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Full text of "L'Agriculture pratique des pays chauds"

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lie Année Juillet 1911 N» 100 

MINISTÈRE DES COLONIES 

Jardin Colonial 



L 'Agriculture pratique 

des pays chauds 



BULLETIN MENSUEL 



DU 



JARDIN COLONIAL 

ET DES 

Jardins d'essai des Colonies 



Tous documents et toutes communications relatives à la rédaction 

doivent être adressés 
an Directeur du Jardin Colonial, Ministère des Colonies 



PARIS 

Augustin GHALLAMEL, Éditeuh 

Rue Jacob, 17 

Librairie Maritime et Coloniale 



Les abonnements partent du /er Janvier 
Prix de l'Année (France, Colonies et tous pays de l'Union postale). — 20 Ir. 

La reproduction complète d'un article ne peut être faite qu'après autorisation spéciale. 
Les citations ou reproductions partieties sont autorisées à condition de mentionner la source. 



^ Exp»"Univii«> Anvers 1894 

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niiers, etc. 



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phosphorique, 26 "/o de potasse. 

Phosphate d'ammoniaque. /i3 «/o d'acide 

phosphorique, G "/„ d'azote. 

Sulfate d'ammoniaque, 20/21. Nitrate de soude, i5/i0. 

Nitrate de potasse. (^[^ 0/, de potasse, i3 0/0 d'azote. 

Sulfate de potasse, yO. — Chlorure de potasse, 95 «/o 



LAGKICULTURE PRATIQUE 

DES PAYS CHAUDS 



BULLETIN MENSUEL DU JARDIN COLONIAL 

ET DES JARDINS D'ESSAI DES COLONIES FRANÇAISES 



lie année Juillet 1911 No 100 



SOMMAIRE 

F'agjes 

Le Bois de rose de la Gui/ane et son huile essentielle, par E. Bas- 
sière, Ingénieur ag-ricole, Inspecteur d'Ag-riculture aux Co- 
lonies I 

L'Agriculture au Congo Belge. — Agriculture g-énérale. — Con- 
trôle forestier. — Jardin botanique, par M. Luc, Inspecteur 
d'Agriculture (suite) 1 1 

Le Sésame de l'Extrême-Orient. Sesamum Indicum D. C, 
par Ph. Eberhard, D"" ès-sciences, Inspecteur de l'Agriculture 
en Indo-Chine {suite) 19 

Plantes médicinales de la Guinée française, par H. Pobéguin, 

Administrateur en chef des Colonies (suite) 87 

Le Maïs africain, par Yves Henry, Directeur de l'Agriculture en 

Afrique Occidentale Française (suite) 4^ 

Cours de Botanique Coloniale appliquée, par M. Marcel Dubard, 
Maître de Conférence à la Sorbonne, Professeur à l'Ecole 
Supérieure d'Agriculture Coloniale (suite) 58 

NOTES 

Sur la classification des Lucumées à radicule punctiforme, par 

M. Marcel Dubard 69 

A propos des Heveas de V Afrique Occidentale française 78 

COMMUNICATIONS DIVERSES 

Analyse de manioc à la Réunion. — Voyage d^études de 

M. Thillars 74 

DOCUMENTS OFFICIELS 

Nominations et mutations 75 

Statistiques Commerciales. — Exportations agricoles et forestières 

des colonies françaises 78 

Cours et Marchés des Produits Coloniaux (caoutchouc, coton, café, 
cacao, matières grasses, textiles, gommes, poivre, ivoire, 
bois) 83 



Bibliographie v et 



VIII 



MINISTÈRE DES COLONIES 



Jardin Colonial 

Nogbnt-sur-Marne 



AVIS 



Les Laboratoires de recherches du Jardin Colonial se chargent 
gratuitement de toutes déterminations des matières premières 
intéressant la production des Colonies françaises : 

Etude des fnatières premières. 

Détermination de leur origine, de leur valeur commerciale, de 
leurs applications. 

Le Jardin Colonial analyse les terres des Colonies et les 
engrais qui peuvent y être employés. 



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l'ASOL, que j'ai aiiiili<)ué cet été sur une île mes serres à orchidées, ii pleinement réussi; je ne l'ai appliqué 
que sur la serre froide, h Odonto(,'lossum J'ai obtenu une température beaucoup i)lus basse, tout cet été, et 
|e n'ai pas baissé une seule fois mes stores « claies » : malgré les (oits coups de soleil j'ai donc obtenu de 
la fraîcheur, sans pour ainsi <lire perdre le jour. C'est un avantage énorme de n'avoir pas à baisser et 
remonter les claies constamment, et c'est une économie. 

Signé : Debkauchamps, propriétaire et amateur d'Orchidées, à Rueil. 



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Deux Grands Prix : Milan 1906. — Saragosse 1908. 
Hors concours. — Membre du Jury : Exposition franco-britannique, Londres 1908. 



11" Année Juillet 1911 N" 100 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



LE BOIS DE ROSE DE LA TxUYANE 
ET SON HUILE ESSENTIELLE 



Étude botanique. — Il existe dans les forêts de la Guyane un 
grand nombre d'essences à bois odorant, appartenant pour la plu- 
part, soit à la famille des Lauracées, soit à celle des Burséracées. 

Dans cette dernière famille, on rencontre notamment : l'Eucens 
grand bois [Icica guianensis, Aubl.) ou bois d'élemi, — le cèdre 
iciquier ou cèdre blanc, encore appelé cèdre bag-asse ou cèdre rouge 
[Icica altissima, Aubl., — le Bursera aracouchini, H. Bn = Icica 
heterophi/lla, D. C), — Y Icica pentendra, Aubl. =^ Bursera decandra 
H . Bn ou Chipa des indiens Galibis, — le Tapirira guianensis, 
Aubl. — , etc., tous produisant une oléo-résine plus ou moins 
colorée et parfumée, répandant généralement une plus ou moins 
forte odeur de citron. 

Parmi les Lauracées, les bois odorants sont encore plus nom- 
breux. On peut citer, notamment, le cèdre norir [\ectandra pisi, 
Mif{.), le cèdre gris [Ocotea splendens, Meissn. ou Xectandra leu- 
caiitha. Nées?), le cèdre-cannelle ou bois cannelle [Ocotea commu- 
tata., Nées), la cannelle-girollée ou bois crabe [Dicijpclliuni caryo- 
phyllatuni. Nées), le Mabaïma ou Casca pretiosa des Brésiliens 
{Mespilodaphne pretiosa, Nées =: Ocotea pretiosa, Mez), le Sassafras 
Cayenne [Acrodiclidium chri/sopht/llum, Meissn? ou Cryptocarya 
moschata, Nées), le Sassafras Orénoque ou bois d'anis [Nectandra 
cymbaruni, Nées? ou Ocotea ci/mharurn H. Bn), le Bébérou ou 
cœur vert (^Nectandra Bodiei, Schomb.), le Maraguanziment [Xec- 
tandra sanguinea, Rottb.), le Taoub [Ocotea sp.j, le cèdre jaune 
[Cryptocarya ?), la Canella de cheiro des Brésiliens {Oreodaphne 
guianensis Nées ou Ocotea guianensis, Aubl.), — enfin le bois de 
rose [Licaria guianensis, Aubl.). 

Les fleurs, les fruits, les feuilles et surtout le bois de tous ces 
arbres répandent un arôme plus ou moins pénétrant et agréable, 
Rul. du Jardin colonial. 1911. II. — N» 100. l 



2 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

que 1 on a comparé, suivant les espèces, tantôt à 1 odeur de la téi'é- 
benthine, du girofle, de l'anis, de la cannelle, tantôt à celle du 
citron ou de la bergamote, tantôt à celle de la rose. Soumis à la 
distillation, quelques-uns de ces bois ont donné une huile essen- 
tielle à base de linalol. Le bois de rose est de ceux-là. 

On a donné, à diverses époques, le nom de Ao/.s de rose à des 
bois provenant d'espèces- botaniques très différentes. Les plus 
anciennement connues sous cette dénomination sont Convolvulus 
scopariuft et C. floridus des îles Canaries, encore appelés boia de 
lihodes, et dont l'huile essentielle (essence de bois de rose de Téne- 
rifjf'e), extraite des racines, est d'une très grande valeur. Quelques 
Ehretia ou Cordia, borraginées des Antilles, notamment C f/eras- 
canfhus, Jacq., fournissent également un bois débénisterie appelé 
bois de rose ou bois de Chypre. 11 en est de même du Jacaranda 
plicifolia, big-noniacée du Brésil et des Guvanes, dont le bois odo- 
rant, exporté autrefois par Bahia, porte le nom portugais de (londui u 
et dans le commerce anglais celui de tulip-wood. 

Il s'exporte enfin depuis une trentaine d'années, peut-être davan- 
tage, de la Guyane française, un bois de rose qui, d'abord utilisé 
sous les dénominations multiples de bois jaune, bois citron de 
Cayenne, bois de Taxabn, etc. pour la fabrication de meubles de 
luxe et d'objets de marqueterie, ne sert guère aujourd'hui qu'à 
l'extraction d'une essence de plus en plus recherchée par les parfu- 
meurs, sous le nom d'essence de bois de rose femelle ou linaloc de 
Cayenne. 

(]ette dernière désignation provient évidemment de la gi;inde 
analogie, (jui existe entre cette essence, et celle dite de Linaloé ou 
Lignaloès du Mexique. Certains auteurs émettent l'avis que le bois 
qui produit par distillation cette dernière essence, et qui fut intro- 
duite à la lin du wiii'' siècle dans le commerce européen, sous le 
nom de bois de citron^ a dû soit par ignorance, soit par cupidité, 
être confondu avec certains bois précieux d'origine orientale, qui 
faisaient alors en droguerie l'objet d'un trafic très important, sous 
le nom de bois d'aloès, Aloexylon ou Lignum aloes. 

Cette explication paraît assez plausible. Toutefois, si l'on remai-que 
que, d'après Moëller [Pliarni. Post. 1891)), le vrai bois d'aloès est 
complètement inodore et dépourvu de toute trace d'huile essen- 
tielle, on sera porté à admettre que le nom de linaloe provien- 
drait plutôt par corruption de celui d'Olinala, localité de l'Etat 



LE BOIS DE ROSE DE LA GUYANE 3 

mexicain de Guerrero, qui est un des principaux centres de pro- 
duction de ce bois. 

Quoi qu'il en soit, l'arbre producteur de l'essence mexicaine de 
linaloé, après avoir été rapporté par Guibourt [His/ . uat. des drogues 
simples] à Icic/i altissirna, Aubl. a été déterminé par Poisson {Bull. 
Assor. fr. pour Avança Sciences. XIII, ISSi), connue étant une 
espèce nouvelle, qu'il a dénommée Bursem Delpechiann, Foiss. 
— Hn outre de cette espèce, qui est le véritaJjle li^naloes, et qui 
se trouverait être à l'heure actuelle presque complètement épuisée 
(E. Holmes, Perfumerij and Ess. OU Record (1910), p. o7), par 
suite d'une exploitation intensive, l'essence du Mexique serait 
aujourd'hui extraite presque en totalité de B. aloexi/lon., Engl. ou 
dopai limon. Il existe du reste dans ce pays de nombreuses 
espèces du même ^enre, dont plusieurs sont aromatiques, telles 
que B. penicellata , En^j^l. et B. faç/aroides, Eng-l. 

(Juant à l'arbre producteur du bois de rose de la Guyane, les 
auteurs sont loin d'être d accord sur sa véritable identité. Si le bois, 
ainsi que l'essence qu'on en extrait, sont parfaitement connus des 
commeri^-ants et des* industriels qui s'y intéressent, il n'en est pas 
de même du végétal dont ils proviennent. Fusée-Aublet [Plantes 
de la Guiane française, p. 313 (1775) est le seul botaniste qui l'ait 
décrit, sous le nom de Licaria guianensis. Encore cette description 
est-elle fort incomplète. L'arbre, dit-il, atteint de 50 à 60 pieds de 
hauteur, sur trois pieds et plus de diamètre; l'écorce est roug-eâtre, 
ridée et gercée, le bois jaunâtre et peu compact. Il porte à son 
sommet de grosses branches, dont les unes sont dressées, les autres 
inclinées ou presque horizontales, et garnies de rameaux grêles et 
très nombreux. Les feuilles sont alternes^ entières, lisses, vertes, 
ovales, terminées par une longue pointe mousse; leur pédicule est 
court, convexe en dessous et creusé en gouttière en dessus: leur 
limbe mesure de 8 à 10 centim. de long sur une largein- de 
i centim. environ. « Lorsque cet arbre croît à l'ombre dans les 
forêts, ajoute l'auteur, il est de moyenne grandeur. Alors, son 
bois est moins compact et moins jaunâtre, et dans cet état il a 
lodeur de rose, mais moins forte que celle du bois des vieux troncs. 
Ses feuilles sont aussi un peu aromatiques. Je n'ai pu observer ni 
les fleurs, ni les fruits de cet arbre, quoique j'en aie rencontré des 
pieds plus ou moins forts, en voyageant en différents quartiers de 
la Guiane. Cet arbre est nommé Licari Kanali par les Galibis et 



4 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Jjois de rose par les habitants. Lorsqu'il est très grand, ils ne le 
reconnaissent pas, et alors ils lui donnent le nom de Sassafras. » 

D'après Nées {Si/st. laurinarum) et Martius [Syst. mat. ined. 
brasiliensis), le Licaria d'Aublet serait identique à Dicypellium 
cari/ophyllatum. Nées. 

Pour Guibourt Hist. nai. des drogues simples., II, 4'' éd. 1850, 
p. 370), le hois de licari ou hais de rose de Cayenne était appelé 
par les ébénistes parisiens hois de poivre, à cause de l'âcreté de sa 
poussière. D'après cet auteur, c'est ce bois qui porte à Cavenne le 
nom de hois de rose mâle. Assez dur et pesant, d une odeur de rose 
très marquée, «il fournit, dit-il, k la distillation une huile volatile 
jaunâtre, un peu onctueuse, d'une pesanteur spécifique de 0,9882 *; 
... il acquiert, étant poli, une teinte fauve, qui se fonce beaucoup 
avec le temps. » Quant au hois de rose femelle ou cèdre hlanc, 
Guibourt le décrit comme un bois très tendre et très léger, d'un 
blanc un peu verdàtre lorsqu'il est récent, devenant jaunîitre à 
l'air. « Il possède, ajoute-t-il, une odeur forte tout k fait diiférente 
du précédent; cette odeur est celle du citron ou de la bergamote. » 
D'après le même auteur, ces deux bois n'appartiennent pas k un 
même g'enre d'arbre : le bois de rose femelle serait peut-être Icica 
altissima, Aubl. ou encore .4ni7)a guianensis. 

D'après Sag-ot [V exploitation des forêts à la Guyane, in Nev. 
marit. et col. 1869, p. 228 et suiv.), le Rose femelle et le Sassafras 
ne seraient qu'une seule et même plante, Acrodiclidiu m chrysophyl- 
lum, Meism., et le Rose mâle serait ét^alement un Acrodiclidium 
d'espèce indéterminée. 

Pour Haillon [Hist. des plantes, 1870, II, p. i66), les bois de 
rose mâle et femelle sont certainement des Lauracées, mais d'un 
genre indéterminé et le Licaria d'Aublet est un de ces bois, h' Acro- 
diclidium chrysophyllum est un des Sassafras de Cayenne. Quant 
à Dicypellium caryophyllatum, qui est reconnu désormais comme 
étant la véritable (Cannelle-giroflée du Brésil, c est k tort, dit cet 
auteur, qu'on l'a considéré comme fournissant le véritable bois de 
rose . 

Enfin d'après Garcke et Urban {Jahrhucli der Konigl. liât. (Jart. 
und der Bot. Muséum zu Berlin, 1889, p. 220 et 378), le genre 
Licaria, Aubl. se confond avec le genre Ocotea, Nées, et le Licaria 

I. D'après Holmes /oc. cil. l;i 7" ('(lition porterait le chinVc do 0,882. 



LE UOIS DE UOSE DE LA GUVAINE 5 

guianensis, x\ubl., après examen du spécimen authentique existant 
au Muséum de Paris, doit être considéré comme identique à Ocotea 
caudata. Mez. On sait que cette espèce est dioïque et que les fleurs 
femelles en sont encore inconnues, tandis que les fleurs mâles sont 
extrêmement petites (1mm. à l,o de long-), groupées en courtes 
grappes de cymes, au sommet des branches. 

Moëller [Pharm. Post. 189G, 46, 48) a confirmé cette détermina- 
tion par l'examen histolog-ique du bois de rose femelle du commerce. 

Cependant, M. Holmes qui a examiné récemment ces différentes 
opinions (Perfiimeri/ and Essential OU Record, i (1910), 32 et 
suiv.) croit qu il faut, avec Guibourt, rapporter le bois de rose 
femelle à Icica altissinia, Aubl., = Protinni altissimum, March., 
tandis que Licaria (jiiianensis, Aubl. déterminé par les' botanistes 
allemands comme étant Ocolea caudata, Mez. serait le bois de rose 
mâle des forestiers g-uyanais. 

Nous n'aurons pas la témérité démettre une opinion dans un 
débat où les plus hautes autorités scientifiques sont en complet 
désaccord. Nous sig-nalerons toutefois im point qui a son inqioi-- 
tance. 

C'est que, pour les forestiers comme pour les charpentiers et 
ébénistes locaux, c'est-à-dire pour tous ceux qui, à défaut de con- 
naissances scientifiques, ont une grande expérience des bois de la 
Guyane, rose mâle, rose femelle, sassafras et cèdre blanc sont 
autant d'essences bien distinctes c{ue seules les personnes inexpéri- 
mentées peuvent parfois confondre entre elles. Le cèdre blanc est 
un bois mou de sciage, d'un usage très restreint, ayant à l'état sec 
une densité de 0,381 et une force de 62 kilos. Le sassafras est un 
bon bois, ré'sistant et durable, employé dans les constructions 
civiles et navales, ayant une densité de 0,379 et une force de 
156 kilos. Le rose mâle est un bois dur, compact et incorruptible, 
bon pour traverses de chemin de fer, d'une densité de 1,108 et une 
résistance de 361 kilos. Enfin le rose femelle est un bois jaunâtre 
et très parfumé, employé surtout en ébénisterie, d'une densité de 
0,648 et d'une force de 18 i kilos ', 

Dès lors, si nous voulons résumer les opinions émises, en tâchant 
de les concilier avec les propriétés que les praticiens reconnaissent 
^ ces divers bois, nous remarquerons : 

1. Rapport de M. Diimonteil, sous-ingénieur de la marine, in Annales maritimes 
^826. I. ir. 



I) ÉTUDES ET MEMOIHES 

Qu'il n'est plus permis de confondre désormais aucun des bois 
de rose de la Guyane avec Dicypellium carf/ophi/llRtum, dont le 
bois fournit une huile essentielle plus lourde que l'eau, à odeur très 
caractéristique de g-irofle ; 

Que la description donnée par Guibourt du bois de rose mâle 
semble s'appliquer en réalité au bois de rose femelle : tandis que 
celle qu'il donne du bois de rose femelle ne se rapporte vraisembla- 
blement ([uau seul bois de cèdre blanc, et que seule cette dernière 
espèce doit être identifiée avec Protium aliissiniuin. Mouch ; 

Que, de même, c'est à tort que Sagot a confondu le rose femelle 
et le sassafras sous le nom de Acrodiclidium chrysophyllum, déno- 
mination qui ne paraît du reste devoir être appliquée ni à l un ni à 
l'autre : 

(Kie l'essence delignaloéde Cayenne provient indul)itablement du 
/joi.s de Henri; f[ue c'est à bon escient que Morin et Barbier avaient 
donné le nom de licaréol à son principal constituant chimique; et 
que, d autre part, ce bois provient à son tour, sans contestation 
possible, du rose femelle et non du rose mâle ; 

Enfin que le Licaria guianensis, Aubl. se confond très probable- 
ment avec Oco^ea caudata, Mez. = Oreodaphne caudata, Nées. 

11 seirrf)le donc que c'est bien à cette dernière espèce que doit 
être rapportée l'origine de l'essence de rose de Cayenne. Toutefois, 
et quelle que soit l'autorité des savants allemands, l'on ne peut 
nier que le dernier doute ne sera levé à ce sujet, que du jour où 
les fleurs et les fruits de l'arbre en question auront pu être décrits- 

Alors que nous dirigions à la Guyane le jardin d essais de Baduel, 
l'un des forestiers les plus expérimentés de la colonie, M. Pierre 
Assard, nous avait procuré deux jeunes plants de bois de rose, 
comme étant de l'espèce productrice d'essence. Depuis cette époque 
tléjà lointaine il81l7-i)8). le jardin de Baduel a été abandonné et 
nous avons dû quitter le pays. Toutefois, dix ans après, en 1907. 
nous avons revu ces deux sujets, dont l'un atteignait de 3 m. 50 à 
i mètrjes de hauteur : ils pouvaient avoir alors <Ie 10 ;i 12 ans 
d'existence. Nous devons reconnaître que le porl et les feuilles de 
ces arbustes ne nous ont guère paru répondre à la desciùption 
d.Vublet. Va\ tout cas, s'ils n'ont pas été détruits depuis, ils ne 
doivent pas être éloignés d'enti'er en floraison. Peut-être permet- 
tront-ils ainsi de clore bientôt cette curieuse controverse d'une 
faeoii délinitive et certaine. 



LE 1501S DE ROSE DE LA GUYANE / 

Jusqu'ici, il nous a été impossible, comme à tant d'autres avant 
nous, de nous procurer les éléments de détermination cjui ont man- 
qué à l'^usée-Aublet. Les forestiers les plus dignes de foi affirment 
n'avoir jamais remarqué sur les individus abattus ni fleurs, ni 
fruits. (]eci laisserait i» supposer, — l'espèce étant dioïque, — que 
les arbres exploités pour la distillerie seraient des individus mâles, 
dont les inflorescences fragiles et les fleurs presque microscopiques 
se dispei'seraient au moment de l'abatage et échapperaient ainsi à 
l'attention des ouvriers. Les individus femelles seraient alors i^no- 
rés ou connus sous un autre nom, et de cette façon, il se pourrait 
que les termes de rose mâle et de rose femelle, qui, dans l'esprit 
des forestiers, sont d ailleurs exclusifs de toute idée de sexualité, 
exprimassent précisément le contraire de la réalité. 

D'une manière générale, il existe une grande confusion dans les 
dénominations appliquées parles indigènes aux essences forestières, 
surtout à celles appartenant à certaines familles botaniques, telles 
que les Safratacées, les Burséracées et les Lauracées. (^ette confu- 
sion est bien excusable de la part d'ouvriers pour qui l'aspect de 
l'écorce, la contexture du buis, l'odeur qu'ils répandent, la résine 
ou le latex qui en découlent sont pour ainsi dire les seuls éléments 
de comparaison. Inévitablement, il leur arrive ainsi de donner le 
même nom à des arbres qui, tout en se ressemblant beaucoup entre 
eux sous certains rapports, peuvent appartenir à des espèces, à des 
genres, voire même à des familles. di.fférentes. Mais il faut remar- 
quer que le contraire est infiniment plus rare. Les indigènes ne 
donnent des noms différents cpi à des arbres présentant entre eux 
des dissemblances tellement nettes et accentuées, qu elles dépassent 
la limite ordinaire de celles que peut occasionner, sur une même 
espèce, la diversité des habitats. Toutefois, les différences d'aspect 
et de port chez les individus de sexes différents, peuvent dans 
certains cas être assez importantes pour faire croire à des diffé- 
rences spécifiques ou d'un ordre plus élevé encore. 

Quoi qu'il en soit, et si intéressante que puisse être la question 
de l'origine botanique de l'essence de bois de rose femelle, elle est 
en somme sans portée pratique. Au point de vue purement indus- 
triel, l'arbre dont il s'agit est bien et dûment connu des forestiers 
guyanais, pour qui son identité n'offre pas la moindre incertitude. 
Et s'il est arrivé à des chercheurs de bois improvisés d'abattre et 
d'expédier en Europe des stocks parfois importants de bois res- 



8 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

semblant pkis ou moins au bois de rose femelle et dépourvus de 
toute essence exploitable, ce n'est i)as faute de pouvoir mettre un 
nom latin sur l'arbre en question, mais faute de savoir reconnaître 
dans la foi et une espèce déterminée au milieu de tant d'arbres qui 
mêlent leurs branches et leur feuillage à des hauteurs le plus sou- 
vent inaccessibles. 

Quant à la constitution anatomique de ce bois, les vaisseaux et 
les rayons médullaires y sont, d'après Moëller [loc. cit.), visibles à 
l'œil nu. Sous le microscope, ces derniers apparaissent comme for- 
més d'un ou deux i'ang-s de cellules. La masse du bois est consti- 
tuée par des fibres ligneuses fortement épaissies et par des vais- 
seaux isolés ou g-roupés par deux ou trois, fréquemment entourés de 
trachéides. Les fibres cloisonnées du parenchyme sont çà et là 
dilatées en réservoirs d'huile contenant des gouttelettes d'un jaune 
citron. Les cellules des rayons médullaires sont pour la plupart 
remplies de masses amorphes de couleur violette, mais dans 
quelques-unes on remarque des globules jaunâtres ou verdâtres, 
solubles dans l'alcool et formés probablement d'huile essentielle. 
Une des principales caractéristiques de ce bois est que les vaisseaux 
sont souvant envahis par des cellules parenchymateuses ou thylles. 
à membrane rarement épaissie. Par le groupement et la forme des 
vaisseaux ainsi que par la dissémination du parenchyme sécréteur, 
ce bois rappellerait celui du lignaloé mexicain. Mais par tous ses 
autres caractères, il reste conforme à la structure générale du bois 
des Lauracées et en particulier du genre Ocotea ' . 

Exploitation du bois. — L'arbre se trouve répandu dans presque 
tous les quartiers de la Guyane, de l'Oyapock au Maroni. Les 
distilleries de Gayenne sont alimentées principalement par les 
forestiers des communes les plus voisines, Tonnégrande, Montsivéry, 
Roura. Elles reçoivent également du bois provenant de Sinnamary, 
d'Approuague et surtout de Kaw où l'arbre était particulièrement 
commun. Mais presque partout il devient chaque jour plus rare. Il 
y a encore quelques années, on le rencontrait assez facilement sur 
le bord des rivières navigables, soit isolé, soit groupé en petit 
nombre. Aujourd'hui, les chercheurs de bois de rose doivent 
s'éloigner de plus en plus des centres habités, remonter les cours 

1 . K. Holmes, loc. cil. 



LE BOIS DE ROSE DE LA GUYA^E 9 

d'eau toujours plus haut, pénétrer dans les terres de plus en plus 
loin des rivières pour rencontrer le précieux végétal en âge d'être 
utilement exploité. Et. naturellement, dans un pays dépourvu de 
routes et de chemins de ter, les difticultés du débardage et du 
transport croissent rapidement avec la distance. 

Ces difticultés sont telles dans certains cas, (|ue c'est à dos 
d'homme que le bois, tronçonné et refendu au lieu de l'abatage, 
est porté par petites charges jusqu'au bord de la rivière, d'où il sera 
conduit en radeaux ou plus souvent dans des pirogues, jusqu'au 
bourg- le plus j)roche. Lorsqu'un stock d'une certaine importance 
s'y trouve accumulé, on en charge une grande barque à voile ou 
une de ces petites goélettes appelées taponi/es, de 10 à 12 tonneaux 
de jauge, qui le transporte à Gayenne. 

C'est sur les quais du canal Laussat, où se fait généralement K- 
déchargement de ces embarcations, que se traite la vente du bois 
de rose aux distillateurs locaux ou aux négociants exportateurs, 
comme aussi celle des autres bois de construction ou d'ébénisterie 
venant de l'intérieur du pays. Le prix de la tonne a varié considé- 
rablement dans ces dernières années. De 75 à (SO francs, il s'est 
élevé à diverses reprises à 90 et 100 francs. Depuis quelques mois, 
par suite de spéculations qui semblent tout au moins hasardeuses, 
il a atteint et dépassé 150 et même ISO francs. Inutile de dire qu'à 
ce taux, la distillation du bois de rose perd beaucoup de son intérêt 
commercial. Aussi est- il facile de prévoir que, malgré une raréfac- 
tion réelle de la matière première, ces prix ne tarderont pas à rede- 
venir plus abordables. 

Cette situation a amené quelques distillateurs à envisager la pos- 
sibilité d'aller, à l'instar des Mexicains, s'établir en pleine forêt, 
afin d'éviter ainsi les frais énormes résultant du transport du bois 
au chef-lieu en même temps que les pertes qu'il subit, par suite de 
son exposition prolongée au soleil. Mais, eu outre des difticultés de 
ravitaillement, il faut tenir compte de la nécessité de changer assez 
souvent d'emplacement, par suite de la dissémination des sujets 
exploitables, ce qui entraînerait non seulement à des frais consi- 
dérables, mais encore à des conditions de fabrication tout à tait 
défectueuses et un abaissement inévitable de la qualité du produit. 

Le bois est livré aux usines en billes plus ou moins cylindriques 
de m. 80 à 1 m. 20 de longueur sur m. 10 à m. 25 de dia- 
mètre. Celles provenant des troncs de fort diamètre sont refendues 



10 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

sur place en bûches ne dépassant pas ces dimensions. Les morceaux 
trop gros sont de nouveau divisés à l'usine, au moyen de la hache 
ou de la scie circulaire. 

Les tronçons de racines présentent des formes plus ou moins 
contournées et déprimées, des nodosités et des anfractuosités où se 
log-ent souvent des cailloux qui peuvent endommager les organes 
de déchiquetage. Mais ils donnent généralement un excellent ren- 
dement. 

La coloration du bois révèle sa qualité. Plus il est jaune, plus il 
contient d'essence ; le bois blanchâtre ou rougeàtre n'en contient 
pas encore ou bien n'en contient plus guère par suite d'une trop 
longue exposition à l'air. Sur une section transversale, la zone riche 
en huile volatile s'étend de la périphérie vers le centre, dont elle se 
rapproche d'autant plus que l'arbre est plus vieux et le bois plus 
riche. Au Mexique, les Indiens entaillent à la hache le tronc des 
jeunes arbres pour les amener à sécréter une plus grande quantité 
d'essence. Ce traitement paraît déterminer dans le jeune bois, 
généralement blanc, mou et inodore, une transformation assez 
rapide qui en fait un bois dur, coloré et gorgé d'huile essentielle, 
(^e qui semble bien concorder avec ce fait d'observation courante 
que ce sont les vieux troncs plus ou moins avariés qui contiennent 
le plus d'essence, pour indiquer que cette sécrétion ne serait qu'un 
produit pathologique. 

[A suivre.^ E. Bassières, 

IiKjénieur agricole 
Inspecteur d'Agriculture aux Culonics. 



LAGRICULTUlîK AU CONGO HKLGK 

Agriculture et élevage. — Contrôle forestier. 
Jardin botanique. 

î Suit p. 



Plantes textiles. 

Textiles. — Les e.ssais entrepris sur rexploitatiou des libres en 
{général ont donné des résultats sensiblement inférieurs aux résultats 
obtenus dans les (colonies dorig'ine. J'estime ([u à prix ég'al 1 ex- 
ploitation serait impossible. 

L'installation du matériel de préparation a néanmoins sa raison 
d'être pour l'étude des plantes textiles indigènes, soit (|ue les pro- 
duits puissent être fournis par lindigène, soit qu'ils présentent un 
intérêt quelconque permettant d'envisager la [jossibilité d'une cul- 
ture rémunératrice dans la zone côtière. 
Elle est d'ailleurs fort simple : 
La collection comprend : 

Musa textilis (Abacca) 
Fourcrova "-iKantea i Manille i 
Agave rigida (chanvre de Sisal) 
Sanseveria guineensis 
— cylindrica 

Bœhmeria nivea (ramie). 

Plantes fourragères. 

Il existe plusieurs variétés de graminées fourragères ayant donné 
de bons résultats tant au point de vue facilité de culture qu'au 
point de vue de leur ({ualité nutritive. On peut citer principale- 
ment : 

Dendrocalamus strictus \ ar. introduite 'Indus 

Eleusine en var — 

Sorghum halepense — herbe de (^uba 

Reana luxurians — teorinthe 

Panicum maximum \'ar. indigène, herbe de Guinée 

Et tous les panicum en général. — 

Paspalum conjugatum — 

Pennisetum Benthanie — fausse canne à .sucre 



12 ÉTUDES ET MÉMOIRES . 

A Btmdaka-Kolé (ferme d'élevag-e), on considère le Pennisetum 
Benthanie et le Panicum maximum comme les fourrages verts les 
plus pratiques à récolter et les plus appréciés des Bovidés. 

L'un ([ui est l'herbe de Guinée pousse dans tous les terrains 
même les plus arides, l'autre en bordure le long- des rivières et des 
marais (fausse canne à sucre). ^^Voir à parag-. Ferme d'élevage.) 

Plantes fruitières. 

La plupart des arbres fruitiers tropicaux ont été introduits à Eala. 
Ils servent principalement à la multiplication par graines pour 
l'envoi en plants dans les différents districts. Au point de vue 
alimentaire il faut signaler la pomme de terre qui réussit l)ien. 
L^ne variété déjà acclimatée à Pakou (Equateur) et cultivée à Eala 
aurait donné un rendement moyen de 2.400 kilos à l'hectare. 

Le semis se fait en juin et la récolte en octobre. 

Cette époque correspond a^la période la moins pluvieuse. 

Les cultures vivrières (v. indigènes; sont faites sur de vastes ter- 
rains de premier défrichement. Le but de la Direction est de pro- 
duire la totalité de la nourriture nécessaire à l'alimentation du 
personnel noir qui représente une dépense annuelle de 12.000 Ir. 
(manioc, maïs, patates, ignames, mil). 

Plantes à caoutchouc. 
Voir à chap, spécial : Caoutchouc, Gutta et Engrais. 

Laboratoire. 

Le laboratoire d'Eala est de création récente (juillet U)0!J). Le 
Gouvernement Général le destine spécialement à l'analyse des 
terres, mais il est bien évident que le rôle du chimiste ne se bornera 
pas là. Ses études porteront dès que l'installation sera terminée, 
sur la distillation- des essences, l'analyse des engrais verts, l'anti- 
sepsie des latex. Le coût de l'installation matériel compris ne 
dépassera pas 8.000 fr. 

PlAîN Dl' LABORATOIRE. 

Bâtiment en murs de deux briques. 
Toiture en pailles du pays. 
Plafond en bois. 



l'agriculture au CONGO BELGE 43 

Deux pièces séparées, l'une servant de salle de manipulation avec 
cuve à eau et hotte de tirage; l'autre de bureau avec le matériel 
délicat : balances, microscope, etc. 

Le coût du matériel est de 4.000 fr. se décomposant comme 
suit : 

1 Balance de précision 

1 — Trébuchet 

1 — Roberval • 

1 Étuve 

1 Bain- marie 

200 litres pétrole > ^, ,^ 
^^^ , 1 t.hauiiaoe 

200 — naphte \ "^ 

i Appareil à distiller (production 10 litres par jour) 

1 — de Nobel 

i — Schlœsing 

1 — Boussingault 

Produits chimiques; pipettes, flacons jaugés, ballons, 

tamis, entonnoirs, acides, papier à filtrer, etc. 

Bibliothèque : Chimie analytique de Blas 

Manipulations, Jungfleisch. 

Le seul reproche à faire à cette installation peu coûteuse est 

d'être un peu trop sommaire, étant donné la valeur des instruments 

de précision existants. 

École professionnelle. 

Créée par arrêté du Gouverneur Général du 3 juillet 1908, cette 
école fonctionne régulièrement, mais son organisation est trop 
récente pour que l'on puisse en apprécier les résultats. 

Il est permis d'estimer cependant que les services qu'elle pourra 
rendre dépendront presque uniquement de la façon dont le recrute- 
ment des élèves sera fait dans les districts. 

Un chef de culture est chargé spécialement de l'éducation des 
élèves, qui consiste presque uniquement en travaux pratiques. 

L'enseignement théorique est limité à l'écriture et la lecture du 
français, les opérations fondamentales de l'arithmétique et le sys- 
tème des poids et mesures (art. 9). 

La durée de l'apprentissage est de un à deux ans (art. 7). Les 
élèves sont nourris, logés et habillés, mais ne reçoivent aucun 



14 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

salaire. Exeeption est faite cependant pour les travailleurs adultes 
qui demandent à faire partie de l'Ecole et continuent à toucher 
leur salaire. 

Le nombre des élèves est actuellement de 20, dont o orig-inaires 
de la Province Orientale, 5 du District de l'Aruvimi et 10 de l'Equa- 
teur. Le directeur espère former avec certaines races de bons moni- 
teurs pour la récolte du caoutchouc. La nécessité de posséder de 
bons moniteurs pour la saignée du Fvmtumia ne saurait tarder à se 
faire sentir, et c'est une considération qui ne doit pas être perdue 
de vue. 

La grosse dilîiculté est d'obtenir des élèves de bonne volonté 
restant sulïisamment long-temps. 

Service intérieur. 

Personnel noir. — Le personnel noir est recruté entièrement 
dans le District de l'Equateur, mais malgré les peines disciplinaires 
donne un rendement très inférieur. 

La direction a fait de gros frais pour l'installation et le logement 
de ses travailleurs. Les deux camps d'Eala sont installés sur de 
vastes espaces bien aérés et comptantes d'arbres fruitiers. La plupart 
des maisons sont en briques, les autres en pisé (0 m. x -^ m.) et 
reçoivent trois célibataires ou deux ménag-es. 

Il y a actuellement 120 maisons, chilTre qui sera augmenté atin 
de loger un seul ménage par maison. 

Les soins médicaux simples sont donnés à l'appel du matin (pan- 
sements sommaires, purj^es, quinine), les malades graves envoyés 
à Coquilhatville à Ihôpital. 

Les heures de travailsont : 

Matin : (i h. à I I h. 1/2 J ™ .,, 

o • ^1 . tî I j wi Iravailleurs 

Soir : 2 h. a 5 h. 1/2 \ 

Malin, Travaux pratiques : Oh. à 10 h. ■ 

"- — théoriques : 10 h. à 1 1 h. 1/2 ■ ,, 

. . . i^j levés 

Soir, Travaux théoriques : 2 h. à .'Mi. l 

— — pratiques : -'i li. à 'ili. 1/2 ; 

(Chaque section comprenant de M) à iO manoeuvres est dirigée 
par un capita noir (section des pépinières, du Jardin botanique, des 
cultures vivrières, etc.). 

Le Directeur assiste aux appels, contrôle les punitions; il est 



l'agriculture au CONGO BELGE 15 

tenu un reg-istre spécial des punitions soumis à un examen sévère 
de la part de l'administration supérieure. 

Bureaux. — Comptabilité : 

I" Situation journalière (listes par sections). 

2° Journal (Dépenses journalières). 

3° Livre de compte (Contrôle du personnel noir). 

4" — — — blanc). 

o" Entrée et sortie magasin. 

6" Inventaire — 

Registres jardin : 

1° Cahier des punitions. 

2° Inventaire matériel pris en charge. 

3° Entrée et sortie des plantes et graines. 

40 Registres des saignées (caoutchouc). 

5° — plantations. 

<)° — herbiers. 

7" Indicateur des pièces à l'arrivée et au départ. 

8" — ouvrages et publications. 

Pièces mensuelles : 

l" Observations météorologiques. 

2** Liste des plantes et graines envoyées. 

3*> Extrait du cahier de punitions. 

4° Extrait des livres de comptabilité. 

o" Réponses à questionnaire Boma. Gouverneur général (s il 
y a lieu). 
Pièces semestrielles : 

Rapport général sur les cultures. 

Croquis et photographies. 
La bibliothèque réunit tous les ouvrages parus sur les cultures 
coloniales ou traitant des questions économiques qui s'y rattachent 
(spécial caoutchouc). 

Le Directeur est abonné à toutes les publications d'agriculture 
coloniale. 

Des casiers spéciaux en zinc sont expédiés de Bruxelles pour la 
conservation des herbiers, une salle leur est réservée dans le bâti- 
ment de la Direction. 

Le matériel de manipulations photographiques ainsi que les appa- 
reils (13x!l^ et 9 X 12) sont transférés au Laboratoire. 



16 . ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Chaque échantillon d'herbier doit être accompagné de clichés 
numérotés expédiés à Bruxelles. 

Élevage. 

Ferme de Bandaka-Kolé. — Lessai délevage tenté à Eala en 1902 
a complètement échoué. Une partie du bétail introduit provenait 
du Bas-Congo (race de Lambi), l'autre partie du Xil. Les bêtes ori- 
ginaires du Nil étaient arrivées bien portantes, mais les premières 
naissances furent mauvaises et le troupeau périclita rapidement. 
Tenant compte de la promiscuité du fleuve et de la présence des 
marais avoisinnants. refuge des mouches piqueuses ; le Directeur fît 
changer le troupeau et le fit transférer à Mongo, 2 kilomètres 
d'Eala, sur une butte élevée bien aérée. 

Soit que les bêtes fussent déjà toutes atteintes, soit que l'empla- 
cement fût trop l'approché d'Kala, ce transfert n'amena aucune 
amélioration, et actuellement, sur 80 têtes de bétail introduites, il 
ne reste plus qu'une vache résistant grâce à un traitement vigoureux 
à l'arsenic. 

Les essais faits à Bakoussou n'ont pas beaucoup mieux réussi. 

Toutes les bêtes de Bakoussou sont plus ou moins atteintes de 
trypanosomiase. 

Par contre, à Bandaka-Kolé, l'essai a parfaitement réussi. Voilà 
donc quatre points distants les uns des autres environ de '.i à 
i kilomètres. Dans l'un de ces points réussite parfaite, dans les trois 
autres échec complet. 

Dans trois des postes, toutes les bêtes plus ou moins atteintes de 
trypanosomiase (constaté par les visites vétérinaires). 

Dans l'autre poste, pas une seule bête atteinte. Au dire de l'éle- 
veur de Bandaka-Kolé, il n'y aurait ni mouches piqueuses, ni 
tsétsé. 

Partout ailleurs, le passant lui-même peut aisément se rendre 
compte -<de leur ])résence. 

Oci paraît à première vue intéi'essant. cl tenterait it ])rouver que 
pour une région ou une superficie de moins de 10 kilomètres, le 
ravon d'action des tsétsé serait très limité. 

Il suffirait de s'éloigner d'un marais ou d'ime rivière infestée à 
une distance de (juelques kilomètres et de choisir un emplacement 
un j)eu élevé et bien ventilé pour mettre un troupeau à l'abri des 
mouches piqueuses. 



LAGRICULTUHE AU CONGO BELGE 17 

Voici dans quelles conditions s'est formé le troupeau de Bandaka- 
Kolé. 

La création de la ferme date de 1904. L'habitation du fermier et 
les kraals furent intallés sur le point le plus élevé d'une éminence 
formant plateau ayant au plus 51) mètres au-dessus du niveau du 
liuki. Les 50 hectares de foret entourant les habitations furent de 
suite abattus, dessouchés ; des herbag^'s naturels et spontanés se 
formèrent auxquels ou mélang^ea des herbes de Guinée et de Para, 
des champs de bananiers, de maïs et de manihot. 

Le bétail fut amené en novembre, après deux mois de voyag-e, 
du Haut-Xil par la route de l'Ouellé. Les bêtes visitées à leur arri- 
vée ne portaient pas trace de maladie. 11 y avait un taureau et 
cS vaches qui ont donné, en l'espace de i ans et demi : 30 produits. 
o ont été abattus pour la boucherie, les 25 autres sont superbes. 
Des 8 vaches, il faut en déduire une pour la reproduction, stérile 
ou mal conformée. 

Visitées rég'ulièrement par linspecteur-vétérinaire aucune de ces 
bêtes n'a été atteinte de maladie depuis 1904. 

L'éleveur, européen très soigneux et très au courant des procédés 
d'élevag-es européens, a à sa disposition 66 travailleurs chargés des 
cultures et de l'entretien des arbres à caoutchouc plantés dans les 
pâturages. Sur ces 66 travailleurs, 8 sont affectés spécialement aux 
soins du troupeau sous la direction d'un capita originaire de l'Ouellé 
(excellent recrutement pour l'élevage). Les Kassaï du Nord sont 
également très bons. 

Le troupeau ne va au pâturage que vers novembre, lorsque les 
herbes sont sèches, et n'est jamais sorti par les temps de pluie. 

Chaque bête reçoit, matin et soir, une ration de 25 kilos de fausse 
canne ou d'herbe de Guinée (environ 6 à 7 bottes, 3 le matin et 
.3 le soir). 1 J travailleurs sont chargés de cette récolte. 

En outre de cette ration régulière, les bêtes reçoivent deux fois 
par semaine un supplément de bananes, ananas ou manioc. 

Elles sont lavées une fois par mois à la phénoline. 

L'éleveur de Bakoussou estime que dans un pâturage légèrement 
amélioré par l'introduction d'herbe de Guinée, il ne faut pas mettre 
plus de 10 bêtes à l'hectare. 

A noter que les bêtes de Bakoussou ont toujours reçu les mêmes 
soins. 

Les étables sont tenues avec un soin méticuleux. Les animaux 

Bill, ilu Jardin coIdiuhL 1911. II. — N- Kio. 2 



18 ÉTUDES ET >JÉMOlRKS 

présentent un poil brillant, les sabots clairs, le corps sans tare et 
sans trace de blessures. 

Indépendamment des Bovidés, l'élevage des moutons et des 
cochons est ég-alement poursuivi dans de bonnes conditions à Ban- 
daka-Kolé ; mais ce petit bétail se comporte également bien à 
Bakoussou. 

Si Ion prend l'exemple de Bandaka-Kolé on peut admettre que 
dans un pays à tsétsé il est facile de trouver des emplacements 
suffisamment isolés, premier point essentiel. 

Le noyau du troupeau introduit devrait être reconnu parfaitement 
sain . 

Dans une région forestière, la superficie déboisée et transformée 
ne devrait pas être inférieure à 50 hectares. Les environs des 
étables complètement débroussés et l'emplacement choisi sur le 
point le plus élevé et le plus ventilé. 

La ration journalière devrait être considérée comme absolument 
nécessaire. 

Le troupeau ne devrait être amené que lorsque le pâturage serait 
suffisamment poussé. 

M. Luc. 
Inspecleur (V Agriculture des Colonies. 



LE SÉSAME DE L'EXTREME-ORIENT 
SESAMUM INDICUM DC. 

[Suite.] 



IV. USAGES DE L'HUILE ET DES TOURTEAUX 
APPLICATIONS MÉDICALES. 

Huile. — L huile de sésame est une huile essentiellement comes- 
tible dans les Indes, dans toute ITndo-Chine, en Malaisie, mais ou 
la fait entrer également aux Indes et en Annam dans la fabrication 
de certains bonbons. 

On l'emploie aussi pour léclairag-e ; elle donne une excellente 
lumière, très réj^ulière, extrêmement vive, mais elle se consomme 
très rapidement. 

Dans toutes ces réj^ions. l'huile de sésame est employée pour 
s'oindre le corps ; dans ce cas elle est très souvent parfumée avec 
des fleurs de jasmin, de narcisse ou de tubéreuse, voire même des 
fleurs de frangipanier. Le fait que cette huile n'a pas de g-oût propre 
facilite admirablement l'addition de parfums. Drury et Athinson 
nous indiquent la façon indoue de procéder. On ajoute une livre de 
Heurs dont on veut obtenir le parfum à 3 litres d'huile. Ce tout est 
enfermé dans une bouteille, puis exposé au soleil pendant 40 jours. 
Après ce laps de temps, l'huile a suffisamment capté le parfum des 
fleurs et peut être employée directement pour s'oindre le corps ; 
l'onction se fait généralement dans les Indes à la sortie du bain. 11 
existe aussi un autre procédé que signalent Duthie et Fiiller et qui 
consiste à disposer par couches superposées et alternatives les graines 
de sésame et les fleurs dont on veut parfumer l'huile ; ces tas restent 
exposés au soleil pendant un certain temps et le parfum ainsi 
obtenu serait suffisamment fort et suffisamment acquis à l'huile que 
renferment les graines, pour que celles-ci puissent être pressées sui- 
vant le mode habituel et donner directement une huile parfumée 
désignée sous le nom de phulel. 

L'huile, dans les Indes, est donc principalement employée dans la 
pâtisserie, pour s'oindre le corps, pour faire du savon et comme 
huile à brûler. 

On s'en sert aussi dans la teinturerie comme fixatif des couleurs, 
qu'elle lend plus brillantes. 



20 ÉTUDES ET .MÉMOIRES 

En Angleterre, elle entre dans la fabricaticMi du savon et on rem- 
ploie comme huile à brûler. 

Tourteaux.— Les tourteaux sont employés dans tout l'Extrême- 
Orient pour la nourriture des classes pauvres. 

D'autre part, ils sont recherchés pour la nourriture des bestiaux, 
dont ils aug-mentent la production du lait; cet usage très fréquent 
aux Indes, dans les provinces de l'Ouest surtout, n'est connu en 
Indo-Chine que dans les provinces du Sud-Annam et plus particu- 
lièrement, presque uniquement pourrait-on dire, dans les villages 
Chams, de même qu'au Cambodge. 

Aux Indes, on donne également à consommer aux bestiaux les 
capsules vides et l'on y considère comme un puissant stimulant, pour 
les bêtes ayant à fournir une g-rosse somme de travail, des graines 
de sésame écrasées. 

Dans tout l'Annam, le tourteau de sésame est précieusement gardé 
pour servir d'engrais au tabac. 

Feuilles. — En Malaisie. comme d'ailleurs dans le sud de l'Indo- 
Chine et aux Indes, les feuilles sont employées pour préparer une 
lotion avec laquelle les indigènes se lavent la tête. Cette lotion est 
nettement antipelliculaire ; elle favorise en outre le développement du 
cheveu et est regardée comme renforçant la couleur noire de celui-ci. 

Racines. — On emploie fréquemment aussi, et pour les mêmes 
usages, une décoction faite avec la racine de la plante. 

Tiffcs. — Enfin les tig-es et les branches desséchées, après la 
cueillette des g-raines, sont enfouies dans le sol ; on les estime beau- 
coup comme engrais. 

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES. 

C'est surtout aux Indes que les g-raines de sésame ovi l'huile 
qu'on en retire trouvent le maximum d'applications ; ceci est dû, 
sans doute, au temps immémorial depuis lequel on utilise la plante 
et ses différentes parties. A côté d'un certain nombre de pratiques 
locales qui n'ont d'autre intérêt que Li curiosité de l'emploi, il existe 
de nombreux cas, où l'efficacité incontestable du remède a retenu 
l'attention des médecins européens, qui ont même fait pénétrer son 
emploi dans la pharmacopée européenne. 

Dans la médecine indoue, les graines de sésanie sont considérées 



Li: SÉSAMK DE l'eXTRÈ.MK-OUIENT 21 

comme éinoUieiites, toniques, diurétiques; elles sout fréquemment 
employées dans le cas d hémorroïdes, elles rég-ularisent les selles 
et empêchent la constipation. Réduites en pâte, elles sont adminis- 
trées avec du beurre dans le cas d'hémorroïdes saig-nantes. On 
appli<[ue couramment des cataplasmes de graines de sésame sur les 
ulcères, et les graines, de même que Thuile, sont employées comme 
régulateur dans la dysenterie. 

Le Docteur A. Burn [Bombay Med. Phijs. frans., vol. 1) parle 
du traitement des plaies et des ulcères par les pansements à Thuile 
de sésame, il les estime très siqiérieurs à tout autre pansement, sur- 
tout pendant la saison chaude. Baden Powell prétend qu'au Panjab, 
l'huile est employée avec succès pour le traitement des rhumatismes 
et des aflections intestinales. 

Dans le Dispensaire des Etats-Unis, on indique éi^^alement les 
feuilles comme douées de propriétés médicinales, vu qu elles con- 
tiennent une matière g-luante. Celle-ci, en présence de l'eau, donne 
rapidement un mucilage, qui serait très employé dans les Etats-Unis 
du Sud comme boisson, dans le cas de différentes maladies néces- 
sitant le secours d'émollients : choléra infantile, diarrhée, dvsente- 
rie, catarrhe de la vessie, etc. Une ou deux feuilles fraîches ag'itées 
dans une demi-pinte d'eau la rendraient suffisamment visqueuse. 
Dans le cas de feuilles sèches il faut avoir recours à de l'eau chaude. 
Les médecins des Indes anglaises ne partag-ent pas cette façon 
de voir ; on peut citer cependant l'opinion du Docteur Ewers 
[Indian médical gazette^ l(S7o, p. 67) : « J'ai employé, dit-il, le 
mucilage obtenu des feuilles de la plante indoue dans le traitement 
de soixante cas de dysenterie, et dans tous, la guérison s'ensuivit. 
La durée du traitement variait de 6 à 7 jours; il faut remarquer 
toutefois que mes cas n'étaient pas virulents. » Et il ajoute un peu 
plus loin : « Selon moi, la plante agit simplement en tant qu'émol- 
lient, mais n'a pas d'influence spécifique sur la maladie. » 

Une [)ropriété intéressante de l'huile est encore sig-nalée par le 
chirurgien D. R. Thomson : (^elle-ci, d'après lui, est extrêmement 
précieuse dans le cas de la pénétration d'épines dans les chairs. 
Alors qu'il est impossible d'extraire ces épines avec des pinces, il 
suffirait d'enduire le membre atteint d'huile de sésame, les épines 
rapidement ramollies par sa présence seraient dissoutes ; ensuite, il 
ne reste plus, dit-il, à leur place qu'un petit canal mais toute trace 
d'épine a disparu. 

Ce sont surtout aux Indes, les graines blanches qui sont recher- 



22 , ÉTUDES Kl MÉMUIHES 

chées pour l'emploi médical. Les Iiidous emploient l'huile de sésame 
comme base de toutes les drogues dont l'emploi nécessite vme huile, 
et ce qui la fait rechercher à cet égard est la difliculté ([uelle pré- 
sente à rancir. 

(ies graines et l'huile tiennent une certaine place dans la phar- 
macopée chinoise et sino-annamite. Les graines triturées avec du 
sucre sont très estimées par les (Chinois et par les Annamites comme 
émollientes, toniques, rafraîchissantes et digestives. 

L'hviile est employée fréquemment en Indo-(ihine pour oindre 
en hiver le ventre des enfants. Elle forme sans doute à la surface 
de celui-ci une couche protectrice, dont l'utilité se trouve justifiée 
par ce fait que les enfants jusqu'à 5 ou fi ans courent tout nus au 
vent et à la pluie. 

On l'emploie parfois comme contre-poison et les Chinois la font 
aussi entrer couramment dans la préparation d'onguents divers. 

V. — PRODUCTION COMMERCIALE DES GRAINES 

DE SÉSAME. 
LEUR EXPORTATION ET LEUR CONSOMMATION 

EN EUROPE. 

L'Inde est le grand fournisseur du marché européen et principa- 
lem.ent du marché marseillais, à ce point que l'on peut dire en toute 
exactitude que les fluctuations de l'huilerie marseillaise sont liées 
pour une grande part aux récoltes de l'Inde. 

Or, celle-ci s'attache de plus en plus à la culture des plantes 
(thé, cannelle, etc.) à très grand rendement et c'est ce qui nous fait 
insister sur l'intérêt qu'a l'Indo-l^hine à développer grandement 
cette culture sur son territoire, et la France à l'y encourager, car 
le moment est à prévoir où les Indes délaisseront quelque peu le 
sésame qui n'est qu'une culture indigène ', pour s'attacher à celle 
des plantes les intéressant plus directement ; l'Angleterre, ne 
l'oublions pas, n'importe pas chez elle de graines de sésame, elle 
n'importe que de l'huile et en très petite quantitt'. |)our les simples 
besoins pharmaceutiques. 



I. La trituration du sésame et du ricin occupe dans l'Inde un ^^rand nombre d hui- 
leries : 75 dans la province du Bengale, 25 dans celle de Bombay. Cette industrie. 
.jusqu'ici très primitive, a fait en ces dernières années, de très sérieux efforts pour 
perferl ionner smi outillage, pnrnurapôc ((u'cllf (■<) par des rnpitalistcs indifrènes. 



LE SÉSAME DK i/eXTRÈ.MD-ORIEM 23 

Les exportations du sésame des Indes sont d en moyenne 
120.000 tonnes chaque année. Ce chilfre s'est élevé en 1903 à 
180.0110 tonnes, mais il est sujet à des variations très grandes et 
dans Tannée 1006. la plus mauvaise comme rendem,ent, l'exporta- 
tion de ce produit est tombé à 85.000 tonnes ; elle rappelle par ce 
chillVc Tannée 1890 qui fut également très mauvaise et ne permit 
(ju une exportation de 80.000 tonnes. 

Depuis trente ans, c'est le chitTre minimum qui ait été atteint, 
or c est encore, comme on le voit, un chiffre respectable si Ton con- 
sidère la valeur de la graine qui, suivant les variétés considérées 
varie de 30 à 38 francs les 100 kilos. 

Les Indes exportent leur sésame en France, en Belgique, en 
Allemagne, en Italie, en Autriche-Hongrie et en Egypte, mais la 
France seule capte environ les 2/3 de la production mondiale et 
Marseille a importé dans ces quinze dernières années une moyenne 
annuelle de 75.000 tonnes de graines de sésame, avec un maximum 
de 120.000 tonnes en 1903 et un minimum regrettable de i5.000 
en 1905. 

Les pays de consommation viennent d'être nommés plus haut, 
voici un aperçu de leur consommation respective : 

En 190i la Hongrie achetait 0.898 quintaux d'huile de sésame. 

En 1903 l'Allemagne importait 01 .338 tonnes de graines, en 1901 
51.313 tonnes et en 1905, 46.489. 

La Belgique en 1904 importait 32.864 tonnes de graines et 32.170 
en 1905. 

On constatera que ces chiffres vont en diminuant chaque année, 
cela tient à ce que les puissances européennes reconnaissent l'avan- 
tage qu elles ont à s'adresser directement aux grandes huileries 
françaises pour leur fournir un produit tout préparé. 

La France voit ses importations réparties sur les différents ports : 
Marseille, Dunkerque, le Havre et Bordeaux, par ordre d'impor- 
tance; Marseille s'adjoint d'ailleurs presque toute la consommation 
et ses importations de sésame dans ses dernières années se chiffrent 
ainsi : 

En 1902 : 68.585 tonnes 
En 1903 : 120,906 — 
En 1904 : 84.537 — 
En 1905 : i2.860 — 
En 1906 : 81.458 — 



24 KTLDES KT MKMulKKS 

En résumé, en dehors des Indes anglaises, quelques pays exportent 
bien des g-raines de sésame, les Indes françaises de i.oOO à 3.000 
tonnes, le Levant 15.000 tonnes environ : la Chine et le Siam, 
de même quelques régions africaines le golfe Persique et l'Indo- 
Chine font de timides essais, mais leur exportation nest qu'un 
chilTre insignifiant dans la production mondiale. 

L exportation peut être considérée comme restant à l'heure 
actuelle entièrement entre les mains des Indes anglaises avec une 
moyenne de 100 à loO.O(MJ tonnes. 

Nous ne pourrons jamais trop insister sur ce fait que 1 huilerie 
française manque de nuHière première et (jue, par conséquent, la 
production de celle-ci s'impose. Or, l'Indo-Chine est admirablement 
aménagée pour cette production. Il n'y a qu'à la développer et à la 
diriger. De plus, il n'est que temps de l'entreprendre, car nos voi- 
sins, les .\méricains des Philippines, comprenant très bien le parti 
que l'on peut tirer du sésame, encouragent beaucoup sa culture dans 
leurs îles et avant dix ans nous verrons les l^hilippines compter 
comme pays d'exportation des oléagineux. 

Or le climat et les terres des Philippines ont de grands rapports 
avec le climat et le sol indo-chinois tout en étant moins favorables., 
ainsi qu'en témoigne la flore des deux pays. 
"Devrons-nous donc attendre que les Américains nous montrent 
ce qu'on peut tirer des colonies placées sous ces latitudes au point 
de vue des oléagineux, pour nous décider à tourner notre attention 
et nos capitaux vers ces productions ? 

La leçon serait dure et nous ne saurions trop engager nos pro- 
ducteurs métropolitains d'huile et de savon à devenir enfin proprié- 
taires ou tout au moins à acheter en Indo-Chine et faire produire 
par conséquent la matière première qui leur est nécessaire, au lieu 
de rester indéfiniment tributaires d'une production étrangère qu'ils 
ne peuvent réglementer et dont notre industrie nationale est obligée 
de subir les fluctuations ! 

VI — ÉTUDE INDUSTRIELLE DES PRODUITS 
FOURNIS PAR LES GRAINES DE SÉSAME 

A. — Huile. 

Procédé européen d'extraction de l'huile de sésame. Bésidua 
industriels. — Xous devons à l'amabilité de M. Millinu. \p distinsrué 



LE SESAME UE L EXTKEME-OKIEN l" ^O 

directeur du Laboratoire ofliciel d'essais techniques de Marseille, 
la plupart des renseig'iiements qui suivent, concernant la fabrication 
de l'huile de sésame à Marseille, ainsi que les procédés de vérifica- 
tion permettant de déceler ou les falsifications de l'huile de sésame 
ou sa présence dans d'autres huiles. 

Extraction de Vhuilo. — Les graines de sésanie sont soumises 
dans les huileries à plusieurs pressions destinées à extraire l'huile 
qu'elles renferment. Cette expression se fait par trois passages sous 
la presse hydraulique. La première pression fournit les huiles extra- 
fines comestibles, la deuxième donne des huiles fines encore très 
estimées pour le même usage, la troisième les huiles employées en 
savonnerie. La série des opérations est la suivante : 

Après un nettoyage mécanique plus ou moins complet, suivi d un 
ou deux broyages entre deux cylindres triturateurs, les graines 
placées dans le scourtin et tassées sous la presse préparatoire sont 
soumises à la première pression pendant une heure à une heure et 
demie. Le rendement est de 32 k 35 "/o d'huile. 

Le résidu est broyé dans un moulin avec addition de 4 à a "/„ 
d'eau, puis passe à la deuxième pression. Pendant une heure, il 
abandonne 5 à 6 % d'huile. 

Cette opération est renouvelée une seconde fois avec la même 
quantité d'eau et en ajoutant tous les déchets et crasses de fabrica- 
tion ; le broyage un peu,plus long est suivi d'un chauiïage à 45° ou 
à 50**. La troisième pression donne 9 à 10 "/o d'huile. 

Telle est en général la marche suivie par les huileries marseil- 
laises; elle n'est pas absolue car, même à Marseille, il est certaines 
variétés de sésame qu'on travaille en deux pressions. En Allemagne 
les deuxième et troisième pressions sont faites k chaud. 

Le tourteau qui en résulte contient encore 8 et même 10 "/o d'huile. 
11 est très apprécié pour l'alimentation des bestiaux. Si l'on désire 
pousser l'extraction de l'huile plus loin, il est nécessaire de procéder 
alors par épuisement au moyen d'un dissolvant comme le sulfure 
de carbone. On obtient ainsi une quatrième qualité d'huile utilisable 
seulement en savonnerie et un tourteau contenant environ 1 "/c 
d'huile et servant comme engrais. 

Huiles de /"", !^«, ^^ et # pression. — L'huile de sésame jtremière 
pression est de couleur jaune clair, de saveiu- douce et agréable. 



2(i ÉTUDES ET MÉMOIRES 

sans odeui' cl de bonne conservation. Elle constitue une huile 
comestible très appréciée ; dans certaines contrées, elle est même 
préférée à l'huile d'olives. 

Lluiile deuxième pression est plus foncée, de goût un peu plus 
fort. Hlle est fréquemment traitée à la terre à foulon, ce quiTéclair- 
cit, la blanchit mémo et la rapproche beaucoup des qualités dites 
(( l'*^ pression ». 

Ces deux ({ualités entrent couramment dans la fabrication des 
graisses alimentaires composées, dites margarines, dans la propor- 
tion de 50 à 80 °/o. 

Lhuile de troisième jtression à chaud, n'est plus comestible ; sa 
couleur est foncée, son goût désagréable, son acidité forte. On la 
soumet parfois à un raffinage à la soude qui la neutralise, éclaircit 
.sa couleur et permet de l'écouler avec la « 2*^ pression ». Le résidu 
savonneux de l'épuration est livré à la savonnerie. 

L'huile sulfurée nest susceptible d'aucun raffinage, sa couleur 
est très foncée, sa consistance souvent pâteuse, son odeur repous- 
sante, son acidité exagérée (50 à 70 *'/o). Elle ne s'emploie qu'en 
savonnerie. 

Propriétés p/ujsiques et chimiques. — L'huile fraîchement fabri- 
(juée a toujours une saveur un peu forte qui disparaît avec le temps. 
Sa densité à L5° = 923. 
Pressée à chaud = 924. ' • 

Pour le sésame du Levant = 926, 5. 
D'après Leone et Longi son indice de réfraction est : 

I,i902àl0" 
1,4854 à 23". 

La densité des acides gras ^^ 908, 5 à 909, 5. 

Ils se concrètent à 32-3 i" et d'après Benedikt fondent à 2()". 

La saponification suif, absolue ^ 54 à 60. 

La Saj)onification suif, relative = 1iO-L54. 

La saponification de 1 00 grammes d'acide gras exige 19 gr. 93 de 
potasse caustique. 

La solidification des acides gras a lieu vers 22", leur saturation 
vers 17.7. 

La solubilité des alcools absolus = 41 "/„. 

Le pouvoir rotatoire est dextrogyre. • 



LE SÉSAMt: DK L EXTKÈME-ORIKÎST 2/ 

L huile de sésame est constituée par les g'iycérides des acides 
gras suivants : 

Concrets (12 à 20 "/o) = palmitique. 

stéarique. 
Fluides (80 à 88»/o) = oléique. 

linoléique. 

A côté de ces constituants principaux on a pu constater la pré- 
sence d'une petite quantité (moins de l°/o de matières g-rasses insa- 
ponifiables, dans lesquelles on a réussi à déceler plusieurs corps 
différents : 

L,& phytostérine. alcool spécial à l'huile de sésame. 

La sésarnine, corps k fonctions indéterminées, spécial également 
à l'huile de sésame. 

A 4" C. l'huile de sésame paraît encore parfaitement tluide, elle 
ne se congèle qu'à — o** G. et se prend en une masse d'un blanc 
jaunâtre translucide, rappelant la consistance de l'huile de palmiste, 
à laquelle elle ressemble beaucoup, toutefois elle est exempte de tout 
dépôt granuleux. 

Chauffée à 100°, l'huile de sésame commence à bouillir sensible- 
ment. 

A loO** C. elle commence à chang-er de couleur et devient de 
plus en plus pâle jusqu'à 215°. Il s'en dég-a^^e à ce moment des 
vapeurs blanches. Au fur et à mesure qu'elle refroidit, elle reprend 
sa couleur naturelle. A partir de 300°. l'huile .se colore de plus en 
plus jusqu'à devenir brun foncé. Une fois refroidie, elle laisse, 
comme la glycérine, voir sous l'incidence oblique de la lumière un 
reflet très apparent vert-serin (Fritsch). 

L'huile de sésame agitée avec de Féther sulfurique donne une 
émulsion blanche. Après un court re[)os les deux liquides se séparent 
mais l'huile se trouve presque entièrement décolorée. 

Traitée par l'acide sulfurique concentré, elle se colore au bout de 
quelques instants en brun rougeàtre foncé et prend un aspect géla- 
tineux. Si on la chauffe avec l'acide, la coloration augmente, et 
Ion constate un dégagement d'acide sulfureux. Si l'on mélange ce 
liquide avec de l'eau après l'avoir soumis à la chaleur, on voit se 
former un dépôt caséeux, en partie blanc et en partie pourpre 
(Fritsch). 

L'acide chlorhydrique concentré ne produit aucune altération, 
même lorsqu'on porte le mélange jusqu'à l'ébullition, l'huile con- 
.serve sa couleur primitive et sa fluidité ne parait pas changée. 



2S ÉTUDES ET MÉMOIRES 

L'acide azotique la colore en jaune-oraug-é, si l'on chaulîe le 
niélang-e on constate la formation d'une masse épaisse et écumeuse. 
L'acétate de plomb produit une émuLsion blanche très épaisse. 

FulHificntions. — L'huile de sésame est falsifiée avec de l'huile 
d'arachides, mais elle sert elle-même à falsifier l'huile d'olives et 
l'huile d'o'illette. 

La vérilication de la pureté de l'huile de sésame se constate 
d'abord à laide des constantes que nous avons données plus haut, 
d'après la méthode générale d'analyse des corps gras, mais d'autre 
part, la grande facilité avec laquelle cette huile donne naissance à 
des réactions colorées intenses, peut aussi servir à vérifier rapi- 
dement sa pureté. Voici deux essais basés sur cette propriété : 

!*• Lorsqu'on agite lOcc. d'huile de sésame, d'abord avec o gouttes 
d'acide sulfurique à 53" B*^, puis avec "5 gouttes d'acide azotique à 
28° B'\ la masse est nuancée progressivement par des teintes graduées 
passant par le vert clair, vert foncé, vert noir, brun et rouge. Ce 
phénomène ne se produit pas avec les autres huiles, maison l'obtient 
quelquefois avec des huiles de sésame légèrement adultérées ; de 
plus, les huiles de sésame industrielles pressées à chaud peuvent 
donner, (quoique pures, des résultats négatifs. 

2° La couleur rouge finale obtenue par cette oxydation progres- 
sive de la matière colorante, jaunit par l'action des alcalis et reprend 
sa couleur primitive en liqueur acide (Milliau). 

On agite pendant une minute lOcc. d'huile avec 4 gouttes. d'acide 
sulfuritpie pur à 66" ; on ajoute une goutte d'acide azotique et on 
agite de nouveau vivement l'huile : de sésame pure noircit immédia- 
tement. 

Procédé Milliau. — L'huile de sésame contenant du ricin reste 
jaune trouble. Cette réaction est utilisée pour la vérification des 
huiles industrielles pouvant contenir des huiles de ricin, falsifica- 
tion dangereuse lorsqu'elle est ignorée du savonnier. 

Hecherchc île V huile de sésame dans les autres huiles. 

Procédé Camoin. — Il consiste à agiter pendant une minute 
2 volumes d'huile et 1 volume d'acide chlorhydrique de densité 1,38 
saturé de sucre. L huile de sésame est immédiatement décelée par 



LK SÉSAME DE L'EXTHÈME-OKIE^T 29 

une coloration rouge caractéristique. Cette coloration est encore 
sensible dans les mélanges à 3 °/o de sésame et au-dessous. 

Villarecchia et Fa/>/'is remplacent le sucre par lefurfurol, Tarhhon 
par le glucose. Ces modifications peu importantes n'améliorent 
pas la réaction primitive. En tous cas, d'après M. Milliau, elles pré- 
sentent les mêmes imperfections dans l'analyse de certaines huiles 
d olives. En effet, l'olive contient des matières colorantes, insolubles 
dans l'huile, mais solubles dans la partie aqueuse du fruit. Ces 
matières qui sont colorées en rouge par l'acide chlorhydrique sucré, 
le furfurol, etc. souillent souvent l'huile fraîche qui n'a pas perdu 
entièrement son humidité et peuvent faire supposer à tort que 
l'huile a été adultérée. 

Dans ce cas, il convient, toujours à l'aide des mêmes réactifs, 
d'opérer non sur l'huile elle-même mais sur les acides gras naissants 
du produit rectifié. 

Le mode opératoire est le suivant : On saponifie 15 grammes 
d'huile comme il a été prescrit ; on dissout le savon et on le décom- 
pose par l'acide sulfurique étendu. Les acides gras sont recueillis, 
dès qu'ils montent à la surface à l'état pâteux ; on les lave en les 
agitant deux fois avec 15 ce. d'eau distillée dans un tube à essai ; 
onégoutte et on place les acides gras dans une étuvecliautfée à 105*'. 
Lorsque la majeure partie de l'eau est éliminée et que ceux-ci com- 
mencent à fondre, on les verse sur leur djemi-volume d'acide chlor- 
hydrique pur, dans lequel on vient de dissoudre à froid et à satu- 
ration du sucre pulvérisé ; on agite vivement le tube à essai. 

La présence de l'huile de sésame est toujours nettement indiquée 
parla coloration rose et rouge que prend la couche acide. Les autres 
huiles laissent l'acide incolore ovi lui communiquent une teinte jau- 
nâtre (Milliau). 

Comme l'huile de sésame est celle qui donne avec le plus d'inten- 
sité et de facilité des réactions colorées, il existe un grand nombre 
d'autres procédés qui peuvent trouver leur emploi, soit en se con- 
firmant l'un l'autre, soit en permettant d'apprécier approximati- 
vement la proportion de sésame, en raison de leur sensibilité diffé- 
rente. 

Réaction Bellier. — On agite une minute, volumes égaux d'huile, 
d'acide azotique pur et d'une solution saturée de résorcine dans la 
benzine pure. 



'M) ÉTUDES iiT MÉMOIRKS 

A 20 "/„ de sésame, l'émulsion passe instantanément au violet et 
vire de même sur le vert au bout d'une demi-minute. 

A 10 " o ^^ teinte violette se développe en 10 secondes et vire sur 
le vert au bout d'une demi-minute. 

A 5 °/o et à 2,5 ° /„ les mêmes phénomènes s'observent, mais en 
teintes de plus en ])lus atténuées. 

A I 1/4 ''/o les teintes sont extrêmement faibles et très fugaces. 

Après repos et séparation des deux couches, on observe les 
phénomènes suivants : 

A 20 °/o la couche acide inférieure est d'un vert bleuâtre intense 
persistant un quart d'heure. 

A 10 et o "/„ la couche acide est toujours nettement verte, mais 
tourne au jaunâtre au bout d'un temps plus ou moins long. 

A 2,o et l,i °/„ la teinte verdàtre n'est plus nette et vire rapi- 
dement au jaune. 

Les autres huiles de g-raines donnent bien la première teinte vio- 
lacée de l'émulsion ; mais la teinte verte de la couche acide esf 
caractéris/if/tio du npuame. La sensibilité de ce produit est de o •'/o. 

Procédé au formol. — On prépare la solution : 10 ce. aldéhyde for- 
mique à 40 "/o, '00 ce. eau distillée, 10 ce. acide sulfurique pur. On 
agite à froid volumes égaux de cette liqueur et d'huile pendant une 
minute : 

A 20 "/„ on obtient une émulsion gris sale, 

A 10 "/„ une émulsion gris sale, 

A 5 "/o une émulsion grise. 

Au-dessous de cette teneur, émulsion incolore. 

Par le repos, la teinte fonce et de plus en plus lentement à 
mesure ([ue la dilution augmente. A 20 "/„ elle prend une couleur 
gris bleuâtre foncé, à 10 et o "/o elle ne vire qu'à la teinte café au 
lait. La sensibilité de ce procédé est au plus de o"/o et encore, en 
opérant avec un type pur, pour pouvoir par comparaison apprécier 
le changement de teinte. 

Procédé Ca'dlelcl . — Acide sulfurique pur 5 ce, eau 3 ce. ; on 
mélange rapidement dans un tube à essai. On verse immédiatement 
4 ce. d'huile, puis 3 ce. d'acide azotique, on agite fortement pentlant 
30 minutes et on plonge durant o minutes dans l'eau froide : 
l'huile tourne au rouge et l'acide au jaune orange. Kn laissant au 



LE SÉSAME DE LEXTRÈME-ORIENT 3i 

préalable refroidir le mélange d'eau et d'acide sulfurique et 
opérant ensuite comme il est indiqué, on obtient finalement une 
coloration verte de la couche huileuse ''Milliau). 

Procédé Behrens modifié. — On prépare une solution acide avec 
50 centimètres cubes d'acide sulfurique pur et concentré et 30 cen- 
timètres cubes d'eau. On agite à froid pendant une minute 8 cen- 
timètres cubes de cet acide étendu avec 4 ce. d'huile et 3 ce. 
d'acide azotique pur à 36° Baume. 

A 20 °/o de sésame, l'émulsion prend une teinte vert d'herbe 
intense persistant quelques minutes. 

A 10 7o on obtient le même vert, mais disparaissant en une demi- 
minute. 

A o °/o teinte jaune verdàtre pas nette. 

La sensibilité de ce procédé ne permet d'accuser que 10 *•/„ de 
sésame. 

Procédé au vanadate d'ammoniaque. — Le réactif est formé de 
2 grammes de vanadate d'ammoniaque dissous dans 50 grammes 
d'eau et 100 grammes d'acide sulfurique pur. 

On agite une minute volumes égaux de réactif et d'huile : 

A 20 °/o émulsion brun verdàtre sale, passant au vert foncé. 

A 10 °/o émulsion plus jaune, passant au vert jaunâtre. 

A 5 °/o émulsion orange sale, passant au jaune. 

Après la séparation des deux couches, l'acide présente les teintes 
suivantes : 

A 20 "/o, vert foncé très net. 

A 10 °/o, brun verdàtre peu net. 

Au-dessous de 10 %, brun. 

Ce procédé n'est donc vraiment sensible qu'à partir de 20 "/q. La 
teinte verte de la couche acide est caractéristique du sésame. 

Procédé Tocher. — On dissout 1 gramme de pyrogallol dans 
15 centimètres cubes d'acide ctilorhydrique concentré; on agite la 
dissolution une minute dans un petit entonnoir à décantation avec 
15 centimètres cubes de l'huile à examiner. On laisse reposer, on 
soutire la couche acide et on la fait bouillir 5 minutes. 

La liqueur qui est couleur fleur de pêcher passe par l'ébullition 
k une teinte violet bleu par réflexion, rougeàtre par transmission. 



32 



ETUDES ET MKMOIRKS 



Cette réaction paraît dépendre de la (jualité du sésame entrant 
dans le mélange. En effet, M. Milliau a trouvé des sésames comes- 
tibles, jaune clair, filtrés, qui n'étaient décelés qu'à oO "/o tandis 
que les sésames sulfurés bruts étaient très nettement accusés à 

H. l'oIRTEAlX. 

Le tourteau résiduel de l'expression de 1 huile se présente sous la 
forme d'un g-àteau plat carré de 3 kilos environ. On désigne dans 
le commerce marseillais, ceux qui proviennent du traitement des 
graines d'Extrême-Orient, sous le nom de tourteaux de sésame 
enveloppés, ou encore de tourteaux du sésame à enveloppe mince, la 
désignation de tourteau de sésame à double enveloppe ou à enveloppe 
épaisse s'appliquant aux tourteaux résultant du traitement des 
graines de S. occidentale Steer et Hegel. 

Les tourteaux à enveloppe mince offrent les teintes les plus 
diverses, du gris au brun pres([ue noir, suivant là nature des graines 
qui ont servi à les préparer. 

Composition chimique. — A l'analyse, ces tourteaux présentent 
la composition moyenne suivante variable un peu avec les prove- 
nances : 

Humidité 11,10 

Matière grasse 42,80 

Matières protéiques. 37,20 

— hydrocarbonées.. 20,50 

Cellulose 7,50 

Gendres 10,90 

Les tourteaux ont toujours une couleur j)lus foncée à l'intérieur, 
ils sont généralement très durs. 

Si on les examine à la loupe, on distinguera nettcnieut dans les 
tourteaux noirs les particules colorées représentant les débris du 
spermoderme, cette distinction devient très dillicile dans les tour- 
teaux blancs. Lorsqu'ils sont frais, ils dégagent une légère odeur 
oléagineuse et sont inodores lorsqu'ils sont bien secs, mais cette 
odeur réapparaît si on les met en présence d'une humidité même 
légère. 

MM. Ccdlin et Em. Perrol, dans leur ouvrage « /.es Hésidus 



LE SÉSAME DR l'eXTRÊME-ORIENT 



33 



industriels utilisés par l Agriculture <> nous donnent les caracté- 
ristiques des tourteaux de sésame. Quand les tourteaux sont désa- 
grégés dans l'eau chaude ou alcalinisée, qu'ils colorent diversement 
et à laquelle ils cèdent rapidement leur principe colorant très 
soluhle il est facile, nous disent-ils, de distinguer leurs éléments 
constituants ; « Le tégument externe est toujours facilement 
reconnaissable à sa teinte ; V albumen, eu égard à la consistance de la 




Fig. 23. 



Éléments constitutifs du tourteau de Sésame. 



cuticule qui le recouvre extérieurement^ a un aspect papyracé tout 
à fait caractéristique. Bien plus résistant que l embryon, qui se laisse 
désagréger sous Vaction des meules, l'albumen se crève sans se 
dissocier et se retrouve souvent tout entier avec une forme qui repro- 
duit exactement celle de la graine; cette particularité caractérise 
très nettement le tourteau de sésame. » 

A côté de ces albumens tout entiers, on trouve beaucoup de 
fragments qui ne se sont que des débris de l'albumen déchiré. Ils 
sont presque toujours recouverts par le spermoderme, en général 
très mince dans les graines de Sesamum indien m. 

Bill, du lardin rninninl. ifttl . II. — N° 100. 3 



34 lilTDES ET MÉMOIRES 

MM. Collin et Perrot nous donnent ensuite un certain nombre de 
caractères microscopiques permettant dopérer à coup sûr lidentiti- 
cation des tourteaux de sésame : 

Ces caractères consistent : 

1" Dans la présence à peu près constante, dans presque toutes 
les cellules du tégument externe d'un très g-ros cristal doxalate de 
chaux disposé en rosette et marqué de stries entremêlées (fig. 25). 

2" Dans la présence de nombreux débris parcheminés très résis- 
tants, d'une teinte blanche, appartenant à l'albumen. 

3" Dans la forme ovale des grains d'aleurone qui, couronnés à 
l'un de leurs pôles par un petit globoïde, contiennent un gros cris- 
talloïde prismatique. 

Usages . 

\" Dans lalimenlation du bétail. — Le tourteau de sésame qui, 
dans rinde, contribue souvent à l'alimentation des classes pauvres, 
convient parfaitement à 1 alimentation du bétfiil, particulièrement 
des ruminants. La défaveur jetée au déliut sur son emploi 
n'avait d'autre raison d'être que les quelques accidents survenus en 
Europe par l'absorption de tourteau préparé avec des graines ava- 
riées pendant la traversée. Les moyens de transport actuels per- 
mettent aujourd'hui de livrer des tourteaux irréprochables et dont 
il doit être fait grand cas en agriculture. 

En effet, les expériences, qui ont été faites pour l'introduction de 

ce produit dans les rations alimentaires du bétail, ont démontré sa 

valeur pour le développement des jeunes et 1 engraissement des 

adultes. La quantité introduite journellement dans l'alimentation 

peut varier de 1 à 3 kilos pour les bovidés et de 250 à TJOO grammes 

pour les ovidés. Ce tourteau est administré quehjuefois seul, soit 

en mélange avec das racines, mais mieux sous forme de buvées. 

Les principes immédiats, dont nous avons plus haut donné la 

proportion, ne sont pas entièrement assimilés par l'aninial, on a 

déterminé la proportion des matières digestibles qui est en moyenne 

de : 

Matières protéiques 36,5 "/„ 

grasses 11,5 — 

— hydrocarbonées . 15,5 — 

Le tourteau de sésame constitue donc un aliment concentré 1res 

riche en matières protéi(jues à grands coelïîcients de digestibilité, et 



LE SÉSAMK DE LEXTRÈME-OKIEM' 33 

M. Garola a conclu que le cultivateur avait grand intérêt à substi- 
tuer le tourteau de sésame au mélange d'orge et d'avoine employé 
habituellement. 

L'action de ce tourteau, quoique d'une valeur moindre pour la pro- 
duction du lait que pour l'engraissement du bétail, n'en entraîne pas 
moins dans le lait des vaches alimentées par lui une surproduction 
de 21 grammes de substances nutritives et de 8 grammes de beurre. 

Ajoutons que, pour l'alimentation, on préfère en général les tour- 
teaux blancs. Ceux de sésame sulfurés peuvent être également 
donnés sans danger et sont acceptés par le bétail ; toutefois, celui- 
ci marque une certaine répugnance pour les tourteaux de couleur 
noirâtre. 

2" Comme engrais. — La valeur fertilisante du tourteau de 
sésame est de tout premier ordre, surtout par sa richesse en azote. 
Sa richesse moyenne en éléments fertilisants est la suivante : 

Azote 6,34 

Acide phosphorique. 2,03 
Potasse 1,45 

On peut dire que 100 kilos de tourteau de sésame représentent 
1 . io2 kilos de fumier au point de vue de l'azote et 1.035 kilos au 
point de vue de l'acide phosphorique. 

Les expériences de M. Malpeau sur la valeur fertilisante des dif- 
férents tourteaux dans la culture de la betterave et de l'avoine l'ont 
amené à considérer le tourteau de sésame comme ayant une valeur 
bien supérieure à tous les autres. 

Ce sont surtout des tourteaux sulfurés dont on se sert comme 
engrais. Ils se présentent en général sous la forme d'une poudre 
granulée plus ou moins fine et de couleur gris noirâtre, tantôt au 
contraire sous l'aspect de fragments très irréguliers et très durs, 
dont la taille varie depuis celle d'un pois jusqu'à celle d'un œuf de 
pigeon. 

Valeur marchande des tourteaux de sésame. 

Le cours actuel des tourteaux de sésame est le suivant : 
Tourteaux alimentaires blancs. 14 fr. à li fr. 50 

— sulfurés 12 fr. 25 

M. Milliau, dans une remarque fort importante, montre l'intérêt 
qu'il y a k comparer pour les tourteaux leur valeur au point de vue 



36 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

alimentaire ou engrais, comparativement avec lem- cours commer- 
cial. 

En se basant sur la quantité moyenne de principes digestibles 
donnés plus haut on arrive à une valeur approchée de : 

Matières azotées 33,5 x fr. 40 = 14 fr. 20 

— grasses 11,5x0fr. 20= 2 fr. 30 

— hvdrocarbonées. 15,5x0fr. 10^ 1 fr. 55 

18fr.05 
Aussi le prix de 14 fr. 50 est-il tout à fait avantageux pour 
l'acheteur. 

De même, au point de vue eng-rais, la valeur calculée au cours 
du jour est de : 

Azote . 6,34 X 1 fr. 90 = 12 fr. 04 

Acide phosphorique. . . . 2,03 X fr. 50 = I fr. 01 
Potasse 1 ,45 X fr. 40 = fr. 58 

13 fr. 63 
valeur un peu supérieure au cours actuel du tourteau de sésame. 

Nous espérons avoir montré par ce qui précède l'importance des 
produits du sésame, tant au point de vue ag-ricole qu'au point de 
vue industriel, et l'intérêt, par conséquent, qu'il y aurait pour notre 
pays à produire lui-même la matière première. 

Et nous conclurons ainsi : 

La culture du sésame peut être très rémunératrice pour l'indigène 
en Indo-Chine ; elle serait d'un bon rapport pour les capitalistes 
métropolitains, s'ils l'associaient sur de grands espaces à celle de 
l'Arachide, du Ricin, du Cocotier et de l'Abrasin. 

On arriverait en peu de temps à concurrencer sérieusement 
d'abord, et peu à peu, d'une façon à peu près définitive, la produc- 
tion indoue, dont l'industrie française est tributaire. 

Ph. Eberhardt, 

Docteur es sciences, 

Inspecteur (V Agriculture en Indo-Chine. 



PLANTES MÉDICINALES 

DE LA GUINÉE FRANÇAISE 

[Suite.) 



Kigela pinnata. 

BiGNONIACÉE. 

Saucissonnier. 

Limbi Lamban (M.), Touda (S.). 

Arbre moyen, fétiche dans quelques contrées, dont les fruits en 
forme de gros saucisson passent pour toxiques. 

Koélé ouAo/e/l//a/i (F.). 

Arbuste à graines rouges comestibles, feuilles odorantes. 
Contre les migraines et névralgies, cataplasme des feuilles bouil- 
lies, ou bien feuilles crues pilées et respirées. 

Kognon (F.). 
Léguminelse mimosée. 

Liane sarmenteuse très épineuse et commune dont on forme des 
haies. 

Les Foulas emploient l'infusion des feuilles en gargarisme contre 
lintlammation des gencives et les maux de dents. 

Koulo Koulo (F.), Kolokolo(M.). 

LÉGUMINEUSE CÉSALPINIÉE. 

Arbre moyen à bois très dur commun dans les taillis du Fouta et 
de la Haute- Guinée. 

Pour les maladies des yeux, les indigènes font macérer les feuilles 
et l'écorce pour des lavages chauds. 

L'infusion des feuilles est donnée aux enfants pendant la denti- 
tion : on s'en sert également en fumigations et massages pour faire 
disparaître les courbatures. 



38 ÉTUDES ET :\1ÉM0IRES 

Landan Edy (F.). 

Arbre moyen à feuilles vert foncé. Sert pour les maladies des 
enfants ; macération de l'écorce en lotions, écorce bouillie pour laver 
les yeux. 

L'écorce séchée et pilée est également employée pour saupoudrer 
les g^randes plaies. 

Lantana alba et L. rosea. 
Verbénacées. 

Plantes sarmenteuses, légèrement épineuses, avec lesquelles on 
fait des haies. Ces plantes ont dû être importées et se propagent 
rapidement, car elles existent dans beaucoup de villages, surtout 
à la côte. 

Les feuilles odorantes servent à faire un thé très aromatique 
qui est utile dans les accès de fièvre. 

Lawsonia alba. 

Lythrariées. 

Henné des Arabes. 

Arbuste qui a également dû être importé par les Musulmans du 
Nord, car il n'existe que dans quelques villages. 

Les feuilles sont employées généralement par les noirs pour colo- 
rer en rouge leurs ongles, leur barbe et quelquefois la crinière de 
leurs chevaux. 

Mais elles servent aussi comme médicament pour les maladies 
de la peau et la lèpre. 

La décoction des racines passe pour emménag-ogue. 

Les feuilles pilées sont mises sur les blessures. 

Lepidagathis sp. 

ACANTHACÉB. 

Bénéfi (M.). 

Plante commune en Haute-Guinée où elle forme de grosses touffes 
ornementales. 

La graine grillée et écrasée sert à faire une décoction pour laver 
les yeux. Les tiges et racines sont également employées à l'intérieur 
comme purgatif et dépuratif. 



PLANTES MÉDICINALES DK LA GULNÉE FRANÇAISE 39 

Liliacées. 
Asparagus sp. 

Iiia Xiag-a (M.). 

Les usperg-es sauvages sont très communes et existent en plusieurs 
variétés rigides ou grimpantes. 

Une espèce commune au Fouta donne des tiges comestibles. 

La décoction des racines passe pour purgative, dépura tive et diu- 
rétique ; elle est employée contre la blennorrhagie et la syphilis. 

Gloriosa superba. 

Lis grimpant 

Plante grimpante, ornementale, a grandes fleurs rouges, commune 
dans toute la colonie. 

Le suc des feuilles écrasées sert à tuer les poux de la tête. 

Les tubercules en forme de V passent pour toxiques, les indi- 
gènes en font néanmoins des cataplasmes contre les névralgies. 

Sansevieria guineense. 

Sansevière. 

Gombaya (M.). 

Plante commune au bord de la mer et dans les terrains secs et 
sablonneux; feuilles épaisses textiles. 

La racine bouillie est un excellent médicament contre la blennor- 
rhagie. 

Les indigènes s'en servent également pour les plaies et pour les 
maux d'oreille. 

Smilax Kraussiana. 

Kan-Kariman f M. ) . 

Petite plante épineuse et grimpante, très commune dans toute 
la Guinée. 

La décoction des racines est employée comme dépurative et diu- 
rétique. 

Lippia citriodora et Lippia sp. (Adoensis?). 

Verbenacées. 

Baé ou Bahé (F.), Diohouli (S). 

Plantes herbacées de la famille des verbenacées. excessivement 



40 ÉTUDES ET MÉMOIKES 

communes dans toute la colonie ; tiges de 1 m. oO à 2 mètres, à 
feuilles très odorantes. 

Existent en plusieurs variétés, les unes à odeur de verveine 
appelées citronnelles, d'autres à odeur d'armoise. 

Linfusion des feuilles est employée surtout pour les enfants 
comme laxatif-purg-atif. 

Les feuilles font un thé très aromatique, excellent contre le rhume 
et les maux de poitrine; il est pris également en cas de fièvre. 

Les feuilles bouillies servent aux fumigations et ablutions, ainsi 
qu en cataplasmes pour les maux d'oreille. 

Lophira alata. 

LOPHIRACÉE. 

Malanga (F.), Mené (S.), Mana (M.). 

Arbre moyen très commun dans la Basse-Guinée et le Fouta ; 
graine oléagineuse non comestible ; sert à faire du savon. 

La décoction de l'écorce en gargarismes et fumigations est 
employée contre les maux de dents ; l'infusion des jeunes pousses 
pour les maladies des voies respiratoires. En cas de fièvre, lotions 
et infusions des feuilles. 

Les jeunes tiges coupées en bâtonnets sont mastiquées et servent 
de brosses à dents (très employé). 

Lonchocarpus cyanescens. 

LÉfill MINEUSE PAPILIONACÉE. 

Liane à indigo. 

N'Gara Delhi (F.;, Garaha ou Kara (M.). 

Liane sarmenteuse très commune sur les plateaux du Fouta et 
au Kissi. Les feuilles pilées, qui servent à faire la teinture bleue, 
sont employées également pour les maladies de la peau. 

Indigofera tinctoria. 

N'Garé Tiéoûkoy (F.), Garé méri Yegué (S.). 
Plante à indigo employée aux mêmes usages médicaux que la 
liane à indigo. 



PLANTKS MÉDICINALES DK LA GUINÉE FRANÇAISE il 

Lonchocarpus senegalensis ou L. formosianus. 
Légumineuse papilionacée. 

Lilas du Sënég-al. 

Bel arbre à nombreuses grappes de Heurs violettes, coniniuii à la 
côte et en Haute-Guinée ; existe en plusieurs variétés. 

L'écorce pilée sert à guérir de la g'ale et des dartres. Elle sert 
aux ablutions des jeunes enfants; on la leur donne en infusion 
légère pour les purger. 

Lonchocarpus sp. 

Tenenko Noug-ou (M.). 

Arbuste très sarmenteux commun en Haute-Guinée, les feuilles 
en infusion servent de vermifuge. 

Loranthus sp. 

LORANTHACÉE. 

Plantes parasites genre Gui, excessivement communes sur les 
arbres; il en existe à la Guinée française un grand nombre d'espèces. 

Les indigènes emploient une variété à feuilles velues pour les 
maladies de la peau. Une autre espèce sert en infusion pour le 
rhume et les maladies de la poitrine. 

Manihot. 

EUPHORBIACÉE. 

Manioc doux et amer. 

Plante alimentaire cultivée dans toute la colonie par les indigènes. 

Le suc de la racine fraîche du manioc amer est toxique. Le manioc 
doux peut se manger cru. 

Avec la pulpe râpée des deux espèces on fait d'excellents cata- 
plasmes, elle remplace la farine de lin. La pulpe crue râpée se mel 
sur les brûlures, sur les mauvaises plaies et les ulcères. 

En cas de tîèvre ou de névralgie les feuilles pilées se mettent en 
compresses sur la tête. 

Métro (F.), Moké (S.). 
Plante du Fouta Djallon. 



42 ÉTUDES i:t mémoires 

Les feuilles macérées ou en décoction sont employées pour les 
maladies des enfants. 

Mitragyne africana ou Xauclea inermis. 

Rl BIACÉi;. 

Diou (M.), Kholi (F.). 

Arbre commun en Haute-Guinée, sur les bords du Niger dans les 
parties inondées. 

Est très employé par les Malinkés comme fébrifuge ; décoction de 
l'écorce et surtout infusion des feuilles. 

Les feuilles bouillies servent aussi aux fumigations et ablutions 
chaudes pour les boutons et éruptions. 

La décoction des feuilles est donnée aux femmes nouvellement 
accouchées. 

Ecoi'ce tinctoriale donnant une couleur jaune. 

Mitragyne macrophylla. 

Kl BIACÉE. 

Fofo (F.), Fofo (S.j, Popo (M.). 

Grand et bel arbre poussant dans les terrains humides et maréca- 
geux. 

Grandes feuilles servant à envelopper les noix de kola fraîches ; 
elles sont utilisées également pour les pansements. 

La décoction de l'écorce séchée et pilée est poivrée ; elle est admi- 
nistrée à l'intérieur contre les maladies du ventre et des femmes 
enceintes. 

Médicament renommé. 



Mitragyne 



SI). 



Tibé Popo F.), Fofo (S.). 

Arbre dans le genre du précédent, pousse également dans les 
marais. 

La décoction de l'écorce est employée pour les maladies des voies 
respiratoires. Pour les maux de poitrine : écorce séchée et pilée, 
mêlée avec du sel grillé et du piment à prendre par pri.ses comme 
reconstituant très usité. 



PLANTES MÉDIChNALES I)K LA (iLI^É^ FKANCAISE 43 

Monsonia senegalensis. 

Petite plante des terrains sablonneux, poussant en Haute-Guinée. 
La racine en décoction passe pour emniénag-og-ue. 

Morinda citrifolia. 

RUBIACÉE. 

Garba, N'Garba (F.), Bomboué (S.), Ouanda(M.i. 

Arbre moyen, commun dans toute la colonie, très employé par 
les indig-ènes comme médicament. 

La racine donne une couleur jaune rouge; elle est ajoutée à Tin- 
digo pour lui donner du ton et du ])rillant. 

La décoction des racines est prise à l'intérieur comme vomitif et 
aussi comme purgatif-laxatif. 

Les feuilles bouillies en lavages et fumigations contre la fièvre et 
les maux de tête. 

L'infusion des feuilles est considérée comme émolliente, calmante, 
rafraîchissante et stomachique. 

Moringa Pterygosperma . 

MORIiNGACÉES. 

Ben ailé. 

Arbuste très commun dans les villages, surtout en Haute-Guinée 
et vers le Soudan. 

Graines oléagineuses et feuilles comestibles. 

L'écorce de l'arbre, et surtout des racines, est rubéfiante ; elle est 
employée pilée comme sinapisme ou vésicatoire. La racine pilée, 
mêlée avec du sel sert de cataplasme pour faire mûrir les tumeurs, 
on s'en sert aussi comme antiscorbutique. 

L'écorce et les feuilles pilées ensemble sont appliquées sur la 
tête pour guérir les névralgies. 

N'Daka (F.). 

RUBIACÉE. 

Arbre moyen à branches verlicillées par étage est retombantes ; 
fleurs blanches à odeur forte et fétide. Existe surtout sur les hauts 
plateaux du Fouta. 

Les feuilles bouillies sont données en infusion et en lotions 
chaudes pour les maladies de la poitrine. 



44 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Pour le bétail : les feuilles pilées avec du sel sont administrées 
aux moutons qui toussent (Diopé en Foula). 

Daka (F.). 

Autre arbre du même genre et de la même famille, mais n'ayant 
pas le même port. 

Mêmes emplois que le précédent. 

Est très commun aux environs de Pita. 

Nympheea stellata et N. ceerulea. 
Nympheacées. 

Nénuphars roses et bleus. 

Koulou Koulou et Koulou Dion (M.). 

Plantes très communes dans les ruisseaux et marais, surtout au 
Fouta et en Haute-Guinée. Les rhizomes et les graines sont comes- 
tibles et consommés partout par les indigènes. 

L'infusion des tiges et des racines est considérée comine émol- 
liente et diurétique; elle est prise contre la blennorrhagie et pour 
les maladies des voies urinaires. 

La décoction de la fleur est narcotique et antiaphrodisiaque. 

La racine sert dans la teinture. 

Ochna sp. et 0. membranacea. 

OCHNACÉES. 

Findia (M.). 

Arbustes assez communs dans les sous-bois au bord des ruis- 
seaux. 

Les feuilles bouillies servent en lotions chaudes et fumigations 
contre la fièvre et le rhume de poitrine. 

Ocimum album, 0. Basilicum ou 0. febrifugum. 
Lauiées. 

Basilic. 

Sosso Guena et Sou guen lira (M. ), Soukora (F. . 

Plantes très communes partout autour des villages, dans les 
terres cultivées; existent en de nombreuses variétés de diverses 
tailles. 



PLANTES MÉDICINALES DE LA GUINÉE FRANÇAISE 45 

Les feuilles très aromatiques, servent dans la cuisine, les sauces 
indigènes, mais sont employées surtout comme médicament. 

Les noirs et même les européens en font une infusion en guise 
de thé. 

La décoction des feuilles et des tiges sert aussi pour les catarrhes 
des enfants, pour les névralgies des adultes, pour le lavage des 
veux et pour les affections néphrétiques. En cas de fièvre, lotions, 
fumigations et infusion des feuilles. 

Une variété (Sosso Guena) est brûlée dans les cases pour chasser 
les moustiques; une autre variété est très cultivée au Fouta pour 
ses graines oléagineuses qui servent dans la cuisine. 

Oncoba spinosa. 

BïXACÉES. 

Arbre aux tabatières. 

Arbre moyen, assez commun dans la Haute Guinée. 
Les racines servent de médicament aux indigènes pour les mala- 
dies de la vessie. 

[A suivre.) H. Pobéguin, 

Administrateur en chef des colonies. 



LE MAÏS AFRICAIN 

(Suite.) 



Il est H remarquer, que le maïs exporté par la Nigeria, provient 
exclusivement des protectorats du Lagos (Western Provinces) et 
que les provinces centrales et orientales n'en prodviisent pas. Elles 
possèdent cependant de vastes étendues propres à cette culture, où 
les palmeraies sont peu nombreuses ; mais il y a lieu d'admettre 
que jusqu'à ce que le commerce consente à en acheter, tous les 
etTorts faits pour amener les indigènes à produire du maïs resteront 
sans effet. 

Région des Eghas. — Les parties du gouvernement de l'Alake 
qui produisent du maïs pour l'exportation se trouvent au sud d'une 
ligne idéale qui irait de Washimi sur la voie ferrée à Mokoloki sur 
le fleuve Og'oun. Elles expédient cette céréale par les gares de la 
voie ferrée dOtta à Washimi et par l'Ogoun dont les sorties nous 
sont indiquées par le poste douanier installé à Isheri. 

Au nord de cette ligne lexportation est insignifiante, c'est ainsi 
que l'ensemble des stations de Washimi à Eruwa road ne dépasse 
pas L30 tonnes, pour un total de 6.283 tonnes. Je ne crois pas qu'il 
y ait lieu d'escompter pour cette région un fort accroissement de 
production ; elle est en effet dans une grande partie de son étendue 
couverte dune véritable forêt de palmier, en outre les habitants 
s'adonnent volontiers à la culture de l'igname et du manioc dont la 
vente est très rémunératrice. 

Région cTIbarlan. — Les environs immédiats d'Ibadan ne pro- 
duisent pas de maïs ; les sols y sont trop appauvris par les cultures 
vivrières et les rendements du maïs y sont très faibles. Aussi fait- 
on surtout du coton et du sorgho (Guinea coin). Il faut aller jusque 
dans les vallées mêmes que recoupe le chemin de fer, h l'Est et à 
l'Ouest pour en trouver de vastes cultures. La portion du raiKvay 
(jui va de Lalupon à Oshogbo j)araît notamment traverser des régions 
fort intéressantes à ce point de vue. 



LE MAIS AFRICAIN 47 

Région de Badagry. — Les cultures y sont développées dans les 
excellentes terres que l'on trouve dans le bassin du Yewa et en 
arrière de la zone marécageuse qui s'étend tout le long- des lagunes. 
La presque tôt dite de ce mais est porté à Badagry oîi deux maisons 
allemandes l'achètent ; les indigènes eux-mêmes en portent à Lagos 
soit de Badagry, soit des marchés secondaires dijo et Wosso. 

Région des Jehus. — Les territoires Jebus qui s'étendent en 
arrière de la lagune Est jusqu'aux États d'Abeocouba et d'Ibadan, 
et à l'Est jusqu'à la grande forêt, est à mon avis la région d'avenir 
pour cette culture, dans les Western Provinces. Ils possèdent encore 
de grandes étendues de forêt et leur population est éminemment 
laborieuse et agricole . Les principaux ports lagunaires sont Ikorodu 
près de Lagos et Epe à l'autre extrémité. 

En résumé donc, au Lagos, l'accroissement de la production, doit 
êtie considéré comme certain par l'extension des cultures dans les 
régions traversées par le chemin de fer et dans la riche et industrieuse 
région des Jebus. Il n'est d'ailleurs pas de colonies où le gojiver- 
nement entretienne avec autant de soins la viabilité des cours d'eaux 
navigables et multiplie aussi activement tous moyens de transport. 
D'autre part, la réussite des travaux en cours, destinés à permettre 
l'accès du port intérieur de Lagos aux cargos de haute mer, feront 
de cette ville l'emporium de toute cette côte et le port d'exporta- 
tion de tous les maïs produits depuis le bassin de l'Ouémé jusqu'aux 
régions de grande forêt à l'Est. 

Achats, transports. — Les achats de mais, et par suite les expor- 
tations, se font tout au long de l'année. Les cultures de la grande 
saison de pluies fournissent leurs premières récoltes au début de 
juin, les dernières en août. Celles de petite saison de pluies pro- 
duisent de la mi-décembre à fîn janvier. Les cultures de terres inon- 
dées, à toute époque des deux saisons sèches et principalement 
pendant la grande. 

Si l'on ajoute à cette continuité de production, le fait que les indi- 
gènes font souvent des réserves dans l'attente de cours élevés, on 
aura les raisons pour lesquelles l'exportation est continue. 

Il y a deux ans encore, la période des gros achats ne s'étendait 
guère que de septembre à décembre ; aujourd'hui elle se reporte 
jusqu'en février et mars de l'année suivante, surtout pour les régions 
voisines des lagunes et des cours d'eau. 



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LE Mais ai-kicain l9 

(A partir de 1908, le service des douanes du Togo n"a plus enre- 
g'istré séparément les sorties de Lomé et d'Anecho. Les sorties 
de Lag'os ne comprennent pas les arrivag-es de Porto-Novo par 
lagune. ) 

Les points dachat du maïs se trouvent soit sur les lagunes et cours 
deau navigables, soit sur les railways ; il s'en crée de nouveaux 
tous les ans. Au Dahomey, ce sont : Porto-Novo, Adjara, Avrau- 
kou-Lakété ; Zivié-Yévié ; Afîanie-Asaouissé-Dako pour la région 
Est de la colonie. Les gares du chemin de fer jusqu'à Bohicon, 
Tore et Savi pour la partie centrale; Grand-Popo, Segbohoué, 
Iloueyogbé, Bopa, Athiémé, Locossa pour la région du Mono. 

Tous ces maïs n'arrivent en général qu'en seconde main aux 
exportateurs ; ils sont achetés sur les marchés et dans les cases indi- 
gènes par des revendeurs locaux qui les portent aux maisons de 
commerce. Il est très difficile de connaître leurs prix d'achat car ils 
se servent de mesures fantaisistes, qu'ils modifient selon le degré 
d'intelligence du vendeur. En général, ils prélèvent une commission 
de ') à 10 francs par tonne. 

Les prix de vente varient : 

a) Selon la distance à la cote des marches. 

Les prix moyens en 1908 furent par tonne de : 75 à 80 francs à 
Porto-Novo, 65-70 à Sakété, 55 à 60 à xAUada, 50 à 55 à Bohicon, 
45 à 50 à Bopa, 55 à 60 à Ouidah. 

b) Suivant la saison. — Dès le mois d'avril, les maïs se fo.it rares 
et les prix s'élèvent malgré la qualité de plus en plus défectueuse 
de la marchandise qui est fortement charançonnée. Les cours sont 
maxima en fin mai; à Allada en 1909. le maïs valait, en mars, 55 
h 60 francs la tonne, fin avril 67 fr. 50, fin mai 75 à 80 francs. 

Les premières récoltes de juin rétablissent des cours plus nor^ 
maux, quoique encore élevés à cause de la pénurie de maïs. 

Dès ce moment, les vieux stocks indigènes vendus à la hi\te 
tombent à une cote très inférieure, 

A Allada, en juin 1909, les maïs nouveaux valaient 60 à 65 francs, 
ceux de la récolte précédente 40 francs la tonne, 

c) Suivant les fhiefuations du marche' des crains en Europe. 

De ces divers facteurs locaux et extérieurs, résultent des eam* 

Hiil. lin .lnrflin roloiiiiil mil, U. — N" 100. 4 



50 ÉTUDES I:T MÉMOIRKS 

pagnes assez mouvementées, dont on peut avoir une idée par les 
indications suivantes qui caractérisent la physionomie de la cam- 
[)agne 1907, 

Janvier a .11 i.\. — Diminution progressive des achats; les graines 
de la précédente récolte sont conservées pour FaHmentalion de la 
saison sèche et du début de la saison des pluies. 

Sur le marché de Hambourg, la cote suivant la hausse générale 
des céréales et plus particulièrement des blés, passe de 1 12 fr. ."0 la 
tonne (en vrac ou brut pour net si ensaché) à 141 fr. 2o, 

Juin a septembre. — Les noirs ont commencé la récolte des maïs 
précoces qui sont consommés grillés ou cuits à l'eau : les stocks de 
réserve sont écoulés et relèvent le mouvement d'exportation. 

A Hambourg, par suite de gros arrivages et d'ollVes pressantes 
de la mer Noire et de la Plata, les cours tombent subitement en 
août à 12o fr. 75, les sortes secondaires à 106-100 francs. 

Fin août, les cours remontent à 137 fr. 50 avec tendance ferme à 
la hausse. 

Septembre. — Les premières récoltes sont rapidement achetées et 
expédiées à Liverpool et Hambourg, grâce à la bonne tenue du 
marché. 

Le cours à Porto-Novo est de 70 francs la tonne, de 60 à Kouti; 
on achète surtout à Avrankou, Kouti, Sakété. A Hambourg les cours 
remontent à 141 fr. 25. 

Octobre. — La cote en Europe monte à 160 francs; sous cette 
intluence l'exportation passe à 1.875 tonnes et le prix sur place à 
75 francs. Porto-Novo est bien approvisionné par les arrivages de 
Zivié et Sakété. 

Sur la fin du mois, le marché européen ayant faibli et le cha- 
ran^onnage gagnant les réserves, le prix sur place tombe à 70 
francs. 

Novembre et décembre. — Le marché européen subit des tluctua- 
tionsavec une tendance faible en général, il reste calme en décembre 
à 1 ilJ-145 francs. 

L'exportation du dernier mois monte à 2.343 tonnes contre 80 en 
1907. 

Les cours sur place restent à 65 francs. 

Dans quelques régions de la côte, les cultivateurs pressés d ar- 



LE MAIS AFRICAIN 



51 



gent réalisent toule leur récolte au point d'en manquer même 
pour leur nourriture. Il en a été souvent conclu que l'exportation 
libre du maïs constitue un danger. 

Je ne le pense pas. 11 ne faut pas oublier que les récoltes de 
mais se suivent dans chaque région à moins de six mois d'intervalle, 
qu en lin de saison sèche les maniocs sont mûrs et que les ignames 
constituent un second appoint pour l'alimentation. 

Les récoltes sont très régulières, les invasions de sauterelles 
rares et par suite les craintes de disette prolongée paraissent 
vaines. 

Il est très réel que les commerçants en achetant le maïs, ont fait 
monter considérablement les prix ; les indigènes connaissent le pain 
cher. Une telle situation qui pourrait être grave en Europe, dans 
les grands centres, ne l'est pas en Afrique pour les raisons sui- ; 
vantes : 

a) La plupart des familles habitant les centres possèdent des 
champs de culture ou peuvent en posséder sans acquisition de ter- 
rains. 

h ) Les salariés vivant hors de leur famille sont assez rares ; le 
prix de leur nourriture, toutes proportions gardées, ne représente 
qu'une faible partie de leur salaire. 

Tarifs de transports. — Il est intéressant de comparer les prix 
de transport pour le maïs, sur les différents chemins de fer et cours 
d'eau et de se rendre compte jusqu'à quelle distance des ports 
d'embarquement, les conditions actuelles permettent la culture du 
maïs. 

Pour les voies ferrées, le tableau ci-dessous permet une intéres- 
sante comparaison entre le Dahomey et la Nigeria. 

Sur le railway Lagos-Oshogbo, le maïs acquitte les prix de trans- 
port suivants. Pour Lagos : 



D'Agege, soit pour 


20 kilom. .. 


4fr 


.15 


D'Ifo 


50 


. \i\ 


70 


D'Arigbajo — 


55 


. ii, 


85 


De Papalanlo — 
D'Ibadan — 


65 ( 
200 / * ■ ' 


. 13, 


10 


D'Olodo 


217 


. u. 


35 


De Lalupon — 


227 


. 14, 


85 


D'Iwo 


248 


. 16, 


35 


D'Oshogbo — 


300 


. 19, 


65 



'iZ 



ÉTtJDES ET .MÉMOlftËS 



Sur le railway de (^otonou à Sakété. le maïs ac([uitle sur les 
100 premiers kiloiii., une charge de 0,10 la T. K., de 100 a 200 kiloiu. 
Olr. 05) et de 200 au deli. O.OS. 



:!• 



Comparaison des pi'i.r de transport. 













An 1); 


liiomey 


Pour 1111 piiinl 
distant du 


Au I 


.agos 










I "ne loniic 


Soit pai" 


terminus de: 


Soit par 


l'iie loniie 


paye 


T. K. 




T K. 


\M\\c : 


2 Ira 11 es 


l 

0.10 * 


20 kiluiuèlrcs 


0.22 


1 . 1 5 


.) — 


50 — 


0.21 


10.70 


m 


( 


100 — 


0.1.3 


I.VIO 


lo. 50 


o.ov» 


1 50 — 


0.087 


13.10 


18 — 


200 — 


0.066 


13.10 


2(1 — 




250 — 


0.065 


16.35 


21 — 


0.08 ; 
1 


:!oo — 


0.065 


10 65 



Les tarifs du Lagos, comme on le voit, dilVèrent sensiblement 
des nôtres dans le principe même de leur établissenu-nt. Au liesu. 
d'être proportionnels à la distance parcourue, ils sontlixes poui- une 
fraction importante de la voie (du 65® au 200" klm.). Il en résulte 
que si sur le chemin de fer du Dahomey, les maïs sont très favo- 
risés du l®"" au 100*^ klm., au Lagos ils le sont particulièrement au 
delà du 1 oO^ 

Il faut voir là la raison du développement de cette culture jus- 
qu'au delà d'Oshogbo à plus de '300 klm. delà côte. 

Sur les rivières et les lagunes les prix sont les suivants par 
pirogues indigènes : 

!i) Sur lOijoun. DWbeocoiita à Lagos, le liansport d uni' tonne 
coûte 7 francs environ, par raihvny il reviendiait à 13 fr. 10. l)i" 
Mokoloki sur Lagos, le coût est d'envii-on ."{ Ir. ."iO. Les transports 
sont efîectués à la saison des pluies pai- de grands eanols indigènes 
portant aisément 4 tonnes, on les loue à raison de 2") francs par 
voyage aller et retour d'Abeocouta à Lagos, jjour une durée de !l 
jours. Elles sont habituellement conduites jiar deux piroguiers qui 
sont payés chacun environ 20 francs. 



LK MAIS AFRICAIN 



o3 



b) Sur rOuémp. De Sag^ou, point extrême de la navigation, on 
pave 10 francs pour le transport d'une tonne et demie jusqu'au maj^- 
ché d'Affamé (5 frarics la pirogue et autant les piroguiers). 

D'Affamé à Porto-Novo, le transport d'une tonne 9 fr. 50 en sai- 
son sèche et 7 fr. oO en saison des pluies. 

D'Azaouissé, le coût est de 6 fr. 25 par tonne toute l'année. 

Dès marchés de la Sô, de Zivié et Yévié, le coût est également de 
6 fr. 25 par tonne. 

c) Sur le Mono. En période de crue, seule époque où il soit pos- 
sible de transporter économiquement le maïs, le transport coûte de 
Athiéméà Grand-Popo. 10 francs la tonne. 

' 'i'^ (i. — Commerce extérieur. 

f.a concentration des maïs vers la côte, se fait soit par railways, 
soit par transport en pirogues. Le grain est ensaché et embarqué 
soit k l'aide de wharfs comme à Cotonou et Lomé, soit k laide «le 
petits cargos ou branch-boats qui passe la barre à Lagos et chargent 
sur les cargos de haute mer en face de Lagos ou k Forcados ; soit 
enlin parle passage delà barre en canots comme à Ouidah et Grand- 
Popo, < 

Les ports principaux d'exportation sont par ordre d'importance : 
Lagos qui assure l'expédition des maïs des provinces Ouest de la 
Nigeria et de ceux qui se concentrent k Porto-Novo. Ces derniers 
proviennent de la région de Sakété, de l'Ouémé et des marchés de 
livié et Yévié ; ils forment environ la moitié de la production du 
Dahomey. 

Anecho et Lomé qui exportent les mais du Togo, enfin Cotonou 
et Grand-Popo pour le centre et l'ouest du Dahomey. 

Ce sont, même au Dahomey, principalement les naisons alle- 
mandes et anglaises qui achètent le maïs. 

Les ports européens qui les traitent sont : Hambourg et Liverpool, 
les marchés franc^-ais n'y participent que pour un chiffre insignifiant. 
Quelles en sont les raisons ? Il est assez facile de les discerner. Les 
cours ne diffèrent pas d'une manière très sensible entre ces divers 
marchés; d'autre part on ne peut objecter ni le droit d'entrée, ni 
les frais de manutention et de port plus élevés qui frappent les maïs 
k leur entrée en France, ces frais s'appliquent indistinctement ii 
tous les maïs d'introduction. 



o4 ÉTiDKs irr mémoires 

Une des causes plausibles est que Bordeaux et le Havre qui sont 
plus particulièrement reliés à la côte du Bénin, sont des places com- 
merciales de troisième ordre pour les matières jj^rasses (huiles, 
amalides), qui constituent le principal élément d'exportation du 
Dahomey. 

Il en résulte que les maisons de commerce de cette colonie ont 
des représentants ou des bureaux à Marseille. Liverpool et Ham- 
bourii^ et n'en ont pas au Havre et à Dunkerque. 

Hlles dirif^ent leurs produits sur les places où leurs intérêts sont 
défendus directement. 

Par ailleurs si les frets déclarés sur les ])orts de France, sur 
Hambourj^ et Liverpool sont les mêmes, personne n'ig-nore qu'entre 
les maisons de commerce et lesCompaj^nies de navigation, existent 
des ristournes d'autant plus élevées que les premières s eng-agent 
à leur contier la plus grande partie ou l'ensemble de leurs produits : 
huiles, amandes, maïs, tous produits (pie Liverpool et Hand)ourg 
absorbent avec une égale facilité. 

On doit joindre à cela une su[)(''riorité numérique très sensible 
dans l'armement des Compagnies allemandes et anglaises. 

Enfin, les négociants de la côte sont unanimes à déclarer que les 
marchés étrangers sont moins exigeants que les nôtres et ne font 
pas de réfactions aussi élevées sur les envois qui leur sont effectués. 

H. — Défauts commerciaux du maïs africain. 

Le maïs africain, tout comme celui de l'Argentine et de l'Amé- 
rique du Nord, présente un défaut très grave, l'humidité et un 
autre moins sérieux, le chtu-ançonnage. 

H[ MiDiTÉ. - Fermentation. — Ce défaut se développe dans les 
envois de mars dont le taux d'humidité est trop élevé par suite de 
causes diverses, qui entrent en fermentation à bord des navires et 
arrivent en Europe dans un état de désagrégation qui en diminue 
considérablement la valeur. 

A proprement parler, et au point de vue du marché seulement, 
c'est le seul défaut sérieux reproché au maïs. Il résulte des causes 
suivantes : 

a) Pluies continues au niornen/ de la récolle. — Ce cas s'est 



LI-; MAIS AIRICAIN OO 

produit en 1907 et 1909 au Dahomey et en 1908 au Lagos et au 
To<>;-o où les maïs subirent de ce fait une forte dépréciation. 

b) Maturité insuffisante. — Les indigènes pressés de récupérer 
le fruit de leur culture, récoltent toujours avant maturité au début 
de la campagne (juin-juillet). Ils en tirent un double avantage, 
celui de cours encore élevés et celui de la différence de poids du 
maïs frais et du maïs sec. 

c) Exposition aux pluies du maïs, de V achat à rembarquement. — 
Due à l'absence parfois totale de magasins tant aux gares des che- 
mins de fer qu'aux ports d'embarquement, également à linsufTisance 
du matériel roulant couvert sur les raihvays. 

Dans le transport par voie d'eau, le maïs souffre également du 
mouillage dans les canots indigènes. 

d) Mouillage à rembarquement. — L'absence totale d'aména- 
gements aux ports d'embarquement amène le mouillage des maïs 
entassés sur les wharfs avant larrivée des cargos. Dans le trans- 
bordement par canots, il en est de même aux époques où les pluies 
sont encore fréquentes. 

A plus forte raison dans les expéditions faites à travers la barre, 
les maïs risquent-ils d'être mouillés par les paquets de mer. J'ai 
vu à Grand-Popo des chargements entiers complètement mouillés, 
à destination de Hambourg. 

Le peu de soins apportés par nombre de maisons de la côte et 
principalement par les maisons allemandes a amené de la part des 
marchés d'Europe, surtout de Hambourg, de vives récriminations. 

Les maïs de Lomé même, jusqu'ici réputés les meilleurs, furent 
sévèrement jugés en 1908. 

Les compagnies d'assurance de leur côté, en présence de faits 
aussi significatifs, ont refusé progressivement d'assurer les charge- 
ments faits dans de pareilles conditions. 

Charançoxnage. — Le maïs africain est comme celui des autres 
provenances, en particulier le maïs argentin, l'hôte de nombreux 
parasites, toujours les mêmes d'ailleurs. 

Trois d'entre eux sont des coléoptères : les Calandra orizse et 
Granaia et une bruche ; un autre signalé récemment mais peu 
fréquent serait le Gelechia cerealella. 



o6 ÉTUDES i:i AIÉMOIRES 

J.e parasite le plus fréquent est le Calandra orizae qui s'attaque 
à toutes sortes do graines et matières farineuses dans les mag'asins 
et entrepôts. 

Il est supposé oriii^inaire des Indes et jouit dans les pays tropicaux 
d une vitalité et dune prolificité extraordinaires. 

Dès que les maïs encore tendres arrivent dans les magasins des 
indigènes ou des acheteurs, lés calandres qui y vivent par milliers, 
percent le grain sur la face il'adhérence à la rafle et y pondent un 
ou plusieurs œufs. 

Les larves se développent aux dépens des grains, se transforment 
en pupes puis en insectes parfaits qui s'échappent en coupant dans 
la paroi dure des grains, de petits trous ronds. 

..D'après M. R. \e^vstead, le cycle complet pour les tropiques 
serait au minimum de 21 jours. 

Chaque femelle dépose 250 œufs en moyenne et Curtis estime 
(ju'un couple de calandres, dans le sud de la France, peut en cinq 
mois produire 6.000 individus. 

^L.a première condition de leur développement est l'emmagasinage 
deigiains incomplètement mûrs, par suite très tendres, et dévelop- 
pant, dans l'emmagasinage, une chaleur plus considérable. 
.La seconde est 1 aération qui fait qu'en sacs, le maïs est sensi- 
blement {)lus atteint qu'en vrac. Cette constatation faite par tous 
\e<, commandants de bateaux a amené labandon du pelletage et tics 
cheminées d'aération qui étaient quelquefois disposées dans les 
chargements. ; • ', 

Les causes d infection se trouvent au lieu d'origine par le séjour 
dans les magasins, l'usage de sacs infectés, entin le mélange de 
vieux grains avec les grains indemnes des nouveaux achats. 

Dans les paragraphes précédents, j'ai fait ressortir les défectuo- 
sités et les dangers que présente le système actuel de la production 
du maïs. ■ 

Issue de conditions très favorables du marché des grains, elle 
s'est développée trop rapidement pour (|ue les négociants et les 
pouvoirs publics aient eu jusqu'ici le temps de la régulariser et de 
lui faire acquérir des caractères de permanence. 

Elle apparaît avec tous les défauts (jue lui ont imprimés d'une 
part, le .système de culture indigène qui l'a créée et de l'autre les 
moyens de fortune qui ont permis son écoulement. Dans ces deux 
ordres d'idées, il est un certain nombi'e d'améliorations qui seront 



\A-: MAIS AFRICAIN Oi 

apportées ii la production du maïs au fur et à mesure du dévelop- 
jjement économique des régions côtières, mais il est d'autre part 
des mesures qu'il importe de prendre dès maintenant soit dans le 
domaine purement commercial, soit en collaboration de cet élément 
avec les pouvoirs administratifs. 

Yves Hknry, 

Directeur de VAçjriculture 
. \^ ('Il Afrique Occidentale frnnrnise. 



Ir;* 



■^ I! 



■ t ■ ; •/ I 



COUHS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 

[Suite.) 



Nature de la membrane des cellules lù/ni/iées. — Les membranes 
des cellules lignifiées sont formées par une trame cellulosi(jue ' 
imprég-née d'une matière particulière, qu'on a appelée la lignine, 
qu'accompag-nent des éléments accessoires, matières minérales et 
azotées. 

C^e sont les recherches de Czapeck qui ont le mieux caractérisé 
jusf[u'à présent la substance lignifiante ; ce savant est en efl'et 
parvenu à extraire du bois une matière qui présente toutes les 
réactions des membranes lignifiées et à laquelle il a donné le nom 
d'hadromal '. 

Pour obtenir l'hadromal, on traite du bois par une solution 
concentrée de bichlorure d'étain ; le bois est décomposé, puis ag-ilé 
ensuite avec du benzol; l'hadromal se dissout dans le benzol et, en 
recommençant plusieurs fois l'opération, on arrive à l'extraire dune 
façon complète. En combinant avec le bisulfite de sodium le corps 
dissous dans le benzol, on peut l'obtenir cristallisé; cette facilité de 
combinaison avec le bisulfite, indique qu'on a affaire à une aldéhvde 
et certains caractères montrent que c'est une aldéhyde aromalicpie. 

L'hadromal ne constitue qu'une faible portion du bois, 1 à 2 °/„ 
de la substance sèche, mais présente bien d'une manière rigoureuse 
toutes les réactions colorantes spéciales aux membranes lij^nifiées. 

Une certaine (juantité d'hadromal se trouve à l'état libre dans le 
bois et on peut l'extraire facilement, sans traitement préalable, par 
ses dissolvants ordinaires (benzol, xylol, éther); mais ce corps y 
est surtout a l'état de combinais;). i élhérée qu'on décompose connue 
nous venons de le voir par l'action du bichlorure d'étain concentré 
et bouillant. 



1. Cette trame cellulosiqiio rcnffinio d'ailleurs d'aulres hydrates de carbone (\uo la 
celhdose proprement dile. 

2. Synonyme de lij^nine. 



COURS DK BOTAMyUI-: f.OI.OMALE APPLlQUIiR oîl 

Réacliona des membranes lùfiii/iées. — Nous avons déjà signalé 
dans un précédent chapitro, d'une manière rapide, les réactions des 
membranes lignifiées ; mais nous pensons qu'il est utile d'y revenir 
ici, avec plus de détails, à cause de la variété de ces réactions et 
des ressources qu'elles peuvent offrir pour la diag'nose des bois. 

1. HÉACTIKS agissant sur la I.IGMNK lilXK-Mh'-.MK. 

a) Un g-rand nombre de phénols en dissolution aqueuse ou 
alcoolique colorent le bois en présence de l'acide chlorhydrique 
concentré. 

Dans ce g-roupe la réaction t\ pe est celle donnée par la phloro- 
fflucine '. que nous avons déjà signalée; on obtient une teinte rouge 
vineux. 

On obtient pareillement des colorations rouges de teintes diffé- 
rentes, en employant le pyrrol et Vinclol, violettes avec Vorcine et 
la résorcine, vertes avec le /ili'nol, le naphtol, le thymol, etc. 

b) Un grand noml)re de s.ds d'ainines aromati({ues en solution 
neutre ou légèrement acide donnent aux membranes lignifiées une 
teinte jaune; C3 sont surtout des sels d'aniline et en particulier le 
sulfate d'aniline dont nous avons vu le mode d emploi. 

c) Héactifs .agissant sur les j)roduiis résultant de la réduction de 
la lignine ou des combinaisons de celle-ci avec certaines bases 
métalliques (R. Combes) -, 

La réaction type de cette catégorie s'obtient de la manière sui- 
vante : 

Les matériaux sont placés dans un flacon à large goulot, renfer- 
mant 1 gr. d'oxyde de zinc en suspension dans 30 gr. d'eau; ce 
flacon est maintenu pendant une demi-heure au bain-marie bouil- 
lant. Puis les matériaux sont lavés et placés dans une solution 
saturée d acide sulfhydricjue, pendant cinq minutes ; on les lave 
ensuite et, en les traitant par l acide sulfurique concentré, on obtient 
ainsi une belle coloration rouge des parois lignifiées, qui vire assez 
rapidement au rouge orangé. 



1. Parfois l'acide chlorhydrique seul donne la coloration rouge; c'est que le tissu 
ligneux contient lui-même de la phloroglucine. 

2. R. CoMUES. Sur un nouveau (fronpe de réactionn de la lignine et dex membranes 
hyniliées Bull. Se. pharmac, 190fi . 



60 ÉTUDES KT MÉMOIRKS 

(I) liéMctifs (le la lignine oxydée K Ces réactions très faciles à 
réaliser sont fort intéressantes au ])<)int de vue de la dia^nose des 
tissus lignifiés, bois et fibres textiles, car elles donnent des échelles 
de teintes assez étendues suivant les matériaux employés; malheu- 
reusement, il n'en a ('-té fait jus(|u'à présent aucune étude systéma- 
tique . 

La première réaction de ce j^enre a été sig-nalée en 1 110(1 par 
Mâulk. On laisse séjourner les matériaux pendant cinq minutes 
dans une dissolution a I "/o de ])ermanganate de potassium; on 
lave à l'eau puis à l'acide chlorhydrique étendu, jusqu à décolora- 
tion complète; après un nouveau lava<^e à l'eau pour éliminer 
complètement l'acide, on traite par la dissolution ammoniacale ; 
les parois lignifiées prennent alors une belle coloration rouge, 
rappelant celle (pie l'on obtient par la fuchsine ammoniacale. 

Il est certain (jue le permanganate agit comme oxydant et cpic 
son action est nécessaire, car, si Ion oiuet la première partie de la 
réaction, on n'obtient aucune coloration ; sans vouloir être troj) 
précis, on peut dire que la substance colorable par l'ammoniaque 
est produite aux dépens de la membrane lig-nifiée, sous l'influence 
oxy'dante du permang-anate. . • ' ■>'■' 

Géneal- dk Lamarlièrh a montré, d'ailleurs, qu'on peut remplacer 
lé permang-anate par un <^rand nombre d'autres oxydants; on 
obtient des résultats analog'ues, mais non identi(|ues. i •' 

L'acide azotique fumant communique directement à la substance 
ligneuse une coloration jaune-brun, s'afVaiblissant lorscjue l'action 
est prolongée; les matériaux lavés et traités par ranimoniaque 
prennent instantanément une teinte qui peut varier du jaune à 
l'orangé très vif suivant les bois ou les fibres considérés; ayant eu 
l'occasion d'observer cette réaction bien avant qu'elle fût signalée, 
j'ai pu c )nstater que le traitement intermédiaire par l'acide chlorhy- 
drique est ici parfaitement inutile et que l'échelle de teintes est 
assez étendue pour donner des indications décisives dans bien des 
cas. L'action de l'acide azotique est pour ainsi dire instantanée; 
car, dès qu'elle se pi-olonge un tant soit peu, la coloration jaune 
finale perd de son intensité, jus({u'à devenir presque nulle après un 
contact de quelques jours. La substance oxydée par l'acide paraît 
donc s'y dissoudre facilement. 

1. Ces réaclions ont éic pat-liciiliiTcinciil ("fiidiées pai- Gûnkah i>k I,am.\iu.ii:hk 
{Rechercher sur ijneUincs rrnclions ilcx infinlimncs Uiiiujicfs. \\v\ . '^én. de Iml.. l'.to.! . 



COtRS UE BOTANIQUE COLOINIALE APl'LÏQUEE Gj 

L'action successive de Ihypochlorite de potassium uddiliouné 
d un peu de potasse, de l'acide clilorhvdrique et de l'ammouiac^ue 
donne une coloration jaune d'or, d'autant plus nette que le premier 
réactif ne coniniuni([ue aux matériaux lignifiés aucune coloration , 
propre, capable de modifier la teinte finale. L'action prolongée de 
rhvpochlorite ou l'emploi de solutions très concentrées diminuent 
encore ici l'intensité de la coloration. 

L'acide chromique donne un résultat analogue à celui que fournit 
le permanganate; on emploie de préférence une solution à o "/o; 
cependant, la coloration jaune sale communiquée directement aux 
matériaux par l'acide chromique résiste même au lavage à l'acide 
chlorhydrique et dénature la teinte finale. 

Le liquide de Hofmeister (solution saturée de chlorate de potas- 
sium, dans laquelle on verse de l'acide chlorhydrique) a une action 
oxydante beaucoup plus énergique que les réactifs précédents. Si 
on ne verse que peu d'acide dans la solution de chlorate, il y a peu 
de chlore libre, la réaction est lente et l'on n'obtient qu'une teinte 
finale jaune pâle. Si le liquide est au contraire riche en chlore libre, 
l'oxvdation est plus forte et on obtient finalement une coloration 
rouge intense. 

Remarque I. — Dans les réactions précédentes, lorsqu on se 
place dans les conditions voulues pour obtenir une coloration 
finale intense, on observe que la solution ammoniacale se colore 
comme la substance ligneuse, ce qui indique la dissolution dune 
partie de la matière colorable. Or, on sait, d'après les travaux de 
Fremy, que l'oxydation des membranes lignifiées amène la vascu- 
lose ' à l'état d'acides résineux solubles dans les alcalis ; il est donc 
probable que la substance colorable fait partie intégrante de ces 
acides résineux. 

Heniarijue II. — On peut dans les réactions examinées remplacer 
l'ammoniaque par une autre base ; une solution fail)le de potasse, 
de soude Qu même d'un carl^onate alcalin, donnent le même résul-. 
tat ; les, solutions alcalines dissolvent d'aiU'urs, tout comnie l'am- 
moniaque, la substance colorable. 

Bemarqiic III. — La réaction de Maule et les similaires ne 
semblent pas toujours se faire en raison directe de la lignification, 
au moins autant que cette dernière révélée par l'intensité de la 
coloration à la phloroglucine. 

I. Cette vasculose est itleiiliquc » hi li;^iiiiie. 



62 KTL'DES ET MÉMOIHES 

Hcinanjue IV. — Enfin, si l'on traite parallèlement parla phloro- 
!L,''lucine et par le pr.)cédé de MiUile des matériaux qui ont subi pen- 
dant des temps de plus en plus longs l'action de solutions de plus 
en plus concentrées de permanganate, on constate que les colora- 
tions rouges obtenues dans les deux cas ont des intensités variant 
en sens inverse. Plus on oxyde, moins on a de coloration avec la 
jdiloroglucine et plus on obtient une teinte vive avec l'ammo- 
niaque. 

11. Réactifs agissant slr les composés azotés 
(jui accompagnent la lignine dans la membrane. 

Parmi ces réactifs, il faut signaler principalement le vert d'iode 
et la fuchsine ammoniacale qui se fixent à la fois sur les membranes 
ligniliées, subérifiées et cutinisées, en leur communiquant, il estvrai, 
des teintes assez distinctes. Cette élection pour des tissus si différents 
semble indiquer que ces colorants ne sont pas fixés parla lignine ; ce 
fait est d'ailleurs corroboré parce que, après oxydation très prolongée, 
alors que la réaction de la phloroglucine cesse de se produire, le vert 
d'iode et la fuchsine continuent à colorer les tissus, avec une simple 
modification de la teinte obtenue; bien mieux, la coloration est 
d'autant plus énergique que l'oxydation a été poussée plus loin. G est 
pour ces raisons que l'on attribue la fixation de ces colorants aux 
matières azotées qui accompagnent la lignine, la subérine et la cutine 
dans les parois cellulaires et qui montrent une grande résistance à 
l'action des oxydants. 

C. API'LICATION DES CARACTÈRES PRÉCÉDENTS A LA DIAGNOSE DES BOIS. 

l'étant donné le nombre très considérable des bois exotiques 
utilisables et le peu de renseignements que l'on possède sur la plu- 
|):n-t d'entre eux, il est dilHcile de concevoir dès maintenant l'éta- 
blissement do clefs dichotomi({ues un peu générales, comme il en 
existe pour nos bois indigènes, et permettant de déterminer facile- 
ment un échantillon donné. On doit se contenter pour le moment 
de dresser des fiches signaléti({ues contenant dans un ordre métho- 
dique tous les renseignement -i relatifs à une essence donnée ou 
d établir des clefs partielles pour des séries de bois appartenant 
soit au même groupe naturel, soit à la même région géographique. 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 1)3 

Lorsque ces travaux préliminaires se seront multipliés, il sera 
temps d'en essayer la synthèse et de tenter d'établir des règles 
géiiérales, traduites en tableaux synoptiques, pour la détermination 
des bois exotiques. 

Nous nous contenterons donc d'indiquer à quels caractères on 
peut faire iippel pour disting-uer les bois les uns des autres, en éta- 
blissant une sorte de classement de ces caractères, d'après la 
facilité qu'on a de les observer '» 

I. Les caractères les })lus pratiques sont ceux qui ressortent 
d'un examen à l'œil nu ou à la loupe et qui ne nécessitent l'emploi 
d'aucun réactif, d'aucun appareil de mesure. Ce sont les caractères 
macroscopiques que l'on observe sur des coupes transversales ou 
longitudinales soit tangentielles, soit radiales. 

On pourra noter d'abord la différenciation plus ou moins nette 
en- cœur et en aubier, le rapport de l'épaisseur de ces deux régions, 
leurs teintes respectives, particulièrement celle du cœur, la distinc- 
tion plus ou moins nette des couches d'accroissement, le g-rain 
résultant du degré de (inesse des éléments constituants. 

Kn ce qui concerne ceux-ci, ce sont surtout les vaisseaux qui 
donnent les caractères les plus saillants. 

Le groupement des vaisseaux joue un rôle des plus importants 
et ressort surtout de l'examen de coupes transversales. Ils peuvent 
être répartis uniformément dans toute la masse du bois, ou au 
contraire groupés de façons diverses, soit en amas, soit suivant 
des lignes rayonnantes, soit suivant des lignes concentriques, for- 
mant des cercles continus où une série d'arcs de faible longueur, 
soit suivant des lignes obli([ues à la fois par rapport au rayon et à 
la tangente, lignes qui peuvent s'anastomoser en dessinant une 
sorte de réseau, etc. Ces dispositions, en quelque sorte schéma- 
tiques, donnent naissance à un grand nombre de cond)inai>ons 
dt)nt l'observation sera toujours précieuse pour la diagnose. 

Les caractères de grandeur des vaisseaux pourront donner lieu à 
certaines observations macroscopiques ; on pourra noter, par 
exemple, si les vaisseaux s'éloignent peu d'une taille moyenne ou 
s'ils sont au contraire fort inégaux ; s'ils sont très grands, très 



1. Nous laisserons de coté les caractères de l'écorce que 1 ou a assci rarenicut à sa 
disposition. 



64 ÉTUDiis i:i mi:m(»(ki;s 

apparents à l'œil nu ou au contraire très petits, imperceptibles 
même à la loupe. 

L'orientation du parenchyme lig-neux autour des vaisseaux est 
presque toujours irrégulière et peu apparente à la loupe; cependant, 
dans quelques cas, elle peut être caractéristique soit que ce tissu 
l'orme des amas à peu près circulaires, produisant pour l'œil des 
sortes de taches, ou qu'il soit agencé en lames minces tangentielles. 
parallèles aux zones d'accroissement. 

Les rayons médullaires seront observés surtout sur des coupes 
longitudinales tangentielles qui permettront d'apprécier leur répar- 
tition, leur l'orme et souvent leurs dimensions en hauteur et en 
largeur. Certains bois ont des rayons très minces, formés dune 
ou deux files de cellules, d'autres des rayons très épais; enfin, il 
peut arriver qu il y ait dans un même bois des rayons d'épaisseurs 
manifestement différentes, les uns très minces, les autres très épais ', 
Rappelons que l'épaisseur doit être appréciée sur des coupes longitu- 
dinales tangentielles et non sur des coupes transversales et dans la 
région mo\'enne des rayons où l'épaisseur est maxima, celle-ci décrois- 
sant progressivement vers les extrémités supérieure et inférieure. 

(^uant au tissu fibreux, il ne donne guère à l'observation macro- 
scopiques de caractères intéressants. 

11. Parmi les caractères microscopiques, il y en a trois qui 
peuvent se traduire numériquement et qui sont particulièrement 

importants au point de vue de la diagnose des bois - : 

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1** Le quotient p qui mesure le développement du tissu fibreux 

par rapport au tissu parenchymateux et dont nous avons indiqué 
précédemment la méthode de mesure. 

2° Le nombre moyen des rayons médullaires sur une longueur 
d'un millimètre, comptée tangentiellement ; on l'obtiendra facile- 
ment en prenant la moyenne d'un certain nombre de mesures 
effectuées en se servant d'un oculaire micrométrique. 

)i" Le nombre moyen de vaisseaux par millimètre carré ; les 
mesures seront commodément faites au moyen d'un (K'ulaire ((ua^ 
drille. , 



1. I^iu-squil y a à la fuis des rayons épais el di-s rayons minces, ils cHIlV-rcul pén 
paiement aussi par leur hauteur. 

2. Ces observations se font toutes trois sur des coupes transversales. 



COURS DE BOTAIVlQL'K COLONIALE APPLIQUÉE 6o 

Le microscope permettra en outre de déceler les éléments sécré- 
teurs, s'il en existe, et d'en déterminer la nature et la répartition ; 
ce sont là des observations qui ont une réelle importance et qu'il 
ne faudra jamais manquer de faire s'il y a lieu. D'un intérêt 
moindre sont la détermination des dimensions des divers éléments 
et l'observation de leur ornementation ; il sera bon cependant de 
fixer par un chiffre moyen la hauteur et l'épaisseur des rayons 
médullaires, la long-ueur et le diamètre des fibres, le rapport de 
1 épaisseur de leur paroi au diamètre de leur cavité, le diamètre 
moyen des vaisseaux s'ils sont de taille peu différente, ou leurs dia- 
mètres extrêmes s'ils sont au contraire très inégaux, etc. 

III. L'action des différentes réactifs peut aussi fournir des résul- 
tats intéressants, quoiqu'on ne possède pas encore d'essais métho- 
diques à ce sujet. Ce sont surtout les réactions spécifiques de la 
lignine à l'état naturel, de la lignine oxydée ou réduite qui sont 
intéressantes à considérer ; mais on devra toujours se placer dans 
des conditions identiques comme concentration des réactifs et durée 
d'action, afin d'obtenir des résultats vraiment comparables. Comme 
nous avons eu l'occasion de le signaler, ces divers réactifs donnent 
avec les différents bois des teintes souvent fort distinctes et dont la 
variation résulte probablement davantage des matières accessoires 
qui accompagnent la lignine (oléorésines, gommes, matières tan- 
niques, etc.), que delà constitution sans doute variable de la lignine 
elle-même. 

IV. Une dernière catégorie d'observations aura pour but la mesure 
des propriétés physiques. 

La densité est toujours facile à obtenir et devra être mesurée 
pour le cœur et pour l'aubier. 

La résistance à l'écrasement s'obtiendra commodément au 
moyen d'une presse hydraulique ; la résistance aux efforts de 
flexion pourra être mesurée, au moins d'une façon approximative, 
au moyen d'appareils de fortune. 

Les mesures de résistance aux efforts de torsion, de cisaillement, 
à l'action des outils, l'appréciation des duretés sont plus délicates 
et nécessitent des appareils plus précis ; aussi ne pourront-elles être 
effectuées qu'exceptionnellement. 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 100, 5 



66 éiLdes et mémoires 



D. FlCHliS SiG>ALÉÏIQUES. 

Il e.st bon de grouper pour chaque essence, suivant un classe- 
ment type, les résultats de l'examen macroscopique, les observations 
microscopiques, les caractères fournis par les réactifs, les propriétés 
physiques et mécaniques ainsi que tous les renseignements recueillis 
concernant les modes d'emploi possibles ; oii constituera ainsi un 
tableau ou fiche sig-nalétique, d'une consultation facile, pour chaque 
bois présentant un véritable intérêt. Le principal avantage dune 
pareille méthode sera de permetti'e des comparaisons rapides et de 
préparer peu à peu les matériaux nécessaires à une étude générale 
des essences forestières des régions tropicales. 

Ce groupement des caractères sous forme de tableau a été 
employé déjà par un certain nombre d'auteurs, notamment par 
MM. Lecomle ', Perrot -, Gérard-^ et Martin-La vigne ^, etc. Nous 
prendions à titre d'exemple une iîche signalétique empruntée à ce 
dernier auteur •', 

[A suivre.) Marcel Dubard, 

Maître de Conférences à la Sorbonne, 
Professeur à V Ecole supérieure 
d^ Agriculture coloniale. 

I. Lecomti:. Sur linéiques hols ilii Coiiijo {Clusiacées, (Ichnacèes, SiinuriiubéeS; 
Bul. Mus. Par., 1<J0;5, n° l). 

•2. Fi:iutOT F.T Gi';it\un. I.'nnuloinie du lissii Uijnenv ilniisses rajjporls arec la tlia- 
Hnose des boi.s (Mémoire <j Soc. bot. de Fr.). 

3. GÉRARD. Recherches sur les bois de différentes espèces de Léj/umineuses afri- 
caines, 1907. 

i. MARTi.N-L.vvKiNi:. Recherches sur les bois de la Guyane, 1909. 

5. Voir pages 67 et 68. 



coulis DE HutANIQLE COLONIALE APPLIQUÉE 0/ 



Exemple de fiche signalétique 
de M. Martin -Lavigne. 

DENOMINATIONS : Ghoenhart ou Ghoenhart Stugo (Surinam). 
Ebénieu vert (Guyane française). 

Nom scientifique _. Tecoma leucoxylon. 

Famille Bignoniacées. 

Origine Amérique méridionnle. 

Aspect Compact. Grain Fin. 

i „ , i Cœur Jaune verdâlre. 

\ Couleur ... ^ 

\ / Aubier Brun très clair . 

Bois ' Dureté Très grande. Porosité. . . Faible. 

r, .,, \ Cœur 1,1.38. 

Densité ^ . , . ' 

( Aubier 0,882. 

Cendres 10 pour 1 .000. Odeur Nulle. 

Adhérence au bois. . . . Extrêmement faible. 

Epaisseur 

Nature 

, „ , l Extérieure . Blanchâtre. 

I Couleur „ ^. 

J ( Section. ... 

1 Particularités 

Caractéristiques du bois examiné : Bois très dur et homogène, composé d'élé- 
ments de dimensions assez semblables et dont les fibres à parois assez épaisses 
sont enchevêtrées. Susceptible d'un très beau poli. 

Remarques spéciales : Uécorce est considérée comme un antidote de Vintoxi- 
cation par les sei'pents et le mancenillier, le bois comme un puissant sudorifique. 



Ecorce 



(Voir tableau au verso.) 



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NOTES 



SUR LA CLASSIFICATION DES LUCUMÉES 
A RADICULE PUNCTIFORME 

Dans une précédente note ', j'ai esquissé à grands traits la classi- 
fication des Sapotacées, du groupe des Sidéroxylées, et j"ai montré, 
en particulier, que les caractères dominants, sur lesquels on peut 
baser les meilleures subdivisions, sont fournis par la g-raine et 
résultent de la disposition de la cicatrice à la surface du tégument 
séminal et de l'aspect punctiforme ou saillant de la caudicule. 

La sous-tribu des Lucumées est définie par une graine où la cica- 
trice s'étend d'un pôle à l'autre, tantôt étroite, tantôt au contraire 
très large et pouvant même envahir les trois quarts de la surface 
tégumentaire. On peut distinguer dans ce groupe deux séries de 
genres, l'une où la graine est à caudicule allongée et dont nous 
avons étudié précédemment le genre central Planchonella '% 
l'autre où la caudicule est punctiforme ; dans cette deuxième série, 
l'albumen est nul ou très réduit et les cotylédons sont épais, charnus 
et bourrés de réserves de nature amylacée ou oléagineuse, dont 
l'abondance relative varie suivant les genres. 

Le genre fondamental de ce groupe est le genre Lucuma qui est assez 
bien défini, dans son ensemble, par la pentamérie ou l'hexamérie 
de la fleur, en ce qui concerne tout au moins la corolle et l'androcée. 
Il a été divisé par Engler 3 en 13 sections, y compris l'ancien genre 
Vitellaria, sections qui correspondent pour la plupart à d'anciens 
genres créés par divers auteurs. Cette simple juxtaposition aboutit 
à un fractionnement compliqué et manquant d'homogénéité, car 
toutes les sections ne découlent pas d'une conception identique ; 



1. MARCEii DuBARD. Remarques sur la, classification des Sidéroxylées, C.R.A.S., 
13 février 1911, 

2. Marcel Dubard. Sur le genre Planchonella, ses affinités et sa répartition géo- 
graphique, C.R.A.S., 20 mars 1911. 

3. E>GLER. Die naturl. Pflanzenf. Nachtr. 



70 NOIKS 

d'autre part un certain nombre de formes, rapportées aujourd'hui 
au g^enre Sideroxi/lon, doivent à cause de la constitution de leurs 
graines figurer parmi les Lucuma. Nous pensons avoir à la fois 
simplifié et précisé cette classification en admettant les coupures 
suivantes : 

Tout d'abord, nous extrayons du genre Lucuma^ pris au sens 
large (pielques espèces chez lesquelles le calice au lieu d'être formé 
par un verticille de cinq pièces à disposition quinconciale, en com- 
prend un plus grand nombre échelonnées le long d'une spirale et 
nous en faisons le genre Calocarpum qui appartient entièrement à 
l'Amérique tropicale. 

Dans le genre Lucuma proprement dit, les espèces peuvent se 
grouper en deux séries ; pour la première A, l'ovaire est du type 5 
au moins, comme les autres verticilles floraux ; dans la seconde B, 
il y a au contraire une forte réduction du nombre des carpelles qui 
s'abaisse à 2 ou à 1 . 

SV/ve A. La section la plus importante \Antholuciimn) renferme des espèces 
qui correspondent à l'une des formules llontlcs : 

4S + (6P -f 63 + 6s) + 6C ou 5S + (".P + oe + ".E) + r,C 

Les loges ovariennes y sont situées vers le haut de l'ovaire ; la cicatrice de 
la graine est large et recouvre à peu près la moitié de la surface tégumentaire. 
Ce groupe appartient à l'Amérique tropicale ; il est très largement représenté 
aux Antilles. 

A côté se placent trois autres sections : Chez les Gayella le type floral est 
à peu près constamment pentamère pour tous les verticilles, mais les loges 
ovariennes sont situées très bas ; la feuille présente des nervures intermé- 
diaires i)arallèles aux costulcs, tandis que ciie/. les Anlholucuma la nervation 
tertiaire est sensiblement transversale par rapport aux coslules;les Giu/ella 
se trouvent au Brésil et au Chili, 

Chez les Fonthrunea, le type floral est encore pentamère pour tous les verti- 
cilles, mais l'organisation de la graine, à cicatrice oblongue étroite, pourvue 
d'un reste d'albumen et l'existence d'un discjue hispide autour de l'ovaire 
maiiireslent une tendance vers les Plunchoiiellu ; celte aflinilé est soulitiiiéc 
p;ir la répartition géographique, car les deux groupes sont indo-malais. 

Les Epilninn s'écartent encore ]>cu du type "i, mais ce ijui les caractérise 
surtout c'est l'adhérence de la graine avec le péricarpe presque sur toute sa 
surface ; une étroite bande dorsale du tégument séminal reste seule libre ; 
c'est une disposition qui rappelle ce qu'on observe dans le genre améiicaiu 
Labalia (Nouvelle-Calédonie, Australie). 

SérieB. La section PoJo/uma est caractérisée par un ovaire à deux carpelles, 
dans les({uels les ovules sont insérés très bas sur l'axe Hrésil . 

CA\i'/. les Frarifln^li^lla, 1 ovaire est généralement uniloculaire et enfoncé <lans 



flLASSIFICATfON DIS fA'JAyWÈES 71 

un disque cu|)iiliformo trèsncl; l'ovuN; osL |)(;ii(luà roxlréinilé d'iiM loii^ (imi- 
ciilc qui [);irl de la hase do la cavilé ovarienne fllrésilj, 

Kiifiii les Ereinoluinn forment en (iiudfjne soile transition criln; \v.s deux 
f^roupes précédents ; l'ovaire y est en edel MMiiocuiairc, mais sans dis«jue et 
l'ovule est inséié comme chez les l'tuloluinn; [os étainines se détachent «lu 
luhe de la corolle \A\\s has «pie h-s staminodes. 

A côté des Luc lima se ran«(enldc',ux genres les /^ow/cr/Vi ol Luhnliii 
exclusivement américains et cai'actérisés par la tétramériede la fleur 
qui répond à la formule 4S + (iP+ '\i + 4H) + 'i'^^- ^^ P'»'' l'inst^r- 
lion desétamines vers le milieu du luhe d»; la corolle. 

La section Parabihalia du^-enrc l'oulcrla est iiitcMcssanteà si{^naler 
comme formant transition aux l.ncutiui d'une part par la pcntamérie 
fré(juente de la fleur et aux Lnlml'in d'autre part par la {grande sur- 
face d'adhérence de la foraine avec 1(^ péricarpe. Ce f^enre l.iihntin 
est d'ailleurs très proche des /*()utcria, dont il a ror^'anisatif)n 
tétramère, mais il s'en distingue surtout pai le dévcloppemerjt con- 
sidérable de la cicatrice séminale. 

A côté des groupes précédents nous trouvons toute une série de 
formes africaines, qui ont été réj)arties à tort par les auteurs dans 
des j^enres assez nombreux. Ceux-ci ne dillVrcnt entre eux que par 
des caractères très secondaires tels (jue la soudure plus ou moins 
accentuée des sépales à la hasi;, la longueur plus ou moins consi- 
dérable des filets staminaux, le plus ou moins de développement des 
staminodes, caractères qui varient paifois largement dans uncMiu'-me 
espèce. Les limites de ces genres étant fort imprécises et les termes 
de transition nombreux, nous avons cru devoir réunir tf)utes ces 
espèces, qui sont en somme très voisines des Anlliolurninn, en un 
genre uni(]ue linkeriella (Afrique occid(;nlale, Zanzibar). 

Nous avons cependant maint(;nu le genre Jiuf.ijrospcrnium à 
cause de .son organisation florah; du type 8 et de la grandeur excep- 
tionnelle de ses staminodes qui sjjuI foliacés. 

En résumé : 1" Au point de vue de la répartition géogiaphicjue, 
le groupe que nous considérons appartient en maj(;ure paitie à l'.Vmé- 
rique tropicale ; il est cependant leprésenté en Afri(jue par les genres 
BnkerieUa et Jiufyf/rOHjH'rrnurn, en Indo-Malaisie par la section 
Fonl/jrunra du genre A//r//ma fort>iant transition vers les l'Iniicho- 
nella, en .\ustralie et Nouvelle-(]alédonie par la section l'J/iilMni.i. 

2" Le type floral est variable, de[)uis l'octomérie des Jiufijros/jer- 
mum jusqu'à la tétiamérie des l'onloriu et des LnhalÎH ; mais c'est 



72 NOTES 

le type pentamère, qui est le plus normal dans le groupe, au moins 
pour les verticilles extérieurs à l'ovaire, 

3° Ce groupe se relie aux Lucumées k radicule long-ue, par l'in- 
termédiaire des Fonthrunea, qui rappellent les Planchonella et par 
les Gayella, qui ont certains caractères des 3/icro/>/jo/«s américains. 

D'autre part la relation avec les Eusidéroxylées se fait par les 
Bumelia qui ont une graine exalbuminée, avec embryon à cotylédons 
épais et caudicule courte; ces- Bumelia, par l'intermédiaire des 
Dipholis, forment le trait d'union avec les vrais Sideroxylon '. 

Marcel Dubard. 

I. Nfile présentée à rAcadémie des Sciences le »i juin 1911. 



A PROPOS DES HEVEAS 
DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 



Une note publiée dans le n" 96, de mars 1911, du Bulletin du 
Jardin Colonial, a fait remarquer que j^lusieurs Heveas cultivés en 
Afrique Occidentale française, à Porto-Novo (Dahomey), qui avaient 
été désignés précédemment sous le nom d'Hevea Spruceana, ont été 
reconnus, après examen à Kew, comme se rapportant, en réalité, à 
THevea Brasiliensis. Cette note a confirmé l'opinion déjà émise par 
M. Aug. Chevalier, en juillet 1910, dans l'intéressante étude qu'il 
a consacrée à cette époque à l'Exploitation du caoutchouc au Daho- 
mey (voir dans le n** 88 du Bulletin, page 30 : V Exploitation du 
caoutchouc et la culture des plantes productrices au Dahoniei/, par 
Aug. Chevalier), 



C( )M M U N ICATIONS DI VE H SES 



Analyse de Manioc de la Réunion. 

Un échantillon de >< manioc en cosseltes ' » de la Réunion, provenant d'une 
usine de cette colonie, a été rapporté par M. l'Inspecteur des Colonies, de 
Lapalu, et remis par lui au Jardin Colonial où son analyse a été elTecluée par 
le laboratoire de chimie de l'Etablissement. 

Voici les résultats de cette analyse : 

Eau 11,70 

Matières saccharifiables. . 84,15 (en amidon) 

Matières azotées 1,31 

Cendres 1 ,70 

Ce manioc très bien préparé et exempt de gros faisceaux fibreux a été 
reconnu comme étant de très ])onne qualité. 



Voyage d'études de M. R. Thillard. 

Après un séjour à l'Institut agricole de Buitenzorg M. R. Thillard a quitté ce 
centre le 28 février dernier pour aller visiter la forêt de « Ficus elastica » que 
le Gouvernement possède à Krawang. 

Successivement M. Thillard a pu voir des plantations d'IIeveas en rapport, 
puis (|uelques grandes cultures de café constituées avec des espèces congo- 
laises : C. robusla, C. canephora Var. Kouillouensis, (]. (^ongensis Var. Cha- 
lolii, cette dernière quelquefois greffée sur le il. Libéria. L'arbre dombrage 
actuellement à la mode, dans ces plantations, est le Leuceœna ijlauca ({ui 
paraît résister aux insectes et être indemne de maladies; puis viennent diffé- 
rentes espèces cVErythrina. 

Entre autres observations intéressantes, M. Tiiillard a pu suivre, en détail, 
des coagulations de latex de « Ficus elastica » assez curieuses. 

Ce latex, par brassage, peut exiger trois heures de travail pour être coagulé. 

Par l'action du « bibit », ou latex ayant séjourné 48 heures dans un godet de 
saignée, on arrive par un ensemencement progressif, de deux récipients dans 
lesquels le latex est transvasé à tour de rôle, à obtenir la coagulation de 
l.'iO litres de latex, en 25 minutes, avec un simple godet origine de <( ijibit ». 

Le principe qui agit, dans la circonstance, ne paraît pas encore très connu. 

1 . Eli 1909. la Réunion a e\|)()rté âaO.OOO kilos de manioc desséché ou en « cosseltes ». 



DOCUMENTS OFFICIELS 



ARRET K 



nulorisant la formation de la Société dite « Association amicale des 
aqenls agricoles de Madagascar et Dépendances ». 

Article premier. — Est autorisée la formation, à Tananarive, dune 
société désignée sous le nom d" « Association amicale des agents agricoles 
de Madagascar et Dépendances ». 

Art. 2. — La présente autorisation demeure essentiellement révo- 
cable. 

Art. 3. — MM. le procureur général, chef du service judiciaire, et 
radministrateur-maire de Tananarive sont chargés, chacun en ce qui le 
concerne, de l'exécution du présent arrêté. 

Tananarive, le 28 avril 1911. 

Albert Picquii':. 



Établissements français de 1 Océanie. 

Article premier. — Toute vanille récoltée dans les Etablissements fran- 
çais de rOcéanie, destinée à l'exportation, devra, quel que soit son mode 
d'envoi, être soumise à l'expertise. Cette opération aura lieu à Papeete, 
pour Tahiti etMoorea. Elle sera assurée, dans les archipels, par les soins 
de l'Administrateur, ou de ses délégués. 

Art. 2. — Sont chargés d'expertiser les vanilles : 

Le Chef du Service pharmaceutique ; 

L'expert attitré de la Caisse agricole. 

Il pourra leur être adjoint, pour accomplir cette formalité, d'autres 
experts, au nombre maximum de trois. La nomination de ces experts sera 
faite par le Gouverneur. Ils seront assujettis à la prestation de serment 
avant d'entrer en fonctions. Le Chef du .Service pharmaceutique sera de 
droit président de la commission d'experts ainsi constituée. 



76 DOCLMENTS OFFICIELvS 

Art. 3. — I/evpertise ayant pour objet d'empêcher les envois des pro- 
duits dont la mauvaise qualité serait de nature à porter préjudice aux 
vanilles récoltées dans le pays, les experts devront procéder à leur vériti- 
cation en les classant dans diverses catégories. 

La première comprendra les vanilles de qualité supérieure ou de bonne 
qualité marchande, susceptibles de recevoir Testanipille officielle. Ces 
vanilles pourront être divisées en deux groupes : A vanilles de grande 
longueur ; B) vanilles de longueur moyenne. 

Dans la deuxième se trouveront classées les vanilles qui, tout en étant 
marchandes, auront été reconnues de qualité inférieure. Ces dernières 
seront privées de Testampille officielle ; et tout certificat d'origine devra 
être refuse à leurs expéditeurs, par le Service des Contributions. Le per- 
mis d'embarquement sera néanmoins délivré aux colis de cette catégo- 
rie. 

Q)uant aux envois de produits dont l'arrivée sur les marchés de vente 
aurait pour efîet certain de discréditer les vanilles d'origine tahitienne, 
leurexportation sera rigoureusement prohibée, sauf appel immédiatdevant 
la commission constituée conformément à l'article 7 du décret du 2 novembre 
1910. La décision prise parla dite Commission entraînera d'une façon défi- 
nitive, soit la délivrance, soit le refus, suivant les cas, du permis d'em- 
barquement. 

Lorsque cette Commission siégera comme Commission d'appel, le Chef 
du Service pharmaceutique, ayant déjà statué comme membre de la Com- 
mission d'expertise, n'aura plus alors que voix consultative. 

La défectuosité de l'emballage pourra, comme la qualité inférieure du 
produit, motiver le refus de Testampille officielle; mais ne saurait, en 
aucune circonstance, priver l'expéditeur du permis d'embarquement. 

Art. 4. — L'Administration locale versera aux experts une indemnité 
de dix centimes par kilo de vanille. 

Art. 5. — Le Chef du Service de l'Intérieur est chargé de l'exécution 
du présent arrêté, qui sera communiqué, enregistré et publié partout où 
besoin sera. 

Papeete, le 8 avril 1911. 

A. BONHOURE. 

Par le Gouverneur : 
Le Chef du Service de r Intérieur, 

R. DE BOURNAZEL. 



DOCUMENTS OFFICIELS 77 

NOiMlNATlONS ET MUTATIONS 



Madagascar. 

Par décision du 21 avril 1911. 

M. Delpon, agent de culture de 3" classe, a été nommé dépositaire- 
comptable de la station d'essais de Nanisana (Tananarive). 

Par décision du 22. avril 1911. 

M. Petit, agent de culture, en service à la station de Tlvoloina, a été 
affecté à Manjakanriana pour la surveillance des massifs boisés et des 
exploitations forestières de cette contrée. 

Par arrêté du 5 mai 1911. 

M. Luc (Maurice) a été nommé inspecteur de 3'' classe d'agriculture pour 
compter de la veille de son embarquement à destination de Madagas- 
car. 

Par arrêté du 6 mai 191 J. 

M. Reynier, ingénieur agricole, attendu, a été alï'ecté à Tananarive, en 
qualité de chef de la section de l'hydraulique et des améliorations agri- 
coles. 



ST A r I s T I Q l ES CO M M E R C I A L ES 

Exportations agricoles et forostièros dos Colonies fntnçaisos. 



GUINÉE FRANÇAISE 

Année 1910. 

1" Bœufs. — 7.120 tètes valant 890.000 francs. 1909 : 9.085 lèles valant 
1.085.625 francs. DifTérence en moins : 1.965 têtes. 

■2" Chevaux. — 31 tètes valant 9.300 francs. 1909 : 44 têtes valant 13.200 
francs. Dillérence en moins : 13 têtes. 

■<" Anes. — 34 têtes valant 3.400 francs. 

i" Moutons. — 2.021 têtes valant 30.315 francs. 1909 : 2.849 têtes valant 
42.735 francs. DifTérence en moins : 828 têtes. 

r)° Chèvres. — 217 lêles valant 2.170 francs. 1909 : 316 têtes valant 3.160 
francs. Dillérence en moins : 99 têtes. 

G» Peaux brutes de bœufs. — 412.183 kilos valant 721.321 francs. 1909 : 
476.652 kilos valant 834.139 lianes. Différence en moins : 64.469 kilos. 

1" Cire. — 26.013 kilos valant 61.511 francs. 1909: 27.569 kilos valant 
57 693 francs. DifTérence en moins : 1.556 kilos. 

8» Poisson sec. — 80 kilos valant 80 francs. 1909 : 154 kilos valant 110 francs. 
Différence en moins : 74 kilos. 

9' Dents d'éléphants. — 4 870 kilos valant 57.078 francs. 1909 : 6.521 kilos 
valant 91.780 francs. DifTérence en moins : 1.651 kilos. 

10" Riz. — 176.591 kilos valant 42.373 francs. 1909 : 179.922 kilos valant 
42.689 francs. Dillérence en moins : 3.331 kilos. 

Il" Mil. — 19.616 kilos valant 1.904 francs. 1909 : 10.647 kilos valant 
1.105 francs. DifTérence en plus : 8.969 kilos. 

12" Colas. 101.781 kilos valant 203.562 francs. 1909 : 59.932 kilos valant 
119.864 francs. DifTérence en plus : 41.849 kilos. 

I.J" Bananes. — 159.711 kilos valant 15.951 francs. 1909 : 59.010 kilos valant 
5.902 francs. DifTérence en plus : 100.701 kilos. 

li" Ananas. -- 26.466 kilos valant 21.513 francs. 1909 : 9.941 kilos valant 
2.982 francs. DifTérence en plus : 16.525 kilos. 



STATISTIQL'ES COMMERCIALES 79 

i> Autres fruits frais. — 3.501 kilos valant 916 francs. 190y : 12.163 kilos 
valant 3.648 francs. Différence en moins : 8.662 kilos. 

10'^ Tabac indigène. — 14.120 kilos valant 61.914 francs. 1909 : 16.424 kilos 
valant 22.994 francs. DitTérence en moins : 2.304 kilos. 

17° Palmistes. — 4.579.947 kilos valant 915.990 francs. 1909 : 3.762.692 
kilos valant 752.538 francs. Différence en plus : 817.255 kilos. 

18° Sésames. —394.393 kilos valant 78.880 francs. 1909 : 322.506 kilos 
valant 64.501 francs. DitTérence en plus : 71.887 kilos. 

19° Arachides. - 560.156 kilos valant 70.018 francs. 1909 : 1.663.233 kilos 
valant 207.904 francs. Différence en moins : 1.103.077 kilos. 

20° Café. — 208 kilos valant 416 francs. 1909 : 507 kilos valant 1.014 francs. 
Dilférence en moins : 299 kilos. 

•21° Gingembre. — 2.328 kilos valant 1.164 francs. 1909 : 648 kilos valant 
323 francs. DitTérence en plus : 1.680 kilos. 

22° Huile de palme. — 157.359 kilos valant 94.415 francs. 1909 : 121.744 
kilos valant 73.046 francs. Différence en plus: 35.615 kilos. 

23° Gomme copal. — 119.056 kilos valant 297.639 francs. 1909 : 148.743 kilos 
valant 371.858 francs. Différence en moins : 29.687 kilos. 

24° Caoutchouc. — 1.706.950 kilos valant 14.509.071 francs. 1909 : 1.808.430 
kilos valant 15.371.655 francs. Différence en moins : 101.480 kilos. 

25° Calebasses. —3.577 kilos valant 4.076 francs. 1909 : 21.523 kilos valant 
19.899 francs. Différence en moins : 17.946 kilos. 

26° Or. — 33.024 grammes vaiant 82.560 francs. 1009 : 10.779 grammes 
valant 26 .948 francs. Différence en plus : 22.245 grammes. 



COTE D'IVOIRE 
Année 1910. 

1° Pelleteries brutes. —862 kilos. 1909 : 1.869 kilos. DitTérence en moins : 
1.007 kilos. 

2° Poisson fumé. — 8.515 kilos. 1909 : 10.165 kilos. Différence en moins : 
1.650 kilos. 

3° Cire animale. — 109 kilos. 1909 : 535 kilos. Différence en moins : 426 
kilos. 

4° Dents déléphants. — 11.883 kilos. 1909 .-9.507 kilos. Différence en plus : 
2.376 kilos. 



SO STATISTIQUES COMMERCIALES 

5" Maïs en grains. — 2.224 kilos. 

6» Amandes de palmistes. — 5.422.921 kilos. 1909 : 5.193.007 kilos. Diffé- 
rence en plus : 229.914 kilos. 

7" Café. — 34.686 kilos. 1909 : 29.108 kilos. Différence en plus: 5.578 kilos. 

8" Cacao (en fèves). — 7.589 kilos. 1909 : 5.139 kilos. Différence en plus : 
2.450 kilos. 

9» Piment et poivre de Guinée. — 237 kilos. 1909 : 1 .267 kilos. Différence en 
moins : 1.030 kilos. 

10" Huile de palme. — 5.954.788 kilos. 1909 : 6.366.566 kilos. Différence 
en moins : 411.778 kilos. 

11° Coprah. — 20.429 kilos. 1909 : 2.106 kilos. Différence en plus : 18.323 
kilos. 

12° Caoutchouc brut. — 1.401.269 kilos. 1909 : 1.241.874 kilos. Différence 
en plus : 159.395 kilos. 

1.3° Noix de coco. — 76 noix. 19UU : 100 noix. Différence en moins : 24 noix. 

14° Bois d'ébénisterie (acajou). — 13.783,540 kilos. 1909 : 15.994.239 kilos. 
Différence en moins : 2.210.699 kilos. 

1'')° Feuilles médicinales. — 174 kilos. 

IG" Piassava. — 11.063 kilos. 1909 : 14.618 kilos. Différence en moins : 
3.555 kilos. 

17° Ignames. — 2.332 kilos. 1909 -.649 kilos. Différence en plus: 1.683 kilos. 

18" Kapok. — 102 kilos. 

19° Poudre d'or. — 11 k. 608. 1909 : 2 k. 700. Différence en plus : 8 k. 908. 

20° Objets de collection. — 425 kilos. 

21° Graines de Makoué. — 70 kilos. 

22° Bananes. — 60 kilos. 

23" Amandes de rondier. — 14.034 kilos. 

DAHOMEY ET DÉPENDANCKS 
Année 1910. 

i" Bœufs. — 243 lêlcs valant 29.160 francs. 1909 : 285 lûtes valant 17.100 
francs. Dillérence en moins : 42 têtes. 

2" Chevaux. ~ 6 têtes valant 1.800 francs. 1909 : 3 têtes valant 900 Iraiics. 
Différence en plus : 3 têtes. 



StAIISTIQllvS (;(3.MMERCI VLKS 81 

3" Porcs. — 1.129 UHes valant 31.315 IVancs. 1909 : 927 têtes valanl 14.596 
IVancs. DifTérence en plus : 202 tètes. 

4" Moutons.'— 499 tètes valant 7.485 fianc-s. 1909:414 Lètes valant 6.210 
francs. Dillérence en pins : 85 tètes. 

.•■»" Chèvres. 276 tètes valanl 2.760 francs. 1909 : 194 tètes valant 1.940 
francs. Différence en plus : 82 têtes. 

6" Volailles. — 81.213 kilos valant 123.485 francs. 1909 : 88.774 kilos valant 
108.297 fran("s. Différence en moins : 7.561 kilos. 

7" Peaux brutes d^ bœufs. —7.702 kilos valant 7.702 francs. 1909 : 5.571 
kilos valant 8.382 francs. Différence en plus : 2.131 kilos. 

8° Peaux brutes autres. — 57 [jeau.x valanl 206 francs. 1909:313 peaux 
valant 345 francs. Différence en moins : 256 peaux. 

9° Plumes. — 4 kilos valant 250 francs. 1909 : 12 kilos valanl 150 IVancs. Dif- 
férence en moins : 8 kilos. 

10" Peaux d'oiseaux. — 6 kilos valanl 32 francs. 

11" Œufs. — 88.346 cents valant 3.046 francs. 1909 : 139.260 cents valant 
4.178 francs. Dilfèrence en moins : 50.914 cents. 

I-J" Miel. —11.747 kilos valanl 11,747 francs. 1909: 2.711 kilos valant 
2.711 IVancs. Différence en plus : 9.036 kilos. 

i:i" Poissons secs, salés, fumés. — 801.377 kilos valant 440.759 IVancs. 1909: 
397.062 kilos valant 260.525 francs. Dilfèrence en plus : 404.315 kilos. 

14" Crevettes fumées. —80.007 kilos valanl 104.791 francs. 19(19 : 53.177 
kilos valant 64.908 IVancs. Dilfèrence en plus : 36.830 kilos. 

lo" Autres produits de pêche. — 4.901 kilos valanl 1.729 francs. 1909 : 72 
kilos valant 87 IVancs. Différence en plus : 4.829 kilos. 

lO" Dents d'éléphants. — 279 k. 500 valant 4.476 francs. 1909 : 378 k. 610 
valant 5.139 francs. Différence en moins : 99 k. 110. 

17" Maïs. 2.055.348 kilos valanl 171 .528 francs. 1909:9.333.539 kilos 
valant 700.014 IVancs. Différence en moins : 7.278.191 kilos. 

18" Mil. —4.931 kilos valant 592 francs. 1909 : 3.546 kilos valant 425 francs. 
Différence en plus . 1.385 kilos. 

19» Haricots. —75.682 kilos valanl 30.272 francs. 1909 : 50.876 kilos valant 
10.176 francs. Différence en plus : 24.803 francs. 

•20» Ignames. — 18.175 kilos valant 1.091 francs. I90'.t ; 27.443 kilos valant 
1.774 francs. Différence en moins : 9.268 kilos. 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" lOU. t> 



82 STATlSTinUKS COMMERClALliiS 

21» Manioc. —1.714 kilos valant 141 francs. l'.KJ'.l : 1.638 kilos valant 198 
francs. Différence en plus : 76 kilos. 

22" Colas. — 35.000 kilos valant 70.000 francs. 1909 : 29.738 kilos valant 
59.476 fiancs. Différence en plus : 5.262 kilos. 

2:i' Autres fruits indigènes. — 6.138 kilos valant 1.211 tiancs. |9(i9 : 2.737 
kilos valanl 690 francs. Différ(>nce en plus : 3.401 kilos. 

24» Coprah. — 466.765 kilos valanl 148.817 francs. I9I)U : 377.529 kilos 
valant 99.420 francs. Différence en plus: 89.236 kilos. 

2:;» Amandes de palme. — 34.783.638 kilos valant 9.979.903 francs. 19U9 : 
33.224,460 kilos valanl 8.123.378 francs. Différence en plus : 1.559.178 kilos. 

20° Arachides en coque. —16.247 kilos valant 1.626 francs. 1909:38,461 
kilos valanl 3.846 fr.incs. Dillercnce en moins : 22.214 kilos. 

27" Fruits et graines non dénommés. — 2.953 kilos valant 1.288 francs. 
1909 : 4.060 kilos valant 1.060 francs. Différence en moins : 1 . 107 kilos. 

2S'' Piment. — 11.346 kilos valanl 8.510 francs. 1909 ; 9.720 kilos valant 
7.290 francs. Différence en plus : 1.626 kilos. 

29" Beurre de karité. — 37.197 kilos valant 18.534 francs. 1909:3.997 kilos 
valant 1.400 francs. Dillerence en plus : 33.200 kilos. 

:M)" Huile de palme. ^ 14.627.874 kilos valanl 6.353.924 francs. 1909: 
15.016.265 kilos valant 6.448.083 francs. Différence en moins: 388.391 kilos. 

:]1" Caoutchouc. — 913 k. 150 kilos valant 3.500 francs. 1909:699 kilos 
valant 2.305 fiancs. Différence en jilus : 214 k. 150. 

32" Coton en laine. —120.385 kilos valant 140.103 francs. 1909 : 130 078 
kilos valant 130.078 lianes. Dilférence en moins : 9.693 kilos. 

Xi" Coton non égrené. — 493 kilos valant 99 francs. 

:ii" Graines de coton. - 193.072 kilos valant 16.351 francs. 1909 : 172.257 
kilos valant 12.395 francs. Dilférence en plus : 20.815 kilos. 

3o" Filaments de calebasses. — 7.189 kilos valant 3.017 iVancs. 1909: 
15.055 kilos valant 3.614 francs. Dillerence en iin^ins : 7.866 kilos. 

:iC)° Indigo. — 24.216 kilos valant 5.168 francs. 1909 : 8.522 kilos valant 
17.818 francs. Différence en plus : 15.694 kilos. 



COURS ET MARCHES 

DES PRODUITS COLONIAUX 



CAOUTCHOUC 



LE HAVRE, 6 juillol l'.lll. — (Communiqué de la Maison Vaquin et 
SciiwEiTZEu, 1, rue Jérôme-Bellarmato.) 

Nous n'avons pas grand chanr;oment à signaler dans les cours depuis notre 
dernier communiqué, cependaul le marché a plulôl une tendance à la baisse 
et l'on cote : 



Francs 



Pai\i Il 

Para Seraaniby 7.25 

Pérou iin 10.75 

Pérou Sernamby 0.25 

— — caucho . 0.25 

Maniçoba 5 . 50 

Madagascar : 

Tamalave Pinky I (i.5() 



— Pi ni 
Majunga 



II. 



Faranfangana. 
Anahalava . . . 
Mananzary. \ 
Barabanja. ' 
Lonibii'o. ^ 

Tuléar 

Tonhin 

Congo : 
Haiil-Oubaris"! 



(> 

5.50 
1.60 
() 



0. rci 



à 11 .35 
0.40 
II 

9. 10 
0. 10 
0.50 

S . 50 

S 

0.50 

7.50 



10.25 10.15 



Kutto. . .: 

H. G. Batouri. 



Ekela Kadei Sangha 

Conyo rouge lavé 

Bangui 

Koulon-Niari 

Manibéri 

N'Djolé 

Mexique feuilles scr;q>p\- 

— slaps 

Savanilla : 

San SaU'adiir 

Cartliagène 



Ceylan : 

Biscuits, crêpes, etc. . '\ 
— — e.vtra.. ' 

Scraps ) 

Balata ^'énézuela l^locs.. 
Balata - feuilles.. 



10 
7 

10 
3 

10 
5 
1 



.KO 
.'OO 

.00 



.00 



i-ancs 
à 10. 

7 . 
Il 

3. 
10, 

5, 

4, 

6. 

0. 

(i 

10 
8 



1:î 



50 



50 

85 
50 
75 
25 
50 



.50 



Le tout au kilo, magasin Havre. 



BORDEAUX. 30 juin 1911. — (Communi(iué de MM. D. Dukkau et 
C"', lu, rue de Cursol.j 

Durant tout ce mois de juin, les affaii'es ont été calmes en nos sortes afri- 
caines, les prix tenus par les inq^ortalenrs étant trop élevés par rapport au 
cours du Para, qui a oscillé entre 10 fr. 7)i et 1:.' francs le Jcilo et \aul aujoin- 
dluii 11 francs le kilo environ. 



84 



COURS ET MARCHÉS 



11 s'est fait cepeiidanl qiiclciuos airniros, el les ventes se sont élevées à envi- 
ron 60 tonnes. 
Nous cotons : 



Francs 

CoTiakry Niggers 9.50 

Rio Niinez 10.50 

Soudan Niggers Rouges 

Soudan Xiggers Blancs S.^>\^ 

Soudan Alanoli 9.50 

Laliou Niggers s 

Lahou Petits Cakes 7 



Francs 

Lalioii Cakes Moyens 6 . 25 

Gambie A G. 50 

Bassani lAunps 4.60 

Gambie A. M 5.50 

— B 4.50 

Tamatave rooty 5.40 

r^>alata sheets 9.35 



ANVERS, G juillet l'.Ul. — (Comniuni<[né de la SuciPt/' coloniale Anrri-- 
soise, 9, rue Hubens.) 

Le marché de caoutchouc pendant le mois de juin a été très faible et la 
demande peu animée, néanmoins notre vente par inscription du 20 juin s'est 
faite en assez bonne tendance et bien qu'un tiers seulement de la quantité 
ofl'erte en vente ait été réalisé, les offres étaient assez nombreuses, mais les 
détenteurs n'ont pas voulu accepter les offres qui avaient été faites. Les prix 
ol)lenus ressorlent en Iniisse d'environ 2o centimes pour les espèces congo- 
laises et de fr. 4!) pour les caoutchoucs de plantation, mais il faut tenir 
compte pour ceux-ci de ce que les évaluations avaient été faites sur la l)ase de 
4 s. d. 

Nous cotons aujnurdliui pour marcliandise courante ;i lionne : 



1^'rancs 

Kasaï rouge I 1 . 50 à 10. 

Kasaï rouge genre Lo- 

anda II noisette 7.7,') 

Kasaï noir 1 10.50 

Equateur, Yengu. Ikelem- 

ba, Lulonga, etc 10.50 

Lopori IMaringa 6.25 



s 


25 


10 


75 


10 


75 


6 


75 



Francs 

Haut -(^mg'cj oi'dinaire, 

Sanknru. boniani 10.25 à 10.65 

Aru^^ imi 10.25 10.65 

StraKs Ciépes 1 12.75 1.3 

Guayule 5.25 

Maniçiiba 6.50 7 

Mongdla lanières 10.25 10.65 

^^'amba rouge I (i.jo 7 



Stock (in avril l'.lll 

Arrivages en mai 

Ventes en mai 

Ar, ivages iie|tuis le {'''janvier 
Ventes depuis le 1' janvier. . . 
Stock fin mai 



258 

243 

1 . 794 

1 . 768 

C.ii 



tonnes 



COURS ET MAKCHÉS 



COTONS 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, 7 juillet 1911. — Cote officielle. — Louisiane trè^ ordi- 
naire (en balles, les 5U kilos). 



Francs 

Juillet 93.25 

Août 92.50 

Septembre 80 . 75 

Octobre 85.37 

Novembre 83 . 75 

Décembre 83 



Janvier. 
Février. 
Mars... 
Avril.. . 
Mai .... 
Juin. . . . 



Francs 

82.75 
82.62 
82.62 
82.62 
82.50 
82.37 



Tendance soutenue. 



LIVERPOOL, 7 juillet 1911. — Ventes en disponible: 6.000; Amérique 
calme; cotes Amérique et Brésil en baisse de 11/100; Indes calmes et sans 
changement ; importations, .3021 ; futurs ouverts en baisse de 4 6/100. 



CAFES 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE. 7 juillet 1911. — Santos good average, les 50 kilos, en 
entrepôt : 



Juillet-novembre, 
Décembre 



70.25 

70 



Janvier-février 
Mars-Mai 



69.75 
69.50 



Tendance soutenue. Ventes : 21.000. 



ANVERS, 1 juillet 1911. — Cafés. —Clôture. — Cote officielle de café, San- 
tos Base good les oO kilos : juillet, 70 fr.25 ; août, 70 fr. 25 ; septembre, 70 fr. 50 ; 
octobre, 70 fr. 50; novembi'e, 70 fr. 50; décembre, 70 fr. 25 ; janvier, 70 fr. ; 
février, 70 fr. ; mars, 70 fr. ; avril, 70 fr. ; mai, 70 fr. ; juin, >< fr. 
Tendance soutenue. Ventes : 26.000 kilos. 



HAMEOURG, 7 juillet 1911. — Les 50 kilos; septembre, 71 fr. 56: 
décemjjre, mars, 71 fr. ; mai, 70 fr. 94. 

Tendance suiilenue. 



86 



COURS ET MARCHÉS 



CACAO 

LE HAVRE, 30 juin 1911. 

Au droit de 104 francs. 



Francs 

Giiayaquil Arriba 75 à SO 

— Balao "0 7 i 

. — Machala ... 71 73 

Para 07 70 

Garupano <JS 72 

Colombie 102 108 

Ceylan. Ja\a 72.50 85 

Trinidad fi<) 72 

Grenade 6.3 68 



Francs 
Sainte - Lucie, Domi- 
nique, Saint-^'incent 61 

Jamaïque 59 

Sui'inam 

Bahia fermenté 

San Thomé 

Côte d'Or 

Samana 

Sanchez Puerto Plata. 
Haïti 



61 à 


66 


59 


64 


63 


66 


61.50 


69 


65 


67 


60 


6i 


60 


61 


59.50 


61 


51 


66 



Au droit de o2 francs. 



Francs 

89 à 93 

Martinique 87 8S 

Guadeloupe 88.50 9o 



])onj;;o français. 



Madaj;ascar, Réunion. 
Comores 



Francs 
90 à 97 . 50 



MATIERES GRASSES COLONIALES 



MARSEILLE, ."i juillet 1911. —(Mercuriale spéciale de « l'Agriculture 
[)ratiqiie des Pays chauds », par MM. Rocca, Tassy et de Roux.) 

Coprah. — rentlauce ferme. Nous cotons nominalement en disponii)le les 
100 kilos c. a. f., poids net délivré conditions de place. 



Francs 

Ceylan suudried 62 

Sinj^apore 58 

Macassai' 57 . 50 

Manille 56.50 

Zanzibar 57.50 

Mozambique 53 . 50 



Francs 

Ja\ a siunlrieil 59.50 

Saïf^'on 56.50 

(^otonou 57 

Pacifique Samoa 58 

Océanic française 58 



Huile de [)ahne Lagos, ii'l frs ; Honny-Hniniu, <>7 frs ; ([iialilés secon- 
daires, à 04 frs les 100 kilos, conditions de Maisi-illc, fûts perdus. |)rix 



])our chargement entier. 



tji'aini's de pahnistc Guinée. 
— M(J^^■ra. 



i 1 . 50 



1 Ici ivre 
Man(|U( 



(JOURS ET Marchés 87 

Graines oléagineuses. —Situation forme; nous cotons nominalement : 

Francs 

Sésame Bombay blanc ^^rosse graine 40 

— — petite — 39 

— JafTa 43 

— bigarré Bombay. Grosses graines. 50 "/„ de blanc. . 30 
Graines lin Bombay brune grobse graine 45 

— Colza Gawnpore. Grosse graine 27.50 

— Pavot Bombay 38 

— Ricin Coromandel 28 

Arachides décortiquées Mozambique .' 36 

— — Coromandel 32 

Autres matières. — Cotations et renseienements sur demande. 



TEXTILES 

LE HAVRE, G juin 101 I. — (Communiqué de la Maison Vaquiu et 
Schweitzer.) 

Manille. — • Fair curreut : 4U tV. 7."i à oO fr. 2"j. — Superior Seconds : 
i'.l Fr. k i-U fr. lit). — Good browu : 4() i"r. 50 à 47 fr. 

Sisal. — Mexique : !>'■• fr. .")() à 01) fr. — ■ .\fri([ue : lil fr. à OU fr. — Indes 
anglaises : .SI fr. à 43 fr. — Java : OS fr. à Oo fr. 

Jute Chine. — Tientsin : 49 fr. .50. — • Hankon : 47 fr. 25. 

Aloès. — Maurice : 56 fr. à 00 fr. 50. — Réunion : 36 à 61 fr. — Indes : 31 à 
37 fr. — • Manille : 35 fr. à 42 fr. 

Piassava. — ■ Para : 130 à 130 fr. — Afrique : Cap Palmas : 53 à 50 fr. — 
Sinoë : 32 à 53 fr. ; Grand Bassani : 52 à 55 fr. ; Monrovia : 30 fr. à 52 fr. 

China Grass. — Courant : 80 fr. à 89 fr. — Extra : lOl) fr. à 119 fr. 50. 

Kapok. — Java : 210 à 240 fr. — Indes : 125 à 130 fr. 
Le tout aux 100 kilos, Havre. 



GOMME COPALE 

ANVERS, 8 juin 1911. — (Communiqué de la Société Coloniale An- 
versoise.) 

Le marché du copal a été très ferme et on légère hausse, nous cotons pour 
qualité courante à bonne : 

(iomnie triée blanche de belle (jualilé. . . . 320 à 350 

— — claire transparente 230 à 200 

— — assez claire opaque 145 à 180 

1— non triée de qualité courante 110 à 135 



.S8 



COUhS KV MAhCHÉS 



LE HAVRE, f. juilK't lOll. — (Comimini.jiu' de MM. VjKjuin cl 
Schweitzer.) 



Gomme copale Afrique. 



Madagascar. . . . 



50 à 100 francs ) , ,„„ , 

les 100 ki,'. 



. . 100 à 400 — \ 



POIVRE 



(les 50 kgr. en enlrepôl) 



LE HAVRE. T juillel 1911 : 

Saigon. Cours du jour : 

Francs 

Juillet 83.50 

Août S.3.50 

Septembre 84.50 

Octobre 83 

Novembre 83 

Décembre 83.50 



Francs 

.Iau\ ier 86 

Février 86.50 

Mars 87 

Avril 87.50 

Mai 88 

Juin 88.30 



IVOIRE 



ANVERS. H mai l'.dl. — - Comniuuiijué île la Société coloniale Anver 
soise. -Marché inchangé. 



BOIS 



LE HAVRE, (■> juillel l'Jll. - 
Schwcùl/.er. 

Francs 
Acajou Haïti 6 à 16 

— Mexique 18 40 

— Cuba 10 40 

— Gabon 11 22 

— Okoumé S. 50 9.50 



(Comniuni(|ué de MM. \'.M[uin et 



Kbènc-Gabon , 



Madai;ascar 



Fi-ancs 
is il 35 
15 30 

S 15 



— Mozaml)i(iue. 

le tout au.\ loi) kilos. Havre 



M.ir.ON, l'HOTAT KI(i'.UIiS, IMI'HIMKIIHS 



L Edileur-Gèranl : A. CiiAi.r.AMiii.. 



ENGRAIS POTASSIQUES 

Nécessaires à tout planteur 

désireux de tirer le maximum de rendement des capitaux et travaux eng-ag-és. 

La consommation énorme de ces engrais est la meilleure preuve de leur efficacité. 

Fai 190g, elle a été de plus de 

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Les engrais potassiques 
convenant le mieux à la fumure des plantes de nos colonies, sont : 

le SULFATE DE POTASSE 

et le CHLORURE DE POTASSIUiVI 

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ceux qui s'intéressent à la culture rationnelle 
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Actualités, articles techniques, nouvelles 
concernant la culture du caoutchouc, rapports 
de sociétés, déclarations de dividendes, le 
marché du caoutchouc, cotes et rapports du 
marché des valeurs de sociétés de plantation 
de caoutchouc. 



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La Maison VILMORIN -ANDRIEUX & G", toujours soucieuse d'être 
utile à son importante clientèle, a cru devoir s'occuper d'une l'açoii 
toute particulière de rimjiortatiou el de la vulgarisation des graines et 
plantes précieuses des pays chaude. 

Ses relations commerciales avec toutes les parties du globe la placent 
certainement au premier rang des maisons recommandables pour 
résoudre cette importante question. 

Du reste, ses efforts ont été couronnés de succès puisqu'elle a 
obtenu 7 Grands Prix à l' Exposition i'niversella de jgoo, dont un 
s[)écialemeMt accordé pour son Exposition Coloniale. En outre, le Jury 
de la dernière Exposition Coloniale de .Marseille a confirmé les décisiODS 
du Jury de 1900 en lui attribuant un Grand Prix. 
Enfin, sui.aiil une longue tradition, la Maison se fait un devoir de répondre de la façon la plus désin- 
téressée à toutes les demandes qui lui sont adressées. 

Graines et jeunes plantes disponibles au fur et à, mesure de la récolte : 

Plantes textiles. — Agave Sisalana du Yucatan (vrai), Cotons sélectionnés, Jute, Fourcroya 
gigantea, etc. 

Plantes économiques. — Cacaoyer (variétés de choix), Caféiers (espèces diverses), Coca, Kola, 
Tabacs divers, Tlié d'.Annam et d'Assam, etc. 

Plantes à caoutchouc. — Caslilloa elastica, Eupliorbia Intisy, Ficus divers, Hevea brasiliensis, 
Laiiddlpiiia (diverses sortes), Manihot Glaziovii, Marsdenia verrucosa, Willuglibeia ediilis, etc. 

Plantes à épices- — Canellier de Ceylan, Gingembre des Antilles, Ciirotlier, Muscadier, Poivrier, 
Vanilles du .Mexiijue et de Bourbon ( boutures), etc 

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l'avantage (pi'ils trouveront à emjiloyer nos caisses vitrées (caisse Wardj pour l'expédition des jeunes 
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Correspondance en toutes langues. — La maison n'a pas de succursale ni de dépôt. 



lie Année Août 1911 No 101 

MINISTÈRE DES COLONIES 

Jardin Colonial 



L 'Agriculture pratique 

des pays chauds 



BULLETIN MENSUEL 



DU 



JARDIN COLONIAL 

ET ORS 

Jardins d'essai des Colonies 



Tous documents et toutes communications relatives à la rédaction 

doivent être adressés 
nu Diiecfenr <ht Jardin ColonidI , A/inis/ère des Colonies 



PAHI S 

Augustin G H A L L A M E L , E d i t e u n 

Rue Jacob, ly 

Librairie Maritime et Coloniale 



Les abonnements parlent du /«'' Janvier 
Prix de l'Année (France, Colonies et tous pays de l'Union postale). — 20 h. 

La reproduction complète d'un article ne peut être faite qu'après autorisation spéciale. 
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Caoutc/iouc, Canne à sucre, ^ 
Cacao, Tabac, Colon, Ba- \ 
nane. Riz. Café, Thé, Maïs, ^ 
Vanille, Indiyo, Ananas, ^ 
Orangers, Citronniers, Pal- ^ 
niiers, etc. 



Tabac. 




Superphosphate concentré ou double 

l\'i/bo t) (l'acide pliosphorii^iie soliihlc. 

Phosphate de potasse. ;^,s "/„ dacide 

plio.sphorique, 2G '>/o de pola.s.se. 

Phosphate d'ammoniaque. /,3 "/o a acide 

phosphorique, G "/„ d'azote. 

Sulfate d'ammoniaque, ^0/21. Nitrate de soude, lo/iO. 

Nitrate de potasse. /,4 0,^ de poia.sse, ù\ o/,, d'azote. 

Sulfate de potasse, 90. — Chlorure de potasse, 95 «/o- 



Canne à sucre. 



N 

I 



L'AGRICULTURE PRATIQUE 

DES PAYS CHAUDS 



BULLETIN MENSUEL DU JARDIN COLONIAL 

ET DES JARDINS D'ESSAI DES COLONIES FRANÇAISES 
lie année Août 1911 No 101 



SOMMAIRE 



PaRCS 

Les Eucalyptus, par R. de Noter 89 

Cours de Botanique Coloniale appliquée, par M. Marcel Dubard, 
Maîlre de Conférence à la Sorbonne, Professeur à l'Ecole 
Supérieure d'Agriculture Coloniale (suite) 1 10 

Le Maïs africain, par Yves Henry, Directeur de l'Ag^riculture en 

Afrique Occidentale Française {fin) 12^ 

Plantes médicinales de la Guinée française, par H. Pobég-uin, 

Administrateur en chef des Colonies (suite) i33 

Le Bois de rose de la Guyane et son huile essentielle, par E. Bas- 
sière, Ing-énieur ag-ricole, Inspecteur d'Ag-riculture aux Co- 
lonies 145 

NOTES 

Le Karité au Dahomey , par M. Noury, Sous-inspecleur d'Ag'ri- 

culture 1 69 

La production du Caoutchouc au Venezuela 166 

DOCUMENTS OFFICIELS 

Nominations et mutations. . 167 



Statistiques Commerciales. — Exportations agricoles et forestières 

des colonies françaises 168 

Cours et Marchés des Produits Coloniaux (caoutchouc, colon, café, 
cacao, matières grasses, textiles, gommes, poivre, ivoire, 
bois) 170 

Bibliographie v et vin 



MINISTÈRE DES COLONIES 

Jardin Colonial 

NoGBNT-suR- Marne 



AVIS 



Les Laboratoires de recherches du Jardin Colonial se chargent 
gratuitement de toutes déterminations des matières premières 
intéressant la production des Colonies françaises : 

Etude des matières premières. 

Déterjnination de leur origine, de leur valeur commerciale, de 
leurs applications. 

Le Jardin Colonial analyse les terres des Colonies et les 
engrais qui peuvent y être employés. 



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sable, argile, calcaire, débi is organiques 
et humus) 25 fr. 



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phosphorique, chaux, magnésie, po- 



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ENDUIT LIQUIDE ÉCONOMIQUE 

Une attestation entre mille. — je suis heureux de vous informer que l'essai «le votre proiluit 
l'ASOL, que j'ai iippliciué cet été sur une de mes serres il orchidées, a pleinement réussi; je ne l'ai appliqué 
que sur la s<'ne froide, ii Odontoglossuni J'ai obtenu une température beaucoup plus basse, tout cet été, et 
je n'ai pas baissé une seule fois mes stores « claies n ; nialpié les forts coups de soleil j'ai donc obtenu de 
la fraiclieur, sans pour ainsi dire iienlre le jour. C'est un avantage énorme de n'avoir pas ii baisser et 
remonter les claies constamment, et c'est une économie. 

Sigtié : tlEBEAncHAMPS, propriétaire et amateur d'Orchidées, à Rueil. 



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Hors concours. — Membre du Jury : Exposition franco-britannique, Londres, 1908. 



Il'' Année Août 1911 N" 101 



ET U DES ET M ÉMOI R ES 



LES EUCALYPTUS 



Bien d autres avant nous ont parlé des Eucalyptus, mais la plu- 
part de ces notes sont éparpillées de tous côtés, dans nombre de 
publications, c'est donc une l)onne raison pour en entretenir à nou- 
veau et en un volume facile à consulter, car on ne dira jamais assez 
de bien de ces arbres, dont les elFets bienfaisants se sont produits 
partout où ils furent introduits, tant dans nos colonies d'Afrique, 
que dans le Midi de la France, au Gabon, aux Indes Orientales, dans 
l'Amérique du Sud, etc. 

Nous avons eu l'occasion de 1876 à 188(i — cest-à-dire pen- 
dant le cours de dix années — de les cultiver et de les étudier à 
l'aise en Alg-érie, c'est donc la conclusion de nos recherches et de 
nos comparaisons que nous réunissons ici. 

Dans tous les pays, même de température moyenne, il est pos- 
sible d'utiliser les Eucalyptus, — ' du moins certaines espèces sont 
dans ce dernier cas — et, })artout, ils rendront d'inappréciables ser- 
vices, soit pour créer des boisements autour des habitations, soit 
pour le repeuplement des parties dénudées de pays dépourvus de 
forêts et par conséquent dombrag^es. 

Le déboisement inconsidéré qui se produit partout a occasionné 
et occasionnera encore pendant lonj^-temps des perturbations clima- 
tériques dont nous avons la preuve la plus évidente dans les inon- 
dations survenues partout, en ces dernières années, tant dans le 
Nord de la France que dans le Midi. 11 est bien certain cependant 
que les Eucalyptus ne pourront rendre aucun service dans le Nord 
de l'Europe où il faudra toujours utiliser d'autres essences, mais 
dans le Sud, il en sera tout autrement, nous en sommes convaincu, 
parce que ces myrtacées y ont déjà droit de cité, par une naturali- 
sation raisonnée due à feu Naudin, de l'Institut de France. 

L'Italie, l'Espag-ne, le Portugal et le Midi de la France, doivent 
bénéficier larg-ement de ces arbres providentiels qui, non seulement 

Rul. du Jardin colonial. 1911. U. — N° 101. 7 



*-M) K II i>i;s Kl \iK>i(iiHi:s 

croissent avec une extrême lapidité. mais encore assainissent dans 
les mêmes proportions, en absorbant les miasmes délétères des 
marécages et en desséchant rapidement, presque sans frais, les 
terrains inondés, malsains et improductifs. 

Certaines régions de l'Espagne où la température est propice, 
où il y a absence totale d'arbres et où, par conséquent, les pluies 
sont rares, seraient rapidement transformées par l'introduction de 
ces arbres prodigieux et précieux. Mais hélas ! en Espagne — daiis 
la Manche particulièrement — tout ce qui est arborescent est 
détruit sous pnHexte que les moineaux — considérés comme des 
ennemis de Tagricultui'e — y font leurs nids et s y multiplient sans 
limite au grand dommage des ch;imps de blé. Aussi les Espagnols 
sonl-ils presque tous anti-sylvicoles \ qu'on nous permette ce mot 
qui lionne la note exacte. 

Pourtant, nous devons bien 1 avouer, il y a certainement un peu 
de vrai dans ces " on-dit » qui sont basés sur une bêtise séculaire, 
car après tout les moineaux, s'ils dévastent tant soit peu les 
récoltes, peuvent être maintenus en une certaine limite dans leurs 
déprédations, soit qu'on leur fasse la chasse ou qu'on les détruise 
(|uand ils deviennent un tléau. 

Nous avons vu en 1876, en Algérie, autour d'Orléansville, ville 
de la frontière des provinces d'Alger et d'Oran, des plantations 
d'Eucalyptus faites vers 1865 ou'l86(') avec le gommier bleu exclu- 
sivement [E. glohiiliiH). 

Ea venue de ces arbres était splendide, leur taille énornu^ et le 
tronc de nombre d'entre eux dépassait un mètre de diamètre à la 
base. Depuis cette époque, il nous reste à suj)|)oser qu'ils ont 
encore grossi et que, à présent, ce sont de véritables géants. 

Nous ne saurions dire, d'une fa^on affîrmative, si ces arbres ont 
été néfastes à l'agriculture dans la plaine <lu C.hélif qui, aupara- 
vant, était dénuée d'arbres, mais ce que nous avons constaté, 
c'est que chacun d'eux était littéralement couvert de nids de moi- 
neaux, au point que, en secouant 1 un ou l'autre, on faisait choir 
sur le sol, des milliers de jeunes. Ceci se passait en mai-juin, 
époque de la ponte de ces oiseaux. 

Or, les colons ne se plaignaient pas outre mesure des dépréda- 
tions des moineaux, (jui pouitant — dans le j)ays — se multi- 
j)liaienl à l'inlini. 

Les aigles, les corbeaux. les geais et autres oiseaux tainivores en 



LES ELCALYPTLS di 

détruisaient d innombrables quantités, mais les habitants ne se 
préoccupaient nullement ni des uns ni des autres. 

Depuis 1876, il est évident que ces oiseaux granivores ont dû 
augmenter dans d'immenses proportions, à moins qu'on n'y ait mis 
le holà, par une destruction systématique indispensable. 

Quoi qu'il en soit, cet exemple de reboisement entrepris par le 
génie militaire aux environs d'Orléansville. pour être isolé, n'en est 
pas moins typique. Partout où les régions dénuées d'arbres 
seront reboisées, il en sera certainement de même, mais les planta- 
tions en s'étendant considérablement n'augmenteront pas le 
nombre des oiseaux granivores, nous croyons même que cela ne 
s'apercevra même pas du tout, parce qu'ils se répandront sur de 
plus grandes étendues pourvues de futaies et que, d'autre part, ils 
trouveront aussi plus de nourriture ailleurs qvie dans les champs 
de blé. 

Les Eucalyptus attirent les moineaux, c'est un fait indéniable ; 
l'introduction de ces oiseaux à la Nouvelle-Zélande, où il n'y en 
avait pas avant, fut un véritable lléau; ces animaux s'y multi- 
plièrent si étonnamment qu'il fallut les combattre : cet état de 
chose pouvait devenir une cause d'abandon ou tout au moins de 
déchéance de ce pays; il est probable que, à l'heure actuelle, tout 
se passe pour le mieux dans cette superbe partie du monde, mal- 
gré que les Eucalyptus y soient les maîtres des forêts. 

Ces deux faits que nous venons de citer sont intéressants à 
noter parce qu'ils laisseraient supposer que les Eucalyptus pour- 
raient devenir de terribles fléaux : nous pouvons assurei- qu'il n'en 
est rien! 

Dans toute la province d'Alger et d'Oran, partout où Ton a 
planté des Eucalyptus, les moineaux ne se sont pas multipliés plus 
qu'ailleurs en Europe, parce que ces granivores* trouvent d'autres 
arbres à leur convenance pour y faire leurs nids et, enfin, répan- 
dus sur de grandes surfaces, c'est à peine si on s'aperçoit de leur 
présence. 

La multiplication de ces oiseaux se produit, croyons-nous, plus 
facilement dans les climats qui leur conviennent ; c'est ce qui 
expliquerait la raison de leur étonnante fécondité aux environs 
d'Orléansville et en Nouvelle-Zélande. 

En ce qui concerne la Manche fen Espagne), nous ne croyons 
pas que si l'on y introduisait les Eucalyptus, ils soient plus dan- 



92 ÉTUDES i:t mk.moirks 

g^ereux que pour d'autres pays. Dans tous les cas, ils y amène- 
raient une plus grande régularité dans la température et dans la 
chute des pluies, qui y sont plutôt rares. 

Il en serait de même en Portugal. 

L'Italie (jui possède d'immenses territoires envahis par les 
marécages, a bien fait quel((ues tentatives de plantations, mais 
cela s'est borné à de timides essais, et les marais Pontins qui 
deviendraient une merveilleuse richesse pour ces romains dégénérés, 
depuis des milliers d'années, répandent toujours autour d'eux la 
terrible « malaria » qui mène à la mort et à la destiuction une 
race qui fut forte et que la maladie a aveulie. 

Partout en Algérie où Ton a exécuté des plantations d'Euca- 
lyptus, là où les lièvres paludéennes régnaient en maîtresses sou- 
veraines, le climat sest bonitié, et si l'on y parle encore de mala- 
ria, c'est qu'elle est dans le sang des anciens. Les générations à 
Avenir en seront sûrement indemnes. 

Sous les tropiques, bon nombre d'espèces d Eucalyptus rendraient 
de réels services; nous traiterons cette question en son temps. 

Gomme Colonial, je souhaite que ma prédiction se réalise et 
dans l'avenir on aura des colonies saines partout, et l'Algérie rede- 
viendra aussi prospère que lors de l'occupation de Rome, dont les 
Mauritanies étaient le g-renier. 

iiisroïKi; i)K l'eucalvi'ii s 

L Eucalyptus n'a pas, à proprement parlei-, d histoire ; la 
découverte de cet arbre précieux ne fut qu un incident botanique, 
lorsque Gook, le célèbre voyageur anglais, retrouva les régions 
australiennes, apr/'s Tasman et tant d autres. 

Labillardière qui 1 accom|)agnait comme naturaliste — ceci se 
passait au xviii'" siècle — en remit des échantillons de tiges, 
feuilles et capsules de graines à l'Héritier cjui en lit avec l'^". glo- 
hulus, le type du genre. 

Le mot scientifique tle <■ luicalyptus » sig-nilie « bien caché », 
dénomination admirablement appi'opriée aux g'raines de toutes les 
espèces qui sont dissimulées dans leurs capsvdes, jirincipalenient 
en ce qui concerne les^". fjlohiiliis et polyanfhenia. 

Ges arbres restèrent longtemps sans être introduits dans les pays 



LKS EUCALYPTUS 93 

iiitertropicaux : ce n'est que vers 1830 qu'une importation de 
plusieurs espèces, y compris le (/lohulus, eut lieu en Italie, non 
(le g-raines mais avec des plants vivants. Ils arrivèrent du reste à 
bon port, mais tous, en peu de temps — on était en hiver — périrent 
par la gelée sauf l'^". polyanthcma. 

On crut alors son acclimatement impossible et Ion en resta là. 

En 1852, de nouveaux essais furent tentés, sur l'incitation de 
M. P'erdinand von MûUer, directeur du Jardin Botanique de Mel- 
bourne, et ceux-ci donnèrent pleine satisfaction, parce qu'ils 
avaient été d'abord faits en Algérie. 

De 1854 à 1860, M. Ramel s'entendit avec le savant botaniste 
de Melbourne, et une introduction importante de graines se fît par 
les soins de ces deux hommes dévoués à la cause de la sylvicul- 
ture exotique, et bientôt, les Eucalyptus se répandaient partout 
dans notre colonie du Nord de l'Afrique. 

l^^n même temps, Thuret, dans sa belle propriété du Cap d'An- 
tibes, devenu, grâce au legs de ce g'énéreux donateur, un véritable 
jardin botanique exotique; Alphonse Karr à Saint-Raphaël et 
d'autres encore, parvinrent à les faire connaître, ap[)récier à leur 
juste valeur et à les répandre largement. 

Aujourd'hui, les Eucalyptus ont pris droit de cité en Alg-érie où 
ils sont largement multipliés, mais, devons-nous le dire, leur 
emploi est encore d'un usage restreint : cependant nous verrions 
avec plaisir de vastes plantations s'en faire partout, principalement 
dans les lieux déboisés et impropres à la culture. Il en serait de 
nièmedans nos colonies du sud de l'Afrique, des Indes orientales, etc. 

Nous avons vu les plantations faites à Maison-Carrée, près 
d'Alger, par M. Cordier, un des plus sérieux vulgarisateurs de ces 
arbres : sa collection en comptait il y a une quin/.aine d'années 
plus de cent espèces distinctes. 

Nous avons eu en notre possession, pour notre part, à Tipaza 
près (^herchell Algérie, une cinquantaine d'espèces qui, venues de 
nos semis, produisaient des graines cinq ans plus tard. Nos planta- 
tions avaient été principalement exécutées sui- les talus d une 
petite rivière où il n'y avait d'eau (pi'en hiver et cjui, devenue tor- 
rent lors de la chute des jiluies en automne, se désagrégeaient 
rapidement sous la poussée vigoureuse des eaux. Nous parvînmes 
par ces plantations à empêcher cet empiétement et le jietit cours 
d'eau resta depuis sagement dans son lit. 



94 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Des nouvelles que nous avons eues récemment de ces arbres plan- 
tés par nous, sont merveilleuses, au point de vue de leur vég-étation 
superbe, particulièrement en ce qui concerne YEucali/ptus rostrata 
(Resinifera). Ces sujets plantés en 1880, ayant aujourd'hui trente 
ans, atteignent quarante mètres de hauteur avec, à la base, au ras 
du sol. un mètre et p us de diamètre. 

Ces arbres poussent avec une rapidité vertigineuse, surtout les 
premières années ; nous avons constaté sur tous ceux plantés par 
nous (hauts alors de 10 centimètres à peine) une végétation de 
cinq mètres en l'espace de dix mois. 

Dans ces conditions, nous ne croyons pas qu'aucune autre 
essence d'arbre puisse lui être comparée. 

Des plantations d Eucalyptus ont été faites un peu partout, en 
Algérie, dans des lieux réputés comme inhabitables et, depuis cin- 
quante ans et plus, ces endroits malsains, sont devenus de petits 
paradis, en proportion de ce qu'ils étaient autrefois. Nous pour- 
rions citer Boufarick, à 30 kilomètres d'Alger, où plusieurs généra- 
tions de colons ont été anéanties par la terril)le malaria, et qui est 
devenu, en quelques années, très habitable. 

Malgré le dessèchement des marécages de Boufarick et d'ailleurs, 
il faut convenir cependant que ces plantations d'Eucalyptus sont 
insutïïsantes, il faudrait les multiplier sur une plus grande échelle, 
particulièrement sur les bords des rivières et des torrents, où les 
eaux stagnantes deviennent en été de véritables dépôts pestilentiels. 
En hiver, parbleu ! nous savons bien que tout cela est balayé par 
les crues, mais ce qui devrait pousser à la plantation des Euca- 
lyptus svir les bords des rivières, c est les suites du grossissement 
de ces cours d'eau, les terribles inondations qui causent d affreux 
ravages dans leur voisinage immédiat, dont les terres des berges 
sont emportées à la mer. 

Les Eucalyptus sont des arbres de premier ordre pour assainir et 
retenir les terres : du jour où les bords des rivières et des torrents 
coloniaux en seront pourvus, tout sera pour le mieux, de plus, la 
malaria disparaîtra complètement, tout q\\ en régularisant le cours. 

M. H. Morel, à la << villa Eucalypta », à Beyrouth, en Syrie, a 
réussi également à les implanter dans ce pays sec et chaud, où les 
vents sont parfois terribles. Cet acclimateur a reconnu (pie ces 
arbres ne demandaient qu'à y prospérer. Certes, toutes les espèces 
ne donnent pas de bons résultats, mais ceux qui y réussissent sont 
de toute beauté. 



Li:S KLCALYPTUS 



95 



« On reste stupéfait, dit M. Morel, et presque incrédule, quand 
je raconte que ces espèces, dont plusieurs atteignent déjà environ 
18 mètres, proviennent d'une graine plus fine qu'un grain de poivre, 
jetée en terre il y a huit ans et demi. » 

M. Morel avait commencé ses plantations vers 1893; ce qu'il en 
dit est écrit en 1901. 

En Italie, nous en avons déjà parlé plus haut, après un échec d'in- 
troduction, on ne s'en préoccupa plus, et pourtant les Eucalyptus 
doivent être pour ce pays, le véritable enrayeur de la malaria. 

Un célèbre professeur d'arboriculture italien, sans absolument 
nier les qualités des Eucalyptus, assura que le sol de son pays ne 
leur convenait pas : affirmation erronée, qui venant d'une bouche 
autorisée a fait un immense tort à sa patrie. Avec M. Morel, ne 
devons-nous pas nous récrier sur l'absurde ostracisme décrété par 
un seul homme? 

Quoi qu'il en soit de ces dires, basés sur un échec malheureux_, 
que d'autres essais — heureux ceux-là — ne confirment pas, 
combien les fièvres paludéennes n'ont-elles pas fait de victimes? 
Que de maladies, que de pertes matérielles, qu'on eût pu éviter, ou 
amoindrir en faisant des plantations hâtives de ces arbres remar- 
quables à tous les points de vue ! 

Enfin, le mal a été fait, mais il n'est pas sans remède puisqu'une 
réaction heureuse s'est opérée. 

Et cette heureuse réaction s'est faite sous les auspices de moines 
français, qui, dès le début de leur installation aux portes de Rome, 
en qpmprirent toute la valeur. 

En effet, ce sont les trappistes, qui s'établirent en 1868 àS'-Paul- 
Trois-Fontaines, qui eurent les premiers l'idée de faire des plan- 
tations d'Eucalyptus glohulus. 

Honneur à ces vaillants champions et du christianisme et du 
nom français ; ils ont ouvert la voie du progrès, à ces malheureuses 
populations italiennes qui, ravagées par les fièvres, aveulies par 
le doux farniente, ne se souciaient nullement d'assainir le pays 
qu'ils habitent. 

Dès le début, douze de ces Révérends Pères périrent à la tâche, 
■emportés par de violents accès de fièvre : les Italiens ricanaient, 
ils ne se sentaient pas le courage d'imiter pareille abnégation. 

Aussi, toute la banlieue de Rome était-elle insensiblement aban- 
donnée et la malaria régnait là en maîtresse absolue ; la splendide 



06 ÉTUDES Kr MKMOrRES 

basilique du vi'' siècle de S'-PauI-Hors-les-Murs, restait seule, 
isolée, dans ce pays 'déserté de ses habitants : un si beau monu- 
ment montre cependant qu'une population importante a dû habiter 
cet endroit à une époque déjà loin de nous. 

La malaria (Aria cattiva) venait faire ses victimes jusque dans 
Rome même; aussi, dès les moissons terminées un véritable exode 
de ce pays commençait, tout le monde fuyait le lléau ! 

Cyétait alors un spectacle curieux et sinistre, tout à la fois. On 
voyait partout sortant de toutes les portes de la Ville Éternelle, de 
longues théories de charrettes, de baquets, d'omnilius, etc., chargés 
de gens et de bêtes qui partaient pour des régions plus saines : 
Albano. Frascati, Rocca di Pappa, etc., dont ils ne revenaient que 
tard en automne, lorsque les effluves des marécages n'étaient plus 
à craindre. 

Les trappistes, eux-mêmes, durent retarder leur installation déli- 
nitive, jusqu'en 187i, cest-à-dire. qu'ils n'y séjournaient ([ue 
pendant le jour et qu'ils se retiraient, le soir venu, dans un lieu peu 
distant de Rome. 

<• A l'égard de ces trappistes dont jadmire, certes, le courage et 
l'abnégation, dit M. H. Morel, je me permettrai deux critiques : 

« 1** A répo([ue où je les ai visités, ils n'avaient pas planté d'Eu- 
calyptus dans les bas-fonds. Le moine qui nous conduisait nous 
donna comme raison que c'était la partie qui leur rapportait le plus 
en céréales. Ceci ma paru une spéculation malheureuse. La santé 
des habitants et la leur n'était-elle pas plus intéressante que le 
produit de ces cloaques. Un proverbe, dit, il est vrai, (jue « dan^ les 
Marennes on fait fortune en un an, mais un autre proverbe dit 
aussi qu'« on y crève (si crêpa) en six mois ». 

(( 2" Ma seconde critique s'adresse au peu de variétés par eux cul- 
tivées, (Comment, dans cette forêt d'Eucalyptus, n'ont-ils jias eu 
l'idée d'établir un arboretum où ils auraient pu faire des études 
sérieuses et comparer nombre d'espèces? Ils n'(Mi avaient en lout 
(ju'une dizaine de variétés. » 

De ce (jui précède, il faut convenir (pie 1 assainissement des 
environs de Rome, n'est pas près d'être entièrement n'solu ; cepen- 
dant, il faut reconnaître que le premier pas fait dans cette voie est un 
indice intéressant. Déplus, lepeu<[ui a été acconq)li permet aujour- 
d'hui de vivre dans les environs du couvent des Pères trappistes et 
si le g(»uvei'n(M)ient italien voulait ri'cdlement prendrt> on mains 



I,KS EUCALYPTUS 97 

rintérét des populations des marais Pontins, nul doute que ces 
immenses étendues de terrains incultes, ne deviennent rapidement 
une source de richesses pour leurs habitants. 

Et qu'est-ce que coûterait un travail semblable? Presque rien, 
(/race à la ma in-(V œuvre qu'on trouverait parmi les forçats, car 
nous estimerions être un c/'imc que cVy emploi/er des ouvriers 
libres. 

Qu'importe la vie d'un criminel incorrig-ible ! Si Ton en [jerdait 
les trois quarts, il n'y aurait pas grand mal et leur disparition per- 
mettrait aux honnêtes gens de vivre dans un pays où depuis des 
milliers d'années, la malaria se suit et se ressemble. 

Les vastes plaines qui entourent Ronie, devraient être, pour ce 
taire, divisées en carrés de dix hectares par exemple, sur les limites 
desquels on planterait 8 ou 10 rangées d'Eucalyptus, choisis parmi 
les espèces les plus rustiques et les plus aptes à absorber l'humi- 
dité par leurs racines : le plus précieux dans ce cas, serait \ Euca- 
li/pfus (jlohulus, qui, au bout de 8 ou 10 ans, rendrait en bois à 
brûler, par lé recèpage — car cet arbre se rabat sans inconvénient 
— largement les quelques Irais de main-d'œuvi-e qu'il pourrait 
coûter. 

En 5 ou 6 ans, ces plantations, qu on devrait isoler des terrains 
voisins par des fossés assez profonds, auraient desséchés ces affreux 
mai'écag'es, (jui pourraient alors être mis en culture et produiraient 
des récoltes incomparables. 

On dit que le roi Victor Enmianuel II est le bienfaiteur de l'horti- 
culture italienne I II doit l'être ég-alement de l'ay-ricultvne ? et nul 
doute que s'il nous lisait il ne comprenne toute l'importance de ce 
que nous venons d'écrire; alors sa mémoire se perpétuerait à travers 
les âges, comme le souverain ayant fait le plus pour le bien-être de 
son peuple! 

Il ne sullit pas d être charitable seulement, il faut encoi;e avoir 
la sagesse de sa charité. (Test ici, par le dessèchement des marais 
Pontins. qu'il mettrait le comble à l'une et à l'autre. 

De ce qui précède et qui nous semble déjà assez intéressant nous 
concluons (pie l'histoire de l'Eucalyptus ([ui ne fait que débuter 
doit, il n'est pas douteux, dans l'avenir, au cours de ce xx*" siècle, 
à peine commencé, s'enrichir de nond>reuses expériences ([ui seront 
toutes à l'avantage de l'humanité. 

I/Eucalyptus est un arbre prodigieux, nous pouvons même dire 



98 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

« merveilleux » ! A l'homme de savoir s'en servir, puisque la Provi- 
dence, dans son inépuisable bonté, le lui a donné dans un but 
parfaitement défini : pour l'assainissement des pays marécag-eux 
dans les rég-ions tempérées et très chaudes du monde entier. 

En x\ustralie, la lièvre est inconnue. Les autres régions du globe 
peuvent devenir aussi saines : le tout, cest de vouloir. 

« Le vaste genre Eucalyptus, dit Ch.Naudin, occupe toute l'éten- 
due du territoire australien, mais les espèces varient du nord au sud 
et de l'est à l'ouest, suivant les climats et la composition minéralo- 
gique du sol. » 

Ces conditions expli(|uent sans doute que certaines espèces se 
montrent tout à fait léfractaires à la culture, si elles ne rencontrent 
pas le sol et le milieu climatériques qui leur conviennent. 

(< Il en existe plusieurs en Tasmanie, où elles s'élèvent assez haut 
sur les montagnes pour y ressentir les rigueurs de l'hiver, et cesont 
celles qui sacccjmmodent le mieux du climat méditerranéen. On a 
même quelque espoir que les plus rustiques pourront se natura- 
liser dans l'Ouest, le long de l'océan Atlantique jusqu'en Bretagne 
et même dans le sud de l'Angleterre. Toutefois, c est dans le midi 
de l'Europe ^t le nord et le sud de l'Afrique que les Eucalyptus sont 
appelés à rendre d'importants services, surtout comme arbres 
forestiers et assainisseurs des pays marécageux. L'Algérie leur doit 
déjà la salubrité de beaucoup de localités, jadis très malsaines et 
très redoutées, et tout indique, (pie c'est par eux que la campagne 
de Home, si déserte aujourd'hui, pourra être assainie et largement 
repeuplée. 

« On a également tenté l introduction des Eucalyptus dans les 
pays iiitertropicaux, mais jusqu'ici avec un médiocre succès, du 
moins dans ceux où la chaleur étant à peu près uniforme et l'humi- 
dité atmosphérique toujours très grande, la végétation de ces arbres 
est continuellement éditée. Considérés d'une manière générale, les 
Eucalyptus ont besoin d'une saison de repos, amenée par l'abais- 
sement de la température, soit par la sécheresse. Il y a cependant 
un petit nombre d'espèces qui semblent devoir' réussir entre les 
tropiques. » 

11 n'est pas douteux que les plantations d'arbresquels qu'ils soient, 
assainissent et transforment les climats. Dans les temps préhisto- 
ri({ues les forêts formaient les trois quarts des territoires ; à ces 
époques lointaines les pluies devaient être [)lus abondantes et les 
saisons très NraiseniblabU'mcnt plus régulières. 



LES EUCALYPTUS 99 

(Jui peut prévoir les services que rendront dans ce sens les Eucalyp- 
tus, dont nous nous faisons, après tant d'autres, le champion ? Nous 
ne saurions le dire, mais il est un fait- avéré, pour notre colonie 
d'Alg-érie par exemple, que leur rôle est bienfaisant. 

A l'époque romaine, le climat du nord de 1 Afrique n'était pas 
plus malsain que celui de l'Italie ; tout le monde y avait la lièvre 
paludéenne et malgré cela on y vivait fort longtemps ; le fait est 
attesté par des milliers d'épitaphes recueillies dans les nécropoles, et 
où les centenaires sont très communs. 

Eh bien, nous estimons que par des plantations bien faites, dans 
tous les endroits où règne la malaria, on doit parvenir à les rendre 
salubres et très habitables. 

Nous connaissons, en Algérie, quantité de villages de création 
récente où depuis que les Eucalyptus les entourent — ce qui est 
un peu dû à mes écrits — c'est à peine si, à de rares exceptions 
près, on ressent des accès de paludisme. 

Et cependant l'Eucalyptus ne guérit pas les fièvres... il faut pour 
les combattre, la quinine et toujours la quinine, le seul remède apte 
à combattre cet état morbide qui côtoie de très près la maladie du som- 
meil du centre de l'Afrique, car la malaria retire à l'homme le plus 
robuste non seulement sa force, mais encore son énergie naturelle. 

La force et l'énergie disparues, il ne reste que l'aveulissement 
qui contine de très près à la déchéance ! à l'abrutissement ! 

Nous ne saurions trop insister sur cet atîreux mal. qui tue plus 
sûrement l'homme qu'une balle de fusil. Nous avons vu cela de si 
près, que le triste souvenir nous en poui'suit encore aujourd'hui 
après plus de 3o ans. 

USAGE LNDUSTIUKI. Dl ROIS d'eUCALYPTUS. 

On a beaucoup écrit sur l'Eucalyptus, on l'a tour à tour exalté et 
décrié avec trop de fougue. Les uns en ont démontré toute la valeur, 
les autres en ont combattu les réels mérites. On les a vus aux expo- 
sitions sous toutes les formes possibles : hois de chauffage, de char- 
pente, de meubles, etc., mais cela a été à peine remarqué. 

L'esprit versatile du Français ne va pas vers les choses les plus 
utiles, il leur préfère de beaucoup ce qui peut tlatter sa vanité ou 
sa fantaisie, comme on voudra l'appeler. 



100 ÉTUDES El' MÉMOIRES 

Le Docteur Plunchon. une des g-loires de notre pays, a dit de 
lui ; « C'eut V importation h plus utile de notre siècle, en fait 
(T arbres exotiques. » Et il. avait mille fois raisons ! 

Lies Ang-lais d'Australie le nomment le diamant des forêts^ 
\ Arbre de vie (tree of lit'e). Et eux aussi sont dans le vrai , nous le 
démontrerons au cours de ce volume. 

Nous avons eu l'occasion, en Alg-érie, d'utiliser le bois d'Enca- 
lyptus, soit pour en faire des gourbis — sortes de huttes couvertes 
de paille — soit pour en couvrir des hangars ou encore en charpente 
de tonnelle. Dans les trois cas précités, ce- bois nous a donné d'ex- 
cellents résultats et s'est montré — chose appréciable — indemne 
des attaques des insectes, ce qui n'est pas avec le bois d'autres 
essences en général, dévoré, rongé, perforé en tous sens, })ar tous 
les malandrins de ce monde des infiniment petits. 

Le bois d'Eucalyptus <jlohulus livré à l'air peut facilement durer 
six à huit ans, sans qu'on puisse craindre d'accident, même s'il est 
exposé à toutes les intempéries. Il est indispensable, poui- ce faire, 
qu'il soit assez gros, assez vieux et qu'il ait été coupé en temps 
voulu, naturellement au moment du repos de la sève : s'il s'aj^it de 
branches d'un faible volume, elles ne peuvent ser\ ii- que pour le 
chautfage des fours ou autres. 

Nous avons vu faire, avec le bois bien sec et bien venu d'un gros 
sujet iVE. (flohulus, des rampes d'escaliers solides et pourtant 
légères. Débité en planches plus ou moins épaisses, ce bois se gon- 
dole, se boursoufle et n'a aucune valeur ; de plus, il se travaille dif- 
ficilement, mais en madriers il est inappréciable. 

Gomme bois de chauffage il équivaut au hêtre, il produit une cha- 
leur aussi intense que prolongée. 

En Australie, on s'en sert pour fabriquer des traverses de chemins 
de fer, il s'y montre durable et j)res([ue incorruptible ; il est vrai 
que l'absence d'humidité le préserve de la pouri'iture. ce ([ui ne serait 
pas le cas partout ailleurs sous un climat humide I 

Mais l'espèce que nous avons employée de préférence [)our han- 
g'ars, tonnelles ou autres constructions lég'ères, qui devaient 
néanmoins être de longue durée, c'est Y Eucah/ptus rost rata, culti\('' 
partout en Algérie sous le nom de E. resinifera. Le bois en est 
plus dense, plus solide, moins contourné (jue celui de \ E. f/lohulu.s. 
et i! se fend avec assez de faciliti- pour (pi'on [juisse le hansfoi-mi-e 
vu lattes et même en madriers. Mais, nous le répétons, il rsl de 



us i:i cAi.vi'i es 101 

toute nécessité que l'arbre soit coupé en temps de repos et tpiil soit 
bien sec. Il est même urg-ent que le séchag;e se fesse à l'ombre et 
non au soleil, pour c|ue des crevasses ne s'y produisent pas. 

De toutes manières, Y E. rostrala n'est pas plus atteint par les 
insectes, quel"/:. y/o/>«/?^s', sauf pourtant au bout dun certainnombre 
<i années peut-être, quand toute la résine en a été éliminée par le 
temps. 

Pour l'usage, le bois de chaufîage d'Eucalyptus est très bon. mais 
il faut le conserver sous des hang-ars, sinon il devient tellement 
léger, que lorsqu'on le met au feu. il est réduit en cendres en un 
rien de temps. 

S'il s'agissait de ce bois j^our l'ébénisterie. il faudrait ([ue le tronc 
d'Eucalyptus fût mis à sécher sous un hangar, pendant plusieurs 
années, car plus il sera sec, plus il sera facile à travailler et à polir. 

Le bois d'Eucalyptus de toutes les espèces, sauf du Glohulas. est 
lourd et compact ; certaines espèces poussant bien droit sont faci- 
lement transformables enlattes et se refendent aisément. Cependant, 
quoique les insectes n'en attaquent pas les fibres, il est bon. quand 
il s'agit d'en faire des charpentes ou des clôtures en plein air, de 
les rendre imputrescibles au moyen d'enduits de goudron, coaltar, 
ou tout autre matière, qui en rende la conservation indéfinie. 

En Australie, on a construit avec le bois des Eucalyptus, des mil- 
liers de kilomètres de voies ferrées et cette application a rendu d'im- 
menses services. Il va sans dire que, de temps à autre on doit les 
remplacer, mais ce serait trop beau vraiment, si son emploi était indé- 
fini : il faut se contenter de ce que la nature donne. En Europe, 
les traverses de chemins de fer sont en bois blanc : s en plaint-on ? 

Le bois d'Eucalvptus est infiniment plus durable, nous pourrions 
dire (jue cetic durée est plus du triple que celle du hais de sapin et 
nous prévoyons i^quand on se sera enfin préoccupé de cette importante 
question), que l'Algérie se couvrant de forêts de ces essences, devien- 
dra un véritable grenier d'abondance en traverses de chemins de 
fer ou tout autre objet. 

Nous souhaitons — souhait banal, qui ne se réalisera peut-être 
jamais de notre vivant — que notre Colonie du nord de l'Afrique, se 
recouvre de vastes forêts, comme au temps des Phéniciens et des 
Romains. 

Les colons algériens ont déjà beaucoup planté d'Eucalyptus, et 
tôt ou tard, ils en retireront un profit quelconque, parce que rien 



102 ÉTUDES ET .MÉMOJKES 

n'est perdu avec la Nature qui se montre toujours généreuse à l'égard 
de ceux qui savent utiliser ses produits. 

Pour nous résumer ici, sur l'emploi des Eucalyptus en général, 
nous dirons que l'on doit toujours envisager ces arbres comme don- 
nant : 

1" Un bois de chautîage de première qualité; 

2** Un bois de charpente de choix avec certaines espèces ; 

3" Un bois d'ébénisterie de haute valeur décorative ; 

4° Des traverses de chemins de fer de longue durée et des poteaux 
télégraphiques remarquablement flexibles ; 

o" Un élément de reboisement et d'assainissement de premier 
ordre ; 

()° Un appoint pour la fabrication du papier. 

Ces avantages méritent un peu d'attention de la part de tous 
ceux qui aiment les arbres pour eux-mêmes et pour les avantages 
qu'on peut en retirer; à ces titres ils doivent être plantés partout 
où le climat leur est favorable, partout où dans ces régions, l'on 
possède un terrain impropre à toute autre culture ; au bout de quelques 
années, on aura obtenu un produit rémunérateur et, dans le cascon- 
traire, fait faire un pas considérable à l'assainissement de son pays : 
cela doit lui valoir quelque considération, à défaut d'autre raison, car 
tout en en profitant soi-même, on en fait bénélicier les voisins. 

(.lUALITÉS VÉriÉTATlVES F/1- INDUSTRIELLES 
hi: OLELOUES ESPÈCES DELCALVPTIJS 

C^haque espèce possède ses (pialités propres, soit comme végéta- 
tion, soit comme bois, soit encore comme degré de rusticité. 

Eucalyptus amygdalina. — Arbre qui croît dans les vallées 
abritées des forêts australiennes, n'atteignant qu'exceptionnellement 
HO à 120 mètres de hauteur. Son tronc est droit et lisse et ses 
feuilles sont larges. Dans les pays plus découverts, les feuilles sont 
petites et étroites et son écorce brune et rugueuse. 

On en a mesuré, dans ces dernières conditions, des troncs ayant 
127 mètres sur .*) '" 'iO de diamètre à 2 ou -i mètres dli sol ; un autre 
avait 7 mètres de diamètre à un mètre du sol. Le bois de cet arbre 
se fend facilenu'ut, il se prête à de nombreux emplois, pour la char- 
pente, la construction de wagons, povu" la marine, etc. 

Les semis que l'on en fait se développent aussi rapidement que 



LKS EUCALYPTUS l(l.'3 

ceux du Globalus, mais ils ne sont pas aussi inditlerents que ces 
derniers sur la composition chimique du sol ; ils ne réussissent pas 
bien partout. Nous en avons eu la preuve en Algérie où, plantés en 
même temps, ÏEiicah/ptus globulus dépassa considérablement 
VE. amijf/dalina. En cinq ans, le premier avait lo à 16 mètres de 
hauteur et le second ne dépassait pas 6 mètres. 

(juoi qu il en soit. l'^". amygdalina est un des plus rustiques du 
j^-enre ; il résiste en plein air dans certaines parties de 1 Angleterre ; 
en Nouvelle-Zélande, là où VE. globulus a complètement péri par 
le froid, \E. amygdalina a survécu (Hg. 1). 

En Algérie, comme dans le Midi de la France et dans certaines 
parties de l'Italie et de 1 Espagne, cette espèce pourrait rendre de 
précieux services, jusqu à une altitude supra-marine de 2 à 300 
mètres, mais seulement, si les effluves marines viennent caresser 
les plantations, sinon il est inutile de les faire. 

E. Baileyana. — Bois fibreux, résistant de longue durée, d'un 
emploi général dans l'industrie du Queensland. Il réussit dans les 
sols sableux, ce qui est très avantageux ; nous ignorons s'il se plai- 
rait au bord de la mer. 

E. botryoides. — On le nomme bastard Mahogaiii ou acajou 
bâtard. Croît au bord des rivières dans le voisinage de la mer ; il craint 
donc l'aridité occasionnée par la sécheresse. C'est un arbre impo- 
sant. Il n'est pas rare d'en rencontrer des troncs atteignant 24 à 
2o mètres au-dessous des premières branches et ayant 2 mètres à 
2 '" 50 de diamètre. Bois sain, très employé dans les constructions 
civiles et navales, pour les chemins de fer, aucharronnage, aux pilo- 
tis, etc. 

II croît presque aussi rapidement que VE. globulus; il est pré- 
cieux comme arbre d'ornement et d'avenues et résiste parfaitement en 
Basse-Provence, 

E. calophylla (redgum des Australiens). — S'il croît dans les mon- 
tagnes il est pourvu de résine ; s'il vient dans les terres d'alluvions 
il n'en possède pas. Bois léger, de bonne durée lorsqu'il est à l'î-bri 
de l'humidité et pourrissant facilement s'il est enterré. 11 est un de 
ceux que 1 on travaille le plus facilement ; il est préféré pour la con- 
struction des instruments agricoles. Son écorce et ses capsules 
mêlées à celles de l'Acacia servent dans le tannage des cuirs. C'est 




l'i;i. 1. — Eucaly|)Uis ainygdalina. 



LES EUCALYPTUS I 05 

la seule espèce d'Eucalyptus de l'Australie occidentale fournissant 
en abondance la résine Kino qui, d'abord tluide, durcit à l'air; elle 
est soluble dans l'eau froide, dans la proportion de 70 ;i SO " /^ de 




Fig. 2. — Eucalyptus calophylla. 

son poids. Cet arbre dépasse 30 mètres de hauteur, avec un|tronc 
de 3 mètres de diamètre et plus à la base. Au point de vue ornemen- 
tal, il surpasse le globulus, cependant il ne ci-oît pas aussi rapidement, 
mais est tout aussi rustique, h' E. calophylla résiste très bien dans 
le Midi de la France et sur tout le littoral méditerranéen (%. 2 et 3'. 
Hul. du Jardin colonial. 1911. FI. — N» 10). g 



km; 



ETUDES i;i MEMOIRES 



E. capitellata Striu^y bark). — Arbre de oO à GO mètres de hau- 
teur à écorce filandreuse ; son bois est employé à la charpente com- 
mune et pour le chaulFage. Croit dans les sables humides et il 
pourra rendre de réels services dans ces sortes de terrains, si toute- 
fois le climat lui convient. Son écorce pourrait être utilisée dans la 
fabrication de la pâte à papier. 

E. citriodora. — Bel arbre à tronc élancé, à écorce blanche et lisse ; 
bois a[)précié par sa résistance et son élasticité. Les feuilles con- 
tiennent une grande proportion d'huile essentielle à odeur pronon- 
cée de citron. Vient assez bien en Algérie, sur le littoral (fig. 5). 




Fi^ 



— Eucalyptus c-alopliyll<i l'iuil 



E. COrnuta. — Communément cultivé dans toute la région médi- 
terranéenne. Bois lourd et dur, considéré comme égal au meilleur 
frêne, pour tous les travaux de charpente, de charronnage, etc. Il 
est très rustique et surpasse ÏE. glohulus, sous ce rapport ; résiste 
facilement à l'humidité prolongée. Grand arbre, d'un développement 
rapide dans les sols frais (fig. (i). 

E. COrymbosa. — Arbre de grande dimension, à bois rouge brun, 
tendre lorsqu'il est frais, très dur lorstju'il est sec, se conservant 
longtemps dans la terre. Excellent pour les constructions rustiques, 
les palissades, les pilotis, les traverses de chemins de fer. Son 
écorce, riche en résine /u/îo, est exploitée sin- une vaste échelle. 

E- corynocalyx fSugar gvun tree ou gommier saccharifère). — 
Arbre de 30 à 40 mètres, avec un diamètre de 1 à 2 mètres; il n'est 




Fig-. 5. — Eucalyptus citriodora. 




Kig-. (■). — Fliicalypdi-^ CMniiif;i. 



LKS EICALYPTUS 1 OD 

pas rare de voir des fûts de 1<S à 20 mètres en dessous des premières 
branches. Son bois sert à tous les usages courants, et dure, sous 
terre, de 15 à 20 ans. Il réussit partout, même sur les montag^nes et 
dans les sols ferrugineux, mais il ne produit, malg-ré son appella- 
tion fantaisiste, pas le moindre sucre. C'est im des moins aroma- 
tiques du genre, au point que le bétail en broute volontiers les jeunes 
tiffes et les feuilles : dans certaines contrées sèches. Ch. Naudin 
assurait qu'on pourrait l'utiliser comme fourrage vert, en rabattant 
l'arbre à un ou deux pieds au-dessus du sol. Cette espèce d'orne- 
ment est très rustique dans le Midi, mais de croissance assez lente. 
Nous avons pu l'étudier en Algérie et en étions assez satisfait. 

i' A suivre. R. DE Noter. 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 

[Suite.) 



IX 
Étude de quelques bois types et de leurs succédanés ' . 

I. — Acajou, 

()ri(fiue. — Le véritable acajou est fourni par le Cèdre <les 
Antilles ou Swietenia Mahogany /,., de la famille des Méliacées. 
C'est un grand arbre, atteignant en moyenne une vingtaine cK^ 
mètres, à tronc droit, couvert d'une écorce lisse et cendrée : les 
feuilles sont composées pennées avec 8 folioles opposées, épaisses, 
coriaces, d'un vert rougeàtre caractéristique ; les tleurs, de petite 
taille, sont disposées en grappes composées. 

Cette essence se rencontre surtout aux Antilles, principalement 
à Saint-Domingue, au Honduras, au Mexique, en Colombie et 
d'une manière générale dans toute l'Amérique tropicale, l^^lie 
pousse même en terrains secs et rocailleux et c'est là que son l)ois 
acquiert le plus de (jualités, car, si les arbres se développent plus 
vite en terrains humides, ils y donnent un bois j)lus tendre et 
moins bien veiné ; dans tous les cas, ils poussent isolément, sans 
jamais donner de groupements plus ou moins importants. 

Caractères du bois. — Le bois d'acajou est d'un louge clair. 
lorsqu'il est fraîchement coupé ; mais, sous l'action de 1 air. sa 
teinte se fonce rapidement. L acajou est fréquemment veiné ou 
parsemé de taches arrondies dues à la présence d'un grand nombi-e 
de nœuds, dont la teinte tranche sur celle (hi fond. 11 est dune 
dureté moyenne, d'une densité très variable, d'un grain fin. striv 
et susceptible d'un beau poli. 

Les vaisseaux sont aisément visibles, grâce à Unir contenu brun 

I. Pour rciiscif^neniciils coi]i])lémcntaires sur les bois e.\oti(|U0R consulter : 
(JuisAKij UT VAN i»E.\ liivUOHu. Lis hois iiulusl fiels , indi(jèiies i>l cro/iV/ues. 
Hhauvkhuî. Le hois, ouvi-ages auxquels nous avons [fait i|ucl(|ues euipi-uiits pour la 
rédaction de ce chapitre. 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS TYPES 



111 



foncé, jaune ou blanchâtre, de nature oléorésineuse, qui rend ce 
bois presque incorruptible. De taille moyenne et assez uniforme, 
ils sont isolés ou bien forment de petits groupes de deux ou 
trois unités et 



dans l'ensemble, on distingue des alig-nements 




Fig. 95. — Swietenia Mahogany L. A rameau tleuri : B coupe longitudinale de la 
Heur ; C tube staminal étalé : D ovaii-e et disque ; E bouton floral ; F l'ruit : G axe 
du fruit; II graine : J valve du IVuit. l'd'après Harms .j 



plus ou moins nets dans le sens radial ; on trouve en moyenne 
10 vaisseaux par millimètre carré. Les rayons médullaires sont peu 
visibles, assez larges ', équidistants, au nombre de o à 7 par 
millimètre. Les zones d'accroissement sont très peu distinctes. 

Usages. — Lacajou est un des liois les plus employés en ébénis- 
terie. Importé de la Trinité dans les dernières années du xvi** siècle, 
ce bois ne fît l'objet de transacti<ms importantes que vers la fin du 
xvn"'. On l'utilise surtout à l'état de feuilles minces pour le placage. 



l. L?s rayons médullaires sonl formés en épaisseur de trois à ([uatre assises de 
cellules, en hauteur d'une dizaine de cellules (ce nombre s'élevaut exceptionnellement 
jusqu'à trente). La hauteur varie de 2/10 à 6/10 de millimètre. 



I 12 ÉTUDES El MÉMOIKES 

II est solide, tenace, difficile à fendre et se prête mal à la scul[)ture, 
car il se casse facilement sous la g-oug'e, de sorte qu'il est impos- 
sible d'obtenir avec lui des détails d'une véritable finesse. L'acajou 
servait autrefois, sur une assez grande échelle, en Angleterre et 
aux Etats-Unis pour les constructions navales ; on l'a remplacé 
aujourd hui par des succédanés moins coûteux : il est encore utilisé 
en Angleterre pour le montage des métiers à tisser et en France 
pour la fabrication des appareils électriques. 

Principales sortes. — L'acajou type est celui de Saint-Domingue. 
Il est d'un" rouge vif, d'un grain fin et serré ; sa densité est d'il peu 
près 0,9. 11 arrive en billes équarries, d'une longueur de 2 m. TiO à 
3 mètres sous le nom de hilles-canons. On recherche particulière- 
ment les billes fourchues, prises au niveau des ramifications de 
l'arbre, parce qu elles présentent des dessins plus variés ; on les 
désigne sous le nom d'Acajou ronceu.r^. 

A côté de 1 acajou type, il faut citer : 

h' Acajou de Cuba, qui a même origine botanique, mais dont la 
densité, plus considérable, dépasse légèrement l'unité et dont la 
couleur est moins vive ; 

L Acajou (le Honduras, qui provient sans doute d une espèce 
dilt'érente ; sa couleur tire sur le jaune et ne se modifie guère sous 
1 action de l'air ; sa densité est moindre : 0,7 environ. 

\^' Acajou du Yucutan c[ui est aussi fourni par un Sirietenia spé- 
cial. Il se rapproche de celui du Honduras, mais sa teinle est plus 
vive (Densité : 0,85). 

(]es dernières sortes, moins précieuses que l'Acajou de Saint- 
Domingue, sont encore emplovées dans les constructions navales. 

Principaux sucaklanés. — Parmi les succédanés du véritable 
acajou, il faut citer au premier rang les acajous d'Afrifjue. fournis 
par d'assez, ntmibreuses essences appartenant à la famille des 
Méliacées. 

L'Acajou <lu Sénégal provient du K/taya sencf/nlensis A. ,luss.. 
vulgairement désigné sous le nom de daïlcedra/, qu'on trouve au 
voisinage de la Côte au Sénégal, en ('iand)ie anglaise et (juelque peu 

1. I^es acajous. cjiioUc que soil leur provenance, sont cjualilirs dans le commerce 
suivant la disposition des veines ou des nodosités el d»'':sii;n(''>* jiar exemple sous les 
noms d'acajou chcuiUè. rubnni'. moiré, liffré. veiné, etc. 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS TYPES il3 

•dans les Guinées. C'est un bois roug-e ou rou^e brun, quelquefois 
d une teinte vineuse peu agréable. Il est dense, dur, à grain serré, 
plus difficile à travailler que le véritable acajou, dont il se distingue 
facilement par sa teinte, par ses rayons médullaires beaucoup plus 
apparents et par ses zones d'accroissement plus nettes. 

Ce bois nest plus guère exploité actuellement ^ et les plus beaux 
acajous de la côte d Afrique sont surtout fournis par le Kh. ivorensis 
A. Chev, qu'on rencontre dans la forêt depuis le Libéria jusqu'à la 
Gold Coast. 

C'est un arbre dépassant souvent 30 mètres de haut, avec un 
diamètre de 1 m. oO à 2 mètres, présentant à la base de puissants 
épaississements en forme d'ailes ; il est recouvert dune écorce 
grisâtre, épaisse, non fendillée. Les feuilles sont réunies en cou- 
ronne au sommet des rameaux et composées de 3 à 6 paires de 
folioles, dun vert sombre ; les fleurs sont en grappes dressées, 
pauciflores. 

Le bois, d'un rouge clair, est d autant plus pâle que l arbre est 
plus jeune ; les bandes de parenchvme lig-neux sont plus ou moins 
abondantes et, suivant la façon dont elles sont entremêlées pro- 
duisent des effets plus ou moins agréables à l œil, d'où dépend la 
valeur excessivement variable des billes. 

En dehors des sortes courantes, on disting-ue deux sortes d'acajou 
de luxe : V Acajou frisé et VAchJou figuré, présentant tous deux 
des dessins irréguliers en coupe long-itudinale, accompag-nés chez 
le premier de reflets moirés du plus bel effet ; suivant la teinte, 
l'ornementation, la lareté sur les marchés, les billes d Acajou 
d'Afrique se vendent de 100 à 2.000 francs la tonne'. Il est 
d'ailleurs impossible de se rendre conq^te de la valeur d'un arbre 
avant de l'abattre ; la même espèce paraît donner un bois d'autant 
plus recherché que la croissance de l'individu a été plus lente. 

Parmi les autres succédanés de la côte occidentale d Afrique il 
faut encore citer le Khaija Klainii Pierre du Cong-o et le K. antho- 
teca C.D.C. de l'Angola, qui donne un bois de bonne qualité et de 
grande dimension. 

1. Au moins pour l'exportation ; on ï<"cu sci-l localement pour lu construction des 
pirogues et comme bois de charpente. 

2. Voir à ce sujet : A. Ciif.vai.ikk. l'reinière élude sur les bois Je l;i Côle d'Ivoire. 
Challamel. 1909 ; étude de laquelle nous extrayons la plupart des données de ce para- 
graphe. 



114 ÉTUDES ET MEMOIRES 

Le genre Eniandop/iragnin, appartenant à la même famille et 
créé par Casimir de CandoUe pour un arbre de l'Angola, que 
Welwitsch avait rapporté au genre Sii'iefenia. avait peu attiré 
l'attention jusqu'à ces derniers temps. Les recherches de M. A. Che- 
valier ont montré qu il doit compter parmi les producteurs les plus 
importants des Acajous africains. Le caractère le plus spécial de ce 
genre est d'avoir une capsule s ouvrant de bas en haut, ce qui ne 
se retrouve chez aucune autre Méliacée. 

•Outre l'espèce type [E. am/olense C.D.C.), qui se rencontre 
principalement dans les monts de Quêta, il faut signaler YE. septen- 
trionalis A. Chev. et l'^". macrop/ii/lla A. (^hev. qui appartiennent 
à la même région que le Khaija ivorensis ; ÏE. Pierrei A. Chev. du 
Gabon, etc. Plusieurs espèces, dont les bois sont certainement 
intéressants, sont encore indéterminées. 

On assimile aussi quelquefois à l'acajou certains bois africains, 
d'une valeur beaucoup moindre, fournis par des Burseracées et 
désignés généralement sous le nom d'Okoumés '. 

Le véritable Okoumé provient de VAucoumca Klaineana. très 
commun au Congo dans le Mayoumba et sur les bords de l'Ogooué 
[Acajou du Congo). La couleur du bois varie du rouge au rose et 
sert à distinguer plusieurs sortes ; sa densité est relativement 
faible. On emploie ce bois pour faire des tiroirs, des fonds de 
meubles et même, étant donné son bas prix (30 à 50 francs la 
tonne), pour la fabrication des caisses d'emballage ; pour l'ébénis- 
terie, les billes fourchues sont particulièrement recherchées. 

L'Okoumé de la Côte d'Ivoire est fourni par le Canariuni occi- 
dentale A. Chev. ; c'est un bois plus dense et de meilleure qualité 
que le précédent ; son cœur est rosé et rappelle beaucoup l'aspect 
du bois de Khaya ordinaire. 

Fau.r acajous. — On désigne également sous le nom d'Acajou 
un grand nombre de bois, dont les propriétés s'éloignent souvent 
beaucoup de l'acajou véritable. 

L'Acajou d'Australie est fourni par des Eucalt/j)/us, r.Vcajou de 
la Guadeloupe par VAnacardIum occidentale L. Acajou à pommesj, 
mais le ])lus souvent les bois ainsi désignés proviennent du genre 

1. \'iiii-à cesuji'l : di ni. mmi n. L:'x proilnils h//7('.s- i/es /{(/r.si'/v/cc'c*. (lliiilliiincl. 1 !hi!). 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS TYPES H 5 

Cedrela ', qui se range dans la famille des Méliacées [Acajou de 
Chine, Acajou amer des Antilles, Acajou de la Guyane, etc.). 

Dans ce genre, il faut faire une mention spéciale pour le Cedrela 
odorata L., dont le bois est très connu sous le nom à' Acajou 
femelle ou Acajou à planches. 

C'est un grand arbre, à croissance assez rapide, qu'on trouve aux 
Antilles, au Brésil, dans les Guyanes, au Mexique, etc. 

Le bois est de couleur rougeâtre terne, presque uniforme ; il est 
tendre, poreux, léger (sa densité est de 0,34) et d'une texture homo- 
gène ; les vaisseaux sont larges, surtout au voisinage des couches 
d'accroissement, et remplis d'une matière résineuse brune ; les 
rayons médullaires sont nombreux et bien marqués. 

Le bois de Cedrela se laisse facilement travailler dans tous les 
sens, mais n'est pas susceptible d'un beau poli ; il ne se fendille 
pas sous l'influence de la dessiccation ; il manque de résistance et 
son élasticité est faible. Son odeur est fortement aromatique, sa 
saveur amère, propriétés qui le rendent inattaquables par les 
insectes. 

L'Acajou femelle est employé surtout pour la fabrication des 
boîtes de cigares, à la Havane et à Manille. On s'en sert également 
pour faire des caisses à sucre et, d'une manière générale, pour le 
revêtement intérieur des meubles, où l'on désire conserver des 
objets à l'abri des insectes. On l'utilise enfin pour construire des 
embarcations légères et pour les bordages des navires. En Europe, 
' c'est surtout l'Angleterre qui importe le bois de Cedrela ; la con- 
sommation en France en est très limitée. 

A côté du C. odorata, il faut citer le Cedrela Toona Roxb. ou Cèdre 
de Singapore, arbre géant dépassant 50 mètres de hauteur qui se 
trouve dans l'Asie méridionale, depuis les Indes jusqu'à Malacca 
et aussi aux Indes Néerlandaises, aux Philippines, aux Molucjues 
et même en Australie. 

Son bois, d'une belle teinte rouge, est employé beaucoup aux 
Indes pour l'ébénisterie, la menuiserie fine et même pour les 
charpentes ; il est inattaquable par les termites. 

Le C. sinensis Juss. est originaire de la Chine et très répandu au 

1. Ce genre appartient à une autre tribu {Cedrelèes) que les Stvietenia, Khaya, 
Enlandophraxjma Swietenièes). Chez les Cedrelées, les étamines sont libres, tandis 
que cliez les Swietenièes elles sont soudées par leurs filets de manière à former un 
tube. 



116 ÉTUDES ET MÉM01RF:S 

Japon ; son bois est à peu près équivalent au précédent ; les Japonais 
s'en servent beaucoup pour confectionner leurs meubles. 

Enfin, nous ne pouvons quitter le type Acajou, sans mentionner 
un bois très précieux de propriétés analogues ; c'est le hois d'Am- 
boine qui paraît être fourni aussi par une Méliacée le Flindersia 
amhoinensis; en raison de son prix, qui dépasse 12.000 francs la 
tonne, on ne 1 emploie g-uère que pour la marqueterie. 

II. — ÉbÈxXK. 

OrUjine. — Les Ebènes sont principalement fournis {)ar des 
plantes appartenant à la famille des Ehenacées et particulièrement 
par des espèces du ji^enre Diospi/ros [Plaque miniers), dont l'aire 
d'extension est très considérable. L ébénier type est le D. Eheniim 
Kônii^, répandu dans l'Inde, en Indo-Chine et en Malaisie. 

Caractères du bois. — Le bois d'ébène est dur, noir, de teinte 
uniforme ou bien présentant des veines vertes. Les vaisseaux sont 
en moyenne au nombre de quinze par millim. carré ; leur diamètre 
oscille de oO à 180 ■/, ils sont tantôt isolés, tantôt en petites files 
radiales de 2 à 8 unités '. La majeure partie du bois est formée par 
un tissu fibreux, dont les éléments ont des parois très épaisses et 
une lumière très réduite ; cette structure explique la densité consi- 
dérable de ce bois qui est plus lourd que l'eau ; elle atteint en 
moyenne 1 ,3. Les rayons médullaires sont nombreux (on en compte 
de 12 à 19 par millimètre) ; ils sont généralement formés d'une 
seule assise de cellules dans le sens de l'épaisseur et leur hauteur 
varie de 1/10 de millimètre à 1 millimètre ; ils renferment souvent 
en abondance de gros cristaux d'oxalate de calcium. 

Usages. — L'ébène se conserve bien à l'air et n'est pas attaqué 
par les insectes ; il se travaille difficilement et ne peut être cloué ; 
.ses faibles dimensions limitent son emploi aux travaux d ébénisterie 
(d'où l'étymologie de ce mot), de marqueterie, ainsi qu'à la fabri- 
cation de petits objets, manches de couteau, touches de piano, 
clarinettes, llùtes, etc. 



I. l)iiii> tous les fils. roMscmhle des \ aisseaux jaloiiui,' des lij,'ues radiales assez 
nelles. 



KTIDE DK OrKLdUKS 150IS TYPES 



117 



Principales sortes déhène. — A coté de 1 espèce principale, on 
en trouve un très grand nombre d'autres qui sont j)lus ou moins 
exploitées ; nous les classerons d'après la couleur du bois ([u'elles 
l'ouniissent et d'après leur origine géographique. 




Fif,'. 96. — Kbéiiier de Madagascar Diospifros Perrieri Jum. . 

I" Ehènes noirs. 

a) Ebènes des Indes. Ces bois sont fournis surfout i)ar les 
l). Eheniini Kôni^, D. Ehenaster Retz, D. melanoxylon Roxb., 
1). montana Roxb., D. pcregrina Gartn. et désignés sous le nom 
d ébènes de Bombay, de Geylan, de Siam. En Indo-Chine, l'ébène 
est fourni surtout par le Cambodge. 



1 1 8 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

h) Ebène de Manille. Il provient du D. Ehenasier Retz et du 
D. philippensis Desr. 

cj Ebènes du Lagos et du Gabon. La principale espèce produc- 
trice de ces rég-ions paraît être le D. Dendo Welw. ; les ébéniers 
sont particulièrement abondants dans les forêts du Fernan Vaz, sur 
les bords de l'Og-ooné. 

(/ Ebène de Zanzibar. Cet ébène provient du D. mespiliforniis ^ 
Hochst., qui est répandu dans toute l'Afrique tropicale. 

e) Ebène de Madagascar. On compte dans la Grande Ile au 
moins 25 espèces d'ébéniers, dont la plupart ne sont pas exploités. 
Le bois d'ébène de la côte ouest est exporté depuis une trentaine 
d'années ; les Indiens et les x\rabes en firent les premiers le com- 
merce et importaient l'ébène en Chine pour la fabrication des 
cercueils ; aujourd hui ce commerce est entre les mains des Euro- 
péens et a pris une assez grande extension. 

Les principales essences productives sont le D. haplostylis Boiv. 
et le D. microrhotnhns Hiern. M. Jumelle a signalé il y a quelques 
années une nouvelle essence dans le Nord-Ouest, il l'a baptisée 
D. Perrieri ; cette espèce, le Lopingo des Sakalaves, habite les 
forêts rocailleuses et le bord des torrents ; elle fournit tout l'ébène 
de la région ; le cœur y est très développé et l'aubier mince. 

2° Ehènes blancs. — L'ébène blanc présente tous les caractères 
de l'ébène ordinaire, à part la coloration ; il est surtout fourni par 
les Mascareignes oùlon exploite le I). melanida Poir. et le D. Cliry- 
sophyllos Poir. 

3° Ebènes striés. — Le bois d'ébène rayé niulticolore est généra- 
lement désigné sous le nom d^ Ebène de Coromandel ; il provient du 
D. hirsuta L. ; le Camagoon des Philippines provenant du D. niul- 
tiflora Blanco se range dans la même catégorie. 

4" Ebène rouge. — Il est fourni par le D. riibra Gartn., fréquent 
à l'île Maurice. 

o" Ebène vert. — Il provient des Indes et est fourni par le 
F), chloroxi/lon Roxb. 

Succédanés. — Des bois analosrues à lébène sont en outre fournis 



1. D'après M. A. Chevalier, le bois de celte espèce, qu'il a obsei'vée en Afrique 
occidcntiile, serait blanc; il suppose que la coloralion noii'c peut apparaître api-ès la 
mort de l'arbre. 



ÉTUDE Di: OURLQIES BOIS TYPES 119 

par d'autres genres. Le g-enre Eiiclea de la même famille que les 
Diospyros donne une espèce E. pseudehenus E. Mey.,- dont le bois 
possède un cœur noir et se vend dans le commerce sous le nom 
d'ÉJjène du fleuve Oran</e, à cause de son origine. 

Des sortes d'ébènes sont aussi fournies sur la côte occidentale 
d'Afrique par le Maha buxifolia Pers., de la famille des Ebenacées 
et par le Dalhergia melanoxylon Guil. et Perr. (Légumineuses). Ce 
fait est digne de remarque, car les Dalhergia donnent plutôt des 
bois appartenant à la catég-orie des palissandres. 

Enfin, il faut encore citer ïéhène ver^fe de la Guyane, qui provient 
d'une Big'noniacée, le Tccoma leucoxylon Mart. 

Nous ne parlerons pas ici d'imitations grossières employées en 
ébénisterie et qui n'ont de l'ébène que l'aspect extérieur, telles que 
le poirier noirci ou le bois de palétuvier, après qu'il est resté long- 
temps plongé dans la vase. 

III. — Palissandhi:. 

( h-igine. — Le Palissandre ' est exporté surfout de l'Amérique 
du Sud ; les plus belles sortes viennent du Brésil {Rio de Janeiro, 
Bahia i. L'origine botanique du palissandre est assez obscure, car un 
grand nombre de bois présentent des caractères extérieurs iden- 
tiques. Il semble cependant que le véritable palissandre provienne 
de diverses espèces de Dalhergia (Légumineuses) ; au Brésil ce serait 
surtout le D. nigra AUem. ; aux Indes le D. latifolia Roxb. et le 
1). Sissoo Roxb. ; à Madagascar, dans le Boina, on exploiterait 
également le /). hoinensis Jum. et le D. Perricri Jum. 

Caractères. — Le palissandre est un beau bois de couleur géné- 
ralement brun violacé, dur, dense, d un grain serré. La teinte est 
d'ailleurs variable et va du noisette clair au pourpre le plus foncé ; 
elle est irrégulière sur un même échantillon et Ion observe souvent 
des contrastes brusques d'un bel effet ; elle fonce considérablement 
sous l'action de Fair. Le palissandre possède une odeur spéciale, 
très suave, due à l'imprégnation par une résine odorante. Les 

1. Désigné souvent sous le nom clc hoia de Sainte-Lucie, de Rose Wood ou bois de 
rose, de Jacaranda au lîrésil : cette dernière appellation a accrédité l'erreur qui 
consistait à rey;arder certains Jacaranda Rig:noniacées) comme produisant le palis- 
sandre. 



20 



ETUDES ET MEMOIRES 



vaisseaux sont le plus souvent isolés, plus rarement groupés 
par 2 à 'i avec un alignement radial ; ils sont assez larg-es, avec 
un diamètre de mm. 06 à mm. 25, ce qui explique qu'on ne 
puisse obtenii' un poli absolument partait; on en coiupte^en 
moyenne o à par millimètre carré avec un maximum de 12. 
Les rayons médullaires sont peu épais, composés de 2 à 3 assises 
de cellules et courts, leur hauteur varie de mm. 12 k mm. 19. 

Usagen. — Le palissandre est, après Lacajou, le plus important 
des bois d'ébénisterie ; il est ég'alement employé pour la marqueterie. 




Fiji'. !'7. — Mestin ferreii L. A rameau llem-i : B l'-taniine : (2 cou pi- lun^^itudiiialo de 
l'ovaire ; D sliginale : K fruit ; F coupe Iransversale dans une moitié du tVuil : 
(î cloison discontinue : H foraine. (d'après EnglerV 



Succédanos. — Les succédanés du palissandre sont très nom- 
breux. Un certain nombre sont fournis par des Machferiiun, g-enre 
voisin des Dalhergia ; à la Guyane, on exploite principalement le 
-V/. Sc/ionihiir(/ii Benth., au Brésil, le .)/. Alletnani Benth., ([ui 
donne un bois rouge pâle avec des veines plus foncées ; dans la 
même catégorie, rentre le hois violet de la (ruyane foiu-ni par le 
Peltoffijne venosa Benth. et aussi le bois de Y Adenanthera pavo- 
nina L. répandu en Indo-(]hine. 

Bois intei ini''diairt\s entre Vacajou et le palissandre. — Nombreux 
sont les bois qui peuvent se placer dans cette catégorie ; leurs 



ÉTUDE DE QUELyUES BOIS TYPES 121 

provenances botanique et géographique sont des plus diverses ; 
nous n'en citerons que quelques-uns parmi les plus importants. 

Vap ou bois de Mesua ferrea L. (Clusiacées). C'est une essence 
originaire des forêts de la basse Gochinchine, où on la rencontre 
en groupements compacts, ainsi que dans les provinces de Bien- 
Hoa et de Tajninh et dans les forêts du Cambodge. On la cultive 
dans rinde, à Cejlan et dans toute la Malaisie. 

Le bois présente une belle coloration rouge clair à la périphérie 
et rouge sang vers le cœur ; il est parsemé de veines d'un violet 
très foncé. C'est un des nombreux bois de fer ; sa densité est 
supérieure à l'unité, il ne flotte donc pas ; il est dur, compact, 
formé de fibres très serrées et susceptible d'un beau poli ; ses 
qualités de conservation sont remarquables et il est inattaquable 
par les insectes ; il doit être débité aussitôt abattu, car, lorsqu'il 
est sec, il devient très difficile à scier. 

On l'emploie à cause de sa résistance pour les traverses de 
chemin de fer ; mais son bel aspect le rend précieux pour l'ébénis- 
terie comme bois plein ou comme placage et sa texture permet de 
l'employer pour la fabrication de tous objets destinés à résister au 
frottement. 

L'odeur du Vap est aromatique et lui a fait donner le nom de 
bois d'anis ; il renferme une huile essentielle et une résine aroma- 
tique, ce qui explique son emploi dans la fabrication de certaines 
liqueurs. 

Bois d'Hijmensea Coarharil ' L. (Copalier). Bois rouge, de teinte 
assez uniforme, présentant en coupe longitudinale des sortes de 
mouchetures en creux qui nuisent à son poli ; on s'en sert aux 
Antilles et particulièrement à la Martinique pour l'ébénisterie. 

Bois dAndira (Dalbergiées) -. On exploite à la Guyane ou aux 
Antilles le bois de plusieurs espèces de ce genre; k la Guyane, on 
s'adresse surtout à r..4. Auhletii Benth. (Vouacapou), aux Antilles 
à VA. inermis H. B. et K. (hois palmiste). Ces bois sont générale- 
ment brun foncé avec des marbrures blanches, dessinant comme 
des épis sur une coupe tangentielle. 

Bois de lettres moucheté. — Il est fourni k la Guyane par une 



1. Légumineuses Cu^salpiniées. 

2. Tribu de Légumineuses Papilionacées, comprenant les Dalbergia. 
Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N» 101. 



122 



ETUDES ET MEMOIRES 



Artocarpée, le Brosimuin Aiihlelii Pœpp. et Endl. ou Piratinera 
giiyanensis Aubl. ; le cœur est rouge avec des taches noires irrégu- 
lières, simulant des caractères chinois ; d'où le nom donné à cette 
essence. C'est un bois très dur, très lourd, difficile à travailler ; 
le cœur est très peu développé par rapport à l'aubier; c'est donc un 
bois de faible dimension, mais présentant une réelle valeur pour 
l'ébénisterie ; on s'en sert aussi pour fabriquer des cannes de luxe. 

IV, — Bois de teck. 
Orif/ijie. — Il est fourni par le Tecfona grandis L., grand arbre de 




Fij,'. 98. — Tecionn gramlin L. A rameau lleuri ; 1$ fleur ; C coupe longitudinale 
de la fleur : D calice à niatuiitê : E iVuil : F coupe transversale du fruit ; G poil du 
péricarpe. (d'après Briquet et Boequillon . 



la famille des \ erbénacées, qui forme de vastes forets en Birmanie 
et au Siani, ([u'on rencontre également en Indo-Chine, à Malacca, 
à Java. 

En Indo-Chine, en particulier, on trouve le teck dans les forêts 
du nord de la proA'ince de Kompon^-Thom au Cambodge et au 
Laos, où l'on n'en connaît que deux peuplements, l'un dans le 
haut Mékong, près de Xieng-Khong, l'autre dans la province de 
Savannaket. Mais ces richesses sont d'une exploitation difficile, 
car le Mé-Kong n'est que diflicilement navigable pour les trains de 



ÉTUltE L)K QUELQUES BOIS TYPES 123 

bois, même aux époques de hautes eaux ; l'amélioratioii de son 
cours serait d'autant plus désirable qu'elle permettrait de faire 
dériver sur notre colonie les bois de teck fournis par les forêts du 
nord-est du Siam. Enfin, des plantations ont été entreprises en 
Gochinchine, dans la province de Baria, dès 1898, et ont donné 
jusqu'à présent des résultats satisfaisants. Mais le teck demande 
de longs délais avant d'être exploitable; sa croissance est en eifet 
très lente et l'on ne peut guère tirer parti que des arbres ayant au 
moins cinquante ans; les plantations ne peuvent donc avoir d'in- 
térêt que pour les gouvernements ; elles ne doivent cependant pas 
être négligées, car les peuplements naturels s'épuisent rapidement 
et les prix de ce bois subissent une hausse continuelle. 

[A suivre.) Marcel Dubard, 

Maître de Conférences à la Sorhonne, 

Professeur à l'Ecole siipéreure 

d'Agriculture coloniale. 



LE MAÏS Al HICAIN 

[Suite.) 



I. — Comment assurer la permanence de la production. 

J'ai indiqué ci-dessus comment, les cultures de maïs étant tou- 
jours effectuées sur défrichements, les forêts et les friches arbus- 
tives constituent la seule réserve de terres propres à cette pro- 
duction. Non point que cette céréale ne puisse se développer sur 
les terres ordinaires, mais parce que déjà fatiguées par des cultures 
successives de manioc, d'igname, etc., elles sont appauvries et 
donnent des rendements très faibles. 

Au Togo et au Dahomey où les forêts sont à peu près disparues, 
les indigènes cultivent exclusivement sur friches arbustives avec 
un entrain que décèle la progression rapide des exportations. 

Ces friches ensemencées deux ou trois années de suite en maïs 
sortent du cycle de production et sont laissées en jachère pour une 
nouvelle période. Leur reconstitution par la friche arhustive qui 
s'y installe à nouveau ne demande, d'après l'expérience, guère 
moins de huit à dix ans. Encore ce régime a-t-il d'autant plus (le 
peine à se créer que le nombre de défrichements s'accroît ; il cède 
progressivement la place à la savane arbustive i)uis à la savane 
pure. 

Le sol soumis à l'action directe des eaux de ruissellement et 
d'infiltration perd peu à peu sa nature argileuse, le sable siliceux y 
devient dominant et les graminées y sont désormais tout à fait 
chez elles. 

Le mode de transformation de sol forestier en sol de savane, 
impropre à la culture indigène, est partout le même et s'observe sur 
toute la côte ; sur les sols de nature siliceuse il arrive à son but 
en quelques années. 

Pour enraver ou tout au moins retarder cette transformation qui 
mène directement à la diminution et à la disparition des terres à 
maïs, il n'y a pas d'autre procédé que de rendre au sol tout ou 
partie des éléments qui lui sont enlevés. 



• 



LE MAIS AFRICAIN {25 

A cet effet, des procédés culturaux suivis en culture européenne 
et qui auraient quelque chance d'être adoptés par les indigènes il 
n'en est que deux : l'usage des engrais en couverture et la pratique 
d'un type d'assolement comprenant la culture des légumineuses. 

a) Usage des engrais. — L'usage des engrais est en Afrique, à 
part quelques rares exceptions, chose à peu près inconnue ; l'idée 
d'amener les indigènes à s'en servir me paraîtrait irréalisable par- 
tout ailleurs que dans cette partie de l'Afrique où les collectivités 
sont très fortement groupées et l'esprit d'association développé 
comme il ne l'est nulle part ailleurs. 

Cette tendance au groupement que Ion observe surtout au Lngos 
où elle s'est traduite par la constitution d'un certain nombre d'asso- 
ciations agricoles faciliterait singulièrement la création de sociétés 
ou s^'ndicats agric )les placés sous le contrôle du gouvernement et 
qui serviraient à la diffusion de cette pratique culturale. 

L'usage des engrais s'impose fatalement comme un des premiers 
perfectionnements des S3^stèmes primitifs de culture et il ne serait 
pas surprenant qu'en cette contrée où les populations sont exclusi- 
vement agricoles, l'adoption de systèmes variés d'assolements en 
usage ne soit suivie de celle des engrais pour les cultures épui- 
santes comme le maïs. 

En réalité on peut dire, que nous ne posons pas la question, mais 
bien qu'elle s'impose delle-mème à l'attention des pouvoirs publics. 

Dès maintenant des régions entières, très peuplées, mais où les 
terres cultivées sans répit depuis longtemps sont épuisées, bénéfi- 
cieraient de l'usage d'engrais. Les régions de Porto-Novo et de 
Ouidah, au Dahomey, sont dans ce cas ; tout le plateau d'Abomey 
de même. Leurs populations doivent chercher en dehors d'elles des 
terrains de culture plus productifs. 

Quelles sortes d'engrais peuvent être utilisés, comment et en 
quelle quantité ? Une série d'expériences faites en dillerents points, 
en tenant compte des préférences connues du maïs et des pratiques 
indigènes peut seule se prononcer sur ce point. 

La pratique d'un bon épandage pourra être contrariée par l'insuf- 
fisance du travail du sol, aussi sem])le-t-il à priori que l'épandage 
en couverture doive être préféré. 

Nous n'avons sur les efïets de l'usage des engrais appliqués au 
maïs qu'une expérience faite au Lagos, à Olokemedji, sur un sol de 



120 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

décomposition gneissique, encore fortement graveleux, pauvre et 
très perméable. 

Il fut employé par hectare 135 kilog-r. de sulfate d'ammoniaque 
et 60 de chlorure de potassium appliqués : 75 kilog-. de sulfate 
d'ammoniaque en terre, avant le semis et le reste des eng-rais, 
six semaines après le semis, en couverture. La récolte qui eut lieu 
quatre mois après le semis donna pour la parcelle avec engrais 
2.300 kilogr. de grains et pour celle sans engrais, 1.400 kilogr. 
La dépense en engrais fut de 13 fr. 50 et la valeur du surcroît de 
rendement en maïs serait aujourd'hui d'environ 54 francs. 

b) Culture de légumineuses. — L'indigène trouvant pour son 
mais un débouché illimité a été conduit à adopter la culture 
continue de cette céréale sur les mêmes sols jusqu'à épuisement ; 
les sols épuisés par cette culture ou fatigués par les assolements 
indigènes qui ne comprennent que des cultures exigeantes n'ont 
pour se reconstituer d'autre ressource que la jachère qui les immo- 
bilise pour une dizaine d'années au moins. 

Ces deux causes, qui enlèvent à la culture de grandes étendues 
de terrains, amèneront sans nul doute, si le marché du maïs se 
maintient favorable, au resserrement de la période de jachère, 
c'est-à-dire à la diminution progressive des rendements et à 
l'épuisement plus complet des sols cultivés. 

Si l'indigène était amené à placer le mais dans un assolement et 
à consacrer une ou deux soles à des légumineuses, le problème de 
la permanence de la production serait résolu dans la plupart 
des cas. 

Pour être acceptée des noirs cette légumineuse devrait donner 
un produit de vente courante leur procurant im bénéfice voisin de 
celui que leur laisse le maïs. 

L'arachide répond à toutes ces conditions. 

Quoique son pouvoir améliorant n'ait pas encore été scientifi- 
quement estimé, il est de connaissance courante ; d'autre part sa 
culture ([ui est des plus .simples, procurerait à l'indigène un revenu 
sensiblement égal ou supérieur à celui du maïs. 

On peut donc dire, étant donné que cette culture est déjà 
répandue à titre alimentaire au Bénin, (jue la solution de la ques- 
tion dépend uni([uement du commerce qui, dès qu'il sera acquéreur, 
vulgarisera automiitiquement cette culture. 



LE MAIS AFRICAIN 



127 



Quelle est la valeur de l'arachide du Bénin ? Il s'est répandu à 
ce sujet, à la suite de petits envois opérés du Dahomey et du 
Lagos, l'opinion que cette graine avait un taux d'humidité telle- 
ment élevé que l'extraction de l'huile en était rendue très difficile 
et que cette huile même était de mauvaise qualité. 

Ces indications si contraires à la log-ique sont le résultat de 
déductions inexactes tirées de ces essais. 

L'un d'eux, que j'ai eu l'occasion de suivre de très près, se fit il y 
a deux ans dans une usine marseillaise sous les auspices d'une 
maison importante de Hambourof. Les arachides mouillées à plu- 
sieurs reprises, au Dahomey, avant l'embanpement, étaient, men- 
tionne le procès-verbal, très humides, à coque ramollie, et sentaient 
fortement le moisi, à l'arrivée en Europe. 

Elles occasionnèrent en cours de travail quelques détériorations, 
notamment aux presses et donnèrent une huile à odeur prononcée 
de moisi. 

La conclusion qui en fut tirée attribua à ces graines une teneur 
habituelle en eau trop élevée pour pouvoir être travaillées par le 
matériel courant des huileries d'arachide. Il y eut là une simple 
confusion de cause à etfet faite au travail des graines et ({ue les 
expéditeurs eussent dû accepter avec plus de réserve. 

A peu près à la même époque d'ailleurs un envoi fait à Marseille, 
d'arachides du Dahomey, trouvait preneur à 22 francs alors que la 
marque de Rufisque en valait 24,50. 

En détinitive on ne saurait trop demander au commerce local de 
se faire à cette idée de doubler la production du maïs de celle de 
l'arachide et aux pouvoirs locaux de saisir l'occasion propice d'ai- 
der les négociants à la réalisation de ce projet. 

J. — Comment améliorer la qualité. 

L'amélioration des types commerciaux de maïs africains dépend 
étroitement de leur unification et de la disparition des défauts 
causés par l'humidité et le charançonnage. 

L'unification des types ne peut se réaliser que par la disparition 
des maïs jaunes qui ont une moindre valeur; elle ne peut être 
réalisée si toutefois elle est désirable au point de vue cultural, que 
par le commerce à qui il suffît de ne plus en acheter. 



128 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Ce qu'il faut considérer comme certain aujourd'hui, c'est l'inuti- 
lité de l'introduction de types nouveaux destinés à améliorer la 
production locale. 

Les maïs blancs du Bénin possèdent toutes les qualités commer- 
ciales désirables et fournissent d'excellents rendements. A ces 
excellentes raisons viennent s'ajouter celle fournie par les échecs 
qu'a subis au Dahomey et au Lag^os la culture du maïs américain 
dent de cheval (Zea dentata). 

Dès la première année, les rendements se sont montrés très 
inférieurs à ceux des cultures indigènes ; à la troisième année, ils 
devenaient nuls par la dégénérescence complète du type introduit. 

Humidité. — C'est le défaut capital de tous les maïs, américains, 
argentins et africains et qui provient, on la vu, de causes très 
diverses, parmi lesquelles deux sont déterminantes : une récolte 
trop hâtive et l'insuiïisance des abris. 

Contre la première il n'est qu'un remède, il se trouve dans les 
mains du commerce ; c'est l'entente qui conduirait à la suspension 
de tout achat jusque vers le 13 août. 

Cette entente fut réalisée en 1907 par les négociants du Lagos 
qui en furent très satisfaits ; mais en 1908, l'accord ne put être 
renouvelé, quelques infractions ayant été commises par certaines 
maisons qui achetèrent malgré l'engagement pris. 

Il devient évident, si l'on songe à la vive concurrence qui s'exerce 
au sujet des achats, qu'une mesure eflîcace ne peut émaner que de 
l'autorité administrative. 

^lalheureusement il règne une grande incertitude à propos de la 
forme que devrait prendre cette intervention. 

Proclamer une sorte de ban de vendange qui fixerait une date 
aux premières récoltes semble peu aisé étant donné que la matu- 
ration dépend non seulement des phénomènes atmosphériques, 
mais surtout des dates de semis lesquelles sont des plus variables. 
Par ailleurs on se rend compte de l'impossibilité d'assurer dans 
l'état actuel de l'organisation de ces contrées, l'exécution de cet 
ordre (jui apparaît comme profondément vexatoire. 

L'interdiction d'exporter le maïs avant une date déterminée 
n'empêcherait nullement les achats d'être opérés et amènerait au 
contraire, j)ar l'obligation faite aux commeryants de garder leurs 
grains jusqu'à la date permise, une détérioration bien plus grande 
dans les premiers envois. 



LE MAIS AFRICAIN 



129 



Enfin il reste, dans cet ordre d'idées, la solution qui consisterait 
à rég-lementer la date d ouverture des achats. Là encore se trouvent 
de nombreuses difficultés ; cette date devrait varier chaque année 
suivant l'état de la récolte et varier aussi selon les régions, la 
maturation ne se produisant pas aux mêmes époques dans la zone 
côtière et à 150 kilomètres dans l'intérieur. 

Certaines maisons se trouveraient de ce fait avantagées au détri- 
ment d'autres, à cela les contradicteurs pourraient ajouter que 
l'époque de maturation peut varier jusqu'à près d'un mois selon le 
type de maïs cultivé. 

A mon' avis la question est ainsi mal posée, elle se heurte, sous 
quelque forme qu'on la présente, à des intérêts qu'elle peut léser 
très gravement et à la liberté commerciale. 

La solution réside dans une organisation moins rudimentaire du 
système des achats et des transports et dans la visite à l'exporta- 
tion qui rejetterait les lots manifestement trop altérés. 

A l'heure actuelle les négociants peuvent rejeter la faute du 
mouillage sur l'absence d'abris dans les gares expéditrices, l'in- 
suffisance du matériel couvert sur les chemins de fer et enfin la 
médiocrité des moyens d'embarquement à la côte. 

Jusqu'à ce que les pouvoirs publics ou les compagnies de trans- 
port aient apporté les améliorations que réclament impérieusement 
ces services publics, l'autorité administrative se verra impuissante 
à opérer avec justice un contrôle sérieux sur la qualité des expor- 
tations. 

Le souci du maintien des qualités commerciales du maïs a éga- 
lement préoccupé les milieux argentins, car malgré que les moyens 
de transport et d'embarquement y soient fortement organisés, les 
trois quarts des pertes subies à l'arrivée en Europe sont dues à 
l'état humide du grain avant l'embarquement. 

Le souci de tout acheteur, de recevoir, garder et expédier le 
maïs dans le meilleur état de siccité, y est contrarié par l'humidité 
très grande qui règne durant la plus grande partie de saison d'ex- 
pédition. 

Si le cargo qui reçoit le maïs peut partir pour l'Europe dans les 
quinze à vingt jours après qu'il a commencé à charger, si le char- 
gement a été opéré avec du grain sec et si les panneaux du bateau 
sont soigneusement graissés et tenus fermés tout le long du 
voyage, le grain arrive à destination en parfait état. 



130 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Mais là aussi les mêmes obstacles se présentent, qui viennent le 
plus souvent du planteur qui cueille le fj^rain insuffisamment mûr. 

Les expéditeurs de maïs envoient habituellement des inspecteurs 
aux Stations, examiner la qualité du grain oirert. 

Cet essai est opéré avec des sondes à blé, sur les piles de sacs, 
dans les wag-ons et est quelquefois répété dans les ports au 
moment de l'expédition. 

Cet examen demande un grand développement du sens du tou- 
cher chez les experts, surtout si les qualités varient beaucoup et si 
une grande quantité doit être rejetée comme humide. Souvent aussi, 
le maïs est examiné avant d'être écossé, l'état de siccité des ratles 
étant un indice certain de la maturité du grain. 

L'inspection des achats est donc propre à chaque exportateur, il 
n'y a pas d'inspection officielle. Le département d'ag^riculture s'était 
occupé, il y a quelques années, de la possibilité de vérifier l'état 
des charg-ements de maïs à l'exportation ; les expéditeurs, les 
armateurs et associations de grains furent consultés. 

Les exportateurs ne prirent pas aimablement la chose et décla- 
rèrent qu'ils n'admettaient pas l'ingérence du Gouvernement dans 
leurs aiîaires. Ceux qui prennent des précautions, connaissent leurs 
chargements et n'envoient que du grain en bon état ne désiraient 
pas d'inspection. 

En (in ceux qui ont un commerce de spéculation, basant leurs 
affaires sur les achats de grains à bas prix, en espérant un gros 
profit s'ils arrivent en bon état, craignirent que le Gouvernement 
ne dépréciât leur commerce par une inspection préalable. 

Ces derniers font souvent des pertes élevées, mais le bénéfice 
est si grand quand leurs envois arrivent en bon état, qu'ils n'hé- 
sitent pas à courir de gros risques. 

A la côte d'Afrique la diversité d'intérêts est exactement la 
même, les maisons allemandes, anglaises et françaises travaillent 
chacune selon leur mentalité, les exigences des places où elles font 
leurs expéditions et aussi les conditions de marchés préétablis. 
Les difficultés seront, de ce côté, exactement les mêmes qu'en 
Argentine, elles seront par ailleurs doublées du fait que les expor- 
tateurs pourront d'ici longtemps décharger leur responsabilité sur 
l'insuffisance des organisations de transport et de magasinage, 

Charançonnaf/e. — La présence des charançons dans le maïs ne 



LE MAIS AFRICAIN 13 i 

constitue pas un défaut grave, les marchés européens acceptent 
en fin de saison des lots charançonnés au point qu'il n'y a pas un 
grain intact. Ce défaut nest donc intéressant qu'en ce qu'il fait 
subir au grain une perte de poids sensible. 

Si on veut le combattre, il faut se rappeler que l'infection du 
maïs ne se fait pas dans les champs mais commence dans les gre- 
niers indigènes et se développe surtout dans les magasins du com- 
merce, qu'elle est favorisée par une haute température, ainsi que 
par l'aération. 

Dans les conditions actuelles du commerce, les seuls remèdes à 
y apporter sont l'achat de maïs aussi mûr que possible, ou mieux en 
épis, et l'expédition rapide en Europe. 

Le maïs très mûr se défend en effet mieux que le maïs tendre 
contre le rostre des femelles qui déposent leurs œufs dans le grain; 
k plus forte raison si le maïs est acheté en épis munis de leurs 
rafles on est certain que les dégâts seront peu importants. 

Les deux principales causes d'infection étant le séjour dans les 
magasins et la mise en sacs déjà usagés, on ne peut en restreindre 
les effets qu'en soumettant les uns et les autres à la fumigation 
de gaz nocifs. 

Le gaz cyanhydrique a été proposé, par l'emploi de cyanure de 
potassium, acide sulfurique et eau; c'est un des poisons les plus 
violents par inhalation '. Les effets de ce gaz ont été étudiés par 
Ch. Townsend sur le maïs, le froment, le pois. Les déductions 
furent : 

a) Que les grains emmagasinés et fumigés, un temps suffisant 
pour détruire les insectes, peuvent germer et être utilisés pour 
l'alimentation. 

h) Que si les grains secs traités ne sont pas toxiques, les grains 
humides sont beaucoup plus sensibles à l'action du gaz et doivent 
être longtemps exposés à l'air avant d'être consommés. 

Johnson ajoute que des applications répétées de son gaz dans 
des moulins, élévateurs et autres appareils, ont prouvé que c'est 
un des remèdes les plus efiicaces pour la destruction des insectes. 

Les essais effectués par M. R. Newstead à l'aide de ce gaz, ont 
montré que son usage est absolument sans effet si on n'opère pas 
sur des espaces parfaitement clos. 

1. \'oir « Fiimigatiun methods ». pnv ^^'ylis .lolinson. 



132 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Notamment l'application à des greniers ne possédant pas des 
toits parfaits, donne des résultats tout à fait négatifs. 

Lusage du sulfure de carbone reconnu comme excellent pour 
la destruction des larves et pupes dans le grain ne s'est pas 
répandu non plus à cause des dangers qu'il présente. 

M. R. Newstead rapporte avoir nettoyé des greniers infestés, 
en pulvérisant complètement 1 intérieur, après l'enlèvement des 
grains, avec une forte solution d'eau savonneuse paraffinée, appli- 
quée aussi chaude que possible. 

Enfin il faut mentionner les gaz à base d'acide sulfureux pro- 
duits parles appareils Clayton et Marot; leur usage ne s'est pas 
répandu. 

Yves Henry, 
Directeur de V agriculture aux Colonies. 



PLANTES MÉDIGLNALES 
DE LA GUL\ÉE FRANÇAISE 

[Suite.) 



Palmiers. 
Elaeis guineensis. 

Palmier à huile. 

Tougui (S,), Tintoulou (M.). 

Palmier excessivement commun à la Côte, devient plus rare à 
mesure que l'on pénètre dans l'intérieur. 

Le fruit ou noix de palme donne l'huile de palme avec laquelle 
les noirs font leur cuisine. 

En médecine indigène cette huile sert aux frictions pour les rhu- 
matismes et les courbatures, elle est mise sur les plaies comme 
vulnéraire, mais est surtout employée comme corps gras pour 
accompagner d'autres médicaments. 

Borassus flabelliformis. 

Palmier rônier. 

Cébé (M.), Doubé (F.), Kanké (S.). 

Palmier assez commun à divers endroits de la Côte et dans 
quelques vallées de la Haute-Guinée. 

La décoction des jeunes racines bouillies est donnée pour les 
maladies des voies respiratoires. 

Raphia vinifera. 

Ban (M.). 

Grand palmier excessivement commun à la Côte dans les estuaires 
des rivières; ne pousse que le pied dans l'eau. 

Avec la pulpe rougeàtre qui recouvre la graine du fruit en forme 
de pomme de pin, les indigènes font une huile qui sert k soigner 
les douleurs, les courbatures et les rhumatismes. 



134 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Parinarium excelsum. 
Rosacée. 

Koura (F.), Sougué (S.), Koura (M.). 

Grand et bel arbre, poussant dans toute la colonie, mais surtout 
sur les hauts plateaux du Fouta où il est très abondant. 

Le fruit est comestible et sert dans quelques réglions à faire une 
boisson. 

Les indif^ènes emploient Fécorce pilée et macérée à guérir les 
plaies vives, surtout celles des nouveaux circoncis. Avec les fruits 
on confectionne une boisson pour la diarrhée et la dysenterie. 

Parinarium curatelleefolium. 
Rosacée. 

Koura Bansouma (F.), Bansouma (S.). 

Arbre un peu moins grand que le P. excelsum, donne un fruit 
très gros à odeur forte, comestible; commun dans la région de Kadé. 
Pour les maladies des voies respiratoires on donne une décoction 
de Fécorce à l'intérieur. 

L'écorce bien macérée sert pour les maladies des yeux, lavages. 

Parinarium sp. 

Koura Nako (F.). 

Arbre moyen très commun dans le centre et la région de Kindia. 

Fruit coriace non comestible, amande comestible. 

L'écorce pulvérisée sèche, en poudre fine, mêlée avec du sel est 
donnée pour les maladies de poitrine. 

Pour le bétail : une décoction de Fécorce est donnée aux bieufs 
lorsqu'ils toussent. Médicament renommé. ' 

Parinarium macrophyllum. 

Rosacée. 

Sigon (F.), Sicougny (S.). 

Grand arbre lîxcessivement commun sur li's hauts plateaux du 
Foutti et dans les terrains gréseux de Kin(Ha. 
Fruit petit, dur, coriace et non comestible. 
L infusion des lihiments de l'écorce (liber) ainsi que hi poudre 



PLANTES MÉDICINALES DE LA GUINÉE FRANÇAISE 1 35 

(poil ù gratter) de rintérieur du fruit est mélangée avec du lait et 
prise à l'intérieur comme vermifuge et purgatif. 
Le même i-emède est employé pour le bétail. 

Parkia biglobosa. 
Légumineuse mimosée. 

Nété (F.J, Néri (S.), Néré (M.). • 

Grand et bel arbre, un des plus communs de la Guinée française; 
fruit : gousse à pulpe comestible et graine oléagineuse. 

La pulpe farineuse du fruit mélangée avec de Teau, en boisson, 
est diurétique. 

Pour les maux de dents, décoction de l'écorce en gargarismes et 
fumiofations. Maladies des enfants : macération et décoction de 
l'écorce en lavages ; la pulpe du fruit mélangée avec du miel donne 
une boisson calmante, émolliente et rafraîchissante. 

Le fruit mangé non mûr dérange et donne de fortes coliques. 

Bouda (F.). 

Légumineuse mimosée. 

Faux Néré. 

Grand arbre poussant au bord des rivières, ressemble beaucoup 
au Parkia hu/lohosa, mais n'a pas les fruits comestibles. 

La macération de l'écorce et des feuilles est employée en lotions 
et lavages pour les maladies des yeux. 

La poudre de l'écorce séchée et pilée sert à recouvrir les plaies 
pour les faire sécher rapidement. 

Bouda V. I ou Saki (F.), Kaki (S.). 
Légumineuse césalpiniée. 

Gommier copal. 

Grand arbre n'existant que dans la région maritime de la Guinée 
sur les pentes boisées. Donne la gomme-résine pour les vernis. 

Les feuilles et l'écorce astringente sont employées contre la dysen- 
terie. 

Passiflora fetida. 

Petite Passiflore traînante très commune à la Côte et aux envi- 



136 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

rons de Gonakry. Baie jaune comestible; tiges et feuilles gluantes 
à odeur fétide. 

La décoction des feuilles et des racines est considérée comme 
emménagogue, elle servirait aussi contre l'hystérie. 

Pencedanum fraxinifolium. 

Ombellifère. » 

Soyamba (F.). 

Arbuste commun dans les haies des villages. Les feuilles à odeur 
de fenouil sont employées bouillies pour les lavages et lotions 
chaudes. 

L'infusion est considérée comme diurétique et dépurative. 

Phaseolus lunatus. 

Légumineuse papilionacée. 

Haricots du Kissi. 

Toubabou Sosso (M.). 

Sous le nom de haricots du Kissi, on trouve, soit cultivés, soit 
à l'état sauvage, autour des villages, plusieurs variétés de haricots 
très grimpants, dont quelques-uns sont comestibles et excellents, 
mais un grand nombre sont toxiques et réellement dangereux ; il 
faut donc bien les connaître. 

Physostigma venenosum. 
Légumineuse papilionacée. 

Fève de Calabar. 

Le Physostigma est assez rare dans la Guinée et n'existe qu'à 
la Côte. La graine est un poison violent peu connu des indigènes et 
rarement employé. 

Polygala micrantha et autres variétés nombreuses. 

POLVGALACÉES. 

Plantes assez communes, surtout au Foula et en Haute-Guinée; 
presque toutes ont les racines amères à odeur forte : elles sont con- 
sidérées comme sudorifiques et calmantes. 

La décoction est prise aussi comme dépuratif et pour faire passer 
eS glandes. 



PLANTES MÉDICINALES DE LA GUINÉE FRANÇAISE 137 

Securidaca sp. 

POLYGALACÉE. 

Diodo ou Diodiou (M.). 

Arbuste à fleurs roses et à feuillage lég-er commun en Haute- 
Guinée et au Fouta. 

La décoction de la racine est purg-ative à petite dose, à haute dose 
elle serait dangereuse. On l'emploie également comme vermifuge 
et tœnicide. 

L'arbre est fétiche et l'écorce est employée pour chasser les ser- 
pents. 

Portulaca oleracea. 

PORTULACÉE. 

Pourpier commun. 

Plante très commune autour des villages, dans les terres culti- 
vées. 

Les indigènes mangent les feuilles cuites. Le pourpier est consi- 
déré comme diurétique et rafraîchissant. 

Les feuilles épaisses, pilées crues, sont mises en cataplasmes sur 
les brûlures. 

Pterocarpus erinaceus. 
Légumineuse papilionacée. 

Palissandre du Sénégal. 

Bani ou Bani Balé (F.), Khari (S.), M'Gouin (M.). 

Grand et bel arbre assez commun sur les plateaux latéritiques du 
Fouta et dans la Haute-Guinée; est assez rare dans la Basse-Guinée. 

Sert un peu partout à de nombreux usages mais surtout comme 
astringent puissant. 

L'écorce entaillée et même le bois laissent exsuder un liquide 
rouge se durcissant à l'air, genre Cachou, appelé résine Kino. 

Voies respiratoires et maux de poitrine : écorce séchée et pulvé- 
risée mélangée avec de la noix de kola, est absorbée par prises 
comme reconstituant. 

A l'extérieur, l'écorce en poudre sert à sécher les ulcères. 

Décoction de l'écorce k 1 intérieur contre la dvsenterie et les 
But. du Ja.rdiii colonial. 19H. H. — N" 101. 10 



138 l^TUDES KT .MÉMUlRliS 

mauvaises diarrhées. Blerinorrhaf^ie, décoction du bois sec bouilli, 
à 1 intérieur et en injections. 

Gale de la tête : écorce bouillie en lava*^es et applications. 

Fébrifug-e : lotions et infusions des feuilles. 

Médicaments très employés. 

I/écorce sert aussi à préparer et tanner les peaux. 

Pterocarpus indica ou esculcntus. 

LÉOTMINRISK l'APri-lONACKE. 

Diejj^ou (F.), Kliembé (S.), Diahon ou Diegou (M.). 

Arbre assez commun au bord des rivières et ruisseaux ; existe 
dans toute la colonie, mais surtout en Haute-Guinée. 

L'amande du fruit est comestible et mangée cuite, mais elle est 
vomitive et donne des étourdissements si on en al)sorbe en grande 
(juantité. 

Les feuilles servent en infusion légère, mais surtout en lotions et 
fumigations contre la fièvre. 

Pangué Garé iF. . 

Arbuste de 2 à 3 mètres, à Heurs jaune vif, poussant sur les 
rochers des hauts plateaux du Fouta. 

L'écorce à saveur chaude, aromatique et poivrée sert de médica- 
ment pour les maladies de poitrine ; elle est considérée comme un 
reconstituant. 

Portoto (F.). 

Arbuste sarmenteux mi-grimpant à Heurs blanches odorantes et 
à baies rouge vif, commun au Foula; ressemble à VOlax garnhccola. 

Les feuilles sont employées en infusion légère, mais surtout 
pilées en application pour les courbatures et rhumatismes. 

Rhizophora mangle ou R. racemosa. 

UlIIZOPIIORACKKS. 

Palétuvier. 

Kinsi (S.). 

Arbre excessivement commun a la Côte dans les estuaires des 
nond>reuses rivières de la Guinée française oii hi marée se fait sen- 
tir et où leau est saumâtre. 



PLAINTES MÉDICINALES UE LA GULNÉE FRANÇAISE 139 

L'écorce est très riche en tanin, elle sert à préparer les peaux et 
à teindre en noir ou en maiTon. 

La décoction est employée comme astring^ent puissant contre les 
hémorrhagies ; pour les maux de gorg-e, les angines ; contre la diar- 
rhée et la dysenterie. 

On l'emploie aussi en injections et lavages pour la blennorrha- 
gie. 

Rhyncosia glomerata. 

LÉGLMINEUSE PAPILIONACÉE. 

Plante très grimpante, assez commune en Haute-Guinée. 

La tisane ou la décoction des feuilles est employée comme dépu- 
ratif. La graine pilée serait bonne pour les maladies des yeux. 

Les feuilles séchées et pilées servent à saupoudrer les plaies et à 
guérir les clous, les boutons, etc. 

Sapindus senegalensis. 
Sapindacée. 

Cerisier du Cayor. 

Arbre moyen, existe surtout en Haute-Guinée et au Sénégal. 

Le fruit est comestible, mais si on en mange trop, l'amande du 
fruit donne des étourdissements et peut devenir dangereux. 

La décoction des feuilles est prise comme vulnéraire et à linté- 
rieur contre les chutes et accidents. 

Les feuilles et les jeunes pousses passent pour tuer le bétail qui 
les mangent. 

Sarcocephalus esculentus. 
Rlbiacée. 

Doundouké (F.), Doundaré (S.), Badi (M.). 

Arbre moyen à branches sarmenteuses, commun partout mais 
surtout dans la Haute-Guinée. 

Plante très connue des indigènes qui, dans toute la colonie, s'en 
servent de médicament contre les accès de fièvre. 

Ecorce pilée ou macérée, est amère, sert de fébribuge, ainsi que 
pour combattre l'anémie et les maux d'estomac. 

Feuilles en lotions et en infusion pendant les accès de fièvre. 



140 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Pour les maladies des enfants macération des feuilles et des racines 
en lotions et lavages. 

L'écorce macérée et pilée sert aussi à apaiser les douleurs du 
ventre et est employée comme emménagogue. 

Sarcocephalus Pobeguini. 

RUBIACÉE. 

Doundouké Tiangol (F.), Doundaké (S.), Ko Badi (M.). 

Moins commun que le précédent. 

Grand et bel arbre poussant dans les terrains marécageux et au 
bord des ruisseaux. 

Est employé presque indifféremment aux mêmes usages que le S. 
esculentus. Commun au Fouta et en Haute-Guinée, où on l'appelle 
communément acajou jaune du Sénégal. 

Sarcocephalus sp. 

KUBIACÉE. 

Grand arbre du bord des rivières, ressemble beaucoup au précé- 
dent et est employé aux mêmes usages. 

Scoparia dulcis. 

SCROFLLARIÉE. 

Petite plante à ileurs blanches plumeuses, très commune partout, 
surtout en Haute-Guinée. 

Est employée pour la médication des enfants; la tisane est consi- 
dérée comme diurétique. 

Sesamum orientale. 
Pédauacée. 

Sésame. 

Béné Louboungny (F.), Diguilliniy Foré (S.), Béné (M.). 

Plante cultivée par les indigènes un peu partout, mais spéciale- 
ment dans la Haute-Guinée. 

La graine oléagineuse est employée à la cuisine ; elle donne une 
huile excellente qui est utilisée comme corps gras dans la médication 
indigène. 



PLANTES MÉDICINALES DE LA GUINÉE FRANÇAISE lil 

L'infusion des feuilles sert dans les maladies des voies respira- 
toires. 

Il y a plusieurs espèces de Sesarnum sauvag-es à graines non oléa- 
gineuses dont les feuilles sont comestibles, les indis^ènes les emploient 
comme laxatifs légers. 

Solanées. 

Solanum spinosum. 

Aubergine sauvage 

Bakoyo (M.). 

Plante à baies amères non comestibles, tiges et feuilles épineuses ; 
très commune. 

Est employée pour purger les bestiaux ; la décoction ou infusion 
des feuilles est utilisée pour les maux de gorge et les maux de ventre. 

Solanum nigrum. 
Genre morelle noire. 

Bassia Béné (M.). 

Plantes de plusieurs variétés, très communes autour des villages 
dans les terres cultivées. 

Les feuilles comestibles sont employées à la cuisine des indigènes. 
En décoction elles sont considérées comme diurétiques et dépura- 
tiA'^es. 

Capsicum fastigiatum. 

Petit piment ou piment enragé. 

Niamako (F.), Gouengbé (S.), Fourtou (M.). 

Plante cultivée par tous les noirs comme condiment. 

Sert à de nombreux usages dans la médecine indigène, mais sur- 
tout comme stimulant interne ; il est employé également comme 
rubéfiant et révulsif énergique. 

Licopersicum cerasiforme. 

Petite tomate cerise. 

Petite tomate sauvage excessivement commune autourdes villages 
de la Haute-Guinée. 



142 ÉTUDES ET MÉMOIMES 

Les incligfènes remploient dans la confection de leurs sauces. Le 
fruit est considéré comme excellent pour les maladies des voies uri- 
naires ; les feuilles cuites servent en cataplasme émoUient, ainsi que 
pour les lavag-es des jeunes enfants. 

Spathodea adenantha. 

BlGNONIACÉE. 

Soukoundé (F.), Kinsi ou Kinki (S.). 

Arbre ou arbuste très commun partout autour des villag^es. La 
décoction des racines est employée comme vermifuge (lombrics) 
pour les adultes, ainsi que contre la syphilis ; doit être emplo^^ée 
avec ménagement car elle passe pour toxique. 

Le cataplasme dVcorce des racines sur le ventre des enfants est 
très employé. 

Spathodea campanulata. 

BlGJSONIACÉE. 



Tulipier d'Afrique 
nd et bel 
toute la Colonie 



Grand et bel arbre, à p^randes Heurs rouges, assez commun dans 



Strychnos innocua. 

LOGANIACÉE. 

Gondé goulé (F.), Kondé Koulé (M.). 

Arbre moyen mi-épineux assez commun dans toute la colonie. 

Donne un fruit de la taille d'une orange, à enveloppe dure et 
coriace. 

Les graines sont entourées d une pulpe sucrée, comestible qui, 
prise en quantité, devient vomitive et qui est donnée pour cela aux 
enfants. 

Deux autres variétés de Sfri/chnos^ un arbuste épineux et une 
liane très sarmenteuse, donnent des fruits qui passent pour toxiques 
ainsi que l'écorce. 

Strophantus hispidus. 

Apocynée. 

Arbuste sarmenteux très commun au l-'oula Djalioii, dans les 
haies des villages. , 



PLANTES MÉDICINALES DE LA OUIM-^E FRANÇAISE 1 13 

Les graines pilées et écrasées donnent un poison violent (poisMi 
cardiaque); les indigènes chasseurs s'en servent pour empoisonner 
leurs balles pour tuer le gros gibier. 

La racine à petite dose est employé* pour les maladies véné- 
riennes ; la tige pulvérisée sert à soigner et guérir les plaies du ver 
de Guinée ; la décoction de Lécorce pour les maux d'yeux. 

Le suc des jeunes gousses grillées et écrasées sert à tuer les poux 
de la tête. 

Strophantus sarmentosus. 
Apocynée. 

Plante sarmenteuse et grimpante, excessivement florifère, aussi 
commune que le strophantus hispidui^ ; existe dans toute la Guinée 
française mais donne moins de fruits. 

Les graines de la gousse ainsi que lécorce sont également consi- 
dérées comme un poison violent et servent aux mêmes usflges que 
le précédent. 

Sira Nouhou (F.), Kanti Bomba (S.). 

Maux de dents: infusion des feuilles eh gargarisme. 

Les feuilles pilées sont employées comme vulnéraire et servent à 
faire cicatriser les plaies ; les fleurs servent à guérir les ulcères. 

La décoction à froid des feuilles est excellente contre l'uréthrite. 

L'écorce pilée en application pour les maux du bas ventre. 

Lécorce est également employée comme médicament pour le 
bétail. 

Sterculia kola acuminata. 
Sterculiacée. 

Kolatier. 

Goro (F.), Kola (S.), Gouro ou Ouro (M.). 

Arbre assez commun dans toute la Colonie mais spécialement 
dans le pays Soussou et le Kissi où il est l'objet de soins spéciaux 
des indigènes. 

Le fruit appelé noix de Kola est l'objet d'un grand commerce ; il 
est très- prisé des indigènes qui le considèrent comme une vraie 
panacée et surtout comme aliment d'épargne ; aussi en font-ils une 
grande consommation. 



144 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

C'est le masticatoire par excellence^ caries noirs n'ignorent pas 
ses qualités nutritives, toniques, excitantes, antifébrifuges et anti- 
dysentériques. 

La noix pilée et absorbée sert d'antivomitif, elle est considérée 
comme aphrodisiaque. 

Lorsque l'eau est mauvaise, si on la boit en mastiquant une noix 
de kola elle paraît alors plus douce et plus fraiche. 

Sterculia tragacantha. 

StERCI I.IACÉE. 

Tiapélégué (F.), Bohouri (S.), Forico (M.). 

Arbre moyen à feuillage régulier, commun, existe dans toute la 
Colonie. 

Ecorce textile, les graines noires grillées sont prises contre les 
maux d,'estomac. 

La décoction des filaments de l'écorce (liber) sert de vermifuge ; 
les feuilles sont comestibles et les jeunes pousses sont données aux 
enfants comme vermifuge léger. 

Sara (F.), Kobé(S.). 

Maladies des enfants : macération des feuilles, lavages et infu- 
sions. 

Soukoumé (F.). 

Maladies des enfants : macération des feuilles nouvelles à l'in- 
térieur. 

{A suivre.) H. Pobéguin, 

Administrateur en chef des colonies. 



LE BOIS DE ROSE DE LA GUYANE 
ET SON HUILE ESSENTIELLE 

[Suite.) 



Le déchiqueteur le plus généralement employé à Cayenne est le 
Déchiqueteur Bérendorf (fig. 1). 11 se compose essentiellement 
d'une roue R ayant la forme de deux troncs de cône réunis par leur 
grande basse et portant à la périphérie du cône antérieur dix lames 





Eléuation Face de b roua 



Fig. 1. — Déchiqueteur Bérendorf (Lutz-Krenipp, S"). 

de rabot, disposées obliquement par rapport aux génératrices. Cette 
roue tourne à la vitesse de 300 à 600 tours par minute, devant une 
table en fonte, sur laquelle se déplace un chariot C servant à presser 
contre les lames de la roue les bûches tenues à la main et présentées 
en bout. Les déplacements s'obtiennent, à l'avancement par l'inter- 
médiaire d une pédale et au recul au moyen d'une dossière d, placée à 
la hauteur des reins de l'ouvrier. Les couteaux sont fixés dans des 
coulisses disposées à la face postérieure évidée de la roue. Ils sont 
ou droits ou cannelés, ou encore alternativement droits et cannelés, 
suivant le degré de ténuité des copeaux qu'on veut obtenir. Plus 
ceux-ci sont minces et étroits, plus nombreux sont les éléments 



146 



ÉTUDES KT MÉMOIRES 



sécréteurs sectionnés, et plus grand est le rendement du hnis en 
essence. 

Les copeaux tombent sous l'appareil, par un couloir incliné, et se 
réunissent dans un bac en bois, d'où ils seront portés aux alam- 
bics. 

L'absence d'un conduit d'alimentation rend extrêmement pénible 
la tâche de l'ouvrier, qui doit être fréquemment relayé. 

Le déchi<jueteur Bérendorf se construit sur trois modèles, ayant 
les caractéristiques suivantes : 




I 

2 
3 



Fis- 2. 
Force motrice 

4 chev.-vap. 

:\ 

2 



l'i'odiiclion à l'Iieiire 

350 k. 

250 

150 



La maison Jametel construit une machine à déchiqueter, dont 
l'organe de travail est un discp.ie armé de couteaux et tournant 
devant une auge inclinée où les bois sont ou tenus à la main ou 
entraînés mécaniquement. 11 en existe également trois modèles. Le 
n" 0. à aménage automatique, produit de 10 à 12.000 kilogr. de 
copeaux par jour et exige une force motrice de 12 à 15 chevaux- 
vapeur; le n« 1, alimenté à la main, produit 3.000 à 5.000 kilogr. 
avec 6 à 8 chevaux de force ; enfin le n"2 débite 800 à 1 .500 kilogr. 
avec 3 à 5 chevaux de force. 

Les lames dudéchiqueteur s'émoussent très rapidement et doivent 
être souvent all'ùtées. Aussi, doit-on en avoir 3 à i jours de 
rechange, pour éviter les pertes de temps. 

L'extraction de l'huile volatile des copeaux s'opère par la distil- 
lation. Dans les cas les plus simples, l'installation comprend deux 



LE ROIS DE ROSE A LA GUYANE 



147 



chaudières, servant à tour de rôle, un chapiteau unique et mobile, 
s'adaptant alternativement aux deux alambics, et un réfrigérant. 
Ces cucurbites ont de 1 mètre à 1 mètre 10 de haut X 1 mètre 10 
à 1 mètre 20 de diamètre, soit une capacité d'environ 900 à 1000 
litres. Le fond en est occupé par un serpentin de chauffe. Elles 
sont munies latéralement d'un large trou dhomme, fermé par un 
tampon et destiné au chargement. 




Fifj. 3. — Alambic à essences simple à vapeur. 



La charge est de 90 à lOOkilogr. de copeaux auxqviels on ajoute 
100 litres d'eau chaude provenant du réfrigérant. La coupole étant 
mise en place, les joints serrés et mastiqués, on introduit la vapeur 
dans le serpentin, sous une pression d'environ 3 atmosphères. La 
masse s'échauffe rapidement et bientôt, en moins d'une demi-heure, 
l'eau distille, entraînant par ses vapeurs l'huile essentielle échappée 
des cellules du bois. 



148 



ÉTUDES ET MÉM01Kt:S 



Une circulation d'eau froide est entretenue dans le réfrig^érant 
et réglée de façon à maintenir dans les 2/3 inférieurs du serpentin 
de condensation une température voisine de la température ambiante 
(28 à 29° en moyenne). L'eau arrive à cette température au fond 
du réfrig-érant et s'écoule par la partie supérieure à une tempéra- 
ture voisine de 14°. Dans ces conditions, la condensation sopère 
normalement. Le liquide condensé, mélange d'eau et d'huile essen- 
tielle, est recueilli dans un récipient florentin, où la séparation se 
fait par suite de la différence des densités. L'essence est recueillie 
pas l'orifice supérieur, tandis que les petites eaux s'écoulent par 
l'orifice inférieur et sont au fur et à mesure évacuées hors de l'usine. 

Au début de 1 opération, l'essence arrive en si grande abondance, 




Fig. 4. — Appareil usité à Cayenne. 



qu'elle coule presque à jet continu du serpentin. Mais peu à peu, 
les copeaux s'épuisant, elle ne vient plus que goutte à goutte. L'eau 
mère se trouble progressivement et devient laiteuse. Dès lors les 
gouttelettes d'essence se font plus rares et bientôt cessent d'arriver 
à la surface du vase florentin, bien que les petites eaux continuent à 
couler très parfumées. L'opération est alors terminée : elle dure en 
moyenne une heure et demie. 

La cucurbite est aussitôt vidée et disposée pour une nouvelle 
charge, tandis que la coupole est fixée sur la seconde cucurbite, 
qu'on a eu soin de charger à l'avance; et une nouvelle chauffe 
commence, presque sans perte de temps. 

Parmi les premières installations, il en est qui proviennent d'an- 
ciennes distilleries de cannes ou de mélasses plus ou moins modifiées. 



LE BOIS DR ROSE A LÀ GUYANE 149 

Les alambics (fig. 3 et 4) sont en cuivre et le serpentin du réfrig-érant 
plonge le plus souvent dans un bac tronconique en bois d'une capa- 
cité de 2.300 à 3.000 litres, soit environ 3 fois celle de l'alambic. 

Il semble, en effet, qu'en raison de la chaleur du climat, un grand 
volume d'eau de réfrigération et un long développement du serpen- 
tin soient des conditions indispensables à une bonne condensation. 

Une installation semblable à celle qui vient d'être décrite peut 
être évaluée à une vingtaine de mille francs, y compris une petite 
machine à vapeur, une scierie circulaire, un atelier de réparations, 
le matériel d'emballage et tous frais d'installation. Son fonctionne- 
ment nécessite la présence d'un contre-maître mécanicien et de deux 
ouvriers, se relayant alternativement au déchiquetage et au service 
des alambics et du générateur. Elle permet de traiter par journée 
de dix heures de travail de 600 à 700 kilos de copeaux, rendant 
une moyenne de 6 à 7 kilos d'essence, soit environ I^/q. Dans 
certains cas exceptionnels, ce rendement peut descendre à 0,30 °/o 
comme il peut également s'élever jusqu'à 2,5"/o, suivant la qualité 
du bois distillé. 

Depuis quelque temps, de nouvelles installations ont été créées 
avec un matériel sensiblement plus important sinon plus perfec- 
tionné, en vue d'une production journalière triple ou quadruple. 
Mais elles exigent une augmentation sensible de personnel et par 
suite un accroissement à peu près parallèle des frais de fabrication. 
Cependant, la hausse persistante des prix d'achat du bois, jointe 
à la baisse simultanée du prix de vente de l'essence, impose 
désormais aux distillateurs locaux la nécessité d'améliorer nota- 
blement les rendements actuels. 

Cette amélioration doit avoir pour base certaines modifications à 
introduire dans les procédés de distillation usités en vue d'obtenir 
un épuisement plus complet de la matière traitée. Au cours des 
recherches auxquelles nous nous sommes livré personnellement, 
en collaboration avec M. Kerbec, pharmacien-chimiste à Cayenne, 
nous avons pu constater, en effet, que les copeaux extraits des 
alambics après chaque opération pouvaient encore livrer par charge 
de 100 kilos une moyenne de 130 à 200 grammes d'essence. D'autre 
part, les petites eaux non utilisées ont dosé, par la liqueur titrée 
de brome, de 1 gr. 23 à 2 gr, par litre. Il se perdait ainsi, dans les 
distilleries que nous avons visitées, une moyenne de 300 grammes 
d'essence par 100 kilos de bois distillé, soit une perte journalière 
d'environ l kilogr. 800 à 2 kilogr. d essence. 



loO ÉTLDKS ET MÉMOIRES 

Pour éviter ces perles, il existe un moyen en quelque sorte clas- 
sique : c'est IsLCokohation^ opération qui consiste, ainsi qu'on le sait, 
à faire repasser les petites eaux sur la matière distillée autant de 
fois qu'il est nécessairepour en amener l'épuisement complet . Malheu- 
reusement, elle entraîne dans les conditions ordinaires à des pertes 
considérables de temps, qui se traduiraient en définitive par un abais- 
sement sensible de la production journalière. 

Afin de tourner cette difficulté, nous avons conseillé un procédé 
de distillation méthodique et continue, qui permettra de réduire au 
minimum et la (quantité d'eau nécessaire à la distillation et la 
quantité d'essence dissoute par celle-ci, tout en réalisant l'épuise- 
ment complet des copeaux dans un laps de temps sensiblement 
réduit par rapport à la méthode ordinaire. 

Epuration et rectification. — L'essence brute de bois de rose 
contient comme toutes les essences naturelles, des impuretés, telles 
que matières pecti([ues, résineuses, colorantes, etc., et un peu d'eau, 
dont il est indispensable de la débarrasser, d'abord pour en assurer 
la conservation, ensuite pour en améliorer autant que possible les 
qualités olfactives. 

Ce résultat s'obtint souvent du moins en partie par une simple 
épuration mécanique (décantation et filtra tion). 

Par un repos prolongé, les impuretés tenues en suspension se 
précipitent au fond du vase. 11 suffît alors, pour les séparer, de 
décanter l'essence clarifiée, en ayant soin de réserver les dépôts 
jDour les faire repasser à l'alambic. Lorsque la clarification est trop 
lente k s'effectuer, il est expéditif de filtrer simplement parles moyens 
ordinaires (iiltres coniques, filtres congés, filtres à vide ou à pres- 
sion). 

Quant aux impuretés existant en dissolution dans l'essence et qui 
évidemment résistent à la filtration, on les sépare par une nouvelle 
distillation avec la vapeur d'eau ou dans le vide. C'est à cette opé- 
ration, (|ui peut être répétée autant de fois qu'il est nécessaire, 
qu on réserve habituellement le terme de rectification. 

La distillation par la vapeur d'eau se fait en plaçant Tessence dans 
une cucuibile ordinaire ou mieux dans un appareil approprié tel 
que VOI'Uif rerlificalour Effrot (fig. 5) avec •"> ;i ("> fois son volume 
d'eau. 

Le chauffage se fait généralement à la vapeur, soit par injection 



LE ROIS DE ROSE A LA GUYANE 



151 



directe, soit par l'intermédiaire d'un double fond ou d'un serpentin 
fermé. Mais, on conçoit qu'il est impossible d'obtenir parce procédé 
un produit complètement privé d'eau. 

Pour atteindre ce dernier résultat, on emploie les appareils à vide, 
qui permettent, en distillant à l'abri de l'air et sous une pression 
plus ou moins réduite, par conséquent à une température relative- 
ment basse, d'éviter toute altération pouvant résulter des tempéra- 











— V ~ 


\ 




\ 






N " 







\ 



Fif;. 5. — iSùifrectificateur pour essences. 



tures élevées, qui sont atteintes dans les distillations à la [)ression 
atmosphérique. Ce procédé permet également, en graduant à volonté 
la température d'ébullition, de séparer plus facilement entre eux 
les produits de volatilité inégale. Et c'est ainsi qu'on parvient, par 
le fractionnement, à débarrasser l'essence des terpènes qu'elle con- 
tient et dont la présence nuit à la finesse de son parfum, tout en 
constituant un danger d'altération pour les combinaisons où elle 
peut être introduite. Or, certains de ces corps, ont un point d'ébul- 
lition assez voisin de celui du linalol, puisqu'il en est qui bouillent 
aux environs de 180-185°, sous la pression ordinaire. Il en résulte 
des difficultés de manipulation qui font de la d e' te rpe' nation une 
opération délicate, que seuls peuvent utilement entreprendre les 
techniciens exercés. 



132 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Conservation. — Exposée à l'air humide, à la lumière et à la cha- 
leur, l'essence de bois de rose perd assez rapidement de sa limpidité, 
et en même temps de la tinesse de son parfum. Elle jaunit progres- 
sivemeni, prend une consistance sirupeuse et une odeur de térében- 
thine, qui annoncent la résinification. 

Morin a observé qu'une essence pure el anhydre a pu être con- 
servée pendant six ans, sans la moindre altération, dans une atmo- 
sphère d'oxyg-ène sec, tandis qu'en présence de l'eau, il y avait 
absorption d'oxyg^ène, coloration et épaississement consécutifs. 

On doit donc autant que possible conserver cette essence dans 
des vases en verre ou tout au moins en cuivre ëtamé, bien remplis 
et bouchés hermétiquement avec des capsules en caoutchouc ou en 
baudruche. 

Matériel nécessaire. — Dans l'état actuel du développement de 
cette industrie, la fabrication de l'essence de bois de rose nécessite 
un outillag-e assez important que nous avons résumé dans le devis 
ci-dessous : 

Installalion pour distiller de i .000 à j .500 kilos de bois de rose 
par jour . 

A. Déchiquetage : 

i scierie circulaire 2 . 800 fr. 

1 déchiqueteur 2.000 

Couteaux de rechange oOO 

1 appareil à atfùter 200 5.300 fr. 

t 

B. Distillation : 

1 groupe de deux alambics lixes de 
1.200 1. de capacité, avec coupole 
conmiune, tampon de charg'e, 
grilles de retenue, serpentin et 
barboteurs, réfrig'érant démon- 
table, supports fonte, récipient à 
petites eaux et retour automatique 
de celles-ci. 
Ensemble <> .(>'>< ) 

A reporter. . . . o.dOI» ïv . 



LE BOIS DE ROSE A LA GUYANE 153 

Report o . 000 fr. 

1 g-énérateur vertical à tubes Field 
de 15 m. de surface de chaufïe, 
avec tous accessoires 3 . 850 

1 enveloppe isolante pour le gé- 
nérateur 380 

1 pompe d'alimentation 450 

1 moteur à vapeur type vertical 

8 HP ' 1.800 

1 étrieravec chaînes et contrepoids 

pour la manœuvre delà coupole. 60 12.540 

C. Rectification : 

1 œuf rectifîcateur Eg-rot, capacité 

de 20 litres, avec réfrig^érants et 

accessoires 800 

1 récipient décanteur 250 1 . 050 

D. Divers : 

Atelier de réparations et d'embal- 
lage. Récipients pour le transport 
de l'essence. Petit outillage, etc. 1 .200 

Frais de transport et d'emballage . 3 . 000 

Construction d'un hangar, mise en 
place et montage du matériel, y 
compris réservoir d'eau, trans- 
missions, tuyauteries et imprévu. 4.710 8.910 

Total 28.000 



Etude chimique de Vessence. — L'huile essentielle du bois de 
rose, prise à l'état brut, est incolore, ou à peine teintée de jaune 
pâle, nuance qui s'accentue avec le temps. Très fluide à l'état frais, 
elle perd de sa limpidité, ainsi que nous l'avons vu, par le contact 
de l'air, s'oxyde et prend à la longue une consistance sirupeuse. Sa 
saveur est chaude et légèrement piquante, son odeur agréable et 
fine rappellerait, suivant les uns celle de la rose et selon les autres 
le parfum du citron ou de la bergamote. 

Elle fut étudiée pour la première fois en 1881, par Morin qui en 

isola le constituant principal, un alcool terpénique lévogyre ayant 
Bal. du Jardin colonial. 1911. II. — N° 101. 11 



loi kti:des et mémoires 

la formule C'H'^O et en détermina comme suit les constantes phy- 
siques (C. /?. 92, 998 et Ann. chim. ef phys., 5« série, t. XXV, 
1881) : points d'ébullition : 198° à la pression de 7o5mm.; P. spé- 
cif. : ().8(i8 à i:;*'; déviation (1 = KKI mm.) : — 19" à ITi" C. Cet 
alcool fut dénommé par Barbier licaréol. En 1889, Morin reprit ses 
i-echerches sur l'essence du liois de rose de la Guyane, dont il éta- 
blit l'analogie de constitution avec le camphre de Bornéo. Ce n'est 
que dix ans plus tard, en 1891, que Semnder [Berichte chem. 4,207) 
isola à son tour, dans l'essence d'origine mexicaine, un alcool égale- 
ment lévogyre, qu il appela linalol, et qui fut considéré comme dis- 
tinct du licaréol. Barbier soutint d'abord cette opinion (C /?. 414, 
674 et 110, 883), puis ayant repris le sujet en collaboration avec 
Bouveavilt, ces deux savants reconnurent l'identité complète de ces 
deux corps (C B. 1 17, 1208 ; Bull. Soc. chim. (3) 15, 594), et assi- 
gnèrent à l'essence du Mexique la composition suivante : terpène 
diatomique 0,1 "/o", terpène tétratomique 0,1 %, méthylhepténone 
0,1 °/o ; licarliodol 2 "/j, ; sesquiterpène 3 "/o et licaréol 90 "/o- Depuis, 
sous le nom de linalol qui seul a été retenu, cet alcool a fait l'objet 
d'un grand nombre de travaux qui ont permis de déterminer d'une 
manière complète sa constitution et ses propriétés. 

En 1900, M. Theulier [Bev gén. chim. III, G, 262) établit que 
le bois de rose femelle de Cayenne, produisait environ 1,4 ^jo d'es- 
sence ayant les caractères suivants : Poids spécitique 0,8725 à 0,875 
à 14« 5"^C. ; a o — 15"2' à — 15"50' ; solubilité dans l'alcool à 70° : 
1/2; coellîcient de saponification 1,385. La presque totalité de cette 
essence distillait entre 19 4° et 200° C, consistant presque entiè- 
rement en linalol gauche. Dans ce travail, l'auteur disait que l'es- 
sence de Cayenne se différenciait de celle du Mexicpie par l'absence 
de méthylhepténone, de terpiriéol et de géraniol. Mais les chimistes 
de la maison Schimmel et C"" [Bulletin, avril 1910, 70) ont démon- 
tré dans le distillât du bois de rose l'existence du d-terpinéol (5 °/<,) 
et du géraniol (1 "/„). Ils lui attribuent d'ailleurs les caractéristiques 
suivantes [Les Huiles essentielles, par Gildennerter et Hotrmann, 
1900) : p. sp. 0,870 à 0,880 ; a „— 15" à —20° ; solub. dans l'alcool à 
70" : 1/2 et plus. D'autre part. M. Roure-Bertrand iils [Bull., oct. 
1909, 40) a trouvé dans un lot de la même essence, distillée à 
Grasse : terpinéol droit 5,3 °/„ ; géraniol 2,4 °/^, ; nérol : 1,2 °/o, des 
traces de méthylhe[)lénone (5 à 6 grammes pour 10 kilos d'essence) 
et 90,5 °/o de linah)l gauche. Cette essence avait les caractéristiques 



LE BOIS UE ROSE A LA GUYANE 1 00 

suivantes : p. sp. 0,8721 à 20" ; a^ — IS-'Se' (1 = 100 mm.) ; r, o^ 
= i,463o. 

D'après M. Holmes (loc. cit.) un lot important de bois de Cayenne 
distillé à Londres en 1909 par MM. Bush et C" Itd. a produit 1,09 
°/„ d'une essence ayant les caractéristiques suivantes : p. sp. 0,8762 
à lo° C. ; «D — 14"; alcool total en linalol, par acétylation directe 
49,3 ^'/o. Un spécimen type examiné plus récemment au laboratoire 
de Wright, Layman et Unney, Itd. avait les caractéristiques sui- 
vantes : p. sp. àl5°C. 0,875; a^ — 13°; -^ „ : 1,463; éthers2,6Vo; 
alcool total, par acétylation directe 53,7 "/o- Enfin, toujours d'après 
le même auteur, sur neuf échantillons de récente fabrication qui ont 
été examinés par W. J. Bush et G", on a relevé les chiffres suivants, 
comme limites extrêmes : p. sp. 0,874 à 0,877 à iS^G. ; oco — 15" à 
— 15°7'; alcools par acétylation directe, 46 à 50 "/o; tous étaient 
solubles dans l'alcool à 70, à raison de 1/1,5. 

Ainsi qu'on le voit, les constantes physifjues de l'essence de bois 
de rose de Gayenne varient notablement, suivant les échantillons 
examinés, variations qui tiennent tant à l'habitat de la plante, k 
son âge, à l'époque de l'abatage et à l'état de conservation du bois, 
qu'aux soins apportés à la distillation et à la conservation du pro- 
duit. Aussi est-il difficile de tirer de ces données un critérium absolu 
de pureté, encore moins d'origine. 

Entre l'essence de la Guyane et celle du Mexique, M. Otto 
[L industrie des parfums, 1909) signale, en effet, les ditTérences sui- 
vantes : 

Densité Pouv. rolatoire 

(1 = 100 mm.) 

Essence de Gayenne. . 0,863 à 0,867 — 16° 
— Mexique . . 0,898 — 7"33' 

Gildermester et Hoffmann donnent pour le distillât mexicain, les 
caractéristiques suivantes : p. sp. 0,875 à 0,895 ; an — 5° à — 12°; 
coeff. de saponif, 1 à 10; solubilité dans l'alcool à 70° 1/2 et plus. 
Dans leur Bulletin de 1900, p. 43, Schimmel et G''' y signalent la 
présence de 3.5 °/o de géraniol, 6,5 °/o de d. terpinéol et 90 °/o de 
linalol gauche. Dans leur Bulletin d'oct. 1909, p. 63, ils donnent les 
caractéristiques suivantes pour un échantillon authentique de cette 
essence : p. sp. 0,8830 k lo°G. ; a „ — 10°58' ; r,^ ''-^ = 1 ,46377 ; coef- 



136 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

ticient d acidité 5, G; coefî. d'éther 19,3. Un échantillon étudié 
par Wright, Layman et Unney a donné : p. sp. 0,878; «d — 12°; 
y; d"^*^* = 1,462; éthers 7,2 7o ; alcool total, par acétylation directe 
o3°3 °/o. Enfin, sept échantillons examinés récemment par Bush et 
C°. ont fourni les chiffres suivants : p. sp. 0,87o4 à 0,8847; a,, — 
7" à — 15'^ ; alcool total 47 à 52 °/o, par acétylation directe. 

Les différences sont donc peu marquées quant aux constantes phy- 
siques et à la composition chimique, entre les deux provenances de 
linaloé, — saut peut-être en ce qui concerne le pouvoir rotatoire, 
qui est sensiblement plus faible en moyenne dans l'essence mexi- 
caine que dans celle de Gayenne. Toutefois, il est reconnu que 
celle-ci détient sur sa concurrente une supériorité nettement éta- 
blie, quant à la finesse et à la force de son parfum. De plus, elle 
est fabriquée dans des conditions qui lui assurent Tavantag-e dune 
qualité toujours suivie et comparable à elle-même. Enfin, elle n'est 
jamais fraudée. L'essence du Mexique subit au contraire de grandes 
variations de qualité, par suite de l'irrégularité des conditions de 
fabrication, et aussi d adultérations fréquentes, parmi lesquelles la 
moins coupable consiste dans un mélang-e inconsidéré d'essence de 
bois avec celle extraite depuis peu des fruits de Biirsera. Cette der- 
nière essence, qui est dextrog-yre (^t/^/. Schimmel et C'*', oct. 1907), 
est additionnée d'essence de bois, parce que seule elle s'altère 
promptement et perd son parfvmi. 

D'après M. flolmes (loc. cit., mars 1910, p. o9) le Bulletin de la 
maison Roure-Bertrand de nov. 1907, |). 14, aurait sig-nalé un 
échantillon iV Essence de graines de bois de rose de Cayenne donnant 
les caractéristiques suivantes : p. sp. à IS^C. 0,8883 ; a „ + 1°30'; 
éthers en acétate de linalyle 10,2 "/„; alcool total en linalol 51 .6 "/o. 
La majeure partie de ce distillât paraissait être du linalol droit. 
Le fait méritait confirmation, les fruits du bois de rose ayant passé 
jusqu'ici pour être inconnus '. Toutefois, le Bulletin Roure-Bertrand 
d'octobre 1908 mentionne des recherches faites par cette maison 
sur une essence dexlrogyre de graines de linaloé de provenance 
mexicaine, à latpielle il faut vraisemblablement rapporter l'informa- 
tion ci-dessus. Cette essence, qui est entrée dans le commerce vers 
1905, ne se différencierait en rien, au point de vue de l'odeur, des 



I. Nous iiavuns pas pu nous procurer la |)uhlicalioii donl il s iii;iL, 1 cdilioii eu claul 
épuisée. 



LE ROIS DE ROSE A LA GUYANE 1S7 

bonnes essences du bois et pourrait, dit-on, les remplacer. L'inté- 
rêt de cette nouvelle production serait d'épargner les arbres qui, 
par suite d'une exploitation intensive, disparaissent rapidement des 
forêts mexicaines. 

En résumé, quelle que soit leur origine, les essences de linaloé 
du commerce peuvent contenir, en outre de leur constituant princi- 
pal, trois catégories distinctes de corps plus ou moins odorants : 1" 
des alcools terpéniques (terpinéol, géraniol, licarhodol, nérol) et 
leurs éthers ; 2° des hydrocarbures (C^H^'')" ou terpènes, dont deux 
terpènes proprement dits et un sesquiterpène ; 3° une cétone non 
saturée, la méthjlhepténone G^H^'O. 

Le terpinéol est un alcool tertiaire C'^H'^0, d'une odeur agréable, 
rappelant le syringa ou le muguet. Le géraniol et le licarhodol sont 
des alcools primaires G'"H'*0, de même formule que le linalol. 
L'odeur du premier rappelle assez fidèlement celle de la rose, qu'il 
sert à falsifier. Les terpènes sont des liquides odorants, assez oxy- 
dables et qui pour la plupart se résinifient lentement au contact de 
l'air. Enfin la méthylhepténone est un liquide incolore, d'une odeur 
pénétrante et caractéristique d'acétate d'amvle. Tous ces corps ayant 
une odeur propre peuvent altérer celle du linaloé, lorsqu'ils s'y 
trouvent mélangés en trop forte proportion. 

Usages industriels. — L'essence de bois de rose ne subit aucune 
manipulation au lieu de production. Telle qu'elle coule de premier 
jet des alambics, telle elle est expédiée en Europe, où les fabricants 
de matières premières pour la parfumerie lui font subir une recti- 
fication plus ou moins complète, avant de la livrer aux parfumeurs 
proprement dits. 

Ce produit jouit, nous l'avons déjà dit, d'une excellente réputation 
de pureté et les consommateurs s'en déclarent unanimement satisfaits. 
Il n'apparaît donc pas qu'il y ait grand intérêt pour les producteurs 
locaux à entreprendre sur place une véritable rectification de leur 
production. Toutefois, lorsque l'essence brute devra séjourner 
quelque temps dans la colonie, avant d'être exportée, il sera utile 
de lui faire subir tout au moins une épuration mécanique qui, si 
elle est bien faite, povirra dans certains cas dispenser les industriels 
métropolitains de recourir à une nouvelle distillation. 

L'essence de linaloé sert soit directement à la confection des bou- 
quets et des diverses préparations de toilette, soit à la préparation 



lOiS ÉTUDES ET MÉMOIRES 

du linalol ou de Tacétate de linalyle, produits de plus en plus 
employés dans la parfumerie, et dont la consommation y est pour 
ainsi dire illimitée. 

Utilisée directement l'essence de bois de rose convient notamment 
pour imiter le muguet, le camélia, le chêne royal, etc. Elle a été 
autrefois très employée pour falsifier l'essence de rose. Mais, les 
constituants principaux de cette précieuse essence étant le géraniol 
et le citronellol, on atteint mieux le but recherché au moyen des 
essences de géranium et de citronnelle. 

La fabrication du linalol constitue à elle seule un débouché des 
plus importants, l'emploi de cet alcool, depuis son introduction 
dans le commerce, en 1892, ayant accompli des progrès considé- 
rables. On sait que jusqu' à ces derniers temps, l'essence de coriandre 
était la seule source de linalol droit, appelé pour cette raison 
coriandrol. L'essence de g-raines de Bursera en constitue désormais 
une source nouvelle. Quant au linalol «gauche, il existe dans un 
grand nombre d'essences naturelles, telles que les essences de basilic, 
d'ylang-ylang, de menthe crépue, de thym, de sauge clarée, de 
lavande, d'aspic, de citron, de luirette, de petit grain, de néroli, de 
bergamote et de linaloé. Ces deux dernières sources sont de beau- 
coup les plus importantes. 

{A suivre.) E. Bassières, 

Inc/énieur agricole, 
Inspeciciir (l'Ac/ririiIliire aux C.olonies. 



NOTES 



LE KARIÏÉ AU DAHOMEY 

Le karité Butyrospermuni Parkii) est un arbre de taille moyenne 
dont les graines oléagineuses servent à la préparation d'un beurre 
comestible dénommé beurre de karité ou de ci [angl. shea Lutter)- 

Il est largement répandu dans la zone soudanienne de l'Afrique 
occidentale. Au Dahomey, ses peuplements sont comjoris entre le 
7^40 et le 11°40 de latitude, et sont particulièrement importants 
autour du 10", c'est-à-dire à 400 kilomètres de la côte, en ligne 
directe, ils s'étendent sur un territoire de 85.000 kmq. 

D'après les renseignements fournis par les Administrateurs des 
cercles de Savalou, Savé, Djougou, Atacora, Parakou et Moyen- 
Niger, le nombre total des karités peut être évalué à 17 millions, 
ce qui peut représenter environ 0.(360.000 arbres adultes en pro- 
duction. 

Ces arbres sont disséminés en peuplements naturels dans tous 
les pays, sauf dans les forêts et les endroits humides ; les indi- 
gènes n'interviennent pas pour favoriser leur multiplication ; ils se 
contentent de les respecter quand ils établissent leurs champs sans 
chercher le plus généralement à les préserver contre les feux de 
brousses qui embrasent le pays au début de la saison sèche. 

La quantité moyenne d'amandes qu'un karité peut annuellement 
produire n'a pas encore été évaluée avec précision, cette ({uantité 
est d'ailleurs excessivement variable, suivant les individus, et 
l'année. Si l'on admet, avec M. 1 Administrateur de Parakou, un 
rendement moyen de 10 kilos d amandes par pied, on voit que la 
production annuelle des peuplements de karité au Dahomey s'élève 
à 56.000 tonnes d'amandes. 11 peut en être actuellement récolté 
12 à 13.000. 

Une énorme quantité de matières grasses est donc ainsi réguliè- 
rement perdue pour le commerce. Les amandes de karité contenant 



1 60 notp:s 

48 "/o de leur poids en produit gras, la quantité totale de matière 
grasse qui reste annuellement inutilisée s'élève donc à 20.000 tonnes 
représentant au taux de 800 francs la tonne 16 millions de 
francs. 

N.B. — Le beurre de karité s'est vendu 800 fr. la tonne dans 
le nord de la France en novembre et décembre 1910. 

Ce chiffre montre toute l'importance de la question du karité 
pour le Dahomey. 

Si, jusqu'ici, les peuplements de karité sont restés inexploités 
en immense majorité, c'est que les habitants n'ont récolté que la 
quantité d'amandes nécessaires à la consommation locale. 

Cette situation peut-elle se modifier? Les produits du karité 
peuvent-ils profiter du débouché illimité que leur offre l'industrie 
européenne ? 

C'est tout à la fois une question de main-d'œuvre et de trans- 
ports. 

Tableau : Population des Cercles à karité. 

l Savalou 45.000 habitants. Densité : 2,8 

Groupe Ouest | Djougou 61.000 — — : 6 

( Atacora 100.000 — — : 10 

l Savé 13.000 habitants. Densité : 1,6 

Groupe Est Parakou 61.008 — _ ; 2,4 

f Moyen-Niger. 76.000 — — : 2,1 

Main-d'œuvre. — La population qui existe au Dahomey dans la 
zone du karité, est peu nombreuse ; on compte 350.000 habitants 
seulement dans les 85.000 kil. carrés où les arbres de karité sont 
dispersés ; c'est une densité de 4,1 ha])itants au kilomètre (voir 
tableau). 

Cette population peut suffire, dans les contrées où elle est dense, 
au ramassage des fruits et à la préparation des amandes, mais pas 
à l'extraction de la matière grasse que ces dernières renferment. 

La fabrication du beurre de karité par les procédés indigènes est 
en effet un gros travail, et prend beaucoup de temps. 

Transports. — Les régions où les karilés sont les plus nom- 
breux sont situées autour tlu lO*" parallèle, par conséquent à 
200 kilomètres environ du terminus actuel de la voie ferrée. Or les 



LE KARITÉ AU DAHOMEY 161 

transports ne pouvant se faire qu'à tête d'homme en raison des 
trypanosomiases qui déciment les animaux de trait, un indigène, 
chargé de karité, partant des environs de Nikki ou de Djougou a 
huit à dix jours de marche avant d'arriver aux factoreries de Savé 
ou d'Agouagon. 

On conçoit que les producteurs qui ont fait un déplacement 
aussi long avec une charge de 30 kilos sur la tête ne peuvent se 
contenter d'un bénéfice minime. La question est donc de savoir si 
les commerçants de la Colonie, étant donné le cours des matières 
grasses, et les frais de transport qu'elles supportent entre le 
Moyen-Dahomey et les marchés d'Europe, peuvent payer les pro- 
duits du karité à un prix suffisamment rémunérateur pour les 
indigènes. Il y a lieu, à cet égard, de distinguer entre le beurre et 
les amandes. 

Beurre. — Après plusieurs tentatives infructueuses, le com- 
merce local n'a réussi à acheter du beurre de karité en quantité 
notable qu'en acceptant de le payer à raison de 500 fr. la tonne 
au terminus du chemin de fer. — C'est le prix pratiqué en 1910, 
année qui marque le vrai début de l'exportation du karité au 
Dahomey, ce prix n'avait rien d'excessif à cette époque, en raison 
du cours élevé des produits gras en Europe (cours qui a permis de 
vendre le beurre de karité 800 fr. la tonne) ; mais il ne saurait 
être maintenu lorsque le marché est en baisse, et que l'huile de 
palme descend par exemple à 575 fr. la tonne au Havre. 

Or au prix de 500 fr. la tonne, la rémunération des indigènes 
est déjà bien faible. 

D'après les renseignements pris par l'Administration, le kilo de 
beurre de karité se vend environ fr. 10 à Kandi, fr. 25 à fr. 30 
à Djougou, fr. 30 à Nikki et Parakou, fr. 60 à Savalou. 

Les indigènes qui apportent à Agouagon ou à Savé 30 kilos de 
beurre provenant des environs de Djougou ou de Nikki, font un 
bénéfice de fr. 20 par kilo, mais au total ils ne gagnent sur leur 
change que six francs pour dix jours de portage. — Ils n'ont même 
pas, au retour, la certitude de pouvoir faire un semblable bénéfice, 
en se chargeant de tissus ou de sel, car en raison de la faible den- 
sité de la population, les marchés de l'intérieur sont rapidement 
encombrés de ces articles. Ils risquent donc de ne toucher en tout 
qu'une somme de six francs pour seize à vingt jours passés en 
dehors de leur fover. 



162 NOTES 

L expérience de 1910 a montré que cette faible rémunération 
suffit aux indigènes : les familles de la région de Péréré, Nikki, 
qui cédant aux instances de leur Administrateur, ont transporté du 
beurre aux factoreries d'Agouagon sont revenues satisfaites du 
résultat obtenu : il est donc probable qu'en 19H le trafic du beurre 
de karité donnera naissance dans cette direction à de nombreuses 
caravanes de porteurs et que l'exportation totale de la Colonie, qui 
en 1910 a atteint 37 tonnes (dont 14 1/2 provenant de la région 
précitée, Péréré-Nikki) s'accroîtra considérablement. Encore fau- 
dra-t-il que les cours se maintiennent aussi élevés qu'en 1910. 

Amandes. — Les pronostics sont moins favorables en ce qui 
concerne les amandes ; celles-ci n'ont donné lieu à aucun trafic, 
même en 1910, et il est à craindre que les indigènes ne continuent 
à s'en désintéresser. 

Les amandes de karité contiennent, d'après les nombreuses ana- 
lyses faites par M. Ammann, 48 "/o de beurre de karité. D'après 
cette composition, elles devraient avoir un prix atteignant près de 
la moitié de celui du beurre ; elles valent en réalité, sur les lieux 
de récolte, cinq à huit fois moins que ce dernier. 

Le kilo d'amandes s'achète environ deux centimes à Kandi, trois 
centimes à Kouandé, cinq à six centimes à Parakou et à Djougou, 
cela provient de ce qu'elles sont dédaignées des porteurs. Les 
commerçants européens installés au bout du rail achètent en effet 
les amandes de karité 3 1/2 fois moins que le beurre, c'est-à-dire à 
raison de fr. 14 le kilo. 

A ce prix, les porteurs d'amandes qui viennent des régions de 
Djougou, Parakou gagnent neuf centimes par kilo, ils font, par 
charge, un bénéfice de 2 fr. 70 qui constitue d'une façon absolue 
une rémunération insuffisante de leur travail et qui d'ailleurs est 
inférieur à celui réalisé sur le beurre. 

En résumé, avec l'organisation actuelle des transports : 

1° L'exportation du beurre de icarité est possible et se produira 
chaque fois (jue le cours dos matières grasses en Europe sera 
élevé. 

2" Cette exportation sera restreinte car la population du Daho- 
mey peu nombreuse ne peut pas préparer de grosses quantités de 
beurre. 

3" L'exportation des amandes sera nulle ou peu importante ; 



LE KARITÉ Ai: DAHOMEY 163 

seules, dans les conditions actuelles, les parties les plus méridio- 
nales de la zone du karité peuvent donner lieu à un trafic 
d'amandes, or dans ces contrées, le nombre des arbres est peu 
élevé. 

Il y a donc lieu de rechercher les moyens propres à favoriser 
l'exportation du beurre, et surtout des amandes. — L'exportation 
des amandes présente en etFet plusieurs avantages sur celle du 
beurre : 

1° Sous le rapport de la main-d'œuvre, la fabrication du beurre 
demande beaucoup de travail ; il faut piler les amandes, les torré- 
fier dans des jarres, passer à la meule la pâte obtenue, puis en 
extraire la matière grasse, par ébullition prolongée avec de l'eau. 

Au contraire, la préparation des amandes est simple, il suffit 
d'aller ramasser les fruits au pied des arbres, de les faire fermenter 
en tas pour détacher la pulpe, de décortiquer les noix au pilon, et 
faire sécher les amandes qu'elles renferment. 

Si donc la vente des amandes devenait rémunératrice pour les 
indigènes^ la plus grande partie des peuplements de karités seraient 
exploités. 

2" Le procédé de fabrication du beurre de karité usité par les 
indigènes est imparfait, une partie de la matière grasse reste dans 
les résidus, ou est détruite par la torréfaction. 

3° Le beurre de karité acheté aux indigènes est impur, il pos- 
sède une odeur désagréable qui augmente pendant le transport^ et 
que l'industrie européenne n'a pu réussir jusqu'ici à éliminer ou à 
détruire; il rentre donc en Europe dans la catégorie des matières 
grasses non comestibles (telles que l'huile de palme) qui sont uti- 
lisées en savonnerie et en stéarinerie. 11 a par suite une valeur 
inférieure à celle du beurre de karité que produiraient les usines 
européennes en traitant elles-mêmes les amandes ; en effet, le 
beurre d'usine, pur et inodore, est utilisable dans la consomma- 
tion européenne, comme des expériences anciennes l'ont déjà 
montré. 

4"^ Le traitement des amandes en P'urope au moyen de presses 
donnerait comme résidu de fabrication, des drèches comestibles 
pour le bétail dont la valeur diminuerait notablement les frais de 
fabrication. 

o" Le transport des amandes s'effectue facilement en sac ; le 
beurre doit être emballé en penchons, d où augmentation du fret 



1 6i NOTES 

et retour de paquets de douves démontées, d'Europe au Dahomey. 

L'amélioration des moyens de transport doit donc être telle 
qu'elle permette au trafic le plus intéressant, c'est-à-dire celui 
des amandes, de prendre naissance et de se développer. 

Cette question se trouvera heureusement résolue si l'on pro- 
longe de 200 kilomètres le chemin de fer actuel, de façon à le 
faire pénétrer dans les peuplements de karité qui existent autour 
du dixième degré de latitude. Avec un tel chemin de fer, les com- 
merçants établis dans la région même où le karité s'exploite pour- 
ront payer (avec les tarifs en vig^ueur) les amandes de karité à rai- 
son de fr. 12 le kilo et le beurre à raison de fr. 48. 

Les amandes, qui valent actuellement sur place fr. 05, bénéfi- 
cieront donc d'une augmentation de prix de 58 "/(,. 

Le beurre, qui se vend environ fr. 80 augmentera de 37 "/o. 
Au prix de fr. 12 le kilo surplace, le commerce des amandes 
deviendra rémunérateur pour 1 indigène, car il lui suffira d'aller 
en récolter et en préparer une charge dans la campagne autour de 
la voie ferrée pour réaliser 3 fr. 60 à la station la pkis proche, il 
aura d'ailleurs la faculté, s'il opère à une certaine distance du che- 
min de fer, s'il a une famille nombreuse, et si leau existe au voi- 
sinage, d'extraire le beurre des amandes, et d'aller toucher pour 
chaque charge de beurre préparée une somme de 17 fr. 20 à la fac- 
torerie la moins éloignée. 

11 n'est pas jusqu'à la population de centres lointains tels que 
Kandi qui ne pourra se livrer alors au trafic des produits du karité 
avec bien plus d'avantage que n'en retirent actuellement les gens 
de Péréré et de Djougou ; 4 jours de marche seulement, les sépa- 
reront en elîet du chemin de fer, tandis que le bénéfice par 
charge de beurre s'élèvera à 14, iO — i,40 — environ 10 francs. 

Ces chiffres montrent combien l'établissement d'une voie ferrée 
favoriserait 1 exploitation des karités au Dahomey. Cette voie fer- 
rée, il est permis de prévoir sa réalisation avant qu'il ne s'écoule 
de nombreuses années, aussi nous devons dès à présent considé- 
rer l'ensemble des peuplements de karité du llaut-Dahomey comme 
une richesse latente, en puissance, qu'il importe de conserver et 
d'augmenter. 

Le rôle de l'administration est, à cet égard, de limiter les feux de 
brousse <jui entravent la croissance des karités, et de veiller à ce 



LE KARIÏÉ AU DAHOMEY 165 

que les indigènes nabattent pas d'arbres de cette précieuse essence 
pour des usages domestiques. 

Il faut également, en luttant contre les maladies épidémiques, 
favoriser l'accroissement de la population, c'est-à-dire augmenter 
la main-d'œuvre dans la réj^ion des karités. 



-o' 



NOUKV, 
Sous-itispecleur dAtjricuUuro, 



LA PRODUCTION DU CAOUTCHOUC 
AU VENKZUKr.A ' 

Les quantités des diverses espèces de caoutchouc exportées par 
le port de Ciudad-Bolivar pendant Tannée 1909 ont été les sui- 
vantes : balata 1.G24.433 kilos, caoutchouc du Para 123.747, Ser- 
nambv 54.717, caoutchouc du Caura 69.121 kilos. 

Le balata se récolte dans toute la Guyane vénézuélienne, le 
delta de l'Orénoque et aussi dans quelques régions du Haut-Oré- 
noque. 

Le caoutchouc du Para, désigné sous le nom de caoutchouc de 
Hio-Negro, se récolte dans le Haut-Orénoque, près de la frontière 
du Brésil, et surtout dans le bassin vénézuélien du Rio-Negro (adluent 
de la rive gauche de TAmazone). 

Le sernaniby est une variété de caoutchouc du Para ; elle est con- 
sidérée comme de qualité inférieure, soit à cause de son mélange avec 
d'autres gommes, soit à cause d'une mauvaise préparation. 

Le caoutchouc du Caura se récolte dans la vallée du Caura ; c est 
un caoutchouc d'une qualité inférieure dont le prix esta peu près le 
même que celui* du Sernamby. 

La récolte du caoutchouc du Kio-Negro se fait d une façon ration- 
nelle, en opérant des saignées sur l'arbre. 11 n'en est pas de même, 
malheureusement, pour le balata et le caoutchouc du Caura: l'arbre 
est tout simplement abattu et ces deux qualités de gomme risquent 
d'être épuisées dans un avenir peu éloigné, si des mesures énergiques 
ne sont prises pour en réglementer l'exploitation. 

Hambourg est le ])rincipal marché pour la vente du caoutchouc 
et du balata exportés par Ciudad-Bolivar ; des quantités importantes 
sont également expédiées à Londres, à New- York et au Havre. 

Le balata est préparé en planches rectangulaires; pour l'exporta- 
tion il est emballé en ballots de 60 à 70 kilos environ. 

Le caoutchouc (Rio-Negro, Sernamby, Caura) s'exporte générale- 
ment en ban-iques ou en caisses ; quelques exportateurs l'expédient 
en ballots. 

L'expédition se fait à des maisons de commission de Hambourg, 
Paris, Londres, New-York, qui se chargent de la vente, soit au fur 
et à mesure des arrivages, soit par contrats. En règle générale, les 
maisons de Ciudad-Bolivar ne traitent pas directement avec les 
acheteurs pour la vente de leurs produits d'exportation. 

J. D'apri';* ini iii|)|i(ii-l <lc M. l'iclriiiiloiii, cniisiil di' lîflgique l'i ( jiitla(l-H<ili\ ar. 



DOCUMENTS OFFICIELS 



Guinée française. 

Pur décision du Lieutenanl-lTOUverneiir. 

En date du 3 mai : 

M. Orsolaiii (François), directeur de Jardin d'essai de 3*^ classe, retour 
de congé, est mis à la disposition du Lieutenant-Gouverneur de la (luinée 
française. 

En date du 15 mai : 

M. Costes, sous-inspecteur d'agriculture de 2" classe, est all'ecté à la 
station agricole de Benty, en remplacement de M. Leroide, en instance 
de départ pour le Glief-lieu. 

En date du 23 mai: 

Un cong-é administratif de 7 mois, à solde entière d'I^urope, est accordé 
à M. Teissonnier, inspecteur d'agriculture de '2'^' classe des Colonies. 



Martinique. 

Par décision du Gouverneur en date du juin 1911, rendue en con- 
formité de la dépêche du Ministre des colonies du 24 mai 1911 , M. Bas- 
sières (Eug-ènej, inspecteur d'agriculture de 2*^ classe, provenant de la 
Guyane française, a été attaché au cadre de la Martinique, pour compter 
du 25 mai 1911 et nommé chef de service de l'agriculture. 

M. Bassières, arrivé dans la colonie le 6 juin 191 1, a pris ses fonctions 
le même jour. 

Par arrêté du Ministre des colonies en date du 19 mai 1911, M. Gas- 
telli, ingénieur d'agriculture coloniale, en service à la Martinique, a été 
nommé sur place sous-inspecteur d'agriculture de 3" cla'sse. 



STATISTIQUES COMMERCIALES 

Exportations agricoles et forestières des Colonies françaises. 



MADAGASCAR 
Année 1910. 



l" Peaux brutes. - 6.584.173 kilos. 1900 : 4.535.130 kilos. Différence en 
plus : 2.049.043 kilos. 

■1" Caoutchouc. — 1.125.441 kilos. 1909 : 701.570 kilos. Différence en plus: 
423.871 kilos. 

3" Poudre dor. — 3.006 kilos. 1909 : 3.647 kilos. Différence en moins : 641 
kilos. 

4" Raphia. —5.618.618 kilos. 1909 : 4.652.246 kilos. Différence en plus : 
966.372 kilos. 

5° Écorces à tan. — 36.180.578 kilos. 1909 : 22.105.179 kilos. Différence en 
plus : 14.075.399 kilos. 

6" Cire animale. —531.517 kilos. 1909 : 538,464 kilos. Différence en moins : 
6.947 kilos. 

7° Vanille. — 42.804 kilos. 1909 : 43.268 kilos. Différence en moins : 464 
kilos. 

8° Légumes secs. —3. 513. 258 kilos. 1909 : 3.092.762 kilos. Différence en 
plus : 420.496 kilos. 

9° Riz (entier et autres). — 8 . 251 . 511 kilos.- 1 909 : 3 . 961 . 127 kilos . Différence 
en plus: 4.290 384 kilos. 

10" Chapeaux de paille. — 23.146 kilos. 1909 : 23.519 kilos. Différence en 
moins : 373 kilos. 

11» Viandes salées et conservées. — 491.222 kilo^.. 1909 : 134.558 kilos. 
Différence en plus : 356 664 kilos. 

12" Bovidés. — 12.648 têtes. 1909 : 9.372 têtes. Différence en plus : 3.276 
têtes. 

13" Manioc brut. — 4.655.495 kilos. 190iJ : 134,062 kilos. Différence en 
plus : 4.521.433 kilos. 



STATISTIQUES COMMERCIALES 169 

14° Rabanes. —79.946 kilos. 1909 : 39.503 kilos. Différence en plus : 40.443 
kilos. 

15» Bois débénisterie. — 1.966.441 kilos. 1909 : 2.396.881 kilos. Différence 
en moins : 430.440 kilos. 

16" Café en fèves. — 110.698 kilos. 1909 : 94 447 kilos. Différence en plus : 
16.251 kilos. 

17» Écaille de tortue. — 4.294 kilos. 1909 : 3.041 kilos. Différence en plus: 
1.253 kilos. 

18" Bois communs. — 1.972.406 kilos. 1909 : 944.405 kilos. Différence en 
plus : 1.028.001 kilos. 

19° Girofle. — 47.863 kilos. 1909 : 98.297 kilos. Différence en moins: 50.434 
kilos. 

20« Câcao en fèves. — 27.963 kilos. 1909 : 22.967 kilos. Différence en plus : 
4.996 kilos. 

21« Gomme copal. — 21.338 kilos. 1909 : 33.809 kilos. Différence en moins: 
12.471 kilos. 

22° Fruits et graines oléagineuses. — 167.080 kilos. 1909 : 261.038 kilos. 
Différence en moins : 93.958 kilos. 

23° Crin végétal. — 42.389 kilos. 1909 : 57.025 kilos. Différence en moins : 
14.636 kilos. 

INDO-CHINE 

Année 1910. 

1° Peaux brutes. —2.035.393 kilos. 1909 : 1.722.202 kilos. Différence en 
plus : 313.191 kilos. 

2° Peaux corroyées. — 286.441 kilos. 1909 : 335.833 kilos. Différence en 
moins : 49.392 kilos. 

3° Soies grèges. — 87.323 kilos. 1909:68.656 kilos. Différence en plus: 
18.667 kilos. 

4° Riz et ses dérivés. — 1.269.516 tonnes. 1909 : 1.095.855 tonnes. Diffé- 
rence en plus : 173.661 tonnes. 

5° Sucres bruns de lAnnam. — 2.336.080 kilos. 1909 : 2.413.572 kilos. Dif- 
férence en moins : 77.492 kilos. 

6° Café. —230.869 kilos. 1909 : 234.643 kilos. Différence en moins : 3.774 
kilos. 

7° Poivre. — 4.161.608 kilos. 1909 : 6.372.647 kilos. Différence en moins : 
2.211.039 kilos. 

Bill, du Jardin colonial. 1911. U. — N" lOl. 12 



170 STATtSTIQlIKS COMMERCIALES 

8" Amomes et cardamomes. — 216 945 kilos, loo'.i : 295.996 kilos. Différonce 
en moins : 79.051 kilos. 

9" Cannelle. — 237.753 kilos. 190'.» : 219.349 kilos. DifTérence en plus : 18.404 
kilos. 

10" Thés de l'Annam et du Tonkin. — 529.909 kilos. 1909 : 325.349 kilos. 
DifTérence en plus : 204.560 kilos. 

Il'' Gomme laque et stick-laque. - 881.533 kilos. 1909:214.328 kilos. 
Différence en plus : 667.205 kilos. 

12° Benjoin. ~ 26.462 kilos. 1909 : 23.944 kilos. DifTérence en plus : 2.518 
kilos. 

i:i" Caoutchouc. — 175.470 kilos. 1909 : 35.382 kilos. Différence en plus : 
140.088 kilos. 

14° Huile de badiane. — 66.503 kilos. 1909 : 50.994 kilos. Différence en plus: 
15.609 kilos. 

13" Coton en laine. — 1.319.275 kilos. 1909 : 2.624.785 kilos. Différence 
en moins : 1 . 305 . 510 kilos. 

\C>° Coton non égrené. — 2.189.656 kilos. 1909 : 1 .322.074 kilos. Différence 
en plus : 867.582 kilos. 

17 " Nattes du Tonkin. — 2.866.364 kilos. 1909 : 3.385.652 kilos. Dillérence 
en moins: 519.288 kilos. 



COURS ET MARCHES 

DES PRODUITS COLONIAUX 
CAOUTCHOUC 

LE HAVRE, 4 août 1911. — (Communiqué de la Maison Vaquin et 
ScHWEiTZER, 1, rue Jérôme-Bellarmato.) 

Depuis notre dernier communiqué, le marché est redevenu meilleur, une 
hausse assez sensible a été constatée sur certaines qualités, principalement sur 
les Para-Pérou et les Congo et l'on cote : 



Para fin 

Para Sernamby 

Pérou fin 

Pérou Sernamby 

— — caucho 

Maniçoba 

Madagascar : 

Taniatave Pinky I 



Francs 

12.75 à 13 

7.10 



— Pinky II. 



Majunga 

Faranfangana . 
Anahalava . . . 



Munanzary. : 



Barabanja. 
Lombiro . 

Tuléar 

Tonkin 

Congo : 
Haut-Oubanghi. 



12.50 

M 

U 

7.J0 



<3 
6.50 



12.75 
11.25 
11.50 
10.25 

t».5o 
7.50 
9 



.50 



10 



] 1 . iO 11. (iO 



Kotto 11 

H. G. Batouri 7.50 

Ekela Kaclei Sangha 11 

Congo rouge lavé i 

Bangui 11 

Koulon-Niari 6 

Manibéri 5 

N'DjoIé 6.50 

Mexique feuilles scrappy 9.50 

— slaps 6 

Savanilla : 

San Salvadui- 9 

Garlhagène 7 

Ceylan : 

Biscuits, crêpes, etc. . . 

— — extra.. \'ô 

Scraps ) 

Balata Venezuela blocs.. 7.50 

Balata - feuilles.. s 



Francs 
iO à 11.60 

S 



11.35 

5 
11.50 

9 

6 

7.50 
10.25 

7.50 

U 

8.50 



13.75 

S 

8.50 



Le toul au kilu. magasin Havre. 



BORDEAUX, .iO juin 1911. — (Communiqué de MM. D. Dufkau et 
C'^, lu, rue de Cursol.j 

Par suite de la hausse sur le Para, la demande sur nos sortes moyennes a été 
assez bonne, et il s'est traité depuis notre dernier communiqué en date du 
.30 écoulé, environ 145 tonnes. 

Le Para vaut aujourd'hui 12 fr. l'.\ le kilo ii|irès avoir touché il y a ((ucl(|ucs 
jours 13 fr. 2-) le kilo. 



172 



COURS ET MARCHÉS 



Le calme semble vouloir revenir, la demande ayant subitement ralenti. 
Nous cotons : 



Francs 

Conakry Niggers 10 

Rio \unez 10.75 

Soudan Niggers Rouges 9.50 

Soudan Niggers Blancs 8.75 

Soudan Manoh 10.75 

Laliou Niggers 8 . 25 

Lahou Petits Cakes 7 . 50 



Francs 

Lahou Cakes Moyens 7 

Gambie A 7.25 

Bassani Lumps 4.60 

Gambie A. M 6.25 

— B 5.25 

Tamatave rooty 5.25 

Compitsi Madagascar 8.40 



ANVERS, 4 août 1011. — (Communiqué de la Société coloniale Anvei'- 
soise, 9, rue Rul^ens.) 

Pendant le mois de juillet, le marché s'est considérablement raffermi et les 
prix sont un peu remontés, notre vente qui s'est faite le 28 juillet a profité de 
cette situation et les prix obtenus ressortent en hausse de 10 °/o environ pour 
les sortes congolaises et de 14 % pour les caoutchoucs de plantations. 

Nous cotons aujourd'hui pour marchandise courante à bonne : 



Francs 

Kasaï rouge 1 12 à 12.375 

Kasaï rouge genre Lo- 

anda II noisette 9.25 9.65 

Kasaï noir! 12 l*.i.375 

Equateur, Yengu. Ikelem- 

ba, Lulonga, etc 12 12.375 

Lopori (Maringa) 7 7 . 50 



Francs 

Haut -Congo ordinaire, 

Sankuru, Loniani 11.75 à 12.10 

AruAvimi 11.75 12.20 

Straits Crêpes 1 14.625 14.725 

Guayule 5 . 50 6 

Maniçoba 7.25 7.75 

Mongoia lanières 11.75 12.20 

Wamba rouge 1 7.25 7.75 



Le L"'" juillet a été inauguré sur notre place le marché à terme pour le 
caoutchouc de plantations, il a été traité environ I.IUO tonnes dans le courant 
de ce mois. — Cote officielle à fin juillet : 



Francs 

Juillet 14.55 

Août 14.20 

Septembre 14.10 

Octobre 11 

No\euibre 13.70 

Décembre 13.60 



Stock fin. juin 1911 . . 
Arri\ages en jiiillcl 
^'eutcs eu juillet . . . 



7" 1 tonnes 
165 — 
571 — 



Francs 

Janvier 13.30 

Février 13.15 

Mars 13 

Avril 12.90 

Mai 12.80 

Juin 

.Viiixages depuis le 1°' ,jan- 

\ier 2.481 tonnes 

\'cntes(lepuis le f^^janx icr. 2.606 — 



COURS ET MARCHÉS 173 



COTONS 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, H juillet 1911. — Cote officielle. — Louisiane très ordi- 
naire (en balles, les 50 kilos). 



Francs 

Août-Novembre 70.75 

Décembre 70.50 

Janvier 70.25 

Tendance soutenue. Ventes : 6.000 



Francs 

Février 70.25 

Mars-Juillet 70 



LIVERPOOL, 11 août 1911. — Ventes en disponible: 3.000; Amérique 
négligée; cotes Amérique et Brésil en baisse de .3/100; Indes calmes et sans 
changement; importations, 4; futurs ouverts sans changements en baisse de 



2/100. 



CAFES 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, 11 août 1911. — Santos good average, les 50 kilos, en 
entrepôt : 



Août-novembre 70 . 75 

Décembre 70 . 50 



Février 70 

Mars-juillet 69.75 

Tendance soutenue. Ventes : 6.000. 



ANVERS, Il août 1911. — Cafés. — Clôture. — Cote officielle de café, San- 
tos Base good les 50 kilos : août, 72 fr. ; septembre, 71 fr. 75 ; octobre, 71 fr. 50 ; 
novembre, 71 fr. ; décembre, 70 fr. ; janvier, 69 fr. 73; février, 69 fr. 73 ; 
mars, 69 fr. 75; avril, 69 fr.75; mai, 69 fr. 75; juin, 69 fr. 75; juillet, 69 fr. 50. 

Tendance ferme. \'^cntes : 14.000 sacs. 

HAMBOURG, II août 1911. — Les 30 kilos : août, 71 fr. 87; septembre, 
72 fr. 19; décembre, mars, mai, 71 fr. 25 ; juillet 70 fr. 94. 

Tendance soutenue. 



17 1 



COURS ET MARCHÉS 







CACAO 




LE HAVRE, 2 


août 1911. 










Au droit de 104 francs. 




Guayaquil Arriba.. 

— Balao . . . 

— Machala 


76 
72 
73 
70 
71 
. 102 


Francs 

h so 
74 
75 
72 
73 
108 
85 
72 
72 


Sainte -Lucie, Domi- 
nique, Saint-Vincent 
Jamaïque 


Francs 

63 à 66 
60 65 


Para 


Surinam 


63 66 


Garupano 

Colombie . . ... 


Bahia fermenté 

San Thomé 


64 71 
68 70 


Cevlan, Java 


75 


Côte d"Or 


63 66 


Trinidad 


69 
65 


Samana 


63 65 


Grenade 


Sanchez Puerto Plata. . 
Haïti 


63 64 
51,50 66 



Au droit de ri 2 francs. 



Francs 

Congo français 90 à 95 

Martinique 88 90 

Guadeloupe 89 91 



Madagascar, Réunion. 
Comores 



Francs 



92 à 103 



MATIERES GRASSES COLONIALES 



MARSEILLE, 10 août 1911. — (Mercuriale spéciale de « 1" Agriculture 
pratique des Pays chauds », par MM. Rocca, Tassy et de Roux.) 

Coprah. — Tendance fermé. Nous cotons nominalement en disponible les 
100 kilos c. a. f. , poids net délivré conditions de place. 



Francs 

Ce^'lan sundricd 65 

Singapore 60 

Macassar 59.50 

Manille 58.50 

Zanzibar 59 

Mozambique 59. 50 



Francs 

Ja\a sundried 61 . 50 

Saïgon 57 . 75 

Cotonou 58 . 50 

Pacifique Samoa 59 

Océanie française , . . . 59 



Huile de palme Laj^os, 09 frs ; Bonuy-Benniu, (t7 frs ; qualités secon- 
daires, à 04 frs les 100 kilos, conditions de Marseille, fûts perdus, prix 
pour charp^emenl entier. 

Graines de palmiste Guinée 12.5(1 déliv ré 

— Mii\\i'a Manque 



COURS El' MARCHÉS l'io 

Graines oléagineuses. — Situation calme; nous cotons nominalement : 

Francs 

Sésame Bombay blanc grosse graine 39 

— — petite — 38 

— Jaffa 4.5 

— bigarré Bombay. Grosses graines. 50 % de blanc. . 39 
Graines lin Bombay brune grosse graine 46 

— Colza Gawnpore. Grosse graine 29 

— Pavot Bombay 38 

— Ricin Coromandel 28 

Arachides décortiquées Mozambique 38 

— — Coromandel 31 

Autres matières. — Cotations et renseignements sur demande. 



TEXTILES 

LE HAVRE, 4 août 1911. — (Communiqué de la Maison Vaquin et 
Sohweitzer.) 

Manille. — Pair current : o2 fr. 23 à 52 fr. ">0. — Superior Seconds : 
31 fr. à 51 fr, 50. — Good brown : 48 fr. 50 à 48 fr. 75. 

Sisal. — Mexique : 55 fr. à 58 fr. — Afrique : (il fr. à fie» fr. — Indes 
ansflaises : 31 fr. à 45 fr. — ■ Java : 59 fr. 75 à 70 fr. 

Jute Chine. — Tientsin : 49 fr. 75. — Hankon : 47 fr. 25. 

Aloès. — Maurice : 57 fr. à 64 fr. 75. — Réunion : 57 à 03 fr. 50 — Indes : 31 
à 37 fr. — Manille : 34 fr. à 42 fr. 

Piassava. — Para : 130 à 150 fr. ^ Afrique : Cap Palmas : 53 à 56 fr. — 
Sinoë : 52 à 53 fr. ; Grand Bassam : 52 à 55 fr. ; Monrovia : 50 fr. à 52 fr. 

China Grass. — Courant : 80 fr. à 89 fr. — Extra : 105 fr. à 114 fr. 50. 

Kapok. — Java : 210 à 240 fr. — Indes : 125 a 130 fr. 
Le tout aux 100 kilos, Havre. 



GOMME COPALE 

ANVERS, 8 juin 1911. — (Communiqué de la Société Coloniale An- 
versoise.) 

Le marché du copal a été très ferme et en légère hausse, nous cotons jDour 
qualité courante à bonne : 

Gomme triée blanche de belle qualité .... 320 à 350 

— — claire transparente 230 à 260 

— — assez claire opaque 145 à 180 

— non triée de qualité courante 110 à 135 

— 4 août 1911. — Le marché du copal est très ferme; les prix sont en 
hausse de 3 à 5 fr. 



176 



COURS ET MARCHÉS 



LE HAVRE, 4 août 1911. 
Schweitzer.) 



(Communiqué de MM. Vaquiii et 



Gomme copale Afrique 30 à 100 francs ) , .„„ , 

, , , Mes 100 ksr. 

Ai„,i„„„„„„„ ... 100 à 400 — 1 ^ 



Madagascar. 



POIVRE 

(les 50 kgr. en entrepôt) : 
LE HAVRE, 11 aoiit 1911 : 



Saigon. Cours du jour : 

Francs 

Août 87.30 

Septembre 8.s 

Octobre 8S 

Novembre 88.30 

Décembre 89 

Janvier 89.50 



Francs 

Février 90 

Mars 90.30 

Avril 91 

Mai. 91.50 

Juin 91.50 

Juillet 92 

Tendance calme ; ventes oOO. 



IVOIRE 

ANVERS, 1'"'' et 2 août 1911. — (Communiqué de la Société coloniale 
Anversoise.) Marché très ferme, à la vente des 1'^'' ot 2 août la demande était 
très bonne et les prix rassortent comme suit : 

Ivoire doux très demandé en hausse de 3 à 5 fr. 

Grandes dents en hausse d'environ 1 fr. 

Dents à billes, inchangées, prix un peu plus faibles. 

Escravelles et Bougie, environ 1 tr. en hausse. 



BOIS 



LE HAVRE, i août 1911 . — (Communiqué de MM. Vaquin et Schweitzer. 



Francs 
Acajou Haïti ti à 16 

— Mexique 18 40 

— Cuba 10 40 

— Gabon 14 22 

— Ukoumc S . 30 9.30 



Ébène-Gabon .. . 

— Madagascar. , 

— Mozambique. 



Francs 
18 à 33 
13 ,30 
8 13 



le Idul aux 100 kilos, Havre. 



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marché du caoutchouc, cotes et rappoi'ts du 
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Ses relations commerciales avec toutes les parties du globe la placent 
certainement au premier rang des maisons recommandables pour 
résoudre cette importante question. 

Du reste, ses efforts ont été couronnés de succès puisqu'elle a 
obtenu 7 Grands Pria:; à L'Exposition Universelle de igoo, dont un 
spécialement accordé pour son E.cposilion Coloniale. En outre, le Jury 
de la dernière E.xposilion Coloniale de .Marseille a confirmé les décisions 
du Jury de 1900 en lui attribuant un Grand Prix. 
Enfin, suivant nue longue tradition, la Maison se fait un devoir de répondre de la façon la plus désin- 
téressée à toutes les demandes (|ui lui sont adressées. 

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Tabacs divers, 'lin' d'.Aiiuam et d'Assam, etc. 

Plantes à caoutchouc. — Gastilloa elastica, Euphorbia Intisy, Ficus divers, Ilevea brasiliensis, 
Landolphia (diverses sortes), Manihot Glaziovii, Marsdenia verrucosa, Willughbeia edulis, etc. 

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lie Année Septembre 1911 N» 102 

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Jardin Colonial 



L'Agriculture pratique 

des pays chauds 



BULLETIN MENSUEL 

DU 

JARDIN COLONIAL 

ET DES 

Jardins d'essai des Colonies 



Tous documents et toutes communications relatives à la rédaction 

doivent être adressés 
au Directeur du Jardin Colonial, Ministère des Colonies 



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L'AGRICULÏURE PRATIQUE 

DES PAYS CHAUDS 



BULLETIN MENSUEL DU JARDIN COLONIAL 

ET DES JARDINS DESSAI DES COLONIES FRANÇAISES 



lie année Septembre 1911 N» 102 



SOMMAIRE 



l'aies 

Le Soja, sa culture, ses usaqes alimentaires, thérapeutiques, 
agricoles et industriels, par MM. Li-Yu-Yng-, Conseiller 
au Ministère de l'Agriculture de Chine et L. Grandvoïunet, 
Ing-énieur agricole (G. j j 77 

Le Caoutchouc en Indo-Chine, par M. Pernot, Ing-énieur agronome. 197 

Cours de Botanique Coloniale appliquée, par M. Marcel Dubard, 
Maître de Conférence à la Sorbonne, Professeur à l'Ecole 
Supérieure d'Agriculture Coloniale (suite) 212 

Le Bois de rose de la Guyane et son huile essentielle, par E. Bas- 
sière, Ing-énieur agricole, Inspecteur d'Ag-riculture aux Co- 
lonies ijin) 224 

Plantes médicinales de la Guinée française, par H. Pobég-uin, 

Administrateur en chef des Colonies (Jin) 233 

Les Eucalyptus, par R. de Noter aSg 

NOTES 

La culture de la Cannelle au Kouang-Tonk 264 

documents officiels 

Décret relatif à l'introduction des plants de caféier et autres vég-étaux 

en vue d'empêcher la propag-ation de « l'Hemileia Vaslatri.v » 256 

Nominations et mutations 258 



Cours et Marchés des Produits Coloniaux (caoutchouc, coton, café, 
cacao, matières grasses, textiles, g-ommes, poivre, ivoire, 
bois) 259 



Bibliog-raphie v et 



VIII 



^^♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦^ 

SPÉCIALE 



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l'ASOL, quf! j'ai iippliciuc cet l'té sur une de mes serres à orchidées, a pleinement réussi ; je ne l'ai appli(iué 
que sur la scrr« froide, il Odoiito({lossum. J'ai obtenu une température beiuicoup plus basse, tout cet été, et 
je n'ai pas b.iissé une seule fois mes stores « claies >i ; malgré les forts coups de soleil J'ai donc obtenu de 
la fraiclieur. sans pour ainsi dire perdre le Jour. C'est un avantage énorme dé n'avoir pas à baisser et 
remonter les claies constamment, et c'est une économie. 

Signé : Debkauchamps, propriétaire et amateur d'Orchidées, à Rueil. 



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11'= Année Septembre 1911 N" 102 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



LE SOJA 



Le soja, employé en Asie depuis un temps immémorial pour la 
nourriture de l'homme et des animaux, est une sorte de haricot à 
gousses velues, à grains arrondis, remarquable par sa grande 
lichesse en azote, en graisse et en matières minérales. 

Depuis longtemps déjà, il a été signalé par les auteurs euro- 
péens. Tovis ceux qui lont étudié ont reconnu l'importance qu'il 
méritait de prendre, tant au point de vue alimentaire et thérapeu- 
tique qu'au point de vue agricole et même industriel. 

Jusqu'à ces dernières années, le soja n'était considéré que 
comme une plante curieuse pouvant rendre quelques services dans 
l'alimentation des diahéticjues. Les Américains l'ayant essayé 
comme fourrage, en ont obtenu de tels résultats que sa culture 
s'est considérablement étendue aux Etats-Unis et au Canada connue 
le témoignent les nombreuses variétés créées dans ces deux pays. 

Enfin depuis 190(j, année où les huileries anglaises ont adopté 
le soja comme plante oléagineuse pour combler le déficit d'huile 
de coton, l'accroissement formidable de l'exportation du soja de la 
Chine vers l'Europe (200. 00(1 tonnes en 1908, plus de 500.000 
tonnes en 11)09) a montré tout le parti qu'on pouvait tirer de la 
plante au point de vue industriel. 

De l'avis de tous ceux qui ont étudié la question, on pourrait 
faire mieux encore. Grâce à sa grande richesse en azote, en huile 
et en matières minérales, le soja devrait tenir une place importante 
aussi bien dans l'alimentation générale que dans les régimes spé- 
ciaux. Si nous sommes enthousiaste pour l'extension du soja, ce 
n'est pas pour voir introduire en Europe un végétal curieux, mais 
bien à cause de la réelle valeur de la plante, valeur qui, depuis 
longtemps déjà, a été démontrée, et que le manque d'initiative, 
seul, a empêché jusqu'ici de se manifester sur une grande échelle. 

Bill, du Janlin colonial. HJII. U. — N» 102. 13 



178 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Depuis ces dernières années la science alimentaire a fait de 
grands progrès. Elle enseigne les moyens de se nourrir économi- 
quement et rationnellement. Mais le goût est aussi une condition 
essentielle pour les aliments car il constitue une nécessité physio- 
logique. Lindustrie alimentaire peut facilement, à ce point de vue, 
résoudre le problème. 

Les produits à base de soja remplissent merveilleusement les 
conditions physiologiques, économiques ou gastronomiques ensei- 
gnées par les sciences ou exigées par les consommateurs. 

De l'étude de la valeur alimentaire du soja il ressort que : 

1° Le soja et ses dérivés sont plus riches ou aussi riches que la 
viande en niatières azotées et en matières grasses. Ce sont donc 
des aliments de choix pour les végétariens et les végétaliens. 

2*^ Le lait obtenu au moyen du soja peut être considéré pratique- 
ment comme une variété des laits usuels. Il est très intéressant 
pour le régime lacté et l'allaitement artificiel. 

3" Le soja est très riche en matières minérales et surtout en 
acide phosphorique. C'est donc un aliment réminéralisateur par 
excellence. 

4" Le soja, étant pauvre en hydrates de carbone, sera par consé- 
quent précieux pour les diabétiques. 

o° Les aliments à base de soja, étant très nutritifs sous un faible 
volume, seront indiqués pour l'alimentation des dyspeptiques. 

6" Le soja, tout en étant plus riche que la viande en matières 
azotées, a sur elle l'avantage de renfermer cet azote sous forme de 
paranucléoalbuminoïdes ne donnant pas d'acide urique, ce (pii le 
recommande aux arthritiques. 11 est moins excitant pour les pei- 
sonnes atteintes de maladies nerveuses. 

En dehors de leur emploi dans l'alimentation humaine, tani au 
point de vue général qu à celui des régimes spéciaux, le soja et 
les résidus de fabrication peuvent être utilisés avantageusement 
pour la nourriture des animaux domestiques. 

Au point de vue agricole le soja constitue une plante peu exi- 
geante et très productive. Il a pour l'azote atmosphérique un pou- 
voir fixateur plus grand i[uo celui des autres légumineuses 
employées en agriculture. 

Knlin il ne faut pas oublier les nond)reuses applications indus- 
trielles que peuvent avoir l'huile et la caséine de soja. 

Ce court exposé démontre l'importance exceptionnelle que peut 



Li: SOJA 179 

prendre cette plante, importance qui nous a décidé à effectuer des 
recherches, tant au point des applications qu'au point de vue docu- 
mentaire. Nous avons résume et classé ces recherches dans cet 
ouvrag-e qui, nous l'espérons, sera utile aux agriculteurs et à tous 
ceux qu'intéresse la question alimentaire. 

Nous tenons à associer à notre nom celui de notre collabora- 
teur, l'ingénieur agricole Grand voinnet, en le remerciant de l'aide 
qu il a bien voulu nous apporter, ainsi que celui de M. Chi qui 
nous a aidé à organiser l'enseignement pratique à 1' « École des 
industries du Soja » en Chine et à l'Usine de la « Caséo-Sojaïne » 
en France. 

Enfin nous tenons à remercier tous ceux aux ouvrages desquels 
nous avons emprunté les nombreux documents qui constituent 
une grande partie de ce travail. 

Li-Yu-YiNG. 

ORIGINE ET HISTORIQUE DU SOJA 

D'après de Gandolle, le soja est originaire de la région comprise 
entre la Gochinchine, le sud du Japon et Java. Il est cultivé 
depuis la plus haute antiquité en Chine et au Japon, où il sert, 
grâce à sa richesse en azote, à compléter les rations du riz. 

En efîet, le soja est déjà signalé dans le célèbre livre de matières 
médicales de She-non. D'après le grand historien Sma Quang 
ce livre aurait été rédigé par Honandi. Le soja serait donc cul- 
tivé depuis plus de 5.000 ans. 

Le célèbre dictionnaire de Sui Sham décrivait le soja sous le 
nom de u tchouan ». Un autre ancien dictionnaire : Kouang-ia le 
décrit sous le nom de ta-teou ou grand pois ou bien encore sou. 
Ce dictionnaire datant de l'époque des Han, correspondant à peu 
près à l'époque du latin, il est fort probable que les mots soi, 
soya, soja dérivent du mot chinois : Sou. 

De nombreux livres anciens font remonter l'invention du fro- 
mage de soja au grand philosophe Hainintze, prince de la dynastie 
des Han. 

Enfin le soja et le teou fou (fromage de soja) sont chantés dans 
beaucoup de poésies chinoises anciennes. Exemple ces vers du 
grand poète Sou du ii'' siècle : a La jade tendre s'en parfume dans 



180 ÉTUDES El' MÉMOIRES 

la marmite » ' et « cuire le pois en lait et le grain en beurre ». On 
voit par là ({ue 1 idée du lait végétal ne date pas d'hier. 

Ces quelques documents historiques et littéraires, quoique ne 
donnant |)as de détails, prouvent néanmoins que le soja et ses 
dérivés entrent dans l'alimentation humaine depuis des temps très 
anciens. 

Aujourd'hui le soja est répandu dans toutes les parties de la 
Chine et même de l'Asie. 11 a été également introduit aux Etats- 
Unis et en Europe. 

Kaempfer l'a étudié au Japon en 1690 -. 

11 a été cultivé depuis 1779 au Muséum d'Histoire naturelle, 
sans autres soins que ceux donnés aux haricots. 

Il a été importé en 1790 en Angleterre -K 

En 1848 il a fait son apparition en Italie '♦. 

En 18.*)5 M. de Montigny envoya de Chine plusieurs varié- 
tés de soja à la Société Nationale d'Acclimatation qui lit faire des 
essais en différents endroits. 

En 18()8 des expériences furent entreprises par la Société d hor- 
ticulture de la Côte-d'Or. 

En 1881] à l'Exposition de Vienne parurent des envois de soja 
venant du Japon, de la Chine et de la Mongolie. 

En 1874 des essais furent faits à Etampes. 

En 187."> et pendant les années suivantes, Haberlandt ' entreprit 
à l'École Impériale et Royale d'Agriculture de Vienne des expé- 
riences sur la eultui-e et l'utilisation du soja. Il demanda ht substi- 
tution du soja au pois dans la fabrication des saucisses de pois, 
réglementaires dans l'armée autrichienne. 

En 1878, on re^ut à la Société nationale d'Acclimatation des 
semences chinoises et japonaises qui furent expérimentées ; les 
semences japonaises, trop tardives, échouèrent. 

En 1880. le soja fut luis en vente par la maison \'ilmorin et put 
dès h)rs être cultivé par tout le monde. 

I. I>e |)()èlc t'ait ici alliision à la i-i^ssi-iiihlinKc inmiiH' aspect du tenu l'im asi-c la 
Jado (|iian(l il est liais. Celle i-essemblancc est iciuliu' encore plus grande aujdurd'lnii 
dans ce (jiie nous ap[)el<>iis la sojalithc nu i)iei'ie de lait de soja (|ne nous l'abriquons 
avec la caséiue végétale. 

•J. Kacmpt'er, Anieniluliun Eroliriuiun. l'asc. ^^ p. n:^T. 

'.\. Ail on. Hnrliis l\('ir<>iisis. 

1. Piuidini. Délia Soia //.i//,( iKjrnolc . MX).). 

;■>. Ilabcrlandl. /.</e .S'o/'.i/;o/me. Vienne, IS7H. 



LE SOJA 



181 



Wein a étudié la plante en Allemagne et a reconnu que sa cul- 
ture avait eu un plein succès ' . 

En 1888 le soja a été introduit aux États-Unis et adopté comme 
fourrag-e dans les États du Sud. On s'en sert pour remplacer la 
farine de graines de coton, très riche en huile, dans l'alimentation 
du bétail ^. 

En 1888, M. Lecerf et M. Dujardin-Beaumetz ont préconisé 
l'emploi du pain de soja pour les diabétiques. 

Des communications fréquentes ont d'ailleurs été faites de 1890 
à 1896 dans les différents bulletins d'agriculture des États-Unis à 
propos du soja. 

Nikitin a étudié le soja en Russie et a montré quel intérêt on 
pouvait retirer en Europe, de l'emploi de cette plante ■'■. 

En 1905, M. Li-Yu-Ying a préconisé l'introduction du lait de 
soja en Europe comme aliment économique. Un laboratoire 
d'études a été créé par lui à ce sujet, en 1908, à Paris. Ce labora- 
toire s'est complété depuis par l'usine de la « Caséo-sojaïne » fabri- 
quant tous les produits dérivés de la plante. 

En 1906-1907. le docteur Bloch a étudié le soja et conseille l'em- 
ploi du fromag-e de soja en feuilles minces pour les armées. 

Enfin, en 1910-1911, des présentations de nombreux produits de 
soja ont été organisées aux Expositions de Bruxelles, Turin et 
Dresde. 

En un mot, le soja prend de plus en plus d'extension en Europe 
et en Amérique *. Si on a enregistré dans les essais faits en 
Europe un certain nombre d'échecs (École de Hohenheim; D' Rauch 
à Bamberg, M. Charles Berndt à Hamsberg-Deuben en Saxe), tous 
ces échecs proviennent de ce (^u on a employé des variétés trop 
tardives provenant du Japon, du sud de la Chine ou de l'Inde. Il 
aurait donc été facile d'v remédier. 

Comme le dit fort bien M. Pailleux ',"* « la question du soja a 
longtemps sommeillé. Réveillée aujourd'hui par la culture expéri- 



1. Wein, La K'"i»i'i<î du soja comme pi-Dcluit a|4Ticole. Journal F. l'acl. Landiintli- 
schaft, 1881, XXIX. 

'1. Trimblc, Le soja. 

■i. Zeitschrift fur der Nahrungs and Genusseniitlel, Il»0l-I90i, p. 13!>. — Nikiliii, 
/,.( graine de soja au point de vue chimique et diététique. 

i. Congrès international de laiterie, Paris, 1905. 

5. Pailleux, Le soja. 



182 



ETUDES ET MEMOIRES 



mentale... par les essais de fabrication de Teou fou (fromag-e), éclai- 
rée enlin d'une vive lumière par l'introduction de la plante en 
Autriche-Hongrie, en Bavière et en Italie... elle est mûre pour une 
solution )). 

CULTURE DU SOJA 



ESPECES ET VARIÉTÉS DE SOJA 

§ 1. — Citractôron botaniques du soja. 

Le soja est une Légumineuse herbacée, à tiges annuelles, dres- 
sées, de 80-90 centimètres de hauteur, pouvant atteindre de 




Pied de soja. 



I m. 20 èi I m. .")() dans de bonnes conditions. Les feuilles sont 
alternes, composées, liifoliolées, à pétiole long de 10 à io centi- 



LK SOJA 183 

mètres. Les fleurs sont très .petites, papilionacées, a couleur 
variant du lilas pâle au violet foncé. Leur calice est g-amosépale à 
cinq divisions aiguës ; la corolle est papilionacée et les dix éta- 



D 




Fi'iiil et graine du soja. 

mines sont didelphes (9 étamines soudées et 1 libre) ; l'ovaire 
libre et uniloculaire, renferme de deux à cinq ovules. 

Le fruit du soja est une g-ousse velue de 4 à 6 centimètres de 
long- sur 1 centimètre k 1 cent, o de larg-e renfermant de deux à 
cinq graines séparées par un étranglement. (Cet étranglement 
n'existe pas chez le Glycine soja, mais seulement chez le Glycine 
hispida.) 

Ces graines sont de couleur variable : jaune, rouge, brun, noir, 
vert, panaché, leur forme est plus ou moins ovale ou arrondie; 
elles ont de 4 à 7 millimètres de diamètre. 

A la racine se trouvent des nodosités comme chez toutes les 
légumineuses, mais chez le soja, la grosseur des protubérances est 
très accentuée. 

^11. — Espèces. 

Linné a décrit la plante sous le nom de Dolichos Soja ' et une 
autre espèce sous le nom de Glycine javanica. 

I. I.iiiiu'', Siieries Planluriim. 



i84 



ETUDRS I:T MEMOIRES 



Kaempfei emploie le nom japonais de Daidzu '. 
Moench a créé le g-enre Soja ' et a nommé le Dolichos Soja de 
Li nné : Soja hispida. 

D après Bentham et Hooker le soja serait un Glycine. 
Maximowic/ ' appelle Glycine hispida une espèce un peu diffé- 
rente du Dolicho s soja et qui est actuellement la plus employée. 

Le Dolichos soja (Linné) serait, d'après Siehold et Zuccarini ^ le 
Glycine Soja. 

En résumé, on peut distinguer, d'après l'Index Kewensis, trois 
espèces de soja : 

1" Glycine hispida ( Maximowicz) ; 
2° Glycine Soja (Sieb. et Zuccarini), 
ou Dolichos Soja (Linné), 
ou Soja Hispida (Moench), 
ou Soja augustifolia (Miquel) ; 
3" Glycine Javanica (Linné). 

Le Glycine soja se disting-ue du Glycine hispida en ce que ses 
pousses n'ont pas les étranglements et les cloisons caractéristiques 
du Glycine hispida. 

NOMS VERNACl LAIRES '■• 

Chine Yeou Teou (Pois oléagineux l:i-teoii igiiunl pois), sou. 

Japon Marne, I^aizu. 

Annam Dâu nanh. 

Tonkiii Dâu-tuong. 

Cambodge San-Dek-Sieng-. 

Inde Pataiii Jokia. 

Burma Pengapi-pe, Kyat Pyin. 

Kachin Lasi. 

Khasi L' Rynibaikluug' (?). 

Naga An ing-, Kiye (?) ou Tzudza (?). 

I.epka Salyang ou selliangdun. 

BuUiia Botumash Bhativas ou Bliatmais. 



Bengale Haui Kuillii, Chhai. (iari-Kahi 



1. 



1. Kaenii)tep, /t/iieniV.i/fj;)! exolicnriini jiolilico-phiisico-mediciirnin. 1712, fasr. 5, 
p. 35". 

2. Moench. Melh. F'ianl. llorl. bot. el acfric. Marlifiensis. p. i:>-'>. 17 1!». 

3. Bull. Ac.'ifl. Pelemb.. X\'III, 187.$. p. WH. 
i. Ahh. A/<!id. Miiench., IV, XH'a. 

j. Celle nomenclalure est emprunlée à l'arlicle di- M. Ilic- dans le liitUeliii <lu .lar- 
c/m CofonTa/, Janvier 1910. 



LE SOJA 185 



Nepaul Bhatnas ou Bhativas, Kajuwa. 

Santal Disoin Iloroc. 

Ceylan Bhatwan. 

Inde-Malaisie Katyang Kadeleh. 



Ansjleteire Sov Beau. 



Allomagne Sojabohn. 

Hollande Sojaboon. 

France Soja, Soia, Pois oléagineux de Chine 

Italie Soia. 



§ III. — Variétés. 

Les variétés de soja sont extrêmement nombreuses, ce qui n a 
rien d'étonnant si Ion considère que la plante est cultivée en Asie 
depuis un temps immémorial. 

On peut classer les vai^iétés de soja d'après : 



a) La forme des graines. — Harz divisait le soja en : 

\ 



Platijeurpa., grains plats, réussit mal en 



„ . „. . , pAirope. 

Soia Hispida ' .^ ..• i 

'• ' ; Pallida 

Tumida, grains ronds . Atrosperma 

( Castanea 

b) La. couleur des téguments des graines. — La couleur des graines est 
excessivement variable. On trouve des grains blancs, jaunes, verts, panachés, 
bruns, etc. Certains ont les téguments craquelés. 

c) La couleur des cotylédons. — Les cotylédons peuvent être blancs, jaunes 
ou verts. 

d) La couleur des fleurs. — Elle varie du lilas pâle au violet foncé. 

e) La forme des fruits. 

f) La forme des folioles. 

g) La composition chimique des graines. 
h La précocité. 

Variétés chinoises. — Daprès le Pen tsao kang- mou ?, livre de 
matières médicales très ancien, on trouverait en Chine : 

Hè-Teou Soja noir 

Pé-Teou Soja blanc 

Ta Teou ] Houang-Teou. Soja jaune 

(Grand pois) ] Tsin-Teou Soja vert 

Han-Teou Soja brun 

Pa-Teou Soja tacheté 



I8G ÉTUDES ET MÉMOIRES 

M. A. Ilosie ' distingue clans le nord de la (^hine : 

! /^a< /?iet (sourcil blanc). Ombilic blanc. 

1. lloiuinq- Teou \ ,,, . ,, ,-.1 ■ ^-.. /■ i' ■ 1 • 

^ , ,' \ Chin-IIiiang ou Chin inan (jaune dur ou jaune rond a 

^ J ■'' / j graine ronde et jaune franc, employé pour le teou fou. 

Riche en sfraisse f rr • 1 ■ i • ni u <■ -^ 

^ \ Hei-chi (ventre noir . llile brun lonce. 

II. Tsliuj-Teou \ Épidémie vert ef amande jaune. Très riche en légumine. 
(Soja veil) ' Épidcrme vert et amande verle. 

! Ta Wou Teou (grand soja noir . 
à amande ^Qy^\\\\ comme aliment. 
1 veite j Graisse assez abondante. 

\ [ Siao Wou Teou (petit soja noir). 

III. //(' lou 1 . 1 i A.T -i 11 

a amande 1 Noun-iture des clievaux. 

J ' J jaune ï Conserves salées pour l'homme, 

f [ Tourteaux pour les ])orcs. 

à amande \ Pien Wen teou Soja noir), 

jaune ' Nourriture des chevaux. 

En réalité les variétés sont plus nombreuses en Chine. A la der- 
nière Exposition de Nankin (1910), nous avons pu remarquer |)lus 
de 400 variétés, dont ([uelques-unes devaient naturellement être 
identiques mais qui représentaient en tous cas de nombreux types 
différents. 

Ce qui rend difficile l'étude du soja en Chine, c'est qu'on y con- 
fond toutes les lé<.,^uniineuses alimentaires sous le nom de teou et f[ue 
(juelquefois des haricots se placent à coté du soja. 

Nous proposons la classification suivante pour les sojas île 

Chine : 

/ brun el noir 
I . Soja biuu i \ brun et verl 



2 Soia non- ) , . . ,. . 1 brun et |aune 

•' et tous les intermédiaires ', . " , 

noir et vert 

noir et jaune 

vert et jaune. 



3. Soja vert ) i 

4. Soja jaune f ' 



Variétés japonaines. — Elles sont éi^alement très nombreuses. 
Voici les principales, d'après M. Pailleux • : 

Go Guwatu 110 uiame Haricot du -l"' mois. 

Use marne Haricot ])récoce. 

Nakate marne 1 Miso mamej. . . . Haricot de demi-saison (sert ;i faire le Mi>-i . 



1. .V. n<»sii>. Mnnchnria. 190 1, p. 181. 

2. l'aillcux, l.e sojn. — Pailleux el Bois. Le /«)/,i(/l'c <I un curieu.i\ Paris. \H<M>. p. 
5"/ â-rt25 . 



LE SOJA 1(S7 

Okute mame Haricol tardif. 

Marii mame Haricot rond. 

Siro teppo mame Haricol blanc en balle de pistolel. 

Kuro mame Haricot noir. 

Kuro teppômanu; Haricot noir en balle de pistolet. 

Ko isi mame Haricot petite pierrt\ 

Awo mame Haricot vert. 

Kage mame Haricot à pointe. 

Kuro kura kake mame Haricot à selle noire. 

Aka kura kake mame Haricot à selle i^ouge. 

Tsya mame llai-icot thé. 

Vu isi mame Haricot panaché. 

Ki nisyne Haricot jaune. 

Ichia mame Haiùcot thé. 

Konrinza Haricot jaune. 

Les sojas japonais sont en général trop tardifs pour pouvoir être 
cultivés en France, ils no pourraient être utilisés que dans les colo- 
nies. 

Les graines claires seraient préférables aux noires d'après 
Sagot '. 

A Formose on trouve une variété jaune et une variété verte. 

Variétés des Indes. — On peut les grouper en variétés noires et 
variétés blanches ; les premières ne poussant que sur les collines, 
les secondes en plaine et sur les collines. 

Variétés indo-chinoises. — Les variétés indo-chinoises sont assez 
nombreuses. 'La plus cultivée est une variété jaune aplatie. D'après 
M. Pierre on pourrait les classer d'après : 

. Races à fleurs blanches 

1" La couleur dos lleurs Races à fleurs bleues 

Races h fleurs pourpres. 

. ,. , i Races à folioles lancéolés très hispides 
2" La lorme tles lolioles , _, , , ,- , ,• . • i • ■ i 

I Races a folioles arrondis a peine luspides. 

„ . i' Races à graines noires 

:V' Les fruits ' , ^ . . , , 

( Races a graines blanches. 

Variétés des Iles Ilaicaï. — On signale aux Hawaï "' plusieurs 
variétés de soja servant à faire le Miso et les autres préparations du 
grain. 

1. Sagoi et Raoul, Manuel pniliqiie des cullures tropicales. 1893, p. 151. 

2. Annuiil report of the H.iicai Afjr. exp. Stat., 1908, p. 83. 



188 ÉTUDKS ET MKMOIHES 

Variétés des Etats- inis. — Elles ont été classées comme suit par 
M. Bail. 

[. Les sojas noiis (0 sous-variétés) 

II. Les sojas Ijruns (3 sous-vaiiétés) 

IIL Les soj^s bigarrés (2 sous-variétés) 

I\ . Les sojas verts (2 sous-variétés) 

V. Les sojas jaunes verdâtres (3 sous-variétés) 

\ I. Les sojas jaunes 1 6 sous-variétés) 

Les principales sont : 

Butlerbail (Précoce) 

Dwarf Early Yello^v (Précoce jaune) 

Riceland (Noire précoce) 

Early Brown (Brune précoce) 

("luolpli (Verte précoce) 

Tokyo (Verle deuii-précoce) 

Ito San (Précoce^ 

Maiiimotli Yt'lhnv (Tardive^. 

Les variétés employées en Virginie poui- faire du soja café sont : 

Larly green 
Médium green 
.lapanese pea. 

Variétés d Europe. — En Europe on ne peut employer que des 
variétés précoces qui seules ont le temps de mûrir. 

Le soja d'Etampes. le soja de Hongrie, le soja liàtif ae Fodolie, 
proviennent d'un soja jaune de Chine sélectionné pour obtenir une 
plus grande précocité. 

En Italie on emploie surtout le soja noir précoce, le soja \erl, le 
soja jaune, le soja brun, le soja jaune g-éant. 

Ainsi que nous l'avons déjà dit, les variétés sont excessivement 
nombreuses. Il serait donc facile den choisir quelques-unes pour 
cha(|ue climat. 

CHAPITHE 11 

KXKIE.NCKS Dr SO.IA 

§ I. E.ri(je lires climatérif/ues du .soja. 

Température. — D'après un calcul fait à Proskau par Celsius, il 
faudrait au soja [)ovu- mûrir une somme de 24iG''0. On pourra donc 



LE SOJA 189 

le cultiver juscju'à la limite nord du haricot et du maïs hàlif et pkis 
au nord encore comme fouri-aj^e. 

D'après le docteur Blocli ' la température qui lui est nécessaire 
est celle qui convient au blé. 

Le soja résiste mieux à la gelée que le haricot, mais une tempéra- 
ture froide et persistante amène son rabougrissement et il arrive 
fréquemment que des semailles trop hâtives sont dépassées par celles 
qui ont lieu plus tard. 

L'exposition au midi est favorable au soja. 

Humidité. — De l'avis unanime de tous ceux qui ont cultivé le 
soja, c'est une plante qui résiste admirablement à la sécheresse. On 
n'a donc pas d'accidents à craindre de ce côté. Au contraire, le soja 
pourra soulTrir et mûrir incomplètement dans les années trop 
humides. 

§ IL Aire ycoyraphique du soja. 

Le soja s'adapte aux climats les plus variés. Aussi les régions où 
il est et où il peut être cultivé sont nombreuses. 

Sa culture semble être comprise entre Féquateur et le 60" lati- 
tude. 

^isie. — On le trouve dans toute la (]hine. 11 est à remarquer 
qu'il y est cultivé dans des climats très différents les uns des autres, 
ce qui montre sa faculté d'adaptation aux conditions les plus 
diverses. Les trois provinces de Mandchourie viennent en tète pour 
la production et l'exportation du soja. Dans la vallée du Liao on 
emploie l'assolement : 

Sortilii) (iaoliiui I. 

Soja. 

Blé. 

Dans les six provinces du nord du Fleuve Bleu, où le climat est 
très sec, le soja est beaucoup cultivé. Dans les provinces des 
Fleuves, centre du riz, où le climat est pluvieux, le soja réussit 
également. Dans les provinces des Deux-Lacs et des quatre cours 

J. Docteur Hloch, Le Soja liiilli'lin îles xciences pharniacoloiiifiiies. sept, et oct. 



190 ÉTUDES i:t mp:moiki:s 

d Cau où le pays devient montag-neux, on le retrouve toujours. On le 
rencontre enfin dans les provinces du Sud : Kai-Tcho, Yun-Nan, 
Kanjj-Si, Foo-Tchin, région du thé et du camphre. Bref on peut dire 
que nialj^ré ta dillerence des climats dans limmense empire du 
Milieu on y trouve partout le soja. 

Le calcul de la récolte totale est im|)ossible en Chine à cause du 
manque de moyens de contrôle. Tout ce ({u'on peut faire c'est exa- 
miner l'importation contrôlée des ports ouverts. Les chiffres com- 
prennent une petite quantité de haricots. 

\ (»ici les chiffres recueillis par M. IL Brenier ' pour les ports de 
Alandchourie (Douanes impériales seulement). 

(Voir le tableau.) 

La culture et l'exportation ont augmenté d'une façon énorme en 
1908. (Voir le Graphique.) Ceci serait dû, d'après M. H. Brenier, à 
fl'interdiction de la culture de l'opium qui est remplacé parle soja. 

Pour les autres ports de la Chine on aurait, toujours d'après le 
même auteur, les exportations suivantes : 

Tche-Fou. — En 1908, 59. .320 tonnes, prescjue exclusivement sous forme de 
tcuirtenux. Maximum on 190S avec 73.980 tonnes. 

Kino-TcJicou. — 1300 tonnes en 1908 ég-alenicnl sous forme de tourteaux. 
Maxinuim en 1905 avec 31 .480 tonnes. 

Tchfn-IIiang [Chin-Hianrj). — En 1908, 76.200 tonnes. 
En 1900 : 50.920 tonnes de graines. 

34.0.50 tonnes de tourteaux. 
II;iii-K<'oii. — En 1908 : 207.120 tonnes, dont : 

108.000 tonnes de tourteaux, 
lui lOO'.t : 208. 800 tonnes dont : 

13V.0i-0 tonnes de lourleaux. 

La majeure partie du soja exporté de Chine est envoyé au Japon. 

Les envois pour l'iuirope ont été> sig-nalés par les statistiques 
oflicielles pour l;i première fois en 100(S. On auiait t'uvoyé pendant 
cette année : 

En Grande-Iiretagne 69.200 tonnes 

France 21.390 — 

Hollande 7.290 — 

Italie. 4.140 — 

Helgi(jue 1 1 . 750 — 

Allemagne 670 — 

104.440 tonnes 

I. II. lîrenier, La qucstioii ilii sD.ja Ihillelin éfoiioiniqiu- de i Iniln-Chine, mar.s- 
a\i'il J'.ij 1). 



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900 



700 1 % 
% 



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-- Graines 

■■■■ Tourleaux. 

— Graines et Tourteaux. 




LK SOJA 193 

Les ports russes du Pacifique auraient de leur côté reçu de Chine 
pour être réexpédiées sur l'Europe 100.000 tonnes. 

Ces quantités se sont accrues dans une proportion formidable K 
En juillet 1909, TAng-leterre seule avait acheté 400.000 tonnes pour 
l'huilerie à des sociétés japonaises de Mandchourie. * 

En 1909, le fret était : 

Dalny-Liverpool, 23, 75-32, oO la tonne. 

Han-Kcou. — Europe, 43,75. 

Les grains de la vallée du Yang-Tsé^ à climat humide, supportent 
moins bien le voyage que ceux provenant de la Mandchourie qui a 
un climat très sec •. 

.4^/ Japon et à Forniose. — Le soja s'étend jusqu'à la partie 
septentrionale de l'île de Yéso. Il occupe une superficie de 
450.000 hectares. 

En Corée. — Le soja y est cultivé de la même façon qu'en Chine. 

En Indo-Chine. — Il est cultivé au Tonkin et en Cochinchine 
ainsi qu'au Cambodge. On emploie surtout une variété à graines 
jaunes aplaties. 

On trouve également le soja au Siani, dans la presqu'île de 
Malacca, et dans l'Inde anglaise depuis l'Himalaya jusqu à Ceylan 
sous des noms ditïérents suivant les tribus '■^. 

En Amérique. — Le soja a été introduit aux Etats-Unis en 1888 
et sa culture comme fourrage y est devenue importante. Les meil- 
leurs résultats ont été obtenus entre le 37'' et le ii° à l'est des 
Montagnes rocheuses ((^orn Belt, région du maïs). 

En Guyane, le soja mûrit. 

En Europe. — Les variétés hâtives mûrissent en France (variété 
hâtive d'Etampes). 

1. Le prince d'Arenberg, président de la Société du Canal de Suez, a lait connaître 
à la Société nationale d'Afjriculturc f(u"il y a quelques années il ne passait ])as un kilo 
de soja par ce canal, il en est passé en 1908 : 35.000 tonnes. 

2. H. Bernier, Loc. cil. 

3. Indian Trade Journal, vol. XI V, n" 17 1, .hily 29. 1900. The iiçfi-icntturn Ledger 
n° 5, Calcutta. 

Bul. du .Jardin colonial. 1911. II. — N° 102. 14 



194 ÉTUDES KT MÉMOIRES 

Va\ Italie ' on peut cultiver le soja dans le Manlouan. la IJgiiric^ 
le Frioiil, la Marche et l'Emilie. 
. En Russie • on a créé une variété de Podolie. 

En' Océanie. — Le soja est cultivé depuis très longtemps aux 
Philippines, à Java, à Bornéo. 

En Afriifuc. — On l'a essayé à Alger, à Rouïba '■ et en Tunisie. 

On fait des essais étendus dans les colonies sud-africaines 
anglaises. 

En résumé, le soja peut prendre une extension très grande dans 
toutes les parties du monde et y fournir un aliment très intéressant. 

s; m. — Exigences ayrologiques du soja. 

Exigences phi/sigiies. — Le soja parait peu difficile sur létal 
physique du sol, pourvu que ce dernier ne soit pas trop compact. 
Dans un tel terrain, en effet, il mûrirait incomplètement. 11 est à ce 
sujet semblable au maïs. 

En Indo-Chine, on recherche les sols silico-arg'ileux. 

Dans les sols sablonneux et caillouteux, les résultats ont été 
contradictoires : bons dans la Caroline du Sud, mauvais en Algé- 
rie '. 

En Amérique, on a obtenu de bons résultats dans les terres 
marneuses, les marécages drainés. 

l^n France, les terres argilo-siliceuses ou argilo-calcaires ont été 
préconisées comme les meilleures. 

Dans la Xourelle-(ialles-(lu-Su(] on emploie la terre franche pro- 
fonde. 

D'après le comte Henri Ai iIvMS cpii a beaucv>up expérimenté \v 
soja en Autriche, le meilleur sol à lui donner serait profond et 
composé de sable, d humus et de limon. 

Ces opinions contradictoires sont probablement dues aux (HlVé'- 
reiites richesses chimiques des sols et au climat. II est évident (|u un 

I. l*iiii)liiii, Delhi Soin. 1905. — liiiala el Tcsloni. La Suia m-ll alinicnlaziinn- lln- 
liaiia. I!H)H, |). :. 
■J. ./oiirnal (rafiricnlhirc praliiiin'. l«!t(t, I. I, ii" ]:',. 

;5. Ti-ahiit, Le soja («mivcni. (mmicp. de l'Algcrii-. Soi-\ ice b(ilaiuc(iic. l!iill. ii' Itî). 
1. HiviiTc el Lecq, .Manuel de iauriciilleiir algérien. 



LE SOJA 



19o 



climat pluvieux exagérera les (léfaut.s d'une terre compacte, et 
qu'inversement un climat très sec occasionnera des échecs dans un 
sol sablonneux ou caillouteux. 

(Juoi qu'il en soit, il est certain que le soja peut donner de très 
bons résultats dans des terrains très ditTérents. Il est très résistant 
à la sécheresse et à l'humidité, mais cette faculté varie dans des 
proportions considérables avec les variétés. 

Exigences c/iimiques. — Le soja est très riche, et par con.séquent 
enlève au sol une assez forte proportion d'éléments nutritifs. Bien 
qu'il tire en grande partie son azote de l'atmosphère, il lui faudra 
donc un sol bien approvisionné en éléments fertilisants. 

Voici, d'après M. Joulie, les éléments emi)ortés par une récolte de 
soja I : 



Matièi-es. 


1000 kilos exporteiiL 
en kiliis 


100.000 kilos 

de récolte à Iheclare 

expurtenl en kilos 




r. 

Cj •- 
:c - 

;- ,0 


■r. 




■ri — 




- 




\zotc .... 


12.60 
1.62 

13.65 
9.88 
9.76 
1.27 
2.72 
4.13 

32.73 


57.88 
17.39 
3 . 28 
.8.91 
20.29 
0.93 
1.41 
0.50 
1.03 


28 . 1 
9.02 

29.81 
9.36 

13.39 
1.15 
2.26 
2.88 

21.83 


82.12 
30 . 35 
2S6.7S 
62.94 
61.12 
8.31 

I) 


198.89 
59.85 
Il . 29 
30.67 
69.84 
3.26 
» 

1) 


281 .01 
90 . 20 

298.07 
93 . 6 1 

133.96 
11.51 




Acide plu isph()ri([uc 




Chaux 




Maj^nésie 

Potasse 




Fer 




Acide siillïirif[in' 

Soude 

Silice 





M. Lechartier donne, de son côté, les chiffres suivants - 
1" Pour une récolte de soja fourrage en vert : 





Poids du fou'Tage récolté 




20.000 kilos. 


30.000 kilos. 




Aciile phosphi)fi(jue 

Acide sulfiu'iciue 


32 kilos 
34 — 
125,6 — 

1 1 .0 — 
70,6 — 

99.1 — 


18,0 kilos 

51,0 - 

188,4 — 

62,0 — 

105,9 — 

119,1 — 




Chau.x 

Maifiiésie 




Potasse 




Azote . 









1. Voir : AfiriciiUure pratique des pays chauds. 1910, articles de M. Itié. 

2. Grandeau, I-e Soja Ilispida (Journal d'iKjricullure pralique^ 1903, n» 26, 27, 28i. 



196 



ETUDES ET MEMOIRES 



Correspondant à : 

2(HI-'J00 kilos scories ou superphosphate. 
Io0-200 kilos chlorure ou sulfate de potassium. 



2" Pour une récolte en grains. 



Récolte enlière fournissant en f/rains. 



Eléments minéraux. 


1 .000 kilos 


1 .500 kilos. 


2.000 kilos. 


Cendres 


513,50 
38,85 
-iO, 50 

167.70 
58,96 
43,2! 


770.30 
58,20 
60,60 

251,60 

88,40 
04.80 


1.027,00 

77,70 

80,80 

335,40 

117,90 

86,40 


Acide plicispliorique 

\(*ide siil l'iiriiiiie 


Chau\ 


Maernésie 


Potasse 





Si on compare ces deux tableaux, on voit qu'une récolte fournis- 
sant 1.500 kilos de grains consomme plus d'acide phosphorique que 
.'{0.000 kilos de fourrage vert. 

D après M. Grandeau, la somme des éléments nutritifs enlevés 
par une récolte de soja en vert serait de : 

Acide phosphori((ue 32-48 kilos 

Chaux 12.J-188 — 

Magnésie 4i-Cî2 — 

Potasse 71-106 — 

équivalant à : 

200-300 kilos superphosphate 

200 kilos chlorure ou sulfate.de potassium. 

Donc, si on veut cultiver, le soja dans un terrain plutôt inférieur 
il faudra améliorer les propriétés chimiques de ce terrain par des 
apports d'engrais. Mais jamais les engrais azotés ne seront indis- 
pensables; ils ne seront même que très rarement utiles, puisque le 
soja absorbe l'azote atmosphérique. C'est donc une économie notable 
dans les dépenses pour les engrais. 

{A suivre.) Li Yu Ying, 

Conseiller <!<• Z""'' c lusse ;iii Ministère de V Aijricullurc de la C.liine. 

et L. Grandvoinnet, 

Ini/r/iii'iir agricole (G.). 



LE CAOUTCHOUC EN INDO-CHINE 



L'examen des statistiques de la production du caoutchouc en 
Indo-Chine au cours de ces dernières années, accuse d'une manière 
générale une notable diminution dans l'exportation de ce produit. 

On constate en effet que les exportations ont depuis 1 900 donné 
les chiffres suivants : 

1899 53.000 k. 

1900 339.000 

1901 '. 267.000 

1902 72.000 

1903 79.000 

1904 177.000 

1905 373.655 

1906 513.223 

1907 212.293 

1908 36.982 

La diminution de cette production tient à diverses causes, dont 
la principale, comme on pourra s'en rendre compte au cours de 
cette étude, est la difficulté considérable que rencontre l'exploitation 
des essences spontanées. 

Mais si l'Indo-Chine apparaît peu favorisée au point de vue de la 
production du caoutchouc par l'exploitation des essences indigènes, 
elle est par contre, grâce à d'heureuses initiatives, la première de 
nos colonies où le problème de la plantation des essences caout- 
choutifères a été résolument abordé et où des résultats tangibles 
ont été obtenus. • 

Etant donnée l'importance sans cesse croissante de la consomma- 
tion du caoutchouc, il paraîtra sans doute intéressant de connaître 
à quel point en est actuellement la cpiestion de la production du 
caoutchouc en Indo -Chine et d'examiner quelle pourra être, dans 
l'avenir, la part de cette colonie dans l'approvisionnement du marché 
métropolitain du caoutchouc. 

Nous nous servirons pour cette étude d'une série de rapports 



198 ÉTUDES i:t mémoires 

émanant des Chambres d'agriculture et des services agricoles de la 
Colonie et qui ont été adressés au début de cette année au Départe- 
ment des Colonies. 

Nous passerons successivement en revue les différentes rég-ions 
de rindo-Chine, en examinant pour chacune d'elles ses ressources 
en essences spontanées et en indiquant, d autre part, les essais (jui 
ont été faits pour la culture d'essences caoutchoutifères et les résul- 
tats qui en ont été ol) tenus. 

Gochinchine. 

Essences spontanées. — Les renseignements relatifs à la produc- 
tion du caoutchouc en Cochinchine sont extraits de deux rapports 
émanant l'un de M. le député Paris, ancien président de la Chambre 
d'Agriculture de la Cochinchine. l'autre de M. Morange, ingénieur 
agronome, chef des Services agricoles et commerciaux de la colonie. 

Essences spontanées. — • Les ressources naturelles des forets de la 
Cochinchine en lianes à caoutchouc sont à peu près négligeables et 
n'ont jamais pu alimenter d'exploitation rémunératrice, même pour 
l'indigène. M. Paris dans son rapport, cite pour mémoire quelques 
essais de saignées de lianes pratiqués en 1870 par M. Janneau dans 
la région de Chaudoc et les espèces étudiées par M. Pierre, telles 
que le Chonemorpha Grandieriana et le Nouettea cochinchinesis. 

Mais si la Cochinchine est peu riche en essences spontanées, c'est 
dans cette colonie que se sont concentrés principalement les efforts 
des planteurs et que les résultats les plus satisfaisants ont été 
obtenus de la culture de 1 Hevea Brasiliensis. 

Essences cultivées. Hisiorif/ue. — L'origine (K' l'introduction eu 
Cochinchine des premiers plants d'flevea est un peu confusi'. 
D'après M. Josselmk quekjues plants d" Hevea auraient été introduits 
en 1880 dans les collections du Jardin botanique de Saigon. Mais 
après quatre ou cinq ans, pendant lesquels ils se seraient montrés 
d une végétation vigoureuse, ils dispai-urent. 

En 1899, le D' Yersin reçut du Jardin Botanique de Saigon di's 
plants d'ilevea âgés de 18 mois tout au plus. Selon toute probabi- 
lité ces plants étaient issus de semences envoyées à Saigon dans la 
deuxième moitié de 1897 par M. lîA(»i i.. pharmacien en chef des 



LE CAOLTCIIOLC EN INDO-CHINE 199 

Colonies, Chargé de Mission en Extrême-Orient et pai-ticulièrement 
en Malaisie. 

Le mérite de l'introduction effective de l'IIevea Brasiliensis paraît 
donc bien devoir être attribué à M. Raoul. 

Mais, ainsi que le constate M. Paris, dans son rapport, c'est à 
l'heureuse initiative et aux persévérants efforts de M. Josselme, 
soutenu par ses collèg-ues de la Chambre d'Agriculture que sont 
dus les premières tentatives sérieuses faites en Cochinchine en vue 
de la multiplication de l'Hevea. 

« Les prog'rès successifs de cette culture en Cochinchine peuvent 
se classer en trois phases : 

.Ij De 1897 à 1899, premiers essais tentés par l'Administration. 

B) De 1899 à 1900, [)remières plantations d'étendue restreinte 
faite par les particuliers. 

C) A partir de 190G-1907, extension rapide du nombre des plan- 
tations. Constitution de Sociétés diverses. >> 

1" Phase. 

Dans son rapport M. Morange relate que (* 1.000 plants prove- 
nant des j^remières graines envoyées par Raoll furent dès 1898 
mises en terre au champ d'essais de Ong-Yem. quelques autres 
également de 1899 à 1900... 

(' En raison des renseignements partiellement inexacts que l'on 
avait alors sur la nature des sols propices à la végétation de l'hevea, 
une grande partie des arbres furent placés dans des terrains trop 
humides. Aussi un grand nombre d'entre eux disparurent-ils rapi- 
dement. Il n'est finalement resté que 400 arbres environ sur les 
1.000 plantés en 1898. Les mieux venus de ces arljres sont ceux 
qui ont pu croître à flanc de coteau. Ils comptent donc actuellement 
I I ans et demi de plantation et mesurent, à un mètre du sol, une 
circonférence moyenne de quatre-vingt-quinze centimètres, les 
mieux développés ayant respectivement 1 m. 4o, I m. 30 et 1 m. 01 
de circonférence à un mètre de terre. 

La plantation d'Hevea de Ong-Yem, en raison de son caractère 
expérimental, est de faible étendue. 

En dehors des arbres indiqués ci-dessus, elle comprend actuelle- 
ment une nouvelle plantation de quatre hectares faite en 1907, et 
une parcelle de un hectare 1/2 environ qui a reçu divers plants en 
1909. 



200 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Des expériences se poursuivent actuellement sur la valeur com- 
parative des différentes méthodes de saignée, sur l'application de 
diverses fumures aux jeunes arbres, et sur la culture intercalaire de 
différentes légumineuses améliorantes. 

La production du caoutchouc de Ong-Yem pour l'Jll peut être 
estimée k 300 kilogrammes. » 

2' Phase. 
Premières plantations faites par les particuliers. 

Dès 1898, la Chambre d'Agriculture de Cochinchine s'inté- 
ressait vivement à la question caoutchoutifère. En mai 1899, le 
Gouvernement local fit venir deCeylan, sur la demande de M Jos- 
SELME, 10.000 graines d'Hevea dont la germination fut malheureu- 
sement très médiocre. « On n'obtint en tout que 3.400 plants environ 
qui furent répartis entre divers colons et dispersés dans les pro- 
vinces de l'Est, principalement chez M. Canavaggio à Thuduc, et 
chez M. JossELME à Vinh-an-tây, tous deux dans la province de 
Guadinh, chez M. Arcillon dans la province de Baria, et chez 
M. 0. GoNNELL, à Tayninh. MM. Canavaggio et Josselme avaient 
déjk reçu l'année précédente un certain nombre de plants provenant 
du Jardin Botanique. 

De ces premiers essais, faits par les planteurs, avec l'aide de 
l'Administration il ne subsiste que quelc[ues arbres isolés dont la 
croissance a été assez irrégulière. 

Plantation Bellancl. — Le nom de M. Belland, décédé prématu- 
rément au cours de l'année dernière, devra être intimement uni 
à celui de M. le docteur Yersin dans l'historique de la culture 
des essences caoutchoutifères dans les colonies françaises. 

C'est en effet aux efforts soutenus de ces deux hommes d'initiative 
que sont dues les premières plantations d'essences à caoutchouc, 
dans une possession française, ayant fourni des résultats intéressants. 

« Dès 1899, M. Belland entreprenait de son initiative personnelle 
et entièrement k ses frais, à Phu-Nhuan près Giadinh sur la route 
directe de Saigon à Govap, c'est-k-dire presque aux portes de la 
Capitale, une plantation qu'il devait peu à peu étendre dans les 
meilleures conditions d'économie et avec un plein succès. C'est 



LE CAOUTCHOUC E> INDO-CHINE 201 

surtout de 1900 à 1903 que la plantation de M. Belland a pris son 
extension à peu près définitive. Elle couvre actuellement 4o hectares 
et comprend : 

600 arbres de 12 ans 
4 . oOO arbres de 1 1 ans 
9.000 arbres de 9 à 10 ans 
1 . 200 arbres de 7 ans 
Soit 13.800 arbres. 

Le rendement a été en 1ÎI08 del.oOO kilogrammes de caoutchouc 
sur 5.000 arbres de 8 ans en movenne, en 1909 de 3.000 kilo- 
grammes sur 9.500 arbres de 7 à 9 ans. Pour 1910 le rendement 
est estimé à (5.000 kilogrammes provenant de 10.500 arbres envi- 
ron et s'élèvera probablement en 1911 à 10.000 kilogrammes. 

Le sol de la plantation est sablonneux et assez pauvre, les arbres 
ont été plantés en partie au milieu d une ancienne caféerie dont les 
vieux pieds nont pas été arrachés, et sont plutôt une entrave a la 
croi.ssance de l'Hevea. Aucune fumure n'a été appliquée aux arbres. 

Les saignées se font tous les matins de 5 heures et demie ou 
6 heures jusqu'à 9 heures et demie environ. 23 coolies sont occupés 
à la saignée, chacun d eux saigne chaque matin un lot de 150 Hevea, 
il passe le lendemain et le surlendemain à deux autres lots de 
150 arbres également chacun et ne revient que le 4'' jour sur les 
arbres saignés les premiers. Un même lot d'arbres n'est donc saigné 
que tous les trois jours, mais durant toute l'année, ou du moins 
tant qu il n'y a pas diminution sensible du rendement en caoutchouc. 
Le mode de saignée adopté est l'arête de poisson, sur deux mètres 
de hauteur de tronc, et sur une moitié de la surface. 

M. Belland a installé à Giadinh une petite usine modèle pour la 
préparation du caoutchouc. Au rez-de-chaussée se trouve la salle de 
traitement du latex : filtrage à l'arrivée, coagulation à l'acide acé- 
tique, après addition de quelques gouttes de Formol. 

Roulage et lavage du coagulum que l'on obtient finalement en 
plaques d'une épaisseur de 5 à 6 mm., sur 30 cm. de long et 20 cm. 
de large. Le séchage des plaques se fait au premier étage dans une 
salle largement ouverte à tous les vents où le caoutchouc sèche sur 
des claies garnies de treillage galvanisé, et inclinées à 45°. Le 
caoutchouc est ainsi complètement sec en 15 jours ou un mois 
suivant la saison. Au moment de sa mort, M. Belland venait de 



202 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

faire munlcr au rez-de-chaussée de l'usine une étuve à dessicca- 
tion dans le vide qui aura le grand avantage de permettre le 
séchage du caoutchouc en quelques heures. 

L'usine est en outre pourvue d'un moteur à pétrole lampant 
actionnant vme pompe k eau, ainsi que dune vaste citerne surmontée 
d'un château d'eau en béton armé. 

Le caoutchouc est emballé par caisses de 100 kilos et expédié au 
fur et à mesure de la production. 11 est vendu à Paris. » 

Il a paru intéressant de donner in extenso tous les renseignements 
fournis par M. Morange au sujet' de la plantation de M. Belland, 
non seulement en raison de son ancienneté, mais parce que cette 
initiative féconde permet d'étaJjlir sur des bases, aussi fermes qu'il 
est possible de le faire dans une entreprise agricole, les résultats 
que l'on est en di-oit d'escompter de la |)lantation de Ihevea en 
Cochinchine. 

Nous passerons successivement en revue les ditï'érentes planta- 
tions citées dans les rapports de MM. Paris et Morange en 
indiquant pour chacune d'elles leurs caractéristiques, les méthodes 
employées et les résultats obtenus, ces renseignements sont de 
nature à servirde guide aux colons qui entreprendraient de nouvelles 
plantations. 

Plantation Etievant. — Cette plantation est située dans la pro- 
vince de Giadinli. non loin de Ghomoi à 12 kilomètres environ de 
Saigon sur la ligne de tramway de Hôc-Mon-Faite en terrain sablon- 
neux pauvre, elle comprend 16.000 arbres plantés en proportions 
à peu près égales de 190') à 1900. 

« Les arbres de cinq ans, après avoir eu les trois premières années 
une croissance vigoureuse, ont subi un temps d'arrêt à partir de 
la quatrième année, bien cpie le sol ne j)résente pas de couche pier- 
reuse compact e. 

A jiarl 1 adjonction d'un [)eu de terreau au sol au moment de la 
plantation les arbres n ont [)as rei^-u de fumure réelle. » 

Cette plantation a été continuée au coui's de l'année 1910. 

Plantation (îuéri/. — Cette plantation avait été acquise par 
M. Helland, elle est " située it llanh-thong-Tày," près Govap, ;i î> 
kilomètres environ de Saigon dans la même formation sablonneuse 
que la j)lantation j)récédente, elle comprend lo.lKMl aibres plantés 



LE CAOITCIIOLC i:.N 1N"D0-CII1>E 203 

de 1901) à 1909. Une partie de la plantation a été faite entre des 
rani^s de caféiers Libéria abandonnés qu'il eût été préférable de 
faire disparaître pour laisser aux Ilevea le plus d'espace possible, 
d'autant que ceux-ci, en majeure partie, sont plantés à 3 mètres 
d'écartement. La végétation en «général a très bon aspect, les arbres 
avant été fumés au tourteau d'arachide. Mais l'écartement de 3 
mètres est insuffisant et nuira sans doute dans l'avenir au dévelop- 
pement normal de la plantation. » 

Plantation Canavaggio. —Elle se trouve à Thuduc, à 27 kilomètres 
de Saii^on. Cette plantation comprend un petit noyau d'arbres pro- 
venant des premiers plants rec.is de l'Administration (300 en 1898, 
200 enl899j. Plus récemment M. Canavaggio a planté 5.000 arbres 
et se propose d'étendre encore sa plantation. 

11 reste encore c[uelques Hevea provenant des premières g-raines 
introduites dans la colonie dans les plantations Avcillon (Baria) 
(y(Wmnell[T^\-\\h\\\] et sur la route de Bienhoa à Long-Tliknh. 

3' Phase. 

Grandra plantations. 

« A partir de 190o en présence de la véo^étation «généralement satis- 
faisante des Hevea plantés en divers points de la Cochinchine, et à 
la suite de l'ouverture partielle à l'exploitation de la ligne du 
chemin de fer de Saïg-on-Phanthièt. comme aussi en raison de 
l'empierrement jusqu'à Hong-Quan de la route de Kratié l'idée vint 
à plusieurs capitalistes d'établir de vastes plantations, dans les 
rég-ions nouvellement ouvertes à la coloni-sation, régions dont 
l'excellente qualité des terres était déjà connue en partie. Aussi 
d importantes sociétés ne tardèrent pas à se constituer. 

[" Plantation Suzannah. — C'est la première en date. Elle a 
pour fondateur M. Cazeau qui, dès 1904, après avoir prospecté la 
région traversée par la voie ferrée entre les stations de Bauca et 
d'Anloc, sollicita en concession des terrains situés à proximité de 
la gare de Dàu-Giay, à 65 kil. de Saigon. Cet emplacement a été 
judicieusement choisi. Les terres de Suzannah ^terres rouges très 
fertiles, s'étendent de part et d'autre de la voie ferrée, au Nord de 



-04 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

laquelle elles descendent, par de légers vallonnements jusqu'à une 
source d'un débit important qui a été captée pour les besoins de la 
plantation. Une société détudes constituée en I90o lit les premiers 
défrichements et établit en 1906 une plantation d'essai de 700 
hevea. » 

Cette société d'études se transforma en 1907 en société anonyme 
et les travaux de plantation furent dès lors activement poursuivis. 
En 1910, 580 hectares environ avaient été mis en culture sur les- 
quels 308 avaient reçu 140.000 plants d'hevea. Les heveas sont à 
la densité de 4o0 arbres à l'hectare (à part 8.000 arbres plantés en 
1907 à 3 mètres d'écartement). 

« Toutes les opérations de culture ont été conduites avec le plus 
grand soin. Les hevea sont plantés par lots de 18 hectares formant 
des rectangles de 600 mètres sur 300 mètres garnis de clôtures en 
ronces artificielles et desservis par des chemins de o m. Le principe 
adopté, dès le début, a été de planter en terrain absolument net. 

Avant la mise en place des arbres, le terrain est complètement 
dessouché et labouré. Des façons d'entretien continues sont données 
de manière à débarrasser complètement le terrain des mauvaises 
herbes, en particulier du tranh (imperata cylindrica), graminée 
envahissante bien connue également en Malaisie, à Sumatra et Java 
sous le nom de « lalang ». 

La croissance des plants est très satisfaisante. Des mensurations 
faites en 1910 sur oO unités prises au hasard parmi les 700 arbres 
de la plantation de 1906, donnent une moyenne de 33 centimètres 
de tour, ceux de deux ans. 12 à 13 centimètres. Toutes ces mensu- 
rations sont faites à 1 mètre du sol ; ces chiffres de croissance sont 
tout à fait comparables à ceux de Geylan, tout en étant légèrement 
inférieurs à ceux de Malaisie. La cause de ces écarts doit être impu- 
table principalement à la différence du régime des pluies, celles-ci 
sont à peu près continues en Malaisie, mais discontinues en Gochin- 
chine (saison sèche de 3 à 4 mois environ, de janvier à avril). 

Le matériel de la plantation est très perfectionné. Il comprend 
notamment des faucheuses mécaniques, des charrues d'un modèle 
prati([ue pour le désherbage et le binage des jeunes Hevea ; des 
chars très résistants ii ressort formés de bambous ingénieusement 
assemblés ; enfin, un appareil à dcssoucher d'une grande puissance 
(jui permet à une é(|uij)e de six hommes d'extirper journellement 2") 
à 30 souches de toutes dimensions. 



LE CAOUTCIIULC EN liNUU-CHLNE 205 

Ce matériel a été construit à Saïg-on sur les indications et sous la 
direction de M. Girakd, directeur technique. En outre, unelocomo- 
bile à vapeur actionne, par treuil et câble avec poulie de retour, 
une défonceuse Bajac à bascule. Cet équipage mécanique installé 
dans la partie sud de la concession a permis le labour k la vapeur 
d'un assez cr^and nombre d'hectares. La profondeur des raies est 
de 30 à 32 centimètres. L'équipe entraînée à ce travail spécial, peut 
labourer un tiers d'hectare par jour, soit 10 hectares par mois. Le 
prix de revient du labour est de quarante piastres (40 S) environ 
par hectare. 

De vastes bâtiments : log-ements, magasins, infirmerie, étables, 
ont été construits au fur et à mesure des besoins. 

Une entreprise séricicole importante est annexée à l'opération 
« Hevea». Trois magnaneries et une filature pouvant contenir 50 
bassines, ont été construites en 1908-1909. La plantation de 
mûriers comprenait en 1910 10 hectares, mais doit être portée ulté- 
rieurement à 50 hectares. 

Un barrage de la source dont il a été parlé plus haut a été établi 
dès le début de la mise en valeur de la concession. Une pompe 
mue par un moteur à explosion, refoule l'eau dans un château d'eau 
en béton armé, d'où elle est distribuée par des tuyaux de fonte aux 
bâtiments, aux étables et aux pépinières. 

La main-d'œuvre est fourni presque entièrement par des 
Annamites, dont un certain nombre sont fixés sur la concession. 
On compte aussi quelques Chinois (réformistes exilés) . La main- 
d'œuvre Moi est rare. 

Le prix de la journée est de ;> 40 plus ;>; 05 environ de riz 
distribué par ration quotidienne de 800 grammes. 

Le troupeau comprend environ 300 bêtes à coi-nes utilisées pour 
les labours et les transports, et un certain nombre de vaches laitières. 
Les animaux de trait ne reçoivent pas de paddy ; ils vivent uni- 
quement de l'herbe des pâturages et sont cependant en excellent 
état d'entretien. 

Divers essais de cultures ont été entrepris et ont donné des résul- 
tats particulièrement encourag-eants en ce qui concerne les riz de 
terrains secs, le maïs, le tabac, le manioc et la canne à sucre. 

Plantation de Xa-Trach. — Cette plantation est exploitée par la 
Société des plantations d' Hevea de Xa-Trach . Elle est située, 



20G ÉTUDES ET :mémoires 

« comme celle de Suzannah, dans la région des Terres rouges mais 
dans la partie Nord de la Cochinchine, sur la route de Thudavmiot 
à Kratié, à 6 km. du poste administratilde Ilungquan et à KM) km. 
de Saigon. 

Tandis quà Suzannah le défrichement a lieu à travers une 
forêt plus ou moins épaisse, composée d'essences variées, le planteur 
de Xatrach doit se préoccuper de faire disparaître une végétation 
dense, presque exclusivement composée de bambous de taille et de 
grosseur movenne, mais formant des peuplements excessivement 
touffus, et uniformément répandus, dans toute la région qui a reçu 
le nom de « Mer de bambous ». 

Ce bambou appartient à l'espèce dite Bambou femelle, en Anna- 
mite « tre to » (arundo multiplex). Sans labours, il est difficile de 
l'extirper du sol dès la première année de défrichement et de 
culture. 

Aussi est-il nécessaire de faire procéder à un entretien constant, 
sous peine de voir la jeune plantation vite envahie par les nom- 
breux rejetonsémispar les rhizomes extrêmement vivaces du Bambou 
femelle. La superlicie totale de la plantation est de 1.1 07 hectares, 
sur lesquels 'iOO environ ont été rapidement ouverts en '2 ans 
(1908-1909) et comprennent : 

t32 hectares plantés en hevea. 
60 hectares de rideaux-abris en l)amb()us. 
hectares de chemins. 
2 hectares de terrain d'habitation. 
oOO hectares. 
Par mesure de [)rudence, il a été jugé utile pour protéger les 
jeunes hevea contre les grands vents de ménager des rideaux-abris, 
orientés du Nord-ouest au Siul-pst, c'est-;i-dire perpendiculairement 
à la direction des moussons. 

Dans la plantation de Xatrach, se trouve englobée une petite pkin- 
tation d'essai faite par l'Administration de I90o à 1907 et compre- 
nant .'3.2»SO lievea de divers âges, savoir : 

:iO plantés en lîMKi 
S20 — 1900 

2i.30 — IÎH)7 

Supprimée en 1907 en tant que champ d'essai administratif, cette 
plantation expérimentale fut rachetée en 1 908 par la Société de 
Xatrach. 



Li; CAOUTCHOUC EN INDO-CHlNE 207 

I^]lle a été faite en terrain complètement défriché et labouré, 
tandis que pour la plantation de la Société proprement dite (432 
hectares), le terrain a été simplement préparé dune façon analogue 
à celle usitée parles Mois pour établir leurs raïs (cultures tempo- 
raires). 

La forêt a été abattue et brûlée, mais les souches nont pas été 
extraites et aucun labour na été donné au sol. 

La main-d'œuvre est presque entièrement fournie par les Mois 
des villages voisins de la concession, au prix de ,'$20 par journée. 
(]e prix est inférieur au prix de la main-d'œuvre annamite, qui 
varie de OS^O à 0.S40, mais cette différence se justitie par le faible 
rendement de la main-d'œuvre des Mois qui sont d'assez médiocres 
travailleurs. La croissance des hevea à Xatrach est à peu près 
aussi satisfaisante qu'à Su/.annah. 

La terre rouge est d'excellente qualité, très franche, sans aucun 
caillou comme à Suzannah ; elle conviendrait à bien des cultures. 

Le terrain est sensiblement plus vallonné que dans la région tra- 
versée par le chemin de fer, la concession est sillonnée par plusieurs 
petits cours d'eau. 

Plant alion de Hiej)-T/tanh . — Située à 27 kilomètres de Tayninh 
et à 72 kilomètres de S;iïgon, sur la route basse de Trangbong à 
Tayninh et à peu près à mi-chemin entre ces deux localités. Cette 
plantation est dirigée par MM. Deleukance et Jousseï, ingénieurs 
des Arts et Manufactures, qui ont fixé leur résidence à Hiep-thanh, 
sur leur concession, dès les premiers jours du défrichement et qui 
ont (Hrigé sur place tous les travaux avec beaucoup d'énergie et de 
méthode. 

MM. Delklrance et Jousset ont entrepris : 

I" Une plantation de 1")9 hectares, commencée en I i)08 pour le 
compte de commanditaires résidant en France (sur lesquels 100 
hectares à la densité de .'iOO arbres à l'hectare sont déjà plantés, 
soit 30.000 arbres). 

2" Plusieurs plantations de 100 hectares pour le compte de par- 
ticuliers vis-à-vis de qui M\L Delelrance et Jousset sont entrepre- 
neurs de culture dhevea. 

Les terres concédées aux divers propriétaires sont défrichées, 
plantées et entretenues moyennant un prix forfaitaire, jusqu'à la 
sixième année. A ce moment, le propriétaire devra lui-même 
prendre en main l'exploitation de sa plantation. 



208 • ÉTUDES ET MÉMOIRES 

La croissance des hevea s'est montrée très satisfaisante. La plan- 
tation est faite à raison de 300 arbres environ à l'hectare, les uns à 
i mètres sur 8 mètres, les autres à 6 mètres sur a mètres 20, en 
quinconce. Le premier écartement (4x8) a été adopté de façon à 
permettre quelques cultures intercalaires, notamment celle de la 
pastèque, qui a donné en 1909 un profit suffisant pour couvrir les 
frais cï entretien. 

Plantation de Tan-Thanh-Dong. — Située dans la province de 
Giadinlî, à 3o kilomètres environ de Saigon et à 15 kilomètres du 
centre de Hùcmôn, point terminus du traniAvay sur route allant à 
Saigon. Cette plantation est faite, en association par MM. Paris et 
Gléuv, et se trouve sous la direction technique de ce dernier. D'une 
superficie de 2G0 hectares, c'est le premier exemple d'une plantation 
assez vaste, faite en sol sablonneux pauvre. 

Elle est établie sur un plateau inculte, dépourvu de toute végé- 
tation arbustive et couvert simplement dune herbe peu touffue. 
Les hevea sont k 4 mètres en carré (soit iOO à l'hectare). oS.OOO 
plants ont été mis en place en 1909, et la deuxième moitié de la 
plantation a dû être terminée en 1910. Les pépinières ont été éta- 
blies en 1908 et très bien entretenues. La transplantation, en juin- 
juillet 1909, a eu lieu avec beaucoup de précautions (plants enlevés 
à la motte, et non à racines nues). Une fumure de 200 gr. de tour- 
teau d arachide broyé, a été incorporée à la terre de chaque trou au 
moment même de la plantation. La croissan-ce des hevea ainsi mis 
en place a été excellente. 

Parmi les îiutres plantations ouvertes depuis 1908, il y a lieu de 
citer encore : 

a) Les plantations de la société anonyme d'exploitation de Phuquoc 
(100 hectares plantés ou en voie de plantation). La plantation doit 
comprendre 400 hectares. Elle occupe la partie sud de l'île de Phu- 
quoc et a son centre au village de Caydua. 

Un essai d'introduction de main-d'œuvre javanaise a été tenté par 
M. DuBEDAT et a jusqu'ici donné d'excellents résultats. Un premier 
convoi comprenait 127 javanais et javanaises, un deuxième 150. 

Cette main-d'œuvre s est montrée très supérieure à la main 
d' œuvre locale de Phuquoc. 

h) La plantation de la Société du Donai (province de Bienhoa), 
possède non loin des chutes de Trian, 45.000 plants répartis sur 
plusieurs parcelles de terrain, situées le long des berges du fleuve. 



LE CAOUTCHOUC EN INDO-CHINE 209 

c) Enlin diverses plantations appartenant à des particuliers. 

Dans la province de Bienhoa, plantation de MM. Vallon et Co- 
querel à Binhtruoc, Tirard a Auloc Lacheval près de Phuocthanh ; 
dans la province de Baria, plantation de MM. Veillet et Drovilh. 

Dans la province de Giadinh M. Bussj à Chômai, M. Perrière à 
Cocoug près de Thuduc. 

Plantations ouvertes en 1910 : Un certain nombre de sociétés se 
sont constituées au cours de l'année 1910. Parmi ces plantations 
nouvelles il y a lieu de citer : 

A. Dans la province de Bienhoa. 

1" La société de Lon^^-Thanh (MM. Mottet, Feraudy et associés) 
près de Long-Thanh (k o8 kilomètres de Saïg-on) au village de 
An-Lan. 

Le programme de la société comprend 400 hectares environ. 

Le sol est formé d'une terre franche se rapprochant des terres 
rouges. 

2° La société de Benh Truoc. 

La plantation doit comprendre 400 hectares à ouvrir d'après le 
programme suivant : 

Début des travaux l"'" juin 1910 

Défrichement en 1910 100 hectares 

Défrichement en 1911 130 — 

Défrichement en 1912 IMO — 

400 hectares 

Plantation en 1911 40.000 plants 

Plantation en 1912 oO.OOO — 

Plantation en 1913 50.000 — 

Le directeur est M. Vallon, fondateur delà Société. 

Les terrains de Binh-Truoc sont sableux et assez pauvres. 

3° La Société de Xuon Loc (MM. Gremazy, Baudoc et associés) 
qui dispose d'une concession de 1600 hectares à 6 kilomètres au 
nord de la gare de Xuan-Lôc, sur la ligne du chemin de fer Saïgon- 
Phan-Thiét, k 81 kilomètres de Saigon, sur un plateau de terres 
rouges très riches et où la forêt n'existe plus. 

B) Dans la province de Giadinh (région des terres sableuses de 
Hôc-Môn) : 

a) MM. Bec, Muet et associés ont commencé, en 1910, laménage- 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N° 102. 15 



210 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

ment dun plateau de 200 hectares environ, situé dans la région de 
Gu-chi, à 12 kilomètres de la plantation Guerv-Paris. 
■ h) MM. Matard et Guyonnet ont également acheté des terrains 
dans la même rég-ion, en vue d'une plantation dhevea qu'ils doivent 
établira mi-chemin entre les deux propriétés précitées, 

c) Enfin, MM. Lefebvre et Blotse proposent de mettre en Hevea, 
un terrain de 27 hectares dont ils sont propriétaires à 1.500 mètres 
d'Ilôc-Môn. 

Dans la région des terres sableuses de Thuduc, MM. Rousseau, 
Lecœur doivent également ouvrir une plantation et la société de 
Di-An (MM. Pouyanne et associés) se propose de peupler d'Hevea 
le plateau désert et inculte de Di-An. 

Enfin, dans les provinces de Tayninh, Thudaumôtet Bari diverses 
autres petites plantations, qui vont entrer en cours d'exécution, sont 
entreprises par M, Chaptal, Potteaux, CalVort, Martin, Rivière, 
Mercier, Forterre, etc. » 

On estimait qu'au 31 décembre 1909 le nombre des Hevea mis 
en place sm- ces ditrérentes concessions s'élevait en chiffres ronds à 
750.000, il ne doit pas être inférieur à l'heure actuelle à un million 
d'arbres. 

L'extension de la culture de l'iievea en Gochinchine est donc 
des jîlus rapides et ainsi que le fait remar([uer M. Paris i< la liste 
des exploitations caoutchoutifères n'est pas close et l'ignorance du 
développement qu'elles prendront déroute tout calcul ». 

Beniarqiies au sujet dos ferres propres à la culture de l'hcrea. — 
« Les terrains susceptibles d'être affectés à la culture de F Hevea 
sont d'inégale valeur comme on l'a vu dans les indications générales 
données ci-dessus à propos des principales plantations, celles-ci 
sont réparties en deux séries distinctes : 

1" Les grandes plantations faites dans la haute Gochinchine pro- 
prement dite, sont situées dans des terres rouges fertiles et dans 
des régions entièrement neuves récemment ouvertes à la colonisa- 
tion. 

2" Les plantations de moyenne ou de faible étendue se sont éta- 
blies aux environs des centres dans un rayon de 50 kih)mètres 
environ autour de Saigon, dans des régions depuis longtemps 
habitées, mais où le sol, très sal>lonneux est de qualité médiocre. 



LE CAOUTCHOUC EN INUO-CHINE 



211 



Terres rouges. — Ces terres sont vraisemblablement d'origine 
volcanique et paraissent provenir de la décomposition ou de 
basaltes ou de trachytes. Des traces d'un volcanisme de date rela- 
tivement récente au point de vue g-éolog-ique, se retrouvent à Dau- 
Giây et au Nui-Chua-Chan, où des roches éruptives se rencontrent 
en assez grande quantité. 

Le tableau suivant reproduit les principales analyses de ces 
terres, faites au Laboratoire d'analyses et recherches agricoles de 
Saigon : 

Co/npusition pour 11)00 (/ranimes de terre brute séchée 

à JOO" centifj rades. 



Azote 

Acide phosphorique.. 

Potasse. 

Chaux 



Magnésie 



PROVINCE DE BIEMIOA 



Région de Xuàn-Lôe 



a) Moyenne 
de 7 analyses 



l.Oli 

7.222 
0.624 
0.750 
0.392 



/)) Concession 
Crémazy 



0.5(55 
.3.650 
O.lil 
0.450 
0.250 



Région de 

Gia-Ray 

(Nui-Gluia- 

Chani 



2.5)0 
J.720 
0.270 
2.010 
0.150 



PROVINCE 

deThudaumôt, 

Région 

de 

Xa-Trach 



1.325 
1.651 
1.102 
0.501 
0.350 



Ces terres se caractérisent par leur richesse généralement très 
grande en acide phosphorique, leur bonne teneur en azote, surtout 
dans les terres de forêt récemment défrichées. Les teneurs en 
potasse, chaux et magnésie sont variables et laissent souvent à 
désirer. 

Avi point de vue physique, ces terres sont généralement très 
franches, très peu mêlées de graviers et de cailloux, sauf dans la 
région de Baria. Elles ont une teneur en argile assez forte variant 
de 40 à 50 ^j^ et ont la réputation de conserver leur humidité à 
très peu de distance de la surface du sol, pendant la majeure par- 
tie de la saison sèche. L'expérience a montré que ces terres après 
défrichement et labour, étaient d'une grande fertilité et convenaient 
k nombre de cultures. L Hevea y vient fort bien, et ce sont certai- 
nement les meilleures à conseiller pour sa culture en Cochinchine. 

C'est dans les terres rouges que se trouvent les ph 'lions de 
Suzannah, Xatrach, Girard, Crémazy, Société de ^hanh, 

Veillet, Drouilh, etc. 

[A suivre.) Pernoi', 

Inr/Piiicur uf/rononip. 



CaURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 

[Suite.) 



Caractères, usages. — Le bois de teck est relativement léger (sa 
densité moyenne est de 0,75); il est dur, résistant, facile à travail- 
ler, sa couleur est d'un beau roug^e foncé. Il ne s'altère ni par la 
sécheresse, ni par l'humidité et les insectes ne l'attaquent guère. 

Il est particulièrement recherché pour les constructions navales 
et pour la menuiserie des wagons de chemin de fer ; il possède la 
qualité, précieuse pour ces usages, d'êti'e moins combustible que les 
autres bois. 

Succédanés. — On trouve dans le commerce, sous le nom de 
teck, un certain nombre d'essences de provenances diverses et 
d'origine botanique très variable, qui n'ont d'ailleurs que des ana- 
logies lointaines avec le bois type. Tels sont : 

Le teck d'Afrique ou Mamji du Fernan-Vaz, qui est fourni par 
une Euphorbiacée, YOldjieldia africana Benth. et Ilook. Cette 
essence existe d'ailleurs sur la plus grande partie de la Côte occiden- 
tale d'Afrique, à partir de la Gambie ; elle est très abondante dans 
la forêt de la Cote d'Ivoire, où on ne l'exploite d'ailleurs pas ; 

Le teck du Brésil, qui est fourni par des Andira ; 

Le teck de la Nouvelle-Zélande qui provient d'une Verbénacée, 
le Vitex littoralis A. Cunn., etc. 

Dans le même ordre d'idées, on pourrait encore exploiter au 
Congo Vlrvinr/ia gahonensis Bail. (Simarubées) et le Penlaclethra 
macrophj/Ua ' Benth, (Légumineuses); cette dernière essence pré- 
sente des dimensions un peu faibles pour pouvoir remplacer le teck. 



1 . Ces deux essences donnent des foraines riches en matière forasse, celle qu'on 
retire de Vlrvitiffin entre dans ralimcntation des Gabonais {(/raisse de Dikn : quant 
au suif de Penlnclellini. il est peu fusible et pourrait ser\ ir à fabriquer des bougies 
pour les pays cliauds. 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS TYPES 213 



V. Bois DE PAVAGE. 

On emploie pour le pavag-e des g-randes villes une quantité con- 
sidérable de bois; par exemple, l'entretien du pavage en bois à 
Paris en absorbe annuellement environ 20.000 mètres cubes. 
Jusqu'à présent, on a presque exclusivement employé à cet usage 
le pin des Landes et le sapin des Vosg'es '. Il y a lieu de se deman- 
der si l'on ne pourrait y substituer avantageusement un certain 
nombre de bois exotiques et particulièrement d'essences de nos 
colonies; il y aurait là un débouché extrêmement important, étant 
donné l'extension que prend de jour en jour le pavage en bois. 

Cette question n'a pas reçu jusqu'à présent de solution satisfai- 
sante ; c'est que les conditions à remplir pour un bois destiné au 
pavag^e sont multiples et pas toujours absolument compatibles. 

Un bois de pavage doit être résistant, très fibreux, mais sans 
excès de dureté; il ne doit surtout pas être également dur sur toute 
sa surface. Avec un bois très dur et trop également dur, on obtient 
une surface trop glissante ; il faut des couches d'accroissement assez 
tranchées, pour que la surface présente rapidement des creux. 

En outre, il faut tenir compte de la résistance à l'usure par le 
frottement, de la résistance au choc, de la fragilité, de la faculté 
d'imbibition par l'eau, de la résistance à la putréfaction. 

Les bois seront évidemment d'autant plus résistants au frottement 
et au choc qu'ils sont plus durs ; le classement par dureté et aussi 
par densité sera parallèle au classement concernant ces résistances; 
mais les bois très durs se fendent souvent avec facilité sous des 
chocs répétés avant d'avoir subi un affaissement sensible et c'est 
là un grave défaut. 

Au point de vue de limbibition et de l'incorruptibilité, les bois 
durs présentent généralement une grande supériorité sur les bois 
tendres. 

Enfin il ne faut pas non jjIus négliger la réaction du pavé sur le 
béton qui lui sert de support; cette réaction se fait puissamment 



1. Actuellement on n'emploie plus jjuère à Paris que le pin des Landes {Pinus mari- 
//ma), le sapin ayant donné de moins bons résultats. 



214 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

sentir au moment où les joints commencent à se disloquer ; chaque 
pavé, isolé de ses voisins, forme marteau dans son alvéole et, sur- 
tout s'il est en bois dur et par conséquent peu élastique, transmet 
intégralement au béton sous-jacent les chocs dus au passage des 
voitures ; le béton se désagrège alors et le pavage est rapidement 
hors d'usage ; l'expérience a montré qu'avec les bois durs, la dislo- 
cation du pavage est assez rapide et qu'elle entraîne rapidement 
la nécessité d'une réfection complète. 

D'autre paii un bois exotique devra être d'un prix de revient 
assez modique, afin qu'après avoir supporté les frais de transport, 
il puisse encore rivaliser avec les bois indigènes ; si son prix de 
revient est plus élevé que celui des bois ordinairement employés, 
la dillerence devra être compensée par une durée plus longue du 
pavage qvi il aura fourni. 

Les essais de bois exotiques pour le pavage ont donné jusqu'à 
présent de médiocres résultats ; la cause en est qu'on s'est à peu 
près exclusivement adressé à des bois durs; les essais ont porté 
en particulier sur le Jarrah ou Acajou d'Australie (Eucali/ptus 
marginata Sm.), sur le Karri de même provenance [Eucalyptus 
diversicolor F. Muel.), sur le licm du Tonkin, produit par des 
Barij.rijlum (Légumineuses), sur le trac d'Indo-Chine fourni par 
dès Dalbergia, sur VAcaJou d'Afrique, etc. 

Mais les qualités des bois durs à certains égards, ne peuvent 
racheter leurs défauts graves et compenser leur prix de revient 
élevé, car si le pavé lui-même s'use moins vite, le pavage demande 
des réfections plus fréquentes; aussi c'est-il plutôt parmi les bois 
tendres des forêts tropicales qu'il y a lieu de rechercher des succé- 
danés de nos bois tendres indigènes, en ayant soin de choisir des 
essences imprégnées de résines, d'oléorésines ou de sels minéraux 
qui leur assurent une conservation d'assez longue durée. Certes le 
problème n'est pas résolu à l'heure actuelle, mais les essences de 
nos colonies sont assez nombreuses et de propriétés assez diverses 
pour qu'on ne ])uisse désespérer d'aboutir '. 



1. Le lecteur trouvera dans linli^ressant mémoire de M. Ma/i:ii(h.[.i:. .S'h/- /Viren/r 
clef; hnia eroliiiiics ;ii)i>li(iups ;iu ])!irnife (Travaux ilu Gonf;rès Colonial de Marseille, 
I\', 1906) de nombreux rcnseig'neinents à ce s\ijel el en pinliculici' nu tableau d'iui 
cei'laiu nonilire de bois coloniaux proposés pour le jiavaj^c: niallieureusement, la 
plupart des essences mentioiinéi-s sou! encoi-c indéLei-miiiées au point de \nc bota- 
nique. 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS TYPES 21 

VI, — Bois pocr la pâte a papier. 

On n'a pour ainsi dire, à l'heure actuelle, aucun renseignement 
précis sur les bois exotiques susceptibles d'être utilisés pour la 
fabrication de la pâte à papier. 

Cependant, étant donné le développement formidable des publi- 
cations de toutes sortes dans tous les pays, il est évident que les 
réserves de nos bois indigènes actuellement employés sont desti- 
nées à s'épuiser dans un avenir prochain ; aussi est-il grand temps 
de se préoccuper de la recherche de succédanés parmi les essences 
coloniales. 

Contentons-nous de rappeler que les bois employés actuellement 
pour la pâte à papier sont surtout le Sapin [Abies pectinata D.C.), 
l'Epicéa [Picea excelsa Link.), le Mélèze (Larix europxa D.G.), 
parmi les résineux ; le Bouleau (Betiila alha L.), le Tremble 
[Populus Tremula L.) et quelques autres espèces de peupliers ainsi 
que des saules parmi les bois feuillus. 

La pâte de bois s'obtient : 1° soit par àes procédés mécaniques^ qui 
consistent essentiellement dans la désagrégation des tissus par un 
broyage énergique et ne donnent qu'un produit de peu de valeur, 
parce que les fibres ligneuses sont brisées et que toutes les matières 
agglutinantes et incrustantes des cellules restent mélangées à la 
cellulose ; 

2° Soit par des procédés chimiques qui consistent à dissocier les 
éléments du bois et à les nettoyer par l'action de certains réactifs 
(alcalis sous pression, oxydants, bisulfites, etc.), et donnent un 
produit beaucoup plus recherché, parce que l'intégrité des fibres y 
est respectée et que la cellulose y est à peu près complètement 
débarrassée des matières étrany-ères. 

Il est facile de comprendre qu'un l)ois sera d'autant plus appré- 
cié pour la fabrication de la pâte à papier qu'il aura des fibres plus 
longues et que les matières étrangères à la cellulose, agglutinantes 
et incrustantes ou sécrétions, y seront moins abondantes. C'est 
pour cela qu'on recherche plutôt les bois non résineux, et, parmi 
eux, ceux dont les parois sont le moins chargées en produits 
incrustants, c'est-à-dire ceux qui ne différencient pas de cœur et 
restent à l'état d'aubier, en un mot les bois tendres. 



216 



ETUDES ET MEMOIRES 



VII. — Gaiac. 

Origine. — Le hois de g'aïac est fourni par le Guaiaciim officiiiHle, 
L. très bel arbre de la famille des Zygophyllacées, originaire des 
Antilles où on le rencontre dans les plaines arides, particulièrement 
à Cuba et à la Jamaïque, Sur le continent, on le trouve principale- 
ment sur la côte du VénézAiela et de la Colombie. Cette essence a 
d'ailleurs été détruite en grande partie dans ses lieux d'origine et 
aujourd'hui elle est devenue extrêmement rare. 

Caractères., usage fi. — Le cœur du l)ois de gaïac est très développé 
par rapport à l'aubier ; celui-ci est jaunâtre tandis que le cœur est 




FiK. 99. — Giiaiuciiin of/iciaale L. A rameau llcuii ; 1$ coupe longitudinale de 
l'ovaire; G graine; D fruit en coupe longitudinale ; E IVuit en coupe transversale. 

(d'après Berg et Schmidt). 



brun verdâtre et parsemé de larges veines brunes ; les couches 
d'accroissement sont peu distinctes et les rayons médullaires invi- 
sibles à l'œil nu. La disposition des libres, dont la direction est 
oblique et. varie d'une couche à l'autre, expli(pie pourquoi ce bois 
ne se fend que très difficilement. 

Le gaïac est lourd (sa densité atteint 1,33), compact, très dur; 
il développe une odeur aromaticjue sous l'influenco du frottemtMit 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS TYPES 217 

et possède une saveur amère due à la présence d'une matière rési- 
neuse qui imprègne ses vaisseaux. Il est employé surtout pour le 
tour ; il est capable de remplacer les métaux pour la confection de 
certaines pièces de mécanique destinées à recevoir des chocs (rou- 
lettes de meubles, poulies, dents d'engrenage, etc.), ces applications 
résultent évidemment de sa résistance particulière à la fente. 
On distingue commercialement deux sortes de bois : 
Le gaXac blanc qui provient des Antilles françaises et anciennes 
colonies espagnoles et le gaïac noir qui arrive surtout de Saint- 
Domingue ; ce dernier est plus dur et plus foncé que le précédent et 
sa valeur est plus considérable. 

Le bois n'est pas le seul produit précieux de cette essence ; le 
tronc de l'arbre laisse exsuder par les crevasses de l'écorce un suc 
gommo-résineux qui se concrète en donnant la résine de gaïac, sous 
forme de larmes dures, cassantes, vitreuses, à cassure conchoïdale, 
d'un brun rougeâtre à l'état frais et devenant vert jaunâtre par 
oxydation; cette résine est employée en pharmacie et en parfumerie. 
On l'obtient plus abondamment en pratiquant des incisions enta- 
mant le bois, sur l'arbre vivant, ou en perforant les bûches suivant 
leur axe et en chauffant l'une de leurs extrémités. 

Succédanés. — A côté du véritable gaïac, il faut citer le Bulnesia 
Sarmienti Lorentz, arbre de la même famille, originaire de l'Amé- 
rique du Sud, où on le rencontre surtout dans la République Argen- 
tine et au Paraguay. Le bois, de couleur fauve foncé, est dur, lourd 
(sa densité = 1,25) et possède à peu près les mêmes qualités que 
le véritable gaïac, de telle sorte qu'on peut l'affecter aux mêmes 
usages. Les Argentins s'en servent beaucoup pour fabriquer des 
objets usuels tels que coupes, vases, etc. Le tronc laisse exsuder une 
résine, qui est employée concurremment avec celle de Guaiacuni 
officinale. 

Dans les colonies françaises, il faut signaler comme pouvant 
remplacer le bois de gaïac au point de vue des applications méca- 
niques y Acacia spirorhis Labill. de la Nouvelle-Calédonie; l'aubier 
en est jaune clair et le cœur brun foncé, à grain serré, mais de 
densité moins élevée (d = 1,1) que chez les espèces précédentes. 



218 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

VIII. — Bus. 

Origine, usages. — Le buis, bois provenant du Biixus semper- 
virens L. (Buxacées) est une essence précieuse qui fait en France 
l'objet d'une consommation importante, soit pour la gravure sur 
bois, soit pour la lutherie, soit pour le tour, la fabrication des 
navettes des métiers à tisser, des dents de peigne, etc. La pro- 
duction du buis étant très faible en France et la qualité inférieure 
à celle de la plupart des buis exotiques (buis d'Espagne, du Levant, 
du Gap, etc.), nous devons recourir à l'importation qui s'élève en 
moyenne à 1.300 tonnes par an. Il serait cependant facile de la 
pratiquer au profit de nos colonies, car on y trouve des bois assez 
nomlireux pouvant être considérés comme de bons succédanés. 

Caractères. — Les principales caractéristiques du buis sont les 
suivantes : c'est un bois homogène, pouvant se crevasser par une 
dessiccation trop brusque, mais ne se fendant pas facilement et 
absorbant peu l'humidité. Il est dur, dense, à grain fin et régulier, 
qualités favorables pour la gravure ; au point de vue histologique, il 
est caractérisé par une multitude de petits vaisseaux (on en compte 
jusqu'à 400 par millimètre carré), répartis d'une façon très régu- 
lière; les rayons médullaires sont étroits, formés généralement de 
deux assises de cellules, et d'une faible hauteur ; il y en a de 5 à 1 1 
par millimètre. 

Succédanés. — Parmi les succédanés les plus importants, on peut 
citer : 

1° En Indo-Chine quelques Rutacées : 

a) Zanfho.ri/lon Budrunga Wall. — Cette essence se rencontre 
.surtout en Gochinchine, oîi elle est abondante sur le bord des 
fleuves et des arroyos ; c'est un petit arbre d'une dizaine de mètres 
de hauteur, à tronc irrégulier souvent creux; le jjois est gris clair 
ou blanc jaunâtre, ass?z loiird, dune foxturo compacte, à grain 
['\i\, à fibres ondulées. 

bi Zanthorijlon usilatuin Pierre. — C/est un arbre d'une ({uinzaine 
de mètres, très commun dans les forêls du Dong-Nai ; le bois est 
jaunâtre, dur, à grain fin et convient parfaitement pour la gravure. 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS TYPES 



219 



c) Feronia clcphantuin Correa. — C'est un arbre de même hau- 
teur que le précédent, à branches épineuses, à tronc droit, laissant 
écouler une ^omme complètement soluble dans l'eau (gomme 
éléphaniine), très voisine de la gomme arabique; il se rencontre 
dans toute l'Asie tropicale, il est très commun dans les environs de 
Pondichéry, sur la côte de Goromandel et en Gochinchine. Le bois 
est d'une belle teinte jaune, dur, compact, d'un grain fin et serré ; 
on s'en sert en ébénisterie, pour la sculpture, la gravure ; ses 
dimensions trop faibles ne permettent guère de l'employer pour les 
constructions. 




Fi{^. 100. — Feronia elephanlum Correa. A rameau fleuri ; B Ijouton floral : C andro- 
cée et pistil; D pistil en coupe lonjiitudinale : E ovaire en coupe transversale; 
F portion d'un fruit mûr : G graine ; H coupe longitudinale de la graine. 

;daprès Engler). 



2" En Nouvelle-Calédonie, une Sapotacée, le Planchonclla 
^\ akere Pierre; c'est une des plus grandes espèces de l'île, abon- 
dante sur les coteaux ferrugineux. Le bois, jaune comme le buis, 
est très dur et peut servir à la gravure, quoique les vaisseaux y 
soient plus grands et moins nombreux. 

3° A Madagascar, des bois analogues sont fournis : par le Phyl- 
loxi/lon decipiens Bail., arbre sans feuilles, à rameaux aplatis en 
forme de phyllodes ; cette espèce rangée d'abord parmi les Euphor- 
biacées, a été ensuite identifiée avec un Neobaronia, et par consé- 
quent ramenée à la famille des Légumineuses, et par le Phi/llar- 
thron Bojeri D.C., arbre de la famille des Bignoniacées, chez lequel 
les feuilles sont réduites à leur pétiole ailé et subdivisé en articles. 



220 



ETUDES ET .MEMOIRES 



Citons enfin parmi les succédanés du buis, le bois d'un Aspidof 
perma (Apocynées) répandu au Véné/Aiela. 




Fi};-. 101. 



Cliché Faichicre) 
Raiiieaii\ et llcurs de l'inilturllirnii liojeri A.]).C.. 



IX. — l^ois DE teintihe. 



Carnpôcho. — Le bois de teinture type est le hois de Cnmpêchc, 
vulgairement cœur rouge, fourni par VH.-prnHto.rj/lon Campcchia- 
niint L. (Léf^um. Gîi'salpiniées). C'est un i^n-and arbre, épineux, orig-i- 



ETUDE LE QUELQUES KOIS TYPES 



221 



naire de l'Amérique centrale; il croît en particulier au Mexique, où 
la baie de Gampêche lui a donné son nom, au Honduras, aux 
Antilles. 

Le bois de Gampêche du commerce provient surtout d'individus 
sauvag'es, quoiqu'on puisse signaler çà et là quelques essais de 
culture ', notamment dans les pays d'origine. Les quantités les plus 
importantes de cœur rouge sont fournies par l'Amérique centrale, 
Cuba et la Jamaïque. 




Fij;-. lO'J. — Hœinafo.rylon campechianuin L. A rameau fleuri ; B fleur isolée ; 



G coupe longitudinale de la fleur ; D gousse. 



(d'après Taubert). 



Les Antilles françaises en produisaient autrefois en abondance ; 
vers 1891, la Guadeloupe en exportait à peu près 10.000 tonnes 
annuellement; depuis cette époque, l'exportation n'a cessé de 
décroître, et depuis ces dernières années ne dépasse pas quelques 
tonnes ; la production de la Martinique, dont le maximum n'a guère 
atteint que 2.000 tonnes, vers 1893, a aussi considérablement 
diminué. 

L'aubier du bois est blanchâtre ; le cœur, roug-e foncé à l'état frais, 
devient violet, puis noirâtre par exposition à l'air. Le bois de cam- 



1. Parmi les colonies françaises le bois de Canipèche est cultivé à Madagascar 
(station de l'Ivoloïna), sur la côte du Gabon, au Sénégal (jardins de Sor et de 
Richard ToU), en Guinée (Jardin de Camayenne et Foutah), au Dahomey (Jardin de 
Porto Novo . 



222 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

pêche est dur. diflicile à couper et à fendre, par suite de sa texture 
très serrée; à 1 état frais, il dég-age une odeur d'iris. 

On peut l'employer pour 1 ébénisterie et la marqueterie, mais son 
principal débouché est comme bois de teinture. La matière colo- 
rante qu'il renferme, nommée hématoxiiline, est une substance 
ternaire, cristallisant en prismes quadran^ulaires, soluble dans 
l'eau et l'alcool, donnant avec l'ammoniaque une dissolution d'une 
belle teinte rouge. Dans la teinture des étoffes on obtient des 
nuances très variables, suivant le mordançage employé, depuis le 
violet jusqu'au gris et même au noir. 

On distingue trois qualités commerciales de campêche ; la pre- 
mière est celle du Yucatan ou Campêche cVEspa<fne^ la deuxième 
celle du Honduras ou Campêche anglais, la dernière est celle des 
Antilles. La forme donnée aux billes permet jusqu'à un certain 
point d'en reconnaître la provenance ; les blocs de campêche 
d'Espagne sont taillés en pointe obtuse d'un côté ; ceux de cam- 
pêche anglais sont sciés perpendiculairement aux deux extrémités, 
enfin les sortes des Antilles sont en billes de plus petite taille. 

Succédanés. — Citons en outre, parmi les bois de teinture, un 
certain nombre de Cœsalpinia : 

Le bois de Brésil ou brcsillet de Fernamhouc [Csesalpinia echinata 
Lam.) qui croît en abondance au Brésil et à la Jamaïque et donne 
une teinture alcoolique d'un rouge jaunâtre ; le bois de Brésil pro- 
prement dit fourni par le Cœsalpinia hrasiliensis L., le hois de Sap- 
pan fourni par le C. Sappan L. aux Indes et en Extrême-Orient, etc. 

Sur la côte occidentale d'Afrique, on trouve un bois de teinture 
qui a joui autrefois d'une certaine notoriété ; c'est le Cani }Vood des 
Anglais, fourni par une Légumineuse, le Baphia nilida Afz., répan- 
du depuis le Sierra-Leone jusqu'à la Nigeria. Le bois est naturelle- 
ment blanc etconserve cette teinte lorsqu'il sèche exposé à l'air ; si, 
au contraire, le bois est enfoui dans la vase des marais, il prend une 
teinte rouge vif. 

Enfin les bois d'ini certain nombre de Pterocarpus (Papilionacées) 
sont fortement inq)régnés de matières colorantes rouges et peuvent 
servir de bois de teinture quoiqu'on les emploie plus fréquemment 
pour l'ébénisterie. 

Tels sont le hois rouge du Congo., dont l'origine est encore obscure, 
quoî(|ue généralement rapportée au genre précédent, le Santal rouge 
d'Afrique (jui est le Pterocarpus angolensis D.C. de l'Angola. 



ÉTUDE DE QUELQUES BOIS ÏVPES 



223 



On exporte également de l'Inde un l^ois rouge désigné sous le 
nom de Santal rouge de VInde et qui serait fourni par une ou plu- 
sieurs espèces de Pterocarpus, parmi lesquelles iigure certainement 
le Pt. indiens Willd. ; c'est un bois de structure assez grossière 



avec de très larges vaisseaux. 




l'ig-. 103. — Purt du Hleiocurpus indiens W'illd. 



^d après Warburg). 



La matière colorante de ces bois ou Santaline est de constitution 
ternaire comme l'hématoxyline, mais elle est insoluble dans l'eau ; 
son dissolvant est l'alcool. 

Nous n'avons examiné dans ce chapitre que quelques catégories 
de bois, en nous limitant à ceux qui, par leur valeur intrinsèque 
ou par l'ampleur de leurs débouchés présentent un intérêt consi- 
dérable pour l'avenir économique de nos colonies; mais les usages 
des bois sont innombrables et beaucoup d'autres bois sont suscep- 
tibles d'applications locales intéressantes : bois de charpente, bois 
propres à faire des traverses de chemins de fer, des étais de mines, 
bois de menuiserie, d'éljénisterie commune, etc. ; limité par le cadre 
de ces leçons, nous devons nous abstenir d'en parler. 

(.4 suivre.) Marcel Dubard, 

Maître de Conférences à la Sorhonne, 

Professeur à l'Ecole supérieure 

d'Agriculture coloniale. 



LE BOIS DE ROSE DE LA GUYANE 
ET SON HUILE ESSENTIELLE 

[Suile.) 



L'extraction du linalol pur des essences naturelles présente 
quelque difficulté. Cet alcool, en effet, ne donne pratiquement pas 
de dérivés solides '. Pour l'isoler, il faut donc recourir à la distil- 
lation fractionnée des essences préalablement saponifiées. On 
recueille d'abord les fractions qui passent entre 195 et 205° ; puis 
on les redistille, pour ne retenir que celles passant entre 197 et 199° 
à la pression atmosphérique, soit 85-87° sous 10 millim. de vide. 
Pour le débarrasser des terpènes que le fractionnement n'a pu 
séparer on a proposé un certain nombre de procédés chimiques. 
Celui de M. Haller [Mon. Quesneville, 472, 896), légèrement modifié 
par Tiemann (Be ri. Berichte^ 3i {\S9S), 837) consiste à « faire agir 
l'anhydride phtalique sur la combinaison sodée du linalol, de façon 
à obtenir le sel de sodium de l'éther phtalique acide, lequel se dis- 
sout dans l'eau et est saponifiable par la potasse alcoolique ; le lina- 
lol rég-énéré est enlevé à la solution alcoolique alcaline au moyen de 
l'éther, et distillé aussitôt à la vapeur d'eau pour éviter l'altération 
facile '* », 

En présence de l'anhydride acétique, le linalol donne un éther 
acétique, lequel sous l'action d'une base se saponifie., c'est-à-dire 
se décompose en ses éléments générateurs. Tel est le principe sur 
lequel est établi le procédé dit par acétij latine et qui est couramment 
employé pour déterminer la valeur d'une essence naturelle à base 
de linalol. On admet en effet que la quantité de base nécessaire 
pour amener la saponification, est proportionnelle à la teneur de 
l'essence en linalol. Or, nous avons vu que les essences de linaloé 



1. Di'puis peu, le liiialul se caractérise sui\aiit le procédé de Walbauni et llutiy, 
par la préparation de sa phénylméthane C'"H-''O^Az cristallisée. 
'2. Les huiles ensentielles, par Gildermeister et llnlTniaun. 



LK MOIS DE KOSIi A LA GUYANE 225 

acétvlées donnaient, suivant les échantillons, des coefiicients 
de saponification oscillant en moyenne entre 150 et 170, — ce 
qui correspond à une teneur en alcool C'*'H''^0 de ïl à 53 "/o, — 
alors (|ue par distillation fractionnée on obtient 90 °/„. M. Holmes 
[Perf. nncl Ess. (Hl Record. l,17j citeTopinion de W. H. Simmons, 
d'après laquelle ces divergences seraient dues à la méthode d'acé- 
tylation employée et particulièrement à la durée de l'opération. 
D'après le même auteur, le procédé de .leancard et Satie, basé sur 
l'addition avant acétylation de 5 parties de xylène pur pour une de 
linaloé, donnerait seul des résultats satisfaisants. Le chiiVre de 90 "/„ 
obtenu par la distillation serait du reste exagéré, et les meilleurs 
linaloés ne contiendraient en réalité, suivant Parry et Bennett 
[Chem. and Dru;/</lst, 58,544) que 70 "/„ de linalol. 

Quoiqu'il en soit, la partie odorante de ces essences est constituée 
parles éthers des alcools terpéniques qu'elles contiennent. La déter- 
mination du coellicient d'éthers donne pour cette raison une indica- 
tion précise de la valeur des essences au point de vue de leurs qua- 
lités olfactives. Dans les essences à base de linalol. ces éthers sont 
des liquides à odeur plus ou moins forte et agréable, qui lorsqu'ils 
sont distillés à la pression atmosphérique se décompose inévita- 
blement. 

Le plus important de ces éthers est l'acétate de linalyle. qui bout 
à 105-106° sous 11 inillim. et dont la densité k.20" varie entre 
0,(S95et 0,897. L'essence de bergamote naturelle, qui en contient 
environ 38 °/o, lui doit son odeur caractéristique. Aussi s'en sert-on 
pour préparer une essence de bergamote artificielle qui en raison 
de sa solubilité et de sa concentration convient particulièrement 
pour les eauK de toilette d'exportation et les extraits à bon marché 
(Eaux de Cologne et de Floride, eaux de quinine, extraits de cléma- 
tite, de mimosa, de peau d'Espagne, de trèfle incarnat, etc.). Cet 
acétate se prépare soit en combinant l'anhydride acétique au linalol 
à 100° ou mieux au linalolate de sodium, soit en combinant 1 acide 
acétique glacial avec- le linalol en présence d'un peu d acide sulfu- 
ri(jue. 

Commei'ie et statistiques. — Le bois de rose femelle faisait depuis 
huigtemps déjà l'objet d'un certain commerce entre la Guyane et 
les ports tle Nantes. Bordeaux et Marseille, oii il était importé 
comme bois débénisterie et de marqueterie, lor.scjue vei's 1875, dit- 

Biil. du .hintin colonial. 1911. II. — N» lOl». 16 



220 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

on, un Français, M. Saniain, parvint à en extraire, par la distillation, 
une quantité appréciable d'une essence très parfumée. Toutefois, les 
statistiques commerciales de la colonie ne mentionnent l'exportation 
de ce produit qu'à partir de 1889, sous les noms d huile dnloès on 
huile de linalois ' . 

(^ette petite industrie se développa d'abord assez rapidement, 
puis(|ue en 181»^ la quantité d'essence exportée atteignait déjà le 
chiffre de 3.^85 k. 'idO, d une valeur d'environ 1)8.000 francs; tan- 
dis que l'année précédente l'exportation du bois de rose avait atteint 
le chiffre de 315.000 kilos valant environ 27.000 francs. Mais vers 
1804-1895, à la suite d importantes découvertes d'or (htns le terri- 
toire contesté franco-brésilien, elle subit un temps d'arrêt. Elle mit 
ensuite dix années à reconquérir peu à peu son importance primitive, 
et en 1903 la colonie exportait 4.343 kilos d'essence pour une valeur 
de 121.600 francs. L'année suivante, cette exportation atteignait 
le chiffre déjà important de 9.182 kilos, valant seulement 193.040 
francs, le prix de vente ayant subi un brusque fléchissement, sous 
1 influence d'un aussi rapide accroissement de la production. 

A la suite d'un nouveau /'H.s/i aurifère, survenu vers cette époque, 
l'extraction de l'essence du bois de rose subit de nouveau un certain 
ralentissement, dû tant à la baisse du prix qu'à l'exode des cher- 
cheurs de bois vers les rég-ions minières. A partir de 1907. la 
production, (jui était retombée au niveau de 1903, a suivi une 
marche ascendante et désormais ininterrompue, qui l'a portée à 
l'heure actuelle au chitVre de 22.000 kilos valant environ 510.000 fr. 
Le graphique ci-après montre d'une façon saisissante l'extraordi- 
naire rapidité de ce développement (v. p. 229). 

En 1904. il existait à la (ruyane trois petites usines distillant le 
bois de rose; la plus importante, appartenant à la maison Uoure- 
Bertrand (ils, de Grasse, produisait une moyenne de 250 à 300 kilos 
d'essence pai- mois. Il y en a aujourd'hui huit ou neuf, toutes éta- 
blies au chef-lieu, où converjifent les approvisionnements de bois 
récoltés dans les ditTérents quartiers de la colonie. 

A l'heure actuelle, l'essence de bois de rose est importée en France 
par le Havre, Nantes et principalement Saint-Xazaire. La majeure 
pai'tie de la marchandise expédiée à Saint-Nazaire est destinée à 



1. L'essence de liiiMlm'' du Nh'\i(|iic l'Iail (■«mime dans le eonimerce IVaneais dès 
1 Htm. 



LE BOIS DE ROSE A LA GUYANE 227 

quelques distillateurs de Grasse. Le reste est utilisé par les maisons 
de Paris et de Nantes. 

Cette essence est contenue dans des récipients en tôle g-alvanisée 
ou en cuivre ; ces derniers d'une contenance de 45 à oO kilos envii'on. 
Au fur et à mesure qu'augmente la production de l'essence de 
l)ois de rose, les prix de vente de ce produit ont baissé d'une manière 
continue. De 35 francs il y a quelques années, il est aujourd'hui 
tombé à 24-, 23 francs et même au-dessous. 

L'essence de linaloé du Mexique s'importe en Europe principale- 
ment par le port de Hambourg. Le Havre en reçoit aussi d'une 
manière assez rég-ulière, bien que les arrivages y soient moins 
importants. Sur cette dernière place, cette essence, lorsqu'elle est 
garantie pure de bois, a coté il y a seulement quelques mois, jus- 
([u'à 28 francs le kilo. Elle est offerte actuellement à 23-22 francs, 
avec un écart de 1 à 2 francs seulement sur l'essence de bois de 
rose, alors que normalement, en raison de sa qualité incontesta- 
blement supérieure et de son rendement meilleur, cette dernière 
doit obtenir de 20 à 25 *'/o de plus-value sur sa concurrente. 

Certains producteurs guyanais s'engagent par contrat à livrer 
mensuellement des quantités déterminées. Toutefois, il est égale- 
ment expédié un certain nombre de colis en consignation. Mais le 
nombre des acheteurs étant restreint, ces consignations, venant en 
augmentation des quantités dont la consommation est assurée, 
déterminent fatalement l'avilissement des cours. 

Quant au commerce du bois de rose destiné à être distillé dans 
les usines de la métropole, il n'a guère donné lieu jusqu'ici qu à 
des déceptions, en raison du prix d'achat élevé, des frais de trans- 
port extrêmement onéreux et de la dépréciation subie par le bois 
en cours de route. 11 est importé principalement par Marseille et 
depuis peu par Cannes. 

Les comptes de vente, que nous donnons ci-après à titre docu- 
mentaire, permettront de se faire une idée des conditions dans 
lesquelles s'opère la réalisation de ces marchandises sur les marchés 
de la métropole. 

[Compte de vente pix) forma à un lot de bois de rose venu de 
Cayenne | 

[Compte de vente pro forma à une touque d'essence de Ixjis de 
rose 



228 



KTlbES KT MEMOIRES 



Compte de vente pro forma à une touque ; essence de bois de rose 
venue de Cayenne et réalisée comme suit par L. Fleuriot, de 
Nantes. 



1 tiaissc hiul Id'l k. Ncl M) k. Essoiu-i' ilc i)()is de rosr, 

le kilo 

Escompte 2"/o 

Vtileur 30 Juurs fin de moisi 

Permis, statistique, péage on douane 

Ouverture et vérification en douane 

Charroi chez l'aclieteur, dépotage, pesage au net 

Fret Cayenne-Saint-Nazaire, par paquebot de la C'*' G''" 

Transa tl 

Trans|)ort Saint-Nazaire à Nantes 

Assurance maritime Cayenne/Nantes sur 1.400 fr. à 

5/8 "/o police et enregistrement 

Commission et ducroire 3 " „ s. Il 76 fr 

Net produit 



.{ :>o 



27 


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70 


9 




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30 



•20(1 



1 . 1 7(1 



?1> 80 



1.096 20 



A', li. Il y a lieu de compter en outre les frais de retour des emballages 
vides. D'autre part le transport de Nantes à Grasse par cliemin de fer petite 
vitesse coûte environ 100 fr. la tonne. 

Compte de vente pro forma à un lot bois de rose venu de ( layenne 
et réalisé par Fleuriot de Nantes. 

Ilxpédié de Nantes à Grasse 2 wagons |)esant ensemble 
21.300 kilos bois de rose Cayenne. Poids reconnu à 

Tarrivée : 21 .071 k. à <> « k 

Escompte 2 •* « 



Transport par chemin de fer 

Fruix ;) déduire 

Statistique, péage, douane, timbres 

Fret Cayenne/Saint-Nazaire 21.3(»(» k. à 30 fr. ■> oo 

10 Oyo et timbres 

Vacations des peseurs jurés, pesage 

Charrois, manutention, magasinage et assurance 

Affranchissement et menus frais 



K) :;(i 



3 


.371 


3 




()7 


40 


3 


.303 


95 


1 


143 


"t W 


■y 


KiO 


t() 



Commissi<m et ducroire 3 "o s. 2.1(1(1 U-. fO. 
N'aleur ii '.\0 jours 



703 




10 




210 .30 




1 30 




935 30 




(i4 80 


1 .000 10 








1.160 30 



Guyane française. 









1 




































20 000 


























































































































































































































— 


15 000 
























































































































































































































10.000 
























































































































1 , 
























































































( 












5 000 






























, 






i 


( 




































j 




y 




















A 


L 


















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i 






^ 


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î 






S 


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\ 


r 
















— i '■ 







,__^_, 22.000" 



20000 



15.000. 



10000 



5000 



1889. 189S 1900. 1905 1910 



Exportations de f/essence iu iîois de rose. 



230 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Conclusion. — Deux faits dominent la situation économique de 
cette petite industrie et semblent susceptibles d'influencer son 
avenir. Ce sont, d'une part, la baisse du prix de vente en Europe 
de l'essence brute, de l'autre la raréfaction, au lieu de production, 
du bois propre à la distillation. 

La baisse actuelle du prix de vente paraît due, non pas comme 
on l'a dit à la surproduction, mais à la brusque irruption sur un 
marché limité de quantités relativement considérables d'une mar- 
chandise réputée jusque-là pour son extrême rareté. L on ne doit 
pas oublier en effet que, dans ces trois dernières années, la produc- 
tion de l'essence de bois de rose a plus que quintuplé. Les consom- 
mateurs habituels ou éventuels de cette essence recherchée ne 
pouvaient évidemment prévoir une aussi rapide augmentation. Il 
en est résulté que momentanément l'offre a surpassé la demande. 
Mais l'on n'en doit pas conclure que la production ait été supérieure 
aux besoins de la consommation, puisqu'au contraire les intéressés 
la déclarent encore insuffisante. 

L'industrie des parfums utilise chaque jour davantage les essences 
naturelles à base de linalol. Cette consommation, sans cesse crois- 
sante, assure en particulier à l'essence de Cayenne un placement 
d'autant plus régulier et un débouché d'autant plus important, 
qu'elle est toujours préférée au linaloé mexicain, produit auquel 
elle est appelée à se substituer plus ou moins complètement, à 
parité de prix et même sous une légère plus-value. 

Remarquons, au surplus, que cette dernière essence n'a subi 
aucune dépréciation corrélative à celle supportée par le distillât 
guyanais. Il est donc permis d'affirmer que ce fléchissement, n'ayant 
pas de cause profonde et générale, ne saurait être durable; et que 
même au cas improbable où la fabrication de l'essence de bois de 
rose se maintiendrait au niveau actuel, les cours de ce produit ne 
tarderont pas à s'améliorer. 

Toutefois, les producteurs locaux ne doivent pas perdre de vue 
qu'ils ont une concurrence à soutenir, si avantageuses pour eux 
(ju'en soient les conditions. Sans doute, ils devront se défendre 
contre l'avilissement des prix, en se tenant autant que possible en 
rapport direct avec les industriels susceptibles d utiliser leur pro- 
duction, et en réglant leurs envois de manière à éviter l'accumulation 
sur le marché de stocks importants d'essence sans destination cer- 
taine. Mais, d'autre part, ils devront s appliquer à conserver à leur 



LE ItOIS DE ROSE A LA GlYANE 



2:31 



Guyane française. Tableau des Exportations 

de VEssence et du Bois de rose 

(1889-1910). 





ESSENCE 


BOIS 




Années 


Quantités 


Valeur 


Quantités 


\aleur 


^'aleur 
totale 




(kilos 


francs 


kilos 


francs 




18N".» 


347 


3 . 470 


j, 


1) 


3.470 


1 S9() 


229 


2.293 


>) 


») 


2 . 293 


ISOl 


74o 


7 . 4.50 


145.305 


12.350 


19.800 


1892 


1.828 


54.840 


315.614 


26.827 


81.667 


1893 


3 . 486 


9 7.. 594 


55.817 


i.744 


102.338 


1 89 i- 


1.217 


34.090 


15.877 


1.270 


35 . 360 


1 895 


574 


16.072 


6.280 


502 


16.574 


I89C. 


2.023 


•)•> . 6y8 


13.000 


1 . 040 


57.698 


1 897 


2.372 


66.3^2 


5 1 . 400 


4.032 


70.374 


1 898 


673 


18.844 


266 . 000 


21.255 


i-0 . 099 


1899 


694 


19.722 


74.250 


5.940 


25.662 


1900 


2.096 


58.688 


242.705 


19. 4 If. 


78.104 


1901 


2.971 


83.176 


20.600 


1.6iS 


84.824 


1902 


3 . 239 


93 . 506 


,, 


1) 


<.t3.50C. 


1903 


4.343 


121.604 


227.624 


18.210 


139.814 


1904 


9.182 


1 '.(3.640 


74.760 


6.729 


200.369 


1900 


3.459 


86.475 


109.696 


8.250 


'.(4.725 


190(} 


t.2.o4 


106 350 


67.000 


5.025 


1 i 1 .375 


1907 


4.182 


104.550 


38.7.34 


2.930 


107.480 


1 908 


7.470 


186.750 


26.900 


2.018 


188.76S 


mon 


12.497 


312.485 


265.000 


19.875 


33 2.. 300 


1910 


22.147 


509 . 380 


1.262.000 


126.200 


635.58(( 


Totaux 


'.»(). 028 


2.233.919 


3.278.562 


288.261 


2.522.180 



-Vo/rt. — Bien qu il ait été niercurialisé, par conséquent exporté 
distinctement dès 1892, le bois de rose est resté confondu avec de 
nombreuses autres essences sous la dénomination de bois d'éhénis- 
lerie, jusqu'en 1896, — époque à partir de laquelle il est mentionné 
à part dans les statistiques. 



232 ÉTUDES ET MÉMOIKKS 

production ses qualiteis de finesse et de scrupuleuse pureté, tout en 
clierchant k réaliser par d'incessants perfectionnements la réduction 
progressive du prix de revient, afin de pouvoir, le cas échéant, 
supporter ou même consentir spontanément une baisse raisonnable 
du prix de vente. 

Aussi bien, cette attitude de prudence leur esl-elle commandée 
par ce fait, que le bois de rose se raréfie incontestablement, dans 
les forêts guyanaises. Le danti;"er, il est vrai, est loin d'être immé- 
diat : il n'en existe pas moins, et déjà 1 on peut prévoir un sensible 
ralentissement de l'exceptionnelle activité déployée dans ces der- 
niers temps par les distilleries de Cayenne. Néanmoins, pendant de 
lonj^ues années encore, l'industrie locale pourra être alimentée dans 
des conditions à peu près normales, surtout si, comme il en est 
question, les pouvoirs locaux interviennent pour contrarier l'action 
des spéculateurs, en frappant l'exportation de ce bois d'un droit 
prohibitif. 1) ici là, peut-être, la création de voies de [lénétration 
aura-t-elle rendu plus faciles l'accès et l'exploitation de nouveaux 
peuplements de bois de rose. 

Quoi qu il en soit, l'avenir réservé en Guyane à l'industrie des 
huiles essentielles n'en reste pas moins séduisant, si Ion song-e 
aux nombreux végétaux odorants que renferment les immenses 
forêts de cette colonie, ainsi qu'aux plantes herbacées à parfums, 
telles que vétiver, gingembre, citronnelle, palchouly, etc.. dont la 
culture peut y être entreprise utilement. 

E. Bassièkls. 

Inyénif'ii/- af/ricolo, 
Inappclt'itr <rngiiculture fiii.r ('.oloniot;. 



PLAXTi:S MKDICIiNALES 

DE LA (;linkk française 

Sni/r. 



Tamarindus indica. 

LÉGUMINELSE CÉSALPHNIKt. 

Tamarinier. 

Dia bé (F.j, Toumbino^ui (S.), Tombi (M.). 

Grand et bel arbre existant dans toute la Guinée, mais plus com- 
mun vers le Nig-er qu'à la Côte. 

La pulpe acidulée (jui entoure les g-raines de la gous.se est très 
prisée des indigènes ; elle est laxative et sert à faire une boisson 
soit pure soit mélangée à du miel, du citron ou avec d'autres médi- 
caments : elle est employée contre la fièvre, les embarras gastriques, 
la dysenterie, la diarrhée, etc. 

Les feuilles bouillies servent à laver les plaies; séchées et pilées 
elles sont légèrement a.stringenteset caustiques et servent également 
H saupoudrer les mauvaises plaies ; on les emploie pilées fraîches 
en cataplasme pour les entorses, enflures, etc. 

Lécorce est employée comme astringent et sert aussi à préparer 
les peaux. 

Tacca involucrata et T. pinnatifolia. 

Taccacéks. 

Plantes à bulbes caustiques et toxiques comme la plupart des 
Arums ou des Dioscorées sauvages. Sont employées queh[uefois 
comme rubéfiants à lextérievu'. 

Tephrosia Vogelii. 

LÉGUM[NEUSE l'AI'll.lONACÉE. 

Gargassaki (F.), Diala (M.). 

Plante arl)uste assez commune et cultivée par les indig-ènes qui 



234 ÉTIDES ET MÉMOIRES 

se servent des leuilles pilées pour endormir le poisson et le pêcher 

facilement. 

Celte plante sert, à ([ueiciues eiulroits, de niédicamenl mais doit 
être emplovée avec précaution, car à haute dose elle est toxique 
(poison stujiéliant). 

Tetrapleura Thomingh. 

Ll'.dl MINELSi: MIMOSÉE. 

Grand et bel arbre qui est assez rare en Guinée et n'existe que 
sur la Côte : commun à la Côte d'Ivoire et au Gabon. 

La décoction de l'écorce pilée fraîche est employée comme vomi- 
tjl. La gousse pilée donne un produit huileux à odeur forte qui est 
tniplové en frictions contre les rhumatismes. 

Treculia africana. 
Artocakpée. 

Guilinti gori (F.), arbre mâle et Guilinti (F.), arbre femelle ; Yin- 
tigniy (S.). 

Grand arbre assez commun à la Côte et dans la région de Kadé, 
assez rare ailleurs. Le fruit est une énorme boule dans le genre de 
! arbre à pain, à graines comestibles. 

La sève de l'arbre mâle serait caustique et toxique, elle est 
employée sur du coton pour faire tomber les dents malades. 

L'écorce j)ilée sert de médicament contre la lèpre. 

Trichilia sp. 

Méliacée. 

Arbre moyen, assez commun dans les taillis de la Haute Guinée. 
L'écorce pilée est employée pour les maladies de la peau, gale, 
dartres, etc.. ainsi que contre les ulcères. 
Le finit passe pour vomitif. 

Tépé Darola F.V Korla Beli (S.). 

LÉ(;I MI.NEISi; CÉSALIMMÉK. 

Liane sarmenteuse et buissonnante, excessivement épineuse, com- 
niUMc dans les haies des villaires. 



PLANTES MÉDICINALES DE LA GUINÉE FRANÇAISE ' 235 

Plante très employée contre la blennorrha^ie ; décoction des 
feuilles et de l'écorce, infusion des racines bouillies ; les jeunes 
feuilles roujJi'es sont mandées crues comme dépuratif. 

Tiélé (F.), Timmoué (S.). 

Arbre moyen à bois dur. 

La décoction de Técorce et des feuilles sert eny-ar^'arlsme contre 
les maux de dents. 

Tikoki (F.). 

L'infusion des feuilles est donnée comme vermifuiro. 

Uvaria aethiopica ou Xilopia eethiopica. 

AnONACÉE, POIVRE DE GuiNÉE. 

Guilé (F.), Simingui ou Kalentou(S.), Kani (M.). 

Arbre assez commun dans toute la Colonie, surtout du côté du 
Kissi et de la Mellacorée ; donne un fruit qui sert d'épices. 

La g-ousse ainsi que la graine a une saveur chaude, parfumée et 
poivrée, est très employée par les noirs comme médicament stimu- 
lant et tonique. 

Contre les migraines et les névralgies, cataplasme des feuilles et 
des fruits ; fruit pilé en infusion pour les femmes accouchées ; est 
également préconisé pour les maladies du foie et l'expulsion de la 
bile. 

La décoction des graines sert de vermifuge pour l'expulsion des 
lombrics. 

Le fruit bouilli en lavage pour soigner les éruptions, les boutons 
et en friction contre les courbatures. 

Sert aussi de médicament usité pour soigner le bétail, les bœufs 
en particulier. 

Uvaria monopetala. 

Anonacée. 

Arbuste assez commun en Haute-Guinée. 

Toute la plante est utilisée pour les maladies de la poitrine et les 
rhumes ; elle sert également à soigner les chevaux. 



236 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Vernonia nigritana. 
Composée. 

Petite plante existant clans toute la Colonie, est employée comme 
médicament par les Malinkés. 

L'infusion de la racine, à faible dose, sert de dépuratif et de diu- 
rétique ; à haute dose elle est donnée comme vomitif. 

La plante htmillie sert à laver et soig-ner les maladies des yeux. 

Vernonia senegalensis et Vernonia Thomsoniana. 

Composées. , 

Cossa FinaiM.), Dakouna ou Hantara Bourouré (F.). 

Grandes plantes arborescentes, très communes partout et de 
diverses variétés ; elles ont en général les feuilles très amères et 
sont appelées pour cela k Quinine des noirs ». 

Les feuilles en décoction sont très employées comme fébrifuge 
par les indigènes l'infusion est même plus renommée que celle 
dxi Kinkelibaj. 

Les feuilles bouillies servent aux lotions chaudes en cas de fièvre 
ainsi que pour les maladies de la peau ; séchées et pilées. à 1 in- 
térieur, elles apaisent les douleurs du ventre. 

A lextérievu'. les'feuilles pilées fraîches sont mises en applica- 
iioii contre les migraines. 

• 

Vitex cuncata. 

\ EKIîE.NACÉE. 

(joudou (M. I. Koukoui (S.). 

Arbre moyen très conuium partout, surtout en Haute-Guinée, 
fruit: baie noire à maturité, comestible. 

Le feuilles sont employées en infusion contre le rhume, et la 
décoctif)M (le la racine j)ilée pour les maladies de l'estomac. 

Xinienia sp. ou Ximenia multiflora. 

Olacacée. 

Gouani (M.). 

Arbuste de 2 ;i M uielics. épineux, fruit : petite prune acide, 
comestible. 



PLANTES >li:i)|i:i.\AI,i;s DE I.A GllNÉi; FKANCAISK 237 

laxiste dans toute la Colonie mais est très commun en Haute- 
Guinée. 

Les leuilles pilées fraîches servent de vulnéraire ; la décoction 
des tiges et des feuilles est employée dans les maladies de la poi- 
trine, la fièvre et le rhume. 

La racine pilée, ainsi que l'écorce pulvérisée, servent à soigner 
les plaies et les ulcères. 

Ximenia americana. 
Olacacék. 

Arbuste épineux comnum à la Cote et surtout au bord de la mer. 

Ne pas confondre avec le précédent; les fruits ressemblant à une 
prune de mirabelle ont une forte odeur d'amande amère, sont très 
amers et acres ; ils sont toxiques ainsi que l'amande intérieure. 

Zanthoxylum melanacanthum et Z. senegalense. 
Rltac.ées, Clavef.iers. 

l^arkelé et Boulé Barkelé (F.), Houo et Houo Dion (M.). 

Arbres moyens, épineux, à feuilles et graines ordorantes, existent 
en trois ou quatre variétés, un peu partout dans la Colonie. 

Les feuilles, et surtout l'écorce à saveur aromatique et chaude, 
sont très employées comme médicament par les indigènes. 
' Elles sont considérées comme sudoritiques, fébrifuges et toniques, 
et employées surtout à l'extérieur en lavag-es, lotions chaudes et 
fumigations. A l'intérieur, la décoction des racines pilées est con- 
sidérée comme vermifuge . 

L'écorce pilée sert pour les maux de cK'uts et en friction contre 
les rhumatismes. 

Dans certaines rég^ions les indigènes emploient lécorce pilée 
pour endormir et pécher le poisson. 

Zizyphus orthacantha. 

lÎMAMXACÉE. 

.jujubier sauvage. 

Toumborou (M.]. 

Aibi'o moyen, buissonnant et très épineux ; petit fruit jaune 



238 ÉTUDES ET 31ÉM01RES 

roujj:e comestible ; commun en Haute-Guinée et dans la région 
de Kadé, rare à la Côte. 

Le fruit macéré donne une boisson rafraîchissante. Les feuilles 
pilées se mettent sur les plaies ; Fécorce est amère, elle est 
employée contre les coliques et serait vomitive. 

La racine serait toxique, et à petite dose elle servirait de pur- 
gatif énergique. 

Zizyphus sp., probablement le Z. Bacleï. 

Plus petit et plus buissonnant que le précédent ; les fruits ne 
sont pas comestibles et passent pour vénéneux, ils sont acres et 
très amers. 

La décoction des racines est employée pour les n\aladies des voies 
urinaires, les uréthrites et la blennorrhagie. 

H. POBÉGUIN, 
Aditiinislruteur en chef des colonies. 



LES EUCALYPTUS 

(Suite.) 



E. crebra. — Bois roug-eàtre, dur, lourd, élastifjue, de très longue 
durée, communément employé à la construction des ponts, pilotis, 
traverses de chemins de fer, de wag-ons, charrettes, barrières autour 
des champs, etc. 11 en existerait une variété (d'après le D' Bailey), 
dans le nord-est de l'Australie, dont larome est si ag-réable que Ton 
s'en sert comme condiment. Cette assertion est possible en ce qui 
regarde les palais des aborigènes, probablement, et nous doutons 
que les nôtres s y fassent, (^uoi qu il en soit, plusieurs prétendues 
espèces, ayant les mêmes qualités, pourraient n'être que desimpies 
variétés de YE. crehra, principalement les E. leplophlcba et drepa- 
nophijlla. Tous ces arbres produisent une gomme-résine abondante, 
ayant les apparences et les jjropriétés du Kino. 

E. diversicolor. — -Arbre colossal appelé dans les cultures, à tort. 
rolossea; il atteint facilement 130 à liO mètres avec un tronc pro- 
portionné à cette taille gigantesque. Lorsqu'il croît en groupe, il 
sélance droit et il n'est pas rare de trouver des fûts ayant de 60 à 
90 mètres de longueur en dessous des premières branches, avec 
une épaisseur au ras du sol de 3 à ï mètres de diamètre. Le bois 
est élastique, d'une longue durée, se refendant aussi facilement 
que le chêne, mais il est cependant moins aisé à travailler que celui 
de YEucalyptus inarffmata dont on fait d'admirables meubles. 

11 serf dans tous les genres de constructions et principalement 
pour faire des mâts de navires. 

Il est un peu moins rustique que l'^". globulus, mais il a cepen- 
dant résisté en Algérie, dans nos collections, à l'hiver de 1880. Or, 
cette année-là. nous eûmes, sur le littoral même, de la neige et de 



240 KiiuKs i;r mémoires 

la ^lace et pourtaiil nos E. (livcrsica/or navanl que deux ans de 
plantation, résistèrent très bien ;i cette température anormale. 11 
croît un peu moins vite que 17:. (/lohiiliis, mais il est superbe au 
point de vue de l'ornementation. On pourrait le planter avec avan- 
tage sur les routes de toute l'Algérie, excepté sur les hauteurs, il 
rendrait de réels services. 

Au point de vue forestiei-. c'est un arbre dv haute valeiu-, auquel 
les animaux ne touchent pas, sauf les chèvres cependant, doni il 
faudrait les garantir, en empêchant, en Algérie et partout ailleurs. 
les troupeaux de j)àturer aux alentours i lig. 7). 

E. doratoxylon > Spear Wood ou arbre à lance j. — Arbre végétant 
dans les endroits secs et stériles ; tige menue, très droite; bois 
tlexible, compact et élastique. Les indigènes nomades viennent de fort 
loin chercher ce bois pour en fabriquei' leurs lances. 11 est probable 
que ce petit arbre serait précieux dans les sols pauvres et arides 
du Sahara algérien : Biskra, (Juargla et autres régions plus ou moins 
tropicales, oîi règne la sécheresse permanente. 

E. eugenioides. — Arbre énorme, abondant dans la colonie de Mc- 
toria ; bois facile à fendre et très employé partout aux usages ruraux. 
Au point de vue ornemental, il se recommande par son beau port. 
Vient très bien en Algérie et dans le midi de l'Europe, mais sa 
croissance est un ])eu lente; les sols ferrugineux lui conviennent. 

E. globulus. — L un des premiers introduits, cesl le ly|ie classique 
du genre et certainement le plus merveilleux, j)ar son étonnante 
rapidité de croissance. ï^n jeune sujet haut de 10 cent, mis en place 
en janvier l(S(S(), atteignait en décembre suivant, une hauteur de 
sept mètres : cela tient du prodige! < )n \o reneonli-e j);u'tout : dans 
le sud de l'Europe, en Afrique, en Américpie, cependant il a a 
jamais réussi sous les troj)i(|ues, sauf sur les monlagnes où la tem- 
pérature ne dc'passait pas celle de I Australie. Dans toute la région 
provençale il est pour ainsi dire naturalisé et son feuillage glaïupie 
bleuâtre donne aux canq)agnes du Midi un aspect tout |)articulier. 
L /i". f//()biiliifi est très rustique dans toutes les parties méditerra- 
néemies oii résiste l'oranger qui, |)ourtant. est moins i ust icpic (pie 
lui. 

La cause |)rincqjale de I étonnante ra])idité de propagation de 
VI-J. (/loJjiilus fut sa propriété (aujourd'hui parfailemcnl démtmtreei 



LKS EUCALYPTUS 



2Ï\ 



dassainir les pays ravag-és par la malaria. Nous en avons déjà parlé 
dans un précédent chapitre, mais ce que nous pouvons ajouter. 




V'vj:. 7. — Eucalyptus colossea (E. diversifolia). 



c'est: que cet arbre planté sous le climat qui lui convient et dans les 
lieux marécageux, constitue le meilleur des drainag'es, qu'il remplace 

Bal. du Jardin colonial. 1911. II. — X° 102. 17 



242 ÉTUDES KT MÉMOIRES 

ofïicacement, les racines de cette espèce pompant activement toute 
Ihumidité qui l'environne. Nous avons même été témoin d'un fait 
sinj^ulier : un Eucalyptus globulus planté k plus de oO mètres dun 
puits profond de 3o mètres, ne trouvant plus d humidité dans son 
voisinage immédiat, avait trouvé moyen de dirig'er ses racines vers 
cette nappe deau sortant pourtant du rocher. Naturellement on 
s'aperçut bien vite, (|ue le liquide de ce puits diminuait et après 
examen, ayant découvert l'auteur du méfait, on en fut réduit cha(|ue 
année de le débarrasser de ses suçoirs. 

La puissance d'absorption est telle chez cet arbre que, sauf ses 
congénères, rien ne peut pousser dans son voisinage ; cependant si 
sa succion est énergique, il rend toute cette eau — - juiriliée — ii 
l'atmosphère mais sous forme de vapeur invisible. 

Le feuillage de cette espèce est très aromatique et depuis long- 
temps utilisé dans la pharmacopée, mais cependant sa valeur fé])ri- 
fuge est assez contestée quoique, dans certains cas de fièvn^s palu- 
déennes peu graves, l'Eucalyptol ait donné de bons résultats. 

Au point de vue hygiénique, cet arbre est donc très précieux, 
mais il ne l'est pas moins pour la reconstitution des forêts destinées 
à produire du bois d'oeuvre et de chaufîage. (Quoique la nature 
tordue de son bois le rende ditïicile à travailler, on en tire néan- 
moins un certain parti dans la menuiserie et pour la confection de 
madriers. Le bois devient de plus en plus rare et cher; la fabrica- 
tion du papier en dépense des quantités considérables chaque année; 
n'y aurait-il pas là, un atout dans le jeu de l'industrie, si des .sociétés 
se fondaient en vue de la production du bois destiné principalement 
à la pâte k papier. II y a tant de terres (jui ne sont |)as uiilist'cs, et 
il faut si peu d'années pour obtenir de gros Eucalyptus globulus 
bons k exploiter. Enlin, par k' recépage, les plantations faites (I;ins 
ce but seraient indélinies. 

Le bois d'l{. globulus est très libreux ; il n'est j)as tontestable 
(|u'on en retirerait d excellent papier et, comme la ])roduction est 
("norme et rapide, cette matière k bon marché. |)ernn'tti ait aux 
fabricants de réduire leurs prix. 

Peu d'arl>res, même parmi ses congénères, peuvent ètif (dniparés 
k l'E. globulus, pour la rapidité de la croissance. En cin<j ans, dans 
les sols ferrugineux d Algérie, on a obtenu des sujets dont le ti'onc 
k la base avait plus de 30 centimètres de diamètre avec une liauteui- 
de 12 il 1") mètres; en dix ans, ces dimensions sont plus que dou- 



LES Ei;c.ALVi>rrs 24-'i 

blées : on reste vraiment confondu crétonnement devant une pareille* 
activité de végétation. 

Une ex])loitation à laquelle on n"a pas encore soni^é, c'est celle 
des écorces des E. g'iohulus qui, annuellement, en fournissent 
beaucoup (quand ils ont un certain nge) et ([ui pourraient servir ;» 
la fabrication du papier. 

Le bois d'K. iji-lobulus est de première qualité pour le chavitfage, 
il est lourd, dur, mais très diiïicile à fendre parce que ses libres 
entrelacées se tordent en spirale. En Australie, il est universellement 
employé à tous les travaux de charronnage, de construction el 
autres; sa conservation en terre est, dit-on, indéfinie. 

.\ notre avis, elle nest guère plus longue que d'une dizaine 
d'années; quant à ses jeunes branches exposées peu de temps en 
plein air aux intempéries, elles pourrissent rapidement: il faut les 
utiliser le plus vite possible; elles forment un bon combustible pour 
chautîer les foiws des boulangers. 

En France, on a construit avec le bois de cet arbre de très beaux 
meubles et, en Australie, cet usage est très répandu. Lorsque ce 
bois est bien mûr, il égale en solidité et en valeur celui du meilleur 
chêne d'Europe; il est, de très peu, inférieur au teck. Son écorce, 
dont nous avons déjà parlé plus haut, est très riche en tannin et 
l'on s'en sert pour la préparation des cuirs; en Italie ces écorces 
sont déjà utilisées, depuis longtemps, dans ce but. 

b^nfin, l'expérience a démontré que l'E. globulus était incompa- 
rable pour la plantation des routes où, malheureusement, on le 
laisse croître à sa guise. Un avantage qu'il possède, dont nous avons 
déjà parlé, mais que l'on a rarement signalé, c'est qu il se rabat 
facilement, c'est-à-dire qu'à quelque distance de terre on en coupe 
le tronc, il repousse toujours avec une fougue nouvelle (ce qui 
n'arrive que rarement avec les autres espèces), et en peu de temps 
il reforme une nouvelle tête en produisant des baliveaux ({ui, en un 
ou deux ans, sont facilement utilisables pour n importe quels tra- 
vaux. 

Le recépage des E. <jlobiilus est une pratique à répandre, car 
elle est sage et augmente la production, dansdes proportions incon- 
nues chez aucun arbre forestier (fîg. 8). 

E. gomphocephala. — Arbre de 35 à iO mètres, de croissance 
presque égale au précédent ; son bois est nerveux, dur, rigide, à 



2ii 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



* grains fins, mais il est tellement fibreux qu'il est impossible de le 
fendre. Ce bois ne se déforme ni sous l'influence de la chaleur, de 
la sécheresse et de l'humidité, aussi est-il fort emplové dans son 




Kifi-. «. 



Eucalyptus j^lobulus. 



pays natal ;i tous les usaj^es courants. (]har|)ente, constructions 
navales, industrie, chaufîag-e. etc., c est un des plus solides que 
1 on c(jnnaisse. Cet arbre croît avec une très o^randc vig-ueur dans 
les sols calcaires, mais lentement, prestjue insensiblement (h»ns les 
terres siliceuses et fort mal ou pas du tout, dans les terrains aigi- 



LES KicALYPirs 245 

leux et compacts. Dans nos essais, en Algérie, il sest montré assez 
rustique et il a très peu souffert de l'hiver rig^oureux de 1880. (/est 
une belle espèce ornementale (lig. 9). 

E. goniocalyx. — Contrairement au précédent, cet arbre se plait 
dans les terres arifileuses. Son bois ressemble fort à celui de 
VE. (jhhnlns, mais cependant il est moins solide et plus facile à 
travailler et il sert à tous les usag-es domestiques du pays. On lestime 
il un haut point pour la construction des charrettes, voitures, etc., 
son emploi est courant [)i)in' la fabrication des roues de voitures. 

LE. (foniocHlyx est fréquemment cultivé dans le midi de la 
France; on le rencontre en Italie et en Alj^érie, où il atteint de 
Jurandes dimensions; on le trouve dans la collection (^ordier à 
Maison-Carrée, près Alger, et dans quelques jardins encore où il 
fait bon effet. 

E. Hœmastoma. — Bel arbre de iO mètres de hauteur à écorce blan- 
châtre ; très commun dans la Nouvelle-Galles du Sud, on utilise 
son bois pour les charpentes communes et pour le charbon (jui est 
d'excellente qualité. Il croît dans les terres sableuses, où aucune 
autre espèce ne peut venir. Nous l'avions en Alg-érie, où il se mon- 
trait très rustique: Ch. Naudin disait qu il serait précieux pour le 
reboisement des landes du Sud-Ouest de la France ; nous le crovons 
comme lui. car le froid de 1880. en Al<4érie, ne lui a occasionné 
aucun dommag-e. Dans tous les cas, nous pouvons le recommander 
pour son beau port ornemental. Cette espèce est également riche 
en résine kino. 

H. hemiphlœa. — Arbre de 23 mètres environ, à bois très dur. ({ue 
l'on compare à celui du buis; jl est en effet très solide et incon^up- 
tible; dans son pays d'origine, il jouit d'une réputation justifiée par 
ses excellentes qualités qui le font employer à tous les usasses 
domestiques et industriels; de plus c est un fort bel arbre d orne- 
ment, croissant facilement dans les sols ni trop compacts, ni trop 
lég-ers, et il se montre assez rustique. 

E. leucoxylon ou Ironbark. — Bois de fer des Australiens dépas- 
sant à peine 30 mètres de hauteur ; le bois qu'il fournit est incom 
parable, même ])armi ses congénères, pour sa forcQ, sa dvireté et la 
facilité avec laquelle on arrive à le travailler. 11 est tenu en haute 








:'ê^ 




WW01 








Fi{ç. 9. — Kucalyplus f^umplioccphala. 



AiS KUIALYPTUS 



247 



estime par les charpentiers, les constructeurs de navires, les char- 
rons, les menuisiers, etc. Des expériences faites en Australie en 
comparaison avec le chêne d'Amérique et le frêne, ont démontré 
toute sa force de résistance : il l'emporterait même sur le bois 
dHickory ovi noyer noir, dans la proportion de 18 *'/o. Les compa- 
ii'nies de chemins de fer et des mines utilisent cet excellent bois 
pour en faire des traverses et des étais, les fabricants d outils pour 
les instruments at^ricoles. 

Cet arbre croît dans les plus mauvais sols, dans les terres rocail- 
leuses, par exemple, où aucune autre culture n est possible ; toute- 
fois, il ne sort pas des terres granitiques, ce qui expliquerait ainsi 
le merveilleux développement qu il prend en Provence. Ce serait 
larbre par excellence pour reboiser (en partie du moins) les plaines 
de la Camarg-ue, et reconstituer, en Algérie, les massifs forestiers 
détruits par les Arabes, dans les montagnes qui entourent les 
plaines de la Mitidja, la Medjerda. le Ghélif, etc. Ces reboisements 
seraient une précieuse acquisition pour ces parties sèches de l'Algé- 
rie et rétabliraient l'équilibre entre la sécheresse et l'humidité, 
<^|ui existait à l'époque romaine. 

On ne peut que souhaiter, parce que jamais on ne consentira à faire 
d'aussi importants sacrifices pour décupler la valeur de cette superbe 
colonie qui ne demande qu'à prospérer et à laquelle une trans- 
formation de ce genre rendrait probablement son antique prospérité. 

Mais revenons au bois de ÏE. leucoxylon qui, tantôt blanc, tantôt 
foncé, est recouvert d'une écorce qui contient jusqu'à 22 "/o de son 
poids, lorsqu'elle est fraîche, de tannin kino, dont l'industrie retire 
im si grand profit lorsqu'il est mélangé avec celui retiré des acacias 
australiens, beaucoup plus riches en tannin et qui sont aussi des 
arbres de première utilité par leurs bois ou leui\s écorces. Peut-être 
un jour entreprendrons-nous un travail sur les Acacia- Mimosa 
tl Australie. — \^E. leiicoxi/lon est actuellement déjà très répandu 
dans toute la région méditerranéenne, notamment dans le Var, les 
Alpes-Maritimes et en Algérie, il est plus rare en Italie, sauf dans 
(juelques jardins privés et botaniques d'où, bien certainement, ils se 
répandront partout, d'ici quelqvies siècles, parce que. dans ce pays, 
tout va lentement : Chi va piano va sano, chi va sano va lonlano ! 

Tout le tempérament des Italiens de notre temps est résumé dans 
ce proverbe ; avec lui, ils ne redeviendront pas les Romains d'il y 
a 2000 ans, qui avaient concjuis tout le monde connu tant par leur 
bravoure que par leur diplomatie. 



2i.S ÉTUDES ET MÉMOIRES 

En résumé, l'^". leucoxylon est un bel arbre qu'on ne saurait trop 
recommander ni trop multiplier : il a donné, dit-on, une variété à 
fleurs pourpres très ornementales ; mais nous ne la connaissons ni 
de visu ni de nom. 

E. longifolia. — Cet arbre qui aime les terres profondes et fraîches 
réussit cependant très bien dans les sols g-raveleux, secs et 
médiocres. Avec son tempérament comparable à celui de VE. leu- 
coxylon, il pourrait servir comme ce dernier à reboiser les mauvais 
terrains, qui auraient pourtant un peu de fond. Cette espèce propre 
à l'Australie extra-tropicale atteint 50 mètres de hauteur ; son bois 
solide et i-ésistant est propre à tous les usages indirjués pour l'espèce 
précédente. Il végète parfaitement dans toute la zone méditerra- 
néenne, mais ne conviendrait pas sur les hauteurs dépassant plus de 
200 mètres d'altitude. Dans tout le sud de l'Algérie, cet arbre ren- 
drait de grands services si on l'y implantait, car il ne craint pas l;i 
sécheresse, et la grande chaleur lui est favorable. Dans le Sahara 
il lui faudrait peut-être des irrigations. Entin, c'est un bel arl)re 
d Ornement (fig. 10). 

11 serait précieux en Afrique du Sud et aux Indes, pnrticulière- 
ment en Annam et au Tonkin. 

E. loxophleba. — Arbre de ;J0 à X\ mètres de liaulcur, avec un 
tronc déj)assant un mètre de diamètre à la base, poussant très droit, 
principalement quand il est réuni en colonie dans les forêts de 
l'Australie du Sud. Son bois, même sec, est excessivement dense et 
lourd; il est des plus recherchés dans l'industrie du charronnage. 
Cette espèce est d'introduction relativement récente; cependant, il 
se comporte bien en Provence et en Algérie chez M. (]ordier : il 
e.st assez ornemental et mérite sûrement une culture étendue. Il pro- 
duit aussi beaucoup de tannin kino quand il est placé dans des con- 
ditions favorables. 

E. Lehmanni. — Ch. Xaudin en faisait un arbuste de 'A à i mètres. 
M. II. Morel assure (ju il dépasse chez lui 1(1 mètres et que ses 
graines sont très cui-ieuses. C'est un bel arbnî d'ornement, dit 
M. de \ ihnorin ; en attendant, nous estimons (pi il [)eut avoir son 
empkii en sylviculture et (jue les boisements des collines n'y per- 
draient point : (le plus, il résiste aux vents violents et aux sèche- 



LES EUCALYPTUS 



249 



resses intenses, ce qui le rendrait propre aux boisements dans les 
oasis du Sahara et à son utilisation dans nos colonies du sud de 
l'Afrique 




•■ojy 



Fia-. 10. 



EiK'alA'pl us longit'olia. 



E. macrorryncha. — Arbre de iO mètres et plus de hauteur, crois- 
sant sur les collines rocailleuses et stériles de la Nouvelle-Galles 
du Sud où il reste confiné à une faible altitude. Son bois très lourd 
et très dense sert à tous les usages domestiques, particulièrement 
à la fabrication d'un excellent charbon. Ce bois est presque de même 



2o0 ÉTUDES Kl :M15M0IRKS 

qualité que celui des E. f/lohulus et rouf rata, mais beaucoup meil- 
leur que celui de ÏE. oldiqiia. Son écorce qui se détache naturelle- 
ment en larg-es plaques, sert à faire des couvertures rustiques . comme 
elles sont très filandreuses, on en retire des liens solides en agri- 
culture. Cette espèce serait également très propre à fournir, par cette 
dernière production, une bonne matière première pour la fabrication 
de la pâte à papier, et cela sans être obligé de couper l'arbre lui- 
même. Viendrait parfaitement dans les régions du sud de l'Algérie 
et de la Tunisie, et aussi dans toutes les régions chaudes du globe. 

E. Maculata. — Arbre de 40 à 45 mètres de hauteur, dont le liois 
est dur, de h)ngue durée ; travaillé et poli, il présente des mouche- 
tures dune grande beauté, ce qui Ta fait adopter par l'ébénisterie 
pour la fabrication des meubles ; la marine et la tonnellerie en retirent 
de réels avantages; le charronnage l'emploie communément. Il 
paraît que ce bois otfre une résistance aussi considérable que celle 
du chêne d'Hurope. Cette espèce se contente des terres les plus 
médiocres, ou du moins de qualité moyenne, de plus, elle supporte 
admirablement la sécheresse. Serait excellent dans le sud de l'Algé- 
rie, pour les montagnes du littoral de la Corse, les Chott tunisiens, 
etc. 

E. Marginata (Jarrah ou faux acajou). — Arbre de 4(1 mètres et 
plus, dune croi.ssance assez rapide, constituant en Australie-Sud- 
Occidentale, de vastes forêts qu'on évalue à plus de quatre millions 
d'hectares. On a calculé que chaque hectare produit annuellement 
près de 50 mètres cubes de bois marchand destiné à l'ébénisterie. 
Les abatages se font en automne ou sur la fin de l'été : dans ces 
conditions, le bois ne se déjette pas. Le Jarrah croît de préférence 
dans les .sols ferrugineux, il ne viendrait donc pas partout ; il se 
plaît énormément en Algérie dont les terres sont de cette qualité, et 
si l'on en reconstituait les forêts brûlées par le vandalisme des 
Arabes, on en retirerai! de sérieux avantages et des bénéfices 
imj)ortants. 

Le bois de cette belle espèce, travaillé avec soin par l'ébénisterie, 
constitde un des plus beaux que nous connaissions. A l'exposition 
de 1900, nous avons pu admirer toute une installation de bureau, 
faite avec cette précieuse matière première, qui dégage une odeui- 
|)articulièrement agréable. 



LKS ErCALYPTUS 2o1 

L Exposition australienne était certes une des plus intéressantes 
au point de vue industriel ; eh bien 1 le croirait-on , pendant six 
mois, elle ne reçut pas 10.0(10 visiteurs. Comme on se désintéresse 
en France aux choses utiles, on aime mieux voir des futilités ou 
les hommes volants par exemple, mais nappuyons pas. 

Le bois de \ E. marginaln passe pour indestructible, il n'est 
attaqué par aucun insecte, et Dieu sait si ceux-ci pullulent en 
Australie. On le recherche aussi pour les pilotis et autres ouvrages 
sans cesse en contact avec l'eau de mer. Les postes-télég-raphes en 
font une grande consommation ; les chemins de fer en usent d'in>- 
menses quantités, enfin partout on en fait un emploi énorme : 
cependant ce bois n atteint toutes ses qualités que lorsqu'il a été 
coupé en bonne saison et à maturité complète (Hg. 11). 

Ch. Naudin rapporte qu'en 1877, 1 ingénieur chargé des travaux 
publics dans la ville de Perth (Australie occidentale), fît enlever 
des pilotis de bois de Jarrah qui avaient été mis en place en 1834 ; 
il constata que ce bois était encore en très bon état après 43 ans 
de séjour dans l'eau ; il n'avait pas été attaqué par les tarels pour- 
tant très nombreux sur cette côte. Des pieux enfouis sous l'eau 
depuis 30 ans pouvaient à peine se disting'uer de ceux qui ne ser- 
vaient que depuis un an. 

Cette longue résistance du bois de \E. marginafa est due, selon 
toute vraisemblance — ceci d'après Gh. Naudin — à une résine de 
couleur rouge, très analo^^ue à la phlobaphène ' dont il contient 16 à 
17 <>/o, en revanche, il ne fournit g-uère plus de 4 à 5 % de kino. 

Si réellement 1 appréciation du reg'retté botaniste était reconnue 
véritable, il y avirait un intérêt capital à exploiter cette résine qui 
rendrait tant de services dans nos pays septentrionaux, où la pour- 
riture a bientôt fait d'anéantir les bois exposés à toutes les intem- 
péries ; il suffirait de les enduire de cette gomme probablement, 
pour les rendre imputrescibles. 

Le g-rain de ce bois est remarquablement fin — nous avons vu 
qu on en fait des meubles de toute beauté — ; pour les constructions 
navales, on le considère comme préférable au teck et autres bois de 
llnde. Cependant, le bois qu'on retire des régions montag-neuses 
est plus foncé en couleur, plus compact et plus lourd ({ue celui 



I. C'est k' iinin donné aux nialiéri-s cultjrauLes n-tii-i'-es des écorccs de quercitron, 
ciimpéche, etc. 



252 



ETLDES ET ME^lOIRES 



de la plaine. Le capitaine Faweett déclare que c'est un des bois les 
moins inflammables et par suite un des meilleurs pour la fabrication 




Fig. 11. — Eucalyptus m;ii'i;iii;ilii. 



du charbon. Puisque ce bois est si (liflicile à îdlumer, il serait tout 
indicjué pour reconstituai' les forêts dans les ré<^ions al^i'-ricnnes oii 



Ll-;s EICALYPTUS 253 

les incendies périodiques les ont presque toutes détruites : on serait 
ainsi à peu près sur de les voir arriver à tout leur dévelo[)pement. 

(Ih. Naudin disait : « On suppose que cette arbre réussirait mieux 
tlans les régions montagneuses de l'Australie. » Si cela était vrai, 
(pielle ressource ne serait-il pas pour l'Alg-érie, où j'ig-nore s'il a été 
essayé à différentes altitudes atin d'en ju^^er le deg-ré de rusticité. 

Gomme taille, l'^". manfinata ne rivalise pas avec les plus grandes 
espèces du g-enre, cependant c'est un très bel arbre; on en cite des 
échantillons qui mesuraient 2o mètres du sol aux premières 
l)ranches avec un diamètre de plus de 3 mètres 50 à hauteur 
dhomme. C'est là une belle taille en vérité, et aucun végétal de nos 
forêts n'y atteindra jamais. Autour du pied, comme beaucoup 
d'autres espèces d'eucalyptus, celui-ci produit de grosses loupes 
(jiii en accroissent considérablement le diamètre : ces loupes 
peuvent être utilisées — et le sont probablement en Australie — 
lorsqu'elles sont bien sèches, pour en faire des planches de placage 
de toute beauté et d'un grain d'une linesse remarquable. 

Dans nos essais comparatifs en Algérie, cette espèce s'est mon- 
trée rustique et résistante aux vents violents de la mer ; sa crois- 
sance était assez rapide, mais moindre cependant que l'^*. glohuliis. 

'A suivre.) H. de Noter. 



NOTES 

LA ClT^rniK 1)K I.A CANNKLLh 

AT iv()rAN(;-T()xr, 



Les (listricls producteurs de la cannelle sont, en (>iiine. les 
rég'ions méridionales du Kouang'-Si el du Kouanj^-Tong\ D'après lui 
rapport de M. Hone, du Service consulaire britanni<jue, la cannelle 
cultivée dans ces régions serait le diniinmomitni cassia, iîlinnc 
dont on utilise, non seulement lécorce, mais aussi les pilitcs 
branches, les bourgeons et les feuilles. 

Au Kouang-Tong, la culture de la cannelle est presque exclusi- 
vement confinée au district de Lo-Ting-Tcheou, circonscription 
administrative qui se trouve sur la rive droite du Si-Kiang, au sud 
de celle de To-King-Tcheou. 

T'n des journaux cantoiinais vient de publier, tout récemment, 
sur cette culture dans le district de Lo-Ting-Tcheou. une note dont 
on croit intéressant de donner la traduction : 

La |)luparl des montagnes de la préfecture de Lo- 1 ing-Tcheou 
sont plantées en canneliers. Voici quels sont, au dire des habitants, 
les ava"Titages de cette culture. Il peut être planté HOO canneliers j)ar 
chaque meou (arpent chinois) de terrain de montagne. L'ensenu^n- 
cement des graines de cannelier requiert au début une niain-d n'ini-e 
évaluée à dix dollars par meou). Dans le courant de cha(|ue année 
(jui suit l'ensemencemenl, il faut arracher deux fois les herbes. La 
niain-d (cuvre nécessitée par ce travail est évaluée ;i '1 dollars par 
nu'ou. La 3'" année après lensemencement, on procède k la cueillette 
des feuilles el des petites bi'anches desquelles on extrait 1 liuiK' (pii 
sera vendue. On ol)tient alors un revenu de 4 à ;> dollars (par meou). 
L'huile de cannelier se vend, en ell'et, de o ii (> dollars la livre chi- 
noise. .V partir de ce moment, toutes les années sont des années de 
ra()porl : le icnciiu ne fait (ju'augmenlcr. Il ne peut pas décroître. 



Cl LTURK m: 1,A CANNELLK 255 

Ce n'est qirai)rès la 7'" ou la 8*' année que la poussée des feuilles 
devient un peu moins fournie. On taille alors les vieilles branches 
et on les vend pour emploi médicinal. On ne laisse que le tronc cen- 
tral qui, un an après, émet de nouvelles pousses; celle-ci se 
recouvrent de feuilles avec la même abondance que précédemment. 
Cette culture est extrêmement avantageuse. Elle n"a pas besoin 
d'engrais. Elle ne demande de précautions spéciales ni contre la 
sécheresse ni contre Ihiunidilé. Elle n'est pas limitée à des terrains 
déterminés. Elle est possible partout où peut donner l'herbe, et là 
oii l'herbe pousse, on peut toujours faire des plantations. Cette 
année il n'y a pas une seule colline en friche qui n'ait été plantée en 
canneliers, en raison des gros revenus que donne cette culture et 
du peu de dépenses de main-d'œuvre qu'elle exige. Il n'y a pas de 
culture qui soit plus rémunératrice. 

Les mamelons herbeux de la haute région tonkinoise, offrent avec 
ceux de la région de Lo-Ting-Tcheou la plus grande analogie ; la 
composition des terrains est à peu près la même; les conditions 
climatériques et les régimes de pluies et de sécheresse sont iden- 
ti(jues. La culture de la cannelle que l'on affirme être productive à 
Lo-Ting serait donc susceptible de rapports certains, également dans 
ces régions du haut Tonkin qui sont nôtres et (jui sont encore la 
plupart du temps incultes. 

Il y aurait donc là, peut-être, un essai intéressant à tenter. 

[Extrait d'une communication du (Consulat de France à Can- 
ton.) 



DOCUMENTS OFFICIELS 



RAPPORT 

AU PRESIDENT DE I,A RÉPUBLIQrE FRANÇAISE 

Paris, le 26 juillet 1911. 
Monsieur le Président, 

La décret du 5 décembre 1901 a décidé que des arrêtés spéciaux du 
ministre des colonies pourraient intei'dire l'entrée des plants de caféiers 
dans les colonies autres que l'Algérie et pays de protectorat autres que la 
Tunisie, eu vue d'éviter les progrès de la maladie des caféiers, dite Henii- 
feiu oaslnirix. 

Conformément à ces dispositions, un arrêté du ministre des colonies, 
du 2B décembre 1901, a déterminé les conditions dans lesquelles les plants 
et semences de caféiers pouvaient être introduits dans nos possessions. 

Or. il résulte des renseignements parvenus à mon département que 
riiemileia vastatrix vient de faire son apparition dans les plantations de 
café des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie. 

Mtant donnée la g-ravilé de celte nouvelle qui accuse linellicacité des 
mesures prescrites par l'arrêté précité, il convient de prendre toutes les 
précautions nécessaires pour protéger d'une- façon aussi complète que 
possible les plantations des autres colonies non encore attaquées. 

Tel est le but du |)r()jet de décret ci-joint que, d'accord avec M. le 
garde des sceaux, j'ai l'honneur de soumettre à votre haute sanction. 

Je \ous prie d'agréei-, monsieur le Président, l'hommage de mon pro- 
fond respect. 

/.(■ ministre des colonies, 

A. Lebrun. 

Le Pr(''sidenl de la Réj)ublique française, 

Sur le rapport du ministre des colonies et du garde des sceaux, ministre 
de la justice. 

Vu le sénatus-consulte du :i mai 185i: 

\ u le décret du 5 décembre 1901 relatif à la protection des colonies 
autres que l'Algérie et des pays de protectorat autres que la Tunisie 
contre les j)rogrès de V /Iemilci;i r;isl;ilri.r; 

Le conseil d' l'état entendu, 



DOCUMENTS OFFICIELS 287- 

Décrète : 

Art. 1'''. — Des arrêtés spéciaux du niinfstre des colonies peuvent, en 
vue d'empêcher la propagation de la maladie des caféiers, dite Ilemileia 
vaslalrix, interdire l'entrée dans les colonies et pays de protectorat autres 
que l'Algérie et la Tunisie : 

1" Des plants de caféiers ; 

2" Des autres arbres et végétaux vivants susceptibles de servir à l'in- 
troduction de ladite maladie. 

La nomenclature de ces arbres et végétaux sera établie, le cas échéant, 
par arrêtés des gouverneurs g"énéraux et gouverneurs. 

Art. 2. — Le ministre <lefi colonies détermine les conditions auxquelles, 
s'il y a lieu, sont subordonnées, à défaut de prohibition formulée en vertu 
de l'article précédent, l'entrée et la circulation, dans les colonies et pays 
de protectorat autres que l'Algérie et la Tunisie', des plants de caféiers, 
des autres arbres et végétaux vivants susceptibles de servir à l'introduc- 
tion de l'hemileia vastatrix. ; ; 

Il fixe également les conditions dans lesquelles les rameaux, feuilles, 
fruits, graines et débris des caféiers et desdits arbres et vég'étaux peuvent 
entrer et circuler dans ces colonies et pays de protectorat. 

Art, 8. — Les infractions aux dispositions des arrêtés pris par le 
ministre des colonies, en exécution des articles 1 et 2 du présent décret 
seront punies d'une amende de ."iO à 500 francs. 

Art. 4. — Ceux qui, à l'aide d'une manœuvre frauduleuse, auront 
introduit dans les colonies et pays de protectorat autres que l'Alg^érie-et 
la Tunisie des plants de caféiers, arbres d'abri et autres végétaux vivants 
dont l'entrée aura été interdite par arrêté du ministre des colonies en 
vertu de l'article 1''' du présent décret, seront punis d'un emprisonnement 
de un mois à quinze mois et d'une amende de 50 à 500 fr. ou de lune de 
ces deux peines seulement. 

Art. 5. — Les peines prévues aux deux articles précédents seront 
doublées en cas de récidive. 

Il y a récidive lorsqtie, dans les douze mois précédents, il a été rendu 
contre le délinquant un premieji joag-ement par application du présent 
décret. 

Art. 6. — S'il existe des circonstances atténuantes, les tribunaux sont 
autorisés, même en cas de récidive, à réduire l'emprisonnement au-des- 
sous d'un mois et l'amende au-dessous de 50 fr., sans toutefois pouvoir 
abaisser ces peines au-dessous de celles de simple police. 

Art. 7. — Est abrogé le décret siisvisé du 5 décembre 1901. 

Art. <S. — Le ministre des colonies et le garde des sceaux, ministre de 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N° 102. 18 



258 DOCUMENTS OFFICIELS 

la justice, sont chargés chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du 
présent décret qui sera publié au Joiirunl officiel de la République fran- 
çaise et inséré au liiillelin des lois et au Bulletin officiel du ministère 
des colonies. 

Fait à Rambouillet, le 26 juillet 1911. 

A. Fai.lières. 



NOMINATIONS ET MUTATIONS 



Afrique occidentale. 

Par décret du M juillet 1911, rendu sur le rapport du ministre des 
colonies, M. Adam (Jean), inspecteur de 1'^'' classe d'agriculture, a été 
nommé directeur de 3'^ classe d'agriculture et maintenu à la disposition 
du Gouverneur général de l'Afrique occidentale française. 

Par arrêté du Gouverneur Iténéral. 
En date du 1^' juillet 1911. 

MM. Delabonnin (Arsène) et Barlhel (Albert), agents principaux de 
culture de .S^ classe, sont promus agents principaux de culture de 
*2^ classe. 

M. \'uillel (Jean-François), directeur d'.Agriculture de '2^ classe, retour 
de congé, est mis à la disposition du Lieutenant-Gouverneur du Haut- 
Sénégal-Niger. 

Haut-Sénégal et Niger. 

Par décision du Lieutenant-Gouverneur. 

En date du 'M) juin 1911. 

Un congé administratif de sept mois et un passage pour la France 
sont accordés à M. Ravisé, directeur du jardin d'essai de '1^ classe. 



Indo-Chine. 

/';//• arrêté du Gouverneur général de l' Indo-Chine. 

En date tlu I" juin 191 I . 

M. Merckel, agent principal de culture, est désigné pour remplir pai- 
intérim, pendant l'absence de M. Magen, les fonctions de Chef des Ser- 
vices agricoles et commerciaux au Cambodge. 



COURS ET MARCHÉS 

DES PRODUITS COLONIAUX 



CAOUTCHOUC 



LE HAVRE, *"> septembre 1911. — (Communiqué de la Maison V'aijuin et 
ScHWEiTZER, I, rue Jérôme-Bellaimato.) 

Depuis notre dernier communiqué, le marché est resté calme, les prix pour 
sortes Para, Pérou ont baissé très légèrement alors que toutes les autres 
sortes sont restées en général sans changemeut et l'on cote : 



Para fin. 



Francs 
12.50 à 12.85 



Para Sernamby 7 . 50 

Pérou fin 12.25 

Pérou Sernamby 10 

— — caucho . 1 

Maniçoba 7 . 25 

Madagascar : 

Tamatave Pinky 1 7 

— Pinky II 6 

Majunga 6 



9 

12.50 
11 



23 



50 
50 



Faranfanpana 5 

Anahalava 6.50 

Mananzary. , 

Barabanja . , 6 

Lombiro. ) 

Tuléar 5 

Tonkin 6 

Congo : 

Haut-Oiibanglii 1 1 . 40 



11. 

10 

9. 

7. 
9 

7 
8 



7.50 

6 
9.50 



11,60 
Le tout au kilo, 



Francs 

Kotto 11.40 à 11.60 

H. G, Batouri 7.50 S 

Ekela Kadei Sangha 11 

Congo rouge lavé 4 

Bangui 11 

Koulon-Niari 6 

Manibéri 5 

N'Djolé 6.50 

Mexique feuilles scrappy 9.50 

— slaps 6 

Savanilla : 

San Salvador 9 

Carthagéne. 7 

Ceylan : 

Biscuits, erépes, etc. . \ 

— — e.vtra. . [ 13 13.75 

Scrap.s ) 

Balata Venezuela blocs.. 7.50 8 

Balata — feuilles.. S 8.50 

magasin Havre. 



11 


50 


5 




11 


50 


9 




6 




7 


50 


10 


25 


7 . 


50 


11 




8. 


50 



B0RDEAlàX,2 septembre 1911. — (Communiqué de MM. D. Dukfau et 
C'^, 10, rue de Cursol.) 

La demande s'est fait sentir sur nos sortes Africaines pendant quelques 
jours durant août, et il s'en est suivi quelques transactions, réduites cependant 
par les prétentions de certains importateurs. 



260 



COURS ET MARCHES 



Le calme semble vouloir revenir avec la faiblesse du Para qui de l'i fr. 00 
est à présent à 13 fr. l'i environ. 
Nous colons : 



Francs 



Conakry Niggers 

Rio Xuncz 


10 
11 


rio 


Suudan Nigfjers Rouges 

Soudan Niggers Blancs 


10 
9 


•'ô 


Soudan Manuli 


11 


r?> 


Lalioii NlL-'iiers 


s 


.K) 


I>ahuu Petits Cakes 


s 





Francs 

I-aliou (^.akes Moyens 7 . 50 

Gambie A ".50 

Hassani J>unips .ï 

Cianibie A. M 6..Î0 

— B 5 . 50 

Taniata\e rooly 5.25 

(>nm[)itsi Madagascar 8.50 



ANVERS, t scpteniiire l'.M 1. — ((Jomnuininué de la Suciété coloniale Aii- 
rersoise, 0, rue Rubens.) 

Le niiirclié de caoïilcliouc [lendanl le mois dernier a été assez irrég-ulier, 
néanmoins vei's la fin du mois les cours se sont raflermis. Notre vente |)ar 
inserij)tiou qui se tenait le 2i août dernier a bénéficié de cette fermeté et les 
])ri.\ obtenus à cette vente ressortaient de :LH2 ° o pour les espèces du Congo 
et de 5.63 °/o pour les caoutclioucs de plantation. 

Les cours à cette époque étaient les suivants : 



Francs 

Kas^ï rouge I 12 à 12 . 375 

Kasaï rouge genre tru- 
anda II n(jiselte 9.50 lo 

Kasaï noir 1 12.25 I - . liO 

Kf|uateur, Ycngu. Ikeleni- 

ba, Lidonga, etc 12.25 12.60 

Lnpori Maringa 7.30 7.80 



Francs 
Haut -Congo ordinaire. 

Sankuru, Lnniani 12.20 à 12.25 

.\ru\\iini 12 12.. '^5 

Strails Crêpes I 15.50 15. .575 

( juayule 5 . 50 ti 

Maniçoba 7 , iO 7.90 

Mongola lanières 12 12.35 

\\'aniba rouge 1 7 . 50 8 



Marché à terme. 

Les affaires ont été irrégulières pendant le mois d août, les transactions 
accusent environ 7(t(» tonnes. 



Francs 

Janvier I.S.65 

Février 13.35 

Mars 13. 15 

Avril I2.9U 

.Mai 12.75 

.înin 12. 75 

Stock liiijiiillrl l'.il! iti.'i hinnes 

Arriv âges en amil 396 — 

Ventes en aoùl 339 — 



Francs 

Juillet 12.75 

Août •' 

Scptcnibi'c 15.25 

Octobre 14.55 

Novembre I -i . 40 

Décembre .• , 14'. 20 

.Vriivages depuis le 1 " jan- 
vier 2.880 tonnes 

\'entcsde|)nis le I" jan\ier. 2.916 — 



COURS ET MAKCHES 



261 



COTONS 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, H svyAi^'mhvc l'Jll. — Cote officielle. — Louisiane très ordi- 
naire en balles, les oO kilos). 



Francs 

Janvier-février 73.75 à 74.37 

Mars-avril 73.75 71.62 

Mai-juillet 73.87 74.50 

Auiit 73.75 74.37 



Septembre. 
Octobre. . . 
Novembre. 
Décembre . 



Francs 
70.87 à-81.75 
74.62 75.62 

74 74.75 

73.75 74.50 



Tendance soutenue. Ventes : 6.200. 



LIVERPOOL, 8 septembre 1911. — Ventes endis[)onible : 10.000, .\mérique 
bonne demande. Amérique en hausse de l»i 100; Brésil en hausse de 15,100; 
Indes, calmes. Cotes Broach en baisse de 1 16 ; cotes Egypte en hausse de i/16 ; 
importations, 1,243; futurs ouverts en baisse de 3 à 4/100. 



CAFES 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, 8 septembre 1911.— Santos good average, les 50 kilos, en 
entrepôt : 



Février. . . 

Mars 

Avril-juin. 
Juillet.. .. 



Francs • Francs 

74.75 Septembre-octobre 76.75 

7 4.25 Novembre 76.50 

74 . 50 Décembre 75 . 75 

7 4.25 Janvier 75.25 



Tendance soutenue. Ventes : 84.000. 

ANVERS. 8 septembre 1911. —Cafés. —Clôture.— Cote officielle de café, 
Santos Base good les 50 kilos: septembre, 72 fr. 25; octobre, 7.7 fr. ; 
novembre, 76 fr. 50 ; décembre, 76 fr. 23 ; janvier, 73 fr. ; février, 73 fr, ; 
mars, 75 fr. ; avril, 73 fr. ; mai, 75 fr. ; juin, 73 fr. ; juillet, 75 fr. 

Tendance ferme. Ventes : 35.000 sacs. 

HAMBOURG, H septembre 1911. — Les 50 kilos : septembre, 76 fr, 87 ; 
juillet, 76 fr. 87. ... 



Tendance soutenue. 



262 



COURS ET AI ARCHE?; 



CACAO 

LE HAVRE, 31 août 1011. 

Au droit de 104 francs. 



Guayaquil A ni ha. . 

— Balao . . . 

— Mactiala 

Para 

Garupano 

Colombie 

Ceylan, Java 

Trinidad 

Grenade 



Francs 
à 82 



72 
110 
82. 
75 



50 



77.50 
76 
76 
76 

117.50 
95 
78 
76 



Sainte -Lucie. Domi- 
nique, Saint- Vincent. 

Jamaïque 

Surinam 

Bahia fermente 

San Tliomc 

Côte d'Or.. 

Samana 

Sanchez Puerto Plata. . 
Haïti 



Francs 

67.50 à 

65 

72 

70 

7 i 

66 

68 

67 

56 



n 

72 
75 
7S 
76 
70 
70 
70 
72.50 



Au droit de r)2 francs. 



Francs 

Congo français 95 à 100 

Martinique 90 92.50 

Guadeloupe 92 96 



Madagascar, Réunion. 
Comores 



Francs 
92.50 à 100 



MATIÈRES GRASSES COLONIALES 



MARSEILLE, 1') août l'JU. - Mercuriale spéciale de « lAgriculture 
prati(jue des Pays chauds », par MM. Rocca, Tassy et de Roux.j 

Coprah. — Tendance ferme. Nous colons noniinalemenl eu disponible les 
100 kilos c. a. f. , poids net délivré conditions de place. 



Java sundried. . . 

Saïnou 

("ofiinou 

Paciliffue Samoa. 



Francs 
61.50 

57 .75 
58 . 50 
59 



Occanie française 59 



Francs 

Ceylan sundried 65 

Singapore 60 

Macassar 59.50 

Manille 58.50 

Zanzi bar 59 

Mozambique 59.50 

Huile de palme La<,^os. ttO l'rs ; Bouiiy-Henuin, <i7 frs : qualités secon- 
daires, à 64 frs les 100 kilos, conditions de Marseille, fûts perdus, prix 
pour chargement entier. 

Graines de palmiste Guinée 42.50 délivré 

— MowiM Manque 



COURS ET MARCHÉS 263 

Graines oléaçfineuses, — -Situation calme; nous cotons nominalement : 

Francs 

Sésame Bombay blanc grosse graine 39 

— — petite — 38 

— Jaffa 45 

— big^arré Bombay. Grosses graines. 50 "/o de blanc. . 39 
Graines lin Bombay brune grosse graine 4G 

— Colza Gawnpore. Grosse graine 29 

— Pavot Bombaj' 38 

— Ricin Coromanclel 28 

Arachides décortiquées Mozambique 38 

— — Coromandel 31 

Autres matières. — Cotations et renseio-nements sur demande. 



TEXTILES 

LE HAVRE, 6 septembre 1911. — (Communiqué de la Maison Vaquin 
el Schweitzer.j 

Manille. — Fair current : 49 fr. 50 à 50 fr. — Superior Seconds : 49 fr. 75 
à 50 fr. 25. — Good brown : 4t> fr. à 47 fr. 25. 

Sisal. — ■ Mexique : 55 fr. à 57 fr. 50. — Afrique : 01 fr. à 66 fr. — Indes 
anglaises : 30 fr. à 46 fr. — Java : 59 fr. 75 à 70 fr. 

Jute Chine. — Tientsin : 46 fr. à 48 fr. — Hankon : 45 fr. à 49 fr. 75. 

Aloès. — Maurice : 56 fr. à 70 fr. — Réunion : 56 à 69 fr. 50. — Indes : 31 à 
37 fr. — Manille : 34 fr. à 42 fr. 

PiassavH. — Para : 130 à 150 fr. — Afrique : Cap Palmas : 53 à 56 fr. — 
Sinoë : 52 à 54 fr. ; Grand Bassam : 52 à 55 fr. ; Monrovia : 50 fr. à 52 fr. 

dhina Grass. — Courant : 77 fr. à 86 fr. — Extra : 95 fr. à 117 fr. 



Kapok. — Java : 210 à 240 fr. — Indes : 125 à 130 fr, 
Le tout aux 100 kilos, Havre. 



GOMME COPALE 

ANVERS, 8 septembre 1911. — (Communiqué de la Société Coloniale 
Anversoise.) 

Le marché du copal a été 1res ferme et en hausse, nous cotons pour qua- 
lité courante à bonne : 

Gomme triée blanche de belle qualité. . . . 320 à 350 

— — claire transparente 230 à 260 

— - assez claire opaque i45 à 180 

— non triée de qualité courante 110 à 135 



264 



COURS KT MARCHÉS 



LE HAVRE, sept(-inl)rc IVtll. 
Schweitzer. I 

Gomme cwpale AlVique 

— — Madag'ascar 



Conimuniijué de MM. Vaquin et 



jii à Kmi Iraiics t 
10(1 à UH) — ^ 



les loi) ki'. 



POIVRE 

(les 50 kgr. en entrepôt) 
LE HAVRE, X septembre 1911 : 



Saigon. Coui'sdu jour (les "tO kgr. entrepôt) 

Francs 

Sept tMTibro 91 

Octobre 91.50 

Novembre 92 

Décembre 92 . 50 

Janviei' 93 

Février 93.50 



Francs 

Mars 94 

.Vvril . . ., 94.50 

.Mai 95 

Juin 95.50 

Juillet 96 

Août " 



Tendance soutenue; ventes... 



IVOIRE 

ANVERS, V septembre l'.»M. — Communi<|ué de la Société coloniale 
Anvcrsoise. 

M;i relié inchangé et avec peu d'atTaires. 



BOIS 



LE HAVRE, r. septembre 1911. 
Scb\veil/.«'r. 

Francs 

Acajou Haïti C à 10 

— Mexique If< 40 

— Cuba . . 10 40 

— Gabon 11 22 

— Okoumé s lu 



— (Communiqué de MM. Vaquin et 

l'rancs 
Kbène-Gabon 20 à 35 

— Madagascar 15 30 

— Mozamhique S 15 

le tout au\ loo kilus. Havre. 



MAT.ON, PHOTAT KHKHKS, IMPKIMKIIHS 



L' Kdileur-liérant : A. Chamamei. 



ENGRAIS POTASSIQUES 

Nécessaires à tout planteur 

désireux de tirer le maximum de rendement des capitaux et travaux eng-ao-és. 

La consommation éocrme de ces en^-rais est la meilleure preuve de leur efficacité. 

Et) 1909. elle a été de plus de 

TROIS MILLIONS TROIS CENT MILLE TONNES 

Les engrais potassiques 
convenant le mieux à la fumure des plantes de nos colonies, sont : 

'*^ SULFATE DE POTASSE 

ei le CHLORURE DE POTASSIUM 

Brochures et renseignements enooyés gratnitentent sur demande. 

BROCHURES EN TOUTES LANGUES 
sur la culture et la fumure de la plupart des plantes tropicales et subtropicales 

s'adresser 

au Kaiisyndikat G. m. b. H. Agrikulturabteilung, Dessauerstrasse 28-29, Berlin S, W. 11 

ou au BUREAU D'ÉTUDES SUR LES ENGRAIS 
15, rue des Petits-Hôtels, Paris 



ASSOCIATION 

DES 

Planteurs de Caoutchouc 

48, Place de Meir, 48 
ANVERS 



Centre d'union et d'informali m pour tous 
ceux qui s'intéressent à la culture rationnelle 
du Caoutchouc. 

RENSEIGNEMENTS 
techniques et financiers 

Bulletin mensuel, 16 pages in-4o 



Actualités, articles techniques, nouvelles 
concernant la culture du caoutchouc, rapports 
de sociétés, déclarations de dividendes, le 
marché du caoutchouc, cotes et rapports du 
marché des valeurs de sociétés de plantation 
de caoutchouc. 



Abonnement : frs. 12.50 par an. 




VILMORIN-ANDRIEUX k C'^ 

4, Quai de la Mégisserie, PARIS 



LIANE A CAOUTCHOUC 
Landolphia Heudelotii 



La Maison VILMORIN-ANDRIEUX & C'^ toujours soucieuse d'être 
utile à son nnportanle clientèle, a cm devoir s'occuiier d'une façjon 
toute particulière de l'importation et de la vulgarisation des i^^raines et 
plantes précieuses des pays chauds. 

Ses relations commerciales avec toutes les parties du globe la placent 
certainement au premier rang des maisons recommaudables pour 
résoudre cette importante question . 

Du reste, ses efforts ont été couronnés de succès puisqu'elle a 
obtenu 7 Grands l'ricc à l'Exposition Cniveisellc de igoo, dont un 
spécialement accordé pour son Exposition Coloniale. En outre, le Jury 
delà dernière Exposition Coloniale de Marseille a confirmé les décisions 
du Jury de 1900 en lui attribuant un Grand Prix. 
Enfin, suivant une longue tradition, la INIaison se fait un devoir de répondre de la façon la jtlus désin- 
téressée à toutes les demandes qui lui sont adressées. 

Graines et jeunes plantes disponibles au fur et à mesure de la récolte : 

Plantes textiles. — Agave Sisalana du Yucatan (vrai), Cotons sélectionnés, Jute, Fourcroya 
^igantea, etc. 

Plantes économiques. — Cacaoyer (variétés de choix), Caféiers (espèces diverses). Coca, Kola, 
Tabacs divers. Thé (l'Aiinam et d'Assam, etc. 

Plantes à caoutchouc. — Castilloa elastica, Eupliorbia Inlisy, Ficus divers, Hevea brasiliensis, 
Landolphia (diverses sortes), Manihot Glaziovii, Mnrsdenia verrucosa, Willughbeia ediilis, cic. 

Plantes à épices. — Canellier de Ceylan, Gingembre des Antilles, Giroflier, Muscadier, l'oivrier, 
Vanilles du Mexique et de Rourbon (boutures), etc. 

Graines de plantes médicinales, à gomme, à huile, à essence, à tanin, etc , etc. 



Emballage spécial. — Nous croyons devoir appeler l'attention de notre clientèle d'outre-mer sur 
l'avantage qu'ils Irony^ront à einployer nos caisses vitrées (caisse Ward) pour l'expédition des jeunes 
plants ou des graines en stratification. 



GRAINES AGRICOLES ET- INDUSTRIELLES 

Graines d'Arbres et d'.Arbustes pour pays tempérés et tropicaux. 

Assortiments de Graines potagères, Fleurs, etc., appropriées aux différents climats. 



CAT.VLOGIE SPÉCIAL POUR LES COLONIES FRANCO SIR DEMANDF 

Correspondance en toutes langues. — La maison n'a pas de succursale ni de dépôt. 



lie Année Octobre 1911 No 103 

MINISTÈRE DES COLONIES 

Jardin Colonial 



L 'Agriculture pratique 

des pays chauds 



BULLETIN MENSUEL 

DU 

JARDIN COLONIAL 

ET DES 

Jardins d'essai des Colonies 



Tous documents et toutes communications relatives à la rédaction 

doivent être adressés 
ou Directeur du Jardin Colonial, Ministère des Colonies 



PARIS 

Augustin C H A L L A M E L , E d i t e u b 

Rue Jacob, 17 

Librairie Maritime et Coloniale 



Les abonnements partent du /er Janvier 
Prix de l'Année (France, Colonies et tous pays de l'Union postale). — 20 fr. 

La reproduction complète d'un article ne peut être faite qu'après autorisation spéciale. 
Les citations ou reproductions partieties sont autorisées à condition de mentionner la source 



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Exp°"Univii° Anvers 1894 _. -^ ^-JU— ,-i. _ -..^-.«^in.i.^ 

.MÉ.....KS .on SOCIETE ANONYME 



1 MED. D ARliENl 



Exp"" Univ"' Liège 1905 

DIPLOMES d'honneur 



DES 



Engrais Concentrés 

à ENQ-IS (Belgique) 

Engfrais complets 

pour Cultures 

tropicales 




Cotonnier. 



PRODUITS î 




Caoutchouc, Canne à sucre. 
Cacao, Tabac, Coton, Ba- 
nane, Riz, Café, Thé, Maïs, 
Vanille, Indigo, Ananas, 
Orangers, Citronniers, Pal- 
miers, elc. 




Superphosphate concentré ou double r 

43/5o "/» dacide phosphoriqiie sohible. 

Phosphate de potasse. 38 "/o .l'acide 

pliosphorique, 2G oyj, de potasse. 

Phosphate d'ammoniaque. /,3 «/n d acide ^^""® ^ ®''^^^ 

|)hosphorique, 6 *'/o d'azote. 

Sulfate d'ammoniaque, 20/21. Nitrate de soude, i5/i6. 

Nitrate de potasse. 44 «/o de potasse, i3 o/e d'azote. 

Sulfate de potasse, 9G. — Chlorure de potasse, 95 "/o 



L'AGRICULTURE PRATIQUE 

DES PAYS CHAUDS 



BULLETIN MENSUEL DU JARDIN COLONIAL 

ET DES JARDINS D'ESSAI DES COLONIES FRANÇAISES 



lie année Octobre 1911 No 103 



SOMMAIRE 

Paires 
Le Bois de rose de la Guyane. Notes sur quelques caractères de ce 

bois, par A. Berleau, Irisi;-énieur d'Âg-riculture coloniale.. . . 265 

Le Soja, sa culture, ses usages alimentaires, thérapeutiques, 
agricoles et industriels^ par MM. Li-Yu-Yng-, Conseiller 
au Ministère de l'Agriculture de Chine et L. Grandvoïnnet, 
Ing-énieur agricole (G.) [suite] 270 

Cours de Botanique Coloniale appliquée, par M. Marcel Dubard, 
Maître de Conférence à la Sorbonne, Professeur à l'Ecole 
Supérieure d'Ag-riculture Coloniale (suite) 295 

Le Caoutchouc en Indo-Chine, par M, Pernot, Ing-énieur ag-ro- 

nome (suite) 3 1 o 

Les Eucalyptus, par R. de Noter (suite) 817 

NOTES 

Index des noms vernaculaires de quelques végétaux du N.-O. 
Africain, par L. Claveau, Sous-Inspecteur d'Ag"riculture 
en Indo-Chine 333 

Une exception au caractère diadique du papayer, par A. Berteau 34o 

DOCUMENTS OFFICIELS 

Arrêté conférant le diplôme d'Ing-énieur d'Agriculture coloniale. ... 3^1 

Côte d'Ivoire . Arrêté accordant aux cacaos le bénéfice de la demi- 
détaxe douanière 34 1 

Océanie. Décret fixant les quantités de vanille à admettre au bénéfice 

de la détaxe en 191 1-19 12 ^ 3^3 

Indo-Chine . Importation des graines d'Hevea 344 

Nominations et Mutations 344 

Cours et Marchés des Produits Coloniaux (caoutchouc, coton, café, 
cacao, matières g-rasses, textiles, g-ommes, poivre, ivoire, 
bois) 345 



Bibliog^raphie v et 



VIII 



Fondé en 1901 ^ — 

(^'(Agriculture pratique des Says chauds 

publiée sous la Direction 
de l'Inspecteur Général de TAgriculture des Colonies françaises 

Etudes et mémoires sur les Culiures et l'Elevage des pays tropicaux. 
Articles et notes inédits. — Docuiueuls officiels. — llapports de missions, etc. 
avec figures et photographies 

Un numéro de 88 pages paraît, tous les mois 
CHAQUE ANNÉE DEUX VOLUMES DE 

ABONNEMENT ANNUEL (UnioU pOStale) . . . . 

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Une attestation entre mille. — je suis heureux de vous informer que l'essai de votre produit 
l'ASOL, que j'ai aiipliquù cet été sur une de mes serres à orchidées, a pleinement réussi : Je ne l'ai appliqué 
que sur la serre froide, ;t Odontoglossnm. J'ai obtenu une température l)eaucoup iilus basse, tout cet été, et 
|e n'ai pas l)aisse une seule fois mes stores « claies « ; malgré les forts coups de soleil J'ai donc obtenu de 
la fraiclieur, sans pour ainsi <lire perdre le Jour. C'est un avantage énorme de n'avoir pas à baisser et 
remonter les claies constamment, et c'est une économie. 

Signé : Debbacohahps, propriétaire et amateur d'Orchidées, à Rueil, 



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Deux Grands Prix : Milan 1906. — Saragosse 1908. 
Hors concours. — Membre du Jury : Exposition franco-britannique, LondreSjl908. 



4l« Année Octobre 1911 N-» 103 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



LE BOIS DE ROSE DE LA GUYANE 



NOTE SUR QUELQUES CARACTÈRES DE CE BOIS 

En même temps qu'il commençait la rédaction de son travail, 
M. Bassières nous communiquait quelques matériaux devant per- 
mettre une étude préliminaire, sur le Bois de rose de la Guyane. 

Ces matériaux, de provenance guyanaise, consistaient seulement 
en quelques copeaux servant à la fabrication de l'essence. 

La nature de nos échantillons ne nous a pas permis de donner 
tous les caractères que nous aurions voulu, particulièrement 
pour /?e qui concerne les caractères pratiques si importants, d'un 
examen à Vceil ou à la loupe. 

Cette petite note se présente donc simplement, comme un début; 
nous nous réservons de la compléter plus tard, dès la réception 
d'une nouvelle et plus ample documentation. 

Caractères macroscopiques. — Le bois de structure assez dense 
se présente en coupe radiale avec une couleur jaune clair agréable 
à l'œil ; avec un peu d'attention on y perçoit l'existence de petites 
plages plus foncées, se détachant en brun mat sur l'ambiance 
jaune clair brillant. 

Ces petites plages plus foncées, ne sont autres que les rayons 
médullaires secondaires, apparaissant sur lensemble des fibres 
ligneuses d'aspect luisant. 

Si l'on humidifie ce bois, les plages médullaires qu il fallait 
examiner avec un peu d'attention, apparaissent très nettement avec 
une teinte plus accentuée. 

En cet état, le bois a un aspect légèrement moucheté. 

1. Pour la bibliographie, voir celle cilce dans le texte de l'étude de M. Bassières : 
Le bois de rose de la Guyane et son huile essentielle. Agriciillure pratique des 
Pays chauds, u° 100 à 102. 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 103. 19 



2G6 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



Caractères histologiques : /" En coupe transversale. — On dis- 
tingue très nettement des plages relativement peu lar<^es, limitées 

latéralement par les cellules 
des ravons médullaires 
(fîg-. 1), de place en place 
et assez irrég-ulièrement, se 
trouvent de gros vaisseaux 
du bois à diamètre beaucoup 
plus grand que le paren- 
chyme tibreux avoisinant ; 
ces vaisseaux souvent isolés, 
peuvent parfois être réunis 
|)ar deux ou trois ; nous pou- 
vons dire déjà que le dia- 
mètre des vaisseaux est de 
12'") ;j. en moyenne; celui des 
libres 23 [j. ; les cellules des 
rayons médullaires ont sou- 
vent plus de GO ;j, d'allonge- 
ment dans une coupe trans- 
versale. 

Les fibres ont une lumière 
assez grande, qui égale en- 
viron deux fois l'épaisseur 
des parois ; parfois cependant 
l'épaisseur de la paroi est 
plus considérable. 
Il existe quelques cellules ligneuses, se distinguant à peine des 
libres ; en section longitudinale, la distinction est plus aisée, et l'on 
voit que ces dernières sont beaucoup plus nombreuses. 

Les rayons médullaires secondaires, présentent quelquefois une, 
souvent deux, tiles de cellules. 

Sur quelques coupes nous avons pu distinguer des zones saison- 
nières ; une a été précisément représentée dans lu /i;/iirc /, où l'on 
j)eut remarquer une plus grande densité du tissu vers le l)as du 
dessin. 




Fig. 1. 



Coupe transversale du Bois do 
Rose de la Guyane. 



t^'* En coupe longitudinale radiale. — Les libres ligneuses pré- 
sentent alors leur plus grand allongement, et apparaissent en jaune 



LE BOIS DE ROSE A LA GUYA^E 



267 



clair; perpendiculairement à cet allongement, et de place en place, 
se trouvent les ravons médullaires, dont de nombreuses cellules 
ont un contenu brun, sur lequel nous reviendrons un peu plus 
loin. 

Ce sont ces cellules, k contenu foncé, que nous avons lig-uré en 
pointillé sur nos dessins (fîg. 2 et 3). 

On remarque plus particulièrement dans les coupes longitudi- 




Fij;-. 2. 



Bois de Rose de la Guyane. — Cellules des Rayons médullaires 
secondaires. — Coupe radiale. 



nales, de nombreux thylles dans la cavité des vaisseaux du bois. 
Ces vaisseaux sont très souvent ponctués, à ponctuations peu 
serrées ; nous avons parfois distingué des vaisseaux rayés et réti- 
culés accompagnant les premiers. 

S'^ En coupe lonyiludinale tangentielle. — Les fibres ligneuses 
sont légèrement courbées par suite de la présence de fuseaux plats 
de rayons médullaires. 

Les fibres ligneuses ne sont pas enchevêtrées ; elles sont au plus 
ondulées. 

Ces rayons médullaires ne présentent en épaisseur, comme nous 
l'avons dit précédemment, que rarement plus de deux cellules ; 
ces fuseaux dans leur grand axe, possèdent une dizaine de cellules 
superposées et souvent plus ; dans ces cellules, on perçoit encore 
un contenu brunâtre; pour quelques-unes il apparaît nettement des 
ponctuations (fig. 3). 



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LE BOIS DE ROSE A LA GUYANE 



269 



Caractères microchimiques. — La potasse à froid fait passer le 
bois par une teinte jaune dorée, puis ensuite brune. 

La potasse à chaud nettoie naturellement les tissus, en faisant 
abandonner un précipité grumeleux brun 
qui se dépose au fond du récipient. 

La phlorog-lucine et l'acide chlorhy- 
drique, communiquent au bois une teinte 
vive, brillante, rose carmin, assez inégale. 

L'acide azotique fumant, donne aux tissus 
une teinte jaune brun foncé ; l'action de 
l'ammoniaque n'est pas très nette ; il en 
est de même de la réaction de Maule l. 

Nous avons, d'autre part, essayé l'action 
de différents réactifs des résines sur nos 
coupes, afin de nous efforcer de connaître 
l'origine de la coloration des cellules des 
rayons médullaires. 

L'alcool éthylique fait disparaître en 
partie, cette coloration ; il en est de même 
pour la benzine et le sulfure de carbone. 

Nous avons essayé, également, d'être fixé 
sur la localisation des cellules à essence, 
à l'aide de l'orcanette ; les cellules des 
rayons médullaires ainsi que certaines 
autres contiguës à ces dernières, et légè- 
rement plus grandes que les fibres voi- 
sines, nous ont seules donné un caractère 
positif. 

Il semble donc, que ces rayons médul- 
laires, contiennent une essence, celle signalée dans le travail de 
M. Bassières, et de plus une oléo-résine communiquant la teinte 
brune, particulière, qu'affectent les cellules de ce tissu. 

Résumé des caractères énoncés. — Nous résumons sous forme 

d'un tableau, analogue à ceux présentés par MM. Perrot et Gérard ^, 

ainsi que ceux de M. Martin Lavigne 3, les caractères principaux 

de l'échantillon que nous avons pu examiner. 

A. Berteau. 




Fiff. 3. — Bois de Rose de 
la. Guyane. Rayons mé- 
dullaires et fibres li- 
gneuses, coupe tangen- 
tielle. 



1. Nous nous promettons de revenir sur ce point. 

2. Ém. Perrot et G. Gérard, Recherches sur les bois des différentes espèces de 
Légumineuses africaines. Les végétaux utiles de V Afrique tropicale française, Paris, 
Challamel, 1907. 

3. Martin Lavigne, Recherches sur les bois de la Guyane, Paris, Vigot, 1909. 



l/LE SOJA 

{Suite.) 



§ IV. — Engrais. 

Influence des engrais sur le soja. Engrais organiques. — D'après 
les expériences faites en Autriche par le comte Atteins, il ne faut 
jamais semer le soja sur fumure directe au fumier de ferme, mais 
seulement 2 ou 3 ans après. 

Engrais minéraux. — Des expériences faites à Nice par 
M. Levallois, dans un sol pauvre en azote et en acide phosphorique, 
il résulte que les engrais complets minéraux augmentent les rende- 
ments mais donnent des graines moins grosses, moins lourdes et 
moins riches en azote. 

a) Nitrate de soude. — Les engrais azotés ont un effet défavo- 
rable sur le rendement du soja comme le montrent les expériences 
faites par M. Adams à Rhode Island, et par M. Lechartier en 
France. En effet, dans les expériences faites par ce dernier en 1900, 
la suppression de l'azote dans la fumure a donné lieu à une aug- 
mentation de rendement de 800 kilos par hectare pour le fourrage 
vert et de 400 kilos par hectare pour le grain (voir graphique I). 
Dans les expériences faites par le même auteur en lî)OI, l'adjonc- 
tion a amené une diminution de rendement de 400 kilos pour le 
fourrage vert et de (iO kilos pour le grain (voir graj)hi([ue 11). Ces 
mêmes expériences ont montré que le nitrate de soude n'exerçait 
une action satisfaisante que lorsqu'il était accompagné d'engrais 
phosphatés. 11 faut remarquer en effet que l'excédent de rendement 
apporté pour une fumure composée de nitrate de soude, scories est 
plus fort que la somme des excédents apportés par ces mêmes 



LE SOJA 



271 



enj^-rais ag-issant séparément sur deux cultures dill'érentes. Le nitrate 
employé seul a amené (voir graphique I) une diminution de 
400 kilos de fourrage, les scories employées seules ont amené une 
augmentation de 400 kilos, bien supérieure à la somme des excé- 
dents. 800 — iOO =^ 400 kilos amenés par les engrais employés 
séparément. 

Graphiqle I 

j 200 Kilos Superphosphate 

-1 c ^ /^/ MO — Chlorure de potassium. 

J Engrais complet ) ^^^ _ ^.^^^^^ de soude 

Plaire. 



22 000 Kilos. 



22 200 Kilos. 



22800 Kilos. 



22800 Kilos. 



Fourrage uert. 



200 



Engrais complet moins la potasse. 



n Engrais complet moins l'azote. 



Engrais complet aoec dose double 
d'acide ptiosptiorlque. 



Grain 



1500 Kilos 



1300 Kilos 



1.900 Kilos. 



1700 Kilos 



Engrais complet. 

Engrais complet moms la potasse. 

[ Engrais complet moins l'azote. 

Engrais complet avec dose double 
d acide pliosphorique. 



Il ne faudra donc employer les engrais azotés que si le sol est 
très pauvre en azote, et en tous cas ne jamais les employer seuls. 

b) Chlorure de potassium. — D'après les expériences de 
IVI. Lechartier, il semble diminuer le rendement en fourrage mais 
augmenter le rendement en grains (voir graphique 1). De même 
que pour le nitrate de soude, son action est augmentée par la pré- 
sence d'engrais phosphatés. 

c) Ençfrais phosphatés. — Ce sont les plus efficaces sur le rende- 
ment du soja, aussi bien en fourrage qu'en grain. De plus, ils 
favorisent l'action des autres engrais azotés et potassiques, les 
expériences de M. Lechartier offrent un bel exemple de la néces- 
sité d'équilibrer entre eux les dilférents éléments nutritifs dans les 



272 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



iSttOO Kilos 



UOOO Kilos 



15800 Kilos 



19.200 Kilos. 



20 800 Kilos 



23 1*00 Kilos 



30700 Kilos 



Graphique II 



excédents. 



.. Plâtre seul Kilos 

Plaire + Nitrate - UOO 



.. Plâtre -^Chlorure de potassium... - 2.600 

"~ Plâtre ^ Scories + 800 — 

...Plâlre+ Nitrate ''■Scories.... + 2.^00 

Plâtre^Chlorure^Scories .. + S.OOO 



Engrais,.,^ j2^00 

complet 



Scories iiOO Kilos. 

Chlorure de potassium ... 200 — 

t^itrote de soude 200 — 

Plâtre 200 — 



^ ,, , Chlorure de potassium... 200 
Engrais complet: ^.^^^,^ ^^ ^^^^^ ^^^ 



1300 Kilos 



121^0 Kilos. 



75ii0Kiloî> 



I /f 00 Kilos 



1 600 Kilos 



ISUO Kilos 



1700 Kilos. 



Plâtre seul . 



Plâtre + Nitrate . 
Plâtre 



Chlorure 



Excédents 


... - 60 

- + 2k0 



I ... Plçtre + Scories + 100 



Plâtre + Scories .y-^oO 
+ Nitrate. 



Plâtre + Scories + Chlorure .. . + UO 



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complet. 



Plâtre 200 Kilos. 

r , , Chlorure de polassium... 200 

Erçrois complet: | ^^^^^^^ ^^ ^^^^^ 2OÛ 

Scories ^00 



fumures si Ton veut obtenir des résultats économiques. En elï'et, 
dans les expériences de 4901 (voir g^raphiciue II) le nitrate de soude 
seul a occasionné une perte de 400 kilos de fourrage, le chlorure de 
potassium seul a occasionné une perte de 2.600 kilos. Les scories 



LE SOJA 21^ 

employées seules ont donné un gain de 800 kilos, ce qui nous don- 
nerait une perte totale de 2.600 + 400 — 800 = 2.200 kilos. Or 
les trois engrais employés ensemble ont donné un augmentation de 
rendement en fourrage de 12.300 kilos. De même pour le grain, les 
engrais employés séparément ont donné un gain total de 280 kilos ; 
ensemble ils ont donné un gain de iOO kilos. 

Il faudra donc éviter d'employer de fortes doses d'un seul engrais 
et toujours bien combiner ses formules de fumure suivant la 
richesse du sol en éléments nutritifs. 

M. Lechartier propose pour les terrains granitiques la fumure 
suivante : 

Chlorui'e de potassium 200 kilos 

Superphosphate 16 °/o 200 — 

(ou 400 kilos de scories à lô^/o) 

Nitrate de soude 100 — 

Dans la généralité des terrains, il suffira d'employer les engrais 
phosphatés et potassiques à doses plutôt faibles. 

§ V. — Préparation .du sol. 

Voici comment on opère généralement en Chine : le champ des- 
tiné à recevoir le soja est labouré à l'automne. Au printemps sui- 
vant on fait un hersage, un nouveau labour, puis vin couvrage. 
Cette dernière opération qui se fait au moyen d'une herse rudimen- 
taire en branchages a pour but de remuer la partie superficielle du 
sol pour l'empêcher de trop se dessécher. Après le semis on donne 
un roulage. 

Au Tonkin ' on donne généralement deux labours et deux her- 
sages. 

Le soja n'a qu'un enracinement superficiel, mais il faudra toute- 
fois remuer assez profondément le sol pour permettre la constitu- 
tion d'une réserve d'eau suffisante. 

D'après M. Itié - on cherchera à obtenir un terrain bien travaillé 
et assez tassé en ameublissant toutefois la partie supérieure sur 
5-6 centimètres. 



1. Bui Quang- Ghieu, Les cultures vivrières au Tonkin. 

2. Itié, loc. cit. 



271 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Dans la Caroline du Sud on emploie les billons pour surélever 
les plants à cause de Ihuniidité. 

§ VI. — Place du soja dans les rotations. 

Au point de vue des cultures qu il précède le soja a un effet 
double : il étouffe les mauvaises herbes et enrichit le sol en azote. 

Le soja est donc une plante nettement améliorante. Toutefois 
son action ne s'exerce pas au même degré sur toutes les cultures, 
c'est ainsi qu'au Canada * on a trouvé le soja excellent pour prépa- 
rer le sol avant une culture d'orjj^e. Avec de l'avoine -, au contraire, 
on a eu de moins bons résultats en la faisant précéder de soja 
qu'en la faisant précéder de fève (Massachussett). 

Grâce à ses bactéries fîxatnces d'azote et aux résidus qu'il laisse 
dans le sol le soja pourra dans une certaine mesure remplacer les 
engrais azotés pour les céréales. 

Le soja est excellent pour précéder le tabac ou l'indigo. 

Il en est de même pour le maïs et le sorgho. Dans l'Etat de 
Tennessee on préfère le cowpea (Vigna sinensis) au soja pour pré- 
céder le maïs et le sorgho. Pourtant des expériences comparatives 
faites dans l'Arkansas entre le soja, le cowpea. la vesce avant le 
sorgho ont montré que c'était le soja qui donnait les meilleurs 
résultats. Pour précéder le coton, au contraire, la vesce paraît être 
légèrement .supérieure. 

Le soja peut également précéder le riz, comme cela a lieu depuis 
longtemps en Chine. 

Voici à titre d'exemples quelques types de rotations les plus 
employées. On remarquera qu'elles sont toutes de très courte 
durée : 

Nord de la Mandchourie : 

Orge, 

Froment, 

Soja. 
Sud de la Mandchourie •* : 

Riz, 

Maïs, 

Soja. 

1. Fifld, Jîxp. (lunmla Farina Itpl. 1S90. 

2. Miissnch. Sla. lipls, 1806-97. 

.} li:!/)/). Cnns. Vladivostock, \" février i9l0. 



LE SOJA 



27o 



Mandchourie * : 

Sorgho (Caolian), 
Soja, 
Blé. 
Caroline du Xord et Tennessee ^ : 
Blé Orge 

ou 
Soja Soja. 

(On fait en une année doux récoltes de soja luUif ou uno de soja tardif. 

CHAPITRE III 

SEMIS DU SOJA 

§ I. — Etude des semences. 



Poids des graines. — Voici, d'après quelques auteurs, le poids 
des graines de soja : 



MESURES 



l Sajo d'Ét 
I S. t\ Gr. , 



Lechartier 

.1. Robert 

Wein 

de Blaskowicz 
Hosie 

Brenier 

Bui-Quanff-Chieu (Tonkin) 



'Étampes 

Jaune 

S. à Gr. Noire 

S. noir hâtif de Podolie. 



Glycine Hispida 
Tumido-Pallida 
de Harz 



Mandchourie).. . . 
i (Mandchourie). . . . 
' Jaune du Japon .-. 

Jaune du Tonkin 



POIDS 
de l'hect. 



72,5 
73,5 
71,5 

75.5 
67,4--6 



50 
62,5 

75 
72,5-75 

7:} 



POIDS 

de 1.000 

arraines 



S2-IT5 



156-159 fjr. 



NOMBRE 

de graines 

au kilo 



7.400 

8.500 

12.200 

7.400 



1. H. Brenier, La question du soja [Bulletin économique de l'IndoChine. mars- 
avril 1910\ 

2. Soja beans. par Cavendish Evelyn Liardct. 1910. 



276 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

D'après Wein', le poids spécilique des graines est de 1,27 à 1,25. 

On s'est demandé si les graines venant en Europe, seraient 
aussi bonnes que celles d'origine chinoise. Les analyses faites à 
l'Ecole impériale et royale d'agriculture d'Autriche-Hongrie 
montrent qu'au contraire le grain est devenu plus lourd tout en 
restant aussi riche. En elîet on a obtenu : 

Poids de 1000 gr ains 

Graines d'origine 81,5-105 grammes 

Graines de première reproduction 110,5-154,5 — 

Graines de deuxième — 141,8-103,6 — 

Graines de troisième — 110,0-151,0 — 

Faculté germinative . — Quand les graines sont fraîches, leur 
faculté germinative est très grande. De Blaskowicz avait semé en 
pleine terre 2.915 graines : 13 seulement ne germèrent pas, ce qui 
donne une faculté germinative de 99,55 "/o. 

Cette faculté germinative diminue considérablement chez les 
graines âgées ou mal conservées, ce qui tient vraisemblablement à 
la matière oléagineuse de leur contenu. 

De Blaskowicz avait essayé d'activer la germination en trem- 
pant les semences dans l'eau pendant plusieurs heures, mais les 
graines éclataient et se décomposaient en partie. Elles étaient 
beaucoup moins pleines qu'auparavant, l'eau ayant enlevé une 
partie de la matière. 11 faut donc s abstenir du trempage pour le 
soja. 

Sélection des semences. — // faut garder les graines les plus 
lourdes comme semences. En elFet ces graines donnent des plantes 
plus fortes et par suite un meilleur rendement, comme le montre 
l'expérience faite en 1896 à la station expérimentale d'agriculture 
du Massachussett 2. 

Semis le 15 septembre : 

De 5 graines pesant ensemble 1 gr. 010 

et de 5 — — gr. 410 

Récolte le Ki décembre : 

Les 5 graines lourdes ont donné une récolte de 86 gr. 10 
Les 5 graines légères — — 50 gr. 

1. Wein, Joiirn. f. Pract. Landwirlschnft, 1S81, t. XXIX. 

2. The Yearhook of Ihe Deparlmenl of agriculture, 1896. 



LE SOJA 27? 

Le rendement obtenu avec des graines deux fois plus lourdes 
est donc presque double. 

Hellriegel a établi que cette différence de rendement était plus 
forte dans les terres appauvries et qu'elle diminuait pendant la 
maturité de la plante après avoir augmenté jusqu'à la floraison. 

Cette augmentation de rendement par les graines lourdes est due 
à ce que ces dernières permettent la formation de racines plus 
abondantes qui amènent une nutrition beaucoup plus active de la 
plante et par suite son plus grand développement. 

Il y aura donc intérêt à trier les graines et à n'employer que les 
plus grosses pour les semis. 

§ II. — Epoque des semis. 

Elle diffère suivant qu'on cultive le soja pour sa graine ou 
comme fourrage. Mais dans tous les cas il ne faudra pas semer 
avant que tout danger de forte gelée ne soit passé. On peut 
admettre que le soja ne résiste pas à 2'' ^ 

De Blaskowicz préférait les semis tardifs parce qu'ils facilitent 
la culture et empêchent la croissance des mauvaises herbes; la 
semence rattrapant rapidement celle qui a été semée avant. Mais 
d'après Renner ces semis tardifs ont le grave inconvénient de 
diminuer le rendement car l'élévation rapide de la température 
fait monter les plantes et les empêche de se ramifier. Ceci a été 
confirmé en Amérique par une expérience faite sur la variété 
Mammoth Yellow -. 



Époque du semis 


Rendement 


D 


iminution 


17 juin 


24,73 




— 


11 jours 








28 juin 


23,16 




6,4 °/o 


18 jours 








13 juillet 


17,59 




29 



En France, l'époque qui paraît convenir le mieux est celle du 
15 avril au 1*"'" mai. En cas de mauvais temps on pourra attendre 
jusqu'au 15 mai et même jusqu'en juin. 

1. Itié, Le soja Aç/riculture pratique des pays chauds, 1910, n° 14). 

2. Tennessee-Ct. /)uL,82. 



278 ÉTLDLS ET .MÉMOIRES 

Va\ Italie, on sème en mars-avril car les gelées sont moins à 
craindre, sauf dans la haute Italie où on retarde jusqu'en avril-mai 
par crainte des gelées '. 

En Algérie, on sème au début du printemps. On peut faire éga- 
lement des cultures dérobées '-. 

En Amérique on sème suivant les régions, de mai à juin. 

En Cochinchine, on sème en octobre-novembre. 

Dans 1 Inde, de juin à septembre. 

Dans la Nouvelle-Galle du Sud, en octobre. 

s; 111. — Espacement des plants. 

Il doit varier avec : 

i" La récolte qu'on veut obtenir. — L'écartement sera plus grand 
pour les cultures de graines que pour les cultures fourragères, car 
des plants serrés mûrissent leurs graines plus tardivement. 

2^ Le climat. — L écartement doit diminuer au fur et à mesure 
que le climat devient plus rigoureux. Ainsi, dans le midi de la 
France, on pourra adopter m. 7^ en tous sens et dans les envi- 
rf)ns de Paris m. 50 seulement. 

3" Le terrain. - — L'écartement sera augmenté dans les terres 
fortes et diminué dans les terres légères. Il sera plus grand dans 
les sols riches que dans les sols pauvres, car un sol riche per- 
mettra un plus grand développement des plants. 

C'est ainsi que le comte Attems, en Autriche, a trouvé comme 
étant les meilleurs, des écartements de m. 'UJ pour un sol pauvre 
et de m. 50 pour un sol riche. 

i" Les variétés. — Pour les variétés à grand développement 
feuillu, il faudra augmenter les écartements pour permettre à la 
phinlc (le j)rendre toute son ampleur. 

11 laudrji donc pour chaque exploitation rechercher lécartement 
optimum. En praticjue, ceci est assez dilïicile à obtenir, car les 
cliillVrs peuvent varier d'une année à l'autre comme le montrent 
les résultats obtenus au Canada de ISDU à 11102 ', et que nous don- 
nons ci-après. 



1 . l'iimliiii. lor cil . 

L'. Triihiit, lor, cil. 

■i. I^.in.idn l'.rfil. fil mis /{/(/.s, I8!t.s-I902. 



0,70 


0,53 


— 


0,88 


0,71 


0,71 


— 


0,71 


0,71 


— 


0,88 


— 


— 


0,88 


0,;i;3 
0,79 



LE SOJA 279 

Stations Espace ment upli nuini 

_ 1899 1900 1901 



Province maritime . 
Colombie anglaise. . 

Olawa 

Manitoba 

Territoires du X.-O 



Les dilVérences de rendements ont été peu considérables. 
Aux États-Unis on a obtenu ég-alement des différences très sen- 
sibles entre les espacements optima pour les difterentes régions. 

Kansas » 0,7:i X 0,05 

Caroline du Nord ' 0,90 

Indiana- 0,81 

Pour les autres pays on indique les espacements suivants : 

Nouvelle-Galles du Sud 0,00 X 0,15 

Indes Anglaises 3 0,20 — 0,25 

( Midi 0,30 

France | Paris 0,75 

( Bretagne (I>echartier) 0,40 X 0,15 

Autriche-Hongrie 0,48 

^ IV. — Profondeur des semis. 

Peu d'essais ont été faits à ce sujet. De Blaskowic/. conseillait 
trois à six centimètres d'enfouissement. On n'a pas intérêt à aug- 
menter la profondeur, car la g-raine est suffisamment résistante. 
De plus, en augmentant la profondeur on retarde et on peut même 
supprimer la levée. Church conseille 2 a 3 cent. o. On a constaté 
que la variété Mammoth ne lève pas quand elle est enfouie à plus 
de 3 centimètres. 



i. Kansas SU. Bull., 32. 

2. Indianu Sla. Bull., 120. 

3. Church Food grains of India, 1 40. 



280 ÉTUDES Et" MÉMOIRES 

§ V. — Quantités de semence à répandre par hectare. 

Elle varie suivant : 

1<> La faculté germinative de la semence; 

2° L'usage ultérieur de la récolte; 

3" Le mode de semis. 

Nous avons vu que la faculté germinative diminue rapidement 
quand Tâge de la graine augmente. 11 faudrait donc avant chaque 
semis faire un essai pour déterminer le pourcentage de graines 
pouvant germer. On calculerait alors la quantité à semer en tenant 
compte de ce chiiTre. Par exemple, si on a une semence ayant une 
faculté germinative de 75 *'/„ et que la quantité à répandre par hec- 
tare soit de 40 litres dans une culture donnée, il faudra en réalité 

semer : =z, = 53 1. 33 par hectare de façon à compenser 

les non-germinations. 

11 faudra semer plus pour les cultures fourragères que pour les 
cultures pour graine, car l'aération des plants est moins nécessaire 
dans le premier cas où on ne recherche pas la maturité. D'après les 
expériences faites en Amérique ' il faudrait répandre au semoir : 

Pour la graine 29 1. à 33 1. 5 

Pour le fourrage 14 1. à 65 1. 

L'emploi du semis en lignes et surtout du semis en poquets per- 
met de réduire considérablement la quantité de graines à répandre 
par hectare. 

C'est ainsi que dans Tlndiana on a trouvé comme donnant les 
meilleurs rendements les quantités suivantes ' : 

Quantités semées] 
en litres 

Au semoir 35,7 

A la volée 130,66 

En France on emploie : 

En poquets 35 kilos 

A la volée 200 — 

En Algérie on emploie : 

l\>ur le fourrage •* 40-60 kilos 



'n^ 



1. Itié, Le soju {LAfjriciillure prali(iue des pays chamls, mars 1910). 

2. Indiana Sla liulL. 120, pp. 439-460. 
;j. Trahul, loc. cil. 



LE SOJA , 281 

§ Vi. — Exécution des semis. 

Les semis peuvent se faire : 

1° A la volée, 
i" En lignes, 
3" En poquets. 

Le premier mode ne peut être employé que dans les terrains 
dépourvus de plantes adventices, car il empêche les façons d'entre- 
tien. Il est surtout employé pour le fourrage. 

Les semis en lignes sont employés dans les exploitations des 
Etats-Unis et du Canada 

CHAPITRE IV 

LE SOJA PENDA^T SA VÉGÉTATION 

^ I. — Germination. 

La levée du soja est retardée dans les terres dures, desséchées 
et mal labourées. Il faudra donc chercher à avoir, par des façons 
appropriées, un ameublissement suffisant de la couche qui recouvre 
les graines. 

La sortie de terre a lieu généralement en une semaine dans les 
circonstances ordinaires. Le plant se développe d'abord lentement 
puis part ensuite très vite. 

La croissance du soja est rapide et permet sous quelques climats 
de faire deux récoltes par an (Caroline du Nord, Tunisie ', certaines 
provinces de Chine). 

La durée de végétation qui est en moyenne de 120 jours, peut 
varier très sensiblement avec : 

le climat, 
les variétés, 
répo([ue du semis, 
l'emploi des engrais. 

Dans les pays chauds la durée moyenne donnée plus haut peut 
être réduite de moitié. C'est ainsi qu'à Ceylan on récolte les 

1. Farmers hiil., 372, p. 12. 
Bul. du Jardin colonial. t9l I. IL — N» 103. 20 



282 ÉTUDES ET -MÉMOIRES 

graines deux mois après le semis ', en Chine trois mois, en 
Nouvelle-Galles du Sud deux mois et demi à trois mois. En France 
il faut compter six mois, en Podolie et en Lithuanie trois à 
quatre mois. 

Les variétés ont des durées de végétation très dillerentes les 
unes des autres. On aurait d'après M. Itié ^ pour les variétés 
américaines : 

Buckshot i^Early Black) 7b jours 

Ito San 81 à 129 — 

Médium Yellow 80 à 164 — 

Meyer HO — 

N» 12.. 399 130 — 

Médium Early Yello^Y 150 — 

Mammoth Yellow 113 à 186 — 

Micliigan green 162 — 

La durée de végétation augmente quand on sème plus tôt. La 
diiîérence pour une même variété pourrait, d'après M. Itié, 
atteindre trois semaines. 

Enfin l'emploi de certains engrais, comme le nitrate de soude, 
hâte la maturation. Ceci a été constaté à New-Jersey -^ 

§ IL — Repiquage du soja. 

Le soja peut se repiquer. Des essais ont été effectués à Fécole de 
viticulture de Marbourg et ont donné de bons résultats. D'après 
M. Hansel, on repique quand le plant a deux feuilles en plus de 
ses cotvlédons. La tige a alors dix à douze centimètres et la racine 
pivotante autant. Si on prenait des pieds plus vieux ils seraient 
endommagés par l'arrachage. 

Le plant reprend très vite sa végétation normale. Pourtant le 
repiquage n'est pas à conseiller. En effet il est inutile car les 
graines rattrapent rapidement les plants repi(|ués, le travail est 
compliqué car il faut arracher et repiquer en mottes avec le déplan- 
toir. D'ailleurs dans les sols secs qui conviennent surtout au soja 
le repiquage est douteux car les collets se cassent fréquemment, 

1. Su]i]ilciiienl Iroiiicnl Hfiriculliirisl, ûvccm])rc 1900. 

'J. Ilié, Le Soja L';i(jriciil(iirc des piiys chauds, niuis lOlo.. 

3. .\ew Jersey !Slu. Bull.^ 16. 



LE SOJA â83 

les racines secondaires qui se développent par suite de cette rupture 
sont trop superficielles et ne peuvent chercher dans les couches 
profondes du sol Ihumidité nécessaire à la plante. 

Donc si l'on veut économiser de la semence il vaudra mieux 
semer les graines une à une que de repiquer. Le mieux est de 
remplir les vides avec les plants provenant de l'éclaircissage qui a 
lieu aussitôt après la levée. En eil'et ces plants reprennent très 
facilement et rattrapent rapidement ceux qui n'ont pas été trans- 
plantés. 

§ III. — Façons d^ entretien. 

En Chine on roule aussitôt après les semis, puis on donne 
trois binages. Le premier a lieu quinze jours après l'apparition des 
jeunes pousses, le deuxième un mois après le premier et le troi- 
sième un mois après le second. L'éclaircissage a lieu au premier 
binage. 

En Europe on se contente généralement de deux binages. 

Il faudra tenir le sol exemjDt de mauvaises herbes jusqu'à ce que 
les plants aient dix à douze centimètres de haut. Ils seront alors 
assez grands pour étouffer les plantes adventices. 

En Indo-Chine on bute les pieds avec une sorte de houe. 

§ IV. — Irrigation. 

Le soja se développe bien en climat sec si on le cultive en terre 
fraîche et profonde. Mais si le sol est léger les récoltes seront 
considérablement augmentées par l'irrigation, surtout pour les 
variétés fourragères à grand rendement. 

D'après MM. Rivière et Lecq i l'irrigation rendrait la maturation 
difficile ; d'après M. Trabut -, au contraire, on peut obtenir de très 
belles récoltes. 

§ V. — Floraison et fructification. 

Les fleurs commencent à apparaître deux mois après les semis. 
Elles apparaissent successivement pendant un mois et demi ou 



1. Rivière et Lecq, loc.cil. 

2. Trabut, Gouv. gén. de l'Aljr. Service Bot., Biillelin, 19. 



284 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

deux mois. Leur fécondation a lieu directement sans l'aide des 
insectes. Puis les gousses apparaissent aussi successivement. La 
déhiscence est très variable suivant les variétés. Alors que certaines 
variétés noires sont presque indéhiscentes, d'autres comme la 
Guelph, la variété brunâtre de Podolie laissent échapper très 
facilement les graines si elles sont exposées k des alternatives de 
soleil et de rosée qui font éclater les gousses. Il faudra, pour ces 
variétés, récolter avant la maturité complète. 

Le Médium Earlv Yellow et quelques autres variétés ne mûrissent 
qu'après de fortes gelées mais sans que les graines soient altérées. 

§ VI. — Ennemis du soja. 

Le soja que l'on croyait inattaqué par les animaux lors de son 
introduction en Europe a pourtant de nombreux ennemis. Le seul 
qui puisse causer des dommages sérieux est la larve du Taupin 
(Agriotes segetis) ou ver fil de fer. A l'Ecole d'agriculture et de 
viticulture de Znaim, en Autriche, sur 2.800 graines d'un essai 
981 seulement furent épargnées par le taupin qui s'attatjue aux 
jeunes pieds dont il dévore les collets et les racines. 

La chenille de la Vannessa Cardui (Belle dame) dévore les 
jeunes feuilles. Elle a causé des dommages à l'Ecole de Prévau en 
Autriche. 

D'autres insectes ou leurs larves. Cétoine dorée (Cetonia aurata). 
Perce-oreilles, taupe grillon, Ciron tisserand, ver blanc du hanneton, 
s'attaquent également au soja. Les Scolopendres, les limaces sont 
des ennemis peu dangereux. 

Les lièvres s'attaquent au soja, on les éloigne au moyen d'épou- 
vantails. 

Les mulots et les hamsters dévorent les graines mûres dans 
les champs. 

CHAPITRE V 

RÉCULTK IJI SOJA 

>:^ 1. — Ejtoquo (le lu recolle. 

Foiirni(/e. — La récolte a lieu du commencement de la lloraison 
au moment oii les giîiines sont à demi-formées. Si l'on attend (jut' 



LE SOJA 285 

toutes les Heurs soient passées, les tiges deviennent grossières, 
leur valeur alimentaire diminue rapidement. Dans la Caroline du 
Sud on récolte quand il v a encore des fleurs, alors que quelques 
gousses sont déjà presque mûres '. On a ainsi le maximum de 
rendement en fourrage de bonne qualité. 

M. Mnay ~ conseille de récolter avant la floraison, mais le 
rendement est moindre, le produit étant toutefois plus riche en 
azote. 

En France, d'après M. Lechartier '^ on récolte de fin août à fin 
septembre suivant les variétés. 

Aux Etats-Unis (Massachusett, Connecticut) on récolte et on 
ensile dans la première quinzaine de septembre. 

Grain. — La récolte a lieu à la chute des feuilles, sauf pour 
quelques variétés comme la Guelph. 

Il n'y a pas d'inconvénient à laisser la plante sur pied quand il 
fait froid car la maturation ne s'interrompt pas même quand les 
feuilles du sommet sont gelées. Toutefois on pourra alors avoir 
égrenage, si on laisse la maturité s'effectuer complètement. 

On peut aussi arracher les pieds avant maturité complète et les 
laisser en poupées sur le sol ou sur des fanoirs à trèfle. L'arrière 
maturation s'effectue alors sans difficulté. 

En France on récolte en fin septembre (soja de Podolie et de 
Hongrie) ou en fin octobre (soja d'Etampes). 

En Italie, en juillet et en août. 

Aux Etats-Unis, de fin septembre à fin octobre. Quelques 
variétés hâtives mûrissent dans la première quinzaine de septembre 
(Dwarf Early Yellow, Ito San, Early Brown) et même en août 
(Very D^varf Brown). 

En Indo-Chine, de mars à avril. 

Dans l'Inde, en décembre ou janvier. 

§ IL — Pratique de la récolte. 

Fourrage. — On emploie la faux ou la faucheuse mécanique. 
Le fanage devra être surveillé avec le plus grand soin. Si on 

1. Norlh Caroline Sta. Bull., 97. 

2. Itié, loc. cit. [Affriciilture pratique des pai/s cha.iids, 1910). 

3. L. Grandeau, Le Soja Ilispida {Journal d'agriculture pratique, 1903, n" 26, 27, 28). 



286 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

entasse avant fanage complet il y a échauUement rapide de la 
niasse, puis fermentation et pourriture. Si on laisse trop longtemps 
le foin au soleil il devient cassant, les feuilles et les jeunes g-ousses 
tombent très facilement et le foin perd beaucoup de sa valeur 
nutritive. 

On met en bottes ou en menions puis en meules ou en grange. 
Les meules doivent être couvertes par de l'herbe ou de la paille. 
Il sera bon de les aérer en laissant au centre une cheminée pour 
éviter l'échautrement. 

Grain, — La récolte est plus ou moins facile suivant les variétés. 

Dans les petites cultures on procède généralement par arrachage 
des pieds entiers qu'on réunit en bottes qui sont suspendues à des 
perches pour activer la dessiccation. 

Dans les grandes exploitations américaines on emploie les fau- 
cheuses mécaniques ou les javeleuses. Mais l'usage en est plus ou 
moins commode suivant les variétés. Avec les variétés hâtives 
qui ont leurs fruits près du sol la faucheuse coupe beaucoup de 
gousses en deux et en laisse d'autres attachées après les chaumes. 
Avec les variétés tardives (Mammoth), non ramifiées à la base la 
récolte est beaucoup plus facile et on emploiera alors avantageuse- 
ment la javeleuse. 

Il ne faut pas mettre les plantes en tas avant qu'elles soient 
bien sèches, on aurait alors un changement de couleur des graines 
qui perdraient de leur valeur. On évitera de mémo d'entasser la 
récolte dans un lieu humide. 

§ III. — Battage. 

On peut effectuer le battage sur le champ même, comme cela a 
lieu dans l'Inde. On laisse la récolte une semaine sur le champ puis 
on fait piétiner par le bétail. On vanne ensuite pour séparer la 
paille. 

On peut employer une machine à battre quand la récolte est bien 
des.séchée. Sinon on l'étend dans la grange pour la dessécher com- 
plètement avant de la battre. 

Conservation du grain. — Dans les greniers on a quelquefois à 
craindre les souris qui mangent volontiers le grain. On n'a jusqu'ici 



LE SOJA 



287 



signalé aucun insecte s'attaquant au soja en grenier. Toutefois 
nous avons constaté sur des variétés chinoises à téguments cra- 
quelés des dégâts causés par des insectes que nous n'avons pas 
encore déterminés. 



§ IV. — Rendement du soja. 

Rendement en fourrage. — D'après M. Lechartier, le soja peut 
donner en France de 21 à 31 .000 kilos de fourrage vert ou 5.200 à 
8.000 kilos de foin sec par hectare, suivant les variétés employées. 
Aux États-Unis la variété Guelph donne couramment de 17 à 
2o.000 kilos de fourrage vert. M. Jules Robert a récolté à Seclowitz 
30.000 kilos de fourrage vert ou i 0.500 kilos de foin demi-sec prêt 
à être ensilé. D'après ce praticien 10 kilos de soja vert valent 
5 kilos de farine de maïs et ne coûtent que fr. 25 tandis que la 
farine coûterait un franc. 

Rendement en grain. — En 1876 Haberlandt fit des essais sur 
trois variétés de Chine et deux de Mongolie à Vienne. De ces 
cinq variétés deux ne purent fleurir ; les trois autres donnèrent les 
rendements suivants : 



Variétés 


Nombre 

de 
plants 


Poids 

des 

graines 

récoltées 


Rendement rapporté 
àl'Ha. 




en kil. 


en iiect. 




«îaiinp rlaîp de Chine 


27 
25 
15 


249 gr. 2 
336 gr. 5 
196 gr. 9 


2 . 769 
3.739 
2.177 


39 

53,4 

31,1 




Jaune clair de Mandchourie 

Brun roiitre de Chine 









Le soja est extrêmement fécond ; le nombre de gousses produit 
par un pied peut être très considérable. Ainsi, en Hongrie, le 
comte Attems a obtenu des rendements égalant 70 à 200 fois 
la semence. A Rabensburg (Moravie) on a récolté 050 fois^ à 
Munchendorf 670 fois, à Schlang (près Breslau) 680 fois l'équi- 
valent de la semence. 

En Russie, Owinsky a obtenu jusqu'à 400 à 500 graines par pied 
pour la variété noire. 

M. de Blaskowicz a obtenu par pied de 11 à 40 gousses conte- 
nant chacune de un à quatre graines. Il a récolté par hectare 
2.588 kilos. 



2 s. s 



ETL'DKS KT MKMOIRES 



D'après les essais de M. Jacques T. d'Albay à la propriété de la 
Gouttre (par Ussac en Corrèze) le rendement serait plus «j^rand que 
poiii- le haricot ordinaire. 

M. Jules Robert a obtenu à Seclowitz 1.873 kilos de graines à 
Ihectare. Wein ' a eu des rendements de 2.(100 kilos. 

\in Italie Uuata et Testoni - ont obtenu l.oOO kilos. 

Pinolini ' accuse des rendements de 3o à io hectol. 

l-ln (^hine M. Ilosie si«(nale des rendements de 27 hectol. 5 à 
.y.) hectol. pour la Mandchourie. 

Au Japon le rendement moyen en j^raines est de 2.300- à 
3.000 kilos à l'hectare. 

Aux Etats-Unis, M. Bail donne comme rendement moven 
13 hectol. o. 

La variété employée a une énorme influence sur le rendement. 

C'est ainsi qu'aux Etals-Unis on a obtenu ' : 



\'ai'iéli''s 



Mcdiiiiii lUiiclv 

X'cry I)\\ai"f lh'i>\\n. . 
J'"arly ISruwn 

Kiirly (îrocn 

Modiiim (li-ccii 

Ilolybrook 

(ïiicipli 

Ilo San 

.lapanese Pea 

Mainiiinlli Vcllow . . . . 

Miclii^Mii (irccu 

Grceii Samai'uw 

Tokyo 

Eai-ly Wliitf 

Dwarf l'iiiilN '^ .■lliiw. . 

ICai-ly '^'l'IIdW 

Mciljiim Karly VcIIkw 

Vcllow 

N" (Mo: 

N' l!».lK(i 



Rendement à 1 Ha 
en hccL. 



11', 1 
8.4 
10.54 -1.},j8 

•;,so '-]4,nn -' 

12,10 1-1 1,00 2 

8,70 1-10.80. 
5,70 7 

11.10 1-28,70 -' 

l.(,2(l 

7,5 -18.20 ' 
19,10 -.'$4,80 
Plus de 1 1 
Plus de 7 
15,90-.33 

Plus de 11 

1. 1,1 0-2 2 
s,70-:$,'i 
Plus de 1 1 
43,5 
28.0 



Stations. 



Massacii-lIakli-Sla. 

liidiana. Sta. 

Indiana Sta. 
( Delaware SI a '. 
( ^'il■gin Sta -'. 
( Massach-Hutch >. 
' Illinois 1. 

Indiana Sta i. 

l(i(Mn. 
j Indiana i. 
' ^^■is(■(lnsin -'. 

\'ir{;;inia. 

Mississijji i. 

W'isconsin. 

Kansas. 

Idem. 

Massachuscl I . 
( Illinois. 
' Kansas. 

< )ntaiio. 

Indiana. 

Kansas. 

Wisconsin. 

Delaware. 



1. lli'i/i .liiiiiu.il /. /(/-. I.;n\ihi'irlhsch;ifl, 1881, t. .\.\l\. 

2. lUiata el Testoni. Lu soin iieii nlimcnl.izinnp itniinn.i . p. 8. 
.1. Pinolini, Délia Soia. 1005. 

1. Ilié. f.o Soja A(/ri(iilliire pratique Jeu pays rhaiids. déc. I!»I0 



LE SUJA ' 2(S!) 

On voit que les rendements varient considérablement suivant 
les variétés ; c'est ainsi que l'Early Green donne 7 hectol. 80 et le 
n° 9.407 : 63 hectol. o. 

L'Annuaire du département de l'Agriculture des Etats-Unis ( 1 897) 
donne comme chitTres extrêmes : i3 et 87 hectol. à l'hectare. 

Le rendement est très variable même pour une seule variété ; 
c'est ainsi que le Médium Early Yello\v donne de 8 hectol. 70 
à 33 hectol. 

Rapport du poids des graines récoltées aux déchets. — En géné- 
ral le rapport du poids des graines récoltées au poids de la paille 
est de 1/2 mais ce rapport peut changer considérablement. Il 
diminue dans les années humides et augmente dans les années 
sèches. C'est ainsi qu'à Zittolieb, dans le domaine du prince de 
Schwartzenberg, on a obtenu dans une année humide 1 kilo 320 de 
grain pour 81 kilos 320 de déchets, ce qui donne un rapport de 
4/61,9. 

M. de Blaskowicz avait obtenu 2.588 kilos de graines et 
4.388 kilos de déchets, soit un rapport de 1/1,6, 

M. Jules Robert 1 .873 kilos de graines et 400 de déchets, soit un 
rapport de 4,68. 

Rendement en éléments nutritifs. — D'après Wein, des récoltes 
ordinaires de haricot, de pois et de soja pourraient donner à 
l'hectare les poids suivants d'éléments nutritifs : 



Protéine 

Matières grasses. 



Haricots 


Bois 


Soja 


154 kilos 


498 kilos 


666 kilos 


40 — 


34 — 


366 — 



On voit que le soja tient la première place comme valeur nutri- 
tive de la récolte même parmi les légumineuses les plus riches. 

D'après G. Renner les meilleures plantes cultivées en Europe 
exigent trois à cinq fois plus de surface que le spja pour produire 
autant de matières nutritives et trois à cinq fois plus de dépenses 
pour obtenir autant de protéine et de graisse. 



290 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

CHAPITRE YI 

FIXATION DE L AZOTE ATMOSPHÉRIQUE PAR LE SOJA 
AMÉLIORATION DU SOL 

Comme celles des autres légumineuses, les racines du soja 
portent des ampoules ou nodosités qui s'enrichissent en azote aux 
dépens de l'atmosphère. Ces nodosités, blanches au début, se 
subérifient et deviennent brunes. Elles sont constituées par un 
parenchyme contenant des cordons libéro-ligneux et des cellules 
spéciales au centre. Ces cellules renferment des amas de bactéries 
en forme de baguettes arquées ou en Y et de 3 [x environ de lon- 
gueur. 

Ce sont des bactéries qui fixent l'azote atmosphérique et en font 
profiter la plante entière. 

D'après Hiltner ' les bactéries des légumineuses comprendraient 
deux espèces : 

Rhizobium Beyerinckii (Soja, etc.). 
— Radicicola (Pois, etc.). 

D'après M. Mazé - il y aurait une seule espèce de bactérie pour 
toutes les légumineuses, mais cette espèce subirait des variations 
considérables, suivant la réaction du sol où serait cultivée la 
plante. 

Les expériences semblent indiquer qu'il y a une variété spéciale 
de bactérie pour le soja. En elfet, Kirchner avait constaté que le 
soja ne produisait pas de nodosités alors qu'il était à proximité 
d'autres légumineuses qui en étaient abondamment pourvues. 

Pour s'assurer si cette absence de nodosités était bien due ii ce 
que la terre était privée d'une variété de bactérie propre au soja ^ 
il cultiva cette plante, d'une part dans une terre ordinaire n'ayant 
pas porté de soja, d'autre part dans cette même terre saupoudrée 

1. Ililtner, Uher die Bacteroiden der legumineusen knollchen iind ihrcwilkurliche 
Erzerifçung aiisserhalh der Virtspflanzen (Centralhlatt f. Bakt. 1900). 

2. Mazé, Les microbes des nodosités des légumineuses (Ann. deVInst. Pasteur, 
1899, t. XIII, p. 115). 

.3. Beitrage z. Biologie der Pflanzen, 1895, 1. \II, p. 2î3. — Kircinier, Die \\ur- 
zelkniillchem der Sojahohne. 



LE SOJA 291 

avec de la terre du Japon ayant déjà porté de nombreuses récoltes 
de la plante. Les nodosités absentes dans le premier lot furent 
abondantes dans le second. Le rendement fut augmenté en graines 
plus grosses et plus lourdes. 

M. Trabut obtint des résultats analogues en Algérie. 

Il est donc à prévoir, que dans un sol n'ayant jamais porté de 
soja, les rendements augmenteront quand la terre sera habituée à 
la plante, c'est-à-dire quand le sol contiendra en quantité suffisante 
la bactérie spécifique du soja. C'est ce qu'on a constaté dans les 
Indes. 

On a essayé de provoquer rapidement la formation abondante de 
nodosités en inoculant au terrain la bactérie fixatrice d'azote, soit 
sous forme de culture pure, soit sous forme de terre déjà infectée. 

De nombreux essais ont été faits aux États-Unis, dans le Wis- 
consin et le Kansas surtout. Les récoltes obtenues furent plus 
abondantes et plus riches en azote dans la première année. Par 
contre, la proportion d'huile et de cendres avait diminué. 

Au Kansas la terre infectée est semée sur le champ au semoir ou 
à la main, ou bien les graines sont trempées dans l'eau contenant 
de la terre infectée. 

L'emploi des cultures pures de bactéries a été préconisé par 
M. Stormer •. D'après cet auteur il faudrait tremper les graines 
dans 'la solution de culture, puis les saupoudrer quand elles sont 
encore humides de carbonate de chaux et de plâtre en poudre. Ces 
substances sont destinées à neutraliser Teftet toxique des excrétions 
des graines en germination sur les bactéries. Elles donneraient 
une augmentation des lixations d'azote de 30 "/„. 

Les nodosités ne se" forment en grande abondance que lorsque le 
soja n'a pas assez d'azote. Il est alors contraint d'en prendre à 
l'atmosphère, ce qu'il fait au moyen de ses bactéries. Celles-ci ne 
se développeront donc pas si on incorpore au sol des engrais azotés. 
C'est ainsi qu'on a remarqué aux Etats-Unis à la station d'essais de 
Massachusett, que le nitrate gênait considérablement la formation 
des nodosités. Conséquemment, on a donc intérêt à ne pas donner 
d'engrais azoté au soja (ce que montrent également les expériences 
de M. Lechartier citées plus haut au sujet des engrais), il sera plus 

1. Milt. Landwirthschaft Inst., Leipzig, 1907, n" 8, 



'4^2 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

avantag-eux de le laisser prendre lui-même à 1 air, Tazote dont il a 
besoin. 

Les racines qui restent dans le sol après la récolte du soja con- 
tribuent donc dans une larg-e mesure à améliorer la terre puis- 
qu'elles lui donnent de l'azote pris à ratmospiièi'c. 

CHAPITRE VII 

I.E SOJA I;N mélange et en Cl LTIRE INTERCALAIRE 

Nous avons vu ' que, d'après certains auteurs, le soja serait très 
exig-eant pour la lumière et l'air. M. Ladureau va jusqu'à dire ([ue 
a le soja ayant surtout besoin d'air, on ne saurait le semer entre 
les pieds de maïs ». Pourtant dans beaucoup de régions (Chine, 
Indo-Chine, Etats-Unis), on cultive avec succès le soja en mélange 
avec le maïs, le riz, le sorgho, le cowpea (Vigna sinensis"), etc. 

Soja et rnnYs. — Le soja est cultivé avec le maïs dans bon 
nombre d'exploitations, les deux plantes ont en elîet des exigences 
tout k fait analogues et peuvent par c>>nsé({uent pousser cote à 
côte. 

Au Tonkin -, dans les cbamps, de maïs on pratique vme culture 
intercalaire du soja qui a surtout pour but d'empêcher par son 
ombrage le développement des mauvaises herbes. On sème alors le 
soja quand les plants de maïs ont déjà une vingtaine de centimètres 
de hauteur. 

On trouve également le mélange soja et maïs en Chine et au 
Japon. 

Aux Etats-Unis on pratique la culture en mélange du maïs et du 
soja pour l'ensilage '^ On obtient ainsi après hachage un aliment 
excellent pour le bétail. On emploie des variétés hâtives dans la 
proportion de I de soja pour <) de maïs. Le semis des graines de 
soja a lieu à l'époque de la dernière façon de ni.iïs. dans le cas de 
In cultiire intercalaire. 



1. Voir plus haut : Kxifi^ences climalt-ritiui's du soja. 

2. n. E. lie iIndo-Chine. 1907, p. •2'î:\. 
'.\. Wisconsin alii. rpl., lito. 



LE SOJA 293 

On peut opérer de plusieurs façons : 

1° Semer à la volée le mélange des deux graines, comme cela se 
pratique dans le Wisconsin ; 

2° Faire alterner sur une même ligne, les pieds de soja avec les 
pieds de mais ; 

3° Cultiver des billons alternés de soja et de maïs comme dans 
l'Etat de Virginie. 

4** Mettre sur chaque billon deux rangées de chaque plante. 

Le premier procédé est avantageux en ce sens qu'il permet de 
supprimer l'emploi du mélangeur pour le fourrage haché. 

La récolte du mélange se fait sans difficulté au moyen de la 
moissonneuse à maïs ' . 

Soja et coivpea (Vigna sinensis). — Ce mélange est employé 
assez fréquemment en Amérique '. Dans ce cas le soja sert à 
supporter les tiges grimpantes du Vigna. 11 faudra donc employer 
les variétés robustes à tiges dressées. Celles qui sont les plus 
emplovées à cet effet aux Etats-Unis sont la Mammoth et l'Hollv- 
]:)rook. 

D'après les ouvrages américains le mélange doit être fait dans 
la proportion de 2 litres de soja pour 1 de vigna. On sème envi- 
ron 130 litres de mélange à l'hectare. Il faut avoir bien soin de ne 
pas trop enfouir le soja. L'expérience a montré que, lorsque la 
graine était à plus de 5 centimètres de la surface, elle germait très 
difficilement et ne donnait qu'une plante chétive ou pas de plante. 

La récolte doit être elfectuée quand la moitié des gousses de 
soja sont formées ou quand les premières gousses de coAvpea sont 
mûres. Grâce aux tiges de soja autour desquelles grimpent le 
copwea la récolte est plus facile qu'avec ce dernier cultivé seul. Le 
fanage du mélange est un peu plus difficile que celui du soja seul, 
mais plus facile que celui du copwea cultivé seul. On a remarqué 
qu on obtenait un plus grand rendement en cultivant les deux plantes 
mélangées qu'en les cultivant séparément. 

Le bétail a une préférence marquée pour le soja, mais consomme 
volontiers le mélange et ne laisse pas de déchets. 



1. Masxachiissetl sln. rpl.. 1902, p. 63. 

2. Voir : Soya bcaiis. loc. cit. 



294 ÉTUDES ET .MÉMOIRES 

Soja et riz. — Ce mélange est employé, paraît-il. dans la vallée 
d'Assam ', on n"a aucun détail sur les résultats qu'il donne. 

Soja et sorgho, sucre. — Cette culture ne peut être faite à pro- 
prement parler en mélange, mais seulement en lignes alternées car, 
si on sème à la volée, le soja étouffe le sorgho. On emploie pour 
ce dernier la variété ambrée de préférence à toute autre. 

Soja et millet. — Ce mélange ne donne jamais de bons résultats 
car le millet mûrit trop tôt. Il faut employer les variétés de soja 
les plus précoces. 

On a également semé du soja dans les intervalles des cultures de 
coton et de cacao. 11 y vient bien mais, naturellement, diminue la 
récolte principale. 



[A suivre.) Li Yu Ying, 

Conseiller de /'"'^ classe au Miitisière de VAfjrieulture de la Chine. 

et L. Grand voiN>ET, 

Ingénieur agricole [G.]. 

1. Itie, Le soja {AijricuUure pratique des pays chauds, décembre 1910). 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 

[Suite.) 



XI 

Caractères des fibres végétales'. 

GÉNÉRALITÉS 

Les fibres ont une importance beaucoup plus grande que les poils 
vég-étaux au point de vue des applications. Leurs usages sont en 
effet très nombreux : elles peuvent servir à la fabrication de tissus 
de finesse et d'aspect extrêmement variés, de cordag-es, de pâte à 
papier, de brosses, de tapis, à tous les travaux de sparterie, etc. 
Cette variété est elle-même en rapport avec le grand nombre de 
fibres que nous offre le règne végétal et avec les qualités très 
diverses de ces produits, qualités qui les rendent plus spécialement 
aptes à tel ou tel mode d'emploi. 

Aussi l'étude des fibres devra-t-elle nous arrêter plus longtemps 
que celle des poils ; nous lui consacrerons deux chapitres ; dans le 
premier, nous examinerons d'abord les caractères généraux des fibres, 
ce qui nous fournira les bases de leur détermination analytique ; le 
deuxième sera consacré à l'étude des principales fibres groupées 
par familles naturelles, soit au point de vue de leur origine, tant 
botanique que géographique, soit au point de vue de leurs qualités 
particulières et de leurs applications. 

Nous subdiviserons le premier chapitre de la manière suivante : 

I. Nature des fibres ; caractères morphologiques : longueur, 
diamètre, épaisseur des parois, cavité axiale, terminaisons. 

II. Association des fibres en faisceaux ; procédés de dissociation. 



1. Consulter à ce sujet : Vétii.lart, Eludes sur les fibres véyélales lexliles ; 
H. Lecomte, Textiles végétaux ; Manget, Tableaux synoptiques pour l'examen des 
tissus. 



2D6 ÉTUDES ET .MÉMOIRES 

III. Propriétés physiques : couleur, brillant, résistance. hyg:ro- 
scopicité. 

1\ . Nature chimique de la paroi. 

^^ Principes de la détermination analytique des libres. 

I 

•NATURES DES FIBRES. CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES 

a) Nature des fibres. — Les fibres sont les éléments par excel- 
lence du tissu de soutien. Ces éléments sont g-énéralement des 
cellules à parois très épaisses, dont la longueur dépasse beaucoup les 
autres dimensions, terminées en pointes plus ou moins vives aux 
deux extrémités, ayant donc à peu près la forme d'un fuseau très 
allongé. 

L'épaississement de la paroi est corrélatif de lallong-emeilt et se 
produit à la fois par dépôt de matière à lintérieur de la cellule et 
par intercalation de nouvelles particules dans les couches déjà for- 
mées. L'apj)osition de couches successives à l'intérieur de la fibre a 
pour ell'et de diminuer progressivement la cavité de celle-ci ; en 
délinitive, lorsque la fibre est mûre, cest-à-dire a atteint sa com- 
plète difl'érenciation, c'est une cellule nn)rte qui ne contient plus 
ni ))rotoplasma, ni noyau, au moins à l'état de vie active. La cavité 
centrale est vide ; tantôt elle conserve une forme à peu près cylin- 
drique, tantôt elle est extrêmement aplatie ou même réduite à une 
simple ligne, parfois difficile à apercevoir. 

L'é[)aississement de la paroi peut être accompagné d'un dépôt de 
lignine ; la fibre est alors peu élastique et dénuée de souplesse ou 
bien la nature cellulosique primitive n'est pas altérée pendant toute 
la durée de l'évolution de 1 élément ; la fibre adulte est alors souple 
et élastique ; nous aurons d'ailleurs à revenir sur ce point. 

I^nfin, la plupart du temps, les parois sont dénuées de ponctua- 
tions ; on y dislingue parfois des stries plus ou moins obliques par 
rapport au sens longitudinal et souvent, sur la section transversale 
des fibres très épaissies, on distingue nettement les couches 
d'accroissement. 

b, J.oitf/urur. — Les fibres peuvent atteindre des dimensions 
assez considérables suivant la longueur ; les plus remarquables à ce 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 297 

point de vue sont les fibres de ramie qui mesurent fréquemment 
jusqu'à 20 et 25 centimètres; les libres de lin, de chanvre sont 
aussi parmi les plus longues, les premières avec une moyenne de 
4 centimètres, les secondes avec une moyenne de 2 cent, o ; c'est 
également à peu près l'ordre de grandeur des fibres des Asclépia- 
dées. 

Ces fibres relativement longues peuvent alors être utilisées iso- 
lément ou associées en petits groupes de qtielques unités seulement. 
Mais, le plus souvent, les fibres sont beaucoup plus courtes et ne 
mesurent que quelques millimètres ; les fibres de coin sont parmi 
les plus courtes et atteignent à peine 1 millimètre; les fibres de la 
plupart des Monocotylédones ne dépassent guère 2 à 3 millimètres 
en moyenne; celles du Jute et des textiles analogues ont une lon- 
gueur s'écartant peu de 3 millimètres. 

Il est facile de comprendre que des libres aussi courtes ne 
peuvent être filées, lorsqu'elles sont isolées les unes des autres ; on 
doit alors utiliser les faisceaux fibreux eux-mêmes, tels qu'on les 
retire des parenchymes qui les entourent. 

Lorsqu'il s'agit de fibres longues, il n'y a aucun inconvénient à 
recourir au rouissage qui, non seulement isole les faisceaux fibreux, 
mais encore permet d'obtenir la séparation approximative des 
fibres entre elles ; pour les textiles à fibres courtes, l'extraction des 
faisceaux se fait généralement par des procédés mécaniques, afin 
de ménager l'intégrité des faisceaux. 

Nous voyons dès lors qu'au point de vue pratique deux cas bien 
distincts sont à envisager : s'il s'agit de fibres assez longues pour 
être filées lorsqu'elles sont isolées, ce sont les propriétés de la fibre 
elle-même : longueur, diamètre, résistance, qu'il importe d'étudier, 
comme nous l'avons fait pour les cotons. S'il s'agit de fibres trop 
.courtes pour être filées isolément, les propriétés spéciales des 
fibres élémentaires perdent une grande partie de leur intérêt ; elles 
ne doivent plus nous occuper qu'au point du signalement à établir 
en vue d'une détermination analytique ; dans ce cas, la véritable 
matière textile est formée par les faisceaux fibreux tout entiers ; ce 
sont les qualités de longueur, de finesse, de résistance de ces 
faisceaux que nous devrons apprécier avant tout. Lorsque les fibres 
sont filées à l'état de faisceaux, si une cause quelconque vient 
à détruire le ciment intercellulaire qui agglutine les éléments, les 
faisceaux se désagrègent et le tissu qu'ils forment perd toute résis- 
tance. 

Bul. du Jardin colonial. 1911, II. -- N» 103. 21 



298 ÉTUDES ET mi:moii«i:s 

c) Diamètre. — Le diamètre moyen des fibres varie beaucoup 
si.ivant les espèces ; les mesures, pour être comparables, doivent 
toujours porter sur la même rô^^ion de la fibre, car le diamètre 
varie dune extrémité à l'autre; ét;int donnée la symétrie d'une 
fibre par rapport à son milieu, il sera commode d'y mesurer cons- 
tamment le diamètre ; on obtiendra ainsi un chillVe maximum de 
moyenne. 

La section transversale d'une fibre présente le plus souvent un 
contour circulaire ou polygonal à peu près régulier; il est alors facile 
de fixer dans ce cas le diamètre moyen, mais si la section est nota- 
blement aplatie et se rapproche de la forme elliptique, il faut alors 
noter les diamètres maximum et minimum de la section moyenne. 

Les libres cïananas sont parmi les plus fines avec un diaiuètre 
moyen de 12 p.; celles de rainic blanche parmi les plus grosses 
avec un diamètre moyen de i5 jj, ; pour être tout à fait précis, il 
convient d'ailleurs de fixer deux dimensions pour ces dernières 
fibres qui sont souvent très aplaties ; la largeur moyenne n'est 
guère inférieure à (iO ;/, tandis que leur épaisseur est à peu près 
de 30 ;x. 

Ces chifTres moyens de diamètre ne mesurent la finesse du textile 
que lors(ju'on emploie les fibres isolées ; si l'on utilise les faisceaux 
eux-mêmes, la finesse est représentée par le diamètre moyen de 
ces faisceaux. La plupart du temps chez une même plante le dia- 
mètre des filaments est tiès variable ; on constitue alors, en triant 
les faisceaux, diverses catégories commerciales, dont les j)lus fines 
sont réservées pour la fabrication des tissus, les plus grosses pour 
les autres usages (oorderie, brosserie, papeterie, etc.). 

d) Epaisseur des parois. — Généralement cette épaisseur n'est 
pas exprimée dans les descriptions par sa valeur absolue ; ayant 
fixé d'une part le diamètre moyen, d'autre part, le développement 
de la cavité centrale, l'épaisseur des parois en résulte implicite- 
ment. 

Si l'on considère par exemple une fibre de diamètre 40 [j. et dont 
la lumière soit le tiers du diamètre, l'épaisseur moyenne <K' la 
paroi sera ('videmment : 



2 



i-X 40 I = i:{ ij.X). 



COLllS DE BOTANl<jL'E COLONIALE APPLIQUÉE 2D9 

Ce qu'il importe surtout d'observer, c'est la régularité plus ou 
moins grande de l'épaisseur de cette paroi. On peut en somme, à ce 
point de vue, diviser les fibres en deux grands groupes : 1° celles 
où la paroi est d'épaisseur régulière et où, par conséquent, la sur- 
face interne de celle-ci est sensiblement parallèle à la surface 
externe; la cavité centrale est alors à peu près cylindrique. La 
grande majorité des fibres est dans ce cas ; 2" celles où la paroi est 
d'épaisseur très inégale; sur une préparation, la surface interne 
apparaît comme ondulée et n'est plus du tout parallèle à la surface 
externe; dans les régions où la paroi est mince, la cavité centrale 
est large ; dans celles où la paroi est épaisse, la lumière est au 
contraire très réduite ; cette cavité centrale est alors formée dune 
succession de dilatations et d'étranglements. 

La plupart des fibres de Malvacées, de Sterculiacées, de Tiliacées 
sont dans ce cas, dont le type classique est \ejute; parmi les fibres 
usuelles, il faut encore citer le coir fourni par le fruit du cocotier. 
D'autre part, il existe certaines fibres de Malvacées, comme celles 
de Sida^ qui ont une paroi d'épaisseur assez régulière ; on peut dire 
qu'entre les types extrêmes on observe toute la série des intermé- 
diaires. 

L'observation des parois pourra en outre amener à des constata- 
tions intéressantes sur la présence, assez rare d'ailleurs, de ponc- 
tuations ou plus fréquente de stries fines, comme on en rencontre 
sur les fibres de Rarnie, de Boulouha et autres Asclépiadées ; ces 
stries ont généralement une direction un peu oblique par rapport à 
la longueur des fibres. Enfin les fibres à parois épaisses montrent 
fréquemment en section transversale des zones d'accroissement 
très nettes ; les fibres des feuilles de Dioon en sont un exemple des 
plus caractéristiques. 

*e) Cavité axiale. — Le diamètre de la cavité axiale et sa forme 
générale sont en rapport avec l'épaississement de la paroi, comme 
nous venons de le voir. 

Généralement cette cavité est cylindrique et de forme semblable 
k la fibre elle-même. Elle peut être réduite au point d'être difïicile 
à apercevoir ; dans ce cas, si la section transversale de la fibre est 
circulaire ou polygonale, la cavité se réduit à une véritable ligue 
axiale, se traduisant par un point sur une coupe transversale (cas 
du lin, de Valfa). Si la section est au contraire elliptique 



300 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

allongée, la cavité est alors très aplatie et donne en coupe trans- 
versale une trace presque linéaire (cas de certaines fibres de Thes- 
pesia ) . 

On mesure généralement le diamètre de la cavité axiale par une 
fraction qui représente son rapport au diamètre total de la fibre ; 
les fibres de Ramie sont parmi celles dont la cavité centrale est le 

4 
plus considérable ; elle atteint parfois les — du diamètre dans le 

sens de la largeur des fibres, ce qui d'ailleurs ne correspond guère 

1 

qu'à — dans le sens de l'épaisseur. 

Quand on ne caractérise la cavité axiale que par une seule frac- 
tion, celle-ci doit s'entendre pour le plus grand diamètre. Le rap- 
port du diamètre de la cavité au diamètre total s'abaisse environ 

2 .... 1 

vers -^ chez le chanvre et Y ananas, il est inférieur à -^ chez les 

o « 

fibres de Phormium, Musa, etc. 

On conçoit d'ailleurs facilement que ce rapport, qui est à peu 
près indépendant du diamètre des fibres choisies dans un textile 
donné, caractérise mieux ce textile que les diamètres eux-mêmes. 

f) Terminaisons. — Les terminaisons des fibres se ramènent à 
quelques types : chez le lin, l'alpha et le Phormiiim, les extré- 
mités finissent en pointes très aiguës; chez le chanvre et le sunn, 
en pointes mousses ; chez la ramie, elles sont plus ou moins élar- 
gies en forme de spatule, chez les fibres de Daphné et parfois chez 
le chanvre elles sont souvent bifurquées ; entre ces types très nets, 
on peut d'ailleurs facilement trouver des termes de transition ; le 
mode de terminaison n'est même pas parfaitement constant dans 
un textile donné et par conséquent ne peut pas être regardé comme 
un caractère de premier ordre. • 

Outre l'intérêt que présente l'observation des extrémités au point 
de vue purement analytique, elle peut fournir aussi certaines indi- 
cations sur la ténacité des faisceaux ; il est clair que les extrémités 
élargies, spatulées, bifurquées augmenteront l'adhérence des fibres 
entre elles et, par conséquent, toutes choses égales d'ailleurs, la 
résistance des faisceaux. On observe aussi parfois vers l'extrémité, 
chez le Bnulouha par exemple, une série de replis transversaux de 
la paroi qui permettent une sorte d'engrenage d'une fibre à l'autre 
et concourent certainement à améliorer la ténacité des filaments. 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 301 

II 

ASSOCIATION DES FIBRES EN FAISCEAUX 

a) Différentes sortes de faisceaux fibreux. — Les fibres ne sont 
qu'exceptionnellement isolées ; la plupart du temps elles sont réu- 
nies en faisceaux plus ou moins volumineux ou cordons. Ces cor- 
dons sont de deux sortes suivant qu'ils ne renferment que des 
fibres proprement dites [faisceaux fibreux) ou qu'ils sont formés 
par un faisceau iibéroligneux entouré d'une g-aine plus ou moins 
continue de fibres [faisceaux fibro-vasculaires) ; dans ce cas, le 
liber se résorbe généralement, en partie ou même en totalité, mais 
le bois persiste et l'on trouve vers le centre du filament des vais- 
seaux spirales, très facilement reconnaissables au microscope. 

Les faisceaux fibreux proprement dits occupent des positions 
très variables ; ils peuvent être placés sous l'épiderme (feuilles de 
raphia), vers le milieu de 1 écorce [fibres primaires de la tige de 
chanvre), dans le péricycle [ramie), dans le liber secondaire 
[fibres de Malvacées, Tiliacées) ; nous ne parlerons pas ici des 
libres du bois, dont nous avons étudié précédemment la disposition 
et qui ne sont généralement pas employées comme textiles. 

Les faisceaux fibrovasculaires se rencontrent chez les Monoco- 
tylédones; on les extrait généralement des feuilles [phonniujn, 
ayave, alpha, etc.), quelquefois du péricarpe du fruit [coir). 

h) Extraction des filaments. — La première question qui se pose 
dans la préparation des textiles est l'extraction des filaments des 
plantes qui les fournissent. Lorsque les fibres sont assez longues 
pour pouvoir être filées, même à l'état isolé, il n'y a aucun 
inconvénient à provoquer une désagrégation partielle des faisceaux, 
en même temps qu'on sépare ceux-ci des parenchymes qui les 
englobent. On a alors recours au rouissage, opération consistant 
à laisser les organes végétaux qu'on veut traiter plongés pendant 
un certain temps dans l'eau, soit stagnante, soit courante. 

L'isolement des faisceaux est l'œuvre du Bacillus amylobacter. 
Il attaque d'abord le ciment pectique qui agglutine les cellules et 
dissocie ainsi peu à peu les parenchymes jusqu'aux faisceaux 
fibreux, puis il attaque ceux-ci à leur tour, mais plus lentement 
et en sépare peu à peu les éléments constituants ; une action trop 



.'Î02 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

longtemps prolongée produirait même Tattaque des parois cellulo- 
siques qui seraient perforées. On interrompt l'opération lorsque les 
parenchymes n'ont plus aucune résistance, ce (|ui permet d'isoler 
sans ell'ort les fibres. Par l'opération du tcillac/e, on subdivise 
ensuite mécaniquement les faisceaux fibreux. Le rouissage ne donne 
pis toujours de bons résultats ; avec la ramic, par exemple, qui 
supporterait bien le rouissage par suite de la longueur de ses 
fibres, il ne permst pas une séparation facile des faisceaux et l'on 
doit recourir à des procédés mécaniques, 

(^)uant aux faisceaux dont les fibres sont très courtes, on les 
extrait le plus .«ouvent par des procédés mécaniques, car il importe 
de conserver aux filaments toute leur résistance. 

c) Dissociation dos faiscoaur fibreux. — 11 est indispensable de 
pratiquer cette dissociation, de manière à isoler complètement les 
éléments, si l'on désire étudier au laboratoire les dimensions 
et les particularités des fibres ; elle est parfois difTicile à obtenir 
lorsque la lignification est profonde, il faut alors recourir à des 
agents très énergiques, qui agissent non seulement sur la substance 
intercellulaire, mais sur les parois elles-mêmes ; il en résulte alors 
des modifications de l'aspect de la fibre, dont il n'est pas toujours 
aisé de tenir compte. 

La filasse de lin est une des plus faciles à dissocier ; il suffit de 
la froisser entre les doigts pour obtenir une séparation à peu près 
complète des éléments que l'on achèvera facilement au moyen des 
aiguilles à dissection. 

Pour la c/ianvre, la dissociation est déjà plus difficile à cause de 
la légère lignification de la partie externe des fibi-es. On facilite 
l'opération eu faisant au préalable bouillir la filasse dans une dis- 
solution de carbonate de sodium à 10 "/,, ou dans une lessive alca- 
line (par exemple une solution de potasse à i "/o) : la séparation 
des éléments se fait ensuite assez facilenient en écrasant les fais- 
ceaux sur une plaque de verre au moyen des aiguilles à disséc[uer. 

On peut obtenir la dissociation de la majeure partie des filaments 
textiles, même lignifiés, par une macération de 2ï heures dans une 
solution d'acide chromique. 

Dans les cas particulièrement difficiles, on a recours îi la macéra- 
tion de Schultze ; ce procédé consiste à chauffer la filasse avec de 
l'acide a/,oti({ue additionné d'une trace de chlorate de potassium ; 



COURS DE BOTANIOUK COLONIALE APPLIQUÉE 303 

on lave ensuite à l'eau pure, puis avec de Teau alcalinisée pour 
neutraliser l'excès d'acide; enfin en agitant violemment la filasse 
ainsi traitée dans l'eau pure, on obtient la séparation des fibres. 

Ces réaclifs paraissent agir surtout jDar oxydation de la substance 
intercellulaire. 

On obtient encore de bons résultats en utilisant l'action de l'eau 
régale faible ou les actions successives du permanganate de potas- 
sium et du bisulfite de sodium. 

Faucon ' signale également un procédé qui lui a permis d'isoler 
les fibres de Thespesia popiilnea en traitant les lanières fibreuses de 
l'écorce de cette plante. Ces matériaux avaient résisté à tous les 
réactifs précédents; il les fit alors bouillir pendant une demi-heure 
avec de l'eau additionnée de 2 "jo d'acide chlorhydrique puis les 
macérer pendant 2i heures dans une solution d'oxalate de potas- 
sium et obtint une désagrégation suffisante pour permettre une 
dissociation totale des fibres à l'aiguille. 

III 

PHOPRIÉTÉS PHYSIQUES 

a) Couleur. — • La couleur des fibres est généralement blanche, 
ou blanc jaunâtre, lorsqu'elles viennent d'être extraites mécanique- 
ment du végétal producteur; mais cette teinte se modifie quelque 
peu au contact de l'air; la couleur naturelle peut aussi être modifiée 
assez largement par le rouissage. 

Le jute est l'un des textiles dont la teinte varie le plus sous 
l'action des agents atmosphériques ; il devient quelquefois simple- 
ment jaunâtre, mais sa couleur peut atteindre jusqu'au brun ou au 
brun verdàtre; le lin est un peu grisâtre; le sunn est gris fauve; 
par contre, la raniie reste d'un blanc pur. 

Le rouissage altère la teinte naturelle à un degré variable suivant 
la manière dont l'opération est conduite ; par exemple le lin roui 
en milieu faiblement acide prend une teinte bleue, en milieu faible- 
ment alcalin une teinte jaune. 

b) Brillant. Le brillant est une qualité en relation avec la cons- 

I. P'.vrcox, Quelques fibres leitiles iiidu-chiiioises. Bull. Jard. Col. litos. 1. 



304 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

titution chimique; les libres cellulosiques manquent de brillant; à 
cause de leur apparence cotonneuse, on les dit cotonisées. Les fibres 
lignifiées au moins superficiellement ont une surface brillante et un 
aspect soyeux. 

c) liésistancp. Élasticité. — Ces deux qualités se définissent de 
la même manière que pour les poils vég-étaux. Leur mesure, sur 
les fibres élémentaires elles-mêmes, n'est intéressante que lorsqu'il 
s'agit de fibres longues : ramie, lin, chanvre ; il n'y a alors aucune 
difficulté à employer pour les mesures l'appareil d'Henry que nous 
avons décrit précédemment. Lorsqu'on voudra comparer entre elles 
les résistances de divers textiles, il faudra avoir soin de ramener 
toutes les résistances mesurées à un diamètre unité ; les résistances 
moyennes que l'on pourra calculer devront également correspondre 
à ce diamètre étalon. Cette précaution est nécessaire à cause de la 
grande variabilité du diamètre, d'un textile à l'autre, et l'on ne 
conçoit guère que l'on puisse comparer directement la résistance 
d'une fibre de lin à celle d'une fibre de ramie sans tenir compte 
du rapport des diamètres qui est à peu près de 4/2. 

Lorsque les fibres sont courtes et que l'on emploie uniquement 
les faisceaux fibreux tout entiers, les mesures de résistance et d'élas- 
ticité doivent porter sur les faisceaux eux-mêmes; elles sont dans 
ce cas beaucoup moins délicates. On peut obtenir la résistance en 
plaçant des poids croissants dans un plateau suspendu à l'une des 
extrémités du filament, alors que l'autre est engagée dans une 
pince, il sera d'autre part facile, au moyen d'une échelle graduée, 
de connaître l'allongement correspondant à la rupture. Ici encore, 
pour obtenir des nombres comparables il sera nécessaire de les cal- 
culer par ra})port à un diamètre choisi comme unité. 

d) Hy(jroscopicité, conditionnement. — L'hi/f/roscopicité est la 
facilité avec laquelle une filasse végétale donnée absorbe la vapeur 
d'eau, c'est un caractère très important au point de vue commercial, 
car la plupart des fibres s'achètent au poids. 

L'opération qui consiste à rechercher la teneur en eau d'un textile 
est connue sous le nom de conditionnement. On opère de la manière 
suivante : 

On pèse •') grammes de fibres prélevées dans les diverses parties 
de l'échantillon ; on les met dans un vase à dessiccation taré (de 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 30S 

poids P, couvercle compris), qu'on met à Tétuve, en plaçant le 
couvercle à côté. ^ 

La température est alors porté entre 100" et lOo" et maintenue 
ainsi pendant 7 heures. On couvre alors le vase, et on le laisse 
refroidir dans une atmosphère rigoureusement desséchée, puis on 
le porte sur la balance; soit P' le poids trouvé. 

On a : P' = P -j- poids de la fibre anhydre. 

Donc le poids de fibre anhydre fourni par les 5 gr. traités est 
égal à P' — P et le poids de l'eau contenue est de : 

g _ (P' _ P) = 5 ^ p _ P' 

La teneur en eau pour 100 g-rammes du textile sera alors 

20 [5 + P — P'] 

Si l'on conservait le même textile dans un appartement sec, il 
retiendrait une quantité d'eau minima, soit n "/q. Ceci veut dire 
que 100 grammes du textile contiendraient 100 — n de fibre 
anhydre et n d'eau. Dans ces conditions 100 gv. de fibre anhydre 

devront retenir au minimum 77-7; — d eau ; c est la proportion 

— 100 n '■ ^ 

admise dans les transactions ; on l'appelle taux de reprise. 

Ce taux varie évidemment d'un textile à l'autre; pour le jute et 
le phormium il atteint 13,7rj, s'abaisse à 12 pour le lin et le chanvre 
et même à 8, 5 pour le coton. 

Le poids condition sur lequel est basée la valeur du textile est 
égal au poids absolu de celui-ci aug-menté de la proportion d'eau 
correspondant au taux de reprise. 

IV 

CARACTÈRES CHIMIQUES 

Au point de vue des caractères chimiques, les fibres peuvent se 
répartir en deux séries : 1" celles dont la paroi est constituée par de 
la cellulose pure ou presque pure ; 2" celles dont les parois sont 
imprégnées de lignine. 

Les premières se colorent en bleu par l'action de l'acide sulfu- 
rique et de l'iode et se dissolvent dans la liqueur de Schweitzer ; 
les secondes se colorent en jaune brun par le même réactif et ne 
sont pas attaquées par la liqueur cupro-ammoniacale. 

Entre ces deux types bien tranchés doivent se placer certaines 



306 ÉTUDKS ET MKMOIKES 

libres dont la lignilicalion ne s'étend (|u"à quelcjues couches de la 
paroi. Dans le chanvre, par exemple, le ciment intercellulaire est 
lignifié; ([uant aux fibres elles-mêmes, elles sont à peu près pure- 
ment cellulosi({ues à part les couches externes de la paroi qui sont 
léf^èrement lii^'nifiées. 

(^uand on traite des coupes transversales, pratiquées dans un 
faisceau fibreux de chanvre, par Tiode et l'acide sulfurique, les 
parois se colorent en bleu à l'exception d'un lég:er liseré externe 
qui prend une teinte jaunâtre, ainsi que la région mitoyenne des 
cellules. Si on regarde une fibre de face après coloration, les deux 
teintes se superposent en donnant un bleu verdàtre. Les choses se 
passent sensiblement de la même manière avec le sunn. 

La lignification des libres prés.înte souvent un retard sur leur 
différenciation morphologique. Aussi, chez un même végétal, peut- 
on trouver des fibres profondément lignifiées, alors que les faisceaux 
les plus jeunes se colorent en bleu par l'iode et l'acide sulfuricpie ; 
dans certains cas, le retard de lignification peut être considérable, 
les fibres n'atteignant leur complète lignification que dans le courant 
de la deuxième année après leur formation. C'est ce qui arrive 
parfois chez les fibres libériennes des Malvacées, Sterculiacées et 
Tiliacées. 

Les fibres lignifiées peuvent être débarrassées de leur lignine 
par ébullition prolongée dans les acides, notamment dans l'acide 
azotique, ou dans les dissolutions alcalines concentrées et emj)loyées 
sous pression. Après ce traitement, elles peixlent leur brillant, 
deviennent cotonisées ; leur paroi est alors uni(juement formée de 
cellulose et se colore en bleu par l'iode et l'acide sulfuricjue. 

On obtient d'excellents résultats pour l'étude analyticjue des 
libres, en employant les réactifs habituels de la lignine, dont nous 
avons longuement parlé au chapitre des bois ; en particulier, une 
étude méthodique des colorations obtenues par les réactions dites 
de la lignine oxydée fournirait des caractères difîérentiels très pré- 
cieux. 

Jusqu'à présent on s'est surtout servi pour distinguer microchi- 
mi(|uement les fibres de la réaction de l'iode et de l'acide sulfurique. 

On l'obtient en trempant d'abord la filasse dans une solution 
saturée d'iode dans l'iodure de potassium, puis en la portant ensuite 
dans un mélange de deux volumes d'acide sulfuiique, 1/2 volume 
de glycérine et 1/2 volume d'eau, mélange effectué au préalable. 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE API'LIOrÉE 307 

en avant soin d'ajouter l'acide en dernier lieu, avec précaution et 
en refroidissant constamment. 

Les colorations obtenues sont assez variées et peuvent se résumer 
dans l'échelle de teintes suivantes : 

Coloration bleue Lin, Ramie 

— bleu violacé Melilot 

— bleu verdâtre Chanvre 

— verdâtre Sida 

— jaune verdâtre Phormium 

— jaune Yucca 

— rouge-rouille Alfa 

— brun noirâtre Bauhinia 

La variété des teintes obtenues avec un même réactif, dont le 
tableau ci-joint ne donne qu'un certain nombre de termes, montre 
l'intérêt qui s'attache au point de vue analytique à l'étude métho- 
dique d'une réaction. S'il règ^ne une certaine obscurité sur les 
phénomènes intimes de celle-ci, les résultats obtenus dans des 
conditions bien déterminées de durée et de concentration fournissent 
des indications précieuses pour orienter une détermination. 

Nous terminerons cet exposé sommaire en signalant les résultats 
moyens obtenus, soit sur des fibres cellulosiques, soit sur des 
fibres lignifiées, avec les réactifs usuels. 



Réactifs 


Fibres cellulosiques 


Fibres lignifiées 




(>lilorure de zinc iodé 


(Coloration bleue 


Coloration jaune- 
plus ou moins foncé 




Chlorure de calcium iodé 


Rose-rouge 
virant au violet 


Jaune 




Sulfate daniline 


Rien 


Jaune 




Pliloroglucine et acide 
chlorhydrique 


Rien 


Rouge vineux 




Orcine et acide 
chloi'hydrique 


Rien 


Violet 




Fuchsine ammoniacale 


Rien 


Rouge vif 




Oxyde de cui\ re 
ammoniacal 


Gontlement suivi 
de dissolution 


Rien 





308 ÉTUDES ET MÉMOIRES 



PRINCIPES DE LA DÉTERMINATION ANALYTIQUE DES FIBRES 

Étant donné un textile, la première question à résoudre pour en 
obtenir la détermination est de fixer sa nature chimique, ce qu'on 
fera très facilement au moyen de liode et de Tacide sulfurique. On 
pourra alors classer le textile examiné dans l'une des trois catégories 
suivantes : 

Fibres complèleincnt cellulosiques. 

Fibres cellulosiques ayant subi un commencement de lignifica- 
tion. 

Fibres ligneuses. 

On pratiquera ensuite une coupe transversale dans les faisceaux 
libreux et l'on observera les éléments qui les constituent. En dehors 
des libres proprement dites, on y trouvera la plupart du temps des 
éléments accessoires, dont la connaissance facilitera beaucoup la 
détermination que l'on poursuit. 

Si les faisceaux étaient sous-épidermiques, les libres auront 
entraîné avec elles des fragments dépiderme reconnaissables à leurs 
cellules régulières, sans méats, munies d'une cuticule. 

Si les fibres étaient corticales, elles seront accompagnées de cel- 
lules parenchymateuses dont les caractères spéciaux doivent être 
soigneusement notés. 

Si les fibres étaient péricycliques ou libériennes, elles seront 
encore accompagnées de tissus spéciaux, lambeaux d'endoderme 
plus ou moins caractérisés dans le premier cas, cellules libériennes 
et fragments de rayons médullaires dans le second. 

Enfin, si les fibres proviennent de Monocotylédones, elles font 
généralement partie de faisceaux libéro-ligneux, qui constituent les 
filaments, et sont accompagnées de tissu libérien plus ou moins bien 
conservé et d'éléments du bois, particulièrement de vaisseaux très 
reconnaissables à leurs ornements. 

Ces coupes transversales permettront d'observer en outre la 
forme et les dimensions transversales des faisceaux ainsi que le 
nombre des éléments constituants. Elles mettront aussi en évidence 
un certain nombre de caractères spéciaux des fibres élémentaires : 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 309 

épaisseur des parois, diamètre, rapport de la cavité au diamètre 
total, zones d'accroissement. 

Ces préparations devront être traitées par l'iode et l'acide sulfu- 
rique afin de déterminer la profondeur et l'intensité de la lignifica- 
tion. 

Enfin les faisceaux seront dissociés et les fibres isolées examinées 
au microscope, afin de déterminer leur longueur, la forme de leurs 
extrémités, la régularité de leur canal intérieur et de constater la 
présence de ponctuations ou de stries, s'il y a lieu. 

Ces observations pourront en outre être complétées en étudiant 
l'action d'un certain nombre de réactifs chimiques : liqueur de 
Schweitzer, chlorure de calcium iodé, chlorure de zinc iodé pour 
les fibres cellulosiques ; réactifs très variés de la lignine pour les 
fibres lignifiées, et en mesurant les résistances soit des fibres élé- 
mentaires, soit des faisceaux. 

Les caractères révélés par ces diverses observations permettront 
de reconnaître facilement les textiles usuels au moven des tableaux 
fournis par les auteurs et de pousser très loin la détermination des 
fibres moins connues, grâce à la constitution préalable d'une collec- 
tion de fiches signalétiques, comme nous l'avons recommandé pour 
les bois. 

Après avoir étudié, au chapitre suivant, un certain nombre de 
textiles choisis parmi les plus importants, nous grouperons en un 
tableau, construit d'après les principes précédents, les caractères 
permettant de les reconnaître. 

[A suivre.) Marcel Dubard, 

Maître de Conférences à la Sorbonne, 

Professeur à VEcole supérieure 

d'Agriculture coloniale. 



LE CAOUTCHOUC EN INDO-CHINE 

[Suite.) 



Terres sablonneuses. — On retrouve de lOue.st à 1 Est, à travers 
les provinces de Tayninh, de Thudaumôt, de Giadinh, de Bienhoa 
et de Baria, une formation siliceuse à caractères très constant.^, 
(|ui au j)oint de vue géologique, semble bien avoir été lancienne 
zone littorale de la Cochinchine. 

Ces terres sont généralement très pauvres en tous éléments fer- 
tilisants. En voici quelques analyses : 

Composition pour 1 .000 (/ranimes de terre brute scellée 

à fO0° centiijrades. 





.Vzote 


PROVINCE DE BARIA 






Concession 
Arcillon 


Région 
de Xuyên-Mnc 


Région 
de Long-Xuyen 






0.015 
5.207 
0.5S8 
0.250 
0.503 


.Xil.l 

5 . 264 

0.010 
1 . 030 
. 800 


0.706 
2.047 
0.814 
0.250 
0.000 






Acide plu)sj)lioi-iquc 

Potasse 






Cliau.v 






Magnésie 











Azolo 


PROVINCE ] 


DE GIADINH 

Région de 
TImdiic 


PROVINCE 

(le 'riiiulaiiMiol 




Région (le 

^'inll-an-Tây 

(l'iantalion 

Jossellcs' 




Région de 
Ong-Veni 




0.557 
. 1 59 
0.510 
0. 120 
0.550 


<l.3l(l 
0. 107 
0.706 
. (> 1 1 
0.350 


0.404 
0.317 
0.510 
0.196 
0.100 




Acide pliospliorique 

l'olassi" 




("haux 




Magnésie 









LE CAOUTCHOLC EN INDO-CHiNE 3H 

C'est dans cette région de terres sableuses que sont les planta- 
tions Belland, Guéry et Paris, Etiévant, Bussy Perrière, Bec et 
Muet, Guyonnet, Matard, Société de Di-An, etc. 

Dans ces terres très pauvres les Hevea ont cependant une bonne 
tenue, et une végétation satisfaisante surtout si Ton peut leur 
appliquer des fumures organiques. Les essais faits à ce propos par 
M. Guérv avec les tourteaux d'arachides et de coton, ont été des 
plus concluants. 

Les analyses de terre publiées par Wright (Hevea Brasiliensis, 
3" édition, 1908) indiquent aussi bien pour la Malaisie que pour 
Ceylan, dans des sols où l'Hevea végète normalement, une grande 
pauvreté en éléments minéraux, mais au contraire une richesse 
très satisfaisante en azote. Aussi dans les terres pauvres y aurait-il 
lieu de conseiller aux planteurs l'application d'engrais azotés, soit 
sous forme de tourteaux, notamment au moment de la plantation, 
soit sous forme d'engrais verts (culture de légumineuses pendant 
les premières années de croissance de l'Hevea). 

Pour pouvoir arriver à lutter dans l'avenir contre les bas prix 
résultant de la surproduction, le planteur doit se préoccuper dès à 
présent d'un mode de culture pouvant lui permettre d'obtenir de 
ses arbres, d'une façon continue le maximum de rendement. Aussi, 
pourrait-on déjà d'après l'expérience acquise, aussi bien dans la 
colonie que dans les pays voisins, poser quelques principes en vue 
de l'établissement rationnel d'une plantation en Cochinchine. 

1° Planter dans des terres rouges, et si possible dans les régions 
traversées par la voie ferrée. De vastes espaces de terres rouges, 
dans les provinces de Bienhoa et de Baria, notamment, sont 
encore susceptibles d'être livrés à la colonisation ; 

2" Opérer en terrain entièrement défriché, dessouché et labouré ; 

3" Défendre la plantation contre les déprédations des animaux 
par de solides clôtures; 

4" Faire des trous suffisamment vastes (un demi-mètre cube 
environ) ; 

o" Planter à des distances variant entre 5 et 6 mètres, soit de 
400 à 500 arbres à l'hectare; 

6° Employer des graines sélectionnées en poids, pesant au moins 
cinq grammes, provenant d'arbres âgés et, si possible, choisis 
parmi les meilleurs producteurs; 



3i2 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

7° En plateau très découvert et très exposé aux moussons et aux 
typhons, constituer des rideaux-abris en bambous. 

Cette précaution reste toutefois facultative pour bien des régions, 
les typhons étant très rares en Cochinchine; 

8° Mettre en place définitive les graines, après germination, de 
façon à éviter le stage en pépinière. Cette façon de faire permettra 
de gagner de 8 mois à un an. le jeune Hevea ne subissant plus 
dans sa croissance le temps darrèt qui résulte de la transplanta- 
tion ; 

9° Appliquer des façons d'entretien suivies (aux instruments 
attelés : bineuses, houes, faucheuses, etc.), de façon à pouvoir 
débarrasser complètement le sol de toute mauvaise herbe ; 

10" S'abstenir autant que possible des cultures intercalaires, 
dont le rendement est souvent incertain, et qui, sous couleur de 
payer les frais d'entretien, peuvent nuire au développement des 
Hevea en accaparant au détriment de ces derniers une somme assez 
considérable d'éléments fertilisants ; 

11" Toutes les fois que le terrain sera pauvre en matières orga- 
niques et en humus, faire des applications d'engrais azotés, parti- 
culièrement nécessaires pour le plein développement foliacé des 
jeunes plants. 

Dans le même but, employer les légumineuses améliorantes en 
plantation de couverture. Ces plantations auront le double avan- 
tage, grâce h la propriété bien connue des légumineuses, d'enrichir 
le sol en azote atmosphérique, et d'arrêter la croissance des mau- 
vaises herbes. 

Les indications définitives ne sauraient être données en ce qui 
concerne l'âge auquel il y a lieu de commencer la saignée, et la 
technique à adopter pour cette opération. 11 est admis qu'un 
Hevea peut être saigné dès qu'il possède un tronc mesurant 
50 centimètres de tour, à un mètre du sol. Cette dimension, dans 
les États Malais, peut être atteinte vers la fin de la cinquième 
année de la plantation, mais il est prudent, en Cochinchine, de ne 
la considérer comme possible que vers la fin de la sixième année 
ou le commencement de la septième, et de compter qu'entre 6 et 
10 ans, la croissance sera de 10 centimètres environ par an, de 
telle façon qu'à 10 ans les arbres mesureront à peu près m. 90 à 
1 mètre de circonférence, à la hauteur de un mètre du sol. 



LÉ CAOUTCHOUC EN INDO-CHINE 313 

Quant aux rendements, il est également prudent de les estimer à : 
12o gr. de caoutchouc par arbre de 6 ans 
230 — — 7 ans 

500 — — 8 ans 

7o0 — — 9 ans 

1000 (1 kilogr.) — 10 ans. 

Le prix de revient d'une plantation d'Hevea peut varier dans de 
grandes limites suivant la région, la nature des terrains et de la 
végétation spontanée, le mode de culture adopté, les conditions 
locales de la main-d'œuvre, les facilités de communications, etc. 

A Ceylan, d'après Wright, il peut atteindre en certains cas, 
1.500 fr. par hectare, jusqu'à la cinquième année, mais s'abaisser 
en d'autres au-dessous de 1.000 fr. En Malaisie, Stanlev Arden, 
ancien surintendant des plantations d'Hevea du Gouvernement, 
l'estime à 1.406 fr. par hectare pour une plantation de 400 hec- 
tares. 

En Cochinchine, on peut admettre que le prix d'une plantation 
pourra varier de 1.000 à 1.500 fr. par hectare, jusqu'à la sixième 
année. » 

En résumé, un effort considérable, basé sur des résultats acquis, 
est actuellement fait en Cochinchine. Les planteurs d'Hevea de 
cette colonie se sont groupés en une association qui de concert avec 
les services agricoles, pourra mettre à l'étude les nombreux pro- 
blèmes qui se posent encore, tels que méthodes de saignée, j)ro- 
cédés de coagulation, fumures... et enfin question de main-d'œuvre. 

L'extension continue des rizières absorbant de plus en plus la 
main-d'œuvre locale, il sera indispensable de songer à bref délai 
pour l'exploitation des plantations d'Hevea à faire appel à la 
main-d'œuvre étrangère. Un premier essai d'introduction de tra- 
vailleurs javanais a déjà été fait et les résultats en ont été satisfai- 
sants, mais il sera peut-être possible également de recruter des 
travailleurs dans les provinces surpeuplées de l'Annam et du 
Tonkin. C'est là une question vitale pour l'avenir de la culture de 
l'Hevea en Cochinchine et qui mérite au plus haut point de retenir 
l'attention des autorités locales. 

Approvisionnement du marché métropolitain. — Dans les con- 
clusions de leurs rapports, MM. Paris et Morange estiment qu'en 
1920 le nombre des Hevea plantés eii Cochinchine ne sera pas 
Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 103. 22 



314 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

intérieur à 5 millions d'arbres. Si d'après M. Morange « on réduit 
en prévision de divers aléas le cliillVe des arbres producteurs à 
quatre millions etsilon estime leur rendement moyen à 1 k. 1/2 de 
caoutchouc, la Cochinchine produirait vers 1930 dix mille tonnes 
de caoutchouc ». 

Considérant simplement le million d'Hevea actuellement en 
j)lace, on peut espérer, en admettant un rendement de 1 kil. par 
arl)re de 10 ans, pouvoir exporter vers 1920 de Cochinchine 
1.000 tonnes de caoutchouc. C'est là une exportation minimum k 
prévoir, car les arbres des plantations antérieures k 1910 donne- 
ront sans doute un rendement supérieur k 1 kil., et en outre les 
arbres cjui auront été plantés de 1910 k 1915, se trouvant k ca 
moment âgés de 7 ans, pourront commencer à être exploités. 

CAMBODGE 

Il résulte des renseignements fournis tant par le service de 
l'agriculture que par M. Celard, Président de la Chambre consulta- 
tive mixte de Commerce et d'Agriculture du Cambodge que la 
question de la production du caoutchouc est restée dans cette colo- 
nie à l'état embryonnaire. 

Essences spontanées. — M. Spire, dans son ouvrage : Le Caoul- 
chouc en Indu-Chine, signale comme espèces caoutchoutifères les 
plus intéressants du Camljodge, le Parameria glandulifera « var- 
angkot des Cambodgiens qui paraît une variété de Parameria 
glandulifera ou peut-être une espèce dillerente de Parameria 'i. 

D'autres espèces laticifères ont été décrites et signalées au Cam- 
Ijodge par MM. Pierre et Combanaire, mais elles ne sont l'objet 
d'aucune exploitation de la part des indigènes. 

Essences vuUivées. — De timides essais de culture de Ficus et 
d'IIevea ont été faits par MM. Vendelet et Farant aux environs de 
Pnom-Penh, mais aucun résultat pratique n'a encore été acquis. 

On peut dire que la (juestion de la production du Caoutchouc 
par l'exploitation des essences .spontanées ou la culture d'espèces 
introduites reste entière en ce (jui concerne le Cambodge. 



LE CAOUTCHOUC EN INDO-ClIlNE 315 

LAOS 

Le Caoutchouc est l'un des principaux produits d'exploitation 
du Laos ; d'après M. le Résident Supérieur Mahé, la récolte de ce 
produit pendant la campag-ne 1910 est estimée pour la seule région 
du Tran-Ninh à 30.000 kilos, valant sur place 80.000 piastres. Ce 
caoutchouc récolté par les indig-ènes est exporté par les maisons 
Chaussé, Lejeune frères et l'Li^nion Commerciale, installées à 
Xieng-Thouang-. 

Le rapport adressé au Département ne contient aucune indication 
sur la nature des espèces caoutchoutifères exploitées au Laos, mais 
il est dit que <( d'une façon générale le caoutchouc croît sponta- 
nément dans toutes les forêts du Laos et que si jusqu'à ce jour, 
les recherches n'ont porté que sur certaines régions, c'est que par 
leur proximité relative des centres où se trouvent des conmierçants 
européens, elles ont attiré tout d'abord l'attention. 

« Ces régions sont par ordre d'importance diverses circonscrip- 
tions des provinces de Tran-Ninh, de Vien-Tiane, de Caumon, des 
Hua-Phans, de Savannakhet et d'Attopeu ». 

Les procédés d'exploitation utilisés par les indigènes sont aussi 
dangereux que possible pour la conservation et la reproduction des 
lianes. 

En eifet, malgré les ordres formels donnés à la population, les 
lianes ont été jusqu'à ce jour coupées au ras du sol ; certains 
tâcherons mutilent même la racine pour obtenir un plus fort ren- 
dement. La plante ne résiste pas à un semblable traitement. Les 
indigènes plus prévoyants qui incisent les gros sujets opèrent sans 
méthode et la liane n'en meurt pas moins au bout de deux ou 
trois ans. 

Ainsi que M. le Résident Supérieur Mahé en exprime le désir, 
il serait à souhaiter que des mesures efficaces puissent être prises, 
afin de sauvegarder pour l'avenir cette importante source de 
richesse naturelle pour le pays. 

D'après le D'' Spire, les principales essences à latex exploitées au 
Laos sont des Paraharium. 

P. Spircanurn et Quintareû au Cammon et au Cam-Keut ; P. 
Tournieri, lutifoliuni et \crne/i aii Tranninh et dans les vallées du 
Nam-Khan et du Nam-San. 



316 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Il existe en outre un grand nombre de lianes spontanées fournis- 
sant des produits moins purs, 

M. Spire cite les Parahariuni napeense, Xylinaharia Spire i Pierre, 
Melodinus Tournieri et Guignardi, Chonemorpha... 

Le Caoutchouc de plantation n'a donné lieu jusqu'à ce jour à aucun 
essaie 

(.4 suivre.) Pernot, 

Ingénieur agronome. 



LES EUCALYPTUS 

(Suite.) 



E. megacarpa. — Arbre de 2o mètres, affectionnant les terrains 
frais et profonds de son pays ; il ne faudrait donc le planter que 
dans les parties les plus marécageuses des plaines algériennes ou 
du midi de la France. Son bois est très solide, d'une longue durée, 
même lorsqu'il est plongé dans l'eau. Il a, à notre avis, les mêmes 
qualités, à ce dernier point de vue, que VE. margina fa dont nous 
venons de parler (tig. 12). 



E. melanophlœa. — Arbre de moyenne grandeur, dépassant 10 à 15 
mètres — M. de Vilmorin dit 8 mètres — très ornemental par son 
feuillage gris blanchâtre. Il ne vient bien que dans les lieux abrités 
où la chaleur peut se concentrer assez fortement. Son écorce est sil- 
lonnée profondément de crevasses, qui lui donnent un aspect parti- 
culier. Son bois est solide, d'une bonne durée ; on l'emploie pour 
en faire des traverses de chemins de fer, des poteaux télégraphiques, 
etc., mais pour tous ces usages, il faut qu'il ait été coupé en saison 
favorable, sans quoi il est sujet à se fendre, lorsqu'il est exposé au 
soleil. Nous avons eu cette espèce en Algérie, mais elle était trop 
jeune pour que nous puissions donner notre appréciation à son sujet ; 
nous l'avons vu dans la collection Cordier où il était déjà d'une 
taille respectable et, autant qu'il nous en souvienne, il méritait d'at- 
tirer l'attention. Il rendrait de grands services dans nos colonies 
tropicales pour faire des abris. 



318 



ETUDES ET MEMOIRES 



E.melliodora. — Arbre de grande taille (oO mètres), se plaisant sur 
les versants des montagnes exposés au sud, mais cependant pas à 




Fig. 12. — Eucalyptus mcgacarpa (fruits). 



une trop granile altitude. Dans son pays on l'appelle « buis jaune » 
(Yellovv box), ce qu'il doit à la couleur de son bois et à sa dureté 
relative. Le tronc en est des plus volumineux comparativement 
à sa hauteur qui, d'après Ch. Naudin, dépasse GO mètres suivant 
les lieux où il croît. 

Son bois rapj)elle celui de l'^", rostrata, sans l'égaler en durée, 
mais il équivaut à celui de V E. glohulus ; il ne le cède sous ce rap- 
port, (pi'à ceux des K. leucoxylon, sidcrophlfea et jtolyanthenia. On 
l'utilise du reste dans tous les travaux de la ferme et particuliè- 
rement dans le charronnage : on en t'ait également d'excellent charbon. 

(]et arbre est assez répandu dans le midi de la France et il se 
montre des plus rustiques. En Algérie, il existe de-ci de-là et, plus 
sp 'cialement, dans la collection Cordier. 



LES EICALVPTUS 319 

E. microcorys (Tallow wood ou bois de suif). — Grand arbre, de 50 
mètres de hauteur et plus, dont il n'est pas rare de trouver des fûts de 
30 mètres sur 2 mètres de diamètre. Son bois jaunâtre est exempt de 
veines de résine kino, mais son feuillag-e est très riche en huile 
volatile. Ce bois est facile à débiter en planches et à raboter ; lors- 
qu'il est fraîchement abattu il est onctueux au toucher, ce qu'il doit, 
d'après Ch. Naudin, à une matière grasse assez semblable à la viscine ', 
il en contient environ 1 °/o de son poids brut et on assure qu'il a 
pour effet de se fendre ou de se déjeter, mais non de se contracter 
et de durcir. Le bois de cette espèce intéressante, est très solide 
et durable, il sert à tous les travaux domestiques, on l'utilise même 
pour les traverses de chemins de fer et pour en faire des poteaux 
télégraphiques ; se plaît beaucoup dans les sols frais et profonds. 
Doit être sans doute, déjà introduit dans toute la région médi- 
terranéenne. 

E. microphylla (stricta). — Arbre vigoureux, rustique, croissant 
dans les sols frais mais peu riches, atteignant 2o mètres environ. Son 
bois lourd, de première qualité, est utilisé pour la charpente et le 
chauffage ; il se travaille facilement ; on en fait spécialement des 
manches d'outils. Nous ignorons s'il est déjà introduit dans les 
plantations faites en Algérie et dans toute la région méditerra- 
néenne du reste. 

E. microtheca. — Arjjre répandu dans toutes les régions austra- 
liennes, tant tropicales qu'extratropicales et dans les parties les plus 
arides, ce qui doit en faire une précieuse acquisition pour les boi- 
sements du sud de l'Algérie, actuellement dénudés de toute végé- 
tation arborescente, ainsi que dans le sud de l'Afrique. Cette espèce 
dépasse 40 mètres de hauteur, si elle rencontre des conditions de 
climat et de sol favorables. Son bois est dur, pesant et élastique, de 
teinte brune, souvent moucheté, ce qui le fait rechercher des ébé- 
nistes pour la fabrication de très beaux meubles. Il est employé à 
tous les ouvrages de charpente et sa durée est très grande. N'est pas 
encore introduit, que nous sachions, dans les plantations; cependant, 



1. Substance visqueuse formant le principal élément de la (fin, que 1 on trouve dans 
les différentes parties du gui. 



320 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

il mériterait de l'être, particulièrement dans les contrées désertiques, 
où cette espèce intéressante trouverait facilement les éléments 
propres à son existence. 

E. obliqua. — Arbre des montag'nes de la Tasmanie, à écorce 
fibreuse (string-y bark.j. En Victoria, il porte le nom de Messmate. 
De taille énorme (c'est une des plus g-randes espèces), on le voit 
s'élancer à plus de 90 mètres de hauteur, sur un tronc de 2 m. .^)0 
à 3 mètres de diamètre, à 1 mètre du sol, il étonne par ses majes- 
tueuses proportions. 

« De tous les Eucalyptus, c'est peut-être celui qui forme les peu- 
plements les plus uniformes et les plus continus ; il constitue d'im- 
menses massifs forestiers, non seulement en Tasmanie, mais encore 
sur tout le continent australien, du golfe Spencer aux parties méri- 
dionales de la Nouvelle-Galles. La nature de sa végétation dilfère 
sensiblement dans cette étendue de pays, ce qui lui a valu diverses 
dénominations suivant les lieux. » 

Son bois n'a ni la forme ni la finesse de o:rain de celui de cer- 
taines autres espèces d'EucahqDtus, cependant il est assez facile à 
travailler et à fendre, aussi* est-il très utilisé dans toutes les indu.s- 
tries où le bois ne doit être ni enterré, ni exposé à l'humidité. Le 
grand avantage de cet arbre qui est très ornemental, c'est de se 
contenter des sols les plus pauvres, et d'y produire plus que tous 
les autres des matières ligneuses que l'on emploie dans diverses 
industries ; c'est une qualité précieuse, dans un pays où il y a 
urgence à se procurer du bois aussi rapidement que possible. Son 
écorce très riche en résine, fournit 1 1 à 13 ^/o de tannin kino et Ses 
feuilles produisent une notable proportion d'huile essentielle. 

\J E. obliqua est très vigoureux, de croissance rapide — moins 
pourtant que l'E. globulus — et il est relativement rustique — ce qui 
doit en permettre la diffusion partout où le thermomètre ne tombe 
pas, trop fréquemment, sous zéro. 

Il est déjà très répandu en Algérie et dans les autres contrées 
bordant la Méditerranée, mais nous voudrions le voir planter en 
grande masse parce que l'industrie en retirerait des avantages 
sérieux. 

E. Mulleri. — Arbre d'une végétation rapide, prodigieuse même, 
atteignant oO mètres, d'une rusticité relative, ne pouvant convenir 



LES EUCALYPTUS 321 

que sur le littoral. Gomme qualité, son bois se rapproche des E. 
Gunniiet viminalis. 

Il se contente des terrains rocheux et pierreux, ce qui indique 
qu'il serait excellent dans tous les lieux montueux avoisinant la 
mer, et dont les terres ne peuvent être cultivées en céréales ou en 
jardins. C'est certainement une des espèces les plus robustes. 

N'est pas encore très répandu que nous sachions; cette espèce 
mériterait de l'être davantage. 

E. obtusiflora. — Arbre de 40 mètres et plus, portant dans son pa} s 
le nom de Yellow hlack But. Bois de bonne qualité, très dur et de 
longue durée. A cultiver dans un bon sol ; près des lieux un peu 
inondés, cet arbre fera merveille. N'est pas encore très répandu, 
mais le sera bientôt, parce que c'est une fort belle espèce, 

E. occidentalis. — Arbre de 40 mètres de l'Australie occidentale où 
il porte le nom de Fiat toped yate que les colons lui ont donné. Il 
est assez rustique et végète rapidement dans les sols profonds et 
frais ; cependant, en Alg-érie, il résiste depuis de longues années 
dans la collection Cordier, k la sécheresse et au siroco. Le bois du 
cœur est de couleur foncée, très dur : on l'utilise pour le charron- 
nage et dans la construction. 

Cette espèce est la plus répandue après Y E. globulus ; on la ren- 
contre dans les Alpes-Maritimes, le Var, en Algérie et quelque peu 
en Italie. Elle fleurit au bout de deux ou trois années de plantations 
quand elle n'a que 2 ou 3 m'ètres de hauteur et ses graines sont fer- 
tiles dès le début, ce qui ne se produitpas toujours chez les autres. 

E. oleosa. — Cet arbre et très répandu dans tous les sens du con- 
tinent australien ; suivant les sols, il varie considérablement d'as- 
pect et de taille. Dans les régions désertiques et arides, il reste à 
l'état de buisson, dans les terres fertiles et fraîches il atteint 30 à 35 
mètres de hauteur. Son bois est extrêmement dur, de teinte rou- 
geâtre,plus lourd que l'eau, même lorsqu'il est sec ; il est facile à 
fendre et on l'emploie à tous les usages domestiques et industriels. 
Ses feuilles sont d'une très grande richesse en huile essentielle qui 
possède la propriété de dissoudre à froid le caoutchouc, l'ambre et 



322 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

d'autre.s résines fossiles. Cette espèce porte du reste plusieurs noms 
suivant les localités où on la trouve : c'est le Mowell des colons aus- 
traliens. Ce que nous venons de dire, d'après Gli. Naudin, est, 
ce nous semble, assez intéressant pour être répété. Aussi souhaitons- 
nous que cette espèce soit bientôt introduite, car elle pourrait rendre 
de réels services dans les oasis du Sahara, ne serait-ce que pour 
enrayer l'envahissement du sable, qu'elle semble devoir arrêter. 

E. paniculatâ. — Arbre de 40 mètres de hauteur, très ornemental, 
à bois très dur, de longue conservation, que l'on utilise dans la 
Nouvelle-Galles du Sud, dont il est originaire, à tous les genres de 
construction : poteaux télégraphiques, treillages, traverses de che- 
mins de fer, charronnage, etc. 11 est assez lent dans sa végétation, 
pendant les premières années, mais il pousse ensuite très vigou- 
reusement, dans n'importe quels terrains, enfin, il est assez résistant 
au voisinage de la mer. 

E. pauciflora (plus connu sous le nom de coriacea). — Arbre des 
plus intéressants pour la région méditerranéenne, par sa rusticité 
relative même en dehors de la réo-ion de l'olivier et de l'orang-er, où 
il a supporté des froids de 10 à 12 degrés en dessous de zéro. Il 
est originaire de montagnes assez élevées de la Tasmanie et du 
sud de l'Australie, à 1.500 mètres et plus d'altitude. C'est une 
belle espèce, haute de 00 mètres et plus, à écorce blanche et lisse, 
dont les branches retombent gracieusement comme celles du saule 
pleureur ; son tronc atteint également de fortes proportions. Son 
bois, sans être d'une durée aussi grande que celle d'autres espèces 
d'Eucalyptus, est utilement employé dans les constructions ordi- 
naires, il est même très estimé pour tous les usages. Son feuillage 
est longuement lancéolé, épais et coriace, ce qui le fait facilement 
distinguer des autres espèces. 

L'/i. paucipora est introduit dans les cultures et comme il croît 
assez rapidement dans n'importe quel sol, il n'est pas douteux 
qu'il ne se répande aussi vitequ^ le (flobulus, dont, sous le rapport 
de l'assainissement, il ne possède pourtant pas les énergiques 
qualités. 

Au point de vue horticole, il pourrait être cultivé pour décorer 
les parties pittoresques des parcs et jardins ; peut-être aus.si, dans le 
centre et l'ouest de la France, mais dans les lieux assez abrités en 
hiver des vents (bi .Nord. 



LES EUCALYPTUS 323 

Nous avons eu cette espèce en Algérie; elle y soulTrait beaucoup 
de la chaleur sèche de l'été et surtout du siroco. 

' E. phœnicea. — Petit arbre provenant des parties les plus septen- 
trionales et les plus chaudes de l'Australie. On ne sait presque 
rien sur les qualités de son bois et les usages auxquels il peut être 
utilisé. Ce qui le recommanderait surtout, c'est la beauté de ses 
belles fleurs d'un rouge écarlate ; à cet égard il aurait sa place mar- 
quée dans les jardins de l'Algérie et des autres colonies. Néanmoins 
il ne faut pas compter, étant donné son origine tropicale, qu'il puisse 
résister dans le midi de la France. Les essais tentés en ce sens ont 
été des échecs complets. En Algérie, il faudrait le planter dans un 
bon sol, ovi cet arbre recevrait de fréquentes irrigations, de plus 
il est urgent de le placer à une exposition aussi chaude que possible. 

E. pilularis (Black but). — Arbre de 80 à iOO mètres de hauteur, 
du Queensland méridional et de la Nouvelle-Galles du Sud ; on le 
considère à Sydney comme la meilleure espèce forestière du pays, 
à cause de la bonne qualité de son bois et des gigantesques propor- 
tions du tronc. Dans le district d'Illawara, on en a mesuré dépas- 
sant 100 mètres, avec un tronc de trois à quatre mètres de dia- 
mètre à la base. On en fait d'excellents madriers pour la charpente, 
des planches à parquets et autres, des poteaux télégraphiques, des 
traverses de chemins de fer, etc. 

Cette belle et majestueuse espèce alTectionne les terres pro- 
fondes et fraîches ; à Maison-Carrée, près Alger, il y en a d'admi- 
rables spécimens. Nous en avions en Algérie, dans notre collection, 
des sujets de quatre ans qui, alors, dépassaient déjà huit mètres; 
s'ils n'ont pas été arrachés par notre successeur, ils doivent aujour- 
d'hui, étant âgés de 30 ans, être de belle taille. 

En Provence, il paraît que cet arbre est moins résistant au froid 
que l'E. globulus. 

E. piperita ;Pippermint gum des Australiens). — Arbre de 40 à 
50 mètres et plus, suivant les localités où il se rencontre, dans la 
Nouvelle-Galles du Sud et du Gipp's Land. Son tronc à hauteur 
d homme atteint jusqu'à un mètre de diamètre; son bois très 
estimé est de première qualité, il se fend facilement et régulière- 
ment et l'on s'en' sert à tous les usages domestiques, etc. Son 



324 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

feuillage aromatique est très riche en huile volatile d'une saveur et 
d'une odeur prononcées. 

Nous possédions cet arbre dans notre collection ; après 6 ans 
il était déjà très beau; qu"est-il devenu depuis 2o ans que nous ne 
l'avons vu? 

(^uoi qu'il en soit, il végétait très bien dans les sols ferrug^ineux 
de la plaine de Tipaza. au pied de la montagne du Chenoua, où il 
était abrité des vents du Nord et où il recevait toutes les effluves 
maritimes. 

E. Planchoniana. — Arbre à peine connu du Queens Land méri- 
dional, où il dépasse à peine 30 mètres sur un peu plus d'un mètre 
de diamètre à hauteur d'homme. Son bois est de bonne qualité, 
pesant et de longue durée, facile à débiter en planches ou en 
madriers, mais peu aisé à fendre à la hache. 

Les sols calcaires et frais semblent lui convenir ; il y aurait lieu, 
maintenant qu'on en peut avoir des graines, d'en tenter l'élevage 
en Algérie et dans le midi de la France; il en vaut la peine. 

E. platyphylla. — Arbre de belle tailleduQueen'sLand, ne dépas- 
sant pourtant pas 20 mètres, et servant principalement dans son 
pays d'origine à créer des avenues propres à fournir de l'ombre ; — 
ce qui est assez rare dans le genre Eucalyptus — les feuilles d'une 
taille exceptionnelle atteignent 40 à 45 centimètres de longueur sur 
30 centimètres de largeur. D'après Gh. Naudin, cette espèce serait 
voisine de VE. alha de l'île de Timor, et se confondrait peut-être 
spécifiquement avec cet arbre. 

Nous ne croyons pas que VE. jjlatijphi/lla soit introduit en 
grand en Europe, mais nous soupyonnons son existence dans le 
jardin de la Villa Thuret à Antibes ; on pourrait au Ijesoin s'adres- 
ser à l'obligeance de M. Poirault, son aimable directeur actuel. 

E. polyanthema. — Arbre du sud de l'Australie où on lui donne 
le nom de Red Box [hois rouge). C'est un végétal superbe, quand il 
est bien venu, par sa taille majestueuse de 40 à ."50 mètres et son 
feuillage orbiculaire de teinte glauque, qui lui donne un peu l'as- 
pect d'un peuplier ; sa floraison est très abondante — même dans 
son jeune âge — ses fleurs blanches forment des panicules élé- 
gantes à l'extrémité des rameaux. Son bois dur, compact, de 
longue durée est des plus recherchés ; on le préfère même au chêne 



Les ELfCALYPTUs 325 

et au frêne pour tous les travaux de charpente et pour tous les 
ouvrages auxquels ces derniers bois sont employés; il développe 
beaucoup de calorique, aussi est-il très apprécié par les charbon- 
niers. 

Il est assez rustique et se plaît beaucoup dans les sols ferrugi- 
neux de l'Algérie, où nous l'avons étudié; sa croissance est très 
rapide, son tronc très gros et très droit en font un arbre de toute 
beauté. 

Cette espèce est très répandue partout sur le littoral méditerra- 
néen, mais nous ne croyons pas que ce soit un arbre de reboise- 
ment : il faudra surtout l'employer pour plantations d'avenues et 
pour l'ornement des jardins et des parcs (fig. 13j. 

E. populifolia. — Espèce provenant des parties les plus chaudes 
de l'Australie orientale. C'est un grand arbre de 3o à 4o mètres que 
les colons nomment Bemhil et Shining leaved box. Son bois est 
dur, très résistant ; on l'emploie dans son pays pour en faire des 
poteaux télégraphiques, des leviers, des manches d'outils, enfin 
tous les ustensiles qui exigent force et résistance. A cause de sa 
provenance, il conviendra aux climats secs et chauds, j^articulière- 
ment dans le sud de l'Algérie, où il lui sera possible de se déve- 
lopper convenablement. Cet arbre demande un sol profond et sec, 
siliceux autant que possible. 

E. punctata (Leather Jacquet et Hickory Eucalyptus, des colons 
delà Nouvelle-Galles du Sud). — C'est un arbre de 30 à 35 mètres, 
à tronc lisse, qui croît avec une extrême rapidité ; en une saison 
nous avons vu atteindre 5 mètres, un sujet planté n'ayant que 
15 centimètres de hauteur. Son bois est dur, résistant, de lono-ue 
durée ; sa teinte est légèrement brunâtre ; on l'utilise dans les 
constructions navales, dans le charronnage, en traverses de che- 
mins de fer, à une infinité d'autres usages. Il se plaît dans les sols 
profonds et frais où il prend un beau développement ; cependant 
nous l'avons vu croître dans des terres médiocres et sèches, 
mais moins rapidement. 

C'est une bonne espèce à multiplier partout^ dans les lieux 
marécageux ou un peu humides, elle y prend alors un développe- 
ment qui serait prodigieux, si d'autres du même genre ne la sur- 
passaient. 



326 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



E. redunca (AVhite gum). — Arbre de 30 mètres et plus, se plai- 
sant dans les terrains graveleux, détrempés par les pluies, mais 
réussissant également dans d'autres sols ; il fleurit peu d'années 
après le semis et la plantation. Son bois dur, élastique et résistant, 




Fi^-. 13. — Eucalyptus polyanthcnia. 



est recherché pour la charpente et le charronnage. Nous ne con- 
naissons pas d'autres particularités sur cette espèce. 

E. Raveretiana Grev gum tree et Iron gum tree). — Arbr-e de 
taille gigantesque, (h'-pas.sant 100 mètres do luiuteur, porté par un 



LES EUCALYPTUS 327 

tronc de trois mètres de diamètre et plus à la base. C'est l'arbre 
des marais par excellence, car il ne peut croître ailleurs que là ou 
sur le bord des rivières. Cette espèce majestueuse serait tout 
indiquée pour lés plantations à faire dans les marécages de l'Italie, 
de l'Alg-érie et de la Tunisie, où elle aurait tôt fait de restituer à 
la culture d'immenses territoires. 

Cependant 1'^". Ravereiiana peut pousser dans des sols plus secs, 
mais il y devient moins beau. Son bois est très dur et de longue 
conservation ; il est de couleur foncée et on en fait usage dans tous 
les genres de constructions, parce qu'il se travaille avec la plus 
grande facilité. Enfin, lorsqu'on fait des entailles dans sa tige, elles 
donnent issue à un liquide acidulé^ presque incolore, rappelant 
celui qu'on extrait de VE. gunnii^ et dont on peut recueillir une 
grande .quantité. 

Cette espèce existe peut-être à la Villa Thuret, à Antibes, mais 
nous ne la connaissons pas ; nous doutons même qu'elle se soit 
répandue et le seul qui en ait fait mention, c'est Ch. Naudin '. 

E. regnans (Victoria Mountains Ash). — Arbre de 40 mètres et 
plus, suivant les localités ; bois recherché pour la fabrication des 
lattes, douves, etc. Son feuillage est, dit-on, très riche en huile 
essentielle de kino. Introduit depuis peu dans les collections, nous 
ne pouvons rien dire sur sa valeur végétative, mais nous suppo- 
sons que cette espèce se contente des terrains les plus médiocres 
et les plus secs. 

E. resinifera. — Au Queen's Land les colons le nomment Hed 
Mahogany (Acajou rouge). C'est un arbre de 50 mètres et plus, 
qui s'accommode de tous les climats, même les plus chauds. Il 
résiste aux chaleurs tropicales des Indes, aussi bien qu'à celles de 
l'Afrique centrale et du Cap de Bonne-Espérance, où il atteint des 
hauteurs extraordinairee en trois ou quatre ans, mais dans les 
terres fertiles et profondes. En Europe et en Algérie, on l'a tou- 
jours confondu avec l'E. rostrata qu'il est pourtant facile de distin- 
guer quand on possède les deux espèces. 

Sous le nom de Gros Bedgum^ cet arbre est très répandu en 
Algérie où il pousse droit comme un i avec des ramifications 

1. Miiniiel lie l'acclimaleur. 1X87. 



328 ÉTUDES ET 3IÉM0IRES 

régulièrement élaguées en pyramide. Cette espèce ou variété 
végète avec une rapidité surprenante : un sujet planté en mars, 
atteint — en Algérie, nous avons pu l'observer — en huit à neuf 
mois cinq mètres et plus de hauteur ; il faut cinq à six ans pour 
avoir des arbres de toute beauté. 

^'oici ce qu'en dit M. Morel, qui possède une collection 
importante d'Eucalyptus à Beyrouth l^Syriej : 

<( Ils forment parmi les Eucalyptus, un groupe spécial. M. Vil- 
morin, les visitant chez moi, émettait l'avis qu'il faudrait les 
réunir tous sous le nom de l'ostraia, h cause de la forme absolu- 
ment caractéristique de la graine en forme de rostre. Primitive- 
ment, il les avait portés dans ses catalogues sous les trois noms 
suivants : Rcsinifera Teuterfield, Besinifera rera, liesinifera gros 
redfjum et, en dernier lieu, il annonce ce dernier sous le nom de 
rostrata. Je possède les quatre à plusieurs échantillons et je ne 
puis m'empécher de certifier que si les graines se ressemblent, 
chacun a son allure particulière ; le gros redgum pousse avec une 
véritable furie, aucun autre arbre ne lui ressemble ni n'en approche 
sous ce rapport. Chaque coup de vent ' remplit mon jardin de ses 
débris : bois et feuilles ; mais pour réparer ses avaries il va encore 
plus vite que ne fait le vent pour l'endommager. Ce duel inter- 
mittent semble rappeler Hercule abattant les têtes de l'hydre de 
Lerne qui repoussent sans cesse; ici, c'est l'arbre qui semble le 
plus fort et c'est le vent qui s'épuise à vouloir l'entamer. Il va 
toujours progressant : semper altius, semper latius. Ses graines 
sont innombrables et en font absolument un arbre pleureur, ce 
qui n'arrive pas pour le rostrata. Enfin, les auteurs proclament 
l'excellence du bois du rostrata, au contraire les branches du gros 
redgum cassent à tout instant. Aux personnes qui veulent se 
créer un rideau d'arbres les séparant proniptement de leurs voi- 
sins, je donne sans hésiter le gros redgum, ses branches retom- 
bant sous le poids des fruits en font un écran naturel. Aux colons 
embarrassés pour le choix, je dirai : « Prenez avant tout celui-hi, 
il n'y a rien dans la nature qui lui soit comparable; quant ii la 
rapidité de hi végétation, c'est absolument phénoménal. Les autres 
rcsinifera le suivent, il est vrai, mais il les devance tous. » 



1. Le vent règne sans cesse dans cette iiartic de la Syrie cl y coniiuel de nombreux 
dég&ls. 



LES EUCALYPTUS 



329 



Tout ce que M. H. Morel vient de dire est absolument exact, 
nous n'avons rien à y ajouter, sinon que toutes les terres con- 
viennent à cet arbre prodig-e qui, décapité même, se refait, tel le 
phénix, avec une rapidité inconcevable pour celui qui ne Ta pas 
observé. 




Fif;-. 11. — Eucalyptus rnljusta. 



E. robusta [Swamp Mahocjany ou Acajou des marais de la Nou- 
velle-Galles du Sud). — Arbre de 35 mètres et plus, de toute beauté 
par la g-randeur et l'abondance de son feuillage lustré et par l'am- 
pleur de sa tête arrondie en dôme. Gomme arbre d'avenue, il est 
Bul. du Jardin colonial. 19il. II. — N° 10.3. 2:5 



330 ÉTUDES ET 3IÉ.M0IRES 

incomparable ou du moins a peu de rivaux ; néanmoins, c'est en 
forêt qu'il devrait être planté, à cause de la rectitude de sa tige, 
la beauté et la qualité de son bois de premier ordre; entin, parce 
qu'il a la faculté de croître dans les sols marécageux et même un 
peu salés situés dans le voisinage de la mer (fig. 14). 

C'est l'arbre qui peut faire des chotts tunisiens, actuellement 
déserts, insalubres et incultivables, une région d'une g-rande 
richesse pour l'élevage des troupeaux de moutons et autres rumi- 
nants, dont l'on obtient une chair particulièrement savoureuse, 
quand les animaux sont élevés avec une nourriture salée. 

Cette espèce est admirable, d'une vigireur peu commune, et son 
bois imprégné d'oléorésine le met complètement à l'tibri des insectes. 
On en a fait des plantations à Madagascar et il paraît qu'elles sont 
de toute beauté. 

Son bois dur, solide, de très longue durée, est utilisé dans son 
pays natal à tous les ouvrages de construction et de pilotis. 

Enfin, en Provence, en Italie et en Algérie, il se montre aussi 
rustique que VE. glohiilus, qui ne le vaut certes pas au point de vue 
de l'esthétique. Aujourd'hui que ces arbres fiaictifient dans la région 
méditerranéenne, il est facile de se procurer, dans le commerce, les 
graines dont on aurait besoin. 

E. rostrata (Redgum). — Arbre de 35 à 60 mètres, originaire 
d'une grande partie de l'Australie méridionale et aussi de lintérieur 
du continent, où on le rencontre dans les terres humides à sous-sols 
argileux et peu perméables; il se plaît aussi dans les terres inon- 
dées, en Provence et en Algérie ; il est cependant très résistant à la 
sécheresse prolongée (fig. 15). 

Le tronc de cette espèce est plus gros et plus massif que chez bon 
nombre d'autres eucalyptus. 

C'est l'arbre forestier par excellence, dont la tige, dès le jeune 
âge, s'élance droite et rigide, avec une tendance à jjrendre une forme 
pyramidale. Quand il pousse isolément, la tête s'élargit parfois par 
le développement des branches latérales, rappelant assez le port de 
r^". (jlohulutf, mais avec un feuillage plus dense et plus toulVu. 

Comme bois, c'est l'un des meilleurs du genre Eucalyptus, aussi 
est-il très employé dans toute la colonie de Victoria et de la Nou- 
velle-Galles du Sud, pour tous les usages. Les navires construits 
avec lui. ne sont jamais attacjués par les tarets et on le préfère à 



LES EUCALYPTUS 331 

tous les autres pour en faire des traverses de chemins de fer et des 




Fig. 15. — Eucalyptus rostrata. 

poteaux télégraphiques de longue durée ; il est presque l'équivalent, 
comme valeur, de \ E. marf/inata, de l'Australie occidentale. 



332 ÉTUDES ET .AIÉMÛI»\ES 

L'fi". 7'oslraia a encore une qualité qui doit le faire apprécier à sa 
1 celle valeur, c'est : 

4" Sa rusticité relative, très supérieure à celle de l'^". glohulus, 
car il résiste dans des régions où ce dernier périt chaque année ; 

2° Sa résistance à la forte chaleur, qui en fait un arbre énunem- 
ment utile pour les pays tropicaux : Amérique du Sud, Afrique 
centrale, Indes, etc. 

(Quoique sa croissance soit un peu moins rapide que celle de Y E. 
(/lohiilus, il atteint parfois, en quelques mois, 4 ou 5 mètres, suivant 
les lieux. En Provence, on l'a vu en 12 ou 13 ans, dépasser J5 mètres 
de hauteur, avec 3o à 10 cent, de diamètre à la base, à hauteur 
d'homme. 

Cette intéressante espèce est déjà abondamment répandue partout 
dans la région méditerranéenne de la France ainsi qu'en Algérie : 
(( Il s'y reproduit pour ainsi dire spontanément de ses graines tom- 
bées à terre, ce qui permet de le regarder comme entièrement natu- 
ralisé. » 

Nous avons observé cet arbre en Algérie, il y donne les plus belles 
espérances et nous estimons qu'il doit figurer avec honneur dans 
toutes les plantations qui seront faites en vue du reboisement 
des montagnes voisinev de la mer. 

(.[suivre.) R. de Noter. 



NOTES 



INDEX DES NOMS VEUXAGULAIRES 

DE QUELQUES VÉGÉTAUX 

DU XORD-OUEST AFRICAIN 



Tous les iours, des fonctionnaires, des officiers, des voyao-eurs 
travaillent à la réunion virtuelle de l'Afrique française du Nord à 
l'Afrique occidentale française. Ils cherchent à apporter dans les 
laboratoires de détermination et dans les collections de nos savants 
des documents inédits. 

C'est à eux que ce petit recueil est principalement destiné ; il leur 
donnera les noms des principaux végétaux que l'on rencontre à la 
fois dans le nord du Sénégal, en Mauritanie, au Sahara et dans le 
Sud- Algérien. Il facilitera leur tâche en leur permettant de laisser 
de côté ce qui est connu déjà, pour n'apporter à l'édifice commun 
que des pierres nouveHes. 

En terminant cet avant-propos, ajoutons : 1° que tous les noms 
Berbères et Tamàheq ont été pris dans : Essai de catalogue des noms 
arabes et berbères de quelques plantes^ arbustes et arbres algériens 
et sahariens ou introduits et cultivés en Algérie, par E. Foureau 
(Augustin Challamel, éditeur, Paris, 189G); 2** que beaucoup de 
noms ouoloiTs ont été recueillis dans : Les plantes utiles du Sénégal, 
par le R. P. A. Sébire (librairie J.-B. Baillière et Fils, Paris, 
1899). 



334 NOTES 

Les plantes sont classées par famille ; l'ordre adopté est le sui- 
vant : nom français vulgaire, nom scientifique, puis : 

A = arabe 
B = berbère 
M -= Maure 
= ouoloff 
• T ^ tamàheq. 
Les noms scientifiques sont écrits en italique. 

Remarque. — La majorité des mots arabes sont compris et 
employés par les Maures de l'Afrique occidentale française. En 
outre, on trouvera des noms d'origines diverses classés sous la 
rubrique : (Maure) ; je nai pas voulu entreprendre un travail de 
linguistique mais simplement donner les noms les plus employés 
par telle ou telle race dans telle ou telle région. 

CHAMPIGNONS 

Champig-nons en général. — A. Fougg-âa. — 0. M'bar ou mbota, diator, 

sambalih. 
TrulTe rose. Terfezia Leonis. — A. Teurfas, terfis. — B. Terfas. — M. 

Teurfâs. — T. Tirfasène. 

LICHENS 

Lichens. Aspomy cèles. — A. Mabek-el-Hadjer Rafraf. 

FILICINÉES 

Fougères. — A. Hachichet ed dahab. — 0. limba. 

FAMILLE DES GRAMINEES 

Petit mil. Penicillaria spicata,. — A. Bechna. — 0. Souna. — T. Aborha, 
abora. 

— Ainpelodesmos lenax. — A. Diss. — B. Adels, adlès. — M. 

Ivldis (pou rel diss). 

— Slipa Parviflora. — A. Adjem, adzeni, adjeur. 



INDEX DES NOMS VERNACL'LAIRES 335 

Chiendent. Cynodon dactylon. — A. Nedjam, adjezmir. — 0. Keref, — 

T. Aoukeras, 
C. sp. 
Petit mil. Panicum turcjidum. — A. Bou rekkouba. — B. Afenzou. — 

0. Sanio. — T. Afezou, afezo. 
Millet. Holchus spicatus. — A. Drâa. — M. Sarrossa {?). — 0. Souna, 

sanio, Baket, tigne. — T. Eneli. 
Petit mil. Andropogon laniger. — A. Lemmad. — T. Tiberrimt. 
Bourgou. Panicum hurga. — A. Bergou. — M. Bergou. — 0. Birgou. — 

T. Ekaywod. 
Sorgho. Holchus vulgare — A. Drâa. — M. Drahâat. — 0. Basi, tigne, 

drahàat. 

— Andropogon sorghuin. — A. Guessob ou Ksob. — 0. Dougoup, 

tigne, drahâat. — T. Gafouli. 

— Sorghum vulgare. — A. Gafouli. — 0. Dougoup. — T. Gafouli. 
Un roseau. Arundo Fragmites. — A. Ksob, guessob. — B. Aghanini. — 

M. Mbidjem. — 0. Barah. — T. Tissendjelt. 
Roseau. Arundo donax. — A. Ksob, guessob. — B. Alemés. — M.Mbi- 

jem. 
Alfa. Stipa lenacissima — A. Halfa, gueddine. — B. Ari. — 0. Sep (?) 

une variété. 
— Lagurus ovata. — A. Babous-el-Homar. 
Bromes divers. A. Bahema, zebach, nedjil. 

— Promus macrostachys. — Ghâar-el-Hallouf. — B. Châar 

guilef. 

— Dactylis glomerafa. — A. Nedjma, Doukna. — B. Affar. 
Spart. Lygeum Spartum. — A. Genogh, Genor, Seurha. — M. Djemba. 

— 0. Djemba (peu connu). 

Arthratherum Pungens. — A. Drinn, Sboth, Sbeïth. — B. Taggui. 

— T. Telloult. 

Vétiver. Andropogon laniger. — A. Recheig. 

Divers Andropogons. — A. Lemmad, el liiad. — B. Tiberrimt. — 0. Sep. 

Maïs. Zea Maïs. — A. Dora, mestoura. — M. Macca (Soudan). — 0, 

Mboha, Makandé. — T. Tifsi. 
Riz. Oriza Saliva. — A. Rouz. — M. Màro, mâlo. — 0. Tiep. 
Bambou. Bamhusa idivers). — A. Khrisrana. — 0. Oùah. 

Poa hulbosa. — A. Hachichet-el-erneb. — B. Netache. 



FAMILLE DES CYPERACEES 

Cyperus. C. Rotondus. — A. Ajesmir. — B. Azejmir. — 0. Herntiane. 
— C. longus. — A. Berbick. — 0. tiomtioli. 



336 NOTES 

Souchel. C. voisin (Vcsculenlus. — A. .Merya. — 0. N'der. 

Scirpiis marilintus. — A. Ncnious. — T. Leoulioua. 

Cyperus coiujlomeratus. — A. Sâad, sead. 

\m\ arenurius. — A. Bous-el-Beji^ra. — 0. Guakalakat. 



FAMILLE DES TVIMIACEES 

Roseau des étangs. — Tijpha sp. cl Tijphn auf/uslifolia. — A. Berdi. 
M. Seub. - 0. Sonko. — T. Akaïouad, Tahali. 

lAMn.LE DES JONCACÉES 



Divers joncs. JiiDcns tnarifimus. — A. Smar. — • B. Azeli. — 0. Ndéguet. 
— T. TalaguiL. 
— Juncus sp. (?). 



lAMILLE DES l'ALMIEBS 



Palmiers. Chamœrops hiimilis. — A. Donm. — B. (^ussir. — M. Doum. 
— T. Tezzourt. 

— I/f/phene Thehaïca. — A. Doum. — ■ B. Ta^^ait. — M. Doum. 
Dattier. P/iœnix Jaciylifera. — A. Nakhla (femelle). — B. Tesdaï — M. 

Tanderma. — 0. Tenderma. — T. Tezzaït ou Tazzaït. 

— Phœiiix clactylifera. —A. T^okkar (màlej. 



1 AMILLi: DES I.II.IACEES 

Oij^non. Alliiim cepa. — A, liçol, Besla, Beçal. — M. Soblatdes Yololls). 

— 0. IJgnon Soblé. — T. Ktelélé. 

Ornilhogales. Sciila sp. — A. Anacil, BeçoI-el-Far. — B. Ansal, Ansel 
— Sciila fislulosa. — A. Silla. B. Ikiilène. — 0. Pasang. 

— T. Ikiilène. 



ASl'AlîA(;iNEES 

Asperge sauvage. Aspararfus hnrridus. — A. Sekkoum. — B. Issekkine. 

— 0. Yar ou golo. 

Asp. ferox. — A. Nei-ima. 
Salsepareille. Smilax Maurilanica. — A. Zegrecli. B. Sebarina. — 0. 

l'arangaye ou Ferigney. 



.S/;/, .sy^ — A. Iskerchi. — B. Iskerchi. 



INDEX DES NO.MS VERNACULAIRES 337 



COLGMICEES 



Dracœna, Dracœna sp . — 0. Kouélen. — T. Tif,^gaït. 

FAMILLE DES AMARYLLIDÉES 

Agave. Agave. — T. Taïberou. 

FAMILLE UES URTICACÉÉS 

fr/ica sp. — A. Heuraïeck. 

FAMILLE DES POLVGOXACÉES 

Polygonuin sp. — ■ 0. Mola. 

FAMILLE DES SALSOLACÉES 

Polygonum aviculare. — A. El Kerda, — B. Kourdab. 
Une Sonde. Anabasis articulala. — A. Baguel, belbal. — T. Abelbal et 
taza. 
— Salsola vermiculala. — A. Gueddam. — B. Adjenvahi. — 

T. Adjeroui. 
^ Chenopodium murale. — A. Lessig, Melfouf-el-Kelb. — T. 

Tibbi. 

FAMILLE DES AMARANTACÉES 

Amaranlhus Blilum, ou Amaranthus sp. — A. Soltan-el-Kheira. — 
B. Belitoune. — 0. Mboum y keur, 

FAMILLE DES MORÉES 

Figuiers en général. Ficus. — A. Kerma. — B. Tabeksist. — 0. Gang. 
— T. Ahar, Taharit. 

— F. Vogeli. — A. N'existe pas. — 0. Dob, dog. 

— F. Sy ornorus. — A. N'existe pas. — 0. Dog. 
Mûrier. Morus sp. — A. Touta. — B. Tassata. — 0. Sanda. 

— M. al ha. 

— M. nigra. 



338 NOTES 



FAMILLE DES CELTIDACEES 



Cellis ausfraUs. — A. Keikeb (Keikeb). Terzaz, — B. Tbiquis. — 0, 
Mboul. 



FAMILLE DES RENONCULACEES 



Clématites. Clematis cirhosa.. — A. Kamoiès. — B. Afenzou. 

— ou Cl. hirsula. — A. Naberdine. — B. Timedjerdine. — 0. 
Ndianaou. 



FAMILLE DES NYMPHÉACÉES 



Nénuphar. Nymphéa alha. — A. Arous, Rouiza, Noufar. — 0. Diahar. 

FAMILLE DES MALVACÉES 

Coton. Gossypium herbaceum. — A. Kitène, Fezzani. — M. Kittène. — 

0. ^'itène. — T. Tabdouk. 
Gombo. Hibiscus esculenlus. — A. Gnaouïa. — 0. Kandia. 
Oseille sp. Hibiscus sp. — A. Ketmia. — B. Bineçar, tebencert. — 0. 

Bisab. 

FAMILLE DES LINÉES 

Linaria fruticosa. — A. Sferia, Chegma. Boul-djemel. — T. Tazeret. 

FAMILLE DES EUPHORBIACEES 

Diverses Euphorhia. — A. Halib-ed-Dab, Helbine. — B, Hezaza. — 0. 
Salan. 
— A. Lebbine, Radim. — B. Ilamrout. 

Ricin. Ricinus conimunis. — A. Khcrroua (?). — 0. Lissougar. — T. 
Tellakli. 
— Euphorbia calyplrata. — A. Ouni-el-leben. 

FAMILLE DES TAMARINASCÉES 

Tamarin. — B. .\hammam. — M. Teurfa. — 0. Mboundou. — T. 
Azaoua, 
— Tamarix div. — A. Tarfat, Tazennat. Férsig, l-^thel, Etel, Ilel. 
— B. Amemmaï. Temmemaït. — T. Azour. Tabraket. 
Ethel (?j. 



INDEX DES NOMS VERNACL'LAIRES 339 



FAMILLE DES CRUCIFERES 



Un cresson. Lepidium. — A. El Horf, Guerfa. — T. Harhaha. 

— Nasfurtium humifusum. — A. Guerfa. 

— Lepidium draba. — A. Harharha (?). 



FAMILLE DES CAPPARIDEES 



Câprier épineux. Capparis Sodada. — A. Irakoum, Siouack. — B. Tchag. 

— 0. Kérègne. — T. Abisga. 

— Capparis spinosa. — A. Cabbar, kabbar. — B. Taïla- 
lout, — Q. Kérègne. — T-. Tihoq. 

— Moerna Rigida. — A. Sarah. — B. Agar. — T. Relâchent. 

— Var. m. angolensis. — A. Sarah. — B. Agar. — T. 
Adjar. 

— Var. m. senegalensis. — A. Sarah. — B. Agar. — T. 
Adjar. 

— Cleome arabica. — A. Felfel-el-Djebel. — B. Tamagout. 

— 0. Kérègne. — T. Ahoyyarth. 

— Cl. angustifolia. — A. Hetnia. — T. Ahoyyarth, 

— Cl. monophylla. — A. Khanza, Khinza. — B. Tamagout; 
T. Ahoyyarth. 

— Cl. pentaphi/lla. — A. Mokhanza. 

FAMILLE DES GÉRAMACÉES . 

Mousonia nivea. — A. Rhaguem. — 0. Djidji. 
Mousonia senegalensis. — A. Rhagma. — 0. Djidji. 

FAMILLE DES PORTULACACÉES 

Pourpier. Portulaca oleracea. — A. Rijla. — Ournouba. — M. R'nouba. 

— 0. Tank i mpita. Salade i soldar. — T. Benderakech. 
Tafrita. 

FAMILLE DES RUTACEES 

Megistopterus macrocarpus. 

Tribulas megistopterus — T. Boriel. 

Croix de Malte. Trihulus terrestris. — B. Hesek. — 0. Seber bouki. 

L. Claveau, 

Sous-Inspecteur d'Agriculture en A. 0. F. 



340 NOTKS 

UNE EXCEPTION AU GAHAGTÈKE DIOIQUE 

DU PAPAYER 



Gomme on le s;iU, le Papayer (^Garica papaya) est une plante 
dioïque, mais il lui arrive quelquefois de présenter des dérogations 
à ce caractère : c'est ainsi que les inflorescences femelles voient des 
Heurs latérales présenter des caractères mâles, par suite du dévelop- 
pement d'étamines. 

Les fleurs femelles et les fleurs hermaphrodites sont alors fer- 
tiles dans les deux cas. 

Il existeune autre dilférenciation, déjàsig-nalée par M. H. Bâillon ' 
et par des voyageurs de l'Afrique centrale, à savoir qu'un pied 
mâle de Papa^-er peut parfois porter des fruits. 

D'après des renseip^nements communiqués au Jardin Golonial, il 
existerait dans la Haute-Guinée, versKindia, un papayer couramment 
monoïque. 

G'est précisément ce qui existe, à l'heure actuelle, pour un spé- 
cimen cultivé dans les serres du Jardin Golonial. 

Gette plante ayant déjà donné des fleurs mâles sans fructification, 
est de nouveau en pleine floraison, elle présente nettement les 
caractères des pieds mâles, longues inflorescences axillaires, fleurs 
gamopétales, à étamines normalement développées, et à rudiment 
d'ovaire. 

Ge pied mâle porte en ce moment trois fruits de 10 centimètres 
de long environ, plus un jeune fruit en formation ayant de 2 à 3 
centimètres. Un de ces fruits a été détaché, il j^résente des ovules 
nombreux et normaux. 

D'après l'aspect extérieur actuel, il ne semble pas (|ue les fruits 
puissent atteindre leur véritable maturité ; leur pédoncule commence 
en effet ik prendre une teinte jaunâtre, ce qui indi({ue une prochaine 
maturité, mais anormale et anticipée. 

Haillon signalait, dans la note précitée, un grossissement 
rapide des fruits, mais nous ignorons si ces fruits sont arrivés à 
maturité dans une serre de France. 

A. BijKTiiAr. 



1. 11. IJaii.i.h.v, l'ii iinuviaii iihkIc do muii.roipdu Papayer. Bullelin ineiisiiel <le l:i 
Société linnéenne de l'nris, n''81. Séance du 2 mars 1HS7. 



DOCUMENTS OFFICIELS 



École Nationale Supérieure d'agriculture coloniale 



ARRÊTÉ MINISTÉRIEL 

Conférant le diplôme d Ingénieur dWgriculture Coloniale 
et le certificat d'Etude de V Ecole. 

Article premier 

Le diplôme d'Ingénieur crAgricuIlure coloniale est conféré à MM. Ma- 
demba, Hachemi Ben Khalifa, Pillon, Papadopoulos, Vehbi, Bernard, 
Dayras élèves réguliers. 

Article 2. 

Le certificat d'études de l'Ecole Supérieure d'Agriculture Coloniale 
est accordé à MM. Debref élève régulier, Bellati et Hibon élèves libres. 
Fait à Paris, le 29 août 1 911. 

Signé : A. Lebrun. 



Côte d'Ivoire. 



DECRET 



Accordant aux cacaos de la Cote d'Ivoire le bénéfice 
de la demi-détaxe douanière. 

* RAPPORT 

Paris, le 7 septembre 1911. 

Monsieur le Président, 

J'ai eu l'honneur de soumettre à votre haute approbation, de concert 
avec M. le minisire du commerce et de l'industrie, un projet de décret 
accordant aux cacaos originaires de la Côte d'Ivoire le bénéfice de la demi- 
détaxe douanière. 



342 



DOCUMENTS OFFICIELS 



Mais j'estime qu'à celle détaxe doit correspondre à Tenlrée de la Côte 
d'Ivoire une taxe compensatrice égale au dégrèvement applicable à ces 
produits à l'entrée dans la métropole, pour garantir le Trésor contre la 
fraude. 

Cette mesure a été délibérée et adoptée par le conseil d'État. 

J'ai, en conséquence, l'honneur de soumettre à votre haute sanction 
le projet de décret ci-joint, modifiant dans le sens susvisé le tableau A 
de l'article l*"^ du décret du 14 avril 1905, 

Je vous prie d'agréer, monsieur le Président, l'hommage de mon pro- 
fond respect. 

Le ministre des colonies, 
A, Lebrun, 

DÉCRET 

Le Président de la République française, 
Sur le rapport du ministre des colonies. 
Vu l'avis du ministre des finances en date du 30 mars 1911, 
Vu l'avis du ministre du commerce et de l'industrie en date du 4 mai 
1911; 

Décrète : 

Art. 1", — Le tableau A de l'article P'du décret du 14 avril 1905 est 
modifié ainsi qu'il suit : 



DÉSIGNATION 

des produits. 


VENTES 

sur lesquelles 

portent 

les droits. 


TERRITOIRES 

si tués en dehors de la zone 

visée par la convention 

du M juin 18!)8. 


TERRITOIRES 

soumis 

au régime 

de la convention 

du 

1 i juin 1S98. 




Droits 
d'importation. 


Surtaxe 

sur les produits 

ctraii|ïers. 




Cacaos 


Valeur. 


5 p. 100. 


7 p. 100. 


10 p. 100 1. 




1. AuDalionu-y et à laC.ùte d'Ivoire les cacaos en l'c\ es et en pellicules acquittent 
un droit de f>2 f'r. les 100 kilo^r. au lieu de la taxe ixl valorem. 





Art, 2. — Le ministre des colonies est chargé de l'exécution du présent 
décret qui sera public au Journal officiel de la République française et 
inséré au Bullelin officiel du ministère des colonies. 

Fait à liambouillet, le 7 septembre 1911. 

A. Fallières, 



DOCUMENTS OFFICIELS 343 



Établissements français de TOcéanie. 

DÉCRETS 

fixant les quantilés de vanille oricfinaires des élahlissements fran- 
çais de tOcéanie à admettre au bénéfice de la détaxe en 19/ / et 
1912. 

Le Président de la République française, 

Sur le rapport du ministre des colonies et du ministre des finances ; 

Vu larticle 3 de la loi du 11 janvier 1892 portant établissement du tarif général des 
douanes ; 

Vu le décret du 30 juin 1802 portant détaxe de moitié des droits du tarif métropo- 
litain pour certains produits originaires des colonies, 

Décrète : 

Art. P*". — La quantité de vanilles originaires des établissements fran- 
çais de rOcéanie qui peuvent être admises en France du l*^"" juillet 1910 
au 30 juin 1911 dans les conditions établies par le décret susvisé du 
30 juin 1892, est fixée à 21.000 kilogr. 

Art. 2. — Le ministre des colonies et le ministre des finances sont char- 
gés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret. 

Fait à Rambouillet, le 30 août 1911. 

A. Fallières. 

Le Président de la République française, 

Sur le rajjport du ministre des colonies et du ministre des finances; 

Vu rarticl%3 de la loi du 1 1 janvier 1892, portant établissement du tarif général des 
douanes ; 

Vu le décret du 30 juin 1892, portant détaxe de moitié des droits du tarif métropo- 
litain pour certains produits originaires des colonies ; 

Décrète : 

Art. l^"". — La quantité de vanilles originaires des établissements fran- 
çais de rOcéanie qui pourront être admises en France du l*"' juillet 1911 
au 30 juin 1912, dans les conditions indiquées par le décret susvisé du 
30 juin 1892, est fixée à- 21.000 kilogr. 

Art. 2. — Le ministre des colonies et le ministre des finances sont char- 
gés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret. 

Fait à Rambouillet, le 30 août 1911. 

A. Fallières. 



344 D0CU3IE.NTS OFFICIELS 

Indo-Chine. 

ARRÊTÉ 

abrogeant les disposilions précédentes relatives 
à l'importation des graines d'IIevea. 

Le Gouverneur général p. i. de l'Indo-Chine, Officier de la Légion 
dhonneur, 

^'u le décret du 21 avril 1891 : 

\'u les arrêlôs des 7 Juin et Jâ sei)lenil)re 1910, interdisant l'introduction en Indo- 
Chine des plants dlié\ éas et subordonnant 1 iniporlation des graines d'hévéas à cer- 
taines formalités de désinfection ; 

Vu la demande formulée par l'Association des planteurs de caoutchouc de la Cochin- 
eliiiic ; 

^ll ra\is exprime par la Chambre d'Agriculture de la Cochinchine ; 

Sur la proposition de l'Inspecteur-conseil des Services agricoles et commerciaux de 
rindo-Chine, 

AruAti: : 

Art. r*". — Sont abrogées les dispositions des arrêtés susvisés des 
7 juin et 1.5 septembre 1910 relatives à riniporlalion des graines d'hévéas 
en Indo-Chine. 

Art. '2. — L'introduction des plants d'hévéas en Indo-Chine reste inter- 
dite. 

Art. 'A. — Le Lieutenant-gouverneur de la Cochinchine, les Résidents 
supérieurs en hido-Chine et le Dii'ecteur général des Douanes et Régies 
de rindo-Chine sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de rexéculion 
du présent arrêté. • 

Saigon, le i juillet l'.M I . 

P. Lucii. 



NOMINATIONS KT MUTATIONS 



Afrique occidentale française. 

M. Claveau (I.,éon), directeur de Jardins d'essais de 2'' classe, relourde 
congé, est mis à la disposition du Lieutenant-Gouverneur du Séné- 
gal. 



Madagascar. 

M. IJousquet, contremaître de culture, rentrant de congé, a été allecté 
à la station dlvoloina fTamatavej. 



COURS ET MARCHES 

DES PRODUITS COLONIAUX 
CAOUTCHOUC 

LE HAVRE, 4 octobre 1911. — (Communiqué de la Maison Vaquin et 
ScHWEiTZER, 1, rue Jérôme-Bellarmato.) 

Le mai'ché pendant le mois écoulé a été relativement calme, et les prix sont 
restés inchangés pour toutes les sortes en général et l'on cote : 



Para fin 

Para Sernamby 

Pérou fin , 

Pérou Sernamby 

— — caucho 

Maniçoba 

Madagascar : 

Tamatave Pinky I 

— Pinky II 

Majunga 

Faranfangana 

Anahalava 

Mananzary. j 

Barabanja . > 

Lombiro. ) 

Tuléar 

Tonkin 

Congo : 

Haut-Oubanghi 



Francs 
12.25 à 12.35 



7.25 
12 

10.25 
10.23 

7.25 

7 
6 
G 
5 
Ô.50 



D 

6 

Il .40 



8.50 
12.10 



Francs 

Kotto 11.40 à 11.60 

H. C. Batouri 7.50 8 



11 


25 


11 


50 


10 




9 


50 


7. 


50 


9 




8 




7 


50 


6 




9 


50 


11 


60 



Ekela Kadei Sangha 11 

Congo rouge lavé 4 



Bangui 11 

Koulon-Niari 6 

Manibéri 5 

N'Djolé 6.50 

Mexique feuilles scrappy 9.50 

— slaps 6 

Savanilla : 

San Salvador 9 

Carthagène 7 

Ceylan : 

Biscuits, crêpes, etc. . ] 
— — extra. . [ 

Scraps ) 

Balata Venezuela blocs.. 
Balata — feuilles.. 



11.35 

5 
11.50 

9 

6 

7.50 
10.25 

7.50 

11 

8.50 



12.75 13.25 



7.50 



8.50 



Le tout au kilo, magasin Havre. 



BORDEAUX, 6 octobre 1911. — (Communiqué de MM. D. Duffau et 
C'«, 10, rue de Cursol.) 

Pendant tout le mois de septembre, le marché a été assez bon et il s"est 
vendu environ 91 tonnes en première main à des prix sensiblement meilleurs 
sur la fin de cette période. 



Le Para ayant descendu depuis quelques jours de frs : 1.3.75 à 12. SO le kilo 
environ, restreint un peu les transactions ; mais il est à noter cependant que 
nos sortes moyennes se maintiennent relativement maigre cette baisse : 
Bal. du Jardin colonial. 1911. II. — N» 103. 24 



346 



COURS ET MARCHÉS 



Nous cotons : 

Francs 

Conakry Niggers 10.25 à 10.50 

RioNunez 11.25 II. .'^O 

Soudan Nigfrt'rs Rouges. 9.50 10 

Soudan Niggers Blancs.. 8.50 9.25 

Soudan Manoli 11 11.50 

Lahou Niggcrs 8.25 8.50 

Lahou Cakes Moyens.. . . '.50 7.75 



Francs 

GambieA 7.50 à 7.75 

Bassani Lumps 5 5.50 

GambieA. M 6.50 6.75 

— B 5.50 5.75 

Taniatave rooty 5 5 . 25 

Tamatave Pinky 1 6.50 9 



ANVERS, 4 octobre 1911. — (Communiqué de la Société coloniale Anver- 
soise, 'J, rue Rubens.1 

Le marché de caoutchouc a été assez faible pendant le mois de septembre 
dernier avec des alternatives de reprise ; c'est ainsi que notre vente par inscrip- 
tion (lu 27 septembre s'est faite avec bonne demande et à des prix ressortant 
à fr. : 0.75 en hausse pour les caoutchoucs de plantation et de fr. : 0.28 pour 
les sortes congolaises. 

Nous cotons à fin septembre pour qualité courante à bonne : 



Francs 

Kasaï rouge 1 12 à 12 . 375 

Kasaï rouge genre Lo- 

auda II noisette 9.75 10.25 

Kasaï noir 1 12.25 12.60 

Equateur, Yengu. Ikelem- 

ba, Lulonga, etc 12.25 12.60 

Lopori (Maringa) 7.30 7.80 



Francs 

Haut -Congo ordinaire, 

Sankuru, Lomani 12.20 à 12.80 

Aruwimi 12 12.35 

Straits Crêpes 1 14 . 50 

Ciuayule 5 . 25 5 . 50 

Maniçoba " . 40 7 . 90 

Mongola lanières 12 12.35 

Wamba rouge 1 7.75 8.25 



Marché à terme. 
Le marché à terme en septembre a été calme. On cotait fin septembre : 

Francs Francs 



Octobre 14.15 

Novembre I 1 . o j 

Décembre 1 3 . 90 

Janvier 13.75 

Février 13.50 



Mars 13.50 

Avril 12.95 

Mai 12.90 

Juin 12.85 

Juillet 12.85 



Stock fin août 1911 522 tonnes 

Arrivages en septembre. .. . 306 — 
Ventes en septembre 393 — 



Arrivages depuis le 1" jan- 
vier 3.186 tonnes 

\'entes depuis le 1" janvier. 3.339 — 



COURS ET MARCHÉS 



347 



COTONS 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, 7 octobre 1911. — Cote officielle. — Louisiane très ordinaire 
(en balles, les .50 kilos). 



Octobre. . . 
Novembre. 
Décembre . 
Janvier. . . . 
Février . . . . 
Mars 



Francs 

63.87 
63.3' 
63.25 
63.37 
63.37 
63.37 



Francs 

63.50 

63.75 

63.75 

63.75 

63.62 

Septembre 63 . 62 



Avril. . 
Mai.... 
Juin. . . 
Juillet. 
Août . . 



Tendance calme. Ventes : 6.300 balles. 



LIVERPOOL, ~ octobre 1911. — Ventes en disponible: 7.000, Amérique 
calme, iucbanu-ée. Indes, calmes ; futurs ouverts en hausse de 1 à 2 cents. 



CAFES 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, 1 octobre 1911. — Santos good average, les 50 kilos, en 
entrepôt : 

Francs Francs 

Février , 80 

Mars-avril 79.50 

Mai-septembre 79.25 



Octobre 


80.75 


Novembre-décembre 


81.25 


Janvier 


80.50 



Tendance soutenue. Ventes : 30.000. 

ANVERS, 7 octobre 1911. — Cafés. — Clôture. — Cote ofïîcielle des cafés 
Santos Base Good les 50 kilos : octobre, 83 fr. ; novembre, 83 fr. ; décembre, 
82fr. 73 ; janvier, 82 fr. 25 ; février, 81 fr. 75 ; mars, 81 fr. ; avril, 81 fr. ; mai, 
81 fr. ; juin, 81 fr. ; juillet, 81 fr. ; septembre, 81 fr. 50. 

Tendance ferme. 



HAMBOURG,! octobre i^li. —Cafés. — 2heures. — Les 30 kilos: octobre- 
décembre, 83 fr. 75; mars, »)) fr. »»; mai, »» fr. ; juillet, 82 fr. 30 ; septembre 
82fr. 81. 

Tendance soutenue. 



348 



COURS ET MARCHÉS 



CACAO 

LE HAVRE, 30 septembre 1911. 

Au droit de 104 francs. 









Francs 








Fran 


es 


Guayaquil Arriba.... 


74 


à 


7S 




Sainte- Lucie, 


Domi- 






— Ba 


lao 


72 




7;i 




nique, Saint-\ 


incent. 


67 à 


. 74 


— Machala . . 


72 


50 


74 




Jamaïque 




65 


70 


Para 




•3 

72 


50 


78 
79 




Surinam 




72 
69.50 


75 


Carupano .... 


Bahia fermenté. 




77 


Colombie .... 




llô 




l-Ti 




San Thomé 




74 


76 


Cevlan Java 




SO 




90 




Côte d'Or 




67 


70 


Trinidad . . . 




74 
68 




77 . 
76 


50 


Samana 




68 
67.50 ~ 


69 


Grenade 


Sancliez Puerto Plata. . 


70 














Haïti 




56 


72.50 



Au droit de 52 francs. 



Francs 

Gonp;o français 92 à 92 . 50 

Martuiique 92.50 93.50 

Guadeloupe 93 95 



Madagascar, Réunion, 
Comores 



Francs 
92 à 100 



ANVERS, l'"" octobre 191 1 (Communiqué de la Société coloniale anversoise 
9, rue Rubens). 

Marché ferme dans le courant de septembre mais baissant fin septeml)re, 
nous cotons le Congo Fr. 73.50/75 par 50 kgr. 



MATIERES GRASSES COLONIALES 



MARSEILLE, lOoctobre 1911. — (Mercuriale spéciale de « l'Agriculture 
|)ialique des Pays cliauds », par MM. Rocca, Tassy et de Roux.) 

Coprah. — Tendance fi-rme et en hausse. Nous cotons nominalement en 
disponible les 100 kilos c. a. f., poids net délivré conditions de place. 



Ceylan sundricd. 

Sing'apore 

Macassar 

Manille 

Z'inzibar 



Francs 
7(1 
60 

64.50 
63.50 
6i 



Mozanibitjuc 05 



Java snndried 

Saï^ron 

Colonou 

Paciliijue Samoa. . . 
Océanii' française. 



Francs 
68 
63 
65 

» 



COURS ET MARCHÉS . 349 

Huile de palme Lagos, 79 frs ; Bonny-Bennin, 77 frs ; qualités secon- 
daires, à 72 frs les 100 kilos, conditions de Marseille, fûts perdus, prix 
pour chargement entier. 

Graines de palmiste Guinée 47 fr. délivré 

— Mowra....- Manquant 

Graines oléagineuses. — Situation ferme; nous colons nominalement : 

Francs 
Sésame Bombay blanc grosse graine 42 

— — petite — 41 

— Jatla 54 

— bijj^arré Bombay. Grosses graines. 50 "•/„ de blanc. . 40 
Graines lin Bombay brime grosse graine 50 

— Colza Cawnpore. Grosse graine 34 

— Pavot Bombay- 44 

— Bicin Coromandel 29 

Arachides décortiquées Mozambique 40 

— — Coromandel 35 

Autres matières. — Cotations et renseignements sur demande. 



TEXTILES 

LE HAVRE, 4 octobre 1911. — (Communiqué de la Maison Vaquin et 
Schweitzer.) 

Manille. — Fair current : 49 fr. .^0 à 50 fr. — Superior Seconds : 49 fr. 75 
à 51 fr. 25. — Good brown : 46 fr. à 47 fr. 25. 

Sisal. — Mexique : 53 fr. à 58 fr. 50 — Afrique : 61 fr. à 66 fr. — Indes 
anglaises : .30 fr. à 46 fr. — Java : 59 fr. à 70 fr. 

Jute Chine. — Tientsin : 46 fr. à 48 fr. — Hankon : 45 fr. à 49 fr. 75. 

Aloès. — Maurice : 57 fr. à 67 fr. — Réunion : 57 à 66 fr. — Indes : 31 à 
37 fr. — Manille : 34 fr. à 42 fr. 

Piassava. — Para : 130 à 150 fr. — Afrique : Cap Palmas : 53 à 56 fr. — 
Sinoë : 52 à 53 fr. ; Grand Bassam : 52 à 55 fr. ; Monrovia : 50 fr. à 52 fr. 

China Grass. — Courant : 77 fr. à 86 fr. — Extra : 95 fr. à 117 fr. 

Kapok. — Java : 210 à 240 iV. — Indes : 125 à 1 17 fr. 
Le tout.aux 100 kilos, Havre. 



350 



COURS ET MARCHÉS 



GOMME COPALE 



ANVERS, 8 octobre 1911. — (Communiqué de la Société Coloniale 
Anversoise.) 

Le marché du copal pendant le mois de septembre a été très ferme : la 
demande était bonne et les prix en légère avance ; nous cotons pour qualité cou- 
rante à bonne : 

Gomme triée, blanche de belle qualité 320 à 350 

— claire, transparente 230 à 260 

— assez claire opaque. 14o à 180 

— non triée, de qualité courante » » 

La prochaine vente est fixée au 8 novembre prochain. 



LE HAVRE, 4 octobre 1911. 
Schweitzer.) 



— (Communiqué de MM. Vaquin et 



Gomme c©nale Afrique oO a 100 francs ) , 

Ti. , . , ( les 100 kg. 

— — Madagascar 100 à 400 — 5 ^ 



POIVRE 

(les 50 kgr. en entrepôt) : 

LE HA VRE, 7 octobre 1911 : 

Saigon. Cours du jour (les .jO kilogr. entrepôt) : 

Francs 



Francs 



Octobre 90.50 

Novembre 91 

Décembre 91 . 50 

Janvier 02 

Février 92.50 



Mars 93 

Avril 9.5 

Mai 9 1 

Juin 94.50 

Juillet 95 



Tendance soutenue. 



TcUichery. Cours du jour : 

Octobre Gi.50 

Novembre 61.75 

Décembre 65 

Janvier 65.50 

Février 65 . 75 



Mars 66.25 

Avril 66.50 

Mai 66.75 

Juin ". . 67 

Juillet 67.25 



COURS ET MARCHÉS 35 1 



IVOIRE 

ANVERS, 1"'" octobre 1911. — (Communiqué de la Société coloniale 
Anversoise.) 

Marché inchangé et avec peu d'affaires. 



BOIS 

LE HAVRE, 4 octobre 1911. — (Communiqué de MM. Vaquin et 
Schweitzer.) 



Francs 
Acajou Haïti 6 à 16 

— Mexique 18 40 

— Cuba 12 40 

— Gabon 14 22 

— Okoumé a 10 



Francs 
Ébène-Gabon 20 à 35 

— Madagascai- 15 30 

— Mozambique 8 15 

le tout aux 100 kilos, Havre. 



VANILLE 

(Communiqué de M. Maurice Simon, 212, rue Lafayette à Paris.) 

Vanille Mexique. — New- York cote le 18 septembre: entières S 3,87 1/2 à o ; 
sur les cours S 3,75 à 41b. — Beaucoup de consommateurs des Etats-Unis, qui 
sont habitués depuis plusieurs années à employer les variétés Bourbon, aux- 
quels on ofFre actuellement des Mexique nouvelles à parité de prix avec les 
Bourbon, ne veulent pas changer leurs formules et ils préfèrent la Bourbon qui 
donne beaucoup plus de couleur et de force à leurs extraits. 

Vanille Bourbon. — Paris, par suite de la demande très soutenue, est très 
Terme avec tendance prononcée vers des cours plus élevés, contrebalancée en 
ce moment par les arrivages importants de la saison. Le steamer « Melbourne » 
arrivé le 26 courant a porté 234 caisses dont ") Bourbon, 10 Nossibé, 7 Mayottte, 
38 Mahéli, 181 Anjouan et 13 Seychelles. La majeure partie de l'arrivage, soit 
140 caisses, sont pour compte de négociants parisiens. Le bateau correspon- 
dant de l'an passé avait à bord 206 caisses. Marseille nous informe avoir vendu 
à pleins prix tous les précédents arrivages. A Londres il y a eu le 27 courant 
une vente publique. Il a été offert 43 boîtes dont 27 Seychelles, 10 Maurice, 
2 des Indes orientales et 2 des Indes occidentales. A peu près tout a trouvé 
acheteur avec une avance d'un shilling par livre sur les cours précédents. On 
nous dit qu'on cherche à peser sur le marché dans un but facile à comprendre 
en prétendant que les récoltes sont énormes et en grande augmentation sur 



352 COURS ET MARCHÉS 

l'an passé. D'après les chiffres de nos correspondants, Bourbon, les Seychelles, 
les Comores, Madagascar et Maurice ont fourni en 1910-1911 185 tonnes et les 
prévisions les plus optimistes pour 1911-1912 indiquent à peine plus que 200 
tonnes, soit une très légère augmentation d'environ 10" i,,ce qui est insignifiant 
quand on songe que les stocks en France, en Allemagne, en Angleterre et aux 
États-Unis sont en diminution de 40 tonnes sur les existences Bourbon à pareille 
époque l'an passé. En résumé, la consommation aura en 1911-12 20 à 2.j tonnes 
de Bourbon eu moins à sa disposition qu'en 1910-11. Il y a certainement une 
grande augmentation dans la récolte Mexiipu'. mais la demande des Etats- 
Unis qui n'a jamais été plus forte pour les Bourbon prouve que ce facteur n'a 
pas la moindre importance en ce qui concerne les cours des variétés Bourbon 
])our lesquelles la demande augmente continuellement et qui se vendent 
actuellement à New-York plus cher que les Mexique nouvelle récolte. 

V;i/iil!r TaJiili. — Hambourg ferme, mais l'article paraît avoir atteint son 
plus haut cours et ne pourra avancer (jue si les sortes ordinaires Bourbon 
étaient encore plus chères, ce qui pourrait obliger certains consommateurs à 
employer des vanilles Tahiti. 

Cours comme semaine précédente. 

Cours des diverses vanilles aux conditions de Paris à l'acquitté; pour l'étran- 
ger : 2 fr. 08 à déduire pour les provenances de colonies françaises et 4 fr. 16 
pour les provenances étrangères; escompte 3 1/2 °/o ; trait 4 grammes par kilo. 

Bourbon. Madagascar ou Comores, tête et queue, 00 °/o 

première, 17/18 °/o 47 fr. 50 à 52 fr. 50. 

Bourbon, Madagascar ou Comores, première seule, 17/18 "/o. 50frs. à 52 fr.50. 

Mexique, bi'lie (pudité 55 frs. à 65 frs. 

Mexique, descendantes 45 frs. à 55 frs. 

Tahiti, lots origine 17 frs. à 18 frs. 



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utile à son importante clientèle, a cru devoir s'occuper d'une façon 
toute particulière de l'importalion et de la vulgarisation des ^-raines et 
plantes précieuses des pays chauds. 

Ses relations conamerciales avec toutes les parties du globe la placent 
certainement au premier rang des maisons recommandables pour 
résoudre cette importante question. 

Du reste, ses efforts ont été couronnés de succès puisqu'elle a 
obtenu 7 Grands Prix à l'Exposition Lniversellc de igoo, dont un 
spécialement accordé pour son Exposition Coloniale. En outre, le Jury 
de la dernière Exposition Coloniale île Marseille a confirmé les décisions 
du Jury de 1900 en lui attribuant un Grand Prix. 
Enfin, suivant une longue tradition, la Maison se fait un devoir de répondre de la façon la plus désin- 
téressée à toutes les demandes i[ui lui sont adressées. 

Graines et jeunes plantes disponibles au fur et à mesure de la récolte : 

Plantes textiles. — Agave Sisalana du Yucatan (vrai), Cotons sélectionnés, Jute, Fourcroya 
gigantea, etc. 

Plantes économiques. — Cacaoyer (variétés de choix). Caféiers (espèces diverses). Coca, Kola, 
Tabacs divers, Tlié d'Annam et d'Assam, etc. 

Plantes à caoutchouc. — Caslilloa elastica, Enphorbia Intisy, Ficus divers, Hevea brasiliensis, 
Luridolphia (diverses sortes), Manihot Glaziovii, Marsdenia verrucosa, Willughbeia edulis, etc. 

Plantes à épices- — Canellier de Ceylan, Gingembre des Antilles, Giroflier, Muscadier, l'oivrier, 
Vanilles du Mexir[ue cl de I?onrbon (boutures), etc. 

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Ile Année Novembre 1911 No 104 



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Jardin Colonial 



L 'Agriculture pratique 

des pays chauds 



BULLETIN MENSUEL 

DU 

JARDIN COLONIAL 

ET DES 

Jardins d'essai des Colonies 



Tous documents et toutes communications relatives à la rédaction 

doivent être adressés 
fin Dirpi'fpni- (lu Jardin Colotiial , iMliiixtèi-p (hs Colonies 



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s 

! 



L'AGRICULTURE PRATIQUE 

DES PAYS CHAUDS 



BULLETIN MENSUEL DU JARDIN COLONIAL 

ET DES JARDINS D'ESSAI DES COLONIES FRANÇAISES 



lie année Novembre 1911 N» 104 



SOMMAIRE 

Pasçes 

Sur les Equidés du Maroc N.-O., par G. de Gironcourt, Ingé- 
nieur agronome, chargé de missions , . 353 

Le Caoutchouc en Indo-Chine, par M. Pernot, Ingénieur agro- 
nome [suite] 356 

Le Soja, sa culture, ses usages alimentaires, thérapeutiques, 
agricoles et industriels, par MM, Li-Yu-Yng, Conseiller 
au Ministère de l'Agriculture de Chine et L. Grandvoinnet, 
Ingénieur agricole (G.) (suite) 36o 

Cours de Botanique Coloniale appliquée, par M. Marcel Dubard, 
Maître de Conférence à la Sorbonne, Professeur à l'Ecole 
Supérieure d'Agriculture Coloniale (suite) 887 

Les Eucalyptus, par R. de Noter (sai7e) 4o3 

NOTES 

L'Industrie des Ananas en Hawaï, par A. Marqués, Agent consu- 
laire de France à Honolulu 4i8 

Nécrologie, A.-J. Le Rat [^iZ 

DOCUMENTS OFFICIELS 

Arrêté conférant le diplôme d'Ingénieur colonial 424 

Mission permanente d'étude des cultures et Jardins coloniaux. ....'.. 425 

Afrique Equatoriale. Interdiction de l'exportation de certains bois. 426 

Madagascar. Arrêté interdisant l'introduction des plants de caout- 
chouc de Ceylan et de Maurice 427 

Nouvelles-Hébrides . Quantité de café à admettre au bénéfice de la 

détaxe 428 

Nominations et Mutations 428 

Statistiques commerciales. Exportations agricoles et forestières des 

colonies françaises 43o 

Bibliographie v et viii 



Fondé en igoi 

^'(Agriculture pratique des Says chauds 

publiéf sous la Direction 

de l'Inspecteur Général de l'Agriculture des Colonies françaises 

Etudes et mémoires sur les Cultures et rElevai:çe des pays tropicaux. 
Articles et notes inédits. — Docunienls ofKciels. — Rapports de missions, etc. 
avec figures et photographies 

Un numéro de 88 pages paraît, tous les mois 
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Une attestation entre mille. — .le suis heureux de vous iufuinur <iue l'essai lie votre prinluit 
l'ASOL, que j'ai appliqué cet été sur une de mes serres à onliidees, a pleiiieineut réussi; je ne l'ai aiipliqué 
que sur la serre froide, il Oilotitoglossum. J'ai Ol)lenu une température bciiueoup plus basse, tout ctt été, et 
|e n'ai pas baissé une seule fois mes stores « claies » : nial>;ré les forts coups de .soleil J'ai donc obtenu de 
la fraiclieur. sans pour ainsi dire i>erdre le jour. C'est un avantage énorme de n'avoir pas ii baisser et 
remonter les claies constamment, et c'est une économie. 

Signé : Dkiiuauchamps, propriétaire et amateur d'Orchidées; à Rueil. 



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Hors concours. — Membre du Jury : Exposition franco-britannique, Londres 1908. 



11 Année Novembre 1911 N' 104 



ET U DES ET M E M 1 R ES 



SUR LKS KQUIDKS [)V MAllOC X.-O. 

Deux types de chevaux, lorl dillerenls. se rencontrent au Maroc 
Nord-Ouest : 

1. — Les petits chevaux berbères, du type alg'érien : 
II. — Les gros chevaux, spéciaux au Maroc occidentaL 

I 

Les chevaux (lu premier type se ditlei'encient, en deux races assez 
distinctes : 

I** Le cheval berbère dont le type le plus pur se trouve surtout 
chez les Aït Goussi. tribus nomades dont le territoire s étend au 
cœur et au flanc septentrional du massif du moyen Atlas, dans un 
système de plateaux et vallées étroites toujours orientées S. -(J.-\.-E. 
Les tribus qui s'intéressent le plus activement ;i son élevage sont 
celles des Ait Youssi proprement dits, à environ oO kilomètres au 
sud de Fez et celles des Ait Serouch, à l'ouest des précédents. 

Ce cheval est de taille petite, soit 1 '" i.'i. Il est nerveux, très 
résistant à la fatigue des longues marches. Ses proportions sont 
harmonieuses : sa caractéristique est d'être ramassé sur lui-même, 
court de train, si bien que l'on j)eut presque dire ((ue sa large « selle- 
fauteuil », en usage au Maroc, le « couvre ». 

Les membres, proportionnellement. n<^ sont pas gros. Les jambes 
sont très fines et l'allure très élégante. 

La peau est épaisse, la rusticité très grande. 

La robe est assez variable de couleur, du gris foncé au bai. à 
1 alezan, avec prédominance marquée du gris foncé. 

On ne peut vraiment reprocher aux formes de ce cheval que d être, 
peut-être, un peu ramassées. 

C'est, en tout cas, le cheval de montagne par excellence, qui 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N° loi. 25 



3Si ÉTL'DKS KT ■\ri:MoinFs 

passe partout, et dont les cpialités deiidurance en l'ont rauxiliaiio le 
plus précieux de ces tribus nomades montag-nardes. 

2*^ Le cheviti du fi/jie Hhjérion tel qu On le voit à Marnia. sur la 
frontière oranaise. se retrouve au Maroc dans tout ce massif de 
montagnes moins élevées, coupées de larges vallées de direction 
E.-O., ensemble de dépressions qui, à lest de Fez. sépare la ciiaîne 
(lu moyen Atlas, au sud, de celle du Hif méditerranéen, au nord; 
on le renuu'que particulièrement chez les Aïaïna, tribus nomades j)ar 
excellence. 

De même squelette que li' type précédent, dont /.ootechnique- 
ment il nest pas éloigné, il atteint une taille un peu su[)érieure. 
soit 1 '" oU, 1 "'a2. 

Ce cheval est plus dég'agé d ensemble ; son encolure rst plus 
longue, son port plus élancé, son balancier elîectivement plus long-, 
toutes qualités é(|uestres éminemment appréciables. 

Sa peavi est épaisse, sa rusticité ne le cède en rien à celle du ber- 
bère pur. 

Sa couleiu" est moins variable que celle du précédent; il est 
presque toujours gris. 

Son train plus long-, ses membres plus gros, en font plutôt un 
cheval de vallées. C'est en ell'et dans les larges vallées de l'Oued 
Leben. de llnnaouen, du Senhadja, que se localise surtout son éle- 
vage. 

Ses qualités, le développement plus grand de ses membres, sa 
très jolie encolure, le recommandent particulièrement pour la selle. 
Incontestablement, dans l'avenir hippi(jue du Maroc, ce cheval est 
appelé à tenir la plus brillante et première place. 

Ces deux chevaux, le berbère vrai et le cheval genre Marnia, 
peuvent être considérés comme représentant les faciès marocains 
du type arabe. 

On devra remarcpicr que, somme tctuti-, ils ne ditlèrent entre eux 
que par des degrés, quelquefois, en certains points, à peine sen- 
sibles. 

Ils sont élevés [)ar les montagnards de la fa(,'on la plus rude, qui 
soumet hi race à une sélection naturelle par l'élimination de tous les 
sujets faibles. 

Les animaux ne sont aljrités qu'exceptionnellement et, pendant 
le jeune âge, de un à deux ans. l^n principe, le cheval passe sa vie 
à l'iiir lihic ; le plus souvent il reste harnaché, entravé à proximité 



ÉQUIÛÉS Dl MAROC N.-O. 



3W M 



de la tente, prêt à être enfourché à la première alerte. Lorsque sur- 
vient une de ces pluies que le voisinage de l'Atlas neigeux rend sou- 
vent glaciales, le Marocain détache la lourde selle afin de la placer 
à l'abri et laisse le cheval nu au dehors. 

Il convient de noter la disposition spéciale du mors marocain qui 
laisse à la mâchoire une relative liberté tout en permettant un arrêt 
impérieux, et la légèreté de ses attaches qui laisse à la tête une 
aisance très grande. Il est exceptionnel quelanimal puisse être blessé 
ou g-êné par son mors ; toutefois la puissance de direction latérale 
semble un peu imprécise. 

En dehors du temps de pâturage, qui n'est parfois que temporaire, 
les rations d'entretien, qui se composent d'orge et de paille, sont peu 
copieuses. 

L'endurance de ces animaux, tant aux privations qu'à la fatigue, 
est extrême. 

II 

Les chevaux que montent habituellement les sultans et les per- 
sonnag-es de marque appartiennent à un type tout ditîérent. Les 
Européens qui ont approché des cours chérifiiennes de l'Ouest, à 
Marakech particulièrement, ont été frappés par la forte taille de ces 
chevaux, leur masse, qui ont pu laisser croire à un type marocain tout 
spécial . 

La hauteur est de 1 '" oo ; le squelette est très massif ; l'encolure 
estcourte, très forte; l'épaule large, le poitrail magnifique, la croupe 
assez puissante ; par contre, la tête est rarement jolie, trop petite par 
rapport à la charpente. 

Ces chevaux, du moins tels qu'on les rencontre actuellement au 
Maroc, sont, et ne peuvent guère être, que des chevaux de parade. 
Les Marocains de marque qui les possèdent et les montent pour se 
rendre à la cour, tiennent à se présenter, au milieu de leur suite, 
sur l'animal le plus volumineux possible. Dans ce but, les chevaux 
sont engraissés et, s'ils acquièrent embonpoint et dimension, ils 
perdent aussi, on le conçoit, toute résistance et toute endurance. 

Au milieu d'un groupe de clients faisant escorte à pied, la masse 
puissante d'une telle monture et, semblant hissé plutôt qu'assis sur 
la selle massive tendue de draperies, l'énorme carrure de l'homme 
drapé dans de somptueux et multiples voiles de fin lainage blanc, 



.'{.jG ÉTIDKS KT MÉ.M(>li;i;S 

ne laissent pas dv donner souvent une réelle impression de j)itt(i- 
resque majesté. 

En dehors de cette ([ualilé. toute d'extérieur, ces animaux sont 
entièrement dépoui'vus des remarquables aptitudes faisant toute la 
valeur des précédents types considérés. 

Lorieine de ces y-ros chevaux marocains de l ( )uest serait des 
plus curieuse; elle remonterait h une ancienne souche de pcrche- 
lons oITerts en cadeau aux sultans du Maroc par les rois de l'ianee 
et probablement entrés dans le pays par le port de Safi. Les Maio- 
cains d'alors furent si frappés par le port majestueux dv ces repic- 
sentants de notre race du Perche, qu'ils veillèrent avec soin à Icui' 
reproduction et à la conservation de leur taille. 

Le succès de la race percheronne au Maroc, ou du moins pour 
plus d'exactitude de termes, le fait ([ue les animaux de cette race 
auraient. })ar de longues générations au Maroc, conservé leur taille, 
semble une anomalie zootechnique. 

Cette anomalie n'est qu'apparente. 11 ne faut pas oublier ([ue le 
sol des pâturages où ces anciens débanpiés t»nt été menés, l'tait plus 
riche, chimiquement parlant, que cidui de leurs pâturages d Oii- 
gine. car des analyses m'ont donné pour certaines de ces terres fer- 
tiles du Maroc, jusqu'à 7 "'/,,,, de potasse et plus de 2 " „„ daeide 
phosphorique et d'azote. 

Ce sol était tout aussi copieusement arrosé ; car j'ai mis en par- 
ticulier relief le rôle que joue dans la fertilité de ces terres la frai- 
cheur d'un sous-sol le jilus souvent imperméable» (p;i constitue une 
nappe aquifère. 

De plus, et surtout dans ces zones littorales. 1 humidité de 1 air 
est telle que je ne craindrais pas de voir ajjpelerle Maroc la « Noi'- 
mandi(Mle lAfrique », la quantité dv pluie pouvant atteimlre .">OII à 
70(1 mm., répartis ti'ès favorablement aux époques les plus utiles. 

La race chevaline importée n'aurait donc eu, en définitive. ;i 
supporter que des écarts thermométriques à coup sùi' tort diirérents 
de ceux de son berceau (minimum 2" à i". maximum io", écarts 
diurnes de ;{()" k 35") et (|ui oui pu l'ort bien contribuei- -- mélange 
de sang non supj)osé — à laltération (pu' Ion constate des formes 
anciennes du type. 

Mais toutes les autres conditions (''tant restées très l'a\ oiables. 
il n Y aui'ail nullement lieu de s'étonner (pu- notrt' race du l'erclie. 
sans |)ré'iii(Iiee des autres a|)ports. andalous ou syriens, ait conservé 



ÉijLlKKS DU MAROC N.-O. 357 

sa taille et la puissance de son squelette au Maroc où elle cause, 
aujourd'hui. Fétonnement admiratif des voyag-eurs. 

Entre les deux types si nettement différents, l'un, le petit cheval 
berbère des montagnes de TEst. l'autre, le gros cheval de 
parade arrivé par mer, et localisé dans l'Ouest (Marrakech, Safî) 
il faut placer la plupart des chevaux qui peuplent le Maroc, pro- 
venant du petit cheval de montagne et d'apports de chevaux plus 
lourds. 

L'harmonie des formes, ou la taille, ont cédé suivant le degré 
d'éloignement de l'une ou de l'autre source de croisement. 

On se trouve ainsi en présence, par exemple chez les Abda, plus 
au sud près Mogador, de chevaux de plaine dont la taille est grande 
et les lignes grossières par dégénérescence de la race. 

A l'inverse, et en particulier les Béni Hassen, plus au nord, dans 
la plaine du Sebou, possèdent un cheval qui rappelle d'assez près 
ceux de l'Est mais qui en ont perdu les formes élégantes et sont 
devenus moins fins. Ces animaux sont aussi plus forts, plus musclés, 
les rayons sont plus ouverts. La peau est plus fine, la rusticité est 
devenue moindre. La robe chez beaucoup de sujets est foncée tan- 
dis que les chevaux de l'Est sont généralement plus clairs. 

Les acheteurs de Fez s'approvisionnent chez ces Béni Hassen de 
la plaine parce qu'ils trouvent chez eux des chevaux de la taille 
qu'ils recherchent et qui se rapprochent davantage des gros chevaux 
de l'Ouest, toujours convoités des notables, des gens devenus cita- 
dins et enrichis à la cour de Fez. 

Par les raisons zootechniques antérieurement développées, on 
conçoit que les gros chevaux, orgueil des cours et des ports de 
l'Ouest, naient jamais franchement réussi dans les montagnes de 
Fez. 

Là, très probablement, se trouve la raison qui dans l'étiquette 
« Fasi » fait très curieusement préférer la mule au cheval. 

Les indigènes, par des procédés qu'il m'a été possible de suivre 
et peut-être précisément par le moyen de leurs gros chevaux de 
l*()uest. arrivent à faire des mules d'une masse énorme. Ces ani- 
maux qui ont à la fois le caractère de la robustesse et, grâce à 
l'habileté des éleveurs, celui de la grosse taille si appréciée dans 
l'Ouest présentent pour les Marocains l'idéal absolu de la monture. 
Les gros chevaux, à vrai dire, ne pourraient évoluer dans les mon- 
tagnes ([ue l'on est obligé de franchir pour parvenir à Fez. Dans 



358 ÉTUDES KT MÉMOIRES 

celte capitale, un pei-sonnaj^e de qualité s'avance monté à mule se 
faisant précédei' de son valet de pied à cheval. 

L'étude de la mule au Maroc, ({ui y atteint une valeur marchande 
de beaucoup supérieure à celle du cheval, sera quelque jour un des 
plus intéressants chapitres de la zootechnie. Elle est demeurée, 
jusqu'aux temps actu<ds. de la plus haute diflieulté. le Marocain 
qui tient plus à sa mule qu'à lui-même, ayant réservé jusqu'ici ses 
secrets: et d ailleurs les lieux de fabrication étant restés le plus 
souvent inacessibles. 

Quelle que soit la manière dont elle est obtenue, la mule maro- 
caine est peut-être de toutes les mules du monde la plus parfaite. 

Elle porte couramment des énormes charg'es de 8G0 kilogs en 
marche normale d'étapes de 30 kilomètres par jour, alors que le 
chameau, ((ui porte de loO à iOO kilo^s au maximum, n'avance pas 
à plus de lo kilomètres par jour. 

Le Marocain demande k sa mule une g-rande vitesse, une vitesse 
continue, à marches forcées, [)arfois invraisemblables. 

H Pars sur Ion cheval. Moi je sellerai ma mule et te dépasserai », 
a coutume de dire l'indiijène. De fait, certaines de ces mules sou- 
tiennent legal-op forcé, sautent les obstacles à la manière <lu cheval 
dont, exceptionnellement, elles peuvent soutenir le train. 

Comme il est de régule générale, les mules des montagnards pré- 
sentent le caractère d'une plus petite taille. 

La couleur de ces bêtes est très variée : les grosses mules d'appa- 
rat sont blanches; celles de selle sont claires ou l)runes ; celles de 
bât brunes ou blanches. 

Elles sont élevées avec la même rusticité que le cheval ; les bêtes 
de charge reçoivent régulièrement à l'étape 4 kilogr. o d'org'e <'l 
un suffisant complément de paille. 

Enfin, pour compléter cette rapide revue des équidés au Maroi-, 
il faut citer l'àne qui joue le rôle de mule du pauvre. 

Ainsi qu'en tout pays musulman, son histoire est un martyrolog^e; 
mal nourri, ne recevant jamais de ration sauf exceptionnellement 
un peu de son ou paille, il doit se .suffire à lui-même par la maig^re 
pàtuie que sa dent peut arracher au bord de la route. Surchargé, 
il accomplit comme la mule son étap.e de 'M) kilomètres et son arrière- 
train n'est le plus souvent (ju'une plaie cruellement entretenue afin 
d"v rendre plus sensible la touche de l'aiguillon... 

La taille de ces ânes est toujours supérieure à celle du petit bour- 



KQL'IDÉS 1»! MAROC N.-O. 3o!) 

ricot (lAlgérie dont on ne trouve pas, à vrai dire, léquivalent au 
Maroc, bien qu'il s'aj^isse toujours de l'àne africain bien connu. 

Telle est la population des équidés au Maroc. En première ligne, 
par ordre de nombre, se classe la mule, de bât ou de selle, qui est 
le mode de transport le plus employé et le plus à conseilb'r dans le 
pays. 

Puis le cheval, rare dans le Xord. (lù il cède partout le pas à la 
mule, plus répandu dans les montagnes de Taza, entre Fez et la 
province d'Oran. où il est du type arabe, et beaucoup plus commvin 
dans les grandes plaines de l'Ouest et du Sud où la prédominance 
de la grande taille est marquée. 

Enfin vient l'àne, que le petit agriculteur emploie partout comme 
béte de somme pour transporter ses produits, concurremment 
d'ailleurs à sa propre femme et à celle de son voisin. (|u"il emmène 
ou emprunte dans le mémo but. 

Parfois même c'est la femme qui est réellement l'animal de charge 
et il n'est pas rare de voir, arrivant de 10 ou 20 kilomètres au 
marché de Tanger, un groupe pittores(|ue composé de deux femmes 
j)ortant les cages à poulets, les sacs de grain, les charges de bois, 
écrasées, pliant sous le faix, suivies, à petits pas, d'un baudet minus- 
cule que monte, en béatitude et grande paix, le propriétaire du tout. 
(A'iui-ci, assis nonchalamment en travers de la béte, somnole et, 
entre deux coups d'une longue épingle rpi'il enfonce sans mot dire 
dans la croupe du bourricot pour exciter son pas, rend grâce à 
Allah, le maître de l'heure, d'avoir bien fait toutes choses... 

(t. de Gironcourt. 

I/iyénienr arj/'ononir <'l d' Agi-icullure coloniale. 

Chnrrjr do iniaxionn pnr h' Miniatre dea (^olonÏPS et 

le Minisli'i' df l'Instriirlion Puldiqiio. 



LE SOJA 

[Suite.) 



COMCOSITION DE LA PLANTE 

Elle a été étudiée beaucoup plus tard que celle de la graine et 
surtout en Amérique où 1 on emploie beaucoup le soja comme four- 
rafçe. En France, M. Lechartier s'est ég-alement occupé de la ques- 
tion voir les tableaux ci-joints). 

On peut dire que le fourrage vert du soja a une composition 
analogue à celle du trèfle. Les matières minérales renfermées dans 
les cendres sont surtout la chaux, la mag'nésie, l'acide phosphorique 
et la potasse. 

D'après Schulze ' on rencontre dans les g-ermes du soja les 
mêmes substances azotées que dans ceux du lupin. Cependant il y 
a peu d'arginine et beaucoup d'asparagine ainsi que de la ch<dine 
et de l'acide phénylamidopropionique. 

M. Lechartier -' a étudié en détail les proportions de chaque élé- 
ment dans les dill'érentes parties de la plante et est ari-ivé aux 
conclusions suivantes : 

Acide p/iosphorique. — Les feuilles en contiennent autant que 
les tiges. Fendant la maturation, les composés phosphores émigrent 
des feuilles vers les gousses et de là dans les graines ([ui en con- 
tiennent 1.1 plus grande proportion. 



L Scliiil/.e. Sur les consliliinnls nzolés des f/cii/ics de soj,! Zcilschril'l fur ijfit/sio- 
Imjische Cheinie, 1899, XII, iOâ). 
2. I-. (iriiiKlcau. Losf)_ja liispida Jntnihil d iHiritiill me iiniHifue. I9():i. n" 26, 27, 2S). 



LE SOJA 



361 



Acide salfuriqiie. — Les proportions en sont de plus en plus 
faibles en allant des tiges aux feuilles, aux gousses et enfin aux 
graines où il atteint son minimum. 



Composition du Soja. 



Ct)sses (",aj)aii 

Feuilles et liyes (Capan 
Plante entière (Goess 

nian j 

P'i>urraj;e i entre la ilorai-. 

raison et la fructifica-' 

tion) / 

Foin de Soja Japonais. . 
Foin Massacluisett . . . . 
Paille de Soja Mas-' 

sachusett ; ^^ '*' 



1 1 . 00 

11 .0(1 



:().:>o 

l(i 



1(1 



o 


s 


Matières 
e.\tractives 
non azotées 


y. 

13 


3 


1 . G 1 


1 . 29 


ll.!S7 


30. 4 j 


7.79 


<i.()8 


2.03 


37.12 


22.70 


2.31 


l.').S7 


.').(i2 


.-. 1 . 28 


20.7(1 


11. 17 


;< . 


1 .0 


10. 1 


(i . :> 


2.3 


IG.'.t 


■1 •) 


23.1 


35.9 


.} . 9 


1 1 . •-' 

■i.'t 


1.1 

1 .;• 


11.2 

37. S 


21 .1 

37 . ti 


7 . i> 
(i. 1 



Observations 



Moyenne de 
1 3 analyses 

Miiyenne de 
1 analyses 

Moyenne de 
3 analyses 



Chau.r. — Elle s'accumule surtoul dans les feuilles (jui en con- 
tiennent six fois plus que les gousses. 

Magnésie. — Elle accompagne partout la chaux : elle est un peu 
plus abondante que cette dernière dans les graines. 

Potasse. — Elle se concentre dans la gousse pour émigrer dans 
les graines au moment de la maturation. Le rapport —, — est 



ch 



aux 



1 



l'gal à 7 dans la graine, à 3 dans la gousse, à ^ — ; — - dans les 

!■ a o 

feuilles. 

La composition des dillerentes parties de la plante se modifie à la 
maturation par suite de l émigration de certains principes vers les 
graines : la chaux et la magnésie augmentent dans les tiges et les 
feuilles tandis que la potasse se concentre daiis les graines. 

Voici, d après M. Lechartier, la teneur en matières organiques 
des différentes parties du soja : 



^62 



ETUDES ET ME.M(J1KKS 



l-'lt'iiii'iil- 



Kaii 

Azote total 

Protéine lirute 

Matières azotées alimentaires, . . 
Amides exprimés en Asparafiine 

Matières j>rasses 

Matières saccliai-itîabli's 

lOxtraelifs non a/olés 

Cellulose ; Ligneux) 

Cendres 



S 


ija \ ei- 


. 




/. 


X 


if 

72. i 7 


[z^ 


■X 


73.33 


70.86 


0.21 


0. 16 


0.76 


1 .31 


2.84 


1.78 


. S() 


2 . 40 


4.01 


(1 . .i 1 


. ^:■> 


0.07 


. 29 


1 .04 


1 .6:) 


S. 57 


.■>.<»i 


6 . 80 


ô . ().") 


s . <)() 


1. 12 


Il . Kl 


1.70 


,'i . 4 4 


1 . :î2 


;< . 2 s 


1 . :■,^ 



>i>)a see 



■J! 

.Éf' 


■{. 


0.76 


1 .71 


4 . 76 


10.71 


3.11 


9.02 


1.26 


1 . 30 


1 . 06 


3 . 92 


31.11 


22.15 


1 S . 36 


33 . 37 


10.29 


1 7 . 93 


l.SI 


12.31 



3.1 
19.65 
16.53 

2 . 36 

6.85 

28 . 1 5 

16. 7S 

22 . 58 

6. 15 



Les proportions des (lifférentes i)arties de la plante étant les sui- 
vantes : 



Ec/ianfillons. 



N" 1 N" 2 



X» :■! 



Moyenne 



Tiges 27,13 

Feuilles 35 

(lousses .... 37,87 



23,12 


20,82 


23,45 ou 1/4 environ 


42,44 


42,72 


40,18 ou 4 10 — 


34,44 


30,4(1 


.34,37 ou 1 3 — 



on peut, en combinant ce tableau avec le précédent, calculer le 
poids des matières nutritives apportées par chaque partie de la 
plante et la composition centésimale de la plaiilo ontièrcv On obtient 
ainsi le tableau .suivani : 



IJ-: SOJA 



363 



Eléments nutritifs contenus dans chaque partie de ht })/;uif( 

{ Leciiartier). 



Pl'Opol'tliill 

Eau 

Azote total 

Protéine brute 

Mat. azotées aliment . 
Amides en asparaji. . 

Matières grasses 

Mal. sacciiarifiables. . 
E.xtractifs non azotés 
Cellulose ilignenx . . . 
Cendres 



A l'état vert 






2j. iJ 
1 S . 62 
. ().") 
0.34 
0.27 


0.07 
2.10 
I . :VS 
2 . S i 



10. 18 

20 . ;is 

0. 10 
1.15 
I . 03 
\) . I 4 
0.42 

2 . 30 

3 . iO 
i .91 



34 . 37 
25.98 
. 26 
1.63 
I . 38 
0.18 
0.57 
2.31 
1.38 
1.S7 



73 . 98 
0.50 
3.12 
2.63 
0.41 
1 .06 
6.92 
6 . 20 
6.62 



-V l'état sec 





r 


■s. 

•f. 
•/- 


26. S7 


1 1 . 33 


31 .7!S 


0.21 


0.71 


1 . 00 


1 . 29 


1 . 43 


6.24 


. 83 


3.98 


5.29 


. 34 


. 53 


0.82 


. 28 


1.62 


2.18 


8.29 


9.25 


8.98 


5.01 


13.50 


5 . 29 


10.81 


7.39 


7 . 48 


1 . 29 


5 . 09 


2.08 



II 

10 

1 

1 
26 
23 
25 

8 



92 
06 
10 
69 
OS 
52 
,80 
.38 
, 16 



En résumé, le soja se différencie nettement des autres plantes 
employées ordinairement comme fourrage par sa g-rande richesse 
en azote, en huile et en matières minérales. 

Les matières minérales contenues dans les cendres du soja ont 
été analysées par M. Lechartier qui a obtenu les résultats consi- 
gnés dans les tableaux ci-après : 

Poids total de matières minérales fournies sur l(HH) kilos 
de fourraije sec (Lechartier). 

(Les chiffres sont obtenus par analyse des difïërentes parties et en l'aisant inter\eiur 
les proportions dans la plante entière. 



l-;iénients uiinérau.x. 



Proporticin dans le inélan^;e 

Cendres 

Silice 

Acide pliosphorique 

Acide sidt'ui'iqiie 

Chau.x 

Mafiuésic 

Potasse 

Soude 

Azote 



Tijjjes 



26 . SO 

12.91 

(1.07 

1 .24 

2 24 
3 . 35 
I .91 
2.13 
0.20 
2.05 



Feuilles 


( iciusses 


Plante 
entière 


Il . 15 


31 .79 


„ 


50. s 7 


20.5 


84 . 28 


1 .16 


0. 12 


1 . 65 


1 .5S 


3 . 33 


(i . 1 4 


2.61 


1.71 


6 . 56 


IS..37 


2.47 


24 . 1 7 


5 . 10 


2. I(i 


9. 17 


i.Ol 


7 . 15 


13.59 


0.07 


'o.NO 


1 . 16 


7 .(is 


!(» 


19 i:! 



304 



ETUDES ET MEMOIRES 



De son côté, M. Joulie avait trouvé 



Pour 1 .00(f kilos à Vétal sec 



Éléments minéraux. 


Tiges 
et feuilles 


Graines 


Plante 
entière 




\zotc 


1 2 . 50 
4 . 62 
2.72 

'.3.65 

' 9.58 
9.76 
1.13 
1 .27 

32.73 


57.88 
17.39 
J . 41 
3.28 
8.91 
20 . 29 
0.50 
o.y3 
1 . 03 


28 . 1 (I 
9 . 02 
2 . 2(i 

29.8! 
9 . 3() 

1 3 . 39 
2 . SK 
1 .15 

2!. 83 




\ridp nho*inho!'ioiie 




AriHo '^iiirnri<i!io 








May-nésic 

Potasse 

Soudf 




C)xvd(* (U* IVr 




Silice 









Poids total des inatièr^es contenues 
dans 1 .(HHt kilos de Soja (Lechartier). 

(^Analyse directe de la plante entière.) 



l'ilrniciiis niinéraiiN 



Eau 

Cendres 

Siliie 

Acide jjlu)s|jli(iri(|U( 
-Vcidc suirui'i(|iic . . 

Cliau.v 

Maj^nésie 

Potasse 

Soude 



Soja (i'i'^tanines 



a ~ 



10.00 
24.00 
1.36 
1 .67 
1 . 59 
7.73 
.3 . 66 
3 . 66 
0.12 



Soja à grain noir 



92.32 

5.25 

6 . 43 

(i.lO 

20 . 73 

1 4 . 07 

1 4 . 09 

0.55 



740.00 

26 . 65 

2.86 

. 9 1 

1.7 ! 

t 

6 . 26 
2.99 
5.67 
. l(i 



1 02 . 52 

H 

7.17 

6 . 90 

24.08 

11.51 

2 1 . 80 

0.63 



LI-: SO.IA 



w> 



Poids total lie matières minérales 
dans I .()()(} kilos de Soja d'K lampes. 

Bécolte en (/raines à l'état sec. 



l'ilrmcnl s iniiuTaux 



l'riipin'lioii de e-liaqiie partit- dans la 

foOdllr loi aie 

(tendres 

Silice 

Acide pliosphorique 

Acide sidfiiriqiie 

Chaux 

Magnésie 

Potasse 

Soude 



10.22 
0.;i3 
1 . :^- 

2.79 
fi. 00 
i . 38 
0.52 
0. 16 



353.00 2NI .70 



55 . 10 
2.29 
J . 52 
3.30 

22.32 
3 . 98 
I .22 
0.30 



a. 



■I. 



- - ? 



177.20 

9.83 
. 09 
. 68 
0.97 
2. 12 
i .72 
1.35 
0.11 



I 87 . (iO 

12.1 9 
0.01 
3 . 52 
0.52 
0.72 
0.98 
5 . 02 
0. 10 



. (KllI.dO 

9(> . 3 1 
3 . 32 
7.29 
7.58 
31. 16 
Il .06 
S. 11 
I . :i0 



lîTUDE DE LA GRAINK 



La graine de soja se tUfférencie très nettement des autres Légu- 
mineuses ; d'une part par sa constitution anatomique, d'autre part, 
par «i composition chimique. Nous allons donc l'étudier successi- 
vement à ces deux points de vue. 

i; L — (Constitution de la graine. 

La graine de soja a été étudiée en détail par M. Blondel '. Voici- 
ce que cet auteur a trouvé dans une coupe au niveau du hile faite 
dans un grain de la variété jaune. De dehors en dedans : 

1'' Un plan de cellules prismatiques, à grand axe perpendiculaire 
à la surface, juxtaposées, et formant autour de la graine une couche 
de protection très résistante. 



I. Blondel, Ohsemilions sur la slriiclure des (ji-Hines de Soju Hispidii ./niinuil de 
liliannacie et de cluinie. 1888. XA'I. p. 587 . 



366 ÉTLDES ET MÉMOIRES 

2" Un plan de cellules scléreuses à parois latérales arquées très 
épaisses. Ces cellules, de très grande taille dans le voisinag-e du hile, 
vont en s'aplatissant dans le reste du tés^ument et iiianquent com- 
plètement au niveau du micropyle. Elles sont colorées en jaune 
j)ar l'iode. 

3" Une zone parenchymateuse de cellules lâchement unies s'apla- 
tissant de plus en plus dans la partie profonde de la zone et dans 
lesquelles liode ne révèle aucune trace d'amidon. 

4" Une ct)uche discontinue de cellules à contenu opaque, brunis- 
sant par l'-iode. à paroi mince souvent dilacérée, vestige de Talbu- 
men embryonnaire ; là s'arrêtent les couches tég-umentaires. 

.")" Un plan d'épiderme recouvrant l'embryon. 

6" La masse des cotylédons, à parenchyme polyédrique, dont 
les éléments sont remplis de cristalloïdes se colorant en brun par 
l'iode, en jaune par 1 acide azotique et ne présentant ni stries, ni 
hile. 

La constitution de la graine de soja a été étudiée également par 
M. Colin. 



i; IL — Composition chimique de la graine. 

Le glycine Hispida se dilï'érencie des autres légumineuses par 
sa richesse en matières azotées et en huile et par l'absence d'ami- 
don. 

On peut mettre en évidence cette richesse en albuminoïdes en 
faisant agir le réactif de Millon à chaud sur une coupe mince de 
soja. On obtient immédiatemenL une coloration rouge vif, alors que 
le haricot, dans les mêmes conditions, ne donne qu'une légère 
teinte rose. Si au conliairc on lait agir sur une coupt' de soja, de 
l'iode on n'apercevra aucune trace de coloration bleue ou violette, 
tandis que chez le haricot toutes les cellules de l'embryon se 
teintent en bleu foncé par suite de l'abondance de l'amidon. 

La composition chimique des graines de soja a été étudiée par 
M.M. SituM' en Allemagne, Capan ' à Vienne, Pellet on FT-ance-^, 



1. Iliillelin (fénérul de tlu'r,'t]i('tili(iue, ISss, article de M. Egasse. 
:.'. (Comptes rendus. .\C, 1177 : Pellet. Sur l;i fi.rUé dp (-(tmiiosilion des véffétaux. 
Analyse du soja liisjtùla. 



LE SOJA 



367 



Goessmanii '. Kellner "-', Prinsen à Java. Nikitin \ Giljarinski ^, 
Kônig- '. Le travail le plus complet a été fourni par MM. Meissl et 
Hocker '' (jui ont donné la composition suivante : 



(i ruine de fioju. 

Eau 10,00 

Caséine solublr 30,00 

Caséine insoluble 7,i)0 

Albumine 0,")0 

Huile 1H,00 

Lécithine, cholestéiine ^ ^ 

Cire, résine ( 

Dextrine 10,00 

Amidon -i.OO 

Cellulose ".,00 

Nous donnons sous forme de tableaux les principales analyses 
faites jusqu'à ce jour dans les différents laboratoires d'Europe et 
d'Amérique. 

Les différents éléments sont d'ailleurs très inégalement répartis 
dans les difïérentes parties de la graine comme le montrent les 
analyses suivantes du soja jaune de Chine. 



Désiirnation. 


o 

■-? r. 

5 S 

'^ 


c 

'S 


1 

^1 


Matières 
azotées ^ 


— 1. 


-'- 

— o 


'Si 

7j 




1 00 

00 
•) 

8 


90. IS 

80 . '.H 

87 . 09 
87. i 7 


38 . 0(5 

41 .33 

30.93 

7 . 00 


17.80 

20.75 

10.45 

. (30 


12.00 
1 1 . (50 
17.32 
21.02 


1.14 
4.38 
4.08 
3 . 83 


Cotylédons 


Knibrvons 


Enveloppes 



1. Gocssmaïui, Une anuli/se de soja blanc {Chemisches Centrablall, 1890-1, 133,. 

2. Bulletin Imp. Colleife nf Arp'icalt. Japon, vol. 1, n" 2. 

3. Zeilschiifl fur Uniersuchuny der \alirnnys iind Geniisseniitlel, 1901, !■■ vol.. 
39; Nikitin, La (jraine de soja et ses produite au point de rue c}\imi<iue et diététique^ 

4. American .hnirnal of Pharmaci/, 189(5-97: article de M. Trimblc. 

5. Konig-, Cheniie der Menschlichen .\ahruntjs und Genussemitel, -i" édil., l"' vo\. 
595-598, 2'' vol. 486-489. 

6. Meiss et Bocker, Sur les constituants de la graine de soja {Monatshefte fiir (Jhe- 
mie, 1883, IV, 349-368. 

7. Résultats obtenus au Laboratoire de la Société biologique d'Extrême-Orient. 

8. Analyses faites au Laboratoire municipal de Paris. 



3()8 KTLitKs i:i mi;muiiu-:s 

Nous allons exainiui-r succcssixcineiil li'S tlillérenls composants 
(le la graine. 

Matières nzolccs. — D'après les auteurs japonais il y aurait dans 
la j^raine de soja T.'i " ,, da/.ote dont ().'•> à l'état dalbuniinoïdes. 
(I. I sous forme daniides et d.^i sous IV)rme de peptones. 

Meissl et IVuker ont l'tudié les matières azotées du soja par le 
procédé Ritthausen, e"est-à-dire par action successive de l'eau 
chaude, de leau froide et enfin d'une soKition de potasse à I "/j,. 

On peut représenter la marche de l'opcTation jwv le scht'ma sui- 
\anl : 

(îi'iiiiic Iraitcc i);ir 1 Cati cl l;i potasse. 



Filti-al + acides IJcsidii + XaCI à 10 



Précipité de Fillial cliaiilVc Hcsidii Filtrai 

caséine sohihie cimtcnant Ui cuséiiw 

(80 "/"'•*''" 'ii'T '-'*''''-■ t I insolnhle 

azolccdc la j^raiiic (>(iaj;iilimi iV.ilhiiiui ne Filtrat 

T- sels (le cui\re 



IVêcipilc l''illral 

ciipro-protciquc 
cl matières non azotées. 

(iHHi'inc (lu soja (Légumine). — La cas('Mne tlu soja a pour 
composition centésimale, amides à part : 

(larbone .11,24 

llydrofi-ène 0,09 

Azote h),:W 

Soufre 0,47 

Oxyj^ènc 21,02 

<^uand elle est fraîche, elle est facilenieiiL solublc dans les réac- 
tifs; sèche elle se dissout diflîcilement. 

Elle est soluble dans les solutions alcalines étendues, et en est 
piécipitée par les solutions salines concentrées. 

Les solutions salines étendues donnent des précipités se redis- 
soKant par le chlorure de sodium. 

Elle est précipitée de sa solution par les acides étendus et est 



LE SOJA '{Gl) 

soluble dans un excès de réactif. L'acide azotique la reprécipite de 
ces solutions. 

Les acides concentrés la dissolvent, en donnant une coloration 
violette avec Tacide chlorhydrique, rouge foncé avec l'acide sulfu- 
rique et jaune avec l'acide azotique. 

Elle est soluble dans les solutions de phosphate, chlorure, sulfate 
et azotate de soude, de chlorure d ammonium, chlorure de potas- 
sium, de sulfate de magnésie. 

La caséine retirée par le chlorure de sodium et qui est inso- 
luble dans la potasse est une modification de la caséine soluble. 
Elle a été appelée caséine insoluble par Meissl et Bôcker. Sa pro- 
j)ortion augmente au fur et à mesure que la graine vieillit et quand 
on la torréfie. 

Bien que différant quelque peu par sa composition chimique, 
des caséines animales, la légumine leur est parfaitement compa- 
rable, et ce n'est pas sans raison qu'on Ta appelée caséine végé- 
tale. Les diftérences qu'elle présente avec les caséines animales 
sont en effet de même ordre que celles que ces dernières présentent 
entre elles. D'ailleurs, la caséine végétale a bien des points com- 
muns avec les caséines animales ^. Elle est coagulée par les acides 
étendus et le ferment lab, elle est attaquée par le ferment lactique 
et donne avec ces microorganismes les mêmes produits que les 
caséines animales. 

On peut donc dire que la légumine n'est autre chose qu une variété 
de caséine. 

Albumine du soja. — La composition centésimale (cendres à 
part] est la suivante : 

Carbone o2,^J8 

Hydrogène 7 

Azote I7,2:> 

Elle se coagule à (^0". 

Elle est soluble dans la potasse étendue, reprécipitée par l'acide 
acétique et redissoute dans un excès de ce réactif. 

Elle se dissout difficilement dans les acides étendus. C'est un 
produit de transformation de la caséine car Meissl et B<')cker ont 

I. Berthelot. (Chimie ory:nii(jiie. 

Bal. du Jardin colonial. 1911. li. — N" loi. 26 



.■J70 ÉTl'DIOS i:i MH.MOIRKS 

passé de lu caséine à 1 all)uniine en dissolvant la pi-eniièrc dans \h 
potasse et précipitant par 1 acide acéticpie. 

Matières .sur rres. — En 1881. Levallois a trouvé dans la yriimc 
1) à I I " „ dune matière sucrée incristallisable. analogue au sucic dr 
canne, mais qui en diilere en ce (pie, chautlee avec l'acide azoticpie. 
elle donne de l'acide acétique et de l'acide niucir/iic. 

La saccharose, en présence d'acide azo'tique étendu à chaud 
donne de 1 acide saccharicpie, de l'acide oxalique et de 1 acide eassd- 
nique. 

Le niénie acide transforme U' lactose en un mélange d acidr 
inii(i(/ii('. d'acide saccharique, d'acide tartrique et d'acide oxalique. 
La proportion d acide mucique peut atteindre -iS " „. 

La présence d'acide mucifjue dans les produits d oxydai kui du 
sucre de soja le i-aj)proche donc du lactose et 1 éloigne du siiccha- 
l'ose. 

D'après Slingl e( Morawski il887). il y aurait dans \v soja du 
sucre de canne mélangé avec des sucres incristallisal)les à pouvoii- 
rotatoire plus élevé que le sucre de canne, mais diminuant aju'ès 
inversion, donnant de l'acide mucique par action de 1 acide azoticpie. 
ne réduisant la liqueur de Fehling (pi'après trois heures d'éhuUition 
avec l'acide suliuricpie étendu sans qu'on puisse affirmer s'ils se 
sont transformés en glucose et lévulose. 

M. Ma((uenne pense que le sucre de soja est peut-être identique' 
à la galactane qui donne du galactose par hydrolyse et de 1 acide 
mucique i)ar oxydation. 

(h' Muni/, a montré cpie l'origine du lactose doit èire ra[)|)(iitée 
aux galaelt)ni's (pii existenî, dans beauc<)U[) de léguniiiicusc's. 

Le sucre de soia a donc de "T'andes analogies avei' le lactose, ce 
qui est important à considérer dans la fabrication Au lail végétal. 

Le sucre de soja a une saveur légèremeid sucrée. Précipité de sa 
solution alcoolique par l'éther puis, séché à 100" dans le vide, il 
forme une masse spongieuse très déliquescente. 

II fermente rapidement et intégralement en présence de la levure 
de bière et donne du glucose. Il ne réduit pas dirt'ctemenl la 
licpu'ur cupro-])otassi(pu', mais seulement après ébulilion avec les 
acides minc-raux. Il devi(^ la luniièi'e poiaiisi'e de II")" -i droite et 
.'{.'i" seulenieiii ajires invei^^ion. 



LE SOJA -5 i 



Amidon. — MM. Bloiulel '. liiovue -, Prinseu ' noiil pas trouvé 
trace d'ainiclon dans le soja. Harz ' n en a trovivé ([u'avant la matu- 
rité. 

MM. Meissl et BiVcker, Pellet, Ilanausek ' ont trouvé peu d'ami- 
don. Hanausek a aperçu au miscroscope des grains d'amidon. Ils 
sont très petits et noyés dans l'huile, ce qui fait qu'ils échappent 
presque toujours à l'iode. On les verrait très bien dans les cellules 
voisines du plan de contact des cotylédons. En cet endroit, après 
le traitement jiarliofle, les <>-rains daleurone jaunes, sont criblés de 
points ])leus. 

StiniJ-l et Morawski '' ont trouvé une très i'aible quantité d amidon 
dont ils attribuent la formation à une diastase très énergique. 

De.rlrinc. — D'après Meissl et 13ocker il y aurait dans la j^^raine 
de soja 10 "/o de dextrine, mais d'après Stingl et Morawski. cette 
soi-disant dextrine ne serait autre chose que des sucres incristal- 
lisables. 

Diaslase du soja. — Kn hSSO Stin^-l et Griiber avaient pris un 
brevet pour l'emploi du soja à la fabrication d'une levure, dette 
étude fut reprise par Stinc^l et Morawski. En divisant la matière 
azotée ils ont obtenu : 

Précipitables à cli.nul par racidc 

2.7 I 



/ / Frt>cipita))les a chaud par I ; 

Matières V Soluhles dans \ acétique 

protéiques ( Ifau Hl, 12 ) Coae'ulable par la chaleur. . 



' ' • I ... ji 



/ 



34,8 / l Non coagulahles 7,1 ^^) 

1 Insolubles (Caséine vé}i'étale' 24,6 ,4) 

(Vest dans la portion 3 qu'ils ont découvert la diastase. (>elle-ci 
même employée en faible quantité transforme l'amidon en 2/.'i de 
sucres et 1/3 de dextrine, tandis que l'enzyme du malt d'orge 
donne d'autant moins de glucose et d'autant plus de dextrine que 
la quantité de malt employée est plus faible. 

1. Blondol, < >liser\ ations s va- la sIiikIui'o di-s ^-iiaines de soja. .Ji>tirn;il ilc iihuniai- 
cie et de chimie. 1888. XVIII, .'), 7. 

2. Bull. iinp. collège of agricuUure Jupon, xni. \ . a' 1. 

3. Prin. Eink/e Chinesische Sojabohuen prepnrale. (]hemil<er zciluiKj ISiUi . 

1. Jahresberichl liber flic Fnrtxchrific ilcr Phiivniaknifncsir . l'hurninric mul lexi- 
roioffie, 1885, 117. 

:.. /(/. 18S3-18S1. ■21'.). 

t"). Stinf,d et Morawski. Pnur la eniuiaissaacc <le la >;'raiae de soja. .Uonulshe/ le fur 
('.hernie. ITti. 



M-2 



i;iii>i:s i;'r micmiuhis 



Matières grasses. — La graine de soja contient une huile i i.'i à 
22 °/o) mi-siccative formée surtout de palmitates et de stéarates. 
Nous en reparlerons j)lus loin en détail. MM. Ki,(>i;i! et ni.<M n ont 
retiré de l'huile de soja une phytostérine inconnue qu'ils ont appelée 
sojasterol et dont le pouvoir rotatoire est : dans l'c-tiier — 28" (>*> : 
dans le chloroforme — .'i2" ().'{. 

On pouvait craindre que le soja, comme certains haricots exo- 
li([ues, renferme de l'acide prussique ; d après le docteur 1>i.(m;ii. (pu 
a étudié minutieusement la question, on n'en trouve pas trace. 

En l'Ecosse, un fermier avait intenté im procès à un meunier eu 
l'accusant de la mort de ses vaches par de la farine de soja conte- 
nant de l'acide cyanhydrique. Or les quantités trouvées par les 
experts furent insigniliantes et incapables d'entraîner le moindre 
dérang^ement chez les animaux. 

(Cendres. — Le.s_ cendres du soja sont surtout riches en acide 
phosphorique et l'u potasse comme on peut s'en rendre compte [)ar 
les tableaux suivants montrant les résultats des analyses faites par 
M. Pellet et par M. Lechartier. On remarquera avec ce dernier 
([u'il y a des écarts assez notables dans la composition minérale 
des graines suivant la variété, tandis que ces écarts sont négli- 
geables quand il s'ag'it des autres parties de la plante. Mais quelle 
C[ue soit la variété, le soja est toujours un aliment concentré de 
l)remier ordre au point de vue minéral comme au point de vue orga- 
nique. 

Analyse des cendres du Soja par M. Pelle/. 



Acide i'arl>(iiii(HU" ('.()-). . . 
.\ci(l(' i)liiispli(>i"i([iu' P- ()■' 
Acide sulfuriqiic (SO") ... 

Cliloiv Cl 

l'(. lasso K- U 

Chaux fCaO).; 

Mafiiiésic MfïO). 

Iiis(ilid)les 

'l'iaccs-NaO FcO 

.\ il('-(liiii'e ( >'-' |i(iur le Cl 

Total. 



'•(■liaiil 



I :o 

•29 . 1 :'. 

l.:w 

0.7,") 
'.5.02 
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S . 1 (I 
1. K) 
1 . .')!! 



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1 .20 
:îI .92 

1 . 80 

0.7:) 

lj.27 
6. JO 
G.iS 
1 .10 
2 . I .") 



liKi. 17 
(I. 17 



lOO 110 



éi-lianl 



I .00 

:il .fis 

2.71 

(t. 75 

l:).02 

i.ls 

S. 17 
1 . 20 

1 . s:< 



l(i(. 17 
il. 17 



100.00 



LE S(JJA 



373 



Annli/.sc minérale des «/mines de Soja pour 1()0() [Lecharlier]. 



l^loilU'llI 



Ilmniilito 

Cendi'fs 

Silice 

Acide i)lii>spii(H'i([iic 
Acide sult'iii'ique. . . 

Chaux 

Ma|;nésic 

Potasse 

Sullde 



Soja 
d'Etanipeis 



lis. 10 

r>7.30 
11.02 

lli.51 

2.44 
■■'>. 10 
1.62 

2;'. . 60 
I . m 



■I. 



. 00 

65 . 00 

O.03 

Js.72 

2.76 

;5.76 

3.25 

26 . 77 

2 . 1 .1 



Soja 



a ^rain noir 



60 . 00 

47.80 
0.30 

11.59 
1.47 
3.13 
0.69 

M», is 
0.2S 



■f. 



0.00 

30.80 

. 33 

J2.33 

4.66 

3.33 

.•S.93 

20.72 

0.30 



Soja 
à grain noir 



J43.10 
43.60 
. 23 
9.93 
3.80 
2.40 
3. 13 
20 . 00 
0.00 



0.00 

53 . 20 

0.29 

1 1 . 39 

4 . 43 

2.80 

4.03 

23.34 

. 00 



Soja hâtif 
de Podolie 
grain noir) 



143.10 

32.20 

0.13 

14.91 

2 . 13 

3 . 10 
1 . 05 

21.10 
1.83 



X, 



. 00 

33 . 90 

. 1 3 

17.00 

2 12 

3.87 

4.61 

24.02 

2. loi 



LE Sd.lA DA^S L ALI ME.NTATION DLS ANIMAUX 



Le soja, et particiilièrenient la variété noire, est employé depuis 
lia temps immémorial en Chine et au Japcm pour la nourriture des 
animaux. Dans la Mandchourie on leur donne les graines, entières 
ou concassées et mélano^ées avec de la paille de .millet hachée et un 
peu (1 eau. Le soja à Létal vert est surtout réservé aux moutons. 
Dans le sud de la Chine on emploie, au lieu des grains, les tourteaux 
provenant des huileries de soja, et qui sont expédiés sur toute la 
côte par jonques entières. 

Dans certaines parties du Japon on donne la paille du soja aux 
animaux. A Satsouma (Extrême-Sud), on donne les grains aux che- 
vaux fins. On a ainsi une nourriture plus chère, mais bien meilleure 
que Lorge nue. 

Eln Europe et en Amérique on a cherciié à utiliser toutes les par- 
ties de la plante pour nourrir le bétail. 



374 



i:il lJi:S ET MKftlOlKES 



5; 1. — Le soja connue foiiri'nç/e vert ou comme foin. 

La cuUurc du soja fouiTiiL;i"i'st couranU-aiix Etats-Unis. En France. 
M. Leehartier a fait des essais très encourageants voir au chapitre : 
Engrais). 

Le foin de soja est tout à fait comparable ;i celui donné [)ar la 
lu/.erne. le sainfoin ou le Irètle. 

En et1"et voici, d'aj)iès W'oltf. la composition de ces plantes : 





Knii 


r ■■ 


O j; 

c- — 

0. 


■J. ^ 




'5 ^ 




Soia 


l(> 
Ui 
l(i.7 


6,2 

ii,2 


14.2 
14.4 

i;5.:-. 
I2.:< 


»:>.5 

33,0 
27,1 
2(i. 


20.. H 
27,9 
34.2 
3S.2 


2,2 

2,:i 
2.r) 

2 2 




I^uzcriK' 




Sain foin 




Ti-èllf 









Comme le montre ce tableau, les différences sont peu sensibles. 
Les relations nutritives entre les matières azotées et les matières non 
azotées seraient toujoiu-s. d'après Woltf : 



Soja .... 
Luzei'uc. 
Tièllo.. 
Siiinfoin 






Le mènu' auteur douiie la n'parhlion sui\anLt' de I azote dans les 
j)lantes cit('es ci-dessus. 



« 


.Vliiiicnls 


A/.ii(c " , (le lit substance sèche 


Azf'le nf>n 
allmniinoïde 

o ,' 






Total 


Dans 
l'aliinniine 


Non 
alhuniiniiïde 






Soja 

Ln/.oi'iic 


2,707 
2,045 
2,23 i 


2,14s ■ 

1.M2 

l,SI(t 


0,j5!i 
0,733 
0. i2 ; 


20,6 
28.<.t 
19 






Tivllc 





Au poiul dv vue de l'azote, le soja est donc supérieur à la luzerne 
et même au trèfle. Au point de vue de sa richesse j^énérale en élé- 
ments nutritifs, il se place entre le trèfle et la luzerne. (Test donc 
im excellent fourrajije (|ui mérite de prendre place dans les cultures 
européennes. 



i.K SOJA 375 

On peut donner le sdja-toiu r.ii^e aux animaux sous trois formes : 

Fourrage vert, 
Foin sec. 
Fourrage ensilé. 

Les essais d ensilage qui ont été faits ont porté sur des mélanges 
<le soja avec d autres plantes : maïs, millet. M. Jules Robert, de 
Seclov^itz Bohême), avait essayé plusieurs mélanges du soja avec : 
maïs, millet, sarrazin, vesce, tige de topinambour. Le soja entrait 
ilans le mélange pour 1/5. Le fourrage est fané jusq-u'à perte de 
")0 "/,, de son poids, tassé, puis recouvert de 40 centimètres de terre. 
L entassement est fait couche par couche jusqu'à 1 '"50 au-dessus 
(lu sol. La masse s échaulfe, brunit, et prend une odeur spéciale : 
elle salïaisse jusqu'au niveau du sol. 

M. Jules Hobert fait remarquer que la terre du silo doit être plas- 
tique ; il faut la rabattre avec le dos d une bêche pour la polir et 
empêcher !'< ction de l'air et de l'eau. 

Le fourrage obtenu avait la composition suivante : 

Eau N,62 

Matières grasses 2,33 

Cellulose 43,94 

Extractifs 27,5fi 

Matières protéiques 8,75 

Cendres 8,80 

100,00 

(Analyse faite au laboratoire agricole du Prince de Schwartzen- 
berg à Lobositz, en Bohême. 

1.4 suivre.) Li Yr Ying, 

(lonaeillor de /■■'' cl fisse ;iii Ministère de V Agriculture de la Chine. 

et L . GRAlNDVOIN>Er . 
Ingénieur agricole (G. . 



LK CAOlTCIiOrC EN IM)()-CilINE 

[Suite. I 



ANNAM 



Dans un ra])|)(ni lies documontt' M. le llésident Supérit'ur Guo- 
LEAU fait connaître (luel est, dans le courant de 1910, l'état de la 
question du caoutchouc en Annam. 

Exploitalion des essences spontanées. — 11 y a une dizaine d'an- 
nées plusieurs colons s'étaient lancés dans l'exploitation des nom- 
breuses lianes à caoutchouc que renferment les massifs boisés de 
r Annam. 

Tous, depuis longtemps, ont abandonné cette industrie par suite 
des difficultés qu'ils avaient à se procurer de la main-d'œuvre. Aussi, 
cette exploitation n'est-elle plus entreprise que par les Annamites 
pour les régions boisées peu élevées, et pour les hauts plateaux par 
les Mois, les Laotiens et les Muongs. Les grosses transactions faites 
avec ces caoutchoucs se font dans la partie Nord de l' Annam qui. 
pendant la campagne 1909-1910, en a exporté 27 tonnes: les mar- 
chés principaux sont ceux de Vinh, Cua-Rao, et Ha-7'inh. 

Les principales lianes traitées dans ces contrées sont VEcdysan- 
thera rosea, et quelques espèces de Parabarium (|ui paraissent être 
les plus nombreuses et produire le latex le plus riche en caoutchouc. 
Il faudrait, d'après le Docteur Spire, citer encore comme lianes éga- 
lement abondantes le Micrechites Jacqueti., le Clionemorpha Gran- 
dieriana, ÏArnalocalyx microlobus et enfin quelques échantillons de 
Parameria. 

Gomme au Laos, l'exploitation est faite par les indigènes sans 
aucune méthode, mais peut-on leur en faire un grief et leur deman- 
der d'apporter plus de méthode à leur exploitation, étant données 
les diflicultés et les dangers presque in.surmontables que présente la 
saignée des lianes en forets. Le D'" Spire dans son ouvrage Le caout- 
chouc en Indo-Chine, cite à ce sujet une lettre éminemment sugges- 
tive d'un ancien Résident en Annam, M. Goqui : 



LE CAOUTCHOUC. EN U\DO-CHINE 'Ml 

«Après avoir vu ;i 1 "œuvre les collecteurs, (jii est amené à s'ex- 
})liquer leur système dévastateur d'exploitation : ils n'ont pas les 
moyens de faire autrement. Ils ne peuvent pas repérer les lianes 
pour les saig-ner sur place et revenir recueillir le lait dans la journée 
ouïe lendemain, car ils seraient obligées dy aller par groupes; en 
ce cas. trois ou quatre hommes ne font que 1 équivalent du travail 
d'un sevd. et alors le métier ne paierait plus son ouvrier. D un autre 
côté, ils ne peuvent saventurer isolément, dévorés ainsi c[u'il est 
arrivé dans les premiers temps de leur exploitation. D'autre part, 
pour exploiter les lianes par la saignée sur les plantes mêmes, il 
leur faudrait des sentiers d'accès conduisant ou aboutissant à chaque 
liane et cela coûterait l^eaucoup trop cher. Ils en sont donc réduits 
à faire œuvre de bûcherons. Ils se mettent quinze ou ving^t, font du 
bruit comme cinquante, coupent une liane, l'arrachent de l'arbre 
qui h\ supporte, la tronçonnent vivement et l'emportent sur le sen- 
tier, à labri de la surprise du tig're et encore mieux des sangsues. 
Deux heures avant la nuit, ils quittent la forêt pour rentrer chez 
eux. et tout cela pour gagner une ligature ou lo cents de piastre 
par Jour. >< 

Gomme il est facile de s'en convaincre, il est impossible dans de 
telles conditions, de demander à l'indigène d'avoir recours à des 
procédés méthodicjues d'exploitation. Aussi M. Groleal estime que 
ce « n'est pas avec les lianes qu'il faut compter remonter la produc- 
tion du caoutchouc en Annam ». 

dnoutchouc (le plantation. — Le nombre des colons qui se livrent 
en Annam à la culture d'arbres à caoutchouc est encore peu élevé. 
Dans le Sud-Annam entre la frontière de la Gochinchine et le Nord 
de la province de Binh-Dinh on compte quatre concessionnaires. 

M. Lemai dont la concession est située dans la province de Phan- 
tiêt ; 

Le Docteur Yeksiàs ; 

Et M. ScHEix dans la province de Khanh-Hoa. 

M. Delignon, qui dans le Binh-Dinh possède deux concessions, 
celle du Dak Joppau et celle de la Rivière verte. 

Concession de M. Lemai. — Elle est située à Song-(iiao, province 
de Phan-Tiêt. 

« Cette concession ne date que de 1908, le but cherché par ce 



378 ÉTL DKS ET MKMUllUJS 

colon est (rcnlri'prcadie exclusivi>nient hi cultui-e de VHevea Brasi- 
liensis. Quelques plants de /iciis elasflci ont seulement été aniéna- 
g-és. en vue de l'étude comparative ultérieure des résultats obtenus 
avec les deux espèces, tant au point de vue de rapidité de la crois- 
sance de leurs sujets, que du rendement k en attendre. 

M. Lkmai possédait, au commencement de Tannée 1910. environ 
l.i.OdO plants en pépinière et environ 10.000 en place à raison de 
()00 par hectare, et parmi lesquels des sujets de deux ans à deux 
ans et demi, dune fort belle venue atteij^iiant avec un diamètre de 
cinq à six centimètres une hauteur moyenne de trois mètres. 

Les terrains occupés paraissent fort bien appropriés à cette cul- 
ture, bien abrités contre les coups de vents fréquents dans la réi^ion 
et dangereux jiour les jeunes sujets; ils sont suflisaniment frais pour 
n avoir pas ;i redouter les ell'ets nuisibles dune saison sèche trop 
prolongée . 

On e-stime <jue sur cette concession le piix de revient d'un hec- 
tare d'Hevea. sera à l'âge de ans, époque à laquelle on escompte 
pouvoir commencer les premières saig^nées, d'environ 3.000 fr. 

Concession de Suôi-Giao. — La plantation de Suôi-Giao a été 
entreprise par M. le D' Yrrsi.n : elle est la seule en Annam (jui pro- 
duit actuellement du caoutchouc et cela depuis 3 ans. 

<( L'installation de cette concession date de 11 ans; elle est située 
dans la vallée du Suôi-Giao, vallée qui sert de pas.sag^e à la route 
mandarine et à la ligne du chemin de fer transindochinois. 

Les premiers es.sais tentés sur la culture des arbres à caoutchouc 
commencèrent en 1S01I. avec des Hevea Brasiliensis, culture qui est 
actuellement la plus importante et a fait le succès de cette exploita- 
tion. 

Au début (le l'.MO. près de (SO.OOO Ilevca étaient plantés en place, 
dont les jdus âgés ont 10 ans. 

La surface exploitable en 1009 était de i hectares et demi. Mal- 
luaireusemenl un typhon (jui sé\il eu octobre 1909, lit de nom- 
breux ravages dans cette plantation et près de 000 arbres âgés de (» 
il Ht ans furent déracinés, ou brisés. Les jeunes plantations ne 
parurent pas souffrir de la violence du vent. 

(jomme autres essences à caoutchouc mises en expérience dans 
cette concessi(m, il faut citer le c/isfi/lo/i elasfira. le ficus elasiica et 
le Ijlec/.rodra fonhincnsils;. 



l.K CAolICllOlC E> IMXt-r.UlNK 



:n9 



Cette plantation est jj^aonée sur la grande forêt, le scil (»sl riche, 
profond, le sovis-sol très perméable. 

D'après M. Vehnet, Directeur de cette plantation, les trais d'or- 
ganisation des plantations d'Hcvea jusqu'au moment des premières 
saig-nées lo à (i ans) s'élèvent entre lî.OtM) et )^.o()() fr. par hectare. 
Ces chiffres viennent corrohorer ceux cités plus liant au sujet de la 
concession de M. Lemai. 

Pendant le 4*" trimestre 11109, et premier trimesti-e 1910, il fut 
expédié par cette concession 1 .000 kilogrammes de caoutchouc 
para. » 

Il convient de raj)peller (pie c'est sur cette concessidn cpie furent 
exécutés les remarquables travaux de M. Verset sur ÏHeven. 

(Concession Schein. — <> Les plantations d'//et»ea que possède ce 
colon sont toutes récentes : les arbres les plus âgés ont 2 ans et le 
nombre total plantés à demeure est d'environ l.oOO. Sol silico argi- 
leux, couche arable profonde, sous-sol perméable. 

Concession Deliç/non. — Plantation du Dak Jopau. 

Cette concession fut demandée par M. Delignon en liS9(S ; elle est 
située sur le plateau d'An-Khê, à une altitude voisine de 4oO mètres. 

Les premiers essais tentés de culture d'arbres à caoutchouc le 
furent en 1904 avec le manihot glaziovii qui devait en même temps 
servir d'ombrage aux caféiers. Cet arbre ne donna que des résultats 
insig-nifîants comme production de caoutchouc, et comme arbre 
d'ombrage les résultats ne furent pas meilleurs, cette essence per- 
dant ses feuilles pendant cpiatre mois de l'année. Il n en existe plus 
(pie quelques exemplaires. 

En 190(j. des terrains furent aménagés pour recevoir des Hevea. 
(^ette plantation s'est depuis accrue sensiblement et comportait, en 
juin 1910. 15.000 pieds à' Hevea. Sur ce nombre, 150 seulement 
étaient âgés de 4 ans. C^es arbres offraient en octobre 1909, au point 
dt' vue végétation, les caractéristiques suivantes, pour les ti exem- 
plaires les plus robustes. 

CiiH-diitoreiicf ilu tronc à 1 m. ;iii-ilos.sus du sol 0'" 143 

— "' 1 JO 

— 0'"120 

— 0" 113 

— '" 115 

— '" 088 



N 


1. Hauteur totale 


5 '" 50 


N» 


2 


3 ■" 50 


N" 


3. — 


5'"'40 


N 


i. — 


3 ■" 50 


.X» 


5. — 


3°™ 50 


N' 


6. — 


3 '" 70 



880 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Pour les autres individus île nombre de plants à cette époque 
était de 8.0OO), levir hauteur variait de 2'" oO à 'A '" oO et la circon- 
férence du tronc était inférieure à 8 centimètres. 

L époque où furent prises ces mensurations correspondait avec la 
saison froide (^octobre à mars). 

La croissance des mêmes individus fut pendant le premier tri- 
mestre lUKJ d'environ ()'" 30 en hauteur et 0"'(ll I en circonférence. » 

Cette croissance assez, lente doit, semble-t-il, être attribuée aux 
températures très basses que 1 on observe à certaines époques de 
Tannée sur le plateau où est établie cette concession. 

Tandis que dans le bassin de l'Amazone la température oscille 
d'après M. J.-A. Collet, entre 24 et 32 degrés C. avec une moyenne 
de 27 à 28 degrés C. on a relevé dans les environs immédiats île 
DakJopau des abaissements de température de 13° 5 (lOdéc. HMli» . 
lo« (19 nov. 1909). 

Dans de telles conditions, ce n'est que dans plusieurs aimées 
qu'il deviendra possible de conclure si la culture de l'Hevea peut 
être pratiquement conseillée dans des rég-ions sujettes à d'aussi 
grands abaissements de température. 

PlanLalion de la Rivière Verte. — Cette plantation ([ui fut com- 
mencée en 190(i eut beaucoup à soulfrir des troubles d'Annam en 
1908. Dès que le calme fut rétabli, des travaux de nettoienieul 
furent aussitôt entrepris, et 13.000 plants sur 15.000 plantés pureiil 
être .sauvés. 

A titre d'indication, voici les caractéristiques des plus heauv 
exemplaires au point de vue de la croissance des hevea plantés en 
1906-1907-1908. Ces mensurations datent d'octobre I90!>. 

« Hevea plantés en HMMi (graines provenant de Singapoiu'i. 

N» 1. Hauteur. (> m. 10; circonférence A\\ lionc ;i i m. Aw sol. (» m. 2"J 

N» 2. — i m. '.»(); — — _ m. i:i:. 

N» :i. — 5 m. 20; — — — m. lii 

N» 4. — Vi m. 80; — — — m. le 

N» 5. — 4 m. : — — — m. I j 

Hevea plantés en 1!H)7 (graines provenant de Suôi-Giao-Khanii-lIo:i . 

N" 1. Hauteur, :{ m. 10; circonfér. du Ironc fi I m. nu-dessus du soi. m. O'.i 

N° 2. — 3 m. 10; — — m. 0>< 

N" 3. — 3 m. 20; — — — m. 06!i 

N» 4. 3 m.; — — ~ Om.Oîi!; 



N 1. 


Ilauleui-, 


■1 ni. 


70; 


N'^ 2. 


— 


2 m. 


:;o : 


N" 3. 


— 


1 111. 


ÎSO; 


\" 4. 


— 


l ni. 


(30; 


N" ;;. 


— 


1 m. 


■V-'i : 



LE CAOUTCHOUC KN IXDO-CHI^E ^Sl 

Hevea plantés en I90S i graines provenant de Singapour). 

0; ciiconler. du hoiic à I m. au-dessus du sol, ra. OG 

— — — m. 03 

— — — Dm. or; 

— — — m. 05 

— — — m. 04 

Pendant le premier trimestre lîHO, pour ces mêmes individus, 
1 accroissement en hauteur fut de Om. 2)^ et de m. 011 pour la 
circonférence. 

Les terrains de cette concession sont argilo-siliceux. le sous- 
sol est peu perméable. » 

Il résulte des renseig-nements fournis par M. le Résident Supérieur 
Groleau que la culture de l'Hevea ne saurait actuellement être con- 
seillée que dans le Sud-Annam. Pour les provinces plus septen- 
trionales, il sera nécessaire d'avoir recours à d'autres espèces moins 
exig-eantes au point de vue de la température. 

TONKIN. 

Les renseignements sur la production du caoutchouc au Tonkin 
sont empruntés à deux rapports émanant l'un de la Chambre 
d'Agriculture du Tonkin, l'autre de M. Broemer ag-ent principal 
(les services agricoles et commerciaux de Tlndo-Chine. 

Essences caoutchoiilifères spontanées. — L'étude des essences 
cuoutchoutifères spontanées du Tonkin est encore loin d'être com- 
plet, ce fait est dû à ce que la presque totalité des peuplements est 
constituée par des lianes vivant au plus épais de la région monta- 
gneuse. C'est en effet la saignée des lianes par les indigènes, sai- 
gnée effectuée jusqu'à ce jour encore sans aucun soin pour la 
conserA'ation des peuplements naturels, qui fournit la majeure partie 
(lu caoutchouc exporté du Tonkin. 

Nous ne citerons parmi les nombreuses espèces spontanées men- 
tionnées dans le rapport de M. Hroener, que celles ((ui ont été 
reconnues comme réellement productrices de caoutchouc marchand. 

Bleekrode;i Tonkinensis. — MM. Dubard et Eberhardt ont fait 
paraître, en 1910, dans le Bulletin du Jardin Colonial, une étude 
très complète de cette espèce, à laquelle nous empruntons les ren- 
seignements suivants : 



382 ÉTLDKS Kl MÉ.MOIKKS 

'< Le lîlei'l'irtKlea est un arbre dont 1 allure générale rappelle un 
pt'u celle de nos bouleaux : sa croissance est rapide ; son écorce est 
blanchâtre peu épaisse; ses branches sont très ramifiées. Sa taille 
varie de 12 à 10 m. suivant les terrains sur lesquels il se développe. 
Son bois est blanc tendre, à fibres longues, il est impropre à tous 
les iisagvs de menuiserie et d'ébénisterie. Les branches sont munies 
di' lenticelles très nond)reuses. 

" Le Bleekrodea tonkinensis peuple à l'état sporadicfue la ])resque 
totalité de la surface du Tonkin (le tlelta excepté); mais il est den 
endroits nombreux (»ù il existe en peuplements serrés. » Des peu- 
plements particulièrenient abondants sont signalés par M. Eberhardt 
dans la vallée du Song-Cau. tlans le Kai-Kinh, dans les forêts qui 
entourent les lacs Ba-Bé. 

' La composition du caoutchouc est la suivante : 

Densité à 20" (M>o:i 

Eau 28,32 

Cendres 0.62 

Caoutchouc vrai bO,7H 

Hésines 3,67 

Matières étrangères (par difîérence). 6,63 

■ La ([uantité de caoutchouc vrai peut paraître faible, mais idle 
est due à la grande quantité deau (28,32 "/„) que renfermait 1 échan- 
tillon analysé, quantité qu il faut attribuer à la fabrication toute 
récente (3 jours) de la plaque soumise à l'analyse. " 

L'élasticité a été reconnu ■■ très bonne •>. la nervosité et ladlié- 
sivité " parfaite ". 

Deux échantillons dv caoutchouc de Bleekrodea soumis ;i l'ex- 
pertise de MM. Ilecht frères ont été cotés Vun de 8 francs à 8 IV. 'id 
le kilo, l'autre o fr. 50 le kilo, le cours du Para étant seulement au 
moment où cette estimation a été faiti'. de il fr. oO. L échantillon 
coté 8 francs à 8 fr. "iO avait été traité par léther et était dépourvu 
de toutes matières étrangères; l'échanlillon estimé 5 fr. oO était un 
échantillon brut recueilli sans soins par les indigènes, il (Uait coa- 
gulé s|)(inlan(''ment. sans le secours daucun acide. 

M.M. Dubard et l^berhardt estiment (pi'au cours de 2o fr. pour le 
Para lin. le caoutchouc de Bleekrodea se vendrait LS à 20 francs. 

/ioiisif/o/ii.i J^oii/.invnsis i^berh. — Le Bousigonia tonkinensis est 



LI-; CAOïTCHorc. i:.N inuo-cmim: H(S3 

une liane du bassin de la IJivière (Claire, dont létude a été t'aile 
par M. l^herhardt. Elle fournit un caoutchouc rosé de bonne tjua- 
lik". 

Xi/ii/iabaria Raynaiidi Juni. — Cette liane a été signalée dans 
la province de Tai-\g'uyen dans le massif du Tain-Do, dans la pro- 
vince de Quang-Yen. Son aire de végétation semble donc très éten- 
due. 

Le latex qui est abondant nest pas coagulé |)ar lacide acétique, 
ni par le jus de citron, par contre, Talcool le coagule rapidement. 

Le 1)'' Sj)ire donne comme résultat d'analyse du caoufchouc pro- 
duit par cette liane. 

Humidité i,.jO ",„ 

Caoutchouc tS7,35 

Hésines 0.23 

Substances diverses. 1,92 dont 0.30 de cendres. 

Un échantillon soamis »'n HMII à MM. Michelin a donné lieu à 
l'appréciation suivante : 

« Le caoutchouc récolté au Tonkin nous paraît être de belle qua- 
lité. L'échantillon préparé en lanières tendues sur un fragment de 
liane pourrait concourir comme emploi et prix avec les ])lus belles 
sortes reçues jusqu'ici de la région indo-chinoise. >• 

Deux colons de Phuong-l)o, MM. Godard et Saver qui avaient 
constaté la valeur de cette liane en avaient établi une pépinière sur 
leur concession. Il résulte de leurs observations que ^ des lianes 
de 5 ans obtenues par bouturage mesuraient plus de 70 mètres de 
long avec un diamètre de centimètres à 3 mètres du sol. Les 
écorces traitées par pilonage ont donné un rendement de 7 " „ de 
caoutchouc estimé très bon par la Maison Michelin », 

Xylinabaria Sp. (Giay-Oua Sung-Bo) (Annamite). — L'aire de 
végétation de cette liane est très étendue, puisqu'elle a été- signalée 
au Laos, dans le bassin de la Rivière Noire, dans les forêts de la 
rive droite du fleuve Rouge, dans le Yèn-1 hé. 

" Elle produit un latex blanc, abondant, (pii coagule rapidement 
à l'air libre. Le caoutchouc obtenu est très t-lastique et très résis- 
tant. Il 

Parabariuni Tournieri (Pierre). — Le Parabarium Tournieri vit 
sur les hauteurs qui dominent les vallées du haut Song-Ma. 



.384 ÉTUDKS ET MÉMOIKES 

Melodiniis Tournleri (Pierre). — Cette liane qui a été signalée 
dans la réfçion de Phu-lang-Thuoni^' est très vigoureuse. Elle se 
plait dans les bas-fonds et les forêts humides. Le caoutchouc fourni 
par cette liane ne paraît être que d'assez médiocre qualité. 

Michrechites Jacqiieli (Pierre). — Cette liane a été rencontrée 
par le D' Spire dans la forêt de Cho-Go (Yen-Thé). 

L'analyse de caoutchouc de cette liane faite par M. Lamv donne : 

l'élasticité très grande 

Nervosité grande 

Adhésivité 1res pauvre 

Licpiide d interposition. . 34,46 

Perte au lavage 2,57 

Uésines 12,33 

Substances minérales. . . 0,42 

Caoutchouc pur 84,68 

Conn Teckeou (Muong). — " Cette liane a été signalée en niai 
lUOO par M. Legrand, colon à Tho-Bo, où elle est commune ; elle 
existe également dans la province de Hung-Hoa et dans la région 
de Van-Bu. 

'< Le caoutchouc (|u elle fournit est de très bonne qualité. » 

M. Broemer signale encore, comme lianes productrices de 
caoutctiouc, le Khau-Coc-Han. signalé par le lieutenant Javouhey 
dans le Chau de Bac-Son : le Khau-Coc-Be, le Khau-Benh-Phia : 
entin. une série de lianes recueillies par M. Pouchat dans le Yen- 
The, et non encore déterminées. 

KssKNCES CULTIVÉES. — Aucuu l'ésullat délinitif n'a encore été 
obtenu au Tonkin de la culture des essences à caoutchouc d'origine 
étrangère. 

Les llevea et Castilloa plantés isolément dans quelques endroits 
n ont donné jusqu'ici aucun résultat encourageant. Ce fait n'a 
d ailleurs rien de surprenant, étant donnée la latitiule du Tonkin et 
son régime climalérique. 

Le Ficus elasficH que 1 On rencontre (Tailleurs à l'état isolé sur 
un grand nombre de points du Toidvin fait actuellement l'objet 
d'essais suivis. 

D'après un ia[)p(trt di- M. le Président de la (îhambre d'Agri- 
culture du Tonkin, des plantations ont été faites par MM. Taktarin, 
CoitEMT, Levaciié, Sai:eb, Biciiot. Ma/.m;ke et Bellan. 



\.\'. CAUI rCHUUC l.> I.M)0-<:illNK 38.') 

M. Iakiakin possède environ 7(1. OOO lieus clastic.t. les [)lus âgés 
ont ans. La surface couvei'te p;ir vi'Wi' plantation est de 20() hec- 
tares. 

Le liens elaslica ne j)ouvant, au Tonkin, être saigné avant làge 
de 12 ans, il convient dattendrc (juelques années encore pour 
savoir (piels seront, au point de vue économique, les avantages qui 
pourront être obtenus de cette culliue. 

Funtiunia elaslica. — Des plantations de cette espèce africaine 
ont été faites en l'.)()(S aux stati<»ns expérimentales de Thanh-Ba et 
de La-Pho. Mais ces plants sont encore trop jeunes pour tirer 
aucune conclusion de leur développement. 

Mn/ii/iol (r/aziovii. — La culture du Manihot Glaziovii n"a pas 
donné de résultats bien satisfaisants : <i Les extrémités sont gelées 
en hiver (|uand le ravonnement est trop intense ; les branches 
délicates ne résistent pas aux vents violents, les racines féculentes 
de Larbre, au moins dans le jeune âge, attirent les sangliers qui 
en sont friands. » 

Les résultats des saignées etl'ectuées en divers points ont été 
irréguliers cependant ; d'api'ès M. Broemer, des observations faites 
récemment sur (piehpies arbivs, aiu'aient « rendu confiance k cer- 
tains K 

Le Crijplosteç/in Mndugascarienxis introduit au Tonkin en 11)00 
par M. Lemaire vient bien sous le climat tonkinois. 

« Le Caoutchouc obtenu est très nerveux, mais le faible écoule- 
ment du latex rend la récolte par incision très difficile. » 

Le cryptostegia est une liane et la culture de ces essences caout- 
choutifères ayant presque toujours causé des mécomptes, il con- 
viendra jusqu'à plus ample informé, de se montrer réservé avant 
de préconiser 1 extension de cette culture. 

Conclusions. 

La question de la production du caoutchouc en lndo-(^hine. peut 
d'après les conclusions pratiques «pi'il est permis de tirer des rap- 
ports dont nous venons de donner 1 analyse, être envisagée ainsi 
qu'il suit : 

L'exploitation des essences indigènes ne saurait être actuellement 

But. du Jardin coLnnuil. l'.lll. II. — N" 101. :>7 



'^86 ÉÏLDES ET MÉMOIRES 

pratiquée que par les indig-ènes. Mais il serait désirable que des 
mesures puissent être prises pour les amener à employer des 
méthodes d'exploitation rationnelles et sauvegarder ainsi les peu- 
plements naturels. 

En ce qui concerne les essences cultivées, des résultats certains 
ont été obtenus de la culture de IHevea en Cochinchine et dans 
le Sud-Annam. Mais il semble bien qu'il conviendra de limiter cette 
culture à ces seules rég-ions, l'Hevea ne trouvant plus dans les 
provinces plus septentrionales des conditions climatériques favo- 
rables à son développement. Pour ces réglions, les sssais en cours de 
culture de Ficus elastica et autres essences d'origine étrangère 
permettront sans dovite. à bref délai, de résoudre la question du 
caoutchouc de plantation, mais aucun résultat ne peut encore être 
considéré comme acquis. 

La culture de IHevea elle-même demandera, pour être complète- 
ment au point, bien des études complémentaires, telles que celles 
de la main-d œuvre : de la création de races d'Hevea particulière- 
ment productrices de caoutchouc par sélection des semences ; pro- 
cédés les meilleurs de saig'née, de coagulation, de séchao-e : fumures. 

Mais on peut, dès maintenant, envisager que dans un avenir 
relativement rapproché notre colonie de l'Indo-Chine pourra con- 
tribuer, dans une très large part, à l'approvisionnement en caout- 
chouc du marché métropolitain. 

S. Pek.noi, 

In//r/ii('iii' ;i;jr<niiimi'. 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 

(Suite.) 



X 

Matières textiles. Poils végétaux. 

A. — Généralités. 

Dans ce chapitre et les suivants nous étudierons non seulement 
les matières textiles proprement dites d'origine vég-étale, c'est-à- 
dire celles qui sont susceptibles détre filées et tissées, mais aussi les 
produits employés pour fabriquer des cordages, de la pâte à papier 
ou encore comme matières de rembourrage. 

Il n'y a pas en efPet de démarcation très nette entre les matières 
correspondant à ces différents modes d'emploi et, telle fibre plutôt 
apte à fournir des cordages ou de la pâte à papier, pourra servir 
également pour fabriquer des tissus grossiers ; telle sorte de poils 
végétaux, employée à l'ordinaire pour le rembourrage, pourrait être 
à la rigueur filée seule ou en mélange. 

Les matières textiles prises au sens le plus large peuvent se grou- 
per en deux grandes catégories : les poils et les fibres. 

Les poils sont des prolongements nés à la surface des organes 
végétaux et tirant leur origine de cellules épidermiques ^ ; ils sont 
la plupart du temps unicellulaires. Les fibres sont au contraire des 
éléments internes, constituant la partie la plus essentielle du sys- 
tème de soutien des végétaux. 

Les poils A égétaux dun grand emploi industriel sont peu nom- 
breux ; à vrai dire, on iie peut citer au premier rang que le colon ; 
bien en arrière vient le kapok, employé surtout comme matière 
de rembourrage; enfin, au dernier plan, il faut signaler ren.semble 



1. Dans le langage courant, on emploie souvent le mot fibres pour désigner les 
poils; on dit par exemple : fibres de coton pour |)oils de coton. 



:{8S ÉTiDEs Kl Mi;.M(Hi;i;s 

des soies réi/cfales. fournies par les aij^rettes c[ui surmoiileul la 
jj'raiiie d un certain nombre dAsclépiadées et d'Apocynées. et dont 
les emplois sont des plus restreints, ainsi que les Inines vé(jétah's 
(|ui revêtent les tij^es de certaines Cactées mexicaines. Alors que 
clu'/. les graines dAsclépiadées les poils sont localisés à I un des 
pôles, chez le coton ils recouvrent toute la surface de la semence : 
(juant au kaj)ok, il est formé par la bourre qui tapisse intérieuri'- 
inent les capsules des Eriodendron et des Bonibu.r : cest donc une 
production du péricarpe et non plus des «graines. 

Au point de A^ue de la constitution chimique, les poils végétaux 
sont tantôt formés de cellulose pin"c. c'est le cas du coton, et se 
colorent en bleu par l'action successive de l'iode et de lacidé sul- 
furique. tantôt de cellulose plus ou moins fortement imprégnée de 
lignine et le réactif précédent leur communique une teinte jaune 
brunâtre, tandis que la phloroglucine et Tacide chlorhydrique les 
colorent en rouge et le sulfate d'aniline en jaune. 

Lorsque la paroi n'est pas ligniliée, le poil est d'aspect terne : 
plus la lignification devient intense, plus sa surface devient brillanti- 
et son aspect soveux. 

On poiuM-a donc classer li's poils végétaux de la façon suivante : 

j Coloration bleue (^oton. 

-^^ .... I (Coloration jaune , mie coloration Poils de Bom- 
Pai- 1 u)de 1 , • i ■ ., , , 

.... ! plus ou monis \ laune pale... tracées. 



,„ . , brunâtre. une coloration Soies véi^é 

ultiu'Kfue. 



et 1 acuie 

/ Sidlale d'aniline j iavuu> franc. taies 
donnant 

B. — Coton. 

Orii/iiK' /jotH/iu/iie et (/é«)(jf'nphiqiie. — Parmi les j)oils végétaux, 
le coton seul est véritablement textile. 11 est fourni par des plantes 
du gem'e dosst/jjiuni, appartenant à la tribu des llilnscées de la 
famille des Malvacées ; la capsule s'ouvre en 3, \ ou '> valves 
mettant en liberté les graines qui portent le coton. 

Les nombreuses races de cotonniers dont les produits sont 
l'xploités ajjpartiennent ii un petit nombre d espèces linnéennes. 
dont elles sont sorties par la culture sur des sols et sous d(^s climats 
très variés cl |);ir des croisements inidtiples. 



COURS DK BOTANIQUE COLOÎS'IALE APPLlQUEf: 



:{89 



Sans nous étendre ici sur la question en somme très complexe de 
l'origine botanique des dilVérentes sortes de cotons, contentons- 
nous d'énumérer les principales espèces qui concourent à leur pro- 
duction. Ce sont : 

G. herhaceum L. qui, malgré son nom spécifique, peut devenir 
arborescent dans les pays chauds ; c'est une espèce orig-inaire d Asie 
et cultivée surtout dans l'Inde, en Asie Mineure et en Floride. Les 
feuilles présentent 3 ou o lobes assez courts et suborl)iculaires 




Fig-. 104 



— Gossi/itium herhiiceum d'après Parlalore,. 



G. arhoreum L. qui peut, dans des conditions défavorables de 
A'égétation. retourner à l'état herbacé; originaire des régions chaudes 
de TAsie, il est en somme fort peu cultivé (Indes orientales. Egypte). 
Les lobes foliaires sont oblongs, étroits et lancéolés. 

G. hirsu/utn L. originaire des régions chaudes de l'Amérique 
centrale. Il a donné un grand nombre de variétés dont les unes ont 
(les graines recouvertes d'un duvet verdâtre (région moyenne des 
Etats-Unis j, les autres des graines à duvet grisâtre ('parties chaudes 



390 



ETUDES ET MEMOIRES 



de la Louisiane et du Texas). C'est de cette espèce que dérivent la 
plupart des races de 1 Afrique occidentale [iv^. lOo). 

Les lobes foliaires sont de moyenne longueur et ovales-acuminés; 
les jeunes pousses et les pétioles des feuilles sont généralement très 




\''iy:. 10.1. — (iossijjiiiim lilrsiil uni. X'iiiiéli' ,\ l)ai'};;iii de Si'iicgambie (d'api-és Ih'iii'N . 



velus, d où le nom spécilique ; mais il y a ce])endanl des fornu-s 
presque «j^labres dérivant de cette espèce. 

(i. hurJjudense L. originaire des Antilles, cultivé surldul aux 



COURS DE BOTAMUUE COLONIALE APPLIQUEE 



391 



États-Unis (Géorgie), au Brésil, en Egypte; il est remarquable par 
la longueur et la finesse des soies qu'il produit ; les lobes foliaires, 




Fig-. 106. — (iossyjjimn h;trbadense (d' après Farlatore 



plus allongés (jue dans l'espèce précédente, sont oblongs-lancéolés 
(«§•• 106). 



)^*)2 KTlhKS i;i MKMitlIiKS 

Les graines de cotonniers, outre les long-s poils qui constituent 
la matière textile, portent encore un lin duvet blanc, grisâtre ou 
verdâtre, fortement adhérent. Ce duvet manque d'habitude chez le 
(t. barhadensc . et c'est là un des caractères o^énéralement invoqués 
pour la distinction de cette espèce : malheureusement il n'a rien de 
lixe, et, s'il arrive parfois de trouver dans d'autres sortes des graines 
nues ou presque nues, le (i. hurhathnse cultivé en terrain sec peut, 
par contre, donner une certaine proportion de g-raines vêtues. 

Elcnicnfs <r;qj/t/-c'clri/ioii de (a valeur d'un coton. — - Les princi- 
pales qualités commerciales d'un coton sont au noml^re de quatre : 
deux sont complètement indépendantes : ce sont la loncfueur et la 
finesse ; la troisième dépend du diamètre des ])oils et par conséquent 
de la finesse, c est la résislunce: enfin la (juatrième qui est Vhomo- 
;/('ne'Ué est naturellement fonction des trois autres, car on peut con- 
cevoir une homogénéité de longueur, de finesse ou île résistance. 

La méthode d'appréciation que nous allons intUquer pour évaluer 
ces diverses qualités, pouri-ait facilement s adapter le cas échéant à 
n importe quels poils végétaux; elle est due à \. Henry '. (pii a 
apporté Ijeaucoup de jirécision aux procédés de mesure es(.[uissés 
par ses devanciers. 

Les qualités d'un coton peuvent se traduire par des nombres, qui 
varieront largement pour une sorte donnée, suivant la façon dont 
sont prélevées les libres destinées à l étude. Des uiesures effectuées 
sur des poils provenant de deux récoltes différentes, de deux indi- 
vidus différents (l'une même récolte, de deux caj)sules différentes 
eueillies sur le même pied, de deux graines différentes d une même 
capsule ou même de deux régions différentes d'une même graine 
donnent des résultats nettement distincts; à plus forte raison 
observe-t-on des divergences considérables lorsqu'on compare des 
sortes d (trigines l)otani(jues ou géographiques éloignées. On con- 
çoit donc d'une part (pie liMuploi d'une méthode rationnelle de 
mensuration puisse permettre des comparaisons didicates, lorscpi'il 
s'agit par exemple de discerner Tciffet de tel ou lel engrais ou de 
suivre pas à pas les j)rogrès réalisés par une sélection poursuivie 
(l.ins un sens déterminé. Mais, d'autre part, pour <pie. de pareilles 
luesures on j>uisse tirer des conclusions inattacpiables, il est néces- 



I. 'S. IIiiMn, Ia' ('.(iIiih. Su iiilliirr ihins les iiilunii's frunruisvs Af^Tic. pi'iil.des 
|>a>s cIkhkIs. Ht((l-M>(iL' . 



((H HS DK liUlAMQI K COLOMAI.K APPLIQUÉE 393 

saire de recourir à une méthode- d'échantillonuaye bien définie et 
qui permette d'obtenir une moyenne rationnelle, en tenant compte 
de toutes les variations qui se produisent dune manière normale 
sur une même graine, d une graine à l'autre pour- la même capsule 
et de capsule à capsule sur le même pied. 

La première condition pour atteindre ce résultat est de ne jamais 
opérer sur des échantillons commerciaux, où les poils de toutes 
provenances sont mélangés et ont été plus ou moins abîmés par 
l'égreneuse, mais de se servir de ca[)sules entières recueillies avec 
soin et suivant une méthode constante dans la plantation '. 

a) Mesi Hi: di: la lomuelh aiovennk. 

Les variations de la longueur ont été étudiées par Bowman et 
le colonel Trevor Glarke qui ont mis en évidence des difîérences 
très nettes dans la longueur des fibres soit d une même gi'aine. 
suivant la région considérée, soit des diverses graines dune même 
capsule, suivant la jjlace quelles occupent. 

Sur une g-raine donnée, les fibres du sommet sont toujours plus 
longues que celles de la base, la longueur peut ainsi varier du 
simple au triple dune extrémité à l'autre : d'autre part, dans une 
capsule donnée, c'est généralement la troisième graine à partir du 
sommet qui possède les fibres les plus longues quoiqu'il puisse 
arriver que le maximum de longueur soit atteint ou bien au som- 
met ou bien à la base, mais c'est l'exception. 

On procédera donc de la façon suivante : une graine étant choisie, 
on commence par la peigner au moyen d'une aiguille montée, de 
manière à bien étaler les fibres radialement. Si l'on a affaire à un 
coton régulier (fîg. 107,1, II) où la variation delà longueur est pro- 
gressive autour de la graine, on prélèvera au moyen d'une pince 
deux mèches au sommet de la graine, deux sur les côtés et une à la 
base, chacune d elles comprenant une trentaine de fibres et l on 
mesurera toutes ces fibres. La moyenne des mesures donnera bien la 
longueur moyenne des fibres de la graine. Si l'on a atTaire à un 



I. CerU's. il t'st p(i>,sil)lc. au ]j<iinl de \uc striclernoiil t'ninniercial, a\ec une jiraiidc 
pratique, d'estimei" les qualités d'un lot de coton par un examen lapide et ne néces- 
sitant aucune mesure. La méthode que nous indiquons est une inétlmde de lahnra- 
toire. permettant des mesures très précises nécessaires pour les comparaisons le-- plus 
délicates. 



394 



ETUDES ET MEMOIKHS 



coton irrégulier (fig*. 107, III. IV), c'est-à-dire formé de mèches 
longues et de mèches courtes, on répartira les prélèvements de la 
même manière, mais en prenant au sommet et sur le côté une 
mèche longue et .une mèche courte. 







Fig. 107. — 1. Il, ('iiaiiii-s do l'otons inv^uliiMS : III, 

(l'api'e's Ilrni-y). 



I\. uraiucs de foduis iiTi-uiilici-- 



De Loute layon . on aura donc à effectuer pour luu' seule grainr 
environ : o x 30= J^O mesures. On devr;i. d'autre part, calculer 
la moyenne chez au moins trois graines de la même capsule, une 
g^raine étant choisie au sommet, une aulre au milieu cl I.i Iroisième 
vers le bas; d'où 4K0 mesures à ellVctuer ])ai' cjipsuic On devr » en 
outre faire porter les mesures sur trois capsules p;ir pied. j)rélevées 
à trois niveaux différents de la |)lanlt' et sur trois ill(li^i(l^ls pris 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 395 

çà et là dans la récolte. Le nombre total de mensurations pour 
obtenir le chill're moyen cherché sera donc de : 450 X 9 = iOoO 
et Ton peut même considérer ce nombre comme un minimum. 

Aussi est-il nécessaire de faire rapidement les mesures ; l'expé- 
rience montre qu'il est préférable, pour l'exactitude des moyennes, 
d effectuer un grand nombre de mensurations au demi-millimètre 
près que de se borner à un petit nomjjre de mesures au dixième de 
millimètre. 

Il nous reste donc à examiner comment mesurer pratiquement 
une fibre. 

Suivant le procédé [de Deschamps, on prend de petits morceaux 
de papier noir gommé qu'on découpe en carrés de 5 """ de côté ; 
au moyen dune pince fine, on détache une libre de la mèche qui a 
été prélevée et on en fixe les extrémités chacune sur un petit carré 
de papier noirci, au moyen d'un léger pinceau humide, puis on 
laisse sécher ; les deux bouts de la fibre sont ainsi maintenus et 
l'on n'a plus qu'à prendre de chaque niain avec une pince les deux 
carrés de papier et à tendre la fibre sur une règle divisée en quai-ts 
de millimètres. 

Un procédé certainement plus simple et tout aussi rigoureux 
consiste à déposer la fibre sur une plaque de verre noirci et à la 
tendre en passant à surface de la plaque un pinceau humide, de 
manière à la rendre bien rectiligne ; on mesure alors directement 
au double décimètre. 

Enfin, dans certains cas, si l'on veut se contenter de calculer 
des rapports, on pourra opérer de la manière suivante : on peigne 
soigneusement la graine comme pour li' prélèvement des mèches, 
puis on la dépose ainsi préparée sur un papier homogène et épais, 
et l'on dessine le contour limité par les fibres étalées ; il est évi- 
dent que la surface couverte sera proportionnelle à la longueur 
moyenne des fibres, il suffira donc de découper cette surface et de 
la peser pour obtenir un nombre proportionnel à la longueur 
moyenne cherchée (relative à la graine considérée). Il faut cepen- 
dant remarquer que ce procédé ne pourra être appliqué que dans des 
cas particuliers, si l'on veut en tirer des résultats acceptables ; il 
faut qu'il porte sur des graines à coton très régulier dune part, et 
d'autre part que les graines à comparer appartiennent à la même 
race ', de manière qu elles donnent en quelque sorte un dispositif 

1. On pourra, par exemple, s'en servir utilement pour étudier rinllueuce de dillé- 
rents enj,'rais sur la lonf^iieur des fibres, pour une sorte déterminée. 



)}y('( ÉTUDES Kl MÉ!MOIKKS 

géoniétricjueinent semblable, lorsque les libres ont été étalées. Si 
Ion s'écartait un peu trop de ces conditions théoriques, ce procédé 
rapide n'aurait plus aucune valeur. 

Les moyennes de mensuration permettent de répartir arbitraire- 
ment les variétés en trois g-roupes : 

Cotons longues soies : longueur moyenne des libres supérieure à 
2 «S mm. 

Cotons m(t\ ennes soies : longueur moyeime des libres entre 2i et 
28 mm. 

Cotons courtes soies : lonoueur moyenne des fibres inférieure à 



2'\ mm. 



bi Mksi lii: 1)1" lUAMi/rRi: movf.n ol iiM;ssr:. 

L'obtention du diamètre moyen d un lot de coton nécessite un 
nombre de mesures moindre que celle de la longueur moyenne ; la 
largeur des lil)res varie moins en effet ([ue leur longueur et il suf- 
fira de mesm-er un millier de poils environ poxu' obtenir im chiffre 
(le moyenne très acceptable. 

Ici encore on doit opérer de préférence avec des libres qu on pr(''- 
lè\c directemenl sur la graine par petites mèches ; de cette fa(,*on. 
on a immédiatement la même orientation pour toutes les fibres 
(1 un faisceau, et Ton peut effectuer rapidement les mesures en des 
points correspondants. 

('.omme poui- la longueur, le diamètre présente des variations 
(pie l'on pourrait ([ualilier de normales : dans une même capsule, 
on observe une variation assez régulière et, dans la majorité des 
cas, les libres les plus grosses se trouvent sur les graines tle la base, 
beaucoup ])lus rarement sur celles du milieu, tandis ([ue les fibres 
les plus lines sont portées par les graines du sonuuet. D'autre 
part, sur une même graine, on obsei'N e une augmentation régulière 
du diamètre du S()mmet vers la base, les poils les plus gros étant it 
la base, les plus lins au sommet. 

On pourra se contenter pour étal)lir un chill're moyen relatif à 
une graine de prélever mu^ mèche d'une trentaine de fibres au 
sommet el de mesui-ei- les diamètres de toutes ces libres : on obtien- 
dra ainsi, d'après ce que nous venons de voir, un (.hinVe moyen 
minimum, il est vrai: mais les résultats seiont conq)aral)les d'un 
type à l'aulre. ce cpii est l'essentiel; pour obtenir un chinVe nutyen 



COI us DK ISOTAMQUE COLÔMALE APPr,lQLÉE Mil 

véritable, il faudrait prélever la mèche vers le milieu de la graine, 
mais alors, le point de prélèvement étant moins bien délini. ks 
iu:)nibres obtenus seraient par suite moins comparables. 

Pour calculer le diamètre moyen relatif à une récolte, on opé- 
rera de même sur trois g-raines dune même capsule, prises respec- 
tivement vers le bas, vers le milieu et vers le haut; on devra en 
outre faire porter les mesvu-es sur trois capsules par pied, prélevées 
à trois niveaux dilVérents de la plante et sur trois individus pris 
c^à et là dans la récolte. On aura donc en somme ;i etîectuer im 
nombre de mesures égal environ à : 

:]() X :i X'^ X 3 = si() 

Jimuin/iie I. — Il n'est pas indilTérent de mesurei- les diamètres 
des fibres en un point quelconque de leur longueur, car les poils 
de coton ne sont pas cylindriques. (Quelques-uns sont assez régu- 
lièrement coniques avec diamètre maximum à la base; mais, la 
plupart ont la forme d'un tronc de cône, auquel fait suite un cône 
terminal, la grande base du tronc de cône servant elle-même de 
base au cône et correspondant au diamètre maximum, qui dans ce 
cas se trouve à peu près au tiers de la longueur à partir de la base. 

Dans la pratique, on remarque ([ue les libres coniques sont assez 
rares et ne constituent dans une mèche qu'une très faible minorité; 
on est alors conduit à rechercher simplement dans la mèche consi- 
dérée, en employant un faible grossissement microscopique, la 
région où se trouve le plus grand nombre de diamètres maxima ; 
ce sera à peu près vers le tiers inférieur et c'est là que porteront 
les mesures. 

Heinar<jue II . — On peut concevoir deux procédés poiu* la men- 
suration des diamètres : ou bien on f;ut les mesures sur les fibres 
elles-mêmes, montées en préparation microscopique, à un grossi.s- 
sement d'environ 300 diamètres, ou bien l'on opère sur des coupes 
transversales pratiquées au niveau convenable dans les mèches 
prélevées. 

Le premier procédé est plus rapide, mais il ne donne que la lar- 
geur de la fibre ; or, celle-ci présente une section plus ou moins 
elliptique et par consé([uent on y peut considérer un dian\ètre 
maximum ou largeur et un diamètre minimum ou rpHisscur \ le 
second procédé permet au contraire de mesurer simultanément la 



3tlS 



ÉTUDEI': ET MÉMOIRES 



larj^eur et l'épaisseur, mais il est dune pratique beaucoup plus 
compliquée, car il nécessite l'inclusion des mèches dans de la 




l.'ijr. HiK. — Tyin-s cl (.■xlrt'-mités de libres de colon dapirs Ilciirv 



COURS DE ROTANIQLK COLONIALE APPLIQUEE ' 399 

parafïiiie, du savon ou du collodion, pour la préparation des coupes. 
Il n'a en outre qu'un intérêt bien problématique, car les sections 
d'une libre sont extrêmement variables d'un point à un autre, 
même rapproché, et ne sont pas représentées par des figures géo- 
métriquement semlila])les. Comme ce qu il importe de connaître, 
c'est la largeur maxima. on pourra fort bien, sans inconvénient, 
s'en tenir au premier procédé, beaucoup plus avantageux pour la 
rapidité des mesures. 

liemarque III. — On divise généralement les cotons en trois 
catégories suivant leur grosseur moyenne : 

l" Soies lines : Diamètre moyen inférieur à 20 \).. 

2"^' Soies moyennes : Diamètre moyen compris entre 20 et 23 \}.. 

3° Soies forte : Diamètre moyen supérieur à 23 \}.. 

Il existe une relation intéressante entre la finesse et le mode de 
terminaison des fibres ; dans les soies fines, l'extrémité libre est 
généralement très allongée et se termine en pointe d'aiguille ; dans 
les soies fortes, elle est au contraire brusquement atténuée et 
grossièrement arrondie (fîg. 108). 

c) Mesure de la résistance. 

I^a résistance et l'élasticité d'une fibre sont deux propriétés 
connexes qu'on confond sous la dénomination courante de nervo- 
sité. Plus exactement la résistance ou ténacité est mesurée par le 
poids minimum qui, suspendue l'une des extrémités, est nécessaire 
pour amener la rupture; l'élasticité est l'allongement par unité de 
longueur que subit la fibre à l'instant de la rupture. 

Examinons d'abord comment on peut mesurer pratiquement la 
résistance et l'élasticité d'une fibre ; nous verrons ensuite quelle 
méthode on doit suivre pour fixer rationnellement la résistance 
moyenne d'un lot de coton. 

L'appareil d'flenry (fig. 109) pour mesurer les résistances se 
compose essentiellement d'un flotteur, tube de verre parfaitement 
calibré portant intérieurement une graduation et fermé à la partie 
supérieure par un bouchon métallique muni d'une pince ; les 
mâchoires de cette pince sont garnies de petites plaques de liège fin 
pour éviter l'écrasement de la fibre qui y sera engagée. 

Le flotteur peut se mouvoir verticalement dans un manchon de 



ioo 



r/n i>i;s i;i mkmuihks 



verre calibré, terminé en forme d entonnoir k sa [)artie inférienre 




Fi}^. 10!>. — Appareil flUcnry })()iir la im-siire des résistances des libres de culdii. 



(jui est montée en ajutag'e de Molir, de manière à produire un 
("coulement facilement i-ej^lable. 

La partie supérieure de rap])areil comprend essentiellement une 



COURS DE BOTANIQUE COLOiMALE APPLIQUÉE 401 

deuxième pince analog-ue a la première et montée sur une tige de 
cuivre ronde, permettant de lui donner un mouvement de rotation; 
à cet effet, cette tige est engagée dans un manchon où l'on peut la 
lixer au moyen d'une vis de pression, manchon qui est supporté 
par une traverse horizontale, le long- de laquelle on peut le dépla- 
cer à volonté. 

La traverse est portée par deux montants verticaux fixés sur le 
pied de l'appareil, formé d'une tablette de bois, qu'on peut rendre 
horizontale au moyen de vis calantes. 

Vis-à-vis de la pince supérieure est disposée une planchette de 
bois noirci qui formera fond pour l'observation de la fibre. 

L'aiguille indicatrice des variations de longueur est montée sur 
une chape de cuivre, qui la divise en deux parties dans le rapport 
de 4 à 1 ; cette chape oscille sur un axe fixé à l'un des mon- 
tants verticaux et le bras le plus long^ de l'aiguille se déplace vis-à- 
vis d'une g-raduation. 

Le manchon, à l'intérieur duquel se meut le flotteur, est main- 
tenu verticalement au moyen de colliers, fixés par des tig-es aux 
montants de l'appareil. 

On commence par verser de l'eau dans le manchon ; laflleure- 
ment du flotteur, lesté avec de la grenaille de plomb, doit se faire 
au zéro de la graduation ou un peu au-dessous ; on dévisse ensuite 
la pince inférieure portée par le flotteur et on y eng-age l'une des 
extrémités de la fibre, de manière à en mordre de 3 à 5 millimètres; 
la pince est ensuite remise en place et l'extrémité supérieure de la 
tibre est engagée à son tour dans la pince supérieure ; on produit 
alors un écoulement suffisant pour tendre légèrement la fibre et 
l'on s'arrang-e ensuite à ce qu'elle soit bien verticale en déplaçant 
convenablement la pince supérieure. 

L'appareil étant ainsi préparé, on laisse écouler lentement le 
liquide jusqu'à produire la rupture et l'on marque la division à 
laquelle affleurait le flotteur au moment où le poil s'est rompu; un 
aide suit pendant ce temps le déplacement de l'aiguille sur le 
cadran et note les divisions extrêmes. 

Au moment de la rupture la charge supportée est représentée 
par le poids d'une colonne d'eau ayant comme section celle du 
flotteur et comme hauteur la dénivellation; en désignant par R le 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" lOi. 28 



i02 ÉTUDKS i;i MÉMOIRES 

rayon du llotteur. par // la (K'iiivollation et par p le poids qui a 
produil la rupture ou a : 

p = -R' X n. 

si II et li sont exprimés en centiniètres, /) sera la résistance en 
i^ramnies; le j)ro(luit -W- est calculé une lois pour toutes, cest le 
coefficient de l'appareil . 

(pliant à lallonfi^ement. il s'obtient en prenant le (juart de la lec- 
ture faite sur la rég'letle verticale. 

Henianjue. — Lorscpiou veut calculer un chilVre moyen de 
résistance pour un lot de colon, il est nécessaire de mesurer les 
résistances élémentaires sui" des fibres isolées. Il paraîtrait plus 
avantag-eux de prendre d un seul coup la résistance totale dune 
mèche; mais, dabord le montage d'une mèche sur l'appareil est 
une opération long-ue et délicate et, quel que soit le soin cjucn y 
apj)orte, il est impossible de donner à toutes les fibres de la mèche 
la même tension ; il en résidle ([u'une i)artie di's libres seulement 
supporte toute la charge; on voit lt»s libres se rompre successive- 
ment et le faisceau est complètement rompu bien avant c[u on ait 
atteint sa résistance réelle: on obtient donc ainsi un chill're infé- 
l'ieur à la résistance moyenne du faisceau. De plus, dans le mon- 
tage, on est obligé de donner à la mcche une longueur correspon- 
dant aux fibres les plus courtes, ce (pii contribue encore à fausser 
les résultats. 

Il est donc nécessaire de mesurer les l'ésistances des libres sépa- 
rément et, comme les opérations à ell'ectuer sont assez longues, il 
faut chercher à i-estreindre le nombre des essais, sans nuire à la 
rigueur du résultat. 

Pour atteindre ce but, il faut d'abord examiner de quels facteurs 
dépend la résistance des fibres; les facteurs principaux (pii influent 
sur cette grandeur sont le (ll;un('fre et le rrillar/c. 

[A suivre.) Marcel DuiiViU), 

Mni'lrc (le ('.onfiTonce» :) In Sorlidiiiif. 

Pri)/'i'SS('ur ,î l Ecole supérieiin' 

d'A(/i'iiiiltiirr coloiiinli'. 



LES EUCALYPTUS 

{Suite.) 



E. rudis. — Arbre de ^iO mètres, produisant un bois de charpente 
et de construction de très bonne qualité; de croissance assez rapide, 
il se plaît dans les sols profonds et frais. Il est donc tout indiqué 
pour les plantations à faire dans les marécag-es. Nous ignorons s'il 
est déjà très répandu. C'est une espèce très variable de forme et d'as- 
pect (lîg. H)). 

Un hybride entre lui et le rostrnla existe dans les collections ; il 
serait, paraît-il, d'une végétation très vigoureuse. 

E. salmonophlœa. — Grand arbre de 40 mètres de hauteur, de 
l'Australie occidentale, où il porte le nom de salmonharked (jum 
tree, à cause de la teinte saumonée de son écorce. Il végète dans les 
terrains les plus médiocres des localités où on le rencontre. Son 
bois, sur lei[uel les renseignements sont vagues (Ch. Naudin), est 
employé à divers usages. Ses feuilles contiennent une grande 
quantité d'huile essentielle, utilisée dans l'industrie de la distilla- 
tion. 

E. saligna. — Arbre de grande taille plus de iO mètres), pous- 
sant très droit, originaire de la Nouvelle-Galles du .Sud où il est 
connu sous le nom de Flooded f/iini ; son diamètre, ;» hauteur 
d'homme, dépasse 2 mètres à la base. Le docteur Wools assure que 
son bois est de première qualité : on l'emploie dans les constructions 
navales. Il se plaît dans les terres profondes et sur les bords des 
rivières. Serait excellent pour boiser les rives des grands fleuves 
d'Algérie où il y a peu d'eau en été, il en arrêterait sûrement les 
déprédations en hiver, lors des fortes chutes d'eau de cette saison, 
qui les transforment en torrents impétueux. 



404 



ETLDKS I:T .Mi;\U»IHtS 



E. salubris. — Le nom de cette espèce indiquerait sa ^aleu^ au 
point de vue de la salubrité, nuiis avec les jjotanistes, il ne faut pas 
toujoui-s prendre les choses au pied de la lettre, (hioi (pi'il en soit, 




l'ig'. M). — lMU'<il\|)lu?i rudis. 



c'est un arbre assez grand — 'M) ou 'V-\ mètres — de l'Australie cen- 
hale el occidentale, portant dans son pays les noms de (iiinlohvood 



l'eucalyptus 405 

et de fliited gum tree dus à son port élancé et grêle, dont le dia- 
mètre ne dépasse jjas 80 centimètres à la base ; la tête de cette espèce 
est peu fournie. L écorce brunâtre, luisante, est parcourue de cre- 
vasses tantôt en spirales, tantôt droites et long-itudinales. Bois dur, 
résistant, assez facile à travailler malgré tout, plus lourd que leau, 
même lorsqu'il est très sec : on en fait des madriers, des pieux, etc. ; 
on l'utilisait autrefois pour la gravure, et on le disait meillem- pour 
cet usage (jue le poirier, ce qui était à considérer. 11 pourrait, en tout 
cas, être employé pour la fabrication des meubles sculptés ou de la 
sculpture sur bois. Le tronc laisse exsuder de la résine Kino. Enfin. 
il vient dans les sols pauvres, véritable avantage pour le leboise- 
ment dans les rég-ions très sèches du sud de l'Afrique du Nord. 

E. siderophlœa. — Arbre de 40 à oO mètres de hauteur, de la 
Nouvelle-Galles du Sud et du (Jueen's Land où il porte les noms de 
Large-leaved et de White iron bark. D'après le docteur ^^^)ols, c'est 
lui des bois les plus solides et les plus durables du pays : on s'en 
sert dans la charpente et le charronnage,les traverses de chemins de 
fer, etc. Il est plus résistant que le bois d'Hickory ou noyer noir 
d'Amérique ; il ne serait égalé que par les E. sidero.rylon et polyan- 
fhenia ; cependant on a plus de difficulté pour le travailler, aussi 
c'est un excellent bois de chautfage. Le tronc laisse exsuder une 
grande quantité de résine Kino. Il vient dans les sols frais et pro- 
fonds. Nous l'avons eu en Algérie et nous pouvons assurer qu'en 
teriain sec et ferrugineux il végète tout aussi bien cjue \ E. resini- 
fera . 

E. Sieberiana ( Virgata). — Grand arbre de la Tasmanie, où il porte 
le nom de Giimtop, et atteignant de 45 à 50 mètres de hauteur. 
Bois de première qualité pour la charpente et le chauffage. Cette 
espèce est supérieure à YE. hœmastonia, avec lequel il a quelque 
affinité. Il croît assez rapidement dans les sols frais et profonds. Il 
se répand lentement dans la région méditerranéenne où cependant 
il pousse très bien étant assez rustique. 

E. Stuartiana Apple sented gem) du sud de l'Australie. — Cet 
arbre de 20 k 25 mètres de hauteur, poussant dans les terrains 
humides, produit un bois qui ne sert que pour exécuter des ouvrages 
de faible durée, des clôtures principalement et comme bois de 



406 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

chauffage: on pourrait, dit Cli. Xaudin, lemplover dans Tébéniste- 
rieà cause do sa teinte brune; de plus, il est aussi dur que ceux des 
E. rostrafn ol rflolnilu^ et plus fort que ceux des E. amygdalina et 
ohlic/ua. 

Cette espèce, très ornementale, rendrait des services dans les 
parcs et jardins et aussi dans les parties inondées de lAlg-érie et de 
la Tunisie ; il est peu cultivé en Provence. 

E. tereticornis 'Grey gum;. — Grand arbre de plus de 50 mètres 
de hauteur du QueensLand et des parties orientales de l'Australie. 
Très voisin de VE. rostrata. avec le({uel il se nuance par un grand 
nombre de variétés, dont il se distingue avec sa forme plus pyrami- 
dale. Comme qualité, son bois est inférieur au rostrata, cependant 
il est très estimé pour les poteaux télégraphiques, les traverses de 
chemins de fer et le charronnag;e en général; de plus, il est très 
durable, lorsqu'il est complètement enfoncé sous terre et non exposé 
k toutes les intempéries. Pourtant il est reconnu que la qualité de 
son bois dépend absolument des procédés de dessiccation auxquels 
il est soumis après la coupe. 

Il vient bien dans les terrains profonds et frais, mais il résiste 
aussi parfaitement dans ceux qui ne sont pas dans ces conditions. 
Cette espèce est déjà commune en Algérie et dans le midi de la 
France ; les échantillons que nous y avons vus il y a près de ving-t 
ans atteignaient à cette épo(pie plus de vingt mèties qui, à l'heure 
actuelle, doivent être dépassés de beaucoup. 

Cesl une fort belle espèce, très digne d'être cultivée partout, 
quoique ne valant certainement pas ÏE. resinifera (fi'os. rcxhfutn qui 
est bien plus rustique. 

E. terminalis. — Arbre dassez grande taille (^35 k 40 mètres). 
Originaire du Queens Land septentrional, où il subit de fortes cha- 
leurs. Etant donné son hal)itat tropical, il est tout in(li(|ué pour être 
introduit dans les pays chauds, particulièrernent Java, Bornéo. 
Sumatra et toutes les Indes orientales, de même qu'en Afrique, tant 
sur le littoral que dans le centre, dans les régions du Tchad et 
autres, qu'il est appelé à assainir. Le bois produit par lui est d'un 
rouge foncé, dur et très résistant. Nous ne pensons pas qu il puisse 
s acclimater convoiiMblcmcnt d;ins hi réi^ioii niédilerraïu'cnne. 



l'eucalyptus 407 

E. tessellaris. — Arbre du Queens'Land et du nord de l'Austra- 
lie. c"est-k-dire de toute la zone torride. Il a les mêmes qualités 
que le précédent ; son bois est très employé dans tous les travaux ; 
enfin, il exsude une g-rande quantité dune a^omme résine, différente 
du Kino, qui paraît n'avoir pas encore été vitilisée par l'industrie. 
Pour son introduction, nous ferons la même observation que pour 
ÏE. terminalis. 

E. Trabuti. — Très he\ arbre, n'ayant pas encore pu être mesuré 
définitivement, issu de l'hybridation spontanée des E. hotrifoides 
et rostrata. Il pousse avec une rapidité surprenante, au point dit, 
M. Morel k que j'ai été forcé d'en abattre plusieurs à cause de la 
croissance exagérée des branches, si l'on considère la faiblesse du 
tronc ». Cet arbre se contente des mêmes conditions de culture que 
ses parents et sera une bonne acquisition partout, car il est très rus- 
tique. 

E. triantha ( White mahog-any ou acajou blanc) de la Nouvelle- 
Galles du Sud et du Queen's Land. — Arbre de g^rande taille (40 k 
oO mètres) et de croissance très rapide, dont le tronc atteint plus 
d'un mètre de diamètre. Bois pesant, fort, de couleur claire, supé- 
rieur à celui de V E. obliqua, employé à tous les travaux de char- 
pente et de menuiserie et principalement en placages contre les 
murs dans l'intérieur des maisons. Il se plaît dans les sols frais et 
profonds, mais comme tant d autres espèces des mêmes localités, 
•elle résisterait sans doute dans les terres sèches de l'AIerérie et du 
Midi de la France. Nous ignorons s'il existe dans les collections, 
mais très probablement il doit se troiiver à la Villa Thuret, à 
Antibes. 

E. urnigera. — Arbre de 25 mètres, dit le catalogue \'iImorin, très 
intéressant par sa g'rande rusticité, ayant résisté sans dommage à 
des g'elées de 12 degrés centig-rades. Il est à peu pi^ès certain qu il 
pourrait se cultiver suj- les bords de la Loire depuis Saumur jus- 
qu à Nantes et peut-être même sous le climat de Paris, dans les 
parties les plus abritées ? 

E. viminalis. — Arbrede grande taille, dépassant 100 mètres dans 
sa patrie le Sud-Est de l'Australie) certainement l'un des plus 



i08 



ETUDES ET MEMOIRES 



rustiques connus, car il a résisté dans la Haute-Italie à des froids 
de !J à 10 deg-rés centigrades, alors que le Globulus gelait à ras du 




Fijr. I". ■ — Kiiral\ ptiis \ iminalis. 
sol. CA\. Xaudui (lisait (jue celte espèce avait le jjlus de cliance de 



l'eucalyptus 400 

se naturaliser sur les côtes océaniques de la France, principale- 
ment dans les Landes du Bordelais et de la Bretagne (lig. 17). 

Il en existe de nombreux échantillons en Provence : en Algrérie 
nous l'avons vu résister au terrible hiver de 1880, qui fit périr une 
grande quantité de plantes exotiques. Il pousse, dit -on, dans les 
marécages, chez nous il était planté en sol sec et rocailleux. 

(]ette espèce serait pourtant moins rustique qu'on veut bien le 
dire et d'après M. Morel, à Beyrouth, il aurait péri lors de l'hiver 
de 1880. 

Cependant dans les sols maigres, il ne s'élève qu'à une quinzaine 
de mètres de hauteur, tandis que dans les terres riches et profondes 
il dépasse 100 mètres, avec un tronc, à la base, de o mètres de dia- 
mètre. Son écorce est alors lisse et blanchâtre ou légèrement roussâtre. 
Les qualités de son bois varient également suivant les localités et 
les sols où il a crû; il a plus de valeur comme bois d'œuvre cpie 
celui des E. Amijffdaiinn et obliqua \ il sert à tous les usages y 
compris la construction. L'écorce fraîche contient o "/(, de résine 
kino, on l'emploie au tannage des cuirs; c'est aussi la seule espèce 
connue qui produise une sorte de manne ou de mélitose, dont 
l'exsudation est provoquée par un genre de cigale, et qu'on 
recueille concrétée en croûtes sur le tronc. Cette matière fut autre- 
fois précieuse pour les aborigènes qui, en temps de famine, y trou- 
vaient une nourriture leur permettant d'attendre des jours meilleurs. 

Nous avons possédé cette espèce en culture en Algérie, nous l'avons 
également vue dans la collection Cordier à Maison Carrée, après 
les hivers de 1880 et de 1887, qui furent très rigoureux : elle avait ;i 
peine souffert; de plus, tous les ans, dans cette localité, le thermo- 
mètre descend fréquemment à 2 ou 3 degrés en dessous de zéro 
sans lui occasionner de dommages. 



* 
* * 



Toutes les espèces dont nous venons de parler dans le présent 
chapitre, sont introduites en Europe et existent dans les collec- 
tions; on trouve des graines de la plupart, chez les marchands de 
graines de l^'rance et Je l'Etranger, et aussi, sans nul doute, à la 
Villa Thuret, à Antibes. 



ilD ÉTUDES ET MÉMOIRES 



l'ItOl'KlEIES MEUICINALKS DK E ElCALVl'TLS 

Les propriétés médicinales des essences d'Eucalyptus, sont bien 
connues aujouidhui : lantisepsie en a retiré de onvands avantages. 
C'est au Baron F. von MuUer, directeur du Jardin Botanique de 
Melbourne (Australie), que l'on doit, non seulement la découverte 
de bon nombre d'espèces, mais encore les premiers essais de dis- 
tillation (le leurs feuilles, car la plupart fournissent de l'essence, 
mais en ([uantités très variables. 

C'est un ( liimiste de Melbourne. M. Bosisto, qui donna le plus 
d'extension ii cette industrie et qui a diAul|Liué les divers usages 
;iii\quels on pouvait utiliser ces essences. 

L'espèce la plus riclie en huiles essentielles est, jusqu'à présent, 
VE. amyffilalinii. qui en fournit luie notable proportion ; c'est 
également celle <pi'ou devrait multiplier sur une plus grande 
échelle dans les pays où règne la malaria, quoique sa croissance 
soit de beaucoup plus lente que celle de l'^". glohuliis. Nous avons 
pourtant constaté sa rapide végétation, tant en Algérie qu'en 
Tunisie et dans le midi de la France. 

.lusqu'à un certain point, il est possible dévaluer les propriétés 
assainissantes des Eucalyptus, par la quantité d'essence qu'on 
(^xLrait de leurs feuilles. 

D'après les recherches de M. Bosisto, les espèces les plus com- 
munément soumises à la distillation sont les suivantes, sur les- 
quelles il est possible de se guider j)Our leur valeur au i)oint de 
vue sanitaire. 

Pour 100 kilogr. de feuilles, on obtient les rendements suivants : 

E. aiiii/(/(laliii;i -i k .'{Jli gr. d'essence xolatile 

E. oleosa 1 2.")0 — 

PJ. IcdCO.II/loil 1 (MJO — 

/:. f/oniocHh/.r *-^\'i — 

E. fjlohulns 719 — 

E. ohiKfun :;(io ~ 

La valeur de 1 Vi. (jlobulus. donl linfériorité en essence est 
manifeste, est compensée par sa végétation vigoureuse et son feuil- 
laije abondant. 



l'eucalyptus 411 

D'autre part, il est reconnu que la proportion d'huile essentielle 
l'ournie par chaque espèce, provient de la récolte faite en saison 
plus ou moins favorable et selon les localités. 

L'ii. rostrata, l'un des plus productifs sous ce rapport, est pourtant 
une des espèces les plus propres pour assainir les pays infectés de 
fièvres paludéennes, parce qu'il se développe considérablement 
dans les sols inondés et même sur celles constamment détrempées 
par les pluies dans les pays tempérés, où celles-ci remplacent les 
chutes de neig'e. 

\JE. oleosa, des régions sèches et désertes, devrait être multi- 
plié dans toutes les contrées du Sud de 1 Algérie, rien que pour 
l'essence qu'il donne en assez grande quantité ; ce serait une véri- 
table ressource — et non des moindres — pour les colons de nos 
oasis du Sahara, réduits à la vue des palmiers et à la récolte de 
leurs fruits, el qui. après cette dernière, restent de longs mois sans 
utiliseï- leur activité. 

i< 1) après les expériences commencées par le Baron von Muller 
et continuées par MM. Bosisto et Osborne, les huiles d'Eucalyptus 
dissolvent, entre autres substances employées pour faire des ver- 
nis ou d'autres préparations, le cainplire, les résines des conifères 
(térébenthine , le mastic, la gomme élénii, la sanclaraque, Vas- 
phal/e, la résine de Xanthorcea, le sangdragon^ le benjoin^ le 
copal, Yanïlire. le caoutchouc, la cire et diverses autres substances, 
mais pas la gutta-percha. » 

La cendre obtenue des diverses parties de l'Eucalyptus, pro- 
duit de o à 27 "/o de potasse. Une tonne (pesant I.UIG kilog-r. j 
de feuilles de ÏE. glohulus, donnerait environ S kil. de cendre 
perlée ; une tonne de ce bois frais en fournirait un peu plus d'un 
kilo, et le bois sec 3 kilos. 

Les feuilles et les essences d'Eucalyptus sont employées de cent 
façons différentes en pharmacie : en pilules, cachets, fumigations, 
lavements, injections, bonbons, pastilles, tisanes, cigarettes (ciga- 
rette Fievet) contre lasthme. huiles, vinaigres, sels, savon, 
poudres et pâtes dentifrices, insecticides, remèdes contre la mala- 
die des vers à soie, contre la loque des abeilles, le mildew, contre 
les fièvres de toutes sortes, les rhumes, affections des bronches, de 
la gorge, des poumons, névralgies, oppressions, choléra, catarrhes 
vésicaux, chorée, urémie, rhumatisme chronique, goutte, conges- 
tions du cerveau, du poumon, les moustiques et ce qui est un 



il2 l-nUDES ET MÉMOIRES 

comble, ajoute M. H. Morel, pour faire uiaigrir. Enfin, on en 
emploie les excellentes propriétés dans la parfumerie. 

i< Après vous avoir "j^arantis de toutes les maladies que nous 
venons de dénombrer, après avoir g'uéri toutes celles que vous 
avez pu contracter, dit plaisamment M. II. Morel. pour les impé- 
nitents qui se sont laissé mourir en méconnaissant ses bienfaits, 
l'essence d'Eucalyptus peut encore servir à les... embaumer après 
leur mort. » 

En Syrie, près de la villa liabitée par M. Morel, les soldats liba- 
nais souffraient tellement des fièvres, qu'on les changeait très 
souvent. Depuis que les plantations ont été faites dans le voisinage 
de ce poste, on les chang-e rarement et cela, grâce à l'Eucalyptus 
planté par cet acclimateur. 

'( Un docteui- de mes amis, dit encore le même auteur, m'affirme 
avoir guéri une phtisique par des injections sous-cutanées d extrait 
d'Eucalyptus; cette malade en avait été tellement imprég^née qui» 
plusieurs mètres on sentait l'Eucalyptus en sapprochant. 

« L'influence de l'Eucalyptus peut avoir été exagérée par ceux 
qui y ont trouvé matière à spéculation, mais elle est certaine et 
indéniable. » 

Sous toutes ses formes possibles, l'essence d'Eucalyptus doit 
rendre des services et la résine kino exsudée de son tronc, quand 
elle sera plus employée, deviendra d'un grand secours dans la 
corroierie et pour la conservation des peaux de toutes sortes. 

Evidemment il y a eu, au début de la découverte de ces pro- 
duits, un peu de putlisme. mais la science ne manquera pas de 
mettre les choses au point en en révélant la valeur réelle. <^U(>i 
qu'il en soit, il est reconnu que les feuilles de \ E. (flohulus^ sur- 
tout celles des jeunes arbres, renferment divers principes aroma- 
tiques, jouissant de propriétés antiseptiques cpii ont dûment été 
constatées à diverses reprises. 



i.i: iii:i!oisi';.Mi;.M', son iTiLriK, holk di; i, kicalvi-iis. 

De grands, d illustres écrivains, ontécrit sur les arbres. Miclielet. 
entre autres, en voyant l'imprudence des hommes ([ui auc'antisseut 
peu à peu bois et forêts. Les cataclysmes agricoK^s de toutes 
sortes, les inondations, etc.. sont oecasinnni's pai- rimpréNdyance 



i/eucalyphs 413 

huniîùne : le déboisement à outrance. Malgré les avis de la science, 
malgré ceux des sylviculteurs qui, avec juste raison, ont toujours 
protesté contre Tarrachage uiconsidéré des arbres de nos forêts, le 
mal s'est continué sans arrêt et aujourd'hui on cherche à enrayer. 
Mais il est toujours temps de bien faire . 

Depuis des siècles, l'homme a détruit les arbres, il n"a jamais 
songé à les remplacer. 11 est vrai qu'à ces époques lointaines, dans 
sbn ignorance des choses de la nature, il était excusable ; mais lors- 
(juon voit l'homme des xix'' et xx*' siècles, agir de même, restant 
indiiVérent à la reconstitution de nos richesses forestières, on reste 
confondu I 

Plus nous allons, plus l'arrachage des arbres se poursuit métho- 
diquement sans que l'Etat puisse intervenir efficacement. Il fau- 
tlrait une Loi ? car les inondations se répètent chaque année aussi 
désastreuses, faisant perdre à l'agriculture des sommes immenses, 
qui peu à peu, la ruinent et l'amoindrissent. 

L'utilité du reboisement ne fait aucun doute ; le prévoyant qui 
entreprend le peuplement des terres incultes par les arbres, y trou- 
vera largement son compte ou celui de ses successeurs. Il est bien 
évident que dans les contrées froides, il ne s'agira pas de planter 
des Ivicalyptus, mais dans les régions baignées par la Méditerranée 
ou par le Gulf Stream, que de bienfaits n'en retirera-t-onpas, princi- 
palement dans les parties montagneuses, appelées par leur situation 
— actuellement plus ou moins dénudées — à retenir la plus grande 
masse des eaux pluviales qui. par les fortes pluies, descendant les 
versants montagneux se précipitent avec furie dans les bas-fonds,, 
y sèment la ruine, la désolation, la mort. 

Chacun a encore présent à la mémoire les désastres du Midi de 
la France en 11(08. 

Si l'on estime qu'en France il y a plus de cinq luillions d'hectares 
impropres à toutes cultures et qui servent actuellement à faire pâtu- 
rer des troupeaux qui y cherchent vainement leur nourriture, et 
(ju on pourrait transformer en forêts productives, ne doit-on pas 
avouer que leurs propriétaires sont criminels de ne pas le faire ? 

Si Ion estime qu'en Algérie et en Tunisie les terres déboisées 
dépassent de plus du double ce chiffre, que doit-on penser ? 

En France, la grande masse des agriculteurs ou des possesseurs 
de ces terrains, est intelligente ; il n'en est pas toujours de même 



414 ElTE^eSi ET ]iÈ3KMKES 



ir II : '. ^e IWfiiqtte. parc^ que. la ^aupart des terres intuno 
oa n)^ea=-rs. âppâurtienneiit aux ic''r^"^s. c^Ues-oi n ayant pas 
eaewe été expcv>priées psir l'Admiiu- . ...->n. qui ne recherche que 
eeBesde {^enûère qualité, pour revendre aux ininiisnrants. 

Avant de erèer des villa^res. oà ia misère attend souvent les celons. 
que ne ccMmneoce-t-oa pas à les entourer de boisements qui leur 
seraient à salataires. d'abord en epan^rnant leur vie et leur santé et eu 
assnraat. daas l'avenir, la parfaite régularité des eaux fluviales. 

Les RoosaÎBs qui n'étaient que des sauvages civilisés — relati- 
vcmcat — avaient bien compris la valeur des forêts et en interdisaient 
la destroetioa. sous les peines les plus sévères. 

Si ce pêfiple avait eu les Eœal vptus. il est probable qu aujoar- 
d'hml Algérie et la Tunisie en seraient encore en partie couvertes: 
mais il avait d'autres arbres qu'il respectait, et plus particulièrement 
les fJiivien, dont on trouve encore des spécimens dans les niunta^rnes 
de Kâbvlie. certaine^tent contemporains des Phéniciens, c'est-à- 
dire longtemps avant les Bomains par conséquent. Sous un seul 
de ces derniers arbres, noos avoiks vu se niettre à 1 ombre plus de 
3lJÔ pers^Mines. ce qui indique — vu la lenteur de leur croissance 
— l'à^e respectable de cnes oliviers deux ou trcâs fois millénaires. 

L'Eo^vptus alteindrâ-t-il de pareilles liniites de lon^vité ? 
Noos ri^noroiis. car dans leur patrie d origine nous ne croyons 
pas qu'on en ait décoov^l d'aussi àa^. mais il n en e^t Ttts i]f 
mône poor des sujets de deux ou trois c-ents ans. 

flmr fsat <ionc p!as somyer à débfAser. mais au contraire à rebmser 
t«>ates les parties désertes des sols algériens et tunisiens, c-e qui aug- 
mentera la valeur et la richesse des terres arables, parce que It^ 
réC'iJtes at plus régulières, le feuillage des arbres attirant et 

fraîcheur et favimsant la chute normale des pluies 
de l'hiver, dans le voisinage des forêts. 

Il est très certain cpie ce que l'on a à craindre en Afrique du Nord. 
e est et le vandalisme des Arabes qui. afin d'avoir des 

pâturages f- jjs maigres tnxipeaux. n'hésitent pas a inc-endier 

des forêts rs, sur des espaces immenses : ces inc-endies — 

malgré I -spoosabilité collective — se ren«»uvellent tous 

les étés. L^ .•>i c^^i «lôoe impoissante : il faudrait autre chose et notre 
avis serait que ; • toat lerritoire raea'jé par If* incendier serait saisi 
au profit f ^ -i" pahiir. et ses habitants transportés sur les 

cnmfms *ia ur^ L'ae pareille lot donnerait à réfléchir aux indi- 



i/elcxlyptus 415 

arènes sédentaires et les incendies de toréts seraient enravés. très 
probablement. 

(^ue 1 on parte dAlijer pour Tunis, par exemple, ou verra tout le 
long de cette lijjne. peu de bois et d immenses solitudes déboisées; 
si Ion se diriu:e sur Oran. e est exactement la même chose, 
sauf ([ue 1 on aperçoit de ci de là. quelques villao^es de iO à oO feux, 
entourés de plantations d Eucalyptus, et c est tout : c'est plut<''t 
mai^^re I 

Dans toutes les communes d Algérie, il faudrait que chaque pw- 
priétaire fût tenu de planter, non sui- ses terres mais sur les com- 
munaux, un nombre déterminé d arbres, que 1 administration lui 
fournirait «gratuitement, à la saison favorable, et les travaux ag^ri- 
coles principaux achevés. Nous sommes certain qu en peu dannées 
ils s intéresseraient à leur future forêt et. quand ils en verraient les 
superbes résultats, ils veilleraient attentivement à ce qu on ne la 
détruise point. Outre ijue ces plantations serviraient à assainir, les 
planteurs y trouveraient de nombreux avantages dans récorce et les 
branches ijui seraient utilisées pour le chautïage des fours, chacun 
faisant son pain chez soi dans les campagnes algériennes. 

Une telle proposition, dans le but d enraver le mal, faite dans 
un journal, ferait jeter de hauts cris par les prétendus ivnovateurs 
du monde : les socialistes : ici. c'est à peine si on la prendra en 
considération : cependant nous croyons la chose possible si l on veil- 
lait à ce que les plantations s exécutent suivant le règlement. 

Le paysan de France au lieu de planter des arbres, les détruits; 
celui d Algérie les plante bien, mais pas assez pour contrebalancer 
les etTets désastreux des pluies torrentielles de 1 hiver. 

M. Th. Rousseau, conservateur des forêts, dans son Guiile du 
reboisenienf. dit : 

-> Sur beaucoup de montagnes, notamment celles du Midi. 1 herbe 
n'existe plus qu'à 1 étiit rudimentaire. la terre se dénude et se ravine, 
lespierres et les rochers font saillie de toutes parts et. sousles rayons 
sénégaliens du soleil, réfléchissent une chaleur qui dévore tout ce 
qui les environne. 

w Les sources ne sont plus alimentées et diminuent jusqu'au 
point de tarir. Les oiseaux disparaissent d'un pays qui ne leur oÛW 
plus aucun abri, et les insectes dévastateurs en profitent pour 
puUuler à linlini et jeter le désordre dans notre agriculture. 

• ('.est surtout ilans les régions viticoles que la destruction îles 



416 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

végétaux forestiers a été poussée à Texcès ; là, on ne voit prescjue 
plus d'arbres ; on a tout arraché, même les haies, pour y g'agner 
quelques rang^ées de souches. 

« Aussi qu'en est-il résulté ? C est que les oiseaux insectivores 
ont disparu et que les invasions des insectes nuisibles ont acquis 
des proportions épouvantables ' ». 

Ce qu écrit M. Rousseau est parfaitement exact, nous avons 
parcouru le Midi de la France, partout nous avons constaté les 
elfets désastreux de l'imprévoyance des viticulteurs. Partout on ne 
voit que d'immenses plaines couvertes de vignes, dont le feuillage 
ne compense sûrement pas l'absence totale de boisements sur les 
collines et sur les montagnes, d'où ont résulté les terribles désastres 
occasionnés par les inondations ; tout le monde est du même avis, 
à savoir que le mal provient du déboisement ; alors, ([u'attend-on 
pour reboiser ces immenses régions dépourvues d'arbres dont la 
bienfaisance serait pourtant indéniable ? 

En Algérie et en Tunisie il en est de même. En France, la pro- 
duction do la sylviculture est de 25 millions de mètres cubes de bois 
par an ou 236 millions de francs ; la consommation annuelle 
dépassant en bois d'œuvre 10 millions de mètres cubes et 30 mil- 
lions de inètres cubes en bois de chauffage, il s ensuit qu on est 
obligé de recourir aux importations, qui représentent encore, d'après 
M. Nicolas, 245 millions de francs. 

(]omme on le voit, on détruit en tous pays beaucoup de forets, 
au détriment de l'hygiène et delà salubrité, il suiHt pour s'en rendre 
compte d'examiner les résultats o])tenus partout en Italie et en Corse. 

« La forêt enfin, dit M. Nicolas, a une influence prépondérante 
sur le régime des eaux, sur le climat. » 

Nous avons constaté ces particularités en Algérie, où, des régions 
impossibles à habiter, sont devenues très saines en ces dernières 
années, grâce aux Eucalyptus, paiticulièrement. 

Nous ne voyons, du reste, pas d'autres arbres susceptibles de 
donner les mêmes résultats en un laps de temps plus court, parce 
(jue les Eucalyptus, on très peu d'années, forment des arbres 
énormes, dont les effets miraculeux se font sentir immédiatement. 

La reconstitution des forêts, dans toutes les résfions actuellement 



1. M. Hoiissciiu parle bien des iiisoolos mais il n(■•^Mi^(• les iiiuiidalioiis (|ui pio- 
vicniient des mêmes causes. 



l'eicalvitls 4-17 

dévastées pai" des sécheresses intenses doit être à l'ordre du joui". 
tant dans les parties habitées que dans les pays déserts : 1 emploi 
des Eucalyptus rendra la tâche facile et peu coûteuse, comme nous 
le démontrerons plus loin. Quoi qu'il en soit, les procédés de per- 
suasion et de répression doivent être établis, des récompenses plus 
nombreuses devraient être données par l'Etat aux plus méritants ; 
une noble émulation serait le résultat de cette dernière mesure et 
nous avons la conviction qu'il en résulterait un bien immense. 

Les Eucalyptus ont un système radiculaire parfaitement organisé ; 
il pompe du sol tout ce qui est impur et le rend à l'agriculture 
sous forme de vapeurs et de rosées bienfaisantes, qui manquent 
presque totalement en Algérie dans la saison de sécheresse. On 
peut donc en planter impunément partout où il y a un peu de terre, 
iMitre les rochers, les broussailles, etc., sans faire plus de frais et 
sans_ s'amuser à creuser d'immenses trous, comme on est trop 
enclin à le faire. 

Sur les terrains très en pente, nous serions d'avis que 1 on 
creusât des fossés, dans le sens horizontal, peu piofonds du reste, 
mais qui, en retenant les eaux des pluies, donneraient à ces arbres 
l'humidité qu'ils réclament principalement au début de leur plan- 
tation. 

Nous avons procédé ainsi que nous venons de l'indiquer, des 
deux manières, et nous pouvons certifier que nos Eucalyptus ont 
crus dans de belles proportions. 

Nous avions en Algérie un terrain inutilisable en grande culture, 
nous imaginâmes d'y planter des figuiers, (|ui poussèrent lente- 
ment, c'est alors que, devant des n-sultats presque négatifs, des 
Eucalyptus furent plantés entre les intervalles, dans des trous faits 
entre des roches, des broussailles, etc. En cinq ans, nous avions 
im joli petit bois de plus d'un demi-hectare et, à l'heure qu'il e.st, 
après trente ans, ces arbres sont splendides et peuvent être exploités 
si l'on veut. 

(A suivre.) R. de Noter, 



Bill, du Jardin coloninl. 1911. H. — N° loi. 



NOTES 



LINDLSTlilK DKS ANANAS lîN HAWAII 



Dans un rapport consulaire, rédii^é par moi en 1907, et pul^lié au 
n'' 721 des Rapports commerciaux au Ministère du Commerce, j)uis 
reproduit en 1909 avec des additions importantes par le Jardin 
Colonial dans son bulletin mensuel : VAç/ricul/iirc pratique des 
pays chauds, édité par la librairie Challamel, je faisais entrevoir 
que l'industrie, toute nouvelle des ananas en Hawaii, était desti- 
née à un développement rapide et prodigieux (jui ne tarderait pas 
à la placer, immédiatement après le sucre, au second rang- des 
industries de ce pays, (^ette prédiction est déjà complètement jus- 
tifiée par les résultats de la récolte principale dananas en con- 
serves de 1911, qui vient d'être achevée, et dont le produit dépas- 
sera vraisemblablement 800.000 caisses de deux douzaines (ou deux 
douzaines et demie) de « tins » ou « cans », constituant un total 
denviron 20 millions de tins, chacun contenant un fruit, et repré- 
sentant une valeur totale d'au moins 1.500.000 dollars. Et dire que 
cette énorme quantité est déjà placée d'avance, et que plusieurs 
des <( Caneries » d'Oahu auraient pu vendre le double de leur récolte 
si elles l'avaient eue. De ])lus, les chillres ci-dessus ne com- 
prennent pas les quantités d'ananas consommées localement, ni 
celles exportées en vert sur San-Franci.sco et Vancouver, et dont la 
valeur atteint près de 200.000 dollars! Mais ces résultats sont 
encore loin de représenter le dernier mol (\c 1 industrie en ques- 
tion, dont les |)Ossibilités de production sont relativement illimi- 
tées et ne dépendent (jue de celles de la consommation. Aussi, les 
producteurs intéressés s attendent-ils ;» ce (jue la récolte totale (1(> 
Tannée prochaine, que Ton estime devoir dépasser considérable- 
ment celle (le 1911, sera placée sans délai avec autant de facilité, 
g-râce à l'extension constante de la consommation, (pii, (pioicpie 
ayant à peine effleuré l'Amérique, la déjà dépassée- et a atteint 
riMirope. où les produits hawaiiens, dès ([u'ils sont connus, sont 



l'industrie des ananas en HAWAii 419 

appréciés et classés comme bien supérieurs à cevix de Singapore. 
qui, Fan dernier encore, accaparaient le marché européen. Je sais 
positivement que des commandes importantes de France nont pas 
pu être satisfaites cette année,. par suite du placement anticipé de 
toute la récolte. 

Il s'en suit que les nég^ociants de France, qui, — ayant reconnu la 
supériorité de l'ananas hawaiien, — désireraient s'approvisionner 
de la récolte future, feront bien de placer leurs commandes d'avance, 
pour être sûrs d'être servis. Et ici, il est bon de remarquer com- 
bien il est regrettable que les producteurs hawaiiens, incapables 
sur place d'exploiter par eux-mêmes leur production sans cesse 
croissante, ont dû en confier la gestion sur le continent américain, 
à des intermédiaires ou agents, — grandes maisons de produits 
alimentaires — à qui , à l'exception d'une seule compagnie 
anglaise représentée par la maison Davies d'Honolulu, ils sont 
tous pieds et poings liés, de façon que, jusqu'à nouvel ordre, ils 
ne peuvent accepter aucune commande du dehors qui leur soit 
adressée directement, tous les ordres devant passer par les mains 
de ces agents et être acceptés par eux, ce qui leur permet aussi 
d'empêcher toute réduction de prix qui pourrait être concédée 
dans les relations directes entre le producteur et le consommateur ; 
et ces agents s'arrogent même le droit exclusif de choisir leurs 
représentants à l'étranger. Il se peut que plus tard, les fabricants 
ha^vaiiens, devenus moins timides, se décident à s'alïranchir de 
cette tutelle des intermédiaires américains, mais pour le moment, 
elle est nécessaire pour le prompt placement de la marchandise, et 
de cette façon, étant sûrs de voir écouler tout ce qu'ils peuvent 
produire, les producteurs sont libres d'augmenter leurs efforts, 
pendant que leur situation financière en devient plus solide et 
fructueuse, offrant un placement sûr et rémunérateur pour leurs 
actionnaires ; ainsi, pour n'en citer qu'une, la plus grande de nos 
compagnies d'ananas, c'est-à-dire la << Hawaiian Pineapple C" » 
(président Dole), dont la fabrique se trouve à Hvilei, faubourg 
d'Honolulu. paie des dividendes réguliers de un et quart pour cent 
par mois, et ses actions, dont la valeur au pair est de 20 dollars, 
sont cotées en bourse entre 38 et 39, ce qui est très significatif 
dans un pays comme celui-ci, où le sucre accapare les capitaux. 

On compte maintenant dix « Caneries, » (usines à ananas) princi- 
pales, ayant leurs champs de production et achetant aussi les fruits 



t2(l Ncjriis 

produits par les cultivateurs voisins, la superficie totale cultivée 
en ananas étant évaluée entre i.OOO et o.OOO hectares. Ces « Cane- 
l'ies ■> sont réparties ainsi ([u'il suit : 

G sur r.île d'(^ahu : u HaAvaiian Pineapplo C" » (aj^ents à San- 
l'Vancisco, Hunt Brotliers) ; « Ilawaiian Fineapple Products C" » 
(^ancienne C"" « Consolidated » ; ag-ents à San-Francisco, California 
Canners Association): « Thomas Fineapple C » (agents à San- 
Francisco. Armesbv and il") : " Ilawaiian Islands Packiny C" », 
à Wahiawa (agents à San-Francisco. (Iritlin andSkelleyi ; « Mac- 
la rlane-Mac Neill-Libbv Fineapple Facking- C" » à Kahaluu i ag-ents 
à Chicago, Mac Neill and Libby) ; « Fearl-City Fruit C° » (ag-ents. 
Th. II. Davies à llonolulu); 

l sur File de Maui, « Haiku Facking G" »( agents Deming-Gould 
à Chicago) ; 

1 sur l'île de Kauai, « Mac Bryde Fineapple Packing C" » ; 

2 sur la grande île d Hawaii. « Hilo l'ruit Facking C" <> cl 
'< Kona Development C" ». 

Dans mon rapport annuel du 30 mars dernier, j'ai donné la liste 
encore bien incomplète des représentants en France ; je n'ai 
malheureusement rien à changer, si ce n'est que j'apprends que la 
C"' Thomas vient de désigner comme ses représentants à Paris, la 
Société d'Importations Alimentaires, ()5, rue d'Amsterdam, à 
Uujuelle en sus des conserves d'ananas, cette C'* vient d'expédier 
\os premiers échantillons de jus en bouteille. 

Dans le chilTre sus-mentionné de la production de MMI. 
2.")0.()()0 caisses forme la part de la C''' Dole, et I0:j.0t)0 caisses. 
celle de la C"" Haiku, tandis que 80.000 caisses environ revienntîut 
à la C"* HaAvaiian Products, une quantité à peu près égale, à la 
(]"■ Macfarlane-Libl)y, dont c'est la j)remièi'e grande récolte, et 
"50. 000 caisses à la (y Thomas, les autres compagnies se partagent 
le reste. 

l^n dehors du personnel peimanent spécialement occujié à la 
(idtuii' des |)lantes, l'industrie des conserves d'ananas, pendant la 
saison fructilère d'été, — la plus importante cl (jui dure de trois à 
(piatre mois, — fournit un travail actif ii un grand nombre dOu- 
vriers, principalement femmes et enfants; ainsi, 1' " llavaiian 
Fineapplt' (]" >i, dont l'usine enq)loie une moyenne sédentaire 
amiuelle de I "iO employés, en a occupé 1.100, travaillant nuit cl 
jour, pour le trimestre passé, et les autres usines onl des pi-ison- 
ucls en [ti'oportion. 



l'industrie des ananas en llAWAli 421 

Une autre corroboration de la rapide extension de la production 
de nos ananas, se trouve aussi dans le nombre des boîtes en fer 
blanc fabriquées par la succursale à Honolulu. de la grande com- 
pagnie c American (^an G° ». qui fournit les boîtes nécessaires à 
toutes les <( Caneries » d'Oahu : la première production de cette 
succursale, il y a quelques années, s'éleva à 2 millions de (> cans »: 
cette production doubla rapidement avec l'accroissement de la 
culture, et atteignit 12 millions de cans l'an dernier, ce qui néces- 
sita l'agrandissement des locaux de fabrication et le doviblement 
des machines productrices; mais, cette année, elle a dépassé 
17 millions, et, en vue des perspectives de l'avenir, cette compa- 
unie va de nouveau doubler son matériel et en changer la nature, 
de façon à pouvoir produire l'an prochain au moins 2o millions de 
boîtes d'un qvialité nouvelle, dénommées « sanitarv cans ». dont la 
différence avec les anciennes est due à un ciment spécial, dit sani- 
taire, couvrant intérieurement tous les joints des boîtes, alin d'em- 
pêcher le jus, si acide de l'ananas, d'attaquer les soudures. 

A la fabrication des conserves de fruits, nos grandes usines ont 
ajouté l'utilisation du jus, soit simplement en nature, stérilisé, soit 
sous diff'é rentes formes de sirops, — dont une variété dénommée 
« Pinectar », spécialité de la plantation Byron 0. Clark, est très 
réussie et très goûtée pour boissons gazeuses ; et ces produits 
accessoires, quoique tout récents, sont déjà devenus très populaires 
et ajouteront considérablement aux recettes des fabricants. 

On avait espéré utiliser les déchets pour la fabrication très pos- 
sible de l'alcool et du vinai£:re : mais comme cette fabrication 
nécessiterait un outillage coûteux qui resterait inactif les trois 
quarts de l'année, on en a conclu que jusqu'à présent les résultats 
n'en pourraient pas être économiquement satisfaisants. 

Comme je le prévoyais dans mon rapport de 1907, des innova- 
tions importantes, suggérées par l'expérience des dernières années 
ilexploitation, ont été introduites, soit dans la manipulation des 
fruits, soit dans la nature des instruments et des machines 
employées, certaines des anciennes ayant été perfectionnées et 
rendues plus pratiques et d autres ayant été nouvellement inven- 
tées ; mais ces perfectionnements sont tenus secrets ou dûment 
protégés par des brevets d'invention qui témoignent de l'intelli- 
gence et de la largeur de vues apportée par les Américains dans 
cette nouvelle industrie, comme dans tout ce qui se fait en Amé- 
rique, ce pays par excellence des grandes inventions. 



i22 NOTES 

Le problème le plus diflicile à résoudre, qui confronte encore 
nos usines d'ananas, est le moyen de faire disparaître les déchets, 
([ui s'accumulent, entrent rapidement en putréfaction et deviennent 
menaçants, en vue de l'accroissement de la production. Ainsi, la 
nouvelle fabrique de la compagnie Macfarlane-Libby, à Kahaluu, 
établie dans un lieu isolé au bord même de la mer, avait cru 
résoudre facilement la dilïiculté. en déversant ces déchets en eau 
profonde, à quelcfue distance du rivage ; mais la mer même ne 
tarda pas à être saturée et à rejeter ces déchets sur une étendue de 
plusieurs kilomètres de plages voisines, où ils se décomposèrent en 
créant une odeur infecte rendant inhabitable toute la côte ; il fallut 
chercher autre chose, et même l'enfouissement des déchets sous des 
couches de chaux etd€ terre ne fut pas satisfaisant. On en est main- 
tenant réduit à employer partout des incinérateurs, dont la besogne 
est encore difficile, vu que, même après être soumis à une pres- 
sion considérable, les déchets contiennent encore assez de jus pour 
en rendre la combustion lente et incomplète. Cependant on 
annonce que la compagnie Dole, à Iwilei, qui est toujours en tête 
des perfectionnements, a enfin réussi à élaborer un incinérateur 
capable de détruire complètement les déchets à mesure de leur 
formation. 

A. Marques, 

Afjenl consulaire de France ;) Ilonoliilii. 

Conseiller du Commerce Extérieur. 



Nécrologie. 
AuGLSTi:-JosEPii LE RAT 

Instituteur à Nouméa, Officier d'Académie, 
Correspondant du Muséum. — Correspondant du Jardin Colonial. 

Le Jardin Colonial se fait un devoir de rendre homnia^-e à la mémoire d'un 
de ses j)lus dévoués correspondants. 

Jeune instituteur en France, l'histoire naturelle attiraitdéjà Le Rat, qui con- 
init rapidement la llore de sa région ;mais il avait le désir, très naturel, de voir 
du nouveau, d'aller à la découverte de nouvelles espèces ; aussi demanda-t-il 
son changement, et obtint de partir pour la Nouvelle-Calédonie. 

Là, malgré le peu de loisirs dont il disposait, il trouvait le moyen, pendant 
ses courtes périodes de vacances, de parcourir les environs de Nouméa. 

Obéissant, comme il le disait lui-même, à son goût pour les sciences natu- 
relles, qu'il avait toujours atTectionnées, et qui l'avait déterminé à quitter sa 
famille et son pays, il avait espéré, en 100.3, pouvoir obtenir le poste de 
Conservateur du Musée de Nouméa. 

L'année précédente il avait eu le plaisir de rencontrer M. Schlechter, l'émi- 
neiil i)olanist(' allemand, de jjassage en Nouvelle-Calédonie, et ils firent 
ensemble (|uel(jues fructueuses excursions. 

Mais, Le Rat sentait qu'il pouvait faire mieu.\ encore, en visitant les région's 
inexplorées de la chaîne centrale de l'Ile; ce projet fut mis à exécution en 
1907; il rapporta de nombreux et intéressants documents de ce nouveau 
voyage. 

II eut toujours en M"^'' Le Rat, une collaboratrice dévouée, qui n'hésita pas à 
aiVronler, elle aussi, les pénibles imprévus des excursions dans des régions 
nian([uant non seulement de confort, mais même de l'indispensable. 

L'étude des Nouvelles-Hébrides avait aussi tenté notre regretté corres- 
pondant ; il en soupçonnait les richesses, qu'il aurait voulu recueillir; 
malheureusement il en fut empêché par les ressources, toujours trop modestes, 
que l'on mettait à sa disposition. 

Malgré les très maigres subventions dont il disposait, on peut dire qu'avec 
sa seule et très grande énergie, il réussit à faire de nombreux envois se chif- 
frant à plus de 2.000 échantillons de matériaux d'Histoire Naturelle, de toutes 
sortes, collectés en Nouvelle-Calédonie. 

Le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris l'avait nommé correspondant. 

Il venait, à son retour en France, de .faire part, au Jardin Colonial, de ses 
projets pour l'avenir, et désirait, en attendant de repartir, se reposer au sein 
de sa famille, îi .VIençon. Peu après, le 24 octobre i'.)10, il était enlevé à l'âge 
de 39 ans. 

La mémouv de Le Rat sera conservée, dans les milieux scientifiques et 
coloniaux, qui ont recueilli ses belles collections; il l'a mérité, car il a 
contribué lui aussi, modestement, à faire connaître tout ce que renferment 
d'insoupçonné encore, nos possessions lointaines. 

A. BlîRTEAr. 



DOCUMENTS OFFICIELS 



MIMSTKRE DES Cdl.oMES 

AUHÈTK 

Cdiifcr^inl le diplôme d' Inçfénieur d A(/riculliire Coloniale 

Art. I''. — l.e diplôme dingénieur d'Agriculture Coloniale esl con- 
féré à MM. Mademhc), Ilachemi Beii Khalifa. Pillon. Papadopoulos, 
Vehbi, Bernard, Davras élè\es réguliers. 

.\rt. '2. — Le certiticat d'études. de l'Ecole Supérieure d'Agriculture 
(Coloniale est accordé à MM. Debret" élève régulier, IJellali et Hibou 
élèves libres. 

Fait à Paris, le !29 a..ût MM I. 

Siyné : A. Lebhun. 



Mission permanente d'études 
des Cultures et Jardins dessai Coloniaux. 

Le président de la République française. 

^'u l'article 55 de la loi de finances du 25 février 1001 : 

Vu le décret du 3 juillet 1807 sur les indemnités de déplacement du personnel 
dépendant du ministère des colonies; 

Vu le décret du 2 mars 1910 portant règlement sur la solde et les allocations 
accessoires du personnel colonial : 

Sur le rapport du ministre des colonies et du niiui^lrc des (inances. 

Décrète : 

Art. t^'. — Il esl institué auprès du ministère des colonies une mis- 
sion permanente d'études i\e> cultures et jardins d'essais coloniaux, 
composée ainsi qu il suit : 

Un chef de la mission, nommé par décret du président de la Hépu- 
blicpie, sur la proposition du ministre des colonies, et dont le traitement 
annuel est fixé à 12.(MMi Irauis. 

Un adjoint au chef de la mission nommé par arrêté du ministre des 
colonies et choisi parmi les inspecteurs d'ag-riculture, les inspecteurs des 
forêts ou les directeurs des jardins d'essai des colonies. Ia^ fonctionnaire 
ainsi désigné est placé hors cadres ; il conserve le statut du corps aucpiel 
il appartient et reçoit avec le traitement d'Europe de son grade 1 indem- 
nité réglementaire de résidence dans Paris. 

Un secrétaire de la mission, agréé |)ar le ministre des colonies, sur 
présentation du chef de la mission et auipiel il esl alloué une indemnité 
annuelle de 2.100 francs. 

Art. "i. — l'>n ce qui conceine les indemnités de roule et de séjour el 



DOCUMENTS OFFICIELS 425 

les passages, le chef de la mission est classé clans la première catégorie B 
el le secrétaire dans la deuxième catégorie. 

Art. 3. — Des arrêtés du ministre des colonies détermineront les con- 
ditions d'application du présent décret et fixeront, notamment, loi^gani- 
sation et les attributions de la mission. 

Art. 1. — Le ministre des colonies et le ministre des finances sont 
chargés, chacun en ce qui le concerne, de lexécution du présent décret. 

l-'ait à Paris, le 27 octobre 1911. 



Par le président de la République 
Le ministre des colonies, 
A. Lebrln. 



A. P\\LLIÈRES. 



Le mfnisfre des finances, 
L.-L. Ki.oTz. 



Par décret, en date du 27 octobre 1911. rendu sur le rapport du ministre 
des colonies, M. Chevalier (Auguste), docteur es sciences, sous-directeur 
de laboratoire à l'Ecole pratique des hautes études, a été nommé chef de 
la mission permanente d'études des cultures et jardins d'essai coloniaux. 



Afrique occidentale française. 

DKCIIKTS 

HdmellnnL en franchise sous certaines conditions iinlroduction 

en France du bétail oriçfinaire de la Ciuinée française. 

Art. 1''. — Sont étendues à la Guinée française les dispositions du 
décret du 4 septembre 1909. admettant les bœufs originaires du Sénégal 
et du Haut-Sénégal-Xiger en franchise à leur entrée en France jusqu'à 
concurrence d'une quantité à déterminer annuellement par décret. 

.\rt. "2. — Les ministres des tinances, du commerce et de l'industrie et 
<}.&<■ colonies, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution 
du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République 
française et inséi-é au Bulletin des lois et au Bulletin officiel du minis- 
tère des colonies. 

Fait à Paris, le .31 octobie 191! . 

A. FAi.i.ii:i{KS. 
2" 

Art. I''. — Seront admis en France, pendant Tannée J911, dans les 
conditions prévues aux décrets des 4 septembre 1909 et 31 octobre 1911. 
dix mille bœufs originaires des territoires du Sénégal, du Ilaut-Sénégal- 
Niger et de la Guinée française. 

.\rt. 2. — Le ministre des colonies et le ministre des finances sont 



120 DOCUMEM'S OFFICIELS 

chargées, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décreU 
qui sera publié au Journal officiel de la République française et inséré 
au Bullelin des lois, ainsi qu'au Bulletin officiel du ministère des colo- 
nies. 

Fait à Paris, le :U octobre 1911. 

A. Falluires. 

Art. l*"'. — La liste des exemptions prévues par les décrets des 
14 avril 1905 et 11 avril 1910 est, en ce qui concerne les animaux 
vivants, moditiée ainsi qu'il suit : 

« Animaux vivants, exception faite des bovidés de provenance étran- 
gère importés dans les colonies du Sénégal et du Haut-Sénégal et Niger 
et de la (niinée française, qui acquittent par 100 kilogrammes (poids vif) 
à l'entrée de ces colonies : les bdnifs, vaches, taureaux, bouvilldiis. lau- 
rillons, génisses, un di'oit de 3<t fr. ; les veaux un droit de 40 fr. » 

Art. 2. — ■ Le ministre des colonies est chai^gé de l'exécution du pré- 
sent décret, qui sera publié au Journal officiel de la Ré]iublique fran- 
çaise et inséré au Bulletin des lois et au Bulletin officiel du ministère 
des colonies. 

Fait à Paris, le 31 octobre 1911. 

A. Fai.ijkhf.s. 

Afrique équatoriale française. 

Interdiction de r Exportation de certains hois 
de la Colonie du Gabon. 

DÉCRET 

Art. 1''. — Est interdite dans la colonie du Gabon l'exportation des 
bois dont les dimensions sont inférieures à celles qui sont indiquées 
ci-après : 

1" Billes en grumes débitées dans le tronc de l'arbre et ne présentant 
pas de traces de naissance de branches, longueur : 4 m. ."SO; 

Diamètre moyen r 60 centimètres pour l'Okoumé et bois similaires ; 

Diamètre moyen : 50 centimètres pour l'acajou et les bois débénis- 
terie; 

"J" Billes équarries débitées dans le tronc de l'arbre et ne présentant 
pas de traces de naissance de branches. 

Longueur : 4 m. 50, section moyenne : 10 décimètres cariH-s pour 
l'okoumé et bois *^imilaires. et \'l décimètres carrés pour rarajnu cl 
autres bois d'ébénisterie ; 

3" Billes débitées dans la partie du tronc présenlani des traces de 
naissance de branches. 

Longueur : '1 m. 50 ; diamètre moyen des billes en grume, 30 centi- 
mètres; section moyenne i\e^ bois équarris : 5 décimètres carrés. 



DOCUMENTS OFFICIELS i27 

Le lieutenant-gouverneur de la colonie détermine par arrêtés spéciaux 
les justifications qui pourraient être exigées "pour l'exportation de billes 
qui n'ayant pas les dimensions ci-dessus indiquées, sei'aient présentées 
comme provenant de l'exploitation des branches. 

Art. '2. — Les dispositions de l'article 1*^'" ne sont pas applicables à 
lexportation des billes d'ébène, de bois de rose, de zingana, de bois 
rouge et des bois similaires qui ne s'exportent que dépouillés d'aubier. 

Art. 3. — Les bois exportés donnent lieu à la perception d'un droit de 
sortie qui est fixé comme suit : 

1° Billes d'okoumé et bois similaires, 1 fr. le mètre cube. 

Fourches d'okoumé et bois similaires, 50 centimes la tonne. 

•2° Billes d'acajou, 2 Ir. le mètre cube. 

Fourches d'acajou, 2 fr. la tonne. 

.V' Fbène, bois de rose, zingana, 2 l'r. 50 la tonne ; 

i" Bois d'ébénisterie autres que ceux ci-dessus indiqués, lfr.50 la loiiiie. 

Art. 4. — L'exportation ou la tentative d'exportation de bois dont les 
dimensions seraient inférieures de plus d'un vingtième à celles qui soûl 
prévues au présent décret, est punie des peines édictées par le décret du 
16 février 1895 relatif au régime des douanes au Gabon. 

Art. 5. — Le décret du 14 avril 1904 est abrogé. 

Art. (3. — 'Les ministres des colonies, du commerce et de l'industrie, 
et des finances, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécu- 
tion du présent décret, qui sera inséré au Journal officiel de la Répu- 
blique française, au Bulletin des lois et au Bullelin officiel des colonies. 

Fait à Rambouillet, le 28 septembre 1911. 

A. F'ai.i.ikuks. 



Madagascar. 

ARRÊTÉ 

interdisant l'inlroduction, dans la colonie de Madagascar et Dépen- 
dances, des plants de caoutchouc de provenance de Ceylan et de 
l'île Maurice. 

Art. 1"'. — L'introduction de plants de caoutchouc, provenant de 
Ceylan et de l'ile Maurice, est interdite dans la Colonie. 

Art. 2. — Tout plant, introduit en fraude, sera saisi et détruit, sans 
indemnité pour les propriétaires, et sans préjudice des poursuites pré- 
vues par les lois sanitaires. 

Art. 3. — MAL le procureur général, chef du service judiciaire, le 
chef du service des douanes, les chefs des circonscriptions côtières sont 
chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, 
qui sera inséré au Journal officiel de la Colonie et publié ou commu- 
niqué partout où besoin sera. 

Tamatave, le 20 août 191 L 
Signé : Albert PiCQun;. 



428 DOCUMENTS OFFICIELS 

Nouvelles-Hébrides. 

DÉCHETS 

,iii(/menlanl les (fiiuntités de café à admellrc en France 
el en Ninivelle-iJu/édonie. 

Art. !'■'. — Le^ quantités de calés originaires des exploitations fran- 
çaises des Nouvelles-Hébrides à admettre en France et en Nouvelle- 
Calédonie du l*"^ juillet l'.HO au MO juin 1911, lixées par le décret susvisé 
du i<» août 1910 à .jOO.OOO kilo};r.. sont auf^mentées de -iar^.OOO kilo- 
grammes. 

Art. 2. — Le ministre des colonies et le ministre des finances sont 
cliiii'nés, chacun en ce qui le concerne, de rexéculion -du préseni décret. 

l'ait à Rambouillet, le 10 octobre 1911. 

A. 1* AI.I.UvRES. 

DKCRirr 

fixant les quanlilés de café, cacao el ranille à admeltre 
du /'•' juillel 1911 au .'iO Juin iUl'J. 

Alt. 1". — Sont fixés comme suit les quantités de produits originaires 
des exploitations françaises des Nouvelles-Hébrides ipii pourront être 
admise en France el en Nouvelle-Calédonie, du I" juillet 1911 au 
\M) juin I9l'i dans les conditions établies par le décret susvisé du 
\'l novembre 1901 : 

Café (iOO.OOO kilogr. 

Cacao .")0.000 — 

\anille 50 — 

Ali. 'i. — Le ministre des colonies el le ministre des finances sont 
chargés, chacun en ce qui le concerne, de Texécution du présent décret, 
l'iiit à Rambouillet, le 10 octobre 1911. 

A. F.\LUKUu:s. 

NOMINATIONS KT MUTATIONS 



Afrique occidentale française. 

/'///• nrrélé ministériel . 

Vm (laïc (lu •_',') jnillc'l I9II : 
(Mil été proimis : 

1° .1 l'emploi d' Inspecteur d'Aç/ricullure de C-'' classe : 

M. l^tesse (Mariusi. inspecteui" de S*" classe. 

•2° .1 l'emj)li>i d' Inspecteur <!' .{(jriculture de .'»'' classe : 
MM. Roustaii l']ugène , directeur de Jardins d'essais de I""'' classe. 



DOCLMlvNTS (Il-KICIELS 429 

IV A remploi (le Sinis-/iispec(eur (rAc/riculUire de /"' chisse. 

MM. \'italis Adrien ,, soiis-inspecteur de 2'' classe ; 
Bervas (Louisj, — — 

Brel (Charles), — — 

i" A remploi de S(>ii.s-/nsj)erleiir d' A(/riciil litre de ?'' chisse : 
M. Cacludal (François), sons-inspecteur de 3'^ classe. 

'y A l'emploi de Direclenr de .Jardins d'essnis de /"' vbisse : 
M. Ravisé (Armand), directeur de Jardins dessais de '2'' classe. 

0" A remploi de Direeleur de .lurdius (Fessais de ?'" classe : 
M. lulwards (Alphonse), directeur de .Jardins d'essais de 3'' classe. 

7" .1 l'emploi de Direeleur de Jardins d'essais de .'>'' classe : 

MM. Ih'ocard ^Léon ), af;;ent |)rincipal de ('.ulture de t"' classe; 

\ iard (Ferdinand), agent principal tie Culture de 1"^ classe. 



Sénégal. 

Par décisions du Lieulenanl-cjouverneur. 
Imi date du 9 août 1911 : 

M. Claveau Léon, directeur de jardin d'essais de •J'' classe, retour de 
congé, est désigné pour servir dans les bureaux du Service de l'Agri- 
culture à Saint-Louis, en remplacement de >L Fourneau, sous-inspec- 
teur d'Agriculture, recevant une autre affectation. Il sera, en outre, 
chargé de Tétude des questions agricoles dans les cercles de Louga et de 

Tivaouane. 

En date du 1 '1 août : 

Un congé administratif de 7 mois et un passage pour la France sur le 
paquebot des Messageries attendu à Dakar, vers le "25 août 1911, sont 
accordés à M. Etesse, inspecteur d'Agriculture. 



Haut-Sénégal et Niger. 

Par décision du Lieulenaid-c/auverneur . 

En date du 12 août 1911 : 

M. \uillet, chef du service de l'Agriculture de la colonie du Ilaut- 
Sénégal-Niger, est chargé provisoirement de la direction des Haras de 
Koulikoro. 



s TA riSTIQ l • ES COM IVl E HCIALES 

Exportations agricoles et Ibrestières des Coloilios françaises. 



SENEGAL 
/*'• semestre 1911. 



Bœufs 683 têtes valant 85.375 IVanc-s. 

Chevaux 67 — — 20 . 100 — 

Anes 52 — — 5 . 200 — 

Oiseaux vivants 129.960 — — 29.035 — 

Volailles 1.073 — — 1.201 — 

Peaux brutes de bœufs. 97.022 kilos — 121.280 — 
Peaux de moutons et 

chèvres 2. 102 unités— 1.681 ~ 

Peaux autres 151 — — 140 — 

Plumes 84'> 240 -r. — 5 829 — 

Peaux d oiseaux 129.842 unités — 32.462 — 

Cire 3 . 082 kilos — 9. 246 — 

Poissons secs ou salés. 25.685 — — 5.835 — 

Poissons frais 7.534 — — 3 679 — 

Vessies natatoires. .. . 1.736 — — 2.083 — 

Dents d'éléphants 28 — — 448 — 

Cornes de bétail 3.168 — — 793 — 

Mil 4 . 780 — - 654 — 

Haricots 4.736 — — 2.835 — 

Palmistes amandes . . 271.760 — — 81.529 — 

Arachides 128.673.156 — — 31.880.325 — 

Bentamaré 2.212 — — 177 — 

Gomme arabique. 692.218 — — 415.330 — 

Caout- » Casamance . 92.202 — — 599.312 — 

choucs ' Autres 2.499 — — 19.992 — 

Bois d'ébénisterie 38.850 — — 3.150 - 

Charbon de bois 2.800 — — 140 — 

Coton non égrené. ... . 1 390 — — 278 — 

Coton en laine autre. . 1 349 — — 675 

Or 1' 433 -r. — 4.299 — 

Paille d'arachides 3 830 kilos — 383 — 

Viande fraîche 19.534 — — 18.273 — 

Végétaux indigènes 

bruts ou taillés 102.831 — — 20.725 — 

Sable minéralogène. 97.000 — - 291 — 

Sel marin 8.000 — — 240 — 



STATISTIQUES COMMERCIALES 



431 



HAUT-SENEGAL ET NIGER 
/«'■ seineslre 1911. 



Peaux \ de bœufs 


9.635 kilos valant 


105.599 flancs. 


brutes ' de moutons. . 


507 unités — 


381 - 


Laine en masse 


44.057 kilos — 


15.420 — 


Plumes d'autruche .... 


84 - - 


2.560 ^ 


Cire brute 


906 — — 
1 100 — -- 


726 — 


Dents d'éléphants 


14.300 — 


Sésames 


990 — - 
100 - - 


178 — 


Beurre de karité. 


72 — 


Gomme arabique 


6 443 — — 


2.235 — 


Caoutchouc 


62.888 — — 


462.597 - 


Corozzo ' 


98 — — 


196 — 



GUINÉE FRANÇAISE 

'/'''■ scnK'sIrr 1911. 



Chevaux 


11 têtes valant 


3 . 330 francs 


Boeufs 


3.886 — 


485.750 - 


Moutons 


1.877 — — 


28.155 — 


Chèvres 


177 — — 


1.770 - 


Peaux brutes de bœufs. . 


374.455 kilos — 


655.471 - 


Peaux brutes de moutons 






et chèvres 


157 - 


126 - 


Peaux d animaux sauva- 






ges 


200 — — 


1.000 — 


Plumes d aigrettes 


515 gT. — 


515 — 


Cire brute . 


3.693 kilos 
13.517 — — 


3.114 — 


Cire clarifiée 


37.172 — 


Poissons secs ... 


1.111 - — 


1 111 — 


Dents d'éléphants en- 




tières . ... 


4.750 - — 
522 — - 


76.000 — 


Dents macheliéres 


3 132 - 


Cornes brutes de bétail. . 


576 — 


144 — 


Riz en paille 


18.460 — — 


2.769 — 


Riz entier 


48.944 — — 


14 683 — 


Mil (gros) 


3.050 - — 


213 - 


Mil (petit). 


3 690 — — 


369 — 


Noix de colas 


45 . 082 — — 
70,091 — — 


90 164 — 


Bananes 


7.009 - 


Ananas 


6.123 - 


4.592 — 


Autres fruits frais 


5.992 — — 


1 . 768 — 


Arachides en coques 


525.191 - — 


65.649 — 


Sésames 


554.523 — — 


110.905 — 



I. Doiim et rônier. 



432 SIATISTIQL'ES COMMERCIALES 

Amandes de palme 927 520 U'-lcs vulanl 185 503 fi.nics. 

Autres graines soumaré . 196 — — 

Café. 466 — — 

Piment 161 — 

Tabacs en feuilles 591 — — 

Tabacs en poudre 5 090 — — 

Gingembre. 1 . 603 — — 

Huile de palme. 139.633 — — 

Gomme copal 71.609 ^ — 

Caoutchouc de la Guinée. 1 133.351 — — 
— du Haut-Sé- 
négal Niger. 28.242 — — 

Poteaux palétuviers 666 slt-res — 

Calebasses vides 1 300 kilos — 

Écorces de palétuviers.. 32.080 — — 

Indigo en herbe 4.275 — — 



185 


503 


1 


960 




932 




121 




827 


25 


450 




801 


83 


780 


179. 


022 


066 


.808 


192 


048 


33 


.300 


1 


,300 


1 


.604 


1 


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certainement au premier rang des maisons recommandables pour 
résoudre cette importante question. 

Du reste, ses efforts ont été couronnés de succès puisqu'elle a 
obtenu 7 Grands Prix à l'Exposition Lniversellc de igoo, dont un 
spécialement accordé pour son Expo. il ion Coloniale. En outre, le Jury 
de la dernière Exposition Coloniale de .Alarseille a confirmé les décisions 
du Jury de 1900 en lui attribuant un Grand Prix. 
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téressée à tontes les demandes qui lui sont adressées. 

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MINISTÈRiL DES COLONIES 

Jardin Colonial 



L 'Agriculture pratique 

des pays chauds 



BULLETIN MENSUEL 

DU 

JARDIN COLONIAL 

ET DES 

Jardins d'essai des Colonies 



Tous documents et toutes communications relatives à la rédaction 

doivent être adressés 
au Directeur du Jnrdin Colonial , Miiiixlère des Colonies 



PARIS 
Augustin CHALl^AMEL, Eoiteuh 

Rue Jacob, ly 
Librairie Maritime et Coloniale 



Les abonnements partent du yer Janvier 
Prix de l'Année (France, Colonies et tous pays de l'Union postale). — 20 fr. 



La reproduction complète d'un article ne peut être faite qu'après autorisation spéciale. 
Les citations nu reproductions partielles sont autorisées a condition de mentionner la source 



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f\'6/^o "/o (l'acide plio.sphoriqiie .soliiMc. 

Phosphate de potasse. :]h o/,, .l'ncide 

|)liospliorique, 2(") "/o de potasse. 

Phosphate d'ammoniaque. /,3 "/„ d acide 

l)liospliori(]ue, G "/o d'azote. 

Sulfate d'ammoniaque, 20/^1. Nitrate de soude, ir)/iG. 

Nitrate de potasse. ^ «/„ de poia.sso, 18 "/o d'a/oie. 

Sulfate de potasse, gC). — Chlorure de potasse, ()") • , 



Canne à sucre. 



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'/^///f/z^/yy/y////^/ 



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I 



L'AGRICULTURE PRATIQUE 

DES PAYS CHAUDS 



BULLETIN MENSUEL DU JARDIN COLONIAL 

ET DES JARDINS D'ESSAI DES COLONIES FRANÇAISES 
lie année Décembre 1911 No 105 



SOMMAIRE 



Pa^es 

Notes sur le Riz vivace, par Yves Henry, Directeur d'Agriculture 

aux Colonies 4^3 

Le Soja, sa culture, ses usages alimentaires, thérapeutiques, 
agricoles et industriels,, par MM. Li-Yu-Yng-, Conseiller 
au Ministère de l'Ag-riculture de Chine et L. Grandvoinnet, 
Ingénieur agricole (G.) [suite) 4^9 

Cours de Botanique Coloniale appliquée, par M. Marcel Dubard, 
Maître de Conférence à la Sorbonne, Professeur à l'Ecole 
Supérieure d'Agriculture Coloniale (suite) 47-'^ 

Les Eucalyptus, par R, de Noter (.s«i7e) 488 

NOTES 

Le Castilloa Elastica, à Tiassalé [Côte cVIvoire), par M. Bret, 

Sous-Inspecteur d'Ag-riculture 5oi 

Note sur la Fève Tonka, ou Sarapia, par H. Orlandi, Vice-Consul 

de France à la Trinidad 5o8 

DOCUMENTS OFFICIELS 

Côte d'Ivoire. Quantités de Cacao à admettre en igi i Soq 

Martinique. Fixation du cadre du Service d'Ag-riculture 609 

Nominations et Mutations 5io 



Statistiques commerciales. Exportations agricoles et forestières des 

colonies françaises og^ 

Bibliographie v et viii 



Fondé en igoi 

(^'(Agriculture pratique des Says chauds 

publiée sous la Direction 

de l'Inspecteur Général de TAgriculture des Colonies françaises 

Etudes et mémoires sur les Cultures et l'Elevag'e des pays tropicaux. 
Articles et notes inédits. — Docunienls officiels. — Rapports de missions, etc. 
avec figures et photographies. 

Un numéro de 88 pages paraît tous les mois 
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I'âSOL. que j'ai appliqué cet été sur une de mes serres à orcliiilécs, a pleinement réussi; jo ne l'ai appliqué 
que sur la serre froide, il Odontoglossum. J'ai obtenu une température beaucoup plus basse, tout cet été, cl 
)e n'ai pas baissé une seule fois mes stores « claies n : malgré les forts coups de soleil j'ai donc obtenu de 
la fraielieur. sans pour ainsi dire iierdre le Jour. C'est un avantage énorme de n'avoir pas ii baiss 
remonter les claies constamment, et c'est une économie. 

Signé : Debkauchamps, propriétaire et amateur d'Orchidées, à Rueil, 



sser et 



ADOPTÉ PAR LES COMPAGNIES DE CHEMINS DE FER, MINISTERES, GRANDES USINES 
Nombreuses attestations et références importantes. — Circulaire et Prix-courant sur dem.imle. 



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Deux Grands Prix': Milan 1908. — Saragosse 1908. 
Hors concours. — Membre du Jury : Exposition franco-britannique, Londres 1908. 



11® Année Décembre 1911 N" 105 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



. NOTES SUR LE RIZ VIVACE 

A la suite des articles parus dans « l'Agriculture pi-atique de Pays chauds », 
sur le «riz vivace du Sénégal», un grand nombre de lecteurs nous ont demandé 
des renseignements plus complets sur cette plante, en insistant sur la faculté, 
pour ce riz, de pouvoir se reproduire et donner des récoltes successives sans 
l'intervention du semis. 

M. Yves Henry, directeur d'agriculture des Colonies, qui se trouvait au 
Sénégal, dans la région du « riz à rhizomes », voulut bien reprendre surplace 
l'étude, aussi complète que possible, de cette question. 

Le mémoire de M. Henry reconnaît l'exactitude absolue de tout ce que nous 
avions avancé, et confirme notre opinion, sur le rôle économique considérable 
que cette plante est appelée à jouer, dans l'alimentation des pays chauds. 

Paul Ammann. 

Les bassins d'inondation du Sénég-alet du Niger sont peuplés de 
graminées qui, pour des raisons d'accommodation à un habitat si 
particulier, présententdes caractères végétatifs des plus intéressants 
et souvent inattendus. 

Telles, comme le vétiver, forment des touffes d'une compacité et 
d'une vitalité telles qu'elles résistent aux incendies les plus violents 
et aux inondations les plus longues ; d'autres, comme le grand 
chiendent indigène (djibiss en ouoloff), outre la formationen touffes, 
émettent des prolongements aériens, vrais stolons qui, après le 
retrait des eaux, s'enracinent à chaque contact avec le sol. 

Enfin, il en est qui, comme le a Khaye » et un riz sauvage, déve- 
loppent un système rhizomateux considérable, tout en se repro- 
duisant par d'autres procédés. 

Le riz, qui fait l'objet de cette note, a été signalé par M. Am- 
mann, le 28 décembre 1910, dans une communication à l'Aca- 
démie des Sciences. Nous avons eu l'occasion de l'étudier dans le 
bassin d'inondation du Sénégal, aux différentes époques de sa végé- 
tation. Il ressort des observations relevées et consignées ci-après, 
que la présence des rhizomes, le rôle physiologique de premier 
ordre qu'ils jouent dans la vie de la plante, constituent indiscuta- 
blement un caractère spécifique des plus établis. 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 105. 30 



434 ÉTUDES ET MÉMOIRES 



I. — Caractères végétatifs. 

Les caractères végétatifs du riz vivace ont été observés dans les 
différents types de rizières naturelles et sur des semis et repiquages 
de rhizomes exécutés à la Station ag-ricole de Richard-ToU (Sénégal). 
Dans le premier cas, la plante trouve des conditions de végétation 
plus ou moins favorables selon que l'emplacement de la rizière 
permet à l'eau d'inondation de séjourner plus ou moins longtemps. 
Nous l'avons ainsi observée sur des parties de rizières où la vie de 
la plante est presque exclusivement aquatique et sur d'autres où, 
par suite de l'insufiisance, voire même de l'intermittence des inon- 
dations, la vie est en quelque sorte ralentie, précaire. 

Enfin, pour nous assurer du caractère de permanence des formes 
végétatives observées, nous avons réalisé sur une parcelle de la 
Station de Richard-Toll, en terrain léger, sec, se ressuyant rapi- 
dement et à l'abri de toute inondation, un régime particulièrement 
sec. Les planches obtenues de semis et de plantation de rhiz.omes, 
ont été soumises simplement à deux arrosages légers par semaine. 
Ces conditions toute spéciales d existence, ont exagéré le caractère 
si particulier de ce riz et fait ressortir un degré de résistance au 
manque d'inondation, qu'aucun autre riz de marais ne semble devoir 
approcher. 

Les différentes formes végétatives ont fait l'objet dans les différents 
cas, de prélèvements comparatifs dont un herbier a été déposé au 
Jardin Colonial. Certaines d'entre elles ont été photographiées sur 
place, ce sont les clichés joints à cette note. 

Formation des touffes. Développement des rhizomes. — Les 
grains de riz, enfouis en terre légère et arrosés deux fois par semaine, 
germent à partir du sixième jour ; ils développent d'abord leur sj^s- 
tème radiculaire et un certain nombre de tiges aériennes. Excep- 
tionnellement on trouve une ou deux pointes de rhizome. Peu après 
cependant, les pousses souterraines se multiplient en tous sens et 
se ramifient, formant un système rhizomateux de première généra- 
tion parfois très développé. 

La planche I donne en (A et C) les deux formes de dévelop- 
pement les plus couramment observées avant l'épiaison, la forme 
(G), comj)ortant la formation d'une touffe et de rhizomes, étant la 



Lli HIZ VIVACK 



435 



plus commune. La forme (B), représentant une jeune toutïe de 
treize rejets, sans formation de rhizomes, est rare et ne se rencontre 
plus à la maturation de Tépi. 

A ce moment la toulTe présente une des deux formes de la planche 
II. Le plus fréquemment fB), elle possède une ou plusieurs tig-es 




B 



c 



Cliché Yves He>ry. 



RIZ VIVACE (Série de semisl. 



Planche I. — Jeunes pieds, montrant trois formes de développement. 

A. Forme fréquente, pas de tallaf;e, rhizomes très développes. 

B. Forme rare, tallage très développé, pas de rhizome. 
G. Forme courante, talla^e et rhizomes. 

a. Collet de la plante. — h. tiges. — c. rhizomes. 



fructifiées, un certain nombre de rhizomes horizontaux de première 
génération pouvus de prolongements aériens (c) destinés à fructifier 
l'année suivante et souvent de rhizomes de seconde génération (e), 
développés au-dessous du collet de la jeune tige. I^ans la forme (A), 
la plante a formé un système rhizomateux très développé et profond, 
notamment une patte (f) à quatre doigts, s'enfonçant verticalement 
dans le sol. Le jeune système aérien a, de ce fait, été sacrifié et 
c'est à peine si deux pointes de rhizomes (c) sortent de terre. 



436 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Avec la maturation des épis, l'eau se retire ou est déjà complè- 
tement retirée des rizières. 

Dans les rizières de bordure, où l'eau de crue séjourne peu et 
manque souvent de façon totale une ou deux années de suite, les 
pailles de l'année, fructifiées ou non, se flétrissent, sèchent et sont 
le plus souvent brûlées par les feux de brousse. Les jeunes pousses 
aériennes subissent le même sort, le sol se durcit au point de néces- 
siter le pic pour le travail et se trouve entièrement dénudé. La 
plante n'existe plus alors que par sa partie souterraine, son système 
rhizomateux ; elle entre dans une période de vie ralentie qui ne 
cessera qu'aux premières pluies de l'hivernag'e suivant. 

Dans les rizières où l'inondation persiste plusieurs mois, les pailles, 
après le retrait des eaux, se couchent sur le sol formant un épais 
tapis qui préserve les toutes jeunes pousses d'une dessiccation com- 
plète. Alais là aussi, la vég-étation s'arrête et ne reprend qu'aux 
pluies d'hivernag-e qui transforment en prairies verdoyantes de 
grandes surfaces complètement dénudées. 



A ce moment, toutes les parties de la plante entrent en végétation. 
Les rhizomes ridés et secs se gorgent d'humidité et émettent en 
tous sens des prolong-ements souterrains, les pointes aériennes brû- 
lées par le soleil fournissent de nouvelles tig-es. 

La touffe primitive, couverte des cicatrices des tiges fructifiées 
l'année précédente, bourg-eonne elle-même abondamment. Onobserve 
ainsi, dès la seconde année, dans des conditions normales de vég-é- 
tation, un enchevêtrement extraordinaire de rhizomes et une multi- 
plication de tiges aériennes qui assure à la rizière une densité éle- 
vée. 

Les touffes de forme (B), Planche II, développent très rapi- 
dement les jeunes pousses (c), dont les bourgeons étaient restés à 
l'état latent au ras du sol ; elles donneront les premiers épis. Puis, 
les pointes de rhizome, qui prédominent dans les touffes de forme 
(A), fournissent leurs prolongements aériens qui fructifient au fur 
et à mesure de leur développement, en même temps que les tiges 
issues de semis naturels. Dans la même période, les rhizomes de 
seconde génération (e), se développent, se ramifient et forment des 
prolongements aériens en même temps que des rhizomes de troi- 
sième g-énération. La touffe primitive gagne ainsi, de proche en 



LE RIZ VI V ACE 



437 



proche, dansim ou plusieurs sens et de préférence vers les partiesoù 
elle peut plus librement développer son système rhizomateux. Théo- 
riquement^ si le riz vivace pouvait supporter un régime d'inondation 
continu, on n'observerait dans les rizières naturelles, aucun arrêt 
dans le développement des rhizomes pas plus que dans la formation 




» * Cliché Yves Hknry. 

RIZ ^'IVACE (série do semis, première friuMificntion) 

Planche II. — Développement du sysLème rhizomateux de pi-emière fi^énération. 

A. Forme fréquente, rhizomes très développés, pas de prolong:emenls 
aériens formant des tiges de seconde génération. 

B. Forme habituelle, rhizomes formant des prolongements aériens (tiges 

de seconde génération). 
a. Collet de la plante. — h. tiges. — ce. prolongements aériens de rhizomes 
en B. et pointes de rhizomes en A. — d.d. rhizomes de première géné- 
ration. — e. petite pointe de rhizome de seconde génération. — 
/". patte de rhi/ome profond. 



des épis. On peut réaliser ce régime avec une moindre intensité en 
soumettant des rizières à un régime d'arrosages tout au long de 
l'année, comme nous lavons fait à Richard-ToU et observer ce 
phénomène. 



438 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



Par le même processus, se forment des g-énérations de rhizomes 
de quatrième, cinquième, etc., génération. Les vieux rhizomes, 
ainsi que la plupart des rhizomes profonds que la plante forme, 
perdent la teinte blanchâtre et l'aspect turg^escentqu'ils possédaient; 




Cliché Yves Henry. 



RIZ VI V ACE 



Pi.ANc.iir. ni. -- l)L'vpl<ippcment du système rliizoniîilciix de seconde et (roisième 
j;éiu' ration. 

A. Vieux rhizome el son empâtement A'. 

B. Une des cicatrices laissées par les tiges t'iiictifères de Tannée jM-écédcnte. 
ce. Tifjres friictifiées de l'année. 

D. Tij.::e de (in de saison, destinée à frnclifier l'année sni\anle. 

!>.!).(■. Rhizomes de générations snccessi\es — d.d. rlii/nnies profonds. 



ils se ratatinent, se durcissent et prennent une teinte jaune sale 
caractéristique. La planche III en offre un premier exemple, chez une 
touffe qui présente au moins quatre années de végétation. Récoltée 
en janvier 1911, en période de repos, elle montre une jeune pousse 
(D) destinée à fructifier en fin d'année 1!MI après l'inondation, 
deux tip^es ayant fructifié en 1910 (G), des cicatrices (B), laissées 
par les tiges ayant fructifié en 1909, enfin une patte simple et un 



LF. RIZ VIVACE 



439 




RIZ VIVACE 



Cliché Yves Henuy. 



Planche IV. — Développement du système rhizomateux (montrant le processus 
de formation des toulTes mères et de multiplication par prolon- 
gements horizontaux). 
A. Vieux rhizome, profond et son empâtement B. 
C. C. Tiges fructifiées de Vannée. 

D.D. Rhizomes horizontaux formant plus loin des touffes secondaires déve- 
loppées sur l'empâtement. 
E.E. Jeunes lij;es de iin d<! saison développées sur Icmpatement et destinées 
à fructifier lannce suivante. 



440 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



vieux rhizome (A' et A), présentant tous les caractères de parties 
très vieilles et datant au moins de 1908. 

Les vieux rhizomes, ainsi que leurs empâtements sont d'ailleurs 
doués d'une très grande vitalité et il est fréquent d'en trouver de 
très vieux qui donnent naissance, au gré des conditions du moment, 



iisjsxa^ 




RIZ VI YACK 



Cliché Yvps Henry. 



Planche Y. — Dévelopjiement complet du système rhizomateiix. 
A. Vieux riiizoïiu' lirofoiul. 
H. Empâtement ihi vieux rhizome, 
ce. Rhizomes de };énérations successives. 
D. D. Tig-es IVuctiliées de l'année. 

a. Collet des prolongements aériens et toufTes secondaires formés par les 
rhizomes. 



à de jeunes pousses. La planche IV montre une patte récoltée en 
mars 1911, ayant dévelo])pé deux rhizomes horizontaux, deux tig-es 
fructifiées en 1910 et en dessous de ces dernières, sur les parties 
vieilles, trois jeunes pousses destinées à la fructification de fin 1911. 



LR RIZ VIVACE 441 

Avec le temps, chacune des ramifications d'une patte peut déve- 
lopper à son tour des pattes secondaires qui végètent dans les mêmes 
conditions. Lesvieux systèmes rhizomateux arrivent ainsià prendre 
un développement extraordinaire, dont la planche V, qui n'en 
représente qu'un fragment, donne une idée. 

Ces quelques indications concernant les caractères morpholo- 
giques du riz vivace, montrent l'importance primordiale des rhi- 
zomes dans le développement et la conservation de la plante. Les 
données relatives au régime des rizières naturelles la feront également 
ressortir au point de vue cultural. 

La conservation des rizières est intimement liée à leur faculté de 
reproduction par le fait que chaque année, une plus ou moins 
grande partie de leur superficie ne fructifie pas. Ce fait d'observa- 
tion courante a été contrôlé d'une part dans les serres du Jardin 
Colonial, puis à Richard-Toll, par l'établissement de carrés de rizière 
à l'aide de rhizomes. 

La masse que forment les rhizomes dans le sol est considérable; 
ils jouent de ce fait dans l'économie des terres un rôle des plus 
intéressant que nous indiquerons plus loin. Nous pouvons cependant 
en donner, dès maintenant, la mesure par le poids que l'on peut en 
prélever par hectare de rizière, qui va jusqu'à 17 tonnes en vert et 
11 tonnes en sec. La planche VI permet de s'en faire une idée. 

Développement des figes. Epiaison. — Nous avons indiqué qu'aux 
premières pluies d'hivernage, les jeunes pousses non fructifiées de 
l'année précédente, ainsi qu'un grand nombre de prolongements 
aériens de rhizomes se développaient. Peu après arrivent généra- 
lement les eaux d'inondation. Au fur et à mesure que monte le 
niveau de la crue, les tiges s'allongent, se ramifient et prennent 
tous les caractères et l'aspect extérieur que leur imprime cette vie 
entièrement aquatique. Sur les berges des lacs et marigots, la hau- 
teur des eaux se trouve être maximum ; les tiges y sont également 
couchées par le courant, aussi y prennent-elles un développement 
exagéré et une structure aquatique plus caractérisée. 

Dans les bonnes rizières, elles ne dépasse guère deux mètres à 
deux mètres et demi de longueur. 

Dès que la crue cesse de monter, l'allongement des tiges s'arrête 
et les épis se forment. Selon qu'elle est simple ou ramifiée, une tige 
comporte un ou plusieurs épis. 



442 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

. Selon remplacement des rizières, la maturation se fait soit en 



\^::-fr^!] . : .■•;;;■: 




("-liclii'' '^'\i's IIiNin 



lUZ VI V ACE 



Pi.ANcni: VI. — Touffe complète. 

A. Tifccs ayant frui-lifice dans Fannée. 

IJ. Masse des rhizomes. 

C. Prolongements aériens des rhizomes, destinés à fructifier l'année suivante. 



LE RIZ VIVACE 443 

période aquatique, soit au retrait complet des eaux. Elle manque 




Cliché Yves Henry. 



RIZ ^'IVACE 



Planché VII. — Enracinement d'un bourgeonnement multiple. 

A. Tige fructifiée de Tannée. 

B. Bourgeonnement primaire non fructifié. 

C. C. Bourgeonnement secondaire. 

D. Bourgeonnement tertiaire. 

Tous bourgeonnements enracinés dans le sol de la rizière après le retrait 
des eaux. 



444 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



fréquemment dans les rizières de bordure, particulièrement en année 
de sécheresse. 

Au cours de sa vie aquatique, la tige, outre ses ramifications, 
donne naissance à des bourgeonnements et à des rhizomes qui 
présentent un certain intérêt au point de vue de la multiplication. Les 




Cliché '\'\es Hf.xry, 



RIZ VIVACE 



Pi.ANCHF- VIII. — Enracinomcnt de IjourgeonnemenL non fruclit'ère. 
A.B. Tige fructifiée de l'année. 
G. Bourgeonnement isolé par enracincnu'ut propre. 



bourgeonnements observés sont de deux sortes: les uns sont des 
bourgeonnements simples, sortes d'œilletons formés à chaque nœud, 
qui se développent très rapidement, dès ({ui' la tige touche le sol, 
soit en vie aquatique, soit en vie aérienne, lorsque les pailles sont 
couchées sur le sol après le retrait des eaux. On observe ainsi le long 
des tiges de riz un véritable chapelet de bourgeonnements, adhérant 
k peine et isolés par enracinement propre dans le sol de la rizière ou 
sur la jjcrge des marigots. Ces bourgeonnements bien enracinés, 



LE RIZ VIVACE 



445 



bourgeonnent à leur tour et forment ainsi de jeunes touffes qui 
fructifieront Tannée suivante (Planche VIIj. 



iiiyniiiii ' i ÀikiMmMi.,^A 




Cliché Yves Hexby. 



RIZ VIVACE 



Planche IX. — Rhizomes aquatiques. 
A. B. Tige fructifiée de l'année. 

C. Ramification de la tige, fructifiée éjjalement. 

D. E. Rhizomes aquatiques, légèrement enracinés sur les points en contact 

avec la berge. 



446 



ETUDES ET MEMOIRES 



La seconde forme de bourg-eonnement observée présente des 
caractères qui, dès* le début, en font une sorte de ramification de 
la tige, quoiqu'elle ne présente pas les mêmes caractères morpho- 
logiques que les ramifications normales. Elle naît presque toujours 
à un coude de la tige dont elle provoque l'éclatement (planche VIII), 
sa formation n'a été constatéequ'en période exclusivement aquatique. 
Elle s'enracine et s'isole après décomposition de la tige fructifère. 
11 en est de même des ramifications normales de la tige qui n'ont 
pas fructilfié au cours de l'année. 

En période aquatique, il se forme également des ramifications 
ayant tous les caractères et le mode de développement des rhizomes. 
Elles sont couvertes de larges écailles imbriquées et se développent 
fréquemment en sens inverse de celui delà tige mère (Planche IX). 

Ces rhizomes, au. contact du sol, s'enracinent avec la plus grande 
facilité et constituent un mode de mr/ftiplicaiioa d'utte importance 
évidemment secondaire, mais qui ne manque pas d'intérêt. 

II. — Répartition et régime des rizières naturelles. 

Répartition. — Le « tiep oualo » (en ouoloff, littéralement riz des 
terres inondées), couvre dans le bassin du Sénégal et principalement 
dans son bassin inférieur, Oualo proprement dit et Chemama, des 
étendues considérables. 

On trouve principalement les rizières dans les grandes plaines 
que recouvrent les eaux de la Taouej et du lac de Gniers, les rives 
du Sénégal etde ses bras, jusqu'aux formations salées exclusivement. 
La permanence des eaux de crues joue le principal rôle dans leur 
répartition. On n'en trouve pas sur les terrains atteints seulement 
par les inondations exceptionnelles, qui sont des « fondés » ou des 
(( oualos » accidentels. 11 n'en existe pas davantage sur les terrains 
que l'eau recouvre très longtemps ou n'abandonne pas ; les mares 
.à eau stagnante sont seulement entourées d'une bande, généra- 
lement étroite de riz vivace, située au niveau du périmètre des 
hautes eaux. En deçà on n'en observe jamais, ce qui semble indi- 
quer que cette graminée ne s'accommode pas des eaux stagnantes. 
Les parties inférieures des berges de marigots, découvertes seu- 
lement à la fin de la saison sèche en sont aussi dépourvues. 

Dans les deux cas, le riz cède la place à dillerentes graminées 
caractéristiques : le roseau, le « Khaye », etc., des joncs conmie le 



L1-: RIZ vivACE 447 

« Tague» et des cypéracées comme les différentes espèces d\< akoul » 
et le « khallère », enfin des mousses. 

On trouve le riz vivace sur tous les terrains, depuis 1 argile fine 
la plus compacte, jusqu'au sable siliceux, mais les sols intermé- 
diaires, particulièrement silico-argileux, semblent mieux lui conve- 
nir. Les sols de rizières subissent, d'ailleurs, par l'accumulation des 
détritus organiques que fournit la décomposition des pailles, des 
modifications profondes, tant dans leurs qualités physiques que dans 
leur composition, il en sera question plus loin. Enfin, il y a lieu de 
noter que dans la zone naturelle, le riz vivace a à lutter contre des 
graminées plus vigoureuses et envahissantes que lui. Ce sont princi- 
palement dans la zone d'inondation : le <( Khaye » et le grand 
chiendent ou « djibiss », sur sa limite : le « sille » et le « vétiver ». 
Ces graminées couvrent également des surfaces coasidéralales à 
l'état pur ou en mélange, recoupant les rizières ou se mélangeant à 
elles sur les bordures. 

Régime. — On peut se faire une idée exacte du régime des rizières 
naturelles en dressant un profil schématique d'un bassin d'inondation 
quelconque avec le niveau détiage et le niveau moyen des crues. 
Les rizières gardent l'eau d'autant plus longtemps que leur cote 
se rapproche du niveau d'étiage, et inversement. lien est de même 
pour la hauteur de l'eau à chaque crue. Il en résulte évidemment 
des variations considérables dans le régime des rizières. C'est 
ainsi qu'il en est, placées en bordure de la zone d'inondation, 
où les conditions d'existence sont limite par suite de l'insufTisance 
ou du manque des crues. On les trouve en bordure supérieure des 
grandes rizières de plaine, lorsque le terrain s'élève et change de 
régime hydraulique. Egalement dans les étroites bandes qui 
bordent capricieusement les petits marigots et un grand nombre de 
mares d'hivernage. La fructification de ces rizières est assez précaire, 
il arrive même qu'elle manque plusieurs années de suite. Le cas 
s'est présenté dans tout le bassin du Sénégal et, particulièrement 
dans le Oualo en 1903 et 1904, par insuffisance de pluies et manque 
presque complet d'inondation. 

Leur permanence est assurée par le système rhizomateux qui se 
développe sur environ dix centimètres de sol superficiel et conservé 
sa vitalité dans des sols brûlés et desséchés par le soleil. Aux pre- 
mières pluies, il entre en végétation et développe des prolongements 



as ÉTUDES ET MÉMOIRES 

aériens qui fructifient ou non selon que la crue a baigné plus ou 
moins longtemps la rizière. Les pailles de ces rizières sont natu- 
rellement courtes ; elles n'ont cependant guère moins de 80 centi- 
mètres et ont un toucher particulièrement rude, dû à leur teneur en 
silice. Quelques observations faite dans le Oualo et en Mauritanie, 
nous font penser qu'à moins d'un séjour de deux mois des eaux 
d'inondation, le grain ne mûrit pas complètement. Aussi, ces rizières 
n'ont-elles, au point de vue alimentaire, qu'une importance minime; 
par contre, elles fournissent en année ordinaire, un appoint précieux 
pour la nourriture du bétail. Elles forment des prairies saines, 
promptement libérées de la crue et dont les pailles restées vertes, 
tendres et dressées, sont consommables en totalité. 

Les rizières les plus importantes occupent des parties plus basses 
de la zone inondée, on en rencontre à tous les niveaux. Nous 
n'avons cependant jamais observé de pailles dépassant trois mètres 
y compris la longueur de lépi. Encore, cette longueur n'a-t-elle été 
rencontrée que sur des touffes développées le long des berges des 
marigots où l'éau est toujours courante et baisse le plus rapidement 
au départ de la crue. 

Il est toutefois évident qu'à une crue exceptionnelle correspond 
une plus grande longueur de pailles, mais les chiffres donnés cor- 
respondent au régime normal du bassin inférieur du Sénégal. Dans 
le bassin du lac de Guiers où se rencontrent des rizières très éten- 
dues et d'une grande homogénéité, la hauteur moyenne des crues y 
est d'environ 1 m. à 1 "" 50, ce qui correspond à une longueur 
moyenne de pailles de 1 '" 50 à 2 mètres. Les sols y sont silico- 
argileux, très humifères. La durée de la crue y est de quatre à six 
mois environ, d'octobre à février. Il semble que ce soient là les 
conditions optima de développement. On trouve des rizières de cette 
nature dans les portions moyennes des zones d'inondation, sur les 
deux rives du Sénégal, dans le bassin des grands lacs. Elles se 
caractérisent par un développement extraordinaire du système rhi- 
zomateux dont on retrouve des prolongements à plus de 30 centi- 
mètres de profondeur formant une épaisse masse feutrée, d où 
sort une infinité de prolongements aériens. Les pailles y sont très 
développées, toujours ramifiées. Au retrait des eaux elles se couchent 
uniformément sur le sol, couvrant les rizières d'un épais tapis qui 
maintient le sol frais pendant une grande partie de la saison sèche. 
A la faveur de cette humidité, les bourgeonnements, rhizomes aqua- 



LE RIZ yiVACE 449 

tiques, ramifications non fructifîées, développés par les tiges en 
période aquatique, émettent des racines terrestres qui se fixent dans 
le sol encore détrempé de la rizière. Les formations rhizomateuses 
de l'année forment une foule de petits prolongements aériens, sorte 
de prairie cachée qui, aux premières pluies, se font jour à travers le 
feutrage des pailles décomposées et sont déjà développés à l'arrivée 
des eaux d'inondation. 

La puissance de végétation de ces rizières a pour élément princi- 
pal la masse de rhizomes que le sol renferme. Ces rhizomes consti- 
tuent l'organe essentiel de reproduction pour toutes les portions en 
bordure de rivières, de marigots et de lacs, où le mouvement des 
eaux est encore très vif au moment de la maturité des graines qui 
sont ainsi entraînées. Par contre, dans l'intérieur des rizières, on 
constate en surface de nombreuses germinations provenant de la 
chute des graines mûries après le retrait des eaux et qui déve- 
loppent cha(}ue année un nouveau système de rhizomes, superposé 
aux précédents. Le développement des touffes qui en sont issues, 
nous a paru être sensiblement en retard sur celui des prolonge- 
ments aériens formés par les rhizomes et du bourgeonnement des 
vieilles touffes qui fournissent habituellement la première fructifica- 
tion. 

D'une manière générale, il est donc exact de dire que la puissance 
de végétation, et dans bien des cas, l'existence même des rizières, 
est fonction de l'extrême vitalité des parties souterraines de la 
plante ; la germination des graines est un appoint d'importance 
variable. Nous l'avons dit déjà, les cas sont très fréquents d'une 
fructification restreinte par suite de l'insuffisance des crues. Nbus 
avons cité les années 1903 et 1904, extrêmement sèches où les crues 
n'ont certainement pas mouillé la moitié de la superficie des rizières 
du bassin Taouey — lac de Guiers. La maturation des grains n'a pu 
se faire que dans les parties basses du bassin d'inondation, à proxi- 
mité du lac. Des situations analogues, moins rigoureuses il est vrai, 
se sont présentées depuis; tout récemment encore, en 1910-1911, 
une partie seulement des rizières a fructifié. Les indigènes qui 
ramassent soigneusement le grain, n'en ont récolté qu'une très 
petite quantité, maigre et ridé ; les pailles dans la plupart des 
rizières peu mouillées sont restées courtes. Malgré cela, il n'a pas 
été observé de resserrement notable dans l'étendue des rizières. 
D'autre part, les observations fournies au paragraphe des caractères 

BuL. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 103. 31 



450 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



vég-étatifs et celles faites dans rétude du rég-ime des rizières, 
montrent ([ue la principale fructification provient souvent des 
pousses de l'année précédente émises par les rhizomes. Il faut donc 
admettre que le système rhizomateux du riz vivace constitue sa partie 
essentielle. 

Sa puissance végétative et son rôle vital sont confirmés par le 
poids des rhizomes que renferme un hectare de rizière et par leur 
composition chimique. Pour déterminer le premier élément, nous 
avons opéré trois prélèvements sur des types moyens de rizière en 
mars 1911, c'est-à-dire en saison sèche. 



HENDEMENTS EN lillIZOMES PAU HECTARE DE RIZIERE 



S?: 



Xaturo 
de la rizière 



peu inondée 
moyennement 
inondée 
forte — 



Poids des rhizomes par hectare 



en kilogr. 



En vert 



14.400 

9 . 600 

17.00(1 



après 2 jours 
au soleil 



10.700 

6. 100 

1 1 . 000 



après 4 moi;* 



9.700 
5.80O 
8.700 



Perte 

de poids " j „ 

du poids vert 



32,6 ", 
39,5 " 

49 "/ 



Les prélèvements 1 et 2 ont été opérés en Alauritanie. 

Le n° 1 à une cote peu élevée au-dessus de létiage, dans une 
rizière moyennement inondée, à sol silico-argileux, à proximité du 
village de Keur Médiké. 

Le n" 2, dans une rizière de bordure, peu inondée, à une cote 
élevée et en terrain argilo-siliceux. Les rendements en rhizomes secs 
— après 4 mois de dessiccation — seraient respectivement pour 
chaque type de rizière, en chiffres ronds, 6 tonnes pour le n" 1 et 
10 tonnes pour le n" 2. 

Le prélèvement n'' 'i a été effectué près du villoge de N'Tiago, au 
milieu des grandes étendues de rizières (jui occupent le bassin 
d'inondation de la Taouev et du lac de Guiers. Le sol v est silico- 
argileux, humifère, la cote basse, la crue y séjourne en moyenne de 
quatre à cinq mois. 

La comparaison des rendements montre, d'une part, que le ren- 



LE RIZ VIVAC.E 4SI 

dément en sec le plus élevé, a été observé sur un type de rizière 
(le n" 1) où les conditions d'existence sont le moins favorables, 
sans être cependant un type limite. De l'autre, que la perte au 
séchage est beaucoup plus élevée pour les rhizomes tendres et 
gorgés d'eau des rizières fortement inondées (le n° 3) — près de 
50 °/o — que pour ceux des rizières où l'inondation séjourne peu 

— 32%. 

L'analyse chimique donne, par ailleurs, des indications intéres- 
santes. Les prélèvements 1 et 2 réunis en un seul lot et le n° 3 ont 
été étudiés par M. P. Ammann qui nous a fourni les indications 
ci-après : 

RHIZOMES DES PRÉLÈVEMENTS 1 ET 2 



Eau 




11,56 


Gendres : CaO 


. . 0,06 




PSQS 


0,24 




K20 


. 0,24 
0,01 




Na^O 




Fe^03 Si02. . . . 
SO' S02, etc. . 


• 1 5,49 


6,04 


Matières azotées 




67 


— grasses 




0,46 


— saccharifiables . . 




39,57 


Cellulose brute 




16,96 


Matières non dosées 




2i,74 



100,00 

RHIZOMES DU PRÉLÈVEMENT n" 3 

Eau 12 

Gendres : CaO 0,03 

P20-' 0,18 

Iv^O 0,30 

Na^O 0,01 

Fe^O^SiO^ l fi.o 

S03C0^ etc.... \ ^'"' 

Matières azotées 0,62 

— grasses 0,63 

— saccharifiables 43,75 

Cellulose brute 14,97 

Matières non dosées 21,95 

100,00 



01 

o o 






•Jl 



'u o 



c 


01 


« 


o 






<1) 


r^ 




O 


o 






n 


u 


<v 


en 


^^ 


OJ 


(U 



452 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

L'indication capitale qui ressort de ces analyses, est la teneur 
élevée — 40 à i-i % — en matières saccharifiables, formées en 
majeure partie d'amidon. Une telle proportion de matière de réserve, 
à l'époque où la plante est en état de vie ralentie, comparée à la 
teneur en matières saccharifiables des tig-es Alertes, avant épiaison, 
qui est à peine de 17 **/o, confirme, avec une précision toute parti- 
culière, le rôle essentiel que jouent les rhizomes dans la conservation 
et la végétation des rizières. 

III. — Usages agricoles. 

Comme fourrage. — La paille verte de riz est un excellent four- 
rage, à condition toutefois qu'elle ne soit pas récoltée dans des 
rizières basses où les tiges très longues, tubuleuses et souillées de 
vase et de limon ne constituent qu'un aliment médiocre. Les rizières 
peu et moyennement inondées (prélèvements 1 et 2) forment un 
appoint précieux pour la nourriture du bétail, les pailles s'y main- 
tiennent droites malgré le retrait des eaux jusqu'à la maturation des 
épis. 

Dans les rizières où les tiges dépassent 1 "^ 50 (prélèvement n** 3), 
le retrait des eaux les fait coucher sur le sol où elles forment un 
matelas parfois très épais. Ces rizières n'ont aucune valeur comme 
prairies de coupe et de pâturage, les animaux ne pouvant atteindre 
les jeunes pousses développées par les rhizomes à l'abri des pailles 
couchées. Cette remarque a une importance capitale pour l'utili- 
sation de ces pailles. 

En culture irriguée, ce riz fournit un fort rendement en fourrage 
vert. Nous n'avons pu relever aucun chitTre précis de rendements 
sur les essais elfectués à Richard-Toll. La végétation s'est montrée 
à la première année dense et régulière dans la partie établie à l'aide 
de mottes de rhizomes, peu serrée et irrégulière dans la partie 
établie par semis. Le fourrage y était court — 0,80 à 1 mètre — et 
très apprécié des animaux. L'analyse d'un échantillon de ce four- 
rage, prélevé à épiaison, a donné à M. P. Ammann, les indications 
suivantes : 



LE RIZ VIVACE 



4.53 



Poids de l'échantillon en vert 

— séché en 2 jours au 

soleil 

Poids à l'arrivée, après 4 mois 

Eau 



1 k. 6:iû 

600 
380 
16 



Gendres 



Teneur 

ti"ès élevée 

en silice. 



GaO 

P20Ô 

Na^O 
Fe'^O-^ Si()-^ 
S03 CO^ etc.. 
Matières azotées 

— grasses 

— saccharifiables. 

Cellulose brute 

Matières non dosées., . . 



0,o3 
0,56 
1,54 
0,02 

12,65 



15,30 



'- 6 

a; ^ 

- c 

CL, 



1,72 


2,46 


16,82 


19,14 


28,56 



100,00 

L'analyse a fait res.sortir une teneur particulièrement élevée en 
silice, teneur sensiblement plus forte que celle trouvée par M. P. 
Ammann dans les pailles de rizières inondées (9, 9 et 11, 9 °/o 
en cendres). Les carrés de Richard-Toll ne recevaient que deux 
légers arrosages — d'environ 10 centim. c. d'eau chacun — par 
semaine ; le sol en était léger et s'asséchait rapidement. Peut-être 
faut-il voir dans ce régime tout spécial la cause de ce phéno- 
mène. 

Le manque de renseignements précis, ne permet pas d'apprécier 
la place que pourrait prendre ce riz dans un assolement de cultures 
irriguées. Il présente tous les avantages des prairies permanentes, 
mais aussi le défaut d'exiger un gros travail pour la remise en cul- 
ture des terres qui lui sont livrées. Malgré cela, nous pensons 
qu'une exploitation qui aurait besoin de fourrage de graminées, 
pourrait lui consacrer une certaine étendue de terres irrigables, 
particulièrement celle» dont la cote est trop basse pour qu'il soit 
possible d'en modifier à peu de frais le i-égime hydraulique. 

Comme producteur de grains. — 11 est à peu près impossible de 
se faire une idée exacte du rendement en grains des rizières natu- 
relles. La formation des épis et leur maturation sont étroitement 



454 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

fonction du temps de séjour de l'eau dans les rizières. La maturation 
elle-même est loin d'être groupée, surtout dans les rizières bien 
inondées, où les tiges développées par les rhizomes, celles prove- 
nant de semis naturels, forment successivement leurs épis. Nous 
estimons que la densité des tig-es fructifères dans les rizières natu- 
relles à régime normal, est supérieure à celle observée dans les 
rizières indigènes cultivées, leur répartition plus régulière. Les 
épis sont bien fournis mais le grain est sensiblement moins volu- 
mineux. L'utilisation en culture de ce riz obligerait donc, d'une 
part, au groupement de la maturation des épis, de l'autre, au déve- 
loppement du gr;iin. Le premier desideratum peut sans doute être 
réalisé dans une exploitation par le règlement d'un régime régulier 
de submersion. 

L'amélioration du grain comme forme et grosseur sera moins 
facile à obtenir. Le moyen en a été indiqué par M. P. Ammann : 
l'hybridation. Il ne faut pas, pratiquement, à notre avis, compter 
sur un autre procédé et, notamment, sur des façons culturales spé- 
ciales, dont la portée ne dépasserait pas le cadre très restreint 
dune petite expérience. La méthode de l'hybridation appliquée aux 
graminées alimentaires a permis de créer, en Europe, une foule de 
types culturaux parmi lesquels on compte les plus perfectionnés ; 
rien ne permet de supposer, à priori, qu'il ne serait pas possible de 
résoudre le problème qui nous occupe par le même procédé. Enfin, 
il y aura lieu de se rendre compte expérimentalement de la 
mesure dans laquelle de telles rizières maintiendraient leur rende- 
ment. 

Le riz vivace forme un appoint sérieux dans l'alimentation des 
indigènes qui le font récolter par les femmes et les enfants ; les 
Maures le font soigneusement ramasser par leurs captifs. Ce riz est 
gardé pour la consommation familiale, vendu en assez grande quan- 
tité aux traitants des escales du fleuve et môme porté directement à 
Saint-Louis par les indigènes. Sa valeur commerciale est sensible- 
ment supérieure à celle du riz d'importation ; au détail, les trai- 
tants le vendent toujours un prix double. Les indigènes ont pour 
lui une préférence marquée ; ils estiment son pouvoir nutritif plus 
élevé et son goût plus savoureux ; ils l'achètertt de préférence à tout 
autre. • 

Coinmc reconsliluanl des sols épuisés. — Les. sols de lizières se 



LE RIZ VIVACE 455 

font remarquer, dès labord, par une teneur élevée en matières 
organiques ; certains d'entre eux constituent de véritables terres 
noires, homogènes, sur plus d'un mètre d'épaisseur. On en trouve 
de grandes étendues au sommet du lac de Guiers où elles constituent 
des terres de culture de premier ordre. Leur formation se conçoit 
naturellement si l'on songe qu'annuellement il se décompose, par 
hectare de rizières, plus de 20 tonnes de paille sèche et qu'au fur et 
à mesure de l'exhaussement du plan de végétation, les vieux rhi- 
zomes des couches profondes se décomposent, ajoutant ainsi à la 
masse des matières organiques déjà déposées. 

Parmi les nombreux sondages effectués dans la prospection agro- 
logique du Bas-Sénégal, avec la collaboration de M. Lemmet, les 
n*** 18 et 21, situés rives gauche et droite de la Taouev donnent une 
idée exacte de la valeur movenne des bonnes terres de rizière. 
(Analyses de M. Lemmet, laboratoire de Hann.) 

Sondage n° 18. . — - Végétation dominante de riz vivace ; terre 
noire, humifère, profonde; à 0,60, argile ferrugineuse, veinée d'hé- 
matite rouge. Terre fortement inondée aux crues. 

Chlore : traces. 



Analyse mécanique. — Terre fine (tamis n" 10) 999 

Eléments grossiers (grains de 

latérite et débris végétaux) . 1 



Sondage /?** ^j . — Végétation dominante de riz vivace; terre for- 
tement humifère (sol et sous-sol), très profonde; à 0,70 argile grise 
avec veines ferrus'ineuses. Terre fortement inondée aux crues. 



*o' 



Chlore : p. 1000 de terre brute sèche : 

Sol : 0,17 
Sous-sol : 0,29 

Analyse mécanique. — Terre fine (tamis n° 10) 999 

Eléments grossiers (débris vé- 
gétaux) 1 



456 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



ANALYSE PHYSICO-CHIMIQUE 

(pour 1000 parties de terre brute sèche). 



Kléments irrossiers 


Sondage n" IS 


Sondage n" -Jl 


] 

^" S37S 
267 / 

35 / 

549 

25 

2 


"•^ ) 45H 

343 t 

55 

40 ( 

454 
32 

2 


frpos sahle siliceux 


Sahle fin siliceux 


Déhris ortrîiiiicïues du cros sâblc 


— sable fin 

Aruile *. 


Humus 


Calcaire 




1000 


1000 



Ces deux terres (surtout le n" 18) sont nettement argileuses ; elles 
sont en effet compactes et se crevassent rapidement par la dessic- 
cation. 

Leur teneur élevée en sable fin siliceux est de nature à accentuer 
leur imperméabilité ; fraîches, elles sont d'un travail aisé. 



ANALYSE CHIMIQUE 

(pour 1000 parties de terre brute sèche). 



Azote 

Acide phosphoi'icjue 

Potasse 

Chaux 

Miifînésie 

Soucie 

Acide sulfui'icjiu' , . . 

— cai'ljoniquc . . . 

Fei' 



Sondage n" /-? 


Sondage n" 'Jl 


2,05 


2.96 


0,52 


0,07 


1,59 


1,75 


1,24 


1.6S 


3,15 


-'',2 


0,22 


0,66 


2,13 


2,84 


1,04 


» 


29,08 


25.6 



Les caractères chimiques de ces deux terres sont identiques ; ils 
font ressortir une teneur très élevée en azote que l'on ne retrouve 
nulle part ailleurs et qui décroît au fur et à mesure que l'on quitte 
la zone des rizières de fonds pour se rapprocher des rizières de bor- 
dure. ^ 



LE RIZ YIVACE 457 

En dehors de la zone inondée, les sondages donnent immédiate- 
ment des teneurs en azote généralement inférieures à 1 ^Joo- 

L'enrichissement en azote des terres occupées par le riz vivace 
découle donc indiscutablement de l'existence même de la rizière ; il 
est d'autant plus marqué que cette dernière est plus puissante. 11 
semble par suite qu'il serait possible d'utiliser cette propriété dans 
l'exploitation des terres soumises à l'irrigation ou à la submer- 
sion. 

Des essais decultui^e pourront seuls indiquer, dans quelle mesure, 
cette idée serait pratiquement réalisable. 

IV. — Usages industriels. 

Les rizières naturelles produisent annuellement une quantité con- 
sidérable de matière première propre à la fabrication de la pâte à 
papier. La quantité de paille utilisée comme fourrage par les indi- 
gènes, dans les rizières peu et moyennement inondées, est insigni- 
fiante, elle est à peu près nulle dans les autres. J'ai indiqué pour 
quelle raison les pailles couchées après le retrait des eaux, rendent 
impropres au parcours du bétail la plupart d'entre elles. 

L'utilisation de ces pailles semble ne pas présenter de difficul- 
tés sérieuses. La question des transports dans la plupart des cas 
se trouve résolue du fait que les rizières se trouvent toujours à 
proximité de cours d'eau navigables ; l'installation de tronçons de 
voie Decauville permettrait d'assurer dans de bonnes conditions le 
transport des pailles coupées, aux lamineurs et presses installés soit 
à terre, soit à bord d'un chaland. L'opération du coupage, effectuée 
à mains d'homme, laisserait déjà, à notre avis, la paille à un prix 
acceptable. 11 serait cependant préférable de réaliser le coupage 
mécanique. L'emploi de faucheuses mécaniques réglées pour ce tra- 
vail, serait possible dans les rizières où les pailles sont courtes ; il 
en serait de même dans les rizières plus fortes, à condition que la 
coupe se fasse peu après le retrait des eaux, alors que les tiges ne 
sont pas encore couchées. 

Les sondages opérés sur les emplacements 1 , 2, 3, mentionnés 
pour les rhizomes, nous ont donné les chiffres suivants : 



458 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



RENDEMENTS EN PAILLE PAR HECTARE DE RIZIÈRE 



X° du 
prélèvement 


Nature 
de la rizière 


Poids de paille séchée 
par liect. en tonnes 


Longueur moyenne 


1 
2 

3 


peu inondée 
moyennement » 
fortement » 


14 tonnes 
20 — 

27 — 


1 mètre 

1 " 30 

2 mètres 



Les prélèvements ont été efïectués à une époque où les pailles 
étaient complètement desséchées sur pied ; ils correspondent à une 
vég-étation formée dans une année (1910/11), où la crue a été 
inférieure à la moyenne — 3 "' 20 au-dessus de l'étiage à Richard- 
Toll. 

Nous n'estimons pas à moins de 20 kilomètres carrés, l'étendue 
de rizières continues qui occupent le bassin du lac de Guiers et de 
la Taouej et la portion attenante du Sénégal, dont la coupe pourrait 
être effectuée dans les conditions indiquées ci-dessus et sans appor- 
ter de troubles chez les indigènes. Le tonnage de matière première 
sèche, exploitable annuellement, y serait d'environ 40.000 tonnes. 

Les rives du Sénégal présentent également des bandes et taches 
très étendues de rizières d'exploitation facile. On peut donc dire 
qu'il existe dans cette région une source très importante de matière 
première dont le traitement pourrait être conjugué avec celui de la 
paille de sorgho au fur et à mesure que l'on remonte la vallée du 
Sénégal. Les essais de fabrication de pâte, conduits par la Société 
française des pâtes à papier coloniales, ont donné un rendement de 
70 <*/o, par le traitement à la chaux, de pâte propre aux papiers 
d'emballage (18 à 25 fr. les 100 kilogr.). A la soude, un rendement 
de 35 "/o de pâte propre au papier à cigarette (600 à G50 fr. les 
100 kilogr.). 

Yves Henry, 
Directeur d'Agriculture des Colonies. 



LE SOJA 

[Suite.) 



LE SOJA DANS L ALIMENTATION HUMAINE 

Avant d'aborder l'étude des principaux produits à base de soja, 
nous allons examiner le rôle que doit jouer cette plante dans lali- 
mentation humaine, d'abord au point de vue de l'alimentation 
générale : 

1° Au point de vue physiologique ; 

l" Au point de vue économique ; 

3° Au point de vue gastronomique. 

Nous nous occuperons ensuite de son rôle dans les différents 
régimes spéciaux : antidiabétique, végétarien, réminéralisateur, 
lacté, etc. 

TITRE PREMIER 

Le soja dans l'alimentation générale. 

§ I. — Au point de vue pliysiologique. 

Les légumineuses, en général, possèdent sur les autres végétaux 
et même sur la viande les avantages suivants, au point de vue 
physiologique : 

1° Plus grande richesse en azote ; 

2° Malgré cette abondance d'azote, une richesse suffisante en 
hydrates de carbone, d'où valeur calorifique élevée ; 

3° Plus grande richesse en matières minérales. 

En elTet, les graines des légumineuses usuelles contiennent plus 
de 20 °/o en moyenne, de matières azotées (légumine, albumine, 
etc.). Elles sont donc des aliments azotés 'de premier ordre. Elles 
contiennent en outre de .^30 à 00 «/„ d'hydrates de carbone i, ce qui, 

1. E. Maurel, Traité de l'alimentation et de la nutrition. 



460 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



malgré leur pauvreté en corps gras, leur permet d'avoir une valeur 
calorifique très élevée, puisqu'elle arrive au moins à 350 calo- 
ries pour 100 grammes K Enfin, elles sont plus riches que tous 
les autres aliments en matières minérales, puisqu'elles en con- 
tiennent plus de 2 "/o et surtout en acide phosphorique. 

Les lég-umineuses sont donc des aliments à peu près complets 
dans lesquels les proportions des différents éléments nutritifs sont 
très bien équilibrées. 

« Riibner a pu maintenir l'équilibre azoté et carboné de ses 
sujets en expérience, uniquement avec 530 grammes par jour de 
pois secs donnés en bouillie 2. » 

Comparons maintenant le soja avec les autres légumineuses. 

Le tableau suivant va nous permettre de faire cette comparaison 
au point de vue chimique ^. 

De ce tableau on peut tirer facilement les conclusions suivantes : 



Lentilles 

Haricots 

Pois 

Fève 

Soja 



\ Max : 
( Min:, 
> Max : 
I Min : 
S Max: 
( Min : 
; Max : 
( Min : 
, Max ; 






Min 



13.50 
Il » 
20. 40 

8.50 
14.20 

9.80 
15.30 
10.60 
11.30 
10 » 



q; en 



2 1 . 64 
19.36 
26.46 
13.80 
26.63 
1 8 . SK 
26.51 
20.87 
38.41 
34.85 



n) en 
t. o 



C3 C 



1.45 

0.50 
2. i6 
0. 10 
1.65 
0.85 
1.50 
0.80 
14.80 
12.95 



9 ■ 


cf. 

C 

o 

Π
CO 


[s 
U 


62 


.45 


3.75 


56 


.07 


2.8S 


63 


.23 


6.00 


52 


. i 


1 . 95 


61 


.10 


3 . 52 


56 


.18 


2.38 


5S 


.03 


7.86 


50 


.89 


5.21 


32 


.11 


0.20 






3.00 



3.45 

1.75 

5.65 

2 2 

3.70 

2.00 

3.26 

2.06 

5.20 

4 . 35 



1° De toutes les légumineuses employées dans l'alimentation, le 
soja est de beaucoup la plus riche en matières azotées (35 "/o i^u 
lieu de 22-23 «/o pour les autres légumineuses). 

2° Quoique plus pauvre que les autres légumineuses en hydrates 
de carbone, il en contient une proportion suffisante. 



1. E. Manrel, loc. til. 

2. A. Gautier, Luliinenlalion et les réiiimea. 

3. Ce tableau est ('•lahli d'après les livres : Les aliments, par M. A. Balland. et 
V Alimentation cl les régimes, par M. A. Gautier. 



LE SOJA 461 ■ 

3° La matière grasse, en quantité négligeable chez les autres 
légumineuses, fournit près de 1/5 de la substance du soja, ce qui 
hii permet d'avoir, grâce aussi à ses hydrates de carbone, une 
valeur calorifique élevée '. 

4° Le soja est beaucoup plus riche que les autres légumineuses 
en matières minérales, ce qui le rend éminemment propre au 
régime de réminéralisation. 

Le soja est plus riche en matières azotées que la viande, mais il 
n'a pas comme cette dernière, l'inconvénient d'être excitant et 
toxique. En effet, la viande contient des nucléoalbuminoïdes qui ont 
l'inconvénient de donner des bases xanthiques à noyau purique 
constituant des toxiques pour l'organisme. La matière azotée du 
soja est au contraire entièrement formée de légumine ou caséine 
végétale parfaitement comparable à la caséine du lait -^ et qui cons- 
titue une paranucléoalbuminoïde ne donnant pas naissance à ces 
bases toxiques. Le schéma suivant montre cette dilTérence. 

Nucléoalbuniinoïde (\'iande) 

I. 
Nucléine 



1 

Acide 
Thymique 

1 


Hydrates 

de 
carbone 


(S, 


oja) 


1 
Bases 

xanthiques 

(noyau purique] 


Acide 
)hosphorique 


Thymine 

Paranucléoalbuminoïde 

1 
Paranucléine 




Hydrates 

de 
carbone 




1 
Acide 

thymique 

1 




1 
Acide 

phosphorique 




Thy 


mine 



1. « Comme on le voit, malgré leur grande valeur nutritive, toutes les autres légu- 
mineuses restent au-dessous de la fève de soja. Ses azotées dépassent largement 
30 °/„ et sa valeur en calories, toujours 400 pour 100 grammes. Il faut ajouter qu'au- 
cune autre nest aussi riches en matières minérales qui restent toujours au-dessus de 
40 "/o » (Maurel, Traité de V alimentation et de la nutrition). 

2. Selon A. Gautier, la caséine du lait de femme diffère de celle du lait de vache. 
Toutes les caséines diffèrent d'ailleurs entre elles et les différences de la caséine végé- 
tale avec les caséines animales sont de même ordre que celles des caséines animales 
entre elles. 



462 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

§ IL — Au point de vue économique. 

Nous venons de voir que, physiologiquenient parlant, le soja est 
incontestablement supérieur aux aliments usuellement employés 
en Occident. Voyons s'il en sera de même au point de vue écono- 
mique. 

Les légumineuses fournissent des éléments nutritifs, en particu- 
lier l'azote, à des prix beaucoup plus faibles que la viande ou les 
autres aliments. D'après M. Martinet ' un kilo de lentille qui vaut 
fr. 75 équivaut presque à un kilo de viande et à un kilo de j^ain 
qui coûtent ensemble 2 fr. 40. 

D'après MM. Landouzy et Labbé ~, 400 grammes d'albumine 
coûtent 2 francs quand ils sont fournis par les œufs, 1 fr. 60 en 
viande de boucherie, fr. 83 en viande de porc et fr. 30 en 
légumes secs. 

Or, dans le soja, il y a toujours plus de 30 "/o de matières pro- 
téiques, un kilogramme de grain donne donc 500 grammes d'albu- 
minoïde et son prix est de fr. 50 et même moins. 

Le prix des 100 g'rammes d'albumine n'atteindra pas 0,20 avec 
le soja. Nous sommes loin des chiffres exigés par les autres ali- 
ments azotés. 

Le soja n'est-il donc pas à lui seul la réponse à l'appel de 
MM. .T. Lahor et Graux -^ : « Je demande eniin aux hygiénistes, aux 
savants et d'après leurs formules, h l'industrie, de créer des 
composés alimentaires ou des extraits de substances alimentaires, 
très nutritifs, très sains, mais à bon marché. » 

§ IIL — Au point de vue (/astronomique. 

Le goût est une nécessité physiologique. « L'estomac a sa cons- 
cience sur laquelle réagissent les sens de la vue, de l'odorat, du 
goût, et jusqu aux impressions psychiques '*... » 

« Les formes sous lesquelles on présente les aliments influent 
grandement sur l'appétence et la digestibilité des divers mets. » 

1. Martinet, l.es Aliments. 

2. Tableau iiulicateur des aliments (Landouzy et Labbé). 

3. J. Lahor et D' L. Graux, L' alimenlalion h bon marché saine et rationnelle. 

4. A. Gautier, Valimenlulion et les réijimes. 



LE SOJA 463 

« C'est le rôle des préparations culinaires, des épices, etc. » 

Au point de vue du g-oût du soja les opinions sont partagées, les 
uns le disent agréable, les autres désagréable. Ceci tient évidem- 
ment à la manière dont il a été préparé. Nous donnons plus loin 
plusieurs recettes pour préparer le soja et ses dérivés. 

Quoi qu'il en soit la préparation du soja peut faire varier son g'oût 
à l'infini surtout lorsqu'il est à l'état de fromage que nous appelons 
aussi viande végétale. On peut alors lui faire prendre facilement 
les goûts les plus inattendus : goût d'œuf, de viande... On peut 
affirmer que c'est la plante la plus maniable à ce point de vue. La 
question du goût est donc plutôt favorable au soja. Le schoyou 
(sauce de soja) s'est depuis quelques années répandu en Europe et 
y est très apprécié. 

Il a un arôme très agréable et avec son aide on peut préparer 
avec le soja un bouillon comparable au bouillon de viande. 

TITRE II 
Rôle du soja dans les régimes spéciaux 

§ I. — Végétarisme et végétalisme. 

Les légumes secs, en général, et surtout le soja, ont sur la viande 
des avantages incontestables : 

1° Ils ne présentent pas de déchets; ] Ce sont des aliments très 

2° Ils renferment moins d'eau ; ) concentrés. 

?>" Ils renferment des hydrates de carbone ; 

4" Ils sont plus riches en albumine et en matières minérales ; 

5** Ils sont moins excitants et moins toxiques. 

En outre, au point de vue physiologique : « Les légumes alcali- 
nisent le sang, le rendent plus liquide, favorisent les échanges 
nécessaires à la nutrition. Les viandes au contraii^e ont une faible 
valeur nutritive, laissent des déchets, acidifient le sang et 
retardent le travail de l'assimilation i. » 

Les hydrates de carbone des légumes a empêchent les fermenta- 
tions protéoly tiques de l'intestin - ». 



1. L. Mahout, L'alimentation rationnelle. 

2. Gh. Heudebert, L'alimentation physiologique. 



464 



ETUDES ET MEMOIRES 



Les végétaux auraient encore l'avantage de fournir des albumi- 
noïdes ne donnant pas naissance à l'acide urique dans le corps. 



12.075 
3,303.. 
2,478 
1,566. 
1,554 
1,458 
1,398 
1,395 
1,386 
1,114- 

765. 

636 

468.. 

450.. 

400 




\Ri^de 



Veau 



Bœur{Co\e) 
Bœur (h\f\ec\^) 
Bœuf [CM) 
Poulet 
Porc [^Wel] 
Saumon 
Veau 
Jambon 
Mouton 
Haricots 
Farine d'auoine 
Farine de pois 
. Lentilles ma liées 
Pain complet 



258 1 Asperge 

11* I Pomme de terre 

:.. Pain blanc, ri7, choux, lai tue, etc 



Fig. 15. — Teneui" des principaux aliments en pin-ines. 
Les cliifTres sont tirés des tables de W. Hall. 



M. .] . Lahor ' et autres reprochent au régime végétal d'être 
encombrant pour le tube digestif et par suite fatigant à supporter. 

Il a, en effet, calculé dans le tableau suivant le poids des aliments 
nécessaires pour assurer l'absorption des 100 grammes d'albumi- 
noïdes '^ nécessaires à l'adulte pour 2i heures. 



1. .1. ].ii]i()V, L'uliincuhilinn /i bon inurchô. 

2. « Dans nos climats, il faut à l'état de repos de 80 à l.ïO grammes de substances 
ppotéiqnes avec quatre fois encore ce poids de matières amylacées et de graisses 



LE SOJA 



465 




Fig. 16. — Les Représentations Graphiques (d'après A. Martinet) donnent les figures 
caractéristiques des aliments considérés, indiquant : I, les aliments nutritifs: 
Albumine (A). Graisses (G). Hydrate de carbone (Hi. Sels (Si. — II, la proportion 
centésimale de A chaque élément. 



pour que l'adulte répare ses pertes et produise la chaleur et l'énergie mécanique qui 
lui sont nécessaires dans les 24 heures. » (A. Gautier.) 

Les peuples asiatiques sont en majorité des végétariens. Si l'on n'ignore pas que le 
riz est la base de leur alimentation on sait moins qu'ils suppléent à l'insuffisance 
dazote, par l'adjonction d'aliments très riches en matières protéiques parmi lesquels 
il faut citer en première ligne le soja. 



Bal. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 105. 



32 



466 



ÉTUDES liT -MÉMOIRES 



Aliments 


-Vlhuminoïdes 


Matières 
amylacées 


Piiids (l'aliment 
frais contenant 
100 gr. d'albumi- 
noïdes. 


Pain 


j;ramnies 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 


^'ranimes 

562 
1 .536 

243 

240 

279 

170 
2.750 
2.2iO 

617 


grammes 
1.205 
7.790 
42i 
512 
454 
7.112 
25.000 
14.300 
1 . 661 


Pomme de terre 


Fèves . . 


Hn ri cols 


Pois 


Salades 


Pommes 


Cerises 

Châtaij^nes 





Ce tableau montre les rations fantastiques qu'il serait nécessaire 
d'absorber pour se nourrir avec des pommes de terre ou de la 
salade. 



îu I . Soja 
«I I . Fève 
•«7 I Pois 
"ijs m FromîQf dt Soji 

5iî_ ■ Haricot 

1105 ^^M Pain 

Fi^. 17. 



Mais si Ton fait les mêmes calculs pour le soja, on trouve qu'il 
faudra mang-er 262 grammes de graines pour absorber 100 grammes 
d'all)uniine ', eliillre tout à fait raisonnable. Ces 2G2 grammes 
fournissent 32 grammes (riiydrale de carbone ol i7 grammes de 
matières grasses, cliiil're sans doute faible, mais qu'il sera facile 
d'augmenter par l'apport d'mu' faihle ([uantilé d'alinu'iil rt'culeiit. 

1. Nous prenons pour le calcni les rcsnltals des analyses du Laboratoire Municipal 
de Paris. (Voir au chapitre : Composition de la graine.) 



LE SOJA 



467 



La seule objection qu'on puisse donc formuler contre le végéta- 
risme se trouve levée par le soja. 



CALORIES , , , 

o'?"05 o'rio o':2o o^so 




0,30 

0.30 

0,19 

0.18 

0,16 

0,15 

0,14 

0,11 

0,10 

0.07 

0.06 

0,06 

0,05 

0,05 

0,04 

0,04 

0,02 

0,019 

0,018 

0,016 

0,015 

0,014 

0,011 

0,010 


Viande de bouctjerie 




Salade 


Fruits Frais \ 




Légumes Frais 




Œufs 






Porc frais 






Poisson 




Bière 






Ctioux 






Vin 






Jamboi 


7 






Fromage 1 




Ctioci 


olat 




Fruits secs 
Beurre 
Lait 






1 
< 


Le 

Lé g 

San 

Suo 

Pain 

''omn 


wd soi 
urnes 
idoux 
•-e 

les de 


é 
s 

tt 


ecs 
'rre 


• 





Fig-. 18. 



M. .1. Lahor dit avec raison : « C'est aux vég-étariens surtout qu'il 
convient d'apprendre la science et l'art de manger, s ils veulent que 
leur nourriture soit suffisante sans que leur tube digestif ait une 
surcharge d'aliments. » Or les légumes secs et, surtout le soja, 
fournissent aux végétariens le moyen d'établir des rations végétales 
riches et peu encombrantes. 



468 



ETUDES ET MEMOIRES 



>; II. — Bcminéralisation. 



Le soja est quatre fois plus riche en substances minérales que la 
viande et deux fois plus riche en acide phosphorique. 

Or l'usage des aliments phosphores est capital. « Le phosphore 
sert à la construction des noyaux cellulaires, c'est-à-dire à la régé- 
nération même de la matière vivante et le physiologiste le consi- 
dère à juste titre comme la plus précieuse des espèces chimiques 
exigées par l'alimentation rationnelle '. » 

Mais les phosphates pour être assimilables doivent être élaborés 
dans un creuset particulier qui est le végétal 2. Les préparations 
minérales n'auraient aucun effet sur l'organisme humain. Le végétal 
est l'intermédiaire obligé entre le monde minéral et le monde animal 
pour l'assimilation des phosphates. 

Les recherches les plus récentes ont montré qu'on avait trop dé- 
laissé cette question de l'alimentation phosphatée et d'après 
M.Joulie: 

« Le développement extraordinaire à notre époque des maladies 
nerveuses groupées par l'école actuelle sous le nom de neuras- 
thénie n'a pas d'autres causes que l'affaiblissement du système ner- 
veux par suite des pertes d'acide phosphorique que lui fait éprouver 
son fonctionnement souvent exagéré et une alimentation pauvre en 
acide phosphorique. » 

Or on peut demander le phosphore, soit aux végétaux, soit à la 
viande, soit aux éléments phosphores animaux isolés : nucléines, 
lécithines. Or ces derniers éléments ont donné des résultats mau- 
vais ou douteux. Ils se sont souvent comportés comme des matières 
excrémentielles. Le régime carné est souvent dangereux à cause de 
ses apports de toxines. Les aliments végétaux concentrés paraissent 
donc les plus propres au régime de la réminéralisation. Le soja, 
grâce à sa grande richesse en matières minérales, doit tenir la pre- 
mière place à ce point de vue. 



1. Lcfèvrc, I-:x!unen scientifique du véç/élarisme. 

2. Martinet, Les uliinenls usuels. 



LE SOJA 469 

Ré(]imc antidiahétique. — L'alimentation antidiabétique était 
autrefois assez difficile à réaliseï^ économiquement. Peu d'aliments, 
en eflet, sont exempts de matières sucrées ou saccharilîables dans 
l'organisme. Ce qu'on a cherché surtout, c'est a obtenir un pain ne 
contenant que des matières insig-nifiantes de ces matières dange- 
reuses pour les diabétiques. Les pains de gluten, mal fabriqués et 
peu agréables, étaient encore trop riches en hydrates de carbone. 

C'est ainsi que le D'' Dujardiu-Haumetz a préconisé le pain de 
soja à l'hôpital Cochin : 

« 11 constitue, dit-il, un grand progrès dans IVdinientation des 
diabétiques. 11 se conserve très bien, est d'un goût relativement 
agréable et aurait, d'après Lecerf, la composition suivante : 

Eau 45,00 

Matières protéiques 20,00 

Matières grasses 9,350 

Matières amj^iacées et sucrées 2,794 

Acide phosphori(jue 0,86.3 

« Nous sommes loin des pains de gluten des meilleures marques 
qui contiennent au minimum 16 grammes de matières amylacées et 
sucrées. 

D'ailleurs sous toutes ses formes le soja est précieux pour les 
diabétiques. M. Lailleux, ancien interne des hôpitaux d'Alger, a 
signalé les beaux résultats obtenus chez les Arabes diabétiques en 
traitement à l'hôpital de Deg. Sous l'influence d'une alimentation 
dont la bouillie desojaétait la base, ils ont vu non seulement dimi- 
nuer la teneur en sucre de leurs urines, mais encore s'améliorer 
l'état des plaies qu'ils présentaient et qui, comme toutes celles de 
ce genre, avaient résisté aux traitements employés. 

Régimes divers. — Presque toutes les maladies (affections diges- 
tives, diathèse urique, goutte, lithiase rénale, migraine, affections 
hépatiques des voies urinaires, affections cardiaques, cutanées, ner- 
veuses) sont en relation directe avec l'alimentation. 

L'alimentation carnée ne convient pas à toutes ces affections : la 
viande produit de la purine, produit toxique pour l'organisme. Les 
produits végétaux en donnent beaucoup moins. 



470 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

Ainsi d'après M. Labbé bi viande de bœuf (bifteck) contient 
22,96 "/o de matières azotées et 0,2478 % depurine ; les lentilles qui 
contiennent 24,28 °/o de matières azotées ne produisent que 0,045 "/o 
de purine. Les produits végétaux peuvent donc donner autant 
d'azote que la viande tout en ne fournissant que quatre fois moins 
de toxines. 

Grâce à sa grande richesse nutritive sous un faible volume, le 
soja doit être recommandé aux dyspeptiques '. 

§ III. — Jiéffime lacté. 

Enfin le soja présente un très grand intérêt au point de vue du 
régime lacté et de l'allaitement artificiel. 

Ses principaux avantages sur les laits animaux sont : 

1° d'être plus économique ~ ; 

2° d'être à l'abri des maladies contagieuses. 

En effet, le lait de soja est plus riche que le lait de vache et coûte 
en même temps beaucoup moins cher. Gomme il ne se trouve pas 
en contact avec les animaux, il ne peut amener de maladies con- 
tagieuses. 

On pourrait dire peut-être que le lait de soja diffère de celui de 
la vache. Nous avons déjà eu l'oc jasion de discuter cette question '^ 
et nous pensons avoir montré que les ditTérences étaient très faibles 
et pratiquement négligeables. 



1. hahhc, Béyimes alimentair es. 

2. Malliieu, Le régime alimentaire. 

3. IJ-Yu Yin^-, Apropos chi soja hispida (Journal ir.ifiriciilliire prnliiiiic 12 jan- 
vier 19Jlj. ♦ 



LE SOJA 471 

PRODUITS ALIMENTAIRES A BASE DE SOJA 

Les produits alimentaires à base de soja sont très nombreux et 

très variés. On peut les classer ainsi : 

Lait normal 
Lail concentré 
Lait en poudre 
L Le lait de soja et ses dérivés ( Lait fermenté 

Caséo-Sojaïne 
(Fromage de soja) 
Caséine de soja. 
Farine de soja 
Pain de soja pour diabé- 

TT T <■ • 1 • * A' • ' J tiques 

IL La larine de soia et ses dérives < r^ • , . 

' Pain complet 



Gâteaux 
Biscottes 

III. L'huile de soja et les sous-produits (tourteaux). 

IV. Le soja comme légume. 

V. Produits condimentaires à base de soja fermenté*. 

^rr T^ , • , r. • ( Confiture de soja 

\ I. Produits de coniisene ^ ,-> i i 

( Poudre de soja. 

VIL Le soja comme café. 

TTTi t^ VI 1 • ( (Kiu-tsee) 

\ 111. rerments a base de soia ; ' , .. . , j i -^ j 

( rerments lactiques a base de lait de soja. 



LE LAIT DE SO.TA ET SES DERIVES 

§ I. — Le lail de soja. 

Le lait de soja, réalisé par le philosophe chinois Whai Nain Tze 
bien avant l'ère chrétienne, a été cité plusieurs fois en Europe par 
des auteurs agricoles ou médicaux ^ Il a fait l'objet en 1903 d'une 
communication de notre part au Congrès International de laiterie 2, 

Ou emploie pour la fabrication du lait, les graines blanches et 
jaunes. 

Fabrication. — Pour obtenir le lait de soja, il suffit, en principe, 



\. Champion, ISS'j. Industrie ancienne et moderne de l'empire chinois. 
2. Compte rendu du Congrès International de laiterie. 1905. 



472 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

de broyer les graines après les avoir laissées dans l'eau pendant 
24 heures. Les graines, broyées avec Teau de macération, donnent 
une bouillie qui est filtrée. Le filtrat constitue le lait végétal de 
soja. 

Fahricafiofi chinoise. — En Chine on emploie un procédé tout à 
fait rudimentaire. On se sert de meules en pierre de m. 50- 1 m. 
de diamètre environ, manœuvrées au moyen duu bâton par deux 
hommes ou par un animal. La courante est percée d un trou d'ali- 
mentation en forme d'entonnoir. 

Les deux hommes placés de part et d'autre des meules font 
décrire chacun, successivement, un demi-tour à la meule au 
moyen du bâton pendant que l'un d'eux verse de sa main restée 
libre le mélangée de graines et d'eau dans le trou d'alimentation. 

Il suinte entre les deux meules une bouillie qui est recueillie 
dans un récipient et versée dans un sac en toile ou elle est pressée. 
Le lait filtre à travers le sac dans lequel reste un tourteau jau- 
nâtre. 

Le rendement obtenu par ce procédé est naturellement très peu 
élevé. 

Fabrication moderne. — A l'Usine de la Gaséo-Sojaïne ^ la fabri- 
cation a lieu avec .tous les soins de propreté désirables pour un 
produit alimentaire comme le lait. Elle comprend : 

1° Le nettoyage des graines et la purification de l'eau ; 

2^ La fabrication proprement dite. 

Nettoyage. — Le nettoyage des graines s'opère à l'aide des appa- 
reils employés ordinairement en meunerie : épierreur, tarare, etc. 
Nous n'insisterons donc pas sur ces opérations. L'eau est filtrée de 
manière à donner au lait toute la pureté désirable. 

Fabrication proprement dite. — Elle comprend la mouture et la 
filtration. 

La mouture a lieu au moyen d'un moulin en pierre dans lequel 
arrivent en même temps les graines et leur eau de macération. La 
bouillie sortant de la meule tombe dans une cuve où la pompe du 
filtre vient 1 aspirer. 

1. L'usine de la « Casén-Sojaïne » aux Vallées (Seine) fal)ri(|nt' tous les produits 
déri\<'s du soja. 



LE SOJA 473 

La filtration a lieu dans un filtre-presse semblable à ceux 

employés en sucrerie. Le lait sortant du filtre peut être conduit 
dans une chaudière à stériliser. 




Fig. 19. — Fabrication du lait de soja à l'usine de la Caséo-Sojaïne 



On opère donc complètement à l'abri des poussières de l'air, on 
supprime les impuretés qui se trouvent dans les laits animaux et 
qui proviennent : 

1° Des récipients mal lavés ; 

2" Des poussières de l'air; 

3" Des débris de poils et de boue se détachant du pis et des 
flancs de la vache; 

4° Des mains et des vêtements de la personne qui fait la traite ; 

5° Des insectes qui tombent dans le lait ; 

6° Des maladies contagieuses dont l'animal peut être atteint. 

Nature du lait de soja. — A première vue le lait de soja ne 
diffère pas du lait animal et ne donne pas de dépôt. 

Examiné au microscope il apparaît fortement homogène et n'est 
pas du tout comparable au produit obtenu en délayant la farine du 
soja dans l'eau (fig. 20). 



474 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



Propriétés plu/siques du lait de soja. — Le lait de soja a des 
propriétés semblables à celles du lait animal. Il monte à l'ébulli- 
tion, s'attache ; l'ébullition ne se rét<^ularise qu'après que le lait a 
été retiré du feu à plusieurs reprises. Il se forme une pellicule 
solide à sa surface. 

Il a une odeur de malt. 

Son poids spécifique, d'après Prinsen \ est de 1,019 à 38". 





Fis- 20. 



Lait de soj.!. Farine de soja délayée dans Teau. 

[Vus an microscope.) 

Il est d'ailleurs variable avec sa concentration. 
Le point d'ébullition est à 101 1/2 environ. 

[A suivre.) Li Yu Ying, 

Conscillrr de /■"^ classe nii Ministère de V Agriculture de la (Ihine. 

et L. Grandvoinnet, 

liKjénicur agricole [G.). 



1. Prinsen, Einijïe Chinesischc ^^t^'y,\\u^\\uc\^\)vc\)■,\\•■A^■ [Chemiker Zeilunij. ::!» janvier 
1896). 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 

[Suite] 



X 

Matières textiles. Poils végétaux. 

Toutes conditions étant égales d'ailleurs, la résistance d'une 
fibre croît avec le diamètre ; c'est un fait aisé à comprendre et tout 
à fait conforme aux résultats de l'expérience. 

Définissons en second lieu le vrillag-e : Le vrillag-e est la torsion 
que la fibre prend sur elle-même dans le sens de la longueur ; son 
accentuation est un indice de bonne maturité. 

Une fibre bien mûre est fortement vrillée et présente sur une 
section transversale une forme plus ou moins ovoïde ou triangu- 




F. JIO. — Types de fibres mortes d'après Henry). 

laire ou trapézoïdale ; ses parois sont épaisses, sa résistance est 
élevée; une fibre incomplètement mûre n'offre qu'un petit nombre 
de vrilles, c'est-à-dire de tours de spires, sa section est aplatie, sa 
paroi mince et sa résistance médiocre. Enfin, on trouve aussi ce 
qu'on appelle des fîhi^es mortes, (fig. 110) dont le vrillage est nul, la 
section complètement aplatie, les parois très minces et translucides 
et la résistance négligeable. Ces fibres mortes proviennent de 
ce que la récolte a été faite avant la maturité complète des capsules 
ou de ce que le coton est resté trop longtemps exposé au soleil ; 
dans ce dernier cas les fibres perdent brusquement leur eau, se des- 
sèchent et leurs parois s'accolent; on dit qu'elles sont brûlées. 



476 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

On doit donc avant tout, dans la recherche de la résistance 
moyenne d'un lot de coton, tenir compte des variations de diamètre 
et de vrillag-e. 

Pour cela, on classe les libres du lot en quatre catégories : 

1° Fibres mortes, irrégulières, dont la résistance est nég-lig'eable ; 
2" fibres peu vrillées; 3" fd^res moyennement vrillées ; 4° fibres très 
vrillées. 

Il est évident que ces trois dernières catégories ont des limites 
un peu arbitraires ; on les fixe commodément de la manière sui- 
vante : Examinée au grossissement de 60 diamètres, une fibre pré- 
sente dans le champ du microscope * de à 20 vrilles; dans ces 
conditions, on considère comme très vrillées les fibres qui pré- 
sentent dans le champ plus de 6 vrilles, comme moyennement 
vrillées celles qui en ont de 3 à 6, comme peu vrillées celles qui 
ont moins de 3 vrilles. 

On fait alors le pourcentage des fibres des diverses catégories ; 
soient n,, n.,, n.^, n,^ les chiffres respectivement obtenus. 

Les diamètres ayant été mesurés pendant 1 observation micro- 
scopique qui a servi à constituer les catégories, on peut calculer les 
diamètres moyens : d^, do, dg, d,^ pour chaque groupe. 

Les fibres de la première catégorie n'ayant qu'une résistance 
négligeable, il n'y a pas lieu de s'en occuper. Dans chacune des 
autres catégories, on déterminera la résistance d'un certain nondsre 
de fibres prises au hasard et l'on calculera les résistances moyennes 
dans chaque catégorie pour l'ensemble des fibres essayées ; soient 
po, p3, P4 les nombres obtenus. Il faut ramener ces résistances au 
diamètre moyen de la catégorie; si 1 on prend la moyenne des dia- 
mètres des fibres essayées on obtient en effet des nombres oo, O;^, c; 
différents de d.,, d.,, d,^. On obtiendra les résistances moyennes rame- 
nées aux diamètres moyens par une simple proportion et l'on aura 
respectivement pour ces résistances : 

d, d, d,. 

^■i = P-i X .2 r, = p, X -' r, = p, X -* 

Co ^:> 2', 

De sorte que la résistance moyenne du lui, .t, sera donnée par 
la formule : 

^^ u, r| + n. r, + n, r., + n,. r, ^ 
n, -|- no -f n., -\- n,, 

1. Microscope V'crik : oculaire 2, objectifs. 



COURS DE BOTANIQUE COLONTALE APPLIQUÉE 477 

mais nous savons que r^ est nul et que la somme n^ 4- Uj + n3 -(- n, 
= 100, donc : 

_ n, r, + n.j r, + n^ r,^ 

îoô • 

Quant aux allongements, on prendra simplement la moyenne des 
nombres obtenus pour chaque catégorie ; on aura ainsi des allonge- 
ments moyens 1.,, I3, 1,, l'allongement 1, étant nul puisqu'il s'agit 
de fibres mortes ; l'allongement moyen pour l'ensemble du lot, y, 
se calculera par la formule : 

n., 1., -|- n., 1., + n, 1, 

^ ~ ^ îïïô ■ 

En divisant y par la longueur moyenne de tout le lot, déterminée 
comme nous l'avons indiqué précédemment, on aura l'allongement 
moyen par unité de longueur. Il faut remarquer d'ailleurs que les 
allongements mesurés sont la somme de deux phénomènes bien dif- 
férents ; en effet, la traction a pour premier résultat de supprimer 
le vrillage,ce qui donne un premier allongement ; puis c'est l'élasti- 
cité même de la paroi qui entre enjeu et fournit l'allongement com- 
plémentaire. 

Y. Henry a indiqué une autre méthode plus rapide pour détermi- 
ner la résistance moyenne, lorsqu'il s'agit de comparer des variétés 
ayant à peu près le même diamètre moyen; il n'y a plus alors à 
tenir compte que de la maturité des fibres. 11 est clair que plus la 
fibre approche de la maturité parfaite, plus sa paroi est épaisse ; 
dans ces conditions, l'action d'un des dissolvants de la cellulose sera 
plus ou moins rapide suivant que les fibres seront en moyenne plus 
ou moins mûres, c'est-à-dire plus ou moins résistantes. Le temps 
que mettra la dissolution à se produire pourra donc mesurer en 
quelque sorte la résistance cherchée, puisqu'il lui sera sensiblement 
proportionnel. Tel est le principe du procédé que l'on met en 
œuvre, en employant pour dissoudre les fibres, soit l'acide sulfu- 
rique, soit la liqueur de ScliweitzeT. 

d) De l'homogéiNéité. 

On appelle homogénéité d'une sorte de coton la propriété qu'elle 
possède dans ses diverses qualités d'avoir les différentes parties 



478 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

qui la composent de valeur à peu près uniforme. Au point de vue 
commercial riiomogénéité a une grande importance et dénote tou- 
jours une sorte bien cultivée et soigneusement préparée. 

S il est facile de comprendre ce qu'est l'homogénéité et d'en sai- 
sir l'importance, il est beaucoup plus délicat de la représenter numé- 
riquement. 

Considérons, par exemple, Vhomogénéité de longueur, celle dont 
on s'occupe le plus souvent. L'idée la plus simple qui se présente 
à l'esprit est de considérer cette homogénéité comme inversement 
proportionnelle à l'écart qui existe entre la longueur maxima et la 
longueur minima des fibres de l'échantillon considéré, c'est-à-dire 
de la représenter par l'inverse de cet écart. Plus celui-ci sera grand, 
plus l'homogénéité sera faible et inversement. 

Mais il peut arriver que les fibres se rapprochant des dimensions 
extrêmes soient peu nombreuses alors que la grande majorité 
s'écarte peu d'une dimension moyenne ; il est évident que notre 
notation nous donnera dans ce cas une idée absolument fausse de 
1 homogénéité réelle. 

Si l'on opère comme nous l'avons indiqué pour obtenir la lon- 
gueur moyenne d'un lot de coton, on est amené à comparer entre 
elles les diverses mèches dont les fibres ont été mesurées séparé- 
ment et à établir une longueur moyenne pour cha(jue mèche. Soient 
L la moyenne maxima et / la moyenne minima ainsi trouvées pour 
toutes les mèches constituant le lot. On pourra considérer comme 
mesurant l'homogénéité de lon^-ueur d'une façon satisfaisante la 

on » 



quantité 



L — 1" 



Plus y aura d'écart entre L et / et plus fail)le sera ce quotient, 
c'est-à-dire l'homogénéité ; à mesure que / se rapproche de /-, L-l 
diminue et le quotient s'accroît. A ce chiffre d'homogénéité, il sera 
toujours bon d'adjoindre la longueur maxima et la longueur minima 
observées. Si l'on voulait arriver à une mesure plus rigoureuse de 
l'homogénéité, il faudrait tenir compte des variations (jiii se pro- 
duisent d'une manière constante sur une même graine et dans une 
même capsule, même chez les sortes les mieux cultivées. On choi- 
sirait alors comme étalon la sorte qui donnerait pour L — Z le 
chilîre minimum "/,,, et l'on désignerait par 1 son homogénéité. Alors 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 479 

l'homogénéité relative d'une sorte donnant un écart a serait repré- 
sentée par : 

TT ^^ '■() 



L'homogénéité serait donc dans ce cas représentée par une frac- 
tion dont le maximum serait l'unité pour l'échantillon étalon. Mais 
c'est là une conception théorique; une pareille manière de coter est 
trop complicpiée pour entrer dans la pratique. 

Il est évident que l'homogénéité de diamètre et celle de résistance 
peuvent être comprises d'une façon parallèle et traduites en nombre 
par les mêmes procédés ; nous n'y insisterons pas. 

Signalons enfin que dans l'étude des diamètres, il ne faut point 
se contenter de nombres pour caractériser une sorte; on doit en 
outre examiner soigneusement les fibres au microscope afin de rele- 
ver la proportion de fibres défectueuses telles que fibres mortes, 
fibres présentant des renflements latéraux, fibres difformes, noueuses, 
à parois accolées, à épaississements anormaux, tous éléments qui 
contribuent à diminuer la valeur d'un coton. 

G. — Poils des Bombacées. 

Parmi les poils des Bombacées, il faut placer au premier rang le 
Kapok de Java, qui est fourni par Y Erlodendron anfractuosuin. 
C'est un arbre de dimensions énormes pouvant dépasser 30 mètres 
de hauteur, dont le tronc est armé de piquants surtout dans le jeune 
âge ; son port rappelle un peu celui du cèdre ; les feuilles sont à 
lobes palmés et les fleurs très nombreuses d'un blanc jaunâtre. Les 
fruits très abondants sont des capsules ligneuses à cinq valves, 
tapissés intérieurement d'un bourre épaisse, soyeuse, dont les poils 
tirent leur origine de l'épiderme interne des carpelles (fig. 111) ; 
les graines sont enfouies dans cette bourre, mais elles en sont indé- 
pendantes ; ce ne sont pas elles qui portent les poils comme dans 
le fruit du cotonnier. 

Usages et propriétés. — On ' a d'abord cherché à utiliser les 
1, Marcel Dubard, Utilisation des poils végétaux. Le Kapok (La Nature, n° 1705). 



480 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



poils de Kapok à la façon de ceux du coton ; alors que ceux-ci sont 
constitués par de la cellulose pure, les poils de Kapok présentent 
déjà une lignification assez accentuée, mais beaucoup moins intense 
cependant que chez les soies végétales ; ils possèdent donc une sou- 
plesse relative, pouvant à la rigueur permettre leur emjDloi comme 
textile ; mais les premiers essais de filature n'ont donné que de 
mauvais résultats; c'est que les poils d'£'riO(/e/î(:/ro/i joignent à une 
faible longueur (20 mm. en moyenne) une minceur de paroi qui leur 
donne trop d'élasticité et fort peu de résistance, conditions défavo- 




Fig. 111. — Fruit de Frumagor commcnvanl à s'ouvrir (d'aijrès Sadebeck). 



rables pour la consLitulion des tissus. Ou décida donc que le Kapok 
était un mauvais textile, qu'il était impossible de le considérer 
comme succédané du coton et son emploi fut à peu près complète- 
ment abandonné. 

Les indigènes s'en servaient toutefois depuis longtemps comme 
matière de rembourrage et cet usage, d'abord très local, s'est peu à 
peu généralisé ; il est même arrivé que les objets de literie qui en 
étaient remplis linirent par être fort estimés, car les défauts du 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 481 

Kapok, considéré comme textile, devenaient des qualités très appré- 
ciables pour les nouvelles applications ; les matelas et coussins qui 
en sont constitués possèdent en effet de la légèreté due à la min- 
ceur des parois des poils et se déforment très peu par suite même de 
leur élasticité. 

Le Kapok entra donc subitement en faveur et sa consommation 
commença à prendre un réel développement par son emploi aux 
colonies dans le matériel de campement. 

L'essor fut plus g-rand encore lorsque des expériences eurent mis 
en évidence la flottabilité particulière du Kapok ; cette particularité 
était à prévoir d'après la structure même des poils. 

(( Ceux-ci sont en effet unicellulaires, à paroi mince, un peu cuti- 
nisée de S à 6 ;j, d'épaisseur, limitant une cavité de 2o à 30 [j. en 
moyenne et remplie d'air. Jamais ils ne se contournent sur eux- 
mêmes à la façon du coton, ce qui tient évidemment à la nature 
chimique de leur membrane, mais souvent ces poils se replient sur 
eux-mêmes et par endroit ces replis simulent l'apparition de cloi- 
sons transversales '. » La forme du poil est a sez régulièrement 
cylindrique avec une base un peu élargie et obtuse, caractérisée par 
la présence dé ponctuations presque linéaires (fîg. 112. 

La force portative des éléments est encore accrue pour l'ensemble 
de la bourre par l'enclievêtrement des filaments qui emprisonnent 
un volume notable d'air. Enfin, un fait capital à noter est la dimi- 
nution très lente de la flottabilité à la suite d'une immersion pro- 
longée ; un kilo de Kapok de bonne qualité possède une force por- 
tative initiale d'environ 30 kilos et n'en perd guère que la quinzième 
partie après huit jours d'immersion et la cinquième après trois 
semaines. 

Le Kapok, lorsque ses propriétés de flottabilité furent bien con- 
nues et qu'on se fut rendu compte de sa supériorité sur le liège, fut 
appelé à jouer un rôle prépondérant dans la confection des appa- 
reils de sauvetage et fut mis immédiatement en usage dans les 
marines de guerre, russe, anglaise et allemande, puis peu à peu dans 
celles des autres Etats. 

Il faut signaler cependant certains mécomptes qui ont amené le 
gouvernement américain à en proscrire momentanément l'emploi ; 

1. E. Perrot, Des produits utiles des Bombaxet en particulier du Kapok (Bull. Jard. 
col., janv. 1905). 

But. du Jardin colonial. 1911. II. — N° 105. 33 








Fij;. 112. — Poils de vé},'étaux divers : 1. Kapok de Java {Erioderuiron ;infr;iclii(jsiiinj ; 
2. Ka|)()k dellndc {liomhitT reibu) : A. liomhiix li<^plapliyllnm ; 1. B.huonopozense; 
5. Ocliroma l.ni/nfjiis : ti Po/mlus nif/ni (d'après Perrot). 



COURS DE BOTAMOUE COLOîSIALE APPLIQUÉE 483 

mais il a été reconnu par de nombreuses expériences que les insuc- 
cès étaient dus à .l'emploi d'ouates de mauvaise qualité, chez les- 
quelles la force portative peut se trouver réduite de plus de moitié 
par rapport aux sortes supérieures, C'est qu'il existe des Kapoks 
d'origine botanique et géographique différentes et présentant entre 
eux des écarts considérables, presque du simple au triple, dans la 
propriété de tlottabilité. 

Pour qu'un Kapok soit de bonne qualité, il faut en effet d'abord, 
que comprimé en pelote entre les doigts, il se détende ensuite rapi- 
dement et reprenne en quelques minutes son volume primitif; en 
second lieu, la pelote trempée dans l'eau, puis pressurée comme une 
éponge doit sécher très vite, le Kapok n'étant mouillé qu'à la sur- 
face. Les Kapoks ayant été travaillés à la machine renferment beau- 
coup de poils brisés et sont peu élastiques et la dessiccation lente 
après immersion est l'indice d'un mélange avec des déchets de 
coton. 

Dans tous les cas, même lorsqu'il s'agit de Kapoks purs et prépa- 
rés avec soin, la force portative minima exigée pour les appareils de 
sauvetage est de 30 fois le poids de la bourre. 

Origine. — Le Kapok de Java est, comme nous l'avons dit, fourni 
par VEriocIendron anfractuosiim. Mais, si ce produit est surtout 
exporté des Indes néerlandaises, l'essence qui le donne est une des 
plus répandues dans la zone tropicale. On la rencontre, en effet, en 
Amérique (Mexique, Antilles, Guyane); dans l'Afrique tropicale, 
en Asie méridionale, dans l'Archipel malais, etc. Elle est très con- 
nue dans les possessions françaises sous le nom de Fromager^ qui 
provient, sans doute, de la facilité avec laquelle son bois se laisse 
entailler. 

Un autre genre de Bombacées fournit aussi des produits similaires; 
ce sont les Bonihax ; ils comptent également parmi les géants du 
règne végétal et sont assez analogues kV Eriodendron. Le caractère 
botanique permettant de distinguer les deux genres réside dans la 
disposition des étamines. Chez les Eriodendron, celles-ci sont 
soudées à la base en une colonnette qui se partage à la partie supé- 
rieure en cinq branches portant les anthères, tandis que chez les 
Bombax les filets staminaux sont très nombreux et libres sur une 
grande longueur. 

La principale espèce de Bonihax exploitée pour le duvet de ses 



484 ÉTUDES ET IMÉ MOIRES 

fruits est le B. Ceiba L. qu'on rencontre en Indo-Chine et parti- 
culièrement au Tonkin ; il se distingue facilement de VEriodendron. 
à première vue, par ses fleurs roug-es. On exploite aussi localement 
et Ton pourrait dans bien des cas tirer un parti avantageux d'autres 
espèces du même genre, telles que le B. huonopozense signalé par 
Palisot de Beauvois en Afrique occidentale et les B. cambodgiense 
et anceps rencontrés par Pierre, le premier dans la province cam- 
bodgienne de Tran , le second sur les hauteurs de la province de 
Baria (Gochinchine), décrits tous deux dans la grande flore fores- 
tière de la Gochinchine. 

Il résulte des études délicates auxquelles s'est livré M. Perrot sur 
les poils des Eriodendron et des Bomhax, qu'il n'est pas possible 
de déterminer de caractères difl'érentiels bien nets permettant de 
déceler l'origine botanique de ces produits d'une manière certaine. 
Cependant, il existe au point de vue des propriétés spéciales de ces 
poils, des difl^érences notables, soit que l'on considère des espèces 
différentes ou même des variétés d'une même espèce, soit qu'il 
s'agisse de produits d'origine géographique variée, différences qui 
permettent de les répartir industriellement en une série de qualités, 
suivant les usages auxquels on les destine. C'est là un fait essentiel 
qu'on ne doit pas perdre de vue et, en définitive, c'est surtout la 
mesure de la force portative qu'il importe d'opérer pour déterminer 
la valeur commerciale d'une bourre donnée. 

C'est Java qui fournit actuellement la plus grande quantité de 
Kapok et sa production est à peu près complètement absorbée par 
la Hollande où elle arrive sur les marchés d'Amsterdam et de Rot- 
terdam; elle peutêtre évaluée actuellement à environ 2.800 tonnes. 
L'arbre à Kapok est même cultivé à Java' sur une assez grande 
échelle et dans la partie centrale de l'île, on compte plus de cin- 
quante exploitations récoltant de Kapok soit comme produit acces- 
soire, soit même comme produit principal. Parmi les colonies 
françaises, c'est l'Indo-Chine qui fournit la plus grande quantité 
de Kapok, particulièrement au Cambodge où des cultures ont été 
entreprises et en Cochinchine ; mais la production semble à peu 



1. La meilleure qualité est obtenue sur les arbres cultivés à une altitude inférieure 
à 200 mètres ; au-dessus, la fructification est moins abondante, plus tardive et les 
fruits ne mûrissent souvent (ju'incomplètement, d'où un abaissement notable de la 
valeur du produit. 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 485 

près complètement consommée par les indigènes, comme matière de 
rembourrage. 

Madagascar a fait aussi de sérieux efforts pour la production du 
Kapok ; des plantations ont été effectuées à la station d'essais de 
rivoloïna par les services agricoles et plusieurs colons exploitent 
déjà la bourre d'Eriodendron. 

Les colonies françaises de la côte occidentale d'Afrique possèdent 
aussi r Erlodendron et la Guinée, en particulier, serait capable de 
fournir une quantité importante du produit. 

L'exploitation des arbres à Kapok peut d'ailleurs donner des pro- 
duits secondaires, dont lintérét n'est pas à négliger ; la graine four- 
nit, en etfet, une huile comestible rappelant au goût celle de l'ara- 
chide ; le tourteau possède une assez grande valeur nutritive et 
peut servir à l'alimentation du bétail. 

On a quelquefois préconisé l'emploi du Fromager comme arbre 
d'ombrage dans les cultures ; il possède l'avantage de pousser très 
vite ; mais dès qu'il a atteint une taille assez considérable, il peut- 
être renversé même par un vent peu violent, étant donnée la faible 
résistance de son bois, et cause alors des dégâts considérables dans 
les exploitations. 

D. — Soies végétales. 

Les poils qui forment les aigrettes des graines d'Asclépiadéessont 
assez longs pour être lîlés mais leur lignification les rend fragiles et 
cassants et leur emploi, pour cette raison, devient à peu près impos- 
sible. On les a parfois mélangés au coton; mais les tissus obtenus 
sont hétérogènes et se détruisent aux premières lessives par suite 
de rentraînement des libres étrangères au coton. 

Ces productions ne peuvent même être assimilées au Kapok 
comn^e matière de rembourrage, à cause de leur faible élasticité et 
de leur poids beaucoup plus considérable sous un même volume ; 
à plus forte raison, n'y a-t-il pas lieu d'y songer pour la fabrication 
des appareils de sauvetage. On a quelquefois proposé de les utiliser 
dans l'industrie de la fleur artificielle; en ligaturant le.s poils de 
l'aigrette vers leur extrémité lorsque celle-ci adhère encore à la graine 
et en la détachant ensuite, on obtient de petites boules soyeuses 
qu'on peut teindre de diverses couleurs. Mais ce sont des produits 
d'un intérêt très secondaire. 



486 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



Parmi les soies végétales les plus connues, il faut citer les poils 
de YAsclepia curassavica L. des Indes occidentales et de TAmé- 
rique du sud, de VA. syriaca L. de l'Amérique boréale, de certains 
Marsdcnia de l'Inde, du Calotropis procera Willd. [Louc-Mouc] 
originaire des Indes orientales, très répandu en Arabie, Abyssinie, 
Égvpteet même dans la région soudanienne, du C g'ujantca Willd., 




-i -0" .« 



Fig. ll.i. 



l'ilocere.ns luteralis Kint de Piiebl.i : dapi-rs Dij^uct. 



localise dans llnde et à Ceylan, des Ti/lophora, Hoya^ Pcriploca. 
La meilleure de toutes les soies végalales paraît être fournie par 
une ApodVnée de l'Inde, \q Beaumonlia grandi flora Wall. ; les poils 
on sont très longs (5 cent, environ), très blancs et aussi résistants 
(pic li'S([ualités moyennes de coton ; la lignification est d'autre part 
moins accentuée que chez les soies d'Asclépiadées. 



COURS DE BOTANIQUE COLONIALE APPLIQUÉE 487 

Enfin ^ nous ne pouvons terminer ce chapitre, sans signaler les 
poils fournis par certaines Cactées et qui ont une apparence laineuse. 
Ces poils proviennent du tomentum qui recouvre les tiges chez les 
Pilocereus^ mais ils ne sont pas, chez toutes les espèces, susceptibles 
d'être utilisés, car souvent ils sont courts, rudes et cassants. 

« Deux espèces ont été employées par les indigènes de certaines 
contrées du Mexique : ce sont le Pilocereiis lateralis Web. et une 
autre espèce probablement nouvelle, à laquelle le D"^ Weber avait 
provisoirement donné le nom de P. alensis. » 

Le P. lateralis est une espèce des plus étranges par son allure 
(fig. 113) ; elle consiste en une seule tige non ramifiée, d'une forme 
conique très allongée, pouvant atteindre une hauteur de 10 mètres ; 
la laine s'étend sur un seul côté et forme sur les deux tiers de la 
plante, une étroite bande large tout au plus de 30 centimètres. Le 
P. alensis est au contraire une Gactée très ramifiée, dont certains 
rameaux portent un tomentum terminal. 

La laine de ces Cercus est employée comme matière de rembour- 
rage et aussi en mélange avec du poil de lapin ou de la laine de 
mouton pour faire des feutres. 

l. Voir à ce sujet : Dicuf-t, Élude sur les principales Cactées utilisées au Mexique 
et susceptibles dêtre introduites dans les régions désertiques des colonies françaises 
(Bul. Soc. nat. Acci., 1906). 

[A suivre.) Marcel Dubard, 

Maître de Conférences à la Sorbonne, 
Professeur à V Ecole supérieure 
cV Agriculture coloniale. 



LES EUCALYPTUS 

[Suite.) 



La plantation faite par nous sur fossés horizontaux, dans un 
terrain très en pente, est encore plus belle, parce que le sol avait 
été plus profondément travaillé ; enfin, les éboulements de chaque 
saison hivernale n'ont plus lieu, attendu que les racines de ces 
arbres maintiennent les terres et les obligent à conserver toute la 
végétation arbustive qui s'est développée sous leur ombre. 

Le rôle que jouera l'Eucaljptus dans les futurs reboisements est 
énorme ; il est à peu près impossible d'en prévoir les conséquences 
sur la culture, l'assainissement et sur Taugmentation probable de 
la population : l'avenir est devant les jeunes qui auront écouté la 
voix de la sagesse. 

Faire croître des arbres, là oii il ny avait jusqu'alors que rochers 
et chardons, c'est faire œuvre la plus méritoire et la plus digne de 
mériter V approbation et la reconnaissance des agriculteurs éclairés 
dans le présent et dans l'avenir. Vraisemblablement, ce sont princi- 
palement nos successeurs qui en bénéficieront le plus, quoique, en 
quelques années, les reboiseurs en retireront déjà de sérieuses 
satisfactions : 1" par l'assainissement d'abord ; 2° par la diminution 
des insectes ; 3" par la plus grande humidité atmosphérique qui en 
résultera certainement ; 4° enfin par le bois de chauffage, de char- 
pente, etc., qu'ils en obtiendront, et en même temps ils assurent 
l'aisance aux générations futures. 

Toutes ces raisons doivent militer en faveur du reboisement à 
outrance en Algérie et partout ailleurs. 

A ce propos, nous lisons dans la Bévue mensuelle du Touring 
Club de France, de septembre 1905, sous la signature de M. Oné- 
sime Reclus, les quelques lignes suivantes : 

(( C'est pour avoir été tant do fois témoins des ruines presque 
impromptu ; 

« Pour avoir vu si souvent la cliute de la cime, le décollement ou 
la déchirure de la pente, la destruction de la prairie et du verger, 



L EUCALYPTUS 



489 



la mort de la source et la fureur du torrent suivre immédiatement 
la mort de la forêt, le châtiment punir aussitôt le crime ; ♦ 

« Pour avoir observé qu'à chaque arbre disparu de la montagne, 
la rumeur du torrent réveillait plus d'échos, que sa force grandis- 
sait, qu'il entrechoquait plus de rochers et des rochers plus gros, 
qu'ainsi, toujours plus il désossait le mont ; et que chaque rocher 
de plus, entraîné par le Ilot ou déraciné par l'avalanche, c'était, au 
loin, plus de sable et de vase dans le fleuve, dans l'estuaire et 
nos meilleures rivières incapables de porter un bateau qui ne soit 
pas un simple canot ; 

(( C'est pour tout cela que forestiers, géologues, géographes, 
montagnards, planicoles, bref, tout le monde a fini par savoir la 
vérité vraie, qui est celle-ci : 

« Le salut de la montagne est dans le reboisement ; le salut de la 
plaine est dans le reboisement ; le salut des rivières est dans le 
reboisement ; le salut de la terre est dans le reboisement. » 

Ceci est très bien dit, mais M. 0. Reclus eût pu ajouter : 

La santé publique repose sur le reboisement. 

Néanmoins, nous sommes entièrement d'accord, car dans le 
reboisement réside la force et la grandeur à venir de l'Agriculture. 

SEMIS ET CULTURE DES EUCALYPTUS EN PÉPINIÈRE 

Quoique certaines espèces d'Eucalyptus pourraient se semer en 
planche, en pleine terre, c'est un mode de multiplication que nous 
ne conseillons pas, parce que ce système est précaire et un peu 
aléatoire, étant plus exposé aux intempéries de l'hiver ; d'autre 
part, le repiquage direct en plein champ, offre peu de chances de 
réussite, vu qu'il est matériellement impossible de surveiller 
convenablement la plantation. 

Le semis à demeure n'étant pas pratique, pour les mêmes raisons 
que ci-dessus, on l'exécute en pots ou en terrines, à des époques 
déterminées, et ainsi, la réussite est toujours assurée. 

L'Eucalyptus que l'on s'imaginerait de retirer de pleine terre, 
pour le transplanter en plein champ, même en motte, est voué à une 
mort certaine, tandis que celui que l'on repique en pot et dont la 
reprise est complète, une fois livré à la pleine terre, est assuré de 
s y établir et d'y végéter vigoureusement. 



490 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



Le semis d'Eucalyptus, fait directement sur place a été tenté à 
diverse» reprises mais sans donner aucun résultat pratique, de 
plus, il fallait de plus grandes quantités de semences, ce qui était 
onéreux. 

Dans le midi de la France, en Italie et en Espagne, il convient 
de semer les g-raines d'Eucalyptus dans le courant du mois d'août ; 
en Algérie, le semis doit être exécuté de janvier à fin avril, mais 
mieux à cette dernière époque. 






Fif;-. 18. Germinations. — 1. Eucalyptus macrocarpa. 

2. Aniyji'dalina. 

3. Melliudora. 

4. Mar^inata . 



Dans le premier cas sous châssis, en pots, en terrines ou en 
caisses ; dans le second cas, dans des récipients semblables, mais 
en les i^ecouvrant simplement d'une lame de verre et en maintenant 
fraîche mais non inondée la terre dans laquelle se trouvent les graines. 

Le sol doit être composé de terreau de feuilles mélangées avec 
partie égale de terre légère de jardin. 

Les graines sont répandues très uniformément, et pas trop épais ; 
on les enterre à peine d'un millimètre de terreau ; on arrose quand 
le besoin s'en fait sentir ; en peu de jours la germination se 
produit, si la température et la fraîcheur sont suffisantes. 

(Juand les plants ont cinq ou six feuilles, on les relève avec pré- 
caution — au moyen d'une spatule en bois — pour ne pas blesser 
les jeunes racines, puis on les repique séparément dans des godets 



L EUCALYPTUS 



491 



de cinq à six cent, de diamètre, où ils resteront jusqu'au moment 
de leur mise en place en pleine terre. Si Ton ne dispose pas de 
récipients enterre, il est facile dans les colonies, d'y remédier par 
l'emploi d entre-nœuds, de bambou ou de feuilles de Pandanus, 
comme le démontre la figure 17. 

Au fur et k mesure du repiquage dans les godets, on range 
ceux-ci près à près dans un coffre; ce travail terminé, arroser copieu- 
sement, de manière à tremper convenablement la terre, puis on 
ferme hermétiquement en posant dessus un châssis vitré, de telle 
sorte que l'air n'y puisse pénétrer. Huit jours après environ 






Fig. 19. Germinations. — 1. Eucalyptus stricta. 

2. Sieberiana. 

3. Piperita. 

4. Glubulus. 



on pourra aérer d'abord pendant une heure ou deux, puis 
successivement un peu plus, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que la 
végétation se met en mouvement. Dès lors, on peut retirer complè- 
tement le châssis, pendant le jour, mais il faut le remettre en place 
le soir. 

Ceci concerne les semis exécutés dans le Midi de la France. Dès 
que l'automne arrive, on prendra un peu plus de précautions, surtout 
le soir ; il est indispensable de n'arroser que modérément tant en 
automne qu'en hiver, car les Eucalyptus dans leur jeune âge 
craignent une trop grande humidité et l'eau stagnante. En tout 
temps, il est indispensable d'aérer aux heures du jour où le soleil 



492 



ÉTUDES ET MÉMOIRES 



brille, afin que la trop forte chaleur concentrée sous les châssis ne 
brûle pas les jeunes plants. On ne doit arroser que le soir et si le 
besoin s'en fait sentir 

En prenant les quelques précautions indiquées ci-dessus, on ne 
saurait faire autrement que de réussir à obtenir une grande quan- 





\.à*,jr 




Fig. 20. Gerininations. 



1. Eucalyptus calophylla. 

2. Ali)ina. 

3. Corymbosa. 
i. Oblirpia . 



tité de plants qui reviendront ainsi à un j)rix minime (environ 
1 fr. oOà 2 fr. le cent). 

En Algérie et en Tunisie, nous avons vu qu'on semait (K'i)uis 
janvier à fin avril ; semés comme ci-dessus, dès que les plants sont 
assez forts (ayant 5 à 6 feuilles), on les repi(|ue en godets de o 
à 6 centimètres de diamètre, en prenant les précautions (|ue nous 
avons indiquées. 

On doit opérer de même pour la reprise en godets, mais dès que 
les jeunes plants seront en marche vers une végétatation active. 



l'eucalyptus 493 

on les sortira du cotFre et on les enterrera (avec les godets) à même 
le sol et en les espaçant sutTisamment pour qu'ils puissent se déve- 
lopper convenablement et sans se gêner. 

Pour placer ces godets en pépinière, on doit avoir à sa disposi- 
tion, un sol léger, que l'on bêche avant l'emploi, puis après l'avoir 
bien égalisé, on en forme des planches de 1 m. oO de largeur sur 
la longueur que Ion désire ; sur cette surface ainsi préparée, on 
trace des rayons (avec le cordeau) tous les 20 ou 25 centimètres et 
c'est, sur ces rayons même, que le centre du godet doit s'enfoncer. 
Pour ce faire, on aura à sa disposition un morceau de bois — 
sorte de plantoir du diamètre du pot — rond et pointu, que l'on 
enfonce à l'endroit où doit venir se poser le godet ; dans le trou 
ainsi foré, on enfouit le pot contenant le jeune plant), sansdépasser 
le boi-d supérieur. On arrive ainsi à placer, très régulièrement, 
en pépinière, tous les Eucalyptus que l'on a, et comme ils sont 
bien repris, pour peu que l'entretien soit convenable, un ou deux 
mois plus tard, et même plus tôt, la plantation peut être faite à 
demeure en pleine terre. 

La mise en place des jeunes sujets a lieu généralement vers le 
mois d'octobre, lors des premières pluies; on peut du reste planter 
les Eucalyptus toute l'année et en n'importe quelle saison, si l'on 
a de l'eau à sa disposition. 

Cejaendant, les plants provenant de semis faits en janvier doivent 
déjà être très forts en octobre — même trop — ; alors il est préfé- 
rable de les planter longtemps avant, c'est-à-dire en juin-juillet, 
si possible, et dans les sols frais. 

Ces plants-là boudent un certain temps, mais aux premières 
pluies d'automne ils partent vigoureusement ; les plantations faites 
en octobre-novembre — de plants issus en mars-avril — s'éta- 
blissent parfaitement au cours de l'hiver et au printemps sont déjà 
bien développés. En règle générale, ces dernières plantations 
atteignent (suivant les espèces), au mois d'octobre de l'année sui- 
vante, de 3 à 6 mètres de hauteur, sans avoir reçu une goutte 
d'eau au cours de l'été. 

Nous avons vu des Eucalyptus, plantés en plein mois d'août, 
mais sur rigole d'irrigation, atteindre 2 m. 50 trois mois plus tard ; 
néanmoins ceci est exceptionnel et ne saurait être réalisé autre part 
que dans les lieux où l'on possède de l'eau en abondance. 

Dans tous les cas où il s'agira de planter de grandes surfaces de 



494 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

terrain chaque année, il faudra aussi renouveler les semis aux mêmes 
époques indiquées ci-dessus, car il est impossible de planter des 
centaines d hectares la même année, à moins d'avoir à sa disposi- 
tion un nombreux personnel, habile à faire ce travail, pourtant 
très simple. 

Nous estimons quil faut qu'on ait à sa disposition, par hectare, 
5.000 plants, pour que ceux-ci se développent convenablement et 
que l'on puisse espérer de son reboisement un bénéfice certain en 
poutres, poteaux télégraphiques, etc., en un laps restreint de 8 à 
10 années. 

Avec ce chiffre minimum, que nous donnons comme base 
approximative et après expérience, on pourra être fixé sur la quan- 
tité de plants dont on pourrait avoir besoin. De toutes manières, 
il est indispensable d'avoir à sa disposition un matériel de châssis 
et de pots suffisants, pour qu'on ne soit pas pris au dépourvu au 
moment du repiquage des jeunes semis, qu'il est essentiel de faire 
reprendre à l'étouffée. A la rigueur, il est possible de fnire des 
repiquages en pots, à l'air libre, mais dans ce dernier cas, la 
reprise est plus longue et plus aléatoire. 

Pourtant nous avons procédé ainsi et nous ne nous en sommes pas 
mal trouvé. 11 va sans dire que, dans ces dernières conditions, l'on 
doit placer les repiquages en lieu bien ombré et qu'il faut ensuite 
les habituer peu à peu au grand soleil, pour qu'ils puissent enfin 
braver toutes les intempéries. 

Cependant, si l'on ne possède pas de châssis vitrés, ce qui est le 
cas dans bon nombre de colonies, on y supplée par des cadres en 
bois, grossièrement assemblés, sur lesquels on fixe un papier fort, 
huilé préalablement avec de l'huile de lin. Ces châssis sont légers, 
pratiques, coûtent un prix dérisoire ; de plus, ils sont des plus 
maniables. 

Nous allons maintenant passer à l'étude de la plantation et indi- 
quer les meilleures méthodes jjour arriver à un lésultat sûr et 
certain, sans pertes — par trop grandes — et sans aléa. 

Époque de plantation. — Exécution. — Choix des plants. — 
Espacement. — Prix de revient a l'hectare, en montagne, 
en plaine, etc, — u apport. 

La meilleure épo{jue de plantation pour le Midi de la France, 
c'est le mois de mai, dans n'importe quelle région ; en Algérie et 



l'eucalyptus 495 

en Tunisie, dès les premières pluies en octobre ou en novembre, 
quelquefois décembre, si les pluies sont par trop tardives, ce qui se 
produit cinq fois sur dix années qui se suivent. 

Dans le Midi comme en Algérie, les plants s'établissent rapide- 
ment et, on est tout surpris au bout de quelques mois, de voir les 
arbres prendre une extension considérable. 

Nous savons bien que dans les deux régions ci-dessus, ces plan- 
tations doivent se faire en une saison où le travail abonde de tous 
côtés, mais il suffit de se prémunir d'avance du personnel dont on 
a besoin, pour ne pas être pris au dépourvu. 

On peut avoir à sa disposition des terrains défrichés et d'autres 
qui ne le sont pas. 

Les premiers sont labourés profondément, s'il n'y a pas d'in- 
convénient à le faire, à cause des pierres, souches, etc. Si ces deux 
causes d'impossibilité de labourer existent, il faut alors se conten- 
ter de planter sur des trous faits à la houe ou à la bêche ; à la houe le 
travail est plus facile et partant plus économique. Quoi qu'il en 
soit, nous conseillons, s'il y a des souches et des pierres dans le 
terrain qu'on veut boiser, de ne pas s'en préoccuper et de planter 
dans les intervalles. 

On se trouve aussi en présence de terrains en montagne ou sur 
des collines incultivables ; avec nos outils perfectionnés, la culture 
y est impossible parce qu'ils sont couverts de palmiers nains, de 
lantisques ou autres espèces propres à l'Algérie et à la Tunisie. 

On peut se dispenser de détruire complètement ces végétaux para- 
sites, ils abriteront les jeunes plants, non seulement contre le vent, 
mais encore contre le froid (qui ne manquera pas parfois de se pro- 
duire) et assureront leur reprise. 

Il va sans dire que la plantation des Eucalyptus doit se faire 
régulièrement; mais comme dans de tels sols, il est impossible de 
tendre des cordeaux, on se repérera, comme le font les employés 
des Ponts et Chaussées, au moyen de mires, dont tout le monde 
connaît l'emploi. 

Si le sol qu'on désire planter d'Eucalyptus était trop couvert de 
hautes broussailles, celles-ci seraient coupées, mais les souches 
laissées en terre ; elles repousseront et plus tard seront utiles pour 
préserver les jeunes Eucalyptus de la dent des animaux domes- 
tiques et sauvages. 

Si l'on ne veut pas se donner la peine de couper les broussailles 



i96 * ETUDES ET MÉMOIRES 

il n y a qu'à les incendier, en prenant les précautions d'usage, 
pour ne pas propag-er le feu chez son voisin. Rien ne flambe aussi 
bien que le lantisque, qu'on appelle aussi brûle-capote, nom donné 
par nos soldats, en 1830, par suite de sa facilité à brûler et 
auquel les Arabes mettaient le feu, croyant arrêter nos vaillants 
troupiers dans leur marche en avant. 

Dans tous les lieux marécageux et humides, on choisira de 
préférence le mois de juin, en agissant comme en montagnes et 
en plantant des lignes droites, pour que les plantations soient bien 
uniformes. 

Ces dernières plantations atteindront à la fin de la saison d'au- 
tomne, des dimensions extraordinaires et inattendues. 

Résumons nous. 

1° Dans le midi de la France, les plantations à demeure se 
feront en mai; 

2° En Algérie et en Tunisie, en octobre, novembre ou décembre, 
en plaine et en montagne; si c'est dans un marais qu'on exécute 
ce travail, on agira en mai-juin. 

3" Dans les colonies Indo-Orientales, en Afrique, en Océanie, etc., 
on choisira l'époque la plus favorable, principalement la saison des 
pluies, en ayant soin que les jeunes plants, au début de leur évolu- 
tion, ne soient pas trop humectés. 

Ceci bien compris, passons à la plantation et voyons quels 
sont les meilleurs modes que l'on puisse préconiser pour un sem- 
blable travail. 

Suivant l'importance du reboisement que l'on entreprend, il 
faut toujours avoir à sa disposition des hommes connaissant les 
arbres et la manière de les planter; en France ces conditions sont 
faciles à remplir; malheureusement, en Algérie, on compte plutôt 
sur la main-d œuvre arabe, et ces derniers sont tellement arriérés 
qu'il est impossible d'en faire autre chose que des terrassier. 
Cependant avec deux ou trois Européens, Espagnols, Mahonais ou 
Français intelligents et quelques Arabes bien dressés, on arrivera 
facilement à se tirer d'affaire. 

Avec les Européens on aura les dirigeants et les planteurs, les 
Arabes feront les trous, dans les autres colonies on agira de même 
avec la main-d'œuvre indigène. 

Les trous se font à \a pioche plate ou houe, universellement em- 
ployée en Algérie, où l'on se sert rarement de la Ijêche. L'Arabe fait le 



l'eucalyptus 497 

trou qui variera entre 20 et 30 centimètres de profondeur, en ayant 
soin de bien briser les mottes, le dirigeant ou planteur suit et peut 
immédiatement livrer à la pleine terre, le plant qui a été débarrassé 
d'avance de son pot. 

Au fur et à mesure du travail, les plants sont mis en terre, cela 
facilite et simplifie la besogne, tout en empêchant la terre remuée 
de se dessécher avant d'être utilisée. 

Pour ce faire, l'arabe qui fait les trous et son dirigeant, sont 
suivis par un ou deux individus portant les plants dépotés, sur une 
civière de préférence ou dans un panier, si on juge à propos de 
n'employer qu'un homme à cette besogne. Avec une civière on peut 
porter 2 ou 300 eucalyptus avec leurs mottes. 

Il va sans dire que les mottes des eucalyptus seront bien humectées 
avant d'être mises en place, car il faut songer que ces arbres une fois 
en terre ne recevront d'autre eau que celle du ciel. Si l'on avait le 
malheur de ne pas suivre ces prescriptions, tout serait à refaire 
l'année d'après, car il en réchapperait peu a la sécheresse pouvant 
survenir même en hiver — cela s'est vu. 

Les porteurs de plants peuvent aussi déposer les plants à côté de 
la marque où doit venir l'arbre futur, sans attendre le dirigeant ou 
planteur, ce qui facilitera et activera encore le travail. 

Le planteur doit avoir à sa disposition une petite serfouette, 
laquelle servira à pousser la terre et enterrer le plant, qui doit être 
légèrement tassé au collet, afin que, en cas de sécheresse, la terre 
par trop aérée ne le fasse pas périr. 

En creusant le trou, il est toujours bon que l'outil soit présenté 
bien droit pour que l'excavation ait des bords perpendiculaires et 
soit presque aussi large au fond qu'à la surface du sol. 

Comme nous l'avons vu, dans les terrains qui ne sont pas 
exempts de broussailles et autres embarras, la plantation se fait à 
la mire; dans ceux qui sont propres on se sert d'un cordeau, afin 
que les plantations soient aussi régulièrement établies que possible ; 
la motte de terre sera enterrée sous 2 ou 3 centimètres de terre, pour 
que cette motte ne puisse subir les influences de la sécheresse, 
toujours à prévoir. 

Ce mode de plantation est très économique, et ne dépasse pas 
1 fr. 30 à 2 fr. par cent sujets confiés à la pleine terre. 

La plantation peut également se faire à la bêche, mais cet outil 
est peu en usage dans le midi de la France et en Algérie ; du reste 

Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 105. 34 



498 ÉTUDES ET MÉMOIRES 

nous conseillons de s'en tenir à la houe, parce que cet instrument 
est le plus pratique. 

Le choix des plants n'est pas indifférent ; l'on doit surtout veiller 
à ce que les racines ne tapissent pas par trop les parois des godets 
en contournant ceux-ci, car le départ de nouvelles radicelles est 
plus laborieux lorsque les plants sont aussi avancés que quand 
ils sont plus jeunes, c'est-à-dire, lorsqu'ils n'ont que 3 ou 4 mois 
de repiquag-e. Les Eucalyptus, pour la plantation en place, ne 
devraient pas dépasser 23 à 30 centimètres de hauteur ; quand ils 
sont plus forts la reprise en pleine terre est plus longue et cela fait 
perdre du temps sur la végétation future. 

11 faut donc rejeter impitoyablement tous les plants dépassant 
une taille de m. 30 à 40 cent, et ceux qui sont mal faits. Au cas où ils 
auraient plusieurs têtes, il ne faut en laisser subsister qu'une et sup- 
primer toutes les autres, à moins que l'on ne tienne à les conserver 
pour former un groupe plus volumineux quand on les plante isolé- 
ment. 

Si au lieu de semer soi-même les Eucalyptus, on s'adressait à un 
pépiniériste, le prix de revient est beaucoup plus important (15 à 
20 francs le cent) ; si l'on passait outre, on veillerait à ce que les 
jeunes arbres achetés ainsi, soient dans les conditions énumérées 
ci-dessus. 

En suivant les conseils que nous donnons, on n'aura aucun aléa 
à craindre ; si au contraire on voulait planter des sujets plus longs 
(pour ne pas les perdre) et partant de moins bonne qualité, on serait 
dans l'obligation — cela fréquemment — de remplacer bon nombre 
de plants morts au cours de l'été, à moins qu'on ait eu le soin 
d'arroser ces forts sujets pour activer leur végétation ; mais ce pro- 
cédé est onéreux pour de grandes surfaces ; de plus, on n'a pas 
toujours de l'eau à proximité à sa disposition. 

h' espace ment à observer dans la plantation des boisements est 
relativement diiîicile à résoudre ; sur cet espacement les sylvi- 
culteurs (ou E iicaly ploy raphcs ^ pour être plus correct) ne sont pas 
d'accord. 

A notre avis, qui est partagé par bon nombre de reboiseurs, les 
Eucalyptus doivent être plantés assez près les uns des autres, parce 
qu'ils oiîrent moins de prise au vent en se soutenant mutuellement. 
Les uns proposent de planterai mètre en tous sens, soit 10.000 pieds 
à l'hectare ; d'autres à 2 ou à 4 mètres, ce qui donne encore 5.000 à 
2.500 pieds à l'hectare. 



l'eucalyptus 499 

En prenant la moyenne de o.OOO pieds, nous pensons être dans 
le vrai, parce que 8 ou 10 ans après la plantation, on pourra déjà 
obtenir un rapport de 2. oOO beaux arbres de lo à 20 mètres de 
hauteur, excellents pour l'emploi des poteaux télég-raphiques, des 
charpentes ou du bois à brûler qui a toujours sa valeur. 11 va sans 
dire que ce résultat ne saurait être obtenu ailleurs que dans des 
terres de bonne qualité, ou extra bonnes ; dans les terres tufeiises, 
il n'en serait pas de même, dans ce cas, nous engagerions les planteurs 
à serrer davantage et à mettre 10.000 plants à l'hectare. Au bout de 
8 à 10 ans, ils obtiendront en arrachant un quart de leur plantation 
2.500 belles perches de lo à 20 centimètres de diamètre et 8 ou 10 
ans après autant, c'est-à-dire de beaux poteaux âgés de 13 à 20 ans 
et d'un diamètre de 25 à 30 centimètres. 

Comme l'abatage des arbres se fait à quelques centimètres du 
sol, il reste la souche, que nous ne conseillons pas d'arracher et 
qui, repoussant du pied, donnera encore chaque année, en bois tail- 
lis, une grande quantité de fagots pour la boulangerie, etc. 

Ainsi donc, on plantera : 

1° Dans les terres médiocres et tufeuses : 10.000 pieds à l'hectare. 

2". Dans les terres riches ou de 2'" qualité : 5.000 , : — . 

Dans les deux cas, on obtiendra de bons rendements, tant en bois 
de charpente, qu'en bois d'usage courant. 

En règle générale, plus on plantera dru, plus les arbres seront 
droits et de plus grande valeur. 

Nous avons indiqué le prix de la plantation par cent, il nous reste 
à indiquer quel serait le rendement moyen d'un hectare et la 
dépense à y affecter. 

DÉPENSES 

Plantation et entretien pendant S ans. 

Plantation (main-d'œuvre) de 10.000 plants à 20 fr. 

p. 1000 200 fr. 

Travail préliminaire, enlèvement des broussailles 

ou labour, etc 50 

Prix des plants élevés chez soi à 20 fr. p. 1000. . . 200 
Amortissement du matériel et intérêt pendant 8 ans. 800 
Entretien, binage, sarclage des arbres pendant 8 

ans, à 20 fr. l'an KiO 

Ce qui donne par hectare, une dépense de 1.410 fr. 



SOO ÉTUDES ET MÉMOIRES 

RECETTES 

1'"'^ coupe de perches après 8 ans de plantation : 

2500 perches (le 1/4 de la plantation) de 8 à 10 mètres 
de lono^ueur avec un diamètre de 6 à 8 centimètres, à 
2 fr. pièce (minimum) 5 . 000 fr. 

5000 fagots, extraits des hranches des arbres abattus 

à 50 fr. p. 1000 250 

Total 5.250 fr. 

Frais d'abatage et d'ébranchage, à fr. 25 par perche 

(maximum jamais atteint) 625 fr. 

Fagots 5.000 à 10 fr. par 1000 50 

Total 675 fr. 

Recette après 8 ans d'attente 5 . 250 fr. 

Dépense de coupe, etc 675 

Reste sur recette 4 . 575 fr. 

Dont il faut déduire : 1.410 fr. ; il restera donc un 
bénéfice net de 4.575 fr. — 1.410 fr. = 3.165 fr. 

2^ Coupe pour poteaux télégraphiques, bois de char- 
pente, etc., après 15 ans d'attente : 2.500 poteaux 
'de 15 à 20 mètres de longueur, à 15 fr. pièce 37.500 fr. 

10.000 fagots à 50 fr. le 1000 500 



Total 37.500 fr. 

Dépense pour abatage et ébranchage des arbres à 1 fr. 

pièce 2.500 fr. 

Confection de 10.000 fagots à 10 fr. le mille 100 



2.600 fr. 

D'une part 37 . 500 de recettes. 

2.600 de dépenses. 

Reste net 34.900 h~ 

Somme qui jointe aux 3 . 165 fr. des 8 premières 

années forme un total de 38 .065 fr. 

soit, par an, après 15 ans d'attente, il est vrai, le joli revenu de 
2.533 fr. environ ; en admettant que nous ne trouvions avec tous 
les aléas que coniporte la culture, que 1000 fr. par an, il nous 
semble (jue cela vaut encore la peine d'être pris en considération. 
Ah ! si nous n'avions pas gagné les fièvres dans nos défri- 
chements, quelle belle fortune nous aurions actuellement avec les 
[)lantations que nous aurions pu faire alors (1880). 

{A suivre.) R. de Noter. 



NOTES 



LE CASTILLOA ELASTJGA 
A TIASSALÉ (COTE D'IVOIRE) 



Comme les autres espèces à caoutchouc de la plantation D. R., 
les Castilloa elastica sont plantés en milieu découvert et semblent 
bien s'en accommoder. Ils paraissent craindre la stag'nation de 
l'eau au niveau des racines ' mais se comportent bien du régime 
pluvieux de la région. 

On peut remarquer que parmi les Castilloa de 3 ans 1/2 le n" 3 
est de très grandes dimensions par rapport aux autres ; il a déjà 
fructifié. Il est difficile d'expliquer cette différence si ce n'est par 
l'influence d'un meilleur emplacement, cet arbre se trouvant isolé 
et éloigné des autres. 

Néanmoins, les mensurations ci-dessus montrent que dans la 
Basse Côte d'Ivoire, le Castilloa a un développement rapide, com- 
parable H celui du Manihot Glaziowii ; la facult»^ de produire du 
caoutchouc doit se trouver en rapport. 

ESSAIS DE SAIGNÉE 

A tout hasard, nous avons saig-né les arbres de 2 ans 1/2 les 
plus forts. 

A. — CastUloa de ''} ans jj''}. 

/" Essai. — Arbres 2, o, 7. 

Avec la gouge, il est fait des entailles horizontales de 2 à 3 cm. 
de long, disposées en lignes verticales et écartées de 0,25 sur la 



1. Un grand nombre de plants, placés à proximité mais à un niveau inférieur et 
atteints par la crue, ont disparu dès la première année. 



)02 



NOTES 



ligne. Il y a ainsi quatre lignes verticales hautes de i m. 15 sur 
tout le pourtour ; deux lignes consécutives ont les entailles alter- 
nantes les unes avec les autres. 

L'écorce du Gastilloa est fibreuse, épaisse et un outil bien tran- 
chant est nécessaire. L'inciseur Van den Kerkhove (gouge la plus 
étroite) donne de bons résultats mais toute gouge, traçant un 
sillon étroit et travaillant par traction serait bonne. 

De chaque plaie sort un latex épais qui, au contact de Tair, se 
sépare aussitôt en deux parties : un sérum incolore, s'écoulant en 
gouttelettes noircissant rapidement et le caoutchouc qui reste sur 
la plaie sous une forme pâteuse. Deux jours après, le produit s'est 
concrète et on peut récolter des scraps de c )uleur noire, d'un bel 
aspect, mais manquant un peu de nervosité. 

Rendement total : 9 gr. 8 caoutchouc sec, soit une moyenne de 
3 gr. 2() par arbre. 

^® Essai. — Arbre 1 . 

Saignée en arête de poisson dont l'incision verticale s'élève jusqu'à 
1 m. 2o. Les incisions obliques intéressent la moitié du pourtour 
et sont écartées de m. 50 les unes des autres ; il y en a cinq à 
droite et trois à gauche. 



Gastilloa de 2 ans 1 |2 à 3 ans 


Gastilloa de 3 ans 1/2 à 4 ans 


N"^ 


(;ii-c()iiférence du tronc 


N«- 


Girconférence 


à la hase 


à 1 mètre 


à la base 


à 1 mètre 


1 
2 

:) 
4 
5 


0,35 

0,275 

0,145 

0,19 

0,27 

0,17 

0,26 


0,27 

0,21 

0,10 

0,125 

0,20 

0,09 

0,20 


1 
•) 

3 


0,42 
0,39 
0,755 


0,295 

0,25 

0,54 



Le caoutchouc reste entièrement sur les plaies, même obliques ; 
il ne s'écoule que le sérum par l'incision verticale. 

Rendement 4 gr. 2 de caoutchouc sec, en scraps; pou nerveux. 



LE CASTILLOA ELASTICA 



503 



Dans Tannée on pourrait Faire deux opérations analogues per- 
mettant d'obtenir au total 6 à 8 gr. par an. Ce rendement d'arbres 
de 2-3 ans payerait peut-être la main-d'œuvre employée mais une 
récolte si précoce ne paraît pas intéressante, le caoutchouc fourni 
étant encore peu nerveux et les arbres pouvant être contrariés dans 
leur croissance. 

B. — Caslilloa de S ans J /'2 à 4 ans. 

1" Arbre n'^ 1. Saignée par rangées verticales d'entailles sur 
j m. .SO de hauteur. La circonférence de cet arbre permet de faire 
six rangées d'entailles alternantes. 

Mêmes observations que précédemment au sujet de l'écoulement 
du latex. 

Rendement 17 gr. 7 caoutchouc sec, en scraps, genre « Sernamby 
Pérou », très nerveux, de couleur noire. 

Du fait de ces incisions, qui ne sont écartées que de m. 25 les 
unes des autres, les laticifères de la région intéressée ne sont pas 
vidés ainsi que le montre une incision intermédiaire ; on sait que 
les laticifères du Castilloa sont bien continus mais il est possible 
que la nature pâteuse du latex s'oppose à un flux abondant de sorte 
qu'il n'est pas exact de déduire de la longueur de ces tubes, que 
les incisions n'ont pas besoin d'être rapprochées (/. d'A. T., n" 83, 
mai 1909, p. 143 : La saignée du Castilloa cultivé). 

Nous avons donc fait, trois jours après, des entailles intermé- 
diaires dans le milieu des intervalles laissés. 

Rendement 4 gr. Caoutchouc sec total 21 gr. 7. 

2° Arbre n° 2. Arête de poisson à incision principale s "élevant à 
1,25 ; incisions latérales, obliques, intéressant la 1/2 circonférence, 
écartées de 0,50, au nombre de trois à droite et trois à gauche. 

Il est à remarquer que les incisions verticales ne donnent presque 
pas de latex et pourraient donc n'être que superficielles pour ne 
servir qu'à collecter le latex. 

Il ne coule que du sérum dans le godet placé à la base, le caout- 
chouc restant sur les plaies. 

Rendement 4 grammes. 

Trois jours après, les premières incisions obliques sont doublées 
par des incisions intermédiaires. 

Rendement 1 gr. 7. Cet arbre donne un bon produit mais est 
inférieur comme rendement. 



804 NOTES 

3° Arbre n'' 3. Cet arbre, très vigoureux, a déjà été saigné, 
il y a trois mois, en arête de poisson faite à la façon dont les noirs 
saignent les Funtumia en forêt, c'est-à-dire abusivement. Les plaies 
sont à peu près fermées et larbre paraît bien portant. 

Nous essayons les saignées par lignes d'entailles verticales : 
mais le latex apparaît plus abondant et plus fluide que pour les 
arbres précédents et du caoutchouc risquerait de se perdre à terre. 

Il est fait alors une arête de poisson s'élevant jusqu à 1 '" 75, 
soit quatre incisions de chaque côté, écartées de 0,50 intéressant 
la moitié du pourtour du tronc. 

Le latex coule le long des incisions obliques mais la séparation 
en deux parties s'efl'ectue assez vite, de sorte que le godet placé au 
pied de l'arbre ne reçoit que du sérum. 

Cette forme de saignée paraît donc faciliter la séparation natu- 
relle du caoutchouc et du sérum ; or il n'y a aucun inconvénient à 
favoriser cette séparation sur l'arbre, ce qui évite d'avoir du latex 
à traiter et donne un produit, genre Sernamhy , très élastique, de 
couleur noire, d'odeur agréable, dont la valeur paraît supérieure à 
celle du produit obtenu si l'on traite le latex récolté ; cette supé- 
riorité quant à la valeur marchande des deux sortes obtenues 
semble bien résulter d'essais faits à Camay enne (Guinée française) 
et publiés au Bulletin du Jardin Colonial (n° 69, décembre 1908). 
Dans ces conditions on pourrait donner aux incisions obliques une 
inclinaison assez faible par rapport à l'horizontale ; la séparation 
du caoutchouc se ferait plus sûrement et on trouverait facilité à 
exécuter les incisions dans le tissu fibreux de l'écorce. 

Cette facilité avec laquelle se forme le Sernamby et la difficulté 
de recueillir du latex fluide est très "remarquable et cependant il 
semble que la principale préoccupation des expérimentateurs qui 
ont étudié cette question, ait été la coagulation du latex, récolté à 
l'état fluide, qui présente certains aléas. 

Le produit restant ainsi sur les plaies ne se coagule pas aussitôt 
à l'air ; il conserve pendant plus ou moins longtemps une consis- 
tance pâteuse et une couleur blanche. On peut le récolter dès qu'il 
est devenu élastique, c'est-à-dire après un laps de temps de un à 
trois jours, suivant le degré hygrométrique de l'air, semble-t-il. 

Rendement de 1 arbre n° 3 : 12 gr. (), caoutchouc sec. Ce faible 
rendement n'a rien d'extraordinaire étant donné que l'arbre avait 
été saigné d'une manière abusive peu de temps avant. 



LE CASTILLOA ELASTICA 503 

Trois jours après, une série intermédiaire d'incisions est faite. 

Rendement : 7 grammes. 

Il semble que les rendements aux 2®* saignées seraient plus forts 
si le temps qui s'écoule entre les deux opérations était plus long de 
façon à permettre un appel de latex des autres parties de l'arbre. 
De toutes façons, le système par incisions dabord éloignées à la 
première opération, puis rapprochées par une 2" opération nous 
paraît préférable k une saignée unique avec incisions nombreuses : 
pour une même blessure, la quantité de latex obtenue est plus 
grande, par suite d'un appel des laticifères des autres parties de 
l'arbre. Toutefois nous avons constaté qu'à la 2" saignée, le latex, 
plus fluide, est bien moins riche en caoutchouc ; mais il est 
possible qu'il n'en soit ainsi quç parce que le laps de temps sépa- 
rant les deux opérations, était trop court. Un délai de huit ou 
peut-être quinze jours, devrait donc s'écouler entre la première et 
la deuxième saignée. 

Donc comme le Funtumia, le Castilloa peut recevoir des saignées 
répétées, mais par des incisions intermédiaires et non des ravivages ; 
chez ces deux plants, Funtumia et Castilloa, la tension du latex est 
plus grande à une certaine distance de toute incision que sur les 
bords des plaies et le phénomène de la réaction à la saignée ne se 
manifeste pas. On peut ainsi rapprocher les deux espèces à caout- 
chouc l'une de l'autre en ce qui concerne les procédés de récolte 
du latex et il semble qu'une analogie dans la structure des latici- 
fères puisse en être la cause. 

Rendements. — Tontes les incisions d'essais faites sur ces 
Castilloa ont été conçues de façon à ce qu'un nouveau traitement 
soit possible dans six mois au maximum. 

En doublant les résultats précédents, on aurait comme rendements 
annuels pour des arbres de 3 à 4 ans. 



1 ; 


: 43 gr. 


4 


2 : 


: 11 gr. 


4 


3 : 


: 39 gr. 


2 



Dans ces conditions, les chiffres de 100 à loO gr. cités par 
M. Labroy [Journal d'Agriculture tropicale, n° 103, janvier 1910) 
ne peuvent tarder à être atteints et seront rémunérateurs. 

Les mêmes considérations que pour le Funtumia peuvent être 



506 NOTIÎS 

émises ici au sujet du faible prix de revient du caoutchouc, par 
suite du peu de main-d'œuvre nécessaire. Ces deux arbres, Funtu- 
inia et CasiiUoa sont les seuls que peuvent tenter de cultiver avec 
succès les planteurs des pays où la main-d œuvre est rare ou chère. 
, Les arbres expérimentés se sont montrés très précoces. Il est 
vrai que ceux de trois ans nont donné qu un caoutchouc peu ner- 
veux et leur traitement était prématuré, mais les spécimens de 
quatre ans ont fourni un rendement très satisfaisant eu égard aux 
frais de récolte et le caoutchouc récolté est d'excellente qualité. 

Le Castilloa paraît donc être é<^alement un arbre recommandable 
pour la Côte d'Ivoire et, à Tiassalé, par exemple, il semble plus, 
indiqué que l'Hevea. 

Il faut noter cependant qu'étant sujet à des invasions d'insectes 
xylophages. il exige certains soins, à défaut desquels sa conser- 
vation pourrait bien ne pas être assurée. En effet, en repassant 
trois mois après sur la plantation, nous avons pu faire les observa- 
tions Suivantes : les incisions faites trois mois plus tôt étaient par- 
faitement fermées et l'on pouvait prévoir qu'une nouvelle récolte 
pourrait être faite après un nouveau délai de trois moi§ ; toutefois 
la larve d'un gros coléoptère avait pénétré dans le bois de certains 
arbres en creusant une large galerie. 

Le parasite n'a attaqué que les arbres dont le tronc est caché 
entièrement ou en partie par la brousse ou trop ombragé, en s'intro- 
duisant par les dépressions laissées sur le tronc par les pseudo- 
branches tombées naturellement. Les sujets à tronc dégaffé, Lien 
éclairé sont sains. 

Il en résulte la nécessité de maintenir les Castilloa en terrain 
très propre et sans culture intercalaire, telle que le Cacaoyer, comme 
cela a été mis en pratique en Amérique Centrale. 

Il serait bon d'autre part, d'enduire de goudron toutes les inci- 
sions et les cicatrices laissées par les pseudo-branches. 

CONCLUSIONS SUR LA CULTURE DU CASTILLOA ELASTICA A LA 

CÔTE It'lVOIRE 

Le Castilloa est peut-être susceptible de donner des rendements 
plus élevés et plus précoces que le Funtumia mais nous ne pensons 
pas qu'il pourrait détrôner cette dernière espèce dans les régions 
forestières de la colonie où elle est indigène. 



LE CASTILLOA ELASTICA 507 

De plus, toute question d'acclimatement mise à part, le Castilloa 
ne semble pas d'une rusticité à toute épreuve. 

En particulier une crue atteig-nant ses racines lui est funeste même 
si elle est de faible durée ; un terrain bien perméable lui est 
nécessaire. 

Par contre, il semble (ju'il conviendrait pour les régions dont le 
climat forme la transition entre la zone forestière équatoriale, carac- 
térisée par des pluies abondantes et la zone tropicale ou soudanaise, 
à saisons sèches très marquées. Là, placé dans des terrains frais, 
il pourrait être exploité par des entreprises européennes. Il intéres- 
serait notamment la moyenne Côte d'Ivoire, c'est-à-dire une partie 
du Baoulé-Sud, le Baoulé-Nord, le cercle de Mankono, le Nzi- 
Comoé, etc., au cas où le Funtumia, essayé dans les différents 
postes de ces cercles, où il ne se rencontre pas spontanément, ne 
donnerait pas de bons résultats. Il serait alors bien préférable au 
Manihot Glaziowiiqui donne peu et exige beaucoup de main-d'œuvre 
à la récolte. 

M. Bret, 
Sous-Inspecteur d'Agriculture. 



NOTE SUR LA FÈVE TONKA OU SARAPIA 



Le Tonka ou sarapia est un arbre qui appartient à la flore du 
Venezuela, du Brésil, de la Colombie et, à un moindre deg-ré, de la 
Trinidad. Son fruit est une sorte de noix oblong-ue dont le noyau, en 
forme de fève, contient une essence odoriférante assez appréciée 
dans la parfumerie, la confiserie et la fabrication de certains tabacs. 
Ce noyau est surtout récolté dans la rég-ion du Caora (Venezuela), 
d'où par la voie de FOrénoque, il est généralement expédié kCiudad 
Bolivar puis, de là, dirigé sur Port of Spain, Trinidad, pour y être 
soumis, avant d être exporté, à une certaine préparation qui en 
assure la conservation. 

Cette préparation consiste à faire subir aux fèves de sarapia une 
macération de vingt-quatre heures dans le rhum et à les faire 
ensuite sécher à l'ombre sur un tamis de bois pendant une quin- 
zaine de jours. Elles se recouvrent alors d'un enduit blanc cristal- 
lin formé en partie du sucre du rhum dont elles se sont imprégnées, 
enduit qui leur sert d'enveloppe préservatrice. On les traite aussi 
de cette manière au Venezuela, mais en moindre quantité par suite 
du coût plus élevé du rhum. 

Le sarapia ne produisant une récolte abondante que tous les 
trois ans, le cours de ses fèves est soumis à des variations assez 
brusques. 11 est actuellement de $ 4 (quatre dollars), .soit 21 francs 
la livre (poids anglais) : il descend parfois jusqu'à 2 fr. 50 et même 
2 francs. 

Les acheteurs de ce produit, s'ils veulent le payer un prix abor- 
dable, doivent faire leurs commandes l'année qui précède la grosse 
cueillette, d'autant plus que la majeure partie de celle-ci, est souvent 
accaparée par le trust des tabacs des Etats-Unis. C'est d'ailleurs 
vers ce dernier pays que se dirige la presque totalité de l'exporta- 
tion des fèves tonka préparées à la Trinidad (.'j^ 2o.138, soit G28. 450 
francs en 1909). Les acheteurs français auront intérêt à apprendre 
que la prochaine récolte abondante aura lieu en 1912. 

H. Ohi.andi, 
Vice-Conaul (Je France ù Trinidud. 



DOCUMENTS OFFICIELS 



Côte d'Ivoire. 

DECRET 

fixant les quantités de cacao à admettre en J9I J, 
au bénéfice de la détaxe.' 

Art. I" — Le cacao, en fèves et pellicules, orig-inaire de la Côte 
d'Ivoire est admis, en France, à la moitié des droits du tarif métropolitain. 

Art. 2. — Le traitement de faveur accordé par l'article précédent est 
subordonné aux conditions suivantes : 

a) Le cacao doit être importé en droiture. 

h) Il sera accompagné d'un certiticat d'origine délivré par les autorités 
locales. 

En outre, des décrets du Président de la République, rendus sur la 
proposition du ministre des colonies et du ministre des finances, détermi- 
neront, chaque année, d'après les statistiques officielles établies par le 
g-ouverneur général, les quantités auxquelles s'appliquera le régime de 
faveur px'évu à l'article premier. 

Art. 3. — Le ministre des finances, le ministre du commerce et de 

l'industrie et le ministre des colonies sont chargés, chacun en ce qui le 

concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal 

officiel de la République française et inséré au Bulletin des lois et au 

Bulletin officiel du ministère des colonies. 

Fait à Paris, le 16 novembre 191 L 

A. Fallières. 



Martinique. 

ARRÊTÉ 
fixant le cadre du Service d'Agriculture. 

Le Gouverneur de la Martinique. 

Vu l'ordonnance organique du 9 février 182?, modifiée par celle du 22 août 1833 ; 
Vu l'arrêté du 2 février 1911 fixant le cadre générai et le cadre local du service de 
l'agriculture à la Martinique ; 



oiO doclmi:nts officikls 

Vu la dépêche ministérielle en date du 21 mai 1911, relative à l'organisation du 
service de l'afiriculture à la Martinitiiie ; 
Sur la proposition du Secrétaire général; 
Le Conseil privé entendu, 

Arréti': : 

Art. l*"'. — L'article premier de l'arrêté sus-visé du 2 février 1911, 
porlant fixation du cadre du personnel agricole de la colonie, est modifié 
comme suit : 

« Art. l•'^ — Le personnel supérieur du service de l'agriculture 
comprendra : 

« Un inspecteur ou ,un sous-inspecteur, chef du service, 

« Un sous-inspecteur, chargé du Laboratoire, 

« Un ou deux agents principaux de culture. » 

Art, 2. — Le présent arrêté sera inséré au Journal officiel de la 
colonie et soumis à l'approbation de M. le iMinistre des colonies. 

Fort-de-France, le 28 septembre 1911. 

FOUREAU. 

Par arrêté du 28 septembre 1911 l'Ecole pratique d'agriculture colo- 
niale de la Martinique a été licenciée à compter du l*""^ octobre 1911. 



NOMINATIONS P:ï MUTATIONS 



Afrique occidentale française. 

Par décision du Gouverneur général 
en date du 2 septembre. 

M. Geoffroy (Paulj, inspecteur d'Agriculture de 2" classe, retour de 
congé, est mis à la disposition du Lieutenaul-C^ionverneur de la Guinée 
française. 



Guinée française. 

En date du .") octobre : 

M. Leroide, sous-inspecteur de V'' classe d'Agriculture, précédemment 
chef du Service par intérim de l'Agriculture, est chargé de l'Inspection 
agricole de la Hasse-Guinée. 



DOCUMENTS OFFICIELS 511 

Va\ date du 7 octobre : 

M. Gostes, sous-inspecteur d'Agriculture de 2*" classe, est appelé à 
continuer ses services à Kouroussa. -.--. — ^ 

M. Portai, sous-inspecteur d'Agriculture de 3'' classe, est appelé à 
continuer ses services à la station agricole de Benty, en remplacement de 
M. Gostes. 

M. Bardou, sous-inspecteur d'Agriculture de 2" classe, es.t appelé à 
continuer ses services au Jardin d'I'^ssai de Gamayenne, en remplacement 
de iM. Portai. 

M. Leroide, sous-inspecteur de l'*' classe d'Agriculture, chargé de 
l'inspection agricole de la Basse-Guinée, sera chargé, en outre, de l'Ins- 
pection forestière et aura droit, en cette qualité, à l'indemnité forfaitaire 
de déplacement de 1.800 francs, prévue à l'article J*^' du chapitre 25 de 
l'exercice en cours. 



STATISTIQUES COMMERCIALES 

Exportations agricoles et forestières des Colonies françaises. 



MARTINIQUE 

/e'' semeslre 1911. 

Sucre d'usine 33.960.931 kilos 

— brut 1.253 — 

Mélasse 29.712 — 

Rhum et tafia. 6 . 397 . 868 litres 

Café 8.207 kilos 

Cacao 331 566 — 

Casse 47.715 — 

Campêche 4.000 — 

Vanille 1.059 — 

GUADELOUPE 
/ e-- semestre 1911. 

Sucre d'usine 35 . 025 . 202 kilos 

Mélasse 399.816 — 

Rhum et tafia.. 6.952.181 litres 

Café 763.500 kilos 

Coton 167 — 

Cacao 611.511 — 

Casse 37 — 

Rocou 10 020 — 

Vanille. 13.478 — 

Ananas (conserves).... 66.668 — 



COURS ET MARCHES 

DES PRODUITS COLONIAUX 



CAOUTCHOUC 



LE HAVRE, 4 décembi^e 1911. — (Communiqué de la Maison Vaquin et 
ScHWEiTZF.n, 1, rue Jérôme-Bellarmato.) 

Marché plus actif sans grands changements dans les prix et Ion cote : 



Francs 

Para iin 11.25 à 12 

Para Scrnamby G. '5 7.80 

Pérou fin 11 1 1 . GO 

Pérou Scrnaniby 9 10.23 

— — caucho . 10 11.33 

Maniçoba ".23 9.53 

Madagascar : 

Tamatave Pinky I s 9 

— Pinky II G s 

Majunga G S . 30 

Faranfangana 3 G . 30 

Anahalava G 7 . 30 

Mananzary. j 

Barabanja. [ G 7.30 

Lombiro. ' 

Tuléar ; - 3 6 

Tonkin 6 9.30 

Cvngo : 



Haut-Oubanslii. 



11.30 11.70 
Le tout au kilo 



Francs 
à 11. 

8 



Kotto Il .30 

H. C. Batouri 7 .30 

Ekela Kaclei Saufcha 11 11.33 

Congo rou^e lavé 3 G . 30 

Bangui 11 11.50 

Koulon-Niari G 8.50 

Manibéri 5 6 

N'Djolé G. 30 7.30 

Mexique feuilles scrappj' 9 10 

— slaps G 7.50 

Savanilla : 

San Salvador 9 10 

Garlhagène 7 8.50 

Ceylan : 

Biscuits, crêpes, etc. . \ 

— — extra.. [ 12.23 12.73 

Scraps ) 

Balata Venezuela blocs.. G. 30 7.25 

Balata — feuilles.. s 8.25 

magasui Havre. 



BORDEAUX, t> novembre 1911. — (Communiqué de MM. D. Duffau et 
C'", 10, rue de Cursol.) 

Les affaires ont été excessivement calmes pendant le mois d'octobre écoulé. 

Les arrivages sont de plus en plus restreints et pour le disponible sur place, 
les importateurs sont très durs à accepter la baisse provoquée par les cours 
actuels du Para qui est descendu aux environs de 11 frs. 70 le kilo el que l'on 
cote aujourd'hui dans les 12 francs le kilo. 

Les ventes s'élèvent à environ 35 tonnes dont 13 tonnes sur contrats à livrer. 



Bul. du Jardin colonial. 1911. II. — N" 103. 



35 



514 



COURS ET MARCHÉS 



Nous colons : 

Francs 

Gonakry Nijj^g-ers 9.25 à 9.r)0 

Rio Nunez , 10.25 Ki.io 

Soudan Niggers Rouges. 8.75 <» 

Soudan Niggers Blancs.. 8 8.5» 

Soudan Manoh 9.50 10.25 

Laliou Niggers 8 8.25 

Lahou petits Cakes 7 7.25 



Gambie A 7 

Hassani Lumps î 

(lauihic A. M 6 

- R 5 

Tamatavc rooty 5 

Tamata\ e Pinky I S 



[• 


•ancs 


A 


•i 


25 
50 




6 


.25 




5 


25 




S 


.30 



ANVERS, i- octoJ)ro 1011. — (Conimuni(iU('' de l;i Sorii'lr coloninlo Anror- 
soise, 9, rue Rnbens. ' 

Le marché do caoutchouc a clô assez laililc pciKliiul le mois de seplembiv 
dernier avec des alternatives de reprise ; c'est ainsi tjue notre vente par inscrip- 
lion du 27 septembre s'est faite avec bonne demande et à des prix ressortant 
à fr. : U.7"> en hausse pour les caoutclioucs de plantation et de l'r. : U.2S pour 
les sortes congolaises. 

Nous colons à lin septenibie pour ([ualilé courante .'i l)onue : 



Fi-auc 

Kasaï l'ouge 1 12 à 

Kasaï rouge genre Lu- 
anda II noisette 9.75 

Kasaï noir 1 1 2 . 25 

Equateur, Yengu. Ikeleni- 

ba, bulonga, etc 12.25 

Lopori Maringa 1 .'M) 



12.. '5 7 5 



10 


25 


12 


00 


12 


(iO 


i 


so 



Francs 

Haut -Congo ordinaire, 

Sankuru, Lomani . . . . 12.20 à 12.80 

Aruwimi 12 12.35 

Straits Crêpes 1 1 S. 50 

( iuayule 5 . 25 5 . 50 

Maniçoba " . io 7 . 90 

Mongola lanières 12 12.35 

^^'amba rouge 1 7.75 8.25 



Marché à terme. 
Le marché à terme en septembre a été calme. On cotait lin septembre : 

Fi-ancs l'i-ancs 



Octobre 1i.l5 

Novembre 1 4 . 05 

Décembre 13.90 

Janvier 13.75 

Février 13.50 



Mars.. 13.50 

Aviil 12.95 

Mai 12.90 

Juin 12.85 

Juillcl 12.85 



Stock lin aoiil 191 1 522 tonnes 

Arrivages en septembre. . . . 30(i — 
Ventes en septembre 393 — 



,Vrri\ages (le|juis le 1" ,jan- 

\ier 3. jHO tonnes 

\'enles depuis le l*"^ janvier. 3.339 — 



COURS ET MARCHÉS 



515 



COTONS 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, 2 décembre 1911. — Cote officielle. — Louisiane très ordi- 
naire (en balles, les 1)0 kilos). 



Francs 

Décembre 59 . 50 à 58 . 7ê> 

Jan\ ier-Fé\rier 59.25 58.6:2 

Mars 59.37 58. s" 

Avril 59. «2 59.12 

Mai 59. "5 59.25 



Francs 

Juin 60.00 à 59.75 

.luillel 60.12 59.62 

.\oiit 60.. 37 60 

Septembre-Oclobrc 60.62 60.25 

Novembre 60.37 60.37 



Tendance calme. Ventes : 6.300 lialles. 

LIVERPOOL, 2 décembre 1911. — Ventes en disponible : (3.000, Amérique 
calme. Indes, calmes et sans changements ; Tiiturs ouverts en hausse de 5 à 4 %• 



CAFES 

(D'après les renseignements du Bulletin agricole et commercial du Journal Officiel.) 

LE HAVRE, 2 décembre 1911. — Sanlos good average, les 50 kilos, en 
entrepôt : 

Francs Francs 



Décembre. . 

.Ianvier-Fc\"i 
Mars 



8». 75 

8i 

83.50 



Avril-Mai 83.25 

Juin- Août 83 

Septembre-Novembre 82 , 75 



Tendance soutenue. Ventes : 10.000. 

ANVERS. 2 décembre 1911. — Cafés, — C^lôlure. — Coteofiîcielle des cafés 
Sanlos Base Good les iJO kilos : décembre, 8M l"r. ; janvier, 85 fr. ; février, 
84 fr. 30 ; mars, 84 fr. ; avril, 84 t'r. ; mai, 83 fr. 75 ; juin, 83 fr. 75 ; juillet, 
8.3 fr. 25 j août, 83 fr. 25; septembre, 83 fr. 25; octobre. 82 fr. 50. 

Tendance soutenue. 



HAMBXHJRG, 2 décembre 1911. —Cafés. — 2 heures. — Les 50 kilos, eu 
tlorins : décembre, 68 fr. 50 ; mars, 68 fr. 50; mai, 68 fr. 2o ; juillet, 68 fr. 25 ; 
septembre, 68 fr. 25, 

Tendance soutenue. 



ol6 



COURS ET MARCHÉS 



CACAO 



LE H^Vi?f7. .-ÎOnovenihif 1911. 



Au droit de 104 francs. 









Fi 


ancs 






Francs 


Guayaquil Air 


iba.... 


75 




à 


7!» 


Sainte - Lucie, 


Domi- 






— Balao 


70 






7 i 


nique, Saint-Vincent. 


67.50 à 


74 


— Machala . . 


71 






73 


Jamaïque 




6i 


7.3 


Para 




74 

72 






76 
76 


Surinam 




6<J 
67.50 


7;î 


Carupano 


Bahia fermenté 




76 


Colombie 




115 

70 
7 S 
6'J 






j:<o 

90 
78 
75 


San Thomé 




72.50 
65 
68 
66 


75 


('evlan, Java . . 


Côte d'Or . 




67 .50 


Tinidad 




Samana 




69 


Grenade 




Sauchez Puerto 


Plata.. 


70 














Haïti 




58.50 


67 . 50 



Au droit de b2 francs. 



Francs 

Congo français 90 à 100 

Martinique 92.50 93.50 

Guadeloupe 94 96 



Madagascar, Réunion, 
Comoresu 



Francs 
90 à 100 



ANVERS, 1'' octobre l'Jll (Coniiuuniqué de la Société coloniale anversoise 
9, rue Rubens). 

Marché ferme dans le courant de septembre mais baissant lin septembre, 
nous cotons le Congo Fr. 73.o0 7b par ">() kg-r. 



MATIERES GRASSES COLONIALES 



MARSEILLE. 12décembre l'Jll. Mercuriale spéciale de « rAgricullure 

piati(jue des Pays chauds », par M.M. Kocca, Tassy et de Roux.) 

Coprali. — Tendance feiine et en hausse. Nous colons iiomiiudeiiieiil en 

disponible les 100 kilos c. a. f., poids net délivré conditions de place^ 



Francs 

Ceylan sundricd 63 

Sing^a pore 61 

Macassai' 59.50 

Manille 57 . 50 

Zan/.i bar 58 . 50 

Mozambique 60 



Francs 

Ja\ a sundricd 61 

Saigon 58 

Cotonou 59 

Pacifique Samoa 6(t 

Océanie française .... 60 



COURS ET arARCHÉS ol7 

Huile de palme Lagos. 72 iVs ; Bonny-Benniii, 70 lis ; qualités secon- 
daires, 61 à 63 fi's les 100 kilos, conditions de Marseille, fûts perdus, prix 
pour chargement entier. 

Graines de palmiste Guinée 42 fr. délivré 

— MoAvra Manquant 

Graines oléagineuses. — Situation ferme ; nous cotons nominalement : 

Francs 
Sésame Bombay blanc j,^rosse ifraine \1 

— — petite — 41 

— Jalla 49 

— bigarré Bombay. Grosses graines. 50 °/o de lilanc. . \1 
Graines lin Bombay brune grosse j^raine 4o 

— Colza Cawnpore. Giosse graine 32 

— Pavot Bombay 42 

— Biciu Coromantlel 2S 

Arachides décortiquées Mozandjique 40 

— — Goromandel 3o 

Autres matières. — Cotations et renseignements sur demande. 



TEXTILES 



LE HAVRE, i décembre lUU. — (Communiqué de la Maison \'aquin et 
Schweitzer.) 

Manille. — Fair current : oO fr. à 50 fr. oO — Superior Seconds : 48 fr. 
à 48 fr. oo. — Good brown : 46 fr. 25 à 46 fr. 50. 

Sisal. ^- Mexique : 55 fr. 50 à 56 fr. — Afrique : 61 fr. à 66 fr. — Indes 
anglaises : 33 fr. 50 à 40 fr. 75. — Java : 60 fr. à 68 fr. 

Jute Chine. — Tientsin : 46 fr. à 48 fr. — Hankon : 45 fr. à 50 fr. 

Aloès. — ■ Maurice : 52 fr. 25 à 68 fr. — Réunion : 52 à 67 fr. 50 — Indes : 31 à 
37 fr. — Manille : 34 fr. à .39 fr. 50. 

Piassava. — Para : 140 à 145 fr. — Afrique : Cap Palnias : 52 à 57 fr. — 
Sinoë : 53 à 55 fr. ; Grand Bassam : 54 à 58 fr. ; Monrovia : 52 fr. à 54 fr. 

China Grass. — Courant : 80 fr. à 95 fr. — Exlr i : 99 fr. 50 à 120 fr. 

Kapok. — Java : 190 à 215 fr. — Indes : 115 à 135 fr. 
Le tout aux 100 kilos, Havre. 



ol8 



COURS ET 3IARCHES 



GOMME COPALE 

ANVERS, 8 octobre 1911. — (Communiqué de la Société Coloniale 
An verso ise.) 

Le marché du copal pendant le mois de septembre a été très ferme : la 
demande était bonne et les prix en légère avance; nous cotons pour qualité cou- 
rante à bonne : 

Gomme triée, blanche de belle qualité 320 à 350 

— claire, transparente 230 à 260 

— assez claire opaque. I i'i à 180 

— non triée, de (jualilé cf)uranle >> » 

La prochaine vente est fixée au 8 novemjjre prochain. 

LE HAVRE, Décembre 1911. — (Communiqué de MM. Vaquiu et 
Schweitzer.) 

Gomme copale Afrique 50 à 100 francs ) . ,,_,^ , 

' ,. , , , .les 100 kg. 

— — Madagascar 100 a 400 — l 



POIVRE 

(les 50 kgr. en entrepôt) : 

LE HAVRE, 7 octobre 1911 : 
Saigon. Cours du joui- (les 50 kilogr. entrepôt) : 

Francs 



Décenihre X9 . ôO 

Janvier 00 

Février 00 . ôO 

Mars 01 

.\vril 01.. "lO 

Mai 02 



Francs 

Juin 02.30 

Juillet O.H 

Août 03.30 

Sei)lenil)rc Oi 

Oclnitre 01. .10 



Tendance soutenue. 



Tellichcry. Cours du jour : 

Décembre 62 

Janvier 62.25 

Février 62 . 50 

Mars 63 

.Vvril 63.2.) 

Mai 63.50 

Tendance soultiiuc. \'entes : 1.100. 



Juin 6.3.75 

Juillet 61 

Août 64 . 25 

Septembre 64 .50 

( )clobre 01.75 

Novembre 



C.OUtlS ET MARCHÉS 



519 



IVOIRE 

ANVERS, l*"'' notobro l'ill. — (Communiqi'é de la Société coloniale 
Anversoise.) 

Marché inchangé et avec peu d'affaires. 



BOIS 



LE HAVRE, t décembre 1911. 
Schweitzi'r.) 

Francs 
Acajou Haïti à 10 

— Mexique 18 40 

— Cuba 12 10 

— Gabon l'i 2'2 

— Okoumé !t H 



- (Communiqué de MM. Vaquin et 

Francs 
Ebène-Gabon 25 à 40 

— Madagascar 15 30 

— Mozambique s 15 

le tout aux 100 kilos. Havre. 



VANILLE 



(Communiqué de M. Maurice Simon, 212, rue Lafayette à Paris) (!'''• décembre 



191 



Vanille Mexique. — New- York est ferme sans changement et cote le 20écoulé 
entières S 4 à 5 et les euts S 3,75 à 4. — Les nouvelles de la récolte conti- 
nuent à arriver excellentes et on peut l'estimer légèi-emeut plus importante 
que la dernière. Les premières nouvelles « culs » constituées par les gousses 
tombées ou arrachées par le vent avant complète maturité sont attendues à 
New-York en janvier, mais une bonne qualité ne pourra être livrée avant 
février-mars. Nous recevons une circulaire datée de New-York, 10 novembre, 
nous informant qu'une des firmes américaines qui compte parmi les plus actives 
et les })lus entreprenantes dans le marché des vanilles au Mexique et depuis 
quelques années également dans l'Océan Indien vient de se transformer en 
société par actions avec un capital de un million de dollars ou cinq millions de 
francs, dont moitié actions préférence et moitié actions ordinaires. 11 y a là au 
point de vue général un indice certain sur l'avenir et le développement de la 
consommation et dos affaires vanilles aux Etats-Unis. Nous ne pouvons que 
féliciter les produclours de vanille à ce sujet et en même temps attirer l'atten- 
tion des négocianls de l'ancien continent sur cet événement dont l'importance 
ne peut leur échapper. 



M20 COURS ET MARCHÉS 

Vanille Bourbon. — Paris montre la même fermeté avec affaires très actives. 
Le « Djemnalî » arrivé le 2'j écoulé a porté 379 caisses contre 442 à pareille 
époque Tan passé. Sur cette quantité, 114 caisses sont pour une seule firme 
parisienne. L'arrivage se compose de 7G cais