cage. En second lieu, incontinent après que le mâle a mangé, il se 
retire au bas de la cage sur cjuelque bâton, et là, commence à ga-r 
zouiller ; quelquefois il parcourt la cage de grande vitesse ; la femelle est 
plus posée. 

L'espèce du Rossignol connu pour oiseau voyageur, appartient à l'an- 
cien continent : elle habite l'Europe depuis l'Italie et l'Espagne jusqu'à 
la Suéde. Il s'en trouve aussi en Sibérie et dans une partie de l'Asie ; on 
assure même qu'on en voit en Perse, en Chine et au Japon. Il est des 
pays où cette espèce se plaît plus cjue dans d'autres; il en est aussi où 
elle ne s'arrête jamais; on cite même, sur ce dernier fait, la partie de 
la France connue sous le nom du Bugej jusqu'à la liauteur de Nantua, 
une partie de la Hollande , l'Ecosse , l'Irlande , et quelques contrées du 
nord de l'Angleterre. 

Le Rossignol ne paroît en France qu'au commencement d'avril. D'un 
naturel timide et solitaire, il voyage, arrive et part seul. Il se retire et se 
plaît dans les bois frais , épais et ombrageux , aux endroits les plus 
touffus. Il ne souffre aucun de ses pareils dans le canton qu'il a choisi 
pour sa retraite. Suivant M. Vieillot (i), la jalousie seroit une des causes 
de cette aversion pour la société générale , et il fonde cette opinion 
« sur ce que les Rossignols se combattent à outrance lorsqu'il s'agit de 



(i) Auteur de l'Histoire des Oiseaux d'Europe , et de l'article Rossignol dans le 
Dictionnaire d'Histoire naturelle appliquée aux arts, édition de 1817. 



LE ROSSIGNOL DE FRANCE. 3 

«faire choix d'une compagne. » Au contraire, d'après M. Montbeillard , 
ce digne collaborateur et ami de M. de Buffon , la jalousie n'entreroit 
pour rien dans cette aversion, elle ne seroit causée que par l'attentive 
précaution « de s'assurer une chasse assez e'tendue pour eux et leur 
« famille » : et il se de'termine à en juger ainsi sur ce que « la distance 
« des nids est beaucoup moindre dans un pays où la nourriture abonde: 
« car on sait, dit-il, que la jalousie ne trouve jamais les distances assez 
« grandes , et que l'abondance des vivres ne diminue ni ses ombrages ni 
« ses précautions. » 

Toutefois , quel que soit le motif auquel il faille attribuer cet e'ioigne- 
me»t du Rossignol libre pour la société de ses semblables, on est forcé 
d'y Voir un contraste frappant avec la sensibilité et la reconnoissance 
qu'il exprime, lorsqu'il est captif, à l'égard de la personne qui prend soin 
de lui. «Il s'attache difficilement, dit M. Montbeillard, mais aussi 
« dès que la connoissance est faite, il distingue le pas de cette personne 
« avant de la voir, il la salue d'avance par un cri de joie; et s'il est eu 
«mue, on le voit se fatiguer en efforts inutiles pour chanter, et sup- 
« pléer, par la gaieté de ses mouvements, par l'ame qu'il met dans ses 
« regards , à l'expression que son gosier lui refuse. Lorsqu'il perd sa bien- , 
« faitrice , il meurt quelquefois de regret; s'il survit, il lui faut long-temps 
« pour s'abandonner à une autre. « 

La femelle ne chante pas. Cependant dans l'espèce du Rossignol , 
comme dans toutes les autres , il se trouve quelquefois des femelles qui 
participent à la constitution du mâle , à ses habitudes , et spécialement à 
celle de chanter. M. Montbeillard dit avoir vu une de ces femelles dont 
le ramage ressembloit à celui du mâle , 5ans être ni aussi fort ni aussi 
varié, et qu'elle le conserva jusqu'au printemps; « mais subordonnant, 
«dit-il, l'exercice de ce talent, qui lui étoit étranger, aux véritables 
« fonctions de son sexe , elle se tut pour faire son nid et sa ponte , quoi- 
« qu'elle n'eût point de mâle. » 

Le chant du Rossignol offre de grandes différences dans sa durée et 
dans sa force, si l'oiseau est libre ou s'il est captif. 

Lorsqu'il est libre, son chant (rapporte M. Montbeillard, d'après 
Aristote et Pline) dure dans toute sa force quinze jours et quinze nuits, 

1. 



m 



4 LE ROSSIGNOL DE FRANCE, 

sans interruption , dans le temps où les arbres se couvrent de verdure. 
Il a toujours deux ou trois arbres favoris sur lesquels il se plaît à chanter, 
et qu'il choisit dans un endroit resonnant ou bien à portée d'un écho. 

Un observateur a remarqué que Ton comptoit dans le ramage de ce 
Coryphée des bois, seize reprises différentes et bien déterminées par leurs 
premières et dernières notes, qu'il les soutenoit pendant vingt secondes, 
et que la sphère que remplit sa voix , n'a pas moins d'un mille de dia- 
mètre, sur-tout lorsque l'air est calme, ce qui égale, au moins, dit 
M. Montbeillard, la portée de la voix humaine. 

I>e Rossignol finit tout-à-fait de chanter vers le solstice d'été. Cette 
époque passée, il ne lui reste qu'un cri rauque, c'est un oiseau absolu- 
ment différent, du moins quant à la voix, et même cjuant aux coideurs 
du plumage : mais la véritable époque à laquelle son chant diminue 
beaucoup , est celle où ses petits viennent d'éclore , parcequ'alors il s'oc- 
cupe du soin de les nourrir. 

Le Rossignol captif continue de chanter pendant neuf à dix mois , et 
son chant est plus long-temps soutenu , plus parfait et mieux formé. 
Four obtenir qu'il chante en cage, il faut lui rendre sa captivité aussi 
agréable que sa liberté , en peignant sa demeure de la couleur des bos- 
quets , en l'environnant de feuilles , en étendant de la mousse sous ses 
pieds, en le garantissant du froid et des visites importunes, en le net- 
toyant rarement lorsqu'il chante , et en lui donnant une nourriture abon- 
dante et qui lui convienne. 

Il est tellement sensible à la perte de sa liberté , sur-tout dans les com- 
mencements , qu'il se laisseroit mourir de faim les sept ou huit premiers 
jours si on ne lui donnoit la becquée , il se casseroit la tête contre le 
plafond de sa cage si on ne lui attachoit les ailes. A la longue , la pas- 
sion de chanter l'emporte. Rien ne l'y excite comme le son des instru- 
ments, et sur-tout le chant d'autres oiseaux: l'instinct de sa supériorité, 
sur ceux-ci, lui inspire une telle jalousie , qu'on lui voit bientôt faire tous 
ses efforts pour éclipser ceux qui lui semblent vouloir devenir ses ri- 
vaux , pour couvrir toutes les autres voix et même tous les autres bruits. 
On a reconnu que les drogues échauffantes et les parfums l'excitoient 
aussi à chanter. Il se baigne habituellement après avoir chanté : c'est 



LE ROSSIGNOL DE FRANCE. 5 

aussi la première chose qu'il fait le soir, au moment où l'on prend de 
la lumière. « On a observe , dit M. Montbeillard , un autre effet de la lu- 
« mière sur ces oiseaux , dont il est bon d'avertir; un mâle qui chantoit 
«très bien, s'étant échappé de sa cage, s'élança dans le feu où il périt 
« avant qu'on pût lui donner aucun secours. » 

Un vieux Rossignol, pris dans le commencement du printemps, 
chante au bout de huit jours, et même plus tôt, et il recommence tous 
les ans au mois de mai et sur la fin de décembre. Ceux pris après le 
quinze mai, chantent rarement le reste de la saison : ceux qui ne chan- 
tent point au bout de quinze jours, ne chantent jamais bien, ou sont des 
femelles. 

Les Rossignols de première ponte , élevés à la brochette, commencent 
à gazouiller dès qu'ils mangent seuls , leur voix hausse et se forme par 
degrés ; elle est dans toute sa force sur la fin de décembre. Ils l'exercent 
tous les jours, excepté au temps de la mue. 

Les Rossignols libres et appariés , commencent à faire leurs nids vers 
la fin d'avril ou au commencement de mai. Ils choisissent, pour l'établir, 
une place un peu tournée au levant et dans le voisinage des eaux ; ils le 
posent sous des buissons, contre et proche des troncs d'arbres, ou dans 
les arbrisseaux verts ou touffus. 

On est parvenu à faire nicher aussi des Rossignols captifs; le moyen 
le plus sûr est de les lâcher dans une grande volière , formée avec un 
filet dans un jardin planté d'ifs , de charmilles et d'arbrisseaux. 

Dans notre climat, la femelle pond ordinairement cinq œufs d'un 
bnin-vet^ddtre uniforme , excepté que le brun domine au gros bout et te 
verdâtre au petit. Elle couve seule , et ne quitte son poste que le soir , 
pour aller chercher à manger; en son absence, le mâle semble avoir 
i'ceil sur le nid. 

Les petits commencent à éclore après dix-huit à vingt jours d'incu- 
bation. Le nombre des mâles est communément plus que du double de 
celui des femelles. En moins de quinze jours les petits sont couverts de 
plumes : lorsqu'ils volent seuls, les père et mère recommencent une se- 
conde ponte ; quelquefois une troisième; mais pour que cette dernière 
réussisse il faut que les froids soient tardifs. Dans les pays chauds ils 



6 LE ROSSIGNOL DE FRANCE, 

font jusqu'à quatre pontes, et par-tout les dernières sont moins nom- 
breuses. Pour en élever il faut choisir ceux de la première ponte. 

Le Rossignol libre se nourrit d'insectes aquatiques et autres, de petits 
vers, d'œufs ou plutôt de nymphes de fourmis; il mange aussi des figues, 
des baies. S'il a avalé quelque chose d'indigeste , il le rejette comme font 
les oiseaux de proie. " Ce sont , dit M. Montbeillard , des oiseaux de 
«proie très petits, mais très féroces, puisqu'ils ne vivent que d'êtres vi- 
« vants : il est vrai, ajoute-t-il, que Belon admire la providence qu'ils 
« ont de n'avaler aucun petit vers cju'ils ne l'aient d'abord fait mourir. » 

Le Rossignol tenu en cage se nourrit de pâtées composées, soit de 
cœur de bœuf et de pain de pavot, de mie de pain, de chenevis et de 
persil piles et mêlés; soit d'un mélange d'omelette hachée, et de mie de 
pain, avec une pincée de persil haché; soit de bœvif maigre, de pois- 
chiches, de millet jaune ou écorcé , de semence de pavot blanc, d'a- 
mandes douces, de miel blanc, de fleur de farine, de jaunes d'œufs 
frais , de beurre frais et de safran en poudre, le tout séché, chauffé et 
réduit en une poussière très fine et passée au tamis de soie. 

Les Rossignols quittent la France en automne; on n'en voit pas même 
en hiver dans nos contrées méridionales. 

M. Montbeillard paroît avoir ajouté foi à l'opinion qu^il n'y avoit point 
de ces oiseaux en Afrique, et qu'ils se retiroient en Asie; on sait, à pré- 
sent, que ceux d'Europe se réfugient en Afrique pour y passer la mau- 
vaise saison. 

Un de nos voyageurs modernes (M. Sonnini) assure qu'il y en a dans 
la contrée la plus orientale de l'Afrique , et qu'ils arrivent en automne 
dans la Basse-Egypte ; il ajoute en avoir vu plusieurs, pendant l'hiver, 
sur les plaines de la Delta, et avoir été témoin aussi de leur passage dans 
les îles de l'Archipel. 

M. Vieillot ne fait aucun doute qu'il en est qui se retirent en Barbarie; 
« car, dit-il (i), lorsqu'au printemps, ou à l'automne, on observe leur 
(1 marche en France , on les voit plus nombreux à l'arrière-saison dans 



(i) Dkt. d'Hist. nat. appliquée aux arts, 1817. Ferbo Fauvette, § Rossignol, 



LE ROSSIGNOL DE FRANCE. 7 

1! les contrées voisines de la Méditerranée qu'en tout autre temps ; On 
" les y rencontre , lorsqu'ils ont disparu totalement de nos pays septen- 
" îrionaux, et près d'un mois plus tôt. " Il assure en avoir entendu , au 
commencement de mars, dans les bosquets aux environs de Bayonne. 

M. Montbeillard dit « que l'habitude innée de voyager est si forte dans 
Il le Rossignol , que ceux tenus en cage s'agitent beaucoup au printemps 
« et en automne , sur-tout la nuit , aux époques ordinaires marquées 
« pour leurs migrations. » 

Le Rossignol captif est sujet à devenir ou très gras, et lorsqu'il l'est 
trop, il faut lui donner trois fois la semaine, jusqu'à ce qu'il maigrisse , 
un couple de vers de farine ou de fumier , et de l'eau sucrée; ou très 
maigre, et alors il faut lui donner des figues fraîches ou sèches émiettées. 

Il faut le tenir gras en hiver afin qu'il puisse résister au froid. En gé- 
néral. Il convient aussi de le purger tous les ans, au mois d'avril, en lui 
faisant prendre six araignées. Il faut avoir soin de ne lui rien donner de 
salé. 

Il arrive aussi qu'au bout de deux ou trois ans de cage , il est attaqué 
de la goutte; on ne peut la pallier qu'en lui oignant les pattes d'un peu 
de graisse ou de beurre. 

M. Montbeillard assure avoir vu un Rossignol qui , nourri avec l'une 
des pâtées indiquées plus haut, a vécu jusqu'à sa dix-septième année. Ce 
vieillard volatile avoit commencé à grisonner à l'âge de sept ans ; à quinze 
ans , il avoit des pennes extérieures blanches aux ailes et à la queue ; ses 
jambes , ou plutôt ses tarses , avoient beaucoup grossi par l'accroissement 
extraordinaire qu'avoient pris les lames donL ces parties sont recouvertes 
dans les oiseaux ; enfin il avoit des espèces de nodus aux doigts comme 
les goutteux, et l'on étoit obligé, de temps en temps, de lui rogner la 
pointe du bec supérieur. Il n'avoit nulle autre incommodité de la 
vieillesse; il étoit toujours gai, toujours chantant, comme dans le plus 
bel âge , toujours caressant la main qui le nourrissoit. Ce Rossignol 
n'avoit jamais été apparié. 

M. Montbeillard fait remarquer, en même temps , que les onples des 
Rossignols, tenus en cage, croissent beaucoup dans les commencements 
et au point qu'ils leur deviennent embarrassants par leur excessive Ion- 



8 LE ROSSIGNOL DE FRANCE. 

gueur : il dit en avoir vu qui formoient un demi-cercle de cinq lignes de 
diamètre. Dans la grande vieillesse il ne leur en reste presque point. 

En re'sumë, le Rossignol, cet oiseau si justement nomme' le Chantre 
de la nature , rassemble en lui, la timidité' du solitaire, l'amour de Tinde'- 
pendance , la sagesse de la soumission , l'orgueil légitime du talent supé- 
rieur , la fidélité conjugale , la tendresse paternelle , la prudence et la 
sincérité de l'amitié, et l'effusion de la reconnoissance. 



V *i^. 'ww'*/x/-»/v^^/Urt.*4/i/^ 



FAUVETTE A TÊTE NOIRE, 

DE FRANCE. 



(ATRI-CAPILLA.) 

L.'ET oiseau a cinq pouces cinq à six ligues de longueur, et huit 
pouces et demi de vol. 

Le mâle a le derrière de la tête et le sommet jusqu'aux yeux, couverts 
d'une calotte noire. Le reste de cette partie et le tour de son col sont d'un 
gris-ardoise'; mais ce gris, plus clair sur la gorge, s'étend sur le gris- 
blanc de sa poitrine. Son bec est brun ; ses flancs sont ombrés de noirâtre. 
Son ventre et les couvertures inférieures de sa queue sont gris-blanc , 
comme sa poitrine; son dos est gris-brun tirant sur l'olivâtre, ainsi que 
son croupion, les couvertures supérieures de sa queue, les petites de ses 
ailes et le bord extérieur des pennes dont l'intérieur est d'une teinte plus 
foncée. Ses pieds sont couleur de plomb et les ongles noirâtres. 

La femelle diffère du mâle en ce que le dessus de sa tête est d'un 
roux-brun , et que le gris qui couvre son col n'est pas ardoisé. 

M. de Buffon dit , que les petits sont , pendant tout l'été , très ressem- 
blants pour le plumage , au bec-figue , et que ce n'est qu'à la première 
mue qu'ils prennent leurs couleurs. Suivant un auteur moderne (i), les 
jeunes ressemblent aux femelles jusqu'à la mue, mais on distingue le 
mâle, à cet âge, par la teinte de la tête qui est d'un roux-noirâtre. 

Cette espèce, qui se trouve communément en Italie, en France, en 
Allemagne et jusqu'en Suéde, est assez rare en Angleterre. 



(i) Voyez Dict. d'Hist. nat. appliquée aux arts , 1817. 

GAIERIE DES OISEAUX. 



2 FAUVETTE A TÊTE NOIRE, DE FRANCE. 

Les mâles arrivent en France dans les premiers jours d'avril, et les fe- 
melles n'y paroissent que vers le quinze. Ils se plaisent dans les lieux om- 
brageux le long des eaux. Ils se nourrissent d'insectes et de vers. Si , à l'e'- 
poque de leur arrivée , le froid les prive d'insectes, ils mangent des baies 
de la laiiréole, du lierre et de Vaubépine. 

Dès qu'ils sont appariés, ils s'occupent de la construction de leurs 
nids : le mâle cherche la meilleure position , et dès qu'il l'a trouvée il 
l'annonce à sa femelle par un ramage plus doux et plus tendre. Presque 
toujours, c'est dans les buissons d'églantier et d'aubépine, à deux ou trois 
pieds déterre, au bord des chemins riverains des bois, dans les bois 
même et dans les haies, que la femelle établit son nid. Sa ponte est de 
quatre à cinq œufs fond verdâtre avec des taches d'un brun léger, suivant 
M. de Buffon ; et marbrés couleur marron foncé sur un fond marron- 
clair, suivant d'autres écrivains (i). 

Le mâle soulage sa femelle dans le travail de l'incubation , depuis dix 
heures du matin jusqu'à quatre et cinq heures du soir. 

Il paroît que , comme toutes les autres Fauvettes , celle à tête noire 
abando|nne quelquefois ses œufs lorsqu'ils ont été touchés. 

Les petits naissent sans aucun duvet et se couvrent de plumes en peu 
de jours. Ils sautent du nid, dès qu'on les approche, et l'abandonnent; 
ils suivent alors leurs parents en sautillant de branche en branche, et 
le soir ils se réunissent tous pour passer la nuit ensemble. Toute la fa- 
mille se perche sur une même branche , le mâle est à un bout, la femelle 
à l'autre, et les petits au milieu, tous serrés les uns contre les autres. 

M. de Buffon prétend que cette Fauvette ne fait en France qu'une 
seule couvée; il ajoute que « si elle en fait deux en Italie (ainsi que le 
i< dit Olina) il en doit être ainsi de plusieurs espèces d'oiseaux dans un 
« climat plus chaud et où la saison des amours est plus longue. « 

Le mâle de la Fauvette à tête noire, dont le chant est le plus agréable, 
le plus continu et tient un peu de celui du rossignol, est le plus recher- 
ché pour mettre en cage. On doit préférer les jeunes pris aux rets auprès 
des abreuvoirs , vers août et septembre. 



(i) Voyez Dict. d'Hist. nat. appliquée aux arts, 1817. 



FAUVETTE A TÊTE NOIRE, DE FRANCE. 3 

Pour habituer cet oiseau à la cage, il faut lui lier les extrémités des 
ailes, lui donner la même nourriture qu'au rossignol, avec des fruits 
tendres, et même des poires et des pommes. 

Si l'on veut en élever de petits , il faut les prendre, à moitié couverts de 
plumes, c'est-à-dire, huit ou neuf jours après qu'ils sont éclos; les nourrir 
de même que les jeunes rossignols; les tenir très proprement sur de la 
mousse sèche et renouvelée deux fois le jour; les tenir, en hiver, en 
lieux assez chauds pour que leur boire et leur manger ne gèlent pas. 
Si les petits élevés en cage sont à portée d'entendre le rossignol , ils per- 
fectionnent leur chant et le disputent à leur maître. 

On est parvenu à faire nicher de ces Fauvettes en captivité. Pour cela, 
on les tient dans un jardin et la volière garnie d'arbustes verts, ou dans 
un appartement pour les conserver en hiver. 

Si, comme on le prétend (i), la Fauvette à tête noire est celle que 
M. de Buffon a voulu peindre comme Yemblème des amours volages, j' 
faut, ainsi que cet historien de la nature l'a fait lui-même, ajouter quf 
pour être vive et gaie, « cette Fauvette n'en est ni moins aimante ni moi 
fidèlement attachée. » C'est du moins ce que le mâle force à croire , d'ap . 
ses petits soins envers sa femelle aussitôt leur alliance, ses assiduités ;■ > 
près de cette compagne pendant tout le temps de l'incubation , ses atte ■'- 
tions pour elle dès que ses petits sont éclos , son exactitude à faire l'édu- 
cation de ses petits , et sa constance auprès de leur mère long-temps même 
après leur éducation. 

Rien ne peut altérer la tendre affection de ce mâle , pas même la 
perte de sa liberté ; et lorsqu'il en est privé avec sa famille , on le voit 
nourrir ses petits et leur mère , et forcer celle-ci à manger lorsque le 
chagrin la porte à refuser de la nourriture. 

Ainsi que les rossignols , les Fauvettes aiment à voyager. Dans la sai- 
son du départ, à la fin de septembre, les Fauvettes de volière s'agitent 
pendant la nuit, sur-tout au clair de la lune, comme si ces prisonniers 
savoient qu'ils ont un voyage à faire ; « et ce désir de changer de lieu , 
« dit M. de Buffon , est si profond et si vif qu'ils périssent alors en grand 

(ij Dict. d'Hist. nat,, 1817. 



4 FAUVETTE A TETE NOIRE, DE FRANCE. 

« nombre, du regret de ne pouvoir se satisfaire. » On assure même (i) que 
cette agitation dure jusqu'en novembre, et que même l'envie de voyager 
ne les quitte qu'après plusieurs anne'es de captivité'. 

Comme le rossignol encore, la Fauvette à tête noire sait reconnoître les 
soins qu'on lui prodigue dans sa captivité. 

A une amabilité continuelle cet oiseau joint l'affection la plus tou- 
chante pour son maître; il a, pour l'accueillir, un accent particulier, une 
voix plus affectueuse ; à son approche , il s'élance vers lui contre les 
mailles de sa cage , et par un vif battement d'ailes , accompagné de petits 
cris, il semble exprimer l'empressement et la reconnoissance. 

On en a conservé en cage pendant dix ajis. Le cours ordinaire de leur 
vie est de cinq à six ans. 

En résumé, le mâle delà Fauvette à tête noire, peut, avec raison, être 
assimilé au rossignol- si celui-ci l'emporte, sur le premier, par la perfec- 
tion du chant, il n'est que son égal pour la fidélité avec sa femelle, sa 
tendresse envers ses petits , et sa gratitude envers son maître. 



(i) Dict. d'Hist. nat, 1817. 



LÀ FAUVETTE A TÈTE ROUSSE. 

(SYLVIA RUFI-GAPILLA.) 



V_.iETTE espèce est vme des plus petites de la famille ; elle n'a que quatre 
pouces quatre lignes de longueur, et six pouces et demi de vol. 

Le mdle a la tête et le haut du col d'un brun-roux-clair, la gorge est 
d'une nuance plus claire, singulièrement à partir du dessous du bec. 
Les parties infe'rieures et le dessous des ailes sont d'un beau jaune avec 
des taches longitudinales d'un roux vif sur le bas du col; la poitrine est 
d'un jaune-orange sale. Le ventre, au milieu duquel se distingue une 
raie jaune-clair et qui part de la poitrine , est d'un verdâtre clair. Les 
flancs sont d'une couleur grisâtre. Le dos est vert-olive avec reflets d'un 
beau jaupe d'or. Le dessus du croupion est, comme la poitrine, d'un 
jàune-orange sale, et le dessous est jaune-clair. Les pennes des ailes et 
les couvertures sont, d'un verdâtre-foncé , et bordées en dehors d'un vert- 
olive, à l'exception des moyennes qui le sont de jaune. Les deux pennes 
intermédiaires de la queue sont comme celles des ailes, d'un verdâtre 
foncé, toutes les latérales sont frangées en dehors d'une couleur verdâtre, 
et à l'intérieur, en dessus et en dessous, d'une couleur jaune. 

Le bec est brun-clair en dessus, et blanchâtre en dessous. Les genoux 
sont d'un jaune-clair et les pieds bruns. 

ha. femelle diffère du mâle en ce que sa tête et le dos sont de la même 
couleur et sa gorge jaune , et que les taches des parties inférieures sont 
peu apparentes et d'un jaune-pâle. , 

Cet oiseau voltige incessamment, et ne se repose que lorsqu'il mange. 
Son chant est fort petit , mais mélodieux. 

Celui présentement décrit a été apporté du Brésil, en 1816, par 
M. Delalande fils. 



GALERIE DES OISEAtTX. 



LA FAUVETTE MITRÉE, 

D'AMÉRIQUE. 



(MOTACILLA MITRATA.) 

C^ET oiseau, placé dans la famille des vraies Fauvettes, par Latham (i), 
est de la grosseur du chardonneret , et sa longueur est d'environ cinq 
pouces. Il habite la Caroline. 

Le mâle a le bec, l'occiput et la nuque noirs. Le sinciput et les côtés 
de la tête sont d'un jaune brillant bordé d'une couleur noire qui remonte 
en avant jusques sous le bec , et forme un plastron arrondi sur le haut 
de la poitrine : le reste de la poitrine et les parties postérieures sont aussi 
d'un jaune brillant. Tout le dessus du corps est d'un vert-olivâtre foncé ; 
les flancs sont d'un jaune-clair mélangé de verdâtre. Les couvertures 
supérieures, les pennes des ailes et celles de la queue sont bordées en 
dehors d'un jaune d'une nuance plus claire. Le dessous de la queue est 
d'un gris mélangé de blanc-sale. Les genoux sont jaunes et les pieds 
noirs. 

ha. femelle diffère du mâle, en ce qu'elle a le dos et les épaules olivâtres, 
les pennes des ailes frangées d'ime couleur cendrée , et toutes les parties 
inférieures d'un jaune-pâle. 

Cette espèce ne se plaît que dans les lieux solitaires. 

Elle est rare dans le nord des États-Unis et n'y passe que la belle 
saison. 



(i) Voyez index ornithol., t. 2. 



GALEEIE DES OlSEAtlX. 



MANAKIN TUE. 

(PIPRA PAREOLA.) 



Ues différentes espèces de Manakins proprement dits, celle-ci est 
la plus grande, et cependant elle n'a que quatre pouces et demi de lon- 
gueur (i). 

Leur bec, assez court, est échancré à l'estre'mité et robuste. Leur tête 
est arrondie, leurs narines assez ouvertes, leur col très court; leur queue, 
qui est courte et coupée carrément, est plus longue que leurs ailes, et 
plus courte que leurs pattes (2). 

11 est peu d'oiseaux dont le plumage éprouve autant de variations , en 
raison de l'âge, du sexe ou de la mue. 

Les mâles adultes ont la plus grande partie de leur plumage d'un noir- 
foncé et même velouté. T^a tête est pareillement noire et omée d'une 
huppe d'un beau rouge qui commence vers le sommet de la tête, et finit 
à l'occiput. L'iris de l'œil est d'un bleu de saphir; le bec et son tour, le 
col, en dessus et en dessous, la poitrine , le ventre et le croupion , sont 
noirs. Le dos, qui paroît d'un bleu-clair uniforme, est couvert de plumes 
très longues et très larges , relativement à la taille de l'oiseau , et qui sont 
composées debarbules, réunies entre elles, jusqu'au premier tiers de leur 
longueur par un duvet assez fourni. Ces barbules prennent ensuite la 
forme de soies très fines, séparées les unes des autres, et sans apparence 
de duvet. Chaque plume est grise dans tout l'espace où les barbules sont 
réunies ; cet espace est entouré d'une auréole blanche , et les soies qui dé- 
passent ont seules la couleur bleue. Toutes les plumes du dos étant à re- 
couvrement, comme dans les autres oiseaux , il s'ensuit que toute la partie 

(i) Voyez Lath. index omithol. t. 2. — Dict^dllist. nat, 181-. 
(2) Voyez Hist. nat. des Manakins, par Desmarets. i8o5. 

GAI.FRIE DES 0ISEA7S, 



2 MANAKIN TUÉ. 

prise de chacune d'elles est recouverte par les barbiiles bleues -de la sui- 
vante, ce qui fait que l'on ne voit à l'extérieur que ces barbules ou soies 
très déliées, dirigées en divers sens, ne laissant distinguer aucune plume, 
et paroissant être , en quelque sorte , un poil très fin et de la plus belle 
couleur bleue. 

Les petites couvertures des ailes et les grandes pennes de la queue sont 
d'un noir-foncé; les grandes pennes des ailes d'un noir tirant sur le violet 
en dessus, et d'un brun-grisâtre en dessous; on voit quelques plumes 
bleues à la jointure de l'aile avec le corps. 

Les plumes qui forment la huppe sont un peu plus longues que les^ 
autres, et d'une forme particulière. Elles sont roides et composées de 
barbules toutes dirigées dans le sens de la tige; elles sont susceptibles de 
se relever à la volonté de l'oiseau. 

Les pieds sont rouges. Leur doigt du milieu et leurs doigts externes, 
sont réunis jusqu'à l'ongle. 

Cette description , donnée par M. Desmarets (i) , est celle du Manak'm 
tijé placé dans la Galerie des Oiseaux , avec la note , qu'il a été apporté 
du Brésil. 

Elle est aussi celle d'un pareil oiseau , noté comme apporté de l'^mé- 
riqiie méridionale; il en est un troisième, noté comme ayant été apporté 
de l'île de la Trinité, par M. Robin , en 1816, et qui est totalement con- 
forme à cette description , à la seule différence qu'il a deux pennes inter- 
médiaires de la queue, de la même couleur que les autres pennes, mais 
qui dépassent celles-ci de huit à neuf lignes. Ce dernier est celui dont 
nous présentons la description . 

Il est à remarquer que ceux de ces oiseaux qui sont empaillés parois- 
sent avoir le bec noirâtre et les pattes jaunâtres. 

La femelle du Tijé n'a point de huppe. Son plumage est en dessus 
d'un vert-olivâtre assez obscur, et en dessous d'un vert-jaunâtre-terne. 
On aperçoit, sur sa poitrine et sur son col , une légère teinte de gi'is. 

Les très jeunes Tijés sont d'abord d'un gris-olivâtre, et n'ont point de 
huppe; ce qui leur donne de la ressemblance avec la femelle; après plu- 

(1) Hist. nat. des Manakins. i8o5. 



MANAKIN TUÉ. S 

sieurs mues, ils ont le col, en dessus et en dessous, ainsi que le dos, 
d'un vert-olive pur qui n'appartient qu'à rextrémité lâche des barbules 
des plumes, car ces barbules sont grises à leur base; les plumes de la 
base du bec sont d'un vert-olive mêlé de noirâtre; la huppe est com- 
pose'e de plumes d'un rouge moins brillant que celles de la huppe du 
Tijé adulte, niais qui ont la même forme et sont de la même nature , 
quoiqu'un peu moins longues. Le ventre et la poitrine sont d'un gris- 
olivâtre , et les grandes pennes des ailes sont brunes àl'inte'rieur , et bor- 
de'es à l'exte'rieur d'un vert-olivâtre. 

Suivant M. de Buffon , à qui M. Sonnini a communiqué les observa- 
tions par lui faites dans ses voyages, ce genre d'oiseaux est assez nom- 
breux en espèces. Ils habitent les forêts immenses de l'Amérique méri- 
dionale, et n'en sortent jamais pour aller dans les lieux découverts ou 
dans le voisinage des habitations; ils préfèrent les endroits les plus secs 
et les plus chauds des terrains humides et frais , quoique cependant ils 
ne fréquentent ni les marais , ni les bm-ds des eaux. 

Leur vol, cjuoique assez rapide, est toujours court et peu élevé. Ils ne 
p erchent que sur les branches des arbres , à une moyenne hauteur. 

Us se nourrissent de petits fruits sauvages et d'insectes. 

On les trouve ordinairement, le matin, réunis en petites troupes de 
liuit à dix , qui se confondent quelquefois avec d'autres troupes d'espèces 
différentes; dans cette réunion, ils paroissent joyeux et font entendre un- 
petit gazouillement fin et agréable, et ce plaisir semble l'effet de la fraî- 
cheur du matin : mais ils ne demeurent ainsi que depuis le lever du so- 
leil jusqu'à neuf ou dix heures du matin ; alors ils se séparent jusqu'au 
lendemain; ils sont en silence pendant le jour; et cherchant à éviter la 
grande chaleur, ils se retirent dans les endroits les plus ombragés et les 
plus fourrés de la foret. 

Latham prétend que le Manakin tijé habite le Brésil, et les îles da 
Gayenne et de Cuba. 

Le nom collectif de Manakins qui leur a été donné par les Hollandoi? 
de Surinam, a été adopté par les naturalistes françois pour en désigner 
le genre qui les comprend tous. 



MANAKIN ROUGE, 

(PIPRA AUREOLA.) 



l_jETTÈ espèce est la plus commune de toutes celles qui habitent la 
Guyanne ; elle est aussi l'une des plus petites , cat' elle n'a pas quatre 
pouces de longueur. 

L'âge et le sexe donnent lieu à des différences assez remarquables 
dans le plumage. 

Le mâle a le bec d'un brun-noirâtre ; la tête, le col, le haut du dos et 
la poitrine, sont d'un rouge-vif, mais les plumes du dessus de la tête et 
du col n'ont cependant que l'extre'mité de leurs barbules de cette couleur 
car la base en est d'un blanc-sale. Les plumes du dessus et du dessous 
dii bec, et celles du dessous du col sont d'un jaune-orange; le dos est 
d'un noir-foncé , la queue et les ailes d'un noir-brun: chacune des plumes 
des ailes (la première exceptée) sont marquées sur la face intérieure et 
vers le milieu de leur longueur , d'une tache blanche d'autant plus con- 
sidérable que les plumes sont plus rapprochées du corps, ce qui forme 
une bande blanche transversale sur l'aile, lorsqu'elle est déployée : le 
bord du haut de l'aile est d'un beau jaune , les couvertures inférieures 
sont jaunâtres. Le ventre est noir-foncé près du croupion, et noir-mêlé 
de rouge vers la poitrine. 

Les plumes du genou sont d'un blanc-jaunâtre, et les pieds d'un brun- 
noirâtre, j 

La femelle a le dessus du corps olivâtre; le sommet de la tête ceint 
d'un filet rouge formant couronne ; le ventre et la poitrine d'un jaune- 
olivâtre. Du reste, elle a la même figure et la même grandeur que le 
mâle. 

L'adulte a la base du bec garnie de quelques plumes jaunes; le dessus 
de la tête d'un beau rouge ; l'occiput , les joues , les côtés du col et le 

GALERIE DES OISEAUX. 



2 MANAKIN ROUGE. 

milieu du ventre, olivâtres; la gorge et la poitrine couvertes de plumes 
mélangées de jaune-olivâtre et louge; le bas-ventre et les environs du 
croupion parsemés de plumes noirâtres. Il a le dos noir-parsemé de 
plumes verdâtres; les grandes pennes des ailes et de la queue d'un brun- 
olivâtre; les premières pennes secondaires des ailes d'un brun-noir, et 
les dernières, c'est-à-dire , les plus rapprochées du corps, dun brun-oli- 
vâtre comme les grandes; mais sur quelques unes des grandes pennes 
des ailes on voit une tache blanche. 

Le Manakin rouge , au jeune âge, est d'une couleur olivâtre-foncé 
sur le dos, et jaune-olive en dessous, sur-tout vers la poitrine et la 
gorge ; on lui remarque deux très petites plumes rouges, l'une sur le 
front, l'autre sur l'occiput. 

Ces oiseaux habitent aussi dans l'île de Cayenn«. 



^ 1. «. •v%yx-\/x/^-\/\j^ "v 



1. vm^x-^/^/wv 



MANARIN 

AUX LONGUES PENNES. 

(PIPRA CAUDATA. ) 



MALE. 

L>(ET oiseau a été apporté du Brésil, en 1816, par M. Delalande fils. 

La tête est arrondie et le bec, assez court, est brun. La plus grande 
partie de son plumage est d'un beau bleu-céleste; la couverture supé- 
rieure est bordée de noir, et parsemée de taches olives et grisâtres; le 
ventre est parsemé de taches d'un gris-ardoisé. Le dessus du col et la 
gorge sont d'un beau noir-foncé. Le sommet de la tête est d'un rouge- 
orange-vif, et les plumes qui le garnissent forment huppe. La couverture 
supérieure des ailes est d'un beau noir-foncé et même velouté, et les 
grandes pennes sont d'un noir tirant sur le roux. 

La queue présente, au milieu, deux grandes pennes intermédiaires 
qui sont larges et en forme de spatules à leur base ; chacune d'elles est 
partagée par un tuyau noir , les bords des côtés sont d'une nuance bleue- 
reflétée-olive , mais toutes deux se terminent par une pointe arrondie 
de couleur noirâtre , et dépassent le reste de la queue de neuf à dix 
lignes. 

Les genoux sont noirâtres, les jambes rougeâtres, et les pieds d'u» 
brun-clair. 

Sa longueur est d'environ quatre pouces et demi. 



SAEERIE des OISEiïfX-, 



MANARIN 

AUX LONGUES PENNES. 

(PIPRA CAUDATA.) 



FEMELLE. 

JjjLLE a été apportée du Brésil, en 1816, par M. Delalande fils. 

La tête est plus alongée que celle du mâle; le bec brun, est un peu 
plus mince et plus long. 

Le sommet de la tête, jusqu'à l'occiput, est olive-reflété de brun; le 
dessous du bec et la gorge sont olive-reflété de gris. La poitrine vert- 
olive, le dessous du ventre olivâtre -mélangé de gris; le dos olive-foncé. 
La couverture supérieure des ailes est olive-foncé , les plumes moyennes 
sont d'un gris-noirâtre, et les grandes pennes d'un roux-mélangé-olivâtre; 
le croupion est olive pur. Les pennes de la queue sont olive-plus foncé, 
et leurs extrémités rougeâtres. 

Sa queue, comme celle du mâle, présente, au milieu, deux grandes 
pennes intermédiaires , d'une forme égale et ordinaire , de la même 
couleur que les autres pennes : l'une dépasse de cinq liglies , et l'autre de 
quatre le reste de la queue. 

Les jambes sont rougeâtres, les pieds sont d'un brun-clair. 

Sa longueur est de quatre pouces et demi. 



GiiLERIE DES OISEAtTX, 



LA GRANDE PERRUCHE 

A COLLIER ET CROUPION BLEUS (i). 
MÂLE ET FEMELLE. 



(PSITTACUS CYANO-PYGIUS.) 

(_jETTE Perruche tient un des premiers rangs dans l'espèce des grandes 
Perruches qui habitent les îles de la mer du sud. 

Le mâle a la taille forte; sa queue est de la longueur du corps entier, 
du sommet de la tête jusqu'à l'anus. 

Toute la tète, la face , les tempes et les joues, la gorge et la poitrine, 
le ventre, les flancs, les plumes des cuisses sont d'un rouge-écarlate-vif, 
le recouvrement du dessous du croupion, à partir de l'anus est vert frangé 
de rouge. 

Le derrière du col est orné d'un collier d'un bleu d'outre-mer lustré , 
qui sépare le rouge de la nuque, d'avec le vert-foncé qui couvre le chi- 
gnon et le dos. Le croupion et les couvertures du dessus de la queue 
sont du même bleu que le collier. Les scapulaires sont d'un jaune- 
blanchâtre dont la nuance, sous certain jour, se lustre d'un bleu-tendre. 
Les couvertures supérieures des ailes et de leurs pennes sont du même 
vert que le dos , dans toutes leurs barbes extérieures, mais l'intérieur de 
ces barbes est noirâtre. Les douze pennes de la queue sont étagées , 
mais moins fortement que dans beaucoup d'autres Perruches de la 
même espèce , la différence y étant moindre entre la penne la plus la- 
térale et la plus longue du milieu. Les grandes pennes du milieu sont 
d'un vert-bronzé ; les intermédiaires d'un bleu-violacé , et les dernières 
liserées de vert sur le même fond bleu des précédentes. 

(i) Cette dénomination est celle que lui a donnée M. Le Vailliint dans son his- 
toire des Perroquets, tom. I". 

GILERIE DES OISEAU^. 



2 LA GE.A^'DE PERRUCHE A COLLIER ET CROUPION BLEUS. 

La mandibule supérieure du bec est d'un rouge-foncé partout, excepté 
la pointe qui est noire, ainsi que la mandibule inférieure. Les pieds et 
les ongles sont noirs. La région ophthalmique est nue et noire. 

Ya femelle de cette espèce de Perruche diffère tellement de son mâle, 
qu'il seroit facile de les présenter comme autant d'espèces. D'abord la 
femelle est plus petite. Ensuite, elle a la tête, la face et le derrière du 
col d'un vert-pré; la gorge, les côtés et le devant du col, la poitrine, 
jusqu'au bas du sternum, d'un vert-jaune panaché de taches d'un rouge- 
foncé. 

Comme son mâle, elle a le croupion bleu. Toute la partie abdominale 
et les cuisses sont du même rouge que le mâle; les couvertures du des- 
sous de la queue sont vertes frangées de rouge. Les plumes du dos, les 
scapulaires, toutes les couvertures -supérieures des ailes, les ailes même 
en dessus, sont vertes, mais ce vert est moins foncé que chez le mâle. 
Le dessous des ailes et les bords intérieurs des pointes de leurs plus grandes 
pennes sont noirâtres. Toutes les plumes de la queue sont d'un vert 
nuancé de bleu, mais plus prononcé sur celles du milieu que sur les 
latérales. 

Le bec est noirâtre , et les pieds sont noirs. 

Quelques auteiu-s prétendent que cette Perruche est la même que celle 
connue sous le nom de Perruche rouge d'Jmboine, Psittacus Amhoinen- 
sis il), ou sous le nom de Lorry Perruche tricolor, Psittacus Tabuen- 
sis (a) dont a parlé 1\L de Buffon. 

Nous avons comparé l'oiseau qui est dans la Galerie du Jardin du Koi 
avec les signalements donnés par ces auteurs, et la gravure coloriée qui 
s'en trouve dans X Histoire naturelle des Oiseaux, par Buffon ; il nous a été 
impossible d'y trouver une ressemblance assez sensible pour nous faire 
adopter cette opinion; nous nous croyons au contraire d'autant plus 
fondés à penser autrement, que la note mise dans le sens de ces auteurs, 
au bas de la Perruche nommée Lorry Tricolor à la galerie, se trouve 
bâtonnée. 



(i) Gmel. 
(a) Shaw. 



^■%v*^^*^^v^^^»^%%*^v*^v»vvv*^»^^x<^fcv»».%%vv*i»vv%^.^*>^»^^^%vvv%^.^A^w^ 



LA PERRUCHE DE PENNANT. 

(PSITTACUS PENANTII.) 



(_JETTE Perruche, /?e« connue, doit, en raison de sa taille et de la beauté 
des couleursdont elle est parée, être mise au rang de celles le plus dignes 
de fixer l'attention des naturalistes et des amateurs. 

Un rouge-vif- foncé lui couvre le dessus de la tète depuis le sommet 
jusqu'au chignon, la poitrine, le ventre, les flancs, et la couverture in- 
férieure de la queue près du croupion. Le menton est d'un violet qui, 
suivant la position que l'on prend et les effets de la lumière, paroît bleu. 

A partir du chignon la couverture supérieure jusqu'au milieu du dos, 
et celle des pennes alaires le plus rapprochées du corps, sont d'un noir 
velouté, bordé d'un rouge moins vif que celui de la tête, et formant de 
larges écailles. Le reste du dos jusqu'au commencement delà couverture 
supérieure de la queue est d'un rouge-vif. Les scapulaires sont d'un 
noir-velouté pur ; les grandes pennes des ailes sont à leur base d'un violet- 
foncé, et par le bas d'un noir-rougeâtre , avec une bordure d'un blanc- 
gris; cette bordure est d'un violet-sale aux moyennes pennes. Lorsque 
les ailes sont ouvertes, les plumes les plus petites, c'est-à-dire les plus 
rapprochées du corps, sont d'un lilas-clair : un rang de ces plumes, près 
du poignet, est mélangé lilas et jonquille frangé de rouge. La couverture 
supérieure des grandes pennes de la queue est d'un violet-foncé : chacune 
de ces pennes est partagée par un tuyau noir dont les côtés offrent un 
reflet intérieur couleur bronzée : les trois plus longues sont, par le bas, 
d'un violet-rougeâtre ; les moyennes et les petites d'un beau violet-ve- 
louté, à leur base, se terminent par un gris-de-lin frangé de blanc au 
bout. 



GALERIE DES OISEiUX. 



a LA PERRUCHE DE PENNANT. 

La couverture inférieure de ces mêmes pennes est d'un beau noir : 
parmi les grandes, les unes sont reflétées de bleu par le bas, d'autres se 
terminent par un bleu-clair frangé de blanc. Quant aux moyennes et 
aux plus petites, elles se terminent par un bleu d'outre-mer-clair frangé 
de blanc au bout seulement. Il est à remarquer que le bleu se distingue 
du noir d'une manière parfaite. Les pieds sont gris-noirs. La mandibule 
supérieure du bec est, à sa base, d'un gris-noir; à partir du milieu jus- 
qu'au bout de la pointe elle est jaunâtre, ainsi que la mandibule in- 
férieure. 

Suivant Latham ( i ) cette Perruche a quinze pouces de longueur, et 
habite les régions australes. 

Elle est notée à la Galerie du Jardin du Roi comme étant de la Nou- 
velle-Hollande. 

(i) Lath. index ornith. ïom. i. 



'%i^'%-\.-^-K-*-'\.-%.-\/\/^'*.-*.-\rt/\.-vn,/\-\.-K'\.\.-\^-%/%-\.-\-\/\.-\/\/%.^^%/\/\/\^-\/%/^^ 

LA PERRUCHE OMNI-COLORE. 

(PSITTACUS EXIMIUS.) 



I ; E nom donne à cette Perruche fut indiqué par la nalure même , qui l'a 
dotée d'un assemblage rare de beautés réelles. Cette Perruche offre, en 
effet, la réunion des couleurs et des nuances les plus remarquables qui 
se trouvent distribuées entre tous les oiseaux de son espèce; on pourroit 
presque dire , entre tous les oiseaux en général. 

Sa taille est svelte et moyenne; sa forme est élégante, son bec petit, et 
sa queue de la longueur de son corps. 

Le sommet de la tête, l'occiput, les joues et la gorge sont d'un rouge- 
écarlate; le menton est blanc. La poitrine est du même roupe que la 
gorge, mais en descendant jusqu'au milieu du corps où elle se termine 
en pointe; cette couleur, quoique dominant, est mélangée de jaune; 
quelques unes des plumes rouges sont terminées par ime petite pointe 
noire. I^a couverture inférieure de la queue près du croupion est aussi 
du même rouge. Le dessous du corps, à partir de la poitrine jusqu'au 
bas-ventre, est d'un beau jaune-jonquille, avec une forte tache rouge au 
milieu , et de là prend une nuance verdâtre , à mesure qu'il s'approche 
du croupion et du bas des flancs. Les couvertures du dessus de la queue 
et le croupion sont verts. 

Les plumes du derrière du col, celles du haut du dos, les scapulaires 
elles deux dernières plumes alaires les plus rapprochées du dos, sont 
d'un noir-velouté avec une bordure jaune-d'or qui en dessine le con- 
tour et les détache de la manière la plus agréable les unes des autres. 
Les petites couvertures du poignet des ailes sont d'un riche violet; celles 
qui avoisinent les scapulaires et se trouvent cachées par elles , sont noires 
et à bordure jaune ; les grandes couvertures du devant de l'aile d'un 



CiLEEIE DES OISEiBX. 



s LA PERRUCHE OMNÎ-COLORE. 

bîeu-violacé. Les grandes pennes alaires sont exte'iieuremeut d'un bleu™ 
vif, et intérieurement, (Tmi noir-glacé ainsi qu'à leur revers, et les se- 
condaires sont mélangées de vert et de bleu extérieurement. 

La queue est étagée ; les quatre premières pennes les plus extérieures 
sont, en dehors, d'un lilas-tendre, dont la nuance, s'éclaircissant tou- 
jours davantage, paroît blanche vers la pointe de chacune de ces pennes ; 
Ja suivante de chaque côté est extérieurement d'un beau bleu-d'azur; et 
les deux dernières, celles du milieu de la queue, sont, en entier, d'un 
vert-gai : toutes, à l'exception de ces dernières, sont noires dans leurs 
barbes intérieurement et à leur revers dans la partie cachée par le re- 
couviement rouge du dessus de la queue. La couleur lilas des pennes 
latérales varie de teinte, suivant les incidences de la lumière, au point 
même de paroître presque blanche dans certaine position, tandis que 
dans telle autre elle est d'un bleu d'azur le plus vif. 

Les cuisses sont verdâtres mêlées de gris; lés pieds sont gris-cendré et 
les ongles gris. 

Le bec est gris-bleuâtre; la région ophthalmique est rouge, et Viris 
de l'œil est couleur noisette. 

Suivant M. Le Vaillant (i) l'espèce de cette Perruch.e habite les ré- 
gions australes. 

Il paroît aussi que celle dont nous donnons ici la description a vécu 
quelque temps à la Malmaison , et qu'elle a été reconnue pour mâle 
par le naturaliste qui l'a préparée pour la placer à la Galerie du Jardin 
du Roi , où elle est notée comme venant de la Nouvelle-Hollande. 

Suivant un autre auteur (2), cette Perruche se trouve dans les îles de 
la mer du Sud, et seroit celle que les Anglois de Botany-Bay appellent 
Non-Pareille. Cet auteur ajoute que les jeunes de [espèce diffèrent par- 
ticulièrement des adultes, en ce qu'ils ont toutes les parties inférieures 
grises. 

Le même auteur dit s'être assuré, sur une de ces Perruches vivantes 



(i) îlist. des PciToquets , toni. 1. 

(2) Dict. d'Hist. nat. appliquée aux arts , 18)7. Verbe Perroquet. 



LA PERRUCHE OMNI-COLORE. ~ 3 

« que leur langue est terminée en pinceau, et qu'il esta croire que cette 
«forme influe sur la voix de l'oiseau dont le cri, d'ailleurs, se compare 
(( à un sifflement perçant , mais sans aigreur. Il observe que cette Per- 
K ruche n'a rien appris pendant les trois ans qu'il l'a vue. » 

Ces oiseaux se nourrissent de baies et de fruits, après les avoir de'chire's 
par lambeaux ; d'amandes , de graines et de pépins , qu'ils dépouillent de 
leur enveloppe, avant de les avaler. Tant qu'ils sont libres ils s'abstien- 
nent de toute substance animale : mais en captivité ils deviennent om~ 
nivores. • • 

On a remarqué que les pennes des ailes qu'on arrache à ces oiseaux 
pour les empêcher de voler, repoussent rarement dans nos climats, ou 
ne reviennent que déformées. Il n'y a que celles tombées naturellement, 
par la mue , qui se renouvellent. 

On pense que le moyen le plus convenable de retenir ces oiseaux , 
sans leur arracher de plumes , seroit de leur couper, après chaque mue, 
les barbes intérieures des cinq ou six premières pennes primaires , dans 
les trois quarts de leur longueur en partant de leur base. 



■\ x/»/vx/vv-w^ -»/-vvit*/v •v^/w^/^/'VV^'v*/^ ■»/»j^-wvw^t/a.^ ■v*/», ■i/\/\. ^,r\/%/^/\/y.-'i/%r*.'%/^r\. ■* 



L'ARACARI A BEC TACHETE. 

(RAMPHASTOS-MACULATUS.) 

DE L'AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. 
MÂLE ET FEMELLE. 



^EïTE espèce a été apportée du Brésil en 1809 par M. Delalande fils. 

Le MALE n'a qu'environ onze pouces de longueur , depuis le sommet 
de la tête jusqu'au bout de la queue. Son bec n'a que deux pouces de 
long. Le dessus de la mandibule supérieure est d'une couleur de plomb, 
le bout en est jaunâtre , les côtés en sont gris-blanc et couverts de quatre 
taches noires de différentes formes et largeurs. La mandibule inférieure 
est d'un blanc-gris , la pointe en est jaunâtre avec une tache noire au- 
tlessous de cette pointe. Ces deux mandibules sont dentelées. L'œil est 
entouré d'une peau nue et qui paroît d'une couleur bleuâtre. 

Le sommet de la tête, la nuque, le chignon, le menton, la gorge, 
la poitrine , jusqu'au bas du sternum , sont d'un noir-lustré. Les joues sont 
d'un jaune-orange mélangé d'autres plumes d'un beau jaune-jonquille; 
une bande de cette dernière couleur et formant collier sépare le chignon 
d'avec le dos. Le dos jusqu'au croupion et les couvertures supérieures 
des ailes , sont d'un vert-olive glacé de jaune : les grandes pennes des 
ailes sont bordées d'un gris-blanchâtre. Les flancs sont d'un vert olive- 
clair, mélangé jaune-d'or, et quelques plumes d'une couleur marron. Le 
dessous du croupion rouge-vif; les grandes pennes de la queue sont d'un 
ver-bronzé et frangées d'une couleur marron-clair. La couverture infé- 

GALEEIE DES OISEAUX, 



3, ARACARl A BEC TACHETÉ. 

rieure de la queue est rougeâtre melange'e d'une couleur bronzée. Les 

jambes et les pieds sont gris-noirâtres ; et les ongles sont noirs. 

La FEMELLE est de la même grosseur que le mâle ; mais sa longueur 
totale est de dix pouces et demi. Elle a le même bec ; son œil est entouré 
d'une semblable peau nue. Ses pieds et ses ongles sont aussi de la même 
couleur. Elle n'en diffère que dans quelques parties du plumage. e 

Le sommet de la tête, la nuque et le chignon , le menton, la gorge , 
la poitrine et jusqu'au bas-ventre, sont d'une couleur marron-clair. Les 
joues sont verdâtres; elle a un collier jaune comme le mâle. Le dos, 
jusqu'aux couvertures supérieures de la queue, et les couvertures supé- 
rieures des ailes sont d'un vert-olive glacé de jaune, les barbes des pennes 
sont d'un blanc-gris tirant sur le roux; les grandes jDcnnes sont olive- 
foncé et frangées couleur marron. Le croupion est rouge-vif. Les flancs 
sont d'une couleur olive mélangée de plumes d'un jaune doré; et la 
couverture inférieure de la q^ueue est rougeâtre. 



L'ARACARI-AZARA. 

(RAMPHASTOS AZARA. ) 

DE L'AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. 



V^ETTE famille d'oiseaux tient le second rang dans le genre des Tour 
cans. Ils diffèrent des Toucans proprement dits, par plusieurs caractères 
très sensibles ; ils sont bien plus petits, plus sveltes de corps et plus 
e'iance's. Leur bec est moins disproportionne' avec leur taille , et d'une 
contexture plus solide que celui des Toucans. Vus de face, les Aracaris 
ont le tour de la tête plus grand que celui de leur bec à sa base, et toutes 
les plumes de la queue très e'tagées. Leurs pieds et leur langue sont 
comme ceux des Toucans; mais ils sont plus actifs qu'eux; leur regard 
est plus assuré; ils n'en ont pas l'air niais et stupide; leurs mouvements 
sont plus prompts, leur vol plus rapide; aussi, entreprennent-ils des 
voyages de plus long cours. Les Aracaris sont frugivores, et nichent 
dans les creux d'arbres vermoulus. Ils ont les mêmes habitudes natu- 
relles que les Toucans. On les trouve dans les mêmes endroits humides 
et plantés de palmiers. ' 

L'Aracari-Azara dont nous donnons la description faite sur l'individu 
placé dans la Galerie du Muséum d'histoire naturelle , est un des plus 
dignes de l'attention des amateurs de cette science. 

La longueur totale de cet oiseau est d'environ onze pouces, depuis le 
sommet de la tête jusqu'au bout de la queue. Son bec a trois pouces quatre 
lignes de longueur. Les deux mandibules sont d'une couleur jaune-blanc,, 
et dentelées; chaque côté de la mandibule supérieure est entouré d\ine 
bande longitudinale noire qui suit la forme du bec, et est séparée de sa 



GALERIE DES OISEAUX. 



2 ARCARI-AZARA. 

base par une autre bande tranversale blanche , faisant le contour de cette 

base. 

Le sommet de la tête et la nuque sont d'un noir-lustre ; le devant du 
col, la gorge et le chignon sont d'un rouge-brun mélangé de vert sur 
le chignon seulement : la poitrine est d'un rouge-vif séparé de la couleur 
de la gorge par une raie noire. La partie abdominale est d'un noir-lustré 
terminé par un mélange de plumes rouges. Les flancs et le dessous du 
croupion sont d'un jaune-paille. Le dos , la couverture supérieure des 
ailes et la queue, sont d'un vert glacé de bleu et les barbes des pennes 
rougeâtres. La couverture inférieure des ailes est d'un noir-rougeâtre. 
Le dessus du croupion d'un rouge-vif, et le dessous des grandes pennes 
de la queue est d'un gris glacé de vert. Les genoux sont gris , les jambes 
noirâtres, les pieds et les ongles noirs. 



1 

LE TOUCAN DU PARA 

DE L'AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. 



LjE genre d'oiseaux appartient exclusivement aux re'gions méridionales 
du nouveau continent. Ils sont remarquables par la longueur et la gros- 
seur de leur bec qui est énormément disproportionné avec les dimensions 
du reste du corps. 

Le bec extraordinaire du Toucan a rendu cet oiseau si célèbre, qu'on 
l'a placé parmi les constellations australes ou de l'hémisphère méridional; 
les astronomes l'appellent Anser-Americanus , il est composé de huit 
étoiles. Quelques voyageurs lui ont donné le nom à'Oiseau tout bec. Les 
François de la Guyane l'appellent Gros-Bec, et les Brasiliens le nomment 
Toutacata et Toucarata, d'après son cri. Ce bec, plus large que la tête 
de l'oiseau, est d'une substance légère et si mince qu'on peut, sans effort, 
la faire céder sous les doigts. Il ne peut leur servir ni pour se défendre , ni 
pour attaquer, ni pour briser les grains ou même les fruits tendres, l'oi- 
seau les avale tout entiers. Les deux mandibules du bec sont dentelées 
sur les bords, mais les dentelures de la supérieure sont plus sensibles que 
celles de l'inférieure. Ces dentelures, quoiqu'en égal nombre de chaque 
côté de la mandibule , ne se correspondent ni du haut en bas , ni du bas 
en haut, et ne se rapportent même pa« dans leur position relative. 

La langue de cet oiseau, dit M. de Buffon, est une véritable plume, 
quoique le milieu , ou la tige soit d'une substance cartilagineuse, large 
de deux lignes. Les sauvages ,^ ajoute-t-il, attribuent à cette plume-langue 
de grandes vertus : ils l'emploient comme remède dans plusieurs mala- 
dies. Il prétend aussi que le nom dé Toucan signifie plume en langue 
brasilienne. 

Les Toucans ont deux doigts en avant et deux en arrière. Leurs pieds 



GiLEKIE DES OISEAUX. 



a LE TOUCAN DU PARA. 

n'ont que la moitié de la longueur des jambes, et sont couverts de 
longues écailles dures au toucher. Ils ne peuvent marcher, parceque 
leurs pieds appuient dans toute leur longueur sur la teWe. Ils ne font 
que sautiller obliquement, d'assez mauvaise grâce, et les jambes ouvertes 
presque d'une palme. Ils sont erratiques plutôt que voyageurs, et ne 
changent de pays que poursuivre le» saisons de la maturité des fruits 
dont ils se nourrissent, sur-tout les fruits des palmiers. Ils vont par pe- 
tites troupes de six à dix. 

Leur vol est lourd et s'exécute péniblement , vu leurs ailes courtes et 
leur bec énorme qui fait pencher le corps en avant; cependant ils s'élè- 
vent au-dessus des grands arbres, à la cime desquels on les voit toujours 
perchés, et dans une agitation continuelle. Quoique graves, pesants et 
maussades , ils sautent de branche en branche avec prestesse. 

Ils font leurs nids clans les trous d'arbres abandonnés par les pics; et 
de la ponte, qui n'est que de deux œufs, 11 naît deux petits , semblables 
à leur père et mère qui les nourrissent jusqu'à ce que ces petits volent 
la queue renversée sur le dos. 

Ils s'apprivoisent très aisément en les prenant jeunes, se familiarisent 
promptement avec les poules , et répondent à l'appel. On prétend 
même qu'on peut les faire nicher et produire en état de domesticité. Ils 
sont faciles à nourrir; ils avalent tout ce qu'on leur jette, pain, chair 
ou poisson. Ils saisissent ce qu'on leur donne avec la pointe de leur bec, 
le lancent en l'air et le reçoivent dans leur large gosier : s'ils cherchent à 
terre, ils ne prennent ordinairement que de côté ce qu'ils trouvent, et 
le font de même sauter pour le recevoir dans leur gosier. 

Ils craignent le froid; on en a vu d'apprivoisés se faire une espèce de 
lit d'herbes, de paille et de tout ce qu'ils pouvoient ramasser, pour éviter 
la fraîcheur de la terre. 

Ils ont en général la peau bleuâtre sous les plumes, et leur chair d'une 
couleur violette-foncée est assez dure, mais mangeable. Autrefois on 
faisoit un grand usage , dans la pelleterie , en Europe , des plumes de la 
gorge des Toucans ; on en garnissoit des robes ; on en faisoit des man- 
chons. 

Le Toucan DU Para , dont nous donnons ici la description, a été 



LE TOUCAN DU PAllA. 3 

apporté du Brésil par M. Delalande fils; il est à distinguer, pour la beauté' 
et la variété de ses couleurs. Il est de la plus petite taille ; sa longueur 
totale, à partir du sommet de la tête jusqu'au bout de la queue , n'est 
que d'environ treize pouces; celle de son bec est de quatre pouces deux 
lignes. Les deux mandibules sont noires et dentelées; elles sont traversées 
à leur base par une bande bleuâtre. L'intérieur du bec est rouge; la 
langue, qui est d'une couleur jaunâtre, et en forme déplume, est pres- 
que de la longueur de la mandibule inférieure. Son œil est entouré d'une 
peau nue d'un rouge-pâle. 

Le sommet de la tête, la nuque, le chignon, le manteau et le dos 
jusqu'au croupion , les ailes et les grandes pennes de la queue sont d'un 
noir-lustré; les barbes inférieures de toutes les pennes sont rougeâtres. Ije 
dessus et le dessous du croupion sont d'un rouge-vif. Le devant du col , 
la gorge et la poitrine sont d'un jaune-orange. Le sternum est d'un rouge- 
vif. Entre ce rouge-vif et le jaune-orange , est une raie jaune-blanchâtre 
formant un demi-cercle. Le bas-ventre, les flancs jusqu'à l'anus et les 
plumes des jambes, sont d'un noir-lustré. La queue, d'environ sept 
pouces de longueur, et composée de dix pennes, est arrondie à son ex- 
trémité; les ailes ployées se terminent précisément à l'endroit où elle 
commence. Les pieds et les ongles sont noirs. 



LA GRUE COURONNÉE 

OU 

L'OISE A U-ROYAL. 

(ARDEA PAVONINA.) 



J_jlNNÉ place rOiSEAU-ROYAL le premier du genre des hérons (i); 
Edwards l'a décrit sous le nom de grue panachée d'Afrique , en obser- 
vant que l'Acade'mie de Paris l'a nommé Oiseau-Royal (2). 

Celui dont nous donnons aujourd'hui la description est vivant au 
château de Neuilly , et appartient à S. A. R. Madame la duchesse d'Orléans. 

La longueur de FOiSEAU-Royal , du bout du bec à celui de la queue , 
est de deux pieds neuf pouces; sa hauteur, lorsqu'il se redresse, est d'en- 
viron quatre pieds, et l'envergure est de cinq pieds et demi. 

Son bec est droit, pointu et noir; sa longueur, depuis les pkmies du 
front jusqu'à sa pointe, est de deux pouces trois quarts, et de trois pouces 
trois quarts à partir de ses angles. La mandibule inférieure paroît plus 
longue que la supérieure lorsque le bec est ouvert. Ses narines triangu- 
laires sont situées au milieu du bec ; les yeux , placés au-dessus des 
angles du bec, ont Viris couleur de perle. 

Son front rond et avancé est couvert de plumes courtes, douces au 
toucher, et formant une toque de duvet noir^ fin et serré comme du 
velours. Sur le sommet de la tête, jusqu'au bas de la nuque, domine 

(i) Syst. de la Nature, traduction de la treizième édition latine, corrigée et 
mise au jour par J.-F. Gmelin, tom. 2, pag. 211, 

(■2) Hist. nat. de divers oiseaux, tom. 4; n" 192. 

GALERIE DES OISEAUX. 



2 LA GRUE COURONNÉE ou L'OISEÂU-ROYAL. 

une aigrette qui, épanouie, paioît plus crosse que la tête, et est com- 
posée de brins touffus couleur isabelle, aplatis, filés en spirale, et hé- 
rissés de très petits filets à pointe noire. Les tempes et les joues sont 
vêtues d'une membrane cliarnetise , réniforme, d'un beau blanc sur 
les tempes, d'un vif incarnat sur les joues, et qui descend jusque sous 
le bec où se voit une petite peau rouge presque imperceptible. Des plumes 
longues, douces, étroites et d'un noir plombé avec reflets bleuâtres pen- 
dent le long du col et s'étendent sur les épaules ; celles du dos sont plus 
larges et plus longues , se terminent en pointes , et leurs barbes sont re- 
flétées d'une couleur l'oussâtre. Les grandes pennes des ailes et celles de 
la queue sont noires avec le même reflet, mais arrondies. Les secon- 
daires sont brun-bai, et s'étendent au-delà du croupion. Toutes les 
couvertures des ailes sont blanches , à la réserve de celles qui couvrent 
et cachent les plumes noires qui sont d'un jaune-pâle et sombre. 

Les cuisses sont couvertes de petites plumes noires comme celles du 
ventre; les jambes ont neuf pouces de hauteur depuis l'extrémité du 
penou jusqu'à l'extrémité du talon ; elles sont nues bien au-dessus des 
"enoux , couvertes d'une peau noire et formant écailles. Les pieds sont 
noirs et garnis de trois doigts alongés dont celui du milieu a environ 
quatre pouces de long. Le talon est garni d'un doigt très court. Les 
ongles sont pareillement noirs. 

D'après Edwards, l'oiseau c{ui vient d'être décrit est femelle. Suivant 
cet auteur, le mâle diffère « i° en ce c{ue la peau membraneuse cjui 
« couvre les tempes et les joues est rouge - vif sur le haut des tempes et 
« sur le bas des joues, et blanche dans le milieu, et que sous le bec est un 
« fanon pendant sur la gorge, lequel fanon s'enfle quelquefois de vent 
u par l'effort que fait l'oiseau en formant un son enroué et désagréable ; 
« 2° et tout ce qui est noir sur le corps de \sl femelle est d'un cendré- 
« bleuâtre sur celui du mâle, et les plumes de celui-ci sont plus alon- 
<i gées et plus pendantes. Mais dans tout le reste les deux oiseaux sont 
« ressemblants. » 

Cette description s'accorde avec celle donnée de l'OlSEAU-ROYAL par 
M. DE BUFFON. 

L'OiSEAU-RoYAL habite l'Afrique, et particulièrement les terres de la 



LA GRUE COURONNÉE ou L'OISEAU-ROYAL. 3 

Gambra, de la Côte-d'Or, de Juida, de Fida et du Cap -Vert: mais il 
paraît qu'il s'acclimate facilement en France. M. DE Buffon en a pos- 
sède un, qui passa l'hiver rigoureux de 1778, sans paroître ressentir 
aucun effet d'un froid aussi excessif. Cet oiseau (i) avoit choisi lui-même 
l'abri d'une chambre à feu pour y demeurer pendant la nuit; il ne man- 
quoitpas, tous les soirs à l'heure de la retraite, de se rendre devant la 
porte de cette chambre, et de trompelier pour se la faire ouvrir. Il est 
doux et paisible, et n'a de de'fense que dans la hauteur de sa taille, la 
rapidité de sa course et la vitesse de son vol qui est élevé et soutenu. 

On assure qu'au Cap- Vert ces oiseaux sont à demi domestiques et 
viennent prendre leur nourriture dans les basses-cours avec les volailles. 
Ils se perchent, en plein air, pour dormir, à la manière des paons dont 
on a dit qu'ils imitoient le cri, ce c[ui, joinCà l'analogie de leur aigrette, 
leur a fait donner le nom de paons-marins ou de paons à queue courte. 
Le cri de l'Oiseau -Royal ressemble à la voix de la grue, c'est un son 
retentissant (clancjor) assez semblable aux accents rauques d'une trompette 
ou d'un cor; ce cri est bref, réitéré lorsqu'ils ont besoin de nourriture, et 
le soir lorsqu'ils cherchent à se gîter : il exprime aussi leur inquiétude 
et leur ennui. Les voyageurs rapportent que ces oiseaux fréquentent les 
grandes rivières, et y pèchent des petits poissons; ils vont aussi dans les 
terres pâturer les herbes et recueillir des graines. Ils courent très vite en 
étendant leurs ailes et s'aidaiit du vent. Autrement leur démarche est 
lente, et, pour ainsi dire, à pas comptés. 

En captivité , rOlSEAU-RoYAL s'apprivoise aisément; mais il s'ennuie 
dès qu'on le laisse seul trop long-temps ; il aime qu'on le visite ; lors- 
. qu'après l'avoir considéré, on se promène indifféremment et sans pren- 
dre garde à lui, il suit les personnes, ou marche à côté d'elles, et fait 
plusieurs tours de promenade. 

En repos , il se tient sur un pied; son col est alors replié comme un ser- 

*'' pentin, et son corps, comme tremblant sur ses hautes jambes, porte 

dans une direction presque horizontale : mais quand quelque chose lui 

cause de l'étonnement ou de l'inquiétude, il alonge le col, élève la tète, 

(1) Voyez l'Histoire naturelle de M. de îiuffon. 



4 LA GRUE COURONNÉE ou L'OISEAU-ROYAL. 

prend lui air fier, et tout son corps paroît alors dans une situation à-peu- 
près verticale ; il s'avance gravement et à pas mesurés, et c'est dans ce 
moment qu'il est beau, et que son air, joint à sa couronne, lui mérite 
vraiment le nom d'OiSEAU-ROYAL. Il aime à se baigner; on doit donc, 
pour le satisfaire, lui ménager un petit bassin peu profond dont l'eau 
soit renouvelée de temps en temps, et y jeter quelques poissons vivants 
qui sont pour lui un régal. Le fond de la nourriture qui lui convient le 
mieux, est du riz sec ou légèrement bouilli, ou au moins lavé et bien 
choisi, car il rebute celui qui n'est pas de bonne qualité ou cjui reste 
souillé de sa poussière. Néanmoins il paroît que les insectes et les vers 
de terre entrent aussi dans sa nourriture. 



LA DEMOISELLE DE NUMIDIE. 

(ARDEA VIRGO.) 



VjET oiseau rare tient du genre de la cigogne, et cependant a toutes 
les proportions et la taille de la grue. Il doit son nom à la parure de 
son plumage, à rélëgance de sa forme, aux mouvements souples et 
agréables qu'il emploie pour se faire remarquer, et à certaines allures 
qu'il prend, et dans lesquelles il semble imiter les gestes et la coquet- 
terie d'une femme qui affecte de la grâce dans son port et dans sa ma- 
nière de marcher. 

Sa longueur, du bout du bec à celui de la queue, est d'environ trois 
pieds trois pouces; et l'envergure est de quatre pieds neuf pouces. 

Son bec, droit, pointu et long, un peu comprimé, sillonné d'une rai- 
nure depuis les narines jusqu'à son sommet, est verdâtre à la base, rou- 
geâtre au milieu, et noir à sa pointe. Ses narines sont linéaires; sa langue 
acuminée ; Yiris de ses yeux est d'un beau rouge-vif. 

Le sommet et le milieu du dessus de la tête sont coiffés de blanc. 
Quatre aigrettes, ou pinceaux de plumes fines sont placés sur les tempes, 
deux sont d'un beau noir, et les deux autres placés au-dessons sont d'un 
beau blanc perlé et beaucoup plus longs, ils tombent en arc sur chaque 
côté du col. Les joues, la gorge et tout le col sont coaverts de plumes 
d'un noir foncé , celles qui naissent à la partie inférieure du col sont 
fort longues , très larges, et pendent avec grâce au-dessous. Le dos, le 
croupion , le ventre , la queue et ses couvertures inférieures sont d'un 
cendré-bleuâtre, mais les grandes pennes des ailes et de la queue sont 
brunâtres. Entre ces pennes des ailes percent des touffes flexibles alon- 
gées et pendantes. Les jambes, dégarnies de plumes bien avant au-dessus 
des genoux, et couvertes d'écaillés noires, ont, depuis les genoux jus- 
qu'à l'extrémité du doigt du milieu , dix pouces de longueur. Les pieds , 
couverts des mêmes écailles , sont pareillement noirs, ainsi que les ongles. 



6AI,EKIE DES OISEAUX. 



■j. LA DEMOISELLE DE KUMÎDIE. 

Cet oiseau habite la côte orientale et occidentale de l'Afrique, en 
Egypte, en Nuraidie, à la terre de Tripoli, aux environs de la mer Noire, 
et du lac Baikal ; et fréquente le voisinage des fleuves et lieux maréca- 
geux. 11 est docileet s'apprivoise aisément. 

On a vu six de ces oiseaux à la ménagerie de Versailles ; ils y produisirent, 
et le dernier, mort à vingt-quatre ans, étoit un de ceux qu'on y avoit vus 
naître. Les curieux qui les avoient vus disoient que leurs gestes et leurs 
sauts légers avoient quelque rapport à la danse des Bohémiennes, et 
qu'ils sautoient en suivant les gens qu'ils rencontroient. 

M. de Buffon prétend que depuis plus de deux mille ans «les auteurs 
« qui ont parlé de cet oiseau lui ont reconnu ce penchant à sauter et 
Il bondir par gaieté comme s'il dansoit. Il ajoute qu'Aristote l'a appelé 
« r^cfeuroule Comédien ; ({ne Pline l'a nommé le Z^a^^ewr ou le Baladin^ 
u et que Plutarque a fait mention de ses jeux et de son adresse. « 

Enfin cet oiseau imite les gestes c[u'il voit faire aux hommes. On pré- 
tend même que les chasseurs cjui veulent en prendre usent d'un strata- 
gème assez singulier; ils se frottent les yeux et les pieds, en leur présence, 
avec de l'eau qu'ils tirent d'un vase , et ensuite ils s'éloignent en em- 
portant ce vase auquel ils en substituent un autre semblable et rempli de 
(jlu : alors LA DEMOISELLE DE INUMIDIE vient auprès du nouveau vase, et 
se colle les yeux et les pattes avec la glu, en imitant ce qu'elle a vu faire. 

Aristote prétend qu'on prend les grues de Numidie, quand elles dan- 
sent vis-à-vis l'une de l'autre (i). 

Edwards (2) croit qu'il n'y a que peu ou point de différence entre le 
mâle et la femelle, et qu'il n'en a trouvé aucune dans ceux de ces oiseaux 
qu'il a vus. 



(1) Mém. de l'Académie des Sciences de Paris, tom. 3 , 2« partie. 
(2)Tom. 3. n° i34- 



* 



LAGAMl 

ou 
L'OISEAU-TROMPETTE. 

(PSOPHIA CREPITANS.) 



J_j'Agami, qui est de la giosseur d'un faisan, ressemble à la grue par 
sa marche et son port. 

Sa longueur totale est d'environ vingt-deux pouces, et sa hauteur (de- 
puis la terre où portent ses pattes jusqu'au sommet de la tête ) est d'en- 
viron dix-huit pouces. 

Son bec, cylindrique-conique, convexe, un peu pointu, à mandibule 
supérieure plus longue que l'inférieure, est d'une couleur vert-sale ou 
noirâtre, et sa longueur est de dix-huit, lignes ; ses narines , situées vers 
le milieu du bec, sont ovales et très ouvertes; sa langue est cartilagi- 
neuse , plate et frangée à son sommet. Les orbites des yeux sont nues et 
rougeâtres, et l'iV/s d'un jaune-obscur. 

La tête, et les deux tiers du col, en dessus et en dessous, sont garnis 
déplumes courtes, frisées et semblables à un duvet bien serré et très 
doux au toucher; les plumes du bas du col sont plus grandes, non frisées 
et d'un violet-noir. Les plumes de la gorge et du haut de la poitrine 
forment une plaque d'environ quatre pouces d'étendue dont les cou- 
leurs varient, suivant la projection de la lumière, entre le bleu et le 
violet, le vert, le pourpre et le jaune-verdâtre-doré , et ont l'éclat et le 
reflet métallique. Le bas de la poitrine, le ventre, les flancs, les 
cuisses, sont noirs; les plumes en sont longues, douces au toucher, et 
leurs barbes ont peu d'adhérence les unes avec les autres. La couver- 
ture du dos est noire par le haut, d'un roux-brûlé vers le milieu, et 
grise sur le reste et sur la queue, mais cette dernière couleur est due aux 
,V couvertures supérieures des ailes et de la queue qui sont très amples ; si 

vjA. GALERIE DES OISEADX. 



If 



:^ 



2 L'AGAMI OU L'OISEAD-TROMPETTE.l 

on écarte ces plumes , on en trouve dessous qui sont noires et couvrent 
le dos. Les ailes et la queue sont noires; celle-ci, qui ne dépasse pas 
les ailes pliées, et qui est cacliée sous les couvertures qui l'excédent, n'a 
qu'environ trois pouces de longueur. La longueur des jambes, jusqu'au 
ventre, est de huit pouces et demi; elles soiit verdâtres, revêtues d'écaillés, 
comme dans les gallinacés, mais dégarnies de plumes jusqu'à deux pouces 
au-dessus des genoux. Les pieds cendrés-brunâtres, ou verts, dénués de 
membranes, robustes, hauts de cinq pouces, ont trois doigts antérieurs 
et un doigt très petit par derrière et un peu élevé de terre. Les ongles 
sont courts, pointus et noirs. Sous les pieds, près du talon il y a des du- 
rillons ronds. 
( L'Agami habite aux Antilles et dans les contrées chaudes de l'Américjue 
méridionale. Il se tient dans les parties les plus couvertes des grandes 
forêts, et loin des lieux habités. Il vit en troupes de dix à douze indi- 
vidus, et souvent on le rencontre sur les lieux élevés. Il se nourrit de fruits 
sauvages et de grains. Il marche et court plus c^u'il ne vole, et sa course 
est aussi rapide cjue son vol est pesant; i^ne s'élève jamais qu'à quelques 
pieds. Il dort, comme la cigogne, appuyé sur un pied et la tête retirée 
dans les épaules. Lorsqu'il est surpris, il fuit en courant, et jette en même 
temps un cri aigu semblable à celui du dindon. 

Sans ouvrir le bec il fait entendre de cinq 'à sept fois , avec précipita- 
tion , un son sourd et profond qui peut, dit M. de Buffon, "provenir de 
" la plus grande étendue de son poumon et des cloisons membraneuses 
« qui le traversent. >< Lorsqu'il pousse son cri , on voit son ventre et sa 
poitrine se remuer. 

La FEMELLE gratte la terre au pied des grands arbres , et la creuse 
pour y déposer ses œufs : elle ne fait point de nids. Elle pond de dix à 
seize œufs (ce nombre est proportionné à son âge ) ; ces œufs sont presque 
sphériques , plus gros que ceux des poules, et d'une couleur vert-clair. Les 
jeunes conservent leur duvet, ou plutôt leurs premières plumes effilées, 
plus long-temps que les poussins et les perdreaux ; on en trouve qui les 
ont longues de près de deux pouces. Ce duvet est très serré, très fourni, 
et très doux au toucher. Les vraies pliimes ne viennent que quand ils ont 
pris, plus du quart de leur accroissement. La chair de I'Agami , et sur- 



L'AGAMI ou L'OISEAU-TROMPETTE. 3 

tout des jeunes, a un goût assez agre'able, mais elle est sèche et oïdinai- 
rement dure. 

L'Agami s'apprivoise et se familiarise aise'ment. De tous les oiseaux , 
c'est celui qui a le plus d'instinct, et le moins d'éloignement pour la so- 
çie'té de l'homme. Il paroît être dans Vespèce volatile ce que le chien est- 
parmi les quadrupèdes. Comme le chien , il est susceptible d'éducation , 
et donne, de même, des marques d'affection et d'attachement. Il obe'ità 
la voix de son maître , le suit , en reçoit des caresses et lui en rend , ou le 
prévient; il lui en prodigue de vives à son retour quand il a été absent. 
Autant il est sensible aux caresses qu'on lui accorde, autant il est suscep- 
tible de jalousie contre ceux qui pourroient les partager. S'il prend 
quelqu'un à guicjnon, il le chasse à coups de bec dans les jambes , et le 
reconduit fort loin, toujours avec des démonstrations d'humeur et de 
colère qu'on ne peut attribuer (suivant M. de Buffon) « qu'au caprice de 
« l'oiseau , déterminé peut-être par la figure déplaisante , ou par l'odeur 
« désagréable de certaines personnes. » Il arrive , saris être appelé lors- 
qu'on est à table : alors il chasse tous les animaux domestiques, il pour- 
suit même les négi'es nouveaux-venus qui font le service , il se rend maître 
de la chambre avant de demander à manger. Il est courageux et ne fuit 
jamais. Les chiens de taille ordinaire sont obligés de lui céder. Il sort 
~ seul, s'éloigne sans s'égarer, et revient chez son maître. 

\ M. de Buffon dit avoir été assuré qu'on pourroit apprendre à I'Agami 
à garder et conduire un troupeau de moutons. Si l'on en croit les voya- 
geurs, cet oiseau a l'instinct de faire sortir, le matin, les dindons, ca- 
nards et autres oiseaux domestiques , et le soir d'obliger les traîneurs de 
rentrer. Pour lui , il ne se renferme pas , il se couche sur le toit de la 
basse-cour, ou sur cjuelque arbre voisin. 

Privé, il mange volontiers du sarrazin , du pain et même des petits 
poissons et de la viande. 

En un mot, 1' Agami est un esclave fidèle, intelligent, docile, aimant, 
dont les habitudes sociales offrent un animal si intéressant, qu'on ne 
peut s'empêcher de renouveler le vœu de M. de Buffon pour cju'on s'oc- 
cupe des moyens d'acclimater en France cet oiseau et d'en voir multi- 
plier l'espèce. 



H 



'»-'V». "V l/V V-»/»* V-V»»; %.«. -X/V-V-ï/^/V "»/»■■»■ "VTj^ '*-''''V "».*VW%'V 



LA GRUE CARONCULÉE. 

(ARDEA CARUNCULATA.) 



Xj'espèce de cet oiseau est très rare, et habite au midi de TAfrique. Sa 
grandeur est celle de la cigogne, et sa longueur est de cinq pieds six 
pouces. 

Son bec, droit, pointu comme celui du héron, a six pouces et demi de 
longueur; la mandibule supérieure est couverte d'une peau rouge-vif, 
grenue, et qui s'étend jusqu'au tiers de sa longueur; le surplus de cette 
mandibule est d'un jaune qui devient rouge vers le milieu, et verdâtre à 
la pointe. La mandibule inférieure est verdâtre. Ses narines sont linéaires. 
Les orbites des yeux sont nues et de couleur rougeâtre , et Viris en est 
rouge-pâle. A chaque côté de la mandibule inférieure est une caroncule 
pendante au menton et couverte de plumes blanches. 

La tête est non-huppée. Le sommet en est d'une couleur gris-bleu, et 
le reste, ainsi que le col et la gorge , sont blancs. Les plumes du bas du 
devant du col et de la gorge sont longues, étroites et pendantes jusqu'au 
milieu du sternum sur lequel elles forment une pointe. Le chignon et 
le haut du dos sont d'un gris-brun-foncé. Les couvertures supérieures des 
ailes sont d'un gris-perlé, mais les poignets sont d'un gris plus foncé. 
Les grandes pennes des ailes et de la queue , les deux côtés du sternum , 
et la partie abdominale jusque sur l'anus , sont d'un bleu-noir. I^es 
cuisses sont garnies de petites plumes du même gris que les ailes jusqu'au 
tiers de leur longueur. Les jambes, les pieds et les ongles sont d'un 
bleu-noirâtre. 

On n'a aucune connoissance de ses habitudes particulières. Le Système 
de la Nature de Linné, comprend sous le n° ■yi du genre des hérons, le 
héron à caroncules, ardea carunculata (i) qui a beaucoup de ressem- 
blance , dans les formes et dans le plumage , avec l'individu dont nous 
donnons ici la description , et qui est vivant au Jardin du Roi. 

(i) Voyez la traduction de la treizième édition latine, mise au jour par J.-F- 
Gmelin , tom. 2 , pag. 230. 

CiLERIE DES OISEAUX. 



L'EUPHONE ORGANISTE^ 

MÂLE ET FEMELLE. 



(PIPRA MUSIGA.) 

T 

-'-'es Euphones ou Tangaras à queue courte, forment la seconde es- 
pèce du genre des oiseaux nomme's Tangaras. 

Leur bec est conique , acumine' , échancre' , presque trigone à la base , 
et incline' sur le sommet. Leurs jambes sont couvertes de plumes jus- 
qu'au talon; ils ont quatre doigts dénués de membranes, trois devant et 
un derrière , tous séparés environ jusqu'à leur origine. 

Ces oiseaux , remarquables par la richesse et l'éclat de leurs couleurs , 
ont beaucoup de ressemblance avec nos moineaux d'Europe , par leurs 
mœurs sociales et leur familiarité; comme eux, ils s'approchent des lieux 
habités, mais sans s'y fixer et sans quitter les bois ou les plantations : ils 
préfèrent les terrains secs; rarement on les voit dans les terrains hu- 
mides. 

Ils habitent l'Amérique depuis le Brésil jusqu'au Canada. Ils vivent 
solitaires et par couples. Ils sont généralement granivores , cependant 
quelques uns mangent des insectes. Ils se font remarquer par l'étendue 
et la variété de leur chant. Leurs mouvements sont brusques; leur vol, 
très court et peu élevé , est vif; perchés à la cime des arbres , ils descen- 
dent rarement à terre : quand ils le font ils marchent en sautillant. 

Les femelles construisent seules leurs nids ; elles sont en amour dans 
toutes les saisons, et chacune de leurs pontes n'est que de deux ou trois 
œufs alongés , blancs et plus ou moins tachetés vers les bouts. 

L'EuPHONE , dont nous donnons ici la description sous le nom d'OPi- 
GANISTE, est placé par Latham parmi les mésanges; par M. de Buffoiu 

OiLEElE DES OISEAUX. 



2 L'EUPHONE ORGANISTE. 

an nombre des oiseaux chanteurs (i). Dans le Système de la Nature de 
Linné, il fait partie des Manakins (2). M. DesmarelsXe dépeint le pre- 
mier des Tangaras-Euphones (3) , et M. Cuvier le place le troisième des 
Tancjaras-Eupliones , espèce que ce savant présente comme le premier 
sous-genre du genre des Tancjaras (4). 

L'Organiste mâle est un peu plus gros que la femelle, mais il en 
diffère par les couleurs. Sa longueur totale est de quatre pouces, depuis 
la pointe de son bec jusqu'au bout de sa. queue ; celle de sa queue est 
d'environ quatorze lignes , et celle de son bec est de quatre lignes depuis 
les coins de la bouche jusqu'à sa pointe. 

Le sommet de la tête, ainsi que l'occiput et la nuque , sont d'un beau 
bleu-clair; le front est jaune, mais ces deux couleurs sont séparées par 
un petit bandeau noir. Les tempes, les joues et la gorge sont d'un noir- 
lustré avec des reflets bleus ; sur les côtés de la gorge on voit les traces 
interrompues d'un collier. La couverture du dos, jusqu'au milieu, est 
d'un violet glacé de noir, ainsi que les couvertures supérieures des ailes 
et de la ciueue; le reste du dos et le croupion sont d'un jaune-orangé. 
Les grandes pennes des ailes sont d'un noir sans reflets. La partie abdo- 
minale , et le dessous du croupion sont d'un jaune-orangé ; le dessous de 
la queue est gris, mais les barbes des pennes sont noirâtres. Le bec est 
noir; les pieds et les ongles sont noirâtres. 

l^a. femelle^ comme le mâle, a le front jaune, le sommet de la tête, 
l'occiput et la nuque d'un bleu-clair, mais elle en diffère dans tout le 
reste du plumage. Les tempes et les joues, le chignon, le dos, les couver- 
tures supéiieures des ailes et de la queue sont d'un vert-olive sans reflets. 
Les plumes du bas du dos approchant du croupion, ont une teinte 
jaune. Les grandes pennes des ailes sont noirâtres, et leurs barbes inté- 
rieures sont d'un gris-blanc. La gorge, la poitrine, le ventre et les cou^ 



(1) V, Hist. nat. , t. 4. , p. 290.- 

(2) V. Traduction de la treizième édition latine mise au jour par J.-F. Gmelin. 

(3) V. Hist. nat. des Tangaras. 

(4) V. son Règne animal, tom. i. pag. 342. 



L'EUPHONE ORGANISTE. 3 

vertures inférieures de la queue sont d'un jaune-verdâtre. I^e bec est 
noir; les pieds et les ongles sont noirâtres. 

VEuphone-Oi-ganiste habite les Antilles. Sa voix, très étendue et très 
variée, fait entendre successivement tous les tons de l'octave , en montant 
du grave à l'aigu ; et cette particularité lui a fait donner à Saint-Domin- 
gue le nom d'Organiste, et dans d'autres parties des Antilles celui de 
Musicien. 

On dit cet oiseau fort rare , et très difficile à tirer : très défiant , il sait 
se cacher. Pour n'être pas aperçu des chasseurs, il tourne autour d'une 
branche à mesure que celui-ci change de place, en sorte que souvent, 
quoiqu'il y ait plusieurs de ces oiseaux sur un arbre, on ne peut en dé- 
couvrir un seul , tant ils sont attentifs à se mettre à couvert. 



U 



X "Xt-VV^/V ir*^fLr 



L'EUPHONE A VENTRE- MARRON, 



iA 



DU BRESIL. 



v_>iET oiseau, rapporté du Brésil par M. Delalande fils, à la fin de 
1 8 1 6 , n'a encore été décrit par aucun auteur , et le signalement que 
nous en donnons a été pris sur l'individu même. 

Sa longueur totale , depuis la pointe du bec jusqu'au bout de sa queue, 
est de quatre pouces trois lignes ; celle de sa queue est d'environ un 
pouce, et celle de son bec, qui est noir, est de cinq lignes, à partir 
des coins de la bouche jusqu'à sa pointe. 

Le sommet de la tête, les tempes, les joues, la nuque, le chignon , 
les scapulaires , le dos, les couvertures supérieures des ailes et delà 
queue sont d'un beau violet-foncé, glacé de noir, et qui, suivant la pro- 
jection de la lumière, se change en beau vert et bleu-foncé. La gorge et 
la poitrine sont de la même couleur , mais aux deux côtés de la poitrine, 
à la naissance des ailes ^ est une tache jaune-orange. Le ventre, les 
flancs , et le dessous du croupion sont d'une couleur marron-foncé. Les 
couvertures inférieures des ailes sont blanches vers le poignet , et grises 
sur le surplus des pennes dont les barbes intérieures sont blanches. Les 
couvertures inférieures de la queue et les genoux sont noirs , ainsi que 
les pieds et les ongles. 



GALtKIE DES OISEAUX. 



UEUPHONE A VENTRE-ROUX. 



(TANAGRA RUFÏ-VENTPJS.) 

V_jET oiseau est de la pius petite espèce de Tangaras-Euphones. La des- 
cription que nous en donnons a été' faite sur l'individu même. Sa lon- 
gueur totale n'est que d'environ trois pouces neuf lignes ; celle de sa 
queue est de onze lignes , et celle de son bec, cinq lignes, à partir des 
coins de sa bouche jusqu'à sa pointe. 

Le sommet de la tête , les tempes , les joues , la gorge , la poitrine , la 
nuque , le chignon , les scapulaires , le dos , les couvertures supérieures 
des ailes et de la queue , et le croupion sont d'un violet glacé de noir. 
Les grandes pennes des ailes sont d'un noir -roussâtre; la couverture 
inférieure de ces ailes est blanche au poignet, et grise sur le surplus des 
pennes dont les barbes intérieures sont blanches. Les flancs sont d'un 
jaune-orange; le sternum est d'un roux-orange-^sale, mais ce roux est 
plus foncé dans le bas de la partie abdominale jusqu'autour de l'anus; 
et les couvertures inférieures de la queue sont ùoires. I^e bec , les pieds 
et les ongles sont noirs. 



GiLERlE DES OISEAUX. 






GALERIE 

DES OISEAUX. 



ORDRE i""^. ACCIPITRES, Accipitres^ Linnée. 

Pieds courts ou médiocres, robustes et musculeux. 

Jambes charnues entièrement couvertes de plumes jusqu'au talon 
(vulgairement genou.) 

Tarses nus et re'ticules ou emplumés en tout ou partie. 

Doigts, au nombre de quatre, trois devant, fendus ,' très flexibles , 
verrucueux sous les jointures , totalement se'pare's où l'intermédiaire et 
l'extérieur réunis à leur base par une membrane; un derrière articulé au 
bas du tarse sur le même plan que les antérieurs , embrassant le juchoir 
avec son ongle, et portant à terre sur toute sa longueur. 

Ongles mobiles , plus ou moins retractiles, épais à la base, comprimés 
latéralement, crochus, aigus ou un peu obtus; l'intermédiaire presque 
toujours avec une trachée saillante et comme pectinée sur le côté, plan- 
che AA , n° I . 

Bec robuste, couvert à sa base d'une membrane , crochu à sa pointe. 

Rectrices, quatorze au plus, douze au moins. 

Tous les oiseaux de cet ordre sont carnivores; les uns préfèrent les 
charognes, les autres la chair palpitante; quelques uns vivent principa- 
lement de poissons; les petits de presque tous naissent clair-voyant, pren- 
nent eux-mêmes la nourriture et ne quittent le nid qu'en état de voler. 



QALERIE DES OISEAUX. 



VAUTOURS. 

1-^ FAMILLE. VAUTOURINS, Vulturini, 

Illiger. 

Tarses nus, plus courts que le doigt interme'diaire. 
Doigts extérieurs re'unls à leur iDase par une membrane. 
Ongles peu pointus. 

Bec couvert ou entoure à sa base par une membrane simple ou caron- 
cule'e, crochu à sa pointe. 

Narines nues, quelquefois couvertes de soies rares. 

Tête ou Gorge imparfaitement emplumée. 

Yeux à fleur de tête, dirige's de côte. 

Jabot saillant, nu , quelquefois laineux. 

Ailes longues. 

Queue composée de douze ou quatorze rectrices. 

i^-^-^ DIVISION. VAUTOUR, P^ultur, Linnée. 

Bec droit et couvert à sa base d'une cire glabre , robuste , gros , comprime 
latéralement, convexe en dessus, à bords droits, crochu à l'extrémité de 
la mandibule supérieure ; l'inférieure plus courte que celle-ci et obtuse à 
sa pointe, pi. A, n° i. 

iVrtr/«es lunulées ou arrondies, transversales. 

Langue canaliculée , à bords lisses ou garnies d'aiguillons, échancrée 
à son exti-émité. 

Bouche très grande et fendue presque jusque sous les yeux.. 

Tête et Cou en partie dénués de plumes. 

Jabot saillant, garni de duvet à l'extérieur. 

Tarses nus et réticulés. 

Doigt intermédiaire alongé, uni à sa base avec l'extérieur par une 
membrane épaisse, et totalement séparé de l'interne j celui-ci et le pouce 
à-peu-près égaux et plus courts que l'externe. 

Ongles peu retractiles, coiubés, épais à leur racine, comprimés par les 



VAUTOURS. 3 

côtes, peu aigus; rintérieur et le postérieur beaucoup plus grands que 
celui du milieu; planche AA, n° 2. 

Première rémige -^Xus courte que la sixième; les troisième et quatrième 
les plus longues de toutes. 

Rectrices , douze ou quatorze. 

Cette division est compose'e de cinq espèces bien distinctes , dont deux 
se trouvent en Europe; celle de cet article et le vautour griffon. Espèces 
étrangères. IjCS Vautours Oricou, Grand, des Indes, et Changoun. 

Les Vautours ont le port incliné, à demi horizontal, position qui in- 
dique ia bassesse de leur naturel'; s'ils sont à terre , où ils se tiennent 
communément, leurs ailes sont ordinairement pendantes, et leur queue 
traînante; leur vol est pesant, et ils ont beaucoup de peine à prendre 
leur plein essor; enfin ce sont les seuls oiseaux de proie qui volent et 
vivent en troupes. Les Vautours sont lâches, infects, dégoûtants, basse- 
ment gourmands, voraces et cruels; ils ne combattent guères les ani- 
maux vivants que quand ils ne peuvent s'assouvir sur les morts; encore 
se mettent-ils en nombre, et plusieurs contre un, ils s'acharnent sur les 
cadavres au point de les déchiqueter jusqu'aux os. La corruption, l'in- 
fection les attirent au lieu de les repousser. Dans les oiseaux comparés 
aux mammifères , les Vautours semblent réunir la force et la cruauté du 
tigre avec la lâcheté et la gourmandise du chacal. 

On rencontre plus de Vautours dans les régions méridionales que 
dans les contrées septentrionales ; cependant ils ne paroissent pas re- 
douter le froid et chercher la chaleur de préférence , puisqu'ils vivent 
dans nos pays et en plus grande quantité sur les plus hautes montagnes , 
et ne descendent dans la plaine que rarement; néanmoins en Egypte, 
où ils sont très nombreux, on les voit plus souvent dans la plaine que 
sur les lieux élevés ; ils s'approchent des lieux habités , se répandent , 
dès le point du jour , dans les villes et les villages , et rendent des 
services essentiels aux habitants en se gorgeant de toutes les immondices 
qui sont dans les rues. 

Dans nos climats, les Vautours habitent, durant la belle saison, nos 
montagnes les plus hautes, les plus désertes, les Alpes et les Pyrénées : 
c'est là qu'ils construisent leur nid dans les rochers escarpés et dans des 



4 VAUTOURS. 

lieux inaccessibles. Par une suite de leur conformation, ils ne portent pas 
dans leurs serres la nourriture destinée à leurs petits ; mais ils en rem- 
plissent leur jabot et la leur dégorgent dans le bec. Ils quittent en hiver 
nos contrées et vont le passer sous un climat plus doux. 



LE VAUTOUPl noir. Fultur Niger, 
Linnée Gmelin, 

Capitis plumulis et corpore nigris; supercillionim plumilis albo-grtseis 
{Senior). 

Capitis plumilis fuscis rufoque naixtis ; corpore nigrescente -fiisco 
( adiiltus. ) 

Capitis plumilis cinereis et fuscis; regione oculari alba; collari cinereo ^ 
corpore obscure fusco , sublus dilutiore; alarum tectricibus superioribus 
albo apice marginatis (juvenis. ) 

Capile et corpore fuscis et sordide cinereo variis (^junior) lingua levi- 
gatâ; naribus rotundis; rectricibus i3. 

Vautour Noir , Brisson , Ornithologie , tome i ,"* 
page ^Sj , n° 4- 

Vultur Niger, Gmelin, Systema naturœ , édit. i3 
n° 9. Latham, index, n° 11. 

Black Vulture, Lath. Synopsis, tome 1 , page i6,| 
n° 14. 

iEgypius Niger, Savigny, Oiseau d'Egypte et de\ 
Syrie. 

Arrian , Picot de La Peyrouse, Encyclopédie mé- 
thodique. Sonnini , édition de Buffon , tome 38 , j 
})agei2>%. > Adulte, 

Grauer geier, Vultur cinereus. Wolf et Meyer. 

Taschenbuscli derdeutsclien Vogelkunde., page 4, n" i . 



Vieux. 



VAUTOURS. 

Grand Vautour, Buffon, Hist. nat. des Oiseaux ,\ 

format m-4°, tome i , page i58 (i). 

Vautour d'Arabie, Brisson, Appendix, page 29. 

Vautour ïWem, fome I , paf/e 453 , ?i° I. f , „ 

' -^ o / \ Jeune Cl un an ou 

Vultur Monachus , Linn. . Gm. Svst. nat., n L) , 

' ' -^ / deux. 

Latham , Index, n° g. 

Vultur cinereus, Linn., Gm., n" 6. Lath. Index, n°2.^ 

Arabian. Vulture, Lath. Synopsis, tome 1 , page 8. 

Cinereous Vulture, idem, page il\. 

Le plumage de ce Vautour , qu'on trouve en Europe sur les Alpes et 
les Pyréne'es, et qu'on rencontre aussi en Afrique, depuis l'Egypte jus- 
qu'au cap de Bonne Espérance , étant sujet à changer depuis le jeune 
âge jusqu'à l'âge avancé, a donné lieu à des doubles et triples emplois, 
comme on le voit dans la synonymie. Il en est de même pour le Vau- 
tour griffon et le Neophron percnoptére que nous possédons en France. 

Brisson et les auteurs qui ont donné au Vautour Noir des pieds vêtus 
jusqu'aux doigts se sont trompés, car il a les tarses nus ; cette erreur ne 
proviendroit-elle pas de ce que les longues plumes des jambes descen- 
dent quelquefois assez bas pour couvrir le tarse en entier, ainsi que l'a 
fort bien remarqué Edwards dans la description de son Vautour Noir 
couronné. Si ce n'est pas ce motif, ils s'en sont donc rapportés à Belon 
qui a cru que tous les Vautours avoient les jambes garnies de plumes 
jusqu'au-dessus des doigts ( Oiseaux , chap. 2 , page 85.) Au reste, il est 
certain que tous les Vautours d'Europe, à l'exception des Vultur aureus, 
barbarus et barbatus, qui sont le Gypoëte ou la Phène , qu'on a distraits de 
genre Vautour, ont la plus grande partie du tarse nue. 

Le Vautour Noir a trois pieds et demi de longueur totale , et porte un 
collier de plumes longues, étroites et hérissées; la peau nue de la tête 
et du cou est bleue , et garnie de duvet; le bec noirâtre; la cire, les 
tarses et les doigts sont bleuâtres ; les jambes ont des plumes longues 
et pendantes sur les côtés , et sont emplumées jusqu'au-dessous du talon; 



(i) La figure de la pi. enl. numéro 423 est défectueuse, en ce qu'on a donné à cet 
oiseau des pieds totalement emplumés, et des doigts jaunes. 



6 NEOPHRONS. 

le corps, les ailes et la queue sont noirs; les sourcils d'un gris-blanc. Il 
a, dans sa première année, un plumage varie de brun et de gris-sale. Le 
duvet de la tête et du cou , dans sa deuxième année , est gris et brun ; le 
tour de l'œil , blanc; le collier, cendré; le corps brun, mais plus clair 
en dessous. Dans la troisième année, le duvet devient totalement brun, 
et le corps, brun-noirâtre; enfin dans la quatrième, le duvet de la tête 
et le plumage sont noirs. Un individu sous son plumage parfait est vi- 
vant à la Ménagerie du Muséum d'Histoire naturelle. 

2,ème DivsiOiN. NEOPHRON, Percnopterus ^ 

Savigny. 

Bec droit, long, délié, arrondi en dessus, entouré, à sa base, d'une 
cire dépassant la moitié du bec; mandibule supérieure à bords droits, 
crochue vers son extrémité; l'inférieure plus courte, obtuse à sa pointe, 
pi. A, n° 2. 

Narines grandes, lancéolées , longitudinales. 

Langue oblongue-linéaire, dépourvue d'aiguillons. 

Bouche fendue jusque sous les yeux. 

Tête et cou plus ou moins dénués de plumes. 

Jabot saillant , à peau colorée et très plissée. 

Tarses nus, déliés et réticulés. 

Doigt intermédiaire long, réuni avec l'extérieur par une membrane , 
à sa base, l'intérieur et le postérieur à-peu-près égaux, et plus courts que 
l'extérieur. 

Ongles peu rétractiles , courbés, épais à leur base, comprimés par 
les côtés , presque convexes ; l'extérieur et le postérieur égaux en lon- 
gueur à celui du milieu , plus gros et plus crochus ; l'extérieur le plus 
court et le plus foible, pi. A A, n° 2. 

Première rémige plus courte que la cinquième ; la troisième la plus 
longue de toutes. 

Queue étagée, à quatorze rectrices. 

Cette division n'est jusqu'à présent composée que d'une seule espèce. 



NEOPHRONS. 7 

LE PERGNOPTÈRE. Neophron Percnopterus , 

Savigny. 

PI. II. 

Corpore albo (mas. senior) fusco {femina et junior) facie ingluvie 
que croceis. 

Vultur Percnopterus, Linn. Syst. naturœ, édit. 12, n° y. Gmelinf 
édit. i3, ji° 7. • 

Vultur Leucocephalus , Gm. n" 10 (i). 

Petit Vautour, Buffon , Hist. nat. des Oiseaux j^ 
tome i , pag. i64 , et pi. enl. n° 449 (^)- 

Ourigourap , Xe!'fli7/ajif , Ois. d Afrique., pi. i\. 

Vultur Angolensis , Latliam, Index., n" 1 7. Ash-Co-S Adulte et vieux 
loured Vuiture, Var. A. Latliam, Synopsis, tome i ,1 
page i5 , ti" g. 

Weifsktipfiger geier, Vultur Leucoceplialus , Meyer, \ 
taschenbuschder deutsclien VœgeUiunde,page 7^ «° 2. 

Vultur Fuscus, Linn. Gm., n° 8. Lalham, Index,'' 
n° 10. 

Vautour Brun, Brisson, tome i,page i3i , /i° 2. ypemelleoujeune^ 

Vautour de Malte, Buffon, tome i, page 161, 
pi. ent. 427- 



(1) Plumis niveis , remigibus rectricibusque nigris, torque plumarwn albo. Telle 
est la phrase spécifique de Gmelin; doit-elle s'appliquer, comme le dit M. Tem- 
minck dans l'introduction de la seconde édition de son Manuel, page 12 au 
Vautour Griffon ou fauve, et non pas à notre Percnoptère? Quant à nous 
n( us persistons à croire qu'elle indique ce dernier, car le premier n'a dans aucun 
âge un plumage couleur de neige {plumis niveis.) 

(2) La pi. enlum. de Buffon manque d'exactitude en ce que la queue est carrée' 
à. son extrémité, et composée seulement de douze pennes. 



^ NEOPHRONS. 

Maltese Vulture , Lath. Synopsis, tome i , p. 1 5 n° 9. 

Vultur Lencoceplialus , Lalli. Index, n° 4- 

Sacre Égyptien, Béton, Ois., page 1 10. 

Vautour d'Egypte , Brisson , tome 1 , page 1 3 1 , n" 3 AFemelleou jeune. 

Idem. Sonnini , édit. de Buffon , tome 38 , page 1 3 1 . 

L'Alimoche , le Vilain , Picot de La Pejrouse , En- 
cyclopédie. 

Buffon s'est trompé en disant qu'il faut se'parer les Vautours bruns et 
iïEgypte de'crits par Brisson, le second n'étant pas un vautour, mais un 
oiseau d'un autre genre, auquel Belon a cru devoir donner le nom de 
Sacre égyptien. Aujourd'hui que ces deux vautours sont mieux connus, 
nous ne doutons nullement de leur identité, seulement celui d'Egypte 
est d'un âge moins avancé que l'autre , et tous les deux appartiennent à 
Vesçèce du petit Vautour [notre Neoplirons percnoptère). 

Le Pline françois s'est encore mépris , lorsqu'il dit « que son Vautour 
de Norwège., ou à tête blanche., paroît être d'une espèce différente des 
vautours bruns et d'Egypte du méthodiste françois, car il en diffère en 
ce qu'il a le bas des jambes et les pieds nus ; tandis que les deux autres les 
ont couverts de plumes. » N'est-ce^ pas une faute typographique ? car 
Brisson , qu'il nous semble avoir consulté , donne à ces deux oiseaux les 
pieds nus, tels qu'ils le sont réellement, et qu'ils doivent les avoir, puisque 
ce sont , comme nous venons de le dire , des individus de l'espèce de 
petit vautour ou de vautour de Norwège; mais non pas du Vautour à 
tête 6/anf /je de Brisson , lequel a les pieds vêtus jusqu'aux doigts , selon 
Schwenckfeld qui le premier l'a décrit, et que nous croyons cependant 
s'être trompé. 

Comment encore concilier Sonnini avec lui-même , qui , dans son 
édition de Buffon, à l'article du petit Vautour , dit dans une note : « Je 
ne pense pas que cette espèce soit la même que le Vautour d'Egypte 
ou le Percnoptère de Linnée et d'Hasselquitz » , tandis que dans une 
autre (article du vautour d'Egypte) il assure que celui-ci a beaucoup 
de rapports avec le petit vautour ou le vautour de Norwège, et qu'il 
lui donne pour synonymes le Percnoptère de Linnée. Comme l'on 
trouve ailleurs des preuves de notre assertion, nous n'aurions pas indiqué 



NEOPHRON?. 9 

ces erreurs , si elles n'étoient clans un ouvrage que l'on consulte tous les 
jours. 

Cette espèce, que l'on rencontre en France sur les Alpes et les Py- 
rénées , est connue des Français qui fréquentent l'Egypte , sous la déno- 
mination de Poule de Pharaon; les Turcs l'appellent Akbohas, c'est-à- 
dire père blanc; les Egyptiens et les Maures, Rachamad , noms que 
l'on a appliqués mal-à-propos à d'autres oiseaux, comme le pélican, la 
cigogne, le cygne. 

Elle cherche sans cesse les charognes les plus puantes ; elle exhale 
elle-même une odeur infecte, et dès qu'elle est morte, elle se putréfie. 
C'est un crime que de tuer ces Vautours près du Caire , aussi ne sont-ils 
point farouches en Egypte , on les y voit sur les terrasses des maisons , 
dans les villes les plus populeuses et les plus bruyantes, n'être point 
inquiets , et vivre en toute sécurité au milieu des hommes , qui les mé- 
nagent et les nourrissent avec soin. Ils fréquentent aussi les déserts , et 
ils y dévorent les cadavres des hommes et des animaux qui périssent 
dans ces vastes espaces consacrés à la plus aride stérilité. On trouve 
aussi ces Vautours en Syrie et dans quelques autres contrées de la Tur- 
quie; mais ils y sont moins nombreux qu'en Egypte, parcequ'ils n'y 
jouissent pas des mêmes prérogatives, et qu'une antique considération 
n'y accompagne pas leur existence; car ils étoient des oiseaux sacrés chez 
les anciens Egyptiens. 

M. Levaillant, qui a vu cette espèce au cap de Bonne-Espérance, 
nous apprend que les grands Namaquois l'appellent Ourigourap , qui, 
dans la langue de ces peuples , signifie Corbeau blanc. Les Hottentots 
l'appellent Hoa-goop, et les Hollandois TVhile ckraai, noms qui ont la 
même signification de Corbeau blanc. 

Elle est rare aux environs du cap de Bonne-Espérance , très commune 
chez les petits Namaquois , et en bien plus grand nombre sur les bords 
de la rivière d'Orange et chez les grands Namaquois ; elle y est peu fa- 
rouche et se laisse aisément approcher. Les sauvages ne lui font aucun 
mal, parcequ'elle purge leurs enceintes des immondices qui y sont tou- 
jours en abondance. Elle niche dans les rochers , et sa ponte est de trois 
.ou quatre œufs. 

CiliRIE DES OISEAOX. F' PARTIE, * - 



lo ZOPILOTES. 

Ce Percnoptère, sous son plumage parfait, a le sinciput, le tour des 
yeux et les joues, jusqu'aux oreilles , d'une couleur safranée, plus vive à 
la base du bec ; la gorge , garnie d'un duvet rare et fin , qui laisse aper- 
cevoir la peau, jaunâtre, ridëe et capable d'une grande extension ; l'oc- 
ciput et tout le cou sont couverts de plumes longues, effilées et blanches; 
le corps est généralement de cette couleur ; les grandes pennes des ailes 
sont noires ; les moyennes , d'une teinte fauve sur leur côté extérieur , 
et noirâtres sur l'intérieur; la queue est étagée et d'un blanc un peu roux; 
le bout du bec et les ongles sont noirâtres ; les pieds couleur de chair. 
Longueur totale deux pieds deux à six pouces. 

Le plumage de la femelle est d'un brun-sombre : celui des jeunes est 
mélangé de gris-blanc-sale ; le bec , couleur de corne , brunâtre vers le 
bout; les ongles sont noirâtres. On prétend que les vieilles femelles res- 
semblent au mâle adulte. 

L'individu, décrit par Bruce, sous le nom de Racliamad , est sous son 
plumage parfait. Il en est à-peu-près de même du Vultur Angolensis , du 
-petit Vautour de Buffon , et de YOurigourap de Levaillant. 

Le Vautour de Malte, le Vautour Brun de Brisson, le Sacre d'Egypte, 
le Limoche et le Vilain , de Picot de La Peyrouse , sont des femelles ou 
des jeunes. 



3^-"^ DIVISION. ZOPILOTE, Gjpagus. Vultur^ 

Linnée. 

Bec droit et entouré d'une cire dans le premier tiers de sa longueur ^ 
convexe en dessus , mandibule supérieure à bords dilatés , crochue vers 
le bout ; l'inférieure plus courte, et arrondie à sa pointe, pi. A, n° 3, 

Narines amples , oblongues , caronculées , ou simples , ouvertes , et si- 
tuées vers l'origine de la cire. 



Langue cannaliculée et membraneuse, à bords dentelés. 
Yeux à fleur de tête, dirigés latéralement. 
Tète ei cou dénués de plumes. 



ZOPILOTES II 

Jabot saillant. 

Tarses nus, réticules. 

Doigt intermédiaire alongë, réuni avec l'extérieur à sa base par une 
membrane; le postérieur le plus court de tous. 

Ongles médiocres, peu pointus, celui du milieu le plus fort et le plus 
long de tous; les latéraux égaux; le postérieur court et plus émoussé que 
les autres. 

Pi^emière et cinquième rémiges égales; les deuxième , troisième et 
quatrième graduelles entre elles et les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division renferme trois espèces qui habitent dans le nouveau 
continent; celle de cet article, le Condor et le Zopilote de la Californie. 

Les Zopilotes ne pénètrent pas dans le nord de l'Amérique au-delà des 
Florides; ils ont un genre de vie analogue à celui des Vautours, dont 
ils se distinguent en ce qu'ils ont le pouce plus court, ainsi que son ongle 
qui en outre est moins pointu. Le nom qu'on leur a généralisé est tiré 
du mot mexicain tzopiloll qui signifie roi des Vautours, et non pas roi 
des tzopilotls , comme le disent quelques auteurs : tzo signifiant Vautour , 
et pilotl roi , chef, mots que Fernandez et Hermandez rendent en latin 
par ceux de regina aurarum (reine des auras. ) 

LE ZOPILOTE, dit le ROI DES VAUTOURS, 

Gypagus Papa. ' 

PI. IIL 

Rufescenti albus ; remigibus rectricibusque nigris ; naribus caruncula- 
tis ; vertice colloque denudatis (^Senior. ) 

Corpore nigricante; subtus albo longitudinaliter maculalo; cristâ nigrâ^ 
( adullus. ) 

Saturate cœnilescens ; ventre uropygiique lateribus albis (Junior.) 

Roi des Vautours, Brisson, Ornilh., tome i, page ^"jo , pi. 36* 
Buffon , Hist. nat., des Oiseaux , tome i , pag. 1 69 , pi. enl. 428. 



12 ZOPILOTES. 

Kiiig Vulture , LaU'iam , Synopsis, tome i , page 7 , n° g. 
Vuhur Papa , £»m. , Gin. Syst. nat. , édil. i3,n°3. Latliam, Index, 
n° 7. 

Iribuiubicha , de^zara, apimtamienlos Para la Historia nalural de 
de Los passaios del Paraguay y Rio de la Plata., tom. i , pag. i5 , n° 1. 
Les Guaranis, peuplade du Paiagay, confoudeut sous la dénomina- 
tion à'iribu ce Zopilote , et les Galiinazes Aura et Urubu; les Espagnols 
les nomment très improprement Corbeaux. Ce sont des oiseaux qui, 
dans l'Amérique méridionale , rendent de grands services en purgeant la 
surface de la terre des immondices et des clebris d'animaux morts qui, 
en se corrompant, infecteroient l'atmosphère ; ils sont paisibles, exempts 
de cruauté' et respecte's par tous les autres oiseaux; leur vue est perçante 
ete'tendue; leur odorat est très sensible; ils souffrent la privation de 
nourriture avec une patience extraordinaire, et ils ont assez de force 
pour soutenir leur vol à une grande hauteur, sans se fatiguer. Ils ne 
crient point; ils marchent à pas pesants et leur corps se soutient hori- 
zontalement ; ils prennent leur essor avec quelque peine , et après 
avoir fait plusieurs sauts ; ils tournoient ensuite dans les airs pendant 
plusieurs heures, pour découvrir les charognes dont ils se nourrissent, 
sans jamais attaquer le plus petit oiseau , ni le plus foible mammifère. 
Ils se perchent sur les plus gros arbres, vivent seuls ou par paires; 
mais ils ont coutume de se réunir en troupes pour s'acharner sur les 
animaux morts. 

M. de Azara , à qui on est redevable de détails très intéressants sur le 
Zopilote Papa, l'a décrit sous le nom d'iribubicha, qui signifie chef ou 
roi des iribus; c'est aussi celui sous lequel les Guaranis le connoissent, 
parcequ'ils croient que les autres iribus ( nos galiinazes) le respectent ; et 
ils fondent leur opinion sur ce que, quand celui-ci s'abat sur un corps 
mort, les autres s'éloignent aussitôt pour lui céder la place. Les Espa- 
nols l'appellent Corbeau blanc. Il ne passe pas le 32^ degré de latitude 
australe; mais il devient plus nombreux à mesure qu'il s'avance vers le 
nord. Il fuit de loin lorsqu'il se trouve à terre ou sur un arbre isolé; 
mais on l'approche et on le tue aisément dans les bois, où l'on a placé 
des charognes pour appât. On assure qu'il fait son nid dans un trou 
d'arbre, et que sa ponte est de deux œufs. 



ZOPILOTES. i3 

Cette espèce est connue à Cayenne sous le nom Je Roi des Courou- 
mous, et non pas Couroumons, comme le disent des auteurs. Ce bel 
oiseau, dit Buffon , n'est ni propre, ni noble, ni généreux; il n'attaque 
que les animaux les plus foibles, et se nourrit de rats, de lézards, de 
serpents, et même des excréments des animaux et des hommes: sa 
principale nourriture sont les charognes , aussi a-t-il une très mauvaise 
odeur , et les sauvages même ne peuvent manger de sa chair. Dans la 
note que Sonnini a mise dans son édition de Buffon , tom. 38, pag. 176, 
il lui rapporte ce que Bartram dit d'un oiseau dont les Crecks on Mus- 
cogules font de la queue un étendart royal auquel ils donnent un nom 
qui signifie queue daigle, sur laquelle ils peignent une bande rouge 
entre les taches brunes , quand ils vont à la guerre , et qu'ils portent 
neuf, propre et blanc dans les négociations et autres occasions pacifi- 
ques; mais ce rapprochement nous paroît fautif, car le Roi des Vautours 
a la queue totalement noire , à quelque âge que ce soit; et c'est certai- 
nement la queue d'un tout autre oiseau , et probablement celle du Pygar- 
que à tête blanche qui se trouve dans les Florides de même que dans 
divers états de l'Amérique septentrionale. 

Il s'élève entre les narines une espèce de crête qui ne s'alonge ni se 
retire, et qui tombe indifféremment d'un côté ou de l'autre; elle est 
d'une substance molle et son extrémité est formée d'un groupe très re- 
marquable de verrues. Ou remarque sur la tête une couronne de peaii 
nue et rouge de sang; une bandelette de poils noirs et très courts va 
d'un œil à l'autre par l'occiput; au-dessous de la partie nue du cou est 
une espèce de fraise, dont les plumes sont dirigées les unes en avant et 
les autres en arrière; elle est assez ample pour que l'oiseau puisse, en se 
resserrant, y cacher son cou et une partie de sa tête. Derrière l'œil sont 
de grosses rides qui vont se joindre sur l'occiput à une bande charnue, 
saillante et orangée, qui de là descend jusqu'au collier. Ces rides cachent 
le canal auditif, qui est fort petit et auprès duquel viennent se réunir 
d'autres rides qui s'étendent jusqu'au bec ; entre ces rides on aperçoit 
du duvet, de même que sur le reste des côtés de la tête. Les paupières 
sont rouges et l'iris a la couleur et l'éclat des perles. 

Le Zopilote, âgé de quatre ans, a le bec jusqu'à la membrane, les- 



i4 GALLÎNAZES. 

tarses, les pennes et les grandes couvertures supérieures des ailes, la 
queue et un trait sur le dos noirs, la membrane et la crête sur le bec, 
orange; la peau nue de la base du bec, pourpre; le cou, incarnat sur 
les côte's, pourpre au-dessous de la tête, jaune en devant, et d'un violet- 
noirâtre près de la bande et des rides de l'occiput. Tout le reste du plu- 
mage et l'iris blancs; une foible teinte de rouge se fait remarquer sur le 
blanc du cou et de la partie supe'rleure du dos. M. de Azara soupçonne 
que cette teinte distingue le mâle. Longueur totale, deux pieds deux à 
trois pouces. 

Le même , à trois ans, ne présente d'autres différences que d'avoir 
quelques couvertures supérieures des ailes noires au milieu des blanches. 

La tête entière, lorsque l'oiseau est âgé de deux ans, est ainsi que la 
partie nue du cou d'un noir tirant sur le violet avec un peu de jaune 
au cou ; une teinte noirâtre régne sur les parties supérieures de même 
que sur les inférieures , avec des taches longues et blanches ; la crête est 
noire, ne tombe d'aucun côté, et est partagée à son extrémité par trois 
protubérances fort petites; enfin il est, dans sa première année, d'un 
bleuâtre-noirâtre , à l'exception du ventre et des côtés du croupion qui 
sont blancs; en soulevant les plumes sous le corps, on en voit aussi de 
blanches. Le tarse est verdâtre ; la mandibule supérieure d'un noir-rou- 
geâtre; l'inférieure , d'un orangé mêle de noirâtre, avec des taches longues 
et noires; la partie nue de la tête et du cou de cette couleur; l'iris noi- 
râtre de même que la crête, laquelle ne consiste à cet âge qu'eu une 
excroissance charnue et solide. 



4^'""= DIVISION. GALLINAZE, Catharista. Vultur^ 

Linnée. 

Bec alongé, droit jusqu'au-delà du milieu , garni à sa base d'une cire 
très étendue, comprimé latéralement, convexe en dessus; mandibule su- 
périeure, à bords droits, crochue vers le bout; l'inférieure plus courte, 
pbîuse à sa pointe, pi. A, n" 4- 



GALLINAZE&. i5 

Narines grandes, situe'es sur la partie antérieure de la cire, oLlongue* 
et percées à jour. 

Langue charnue, cannaliculée , à bords dentelés. 

Yeux à fleur de tête, dirige's latéralement. 

Tête et cou dénués de plumes , ou mamelonnés. 

Jabot saillant, glabre. 

Tarses nus, sans écailles. 

Doigt intermédiaire long, tendu, réuni à sa base avec l'intérieur par 
une membrane ; l'intérieur et le postérieur égaux. 

Ongles courts, foibles, émoussés et recourbés; le postérieur le plus 
court de tous, pi. A A, n" 3. 

Première rémige moyenne; les troisième et quatrième les plus longues 
de toutes. 

Queue carrée ou cunéiforme, à 12 rectrices. 

Cette division n'est composée que de deux espèces qui se trouvent 
dans l'Amérique, VUrubu etV^ura. 

Les Gallinazes ont les mêmes habitudes et les mœurs des Zopilotes; 
on les trouve dans l'Amérique méridionale et septentrionale. Selon M. de 
Azara, les Urubus tiennent toujours leur cou un peu retiré, passent la 
plus grande partie du jour sur les arbres et sur les palissades, afin de 
découvrir si quelqu'un s'arrête pour quelque nécessité naturelle , ou jette 
quelques débris de viande desséchée. Ils se réunissent pour l'ordinaire 
plusieurs ensemble sur le même arbre, et comme personne ne les tour- 
mente , ils vivent par-tout tranquilles et en sûreté. Lorsqu'ils sont rassem- 
blés sur les charognes, si quelque bruit ou quelque objet les effraie, 
tout-à-coup ils prononcent la syllabe lui d'un ton nasillard , et c'est le 
seul cri qu'il font entendre seuls ou en troupes; ils n'attaquent ni ne 
harcellent aucun animal, et quand ils tombent plusieurs sur un cadavre 
d'un petit volume , chacun d'eux cherche à en déchirer un morceau , 
comme il peut, sans avoir de débats avec ses concurrents. Ils commen- 
cent à en dévorer les yeux, ensuite la langue , et ce qu'ils peuvent tirer 
des intestins par l'anus; et si le corps mort a le cuir fort dur, et quon 
chien ou toute autre bête carnassière ne l'ait pas entamé, ils l'abdudon- 
nent après avoir arraché les parties qu'on vient d'indiquer; mais s'ils ren- 



«6 GALLÎNAZES. 

contient une ouverture , ils dévorent toute la chair jusqu'aux os qu'ils ne 
laissent couveits que de la peau. Quand ils se sentent blessés ils rejettent 
tout ce qu'ils ont avalé. 

Les Auras ^ qui pénètrent beaucoup plus dans le nord de l'Amérique 
que les Urubus, ont la même manière de vivre; mais ils sont moins 
farouches, et se tiennent, selon de Azara, souvent seuls ou par paires ; 
cependant, dans d'autres contrées, on les voit comme les Urubus , soit 
sur les arbres, soit à terre , soit dans les airs , presque toujours en troupes. 
Leur odorat est si fin qu'à peine une charogne est-elle exposée dans un 
lieu où il n'y en a aucune, qu'on les voit venir de toutes parts , volant en 
spirale et descendant peu à peu jusqu'auprès de leur proie. Us parois- 
sent friands des œufs des alligators qui , sans les Gallinazes , devien- 
droient si nombreux qu'ils feroient déserter le pays. A l'époque où les 
femelles Alligators déposent leurs œufs à terre, ces oiseaux se tiennent 
sur les arbres voisins, les suivent de l'œil, et remarquent l'endroit où 
elles cachent leurs œufs, qu'elles croient mettre à l'abri de tout danger 
en les enfermant dans le sable ; sitôt qu'elles sont retournées à l'eau , 
ils descendent de leur observatoire, et à l'aide de leur bec et de leurs 
griffes, ils les déterrent et les dévorent. Les petits naissent aveugles, et 
sont appâtés , dans les premiers jours de leur naissance par le père et la 
mère qui leur dégorgent dans le bec la nourriture que ceux-ci apportent 
dans leur jabot ; ce que ne font aucuns oiseaux de proie , à l'exception 
des Vautours et des Zopilotes. 

LE GALLINAZE AURA. Catharista Aura. 

PL IV. 

Nkjra nitens; remigibus fuscis ; Rostro cineraceo {^Senior. ^ 

Nigro fuse oq lie varia. [Junior.) 

Vultur Aura, var. A. Latham , Index, n° 8. 

Vultur Jota , var. B. Linn., Gm. Syst. nal., n° 5. 

Xurliey Buzzard. Catesby, Car. tome i ,page 294 ? fl- 6. 



GÀLLINAZES. 17 

Vautour Aura , Vieillot, Hist. nat. des Oiseaux de l'Amérique sep- 
tentrionale , tome 1 , page 25, pi. 2 bis. 

Acabiray. De Àzara apuntamientos para la Hist. nat. de los paxa- 
ros, etc. iom. i,pag. 23, n° 3. 

L'Aura, quand il vole , tient les ailes plus élevées que le reste, de 
sorte qu'elles semblent ne faire qu'une seule pièce avec le corps , lors- 
que l'oiseau ne les agite pas ; ce qui a lieu le plus souvent. Il vole sans 
cesse près de terre et avec beaucoup d'aisance , cherchant à découvrir 
quelque proie dans lacampagne.il change rarement de direction, et 
passe les jours en l'air, comme si cet état d'action continuelle lui étoit 
plus naturel cjue le repos; il paroît néanmoins, à chaque instant, vouloir 
se poser. Selon Bartram , qui a observé l'Aura dans les Florides , il 
frappe les ailes l'une contre l'autre , s'avance un peu , puis frappe en- 
core ses ailes, et ainsi de suite à chaque temps de vol , comme s'il étoit 
toujours prêt à tomber et toujours faisant effort pour se relever; ce qui 
nous paroît contredire la manière de voler qu'indique de Azara. Au reste, 
il est moins vorace que les Urubus, recherche moins les corps morts, se 
nourrit également de limaçons, d'insectes, ne poursuit point les oiseaux, 
et n'est point querelleur. 

Noseda, cité par de Azara, dit que le nid de l'Aura ne consiste qu'en 
un léger enfoncement en terre dans les halliers , à la lisière des bois , 
sans aucune disposition de matériaux ; que la ponte est de deux œufs 
blancs, un peu tachetés de rougeâtre, et que les petits naissent couverts 
d'un duvet blanc , et les yeux fermés. 

On a souvent confondu l'Aura et l'Urubu, et même dans les pays 
'qu'ils habitent, car les naturels de la Louisiane les appellent indistincte- 
ment Ca?'aîîc/-o, et ceux des Florides et des Carolines, Carion-Crown , 
on Turkaj-Buzzard. Suivant de Azara, qui a très bien distingué ces deux 
espèces, les Guaranis nomment l'Aura Iribu- Acabiray , qui veut dire 
Iribu à tête rasée ou tête chauve. Il est assez commun dans le Brésil , 
le Paraguay, et passe aussi au sud de la rivière-de la Plata. 

L'individu dont on a publié la figure dans l'Histoire des oiseaux de 
l'Amérique septentrionale, n'avoit pas encore acquis son plumage parfait, 
de même que celui décrit par M. de Azara. Il a dans son jeune âge les 

GALERIE DES OISEAUX, F' Partie. 3 



i8 IRIBINS. 

plumes du manteau d'un noir changeant en violet sur leur milieu , et 
brunes sur leurs bords; cette dernière couleur s'étend davantage sur les 
couvertures supérieures des ailes, sur les pennes secondaires, et sur 
toutes les latérales delà queue; la tige des premières est d'une nuance 
terne d'un côté, et blanche de l'autre; toutes sont en dessous d'un gris- 
blanc lustré; la collerette est noire, avec des reflets d'un bleu d'acier 
bruni, ainsi que toutes les parties inférieures sur lesquelles les reflets sont 
peu apparents; le bec est blanc-cendré; la cire qui le recouvre jusqu'au- 
delà de l'ouverture des narines, d'un rouge-violet; l'iris d'un jaune léger; 
des poils courts et noirs se font remarquer devant l'angle antérieur de 
l'œil , et celui-ci est entouré de jaune. Une autre ligne de poils noirs et 
courts va d'un œil à l'autre, en passant sur la tête cjui, dans le reste, est 
d'un rouge tirant sur le pourpre foncé; on voit sur le bas de l'occiput des 
rides de cette même teinte, et d'autres de couleur de paille, laquelle est 
encore celle de la base du bec. Le tarse n'a point d'écaillés sur le devant 
et sur sa moitié supérieure ; dans les endroits où il est dénué d'écaillés, sa 
couleur est jaune de paille. Quelques individus l'ont d'un blanc-rou- 
geâtre; la tête, le haut du cou sur un pouce et demi de hauteur, et le 
devant jusqu'à la poitrine sont nus , quoique les plumes des côtés du cou 
fen recouvrent la partie antérieure. Longueur totale vingt-cinq à vingt- 
sept pouces. 

On ne remarque point de brun sur le plumage de l'oiseau vieux ; il 
eat alors d'un beau noir à reflets. 

5^"^ DIVISION. IPtIBIN, Doptrius. 

Bec droit dès la base, garni d'une cire poilue, épais, robuste, com- 
primé latéralement, convexe en dessus; mandibule supérieure crochue 
à &a pointe ; l'inférieure plus courte , anguleuse en dessous , foiblement 
échancrée vers le bout, et obtuse, pi. A. n° 6. 

Narines arrondies, tuberculées en dedans. 

Orbites, Gorge, Jabot nus. 

Tarses grêles , médiocres, réticulés. 



RANCANCAS. ,9 

Doigts extérieurs unis à leur base par une membrane, l'intermédiaire 
long; les latéraux plus courts, à-peu-près égaux entre eux. 

Ongles médiocres, pointus; les extérieurs les plus longs et les plus 
forts. 

Première rém/^e courte ; troisième , quatrième et cinquième les plus 
longues de toutes. 

Queue arrondie, à douze rectrices. 

Cette division ne contient qu'une seule espèce que l'on trouve à 
Cayeune , mais dont on ne connoît ni les habitudes , ni les mœurs , ni 
même la nourriture. 

LIRIBIN NOIR, Daptrius Ater. 

PI. V. 

Niger; cauda basi albâ mit albo radiatâ. 

L'Iribin noir, 2^ édit. du nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, 
tome 16, page 387. 

Nous avons vu plusieurs individus de cette espèce , dont deux sont au 
Muséum d'Histoire naturelle, qui ne diffèrent entre eux qu'en ce que l'un 
a les pennes de la queue d'un beau blanc à sa base, et que l'autre les a 
rayées de noir et de blanc depuis leur origine jusqu'au milieu; du reste, 
leur plumage est d'un noir à reflets bleuâtres; le bec et les ongles sont 
d'un noir mat; les pieds jaunes; l'iris est d'un cendré-noirâtre; longueur 
totale quatorze à quinze pouces. 

6'"" DIVISION. RANCANCA, Ibfcter, Falco. Lioiiée. 

Bec droit et garni d'une cire glabre à sa base, convexe en dessus; man- 
dibule supérieure à bords droits, crochue vers le bout, l'inférieure plus 
courte, peu pointue, pi. A. n° 7. 

Narines ovales , presque obliques. 

Joues, Gorge et Jabot dénués de plumes. 



?o RANCANCAS. 

Tarses nus, réticulés, courts, forts. 

Doigts extérieurs unis par une membrane à leur base. 

Ongles peu crochus, presque égaux, pointus, l'intermédiaire et le 
postérieur les plus forts et les plus longs de tous. 

Première rémige courte, cjuatrième, cinquième et sixième les plus 
longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce qui se trouve 
dans l'Amérique méridionale. 

Quoique tous les Ornithologistes aient rangé cet oiseau dans l'ordre 
des Accipitres , d'après ses caractères , on ne peut cependant convenir 
qu'il y soit bien placé, puisqu'il n'en a, selon les voyageurs et les na- 
turalistes instruits qui l'ont observé dans son pays natal , ni le vol élevé, 
ni la vue perçante , ni les habitudes , ni les mœurs , ni les goûts. Cepen- 
dant nous nous sommes déterminés à le classer provisoirement dans la 
famille des vautourins , parcequ'il présente quelque analogie avec les 
vautours , dans les parties de la tête et de la gorge qui sont dénuées de 
plumes, dans son jabot nu et proéminent, dans la conformation de 
son bec et de ses ongles; mais ce n'est ni un vautour, ni un aigle, ni un 
faucon , ni même un caracara; car II n'a nulle inclination à la voracité, 
ni à la rapine ; il est doux et paisible; il se nourrit de fruits, de semences, 
et quelquefois d'insectes , comme fourmis, sauterelles, etc. Étant peu 
farouche, on l'approche facilement. Il niche sur les arbres, et sa ponte 
est de trois à cinq œufs , ronds et blancs. On Ignore la manière dont les 
petits sont nourris dans le nid , ce qui néanmoins est très essentiel pour 
pouvoir le classer convenablement. 

LE RANCANCA A VENTRE BLANC. Ibjrcter 

Leiicogaster. 

PI. VI. 

Niger nitens; ventre albo ; genis , juguloquc purpureo-nibris. 
Petit aigle d'Amérique. Buffon, Hist. nat. des Oiseaux, tome i, 
pL enl. n° 427 (incorrecte.) 



CARACARAS. a» 

Falco aquilinus, Linn. Gm. Syst. nat. , n° iio. 

Falco formosiis , Laih. , Index , n° gi. 

Recl-Thioated Falcon , Lath. , Synopsis, tome i , page g-^ n" 82. 

Les Rancancas dont la voix est forte et rauque, redoublent leurs cris 
lorsqu'ils aperçoivent quelqu'un, et font entre eux un bruit effroyable ; ils 
fuient les lieux habites et se tiennent dans les forêts solitaires de la 
Guyane. Ils volent en troupes et accompagnent pour l'ordinaire les 
Toucans , parceque apparemment ils se nourrissent des mêmes sub- 
stances, d'où vient que les créoles et les nègres les ont appelés Capitaines 
des gros becs. 

Quoique nous ayons cité dans la Synonymie Gmelin et Latham, la 
description qu'ils donnent de cette espèce présente des différences qui 
nous font douter si c'est réellement de cet oiseau dont ils ont voulu par- 
ler. Le Raucanca a de seize à dix-huit pouces de longueur ; la peau nue 
de la gorge, et du devant du cou d'un rouge pourpré et parsemé de quel- 
ques poils; le bec totalement jaune chez des individus, noir en dessus 
chez d'autres; la cire grise ; les côtés de la tête et le tour des yeux dé- 
nués de plumes et de la teinte du devant du cou; l'iris et les tarses- 
roufes; les ongles noirs; les paupières garnies de cils noirs et roides ; 
le reste du plumage de cette couleur à reflets foibles, excepté le ventre 
et les parties postérieures qui sont blancs. La femelle ne diffère du mâle 
qu'en ce que le noir est moins foncé; et que le tour des yeux est gris., 

7^"^ DIVISION. CARACAPvA, Poljhorus. Falco ^, 

Liniiée. 

Bec droit, épais et entouré à sa base d'une cire large et poilue, 
alongé, étroit en dessus, très comprimé par les côtés; mandibule supé- 
rieure crochue; l'inférieure plus courte et obtuse, pi. A. n° 5. 

Narines un peu elliptiques, obliques, situées vers le milieu du bec- 

Face nue. 

Jabot laineux. 

Tarses nus , réticulés. 



32 CARACARiVS. 

Doigts alonges, un peu grêles; extérieurs reunis à leur base par une 
membrane. 

Ongles médiocres, peu croclius, presque obtus, Fintermédiaire pres- 
que droit, le poste'rieur le plus fort de tous. 

Première rémige courte; troisième et quatrième les plus longues de 
toutes. 

Queue à 1 2 rectrices. 

Nous devons une parfaite connoissance de trois espèces de cette divi- 
sion à M. de Azara qui les a observées au Paraguay et à la rivière de la 
Plaîa; quant à la quatrième, que dans le nouveau Dictionnaire d'Histoire 
naturelle l'on y a joint provisoirement, il n'est pas certain que ce soit 
réellement une espèce distincte de celle du Caracara proprement dit. 
Deux des autres, le Chimango et le Cliimacliima, diffèrent de ce dernier 
en ce qu'elles n'ont ni le front ni la gorge dénués de plumes. 

Les Caracaras, dit le savant naturaliste espagnol , volent horizontale- 
ment et avec plus de vitesse que les aigles et les buses ; leur démarche 
est plus aisée que celle de tous les oiseaux de proie; ils s'avancent jus- 
ques dans les lieux habités, se posent sur les arbres, sur les toits des 
maisons ou sur la terre, et ils ne prennent aucun soin pour se cacher. 
Le mâle et la femelle se tiennent ordinairement ensemble, et quand ils 
sont en amour, ils renversent leur tête en arrière jusqu'à ce qu'elle s'ap- 
plique sur le dos. On voit souvent ces oiseaux en grand nombre sur les 
charognes; les uns font leur nid à la cime des arbres, et de préférence 
sur ceux qui sont les plus chargés et embarrassés de lianes ; mais dans les 
contrées ou de pareils arbres ne se trouvent point, ils construisent 
leur nid dans quelque hallier. Les autres, comme le Chimango, le pla- 
cent sur les sables où abondent les trous de fourmis , ou sur les éléva- 
tions de terre formées par ces insectes. Les Caracaras se rapprochent 
des vautours en ce qu'ils recherchent les charognes, et ils joignent à cette 
nourriture les petits mammifères, les gallinacés, les reptiles, les insectes, 
îes vers de terre, et même les coquillages terrestres. 



CARACARAS. aS 

LE CARACARA proprement dit, Polyborus 

J^ulgaris. 
PI. VII. 

Vertice, corpore supra rectricumque apice nicjricantibus ; capitis lateri- 
bus, qulâ caudâque albidis; corpore subtus fusco et albo transversim 
striato. ( adultus ) Capite coryoreque supra fuscis, subtus nifuscente-albo, 
fusco longitudinaliter maculato. 

Buzard du Brésil , Brisson, Ornitli. tome i, pag. 4o5,;z°3i. 

Caracara, Buffon , Hist. nat. , tome i , page 222. 

Falco Brasiliensis , Linn., Gm. Syst. nat.,édit. i3, ?i° 64; Lalh.^ 
Index , n° ^o. 

Caracara , de Azara, apuntamientos Para la Historia nat. de los paxa- 
ros del Paraguay , y Rio de la Plata , tom. i , page 42, 'î" 4- 

Marcgrave a décrit le Caracara d'un manière si incorrecte, qu'on n'a 
pu le déterminer avec précision; en effet, des auteurs en ont fait un 
Milan ^ d'autres un Épervier , un petit Aigle, et d'autres un Faucon ou 
un Buzard. Mais il nous a paru , d'après ses caractères , pouvoir être le 
type d'une nouvelle division que nous avons placée dans la famille des . 
Vautourins, d'après plusieurs parties nues de sa tête, son jabot saillant, 
ses yeux à fleur de tête, ses doigts antérieurs , alongés , et son goût pour 
la charogne. 

Le nom de Caracara est celui que cet oiseau porte au Paraguay, et est 
tiré de son cri qui semble exprimer ce mot. On l'appelle Caronclio à la 
rivière de la Plata. Cette espèce est très nombreuse dans l'Amérique 
australe, et presque autant que toutes les espèces des oiseaux de proie 
ensemble. Le Caracara vit isolé de ses semblables ou par paire; mais 
quand un seul ne peut prendre sa proie , quatre ou cinq se rappellent 
quelquefois, et se réunissent pour se mettre à sa poursuite; c'est ainsi 
que M. de Azara les a vus donner la chasse aux hérons , aux buses , et à 
d'autres gros oiseaux. Le Caracara est tellement vorace, qu'il est capable 



^4 CARACARAS, 

de ravir la proie à tous les oiseaux rapaces, les aigles exceptes; qnoique 
assez courageux pour y parvenir, il prend l'épouvante et est mis en 
fuite par les moqueurs, les hirondelles, les tyrans, qui le suivent dans 
son vol , et le frappent à coups de bec sur le dos , il est vrai qu'il les dé- 
daigne pour en faire sa nourriture ; il prend cependant les petits poulets, 
s'il les trouve seuls ou écartés. 

Cette espèce niche à la cime des arbres ou dans quelque hallier , con- 
struit son nid avec des bûchettes et de petites lianes, avec lesquelles elle 
forme une aire spacieuse , presque plate, et tapissée d'une couche épaisse 
de crin , disposé sans art. lia ponte est de deux œufs fort pointus par un 
bout, pointillés et tachés de rouge-de-sang sur un fond rouge-tanné. 

IjC plumage des Caracaras n'est pas dans tous les individus entièrement 
pareil; celui dont nous publions la figure est au Muséum d Histoire na- 
turelle , et celui de M. de Azara a vingt-un pouces de longueur totale ; 
le dessus de la tête et du corps, le bout de la queue, les couvertures 
supérieures de la partie extérieure de l'aile, les pennes du milieu et 
toutes les petites couvertures noirâtres; les autres couvertures brunes; 
îes six premières rémiges blanches, rayées et pointillées de brun, avec la 
pointe noirâtre ; la gorge , les côtés de la tête et la queue blanchâtres; le 
devant du cou et toutes les parties postérieures rayés transversalement 
de brun et de blanc , avec des lignes transversales noirâtres et blanches 
sur la première partie et sur la poitrine; les couvertures inférieures de la 
queue blanchâtres , avec des lignes brunes, peu sensibles; le bec d'un 
bleu-blanchâtre; la cire orangée; l'iris mêlé de gris et de roux, les pieds 
jaunes. La cire s'étend sur une grande partie du bec, couvre le capistrum, 
s'étend au-dessus de l'œil et sur les joues en entier. 

Des individus ont des teintes plus foibles ou d'un brun-pâle et des 
taches sur la poitrine. Chez d'autres, ces couleurs sont plus foncées. 

Chez le jeune la tête, le dessus du corps et des ailes sont bruns, les 
pennes de la queue d'un blanc-roussâîre, rayées en travers de bjun, et 
terminées de roux-foncé; la gorge et les parties inférieures d'un blanc- 
roussâtre, pur sur la gorge , et tacheté longitudinalement de brun gur Ip 
reste. Le niâle et la femelle se ressemblent. 



PHENES. 25 

2^"' FAMILLE. GYPAÈTES, Gjpaeti. 

Mandibule inférieure du bec garnie en -dessous et sur les cotés d'un 
faisceau dé plumes, roides et allongées. 
Ailes longues. 
Doigts au nombre de quatre, trois devant, un derrière. 

i''^ DIVISION. PHÈNE, Phene ^ Savigny. Falco ^ 
Linnée , Gmeliii. Vultur y Latham. 

Bec grand, droit et couvert à sa base d'une cire molle, cachée sous des 
plumes sétacées, couchées et dirigées en avant, très- robuste, comprimé 
latéralement, arrondi en -dessus; mandibule supérieure crochue et un peu 
renflée vers le bout; l'inférieure plus courte, droite et obtuse à sa pointe. 
PI. A , n° 8. 

Narines obliques, ovales, couvertes par les plumes effilées du capi- 
strum. 

Langue épaisse, charnue, échancrée. 

Bouche très -fendue. 

Jabot peu proéminent et couvert de duvet. 

Tarses courts , épais , robustes et emplumés. 

Doigts extérieurs réunis à leur base par une membrane. 

Ongles forts et aigus; l'interne et le postérieur plus grands et plus 
crochus que les autres. 

Première rémige plus courte que la quatrième ; la troisième la plus 
longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division ne contient qu'une seule espèce qui se trouve en Europe , 
en Afrique et en Sibérie , dont les plus hautes montagnes lui servent de 
retraite , et où elle se tient dans les rochers les plus escarpés. Doués d'une 

GALERIE DES OISEAUX. F' PARTIE. ' 4 



26 PHENES. 

grande force , mais manquant de fierté et de courage , les Gypaètes 
n'attaquent ordinairement que des animaux faibles et sans défense , se 
rassemblent en petites troupes et s'acharnent sur la même proie, qui n'est 
souvent qu'un amas de chair morte et corrompue. 

C'est un fléau très-redoutable pour les troupeaux qui paissent dans les 
vallons des Alpes, où ces oiseaux font une guerre cruelle aux brebis, aux 
agneaux, aux chèvres et même aux veaux; les chamois, les lièvres, les 
marmottes et d'autres quadrupèdes sauvages deviennent aussi leurs victimes. 
L'homme lui-même n'est pas à l'abri de leur voracité; lorsque ces oiseaux 
le rencontrent dans leur sauvage retraite, plusieurs se réunissent, volent 
autour de lui, et, à coups d'ailes redoublés, ils cherchent à l'étourdir, 
pour le précipiter dans les abymes et l'y dévorer. Ils nichent dans les 
rochers les plus escarpés, ou sur la cime des plus grands arbres; construi- 
sent leur aire de perches et de branches d'arbres si étendues qu'un char 
peut être à l'abri dessous ; du moins tel était celui dont parle Gesner. Les 
œufs sont blancs et tachetés de brun. 

LA PHÈNE DES ALPES, Phene ossifraga, 

Savigny. 

PI. VIII. 

Albido 7'utila ; vertice albo ( adultiis ) nigro (^junior ) ; dorsojiisco ; 
tœniâ nigrd supra et irifra oculos. 

Vautour doré, Brisson, Ornith. , tome i , page 458, n° 5. 

Vautour barbu, idem, Supplément, page 26, n° t3. 

Falco barbatus, Llnn.; Gm.^ Sjst. nat., édit. i3, «° 38. 

Vultur barbarus, idem, n° j3; Lath., Index, n° 5. 

Vultur barbatus , Lath. , Index, n° 6. 

Golden Vulture, Lath., Synopsis , tome \,page 18, n° i3. 

Beardet Vulture, idem, page i j , n° 6. 

Sonnini s'est mépris en donnant comme une espèce particulière et dis" 



PHENES. 27 

tîncte le Gypaëte qui se trouve en Egypte, car il est reconnu aujourd'hui 
que c'est le même oiseau que celui qui habite l'Europe. Les Allemands lui 
donnent le nom de Lœmmer geïer (Vautour des agneaux), sous lequel 
Buffon n'en parle que très-succinctement, mais assez pour induire en er- 
reur , puisqu'il le présente pour le même que le Condor; avec lequel il n'a 
rien d'analogue, si ce n'est la rapacité. 

On rencontre le Gypaëte sur les Alpes , les Pyrénées et les grandes 
montagnes les plus inaccessibles : cependant il descend pendant l'hiver 
dans les vallons. On en vit, en 18 19, une si grande quantité dans les en- 
virons de Saxe -Gotha, que, ne trouvant point de nourriture suffisante pour 
leur grand nombre , ils dévorèrent deux enfants ; ce qui donna lieu au gou- 
vernement de mettre leur tête à prix. Pallas a vu cette espèce sur les mon- 
tagnes graniteuses d'Odon-Stschelon en Sibérie; elle y niche, et n'y reste 
que pendant la belle saison. On la trouve aussi dans la Mongolie, où elle 
porte le nom ^Icello. 

Le dessus de la tête est blanc chez les adultes et les vieux, noir chez les 
jeunes; l'occiput, le cou et le dessous du corps sont d'un blanc lavé de roux 
ou d'orangé (différence occasionnée par l'âge chez les mâles), plus foncé 
sur la gorge et la poitrine, et plus faible sur le ventre et les jambes; le 
dessous des ailes est gris; les plumes de la queue, des couvertures supé- 
rieures des ailes et du croupion sont d'un gris clair et bordées de noir; le 
bout des couvertures alaires est moucheté d'orangé avec la tige des plumes 
blanche; un brun très-foncé règne sur le reste du plumage. La femelle 
n'a presque pas d'orangé sur son vêtement, qui est alors d'un brun rous- 
sâtre; l'iris est d'un rouge vif; le bec un peu pourpré; les paupières sont 
rouges, et les doigts couleur de plomb. Longueur totale, quarante - huit 
pouces; envergure, huit pieds. 

3'"^ FAMILLE. ACCIPITRINS, Accipitrini. 

Tarses nus ou emplumés jusqu'aux doigts, de la longueur du doigt in- 
termédiaire, ou un peu plus longs. 



28- AIGLES, 

Doigts extérieurs unis à leur base par une membrane , ou totalement 
séparés; l'interne versatile chez plusieurs. Pi. A A, n°' i et 4- 

Ongles rétractiles, très - crochus, aigus; l'intermédiaire canaliculé en- 
dessous ou totalement rond. 

Bec couvert à l'origine d'une cire nue ou velue, crochu à sa pointe. 

Narines glabres , quelquefois garnies de soies roides et rares. 

Yeux renfoncés, dirigés de côté. 

Jabot emplumé ou laineux. 

Tête et cou parfaitement emplumés. — 

Queue composée de douze rectrices. 

A. Ailes longues. 

i^'' DIVISION. AIGLE, Aquila ^ Brisson. Falco , 



• 



Linnée , Latliam. 



Bec grand , presque droit et garni à sa base d'une cire poilue , comprimé 
latéralement, anguleux en -dessus; mandibule supérieure à bords dilatés, 
crochue et acuminée à sa pointe ; l'inférieure plus courte , droite et obtuse. 
PI. A, n° 9. 

Narines transversales , elliptiques. 

Langue charnue , épaisse , entière , émoussée. 

Bouche très -fendue. 

Cuisses et jambes couvertes de plumes longues et pendantes. 

Tarses emplumés jusqu'aux doigts, courts et robustes. 
Doigt intermédiaire uni à sa base avec l'externe par une membrane , et 
totalement séparé de l'interne. 

Ongles interne et postérieur plus longs et plus crochus que celui du 
milieu; celui-ci canaliculé et pectine en -dessous; l'interne le plus court 
de tous. 

Rémiges troisième et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 



AIGLES. 29 

Cette division est composée de cinq ou six espèces, dont trois se trou- 
vent en Europe. Les Aigles, qui sont pour la plupart un fléau redoutable, 
ont un naturel sombre et tyrannique, se tiennent ordinairement sur les 
plus hautes montagnes, les rochers les plus âpres et les plus inaccessibles; 
naturellement silencieux, ils jettent de temps à autre un cri aigu, per- 
çant et lamentable; tous vivent par couples et s'approprient un canton 
capable d'assouvir leur voracité ; ils volent a une très-grande hauteur, lorsque 
le ciel est pur et serein ; mais beaucoup plus bas quand il est couvert. On 
trouve leur aire dans les rochers les plus escarpés, ou à la cime des grands 
arbres. La ponte est le plus souvent de deux œufs. Ils se nourrissent de 
mammifères, d'oiseaux et de reptiles. 

L'AIGLE DE THEBES, Aquila heliaca^ Savigny. 

PI. IX. 

Capite riifo ; corpore supra aurato-fiisco ; subtus saturatejusco ,• dorso 
aïbo admislo ; caudâ cinereâ , versus apicem nigro transversim striaiâ; 
abdoniine Jlavescente-JxLsco (senior ). 

Capite colloque fulvescentibus et albidis; corpore supra fiisco; subtus 
fulvescente, Jusco-nigricante longitudinaliter striato ; caudâ fiiscâ [adultus 
et junior. ) 

Aigle de Thèbes, Savigny, Syst. des Ois. d'Egypte et de la Syrie. 

Aquila Chrysaetos, Leisler, Ann. der Wetter, vol. 2. 

Falco mogilnik, Latham , Index, page 17, n° 28; Gmelin , Syst. 
nat. , «° 56. 

Falco Imperialis, Naumann, Naturgeschichte derVœgel Deutschlands, 
pi. & (vieux), pi. 7 (jeune). 

Russian Eagle , Latham , Synopsis , tome i , page 43 , n° il\. 

Aquila mogilnik, S. G. Gmelin, nov. comm. petrop. iS , page 44^? 
vl. II, B. 

On ne rencontre point cette espèce en France ; mais elle se trouve dans 



3o PYGARGUES. 

les montagnes du Tyrol, dans diverses autres parties de l'Allemagne , en 
Russie et en Egypte. L'oiseau, sous son plumage parfait, a la tête et 
l'occiput d'un roux ardent; le corps d'un brun doi'é en -dessus, l'abdomen 
d'un roux jaunâtre ; une partie des couvertures supérieures de l'aile, blanche; 
la queue d'un gris cendré avec une large bande noire vers son extrémité, 
qui est d'un gris jaunâtre; la cire et les doigts jaunes; l'iris d'un jaune 
blanchâtre; les narines linéaires à bord supérieur échancré. 

Le jeune , dont nous devons la connaissance à Johann-Andres Naumann, 
diffère tellement du vieux, qu'on le prendrait facilement pour une espèce 
distincte. Ce n'est qu'après trois ou quatre ans qu'il se revêt de l'habit 
qui caractérise l'âge avancé. Sa longueur est à -peu -près de deux pieds 
et demi; le bec d'un jaune blanchâtre; l'iris d'un vert jaunâtre; la tête et 
le cou sont couleur de paille et blanchâtres; le dessus du cou et le dos, 
bruns ; cette couleur est plus claire le long de la tige , sur les couvertures 
des ailes, et plus foncée sur les grandes. Leur extrémité est d'un jaune 
tirant sur le brun ; les pennes sont d'un brun noirâtre ; les parties infé- 
rieures d'un jaune de paille, rayé en longueur de brun-noirâtre; les cu- 
lottes, les plumes des jambes et des tarses, couleur de paille claire, de 
même que les couvertures inférieures de la queue; celle-ci est brune et 
d'une nuance plus claire à sa pointe, avec du jaune -brun sur le côté 
extérieur. 

9.^""' DIVISION. PYGARGUE, Haliaetus ^ Savigny. 
Falco , Linnée , Lath. 

Bec grand , presque droit et couvert d'une cire à sa base , convexe en- 
dessus, comprimé latéralement, dilaté sur les bords de sa partie supérieure, 
crochu et acuminé à sa pointe ; l'inférieure plus courte et obtuse à son 
extrémité. 

Narines grandes , lunulées , transversales. 

Langue charnue, épaisse, entière. 

Bouche fendue jusques sous les yeux. 



PYGARGUES. 3i 

Causes et jambes couvertes de plumes longues et pendantes. 

Tarses réticulés , courts , nus , robustes. 

Doigts totalement séparés; l'externe versatile. 

Ongles arqués, aigus; l'intérieur et le postérieur les plus longs; l'externe 
le plus court; l'intermédiaire avec une rainure profonde et un rebord 
finement dentelé sur son côté intérieur, aplati en- dessous et creusé en 
gouttière. 

Rémiges première et septième presque égales; troisième, quatrième et 
cinquième les plus longues de toutes. 

Cette division renferme cinq ou six espèces, dont une se trouve en 
France : parmi les Pygargues, il en est, sur-tout ceux de l'Europe et de 
l'Amérique septentrionale, qui tiennent un des premiers rangs parmi les 
oiseaux, par leur taille, leur vigueur et leur férocité. Ils sont assez 
forts pour faire leur proie des jeunes cerfs, des daims et des chevreuils; 
mais moins valeureux, moins diligents et plus lourds que l'aigle, ils ne 
chassent que pendant quelques heures dans le milieu du jour, et restent 
tranquilles le matin, le soir et la nuit. Outre les mammifères, dont ils 
font leur principale nourriture, ils vivent aussi de poissons, et même 
quelques-uns n'ont pas d'autres aliments. Ils nichent dans les rochers , 
ou à la cime des plus grands arbres. Leur ponte est ordinairement de deux 
œufs. On trouve des Pygargues dans les quatre parties du monde. 

LE PYGARGUE-GIRRENERA, Haliaetus 
girreiiera. Falco , Linn. 

PI. X. 

Corpore castaneo; capite, collo et pectore albis; remigibus primariis 
nigris (senior). 

Capite , collo pectoreque albis , lined longiiudinali pennarum média 
fuscâ ( adultus ). 

Aigle des Grandes -Indes, Biiffbn, Hist. nat. des Ois., tome i ., page 
i36,pl. enl., n" 4i6 (adulte). 



32 PYGARGUES. 

Falco pondicerianus , Linn. ; Gm. , Syst. nat., édit. i3, rf 71; Lath., 
index, n° 46 (idem). 

Pondicherry Eagle, Lath., G«' sjnopsis , tome \, page 4i, n" 11 , 
( idem ) ; 2^ Suppl. , page Sa , /^° 28. 

On rencontre cette espèce dans l'Inde, au Bengale, à Pondichéry, au 
Coromandel et à Malabar. C'est, dans ces contrées, un oiseau consacré à 
Vishnou , que les Brachmans accoutument à venir , à des heures réglées , 
prendre ses repas dans le temple de ce dieu, en frappant sur un plat de 
cuivre. La vénération que les gentils ont pour ce Pygargue tient à des 
motifs purement mythologiques. On les voit souvent sérieux , stupides et 
ébahis à son aspect; et si, en sortant le matin de leur maison, ils l'aper- 
çoivent se dirigeant vers le lieu où ils vont traiter quelques affaires , c'est 
un heureux augure, qui ne leur permet pas de douter du succès le plus 
complet. On le trouve aussi , selon Latham , à la Nouvelle Hollande , où il 
porte le nom que nous lui avons conservé. 11 n'attaque que des animaux 
faibles; extrêmement vorace, tout lui est bon; œufs, oiseaux et entrailles 
d'animaux à demi pourris. 

Le Girrenera, sous son plumage parfait, est d'un blanc de neige très- 
pur sur la tête, le cou en entier et la poitrine; d'un beau marron sur le 
reste du plumage, à l'exception des pennes primaires, qui sont noires, et 
du dessous de la queue, qui est d'un gris blanchâtre, et dont l'extrémité est 
de cette dernière teinte; lorsque son vêtement n'a pas encore acquis cette 
perfection, toutes les pennes blanches sont noires seulement sur leur tige. 
La cire est bleuâtre; le bec, grisâtre; les pieds sont jaunes, et les ongles 
noirs. Longueur totale , quinze à seize pouces. 

3ème DIVISION. BALBUZARD, Pandion , Savigny. 

Falco , Linn. 

Bec grand, presque droit et garni d'une cire poilue à sa base, robuste, 
arrondi en-dessus, comprimé latéralement; mandibule supérieure dilatée 



BALBUZARDS. 33 

sur ses bords, crochue et acuminée à sa pointe; l'inférieure plus courte, 
droite et obtuse à son extrémité. 

Narines lunulées, obliques. 

Langue charnue, épaisse, obtuse. 

Bouche à peine fendue jusqu'à l'angle antérieur des yeux. 

Cuisses et jambes couvertes de plumes courtes et serrées. 

Tarses nus, réticulés, courts, très-épais et garnis d'écaillés nombreuses 
et raboteuses chez les vieux. Pi. AA, n° 4. 

Doigts totalement séparés, épais et rudes; l'extérieur versatile. 

Ongles égSLUX, longs, très-crochus, Irèsaigus, ronds en dessous. PI. AA, 
n° 8. 

y^iles longues. 

Rémige, première un peu plus longue que la cinquième; deuxième et 
troisième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division contient trois ou quatre espèces, dont une se trouve en 
France. Ces oiseaux de proie sont de puissans destructeurs des habitans de 
l'eau, et ne vivent guère que de poissons qu'ils prennent à quelques pieds 
de profondeur. Leur vue est très-perçante ; doués d'une très-grande patience 
ils passent des heures entières immobiles sur un arbre ou un rocher, près 
d'un étang ou d'une rivière, à épier leur proie. Leur genre de vie les tient 
toujours dans le voisinage des eaux, sur les bords des lacs, des rivières, et 
souvent sur les côtes maritimes. Ils nichent dans les crevasses de rochers 
escarpés, ou à la cime des grands arbres dans les forêts les plus épaisses. 
Leur ponte est de deux à quatre œufs. Les petits voient dès leur naissance, 
prennent eux-mêmes la nourriture que leur apportent le père et la mère. 

LE BALBUZARD AMÉRICAIN, Pandion americaiius. 

PI. XL 

Corpore supra nigricante-fusco^ subtus Jronteque albis; tœniâ capitis 
colUque lateribus nigricante ; pectorejitsco maculato (^senior.) 
Corpore dilate fusco et sordide albo vario (^junior. ) 

GALERIE DES OISEAUX. P^ PARTIE. K 



34 BALBUZARDS. 

Faucon pêcheur de ia Caroline, Biiffon, Hist. nat. des Ois.^ tom. i, 
pag. 142. 

Falco carolinensis, Liiin., Gin., Sj'st. nat.., édit. i3, «° a6, var.y. 

Falco haliœlus, Lathani, index, n° 3o, var. B. 

Fishing hawk, Catesby, CaroL, tom. i , pi. 1. 

Osprey, Lathani, gênerai synopsis, tom. i, pages 45 et 46, n° 26, 
var. A. 

L'aigle pêcheur, Vieillot, Hist. des Ois. de V Amérique septentrionale , 
tom. \,pag. Q.<^, pi. 4- 

Des ornitliologistes, comme on le voit dans la synonymie, donnent cet 
oiseau pour une variété du Balbuzard d'Europe, tandis que d'autres en font 
une espèce particuiière et distincte; en effet il diffère de celui-ci par des 
couleurs plus sombres sur les parties supérieures, et un blanc presque pur sur 
les inférieures; déplus, sa taille est plus svelte, sa tête moins grosse, et ses 
ailes ont plus de longueur. Du reste tous les deux ont les mêmes habitudes, 
le même genre de vie, et le même appétit pour les poissons. Le balbuzard 
de cet article se trouve dans l'Amérique septentrionale et aux îles Antilles, 
car je crois que c'est le même oiseau que V aigle pêcheur du père Dutertre 
{^Hist. génèr. des Antilles, tom. a. ) Il se tient, pendant l'hiver, sur les bords 
de la mer, à l'embouchure des fleuves ou sur les rivages des grands lacs, et 
au printemps dans l'intérieur des terres, du moins les individus que j'ai vus 
aux environs de New-Yorck se comportent ainsi. Quand il pêche, pendant 
l'été, il s'élèveà une grande hauteur, plane au-dessus des eaux, et lorsqu'il 
aperçoit un poisson se jouer sur cet élément, il descend avec la rapidité de 
la foudre, plonge, disparaît un instant, et reparaît à la surface de l'eau avec 
sa proie entre ses serres. Il construit son nid sur les grands arbres isolés 
et dans les rochers les plus élevés. La ponte est de trois ou quatre œufs 
blancs et tachetés de bruh-sombre. 

Le vieux a le bec noir, la cire bleue, l'iris jaune; le dessus de la tête, du 
cou et du corps, les ailes et la queue, d'un brun-noirâtre; une bande de cette 
couleur part du coin de l'œil, s'étend vers l'occiput, descend sur les côtés 
du cou et se perd sur les épaules; le front, les côtés de la gorge, et toutes 
les parties postérieures, -sont d'un beau blanc, avec quelques taches brunes 



CIRCAÈTES. 35 

sur la poitrine ; les pieds sont jaunes. L'adulte en diffère par sa couleur 
d'un brun moins sombre Longueur totale, vingt-trois pouces. Le jeune est 
d'un brun -clair sur les parties supérieures, dont les plumes sont bordées 
de blanc-sale; la bande longitudinale de la tête et du cou est variée de brun 
et de blanc; il y a beaucoup plus de tacbes sur les parties inférieures. 

4'°" DIVISION. CIRCAÈTE, Circaetus. Falco, Linnée. 

5ec robuste, garni d'une cire un peu velue et droit à sa base, convexe, 
comprimé latéralement; mandibule supérieure, à bords presque droits, 
crochue à sa pointe ; l'inférieure droite, plus courte, obtuse à son extrémité. 

Narines poilues, ovales, transversales. 

Langue charnue , épaisse. 

Bouche fendue jusqu'aux yeux. 

Cuisses et /(27?zèej' garnies de plumes longues et pendantes. 

Tarses nus, réticulés, allongés et gros. 

Doigts un peu courts, les extérieurs unis à leur base par une membrane, 
l'intérieur totalement libre ; les latéraux et le pouce à peu près égaux. 

Ongles un peu courts, presque d'égale longueur, peu crochus; l'interne 
et. le postérieur, les plus forts et les plus longs de tous. 

^i/ej longues, préhiière rémige plus courte que la sixième, troisième la 
plus longue. 

Çz^ezze à douze rectrices. 

Cette division n'est composée que de deux espèces, dont une se trouve 
en France; et l'autre, dont il va être question, habite le Sénégal. 

LE CIRCAÈTE GRIS, Circaetus cinereus. 

PI. xn. 

Obscure cinereus ; remigibus primariis nigris ; caudâ supra/iiscâ , albido 
transversim striatâ^ subtus cinereâ^fasciis albis. 

Circaète gris, % édit. du nouv. Dict. d'Iùst. nat., tom. il>^ pag. 445. 
On trouve cet oiseau de proie au Sénégal, et sa dépouille fait partie de 



36 BUSARDS. 

la collection rlu Muséum d'histoire naturelle. Comme il m'a paru se rappro- 
cher plus de ce genre que de tout autre, je me suis décidé à l'y classer. 

Il est généralement d'un gris un peu sombre, et tirant au roussâtre sur 
quelques plumes, ce qui semble indiquer qu'il n'est pas encore sous son 
plumage parfait. Les pennes primaires des ailes sont noires; la queue est 
brune en dessus, avec cinq bandes blanchâtres et transversales, grise en 
dessous avec le même nombre de bandes d'un blanc pur; les tarses et la cire 
sont jaunes; le bec est noirâtre. Longueur totale, vingt-un pouces neuf 
lignes. 



:eme 



DIVISION. BUSARD, Circus. Falco, Linnée. 



Bec médiocre, presque droit et garni d'une cire poilue à sa base, com- 
primé latéralement, un peu anguleux en dessus; mandibule supérieure à 
bords dilatés, crochue, et acuminée à sa pointe; l'inférieure plus courte, 
obtuse. 

JNarines oblongues, en partie couvertes par des poils roides. 

Langue épaisse, charnue, échancrée à son extrémité. 

Tarses allongés, déliés, nus et réticulés. 

Doigts extérieurs unis à leur base par une membrane ; l'interne totale- 
ment libre. 

Ongles grêles, très-pointus; l'externe, le plus petit; l'interne et le posté- 
rieur égaux à celui du milieu, ou sensiblement plus grands. 

Ailes longues; première rémige plus courte que la deuxième; troisième 
et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue composée de douze pennes. 

Cette division est composée de vingt -deux espèces, dont la plupart se 
plaisent dans les marais; elles nichent dans les buissons marécageux, les 
joncs, les roseaux, et se nourrissent d'oiseaux, de petits quadrupèdes, de 
reptiles, de poissons, et même d'insectes. Les unes ont une collerette com- 
posée de rangs de petites plumes courtes, roides, serrées et quelquefois 
frisées, lesquelles entourent la tête, en partant du menton et remontant en 
forme d'arc vers la nuque; cette collerette est nulle chez les autres. On 



BUSARDS. 37 

donne ordinairement aux premières le nom de Soubuse. La ponte est de 
quatre œufs; les petits naissent couverts de duvet, clairvoyants, et prennent 
eux-mêmes la nourriture que le père et la mère leur apportent. 

LE BUSARD MONTAGU, Circus montagui. 

PI. xm. 

Supra cinereo-cœrulescens ; ventre abdomineque albis, cinereo-cœrules- 
cente longitudinaliter maculalis ; remigibus intermediis nigro transversim 
striatis ; primoribus supra subtusque, nigris [inas.^ 

Supra rufa; nuchd, maculis duabus prope oculos, tectricibus caudœ 
superioribus albis; corpore sublus riifo, Jiisco longitudinaliter striato; 
cibus lateralibus fusco rufoque transversim maculatis [femina. ) 

Falco cineraceus, Montagu ornithological , dictionnarj, suppl. 

Busard montagu, 1^ édit.du Nouv. Dict. d'hist. nat., tom. 3i ,pag. 4i i, 
au mot Soubuse. 

Les auteurs avaient toujours confondu ce busard avec celui dit VOiseau 
Saint-Martin ; mais on doit à M. Montagu d'avoir très-bien distingué ces deux 
espèces, qui diffèrent principalement entre elles, en ce que celui de cet 
article a la sixième penne de l'aile plus courte que la première , et la troi- 
sième la plus longue de toutes; tandis que chez l'oiseau Saint -Martin la 
première penne de l'aile est plus courte que la sixième, et que les troisième 
et quatrième sont d'égale longueur. De plus les ailes, en repos , du premier, 
atteignent le bout de la queue, mais elles ne vont, chez le dernier, que 
jusqu'à un pouce de son extrémité. 

On rencontre cette espèce en France, en Pologne, en Angleterre et en 
Allemagne. Elle arrive dans les marais de la Picardie, au mois d'avril, 
niche à terre dans les roseaux et les buissons marécageux ; sa ponte est de 
deux à six œufs d'un blanc-bleuâtre. Elle se nourrit de reptiles et de pois- 
sons. 

Chez le mâle, sous son plumage parfait, la tête, le cou, la gorge, la 
poitrine, les plumes scapulaires, les pennes intermédiaires et secondaires 
des ailes, leurs couvertures supérieures, une grande partie de celles du 



38 BUSARDS. 

dessus de la queue et le dessus de ses pennes, sont d'un gris-bleuâtre, un 
peu sombre sur le manteau, mais plus clair sur les rémiges intenuediaires, 
la gorge, le devant du cou, la poitrine et les deux pennes du milieu de la 
queue; les quatre pennes suivantes ont à lintérieur quatre ou cinq grandes 
taches noirâtres sur un fond gris; ce gris est remplacé sur les autres par du 
blanc; les taches noirâtres deviennent rousses sur les deux plus extérieures 
de chaque coté; le ventre et l'abdomen portent des marques d'un gris- 
bleuâtre et longitudinales sur un fond blanc; les jambes et les couvertures 
inférieures de la queue sont tachetées de roux sur un même fond ; une bande 
transversale, composée de plusieurs tàclves noires, se' fait remarquer sur le 
milieu des pennes intermédiaires de l'aile; toutes les primaires sont noires 
dessus et dessous; leurs couvertures inférieures, blanches et marquées de 
brun ; le bec est noir ; la cire verdàtre ; l'iris d'un jaune brillant ; le tarse d'un 
jaune-orangé. Longueur totale , seize pouces. 

La femelle a toutes les parties supérieures et les ailes d'un roux un-peu 
sombre, avec du blanc sur la nuque; e^eux taches de cette couleur près 
des yeux , et séparées par un trait brun qui s'avance sur le lorum ; les cou- 
vertures supérieures de la queue, blanches; les plumes de la gorge et de 
toutes les parties postérieures, rousses et tachetées longitudinalement de 
brun sur le milieu; les grandes pennes des ailes d'un cendré sombre, avec 
des bandes transversales et leur extrémité noirâtres; les plumes du pli de 
l'aile et de ses couvertures inférieures rousses, avec un peu de brun vers le 
bout; toutes les pennes latérales de la queue avec des taches transversales 
brunes et roussâtres ; les deux intermédiaires tachetées de cendré et de brun. 
Longueur totale, dix-sept pouces et demi. 

Le jeune a ses yeux entourés d'une grande tache d'un blanc roussâtre, 
laquelle remonte sur le front et couvre le haut des joues ; la nuque blanche 
et variée de petites taches brunes; le dessus de la tête, du cou et du corps, 
le milieu des scapulaires, des petites et moyennes couvertures et ses pennes 
secondaires, de cette couleur ; ces dernières entourées de roux; les grandes 
couvertures et Jes pennes primaires, noirâtres, et terminées de blanc avec 
une tache brune transversale vers la base; les plumes des couvertures supé- 
rieures de la queue, de cette même couleur, à l'exception des plus grandes 



BUSES, B9 

qui sont blanchâtres , avec leur tige d'une teinte sombre; la gorge, toutes 
les parties postérieures, rousses, avec un trait longitudinal très-étroit sur le 
milieu de chaque plume; la queue brune en dessus, avec dix bandes trans- 
versales, alternativement de cette teinte et d'un blanc roussdtre sur toutes 
les latérales; la plus extérieure de chaque côté d'un roux rembruni, et blan- 
châtre à sa base; cette couleur s'obscurcit sur les autres, à mesure que les 
pennes approchent des deux intermédiaires ; toutes sont terminées de blanc- 
roussâtre, et ont en dessous de larges bandes transversales de cette couleur 
et brunes. 



,eme 



DIVISION. BUSE, Buteo, Brisson. Falco, Linnée. 



Bec presque droit et couvert d'une cire à sa base, arrondi en dessus, 
comprimé latéralement; mandibule supérieure, dilatée sur ses bords, 
crochue et accuminée à sa pointe; l'inférieure, plus courte, obtuse. 

Narines un peu arrondies, ouvertes, poilues en arrière. 

Lorums garnis de quelques poils divergens ou couverts de plumes ser- 
rées et en forme d'écaillés. 

Zû:«^jie épaisse, charnue, échancrée. 

Tarses courts, un peu épais, nus et réticulés ou vêtus. 

Doigts extérieurs réunis à leur base par une membrane , 1 niterne tota- 
lement libre. 

Ongles interne et postérieur 'égaux et les plus forts de tous ; l'externe 
court et grêle. 

Ailes longues, première rémige plus courte que la septième ou d'égale 
longueur ; troisième , quatrième et cinquième les plus longues de toutes. 

Queue composée de douze pennes. 

La famille des buses est répandue sur toute la terre ; comme tous ses 
congénères, elle fait la chasse aux petits quadrupèdes, oiseaux, reptiles et 
insectes; mais parmi elles, il en est qui sont plus courageuses et plus féroces 
qne les autres, telles sont particulièrement celles dont les pieds sont cou- 
verts de plumes presque jusqu'aux doigts. Parmi les autres on en remarque 
qui n'ont ni énergie, ni courage, ni activité, et dont la physionomie et le 



4o BUSES. 

port indiquent une grossièreté stupide ; aussi leur nom est-i! passé en pro- 
verbe, pour désigner la sottise, et l'ignorance, et Ton dit qu'il n'est pas 
possible défaire d'une buse un épervier, pour exprimer qu'on ne saurait 
faire d'un sot un habile homme. Ces buses ne chassent pas leur proie en la 
poursuivant au vol; trop lourdes, trop paresseuses pour attaquer de vive 
force, elles demeurent immobiles plusieurs heures de suite, sur un arbre, 
un buisson, une pierre, une motte de terre, attendant patiemment que 
quelque gibier passe à leur portée pour se jeter sur lui et le dévorer. Telle 
est principalement la buse a poitrine barrée; mais il en est tout autrement 
de la buse changeante, qu'on persiste à présenter comme un individu de 
cette espèce, quoiqu'elle en soit une très - distincte par ses habitudes, son 
naturel, et la variation de son plumage. 

Ces oiseaux de proie nichent sur les arbres ou dans les grands buissons; 
leur ponte est de quatre œufs; les petits naissent clairvoyants, prennent 
eux-mêmes la nourriture que leur apportent le père et la mère. Cette divi- 
sion est composée de vingt-quatre espèces et de trois sections. Les espèces 
de la première ont les lorums garnis de poils divergens et les tarses em- 
pluniés ; chez la seconde les lorums sont couverts de plumes en foi'me 
d' écailles ^ et les tarses a demi-emplumés ; les espèces de la troisième ont les 
lorums pareils à ceux de la première et les tarses nus. 

LA BUSE NOIRE ET BLANCHE. Buteo melanolencus. 

PI. XIV. 

Corpore subtus alho; supra, alisque nigris; caudâjasciis sex nigris et 
albis. 

Buse noire et blanche, 2^ édit. du nouv. Dict. d'hist. nat., t. kiP- 482. 

Le dessus du corps et des ailes est noir ; la tête avec quelques taches 
de cette couleur est d'un fond blanc ; toutes les parties inférieures d'un blanc 
de neige; la queue porte six bandes alternatives de ces deux couleurs ; le 
bec est noir ; la cire, les paupières, les coins de la bouche et les doigts sont 
jaunes. Longueur totale, dix-sept à dix-huit pouces. Cette espèce se trouve 
à la Guiane. 



MILANS. 4l 

7^"°"= DIVISION. MILAN, Milvus. Falco, Linnée. 

Bec incliné dès sa base et garni d'une cire, anguleux en desssus, com- 
primé latéralement; mandibule supérieure à bord dilatés, crochue et aiguë 
à sa pointe; l'inférieure droite, obtuse. 

Narines elliptiques, obliques. 

Langue charnue , épaisse , entière. 

Tarses courts, nus et réticulés. 

Doigts extérieurs réunis à leur base par une membrane; l'interne tota- 
lement libre. ■ . 

Ongles médiocres, faibles, pointus. 

Ailes longues; première et septième rémiges égales; quatrième la plus 
longue de toutes. 

Queue étagée ou fourchue, à douze pennes. Cette division se compose de 

deux sections et de trois espèces, dont deux se trouvent en Europe et l'autre 

à la Nouvelle-Hollande. Les milans ont le vol facile, et peuvent s'élever à 

une très-grande hauteur; rnais ils n'ont ni le courage ni la fierté des autres 

oiseaux de proie : ils choisissent leur proie parmi les animaux les plus petits ou 

les plus abjects; fuient lâchement devant des assaillans moins grands et plus 

faibles qu'eux; se perdent dans les nues pour échapper à leur poursuite, et, 

s'ils sont atteints, ils se laissent vaincre et ramener honteusement à terre 

sans chercher à se défendre. Ils nichent sur les arbres ou dans les rochers; 

leur ponte est composée de trois ou quatre œufs; les petits naissent couverts 

de duvet, et prennent eux-mêmes la nourriture que leur apportent le père 

et la mère. 

A. Queue étagée. 

LE MILAN A QUEUE ÉTAGÉE, Mihus spheiiuvus. 

PI. XV. 

Plumis capitis collique elongatis , angustis, acutis, dilute fulvis , in medio 
longitudinaliter albo striatis ; corpore supra tectricibusque alarum superio- 
ribus albo, ntfo^J'uscoque variis; caudâ cuneatâ, 

GALERIE DES OISEAUX. F^ PARTIE. 6 



42 ELANOIDES. 

Milan à queue fourchue, i^ édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat., iom. 20, 

■pag. 564. 

On ne connaît que l'extérieur de cette espèce de la Nouvelle-Hollande. 
Elle a les plumes de la tête et de la nuque allongées, étroites, pointues, et 
d'un fauve très-clair avec du brun sur les bords de plusieurs, et des raies 
longitudinales blanches sur leur milieu; celles des parties inférieures larges, 
arrondies, et des mêmes couleurs; le dessus du corps, les plumes scapu- 
laires, les couvertures supérieures des ailes, variées de blanc, de roux, et de 
brun; les pennes alaires noires; celles de la queue d'un gris roussâtre,plus 
clair à leur extrémité et marbrées eii dessus, sur leur côté intérieur, d'une 
nuance plus foncée; le bec rougeâtre; les pieds jaunes. Longueur totale 
dix -neuf pouces environ. 

gème uiYisioN. ÉLANOIDE, Elanoïdes. Falco, Linnée. 

Bec court, incliné et garni d'une cire <à sa base, arrondi en dessus, com- 
primé latéralement; mandibule supérieure à bords presque droits, crochue 
et acuminée à sa pointe; l'inférieure plus courte, droite et obtuse. 

Narines ovales, en partie couvertes de poils. 

Z^wg'ï^e charnue, échancrée. 

Bouche très-fendue. 

Tarses courts, nus et réticulés. 

Doigts totalement séparés. 

Ongles très-crochus et fort aigus. 

Ailes longues; première et deuxième rémiges à peu près égales et les 
plus longues de toutes. 

Queue plus ou moins fourchue, à douze pennes. 

Des quatre espèces dont cette division se compose, deux se trouvent 
en Afrique et les deux autres dans l'Amérique. Les elanoïdes sont des oi- 
seaux de haut vol qui fendent les airs avec la rapidité de l'hirondelle; ils 
se nourrissent d'oiseaux, de petits serpens et d'insectes. Leur nid et leurs 
œufs ne sont pas connus. 



ÉLÀNOIDES. 43 

L'ÉLANOIDE RIOCOUR, Elaiioïdes riocourii. 

PI. XVI. 

Corpore supra cinereo-subcceridesceate ; subtus niveo; rectricibus duabus 
exiimis^ longissiviis, apice nigris. 

Nous devons la connaissance de cet oiseau à M. le comte de Riocour, na- 
turaliste très-judicieux et excellent observateur, qui l'a reçu du Sénégal. On 
ne le trouve qu'aux environs de Gorée, oii il n'est que de passage, car les 
voyageurs ne l'y ont pas rencontré dans toutes les saisons. Comme chez les 
hirondelles, sa vie est presque toute aérienne : il s'élève sans efforts, glisse 
dans les airs avec la plus grande aisance, précipite sa course, la ralentit, et 
se tient stationnaire et immobile pour se plonger sur sa proie ; et si elle 
échappe à sa poursuite, il indique sa colère par des cris assez semblables à 
ceux de notre crinerelle, cri^ c?'i, cri : bientôt après, plus heureux ou moins 
maladroit, s'il surprend un oiseau, il le plume et le déchire par lambeaux 
sur la place même, la faiblesse de ses serres ne lui permettant pas de le porter 
plus loin. Je dois ces détails à M. de Riocour, d'après les notes que lui ont 
fait passer ses amis du Sénégal. 

Il a le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion, les plumes scapu- 
laires, les pennes des ailes et le dessus des rectrices d'un joli cendré un peu 
bleuâtre , mais sombre sur le dos et le croupion, plus clair sur les rémiges, 
et passant au noir sur quelques plumes scapulaires; l'extrémité de la plupart 
des pennes secondaires et des grandes couvertures supérieures des ailes, le 
côté interne des pennes caudales, à l'exception des deux intermédiaires, le 
bord et les côtés du front, le dessous des ailes et toutes les parties inférieures , 
d'un très-beau blanc de neige; le tour de l'œil, d'un cendré noirâtre; une 
grande tache noire sur le pli de l'aile; la queue longue de huit pouces; les 
deux plumes les plus éloignées du centre dépassent les plus proches d'elles 
de trois pouces et demi ; elles sont alors étroites et terminées par une petite 
tache noire, cette tache se fait aussi remarquer au bout des trois premières 
rémiges ; toutes portent une tige de cette couleur; les pennes caudales vont 
en diminuant de longueur jusqu'aux deux intermédiaires, qui n'ont que trois 



44 ICTINIES. 

pouces et demi : bec noir; pieds orangés; ongles jaunes. Longueur totale, 
dix-sept pouces. La femelle ou le jeune se distingue du mâle adulte, en ce 
que les deux longues pennes de la queue ont moins de longueur, et qu'il n'y 
a point de noir dans l'aile. 

gème DIVISION. ICTINIE, Ictinia. Falco, Linnée. 

Bec court, droit et garni d'une cire à sa base, comprimé latéralement, à 
dos étroit; mandibule supérieure à bords dilatés en forme de dent, crochue 
et acuminée à sa pointe; l'inférieure plus courte, obtuse, échancrée vers le 
bout. PI. B, n.° I. 

Narines lunulées, obliques. 

Langue charnue. 

Tarses courts, grêles, nus et réticulés. 

Doigts extéiieuîs réunis à leur base par une membrane; l'interne totale- 
ment libre. 

Ongles courts, peu aigus. 

Ailes longues; première rémige plus courte que la sixième ; troisième la 
plus longue de toutes. 

Queue à douze pennes. 

Les deux espèces qui composent cette division se trouvent dans l'Améri- 
que. Elles se tiennent le plus souvent dans les bois sur les arbres élevés, 
volent à une très-grande hauteur, et restent long-temps stationnées dans les 
airs, d'oii elles s'élancent avec rapidité pour saisir les gros insectes, les 
oiseaux et les serpens, leur nourriture de préférence. 

L'ICTINIE OPHIOPHAGE, Ictinia ophiophaga. 

PI. XVII. 

Capite , collo, corporeque supra albo cinereis; ante occulos arcuâ nigrâ; 
scapulariis, dorso , tectricibus alaruni minoribus saturate griseis; remi- 
gibus, uropjgio , caudâquenigris. — (^mas.) — Capite, gulâ , palpebris , loris 
rufescente cinereis (^femind). 

Faucon ophiophage, 2*^ édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat. , tom. ïi,page 
io3. {femelle) 



FAUCONS. 4S 

Mississipi Rite^ JFilson, American ornitologj. PL aS, «° i. (mâle.) 

On rencontre cette ictinie dans l'Amérique septentrionale, particulière- 
ment sur les bords du Mississipi. Elle se tient fréquemment au haut des airs, 
où elle décrit des cercles, le plus souvent avec les gallinazes, dont elle a 
la manière de voler, au point qu'on la prendrait alors pour un individu de 
la même espèce, mais en miniature. 

Chez le mâle la tète, le cou et les barbes extérieures des pennes secon- 
daires sont d'un gris blanc; toutes les parties inférieures, d'un cendré blan- 
châtre; la cire, les pennes et un petit cercle en avant de l'œil, noirs; le 
dos, le croupion, les plumes scapulaires et les couvertures supérieures de 
l'aile, d'un cendré sombre; les pennes primaires d'une couleur basanée 
rougeâtre sur chaque côté de leur tige; leurs couvertures légèrement nuan- 
cées de cette teinte, les plus grandes en partie blanchâtres; tout le plumage 
supérieur, blanc à son origine; les scapulaires, tachetées de cette couleur, 
mais les taches ne sont visibles qu'en soulevant les plumes; la queue est 
d'un noir de jais; le bec de cette couleur; les pieds sont d'un rouge orangé. 

La femelle a la tête, le cou et toutes les parties inférieures d'un gris-blanc, 
qui prend un ton roussâtre sur la tête, la gorge, les paupières et les 
lorums; cette dernière couleur «ntoure presque l'œil en entier; du reste elle 
ressemble au mâle. 

10'°"= DIVISION. FAUCON, /rt/co, Linnée. 

Bec incliné et garni d'une cire à sa base, épais, vm peu comprimé latéra- 
lement, arrondi en dessus; mandibule supérieure à bords dilatés, dentée, 
crochue et acuminée à son extrémité; l'inférieure plus courte, convexe en 
dessous, droite, obtuse et échancrée à sa pointe. PI. B., n° 2. 

Narines orbiculaires , tuberculées dans le milieu. 

Langue charnue, canaliculée, échancrée à son bout. 

Tarses nus, réticulés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur par une membrane, 
totalement séparé de l'interne. 

Ongles presque égaux. 

Ailes longues; deuxième rémige la plus lonjjiie Ae. toutes. 



46 FAUCONS. 

Queue à douze pennes. 

Linnée a réuni sous le nom générique àejalco tous les oiseaux de proie 
diurnes, à l'exception des vautours; d'autres naturalistes n'ont appliqué 
cette dénomination qu'à un petit nombre, qui en effet ont des caractères 
particuliers et distincts de ceux de tous les autres; c'est pourquoi nous avons 
adopté leur manière de voir, et nous ne composons cette division que d'en- 
viron vingt-deux espèces. 

LE FAUCON PIGMÉE, Falco cœrulescens. 

PI. XVIII. 

Dorso Jiigro cœrulescenle ; tempovibus lineâ albâ inclus is ; corpore 
subius pallide aurantio (mas ) corpore supra nigricante; subtus rufescente 
albo (feiniiia). 

Faucon du Bengale, Brisson, Ornithologie, supplément tome Ç>,page 20, 
11° 38. 

Falco cœrulescens Linn., Gm. , Sjst. nat., édit. l'i n° g. 

Little black and orange indian hawk, edwards ois. pi. 108. 

Bengal falcon. Lalham , Synopsis, tome r, page 1 1 2, re° 97. 

Quoique de la plus petite taille parmi les accipitres, ce faucon est doué 
d'un courage et d'une force qui le mettent en parallèle avec l'aigle; craint 
de tous les oiseaux, il ose attaquer ceux qui lui portent ombrage, et fait une 
guerre cruelle aux animaux qui lui servent de pâture. On le trouve dans les 
grandes Indes et particulièrement au Bengale. 

Le dessus de la tête et du corps, les ailes et la queue sont d'un noir 
bleuâtre. Les sourcils et une bande bordée de noir en dessous et descen- 
dant de l'œil sur les côtés du cou, le front, la gorge et toutes les parties 
inférieures sont d'un blanc orangé; le dessous de l'aile est couvert de nom- 
breuses taches de différentes formes et d'un rouxjannâtre; des taches rondes 
et de la même teinte forment quatre bandes transversales sous les pennes 
caudales; l'iris, les paupières, la cire et les pieds sont jaunes; le bec est 
noir. Longueur totale, six pouces et demi. La femelle diffère du mâle par 
des couleurs plus ternes. 



MACAGUAS. 47 






^. -Ailes courtes ou moyennes. 

Il'"' DIVISION. MACAGUA, Herpetotheres . Falco, 

Linnée. 

Bec incliné et couvert d'une cire à sa base, très-fort, épais, très-com- 
primé latéralement; mandibule supérieure, crochue, acuminée à son extré- 
mité; l'inférieure, plus courte, arrondie en dessous, obtuse et échancrée 
sur la pointe de manière à y recevoir le bout de la supérieure, pi. B., n° 3. 

Narines orbiculaires , tuberculées dans le milieu. 

Tarses courts, robustes, nus, réticulés. 

Doigts courts, forts; latéraux égaux; l'intermédiaire réuni à la base avec 
l'extérieur par une membrane , et totalement séparé de l'interne. 

Ailes moyennes; troisième, quatrième et cinquième rémiges les plus 
longues de toutes. 

Queue à douze pennes. 

Cette division est composée d'une espèce qui se trouve au Paraguay et à 
Cayenne. Elle habite les bois qui bordent les Savanes noyées, les marais, 
et se perche sur les branches sèches et élevées. Lorsque le macagûa est fort 
repu, on aperçoit son jabot saillant et nu comme celui du caracara; il fait 
la guerre aux serpens , les combat et les tue à coups d'ailes. Son nid et ses 
œufs ne sont pas connus. 

LE MACAGUA RICANEUR, Herpetotheres cachinnans. 

PI. XIX. 

Corporefusco albidoque vario ; annulo nigro verticem album cingentî; 
capite cristato; palpebris albis. 

Macagûa , de Azara apuntamientos para la Hist. nat. de los paxaros 
del Paraguay j Rio de la Plata, tom. i , pag. 81 , n° i5. 

Falco cachinnans ^ Linn., Gm., Sjst. nat., édit. iS^, n° 18. 

Le macagiia proprement dit, 2^ édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 1 8, 
pag. 317. 



48 ASTURINES. 

Laughingjalcon. Lath. Synopsis, tom. i,pag. 85, n° 71. 

Cet oiseau, d'un naturel doux et même stupide, prononce son nom dis- 
tinctement, soit en liberté, soit en esclavage. On lui donne l'épithète de ca- 
chinnaiis , parce que, dit Rolander, il jette des cris pareils à des éclats de 
rire, dès qu'il aperçoit un homme; ces cris, suivant M. de Azara, sont ai- 
gus, successifs, et précipités, surtout à la vue d'un objet qui l'offusque. Il 
est connu dans l'intérieur des terres de Cayenne sous le nom de pagani, 
dénomination qu'y portent la plupart des oiseaux de proie. 

Une tache noire part de l'angle des mandibules , et occupe les côtés et le 
derrière de la tête qui, dans le reste, est couverte de plumes blanches, 
longues de dix-huit lignes, et susceptibles de se relever en forme de huppe, 
à la volonté de l'oiseau : cette couleur présente un collier sur le revers du 
cou, et règne sur toutes les parties inférieures; le reste du plumage est brun, 
avec quelques taches blanches, en forme de croissant, sur une partie des 
ailes et à l'extrémité de quelques-unes de leurs pennes; des bandes brunes 
et blanches, irrégulièrement placées et transversales, sont sur la queue. Des 
individus ont les plumes du dessus de la tête, du collier, de la gorge et de 
toutes les parties inférieures, d'un blanc jaunâtre ; le dos, le croupion et le 
dessus des ailes, d'un brun uniforme; les pennes alaires noires à l'extérieur , 
avec des bandes transversales, brunes et d'un jaunâtre-sale; la queue tra- 
versée par du brun et du jaunâtre. Bec noir; paupières blanches; iris roux; 
cire et pieds jaunes. Longueur totale, dix-huit pouces. 

la^""' DIVISION. ASTURINE, Asturina. Falco, Linnée. 

Bec très-robuste, presque droit, couvert d'une cire à sa base, comprimé 
latéralement, un peu allongé, convexe en dessus; mandibule supérieure à 
bords dilatés, très-crochue, très-aiguë; l'inférieure plus courte, droite, 
obtuse. 

Narines lunulées. 

Langue charnue. 

Tarses, un peu grêles, nus, réticulés. 

Doigts exiéiieurs réunis à leur base par une membrane; l'interne to- 
talement libre. 



ASTURINES. 49 

Ongles allongés, très-crochus, acuininés. 

Ailes moyennes; première rémige courte; quatrième et cinquième les 
plus longues de toutes. 

Queue à douze pennes. 

Cette division ne contient que deux espèces qui se trouvent à Cayenne, et 
dont le genre de vie est peu connu ; elles vivent d'oiseaux, et nichent sur les 
arbres. Leurs petits, comme ceux de leurs congénères, naissent clairvoyans, 
et prennent eux-mêmes la nourriture que leur présentent le père et la mère. 

L'ASTURINE CENDRÉE, Asturina cinerea. 

PI. XX. 

Cinerea; subtîis albo transversini lineata; reniigibus priinariis Jasciis 
saturate cinereis et nigricantibus ; rectricibus intus albis , extîis cinereis 
fasciis duabus nigris ( mas. ) alis supra cinereo nigroque iransversim li- 
neatis ; subtiis lineis griseo-albis ; caudâj^asciis sex latis , nigris et griseis 
i^femina. ) 

L'asturine cendrée , Vieillot, ^e édit. du nouv. Diction, d'hist. nal. , 
tom. 3 , pcig- 4 r • 

Le mâle porte un plumage gris-cendré ; cette couleur est en dessous tra- 
versée par de fines lignes blanches ; on remarque sur les ailes des bande- 
lettes d'un cendré foncé et noirâtres ; les couvertures inférieures de la queue 
sont blanches en dedans et à leur extrémité; les supérieures, terminées de 
blanc; les pennes, cendrées à l'extérieur, blanches à l'intérieur, à la pointe, 
avec deux larges bandes noires vers leur extrémité ; le bec est bleuâtre en 
dessus, jaunâtre en dessous; la cire, bleue; les pieds, jaunes. Longueur to- 
tale quinze pouces. 

La femelle, qui diffère du mâle par une taille plus longue de cinq pouces, 
a sur le dessus des pennes alaires de grandes taches en forme de raies , d'un 
gris foncé et noires; ces mêmes taches sont d'un gris blanc en dessous, et 
étroites sur les pennes secondaires, dont le dessous est gris et rayé transver- 
salement de noirâtre; la queue est traversée par six larges bandes, dont trois 
noires et trois grises , et terminée de gris-blanc. 

GALERIE DES OISEAUX. P^ PARTIE. 7 



^O SPIZAETES. 

Quoique nous isolions cet oiseau, nous lui trouvons des rapports avec 
l'épervier mille raies , décrit dans la ae édition du noiw. Dict. d'hist. nat. 
et dans Latliam , sous le nom d'american brown liawk (^falcojiiscus de son 
index ), et figuré dans Jean-François Miller, tab. i8. Cependant celui-ci est 
plus petit, n'ayant que la taille de notre épervier, et ne se rapproche parti- 
culièrement de l'asturine que par la quanttité de raies qu'on remarque sur 
son plumage. 

i3'"" DIVISION. SPIZA.EÏE, Spizaëtus. Falco, Linnée. 

Bec grand, presque droit et garni d'une cire à sa base, comprimé laté- 
ralement, convexe en dessus; mandibule supérieure abords dilatés, cro- 
chue et acuniinée à son exlrémité; l'inférieure droite, plus courte et ob- 
tuse. 

Narines elliptiques. 

Langue charnue, épaisse, écbancrée. 

2'arses allongés, un peu grêles, nus et réticulés ou vêtus. 

Doigts faibles, courts; les extérieurs unis à leur base par une membrane; 
l'interne totalement libre. 

Ongle postérieur^ le plus long et le plus fort de tous. 

Ailes médiocres, première rémige plus courte que la huitième; qua- 
trième et cinquième, les plus longues de toutes. 

Queue à douze pennes. 

Cette division est composée d'environ douze espèces qui peuvent se sub- 
diviser en deux sections, attendu que les pieds sont totalement nus chez les 
uns et couverts de duvet che2 les autres. Le plus grand nombre se trouve 
dans l'Amérique méridionale. On leur donne le nom à' aigle, d'après leur 
taille, mais elles diffèrent des véritables aigles, en ce qu'elles ont les ailes 
plus courtes que la queue, des tarses élevés et grêles, ce qui les rapproche 
des autours et des éperviers, et ce qui a donné lieu aux dénominations 
à' aigles-autours ou. à' épeiviers-aigles , que des auteurs leur ont imposées. 

Les spizaëtes se nourrissent d'oiseaux et de mammifères, nichent sur les 
arbres élevés et dans les rochers, nourrissent leurs petits dans le nid, en 



SPIZAETES. 5t 

leur présentant les alimens, que ceux-ci, nés clairvoyans, prennent eux- 
mêmes dès leur naissance. 

LE SPIZAETE HUPPÉ, Spizaëtus oniatus, 

PL XXI. 

Cristatus ; /uscus ; subihs rufo-albus; gulâ albidâ ; Jemoribiis albo ni- 
groque fascialis ; pedibus lanatis . 

L'aigle moyen de la Guyane, Mauduit, Encjdopédie méthodique^ 
pag. 475. — Sojmini, èdit. de Buffon^ tom. 38,pag. 53. 

Falco ornatus, Lath. index Suppl. pag. 7, n° 11. 

Crested goshawk, Lath. Sjnopsis, 2^ suppl. , pag. 87, n° 38. 

Esparvero Calzado , de Azara., apuntamientos ., para la hist. nat. de 
los paxaras del Paraguay j Rio de la Plata, tom. i , pcig- 70, n° 23. 

Le plumage de ce spizaëte varie tellement depuis son premier âge jus- 
qu'à sa vieillesse, qu'on ne peut en donner une description parfaite; ce- 
pendant l'individu dont nous publions la figure nous paraît être sous la 
livrée de l'oiseau adulte. 

Il porte une huppe composée de cinq ou six plumes longues et pendantes 
sur le cou dans l'état de repos; les plumes de la tête et des parties supé- 
rieures du corps sont d'un brun mêlé de quelques raies transversales fauves- 
le dessus et les côtés du cou, de cette couleur; le devant, la gorge, et le 
haut de la poitrine blancs; le ventre est semé de taches noires, les unes 
rondes, les autres oblongues et disposées de façon qu'elles forment des 
raies transversales, mais coupées par le fond blanc; les plumes des jambes 
et des tarses sont blanches et rayées de noir; la queue est traversée par des 
bandes noires et d'un brun lavé; le bec est d'un noir bleuâtre; l'iris, la cire et 
les doigts sont jaunes; les ongles, noirs. Longueur totale, vingt-cinq pouces. 

Des individus ont une huppe noire et blanche; les plumes de la tête de 
ces couleurs; toutes les parties antérieures du corps d'un blanc plus ou 
moins roussâtre et tacheté de noir. D'autres ont la huppe et le dessus de la 
tête noirs; la gorge et le devant du cou, d'un beau blanc, enfermé entre deux 
traits noirs et légèrement variés de blanc; ces traits prennent naissance aux 



32 EPERVIERS. 

coins des mandibules, et descendent jusqu'aux épaules; le reste de la tête 
et du cou, d'un gris rougeàtre; les épaules, noires; la queue, traversée par 
des bandes noires et cendrées; les ailes, brunes en dessus, avec des bande- 
lettes noirâtres et transversales. Plusieurs présentent encore d'autres diffé- 
rences, surtout dans le jeune âge. Cette espèce se trouve dans l'Amérique 
méridionale. 

j^ème DjyjsioN. EPERVIER, Sparvius. Falco , Linnée. 

Bec incliné et garni d'une cire à sa base, convexe en dessus, comprime 
latéralement ; mandibule supérieure à bords dilatés , crochue et acuminée 
à sa pointe; l'inférieure plus courte, droite et obtuse à son extrémité. 

Narines presque ovales. 

Zawg'j^e charnue , épaisse, échancrée à sa pointe. 

Bouche Irès-fendue. 

Tarses allongés, plus ou moins grêles, nus, réticulés. 

Doigts\ow^i\ les extérieurs réunis à leur base par une membrane; l'in- 
terne totalement libre. 

Ongles longs, très-arqués, très-aigus; l'interne et le postérieur, les plus 
grands de tous. 

Ailes moyennes; première rémige courte; quatrième, la plus longue de 
toutes. 

Queue à douze pennes. 

Cette division est composée de trente-quatre espèces, sous les noms d'e- 
pervier et di autour. On en rencontre dans toutes les parties du monde, faisant 
la chasse aux oiseaux et aux petits quadrupèdes. 

L'ÉPERVIER NOIR, Spaivius niger. 

PI. XXII. 

Niger; peniiis colli superioris basi albis ; caudâ albo maculatâ; remi- 
gibus primariis albo-cinereis ^ nigro maculatis. 
L'épervier noir, Encyclopédie méthodique. 
Le plumage de cette jolie espèce est généralement d'un beau noir; les 



CHOUETTES. 53 

plumes de la nuque et du dessus du cou sont blanches à leur base; et chaque 
penne de la queue porte en dessus trois taches de cette couleur un peu 
glacée de gris et quatre en dessous d'un blanc pur; ces taches, isolées sur 
les pennes, forment des bandes transversales , lorsque celles-ci sont étalées; 
la première de ces bandes se trouve vers leur origine sur le premier tiers 
de -la queue, la seconde sur le deuxième et la troisième à quelque distance 
de son extérieur; les grandes rémiges sont d'un gris blanc avec quelques 
petites taches noires variées de cendré; les intermédiaires, pareilles à l'ex- 
térieur, et les secondaires, noires; le bec est noir; l'iris, jaune; la cire et les 
pieds , orangei's. Longueur totale neuf pouces. 

Cette espèce, qu'on rencontre au Sénégal, où elle est très-rare, nous a 
été communiquée par M. Vereau, marchand naturaliste. 

4'"^ FAMILLE. tEGOLIENS, JËgolii. 

Pieds vêtus, rarement totalement nus. 
Doigts velus ou glabres; l'externe versatile chez la plupart. 
Ongles très-rétractifs, robustes, crochus, aigus. 

Bec terminé en forme de croc, garni à sa base d'une cire molle, cou- 
verte par des plumes sétacées et couchées en avant. 
Têle et cou parfaitement emplumés. 

Yeux grands, gros, saillans; plumes de l'orbite disposées en rayons. 
Oreilles très-grandes, couvertes d'une valve cutanée. 
Jabot x\\A. 

1"' DIVISION. CHOUETTE, Stnx, Linnée. 

Bec le plus souvent incliné dès son origine , garni d'une cice molle cou- 
verte par des plumes sétacées, épais, comprimé latéralement; mandibule 
supérieure à bords dilatés; crochue, aiguë à sa pointe; l'inférieure droite, 
plus courte, obtuse, échancrée vers le bout. 

Narines orbiculaires, ou ovales ou elliptiques, cachées sous les plumes. 

Langue canaliculée, épaisse, charnue, obtuse, échancrée à sa pointe. 

Bouche très-fendue. 



54 • CHOUETTES. 

Tête, oreilles , et jeux grands. 

Tarses le plus souvent couverts de duvet. 

Doigts extérieurs réunis à leur base par une membrane; l'interne totale- 
ment libre. 

Rémiges première, deuxième et troisième ordinairement dentelées sur les 
bords. 

Queue à douze pennes. 

Cettedivision estcomposée d'environ soixante espèces, qui sont répandues 
dans les quatre parties, du monde. Presque toutes sont nocturnes, cherchent 
leur nourrllure, les unes pendant la nuit, les autres pendant les crépuscules, 
et un très-petit nombre pendant le jour. Tous font une guerre cruelle à ces 
petits animaux qui dévorent les graines et les végétaux. Comme chez la 
plupart les yeux sont offusqués par le grand éclat du jour, elles se tiennent 
cachées dans un Irou d'arbre ou de muraille, dans les crevasses de rocher, 
et dans les vieux édifices, tant que le soleil est sur l'horizon. Les chouettes 
ne se réunissent jamais en troupes, et se tiennent rarement en familles; on 
les rencontre presque toujours seules ou seulement par paires composées 
du mâle et de la femelle. Celles qui b.abitent le Nord voyagent ordinaire- 
ment à l'automne et c'est dans cette saison que les espèces qui se cachent 
dans les cavernes et les bois, s'approchent des habitations rurales, auxquelles 
elles rendent des services essentiels, en s'introduisant dans les greniers pour 
y détruire les rats et les souris, qu'elles saisissent avec autant d'adresse que 
les chats; cependant leur utilité semble toujours méconnue, tant est puissant 
le préjugé qui les fait prendre en horreur! Ces oiseaux nichent, les uns 
dans des fentes de rocher, de muraille et dans un arbre creux, les autres, 
mais en plus petit nombre, sur les poutres des édifices, à terre, dans des 
touffes d'herbes, et quelques-unes dans un trou qu'elles creusent elles-mêmes. 
La ponte est de deux à quatre œufs; les petits naissent couverts d'un duvet 
épais, y voient dès leur naissance, et prennent d'eux-mêmes lesalimens que 
le père et la mère leur présentent entiers ou par lambeaux. 



CHOUETTES. 55 

A. Point d'aigrettes sur la tête. 

LA CHOUETTE TENGMALM, Strix tengmalmi. 

PI. XXIII. 

Corpore supra fiisco , albo varia; subtîis albo , fusco maculato; digitis 
hirsutis. 

Petite chevêche d'Uptande, Buffon, édit. de Sonnini, tom. l^o pag. i83. 

Chevéchette de Tengmahn, Daudin, Ornith., tom. o.,pag. 20 5. 

Strix noctua, Tengrnalm, act. Stockholm i']8'5., t/'im. i. 

Strix Tengmahni G/nelin sjstema natures édit. 1 3, n° [\[\. Latham. index 
n.° 42. 

Strix dasipus, Rauchfiifsiger.Kauz, wolf et meyer, taschenbuch der 
deutschen vogelkunde, pag. 82. 

Tengmalm's owl, Latham., gen. synopsis, 2" suppL, p., 66. 

Cette espèce qu'on rencontre dans le nord de l'Europe , en Allemagne et 
quelquefois dans les Vosges et en Lorraine, niche dans un trou d'arbre; sa 
ponte est de deux œufs blancs. Le mâle a la tête, le dessus du cou et du 
corps, les ailes et la queue d'un brun nuancé de noirâtre et moucheté 
de blanc, particulièrement sur les deux premières parties; cette dernière 
couleur est parsemée de taches brunes sur le dessous du corps; la collerette 
et les sourcils sont blancs; le tour de l'œil et les lomms, noirs; les tarses 
et les doigts sont couverts d'un duvet blanchâtre; le bec est jaune. La 
femelle est d'un brun grisâtre en dessus avec un plus grand nombre de taches 
blanches sur les parties supérieures. 

B. Tête ornée de deux aigrettes. 

LE HIBOU MOUCHETÉ, Strix maculosa. 
PI. XXIII to. 

Alba; capite ., facie pectoreque transversim slriatis; corpore supra fusco 
maculoso. 



56 CHOUETTES. 

Hibou moucheté, Vieillot, i^ édit. du nouv. Dict. d'hisi. nal., loin. 7, 
pas. 44 , pi- 5o des pi. coloriées, faisant suite aux pi. enl. de Buffon (mâle.) 

Le naturaliste Péron a rapporté du cap de Bonne-Espérance deux ou trois 
individus de cette espèce qui ont vécu plusieurs années à la ménagerie du 
Muséum d'histoire naturelle. 

Cette espèce a le menton, le bas-ventre, les couvertures inférieures de 
la queue et les plumes des tarses d'un beau blanc. Cette couleur règne aussi 
sur le reste du plumage; mais elle est parsemée de mouchetures brunes 
sur les parties supérieures du corps, rayée en travers sur la tête, la face, 
la gorge, la poitrine et le haut du ventre; l'extrémité de la collerette, le 
tour de l'œil, le bec et les ongles sont noirs; sept bandes alternativement 
brunes et blanches traversent la queue, les aigrettes sont de moyenne hau- 
teur; longueur totale, seize pouces environ. 

Cette description et la figure que nous publions doivent se rapporter à la 
femelle, dont le mâle diffère en ce qu'il n'a point de taches blanches sur les 
parties supérieures, à l'exception de la tête et des aigrettes, et en ce que 
ses couleurs sont plus foncées. 



Firr DE LA PREMIERE PARTIE. 



ARAS. t 

ORDRE 2™^ SYLVAIN S, Sylvicolœ. Picœ et 
PassereSj Linnée. 

Pieds courts ou moyens. 

Jambes parfaitement emplume'es, très rarement nues au-dessus du 
talon. 

Doigts^ 2-2, 3-1, très rarement 2-1; les exte'rieurs le plus souvent 
soude's , au moins à leur base; le poste'rieur articule' au bas du tarse sur le 
même plan que les antérieurs; cerclant le juchoir et portant à terre sur 
toute sa longueur, pi. A A, n°* 6 et 7. 

Ongles grêles, courbe's, pointus, rarement obtus. 

Bec de diverses formes. 

Parmi les oiseaux de cet ordre, les uns vivent d'insectes , d'autres de 
baies et de fruits, quelques uns sont carnivores et entomophages, et un 
grand nombre se nourrissent de graines, que les uns avalent entières, 
tandis que d'autres les dépouillent de leur péricarpe. Chez tous, les petits 
naissent aveugles , sont appâtés dans le nid et ne le quittent qu'en état 
de voltiger. 

jère TRIBU ZYGODACTYLES, Zjrgodactjli. 

^Deux Doigts devant, deux ou un seul derrière. 

r-^^ FAMILLE. PSITTACINS, Psittacini. 

Bec incliné dès sa base , et garni d'une membrane à son origine ., 
crochu et aigu au bout de sa partie supérieure , entier ou crénelé sur la 
pointe de l'inférieure. 

Tarses réticulés (pi. AA, n° 6); quatre doigts. 

•41ER1E DES OISEAUX. 11^ PARTIE. , I 



a ARAS. 

jère DIVISION. ARA, Macrocercus. Psittacus , 

Linnée. 

Bec très robuste, très comprimé par les côtés , convexe dessus et 
dessous ; mandibule supérieure à bords très anguleux et garnie en de- 
dans, vers le bout, d'un cran transversal; l'inférieure plus courte, re- 
troussée, obtuse ( pi. B. , n° 6. ) 

Narines orbiculaires , ouvertes, situées dans la membrane. 

Langue charnue, épaisse, entière , obtuse. 

Tempes et Joues nues chez les uns ; ces dernières seulement en partie 
couvertes de plumes chez les autres. 

Tarses plus courts que le doigt externe antérieur. 

Doigts antérieurs réunis à leur base. 

Ailes à deuxième et troisième rémiges , les plus longues de toutes. 

Queue très longue , étagée et composée de douze pennes. 

Les Aras sont recherchés à cause de la richesse de leur plumage, sur 
lequel on voit éclater des reflets, de l'azur, de l'or et du pourpre; mais 
ils ont une voix extrêmement rude et croassante , et leur intelligence 
paroît moins vive que celle des Perroquets et des Perruches; cependant il 
faut en distinguer W^ra Hyacinthe. On les trouve entre les tropiques , et 
seulement en Amérique; ils sont dociles, peu défiants et même lourds. 
Ils causent de grands dommages aux plantations de café et de cacao , sur 
lesquelles ils fondent en grand nombre. IjCS Aras ne volent point en 
troupes, se tiennent ordinairement par paires , et on en voit rarement 
sept ou huit ensemble; ils s'agitent et crient lorsqu'ils voient quelqu'un. 
Ils ne vont point à terre, d'oîi ils s'élêveroient difficilemeirt, vu la grande 
longueur de leurs ailes et leurs pieds courts; s'ils veulent s'envoler, ils 
s'élèvent de dessus les arbres, et choisissent les plus hauts pour se per- 
cher. Leur vol est horizontal et médiocrement élevé. On trouve leur nid 
dans des arbres creux; leur ponte n'est que de deux œufs, dont le mâle 
partage l'incubation avec sa femelle. Les petits ne crient point pour ex- 
primer leurs besoins , et ils l'annoncent en frappant de leur hee le Uvne 
des arbres. 

Cette division est composée d'environ dix espèces. 



ARAS. l 

L'ARA HYACINTHE, Macrocercus Hjacmthmus. 

PI. XXIV. 

Cyaneus; capite colloque dilutioribus; orbitis gulaquè nudis , Jlavis. 

Guacamayo Azul, De Azara, apuntamientos Para la historia natural 
de los Paxaros del Paraguay y Rio de laPlata, tom. i, pag. l\oi, n° i']'i. 
Psittacus HyachintinuSj Lalham, Index. Ara Hyacinthe, 2^ édit. du Nou- 
veau Dict. d'Hlst. nat. , tom. 1, page 260. Ara Azuvert, idem, pag. aSg. 

M. De Azara a rencontré plusieurs paires de cette espèce entre le vingt- 
septième et le vingt-neuvième degré' de latitude australe , et jamais plus 
au nord; cependant on lui a assuré qu'elle se trouve jusqu'au trente-troi- 
sième degré et demi. Elle niche non seulement dans les trous d'arbres , 
mais aussi , et même plus souvent dans ceux qu'elle creuse sur les bords 
perpendiculaires des rivières Parana et d'Urugay. Elle a les habitudes et 
le cri à très peu près pareils à ceux des autres ; mais elle est susceptible 
d'une grande éducation. Un individu, que nous avons vu vivant à Paris, 
imitoit parfaitemeut la voix de l'homme, le cri des perroquets, et les 
divers bruits qu'il entendoit; il étoit très jovial, très caressant, et d'une 
très grande docilité. 

Tout le plumage est bleu , mais plus foible sur la tête que par-tout 
ailleurs, changeant en vert de mer sur les parties supérieures, et d'une 
couleur d'acier-bruni sur les inférieures ; les ailes et la queue , le bec et 
le tarse sont noirs; l'iris et le bord de la paupière, d'une nuance de fleur 
de romarin; la membrane du bec est d'un beau jaune, large de deux 
lignes à la base de la mandibule supérieure; elle diminue de longueur 
jusqu'à l'angle de la bouche , d'où s'étend une seconde membrane étroite 
qui embrasse la mandibule inférieure , et s'avance vers l'œil ; les joues 
sont eh très grande partie couvertes de plumes , ce qui distingue cet Ara 
de ses congénères. Longueur totale vingt-six pouces; La femelle est un 
peu plus petite que le mâle , et le jeune d'un bleu plus terne. 

Cet Ara est en double emploi dans le nouveau Dictionnaire d'Histoire 
naturelle , comme on le voit dans la Synonymie. 



4 KAKATOES. 

,^ème DIVISION. KAKATOES, Cacatiia, Brisson. 
Fsittacus , Linnée. 

Bec très robuste, convexe dessus et dessous, comprimé latéralement; 
mandibule supérieure à bords très anguleux ou dentés; l'inférieure plus 
courte , émoussée , retroussée vers le bout, avec une profonde éclian- 
crure sur le milieu de son extrémité , dont chaque bord se termine 
souvent en pointe aiguë, pi. B. , n" j. 

Narines orbiculaires , situées dans la membrane. 

Langue épaisse , charnue, entière, obtuse. 

Orbites glabres. 

Joues nues ou emplumées. 

Doigts antëriew^s réunis à leur base. 

Troisième Rémige, la plus longue de toutes; plusieures secondaires ^ 
presque aussi longues que les primaires chez plusieurs. 

Queue égale ou seulement arrondie, composée de douze pennes. 

La plupart des Kakatoès se distinguent des Aras et des Perroquets en 
ce qu'ils ont la tête ornée d'une huppe, composée de plumes longues, 
rangées sur deux lignes , se couchant et se redressant au gré de l'oiseau. 
On les trouve dans les parties les plus reculées de l'Inde, où ils fréquen- 
tent, dit-on, les marais; ils habitent principalement les îles Moluques, 
les Philippines , celles de la Sonde et de la mer Pacifique. Rien de plus 
amical et de plus familier que l'humeur de ceux cju'on nous apporte vi- 
vants; ils s'apprivoisent facilement, mais ils apprennent difficilement 
à parler. Ils semblent devenir volontairement les commensaux de 
l'homme, ils recherchent sa société, et posent leurs nids sur sa cabane 
rustique , et même dans les villes sur les toits des maisons. Remplis d'in- 
telligence et de docilité , ils paroissent écouter la voix de leur maître , et 
cherchera pénétrer sa pensée; leur affection, leur douce amitié, leurs 
caresses font sentir ce que leur langue ne peut exprimer. Leurs mouve- 
ments sont pleins de grâce et de douceur ; ils aiment qu'on les caresse , 
et lorsqu'on leur passe la main sur le dos, ils s'accroupissent et battent 



KAKATOÈS. . 5 

les ailes de volupté. Le mâle et la femelle ont beaucoup de tendresse 
l'un pour l'autre , ils se donnent des baisers en se prenant le bec et se de'- 
gorgeant réciproquement leurs aliments. Ils mangent volontiers de tout; 
fruits, graines, œufs, pâtisserie , etc. Les noms de Kakatoès, Cacatou , 
Cacacua , sont dérivés des cris des espèces à plumage blanc. On connoît 
à présent environ dix espèces. 



LE KAKATOES ROSE, Cacatua Rosea. 

PI. XXV. 

Capite, eollo, eorporeque subtiis roseis ; supra, alis caudaque cinereis. 

Kakatoès à tête rose, 2^ édit. du nouv. Diction, d'ffist. nat., tome 17, 
page 12. 

Le pays qu'habite ce Kakatoès que l'on voit au Muséum d'Histoire 
naturelle nous est inconnu, mais nous soupçonnons qu'il se trouve 
dans l'Inde. La tête , le cou et tout le dessous du corps sont rose ; le 
dessus est d'un joli gris, plus foncé sur les ailes et sur la queue; le bec 
est blanc chez l'individu mort, et les pieds sont bruns. Longueur totale, 
douze pouces. 

S^'"'^ DIVISION. PERROQUET, Psittacus , Linnée. 

Bec entier, robuste, comprimé parles côtés, à bords tranchants, con- 
vexe dessus et dessous; mandibule supérieure munie en dedans d'un 
rebord intérieur et transversal , et à bords plus ou moins anguleux ; 
l'inférieure plus courte, obtuse, retroussée à son extrémité , quelquefois 
échancrée vers le milieu ( pi. B. , n° 8. ) 

Narines glabres, orbiculaires , ouvertes, situées dans la membrane. 

Langue charnue, épaisse, arrondie à sa pointe, entière ou terminée 
en pinceau. 

Joues nues ou emplumées. 
• Doigts antérieurs réunis à leur base (pi. A A. , n° 6.) 



6 PERROQUETS. 

Rémiges première , seconde et troisième à-peu-près égales, et les plus 
longues de toutes. 

Queue courte, composée de douze lectrices presque égales. 

Les oiseaux de ce genre se divisent en deux grandes classes , la pre- 
mière renferme les Perroquets proprement dits, les amazones, les crikcs, 
les papegais et les loris à queue égale. La deuxième se compose des per- 
ruches dont les pennes de la queue sont longues , inégales ou étagées, 
et de celles à queue courte. Tous ont les deux mandibules mobiles, et se 
sei'vent de leur bec pour monter, sans quoi ils ne peuvent grimper. Pour 
parvenir à une hauteur quelconque , ils saisissent avec leur bec une 
partie de la branche sur laquelle ils veulent s'élever, et y posent ensuite 
leurs pieds l'un après l'autre, et quand ils veulent descendre ils s'appuient 
sur l'extrémité de la mandibule supérieure. Tous, dans l'état sauvage, 
se nourrissent de baies et de fruits, après les avoir déchirés par lambeaux; 
ils joignent à ces nourritures des amandes , des graines et des pépins 
qu'ils dépouillent de leur péricarpe avant de les avaler. 

Tout le monde sait que des Perroquets et des Perruches apprennent 
aisément à parler, imitent tous les bruits qu'ils entendent, le miaule- 
ment, du chat, l'aboiement du chien, le cri des oiseaux, et Cju'ils saisis- 
sent les inflexions de la parole, mais la nature a refusé cette faculté à un. 
certain nombre. 

Ces oiseaux vivent fort long-temps , et Ton porte la durée de leur exis- 
tence à quarante ans; cependant il en est qui vont encore plus loin, car 
on cite un Perroquet, dans le nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, 
qui vivoit encore à quatre-vingts ans. 

On rencontre des Penoquets et des Perruches dans toutes les régions 
chaudes des deux continents, mais jamais sous les climats froids. Us 
nichent sur les grosses branches , près du tronc , ou dans un trou 
d'arbre ; leur ponte est ordinairement de deux œufs. Ils font remonter 
de leur jabot la nourriture destinée à leurs petits, et c'est en se la dégor- 
geant mutuellement que le mâle et la femelle se donnent des preuves de 
leur affection. On en connoît à présent environ cent soixante-douze 
espèces. 



PERROQUETS. 7 

LE PERROQUET A PALETTE, Psittacus discurus. 

PI. XXVI. 

Ferlice nucaqiie dilute cœruleis; dorso viridi; coUo , corporeque subtus 
flavo-viridibus; rectricibus intermediis disciforme terminatis. 

Cette espèce, dont on voit un individu au Muséum d'Histoire natu- 
relle, se trouve à Mindanao; elle a le dessus de la tête et la nuque d'un 
bleu-clair, les joues, la gorge, le cou en entier, et toutes les parties in- 
férieures d'un vert-jaune; le dos, le croupion, les couvertures supé- 
rieures des ailes et de la queue d'un beau vert, les rémiges de cette cou- 
leur en dehors , noirâtres en dedans , noires et d'un blanc-bleuâtre en 
dessous; les rectrices intermédiaires vertes ; les latérales bleues à l'exté- 
rieur, noirâtres à l'intérieur, et toutes d'un bleu-clair en dessous; les 
deux du milieu terminées par un filet long de deux pouces , et dont le 
boiit présente une palette composée de plumes bleues; le bec est blanc 
dans l'oiseau mort, les pieds sont bruns, longueur totale, neuf pouces et 
demi jusqu'à l'extrémité des filets, et de huit jusqu'au bout des latérales 
qui sont d'égale longueur. 

2^-^ FAMILLE. MACRO GLO S S ES , Macroglossi. 

Langue très longue , lombriciforme. 

Doigts au nombre de quatre ou seulement de trois. 

j_ère DIVISION. PIC, Picus, Linnée. 

Bec garni à sa base de plumes sétacées , et dirigées en avant, robuste 
polyèdre, droit, et terminé en forme de coin; mandibule supérieure 
plus ou moins sillonnée en dessus , pi. B. , n° g. 

Narines ovales, ouvertes, plus ou moins cachées sous les plumes du , 
capistrum. 



8 PICS. 

Langue susceptible de se lancer en avant, hors le bec, munie vers le 
bout d'épines recourbées en arrière, et terminée en pointe aiguë et cornée. 

Tarses courts, annelés, pi. AA, n° 7. 

Deux doicjls devant , deux ou un seul en arrière , les antérieurs réunis 
à leur base, pi. AA. , n° 7; ou seulement trois doigts, deux devant, un 
derrière. 

Ongles arqués, aigus. 

Ailes à penne bâtarde courte ; troisième et quatrième rémiges les plus 
longues de toutes. 

Queue composée de dix ou douze rectrices concaves , à tiges roides , 
élastiques, très aiguës pour la plupart. 

Presque tous les Pics se tiennent dans les bois , et se perchent rare- 
ment. Ils se cramponnent au tronc des arbres et les parcourent de bas 
en haut , et jamais de haut en bas , en tenant toujours le corps verticale- 
ment; ce n'est point en portant en avant un pied, ensuite l'autre qu'ils 
s'avancent, mais par petits sauts. Tous, ou du moins ceux dont on 
connoît le habitudes, nichent dans des trous d'arbres qu'ils percent eux- 
mêmes. Leur ponte est ordinairement de quatre ou cinq œufs ; les petits 
sont appâtés dans le nid , et ne le quittent que couverts de plumes. On 
trouve des Pics dans toutes les parties du monde , et on en décrit à-peu- 
près| quatre - vingts espèces, parmi lesquelles il s'en trouve dans les 
pays étrangers qui juchent assez souvent, et parcourent très rarement les 
arbres en y grimpant; d'autres qui cherchent leur nourriture à terre. 
Plusieurs joignent aux insectes , leur principal alimeiit, les baies et 
les fruits. 

LE PIC A VENTRE ROUGE, Picus ruhriventris. 

PI. XX VIL 

Fronts mentoque Jlavis ; capite ^ pectore ventreque rubris ; mystacibiis, 
alis et cauda nigris. 

Carpentero vientre roxo. De Jzara, apuntamientos para la Hist. nat, 
de Los passaros del Paraguay y Rio de la Plata, tom. 2, pag. 3i6, 
n° 255. 



PICS. 9 

Pic à ventre rouge, i^ édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat. , tom. 26, 
pag. io3. Vie kir ont jsiune , idem pag. "] S. 

M. De Azara a rencontré ce Pic au Paraguay où il se tient dans les 
bois, et M. Delalande , naturaliste attaché au Muséum d'Histoire natu- 
relle. Fa rapporté du Brésil; il grimpe, mais il se perche quelquefois 
comme les autres oiseaux. 

Une moustache noire va de la narine à la nuque , et entoure l'œil , 
dont les paupières sont nues et jaunes; le front et le haut de la gorge, 
d'un jaune qui tire à l'orangé; les plumes de la tête d'un rouge très vif, 
une bande blanche s'étend sur la nuque et le dos; elle est bordée du bleu 
turquin qui régne sur les scapulaires et les petites couvertures des ailes; 
le reste du dos et les couvertures supérieures de la queue sont d'un 
blanc lavé de jaune ; une petite tache blanchâtre se fait remarquer der- 
rière l'œil et se prolonge sur les côtés du cou; sa partie antérieure est 
d'un brun-jaunâtre; la poitrine et le ventre sont rouges; le bas-ventre 
porte des petits festons noirs et blancs; les grandes couvertures supé- 
rieures, les pennes des ailes et de la queue sont noires; le tarse est vert, 
et l'iris brun. Longueur totale sept pouces un quart. 

Le savant naturaliste espagnol dit cju'il n'y a point de différence entre 
le mâle et la femelle ; cependant nous avons sous les yeux un individu 
apporté du Brésil , qui nous paroît être celle-ci , ou un jeune. Il se dis- 
tingue du précédent en ce qu'il a le sinciput, l'occiput et le dos noirs. 

Nota. Cet oiseau qu'on voit au Muséum d'Histoire naturelle y est étiqueté 
sous le nom de Pic à front d'or, avec la citation de d'Azara ; cependant cette dé- 
nomination n'a été donnée à aucun Pic par cet auteur, et n'est pas non plus 
dans la traduction de son ouvrage par Sonnini, au contraire il y est désigné 
sous ceux que nous avons indiqués dans la Synonymie. Quant à l'epithète latine, 
caronalus, qu'on lui a imposée d'après Illiger, nous ne l'avons point adoptée, 
parceque ce naturaliste n'en a fait mention dans aucun de ses ouvrages. Il est 
bien vrai qu'il l'a ainsi nommé dans le Muséum de Berlin ; mais nous croyons 
que des dénominations qui n'ont pour soutien que des collections doivent être 
rejetées, sans quoi la nomenclature, déjà trop embrouillée, le deviendroit au 
point de ne plus se reconnoître , d'après la multitude de noms purement arbi- 
traires , que chacun a le droit d'imposer aux oiseaux de sa collection , mais que 
l'on doit écarter, dès qu'ils ne sont pas dans un ouvrage imprimé. Du moins 
telle est notre manière de voir. 

GALEPIE DES OJSEAUX. IP Partie. 2 



lo - TORCOLS. 

2^"^ DIVISION. TORCOL, Yuna:. Linnée, 

Bec garni à sa base de petites plumes dirigées en avant , longicône , à 
dos arrondi , plus court que la tête , entier, acuminé. PI. C. , n° lo. 

Narines dëprime'es , larges , un peu concaves. 

Langue cylindrique , extensible , lombriciforme , à pointe cornée , 
aiguë et lisse. ^s,,^ 

Tarses annelés et nus. 

Deux Doigts devant, réunis à leur base, deux derrière entièrement 
séparés. 

y^iles à penne bâtarde , très courte ; les première et deuxième rémiges 
les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices flexibles , arrondies à leur pointe. 

Cette division se compose de trois espèces , dont une se trouve en 
Europe, et les deux autres dans l'Amérique méridionale. La direction de 
leurs doigts et leur langue extensible les_rapprochent des Pics ; mais elles 
en diffèrent en ce que leur bec est aigu et trop foible pour percer le 
tronc des arbres, même les plus gâtés, et en ce qu'elles ne se servent 
point de leur queue pour en faire un appui lorsqu'elles grimpent; ce 
qu'elles font à l'aide de leurs ailes seules. On les voit quelquefois per- 
chées sur les branches, sauter de l'une à l'autre , les saisissant fortement 
avec leurs doigts , et tenant souvent leur corps en travers. Elles nichent 
ordinairement dans les trous d'arbres. 

LETORCOLDE CAYENNE, Ymix minutissima. 

Gmelin. 

PI. XXVIIL 

Vertice rubro (mas.) nigro (femina) , corpore supra, rufo-cinereo ^ 
subtus atbescente. 

Très petit Pic de Cayenne. Buffon , Histoire naturelle des Oiseaux , 
tom. 7, pag. 3-], pi. enl. n° 786, ^j/. r. 



JACAMARS. II 

Yunx minutissima, Gmelin, Sjst. nat. , édit. i3, i^" a. 

Picus minutus , Latham, index, n° 55. 

Minute Woodpecker , Latham,, Synopsis, tome i, page Sgô , n° 48. 

Ce Torcol , dont on n-e connaît que l'extérieur , se trouve à la Guiane. 
Il a trois pouces et demi de longueur totale; le bec noir; le sommet de 
la tête rouge; ses côtés bruns et marqués de blanc, de même que l'occiput, 
sur un fond noir; le dessus du cou et du corps d'un roux grisâtre; les 
plumes des parties inférieures d'un gris blanc et bordées de brun; les 
pennes des ailes et de la queue , de cette couleur, de même que les pieds. 

La femelle ne diffère du mâle qu'en ce que le sommet de sa tête est 
noir. Cette espèce diffère du Torcol d'Europe , quant aux caractères gêné- . 
riques , en ce que la deuxième penne de l'aile est courte , et que les troi- 
sième, quatrième et cinquième sont les plus longues de toutes; tandis que 
chez l'autre ce sont les deuxième et troisième. 

3^"" FAMILLE. AURÉOLES, AureolL 

Pieds grêles et très -courts. 

Doigts au nombre de quatre ou de trois, les antérieurs réunis jusque 
au-delà du milieu , pi. B B , n° i . 

i"' DIVISION. JACAMAR , Galbula. Alcedo, 

Linnée. 

Bec long , un peu grêle , entier , tétragone , pointu , droit ou un peu 
incliné. PI. C, n" i. 

Narines ovales, closes en arrière, ouvertes en devant. 
Langue courte , cartilagineuse , pointue. 
Bouche garnie de soies sur les côtés. 
Tarses courts , en partie emplumés. 

GALERIE DES OISEAUX. IV' PARTIE- 3 



lî JACAMARS. 

^i'/ej moyennes , à penne bâtarde, courte (i), première et sixième rémiges 
à-peu-près égales, la troisième la plus longue de toutes. 

Queue composée de douze rectrices, l'extérieure de chaque côté très- 
petite. 

Des sept espèces que renferme cette division , une habite les Grandes- 
IndéS; et les six autres se trouvent dans l'Amérique méridionale, où la 
plupart se tiennent isolées dans les vastes forêts de la Guiane et du Brésil, 
ordinairement sur les branches basses des arbres, et vivent d'insectes. On 
ne connaît ni lesjeuiies, ni le nid, ni les œufs. 

LE JACAMAR VERT A LONGUE QUEUE, 

Gaïbula macroura. 
PI. XXIX. 

Corpore supra viridi-aureo ; gulâ riifescente aut nïbâ; corpore subtus 
rectricibusque lotis lateralibus l'iifis. 

Latham a fait mention de cet oiseau, et l'a représenté comme une variété 
du Jacamar vert : il est vrai qu'ils pfrésentent de très-grands rapports dans 
les couleurs et leur distribution ; mais celui de cet article diffère de l'autre 
par la longueur de sa queue, qui est parfaitement étagée. Nous connais- 
sons plusieurs individus de cette race, qui sont au Muséum d'Histoire 
naturelle et dans la collection de M. Bâillon. Ils ont été apportés de l'île 
de la Trinité. 

La tête , le dessus du cou , le dos , les couvertures supérieures de la 
queue , celles des ailes et leurs pennes secondaires, sont d'un beau vert- 
doré à reflets , plus prononcé sur le croupion et les couvertures supérieures 
de la queue ; la poitrine prëseiite les mêmes couleurs ; la gorge et le devant 

(i) Cette penne est implantée à l'extrémité de la phalange du long doigt, et immédia-r 
tement au-dessous de la première rémige , dont elle a la roideur et la texture ; et elle 
reste toujours dans son état de repos , lorsque l'aile se déploie en éventail. 



TOUCANS. i3 

du cou sont roussâtres ou blancs ; le ventre , les parties postérieures et 
toutes les pennes latérales de la queue, d'un roux foncé; ses deux inter- 
médiaires, pareilles au dos; les grandes pennes alaires, brunes; le bec est 
noir, et le tarse jaunâtre. Longueur totale, dix pouces. 



;eme 



FAMILLE. PTEROGLOSSES, PterogiossL 



Bec grand, cellulaire. 
Langue en forme de plume. 

Doigts au nombre de quatre; les antérieurs réunis jusque au-delà du 
milieu. 

i^'^ DIVISION. TOUCAN, Ramphastos ^ Linnée, 

Bec plus ou moins épais que la tête à sa base, long, gros, convexe 
en -dessus, crénelé sur les bords; mandibules courbées en en -bas, vers 
le bout. PI. C. , n° i. 

IfcLiines orbiculaires, situées près du front. 

Langue médiocre, étroite, cartilagineuse, barbue sur les bords. 

T'arses nus, annelés. 

^iles courtes, un peu concaves, à penne bâtarde courte; troisième et 
quatrième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division se compose de treize espèces bien connues et de deux 
sections, dont la première renferme les Toucans proprement dits, et la 
deuxième ceux qu'on appelle Aracaris. Ceux-ci diffèrent des précédents, 
en ce qu'ils ont le bec moins long et moins gros, plus dur et plus solide; 
la queue plus longue à proportion et sensiblement étagée. Chez les autres , 
au contraire, le bec est très -grand et d'une substance mince et légère; les 
pennes de la queue sont à -peu -près égales entre elles. Tous ces oiseaux 
n'habitent que dans l'Amérique méridionale, vont ordinairement par petites 
troupes de six à dix, ont le vol lourd et d'une pénible exécution : ils s'élè- 



14 TOUCANS. 

vent cependant à la cime des plus grands arbres , où ils aiment à se percher, 
et se tenir toujours dans une agitation continuelle. Ils sont très - attentifs 
à ce qui se passe autour d'eux, n'avancent qu'avec défiance, et ce n'est 
que rarement qu'ils se posent à terre. Ils sautillent obliquement, d'assez 
mauvaise grâce, et les jambes ouvertes presque d'un palme. 

Les Toucans se nourrissent de fruits, et joignent quelquefois à cet ali- 
ment les œufs et les petits d'oiseaux qu'ils dénichent, après avoir chassé 
les père et mère; mais, hors l'époque des couvées, ils mangent des fruits , 
des insectes et des bourgeons : quand ils veulent avaler les petits oiseaux 
pris dans le nid, des morceaux de viande ou un fruit, ils les lancent en 
l'air, et par un léger mouvement du bec ils les font sauter, jusqu'à ce 
que les morceaux se présentent convenablement pour être avalés: alors, 
par un autre mouvement, ils les font entrer dans leur large gosier; mais 
si le morceau est plus gros que son ouverture , ils l'abandonnent sans 
chercher à le diviser. 

Ils font leur nid dans des trous d'arbres, et leur ponte n'est que de 
deux œufs. 

Selon les anciens voyageurs, le nom de Toucan signifie plume au 
Brésil ; selon d'autres , il vient du cri de ces oiseaux , Toucaraca. On les 
appelle à Surinam Bonai-abeck ou Bojocaï , soit qu'il y ait quelque ressem- 
blance entre leur bec et la banane, soit parce qu'ils ont coutume de s'en 
nourrir, soit enfin pour ces deux causes réunies. 

LE TOUCAN- ARACARI GRIGRI, Ramphastos 

Aî^acari , Liiinée. 

PI. XXX. 

Viridis; fasciâ abdominali ^ dorso uropjgioque rubris; abdomineflavo. 

Grigri, Buffon, Hist. nal. des Où., tome 'j, page 126, pi. enl. , fi° 166, 
sous le nom de Toucan vert du Brèsti. 

Ramphastos aracari , Zi>z«, , Gm., Syst. nat. , édit. i3, /z° 3. Latham, 
index , n° 11. 



COUROUCOUS. i5 

Aracari, Lath., G"' synopsis, tome i , page 332, «" lo. 

On rencontre ce Toucan au Brésil, de même qu'à la Guiane, où il est 
connu sous le nom de Grigri^ d'après son cri aigu et bref. Il a seize 
pouces huit lignes de longueur totale ; la tête , la gorge et le cou noirs ; 
une petite tache marron sur les oreilles ; le haut du dos, les plumes scapu- 
laires et les couvertures des ailes , d'un vert obscur ; le croupion et les 
couvertures supérieures de la queue, d'un rouge vif; le dessous du corps 
d'un jaune de soufre, mêlé d'un peu de rouge au haut de la poitrine, avec 
une bande transversale de la même teinte. Il y a encore entre cette 
bande et le ventre un faible mélange de rouge et de fauve, ainsi que sur 
les plumes des jambes et celles qui recouvrent la queue en -dessous, dont 
le fond est d'un jaune olivâtre; les ailes et la queue sont d'un vert obscur 
à leur extérieur; l'iris est jaune; le tour des yeux, glabre et jaunâtre; la 
prunelle noire; une ligne blanche entoure le bec, dont la partie supérieure 
est de cette couleur, avec une bande noirâtre et longitudinale; les pieds 
sont d'un vert noirâtre. Les couleurs du bec varient selon l'âge de l'oiseau, 
et sans aucun ordre constant dans chaque individu. 

S^*"' FAMILLE. BARBUS, Barhati. 

Bec garni de soies à sa base. 

Doigt interne ou externe dirigé en arrière (i). 

A Doigt interne tourné en arrière. PI. B B, n° 2. 

i'" DIVISION. COUROUCOU. Trogon^ Limiée. 

5e<: plus court que la tête, garni à sa base de soies dirigées en avant, 

(i) Ce caractère, qu'on ne trouve que chez les Couroucovis, a échappé jusqu'à présent 
à tous les ornithologistes; car aucun, que je sache, 'n'en a fait mention, et ce n'est 
que depuis peu que j'en ai connaissance. Il résulte de la disposition des doigts de ces 
oiseaux que chez eux c'est l'interne des deux antérieurs , qui est le plus long ; tandis que 
chez tous les autres zygodactyles , c'est l'extérieur de ces doigts. 



i6 COUROUCOUS. 

plus large que haut, presque toujours dentelé sur les bords, crochu à sa 
pointe. PI. C, n° 3. 

Narines orbiculaires, situées près du capistrum et cachées sous les soies. 

Langue courte, triangulaire, pointue. 

Bouche ample. 

Cou court. 

Tarses en partie couverts de plumes, et plus courts que le doigt le 
plus long. 

Doigts antérieurs réunis jusqu'au milieu. Pi. B B , n" i. 

Ailes moyennes, à penne bâtarde courte; les troisième et quatrième 
rémiges les plus longues de toutes. 

Queue composée de douze rectrices. 

Cette division renferme dix-sept espèces, qui se trouvent en Afrique, dans 
les Grandes -Indes et dans l'Amérique méridionale. Elles sont placées aux 
premiers rangs par la richesse de leur plumage, sur lequel on retrouve 
les belles et brillantes couleurs qui distinguent les Colibris, les Oiseaux- 
Mouches, et les Soui-Mangas : mais si leur habit, paré des teintes les 
plus éclatantes , les élève à ces rangs , elles n'ont pas un physique avanta- 
- geux; car leurs pieds sont courts, et nullement proportionnés à leur taille 
et à leur grosseur ; de plus leur queue longue et large leur donne un port 
■ lourd et sans aucun agrément. 

Les Couroucous sont solitaires et ti'ès- jaloux de leur liberté, ne fréquen- 
tent jamais les lieux habités ou découverts, font au contraire leurs délices 
du silence des déserts , et fuient même la société de leurs semblables. L'in- 
térieur des forêts les plus sombres est le lieu où ils passent leur vie. Perchés 
sur le milieu des arbres, rarement à leur cime, et sur les branches basses, 
ils guettent les insectes qui passent à leur portée et les saisissent avec 
adresse. On les entend rarement crier, si ce n'est dans le temps des amours; 
leur voix est forte, sonore, monotone , mélancolique, et semble prononcer 
les mots couroucouis ou couroucouais , dont on a tiré leur nom au Brésil 
et à la Guiane. Les espèces dont on connaît le genre de vie, n'chent dans 
des trous d'arbres vermoulus , qu'ils élargissent avec leur bec , de manière 
qu'ils puissent s'y retourner en tous sens. La ponte est de deux à quatre 



COUROUCOUS. i^ 

œufs; les petits naissent tout nus, mais leurs plumes pointent deux ou 
trois jours après leur naissance. 

Ces oiseaux habitent dans la zone torride, en Afrique, dans les Grandes- 
Indes et en Amérique. 

LE COUROUCOU ORANGA, Trogon Atricollis. 

PI. XXXI. 

Fronte , genis , gulâque nigris ; collo , dorso , uropygio et rectricibus 
duabits intermediis viridi-aureis ; ventre aurato -flavo ; remigibus nigris , 
albo intiis marginatis. 

Couroucou oranga, Levaiïlant, Hist. nat. des Couroucous, pL 8. — 
Vieillot, 1^ édit. du noiw. Dict. d'hist. nat.^ tome 'è-, page 3 18. 

Le mâle de cette espèce, qu'on rencontre à la Guiane et au Brésil, a 
le front, les côtés de la tête et la gorge, noirs; le dessus de la tête et du 
cou, le dos, le croupion, les deux pennes intermédiaires de la queue et 
le bord extérieur des trois suivantes de chaque côté, d'un beau vert-doré; 
celles-ci noires en -dedans; les deux latérales les plus éloignées du centre 
rayées transversalement de blanc et de noir en -dehors; les pennes des 
ailes, de la dernière couleur, et frangées de blanc à l'intérieur; leurs cou- 
vertures supérieures , variées de petits zigzags noirs et gris ; le devant du 
cou, d'un vert doré à reflets; la poitrine et les parties postérieures, d'une 
très -belle couleur aurore; le bec jaune; les pieds bruns. Longueur 
totale, neuf pouces environ. On soupçonne que la femelle diffère du mâle 
principalement en ce qu'elle est blanche où celui-ci est aurore, et que, 
dans le reste, ses couleurs sont moins brillantes. Le jeune est d'un brun 
roussâtre sur toutes les parties supérieures, sur la queue, le devant du 
cou, la poitrine, les flancs et les ailes; d'un blanc fauve sur le ventre et 
l'abdomen ; brun sur le bec et les pieds. 



i8 BARBICANS. 

B. Doigt extérieur dirigé en arrière. 

.^.me DIVISION. BARBICAN, Po^o;?i«. Bucco , Linnée , 

Gnielin. 

Bec garni à sa base, sur les côtés et en -dessous, de longues soies 
dirigées en avant ; comprimé latéralement , robuste , épais : mandibule 
supérieure à dos caréné, avec deux dents obtuses sur chaque bord, can- 
nelée longitudinalement , fléchie en arc, pointue; l'inférieure droite, sillon- 
née transversalement en - dessous , arrondie à sa pointe. PI C , n° [\. 

Narines très - petites , orbiculaires , situées près du capistrum. 

Langue épaisse , entière. - 

Orbites nues. 

Tanes annelés et nus. 

Deux doigts devant réunis à leur base ; deux derrière , totalement 
séparés. 

Ailes à penne bâtarde ; première rémige courte ; deuxième , troisième et 
quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce. 

LE BARBICAN DE BARBARIE, Pogonia 

erythromelas . - ■ % 

PI. XXXII. 

Cor-pore supra , pectoris parte anteriori , i-emigibus rectricibusque 
nigris ; dorsi medio et hj-pochondriis albis ; gutture , ventrisque média 
rubris, 

Barbican, Bii/fon , tome ^,page i2>i , pi. enl. n° 602. 

Bucco dubius, Linnée; Gmelin, Sjstema naturœ, édit. i3, «° 16; 
Latham , Index , n° 1 6. 

Doubtful barbet, Latham , Synopsis , tome 1, page 5o6, n° 16. 



BARBUS. 19 

Cet oiseau, dont on ne connaît que l'extérieur, se trouve en Afrique, où 
il est assez rare. Nous soupçonnons, d'après sa physionomie, que ses mœurs 
et ses habitudes présentent de grands rapports avec celles des barbus. 

Le dessus de la tête, du cou et du corps, les ailes, la queue, le haut de 
la poitrine et les flancs, sont d'un noir à reflets violets; une grande tache 
blanche se fait remarquer sur le milieu du dos ; les côtés du haut du ventre 
sont de cette couleur, avec une légère teinte de jaune sur quelques plumes; 
les joues, la gorge et le devant du cou, d'un rouge. foncé; le reste de la 
poitrine, le milieu et le bas du ventre, d'un rouge plus clair; le bec est 
couleur de corne ; les pieds sont couleur de chair ; et les yeux entourés 
d'une peau nue d'un rougeâtre clair. Longueur totale, neuf pouces. 

3^"^ DIVISION. BARBU. Bucco, Linnée. 

Bec lisse, garni à sa base de soies dirigées en avant ; comprimé latéra- 
lement, médiocre, épais, convexe en dessus : mandibule supérieure dentée 
vers le milieu et crochue à sa pointe chez les uns; édentée, crochue et 
crénelée sur le bout chez les autres. 

Narines orbiculaires, couvertes par les soies. 

Boucfie fendue jusqu'au-dessous de l'œil. 

Tarses nus, annelés. 

Deux doigts devant réunis à leur base; deux derrière totalement sé- 
parés. 

^iles moyennes, à penne bâtarde très-courte; troisième, quatrième et 
cinquième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division est composée de deux sections et d'environ huit espèces. 

La contenance des barbus est triste, sombre et sérieuse; leur figure est 
massive, leur ensemble assez mal fait. Ils se tiennent dans les lieux cou- 
verts, jamais dans les plaines; ne vont ni par troupes, ni par paires. Leur 
vol est pesant et court; ils ne se posent que sur les branches basses, et ont 
beaucoup de peine à se mettre en mouvement; une fois posés, c'est pour 
long-temps, aussi les approche-t-on facilement. Ils se nourrissent de fruits, 

GALERIE DES OISEAUX. //* PARTIE. 4 



20 BARBUS. 

de scarabées et d'autres gros insectes. On trouve leur nid dans un arbre 
creUx, et leur ponte est de*deux à quatre œufs, 

* Mandibule supérieure munie d'une ou de deux dents sur chaque bord. 

PI. C, n° 5. 

LE BARBU A GORGE NOIRE. Bucco Niger. 

PI. XXXIII. 

Niger; subtus albus; stria supi'a ocularijlavâ, utrinque ad collumpro- 
ductâ; torque aïbo. 

Barbu de l'île de Luçon, 5o/z«e/'a^, Vojage^pag. 68, pL 34- 

Barbu à gorge noire, Buffon^Hist. nat. des Ois., tom. '],pag. io3. 

Pogonius stephensii, Leach, mise, pi. ii6. 

Bucco niger, var B., Linn., Gm.,Sjst. nat., édit. i3, n° 8. 

Black-throated barbet, Lath., Synopsis, tom. \,pag. 5oi, n" 8. 

Chez cette espèce, que l'on trouve aux Grandes-Indes et en Afrique, le 
front est rouge; le reste de la tête, la gorge, le cou et le milieu du dos sont 
noirs; on remarque, au-dessus de l'œil, une raie jaune, d'abord demi-cir- 
culaire, ensuite droite et blanche; une seconde, verticale et noire, s'étend 
entre la précédente et la gorge; et une troisième, blanche et longitudinale, 
se termine sur la poitrine, qui est de la même couleur, ainsi que les parties 
postérieures; une tache jaune se trouve entre le cou et le dos; les couver- 
tures supérieures, les pennes des ailes et celles de la queue sont noires; 
parmi les premières, quelques-unes ont leurs bords blancs, tandis que les 
autres sont frangées de jaune; les rémiges et les rectrices portent à leur 
extérieur une bordure pareille; le bec et les pieds sont noirs. 



CABÉSONS. 21 

** Mandibule supérieure crénelée sur sa pointe. Pi. C, n° 6. 

LE BARBU TAMATIA, Bucco tamatia. 

PI. XXXIV. 

Rufo-fuscus ; subtus rufo-albus, nigra maculatus ; gulâjulvâ; collo 
lunulâ riifo nigroque varia; pone oculos macula nigra. 

Tamatia, Biiffon, Hist. nat. des Ois., tom. ^ , pag. 94. 

Barbu à ventre tacheté, de Cayenne, idem, pi. enl., n° '][\Ç>,Jig. i. 

Bucco tamatia, Zi>2fi., Gm.,Sjst, nat., édit. i3. — -Latha,m, index, n" i. 

Spotted-bellied barbet, Latham, Synopsis, tom. ■x,pag. 494? n'^ i- 

Comme tous ses congénères, ce barbu de la Guyamie se tient dans les 
endroits les plus solitaires des forêts, et reste toujours éloigné des habi- 
tations; il recherche de préférence, pour se poser, les branches les plus 
garnies de petits rameaux et de feuilles, y reste long-temps et prend un air 
grave, en retirant entre ses épaules sa grosse tête, qui paraît alors couvrir 
tout le devant du corps. 

Il a le front et le dessus de la tête roussâtres; un demi-collier varié de 
noir et de roux sur le cou; une tache noire derrière les yeux; la gorge d'un 
roux orangé , le dessus du corps tacheté de noir sur un fond blanc roussâtre; 
le dessus, d'un brun nuancé de roux; le bec et les pieds noirs. Ljougueur 
totale, six pouces et demi. 

4'°" DIVISION. CABÉSON;, CapitQ. Bucco, Linnée. 

Bec entier, garni à sa base de soies divergentes, comprimé latéralement, 
conico-convexe, épais; mandibule supérieure inclinée à sa pointe. PI. C, 
n° 7. 

iVâr/7«ej rondes , ouvertes, glabres. 

Bouche fendue jusque sous les yeux. 

Tarses nus, annelés. 

Deux doilgs devant réunis à leur base; deux derrière totalement séparés. 



22 MONASES. 

Ailes moyennes à penne bâtarde, très-courte; troisième, quatrième et 
cinquième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division se compose de huit espèces dont les mœurs et les habitudes 
sont pareilles à celle des barbus. 

LE CABÉSON A GORGE BLEUE. Capito Cjanocollis. 

PI. XXXV. 

Capite rubro nigroque striato; gulâ et collo anteriore cyaneis; occipile 
corporeque supra viridibus ^ subtus dilute viridi; pectore rubro macula tg 
(mas^pectoris maculis rubris nullis {Jemina. ) 

Barbu à gorge bleue, Levaillant, Hist. des Barbus , pi. ai. 

Cabéson à gorge bleue, i^ édit. du noui^. Dict. d'hist. nat., tom. l\,page 
498. 

Le mâle de cette espèce, que l'on trouve en Afrique et dans les Grandes- 
Indes, a deux bandes sur la tète, l'une rouge et l'autre noire; les joues, la 
gorge et le devant du cou, d'un bleu de ciel; deux taches rouge sur la 
poitrine; l'occiput, le dessus du cou et du corps, et une partie des ailes, 
d'un vert brillant; les rémiges primaires, brunes; le dessous du corps, d'un 
vert clair; le bec brun en dessus, blanchâtre en dessous, les pieds couleur 
de plomb. 

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et en diffère en ce qu'elle 
n'a point de taches rouges sur la poitrine, et en ce que la couleur bleue 
est moins étendue sur le devant du cou. 

gème jjivisioN. MONASE, Monasa. Cuculus , Linnée. 

Bec lisse, alongé, garni à sa base de soies dirigées en avant, conique, un 
peu comprimé latéralement, entier; les deux mandibules courbées en en 
bas et pointues. PI. C, n° 8. 

Narines orbiculaires , ouvertes, et en partie cachées sous les soies. 

Bouche fendue jusqu'aux yeux. 



MALKOHAS. a:) 

Tarses nus, annelés. 

Deux doigts devant réunis à leur base; deux derrière totalement séparés. 

Ailes moyennes, à penne bâtarde courte; deuxième et troisième rémiges 
les plus longes de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division se compose de trois espèces qui habitent l'Amérique méri- 
dionale. Lesmonases ont été distraits du genre des Coucous, par M. Le vail- 
lant, qui les appelle Barbacou , d'après leur rapport avec ceux-ci et les 
barbus, rapports saisis d'abord par Buffon , lorsqu'il dit que ces oiseaux pa- 
raissent faire la nuance entre les coucous et les barbus ; en effet ils partici- 
pent des uns et des autres en ce qu'ils ont, comme les premiers, le bec 
lisse et un peu arqué, et qu'il est garni de soies à sa base , comme chez les 
derniers; ils se rapprochent encore de ceux-ci par leurs mœurs tranquilles et 
par leur affection pour la solitude , dont on a tiré leur dénomination géné- 
rique. Ils vivent d'insectes, et nichent dans un trou d'arbre ou en terre. 
Leur ponte est de quatre œufs. 

LE MONASE A FACE '^l.kl^CMS. , Monasa personata. 

PI. XXXVL 

Nigricans ;Jronte , loris, gula albis. 

L'espèce Inédite dont nous donnons ici la description , se trouve au Brésil 
et à l'île de la Trinité. Tout son plumage est d'un noir ardoisé, plus foncé 
sur les parties supérieures que sur les inférieures; il faut cependant excepter 
le front, les lorums et le haut de la gorge, qui sont blancs; les plumes du 
menton sont susceptibles de se relever, et forment alors une sorte de barbe 
hérissée. Le bec est rouge; les pieds sont bruns. Longueur totale, dix pouces. 

gème DjYisioN. MALROHA, Phœnicophaus. Cucidus ^ 

Linnée. 

Bec plus long que la tête, garni à sa base de soies divergentes, épais, 
entier, arrondi, lisse, aminci brusquement et arqué vers le bout. PI. C, n° g. 



24 MALKOAS. 

Narines orbiculaires , latérales, situées à la base du bec. 

Orbites mamelonnées. 

Tarses nus , annelés. 

Deux doigts devant réunis à leur base; deux derrière totalement séparés. 

Ailes à penne bâtarde courte ; troisième et quatrième rémiges les plus 
longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Les deux espèces que renferme cette division se trouvent aux Grandes- 
Indes ; elles se nourrissent de fruit ; c'est à quoi se borne ce que l'on sait 
de leur genre de vie. 

LE MALROHA A TÊTE ROUGE, Phœnicophaus 

pjrrhocephalus. 

Niger, subtus albus ; vertice. gmerumque paxte eoççineis , circula albo 
cinctis ; caudœ aspice albo. 

Malkoa proprement dit, •x' édit. du nouveau Dict. d'hist. nat., soin. i8, 
pag. 46. 

Cuculus pyrrhocephalus, Linn. , Gm.,Sjst. nat. édit. i3,/z° 4oj I^<^' 
tham, index, n° l\']. 

Redheaded cuckow, Zâ;//^o/« , Synopsis, tom. i,pag. 544 > n° l^L^; Index 
Zoology,pl. 6. 

Cet oiseau, qui est connu à Ceylan soùs le nom de Malkoha, a le bec d'un 
jaune verdàtre; le sommet de la tête et une partie des joues, d'un rouge écla- 
tant, entouré d'une bande blanche ; l'occiput et le dessus du cou, d'un vert 
noirâtre tacheté de blanc; le devant du cou, le dos, les gilçs et la queue, d'un 
noir nuancé d'un peu de vert; les pennes caudales, terminées de blanc; la 
poitrine et le ventre, de cette couleur; les pieds, d'un bleu pâle. Longueur 
totale , 1 5 pouces, 



TACCOS. 25 

6''"'= FAMILLE. IMBERBES, Imherhi. 

Bec sans soies à sa base, arqué ou seulement crochu à sa pointe, 
i^"^" DIVISION. TACCO, Saurothera. Cuculus. Linnée. 

Bec plus long que la tête, lisse, comprimé latéralement; convexe en dés- 
sus, droit, dentelé sur les bords de la mandibule supérieure, courbé seule- 
ment à sa pointe, pi. B, n° 5. 

Nai'ines oblongues, couvertes par une membrane. 

Langue aplatie, pointue, cartilagineuse. 

Orbites nues. 

Tarses glabres , annelés. 

Deux doigts devant réunis à leur base; deux derrière totalement séparés. 

Ailes moyennes, à penne bâtarde courte , deuxième et troisième rémiges 
les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce, qui se trouve dans 
les grandes îles Antilles, oii elle vit d'insectes, et principalement de petits 
lézards, que l'on appelle a/zo/zj. Le naturel du Tacco est si peu sauvage, 
qu'il se laisse souvent approcher à la portée de la main; aussi pourrait-on 
le tuer avec un bâton, surtout au moment où, immobile sur une branche, 
il est prêt de fondre sur sa proie. Son vol est peu élevé; il bat des ailes en 
partant, et fait alors entendre son cri qua, qua, qua, file et semble glisser 
sur un plan incliné. 

LE TACCO VIEILLARD, Saumthera vetula. 
' PI. XXXVIII. 

Corpore subfusco, subtus testaceo; orbiiis rubris; gulâ cinered (mas.) 
gulâ jugaloque cinereo-albis (femina.) 

Tacco Buffoti, Hist. nat. des Ois,, tom. 6, page [\o\,pl. enl., ?z° 772 , 
sous le nom de Coucou à long bec. — Coucou dit le Yieillard, idem, page 
398. 



30 TACCOS. 

Cuculus Vetula, Linii., Gm., Sjst. tiat., édit. i3, /2° 4 (mas.) — Cuculus 
pluvialis, iclem, n° il\ {Jemina. ) 

Long-billed cuckow, Za^/i., Synopsis, tom. \, page 535, n° Sa {inâle.') 
" — Rain cuckow, idem, page 536, n° 33 {Jemale. ) 

Cet oiseau, assez commun à Saint-Domingue, y est connu sous plusieurs 
dénominations; telle est celle de Tacco, d'après un de ses cris; d'autres 
l'appellent j^i'e d'après un autre cri et quelques-uns, oiseau de pluie, parce 
qu'il les redouble, lorsqu'il doit pleuvoir; enfin le nom de rieur vient de ce 
qu'il semble faire des éclats de rire , quand il prononce les syllabes qua, qua, 
qua, ou cra, cra, cra; cri qu'il jette en volant, ou s'il voit un animal qui lui 
porte ombrage. Lorsqu'il prononce Tacco, \\ articule durement la première 
syllabe, et descend d'une octave pleine sur la seconde. Il ne fait jamais en- 
tendre ce mot qu'après avoir remué la queue de bas en haut, et il répète ce 
mouvement chaque fois qu'il change de place. 

Le Tacco ft-équente indifféremment les terres cultivées, les savanes, les 
buissons et les forêts. Outre les chenilles et les petits lézards dont il se 
nourrit, il fait aussi la chasse aux jeunes rats, aux couleuvres, aux gre- 
nouilles, et même, assure-t-on, aux petits oiseaux. Il place son nid sur les 
arbres, dans la fourche des grosses branches, le compose de petites racines 
sèches, de mousse et de feuilles. La ponte est de quatre ou cinq œufs d'un 
blanc «aie, tacheté de noir. 

Le mâle a les paupières rouges et nues; l'iris, d'un jaune rembruni; le 
dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion, les ailes et la queue, d'un 
gris nuancé d'un vert-olive; la gorge , le devant du cou, et la poitrine, cen- 
drés; les parties postérieures, rousses; les rectrices étagées et toutes les laté- 
rales, terminées par deux grandes taches, l'une noire, l'autre blanche; les 
pieds, d'un gris cendré; le bec, d'un gris un peu rembruni, ordinairement 
long de deux pouces. Longueur totale, seize pouces. La femelle est un peu 
plus petite que le mâle, et en diffère en ce que toutes les parties supé- 
rieures sont d'un gris olivâtre; la gorge et le devant du cou, d'un gris-blanc. 

On voit par la synonimie que les auteurs se sont mépris, en donnant cette 
femelle pour une espèce particulière. Le Quapachtotlolt des Mexicains pré- 
sentente de grands rapports avec le Tacco, par son cri, qui ressemble à un 



SCYTHROPS. 27 

«clat de rire, et par sa taille; il n'en diffère que par son ventre noir, par 
son bec d'un noir bleuâtre et son iris blanc. Est-ce bien une espèce dis- 
tincte, ou seulement une variété locale? 

2^°"^ DIVISION. SCYTHROPS, Scjthwps, Latham. 

Bec plus long que la tête, robuste, convexe, comprimé latéralement, 
entier, crochu à sa pointe; mandibule supérieure sillonnée sur ses côtés. 
PI. D,n'' I. 

Narines arrondies, bordées d'une membrane, situées latéralement et à 
la base du bec. 

Langue cartilagineuse, épaisse à son origine, bifide à son extrémité. 

Orbites nues. 

Tarses glabres, annelés. 

Deux doigts devant, réunis à leur base; deux derrière, totalement sé- 
parés. 

Jtiles médiocres , à penne bâtarde courte ; deuxième rémige la plus 
longue de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

La seule espèce qui compose cette division habite dans la Nouvelle- 
Hollande; elle paraît au port Jackson vers le mois d'octobre, et disparaît 
en janvier. On croit qu'elle se retire et niche dans la Nouvelle-Galles méri- 
dionale. 

LE SCYTHROPS GOÈRANG, Scjthwps Novœ 

Hollandiœ. 

PL XXXIX. 

Capite, collo etcorpore subtus cinereis ; dorso, alis caudâque plumbeo- 
cinereis. 

Anomalous hornbill, Withe's, journ. iab., pag. il\i. 

Scythrops Novae Hollandiae, Lath., index, n° i. 

New-Holland channel-bill, Lath., Spiopsis, a^ suppL, pag. g6,pl. i24- 

Perroquet-calao, Biiffon, èdit. de Sonnini, tom. &[^, pag. 98. 

GALERIE DES OISEAUX, /i^ PARTIE. 5 



28 VOUROU-DRIOUS. 

Scythrops goèrang, i^ édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 3o, 
pag. 456. 

Les naturels de la Nouvelle-Hollande ont imposé à cet oiseau le nom de 
Goe-re-e-gang, dont on a fait par abréviation celui de Goèrang. Soit qu'il 
vole, soit qu'il se repose, il étend souvent sa queue en éventail, et fait 
entendre alors un cri fort, aigu, désagréable, et qui a des rapports avec 
celui que le coq jette, quand il aperçoit un oiseau de proie. On ne voit 
les scythrops que le matin et le soir, quelquefois au nombre de sept ou 
huit , mais le plus souvent par paires. Leur apparition et leurs cris sont , disent 
les natifs, un indice certain de vent ou d'orage. Etant d'un naturel sauvage 
et méchant, on ne peut les adoucir; ils refuse-nt toute nourriture, et pincent 
rudement ceux qui les approchent. Leurs alimens favoris sont les graines 
de certains arbres que les Anglais appellent Red-Gan et Peppermui. 

La tête, le cou et le dessous du corps sont d'un gris-cendré; le dos et 
le dessus des ailes, d'un gris de plomb, et chaque plume de ces parties est 
terminée de noir; la première couleur est plus foncée sur les pennes alaires 
qui ont leur extrémité de la dernière ; la queue est cunéiforme, d'un cendré 
foncé, et frangée de blanc à sa pointe; toutes ses pennes, à l'exception des 
deux du milieu, portent des raies transversales, blanches, de même que 
leurs couvertures inférieures, les jambes et le bas-ventre; les pieds sont 
d'un noir-bleuâtre ; l'œil est entouré d'une peau nue et rouge. Longueur 
totale, vingt-cinq pouces. 

3ème DIVISION. VOUROU-DRIOU, Leptosomus. Cuculus, 

Linnée, Gmelin. 

Bec plus long que la tête, robuste, comprimé latéralement, un peu tri- 
gone, à dos étroit; mandibule supérieure crochue et échancrée vers le bout, 
pi. D, n° 2. 

JSarines oblongues, obliques, à bords saillans, situées vers le miheu du bec. 

Tarses nus, annelés. 

Deux doigts devant, réunis à leur base; deux derrière', totalement sé- 
parés. 



VOUROU-DRIOUS. 29 

^i7ej allongées ; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes. 
Queue à douze rectrices. 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce, qui se trouve à 
Madagascar. 

LE VOUROU-DRIOU VERT, Leptosomus viridis. 

PI. XL. 

Viridi-œneus ; subtus splendide griseus; capiie colloque cinereis ; vertice 
nigricanti-œneo ; caudâ œquali, viridi-aureâ , subtus w^m (mas.) 

Capite, gulâ, colloque anteriorijusco et rufo transversini striatis ; dorso 
et uropygio fuscis ; corpore subtus dilute nifo nigiicantique vario ; caudâ 
splendide Jiiscâ, apice rK/Z£(femina. ) 

Vourou-driou , Biiffon, Hist. nat. des Ois., tom. 6, pag. SgS, pi. enl. , 
n° 587 , sous le nom de grand Coucou de Madagascar. 

Cuculus aiev, Lin?i., Gmel., Sjst. nat., édit. i3, n° \i. — Lath., 
index, n° 34- 

African cuckow, Lath., Sjnopsis, tom. ï , pag. 532, n° 3o. 

Les Madégasses appellent Vourou-Driou le mâle de cette espèce, et 
distingue la femelle par le nom de Comb. Le premier a le sommet de la 
tête noirâtre, avec des reflets verdâtres et couleur de cuivre; les lorums , 
traversés obliquement par un trait noir; le reste de la tête, la gorge et le 
cou, cendrés; la poitrine et les parties postérieures, d'un gris -blanc; tout 
le dessus du corps, les pennes moyennes des ailes et le dessus de la 
queue, d'un vert changeant et couleur de cuivre; les grandes rémiges, 
d'un noir-verdâtre; le bec, d'un brun foncé; les pieds, rougeâtres. Lon- 
gueur totale, quinze pouces. 

La femelle, ou l'individu donné pour telle, est rayée transversalement 
de brun et de roux sur la tête, la gorge et le dessus du cou ; d'un brun 
uniforme sur le dos, le croupion, et les couvertures supérieures de la queue; 
brune sur les petites couvertures supérieures des ailes, lesquelles sont 
terminées de roux; d'un vert obscur sur les grandes, dont les bords 
et l'extrémité sont roux; de la même couleur, sur les rémiges, que le mâle , 



3o COULICOUS. 

avec du roux à l'extérieur des secondaires; d'un roux clair et varié de 
noirâtre, sur le devant du cou et sur toutes les parties postérieures; d'un 
brun lustré, sur les pennes de la queue, qui est rousse à son extrémité. 
Longueur totale , dix-sept pouces et demi. 

^ème DIVISION. COULICOU, Coccjziis. Cuculus, 

Linnée, Gmelin. 

Bec épais à sa base , lisse, allongé, convexe en dessus, comprimé latéra- 
lement, entier, arqué, aigu; mandibules d'égale longueur. 

Narines ovales, à demi-closes par une membrane renflée. 

Langue courte, grêle, pointue. 

Tarses nus, annelés, plus allongés que le doigt le plus long. 

Deux doigts devant, réunis à leur base; deux derrière, totalement sé- 
parés. 

Ailes moyennes, arrondies, à penne bâtarde courte ; troisième , quatrième 
et cinquième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division renferme dix -neuf espèces que les auteurs ont classées 
avec les coucous , mais M. Levaillant a eu raison d'en distraire plusieurs qu'il 
appelle Couas , et auxquelles nous avons joint les Coulicous qui se trouvent 
dans l'Amérique; en effet ceux-ci diffèrent des coucous en ce qu'ils ont 
les tarses totalement dénués de plumes et plus longs ; les ailes plus courtes 
et arrondies ; de plus ils présentent des dissemblances tranchantes dans leur 
propagation, puisqu'ils construisent un nid, soit dans un arbre creux, soit 
sur ses bi-anches, couvent leurs œufs et nourrissent leurs petits; tandis que 
les vrais coucous confient leur progéniture aux soins d'oiseaux qui leur sont 
totalement étrangers. On rencontre des coulicous ou des coz^aj- aux Grandes- 
Indes, en Afrique et en Amérique ; une seule espèce se trouve dans le midi: 
de l'Europe, mais elle y est très-rare. 



coucous. 3r 

LE COULICOU TAIT-SOU, Coccjzus cœruleus. 

PI. XLI. 

Capite, collo ^ corpore , alis caudâque cœruleis. 

Coucou bleu de Madagascar, Brisson, Oriiith., tom. l\,pag. SSy, n° 26. 

Tait-Sou, Biifjon, Hist. nat. des Ois., lom. 6, pag. igi, pi. enl., 
n° 295, _/?^. 2, sous le nom de Coucou" bleu de Madagascar. 

Cuculus cœruleus, Linn., Gmel. , Sjst. nat., édit. i3, «° i5. 

Blue cuckow, Lath., Sjnopsis, tom. i,pag. 53 1 , n° 29. 

Tait-Sou est le nom que cette espèce porte à Madagascar, Tout son plu- 
mage est d'un beau bleu à reflets verts et violets sur les ailes, et très- 
éclatans sur la queue; les yeux sont entourés d'une peau nue et rouge; 
le bec et les pieds sont noirs; le jeune est d'un bleu-vert sans reflets. On 
voit au Muséum d'Histoire naturelle un individu dont la robe est en grande 
partie blanclie. Il y a des Tait-Sous qui sont, suivant Mauduyt, un quart 
plus petits que les autres; est-ce une différence de sexe, ou une race dis- 
tincte de celle-ci? 

gème DiYisioN. COUCOU, Cuculus, Linnée. 

Bec médiocre, entier, lisse, arrondi, un peu comprimé latéralement, 
arqué , pi. D , n° 3. 

Narines ouvertes, ovales, garnies d'une membrane saillante sur les 
bords. 

Langue aplatie, entière, "courte, terminée en flèche. 

Bouche assez fendue. 

Jambes couvertes de plumes longues et pendantes. 

Tarses emplumés au-dessous du talon , pas plus longs et souvent plus 
courts que le doigt le plus allongé. 

Deux doigts devant, réunis à leur base ; deux derrière, totalement séparés ; 
postérieur externe versatile. 

^iles longues, pointues; première rémige ordinairement plus courte que 
la septième ; troisième la plus longue de toutes. 



i-2 COUCOUS. 

Queue à dix rectrlces. 

Cette division est composée de trente-quatre espèces, nombre moins con- 
sidérable que dans les ouvrages de Linnée, de Buffon, etc., parce qu'avec 
raison on en a retiré une grande partie pour les diviser particulièrement , 
non-seulement d'après leurs caractères, et surtout parce qu'ils n'ont point 
les mœurs et les habitudes des vrais coucous. En effet ceux-ci ne font point 
de nids, pondent dans ceux d'autres oiseaux, et confient leur progéniture 
à des mères étrangères, qui en ont soin comme de leurs propres petits; 
tandis que les autres construisent un nid, couvent leurs œufs, et nourrissent 
leur famille. 

La cause de ce phénomène, qu'on remarque aussi chez deux oiseaux 
de l'Amérique^ qui, d'après leurs attributs, diffèrent essentiellement des 
coucous, est encore inconnue; cependant M. Hérissant l'attribue à la con- 
formation particulière des viscères qui s'oppose à l'incubation. Dans les 
autres oiseaux, dit-il, l'estomac est presque joint au dos, et totalement 
recouvert par les intestins; dans les coucous, au contraire, l'estomac est 
placé d'une manière toute différente : il se trouve dans la partie inférieure 
du ventre, et il recouvre absolument les intestins. De cette position de 
l'estomac, il s'ensuit qu'il est aussi difficile au coucou de couver ses œufs 
et ses petits, que cette opération est facile aux autres oiseaux, dans les- 
quels les parties qui doivent peser presque immédiatement sur les œufs 
ou sur les petits sont molles, et capables de se prêter sans danger à la com- 
pression qu'elles doivent éprouver ; il n'en est pas de même dans les cou- 
cous : les membranes de leur estomac sont chargées du poids de leur corps, 
et comprimées entre les alimens qu'il renferme et des corps durs-; elles 
éprouveraient conséquemment une compression douloureuse et contraire 
à la digestion. (^Mémoires de V Académie des sciences^ année i^Sa.) 

Un point très- important reste encore à éciaircir : 11 est certain que la 
femelle coucou dépose ses œufs dans des nids étrangers, le plus souvent 
un seul dans chaque ; mais quels moyens emploie-t-elle à cette fin, surtout 
dans ceux des petits oiseaux, comme fauvettes, pouillots, pipis, etc.; nids 

' Paiserines des pâturages et tangano , vor, l'Encyclopédie méthodique. 



coucous. 33 

qui sont bien loin d'avoir les proportions qu'exigent sa grosseur et une consis- 
tance assez forte pour supporter son poids sans être déformés. Celui du 
pouillot, par exemple, présente encore plus de difficultés que les autres, 
attendu qu'il est construit en forme de four, avec une très -petite entrée 
sur le devant ; malgré cela la femelle coucou y dépose un œuf sans nulle- 
ment l'endommager, ce qui est une preuve certaine qu'elle y introduit l'œuf 
sans y entrer, et probablement d'une des deux manières dont il va être 
question. M. Levaillant nous dit qu'il a remarqué que la femelle d'un coucou 
d'Afrique avait avalé son œuf après l'avoir pondu, l'avait conservé dans son 
œsophage jusqu'au moment où elle l'a regorgé dans le nid dont elle avait 
fait choix. Un autre naturaliste m'a assuré avoir surpris la femelle de notre 
coucou à l'instant où elle venait de pondre à terre, et l'avoir vu prendre 
l'œuf avec son bec, et le transporter dans un buisson voisin où était le nid 
d'une fauvette babillarde. Ces deux faits méritent d'être pris en considé- 
ration. 

LE COUCOU CUIVRE, Cuculus cupi^eus , Latliam. 

PI. XLII. 

Aui^eo-cupreus ; ahdomine femoribusque flavis . 

Cuculus cupreus , Mus. lev. ,pl. de lapage i Sg. — Latham , index sitppl. , 
pag. 29, n° I. 

Cupreous cuckow, idem. Synopsis, -x suppL, pag. i34. 

Coucou cuivré, Vieillot, 2^ édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 8, 
pag. 227. 

Cette espèce, que M. Delalande fils a rapportée du cap de Bonne-Espé- 
rance, et dont un individu est déposé au Muséum d'Histoire naturelle , a le 
bec et les pieds lioirs; la tête, le cou, et toutes les parties supérieures, d'un 
vert métallique brillant à reflets d'or, et d'un rouge de cuivre; toutes les 
plumes ont leur extrémité arrondie , et sont disposées les unes sur les autres 
comme des écailles; le ventre et les cuisses sont d'une belle couleur jon- 
quille; la queue est faiblement étagée, et les deux pennes, les plus exté- 
rieures de chaque côté, portent vers leur bout une tache blanche triangu- 



34 ANIS. 

laire. Cet oiseau présente une certaine analogie avec le coucou doré d'Afrique; 
mais il en diffère par la couleur du dessous du corps, par sa queue plus 
longue, et une taille un peu plus forte à proportion. 

gème DIVISION. ANI, Crotophagay Linnée, Gmelin. 

Bec ridé ou lisse, arqué, entier, comprimé latéralement, anguleux sur 
les bords, à dos caréné. 

Narines ouvertes, ovales, latérales, situées à la base du bec. 

Langue étroite , un peu aplatie , acuminée. 

Tarses glabres, annelés. 

Deux doigts devant réunis à leur base ; deux derrière totalement séparés. 

Ailes courtes; première rémige courte, deuxième moins longue que la 
sixième ; quatrième et cinquième les plus allongées de toutes. 

Queue à buit rectrices. 

Ce genre est divisé en deux sections d'après la forme du bec, et composé 
de trois espèces qui se trouvent en Amérique. 

Les ailes des anis sont faibles et leur vol très-borné; ils ne peuvent sou- 
tenir le vent; et les ouragans en font périr un grand nombre. Etant d'un 
instinct très-social, on les voit toujours en troupes, dont les moindres sont 
de buit ou dix, et quelquefois de vingt-cinq on trente : ils ne se séparent 
guère et se tiennent sans cesse ensemble, soit en volant, soit en se repo- 
sant; et lorsqu'ils se perchent sur les arbres , c'est le plus près qu'il leur est 
possible les uns des autres. Quoique ardens en amour, la bonne intelligence 
qui règne entre eux n'en souffre aucune atteinte, il n'y a point de que- 
relles, ils nicbent en commun; les mâles et les femelles travaillent ensemble 
à la construction du nid, qui sert à plusieurs femelles à la fois; la plus 
pressée n'attend pas les autres, qui agrandissent le berceau pendant qu'elle 
couve les œufs ; cette incubation commune se fait dans le plus parfait accord; 
et s'il arrive que les œufs se trouvent mêlés ou remués, une seule femelle 
fait éclore les œufs étrangers avec les siens; elle les rassemble, les entasse 
et les entoure de feuilles, afin que la chaleur se répartisse sur toute b 
masse, et ne puisse se dissiper. Quand les petits sont éclos , les mères, qui 



ANIS. 35 

ont couvé ensemble, nourrissent indifféremment toute la famille nais- 
sante. 

Ani est le nom que ces oiseaux portent au Brésil; les Mexicains les ap- 
pellent cacalotolt, qui signifie oiseau ajant du rapport au corbeau. On 
le nomme dans nos colonies de l'Amérique, bout-de-petun ou bout-de-tabac, 
oiseau diable, amanguas , perroquet noir, etc. 

A. Bec ridé plus épais que large. ( PI. D, n" 5 ). 

L'ANI DES SAVINNES, Cmtophaga ani. 

PI. XLIII, 

TSfigro-Violacea; marginibus pennarum cupreo-viridi micantibus , remi- 
gibus rectricibusque concoloribus . 

Ani des savannes, Biiffbn, Hist. nat. des Ois., tom. 9, oag. 420, pi. 
enl. 11° io%,Jîg. 1, sous le nom de petit bout-de-petun. 

Crolophaga ani, Linn. Gm. Sjst. nat. édit. i3, n° i. 

Razor-billed blackbird, Catesby, car. tab. 3. 

Lesser ani, Lath., tom. 1 , page 36o, n° i. 

Cette espèce, qu'il ne faut pas confondre avec l'ani des palétuviers 
quoique portant l'un et l'autre à très-peu près la même livrée, et ne diffé- 
rant guère que par la taille que celui-ci a plus longue, se trouve dans les 
grandes îles Antilles, à Cayenne, au Brésil et au Paraguay. Elle construit 
un nid très -solide, quoique grossier, avec des petites branches d'arbris- 
seaux que lient des fîlamens de plantes, et en garnit l'intérieur de feuilles. 
Ce nid est fort évasé et élevé de bords ; il a quelquefois plus de dix-huit 
pouces de diamètre , et sa capacité est proportionnée à la quantité de 
femelles qui doivent y pondre , puisqu'elles nichent ordinairement en com- 
mun, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus. Le petit nombre de celles qui 
couvent en particulier , pratiquent, avec des brins d'herbes, une séparation 
dans le nid, afin de contenir leurs œufs. Toutes les couvrent avec des 
feuilles ou de l'herbe à mesure qu'elles les pondent, et encore dans le 
temps de l'incubation, lorsqu'elles sont obligées de les quitter pour chercher 

GALERIE DES OISEAUX. //^ PARTIE. 6 



36 ANIS. 

leur nourriture. Leurs œufs sont recouverts d'une couche blanche que l'on 
enlève aisément avec un couteau , et qui alors laisse à découvert un très- 
beau vert bleuâtre. 

L'aliment des anis est tout à la fois animal et végétal; les petits ser- 
pens, les lézards, les chenilles, les vei's, les grosses fourmies et d'autres 
insectes , paraissent néanmoins avoir la préférence. Ils se posent sur les 
bœufs pour manger les tiques, les vers et les insectes nichés dans le 
poil de ces animaux. A défaut de noun'iture animale , ils vivent de diffé- 
rentes espèces de graines, comme le maïs, le millet, le riz, l'avoine sau- 
vage, etc. 

Une attitude ordinaire à cette espèce, est de retirer le cou et serrer la 
tête contre le corps , ce qui leur donne un air souffrant et transi ; c'est 
ainsi que j'ai vu souvent ces oiseaux à Saint-Domingue surtout, lorsqu'ils 
sont perchés. Ils ne sont ni craintifs ni farouches, et ne fuient jamais bien 
loin; on les apprivoise facilement, et on prétend, qu'en les prenant jeunes, 
on peut leur apprendre à parler. Ils se tiennent en grand nombre dans les 
savannes, toujours dans les endroits découverts, un peu ombragés, et ja- 
mais dans les grands bois. 

Le plumage du mâle est généralement d'un noir à reflets violets et verts 
dorés ; celui de la femelle est d'une couleur plus sombre et plus mat ; le 
bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, treize pouces et demi. 

B. Bec lisse et aussi épais que large. 

L'ANI GUIRA-CANTARA, Crotophaga piririgua. 

PI. XLIV. 

Ex Jlavicante atba; caudâ alisque Jiiscis ; capite in mediojïisco ad 
lateraflavicante; collo in medio Jlavicante ad laterafusco. 
Guira acangatara , Marcgmve i , Hist. bras. , page 216. 
Guira-cantara, Buffon^Hist. nat. des Ois.., tome &, page l^o'j. 
Cuculus guira, Linn., du., Sjst. nat., édit. i3, n° Sa. 
Brasilian cristed cuckow, Lath. Synopsis, tome \, page, i58, n° 36. 



ANIS. 37 

Piririgùa, de azara, apuntamientos para la, hisi. nat. de los paxaros 
del Paràgudj y Rio de la Plata, tome 1 ,page 34o, n° 262. 

NcHis devons à M. de Azara la partie historique de cet oiseau , qui jus- 
qu'alors était peu connue. Ce savant naturaliste, à qui l'on est redevable 
d'une histoire très-intéressante des oiseaux de l'Amérique méridionale , le 
décrit sous le nom àe pùirigua , et le réunit aux anis d'après ses mœurs et 
et ses habitudes. On l'appelle encore au Paraguay piririta; ces deux déno- 
minations expriment son cri le plus ordinaire, qu'il répète soit en volant, 
soit en repos; il prononce aussi quelquefois ycz'/m, comme s'il riait, et d'autre 
fois guoagua, du ton de quelqu'un qui pleure. Cet oiseau n'est point 
farouche. Il cherche sa nourriture de côté et d'autre dans les plantations, 
les enclos, les bosquets, autour des bœufs, dans les pâturages, mais il 
ne se pose jamais sur ces animaux. Il se nourit de grillons, de sauterelles 
et de petits lézards. 

Le peririgua et l'ani des savaunes sont deux espèces si amies, que leurs 
troupes se mêlent fréquemment, et qu'elles travaillent souvent ensemble à la 
construction d'un grand nid, dans lequel toutes les femelles déposent leurs 
œufs, les couvent, nourrissent et élèvent les petits, comme s'ils étaient de la 
la même espèce. Cependant il arrive plus ordinairement que chaque troupe 
fait un nid particulier et assez spacieux pour contenir les œufs de toutes les 
femelles de la bande. Elle le place sur des buissons hauts et épais, le com- 
pose de rameaux à l'extérieur, garnit le dedans de feuilles sèches, et lui 
donne une forme assez aplatie. Les œufs sont exactement en ellipse allongée, 
aussi gros à un bout qu'à l'autre, d'un vert bleuâtre, avec des veines blan- 
ches qui s'effacent par un léger frottement, et mettent totalement à décou- 
vert la belle couleur du fond. Le guira-cantara montre un tel courage à 
l'époque de ses couvées, qu'il attaque avec acharnement, et met en fuite, 
les caracaras ou tout autre oiseau , s'il passe près de son nid. 

Les plumes de l'occiput sont longues de quinze lignes, et forment une 
huppe qui n'est jamais totalement couchée, et que cet oiseau relève un peu, 
surtout lorsqu'il est en colère. Ces plumes ont leur tige noirâtre et leurs 
bords dorés; les côtés de la tête sont d'un blanc jaunâtre; l'occiput est noir 
et blanchâtre, les plumes de la partie postérieure du cou et du haut du dos 



38 INDICATEURS. 

ont du blanc le long de la tige, du blanchâtre sur les bords, et du brun 
foncé sur le reste; le bas du dos et toutes les parties inférieures sont blancs j 
les couvertures supérieures des ailes, noirâtres et bordées de blanchâtre; 
quelques-unes de celles-ci et les pennes, brunes; le reste de l'aile est noi- 
râtre, la queue, blanche à son origine, sur la longueur de trois pouces; 
les rectrices intermédiaires sont ensuite brunes, les autres noires avec une 
tache blanche à leur extrémité; le bec et l'iris, orangés; les cils d'un vert 
noirâtre; le tour de l'œil est d'un jaune bleuâtre; longueur totale, quinze 
pouces. Le plumage n'est pas tout-à-fait coloré de même chez des indi- 
vidus , ce qui paraît caractériser les femelles ou l'âge peu avancé. 

^ème DIVISION. INDICATEUR, Indicator. Cuculus, 

Linnée, Gmelin. 

Bec plus court que la tête, un peu fléchi en arc, dilaté à sa base, convexe 
en dessus, entier, un peu rétréci vers le bout; mandibule supérieure inclinée 
à sa pointe; l'inférieure retroussée à son extrémité (pi. D, n" 4-) 

Narines petites, concaves, à demi -cou vertes par les plumes du capis- 
truni. 

Langue aplatie, courte, triangulaire. 

Tarses nus, annelés. 

Deux doigts devant unis à leur base; deux derrière totalement séparés. 

Ongles forts , crochus , acuminés. 

Ailes moyennes ; première et deuxième rémiges les plus longues de 
toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les deux espèces qui composent cette division se trouvent dans l'Afri- 
que méridionale. Le nom qu'on leur a imposé vient de ce qu'elles servent 
de guide aux habitans, pour découvrir les ruches d'abeilles sauvages qu'elles 
indiquent en criant. On trouve leur nid dans un arbre creux, et leur ponte 
est de quatre ou cinq œufs. Ils se nourrissent d'insectes, de cire et de miel. 



INDICATEURS. Sg 

LE GRAND INDICATEUR, Indicator major. 

PI. LXV. 

Corpore supra iiiride-olivaceo ; uropjgio albo; semi-collavi nigro ; gulâ 
pectoreque pallide flavis ; ventre sordide albo ; {m&%.^ Jrontejlavescente^ 
albo maculatâ; dorso flavescente-olivaceo ; gulâ pectore ventrisque late- 
ribus nigricante variis ( femina ). 

Indicateur, Buffon, Hist. nat. des Ois. , tome &, page 892 . 

Grand iïid\cdi\.eviv ., Levaillant , Oiseaux d' Afrique , pi. i[\\,Jîg. let 2. 

Cuculus indicator, Linn. Gm., Sjst. nat., édit. i3, n° l^i. — Lalham , 
index, n° 36. 

Honey cuckow, Latham, Synopsis, tome •2.,page 533, n** 3i. 

Honey guide, Sparrmann, act. angl. Q'] , pag. 38, tab. 1. 

Cet oiseau , ne pouvant qu'avec beaucoup de difficulté avoir le miel dont 
il paraît très-friand, a l'instinct d'appeler l'homme à son aide, en lui indi- 
quant le nid des abeilles par un cri fort aigu, qui, selon des voyageurs, 
semble exprimer les mots chirs, chirs , et selon d'autres, les syWahç?, wicki , 
wicki, qui, dans la langue hottentote, signifie miel. Il fait entendre ce cri 
le matin et le soir, et semble appeler les personnes qui sont à la recherche 
du miel dans les déserts de l'Afrique ; celles-ci lui répondent d'un ton plus 
grave, en s'approchant toujours. Dès que l'oiseau les aperçoit, il va se placer 
sur l'arbre qui renferme une ruche, et si les chasseurs tardent à s'y rendre, 
il redouble ses cris, vient au-devant d'eux, et, par plusieurs allées et ve- 
nues, la leur indique d'une manière très-marquée. Tandis qu'on se saisit de 
ce que contient la ruche, il reste dans les environs, et attend la part qu'on 
ne manque pas de lui laisser. L'existence de l'indicateur est précieuse pour 
les Hottentots , aussi ne voient-ils pas de bon œil celui qui le tue. Sa peau , 
selon M. Levaillant, est épaisse, et le tissu en est si serré, que, tant 
qu'elle est fraîche, on peut à peine la percer avec une épingle. Cette épais- 
seur le préserve de l'aiguillon des abeilles, à qui il fait une guerre conti- 
nuelle; celles-ci, dont 11 détruit un grand nombre, s'attachent de préférence 
à ses yeux, et viennent quelquefois à bout de lui donner la mort. On trouve 



4o TOULOUS. 

son nid dans un trou d'arbre, et la ponte est de trois ou quatre œufs d'un 
blanc sale. Le mâle a le dessus de la tête et du cou, le manteau et les 
couvertures supérieures des ailes d'un vert olive rembruni, qui, sous cer- 
tains aspects, prend un ton jaunâtre; le croupion blanc; les couvertures su- 
périeures de la queue de cette couleur, variée de noirâtre; les pennes des 
ailes, d'un brun olivacé et liserées de vert-olive en debors; les trois der- 
nières pennes latérales de la queue, blancbes, avec une tache brune à leur 
bout; toutes les autres d'un brun olivacé à l'intérieur et en partie blanches 
en dehors ; la gorge, le devant du cou et la poitrine , d'un jaune pâle, comme 
onde de gris blanc sale sur le milieu du cou, et varié de taches noires sur 
la gorge; toutes les parties postérieures d'un blanc jaunissant: le bec, les 
pieds et l'iris bruns. Longueur totale, six pouces et demi. 

La femelle diffère par une taille plus petite, et en ce que la couleur olive 
des parties supérieures est d'un ton plus jaunâtre ; que le front est piqueté 
de blanc jaunâtre ; que la gorge, le devant du cou, la poitrine et les flancs 
sont variés de brun-noir sur un fond blanc jaunâtre. Les jeunes lui res- 
semblent. 

gème DIVISION. TOULOU ou COUCAL, Corydonix, 
Cuculus, Linnée, Gmelin. 

Bec caréné, arqué- de son milieu à son extrémité, comprimé latérale^ 
ment, pointu. 

Narines étroites, percées longitudinalement dans une membrane, situées 
près du capistrum. 

Langue large, un peu découpée à sa pointe. 

Tarses annelés et nus. 

Deux doigts devant réunis à leur base; deux derrière totalement séparés; 
l'extérieur postérieur versatile. 

Ongle du pouce très-long, presque droit, subulé. 

Ailes courtes, arrondies, à penne bâtarde très-courte, étroite et aiguë; 
première rémige la plus courte de toutes ; quatrième et cinquième les plus 
longues. 



TOULOUS. 41 

Queue à dix rectrices. 

Parmi les douze espèces que renferme cette division, les unes se trouvent 
en Afrique, d'autres dans l'Asie orientale, et quelques-unes dans l'Austra- 
lasie. Linnée, Gmelin, Latham, etc. ont classé parmi les coucous celles 
qu'ils ont décrites; mais M. Levaillant en fait avec raison un groupe 
particulier sous le nom de coucal. En effet elles se distinguent des véritables 
coucous, en ce qu'elles ont l'ongle du pouce pareil à celui de l'alouette, 
que leurs tarses sont plus allongés que chez ces coucous, et de plus, tota- 
lement dénués de plumes , et que leurs ailes sont courtes et arrondies , 
tandis que ceux-ci les ont longues et pointues. On a très-peu de renseigne- 
mens sur leur genre de vie ; on sait seulement qu'elles se nourrissent prin- 
cipalement de sauterelles, de grillons, de criquets et d'autres insectes, que 
le mâle et la femelle ont beaucoup d'affection l'un pour l'autre, et que leur 
vol est court et peu élevé. 

LE TOULOU RUFALBIN, Corydonix pyrrholeucus. 

PI. XL VI. 

Vertice et collo superiore nigricantibus ; corpore suprd nifo-fusces- 
cente, subtus sordide albo ; tectricibus caudœ pansversim striatù. 

Coucou du Sénégal, Brisson, tome 4, pcig& 120, n° "Jtpl. %,Jig. i. 

Le rufalbin, Buffon, Hist. nat. des Ois., tome 6, page 70, pi. enl., 
n° 332 , sous le nom de coucou du Sénégal. 

Cuculus senegalensis , Linn., G?n., Sjst. nat., édii.i3, n° 6, Latham, 
index «"19. 

Strait-heeled cuckow, Lath. Synopsis., tome i, page 525, n° 18. 

On rapproche le rufalbin du houhou d'Egypte, cuculus œgjptiiis ; en 
effet, ces deux oiseaux présentent une grande analogie dans leur plumage 
et dans leur genre de vie. Selon Sonnini qui les a observés en Egypte et 
sur la côte occidentale de l'Afrique, dans le pays des Yolofs, ils volent 
mal, ne peuvent s'élever ni même traverser du même temps une espace de 
quelque étendue; si dans l'intervalle ils ne rencontrent pas un arbrisseau 
pour se poser, ils sont bientôt obligés de se laisser, pour ainsi dire, tomber 



42 MUSOPHAGES. 

par terre; enfin, ils ne possèdent de la faculté de voler qu'autant qu'il leur 
en faut pour attraper les sauterelles, les grillons et les criquets dont ils 
composent leur subsistance. Ils ne sont point farouches, et l'on peut les 
approcher de très-près. Ils vivent par couples, et se plaisent auprès des 
lieux habités. Leur voix est grave. 

Le plumage de ces oiseaux n'est pas tout-à-fait le même pour tous, celui 
dont nous publions la figure, a environ i4 pouces de longueur totale; la 
tête et le dessus du cou couvert de plumes dures, épaisses, noirâtres, dont 
la tige est d'une couleur plus foncée et plus brillante; celles des côtés et 
du devant du cou, d'un blanc roussâtre avec leur tige plus éclatante et plus 
apparente; le dos et les plumes scapulaires sont d'un roux rembruni; le 
croupion et toutes les couvertures de la queue, rayées transversalement de 
brun et de blanchâtre; la poitrine, le ventre, les jambes d'un blanc légère- 
ment teint de roussâtre; les couvertures supérieures des ailes rousses; leurs 
pennes de cette couleur, plus rembrunie à leur bout ; celles de la queue 
noirâtres; le bec est noir, le tarse gris-brun; l'iris, d'un beau rouge. 

f"^" FAMILLE. FRUGIVOPtES, Frugwon. 

Bec plus court que la tête , dentelé. 

Doigts antérieurs unis à leur base par une membrane ; l'externe 
versatile. 

i^^*^ DIVISION. MUSOPHAGE, Musophaga, Latham. 

Bec un peu triangulaire et glabre à sa base, robuste, comprimé latéralement 
vers le bout, caréné en dessus, dentelé sur ses bords, incliné à sa pointe ; man- 
dibule supéi'ieure quelquefois prolongée sur le front en forme de disque. 

Narines ovales, ouvertes, situées à la base du bec ou vers le milieu. 

Langue charnue, un peu épaisse, courte, entière. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts antérieurs^ réunis à leur base par une membrane; l'externe 
versatile. 



MUSOPHAGES. 43 

Ailes courtes; première et deuxième rémiges les plus coûtes de toutes; 
cinquième et sixième les plus longues. 

Queue à dix rectrices. 

On ne connaît que la nourriture des trois espèces qui composent cette 
division, elle consiste en baies et en fruits qu'elles cherchent sur les arbres 
où elles se tiennent ordinairement. 

A. Base de la mandibule supérieure prolongée sur le front. Narines 

situées vers le milieu du bec. (PI. D, n° 6.) 

LE MUSOPHAGE VIOLET, Musophaga violacea. 

PI. XLVII. 

Violacea ; striga aurium alba. 

Musophaga violacea. Schr. der. berl. gesell. 9, 8, i6, tab. i. 

Royal cuckow, lei>. mus. pi. in p. 167. 

Violet plantain-eater, Lath. sjnopsis., 1^ suppl., page \o!\., pi. laS. 

Musophaga violacea. Latham, index, n" i. 

Musophage violet, 2e édit. du nouv. dict. d'hist. nal., tome 22, pa<^e 00. 

Cette rare espèce, qu'on rencontre en Afrique, au Sénégal et à la côte de 
Guinée, fréquente les plaines et les bords des rivières, surtout de celles de 
la province d'Acra, où elle se nourrit principalement des fruits du plantain 
musa paradisiaca et sapienlum. 

Selon Latham, qui le premier a décrit cet oiseau, la base de la mandibule 
supérieure s'élève au-dessus de la tête, de manière qu'elle cache sa liaison 
avec le crâne, et laisse un vide entre elle et le front ; mais cette élévation n'est 
nullement apparente sur l'individu mort; il semble qu'alors cette base adhère 
tellement au sommet de la tête que l'on croirait qu'elle en fait partie. Le bec est 
d'un beau jaune; une peau nue, qui s'avance sur le côté de la mandibule infé- 
rieure à quatre lignes environ et couvre les lorums, entoure les yeux et s'étend 
un peu au delà; l'iris est brun, et les paupières sont pourpres; des plumes 
courtes, fines et déliées couvrent la tête et la nuque; elles sont, ainsi que 
le reste du plumage d'un beau violet, à reflets pourpres, verts sur les ailes 

GALERIE DES OISEAUX. Il" PARTIE. 7 



44 MUSOPHAGES. 

.et moins apparens en dessous du corps; une bande blanche part des yeux 
et passe au-dessus des oreilles; la queue est cunéiforme et assez longue; les 
pieds sont noirâtres et très-forts. Longueur totale i8 pouces. 

B. Base de la mandibule supérieure ne dépassant pas l' origine du front. 
— Narines situées près du capistrum. (PI. D, n° 7). 

LE MUSOPHAGE VARIÉ, Musophaga variegata. 

PI. XLVIII. 

Supra Jusca ; dorso cinereo mixto; tectricibus alarwn superioribus 
ardosaceis ; corpore subtus albo,Jusco longitudinaliter striato. 

African pheasant, Lath. synopsis., i"" suppL, page 210, n° i3. 

Phasianus africus, idem, index, n° 8. 

Le faisan d'Afrique, Buffbn, édit. de Sonnini, tome l\i , page aSo. 

Musophage varié, 2® édit. du nouv. dict.d'hist.nat., tome 0.0., page ^1. 

Ce musophage, qui n'est pas rare au Sénégal , n'a point de parties dénuées . 
de plumes, sur les côtés de la tête. Les plumes de l'occiput et de la nuque 
sont brunes, blanches, longues, étroites, et présentent une sorte de huppe 
tombante sur la nuque; le dessus de la tête, le cou, le dos et le crou- 
pion sont bruns; lès plumes du bas du cou, bordées de gris blanc, et 
celles du dos, de gris cendré ; les pennes des ailes présentent le même fond 
de couleur, et portent à l'extérieur une bordure ardoisée ; leurs couvertures 
supérieures sont de cette dernière teinte; la gorge, la poitrine, le ventre, 
les jambes et les couvertures inférieures de la queue sont blancs, avec un 
trait longitudinal brun sur le milieu de chaque plume, et un gris cendré 
svir les bords; la queue est pareille aux ailes; le bec jaune; les pieds sont 
bruns. Taille du précédent. 

Cette description ne peut pas tout-à-fait convenir à tous les individus de 
cette espèce ; il en est qui offrent quelques différences , peut-être occasio- 
nées par l'âge ou les sexes. Tel est, entre autres , celui dont Latham a fait un 
faisan [phasianus africanus) ; ainsi que Sonnini , dans son édition de Buffon , 
sous le nom Ae faisan d'Afrique. Cet oiseau a le bec jaune; les plumes de 



TOURACOS. 45 

la huppe brunes dans le milieu , et blanches sur les côtés ; le dessus de la 
tête noirâtre; les plumes du dos d'un cendré bleuâtre avec un trait noirâtre 
près de leur tige; le menton et le devant du cou d'une couleur de rouille rem- 
brunie; les côtés du cou blanchâtres et un peu bigarrés de brun; les plumes 
de la poitrine et du ventre blanches avec des traits noirs le long de leur tige; 
les ailes d'un cendré bleuâtre et noirâtre à leur extrémité; l'aile bâtarde 
noire ; les huit premières pennes de la queue blanches, sur leur côté interne 
du milieu à la pointe, ensuite d'une couleur de plomb rembrunie, et noires 
à l'extérieur; les deux intermédiaires de cette couleur à leur extrémité et 
brunes dans le reste ; les pieds noirs, et dix-huit pouces de longueur totale. 

2*"' DIVISION, TOUE.ACO, Opaethus. Cuculus, 
Linnée, Gmelin. 

Bec plus court que la tête, garni à sa base de plumes effilées et dirigées 
en avant, convexe en dessus, un peu arqué, comprimé latéralement, den- 
telé du milieu à la pointe, pi. E, n° i. 

Narines orbiculaires et cachées en grande partie sous les plumes du 
capistrum. 

Langue cartilagineuse, plate, pointue. 

Bouche fendue jusque sous le yeux. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts robustes, antérieurs réunis à leur base par une membrane; 
l'externe versatile. 

Ongles forts et aigus. 

Ailes courtes à penne bâtarde courte; troisième et quatrième rémiges, 
les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division se compose de trois espèces qui se trouvent en Afrique. 
Ces beaux oiseaux volent lourdement, battent beaucoup des ailes et ne 
font pas de grands trajets; en revanche ils sont d'une agilité surprenante 
à sauter de branche en branche et à parcourir toutes celles des plus grands 
arbres, sans pour cela déployer leurs ailes. Ils ne se nourrissent que de 



46 TOURACOS. 

fruits, fréquentent les forêts et nichent dans de grands trous d'arbre. Le 
mâle et la femelle se quittent rarement et partagent l'incubation. Nous 
devons ces détails à M. Levaillant, qui a observé les touracos dans ses 
voyages en Afrique. 

LE TOURACO PAULINE ou A HUPPE ROUGE, 

Opœthus erythrolophus . 

PI. XLIX. 

Cristârubrâ; coîlo, dorso, alarum tectricibus superioribus , reclricibus 
pectoreque cupreis; ociilis alho circumdatis . 

Touraco pauline, Vieillot, i^ édit. du nouv. dict. d'hist. nat., tome 34, 

page 3o6. 

On doit la connaissance de ce touraco à M"" Pauline de Ranchoup, qui 
l'a possédé vivant à Paris, et chez laquelle nous l'avons vu; quoiqu'il fût 
doux et familier, il n'a pas survécu long-temps à son esclavage; le cHmat 
et une nourriture peu substantielle ont abrégé ses jours. 

Sa huppe est l'ouge et composée d'un grand nombre de plumes effilées et 
très-déliées, qui, s'élevant de chaque côté, s'appliquent les unes contre les 
autres et se réunissent à leur sommet pour former une sorte de crête qui 
imite un casque ancien. Ce casque s'étend jusque sur le haut du cou, dont les 
plumes présentent les mêmes formes et prennent la même direction que celles 
de la tête et de la nuque. Les plumes qui recouvrent les narines, le cou en 
entier la gorge, la poitrine, le dos, les couvertures supérieures, les pennes 
secondaires des ailes, les tectrices du dessus de la queue et ses pennes sont 
d'une couleur de cuivre très-lisse et lustrée; le ventre et l'abdomen d'un vert 
de cuivre un peu terne et à reflets d'un vert-bleuâtre ; les pennes primaires 
et intermédiaires des ailes d'un beau rouge en dehors , et d'un rouge très- 
clair en dedans; une grande plaque blanche entoure l'œil, s'étend d'un côté 
iusqu'au bec, de l'autre jusqu'au sourcil, et remonte sur le front oii elle 
prend une légère teinte de rouge, le bec est d'un jaune qui tend à l'orangé; 
l'œil grand, rougeâtre et très-brillant, les paupières sont couvertes de petits 
points pourprés ; les pieds d'un gris noirâtre ; la queue est arrondie. 



MICROGLOSSES. 4? 

4^"^ DIVISION. Des Psittacins. MICROGLOSSE, 
Microgiossus , Geoffroy Saint - Hilaire ; P-y^Vtof^w^^ 
Linnée, Gmelin. 

Bec incliné dès sa base et garni d'une membrane à son origine ; man- 
dibule supérieure dentée vers le milieu et vers le bout, très-recourbée et 
très-aiguë à son extrémité ; l'inférieure plus courte, profondément échan- 
crée, obtuse à sa pointe. 

Narines orbiculaires, ouvertes, situées dans une membrane. 

Langue petite, en forme de tubérosité ovale et creusée à sa pointe. 
(Pl.D,n<>8). 

Joues nues. 

Tarses courts. 

Deux doigts devant, deux derrière antérieurs réunis à leur base; pos- 
térieurs totalement séparés. 

Ailes grandes; deuxième et troisième rémiges, les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

La seule espèce dont cette division est composée se trouve dans l'Inde. 

LE MICROGLOSSE NOIR, Microgiossus aterrimus. 

PI. L. 

Cristatus ; Niger ( adultus ) griseus (Junior. ) 

Corbeau des Indes, gravures de Fander Meulen, 1707 ; 

Grand cacatua noir , Edwards , glan. , pi. 3 1 6 ; 

Kakatoès noir, Biiffon, ois., tome (3, page 97; 

Psittacus aterrimus, Linn., Gm., syst. nat., édit. i3, «° gS; 

Black cockatoo, idem., synopsis., tome \.,page 260, n° 66; 

Ara à trompe, Levaillant, hist. des perroquets, tome \,page, 36 pi. 12 
et i3; 

Microglosse, Geoffroj Saint-Hilaire ; Mémoire lu h l'Académie des 
Sciences. 



48 MICROGLOSSES. 

Cet oiseau, que depuis peu nous avons vu vivant à Paris, porte une 
huppe Gomposée de plumes nombreuses, longues, étroites, effilées, pointues 
et noirâtres. La peau nue des joues est couleur de chair, le reste du plumage 
d'un noir lustré avec des reflets bleuâtres; le bec et les pieds sont d'un noir 
mat. Tel est cet individu sous son vêtement parfait, mais dans sa première 
année sa livrée semble couverte d'une poudre grise. On le trouve à l'île de 
Ceylan. 

C'est en captivité un être doux, familier, qui court avec vitesse, et se 
nourrit de pain et de graines. Il jette, surtout lorsqu'on l'approche, un cri 
qui peut se comparer à un croassement rauque. Ce cri paraît partir du larynx 
inférieur; car on ne voit dans sa langue aucun mouvement qui l'indique. 
Son bec ne reste pas toujours entr'ouvert, comme le dit l'auteur du règne 
animal , car il le ferme hermétiquement , lorsqu'il est dans l'inaction. 

Il se distingue de tous les oiseaux de sa famille, par la forme de sa 
langue, que M. Levaillant compare à la trompe de l'éléphant, et que 
M. Geoffroy Saint-Hilaire a eu occasion d'observer dans un individu 
vivant , et sur laquelle il a publié des détails du plus grand intérêt dans un 
mémoire lu à l'Académie des Sciences le 6 juillet i8ai, et intitulé: 
Organes de la déglutition et du goût des perroquets microglosses. 
Ce savant professeur a eu la complaisance de me le communiquer et de me 
permettre de l'insérer dans cet ouvrage, ainsi que de publier le dessin de la 
la langue figurée sur la pi. D, n° 8, et qu'il a fait exécuter sur l'animal 
vivant : c'est ainsi qu'il s'exprime. 

« On chercha à comprendre ce que M. Levaillant avait entendu par 
l'expression bien vague d'une trompe qui remplace la langue (chez son 
ara à trompe), et en s'aidant du texte et des figures de l'auteur, on s'arrêta 
à l'idée que ces aras de l'Inde se distinguaient des véritables aras, tous 
d'Amérique, et même de tous les autres perroquets par une langue cylindri- 
que , terminée par un petit gland corné. Voyez le règne animal^ tome i *'', 
page 434. 

« Rien de tout.cela n'est vrai, ni les faits présentés par l'auteur original, 
ni les interprétations que ces faits ont suggérées. L'analogie est sans puis- 
sance pour juger d'une forme inconnue; on ne la devine pas : il faut la 



MICROGLOSSES. 49 

voir pour la rendre. C'est une erreur à effacer de nos livres et un fait de 
plus d'organisation à y introduire. 

« M. Levaillant veut peindre à l'esprit quelque chose extraordinaire qui 
le frappe , et il s'arrête au mot de trompe , insinuant qu'il se fonde sur une 
analogie par la remarque que l'objet de ses considérations est un organe de 
préhension. 

« Ne serait-ce là qu'une expression métaphorique, elle manquerait déjà 
de justesse; car il est évident qu'elle porte sur une fausse idée, que l'on 
s'est faite de la trompe d'un éléphant. Cet objet est essentiellement le 
nez allongé de l'animal , et il devient accidentellement un organe de mou- 
vement; tout allongement de parties dans l'organisation animale étant 
nécessairement passible de ce résultat. 

a Mais le mot trompe n'est point ici employé au figuré ; car plus loin 
notre auteur, oubliant que la base qu'il a donnée à ses raisonnemens est 
tout entière une supposition de lui , une création de son esprit , compare 
les relations et les différences des deux trompes. « Celle de T éléphant, dit-il, 
est au-dessus de la bouche et peut se rouler et se ployer eu tous sens , 
quand dans les aras indiens , la trompe occupe l'intérieur du bec et rem- 
place de cette manière la langue , dont cependant cette trompe ne fait jamais 
l'office, étant privée de la faculté de se rouler ou de se ployer. » 

« Que le mot trompe ait été dans le principe la désignation caractéris- 
tique du prolongement nasal de l'éléphant, on a bien pu cependant en 
étendre la portée à tout autre appareil de même ordre, et le consacrer 
comme terme générique, pour désigner un excédant de l'organe olfactif 
formé partout ailleurs de tiges creuses, conjuguées, allongées et mobiles. 
Mais il répugne de le transporter chez les oiseaux où n'est et ne peut 
être la chose. Encore mieux répugne-t-il de le transporter d'un système 
organique à un autre. 

« Laissant de côté cette expression erronée de trompe, il suffit que je 
sache que l'appareil dont il est ici question existe en dedans des mandi- 
bules, pour que je ne puisse douter que ce ne soit la langue et ses dépen- 
dances. C'était parce qu'on avait remarqué la mobilité de toutes ces 
parties, que, pour expliquer cette circonstance, on avait eu recours à la 



5o - MICROGLOSSES. 

considération des effets analogues de la trompe de l'éléphant, comme si ce 
n'était pas le propre de la langue d'être avec cette même mobilité, et de 
CTQuverner le cours de toutes choses dans la cavité buccale. 

(c L'ensemble est donné , c'est l'appareil hyoïdien et ses dépendances. Le. 
principe des connexions va fournir la détermination de chaque pièce de 
l'hyoïde , et d'autant plus sûrement que le point de départ n'est susceptible 
ici d'aucune incertitude. La langue termine tout appareil hyoïdien; ce petit 
bout noir décrit sous la forme d'un gland creusé à sa pointe , dit M. Levaillant ; 
corné , a dit M. Cuvier, en fera tout du moins partie. J'y ai regardé très- 
attentivement, ce n'en est pas un fragment, c'est toute la langue. 

« J'avoue que j'ai été très-étonné de ce résultat. On sait que ce qui dis- 
tingue les perroquets du plus grand nombre des oiseaux, c'est la qualité 
charnue et le grand volume de leur langue : tout ample qu'est leur bec , 
celle-ci en remplit toute la capacité; il n'est donc rien de plus remarquable 
que de voir que ce qui existe avec une si grande exagération dans une famille, 
présente tout à coup le contraire dans une de ses subdivisions. Cette langue est 
réduite aux plus petites dimensions, sans cependant rien perdre de son 
efficacité, comme organe du goût; voilà ce dont il ne m'est pas permis de 
douter, et ce qui explique une habitude de l'oiseau, racontée par M. Levail- 
lant, et que j'ai pareillement constatée. Ces perroquets émiettent tout ce 
qu'on leur donne, et recueillent chaque miette sur le centre de leur langue 
qui prend alors une forme de cuilleron. Il est évident qu'ils agissent ainsi 
par sensualité; car, s'ils n'avaient en vue que de s'approvisionner et de 
et de remplir leur estomac , ils trouveraient à le faire à bien moins de 
frais et de fatigues. 

« Comme tous les perroquets, ils brisent sans difficulté les noix, les 
noisettes et toute espèce de noyau; mais, quand ils en ont détaché les 
amandes, il ne leur arrive pas, ainsi qu'à leurs congénères, de les écraser 
pour les avaler en gros fragmens : l'entrée de leur œsophage le permettrait 
cependant, puisque cette ouverture est assez grande pour que les amandes 
entières y puissent être reçues. 

« Un ara à trompe a garde d'en agir ainsi. J'ai vu cet oiseau attentif à 
gruger tout ce qu'on lui donnait, du pain, du sucre, des amandes, et à 



MlCROGLOSSliS. 5l 

toujours porter sur l'extrémité de sa langue chaque parcelle qui se trou- 
vait détachée, et il en faisait la déglutition, retenant la niasse principale 
entre les tranchans des demi-becs; ou bien, pour avoir sans embarras la 
jouissance entière de son appareil de déglutition , cette masse principale 
était reprise et conservée momentanément par une des pattes. 

« Ija langue de ces oiseaux a été comparée à un gland : c'est en effet une 
tubérosité de forme ovale; son grand diamètre est transversal, et large de 
trois lignes; le petit diamètre est de moitié tout au plus. Toute petite qu'est 
cette langue , elle saisit habilement tout fragment qui est d'une dimension au- 
dessous de son volume ; c'est qu'elle se plisse et devient concave à la ligne mé- 
diane; elle est dans le vrai fortement préhensile, ce dont elle est redevable à 
ses os propres ou aux glossohyaux, qui, rapprochés l'un de l'autre par les 
muscles de la langue, deviennent une sorte de pince pour tout ce qui s'engage 
dans leur intervalle. 

Je n'ai pu prendre connaissance des pièces hyoïdiennes qu'à travers les 
mem.branes et les muscles de tout cet ensemble de parties mais, aidé de la 
connaissance que j'avais de l'hyoïde des autres perroquets , j'en ai pu présenter 
la détermination sans craindre de me tromper. 

L'apohyal est la pièce planche D, lettre E; il paraît que sa tête apo- 
physaire, qui est ordinairement prolongée et portée sur le basihyal a plus de 
longueur que chez les perroquets à grosse langue ; la figure l'indique sous la 
lettre G. Le cératohyal , dans tous les perroquets, est ordinairement un os 
ramassé, semblable de forme, comme d'usage, à la rotule : la lettre H 
montre sa place. J'ai pu distinguer le basihyal et l'urohyal, qui sont des pièces 
médianes de la couche inférieure, quand il arrivait à l'oiseau de lever tout 
l'appareil, ce qu'il a coutume de faire dans l'acte de la déglutition; mais la 
figure n'en peut donner d'indice. ( Voj. pour la signification de ces nouvelles 
dénominations, la /•//^'/oj'opi^/e anatomique, tom. I, pag. i^y.) 

Des observations qui précèdent, il résulte que ce que M. Levaillant et 
ses commentateurs ont considéré comme la trompe ou la langue des aras 
indiens comprend tout l'appareil hyoïdien; que c'est ce même appareil, mais 
également frappé de réduction dans toutes ses parties, étant partout dans des 
conditions rudimentaires. 

GALERIK DES OISEAUX. IP PARTIE. 8 



5-2 MICROGLOSSES. 

a Ainsi cette trompe qui s'avance, selon le récit de M. Levaillant, c'est 
tout l'hyoïde et ses annexes qui se portent en avant. Les divers mouvemens 
de cette trompe qui , comparés à ceux de la trompe de l'éléphant, paraissaient 
manquer de souplesse, sont les mouvemens ordinaires de l'appareil, mouve- 
mens qui lui font exécuter l'acte de déglutition. Quand cet appareil se retire, 
c'est tout l'organe respiratoire, la trachée-artère et le larynx qui agissent sur 
lui, en descendant ou se plongeant dans la poitrine; l'hyoïde ne se retire que 
parce qu'il est emporté. 

« La glotte, visible entre les apohyaux qui Servent à sa suspension, reste 
le plus souvent ouverte: avec l'hyoïde porté en avant, son ouverture est 
longitudinale; avec cet appareil refoulé dans le pharynx, l'ouverture est 
transversale, ou même entièrement ovale. 

tf La glotte, dans ce dernier cas, ne peut se fermer, et c'est la seule po- 
sition que puisse admettre l'animal pour faire entendre ses cris. 

et Si l'on réfléchit à cette organisation de la langue et du larynx, on 
conçoit que M. Levaillant ait échoué dans sa tentative de faire articuler à 
ces oiseaux le mots les plus faciles. Ils ne lui ont jamais, dit-il , paru porter 
la moindre attention à ses leçons; mais c'est parce qu'ils n'ont pas l'organe 
avec lequel on puisse parler. Leur langue n'existe qu'en vestiges, toute- 
puissante encore pour la dégustation et la saisie des alimens; mais elle est 
bien loin de pouvoir remplir l'immense étendue de leur bouche. 

« Ce fait d'un organe porté à un si grand raccourcissement, tient à un 
autre non moins remarquable, auquel je ne sache point que personne ait 
encore fait attention, c'est la brièveté et le raccourcissement de la mâchoire 
inférieure elle-même. Celle-ci a perdu en longueur ce qu'elle a acquis d'une 
manière si démesurée en largeur. De sa forme il résulte que cette mâchoire 
occupe la région du cou ,,que la tète est prolongée extraordinairement au delà, 
et que c'est là ce qu'explique cette avance si grande du demi-bec supérieur. 

« Ayant, par cette discussion, porté l'attention des ornithologistes sur ce 
fait organique qui signale véritablement les aras indiens, et ayant de plus, 
je crois avec certitude, démontré que le nom de ara à trompe contient un 
énoncé erroné; je propose, pour cette division des perroquets, une déno- 
mination prise de leur réelle organisation, celle de microglosse (perror 
roquets à petite langue ). 



coLious. 53 

2'"" TRIBU. ANISODACTYLES, Anisodactfli. 

Trois doigts devant, très-rarement deux; un derrière, quelquefois ver- 
satile; l'externe toujours dirigé en avant. 

i"^ FAMILLE. GRANIVORES, Granivori. 

Bec brévi-cône, épais ou grêle, quelquefois croisé. 

Tarses annelés; quatre doigts, trois devant, un derrière, rarement ver- 
satile. 

A. Pouce versatile articulé sur le côté interne du tarse ^ souvent dirigé en 

avant. P/. B B. n° 5. 

i"« DIVISION. COLIOU, Colins, liinnée. 

5ec épais à sa base, convexe en dessus, un peu aplati en-dessous, entier; 
mandibule supérieure, un peu fléchie en arc, courbée à sa pointe, couvrant 
les bords de l'inférieure; celle-ci plus courte et droite. PI. E. n" a. 

Narines rondes, petites, cachées sous des plumes dirigées en avant. 

Langue courte , cartilagineuse , aplatie , lacérée à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts totalement séparés; pouce court. 

Ongles très-arqués, le postérieur le plus court de tous. 

Ailes à penne bâtarde, courte; deuxième et troisième rémiges les plus 
longues de toutes. 

Queue composée de douze pennes. 

Les huit espèces que renferme ce genre ne se trouvent que dans les 
contrées chaudes de l'Afrique et de l'Asie. Elles vivent en famille, et cha- 
cune niche dans les mêmes buissons. Les colious dorment suspendus aux 
branches, la tête en bas, et pressés les uns contre les autres; ils marchent 
comme les martinets, en s'appuyant sur la longueur du tarse; portent le plus 
souvent les quatre doigts dirigés en avant , et grimpent à la manière des per- 



54 BEC-CROISES. 

roquets, en s'aidant du bec. Leur nourriture consiste en fruits, graines, 
bourgeons d'arbres et des pousses tendres des plantes potagères. 

LE COLIOU HUPPÉ DU SÉNÉGAL, Colins 

Senegalensis. 

PI. Ll. 

Vinaceo-grisescens ; caudâ cœrulescente; capite cristato ; nuchâ cyaneâ 
( mas. ) nuchâ ciiiereâ ( femina ). ' 

Le coliou huppé du Sénégal, Brùson , ornithologie , (orne 3, p(ig- 3o6, 
n° 2, pi. i6,_y%-. 3. 

Le coliou huppé du Sénégal, Buffon , Hùt. nat. des Oiseaux , tom. 4, 
pag. 1\qI\, pi. enl. n° id>i,Jig. i. 

Colius Senegalensis, Linn. , Gm.-Syst. nat., édit. i3, n° i. 

Idem, Lalham, index, n° o.. 

Sénégal Co\y,idem, Synopsis, tom. i^pag. loi , n° i. 

Ce coliou, qui est assez commun au Sénégal et qu'on rencontre dans di- 
verses autres contrées de l'Afrique , porte une huppe composée de plumes 
déliées d'un gris clair un peu vineux; cette couleur règne aussi sur le 
reste delà tête, la gorge, toutes les parties postérieures, le bas du dos, le 
croupion elles couvertures de la queue; la ;iuque est d'un beau bleu cé- 
leste; le haut du dos et les couvertures supérieures des ailes sont d'un gris 
un peu foncé ; les pennes de la queue d'un gris tirant au bleu et très- 
étagées; celles des ailes d'un gris-brun en dehors et rousses en dedans; le 
bec est rouge à sa base et noir à sa pointe; les tarses sont gris, et les ongles 
bruns. Longueur totale, 12 pouces. La femelle diffère du mâle en ce que 
sa nuque est grise au lieu d'être bleue. Le jeune, le nid et les œufs ne sont 
pas connus. 

B. Doigt postérieur toujours dirigé en arrière, pi. B B. n° 6. 
^è.ue DiYisioN. BEC-CROISÉ, Loxia, Linnée, Gmelin. 

Bec comprimé sur les côtés, crochu à la pointe de ses deux parties; 



BEC-CROISÉS. 55 

mandibules croisées en travers l'une sur l'autre , et un peu courbées en sens 
contraire, pi. E, n'^ 3. 

Narines petites, rondes, et cachées sous des petites plumes dirigées en 
avant. 

Langue cartilagineuse, courte, entière. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec Textérieur, totalement séparé 
de l'interne. 

Ongles très-crochus. 

Rémiges, première, deuxième et troisième les plus longues de toutes. 

Queue composée de douze pennes. 

Selon Montbeillard , la différente direction des mandibules provient du pre- 
mier usage que ces oiseaux font de leur bec ( il serait, dit-il, toujours croisé 
du même côté, si certains individus ne se donnaient pas l'habitude de prendre 
leur nourriture à gauche , au lieu de la prendre à droite ) ; cette assertion paraît 
fondée , puisqu'on volt des bec-croisés qui les portent dirigées de ces deux 
diverses manières. Ces parties s'étant accrues à leur extrémité et ne pouvant 
se rencontrer, il en résulte que ces oiseaux ne peuvent ni béqueter, ni saisir 
les petites graines autrement que de côté. La nature, qui a des vues fixes, et 
dont toutes les productions ont dans leur développement un but déterminé, 
leur a donné des mandibules ainsi conformées, afin qu'ils puissent soulever et 
détacher les écailles des pommes de pin pour en saisir l'amande; à cet effet, 
ils placent le crochet de la partie inférieure au-dessous de l'écaillé, et la 
séparent avec celui de la supérieure. Ils se servent encore de ces crochets 
pour taillader la pulpe des pommes et des poires, dont ils ne mangent que 
les pépins, et pour grimper en s'accrochant aux branches, à la manière des 
perroquets. 

Les becs -croisés de l'Europe et de l'Amérique septentrionale ont des 
mœurs, des habitudes et vm instinct analogues. Ils se tiennent dans les con- 
trées les plus boréales, et se réunissent en troupes nombreuses pour voyager. 
La plupart pénètrent plus ou moins dans le sud pendant l'été , ou à l'arrière- 
saison; les autres restent sédentaires dans leur pays natal. Ceux qui habitent 
l'Europe s'avancent quelquefois dans l'intérieur de la France, et les bec- 



56 BEC-CROISES. 

croisés leucoptères se montrent aux mêmes époques dans l'état de Newiork; 
mais aux approches de la douce température, tous ou presque tous les voya- 
geurs retournent dans les climats froids, leur résidence favorite, oii, dès 
le mois de février, on en voit déj.à s'occuper d'une nouvelle génération. Les 
pins et les sapins, sur lesquels ils trouvent presque toujours leur aliment 
préféré, leur servent encore d'asile pour y construire leur nid. Ils font or- 
dinairement deux pontes annuelles, et chacune est composée de quatre ou 
cinq œufs. 

Cette division ne contient que trois espèces bien connues; dont deux se 
trouvent en Europe. 

LE BEC -CROISÉ LEUCOPTÈRE, Loxia leiLcoptera. 

PI. LU. 

Pennis albidis , margùie rubris; uropjgio dilule rubro; crissoexalbido ; 
caudâ alisque ni gris ; alarum fiisciâ diiplici albâ ( mas. ). Capite, corpore 
supra, alis caudâque fuscis ; uropjgio Jlavescente-viridi; gulâ exalbidâ 
fusco masculatd ( femina ). 

White Winged Grosbill, Lath., Sf/iopsis , loin, a -, pcig. io8, n° a, 

Loxia falcirostra , idem , index, n° 2. 

Loxia leucoptera, Linn., Gin., Sjst. nat., êdit., i3, /i° 12. 

Le bec-croisé leucoptère, Buff. édit. de Sonnini, iom. 47 -ipng- 65. 

Le bec-croisé leucoptère, 2^ édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 3, 
pag. 339. 

Cette espèce habite en été la baie d'Hudson , et en hiver le Canada et le nord 
des états de la Pensylvanieetde Newiork; irréguiière dans ses courses périodi- 
ques, elle fréquente aussi des contrées plus septentrionales que celles-ci, pen- 
dant la mauvaise saison; car il paraît vraisemblable que c'est de ce bec-croisé 
dont parle Mackenzie, et qu'il a rencontré au mois de décembre par la lati- 
tude de 56 dégrés 9 minutes nord, dans les forêts qui entourent le fort de la 
Fourche, et sur les bords de la rivière de la Paix. C'est presque le seul oiseau 
Sylvain qui ose se montrer alors dans ces régions glacées , sans doute parce 
que les neiges et les frimats ne peuvent le priver totalement de la graine des 



BEC-GIIOISES. 37, 

arbres conifères et des baies, qui ne se détachent qu'au printemps. 11 vivifie 
ces forêts désertes et silencieuses, par un ramage qui, selon ce voyageur 
anglais, n'est pas sans agrément. 

On trouve encore ces bec-croisés sur les bords du lac Ontario, où il suffit, 
pour en prendre un grand nombre pendant l'hiver, de répandre de l'urine 
sur la neige. Telle est leur avidité pour cette sorte d'aliment, qu'ils se jettent 
aussitôt dessus et se laissent approcher d'assez près pour qu'on puisse les 
tuer à coups de bâton, et même les saisir à la main. 

Ces oiseaux, que les habitans de la terre du Labrador appellent asilchou 
achashish , se montrent à la baie d'Hudson dans le courant du mois de mars, 
et n'y fréquentent que les lieux plantés de pins. Ils construisent leur nid 
sur les branches vers le milieu de l'arbre, le composent d'herbes sèches, 
liées ensemble avec de la terre, et en tapissent l'intérieur avec des plumes. 
La ponte est de cinq œufs blancs, tachetés de jaunâtre. Les petits quittent 
leur berceau au mois de juin, et accompagnent leurs père et mère dans les 
voyages qu'ils entreprennent tous les ans au mois de novembre. 

Le mâle a le bec noirâtre; la tête, le cou, le dessus du corps et les côtés 
de toutes les parties inférieures rouges, avec un mélange de gris sur le 
ventre; les côtés de la tête sont tachetés de noir; un trait de cette même 
couleur borde le front, passe à travers l'œil et se perd sur les oreilles; une 
bande pareille traverse le dos, sur lequel le rouge paraît plus foncé qu'ail- 
leurs. Quelques taches noirâtres s'étendent en longueur sur les flancs; les 
couvertures inférieures de la queue sont blanches et noires; cette dernière 
teinte couvre aussi ses pennes, celles des ailes et leurs couvertures supé- 
rieures; l'autre règne encore sur quelques plumes de leur partie antérieure, 
ainsi qu'à l'extrémité des grandes tectrices et des rémiges secondaires les 
plus proches du dos; les pieds sont bruns; la queue est fourchue. Longueur 
totale, 5 pouces 8 lignes. 

La femelle est moins grosse et moins longue que le mâle; elle en diffère 
encore par son plumage, qui est brun sur la tête, le dessus du cou, le dos, 
lés ailes et la queue; le croupion est vert-jaunâtre; le haut et les côtés de la 
poitrine sont verdâtres; les flancs de cette teinte, mais rembrunie; le milieu 
du ventre est blanchâtre; les parties postérieures sont brunes; les couvertures 



58 DUR-BECS. 

inférieures de la queue, bordées de gris; la gorge est blanchâtre et taclietée 
de brun. Longueur totale 4 pouces et demi. 

^ème DIVISION. DUR-BEC, Strobilipliaga. Loxia, 
Linnée, Gnielin. 

5e<7 robuste, entier, gros, conico- convexe; mandibule supérieure cour- 
bée vers le bout par-dessus l'inférieure; celle-ci plus courte, obtuse à son 
extrémité, pi. E , n° 4- 

Narines rondes, ouvertes, cachées sous des petites plumes dirigées en 
avant. 

Langue épaisse et comme tronquée à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'extérieur, et totalement séparé 
de l'interne. 

Rémiges deuxième et troisième les plus longues de toutes. 

Queue composée de douze pennes. 

Les dur- becs ont été classés dans le genre loxia de Linnée; cependant leur 
bec présente une forme différente qui les rapproche de certains bouvreuils, 
dont ils diffèrent cependant par la manière dont la mandibule inférieure est 
terminée, et en ce que les narines sont totalement cachées sous des petites 
plumes. Ce dernier caractère leur est commun avec les bec-croisés; ils en 
ont aussi des habitudes, et ils se nourrissent des mêmes alimens. Cette di- 
vision n'est composée que de deux espèces. 

LE DUR-BEC ROUGE, Strobiliphaga enucleator. 

PI. Lin. 

Sordide roseo ,fusco griseoque varia; lineâ alarurth duplici albd; rec- 
tricibus lotis nigricantibus (mas. ), Verlice uropjgioquejiiscis et aurantiis ; 
corpore supra Jiisco ; subtus cinereo ( femina ) corpore griseo ( junior ). 

Le gros-bec du Canada, 5m.fo«, ornith. tom. ?),pag. aSo,/?" jS,pl. ii. 



DUR-BECS. 59 

Le dur-bec, Buffon^ Hist. nat. des Ois. ^ pi. enl..,n° i'iS,Jîg. i. 

Loxia enucleator, Linn.., Gni., Syst. nat.., édit. i3, «" 3 , idem, Latli. 

Haken-kernbeisser, TVolf et Meyer, Taschenbiich ., etc.,pag. il\i. 

Greasted Bulfinch, édwards , ois, pi. 123, 124. 

Pine Grosbeak, Lath., Synopsis, tome 1, page m , n° 5. 

Cette espèce est répandue dans le nord des deux continens et pénètre 
rarement dans les régions tempérées. On la voit quelquefois en Angleterre 
et en France, dans les environs de Strasbourg; on la rencontre aussi en 
Allemagne, dans le nord de l'Europe, très-rarement en Amérique au delà 
de l'Arcadie, mais elle est commune au Canada, dont les habitans l'appellent 
bouvreuil, d'après quelque analogie dans la conformation du bec et dans la 
couleur rouge du mâle. Les naturels de la baie d'Hudson, où elle paraît au 
mois de mai, la nomment wuscinithow. Comme elle vit principalement de 
semences corticales, on doit la chercher dans les forêts de pins. 

Le mâle est doué d'une voix sonore et mélodieuse ; il chante ses amours 
dès le mois de février, se fait entendre nuit et jour au printemps, et se tait 
dans les autres saisons. La femelle place son nid sur les arbres moyens , en 
garnit l'extérieur de bûchettes et l'intérieur de plumes, et d'autres maté- 
riaux duveteux. La ponte est de quatre ou cinq œufs blancs. 

Le bec est brun en dessus et gris en dessous; l'œil est placé entre un trait 
brun et une tache d'un blanc sale; la tête, le cou, le manteau et le. croupion 
sont d'un rouge incarnat, varié de brun sur le dos; ce même rouge est en- 
core répandu sur la gorge et les parties postérieures , mais il a moins d'éclat 
que sur les parties supérieures; les plumes des jambes sont grises; les petites 
couvertures des ailes brunes et bordées en dehors d'un blanc nuancé de rose : 
les rémiges et les rectrices ont leur extérieur gris et sont brunes dans le 
reste, ainsi que les plumes qui recouvrent les narines; des individus ont les 
pieds de cette couleur, tandis que d'autres les ont noirs, de même que le 
bec. Longeur totale, huit pouces environ. Tel est le plumage du mâle 
adulte. 

La femelle en diffère en ce qu'elle est d'un brun nué d'orangé sur la tête 
et le croupion , la nuque et les joues; d'un gris brun sur le dos et les plumes 
scapulaires; cendrée sur les parties inférieures, avec une faible nuance d'o- 

G ALERTE DES OISEAUX. //* PARTIE. 9 



(jo BOUVREUILS. 

rangé; en général la livrée des mâles adultes ou vieux et des femelles est 
sujette à varier; en effet les uns sont d'un rouge uniforme et terne; d'autres 
présentent un mélange de rouge, de gris, de brun et de verdâtre; ce der- 
nier vêtement indique toujours des jeunes mâles à l'époque de leur première 
mue. Tous ceux-ci ne prennent leur belle parure qu'à l'âge de deux ans ; 
ils sont dans leur premier âge, d'un gris cendré; ensuite ils deviennent oli- 
vâtres sur la tête, le cou, le croupion et les couvertures supérieures de la 
queue, avec une faible nuance de cette couleur sur la poitrine ; toutes les cou- 
vertures supérieures des ailes sont terminées de gris-blanc; leurs pennes 
secondaires bordées à l'extérieur de la même teinte et d'un vert-olive, qui 
blanchit sur, le bord des autres pennes; celles-ci, dans le reste, sont brunes, 
ainsi que les pennes de la queue dont le dehors est olivâtre. 

S*"' DIVISION. BOUVREUIL, Pjrrhula. Loxia, 
Linnée, Gnielin. 

Èee robuste, épais, convexe dessus et dessous, arrondi ou comprimé laté- 
ralement; mandibule supérieure plus longue que l'inférieure, en couvrant 
les bords, fléchie vers le bout, à dos rétréci ou bombé, quelquefois crénelée 
sur le milieu de ses bords, creuse en dedans et à palais lisse; l'inférieure 
arrondie et un peu dirigée en haut à sa pointe. 

Narines petites, rondes, ouvertes, en partie cachées sous des petites 
plumes dirigées en avant. 

Za«g^?/(3 épaisse, charnue, entière, un peu obtuse. 

T'ûtrjÉ'j' nus, annelés. ^ 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'extérieur et totalement séparé 
de l'interne. 

Rémiges deuxième et troisième les plus longues de toutes. 

Queue composée de douze pennes. 

Linnée et les naturalistes qui ont suivi son système, ont classé les bou- 
vreuils avec les gros-becs; Brisson et d'autres auteurs les en ont séparés, et 
je crois a vçc raison, puisqu'ils en diffèrentessentiellementpar laformedu bec. 
Les bouvreuils ont aussi quelques habitudes qui leurs sont particulières, et 



BOUVREUILS. ,6l 

quelques-uns une aptitude naturelle à s'approprier, et même à perfectionner 
des sons étrangers ; faculté qu'on n'a pas encore remarquée dans les gros- 
becs. Plusieurs sont, en captivité , susceptibles d'une grande familiarité et d'un 
attachement durable pour celui qui les soigne. 

On voit rarement les bouvreuils sur les grands arbres, s'ils s'élèvent à 
leur cime, c'est pour y trouver dans les bourgeons un aliment préféré , pour 
chanter leurs amours et y jeter leurs cris de raliiment, quand ils sont égarés. 
Toutes les espèces du nord se trouvent dans les bois pendant l'été et n'en 
sortent qu'à la fin de l'automne pour s'approcher des lieux habités. On voit 
alors les bouvreuils d'Europe par familles , ou en troupes assez nombreuses , 
composées des individus du même canton; ils ne se mêlent jamais avec 
d'autres oiseaux, comme font à cette époque les verdiers, les friquets, les 
bruans, les pinsons, etc. On ne les rencontre au printemps que par paires. 
Chez quelques espèces l'union du mâle et de la femelle est si intime qu'ils 
restent appariés jusqu'à la mort. 

Ils cherchent leur nourriture sur les arbres, les arbrisseaux, les plantes 
et très-rarement à terre. Ils sont seminivores , c'est-à-dire qu'ils vivent de 
graines dépouillées de leur péricarpe, et les font macérer dans leur jabot 
pour les dégorger à leurs petits comme font les serins, les chardonnerets, 
les linots, etc.; on trouve leur nid dans les buissons, où il est toujours à 
une certaine élévation. La ponte est de quatce ou cinq œufs, et leurs petits 
naissent couverts d'un léger duvet. 

Cette division est composée d'environ vingt-quatre espèces dont une seule 
se trouve en Europe; parmi les autres, le plus grand nombre habite en 
Amérique. 

A. Bec entier^ a dos rétréci, pi. E., n° 5. 

LE BOUVREUIL AZURÉ, Pyrrhula cœrulea. 

PI. LIV. . Jl, 



Cceriilea; fronte nigrâ; veriice rubro ; occipite albo; alis cauddque atris. 

Ce bouvreuil qu'on trouve au Brésil, diffère de celui d'Europe par son 

bec un peu caréné en dessus et moins bombé. Un bleu à reflets éclatans 






6i BOUVREUILS. 

règne sur presque tout son plumage , savoir, sur les joues, les tempes, la 
nuque, les petites couvertures supérieures de l'aile, celles de la queue, le dos, 
le croupion, la gorge, le devant du cou, la poitrine, les parties postérieures, 
le bord externe des grandes tectrices alaires, des rémiges secondaires, et 
des rectrices ; cette couleur prend un ton noirâtre sur les côtés du dessous 
du corps, sur le devant du cou et sur les jambes, selon l'incidence de la lu- 
mière; le front est d'un noir velouté auquel succède sur le milieu du vertex 
une tache d'un beau rouge , bordée par des plumes blanches et assez longues 
pour former une petite huppe; lorsque l'oiseau les redresse; ces plumes 
couvrent totalement l'occiput. Les grandes couvertures supérieures des ailes, 
leurs pennes, celles de la queue, le menton , le bec et les pieds sont noirs. 
iLongueur totale, six pouces trois lignes. Chez des individus, les plumes 
blanches sont moins longues et moins fournies; chez d'autres il n'y a 
aucun vestige de blanc et la couleur bleue est terne; peut-être ceux-ci sont- 
ils des femelles ou des jeunes mâles. Je dois la connaissance de cette espèce, 
à M. Bonjour, qui a eu la complaisance de me confier l'individu dont je publie 
la figure, et qui le conserve dans la plus belle collection d'oiseaux d'Europe 
que je connaisse à Paris. 

B. Bec entier, comprimé latéralement, pi. E, n° 6. 

LE BOUVREUIL A GORGE ORANGÉE, Pjrrhula 

auranticollis . 

PI. LV. 

Nigra; vertice nuchœ lateribiis, gulâ crissoque fusco-aurantiis ( mas. ). 
Virescente-fusca ; gulâ, abdomine, teclricibus caudœ iriferioribus aurantio- 
nifis ( femina ). 

Bouvreuil de Porlorico, Daudin, Ornith. 

Bouvreuil à gorge orangée, 2*^ édit. du nouv. dict. d'Hist. nat., tome [\, 
pag. 3oo. 

On doit la connaissance de ce bouvreuil de Portorico, à feu Manger, na- 
turaliste très-zélé pour les progrès de l'Ornithologie. Le peu de distance qni 



BOUVREUILS. 63 

sépare cette île de celle de Saint-Domingue, me fait présumer qu'il n'est 
pas étranger à cette colonie,- d'autant plus que l'une et l'autre possèdent les 
mêmes animaux. On ne connaît que son cri, siflet aigu qu'il fait entendre 
quelquefois, lorsqu'il est perché à la cime d'un arbre. 

Le plumage du mâle serait totalement d'un noir lugubre, s'il n'était égayé 
par le rouge-brun orangé qui règne sur le dessus de la tête, les côtés de la 
nuque, la gorge, les plumes de l'anus et les couvertures inférieures de la 
queue; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, six pouces neuf 
lignes. 

La femelle , dont la livrée est d'un brun-verdàtre qui approche de la cou- 
leur de tabac, a la gorge, le bas- ventre et les tectrices inférieures de la 
queue d'un roux-orangé terne et mélangé de gris sur la première partie; 
cette couleur grise se rembrunit à l'extérieur des rémiges. 

C. Bec entier, bombé en tous sens , pi. E, n° 7. 

LE BOUVREUIL D'EUROPE, Pxrrhula europœa. 

PI. LVI. 

Cinerea; artubus nigris ; pectore ritbro; teetricibus caudœ remigumque 
posticarum albis ( mas. ). Subtus Jusco-ferruginea ( femina ). 

Capile cinereo , pectore rufescente-griseo ; ventre Jidvo ( junior ). 

Le bouvreuil, Briss., Ornith., tom. 3,pag. 3o8, n° i. 

Idem, Biiffon, Hist. nat. des Ols.^ tome l\, page 372,^0/. enl. , n° j45. 

Loxia Pyrrhula, Linn., Gm., Sjst. nat., èdit. i3, n° 4i idem, Lath. 

Rothriistiger kernbeisser, TP'olf et Mejer, taschenbuch, etc., pag. i^n. 

Bulfinch, Lath., Synopsis, tom. i,pag. t43, n" 5i. 

Il existe dans cette espèce deux races qui ne diffèrent entre elles que 
par la grosseur. Elles ont le même genre de vie; mais les gros font bande à 
part, quoiqu'ils habitent souvent les mêmes cantons que les petits. Quel- 
quefois ont les voit ensemble sur le même arbre , où ils sont attirés par la 
nourriture qui leur est commune; c'est pour peu de temps; car dès qu'ils 
le quittent chaque famille se sépare. On les distingue encore par un chant 



64 BOUVREUILS. 

différent. Joli plumage, belle voix, gosier flexible, familiarité, attacliemenl; 
telles sont les qualités qui ont mérité à cet oiseau la place qu'il occupe dans 
nos volières. Le bouvreuil étonne par ses sons harmonieux, et doit à l'art 
leur perfection. Ces petites phrases exprimées d'une manière si touchante, 
ces caresses si douces, si tendres, et prodiguées avec une satisfaction sensible , 
sont dues souvent aux leçons d'une jeune et naïve institutrice. 

Le chant naturel du bouvreuil est composé de trois cris distincts, qui 
paraissent exprimer les syllabes tui, tui^ lui ; l'un se fait entendre d'abord 
seul lorsqu'il débute, ensuite trois ou quatre fois; à ces coups de sifflets 
succède un gazouillement enroué et finissant en fausset. Il a en outre un 
autre cri doux et plaintif qu'il répète fort souvent et qu'il fait entendre sans 
aucun mouvement du bec et du gosier, mais qu'il accompagne d'un remue- 
ment dans les muscles de l'abdomen. 

Cette espèce, qui possède toutes les qualités qu'on peut désirer dans les 
oiseaux qu'on destine à son amusement , est nuisible dans l'état sauvage ; 
car elle fait du dégât dans nos vergers, en mangeant et détruisant les bour- 
geons des arbres fruitiers, surtout des pruniers, poiriers et pommiers. Le 
mâle et la femelle restent appariés pendant toute l'année, vivent ensemble 
et s'éloignent peu l'un de l'autre. Ils habitent ordinairement les bois situés 
sur les montagnes, et ne les quittent qu'à la mauvaise saison pour descendre 
dans les plaines. On en voit alors près des habitations, le long des haies, 
dans les vergers et les bosquets. Us vivent de baies, de graines, des bour- 
geons du bouleau, de l'aune «t du tremble. Quelques-uns restent au prin- 
temps dans les jardins et les charmilles, où ils font leur nid; ils le placent 
ordinairement dans l'épaisseur des buissons isolés, et préfèrent ceux d'épine 
blanche. Le mâle aide la femelle dans la construction du nid et la nourrit 
pendant l'incubation; ils composent ce berceau de petites boisettes à l'exté- 
rieur, arrangées négligemment dans la bifurcation d'une branche, et en 
garnissent l'intérieur de fibres ou du chevelu des racines. La ponte est de 
cinq ou six œufs d'un blanc bleuâtre, avec des taches rouges, et d'un pourpre 
obscur. 

Chez le mâle, la tête, le menton, les ailes et la queue sont d'un noir lus- 
tré, à reflets violets; la gorge, le devant du cou, la poitrine, le haut du 



BOUVREUILS. 65 

ventre et le bord extérieur de la dernière plume des grandes couvertures 
alaires, d'un beau rouge ; le dessus du cou , le dos, les petites couvertures des 
ailes, la moitié des moyennes, d'un cendré bleuâtre; le croupion, lebasr 
ventre et les couvertures inférieures de la queue, blancs; le bec est noir, 
les pieds sont noirâtres. Longueur totale, cinq pouces et demi. 

La femelle diffère du mâle en ce que le noir est sans reflets et qu'une 
teinte d'un cendré vineux remplace le rouge. 

Le jeune a la tête et le dessus du corps d'un gris-cendré ; la gorge et la 
poitrine d'un gris-roussâtre, le ventre fauve; une bande transversale rous- 
sâtre sur les ailes; le bas-ventre et le croupion d'un blanc sale; le bec 
noirâtre. 

D. Bec crénelé vers le milieu et sur les bords de sa partie supérieure^ 

pi. E, n° 8. 



LE BOUVREUIL NOIR, Pjrrhula nigra 

PI. Lvn. 



»^ 



Nigra; macula albâhumeri basique remigum primarium exteriorum. 

Little blach bulfincli, Catesby car. \ pi. 68. 

Le bouvreuil noir du Mexique, Buffon, Histoire nat. des Ois tom. 4, 
page 3o4. 

Idem, Brisson, Ornith., tome 3, page 3i6, n° 3. 

Loxia nigra, Linn., Gm.^Sysi. nat., édit. i3, n° 4o-Idem,Zfl^/i., index, 
n° 59. 

Black grossbill, Lath., Synopsis, tome i,page, 147, n" 60. 

Le bec de cet oiseau présente une conformation particulière, car, outre 
qu'il est crénelé, sa base supérieure est plus élevée que le front. Je l'ai eu 
vivant à la Havane, dans les Etats-Unis et en France; c'est pourquoi je puis 
assurer qu'il est d'un naturel doux et si craintif que quoique armé d'un bec 
robuste , il n'osait disputer sa nourriture à des oiseaux renfermés dans sa 
volière et beaucoup plus faibles que lui. Je ne l'ai jamais entendu chanter; 
mais il jetait assez souvent un petit cri aigu, surtout quand on l'inquiétait. 



66 GROS-BECS. 

On le trouve à l'île de Cuba et au Mexique. Tout son plumage est d'un noir 
profond, sans reflets, à l'exception du pli de l'aile, de l'origine des premières 
rémiges et des couvertures inférieures de l'aile qui sont d'un beau blanc; 
le bec et les pieds, d'un brun-noirâtre; la queue est étagée. Longueur 
totale, quatre pouces un quart. 

4'"' DIVISION. GROS-BEC, Coccothraustes, Loxia, 
Linnée, Gmelin. 

Bec robuste, droit, bombé, conique, pointu; mandibule supérieure aussi 
ou plus élevée que le front, à son origine, communément à bords lisses , 
rarement munie sur chaque bord vers sa base d'une dent aiguë, ou d'un 
angle saillant vers le milieu, couvrant les bords de l'inférieure, à palais 
concave et strié longitudinalenient. 

Narines petites, ouvertes, rondes, à demi-cachées par les plumes du 
capisîrum chez la plupart. 

Langue épaisse, bifide à son extrémité. 

Tarses nus , annelés 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe et totalement séparé 
de l'interne. 

Rémiges première ^ deuxième et troisiènae les plus longues de toutes. 

Queue composée de douze pennes. 

Les quatre-vingts espèces que renferment cette division n'ont pas tous 
le bec conformé de même ; les uns lont à sa base aussi ou plus élevé que le 
front à bords lisses, tandis que chez d'autres la mandibule supérieure est 
munie d'une angle saillant vers le milieu, et chez une seule, garnie d'une 
dent aiguë à son origine, ce qui a donné lieu à trois sections. Illiger les 
classe dans le même genre que les fringiiles. En effet on ne peut disconvenir 
que le bec de celles-ci ne présente aucune différence avec celui des deux 
premières sections , si l'on n'a pas égard à son élévation ; mais si on adopte 
cette réunion, on ne peut se dispenser de lui imposer un nom générique, 
tout autre que celui àe gros-bec ; car il paraîtrait ridicule si on l'appliquait 
;àn\ chardonnerets , tarins, bengalis , sénégalis , etc. , etc. 

Les gros-becs sontseminivores, baccivores et entomophages; ils mangent 



GROS-BECS. 67 

rarement des insectes, quand ils sont adultes, mais le plus grand nombre 
en donnent à leurs petits dans les premiers jours de leur naissance; d'autres 
cassent les noyaux pour en avoir l'amande, et tous dépouillent les graines 
de leur péricarpe avant de les avaler. Ils construisent leur nid dans les buis- 
sons, sur les arbres, et le placent à une élévation plus ou moins grande. La 
ponte est ordinairement de quatre ou cinq œufs. Les petits naissent couverts 
de duvet. 

Plusieurs sont, il est vrai, privés d'un chant très-remarquable; mais oh 
ne doit pas généraliser cette privation à toutes les espèces, comme l'a fait 
Montbeillard, à l'article du cardinal huppé, puisque cet oiseau et plusieurs 
de ses congénères ont un fort beau ramage. La plupart vivent par couples; 
d'autres s'isolent peu de temps après les couvées; plusieurs restent en fa- 
mille jusqu'au printemps et quelques-uns se réunissent en bandes nom- 
breuses. 

A. Bec a bords lisses, pi. E, re° 9. 

LE GROS-BEC ROSE-GORGE, Coccothraustes 

ruhricollis. 

PI. LVIII. 

Capite , menlo, corpore supra , alis caudâque nigris; gutlure rubro ; pec- 
tore, ventre, uropjgio albis (mas. ). 

Corpore supra nigricante , subtus albo eifusco maculato ( femina ). 

Le gros-bec de la Louisiane, Briss., Ornith., tome "i , pag. 247, n° i^, 
pi. 12. 

Le rose-gorge. Bu//"., Hist. nat. des Ois., pi. enl, n° i53,y%-. 2. 

Loxia ludoviciana, Linn. , Gin., Sjst. nat., édit.i'i, n° 38, Idem, Latk., 
index, n° 

Fringilla punicea, Linn., Gm. , 7Z° 81. Idem. Lath., n° 34- 

Red-breasted grosbeak, Lath., Synopsis, tom. i,pag. SiQ, n° il\. 

Red-breasted dnch , idem, pag. 272, «" 3o; Pennant, Arct. zool.,tom. 2, 
pj,g. 372, n° 243. 

OALERIE DES OISEAUX. 11^ PARTIE. 1° 



68 GROS-BECS. 

Moineau à poitrine et ventre pourprés, Buff.^ édit. de Sonnini^ toni. 48, 
pag. 240. 

Ce bel oiseau, que je n'ai rencontré qu'une seule fois dans le sud de l'état 
de Newiork, se voit plus communément sur les bords du lac Ontario et à 
la Louisiane. Rare partout, il n'habite les contrées septentrionales que pen- 
dant l'été, fréquente les grands taillis, et ne se plaît que dans les endroits 
les plus fourrés. Il place son nid sur les arbres touffus, le compose de pe- 
tites bûchettes en dehors et d'herbes fines en dedans. La ponte est de 
quatre ou cinq œufs blancs et tachetés de brun. 

Trois couleurs dominent sur le plumage du mâle : an noir foncé est ré- 
pandu sur la tête, le dessus du cou, le menton, le dos, lespetites et les grandes 
couvertures supérieures des ailes, sur le bord extérieur de leurs pennes et 
de celles de la queue; un blanc pur règne sur les côtés du cou, la poitrine, 
le ventre, le croupion, les moyennes tectrices de l'aile, à l'origine de ses 
quatre premières pennes ; à l'extrémité de ses grandes tectrices et de ses 
pennes secondaires, oii il prend la forme de mouchetures irrégulières. On 
remarque encore cette couleur sur le côté interne des six rectrices les plus 
extérieures. Un rouge éclatant occupe la gorge , le devant du cou et 
descend par un trait longitudinal sur la poitrine : cette couleur est encore 
indiquée par des taches sur la partie antérieure de l'aile et sur les flancs; les 
couvertures sous-alaires sont roses; le bec est blanc, et faiblement nuancé 
de brun à sa pointe; les plumes des jambes sont de la dernière teinte. Lon- 
gueur totale, six pouces dix lignes. 

Des individus du même sexe ont les flancs tachetés de noir; plu- 
sieurs plumes de la gorge frangées de blanc et quelques-unes taclietées 
de rouge sur le menton. Celui qui est figuré dans les planches enluminées 
de Buffon a la gorge et la poitrine roses; mais cette nuance n'est pas natu- 
relle ; la couleur rouge de l'oiseau qui a servi de modèle au dessinateur 
avait été dégradée par les fumigations du soufre qu'on employait alors au 
Musée d'Histoire naturelle pour la conservation des peaux. Latham décrit 
une variété dont les côtés de la poitrine et les plumes des jambes sont d'un 
brun ferrugineux, et dont les couvertures inférieures de la queue sont d'un 
jaune pâle. On doit encore rapporter au mâle le red-breasledfinch de Pea- 



GROS-BECS. ■ 69 

nant et de Latham, présenté par ces ornithologistes et ceux qui les ont 
copiés pour une espèce particulière. Quoiqu'ils aient placé cet oiseau dans 
un autre genre, on ne peut disconvenir que c'est réellement un gros-bec à 
gorge rouge, quand on compare sa description à celle du précédent. Cet 
oiseau a été vu avec six ou sept de ses semblables, à Sandyhook, péninsule 
qui est à l'entrée de la baie de Newiork. Il a le bec et le ventre blancs; des 
marques de la même couleur sur les ailes; la gorge, le devant du cou et 
la poitrine d'un beau rouge; la tête, le dessus du cou, le dos, les ailes, la 
queue et les pieds noirs. Telle est la description faite par Pennant, qui le 
premier en a parlé sans faire mention de ses dimensions et de ses propor- 
tions. 

La femelle a le bec noirâtre; les plumes de la tête , du cou et du dos de 
cette teinte dans leur milieu, et brunes sur les bords; les couvertures supé- 
rieures des ailes pareilles à la tête, et terminées de blanc; la gorge et toutes 
les parties postérieures de cette couleur et tachetées de brun ; les rémiges 
et les rectrices d'un brun sombre; les latérales de la queue d'un blanc sale 
en dedans. Le gros-bec noirâtre , loxia obscura, a un plumage tellement 
analogue à celui de cette femelle, que je ne balance pas à les réunir, d'au- 
tant plus qu'on le trouve dans les mêmes contrées. 

Les jeunes mâles, sous leur première livrée, ressemblent à leur mère ; mais 
ils portent ensuite un vêtement dont les couleurs ne prennent de l'éclat et 
de la pureté que dans leur deuxième année; avant d'y parvenir, elles sont 
distribuées de cette manière : le bec est brun en dessus, couleur de corne 
en dessous; la tête, le dessus du cou et du corps Sont d'un blanc-jaunâtre, 
tacheté de brun-noirâtre; les ailes et la queue noires; les petites couver- 
tures alaires, l'extrémité des pennes secondaires, l'origine des quatre pre- 
mières rémiges, l'intérieur des rectrices latérales, le ventre et les parties pos- 
térieures blancs; la gorge est de la même couleur, et pointillée de rose 
foncé; le devant du cou et la poitrine sont tachetés de brun et de rouge; 
les couvertures inférieures des ailes comme chez le mâle, et les pieds bruns. 



70 GROS-BECS. 

B. Mandibule supérieure, munie d'un angle saillant sur chaque bordy 
vers le milieu, et inclinée a sa pointe , pi. E, n° lo. 

LE GROS-BEC A TÊTE NOIRE, Coccothraustes 

erjthromelas. 

PI. LIX. 

Rubra; remigibus rectricibiLsque obscurioribus ; capite alro ( mas. ) aureo- 
virescsns ; subtus Jlava ; remigibus olivaceo-viridibus rufoque extus mar- 
ginatis (fcmina.) 

Black-headed grosbeak, Lath., Sfnopsis , tom. i,pag. i5o, pi. 43. 

Gros-bec à tête noire, 2*^ édit. du l\oui>. dict. d'Histoire naturelle, tom. i3, 
pag. 547. 

Loxia erytrhomelas, Za^/i., index, n" 70. Idem, Linn., Gm., Sjst. nat., 
édit. i3, «° 83. 

Chez le mâle de cette espèce, qu'on trouve à Cayenne, le bec est blanc 
à sa base et sur le milieu de la mandibule inférieure; le reste est noir; la 
tête et la gorge sont de cette couleur; le corps est d'un rouge sombre, ten- 
dant au noir sur les ailes et la queue ; celle-ci est un peu arrondie, et les 
pennes ont leur extrémité pointue ; les pieds sont bruns ; le plumage de la 
femelle est, en dessus, d'un verdàtre orangé, avec quelques taches semées çà 
et là; les côtés du cou sont d'un rouge orangé foncé, le dessous du corps est 
jaune; les pennes des ailes et de la queue sont d'un vert-olive et bordées de 
roux à l'extérieur. 

C. Mandibule supérieure garnie d'une dent a sa base et sur chaque bord, 

pi. E , /z" II. 

LE GROS-BEC PONCE AU, Coccothraustes ostrina. 

PL LX. 

Nigra; capile, gutture, collo , pectore caudâque ostrinis. 



FRINGILLES. 71 

Loxie ponceau, Vieillot, Hisi. nat. des Oiseaux chant eur^s de la zone 
torride, pag. 79,/'/. 48- 

Idem, 0.^ édition du Nouveau dict. d'Hist. naturelle, tom. i'i,pag. 548. 

Idem, Encyclopédie méthodique , ornithologie , pag. 1018. 

Ce gros -bec des Indes et de l'Afrique, se distingue de tous ses congé- 
nères par son bec armé d'une dent un peu aigùe à la base et sur chaque bord 
de sa partie supérieure. Un rouge-ponceau domine sur la tête, la gorge, le 
cou, la poitrine, les flancs et la queue; le reste du plumage, le bec et les 
pieds sont noirs. Longueur totale , 5 pouces 3 lignes. 

5™* DIVISION. FRINGILLE, Fringilla. 

Bec moins épais que la tête, à bords droits, entier, brévicone, pointu; 
mandibule supérieure couvrant les bords de l'inférieure, droite, rarement 
inclinée vers le bout, à palais creux et strié longitudinalement. 

Narines rondes, couvertes en tout ou en partie par des plumes très-courtes 
et dirigées en avant. 

Langue épaisse , arrondie , à pointe comprimée et bifide. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe , totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes; les quatre premièi'es rémiges, à peu près égales entre 
elles, et les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division est composée d'environ cent cinquante-quatre espèces, dis- 
persées dans cinq grouppes, d'après quelques dissemblances dans la confor- 
mation du bec : les uns l'ont parfaitement conique, les autres un peu ovale, 
plusieurs aigu, grêle, et comprimé latéralement à son extrémité; quelques- 
uns un peu obtus çt incliné vers le bout, et d'autres denté à la base de sa 
partie inférieure. 

Les fringilles sont décrites dans les ornithologies françaises sous les noms 
Ae moineau , pinson , verdier, veuve, linotte, chardonneret, tarin, senegali, 



^2 FRINGILLES. 

bengali, serin, sizerin. Les habitudes, les mœurs et l'instinct n'étant pas les 
mêmes pour toutes, elles se divisent naturellement en petites familles. Les 
espèces qui vivent entre les tropiques et dans les régions voisines sont sé- 
dentaires, tandis que, parmi celles des zones tempérées et glaciales, il en est. 
qui abandonnent leur pays natal aux approches des frimats , pour chercher 
dans des contrées plus méridionales la nourriture dont les privent les glaces 
et les neiges; elles s'éloignent plus ou moins de leur domicile d'été, selon que 
l'hiver est plus ou moins froid. 

Ces oiseaux vivent de graines, qu'ils dépouillent de leur péricarpe avant 
de les avaler. Ils ont un jabot dans lequel elles se macèrent, avant de passer 
dans le gésier, et dont ils les font remonter pour les donner à leurs 
petits. 

Quoique tous soient granivores, il s'en trouve parmi eux qui mangent des 
insectes, mais ordinairement ils n'en prennent qu'afîn d'en nourrir leurs 
petits; et dès que le bec de ceux-ci a acquis la force nécessaire pour con- 
casser la graine, ce n'est plus pour eux un aliment préféré. 

A l'exception de la veuve à épaulettes, tous les autres sont monogames. 
Les espèces des zones tempérées et glaciales n'ont qu'une saison d'amour; 
mais celles de la zone torride en ont plusieurs; les unes nichent dans les buis- 
sons, les autres sur les arbres, et plusieurs donnent à leur nid une forme 
élégante. La ponte e^t de trois, de quatre ou de cinq œufs, rarement unique; 
car souvent des fringilles en font deux, trois et quelquefois quatre, ce qui 
dépend de la chaleur plus ou moins prolongée des contrées qu'elles habitent. 
La plupart des mâles ont un chant ordinairement agréable, et le ramage de 
quelques-uns plaît presque autant que celui du rossignol. Tous s'accoutument 
à l'esclavage, et beaucoup font l'ornement de nos volières. 



ERIiM GILLES. 73 

A. Bec droit, robuste ^ paijuitement conique^ a pointe^ sans compression 
et un peu aiguë, pi. F , n° \. 

LA FRINGILLE A DEUX BRINS, Fringilla 

supercilïosa. 

PI. LXI. 

Vertîcis collique lateribus nigris ; superciliis , guld, jugulo, ventre, tec- 
tricumque alarum apice albis; rectricibus duabus intermediis longissimis , 
angustis. 

La veuve à deux brins, i^ édition du Nouveau dict. d'Histoire naturelle, 
tom. 12 ,pag. 216. 

Cette espèce fait partie de la belle famille d'oiseaux que l'on appelle veuve, et 
qu'on trouve en Afrique et dans les grandes Indes; mais cette dénomination , 
dit Montbeillard, qui paraît bien leur convenir, soit à cause du noir qui do- 
mine dans leur plumage, soit à cause de leur longue queue traînante, ne 
leur a été imposée que par une méprise. Les Portugais les appelèrent d'abord 
oiseaux de TF'idha, c'est-à-dire de Juida, royaume d'Afrique, oîi ils sont 
très-communs. La ressemblance de ce mot avec celui qui signifie veuve en 
langue portugaise aura pu tromper des étrangers qui auront pris l'un pour 
l'autre , et cette erreur se sera accréditée d'autant plus aisément, que le nom, 
de veuve paraissait à plusieurs égards fait pour ces oiseaux. Les femelles ne 
sont jamais parées d'une longue queue, et les mâles ne la portent que pendant 
six mois, qui ne sont pas les mêmes pour tous, ce qui paraît dépendre, pour 
les jeunes, du jour de leur naissance, et pour les adultes, du climat où ils se 
trouvent. Le savant coopérateur' du Pline français a présenté ces longues 
plumes comme une fausse queue , et son sentiment a été adopté dans le règne 
animal, ainsi que dans le Dictionnaire de Sciences naturelles; mais l'obser- 
vation fait connaître que c'est une erreur pour toutes les veuves , à l'exception 
de celle à épaulettes. En effet , ce nom de fausse queue , qui convient très- 
bien à quelques plumes de cette veuve, ne peut s'appliquer aux longues 
pennes des autres. Celles-ci ne sont point, comme le dit Montbeillard et les 
auteurs qui l'ont copié sans vérifier, quelques plumes dés couvertures supé- 



74 FR IN GILLES. 

Heures de la queue, qui se développent sous diverses formes, mais bien chez 
les veuves au collier d'or, en feu , a quatre brins et dominicaine, les quatre 
rectrices intermédiaires, qui, avec les huit latérales, complètent le nombre 
de douze, que les mâles, les femelles et les jeunes portent ei> tout temps. Je 
ne suis pas le seul qui ait indiqué ces longues plumes pour appartenir à la 
queue, car l'exact Brisson et Latham en font mention pour les veuves qu'ils 
ont décrites : frappé de cette contradiction pour un fait aussi facile à vérifier, 
j'ai examiné de nouveau, et avec la plus grande attention , la queue des mâles 
sous leur habit de noce, vivans ou morts, et il résulte de cet examen, réitéré 
sur un grand nombre d'individus, que je puis certifier que les quatre grandes 
plumes sont les pennes intermédiaires de la queue, et ne font pas partie des 
couvertures supérieures. Ces longues plumes ne sont qu'au nombi'e de deux 
chez la veuve de cet article, et sont accompagnées de dix pennes latérales. 

Latham et Gmelin ont classé les veuves dans le genre emberiza (bruant), 
mais Brisson et Montbeillard me paraissent bien fondés à les ranger avec 
les pinsons et les moineaux, d'après la conformation de leur bec. 

La veuve à deux brins, dont je dois la connaissance à un savant ornitho- 
logiste hollandais, M. Ternminck, porte une bandelette blanche au-dessus 
des yeux, laquelle se prolonge jusque sur les cotés de la nuque; une autre 
de la même couleur part de la base supérieure du bec et s'étend en longueur 
sur le milieu du vertex ; le dessus , les cotés de la tête et du cou sont noirs : 
cette teinte représente une sorte de ceinture sur le milieu de la poitrine, et 
règne aussi sur le manteau, les couvertures supérieures, les pennes des ailes 
et le dessus de la queue ; un blanc de neige domine sur la gorge, le devant du 
cou, le reste de la poitrine, le ventre et les parties postérieures, sert de bor- 
dure aux plumes scapulaires, et termine les petites et moyennes couvertures 
alaires ; ce qui donne lieu à deux bandes transversales sur l'aile : cette couleur 
forme encore une frange très-étroite sur les bords des pennes caudales , est 
répandue sur la moitié des rectrices les plus extérieures et sur les deux inter- 
médiaires, qui ont six pouces de longueur; celles-ci sont étroites, à barbes 
décomposées, déliées, légèrement bordées de noir, et dépassent les autres de 
quatre pouces. Les pieds sont d'un rouge qui prend un ton brun sur le bec, 
I^ongueur totale, g pouces. 



FRINGILLES. ^5 

B. Bec un peu ovale a pointe courte et un peu obtuse^ pi. F, n° i. 

LA FRINGILLE VENTURON, Fringilla citrinella. 

PL LXII. 

Fj'onte^ nuchâ, uropjgio, corporeque subtiis Jîavis; abdomine albido; 
dorso Jiiscescente maculaio ; tectricibus alaruni minoribus viresccntibus ■ 
modicis nigricantibus, apice flavo-viridibus ; alis caudâque Juscis, mar^ine 
virescente-flavis. 

Serin d'Italie, Bjisson, Ornith., tom. ?),pag. iSa, n° Sï. 

Le venturon de Provence, Bu/fan, Hist. nat. des Oiseaux., article du 
serin,/?/, enl., n° 658, fig. i. 

Fringilla citrinella, Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3, n° i6. Idem La- 
thain, index, n° 58. 

Emberiza brumalis, Linn., Gm., n° l\i. Idem, Lath., n° [^q. 

Citril finch, Lath., Synopsis, tom. i,pag. 297, n° 64- 

Brumal bunting, idem, pag. 19g, n° l\i. 

Bruant du Tirol, Buffon, édit. de Sonnini, tom. 4o, pag. i3b. 

On rencontre cette espèce en Italie, en Grèce , en Turquie, en Autriche 
dans nos provinces méridionales , quelquefois en Lorraine et en Bourgogne 
très-rarement aux environs de Paris et dans nos contrées septentrionales. Le 
chant du mâle est agréable et varié. La femelle place son nid sur les arbres 
touffus des campagnes et des jardins, particulièrement sur les cyprè.s, surtout 
en Italie, le construit de laine, de crin et de plumes. La ponte est de quatre 
ou cinq œufs. Le mâle s'allie facilement avec ime femelle serin, et il résulte 
de cette alliance des petits qui peuvent se reproduire jusqu'à la troisième géné- 
ration ; c'est un fait dont on ne peut douter, puisqu'il a lieu dans nos volières. 

L'image du venturon, queBuffon a publiée dans les planches enluminées, 
manque d'exactitude, surtout quant à la forme du bec. Il en est de même 
pour le cini, figuré sur cette même planche n° i ; aussi en est-il résulté une 
confusion qui a donné lieu à l'erreur oii sont tombés presque tous les ornitho- 
iogisles,.qui ont pris l'un pour l'autre. Cette méprise existe dans la deuxième 

GALERIE DES OISEAUX. 11^ PARTIE. II 



76 FRINGILLES. 

édition an Nom>eauDictioa?iaire d'Histoire naturelle, où l'on a placé le ven- 
turon dans la section du chardonneret, tandis qu'il devait occuper celle du 
cini, et celui-ci celle du venturon. 

Cette espèce a le bec très-court et ovale , le front jaune, une sorte de collier 
entre l'occiput et la nuque, le croupion et toutes les parties inférieures de 
cette couleur, qui est plus claire sur le bas de la poitrine et sur le ventre, 
prend un ton blanchâtre sur l'abdomen et sur les couvertures inférieures de 
la queue : elle est coupée par quelques taches brunes et longitudinales sur les 
côtés du dessous du corps : le dos est tacheté de brunâtre sur un fond jaune ; 
les petites couvertures supérieures des ailes sont verdâtres, les moyennes 
noirâtres et terminées de jaune- vert; les grandes terminées de même sur un 
fond verdâtre ; les rémiges et les rectrices brunes et frangées en dehors de 
jaune-verdâtre. Les pieds couleur de chair, le bec est brun en dessus, blan- 
châtre en dessous. Longueur totale, c£uatre pouces trois quarts. La femelle 
est un peu plus petite que le mâle, et porte des couleurs moins vives. 

C. Bec a pointe épaisse, inclinée et un peu obtuse , pi. F, n° 3. 

LA FRINGILLE A TÈTE MARRON, Friiigilla 

Italiœ. 

PI. LXIII. 

Capite , nuchâque castaneis ; gulâ,juguloqite nigris ; superciliis , genls , 
fascïâ nlarwn albis; remigibus rectricibusquejuscis (mas.) 

Superm nigricante et nifescente varia, iiifeme cinereo alba; superciliis, 
tœniâ alariun albo rufescentibus, capite, nuchâque ru/èscente/iiscis(Jem'ma.) 

Capannaia scherzofa , Ornith. italienne. 

Moineau à tête marron ou d'Italie, a.'^ édition du Nouveau Dictionnaire 
d'Histoire naturelle, tom. i2,pag. 199. 

Gros-bec cisalpin, Teniminck, 1^ édition du Manuel d' ornith., pag. 35i. 

On a confondu ce moineau avec celui de France (fringilla domesiica) ,* 
mais on a reconnu depuis que c'était une espèce différente, ou plutôt une 



FRINGILLES. 77 

race constante qui est commune en Italie. Il semble tenir le milieu entre . 
le moineau franc et le friquet, car il se rapproche de ce dernier par la cou- 
leur de la tête , et par l'habitude de se tenir de préférence dans les champs. 
Le mâle , en été ,-a la tête et la nuque d'une belle couleur de marron foncé , 
les loruins, la gorge et le devant du cou, noirs; un trait blanc au-dessus de 
l'œil; les joues, les côtés de la gorge, et une bandelette sur l'aile de cette cou- 
leur; les plumes du dos, noires dans le milieu, et rousses sur les bords; le 
croupion, gris-cendré; la poitrine et les parties postérieures, d'un blanc nué 
de gris très-clair sur les côtés ; les rémiges, brunes et noires ; la queue de la 
première teinte; le bec noir; les pieds d'un brun-rougeâtre. Longueur totale, 
5 pouces 4 à 6 lignes. Chez le même, en hiver, la tête et la nuque sont 
d'un marron moins vif; le dessus du corps, les ailes et la queue, avec des 
teintes moins vives ; la couleur blanche paraît un peu nuée de gris , et les 
plumes du devant du cou sont terminées de blanc ; le bec est couleur de 
corne. La femelle ressemble à celle du moineau franc. 

D. Bec à pointe comprimée latéralement, plus ou moins allongée, grêle et 

tres-aiguë, pi. F, n° 4- 

LA FRINGILLE BEAU-MARQUET, FringiUa elegans. 

PI. LXIV. 

Fronte, capistro, gulâ rubris; collo anteriori flavo , vei'tice cinereo, 
corpore supra veridi-olivaceo ; pectore nigro, albo , viridi transuersim 
striato (mas. ) 

Capite, collo integro, cinereis ; dorso rectricibus alarum superioribus 
sordide olivaceo-viridibus (junior.) 

Le beau-marquet, Biiffbn, Hist. nat. des Ois., tom 3, pag. 497 5 P^' 
enl. , n° 2o3 ,Jig. i . 

FringiUa élégans, Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3, n° 61. 

Beautiful finch, Lath., Synopsis, tom. •2.,pag. 266, «° 19. 

Ce bel oiseau d'Afrique , que nous voyons quelquefois vivant dans nos 
volières,- a le bec, le front, la gorge rouges; la tête et le dessus du cou 



78 FRINGILLES. 

gris-bleuâtres ; le devant de la dernière partie jaune ; le dos et les couvertures 
supérieures des ailes d'un vert-olive; celles de la queue, ses pennes et le 
croupion d'un roux rembruni ; la poitrine et le haut du ventre rayés de blanc, 
de noir, et de vert; les parties postérieures blanches, les pieds rouges. 
Longueur totale, 4 pouces 2 lignes. 

Le jeune est gris sur la tête, la gorge , le cou en entier, et les parties posté- 
rieures , avec des raies transversales brunes et "rougeâtres sur celles-ci; les 
pieds sont couleur de chair. 

E. Mandibule inférieure bidentée sur chaque bord, vers son origine, 

pi. T,n° S. • 

LA FRINGII.LE SIZERIN ou BOPvÉALE, Fringilla 

horealis. 

PI. LXV. 

Vertice sanguinolenio ; mento nigro; pectore pujpwescente-rubro ; 
fasciâ alarum duplici albidâ; uropjgio albo rubroque maculato (mas. ) 
Pectore albo,Jusco maculato (femina. ) 

Petite linotte de vigne, Brisson, Ornith., tom. "iypag. i38, 7^° 3i. 

Le sizerin, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. L\,pag. 216. 

Fringilla linaria, Linn., Gm., Syst. nat., édit. i3, tf 2g. 

Lesser redpole, Lath., Synopsis, tom. '2.,pag. 3o5, n° jB. 

Rothplattiger haenfling, Friscli,pl. 10, mâle et femelle. 

Quoique Brisson, Buffon et Mauduyt aient très-bien distingué ce sizerin 
et le cabaret, en les donnant comme deux espèces très-différentes, d'autres 
ornithologistes plus modernes ne les ont pas moins confondues. Je citerai 
entre autres M. Temminck, qui, dans la deuxième édition de son Manuel 
d'ornithologie, prétend que je me suis trompé en les séparant; mais je crois 
que s'il les eût comparés scrupuleusement, il ne m'aurait pas fait ce re- 
proche, et surtout s'il eût connu leur genre de vie et le chant des mâles. 

Au reste ce sizerin se plaît dans les lieux plantés d'aulnes dont il aime les 
graines, ainsi que celles de l'ortie- grièche, du chardon et du pavot; mais 



FRINGILLES. 79 

en volière il préfère le chènevis à la navette et au millet. Il mange au prin- 
temps les boutons des jeunes branches du chêne, du bouleau, etc. Peu sau- 
vage, on l'approche de très-près sans l'effaroucher; d'un naturel doux, il se 
familiarise promptement avec la cage; peu défiant, il se prend facilement dans 
les pièges qu'on lui tend. 

Nous ne voyons cette espèce que pendant l'hiver, et elle ne se rencontre 
aux environs de Paris que tous les sept ou huit ans. Elle forme alors des 
troupes souvent très-nombreuses, qui fréquentent les bois, où elles se tiennent 
à la cime des chênes, des bouleaux, des peupliers; ce sizerin s'accroche, comme 
les mésanges, à l'extrémité des petites branches, et en parcourt toutes les 
sommités avec une vivacité étonnante. Il quitte la France et les contrées 
voisines vers le mois de mars, et pousse alors ses excursions fort avant 
dans le nord. Othon Fabricius l'a rencontré au Groenland, oii il niche; je, 
l'ai vu aux Etats-Unis dans les mois de décembre et de janvier; il y 
pénètre plus ou moins ; ce qui paraît dépendre de la force du froid. La 
femelle place son nid entre les branches des arbrisseaux et le compose de trois 
couches : la première, qui est la plus épaisse, est tissue d'herbes sèches, entre- 
mêlées de quelques petits rameaux; celle du milieu est plus mince, et 
mélangée déplumes et de mousse ; le duvet, d'une espèce de fromager, forme 
le lit sur lequel elle dépose cinq œufs d'un blanc verdâtre, tacheté de roux, 
principalement vers le gros bout. 

Le ramage du mâle est faible et plaintif; il babille sans cesse, soit en volant , 
soit en cherchant sa nourriture, d'où lui est venu l'épithète latine querula; 
d'autres l'appellent ^e^/^-Cy^e/ze, parce qu'on le voit souvent sur cet arbre ; 
enfin les oiseleurs de Paris le désignent par le nom de grand-cabaret , pour 
le distinguer de l'oiseau qu'ils nomment simplement cabaret. 

Le mâle a le sommet de la tête d'un rouge de sang; les lorums et le haut 
de la gorge noirs ; le devant du cou et la poitrine d'un rouge pourpre 
inclinant au rose ; le ventre et les parties postérieures d'un beau blanc ; l'oc- 
ciput , le manteau et les flancs variés de gris et de brun sombre ; le croupion 
tacheté de cette couleur sur un fond blanc; les couvertures inférieures des ailes 
blanches; les supérieures d'un brun obscur ; les petites et les grandes terminées 
de blanc; les pennes brunes, et bordées de blanc-roussâtre en dehors; la queue 



8o PASSERINES. 

pareille et frangée de blanchâtre; le bec blanc en été, brun en dessus, 
jaunâtre sur les côtés et en dessous en hiver ; les pieds bruns. Longueur totale , 
5 pouces. Les couleurs sont, pendant la mauvaise saison, plus ternes, et le 
blanc est nuancé de roussâtre. 

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et en diffère encore par 
son front blanc ; par le devant du cou et la poitrine , qui sont de cette cou- 
leur et tachetés de brun sur les côtés, et enfin par des teintes moins chargées. 
Le jeune mâle a aussi le front blanc ; les plumes du sommet de la tète rouges 
et terminées de gris-blanc ; le reste du plumage comme la femelle. 

6™' DIVISION. PASSERINE, Passerina. 

Bec entier, conique, moins large que la tête, un peu robuste, droit, 
rétréci vers le bout, à bords inférieurs, quelquefois supérieurs, fléchis en 
dedans, à ouverture dirigée obliquement et en en-bas ; mandibule supérieure 
couvrant au moins à sa base les bords de l'inférieure, à palais aplati, épais 
et lisse. Pi. F, n» 6. 

Narines ouvertes, arrondies, glabres chez les uns, cachées sous des petites 
plumes dirigées en avant chez les autres. 

Langue épaisse, un peu échancrée à sa pointe. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à sa base, totalement séparé de 
l'interne. 

^j'/ej moyennes; deuxième et troisième rémiges ordinairement les plus 
longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Des trente-deux espèces dont cette division est composée, la plupart 
habitent l'Amérique. Elle est subdivisée en deux sections, d'après la confor- 
i:|iation de l'ongle postérieur. Dans la première', se trouvent les espèces qui ont 
cet ongle arqué et plus court que le doigt; dans la seconde, celles dont le 
même ongle est plus long que le doigt, presque droit et subulé. Les passe- 
rines tiennent aux bruans par plusieurs caractères ; mais elles en diffèrent 
principalement en ce qu'elles n'ont point de tubercule osseux à l'intérieur de 



PASSERIWES. 8l 

leur mandibule supérieure ; ce ne seroiat pas moins des bruans pour les orni- 
thologistes qui n'attachent aucune importance à cet attribut, parce que, 
disent-ils, on ne le voit pas quand le bec est fermé, ou qui n'en parlent pas, 
ainsi que l'a fait Linnée , pour qui toutes nos passerlnes sont des emberiza. 
Il y a encore d'autres différences dans la conformation du bec de celles-là et 
des bruans , mais moins tranchées , qu'on saisit néanmoins assez facilement 
quand on compare ces oiseaux en nature. Plusieurs passerines ont été classées 
dans le ^enrefringilla. En effet, au premier aperçu, leur bec se présente à 
peu près sous les mêmes formes ; mais , en l'examinant avec attention , l'on 
s'aperçoit que les bords, surtout de la partie inférieure, rentrent en dedans; 
que la supérieure a le palais lisse et presque de niveau avec ses bords , que 
son ouverture se dirige en en-bas ; tandis que \es, fringilla ont les bords du 
bec droits , et le jaalais creusé et comme strié. 

Les espèces de la première section se perchent nuit et jour, soit sur les 
arbres, soit dans les buissons, d'oii elles descendent à terre pour chercher 
leur nourriture; celles de la seconde se tiennent plus souvent à terre que per- 
chées, et y restent toujours pendant la nuit ; c'est ainsi que se comportent les 
passerines de neige et grand montain. Toutes se nourrissent de petites graines 
entières ou dépouillées de leur péricarpe et d'insectes. Les unes nichent sur 
les arbres , d'autres dans les buissons , les herbes et les halliers. Le nombre 
de leur ponte dépend de la température du pays qu'elles habitent, et est com- 
posée de trois, de quatre ou de cinq œufs. Les premiers alimens qu'elles ap- 
portent à leurs petits sont toujours des insectes, des chenilles, et des vermis- 
seaux. 

LA PASSERINE NONPAREIL ou LE PAPE, 

Passerina cuis. 

PI. LXVL 

Capite violaceo; corpore subtîis uropygioque rubris; dorso viridi et 
olwaceo ( senior. ) 

Capite cœruleo violaceo,; corpore supra saiurate viridi; ventre griseo 
aut rubro flavoque vario; hjpochondriis viridibus (adultus.) 



82 PASSERINES. 

Supra saiurate vîridis , subtîis viridi-olovaceus ( femina et junior. ) 

Verdier de la Louisiane, Brisson, Ornilh., tom. 3, pag. 200, n° 55; 
Jppen.,pag. 74. 

Le pape, Biijfon, Hist.nat. des Ois., tom. l^, pag. 176,/»/. enl.,n° t5g, 
/ig. I et 1. 

Emberiza ciris, Linn., Gm., Sjst. nat., édit.i?>, n° ^l\; idem, Lath. , 
index , 7z° 6 1 . 

Painted bunting, Lalh. , Synopsis , tom. i,pag. 206, n° 54- 

Parmi les beaux oiseaux, celui-ci doit être placé au premier rang, d'autant 
plus qu'à la richesse de son vêtement il joint un naturel doux, familier, et un 
ramage mélodieux. Son chant ressemble beaucoup à celui de la fauvette à tête 
noire ; mais il est moins fort et plus agréable dans un appartement. Cette 
espèce , qui se plaît sur les orangers et y niche, est commune dans les Florides 
et à la Louisiane, plus rare dans la Caroline méridionale, et ne pénètre pas 
plus au nord dans les États-Unis. Les Espagnols l'appellent man'posa, et les 
Anglais nonpareil. 

Le nom de pape, qu'on lui donne en France, vient du camail violet qui 
couvre la tête du mâle jusqu'au-dessous des yeux, lequel descend sur la 
partie supérieure et les côtés du cou, et revient sur la gorge ; le devant du 
cou, les parties postérieures, le croupion et les couvertures de la queue sont 
d'un rouge éclatant ; le dos est du même rouge chez des individus , mais 
le plus souvent varié de vert tendre et d'olivâtre obscur ; les grandes couver- 
tures alaires sont vertes , les petites d'un bleu violet ; les pennes et celles de 
la queue d'un brun-rougeâtre ; les pieds bruns ; le bec est d'un gris rembruni. 
Longueur totale , 5 pouces et demi. 

La femelle est d'un vert foncé sur la tête et toutes les parties supérieures; 
d'un vert-olive sur les inférieures , plus chargé sur la poitrine ; d'un vert 
l'embruni, bordé de vert clair sur les ailes et la queue. Les jeunes lui res- 
semblent; les mâles, après leur première mue, ont la tête et le cou d'tin bleu- 
violet; le dessus du corps d'un vert foncé; le dessous de la même couleur, 
mais varié de gris et de jaune sur le ventre; les flancs verts ; les couvertures 
supérieures , les pennes des ailes et de la queue brunes et bordées de vert à 
l'extérieur. 



BRUANS. 83 

7^"° DIVISION. BRUANT, Emheriza. 

Bec entier, un peu robuste, conique, un pevi comprimé latéralement, 
pointu, à ouverture oblique et dirigée en enbas; mandibule inférieure à bords 
fléchis en dedans et rétrécis ; la supérieure plus étroite, un peu creusée à l'in- 
térieur, et munie d'un tubercule osseux, saillant, longitudinal ou arrondi. 
PI. F, n" 7. 

Narines orbiculaires , ouvertes, en partie cachées sous des petites plumes 
dirigées en avant. 

Langue épaisse, fendue à la pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur, et totalement séparé 
de l'intérieur. 

Ailes moyennes; deuxième et troisième rémiges, à peu près égales et les 
plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division est composée de trente-huit espèces, qui sont répandues 
en Europe, en Afrique, en Asie et dans l'Amérique. Les bruans ont, de 
même que tous les séminivores, les deux mandibules mobiles, et un jabot 
dans lequel lés graines sont macérées avant de jiasser dans l'estomac. 
Tous vivent principalement de semences qu'ils cherchent à terre, et très- 
rarement sur les arbres; ils sont aussi entomophages, et ils tuent les insectes 
avantdeles manger, soit à coup de bec, soit en les secouant contre un corps 
dur; ils déchirent les gros par lambeaux et avalent les autres entiers. C'est 
avec ce seul aliment qu'ils nourrissent leurs petits nouvellement nés; ensuite 
ils leur dégorgent les graines à demi digérées. Ces oiseaux ont peu d'apti- 
tude à s'approprier des chants éti-angers, et généralement le ramage des 
mâles n'est pas aussi varié ni aussi agréable que celui des fringilles. 

La plupart des bruans, qui habitent les contrées septentrionales, les 
quittent à l'automne, s'avancent plus ou moins dans le Sud, et y reviennent 
aux approches du printemps; les uns plus tôt, les autres plus tard. Ils fré- 
quentent de préférence les haies et les bosquets; plusieurs, cependant, ne 

GALEKIE DES OISEAUX. 11^ PARTIE. 12 



84 BRUANS. 

se plaisent que dans les prairies ou dans les champs cultivés ; quelques-uns 
font leur domicile dans les roseaux et y nichent; tandis que d'autres préfè- 
rent les buissons; quelques-uns construisent leur nid à terre dans une touffe 
d'herbes ou dans des halliers. Tous font ordinairement deux pontes par an , 
composées de quatre ou cinq œufs. Le mâle aide la femelle dans la cons- 
truction du nid, la soulage dans le travail de l'incubation, pendant quelques 
heures du jour, la nourrit quand elle couve, et partage avec elle les soins 
qu'exigent les petits. Ceux-ci naissent couverts d'un léger duvet, et quittent 
leur berceau avant de pouvoir voler, chez les espèces qui nichent à terre, 
dans les herbes ou au pied d'un buisson. 

LE BRUANT HUPPÉ, Emheriza cristatella. 

PI. LXVII. 

Cris ta, capite, genù, colli parte anteriori nigi-is ; corpore subtus super- 
ciliùquejlavis ; dorso viridi; teciricibus alarum remigibusque nigricantibus , 
virescenie flavo marginatis ^ rectricibus intermediis nigrescentibus , laterali- 
bus Jlavis. 

Crcstado Amarillo , de Azai'a, apuntamientos para la hist. nat. de los 
paxaros del Paraguay y Rio de la Plata, tom. i, pag. 464, «° 129. 

Le bruant huppé jaune, ornithologie de l'Encyclopédie méthodique, 
page 928, n° j8. 

Cette espèce dont on doit la connaissance à M. de Azara , se trouve en 
Amérique, sous le 29^ degré de latitude australe , et se familiarise facilement 
avec la cage. Nous avons publié son article dans la 1^ édition du Nouveau 
Dictionnaire d'Histoire Naturelle; mais c'est mal à propos qu'elle est placée 
dans le genre gros-bec , car elle n'appartient point à ce groupe , mais bien à 
celui du bruant, comme nous l'a fort bien observé notre ami M. Baillou, 
mais trop lard pour pouvoir rectifier cette erreur. De plus, nous avons vu 
plusieurs individus vivans à Paris, et nous nous sommes assuré que c'étaient 
de vrais bruans, ayant le bec garni en dedans du tubercule osseux qui dis- 
tingue parfaitement cette division. 

La huppe est noire dans le milieu , de même que le dessus de la tête , les 



MÉSANGES. 85 

joues, la gorge et la moitié du devant du cou; un trait jaune s'étend depuis 
les narines jusqu'au delà des yeux; les cotés de la tête et du cou, le pli de 
l'aile, le dessous du corps et des ailes sont de la même couleur; les plumes 
de la nuque sont noires dans leur milieu et d'un jaune verdâtre dans le 
reste ; le dos est vert ; les couvertures supérieures et les pennes des ailes 
sont noirâtres et bordées d'un jaune verdâtre; les quatre rectrices intermé- 
diaires noirâtres, et les autres d'un jaune pur; le bec est noir en dessus et 
Jîlanc en dessous. Longueur totale , 6 pouces i quart. 

2^-"^ FAMILLE. tEGITHALES, jEgitlialL 

Pieds médiocres , grêles. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts extérieurs joints seulement à leur origine, chez les uns, jusqu'au 
delà du milieu, chez les autres; l'intérieur libre ou uni à la base avec l'in- 
termédiare ; pouce et ongle postérieur quelquefois plus longs que les autres. 

Bec très-court, un peu robuste, conico-convexe, entier, rarement échan- 
cré , à pointe arrondie et épaisse ou étroite et aiguë , quelquefois inclinée. 

i^'^ DIVISION. MÉSANGE, Parus. 

Bec à base garnie de petites plumes dirigées en avant, rarement glabre , 
entier, court, conique, subulé, droit, un peu robuste, pointu; mandibule 
supérieure quelquefois recourbée à sa pointe, plus longue que l'inférieure. 

Narines orbiculaires , petites, couvertes par les plumes du capislrum. 

Langue ordinairement tronquée à son extrémité , quelquefois entière. 

Tarses grêles. 

Doigt intermédiaire soudé à sa base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ongle postérieur plus long que les antérieurs. 

Ailes à penne bâtarde ', courte ou moyenne; deuxième, troisième et 

• CeUe penne est implantée à l'extrémité de la phalange du long doigt, et immé- 
diatement au-dessous de la première rémige; elle a la roideur et la texture de celle-ci, 
et elle reste toujours dans un état de repos lorsque l'aile se déploie en éventail. 



86 MESANGES. ^ 

quatrième rémiges à peu près égales entre elles, et les plus longues de toutes 
Queue à douze rectrices. 

Cette division est composée de vingt-neuf espèces qui vivent de graines, 
d'amandes , de baies , de bourgeons et d'insectes. Plusieurs sont carnivores à 
l'occasion ; celles qui mangent des graines les dépècent et ne les avalent que 
par parcelles; pour y parvenir elles les assujétissent sous leurs serres et les 
percent à coup de bec; toutes déchirent par lambeaux les autres alimens. Les 
unes cherchent sous les feuilles les araignées, les chenilles, les larves; d'autres 
se cramponnent sur le tronc des arbres, et, dans cette position, saisissent 
adroitement les petits animaux qui se réfugient sous l'écorce et dans les li- 
chens. Aucune ne grimpe, comme le disent des ornithologistes, à la ma- 
nière des pics et des grimpereaux ; car les mésanges ne changent de place 
qu'en s'aidant de leurs ailes ou en sautant de côté. 

Les espèces carnivores se rapprochent des pies grieches par leur courage 
et leur audace; elles attaquent les petits oiseaux, surtout lorsqu'ils sont 
affaibhs par la maladie, ou qu'ils sont pris dans un piège, et leur percent 
le crâne pour manger la cervelle. C'est principalement dans les volières 
qu'elles deviennent plus cruelles et plus carnassières, on doit donc les tenir 
séparées des autres prisonniers; d'autant plus qu'armées d'un bec dur et 
aigu, munies de muscles robustes, elles immolent facilement une victime à 
laquelle la Nature a refusé des moyens de défense. 

D'un naturel vif et pétulant, les mésanges sont continuellement en ac- 
tion; on les voit voltiger sans cesse d'un arbre à l'autre, en visiter toutes les 
branches , se suspendre à l'extrémité des plus faibles rameaux , s'y tenir dans 
toutes les positions, souvent la tête en bas, et en suivre le balancement sans 
lâcher prise, mettre en pièces les bourgeons pour s'en nourrir, et parcourir 
le tronc en furetant dans toutes les fentes et les gerçures de l'écorce. Elles se 
posent rarement à terre; plusieurs passent toujours la nuit dans un creux 
d'arbre, d'où il est difficile de les faire sortir. Ce gît est encore le magasin où 
elles resserrent les petites provisions, dont elles font des amas pour la mau- 
vaise saison. Cette prévoyance leur est tellement naturelle, que si elles décou- 
vrent dans ime volière un petit réduit, elles ne manquent pas d'y porter une 
partie de la nourriture qu'on leur donne. 



MÉSANGES. 87 

De tous les petits oiseaux, ceux-ci sont les plus hargneux et les plus cou- 
rageux; ils indiquent leur colère par le renflement de leurs plumes, des 
attitudes violentes , des mouvemens précipités et des redoublemens de cris. 

Les mésanges forment, après les couvées, des bandes composées d'une ou 
de deux familles , se rappellent sans cesse , se réunissent un instant , se quittent 
de nouveau pour se réunir encore. Elles paraissent craindre de s'éloigner 
autant que de s'approcher de près. Le besoin d'une union plus intime dissout 
la société dans les premiers jours du printemps; alors chaque couple s'isole 
dans les bois; d'autres préfèi'ent les lieux marécageux, et ont un instinct et 
des mœurs différentes des autres ; car tous les détails dans lesquels nous 
sommes entrés ne conviennent qu'à toutes ou presque toutes les espèces de 
la première section. Vojez les articles des mésanges moustache et remiz. 

Les unes mettent beaucoup d'art dans la construction de leur nid, surtout 
ces dernières et la mésange à longue queue, le suspendent à des roseaux ou 
à l'extrémité des branches; plusieurs donnent pour berceau à leurs petits 
le creux d'un ai'bre. Quelques-unes sont très-fécondes et même plus qu'aucun 
autre oiseau, à raison de leur petitesse, car leurs pontes vont jusqu'à dix-huit 
à vingt œufs. Celles-ci nourrissent leur nonîbreuse famille avec un zèle et 
une activité Infatigables, y sont très-attachées , les défendent avec courage 
contre les agresseurs, fondent sur leur ennemi avec une telle intrépidité, 
qu'elles le forcent souvent de respecter leur faiblesse. 

On trouve des mésanges dans l'ancien Continent, du Nord au Midi de 
l'Europe , en Afrique , en Asie , dans le nord de l'Amérique et à la Nou- 
velle Hollande; mais on n'en a pas encore découvert dans le sud du nouveau 
Continent. 

A. Bec droit pointu, pi. F, n° 8. 

LA MÉSANGE AZURÉE, Parus cyanus. 
PI. Lxvin. 

Corpore supra pallide cœrulescente , subtus niveo; uropygio et vertice 
ex cano albidis; cervicis albâ Jasciâ latâ; humeris tectricibusque caudœ 
cœrulets (mas). 



88 MÉSANGES. 

■ Ferdce cinëreo-albo; cœr-uleo colore pallidiore (femina) 
Grosse mésange bleue, Briss. Ornith., tom. 'i,pag. 348, n° 3. 
Idem, Bilffbn, Hlst. nat. des Ois., tom. 5, pag. 455. 
Parus cyanus, Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3, «° i6. 
Idem, Lath. index, n° 3, Pallas, nov. comin.petrop. i4; n° S88,pl. 23, 

/%■■ 2. 

Azuré titmouze, Latk. Sjnopsis , tom. -x, pag. 538, n° 3. 

Lazur maise, TFolf et Mejer, tascheabuch der deutschen vôgelkunde , 
pag. 270, n° 4. 

Parus indicus, Aldruv. Ornith., 2, pag. X007, n° 16. 

Parus Saebyensis, Sparrm. mus. Carlson., pi. 25. Idem, Lin., Gm., tf 17. 

Aldrovande est le premier qui ait décrit cette mésange, et qui en ait 
publié la figure d'après une peinture qu'il soupçonnait être de fantaisie, ou 
du moins celle d'un oiseau imaginaire ou très-défîguré et venant de l'Inde^ 
mais depuis on a reconnu que c'était une espèce qui ne se trouve que dans 
le nord de l'Europe, et que Pallas et le Péchin ont vue en Sibérie. On la 
trouve aussi dans la Sudermanie, et elle est très-nombreuse dans les bois de 
la Sibérie et de la Russie , aux environs de Synhirsk , dans le gouvernement 
de Casan ; contrées qu'elle quitte pendant l'hiver pour se répandre aux en- 
virons de Pétersbourg et même dans ses faubourgs. On la rencontre aussi en 
Pologne, mais seulement pendant la mauvaise saison. Son cri a beaucoup de 
rapport avec celui du moineau franc ; cependant il est moins fort et assez 
agi'éable. Le nid , les œufs et les petits ne sont pas connus. Le seul individu 
que j'ai vu en nature est dans la riche et nombreuse collection de M. le comte 
de Kiocour qui a eu la complaisance de me l'envoyer de Nancy pour le faire " 
dessiner. 

Le mâle a le bec d'un bleu noirâtre, qui se dégrade sur les bords; 
le front, le dessus de la tête, les joues et toutes les parties inférieures du 
corps de couleur blanche , avec une tache bleue, oblongue et irrégulière sur 
la poitrine et le milieu du ventre. Une raie de la dernière teinte qui part du 
bec, passe à travers les yeux, entoure la tête et descend sur la nuque; elle 
€st bordée en dessous d'un trait plus pâle; les lorums sont noirs; les ailes 
variées de blanc et de bleu; le dos et le croupion de la dernière teinte, mais 



MÉSANGES. 89 

plus faible; les couvertures supérieures de la queue d'un bleu plus foncé; 
celles des ailes et leurs pennes secondaires terminées de blanc; les primaii-es 
bordées de même à l'intérieur, ainsi que les rectrices qui dans le reste sont 
bleues; les pieds et les ongles noirs. Longueur totale, 5 pouces et demi. La 
femelle diffère du mâle en ce qu'elle n'a point de tache bleue sur la poitrnie 
et le ventre; que le vertex est d'un gris-blanc; que la couleur bleue est moins 
pure, et que la bande oculaire a moins de largeur sur la nuque. On a vu 
dans la Synonymie que le parus sœbyensis est un individu de cette espèce , 
isolé mal à propos par des auteurs, et décrite dans l'édition de Buffon par 
Sonnini , tom. Sa , pag. Sag , sous le nom de mésange de Sœbj. 

B. Mandibule supérieure un peu recourbée sur Vùiférieure, pi. F, n° g. 

LA MÉSANGE MOUSTACHE, Parus bïarmicus. 

PI. LXIX. 

Rufus; vertice cana; caudâ corpore longiore; capite barbato; crisso 
nigro ( mas ). 

Barba crissoque nigro care^ (femina). 

Mésange barbue, Briss., Ornith., tom. % pag. 567, n° 12. 

Mésange barbue ou moustache; Biiffbn, Hist. nat. des Ois., tom. 5, 
pag. l\\%, pi. enl. 618. 

Parus biarmicus, Linn., Gm.., Sjsl. nat., édit. i3, n° 11. Idem, Lath., 
index, n° o.?». 

Least blutcherbird, iS'c?»'., O/i'., /^A 55. 

Bearded titmouse, Lath., Sjnops., tom. i,pag. /jSa, n° ao. 

Barthmeïse , Wolf et Meyer, taschenbuch der deutschen vôgelkunde , 
pag 273. 

Si l'on peut juger de l'oiseau en liberté par l'oiseau en captivité, on ne ba- 
lancera pas à présenter cette mésange comme une espèce dont les mœurs sont 
plus douces et plus sociables que celles de ses congénères. En effet, le mâle et 
la femelle montrent beaucoup d'attachement l'un pour l'autre , et se prodi- 
guent ces petits soins familiers et naturels aux serins de Canarie, du moins 



go MESAN&ES. 

c'est ainsi que se sont conduits les individus que j'ai conservés dans mes vo- 
lières, et l'affection du mâle pour sa compagne serait encore à un degré 
plus grand, si, comme on le dit, lorsque celle-ci repose, il a soin de la cou- 
vrir de ses ailes, pour la mettre à l'abri des injures de l'air. 

Ces mésanges sont nombreuses en Hollande , et on en voit assez fréquem- 
ment en Angleterre, où elles sont sédentaires, surtout dans les marais qui 
sont entre Erith et Iiondres. On les rencontre quelquefois en France, surtout 
pendant l'hiver, aux environs d'Abbeville, ou à défaut d'autres nourritures, 
elles vivent de petits limaçons aquatiques, appelés ambrelLes, qu'elles avalent 
entiers avec leurs coquilles. A cette époque , elles courent sur la glace comme 
une lavandière au bord de l'eau; outre cet aliment, elles mangent aussi la 
graine des roseaux et les insectes. 

Douées d'une industrie remarquable, elles suspendent leur nid entre trois 
roseaux et le composent de matériaux mollets, duveteux et artistement ar- 
rangés. La ponte est de quatre ou cinq œufs d'un blanc rougeâtre, tacheté 
de brun. 

Le mâle porte une petite touffe de plumes noires assez longues et en forme 
de moustache sur chaque côté de la tète; le bec est d'une couleur orangée,, 
lorsque l'oiseau est vivant , et d'un jaune terne après sa mort ; la tête est 
d'un gris de perle; l'iris jaune ; îa gorge et le devant du cou sont d'un blanc 
argenté, moins pur sur la poitrine, teint de gris dans quelques individus, et 
d'une couleur rosacée dans d'autres; le reste du dessous du corps est rous- 
sâtre; les couvertures inférieures de la queue sont noires; une partie des 
supérieures des ailes d'un blanc jaunâtre, les petites noirâtres; les grandes 
bordées de roux, ainsi que les pennes moyennes; les primaires frangées de 
blanc à l'extérieur; les l'ectrices entièrement rousses, à l'exception de la pre- 
mière de chaque côté qui est noirâtre à sa base et d'un cendré roux vers son 
extrémité; les pieds sont noirs. Longueur totale , 6 pouces i quart. 

La femelle en diffère par une taille moins longue , et en ce qu'elle n'a point 
de moustaches; en outre sa tête est ferrugineuse, et le reste des parties su- 
périeures d'un gris rembruni ; les flancs et les couvertures inférieures de la 
queue sont d'un gris roussâtre, et ses pennes de la couleur du dos; quel- 
quefois le dessus de la tète est tacheté de noir. 



MESANGES. 91 

C. Bec droit fin, effilé et aigu, pi. F, n° 10. 

LA MÉSANGE REMIZ, Parus pendulinus. 

PI. LXX. 

Vertice albo;fasciâ ocularinigrâ; remigibus reclricibusquefiuscis , mar- 
gine utroque ferrugineo (mas). 

Coloribus pallidioribus ( femina ). 

Rufo griseus; vertice cano; alis caudâque nigricantibus , rufo rnargi- 
natis; remigibus primoribiLS margine albis (junior). 

Mésange de Pologne, Briss., Ornith., tom. 3, pag. 565, n° 11, pi. 29, 
./%• 2. 

Mésange de Pologne ou 'Kevmz , Biiffbn , Hist. nat. des Ois., tom. 5, 
pcig- [\i'i,pl. enl. n° 608, fig. 3. 

Mésange du I^an^uedoc , Idem , pi. enl., n° ']o%,fig. i, (jeune). 

Parus pendulinus, Linn., Gm., Sjst., nat., édit. i3, n° i3. Lath., index, 
«° 18. . . 

Parus Narbonensis , Linn., Gm., n° \[\. idem, Lath., n° 19, (junior). 

Penduline titmouse, Lath., Sjnopsis, tom. 2, pag. 547, '^° ^^• 

Languedoc titmouse , idem, pag. 54, «° 17, (jeune). 

Beutelmeise , JVolf et Mejer , Tascenbuch der deutschen vôgelkimde , 
pag.i-jï^. 

Le nom imposé à cette mésange est celui sous lequel elle est connue en 
Pologne, où elle fréquente les lieux aquatiques, ainsi qu'en Sibérie, dans le 
Piémont et en France. Elle suspend son nid à l'extrémité d'une branche 
flexible, pendante au-dessus de l'eau, l'attache avec du chanvre, du lin ou 
d'autres matières capables de le soutenir en l'air ; lui donne la forme d'une 
bourse ou d'une cornemuse, place l'ouverture sur le côté, ordinairement sur 
celui qui est tourné en face de l'onde, le compose du duvet des fleurs du 
saule, du peuplier, du tremble, etc.; elle entrelace ordinairement ce duvet 
avec des brins de racine, en forme un tissu épais, serré, et presque aussi 
solide que du carton; l'intérieur est garni d'une couche du même duvet, 

CALEKIK DES OISEAUX. //* PARTIE. l3 



92 TYRANNEAUX. 

mais plus fin, sur lequel la femelle dépose quatre ou cinq œufs d'un blanc 
de neige et de la'grosseur de ceux du troglodyte; elle fait ordinairement deux 
pontes par an. Ces oiseaux sont si méfians qu'on ne peut les prendre dans 
aucun piège. 

Le mâle a le sommet de la tête blanc; un bandeau noir sur le front, lequel 
enveloppe l'œil et le dépasse; l'occiput et le dessus du cou d'un gris-blanc 
ou cendré ; les plumes scapulaires et le haut du dos d'une couleur de marron ; 
le bas du dos et le croupion gris ; la gorge blanche ; les parties postérieures 
d'un blanc un peu rosé ou roussâtre; les couvertures supérieures des ailes 
d'un blanc rougedtre et terminées de roussâtre; les pennes des ailes et les 
latérales de la queue bordées en dehors de la dernière teinte sur un fond 
noirâtre; les deux rectrices intermédiaires frangées de blanc; le bec noir; le 
tarse gris de plomb. Longueur totale, 4 pouces. La femelle ressemble au 
mâle, mais ses couleurs sont irioins vives, surtout sur le dos. 

Le jeune, qu'on a mal à propos décrit pour une femelle, ou qu'on a eu 
tort de présenter comme une espèce distincte et particulière , est gris sur 
la tête; d'un gris roussâtre sur le dessus du corps, d'un blanc roux en 
dessous. 



^ème DIVISION. TYRANNEAU, Tjrannulus. 

Bec court, garni de quelques poils à sa base, assez robuste, coriico-con- 
vexe, entier, un peu incliné seulement à la pointe de sa partie supérieure. 
P/. F, n° II. 

Narines petites, arrondies, couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse, bifide à son extrémité. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe , totalement séparé de 
l'interne; pouce articulé près de ce doigt et susceptible de se tenir de côté 

Ongle postérieur le plus long de tous. 

Les quatre premières rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 



TYRANNEAUX. gB 

Cette division ne contient qu'une espèce que l'on trouve à Cayenne et 
dont on ne connaît que l'extérieur. Elle fait la nuance entre le roitelet et 
la mésange, d'où lui est venu le nom de roitelet-mésange que Buffon lui a 
imposé. Elle se rapproche du premier par sa petite taille et son plumage, 
et de la dernière par son bec court et robuste; mais , ayant des caractères qui 
lui sont particuliers, je me suis déterminé à la classer dans une autre divi- 
sion; car certainement elle est très-déplacée dans le genre sylvia oV l'a mise 
Latham, et dans Gmelin où elle est présentée comme une variété du motacilla 
reguliis: 

LE TYRANNEAU HUPPÉ, Tyrannulus elatus. 

■ PI. LXXI. 

Oliveo-virescens ; cristâflavâ et nigrâ; guld grised; corpore subtils di- 
late flavo; remigibus rectricibusque lateralibus nigrescentibus. 

Le roitelet-mésange, Biiffhn, Hist. nat. des Ois., tom. 5, pag. 'i'jS, pi. 
enl. n° 708,^%. 2, sous le nom de mésange huppée de Cayenne. 

Sylvia elata, Lath., index, n° i53. 

Motacilla regulus, Var. B, Linn., Gm., Syst., nat., édit. iZ, n° 48. 

Gold-crested Wren; Var. A, Lath., Synopsis , tom. 0., pag. 5 10, 11° i45. 

Ce petit oiseau se tient sur les arbrisseaux dans les savanes noyées de la 
Guyane, et cherche sa nourriture en s'accrochant à l'extrémité des branches, 
comme font les roitelets et les mésanges. 

Il a sur le sommet de la tête une petite huppe jonquille et noire; le reste 
de la tête, le dessus du cou, le dos et les deux pennes intermédiaires de la 
queue d'un vert-olive .sombre; les rectrices latérales et les rémiges noirâtres; 
les secondaires bordées d'un jaune vif à l'extérieur, et les couvertures alaires 
frangées d'un jaune clair; la gorge grise; la poitrine d'un gris verdâtre; le 
ventre et les parties postérieures d'un jaune faible; le bec et les pieds noirs. 
Longueur totale, 3 pouces 2 lignes. Les couleurs de la femelle sont moins 
vives que chez le mâle. 



g4 MANAKINS. 

3ème DIVISION. MANAKIN. 

Bec trigone à sa base, plus haut que large, court, convexe en dessus, 
comprimé vers le bout ; mandibule supérieure courbée et échancrée à son 
extrémité; l'inférieure retroussée et acuminée à sa pointe. PI. F, n° 13. 

Narines ovales, ouvertes en devant, couvertes à la base d'une membrane 
et de petites plumes. 

Langue.... - 

Tarses nus et annelés. 

Doigt iniei-niédiaire soudé avec l'extérieur jusqu'au delà du milieu, et avec 
l'interne à la base. 

Ailes courtes; première rémige moins longue que la sixième, quatrième 
la plus allongée de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division contient vingt-quatre espèces qui , toutes , se trouvent dans 
l'Amérique, entre les tropiques. On ne connaît qu'une partie de leurs habi- 
tudes naturelles, et leur nid et leurs œufs sont encore à connaître. Elles se 
plaisent dans les grands bois des climats chauds , ne fréquentent jamais les 
lieux découverts ni les campagnes voisines des habitations. Elles ont le vol 
rapide, court et peu élevé, ne se perchent pas au faîte des arbres, mais à une 
moyenne hauteur. Leur nourriture de choix sont les petits fruits, et elles 
vivent aussi d'insectes. On rencontre les manakins le matin, depuis le lever 
du soleil jusqu'à neuf ou dix heures, en petites troupes de huit à dix, et chaque 
troupe est composée d'individus de la même espèce. Quelquefois ces troupes 
se réunissent et se mêlent même avec d'autres espèces de genre différent. 
Lors de ces réunions , ils font entendre un petit gazouillement fin, agréable, 
et gardent le silence le reste du jour. Hors cette espèce d'assemblée, ils vivent 
solitaires, seul à seul, et se retirent dans les endroits les plus fourrés des 
forêts. Quoiqu'ils ne fréquentent ni les marais ni le bord de l'eau, ils se 
plaisent dans les lieux humides et frais, qu'ils préfèrent aux endroits secs 
et chauds. 



PARDALOTES. gS 

LE MANAKIN VARIÉ, Pipra serena. 

PI. LXXII. 

■ Nigra;/i'07iie albâ; uropygio cjaneo; ventre JImo. 

Le manakin varié, Bitffon, Hist. nat. des Ois., tom. L\,pag. 428, pi. enl. 
n° 'ii[\,Jîg. 1, sous le nom de manakin a front blanc. 

Le manakin à front blanc, Bris son, Ornith., tom. 4, pag. l\S'] , n° <^, 
pi. 'iQ,Jig. 2. 

Pipra serena, Linn., Gm., Sjsl. nat., édit. i3, «° 11 ; idem, Lath., 
index, n° 5. • 

White fronted manakin, Lath., Synopsis, tom. i,pag. Sai, n° 3. 

Ce manakin, qu'on trouve à la Guyane et au Brésil, où il n'est pas très- 
commun, a le front d'un blanc mat; le reste de la tête, le bec, les pieds, 
le cou, le dessus du corps, les ailes, la queue, la gorge, la poitrine et les 
flancs noirs, avec une tache d'un jaune-orangé sur le milieu du haut de la 
poitrine ; le ventre et lés parties postérieures de cette couleur ; le croupion 
et les couvertures supérieures de la queue d'un bleu de ciel. Longueur to- 
tale, 3 pouces 2 à 3 lignes. L'individu décrit par Buffon est d'une belle 
couleur d'aiguë marine sur le sommet de la tête, qui est noir chez celui 
de cet article. Peut-être que celui-ci est la femelle, qui n'est pas connue, 
et l'autre un mâle. " , 

4'"^ DIVISION. PARDALOTE, Pardalotus. 

Bec très-court, un peu robuste, à bords dilatés à sa base, entier, conoïde, 
à pointe épaisse; mandibule supérieure un peu arquée; l'inférieure droite, 
convexe en dessous. PI. G, n° i. 

Narines petites , couvertes d'une membrane. 

Langue 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, l'interne totalement 
séparé. 



96 PARDALOTES. 

Ailes à première, deuxième et j;roisième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Nous sommes à notre grand regret, privés de la partie historique des Par- 
dalotes; car on ne connaît que leur physique. On sait seulement qu'ils se 
trouvent à la Nouvelle-Hollande. Cette division n'est composée que de deux 
ou trois espèces. 

LE PARDALOTE POINTILLÉ, Pardalotus punctatus. 

PI. LXXIII. 

Verlice nigro , dlboque maculato ; corpore supra virescente-flavo , subtus 
flavo; remigibus rectricibusque nigris, albo maculatis; uropygio rubro (mas. ) 

Gulâ, ventre albidis; hypochondriis rufescentibus (femina. ) 

Le pardalote pointillé, Vieillot, 2^ èdit. du Nonv. Dict. d'Hist. nat., 
tom.i[\, pûg. 52g. 

Idem, Encyclopédie méthodique , pag. 5ii. 

Chez ce pardalote, le bec est noir, la tête et la nuque de cette couleur 
et tachetées d'une teinte plus pâle; les plumes du dos et des couvertures su- 
périeures des ailes d'un brun foncé dans le milieu, et d'un jaune brunâtre 
sur les bords; le bord de l'aile, ses pennes et celles de la queue noirs et ta- 
chetés de blanc; toutes les parties inférieures d'un blanc jaunâtre, avec une 
teinte rouge sur la poitrine; le bas du dos est d'un jaune terne; le croupion 
rouge; les pieds sont couleur de chair. Longueur totale, 3 pouces. 

Nous avons sous les yeux trois individus qui présentent dans leur plu- 
mage des dissemblances. Celui que nous avons fait figurer pour un mâle a 
le bec et les pieds noirs; les plumes de la tête, les ailes et la queue de cette 
couleur et mouchetées de blanc; le dos tacheté d'un vert-jaune, les sourcils 
blancs; les couvertures supérieures de la queue rouges; le dos marqué d'un 
vert-jaune; les côtés du cou gris; la poitrine, le ventre et les flancs jaunes. 
Le second, que nous soupçonnons être une femelle, est d'un noir moins 
beau et moucheté de jaune sur la tête; noirâtre, avec des mouchetures 
jaunes sur les ailes et la queue; blanc sur la gorge; jaune sur les parties pos- 



PHIBALURES. 97 

térieures, et blanchâtre sur leurs cotés. Le troisième diffère de celui-ci en ce 
que la gorge et toutes les parties inférieures sont jaunâtres. 

y^' FAMILLE. PÉRICALLES, Pen'calles. 

PietjLs médiocres , grêles. 

Tarses annelés, nus. 

Doigts au nombre de quatre : trois devant, un derrière; les externes joints 
seulement à leur base ; l'interne libre ; le postérieur mince, articulé au niveau 
des autres, 

Bec conico-convèxe, court ou médiocre, plus ou moins épais, échancré, 
courbé ou Seulement incliné vers le bout de sa partie supérieure. 

i"^ DIVISION. PHIBALURE, Phibalura. 

Bec conico-convexe , court, épais, robuste; mandibule supérieure un peu 
arquée, échancrée vers sa pointe. PI. G, n° 2. 

Narines petites, couvertes d'une membrane, situées à la base du bec. 

Langue. ... 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Rémiges, deuxième et troisième les plus longues de toutes. 

Çwez^e grêle, très-longue, fourchue et composée de douze rectri ces. 

La seule espèce qui compose cette division se trouve au Brésil : il en est 
comme de la précédente , nous ne connaissons que sa dépouille. 

LE PHIBALURE A BEC JAUNE, Phibalura Flavirostris. 

PI. LXXIV. 

Capitis pennis elongatis, nigris et rubris ; gulâ, ventre Jlavis; abdomine 
nigro macidato; collo anteriori albo et nigro vario; corpore supra Jlavo ef* 
nigro; caudâ furcatâ. 



gS ]\ÉMOSIES. 

Phibalure à bec jaune, Vieillot, i'^ édit. du Nouv. Die t. d'Hist. nat.. 
lom. aS, pag. Saa. 

Ibidem, Encjclopédie méthodique, pag. 784- 

Chez ce bel oiseau, qu'on trouve au Brésil, les plumes du dessus de la tête 
sont longues , susceptibles de se relever en forme de huppe , à la volonté de 
l'oiseau, noires, rouges, et plusieurs des côtés bordées de gris; une marque 
noire entoure l'œil , présente plus de largeur et est bordée de blanc en des- 
sous ; la gorge et le ventre sont jaunes ; les plumes du devant du cou blanches 
et terminées de noir; celles du dessus de cette partie, du dos, des scapu- 
laires, du croupion et des couvertures supérieures de la queue jaunes, et 
terminées par une tache noire ; les rémiges et les rectrices de la dernière 
couleur ; de même que les ongles; l'abdomen et les parties postérieures jaunes 
et noires; le bec et les pieds jaunes. Longueur totale, 8 pouces 3 lignes. 

a'"" DIVISION. NÉMOSIE, Nemosia. 

Bec formant à sa base un petit angle dans les plumes du front , peu ro- 
buste, conico-convexe , effilé, un peu comprimé latéralement, pointu; man- 
dibule supérieure couvrant les bords de l'inférieure, très -faiblement arquée 
du milieu à la pointe, légèrement entaillée vers le bout. PI, G, n° 3. 

Narines arrondies , situées à la base du bec. 

Langue cartilagineuse , étroite , pointue. 

ra/'j-ej nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base , et totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes; deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Quoique cette division ne soit composée que de quatre espèces , je crois 
qu'on pourrait en augmenter le nombre si on y ajoutait quelques oiseaux 
qu'on a donné pour des fauvettes; mais aucuns ne peuvent être classés dans 
le genre tanagra, dans lequel on en a rangé deux, savoir : les tanagra pi- 
leata , et gularis , qui sont de véritables némosies. Leur partie historique est 
totalement inconnue. 



TANGARAS. 99 "^r ■» > 

LA NÉMOSIE A GORGE JAUNE, Nemosia . '^^'i^,_ 

Jlavicollis. 

PL LXXV. 

Capite, collo superiore , Terni gibiis et rectricibus nigris; dorso , uropygio, 
gulâjlavis ; pectore cinereo-albo. 

Un beau jaune domine sur la gorge, le dos, le croupion et sur les cou- 
vertures supéi'ieures de la queue; cette couleur est l'emplacée par un noir 
profond sur la tête, le dessus du cou , les rémiges et les rectrices; une petite 
tache blanche se fait remarquer vers la base des quatrième, cinquième et 
sixième pennes alaires ; le devant du cou et la poitrine sont d'un gris presque 
blanc; le ventre et les parties postérieures de la dernière couleur; le bec 
est noir en dessus, couleur de corne en dessous; les pieds sont noirâtres. 
Longueur totale, 5 pouces. On trouve cet oiseau au Brésil: nous soupçon- 
nons que c'est un mâle, dont la femelle et le jeune ne sont pas connus. 

3'""= DIVISION. TANGARA, Tanagra. ' 

Bec conoïde, un peutrigone à sa.base, à bords courbés en dedans, rétréci 
et incliné vers le bout ; mandibule supérieure échancrée à son extrémité ; 
l'inférieure entière. PI. G, n° [\. 

ISarines rondes , ouvertes , en partie cachées sous les plumes du ca- 
pitsrum. 

Langue cartilagineuse , bifide à sa pointe. 

Tflrjej nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, et totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes; les quatre premières rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les vrais tangaras, c'est-à-dire les oiseaux auxquels on ne peut refuser ce 
nom , présentent entre eux quelques différences dans la forme du bec ; mais , 
selon moi, elles ne sont pas assez tranchantes pour les diviser autrement 

GALERIK DES OISEAUX. 11^ PARTIE. Xl\ ' ' 



loo TANGARAS. 

qu'en deux sections, dont l'une contiendrait les espèces dont le bec est aussi 
large que haut à sa base et allongé; l'autre, celles qui l'ont plus large que 
haut à son origine et court. Quant aux autres oiseaux qu'on a classés dans ce 
genre, l'on doit les en exclure, il y sont très-déplacés et doivent composer de 
nouvelles divisions, auxquelles nous avons appliqué les dénominations de 
némosie,jaeapa, pjranga, arreinon, habiaet laclijphone. 

Les tangaras sont baccivores, entomophages et séminivores, cherchent 
leur nourriture dans les buissons, sur les plantes et sur les arbres, dont ils 
parcourent les branches pour saisir les insectes de la même manière que cer- 
taines fauvettes. Presque tous sont remarquables par la richesse de leur plu- 
mage; mais peu ont une voix agréable. Leur vol est vif; leur naturel actif, 
inconsidéré, et leurs mouvemens sont brusques; ils descendent rarement à 
terre, et quand ils y sont, leurs pas sont des sauts. Ils fréquentent l'intérieur 
des bois, lorsque certaines baies les y attirent; les uns se tiennent ordinaire- 
ment sur la lisière des forêts, dans les lieux arides, et se cachent dans les 
broussailles; tandis que d'autres préfèrent la cime des arbres; quelques-uns 
se montrent près des habitations rurales, se plaisent dans les jardins et les 
savanes. 

Des espèces aiment à vivre en troupes, d'autres en familles, et plusieurs 
s'isolent de leurs semblables. Toutes sont sédentaires sous la zone torride, 
font plusieurs couvées par an j mais composées d'un moindre nombre d'œufe 
que celles des oiseaux qui vivent sous les zones tempérées. 

LE TANGARA MULTICOLOR , Tanagm midticolor. 

PI. LXXVI. 

Corpore supra nigro; capitis îaleribus nigro alboque striafis; gulâ, ventre 
flavis ; pectore , uropygio fiisco-rubescente ; caudâ nigrâ et «/(?'« (mas). 

Capite colloque cinereis; dorso sordide viridi; pectore et ventre palUde- 
Jîuvis; alis caudâquefuscis (femina). 

Capite corporeque cinereis ( j unior ) . 

Le pinson à tête noire et blanche, Bujjfon, ffist. riët. des Ois., font. l\, 
pag. i4o. 



TANGARAS. loi 

Bahama finch, Catesby, car. \ , pi. l\i. 

Fringilla zena, Linn., Gm., Syst. jiat., édit. i3, «° i3. 

Idem, Lath., index ^ n'^ 46. 

Orange finch, Lath., Synopsis, toni. i^pag. 276, 7i° l{0. 

Ce tangara , que j'ai trouvé dans les bois de St. -Domingue, pendant l'hiver 
du nord de l'Amérique, et que j'ai pris en mer dans le canal de Bahama, île 
où l'a vu Catesby , vit solitaire sur la lisière des forêts ou dans leur intérieur. 
Je ne balance pas à indiquer pour sa synonymie, celle donnée ci-dessus , quoi- 
que les auteurs le présentent pour une Jlingille , mais cette erreur de leur 
part provient de ce qu'ils ne l'ont décrit que d'api'ès la mauvaise figure pu- 
bliée par Catesby ; en effet, le bec est si mal dessiné, qu'on peut aisément 
le prendre pour celui d'un pinson. 

Le mâle a la tète, le manteau, les couvertures supérieures des ailes, leurs 
pennes et celles de la queue d'un beau noir, coupé sur les côtés de la pj?e- 
mière partie par une raie blanche qui passe au-dessus de l'œil , et s'étend 
jusqu'à l'occiput, et par une autre de la même couleur qui part des coins de la 
bouche, parcourt les joues et descend sur les côtés de la gorge; le menton, 
l'extrémité des grandes couvertures alaires, lal)ase des premières rémiges et 
les quatre l'ectrices latérales les plus extérieures de, la queue sont d'un beau 
blanc; la gorge et le devant du cou jaunes; la poitrine, le haut de l'aile, le 
croupion et les tectrices supérieures de la queue d'un beau mordoré; le 
ventre est d'un jaune jonquille; l'abdomen d'un jaune pâle dans le milieu et 
bleuâtre sur les côtés; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, 6 pouces 
a lignes. Le plumage n'est pas le môme pour tous, ce qui paraît dépendre de 
l'âge plus ou moins avancé. Entre autres, j'ai remarqué un individu qui aie 
dos, le croupion, les couvertures supérieures de la queue variés de noir et 
de jaune verdâtre;]la poitrine orangée; le ventre et les parties postériem-es 
d'un gris-blanc; les flancs d'une nuance plus chargée; le haut de l'aile noir 
et la taille un peu moins forte. Je soupçonne que c'est un jeune mâle dont 
le vêtement n'est pas encore parvenu à sa perfection. 

Chez la femelle, la tête et le cou sont cendrés; le dos est d'un vert sale; 
la poitrine et le ventre sont d'un jaune terne; les ailes traversées par une 
raie d'un blanc sale; leurs pennes et celles de la queue brunes et marquées 



I02 HABIAS. 

de blanc. Les jeunes portent une livrée généralement d'un gris cendré sur la 
tête et le corps. 

^ème DIVISION. HABIA, Saltator. 

Bec épais à la base, robuste, convexe en dessus, comprimé latéralement et 
à bords tranchans ; mandibule supérieure un peu fléchie en arc , couvrant les 
bords de l'inférieure, entaillée et courbée vers le bout; l'inférieure droite et 
un peu plus courte. PI. G, n° 5. 

Narines petites, ouvertes, orbiculaires , situées près du capistrum. 

Langue épaisse, pointue. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur , totalement séparé de 
l'intérieur. 

Ailes moyennes , les quatre premières rémiges à peu près égales entre elles 
et les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les huit espèces qui composent cette division , se trouvent sous les tro- 
piques ; les unes fréquentent les halliers , les broussailles épaisses et fourrées , 
et ne pénétrent point dans les grands bois ; les autres se montrent dans les 
lieux découverts et se trouvent quelquefois dans l'intérieur des forêts. Elles 
se cachent peu, se perchent, pour l'ordinaire, jusqu'aux trois quarts de la 
hauteur des arbres, ne descendent que rarement à terre, marchent par 
sauts et peu vite. Elles sont moins farouches, moins inquiètes et moins vives 
que les grives. 

Ces oiseaux, qui portent au Paraguay le nom à^habia, sont sédentaires, 
vivent seuls ou par paires. Ceux, dont l'on connaît une partie des habitudes, 
nichent à la moitié de la hauteur des buissons ; leur ponte est composée de 
deux ou trois œufs ; les petits sont nourris dans le nid et ne le quittent 
qu'en état de voler. 



ARREMONS. lo3 

L'HABIA VERT-OLIVE, Saltator olwaceus. 

PI. LXXVII. 

Obscure oUvaceus, subtus riifescens mit griseus; mento albido^ . 

Le grand tangara, Biiffon, Hist. nat. des Oiseaux, tom. [\,pag. s^g, 
pi. enl., n° 2o5, sous le nom de grand tanagr'a des bois de Cayenne, 

Tanagra magna, Linn., Gm.y Sjst. nat., édit. î3, n° 26. 
Idem, Latk., index, n° 8. 

Grand tanager, Lalli., Synopsis, tom, i,pag. 220, n° 7. 

On ne connaît dans cette espèce que l'habitude de se tenir indifférem- 
ment dans les grands bois et les lieux découverts. 

Le mâle et la femelle portent à peu près le même vêtement. Le dessus de 
la tête, le derrière du cou, tout le dessus du corps, les ailes et la queue 
sont d'un vert-olive sombre; on remarque deux traits sur les côtés de la 
tète; l'un blanc, entre le bec et l'œil, et l'autre noir au-dessous des yeux; le 
menton est blanc et bordé de noir; la gorge nuancée de jaune, avec une 
bandelette noire ; les côtés de la tête et du cou cendrés ; le devant du cou , la 
poitrine et les parties postérieures sont d'un jaune roussâtre ou gris; les 
couvertures inférieures de la queue rousses, le bec et les pieds noirâtres. 
Longueur totale, 8 pouces environ. Latbam indique un individu qui a la 
poitrine d'un cendré fauve, et a décrit le précédent, ainsi que Gmelin, avec 
des couleurs un peu différentes que celles indiquées ci-dessus ; il me paraît 
que cette description est prise sur la planche enluminée de Buffon, qui en 
effet, manque d'exactitude, car la nôtre est d'après nature. 

S'""^ DIVISION. ARREMON, Arremon. 

Bec conico-convéxe, médiocre, un peu fort, à bords recourbés en dedans; 
mandibule supérieure écliancrée et fléchie vers le bout; l'inférieure droite, 
entière et pointue. PI. G, n° 6. 

Narines ovales, à demi couvertes vers la base par une membrane et des 
petites plumes. 



Io4 ARREMONS. 

Langue cartilagineuse, bifide à sa pointe. 

Bouche ciliée latéralement. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réunià la base avec l'externe; et totalement séparé de 
l'interne. 

j4iles moyennes ; première rémige plus courte que la septième ; quatrième 
et cinquième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

La seule espèce qui compose cette division se trouve à la Guyane et au 
Paraguay; si l'on en excepte le chant que le mâle fait entendre dans cette 
dernière contrée, tandis qu'il est silencieux dans l'autre, ses habitudes na- 
turelles n'offrent pas de dissemblance dans l'un ou l'autre pays. Elle se tient 
oi'dinairement à terre, ne se repose que rarement sur les branches les plus 
basses des arbres, et ne fréquente point les endroits découverts. Etant d'un 
naturel stupide, tranquille et solitaire, on l'approche facilement. Il paraît 
que, lorsque le mâle a été observé à Cayenne par Sonnlni, il n'était point 
dans la saison des amours , car il gardait un profond silence , d'oii est venu 
le nom à' oiseau silencieux que lui a donné Buffon ; mais à cette époque il a, 
selon de Azara, un chant agréable et varié. 

«Cet oiseau, dit l'éloquent historien de la nature, est d'une espèce que 
nous ne pouvons rapporter à aucun genre, et que nous ne plaçons après les 
tangaras que parce qu'il a dans sa conformation extérieure quelques rap- 
ports avec eux. » M. Desmarets, Histoire des Tangaras , l'a mis dans sa di- 
vision des tangaras collurlens; Latham le classe dans son genre tanagra; en 
effet, il a dans ses caractères quelque analogie avec les tangaras et les col- 
lurlens, ou pie-grièches; enfin de Azara Fa mis à la suite de ses tordos de 
hosque ( trouplales des bols), comme une espèce distincte de ceux-ci par 
divers attributs. Ainsi donc, l'oiseau silencieux n'étant pas réellement un 
tangara, ni un coUurlen, ni un troupiale, nous nous croyons fondé à le 
placer dans une division particulière et dlstmcte. On ne connaît ni son nid 
ni ses œufs. 



JACÀPAS. IO& 

L'ARREMON A COLLIER, Arremon torquatus. 

PI. LXXVIII. 

Viridis; capite subthsque incanus; siiperciliis , vittâ oculari, fasciâque 
jugulari, nig/is. 

L'oiseau silencieux, Biiff.^ Hist., nat., des Ois., pi. enl. n° 78, sous le 
nom de. tangara de la Gujane. 

Tanagra silens, Lalh., index, n° [\i. 

Turdo torquato, de Azara, Apuatamientos para la historia natuml de 
los paxaros del Paraguay y rio de la Plata, tom. i, pag. 33o, n° 78. 

Cet oiseau a le sommet de la tête traversé dans le milieu par une bande- 
lette bleuâtre et bordée de noir sur chaque côté ;,les sourcils blancs, les côtés 
du cou et la nuque d'un gris bleu; un demi-collier noir sur le devant du 
cou; une teinte blanchâtre à la poitrine et au ventre; un gris clair légère- 
ment nuancé de bleuâtre sur le reste des parties inférieures ; un vert-olive 
foncé sur toutes les supérieures; le boixl des ailes jaune et une tache de 
la même couleur au-dessus du pli de l'aile; les rémiges noires en dedans; la 
queue pareille; le bec entièrement noir ou seulement en dessus, et orangé 
sur les bords de sa partie supérieure et en dessous , les pieds couleur de chair. 
Longueur totale, 6 pouces 2 à 4 lignes. 

Tous les individus de cette espèce ne portent pas un plumage pareil ; 
ce qui paraît dépendre des sexes , de l'âge et des localités. Les uns ont le 
dessus du corps d'un gris terreux ; une bordure blanche au pli de l'aile ; d'au- 
tres ont une bande noirâtre sur le dessus de la tête ; les couvertures supé 
rieures des ailes lavées de jaune. 

6^°^ DIVISION. JACAPA, Ramphocelus. 

j5ec robuste, comprimé latéralement, convexe en dessus, épais; mandi- 
bule supérieure couvrant les bords de l'inférieure; entaillée et inclinée vers 
le bout; l'inférieure à côtés dilatés transversalement, plus ou moins prolongés 
vers les yeux. PI. G, n° 7. 



io6 JACAPAS. 

Narines rondes , à demi couvertes par les plumes du capistrum. 

Langue 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire uni à sa base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

jàiles moyennes; première et cinquième rémiges à peu près égales; 
deuxième , troisième et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les deux seules espèces dont cette division est composée se trouvent dans 
l'Amérique méridionale, l'une au Brésil et l'autre à la Guyane. On n'en 
connaît ni le nid ni les œufs, et on n'a que très-peu de renseignemens sur 
leurs mœurs et leurs habitudes. 

LE JACAPA SCARLATTE, Ramphocelus coccmeus-. 

PI. LXXIX. 

Capitis , colli coiporisque pennis apice coccineis, in reliquo viridi-nigres- 
centibus; alis caudâque nigris (xaTih). 

Sitprà nigricans; subtus sordide ruber (femina). 

Capite, colla, corporeque supra griseis; subtus cinereo-rufescente 
(junior). 

Le cardinal, Briss., Ornith., tom. "i^ pag. l\i , n° 'i.l\, pi. "if/ig. i. 

Le scarlatte, Biiffon, Hist. nat. des Ois., tom. [\,pag. i[\h. 

Tanagra brasilia , Linn., Gm., Sjsl.., nat., édit. 1 3, n" i. Idem, Lath., n° i. 

Tanagra rubra, Var., B. Linn., Gm., Idem, Lath., Var., A. 

Scarlet sparrow, Edwards, Glean., pi. 343. 

Brasiiian tanager, I^atli^ Sjnops., tom. o.,pag. 21 5, n° 1. 
' Ce jacapa, ayant une taille et un plumage analogues à ceux du tangara du 
Canada de Buffon , décrit dans la 0.^ édition du Nouveau Dictionnaire 
d'Histoire ISaturelle , sous le nom de Pjranga noir et rouge , il est facile 
de les confondre, si l'on se borne à cette analogie ou si on ne les com- 
pare en nature; ce que n'ont pas fait Latham et Gmelin, qui ont donné 
le scarlatte pour une variété de ce dernier , après l'avoir présenté comme 



JACAPAS. 107 

une espèce distincte. Ce4 auteurs paraissent avoir été induits en erreur par 
les mauvaises figures des pi. enl. n°^ lay et i56, dont Buffon a lui-même 
reconnu la défectuosité; car ils auraient vu que la couleur rouge du tangara 
du Canada est d'une autre nuance; que son bec présente une forme diffé- 
rente; que les plumes de la tête et du cou n'ont pas la structure de celles 
des mêmes j^arties du scarlatte, et qu'elles ne jettent aucun reflet, que celles 
des jambes ne sont point noires , et qu'enfin les plumes rouges sont blanches 
dans le milieu, et d'un gris sombre à la base; tandis que le scarlatte les a 
noires ou d'un noir verdâtre très-foncé à l'intérieur. C'est à l'ignorance de 
ces faits qu'on doit attribuer le double emploi qu'on reproche à ces auteurs. 

Indépendamment des dissemblances très-prononcées que je viens d'indi- 
quer, il en est une autre aussi tranchée dans la demeure habituelle de ces 
deux oiseaux. Le scarlatte appartient aux climats chauds du Brésil et ne se 
montre jamais dans l'Amérique septentrionale; l'autre, au contraire, ne se 
plaît que dans les régions tempérées, habite le Mexique et le sud des Etats- 
Unis pendant l'hiver, et passe la belle saison dans le nord jusqu'au Canada. 

Le chant du mâle scarlatte est fort et sonore, mais sa phrase est courte. 
Tout ce que l'on sait de ses habitudes se borne à dire qu'il vole en troupe, 
qu'il est peu défiant et qu'il s'apprivoise facilement. Comme il se nourrit 
d'insectes, de baies et ne touche point aux graines, on ne peut le conserver 
en captivité qu'en lui donnant du pain trempé dans du lait et des fruits. 

La belle couleur rouge, qui brille sur la tête, le cou et tout le corps du 
mâle, jette des reflets argentés sur le slnciput,, la gorge et le manteau; 
quand on le pose entre l'œil et la lumière; les ailes, la queue et les plumes 
des jambes sont d'un noir profond; le bec est de cette couleur, mais blanc 
à la base des branches de la mandibule inférieure ; les pieds sont noirs. Lon- 
gueur totale, 6 pouces environ. 

La femelle est noirâtre sur les parties supérieures; d'un rouge terne sur 
les inférieures; noire sur les ailes et la queue. Chez le jeune, la tête, le cou 
et le dessus du corps sont gris; cette couleur prend une légère nuance de 
Foussâti^e sur les parties inférieures; les ailes, la queue et le bec sont bruns. 



GALERIE DES OISEArx. 11^ PARTIE. 



io8 TOUITS. 

^è„.e DIVISION. TOUIT, Pipmo. 

Bec robuste, épais à sa base, conico-convexe, pointu; mandibule supé- 
rieure échancrée sur chaque côté et courbée à son extrémité ; l'inférieure à 
bords fléchis en dedans. PI. G, n° 8. 

Narines rondes, glabres, ouvertes. 

Langue épaisse, bifide à sa pointe. 

Bouche ciliée. 

2'arses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes courtes , les quatre premières rémiges à peu près égales et les plus 
longues de toutes, 

Queue à douze rectrices. 

Nous ne connaissons qu'une seule espèce qui puisse être classée dans cette 
division, espèce que des ornithologistes présentent pour un bruant e\.à\vitre% 
pour nue fringille. Cette différence dans les opinions indique qu'elle n'est 
pas facile à classer dans un système méthodique. Cependant quand on exa- 
mine scrupuleusement la forme de son bec, on s'aperçoit qu'il participe de 
l'un et de l'auti-e ; mais qu'il en diffère par des attributs qui lui sont parti- 
culiers, comme d'avoir sa partie supérieure échancrée et courbée à son 
extrémité; motif qui nous a paru suffisant pour le retirer des places qu'oTi 
lui fait occuper, puisque ceux-ci ont le bec droit et entier. N'étant pas 
non plus une pie-grieclie ainsi que l'ont pensé les auteurs du Journal de 
Physique, qui ont publié la figure du mâle dans le tome II de cet ouvrage, 
page 570, sous le nom de pie-grieche noire de la Caroline; ce dont il est 
facile de se convaincreen comparant leurs caractères génériques, cette espèce 
doit donc être le type d'une nouvelle division, d'autant plus qu'elle s'éloigne 
de tous par son naturel et par ses habitudes, comme on le verra ci-après. 

Les touits se trouvent dans l'Amérique septentrionale , au centre des Etats- 
Unis pendant l'été et le quittent à l'automne pour s'hiverner dans les pro- 
vinces du sud. Ils nichent à terre dans les ronces, ou seulement au milieu 



TOUITS. 109 

d'un tas de feuilles tombées. La ponte est de quatre ou cinq œufs. Leur 
nourriture consiste en insectes, et diverses graines. 

LE TOUIT NOIR, Pipillo eiythrophtlialnius. 

PI. LXXX. 

Capite, guttiire, alis , caudâ corporeque supra nigris ; suhtiis albo; hj- 
pochondriis flavescentibus (mas). 

Corpoi'e supra, alis cauddque Jusco-olivaceis (femina et junior). 

Towhee bird; Catesbj, car. 1, pi. 38. 

Le pinson de la Caroline, Bri'ss., Ornith., tom. 3, pag. i6g, 7i° 44- 

Le pinson noir aux yeux rouges, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 4, 
pag. i4i. 

Emberiza erytroplithalma ; Linn., Gui., Sjst. nat., édit. i3, n° 44- Idem, 
Lath., index, ii° 48. 

Towhe bunting, Laih. Synopsis, tom. a, pag. igg, n° 43- 

Des Américains appellent cet oiseau towbe d'après son cri , qui m'a paru 
exprimer en français le mot touii. Les Anglais qui liabitent l'Amérique sep- 
tentrionale , le nomment bulfinch ( bouvreuil ), parce qu'ils ont trouvé quel- 
ques rapports dans son plumage avec celui de notre bouvreuil. Cette espèce 
est nombreuse dans les états de New-Yorck , du New-Jersey et de la Pensyl- 
vanie où elle passe l'été , et d'où elle émigré à l'automne pour se tenir pen- 
dant l'hiver dans les parties sud des Etats-Unis. Ayant les ailes courtes, elle 
ne peut voler à une certaine hauteur, ni se soutenir long-temps en l'air; 
aussi ne voyage-t-elle qu'en voltigeant de haies en haies, de bosquets en 
bosquets; elle semble connaître la faiblesse de son vol, car elle ne s'élève 
jamais ou que très-rarement au sommet des grands arbres; et quoiqu'elle soit 
très-friande des fruits du chêne , on ne la voit point à leur cime , où le gland 
est toujours en plus grande abondance que sur les branches basses; elle n'y 
parvient même qu'à l'aide des arbrisseaux et des buissons qui sont dans les 
environs. Le touit ne mange ordinairement que ceux qui sont tombés; et les 
cherche à terre, ainsi que d'autres graines dont il se nourrit, en écartant 
avec son bec les feuilles sèches qui les cachent. 



IIO TOTJITS. 

Au mois de septembre , on rencontre ces oiseaux en famille s, et à la fin 
d'octobre, en bandes nombreuses qui se rendent dans le sud et qui voyagent 
de compagnie avec d'autres petits granivores. Ils se plaisent pendant la 
saison, époque où chaque paire est isolée, dans l'épaisseur des taillis et sur 
la lisière des grands bois. Le mâle se tient souvent, au printemps, sur les 
arbres de moyenne hauteur, pour y déployer toute l'étendue de son gosier. 
Quoique son ramage ne soit composé que d'une phrase courte, il est si agréa- 
ble qu'on regrette qu'il se taise pour le restant de l'année, dès qu'il a des 
petits; alors il ne fait plus entendre que le cri dont on a tiré son nom. 

La femelle cache son nid à terre , dans l'herbe , parmi les feuilles tombées 
et quelquefois au pied d'un buisson de ronces. Ce nid est spacieux, épais, 
composé de feuilles et d'écorce de vigne à l'extérieur, de petites tiges d'herbe 
sèche à l'intérieur et à moitié couvert de gramen. La ponte est de quatre à 
six œufs couleur de chair pâle, avec des taches rousses, plus nombreuses 
vers le gros bout. 

Le mâle a la tête, la gorge, le cou, le dos, le croupion, les pennes alaires 
et caudales d'un noir lustré; la poitrine et le ventre blancs; les flancs d'un 
jaune rembruni ; cette teinte s'éclaircit sur les parties postérieures et est 
coupée sur les jambes par un anneau noir; les six pennes les plus extérieures 
de la queue sont blanches depuis le milieu jusqu'à leur pointe; une marque 
de la même couleur se fait remarquer sur les cinq premières rémiges; les 
pieds sont bruns; les paupières et l'iris rouges; le bec est noir. Longueur 
totale, 6 pouces 8 lignes. 

La femelle diffère du mâle par son bec brun, par la tête, le cou, le dessus 
du corps d'un olivâtre rembruni ; cette teinte est plus claire sur la dernière 
partie ; les flancs et les couvertures inférieures des ailes sont d'un jaunâtre 
sale; les rémiges et les rectrices pareilles à la tête; mais d'une nuance plus 
foncée. Les jeunes lui ressemblent avant leur première mue, et les mâles pren- 
nent à leur départ pour le sud, les couleurs distinctives de leur sexe. Ces 
oiseaux étant couverts de plumes soyeuses et longues , paraissent plus gros 
qu'ils ne le sont réellement. 



PYRANGAS. tîï 

8'"= DIVISION. PYRANGA, Pjranga. 

Bec robuste, un peu dilaté à sa base, convexe en dessus et en dessous, 
mandibule supérieure couvrant les bords de l'inférieure, entaillée vers le 
bout, fléchie à sa pointe, munie sur chaque bord vers le milieu d'une fausse 
dent obtuse. PI. A, n° g. 

Narines arrondies, ouvertes, très-petites, en partie cachées sous les plumes 
du capistrum. 

Langue cartilagineuse, bifide à son extrémité. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes ; deuxième troisième et quatrième rémiges les plus longues 
de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les pyrangas ont été confondus avec les tangaras par tous les ornitholo- 
gistes , à l'exception cependant de M. Desmarets qui , dans son bel ouvrage 
sur ces oiseaux, en fait une section particulière , et les désigne par le nom 
de tangaras colhmens, d'après quelques rapports dans leur bec avec celui 
des pies-grièches. Les huit espèces que l'on a classées dans cette division, 
appartiennent à l'Amérique, et deux, savoir : les tanagra mississipensis et 
canadensis , se trouvent, pendant toute la belle saison , dans les États-Unis. 
Ce sont les seules dont on connaisse les mœurs, les habitudes et tout leur 
genre de vie. Elles se nourrissent d'insectes qu'elles saisissent au vol ou sur les 
arbres, de baies, de fruits tendres et de diverses semences qu'elles avalent 
entières. Plusieurs sont parées de couleurs brillantes , mais la nature leur a 
refusé un chant remarquable. Ces oiseaux ne se réunissent point en troupes, 
■se tiennent toujours seuls ou par paires, fréquentent les vergers, mais ils 
habitent de préférence dans l'intérieur des bois. Ils nichent sur les arbres de 
moyenne hauteur, et leur ponte est de quatre ou cinq œufs. 



112 TACHYPHONES. 

LE PYRANGA BLEU ET JAUNE, Pjranga 

cjanîcterus. 

PI. LXXXI. 

Supra cjaneus, sublus flavus ; remigibus nigris. 

Pyranga bleu et jaune, Fieillot, i^ édit, du Nouv. Dict. dHist. Nal.y 
tom. 28, pdg, 290. Idem, Ornithologie de VEncjclopédie méthodique. y 
pag. 

Ne connaissant que la dépouille de cet oiseau, je suis forcé de me borner 
à sa description physique. Un beau bleu d'azur domine sur la tête, le cou en 
entier, la gorge, le dos, le croupion, les couvertures supérieures des ailes, 
l'extérieur de leurs pennes primaires, les tectrices du dessus de la queue, ses 
deux rectrices intermédiaires et le bord des latérales ; la même couleur règne 
aussi sur le dos, mais il en jaillit des reflets verdâtres, tandis qu'elle est pure 
sur les autres parties et brillante sur le devant du cou et le haut de la poi- 
trine ; une tache du même bleu se fait remarquer sur les côtés de l'estomac 
et s'avance un peu sur le devant en forme de demi-cercle, le reste du plu- 
mage est d'un jaune éclatant; l'intérieur des grandes rémiges et le bec sont 
noirs; les pieds couleur de chair. Longueur totale, 7 pouces. Cet oiseau a 
été apporté de l'Amérique méridionale. 

g'"^ DIVISION. TACHYPHONE, Tachyphonus, 

Bec longi-cone, assez robuste, convexe en dessus , un peu comprimé la- 
téralement; mandibule supérieure échancrée , droite ou un peu inclinée vers 
son extrémité, l'inférieure entière. Pi. G, n° 10. 

Narines oblongues, situées près du capistrum. 

Langue pointue , fendue à sa pointe. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe , totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes; deuxième, troisième et quatrième rémiges les plus lon- 
ques de toutes. 



TACHYPHONES. ii3 

Queue à douze rectrices. '•' 

Parmi les sept espèces que renferme cette division, il en est plusieurs qu'on 
a classées avec les tangaras, magasin où l'on a placé et où l'on place encore 
des oiseaux très-disparates par les caractères et le genre de vie , ce dont on 
peut se convaincre, si l'on jette seulement un coup d'œil sur certaine col- 
lection publique dont la nomenclature varie presque tous les mois; preuve 
incontestable des connaissances acquises entre quatre murailles par ceux qui 
se sont chargés de cet emploi. Au reste, on ne connaît guère ou plutôt on 
ne connaît pas les mœurs, les habitudes des tachyphones. On sait seulement 
que quelques-uns se plaisent dans les bosquets, y vivent d'insectes, de baies 
et de graines , mais on ignore où ils nichent et de quel nombre d'œufs leur 
ponte est composée. 

LE TACHYPHONE LEUCOPTÈRE, Tachyphonus 

leucopterus. 

PI. LXXXII. 

Niger nitens ; macula alarum albâ {m7i&). 

Ru/us , sublîis dihuior ( femina et junior) 

Tangara noir, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. [\, pag. i^'i,pl. enl. 

n° l'j&fjig- 2. 

Tanagra nigerrima, Linn., Gin., Sjst., nat., édit. i3, n° 45. 

Oriolus leucopterus, Idem, n° [\o. Idem, Lalh., n" 3i. 

Guyana tanager, Lath., Synopsis, tom. i, pag. aaS, n° i5. 

White-Winged oriole. Idem, tom. i, pag. [\[\o, «° 29. 

On voit par la synonymie que Gmelin a fait un double emploi, en don- 
nant cet oiseau pour un o/rà/iw, ensuite pour un tanagra, et une erreur 
très-grave en le classant dans deux genres qui n'ont entre eux aucun rap- 
port. Latham a commis aussi la même faute dans son Sjnopsis; mais il n'est 
pas rangé dans son Index, parmi les tanagra. Cette erreur paraît provenir de 
ce que Pennant a décrit dans son Arctic Zoologj ce même oiseau, comme 
espèce particulière, sous la dénomination de white-backed oriole , d'après un 



Il4 LORIOTS. 

individu qui a été vu dans l'état de New-Yorck, parmi des troupiales com- 
mandeurs. Il n'est pas non plus inutile d'assurer que le tangaroux de 
Buffon, pi. enl. n" 711, n'est point la femelle de cette espèce, ainsi qu'il le 
dit, mais un oiseau d'une autre espèce et d'un autre genre, comme Manduylt 
l'a bien remarqué dans l'Encyclopédie méthodique. Cependant la véritable 
femelle ressemble parfaitement à ce tangaroux, mais elle en diffère essen- 
tiellement par la forme du bec , que celui-ci a totalement pareil à celui des 
bataras. 

Le tachyphone leucoptère se trouve à Cayenne, à l'île de la Trinité et au 
Paraguay , car je ne doute pas que c'est le tordo nigro cabijas blancas de 
M. de Azara. Le plumage du mâle est totalement d'un noir lustré à l'excep- 
tion d'une marque blanche qui couvre le haut des ailes en dessus et en des- 
sous; la première couleur se rembrunit à l'intérieur des rémiges et des rec- 
trices , elle est mate sur le bec et les pieds. Longueur totale , 6 pouces et demi 
environ. La robe de la femelle est entièrement rousse, mais plus foncée sur 
les parties supérieures que sur les inférieures. Le jeune lui ressemble. 

4^""' FAMILLE. TISSERANDS. 

Pieds médiocres, un peu forts. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts au nombre de quatre, trois devant, un derrière, les extérieurs 
réunis seulement à leur base, l'interne totalement libre; le postérieur épaté. 

Bec robuste, médiocre ou allongé, à base nue, et formant un angle aigu 
ou arrondi dans les plumes du front, longi-cône, pointu, rarement échancré 
vers l'extrémité de sa partie supérieure. 

i^'^ DIVISION. LORIOTS, Orioliis. 

Bec droit, un peu déprimé, conico-convexe, un peu robuste, comprimé 
vers le bout ; mandibule supérieure formant à sa base un angle aigu dans 
les plumes du front, échancrée sur chaque bord et inclinée vers son ex- 
trémité; l'inférieure plus courte à pointe entaillée, aiguë et retroussée. 
PI. G, n° II. 



LORIOTS. Il3 

•TSarines ovales, placées dans une membrane, ouvertes par en haut. 

Langue cartilagineuse , bifide et frangée à son extrémité. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à sa base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes à penne bâtarde; deuxième et troisième rémiges les plus longues 
de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Des neuf espèces que renferme cette division , une seule habite en Europe; 
les autres se trouvent en Afrique, dans les Grandes-Indes et en Australasie. 
Jusqu'à présent on n'a pas encore vu de véritables loriots dans l'Amérique; 
les oiseaux de cette partie du monde auxquels on a donné ce nom d'après 
leurs couleurs jaune et noire, sont des troupiales, des carouges et des 
baltùnores. 

Nous n'avons point ou très-peu de notions sur les moeurs et les habitudes 
des loriots exotiques; mais à en juger par l'analogie, on peut soupçonner qu'ils 
ont le même genre de vie que celui d'Europe , dont le nid est remarquable par 
sa texture. 11 le place à l'extrémité des branches d'un arbre élevé , le construit 
avec beaucoup d'art, l'attache à la bifurcation de plusieurs petites bran- 
ches, enlace autour des rameaux, qui forment cette bifurcation, de longs brins 
de paille,, de chanvre ou de laine, dont les uns allant droit d'un rameau à 
l'autre , forment le bord du nid par devant, et les autres pénétrant dans son 
tissu en passant par dessous et venant se poser sur le rameau opposé, don- 
nent de la solidité à l'ouvi-age. La couche sur laquelle la femelle dépose ses 
œufs est composée de mousse, de toiles d'araignées , du nid soyeux des che- 
nilles, de plumes et d'autres matières mollettes. Tous les loriots se nourrissent 
d'insectes, principalement de chenilles, de baies et de fruits tendres. 

LE LORIOT D'OR, Orlolus auratus. 

PI. LXXXIII. 

Auratus; circo oculari, reinigibus , rectricibus partim nigris. 
Ijoriot d'or , Le Vaillant , Hist. iiat. des Ois. d'Afrique, pi. 260. 

CAT.EKIK UF,S OISEADX. //" PARTIE. ifj 



Ii6 TISSERINS. 

Loriot, Loriot d'or, 2^ édition du Noiiv. Dict. d'Hist. Nat., tom. 18, 
pag. 194. 

Le mâle de cette espèce, qu'on trouve au Sénégal et dans diverses contrées 
de l'Afrique, est assez généralement d'un beau jaune d'or, avec une tache 
noire autour de l'œil, qui s'étend vers le bec et vers les tempes; cette cou- 
leur domine sur les ailes et la queue ; les rémiges et quelques plumes de leur 
couverture sont bordées de jaune en dehors : cette teinte termine les rec- 
trices, couvre totalement la plus extérieure de chaque côté, et les autres 
latérales par gradation ; l'iris est d'un brun rouge foncé ; le bec et les pieds 
sont d'un rougeâtre un peu rembruni. Longueur totale, 8 pouces. 

La femelle diffère du mâle en ce que le jaune est pâle et le noir sale. Le 
jeune est d'un vert-olive qui se rembrunit sur les ailes et la queue ; le bec et 
les pieds sont bruns. 

^ème DIVISION. TISSERIN, Ploceus. 

Bec robuste, longicone, convexe en dessus, un peu comprimé par les 
côtés, entier, presque droit, effilé, pointu; mandibule supérieure formant 
à sa base un angle aigu dans les plumes du front ; l'inférieure à bords un peu 
fléchis en dedans. PI. G, n° 12. 

Narines oblongues, couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse , frangée à sa pointe. 

Tarses rwis, annelés, robustes. 

Doigt inte/'niédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne. 

^iles à penne bâtarde chez plusieurs; deuxième et troisième rémiges les 
plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

On rencontre les quinze espèces de cette division en Afrique et dans les 
Grandes-Indes, et il en est peu d'aussi industrieuses dans la structure du 
nid : elles lui donnent diverses formes; les unes, comme le Bagia/èckt, pren- 
nent toutes les précautions pour mettre leur postérité à couvert de l'humi- 
dité, et de la voracité de leurs ennemis. Celui-ci roule son nid en spirale et à 



TISSERINS. 117 

peu près comme un nautile, le suspend à l'extrémité d'un rameau, au-dessus . 
d'une eau dormante, et place l'entrée dans la partie inférieure, toujours du 
côté de l'est, c'est-à-dire du côté opposé à la pluie. D'autres, comme le iie- 
licourvi, composent le berceau destiné à leur jeune famille avec de la paille • 
et des joncs entrelacés avec adresse, le suspendent à une branche flexible 
au bord d'un ruisseau, pratiquent au haut une poche dans laquelle sont les 
œufs , et y adaptent un tuyau allongé, tourné en en bas, et au bout duquel est 
l'entrée. Le nid du tisserin d' Abyssinie ou à tête noire n'est pas moins re- 
marquable : il est pyramidal, toujours suspendu, comme les précédens , au- 
dessus de l'eau. L'ouverture est sur l'une des faces de la pyramide, ordinai- 
rement tournée à l'est. La cavité de cette pyramide est séparée en deux par 
une cloison, ce qui forme pour ainsi dire deux chambres : la première, oii 
est l'entrée du nid, est une espèce de vestibule où l'oiseau s'introduit d'abord, 
ensuite il grimpe le long de la cloison intermédiaire, puis il redescend jus- 
qu'au fond de la seconde, où sont les œufs. On voit par ces détails que le 
nom générique appliqué à ces oiseaux leur convient sous tous les rapports, 
surtout aux mâles , qui semblent être les seuls architectes et constructeurs de 
ces petits chefs-d'œuvres ; du moins c'est ainsi que se comportent les tisse- 
rins voilés que je conserve dans ma volière , tandis que les femelles restent 
spectatrices et oisives, peut-être en agissent-elles autrement dans l'état de 
liberté. 

.LE TISSERIN MASQUÉ, Ploceus personatus. 

PI. LXXXIV. 

Fronts gulâque nigris; corpore supra dilate olivaceo^^ subtîisflavo (mas). 

Capite olivaçeo; gidâjlavâ. (Idem hiemalis et femina). 

Capite corporeque supra, pallide olivaceis, subtîis griseis (junior). 4. 

Ce petit oiseau du Sénégal qui se plaît à vivre dans nos volières, est le por- 
trait en miniature du tisserin voilé, et, comme celui-ci, s'étourdit sur les 
rigueurs de sa captivité, en construisant plusieurs nids avec des herbes sèches 
artistement tissues, et lui donnant la forme d'une boule dont l'ouverture est 
en dessous. 



tj8 ICTÉRIES. 

Le mâle, en été, a le front, les joues et la gorge d'un beau noir, finis- 
sant en jiointe sur le devant du cou, qui dans le reste est, ainsi que rocciput 
et toutes les parties inférieures, d'un jaune jonquille; la nuque, le dessus du 
corps, les ailes et la queue sont d'une couleur d'olive, plus foncée sur les 
rectrices et les rémiges dont les secondaires ont leur bord extérieur jaune ; 
le bec est noir; les pieds couleur de chair. Longueur totale, 3 pouces et 
demi. Le même, en hiver, a la tête, la gorge d'un vert-olive, et est du reste 
pareil au précédent, mais les teintes sont plus ternes; le bec est couleur de 
corne. La femelle ressemble à ce dernier pendant toutes les saisons, et le 
jeune à celle-ci, si ce n'est qu'il est gris en dessous, et d'une couleur olive terne 
en dessus. 

S™'' DIVISION. ICTÉRIE, Icteria. 

Bec un peu robuste, convexe en dessus, longicône, un peu arqué , entier, 
pointu; mandibules à bords fléchis en dedans. PI. H, n° i. 

Narines rondes, à demi couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse, bifide à sa pointe. 

Bouche ciliée. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

^iles moyennes; deuxième troisième et quatrième rémiges les plus longues 
de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Nous ne connaissons qu'une seule espèce dans cette division, qui, mal 
jugée par les auteurs d'après la figure inexacte publiée par Catesby, a été 
donnée pour un merle par Brisson et Buffon , et présentée par Latliam et 
Gmelin pour un muscicapa^ quoiqu'elle n'appartienne à aucun de ces deux 
genres; en effet, elle a le bec autrement conformé et un genre de vie très- 
différent, ainsi qu'on le verra par la suite. Elle habite et niche dans les 
buissons de l'Amérique septentrionale, oîi elle arrive au printemps et d'où elle 
part à l'automne. 



ICTERIES. iig 

L'ICTÉRIE DUMICOLE,'^/cte/m dumicola. 

PI. LXXXV. 

Griseo-viridis; gulâ flavâ; jugulo pectoreque auranliis; ventre aibo; 
oculis albo circumclatis , sublus lirieâ nigrd ( mas ). 

Lateribus capitis nigrd non lineads ( femina, junior). 

Yellow-breasted chat , Catesbj, car. tom. i,pag. 5o. 

Le merle vert de la Caroline, Briss., Ornith., tom. 2, pag. 3i5, n° 55. 

Idem, Biiffbn, Hist. nat. des Où., tom. "i^pag. 396. 

Muscicapa viridis , Linn., Gm., Sjsl., nat., édit. i3, n° 35. Idem, Luth., 
Index , n° 58. 

Chattering fly-catcher, Lath. , Synopsis , tom. i,pag. 35o, n° 48. 

L'ictérie dumicole. Vieillot, Hist. nat. des Ois. de V Amérique , tom. i , 
pag..9iS,pl. 55. 

On rencontre cette espèce dans diverses provinces des Etats-Unis , particu- 
lièrement dans celles de la Caroline, de Pensylvanie et de New-York, où, dès 
son arrivée, au retour des beaux jours, chaque paire va établir sa résidence 
dans des buissons fourrés de noisetiers, de vignes, d'épines et dans des taillis 
épais. Très-jalouse de sa possession, elle semble s'irriter contre tout ce qui 
en approche ; aussitôt que le mâle aperçoit le moindre objet qui lui porte 
ombrage, il manifeste son inquiétude par une variété de monosyllabes si bi- 
zarres, qu'il est difficile d'en donner une description satisfaisante; mais qu'on 
peut imiter facilement, au point de tromper l'oiseau lui-même et s'en faire 
suivre pendant un quart de mille; alors il répond par des cris constans, jetés 
rapidement et qui expriment sa colère • cependant si on examine sonextérieur, 
il semble insensible à tout ce qui se passe autour de lui. Sa voix s'échappe de 
place en place dans les broussailles ; d'abord les sons ont de la ressemblance 
avec le sifflement que font, en volant, les ailes d'un canard ou d'une sar- 
celle. On remarque dans les sons de l'élévation et de la rapidité en com- 
mençant, ensuite ils sont plus bas, plus lents et finissent par être détachés; 
d'autres cris qui leur succèdent imitent en quelque sorte les aboiemens d'un 
petit chien et sont suivis de sons variés, sourds, partant du gosier, répé- 



I20 ICTERIES. 

lés chacun huit ou dix fois de suite , qui ont phis de rapports à la voix d'un 
quadrupède qu'à celle d'un oiseau ; enfin tout ce babillage se termine par 
des cris assez semblables au miaulement d'un chat , mais beaucoup plus en- 
roués. Tous ces sons sont rendus avec une grande véhémence et de tant de 
façons différentes , que l'oiseau semble être à une grande distance et en même- 
temps très-près de celui qui l'écoute, de sorte que d'après ces manœuvres de 
ventriloque, on est fort embarrassé de déterminer l'endroit d'où vient la 
voix. Si le temps est doux et serein et s'il fait clair de lune, leinâle babille 
de cette étrange manière, presque sans interruption, pendant toute la nuit^ 
comme s'il disputait avec ses propres échos, mais probablement dans l'in- 
tention d'attirer une femelle, car lorsque la saison est avancée, on l'entend 
rarement à cette époque. Dans tout le temps de l'incubation, ses cris ont 
plus de force et sont plus continuels. Lorsqu'il s'aperçoit qu'on l'a vu, il 
cherche moins à se cacher , et quelquefois il s'élève dans les airs presque per- 
pendiculairement, à la hauteur de trente à quarante pieds, tenant ses jambes 
pendantes, descendant de même qu'il monte par élans répétés, comme s'il 
était ému de colère. On peut attribuer le bruit qu'il fait et tous ses mouve- 
mens à son extrême affection pour sa femelle et ses petits; car en tout autre 
temps qu'à l'époque des amours, on l'entend rarement. 

Les insectes, les baies et surtout le fruit de la morelle (solarium carilo- 
nense) Sont les alimens dont cette espèce se nourrit. Elle niche dans les 
buissons les plus fourrés, et sa ponte est de quatre ou cinq œufs. 

Le mâle a la tête , le dessus du cou et du corps gris-verts ; les pennes des 
ailes bordées de cette couleur en dehors, et brunes dans le reste; l'œil en- 
touré de blanc, avec un trait noir en dessous; une bandelette blanche 
part de la mandibule inférieure et descend sur les côtés de la gorge, qui 
est d'un jaune vif, changeant en orangé sur le devant du cou et de la poi- 
trine; les parties postérieures sont blanches, les pennes de la queue grises en 
dessous; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, 6 pouces 4 lignes. 

Chez la femelle, les couleurs sont moins vives, et elle n'a ni marque noire 
sur les côtés de la tête, ni les yeux entourés de blanc. Le jeune est en dessus 
d'un gris vèrdâtre sale, et en dessous d'un jaune très-pâle; du reste il res- 
semble à sa mère. 



CAROUGES. 121 

4^"'^ DIVISION. CAROUGE, Pendulimis. 

Bec un peu grêle, arrondi^ longicône, un peu incliné, à bords fléchis en 
dedans, ordinairement aigu à sa pointe; mandibule supérieure à base pro- 
longée dans les plumes du front et y formant un petit angle pointu. PI. H, 
n° 2. 

Narines plus ou moins dilatées , couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse, bifide à son extrémité. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes; deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze l'ectrices. 

On ne connaît jusqu'à présent que douze espèces dans cette division , qui 
toutes habitent l'Amérique , et dont la plupart montrent la même adresse 
dans la construction de leur nid que les tisserins , surtout les carouges so- 
litaire et banana: le premier le suspend à l'extrémité des branches les plus 
flexibles, et ne fait entrer dans sa construction que de la filasse de chanvre 
ou des herbes analogues. Il lui donne la forme d'une écuelle un peu pro- 
fonde, d'une grandeur proportionnée à sa grosseur, et attachée à deux ra- 
meaux par les oreilles; quoique fragile en apparence, ce berceau, jouet 
des vents, est d'une texture assez forte pour résister à leur impétuosité; le 
second le construit d'une manière totalement différente, le compose de 
petites fibres de feuilles entrelacées les unes dans les autres, et lui donne la 
forme de la tranche d'un globe creux coupé en quatre parties égales; il sait 
fixer son travail sous une feuille de bananier , de manière que celle-ci sert 
d'abri et en fait elle-même partie. 

La plupart des carouges se tiennent par paires; ceux qui vivent en fa- 
milles ont l'instinct social des troupiales, avec lesquels ils se mêlent quel- 
quefois. Ils ne fréquentent point les plaines ou très-rarement, se plaisent dans 
les taillis, les bosquets, s'y cachent dans les endroits les plus fourrés, cher- 
chent leur nourriture tantôt sur les arbres , tantôt à terre. Ils sont entomo- 



122 CÀROUGES. 

pliages et bacciivores. Comme les graines céréales sont pour eux un aliment 
dédaigneux, on les rencontre très-rarement dans les terres ensemencées, où 
abondent les troupiales de l'Amérique septentrionale , mais ces oiseaux n'y 
restent que pendant la belle saison. Leur ponte est de quatre ou cinq œufs, 
et ils en font ordinairement plusieurs par an dans les contrées méridionales 
du nouveau continent. 

LE CAROUGE CHRYSOCÉPHALE, Pendidinus 

chrysocephalus. 

PI. LXXXVI. 

Niger; capite, nuchd, uropjgio, tectricibiis caudœ inferioribus , alarum- 
que parte anteriori flavis (mas). 

Capiie nigro etflavo; tectricibus caudœ iiiferioribus nigris (femina). 

Oriolus chrysocephalus, Linn., Gm., Sjsf., nat, édit. i3, «° 20. Idem, 
Lath., Index j n° 3o.. 

Goldhooptige gelbschulterichte, Merrem^ bejt. ï,pag, \[\,pl. 3. 

Le carouge à tête jaune d'Amérique, Brisson, Ornith.^ Suppl.,pag. 38, 
n° 32. 

Gold-headed oriole, Lath., Synopsis, tom. i , pag. 447? "-" ^'^^ 

Montbeillard présente cet oiseau pour une variété du petit-cul jaune; 
mais c'est une méprise; celui-ci en diffère trop par la forme de son bec, qui 
est bien celui d'un troupiale, tandis que l'autre a celui d'un carouge; de 
plus leur plumage est bien différent. Le mâle de l'espèce, que nous décri- 
vons, se rapproche du carouge esclave par ses couleurs jaune et noire, mais 
elles sont distribuées différemment. Il a le bec, les pieds, le front, les joues, 
le cou, la gorge, la poitrine et le ventre d'un beau noir; le dessus de la 
tète, la nuque, la partie antérieure de l'aile, les plumes de l'anus, les couver- 
tures de la queue et le bas des jambes, au-dessus du genou, d'un jaune écla- 
tant; les pennes des ailes et de la queue d'un noir terne. Longueur totale, 
7 pouces environ. 

La femelle en diffère en ce que la marque jaune que celui-ci a sur le 



BALTIMORES. laS 

haut de la tête, ne s'étend pas sur la nuque et est mélangée de noir; en 
outre les couvertures inférieures de la queue sont de la dernière couleur, de 
même que la plupart des plumes de l'anus. On trouve ce carouge dans l'Amé- 
rique méridionale. 

5^"^ DIVISION. BALTIMORE, Yphantes. 

Bec polièdre, entier, à bords droits, un peu grêle et aigu; mandibule 
supérieure formant à sa base un angle pointu dans les plumes du front. 
PI. H,n''3. 

Narines dilatées, couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse, frangée à son extrémité. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe et totalement séparé de 
l'interne. 

^iles moyennes ; deuxième et troisième rémiges les plus longues déboutes. 

Queue à douze rectrices. 

La seule espèce dont cette division est composée ~se trouve dans l'Amé- 
rique septentrionale. Elle a de grands rapports avec les carouges dans son 
genre de vie et l'intelligence qu'elle montre, pour mettre sa progéniture 
à l'abri de ses ennemis, en plaçant et construisant son nid de manière 
qu'ils ne peuvent en appprocher sans courir des dangers. Elle vit solitaire 
et voyage, de même que notre loriot, par famille composée du père, de la 
mère et des petits, lorsqu'elle quitte son domicile d'été pour aller passer 
l'hiver dans les parties sud des États-Unis. Elle fréquente les bosquets, -les 
savanes et les campagnes plantées d'arbres fruitiers. Les insectes, les che- 
nilles, sont les alimens qu'elle préfère; et, à leur défaut, elle se nourrit de 
baies et de petits fruits tendres. Elle descend rarement à terre et dans les 
champs cultivés, à moins qu'elle n'y soit forcée par le défaut de nourriture: 
c'est alors qu'elle avale entières diverses graines. Elle ne fait ordinairement 
qu'une couvée dans le nord de l'Amérique, après laquelle elle en émigré 
pour n'y revenir qu'au printemps suivant. 

GALERIE DES OISEAUX. //* PJRTIE. I7 



124 BALTlMORteS. 

LE BALTIMORE V\JLGAlKE,^Yp hantes baltimore. 

PI. LXXXYII. 

Capàe^gidâ, collo, teclricibus alarum superioribiis , remigibus nigris ; 
corpoi'e subtils aurantio (inas, œstate). 

Niger flavo mixtus ( idem , hieme ). 

Supra viridi olivaceus , sublus pallideflavus (feminaet junior). 

Baltimore; Catesbj, car. i, pi. 48. 

Le Baltimore, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 3, pag. iJ>i, pi. enl. 
n° 5o6,Jig. I, mâle en é\.é;^g. a, mâle en hiver. 

Oriolus baltimoi'e, Lin/i., Cm., Sjst., nat., édit, i3, ?z° lo. Idem, Lath., 
index, n° ao. 

Baltimore, Z/û!//i., Sjnopsis, tom. i , pag. 433, n'^ 19. 

Cet oiseau, qu'on trouve dans l'Amérique depuis les Florides jusqu'au 
Canada, arrive au centre des Etats -Unis -dans les mois d'avril et de mai, 
et en part dans les mois d'août et de septembre. Il fréquente les taillis et 
niche quelquefois dans les vergers qui sont près des habitations rurales. On 
ne le volt point dans les marais et on le rencontre très- rarement dans l'in- 
térieur des forêts et dans les terres ensemencées. Il s'apprivoise difficile- 
ment si on le prend adulte, et ne survit, surtout au printemps, que peu de 
mois à la perte de sa liberté. Il tombe en langueur et meurt presque tou- 
jours à l'époque fixée par la nature pour son départ. Il en est tout autre- 
ment lorsqu'on le prend dans le nid et qu'on lui donne des alimens qui se 
rapprochent de ceux qui lui sont naturels, et surtout si on les varie; on le 
conserve alors pendant plusieurs années, et il montre autant de docilité, 
de familiarité que divers carouges et troupiales, et un tel attachement pour 
celui qui l'a élevé, qu'en recouvrant même sa liberté, il revient à sa voix 
lui en donner des preuves, en lui prodiguant ces caresses et ces tendres 
agaceries qui font du serin des Canaries le plus aimable des oiseaux. Enfin 
il joint à ces qualités celle d'avoir une grande affection pour ses petits; il les 
suit si on les enlève, et les nourrit dans leur prison. On regrette de ne 



BALTIMORES. 125 

pas entendre chanter le mâle dans d'autres saisons qu'au printemps, car il 
est doué d'un ramage agréable, 

La plupart des cassiques, des troupiales et des carouges, bâtissent leur 
nid et le suspendent avec une sagacité et une intelligence remarquables; 
mais le baltlmore les surpasse dans ce travail et semble n'avoir rien oublié 
pour tirer de sa construction toutes les commodités possibles. Il y pratique 
deux ouvertures, l'une au sommet qui sert d'entrée, l'autre sur le côté, à 
un tiers de sa hauteur, pour donner la becquée à sa jeune famille , qui , d'après 
la profondeur du nid, ne peut,^ dans ses premiers jours, s'élever jusqu'en 
haut pour la recevoir; c'est peut-être aussi par cette petite'ouverture à claire- 
voie, et close dans l'intérieur pendant l'incubation, qu'ils rendent leurs ex- 
crémens. Ce berceau est suspendu à une branche horizontale de platane, de 
tulipier ou de pommier, avec des filamens de plantes coriaces que le cons- 
tructeur renforce avec des poils et des crins pour leur donner plus de con- 
sistance et les mettre en état de résister aux coups de vent. Il attache si 
solidement cette espèce de corde autour de la branche, que les plus grandes 
secousses ne peuvent endommager le nid, qui est composé de laine, de gra- 
men , tissus ensemble avec beaucoup d'adresse. Dans les cantons où le bal- 
timore ne peut trouver ces divers matériaux, il le construit avec des herbes 
sèches et lui donne néanmoins la même solidité, en le fixant par tous les 
bords aux branches qui lui servent de soutien. Sa forme est celle d'une 
bourse profonde, aussi large dans le haut que dans le bas, et longue de 
près de six pouces; l'ouverture du sommet a un pied de circonférence, et 
celle du côté a quinze à dix-huit lignes de largeur. La ponte est de quatre 
ou cinq œufs blancs , tachetés de rouge et de la grosseur de ceux du bruant 
proyer ( emberizia miliaria ). 

Le mâle ne prend son plumage parfait qu'à l'âge de deux ans , et il ne le 
conserve dans cet état que pendant l'été. Il subit deux mues annuelles, la 
première, qui est longue, a lieu en août et en septembre, et l'autre, qui est 
prompte, au commencement du printemps. Cette différence dans la durée 
de ces deux mues m'a également frappé chez plusieurs oiseaux de l'Amérique 
du nord, tels que chez le chardonneret jaune, la passerine bleue, X or- 
tolan de riz, et est en opposition avec le sentiment des naturahsles, qui re- 



126 BALTIMORES. 

gardent la chaleur comme le moyen le plus prompt et le plus favorable à un 
changement de plumes, puisque le climat souç lequel ces oiseaux se trouvent 
est beaucoup plus chaud à l'époque de la première mue qu'à celle de la se- 
conde. A l'automne, le noir qui occupe la tête, le cou et la gorge est plus ou 
moins marbré de jaune, et l'orangé perd toujours son éclat. Les jeunes mâles 
ne prennent leurs attributs qu'au printemps; ils se distinguent alors des 
vieux par des couleurs moins brillantes ; la couleur noire des parties anté- 
rieures n'est chez tous qu'à l'extrémité des plumes, qui sont jaunes dans le 
reste de leur étendue, et, pour peu qu'elles soient en désordre, la dernière 
teinte perce à travers la première. 

Le vieux mâle a le bec d'un bleuâtre sombre; l'iris brun; les pieds noirs; 
une sorte de capuchon de la dernière couleur, lequel enveloppe la tête, la 
goi'ge, finit en pointe sur le devant du cou et couvre encore le haut du dos, 
les plumes scapulaires et les grandes couvertures alaires , qui sont bordées de 
jaune en dehors, les rémiges, dont l'extérieur est blanc, la totalité des rec- 
trices intermédiaires et les latérales jusqu'à un tiers de leur longueur. Tout 
le reste du plumage est d'un bel orangé, foncé sur la poitrine, clair sur le 
bas du dos, le croupion, les couvertures supérieures de la queue et ses 
pennes latérales dans la partie qui n'est pas noire. Longueur totale, 6 pouces 
4 lignes. 

La femelle a le bec couleur de corne , plus sombre en dessus qu'en des- 
sous; la tête et les parties supérieures du cou et du corps d'un vert olive; les 
plumes du dos brunes dans le milieu ; celles de la partie antérieure de l'aile 
noirâtres et frangées de vert-olive; ses couvertures supérieures bordées et 
terminées de blanc; toutes ses pennes d'un brun obscur; les primaires grises 
en dehors, et les secondaires blanches à l'extérieur; la queue pareille à la 
tête; les parties inférieures d'un jaune souci, très-dégradé sur la gorge et 
très-clair sur le ventre. D'après ces détails, il ne doit plus rester aucun 
doute sur la vraie femelle du baltimore, si mal indiquée dans tous les ou- 
vrages d'ornithologie, puisque j'ai pris celle que je viens de décrire avec 
son nid et ses petits, qui lui ressemblent totalement et ne prennent de noo- 
velles plumes qu'après l'hiver. 



TROUPIALES, 127 

6'"^ DIVISION. TROUPIALE, Agelaius. 

Bec droit, robuste, épais, convexe en dessus, à bords droits, longicône, 
pointu; mandibule supérieure formant à sa base un angle aigu dans les 
plumes du front. PI. H, n° 4- 

Narines dilatées, couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse, bifide à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe et totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes; première et cinquième rémiges égales, deuxième .et 
troisième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Toutes les espèces de cette division, au nombre de vingt- buit à trente, 
se trouvent en Amérique. Elles sont entomophages , baccivores et grani- 
vores ; elles tuent les insectes avant de les avaler, et mangent les graines et 
les baies entières; quelques-unes sont encore vermivores. Toutes ou presque 
toutes ont les mêmes allures, comme de vivre en société pendant la plus 
grande partie de l'année, de fréquenter les plaines, les champs cultivés et 
les vergers; les unes se retirent, à l'époque des couvées, dans l'intérieur des 
bois ; mais c'est le petit nombre ; d'autres n'habitent que les savanes , et quel- 
ques-unes fixent leur domicile dans les roseaux. Celles qui se trouvent dans 
l'Amérique septentrionale , voyagent à l'automne du nord au sud , et au prin- *■ 

temps dii sud au nord. Il en est qui se tiennent alors en bandes nombreuses, 
tandis que d'autres restent en familles., Les troupiales sédentaires dans les îles 
Antilles vivent pendant toute l'année ordinairement par paires. La plupart 
montrent une grande industrie dans la construction de leur nid et le sus- 
pendent à l'extrémité des rameaux les plus flexibles; on en voit ordinaire- 
îTient plusieurs sur le même arbre; d'autres lui donnent une forme ordinaire 
et le cachent soigneusement : la ponte est ordinairement de quatre ou cinq 
ceufs. 

Les troupiales, de même que les carouges, les baltimores et les_çassiques. 



* 



ia8 TROUPIALES. 

amassent dans l'œsophage la nourriture destinée à leurs petits, et la leur 
dégorgent dans le bec. Plusieurs sont susceptibles d'une certaine éducation ; 
ils ont la faculté d'imiter la voix articulée, et montrent en captivité beaucoup 
d'intelligence et de gentillesse. L'espèce la plus commune dans les Etats- 
Unis (le troupiale commandeur^, a un genre de vie tellement analogue à 
celui de Yéioiirneau , qu'on la confond souvent sous la même dénomina- 
tion. C'est sans doute d'après ce motif qu'on les a classés au Muséum d'his- 
toire naturelle dans le même genre ; cependant il suffisait de comparer 
leurs becs, pour s'apercevoir de cette méprise, puisqu'ils sont très-diffé- 
rens. Linnée et les méthodistes qui ont adopté sa méthode, ont rangé les 
troupiales et les loriots dans le même cadre : ceux - ci , en effet , se rap- 
prochent des autres par l'adresse et l'industrie qu'ils montrent dans la 
construction de leur nid ; mais ils en diffèrent essentiellement par la 
forme du bec, ainsi qu'on peut s'en convaincre en comparant les figures 
que nous en donnons; ils en diffèrent encore par leur genre de vie et 
par leur appétit pour des alimens auxquels les troupiales ne touchent 
jamais. 

LE TROUPIALE ROUGE ET NOIR, Jgelaïus 

militaris. 

PI. LXXXVIII. 

Niger; pectore, jugulo, guîâ, humerisque sanguineîs ; alis caiLclâque 
nigris ( mas senior ). 

Supra obscure et dilute fuscus ; subtus, coccineus; imo ventre, cruribus , 
remigibus; rectricibusque obcurejuscis ( adultus). 

Griseus, nigro punctatus , fasciâ oculorum fl/m (junior). 

Troupiale de la Guyane, Brus., Ornith., tom. i, pag. 107, n° iS,pl. i, 

./%■• I- 

Idem, Buffon, Hist. nat. des Ois., tum. 3, pag- 218, pi. enl, 536. 
Troupiale de Cayenne, Idem, pi. enl. n° 236. 



TROUPIALES. 129 

Le troupiale tacheté de Cayenne, idem, pag. 223, pi. enl. 11° 448, 
fig. i et 0.. 

Le cardinal brun, Brisson, tom. 3, pag. 5i, n° 3o. 

Oriolus Guyanensis, Linn., Gm., Sjst. nal., édit. i3, n° g. 

Idem, Lath., index, n° 16. Oriolus Americanus, idem, n° i5. 

Tanagra militaris, Linn., Gm., 11° 17. Idem, Lath., index, ?î" 38. 

Oriolus melancholicus , Linn., Gni., n° l'j. Idem, Lath., index, n" 33. 

Militaris tanager, Lath. Synopsis, tom. 1, pag. QLi\i, n° l\o. 

Gujana oriole. Idem, tom. 1, pag. 'il\o, n° i5. 

Shomburger, Lath^ idem, pag. 441? ^^° 3i . 

Tordo de gollado tercero, de Azara apuntamientos para la Hist. Naiur. 
de los paxaros del Paraguay j rio de la Plata, tom. r, pag. Sog, n° no. 

Cet oiseau n'est point, comme l'a pensé Montbeillard , une simple variété 
du troupiale commandeur, qui en diffère par une grande partie de son plu- 
mage et de son genre de vie; de plus, l'un et l'autre ne se montrent jamais 
dans les mêmes contrées : le premier habite la Guyane et le Paraguay , l'autre 
ne se trouve que dans l'Amérique septentrionale, depuis la Nouvelle - Espa- 
gne jusqu'au Canada. Le savant collaborateur de Buffon, Latham, et Gmelin^ 
ont fait des doubles et triples emplois en donnant comme des espèces dis- 
tinctes le troupiale de cçt article , sous sa livrée d'adulte et de jeune âge. 
( Voyez la Synonymie. ) 

Cette espèce, que Sonnini a observée à la Guyane, et dont le mâle a 
un ramage agréable et imitateur, donne à son nid une forme longue, cylin- 
drique et le suspend aux branches des arbres. Elle se tient au Paraguay, 
dans les marais et dans les campagnes qui les a voisinent, se pose sur les 
joncs et sur les autres plantes, et cherche à terre sa nourriture. Quoi- 
qu'elle ne soit point farouche , elle se cache communément dans les joncs 
et les broussailles, plutôt pour y trouver sa pâture, que par crainte ou par 
défiance. 

Chez ce troupiale , dans l'âge avancé , toutes les parties supérieures , les 
ailes et la queue sont d'un beau noir; le pli de l'aile, la gorge et toutes les 
parties postérieures d'un rouge vif; les rectrices paraissent, vues sous un cer- 
tain jour, comme moirées transversalement d'une couleur de plomb; l'iris 



i3o CASSIQUES. 

est noir, ainsi que le dessus du bec, dont le dessous est d'un bleu céleste; les 
pieds sont noirâtres. Longueur totale, 6 à 7 pouces. 

Le même, lorsqu'il est adulte, diffère du précédent en ce que le noir est 
remplacé par du noirâtre; que chaque plume de cette couleur est bordée 
de gris; que le rouge des parties inférieures est varié de traits blanchâtres 
qui terminent chaque plume : l'intérieur des rémiges et l'extrémité des rec- 
trices sont grisâtres. 

Le jeune, avant sa première mue, n'a aucun indice dé rouge dans sa 
livrée; les plumes des parties supérieures sont brunâtres et bordées de gris 
ou d'un jaunâtre plus ou moins sombre; la gorge est sans tache et brune; 
un trait de la même couleur passe immédiatement sous les yeux , se pro- 
longe en arrière en deux traits noirs parallèles, dont l'un accompagne le 
trait brun par-dessus et l'autre embrasse l'œil par-dessous; le bec est d'un 
gris bleuâtre; les pieds sont couleur de chair. 

^ème DiyjsjoN. CASSIQUE, Cussicus. 

. 'Bec plus long que la tête, entier, robuste, convexe en dessus, droit, 
longicône, pointu , gibbeux à la base de sa partie supérieure, et formant un 
angle arrondi dans les plumes du front. PI. H, n° 5. 

Narines rondes, ouvertes, situées près du capistrum. 

Langue pointue, cartilagineuse et bifide à son extrémité. 

Tarses nus, annelés, forts. 

Doigt intennédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes; première rémige plus courte que la cinquième, troi- 
sième et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Quoiqu'à l'exemple de M. de Lacépède, nous ayons séparé les cassiques, 
les carouges, les troupiales, les baltimores et les loriots, que Linnée et 
Latham ont classés dans leur genre oriolus, on doit néanmoins les réunir 
pour n'en former qu'une seule famille , attendu que tous se rapprochent par 
plusieurs caractères , par quelques habitudes et par la même industrie dans la 



CASSIQUES. i3l 

construction de leur nid, ainsi que nous l'avons vu dans les articles précédens. 
Les cassiques n'en montrent pas moins que les autres. L'yapou ( oriolus 
persicus, Linn. ) lui donne une forme singulière: c'est celle d'une cucurbite 
étroite, surmontée de son alambic; il est composé simplement d'herbes dessé- 
chées, et il n'y entre ordinairement ni crin ni autre substance semblable. 
L'on voit souvent plusieurs centaines de ces nids suspendus au même arbre 
et agités par les vents. Celui du cassique rouge ( oriolus hœmorhous ^ Linn.) 
est suspendu aux branches des arbres qui s'avancent sur les rivières, et com- 
posé de brins d'herbes desséchées; le fond est beaucoup plus épais que le 
reste; l'ouverture n'est pas tout à fait à la partie d'en haut, elle est un peu 
plus basse et conduite obliquement, de sorte que de quelque côté que la 
pluie vienne , elle ne peut entrer dans ce berceau. Mais si on consulte leurs 
attributs génériques, on voit entre tous ces oiseaux des différences frappantes; 
en effet, le bec des cassiques est lisse, droit, très-fort, très-dur, et la mandi- 
bule supérieure s'avance sur le front en forme d'angle arrondi , et quelquefois 
plus haut que cette partie. Nous avons dit précédemment que celui des ca- 
rouges est grêle , un peu arqué , que la base de sa partie supérieure est moins 
avancée sur le front et se termine en pointe ; le bec des troupiales est droit 
comme celui des cassiques, plus épais à sa base que celui des carouges, et se 
prolonge de la même manière sur la tête. Les mandibules des baltimores 
sont à leur origine comme celles des troupiales, mais l'angle frontal de la 
supérieure est moins prononcé; et elles présentent dans leur forme , comme 
l'a fort bien observé le savant collaborateur de Euffon , une pyramide à cinq 
pans, dont deux pour la supérieure et trois pour l'inférieure. Enfin, le bec 
dès loriots diffère presque totalement de celui de tous les autres, en ce qu'il 
est déprimé à sa base, recourbé et échancré vers le bout de sa partie supé- 
rieure, et retroussé à l'extrémité de l'inférieure. 

Les cassiques se plaisent dans les bois, ne fréquentent point les campa- 
gnes , cherchent leur pâture sur les arbres , dans les broussailles et à terre , 
marchent avec aisance et ne voyagent point. Ils se nourrissent de vers, d'in- 
sectes , de baies et de graines qu'ils avalent entières. Tout leur convient en 
captivité, et ils y montrent la docilité des troupiales; ils ont la même ap- 
titude pour articuler des paroles, imiter le cri de divers animaux et appren- 

CALlîRIK DES OISEAUX. Il" PARTIE. l8 



t32 CASSIQUES. 

dre des airs siffles. La ponte est de deux à quatre œufs, et ils en font plusieurs 
dans l'année. On trouve les cassiques dans l'Amérique méridionale, au Bré- 
sil, à la Guyane, au Paraguay, etc. 

LE CASSIQUE NOIR, Cassicus niger. 

Pl. LXXXIX. 

Niger- viridi violaceoque mutans (^mas). 

Niger, minus nitens (femina). 

Obscure fuscus (junior). * 

Ainsi que je l'ai remarqué chez les quiscales, anis, etc., il existe deux 
races ou deux espèces très-voisines dans les cassiques noirs, lesquelles ne 
diffèrent entre elles que par la taille et toutes les proportions relatives; du 
reste elles se ressemblent parfaitement. L'une a douze pouces de longueur 
totale, et l'autre en a seize. 

Le chant du mâle est varié, étendu et ne manque pas d'agrément. Il 
jette souvent un cri qui semble exprimer ga-ha-ha, et quelquefois il pro- 
nonce le mot poupoi. Cette espèce, d'un caractère solitaire, habite de pré- 
férence les lieux remplis de broussailles et de buissons, ne fréquente point 
les campagnes découvertes et s'élève rarement à la cime des arbres. Elle 
suspend son nid aux branches basses , lui donne la forme d'une bourse sphé- 
l'ique à sa base, longue de dix-huit à vingt-quatre pouces; son extérieur est 
composé d'herbes desséchées, de divers matériaux flexibles et tissés avec 
art; l'intérieur a dix pouces de diamètre, et est rempli dans le fond de 
feuilles sèches sur lesquelles la femelle dépose trois ou quatre œufs mar- 
brés de gris-brun et presque sphériques. 

Le plumage du mâle est noir sous un aspect, mais sous d'autres cette 
couleur jette des reflets verts et violets; le bec est d'un noir mat; l'iris 
jaune; les pieds sont bruns ou noirs. La femelle n'en diffère que par un vê- 
tement à reflets moins apparents. Le jeune est totalement d'un brun som- 
bre. On trouve cette espèce à Cayenne et dans quelques-unes des grandes 
îles Antilles. 



STOURNELLES. l33 

5^"^ FAMILLE. LEIMONITES, Leimonites. 

Pieds médiocres, un peu robustes. 

Tarses ziiXiA&ijXms,. 

Doigts au nombre de quatre : trois devant, un derrière; les extérieurs 
soudés à leur base, le postérieur épaté. 

Bec médiocre, droit, entier, à pointe obtuse, ou un peu renflée, ou 
aplatie. 

i"^ DIVISION. STOURNELLE, Sturnella. 

5ec droit, entier, convexe en dessus, dilaté et obtus à sa pointe; man- 
dibule inférieure, formant à sa base un angle arrondi dans les plumes du 
front. PI. H,n°6. 

Narines rondes, couvertes d'une membrane saillante. 
Langue cartilagineuse, plate, fourchue à son extrémité. 
Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne; pouce plus long et plus robuste que les doigts latéraux, pi. B B, 
n°8. 

Ongle postérieur le plus long et le plus fort de tous. 
Ailes moyennes; première et cinquième rémiges à peu près égales, 
deuxième, troisième et quatrième les plus longues de toutes; deux secon- 
daires très-prolongées. 

Des deux espèces dont cette division est composée , l'une se trouve dans 
l'Amérique septentrionale et l'autre^dans sa partie méridionale. La pre- 
mière, qui est le type de ce petit groupe, a été classée jusqu'à présent dans 
celui de Yétoumeau, lequel renferme un grand nombre d'oiseaux très- 
disparates, quant aux caractères génériques. Les stournelles en diffèrent 
assez, comme dit Buffon pour celui de cet article, afin de mériter un nom 
distinct, et il a assez de rapports pour mériter un nom analogue : aussi l'a-t-il 
appelé siourne, dénomination que j'aurais conservée, si depuis elle n'eût pas 
été employée pour signaler des oiseaux qui ne préseiitent avec lui aucun 



l34 STQURNELLES. 

rapprochement; c'est pourquoi je l'ai remplacée, afin d'éviter la confusion, 
par un nom qui en donne la même idée. 

Les stournelles ont le bec terminé comme celui de l'étourneau; mais 11 en 
diffère en ce que la mandibule supérieui'e forme dans les plumes du front 
une échancrure profonde, assez large, arrondie à son extrémité et à peu 
près pareille à celle des cassiques; tandis que chez les vrais étourneaux cette 
échancrure est étroite et pointue; de plus, chez les premiers, le doigt posté- 
rieur est aussi long que l'intermédiaire et beaucoup plus que les latéraux. Ce 
même doigt est, chez les derniers, plus court que celui du milieu, et ne dépasse 
pas les autres. Si l'on porte son attention sur les ailes , on voit que celles des 
étourneaux ont une petite plume bâtarde qu'on cherche inutilement chez les 
stournelles; que la première rémige est la plus longue de toutes, et que toutes 
les secondaires sont beaucoup plus courtes que les primaires , ce qui n'existe 
pas chez ceux-ci. ( Voyez ci-dessus). On voit par ces détails que, comme la 
plupart de toutes les divisions, celle-ci a plusieurs ramifications; mais, en ne 
donnant de la valeur qu'à une seule, il en est résulté que des auteurs ont pla- 
cé les stournelles parmi les étourneaux; d'autres avec les cassiques, et quel- 
ques-uns avec les alouettes. 

Les stournelles ne se plaisent que dans les prairies et les marécages ; en 
effet , ils y restent toute l'année et y nichent , d'où est venu à celui dont nous 
publions la figure , le nom américain de meadow-ark ( alouette de prés ). 
Leur ponte est de cinq à sept œufs , et leur nourriture consiste en insectes 
et en diverses semences. 

LE STOURNELLE A Q.O\AA^^,'Sturnella collaris. 

pi;^Gftr 

Supràjusco, rufèsceiite et nigricante varia; suhtîis Jlavayfasciâ pec- 
torali nigrâ , curvâ; rectricibus laleralibus albis. 

Large lark, Catesbj, Carol. i, pi. 33. 

L'étourneau de la Louisiane, Briss., Orni'th., tom. 3, pag. igi. 

Le stourne ou l'étourneau de la Louisiane, Buffon, Hist. nat. des Ois., 
tom. ifpag. ic)i,pL enl. n° 256. 



STOURNELLES. l35 

Le fer-à-cheval ou le merle à collier, idem, tom. Z,pag. Sy. 

Sturnusludovicianus, Linn., Gm.,Sfst.,nat.,édit. i3, n° 3. Idem, Lath., 
index, n° 3. 

Alauda magna, Linn., Gm., n° ii. 

Louisiane stare, Lath., Sjnopsis, tom. 2,pag. 6, n° 3. 

Cette espèce habite, comme je l'ai dit ci-dessus, les prairies et les marais 
des Etats-Unis, et des individus portent leurs courses jusque dans la 
Guyane. Elle ne se perche sur les arbres que lorsqu'elle est pourchassée, y 
reste peu de temps, et n'y passe jamais la nuit. Elle est sédentaire dans 
une grande partie de l'Amérique septentrionale ; néanmoins un grand nom- 
bre en émigré aux approches des frimats. On y voit une plus grande quantité 
d'individus en automne qu'en toute autre saison, parce qu'alors ceux qui ni- 
chent à la Nouvelle-Ecosse , au Canada , et dans des régions encore plus bo- 
réales, quittent leur pays natal et séjournent alors au centre des Etats-Unis. 

Ces oiseaux courent avec vitesse, ont le vol vif, planent et filent comme 
la perdrix grise ; et s'ils sont poursuivis, ils vont, dès qu'ils sont posés à terre, 
se blottir au pied d'un buisson ou dans une touffe d'herbes, et toujours du 
côté opposé à l'objet qui les effraie. Ils remuent la queue de haut en bas 
quand ils sont sans inquiétude, et horizontalement si on les surprend. Ce 
dernier mouvement est un indice certain qu'ils sont prêts à s'envoler. Ils 
restent par familles pendant l'hiver, et s'isolent par paires au printemps; 
chaque couple s'approprie alors un canton où il ne souffre aucun être de 
son espèce. 

Le mâle est très-attaché à sa femelle, et tous les deux montrent une grande 
affection pour leur progéniture. On le voit souvent, pendant l'incubation, 
posé sur les clôtures des champs, où il réjouit sa compagne par un ramage 
assez agréable , mais dont la phrase est courte : l'un et l'autre font entendre 
un sifflement aigu quand on leur porte ombrage. Ils construisent leur nid 
à terre, au milieu d'une plante touffue et avec des herbes sèches. Une seule 
ponte annuelle de cinq à six œufs blancs, parsemés de taches et de quelques 
grandes mouchetures d'un brun rougeâtre, surtout sur le gros bout, est le 
résultat de leurs amours. Les petits ne se séparent de leur père et mère 
qu'au printemps. Les vers, les insectes, diverses semences, et principa- 



i36 STOURNELLES. 

lement les graines de l'omithogale , à fleurs jaunes, composent leur nour- 
riture. 

Le mâle a trois bandes longitudinales sur le sommet de la tète, lesquelles 
naissent à l'origine de la mandibide supérieure; celle du milieu est rousse et 
s'élargit sur l'occipiit; les deux autres sont d'un brun noirâtre; une tache 
d'un jaune foncé se fait remarquer sur chaque côté près du bec, et un trait 
noir en arrière de cette partie. Les joues et les tempes sont grises; le dessus 
du cou et du corps est varié de gris , de brun , de noir et de roux : la pre- 
mière couleur occupe le bord des plumes ; les trois autres sont sur leur mi- 
lieu; les deux dernières dominent seules sur le croupion; les petites et les 
moyennes couvertures alaires ont une bordure grise : cette teinte prend un 
ton ardoisé sur la partie antérieure de l'aile ; ses grandes couvertures sont 
rousses et tachetées de noir; les rémiges brunes en dedans, grises dans le 
milieu et rousses à l'extérieur; les quatre premières pennes de la queue sont 
blanches avec une petite tache noire vers leur extrémité ; celle qui les suit de 
chaque côté est rayée de brun en dedans, et les autres portent des taches 
noirâtres sur un fond brun ; toutes sont pointues et un peu étagées. La gorge 
est blanche à son origine, et ensuite du jaune vif qui règne sur les parties 
postérieures. Une marque d'un beau noir se dessine en forme de fer-à-cheval 
sur le bas du cou , et se termine en pointe sur la poitrine ; les flancs sont 
parsemés de taches noires, les couvertures inférieures de la queue rousses; 
les pieds jaunâtres; le bec est brun en dessus et couleur de corne en des- 
sous. Longueur totale, 9 pouces 4 lignes. Telle est la robe du mâle pendant 
l'été, mais après la mue et pendant l'hiver, il porte celle indiquée par Buffon 
pour son étourneau de la Louisiane. A cette époque, le fer-à-cheval est varié 
de gris, et le jaune des parties inférieures présente un mélange de grisâtre 
et une nuance moins vive. 

La femelle diffère du mâle par des couleurs moins pures et par la plaque 
noire qui a moins d'étendue. Le jeune est brun oii les adultes sont noirs; le 
jaune du dessous du corps est peu apparent et on n'aperçoit qu'un très- 
petit vestige du fer-à-cheval. 



ÉTOURNEAUX. 187 

1^'^' DIVISION. ÉTOURNEAU, Stunius. 

Beç droit, tendu, entier, un peu déprimé, à pointe obtuse et un peu 
aplatie; mandibule supérieure à bords un peu évasés, plus longue que l'in- 
férieure. PI. H, n° 7. 

Narines à ouverture longitudinale, couvertes en dessus par une mem- 
brane un peu gonflée. 

Langue cartilagineuse, aplatie, fendue et coupée carrément à son ex- 
trémité. 
. Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur, et totalement séparé 
de l'intérieur, pouce et doigt externe égaux, pi. B B, u° g. 

Ongle postérieur le plus long de tous. 

^&i' moyennes ; à penne bâtarde très-petite et grêle; première, deuxième 
et troisième rémiges les plus longues de toutes. 

Çi/ez^e à douze rectrices. 

Dans les quinze espèces dont les auteurs ont composé .cette division, on n'y 
trouve que trois ou quatre véritables étourneaux , attendu que tous les autres 
n'ont aucun des caractères indiqués pour ce groupe : tels sont les sturnus 
collaris, mauritinus, qui sont la fauvette des Alpes en double emploi; le 
gaUinaceus, qui est un martin; les sturnus mexicanus, obscurus, qui sont des 
troupiales; le cinclus ( merle d'eau ), qui est le type d'un genre particulier; 
les sturnus ludovicianus , militaris et lojca , qui font partie du genre précé- 
dent; lés viridis et olivaceus, qui ne sont pas assez connus pour être cer- 
tain qu'ils soient de vrais étourneaux. Daudin et Sonnini ont encore aug- 
menté leur nombre en y rangeant mal à propos notre martin pêcheur sous 
le nom d'athis; le quiscale barite sous celui de barita; le crispicoUis, qui est 
un polochion ; le geqfjroy, qui doit être le type d'une nouvelle division ; les 
choucador et V éclatant , qui se rapprochent, il est vrai, de l'étourneau par 
quelques habitudes, mais qui en diffèrent essentiellement par leurs carac- 
tères génériques. Enfin, on voit encore au Muséum d'histoire naturelle le 
troupiale commandeur {oriolus phœniceus), classé dans le même cadre; il 



l38 ETOURNEAUX. 

suffisait cependant de comparer son bec à celui de Tétourneau pour s'aper- 
cevoir qu'il y était très-déplacé. 

Les étourneaux , dont deux espèces habitent en Europe , se tiennent par 
bandes nombreuses depuis l'automne jusqu'au printemps, époque où ils 
s'isolent par paires, et à laquelle le mâle fait entendre un chant ou plutôt un 
gazouillement presque continuel. Ils nichent indifféremment dans un trou 
d'arbre, de muraille ou de rocher. La ponte est de quatre ou cinq œufs: ils 
en font ordinairement deux par an ; mais la seconde n'est pas aussi nombreuse 
que la première. Leur nourriture consiste en limaces , vermisseaux , scarabées, 
baies et diverses graines qu'ils avalent entières. 

L'ÉTOURNEAU UNICOLOR, Sturnus imicolor. 

PI. XCL 

Niger nitens (mas). Pallidior (femina). Fuscus (junior). 

De la Marmara, Mémoire lu a V Académie de Turin, i8 août 1819. 

L'étourneau unicolor, Themminck, Manuel d'ornithologie, 2* édil., 
pag. i3i. 

Idem, Encyclopédie méthodique. Ornithologie , pag. 632. 

Cette espèce, dont on doit la connaissance à M. de la Marmora, se trouve 
dans les îles de Sardaigne et de Corse, où elle se tient et niche dans les ro- 
chers ; elle s'approche quelquefois des habitations et se perche alors sur les 
toits des maisons. 

Le mâle est d'un noir lustré à reflets légers , pourprés , peu éclatans , mais 
assez mats sur les parties inférieures ; le bec est noirâtre à la base et jaune 
dans le reste; les pieds sont d'un brun jaunâtre. La femelle n'en diffère qu'en 
ce que les reflets ont moins d'éclat. La livrée du jeune est totalement brune, 
comme celle de notre étourneau dans son premier âge; et après sa première 
mue on voit à l'extrémité des plumes quelques taches blanchâtres qui dispa- 
raissent au printemps. 



PIQUE-BOEUFS. iSg 

3"^" DIVISION. PIQUE-BOEUF, Buphaga. 

Bec droit, entier, presque quadrangulaire, un peu comprimé latérale- 
ment, à pointe renflée dessus et dessous, obtuse. PI. H, n° 8. 

Narines ovales, couvertes d'une membrane voûtée, situées à la base 
du bec. - 

Langue cartilagineuse, pointue. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts totalement séparés. 

-î/i/ej' médiocres, à penne bâtarde, petite; deuxième et troisième rémiges 
les plus longues de toutes. 

■Queue à douze rectrices. 

La seule espèce admise dans cette division se trouve en Afrique, depuis 
le Sénégal jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. Elle se nourrit d'insectes, 
principalement de ces vers ou larves qui éclosent et vivent dans la peau des 
bœufs ; aussi voit-on souvent ces oiseaux se poser sur le dos de ces animaux 
et d'autres gros quadrupèdes, pour entamer leur cuir à coups de bec et 
en tirer ces vers. 

LE PIQUE-BOEUF ROUSSATRE, Buphaga 

rufescens. 

PI. XCII. 

Supra rufescente Jîiscd ; subtùs dilute Jiilvâ. 

Le pique-bœuf, Briss., Orniih., tom. o., pag. 457, n° i, pi. [\i,Jig. 1. 

Idem, Biif/., Hist. nat. des Ois., tom. 3, pag. i'j5,pL enl. n° agS. 

Buphaga Africana, Li«/z., Gm. , Syst. nat., édit. i3, n° i. Idem, Lath., 
n° i. 

African beef-eater, Lath., Synopsis, tom. \,pag. SSg, n° i^pL 12. 

La tête, le cou en entier, le dos et les couvertures supérieures des ailes 
sont d'un brun roussâtre; les trois premières rémiges rousses; les autres 
ijTunes; les rectrices de cette couleur en dessus, roussâtres en dessous, 

:CALERIE DES OISEAUX. //* PARTIE. ig 



l4o GLAUCOPES. 

étagées et un peu pointues; le croupion, la poitrine et les parties posté- 
rieures d'un fauve clair; les pieds bruns; le bec est jaune à sa base et rouge 
à sa pointe; l'iris bordé d'un cercle jaune et ensuite rouge. Longueur to- 
tale, 8 pouces. La femelle ne diffère du mâle que par une taille un peu plus 
petite et par son bec plus terne. Le jeune, le nid, les œufs, ne sont pas 
connus. 

4^"' FAMILLE. CARONCULES, Carunculati. 

Pieds médiocres, un peu forts. 
Tarses niis, annelés. 

Doigts au nombre de quatre ; trois devant , un derrière. 
Bec glabre à sa base , comprimé , plus ou moins courbé , rarement échan- 
cré, à pointe étroite ou un peu dilatée. 
Tête ou mandibule inférieure caroncûlée. 

1^"" DIVISION. GLAUCOPE, Caltœas. 

Bec voûté, épais, entier, courbé vers le bout; mandibule supérieure cou- 
vrant les bords de l'inférieure; celle-ci plus courte, et garnie à sa base de 
deux fanons caroncules et pendans. PI. H, n° g. 

Narines déprimées, à demi couvertes d'une membrane saillante et demi- 
cartilagineuse. 

Langue presque cartilagineuse, dentelée en scie sur ses bords, bifide et 
ciliée à sa pointe. 

Tarses allongés, maigres, carénés sur leur partie postérieure. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, et totalement séparé de 
l'interne. 

Ongle postérieur le plus long de tous. 

Ailes courtes. 

Queue à douze réctrices. 

La seule espèèe dont cette division est composée se trouve à la Nouvelle- 
Zélande, et se tient presque toujours à terre, oii elle cherche les insectes et 
les vers, sa principale nourriture; elle vit aussi de baies et, dit-on, de petits 



CREADIONS. i4ï 

oiseaux. Sa voix est flûtée , son ramage assez agréable , sa chair délicate 
et savoureuse. C'est à quoi se borne jusqu'à présent sa partie historique. 

LE GLAUCOPE CENDRÉ, Callœas cinerea. 

PI. XCIII. 

Cinerea. 

Callœas cinerea, Lath., index, n° i. 

Glaucopis cinerea, Linn., Gm. , Sjst. nat., édit. i3, /2° i. 

Cinereous Waftle-bird, Za//z., iSy^OyOJM, to/?2. i^pag. 354, w" ^iPt- i4' 

Glaucope cendré, 2^ édit. du Nouv. Dict. d'Histoire Nat.^ lom. i3, 
pag. 225. 

C'est à Forster qu'on doit la découverte de cette espèce , qui , comme une 
grande partie de celles des terres australes , a des attributs singuliers qui la 
distinguent de tous les oiseaux des autres continens. Ses longues jambes et 
ses ailes courtes sont des indices que la nature l'a destinée plutôt à courir 
qu'à voler et se percher. On ne connaît ni le jeune, ni le nid et les œufs. 

L'iris est d'un bleu éclatant, de même que la base des caroncules, qui, 
dans le reste, sont d'un jaune orangé; tout le plumage est cendré; cette cou- 
leur prend un ton sombre sur la tête; les pieds sont noirâtres ; le bec est noir, 
la queue étagée. Longueur totale, i3 pouces et demi. 

2*^"^ DIVISION. CRÉADION, Creadion. 

Bec fléchi en arc, comprimé latéralement, entier, point», étroit, pi. H, 
n" 10, ou déprimé à son extrémité. 

Narines longitudinales , couvertes d'une membrane. 

Za/zg-z^ecartilagineuse, le plus souvent ciliée à sa pointe. 

Tête ou mandibule inférieure caronculée. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes, à penne bâtarde très-courte; deuxième et troisième ré- 
miges les plus longues de toutes. 



l42 ' CREADIONS. 

Queue à douze rectrices. 

Les quatre ou cinq espèces que renferme cette division ont été dispersées 
dans divers groupes ; cependant nous avons cru qu'on pouvait les réunir 
dans un seul, mais composé de deux sections d'après la conformation de la 
pointe du bec, qui est déprimée chez une se\\\e(^sturnuscarunculatus, Lath. ), 
et étroite chez les autres. Il en est de leur histoire ainsi que de celle de la 
plupart des oiseaux qui, comme elles, n'habitent que l'Australasie et la Po- 
lynésie, on a très-peu de notions sur leurs mœurs, leur genre de vie et 
leurs amours. 

LE CRÉADION A PENDELOQUES, Creadion 

carunculatus. 

PI. XCIV. 

Fusco-griseus ^ subtlis albidus; abdominis medio Jlavo ; lateribus colli 
carunculâ cylindriceâ. 

Wattled bee-eater, White's journ., pL pag,. i44j mâle; id., pag. 240, 
Jemelle. 

Wattled bee-eater, Lath.^ 1^ suppL, pag. i5o, «" 4- 

Wattled crow. Idem, pag. 119, /z° 27. 

Merops carunculatus, Lath., index, n° 20. 

Corvus paradoxus , Idem, suppl., nP \o. 

Pie à pendeloques, Daudiii, Ornith., tom. i,pag. 246,/?/. 16. 

Creadion à pendeloques, 2^ édit. du Noiw. Dict. d'Hist. nat., tom. 8, 

pag. 391. 

Cette espèce est très-nombreuse à la Nouvelle-Zélande, où elle se plaît sur 
les bords de la mei". Elle est si courageuse , qu'elle met en fuite des oiseaux 
beaucoup plus forts et plus grands qu'elle. Ce creadion, grand babillard, 
fait entendre à chaque instant divers cris, dont les naturels ont tiré le nom 
de goo-givar-neck qu'ils lui ont imposé. Il se nourrit d'insectes, mais il 
préfère ceux qui sucent le miel de différentes sortes de plantes nommées 
banksia. 
' Le mâle a le bec noir; les caroncules charnues, orangées, cylindriques,. 



MAINATES. i43 

longues de dix lignes, et pendantes sur chaque côté de la tête, dont le som- 
met est noirâtre; le dessus du corps brun; les-plumes du dessous d'un blanc 
sale, et blanchâtres sur leur tige; le milieu du ventre jaune; les pennes des 
ailes et de la queue noirâtres; les rectrices latérales blanches à leur extré- 
mité; les pieds brunâtres. Longueur totale, i3 à i[\ pouces. 

L'individu signalé par White, pag. 240, pour la femelle, a le bec plus 
courbé que le mâle, une queue plus courte et une taille plus grosse. Elle 
est privée de caroncules; les plumes de la gorge sont d'une couleur sombre, 
longues, et pendantes confusément. 

Le jeune se distingue par une taille plus petite, ayant à peine douze 
pouces de longueur. Tout son plumage est plus clair; les lignes du milieu 
des plumes plus nombreuses , plus larges à l'extrémité , ce qui fait paraître 
cette partie comme tachetée. Généralement ces créadions diffèrent beaucoup 
entre eux ; des individus ont le dessus de la tête jusqu'aux yeux, et le cou en 
arrière noirs; les parties supérieures du corps d'un cendré sombre, et cha- 
que plume bordée de blanchâtre, avec quelques traits blancs sur le cou et 
sur le dos; le dessous du corps d'une nuance plus pâle, avec quelques ta- 
ches obscures ; les pieds ferrugineux, et les caroncules rouges.'D'autres n'ont 
aucun indice de jaune sur le ventre. 

3^"' DIVISION. MAINATE, Gracula. 

Bec convexe en dessus, robuste, un peu arqué, mandibule supérieure 
échancrée et courbée vers le bout; l'inférieure plus courte, comprimée la- 
téralement. PI. H, n° II. 

ZVa^rtej oblongues , glabres, ouvertes, situées près du capistrum. 

Langue cartilagineuse, pointue, bifide à son extrémité. 

Tête caronculée. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes; les quatre premières rémiges un peu graduelles et les 
plus longues de toutes. 



t44 mainates. 

Qiieue à douze rectrlces. 

Des dix-neuf espèces dont Latliam a composé ce genre , une seule y est à 
sa place. En effet, on y voit entre autres des martins i, des quiscales ^, des 
merles ^, un martin pêcheur ^, un picucule *, un loriot ^, une coracine 7, etc. 
Cette seule espèce est le mainate religieux, que l'on trouve dans les Indes, où 
il est fort recherché à cause de sa douceur, sa familiarité, et surtout ses ta- 
lens pour imiter en peu de temps le sifflet, le chant, la parole et générale- 
ment tout ce qu'il entend. Sa nourriture consiste en insectes et divers fruits. 

LE MAINATE RELIGIEUX, Gracula religiosa. 

PI. xcv. 

Nigro-violaceâ; macula alarum albâ; Jajciâ nudâ, Jlam. 

Le mainate, Briss., OrnitJi., tom. i, pag. 3o5, n° [\<^, pi, i^^Jîg. i. 

Idem, Bitffon, Hist. nat. des Ois., tom. 3, pag. lio6, pi. enl. n° 268. 

Gracula religiosa, Linn., Gm., Sjsi. nat., édit. i3, n° i. Ideni, Luth., 
Index, u° j. 

Minorgrakle, Lath. , Synopsis , tam. \,pag. 455, n° i. 

Cette espèce, que l'on connaît dans l'Inde sous le nom de minoron mino, 
paraît composée de deux races dont une ne diffère de l'autre que par une 
taille moins forte; tel est le petit mainate d'Edwards, ph 17. On les trouve 
dans diverses parties de l'Inde et dans les îles de Sumatra et de Java , oîi 
elles sont connues sous la dénomination de maynoa. 

Tout le plumage est d'un noir très-lustré et enrichi de reflets bleus , verts 
et violets sur diverses parties. Une double crête jaune, irrégulièrement dé- 
coupée, prend naissance derrière l'œil, sur chaque côté de la tête, tombe 

' Gracula calva, tristis. 
' quiscala, barita. 



^ — — — cristatella , longirostra. 

^ athis 

5 



caranensis. 



* -viridis. 

1 nuda. 



MANtrcODES. 145 

en arrière, où chaque partie se rapproche l'une de l'autre, et est séparée sur 
l'occiput par une bande de plumes longues, étroites, et partant de la base 
du bec; celles du sommet de la tête sont très-courtes et imitent le velours 
noir. Le bec est rougè à son origine et jaune vers le bout; l'iris de couleur 
noisette; les pieds sont d'un jaune orangé et les ongles bruns. Longueur to- 
tale 10 pouces trois quarts. 

L'individu décrit par Brisson a les peilnes des ailes, depuis la seconde 
jusqu'à la huitième incluse, blanches dans le milieu: cette couleur est coupée 
par le noir de la tige, n'occupe sur la seconde rémige que le côté intérieur, et 
sur la huitième que le côté extérieur. Le petit mainate d'Edwars diffère du 
précédent par une taille moins longue et par la forme des deux crêtes, qui se 
réunissent derrière l'occiput et embrassent la tête d'un œil à l'autre. Enfin , 
le grand mainate est de la taille du choucas, et il a le bec et les pieds jaunes 
salis aucune trace de rougeâtre. On le trouve dans l'île de Hainan en Asie. 
Le mainate de Boutius est une espèce distincte et particulière, et non pas 
une variété des précédens. 



,eme 



FAMILLE. MANUCODIATES ou OISEAUX 
DÉ PARADIS, Paradisei. 

Pieds médiocres, forts ou grêles. 
Tarses nus, annelés. 

Doigts au nombre de quatre, trois devant, un derrière. 
Plumes cervicales ou hypocondriales longues et de diverses formes. 
Bec emplumé à sa base, comprimé latéralement, robuste ou grêle, fléchi 
à sa pointe, le plus souvent échancré. 



père 



DIVISION. MANUCODE, Cicinnïirus. 



Bec garni à sa basé dé très-petites plumes dirigées en avant, grêle, con- 
vexe en dessus^ un peu comprimé par les côtés; mandibule supérieure fine- 
ment entaillée et fléchie vers le bout ; l'inférieure plus courte et droite. PI. I^ 
n" I. 



t46 manucodes. 

Narines recouvertes par les plumes du capistrum et nullement apparentes. 

Langue médiocre, cartilagineuse, ciliée à sa pointe. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe et totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes allongées, à penne bâtarde très-courte; première rémige plus courte 
que la sixième ; deuxième et troisième les plus longues de toutes ; secondaires - 
égales entre elles , ou à peu près. 

Plumes hjpocondriales larges , allongées , tronquées à leur extrémité. 

Queue à douze rectrices; les deux intermédiaires filiformes, bouclées à 
leur pointe. 

Cette division ne renferme qu'une espèce que l'on trouve dans l'Asie orien- 
tale. Elle se nourrit principalement de baies , et se tient habituellement dans 
les buissons. On lui a donné le nom de roi des oiseaux de paradis, parce 
que, dit -on, elle leur sert de conducteur dans les diverses courses qu'ils 
entreprennent. 

LE MANUCODE ROYAL, Cicinnurus regius. 

PL XCVI. 

Castaneo-purpureus ; subtîis albidus ;Jasciâ pectorali viridi-aureâ; rec- 
tricibus duabus intermediis Jiliformibus , apice lunato pennaceis. 

Le petit oiseau de paradis, Brisson, Ornilh., tom. i, pag. i36, n° 2, 
pi. iZ,Jig. 1. 

Le manucode, Biiffon, Hist. nat. des Ois., tom. ?>,pag. iSZ, pi. enl. 

n° 496. 

Le roi des oiseaux de paradis. Sonnerai, Voyag. pag. i56,pl. gS. 

Paradisea regia, Linn., Gm., Syst. nat., édit. i3, n° 2. Idem, Lath., 
Index, n° 2. 

Ring paradise bird, Lath., Synopsis, tom. 1 , pag, 47 5, n° 2. 

On rencontre ce bel oiseau à Sop-clo-o, l'une des îles Arou, et particu- 
lièrement à Vood-sir, mais on ne l'y voit que pendant la mousson de l'ouest. 
Il y vient de la Nouvelle Guinée, à ce que croient les natifs, qui assurent; 



SIFILETS. 147 

n'avoir jamais trouvé son nid. Il est d'un naturel solitaire, ne se perche ja- 
mais sur les grands arbres, voltige de buissons en buissons, et se nourrit de 
baies rouges que produisent certains arbrisseaux. Les insulaires le prennent 
avec des lacets faits d'une plante qu'ils aiipeWenl gumimailj, et avec de la 
glu qu'ils tirent du fruit à pain {^arlocarpus coinmunis). 

Une petite tache noire se fait remarquer à l'angle interne de l'œil ; le som- 
met de la tcte est d'un bel orangé velouté; le cou, la gorge sont d'un mordoré 
brillant, satiné, mais plus foncé sur la dernière pai'tie, au bas de laquelle se 
trouve une raie transversale blanchâtre, suivie d'une large bande d'un vert 
doré à reflets métalliques. La raie est jaune dans des individus, et le ventre 
mélangé de vert et de blanc ; tandis que chez d'autres ce dernier est d'un 
gris-blanc, de même que l'abdomen et les couvertures inférieures de la 
queue; on voit sur chaque côté du ventre, au-dessous des ailes, de larges 
plumes grises à leur base et dans la plus grande partie de leur longueur, 
traversées ensuite par deux lignes, l'une blanche, l'autre très-étroite, d'uii 
beau roux, et toutes terminées par ime riche couleur de vert d'émeraude 
doré. Le dos, les couvertures supérieures et les pennes des ailes sont d'un 
rouge velouté; les rémiges jaunes en dessous; les rectrices d'un beau rouge; 
les deux filets qui tiennent lieu des deux j^ennes intermédiaires, se prolon- 
gent très-loin au delà des ailes, se replient sur eux-mêmes en dedans, à leur 
extrémité , sont gainiis dans cette partie de barbes assez longues , et forment 
un 'rond dont le centre est vide; ce cercle est d'un vert d'émeraude à re- 
flets dorés; le bec et les pieds sont d'un jaune un peu brunâtre; les ailes 
dépassent la queue dans leur état de repos; l'iris est jaune. Longueur totale, 
5 pouces et demi de l'extrémité du bec à celle de la queue. 

a'"^ DIVISION. SIFILET, Parotia. 

Bec garni de plumes courtes jusqu'au delà du milieu, grêle, comprimé 
latéralement, très-droit; mandibule supérieure échancrée et fléchie vers le 
bout; l'inférieure entière et plus courte. PI. I, n° 2. 

Narines totalement cachées sous des plumes. 

Langue. . . . 

CAT.CRIK DES OISEAUX. Il" P.-IRTIE. 20 



l48 SIFILETS. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 

l'interne. 

P hunes hjpocondriales allongées, flexibles, décomposées et très -nom- 
breuses chez les mâles seuls. 

Queue à douze rectrices. 

La seule espèce qui compose cette division se trouve à la Nouvelle-Guinée. 

LE SIFILET A GORGE DORÉE, Paroda sexsetacea. 

PI. XCVÎI. 

Cristata; atra; vertice genisque violaceo-nigris; jugulo , macula cervicii 
pectoreque viridi-nitentibus ; région^ aurium utrinque permis setaceis tribus 
longissimis. 

Oiseau de pai-adis à gorge dorée. Sonnerai, Voyag., pag. iS%,pl. 97. 

Le sifilet ou manucode à six filets, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 3, 
pag. \']i, pi. enl. n° 633. 

Paradisea aurea, Linn., Gmel., Syst. nat., edit. i3, n" 7. 

Paradisea sexsfitacea, Lath., index, n° .9. 

Gold breasted, Paradise bird, idem. Synopsis , tom. i, pag. 48 1, n° 6. 

Ce bel oiseau porte une petite huppe, qui s'étend sur le sommet de la 
tête un peu au delà des yeux; les plumes, qui la composent, s'élèvent de la 
base du bec, sont fines, roides, peu barbues, et tellement mélangées de 
noir et de blanc, que l'ensemble de ces couleurs présente un ton gris 
de perle. Trois filets noirs, de cinq à six pouces de longueur, partent de 
chaque côté de la tête, se dirigent en arrière et sont terminées par des 
barbes plus longues que les autres, et qui, en s'épanouissant, présentent 
une forme ovale. Des plumes noires, à barbes désunies, naissent sur les cotés 
du ventre, recouvrent les ailes en repos, enveloppent presque en entier les 
pennes de la queue, et se relèvent obliquement. Celles de la gorge sont 
étroites à leur origine, larges à leur extrémité, d'un beau noir de velours 
dans leur milieu, et de couleur d'or changeante en violet sur les côtés, avec 
4*!s reflets de diverses nuances vertes. On remarque derrière la tête ijne 



LOPHORINES. ' l49 

sorte de collier pareil aux plumes de la gorge; la queue est d'une nuance de 
velours noir le plus riche et le plus moelleux; plusieurs de ses pennes ont 
des barbes longues, séparées et flottantes. Le bec est noir, l'iris jaune, la 
queue éfagée; les pieds sont noirâtres. Longueur totale, lo à ii pouces. 

3'"^ DIVISION. LOPHORINE, Lophorina. 

Bec garni en dessus et jusqu'au milieu de plumes allongées ; très-comprimé 
latéralement, grêle, di'oit, à dos étroit; mandibule supérieure échancrée et 
fléchie vers le bout, l'inférieure droite, plus courte. PL I, n° 3. 

Narines ovales, cachées sous les plumes. 

Langue. ... 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire uni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes courtes; première rémige large et en forme de sabre, troisième et 
quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

La seule espèce qui compose cette division se trouve dans la partie de 
la Nouvelle-Guinée", nommée Serghile. 

LA LOPHORINE SUPERBE, Lophorina superba. 

PI. XCVIIL 

Fronte cristatâ; capite , cervice abdomineque viridibus ; gulâ nolaced, 
sericeâ; caudâ mediocri, cœrulescenti-airâ. 

Oiseau de paradis à gorge violette, surnommé le Superbe, Sonnerai., 
Fojag.,pag. i5j,pl. 96. 

Le manucode noir de la Nouvelle-Guinée, dit le Superbe, Biiffon, Hist. 
liât, des Ois., tom. "^^pag. 169,/»/. enl., n° 632. 

Paradisea superba, Linn., GmeL, edit. i3, /z°6; idem, Lath., index n° -j. 

Superb paradise bird, Lath., Synopsis, tom. i,pag. 479? "■" ^• 

Les habitans de la Nouvelle-Guinée portent à Salawar cette espèce, les 



l5o SAMALIES. 

précédentes et la suivante, dans des bambous creux, après les avoir fait 
sécher à la fumée, autour d'un bâton, et leur avoir ôté les entrailles, les 
ailes, la queue et les pieds; ce qui fait qu'on en voit très-rarement sans être 
mutilés. Les Papous appellent le Superbe Shagaiva, ou autrement oiseau 
de Serghile; il porte à Ternate et Tidor, où il s'en vend beaucoup, le nom 
àe Suffb-o-Kokotoo {^ohesiu. de paradis noir); la gorge est de cette couleur, 
à reflets violets : les plumes de sa partie inférieure s'étendent sur le devant 
du cou et sur la poitrine, ensuite elles s'écartent sur les cotés du ventre, 
dont elles laissent le milieu à découvert; cet ornement présente à son extré- 
mité la forme d'une queue d'hirondelle; il est d'un vert bronzé, changeant 
en violet; le dos, le croupion, les ailes, les couvertures de la queue, et ses 
pennes offrent la même couleur, mais à reflets violets, selon la direction de 
la lumière. Les longues plumes, qui partent des épaules, se relèvent tantôt 
très-haut, tantôt plus ou moins, sur le dos, s'inclinent en arrière et forment 
comme une espèce de mantelet, qui s'étend presque jusqu'au bout des ailes. 
Elles ont à la vue et au toucher l'éclat et le moelleux du velours; celles 
qu'on voit sur le dessus du bec et qui se présentent comme deux petites 
huppes, sont noires, de même que les mandibules, le ventre et les pieds. 
Longueur totale , 8 pouces 8 lignes. 



' eme 



DIVISION. SAMALIE, Paradisea. 



Bec robuste, convexe en dessus, garni à sa base de petites plumes velou- 
tées, comprimé latéralement; mandibule supérieure à échancrure usée vers 
-le bout: PI. I, n" 4. 

/V<7/Y>2ej percées à jour, à demi couvertes par les plumes du capistrum. 

Langue à pointe déchiquetée et aiguë. 

Tarses nus, annelés, robustes. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , et totalement séparé 
de l'interne. 

Ongles forts et très-crochus. 

Ailes à penne bâtarde, moyenne; première rémige plus courte que la 
septième; quatrième et cinquième les plus longues de toutes. 



• SAMÀLIES. rSi 

Queue à douze rectrices, y compris les deux longs brins. 

Plumes hfpocondriales \.rhs-\or\^\xes , flexibles, décomposées, ou plumes 
ceivicales médiocres et roides. 

Ce groupe est divisé en deux sections et composé de cinq espèces , qui se 
trouvent à la INouvelle- Guinée. Toutes sont remarquables par la richesse 
de leurs couleurs et un luxe de plumes placées, chez les uns sur les côtés 
de dessous du corps, et chez une seule sur la partie supérieure du cou. 

Leur partie historique manque de renseignemens sur leurs mœurs, leurs 
habitudes et généralement sur leur genre de vie; il faut cependant en excepter 
l'oiseau de paradis proprement A\l (pca-ndisea apoda), le plus commun de 
tous, le premier connu, et sur lequel nous allons entrer dans quelques 
détails. Les Portugais le nomment Passaros de Sol; les habitans de Ternate 
Manuco Dewata ( oiseau de Dieu ), Hwong Papua ( oiseau des Papous ); 
d'autres l'appellent Soffa ou Slqffa; il est connu à Amboine et Banda sous 
le nom de Manu-Key-Arou ( oiseau des îles Key et Arou ), et il porte dans 
ces îles celui de Faiiaan. 

Cette esjjèce reste dans les îles d'Arou pendant la mousson sèche ou de 
l'ouest, et retourne à la Nouvelle -Guinée au commencement de la mousson 
pluvieuse ou d'est. Elle voyage en bandes composées de trente à quarante 
individus, sous la conduite d'un autre oiseau qui vole toujours au-dessus de 
la troupe. Ce chef est, dit Valentin, dans le voyage de Forster , noir et tacheté 
^de rouge; mais, jusqu'à présent, personne ne dit l'avoir vu en nature. Ces 
oiseaux de paradis ne s'en séparent jamais, soit qu'ils volent, soit qu'ils se 
reposent; mais cet attachement pour leur guide cause quelquefois leur perte, 
quand il se pose à terre; car ils ne peuvent s'envoler que très-difficilement, 
a cause de la forme et de la disposition particulière de leurs plumes. Ils se 
perchent sur les grands arbres, particulièrement sur le Waringa à petites 
feuilles, et à fruits rouges dont ils se nourrissent (Fi'ci'w Benjamina, Forster). 
L'étendue, la quantité, la longueur, la souplesse de leurs plumes hypocon- 
driales leur permettent bien de s'élever fort haut, les aident à se soutenir 
dans l'air, à le fendre avec la légèreté et la vitesse de l'hirondelle, ce qui 
les a fait désigner par le nom A' Hirondelle de Ternate; mais si le vent 
devient contraire, ce luxe de plumes nuit à la direction du vol, et alors ils 



\5% SAMAlvIES. 

n'évitent le danger qu'en s'élevant perpendiculairement dans une région 
d'air plus favorable, et ils continuent leur route. Quoiqu'ils prennent 
toujours leur vol contre la direction du vent, et qu'ils évitent le temps 
d'orage, ils sont quelquefois surpris d'une bourrasque; c'est alors qu'ils 
courent les plus grands dangers : leurs plumes longues et flexibles se bou- 
leversent, s'enchevêtrent; l'oiseau ne peut plus voler; ses cris répétés annon- 
cent sa détresse; il lutte en vain contre l'orage; son embarras augmente; 
sa frayeur redouble l'impuissance de ses efforts, il chancelle et tombe. I^es 
Indiens , attirés par ses cris , le saisissent et le tuent , et il n'échappe à la mort 
qu'en gagnant promptement une élévation d'où il peut reprendre son vol. 
Le nom que nous avons imposé à cette division vient de celui Samaliek , 
(jue les Indiens de l'est de Céram ont donné à Voiseau de paradis des 
Papous^ ou la petite Samalie, qu'on a eu tort de présenter comme un in- 
dividu de l'espèce du précédent, dont il diffère par une taille moindre, par 
certaines habitudes, et la distribution de quelques couleurs. 

LA SAMALIE ROUGE, Paradisea rubm. 

PI. xcix. 

Cristatella; gulâ viridi-aureâ ; corpore sitpvaflavo , ventre fus co; permis 
hypocondriis rubris. 

L'Oiseau de paradis rouge. Vieillot^ Oiseaux dorés ou a reflets métal- 
liques, tom. % , pag. \[\, pi. 3. . 

La Samalie rouge, idem, i"^ édit. du noui>. Dict. d'Hist. nat., tom. 3o, 
pag. 114. 

Nous ne connaissons pas la partie de l'Inde oii se trouve cette espèce, 
dont nous n'avons encore vu que trois individus; probablement qu'elle 
habite dans les mêmes contrées que ses congénères. 

Un noir velouté entoure la base du bec; les plumes du sinciput sont plus 
longues que les autres, et présentent la forme d'une petite huppe, séparée 
en deux parties par le milieu; ces plumes, celles du dessous du cou et du 
haut de la gorge, sont serrées, fermes, veloutées, et d'un vert doré; le 
dessus du cou, le haut du dos, le croupion, les côtés de la gorge et de la 



CORBEAUX. i53 

poitrine jaunes; le bas de cette partie, le ventre, la queue bruns; cette cou- 
leur est plus claire sur l'abdomen et plus foncée sur la poitrine. Une touffe 
de plumes très-nombreuses, très-longues, décomposées, et d'un rouge vif, 
partent des côtés du corps, au-dessous des ailes, et s'étendent beaucoup au 
delà des pennes caudales; les deux filets sont longs de 11 pouces, d'un 
noir brillant, convexes en dessus, concaves en dessous, un peu aplatis sur 
les côtés, terminés en pointe, garnis à leur base de barbes courtes et très- 
fortes. Longueur totale, 9 pouces environ. 
'«.-■- 

8^"* FAMILLE. CORACES, Coraces. 

Pieds médiocres, un peu forts. 
Tarses nus, annelés. 

Doigts au nombre de quatre; trois devant, un derrière épaté, 
Bec en couteau, épais, glabre ou couvert de plumes à sa base, entier ou 
éçhancré , rarement plus long que la tête. 

A Bee emplumé a sa base. 

i'^' DIVISION. CORBEAU, Corms. 

Bec long, robuste, convexe en dessys^ garni à sa base de plumes effilées 
et dirigées en avant, droit ou un peu arqué, à bords tranclians; mandibule 
supérieure quelquefois échancrée vers son extrémité. PI. I, n" 5. 

Narines ovales et cachées sous les plumes. 

Lcmgue plate, fourchue à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'exterae ^ J^ base , totalement séparé de 
l'itJî terne. 

^iles longues, à penne bâtarde allongée, échancrée; première rémige 
plus courte que la sixième ; deuxiènie , troisième €|t quatrième les plus longue? 
de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Linnég et Làtham ont classé dans cettg division, compo^ép 4^e N)S\%^- 



l54 CORBEAUX. 

deux espèces, les corbeaux, les corneilles, les pies et les geais, qui ont, il est 
vrai, des rapports intimes dans les caractères du bec et des pieds; mais la na- 
ture a donné aux deux derniers des attributs distincts, qui les ont plus ou 
moins éloignés des autres. En effet les corbeaux, les corneilles et les cboncas 
ont les ailes longues et les pennes de la queue égales entre elles, ou à peu 
près; les pies en diffèrent principalement par leurs ailes plus courtes et 
par leur queue très-longue et fort étagée; les geais ont le bec moyen, tendu, 
moins arrondi en dessus, avec une fausse échancrure vers le bout de sa 
partie supérieure, qui est recourbée sur l'inférieure; les ailes moins longues 
à proportion que celles des corbeaux et des corneilles; mais elles ont plus 
d'étendue que celles des pies, et, dans l'état de repos, elle ne dépassent pas 
la moitié de la queue, qui est arrondie ou égale à son extrémité; enfin la 
plupart des geais se distinguent encore des précédens en ce que les plumes 
du dessus de la tête sont soyeuses, longues, étroites, et susceptibles de se 
relever en forme de huppe, au gré de l'oiseau. 

Si on examine la marche, le vol, le naturel et tout le genre de vie de 
ce^iseaiix, on remarque aussi entre eux de l'analogie et des dissemblances. 
Les corbeaux, les corneilles et les choucas marchent posément sans sauter; 
volent avec aisance et très-haut. Les pies et les geais sont toujours en action 
quand ils sont à terre, et. font autant de sauts que de pas, tantôt droits, 
tantôt obliques; leur vol est moins soutenu et moins élevé; ils battent des 
ailes par intervalles, et planent de haut en bas pour se percher; tandis que 
les autres planent horizontalement et long-temps à une très-grande hauteur. 
Tous ces oiseaux se rapprochent en ce qu'ils ont une disposition naturelle 
à dérober et à cacher ce qu'ils peuvent attraper. Ils se nourrissent des mêmes 
alimens, et presque tous sont omnivores. Tous ont une disposition naturelle 
à imiter la voix de l'homme et le cri des animaux. 

Les corbeauxproprement dits, s'ils ne sont inquiétés, quittent très-rare- 
ment le canton où ils se sont établis; se tiennent par couple, et en famille 
seulement à l'époque où leurs petits viennen^ide quitter le nid; mais dès que 
ceux-ci peuvent se suffire à eux-mêmes, ils s'isolent du père et de la mère, 
et s'apparient. Ils ont de l'analogie avec les vautours par leur corps exhalant 
l'infection, par une grande sagacité d'odorat, par leur voracité, et leur 



CORBEAUX. i55 

appétit pour la charogne; ils vivent aussi de chair palpitante, et mangent 
les petits quadrupèdes. Des corbines vont à la voirie, mais il n'en est pas 
de même pour les freux et les choucas : ils ne sont point carnivores , et ils se 
nourrissent, ainsi que les autres, de fruits, de graines, de vers et d'insectes. 
Les corbeaux nichent de préférence dans les rochers, et, à leur défaut, à 
la cime des plus grands arbres ; c'est aussi dans les rochers qu'ils passent 
la nuit, et ils ne fréquentent les plaines que pour y chercher leur nourriture. 
Les corneilles habitent les forêts, construisent leur nid vers le milieu des 
arbres; les choucas nichent dans les vieux édifices, ou dans des trous 
en terre. Tous emploient les mêmes matériaux , savoir des rameaux 
et des l'acines pour l'extérieur, des herbes fines, de la mousse pour l'in- 
térieur. La ponte est de deux à cinq œufs. Tous retiennent dans l'œsophage 
Ja nourriture destinée à leurs petits, et la dégorgent dans leur bec. Ceux-ci 
naissent nus, ne quittent leur berceau qu'en état de voler, et sont encore 
quelque temps après nourris par le père et la mère. 

LE CORBEAU NOIR ET BLANC, Coivus 

leiicophœus. 

PI. C. 

Nigvo alboque constanier varius; pennis colli cmtici et pectoris siipe- 
rioris, longis, angustis. 

Variété du corbeau commun, Biiffon, Hùt. nat. des Ois., tom. 3, p. 1 3. 
Corvus feroensis, var., Linn., Gmel., Sjst. nat., edit. i3, n° a. 
Corvus borealis albus, var. o., Lath., index., n° i. 
Corbeau blanc du Nord, Briss., Ornith., suppL, pag. 33, n° m, pi. 2, 

Ce corbeau , le plus féroce et le plus carnassier de tous , se tient princi- 
palement dans les îles de Feroë , où il fait souvent sa proie des agneaux ; il ose 
même attaquer les béliers et d'autres animaux, lorsque les grands hivers le 
privent de toute autre nourriture. Les auteurs donnent cet oiseau pour une 
variété du corbeau commun, mais nous le regardons comme une espèce 
' .distincte et particulière, puisqu'il ne s'allie point avec celui-ci, qui habite la 

GALERIE DES OISEAUX. 11^ PARTIE. 21 



i56 PIES. 

même contrée; au contraire il se tient toujours isolé. Il diffère des corbeaux 
noirs variés de blanc, qu'on rencontre dans le nord de l'Europe, par un 
plumage régulièrement marqué de ces deux couleurs, par une taille et un 
bec plus forts. 

Il a vingt-quatre pouces au moins de longueur totale; la grosseur d'une 
forte poule; le bec long de trois pouces un quart; la queue de neuf; le tarse 
de trois, et le doigt du milieu d'un pouce six lignes. Les plumes qui se 
prolongent sur les narines, celles du dessus et des côtés de la tête, de la 
gorge, du ventre, les couvertures inférieures de la queue, les supérieures 
des ailes et leurs pennes primaires sont d'un blanc pur; les trois secondaires 
les plus proches du corps, les scapulaires, l'occiput, le dessus et les côtés 
du cou, le dos, le croupion, noirs. Cette couleur est plus foncée et à reflets 
bleus sur le devant du cou et sur la poitrine; elle règne encore sur les flancs-, 
les jambes, et sur plusieurs longues plumes de l'estomac, dont les autres sont 
blanches, de même qu'une partie des pennes de la queue. Toutes les plumes 
du corps ont, à leur origine, un duvet gris; le bec, l'iris et les pieds sont 
noirs. 

^ème DiYjsjoN. PIE, Pica. 

Bec plus ou moins garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, 
robuste, médiocre, entier, en couteau, à bords tranchans; mandibule supé- 
rieure droite ou un peu fléchie en arc. PI. I , n° 6. 

Narines rondes et cachées sous les plumes du capistnim , ou oblongues 
et presque totalement à découvert. 

Langue cartilagineuse , aplatie , fourchue à la pointe. 

Tarses nus,annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe , totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes convies, à penne bâtarde, grêle, allongée, échancrée vers le bout; 
troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue longue, à douze rectrices étagées.^ 

Des quinze espèces dont cette division est composée , les unes habitent 
l'Afrique et l'Asie, d'autres l'Amérique, quelques-unes l'Australasie, et la seule 



PIES. i57 

qui se trouve en Europe est aussi répandue dans quelques cantons des Etats- 
Unis. Elles se rapprochent des geais pour leur genre de vie , se tiennent 
dans les bois, par familles ou par paires, et jamais en troupes nombreuses. 
Elles ne cessent de voleter en tous sens, de branche en branche, avec assez 
d'agilité, en faisant fréquemment eiitendre leui's cris. Leur vol est bas, 
horizontal et en ligne droite; elles battent des ailes par intervalles, et elles 
les plient un peu avant que de se poser. Leur nourriture, qu'elles cherchent 
à terre, consiste en baies, petits fruits, insectes, vers et petites graines. Leur 
démarche est vive et sautillante en ligne droite ou oblique , et elles portent 
alors souvent la queue relevée. Les unes cachent leur nid avec beaucoup de 
soin , tandis que d'autres ( la pie d'Europe ) le posent à découvert, le plus 
souvent à la cime des grands arbres , et le construisent avec beaucoup d'art. 
Ainsi que les freux et les geais, la plupart s'occupent en automne à faire des 
amas de provisions, dans un trou en terre, au milieu des champs, et, de 
même que le corbeau, elles apprennent aisément à contrefaire la voix des 
autres animaux et la parole de l'homme. Leur ponte est de quatre à huit 
œufs; les petits naissent nus , ne quittent le nid qu'en état de voler, et sont 
encore long-temps à pouvoir se suffire à eux-mêmes. 

LA PIE ACAHÉ, Pica clvysops. 
PL CL 

Capite corporeque obscure cœruleis ; sublus flavescente ; caudâ apice 
albd [mas.); coipore subû/s cdbo (^îenima). 

Uracca acahé, de Azara., Apunlamientos para la Hist. Nat. de los 
paxaros del Paraguay j rio de la Plata, tom. i, pag. 253, Ji° 53. 

La Pie acahé, i'^ édit. du Nouv. Dict. d'Hist. nat.., tom. 26, pag. 124. 

Nous devons la connaissance de cette espèce à M. de Azara, qui a étudié 
son genrfi de vie au Paraguay, oii elle est commune. Elle s'approche volon- 
tiers des habitations rurales, et se familiarise tellement, qu'elle pond en 
captivité. On l'y nourrit de viande, de maïs, d'insectes, et principalement 
d'œufs,son aliment de choix, qu'elle perce et vide avec adresse, sans en 
rien perdre. Elle fait une guerre cruelle aux poussins qui s'écartent de leur 
mère , se jette dessus , et leur perce le crâne pour en dévorer la cervelle. Elle 



j58 geais. 

dévaste aussi le nid des oiseaux qui ne sont pas assez forts pour défendre 
leurs petits. Les cris de cette pie sont forts et tristes, ni agréables ni dé- 
plaisans; à chaque fois qu'elle en jette, elle avance le corps, élève et baisse 
le croupion. Elle fait son nid sur les arbres, le cache avec soin, le compose 
de petites bûchettes et de racines à l'extérieur, de matières douces à l'inté- 
rieur. La ponte est de quatre ou cinq œufs presque blancs, teints d'un peu 
de bleu terreux au gros bout, et partout tachetés de brun. 

Une tache d'un bleu céleste se fait remarquer derrière l'œil; elle s'étend 
sur l'occiput et sur une petite partie du cou, où elle diminue graduellement de 
longueur. Une petite marque d'un bleu vif, haute de quatre lignes , .large de 
six, elliptique, et composée de petites plumes verticales, surmonte l'œil et 
s'élève en forme de sourcils; une autre, d'un bleu plus foncé, couvre la 
paupière inférieure et se joint aune troisième, qui est triangulaire, delamême 
couleur, et située sur la partie inférieure du bec; la queue, dont l'extrémité 
est blanche, le dessus et les côtés de la tête, le cou et toutes les parties su- 
périeures, sont d'un bleu turquin, presque noir; toutes les inférieures sont 
jaunâtres dans le mâle, blanches chez la femelle; le bec est d'un noir luisant; 
l'iris d'une belle couleur d'or; le tarse noir ; les plumes qui couvrent le dessus 
et les côtés de la tète sont serrées, droites, un peu fermes, décomposées, 
rudes et frisées; elles paraissent, à la vue et au toucher, comme une coiffe 
de velours noir, et forment sur la suture coronale une huppe haute de huit 
lignes et aussi large que la tête. Longueur totale, i3 pouces et demi. 

^ème j)jyisjQ]y, GEAI, Garrulus. 

Bec médiocre, garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, ro- 
buste, tendu, à bords tranchans; mandibule supérieure à échancrure usée 
vers le bout, inclinée brusquement à sa pointe. PI. I, n" y. 

Narines presque ovales, ouvertes, glabres ou cachéessous les plumes du 
capistrum. 

Langue cartilagineuse, un peu aplatie, fourchue à son extrémité. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 



GEAIS. iSq 

Ailes médiocres, à penne bâtarde, courte, aiTondie ;i son extrémité; les 
trois premières rémiges étagées; les quatrième et cinquième les plus longues 
de toutes. 

Queue carrée ou arrondie, à douze rectrices. 

Cette division contient onze espèces l'épandues en Europe, en Asie et en 
Amérique. 

Les geais ont beaucoup de rapports avec les pies; mais celles-ci s'en dis- 
tinguent par la forme du bec et par une queue plus longue et très-étagée. 
Ils sont omnivores, vivent de graines, d'insectes, de baies et même de chair; 
mais ils n'avalent point tousles morceaux entiers, car, s'ils sontd'une certaine 
grosseur, ils les posent sous leurs pieds et les déchirent; c'est ainsi qu'ils 
dépècent les glands et les petits oiseaux. LeUr naturel est très-pétulant; leurs 
mouvemens sont brusques et leurs sensations vivesi Si quelque objet leur porte 
ombrage, ils se rallient par un cri particulier, et semblent vouloir en imposer 
par leur nombre et leurs clameurs désagréables. Sont-ils à terre, ils sautillent 
sans cesse; sont-ils sur un arbre, ils en parcourent toutes les branches avec 
la plus grande célérité, et se posent rarement sur celles qui sont mortes ou 
totalement dépouillées de leur verdure. Le feuille le plus épais est l'endi-oit 
où ils se plaisent. On les renconti'e ordinairement dans les bois , et rarement 
dans les plaines. Ils sont moins méfîans et moins rusés que les pies et les 
corneilles; aussi donnent-ils plus souvent dans les pièges qu'on leur tend. Ils 
vivent en famille ou par paires pendant une grande partie de l'année; et, 
quoiqu'on en voie un grand nombre. ensemble, quand ils voyagent, ils se 
tiennent toujours ?i une certaine distance les uns des autres , et jamais en 
troupes serrées. 

-*'Ces oiseaux nichent dans les bais, les taillis, quelquefois dans les vergers., 
sur de vieux arbres , et préfèrent les plus touffus. Ils placent leur nid vers 
le milieu, contre le tronc ou à la bifurcation de deux grosses branches; le 
construisent sans art avec des petits rameaux secs et des racines, dont le 
chevelu forme la couche intérieure. La ponte est de quatre à six œufs. De 
même que les précédens, ils conservent la nourriture destinée à leurs petits 
dans l'œsophage, d'où ils la font remonter pour la leur distribuer. Ceux-ci 
naissent nus, ou à peu près, ne quittent leur berceau qu'en état de voler, 



l6o GEAIS. 

et sont encore long-temps après nourris par leurs père et mère. Tous vivent 
de fruits, de baies, d'insectes, de vers, de chair et d'œufs. Ils avalent les 
baies, les graines entières, et ils dépouillent de leur enveloppe les châtaignesj, 
les faines, et les glands, s'ils ne sont très-petits, en les fixant sous leurs 
pieds; c'est aussi de cette manière qu'ils posent les noix pour en tirer 
l'amande. Ils déchirent par lamheaux les petits oiseaux, qu'ils attaquent rare- 
ment, s'ils ne sont faibles ou malades, ou pris dans un piège. Enfin, les 
espèces sédentaires dans le Nord font des provisions pour l'hiver. 

LE GEAI BLEU HUPPÉ, Garndas cristatus. 

PL CIL 

Cri s talus; corpore guLâque cœruleis; tectricibus alarum lineis Irans- 
versis iiigris ; collari nigro (mas. ). 

Cris ta breviori; gulâ dilute grised ( femlna ). 

Crislâbrevissimâ; corpore supra cœndescente-cinereo ; subtîis sordide 
albo ( junior ). 

Le geai bleu du Canada, Briss.^ Ornith., tom. 2, pag. 54, ti° 1, pi. 4 5 

Idem, Bu//., Hist. nat. des Ois., tom. "h, pag. 110, pi. enl. n° 029. 

Blue jay, Catesbj; Carol. ï, pi. i5. Idem, Lath., Synopsis, tom. i, 
pag. 386, n° 20. 

Corvus cristatus, Linii., Gmel., Syst. nat., edit. i3, «° 8. Idem^ Lath., 
Index, «"19. 

Cette espèce, qu'on rencontre sur les côtes orientales de l'Amérique sep- 
tentrionale, depuis la Louisiane jusqu'à la baie d'Hudson, et sur les côtes 
occidentales, depuis la Galifoi'nie jusqu'à la baie "Nootka et encore plus au 
nord, est nombi'euse dans toutes ces contrées ; mais elle ne l'est jamais autant 
dans les États-Unis qu'à l'automne , époque de leur émigration du nord au 
sud. On en voit alors, quelquefois dans le même jour, des bandes de deux 
à trois cents, qui voyagent de compagnie, et qui suivent la même direction. 
Ces oiseaux se dispersent dans la matinée pour chercher leur nourriture, 
s'appellent et se rallient lorsqu'ils la trouvent en abondance; et dès qu'ils 



GEAIS. ' Jbl 

sont rassasiés, ils se dispersent de nouveau. Cependant ils se réunissent 
toujours vers la chute du jour, pour passer la nuit dans le même canton et 
s'acheminer ensemble au lever de l'aurore. Leur point de réunion est ordi- 
nairement sur la lisière des forêts, surtout de celles oî^i les chênes sont en 
plus grand nombre, et dont le fruit est alors leur principale nourriture. 
Leur passage dure environ quinze jours; néanmoins on en rencontre encore 
après, mais en petit nombre. Ces traîneurs ne s'éloigiient guère du centre 
des Etats-Unis, pendant la mauvaise saison. 

Ce geai, naturellement plus sauvage et moins défiant que celui d'Europe, 
s'approche des habitations, et donne dans tous les pièges qu'on lui tend. 
Pris adulte ou vieux, il supporte volontiers l'esclavage et semble même s'y 
plaire; mais dès les premiers jours du printemps il s'inquiète, se chagrine, 
refuse toute nourriture, dessèche et périt si on ne lui rend la liberté. 

L'intérieur des bois oii serpente un ruisseau est, pendant l'été, son domicile 
habituel ; il se cache dans l'endroit le plus fourré , et, quoique par ses cris 
il décèle sa retraite, on le découvre difficilement, parce qu'il se tient au 
centre ou au pied des buissons les plus épais, et qu'alors il s'élève rarement 
à la cime des arbres. Son naturel le rapproche de notre geai, il en a la 
pétulance et la vivacité, mais il n'est point aussi piaillard, et ses accens, 
quoique analogues, sont plus doux et moins forts. 

Il construit son nid avec des hûchettes à sa base, de petites racines sur 
le contour, du chevelu et des herbes fines à l'intérieur. La ponte est de quatre 
à six œufs d'un vert olivâtre, parsemé de taches couleur de rouille. Il en 
fait ordinairement deux par an. 

La belle couleur bleue qui domine sur la huppe s'étend aussi sur toutes 
les parties supérieures, sur la queue, les couvertures et les pennes secon- 
daires des ailes; elle est traversée de raies noires sur les dernières parties, 
dont le bord externe est d'un bleu violet, et l'extrémité blanche; les rémiges 
primaires sont en dehors pareilles à l'aigrette, et noirâtres en dedans; les^ 
rectrices portent des lignes transversales noires , et toutes les latérales ont 
' à leur extrémité une grande marque blanche; cette dernière couleur, nuancée 
de lilas et de gris, règne sur les côtés de la tête et du cou; la Bande noire, 
qui naît entre le bec et rœil, sert de bordure à la huppe, fait ensuite un 



t62 CORACIAS. 

demi-ceintre en arrière des oreilles, se prolonge sur les côtés du cou, et se 
termine en forme de hausse-col sur le haut de la poitrine ; les plumes qui 
couvrent les narines sont grises : la gorge est d'un hleu clair; le dessous du 
corps d'un gris de souris qui se dégrade insensiblement sur les parties les 
plus inférieures. Le bec et les pieds sont noirs; l'iris est couleur de noisette. 
Longueur totale, lo pouces 9 lignes. La gorge ne prend une teinte bleue 
que chez les vieux mâles. 

La femelle porte une huppe moins longue et des couleurs moins vives; 
la gorge est d'un gris clair. Les jeunes ont les ailes et la queue pareilles à 
celles des précédens; une huppe moins apparente; les parties supérieures 
d'un cendré bleuâtre ; les inférieures d'un blanc sale. 

4^"' DIVISION. CORACIAS, Coracia. 

Bec garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, plus long que 
la tête, entier, un peu grêle, arrondi, convexe en dessus, arqué, pointu. 

ISarines un peu arrondies, ouvertes, cachées sous les plumes du capis- 
trum, pi. I, n° 8. 

Langue cartilagineuse, médiocre, bifide à son extrémité. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé de 
l'interiîe. 

^ Ailes longues ; première rémige la plus courte des primaires ; deuxième 
moins allongée que la sixième; quatrième et cinquième les plus longues de 
toutes. 

Des trois espèces que contient cette division, l'une se trouve en Europe, 
l'autre dans la Nouvelle-Hollande , et la troisième en Afrique. La première , 
qui est la seule dont on connaisse le genre de vie , a des habitudes analogues 
à celles des pies et des corbeaux ; comme eux elle est attirée par tout ce qui 
brille, et comme eux elle cherche à se l'approprier. On l'a vue même, dit 
Montbeillard, enlever du foyer des cheminées des morceaux de bois tout 
allumés , et mettre ainsi le feu dans la maison. Quoique d'un naturel vif et 
inquiet , elle se prive à un certain point : on la nourrit d'abord . lorsqu'on 



CORACIAS. t63 

veut l'élever, avec une sorte de pâte faite avec du lait, du pain et des graines; 
mais par la suite elle s'accommode volontiers de tous les mets qu'on sert 
sur nos tables. 

Elle habite ordinairement les rochers; mais il semble qu'elle préfère ceux 
qui sont situés du côté de l'occident, à ceux qui sont à l'orient et au midi, 
quoiqu'ils présentent à peu près les mêmes sites et les mêmes expositions. 
C'est dans les plus escarpés qu'elle construit son nid ; sa ponte est de quatre 
ou cinq œufs. 

LE COR AGI AS A BEC ROUGE, Coracia 
erjthrorainphos. 

PI. cm. 

Violaceo-nigricans ; rostro pedibusque luteis mit rubris. 

Lecoracias, Briss., Ornith., tom. i, pag. 3, n° i,pl. i ifig. i. 

Idem, Biiffon, Hist. nat. des Ois., tom. "i , pag. i, pL enl., n° iSS. 

Corvus graculus, Linn., Gniel., Syst. nat.,edit. i3, nP i8. Idem, Lath.., 
Index, n° [\\. 

Red legged Crow, Lath., Synopsis, tom. i, pag. 4oi, n° Sg. 

Steinràbe , TFolf et Mejer, Taschenbuch der deiitschen Vôgel Kunde, 
pag. loi, n° 7. 

Ce coracias fréquente les Alpes , les montagnes de la Suisse , celles de 
l'Auvergne, mais on ne le voit point, dit-on, sur les montagnes du Bugey 
et dans toute la chaîne qui borde le pays de Gex jusqu'à Genève. On le 
retrouve encore dans les îles de Crète , de Candie , en Perse , et même en 
Egypte, selon Hass-el-Quits ( Voyage, pag. 238, n° 19). Il arrive dans 
cette contrée vers le temps où le IN il débordé est prêt à rentrer dans son 
lit ; y est attiré par les insectes et les grains nouvellement semés et ramollis 
par le premier travail de la végétation, car il est également granivore et 
insectivore. Son cri est aigu quoique assez sonore , et fort semblable à celui 
de l'huitrier. Il le fait entendre presque continuellement, et on prétend 
qu'il apprend à parler. Il établit son nid au haut des vieilles tours abandon- 

OALERTE DES OISEAUX. 11^ PARTIE. 22 



l64 CHOQUARTS. 

nées et des rochers escarpés; sa ponte est de quatre ou cinq œufs blancs, 
tachetés de jaune sale. 

Cet oiseau est totalement d'un noir à reflets violets , verts et pourprés , 
selon l'incidence de la lumière; le bec et les pieds sont rouges; les ongles 
noirs. Longueur totale, i5 pouces. La livrée du jeune n'est pas connue. 
Glîez des individus le bec et les pieds sont jaunes. 

S^"" DIVISION. CHOQUART, Pyrrhocorax. 

Bec droit et garni à la base de plumes courtes, dirigées en avant, médio- 
cre, convexe en dessus, un peu grêle; mandibule supérieure un peu arquée 
et à échancrure usée vers le bout. PL I, n" 9. 

Narines orbiculaires , ouvertes, cachées sous les plumes du capistnim. 

Langue cartilagineuse , aplatie , bifide à la. pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

^iles longues; première rémige plus courte que la cinquième, troisième 
la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Une des trois espèces que contient cette division se trouve en Europe; la 
deuxième à la Nouvelle-Hollande ; quant à la troisième ( choquart sicrin ) , 
on n'est pas certain de bien connaître son pays natal, ni qu'elle appartienne 
réellement à cette division : tout ce qu'on sait du genre de vie de la pre- 
mière se borne à dire qu'elle habite les Alpes, niche sur les arbres et dans 
les rochers ; que sa ponte est de quatre ou cinq œufs ; qu'elle se nourrit d'in- 
sectes, de vers de terre, de larves, de graines germées; et qu'étant nom- 
breuse, elle fait du dégât dans les champs nouvellement ensemencés. 



CASSENOIX. l65 

LE CHOQUART DES ALPES, Pfrrhocorax 

alpinus. 

PI. CIV. 

Niger parumpernitens; rostro luteo ; pedibus nigris, autrubris, autflavis. 

Le choucas des Alpes, Briss., Ornilh.^ tom. i^ pag. 3o, n° %,pl. i-,Jig- 2. 

Idem, Buffb?i , Hist. nat. des Ois., tom. "i^pag. 'j6.,pl. enl. , n° 53i. 

Corvus pyrrhocorax, Linn., Grnel., Sjst. nat., edit. i3, «'^ l'y. 

Idem, Latli., Index, n° [\o. 

Alpine crown, Latîi., Synopsis, tom. i,pag. i83, «° 11. 

Schnee rabe, TFolfet Mejer, Taschenbuch der deutschen VôgelKunde, 
pag. 100, re° 6. 

Ce choquart a le bec jaune; les pieds de cette couleur à un certain âge, 
rouges dans l'âge avancé, et noirs dans la jeunesse. Cette dernière teinte 
domine seule sur tout son plumage, avec quelques reflets peu sensibles. Lon-^ 
gueur totale, i5 pouces. On ne connaît ni la livrée du jeune, ni la couleur 
des œufs. 

B^-"^ DIVISION. CASSENOIX, Nucifraga. 

Bec garni à la base de plumes sétacées, dirigées en avant, épais, droit, 
robuste, entier, convexe en dessus, comprimé par les côtés, à pointe un 
peu déprimée et presque tronquée; mandibule supérieure un peu plus longue 
que l'inférieure. PI. I, n° 10. 

Narines petites, longues, ouvertes, cachées sous les plumes du capistrum 

Langue cartilagineuse, courte, frangée, bifide et cornée à son extrémité. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, et totalement séparé 
de l'interne. 

^iles à penne, bâtarde , coucte et arrondie à la, po.in,te ; troisième et qua- 
trième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 



l66 CASSENOIX. 

La seule espèce que renferme cette division se trouve en Europe. Elle 
préfère , pour sa résidence, les hautes montagnes de l'Auvergne , de la Savoie , 
de la Suisse, le Bergamasque en Autriche, les Alpes; on la voit très-rare- 
ment en Angleterre, et on la rencontre aussi en Russie, en Sibérie, au Kam- 
tschatka, et même dans le nord de l'Amérique, selon Latham. 

Quoique les cassenoix ne soient point des oiseaux de passage, ils sont 
quelquefois erratiques. Ils se réunissent, dans certaines années, en troupes 
très-nombreuses, quittent leurs montagnes, se répandent dans les plaines, 
et toujours de préférence dans les lieux plantés de sapins. Leur passage ou 
leur voyage se fait en automne, et ils mettent ordinairement entre chacun un 
intervalle de six à neuf ans. A cette époque, ils sont tellement affaiblis par 
le défaut de nourriture, qu'ils se laissent approcher assez pour être tués à 
coups de bâton, et même pris à la main ; il suffit aloi'S de leur présenter des ap- 
pâts, et ils donnent en foule dans tous les pièges qu'on leur tend. On prétend 
qu'ils causent un grand préjudice aux forêts, en perçant les gros arbres à la 
manière des pics, ce qui leur occasione une guerre continuelle de la part des 
propriétaires ; c'est une des raisons qui les empêchent de se perpétuer dans 
nos contrées, et les force de se réfugier dans les forêts escarpées. Ces oiseaux 
ayant les pennes de la queue usées par le bout, on suppose qu'ils grimpent 
comme les pics; mais, ce qui est certain, c'est qu'ils nichent, comme ceux- 
ci, dans des trous d'arbres. Leur cri est semblable à celui de la pie, et leur 
ponte de cinq ou six œufs. 

LE CASSENOIX MOUCHETÉ, Nucifraga guttata. 

PI. cv. 

Fusca, albo-punctata; alis caudâque nigris; reclricibus apice albis ; 
intermediis apice detritis ( mas); nifescente-fuscâ [^ femina ). 

Le cassenoix, Biiss., Ornith., tom. i, pag. Sg, n° i,/?/. ^ifig- J- 
Idem, Buff.^ Hist nat. des Ois., tom. Z, pag. 17.1., pi. enl., n° 5o. 
Corvus caryocatactes , Linn., Gmel., Sjst. nat.., edit. i3, ?2° 10. 
Idem, Lath.^ Index, n° 89. 



TÉMIAS. 167 

Nut-çracker, Lath., Synopsis, tom. 1 , pag. l\oo, n° 38. 

Nusserabe , ^o^eif iWe^e/-, Taschenbuch der deutschen Vôgel Kunde, 
pag. io3, n° 9. 

Cet oiseau, peu méfiant et peu rusé, est aussi babillard que la pie, vit, 
comme elle, de toute sorte de proie, et cache ce qu'il n'a pu consommer. 

Son plumage est remarquable par un grand nombre de mouchetures blan- 
ches et triangulaires , semées sur un fond brun, qui est la couleur dominante 
de tout son vêtement. Ces mouchetures sont petites sur les parties supé- 
rieures du corps, plus larges sur la poitrine, et nulles sur le sommet de la 
tête; les ailes et la queue sont d'un noir brillant; quelques rémiges ont du 
blanc vers leur extrémité ; cette teinte n'est indiquée que par une très-petite 
tache à la pointe de six ou sept autres, et termine les rectrices; l'iris est 
couleur noisette; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, i3 pouces 
environ. La femelle ne diffère du mâle qu'en ce que la teinte brune tend 
au roussâtre. 

7™^ DIVISION, TEMIA, Crjpsirina. 

Bec médiocre, robuste, couvert à la base de petites plumes veloutées, 
convexe en dessus ; mandibule supérieure fléchie et entaillée vers le bout. 
PI. I, n° II. 

Narines très-petites , rondes , peu visibles , et situées près des plumes du 
capistrum. 

Langue. ... 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé le long de la première articulation avec l'ex 
terne , et totalement séparé de l'interne. 

jiiles courtes, à penne bâtarde; première rémige la moins longue des 
primaires ; quatrième et cinquième les plus longues de toutes. 

Çz^ewe très-longue, étagée, à dix rectrices. 

La seule espèce dont cette division est composée, se trouve dans l'île de 
Waigiou. C'est à quoi se borne tout ce que l'on sait de son genre de vie. 



l68 ASTRAPIES. 

LE TÉMIA VARIABLE, Crypsirina varians. 

PI. CVI 

Sericeo-nigra , mridi purpureoque varia; caudâ cuneiformi, elongatâ. 

Le témia, Levaillant, Ois. d'Afrique, pi. 56. 

Corvus varians, Lath., index, siippl., n° Sa. 

Changeable crow, Idem, Synopsis, 2^ suppL, pag. i ig, n" 26. 

Le témia proprement dit, 1^ édit. du noui>. Dict. d'Hist. nat., tom. 33, 
pag. 3i. 

Cet oiseau, que M. Levaillant a décrit le premier, est de la taille du 
merle, mais plus allongée. Son corps est couvert de plumes longues, à barbes 
soyeuses, douces au toucher, de couleur noire, à reflets verdâtres ou pui-pu- 
rins, selon les différens aspects de la lumière; celles àxxcapistruin, des joues 
et de la gorge très-serrées, d'un noir velouté ; les ailes et le dessous des pennes 
de la queue noirâtres ; celles-ci d'un vert sombre en dessus ; les quatre inter- 
médiaires égales entre elles, beaucoup plus longues que les autres, dont la 
plus extérieure, de chaque côté, est très -courte; le bec, les pieds et les 
ongles sont noirs. 

B Bec glabre a sa base. 

8'"'^ DIVISION. ASTRAPIE, Astrapia. 

Bec nu à la base, très-comprimé par les côtés, pointu; mandibule supé- 
rieure étroite en dessus, entaillée et fléchie à la pointe. PI. J n° i. 

Narines rondes et glabres. 

Langue 

, Tarses nus, annelés, robustes. ■ 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ongles forts, très-crochus. 

Ç>Me«e très-longue, très-étagée, à douze rectrices. 

Il en est de la seule espèce de cette division, comme de la précédente; on 
ne connaît que son extérieur. ^ 



ASTRAPIES. 169 

L'ASTRAPIE A GORGE D'OR, Astrapia gularis. 

PI. CVII. 

Purpureo-nigrùcans ; capistro genisque tomentosis; cervice Jusciâque 
pectorali viridi-nitentibus ; sub gulâ lunulâ ciipreo-aureâ, fulgidissimâ. 

Paradisea gularis, Lath., Index, n° 5. 

Paradisea nigra, Linn., Gmel., Sjst. nat., edit. i3, n° 5. 

Gorget paradise bird, Lath., Synopsis, tom. \,pag. 478, n° l\, pi. 20. 

Le paradis a gorge d'or, Vieillot, Ois. dorés, pi. 8 e^g. 

L'astrapie à gorge d'or, 2^ édit. du Nouv. dict. d'Hist. nat., tom. %p. 37. 

Chez cette très-belle espèce, que l'on trouve à la Nouvelle-Guinée, deux 
touffes de plumes longues et soyeuses partent du dessus des yeux, s'éten- 
dent sur les côtés du cou, et forment, chez l'oiseau parfait, une double 
liuppe qui dépasse la tête ; celle-ci est d'un noir à reflets; les plumes de l'oc- 
ciput, du dessus du cou, du haut du dos, sont d'un vert doré, changeant 
en violet, selon la direction de la lumière; ces plumes, étroites à la base, 
larges et arrondies à leur extrémité, sont couchées les unes sur les autres, 
comme des écailles de poisson ; celles de la gorge ont la même forme, jettent 
sous divers aspects des reflets dorés ou de couleur de cuivre de rosette, et 
présentent sur le bas de la gorge une espèce de hausse^col très-écktant; les 
côtés de la poitrine et du ventre sont d'un très-beau vert ; les rémiges pri- 
maires noires; cette couleur se change en violet sur les secondaires; les 
rectrices ont leurs barbes extérieures noires et les intérieures violettes ; les 
intermédiaires sont d'un beau violet velouté : vues de face, elles prennent 
une belle teinte ondée vers leur extrémité et offrent à l'œil cette fleur cha- 
toyante de diverses prunes violettes, à l'époque de leur maturité; toutes soBt 
en dessous d'un beau marron. Longueur totale, 28 pouces, dont la queue 
en tient 20. La femelle, dont M. Levaillant a publié la figure dans ses oiseaux 
de paradis, est noire, plus petite, et est privée du luxe et de la magnificence 
que présente le plumage du mâle. 



lyo quiscai.es. 

^émo DIVISION. QUISCALE, Quiscalus. 

Bec glabre, droit et comprimé à la base, robuste, pointu, à bords angu- 
leux, fléchis en dedans; mandibule supérieure formant un angle aigu dans 
les plumes du front, inclinée à son extrémité. PI. J, n° 2. 

Narines dilatées, ovales, couvei'tes d'une membrane. 

Langue plate, bifide à la pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'extérieur, le long de la première pha- 
lange , et totalement séparé de l'interne. 

Ailes moyennes; première et cinquième rémiges égales; deuxième, troi- 
sième et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les trois espèces qui composent cette division ont été classées dans le 
genre du mainate; il suffit seulement de comparer leur bec à celui de ce 
dernier, pour s'assurer qu'elles y sont déplacées , ainsi que parmi les pies, où 
Brisson et Buffon ont mis le grand quiscale et le versicolor; car ils en diffè- 
rent au moins autant que des mainates. 

Quoiqu'on rencontre quelquefois ces oiseaux dans l'intérieur des bois, ils 
se tiennent ordinairement sur les lisières, d'où ils se répandent dans les 
prairies, les champs cultivés et les habitations rurales, pour chercher les vers, 
les insectes , les baies et les graines dont ils se nourrissent. Etant d'un naturel 
très-sociable, on les voit, pendant presque toute l'année, en troupes très- 
nombreuses. Ils habitent dans le nouveau continent, depuis la Jamaïque 
jusqu'à la baie d'Hudson; mais ils quittent à l'arrière-saison les contrées 
boréales. Ils se mêlent à l'automne avec les carouges noirs et les troiipiales 
commandeurs^ et tous composent alors ces volées innombrables qui dévas- 
tent en peu de jours un champ de maïs; en tout autre temps, chacune de 
ces espèces fait toujours bande à part. Les quiscales se tiennent souvent, 
comme nos pies et nos corneilles, à la suite de la charrue, pour se nourrir 
des vers et larves que le soc met à découvert. 

A l'époque des premiers établissemens européens dans l'Amérique septen- 



QUISCALES. 171 

trionale, tous ces oiseaux firent un tel dégât dans les champs de graines 
céréales, qu'on mit leur tête à prix; on les extermina aisément, car ils sont 
peu méfians, et plus ils sont en nombre, plus facilement on les approche; 
mais il a résulté de leur destruction presque totale un mal qu'on n'avait pas 
prévu : les blés et les pâturages furent dévorés par les vers et les insectes : on 
fut donc forcé de les ménager pour écarter un fléau inconnu jusqu'alors. Le 
dégât, qu'ils font encore, devenant moins considérable à mesui'eque la culture 
fait des progrès ; et leur chair étant dure et sèche , on ne leur fait aujourd'hui 
la chasse que par amusement. Ils nichent sur les arbres, et leur ponte est de 
quatre ou cinq œufs. 

LE QUISCALE VERSICOLOR, Quiscalus 

versicolor. 

PL CVIII. 

Nigro-violaceus , purpureus ^ viridi-aureus ( mas. ); 

Nigricans ( femina ) ; 

Supra fus CILS ^ suètùs rufescens ( junior ). 

La pie de la Jamaïque, Briss., Ornith., toni. i,pag. 4i, W^ 3. 

Idem, Buffon, Hisi. nat. des Ois., tom. 3, pag. yj, n° 1. 

Purple jackdaw, Catesbj^car. \,pag. \i,pl.ii. 

Gracula quiscala, Linn., GmeL, Sjst. nat., edit. i3, n° 7. 

Idem, Lath., index, n° y. 

Purple grakle, Lath., Synopsis, tom. i, pag. 462, n° 6. 

De tous les oiseaux voyageurs du' nord de l'Amérique ce quiscale est le 
dernier qui abandonne le centre des États-Unis ; car il ne le quitte qu'au mois 
de novembre. Il paraît qu'il s'en éloigne peu, puisqu'il y revient au mois de 
février. Il fréquente alors les marais, oli il se nourrit des graines de la ziza- 
nie aquatique , et se retire au mois de mars dans les taillis et les vergers voisins 
des habitations rurales. Il cherche à cette époque sa nourriture devant les 
granges, et même à la porte des maisons, pour prendre sa part des alimens 
qu'on distribue à la volaille. Les bols, et de préférence ceux dont le fonds 

CALERIK DES OISEAUX. //* PARTIE. 23 



172 QUISCALES. 

est marécageux, sont les lieux où il se plaît à nicher; il construit son nid sur 
les arbres de moyenne hauteur, en compose l'extérieur de tiges d'herbe sèche, 
de joncs , de bûchettes, et en garnit l'intérieur du chevelu des racines : le tout 
est fortifié avec de la terre gâchée. I^a ponte est de cinq à six œufs bleuâ- 
tres, tachetés et rayés de brun sombre et de noir; il en fait ordinairement 
deux par an. Le chant du mâle, qu'il ne fait entendre qu'au printemps, m'a 
paru sonore etassez agréable, quoique mélancolique. Les Américains l'ap- 
pellent Z>ZacÂ: bird (oiseau noir) ainsi que toutes les espèces de sa couleur. C'est 
\a.pie de la Louisiane^ dont parle le page Dupratz dans l'histoire de cette 
contrée, le tequixquiacatznalt , ou l'étourneau des marais salés de Fernan- 
dez, le maisdielb de Ralm ( it. 3, pag. 33 ). 

Quand on regarde le mâle, dans son plumage parfait, il présente à l'œil, 
sous certains aspects, les' couleurs du prisme dans tout leur éclat; les reflets,^ 
les plus riches et les plus brillans, bleus, pourpres, violets, verts, dorés, se 
jouent sur un noir velouté. Le bec et les pieds sont d'un noir mat; l'iris est 
argenté. Longueur totale , 1 1 pouces. 

La femelle est un peu moins grande que le mâle , et n'a guère que g pou- 
ces et demi de longueur ; le bas du dos , le croupion , les ailes et la queue sont 
noirâtres ; le reste du plumage d'un brun tirant au fuligineux en dessus, avec 
quelques reflets verts. 

Le jeune est brun sur toutes les parties supérieures, le bec et les pieds; 
roussâtre en dessous ; d'une nuance plus foncée sur la poitrine, plus sombre 
sur les flancs et sur l'anus : on remarque une tache noire entre le bec et l'œil, 
n porte cette livrée jusqu'à la mue, laquelle a heu aux mois d'août et de 
septembre, ensuite le plumage des jeunes mâles est pareil à celui des adultes , 
et ceux-ci en portent un moins éclatant que celui des vieux. 

On compte plusieurs variétés accidentelles, dans cette espèce : telles sont, 
1° le cassique de la Louisiane i^oriolus ludoncianus); 1° la variété de ce 
prétendu cassique décrite dans le supplément du Synopsis de Latham, qui 
a été vue à la baie d'Hudson dans une bande de quiscales; 3° l'individu rap- 
porté à ce quiscale par cet ornithologiste. 



CASSICANS. 173 

10'"" DIVISION. CASSIGAN, Cracticus. 

Bec glabre et formant à la base un angle arrondi dans les plumes du 
front, droit, allongé, robuste , épais, fléchi à la pointe; les deux mandibules 
échancrées vers le bout. PI. J , n° 3. 

Narines ovales, nues. 



Langue. 



Tarses glabres, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes à penne bâtarde courte; première et deuxième rémiges les plus 
longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les sept espèces de cette division appartiennent à l'A-sie méridionale et 
h l'Australasie; leur extérieur seul est connu. Latham et Gmelin les ont dis- 
persés dans leurs genres corç'us, coracias eX. paradis ea; mais elles ont des 
caractères qui les éloignent de ces trois groupes, et qui m'ont paru suffisans 
pour en composer une division particulière et distincte. 

LE CASSIGAN RÉVEILLEUR, Cracticus streperus. 

PI. CIX. 

Niger; macula alarum , crisso caudâque basi albis. 

Corvus graculinus , Withe-vinted crow, TVith's Journ. bot. baj pi. 
pag. aSi. 

Coracias strepera, Lath., index., n° 11. 

Noisy roller, Idem, Synopsis, 1^ suppL, pag. 12 1, n° 3. 

Réveilleur de l'île Norfolk, Daudin, Orn. tom., 1 ,pag. 267. 

Le cassican réveilleur, 1^ édit. du Nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 3, 
pag. 356. 

Ce cassican , très-commun dans l'île de Norfolk, est d'un naturel doux, 
ne dort point, ou très-peu pendant la nuit, ne cesse alors de s'agiter et de 



J74 ROLLIERS. 

jeter des cris qui interrompent le sommeil des hommes el des animaux : de 
là lui est venu le nom de réveilleur, qu'on lui a imposé dans diverses langues. 
Tout son plumage est noir, à l'exception de la base des six premières rémi- 
ges , des couvertures et du côté extérieur des pennes latérales de la queue , 
qui sont blancs; l'iris est orangé; le bec et les pieds sont noirs. Longueur 
totale, i8 pouces. 

ii'-"^ DIVISION. ROLLIER, Galgidus. 

Bec glabre à sa base, plus haut que large, robuste, entier, convexe en 
dessus, con>primé par les côtés; mandibule supérieure crochue vers le bout. 
Pi. J, n° 4. 

Narines linéaires, latérales, obliques, à demi closes en dessus par une 
membrane, ouvertes en dessous. 

Langue cartilagineuse, frangée à sa pointe. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

yiiles moyennes; première rémige plus courte que la troisième, deuxièrne 
la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Nous soupçonnons que tous les oiseaux que l'on a présentés pour des rol- 
liers ne méritent pas ce nom. En effet, on en a décrit plusieurs comme 
appartenant à l'Amérique, et il paraît certain qu'il ne s'en trouve point sur 
le nouveau continent. Nous croyons qu'en réduisant leur nombre à douze 
ou quatorze espèces, nous approchons de la vérité. 

La famille des rolliers est répandue en Afrique, dans l'Asie méridionale, 
et un seul se trouve en Europe. Ils ont dans les couleurs et les caractères des 
rapports avec les geais; mais on les distingue facilement à leurs narines en 
-grande partie découvertes, linéaires et obliques; tandis que ceux-ci les ont . 
arrondies et cachées par des plumes dirigées en avant. Ces oise<iux vivent 
de baies et d'insectes, nichent ordinairement sur les arbres , et leur ponte est 
composée de quatre ou cinq œufs. Plus sauvages que les geais et les pies, ils 



#■ 



ROLLES. ■ 17 



5 



se tiennent dans les bois les moins fréquentés , les plus épais , et ne se mon- 
trent dans les champs qui sont dans le voisinage de leur retraite que pour 
y chercher leur nourriture. 

LE ROLLIER VERT, Galgulus viridis. 

PI. ex. 

Vertice, collo superioi'i, dorso, scapidariis, lectricibus alcmim, corpore 
sublus cœruleo-viridibus ; fronte gulâquc rujescente-albis ; caudâ cœruleâ. 

Le roUier vert, Levadlant , pi. 3i des Ois. de paradis. 

Rollier vert, 1^ édit. du Now. Dict. d'Hist. nat., tom. i(^,pag. 436. 

Ce rollier, dont nous devons la connaissance à M. Levaillant, se trouve 
dans les Indes orientales. Le front et la gorge sont d'un blanc roussàtre; le 
dessus de la tête et du cou, le haut du dos, les plumes scapulaires, les cou- 
vertures des ailes et le dessous du corps d'un vert d'aigue-marine ; le crou- 
pion et les tectrices supérieures de la queue d'un vert bleuâtre ; les rectrices 
bleues ; les pieds roux ; le bec est noir. 

g*""" FAMILLE. BACCIVORES, BaccivorL 

Pieds médiocres , un peu forts. 

Tarses tms,, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni avec l'extérieur jusqu'au milieu, ou seulement 
à l'origine ; postérieur épaté. 

Bec à large ouverture, à base glabre ou emplumée, rarement ciliée, dilatée, 
à "dos un peu caréné, à pointe courbée, entière chez les uns,,échancrée 
chez les autres. 

Queue à dix ou douze rectrices. 

i"« DIVISION. ROLLE, Eurjsthomus. 

Bec glabre et très-déprimé à sa base; épais , robuste, entier, large , caréné 
en dessus; mandibule supérieure crochue et échancrée à sa pointe; l'infé- 
rieure droite, plus courte. PI. J, n° 5. 



176 ' ROLLES. 

Narines linéaires, obliques , à demi couvertes d'une membrane, ouvertes 
en dessous. 

Langue cartilagineuse, frangée à sa pointe. 

Bouche très-ample. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes moyennes; deuxième rémige la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les sept espèces, que contient cette division, ont été classées avec les 
roUiers par Linnée, Latham, Brisson, etc., mais elles en diffèrent en ce 
qu'elles ont le bec plus court et plus large à sa base; les ailes plus longues 
et les pieds moins longs à proportion. On n'a aucuns renseignemens positifs 
sur leur genre de vie ; cependant l'ampleur de leur bouche nous fait soup- 
çonner que leur nourriture principale consiste en baies qu'elles avalent 
entières, et en insectes qu'elles happent en volant. 

LE ROLLE A GORGE BLEUE, Eurysthomus. 

cyanocollis . 

PI. CXI. 

Capite viridi-fusco ; gutture cœndeo ; dorso fuscescente ; peciore viridi- 
cœruleo ; reniigibus cyaneis , mridibus et nigris. 

Le rolle à gorge bleue, Lev aillant , pi. 96 des Ois. de paradis. 

Idem, 1^ édit. duNouv. Dict. dHist. nat., tom. 0.^, pag. I\i5. 

Ce rolle, qu'on rencontre dans les Grandes-Indes, est bleu sur la gorge 
et le devant du cou; d'un brun terreux, nuancé de vert sur la tête et le 
dessus du cou ; brunâtre sur le manteau ; d'une couleur d'aigue-marine sur 
le bas du devant du cou et les parties postérieures; de la même couleur 
et noir-brun sur les pennes de la queue ; d'un vert bleu sur les couvertures 
supérieures des ailes; vert, bleu et noir sur les rémiges; d'un rouge orangé 
sur le bec; d'un jaune brun sur les pieds. Longueur totale 9 pouces. 



CORACINES. 177 

a*""' DIVISION. CORACINE, Coracina. 

Bec à base glabre cbez les uns , couverte de plumes veloutées ou sétacées 
chez les autres, épais, robuste, déprimé, anguleux en dessus, étroit vers le 
bout; mandibule supérieure entière ou échancrée, courbée vers la pointe; 
l'inférieure plus courte , un peu aplatie en dessous. 

Narines ovales, ouvertes, situées près du front. 

Bouche ample. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé, de 
l'interné. 

Ailes à penne bâtarde courte; deuxième, troisième, quatrième rémiges 
les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division , qui contient neuf espèces , est composée de trois sections: 
la première renferme celles qui ont le bec garni à sa base de plumes velou- 
tées ; la deuxième celles dont les narines sont recouvertes de plumes sétacées ,- 
dirigées en devant, et dont la mandibule supérieure est échancrée vers le 
bout; la troisième renferme le cephaloptere , qui a les narines découvertes et 
le bec entier. Les principaux caractères indiqués ci -dessus m'ayant paru 
assez prononcés et assez distincts de ceux des corbeaux, parmi lesquels 
Latham et Gmelin ont classé mes coracines; j'ai cru pouvoir les en retirer 
pour en composer une nouvelle division. 

Les unes se trouvent dans les forêts de l'Amérique méridionale, et les au- 
tres dans celles de l'Asie australe. Toutes sont du nombre des oiseaux dont 
la partie historique est encore inconnue. 



178 . CORACINES. 

Bec garni à sa base de plumes veloutées. PI. J. n° 6. ' 

Li CORACINE A COU NU, ou GYMNODÈRE, 

Coracina gymnodera. 

PI. CXII. 

Nigra;capite tomentoso-sericeo,postice étlateribus sub-caho; remigibus 
extîis oblique grisescentibus {^m?is. y, 

Alis corporeque nigrisescente-fuscis; scapulanis.,pectore cinereo-margi- 
natis ( femina ) ; 

Collo pennato ( junior ). 

Col-Nud de Cayenne, Buffbn, Hist. Nat. des Ois., tom. 2>, pag. 82, pi. 
enl., n° 609. 

Corvus nudus, Linn., Gmel., Sfst. nat., edit. i3, «" 3o. 

Gracula fœtida, Idem, n° 3. 

Gracula nuda, Lath., index, n° 3. Gracula fœtida, Idem, n° 5. 

Bare-Necked crow, Lath., Synopsis, tom. \,pag. 382, n" i5. 

.Fetid grackle, Idem, pag. 46o, n° [\. 

Gymnodère, Gymnodera, Geoffroy Saint-Hilaire , Mémoire. 

Cette espèce , qu'on trouve à la Guiane , fréquente les bois , s'approche 
des habitations à l'époque de la maturité des fruits, et niche au bord des 
rivières , sur les arbres les plus élevés. 

Chez le mâle adulte le cou est nu sur les côtés , avec quelques plumes 
isolées; le dessus de la tête, du cou, et la gorge sont couverts de petites 
plumes noires, serrées et veloutées; la bordure extérieure des rémiges inter- 
médiaires, les secondaires, et toutes les couvertures supérieures des ailes 
d'un gris bleuâtre; les primaires et la queue d'un noir à reflets; le reste du 
plumage et les pieds noirs. On remarque au-dessous de l'œil une peau nue 
et jaune; l'iris est d'un rouge brun; le bec blanchâtre, et noir à sa pointe. 
Longueur totale , 16 pouces. 

La femelle a les ailes d'un noir brun dans la partie qui est bleuâtre chez 
le mâle, les plumes scapulaires et de la poitrine bordées de gris; le reste de 



CORACINES. 179 

sa robe d'un brun noirâtre sans reflets. Le jeune lui ressemble et a le cou 
entièrement couvert de plumes. 

B Narines recouvertes par des plumes sétacèes, dirigées en avant. Mandi- 
bule supérieure échancrée vers le bout, Viiiférieure aiguë et retroussée a 
la pointe. PI. J, n° 7. 

LA. CORACINE CHOUCARI, Coracina papuensis. 

PI. CXIII. 

Cinerea; abdomine albo ; remigibus nigricante-fuscis . 

Choucas de la Nouvelle-Guinée, Buff., Hist. nat. des Ois., t. 3, p. 81, 
pi. enl., n° 63o. 

Corvus papuensis , Linn., Gmel., Sjst. nat., edit. i'i,n° aq. 

Idem , Lath., Index , n° 1 5. 

Papuan crow, Idem, Sjnopsis, tom. \,pag. 38a, n° \[\. 

Le gris-cendré qui domine sur le plumage de cette coracine, est foncé 
sur le dessus du corps, clair en dessous, et se dégrade presque jusqu'au blanc, 
sur le ventre et les parties postérieures; une bande noire entoure le bec; les 
grandes pennes des ailes sont d'un brun noirâtre; les pieds petits, gris; les 
ongles courts; le bec est jaunâtre. Ijongueur totale, 11 pouces. On trouve 
cette espèce à la Nouvelle-Guinée. 

C Bec entier, narines découvertes. PI. J, n° 8. 

LA CORACINE CÉPHALOPTÈRE, Coracina 

cephaloptera. ' K^- 

PI. CXIV. ^V^x 

Tota nigra nitens; cristâ concolore, albâ; lateribus coRiglabris, cjaneis. \. '^^ 

Cé^ha[o^\£re, Geojjrrof-Saint-Hilaire, Mémoire. _ V^^ 

Coracine céphaloptère, 1^ édil. du Nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 8, p. 5. 
Cette espèce, qu'on dit se trouver au Brésil, y est très-rare, car on ne 
connaît jusqu'à présent xjue le seul individu rapporté de Lisbonne, par 
CALEsiK DES OISEAUX. 11^ PARTIE. a4 



j8o piauhaus. 

M. Geoffroy -Saint-Hilaire , et déposé au muséum d'histoire naturelle. Elle a 
le bec, les pieds et tout le plumage d'un beau noir, à reflets métalliques et 
éclatans sur diverses parties; les plumes du dessus de la tête, longues, à tige 
très-grêle, moitié blanches, terminées par un épi de barbes décomposées, 
se recourbant vers le bout , de manière que le bec et la tête semblent être 
sous un large panache qui , dans sa circonférence , représente assez bien un 
parasol. Cet oiseau est encore remarquable par une expansion cutanée, en 
forme de jabot, recouverte, par-devant et sur les côtés, de plumes allongées, 
larges, et formant un faisceau qui s'isole en s'avançant sur le haut de la 
poitrine, et qui laisse à découvert une partie des côtés du cou, dont la 
peau est nue et d'un bleu de ciel. 

3*""' DIVISION. PIAUHAU, Quenila. 

Bec très-déprimé et garni à sa base de plumes et de soies dirigées en avant, 
triangulaire, convexe dessus et dessous; mandibule supérieure échancrée et 
crochue vers le bout; l'inférieure à pointe très-grêle, retroussée et très- 
aiguë. PI. J, n° g. 

Narines ouvertes, un peu arrondies, couvertes par les plumes du ca- 
pislrum. 



Langue.. 



Bouche ample, garnie de cils sur les angles. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe jusqu'à la première articulation , 
totalement séparé de l'interne. 

Ailes longues ; premièi'e et huitième rémiges égales; deuxième plus courte 
que la sixième; quatrième la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

On ne connaît 'qu'une seule espèce de cette division, laquelle habite la 
Guyane, où elle se tient dans les bois, et se nourrit d'insectes et de fruits. 
Les piauhaus, d'un naturel vif, sont presque toujours en mouvement; se 
rassemblent en troupes, se plaisent dans la société des toucans, efles 
précèdent ordinairement, toujours en criant aigrement :/?i-Aaw-ri^OT/, Cette 



COTINGAS. l8l 

espèce a des rapports avec les gobe-mouches:, parmi lesquels des ornitholo- 
gistes l'ont classée; « mais, comme dit Buffon, elle est si éloignée de toutes 
les espèces de gobe-mouches, moucherolles et tyrans, qu'il faut l'ai laisser une 
place isolée comme celle qu'elle paraît occuper dans la nature. » 

LE PIAUHAU A GORGE ROUGE, Qaerida ruhricollis. 

PI. cxv. 

Nigra; menti guiturisque arcâ ingente rubrâ. 

Le grand gobe-mouche de Cayenne, Briss., Ornith., tom. o.,pag. 386, 
n° iS,pl. 38,/?;°-. 3. 

Piauhau, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 4, f^g- 588, pi. enl. n° 38 1, 
sous le nom de grand gobe-mouche noir de Cajenne. 

Muscicapà ruhricollis, Linn., Gmel.,Sjst. nat., edit. i3, «° 3i; Idem, 
Lath., Index, n° 87. 

Purple throated fly-catcher, Idem, Synopsis, tom. i,pag. 365, n° 78. 

Tout le plumage , le bec et les pieds de cet oiseau sont d'un noir profond , 
avec une belle tache d'un pourpre foncé sur la gorge du mâle, et que n'a 
pas la femelle. Longueur totale, 11 pouces. 

4'"^ DIVISION. COTINGA, Ampelis. 

Bec médiocre, déprimé et presque trigone à sa base, un peu caréné en 
dessus; mandibule supérieure à pointe rétrécie, échancrée et courbée; l'infé- 
rieure un peu aplatie en dessous , retroussée et acuminée à son extrémité. 

Narines presque orbiculaires, à demi closes par une membrane, et cou- 
vertes par les plumes du capistrum. 

Langue cartilagineuse , bifide à la pointe. 

Bouche ample. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni avec l'externe jusqu'à la deuxième articulation , 
totalement séparé de l'interne ; postérieur aussi long que le dernier , et le 
plus fort de tous. 



iS'l COTINGAS. 

utiles moyennes; première rémige plus courte que la sixième; deuxième, 
. troisième, quatrième , cinquième, les plus longues de toutes chez la plupart. 

Queue à douze z'ectrices. 

Cette division, qui contient quinze espèces , est composée de deux sections, 
d'après quelque différence dans la conformation du bec. Les caractères de 
la première sont de l'avoir moins déprimé et plus fort que dans la deuxième , 
oii il est d'une consistance faible. Parmi les oiseaux d'un riche plumage que 
la nature a rassemblés entre les tropiques, la plupart des cotingas sont de 
ceux qui charment tous les yeux : leur robe est parée des couleui-s les plus 
pures, les plus éclatantes. Sur les uns, elles paraissent- opposées; mais le 
contraste est d'une belle entente; sur d'autres, elles se fondent les unes 
dans les autres de la manière la plus suave, et presque sur tous elles se 
multiplient par des reflets sans nombre. Cette brillante parure n'est, pour 
plusieurs mâles, que leur habit de noces, et disparaît avec les amours; 
alors ils se trouvent confondus avec les femelles; sur lesquelles on cherche 
en vain l'éclat et la beauté. 

Tout ce que l'on sait du genre de vie de ces oiseaux, c'est qu'ils ne 
voyagent point, et que leurs courses se renferment dans un cercle étroit: 
on ne les trouve guère au delà du Brésil, du côté du sud, et au delà de la 
Nouvelle-Espagne , du côté du nord. Ils se montrent deux fois l'année près 
des habitations, en petites troupes, se plaisent dans les lieux arrosés et ma- 
récageux ; ce qui leur a fait donner, à Cayenne , le nom de poule d'eau. 

Les cotingas sont baccivores et entomophages ; plusieurs préfèrent les 
termes ou pous de bois; tous mangent différentes baies et fruits moux. 
Selon Sonnini qui a eu occasion de les observer à la Guyane, ils ne sont 
point granivores ; Montbillard aurait donc eu tort de les présenter comme 
des dévastateurs des rizières. 



COTINGAS. i83 

A. Bec dur, peu déprimé. PI. K. n° i. 

LE COTINGA BLEU, Ampelis cœmlea. 
PI. cxvi. 

Nitidissima cœrulea ; subtîis purpurea ; alis , caudâque nigris. 

Le cotinga, Briss., Ornith., tom. i, pag. 34o, n° ï,pl. ?>t\,Jig. i. 

Le cotinga bleu, Biiffbn, Hist. Nat. des Ois., tom. 4, po.g. L\[\i, pt. 
enl. , n"^ 1 86 e^ 1 88 , sous le nom de cotinga bleu du Brésil. 

Ampelis cotinga, Linn. , Gmel., Sjst. nat., edit. i3, «"^ 4- 

Idem, Lath. Index, n° i. 

Purple breasted chatterer, Lath., Sjnopsis, torn. i,pag. g4, n° i. 

On trouve cette espèce à Cayenne et à Surinam, où elle est assez 
commune. 

Chez le mâle le plumage est généralement d'un beau bleu d'outremer, 
à reflets violets sur quelques parties; la gorge, la poitrine , le haut du ventre 
sont d'un pourpre éclatant; les pennes des ailes et de la queue, le bec, les 
pîeds noirs. Longueur totale 8 pouces un quart. 

La femelle est d'un brun noirâtre sur le dessus de la tète et du corps, 
sur les couvertures des ailes et de la queue. Cette teinte est plus foncée sur 
les parties inférieures, et à reflets d'un bleu verdâtre : l'extrémité des 
plumes porte une bordure blanche, qui se rétrécit tellement sur la tête, 
qu'elle n'a l'apparence que d'un point; mais elle est très-grande sur quel- 
ques couvertures des ailes, dont les pennes primaires sont noirâtres, et les 
autres bordées de blanc et de roux; celles de la queue pareilles au dos; la 
gorge est roussâtre; le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue 
sont d'un roux-clair. Le jeune (PI. 87 des oiseaux rares de Le Vaillant) ne 
diffère de la femelle qu'en' ce que ses couleurs sont plus ternes, et que les 
plumes ont leur extrémité terminée par une lunule roussâtre; le bec et les 
pieds sont bruns. 



]84 COTINGAS. 

B. Bec mou, tres-^éprimé. PI. R. n° 2. 

LE COTINGA AVÉRANO, ^mpelis variegata. 

PI. CXVIT. 

Cinereo-alba; capite rufo; alis nigris; gulâ caninculatâ (mas adultus.); 
Fusco, nigricante , virescente variegata ; capite obscuro fusco; remigibus 
nigricnntibus (mas junior et femina) ; 

Guira punga , Rd]. Av., pag. 166, 11° t\. 

IjC cotinga tacheté, Briss., Ornith., tom. i,pag. 354, ^2° 9. 

L'avérano, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. L\, pag. 467. 

Ampelis variegata, Linn., GmeL, Sjst. nat., eclit. \Z,n° 10. 

Idem , Lath. , index , n° 10. 

Variegated chatterer, Lath., Sj/iopsis, tom. 1, pag. 499 i '^° 9- 

Les auteurs cités dans la Synonymie n'ont décrit que la femelle ou le 
jeune de ce cotinga, que les Portugais du Brésil appellent Ave de verano 
(oiseau d'été), parce qu'il ne se fait entendre que pendant six semaines 
environ, en décembre et janvier, c'est-à-dire au plus fort de l'été dans cette 
contrée méridionale ; saison oîi tous les animaux , animés de feux non 
moins vifs que ceux de l'atmosphère, expriment par l'agitation, par des 
chants et des cris, l'ardeur de leurs désirs et la douceur de leurs jouis- 
sances. C'est alors que l'avérano se fait entendre de loin au milieu de ce 
concert général, qui, tout discordant qu'il est, n'en a pas moins l'amour 
pour régulateur. Sa voix est forte, et en même temps peu agréable; il la 
modifie de deux manières différentes. Tantôt c'est un bruit semblable à celui 
qu'on ferait, en frappant sur un coin de fer avec un instrument tranchant; 
tantôt c'est un son pareil à celui d'une cloche^ fêlée. On exprime le pre- 
mier de ces cris par les syllabes kock, kick, et le second par kur, kur, kur. 

Le mâle, sous son plumage parfait, est d'un gris presque blanc; la tête est 
rousse; les ailes sont noires; la gorge est nue et garnie d'un grand nombre 
de caroncules aplaties, longues au moins d'un pouce, larges d'une ligne, 
noires chez l'oiseau mort, et bleuâtres chez l'oiseau vivant; le bec et les 



• JASEURS. l85 

pieds sont noirs; l'iris est d'un noir bleuâtre. Le même dans son jeune âge, 
et la femelle, ont un vêtement mêlé de noirâtre, de brun et de vert-clair, 
sans appendices à la gorge. Le mâle adulte a le plumage d'une teinte noi- 
râtre, qui s'adoucit en brun-foncé sur la tête, s'obscurcit en noir parfait 
sur les petites couvertures supérieures des ailes, et s'éclaircit par un mé- 
lange de cendré sur tout le corps. Une nuance de vert-brun se mêle aussi 
au noirâtre des grandes couvertures des ailes. 

5*™' DIVISION. JASEUR, Bombjcilla. 

Bec court, un peu déprimé et trigone à sa base, convexe en dessus; man- 
dibule supérieure échancrée, fléchie vers le bout; l'inférieure comprimée, 
entaillée, retroussée à sa pointe. PI. K, n° 3. 

IVarines ovales, couvertes par des petites plumes dirigées en avant. 

Langue cartilagineuse, bifide à sa pointe. 

Bouche ample. • 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

^iles à penne bâtarde très -courte; première et deuxième rémiges les 
plus longues de toutes; plusieurs secondaires élargies, à leurs extrémités, 
en disque ovale, lisse, membraneux et rouge chez l'adulte. 

Queue à douze rectrices. 

Les deux espèces de cette division ont été classées par Brisson avec les 
merles, par Latham et Gmelin avec les cotingas; mais nous avons cru 
devoir les isoler, attendu qu'ils ont des attribus qui les éloignent de ces deux 
grouppes. (Voyez Merle ou Grive , et Cotinga. ) 

Les jaseurs, dont une espèce habite en Europe, et l'autre dans l'Amérique 
septentrionale, sont erratiques, voyagent en bandes nombreuses, et ne se 
tiennent par paires que pendant le temps des couvées. Ils sont d'un naturel 
tellement sociables que, dès que les jeunes peuvent se suffire à eux- 
mêmes, tous les individus du même canton se réunissent et forment des, 
voléfis .assez considérables. Ils sont de véritables bacclvores; car toutes les 



i86 JASEURS. « 

baies sèches ou molles font leur principale nourriture. Quand ces alimens 
sont rares, ils vivent d'insectes, et prennent les mouches au vol avec la 
même adresse , et de la même manière que les moucheroUes. Ils nichent sur 
les arbres, et leur ponte est de quatre ou cinq œufs. 

Quoiqu'on ait donné à ces oiseaux le nom dej'aseur, il n'en est guère de 
plus silencieux; ils jettent seulement de temps en temps un cri assez faible, 
qui m'a paru exprimer les syllabes zi, u, zi; fait que je puis assurer, puisque 
j'en ai gardé en captivité pendant, plusieurs années. 

LE JASEUR DU CÈDRE, Boiubjcilla cedrorum. 

PI. CXVIII. 

Cris tala;fro rite guldque nigris ; caudâ apice flavâ ; remigibus secimda- 



riis apice membranaceo , colorato (mas. ); 

Cris ta breviore; coloribus pallidioribits {^iemmdi); 

Cristâ fel^ nulld; corpore suprà sordide griseo, subtùsfusco rnaculàto ; 
remigibus secundariis sine membrand (junior). 

Chatterer ofCarolina, Catesbj, car. \, pag. ii, pi. 46. 

Le jaseur de la Caroline, Briss. , Ornith., toni. 'x^pag. SSy, n° ô/J- 

Idem, Buffon., Hist. Nat. des Ois., tom. Z, pag. 44 1- 

Ampelis garrulus, Var. B. Linn., Gmel.., Sjst. nat.., edit. i3 , /z" i . Idem, 
Var. k. Lath., index , n° i. 

Waxen Chatterer, Var., Lath., Synopsis , tom. ^,pagc)ï, n° i. 

Ce jaseur qu'on rencontre dans l'Amérique, depuis la baie d'Hudson jus- 
qu'à Cayenne, porte au Mexique le nom de coqaantototl , et au Canada, 
celui de récollet, à cause de quelques rapports entre sa huppe en repos et le 
capuchon de ce moine. 

Le mâle a la huppe, le dessus de la tête et du cou d'un gris roux, plus 
foncé sur la dernière partie; une bande noire couvre le front, descend sur 
les côtés, enveloppe l'œil et se termine sur les joues; la gorge est de la 
même couleur; le croupion gris-ardoisé, de même que les pennes des ailes, 
dont le bord extérieur est d'une nuance plus claire; plusieurs secondaires 
ont des appendices membi-aneux et rouges à leur extrémité-, la queue est 



TERSINES. 187 

pareille aux ailes, et terminée de jaune; une ligne blanche borde la man- 
dibule inférieure, et s'étend jusque sous l'œil; la poitrine est d'un gris- 
roux; le ventre gris-jaunâtre; le bas- ventre et les couvertures inférieures de 
la queue sont gris-blancs; le bec et les pieds noirs; l'iris est noisette. Lon- 
gueur totale 5 pouces 10 lignes. 

La femelle ne diffère du mâle que par une huppe plus courte et par des 
couleurs plus ternes. Le jeune, avant sa première mue, porte une huppe 
très-peu apparente, et est d'un gris-sale sur les parties supérieures; tacheté 
de brun sur les inférieures, d'un blanc terne sur le milieu du ventre, .d'un 
jaune pâle à l'extrémité de la queue; brun sur le bec et les pieds. 

6™'' DIVISION. TERSINE, Tersina. 

Bec court, très-déprimé à sa base, caréné en dessus, à bords fléchis en 
dedans; mandibule supérieure à pointe rétrécie, inclinée et échancrée; l'in- 
férieure plate en dessous, aiguë et retroussée à son extrémité. PL R, n° 4- 

Narines larges, situées à la base du bec , couvertes d'une membrane et 
en partie cachées sous les plumes du capistruni ,, PI. K, n" 4- 

Langue très-courte, étroite, bifide à sa pointe. 

Bouche ample, très-fendue. 

Tarses nus , annelés. 

Ailes moyennes; première rémige la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

La seule espèce que renferme cette division se trouve au Brésil; c'est à 
quoi se borne ce que l'on sait de son genre de vie. 

LA TERSINE BLEUE, Tersina cœrulea. 

PI. cxix. 

ISitida , cœrulea ;Jronte oculisque nigro circumdatis; ventre et abdomine 
albis; hypochondriis nigro Iransversini maculatis (mas); 

Viridis ; fronte^ guld cinereis^ et griseo-punciatis; collo anteriore, pec- 
torequejlavescente-riifîs (femina) ; 

GALERIE DES OISEABy. 11^ PARTIE 25 



l88 CHELIDONS. 

Corpore subtus rufo et albo maculato (junior). 
La tersine, Biiffbn, Hist. nat. des Ois. , tom. 4, pag. l\l^6. 
Ampelis tersa, Linii. , Gmel., éclit. i3, n° 7. Idem , Lath. , index, n° l\, 
Blue breasted chatterer, Lath., Synopsis, tom, i,pag. gS, n° 4- 
Le mâle a le bec et les yeux entourés de noir; la gorge de cette couleur; 
le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion, la poitrine, les flancs et 
les petites couvertures des ailes d'un bleu d'aigue-marine, à reflets clairs; 
les rémiges et les rectrices de la même teinte à l'extérieur, et noires dans le 
reste; le milieu du ventre et les parties postérieures d'un blanc pur, avec des 
taches transversales noires sur les côtés ; le bec et les pieds de cette couleur. 
Longueur totale 6 pouces. 

La femelle est d'un vert brillant où le mâle est bleu ; le tour du bec et des 
yeux, la gorge, sont d'un gris-clair, pointillé d'un gris plus foncé; le de- 
vant du cou et la poitrine d'un roux verdâtre; le milieu du ventre et les 
parties postérieures d'un blanc un peu lavé de roux, avec des taches trans- 
versales de la dernière teinte sur les côtés ; le bec et les pieds d'un gris rem- 
bruni. Le jeune en diffère en ce que toutes les parties inférieures portent 
des taches rousses et blanches. 

10'"" FAMILLE. CHELIDONS, Chelidones. 

Pieds courts, grêles. 

Tarses nus, annelés ou emplumés. 

Doigts antérieurs unis à la base par une membrane ou totalement 
séparés et le pouce dirigé en avant, ou les extérieurs réunis à la base, 
l'externe totalement libre , et le pouce dirigé en arrière. 

Bec petit, à base déprimée, cilicé ou glabre, à large ouverture et à pointe 
échancrée et courbée. 

Ailes très-longues. 

Queue à dix ou douze rectrices. 



HIRONDELLES. rSg 

A. Doigt intermédiaire uni a la base avec l'externe, totalement séparé de 

l'interne. 

i^" DIVISION. HIRONDELLE, Hirundo. 



Z?eâ|petit, à base déprimée, glabre et presque triangulaire , comprimé et 
étroit vers là pointe ; mandibule supérieure entaillée et courbée vers le 
bout ; l'inférieure droite et plus courte. PI. K, n° 5. 

Narines situées à la base du bec, un peu lunulées ou arrondies, closes en 
arrière par une membrane, à ouverture antérieure arrondie. 

Langue courte , large , cartilagineuse , bifide à son extrémité. 

Boiu:he très-ample; 

Tarses courts, nus, annelés, ou en partie emplumés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes longues ; première rémige la plus longue de toutes. 

Queue le plus souvent fourchue , à douze ou dix rectrices. 

A. Queue a douze rectrices. 

Des soixante espèces que cette division, composée de deux sections 
d'après le nombre des pennes caudales, renferme, les unes sont répandues 
en Europe; les autres en Afrique, en Asie, en Amérique, dans l'Australasie 
et la Polynésie. Celles qui habitent les contrées froides et tempérées n'y 
restent que pendant la belle saison; mais on ne sait où elles se tiennent 
pendant la mauvaise; car, à l'exception de notre hirondelle de cheminée 
qu'on dit avoir vue au Sénégal peu de temps après son départ d'Europe, on 
n'en a encore rencontré aucune autre de celles des climats tempérés , dans 
quelque partie du monde que ce soit. La plupart de celles qui vivent sous la 
zone torride, y sont sédentaires. Que deviennent les autres, s'engourdis- 
sent-elles comme certains quadrupèdes? c'est sur quoi l'on n'est pas d'ac- 
cord ; quoique des gens dignes de fois assurent en avoir trouvé , pendant 
l'hiver, engourdies dans un arbre creux'; fait qu'on a cherché à com- 

• Voyez l'article de l'hirondelle bleue , hist. nat. des Ois. de l'Amer. Sept., toiii. t, 
page^-j. 



igo HIRONDELLES. 

battre sans y réussir. Pourquoi la nature aurait-elle refusé à des oiseaux la 
même prérogative qu'elle a accordée à des quadrupèdes, des poissons, des 
insectes, des serpens? Ne nous pressons pas de juger! Attendons de nou- 
veaux faits puisés dans des observations réitérées, et ne donnons pas des 
conjectures pour des réalités. É^ 

Pas de doute que c'est le froid réuni au manque de nourriture qui les 
éloigne des contrées tempérées et glaciales, puisque n'y trouvant plus 
d'insectes, leur seul aliment , elles sont forcées d'aller en chercher ailleurs, 
ainsi que font tous les oiseaux enthomophages ; mais la plupart des hiron- 
delles des Tropiques y trouvant en tout temps des alimens abondans, y 
sont sédentaires pendant toute l'année, ainsi qu'on l'a remarqué en Afrique, 
dans l'Asie et l'Amérique méridionale. Ces oiseaux voyageurs ont une 
telle affection pour les lieux de leur naissance , qu'ils y reviennent au prin- 
temps, et reprennent leur ancien domicile. Les jeunes s'emparent des nids 
qui sont vacans, et vont en construire ailleurs s'il n'y a plus de place. 
D'un caractère très-sociable , elles vivent en famille , et se réunissent en 
bandes nombreuses, surtout à l'époque du départ. Les unes placent leur nid 
en terre ; d'autres l'attachent très-artistement contre une muraille , un 
rocher; d'autres le suspendent à une poutre, elles font, dans le Nord, deux 
et rarement trois pontes composées de quatre ou cinq œufs. Toutes les 
hirondelles n'habitent pas dans les mêmes cantons; cependant la plupart 
se tiennent près ou dans les habitations ; tandis que plusieurs préfèrent les 
solitudes les plus sauvages : d'autres se plaisent sur les lieux les plus élevés, 
dans les rochers, et quelques-unes près des marais et des eaux. Dans quelques 
espèces, le bec est plus fort, et les pieds plus longs que dans les autres; 
enfin il n'y a pas souvent une grande différence dans le plumage du mâle 
et de la femelle, dans celui du jeune et de l'adulte. 



MARTINETS. igî 

L'HIRONDELLE A PLASTRON BLANC, Hirundo 

albicollis. 

PI. CXX. 

Nigra; collo albo. 

Hirondelle à plastron blanc, 2^ èdil. du Noiiv. Dict. d'Hist. riat., 

tom. 14, p(^g- 524, n" 4- 

Le mâle de cette espèce, que M. Delalande a rapporté du Brésil, a le bec, 
les pieds et le plumage noirs, avec un demi- collier blanc sur le dessus du 
cou, et un plastron de cette couleur en dessous. La femelle ne diffère qu'en 
ce que le collier et le plastron sont moins apparens . Longueur totale , c) pouces 
environ. 

B Queue composée de dix rémiges. 

Cette section contient les hirondelles acutipennes , dont une espèce a été 
trouvée à la Nouvelle-Hollande; les autres habitent le nouveau continent. 

2^"^ DIVISION. MARTINET, Cjpselus. 

Bec petit, très-fendu, déprimé et trigone à sa base, comprimé latérale- 
ment, étroit à sa pointe; mandibule supérieure entaillée et courbée vers le 
bout ; l'inférieure plus courte et un peu retroussée à son extrémité. PI. R , 
n° 6. 

Narines larges, closes en arrière par une membrane, couvertes par les 
plumes du capisirum, ouvertes vers le milieu. 

Langue courte, cartilagineuse, large, bifide àsa pointe. 

Bouche ample. 

Tarses très-courts, à demi-vêtus. 

Doigts totalement séparés; postérieur articulé sur le côté interne du 
tarse, tourné en devant. PI. BB, n° 1 1. 

Ongles courts, étroits, très-arqués, acuminés, fort rétractiles. 

Ailes longues; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes. 



iga MARTINETS. 

Queue à dix rectrices. 

Les quatre espèces de cette division n'ont que deux manières d'exister; 
elles passent leur vie dans un extrême mouvement, ou dans un repos absolu; 
elles s'agitent sans cesse dans le vague de l'air, ou elles restent blotties dans 
leur trou. Vrais oiseaux aériens, jamais ils ne se posent à terre d'eux- 
mêmes, et lorsqu'ils tombent par accident, ils s'élèvent avec la plus grande 
difficulté sur un terrain plat, et s'y traînent plutôt qu'ils ne marchent. Il leur 
est impossible de faire autrement; car leurs pieds sont fort courts, leurs 
ongles très-crochus, et lorsqu'ils sont posés, les tarses portent à terre jus- 
qu'au talon , de manière qu'ils sont presque couchés sur le ventre. Il leur 
faut donc une élévation quelconque pour mettre en jeu leurs longues ailes , 
une pierre, une taupinière leur suffit. «Si, comme dit Buffon, tout le terrain 
« était uni et sans aucune inégalité , les plus légers des oiseaux deviendraient 
« les plus pesans des reptiles; et s'ils se trouvaient sur une surface dure et 
a polie , ils seraient privés de tout mouvement progressif : tout changement 
a de place leur serait interdit. » Les martinets nichent dans des trous de 
muraille, de rocher, et ne font qu'une ou deux pontes dans nos climats, où 
ils arrivent aux mois d'avril et de mai, et d'où ils partent en septembre, et le 
plus souvent en août. 

LE MARTINET A VENTRE RLANC, Cjpselus 

melbus. 

PI. CXXI. 

Griseo-fiiscusigulâabdominequealbis. 
La grande hirondelle d'Espagne , Briss., Ornilh., tom. i,pag. 5o4, «° ii. 
Le grand martinet à ventre blanc, Buffon^ Hist. nat. des Ois., tom. 6, 
pag. 660. 

Hirundo melba, LzW/z., Grnel, Sjst. nat., edit. i3, «° 11. 

Idem, Lalh., Index, n° 36. 

Greatest martin or swlft, Edwards ois., pi. 27. 

White-bellied swift, Lath., Synopsis, tom. i^pag. 586, «" 36. 



MARTINETS. rgS 

On rencontre cette espèce en Suisse, à Constantinople, en Italie et en 
Savoie , où elle arrive vers le commencement d'avril ; elle se tient pendant 
les premiers quinze jours sur les étangs et les marais, et ne gagne les 
hautes montagnes , son domicile habituel , qu'à la fin de ce mois. Elle 
s'élève plus haut que le martinet noir, et vole avec beaucoup plus de rapi- 
dité. Comme celui-ci, elle se tient en troupes plus ou moins nombreuses, et 
circule sans cesse autour des pointes de rochers qui s'élèvent au-dessus 
tles précipices où elle a placé son nid. Ce nid, que M. Jules Delamotte, 
amateur très-distingué et très-bon observateur, a vu sous les abat-vent des 
clochers de la cathédrale de Fribourg, était attaché le long d'un soliveau; 
il est très-petit, proportionnellement à la grosseur de l'oiseau, composé 
de paille et de mousse liées ensemble avec une matière gluante qui , lors- 
qu'elle est sèche, lui donne une consistance fort dure. Il est de la forme de 
celui de Y hirondelle salangane; la ponte est de quatre à cinq œufs blancs, 
allongés. 

Lorsque cet oiseau se retire dans son gîte, il le fait d'emblée, comme les 
chauve-souris, et n'y rentre que quand il fait entièrement nuit. Le mâle et 
la femelle s'y tiennent blottis l'un contre l'autre, et sont alors si peu farou- 
ches qu'il faut les toucher pour les faire partir. Leur cri est faible , plaintif 
et assez doux; mais il est plus retentissant et plus soutenu que celui du mar- 
tinet noir, lorsqu'ils s'élèvent au-dessus des précipices. Ils sont connus en 
Savoie sous le nom àe jacobin^ d'après leur plumage qui est d'un gris- 
brun sur la tête et toutes les parties supérieures , plus foncé sur les ailes et 
la queue, avec des reflets rougeâtres et verdâtres (ces couleurs sont plus 
rembrunies chez les mâles); la gorge , la poitrine et le ventre sont blancs; 
« un collier gris-brun marqué de noirâtre est sur le cou ; les flancs sont variés 
de la dernière couleur et de blanc; le bas-ventre et les couvertures infé- 
rieures de la queue , du même brun que le dos ; les pieds couleur de chair, 
garnis de duvet sur le devant et le côté intérieur; le bec est noir. Longueur 
totale 8 pouces et demi. Le jeune se distingue de l'adulte en ce que les- 
plumes des parties supérieures sont terminées par une lunule d'un gris- 
blanc. 



194 ENGOULEVENS. 

3^"^ DIVISION. ENGOULEVENT, Caprimulgus. 

Bec petit, très-déprimé, et garni à sa base de soies divergentes; mandi- 
bule supérieure à pointe comprimée , écliancrée et crochue ; l'inférieure re- 
troussée vers le bout. PI. R, n" y. 

Narines larges , closes par une membrane, et à ouverture tubuleuse. 

£K?/2g^we étroite, cartilagineuse, entière, pointue. 

Bouche très-fendue , très-ample. 

Tarses courts, en partie emplumés, annelés. 

Doigts antérieurs réunis à leur base par une petite membrane; postérieur 
grêle, articulé sur le côté du tarse, et versatile chez plusieurs. PI. BB, n° 1 2. 

Ongle intermédiaire, dentelé sur le bord interne chez la plupart. 

Tète aplatie. 

Cou très-court. 

Oreilles très-amples, 

Yeux grands. 

Ailes longues, deuxième ou troisième rémige la plus alongée de toutes. 

Queue de diverses formes, à dix rectrices. 

Parmi les trente espèces de cette division, deux se trouvent en Europe, 
d'autres en Afrique, plusieurs en Amérique, et quelques-unes dans les 
grandes Indes et en Australasie ; ainsi donc cette famille est répandue sur 
tout le globe; m.ais les engoulevens sont beaucoup plus nombreux dans le 
sud que dans le nord. Tous sont demi-nocturnes, chassent pendant les cré- 
puscules ; plusieurs s'en occupent avant le coucher du soleil, et d'autres dans 
une partie de la nuit, au clair de la lune. Tous ont un genre de vie et des 
mœurs à peu près pareils; tous sont insectivores, et, comme les hiron- 
\ délies et les martinets, ils saisissent leur proie en volant à sa rencontre, le 

bec ouvert, engloutissant même les plus gros insectes, qu'ils retiennent dans 
leur large bouche, au moyen d'une salive gluante; et ils semblent les aspirer 
pour les avaler. 

Quelques-uns se posent à terre , et ont la faculté de s'élever dans les airs, 
tandis que d'autres en sont privés, si, comme les inartinets, ils ne trouvent 



ENGOUl.EVEIVS. tgS 

une petite élévation pour pouvoir s'aider de leurs longues ailes. Ceux qui se 
perchent sur les arbres ne le font pas tous de la même manière : les uns se 
posent longitudinalement sur une branche, et semblent la cocher, comme 
le coq fait la poule; d'autres s'accrochent aux arbres, le corps vertical, de 
même que les pics, et la plupart ne peuvent se tenir perchés qu'appuyés sur 
le tarse; enfin il en est qui n'ont pour l'efuge qu'un trou d'arbre. Des espèces 
ne fréquentent que les lieux découverts, et se réunissent pour chasser en 
commup ; d'autres sont solitaires , et ne se plaisent que dans l'intérieur des 
bois, tandis que plusieurs se trouvent dans les uns et dans les autres. Toutes 
celles dont on connaît les habitudes font leur ponte sur la terre nue; cepen- 
dant il faut en excepter quelques-unes, qui, comme VuriUau, la font dans le 
creux d'un arbre sec : elle n'est ordinairement que de deux ou trois œufs. 

L'ENGOULEVENT CLIMACURE, Capnmidgus 

climacurus . 

PI. CXXII. 

Vertice^ corpoi'e supra cinereis; capite maculis nigris; uropjglo nigri- 
çante punctato ; rcctricibus lateralihus fuscis , nigj^o transversim maculatis , 
exterioribus albo terminalis; meiito nigro; gutlurâ, ventre albis; pectore 
nigrescente transversim slrialo. 

Cette espèce, que l'on trouve au Sénégal , a les plumes de la tête, du cou 
et du corps grises, avec des taches longitudinales noires sur la première 
partie, de très-petits points noirâtres sur le croupion, et quelques i-aies lon- 
gitudinales sur les couvertures supérieures de la queue; les deux rectrices du 
milieu grises et ondées de noir; les autres brunes, et traversées par des ban- 
delettes de la dernière teinte; l'avant-dernière, de chaque côté, terminée de 
blanc; la plus extérieure terminée de même, et bordée de cette couleur, qui 
présente, sur le haut de l'aile, une bande longitudinale un peu oblique, 
borde le bas des quatre ou cinq rémiges primaires , et forme une sorte de 
plastron sur la gorge, dont le haut est noir. Le devant du cou est d'un gris 
rembruni; les parties postérieures sont roussâtres, avec des raies transver- 

CALKRIE DES OISEAUX. Z/"-' PARTIE. ïG 



196 PODARGES* 

sales, noirâtres sur la poitrine; les plumes scapulaires, noires et jaunâtres; 
les rémiges noires, avec du blanc à l'extrémité des intermédiaires, et du gris 
vers le bout des secondaires; la queue est longue et étagée ; le bec brunâtre; 
les pieds sont d'une couleur de cliair rembrunie. Longueur totale, 12 pouces 
environ. 

4^"' DIVISION. PODARGE, Ppdargus. 

Bec entouré à sa base de soies dirigées en avant jusqu'à sa pointe, très- 
déprimé latéralement, très-robuste, arqué; mandibule supérieure emboîtant 
l'inférieure, crocbue à son extrémité, à arête dorsale, très-élevée et comme 
isolée ; l'inférieure plus courte, et un peu inclinée en en bas vers sa pointe. 
PI. R, n° 8. 

Narines cachées sous les soies.. 

Langue 

Bouche très-fendue. 

Tarses nus , annelés. 

Doigts totalement séparés ; postérieur articulé en arrière du tarse , assez 
robuste 

Ongle intermédiaire entier et le plus fort de tous. 

Première rémige la plus courte des primaires, et en forme de sabre; 
troisième, quatrième et cinquième, les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices. 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce , qui se trouve à la. 
Nouvelle-Hollande. 

LE PODARGE GRIS, Podargus cinereus. 

PI. CXXIII. 

Cinereus; corpore nigro,. alho punctato et macula la. 
Le Podarge, Cuner, Règne animal, tom. [\,pag. 1^0., pi. l\,Jzg. r. 
LePodarge gris, 1^ édit. du nouv . Dict. d'Hist. nat., tom. o.'j^pag. i5i. 
Tout le plumage de cet oiseau présente un mélange de points et de taches 



TODIERS. 197 

longitudinales et rondes sur un fond gris; pai'mi ces taches, les unes sont 
noires, les autres blanches; elles sont irrégulières et rares sur les ailes; les 
pieds, le bec et les ongles sont noirs. Longueur totale 16 pouces. 

ir"^ FAMILLE. MYIOTHÈRES, Mjiotheres. 

Pieds médiocres , grêles. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts au nombre de quatre; trois devant, un derrière; les extérieurs 
soudés seulement à leur hase, ou jusqu'au milieu; le postérieur mince. 

Bec très-fendu, dilaté borixontalement, garni de soies à son origine, 
courbé vers la pointe, échancré vers le bout de sa partie supérieure, chez 
les uns; glabre à la base, entier, aplati dessus et dessous, droit et obtus 
chez d'autres. 

r" DIVISION. TODIER, Todus. 

Bec droit, aplati dessus et dessous, entier, obtus à sa pointe. PI. R, n° q. 

Narines petites, ovales, couvertes d'une membrane. 

Langue courte, plate, entière. 

Bouche ample, ciliée sur ses angles. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni avec l'extérieur jusqu'au delà du milieu, et avec 
l'interne seulement à sa base, chez l'espèce dont nous publions la figure. 

Ailes à penne bâtarde, courte ; troisième rémige la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Des neuf espèces qu'on a classées dans cette division , nous n'en connais- 
sons que quatre qui en aient vraiment les caractères, et qui forment deux 
sections, d'après la manière dont les doigts sont réunis. Le todier vert, le seul 
dont on connaît le genre de vie, se rapproche du martin-pêcheur, non-seu- 
lement par la réunion de ses doigts, mais encore par l'habitude de se tenir 
au bord des eaux, et de nicher sur les rivages dans un trou en terre. Toutes 



igS TODIERS. 

habitent l'Amérique, et on n'en a pas encore rencontré clans les autres 

parties du monde. 

LE TODIER VERT, Todus viricUs. 

PI. CXXIV. 

Vlridis; subiîis roseo flavescens ; giilâ, collo rubvis. 

Le todier, Briss,, Ornith., loin. l^,pag. 628, if ï,pl- 4i ij^g- 2- 

Le todier de l'Amérique septentrionale, Biiffbn, Hist. nat. des Ois.., 
lom. 7 , png. 2a5, pi. enl., n° 585, yzg-. i ei 2, sous le nom de todier de- 
Saint-Dorn ingue. 

Todus vlridis, Li/in., Gmel., SjsL nat., edit. i3, /^° i. Idem, Lath., 
Index, n° i. 

Green tody, Lath., Synopsis, torn. i, pag. 65^, n° i. 

Ce petit oiseau, qui habite dans les grandes îles Antilles, porte à Saint 
Domingue le nom de perroquet de terre, d'après l'habitude de s'y tenir 
presque toujours, et sa belle couleur verte; c'est là qu'il place son nid, 
ordinairement sur le bord des rivières, dans des crevasses. Autrement il 
choisit un tuf tendre, y fait un trou avec son bec et ses pieds, lui donne 
une forme ronde et un fond évasé, dans lequel il amasse de la paille 
souple, de la mousse, du coton et des plumes, qu'il arrange assez artiste- 
ment. La ponte est de quatre œufs d'un gris-bleu tacheté de jaune foncé; 
le mâle a, dans la saison des amours, un petit ramage assez agréable, et jette 
en tout autre temps un cri triste, qu'il répète fort souvent. Ce todier se 
noui-rit d'insectes et de mouches, qu'il attrape en volant. Son vol est peu 
étendu , et , quand il est en repos, son attitude a quelque chose de stupide, 
en portant alors la tête très en arrière et le bec verticalement. 

Un beau vert domine sur la tête etsur tout le dessus du corps; un liséré 
blanc enveloppe la base de la mandibule supérieure . borde le rouge qui 
couvre la gorge et le devant du cou , dont une partie et la poitrine offrent 
un mélange de blanc et de gris; les ailes sont brunes à l'intérieur; le ventre , 
est d'un jaune pâle, mêlé d'une nuance rose, auquel succède un jaune clair, 
teinté de rose sur les côtés et les couvertures inférieures de la queue ; les 



PLATYRHINQUES. 199 

rectrices sont vertes en delioi's et brunes en dedans; les pieds de cette 
couleur; le bec est rougeâlre en dessus, et de couleur de corne en dessous. 
Longueur totale 3 pouces 9 lignes. La femelle ne diffère du mâle que par 
des couleurs moins \dves. 

2''"'= DIVISION. PLÂTYRINQUE, Platjrhfiichos. 

Bec nu, ou garni à sa base de soies dirigées en avant, très-déprimé hori- 
zontalement, quelquefois trois fois plus large que haut à son origine , caréné 
en dessus , entaillé et crochu à la pointe de sa partie supérieure. 

Narines glabres , plus ou moins couvertes par les soies, larges ou 
linéaires , obliques. 

Langue courte, aplatie. 

Bouche ample. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni avec l'externe à la base ou jusqu'au delà du 
milieu , totalement séparé de l'interne. 

Ailes à penne bâtarde chez la plupart; deuxième et troisième rémiges les 
plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Le bec n'étant pas tout-à-fait conformé de même, les narines présentant 
des dissemblances particulières , et les doigts n'étant pas réunis de la même 
manière pour les vingt -huit espèces de cette division, il en est résulté trois 
sections. 

On ne rencontre point de platyrhinques en Europe, mais on en trouve 
en Afrique, aux Indes orientales, en Amérique et dans l'Australasie. Ces 
oiseaux font partie de la nombreuse tribu des muscivores , qui se compose 
des tyrans , des gobe-mouches, àes moucherolles , etc., et qui se rapproche 
des pie-grieches par les tyrans , des motteux par les autres. 

Des platyrhinques ont été classés avec les tocUers , auxquels ils tiennent , 
surtout le lodier vert, par l'union des deux doigts extérieurs; mais ils en 
diffèrent par la partie supérieure du bec, laquelle est chez eux crochue, 
pointue et entaillée à son extrémité ; tandis que chez les todiers elle est entière, 



200 PLÀTYRHYNQUES. 

droite et un peu arrondie à sa pointe. Plusieurs oiseaux de cette division sont 
remarquables par l'agrément de leur ramage, d'autres par la beauté de leur 
huppe , et quelques-uns par l'extrême longueur des deux pennes Intermé- 
diaires de la queue. 

Tous vivent principalement d'insectes ailés, qu'ils prennent au vol avec 
une grande adresse. On ne connaît le genre de vie que de trois espèces; 
tels sont : 1° le barbichon (yj/. barbatus\ qui place son nid loin des eaux, 
dans des endroits découverts , sur les branches les moins garnies de feuillage 
Ce nid est d'autant plus apparent, qu'il est d'une grosseur excessive : il a 
douze pouces de haut sur plus de cinq de diamètre, totalement composé de 
mousse, fermé en dessus , avec une ouverture étroite dans les flancs, à trois 
pouces du sommet; 2° le platyrhinque gillit {^pl. bicolor), qui se tient dans 
les terrains inondés, ne se montre pas à découvert à la cime des plantes et 
des buissons, les parcourt avec vivacité, et vole, pour changer de place, le 
plus bas qu'il peut ; 3° le platyrhinque musicien (^pl. miisiciis ). Le nom 
qu'on a imposé à cet oiseau est tiré de sa voix éclatante, et qu'on entend 
de fort loin. Il siffle la gamme descendante, et commence par la note ut de 
la première octave, fait le sol, le mi, ViU, et finit par le sol de la première 
octave ; il reste deux temps à chacune, et languit un peu sur la dernière. Les 
forêts les plus touffues et situées au bas des collines, sont les lieux qu'il 
préfère, et le sommet des arbres est sa résidence habituelle. 

A. Bec deux /bis au moins plus large que haut, un peu bombé en dessous , 
. nu a sa base. Narines linéaires, obliques. Doigt intermédiaire réuni avec 
l'extérieur jusqu'au delà du milieu. PI. Y>., n° \o et w. 

LE PLATYRHYNQUE HORSFIELD, Platjrhjmchos 

horsfieldi. 

PI. cxxv. 

Capite nigro; occipite genisque purpureo -nigriscentihus ; corpore sublhs 
vinaceo; teclricibus caudcn inferioribus Jlavis; remigibus reclribusque 
nigris; dorso, scapulariis flavo i^iaculatis. (Mas.) 



PLATYRHYJNQUES. 20t 

Fronte nigrâ; verlice guldque violaceo-cinereis ; corpore subtîis pallide 
roseo-griseo ; hjpochoiidnis virescentibus ; pectorali riind , colloque supe- 
riore fiiscis . ( Femina. ) 

Eurylaime horsfield, Theminck, pi. col. faisant suite aux pi. enl.de 
Biiffon; pi. i3o le mdle, i3i la femelle ou le jeune. 

Chez cette espèce, que l'on trouve à Java et à Sumatra, sur les bords des- 
rivières, où elle se nourrit d'insectes, le mâle a les plumes de la tête d'un 
noir pourpré, les joues et l'occiput noirâtres, les parties inférieures d'une 
couleur de lie de vin plus ou moins pure; les flancs nuancés de jaunâtre; les 
couvertures inférieures de la queue jaunes; le haut du dos brun , le bas et 
les rémiges noirs; les plumes scapulaires, les pennes alaires et les tectrices 
supérieures de la queue tachetées longitudinalement de jaune citron; les 
rectrices intermédiaires totalement noires, les autres terminées par une 
tache blanche; le bec d'un rouge brun plus ou moins marbré de jaunâtre; 
les pieds noirâtres. Longueur totale, 6 pouces. 

Chez l'individu dont nous publions la figure, le front est noir; le dessus 
de la tête, ses côtés et la gorge sont d'un gi'is violacé, plus foncé sur le 
ventre; le devant du cou et les parties postérieures d'un rose pale, glacé de 
gris, avec du verdâtre sur les flancs; une bandelette brune, en forme de 
collier, se fait remarquer sur l'estomac ; le dessus du cou est de cette couleur ; 
le dos, les ailes et les pennes de la queue, dont les latérales ont à leur extré- 
mité une tache jaune, sont noirs ; les deux premières parties et le croupion 
portent de grandes taches d'un beau jaune; les couvertures supérieures de 
la queue sont de cette couleur; les inférieures d'un jaune pâle; le bec et les 
pieds noirâtres. 

B. Bec moins fort , garni de soies a sa base, aplati en dessous. PL K, 

n° \2. et i3. 

LE PLATYRHYNQUE BRUN, Platyrhjnchos fuscus. 

PI. CXXVI. 

Fusco lutescens; vertice plumbeo ; guld albicantc; alis cauddque 
fusais. 



202 CONOPOPHAGES. 

Le todier platja-hinque , Desmarest^ pi. i""^, des iodiers. 

Todus platyrhynclios , Linn. , Gm., Sjst. nai, , èdit. i3, «" i4- 

Todus rostratus, Lalh., Index., n° i3. 

Broard-billed tody, idem. , Synopsis ., iom \, pctg. 664, «" i3. 

Le platyrhynque brun et jaune, 'x^ édit. du Nouv. dici. d'Hist. nat., 
Iom. 27, pag. 12. 

Cet oiseau, qu'on trouve au Sénégal, mais très-rarement, a une bande- 
lette blanche sur le milieu du sommet de la tête, dont le fond est d'un gris 
plombé; le dos est d'un brun jaunâtre, la gorge blanchâtre; les parties 
postérieures sont jaunes, les ailes et la queue brunes, les pieds jaunâtres; 
le bec est blanchâtre. Longueur totale, 4 pouces. 

3'""= DIVISION. CONOPOPHAGE, Conopophaga. 

Bec nu à sa base, tendu, déprimé latéralement, un peu caréné en dessus; 
mandibule supérieure échancrée, et courbée vers le bout, l'inférieure 
aplatie. 

Narines oblongues, ouvertes. 

Langue courte, ciliée à la pointe. 

Tarses nus, allongés, annelés. 

Doigt intermédiaire ioviàè, avec l'externe jusqu'à la deuxième phalange, 
et séparé de l'interne. 

Ailes courtes, un peu arrondies, à penne bâtarde courte; troisième 
rémige la plus longue de toutes. 

Queue courte, à douze rectrices. 

Cette division n'est composée que de deux espèces, qui se trouvent dans 
l'Amérique méridionale. Buffon les a rangées avec les fourmilliers; Gmelin 
les présente comme des manakins , et en outre une des deux espèces pour 
un turdus. On sait seulement qu'elles vivent d'insectes, qu'elles nichent 
dans les buissons , et que leur ponte est de trois ou quatre œufs. 

Les conopophages se rapprochent des fourmilliers par leurs pieds allongés , 
leur queue et leurs ailes courtes; des manakins par la liaison des doigts, 
et des platyrhinques , par la dépression du bec; c'est d'après la réunion de 



RAMPHOCÈNES. 2o3 

ces caractères que nous nous sommes décidés à en faire une division par- 
ticulière. 

LE CONOPOPHAGE A OREILLES BLANCHES, 

Conopophaga leucotis. 

PI. CXXVII. 

OUvaceo et riifb varia; subtus nifa; abdomine griseo ; vertice fusco ; 

tempovibus gulâque nigris ; Jctsciculo plumarum nivearum , longiorum 

utrinque ad collum. 

Le fourmillier à oreilles blanches, Biiffon^ Hist. nat. des Ois., tom. [\, 
pag. [\']'j, pi. euL, 11° 822. 

Pipra leucotis, Linn., Gmel., Sfst.nat., édit. i3, n° 19. Ibidem, tardas 
aiaitus, n° 94. Idem., Lath., Index, n° laS. 

White-heared thrusli, Lath., Synopsis, tom. 0., pag. %[\.,n° 116. 

L,e mâle a le dessus de la tête brun ; ses côtés et la gorge noirs ; le dessus 
du corps d'une couleur olive mélangée de roussâtre ; le devant du cou et 
le haut de la poitrine roux ; les parties postérieures grises ; ime petite bande 
d'un beau blanc luisant qui descend jusqu'au bas de la gorge; les plumes 
dont elle est composée sont larges et longues; les pieds bruns; l'angle pos- 
térieur du bec blanc. Longueur totale , 4 pouces 9 hgnes. La femelle en 
diffère par le dessus de la tête et les joues, qui sont roussâtres, et par sa 
gorge blanche. 

4'"'^ DIVISION. RAMPHOCÈNE, Ramphocœmis. 

Bec très-long, droit, à bords déprimés, depuis son origine jusqu'au mi- 
lieu, ensuite étroit et très-grêle; mandibule supérieure à dos distinct et 
arrondi, crochue et légèrement échancrée à sa pointe; l'inférieure un peu 
plus courte et très-aiguë. PI. R, n° i5. 

Capistrum aplati et au niveau du bec. 

Narines un peu avancées sur le bec, larges, oblongues, couvertes d'une 
membrane en dessus , à ouverture longitudinale et linéaire. 

GALERIK DES OISEAUX. W PARTIE. 2? 



2o4 RAMPHOCÈNES. 

Langue 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe jusqu'à la première articulation, 
et totalement séparé de l'interne. 

Ailes courtes, arrondies, à penne bcâtarde; les cinq premières rémiges 
étagées; cinquième, sixième, égales, les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division ne contient qu'une seule espèce, dont nous devons la con- 
naissance à M. Delalande fils, naturaliste, attaché au Muséum d'Histoire 
naturelle, qui l'a rapportée du Brésil, où elle se tient continuellement dans 
les buissons et les broussailles, pour y chercher les insectes, sa principale 
nourriture. 

LE RAMPHOCÈNE A QUEUE NOIRE, Ramphocœnus 

melanurus. 

PI. CXXVIII. 

Capite, corpore supra rufis; subtus rufescente-albo ; caudâ nigrâ. 

Le ramphocène à queue noire. Vieillot. , 2^ édit. du ]Souv. Dict. dHist. 
nat. , tom. 29 , pag. 6. 

Chez ce petit oiseau, la tête, le dessus du cou et du corps, le bord 
externe des pennes alaires, sont roux; la gorge, le devant du cou et les 
parties postérieures, d'un blanc ombré deroussâtre, et d'un roux prononcé 
sur les côtés de la poitrine et sur les flancs; les pennes de la queue noires, 
avec du blanc sur le bord extérieur de la première de chaque côté; toutes 
paraissent rayées en travers, lorqu'on les voit sous un certain aspect; les 
quatre intermédiaires sont de la même longueur, et toutes les autres régu- 
lièrement étagées; le bec est brun en dessus, blanchâtre en dessous; les 
pieds sont de la première couleur. 



■"•4 



PITHYS. 2o5 

5^'^" DIVISION. PITHYS, Pàhjs. 

Bec grêle, médiocre, plus large que haut à sa base, anguleux en dessus, 
à bords un peu déprimés; mandibule supérieure entaillée et recourbée vers 
le bout; l'inférieure droite entière. PI. L., n° i3. 

Narines rondes, ouvertes, un peu cachées par des petites plumes du 
capistrum dirigées en avant. 

Langue.... 

Ta/'jej nus , annelés, élevés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe jusqu'à la deuxième phalange 
et avec l'interne à sa base. 

Ailes moyennes, à penne bâtarde large et assez allongée; première rémige 
plus courte que la cinquième ; troisième la plus longue de toutes. 

Queue moyenne, à douze rectrices. 

La seule espèce que renferme cette division se trouve à la Guiane, et 
est rangée, par Latham et Gmelin, parmi les manakins; mais, conime le dit 
Buffon, elle n'est point de ce genre : elle leur ressemble, il est vrai, par la 
manière dont ses doigts antérieurs sont réunis; mais son bec est bien différent. 
Cet illustre naturaliste lui trouve des rapports avec les fourmiliers , et il 
ajoute qu'elle s'en éloigne par la disposition de ses doitgs ; cependant elle s'en 
rapproche par sa queue moyenne, ses pieds assez élevés et la forme de ses 
ailes : malgré cela, n'étant ni un manakin ni un fourmilier, ni même une 
pie-grièche, quoiqu'ell/i soit présentée comme telle dans le règne animal, je 
me suis décidé à l'isoler, et à la donner pour le type d'une nouvelle division. 

LE PITHYS A PLUMET BLANC, Pithys leucops. 

PI. cxxix. 

Cristâ albâ; corpoj^e rubro-testaceo ; dorso nigro ; gutture albo ; nigro 
marginato ;Jemoribus cceridescenlibus . 

Le plumet blanc, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. l^, pag. 429- 



2o6 ÉCHENILLEURS. 

Le demi-fin à huppe et gorge blanches, Idem, tom. S , pag. 335, pL 
enl. , /i° 707 , Jig. I , sous le nom de Manikup de Cajenne. 

Pipra albifrons, Linn., GmeL, Sjst. nat., édit. i3, «°5, Idem, Lath. 
Index. , n°. 2i,ei Var. 

White faced manakin , Lath., Synopsis, tom. o^pag. 53o, n° 18. Idem, 
Edwards, Glean.,pl. 344- 

La huppe de cet oiseau est composée de pkmies blanches, étroites, poin- 
tues , qu'il couche sur sa tête dans son état de repos, et qu'il relève lorsqu'il 
est agité de quelque passion. La gorge est de la même couleur, et bordée 
d'une zone noire qui va d'un œil à l'autre; le derrière de la tête, le de- 
vant du cou, la poitrine, le ventre, le croupion, les pennes de la queue, 
ses couvertures supérieures et inférieures, sont d'un orangé plus ou moins 
éclatant ; le haut du dos , le bas du cou, dans la partie qui se rapproche des 
ailes, d'un cendré foncé, tirant au bleu, plus ou moins; les couvertures 
supérieures des ailes, les plumes des jambes, de la même couleur; le bas 
du dos , le bec , noirs ; les pieds d'un jaune orangé. Longueur totale , 5 pouces 
un quart. Des individus ont le corps d'un ferrugineux testacé ; la queue et 
les ailes noires. Ne serait-ce pas la distinction des sexes ? 



;eme 



DIVISION. ECHENILLEUR, Campephaga. 



Bec robuste, aussi large que haut à la base; mandibule supérieure un 
peu arquée, carénée en dessus, échancrée et courbée à sa pointe ; l'inférieure 
plus courte, à pointe très-grêle, retroussée et entaillée vers le bout. PI. 

L. jH". I. 

Narines rondes , ouvertes. 

Langue cartilagineuse , triangulaire. 

Bouche ample, avec quelques poils sur les angles. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni avec l'externe jusqu'à la deuxième articula- 
tion et avec l'interne à la base. 

Ailes médiocres, à penne bâtarde courte; troisième et quatrième rémiges 
les plus longues de toutes. 



ECHENILLEURS. 207 

Queue à douze rectrices. 

Des cinq ou six espèces dont se compose cette division , trois ont été 
trouvées en Afrique par M. Levaillant, à qui on doit l'établissement de ce 
groupe. Ce savant voyageur indique un caractère qui , je crois, ne se trouve 
dans aucun oiseau. Il consiste dans la forme de plusieurs plumes du crou- 
pion dont la tige est forte , roide dans la plus grande partie de sa longueur, 
et ensuite terminée par un petit flocon de barbes. Ces oiseaux vivent des 
clienilles qui se trouvent sur les arbres les plus élevés. 

L'ECHENILLEUR GRIS, Campephaga cana. 

cxxx. 

Cœndescente-cinerea ; capistro , loris , alis caudâque nigris ( mas. ) ; 

Capistro , loris cinereis ( femina ); 

Gulâ , pectore, ventre et uropjgio nigro trans\^ersimmaculatis [\\xmov). 

L'échenilleur gris, Levaillant , oiseaux d'Afrique, pi. 162 et t63, 
Idem , ae édit. du Nouv. Dict. d'Hist. nat. , toni. 10 , pag- 49- 

Le mâle de cette espèce, qu'on trouve en Afrique, est d'un gris bleu d'ar- 
doise en dessus et en dessous, avec du noir sur le capistrum , les lorums , et 
autour de l'œil; les pennes alaires et caudales, le bec et les pieds, sont noirs. 
Longueur totale 1 1 pouces. La femelle en diffère en ce qu'elle n'a point de 
noir à la tête , et que la rectrice la plus extérieure de chaque côté est termi- 
née de blanc. 

Le jeune, dont nous publions la figure, n'était pas connu. Il a le dessus 
de la tête , du cou , le dos et les rectrices supérieures des ailes , d'un gris 
d'ardoise clair; le croupion , les couvertures inférieures de l'aile, la gorge 
et toutes le parties inférieures, jusqu'au bas-ventre, rayés transversalement 
de noir sur un fond blanc ; l'abdomen et les plumes, qui recouvrent la queue 
en dessous, de la dernière couleur; les rémiges lisérées en dehors, et la 
rectrice la plus extérieure de chaque côté terminée de blanc. 



2o8 MOUCHEROLLES. 

7^"-^ DIVISION. MOUCHEROLLE 
ou GOBE-MOUCHE, Muscicapa. 

. Bec déprimé horizontalement , un peu trigone', et garni de soies à sa base , 
grêle, subulé ; mandibule supérieure échancrée et courbée vers le bout; l'in- 
férieure plus courte, droite, un peu aplatie en dessous. PI. L. , n° 2 et n° 3. 

Narines presque rondes, glabres , ou couvertes plus ou moins par les soies. 

Langue aplatie , terminée par des soies courtes et roides. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à sa base, totalement séparé 
de l'interne. 

^iles des uns à penne bâtarde courte ; deuxième et troisième rémiges 
les plus longues de toutes; des autres sans penne bâtarde. 

Queue à douze rectrices dirigées horizontalement ou verticalement. 

Cette division, qui contient cent vingt espèces au moins, se compose de 
deux sections, d'après les formes de la queue. Buffon les décrit sous les noms 
de Moucherolle et de Gobe-mouche : il donne le premier aux espèces qui 
sont moins grandes que les tyrans , et le dernier aux espèces dont la taille 
ne surpasse pas celle du rossignol. 

Ces oiseaux sont en général d'un naturel sauvage et solitaire; leur phy- 
sionomie est triste, inquiète, et a quelque chose de dur : forcés de saisir leur 
proie dans les airs, on les voit presque toujours à la cime des arbres et rare- 
ment à terre. Chasseurs aux mouches , leur véritable patrie a dû être les pays 
méridionaux ; aussi , contre trois ou quatre espèces que nous connaissons en 
Europe, nous ne trouvons presque toutes les autres qu'en Afrique , dans les 
régions chaudes de l'Asie, de l'Amérique et de l'Australasie; c'est aussi dans 
le nouveau continent qu'on rencontre les tyrans , qui ne diffèrent guère 
des précédens qu'en ce qu'ils sont plus grands. « Sans tous ces muscivores, 
sans leur secours, dit l'immoilel historien de la nature , l'homme ferait de 
vains efforts pour écarter les tourbillons d'insectes volans dont il serait 
assailli ; comme la quantité est innombrable , et que leur pullulation est très- 



MOUCHEROLLES. 209 

prompte, ils envahiraient notre domicile; ils rempliraient l'air et dévaste- 
raient la terre, si ces oiseaux n'établissaient pas l'équilibre de la nature vi- 
vante, en détruisant ce qu'elle produit de trop, » Les moucherolles nichent 
sur les arbres et dans des trous d'arbres et de murailles. Leur ponte est de 
quatre ou cinq œufs; ils en font quelquefois deux par an dans les contrées 
tempérées, mais davantage entre les tropiques. 

A. Queue horizontale. 

LE MOUCHEROLLE GUIRAYETAPA, Muscicapa 

risora. 

PI. CXXXI. 

Capite, dorso , pectore , alis caudâque nigris ; gutture , ventrue aîbis; 
uropygio cinereo; rectricibus lateralibus vufo maiginatis , exterioribus 
duabus nigris , longissimis , verticalibus ( mas. ). 

Capite, colla anteriore àlbidis ; pectore sordide rufo; hjpochondriis 
rufis ; tectricihiis alaruni minoribus , dorso , uropygio , riifescente-fuscis ; 
remigibus rectricibusque nigrescentibus , Jiisco marginatis (femina. ). 

Cola rara pardo y blanco, de Azara, apuntamientos para la historia na- 
tural de los paxaros del Paraguay y Rio de la Plaia , tome 2 , pag. ikk- 

Le guirayetapa, 2® édit. du Nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 11, pag. 4og. 

Le nom latinisé sous lequel nous décrivons cette espèce est celui qu'elle 
porte au Brésil; les Guaranis, peuplade du Paraguay, Va^^aWewX. guirayetapa, 
qui dans leur langue signifie oiseau coupeur, ou en ciseaux. 

Quatre couleurs sont répandues sur son plumage, le blanc, le noir, le 
roux et le gris. La première occupe la gorge, le ventre, les parties posté- 
rieures, se fait remarquer sur les couvertures supérieures des ailes et à 
l'extérieur de leurs pennes. La seconde couvre les plumes de la tête, du 
cou , du dos, de la poitrine , forme quelques taches sur les couvertures su- 
périeures de la queue, domine sur ses pennes, les rémiges, le bec et les 
pieds. La troisième sert de bordure aux rectrices, à l'exception des deux 



aro MOUCHEROLLES. 

plus extérieures, qui ont sept ou huit pouces de longueur, sont posées ver- 
ticalement et garnies sur un seul côté de barbes longues de dix-huit lignes. 
Enfin la quatrième règne seule sur le croupion. Longueur totale, i i pouces 
et demi. Des individus ont les plumes du dessus de la tête, du cou et du 
dos, bordées de roux; ils sont probablement moins avancés en âge que le 
précédent. 

Je rapproche de cette espèce \7k pardo y hJanco de M. de Azara, quoiqu'il 
présente dans ses couleurs quelques différences. Le mâle a les plumes qui 
environnent l'oreille noires; celles du tour de l'œil, de la base de la mandi- 
Ijule supérieure, de la gorge, du devant du cou, et de tout le reste des par- 
ties inférieures, blanches , avec un demi-collier noir , bordé de brun clair sur 
le bas du cou et une partie de la poitrine; les plumes de la tête et du cou 
noirâtres, avec une bordure d'un brun clair; celles du dos et du croupion 
bordées de même, sur un fond plombé; les pennes alaires brunes, avec un 
liséré blanc ; les grandes couvertures supérieures noires et bordées de blanc; 
les autres marbrées de blanc et de cendré ; les pennes de la queue blanchâ- 
tres , terminées de brun , avec leur milieu noirâtre, à l'exception de l'exté- 
rieure de chaque côté, qui est entièrement noire; le tarse noirâtre ; l'iris 
brun, et le bec de couleur de paille sèche. 

Chez la femelle, dont les dimensions sont beaucoup plus petites que 
celles du mâle, la tête est blanchâtre, ainsi que le devant du cou jusqu'au 
demi-collier, qui est d'un roux sale; le dessous du corps est blanc, avec un 
peu de roux sur les flancs; le dos, le croupion et les petites couvertures su- 
périeures des ailes sont d'un brun roussâtre; les grandes couvertures, d'une 
nuance plus foncée , et bordées de roux ; les pennes de la queue et des ailes 
finement bordées de brun sur un fond noirâtre; et le reste comme dans le 
mâle; mais elle est privée des deux longues pennes de la queue. 

M. de Azara dit qu'il lui a paru que cette espèce est composée de huit à 
dix fois plus de femelles que de mâles; car il a vu quelquefois des bandes 
de trente femelles sans un seul de ceux-ci. Elle est sédentaire, et a les mêmes 
formes et les mêmes habitudes que le suivant. Comme le savant aaturaliste 
espagnol a vu que des individus qui avaient du mâle la partie droite de la 
queue et la gauche de la femelle, il est tenté de soupçonner qu'il existe aussi 



MOTJCHEROLLES. ail 

des hermaphrodites parmi les oiseaux ; ne serait-ce pas phitôt des jeunes 
dans leur première mue? Au reste, ces deux oiseaux ont moins de roux 
que les femelles, et moins de Liane que les mâles, de sorte que les teintes 
de leur plumage tiennent le milieu entre celles des femelles et des mâles. 

B. Queue verticale. 

LE MOUCHEROLLE GALLITO, Musicapa alectrura. 

PI. CXXXII. 

Vertice , collo superiore , caudd nigrescentibus ; semi-collare nigvo; 
dorso , uropjgio cinereis; tectricihus alarum ininoiihus albis. 

Cola rara galitto, de Azara, apuntamicutos para la Hist. naturalde 
los paxaros del Paraguay y rio de la Plata , tom. ipag. il\o. 

Gallitte tricolor, ae édit. du Nouveau Dict. d'hist. nat., tom. 12, 
pag. 402 ■. 

Thenniiiick, pi. coloriées ^ faisant suite aux pi. ent. de Bujfon^mdle 
et femelle. 

Le nom de Qallito, que Sonnini, dans la traduction des oiseaux du 
Paraguay, etc., a remplacé par celui du petit coq, a été donné par de Aza- 
ra à cet oiseau, à cause de la forme de sa queue. Il ne l'a rencontré 
qu'entre le 26° et demi, et le 27^ degré et demi, où il arrive en septem- 
bre; il en repart en mai. Le mâle vole avec légèreté, sans secousse, monte 
quelquefois presque verticalement dans les airs en battant vivement des 
ailes, et relevant beaucoup sa queue; il paraît alors plutôt un papillon 
qu'un oiseau. Quand il est à trente-six pieds de hauteur, il se laisse tom- 
ber obliquement pour se poser sur quelque plante. Les mâles ne s'élèvent 
ni ne s'éloignent pas beaucoup. Les campagnes voisines des eaux sont les 

. •■ 

■ J'ai donné , dans cet ouvrage , cet oiseau pour le type d'un nouveau genre , d'après 
la description qu'on a publiée de Azara; mais depuis , l'ayant vu en nature, je me suis 
assuré que c'était un vrai moucherolle , et qu'on devait le classer dans celte division et 
en faire une section particulière , d'après la forme de sa queue. 

G-4LEKIE DES OISEAUX. II'' PAR TIE. ^ 38 



212 MTOUCHEROLLES. 

lieux qu'ils préfèrent; ils n'entrent point dans les bois, et ils ne se per- 
chent que sur les joncs et les plantes aquatiques ; jamais sur les arbres et 
les buissons. Ils se jettent sur les insectes qui passent près d'eux; mais pour 
l'ordinaire, ils les prennent à terre. Lorsqu'ils sont effrayés, ou qu'ils veu- 
lent dormir, ils se cachent si bien sous les plantes, qu'il est impossible 
de les en faire sortir. 

Le Gallito, ajoute M. de Azara, à qui nous devons la connaissance de cet 
oiseau et du précédent, n'est ni farouche ni inquiet, et quoique deux mâles 
se trouvent rarement plus rapprochés de six cents pieds, il est assez or- 
dinaire de rencontrer deux et jusqu'à six femelles presque ensemble; cela 
vient de ce que levu- iiombre est au moins double de celui des mâles. C'est 
un attribut particulier. à cette espèce de tenir toujours la queue verticale 
comme celle du coq. On la trouve dans l'Amérique australe. 

Le mâle a le front marbré de blanc et de noir; les côtés de la tête, et 
les parties inférieures, de couleur blanche avec les extrémités des pennes 
noirâtres, ainsi que l'extérieur des jambes ; un dëmi-coUier, au bas du de- 
vant du cou, d'un noir profond; le dos et le croupion cendi'és; les plumes 
scapuiaires, le pli et les petites couvertures du dessus de l'aile d'un beau 
blanc; les grandes couvertures et les pennes noirâtres avec une l^ordure 
blanche; le tarse noir, l'iris brun, le bec olivâtre et noir à sa pointe. Lon- 
guevir totale, 5 pouces 1/2. 

La femelle, qui est plus petite que le mâle, a les côtés de la tête et le 
dessous du corps d'un blanc moins pur; les plumes du dessus de la tête et 
du cou d'un brun noirâtre , bordé d'une teinte plus claire; le dessus du 
corps d'un brun roussâtre ; toutes les couvertures supérieures et les pennes 
des ailes noirâtres et bordées finement de blanchâtre; les pennes de la 
queue ne diffèrent point de celles de la queue du inâle; mais elles se plient 
en deux parties, et forment en dessus un angle obtus, ou un enfoncement, 
et l'oiseau ne les relève jamais au-dessus du croupion. Quelques femelles 
sont en dessous d\in" blanc moins sale , ont la gorge brune et les autres 
teintes moins vives. 



TYRA3VS. 2l3 

.«^"^■^ DIVISION. TYRAN, Tjrannus. 

Bec robuste, allongé, garni de soies à sa base, déprimé sur toute sa 
longueur; mandibule supérieure convexe, échancrée et crocbue vers le_ 
bout; l'inférieure droite, plus courte, un peu applatie en dessous, retrous- 
sée et aigûe à son extrémité. PI. L, n" 3. 

Narines rondes, ouvertes, situées près du capistrum. 

Langue plate, étroite, lacérée à sa pointe. 

Bouche ample. 

Tarses nus, annales. 

Doigt intermédiaire j réuni avec l'externe à sa base, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes ; première , deuxième , troisième rémiges , les plus lon- 
gues de toutes chez les uns ; troisième et quatrième chez les autres. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division contient dix-huit espèces environ, qui ne se trouvent 
qu'en Amérique. Le nom de tyran leur a été imposé par Buffon , pour les 
distinguer des autres muscivores, qu'elles surpassent par la grosseur, le 
courage , la force et la méchanceté. Elles se rapprochent des pie-grièches , 
parmi lesquelles des auteurs en ont classé le plus grand nombre, par leur 
naturel audacieux et querelleur; mais elles en" diffèrent par la conforma- 
tion de leur bec, qui, chez celles-ci, est comprimé latéralement, tandis que 
chez elles il est déprimé dans toute sa longneur. Il a beaucoup plus d'ana- 
logie avec celui des moucherolles , et surtout des platyrliynques, puisqu'il 
y a des tyrans qui l'ont d'une grande largeur; tels sont des tictivies , des 
titiris, etc. (^J^oj-ez le bec du prenïier, pi. i des Ois. de l'Am. Septent., 
n° 1 6. ) Il est peu d'oiseaux d'une moyenne taille qui montrent un courage 
et une intrépidité aussi remarquables que ceux-ci. Ce sont des gardiens 
utiles qui veillent sans cesse à la si:ireté de la volaille, en faisant une guerre 
continuelle aux éperviers , aux cresserelles , et à des acclpitres encore plus 
forts; ils les attaquent avec courage, et les combattent avec une telle opi- 
niâtreté, qu'ils les forcent de s'éloigner des habitations , surtout lorsqu'ils 



2i4 TYRANS. 

ont leur femelle et leurs petits à défendre. La plupart construisent leur nid 
sur les branches, et quelques-uns dans un trou d'arbre. La ponte est de 
quatre ou cinq œufs. 

LE TYRAN INTRÉPIDE, ouPIPIRI, Tjrannus intrepidus. 

PI. CXXXIII. 

Corpore supi'à nigrescente^griseo ; suhtus albo-cinereo ; vertice au- 
rantio et nigro. (Mas.) 

Corpore supràjuscesccnte ; vertice fere omnino nigro. 

Femina. T^ertice nigrescente, sinejlavo (junior). 

Tyrant of Carolina, Catesby y car. i , p. B5,pl. 55. 

Tyran de la Caroline, Biijf. Hist. nat. des ois. , tom. 4 , pag. 577 ^ 
pi. enl., 11° 676, sous le nom de gobe-mouche de la Caroline. 

Tyran de k Louisiane, idem , pag. 579, pi. enl., n° 676, sous le nom 
de gobe-mouche de la Louisiane. 

Tyrannus Carolinensis , Var. b. , Linn., Gm. , Sjst. nat. , édit. ï3 , 
n° i3. Idem, Ludovicianus 3 var. s. 

Tyrannus cinereus, var. b. Lath. index , Ji° 53. 

Tyrannus plumbeus, var. c. Idem., 11° 53. 

Louisiana tyrant, Lath. Synopsis, tom. i , pag. 186, Ji° 37, var. c. 

Caroline tyrant, idem. var. b. 

Tyran pipiri, Vieillot , Hist. nat. des Ois. de V Am. sept., tom. i , 
pag. 73 , pi. 44. 

Parmi les tyrans, celui-ci est i-emai-quable par son intrépidité; rien 
ne lui en impose, lorsqu'il a ses petits à défendre; l'aigle lui-même fuit à 
son approche '.; il menace même l'homme par ses cris , dès que sa pré- 

■ J'en ai vu un, dit Catesby, qui s'attacha sur le dos d'un aigle , et le persécutait de 
manière que celui-ci se renversait sur le dos , tâchait de s'en délivrer par les différentes 
postures où il se mettait en l'air, et enfin fut obligé de s^arrêter sur le haut d'un arbre 
voisin , jusqu'à ce que le petit tjran fût las , et jugea a propos de le quitter. 



TYRANS. 2l5 

sence lui porte ombrage; il ose même l'attaquer s'il cherche à lui enlever 
sa jeune famille. Son attachement est tel pour elle, qu'il ne balance pas à 
combattre les corbeaux et d'autres oiseaux de proie, s'ils s'arrêtent près' 
de son nid, et même à une certaine distance de son domicile : aussitôt 
qu'il les aperçoit, il vole à leur rencontre, les poursuit avec une audace 
et une intrépidité dignes d'être citées. Il déploie alors l'art de voler dans 
toutes ses combinaisons : si son adversaire évite sa fureur et l'impétuosité 
de son attaque par un vol sinueux, ou à raz de terre, le pipiri, toujours 
maître du sien , en change la direction , et profite de la flexibilité de ses 
mouvemens pour le frapper aux yeux. Si, au contraire, son antagoniste 
cherche au haut des airs un abri contre ses coups, il le pince sous les ailes, 
le harcelle de toute manière , et le fatigue par une lutte si violente , qu'il 
le force d'abandonner le champ de bataille, et de s'enfuir au loin. Dès 
que son ennemi a disparu, le vainqueur revient à son nid, et annonce à 
sa compagne, par une trépidation d'ailes, son triomphe et sa joie. 

La saison des amours est la seule où les grands oiseaux peuvent lui en 
imposer; car, dès qu'il n'a plus de famille à défendre, il est presque aussi 
timide que les petits volatiles. Cet ennemi des abeilles leur fait une guerre 
à outrance, et ne recule devant elles que lorsqu'elles l'attaquent en masse. 

On rencontre cette espèce dans l'Amérique , depuis le Mexique jusqu'au 
nord des États-Unis. Elle arrive dans les provinces du centre, au mois 
d'avril, par petites troupes de dix à quinze, et y porte le nom de king 
bird (oiseau roi). Elle construit son nid sur les arbres de moyenne hau- 
teur, en compose l'extérieur avec des branches sèches, de petites racines, 
et en tapisse l'intérieur de laine et de bourre. La ponte est de trois à cinq 
œufs d'une couleur blanchâtre , mouchetée de brun , de pourpre foncé et 
rayée de noir vers le gros bout. Les petits naissent couverts d'un duvet 
grisâtre. 

Le mâle a les plumes du sommet de la tête longues , orangées avec leur 
extrémité noire ; la première couleur n'est apparente que quand il les re- 
lève en forme de huppe ; le reste de cette partie , le dessus du cou et du 
corps, les couvertures supérieures des ailes et de la queue sont d'un gris 
noirâtre, plus foncé sur les rémiges et sur les rectrices, qui sont termi- 



2l6 BÉCARDES. 

nées de blanc; la gorge et toutes les parties postérieures sont d'un gris- 
blanc; l'iris, le bec et les pieds noirs. Longueur totale, 7 pouces 2 lignes. 
La femelle en diffère en ce que ses parties supérieures sont brunâtres , 
que la couleur orangée de la tête est plus pâle et beaucoup moins éten- 
due. Les jeunes n'ont pas, avant la mue , de jaune à la tête, et la couleur 
du dessus du corps est d'une lauance moins sombre. Le tyran de la Loui- 
siane est un individu d'un âge très-avancé, et n'est pas, ainsi que le pré- 
cédent, une variété du tyran matinal, ou titiri, comme l'ont pensé Latham 
et Gmélin, 

^ème DIVISION. BÉCARDE, Titjra. 

Bec rond et glabre à sa base, l'obuste, épais, droit; peu déprimé, con- 
vexe en dessus et en dessous ; mandibule supérieure échaijcrée , et un peu 
courbée vers le bout ; l'inférieure entaillée , retroussée et acuminée à sa 
pointe. PI. L, n" 4- 

Narines ovales. 

Langue large , courte , lacérée à son extrémité. 

Bouche ample, ciliée. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intérmédiaire-xkwm à la base avec l'externe , totalement séparé 
de l'intei^ne. 

Ailes moyennes ; première et deuxième rémiges les plus longues de 
toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Des quati'e espèces de cette division , nous n'en avons vu qu'une seule 
en nature ; les trois autres y ont été classées par provision , d'après les des- 
■ criptions qu'en a faites M. de Azara. Elles ont des rapports avec les tyrans 
et les pies-griècbes , ce qui a sans doute déterminé les auteurs à les classer 
dans le groupe de ces dernières. Cependant elles n'en ont pas les carac- 
tères, ce dont on peut s'assurer en comparant le bec des uns et des autres. 
(^KojezV\. L, n" 4 et n» 5). Elles en diffèrent encore par un corps plus 



BECARDES. 2ïy 

frapu, plus épais et plus long; ce qui les rapproche des tyrans avec les- 
quels elles ont encore de l'analogie dans leurs habitudes et leurs mœurs. 
J'ai distrait de leur division la bécarde à ventre jaune de Buffon, qui 
est un tyran y et en double emploi , sous le nom de garlu, et sa bécarde 
à ventre blanc , ou le vanga 3 dont j'avais d'abord fait un grouppe par- 
ticulier, mais qu'ayant mieux examinée, j'ai placée dans celui des bataras. 
Quant à la bécarde tachetée , ce n'est point une espèce distincte de celle 
qui suit , mais sa femelle ou un jeune. 

LA BÉCARDE GRISE , Tityra cinerea. 

PI. CXXXIV. 

Cinerea j capite ^ remigihus , primoribus rectricibusque nigris. Mas. 
Varia. Femina aut. junior. 

Pie-grièche cendrée de Cayenne, Briss. Ornith. , tom. a. , pag. i58j 
pi. ili,fig. I. 

Pie-grièche tachetée de Cayenne, idem, pag. 160 , pi. x!\,Jig. 2. 

La bécarde, BujJ. , tom i 3 pag. 5ii 3 pi. enl. , n° 3o4j sous le nom 
àe pie-grièche grise de Cajenne (mdXe). 

La pie-grièche tachetée de Cayenne ^ idem , pi. enl. 3 n° '^']'] 3 femelle 
ou jeune. 

Lanius Cayanus, Linn. 3 Gm. Sjst. nat.3 édit. i3^ n" 20. 

Nœvius, var. b. Idem 3 Lath. index 3 n° [\J , et var. h. 

Cayenne Shrike, Lath. Synopsis 3 tom. i 3 pag. 181 _, «041 ^^ ^'^f- ^■ 

Quoique cette espèce ne soit pas rare à Cayenne, nous n'en connais- 
sons que l'extérieur. Le mâle a la tête , le dessus des pennes alaires , et la 
queue noirs ; le dessus du cou , le dos , le croupion , le dessous du corps 
et des ailes d'un cendré clair -, le bec d'abord rouge et ensuite noir ; les 
pieds cendrés; les ongles noirâtres. Longueur totale, 8 pouces. L'individu, 
que nous croyons être la femelle ou un jeune , diffère du précédent en ce 
qu'il est tacheté longitudinalement de noir sur le milieu de chaque plume 
des parties inférieures. 



ai8 PIE-GRIÈCHES. 

12^'"*^ FAMILLE. COLLURIOKS, CoIIuriones. 

Pieds médiocres , un peu grêles. 

Tarses annelés. 

Quatre doigts , trois devant , un derrière; extérieurs réunis à la base, 
quelquefois jusqu'au milieu; postérieur grèle. 

Bec un peu robuste , convexe , comprimé par les côtés , denté ou échan- 
cré; souvent crochu vers le bout de sa partie supérieure; retroussé, très- 
aigu et quelquefois entaillé à l'extrémité de l'inférieure. 

!"•= DIVISION. PIE-GRIÈCïIE, /.«RiW. 

Bec robuste , médiocre , garni de soies sur les cotés , convexe en dessus , 
comprimé latéralement; mandibule supérieure crochue et dentée vers le 
bout ; l'inférieure plus courte , retroussée et très-aigiie à sa pointe. PI. L, n» 5 . 

Narines rondes , petites et situées près des plumes du capistrum. 

Langue courte , triangulaire , lacérée à sa pointe. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni avec l'externe à sa base , et totalement sé- 
paré de l'interne. 

Ailes courtes , à penne bâtarde courte ; deuxième et troisième rémiges 
les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division, qui n'est, selon nous, composée que de quarante-quatre 
espèces , en contient un plus grand nombre dans Latham et Gmelin ; mais 
nous avons dii en retrancher quelques-unes , puisqu'elles nous y ont paru 
déplacées ; tels sont àesdrongos, des tyrans, àes bataras j les laugraiens 
les gonoleks, qui tous forment des grouppes particuliers et distincts. 

On trouve des pie-grièches sur tout le globe , et partout elles ont à peu 
près les mêmes mœurs, les mêmes habitudes et le même genre de vie; 
toutes sont armées d'un bec fort et crochu; ont un caractère fier, cour^'^ 



PIE-GRIÈCHES. 219 

geux , et un appétit sanguinaire : elles présentent beaucoup d'affinité avec 
.les accipitres; naturellement intrépides, elles se défendent avec vigueur, 
et osent même attaquer des oiseaux beaucoup plus forts et beaucoup plus 
grands qu'elles, les poursuivre à outrance, s'ils osent approcher de leur 
nid; il suffit même qu'ils passent à leur' portée; le mâle et la femelle se 
réunissent alors , vont au-devant , les attaquent à grands cris , les chassent 
avec une telle fureur qu'ils fuient souvent sans oser revenir. Les Pie- 
grièches se nourrissent d'insectes , povirsuivent au vol les petits oiseaux et 
les dévorent s'ils sont pris au lacet. Lorsqu'elles en saisissent, elles ouvrent 
d'abord le crâne , avalent la cervelle , et les déchirent ensuite par lambeaux. 
Elles nichent sur les arbres moyens, et le plus souvent dans les grands 
buissons. Leur ponte est de quatre à six œufs. 

LA PIE-GRIÈCHE A DOS ROUX, Lanius pjrrhonotus. 

PI. cxxxv. 

Fronte 3 mjstacibus , alis cauddque nigris ; dor si parte inferiore , 
uropjgio rufis ; guttiire , collo anteriori albis. 

Chez cette espèce, qu'on trouve dans plusieurs parties des Grandes- 
Indes, le front, 'le tour des yeux, les moustaches, les ailes et la queue sont 
d'un beau noir; le reste de la tête, le dessus du cou, et le haut du dos, 
d'un gris bleuâtre, varié de quelques traits noirs sur la première partie; le 
bas du dos , le croupion et les couvertures de la queue roux ; cette temte 
est très-claire'^ur la poitrine et les flancs ; la gorge , le devant du cou , le 
milieu du ventre, l'extrémité de toutes les rectrices latérales, la base de 
plusieurs rémiges primaires sont blancs ; le bec et les pieds noirs ; la queue 
est très-étagée. Longueur totale, 8 pouces. De ma collection. 



GiLERIE DES OISEAUX. II' PARTIE. SQ 



220 SPAKACTES, 

^ème DIVISION. SPARACTE, Sparactes. 

Bec très-robuste, garni à sa base de soies dirigées en avant, convexe 
en dessus; mandibule supérieure échancrée en forme de dent et crochue 
vers le bout; l'inférieure déprimée large, plus courte, entière, obtuse. 
PI. M, n» 4. 

Narines ovales, à demi couvertes par les soies. 
• Langue courte , triangulaire , lacérée à sa pointe. 

Tarses robustes, nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni avec l'externe à sa base, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes ; première rémige courte ; troisième et quatrième les 
plus longues de toutes. . ' 

Queue à dix rectrices. 

LE SPARACTE HUPPÉ , Sparactes cristata. 
PI. CXXXVI. 

Cris ta i corpore supra nigrisj guld rubrd; ui-opjgio , tectrecibus 
caudœ superioribus virescente-Jlavis. 

Le bec de fer, le vaillant , ois. d' Afrique , pi. 79. 

\Aem..,,Sonnini , Edit. de Buffon , tom. ^Q , pag. 7g. 

Le sparacte huppé, deuxième édit. du Nouv, Dict. d'Hist. nat.y 
tom.Zi , pag. 526. 

On soupçonne que cette espèce se trouve dans les îles de la mer du 
Sud. Sa huppe est composée de plumes étroites, inégales, et dont les' plus 
grandes ont près de quatre pouces de longueur , et sont creusées en gout- 
tière; sa couleur est d'un noir pur, de même que celle qui domine sur 
tout son plumage. Les plumes de la gorge sont roides, dures , et d'un rouge 
vif, entremêlé sur le bas de cette partie de quelques traits jaunes; une 



FALCONELLES. 221 

large bande de cette couleur, flambée de quelques lignes rouges sur le 
milieu, et pointillée de noir sur les côtés, traverse le inilieu du corps; le 
croupion et les couveitures supérieures de la queue sont d'un jaune ver- 
dâtre ; les pennes moyennes des ailes blanches sur leur bord extérieur , ce 
• qui donne lieu à des lignes de cette couleur sur celles-ci , pour peu qu'elles se 
déploient ; le bec est d'un gris de fer ; les pieds sont d'un bleu clair , et les 
ongles noirs. La taille de cet oiseau est celle du merle; mais son corps est 
plus gros et plus ramassé. 

3""^ DIVISION. FALCONELLE, Falcunculus. 

Bec court , robuste , très-comprimé latéralement , un peu arqué ; man- 
dibule supérieure dentée et crochue vers le bout; l'inférieure plus courte, 
à pointe retroussée et acuminée. PI. L , n"* 6. 

Narines rondes , latérales , situées près des plumes du capistrum. 

Langue courte , triangulaire , lacérée à son extrémité. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes ; première rémige la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

La seule espèce qui compose cette division se trouve à la nouvelle 
Hollande. C'est à quoi se borne jusqu'à présent sa partie historique. 

LA FALCONELLE A FRONT BLANC , Falcunculus 

Jrontatus. 

PI. CXXXVII. 

Cristatus ; Jiiscus ; suhtus Jlavus ; capite colloque nigris ; laterihus 

Tjitis duabus. albis. 

Lanius frontatus , Lath. Lidex , suppl. , n° 8. . 

Frontal shrike , idem. Synopsis, deuxième suppl. , pag. ^5 , n° il\, 
pi. 111. 



322 LANIONS. 

La falconelle à front blanc , deuxième édit. dû Nouveau Dict. d'Hisl. 
nat., tom. ii ^ pag. l\[\. 

Cet oiseau a deux bandes blanches sur les côtés de la tête , qui , dans 
le reste , est noire , ainsi que le cou ; l'une des bandes part de l'œil , et s'é- 
tend vers l'occiput; l'autre est en avant de l'œil, passe sur le front, et 
descend sur les côtés de la gorge; les joues sont noires; le corps est d'un 
joli vert-olive en dessus , et d'un beau jaune en dessous ; les ailes et la 
queue sont brunes ; celle-ci a son extrémité blanche ; le bec est noir , et le 
tarse brun. 

4^-"^ DIVISION. LANION, Lanio. 

Bec robuste, comprimé latéralement, caréné en dessus, rétréci vers 
le bout; mandibule supérieure évasée vers son extrémité, munie dans 
son milieu et sur cTiaque bord d'une dent tronquée; l'inférieure plus 
courte, à pointe échancrée, aiguë et retroussée. PI. L, n° 7. 

Narines rondes, bordées d'une membrane , ouvertes, situées près des 
plumes du capistrum. 

Langue... 

Bouche ciliée. 

Tai'ses nus, annelés. 

'Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes ; première rémige plus courte xjue la sixième, troi- 
sième et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue a douze rectrices. 

Cette division n'est composée que de deux espèces dont on ne connaît 
pas les habitudes naturelles. Elles se trouvent dans l'Amérique méridionale , 
au Bcésil et à la Guiane. 



.BATARAS. daS 

LE LANION MORDORÉ, Lanio atricapillus. 
PI. cxxxvm. 

Ruhescente-i'ufus ; capite^ ' alis caudâque nigris. Mas. rufus. Femina. 

Tangara mordoré, Buff., Hist. nat. des Ois., toni. [\,pag. i\b -, pi. 
enl. , 11° 8o<^, Jig. 2 , sous le nom de Tangara jaune à tête noire. 

Tanagra atricapilla, Linn. gm. sjst. nat. édit. i3, n° 43; idem Lath. 
index, 7i° i3. " • 

Black-Headed tanager, Lath., Synopsis, tom. o.,pag. 224, n° i3. 

La tête du mâle est d'un beau noir lustré, de même que les ailes et la 
queue; le corps d'une belle couleur mordorée, plus foncée sur le devant du 
cou et sur la poitrine; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, 
7 pouces. La femelle est rousse et n'a nulle trace de noir dans son plumage. 

5^"" DIVISION. BATARA, Tamnophilus . 

Bec convexe, tendu, crochu à la pointe; mandibule supérieure com- 
primée sur les côtés, dentée ou échancrée vers le bout, l'inférieure sou- 
vent renfléeen dessous, entaillée, retroussée et aiguë à l'extrémité. PI. L , n° 8. 

Narines ovales, ouvertes, situées près du capistrum. 

Langue un peu épaisse , bifide à la pointe. 

Bouche ciliée; 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire uni à l'externe presque jusqu'au milieu , et avec 
l'interne à la base chez la plupart. • 

Ailes courtes, arrondies, à penne bâtarde courte; troisième, quatrième 
et cinquième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue a. douze rectrices, le plus souvent étagées. 

Cette division est composée de trente individus , mais je ne puis assurer 
qu'ils constituent tous des espèces distinctes, attendu qu'on ne connaît 



224 BATAKAS.. 

que la dépouille de la plupart. Au reste , o"n pouri'ait diviser leur groupe 
par sections, d'après la conformation du bec, qui est, chez les uns, très- 
robuste et renflé en dessus; moins fort et peu bombé cheiz d'autres, et 
très-grêle chez quelques-uns. Parmi ceux-ci on remarque le Batara à calotte 
noire (^Latiius ater^ Lath.) Le Batara coraya (^Turdus coraja, id. ) Le 
Batara à front roux {Turdus rufifrons, id.) Le Batara grisin (Sjlvia gri- 
sea, id.), etc. , qui tous sont indiqués par une étoile dans la deuxième édit. 
du iiouv. Diction, d'histoire naturelle. 

Le plus grand nombre des Bataras se trouve en Amérique, mais seide- 
ment depuis les Florides jusqu'au Paraguay inclusivement; le reste habite 
l'Afrique, et partout ils ont le même genre de vie. Tous se plaisent dans 
les halliers les plus épais et les plus fourrés, où ne pénètrent jamais direc- 
tement les rayons du soleil, ni les eaux de la pluie. On ne les rencontre 
point dans les buissons desséchés ou isolés, et ils ne sortent de leur re- 
traite que le- Haatin et le soir. Alors même ils ne se posent que sur des 
branches basses, de sorte qu'à peine ils s'élèvent à quelques pieds au-des- 
sus du sol. On ne les voit point dans les grandes forêts , à moins qu'il n'y 
ait des broussailles épaisses; ils évitent également les campagnes et les 
lieux découverts, ne se réunissent que par paires, et se nourrissent d'in- 
sectes qu'ils saisissent dans les halliers ou à terre. Ces oiseaux sont séden- 
taires , volent peu , et seulement pour passer d'un buisson à un autre ; ils 
sont peu farouches , et se tiennent communément dans les broussailles des 
cantons cultivés et des enclos. Le cri de la plupart est fort et s'entend de 
très-loin , mais ils se taisent dans toute saison qui n'est pas celle des amours. 

Beaucoup ont de graiids rapports avec les Fourmiliers dans leurs mœurs 
et dans leurs habitudes; aussi M. de Azara , à qui nous devons des détails 
intéi-essans sur les Bataras , me paraît très-fondé à les rapprocher les uns 
des autres. Ils en ont aussi , par leur extérieur, avec- les Pie-grièches , par- 
mi lesquelles plusieurs ont été classés. Si on veut comparer le genre de vie 
des Pie-grièches, des Bataras et des Fourmiliers, qu'on suppose qu'ils vi- 
vent dans le même canton, et même que chaque genre se trouve dans le 
même buisson, on verra toujours les premiers sur le sommet, les seconds 
au centre et les derniers au pied.. 



PILLURIONS. 220 

LE BATARA BLANCHOT, Tamnophilus olivaceus. 

PL CXXXIX. 

Capite virescente-cinereo ; corpore suprà olivaceo, subtùs /Icwo ; 
tectiicibus alarumjlavo maculatis. 

La Pie-grièche blanchot , Levaillant; Hist. nat. des Ois. d'Afrique, 
pi. i85. 

Idem, deuxième édit. du nouv. Dict. d'hist. nat., toin. iS,pag. i35. 

Cette espèce, qu'on trouve au Sénégal et dans d'autres parties de l'A- 
frique, a le dessus de la tête d'un gris bleuâtre; les lorums blancs; le tour 
de l'œil, toutes les parties inférieures jaunes; des taches de cette couleur 
sur les couvertures des ailes et à l'extrémité de la queue; le dessus du 
corps d'un vert olive ; les rémiges noirâtres et finement frangées de jaune 
à l'extérieur; le bec et les pieds couleur de plomb. Longueur totale, dix 
pouces et demi. 

6^^' DIVISION. PILLURION, Cissopis. 

Bec court, robuste, bombé dessus et dessous, un peu comprimé vers 
le bout ; mandibule supérieure échancrée et courbée à sa pointe ; l'infé- 
rieure plus courte , droite. PI. L , n° g. 

Narines orbiculaires , ouvertes. 

Langue 

Bouche ciliée sur les angles. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base , totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes courtes ; troisième et quatrième rémiges les plus longues de 
toutes. 

Queue à douze rectrices. % ■ ■ ' ■ 

La seule espèce, que renferme cette division, se trouve au Brésil. On 
ne connaît que son extérieur. Combien d'autres sont encore dans le même 



.^26 PILLLRIONS. 

cas et qui y seront encore long-temps , si l'on continue d'envoyer à grands 
frais des naturalistes auxquels on ne donne d'autre mission que de recueil- 
lir des dépouilles d'animaux , qui en conséquence ne s'occupent nullement 
de nous faire coimaître leurs mœurs , leurs habitudes , leur genre de vie , 
et qui souvent ne peuvent nous donner des renseignemens certains sur ce 
qui distingue le vieux de l'adulte , la femelle du mâle et le jeune de tous 
les trois ! Ce n'est pas ainsi que se sont comportés les Levaillant , les de 
Azara , les Wilson , etc. ; mais ces excellens observateurs voyageaient à 
leurs frais ; pourquoi ceux qu'on paie , qu'on décore, et auxquels on accorde 
des pensions, en agissent-ils autrement, quoique tout le monde convienne 
que l'histoire des animaux est la partie la plus intéressante , et pour le vé- 
ritable naturaliste et pour les gens du monde? Il semble qu'on ne vise qu'à 
plaire aux curieux en entassant les animaux dans une collection , comme 
dans un magasin de pelleteries. Hélas ! combien d'auteurs veulent passer 
pour d'illustres savans , parce qu'ils ont trouvé dans cette foule et décrit un 
individu- inédit ! 

LE PILLURION BICOLOR, Cissopis hicolor, 

PI. CXL. 

Corpore alho nigroque vario; rectiicibus laieralihiis apice albis. 

Lanius picatus, Lath. index ^ n° 20. Idem Suppl., n° 3. 

Lanius leverianus. Mus. Leu., pag. 241, pi- Sg. 

Corvus coUurio, Daudiiij Ornith., tom. 'i.,png. i[\Ç). 

Magpie Shrike, Lath. Sjnopsis, tom. i,pag. 192, n° 49- 

Idem Suppl. i,pag. 54, idem Suppl. 2, pag. 70, n" 3. 

Pie Pie-grièche, Levaillant, Ois. d'Afrique, pag. 33, pi. 60. 

Pillurion bicolor, deuxième édit. du nouv. Dict. d' hist. nat., tom. 26, 
pag.l^i'j. ■ ■ 

Chez cet oiseau, la queue est longtife et étagée ; les plumes du haut de la 
poitrine sont allongées , étroites et pointues ; le bec , les pieds , la tête , le 
cou , la poitrine ; les grandes couvertures supérieures des ailes, toutes leurs 



BROJNGOS. 227 

pennes et celles de la queue d'un noir lustré ; le dos , les petites rectrices 
alaires , le bord des rémiges secondaires , le ventre, les parties postérieures 
et l'extrémité de toutes les rectrices latérales d'un blanc pur. Longueur to- 
tale, 9 pouces. Cette espèce se trouve au Brésil et très-rarement à la 
Guiane. 

7^'"'= DIVISION. DRONGO, Dicrurus. 

Bec garni à sa base de. soies dirigées en avant, assez robuste, un peu 
comprimé latéralement ; mandibule supérieure un peu, carénée en dessus , 
échancrée et crochue vers le bout ; l'inférieure retroussée et acuminée à la 
pointe. PI. L, n° 12. 

Naiines oblongues , grandes et couvertes par des soies. 

Langue 

TVz/'^e^ nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base et séparé de l'in- 
terne. 

Ailes à penne bâtarde très-courte ; deuxième , troisième et quatrième 
rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à dix rectrices, fourchue. 

Gmelin et Latham ont dispersé les neuf espèces de cette division dans 
leurs genres Corbeau, Pie-grièche et Gobe-mouche j on en trouve même 
encore un dans celui du Coucou fCuculus paradiseus.J Les Drongos , 
que M. Levaillant a observés en Afrique , vivent en société et se rassem- 
blent au déclin du jour; ils sont très-turbulens, jettent des cris perçans; se 
nourrissent d'insectes et principalement d'abeilles , ce qui les a fait nom- 
mer par les colons du cap bey-vreter (mangeurs d'abeilles ) , et par ceux qui 
sont témoins de leur réunion nocturne , sans en savoir la cause , dej-wels 
voogel ( oiseaux diaboliques. ) Ils nichent sur les arbres, et leur ponte est 
ordinairement de cinq œufs. On trouve aussi des Drongos dans diverses 
parties de l'Inde, qui, ayant les mêmes caractères extérieurs dfe ceux d'A- 
frique , doivent avoir les mêmes habitudes naturelles. 

GALEIUE DES OISEALX. //' P AFvTIE. 3o 



^a8 DRONGOS. 

LE DRONGO HUPPÉ, Dicrurus cristatus. 
PI. CXLI. 

Cristd frontali erectâ; corpore nigro-viridi. Mas. 

Cris ta et magnitudine hreviorihus. Femina. 

Alis caudâque nigrescente-fuscis j tectricibus caudœ inferlorihus 
albis; capite coiporeque nigro-giiseis. Junior.. 

Le grand -Gobe-mouche noir huppé de Madagascar , Briss., Ornith., 
tom. i^pag. 388, n° \&, pi. 3'],Jig. l\. 

Le Drongo, Biiff., Hist. nat. des Ois., tom. 4, pag- 586, pi. enl., 
n" 189, sous Ip nom de Gobe-mouche huppé de Madagascar. 

Lanius forficatus , Linn. Giii. Sjst. nat., édit. i3, /i° i. Idem, Lath. 
index, n° i. 

Fork-Tailled crested shrike, Lath. Sjnopsis, tom. i, pag. i58, Ji° i. 

Chez cette espèce , qu'on rencontre à Madagascar et au cap de Bonne- 
Espérance , le mâle a un chant fort et soutenu ; mais il ne le fait entendre 
que dans la saison des amours. Elle poursuit les abeilles , principalement 
le soir, après le coucher du soleil et le matin avant son lever. Pour cet ef- 
fet, ces Drongos se tiennent en petites bandes, se rangent le long des bois 
et s'y perchent sur un arbre mort et isolé, d'où ils s'élancent après leur 
proie, comme font les Tyrans et les Gobe-mouches. Ils jettent alors un cri 
qui exprime très-bien pia-griach griach. Il y en a quelquefois vingt à 
trente sur le même arbre, qui, dans leur chasse, se croisent en tous sens. 

Le mâle est généralement d'un noir changeant en vert , avec de longues 
plumes très-étroites, sur le sinciput , immédiatement au-dessus de l'origine 
de la mandibule supérieure ; ces plumes s'élèvent perpendiculairement, se 
courbent en devant et lui font une espèce de huppe ; le bec et les pieds sont 
noirs. Longueur totale, 10 pouces. 

La femelle se distingue par une taille moindre et une aigrette plus courte. 
Le jeune est d'un noir brun sur les ailes et la queue ; d'un noir glacé de 
gris sur le reste du plumage avec du blanc sur les couvertures inférieures 



BAGADAIS. 22Q 

de la queue. La jeune femelle n'a point de huppe apparente. Celle des 
jeunes mâles n'a que huit à dix lignes de long , tandis que chez les oiseaux 
adultes , il en est qui ont une aigrette longue d'un povxce huit lignes. 

8^'"" DIVISION. BAGADAIS, Prionops. 

Bec garni à sa base de plumes dirigées en avant , tendu , très-compri- 
mé par les côtés ; mandibule supérieure échancrée et crochue vers le bout ; 
l'inférieure retroussée et amincie à la pointe. PI. M, n° i. 

Narines oblongues cachées sous les plumes du capistrum. 

Langue.... 

Paupières bordées de plumes disposées en forme de dentelures. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base et totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes , à penne bâtarde allongée ; troisième rémige la plus 
longue de toutes. 

Çiiewe à lo rectrices. 

La seule espèce qui compose cette division se trouve au Sénégal , où 
elle se nourrit d'insectes et de vers, qu'elle cherche, à ce qu'on soupçonne , 
dans les terrains humides. 

LE BAGADAIS GEOFFROY, Prionops Geofroii. 

PL CXLIL 

Cristây collo, gulâ, pectore ventreque albis; occipite, aurium pcn- 
nis griseis; dorso et uropygio nigrescentihus ; caudâ nigrd et albd. 

Le Geoffroy, Levaillant, Hist. nat. des Ois. d' Afrique j pi. 80. 

Le Bagadais Geoffroy, deuxième édit. du nouv. DiCt. .d' Hist. nat., 
tom. 'i>,pag. 145. 

Cet oiseau a la huppe, les plumes du capistrum, une partie des joues , 
le cou, la gorge, la poitrine , les parties postérieures , une bande longitudi- 



2jo GONOLEKS. 

iiale sur l'aile , le milieu intérieur de ses pennes , la rectrice la plus exté- 
rieure de chaque côté , le bout des autres d'un beau blanc ; le bas et les 
côtés de l'occiput, et les plumes des oreilles , d'une coideur gris de fer ; le 
dos, le croupion, les ailes et. la queue noirs ; le bec de cette couleur ; les 
paupières, les pieds et les ongles jaunes. Longeur totale, 8 pouces \j[\. 

gème j)jyisio]y, GONOLER, Laiiiarius . 

Bec nu à la base, peu robuste, convexe en dessus, droit, un peu compri- 
mé latéralement ; mandibule supérieure échancrée et crochue vers le bout ; 
l'inférieure plus courte, retroussée et aiguë à la pointe. Pi. M, n° 2. 

Narines oblongues , covivertes d'une membrane. 

Langue.... 

Bouche ciliée. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne. 

^iles moyennes, à penne bâtarde courte; deuxième rémige la plus 
longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Des six espèces de cette division, les unes se trouvent en Afrique et les 
autres dans les Grandes-Indes; quelques-unes ont été présentées comme des 
Merles et d'autres pour des Pie-grièclies; cependant nous croyons qu'on 
peut en faire une division particulière et distincte. 

LE GONOLER VERT A COLLIER, Laniarius viridis. 

PI. CXLIII. 

Olivaceo -viridis ; f route Jlavd ; guld rubrâ; caudâ nigrescentc- 
fuscd. 

Le Merle vert à collier de Congo, Sonnini, édit. de Buff., torii. 46, 
pag. 207. 



LAIVGKAIENS. 23 1 

Le Gonolek vert à collier, deuxième édit. dunouv. Dict. d'hist. nat., 
iom. i'i,pag. 3oo. 

Nous devons la connaissance de cette belle espèce au naturaliste Perreiu, 
qui l'a trouvée dans le royaume de Congo et de Cacongo. Elle se tient dans 
les bois les plus fourrés, à la cime des plus grands arbres, où le mâle 
fait entendre vm sifflet fort, qui a quelque rapport avec celui de la caille 
d'Europe. On l'approche difficilement , si on n'imite sa voix; car il est d'un 
naturel sauvage et très-défiant. Les baies sont sa nourriture principale. 

Ce Gonolek a le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion, les plu- 
mes scapulaires , les couvertures supérieures des ailes et de la queue d'un 
vert-olive , plus clair sur le ventre ; le front jaune ; la gorge d'un très-beau 
rouge , entouré d'une bandelette noire, qui part de l'angle du bec , et forme 
sur la poitrine une sorte de hausse-col, lequel est bordé sur les côtés de 
jaune et de rouge vif, et dont la partie inférieure est de la dernière couleur, 
qui alors prend une nuance marron. Les pennes de la queue sont d'un 
brun noirâtre; celles des ailes pareilles au dos, en dehors; l'iris est jaune; 
le bec noir; le tarse brun. Longueur totale, 8 pouces. 

lo^"'' DIVISION. LANGRAIEN, Artamus. 

Bec glabre à sa base, très-lisse, longicône, arrondi, assez robuste, con- 
vexe en dessus, un peu comprimé latéralement, vers le bout; mandibule 
supérieure un peu fléchie en arc et échancrée à sa pointe; l'inférieure ai- 
guë et presque retroussée à son extrémité. Pi. M, n° 3. 

Narines petites , oblongues. 

Langue 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à sa base , totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes longues, pointues, à penne bâtarde très-courte; première et 
deuxième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices.. 

Cette division renferme six espèces, dont les unes se trouvent en Afri- 



232 CHANTEURS. 

que j d'autres dans les Grandes-Indes et une aux terres australes. Ces oi- 
seaux , à ailes longues et dépassant quelquefois la queue , ont le vol de l'hi- 
rondelle, et, comme celle-ci, volent rapidement et continuellement à la 
poursuite des insectes ailés, qui paraissent être leur principale nourriture; 
ils ont , suivant Sonnerai , le courage des Pie-grièches , et ils osent même 
attaquer les corbeaux. 

LE LANGRAIEN A CROUPION BLANC, Artamus 

leucorhjnchos . 

PI. CXLV. 

Nigrescens-; rostro, pcctore, ahdoinineque albis. 

La Pie-grièclie de Manille , #rà5.j Ornitli., tom. i, pag. i?>o^ n° ly, 
pi. i8, flg. 2. 

Le Laugraien, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. i"', pag. 3io, pi. 
enl., 11° Qyjig- i", sous le nom de Pie-grièche de Manille. 

Lanius leucorhynchos , Linn., Gm., Sfst. nat., édit. i3, n° 28. 

Idem, Latli. index, n° 38. 

White bellied shi'ike, Lath., Synopsis, tom. i^^pag. 181 ,n° 33. 

La tête, la gorge, le cou, le dos, les couvertures supérieures des ailesn 
leurs pennes, et celles de la queue sont d'un gris d'ardoise très-sombre; 
les iorums noirs ; le croupion , les couvertures supérieures de la queue , la 
poitrine et les parties postérieures d'un beau blanc; le bec est d'un gris 
blanchâtre ; le tarse noirâtre. Longueur totale , 7 pouces. Cette espèce se 
trouve à Manille. 

13^'°'' FAMILLE. CHANTEURS, Ccmori. 

Pieds médiocres ou un peu allongés. 

Jambes totalement emplumées, très-rarement en partie nues. 
Taracs annelés , glabres. 

Doigts extérieurs quelquefois réunis jusqu'au milieu, ordinairement à 
la base seule ; pouce épaté. 



merles: 233 

Bec médiocre, presque droit, comprimé par les côtés, subulé, quelque- 
fois entier ou dentelé; mandibule supérieure le plus souvent écliancrée, à 
pointe courbée ou seulement fléchie; l'inférieure entière, retroussée à son 
extrémité chez quelques-uns , droite chez quelques autres. 

I-- DIVISION. MERLE ou GRIVE, Turdus. 

Bec à base glabre ou emplumée, aussi large que haute, ensuite compri- 
mé latéralement, plus ou moins robuste, convexe en dessus; mandibule 
supérieure échancrée et courbée vers sa pointe; l'inférieure droite et en- 
tière. PI. M, n° 5. 

Narines ovales, couvertes d'une membrane, situées vers l'origine du 
bec. 

Langue cartilagineuse, fendue à son extrémité. 

Bouche ciliée chez les uns, glabre chez les autres. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes., à penne bâtarde, le plus souvent très-courte; pçer 
• raière et deuxième rémiges chez les uns; deuxième et troisième chez d'au- 
tres; troisième, quatrième et cinquième chez quelques-uns, les plus lon- 
gues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division,' composée au moins de cent soixante espèces, est sus- 
ceptible de deux sections.' Dans la première se trouvent celles qui ont les. 
narines découvertes; et dans la deuxième, celles qui les ont cachées sous 
les plumes du capistruni; on pourrait encore en faire une troisième avec 
les Merles dont la base de la mandibule supérieure s'avance en angle aigu 
dans les plumes du front. 

On doit penser que parmi un si grand nombre d'oiseaux décrits sous 
les noms de Grive et de Merle, l'instinct, les habitudes, les mœurs présen- 
tent des dissemblances frappantes; en effet il en est, comme ces espèces 
d'Afrique, que M. Levaillant a fait connaître sous la dénomination de 



a34 MERLES^ 

Choucador, de Vert-doré, àe Nabirop, etc. qui ont, ainsi que le Merle 
rose, une grande analogie dans leurs habitudes avec les Étourneaux. Si 
nous observons les autres espèces , nous en voyons qui vivent isolés ou par 
couples peiidant toute l'année ; tandis que d'autres se réunissent à l'arrière 
saison en troupes, et d'autres seulement en familles. Toutes vivent d'in- 
sectes, de vers et un grand nombre y joint les baies et les fruits. Les mêmes 
endroits ne leur conviennent pas pour nicher; les uns placent leur nid 
presqu'à terre dans les broussailles, d'autres au centre d'un buisson épais, 
plus ou moins élevé, d'autres sur les arbres. Le Merle de roche l'attache au 
plafond d'une caverne; le Merle rose le cache dans les rochers, ainsi que 
plusieurs espèces étrangères; les Merles bleus et solitaires le construisent 
quelquefois à la cime des édifices les plus élevés, et quelques-uns enfin le 
suspendent entre les roseaux. 

J'ai déjà dit, et je le répète, que les Turdus et les Sjlvia, ou les Mo- 
tacilla de Linnée présentent dans leurs attributs génériques une telle ana- 
logie qu'il n'est guère possible de tracer entre eux une ligne de démarca- 
tion; aussi des ornithologistes ont-ils classé parmi les premiers des espèces 
que d'autres rangent avec les derniers; par exemple le Turdus coronalus 
de Latham est dans Gmelin un Motacûla, et le Turdus trichas de celui- 
ci est un Sjlvia de Latham. Depuis peuM. Cuvier vient encore de déplacer 
la Rousserolle f Turdus arundinaccusj , pour la classer dans les Bec-fins 
Fauvettes. 

A. Narines découvertes. 
LE MERLE LESCHENAULT, Turdus Les chenaulti. 

PI. CXLVL 

T erticc, dorso posteriorc, uropjgio , caudœ apice al bis ; colla 
alisque nigris. 

Le Merle Leschenault. Deuxième édit. du nouv. Dict. d'hist. nat., 
tom. 10, pag. aôg. 



MERLES. 23^ 

Cet oiseau, dont nous devons la connaissance à M. Leschenault qui l'a 
trouvé dans ses voyages aux Grandes-Indes, a le dessus de la tête, le ven- 
tre, les parties postérieures, le bas du dos, le croupion, une partie des 
couvertures supérieures de l'aile, les deux pennes de la queue les plus ex- 
térieures et l'extrémité de toutes les autres d'un beau blanc ; le reste du 
plumage et le bec noir; les pieds couleur de chair, une taille svelte, la 
queue très-longue et très-étagée. Longueur totale, g pouces et demi. 

B. Narines couvertes par les plumes du capistrum. 
LE MERLE ÉCLATANT, Turdus splendens. 

Vertice colloque superiore smaragdinis ; gulâ , pectore et ventre 
cupreo-viridihus ; tectricibus alaruni minoribus cœruleis; vittd remi- 
gum albd. 

L'Eclatant, Levaillant, Ois. d' Afrique ^ pi. 85. 

L'Étoumeau éclatant, Buff., édit. de Sonnini, tom. l^S, pag. qo. 

'LeM.erleécXiLta^ntjdeuxièmeédit. dunouv. Dict. d'hist. nat., ton\. 20, 
pag. 260. 

Le nom que M. Levaillant a imposé à cet oiseau lui convient sous tous 
les rapports ; en effet, les couleurs les plus riches, les reflets les plus brillans 
régnent sur son plumage. Un beau vert d'émeraude domine sur le dessus de 
la tête et du cou; il est terminé sur le bas de la dernière partie par un 
pourpre doré qui s'étend un peu sur les plumes scapulaires ; celles-ci sont 
d'un vert cuivreux, ainsi que la gorge, la poitrine et le ventre; un beau 
bleu d'acier poli règne sur les petites couvertures des ailes et celles du 
dessus de la queue ; un vert pointillé d'or brille sur les grandes tectrices ; 
la queue est d'un vert canard, à reflets pourpres et violets; une barre 
blanche coupe le vert changeant des rémiges ; le bec et les pieds sont noirs ; 
taille du Merle commun. M. Levaillant soupçonne que cette espèce se trouve 
en Afrique. 

GALERIE DES OISEAUX. 77' PARTIE. Sf 



236 ESCLAVES. 

. 2^""= DIVISION. ESCLAVE, Dulus. 

Bec un peu robuste, convexe en dessus, comprimé latéralement ; man- 
dibule supérieure un peu arquée, échancrée vers le bout ; l'inférieure droite. 
PLM,n"'6. 

Narines arrondies, nues. 

Langue cartilagineuse , bifide à sa pointe. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à sa base, totalement séparé 
de l'intei'ne. 

Ailes moyennes , à penne bâtarde courte ; deuxième et troisième ré- 
miges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Tous les auteurs ont classé l'espèce qui constitue cette division parmi les 
Tangaras, à l'exception de M. Desmarets , qui l'en exclut avec l'aison; mais 
il s'est mépris en la présentant comme un Gobe-mouche ; sans doute qu'il ne 
l'a pas vue en nature, car ce naturaliste judicieux, dont les travaux annon- 
cent une étude réfléchie, aurait pris une autre détermination. Il y a encore lui 
grand nombre d'oiseaux qui sont classés mal à propos dans ce genre, puis- 
qu'ils ont le bec autrement conformé que les vrais Tangaras ; c'est au point 
qu'on ne les y chercherait certainement pas , si on n'avait pour guide que les 
caractères désignés par les méthodistes pour signaler ce groupe. 

Le nom , que j'ai conservé à l'espèce de cet article , est celui que les ha- 
bitans de Saint-Domingue lui ont imposé , parce qu'elle montre pour le pal- 
miste une préférence marquée ; en effet , on la trouve sur cet arbre pendant 
presque toute l'année, et elle n'y souffre aucun autre oiseau que le Carouge 
esclave; cependant elle rencontre quelquefois dans un Troupiale noir un ri- 
val redoutable qui la chasse de son domicile , s'empare de son nid, détruit 
sa couvée , et ne lui permet plus d'y résider. 



ESCLAVES. '23» 

L'ESCLAVE DES PALMIERS, Dulus palmarum. 

M.CXLVII. 

S upr à J'use us, viridi-olii'aceo mutans; subtus alhus 3 fiisco macu- 
latus. 

Le Tangara de Saint-Domingue, Briss., Ornith., tom. 'à , pag. 37, 
no 11, pi. ■i,fig. 4. 

L'Esclave, Biuff'., Hist. nat. des Ois., tom. [\,pag. 0.QZ , pi. enl., 
Ji° i56,Jig. 2; sous le nom de Tangara de Saint-Domingue. 

Tanagra dominica, Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3, n° 16. Idem, 
Lath., index, n° 16. 

S. Domingo Tanager, Lath., Synopsis, tom. o., pag. 226, /i» 17. 

Comme chez nos Moineaux, dans la saison des amours, les mâles se 
disputent les femelles avec acharnement, et jettent alors des cris analo- 
gues. Leur ramage est presque nul, et leur cri est très-aigu, quand ils- 
sont inquiétés. L'instinct de ces oiseaux est si social , que plusieurs cou- 
ples font leur nid sur le même palmiste , et le construisent sur les petites 
tiges qui servent de support à la graine. Ils les placent très-près les uns 
des autres , et les nouveaux sur les anciens , de sorte que ces nids contigus 
et composés de bûchettes à l'extérieur, étant réunis à ces tiges, forment, 
autour de l'arbre, un cercle qui ne présente qu'une masse de petites 
branches serrées et liées avec tant d'industrie qu'il est très-difficile de les 
détruire , et si épaisse que le gros plomb ne peut la traverser. L'intérieur 
est garni de plantes soyeuses et du chevelu des racines. La femelle s'oc- 
cupe seule de sa construction ; le mâle l'accompagne dans toutes les 
courses qu'exige la recherche des matériaux et veille à sa siireté , quand 
elle couve. 

L'im et l'autre portent un plumage pareil. La tête, le dessus du cou et 
du corps , les ailes et la queue sont d'un brun à reflets vert-olives , plus 
prononcés sur le croupion que sur les autres parties ; la dernière couleur 
sert de bordure extérieure aux couvertures supérieures des ailes, de leurs 



238 SPHÉCOTHÈRES. 

pennes et de celles de la queue; la gorge, le devant du cou et les parties 
postérieures sont blancs et tachetés de brun ; les taches occupent le mi- 
lieu de la plume dans toute l'étendue de sa tige ; le bec est d'un gris 
brun ; les pieds sont d'un gris clair. Longueur totale , 6 pouces. 

3'""^ DIVISION. SPHÉCOTHÈRE, Sphecothera. 

Bec glabre et droit à sa base, épais, robuste, entier, convexe en des- 
sus ; mandibule supérieure fléchie vers le bout ; inférieure plus courte. 
PI. M, no 7. 

Narines orbicu:laires , ouvertes, situées près du front. 

Langue... 

Orbites nues. 

Tarses glabres , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes; première, deuxième rémiges à peu près égales et les 
plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

On ne connaît que la dépouille de l'espèce dont se compose cette divi- 
sion. Elle a été apportée de l'Australasie. 

LE SPHÉCOTHÈRE VERT, Sphecothera virescens. 

PI. CXLVIII. 

Virescens; suhtus Jiavescenle-viridis ; capite nigro. 

Le Sphécothère vert, deuxième édit. du nouv. Dict. d'iust. nal., 
tom. 3a, pag. 5. 

La tête, le bec et les pieds de cet oiseau sont noirs; le dessus du cou, 
le manteau et toutes les autres parties supérieures verdâtres; toutes les 
inférieures d'un vert jaunâtre. Longueur totale, g pouces environ. 



MARTINS. aSg 

^ème DIVISION. MARTIN, Acridotheres. 

Bec droit, tendu, convexe en dessus, comprimé latéralement; mandi- 
bule supérieure à pointe un peu déprimée : inclinée, ou entière, ou 
échancrée; l'inférieure plus courte, droite. PI. M, n° 8. 

Narines oblongues , couvertes d'une membrane. 

hangue cartilagineuse , fourchue à la pointe. 

Tête en partie ou seulement les orbites dénuées de plumes. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes; deuxième, ti'oisième, quatrième rémiges les plus 
longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division contient dix espèces , qui se trouvent en Afrique et dans 
les Grandes-Indes. Elles ont de l'analogie, par quelques attributs, avec 
les Merles j et seulement dans les habitudes avec les Ktourneaux; mais 
ce qui les distingue des premiers, c'est d'avoir une partie de la tête ou 
seulement les orbites dénuées de plumes ; le bec tendu et plus comprimé 
latéralement. 

Parmi ces oiseaux il en est dont l'histoire semble être liée avec celle de 
l'homme; telle est celle du Martin proprement, dit. D'un appétit très- 
glouton , les Martins font une guerre cruelle à tous les insectes , qu'ils 
vont même chercher jusque sur le dos des bestiaux; à leur défaut, ils vi- 
vent de fruits et mangent même quelquefois les petits mammifères, tels que 
souris et rats ; mais les Sauterelles n'ont pas d'ennemis plus redoutables , ce 
qui doit rendre ces oiseaux très-précieux pour les pays sujets à être rava- 
gés par ces insectes. Presque tous ont un chant remarquable ; quelques- 
uns apprennent facilement à parler , et sont très-recherchés pour la cage. 
Les uns nichent sur les arbres, d'autres dans des trous de muraille. 



24o MANORINES. 

LE MARTIN BRAME, Acridotheres pagodamm. 

PL CXLIX. 

Cnstatus ; griseus ; cupite, corpore subtiis , i-emigibus caudâque 
nigris; abdoniine albo lineato; crisso albo. 

Le Martin hracme, Sonnerai, J^ojag. ind., tom. i^pag. 189. 

Turdus pagodarum, Lath. index, n° 20. 

Pagoda thrush , idem. Synopsis, tom. i,pag. 3o, n° 20. 

Le Martin brame, deuxième édit. du iiouv. Dict. d'hist. nat., tom. ig, 
pag. 390. 

On trouve cette espèce au Malabar et au Coromandel , où elle porte le 
nom de Povie ou Pove. Comme on la voit presque toujours sur les tours des 
pagodes , les Européens lui ont donné celui de Brame. On la nourrit en cage 
à cause de son chant. 

Les plumes de la tête sont longues, étroites, pointues, noires à reflets 
violets , et présentent la forme d'une huppe que l'oiseau redresse à volonté. 
Celles de la gorge, du cou, de la poitrine , du ventre sont longues , déliées, 
terminées en pointe et d'un jaune roussâtre , avec un trait blanc sur cha- 
cune ; cette couleur couvre les plumes des jambes, celles du dessous de la 
queue et une partie des pennes ; tout le dessus du corps est gris ; les rémi- 
ges et les rectrices sont noires en dessus et brunes en dessous ; le bec est noir, 
l'iris bleu ; les pieds et les ongles sont jaunes. Taille de l'Étourneau. On re- 
marque de la variation dans le plumage de ces Martins, car il en est qui 
ont le dos et les ailes d'un gris bleu; le cou en entier et le dessous du corps 
d'un roux brunâtre; tandis que chez d'autres le cou et la poitrine sont 
d'un roux plein ; le dos , les ailes et la queue d'un gris clair. 

4^™'= DIVISION. MANORINE, itf««orzW. 

Bec court , un peu grêle , à base garnie, sur les côtés, de petites plumes 
dirigées en avant et couvrant l'origine des narines , anguleux en dessus , 



MANORINES. 24l 

très-comprimé latéralement, entier, pointu ; mandibule supérieure un peu 
arquée du milieu à la pointe, et couvrant les bords de l'inférieure ; celle-ci 
plus courte et droite. PI. M, n° 9. 

Narines amples, occupant en longueur la moitié de la mandibule su- 
périeure, s'étendantde l'arête jusqu'aux bords du bec, élargies à la base, 
finissant un peu en pointe, couvertes d'une membrane, à ouverture li- 
néaire située au-dessous. 

Langue... 

Œil entouré d'une peau nue. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts antérieurs grêles ; l'intermédiaire soudé avec l'externe à la base , 
totalement séparé de l'interne ; postérieur très-épais et plus long que les 
latéraux. 

Ailes à penne bâtarde allongée , large et pointue ; première rémige plus 
courte que la sixième ; deuxième et quatrième égales ; troisième la plus 
longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Ongles crochus , étroits , aigus ; postérieur le plus fort et le plus long de 
tous. 

La seule espèce que renferme cette division se trouve à la Nouvelle- 
Hollande ; elle est placée avec les Martins au Muséum d'histoire naturelle ; 
que l'on compare les caractères de ces deux divisions et on s'assurera si elle 
est à la place qui lui convient? 

LA MANORINE VERTE, Manorina viridis. 

PI. CL. 

Oli^aceo-a)iridis; loris Jlavis; mystacihus duobus nigris. Mas. 
Loris viridibus; mjstacibus nullis. Femma. 

Manovineyerte, deuxième édit. du noui^. Dict. d'hist.nat., toni. ig, 
pag. 236. 

Le mâle de cette espèce est généralement d'un vert olive , tirant un peu au 



2^2 GEALLI^ES^ 

javme sur les parties inférieures , foncé sur les couvertures supérieures et le 
bord interne des pennes alaires ; les plumes des côtés du capistrum et qui 
s'avancent sur les narines sont noires ; les loriuns d'un jaune comme velouté ; 
deux moustaches noires partent de la mandibule inférieure et descendent sur 
les côtés de la gorge ; le bec et les pieds sont jaunes. Longueur totale , 
5 pouces lo lignes. La femelle diffère du mâle en ce qu'elle n'a point de 
moustaches, que les lorums, etc. sont verts , et que son plumage est d'une 
nuance terne et assez vmiforme. 

5^""^ DIVISION. GRALLINE, Grallina. 

Bec grêle , droit , un peu cylindrique , convexe en dessus ; mandibule su- 
périeure échancrée et courbée vers le bout ; l'inférieure entière. 

Narines rondes. 

Langue... 

Tarses allongés , nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne. 

Ongles antérieurs très-petits , grêles ; postérieur robuste et Irès- 
crochu. 

_^i7e.? allongées, à penne bâtarde courte; deuxième et troisième rémiges 
les plus longues de toutes. 

Queue médiocre , à douze rectrices. 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce qui se trouve en Aus^ 
tralasie , et dont on ne connaît que la dépouille. 

LA GRALLINE NOIRE et BLANCHE, Grallina 

Melanoleuca. 

PI. CLL 

Superciliis, pectore, ventre^ uropjgio caudâque partim albis; gut^. 
ture., collo anteriori, alis nigris. Mas. Fronte guldgue albis. fem'msi,. 



AGUASSIÈRES, -xl^ 

La Graline noire et blanche, deuxième édit. du nom'. Dict. dhls. 
nat., tom. !?> , pag. [\oi. 

Le mâle de cette espèce a les sourcils , les côtés de la gorge et du cou , 
la poitrine , les parties postérieures , le bas du dos , le croupion , la plus 
grande partie des pennes caudales et une bande longitudinale sur chaque 
aile d'un beau blanc ; cette bande , part de sa partie antérieure et s'étend 
presque jusqu'à l'extrémité de ses pennes intermédiaires ; le reste du plu- 
mage et les pieds sont noirs ; le bec est de cette couleur vers son extrémité 
et blanchâtre dans le reste. La femelle en diffère principalement en ce qu'elle 
a la gorge et le front blancs. 

^èn,e DIVISION. AGUASSIÈRE, Hjdrohata. 

Bec grêle, emplumé et arrondi à sa base, droit, finement dentelé sur 
les bords, un peu comprimé et fléchi à son extrémité. PI. M, n° lo. 

Narines oblongues, concaves, couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse , fourchue à la pointe. 

Genoux nus. 

Tarses hauts , glabres , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes courtes, arrondies, à penne bâtarde très-courte; deuxième ré- 
mige la plus longue de toutes. 

Queue plus courte que le pied, à douze rectficés. 

La seule espèce , que cette division renferme , a été classée par Latham 
avec les Turdus, et par Gmelin avec les Sturnus; mais n'ayant point les 
caractères génériques de ces deux genres, et en possédant qui lui sont par- 
ticuliers, constans, et qui sont étrangers à toute autre division générique, 
j'ai cru devoir l'isoler génériquement. 

Le nom français que j'ai imposé à cet oiseau est celui qu'il porte dans 
les Pyrénées, lequel est tiré de sa manière de vivre; en effet, il se plaît 
dans les eaux vives et courantes dont la chute est rapide et le lit entre- 
coupé de pierres , de morceaux de roche ou couvert de gravier. Peu d'oi- 

&ALEKIE DES OISEAUX. // PAR TIE. 32 



^A/. AGUASSIÈRES. 

seaux offrent dans leur histoire autant de faits curieux , et aussi singuliers 
que celui-ci. Consultez ci-après sa partie historique. 

L'AGUASSIÈRE A GORGE BLANCHE, Hjdrobata 

alhicolliis. 

PI. CLII. 

Nigrescens; guld albd; ahdomlne ferrugineo. Mas. Cinereo-fus- 
ca; abdomine rufescente.Y&svimA. Fulvescente-fusca; abdomine albido. 
Junior. 

Le Merle d'eau, Briss., Ornith.j tom. B , pag. aSa, n° ig. 

Idem, Buff., Hist. iiat. des Ois., totn. %., pag. i?)[\, pi. enl. 940. 

Sturnus cinclus, Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3, n° 5. 

Turdus cinclus, haili.y Index, n° Sy. 

Water-ouzel, Idem, Sfiiopsis, tom. i,pag. 48, n° 5o. 

Tous les oiseaux à pieds palmés nagent ou plongent dans l'eau ; ceux à 
longues jambes ne s'y tiennent qu'autant que leur corps n'y trempe point; 
celui-ci a seul la faculté de s'y promener au fond comme les autres sur la 
terre, d'y marcher d'un pas compté, soit en suivant la pente du lit, soit 
en le traversant d'un bord à l'autre. Dès que l'eau est au-dessus de ses 
genoux , il déploie ses ailes , les laisse pendantes et les agite alors comme 
s'il tremblait, se submerge jusqu'au cou , et ensuite par-dessus la tête , qu'il 
porte sur le même plan que s'il était en l'air , descend au fond , va et re- 
vient sur ses pas , le parcourt en tous sens , tout en gobant les chevrettes 
d'eau douce , et d'autres insectes aquatiques, dont il fait sa principale nour- 
riture. On a remarqué que l'eau est pour cet oiseau un élément aussi na- 
turel que l'air; qu'il n'hésite ni se détourne pour y entrer; et quêtant 
qu'on l'aperçoit au fond, il paraît comme revêtu d'une couche d'air qui 
le rend brillant et semblable aux Ditiques et aux Hydrophiles, qui sont 
toujours dans l'eau au milieu d'une bulle d'air. Les plumes de l'Aguassière 
ont la même conformation que celles du Canard , c'est-à-dire qu'elles sont 
enduites d'une espèce de graisse qui empêche l'eau de les imprégner; en 



BRÈVES. 245, 

effet, comme le dit Sonnini, si on le plonge dans un vase rempli d'eau, il 
en sort parfaitement sec, et on voit les gouttes d'eau rouler en globules 
sur les plumes et tomber sans les mouiller. 

C'est en volant fort vite en droite ligne et en rasant la surface de l'eau , 
comme le Martin-pêcheur, qu'il fait entendre, surtout au printemps, un 
petit cri. D'un caractère solitaire, on voit le mâle toujours seul, si ce n'est 
dans le temps des amours oii il est accompagné de sa femelle. Celle-ci 
cache son nid avec beaucoup de soin , le plus souvent près des routes 
et des usines construites sur les ruisseaux, le compose de mousse et le 
voûte en haut en forme de four. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs d'un 
blanc laiteux, longs d'un pouce, ayant six lignes de diamètre au gros 
bout et se terminant en pointe très-sensible. 

On rencontre cette espèce dans les Pyrénées , les Alpes , en Angleterre , 
en Suède, en Hollande, dans le Jutland, aux îles Feroë, en Russie, en 
Sibérie et même au Ramtschatka. On la trouve aussi en Espagne , en Ita- 
lie, en Sardaigne, etc. Elle se tient partout aux sources des rivières et des 
ruisseaux qui tombent des rochers ; mais elle ne peut s'accommoder des eaux 
troubles ni d'un fond de vase. 

Le mâle a la tête et le dessus du cou , jusqu'aux épaules, d'un cendré 
noir; le dos, le croupion, les ailes et la queue d'un cendré ardoisé; la 
gorge, le devant du cou et la poitrine blancs; le ventre ferrugineux; le 
bec et les pieds noirs. Longueur totale, 7 pouces 1/2. La femelle est d'un 
cendré brun sur la tête et le dessus du cou, moins blanche sur la poi- 
trine, et roussâtre sur les parties postérieures. Le jeune en diffère par son 
plumage supérieur d'un brun un peu fauve , et en ce que sa couleur blanche 
est sale. 

gème DIVISION. BRÈVE, Pitta. 

Bec épais à la base, robuste, droit, convexe en dessus, comprimé par 
les côtés , pointu ; mandibule supérieure échancrée et inclinée vers le bout , 
l'inférieure entière à pointe droite. Pi. M, n" 11. 

Narines oblongues, garnies de petites plumes à leur origine. 



246 BRÈVES. 

Langue... 

Tarses havits , nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes allongées; première, deuxième et troisième rémiges graduelles et 
les plus longues de toutes. 

Queue très-courte, à douze rectrices. 

Selon les ornitologistes , ce genre n'est composé tout au plus que de 
trois espèces , les autres Brèves n'étant présentées que comme des variétés. 
Mais ne connaissant point leur partie historique , peut-on assurer que ces 
déterminations soient bien réelles ? surtout ne pouvant pas même dire si les 
dissemblances qu'on remarque dans leur vêtement, sont des attributs 
sexuels ou les effets de l'âge plus ou moins avancé : il faut cependant en 
excepter celle dont nous publions la figure, dont la femelle et le jeune ne 
sont connus que depuis quelques années , et qu'on n'aui'ait pas dû présenter 
comme un Turdus, genre dans lequel Brisson a classé les Brèves , qui 
néanmoins s'en rapprochent beaucoup plus que des Corvus, parmi les- 
quels Gmelin et Latham les ont placées. 

LA BRÈVE AZURINE, Pitta cjcnwra. 
PI. GLIII. 

Spadicea; subtils cœrulea etjlavis striis transversisj alternis va- 
ria; vertice ad nuchani usque, remigilnis etfasciâ oculari nigris; al- 
téra aurantid, fascid pectorali et caudd cuneifoimi cœruleis. Mas. 

J^ertice, corpore suprà cauddrjue Jïiscis; superciliis rufis; fascid 
collariy augustissimd, nigrdj ahdomine nigro rufoque transversirn 
striato. Femina. Junior. 

L'Azurin, Buff., Hist. nat. des Ois., toni. 3, pag. 41O5 pl- ^nl. 
n° 355, sous le nojn de Merle de la Guiane. 

Turdus cyanurus , Linn., Gm., Syst. nat., édit. i3, n° 99, idem, 
hath.. Index, n° ia8. 



GRALLARIES. a4'y 

Blue tailled ihrnsh, Lath.., Synopsis ^ tom. i, pag. 88, /i° lai. 

Le nom imposé à cette espèce , qu'on ne trouve point à Cayenne comme 
le dit Buffon, mais bien dans les Indes orientales, vient d'une grande 
plaque bleu d'azur qui couvre la poitrine du mâle. Des raies transver- 
sales de la même couleur sont dessinées sur le ventre qui est jaune ainsi 
que toutes les parties inférieures , à l'exception du plastron bleu. Des ban- 
des d'un jaune orangé et d'autres d'un beau noir velouté occupent en en- 
tier le dessous et les côtés de la tête et du cou ; les sourcils son jaunes ; le 
dessus du corps est d'un brun rougedtre ; les ailes sont noires avec une 
bande blanche et dentelée profondément ; la queue est bleue ; le bec et les 
pieds sont bruns. Longueur totale, 8 pouces environ. 

La femelle diffère du mâle en ce qu'elle a les sourcils roux ; un collier 
noir très-étroit sur le devant du cou ; les parties inférieures rayées en tra- 
vers de noir et de roux ; le sommet de la tête , la queue et le dessus du 
corps bruns. Le jeune lui ressemble. 

Qème DiyjsioN. GRALLARIE, Grallaria. 

Bec droit, garni de petites soies à sa base, un peu fort, convexe en 
dessus, à dos un peu caréné, comprimé par les côtés; mandibule supé- 
rieure échancrée et courbée vers le bout ; l'inférieure entière. 

Narines larges, ouvertes, à demi cachées par les plumes du ca- 
pistrum. 

Langue épaisse , courte , bifide à la pointe. 

Jambes glabres sur leur partie inférieure. 

Tarses élevés, nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes courtes, arrondies; première rémige courte; quatrième et cin- 
quième les plus longues de toutes. 

Oueue très-courte , à douze rectrices. 

La seule espèce que renferme cette division, est distraite de la famille 
des Fourmiliers et du genre .des Turdus, d'après plusieurs caractères 



248 GRALLARIES. 

qui lui sont particuliers, comme d'avoir les jambes nues sur leur partie 
inférieure, les tarses longs proportionnellement à sa taille, etc. Elle ha- 
bite dans les forêts de la Guiane et du Brésil, et se perche très-rare- 
ment; elle fait son nid dans les buissons; sa ponte est de deux ou trois 
œufs. 

LA GRALLARIE BRUNE, GraUariafusca. 
PI. CLIV. 

Rufo-J'usca; subtus dilutior; occipite plumbeo; fronte alho fuscocjue 
varia. 

Le Roi des Fourmiliers , Bujf., Hist. nat. des Ois., tom. 4 , pag- 4^8, 
pi. enl. 11° 702. 

Turdus rex, hinii., Gm., Syst. nat,, édit. i3, 7z° 100. 

Turdus Grallaria, Z^a^A.j Index, n° 129. 

Ringthrush, Idem, Sjnopsis, tom. 1 , pag. 89, n° \ii. 

Quoique Buffon ait rangé cet oiseau parmi les Fourmiliers, il avoue 
qu'il ne serait guère possible de le reconnaître à la seule inspection pour 
un de ces oiseaux; car, ajoute-t-il, il a le bec d'une grosseur et d'vme 
forme différentes de celles du bec de tous les autres Fourmiliers ; et en 
diffère encore par ses jambes à demi nues et la hauteur de ses pieds ; ce- 
pendant il s'en rapproche par sa queue très-courte , et par plusieurs ha- 
bitudes communes avec ces mêmes oiseaux. 

On ne voit jamais la Grallarie en troupes et très-rarement par paires ; 
et comme elle est presque toujours seule parmi les autres Fourmiliers qui 
sont en nombre, et qu'elle est plus grande qu'eux, on lui a donné le nom 
de Roi. Elle se tient presque toujours à terre; et elle est beaucoup moins 
vive que les autres qui l'environnent en sautillant. Elle fréquente les mêmes 
lieux, et se nourrit d'insectes, surtout de Fourmis. 

Les dimensions en grandeur et les nuances des couleurs sont sujettes 
à varier dans les différens individus ; car il- y en a dont les couleurs sont 



FOURMILIERS. 249 

plus OU moins tranchantes, comme aussi de plus et de moins grands, quoi- 
qu'adultes , que celui dont nous publions la figure. 

Il a 7 pouces ifi de longueur totale ; la queue longue de i4 lignes; les 
pieds de 2 pouces; les ailes, dans l'état de repos, aboutissent à l'extré- 
mité de la queue. Les parties supérieures sont d'une couleur mêlée de 
brun et de roux, qui présente des nuances différentes sur le cou, le dos 
et les ailes ; deux petites bandes blanches descendent des coins du bec ; la 
poitrine porte une tache de la même couleur ; cette partie , la gorge et le 
devant du cou sont roussâtres; le ventre est d'un blanc légèrement teint 
de roux; le bec et les pieds sont bruns. La femelle diffère du mâle par 
plus de grosseur. 

10^""= DIVISION. FOURMILIER, Mjrmothera. 

Bec. plus haut que large à sa base , droit , un peu fort , convexe en des- 
sus; mandibule supérieure échancrée et crochue vers le bout; l'inférieure 
entaillée et retroussée à sa pointe. PI. M, n° 12. 

Narines étroites et couvertes d'une membrane. 

Langue courte, terminée par de petites soies. 

Tarses élevés , nus , réticulés. 

Doigt intermédiaire joint à l'externe presque jusqu'au milieu , et avec 
l'interne à la base ; postérieur plus long que celui-ci. 

Ongle du pouce plus long et plus crochu que les antérieurs. 

Ailes courtes; première rémige la plus courte de toutes; quatrième et 
cinquième les plus longues. 

Queue très-courte, à douze rectrices. 

Cette division contient environ seize espèces ; cependant comme le plu- 
mage est très-variable dans la plupart, et souvent dans la même; je ne 
puis assurer si parmi elles il ne se trouve pas de doubles emplois, atten- 
du que je n'ai pour guide que leur dépouille. 

C'est d'après Sonnini , le seul naturaliste qui ait observé la plupart de 
ces oiseaux dans les forêts de la Guiane que nous allons entrer dans les 
détails qu'exige leur partie historique. Les Fourmiliers vivent, générale- 



aSo FOURMILIEES. 

ment parlant , en petites troupes , se nourrissent principalement de Four- 
mis, qui sont en quantité prodigieuse dans les terres chaudes et humides 
de cette partie de l'Amérique méridionale. Nulle part sur le globe il 
n'existe un plus grand nombre de ces insectes que dans ces contrées ; nulle 
part aussi plus d'espèces d'animaux ne sont destinées à s'en nourrir. Ils 
sont, pour quelques-unes de ces espèces , non-seulement uiie -pâture de 
prédilection, mais encore un aliment nécessaire et exclusif. Les quadru- 
pèdes auxquels on a donné, par cette raison, le nom de Fourmiliers, 
n'en ont pas d'autre, et il en est de même des oiseaux dont il est ici 
question. 

Une pareille nourriture n'exige pas un fréquent exercice de vol ; il suf- 
fit, pour la trouver, de voltiger d'une fourmilière à une autre. Aussi les 
oiseaux fourmiliers se tiennent presque toujours à terre ; ils y courent 
avec légèreté, et s'ils la quittent, ce n'est que pour sauter sur quelques 
branches des buissons ou des arbres pjeu élevés sur lesquels ils passent la 
nuit. Ils y attachent aussi leur nid, tissu d'herbes sèches assez grossière- 
ment entrelacées et de forme hémisphérique. La ponte est ordinairement 
de trois ou quatre œufs, à peu près ronds. La structure des parties qui 
servent au mécanisme du vol dans les oiseaux ; répond , dans ceux-ci, à leur 
genre de vie. Ils ont les ailes et la queue très-courtes, et par conséquent, 
fort peu propres à les élever dans les airs; mais en même temps leurs pieds 
sont longs et disposés pour la course , il ne leur en fallait pas davantage. 

CjCS oiseaux sont vifs et agiles, on les voit presque toujours en mou- 
vement, mais toujours fort lom des lieux habités, où ils ne rencontre- 
raient pas l'abondance des insectes dont ils composent leur subsistance. 
Leur naturel est social ; ils se réunissent, non-seulement en petites troupes 
de la même espèce , mais encore d'espèces différentes ; et leur plumage 
généralement sans éclat, paraît se ressentir de ce mélange; car il est rare 
de trouver , surtout dans les petites, des individus qui se ressemblent 
parfaitement. 

Parmi ces espèces, que l'on connaît à la Guiane sous la dénomination 
de Petites Perdrix, et que les naturels du pays appellent Pfl'///.'o///-.Sj il en 
est qui sont très-remarquables par leur ramage. Le Fourmilier dit le 



FOURMILIERS- ' aS 



I 



grand Béfroj ('Tu7'dus Tinnicusy Lath. ), donne l'alarme et semble 
avertir l'homme de se tenir sans cesse sur ses gardes au milieu des dan- 
gers qui l'environnent dans les vastes forêts de la Guiane. Cet oiseau les 
fait retentir de sons graves, mais éclatans et précipités, qui paraissent 
être ceux d'une cloche sur laquelle on frappe rapidement. Les Fourmiliers 
carillonneurs fTui'dus campanellus , Lath.), qu'on rencontre en petites 
troupes , sautillant sur les branches des arbrisseaux , forment entre eux le 
carillon de trois cloches de ton différent, d'une voix très-forte, compara- 
tivement à leur petite taille. On en remarque parmi les autres qui sifflent 
comme l'homme et modulent la gamme et des airs harmonieux comme le 
musicien, tandis que d'autres sonnent le tocsin. 

Les Fourmiliers et les Bataras présentent de tels rapprochemens que 
M. de Azara les a confondus ; cependant les premiers s'éloignent des 
derniers par leurs pieds proportionnellement plus longs et par leur queue 
très-courte et égale. Gmelin et Latham les ont classés dans leur genre 
Turdus, mais , en comparant leurs caractères génériques , on s'apercevra 
facilement qu'ils ne peuvent nullement convenir aux Turdiis. 

LE FOURMILIER MOUCHETÉ, Mjrmothera guttata. 

PI.CLV. 

Cœrulescens ; alis nigris , Jlavo maculatis; ventre caudâque rufis. 

Cette nouvelle espèce, que M. le comte de Riocour possède dans sa 
riche et précieuse collection , se trouve à Cayenne. Elle est d'un gris bleuâ- 
tre sur la tête , le cou, le dos et le croupion; de la même teinte, mais plus 
claire , sur la gorge , le devant du cou et la poitrine ; d'un beau noir sur 
les couvertures supérieures et les pennes des ailes les plus proches du dos , 
avec des taches d'un jaune foncé sur les plus longues plumes ; d'un brun 
bordé de vert à l'extérieur sur les autres rémiges ; d'un rouge ardent sur 
les tectrices supérieures de la queue , sur les pennes et sur le ventre ; brun 
sur le bec et les pieds. Longueur totale, 5 pouces. 

GALERIE DES OISEAUX. Il' PAR TIE. 33 



252 ' PÉGOTS. 

1 1^""" DIVISION. PÉGOT, Accent or. 

Bec plus large que haut à sa base , droit, grêle , pointu , à bords recourbés 
en dedans; mandibule supérieure échancrée et un peu inclinée vers le bout ; 
l'inférieure à pointe droite. PI. N, n° i. 

Narines situées près du capistriim; dans une membrane large et concave. 

Langue cartilagineuse , fourchue à la pointe. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à la base , totalement séparé 
de l'interne ; pouce le plus fort de tous. 

Ongle postérieur le plus robuste. 

Ailes à penne bâtarde , courte , arrondie à la pointe ; deuxième et troi- 
sième rémiges les plus longues de toutes. 

Des deux espèces que renferme cette division , l'une , celle dont nous 
publions la figure , ne se plaît que sur les plus hautes montagnes de l'Eu- 
rope et de l'Asie septentrionale , où elle niche dans les fentes de rocher. 
L'autre fia Fauvette d'hiver ou MouchetJ habite nos bois pendant 
l'été, et les haies des habitations rurales pendant l'hiver. Ces deux espèces 
sont sédentaires en France ; elles se nourrissent , à défaut d'insectes , de 
petites graines qu'elles avalent entières , et c'est leur principale nourriture 
pendant l'hiver. Leurs petits naissent couverts de duvet. 

LE PÉGOT DES ALPES, Accentor Alpinus. 

PI. CLVI. 

Griseusy gulâ albâ , fusco maculatâ; tectricibus alarum ingrican- 
tibuSj apice albis; remigibus juscis; rectricibus intùs ad apicem macula 
rufescente notatis. 

La Fauvette des Alpes , Bujjf. Hist. nat. des Ois. , tom. 5 , pag. i56, 
pi. enl. 668 , fig. a. 



PÉGOTS. • 253 

Motacilla Alpina , Linn.j, Gm.j édit. i5,71° 65. Sturnus coUaris , 
idem, n° i6. Sturnus moritanus , idem y n° 7. 

Alpine Warbler , Lath., Sjnops., tom. i^pag. 434? ^'' ^5. 
Collared stare, idem, pag. 8, ri" 5. Persian starling, idem, 1" Supp., 

Sturnus collaris , Lath., Index, rf. 5. Sturnus moritanicus , idem, 
n° 11. 

Le nom de Pégot est celui que cette espèce porte dans les montagnes du 
Haut-Comminge ; Pée; en langue vulgaire du pays , signifie un inabécille. 
Elle habite les Pyrénées et les Alpes , où elle choisit constamment les 
pointes les plus élevées et les plus solitaires des montagnes arides. Son nid est 
circulaire , formé de mousse et de gramen ; elle le place dans le creux abrité 
d'un rocher , car elle paraît craindre le vent du nord , aussi se tient-elle 
toujours à l'exposition du midi. La ponte est de cinq ou six œufs verts. 

Ces Pégots n'abandonnent les sommets de leurs montagnes chéries que 
lorsqu'il s'élève, en hiver, des tempêtes ou des ouragans ; alors ils se précipi- 
tent en troupes dans les vallées , ou se réfugient dans les anfractuosités 
des rochers , ou derrière les arbrisseaux qui croissent dans les fentes ; ils 
sont si effrayés ou si hébétés qu'ils donnent dans tous les pièges , aussi ser- 
vent-ils de jouet aux enfans , qui s'amusent à les tuer à coups de bâton. 

Les voyageurs rencontrent souvent des Pégots sur les sommets des mon- 
tagnes , posés à terre deux à deux , et quelquefois grimpant le long des 
rochers en s'aidant de leurs ailes. Soit confiance , soit stupidité , l'aspect 
de l'homme ne les effraie pas, et ils se laissent approcher de très-près. Ces 
oiseaux se tiennent communément à terre , courent vite , en filant comme 
la Caille et la Perdrix , et non en sautillant comme les Fauvettes. Ils se po- 
sent sur les pierres , mais rarement sur les arbres , vont par petites troupes , 
et jettent , pour se rappeler entre eux , un cri semblable à celui de la La- 
vandière. On les trouve non-seulement sur les Alpes et les Pyrénées ^ mais 
encore sur les hautes montagnes de la Perse , sur celles de la Carniole , de 
la Carinthie, de la Suisse et de l'Italie. 

Le dessus de la tête et du cou est d'un gris cendré , et en outre varié 
de brun sur le dos ; la gorge tachetée de deux nuances brunes sur un fond 



2^4 MOTTEUX, 

blanc ; la poitrine est d'un gris cendré ; les parties postérieures sont va- 
riées de gris plus ou moins blanchâtre et de roux ; les couvertures infé- 
rieures de la queue marquées de noirâtre et de blanc ; les supérieures des 
ailes noirâtres et tachetées de blanc à la pointe ; leurs pennes brunes , bor- 
dées extérieurement , savoir , les primaires de blanchâtre , et les secon- 
daires de roussâtre ; les tectrices inférieures de la queue brunes , bordées 
de gris verdâtre et de roussâtre ; ses pennes terminées par une tache de la 
dernière couleur sur leur côté intérieur ; le bec est noir et sa base infé- 
rieure jaune ; les pieds sont jaunâtres. Longueur totale , six pouces huit 
lignes. La femelle ne diffère du mâle que par des couleurs plus ternes. 

î 2'"^' Biwisio^. MOTTEVX, OEnanthe. 

Bec plus large que haut à la base , garni de quelques poils sur ses an- 
gles , fendu presque jusqu'aux yeux , droit , subulé ; mandibule supérieure 
échancrée et courbée vers le bout , un peu obtuse à sa pointe ; l'inférieure 
plus courte, entière, droite et pointue. PI. N, n° 2. 

Narines à peu près ovales , couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse , échancrée à son extrémité. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'extérieur à sa base, totalement séparé 
de l'interne. 

^iles à penne bâtarde moyenne ; deuxième et troisième rémiges , les 
plus longues de toutes. 

Queue a douze rectrices. 

Cette division est composée de trente-huit espèces , connues , les unes 
sous le nom de Motteux , les autres sous ceux de Traquet et de Ta- 
rier. Elles sont répandues en Europe, en Afrique, en Asie et en Amé- 
rique. Les Motteux se plaisent dans les lieux secs , arides et pierreux, 
surtout pendant la saison des amours ; ils se perchent rarement à la cime 
des arbres , se tiennent presque toujours à terre sur des mottes et des 
pierres , sous lesquelles la femelle cache souvent son nid. La ponte est de 
quatre ou cinq œufs. 



ALOUETTES. 2^5 

Le bec de ces oiseaux , un peu déprimé à sa base , et leur bouche assez 
fendue , les lient aux Gobe-mouches à bec étroit vers le bout , et font les 
nuances qui séparent ceux-ci des Fauvettes. En effet , ils tiennent aux der- 
nières par presque tous leurs caractères extérieurs , et ils se rapprochent 
des Gobe-mouches en ce qu'ordinairement ils poursuivent en l'air les in- 
sectes ailés , et les saisissent au vol avec la même adresse que ceux-ci; mais 
ils diffèrent des uns et des autres par leurs habitudes. BeqJ|!||ein et Meyer 
en ont fait un genre particulier, sous le nom de Saxicola; mais nous leur 
avons conservé celui à'OEnanthe , que leur ont imposé Gesner , Wil- 
lugbhy , Ray , etc. 

LE MOTTEUX A QUEUE ÉTAGÉE, OEnanthe 

climazura. 

PI. CLVII. 

Capite, corpore suptûsy çaudd apice albis; remigibus, rectricibus 
nigris ; dorso cœrubscente-cinereo. 

Nous ne connaissons qu'un seul individu de cette espèce , qu'on trouve 
au Brésil. Il a un trait noir à travers de l'œil et le dépassant ; les pennes 
des ailes et de la queue de la même couleur , les couvertures alaires bru- 
nes , le dos d'un gris bleuâtre; la tête , la gorge , le cou , toutes les parties 
postérieurs, le croupion et l'extrémité des rectrices d'un beau blanc ; le bec 
et les pieds noirs. Longueur totale , 5 pouces 1/2. 

13^°"^ DIVISION. ALOUETTE, Alauda. 

Bec cylindrique, subulé, garni à sa base de petites plumes dirigées en 
avant et couvrant les narines , droit chez les uns , plus ou moins arqué 
chez les autres , entier , quelquefois écliancré vers le bout de sa partie su- 
périeure. 

Narines arrondies , à demi-closes par .une membrane voûtée. 

Langue cartilagineuse , fendue à sa pointe. 



256 ALOUETTES. 

Tarses nus , annelés. 

Doist intermédiaire soudé à la base avec l'extérieur,- totalement sé- 
paré de l'interne. 

Ongle postérieur , droit ou presque droit , acuminé , ordinairement 
plus long que le pouce. 

Ailes à penne bâtarde très-courte; deuxième et troisième rémiges les 
plus longUes(|(jP toutes ; deux secondaires presque aussi allongées que les 
primaires , échancrées sur le bout , ainsi que les intermédiaires. 
Ç)Meîfe à douze rectrices. 

Des vingt-cinq espèces que renferme cette division-, les unes ont le bec 
droit et entier ; chez d'autres il est écbancré et presque droit ; et chez 
quelques-unes il est entier et plus ou moins arqué ; ce qui donne lieu à 
trois sections. A l'exemple des ornithologistes allemands , nous en avons 
distrait plusieurs oiseaux que Gmelin, Latham, Buffon, etc., ont classés 
dans le même genre ; nous les ferons connaître ci-après sous le nom de 
Pipi. 

Toutes les Alouettes nichent à terre ; la plupart ont un ramage remar- 
quable et très-varié ; elles chantent en volant , et s'élèvent si haut dans les 
airs qu'on lés perd de vue; quelques-unes se perchent, mais rarement. Elles 
sentit séminivôfes , insectivores , herbivores , et avalent les graines entières. 
On rencontre dés Alouettes dans toutes les parties du monde. 

A. Bec conique 3 droit, plus haut que large à là base, un peu grêle. 

PI. N, n" 3. 

L'ALOUETTE A HAÛSSE-COL NOm,^/«wf/« alpestris. 

• PI. CLVIII. 

Frontè gulâque Jlavis ; coipore supra ruf'o , gfiseo-fusco ■vario; 
subtils albido ; vertice, fasciâ suboculari pectoralique nigrâ. Mas. 
vertice nigrescente; fasciâ pectorali angustâ. Femina. Corpore tuprà 
rufo griseoque vario; sublùs albido; fasciâ pectorali nullâ. Junior. 



ALOUETTES. aB"] 

■ IjSirk, Catesbj 3 car. ijfig. 3a. 
L'Alouette de Virginie, Briss., Ornith. y tom. 5,pag\ 36'], n° 12. 
Le Hausse-Col noir , ou l'Alouette de Virginie , Buffi Hist. natur. des 
Oiseaux 3 tom. B, pag- 55. 

La Ceinture de prêtre, ou l'Alouette de Sibérie , idem, tom. o,pag. 61, 
pi. enl. n° Ç>Bo,fig. 2, (mâle en été). 

Alauda Alpestris, Llnn. Gm. Sjst. nat. , édit. i3j n° 10. Idem, Lath. 
Index, n° 21. 

Alauda Flava , G?n. , ti° ?>i. 

Shore Lark, Lath. Synopsis, tom. 2, pag. 385, n" ig. 
Cette espèce ne se plaît pendant l'été que dans les parties les plus bo- 
réales des deux continens , et quitte ces contrées glaciales vers le mois de ' 
septembre, pour s'avancer en grande volée vers le sud. En Amérique , elle 
ne dépasse guère les Carolines ; en Europe , la Russie paraît être le terme 
de ses voyages; cependant quelques individus portent leur course plus 
loin, car on en a vu aux environs deDantzick , en Allemagne, et même en 
Lorraine. Pallas a trouvé cette Alouette en Sibérie et l'y a vue arriver, à la 
fin de février, dans les landes de Liset; aux États-Unis elle quitte sa retraite 
hivernale dans le mois de mars , pour se retirer dans les pays les plus voi- 
sins du pôle , où , à l'abri de la guerre que lui font les hommes , elle se livre 
sans inquiétude à l'éducation de sa jeune famille. 

Cette espèce ne diffère guère de notre Alouette commune que par le 
plumage , car elle en a le cri , le vol et le genre de vie; ainsi qu'elle , on 
ne la voit jamais perchée sur des arbres, et elle se tient toujours à terre. Ne 
l'ayant observée que pendant l'hiver , je ne l'ai point entendue chanter , 
mais je juge à son gazouillement qu'elle doit avoir un ramage qui ne doit 
pas le céder à celui de notre réveille-matin. Pendant son séjour dans le 
sud , elle fréquente de préférence les champs cultivés , les landes , les du- 
nes , les terres en friches , se tient à l'abri dans de petites fosses , d'où lui 
est venu le nom de Chi-chip-pisue , que lui donnent près d'Albani les na- 
turels du pays. Elle se nourrit de l'avoine qui croît sur les sables , de grains 
de froment et d'autres plantes céréales. 

Le mâle a le front et un trait derrière l'œil d'un beau jaune ; cette cou- 



258 ALOUETTES. 

leur sert de bordure au noir qui couvre le sommet de la tête ; on re- 
marque une bandelette de la dernière teinte qui descend des coins de la 
bouche sur les côtés de la gorge ; celle-ci et les côtés du cou sont jaunes ; 
une grande tache noire , en forme de hausse-col , couvre la poitrine ; les 
parties postérieures sont d'un blanc pur , ombré de jaune chez quelques 
individus"; un gris rembruni domine sur les parties supérieures du corps 
et est tacheté d'une nuance plus foncée sur le dos ; les petites couver- 
tures , dont l'extrémité est gris-blaric , et les pennes secondaires des ailes 
sont brunes ; les flancs d'un gris-roux ; les rémiges primaires et les rec- 
trices noires ; les deux pennes intermédiaires de la queue, pareilles aux 
rémiges secondaires ; les latérales ont à l'extérieur un liseré blanc ; le bec 
est gris ; les pieds sont noirs. Longueur totale , 6 pouces 9 lignes. 

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et en diffère par un jaune 
moins vif , par le sommet de sa tête qui est noirâtre , et par un plastron 
moins grand et moins apparent. Le jeune mâle lui ressemble pendant 
l'hiver , et est , avant sa première roue , privé de jaune , de noir et de 
hausse-col, 

La Ceinture de prêtre , donnée par Buffon et Gmelin pour une espèce 
particulière , est un mâle sous son habit de noce. 

. B. Bec très-arqué. PL N, n° [\. 

L'ALOUETTE SIRLI, ^/«M^a ^/^/cfiTz^. 
PI. CLIX. 

Caudd , remigibus et tectricibus alarum fuscip , margine albis ; 
corpore subtàs albo , maculis oblongis , fuscis varia. 

Le Sirli du cap de Bonne-Espérance , Buffl Hist. nat. des Ois, 
tom. 5 , pag. 65 ,/>/. enl. , n° 712. 

Alauda Africana , Linn. Gm. Sjst. nat.j édit. 1 5 j n° 6. Idem , Lath 
Index, n" 24. 

AfricanLark, Lath., Synopsis, tom. 1, pag. SSg, n" 22. 



ALOUETTES. aSg 

Selon M. Levaillant , qui a observé cette Alouette dans son pays natal , 
elle se tient sur les dunes sablonneuses , et c'est du haut d'une petite émi- 
nence qu'elle fait entendre son chant qui exprime sirrriTiii, sirrrrrrli, en 
traînant beaucoup sur la première syllabe sir, qu'elle prononce autant que 
le permet son haleine , et qu'elle termine ensuite par la dernière li, poussée 
avec force et du ton le plus aigu. On rencontre cette espèce dans toute 
l'Afrique, la Barbarie, jusqu'au cap de Bonne-Espérance, et une race 
très-voisine a été depuis peu découverte en Provence par M. Dupont na- 
turaliste. 

Toutes les parties supérieures sont variées de brun , de roux et de blanc; 
les inférieures ont des taches brunes sur un fond blanc; les ailes, la queue 
et les pieds sont bruns ; le bec est noir. Longueur totale , 8 pouces. Des 
individus n'ont point de taches sur le dessous du corps, et quelques-uns 
ont le bec beaucoup plus long que les autres. 

C Bec gros, plus haut que large, un peu fléchi en arc. PI. N, n" 5. 

L'ALOUETTE DE TARTARIE, Jlauda Tatarica. 

PI. CLX. 

Nigra ; pennis alhido marginatis ; remigibus rectricihusque nigris. 
Mas. Fronte canâ. Femina. 

Alauda Tatarica, P allas, it., tom. i,pag. 707. PI. C. 

Alauda Mutabilis , Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3 , /z" 29, (femelle). 

Alauda Tatarica , Z^a^A.j Index, n° i5. 

Tanagra Siberica, Sparm. , Mus., Carts. PI. 19. Idem, Linn., Gm., 
Sjst., n° [\i. 

Black, Lark, Lath., Synopsis, tom. 1, pag. 38oj n° i3. 

Mutable Lark, idem, pag. 38 1, n° \[\, (femelle). 

Alouette de Tartarie, Buff., édit. de Sonnini, tom. 5o, pag. 18. 

On doit à l'illustre Pallas la connaissance de cette espèce , qui passe l'été 
dans les solitudes arides du midi de la Tartarie , et l'hiver au nord de la mer 

GALERIE DES OISEAUX. //' PARTIE. 34 



200 PIPIS. 

Caspienne. On ne l'entend presque jamais chanter , et on ne la voit en 
petites troupes clans le voisinage des lieux habités, que pendant la saison 
des frimas ; elle se montre quelquefois en Italie. 

Le mâle a les plumes d'un noir foncé avec un liseré blanchâtre 
souvent nul sur les pai'ties supérieures , ainsi que sur la plupart des 
pennes , alaires et caudales. Le bec est jaunâtre avec du noir à la pointe ; 
les pieds sont de la dernière couleur. Longueur totale, 7 pouces iji. La 
femelle est grisâtre sur le front, et toutes les plumes des parties infé- 
rieures sont terminées par des lignes grises. Chez les jeunes, le plumage 
est brun; les bordures des plumes ont plus de largeur et sont jaunâtres, 

i4'""' DIVISION. PIPI, Antlius. 

Bec glabre à sa base , grêle ,, subulé , droit , à bords un peu courbés en 
dedans vers le milieu ; mandibule supérieure échancrée à son extrémité , 
un peu plus longue que l'inférieure. Pi. N, n° 6. 

Narines un peu ovales , en partie couvertes par une membrane. 

Langue cartilagineuse , fourchue à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l'extérieur , totalement sé- 
paré de l'interne. 

Ongle postérieur plus long que le pouce , presque droit , très-grêle , 
très -aigu chez les uns; crochu et pas plus long que ce doigt chez les 
autres. 

Ailes sans penne bâtarde; première , deuxième, troisième rémiges, les 
plus longues de toutes; deux secondaires allongées; la plus proche du dos 
atteignant presque le bout de la première des primaires ; les intermédiaires 
échancrées à leur extrémité. 

Queue un peu fourchue, plus courte que l'aile , à douze rectrices. 

Cette division contient quinze espèces , dont le plus grand nombre se 
trouve en Europe ; d'autres habitent l'Afrique et l'Asie , et quelques-unes 
dans l'Australasie. On les avait toujours classées avec les Alouettes ; mais 
Bechstein les en a distraites pour en composer un genre distinct ; en 



PIPIS. 261 

effet , les Pipis diffèrent des véritables Alouettes , en ce qu'ils ont un bec 
plus fin , échancré sur chaque côté vers le bout de sa partie supérieure , ce 
que nous n'avons remarqué que chez une seule de ces dernières , que, 
d'après cette dissemblance, nous avons placée dans une section particulière 
qui lie les deux divisions. Ils en diffèrent encore par leurs ailes privées de la 
petite penne bâtarde, par une taille plus svelte, par un mouvement de 
queue de bas en haut , qui les rapproche des Hochequeues, avec lesquels 
ils ont encore de l'analogie par la longueur des pennes secondaires les plus 
proches du dos. Ils tiennent aux Alouettes , proprement dites , par la forme 
de ces deux pennes , par l'échanci'ure qui termine toutes les rémiges in- 
termédiaires et par la plupart de leurs habitudes. Comme celles-ci , ils 
ehantent en volant et s'élèvent à une certaine hauteur dans les airs , ne 
cherchent leur nourriture , ne nichent et ne couchent qu'à terre. Les uns 
fî'équentent les champs cultivés et les prairies ; d'autres se plaisent , sur- 
tout pendant la belle saison, sur la lisière des bois , dans les claii'ières , 
les terrains arides , les bruyères et les bosquets clair-semés. Plusieurs pré- 
fèrent alors les montagnes , les falaises , les écueils et les pâturages ma- 
ritimes ; quelques-uns enfin habitent , pendant l'été , les collines dans les 
lieux sablonneux ou pierreux, et se tiennent à Tarrière-saison dans les champs 
ou sur les bords des rivières, où ils cherchent leur nourriture sur la 
grève; très-peu ont la facilité de se percher constamment sur les arbres 
Ils font ordinairement deux couvées , et leur ponte est composée de quatre 
ou cinq œufs. 

A. Ongle postérieur presque droit et plus long que le pouce. 

LE PIPI ROUSSET, Antnus rufulus. 

PI. CLXI. 

Corpore suprà pennis fuscis margine rufis vestito, subiàs suhrufo; 
pectore fusco tnaculato; iectricibus , alis cauddque nigricantihus , 
margine exteriore nifescentibus ; rectrice prima ex tus , secundâ apice 
alho. 



26a PIPIS- 

Le Pipi rousset, deuxième édit. du nouv. Dici. d'hist.nat., tom. 26, 

/>Ǥ-. 494- 

Ce Pipi , que l'on trouve au Bengale , est le plus petit de tous ; il a 

à peine cinq pouces de longueur totale. Toutes les parties supérieures sont 
brunes et fauves ; cette dernière teinte occupe le bord des plumes ; la 
gorge est blanche; le cou, la poitrine et les parties postérieures sont 
rousses avec quelques taches brunes sur le bas du devant du cou et sur 
la poitrine ; les couvertures supérieures et les pennes des ailes sont noirâ- 
tres et bordées de roussâtre ; toutes les pennes latérales de la queue , 
d'un brun sombre et terminées de blanc. Le bec est brun en dessus et jau- 
nâtre en dessous ; les pieds sont verdâtres. 

B. Ongle postérieur arqué et pas plus long que le pouce. 

LE PIPI LEUCOPHRYS, Anthus leucaphijs. 

Superciliis albis; corpore suprcl fusco-cinereo, suhtùs alhulo; pec- 
tore maculis fusais longitudenaliter varia; alis caudâque j'uscis ; re- 
migibus primariis extus nigro marginatis; reclrice extimd extus apice- 
que albidd. 

Le Pipi leucophrys , deuxième édit. du nouv. Dict. d'hist. nat.^ tom. 
■26 , pag. 522. 

On rencontre ce Pipi en Afrique , surtout au cap de Bonne-Espérance. 
Une bandelette blanche passe au-dessus de l'œil , s'élargit ensuite et s'étend 
presque sur les côtés de l'occiput ; toutes les parties supérieures sont d'un 
oris rembruni , avec des petites marques noirâtres sur la tête ; toutes les 
inférieures d'un blanc terne , avec des taches longitudinales , isolées et 
d'un brun effacé siu; le devant du cou et sur la poitrine ; les ailes et la 
queue sont brunes; les premières rémiges liserées en dehors d'une teinte 
noire ; la première rectrice de chaque côté est d'un blanc terne à l'exté- 
rieur et vers le bout ; le bec est brun en dessus et jaunâtre en dessous ; 
les pieds sont couleur de chair. Longueur totale, 5 pouces 1/2. 



HOCHEQUEUES. 263 

1 5^"^ DIVISION. HOCHEQUEUE, ilfo?«c///«. 

Bec grêle , cylindrique , subulé , droit ; mandibule anguleuse entre les 
narines , entaillée vers le bout ; l'inférieure entière. 

Narines glabres , ovales. 

Langue en forme de flèche , garnie à sa pointe de quelques soies. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur , totalement séparé 
de l'interne. • 

Ailes moyennes ; première , deuxième et troisième rémiges les plus 
longues de toutes ; vine des secondaires très-prolongée ; les intermédiaires 
échancrées à leur extrémité. 

Queue à douze rectrices égales et allongées. 

On connaît dix-neuf espèces d'oiseaux qui doivent faire partie de cette 
division , dont Latham est l'auteur; Linnée les a classées avec les Fau- 
vettes , d'après des rapports dans la forme du bec ; mais elles s'en éloi- 
gnent ' par des caractères qui leur sont propres et qu'on ne rencontre 
point dans ces dernières. En effet , si on consulte leurs mœurs et leurs 
habitudes , on voit qu'elles ont un tout autre genre de vie ; elles s'en éloi- 
gnent encore par vme penne secondaire fort longue , qui au lieu d'être 
échancrée comme chez les Alouettes , est entière et pointue comme chez 
les oiseaux de rivage. On pouri'ait composer cette division de deux sec- 
tions , dont l'une contiendrait les Hochequeues dont l'ongle postérieur est 
arqué et de la longueur du pouce , tandis que chez d'autres il est presque 
. droit , subulé et un peu plus long que ce doigt. 

Ces oiseaux fréquentent les prairies , les lieux humides et marécageux , 
se plaisent au bord des ruisseaux et des rivières. La plupart ont le vol 
ondulevix; tous courent plutôt qu'ils ne m.archent, se perchent rarement, 
chantent ou crient en volant et construisent leur nid à terre , ou le long 
des rivages dans une pile de bois ou clans un trou de muraille dont la 
base baigne dans l'eau. Le insectes et les vermisseaux sont leur unique 
nourriture. Le nom de Hochequeue leur a été imposé , parce qu'ils ba- 



254 HOCHEQUEUES. 

lancent leur longue queue de bas en haut , et quelques-uns ont été appelés 
Bergeronnettes ou Bergerettes , parce qu'ils ont Fliabitude de suivre les 
bestiaux dans les pâturages. 

LE HOCHEQUEUE JAUNE, Motacilla hoanda. 

PI. CLXII. 

Suprà cinerea; subtùs flava; mento guldque nigris ; rectrice prima 
totâ , s(xundd latere interiori albâ. Mas œstivus. Mento^ guldque 
albidis. Mas hiemalis et Femina. 

La Bergeronnette jaune , Briss., Ornith., tom. 3 , pag- [\']\ , n" t\i , 
pl.23,fig.3. 

Idem , Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 5 , pag. 268, pi. enl., n° 28, 
fig. I. Mâle en hiver ou Femelle. 

Motacilla boarula , Linn., Gm. , Sjst. nat., édit. i3, n° 5i. Idem, 
Lath., index, n° l\. 

Grey Wagtail , Lath., Sjnopsis, tom. 2 , pag. 898 , 11° 4- 

Nous ne voyons cette espèce que pendant l'hiver , au bord des eaux 
stagnantes , des ruisseaux et des rivières ; lorsque ceux-ci sont gelés , 
elle s'approche des habitations et ne craint point de venir chercher sa pâ- 
ture au milieu des villes. Elle nous quitte au mois de mars et passe l'été 
en Piémont et en Allemagne. Etant d'un naturel solitaire , on rencontre 
plus souvent , pendant la mauvaise saison , un individu seul que deux 
ensemble. Ce Hochequeue niche dans des tas de pierre, dans le gravier 
ou dans un trou en terre. - Sa ponte est de cinq ou six œufs , épais d'un 
bout et fort pointus de l'autre , d'un blanc sale , très-couvert de taches , 
surtout vers le gros bout , de deux nuances couleur de chair , l'une sombre 
et l'autre claire. 

Le mâle a, pendant l'été , la tête et le manteau d'un gris glacé d'oli- 
vâtre sur le dos ; le croupion et les couvertures supérieures de la queue 
d'un vert jaunâtre ; la gorge et le devant du cou noirs ; les sourcils , la 
poitrine et les parties postérieures d'un jaune éclatant ; les couvertures 



MÉRIONS. 260 

et les pennes des ailes noirâtres ; les secondaires bordées d'un jaune pâle et 
blanches à leur base ; les six pennes intermédiaires de la queue noirâtres 
et frangées en dehors de vert-olive ; les six autres blanches , savoir , les plus 
extérieures presque en entier , les deuxième et troisième en dedans et 
vers le bout ; celles-ci plus ou moins noirâtres en dehors ; le bec brun , 
les pieds couleur de chair. Longueur totale , 7 pouces 3 à cinq lignes. 

Le mâle , pendant l'hiver , et la femelle ont la gorge , le devant du cou 
et les sourcils d'un" gris blanc; le jaune des parties inférieures pâle et le 
manteau d'un gris olivâtre. Le jeune n'en diffère qu'en ce que le jaune de 
la poitrine incline au blanc, et qu'il est plus terne sur le bas-ventre et 
sur les couvertures inférieures de la queue. 

j5ème DIVISION. MÉRION, Malurus. 

Bec très-grêle, droit, court, entier, subulé. PI. N, n» '^. 

Narines très-petites, arrondies. 

Langue 

Tarses très-grêles. 

Doigt intermédiaire , réuni avec l'extérieur, jusqu'à la deuxième pha- 
lange; l'interne libre. 

Ailes courtes, arrondies, un peu concaves, à penne bâtarde courte; 
deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices longues , faibles et grêles. 

Les quatre espèces dont cette division est composée , se trouvent à la 
Nouvelle-Hollande. On ne connaît le genre de vie que d'une seule 
(le Mérion-Binnion ) qui se tient continuellement dans les herbes et les 
joncs. 

LE MÉBTON SUPERBE, Malurus cjaneus. 

PI. cLxm. 

Nigro-cjaneuSf subtàs albus; capite nigro-sericeo , tumido; sinci- 



266 MERIONS. 

pite j gcnis , lunuldqiie cenncls cœruleo nitidis ; fascid per oculos 
nigrd. Mas. Supra fuscus, circa oculos cœruleus. Femiiia. 

Sylvia Cyanea , Lrt^A.j index, w 1^2. 

Superb Warbler , idejn. Synopsis, tom. 1 ■, pag. 5g i , ?^° iSy. 

Le Mérion superbe. Deuxième èdit. du nouv. Dict. d'hist. nat., tom. 
20, pag- 21 5. 

Le mâle de cette belle espèce , qu'on rencontre sur la terre de Van- 
Diemen et dans les parties méridionales de la Nouvelle-Hollande , porte de 
longues et nombreuses plumes sur la tête , au-dessous des yeux et sur le 
haut de la gorge , qui sur la première partie prennent la forme d'une huppe 
très-garnie, naturellement élevée, et sur les autres présentent des espèces 
de faisceaux. Celles du front , du dessous de l'œil et des oreilles sont d'un 
bleu foncé ; un petit trait noir part du bec et passe à travers les yeux ; le 
reste de la tête, jusqu'à la nuque, est d'un beau noir de velours, auquel 
succède un croissant bleu ; cette couleur tranche agréablement sur l'uni- 
formité de la teinte noire qui couvre le dessus du cou et du corps; les 
plumes de la gorge et le dessus de la queue sont de la même couleur; le 
reste du dessous du corps est d'un bleu blanc; les pennes des ailes ont 
leurs barbes noirâti'es, et leur tige couleur marron; celles de la queue 
ont deux pouces et trois lignes de longueur et sont étagées ; le bec et les 
oi^les noirs; les pieds d'vm brun noirâtre. Longueur totale, environ 
5 pouces 1/2. 

Parmi les individus qu'on soupçonne être des femelles et des jeunes , les 
uns ont les tiges des rémiges noirâtres; le dessous du corps d'un brun 
sombre ; l'occiput traversé par une raie qui tend au blanc et forme en ar- 
rière un large triangle. D'autres sont d'un gris rembruni en dessus et d'une 
nuance plus claire sur la tête ; toutes les parties inférieures sont blanchâ- 
tres et les pennes de la queue plus ou moins blanches à leiir extrémité ; le 
bec est brun. D'autres enfin, tel que le Sjlvia pucilla de Latliam, figuré 
dans le journal de Wliite, page 257, sont totalement bruns ; mais cette 
couleur est plus pâle sur les parties inférieures; le bec et les pieds sont 
noirs. 



FAUVETTES. 



267 



17^"'^ DIVISION. FAUVETTE, SjMa. 



Bec grêle, svtbulé, à base un peu comprimée chez les uns, un peu dé- 
primée chez les autres, rarement tout-à-fait droit, toujours étroit à son 
extrémité ; mandibule supérieure entière ou échancrée vers le bout , le 
plus souvent fléchie à la pointe; l'inférieure droite. 

Narines garnies d'une membrane en dessus , à ouverture de diverse 
forme , oblongues , linéaires ou lunulées. 

Langue cartilagineuse, lacérée à oa pointe. 
Bouche ciliée. 
Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes a penne bâtarde, courte chez le plus grand nombre : rémiges 
les plus longues variables; les première et deuxième chez les uns, les 
deuxième et troisième chez les autres, les troisième et quatrième chez 
plusieurs. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division renferme au moins deux cent cinquante espèces qui sont 
répandues sur tout le globe j et composée de deux sections, dont l'une 
contient celles qui ont le bec échancré et plus ou moins incliné à la pointe 
de sa partie supérieure ; chez l'autre le bec est droit et aigu. 

Toutes quittent les régions boréales et tempérées aux approches de la 
saison où les arbres étant dépouillés de feuilles et de fruits, les insectes 
morts ou engourdis, les privent de leur nourriture habituelle ; mais dès 
que les fleurs commencent à s'épanouir , que les bocages se couvrent d'une 
naissante verdure et offrent de tendres alimens à des milliers de petits 
animaux , la nombreuse famille des Fauvettes reparaît et se disperse dans 
les campagnes et les forêts; plusieurs se fixent dans les jardins et les 
bosquets , tandis que d'autres préfèrent la lisière des taillis ou l'épaisseur 
des bois ; d'autres ne se plaisent que dans les lieux aquatiques , où elles 
établissent leur domicile d'amour. Toutes animent les endroits qu'elles ha- 

GALERIE DES OISEAUX. II'' PAR. TIE. 35 



268 FAUVETTES. 

bitent par la gaîté de leurs chansons , la variété , la vivacité de leurs mou- 
vemens, de leurs jeux et leurs combats amoureux. 

Parmi ces oiseaux les uns ne vivent que d'insectes, d'autres joignent à 
cette nourriture les baies et les fruits succulens. Les bosquets, les buis- 
sons , les halliers sont les endroits que la plupart choisissent pour y éta- 
blir leur nid; d'autres accordent la préférence aux roseaux et aux joncs ; 
enfin quelques-uns nichent à terre ou dans des trous d'arbre et de mu- 
raille. La ponte est composée de quatre à six œufs, dont le mâle partage 
l'incubation-. 

A. Bec échancj'é et plus ou moins incliné à la pointe de sa partie 

supérieure. PI. N , n° 8. 

LA FAUVETTE A TÊTE ROUSSE, SyUia raficapilla. 

PI. CLXIV. 

Olivacea; subtàs Jlava ; collo et pectore maculis longitudinalibus 
rufis variis; vertice rufo; tectricihus alarum , remigibus rectrici- 
husque fuscis , margine olivaceis. Mas. Vertice olivaceo; gutturejlavo. 
Femina. 

Le Figuier de la Martinique, Briss., Ornith., tom. 3, pag. 49^» 
n° 5o,jy/. ii.fig. 4- 

Le Figuier à tête rousse, BuJJbn, Histoire nat. des Ois., tom. 5, 
pag. 3o6. 

Motacilla ruficapilla, Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3, n° io6. 

Sylvia ruficapilla, Lath., Index, n° 119. 

Bloody side Warbler, Idem, Synopsis, tom. i.,pag. 489, n° 11 5. 

Cette Fauvette , qu'on trouve à la Martinique , voltige sans cesse d'arbre 
en arbre , de buisson en buisson , et ne se repose que pour manger. Son 
chant est court , faible et mélodieux. 

Le mâle a la tête, la gorge et le haut du cou en devant roux; les par- 
ties inférieures et le dessous des ailes d'un beau jaune, avec des taches 



FAUVETTES. 269 

longitudinales d'un roux vif seulement sur le bas du cou , la poitrine et les 
flancs ; le dessus du cou et le dos d'un vert olive foncé ; le croupion d'un 
vert jaune ; les petites et grandes couvertures supérieures des ailes et les 
pennes d'un verdâtre foncé , bordé en dehors d'un vert olive ; les moyennes 
tectrices frangées de jaune; les deux rectrices intermédiaires pareilles aux 
rémiges ; toutes les latérales verdâtres à l'extérieur et jaunes à l'intérieur 
en dessus et en dessous; les pieds et le bec bruns. Longueur totale, 
4 pouces 4 lignes. Chez la femelle la tête est pareille au dos , et la gorge 
jaune ; les taches des parties inférieures sont peu apparentes et la couleur 
jaune est plus pâle. 

B. Bec parfaitement droit, aigu. PL N, n° g. 

LA FAUVETTE-PITPIT BLEUE, Sjlvia Cajana. 

PI. CLV. 

Cœrulea; capistrOy humeris, alis cauddque nigris. Adulte. 

J^iridis; guld cand; reniigibus fuscis, margine viridibus. Junior. 

V^iridis; capite et tectricihus alarum superioribus cœruleis. iEtatis 
varietas. 

Le Pitpit bleu de Cayenne, Briss., Omith.j tom. 3 ^pag. 533, n° 'ji , 
pi. 1.8, fig. I. 

Idem, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 5.,pag. 33g,pl.enl., no 669, 
fig. I et 1. 

Le Pitpit vert; Idem, pag. 53 1 , n° 70, pi. Q.8,fig. 4- 

Motacilla Cayana, Linn., Gm., Sjst. nat., e'dit. i3, n° 40. 

Motacilla cyanocephala, idem, n° i63. 

Sylvia cyanocephala, Lath., Index, n° i44- 

Cayeum Warbler , Lath., Sjnopsis, tom. 2, pag. 5o2, n° i38. 

Blue-Headed Warbler, idem, pag. 5o3 , n° iSg. 

Le plumage de ce Pitpit étant varié dans les deux premières an- 



2r,o ROITELETS. 

nées il en est résulté des doubles emplois , comme on le voit dans la syno- 
nymie. On le trouve en Amérique sous la zone torride, où il est sédentaire. 
Il se tient dans les bois , sur les grands arbres , se plaît à leur cime et vit 
en troupes plus ou moins nombreuses. 

Cet oiseau, sous son plumage pai'fait, a le front, les côtés de la tête, 
le haut du dos , les ailes et la queue noirs ; le reste du plumage d'un beau 
bleu; le bec noirâtre et les pieds gris. Longueur totale, 4 pouces 3//j. Il 
est , dans son premier âge , vert, et ne présente aucune trace de bleu et de 
noir. Parmi les variétés d'âge , on remarque le Pitpit vert (^Sjh'ia cjano- 
cephalajj lequel diffère du premier en ce qu'il n'a point de noir sur le 
front et sur les côtés de la tête ; en ce que la gorge est d'un gris bleuâtre , 
que les grandes couvertures des ailes et tout le corps sont d'un vert brillant; 
les pennes claires, brunes et bordées de vert; celles de la queue d'un vert 
obscur. Enfin, l'individu, dont Edwards a publié la figure, pi. 263, 
sous le nom de Blue nianakin, a la gorge noire, le front et les côtés 
de la tête du même bleu que le reste du corps. On en remarque encore 
d'autres qui ont plus ou moins de bleu , plus ou moins de vert dans leur 
plumage ; mais tous font partie d'une même espèce. 

i8^'"<' DIVISION. ROITELET, iîe£^«/z/j. 

# 

Bec très-grêle, court, droit, un peu comprimé latéralement, subulé, 
pointu; mandibule supérieure finement entaillée vers le bout. PI. N, n° lo. 

Narines ovales, couvertes par deux petites plumes décomposées et diri- 
gées en avant. 

Langue cartilagineuse, terminée par de petites soies. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire j réuni à la base avec l'externe , totalement séparé 
de l'interne ; postérieur le plus fort de tous. 

Ailes à penne bâtarde très-courte ; première et septième rémiges égales; 
troisième et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les caractères qui distinguent parfaitement les trois espèces dont cette 



ROITELETS. 271 

division est composée, des Fauvettes et Troglodytes , sont un bec nulle- 
ment déprimé à sa base et les deux petites plumes décomposées qui se di- 
rigent sur les narines. Les Roitelets vivent d'insectes qu'ils cherchent sur 
les arbres et qu'ils saisissent quelquefois au vol. Ils ont, dans leur genre de 
vie , quelque analogie avec les Mésanges ; car , comme celles-ci , ils se sus- 
pendent à l'extrémité des branches les plus flexibles, s'y accrochent pour 
fureter dans les feuilles et les fleurs et y chercher les petits animaux qu elles 
recèlent. Leur nid est suspendu aux rameaux et fait avec beaucoup d'art. 
Leur ponte est assez nombreuse. 

LE ROITELET OMNICOLOR, Regulus omnicolor. 

PI. CLXVL 

Cristâ iiigrâ, Jlavescente rubrdque; genis cœruleis et nigris; dorso 
virescente; gidd albd; corpore subtùsjlavo; tectricihus caudœ inferio- 
ribus rubrls. 

Cette nouvelle espèce , que nous devons à M. Auguste Saint-Hilaire , se 
trouve au Brésil, particulièrement dans les forêts qui bordent Rio-Grande. 

Les plumes du sommet de la tête sont assez longues pour former une 
huppe pareille à celle de notre Roitelet, quand l'oiseau les redresse; ces 
plumes sont noires , jaunâtres et rouges ; cette dernière couleur présente 
une tache assez remarquable sur le milieu de l'occiput ; la partie supérieure 
des joues est bleue, et l'inférieure du même noir qui couvre l'espace qui sé- 
pare le bec de l'œil , les ailes et la queue dont la penne la plus extérieure 
est blanche , ainsi que le dehors de celle qui la suit ; le haut de la gorge est 
blanc, de même qu'une bande stir les côtés et une autre presque transver- 
sale sur les ailes; quelques pennes intermédiaires sont de la même couleur; 
le dessus du cou, le dos et le croupion sont verdâtres; mais cette teinte 
s'obscurcit sur le bas de la deuxième partie , et sur la dernière : le devant 
de la première , la poitrine et les parties postérieures sont jaunes ; les cou- 
vertures inférieures de la queue rouges ; le bec , les pieds noirs. Lon- 
gueur totale, 3 pouces 3/4. 



2^2 TBOGLODYTES. 

1 9-- DIVISION. TROGLODYTE, Troglodytes. 

Bec fin, entier, subulé, pointu, droit ou un peu arqué; mandibules 
égales. 

Narines ovales , couvertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse, divisée à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de 
l'interne. 

Ailes courtes, concaves, arrondies, à penne bâtarde moyenne; troi- 
sième et quatrième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices , susceptibles de rester relevées. 

Les espèces de cette petite division sont au nombre de trois ou quatre , 
dont une seule se trouve en Europe et les autres dans l'Amérique. La dé- 
nomination de Troglodyte, que Montbeillard a imposée à l'espèce euro- 
péenne, qu'on confond souvent avec le Roitelet en lui appliquant le même 
nom, lui convient parfaitement et peint son goût pour les petites cavernes, 
les trous de muraille et généralement les endroits obscurs ; habitude qu'on 
remarque aussi dans les espèces américaines. Toutes ne vivent que d'in- 
sectes qu'elles cherchent dans les piles de bois, les tas de branchages morts, 
sous les toits, aux pieds des haies et des buissons, qu'elles parcourent gaî- 
ment en sautillant sans cesse , et les mâles en faisant entendre son joli ra- 
mage. Les unes cachent leur nid dans un trou d'arbre ou de muraille, sous 
le revers d'un fossé, sous une racine ; les autres l'attachent au chaume qui 
couvre les toits rustiques, lui donnent une forme oblongue, close de tous 
côtés et pratiquent l'entrée sur le côté. La ponte est ordinairement de six 
à huit œufs, chez les individus qui vivent parmi nous. Ceux qui habitent 
les régions boréales , en émigrent à l'automne et n'y reviennent qu'au 
printemps. 



TROGLODYTES. 278 

LE TROGLODYTE BRUN, Troglodytes furva. 

PI. CLXVII. 

Furva ; dorso, alis caudâque atro striatis. 

Le Roitelet de Surinam, Ferm. Surin., i,pag. 201. 

Brown Warbler , Brown, Illust., pag. 68 , pi. 28. 

Idem, Lath.j Synopsis, tom. 1., pag. 5o8, n° i44- 

Sylvia fiirva , idem. Index, 7Z° 1 5 1 . 

Motacilla fiirva, Z/irera.j Gni., Sjst. nat., édit. i3, n° 168. 

Dans la deuxième édition du Nouveau Dictionnaire d'histoire natu- 
relle, j'ai rapproché du Troglodyte Aédon l'oiseau dont je publie la figure, 
quoique celui-là se trouve dans les Etats-Unis et l'autre au Brésil et à 
Cayenne ; mais on ne peut guère les séparer; puisque le Troglodyte brun 
n'en diffère qu'en ce qu'il a le dos et l'abdomen sans aucune des raies trans^ 
versales qu'on remarque sur les mêmes parties de l'Aédon, du reste ils se 
ressemblent parfaitement; et tous les deux ont un chant mélodieux, fort 
et aussi sonore que celui de notre Pinson fFruigilla cœlebsj, mais plus 
moelleux, plus étendu et plus varié, d'où leur est venu le nom de Rossi- 
gnol. Ils placent ordinairement leur nid dans un arbre creux , le compo- 
sent de filamens de racine, de bourre, de mousse, d'herbes fines, employés 
sans art, et sur lesquels la femelle dépose six à huit œufs un peu couleur 
de chair. 

Le mâle et la femelle ne présentent pas de dissemblance dans leur plu- 
mage; ils ont le dessus de la tête, du cou et du corps bruns ; les plumes du 
bas du dos tachetées de blanc dans le milieu, ce qu'on n'aperçoit qu'en les 
soulevant ; les couvertures supérieures des ailes, leurs pennes, de même 
que celles de la queue, sont traversées de noir sur un fond brun ; la gorge, 
la poitrine et le milieu du ventre gris ; les flancs et les couvertures infé- 
rieures de la queue teints de roussâtre ; le bec brun en dessus , d'une nuance 
plus claire en dessous ; les pieds d'une couleur de corne jaunâtre. Longueur 
totale, 4 pouces. 



2y4 THKYOTHORES. 

i4'= FAMILLE. GRIMPEREAUX, Jnerpontes. 

Bec entier , ordinairement grêle, droit ou arqué, très-aigu, ou terminé 
en forme de coin. 

Doigts au nombre de quatre, trois devant, un derrière. 

A. Doigts extérieurs inégaux; pouce grêle plus long que le doigt 

interne. 

* Pennes caudales entières. 

i^- DIVISION. THRYOTHORE, Thrjothorus. 

Bec long, épais à sa base, cylindrique, arqué, délié, entier, comprimé 
latéralement, pointu; mandibules égales. PI. N, n° 1 1. 

Narines oblongues, en partie couvertes d'une membrane proéminente. 

hangue cartilagineuse, grêle, aiguë. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt inteimédiaire réuni à la base avec l'extérieur, totalement séparé 
de l'interne. 

Ongle postérieur le plus long de tous. 

Ailes courtes, arrondies, concaves, à penne bâtarde allongée et large; 
troisième, quatrième, cinquième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices , susceptibles de se tenir relevées. 

La plupart des Thryothores fréquentent les lieux aquatiques , grimpent 
sur les plantes, non pas de la même manière que les Grimpereaux pro- 
prement dits; mais ils saisissent, en travers, avec leurs pieds le roseau ou 
la tige d'une plante quelconque, et les parcourent de bas en haut par petits 
sauts comme le font plusieurs Fauvettes de rivage, et particulièrement 
l'Effarvatte. Ils ont, dans leur plumage, des rapports avec les Troglodytes; 
aussi plusieurs ont été classés avec eux. Ils s'en rapprochent encore par 
la forme de leurs ailes, le port de leur queue et les raies transversales des 



MNIOTILLES. StS 

rémiges et des rectrices; mais ils en diffèrent par leur bec plus robuste, 
plus allongé et par leur pouce toujours plus long que le doigt interne. Les 
cinq espèces de ce petit groupe n'habitent que l'Amérique ; deux sont 
fixées dans le nord et les autres dans le sud de ce continent. Quelques- 
unes présentent entre elles une telle analogie , que les descriptions peuvent 
• quelquefois ne pas paraître suffisantes pour les bien distinguer ; mais on 
saisit facilement leur dissemblance , quand on les compare en nature ou 
exactement dessinées. 

LE THRYOTHORE A LONG BEC, Thrjothorus longi- 

rostris. 

PI. CLXVIII. 

ï^ ertice fusco ; superciliis albis; genis sordidè albidis , fusco macu- 
latis ; corpore siiprà jus£escente-ruJo ; guld albd ; pectore ventreque 
l'ujis. 

Le Thryothore à long bec, deuxième édit. du JVouu. Dict. d'hist. 
nat. , tom. 34^ pctg- 56. 

On distinguera toujours facilement ce Thryothore des autres par son 
bec robuste, long de quinze lignes, à partir des coins de la bouche, et un 
peu arqué depuis son milieu jusqu'à sa pointe. Le dessus de la tête est 
d'un brun sombre ; les sourcils sont blancs ; une tache brune part du coin 
postérieur de l'œil, et s'étend jusqu'aux oreilles; les joues sont d'un blanc 
sale , tacheté de brun ; toutes les parties supérieures d'un roux rembruni ; 
les pennes des ailes et de la queue rayées en travers de roux et de noir ; la 
gorge est blanche; toutes les parties postérieures sont rousses; les pieds 
n^oirâtres ; le bec est de cette couleur en dessus , et jaunâtre en dessous à 
sa base. Cette espèce se trouve au Brésil. 

2^™^ DIVISION. MNIOTILLE, 7l/7^^o?^7Za. 

Bec court, subulé, grêle, droit, entier, comprimé latéralement; man- 
dibules égales , aiguës. 

GALERIE DES OISEAUX. //' PAR TIE. 36 



2^6 MNIOTILLES. 

Narines presque ovales , colivertes d'une membrane. 

Langue cartilagineuse, pointue. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire soudé avec l'externe à sa base , totalement séparé 
de l'interne; pouce grêle, allonge. 

Ongle postérieur le plus long de tous. 

^iles moyennes, première, deuxième, troisième rémiges graduelles et 
les plus longues de toutes. • 

Queue à douze rectrices. 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce , qui se trouve 
dans l'Amérique septentrionale, et qu'on a classée parmi les Fauvettes , 
mais qui nous paraît devoir en être distraite; puisqu'outre quelques dif- 
férences dans la conformation du bec , du doigt postérieur et de son ongle, 
on la voit tovijours grimper le long des troncs et des grosses branches 
des arbres. Cette observation avait déjà été faite avant moi par le cor- 
respondant d'Edwars, qui a nommé cet oiseau Grimpereau noir et blanc. 
lien est du Mniotille, comme des Sittelles , des Grimpereaux de muraille; 
les pennes de sa queue ne lui servant point d'appui pour grimper, aussi 
sont-elles faibles, droites et jamais usées à leur extrémité, comme les 
rectrices des véritables Grimpereaux. 

LE MNIOTILLE YAMÈ^MniotiUa varia. 
PL CLXIX. 

Albo nigroque maculata ; jasciis alarum duabus alhis;gulâ nigrâ. 
Mas. Gulâ alhâ. Femina. 

Le Figuier varié de Saint-Domingue, Briss. , Ornitli. , tom. 3, 
pag. 5ig,n°6Q, pi. z-j.fig. 5. 

Idem, Bujjf., Hist. nat. des Ois., tom. 5, pag. 3o5. 

Black and White Creeper, Edwards, glanures , pi. 3oo. 

Motacilla varia, Linn. , Gm. , Hist, nat., édit. iZ , n° i?>. 

Sylvia varia, Lalli. , Index, n° 1 18. 

White-poll Warbler, Idem, Sjnopsis, tom. 2, pag. 488 ^ n" ii4- 



SITTINES. 277 

Cette espèce arrive au centre des Etats-Unis dans le mois d'avril, et 
le quitte en septembre pour passer l'hiver dans les grandes îles Antilles. 
Elle se nourrit d'insectes qu'elle cherche dans la mousse et les lichens qui 
couvrent les troncs et les grosses branches des arbres , et c'est en les dé- 
peçant avec son bec qu'elle découvre ceiix qu'ils recèlent. 

Le mâle a le menton et une partie de la gorge noirs ; une large tache 
de cette teinte sur les joues; le reste du plumage blanc et noir; ces deux 
couleurs forment des raies longitudinales sur la tête et sur tout le dessus 
du corps; la dernière se présente par taches isolées sur les parties infé- 
rieures, et domine sur les couvertures des ailes, leurs pennes et celles de 
la queue ; toutes celles-ci sont bordées de blanc, et les tectrices sont en 
outre terminées de cette même couleur; les pieds sont bruns, de même 
que le dessus du bec, dont le dessous est jaunâtre. Longueur totale, 4 
pouces environ. La femelle et le jeune se distinguent du mâle en ce que 
leurs joues et leur gorge sont blanches. 

3'^°'^ DIVISION. SITTINE, iVeoyo^y. 

Bec grêle, très-comprimé par les côtés, entier, pointu; mandibule su- 
périeure droite; l'inférieure plus étroite, plus courte, courbée en bas vers 
le milieu, ensuite retroussée. Pi. N, n° 12. 

Narines ovales , couvertes d'une membrane , situées à la base du bec. 

Langue 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire uni à l'externe jusqu'au-delà du milieu et à l'in- 
terne à la base. 

Ongle postérieur \e plus long de tous. 

Ailes moyennes ; première rémige plus courte que la cinquième; troi- 
sième et quatrième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les trois espèces que renferme cette division , ont des rapports avec les 
Sittelles ; mais elles en diffèrent par leurs narines qui ne sont pas couvertes 
de plumes, et surtout par la manière dont leurs doigts sont soudés. On 



278 SXTTIKES. 

n'a aucune notion sur leur genre de vie; mais on présume qu'elles grim- 
pent sur les arbres comme les Sittelles , et qu'elles vivent des insectes que 
cachent les lichens ou l'écorce des arbres. 

LA SITTINE A QUEUE ROUSSE, Neops ruficauda. 

PI. CLXX. 

Suprà rufo-fusca , subtiis saturate griseo, rufo adumbrato ; genis,: 
gutture juguloque albis^ fusco maculât is; reciricibus intermediis ex- 
ternisque rufis; secundâ intùs nigrd; tertid apice extùsque rujd ; 
quartâ, quintd îiigris, 

■La Sittine à queue rousse, deuxième édit. du Nouv. Dict. d'histoire 
nat. , tom. 3ï, pag. 338j pi P , io,fig. 1. 

Cette espèce, qu'on trouve à Cayenne, mais rarement, a le dessus de 
la tête , du cou et du corps d'un brun roux , de même que les couvertures 
supérieures des ailes; cette teinte prend un ton plus rembruni sur les 
pennes secondaires, qui ont leurs bords et leur extrémité roux; les tec- 
trices inférieures sont de cette couleur, de même que les pennes primaires 
à leur origine et à leur extrémité, lesquelles sont d'un brun sombre dans 
le reste; la teinte rousse occupe encoi'e les couvertures supérieures de la 
queue, les deux pennes intermédiaires et la plus extérieure de chaque 
côté ; la latérale la plus proche de celle-ci est noire en dedans sur une 
partie de sa longueur; celle qui la suit rousse seulement à sa pointe 
et sur son bord externe dans les deux tiers de son étendue; les autres 
sont totalement noires; les sourcils blanchâtres; les joues et le devant 
du cou blancs et tachetés de brun ; les parties postérieures d'un gris 
sombre, ombré de roux. Le bec est brun en dessus, sur les bords et à 
l'extrémité de sa partie inférieure, qui est blanchâtre en dessous; les 
pieds sont bruns. Longueur totale, 4 pouces i/a. 

La femelle ou le jeune est d'un brun plus foncé sur les ailes et la queue, 
d'une teinte plus claire sur le ventre , d'un blanc sale sur la gorge ; mou- 
chetée de blanchâtre sur le devant du cou et sur la poitrine ; du reste, 
cet individu est pareil au précédent. 



SITTELXES. 279 

4^-"^ DIVISION. SITTELLE, Sitta. 

Bec couvei't à sa base de petites plumes dirigées en avant, entier, 
droit, comprimé latéralement, ou un peu arrondi, terminé en forme de 
coin ; les deux mandibules égales ; l'inférieure quelquefois un peu re- 
troussée. PI. O, n° I. 

Narines rondes , ouvertes , cachées sous les plumes du capistium. 

Langue large à son origine, courte, cartilagineuse, aplatie, cornée et 
bifide à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne; pouce plus long que celui-ci. 

Ongle postérieur très-crochu , le plus robuste de tous. 

Ailes moyennes à penne bâtarde très-courte; deuxième, troisième et 
quatrième rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Des ornithologistes ont placé dans cette division au moins treize es- 
pèces ; mais il n'en existe réellement que cinq qui soient bien connues ; les 
autres sont ou en double emploi ou ne peuvent pas y être classées, d'après 
la forme de leur bec. 

Les Sittelles ont des habitudes communes avec les Pics et les Mésanges, 
en ce qu'elles frappent de leur bec contre l'écorce des arbres, qu'elles 
grimpent le long du tronc , comme les premiers ; mais elles diffèrent des 
uns et des autres par la forme du bec, de la langue et des pieds. Elles ont 
encore dans leur manière de. grimper de l'analogie avec les véritables 
Grimpereaux , mais leur bec et leur queue sont autrement conformés ; 
elles se nourrissent d'insectes, de noisettes et de graines qu'elles percent 
à grands coups de bec, après les avoir fixées solidement dans une fente 
quelconque. Leur naturel est solitaire, leur vol doux et leurs mouvemens 
fort lestes. Elles nichent ordinairement dans des trous d'arbre, et font 
au moins une ponte par an. 



2^0 : SITTELLES. 

LA SITTELLE A TÊTE NOIRE, Sitta melanocephala. 

PI. CLXXI. 

Cinerea , suhtàs candicans ; ah domine imo rufèscente ; capite et 
collo superiore nigris; rectficibus lateralihus albo nigroqijue vaiiis. 

'^wûiditch, Cateshj, carol. \ , pi 22. 

La Sittelle de la Caroline, Briss. , Ornith. , tom. 3,pag. 696, n° 6. 

La Sittelle à tête xioire^ Bitff. , Hist. nat. des Ois., tom. S,pag. 473. 

Sitta Eviropœa, Var. y, hinn. , Gm., Syst. nat. , édit. i3, m° i. 

Sitta Carolinensis, Lath. Index, rf 3. 

Black headed Nuthatch, Lath. , Synopsis, tom. i , n° 65o, Var. B. 

On a mal à propos présenté cette Sittelle comme une variété de celle 
d'Europe, et Latliam nous paraît très-fondé à la donner dans son Index 
pour une espèce très-distincte, qui ne se trouve que dans l'Amérique sep- 
tentrionale où elle est répandue jusqu'à la baie d'Hudson. Elle en part aux 
mois de septembre et d'octobre, et va passer Hiiver dans le Sud; cependant 
quelques individus se tiennent pendant cette saison au centre des États- 
Unis. Elle jette différens cris , tantôt elle semble prononcer, surtout en 
hiver, ti, ti, ti, ti, et en été quank, cjiiank , qu'elle répète fréquemment. 
Elle niche dans un trou d'arbre, dans ceux des clôtures et sous les cor- 
niches brisées des cavernes. La ponte est de cinq œufs d'un blanc terne , 
tacheté de brun vers le gros bout. 

Le dessus de la tête et la nuque sont noirs ; les soies , qui recouvrent 
les narines, les joues et les sourcils d'un gris blanc; le manteau est de 
couleur d'ardoise; les couvertures supérieures des ailes et leurs pennes 
sont noires et bordées en dehors de gris bleuâtre ; les deux pennes inter- 
médiaires de la queue de cette couleur; les deux plus proches de celles-ci 
noires et terminées de blanc; celles qui les suivent, d'un gris bleuâtre à 
leur extrémité; les latérales blanches de chaque côté, et de couleur d'ardoise 
foncée vers la pointe; les parties inférieures, depuis le bec jusqu'au bas- 
ventre, d'un gris blanc , les flancs tachetés de roux; les plumes des jambes 
de cette teinte; les pieds noirâtres; le bec est noir en dessus et gris en 



\ 

PICCHIONS. a8i 

dessous. Longueur totale, 5 pouces 3 lignes. La femelle ne diffère du maie 
qu'en ce que sa couleur noire est moins foncée sur la tête et les ailes. 

5^"'^ DIVISION. PICCHION, Petrodroma. 

Bec un peu déprimé et triangulaire à sa base , plus ou moins fléchi en 
arc, grêle, un peu arrondi, entier, pointu. PI. O, n° 2. 

Narines à demi-closes en dessus par une membrane, situées, vers l'ori- 
gine du bec, dans une rainure longitudinale. 

Langue très-dilatée à sa base, garnie sur ses côtés de petits crochets 
très-pointus et susceptible de se lancer. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur, totalement séparé 
de l'interne ; pouce plus long que ce dernier. 

Ongle postéjieur ^vèXe, peu courbé, aussi long que le doigt. 

^i'/e^àpenne bâtarde courte; deuxième, troisième , quatrième rémiges 
les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices, larges, faibles et obtuses à leur extrémité. 

Des deux espèces que renferme cette division , l'une habite l'Europe , 
et l'autre la Nouvelle-Hollande. En comparant les caractères des Picchions 
à ceux des vérita:bles Grimpereaux , on saisira facilement les différences 
qui ont donné lieu de les diviser en deux groupes distincts. Nous ne con- 
naissons point le genre de vie de l'espèce , dont nous publions la figure ; 
mais nous sommes tentés de croire qu'il est le même que celui du Picchion 
d'Europe (le Grimpereau de muraille des auteurs). Celui-ci, qu'il faut 
chercher sur les rochers coupés à pic et les murailles des vieux édifices, 
ne grimpe point sur les arbres, et choisit, pour nicher, les fentes et les 
crevasses des rochers solitaires. Il voyage seul et quitte les contrées qu'il 
habite pendant l'été, pour passer l'hiver sous des régions plus chaudes. 



282 GRIMPEEEAUX. 

LE PICCHION BAILLON, Petrodroma haiUoni. 

PL CLXXII. 

P irescente fusca ; remigibus primorihus iiitùs rufo maculatis; 
rectricibus sordide cœrulscente-sriseis. 

Le Picchion bâillon, deuxième édif. du noiLv. Dict. d'histoire natur. 
tom. a6, pag. 107. 

Le nom que nous avons imposé à cet oiseau, est celui d'un naturaliste 
très-distingué , très-bon observateur, et à qui nous en devons la connais- 
sance. Cette espèce , qu'il a reçue de la Nouvelle-Hollande , a le dessus de 
la tête, du cou, du corps et des ailes d'un brun verdâtre, tirant au gris 
sur le croupion; les pennes primaires des ailes, à l'exception de la pre- 
mière, brunes avec une tache rousse vers le milievi de leur côté interne ; 
les secondaires de cette couleur, ensuite noires et terminées de gris ; les 
pennes de la queue d'un gris blanchâtre sale; les intermédiaires en -entier, 
toutes les autres pareilles à leur pointe, noires sur le reste, avec une 
tache blanchâtre à leur intérieur; la gorge, le devant du cou et toutes les 
parties^îostérieures d'un blanc roussâtre ; la poitrine tachetée de blanc sur 
les côtés; la queue un peu arrondie; le bec jaunâtre à la base de sa partie 
inférieure et brun dans le reste; les pieds et les ongles d'un brvm noir. 
Longuevu' totale , 5 pouces 4 lignes. 

** Pennes de la queue pointues. 

6^"= DIVISION. GRIMPEREAU, Certhia, 

Bec médiocre, entier, un peu trigone, comprimé paT les côtés, grêle, 
fléchi en arc, aigu. PI. O, n° 3. 

Narines situées à la base du bec, à demi-couvertes par une membrane, 
ouvertes dans une rainure longitudinale. 

Langue cartilagineuse, aigiië. 



GRIMPEREAUX. 283 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne; postérieur plus long que l'intérieur. • 

Ailes courtes , à penne bâtarde très-courte ; troisième et quatrième ré- 
miges les plus longues de toutes ; première plus courte que la septième. 

Queue à douze rectrices roides , un peu arquées , pointues. 

Cette division renferme un très-grand nombre d'espèces dans les Sys- 
tèmes de Linnée , de Brisson , de Gmelin et de Latham ; mais la plupart 
n'étant pas de vrais Grimpereaux, et ayant des caractères particuliers, j'ai 
cru devoir les en distraire pour en composer de nouveaux groupes, sous 
les noms de Guit-guitj Héorotaire et Soui-manga ; j'ec ai aussi retiré 
le Giimpereau de mui-aille , qui diffère de tous par la forme de ses ailes , 
de sa queue et de sa langue. V^ojez Picchiow. Il résulte donc de ces 
retranchemens , que cette division ne contient qu'environ quatre espèces, 
dont une se trouve en Europe et les autres en Amérique. 

Ces petits oiseaux ne se plaisent que dans les bois , les vergers et y 
restent pendant toute l'année. Sans cesse en mouvement , on les voit 
grimper continuellement le long des arbres , et voltiger de l'un à l'autre 
pour chercher les insectes et les larves dont ils font leur seule nourriture. 
Ils nichent ordinairement dans un trou d'arbre, et leur ponte, est assez 
nombreuse. 

LE GRIMPEREAU CINNAMON, Certhia cinnamomea, 

PL CLXXIII. 

Cinnamomea, suhtiis alba. 

Cinnamon Creeper, Latli., Synopsis, tom. i,jjag. 740, n° li^6. 

Le Grimpereau cinnamon, Vieillot, Ois. dorés, pi. 62 des Giimpe^ 

reaux. 

Le Grimpereau cinnamon , deuxième édit. du nouv. Dicf. d'histoire 

nat., tom. i3,pag. 5o^. 

Certhia cinnamomea, Lm«., Gm., Syst. nat. , édit. i3, « 47- 
Idem, Lath., Index, n° 56. 

GALERIE DES OISEAUX. //' P AB.TIE. O? 



284 SYNALLAXES. 

On ne connaît que le plumage de cette espèce qui se trouve à Cayenne. 
Elle a la tête, le dessus du cou, le dos, le croupion, les pennes des ailes 
et de la queue d'une couleur de cannelle; le dessous du corps blanc; les rec- 
trices terminées en pointe très-aiguë et privées de barbes , à deux lignes 
environ de leur extrémité; le bec noir; les pieds d'un brun obscur. Lon- 
gueur totale, 5 pouces. 

.y^-""^ DIVISION. SYWALLAXE, Sjnallaxis. 

.Bec grêle, entier, pointu; mandibule supérieure un peu arquée; l'infé- 
rieure droite. PI. O, n° 4- 

Narines oblongues, couvertes d'une membrane et de petites plumes à 
leur origine. 

Langue.... 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé 
de l'interne ; pouce allongé. 

Ailes courtes , arrondies ; première rémige courte ; quatrième la plus 
longue de toutes. - 

Queue à douze rectrices. 

Nous ne connaissons que deux espèces d'oiseaux qu'on peut classer dans 
cette division ; encore une est fort douteuse. On les trouve au Brésil : voilà . 
à quoi sp borne ce que nous savons de leur partie historique. 

LESYNALLAXE A TÊTE ROUSSE, Synallaœis rufi- 

capilla. 

PI. CLXXIV. 

f^ertice rufo; loris genis que griseis j dorsofuscojviridi-olivaceo; 
gutture cinereo , alhoque mixto ; abdomine albido. 

Le Synallaxe à tête rousse, deuxième' édit. du nouv. Dict. d'histoire 
nat.y tom. "i-x^pag. lo. 



PICUCULES. 285 

Ce Synallaxe a le dessus de la tête roux; un trait jaunâtre sur les côtés, 
lequel part de l'œil; les Lonims et les joues d'un cendré foncé; le dos d'un 
brun lavé de vert olive ; les rémiges et les rectrices rousses à l'extérieur ; 
la queue longue et étagée; la gorge d'un gris mélangé de blanc; la poitrine 
grise; les flancs pareils au dus; l'abdomen blanchâtre; le bec noir; les 
pieds bruns. Longueur totale , 5 pouces. 

Nous rapprochons de cet oiseau un individu du même pays , et décrit 
dans l'ouvrage cité ci-dessus sous le nom de Synallaxe cl queue rousse. 
Peut-être que les différences qu'on remarque dans leur plumage caracté- 
risent-elles les sexes. 

Toutes ses parties supérieures sont d'un brun légèrement nuancé de 
roux; les ailes et la queue de cette couleur; le menton est jaune, la gorge, 
la poitrine et le ventre sont blancs; les flancs et les couvertures inférieures 
de la queue gris. 

B. Doigts extérieurs égaux postérieur le plus court de tous. 
8^°'^ DIVISION. PICUCULE, Dendrocopus. 

Bec médiocre oix long, comprimé par les côtés, droit ou arqué, pointu. 
PI. 0,n° 5. -* 

Narines arrondies, ouvertes, situées à la base du bec. 

Langue étroite, grêle, cornée vers le bout, très-aiguë. ^ 

Tarses nus , annelés. " 

Doigts extérieurs réunis à leur base et d'égale longueur ; l'interne to- 
talement libre et moins long; le postérieur le plus court de tous. PI. BB, 
n" i3. 

Ailes un peu concaves, à penne bâtarde courte; troisième et quatrième 
rémiges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices, un peu arquées, aiguës et à tige roide. 

Cette division est composée de douze espèces, qui, toutes, appartien- 
nent à l'Amérique méridionale. On leur a donné le nom de Pic-Grimpe- 
reauj parce qu'elles participent des Pics et des Grimpereaux. En effet, 



286 PICUCULES. 

elles ont, comme ceux-ci, les pennes de la queue roides, un peu concaves 
et aiguës; les unes se rapprochent des Pics par leur bec droit , tandis que 
la plupart l'ont arqué comme les Grimpereaux : toutes ont beaucoup plus 
de rapports avec ces derniers qu'avec les autres, en ce qu'elles ont trois 
doigts devant et un derrière ; elles s'en éloignent en ce que les deux doigts 
extérieurs sont d'égale longueur, et que le postérieur est le plus court 
de tous; au contraire, chez les Grimpereaux, l'intermédiaire est plus 
long que l'externe, et le pouce que l'interne. ' 

Si l'on consulte le genre de vie de ceux-ci et des Picucules, on voit que 
tous habitent également les forêts; qu'ils grimpent sur les arbres, en s'ap- 
puyant sur leur queue; qu'ils se nourrissent de vers qu'ils tirent de l'écorce; 
qu'ils font leur ponte dans des trous d'arbre ; que leurs ongles ont la même 
forme; qu'ils ne marchent point à terre, et qu'ils ont à peu près la même 
manière de voler. Outre que les Picucules diffèrent des Pics par la posi- 
tion des doigts , ils s'en éloignent encore en ce que leur langue est confor- 
mée comme celle de la plupart des «autres oiseaux, et incapable d'être 
poussée hors du bec. Ils se tiennent seuls ou par paires , et jamais en 
famille;, ils commencent à grimper sur les arbres à environ trois pieds du 
sol , ne tirent point de l'écorce les insectes et les vers avec leur langue , 
comme les Pics, mais y introduisent leur bec jusqu'à ce qu'ils les saisissent; 
et si leur proie est trop cachée, ils frappent de leur bec contre l'arbre de 
la même manière que les Pics , et ils s'en servent quelquefois comme d'un 
levier pour soulever l'écorce. Cette division est composée de deux sections 
d'après la forme du bec. 

Le Picuçule Talapiot est le seul qui l'ait droit. 

LE PlCUCULE A BEC EN FAUCILLE, Dendrocopus 

falcularius. 

PI. CLXXV. 

Bufus ; capite j gutture juguloque albo-rufescente striatis. 

Le Picuçule à bec en faucille, Encjclop. inéth., Ornith. , pag. 626. 

Ce Picuçule est généralement roux; cette couleur blanchit sur le menton, 



GUIT-GUITS. 287 

et est rayée longitudinalement d'un blanc roussâtre sur la tête , la 
gorge et le cou; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, 8 pouces. 
On trouve cette espèce au Brésil , où elle se tient dans les grands bois 
des hautes montagnes , et y vit solitaire. Elle tourne autour du tronc pour 
y chercher sa nourriture. Elle a été tuée dans les montagnes des Orguis par 
M. le docteur Quoy , qui a accompagné M. le capitaine Freyssinet dans 
son voyage autour du monde. 

iS"' FAMILLE. ANTHOMYZES, Anthomysi. 

Bec grêle, droit ou arqué; quelquefois dentelé, trës-aigu, ou tubulé à 
sa pointe. 

Langue extensible, fibreuse. 

Pouce grêle , plus court que le doigt interne. 

1"" DIVISION. GUIT-GUIT, Cœruba. 

Bec un peu épais à sa base, ensuite grêle, long ou médiocre, trigone, 
fléchi en arc , à pointe aiguë ; mandibule supérieure très-finement entaillée 
vers le bout. PI. Q, n" 6. 

Narines petites , couvertes d'une membrane. 

Langue divisée en deux filets ou ciliée à sa pointe. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire j soudé à la base avec l'extérieur, totalement séparé 
de l'interne. ' 

Ailes médiocres; première et deuxième rémiges les plus longues de 
toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division est composée de huit espèces qui , toutes , se trouvent en 
Amérique sous la zone torride. Elles se nourrissent d'insectes, et quel- 
ques-unes y joignent le suc doux et visqueux de la canne de sucre, qu'elles 
récoltent en enfonçant leur bec dans les gerçures de la tige , par où dé- 
coule la surabondance de cette liqueur sucrée. Les unes vivent en troupes 



288 GUIT-GUITS. 

avec leurs congénères et avec d'autres petits oiseaux; quelques-unes, 
comme les Guit-guits sucriers, se tiennent par paires; mais aucunes ne 
grimpent , quoique presque tous les ornithologistes en aient fait des Grim- 
pereaux. Les créoles de Cayenne confondent ces oiseaux avec les Colibris, 
parce qvie , comme ceux-ci , les Guit-guits voltigent autour des fleurs pour 
y saisir, avec leur bec, les insectes qu'elles recèlent. Il paraît qu'ils font 
leur nid avec beavicoup d'art, du moins les deux espèces, dont on connaît 
le genre de vie, le suspendent par la base à l'extrémité d'une branche 
faible et mobile , et son ouverture est toujours tournée du côté de la terre. 
Cette construction et cette position mettent la femelle et sa couvée à l'abri 
des lézards et de tous leurs ennemis. La ponte est de quatre œufs, et répétée 
plusieurs fois dans le courant d'une année. 

LE GUIT-GUIT AUX AILES VARIÉES, Cœreha cjanea. 

PI. CLXXVI. I 

Çœvulea; fascicî ocularii humeris 3 alis cauddque nigris ; vertice 
berrllino ; remigum latere interiore et tectricihus alarum inferiorihus 
sulphureis. Adultus. 

Viridis nitida, suhtùs albo striata; rectricibus viridibus; lateirdi- 
bus interiùs nigricantibus. Junior. 

Çorpgre suprà viridi; siibti(.s miidi-albo; abdomine flavescente ; 
humeris cœruleis nitejitibus-; tectricibus alarum inferioribus Jlavis ; 
suropjgio cœruleo macidato. Junior pennas mutans. 

Grimpereau bleu de Brésil, Briss., Ornith., tom. 3 , pag. 628, ra" i3, 
pi. 31, f g. 5. 

Grimpereau vert de Cayenne, idem., pag. 636, n° ^1 ■> pi- "iJfifig- 2. 
(Jeune). 

Guit-griit noir et bleu , Biiff,, Hist. nat. des Ois. ^ tom- 5 , pag. 52Q, 
pi. enl., ?i° S'i,Jig. 2, sous le nom de Grimpereau du Brésil. 

Guit-guit vert tacheté, iVfeWj joa^. 538. (Jeujie). 






GUIT-GUITS. aSg 

Certhia cyanea, Linn., Gm. , Syst. nat., édit. .i3, 7i° il[, idem, 
Lath., Index, n° 34- 

Certhia Cayana, Linn., Gm., n° g. Idem, Lat., Index, n" 
Certhia. aTïml\a.ta., i,aih.. Index, n°. 55. 

Black and Blue-Creeper, Lath., Sjnopsis, tom. i , pag. 724, n° 26. 
Cayenne Creeper, idem, pag. 'jq.8. (Jeune). 
Certliia armillata, Sparmam, fasc. 2 , pi. 26. (Jeune). 
Blue-Tliroated Creeper, Lath., Sjnopsis, tom. ï,pag. 724? '^° ^6. 
Certhia gularis, Sparmam, fasc. l\,pl. 79. (Jeune en mue). 
Ce Guit-guit, qu'on rencontre au Brésil , à Cayenne et en diverses autres 
contrées de l'Amérique méridionale, a le dessus de la tête d'une coulerur 
d'aigue-marine; les côtés de cette partie, le dessous du corps, les moyennes 
couvertures des ailes, les supérieures de la queue, le bas du dos et le 
croupion d'un bleu d'outre-mer ; le dessous et les bords Intérieurs des ré- 
miges d'un beau jaune ; les plumes de la poitrine brunes à la base, vertes 
sur leur milieu et bleues à leur extrémité , de manière que , toutes étant 
bien rangées , bien couchées les unes sur les autres , le bleu seul paraît à 
l'extérieur; le reste du plumage et le bec sont noirs; les pieds sont oran- 
gés, ou jaunes, ou pareils au bec. Longueur totale, 4 pouces un tiers. La 
femelle diffère du mâle en ce qu'elle a les ailes doublées de gris jaunâtre. 
Chez le jeune le dessus de la tête et du corps est vert; la gorge roussâ- 
tre; les joues sont variées de vert et de blanchâtre; la poitrine et les parties 
postérieures vertes et blanches ; les pennes intermédiaires de la queue pa- 
reilles au dos; les latérales et les rémiges noirâtres et terminées de vert; 
les pieds gris. Quand les jeunes commencent à quitter leur première livrée, 
leur plumage présente une variation de couleurs qui a donné lieu d'en 
faire des espèces particulières ; mais quand on les compare les uns aux 
autres, l'on s'aperçoit qu'ils ont alors des attributs qui ne laissent aucun 
doute sur leur identité. En effet, tous ont les ailes doublées de jaune, la 
même grosseur, la même taille et un ensemble parfait. Tels sont ceux que 
nous avons cités dans la Synonymie. 



î^ 



200 



SOUI-MANGAS. 



2^™"^ DIVISION. SOUI-MANGA, 6Y/z7?j/7>. 

Bec arqué, quelquefois droit, court ou long, ifti peu trigone, aigu, 
souvent à bords finalement dentelés. 

Narines situées à la base du bec , à demi closes par une membrane 
un peu voûtée. 

Langue très-longue, divisée en deux filets du milieu à la pointe, sus- 
ceptible de se lancer. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes à penne bâtarde très-courte ; première et cinquième 
rémiges presque égales ; deuxième et troisième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Montbeillard a généralisé à toutes les espèces de cette division, qui en 
contient au moins quatre-vingts, le nom de Soui-Manga qu'une d'elles 
porte à Madagascar. Linnée , Latham et d'autres ornithologistes les ont 
classées dans la division des Grimpereaux ; mais, si ce n'est la courbure 
du bec, elles n'ont aucun i-apport avec ceux-ci : de plus, ce nom ne peut 
nullement leur convenir, puisqu'elles ne grimpent point, et qu'elles ont 
des habitudes et des mœurs très-opposées à celles des vrais Grimpereaux. 
Des voyageurs et même des naturalistes les confondent avec les Colibris^ 
mais ils ont des attributs étrangers à ceux-ci ; savoir, douze pennes à la 
queue ; le bec effilé et formant un angle plus aigu; les tarses plus allongés 
et dénués de plumes , par la conformation de leurs doigts , de leurs ongles 
et de leurs ailes. En outre , on est certain aujourd'hui que les Colibris et 
les oiseaux-mouches sont confinés en Amérique. Ainsi donc tous les oiseaux 
de l'Afrique et de l'Asie, auxquels on a appliqué leur nom, appartiennent 
à la famille des Soui-Mangas, qui les remplacent dans l'ancien continent. 
De même que les Colibris, ces oiseaux portent un plumage paré des 
couleurs les plus riches et les plus éclatantes; ce sont les mâles surtout 
que la nature décore avec tant de luxe, mais seulement dans le temps des 



SOUI-MANGAS. aqi 

amours; car, à toute autre époque, ils portent ordinairement un vêtement 
assez ressemblant à celui des femelles, et souvent au point qu'on ne peut 
les distinguer, si l'on n'a pour guide que leur plumage. Leur langue est 
pareille à celle des Colibris, et, comme eux, ils se nourrissent, indépen- 
damment des insectes, du suc mielleux des fleurs. Elle est mue par le 
même mécanisme , qui leur facilite les moyens de l'allonger et de la retirer 
à volonté. Ses parois sont d'une substance cornée et creusée en gouttière, 
formant une sorte de trompe , dont l'extrémité est munie de plusieurs filets 
nerveux, qui, par leur nature, sont le premier siège du goût. Ces filets 
servent, non-seulement à déguster la liqueur, mais ils servent encore de 
crible pour empêcher les matières les plus grossières de passer avec la 
liqueur sucrée à travers le tube de la langue qu'elles obstrueraient. La 
partie supérieure de la langue, qui répond à l'œsophage, est munie de 
deux allonges qui, passant de chaque côté du larynx, vont en remontant 
derrière la tête, s'implanter au front, et servent, comme chez les Pics, 
h pousser la langue hors du bec, suivant la profondeur à laquelle l'oiseau 
a besoin d'atteindre pour trouver sa nourriture favorite. 

Les Soui-Mangas ont un ramage gai, beaucoup de vivacité, et aiment 
la compagnie de leurs semblables. Les uns construisent leur nid dans les 
buissons et sur les arbu^es, d'autres préfèrent un tronc d'arbre, Leur 
ponte est de deux à quatre œufs. 

A. Bec arqué. PI. O^ n° 'j. 

LE SOUI-MANGA DE MALACCA, Cinnjris lepidus. 

PI. CLXXVII. 

J^Lolaceo-nitens ; suhtiis Jlavus ; sincipite viridi; lateiihus colii 
strigâ loJigitudlnali virescente, alterâque vialaced ; guld rubro-J'uscu. 

Le Orimpereau de Malacca , Sonnerat, Voyage aux Indes, toni, i , 
pag. ii6, jfig. I. 

Certhia lepida, Lath., Index, ii° 60. 

GALEKIE DES OISEAUX. //'". PARTIE. 38 



2Q2 SOUr-MANGAS. 

Yellow-BeWïed Creeper, iderrij Sjnopsis j \" Siippl. , pag. i3i, «°54- 

Le Soui-Manga de Malacca , deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire 
nat.y tom. ?>i,pag. 5o4- 

Cette espèce , dont nous devons la connaissance à Sonnerai , se trouve 
à Malacca. Le mâle a le front d'un vert foncé chatoyant ; une bande lon- 
gitudinale d'un vert terreux, laquelle part de l'angle supérieur du bec, 
passe au-dessous des yeux, et descend sur les côtés du cou , où elle finit en 
s'arrondissant ; une raie d'un beau violet naît à l'angle des deux mandibules 
et se prolonge jusqu'à l'aile; un rouge brun couvre la gorge, une teinte 
violette, ayant le poli et le brillant du métal, s'étend sur les petites cou- 
vertures alaires; les moyennes sont mordorées; les grandes d'un brun 
terreux; le dos, le croupion et la queue d'un beau violet changeant; le 
dessous du corps est jaune; l'iris rouge; le bec noir; les pieds sont bruns. 
Longueur totale, 5 pouces environ. 

La femelle et le jeune sont d'un vert olive sur toutes les parties supé- 
rieures, et d'un jaune verdâtre sur les inférieures. 

B. Bec droit. PL O, w 8. 

LE SOUI-MANGA MIGNON, Ci^njris elegans. 
PI. CLXXvm. 

V^iridisj collo anteriore Jlai>o ; pectoris medio pallidè rubro; ventre 
sordide Jlavo. 

Soui-Manga à bec droit, V^ieillot, Ois. dorés, tom. i, pag. iio, 
pi. 65. 

Soui-Manga mignon, deuxième édit. du nouv. Dict. d'hist. natur., 
tom. 3i , pag. 5o6. 



COLIBRIS ET OISEAUX-MOUCHES. 296 

Cette rare espèce, que nous soupçonnons se trouver en Afrique ou dans 
les Grandes-Indes, a le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion, 
les couvertures des ailes et la gorge d'un vert cuivré; les pennes alaires pt 
caudales d'un brun clair, et bordées de vert sale; le devant du cou jaune; 
deux petits faisceaux de cette couleur sur les côtés de la poitrine, qui est 
d'un rouge pâle; le ventre d'un jaune sale, qui s'éclaircit sur les couver- 
tures inférieures de la queue; le bec et les pieds noirâtres. Longueur totale, 
3 pouces 1/2. 

3^'"'' DIVISION. COLIBRI, Trocliilus. 

Bec droit, grêle, arqué chez les Colibris, droit chez les oiseaux-mou- 
ches, plus long que la tête, entier, quelquefois dentelé sur les bords, 
garni à la base de petites plumes et déprimé en dessus , subulé vers le bout 
et finissant en pointe ; mandibule supérieure couvrant les bords de l'in- 
férieure. 

Narines situées vers la base du bec, linéaires, couvertes en dessus d'une 
membrane renflée, ouvertes. 

Langue susceptible, de s'allonger, entière à la base, divisée en deux 
filets depviis le milieu jusqu'à la pointe. 

Bouche très-petite. ' ' 

Pieds impropres à la marche. 

Tarses annelés, plus courts que le doigt du milieu. 
Doigts séparés dès leur origine. 

Ongles courts , très-rétractiles , très-crochus , fort aigus. 
Jiles très-longues , étroites ; première rémige, la plus longue et ter- 
minée en forme ,de faux; toutes les autres étagées jusqu'à la dernière 
secondaire , la plus courte de toutes. 
Queue à dix rectrices. 

Cette division est composée d'environ quatre-vingt-six espèces , disper- 
sées dans trois sections, d'après la conformation du bec, sous les noms 
de Colibri et di oiseau-mouche. C'est dans les contrées les plus chaudes 
de rAmérique qu'elles se trouvent ; presque toutes sont confinées entre les 



2f)4 COLIBRIS ET O IS E à UX-M OUC HES. 

tropiques; celles qui s'en éloignent, ne séjournent sous les zones tempé- 
rées que pendant l'été ; elles suivent le soleil , s'avancent et se retirent 
avec lui. Des deux oiseaux-mouches , qui passent la belle saison dans 
l'Amérique septentrionale, l'un (le Fuibis) pénètre jusqu'au Canada, et 
l'autre (le Sajin) jusqu'au 54" degré et 12 minutes de latitude, où 
Mackensie l'a rencontré. Les espèces de l'Amérique australe ne s'éloignent 
pas autant des tropiques que les deux dont il vient d'être question ; car 
M. de Azara nous assure qu'elles n'outrepassent pas le 35» degré de lati- 
tude sud. 

Quoique des voyageurs aient pris pour des Colibris des oiseaux d'un 
plumage aussi brillant, et qui vivent de la même manière, dans les con- 
trées chaudes de l'ancien continent , il est certain qu'il n'y en existe point , 
ni dans les îles de la mer Pacifique, ni dans les terres australes, telles que 
la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Zélande. C'est donc en Amérique que 
la nature a fixé un de ses chefs-d'œuvre ; prodigue envers eux , elle lès a 
comblés de ce qu'elle n'a fait que partager entre les autres oiseaux. Grâces, 
fraîcheur et velouté des fleurs, poli des métaux, éclat des pierres les plus 
précieuses , elle a tout réuni sur ses petits favoris ; aussi les Indiens , 
frappés de l'éclat et du feu que jettent les couleurs de ces oiseaux, leur 
ont donné les noms de rajons ou chei>eux du soleil. Tous emploient les 
mêmes matériaux pour la construction de leur nid; la plupart le cons- 
truisent dans les mêmes endroits, sur les arbres ou dans les buissons. Il 
est composé de diverses sortes de coton , ou d'une bourre soyeuse recueillie 
sur les fleurs; son tissu est si fort, qu'il a la consistance d'une peau douce 
et épaisse. Ils l'attachent indifféremment à un seul brin d'oranger, de 
citronnier, de cafier, à des feuilles même, et quelquefois à un fétu qui 
pend de la couverture d'une case. Les plus forts et. les plus gros Colibris 
le posent ordinairement sur une branche, et toujours son extérieur est cou- 
vert de lichens pareils à ceiix qui croissent sur l'arbre où il est construit. 
La ponte n'es'^ , chez tous , que de deux œufs. 

Leur langue est composée de deux fibres creuses, formant un petit 
canal, divisé du milieu à la pointe en deux petits filets; elle a la forme 
d'une trompe , dont elle fait les fonctions. 



COLIBRIS ET OISEAUX-MOUCHES. agS 

L'oiseau la darde hoi's de son bec par un nlécanisme de l'os hyoïde , 
semblable à celui de la langue du Pic '. 

Le vol de ces oiseaux est continu , bourdonnant et tellement rapide , 
qu'on n'aperçoit nullement le mouvement de ses ailes, dont le battement 
est si vif, que l'oiseau, s'arrêtant dans les airs, paraît, non-seulement im- 
mobile, mais tout-à-fait sans action. On le voit ainsi s'arrêter quelques 
instans devant une fleur, partir comme un trait pour aller à une autre et 
les visiter toutes, en plongeant sa langue dans leur sein, afin d'y saisir sa 
nourriture qui consiste dans leur suc mielleux, et de très-petits insectes. 
Jamais ces oiseaux ne marchent ni ne se posent à terre. Ils passent la nuit 
et le temps de la plus forte chaleur du jour sur une branche et souvent 
sur la plus grosse de l'arbre. Pour l'ordinaire , ils ne font entendre de cris 
que quand ils quittent une plante ou un arbre en fleur, pour en recher- 
cher un autre. Ce cri se compose des syllabes tére, prononcées d'un son 
de voix plus ou moins fort, plus ou moins aigu. Ils sont d'un naturel 
solitaire , et s'il y en a un qui soit sur un arbre , d'autres n'en approchent 
pas; mais ils se rassemblent souvent, voltigent en nombre, et se croisent 
sans cesse avec une extrême rapidité au-dessus des plantes et des arbris- 
seaux en fleur. Ils se battent entre eux avec acharnement, et disparaissent 
sans qu'on puisse voir l'issue du combat. Ils ne montrent pas moins de 
courage pour attaquer les autres oiseaux qui viennent près de leur nid; 
quelquefois ils les assaillissent sans motif, les mettent en fuite et même les 
poursuivent. 

A. Bec arqué, entier. PL O, n° g. 

■ Voj'ez sou Analomie sur la planche B, lo de la deuxième édition du Nouv. Dict. 
d'histoire naturelle, et son explication, tom. 7, pag. 342 et 543. 



2q5 COLIBRIS ET OISEAUX-MOUCHES. 

LE COLIBRI LAZULITE, Trochilus lazulus. 
PI. CLXXIX. 

- Supi'à aurato-viridis ; subtiis cœruleus ; tectiicibus caudœ infeiio- 
ribus albis, ^ 

Le Colibï'i lazulite, Encyclopédie méthod. , fOrnithol.J page 55']. 
Ce Colibri, qui habite dans l'Amérique méridionale, est d'un vert doré 
à reflets sur la tête , le dessus du cou et du corps , les couvertures supé- 
rieures des ailes et de la queue ; d'un bleu éclatant sur la gorge , le devant 
du cou, la poitrine et le milieu du ventre ; blanc sur les autres parties 
inférieures ; violet sur les rémiges et les rectrices ; noir sur le bec et les 
pieds. Longueur totale, 4 pouces 1/2. 

B. Bec entier j droit ^ pi. Oj n° 10. 

L'OISEAU-MOUCHE GÉANT, Trochilus gigas. 

PI. CLXXX. 

Capitisj colli dorsicfiie pennis JïiscG^viridibus j apice rujis; uropjgio 
albo y rufo mixto ; corpore subtàs fusco-rufescente et albido ; rectri- 
cibu3 cinereis , apice viridibus. 

Le Brésil est la patrie de cette nouvelle espèce : l'individu , dont nous 
publions la figure , ne nous paraît qu'un jeune mâle , le vieux ne nous 
est pas connu ; mais nous croyons reconnaître la femelle dans un indi- 
vidu que possède M. Becœur, naturaliste; elle diffère du jeune en ce que 
son plumage est généralement d'un gris un peu foncé. Celui-ci a la tête , 
le dessus du cou, le dos d'un vert brun, plus chargé sur la dernière partie; 
chaque plume est bordée d'une ligne plus sombre , et terminée de roux ; 
le croupion est d'un blanc mêlé de roux ; les couvertures supérieures de 
la. queue sont vertes et bordées de blanc ; les rectrices pareilles avec une 
petite tache blanche à leur extrémité; les petites et moyennes tectrices 



HÉOROTAIRES. ag'y 

des ailes vertes bordées comme les plumes du dos et terminées de blanc 
roussâtre ; les rémiges portent à leur bout une tache triangulaire et blanche 
sur un fond d'un noir violacé; les parties inférieures sont d'un blanc rous- 
sâtre , et chaque plume est terminée de blanchâtre ; l'abdomen et les 
couvertures inférieures de la queue blancs; les rectrices grises avec du vert 
à leur extrémité ; le bec et les doigts noirs ; la queue est très-fourchue et 
longue de trois pouces. Longueur totale, 8 pouces environ. Nous devons 
la connaissance de cet individu à M. Portier attaché au ministère de la 
marine. 

4"'-DivisioN. HÉOROTAIRE, Melithreptus. 

Bec arrondi à sa base, entier, plus loçg ou plus court que la tête, 
arqué, acuminé. 

Narines ovales , à demi- couvertes d'une membrane. 

Langue longue, divisée en deux filets ou ciliée à sa pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes moyennes ; les trois premières rémiges presqu'égales et les plus 
longues de toutes chez les uns , les quatrième et cinquième chez les autres. 

Queue, à douze rectrices. 

Les trente espèces que renferme cette division, se trouvent dans l'Aus- 
tralasie et la Polynésie. On assure que leur nourriture consiste en miel et 
insectes. C'est à quoi se borne leur partie historique. Elles sont divisées 
en deux sections d'après la longueur du bec , son épaisseur et sa courbure 
plus ou moins prononcée. 

M. Cuvier me reproche, dans son Règne animal, d'avoir singulièrement 
mêlé les espèces de son genre Philedon avec les Grimpereaux ; mais , 
avant la publication de son ouvrage, j'en avais donné les motifs dans 
l'Introduction de mon Ornithologie élémentaire, et j'en avais signalé l'em- 
ploi en disant : « J'ai placé dans divers genres la plupart des Héorotaires 
» que j'avais classés avec les Grimpereaux dans l'histoire des Oiseaux 



2q8 HÉOROTAIRES. 

» dorés ou à reflets métalliques; quoique alors je sentisse le besoin de les 
» en distraire, je ne pouvais in'éloigner du plan fixé pour cet ouvrage 
)) dont je n'étais que le continuateur. « De plus , comme il n'y a pas de 
doute que cet illustre naturaliste ait lu les ouvrages de l'auteur qu'il cri- 
tique , sa mémoire s'est trouvée en défaut ; puisqu'elle ne lui a pas rappelé 
ce que j'ai dit dans cette histoire, tome a, page 85. Les Héorotaires 
devaient faire une nouvelle tribu, distincte des vérltahles Grimpe- 
reaux , parce qu'ils n'en avaient pas les habitudes , et que leur 
langue était autrement conformée que celle de ces oiseaux, mais 
qu'ds s'en rapprochaient par la forme du bec. Au reste, le classement 
de mes Héorotaires , dans le genre Grimpereau , ne provenait point de 
moi, mais de Latham, de Gmelin , de Sliaw et de Brown; ce que M. Cuvier 
ne doit pas ignorer : c'est donc à ces auteurs qu'il devait en faire le re- 
proche. Ayant fait dessiner les Héorotaires d'après nature, j'ai remarqué 
que plusieurs avaient le bec échancré : c'est donc avec raison que ce grand 
naturaliste les a classés dans son genre Philedon (mes Polochions^ ; 
mais il n'aurait pas dû généraliser pour tous cette classification ; car il en 
est qui n'ont point d'échancrure au bec, seul caractère distinctif de ces 
Philedons : tels sont, entre autres, les Héorotaires bleu, noir et blanc, 
noir, mellivore, cap-noir, etc. C'est pourquoi je les ai laissés dans le 
groupe oii je les avais placés précédemment. 

A. Bec épais d sa base, ivbuste , très-allongé et très-arqué. 

PL O, «"II. 

L'HÉOROTAIRE ÉCARLATE, Melithreptus vestiarius, 

PI. CLXXXl. 

Coccineus ; alis caudâque nigiis. 

Carmosin rother honing fanger, Merrem hejti:, t. i, pag. i6,pl. Zj- 
Certhia coccinea, Linn. , Gm., Syst. nat. , édit. i3, n° 29. 
Certhia vestiaria, Lath., Index, n° S. 



HÉOROTAIRES. 299 

Hookbilled red Creeper, Idem, Synopsis, tom. \ , pag. '^o[\, n" 5. 

L'Héorotaire ^ J^ieillot, Oiseaux dorés et à reflets métalliques , 
tom. i,pag. 86, pi. Sa des Iléorotaires. 

L'Héorotaire proprement dit , deuxièm,e édit. du Nouv. Dict. d'hist. 
nat. , tom. i[\, pag.Zii. 

Ce bel oiseau se trouve dans l'île d'Atooï , où il porte le nom d'Jïéoro- 
taii-e et celui d^Ecce-eve dans l'île des Amis. Il est très-recherché des 
habitans pour ses plumes rouges, qu'ils entremêlent avec d'autres pour 
s'en faire une parure. 

Il porte un plumage écarlate , à l'exception des ailes et de la queue , qui 
sont noires ; une tache blanche se fait remarquer sur les couvertures alaires 
les plus proches du corps ; le bec et les pieds sont blanchâtres. Longueur 
totale, 5 pouces 2 lignes. Une couleur de buffle, mêlée de noirâtre, domine • 
sur la livrée des jeunes. 

B. Bec grêle , plus ou moins courbé en arc, très-rarement plus long 

que la tête. 

L'HÉOROTAIRE A TÊTE BLANCHE ET NOIRE, 

Melithreptus albicapillus. 

Capite nigro qlbonue; corpore suprà olivaceo^viridi ; subtils alho. 

L'Héorotaire à tête blanche et noire, deuxième édit. du nous>. Dict, 
d'hist, nat. , tome 7, page 829. 

Idem, Encyclopédie méthodique ^ f Ornithologie J, pag. 606. 

Chez cette espèce, qu'on trouve à la Nouvelle-Hollande, un beau noir 
«couvre la tête jusqu'au bas des joues, descend un peu sur les côtés de la 
gorge, et est traversé par une bande blanche, laquelle part de l'œil, et 
passe entre le vertex et l'occiput. Toutes les parties inférieures sont d'un 
blanc pur; le dessus du cou et du corps est d'un vert olive brillant : cette 
couleur sert de bordure extérieure aux rectrices et aux rémiges secondai- 
res; les primaires portent une frange blanche; le bec est noir; les pieds 
sont jaunes. Longueur totale, près de 6 pouces. 

GALERIE DES OISEAUX. Il" PAR TIE. Sq 



3oo KOURNIERS. 

lô^""" FkMihLii. ÉPOPSÏDES, Épopsides. 

Bec plus court ou plus long que la tête, glabre à sa base, plus ou 
moins arqué, entier ou échancré. 

Langue médiocre ou courte, entière ou ciliée à sa pointe. 

I ^'" DIVISION. FOURNIER , Fumarius. 

Bec aussi épais que large, comprimé latéralement, entier, robuste, 
fléchi en arc , pointu. 

Narines longitudinales, couvertes d'une membrane. 

Langue médiocre, étroite, usée à la pointe. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes faibles , à penne bâtarde ; deuxième , troisième , quatrième ré- 
miges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division est composée de trois espèces qui se trouvent dans l'A- 
mérique australe; une seule était connue de Buffon, et les méthodistes 
l'ont classée avec les Guêpiers, quoiqu'elles ne présentent avec eux 
aucun rapport , si ce n'est dans la forme du bec. Le nom de Fournier est 
la traduction de celui de Hornero , que porte cet oiseau à la rivière de 
la Plata ; mais au Tucuman il est connu sous la dénomination de Casero 
(Ménagère). Ces deux noms font allusion à la forme extérieure de son 
nid, qui ressemble à celle d'un four. On l'appelle au Paraguay Alonzo 
garua. Sa ponte est de quatre œufs. 



• 



FOURNIERS. 3oi 

LE FOURNIER ROUX, Fumarius rufus. 
PI. CLXXxn. 

Rufus; remigibus fuscis , exteriore margine rufis. 

Le Fournier, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. Q,pag. 476, pi. enl. , 
no ySg , sous le nom de Fournier de Buénos-Ajres. 

Merops rufus, Linn. , Gm. , Sjst. nat., édit. i3, n° 20. 

Idem, Lath. , Index, rt in. 

Rufous Bec-Eater, idem, Spiopsis, tom. 1 , pag. 683, n" 19. 

Le nid de ce Fournier est bâti dans un endroit apparent , sur une 
grosse branche dégarnie de feuilles , sur les fenêtres des maisons , sur les 
croix, les palissades, ou sur les poteaux de plusieurs pieds de haut. Ce 
nid hémisphérique a la forme d'un four à cuire du pain ; il est construit 
en terre, et quelquefois deux jours suffisent pour sa construction. Le mâle 
et la femelle y travaillent de concert , et ils apportent chacun une boulette 
d'argile, grosse comme une petite noix, qu'ils arrangent et vont chercher 
alternativement. En dehors , ce nid a six pouces et demi de diamètre et uik 
pouce d'épaisseur. L'ouverture , pratiquée sur le côté , est du double plus 
haute que large ; l'intérieur est partagé en deux parties, par une cloison 
qui commence au bord de l'entrée, et va se terminer circulairement à la 
partie intérieure , en laissant une oviverture, pour pénétrer dans une espèce 
de chambre où sont déposés , sur une couche d'herbes , quatre œufs un 
peu pointus à un bout , piquetés de roux sur un fond blanc , et dont les 
diamètres ont dix et neuf lignes. 

Quelquefois d'autres oiseaux se servent des vieux nids à Fournier pour 
y faire leur nichée ; mais ceux-ci en chassent les usurpateurs, quand ils 
en ont besoin , parce qu'ils ne se donnent pas la peine de fair^ chaque 
année de nouveaux nids, et les pluies ne les détruisent qu'au bout d'un 
certain temps. 

Cette espèce n'est ni voyageuse, ni inquiète, ni farouche ; elle s'ap- 
proche des habitations champêtres et des bourgs , construit son nid de 



3o2 FOURNIEBS. 

préférence près des maisons , quelquefois même dans leur intérieur. Elle 
se tient dans les buissons , et se montre dans les lieux découverts ; elle ne 
pénètre point dans les grands bois , et on ne la voit point sur les endroits 
élevés. On trouve toujours ces oiseaux par paires , et ils ne vont jamais 
en familles ni en troupes. Leur vol ne se prolonge pas beaucoup, parce 
que leurs ailes un peu courtes ne sont pas très-fortes. 

C'est à M. de Azara à qui nous sommes redevables de la connaissance 
des habitudes intéressantes et de l'histoire des Fourniers , dont un seul 
n'était connu que par la description de ses formes et de ses couleurs. 
Quand le Fournier roux, ajoute-t-il , jouit de sa liberté en domesticité, il 
mange du maïs pilé, et préfère toujours la viande crue; si le morceau est 
trop gros pour être avalé , il le presse contre terre avec son pied et le tire 
avec son bec. Lorsqu'il veut marcher, il s'appuie vivement sur un pied, et 
lève l'autre en même temps avec la même promptitude; et après l'avoir 
tenu un peu en l'air, il le pose en avant et loin pour lever l'autre. Après 
avoir répété plusieurs fois ce manège, il se met à courir avec rapidité, et 
s'arrête ensuite tout à coup , et il reprend sa marche lente et grave. Il s'a- 
vance ainsi alternativement à pas majestueux et précipités d'un air libre 
,et dégagé , la tête haute et le cou élevé. Quand cet oiseau chante , il avance 
le corps, allonge le cou et bat des ailes. Son ramage, qui est commun 
aux deux sexes , et qui se fait entendre pendant toute l'année , est d'un ton 
élevé, et consiste dans la répétition fréquente de la syllabe chi , d'abord 
par intervalles, ensuite prononcée assez vivement pour ne plus former 
qu'un fredon ou une cadence qui s'entend à un demi-mille. 

Ce Fournier a le dessus de la tête d'un brun roux; les sourcils , le dessus 
du cou et du corps de même que les couvertures . supérieures et les ré- 
miges secondaires d'un roux jaunâtre, mais d'un ton plus foncé sur les 
ailes dont les premières pennes sont brunes ; la queue est de cette cou- 
leur, ainsi que le bec et les pieds ; la gorge blanche ; toutes les parties 
postérieures sont d'un roux très-clair. Longueur totale , 5 pouces ifo.. 
La taille varie chez ces oiseaux ; d'autres ont jusqu'à sept à huit pouces 
de long. 



POLOCHIONS. 3o3 

■2''"' DIVISION. POLOCHION, Philemon. 

Bec médiocre ou long, nu à sa base, arqué, un peu comprimé par les 
côtés, acuminé; mandibule supérieure échancrée vers le bout. Pi. P, n° i. 

Narines ovales, couvertes d'une membrane par derrière. 

Langue terminée par un pinceau de soies. 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni, à la base par une membrane avec l'externe, 
totalement séparé de l'interne. 

Ailes à penne bâtarde courte ; deuxième rémige la plus longue de 
toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division , qui contient au moins vingt-cinq espèces , est composée 
de deux sections : la première renferme celles dont la tête est totalement 
emplumée , et la seconde celles qui l'ont en partie dénuée de plumes sur 
les côtés. Toutes se trouvent dans l'Australasie et dans les Grandes-Indes, 
On dit que parmi elles il en est qui se nourrissent de miel ; que d'autres 
sont très-babillardes et très-courageuses , et que plusieurs ont un ramage 
harmonieux. C'est à quoi se borne tout ce qu'on sait du genre de vie de 
ces oiseaux. 

LE POLOCHION ROGO, Philemon cincinnatus. 
PI. CLXXXIII. 

Ex virescente splendide niger ; tectricibus alarum majoribus et 
fasciculo pennarum crisparum ad utrumque colli latus albis ; tectri- 
cibus caudœ cœndeis. 

New Zeeland Creeper, Brown , Zool. illust. , pag. 1 8 , pi. 9. Cook , 
vol. I , pag. 48. " 4||^ 

Novae Seelandise Merops, Linn. , Gm.j Sjst. nat. , édit. i3, rv 18. 

Merops cincinnatus, Lath. , Index, n» 18. 

Poë Bec-Eater, idem. Synopsis, tom. i^pag. 682, n° 17. 



3o4 Pï/puTS. 

: La Cravate frisée , Levcdllant, Ois. d' Afrique , pi. <^i. 

Les naturels de la Nouvelle-Zélande , qui donnent à cet oiseau le nom 
de Kogo ^1 ont pour lui la plus grande vénération, d'après son beau plu- 
mage, sa voix harmonieuse , sa cliair délicate et savoureuse. Il est connu 
des navigateurs anglais sous la dénomination de Po'é-bird. 

Sa robe est d'un noir verdâti'e foncé , très-brillant sur quelques parties 
du corps; un croissant d'un beau bleu forme un large demi-collier, sur 
le devant du cou , dont les plumes sont Longues , effilées et frisées à leur 
pointe; elles portent chacune un trait blanc dans leur milieu, et celles 
des côtés sont d'un blanc pur, ainsi cjue les grandes couvertures des 
ailes; les tectrices du dessus de la queue présentent une belle couleur 
bleue; les rectrices sont pareilles au corps et égales entre elles; le bec est 
noir, et garni à sa base de quelques soies; la langue et les côtés de la 
bouche sont jaunes. Longueur totale , lo pouces. La femelle et le jeune 
ne sont pas connus, 

3;'"" DIVISION. PUPUT OU HUPPE, Upupa. 

Bec plus long que la tête, faiblement arqué, trigone à sa base, con- 
vexe en dessus, un peu comprimé latéralement, un peu grêle, entier, 
presque émoussé ; mandibule supérieure plus longue que l'inférieure. 
PI. P,n°2. 

Narines petites, ovales, étendues, situées à la base du bec. 

Langue très-courte, triquêtre, entière, obtuse. 

^Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe , totalement séparé 
de l'interne. 

Ailes à penne bâtarde très-courte; première rémige plus courte que la 
sixième; troisième et quatrième, les plus longues de toutes. 

Queue à doia^ rectrices. 
. Des deux espèces dont cette division est composée, l'une se trouve en 
Europe et en Afrique, tandis que l'autre ne se tient que dans cette der- 
nière partie du monde ; vers le royaume de Congo et de Cacongo , et au- 



PÙPUTS. 3o5 

delà. Celle-ci, dont nous ayons publié la figure dans l'Histoire des oiseaux 
dorés et à reflets métalliques, n'est point un jeune de l'autre, comme le 
dit M. Themminck dans son Manuel d'Ornithologie ; car celui-ci ne diffère 
nullement de l'adulte , si ce n'est qu'il a un plus grand nombre de taches 
longitudinales sur les flancs, et un plumage plus terne, tandis que la 
Huppe du midi de l'Afrique est naturellement plus petite , porte des' cou- 
leurs plus vives et une aigrette moins haute , sur laquelle il n'y a aucun 
vestige du blanc qu'on remarque sur celle des vieux et des jeûnes de l'autre 
race ; de plus, la bande transversale de la queue est plus rapprochée du 
croupion que chez les autres. Nous sommes persuadés que , si ce savant 
veut examiner de nouveau le jeune oiseau de l'espèce d'Europe, il avouera 
qu'il s'est mépris. 

Les Huppes ont le vol lent, sautillant , sinueux, et paraissent ne se 
soutenir en l'air que par un mouvement d'ailes souvent répété. Leur 
marche est uniforme et posée, comme celle de la Perdrix. Lorsqu'elles 
sont surprises, elles s'arrêtent, fixent l'objet qui leur porte ombrage,, et 
s'envolent. Elles vivent d'insectes, surtout de vers de terré; elles les sai- 
sissent du bout du bec , les relèvent avec vivacité , et faisant un mouve- 
ment, comme pour lancer leur proie en l'air, l'aspirent pour l'avaler. 
Quand elles veulent boire, elles plongent brusquement leur bec dans 
l'eau , pompent et avalent en même temps la quantité qui leur est néces- 
saire ; elles boivent peu , aussi les prend-on rarement dans les pièges que 
l'on tend près des fontaines et des abreuvoirs. 

Ces oiseaux sont solitaires, rarement on en voit plusieurs ensemble; 
ils se plaisent à terre, dans les lieux humides; quand ils se perchent, c'est 
toujours à une inoyenne hauteur; rarement on les rencontre sur les hautes 
montagnes. C'est aussi à une petite élévation qu'ils construisent leur nid, 
soit dans un trou de muraille, de rocher ou d'un viel arbre. La ponte 
est de quatre à sept œufs , un peu plus gros que ceux de notre Merle 
commun. 



3o6 pupuTS. 

LE PUPUT A HUPPE COURTE, Upupa cristatella. 

PI. CLXXXIV. 

Cristdhrevi, rufâ, nigro marginatâ ; corpove rufo ,\uropjgio albo; 
caudd nigrd', albo,fasciatâ. 

La Huppe d'Afrique, Vieillot, Ois. dorés et à reflets métalliques , 
tom. \".i pi. 1 de V Histoire des Promerops. 

Idem, deuxième èdit. du Nouv. Dict. d'histoire nat. , tom. i5j 
pag. [\ii. 

Cette race , qu'on trouve en Afrique depuis Malimbe jusqu'au cap de 
Bonne-Espérance, diffère de celle d'Europe, comme je l'ai dit ci-dessus , 
par une taille plus courte, par des couleurs plus vives, leur disposition 
sur les ailés, par la bande transversale de la queue plus i-approchée du 
croupion , et par son aigrette , qui est moins haute et n'a point de vestige 
de blanc sur les plumes qui la composent. Du reste , elle a le même genre 
de vie , le même cri , et elle se nourrit des mêmes alimens. 

Elle porte une aigrette d'un roux foncé, frangé de noir; le reste de la 
tête , le cou , le haut du dos , les petites couvertures des ailes , le dessous 
du corps sont du même roux, mais qui s'éclaircit sur le ventre et les 
jambes. Les couvertures inférieures de la queue présentent cette même 
teinte, et ont leur extrémité du même blanc, qui couvre le croupion ; les 
huit premières pennes de l'aile sont noires; les suivantes en partie de cette 
couleur et blanches depuis leur origine jusque vers le milieu; dans les 
trois quarts de leur longueur, le blanc prend la forme d'une bande étroite, 
terminée par du roussâfre; les trois plus proches du corps sont d'un brun 
foncé et bordées de roiix; les rectrices portent une large bande transversale 
et blanche sur un fond noir; le bec est grisâtre à sa base et ensuite noir; 
les pieds sont de cette dernière teinte. Longueur totale, pouces. 



PROMEROPS. 3oT 

4«"'« DIVISION. PROMEROPS, Falcinellus. 

Bec plus long que la tête , fendu jusque sous les yeux , comprimé laté- 
ralement, plus ou moins arqué, aigu; mandibule supérieure carénée, 
striée sur les côtés, un peu plus longue que l'inférieure. 

Narines oblongues , ouvertes , situées à l'origine d'une strie. 

Langue.... 

Tarses nus , annelés. 

Doigt intermédiaire réuni à l'externe le long de la première phalange ; 
pouce robuste , aussi long que les doigts latéraux. 

0«g/e5 étroits; très-crochus, aigus; postérieur le plus fort. 

Ailesd. penne bâtarde moyenne; troisième, quatrième, cinquième ré- 
miges les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division ne nous paraît composée que de dix espèces , quoiqu'on 
en ait décrit un plus grand nombre. En effet, il est très-incertain que 
les Promerops orangé et à ailes bleues fassent partie de ce groupe. 
On trouve ces espèces , à l'exception de celles-ci , en Afrique et aux 
Grandes-Indes. Leur partie historique est bien loin d'être complète ; car 
on sait seulement qu'il y en a parmi elles qui s'accrochent au tronc des 
arbres , et nichent dans leurs trous. 

LE PROMEROPS A DOUZE FILETS, Falcinellus 

resplendis c ens . 

PI. CLXXXV. 

Niger purpureo et violaceo nitens ; uropygio ventreque albis ; 
pennis hjpochondrionim duodecim longissimisj apice setaceis. 

Le Manucode à douze filets , FieUlot , Oiseaux dorés à reflets mé- 
talliques , tom. i,pl. i3 des oiseaux de Paradis. 

GALERIE DES OISEAUX. Il' PARTIE. 4^ 



3o8 GUÊPIERS. 

Le Promerops à douze filets , deuxième édit. du Nouv. Dict. d'hist. 
nat,, tom. 18 , pag. i65. ~ 

La figure de l'individu, publiée dans l'ouvrage cité, manque d'exacti- 
tude; ce qui provient de ce que le peintre, n'avait pour guide qu'un dessin 
imparfait ; mais celle que nous publions ici est d'après l'oiseau en nature 
auquel il ne manque que les six premières pennes des ailes : ce qui a induit 
en erreur l'auteur du Règne animal , quand il a dit que les rémiges sont 
courtes , et beaucoup moins nombrevises qu'aux, oiseaux ordinaii'es. 

La tête , le cou , le haut du dos et dp la poitrine sont d'un beau noir 
velouté, d'où il rejaillit, sous divers aspects, des reflets pourpres et violets; 
les plumes de la dernière partie sont terminées par de larges lunules d'une 
couleur d'or éclatante, selon l'incidence de la lumière; le reste du dos et 
de la poitrine , le croupion, le ventre et les jambes sont d'un beau blanc; 
plusieurs plumes d'un vert brillant , à reflets bleus , plus longues que celles 
qui les avoisinent, parent les flancs vers l'origine des plumes subalaires; 
celles-ci présentent à peu près la forme de celles des oiseaux de Parad-si 
émeraudes; mais elles paraissent plus larges; leurs barbes sont effilées 
flottantes et d'un blanc nuancé de jaune tendre ; les douze filets partent 
de l'extrémité des plumes subalaires latérales , et les plus proches du corps ; 
ces filets sont de la force et de la grosseur d'un crin de cheval , longs 
d'environ dix pouces, à peu près nus et contournés en divers sens. Un 
beau noir pourpré couvre les rémiges et les rectrices ; le bec et les pieds 
sont d'un noir mat. Longueur totale, 9 pouces ija. depuis le bout du bec 
jusqu'à l'extrémité de la queue. 

On trouve cette espèce à la Nouvelle-Guinée. Peut-être est-ce la même 
que l'oiseau de Paradis noir et blanc (paradisea alba , Var. Lalh.) , qu'il 
dit n'être guère moins rare que le blanc. 

17^-'= FAMILLE. PELMATODES, Pelmatodes. 

Bec plus loug que la tête, droit ou arqué; pieds courts ; jambes dénuées 
de plumes sur leur partie inférieure* 

Doigts extérieurs réunis jusqu'au-delà du milieu. 



GUÊPIERS. 3o9 

r^" DIVISION. GUÊPIER, Merops. 

Bec épais à sa base, allongé, presque tétragone, entier, un peu fléchi 
en arc, subulé, à pointe aiguë. PI. P, n° 3. 

Narines rondes , petites , couvertes à leur origine de petites plumes 
dirigées en avant, quelquefois totalement glabres. 

Langue étroite , lacérée à la pointe chez la plupart 

Pieds courts. 

Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure. 

Doigts extérieurs réunis dans la plus grande partie de leur longueur. 

Ongle intermédiaire le plus fort de tous, et dilaté sur son bord interne. 

Ailes longues , à penne bâtarde , très-courte ou moyenne ; première ré- 
mige la plus longue de toutes chez les uns, la troisième chez les autres. 

Queue à douze rectrices. 

On" ne trouve les trente-neuf espèces dont cette division se compose 
que dans l'ancien continent. Les oiseaux de la Nouvelle-Hollande auxquels 
Lathan et Shaw ont imposé le nom de Merops , appartiennent à d'autres 
divisions (^ Voyez Polochion et Créadion). Quant aux Guêpiers indi- 
qués par des auteurs, comme se trouvant à Cayenne-et au Brésil , ils 
n'habitent pas dans ces contrées , si ce sont réellement des Guêpiers ; car 
il paraît certain qu'on n'en a pas encore rencontré dans l'Amérique. 

Les Guêpiers ont des rapports avec les Hirondelles dans leur genre de 
vie : comme celles-ci , ils saisissent leur proie en volant ; ils se rapprochent 
des Martin-pêcheurs par les belles couleurs de leur plumage et la confor- 
mation de leurs pieds. Comme eux et l'Hirondelle de rivage, les Guêpiers , 
dont on connaît le genre de vie , nichent au fond des trous qu'ils creusent 
eux-mêmes enterre; ils se nourrissent d'insectes volans, diptères et té- 
traptères, particulièrement de Guêpes et d'Abeilles, d'où sont venus leurs 
noms latin et français. 



3lO MARTIN-PÊCHEURS. 

LE GUÊPIER BICOLOR, Merops hicolor. 

PI. CLXXXVI. 

Corpore suprà cinereo-vinaceo ; subtils sanguinolento j genis albis; 
remigihus rectricihusque nigricante-fuscis. 

Le Guêpier bicolor, Sonnini^ édit. de Buffbn, tom. S[\,pag. 274. 

Idem, deuxième édit. du Nouv.Dict. d'iiist. nat., tom. i[\, pag. 12. 

On doit la connaissance de cette espèce au naturaliste Perrin , qui l'a 
trouvée à Malimbe dans le royaume de Congo et Cacongo, oii elle ne se 
montre que pendant trois mois; elle voyage en troupes, vole avec la même 
rapidité que l'Hirondelle , se perche rarement ; et dès qu'elle le fait , c'est 
sur les arbres presque dénués de feuilles. Lorsque ces Guêpiers ont établi 
leur croisière dans un canton, tous se réunissent et soutiennent leur vol 
pendant des journées entières, jusqu'à ce qu'ils aient détruit tous les in- 
sectes dont ils se nourrissent, spécialement les hyménoptères; alors ils par- 
tent ensemble pour un autre canton, oii ils continuent de chasser en 
commun. 

La tête, le dessus du cou et du corps, les couvertures supérieures des 
ailes de ce Guêpier sont d'un cendré-jaunâtre vineux; les rémiges et un 
trait sur l'œil d'un brun noirâtre; les joues et les côtés de la tête d'un beau 
blanc; le dessous du corps est d'un rouge sanguin; le dessous des ailes et 
de la queue d'un gris brun; le dessus d'un brun noirâtre; les deux rectrices 
intermédiaires sont plus longues d'un pouce et demi que les autres, et 
terminées en pointe fort aiguë ; le bec est blanc à la base de sa partie 
inférieure, et noir dans le reste; l'iris rouge. Longueur totale, 10 pouces. 

2^-^ DIVISION. MARTIN-PÊCHEUR, Alcedo. 

Bec long , gros à la base , trigone chez les uns , tétragone chez les au- 
tres, comprimé latéralement, droit, très-rarement échancré et incliné vers 
le bout, à bords très-légèrement dentelés vers la pointe. 



MARTIN-PÊCHEURS. 3ll 

Narines situées près du capistrum , étroites , longitudinales ou oblon- 
gues ,' à ouverture recouverte d'une membrane ti^ansparente. 

Langue courte, déliée, en carré long à sa base, triangulaire dans le reste. 

Pieds courts, placés un peu à l'arrière du corps. 

Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure. 

Tarses arrondis et quelquefois sans écailles. 

Doigts au nombre de trois ou de quatre ; les extérieurs réunis presque 
jusqu'aux ongles; l'intérieur très-court. Pi. CC, n» i. 

Ongles courbés, comprimés sur les côtés, aigus ; l'intermédiaire dilaté 
sur son bord interne. 

Ailes courtes ; les quatre premières rémiges à peu près égales et les 
plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division renferme au moins soixante espèces, et se compose de 
deux sections d'après le nombre des doigts , et la première de deux para- 
graphes d'après la forme du bec. On trouve des Martin-pêcheurs sur tout 
le globe, mais en bien plus grand nombre entre les tropiques. On n'en con- 
naît qu'une seule espèce dans le nord de l'Europe et deux dans les contrées 
septentrionales de l'Amérique. Presque tous se tiennent au bord des eaux 
courantes ou stagnantes; tous vivent isolés , quelquefois par couples , ra- 
rement en familles et jamais en troupes. Ils se posent de préférence sur 
des branches sèches , surtout sur celles qui s'avancent au-dessus de l'eau. 
Leur principale nourriture consiste en poissons : quelques espèces ne vi- 
vent que d'insectes terrestres , et se tiennent éloignées des lieux aquatiques . 

Cornme les ichtyophages ne peuvent saisir leur proie qu'au passage , ils 
doivent être doués d'une grande patience; aussi, pour l'épier, restent-ils 
immobiles pendant des heures entières sur une branche, sur une pierre , 
même à terre ; et aussitôt qu'ils aperçoivent un poisson , ils fondent dessus 
avec la plus grande rapidité , en tombant d'à plomb , la tête en bas , dans 
l'eau, où ils restent très-peu de temps ; si leur capture est d'une grosseur 
qui ne leur permet pas de l'avaler de suite , ils la portent à terre , contre 
laquelle ils la battent afin de la tuer, et ils la dépècent ensuite par morceaux. 
Ces oiseaux ne se trompent pas ordinairement sur la profondeur à laquelle 



3ia MARTIN-PECHEURS. 

ils doivent réduire leur chute dans l'eau; plus elle est grande, plus grande 
est la hauteur d'oii ils se laissent tomber. Peu de volatiles de leur taille 
ont des mouvemens aussi prompts ; au moment où ils volent avec le plus 
de vélocité , ils s'arrêtent tout d'un coup , demeurent stationnaires en l'air, 
et s'y soutiennent pendant plusieurs secondes en battant des ailes , pour 
attendre que le poisson paraisse à leur portée : leur corps, qui reste im- 
mobile , a alors sa partie postérieure inclinée vers le bas ; et cette position 
prouve la force de leurs ailes , qu'ils agitent dans un autre sens que la plu- 
part des oiseaux. Ces mouvemens d'ailes peuvent être comparés à ceux des 
Colibris quand ils cherchent leur nourriture dans le calice des fleurs. 
Lorsqu'ils sont à terre, ils ne marchent ni ne sautent, et peuvent prendre 
leur essor depuis le sol. 

Les Martin-Pêcheurs portent un plumage (lustré chez les icthyopha- 
ges), sur lequel le bleu domine sous ses différentes nuances, et tous se 
distinguent des autres oiseaux par leurs formes. Ils ont le corps épais , 
très-compacte, la tête allongée, grosse, couverte déplumes étroites, plus 
ou moins longues, et qui, chez la plupart, forment vers l'occiput. une 
espèce de huppe, souvent immobile et toujours dans une direction con- 
traire à celle du bec; les ailes courtes, mais vigoureuses; le vol rapide , 
très-bas, long et horizontal , mais qu'ils élèvent facilement pour se préci- 
piter sur leur proie; les pieds courts et placés un peu à l'arrière du corps^ 
le bas de la jambe nu ; le tarse arrondi, souvent sans écailles, assez robuste 
et très-court; les doigts antérieurs réunis de manière qu'ils forment en 
dessous une plante de pied , et qu'ils ne servent guère plus que s'il n'y 
avait qu'un seul doigt plus gros. 

Ces oiseaux rejettent par le bec les arrêtes et les écailles de poisson qui 
se roulent dans leur estomac spacieux et lâche comme celui de l'oiseau de 
proie. Ils se nourrissent aussi d'insectes diptères et tétraptères , particuliè- 
rement d'Abeilles et de Guêpes qu'ils prennent au vol. Tous placent leur 
nid dans des trous, ordinairement sur les bords escarpés des eaux. Leur 
ponte est de quatre à six œufs , et ils en font tout au plus deux dans les 
régions septentrionales. 



MARTIN-PÊCHEURS. 3l3 

A. Quatre doigts. Bec droit, quadr angulaire. PI. P , n° Zj. 

LE MARTÏN-PÊCHEUR A FRONT GRIS, Alcedo 

cinereifrons . 

PI. CLXXXVII. 

• 

Corpore suprà glauco ; fronte cinereâ; gulâ ventrec^ue albidis ; 
tectricibus alarum superioribus nigris. 

Le Martin-Pêcheur à front gris, deuxième édit. du Nouveau Dict. 
d'hist. nat. , tom. iC), pag. l\o'i. 

On rencontre cette espèce à Malimbe sur la côte occidentale de l'A- 
frique ; elle se plaît davantage au bord de la mer qu'ailleurs ; on. la trouve 
aussi au Sénégal , où elle n'est pas rare. 

Le mâle a le front gris; le reste de la tête , le cou, le dos, le croupion , 
le dessus de la queue et la poitrine d'un bleu d'aigue-marine ; de même 
que le bord extérieur des pennes alaires , si ce n'est à la pointe qui est 
noirâtre, ainsi que leur intérieur ; la gorge et les couvertures inférieures de 
la queue sont blanches ; un trait noir traverse l'œil et le dépasse ; le des- 
sous des rectrices et les plumes scapulaires sont de cette couleur; le bec 
est rouge en dessus et noirâtre en des|tois ; l'iris rose; les pieds sont de la 
première teinte avec des écailles noires. Longueur totale, to pouces 1/2. 

La femelle diffère en ce que la tête, le cou, le dos et la poitrine sont 
d'un gris bleuâtre; les scapulaires et les couvertures des ailes brunes. 

Bec trigone , échancré et incliné vers le bout de sa partie supérieure^ 

PL P, n" 5. 

LE MARTIN-PÊCHEUR GÈÀNT,- Alcedo gigantea. 

PI. cLxxxvin. 

Cristata ; olivacea subtàs et albido obscure striata ; temporibus ex 
occipite sordide albis ; caudd ferrugineo et chaljbeo lineatd, apice 
albd. Mas. Crista brevior; corpore subtàs albo. Femina. 



3f/j MARTIN-PÉCHEUBS. 

Le grand Martin-Pêcheur de la Nouvelle-Guinée , Sonnerai, Voy. , 
pag. l'ji , pi. io6. 

Le plus grand Martin-Pêcheur, Bujf., Hist. nat. des Ois., tom. 7 , 
pag. i8i ,pl. enl.y n° 663 , sous le nom àegrand Martin-Pêcheur de la 
N ouvelle-Guinée. 

Alcedo fusca, Linn. , Gni., Sjst. nat. , édit. i3, n" 33. 

Alcedo gigantea, Luth., Index, n" i. • 

Great brown Ringsfischer , idem. Synopsis, tom. i,pag. 609, «" i. 

Cette espèce est une de celles auxquelles on a appliqué le nom de 
Martin-CJiasseur., parce qu'elles ne vivent point de poisson, et se tien- 
nent constamment éloignées des eaux; elles se distinguent des autres en 
ce que leur plumage n'est pas lustré. 

Sonnerat a découvert ce grand Martin-Pêcheur à la Nouvelle-Guinée, et 
les Anglais à la Nouvelle-Hollande, dii il est connu sous le nom de Googo- 
ne-gang ; son espèce n'est pas nombreuse; il vit toujours isolé de ses 
semblables , et se nourrit d'insectes , de vers et quelquefois de graines. Son 
cri ressemble à un éclat de rire; son vol est vif, mais court. Il s'éloigne des 
Martin-Pêcheurs ichthyophages par la forme de son bec, par son plumage 
sans aucun lustre , par ses habitudes et sa nourriture ; ce qui a donné lieii 
à M. Leach d'en faire un genre particulier sous le nom A'Acelo. 

Le mâle a les plumes du somi^t de la tête vertes , longues , étroites , 
brunes et rayées d'une nuance plus claire ; les côtés , au-dessus de l'œil et 
l'occiput, mélangés de noirâtre et de blanc sale ; les côtés du cou d'un bfun 
foncé; le dessus du dos et les ailes d'un brun olive; le croupion d'un vert 
bleu clair ; vme tache de cette couleur sur les couvertures alaires; les rémiges 
bordées de bleu, blanches à leur base et noires vers le bout; les rectrices 
d'un fauve roux , avec des ondes noires et blanches à leur extrémité ; le 
dessous du corps lavé d'une couleur de bistre claire , légèrement traversée 
de petites stries noires , qu'on remarque aussi sur le collier blanc qui en- 
toure le cou; le bec est noir en dessus, orangé en dessous; les pieds sont 
gris et les ongles noirs. Longueur totale, 16 pouces. Des individus ont du 
blanc sur le milieu de l'aile. La femelle à les plumes de la tête courtes ; 
le dessous du corps blanc et les pieds bruns. 



RUPICOLES. 3l5 

B. Trois doigts , deux devant, un en arrière. 

LE MARTIN-PÊCHEUR DE L'ISLE DE LUÇON, Alcedo ^^"^ 

tridactjla. 

Pallidè violaceo-rubescens ; subtùs alba; alis cœruleo-atris ; re- 
migibus margine cœruleis. 

Le Martin-Pêcheur de l'île de Luçon , Sonnerai, J^oj. , pag. 65 , 
pl.Zi. 

Alcedo tridactyla, Linn. , Gm. , Sjst. nat. , édit. i3, n" [\o. 

làeva. , Lath. , Index, n° [\i. ^ 

Black-capped Kingsfischer, Var. k,Lath., Synopsis .^ tom. i,n'' i5. 

Martin-Pêcheur de l'île de Luçon , deuxième édit. du Nouveau Dict. 
d'histoire nat., tom. îg, pag. /iio. 

Nous devons à Sonnerat la connaissance de cet oiseau , qui a le dessus 
de la tête et du corps d'une couleur lilas foncé ; les ailes d'une teinte d'in- 
digo sombre, entouré, sur chaque plume, d'un bleu vif et éclatant; tout 
le dessous du corps blanc ; le bec et les pieds rougeâtres. Longueur totale, 
4 pouces. 

i8^'"<' FAMILLE. ANTRIADES, ^«friWej-. 

Bec médiocre, un peu voûté. 

Doigts extérieurs , soudés jusqu'au milieu. 

i"'^ DIVISION. RUPICOLE, Rupicola. 

Bec robuste , un peu voiité , convexe en dessus , comprimé latéralement 
vers le bout; mandibule supérieure échancrée et crochue vers sa pointe; 
l'inférieure plus courte, droite, aiguë. PI. P, n» 6. 

Narines ovales , grandes , ouvertes. 

Langue.... 

GALEKIE DES OISEAUX Ile. PARTIE. " 4* 



3i6 RUPICOLES. 

Tarses nus, annelés. 

Doigts extérieurs étroitement unis jusqu'au milieu, pouce allongé, 
épaté et fort. PI. CC, n° i. 

Ongle postérieur robuste et très-crochu. 

jéiles moyennes; première rémige filiforme, échancrée , presque im- 
berbe vers le bout et pointue ; deuxième et septième égales ; quatrième et 
cinquième les plus longues de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Cette division est composée de deux espèces , dont une est peu con- 
nue : toutes les deux se trouvent dans l'Amérique méridionale. Celle , 
dont nous publions la figure, se trouve à la Guyane, où elle habite les 
fentes profondes des rochers , les grandes cavernes , où la lumière du 
jour ne peut pénétrer. Ces lieux ont pour elle tant d'attraits , qu'elle s'y 
plaît beaucoup plus que dans les endroits éclairés. IjB mâle et la fe- 
melle sont également vifs et très-farouches ; on ne peut les tirer qu'en se 
cachant derrière quelque rocher, où il faut les attendre souvent pendant 
plusieurs heures , avant qu'ils se présentent à la portée du coup; parce 
que, dès qu'ils aperçoivent le chasseur, ils fliient assez loin par un vol ra- 
pide, mais court et peu élevé. Les mâles sortent plus souvent des cavernes 
que les femelles, qui se montrent rarement, et qui, probablement, ne quit- 
tent leur retraite que pendant la nuit. 

LE RUPICOLE ORANGÉ, Rupicola aurcmtia. 

PI. CLXXXIX. 

Corpore aurantio; cristd erectd et duplici plumarum série conflatu; 
tectricibus rectricwn truncalis. 

Le Coq de roche , ^m*. j Ornith. , tom. 4, pag- 43?)''° i? pl.'il\, 

fis- 1- 

Idem , Buff. , Hist. iiat. des Ois., lom. 4, P^-g- 432, pi. enl.', n" 89 
et kl- - 

Hoopoë Hen. , Edward, glean. , pi. 364- 



MOMOTS. 3l7 

Pipra rupicola, Linn, , Gm. , Syst, nat. , édit. i3, «° i. 

•Idem , LatJi. , Index, n° i . 

Rock Manakin, Lath. ; Synopsis, tom. i,pag. 5ii, /i° i. 

O n trouve cette espèce à la Guyane dans la montagne courouaye près 
de la rivière d'Aprouack. Elle place son nid dans un trou de rocher, le 
construit grossièrement de rameaux secs ; sa ponte est ordinairement de 
deux œufs sphériques et blancs, de la grosseur de ceux du pigeon. Elle 
se nourrit de petits fruits sauvages, et elle a l'habitude de gratter la terre, 
de battre des ailes et de se secouer comme les poules. 

La belle huppe du Rupicoleest longitudinale, en forme de demi-cercle, 
double et composée de deux plans inclinés qui se rejoignent au sommet. 
Le plumage du mâle est d'une couleur orangée très-vive; on remarque 
quelques traits blancs au pli et sur le milieu de l'aile ; les rémiges sont 
brunes , terminées et bordées extérieurement de jaune clair ; les rectrices 
d'un brun foncé , terminées de même et coupées carrément , ainsi que leurs 
tectrices ; le bec, les pieds et les ongles sont d'un blanc teint de jaunâtre. 
Longueur totale , 1 1 pouces. 

La femelle est plus petite que le mâle , entièrement brune, avec quelque 
apparence de roux sur le croupion. Le bec est brun , et porte un trait 
jaune sur le milieu de sa partie convexe. 

Le mâle , dans sa première année , est à pevi près pareil à la femelle ; 
ses plumes sont grises ou d'un jaune très-pâle, inclinant au brun; mais, à 
mesure qu'il avance en âge , on aperçoit d'abord sur son plumage des 
points et des taches de couleur rousse ; ensuite les taches deviennent rou- 
ges, et finissent par présenter cette belle couleur orangée qui distingue 
l'oiseau parfait. 

19^ FAMILLE. PRIONOTES, Prionoti. 

Bec plus long que la tête , dentelé ou crénelé. 
Doigts extérieurs joints jusqu'au-delà du milieu. 



3l8 MOMOTS. 

i^^'' DIVISION. MOMOT, Barjphonus. 

Bec long , robuste , épais , un peu comprimé latéralement , convexe en 
dessus; les deux mandibules dentelées, courbées en en bas vers le bout. 
PI. P,n° 7. 

Narines situées à la base du bec un peu obliquement , arrondies et en 
partie cachées sous les plumes du capistrum. 

Langue étroite , allongée et barbée sur les bords. 

Paupières glabres. 
- Tarses nus , annelés. 

Doigt interme'diaij'e réuni avec l'externe jusqu'au-delà du milieu, et 
avec l'interne à sa base. PI. CC , n» 3. 

Ailes courtes , à penne bâtarde médiocre ; troisième , quatrième , cin- 
quième rémiges à peu près égales entre elles et les plus longues de toutes. 

Queue à dix ou douze rectrices. 

Les trois espèces, dont cette division est composée, se trouvent dans 
l'Amérique méridionale. Leur plumage est très-fourni sur la tête , le cou 
et le corps ; toutes les plumes sont longues , faibles et décomposées. 
Leurs ailes , étant courtes et peu fortes , ne peuvent servir à un vol sou- 
tenu ; leurs paupières sont nues , et des petites plumes remplacent les 
cils. Les Momots sont, suivant M. de Azara, des oiseaux un peu carnas- 
siers, qui mangent les très -petits volatiles et les souris: ils les avalent 
entiers, après les avoir froissés en les frappant contre terre. On présume 
qu'ils doivent faire beaucoup de ravages dans les nids des oiseaux ; ils se 
nourrissent aussi de fruits mous, ne boivent jamais, et ne font aucun cas 
des graines; ils se servent de leurs serres pour saisir leur nourriture. 
Leurs mouvemens sont lourds et roides; leur démarche se compose de 
sauts brusques , droits et obliques , en ouvrant beaucoup les jambes ; ils 
sautent sans cesse, dorment perchés et ne descendent à terre que pour 
manger. On trouve ces oiseaux dans les bois fourrés, et la seule espèce 
dont on connaisse le nid le fait dans un trou en terre. 



CALAOS. 3lQ 

LE MOMOT DOMBEY, Barjphonus ruficapillus. 

PI. CXC. 

f^ertice rufo; dorso , tectricibus alaruni superioribus viridibus ; 
remigihus primariis cœruleis ; rectricibus lo. 

Le Momot Dombey, Levaillant, Histoire nat. des Oiseaux de Pa- 
radis et des Rallier s 3 pi. 3 g. 

Idem, deuxième édit. du Nouv. Dict. d'histoire nat., tom. i\ , 
pag. 3i5. 

Cet oiseau , qu'on dit se trouver au Pérou , se distingue du Momot- 
Houtou, avec lequel il a des rapports dans son plumage, en ce que le 
dessus de la tête est roux , que la couleur bleue des rémiges primaires et 
des rectrices est plus pure, de même que le vert du bout des ailes; en 
outre , il a les moustaches noires ; le tour de l'œil bleu ; le dessus du cou , 
le dos, le croupion et les couvertures supérieures des ailes olivâtres; une 
tache d'un rioir bleu sur le milieu de la poitrine ; les rémiges primaires 
bleues en dehors ; les autres pareilles au dos ; les rectrices olivâtres et 
bleues vers leur extrémité ; la gorge, le devant du cou et le haut de la 
poitrine couleur d'olive ; le bas de la dernière partie et le haut du ventre 
d'un roux clair ; les parties postérieures bleuâtres ; le bec noir ; les pieds 
bruns. Longueur totale, \[\ pouces. La queue est composée de dix pennes, 
et ses deux intermédiaires sont entières , tandis que dans le Momot de la 
Guyane elles n'ont pas de barbe vers le milieu. 

gème DIVISION. CALAO , Buceroe. 

Bec long, trigone, grand , cellulaire, arqué en faux, à bords crénelés 
chez la plupart , quelquefois entiers ; mandibule supérieure casquée , ra- 
rement simple. P. P, no 8. 

Narines petites , ovales , ouvertes , situées à la base du bec. 

Langue 'courte , étroite , pointue. 



3ao CALAOS. 

Paupière supérieure ciliée. 

Tarses nus, annelés. 

Doigt intermédiaire étroitement uni avec l'externe jusqu'au-delà du 
milieu , et avec l'interne jusqu'à la deuxième phalange. 

Ailes moyennes ; première rémige courte ; deuxième , troisième , qua- 
trième et cinquième à peu près égales entre elles et les plus longues de 
toutes. 

Queue à dix ou douze rectrices. 

Cette division est composée d'environ trente espèces , dont aucune ne 
se trouve en Europe ni dans l'Amérique; les unes habitent l'Afrique , 
d'autres l'Asie méridionale, et quelques-unes dans l'Australasie. Si l'on 
s'attachait strictement aux diverses espèces de bec , on serait forcé de faire 
presque autant de sections que d'espèces ; en outre, ces formes varient dans 
les premières années de chacune; car, selon M. Levaillant, celles à bec 
casqué naissent toutes avec cette partie presque simple, et dans leur jeu- 
nesse elle n'est surmontée que d'une très-petite pi'oéminence ; laquelle, à 
mesure que l'oiseau avance en âge, croît, grandit, change peu à peu, et 
ne prend enfin la forme qui lui est propre que lorsqu'il est parvenu à son 
état parfait. 

Ce bec monstrueux, chez presque tous les Calaos , n'est ni fort, à pro- 
portion de sa grandeur, ni utile à raison de sa structure ; il est au con- 
traire très-faible, très-mal conformé, et paraît nuire plus qu'il ne sert à 
l'oiseau qui le porte. Il n'a point de prise; sa pointe, comme dans un levier 
très-éloigné du point d'appui, ne peut serrer que mollement. Sa substance 
est si tendre, qu'elle se frêle à la tranche par le plus léger frottement: ce- 
pendant ces cassures accidentelles se raccommodent tous les ans ; car la 
corne du bec repousse d'elle-même à chaque mue de l'oiseau, et cette pousse 
continuelle rend toujours au bec sa première forme et ses dentelures na- 
turelles. 

Les Calaos se tiennent ordinairement en grandes bandes , vivent d'in- 
sectes, de reptiles , de rats, de souris; mais, avant d'avaler ces animaux, 
ils les amollissent dans leur bec et les avalent entiers. Ils recherchent 
aussi les charognes et s'en nourrissent comme les Vautours»; néanmoins 



CALAOS. 321 

ils donnent la préférence aux intestins; enfin il en est parmi eux qui 
mangent des fruits, principalement des noix muscades et des noix vomiques. 
Tel est le Calao des Moluques ^ selon Bontius. Celui des Philippines, 
suivant George Castel, vit de figues, d'amandes, de pistaches et d'autres 
fruits qu'il avale entiers. 

Ces oiseaux marchent peu et fort mal , sautent des deux pieds , quand 
ils veulent changer de place ; ils se tiennent ie plus souvent sur les grands 
arbres, et préfèrent ceux qui sont morts sur pied, dans les trous desquels 
ils nichent, et à défaut de trous, proche le tronc sur les plus grosses bran- 
ches. La ponte est ordinairement de quatre ou cinq œufs. 

LE CALAO CAROJNCULÉ OU D'ABYSSINIE, Buceros 

ahjssinicus. 

PI. CXCI. 

Nigen; remigibus majoribus albis ; Jronte ossed prominentid an- 
trorsum semicirculari , canaliculatd ; guld carunculatâ. Adultus. 
Fuscescente-nigerj guld nudd, simplice. Junior. 

Le Calao d'Abyssinie , Bujf , Hist. nat. des Ois.j tom. 7 , pag. 1 1 5 , 
pi. enl., n° 779, sous le nom de grand Calao d'Abyssinie. (Jeune), 

Le Calao caroncule , Levaillant, Hist. des Ois. d' Afrique , pi. aSo , 
(Adulte) 23 1. (Jeune). 

Buceros Abyssiniens, Linn. , Gm. , Sjst. nat., édit. i3j n° 5. 

Idem, Lath. , Index ,11° 17. 

Abyssinian Hornbill., LatJi., Synopsis, tom. ï , pag. 34 j n° l\. 

On rencontre cette espèce au Sénégal , de même qu'en Abyssinie , où le 
célèbre voyageur Brown l'a observée. Là elle se tient communément 
dans les champs où croît le teff, et y est attirée par des gros coléoptères 
verts qui se trouvent en abondance sur cette plante , et dont elle se 
nourrit. Sa chair a une odeur fétide , ce qui fait croire qu'elle vit de 
charognes. On la nomme dans la partie de l'est de ce royaume, Abba- 
gumba y et dans celle de l'ouest, Eikooms, et enfin sur les frontières de 



322 MÉNURES. 

Sennara et de Raas el Feel on l'appelle Teir el Naciba ( l'oiseau du 
destin ). Elle niche sui' les grands arbres les plus touffus, et, quand elle 
peut, proche des grands édifices. Son nid est couvert comme celui de 
notre Pie, et quatre fois aussi large que celui de l'Aigle. Elle l'appuie et 
l'affermit contre le tronc, et ne le place pas à une grande hauteur; l'en- 
trée est toujours du côté de l'est. Il est à présumer que sa ponte est nom- 
breuse; car on a vu des vieux accompagnés de dix-huit jeunes qui, à 
terre, le suivaient pas à pas; mais lorsqu'ils sont forts, ils s'accouplent 
deux à deux, et chaque couple se tient éloigné l'un de l'autre, soit qu'ils 
volent, soit qu'ils marchent. 

L'Adulte est de la grosseur du Coq d'Inde , et a la gorge caroncvilée , 
et d'un brun violet; une plaque rougeâtre près de l'origine de la mandi- 
bule supérieure ; le bec très-grand , très-gros avec un casque à cannelures 
arrondies en dessus, ouvertes par devant, où le bord des cannelures forme 
un trèfle régulier. Tout son plumage est d'un noir foncé , à l'exception 
des premières pennes de l'aile qui sont d'un blanc fauve ; le bec et les 
pieds sont noirs. Longueur totale, 3 pieds i pouces. Le jeune est d'un 
noir bleuâtre , n'a point de caroncules sur la gorge, et son casque est 
uni , bordé de chaque côté, à arête tranchante, et fermé par devant. 

20""- FAMILLE. PORTE-LYRES, Lyriferi. 

Bec droit, conico-convexe , garni à sa base déplumes sétacées, diri- 
gées en avant. • 
Ongles obtus, 

i^''«= DIVISION. MÉNURE, Menura. 

Bec médiocre, garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, 
droit , un peu grêle , conico-convexe , incliné à sa pointe ; mandibule 
inférieure plus courte que la supérieure. PI. P, n° 9. 

Narines ovales, grandes, couvertes d'uqe membrane, situées vers le 
milieu du bec. 



MÈNURES. 323 

T^angue.... 

Tarses allongés, maigres , couverts en devant de cinq ou six grandes 
écailles annelées. 

Doigts longs, grêles, trois devant, un derrière; les extérieurs étroite- 
ment unis jusqu'à la deuxième articulation. 

Ongles longs, peu crochus, aussi larges qu'épais, convexes en dessus, 
obtus ; le postérieur le plus long. PI. CC, n° 4- 

Ailes concaves , arrondies ; les huit premières rémiges graduelles , la 
première courte; les huitième et neuvième les plus longues de toutes. 

Queue à quatorze rectrices de diverses formes chez le mâlej à douze 
chez la femelle. 

La seule espèce que renferme cette division se trouve à la Nouvelle- 
Galles du sud, où elle se tient dans les endroits rocailleux et les montagnes, 
d'où lui est venu le nom de Faisan de montagne , que lui ont imposé les 
Anglais qui habitent cette partie de l'Australasie. Elle se perche sur les 
arbres , et ne descend à terre que pour chercher sa nourriture. 

LE MÉNURE PARRINSON , Menura Novœ Hollandiœ. 

PL CXCII. 

Corpore rufo-fusco ; suhtiis cinerescente ; guld rufâ; rectricibus 
\[\\ prœlongis, scapis à hasi admediumhinis ,pinnulis disjunctis dis- 
tatiibus ; intermediis duabus angustis , albidis^ longissimis , ve?'sùs 
apicem revolutis. Mas. Minoj'j colore toto fusco ; rectricibus la. F«- 
mina et junior. 

Menura Novae HoUandise , Lath. , Index, n° i. 

Superb Menura, idem. Synopsis, deuxième Suppl. , pag. 279, «° i , 
pi. i36. 

Le Ménure parkinson , Vieillot, Oiseaux dorés et à reflets métal- 
liques , tom. 1, pag. 3o , pi. il\ et i^. 

Une teinte grise, tirant au brun sur les parties supérieures et au cendré 
sur les inférieures , est généralement répandue sur le plumage de cette 
espèce. Il faut cependant excepter la gorge, les couvertures supérieures et 

GALERIE DES OISEAUX. //' PARTIE. 4' 



324 MÉNURES. 

les pennes des ailes, qui sont d'une couleur rousse; une petite huppe se 
fait remarquer sur la tête, mais ce qui distingue le mâle, c'est la confor- 
mation des pennes caudales ; dix d'entre elles sont garnies vers leur ori- 
gine d'un duvet très-épais, et portent des barbes très-longues, presque dé- 
nuées de barbules et éloignées les unes des autres dans toute leur étendue; 
les intermédiaires n'ont des barbes que d'un côté ; celles-ci sont courtes , 
serrées, si ce n'est vers leur extrémité, où elles s'écartent et sont privées 
de barbules. Ces deux pennes sont les plus longues de toutes et se recour- 
bent en arc vers le bout : les deux latérales ont, lorsqu'elles sont relevées, 
la convexité de leur extrémité du côté opposé à celles des précédentes ; 
leurs barbes sont courtes à l'extérieur, longues à l'intérieur, d'un gris 
brun en dessus , blanches en dessous , serrées depuis la tige jusqu'au tiers 
de leur longueur, ensuite moins pressées, et finissent par s'éloigner les unes 
des autres : alors leur couleur se mélange de brun foncé et de brun rous- 
sâtre , dont une partie offre la transparence du cristal ; seize bandes larges 
et alternatives indiquent ces deux teintes; enfin ces plumes sont terminées 
par un noir velouté, frangé de blanc. L'iris est couleur de noisette ; les 
orbites sont nus; les pieds noirs. Longueur totale, 87 à 38 pouces , dont 
quinze du bout du bec à l'origine de la queue. 

La femelle diffère du mâle en ce qu'elle est un peu plus petite et en ce 
que sa queue n'est composée que de douze pennes, 'de la même -forme que 
celle des aut res oiseaux. Les plumes de la tête sont plus courtes , et son 
plumage est généralement d'un brun sale foncé , à l'exception du ventre 
qui est cendré. Les plus longues des rectrices ont dix-sept pouces de lon- 
gueur, et les plus extérieures n'en ont que dix; toutes sont étagées. Les 
jeunes mâles lui ressemblent dans leur premier âge. 

2 1™^ FAMILLE. DYSODES, i>rjo^ej. 

Bec robuste, en partie dentelé, comprimé latéralement. 

Pieds courts. 

Doigts au nombre de quatre. 

0«^/e^ allongés, étroits, aigus. 



SASAS. 5a5 

i"" DIVISION. SASA, S as a. |^ 

Bec garni à sa base de soies divergentes , épais , robuste , comprimé 
latéralement, à bords dentelés vers son origine, ensuite lisses et tranchans; 
mandibule supérieure arrondie en dessus , fléchie en arc vers la pointe ; 
l'inférieure plus courte, proéminente en dessous vers sa racine. PI. P, n° lo. 

Narines latérales, arrondies, épatées, couvertes d'une membrane, si- 
tuées vers le milieu du bec. 

Langue.... 

Orbites et gorge nues. 
- Cou grêle , plus long que le corps. 

Tarses courts , réticulés. 

Doigts totalement séparés; l'intermédiaire plus long que le tarse; le 
postérieur portant à terre sur toute sa longueur. PI. CC, n° 5. 

Ailes arrondies, concaves, courtes, à penne bâtarde très-courte; les 
quatre premières rémiges étagées ; les cinquième , sixième , septième les 
plus longues de toutes. 

Queue arrondie, à dix rectrices, planes et longues. 

L'espèce qui compose cette division a été classée par tous les auteurs 
parmi les Faisans ; mais il est facile de voir que la plupart de ses carac- 
tères génériques l'en éloignent complètement ; et si on consulte son genre 
de vie, on voit qu'il n'a aucun rapport avec celui des Gallinacés. En effet, 
le Sasa observé par Sonnini , dans la Guyane , ne se trouve qu'au bord 
des eaux , ou dans les lieux inondés , et cette préférence tient au genre de 
sa nourriture. Il mange les fruits et les feuilles d'un très-grand arum , 
appelé dans le pays Moucou Moucou i^arum arborescens , Linn. ), et 
qui couvre de grands espaces dans les savanes noyées. Partout où ces 
plaiites croissent abondamment , l'on est assuré de rencontrer des Sasas , 
quelquefois par paire , et quelquefois par petites troupes de sept ou huit. 
Ils se tiennent pour l'ordinaire , sur la même branche , l'un à côté et fort 
près de l'autre. Ils sont peu défians, et se laissent aisément approcher; 
sans doute parce qu'on leur fait rarement la chasse, d'abord à cause de 



326 SASAS. 

l'éloignement et de la nature des lieux qu'ils habitent, ensuite par le peu 
d'inférèt que Ion peut avoir à les rechercher ; la forte odeur de castoreum 
qu'ils exhalent ne permet pas de les manger. 

LE SASA HUPPÉ, Sasa cristata. 
PI. CXCIII. 

Supvà fusca; subtùs rufo-alba ; crisso rufo; capite cristato ; 
arcd oculorum nudd , ruhrâ ; caudoe apice Jlavo. 

L'Hoazin , BujJ., «° SSy , sous le nom de Faisan huppé de Cayenne. 

Phasianus cristatus , Limi. , Gm.j Sjst. nat. j édit. i3, n" lo. 

Idem, Lath. , Index , n° 7. 

Crested Pheasant, Lath. 3 Synopsis, tom. a,pag. 720,71° 7,/»/. 64- 

Le Sasa, Sonnitii, édit. de Buffon , tom. l^i, pag. 294. 

On trouve cette espèce à Cayenne , où elle niche sur les arbres ; sa 
ponte est de quatre à six œufs. Montbeillard l'a confondue avec VHoazin 
du Mexique , en lui en appliquant le nom et en lui assignant des mœurs 
totalement opposées à celles qui lui sont naturelles. En effet , l'Hoazin , 
décrit par Hernandèz, dans son Hist. avi. Nov.-Hisp., cap. lo ,p. 820, 
qui , outre qu'il présente des disparités dans son plumage avec le Sasa , et 
de plus dans sa taille qui est presque celle d'une Poule d'Inde , et dans son 
bec recourbé , en diffère encore par ses habitudes, ne paraît qu'à l'automne 
dans les contrées les plus chaudes du Mexique , et fait sa nourriture ordi- 
naire de serpens ; au lieu que le Sasa de la Guyane est sédentaire et fru- 
givore. 

Le Sasa est remarquable par une très-longue huppe composée de plumes 
étroites et couchées en arrière, qu'il peut soulever, mais non relever en 
forme de panache , lorsqu'il est affecté. Ces plumes sont rousses depuis leur 
origine jusqu'à leur milieu, et noires dans le reste : celles du dessus et 
des côtés du cou ont des taches blanches sur un fond brun : cette couleur 
occupe aussi , mais avec des reflets verts et cuivrés , toutes les parties su- 
périeures ; en prenant du roux sur les pennes des ailes et du verdâtre sur 



PIGEONS. 327 

la queue ; les couvertures alaires portent une bordure blanche ; les pennes 
caudales sont terminées par un liseré jaune ; les parties inférieures sont 
d'un blanc nuancé de roux , mais cette dernièi'e teinte est pure sur le ven- 
tre, les jambes et les couvertures du dessous de la queue; le bec est d'un 
gris verdâtre ; les pieds sont rouges ; les ongles noirs. Longueur totale , 
22 pouces. 

2 2^""= FAMILLE. COLOMBES, ColumUni. 

Bec garni à sa base d'une membrane cartilagineuse et gonflée , crochu 
ou seulement incliné à sa pointe. 

Doigts antérieurs séparés ou unis à leur origine par une très-petite 
membrane. 

lé'-e DIVISION. PIGEON, Columha. 

Bec médiocre , comprimé latéralement , couvert à sa base d'une mem- 
brane voiitée sur chacun de ses côtés et étroite en devant; mandibule supé- 
rieure plus ou moins renflée vers le bout , crochue ou seulement inclinée 
à sa pointe. 

Narines oblongues, placées dans un cartilage bombé, ouvertes vers le 
milieu du bec. 

Langue entière, pointue. 

Tarses nus ou en partie emplumés. 

Doigt^antérieurs totalement séparés ou unis à leur base par une très- 
petite membrane. Pi. CC, n^ 6. 

Ailes allongées et pointues , ou médiocres et arrondies. 

Queue à douze ou quatorze rectrices. 

Cette division, qui contient au moins cent vingt-cinq espèces, est com- 
posée de trois sections auxquelles M. Levaillant a imposé les noms de 
Colombe j Colombar cxColomhi-galline. La première contient les Pigeons, 
qui ont le bec droit, grêle, flexible et renflé vers le bout; les tarses courts, 
les ailes longues et pointues. La deuxième , ceux dont le bec est assez 



3a8 PIGEONS. 

robuste, large à sa base, renflé et crochu à sa pointe ; les tarses et les ailes 
comme les précédens : les espèces de la troisième ont le bec pareil à celui 
de la première , mais elles en diffèrent par leurs tarses plus allongés , par 
leurs ailes courtes et arrondies. On ne rencontre en Europe aucun indi- 
vidu des deuxième et troisième sections; parmi ceux de cette dernière les 
unes se trouvent en Amérique , en Afrique et dans l'Asie orientale ; les 
autres en Afrique et dans les Grandes-Indes. 

L'on n'est pas d'accord sUr la place que les Pigeons doivent occuper 
dans un système. Linnée les classe dans son ordre des Passères ; Brisson , 
Pennant et Latham les isolent dans un ordre particulier, et d'autres auteurs 
les mettent dans celui des Gallinacés. Je me suis conformé à l'opinion de 
l'illustre naturaliste Suédois , parce qu'elle me paraît plus analogue à la na- 
ture de ces oiseaux ; en effet , ainsi que presque tous les Passèi-es , les 
Pigeons se tiennent par paires dans la saison des amours ; le mâle et la fe- 
melle travaillent à la construction du nid , partagent les soins de l'incuba- 
tion et de l'éducation de leurs petits; et ceux-ci sont nourris dans leur 
berceau, éclosent aveugles , ne le quittent que couverts de plumes, et sont 
encore quelque temps , après leur sortie du nid, sans pouvoir se suffire à 
eux-mêmes. Leurs traits de dissemblance consistent dans leur manière de 
boire et d'alimenter leur jeune famille, dans la singularité de leurs caresses 
et dans la nature des plumes ; ils en diffèrent encore en ce qu'ils ne chantent 
ni ne crient , quand ils sont adultes ; leur voix est alors un son plein et rou- 
lant qu'on appelle roucoulement. Ces disparités les éloignent aussi des 
vrais Gallinacés , avec lesquels ils n'ont point d'analogie dans leur instinct, 
leurs habitudes et leurs amours. En effet, ceux-ci sont presquess^tous po- 
lygames, font une ponte nombreuse par chaque couvée et rarement plus 
d'une sous les zones tempérées ; tandis que les Pigeons ne pondent que 
deux œufs, font plusieurs couvées, et sont tous monogames. Chez les 
Gallinacés, le mâle ne soulage point la femelle dans le travail du nid et 
de l'incubation; leurs petits naissent clair-voyans , quittent leur berceau , 
courent et mangent seuls dès qu'ils sont éclos ; le Ganga seul fait excep- 
tion. Enfin un caractère extérieur et tranchant éloigne les Pigeons de ces 
derniers et les place naturellement avec les Passères, c'est d'avoir, comme 



PIGEONS. 329 

ceux-ci, le doigt postérieur articulé au. bas du tarse, sur le même plan 
que les antérieurs , posant à terre sur toute sa longueur et embrassant le 
juchoir. Au contraire, chez les Gallinacés ce doigt est articulé sur le tarse 
plus haut que les autres , ne porte à terre que sur l'ongle ou sur la pre- 
mière phalange , et reste perpendiculaire quand ils sont perchés. Cepen- 
dant on ne peut disconvenir qu'il se trouve parmi les Pigeons des espèces 
qui participent en quelque chose des Gallinacés dans leurs mœurs et dans 
leurs allures ou par quel<jues conformités extérieures : tels sont ceux de 
la troisième section , qui tous ont les pieds plus allongés que ceux de leurs 
congénères et des ailes de perdrix, c'est-à-dire des ailes arrondies, et 
dont les deux premières pennes sont plus courtes que les troisième et 
quatrième. De tous les Pigeons que j'ai eu occasion d'étudier dans la 
nature vivante, les Cocotzins sont ceux qui m'ont paru avoir le plus de 
rapports avec les perdrix ; car, outre qu'ils ont, comme les autres Colom- 
bi-gallines, les ailes un peu concaves et arrondies, ils courent comme les 
perdrix, et se tiennent constamment dans les champs et les savanes, y 
cherchent leur nourriture et jamais sur les arbres , s'élèvent en l'air et 
s'y soutiennent de la même manière que celles-ci , le fendent par un vol 
court et ne s'abattent qu'à terre ; c'est pourquoi les Anglais et les habitans 
des Etats-Unis, frappés de ces allures, les appellent Grou7id-dove (Pi- 
geon de terre ). 

M. Levaillant, qui le premier a établi la deuxième section, caractérise 
les espèces dont elle se compose par un bec plus épais, plus large que celui 
des deux autres ; les mandibules se renflant du bout forment ensemble une 
pince solide, une sorte de tenaille, souvent dentée sur les tranches, laquelle 
sert à ces oiseaux à pincer le fruit dont ils se nourrissent généralement. Ils 
ont la tête plus grosse et le cou plus court que les autres Pigeons ; le tarse 
court, robuste et nerveux; leurs doigts, particulièrement celui de derrière, 
larges, épatés, et ceux de devant comme soudés à leur base; ce qui 
leur fait un pied plat , chagriné en dessous , et donne à ces oiseaux une 
forte assise ; ils se tiennent le jour dans les bois , vivant isolément par 
paire , mdle et femelle. Ils construisent leur nid dans des trous d'arbre ; 
leur vol n'est pas aussi précipité que celui des autres Pigeons ; leur ramage 



33o PIGEONS. 

est une espèce de gémissement concentré qui diffère encore du roucoule- 
ment des Colombes. L'espèce que nous décrirons ci-après sous le nom de 
Piseon TVaalia. est la seule dont on connaisse les habitudes, les mœurs 
et l'existence. On ne doit donc pas se presser de les généraliser à toutes 
les autres. 

Les Pigeons sont granivores, et beaucoup parmi eux sont aussi bacci- 
voi'es dans l'état sauvage. Ils avalent les graines et les baies entières ; ces 
alimens se macèrent et s'amollissent dans le jabot avant de descendre dans 
l'estomac. Ils ne digèrent point les noyaux de certains fruits, et les ren- 
dent avec leurs excrémens , sans que ces noyaux soient privés de la faculté 
de végéter ; c'est un moyen que la nature emploie pour disséminer diverses 
plantes et les propager à de grandes distances. La première alliance de ces 
oiseaux est ordinairement la seule qu'ils contractent dans le cours de leur 
vie , à moins qu'elle ne soit interrompue par quelque accident. Ils se tien- 
nent par paires dans le temps des amours, et la plupart se réunissent en 
troupes plus ou moins nombreuses à l'arrière-saison. Chaque bande est 
toujours composée d'individus de la même espèce. Les uns nichent sur les 
grands arbres, d'autres dans les taillis, dans les bosquets, d'avitres préfè- 
rent les crevasses de rocher. Tous ou presque tous construisent leur nid 
assez légèrement avec de petits rameaux, lui donnent une forme presque 
plate et assez large pour contenir le mâle et la femelle. Leur ponte est 
ordinairement composée de deux œufs que l'un et l'autre couvent alter- 
nativement. Ils partagent aussi tous les soins qu'exigent leurs petits ; et les 
nourrissent , quand ils sont nouvellement éclos, d'alimens réduits dans leur 
jabot en forme de bouillie; ensuite ils leur donnent la graine macérée, et 
enfin telle qu'ils l'avalent eux-mêmes. Les petits reçoivent leur nourriture 
d'une manière tout-à-fait particulière à ces espèces d'oiseaux ; pour cet 
effet ils mettent leur bec en entier dans celui de leur nourricier, l'y tien- 
nent entr'ouvert pendant que celui-ci fait remonter l'aliment de son jabot, 
action qu'il accompagne d'un mouvement convulsif des ailes et du corps. 
Les pigeonneaux naissent couverts d'un duvet léger, et ne quittent leur 
nid que très-garnis de plumes ; mais ils ont encore besoin de leurs parens 
pour les nourrir pendant quelque temps après qu'ils se sont envolés. 



PIGEONS. 33l 

A. Bec droit, grêle y flexible et renflé vers le bout, pi Q, n° i ; tarses 
courts; ailes longues et pointues. 

LE PIGEON A TÊTE BLANCHE, Columba leuco-^ 

cephala. 

PI. CXCIV. 

Orbite etvertice albis ; corpore cœrulescente , mas. et femin. Vertice 
griseo. Junior. 

White Crowned Vigeow^ Catesbj, carol. i, pi. aS; idem, Lath, , ■ 
Synopsis, tom. o. , pag. iij, n°5. 

Le Pigeon de rocher de la Jamaïque, Brisson , Omith. , tom. i, 
pag. i37 , n° 33. 

Columba leucocephala, Linn. , Gm. , Sjs. nat. , édit. i3 , «° i4- 
Idem, Lath., Index, n° 5. 

Cette espèce, qui se trouve dans les Grandes-Antilles et au Mexique, 
fréquente les grands bois , et niche dans les rochers , d'où lui est venu le 
nom de Pigeon de rocher que des naturalistes lui ont imposé. Elle vit 
principalement de baies, surtout de celles de l'arbre appelé bois doux. 
Sa chair devient savoureuse, très-gl'asse et d'un goût agréable, quand ces 
baies sont en. abondance; mais d'autres fruits lui donnent de l'amertume. 
La calotte blanche , qui couvre la tête de ce Pigeon , est bordée d'un 
liseré noir ■, cette dernière couleur prend la forme d'une frange sur les 
plumes du cou qui' sont vertes et à reflets bleus, gris et dorés, selon l'in- 
cidence de la lumière ; un gris ardoisé domine sur tout le corps , les ailes 
et la queue , mais il est plus clair sur le ventre ; la peau nue , qui entoure 
les yeux , est rouge^ dans la saison des amours et blanchâtre dans tout 
autre temps ; le bec est de cette teinte depuis les narines jusqu'à sa pointe 
et JDOurpré dans le reste ; l'iris est jaune ; les pieds sont rouges et les 
ongles bruns. Longueur totale, 12 pouces. Je n'ai pas remarqué de dif- 
férence entre le mâle et la femelle ; mais les jeunes ont le dessus de la 
tête gris, et leur plumage est terne. 

GiLERIE DES OISEAUX. 11° P.4R.TIE. 43 



33a PIGEONS. 

B Bec assez robuste , élargi à sa hase , renjlé et crochu à sa pointe , 
pi. Q, 11° 2 ; tarses courts j ailes longues. 

^ _ LE PIGEON WAALIA, .Co/z/77?ô«w««//«. 

PI. CXGV. 

Olivaceo-viridis ; abdomine flavo; macula alaruni purpured ; fe- 
moribus albis ., Jiisco maculatis. 

Columba abyssinica, Lath: , Index ^ n° 72. 

Waalia Pigeon, idem. Synopsis, deuxième Suppl. , pag.^Sg, n° 6. 

Le Colombar, Lev aillant , Ois. d' Afrique ^ pi. 276, 277. 

Le Pigeon Waalia, deuxième édit. du Nouv.Dict. d'Histoire natur., 
lom. 1^ , pag. 393. 

Cette espèce qu'on trouve dans toute l'Afrique , depuis l'Abyssinie jus- 
qu'au cap de Bonne-Espérance , a été décrite par le chevalier Bruce , sous 
le nom que nous lui avons conservé. Au rapport de cet illustre voyageur, 
ces Pigeons se plaisent dans les lieux bas, se perchent sur les arbres les 
plus élevés, particulièrement en Aljyssinie sur une espèce de hêtre, où 
on les voit très-souvent, et où ils restent en repos pendant la chaleur du 
jour. Ils ont, dit-il, le vol très-élevé; ils se réunissent en bandes nom- 
breuses , et se retirent pendant la saison pluvieuse au sud et sud-est de 
Kolla. Selon M. Levaillant , qui les a observés au cap de Bonne-Espé- 
rance, ils nichent dans un trou d'arbre, et leur ponte est de quatre œufs. 

Le mâle a le dessus du corps, de la tête et du cou d'un vert olive, plus 
foncé et moins vif sur les deux dernières parties ; le' haut de l'aile d'un 
beau rouge ; les rémiges liserées de blanc à l'extérieur ; la queue d'un 
bleu pâle et sale ; les couvertures inférieures et les cuisses tachetées de 
brun et de blanc; le ventre d'un jaune vif; le bec d'un blanc bleuâtre; l'iris 
■ d'un orangé foncé ; les tarses jaunâtres. Longueur totale, 10 à 11 pouces. 

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et en diffère par son 
ventre, qui est, de même que toutes les autres parties du corps, d'un vert 
olivâtre uniforme. 



PIGEONS. 333 

C. Bec mince y flexible 3 très-peu renflé vers le bout; tarses un peu 
allongés ; ailes courtes et arrondies. 

LE PIGEON COCOTZIN, Columba passerina. 

PI. CXCVI. 

Fronte y collo anteriore pectoreque vinaceis ; capite purpurascenle ; 
dorso fusco-cinereo , tectricibus alarum griseis , punctis 5 chaljbeis: 

La petite Tourterelle d'Amérique, Briss. , Ornith., tom. i, pag. ii3, 
no igj, pi. 9. 

La petite Tourterelle de Saint-Domingue, Bujf.j Histoire nat. des 
Ois., pi. enl, , n° i[i?),fig. 2, sous le nom de petite Tourterelle de la 
Martinique. 

Columba passerina, Linn. , Gm. , Sjst. nat., édit. i3, «" 34- 

Idem, Lath.jy Index, n° Gj. • 

Ground dove , Catesbf, car. i , pi. 26. . 

Ground Pigeon, Lath., Sjnops. , tom. 1, pag. ôSg, n° Sg. 

Cette espèce est connue dans l'Amérique septentrionale sous plusieurs 
noms; les Mexicains l'appellent Cocoïzm y les habitans de la Caroline: 
Ground Dove (Pigeon de terre); les Espagnols, Palomito; elle porte à 
Saint-Domingue celui S Ortolan, parce qu'elle prend de même que cet 
oiseau beaucoup de graisse , et qu'alors sa chair est d'un goût délicat et 
très-exquis; enfin, les aborigènes de cette île la signalaient par la dénomi- 
nation de Tlapalcocolli , que l'on a transportée à une autre race qui se 
trouve à la Guyane. 

Les Cocotzins sont répandus dans le Mexique , dans toutes les grandes 
îles Antilles, et pénètrent dans les États-Unis jusqu'à la Caroline du sud, 
où ils ne passent que la belle saison; on les rencontre encore dans la 
Géorgie et les Florides ; mais on ne les voit point à la Louisiane. Ils se 
tiennent constamment à terre, et, quand on les inquiète, ils s'élèvent en 
l'air, et ne volent qu'à une petite distance. Ils courent aussi vite que notre 



334 PIGEONS. 

Perdrix grise, et en ont toute la démarche; leur roucoulement, qu'on 
ji'entend que de près, est doux , faible et languissant; le mâle et la femelle 
ont beaucoup d'affection l'un pour l'autre et se quittent rarement ; aussi 
voluptueux que leurs congénères, mais moins prodigues de caresses, ils 
se communiquent leurs feux, et satisfont leurs désirs avec autant de plaisir 
et de sensibilité. Ils placent leur nid indifféremment au pied d'un buisson 
touffu, d'une haie très-fourrée, ou sur les branches basses d'un arbrisseau; 
de la mousse et des bûchettes sont les matériaux dont ils le composent. 
La ponte est de deux œufs blanchâtres, et plusieurs ont lieu dans la même 
année sous la zone torride. 

Les Cocotzins sont moins sauvages dans l'état de liberté que notre 
Tourterelle : je les ai vus souvent à Saint-Domingue dans les habitations 
ne pas s'effaroucher du bruit et se laisser approcher d'assez près. Ils 
préfèrent les plaines aux mornes, habitent les Savannes, se promènent 
dans les chemins, et recherchent la fraîcheur des bosquets. Ils se nourris- 
sent de diverses baies, particulièrement de celles du xantlwxillum {^clava 
Herculis), de riz, de millet, de graines d'i^ndigo et d'une espèce de pa- 
riétaire, mais le millet est pour eux un mets de préférence; c'est pour- 
quoi ils -dévastent en peu de temps les champs , s'ilse trouve en matu- 
rité à l'époque où ils se réunissent en bandes nombreuses. 

Le mâle a le front d'une teinte vineuse pâle ; les côtés de la tête et le 
haut de la gorge d'un gris blanc , glacé d'un bleu très-clair ; le devant 
du cou et la poitrine du même gris et d'un brun vineux ; le sommet et 
le derrière de la tête d'un bleu pâle, mélangé de pourpre; le dos d'un 
brun cendré ; les plumes scapulaires d'un pourpre pâle ; les couvertures 
supérieures des ailes grises et enrichies de taches isolées d'un bleu bril- 
lant, à reflets pourprés; les pennes secondaires pareilles au dos ; les pri- 
maires noirâtres et frangées de brun rougeâtre; le ventre d'un bleu vineux 
pâle ; les plumes du bas-ventre d'un cendré foncé et bordées de blanc ; 
les deux pennes intermédiaires de la queue du même cendré ; les autres 
noirâtres ; le bec d'un jaune orangé à sa base et noir à sa pointe ; l'iris 
orangé; les paupières et les pieds rouges. Longueur totale, 6 pouces 
environ. 



GOURAS. 335 

La femelle , dont le dos et les couvertures de la queue sont d'un gris 
de souris , n'a point ou très-peu de vineux sur le devant du cou et sur 
la poitrine; le sommet de la tête est sans nuance bleue ; la gorge d'un 
blanc terne ; les côtés du cou sont d'une couleur d'argile pâle et sombre ; 
la poitrine est d'un brun cendré , légèrement teint de pourpre ; le reste 
du plumage pareil à celui du mâle , mais moins vif et moins brillant. 

Le jeune n'a point de taches à reflets sur les ailes , et porte une livrée 
assez uniforme ; la couleur des parties inférieures est sale , et celle des 
supérieures roussâtre. . . 

^ème DjYisiON. GOURipj LophjPUS. 

Bec droit, un peu grêle, un peu renflé vers le bout; mandibule supé- 
rieure sillonnée, inclinée vers la pointe; l'inférieure plus courte. P. Q, n» 3. 

Narines petites, orbiculaires , situées dans une rainure. 

Langue charnue , entière. 

Tar^e^ allongés, garnis d'écaillés rondes, isolées. 

Doigts antérieurs réunis à leur base par une petite membrane. 

Ongles comprimés latéralement, courbés, pointus. 

Ailes courtes, arrondies ; première rémige plus courte que la cin- 
quième ; troisième la plus longue de toutes. 

Queue à douze rectrices. , ■ 

Cette division n'est composée que d'une seule espèce , que nous avons 
distraite de celle des Pigeons , dont elle diffère par son bec sillonné , ses 
narines , la disposition et la forme des écailles du tarse. On la trouve dans 
l'Inde, oii elle niche sur les arbres; sa ponte n'est composée que de deux 
œufs. 

LE GOURA COUmm^t , Lophjrus coronatus. 

PI. cxcvn. 

Cœrulescens ; suprà cinereus ; orbitis nigris ; cristd brectâ ; hu- 
meris ferrugineis . 



336 GOUKAS. 

Le- Faisan huppé des Indes, Briss on ^ Omith. , toin. i , pag. a'yg, 
n° 6, pi. 26. 

Idem , Buff. , Hist. nat. des Ois., tom. o., pag. 3Bl\,pl. enl., n° 118. 
Le Goura de la Nouvelle-Guinée, Sonnerai, J^'oj. , pag- 169^ 
pi. io4- 

Columba coronata, Z/f/?/?. , Gm. , SfSt. nat., edit. i3 , n° l'j. 
Idem, Lath. , Index , n° 9- 

Great Crowned indian Pigeon , Edwards , glan. , pi. 338. 
Idem, Lath., Synopsis, tom. 0. , pag. 620 ^ n° 9. 
Cet oiseau semble s'éloigner des^Pigeons par sa grosseur, qui est presque 
celle d'un Dindon femelle. Au§si Brisson l'a-t-il présenté comme un Fai- 
san; cependant on ne peut disconvenir qu'il appartient à la famille des 
Pigeons, et qu'il doit en faire une section. On le trouve à Banda , à la 
Nouvelle-Guinée, dans plusieurs îles de l'Archipel des Moluques , dans 
celle de Waigion, et à Tomogui, où il porte le nom de Matutu; les Papous 
l'appellent Manipi; il est connu à Java sous celui de Goura, et les Hol- 
landais le nomment Crown V^ogel (oiseau couronné). Lorsquele mâle peint 
à sa femelle la vivacité de ses désirs, et l'invite à leur répondre, il incline 
sa tête sur sa poitrine, et fait entendre une voix mugissante, triste et 
plaintive. On apporte quelquefois en Europe cette espèce vivante ; mais 
jusqu'à présent elle n'a pas produit en France ni en Hollande. Ses œufs 
sont aussi gros que ceux de la Poule , et le nid est composé de foin et de 
paille. 

Tout son plumage est d'un cendré bleu, rembruni sur les pennes des 
ailes et de la queue ; les couvertures supérieures des ailes sont d'un marron 
pourpré, et UQe partie des grandes est bleue; un trait d'un noir velouté 
part du bec et traverse l'œil. La huppe est composée de plumes à barbes 
désunies et un peu frisées, longues de cinq à six pouces; elle est, dans 
l'état de repos, aplatie sur les côtés, et elle prend alors la forme d'un 
croissant; mais quand l'oiseau la fait jouer, elle se présente comme une 
belle aigrette large et circulaire ; l'iris est rouge ; les pieds sont cendrés 
ou noirâtres. T^ongueur totale, 27 pouces. 



YACOUS. 337 

aS^'"^ FAMILLE. ALECTRIDES, Alectrides. * 



' ■) 



Bec un peu voûté. 

Gorge nue et caronculée, ou seulement les joues glabres. 
Doigts antérieurs réunis à leur base par une membrane ; le postérieur 
articulé au niveau des autres. 

jère DjvisioN. YACOU, Peuelope. 

Bec nu à sa base , convexe en dessus, médiocre, un peu voûté; man- 
dibule supérieure couvrant les bords de l'inférieure , courbée à sa pointe. 
PI. Q, n° 4. 

Narines à moitié closes par une membrane , ovales , latérales et ou- 
vertes en devant. 

Langue charnue, entière, pointue. 

Gorge garnie d'une cai'oncule longitudinale, ou seulement le tour de 
l'œil et les lorums nus. 

Tarses allongés , glabres et réticulés. 

Doigts antérieurs réunis à leur base par une membrane. Pi. CC, n" 7. 

Ongles courbés , pointus , robustes , et comprimés latéralement. 

Ailes concaves, arrondies, courtes; première rémige très-courte; cin- 
quième, sixième, septième à peu près égales entre elles et les plus longues 
de toutes. 

Queue à douze rectrices. 

Les six espèces , dont cette division est composée , se trouvent dans 
l'Amérique méridionale. Elles offrent de grands rapports avec les Galli- 
nacés, dans leur corps épais, dans la forme de leurs ailes et de leurs pieds; 
mais, de même que les oiseaux Sylvains, elles ont le pouce posé sur le 
tarse au niveau des doigts antérieurs, et portant à terre sur toute la lon- 
gueur ; tandis que chez les Gallinacés il est articulé plus .haut que les 
autres doigts et ne porte à terre que sur le bout ; ce qui m'a déterminé à 
les classer avec les premiers, et à en faire la dernière famille de leur ordre. 



338 YACOu. 

sous un nom qui indique leur analogie avec les Gallinacés. De plus, elles 
se rapprochent des Sylvains par une grande partie de leurs habitudes, et 
des Pigeons par l^r manière de boire, par la^osition et la construction 
de leur nid ; ce qui me fait soupçonner qu'elles y nourrissent aussi leurs 
petits , et que ceux-ci ne la quittent qu'en état de voler. Comme on ne les 
rencontre le plus souvent que par paires, on peut croire qu'elles sont 
monogames. 

Les Yacous ont le vol bas , horizontal et de peu de durée ; ils habitent 
dans les forêts les plus grandes et les plus fourrées de l'Amérique méridio- 
nale, depuis la Guyane jusqu'à la rivière de la Plata : ils se perchent sur 
les branches inclinées des arbi-es, et marchent, en s'aidant de leurs ailes , 
avec tant de légèreté, qu'un homme ne peut les atteindre. Ils passent 
la journée cachés sur les arbres touffus; mais le matin et le soir ils sont 
en mouvement , et ils se montrent à la lisière du bois , sans néanmoins 
entrer dans les campagnes ni dans d'autres lieux découverts. Ils compo- 
sent leur subsistance de fleurs, de bourgeons et de fruits. Tous font 
entendre la syllabe pi d'un ton aigre, mais bas sans ouvrir le bec et 
comme par les narines. Ils portent la queue un peu baissée et ouverte ; 
presque à chaque pas elle fait un petit mouvement, en s'élargissant hori- 
zontalement. Lorsqu'ils boivent, ils plongent leur bec dans l'eau , remuent 
quelquefois la mandibule inférieure, remplissent d'eau la gorge et une 
partie du jabot, et pour l'avaler, ils lèvent la tête. Ils construisent leur 
nid avec des petites branches, et le placent sur un arbre touffu. Leur 
ponte est peu nombreuse, et très-rarement elle est de huit œufs. Leur atti- 
tude povir dormir est d'appuyer la poitrine sur leurs jambes pliées; on les 
rencontre ordinairement par paires ; mais le plus souvent on les voit réunis 
en famille. Ils ont tant d'affection les uns pour les autres, que souvent on 
en tue, sur le même arbre, jusqu'à sept ou huit de suite. Ces oiseaux sont 
aussi disposés à la domesticité que les poules, et ils se nourrissent des 
mêmes subsistances ; mais quoiqu'ils avalent des grains de maïs , ils ne les 
digèrent point , et les rendent tout entiers avec leurs excrémens. C'est à 
M. de Azara que nous devons tous ces détails historiques, et qui jusqu'a- 
Jors étaient inconnus. 



YACotrs. 339 

L'YACOU MARAIL , Pénélope MaraiL 

PI. CXCVIU. 

Wirescente — •nigra; arcd oculorum , gutfure subnudis ; collo pecto- 
reque albo punctatis. 

Le Marail , Buff., Hist. nat. des Ois., tom. %,pag. Sgo,/?/. enl. ^ 
n° 338, sous le nom de Faisan, verddtre de Cayenne. 

Pénélope Marail, Linn. , Gm., Sj'st. nat. , édit. i3, n" 5. 
Idem, Lath. , Index, n° [\. 

Marail, Lath. ; Sjnopsis , tom. 1, pag. 682, «"5. 
Les colons de la Guyane , entraînés par les ressemblances que cet oiseau 
présente au premier aspect avec les Faisans, ne lui donnent pas d'autre 
nom; c'est aussi celui que lui applique Montbeillard ; mais il se trompe 
en le présentant pour la femelle de VYacou-guan. La dénomination de 
Marail., ou plutôt de Maraje, est du langage des naturels de la Guyane. 
Les Marails habitent les forêts solitaires de cette contrée, y vivent rare- 
ment en troupe, et presque toujours par couple. Ils se nourrissent de 
graines et de fruits sauvages qu'ils ramassent à terre. Hors le temps où 
ils recherchent leur nourriture , ils restent perchés sur les arbres les plus 
touffus , et y placent leur nid. Leur ponte est de deux à cinq œufs. 

Cet oiseau a le dessus de la tête couvert de plumes assez longues, qu'il 
redresse en forme de huppe, lorsqu'il est agité; la gorge nue et rouge, 
ainsi que les côtés de la tête ; tout le plumage d'un noir verdâtre à reflets 
cuivrés, avec quelques mouchetures blanches sur le cou et la poitrine; les 
couvertures supérieures des ailes légèrement bordées de blanc ; leurs pennes 
roussâtres ; le ventre d'un gris mêlé de brun ; le bec noir ; l'iris jaune ; les 
pieds d'un beau rouge. Taille d'une poule. 

FIN DU TOME PREMIER. 

GALF.KIE DES OISEAUX. II'. PAR TIE. - 4^ 



TABLE DES MATIÈRES. 



Dédicace. 

Introduction. 

PREMIÈRE PARTIE. 

PREMIER ORDRE. 

Accipitres, ^cc;/Ji7/'e^ page 

FAMILLES. 

Vaulourins , KuUurini 

^ Gypaètes , Gypaeti 

Accipitrins , Accipitrini 

Aegoliens , Aegolii 

• espèces. 

Vautour noir, Vultiiriiiger 

Néophron percnoptère , Néophronperc- 
4 nopterus 

• Zopilote, dit roi des Vautours, Gj'pagus 

papa 

« Gallinaze aura , Catharista aitia. . . . 

Iribin noir, Daptrius aler. 

Rancanca à ventie blanc, Ihjcter leuco- 

gaster 

- Caracai'a , proprement dit Pofyborus 

f^ulgaris 

Phène des Alpes , Phene ossifraga. . . 
Aigle de Thèbes , Aquila heliaca, . . . 
I'ygurguegirreoeva,i{aliaëtusgirreiiera. 

• Balbuzard américain, Pandion ame rica- 

nas 

Circaète gris , Circaëtus cinereus. , . . 
Busard inontagu , Circiis montagui. . . 
Buse noire et blanche, Biiteo melanoleu- 

cus 

Milan à queueétagée, Milvus sphenurus . 
Elanoïde riocour , Elanoides riocourii. 

• Iclinie ophiophage , Ictinia ophiophaga. 
Vawcon ■ç'igméc^Falcocœrulescens . . . 
Macagua ricaneur , Herpetotheres ca- 

chinnans 

Ksinnae cenAvC'.e,Asturinacinerea. . , 
Spizaète huppé, Spizeëtus omatiis . . . 

Épervier noir, Sparvius niger. 

Chouette tengmalm , Stiix tengmalmi. 
Hibou moucheté. Strix manclosa. . . . 

ae PARTIE. 

2* ORDRE. 

Sjlvains, Sylvicolœ 



FAMILLES. 

Psittacins, Psiltacini i 

Macroglosse, Macroglossi 7 

Auréoles , Aureoli 11 

Pleroglosses, Pteroglossi. ....... i3 

1 Barbus , Barbati 1 5 

Imberbes, imherhi 5 

Frugivores , Fnigivtiri /ja 

2 Granivores , Granivori 53 

r,cj JEgilhales, Mgithcdi 85 

2_ Pericalles, Pericalles g^ 

53 Tisserands, Textores ii4 

Leimonites, Leimoniles i35 

Caroncules, Caruncidati i^o 

/ Manucodiates, Paradisei 145 

Coraces , Coraces 1 53 

Baccivores , Baccivori i t5 

Chelidons , Chelidones 1 H8 

W\yo\heres , Miyolheres igy 

jQ Collurions , Collurioiies 218 

,_ Chanteurs, Canori 23'i 

Grimpereaux , Anerpontes 2^4 

2Q Antlionijses , Anthomysi 287 

Épopsides , Epopsides 3oo 

23 Pelmatodes , Pelmatodes 3o8 

-g Antriades , Antriades 3i5 

2„ Prionotes , Prionoti.i 317 

gj Portelyre , Ljriferi 3.!2 

Dysodes , Dysodes 024 

33 Colorabins , Cobimhinl 027 

35 Alectrides , Alectrides 35- 

^ ESPECES. 

4o Ara hyacinthe , Macrocercus hyacinthi- 

4.1 nus " 3 

43 ^akaXohs rose, Cacatuarosea 5 

44 Perroquet à palette, Psittacus discurus. 7 

46 Microglosse noir, Microglossus alerri- * 

mus 4/ * 

47 Pic à ventre rouge , Picus rubri-ventris. 8 
49 'îovcoï àe Cayeime, Yunx minutissima. \o 
5i Jacaraar vert à longue queue , Galbula 

52 macroura 12 

55 Toucan-aracari-grigri , Ramphastos ara- 

ib. cari 14 

Couroucou oranga , Trogon atricollis . . 17 
Barbican de Barbarie , Pogonia ciythro- 

melas 18 

Barbu à gorge noire , Bucco niger. ... 20 

I Barbu tamatia , Bucco tamatia 21 



54.2 ^ TABLE DES 

Cabesou à gorge bleue , Capito cyano- 

collls A. . . . . 22 

Monase à face blanche , Monasa perso- 

nata 20 

Malkoha à tête rouge , Phœnicophaus 

pyrrhocephaliis 24 

T»co vie\\\2.và., Saurothera vetula. . . . 25 
Scjthrops goèrang, Schythrops novœ 

hollandiœ 27 

Vouroudriou vert , Leptosomus viridis. 29 

Coulicou lalt-sou, Coccyzus cœrideus. 3i 

Coucou cuivré, Cuculus ciipreus. ... 33 

Ani des Savaunes, O'othophaga ani. . 55 

Aniguira-cantara, Crotophaga piririgua. 36 

Indicateur (grand), /ncfica/o/'mrt/or. . . 39 
Toulou ruGilbin , CorydoriLv pyrrholeu- 

ciis 4' 

Musophage violet, Musophaga violacea. 43 

Musophage varié, Musophaga variegata, 44 
Touraco pauline , Opœthus erythrolo- 

phus ; 46 

Coliou huppé , Colius senegalensis. . . 54 

Bec-croisé leucoptère, Loxia leucoptera. 56 
Dur-bec rouge , Strohdiphaga enuclea- 

tor. . : 58 

'RovwrenA azavé, Pyrrhida cœridea. . . 61 
Bouvreuil à goige orangée, Pyrrhula 

auranlicollis 62 

^ou\rem\à'¥^nvo^e,PyrihidaEuropœa. 63 

Bouvreuil noir, Pyrrhula ingra 65 

Gros-bec rose-gorge, Cofcothraustes ru- 

bricollis 67 

Gros-bec h tête noire , Coceothraustes 

erythromelns jo 

Gros-bec ponceau , Coceothraustes os- 

triria id. 

Fringille à deux brins, Fringdla super- 

cdiosa 73 

FriugiUe venturon , Frigilla citrinella. yS 

Fringille à tête marron, Fringdla italice. 76 
Fringille beau-marquet , Fringdla ele- 

. m'^^- ■ : • ;••••,•••• "7 

Fringille sizerin, i^/Y7zg'/7Za /)0/'eato . . . 78 
• Passerhie nonpareil ou le pape, Passeri 

na ciris 81 

Bruant huppé, Emheriza crislatella. . . 84 

Mésange aziu'ée. Parus cyanus 87 

Mésange moustache, Faz-i/i ii'armi'cM^. . 8g 

Mésange remiz , Pants pendulinus. . . 91 

Tyranneau huppé, Tyrajinulus elatus. g3 

Manakin varié, Pipra serena 95 

Pardalote pointillé , Pardalotus puncta- 

tus. 96 

Phibalure à bec jaune , Phibalurajlavi- 

rostris 97 



MATIÈRES. 

Némosie à gorge jaune , Nemusia Jla\<i- 

collis 99 

Tangara mn\l\co\ov, Tanagramulticolor. 100 
Habia vert-olive, Saltator olivaceus.. . io3 
Arremon à collier, Arremon torquatus. io5 
Jacapa scarlatte , Ramphocelus cocci- 

tieus io6 

Touit noir , Pipillo erythrophthalmus. 109 , 
Pyranga bleu et jaune, Pyranga cyanic- 

taras 112 

Tachyphone leucoptère , Tachyphonus 

leucopterus ■. ii3 

Loriot d'or, Oriolus auratus i i 5 

T\iseYiamsisc[ué, Ploceus personatus. . 117 
Ictérie dumicole, Icteria dumicola. . . 119 • 
Carouge chrysocéphale , Pendulinus 

chrysocephalus ">.... 122 

Baltimore vulgaire, l'-yo/ianfei Ja/rimore. 124 • 
Troupiale rouge et noir, Agelaius mili- 

taris .y 128 

Cassique noir, Cassic/ts niger i32 

Stournelle à collier, ^ÏH/^neZ/aco/Zarî^. . i34 « 
Étourneau nmco\oT\ Sturnus unicolor. i58 * 
Piquebœuf roussâtre,X>i/yw/!<7g-a/-i//èiceni. 1 09 
Glaucope cendré, CaUieas cinerea. . . i4i ' 
Creadion à pendeloques, Creadion ca- 

runculatus 142 

Mainate religieux, Gracw/a /-e/ig-io^a. . . i44 
Manucode ro^'al, cicinnurus regius. . . 146 
Sifilet à gorge dorée , Parotia sexseta 

cea V] • • • • '48 

Lophorine sw^erhe, Lophorina sliperha. izjg 
SamaWe rouge, Paradisea rubra . ... i52 
Corbeau noir et blanc , Corpus leuco- 

phœus I. . . . i55 

Pic acahé , Pica chrysops 1 57 

Geai bleu huppé, Gnr/-»/K5 cmfafHi. .160 «. 
Coracias à bec rouge , Coracia eiythro- 

ramphos i65 

Choquart des Alpes , Pyrrhocorax alpi- 

nus i65 

Cassenoix moucheté, Nucifraga gultala. 1 66 
Temia variable, Crypsirina varians . . 168 
Astrapie à gorge d'or, Astrapia gularis. i6q 
Quiscale versicolor, Quiscalus versico- *. 

lor 17! 

Cassican réveilleur, Cracticus streperus. Ï73 

Rollier vert, Galgulus viridis 175 

Rolle k gorge bleue , Eurystfiomus Cya- 

nocvllis .', 176 

Coracine à cou nu , Coracina gymnode- 

ra. 178 

Coracine ciioucari , Coracina papuensis, 179 
Coracine cephaloptère , Coracina cepha- 

loptera 179 



TABLE DES 

Piauhau à gorge rouge , Querula rubri- 

collis i8i 

Cotinga bleu, Anipelis caerule. . . . i83 
Cotinga averano , Ampelis -variegata. . i84 
» Jaseur du cèdre , Bomhycilla cedro- 

rum i86 

^ Tersine bleue , Termina cœrulea. ... 187 
Hirondelle à plastron blanc, Jlirundo 

albicollis 191 

Martinet a ventre blanc, Cypselus mel- 

bus 192 

Engoulevent climacure , Caprimulgus 

climacurus. . 195 

VoàaiT^e ^ris, Podaigus cinereus. ... 196 

Todier vert , Todus viridis 198 

P latyrhyuque horsfield, Plalyrhynclios 

horsjieldi 200 

Platjrhynque brun , Platyrhinchosjus- 

cus 201 

Conopophage à oreilles blanches , Co- 

iiopophaga leucotis 2o3 

Ramphocène à queue noire , Ratvpho- 

carnus melanurus 204 

Pithys à plumet blanc, Pilhys teucops. 2o5 
Échenilleur gris , Campephaga caria. . ion 
Moucherolle guirajetapa , M^scicapa 

risora ^ .... 209 

Moucherolle gallito, Muscicapa alec- 

trura 211 

♦ Tj'ran intrépide, Tyrannus inlrepidus. 214 

Bécarde grise, Tityra cinerea 2iy 

Pie-grièche à dos roux, Lanius pyrrho- 

notiis 21Q 

Sparacte huppé, Sparactes cristata. . . 220 
Falconelle à front blanc, Falcunculus 

frontatus 221 

Lanion mordoré, Lanio atricapillus. . 220 
Batara blanchot , Tamnophilus oliva- 

. t^SMS. . 225 

Pillurion bicolor, Cissopis bicolor. . . . 226 
Drongo huppé, Vicruiiis cristatus. .. . 228 
B3g-dda\s geoû'roy, Prionops geqffr'oii... 229 
G onolek vertà collier, Laniaiiusviridis. 25o 
Langraien à croupion blanc , Artamus 

leucorhynchos 202 

Merle leschenault, Turdits leschenaulti. 234 
Merle éclatant, Tardas splendens. . . . 235 
Esclave des palmiers, Dulas palmarum. ■, 07 
Sphécothère vert, Sphecothera vires- 
cens. , 258 

Martin brame , Acridotheres pagoda- 

rum 240 

Manorine verte, . Manorina viridis. . . 24i 
Gralline noire et blanche, Gra/lina me- 

lanoleuca 242 



MATIÈRES. 545 

Aguassière à gorge blanche, Hjdrobata. 

albicollis 244 

Brève azurine , Pitta cyanura 24e 

Grallarie biune, Grallaria fasca 248 

Fourmilier moucheté, Myrmothera gut- 

tata 25 1 

Pégot des Alpes, Accentor alpinus. . , 252 
Motteux à queue étagée , CEnanthe cli- 

mazura 255 

Alouette à hausse-col noir, Alauda al- • 

pestris 256 

Alouette sirli , Alauda AJricdna. . . , . 258 
Alouette de Tartarie , Alaàda tata- 

rica I 259 

Pipi rousspt ; Anthas riifalus 261 

Pipi leucoplirys , Anthus leucophrys. . 262 
Hochequeue \aune , Motacilla boarula. 264 
Mérion superbe, Mahu-iis cyaneus. . . 266 
Fauvette à tête rousse, Syïvia rufica- 

pilla. . 268 

Fauvetîe-pitpit bleue, Sylvia cayana.. . 269 
Roitelet omnicolor , Régulas omnico- 

lor .^yi 

Troglodyte brun , Troglodytes furva. . 275 
Thryothore à long bec, Thryolhojus 

longirostris 275 

Mniotille variée, Mniotilla vaiia 276 * 

Sittine à queue rousse, Neops rujicauda. 278 
Sitelle à tête noire ^ SiCta melanoce- 

phala. 280 • 

Picchion bâillon , Petrodroma bailloni . 282 
Grimpereau cinnamoii , Certhia cinna- 

momea 283 

Synallaxe à tête rousse, Synallaxis ruji 

capilla i. 284 

Picucule à bec en faucille, Dendrocopus 

falcularius 286 

Guit-guit aux ailes variées , Cœruba cya- 

nea. . 288 

Soui-manga de Malacca, Cinnyris lepi- 

dl'S 2g, 

Soui-manga mignon j Cinnyris elegans. 292 
Colibri lazulite, Trochilus iazahis.. . . 296 
Oiseau-mouche géant , Trochilus gigas. là. 
Héorotaire écarlate^ Melithreptus ves- 

ti^ rius 298 

Héorotaire à tête blanche et noire, Me- 
lithreptus albicapillus 299 

Eouniier roux , Furnarius rujus . . . . 3oi 
Polochion Kogo, Philempn cincinnatus . 3o3 
Puput à huppe courte j Upupa crista- 

tella 3o6 

Promerops à douze Mets, Falcinellus 

resplendiscens 3o3 

Guêpier bicolor^ Merops bicolor 3 1 o 

44 



344. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Marliii-pêcheur à front gris , Alcedo Ménure parkinson , Menura Novœ Hol- 

cinereifrons 3i3 landiœ ôîS 

Martin-pêcheur géant, Alcedo giganle a. 3i3 Sasa huppé, Sasa cristata 3a6 

Martin-pêcheur de l'île de Luçon , Al- J^igeon a tète blanche , Columba leuco- 

cedo trydactila 3t5 cephala 33 1 

Vi\i^'ico\e ora.xi^é , Rupicola aurantîa. . . 3i6 Pigeon Waaiia , Columba -waalin 335 

Moinot dombey , Barjphonus nifîcapil- Pigeon cocotzin , Columba passerina. . 335 - 

lus 3i9 Goura couronné , Lophjrus eoronatus. 335 

Galao caroncule, Buceros abyssinicus. 32 1 Yacou inarail , Pénélope marail. . . , . 339 

Fin de la Table des matières. 



ERRA TA. 



PREMIÈRE PARTIE. 



57 ligne lo, bus , foei : rectricibus. 

48 ligne 21, melanolencus , /ùes .• melanoleucus. 

Idem, ligne 26, au lieu de est, mettez : sur un. 

DEUXIÈME PART I*E. 

1 8 ligne 18, après séparés , ajoutez : pi. BB , n" 3. 

, 24 ligne 1". après narines , ajoutez :luniûées. 

Idem, ligne 12, a/?;-è5 pyrrhocephalus , o/oiifea .• pi. 37. 

25 ligne 25, jugalo , lisez : jugulo. 

4o ligne 27, après versatile, ajoutez : ^l.BB fn" 4- 

42 ligne 20, a/)/'è.ï versatile , ajoutez ■ pi. BB , n" 6. 

47 ligne 24, au lieu de idem , mettez .- Lathara. 

56 ligne i3, fuscia , foe; : fascia. 

61 ligne 26, au lieu de entier , mettez ■■ échancré. 

ii4 ligne 17, après tisserands , mettez :textores. 

232 ligne 9, au lieu de i45 , mettez : 144- 

234 iigne 25, au lieu de 1^6, mettez : i45. 

207 ligne 1, au lieu de i^y, mettez: i46. 

aSS ligne 21, au lieu de i^S , mettez : 147. 

240 ligne 2, au lieu de i49) mettez : i48. 

241 ligne 25, au lieu de i5o, mettez ; i/^Ç). 
1^1 ligne 26, au lieu de i5i ,mettez: i5o. 
244 ligne ^, albicoUiis , lisez: albicollis. 
25 1 ligne 26, rouge, lisez : roux. 

263 ligne 2, a/j7è.5 mandibule, <7/b«fe: : supérieure. 

269 ligne i3, adulte, /wes ; adultus. 
Idem, ligne 25, Cayanne , /wei : Cayenne. 

270 ligne i5, claires , toes ; alaires. 
272 ligne 20, de son , fcei : leur. 

278 ligne 5, adumbrato , /(5e: : adumbratâ. 
290 ligne 23, supprimez : par. 
5ii ligne 25, les, lisez : ces. 
320 ligne 12, espèces de bec, feei : formés du bec. 



AVIS IlE L'EDITEUR. 



Le premier plan de cet ouvrage ayant paru inadmissible , 
on a dû le changer ; en effet , annoncer les descriptions et les 
figures de tous les oiseaux que renferment les galeries du 
Muséum d'histoire naturelle, c'était indiquer un ouvrage qui 
n'aurait pu être terminé après cinquante ans de travaux; aussi 
a-t-on abandonné une pareille entreprise , et s'est-on attaché 
à le réduire pour le présenter d'une manière agréable aux 
gens du monde par des figures dessinées avec soin et d'après 
nature ; à le rendre utile et même nécessaire à celui qui veut 
s'adonner à l'étude d'une des branches les plus belles et les 
plus intéressantes de l'histoire naturelle , en indiquant les 
caractères distinctifs des nombreux individus qui composent 
cette classe. Non content de signaler par la plume leurs attri- 
buts distinctifs, on les a fait figurer, afin qu'on puisse en 
saisir les différences avec plus de facilité. Indépendamment 
de ce grand avantage, dont on n'a jusqu'à présent aucun 
exemple , nous présentons l'image d'un oiseau de chaque 
division j coloriée avec soin sur l'individu le plus parfait qu'on 
a pu se procurer, comme on l'a déjà dit dans cet ouvrage, 
que de nombreux souscripteurs ont daigné accueillir favora- 
blement , tant en France que dans le reste de l'Europe. On 
y trouve la partie historique de chacjue division, celle de 
l'individu figuré , sa description, l'indication des mâles , 
femelles et jeunes, le signalement des caractères d'ordres, de 



V AVIS DE L ÉDITEUR. 

tribus , de familles et de genres , une phrase linnéenne et 
latine, une synonymie d'après Linnée, Bufïbn , Brisson , 
Latham, etc., et trente-deux planches de becs et de pieds. 
Exactitude, finesse des traits, vérité et vivacité des couleurs, 
rien n'a été négligé pour que les figures puissent , du moins 
autant qu'on le peut, approcher de la nature, et soutenir la 
comparaison avec les modèles. 

Les six premières livraisons n'étant point le travail de 
M. Vieillot, et n'offrant de rapports avec son ouvrage que par 
lès descriptions et les figures, doivent être réunies et placées 
en forme de supplément à la fin des volumes, de la manière 
indicjuée dans V^^'is au relieur. 



AVIS AUX RELIEURS. 



Les articles sei'ont placés ainsi qu'il suit f 

L'Avis DE l'Editeur. La. première Partie. 

La Dédicace. La deuxième Partie. 

L'introduction. 

Chacune des planches en face de leur description; cependant, comme il 
se peut que des sousci'ipteurs désirent que toutes soient renvoyées à la fin 
du tome, et que d'autres préfèrent que toutes soient mises dans leur ordre 
numériqiae à la fin du deuxième tome , ou reliées séparément en forme 
d'atlas , les relieurs doivent les consulter à cet effet. 

Les trente-deux planches des becs et pieds doivent êti'e placées immé- 
diateiuent après les planches , dans leur ordi-e alphabétique , d'abord les 
becs , ensuite les pieds, à la fin du deuxième tome ou de l'atlas. 

Les six premières livraisons doivent toujours être ensemble comme au 
supplément , après en avoir retiré la Dédicace et l'Introduction pour les 
mettre aux places indiquées ci-dessus. 







'>*5,:™ 




"f.Oudi^d rU. 




yï.ûdJum^^ cà 



'.e^/lûdJtfn^< 



t-anoe^. 



I^ù/bOO. d& C- de'- J' ' 





'-■*?>. . 





■-,^\^ 



.-.^ ^a^^^ô^/^-eé/'e TTZ^t^se^ occùn^t^^ 



cJ. Ou-oiatt ciel. 













n 




tf.OuJevitoU,. 



(U(/b'-&âôe' co 6^ z-i^uJàey, 



CUO'^JDze^Uy. 



iiino«. de C ae^JtoJt' 




J. Quela-ot. Jel. 



^a. Jha/i^eàte a. éeM ?^zme, d^^/m//bce 



cù^ 



IjÙMO. ou. C 










(/^ 



.-^■^yri^ii/i^Ji/ci/i. éyc^^ccc^ (€t C<'i/'/t/-ey . 



«y, We-u/a^: 



Lt 



J/tc//oy. de. C. c/e LnJC/ 




A -■ ,1 i 




,-i^ <^^/La'nAjLÂin 



'nyûL/an^ aaa^ 



/on/7uet^ /te''n'?teà ??ta/&, a//- •i/j-KÉJco. 



^ . (J c/y/a/U:^ a'e/_ 



-Li/iA<>a. fù C e/e^J/a^ly 



^ 









.^^^^'T.^^ 

■^è'-^^^- 

i^~-^ 













2z^C' ^Ka/fa///^/ -totiçe, ae C(t Ç/utf 



._7. U ua.tr it ■ dct' . 



Zye/Âoa. a<^ C. ccc /^a-it- 







y//-tro 



' :w^.r^/:ti' ^yr/ 



', '//7/y. i 












c^c 



' Z-yT' /''/"//f^y^-^^ ar (Z^iUi-^y^'- s/^ c^^yy/^é^z^^^-z^ O^-. 



reyy'2 eci.f^. 



'f7<(^z^^i/^ ^'C&'y.f'^ . 



^^£^£^~t3^ V ^--V 




% 










y///l-/ /// 



/■///rr'rf i/i- /' ,tfmYr 







I ',./.-i/ ,,'i I' 



j'..//,„a r/,-/~'l/o''i''- 







^^,' rh-^,^y?^^' r/y-^ ç^y^^yr^ . 



■■,yy,^,y ./r, i/,yy. 



^ 











' ''■y^^yC'^,^ ^^/ 



/■///j.ay «ii t'.JU//^-. 



I 




m 



W'^ % 






(fa^^^^^^ ,//' 



Jj/'/Af»^ ^ /" Mi^//'^ : 






..■«„^; 





!^2'^j'i^uy}^^'^ .£^fe^z^-?5>c. 



.^^^.z&^<< '^^ 



IM<,^. 06 C. Ma//^- 




* . 



-<K" 







itfi-^u'a-^-y ^^/. 



zyjAaçr--a&Ajlti'/^^- 



-m 



:*i. 






1 



' # * 



i m '■ ' 



* '-** 



.♦. 



^ 



ï*»^ 






;w. 




'ff. 





jj^^^^c^^i^^ ^e/ 



£i7Jr-«tr- a'e- CJff/ji^ 




i \,>^ , 

^ '^'Â 








J* 




^ 



?^:?^^!^^: 



•^/^.r^y^a^^ «é^ 



A//yC^f- aé^^Me^/Zë: 







^ < '^^!t>i^'«'WKif^M'^S' ' 













H- 



/LzAAc^^.-^f' CJf(7//<^. 



-r 







*Jç^ 



*® 













/^.fP^^.il' ,a> g^îH'-ii^^^tî^ y'cJ'r;^^^^^. 



/',y//,rW€!c:-ir,^ 








^V 






>- 



\ i-V, 



* 



#. 



'• A». 



-:«; i 




y^-&/4^^2^-^ <^ 2VZg^^^rfcS>-^>^^<«i^O>'<iS^e<^ 



■l'/2.^.y„::^- 



/.y/yvaW/i-e.M^i-^' 



i 














Ai»*/ 



-•M •■' j* 






|.*Q" 




(-'^'!''^p^:i^^gj^/fi?^ 



0^ ^'k^^xÉa^av'' a^t^/^ 



A///toy. ^ C^ff//^ 








^-^<sr>'/^f<//J' 



yf t f /f^ 



.(P/C^^^/i-y^^^ ./.y. 



A/Z/i^c,/. t//- /': A/^/Yr. . 



m 



M' 



w 



m- 



i 



-4. 



/'/■ I. 



i^tf?^^vMM&, 



^...-^^fci^fm 




'^^ 



♦ 










;?.-^ 



«* 









; 



, * . ■* * 



• 



■5-- ^••^:; A* 



/ i 



# 



r I.» ■'•^ •■ 





» 



» 



'^M> 





n-~^-^ 







t*-^ 





.5?'^^>v^^>' ^Z 



/^ /^r/:/^^/'/'J ' ^;?^i<>'^ 



/^^, 






^z//7x?. <i^^. .Mj7Z£e^ . 



w 



'». 



■m 



il 



m 



/y. 4'. 



VM^^-^ * 






"1 1 

f 



l^^ 



Ai 



\ f 



A '^ \ 




' ''. '' ',,r/,^^/ ./'■/ 






yyi 



A rty/Vf fV/r /'fV -tvy tyj/rr -/A* , 



A,//,.. :/, f l''//i- 



J'y.i. 










^^^r^^ 








■-■^,^:c^.f-c/ij:. 



<2^ja^ezsyaeYJi:f^ , 



-y£ii/u! aCè^^.-Moé^e,. 




^/./^ 




'A . - * 



■^ 




■rArr-i^ a^^ . 






^if?.r ./, ,-11,1/ 



/'/.J. 




^^.'-\. 











s» 



ylCo'^^ 



^e y 



/riJ' "' 



4 




W */ 



. yr'^./aj/ ,/r / 






y:„-/,.> ,-,'^ /.ii,:f,; 



PI. s. 



• '>>>' 













-^'' * < if 














__=^ t^la^ieo'n.^iay, Jmjctetr J,^^teo^a>te4rc) , 



/" ûudar-t- ffel: 



L ith. cùtX£mel>na/tn. 



r/i 







/,i//ir://r i' ■Vc/''/ 



J'I â 









y ^ c^Ajpuy (/ôv ^yuÇ^^ uHei/te (^>Hj'ca,aa'. 



ûujart/'' 



Ltth.(ù(r. ^/tae/man/!^ ■ 



"7?;^ 



*-:\->r^% 




^ ^o-^Cz^^ a^ f^y/^/^, - (Ai|iiilaj i.'LetiacaJ. 



y<^«2fe^<^/* 



Zi/Ha^ 6- £/Ma/hfa/i/i. 





^»=^^,^ 







Il 



«?M 





p 



/O. 



^ ^^^^^^^^^^^ ^^'^^^^^^t^; halia.d:u^ la/l^c^/iixUx^. 



■è^ 



^/ ^ 






/= ûa^ar/lr a'ér/' 



Xin. /^ff:£/iû^/mairn 



^i y/. 








Ot^ûT/Z^. 



■^'ti^ fL^^:^^<i^y:/:k2^i)^, - Vixvidww Ci iiievtcoiitUi). 



/r'Ûu^^tai^Z'' 



Zitfy i/fû:£^yd/ma»// 



/7. /^. 




Y' X^ 




2^, 



- LiLCU^e^tu^ ^iwzfuoxi^. 



J^ û^takr/' a!e^ 



Zeffi t^(r.£^/f(/W'""^- 



^f^ 



'4*> 




/• 



. P 








W .A'i' 




■■o> , 



- -^^ / c^^^^'i^y'li^ ^y^/^'/^^:è^'^ù(^^^y vA,\.cwb \vu}\A\jxCi 



I^:^z^^^^^^: ^// 






*ï 




'%!>. 



• 



^ 



,.,^"' 



T/1^ 





'^'^ <,j de y 









r^it^iarf ^/f 






^/ J,^ 



^'^;r'^'S>. 



"ï^ 



•\ %K> 







/^ 



,^i 



£i^2fe^ 



^lo/LAru^ Oiîloeutti/ 







JP/ Jà 



v%. 





■"-^-rj 




^ y 



^yU'ir^z/y .^<^^^:^^^^^if^ L^OAiau'eà A.ioC4MiIti 




l'Ûi/Ja^t é/^/? 



iitA /i<}^.Eni/t'/mii:/r7i . 




î> 



r/j^. 



^^^BT^r^i- 



«5VS&J!rSS.«; 




it' 



A"* t 







^■^^^l. 



--v*^ 








'^^ 




î/f^^y^-Aayr' . J c h n Kv o pK) i o-pbcvcv cx/ . 



?" Û/jJarl , dk/J/vs id Jessî/i i/e m7 J /elre 



Lif i{r' ir Erii/f/i/tajut 



/y Ai. 




■J 






P (^r^i^ay/ (/,■/: 







_/^^ 



£^^^^c^,^/^r />V/j/<' /^^^^^ ? 



'/ \^ c. c pe mat(?e t^,^ twc m u i kx i k 



f t^Z/d^/V ,/,■/ : 



/•/// ,/,' tr flrrift'ir/r/-!,r///- 



F/ :/^ 




■*% 




^. 



— r Z^/^^/'/V/Zc /^<t:/^^if^V^^ cA.ôI:i/l1vvux. ciii^lii^Ol 



/^ thi(lar( fù'/: 



£c/// fù- 1'' Â'/t^cZ/ua/^// 



M 'Jj. 




■'^'■^C 



-^qiiHSB''' 






J ni !^ at''biu> (? i m a ti i Â'^ . 



/"/ -f £ 




/]^ 



<=^<1^ C<4é!:^'^'£^y^ 7^^P^C-y'' , e7 UO/IVHIO 11/11*^^1» 



/' Ûudkr/ ,/el 



J[fi///.t/e ^:X'/fty'^/f//a-n 



/V i'ji'. 




■// ^/' //^"' 



'//, /'/V . ^^V/V>//VV'/S: 



W'/'/r /// C-'^^^O 



'yy/ 






/-' />/,//ur/ f/<'/ 



llll . 




JV. fJ f^tsy 



_-^ <^^^^^ ii>/z^/^^A£^ ' Jtt4.x: mîVCuU'.'iiV 



^ /^z,r/^f^-i /&■'/.■ 



/^i?/?- //r & Ji'/7f/e/'mirr/// 



€ 



'*/è' 



$(- 








c/^. 



/jjJJn'.- f/cr £:. AfaiA;. 



m 





'-:r"" ji--*iK. 




^%v 






vr^ Hï 



3! 'V" fëf'i n 



féi,% 



% 



m 



m 









'"^'^^A;-:, i 






r 



,/^, 



Py^i)/- 



/ir^fyr//yfj' /i r-'.r 



f^y^/.,,/ ././, 



/./////■ f/f / U.'//f . 




> 

^ 



ri^ù 







z7 *^v . _ .y' A. .. 



J^S^Z/aC^^^ €^JL 



£SCé£-^-d£-i 



/V9.', 




's- -ï-^v^i^ti/j^A»^ ^^^ *^- 



^XJ^i-ï»- 



'■^^^M^^ 



.m-. 



V^î" <« l^é^^^'i^' jt-^^^^g^^ 



y^XtULis JL ui^j'Z ce^^t/Vjr.c 



^^/i-^. 




^â 



'v^rtoî%r/«^ Ca^y£^/i^i^ ^ \\v 



m.. 



UH/X yj\\.'\AAAJiXA^bvVVU:U . 



i'- ûiK^arl /.i 



ZzlJl:^^ (r:S7i^e7ma7rn 



PI n 




'7 '^ 
/ 



a^ 



./^r c.y/z^ui./na^i'"^ -^^y""^ ; ^ û:ri^,u^ ^/ù^/:^ . 



P:ÛTrJartM^ . 



L^^LULtliX^ ôVy 






r/jé> 




"?*'v 









PI. s/ 




=^^ L/:w^')(^c^/<^ t^^^^TiZ'^zaa^, t.'tc>cij(nL UtvlecyLlyùv 



l^ihi^rl/> 



Zithde Cr Un^eîmann 




r/.j£. 



-ev-sjT^, 



"i^ 



fy,' 



m 




fes,;. 



> 

r 



^^%k ,< 



^ 




%, 



•«^ 



*^ 



y 



/< 



■^ \'->MSk 



•"^"vig-assà 






'^<, 






^"^^ , Sjixxaviux, 






iteLx 




JVJâ 



y-^\. 













Wr^^"^^ /z>jacv>y^é; ^/i>-^'y»^y VJ 






\\ 



J'IJ^^ 




'tfffr 



^•x 



^# 



'4 



-.44 



y^'^K 













.V^^ 



r^^, l^JucCiT JOUI 



UCCiX JOUlVhOLlvOL 



J^ <^//^^/.?^/- 



ZiiTJ^ t/e /^'-'..En^e/m/i/rn. 



■J^/M 




V t# ^ 



"^^l 



l^JÎ- 










L0L|?L/ta L LlcVltOCJTttô 



Iy//^//e & iË'r7/7£'//77a/-7/Z 



ri.3(f. 




■0 





y 



i.-y^y'.?,^^- ^^y^^:^^: 




^/^/^i'e/^:/^^ lltouxx^tv VjiX 



j^. ^Pr/i/^^/ /^/. 



t»)i.ntixL<x'. 



^Z'^/- 




ey/ù/^y/^^r a /^ ;^^^r^^?^, \)\-i(X\.\\is:)^^o.y\.^ JxitlbjccpkvUid . 



'. li/^/-/ ild-l. 



Jjzf/l //t' ir jff/Ji/r//^. 



^/JS. 








X 



"^^ 



•■^\,jy 



~^^ 



•%,( 



■%, 



V. 



^, 



J^/Jj/ 










î^> 



O^twUrpi) UiWOt 







fi" 










: p t c'i c» iM 14a) s» i t/u)id . 



Jj^â^ ^ û ^'//ae/r/uiJiO- . 



Z"/ J.I 




•'Sh'^ 



•% 



'V 

< 




^â 



',^ 



cya^/^ 



^û^u^ 



/ 



C>£ 



;0 



CÀi\\\\.id CijeMiUu^ , 



L. 



/^ ûi.u/ar/' ^L'^ 



XijA i/e C' EfU/e/fio-rf /i 



yo/^i 




Èk^''\À 






LlLCllll 



P.Û[rjàfy-/ dct^ . 



VU^ Cil pti^iii» . 








d' 



i^y 6i^^ 



6 t'Ai/ c^/j<^^g^v^y>y , C c4.'t*rpbaaa aui 



r Ûft^ùjy-lJi-/' 



L/.'^/f i//' /jr £/i^c' //TLa/iyn 



\ \ 



\ 



\ 



\ \ ^ 



t 



.^'/^■^ 






\ 




V 



;« 



./ 











\ 



■\ 






>_ c' < i-\ L^UVl•.'.- 



//, '■ /:■',;,: 



/V.4S. 




~^^C/y,''^-ifi^/ iJy//{Z/'<y//r/'^/' , r)\Cb\coXQy citoajco. 



/'(AuA^rf r^^/' 



jjn/ii-. a- /M///-r/,'"< . //. f ■':'.:\;.'ire^i, /y:'Ji'/. 



p/ 4S. 



^ 




y I 




iT^ii^iL^.yiU/^èi^f^'i^^ 'ti^cm5ovtu)& ÔcaeaaXiAAMd. 



y"ûi^ai^^^^/..'' 



A^^. câ-^ J^iffntz^.^,/^.^/ '^y^^Ay£:^,A''^^*^ 




^/-.^ 




(y^ 



/^^A/^y^Ar^çr ^lU>/y/, cl'Ion.^cpBac^a "Ou)lav,v> , 



''fJ,^,/,,. -ir ,/,Y' 



' -'M j!- /yf/^Af>,/ic //. ,/ A'^,,,/„.- 



/V . //S. 



'{/ 




w 



M: 




■^«mei^mj^^w^" 



/?) 




■ i^a^ue^ c'ilLubopbaaoL-' 'yaT.ieooUa.^. 



/' Ouc/arl,IJe/. 



J-tz^ . aH; Defnofim^jRat: t:^.'E7i-f7iim,/l'3i). 



-Z7^ 



'A 



u 




v/4, i'/ 





iik 



n,^h 





^/ . /r//-7 



-A-^- 



p/^r-O'^^ 



_^i^^^Ùi£y Op cctLL^ • fiij tb to Lo p h \xb . 



7^0uJm;'-,^f/. 



/./M y< /Jim/Mf/f, rr/f i/'/»//^//tl-//jhr5ç. 



c 




A " 




Zir/i ■ de ffeman/io, rue^ (/'£7/^/)(e/f ,%''30. 



/.' Ouf/ari, De/. 









■;tf^?S=' 




-o 



^ 



Q 

o 






^ 











b^^ é^^^-ct^^|^'U^^^^C€y-^^'^, ZoxkxtJJ-^iAAXXiyivaxJ . 



/ ■' A'. - 



ZaA. dr. De/re^/M-^.Xite é^^n^ÂiiT' //■"',Î(J. 



jSi' 



,® 



--^ 



.^ 





^ 



-i^-. 



•'fwA 






% 



V 









'■'F''*''^'''* 



-.•^>. —^/.ayr-'/^^^'-i^yu-^i:', -^l^ttouuAp-wouxoLy xMixa>axtoi>. 



/-: 0//elar-/^, ,/rl. 



Lit//. a^Z)eman^ie^, Jlu< ' e/y^/i^/tiéin,^ ^/t3^ . 




^^S!fe^" 




*%, 



"% 



^Sl-, 






o 



■^^ 




*^^^ 



1 



Vv 




f?i^yly'^P^^6U^ a-fu^^^ 



^iMU-Ahulou ox'axUay . 






p. Oua^arirM. 



ZzM^. i^I?emâ!nne^,2ùce' dZ'nf/iien; ^'^^^ 



I 



i^i.àâ. 




^ûu^'y-^iXt^ a ç^ûti^^- <r-^^a^/2^.- 



•; V^uxnhyÀxxJ OAiAouiticoU^ùi. 



-/? ûiular^, i^. 



_J^i /i^. (ir: D^yr/^ ns^. 7iu^£^i:„y,/,Mn, // '■.'i,i , 



ri. à à'. 




_^ .^ûu^E^reuH^ y'SM^p/^ÊAKÀÀa-' C-u/u^paou. 



Z^ (i'/zi«&"/^, i&^. 



£i^/i,.iii^^aruuvu^,ru£- t/J-'yi^A-iai, ^;'<^ 



^'W^ "' 




6/A 



. -,<<?^ <l:>& £?i;^:-zy^^i^^;-ûc^ ^-^^CH^ 



HLÀnjvaxxia] 



wmrwJ 



1 



/! û»^ay/., ai^ 



Z/êf^-. /^ -Der/ia?in^ ru£^ a'S7!y^z£i7^,^^f3^- 



J'I. Jcf. 




fcl^ 



à 









J/ ^^'■^- ^^' r'Mi/^^ -^^^€ (Po CCi>iLcLlum ('TlJt.lCO IL . 



/^A^. ^. /J. 



jrjiijj^ji:^^^^- 



.^..i-^^AL^^/.^^. '-'- ^ 



<?» 








-^^ ^«^2^ï%/-.<^i>^^2^.^^^,,.^?2,W^ G)caytfo 



lOUXvLUilx/) 




13 -LO 



iM-exouxy . 



// Ûif/Zeir/. niy 



// rd^. e^ JPe/naJtrte,, ra^ f/'/^/i^/iieit 



/y 6û 







-V . 



. 7 













-«■^ 



/'/'■-„-/.... 



/^'.' 



r^//,^ 



v" ÛiX/U'oT-f ^^/f 






y^ûMâ^ ^/.^ 







l7!^^M:; /(^^i^?c^ , o ii/vLO^i/LLa/ tTu/iJe^/i^iXa 



Pl.r^z. 






^ 








r//?-a/'//e i.>&rf^uJU>rù- . '^xKw.aM.a. -QxXMxwJit 



J Oi,</rnf-(/r/ 



<X 



/-////t.^/f ^e^iu/n9t^ rt./c t/ 1 ^fo/^fm A'.: fi 



jn.(>3. 




^f c y^t//^ç///r> à teùi /// tf r/v// , Uxiiixa iffa, 3 tof . 



lâB. 



P OuJrni rU. 



o 



lyt/-Â.(tc -^'ema/i/te, ri/o cL£n^/Uen.i »i I?o 




I^l é'^ 










">^' 







f'ûyt^^i^ eyWc^z^c^ //za/ûé^^ . «_/ 1 1 itu li Ux L Le q cv \ i 



Z(V/7 ^ti i^-. Sr/ijdunuynr/. 



fr-^^W^^t:^ 







1 



c _- 



^^^.^^ 5^H.^mt iGoic^t^ 



^ OnMjyj-l cid^ 



-i:ci d£ O- Sraeùtfrjyi: 



J'I ùô 




.C^'^- 



l'ya^i/j^yû^z^ o^iiméa^'y^s^/^ ^^^ oCULoôctiti-iX ci/t-tô . 



P ÛM/ar/e/e/f 



Z:th ■d?tr;^r!lfc/~i:-ri 




* w' V ^' , • ' tiV 








^ <•"',♦' 

B..^" 












F 



--m 






/ 





^> 




À. 



T 



/^ t'^D /Wr''^^/'' m^AA'' / CH^Dlvl'^a ctvoUvUtia . 



J' {'uJart Je/^^ 



I.!(/i , ù-(' Ji'iwi/ma'/n 




'^? 



a. 



7= Ûcaù^t de/J 



6i) 



^wJa^/z^^ af^6-r^^'^, JLo^Vxvo (?ua/vi,euô 



Zi ih : lie l-r-Ençelma, 



^z.^. 



.•;!î.v 








<s^a<^/7/' ^/iu:'//^/^c 



■J^ , i_/Ctl-tl6 ULCtt 



l/ll'TClX-t^ 



-■^ . 



P ûi^Jur^ i/e/^ 



Zilh-i/e C Af/qtf/fT/, 




??Sv'ii iW^^ 



y^//V 







4. 




^^ 




4M 



.^.'J'-J^'ssllll 







C^^^^f^^Zi^^^i^ C-'Y^^/^^, , \yçX/'UVv6 ^V\A.LI\A\ÀVVUJ) . 



y û//,/if/-t ,W^ 



jLttÂ- (ù^ A 7^/u/c^/riiir/f/. 



PLp 







/ 



/..'//'■ ,/e LT ^ii^e/varir? 



^//Z 







'o'y ^ csiii:)Ut UiJLi'VUXj . 



F /'a,/û7-â r/c/.^ 



J.il/t Je ù- Sni^e/marm 



PI: ^3. 










/-•■ C'uiJ.u-/ dell- 



ZllA i^/r.Jinue/r:i, 



ri: 74. 




j,::- 



^.K, 



__^v/ (.y j^//'/iûj'/-i:' i/ û^c ///a/ic' , iJbi t'ai nia Kas^ilojl 

y/ 



l' Ouutin' tul- 







F/ /J 








Ja eyy mwt^if ■ à f-^''y' ///a//,£ ' , I CCI i LCô'tOy j uwu cot L i o 



c/ t 



P Oucùzrtdel^. 



Litk de (J Etiijtimanrt 



ri ^é. 



•^ 



'i, 




J/ c/a-^/^a^/'a ^/^u/. 



û^'op?'- y « 'cvvvaii/ltv/niriitvcoli>t . 



P l'udart rifî' 



Litli- de 0' Ehçic/mair/, 



PL 



77- 




<. 












^^ ^'<^v^?^- /?<:^'-t^. .OaLtctic'^t UttATO-oeu;) 



/" Ûuuarf- c/ei' 



LU-li de 0. îlrio£lrnanf. 



<^ 



■i. 







c^(yy^-?/zûny a- c/:^ 



/^^^ élit, 



eii/uni tuiqiuxttv^ 



P L'wtar/- ///-/-f 



luh:ijc ù' £/iûe/mij//,i 




'^~^'^3y 












.^/■/^. 



'^. 



-ii 




■^ 



c/arayéa J'ra^^'arà^/!^ ^ ^4tui^-)baceuiJ d-'cciiicti.) . 



^' ûudar-t c/eif 



Zt th.- f/e ir..Entfe^rnUïirz. 




dT/-'//// //t^YÎ'^ «yLp'LLLtJ iAyXt^UmDwa.[Aa/uv' 






f.Ûudartdel'^- 



Lith: de G-£.'nqeïriraitri 



ri8i. 






%^H 




.ifiei 



^.^rr^^È 



\ 



h 







■aicy/i 






LM.- Àe û: Sr.^elmami, 




Pljî. 



<c) 



J^: Z^û'c/i-f/Z/^Âi^/u' ^uu^'<Yzà'/(' / i/acbit/pbt7iiii.) LnojpUvaui. 



r Ûudart (L-li 



hdh-deir iiia/H/ffu/cn 



Pl:8è 







r/i,ji/,u-/ ./,■/' 






'X;.. 



K?- 



/'/ u 




y^ ^y/c/c/f/'i'//' /////■,j>y/n , vHw'Cwiio pcl^Lnia.hi .> 



/^Ûu,Ju,-l i/r/' 



i,i/, -/;■/.■/■/„/. 











T.ilh i3eC Znue7manr: 



^ 



■i# 



P7 86" 







^'0<i,/,,,-l ,/r/' 



L/i/< //^/-/:>///^ '/■//,'/,• 








;2^ 



(^çm3. 



.>.>=v;'' 



■ï" - 
i 



"i-^ " <i^'# 




cA/a^f'f , ' l| iMjaxittio cyiaUimuie. 



/^ 'Aûà?v 



/>//•• . , <y-j^'r.\-'7rr.ann. 



J^IU. 




( '.:Jart delt 






-LA dfû-^ h', 



'ijehnoTiTi 



riS^. 




T Oudarl dcLI^^ 



6^y^ 



e 







'/ '"^ 'J' '""^ "^' 



/ ^^Z.^/^yyi',:/^ ,r rv.//^',' ^ tutlVtU-ffa Cc'ftVtaC) 



7^ t'ui/.,' .' ,/','/' 



Xilh ^f G £nç/eln 



-^PTi^Z 




^r^^ 






J' Uiidu,'/ ,/e/' 



J.illi. (ir A l:mjrhr/aîin . 








e>-- • 'i'^j:- 




-^rf 







^y^y^^r/iey'^ >yv^Mr//^r ,, 'ZGu/plictaa i^Ajl^c 


























^;^<.: 











^ 

'i 

H 



r^- 



I 

"S 

I 



'.n:\ 




/v' - "7 - ■ " -A ' 7 



y^ ûudarl f/f/'^. 



A il-hi/f/r Â'rigf/mar/ri 



^ ly a*/ 




//: //. 



/// //^/// / /' //,'/// Y/r 



i.' »■ 



/-> f',-,f/a/-/ ,'/. 



,//// /// /' h'/'ijt /f/i/l/l/L. 





:i ' J^'- 



v^ .. na<P'^^/!^:i:?1^ 



PÛU<^,/. c/^Z. 



?/<r 



/ ^ VlCLUlLtUlL<) OlcaLuO, 



Zû/w- c^ C-Moé^. 



/'/. 



'^«Sgï'SSâ 








li/àa i/e (' M<,tee 



/"l ^s. 




«^^ 



A 



//-v^//^/ ry/^ ,i/y^^y> '^ 



,^ (I 






ô aioMlico 




My^. 




"-^^ 



■-S ".I 




I 



.7^' 



"I 



..'>*'-*>v 



v^ " 



'^-fec " 



^ 






'^'^ 








' û:>7^^'iZ^C6€ <rû^^^é^ 



'uatadiôcot tu 



l'LCL 



Pl-100' 







^ /^^-//Ya^^ v^^^^-v-/^ /ûf^-y^^:- . '^cw^^x^ Icvic.^pbaao 



? /7- ./,. ■■ ,f.. 



Âiih <7l' '^'' Mmje/nu/f' / 








:è: 



t 



Je ^ ~ss 



.^"^J^ -s 
5^ 



'^ y'7 



'^^/ A-^/ ^7r<7rJr , ^k\.i,<k eloVLWopo . 



r Ûud'lr-^^Jel': 



Iif/i Je 6' inae/m/inn . 



5^ 




5=. 

1*, 






•S 



S 






^N 






I 

5;, 



T1.20J, 




>.% 



A^ Z^'^ir^û^ ^i^Â^ /'^^f^ y &tcX/C/^co ^tipioto/wpboô 



T Ouficirt dp/': . 



XU/i f/c /' •I^rajt'lr/iarf/? 




V' fp/zû^^^Ô^ ûU:^ Ç^.â^ AtpiiiM. 



p. OuJarf <««/, 



Jjiifu}. de <- Maét^'. 





-'''■'''^.i.isKjr-^ 



,P OicJnr/ y^f- ■ 



/- ùr^'Mmûïa>^/^iûc^y^€y: i liiXM 



l 



lOCiCpy oj/uttocta' 



LriJu.Jt. Û.MMt- 



P/ /Où. 





©■^1 




nat^:!-*!' 



"^V-"- 



^.OuaUr/^ &l.- 



^Ûô^i^û:y^iA<ryt€a;^^4 Uc/iM^tvi/ciiux va'ào i i-it ' 



T,:/7iii.^. c'.AioiiA. 




-^^ 




,* 




'**c 



i 

^ 



Tf. /^>-' 




■^^A* 







%. 



,t V 



Sze^'J^-ca.^^^:a^^/'!^^cc^^^^ SWicoto^/ 



>*. Otafart de/ ■ 



I,Te7i«.i& CM>e&y. 



Pl.UO. 







,Î5--Ï 



*"/' 

/% 







iï-^ 




P Ont/tij'è'A^. 




U^S'Z>/^i/€^i>/^ , \ACijici\MAAh vi^AxVlA^ ' . 



T.Mui. &, C'Mia^: 



yr//y. 







'«;**<%, 
■%**'# 







sfoiV». tli 









y (DiXt'VI A toi^H 1i^ C/Upt HOCC>l/tt<£^ 



7^ Ovy/trrt alci : 



Lit/i.o.- J<i- </.'Afel(t>. 



T7: /'/.S. 








o 



t 






ZîiJitf. «4; C. Motte-. 



FI. /^3 . 








f-. i- 



-^^s^ 



y 






1^1 



J 



A7 










,^^ 






J'. 0„J,r/ J,l . 



-JiiA" :/e- '.'. .WalLc- 



/y.//-^. 






a:-' (lyû^^ûLCûn^yi 



PO,^c/a,e ,/e/, . 




'yyj:^MA^X) ZJLJf^A^^ 



Zùfu. afe Û'-Môite.. 




PL //,:> 











/' Ou^,,-/ ^/ 



a^o^û^tû^c^ ', vW^ti 



û- 



c^ wmXmXxx ittlya coH 1 t^v. 



f.TJy,,, ,A /' W«e/r 



V- 



/'/ //6: 




w- 



,y 






-■V" 





î^Ç ;'■■!.. ! 'i-t 






ea 



/' U„,/„,'/ ^/. 



/-//,. ,/,■ I- /J/,//t . 





Pï>^s. 



'N. 









'7 



p Oa^re yd . 






■f .Am^ïei-i^-' .Av^-ûU'to 







.'#v 



• />J^ 




/e.'\^Àz<;Hiirl ,fV( rV<',Â^'.' , Al'OO'VMyti'ij^i.ct. cexJ'tO'Ui/i'n . 



y 0„./„r/ ,/^7 .■ 



/:iM^ fl^' c ;j"/^/ft- 



Pl.^/^. 





'^i ^ 



<z^ .^z^if^M/i^yi^f^iu:^, Oe'tWux.' zjxXaaajsjxJ . 



£z&f?^. o^ ^\Ar.>/.ff^, 



Tl tëO. 




■^^w^'^ 




r ÛK<:&tr-t ^l. 



€-<z^A^^/i&^<m^^'<^^^ a.UHcoixit» 



Ct0i<i e/t ('.Môttt. 






C^r 




///? 



^ytA^^^y^iT-^^ô-z-i/re Â<<Mï<- ^ iyiu).^mi4 i/iu'tiSuÀ: 



/; Oirtf^rrl l(r/ 



/,,//i„. ,/<i ff.M(i/A'- 




r 



'j 



^^/t'.fA'-U^'^./Hyrc. 



<Z^-r/y- ^ LocpU^tU^XoUti JiMiAJXCAVUAÀ 



r.Oucfcrr/: t/f./^ 



iithû <& C.MoUX: 



n.. 





P OMii^l i&l 



'y a4^-^y, y>c2^CtXCï/ttA i^WXJik-ilKi^h^ . 



7^' a^-^y, 



1M« & e.JIciU. 



n. /2*. 




( ^ ^- >- 






P.Ou-cùtrl «i/- 



/rA4.7 J,. i ,\rolt^. 




& 



T: 




'Mto 



OC tytm| tu: it^ l'\^>Ufi ^i a t 



/' û//i/„r/ «^. 



^a:«o aJ- r ,W>eee. 



TL /Sô-. 





% 



jP Ou.ch:rf c&l • 



%?;?^ 



OiidTuÀiyli/Rcixvii 



^o^t/tocluii^. 



i^ui. <te CJfo/fn. 





'O c^ ûZi 



'Ui^UJym^lcÂ^/ , Lo'l/tO-pO'pl^CXaOL dcUCO'ti'xt' 



/•Û,„/,rr/ lù/ : 



IiHii>. ik CMoi/e . 







v , '^r\,avi'ipbocoeiui»5 m^iaMiiln.^ 



/'. Ou^rt ,/,/ 



l,,'//,v. a'r CMof/,-. 



n. iSç. 




i^^^^^^^^y^;i^^;^2^;Vj^i;tb-, p teiico pd: ' 



/'.n,f</ar/ ,ù/ 



Ltliw. iZ: ■-' "T-/. 



/'/. t:w. 




:« - 




/ - ...^,.v .//• 



^^-i^J, Caii/jppmacX/ cairoc . 



Xilho.dc (T.'.//,.'--. 




% 









^ 




^If'^M 



^p^f 1 '^■' 






^:r 



m 



..^.Jt:^ 



-^(^'/[(/u^^^tû-/^ ^iJ^cA/; jluuS^coopoc oXtJckkxKkxi./ . 



''.0?y^are: Al- 



/,,//„• de.i ffotfr^ 






-S^i*^ 





m 



F Oefi//rrf ^^. 



T 



"a^^^Xi^tâÂci/^^, "(D'u'axM'iUK!) M\x\X£/çy^hAkh 






[i^o.de C'.MolÙi. 








■-^ 



-^ «"^ 









/^ 'Ju.'!iaj~/- <ù/ 



l„l/,. 



n. ïs,y. 




,s^. iLÂr^y-^/ar^cÂ^^^ 6Ky dû^^ft}uay/ oLouimk!» YUJiwLy^wAAAhj . 



I' fJri,/,rr/ ,/r/ 



r.ilJu)ckCMolt&. 



VI. 







FOur/ar/ ail : 



l.d/i.i ,/, I .l/.'/C, 



PI iS/'. 





i^> 



fe. 




^^ 




jf-vt^ 




F. Ûri^ar/ ^y . 



nr- 






l„tho. i/f ( .-MoUf. 



i 





^..Zz'P^ùmy-9p^ûta^û^:€y, cLocwi/O octAxcapiiu 



i^i 



F. Oudzrt iàl: 



JM/,„ ,/, l.tM/, 



^T^rrni^ 









p. Ouc&xrt 



IùZj'/: <fe C2fotie-< 



I 



I 



Pl../-^o. 











<^ ôux/arf c^: 



mxmou. 



Z^iifey i&ùMotts- 



Tl. /^'/. 




c^'/i£^; \MAii:kKKraKh KjuJÀ/dXx}Ji 



T ûu>/arf. M 



Jb'âo/ t/f CMotfc^ 



n. uz 





T. Ûrfdart ^e/. 



i 



ri. /43. 




■- Ç''û//<:>-û^/é^2^û?>/-a. di>^û^^y, Xoci/HOctMié vitw^oL/ . 



/'.r>Ni/<fr/ //«•/.• 



lithût/r.i/i- ( '. ,1foff'' 



n. /'/-r'. 




^:d€^';^^a^m^i'tu£^n^ a^ûZûi^Aamy:y^^ùy^^J\)^X^ j(ja\i^iSà(r^eAiw(}robj 



TOudart <2&? 



liffwy ^ CMbUt'. 



I 



n. 'U.-> 




.=^^^tyfC^^/sy.==^^,i^cÀ^é^^za-/^^ oLeAcJfWtOGMAw . 



T. Oiidfari Oel. 



ZzMûjr: e^ C, 3fot6e/. 



PL //6: 




U^ 



O/- 



'^^i5/, 



'J\^AMMh OoJW(X'ÏXM/l1_7. 



P 0,^„rt à'ji' 



lie/io^. ■ </è ^ M<>Kt>. 



n. uf 




f^. 



^^^r MÀf-rf' //iôzr '. î-r/-/ , r*plK\\rt/ki''' 



\fX.! 'V(/(.eAl',t'VUÏ„' 



t' Û,„y,ir/ m/ . 



7-U/lfi(f. Je t MuMa' 



I 









rL /4S. 






P OKiùrr^. i/ci^ . 



ty7m't'ùyn^^>w:a^^e-■, (jiMVow/ce^ /\^>w:uxh<yu\mv . 



lit/wçf:<ûe. Motte. 




/() // , fl(l . . .^- 




P^ ^ arandetir Jiat 



^(T t/€aA 



//^ 



'^'9ir/^.û^'t€/(>é::/ui''n.cA^ , uMi^Way mci^oc-Hcvleuco 



i,iiii,i,f ,/• <■• ir.://. 



it /j:». 




( _y^M'^/^'^.è'te-' ay ff/^za&C'-m^^t^-dc. 



P-Ûudart dd: 



jWckxïwvWoLLm.co^^t^ . 



Mwy-dF.CMnltC' 



I 



ri /Si. 




ifï^" "^s. 







"'^■'<?" 



/',;,„/„// (//, 






Hj^jrye^yU^rtwy, Jilta cuait/u'icy^' . 



/,/>/•»/ ,/, f .U.ttf. 



I 



n.-iu. 




'rz' ùt<i/7^yufy^'vi^:^n^'^\^ •tiLiycoo' 



Pii,„/nj/ ,M 



liffwy^ Je (^.JlofU 



I 



n. /j.j 




i^^^^^^^&'>^w^^^3'^; '^puoiLi/u^ OMttatoJ , 



l'(h/iùirr, deé ■ 



J.rlhoif eù^Û'.Màitc 



PL éô". 








'~' ^^^^/a<rJ'. -^-TY/^^i 



jlo c ^-«-'VvAxyo CCl pviAtiA , ^ 



I 



PL /J7. 





f 



' .y/[^-^tf((ixà.rWt"^^C'-éÂra:ë<^, v^Lux.'ou'Uk eA,iiita/7y\uux 



HOiirlrr/d/: 



Zi//u,.,/ct'Moff<; 



PL iSs. 




fffi//^/f-irr//,jJ^^'f'-c^t>/UY'j; (jCXaaùcx. alpe/^tti^, 



PljSc). 




.^^^^t/c^^e/^ir^^k^f 'j\k,OJixbcL 



a| 



'-'(j.cam. 0(y 



/^Otu/artM. 



y„r/i„.,/r f. .VM 



I 



n.-/6o. 




^ :':^ 




t A 






'art*.*-' 



V 










Z ^yicûu^i/^-' //y (lya^^^uo' , Cuam)-ou îVoAtct/uxMxJ , 



e Om/.u-/ ,M 



J,u/lt>y i/c CJ/o//t: 



I 



n /<:■/ 



r ' <^W' 



M'*' 




«sis<^.34;0ts*ss»%j;âss^"^ 




■llA XM 



U» ■tu.oJ . 



f 



ÏOuArl ile/ 



n. /&» 




V^ -*««!» 



•t-V^(ullfc- îï^ 



/,• r n <•,//<;///, /f\- /ir/i-/^, ..\\i::>Kciuui\CLi «■OCt'uu-Ot . 



Pi'irJan ii'J 



iiyiiyoi-t'Jliit/r 



PL /'•/.■> 




l'IlM/a// ,i/ 



.lj^\^Ù^>'(r/^ Q^€'?:Â, STtoiVtUA tA,a\^*'U « 



/,ltÀl>(/-<iffiMllltt^. 



/y.m. 




MU,.y.^<:/ 



"'/i^^ù^a^J^'^^' 



^e^<^; ^-îw' 



to/ anhxeuDt' 



tetp 



illct/. 



^ii/ioÂC.MoOt,. 



JY/^x 




^k'^!^/^///'' 'X^Ur/^PUa , OlIviXX («lUtttUK 



A-/„,^ /,/./ 



/-,//,■ ,/■ I : .//,.//. 



J 



/"l/ee. 




'fs t/^^^-^ 



u 



cwMa^-^M'''^ mtctiifutt ouuiiccim/. 



futt OUUilCctfl 



JlûiiJarl. del: 



Ai//racUC.Mi)ii^-. 















_/'/^r:r/.jrf Ji-/: 



^r L ' w^//c>f/y/r rf^ry/ ) (0-u3ciloc)xïbLtL' |u'i.v«. 



A[//wc/f ('.Jlo/A. 







'' M§m 




f^OuJarf,/e/. 



• JÛy, ^ l^r^t-^ ^ WV^-^^ 






,<- t'^ Â^ûm^fy ci^^/^a: ùee, V^ hH.u>{|u>iii)&' /Li 



T 



limitai) kity. 



f 



\ 




t^ /î^u/?/oÛ^ ■z^À:ce', kJ I VMJxytiiXa imxùa^ . 



^ (JuJart i^el. 



Ii/AoJe â.JhMc- 



Tl.^fo 



iYo 




=.^iyXy i5v'<éfe%s a. cjw.€u^ tau-/, 



H.t^. J \ wutv uiiiic'Cuukv. 



/"■Ûm/a-r/ c/f/ 



fjifi'io.tA Û.Mi'lff 



pr. /,v 




=-^i^ LvW^j^f^^^ œ^'/^^^ '<n.û<^e^ «J-W^.iunmiw;«nWu)L^. 



J'. OaJarâ c{el. 



ZrfAa.Je â M aile 



ri. ^/2. 







'^Ah-Afû/?y r^^cr///^?-, \)t'ko^-uMuu' ^ l'ailu-^in 



/' lh(,/trr/ i/r/ 



/„!/„,/,■( ,ll„/lr 



PI. /p. 




^^J^'' ùtMfiJ'iôi.MiC'' Lùmn£Mn<?n , 



Vfriilna. v 1 1 1 1 u\ 1 1 1 o 1 1 1 a' 



J'.ONdar/^,.l 



/„//!,>.df (' .Woffe 



J'L ^^#. 







7'Ow/ariJd 



ZdÂo Je ûMûllc 




'S^'-^'^^cca^a^i^yci^.-^Xeny^ 



Jieiu\ioco|HW^, / alcuf oiouo;. 



/'ûui/arfM. 



llil/l/> ,li; (fiJtToUn 



Mïf6. 




=^ Gui^t-^c/auoc (u/eJ t-'tic^ieéà LAWitLCnv caiaxw^o-'' 



jP.OadarZiieZ. 



Lil/io de CJfolf-f. 



•■* 



'^'Jr 



{p<g?'¥ifs!j- 




"y^z-a^TK/xi' 



(A^A 



^ ■ ■ \ 



vavuMi^xV ItiiiOcu. 



Efladt^idd. 



Jiidiorlr C-MoUe. 



J>L-/fâ. 







■-m<x^ç-a^?nMm^xyi KjVMwMJi? 



2\0rjc/.arldd-. 



Zdho dâ CAoiie-. 



n.^r9'_. 




^âo^^ ./..^u^^. t^.'u>4X-^ ^^^- 



JjiAo Je- CJ-tciie 



_P OuUar/del 



Fl.iSo. 



r 





\XiSJ K^LUAi^iSiô 



rt 



■■■■■ A rfrjisTff '/''■M'Prrf^f , 



I/hko fl&CJUolit.. 



I-L /rf"/. 



, ~^^ft?^ 





J'.OicJmJ'Z ieZ 



'yrzeài/'te ^eca^r-^:^- eJ f LclL-ptljtmtai) -^^cUloxutb 



Zu/u,^C.Jfc,f,; 



'm 



ri. /se. 





-^rtHca:.' 



LUUJLiAi'^ rw 



- i 



/loAoJc CMviu 



«k 



/'/ /-«'l • 




-1*^ 



t ^Ja-f^c^Jm-^-t^oi^'. ^]JxilemoW,c4/^tm^Matua 



PL /fié 





:/?i5Wïr/^/^/ 



Vui/ à-yAiM€ycc(ct/c. LWixiJ cùUo.tefCiV. 



Z'iioc/c CJfelte 







:ç:f,///.r./^ <3>Ouai4f 



iiimitA ît.)pl<:iu^uycaix.v 






J'ÛN./,,,/ ,fr/ 



/,>//.„,■/, r (/.//, 



-^ 



Ti-tSâ. 




^^ (y^.^^e^'^^'vtcû^^^r' U I Lc)UMp«j Woiov . 



F.Ou&rCdd. 



Lil/,o<ùrCJÏo[[e. 



J^US, 



'/■ 





fJ;>o^A:^i^m:iJ J^&\Ji«h<!i r 



MWVlAi >n.yy\.cx- 



/^ ûrjf/6f> / c/c/. 



/ul/iat/fCVffVr. 



/'/. A»:»'. 




C'o y/faYJr:^y/^^-^m' f^^^^^^- ^ vlce^.V .yi^ixid^^cv 



r/.i»'/. 




^oeyi "^hc/uc-crûy tyrr/m/ff- . U InpicoUO 00014x4 ttia 



'(yi-r/m/rc, 1-' 




-^ 




■f» 




idcy'cLy/lûm^' )Û.An??.^.u.''' d\oLVi|;pbouMa) ïiJuioLvilUu-'o 



f 'hit^T' Ai 



ïjclhca 'Je CMoUt 




C ô'r/^r^' fwanf^iùâ'. DjuwxtxD 0.vy>iwACu^-"^'- 



j:„lîuia.d^(iMMt£. 




z^ey(i7ajd<zy<^/('uM'e ci^a-xv cnAtal 



/'ûu//f/Jf. t/fj. 



'/,f//n:ir(/e CJfcec 



PL-fp4:. 







^i^-ûrA^a^^^f^&t^e/^if^-^f.c'Â^yi V oium iva t « ua^cep kvl-a .' 



7.'Ju,âu-/Jf/ 



LaXxy ie CJfoOe- 



# ♦ 



.«K.. «ri. 



J'i.lpj. 








Vif 






//ua^/i^' Co-LmW' 'VWixuoJ 



TL.tpe 




F.Orj^r/ '/r7 




^i^a€/^z- a^rurùp.(yny^ IcVlMtiakx mxLvcxina 



/,i//t„ r/i-CAloile. 



r Ir 



W-fg: 




.âya 



<^u/ra' crcfraré^fr ■ 



10 1' 

:x p l> ii'i u -^ c k^( 1 1 a Ut i , 



TL/^S^. 




r/rrcût/y 'T^m^ra^- 



U cleuopc; UAAxtail 



r.OeivivlAl 



ZifAo/rde. CJfcUe 



m!'tA.f 



^i$SkP^' 



m 



mmi 



'V'!f>":r«! 



wm^^M:' 



AA^/« 



:^0:0;«fc:^0^r^— :'^'^^^^ 




Mmmmm 



■AAa 



/^A/ 






■• MSM!^Wa'■ 



WmM 



AA^Vr\. 



oao:.^ûAAo.o^>,.A^ 



îftSfltenArv^^^A 



lAAAAAA/N'^AAr;; 






AAr 



■'-y.r^Afyr^p^ 



^r^r^r^' 



^/A'r\A;j'^''.A 



Ar>A,^y^ 



^A'^A 



aA/3i^ 



-^A^^AWxwHwee 



SSSSttii 



^n«w 



=V;:fï;','^^'/^ ' 



,.vU^A^0-'OA0AAA.,rQAA.^ 






/^/^/^^ 






- i^AU /N A 



,AAr^^^i^^;^A_ 



VAAH; 



'f^mêmm 



,A^HA''^"^K'' 



.Aaaa^^O,^' 










mma^.^' 



AA,0•'/^ 



■/^A\AAaA>/AKA>' 



„^HA^R 



^■^ ;>s A A /> 



««^»i=^^^nrr^An'Tt:UÀA 



SKMiO/fifMUTAUl 



.AU'AA^^^^ 









^V-^.:AAA,^A^^ 



aAA/S 



:Aiia^ûQ 



A Ar ï'-A .-^ A A A',. ' ,',' 



^^r^flw«aas ?sôïï«^ 



4AA^AA 



/-\ /-s „ ,--\., : ■> _ .«. /-^ , 






^^^mm^ 



"^'-;^>^«; 



mmmmmmm 



A-AA^A''nï 



/*\Aa' 



idâ^^^ys 



,.^aOa 



:j^^,^/^AAm 



WRH^«^^ 






yr^.r\r\_, 



■^.OiA ^ A 



l/^A'2", 



\A!a'A[ 



^. A.«\ys.i 






z'^. /^ r< /-^ 'r\ 



'A'^^r^ 



"^n^^'^'^AA 



■■'^^/A^« 






'^'^^^ 






.^E'^Al^^nk^^/ 



'a;^A'^ A A ^A/^ 




Am\^f^^' 



;Ax:r'>^QaSa^, 



■/-x r^^n.Cm^'. 



'A AA 



>AA^ 



aAa. 



im^Oi 



/^ /^'' r\' A 



aaa^^'/^:A( 
AaA/^aA'^ 



S^aA^AA': 



OaaO^^^ 



'A^WA* 



'>AA 



-X /A . A:f^ 



■s^s^QQQmcëm^i 






-SAfrf-^A: 






WmSM^ 



A A/ -./^ 



■•-^ <^A -^ 



^AAA^, 



A'^aAaA^^'vAC^ 



1/AAAAA^Aaa 



O' /^ A' O, 






^nnnnf^O^o/^nSSn 



AOo^O^A, 



■■'^> A Cv' •'^ /^ /-v /s A 



AA-^- 



bBjjffiKBktjAl/Atifiil^iÀ^^lBR 









innoom^Q^ppg 



' \ A A ' A A /^ ' ' N r. ■.-' '. i;;. ■ , 

aAaA^^ ^A^y\rNAA; 






o '":'^\r\' 



''^■^:^09-Q. 



aAAAaAAa/ 



^-^AAWWWi 



Arvn^v 



■Ar-^AA' 
>,->/-- A, ^ A 



;AmR^^0â##^a@ii 



.An^iA's: 



"rii'îrs-l} 



'MM, 



:HH«H^ 




3 9088 01032 7435 



m 



1 fl:.* 



H: