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LA
LANGUE ÉTRUSQUE
Jules MARTHA
PROFESSEL'H A L.V FACLI-TÉ DES LETTRES DE lY'NIVERSITÉ
DE PAIUS
LA
LANGUE ETRUSOUE
AFFINITES OUGRO-FINNOISES
PRÉCIS GRAMMATICAL
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
l'AKIS
ERNKST LEKOIX, ÉDriElH
28, UVK HONAI'AHTE {Wl")
4 913
H-
NOTK SUR LES SIGNES TYPOGRAIMIIOIES
a = voyelle intermédiaire entre a et n.
\x z= e ouvert; (/ allemand.
î = ( assourdi.
s = 5 dur comme dans le français passe
s :^ ch français comme dans c/*(!c/<''; sh anglais, sch allemand.
z =j français comme dans jeune.
c = fs; allemand z ou tz.
c = tsch.
z =1 z français comme dans zèle.
y ^ ch allemand, comme dans ich.
n = n nasalisé.
V = n français.
Les consonnes suivies d'une apostrophe sont des consonnes
mouillées.
Le redoublement de la voyelle en finnois indique une longue.
Dans la transcription du hongrois, il a fallu, pour éviter des con-
fusions possibles, s'écarter de l'orthographe usuelle sur certains
points.
On a conservé les signes d, é, /, ci, û pour les voyelles longues.
Mais l'a bref est remplacé par %.
Ye bref « par à.
Les consonnes sont représentées :
sz par s
s par s
es par c.
ABREVIATION S
Biidenz = Ju/sef Budenz, Magyar-iigor osszcliasonUtô szotàr, Buda-
pest 1873-1881 .
Budenz-Simonyi =: J()z,sef Budenz, Az vgor ni/i'lvek nsszehasonJilô
ainklana, publié et complété par Zsiu,nHind Siinonyi, Budapest,
188 M 891.
C = Corpus 'nisrrij)li)imnn riruscarum .
Capoue ^ Biichelei', /{/ichiisches Muséum, LV, 1000, p. 1-8.
Donner == 0. Donner, Vergleicht'ndes WOrlerhuch dcr FinniscJi-
ugrisrht'ti Sjn-ucliru, llelsingi'ors, 1871-1888.
F = Fahretli, Corpus insrrliilionuiii ilidlnirinu.
F. 1, II, III --= Fahretli, Primo, Scrondo, Terzo Supplciitenlo.
FUF = Fiiriiiscli'UgrisrJii' ForscJiungen.
(\ = (îaïunrriui, A ppcni/ici' ni Corpus niscrIpCiouuia lluUcai'uui .
Krall = Krall, /Cie etruskisclicu Muuiieu/jiudcn des Agrumrr unCiouul-
Museums {Dcnkschriften d. k. Acad d. Wissensch. in Wicn, philos. -
histor. Cl.XLI, 1892).
Mag'liano = Mihiiii, MouumcuCi uniichi pulihlimli pcr curu d. r. Acr.
dci Lincci, II, p. \\~ el suiv.
Nolizie ^= :\oCizii' drgli Scuri di nulidiilà.
PRÉFACE
La langue élrusque est une énigme qui fait, depuis plus
de deux siècles, le tourment des savants. L'alphabet est
connu ; les textes se déchifîrent, mais on ne sait pas ce
qu'ils veulent dire. L'idiome dont ils sont les témoins est
demeuré irréductible. Les multiples tentatives auxquelles il
a résisté ont tini par lasser la patience. Il semble entendu
aujourd'hui, du moins en France, que le problème est inso-
luble. Labstenlion étant mère de sùrelé, on le laisse en
quarantaine. Quel que puisse être le risque de l'entreprise,
il importe pourtant que l'étude d'un problème aussi capital
ne soit pas abandonnée. Ce n'est pas en l'oubliant qu'on le
résoudra. El qui sait ce qui peut résulter de recherches,
même malheureuses? 11 y a des erreurs qui peuvent être un
enseignement. Corssen s'est trompé en prétendant expli-
quer l'étrusque à l'aide des langues indo-européennes. Mais
en se trompant il a rendu service à la science : on sait
maintenant que la voie explorée à fond par lui est une
impasse.
Pour aborder le problème étrusque, deux méthodes oui
été essayées, la méthode compai'ative et la méthode combi-
natoire. La première consiste à chercher parmi les langues
connues un ty|)e auquel l'étrusque puisse èlre ia|)poitc
au point de vue du vocabulaire et de la grammaire. La
seconde entend ne lirer (|ue de Tétrusciue lui-niènic les
IV puéfaci':
moyens de rinlcritrélcr. Klle i'a])pi'0('lie les textes, les
combine, les lait réagir les uns sui" les autres, afin de déga-
ger le sens des mois les itius usuels el (risoler certains faits
grammaticaux.
La métliode coni|>araliv(' n'est |)lus en raveui' aujourd'hui.
Comme elle n'a pas l'éussi, ou la condamne. C'est pourlaut
à elle (ju'il faudra revenir. C'est la seule qui |)uisse avoir un
fondement solide, parce (jue c'est la seule qui aille du
connu à l'inconnu. La méthode combinaloire, |)ratiquée
avec l'igueur, ne permet pas d'aller bien loin. Pour peu
(pM'Ile veuille ét(Mi(li'e ses investigations, elle se montre
inlidèle à sou prin<Mpe et se fait plus ou moins comparative.
<Juand (die essaie de déterminer h^ sens de certains mots
d'après le seul libellé des inscriptions, elle admet que la
rédaction des inscriptions étrusques est conçue de la même
manièi'eque celle des inscri|)tions ou grecques ou romaines.
Par analogie elh^ cherche des titres de magistrature et
comme des r///',sv/.v //c);/'o/7////. i'^lh; compare donc im|ilicitement
Pétrusque à autre chose, l'allé fait de même quand elle
s'ingénie à reconnaître des fornu's de déclinaison et de
conjugaison. Elle laisse entendre en effet pai" là qu'elle se
re|)résenle Pétrusque comm<! une langue à flexions. Plie se
r<''fère ainsi à uni; langue, qui, sans doute, n'est |)as expres-
sément spéciliée, mais (|ui n'eu a|)partient pas moins à un
type défini. i'Mh; compare encore l'étrusque à autre chose.
l'armi les liyj)ollièses auxquelles peut s'a|)pliquer la
méthode comparative il en est une, l'hypothèse linno-
ougrienne, (|ui n'a pas encoie été sérieusement mise à
l'épreuve. Tayloi' y a lomdié dans ses ElriLscan liesearrlips
|187V)- Mais si ses inductions archéologiques sont parfois
spécieuses, ses observations linguistiques sont, an témoi-
gnage de Sayce (1), inadmissibles. A peu près à la même
(1) Pri/ici/ie.s de philoldi/ie coin/xiréc (trad. Jovy), p. 92, nolo 1.
PREIACE
époque, en 187."), dans la ])i'eniière livraison des Etrusklsrlie
Forschuiiyen, Deecke terminait ainsi une étude sui- certains
suffixes étrusques, dontrélémeni principal ;-/ parait donner
naissance à des sulfixes secondaires : « A ce propos, je crois
devoir dire que les langues finnoises, dont je me suis occupé
depuis plus de vingt ans dans mes heures de loisii-, et dont
le système général m'est bien connu, |)résentent, |tar une
analogie des plus frappantes, le même phénomène dun
suffixe pouvant servir tantôt à marquer une fonction casuelle,
lantot à marquer des mots dérivés; j'ajoute que dans ces
langues la lettre /en particulier joue un grand rôle dans la
formation des cas et dans la composition des mots ».
Mais, en dépit de ces atTinilés a|)parentes et à cause de
certaines dilficullés qu'il n'indique pas, Deecke n'alla |»as
]ilus avant.
A l'époque où il s'exprimait ainsi, une étude mélhodi([ue
des langues ougro-finnoises était à peu près impossible. On
n'avait encore ni le D'irt'ioiindire rorit/iaré nuajyare-ouifr'ien
de Hudenz ' Mafi)/aj'-iiiior il^sz-ehnsonlUô s:.nff'n\ I87H-1881),
ni le Yerg/eir/iem/es Wurterhnch (1er finiilsrli-ngnsrhen
Sp/rirhen de Donner (1871-1888^ in;ichevé), ni le Diction-
naire finnois-inayyare de Szinnyei [Finn-magyar Szôtdr,
I884i, ni la Grammaire coinparèe des langues otigriennes àii
Budenz complétée par Simonyi Az agnr ni/elvek nsszeJiason-
litô alaktana, I88i-I894i, ni \aFinnisch-a(/risr/ie Sprar/ifris-
senscha/t de Szinnyei iSammlung Goschen, 1910), ni les
études de ^^'inckler sur les peuples ou les langues ouralo-
altaiqucs {Bas uraltaisrhe und seine Gruppen, 1885). ni la
ve\ne Finnisrh-ugrisrlie Forscliungen (commencée en IIMH i,
sans parler d'une multitude de travaux de d(''laii publiés en
Finlande cl en Hongrie depuis ti'enle ans. Si Deecke avail
eu ces instruments à sa disposition, peul-ètre n'aurail-il
pas renoncé à l'idée (jui l'avait hanté (|nel(jiie temps, pour
VI PliKFACI';
revenir à lliypollièse indo-européenne de Clorssen et s'y
enliser à son tour.
l'ne très longue suite de recherches et de tâtonnements,
dont le détail importe peu ici, m'a conduit, après de mul-
tiples détour-s et beaucoup de déconvenues, à entrer dans
la voie que DeecUe avait abandonnée et qui semblait con-
damnée. II m'a paru qu'il y avait entre l'étrusque et les
langues linno-oui^riennes d'étroites afïinités. J'ai voulu voir
jus(ju'où pouvaient aller ces affinités et j'ai constaté qu'à
l'aide du linnois, du hongrois et des idiomes congénères on
arrive à expliquer les radicaux de la langue étrusque, à
reconstituer une partie de sa grammair'e, enfin à traduire
mélhodiquemenl des textes jus(ju'ici irréductibles.
J'ai étudié tous les textes importants, tous ceux qui con-
tiennent autre chose que des noms propres et dont le texte
paraît établi. Les textes de lecture douteuse ont été systé-
matiquement ('cai'tés. Les difiicultés d'interprétation sont
par elles mèmcîs assez grandes |)our qu'on n'aille pas les
compliquer encore par des discussions de syllabes et des res-
titutions conjecturales. On a aussi laissé de coté la fameuse
inscription de Lemnos, bien qu'elle paraisse être d'une
langue appai'entée à l'étrusque. Mais en raison de son carac-
tère archaïque et de cei'taines particularités d'écriture, elle
présente des difficultés spéciales, dont l'étude est pour le
moment prématurée.
ihms la comparaison entre l'étruscpie et les langues
finno-ongriennes, je me suis efforcé d'éliminer tout re qui
M "ap|)arti(;nl pas au vocabulaire pr()|)re de la famille finno-
ougrienne, d'éliminer notamment les mots turcs, slaves ou
germaniques, qui se sont glissés dans le hongrois, le finnois
et les idiomes congénères. Je nose me flatter d'y avoir tou-
jours réussi. La question est difficile. Les meilleurs diction-
naires, même les dictionnaii'c^ comparés, comme ceux de
PREFACE Vil
BudeDz el de Donner, donnent quelqnefois des indications
trompeuses. D'ailleurs, sur bien des points, il y a encore
incertitude, comme le prouve le relevé de Setiila, Aeltere
gennanisrlfen bestandte'de in den ostseefi.nmscJien spraclien
[F'nin'isrh-uijnsrhe Forsrlnmfipn, Xlll, 1913, p. 345-475).
Malgré tout ce que de pareilles recherches comportent
d'aléatoire, l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres a
bien voulu aidei' à la publication de ce volume. En rappe-
lant ici cette subvention, je n'eutends pas m'en prévaloir
comme d'un patronage ou d'une garantie scientilique.
J'acquitte simplement une dette de gratitude.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Au cours de l'impression, qui a été très longue, des corrections de
détail se sont révélées nécessaires. Pour quelques mots notamment
rinlerprétation n'est pas la même au début et à la fin du volume.
Je prie le lecteur de vouloir bien s'arrêter au sens donné par le Dic-
tUmna'ire et d'avoir égard aux modifications indiquées ci-dessous.
Page 3, note l, ajouter: Skutsch, dans Pauly-'Wissowa, VI, p. 77,')-
777.
Page i, ligne K'», lire : peut être.
Page 6, ligne 30, après hinôial, ajouter : si toutefois la désinence -al
est bien le sulïixe casuel. Car il se pourrait que le mot fût un
composé de hin9 et de ial; voir p. 189.
Page 7, lignes IS et 21, effacer créais et créai.
Page 28, ligne 17, lire • Oan^vilus.
Page 32, ligne 20, lire : mlax- — En bas de la page, la seconde note doit
être précédée du chiffre 2 .
Page 36, ligne 28, au lieu de -nck. lire : -nlik.
Page 43, ligne 23, lire : canz-a-te, hongrois k-xndl-kàl- « reluquer ».
Page 44, ligne 29, lire : cem-na, finnois 1,'nn-a « brillant ».
Page 44, ligne 30, lire : cen-u, finnois l;anl- " mettre en ordre, net-
toyer ».
Page 45, ligne 9, lire : cep-en, timiDis kappa « seau, boisseau ». —
Il n'est pas certain ({ue le linuois kappa soit d'origine germa-
nique. ( Fimiisch-ufjrische Foi'schuugen, XIII, 1913, p. 377).
Page 4.J, ligne li, lire : hongrois '7>-/'/ « construire »,
Page 4fi, ligne 14, lire.' finnois lai-ska « inerte ».
Page 46, ligne 20, lire : finnois )-Hj)a « boue ».
Page '(('», ligne 21, lire : finnois ral-jn « humide ».
Page 46, ligne 29, à supprimer.
Page 46, ligne 31, lire : tus, tus-6-i - hongrois /ns--, los-it-, Its-it-
« pousser ».
X ADDITIONS ET COlîliECTlONS
Page n, lignes 11 et 11 à supprimer.
Page 17, ligne 10, lire : linnois lic-khii-^ Hr-l,-t(-hl ■ « branler, vaciller ».
Page 'i7, ligne li"), ajouter : l/élriis(iu(' n'a |>as de sonores fA, d, g).
Page 51, ligne .j, lire : hongrois rp-il- « bàlir ».
Page 52, ligne i, au lieu de hiicfi, lire : hoppu « hàle, diligence, empres-
sement ».
Page 52, ligne 28, lire : ZiumiSe.
Page 55, ligne 1 1. ajouter : fuhzus, tehamai (Capone).
Page 5!), ligne 1, lire : « snbsisler », (b'-rivé d'un i-adical ipii est appa-
renté an linnois yV//-/,/ k veslige, trace ».
Page 59, ligne 3, lire : <''lr(' )nauoais, dériv(3 d'nn radical apparenté au
(innois il-/,-f-(i « laid ».
Page 59, ligne 11, lire : '/ne l'on fail iiiarrlu'r: voir p. 221.
Page 59, lignes 15 et Ki, lire : cW linnois hiln- » aller Icnlenienl,
s'avancer » .
Page ()0, ligne 3. lire : nas-i-e Magliano) rire conpr. Cf. hongrois
na>-- « couper, anipuler ».
Page 60, lignes 'X\ et 31, lire : faire dérlaralion de (idrlilé, composé de
lautn fidrle, etc.
Page 01, lignes li-IO, lire : sle-l-e /'"'/'. mourir; cl', hongrois sél
« exlrémilé, bord ».
Page ()2, lignes 29, 30, lire : linnois liii-sl;-<i <. inurle ».
Page 05, lignes 1 1 et 12, lire : pis-c-r-i ('laid ai;/u. participe en -i
i§103)du verbe pis-C-r-, (pi i dérive diiu Ihèuie *pis, ait])arenté
au (iniutis />?<,v-/,7'- « donnei- un c(mii) de pointe >}.
l'âge 05, ligne 20, rétablir en tête de la ligne : Inmgrois =::.
Page or», lignes 15 et 10; lire canz-a-t-e rrtpinlcr, eoir; v\\ hongrois
buidi-hàl- <i relu(|ner ».
Page 07, lignes 7-9 lire : tus-6-i i/ni est serrr : vï. hongrois las los-it-,
las-il- « pousser, heurter ».
i*age ()9, ligne i, lire : fulum-x-v-a passer vile.
Page 09, ligne <», lire : cep-en </rand de canlenanl.
Page 70, lignes 28, 29, lire : le-sc-a lamhcr. passer dérivé de *le en
has\ cf. hongrois la » en bas ».
Page 72, ligne 19, lire : menas passage.
Page 72, ligne 30, lire : sr-as rcoulemenl. A la ligne suivante supprimer
srenxve.
Page 73, ligne 19 lire : mula-x p^rsislanl^ dérivé de mula « passer,
passer h; teni|)s ».
Page 7i, ligne 18, lire : tlenac-es '/ne Idn fait marrher ; voir p. 221.
Page 75, ligne •"'», lire : l'iaal sern'', au lieu de rlanl e(ni/iaal ; cl', page (17,
ligne 7.
ADDITIONS ET COKliKCIIONS M
l'âge 75, ligne 7. même correctiou.
Page 70, dernière ligne, lire : amhar-i — ùmhar.
Page 78, ligne 10, cà supprimer.
Page 79, ligue 0, lire : hetu-m coniinii, au lieu de mis en route.
Page 79, ligne 17. supprimer puratum. etc.
Page 79, ligne :l'.i lire : \onoriti' au lieu de l'elalani, sonore.
Page 79, ligne -2o : pour Gunem on peut hésiter entre deux interpré-
tations. On i)ent le considérer soit comme une sorte de participe
signiliant réduit, soit comme un terme composé de Sun et de em .
Voir plus loin page 1(»7.
Page 80. ligne 19 au lieu de gy;ii'-m;ik, lire : gviir-m-ii-k.
Page 81, ligne ±2, au lieu de husina lire : fusina.
Page 83, ligne ."">, au lieu de plein, en/lr, lire ; élevé.
Page 87, ligne l, lire : spel-8i fureur: cl', finnois sappi « fiel, bile,
colère ».
Page 87, ligne "18, au lieu de gagner-petit, lire : o'oilre-petit. A la ligne
suivante, lire : ens crnitre.
Page 88. lignes ii et V), au lieu de grand de mesure, lire : grandfuient
de mesure, de mar mesure et de isl ;/raiideuient.
Page 88, ligne 29 au lieu de fas is, lire : fas-eis.
Page 88, lignes 3o et 30, au lieu de étendu de fracas, lire : multiple de
fra cas 1 j^ mu It ip le .
Page 89, ligne 3, lire : artieulalion de marche, de tlena^- marcher,
etc. ; voir p. 221.
Page 91, ligne 30, lire : lu-n.
Page 92, lignes 1-2 lire : correspond à la ])réi)Osition.
Page 93, ligne 3. La leçon ca-ti n'est pas certaine; voir plus loin,
p. 185, note I.
Page 93, ligne 11, lire : ''/ partir du mourir.
Page 96, ligne 29. à propos de ca-ti, voir p. 18:), note 1.
Page 90, dernière ligne, au lieu de kuka-van. lire : kuka vaan.
Page iOi, supprimer la dernière ligne.
Page lO.'i, ligne i, lire : le père est uiatadroil de marche.
Page 107, ligne Ki, au lieu de -tla, lire : -tal.
l'âge 108, ligne 32 : cz-1 i)eut être aussi considéré comme un adjec-
tir formé avec le sullixe nominal -1 (J^ 109) et pris adverhialeuicnl.
Voir p. 2(il.
Page m, ligne 11 : à supprimer.
Page 11 i, ligne 30 au lieu de /'/ l'émissiou, lire : le dépérissement.
Page 1 Kl, ligne 3i, au lieu de la crue d'eau, lire ; le ruissellement d'eau
Page 119, lignes 31-3:i, au lieu de si on le fait plier du genou, lire : si on
le fiit u\archcr\ voir [). 221.
xii Ai)i>iri().\s i:i' (;()i!iii:t:riONs
Page 120, lignes i-"2, au lieu de rin-licululion dr ]>l(iii'inriil, lire : l'aiii-
cuJai'ion <lt; iikvcIic: voir p. -"il.
Page Kil, ligne i^i, au lieu de Arnal, lire ArnGal.
Page 138, ligne liJ, au lieu do jirD'/rrssif df doucrur, lire : jxirfaU de
iraii(/>iilHl(''.
Page l"')i), lipe o-J, au lieu de Lecus lire Secus.
Page 17(>, ligne !<>, supprimer - le ■■ devant zilaO.
Page 182, les lignes IS-iO sont à remplacer par ceci : Ladjcctir ca6-s
signili(> i>r(>[)reinenl iiimiuri, de <Csn^- nuiiii. Le mol, Ibnné avee
le sullixe iioiiiiiial -siî^ H") est apparenlr au liiinois kntc [k(isi)
(( main »; cl'. Iiongi'ois /:rz\ vogoiilo /.v//, /,iil\ tcliérémisse fid ;
inordviiK" kfd, l<nd, f><'d' iHiidenz, p. 28, iio:34; Donner, 1, [). l'(,
a° oO .
Page 2115, lignes 'A-'-'u lire : linnois hnpim « liAle, diligence, eiiipressc-
menl.
Page 221, ligne 10 au lieu de x'i un lui /'nil jilirf lo tjcnoii, lire : x^' on le
fait marclu'r. Dans le commentaire qui suit, l'interprétation de tlenaces
(ligne 2r)) est à modifier. D'aprrs un r('cenl, travail (Sel;il;i, zu dm
(/crinanischen W'iii'liTii un fimiischi'it dans la revue /'liiniscli-7igris-
che Forsrhungni, Mil, l\)\:i, p. :]:{:'), :VM\ et A:\1), le linnois lein
« rouleau » doit èlre considéré coniiiic un Icnnc ciiiprunli', d^tri-
gine gerniaiH(|U('. honc le ra|»proclienieMl avec tlenaces est inad-
missible. Un aiilrc rapprochement esl possible, celui du thème
(''trusi|ii(' *tle avec le llirme liiiiui-ougricn au(|U('l se rapporb^ le
linnois hd-la « seinidlc >>, lal-hi- » ccrascr avec h; pied », hilii-
'■ marcher lenlcmenl ■■ ; vW luingrois ly.l-j) •< pied, senudie ■>
(Budcn/., 1». 17:;, u°lî»5; Donner, I, p. 131), u" AM ; p. lil, n" :i08).
Le vci'be tle-nac- signiliei-ait ainsi jiKdlrr h' jiicd par Icrre/marrJicr
et le |)articipe passe passif se Iraduirait j)ar mis d'dxnil ou /'())'cr dr
inarcher.
Pages 222 el 22;}. En raison de oe qui vient d'être dit dans la note précédente
tlena^-eis ue peut pas se traduire paryc/^;/;. Il faut entendre (irlicula-
llon de niarchc, c'est-à-dire jiicd ou rhi-rille.
Page 23o, ligne i, au lieu de : la douleur, lire : les ennuis.
Page 235, lignes 20 et 21, au lieu de : cur-ie-a a le sens d(> c/rc malade,
cf. Iiongrois, lire : cur-ie-a a le sens de èin; eiunu/r, cl', linnois
kur-rà « mauvaise hunieiir, ennui, dégoût ».
Page 2i0, lignes 3 et suivantes, rectifier de l'étymologie de apr-ens-. Le
second élément du inni n'es! pas à rap[)rocher du linnois atis-ai-
« mérilei-, gagner ■, don! l'origine paraît èii'c dans les langues
geriiiani(|lie> /'"nntiscli-ai/i'isrlir /''n)-s(lu(iir/('ii , \lll, P.tL'J, [). 357).
En-s- ddil l'Ire plidrd considéri' comme nu radical l'ormé avec le
ADDITIOSS ET COKBECTIOXS XIH
suffixe de dérivation verbale -s § 86 . en grar.d cf.
.^ 220 cep-en . Le verbe en-s- sigoiûe grandir^ croUre. De là pour
le parlici|ie apr-en-s-ai le sens de c^" --•'■ - *f peiU, c^st-à-dire
les intérêts ou revenue.
Potre -\o. Ligne 15, aaMea de menitla Hre irainani de mmxhe, lire :
menitla être gauche de marche. "• ' - ,.^ c ^ raen- aller,
marcher el du verbe tl-a, qui p. .no\s lol-k»,
tol-ca-na. tùl-ve-lo. lïd-pë, tûl m « idiui, i»iupide, imbécile »; cf.
osliak, /m/, tul-pu-l « idiot » Donner, I, p H' ^- 501 .
l 'âge 2 i8, ligne 19, ajouter : on pourrait aussi -r cac du tia-
nois keko, « pile, las, monceau ».
l'age 250, lignes 33 et 34, an lien de ^^</>^r«l » ..y. ^i : . iie d^m.
Page 251. après la ligne 9, ajouter : Ln-rs-ô bosse d'os est qualifié par
ti-n-s. C'est un substantif composé de lu r? "^
le sens de lu, cf. finnois luu « os a; - . . .;:..
vogoule lu Budenz, p. 705, n*" 766 , Pour rs-9, qui est formé avec
le suffixe nominal -6 .^ 120 , cf. finnois r»jsîi « bosse » rïis-tâ
ï protubérance » Donner, 111, p. 137. n' 1028 .
Page 255, ligne 8, an lien de es. lire : 'es
Page 257. ligne 8. ajonter : De he-n on peut rappro her he-va. qui
se trouve dans Tépitaphe C. ÂÙl : he-va Vipi8ur Cucrina^ur
Cainal [' ~ he-va on a le thème lie avec le suffixe n va
j^.^ iSé . D après î epilaphe le sens est qui se sud, qui se ^ '
touche, voisin. La sépulture est colleclive. 11 s'agit de ès
utérins, dont la mère est désignée par Cadnal. L'un. Vipi-6ar, est
fils d'un Vip\ l'autre, Cucrina-Our. es: - n Cuciina cf.
§ 182 Vel-6ar . L'épilhèîe he-va voisins i lils >ont côte à
côte dans la sépulture.
Page 260, ligne 6, lire : hon:r: - '
Page 263. lignes 10-11. Le r sque mer et le
finnois mar n'est pas possible, nwr devant être considéré comme
un vocable emprunté aux langues germaniques flnnisch-ugrische
Forschungen, Xlll. 1913, p. 409 . Mer est p!ui«'«» à rapprocher du
hongrois mâr-âei « raide, rigide ». - i », mâr-o
* slri dément, rigoureusement, entiùi w^i. i.. ^, .^ az, p. 619.
n° 658'. Ce dernier mot, comme le terme étrusque, a la valeur
d'une particule superlative Imâr-Ô mindxBÏ- tout, tout
entier ».
Page 271, lignes 15 et 16, anUea de <^Me> la prière <*o«7> bonne.
lire : <^*i>> la prière <<♦'#/>■ bonne.
Page 293, ligne 15. an lien de § 94, lire : ^ 93.
Page 308, ligne 21. an lieu de prieur, lire : crieur.
XIV AiiDirioNs i:'i' (;oi;i!KCTiONS
Page 3'2i'j, ligue 1 1 . au lieu de rr.sidHs, lire : rrsiiln.
Mriiie page, ligne i.'{, au lieu de slrn, lire : sie7'a- « fendre ». siero
« l'en le oiiverUire ».
l^ige 3(1.'). après la ligne IN, ajouter :
CEZP
cezp '5; I V.\ , iiiiih' siipiTioiire à six.
cezp-a-lx-a-1-s l''- I. -'.S") — i'-l'2.~ = gi'iiilil' du iioniltrc signilianl
suixcDifc-dix ou <iiifil)-c riiigis; cezp-a-lx-a-1 est pour cezp-lx-1 ;
c'est un ronii)Osé de cezp el de l^-l tlhninc ivoir ce iO(Ui.
cezp-z 1'. t, ;{<S7i — § ±1H = sept fois ou fudl fois. La désinence
es! nu snilixc adverbial (i; l'iO, 3 1 ; ci', esl-z .
l'agc .371, après la ligne 1-2, ajouter:
CUV
CUV, dans le coiiiposc us-cuv 1 voir c(ï mot) -= forl.
Il Kinnois /.o/)-(' « c siiperho, arro^fiiit » ; estliouien /.o/j-c « Tort, énergique »;
liuiigrois /.vïy-e/' « orgueilleux » (Donner, 1, [). 7,s, n» 216).
Page .'{!><S, après la ligne 1 1, ajouter :
LU
lu-n lCa|)(iii(', I. •"> — i^ 39.') = por le fiil dr laiii-cj\ vi'rbe lu pourvu
du snilixc iusl rumen tal -n (>5 .121), IVj.
Il Hongrois /'/-, ///y- « lancer » ; vogoulc // ; tchéréniisse /«-; finnois liio-
(Builcnz, p. "01, n" 7(;9 ; Donner, III. p. 170, n" lO.jG).
Page 450, ajouter :
UR
ur-i, dans le couiposc el-ur-i (voir ce mol; z^ fiin' c/furl.
Il Finnois uri, ilri-tils « ell'ort », i/ri-Ua- « faii'o etl'ort >> .
PREMIÈRE PARTIE
LES DONNEES DU PROBLÈAIE
I. Ce que foiiniissent les textes.
1. L'étrusque nous a été conservé par plusieurs milliers
d'inscriptions, en grande partie funéraires, dont les caractères
se déchilTrent aujourd'hui sans difficulté, mais dont le sens
échappe. Il y a bien quelques textes bilingues (étrusque et
latin) '. Mais on n'en compte guère qu'une trentaine et la plu-
part sont si mutilés ou si insignifiants qu'il est à peu près impos-
sible d'en rien tirer. Les indications qu'ils fournissent se
réduisent à ceci :
1" Le mot avil (ou avils) exprime l'idée d'âge ;
2" Le mot lautni parait avoir pour «Mjnivalent le latin hher-
tus "-.
3" Le suffixe -al ' marijue la provenance, Cahatial . Arû8
1. Ils ont étr nHinis et étudiés par Deecke {Etntsk. Forsch. ti. Sltidien, V:
Stuttgart, 1883).
2. L'équivalence est cependant conte.stée par Pauli [Elnis/:. Forsclt. u. Stinl.
I, p. 16:; .
'S. La comparaison des foruics Larb et Lardai, Aruh et Animal prouve que le
suULxe est bien -al et non /.
4. C. 3763.
2 IMtEMIKHK PAUTIE
nal ', Cainal ". Varnal \ étant respectiveinent traduits par
Cafatia natus, Arvia nal us, Caumia natus, Varia iiatus.
2. Quant aux inscriptions non bilingues, olles nous font
connaître :
T' ]Jos noms Je divinités, Icls (jue Tinia, Menerva, Ne0uns,
SeOlans, Laran. Turan, Fufluns ' ;
2" l'ne variété considérable de noms d'Iiomnics et de femmes,
qui n'ont avec b's noms des divinités aucun rapport, preuve
que, contrairement à l'usage de beaucoup de peuples antiques,
les Etrusques n'avaient pas communément de noms théophores;
3° Quelques termes, comme clan, puia. sec, qui paraissent
indiquer des relations de parenté et auxquels on attribue avec
vraisemblance le sens de ///.v, femme, fille ;
4" Des termes, comme suGi, lupu, ril, qui appartiennent au
langage funéraire et se ra|)portent sans doule à l'idée de lom-
beau, de vie ou de mort.
o" D'autres termes, lels que fleres, Gufuleas, alpan, cver,
turce, ([ui semblent indiquer une consécration, une offrande,
une prière, une supplication ou un ex voto.
6° Des particules comme mi, ca, eca, an, qui semblent avoir
une valeur ou pronominale ou démonstrative.
G" Des noms de nombre servant à mar(|ucr, sur les épitaphes
l'âge des défunts, et sur plusieurs dés à jouer, la somme des
points amenés. Mais la valeur de ces nombres reste indéter-
minée, les dés nous présentant les cbiirics de 1 à G dans un
ordre que l'on ne connaît pas ''.
1. C. 1048.
2. C. 1G71.
3. C. 3023.
4. 0. Mûller, dïc Elvu.sker, l. II, p. 42 et suiv.; I)areiiil)erg et Saglio, Diction,
des anliq., t. II, l""» partie {Elriisci\ p. 824 et suiv. — Sur les miroirs gravés, où
fifçurent des K'gendes connues, plusieurs de ces divinitc's tiennent la place de
divinités grecques et semblent par conséquent leur avoir été assimilées. Mais
l'assimilation, si elle a jamais été autre chose qu'un à peu près, ne s'est produite
qu'à une basse époque, au m'' siècle avant notre ère, c'est-à-dire au moment où
la religion étrusque était à la veille de disparaître. En tous cas, les noms de ces
divinités n'ont rien qui rappelle le grec, même de loin.
'6. Cf. Dcccke et Pauli, Elr. Forschungen und Sludien,]U, die Elruslc. Zahlwôrter.
LES DONNEES DU PROBLEME 3
A ces données épigraphiques s'ajoutent quelques mots
étrusques conservés par les auteurs anciens avec le sens en
regard \
3. Tout cela ne nous apprend rien de décisif sur lu consti-
tution et l'origine de l'étrusque. Avec l'onomastique divine et
humaine nous n'avons que des radicaux, dont ou pourrait à la
rigueur trouver l'équivalent dans toutes les langues et qui par
là même sont inutilisables, sans compter que dans le nombre il
est possible quil y ait des noms de provenance étrangère. Les
noms de parenté, même s'ils étaient tous bien déterminés au
point de vue du sens, n'auraient qu'une valeur relative.
L'exemple de /i/ius, fi/ia, fyater, soror, uxor, (\m n'ont aucun
rapport linguistique avec u'-ô;, OuyaTr^p, àosÀ'-po';, xas-Lyv/jr/^, yuv/î,
suffit à montrer que deux langues peuvent être issues d'une
même souche et cependant exprimer par des radicaux ditïérents
les mêmes rapports de parenté. La connaissance des noms de
nombre serait plus précieuse, s'il était démontré que ce qui s'est
produit dans le groupe des langues aryennes s'est produit dans
tous les autres groupes linguistiques et si l'on pouvait poser
comme un principe universel qu'à la communauté d'origine
répond la communauté de numération.
Des termes fournis parles anciens peut-on tirer davantage?
Mais ils sont tous plus ou moins défigurés. Sans parler des
fautes qu'ont pu commettre les copistes en transcrivant des
termes pour eux barbares, la transcription n'est jamais qu'un
à peu près. Quand on nous donne comme étrusques les mots
Y'iv!.^, yâTûO^, opoùva, a-^TO!., a.zi'j.':);,, oauvô;, |j'jppo;, avoa;, on ne
nous donne que des formes liellénisées, puisqu'il n'y a en
étrusque ni [ii, ni y, ni o, ni o, ni lettres doublées. De même, il
est plus que probable ([ue les mots idus, alriuin. lacumo, Iiislrio,
ludio, suhulo, balleus, s'ils sont bien, comme on le dit, d'ori-
gine étrusque, s'offrent à nous sous une livrée latine. Leur
forme authentique ne nous est pas connue.
1. Deecke en a dressé la liste (Ot. .Miiller-Deecke, die Elvusker, t. Il, p. o08 et
suiv.).
4 PKEMlEliE PAISTIE
Les lénioiiinagos cnx-momes seniblcMit sujets à caution. D'après
Slrabon, y.pv^o;, signilierait suif/r eu éti'us(|ue, mais c'est un on-
dil (ccaT'l), et un on-dit ([uehjiu' peu suspect eu raison du jeu de
mots dont il est accompagné '. Varron donne balteus comme un
mot d'origine (Uiusque, mais il en est si peu sûr qu'il le fait
aussi dériver du lalin hullatus -. Ilésycliius, Servius, Festus,
selon toute apj)arcnce, ne savaient pas rélrus(|ue et leurs ren-
seignenuuits ne sont pas de première main.
Pour l'aii-e état des mots cités par les anciens, il faudrait être
cerlain ([u'ils i-épondent bien, par leur radical, au sens propre
de l'objet. A. coup sûr, ce sont des termes rares, des curiosités
de langage; sans quoi les glossaleurs n'auraient pas eu l'idée
de les relever. Qui nous dit que ces termes ne se rapportent pas
à quebjue particularilé de forme ou de manièie? "Apiao^ peut
signilier aussi bien (jrunacïcr que .sinyp. Ayavo;, (jui désigne un
cheval, peut-être une allusion à la robe, comme l'allemand
■schinimcl et le français alezan.
IL Le suffixe -aL
4. De toutes les données qui nous sont fournies par les ins-
criptions et par les témoignages anti(jues, une seule est pré-
cieuse à retenir, c'est l'emploi du sufiixe -al, indi({uant la pro-
venance. Voici les textes bilingues qui en déterminent la valeur :
Va. 1(118 : clr. Cvinte. Sinu. Arntnal
lat. O. Senliiis L. f. Arria nul as
C. D;71 : eti'. VL Alfni. Nuvi. CainaL
lai. r*. /.■''! A//n(\ a. /'. ('diniiia natus
C. ;j02;J : clr. A0. Unata. VarnaL Ra.
lat. .)///. Olaei/lus Hufas Varia nalus ^
1. Xlll, 4, (i : T'.vi; 2' i/ -'j^'-a —X-x-z-vjz: tov jjlCIOov toOtov, ry. o' iv ll'.6r,xo'J5-a;î,
oï y.al Tov; 7:'.fJ/,7.0'j; 'ixzl -zpit toÏ? '\''Jorj-r,-t'j'.:^ àv!;j.o'j; vcxAîrsÔJ!'..
2. Thésaurus lin;/i)ae la/.iiuie, t. II, p. 1711.
3. Malgré les ditl'ércnces tles prénoms et des gentilices, l'inscription élrusque et
l'inscription latine se rapportent certainement au même personnage : au lieu de
latiniser son nom étrusque, il a pris, en devenant Uoniain, un nom romain.
LES DONNEES DU PROBLÈME O
C. 3763 : elr. Pup. Velimna Au. Cahatial
l;it. P. Vollunnius A. /. Violens Cafatia natiis
De ces bilingues on peut rapprocher deux épita plies de
Péroiise provenant de la sépulture de la famille Rafi ou Raufi
(en latin Ru/i '). Ces épitaphes, qui se rapportent à deux frères,
sont rédigées l'une en étrusque (C. 3o00 : AuleRafi Cutunial),
l'autre en latin (C. 3o0l : L. Uutis Cotonia natus). Le groupe
latin Cotonia natus est, sans aucun doute possible, l'équivalent
de l'étrusque Cutunial.
Nous voilà donc en possession d'un suffixe, dont le sens est
bien net. L'emploi de ce suffixe est un fait grammatical, par
conséquent quelque chose de caractéristique, qui tient à la
constitution même, à l'organisme de la langue étrusque. C'est
de là qu'il faut partir.
5. Mais ici une question se pose. De quelle nature est le
suffixe -al? Est-ce un suffixe de dérivation, dans le genre de
celui qui donne le latin vcn-aiis? Est-ce, au contraire, un
suffixe de relation, assimilable aux suffixes qui dans les lan-
gues à flexion servent à former les cas de la déclinaison?
Des formes comme LarOals C. 4538 A, ligne i 1) Créais (Ga.
799, 3) Tarxnale Uùid.), ArnOalisa (C. 178), où le suffixe
-al, suivi des désinences -s, -6, ou -isa, semble faire corps
avec le radical, indiqueraient plutôt un suffixe de dérivation.
Mais s'il en était ainsi, ce serait un suffixe de dérivation d'une
nature spéciale. En effet, c'est surtout à des noms propres qu'on
le trouve accolé.
Les exemples se comptent par milliers. Il y a peu d'épita-
phes où ne figure pas le mètronymique du défunt " et très sou-
vent il est pourvu du suffixe eu question -. Ce serait donc un
1. La sépiilttire présente les exemples des trois formes [Notizie deç/li scayt-
1887, p. 391 et suiv.; cf. C. 3479-3504.)
2. L'usage d'ajouter le nom de la mère se conserve en Elruric, même ;i l'épo-
que romaine, quand les épitaphes sont libellées en latin. Cf. Pauli. Corpus, 61i :
A. Papirius, A. /"., Salellia nains. G78 : A. Papirhts, L. f. Alfia natus, aninorum)
XLIII.
3. Conformément au type suivant : Au. Surna Au. Herinial (C. 3ol8\ Le
6 PREMIÈRE PARTIE
suffixe deslim'' à niar(]iier la lilialion, ([uolqno chose d'analogue,
pour lo sens, au sutiîxo -oa des Grecs daus Kcov'lor,ç, « fils de
Ivronos ». Dès lors il faudrait le considérer comme un suffixe
propi'e à l'onomastique et dont l'emploi devrait être limité ù la
composition des noms propres.
6. Or ce n'est pas ce (|ui arrive. Lo même suffixe en efTel sert
aussi bien à déterminer des noms communs que des noms
propres. Sans doute les exemples ne sont pas nombreux. Mais
cela tient à la nature des textes qui nous ont été conservés. Il
ne faut pas oublier (jue ce (juc nous avons ce sont surtout des
épitaphes, c'esl-à-dire des kyrielb's de noms. Dans des phrases
comme tular spural C. '] i'I V . mi spural (F. spl. T, lOG),
sacnisa cilGl spural me0lumesc (KralK p. :J4, 1. 23i, le mot
spural, bien <|u'apparenté avec les noms de Spuri (F, 1415) et
Spurina (F. 2222), n'est ceidainemcnt pas un nom propre,
parce qu'il n'est pas accompagné d'autres noms propres. Fn
Ftrurie le mèlronymique en -al n'est ([u'un déterminatif, qui
s'ajoute au nom véritable, mais qui ne saurait on tenir lieu. On
dil, par exemple. Aule "VelGina Lar0ial « Aule Vellbinané de
Larlliia », pour distinguer Vclthina de ses homonymes. ]\Iais
on ne dit pas Lar6ial seul, qui ne d('signerait aucune personne
en particulier, les gens nés d'une LarSia ' pouvant être très
nombreux.
7. S'il y a lieu de considérer spural comme un nom com-
mun -, on peut en dire autant, et pour la même raison, de mots
tels (|ue cltral Krall, p. '{7, 1. .")), ca6iial (Krali, p. 39, 1. 16),
cil9cval Krall, p. .'{(i, 1. 8i, ursmnal (Krall, p. il, 1. 10), que
bon Irouve dans le texte de la Mouiiiï d'Agram, c'est-à-dire
dans un texte ofi il ne semble |)as ((u'il y ail des noms propres.
De mèm(\ hiuSial ne peut êti-e qu'un iu)m commun. Sans
doute, dans les trois textes oii il ligure, il est associé à des
iléCunt, Aille Siirna, est tUs d'Aule Siirna et a pour nuTe une llevini, dont nous
avons l'épitaphe, C. '.Vy2Q : Fasti llerinl Siirnas « FasU Ileriiii, femme de Sunia ».
1. LarOia n'est pas autre chose que le priMioni LarO applicpu'* à une feunno.
2. Cf. spure6i (F. 20."j7) et spurestres (Krall, p. 31, ligne S et passlm), qui ne
sont certainement pas dos noms propres.
LES DONNEES DU PROBLÈME 7
noms propres, aux noms do Tirésias ', de Patroclc - et d'un
personnage appelé Malavisx '■. Mais on ne pourrait en faire
un noni propre qu'à la condition de l'interpréter, d'après les
analogies fournies par les épilaplies, comme un mêtronymique.
On aurait ainsi une certaine Hinthi ou Hinthia, mère com-
mune de Tirésias, de Patrocle et de Malaviscli. Or un nom
comme Hinthi ou Hinthia ne figure pas dans la mythologie
et, sans parler de Malavisch que nous ne connaissons pas,
aucune tradition n'a jamais fait de i^atrocle le frère de Tirésias.
Sous peine d'aboutir à une conséquence inadmissible, il faut
donc considérer hinBial comme un nom commun.
8. Ainsi le suffixe -al n'est pas exclusivement affecté à des
noms propres. Comme c'est h cette condition seulement qu'il
pourrait être un suffixe de dérivation, il faut le considérer
comme un suffixe d'une autre nature, comme un suffixe de
relation, une façon de suffixe casuel.
9. Cette conclusion n'est pas d'ailleurs inconciliable avec
les formes LarOals, Créais, Tarxnale, LarBialisa, signalées
plus haut (15 .')}. Etant donné l'emploi continuel du sulhxe -al
dans l'onomastique, il a pu très. bien se faire que des mêtro-
nymiques d'un type analogue à Lar0-al, Cre-al, Tarxn-al,
Lar9i-al, primitivement formés d'un nom propre et du suffixe,
aient lini par être traités comme de véritables adjectifs, signi-
fiant « né de... » ; le suffixe -al arrivant ainsi à faire corps
avec le radical, le souvenir de sa nature spéciale s est assez
oblitéré pour qu'un nouveau suffixe ait pu lui èlre atljoinl,
tandis que dans les noms communs il conservait toute sa
valeur de suffixe casuel \
1. F. 2144 : hinOial Terasias.
2. F. 21fi2 : hinOial Patrucles.
li. F. 2n:; : hinOial Malavis/. I.o miroir, qui porte cette ioscription, pnraft
rcpréseuler l;i toilette d'Iielèiieen présence de Vénus. Le personnage, qui seinl)ie
liésignépar Malavis/, est celui dont on tait la toilette.
4. Voir Deecke, Elriisl;. Forsc/i. I, p. 41-83; 0. Miilier-Decekc. t'/c«,s7.rr, t. Il,
p. VXi.
PREMIERE PAHTIE
m. h(> qitclqiifs autres suffixes.
10. Si lo siilFixo-al est un sulfixc casuel, il est vraisemblable
(|u"il n'est pas le seul de son espèce. Il n'exprime qu'un seul
lapporl, le rapport de provenance. Les autres rapports, tels
que ceux de propriété, d'élat, de voisinage, d'attribution, d'éloi-
gnemenl, de finalité, d'accompagnement, etc., tous les rapports
qui dans les langues à tlexion correspondent aux did'érents cas
de la déclinaison ou à certaines prépositions, ont sans doute,
eux aussi, chacun son indice propre et son suffixe caracté-
ristique. 11 n'est guère vraisemblable que l'étrusque ait eu un
suffixe spécial pour la relation de provenance et n'en ait pas eu
pour toutes les autres relations.
11. La comparaison des textes permet de dislingucr quelques
suffixes, qui paraissent bien apparlenir, comme le suffixe -al,
à la caléirorie des suffixes casuels. ('e sont :
1" Le suffixe -s '. Lx
Aule-s (C. 3759).
Cestna-s(C. 3741).
clen-s (G. 4050). •
Cvenle-s (C. 22C).
Heimni-s (C. 412).
Secu-s (C. 319).
suei-s (F. 1937).
(M". Aule (C. 3758 cl passim)
— Cestna (C. 3757).
— clenfF. 2613).
— Cvenle C. 229).
— Heiinni(G. 410).
— Secu(C. 317).
— su6i (passim).
2" Le suffixe -si. Ex :
Aule-siiC 4196).
clen-si (C. 1922).
(^r. Aule (supra).
— clen (supra).
1. Les Etrusques ont deux formes d'S, correspondant sans doute à deux sif-
flantes distinctes, du ninins à Torigine. Mais coninie à l'époque où sont gravées
les inscriptions, les deux formes sont continuellement employées l'une pour
lautrc. il n'y a aucun inconvénient à se servir dun signe unique pour la trans-
cription Corsscn, Sprache der Elriish-.. t. I, ji. 14-lfi).
LES DONNÉES DU PROBLÈME
3° Le sutFixc -ce. Kx :
am-ce (F. 2070, 2104, 2340). Cf.
ar-ce (F. 20oo, 20o6\ —
sue-ce (Krall., p. 3i, 1. 17). —
tur-ce (G. 437, 447 etc.). —
lupu-ce F. 20o8). —
turu-ce (F. 49). —
svalce F. 2I0I). —
4° Le suffixe -ti. Ex :
su0i-ti(F. 2335). Cf.
ca-ti (F. 233o). —
reuxzine-ti (Krall, p. 37, —
1.8).
o° Le suffixe -1. Ex :
su0i-l (F. 2603).
cile-KKrall, p. 38, 1. 12).
6" Le suffixe -ne. Ex :
am (Magliano, A, 1. 3).
ar(Krall, p. 37, 1. 10).
sue (Krall, p. 34, I. 7).
tur(Krall, p. 33, 1. 13),
lupu(F. 2070, 2077).
turu (C. 444).
svala-si (F. 20o9).
suGi (supra).
ca (C. 4o88).
reuxzina fKrall, p. 37, 1. 7)
Cf. suOi (supra).
— cilG (Krall, p. 36,
za6rums-ne Krall, p. 35, Cf. zaGrumis (Krall
1. 9). 1. 14).
turu-ne (C. 4538 B, ]. 10). — turu (supra).
T Le suffixe -G. Ex :
35 ,
acil-G (Krall, p. 37, 1. 6)
ar-G Krall, p 36, 1. 7).
Cf. acil(Krali, p. 36, 1. 15).
— ar (supra ar-ce).
nunGen-G (Krall, p. 34, 1. 7). — nunGen (Krall, p. 34, 1. 19).
suGi-G (F. 2333). — suGi (supra).
8° Le suffixe -ri. Ex :
mele-ri (Krall, p. 33, 1. 4)
flere-ri (Krall, 37, 1. 10).
fusle-ri C. 4538 A, 1. 4).
Cf. mêle Krall, p. 33, 1. 5).
— flere iKrull, p. 33, 1. 14).
— fusle^C. 4538 A, I. 13).
Il y a peut-èlre encore d'autres suffixes de relation ; mais je
me borne à signaler ici ceux qu'on peut isoler avec vraisem-
10
PREMIERE PARTIE
blancG en comparant clos formes allernativoment pourvues et
dépourvues tic sullîxes.
IV. fh> l'emploi des suffixes.
12. En faisant le relevé de tous ces suffixes, on peut aisément
observer qu'ils sont accolés à des radicaux dénature difTérente.
Les formes acil-G, am-ce, ar-ce, cil6-l, clen-si, spur-al,
su6-ce, tur-ce iudiqueut un l'adical terminé par une consonne.
Les formes flere-ri, mele-ri, fusle-ri, lupu-ce, turu-ce indi-
quent un radical terminé par une voyelle. Qu'il y ait ainsi en
étrusque deux types de radicaux, cela n'a rien que de très
naturel; il serait inutile d'en faire la remarque, si certains
exemples ne donnaient à penser qu'à la dilTérence des radicaux
correspond une différence d'espèce grammaticale.
Les radicaux terminés par une consonne sont extrêmement
nombreux en étrusque. Ce sont en général des radicaux très
simples et, sauf de rares exceptions, monosyllabiques. Tels sont :
Arne (prénom).
avil (Magliano\
ais (Krall, p. 34, I. 18).
cal (K rail, p. 34, 1. 18).
cnl(G. 4o38 A, l. 17).
cver (F. 2o82).
eim (Krall, p. 38, 1. IG).
epl(C. 4538 A, 1. 18).
fl(C. 53).
fler (K. p. 38, 1. 0).
hen((:. 4538 A, 1. 5).
eil(ib. 1. 10).
iX(ib. H, 1.20).
Lar6 (prénom).
mue (Krall, p. 41, l. 5).
nac(F. 2598).
sec ou sex (G. 4574, 4468).
sic (Krall, p. 34, l. 10).
tul (Krall, p. 34, 1. 9).
tur (Krall, p. 38, 1. 6).
un (Krall, 33, l. 15).
vacl (Krall, p. 34, 1. 10).
var Krall, p. 1. 3i, 10).
vaxr(C. 4538 A, 1. 2).
Vel (prénom).
Xim I Krall, p. 41, 1. i).
Xis (Krall, j). 37, 1. 15).
zec (Krall, p. 38, 1. 9).
Dans le uombre il se peut qu il y ait des particules invariables.
Mais il est certain qu'il y a aussi des mots variables (substantifs
LES DONNÉES DU PROBLÈME 11
OU adjectifs). Il n'y a pas de doute pour clen (ou clan), qui
signifie « fils ». Il en est de même pour sec (ou sex), qui paraît
signifier « fille », ainsi que pour les prénoms Arnô, LarB, Vel
et pour avil, qui a le sens de « âge » ou « âgé de ». Par analogie
on peut considérer comme des substantifs ou des adjectifs des
mots comme acil, am, ar, cile, nuneen, rax, spur, su9,
tur. qui tous, nous l'avons vu, s'unissent, de môme que clen,
à un suflixc, quand il y a lieu d'exprimer une idée de relation
(§ 11). Admettons donc que les radicaux simples à désinence
consonantique soient des radicaux nominaux '.
13. Mais voici qu'en regard de ces radicaux on peut en placer
d'autres, qui en sont comme les doublets, et qui, à la voyelle
finale près, leur sont identiques. C'est ainsi que l'on a :
acil et acilu-(ne) (C. 4538 B, 1. 9).
am et ama M. 'i.j38 A, 1. 5; B, 1. IS) ame (Krall, p. 37,
1. 6).
ar et ara (Krall, p. 39, 1. 20).
nunGen et nun8ene (Krall, p. 32, 1. 17).
spur et spure-(ri) (Krall, p. 34, I. 6).
tur et tura (Krall, p. 31, 1. 10), ture (F. 256 et Krall,
p. 35, 1. 15) turu (C. 444; F. 49 turu-ce;
C. 4538 1. 10 turu-ne).
On peut rapprocher de même
fier (Krall, p. .37, 1. H). et flere (ibid.).
tular (G. 3). et tularu (G. 4538 A, 1. 8).
14. Il ne saurait être question ici de variantes orthogra-
phiques, provenant soit de la suppression d'une voyelle orga-
nique soit de l'insertion accidentelle d'une voyelle inorganique
1. Cela ne veut pas dire que tous les substautil's et adjectifs rtrusiiues soient
toujours et nécessairement terminés par une consonne. Parmi les radicau.x
nominaux, il y en a qui sont à désinence vocalisée, par exemple sii^i (« tom-
beau »), Vel^iina (nom propre), acnina, scuna, reuyzina. Mais ce ne sont pas des
radicaux simples. Ce sont des radicaux formés à l'aide des suttixes de dérivation
-9i, et -na.
12
TREMIEME PAUTIE
commo |)our eufl6as et GufulGas, Nufrzna et Nufurzna,
RamGa oA RamaGa, Sescatna <! Sesuctuna '. Les suppres-
sions et les insertions de voyelles ne s'observent que dans le
coi'ps des mots. 11 est bien ditilcib^ de ne pas regarder am et
ame, ar el ara. acil et acilu, fler el flere, spur et spure, tur
et ture (ou tura, turu), tular et tularu comme des formes
distinctes et d'une espèce grammaticale ditTérente. Si parmi
CCS mots les uns sont des adjectifs ou des substantifs, les autres
doivent être autre chose. Que sont-ils?
15. Quelques formules funéraires autorisent à penser que
les radicaux vocalises sont des formes verbales. Ainsi on a :
F. 2136 (nom propre) lupu avils XVII.
F. spl. III. 368 (nom proprel avils XXIIX lupu.
F. 2100 (nom propre) avils XXXVI lupu. — Cf. F. 2335« et
2070.
Avils, accompagné d'un chilTre, indique Tàge du défunt;
dès lors il est difficile d'attribuer à lupu un autre sens que
celui de vixit ou mortinis est,. Selon toute vraisemblance lupu
est un vei'be.
Par analogie avec lupu on peut considérer comme verbes les
foi'mes suivantes :
cerinu(F. 2183).
cerixu (F. 2335).
tenu (F. 2057, 2070).
matu (F. 2056).
zilxnu (F. spl. I, 387).
zilaxnu (F. 2055).
ravneu(F. spl. I, 387).
aJpnu (F. 2582 bis).
cesu (F. spl. I, 436'*).
culsu (Ga. 799).
hermu [ihid.].
hineu (Krall, p. iO, 1. 10)
hineiu(C. 4M 6).
fanu {ibid.).
caru(C. 4538 A, 1. 3).
cenu(C. 4538 A, 1. 10).
masu {ibid.) 1. 14).
helu {ibid., 1. 21).
capleu (Krall, p. 41, 1. 7).
Xuru (Krall, p. 39, 1. 4).
eucu Krall, p. 39, 1. 14).
scvetu (Krall, p. 39, I. 8).
tuôiu (Magliano).
1. Cf. O. Mûller-Deccke, t. Il, p. 351. 3î)o, 357.
LES DONNÉES DU PROBLÈME 43
16. Les exemples qui précèdent feraient croire volontiers que
la vocalisation du radical se fait toujours, ponr les verbes, au
moyen d'un u. Mais s'il en était ainsi, on arriverait à cette con-
clusion, inadmissible a priori, que les deux cents et quelques
lignes de la Mumie d'Agram ne contiennent, en tout et pour
tout, que quatre ou cinq verbes. Il doit y avoir d'autres formes
verbales que des formes en u. Le rapprochement de turu, tura,
ture, comme celui de amaet ame, indique que la vocalisation
peut se faire de plusieurs façons; le changement de la voyelle
correspond peut-être soit à un changement de sens, soit à
quelque autre modification grammaticale qui reste à déter-
miner.
On est ainsi conduit à classer parmi les verbes :
1° les radicaux vocalises en u, dont il vient d'être question.
2° les radicaux vocalises en a, tels que ama, menitla, sacni-
cla, scara, mena, velGa, mula, etc.;
3° les radicaux vocalises en e, tels que alumnate, ame,
aprinOvale, caGre ceri/unGe, cexane, flere, fusle, ilaxe,
maie, mêle, mulsle, mené, nunGene, pute, ture, une, zusle
etc.
17. Or on a pu voir, dans les listes que j'ai données plus haut,
que les suffixes de relation ne sont pas aifectés spécialement à
une classe de radicaux.
Ils s'accolent indifféremment à des radicaux non vocalises et
à des radicaux vocalises. Ainsi on a d'une part (radicaux non
vocalises) am-ce, ar-ce, sval-ce, clen-si, zaGrums-ne,
cares-ri, hecz-ri; d'autre part (radicaux vocalises) turu-ce,
lupu-ce, apa-si, svala-si, acilu-ne, turu-ne, fusle-ri, flere-
ri, spure-ri, mele-ri.
18. Si, comme la chose j)araît vraisemblable, les radicaux
vocalises sont des verbes et les radicaux non vocalises des subs-
tantifs, on arrive à cette conclusion qu'en étrusque les verbes
se comportent comme de véritables substantifs et se déclinent
pour ainsi dire comme eux. II y a là une particularité gramma-
ticale qui suffit à exclure réliusi|ue de la catégorie des langues
aryennes et qui au contraire le rapproche des lang-ues ouralo-
i4 PREMIÈRE PARTIE
allaïijiics. Va\ oHoI, danslt^s langues oiiralo-allaïqucs, le verbe à
l'origine semble n'avoir pas et/' antre chose qu'une façon de
substantif '. K.ncore aujourd'liui, en dépit de révolution de ces
langues à travers les siècles, en dépit des influences qu'elles
ont pu subir, hi trace de cette concej)tion primitive n'a pas com-
plètement disparu. Dans le finnois par exemple, de même que
dans le hon;:,:o!s, il existe diverses formes d'infinitif, de gérondif
ou de participe, qui sont comme autant de modes nominaux du
verbe et auxfjuelles peuvent s'agglutiner, comme aux substan-
tifs proprement dits, des suffixes de relation. Ces modes nomi-
naux du verbe permettent d'exprimer certains rapports de pro-
positions. On entrevoit une syntaxe très ancienne où les
propositions se subordonnaient les unes aux autres, non pas
à l'aide de conjonctions, comme dans les langues aryennes,
mais à l'aide de suffixes casuels accolés aux verbes des proposi-
tious subordonnées. Des pbrases comme celles-ci taîidis qu'il
marclie, f enfant citante^ — après qu'il a travaillé, il se repose
étaient conçues à peu près ainsi marcher avec {= en mnne te?nps
que l'action de marcher) F enfant chante , — travailler à partir
de (= en s'éloiçjnant de Vaction de travailler) il se repose '. De
pareilles consli'uctions existent-elles en étrusque? Il serait pré-
malui'é de l'affirmer. Mais l'adjonction des suffixes de relation
à des formes qui paraissent être des formes verbales pourrait le
faire [U'ésumei-.
Y. Formules néyatiees.
19. Si l'allinité que nous croyons avoir entrevue entre
l'étrusque et les langues du groupe ouralo-allaïque n'est pas le
résultat d'une rencontre fortuite, mais l'indice d'une parenté
véritable, cette parenté doit se l'évéler par d'autres traits gram-
maticaux. Pour aller tout de suite aux choses essentielles,
dans les langues ouralo-altaïques, la syntaxe de la négation pré-
1. Winckler, dus UralUdsche iind seine Gvuppen (Berlin, I880), p. 31 et suiv.
2. Voir Winckler, das lirait, p. t)2-53 ; Grunzel, Entwiirf einer verr/leiciienden
Grammalili d. altaisc/ien Sprachen (Leipzig, 1893), p. 38.
LES DONNÉES DU PROBLÈME 15
sente certains caraclères particuliers. Voyons si quelques-uns
de ces caraclères se relrouvent en étrusque. Il est vraisem-
blable que les textes que nous avons conservés, et dont plusieurs
sont assez longs, contiennent des propositions négatives. Nous
croyons avoir un critérium pour reconnaître les verbes, c'est
la vocalisation du l'adical (>; lo). Le lien logique qui existe
entre le verbe et la négation donne à penser qu'en cberchant
dans le voisinage des formes verbales on [)ourra relever la
trace d'une formule négative.
20. Dans la grande inscription de Pérouse (G. 4S38) on lit le
groupe ama Vel6ina, composé du verbe ama et du sujet pro-
bable de ce verbe, le nom propre VelGina. Le même verbe,
sous la forme ama ' ou sous la forme ame ", évidemment
apparentée à la première, se retrouve deux autres fois dans la
même inscription de Pérouse et sept fois dans la « Momie
d'Agram ^ «.Tantôt il est seul, tantôt il est précédé du mot
ipa :
G. 4538, A, 1. 5 : tesnsteis rasnes ipa ama hen naper
XII, etc.
Dans cette plirase on ne peut songer à rattacher ipa à la
série tesnsteis rasnes, par la raison que cette série constitue
une formule indépendante et qui se sutiit à elle-même : on la
retrouve en effet textuellement reproduite plus loin (A, 1. 22)
au milieu d'une phrase toute différente : rasne cei tesnsteis
rasnes xii^i^ spelGuta, etc. Le mot ipa doit donc être lié à
ama. On a ainsi d'une part ama seul, d autre part ipa ama.
L'opposition suggère naturellement l'idée de deux formules
contraires, l'une affirmative, l'autre négative, ce qui revient à
faire de ipa une négation.
21. Si l'exemple était unique, on pourrait hésiter. Mais
voici d'autres oppositions du même genre :
eucu (Krall, p. 39, 1. 4) — ipa Gucu (Krall, p. 39, 1. 14)
1. C. 4538 A, 1. 5.
2. IbicL. A, 1. 2.
3. Krall, Index, p. 18. — Cf. C. 113G (Chiusi) : ipa ama kepen...
16 PREMIÈKE PARTIE
ma6cva-c (Krall, p. 39^ 1. 17) — ipe ipa ' maôcva (Krall,
p. 39, 1. 9).
spelei (C, 4538, B, 1. 6) — ipa spelaneei (Ib., 1. 4)
ruGcva caGas (<la., 799, I. 5) — ipa ruGcva caGas (Ib., 1. 4).
Pour (raulres expressions, telles que ipa murzua (C. 4116,
1. 2), ipa seGumati (Krall, p. 39, 1. 5), ipa ina..ani tineri
(F. 2279, 1. 3), ipei - Guta (Krall, p. 39, 1. 7), ipa em ken
(G., 1136), la contrepartie nous manque, mais du moins Ton
peut de ces exemples varie's tirer cette conclusion que ipa est
d'un emploi commun en étrusque et qu'il se transporte aisé-
ment auprès des termes les plus dillerenls ^
22. Cette mobilité convient bien à une particule négative,
qui en raison de son office grammatical doit précisément pou-
voir se prêter à toutes les combinaisons d'idées et de mots.
J'ajoute — et ce détail n'est pas sans importance — que les
cinq exemples de ipa (ipe, ipei) qu'oflrent les deux cents et
quelques lignes de la Momie d'Agram sont tous concentrés
dans un espace de dix lignes, chose assez singulière et diffi-
cile à expliquer si ipa n'est pas une négation, chose au con-
traire toute naturelle si l'on considère cette partie du texte
comme une suite de formules négatives.
23. Jusqu'ici les variantes de ipa que nous avons relevées
ne diiïèrent les unes des autres que par une modification de la
voyelle finale. Dans certains cas, pour des raisons qu'il est
pour le moment im|)ossible de déterminer, ipa devient ou ipe
ou ipei. Mais voici une variante inattendue, où cette fois la
1. Ipe Ipa est prohaljleincnt une IVu-imilc redoublée .
2. Ipei paraît t'tre un équivalent de ijia. La forme ipas {Moniimenti anlicln,
vol, IV, 1895, p. 3:i3) n'est pas absolument certaine. Non pas que la lecture des
lettres soit douteuse. Mais il y a doute sur la fa(;on de couper les mots. Dans
l'inscription, qui s'enroule en colimaçon sur un pied de vase, les points sont si
irrégulièrement tracés, tantôt au-dessus des lettres, tantôt au-dessous, tantôt à
côté, tantôt en travers, qu'il est dillicile d"y voir des marques de ponctuation.
Ce seraient plutôt des points de repère pour le graveur.
3. C'est ce que remarque très justement lori) [Elrusk. lieUrii<ie, Leipzig, 1902,
I, p. 10) : " Es darf daher mit Wahrscheinlichkeit angenommen wcrden, dass
dièses ipa eine allgemeinere Bcdeutung gehabt hat )>.
LES DONNÉES DU PROBLÈME 17
modification porle, non plus sur la voyelle finale, mais sur la
voyelle initiale. On lit en effet sur une lame de plomb [Notizie,
1895, p. 339) :
...mutin aprensais inpa Sapicun
Gapintais ceusn inpa Sapicun
luu 0apicun...
Le contraste si accusé entre Gapicun et inpa Gapicun semble
bien indiquer deux formules opposées, Tune affirmative, l'autre
négative, rapprochées à dessein pour se faire valoir l'une par
l'autre. D'autre part, inpa est trop voisin de ipa pour qu'on
puisse hésiter à considérer les deux termes comme étroitement
apparentés '.
24. Mais alors une question se pose : à quoi répond l'in-
sertion de la consonne -n dans le corps du mot ? Cette insertion
serait tout à fait inexplicable si le mot ipa, formé d'éléments
organiquement inséparables, constituait un tout homogène et
indissoluble. Mais elle s'explique sans difficulté si l'on sup-
pose ipa ou inpa composé de deux parties distinctes, i ou in
d'un côté et pa de l'autre ; ces deux parties sont accidentel-
lement rapprochées, mais imparfaitement soudées^ de telle
sorte que chacune d'elles conserve sa valeur propre et son
indépendance et demeure ainsi susceptible de modification; dans
cette hypothèse pa (pe, pei) serait une sorte d'enclitique et
toute la force de la négation se trouverait concentrée dans la
première partie i ou in.
25. Cette conjecture est confirmée par un grand nombre
d'exemples " où reparaît la forme in non accompagnée de pa :
...suSis in flenzna... (F., 2279, 1.2).
...cletram srencve in scanin... (Krall, 32, 1. 10).
...flere in crapsti... (Krall, p. 33, 1. 15, 19).
1. De iii})u il lïiut sans doute rapprocher la forme inpcin [Moiiuineiili anlic/ii,
18'J5, p. 341, no 2).
2. Je n'indique pas dans la transcription les lettres ou parties de mots qui
sont plus ou moins distinctes sur l'original. Comme les formules reviennent
plusieurs fois dans les textes, élites peuvent i''tre rétablies avec certitu<Ie.
S
18 l'iiK.MiKiii': l'Ainir:
...eunxers in sacnicia... jM-all. |». ;{."), 1. 8).
...in ceren cepar... (Krall, p. •'}(», I. 19).
...ecn zeri lecin in zec... (Krall, |». :{S, 1. î)).
...neGunslin eunt... (Krall, p. iO, I. IG).
I']n i'('i;ai'(l do ces phrases, où les lermos scanin, crapsti,
sacnicia, ceren, zec sont précédés de in, se placent d'autres
j)lirases, où les uirines termes se retrouvent, mais non précé-
d(''s de in :
...caônis scanin... (Krall, p. 'i9, I. 8).
...fleres crapsti... Krall, p. .'{■'>, I. 12).
...aeelis sacnicia... (Krall, p. :\ï, I. 22).
...etnam cepen ceren... (Krall, p. 'Ui, 1. l)j.
...eluri zeric zec... (Krall, p. .'i4, 1. 22).
I^]tanl donnt! le contraste évident de ces deux catégories
d'exemples, étant donné aussi la variété des formules et la
lacilité avec la(}uell(' in se transporte de l'une à l'autre, il
semble bien que in ait un otfice analogue à celui de ipa ou
inpa et (pTon soit fondé à lui allrihiier, à lui aussi, la valeur
dune négation '.
26. Faut-il conclure deces remar(|ues (|u'il existe en étrusque
plusieurs particules négatives? N"est-il pas plus naturel au
contraire d'admettre que les diverses formes relevées plus haut
se ramènent à une seule, le monosyllabe i? ('e monosyllabe,
renforcé d'une enclitique, donne i-pa ou i-pe ou i-pei. Dans
certains cas, sous rinlluencc de l'i'ac'lious grammaticales qui
restent à déterminer, ce monosyllabe a la propriété de s'ad-
joindre un suffixe, le suffixe -n, et selon qu'il se passe ou se
renforce d'une enclitique, il devient ou bien i-n ou bien
i-n-pa -.
Ainsi r(''lrns(|U(>, pour exprimer la négation, ne se sert pas,
1. La parenté pi'obable de in et de inpa a été rciiiarquéc par Torp (Elr. Beilf.,
I, p. 18).
2. Iiipein semble être la forme i-pei avoc doubb' addition du sutlixe -n, d'une
part au thème i, d'autre part à l'enclitique pei.
LES DONNÉES DU PROBLÈME 19
comme les langues inclo-euro|jéennes, de particules inertes et
invariables. Puisque le monosyllabe i est de telle nature qu'un
suffixe peut lui être accolé, c'est qu'apparemment il appartient
à la catégorie des mots variables (substantifs, adjectifs ou
verbesj .
27. L'idée qui se présente tout de suite à l'esprit est celle
d'un verbe auxiliaire, ayant pour office de déterminer la non-
existence de l'atïîrmation qui suit. Un verbe auxiliaire de ce
genre a existé dans toute la famille des langues ouralo-altaï-
ques et la plupart des idiomes ougro-fmnois en conservent
encore l'usage ^ Par une coïncidence curieuse et qui peut-être
n'est pas fortuite, tandis qu'en étrusque les formes variables
de la négation se ramènent au monosyllabe i, le verbe négatif
ougro-linnois est un monosyllabe, et un monosyllabe qui, lui
aussi, se réduit en dernière analyse à un thème vocaliquc ".
28. Il y a plus : |)ar une analogie singulière avec ce qui se
passe en étrusque, oii nous voyons la négation i ou in se ren-
forcer d'une enclitique (pa, pe, pei), les idiomes ougro-finnois
ont conservé la trace dune enclitique de renforcement pe, pâ,
pi, p, b ^ Cette enclitique s'accole fréquemment à la troisième
personne du singulier des verbes à certains modes, et on la
trouve précisément unie à la troisième personne de l'auxiliaire
négatif. C'est ainsi qu'en finnois il arrive que la forme ei de-
vienne ei-pâ '\
1. II. Winckler, Dus Vralallaïsc/ie uiid seine Gruppen (Berlin, 1885), p. 168 et
suiv. — Cf. IJollcr, SUziiiif/sheric/Ue d. philos, hislor. Klasse (Vienne;, t. XIII,
p. ol5, 530; XIV, p. ."ÎOG et suiv. ; XV, p. 293.
2. Kellgrén, Die Grinidzi/f/e der ftnnisciteii Sprac/ie, p. 93 : « Die bejahende
iind (lie verneinende Parlikel werden durch Verbal-Formen ersetzt, bejaliend
ansdeni Vcrbum o/e, verneinend ans deni negat. Verbal-Slamni e. » — Cf. Bol-
1er, Silzunr/sb., XV, p. 293 (à propos de la négation a en mordwiue) : « ûber die
Natur dièses a kann kein Zweifel herrsclien ; es ist die Wurzel des negativen
Verbums, das uns lui Syrjiinischen und A\'otjakisclien als 0,7, 07 bcgegnete. »
— En lapon le verbe négatif est aux trois personnes du singulier im, ik, i
(Winckler, Das UvalalL, p. 1*0;.
3. Budenz-Simonyi, Az ii/jor nyclvek, etc. [Grammaire comparée des laïKjues
oiigriennes), p. 335 (Budapest, 1884-1894).
4. Cf. dans un texte cité [tar l'jfalvy et ilertzberg. Grammaire finnoise, p. 11 :
20 PHEJIIÈRE l'AUTIE
Ainsi nous voilà encore une fois ramenés vers les langues
ouralo-al laïques et en particulier vers les langues ougro-lin-
noises.
VI. Le suflivc possessif.
29. Parmi les particularités de la grammaire des idiomes
ougro-tinnois, ce (ju'il y a peut-être de plus caractéristique c'est
la façon dont ils expriment l'idée de possession '. Au lieu
d'adjectifs possessifs, comme il y en a dans les langues aryennes,
ils emploient des sullixcs possessifs, qui varient suivant les
personnes et qui se placent soit entre le radical et le suffixe
casuel comme en hongrois ■, soit tout à fait à la lin du mot,
après le suffixe casuel, comme en finnois ^ et la plupart des
langues congénères. Voyons donc si nous trouvons en étrusque
quelque trace de sutfixes possessifs. S'il y en a, ils doivent
avoir, comme dans les langues ougro-finnoises, un aspect qui
rappelle les pronoms personnels correspondants. Il faut donc
avant tout essayer de trouver un pronom personnel.
30. Quiconque a feuilleté un recueil de textes étrusques a
certainement remarqué le grand nombre des inscriptions qui
débutent par le mot mi. Ce mot revient si souvent qu'il peut
être « considéré comme un signe de reconnaissance à peu près
infaillible, un texte eommençanl par ce vocable mi devant
par cela môme être attribué à la langue étrusque '* ». Bien que
ce terme ait été souvent étudié % le sens en demeure encore
incertain, en raison de la diversité des interprétations pro-
« FAfin sua laihana jiellc/iii mot à nint : « Pas existe du tout <ccci, à savoir que>
qucl(]u'un craint toi », c'est-à-dire « personne ne te craint. »
1. Winckler, Das Urall, p. 28 et suiv.
2. Ex. lalyd (père), ah/d-lnl (venant du père), ahjd-m-U'd (venant de mon père).
3. Ex. : lalo (propriété), lalo-lle (allant vers la propriété), lalo-lle-ni (allant
vers ma propriété).
4. Bréai, Journal des Savants, janvier 1899, p. 64.
o. Bibliographie dans Fabretli, Clossarium, p. 1170 et suiv. — Cf. Fabrctti,
Terzo suppL, p. 63 et suiv.; C. Pauli, Elrusk. Sludien Gottingen, 1880), 111 : Die
Desilz, Widmungs und Gvabformeln des elrus/cischen.
LES DONNÉES DU PR0BLÈ31E 21
posées, lesquelles sont, à première vue, toutes e'galement spé-
cieuses. Mais parmi les interprétations possibles, celle qui fait
de mi un pronom personnel remporte en vraisemblance sur
toutes les autres; c'est même la seule que la comparaison des
textes permette de retenir.
Rappelons tout d'abord dans queUes conditions se présente
le mot mi. Ces conditions sont les suivantes :
1" Mi est d'ordinaire en tète de la phrase '.
2° 11 est suivi d'un nom propre au nominatif : mi LarBia
(F., 240o, 2406); mi Kalairu (F., 2048); mi Hustileia (F.,
2608); mi Ave (C. o062 , etc.
3° Il est suivi d'un nom propre au génitif : mi Oanxvilus
(F., 4ol); mi RamGas (F., spl., 1, 3841; mi ApirSes (F.,
2336); mi Alfinas (F., spl., II, 87); mi Hurtinas (F., 2606).
4° 11 est suivi dun ou de plusieurs mois qui ne sont pas des
noms propres : mi su0i... (F., 42 et spl., 11, 3); mi spurana
talape (F., 446); mi fleres... (F., 267 et 2613). Parfois le
mot qui suit mi paraît être à un autre cas que le nominatif :
mi spural ' (F., spl., 1, 106); mi sueil \ etc. (F., 2603) ; mi
turce (F., 2614 ter).
5° Dans ces différentes constructions, mi est quelquefois
accompagné d'une sorte de déterminatif, tel que ma, cana, ni,
ne, tezan ou capi :
mi ma Laris Suplu (F., 3ol)
mi ma Velus Rutlnis Aulesla (F., 3.^i2)
mi ma L. Casni (C. 60)
mi cana (F., 2435)
1. Une seule fois (F., 2328 : yna mi, etc.), mi ne vient qu'en second. Mais le
mot ma qui précède forme avec lui une locution liée. On trouve plusieurs fois la
formule mi ma (voir plus bas). L'interversion des deux termes est toute natu-
relle. 1! existe quelques rares exemples de mi placé à la fin d'une Airmuie très
courte, comme dans l'épitaphe d'Orviéto (C. 4924 : avele pelearas mi), ou comme
sur quelques poteries étrusco-campaniennes (Lattes, Iscrizioni paleolaline, p. 97).
2. D'après les inscriptions bilingues, la désinence -al exprime l'idée de pro-
venance. Voir plus haut, § 4.
3. S«OiZ est sans doute à smOi comme cim (Krall, p. 30, I. 7) est à Ci76 (ibid.,
p. 38, I. 12). Turce est le mot tur (Krall, p. 33, 1. 13) avec le suffixe -ce.
22 PRi:.Mii:iu: pautie
mi cana Lareias... (V., 3iîl)
mi cana LarOial... (F., 204)
mi ni mulvene... (F., 2H)i)
mi ni Caisie eannursi... (I'\, spl.. III. riOl)
mi ne mulvuneke... IVnili, FJnish. Stiulirn, IH, p. 59,
n" r.i:>
mi tezan... (-. .'J234)
mi capi... (F.. :{i8 his a ol A. .114, 338).
()" Fiilin, les inscriptions avec mi se liscnl mii' une foule
(i'..l.j('ls dilTéronls, porles do loniboaux, sarcophages, urnes
(•in(''i-aii-os, cippcs, stèles, ex-voto, poteries, miroirs, statuettes,
cas(iues, cliaudi'ons '.
31. Étant donné ces conditions, il est difficile, pour ne pas
(lire impossible, de considérer mi comme un substantif. A
coup sur, ce n'est pas un nom d'objet, puiscju'il s'applique à
tant (le choses dilîérentes. Fsl-cc un(> abstraction, l'expression
(rnnc (|iialil(''. d "un étal, d'une nuinièrc d'être? Il l'jiudi'ait
d'aboi-d inuij^^inci' une (iu.ilil(' (|ui put éti'e commune à des per-
sonnes et à des choses. 11 laudi'ait ensuite que le rapport de
cette qualité à la personne ou à la chose <[ualiliée fût toujours
exprimé. Or, de ces deux conditions, si la première est réali-
sable, la seconde n'est pas réalisée. Loin de se construire tou-
jours avec le génitif, expi'iniant le l'apport de la qualité à
l'objet qualifié, mi se construit souvent avec le nominatif;
|)reuve que, dans certains cas, il se confond avec l'objet. Dans
l'exemple mi Hustileia, si mi était substantif, il ne pourrait
être considéré que comme une apposition; il y aurait ainsi
rapport d'identité entre mi et le nom propre. Ce rapport d'iden-
tité est incompatible avec le rapport de dépendance qu'im-
plii|uer;iil l'expression d'une (|ualiir'.
32. Mi n'est pas davantage un adjectif. Non pas qu'ici la
dualité des constructions, tantôt avec le nominatif, tantôt avec
le génitif, soit un obstacle; on pouri'ail, en elTet, concevoir à
la ri-ueiii' nue langue où l'adjectif ne s'accorder.iil pas néces-
1. l'abrclti, Terzo siippl., p. G7.
LES DONAÉES DU PROBLÈME 23
sairement en cas avec le subslanlif. Mais la dilliculté vient de la
place allribiiée à mi en lête de la phrase. Quel singulier
adjectif, qui ne peut guère se placer qu'en vedette! Et remar-
quez qu'il ne s'agit pas ici d'un adjectif d'une signification
très particulière, puisqu'il est propre à déterminer tant de
persounes et de choses ditférentes. Par là môme, il devrait pou-
voir se prêter à des emplois multiples et ne pas être condamné
à une sorte d'immobilité.
33. Veut-on faire de mi un verbe? Considérons que le terme
revient près de cent fois dans de très courtes phrases, dont la
plus longue n'a pas dix mots, dont la plupart se bornent à deux
ou trois mots, lesquels sont très souvent des noms propres.
Si c'est un verbe, il faut croire qu'il est de ceux dont la syniaxe
étrusque ne peut se passer et dont l'emploi s'impose dans
l'énoncé des phrases les plus simples? Il doit donc être d'un
usage très fréquent, aussi fréquent que l'est par exemple, celui
(h; esse en latin. Quelle que soit la fonction modale, temporelle
ou personnelle que l'on veuille attribuer à la forme mi, et à
supposer que Vi final soit une désinence variable, un thème
voisin de mi doit se rencontrer, non pas une fois, mais dix fois,
dans n'importe quel t'.'xte un peu étendu. Or, on n'en découvre
pas la moindre trace ni dans la grande inscription de Pérouse
(C. 4338), ni dans la Momie d'Agram, ni dans aucune des
épitaphes qui présentent autre chose qu'une nomenclature. Ce
verbe, en apparence si nécessaire, est introuvable. C'est que
sans doute le verbe mi n'existe pas.
34. L'hypothèse la plus en faveur aujourd'hui est celle qui
fait de mi un démonstratif équivalant au latin hoc K On a
remarqué qu'à la formule mi su6i (F,, 42; F., spl., II, 3) se
substituait parfois des formules comme eca su0i (F., 2031,
2031 bis, 2084-2080, 2131, 2133, 2181, 2001, 2002), ou ca
suei ' (F., 348, 307, 1933), ou cehen su9i [V., 19t:;), ou an
1. Deecke, IClr. Fursc/n/iif/en, VII, p. il) ((i^ l'asc. des l'Jlr. Forà-c/i. u. S/ud. de
Deecke et Pauii); Pauli, i:/r. S/udien, 111, p. 48; Torp, Ktr. Beitrù'f/e {Leipzi'^,
1902), p. 12 et suiv.
2. Pour les inscriptions (F., 348 et 367), dont les originaux ont disparu, la
24 PREMIÈRE PARTIE
suei (1^, 23:1')), ou enfin an en su0i (F., 2600*»). De même on
a, en regard ilo mi turce (F., 2614 ter), la formule ecn turce
(F., spl., I, 443). Gomme les mots eca, ecn, ca, en, eehen,
an paraissent, partout où ils se rencontrent, avoir une valeur
démonstrative, on a cru pouvoir attribuer la môme valeur à
leur substitut présumé mi. Mais, si mi était un démonstratif,
comme les termes auxquels on l'assimile, il devrait être, ce
semble, comme eux, d'un usage courant. On devrait aisément
le retrouver, comme eux, dans les textes un peu longs. Or, il
n'en est rien. Dans diverses inscriptions, indépendantes des
formules citées tout à l'heure, on a des exemples de ea, eca,
ecn, eehen, an, mêlés à des constructions variées '. ïMais de
mi pas la moindre ti'ace ailleurs que dans nos formules. Peut-
on dire que mi est un démonstratif spécial, uniquement réservé
à ces formules? Mais non, puisqu'il peut être remplacé par l'un
(111 l'autre de ces démonstratifs. Si mi était un démonstratif,
de d(Hix choses l'une, ou bien il serait complètement assimi-
lable aux autres, et alors il devrait pouvoir s'employer comme
eux dans n'importe quelle pliiase; ou bien il ne leur serait pas
assimilable, et, alors, il ne devrait pas pouvoir céder sa place à
l'un d'eux. Mi n'est pas un démonstratif.
35. liesle une dernière hypothèse, celle de mi pronom de la
première personne. C'est l'hypothèse la plus simple, la plus na-
turelle, celle qui se présente tout d'abord à l'esprit. Elle répond
parlai lement, elle est même la seule (|ui réponde à toutes les
conditions indiquées plus haut. Mi est en tête de la phrase :
c'est que la personne qui parle est d'elle-même portée à se
mettre en vedette. Mi est suivi d'un nom propre au nominatif;
c'est ou une signature " [=■ moi Lartliia), ou une atlirmation
copie traditionnelle porte la subi. Mais la est très vraiseiiiblableiiient une fausse
lecture de ca.
1. Ca (l'\, d!)ll, I. 20 b) ; eca (F., 2598, 1914, 1. 20 a) ecn (F., 2:j82 bis; Krall,
Index, p. 50,6 exemples); eehen {V., 19001 ; an (F., 2.'{2"î lev b: F., spl., I, 387,
IÎ99 ; Krall, Index, p. 48, 4 exemples).
2. Cf. certaines poteries d'époque romaine, où le propriétaire du vase a mis
comme sa signature en guise de marque de propriété : Eufemus C. I. L., XV, 2,
5964), Firmus (5970), Fidias (5969), Jucundu (5981).
LES DONNÉES DU PROBLÈME 23
{= je <isuis'^ Larthia). Mi précède un nom propre au gc'nitil" :
c'est une marque de propriété = [je <Csi{is^ chose de Thank/i-
vil\ Mi est devant un nom commun au nominatif : c'est l'indi-
cation d'un objet {^je <isuis^ un tombeau; — je <Csids^ une
offrande). Mi est devant un nom commun, qui n'est pas au
nominatif : cela indique que la personne qui parle est ^jr^^ de
l'objet exprimé par le nom commun, ou sur cet objet, ou dans
la direction vers cet objet, ou loin de lui, ou en dehors de lui
(mi spural = je <isuis^ sorti de spur '). Mi figure sur une
quantité d'objets différents : c'est que le pronom peut s'appli-
quer à tout. Enfin mi ne se retrouve pas dans les textes un
peu étendus que nous possédons : c'est que ces textes ne sont
pas des discours, et que, là oîi il n'y a pas de discours, l'emploi
de la première personne n'a pas de raison d'être.
36. On fait à l'hypothèse de mi, pronom personnel, deux
objections. On dit : vous donnez ainsi la parole non pas seule-
ment à des êtres humains, mais encore à des choses inanimées,
à des tombeaux, à des pierres, à des chaudrons, à de vulgaires
poteries. C'est invraisemblable ". — Mais on n'a qu'à ouvrir un
recueil de textes épigraphiques grecs ou latins, et l'on se con-
vaincra que, si étrange que soit cette fiction, les anciens s'en
sont parfaitement accommodés. Sur des poteries grecques, le
vin contenu dans le vase ou le vase lui-même parlent à la pre-
mière personne. On y lit, par exemple, yy^t xa-. -u i^i ^ On lit
de même, sur un vase italien : noli me tôlier e, Helvetii sum \
Dans Callimaque et dans (Catulle « la chevelure de Bérénice »
se répand en plaintes élégiaques. On recueillerait aisément des
milliers d'exemples analogues.
La seconde objection est une observation rétrospective. Mi
1. Cf. plus haut, § 4.
2. Pauli, Elr. Slud., Ill, p. 19 : « Ein Bêcher uiid cin Goldspange kônnen
schwerlich die Inschrift tragen : ich bin der iind der. » Cf. Bréal, Journal des
Savants, janvier 1899, p. 64.
3. 0. Jahn, Vasensammlunq , préface, p. cxi. Cf. Xarp3 xal r.U a; vï'.y. (p. cxii);
— Tata'T,; z'.\x\ Xt.x'jOo; • ô; ô" àv ijlc x>.£'yr, TVfXô; îixx: (p. c.xxix ; — Xapwvo; e'.tx( ;
— Tpaaio'j sî[ii (ibid.).
4. C. I. L., XV, 2, 592.3. — Cf. Ihjalisti sum (5926), Philerolis sum (3728).
26 PREMIÈRE PAUTIE
a le malheur d'avoir été qualifié de pronom personnel autrefois
par des savants « qui se fondaient sur la supposition explicite
ou tacite de la j)îircuté avec le latin ou le grec ' ». Cette
parenté devenant, de jour en jour, de moins en moins pro-
bable, tout ce <iui a Tair de la rappeler est aujourd'hui suspect.
C'est une lare pour une interprétation étruscologique que de
paraître entachée d'indo-européanisme. Mais, de ce que mi a le
tort de faire penser à £;j^o'1, iniJii ou me, il ne s'ensuit pas, de
toute nécessité, qu'il ne puisse pas être un pronom de la pre-
mière personne. Il faudrait tout au moins avoir démontré
auparavant qu'un thème pronominal analogue à mi est la pro-
priété exclusive des langues indo-européennes. Or, cette
démonstration n'a pas été faite, et il serait difficile qu'elle le
fût. (kr il se trouve que précisément dans les langues ougro-
finnoises c'est un thème analogue à mi qui fournit le pronom
de la |)reuiière personne ". Et ceci nous ramène encore, par
nue nouvelle coïncidence, au groupe linguistique avec lequel
r('lrus(pic nous a paru déjà avoir plusieurs affinités.
37. Si mi est en étrusque le pronom de la première personne
et si l'étrusque a des suffixes possessifs, il y a des chances pour
que, comme dans les langues ougro-finnoises, le suffixe posses-
sif de la première personne ait un m comme élément prin-
cipal. Ici il importe de procéder avec précaution, à cause du
grand nombre de mots étrusques dont la désinence comporte
un m. 11 faut faire abstraction de tous ceux de ces mots où l'm
n'est pas immédiatement précédé ou suivi d'un suffixe casuel
et ne présente pas par conséquent le caractère spécifique d'un
1. Bréal, Journal des Savants, Janvier 1899, p. 64.
2. Kellgrén, Pie Gnindzu^e der Finn . Sprac/ie mil RiickskJil auf den Ur-al/nis-
chen Sprachslamm (Tierlin IS'tl), p. 64.
0. Donner, Das personalpronomai vi den AU. Spraclien (Berlin, 1860) ; Wincliler,
Dos lirait, p. 26. — Vnici, d'aprrs iîudi'iiz {.Maf/i/ar-i(f,or nsszehasonlilô sznl(h\
p. 625, n" 6(i:5), les proiioins oui^ro-liniKiis de la l''^ personne :
Finnois mi-nfi Zyrr'nien me
ïchéréniisse me-n , mi-n', mo-n' ostiaic ma
Mordvine mo-n vogoule iim, am
Lapon mo-n hongrois en
LES DONNÉES DU PROBLÈME 27
suffixe possessif. Les seuls textes à retenir sont quatre
épitaphes d'Orviéto el une de Cornéto.
38. Les épitaplies dOrviéto se rapportent à plusieurs membres
d'une même famille. Elles ont été toutes rédigées en même
temps par la môme personne, par celle qui a fait faire le caveau
funéraire; car elles ont été tracées au pinceau pour servir de
légendes à des fresques, dont les divers tableaux, tous de même
style et de môme facture, forment un ensemble homogène et
sont contemporains du caveau '. Or ces quatre inscriptions
contiennent des formes singulières, telles que Arn6ialum et
Velusum, qu'on n'a retrouvées nulle part ailleurs.
La mieux conservée de ces inscriptions est ainsi conçue :
C. Il, 5092) VeL Leinies. LarôiaL ruva (?). ArnSialum.
clan. "Velusum. prumaôs. avils. semcps. lupuce.
39. Le nom en vedette Vel Leinies LarGial est celui du
défunt. Il est mort (lupuce) encore jeune. Le nombre (semcps),
qui indique son âge (avils), répond à un chiffre supérieur à
six ', et inférieur à 10 ou à 12 '. D'ailleurs la figure peinte, qui
le représente, est celle d'un enfant. La série des noms se décom-
pose ainsi : Vel marque le prénom ; Leinies est le génitif de
Leinie, amené par le mot, de lecture incertaine, qui suit immé-
diatement; c'est le patronymique. Quant à Lar0ial, il signifie
que le défunt est né d'une mère appelée Larôi.
40. Dans le mot ArnOialum qui suit, on retrouve aisément
le radical ArnGial, formé de la môme façon que Lar0ial,
c'est-à-dire formé du nom propre féminin ArnSi et du suffixe
casuel -al exprimant la provenance (§ 4). Sauf une nuance acces-
soire indiquée par la désinence um, le sens est : « né d'une mère
appelée Arn6i ». Comme le défunt a déjà une mère, qui est
1. Sur cette tombe, dite tombe Golini, voir Brunns, Bulletino ciel Islil., 1863, p. 43
et suiv.; Conestabile, Pitlure mundl a fresco... scoper/e... da Domenico Golini;
V^nVi,Corpus inscript, elnisc. t. II, p.iji-73. [.es quatre inscriptions sont publiées
sous les nos 5092, o003, 5094, 5097.
■2. En elVet, il ne Qgure pas sur les dés de Toscanclla i F. 2352), qui doiment les
nombres de 1 à 6.
3. La limite dépend du système de numération. Si le système est duodécimal,
12 peut être l'cxtrémc limite, puisqu'on a se))vsai/l, multii^le desemf.
28 PREMIÈRE PARTIE
LarOi, les mots Arneialum clan ne se rapportent certaine-
nionl pas à lui, mais déterminent Velusum, qui suit. II faut
donc entendre que l'enfant dont nons avons Tépitaphe est
pruma6s d "un père (désigné par Velusum) auquel s'applique
le terme Arneialum, c'est-à-dire qui est lui-même fils d'une
Arn0i.
41. Mais qu'est ce que Velusum et ArnOialum? Les deux
mots sont faciles à décomposer. Velusum est, à n'en pas douter,
le prénom Vel, connu par de très nombreux exemples et que
porte le défunt lui-même. Mais ici le prénom est pourvu de
deux suffixes. Le premier de ces suffixes est le suffixe -s, que
nous avons déjà vu dans Aule-s, clen-s, Leinie-s (cf. § H).
On y a depuis longtemps reconnu l'indice du génitif. Vel-s est
la forme ordinaire du génitif de Vel (cf. F. 439, 714). Ici Vel-s
est devenu Vel-u-s, par vocalisation de la liquide, de la même
façon que 0anxvil-s, génitif de Ganxvil, est parfois devenu
0anxil-u-s (F, Spl . I, 469). On a d'ailleurs de nombreux
exemples du génitif Velus (F. 115, 402'"% 654, 1499, etc.).
42. Si le premier suffixe de Vel-us-um est un suffixe casuel,
le second suffixe -m ou -um n'est certainement pas un suflixe du
même ordre. S'il l'était, il ne pourrait qu'indiquer en effet ou
une relation identique à la précédente, — et alors il ferait inuti-
lement double emploi avec -s — ou une relation différente —
et alors, chose inadmissible, les deux suffixes se contrarie-
raient. Il faut donc, de toute nécessité, attribuer à -m (ou -um)
une valeur spéciale, complètement indépendante de toute
relalion casuelle. Les mêmes observations peuvent se faire à
propos d'Arnei-al-um, qui, lui aussi, nous offre un prénom
ArnOi j)ourvu de deux suffixes, le suffixe casuel -al, indiquant
la provenance et le même suffixe indélerminé -m ou -um.
43. C'est à ce suffixe -m ou -um que je crois pouvoir assi-
gner le rôle d'un suffixe possessif de la première personne.
Il en a, en effet, les caractères spécifiques. D'abord, il est très
voisin du pronom de la première personne mi (§ 36). Ensuite,
et c'est là ce qui est particulièrement digne de remarque, il a la
propriété de se soudei- aux suffixes casuels. Il se comporte, à
LES DONNÉES DU PROBLÈME 29
cet égard, exactement de la même manière que les suffixes pos-
sessifs ougro-finnois. Ainsi, on finnois, où le suffixe possessif
suit le suffixe casuel, on a des formes comme celles-ci : talo-
sta-?ii, « venant de ma ferme » ; tallo-lle-ni^ « vers ma ferme »,
ta/o'Ssa-ni, « dans ma ferme », chacune de ces formes se com-
posant : 1" du radical taio « ferme »; 2° d'un suffixe casuel
-sta, -lie, ou -ssa; S** du suffixe possessif de la l'"'' personne -;^^.
La composition de Vel-us-um, Arnei-al-um présente dans
le même ordre les mêmes éléments : un radical, un suffixe
casuel et un suffixe -um. Ce dernier suffixe ne peut guère être
autre chose qu'un suffixe possessif.
44. En résumé, l'inscription d'Orviéto peut s'interpréter
ainsi :
de Vel Leinie, né de Lartlii. Il <iêtait^ pruma^s (sens
à déterminer) de mon Vel <ilequel était~;> né de mon Arnthi. Il
<iétaiV;> en mourant à Vuge de 8 (?) ans. »
C'est l'épitaphe d'un petit-fils rédigée par son grand-père.
Le vieillard, qui a survécu à tous les siens, rappelle à propos de
l'enfant les êtres chers qu'il a perdus^ sa femme Arn6i et son
fils VeL L'expression « de mon Vel » se retrouve dans les
trois autres inscriptions du caveau funéraire, parce que toutes
les épitaphes de ce monument de famille sont l'œuvre de la
même personne (§ 38).
45. Dans une inscription de Cornéto (F. 2340) on lit :
RamGa. Matulnei. sex. Marces. Matuln
puiam. amce. SeGres. Ceis... les. cisum. tame....
Ia6.... nasc. Matulnasc. clalum. ce ci. clenar.
A avence. lupum. avils a/s. mealxlsc
Au point d(! vue spécial qui nous occupe, le texte est moins
net que celui d'Orviéto. Il contient bien quelques mots avec
une désinence en -m, mais comme cette désinence n'est pas
précédée d'un suffixe casuel, on peut hésiter à y reconnaître un
suffixe possessif. Isolé, le texte de Cornéto ne prouverait rien,
sans compter qu'il est très mutilé et qu'il est impossible
d'essayer d'en rétablir la teneur par conjecture. Mais si on le
rapproche des inscriptions d'Orviéto, il mérite de retenir l'ai-
30 PREMIÈRE PARTIE
lonlion. On y relève, cii ellel, au commencement de la ligne 2,
la forme puiam. L(ï mot puia (;st très fréquent dans Tépigra-
piiic étrusque et il parait dilïîcile de lui attribuer un autre sens
(juc celui de uxor. Mais de puiam point d'autre exemple que
celui-ci. Puiam ne serait-il pas tout simplement puia aug-
menté du sullixe possessif -m de la première personne (^=; « ma
femme »)?
Si cela est, c'est que r('pila|)lie, comme celles d'Orviéto, fait
parler ([uel(ju'uii à la première persoune. Dans ce cas. elle doit
contenir d'autres mots porlant, eux aussi, la marque de la pre-
mière personne. Or, il y a trois mots qui paraissent répondre à
cette condition, c'est cisum, clalum el lupum. Je laisse de côté
cisum et clalum, sur les(]uels on ne peut faire que des conjec-
lures incertaines. Mais il n'en est pas de môme de lupum. Le
verbe lupu est bien connu (v^oir i; 15). Il signilie «■ mourir ».
Lupum a bien l'air d'être le mol lupu avec le suflixe possessif
-m. Du moment qu'en étrusque les verbes se comportent comme
les substantifs et s'adjoignent, comme nous l'avons vu, des
suffixes casuels (§ 18), ils peuvent bien aussi s'adjoindre des
suifixcs possessifs. Lupum veut dire « mon mourir », ou « ma
mort ». Par une de ces liclions fré(juentes dans l'épigraphie
anti(|ue, l'inscription fait p;irl(M' le défunt, qui, entre autres
clioses, nous entrelient de sa mort et rappelle le souvenir de
sa iemme.
VII. lut onipatihililés appareiitr.s de l'rtrusque et des langues
ou(/ro-/ituioiscs.
46. Si les aflinités que nous avons cru remarquer entre
l'étrusque et les idiomes oiigro-linnois étaient absolument
démontrées, on pourrait dès à présent conclure que l'étrusque
appartient au même groupe linguistique que le linnois el le
liongrois. Mais la démonstration n'est pas faite. Nous n'avons
que des vraisemblances et des i)résoinplions. Avant d'aller plus
loin, il laiit voir si ces vraisemblances et ces présomptions ne
se heurtent pas à certaines impossibilités. Si par exemple nous
LES DONNÉES DU PROBLÈME
31
élions amenés à constater que la constitution de l'étrusque
présente, sur quelques points essentiels, un désaccorcl grave et
irréductible avec la constitution des langues ouralo-altaïques, il
est clair que les analogies signalées jusqu'ici l'isqueraient fort
de n'être que des apparences trompeuses.
47. Groupe initial de consonnes. — Une des règles les mieux
établies de la phonétique ouralo-altaïque est qu'aucun mot ne
peut commencer par un groupe de consonnes. « C'est une loi,
dil Winckler ', qui n'est presque jamais méconnue. » De là
\ icnt que pour faire passer des mots germaniques dans le
finnois ou le hongrois, il a fallu ou les débarrasser d'une de
leurs consonnes initiales ou leur attribuer une voyelle supplé-
mentaire. C'est ainsi que des mots comme Franz, Sc/inur, Slall,
Stepfian, Schule sont devenus en hongrois Ferencz,sinor, istallo,
l<himn^ ukola et en finnois Rantzi^ nuora^ talli^ Telivan, koulti.
48. L'étrusque obéit-il à cette loi universelle du groupe
ouralo-altaïque? Voici un relevé, qui, à première vue, est
iuijuiétant. On trouve dans la Momie d'Agram :
cla, cletram, clevana, cl-
tral. cluce. cnl, cnticnG,
cntnam, crapsti. cresve-
rae. es, 0lu0, 6lu6cva.
mlax. plutim, priôas,
prucuna. pruG, pru^^s,
scanin, scara, soucie,
scvetu. svec, slapinas,
snutu spetri . spureri ,
spurestres. spurta. srenc-
ve. stalle, streta, stretee,
trau. tra^s. trin. trita-
nasa. tru0, flanac, fier,
flere, flereri. fler;^va.
A ces mots, dont plusieurs se retrouvent ailleurs soit sous la
môme forme soit avec une désinence différente, il faut ajou-
ter les termes suivants, recueillis dans d'autres textes :
czl, ciel, clan, clen, clz, clt,
clei, cluGi, clutiva. créais,
cver, mlamae... mla0ce.
mlerzinia, mlusna, prn-
0na, pruma0s, prumis, psi,
scuna. slele0, slicale..,
spel0. spelane0i, spural.
sran, svalas, svalce, sva-
1. Das lirait., p. 2; cf. Keligrén, Gruiidziige, p. lo.
32
PREMIKHE PARTIE
iBas. svulare. tlenaces, tle-
naxeis. tnucasi, tra, trecs,
trce, trutnvt. trutvecie,
vlssi. fl, flenzna, flerSrce,
elc.
l'.iiliM. il y a lieu de signaler les iK^nis propi'es comme :
Claniaeie, Claninsl, Clanti.
Clate, Claucesa. Clumnei,
Cneve. Cracnal. Crapilu,
Craufa. Craupania, Crei-
ce, Crespe, Crisu, Cvelne,
CvesnSal, Mlacas. Mla-
nes, Mnesinal . Plecu,
Pluca, Prcu, Precu, Pren-
rael, Presntes, PreBnsa,
Pricesla. Pruciu. Pruini,
Prumaenal , PrusaGnal,
Scarp.. , Sceva, Scurfiu,
Snute. Srutznei, Spante,
Spaturia, Steprna, Svei-
cia. Sveitu, Tlapu, Tles-
na, Trepalnal, Gresnai,
Frauxni, Fremrna, etc.
49. Tous ces exemples, qu'on pourrait multiplier', semblent
montrer que, conlrairenienl à Tusage des langues ougro-fin-
noises, l'étrusque s'accommode volontiers d'un groupe initial
de consonnes. Mais si l'on essaie de classer toutes ces formes,
on ne tarde pas à s'apercevoir que, sauf de très rares excep-
tions, elles se ramènent à deux catégories :
1 " Formes du type flere, mlax, plutim, slapinas, cntnam,
snutu, crapsti, pru6, svec, ofi ligurent, au second rang du
groupe initial, soit la semi-voyelle v, soit un /, un /■, un n, c'est
à dire une de ces consonnes qui peuvent se comporter comme
des voyelles quand elles servent d'appui à une autre consonne.
Ce sont des consonnes que l'on désigne quelquefois sous le nom
de consonnes-voyelles. Donc dans les formes de ce type, on ne
peut pas dire (|u'il y ait, à prit[)reiuent parler, un grou})e ini-
tial de consonnes -.
2" Formes du type spel, scuna, scanin, spural, scara,
staile, streta, scveitu, où la syllabe initiale est suivie de la
semi-voyelle r, ou dune des consonnes-voyelles signalées plus
1. Voir <>. iMiilliT-Dcutkc, 11, p. 38'J, S 14.
1. l'as [)liis rm'il n'y en a clans les formes Miiele, Mliluiis, Tlamunus, par les-
quelles les Etrusques transcrivent les noms grecs MsvO.ao;, MsAi-nov, ïîAaaùJv.
LES DONNÉES DU PROBLÈME 33
haut. On peut concevoir que le voisinage de la semi-voyelle
ou de la consonne-voyelle ait eu pour effet de produire quelque
modilicalion d'accentuation ou de prononciation, et que, par
suite, la voyelle organique, primitivement enclavée dans le
groupe initial, se soit ou voilée ou déplacée, si bien que des
thèmes comme sepl, sacn, sucn, supr, sacr, setr, suc ou sivc^
sîll ou saitl^ aient pu devenir spel^ scan, scun., spur, scar, stre,
scv, stail.
50. Les formes qui ne rentrent pas dans ces deux catégories
sont ou bien des monosyllabes comme es, ou bien des formes
rares comme scuj^ie, spetri, ou bien des noms propres comme
Steprna, Spitui, Spuite, Stenia, Spaturia.
Pour les monosyllabes, si ce ne sont pas des cris inarticulés,
ils doivent avoir eu une voyelle organique, enclavée dans le
groupe des deux consonnes. Seulement cette voyelle, plus ou
moins voilée sans doute dans la rapidité de la prononciation,
n'a pas été écrite par les lapicides étrusques, qui certainement
n'étaient pas des phonétistes. Si notre orthographe se modelait
sur la prononciation populaire, beaucoup de nos mots seraient
ainsi défigurés.
Pour les formes comme scuxie, spetri, il se peut que ce
soient des formes composées avec un monosyllabe du type es
au début (se + ïixi© 1 sp + etri), sans compter qu'on ne les
rencontre que par hasard et dans un document comme la Mo-
mie d'Agram, dont la leclure n'est pas toujours certaine.
51. Enfin pour les uoms propres, s'ils ne sont pas, eux aussi,
composés avec un monosyllabe initial, on peut se demander s'ils
sont bieu d'origine étrusque ou si ce ne sont pas des vocables
empruntés de toutes pièces à quelque langue (Urangère.
En résumé, il n'est pas prouvé que les groupes initiaux de
consonnes, (jui ont été relevés plus haut, tiennent à la consti-
tution de l'étrusque. Ils peuvent s'expliquer soit, comme des
déformations dues à des habitudes de prononciation plus ou
moins vicieuses, soit comme des à-peu-près d'écriture résultant
d'une transcription imparfaite. Ce sont très probablement des
accidents. Et ces accidents sont d'autant mieux explicables que
3
34 PltKMlKlîK l'AllTIE
nos textes sont d'nno ('poque assez basse (environs du ni^ siècle
avant J.-C). Penilanl des siècles, l'Elrurie a été ouverte au
commerce étranger. Sa population s'est mêlée d'éléments grecs,
cnili.tginois, gaulois ou il.iliolcs. Il se peut (juau contact de
tant d'iutliK'uccs diverses, la langue, tout en conservant ses
caractèi'es (dliui<|U('s, ail él(' altc-rée dans sa prouonciation. En
tons cas on ne saurait se prévaloir des formes (jue nous avons
citées pour conclure à une incoM)p;ililtilil('' radicale entre
r('lrns(|U(' et les liingues d'origine ouralo-allaùjuc.
52. Di: LiiAHMONu: vocai.ioli:. — In des traits caracliM'istiques
des langues uuralo-allaïques, c'est l'Iiarnionie vocalique '. Le
principe fondamental de cette harmonie est que toutes les
voyelles d'un nud doiviMil être en relation les unes avec les
autres; la voyelle de la syllabe initiale, laquelle est en même
temps la syllabe radicale et la syllabe accentuée, a seule une
valeur déterminante, et toutes les voyelles subséquentes se subor-
donnent à C(dle-ci selon ccrtiiines règles d'accommodaticm. ('es
règles sont fondées sur la répartition des voyelles en plusieurs
classes : d'une part sont les gutturales ou dures [a, u, n); d'autre
part sont les palatales ou douces (//, o, ft). Une classe intermé-
diaire de voyelles indiiïi'rentes, dites neutres, com[)rend c et /.
Les voyelles dures sont incoinp;ilil)les avec les voyelles douces.
Lu uiot n(> peut |)as comporter de voycdles douces, si la \(»y(dle
Ihémaliiiue est dure, ni de xoyelles dures, si elle est douce.
Seules, dans certains cas di'teiinimîs, les voyelles neutres peu-
vent se renconirer <laus un iiièiiie mol soil jivec les dures, soit
avec les douces.
53. A ces lois, i"(''lrusque ne semble |»as èti'e soumis. Il admet
dans les mois le m('dange des vovcdles, comme dans aSelis,
aOumitn, cealxus, cilôcveti, zusleva, hilarGune, lau6umneti,
reuxzina, acilune, hareutuse. D'autre j)arl, ceux de ses sui'-
lixes casu(ds, (jui sont vocalises (-al, -si, -ce, -ne, -ri, -ti), sont
1. Kell^Ti'-n, Griiii(lziir/e., p. lu; Wiiicklcr. Das llrallaU., p. l-(i; L. Adam, De
l'/iannonie (tes voi/elles dons les lunijues ouvalo-allaiqiies (Paris, 1874): Boller,
Sitzititf/sbericlile (Wicii), t. X, p. 35;Grunzel, Enlwurf eiiies vergleich. Gvamma-
lik devait. Spr., p. lO cl suiv.; Sziiinyci, Fin/iisch-iirjrisc/ie Sprachiciss., p. 47.
LES DONNÉES DU PROBLÈME 35
toujours invariables, preuve qu'onlro la voyelle de ces suffixes
et la voyelle du thème il n'existe aucune l'elation d'iiarmonie.
54. Cependant il ne faut pas trop se liàtor de conclure à la
non existence (Kune harmonie vocalique en étrusque. Nous
voyous les voyelles en apparence les plus diflérentes concourir
à la formation de bien des mots : soit. Mais, d'abord, qui nous
dit que ces mois ne sont pas des composés? Or, en finnois et en
hongrois, où lapplication des lois de l'harmonie est pourtant
rigoureuse, les mots (|ui s'unissenl pour former des composés
conservent chacun sou indépendance vocalique. Ensuite, que
savons-nous de la valeur des voyelles mises sons nos yeux?
Ce ne sont assurément pas des linguistes qui ont adapté à la
transcription de la langue étrusque les caractères de l'alphabet
emprunté à la Phénicie par l'iutermédiaire de la Grèce '.
Leurs transcriptions ne sont et ne peuvent être <[ue des à-peu
près.
55. Il est bien difficile de croire que les Etrusques n'aient eu
à leur disposition que les quatic voyelles a, e, i, u, qui figurent
dans leur alphabet. Ils avaient au moins deux sorles d'à, l'un
ouvert, comme dans Kasutru (Kâo-Ttopl, Easun ('làTcov), Tar-
Xna (Tarquinius), ôanxvil Thanaquil), l'autre donnant nu son
intermédiaire cuire Va et i'r, puisque certains mots sont indiiïé-
l'emmcnl écrits par un a ou |)ar un e, comme clan et clen, zus-
leva el zusleve, Afunas cl Afunes, aisna et eisna, "Venate
et Venete, 'Vatl cl Vetl.
Il y avait aussi au moins deux sortes d'e, l'un assiv. sourd
pour (pic les Latins l'aient volontiers l'cndu par un o Velimna
= Voluinnins^ VelGur ^■- Vo/luniiis^ "Vel/atini - - \'o/ra///f\),
l'autre assez fermi' pour se confondre i)res(jue a\ec un i (Ves-
cunisa = "Viscunisa, Arzneal = Arznial, Helvereal i= Hel-
verial, zea ^ zia, cealxus cial/us, Fnesci Fnisci; cï.
Easun = 'lào-wv).
H y avait au moins deux soi-tes d'i. l'un lépondanl à l'iota,
1. Sur l"aliiii,il)et éh'iisciiie. voir le subslaiitiui résiiiiiû de Duonamici, Nuovu
sayrjiu siilla linr/ua elrusca, sezionc ]■> (Facnza, l'Jll).
,36 PREMlÈriE PARTIE
l'aulro Irrs voisin de Vr IVimé cl |)ouvanl allornor avec lui
(voir plus liaulj, sans coniiilcr 11 scMni-voyollc (ou j), qui est
rendu, quclquclois j);ir un i double'' i^Caiia ('. ^{(Si.3 ; 3814),
mais le plus ordiuaiicincnl par un i simple (Caia il. 3037),
3758,3888, 3î)()2, 4U15, olc).
II y avait (m(in au moins deux sortes d'u, Tun répondant à
l'omicron ou à l'oméga (Ataiun = 'AxTaiwv, Ziumiee = Aw-
p^oY,;, Urus9e = 'Opscr-rr,;, Patrucle = IlaToo/A^^, Kasutru
= Kào-Toyo), l'autre répondant h l'upsilon (Ameruntea =
'A|ji.apûvTt,a, Pulutuce = IFoA'Josuxr,;, U0Uze = "Oojttcu;).
Toutes ces nuances nous écija|)pent dans l'écrilure, ainsi que
les nuances intermédiaires, auxquelles répondent peut-être
quelques-uns des groupes au, eu, ae, ai, ei, ia, ie, ui, groupes
d'ailleurs très instables, comme le prou\ent les variantes aise-
ras et eiseras, cai et cae, caia et caie, Anainai, Anainei,
Aneinei, Aneini, Aninai et Anini, leine et line, Seianti et
Seanti, Veipi d Vipi, Titeial, Titeal et Titial, latni et
lautni, Plaute cl Plute, Raufe, Rafe et Rufe.
Faute de connailre lous les degrés de la gamme vocalique,
nous ne pouvons donc pas dire avec certitude si, dans les mots
élrus([ues (jui contiennent plusieui's voyelles, les lois de l'har-
monie sont ou ne sont pas observées.
56. lj'enn)Ioi des sullixcs casucis à voyelh? invariable n'est
pas davantage im indice sullisant. L'assimilation de la voyelle
du sulIJX(! à la voyelh^ du radical ne semble })as être une des con-
ditions essentielles de l'ijarmonie vocalique. Ainsi dans l'ancien
hongrois, où pourlant exislait l'harmonie des voyelles, le suliixe
-/œ/c du datit demeurait invariable et s'accolait à tous les radi-
caux, quelle que fût leur voyelle organique '. De même, encore
aujourd'hui cji linnois, il y a des suffixes de relation dont la
voyelle est invariable : ce sont les suffixes de l'allatir (-//e), du
prolatii' {-t.se), du translatif {-/m) et du comitatif (-7/^^).
1. RiedI, MiKjyar. Grammallk, p. loS. Il en est de inêiiie du sullixc temporel
-lior dans le hongrois moderne (Szianyei, Fin/iiscli-uf/i'ische Sprachwissenschafl,
p. 49j.
LES DONNÉES DU PROBLÈME 37
57. Donc, dans l'état actuel de nos connaissances, on ne peut
pas prouver que l'harmonie vocalique manque en étrusque.
Mettons maintenant les choses au pis et supposons que cette
preuve soit faite. Il n'en résulterait pas nécessairement l'impos-
sibilité de ramener l'étrusque au groupe ouralo-altaïque. L'har-
monie vocalique est, en effet, dans les langues de ce groupe,
plutôt une tendance plus ou moins inconsciente qu'une loi rai-
sonnée et immuable. C'est, comme le dit Winckler ', un idéal
vers lequel tous les idiomes du groupe ont été comme entraînés
d'instinct, mais un idéal que beaucoup d'entre eux sont loin
d'avoir atteint. Ceux-là mômes qui s'en sont le plus rapprochés
n'ont pas toujours suivi la même méthode ni adopté les mômes
règles ". Le système varie dans les différentes familles du
groupe et souvent, dans une même famille, il y a des différences
notables. Dans la famille ougro-finnoise, par exemple, le lapon
ne procède pas comme le finnois. Bien plus, on trouve, dans
cette famille, des idiomes, comme l'ancien tchoude ou vepse,
le livonicn et le tchérémisse, où l'harmonie vocalique est
absente, soit que certaines causes organiques en aient arrêté de
bonne heure l'évolution normale, soit que des intluences étran-
gères, dues à la contagion d'une ou de plusieurs langues voi-
sines en aient altéré et finalement détruit le principe ^. Pour
qu'une langue puisse être classée parmi les idiomes ouralo-
allaïqucs, l'harmonie vocalique, parfaitement caractérisée, n'est
pas une condition nécessaire. Elle n'existerait pas en étrusque,
que noire hypothèse n'en serait pas pour cela inadmissible.
58. Des noms de nombre. — Ce qui est plus grave, c'est la non-
conformité apparente des noms de nouibre étrusques avec ceux
que Ton trouve dans les différents idiomes du groupe ouralo-
altaïque. Les noms de nombre élrusijues ont été souvent étu-
diés. On en a chei-ché les é(|uivalenls dans toutes les langues
connues, sans arriver à aucun résultat satisfaisant. Cette irré-
1. Pas Ui'cdlaische, p. 4. Cf. Szinnyei, Finnisc/i-ugrische Sprachw., p. 41-50.
■2. Grunzel, Enlwurf einer verf/lekh. Gramm. d. ail. Spr., p. 18.
3. Winckler, Dctfi UraUaische, p. 8o.
lis PREMIÈRE PARTIE
(lii(lil)ililé dos noms do nombre est assnrcmont le plus sérieux
obstacle auquel puisse se bcurter notre hypolbèse. Mais cette
irréductibilil(î peut n'rlre ([u"a|ip;irenle.
Je ne voudrais pas insinuer (|U{> le liavail de ('om|iaraison a
été mal lail. Au contraire, on y a dépensé, avec une rare ingé-
niosil(', toutes les ressources de la science phouétique. Mais on
a ilii aUcr un |)eu an hasard, faute de connaître la valeur exacte
deceitainesconsonnes étrus(|U('s. Oue repr('senlenl, j)arexemple,
le z de zal, ou \'s de sa, ou rhde hu6 ou le 6 de ou? On s'est
trouvé un peu dans la silualion ofi se trouverait la lin2,uis(ique
indo-européenne, s'il arrixail un jour, dans deux ou trois mille
ans. ([ue, [U'ivée do la plu[iart doses ('déments do comparaison,
n'iluilo à nue connaissance incomplète du grec et de l'anglais,
par exom|)lo, et ue soupçonnant pas la loi de la substitution
des consonnes, elle eût à comparer /'off/\ /ive, scvon avec -zi'j-
•jy-zz;, -ivTs et £-77.. Encore ces noms de nombre ont-ils la même
origine. Mais que serait-ce, si elle renronirail o/w ol jj-'la? Je
cite à dessein ce dernier exemple, parce qu'il montre que dans
une même l'amillo linguisti([uo l'idée d'un même nombre peut
être exprimée par dos radicaux diiréreuts. Qui sait si dans la
l'amille à la(|uelle rélrus(|uo est apparenté une diversité ana-
logue n'existe pas pour un ou plusieurs nombres, ce (jui contri-
buerai! à rendre plus dillioilc encore le travail de la compa-
raison ?
Au point où en son! les études étrus(iues aujourd'hui, on
lie peut donc pas tenir [)our absolument démontrée l'irréducti-
bilitt' des noms de nombre. Par suite, il ne serait |)as légitime
de condamnera [)riori toute hypoihèse (|ui serait dans l'impos-
sibilil(' do les oxj)li(|uer.
Au surplus, cette ([uosliou des noms do nombre n'a peut-être
pas t(juto l'importance ([u'on est généralement {)Oit(' à lui attri-
buer. A voir lintérêt ([u'on y attache, il semble que la solution
du problème étrusque d('pende d'elle, comme s'il y avait là un
critéiiiiui d'origine ceilaiu cl inl'aillible. Orée (jui est \rai [)onr
les langues du groupe arvoii ne I est pas j)()ui' ctdlos du groupe
ouralo-altaï(|ue. Dans ce groupe, en elfol, il n'y pas do numéra-
LES DONNÉES DU PROBLÈME 39
tion commune '. Dans le cercle plus restreint des idiomes ougro-
linnois la communauté de numération n'existe que pour les
six premiers chiiïres ". Nous ne sommes donc pas en présence
d'une de ces lois universell(\s qui ne souffrent aucune excep-
tion.
59. En résumé, s'il y a entre l'étrusque et les langues ouralo-
allaïques des incompatibilités apparentes, ces incompatibilités
ne semblent pas irréductibles. Est-ce à dire que la parenté
originelle de l'étrusque et de ces langues puisse être considérée
comme établie? Les observations que nous avons faites ne sont
assurément pas suffisantes pour justifier une pareille conclu-
sion. Nous n'avons que des inductions ; rieu de plus. Mais si
ces inductions n'autorisent pas une affirmation immédiate, elles
autorisent du moins une hypothèse provisoire.
Puisque l'étrusque, dans certaines circonstances grammati-
cales très caractéristiques, à l'air de se comporter comme un
idiome ougro-finnois, supposons qu'il en soit un et traitons le
comme tel.
Attribuons lui, par hypothèse, une grammaire, non pas com-
plètement calquée sur les grammaires ougro-finnoises qui sont
en usage aujourd'hui, mais conçue dans le môme esprit, consti-
tuée d'après les mômes principes et ramenée, autant que pos-
sible, au type le plus simple, et vraisemblablement le plus
ancien, de la grammaire ouralo-altaïque.
En même temps qu'une grammaire ougro-finnoise, nous attri-
buerons à l'étrusque un vocabulaire ougro-finnois. Aux racines
qu'il nous otïre nous donnerons, toujours par hypothèse, le
sens (]ue les racines analogues, recueillies dans les idiomes
ougro-linnois, paraissent avoir à l'origine. Pour faire le plus
nu''lh()(li([uement possible la comparaison des racines et pour ne
pas être dupes de certaines ressemblances fortuites, nous établi-
rons d'abord quelques règles d'équivalence bien définies, con-
formes aux habitudes de la phonétique ougro-finnoise. Ensuite
1. Winckler, Da.s Urall., p. 24; Gruiizel, EnLwuff einer vergleich. Grattunatik
der aliaischen Sprachen, p. Go.
2. Szinnyci, Fiiinisch-iifjrische Sprachwifis., p. 101-109.
40 PREMIÈRE PARTIE
nous considérerons le développement des racines étrusques
comme se faisant suivant les lois de la dérivation ougro-finnoise
et avec des suffixes phonétiquement équivalents à ceux qui
constituent, dans tous les idiomes de la famille, les éléments
de cette dérivation.
Nous verrons alors ce que donnera, appli(juée aux textes,
cette langue ougro-linnoise hypothétique. Si Ion n'arrive qu'à
des traductions incohérentes et invraisemblables, dans le goût
de celles qu'on a données juscju'ici, il faudra s'arrêter : Thypo-.
thèse sera ipso facto condamnée. En sera-t-il de même, si l'on
voit les textes s'ordonner naturellement et se prêter sans effort •
à des traductions claires et raisonnables, si les mômes mots,
les mêmes formes grammaticales, les mêmes tournures reve-
nant dans des phrases différentes, peuvent toujours être inter-
prétés de la même façon sans que la logique et le bon sens soient
en défaut, bref si la lumière paraît se faire là où jusqu'ici il
n'y avait que ténèbres?
DEUXIÈME PARTIE
PRÉCIS GRAMMATICAL
OBSERVATIONS PHONÉTIQUES
60. Voyelles.
L'étrusque n'a que quatre voyelles : a, e, i, u. L'o n'existe
pas. « aliqiiae Italicae civitates^ leste P/inio, non habebant et
loco eius ponebant b\ maxime Umbri et Tusci " ». Les textes où
figure un signe paraissant correspondre à un o sont rares et
il n'est pas certain qu'ils soient proprement étrusques ^
Les quatre voyelles étrusques ne sont que des à-peu-près
phonétiques. Comme on l'a vu plus liant (§ 55), chacune
1. La grammaire, dont je présente ici l'esquisse, devrait plutôt accompagner
le commentaire des textes, puisqu'elle résulte des observations auxquelles donne
lieu ce commentaire. Mais, pour la clarté de l'exposition, il y a avantage à ras-
sembler et à classer les faits grauiinaticaux, dont on trouvera ailleurs l'appli-
cation.
2. Priscien, I, /)e lilteris.
3. Sur cette question, voir Lattes, Vicende foneliche delV alfabelo elrusco dans
les Memorie del R. Istil. lombard. (Letfere\ t. XXI, 7 (1908), p. 303-356. Voir aussi
le résHuié de Buonamici, Nuovo saçjfjiu sulla lingua elriisca, sez. II (1911),
p. 21 et suiv.
42 DEUXIÈME PAKTIE
d'ollos représente au moins deux sons diiïorents. Il y a là un
élémonl d'incertitude, qui rend l'étude du vocalisme étrusque
parliculièiement ditficile. Il peut très bien arriver que deux
rudicnux étrusques, d'apparence identique, se rapportent à deux
racines diderentes (voir, par exemple, au lexi([ue, l(*s radicaux
en, es, mar). Ce qui complique la (juestion, c'est l'instabilité
de l"oitliof;raphe. Il y a souvent échange entre les voyelles,
ainsi qu'entre les voyelles isolées et les voyelles groupées (voir
§ ^5). Souvent aussi on constate soit In dis|)arilion d'une voyelle
organi(iue, comme dans Tlamunus(= T£Aa;j.ù)v), Menle (= Me-
v£)>ao;), Frmna (= Fremnu), Prcu (^^ Prrcu) ', soit l'insertion
d'une voyelle inorganique, comme dans Rame9a, RamaSa,
Ramu6a (= Ram6a), Alufne cl. Alfne), GufulGas (cf.
0upl9as) ". Ajoutez que rien ne nous permet de distinguer les
voyelles brèves des voyelles longues \
Malgré toutes ces incertitudes, il y a cependant, dans la
forme des termes les plus usuels, assez de stabilité pour qu'il
soit possible de comparer, au point de vue vocalique, les radi-
caux étrusques avec les radicaux ongro-finnois.
On appliquera les règles suivantes :
A. On considérera seulement la voyelle de la syllabe ini-
tiale. Du moment que l'étrusque est supposé apparenté aux
idiomes ougro-finnois, il doit se comporter comme eux. Or,
dans ces idiomes, c'est la syllabe initiale qui importe. C'est elle
qui constitue l'essence propre du mot. (Vest elle qui a l'accent,
(j'csl elle qui donne le ton vocalique '" .
lî. On considérera de préférence, pour les comparaisons
vocaliques, les radicaux finnois et hongrois, le finnois et le
hongrois étant en ellet, parmi les idiomes de la famille, ceux
\. Sur ces phénomènes, d'ailleurs très fréf]uents, voir Lattes, Le iscrizioni
jialeolal'me, p. 61 et suiv. Cf. Muller-Decckc, t. II, p. 334 et suiv.
2. Mûller-Deecke, t. Il, p. 3.'ii- et suiv.
3. Corssen [Sjir. //. Elr., \, p. \') cite que](|iies exemples prouvant, selon lui,
que l'écriture étrusque, de même (jue cei'taiues autres écritures italiques, indique
la voyelle longue eu la redoublant. Mais ses exemples sont fondés sur de fausses
lectures (voir Mtiller-Deccke, t. Il, p. 331).
4. Szinnyei, Flnni.sch-u(jrisc/ie Spracliirissenscha ff , p. 51.
PRÉCIS GRAMMATICAL 43
qui paraissent avoir le moins altéré le caractère du vocalisme
originel. Accessoirement, on se reportera aux radicaux vogoules,
mordvincset tchérémisses, où la tradition vocalique paraît s'être
aussi assez bien maintenue '.
G. On observera enfin les équivalences ci-après indiquées :
61. 1° Equivalences de /'a étrusque.
Comme on l'a vu (§ oo), l'a étrusque ne représente pas un son
unique. De là deux ('quivalencos, (jue je désignerai par Ai
et A,.
A, = finnois a\ hongrois a; vogoule a et quebpiefois a;
mordvine a. PLxemples :
étr. af-r-S — hongrois y.py. « père » ; vog. yJ)er-us « aïeul ».
étr. af-u-n — hongrois yp-ad- « décroître », y.p-y.st- « faire
décroître ».
étr. al — finnois ala « ce qui est en bas » ; hongrois a/;
mordvine ala, al.
étr. anc — hongrois y.n'y. « mère »; vogoule y.n(jhu^ àngu.
étr. apr — hongrois yprO « petit ».
étr. av-il — finnois am-mo (= av-mo) « vieux temps » ; hon-
grois y.v-nl- « être vieux ».
étr. cam-Gi — finnois kam-a-la « extraordinaire ».
étr. can-0-ce — finnois kan-sa « nation ».
étr. canz-a-te — finnois kanta « talon ».
étr. cap-e — finnois koppa- «. saisir » ; hongrois koip-;
mordvine kap-ed -e-,
étr. car-u — finnois kar-ea .( dur ».
étr. caô-r-a — finnois katta- « couvrir ».
étr. cav-e9 — finnois kapa « bille, caillou ».
étr. fal-as, fal-st-i, fal-za-Gi — finnois pala « bouchée » ;
hongrois fy.l- « avaler ».
étr. man — vogoule ma?i' « petit ».
étr. mat-u, mat-a-n — finnois uiat-ka « voyage ».
étr. nap-er, nap-ti — hongrois ny.p «soleil ».
éti'. par-)(is — finnois pava « très bon ».
1. Szinnyci, /•7«;u'5(7(-«,7c. Spradiiciss., p. 51.
44 DEUXIÈME PARTIE
rlr. rax, rax-6 — finnois rako « coupure ».
rlr. tan-na — hongrois l'j.n-ul- « s'instruire », Hn-lt- « ins-
truire ».
étr. tar-c-na — finnois lar-ma « force », tar-ke-ne- « pou-
voir, oser » ; liongrois /ar-/- « tenir Jjon ».
A. = finnois a, quelquefois e; liongrois a^ quelquefois é\
vogoule (i \ mordvine ''/. Exemples :
éfr. ap — finnois ep-d « douteux ».
(''fr. ar — finnois iiri « bord, limite ».
('Ir. at-i-u — finnois <it-is-t- « gémir ».
('Ir. atr — vogoule dtcr « clair ».
('•tr. aG-u, a6-e-lis, a6-r-e — vogoule (it-iu « doux »; hon-
grois éd-rL
étr. cal-u — finnois kel-po « convenable » ; hongrois kiil-la-
w devoir ».
étr. ca6-s — finnois kdn [kdte] « main »; hongrois kc'z\
mordvine kâd'.
étr. fas-e, fas-l-e — hongrois /V/.5-///- «s'étendre », fiis-H-
« étendre ».
étr. mac-r-a — finnois nidki « colline ».
étr. mar-is. mar-u, maru-nux — hongrois mer- « me-
surer ».
étr. luas-u — hongrois nids.sd <( loin ».
62. 2° Équivalences de fe étrusque.
Comme Ta élrus([ue, le représente plusieurs sons (cf. § 55).
E, = finnois ii, quelquefois «; hongrois a, é, quelquefois a;
vogoule, e, e ; mordvine //; Ichérémissc //, a. Exemples :
étr. cel-i — hongrois kul- « aller ».
éti". cem-na — finnois kiiuu'i- (( faire grand bruit ».
étr. cen-u — finnois kiin-tii- « retourner ».
étr. cer-i-n-u, cer-i-x-u — linnois kiiri- « entourer ».
étr. en-a, en-as, en-e-sc-i — finnois (uù « son » ; hongrois
én-iik « clnuil )).
étr. esc-l-e — hongrois usk-iiv-, usk-ud- « jurer »; vogoule
esx-) ^'è'X" « louer, vanter, proclamer ».
PRÉCIS (xRAMMATICAL 45
élr. ez — liniiois ati « père » ; hongrois a/'a ; Ichérénisse «/'«,
dtd.
élr. hec-z-ri — linnois vâki « forces ».
élr. hev-n — finnois vapa- « trembler ».
élr. mest-1-es — morJvine mas-tn « sein, poitrine ».
E, = finnois e, quelquefois i; hongrois e, quelquefois a,
vogoule ê, quelquefois i. exemples :
étr. cex-a — finnois keh-no « faible ».
élr. cep-en — hongrois krp « image » ; tchérémisse kap,
kdp « slaturc ».
étr. ces — linnois kesii « apprivoisé ».
étr. ec — linnois ik-enp « gencive ».
étr. en — finnois enn « davantage ».
élr. ep-1 — hongrois ép « intact ».
étr. er — finnois cin « disjoint ».
élr. es — hongrois es « esprit ».
étr. es-t-a — hongrois m- » tomber » ; finnois is-t-ii- « s'as-
seoir » ; voiroule is- « descendre ».
étr. et-er — finnois ele « ce qui est devant ».
étr. herm-u — vogoule vêrm- « avoir la force de ».
63. 3° Équivalences de l'i étrusque.
I, = finnois, hongrois, //, e (voir ci-dessus E.). E.Kcmples :
étr. im — finnois emd « mère » ; hongrois dmd « femelle »,
ostiak iuia « femme ».
élr. hil-ar — finnois vdli « intervalle ».
étr. cit-z — hongrois kdd « désir, envie ».
I, = finnois, hongrois i, soit isolé, soit précédé d'une autre
voyelle formant diphthongue avec lui [ai, ei, oi). Exemples :
étr. cil-8 — finnois kil-ed « sonore, aigu ».
étr. cin-a — finnois kei-no « chemin ».
élr. is — finnois iso « grand ».
étr. ei-i, 0i-l — finnois hl-htd- « patiner » ; hongrois si-ct-
courir ».
élr. i-n, i-pa — finnois ei-pd « ne pas être ».
étr. hin-G-a — finnois caino « flair du chien ».
46 DEUXIÈME PARTIE
(Ur. hi-a — finnois voi- « pouvoir, avoir de la force «.
étr. mim-e-n-i — finnois manna •' uppàt ».
13= finnois, hongrois y (à I3 peuvent être assimilées les tliph-
thongues ai et ei, ([ui deviennent aisément i ; cf. § 00 : Anai-
nai, Aneinei ^^ Anini; leine ^r=line). Exemples :
élr. ic-e. ic-u-n — finnois, y«/:rt- « diviser ».
etr. it-u-na — finnois yV^Z-Z-w- « ajouter ».
élr. iu-c-i-e — finnois ,jno- « boire ».
éli'. ti-u — finnois taje- c èti-e dense ».
étr. ai, ei — • finnois (iij(i « mulliple ».
étr. ei-t-va — hongrois ij-t'id- « effrayer ».
étr. eim — finnois jomcn « ferme ».
élr. cei-a — finnois kajr- « r(;sonner ».
étr. lei-n-e — hiinois /oja a paresseux ».
1; = // bref finnois, ii finnois après un z (voir § 72).
Exemples :
étr. ciz-i — finnois hul-su- « appeler ».
étr. xiiïi — finnois hiniio « chose ruinée ».
étr. xis — finnois kusi a urine ».
élr. riv-ax — finnois r/z/yr/ « croûte, bouton ».
étr. riz-il-e • — finnois rut-isla- « comprimer ».
64. Eijtiivaloiccs de /'u ('■Inisfjur.
U| -- finnois, o hongrois (bref ou long). Exemples :
é'ir. cur-iea-s — hongrois /,-i)r « maladie ».
• 'Ir. lupu — finnois lo/ijm- «« finir ».
éli'. mun-e, mun-i-cl- — hongrois inon-(h.- « dire ».
élr. mur-S — hongrois yy^or-ia « miette ».
élr. sut-an-as — finnois sota « guerre ».
(Mr. tul-ar — finnois lola « tra(;e, sillon ».
t'dr. tur — finnois lova « dispute.
étr. tus, tus-6i ■ — linnois toJi-ti- « oser »; cf. Ichérém.
tos-te- '< avoir confiance ».
étr. tuz-1 — finnois tote [tosi) « vrai ».
étr. 8ur — hongrois sur « fois, répétition ».
étr. ur — finnois ora « uerme ».
PRÉCIS GRAMMATICAL
47
étr. us-i, us-l-i — finnois osa- (( frapper (le but) ».
L'u inilial élrusqiie appartient toujours à cette catégorie.
Uo = ï( finnois, i'i finnois (bref ou long), ù hongrois.
Exemples :
('Ir. eus — finnois kfisi « sapin ».
étr. fus-l-e — iinnois y>/7s77- « rester en place ».
étr. lu — finnois Ifi « os ».
étr. mul-a — hongrois rnûl- « passer, fuir ».
étr. mu-t-in — finnois mû « autre ».
étr. put-e — finnois pntu- « man(|uer ».
étr. sur-e — finnois siiri « grand ».
étr. tul — hongrois tùl « au-delà ».
élr. 0u-es — finnois hfita- « crier ».
étr. 6uf-ul-6-as — hnimis AZ/r*'/ « bon ».
Uj = U ie finnois. Exemples :
étr. hup-ni-na — finnois vl-pû- « tarder ».
étr. hu9 — finnois vîic [vlsi] « cinq ».
étr. hur-si — finnois vieri- « être roulé ».
étr. lu-u — finnois /ie- « devenir ».
étr. luc-air-ce ■ — finnois llhku- « se mouvoir ».
étr. mul — tinnois m'ipli « esjirit ».
étr. pur-ts-va-n-a — finnois y;//-/ « cercle ».
étr. suc-ri — liiiiiois sieh-aUl- « être en retard ».
étr. sup-r-i — finnois sipi « aile ».
65. Pour les groupes de voyelles (voir § oo). tes exemples
ne sont ni assez nombreux ni assez concluants pour qu'on
puisse établir dès à présent des équivalences. Il semble tou-
tefois que h' groupe étrusque au réponde aux groupes finnois
uo^ in"), i'iïi :
:i". cau-6as — finnois l,-i)'ùhii « paiivi'e ».
Ir. 9aur-a — \\\\\\y)\<. hàùrl- « être empressé ».
Ir. laut-ni — linnois luot-ta- >< se lier à ».
66. Consonnes.
Pour les consonnes, il y a moins d'incortiInJe (jne |)Our les
voyelles.
48 DEUXIÈME PARTIE
C (ou k), 1, m, n, p, r, s, t pouvoiiL (Hrc considérées comme
(Mliiivalanl aux Icllros conospondantes du latin, puisqu'on a
(Il ('Il iis(|U(' Ceicna, Larô, Menrva, Petruni, Serturi, Tar-
j^na, <iui (lonneiil en laliii Caecina, Lars, Minerva, Petro-
nius, Sertorius, Tarquinius. (^ommo dautro part les mêmes
lettres latines se retrouvent avec; leur valeur dans les langues
ougro-finnoises, il est permis de rapprocher les consonnes
étrusques ci-dessus indiquées des consonnes ougro-finnoises
correspondantes^ abstraction faite, bien entendu, des cas où
les dites consonnes ougro-finnoises auraient subi des modifica-
tions pli()néti(|U(>s par suite de nasalisation ou de mouillcment.
67. 11 existe on élrus<|iie deux types de s, qui ont pu avoii"
à l'origine, une valeur ou, tout au moins, une atl'ectaticm difle-
rentes. l'eut-ètre les Ktrusques avaient-ils, comme les Grecs,
un type de s pour le début ou le milieu des mots, et un autre
type pour la fin. (iOrssen croit pouvoir dire que Tune des
formes de s, celle (ju'on transcrit généralement par s' est
plutôt all'ectée à la fin des mots (Corssen, I, p. 14). Mais
Tusagc est trop incertain j)our qu'on puisse formuler une règle.
Dans les textes, les deux signes s'emj)loient continuellement
I un pour lautre. (Test ainsi que l'on a :
enesci (C. 4:;38, A. 7-8) et enes'ci (>7>/V/., B, 12).
clensi F. 2im) et clens'i [V. 1922).
fleres^K. 2:391); Krall, IX, l 'i ) et fleres' (F. 1 055 ùis).
nesl (Magliano, B) et nesl (Magliano A).
zivas (F. 2100) et zivas (Krall, MM, 12).
ais (Krall, V. 18) et ais (Krall, IV, 21; VII, 16).
cealxus Krall, XI, 12) cl cealxus' (Krall, IX, y, 2).
spurestres (Krall, IX, 10), spures très ( id., III, 21) s'pu-
res'tres' (id. VIII, 14).
II serait aisé de multiplier les exemples. La conclusion pra-
tique, est que, pour les comparaisons phonétiques, nous pour-
rons considérer les deux formes étrusques de l's comme équiva-
lentes et que dans nos ti'ansci'iptions il sera tout à fait inutile
de distinguer les deux formes |)ar des caractères dillérents.
PRÉCIS GRAMMATICAL
49
68. Lo Xj 1^ 6 ol le <p ne sont pas des spiranles comme le cli
allemand, le th dur anglais ou notre/. Ce sont des sourdes (A-,
/, p) suivies d'une aspiration ik + //, t -\- h, p -\- h). Ce qui le
prouve, c'est cfu'elles conservent toujours l'articulation de la
sourde. Ainsi, elles remplacent les consonnes correspondantes
du grec, lesquelles sont des sourdes aspirées : A^ile = X/'X-
At'j;, 0ese =1 0r,a-£Jç, PrumaGe = npouLriBsJ;, Amcpiare =^
"AuL'^'.àpao; (Lattes, Isrri-ioni paleolatinc. di provenicnza ctrusra^
p. 65). Ainsi encore, l'aspiration étant plus ou moins voilée par
l'arliculation dominante de la sourde, elles remplacent un x (ou
un *'\ un T ou un o), un - :
Axmenrun = A-'a;j.;;j-vcov.
Extur ="ExT(op.
Atres6e = "AooacrTo;.
Urusôe = 'Oc£7Tr,;.
Phersipnai = ncos-ccpôvr,,
Zintrepus ■-= ïjvtoo-jîô;.
Ainsi enfin, elles permutent souvent, en étrusque même, avec
les sourdes correspondantes :
Axsi (G. 3819) et Acsi (C. 3815, 3818).
raxelvrall. lY, 9, 10, 13 et race (/ôzV/., V, 8).
sex ic. 370, i08, 4133, etc.) et sec C. 320, 1770, 2683, etc.).
srenxve Kr., II, 10; IX, 15) et srencve ijlnd.^ II, 12: lY, 12).
Uxumzna (C. 639) el Ucumznal (C. 2680).
Xurxles F. 2070) et Xurcles (F. 2071).
Larei (C. 254, 268, etc.) et Larti iC. 103, 159).
Leei C. 4001)
Semeni (C. 3966)
suei F. 2031, 2602. etc.
municlee (F. 2339)
hue (F. 2552; C. 48)
zilat C. 2771)
lautniea (C. 808, etc. j
Phacsneal (C. 4462)
et LetifC.3917).
et Semtni (G. 3968).
et suti iG. 49).
et municlet (C. 4538) ;
el hut (G. 4538).
et zilae(F.2055).
el lautnita(A^o//;«e, 1895, p. 339).
et Pacsnial (C. 3520).
11 est à remarquer de plus qu'à coté du cp \p -\- Au les
Etrusques ont dans leur alphabet un caractère spécial, le 8, qui
correspond à 1'/' des Latins el doit être par conséquent consi-
50 DEUXIÈME PAliTlE
(iéré comme iino spiruntc. Ce caractère eût clé inutile si, tout
au moins à l'orij^ini», le <f avait été articulé comme un /, au
lieu de l'être comme une sourde suivie d'une aspiration. Ce
n'est (|u"à la longue que la distinction enli'c le 9 et le 8 est
allée en s'allaiblissant. IJes variantes comme Apuni (C. 41;J3) et
Afunei ((L 1809), Hapre (C. 280) et Hafure (C. 413), OuplOas
(C. iio) ei eufleas (C. iili), Oepri (C. il 11»! et eefri (C. i04o), où
p pcrmutf* avec f, montrent (juiin j<»ur est venu où l'on a eu p
= p +/,=[.
69. Le p, le ph et If étrus(|ues n'ont en finnois qu'un seul
équivalent, leyy, i)arce que le linnois n'a ni b ni/. Pour déter-
miner les équivalences, il importe, toutes les fois (jue la chose
est possible, de coiilrùlcr les données du finnois [)ar celles du
hongrois, lequel possède le b et 1'/.
Pnrtout où l'élnisqut^ présente; un p initial, il faut que, s'il
y a un terme hoiigi'ois correspondant au terme étrusque, il
commence p.ir un h. I^xeniples :
é'ii". pajf-i-es — hongrois Aa/' k mal, «léconvenue ».
('Ir. pr-umis — hongi-ois Jinr-iil- « se couvrir ».
('Il', puia — hongrois biij-t-, « exciter ».
Piirloiil où r(''lnis(|n(' |»rt''sente un f initial, il faut que le
lernie hongrois corresjiond;! ni commeiu'e par un /. Exemples:
éli'. fal-as, fal-s-ti — linnois pala « bouchée » ;,
— — hong'i'ois /a/- « dévorei* ».
éli'. far-9 — hongi'ois for-'j.d- « j)einer ».
élr. fase, fas-l-e — hongi'ois />/.y-/7/- « s'étendi'e ».
Le p el If (■lnis(|nes, (piand ils ne sont |)as iniliaux, sont
sujets à |»ermutei' entre en\. tt'nioin les \ai'iantes citées [)lus
haut Hap-re et Haf-ure, ôup-lOas et Ouf-leas, eep-ri et
6ef-ri. Aussi est-on fondé à ci'oii'e (jiie les deux lelii'es ré[)on-
dent indill'iM'emment au y> hongi'ois iinn iniliid. le choix de
I iiiH' on de raulre étant sans doute une ;ilf;iii'e de prononciation
individuelle. Voilà coiuinenl il e^i [)ermis de rapprocher :
d'une part
PRÉCIS GRAMMATICAL • 51
éti'. af-r-s — hongrois ayja « père ».
étr. af-u-n — hongrois apoid- « décroître ».
d'autre part
étr. ap-r — hongrois oLp-ro « petit ».
étr. ep-1 — hongrois ép « intact ».
étr. nap-er — hongrois ?iy.p « soleil » .
70. Léquivalent du X étrusque doit être cherché parmi les
gutturales ougro-finnoises, g ou Z-, /i guttural hongrois, h fin-
nois enclavé. Lorsque le X est initial, il correspond toujours à
17/ guttural hongrois. Il ne correspond jamais à un /i initial
finnois, lequel du reste se ramène à une sifflante primitive.
Exemples :
étr. xina — hongrois hom-orû « concave » ; finnois /tumo
« état de ruine ».
étr. xi-©m — hongrois haj-t- « i)ousser en avant»; vogoule
kiij-t- « pousser ».
étr. xis — hongrois Jiùd' « urine »: finnois kasi « id. »;
ostiak x^-^'-e^^^ « id. ».
étr. xis — hongrois hossù « long, prolongé »; vogoule kosd,
Xoca « id ».
71. L'équivalent du 8 étrusque est une des dentales ougro-
finnoises d ou t. Mais cette équivalence cesse lorsque, au lieu
d'être médiat ou final, le 9 est initial. Dans ce cas, il correspond
toujours à une sifflante. La sifflante est le terme naturel de
l'évolution de la sourde aspirée t -j- /'.Le rapprochement des
formes AleGna (F. 20.^5 et suiv.) et Alesna (F. III^ 323)
montre que la prononciation du 6 était très voisine de celle
de l's. Voilà pourquoi les prénoms LarO et ArnS ont pu son-
ner aux oreilles des Latins de façon à donner les transcriptions
Lars (Cic. Philipp. IX, 2, k),Arns om Aruns (Tite-Live, II, 14).
L'équivalent du 6 initial étrusque est \h finnois, lequel cor-
respond lui-même à \i du hongrois et des autres idiomes congé-
nères (Szinnyei, Finnisch-ugr. Sprac/nc, p. 26), Exemples :
étr. eam-ce — finnois hmna « marche »
o2 DEC XI KM K PARTIi:
('Ir. 0an-a, 6an-r — liiniois hcn-lo « Iriidcc. doux ».
('Ir. eel-u — liiiiiois lii'l-lr « chalt'iir. .irdciip ».
('Ir. 6u-es — liiiiiois linta- « crici' >>.
l'If. 6uf-l-6as — liiiiiois ///7/v/ « Ikjii ».
72. Le z éU'us([iu' pcrmulc (|ii(d(|ii('r()is avfc Is ; c'osl ainsi
que l'on a les vaiianlcs :
Zauturia(C. 4302) el Sautri (C. i.'JOl; les deux noms s'appli-
quent à la même personne)
Zerturi ^C. 4355) et Serturus {C. 4357).
Cuizlania (('.. 1220j cl Cuislanias {(]. 794).
Remzna C 2080) et Remsna (C. 2675).
cealxuz (Krall, X, 2) au lieu de la forme ordinaire ceal/us
(Krall, XI, 12).
Titiz (C. 4052), Vipiaz(C. 4051) Aulez (G. 1833) au lieu des
génitifs réguliers Titis Vipias el Aules.
Mais il est probable (|ue cette assibilation du z résulte d'un
affaiblissement d'articulation analogue à celui qui a résolu le
e en s dans Alesna pour Aleôna (cf. plus haut, § 71). Le z
étrusque a du avoir à l'origine à peu près la même valeur que le
z grec, dont il occupe la place dans l'alphabet (Corssen, II,
p. 159), c'est-à-dire la valeur d'un dz ou d'un zd, plus ou moins
adouci (V. Henry, Précis de Gramm. comp., p. 63); de là les
formes parallèles :
Axvizr (t'ierhard, 7i/yv/.s/-. Spitupd, IV, 51) et Axuvitr {IhkL,
IV, 61).
Arnza (C. 697, 2948) el Arneia (Fabretti, (ilossar., p. 171).
Larza [Glossar., p. lOOi) et LarOia [G/o.ssar., p. 1006).
Laziu (G. 3037) et LaO, Laei {Glosmr., p. 988-989).
Gf. la transcri|)tion Zuimiee = A'.oa/.oTj^ (Gorssen. I, p. 270).
Nous considérerons donc le z étrusque comme l'équivalent
d un don I ougro-finnois. Peut-être répondait-il priinilivenient
à (jnelque dentale mouillée d', t). comme il en existe dans
plusieurs des idiomes ougro-linnois.
PRECIS GRAMMATICAL
53
Initial, le z étrusque correspond soit au t finnois, soit au t
hongrois précédant, l'un et l'autre, une voyelle douce ou inflé-
chie [ii^ o, û\ soit au d hongrois précédant un ï. Exemples :
étr.
zam-ei
— hongrois
tom-
« bourrer ».
— tchérémisse tàm-
« id. ».
étr.
zat-i
— hongrois
tàt-
« paraître ».
étr.
zil
— hongrois
lal-ji
(( plein ».
étr.
zer-i
— hongrois
tor-
« briser ».
étr.
zec
— finnois
tah-tc
« résidu ».
étr.
zi-a
— finnois
ti'i-ôn-tïi-
« faire naître ».
étr.
ziX
— finnois
ti'(h-vn
« dense ».
étr.
zix-u-x-e
— finnois
tak-kil-
« palpiter ».
étr.
ziv-as
— finnois
tïivil-
« être tranquille »
étr.
zuc-i
— finnois
tok-ai-st-
« frapper ».
élr.
zu-1
— hongrois
dij
« prix ».
étr.
zu-s, zu-sl-
■e — hongrois
dis
« beau ».
73. La lettre étrusque ^ , que l'on transcrit par un v, est en
réalité une semi-voyelle, w. Elle a la même valeur que le di-
gamma grec, dont elle reproduit la forme, dont elle occupe la
place dans l'alphabet et auquel elle correspond quelquefois
(ainsi Aivas = Alfa;). De là vient qu'elle permute aisément
avec Tu :
Apvcuia (F. 2392) et Apucu (F. 2393).
Fravnei (C. 3042) et Fraunei, Frauni, {Glossar., p. 521).
Cf. 0. MûUer-Deecke, II, p. 371 et suiv.)
Dans le corps où à la fin des mots, le v étrusque répond
tantôt au v finnois ou hongrois, tantôt à un p ougro-finnois,
susceptible île s'adoucir en r conformément à une loi phonéti-
que des langues ougro-linnoises, (jui a pour effet de modifier le
degré de la consonne {Stiifoni'crlisrl; cf. Szinnyei, Finnisch-
ugrlsclic Sprac//fr., p. 30). Exemples:
étr. av-il. av-en-ce — hongrois ar-as « vieux ».
étr. ziv-as — finnois iiivi'i- « èlre tranquille ».
étr. cve-r — finnois kipr/ « douleur ».
54 DEUXIÈME PARTIE
élr. cav-e6 — finnois hajm «caillou ».
(''Il', tev-r — finnois lapa "lial)iUi(le ».
('Il-, hev-n — finnois vapa- « trembler ».
Inilial. U; v rlrusque a pour (''quivalont 1"// ou 1"/? finnois.
Jamais il ne rc'ponil à un v finnois initial. Exemples :
L'ir. vax-r — finnois iiliha « obsli nation ».
(Mr. vel — finnois i'ih' « ce (jui est au-dessus ».
)''lr. ver-s-i-e — finnois nr-'i-si- « gémir ».
éti'. vi-u-um — finnois ui- « nager ».
6\v. vis-1 — finnois ûs-td-và « amical ».
élr. vl-s-si — finnois ul-ko « dehors».
étr. vip-i-nal — finnois uppu « trou ».
74. Le signe que Ton est convenu de transcrire par un h
sert quelquefois à rendre l'esprit rude des (Irecs (Hercle F. 2481
=: Mlpa/.AY.^; Helenaia V. 25(11 =:: 'FAÉvri); mais il n'en est pas
réquivalent exact, puisqu'il sert tout aussi bien à rendre l'esprit
doux (F. 2.')l i : Hamphiare ^'Au.cpt,àpaos) et qu'il y a des cas où
l'esjjrit rude n'est pas rendu du tout (F. 2500 Elinai = 'EXsvr,).
Il est probable que la prononciation de l'h étrusque était voi-
sine de celle de 1'/ latin, c'est-à-dire qu'elle équivalait a à une
sorte de souille émis la bouche enlr'ouvertc » (Bréal, Dictionii.
élipn. lalin, p. 122, haedas). Dans une inscription bilingue
(G. 3763) l'étrusque Cahatial « né de Cahatia » est traduit en
latin par Cafa/ia natas. De même on a les variantes :
harOna ((1. 3135) et farOana (C. 3910).
Hasti, prénom féminin (Fabrelti, Glo.s.s., p. 563) et Fasti
[Ibid., p. 443).
Hasntru (C. 1)45, 946) et Fasntru (G. 947).
L'équivalent de Ih étrusque est le v finnois et vogoule.
l']xeniples :
étr. ha6-r-6i — finnois vâti- « réclamer ».
élr. hec-z-ri — finnois vâ/d «force».
étr. her-m-u — vogoule ver-m- « résister ».
PRÉCIS GRAMMATICAL 55
élr. hes-n-i — finnois vd.'^iï- «défaillir ».
étr. hev-n — finnois vapa- « trembler ».
étr. hi-a — finnois voi- « être fort )>.
étr. liin-9a — finnois vaino «flair»,
étr. hup-ni-na — finnois vlpil- « tarder»,
élr. hur-si — finnois vieri- « tourner ».
élr. hu6 — finnois vite {vlsi) « cinq )>.
Dans le corps des mots, Vh. est 1res rare. Presque tous les
exemples sont fournis par des noms propres :
Ahsi (C. 3621), Cahatial (G. 3763), Mehnati (G. 4395),
Sehtmnal (G. 4098), Uhtaves (G. 4154).
On trouve dans la région de Pérouse, un démonstratif cehen.
Mais le mot paraît formé de deux éléments séparables, le
démonstratif ce et une enclitique hen.
Dans les mots composés, si le second terme a un h initial,
cet h est remplacé par un v. Ainsi dans le composé trut-
vec-i-e « être ferme de protection », on retrouve sous la forme
vec, le radical hec de hec-z-ri.
II
FORiVlATION DES MOTS
75. Radicaux simples.
Un grand nombre de mots étrusques se présentent sous une
foime très simple, sous la forme de radicaux dépourvus de
tout sulFixe.
Les formes nowincdes simples sont monosyllabiques et, sauf
les exceptions indiquées au paragraphe suivant, sont terminées
par une consonne :
ais (Krall, IV, 21 ; YIII, 16). cal (Krall, X, 14; F. 2279).
am (Magliano A, 1. 5). cel (G. 4082).
ap (Gapoue, 1. 8). ces Nnlizir, 1895, p. 339).
ariKrall,\ ll,21;Vill,10;X,4;. cis ilviall, Mil, 1).
cac (Magliano B, 1.1). es (Krall, II, 9 ; 4, 5, 17 ; C. 48).
fifi DELXlKMi: PAlîTIE
eus Krall.XIl, 12). sec, sex (<- 320, 370, i08).
Xim (la. 7λ!I; Knill, III. 13 ; sic Krall, V. 10, 44).
M. i(i. (>lc.i. sin (Krall, IV, 19. 20; V, W,
Xis Krall. III, 22; IV, 2]. I.'i; IX, 22).
ez,Magliano, A, I. 1). sul i(-apoiio. 1. 3).
fir (Capouo, I. I(i). sue (Kiall. V. 7; IX, 13).
hue (F. 22.';2). teviMagliano, li, I. 3).
ic (Krall, VII, i(i;VIII,2). tur Krall, IV, 13; IX, G).
im Xofizir. 18i):3, |). 339). tus iC. 133).
iX Krall, VII, 22; X, 10; C. Oar (Krall. VIII, 12).
i.^;38). eec Krall. X, 22).
max F. 22:;2). Sun Km II. IV, :>, 17).
man i^Magliano, A, 2; I». 2; eux .Magliaiio, A, I. 4).
C. 3326). un (Krall, III, 19; IV, 15).
mar (Capoiic, I. 10). var (Krall, IV. 12. l 'i ; V,
mer (C. î:J38i. 10, etc.)-
mue Krall, XII. 3, o). vel (Ga. 30 ; F. 22:;0).
nac Krall, Vil, 19; X, 14; vas (Krall, III, 14)
F. 2:;98). vs (Magliano, lî, I. 4).
pul (Ca. 799). zac(Krall, X,22; Capoiie, I. 7).
rax Krall. V. IH; VIIT, 4). zax (Krall, X, .3).
sac <-a[ioui', I. lOj. zal (F. 22")2).
sal (Krall, VU, 7; XI, 11, Ma- zec Krall, V, 22 ; IX, 1, 9).
gliano, H, I. 4). zic (da. 799).
sav (Capouo, 1. 5). zil F. 1, 436 «, 136 /y).
se Magliano, IJ, I. 1). zs [i\. t538i.
76. Les radicaux nominaux, non terni in('.s par une consonne,
sont assez rares; ce sont :
a) le pronom mi (i;^ 35, 36).
/)) des noms de rionihi'c ci, sa, eu (F. 2252).
r) des parti< nies drni(uis[i-atives ou des enclitiques :
ca C. '(538, 4539). pe 'C. 4538 : ca-pe).
ma (C. l 'i, 51 , 60, 4538). vie (G. 4116).
pa (cf. ij 25j.
PRÉCIS GRAMMATICAL
S7
d) quelques substantifs ou adjectifs, tels que
ei(C. 370;Krall,IV, 13; XI, 16).
se{Notizie, 1895, p, 339).
puia(G. 922, 2041, 21 13, etc.).
tei(Krall, II, 11, 13; IV, 7 ; YIII, 4. 12 etc.).
Mais la plupart de ces substantifs ou adjectifs étant terminés
par un i, on peut se demander si à l'origine la désinence n'était
pas un j consonne, qui peu à peu s'est affaibli en J voyelle.
77. Les formes verbales simples sont toutes, sans exception,
à désinence vocalique :
aie (Krall, III. 17; VII, 4). mêle (Krall, IV, 5, 17).
ama (C. ^538 ; Krall, X, 9, 14). mena (G. 4-538).
ame(G. 4o38 ; Krall, VII, 14; mené (Krall, II, 9; Magliano
VIII, 6, 8; X, 3,5).
ara (Krall, III, 17; X, 20; XI,
9).
calu (Magliano, B, I. 1).
caru (G. 4538).
cela (Krall, III, 15; VII, 2, 3,
4, 5).
cexaiF. 1055; 2613; G. 4538;
Krall, XI, 13).
cle(G. 4538).
Xuru Krall. X, 4, 17).
fanu (G. 4 H 6)
fase (Krall, V, 15).
hia (Krall, VII, 2, 3, 4, 5).
ia (Gapoue, 1. 12).
ice (Gapoue, 1. 4).
l\x\i Nofizie. 1895, p. 339).
maie (Krall, YII, 3, 4, 5).
A,l. 2).
mulaïKrall, VIII, 9; X, 21).
pute (Krall, 11,6; III, 22; IV,
3, 16; etc.).
ria (Gapoue, 1. 3).
ruze (Krall, IV, 5).
suri (Magliano, B, 1.2).
tenu (F. 2057, 2070).
tiu (Magliano A, 1 . 3).
tura (Krall, II, 10, 13; ÏV, 9).
eaura(G. 4538).
eaure (G. 4116).
une (Krall, VIII, M),
vale (Krall, VII, 5).
vile (Krall, VII, 5).
zati (Krall, VIII, 13).
zeri (Krall, V,2; VII, 21 ; IX,
1, 8).
78. Radicaux dérivés.
A coté des radicaux simples dont il vient d'être (juestion,
l'étrusque possède une grande variété de radicaux complexes ou
58 DEUXIÈME PARTIE
dérivds. Ces radicaux sont formés par radjonclion d'un ou plu-
sieurs éléments, qui s'agji'lulinont h un radical simple pour en
modifier ou en préciser le sens. Mais le radical simple demeure
toujours à la première syllabe et ne subit aucune altération. Il
est toujours facile de Tisoler des suHîxes de dérivation.
Les suffixes de dérivation dont se sert l'étrusque sont, à peu
de chose [)rès, ceux (|ui existent encore aujourd'hui dans les
langues ougro-linnoises '. .le les classerai en deux groupes :
1" Suffixes servant à former des verbes [suffixes verbaux);
2" Suffixes servant à former des substantifs et des adjectifs
{■suffixes 7}()niiiiaiix).
79. Preiiiler groupe : Suffixes verbaux.
Dans les grammaires, ils sont subdivisés en deux classes,
suivant que le point de départ de la dérivation est un verbe ou
un substantif; on a ainsi le dérivé issu de verbe [verbu/u dever-
bale) et le dérivé issu de nom [verburn denonnnale)\ de plus on
distingue les sufiixes fréquentatifs, momentanés, réfléchis, pas-
sifs, factitifs, etc.
Nous avons encore de rétrus(jue une connaissance trop
imparfaite pour pouvoir lui appliquer toutes ces subdivisions.
Nous nous contenterons d'énumérer les suffixes de dérivation
verbale par ordre alphabétique ".
80. Sullixe -c, -x (pour l'éciuivalence du c et du x. voir § 68).
acl-x-a (Krall, V, 18) « être très rapide », verbe dérivé de
acl ou acil (Krall, VI, 15, 16) « rapide ».
cer-i-x-u. \y . 2^533) « circonscrire, enclore », déi'ivé d'un
radical *cer qui exprime Tidée de « cercle »; cf. cer-i-n-u
(F. 2183), « enclore » ; cer-urum(C. 4116) « comble en cercle ».
farena-x-e (F. 2327 1er b\ F. I, 387) « être misérable »,
dérivé de farGna ou farGana {i\. 3910) « pitoyable, misérable ».
1. Boller, />("(' Wnrzelsiiffixc in den in'dl-aUaischcii Spraclicn (Silzungsbericlile
... Wien, t. XXV, p. 01 et siiiv.\ — l!iulenz-Siiiionyi, Az ur/or nyelvek ôsszeha-
sonlHi'i (dulilnna (Grammaire, comparée des lanç/ues our/riennes), Biuia-Pcsth, 1884-
1894. — Szinnyei, Fiimisch-urjrische Sprachin., p. 89-10o (substantifs et adjectifs);
p. 120-132 (verbes).
2. J'entends par là l'ordre de notre alphabet. '
PRÉCIS GRAMMATICAL 59
il-a-x-© (Magliano B, 1. 3) « être en mauvais état », dérivé
d'un radical apparenté au finnois il-ke-fi « laid ».
il-u-c-u (Capouc, 1. 8) « être mauvais », autre formation
dérivée du même radical.
iu-c-i-e (F. 2400 d) « boire », dérivé d'un radical *iu appa-
renté au hongrois iv- « boire » et au finnois juo- «boire » ; le
laponyt^-Me- présente une formation analogue à celle de l'étrus-
que iu-c-.
nac-x-a (G. 4538) « avoir de la connaissance » ; cf. finnois
nake- « voir ».
tlena-c-es (F. 2599) = « que l'on fait pivoter », participe
passé passif du verbe tlenac- « pivoter », ou tlena-x- (F.
1055 : tlenax-eis). Tlenac- (ou tlenax-) dérive d'un radical
*tle-ii-, qui lui-même dérive de *tle-; cf. finnois tela
(c rouleau ».
tr-c-e (F. 2613) « être debout », dérivé d'un radical *tr-, que
Ton retrouve dans le finnois, tor-o « dressé en hauteur ».
zixu-x-e (C. 4538) « tressaillir », dérivé d'un radical simple
qui se retrouve dans le nom propre Zixu (G. 435).
Analogies oiigro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 67 et suiv.) :
finnois -= mine-ku- « aller » dérivé de mine- « aller »
pane-ku- « placer » — pane- « placer »
votiak := pei-k-od- « conduire dehors » — pe(- « sortir »
hongrois = ri-k-'d- « faire pleurer » — ri- « pleurer «
jâr-k-âl- « aller » — jàr- « aller »
sûr-k-àl- « picoter » — sûr- « piquer »
n'oni-k-od- « piler » — nom- « presser »
vogoule = mns-k-dt- « s'habiller» — miis- «habiller»
81. Sulfîxe -i.
at-i-u (G. 2767) « pleurer », dérivé du radical *at, que l'on
retrouve dans les noms propres At-e, At-ei, At-i, At-ia,
At-na. At-ei-nei etc. Gf. finnois at-'ist- « gémir ».
hin6-i-a (F. 2147) « regarder », dérivé du radical verbal
hine- (cf. G. 4538 hine-a; Krall, XII, 7 hine-u).
hine-i-u (G. 4116j « être vu, apparaître»; voirie précédent.
60 DEUXIÈME PARTIE
iu-c-i-e (F. 2400 d) « boii'c », dérivé du radical *iuc (cf. v^ 80).
lerzin-i-a(C. 4538) « murmurer » (voir §85).
as-i-e (Magliano) « être placé », Cf. liunois mf^-tta « poser ».
pax-i-e-s (Ga. 30), forme se rapportant au verbe pax-i-e
■" éli-e malheureux » ; cf. pa^-a-na-c (Ga. 790).
trut-vec-i-e (F. 2G03 bis) « être constant de protection »,
vcrl)e composé de trut « protection » et de vec-i-e « être
ferme, constant », lequel correspond à un radical *hec (voir
J:^ 74) ; cf. hec-z-ri (G. Ht 6) finnois vain « force ».
ver-s-i-e [Notizic^ 1895, p. 242) « j^émir », verbe dérivé d'un
radical Ver, apparenté au finnois ur-isi- a frémir, murmurer,
gémir ». Le suffixe -i est précédé d'un premier suffixe de déri-
vation, le suffixe -s (voir plus loin, § 86).
zer-i-u (G. 4538) « s'interrompre, avoir des interruptions »;
cf. zeri (Krall, Vil, 21).
Ânaloj^ies oii^ro-linnoises (Budenz-Simonyi, p. 3i el suiv.) :
finnois = kpil-j-à- (devenu lepd-à) se reposer », dérivé de lepo
« repos ».
lapon ^= puola-j-c-, dérivé de pnolc- « brûler ».
oda-j-e- — ode- « dormir ».
vianna-j-c-, — vtruith'.- « aller »,
ostialv =- evt-i- « mettre en pièces » dérivé de evi- « déchirer ».
mordvine ^ cepi-j-e « hacher » — cepi- « hacher ».
82. Sulfixe -1.
est-l-a (G. 4538) « se souvenir », dérivé d'un radical *est-,
lequel dérive lui-même de *es « esprit »; cf. hongrois es
« esprit »; dans le verbe ('s-m-l- « songer » on retrouve le
même suffixe verbal -/.
fas-l-e (Krall, V, 2) « se développer, s'étendre », dérivé du
verbe fas-e (Krall, Y, 15). Gf. hongrois /».s-/7- « étendre ».
fus-l-e (G. 4538) « demeurer immobile »; cf. finnois jiUsu-
« rester eu place » .
lautn-esc-l-e (G. 4116) « faire déclaration d'affranchisse-
ment », composé de lautn « allVanchi » el de escle, verbe dérivé
d'un radical *esc, (pu» l'on retrouve dans le hongrois às/i-iïv-,
aik-âd-^ mk-al- « jurer ».
PRÉCIS GRAMMATICAL
61
mul-m-1-es (G. 4538) « imaginé », adjectif verhal on parti-
cipe. Le veri)e mul-m-1-e « imaginer «, dérive d'un radical
*mul-m-, lequel dérive lui-même de *mul « intelligence, pen-
sée ». On retrouve le radical mul dans mul-veni iMagliano),
mul-u-ne [C. 19o). Cf. finnois ////>//« àme, disposition morale ».
Pour la formation du radical verbal *mul-ni-, voir plus loin § 83.
mee-l-m (F. 2339) ou mee-l-um (^Kiall, XII, 4 meelume),
« séparable, solitaire, isolé », adjectif verbal, du verbe *ine6-
1- (( couper, séparer », lequel dérive d'un radical *ine6. Cf. hon-
grois /jiat- « couper » ; indf-él- « séparer en coupant » pré-
sente le suffixe -/, vocalisé.
riz-il-e (Capoue) « mouiller », dérivé d'un radical *riz ;
cf. finnois r«^-y« « humide ».
sle-l-e-9 (C. 4538), forme se rapportant au verbe sle-l-e
« se séparer » pour le suffixe -9, voir §11, n" 7). Cf. hongrois
sâl- (( couper ».
us-l-i (Krall, VII, 13; cf. Y, 21 us-l-a-ne-c), h lancer »,
dérivé de us- (Krall, YIII. 9 : us-i).
zus-l-e (Krall, II, H) « être parfait » verbe dérivé d'un
radical *zus.
Analogies ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 13 et suiv. ; p. 156) :
finnois
lapon
= juokse-le-
aje-le-
ele-le-
kante-le-
puhe-le-
= osle-le-
dérivé de
Ichérémisse = old-ol-
mordvine ^ jovt-le-
vogoule
hongrois
= fol-il-
= dttij-ol-
vxk-itl-
irfxr-nl-
juo/îse- « courir »
aje- « pousser »
eln- « vivre »
kanta- « porter »
puhu- « parler »
« acheter »
« chaufTer »
« parler »
«se fondre»
(t bourrer »
oste-
old-
jovln
tol-
diifj-
v^k
« aveugle »
« juste »
83. Sullixc -m.
her-m-u (^Ga. 799j « résislei', tenir bon »; cf. vogoule vcr-in-
« être fort ».
dérivé
de
kuds'
« sec »
—
i'rr
« plein »
—
])US
« sain »
—
tnk
« fort »
» —
j minas
« bon »
» —
puro
<( Ijon »
—
volfjo
du
« brillant »
62 DEUXIÈME PARTIE
mul-m-l-es (C. 4538) « imaginé » ; voir plus haut § 82.
Analogies oiigro-linnoises (rkidcii/.-Siinonyi, p. llo-li") :
zyrénien = kuas'-mi- « sécher »
tîr-mî- « se remplir »
vogoule = ])us-)n- « se guérir «
iùl;-m- « se fortifier »
jommas-m- « s'améliorer»
tchérémisse = pure-m- « s'améliorer
volgode-m- « luire »
84. Suffixe -n (quelquefois vocalisé en -en, -in, -ni, -un).
ac-ni-na (C. 4538) « obstiné », adjectif dérivé (voir plus loin
suffixe -na)d'un radical verbal *ac-n-, lequel dérive lui-même
dun radical *ac que l'on retrouve dans ac-il « rapide », ac-as
(cf. ac-as-ce Ga, 799; ac-as-ri (lapoue).
cem-n-a-x (Krall, VIII. lOi « lueur (de l'éclair) », substan-
tif formé à l'aide du suffixe nominal -x (ij 100) et dérivé d'un
radical verbal cem-n-, lequel dérive lui-même d'un radical
*cem, apparenté au finnois kim-a « brillant ».
cer-i-n-u (F. 2183) « circonscrire », dérivé d'un radical
*cer- (cf. § 80 cer-i-x-u), apparenté au hongrois kur-àk
« cercle «.
cex-a-n-e (Krall, VIT, 7) « être faible », dérivé du verbe
cex-a <i èlre faible, impuissaut » (C. 4538 ; F. 1055, 2613).
hes-n-i (Magliano) « tomber, périr », dérivé du radical *hes,
que l'ou reirouve dans le finnois vasi'i- a être à bout de forces ».
is-u-n-i ((Papoue) « qui rhaulfe », participe en -i (!^ 103)
d'un v(M'be is-u-n-, (h'rivé de is-u « être chaud » (Capoue).
lei-n-e [i]. 57, 6G, 88, 151) « être en repos », dérivé d'un
radical *lei, qui est apparenté au finnois loja, lojo, loi « paresse,
langueur, repos ».
lerzi-n-i-a (C. 4538) « murmurer »; voir § 80. Le radical
*ler- |)eut être rapproché du finnois lir-it- « murmurer ».
mar-n-i (Magliano) « rester », dérivé d'un radical *niar-,
que ion retrouve dans le hongrois in-j.r-'y.d- « demeurer ».
mim-en-i (Magliano) « qui se mange », participe d'un verbe
PRÉCIS GRAMMATICAL G3
mim-en-, lequel dérive d'un radical *inini « iioui'i'iture » ;
cf. liunois inahna « nourriture, appàl ».
mul-u-n-e (G. 195j « se réjouir », dérivé du verbe mul-u
« penser, sentir, être bien disposé », qui lui-même dérive de
mul << pensée » ; voir plus haut § 83 mulmles.
nac-n-va(F. I, 436*') « se serrer ^^, dérivé d'un radical *nac,
que l'on peut rapprocher du vogoule nerj- « lier » ; cf. lapon
nagg-i- « serrer ».
ras-n-e (G. 4538) « déchirer, arracher », dérivé d'un radi-
cal *ras, que Ton retrouve dans le finnois ras-a- « tirer^ tirail-
ler, arracher »; rasa « lambeau ».
rep-in-e (Krall, VIII, 12) « déchirer », dérivé d'un radical
*rep, qui exprime l'idée d' arrachement » ; cf. finnois rappa-
« déchirer ».
sat-en-e (G. 4538) « injurier », dérivé d'un radical *sat-, que
l'on retrouve dans le finnois sada- « maudire ».
ten-in-e (G. 4196) « résister », dérivé d'un radical *ten,
que l'on retrouve dans ten-u « être fort, courageux » et dans
ten-0as « fort, courageux ».
tes-n-e (G. 4538) « pleurer », dérivé d'un radical *tes, qui
peut être rapproché du finnois lis-nia, lih-nia «rosée, petite
pluie », tlh-ku- (' larmoyer, sangloter».
tu6-in-es (G. 440) « endolori », participe passé passif du
verbe tu6-in-e, dérivé du verbe tu6-i «faire mal ».
Gez-in-e .Ivrall, lY, 5) « être calme », dérivé du verbe 0ez-i
(Krall, III, 15) ou Gez-e (Krall, V, 9 : eeze-ri).
ôur-un-i (G. 4538) « successif », dérivé d'un radical *0ur,
que l'on letrouve dans le pr('nom "Vel-Gur « lignée de Vcl ».
vi-n-um (Krall, III, 18 etc.) « marin », proprement « qui
Hotte », adjectif verbal se rapportant à un verbe *vi-n-, lecjuel
dérive (fiin radical *vi, apjjarcnli" au finnois ni- «nager ».
(Pour l'équivalence du v étrusque et de 1'/^ finnois, cf. § 73).
zilx-n-u !l'\ I, 387) « être parfait », verbe dérivé de zilx
(— zilc F. 2056, 2070, 2335) ; pour l'équivalence X = c, cf.
§ 68.
64 DEUXIÈME PARTIE
/\ij<in
JQ"
L-n vnij^iij-iiu
IIUI
sus 1 L>iiuuii/.-niiiiuii;yi, [). oj
L t- L r5 U 1 V . , p . 1 1 /
et suiv.
■)•
linnois
=
pake-ne-
dérivé de page-
« lïiir »
lauke-ne-
— laiikf-
« cesser »
ralkc-nc-
— ratke-
« se découdre »
pode-iie-
— pode-
'( être malade »
jfinu-ne-
— jaim-
« avoir soif »
vanha-nc-
«
vieillir » dérivé de vanha
« vieux »
vnhe-7i(;-
((
diminuer » — viilid
« peu »
ûle-ne-
((
monter » — ïde
<i en haut »
lapon =
=
lakka-ne-
((
s'approcher » — lakka
« proche »
puora-ne-
«
s'améliorer » — j)uore
« bon ))
84 bis. Suffixe -p.
al-p-a-n (C. 437, 438, 44;}, 446) « suppliant », adjectif dérivé
du verbe al-p-, lequel dérive lui-même de al. Cf. al-e (Krall,
VII, 4).
Analogies ougro-finnoises (I^udenz-Simonyi, p. 05 et suiv.) :
vogoule = nids-e-p- « s'habiller » dérivé de mds-
sunz-i-^i- « cligner >; — sunz-
àl-e-p- <i tuer » — al-
rnaj-e-p- « dévouer » — maj-
hongrois = âll-oL-p- « s'arrêter » — nll-
Ing'--x-p- « cracher » — hag'-
hl-e-p- « s'asseoir » — ïil-
85. Suffixe -r.
aO-r-e (Krall, XII, \{) c s'amollir, se gàler», dérivé du radi-
cal *ae; ci". ae-u(C. 4ri38).
cae-r-e (Krall, XII, 4) et caG-r-a (Krall, XII, 8) « couvrir »,
dérivé d'un radical *ca6-, apparenté au linnois kalla- « cou-
vrir )).
cluc-e-r-as (Krall, VIII, 9) « placage de côté », substantif
dérivé du verbe cluc-0-r-, lequel dérive lui-même du radical
cluc- (Krall, XII, t2 : cluc-e) et présente deux suffixes, le
suffixe -6 (v5 87) et le suffixe -r.
est-r-ei (Krall, V, 9) « grand de calme », mot composé de ei
PRÉCIS GRAMMATICAL
6S
« grand » et do es-t-r- « tomber, s'apaiser », radical verbal qui
dérive de est- ; cf. est-ac (G. 4538).
ee-r-i (Krall, XI, 13), e9-r-s-e (Krall, II, o, etc.) « attendre »,
dérivé du radical e6; cf. eO-l :F. 2056).
ha9-r-6i Krall, II, 7 etc.) « réclamation, recommandation ^),
dérivé du radical verbal ha-6-r-, lequel dérive lui-même de
haôe (ha9-e-c, Krall, XI, 4 etc.).
mac-r-a (Krall, VIII, 7) « aller en pente », dérivé d'un radi-
cal 'mac, que Ton retrouve dans le linnois maki « colline,
pente ».
pisc-r-i (G. 2627) « être entlé », dérivé d'un radical *pis,
analogue au finnois palsu- « enfler ». Pour le suflixe -c, voir
§80.
sacni-cst-r-es (Krall, YIII, 14, etc.) « commencé de prier »,
participe passé passif d'un verbe sacni-cst-r-, composé de
*sacni « prier » (cf. Krall, YIII, 10 sacni-sa), et de *cst-r-
« commencer » (cf. bougrois kiizda- « commencer »).
tam-e-r-a (F. 2056) « assaillir », dérivé d'un radical *tam,
que Ion retrouve dans le hongrois tâm-ad- « attaquer »
vel0-r-e (Krall, Yll, 2) « élever », dérivé de velG-a (Krall,
10).
Analogies ougro-tinnoises (Budenz-Simonyi, p. 168 et suiv.) :
finnois ■-= nake-r-td- « saisir» dér. de nùk-ki- «pincer».
kaioe-r-ta- « creuser » —
sine-r-ia- « bleuir » —
hun-or-lt- « cligner » —
lapon = madda-r-te- « implorer» —
86. Suffixe -s.
ar-a-s-a-(G. 48) « être terminé », dérivé du radical ar (Krall,
Vil, 21,; cf. ar-ce (F. 2055, 2056) ; ar-e ^Krall, Vil, 7j ; ar-a
(Krall, m, 17).
eOr-s-e; voir plus baul ij 85 eO-r-i.
ir-a-s-e (Gapoue, 1. 8) « être en ordre », dérivé d'un radical
*ir, ([uc l'on retrouve dans le participe passé passif ir-es
(GapouCj 1. 8).
kaiva-
« creuser »
sinl
« bleu »
hu)i'-
« fermer l'œil »
maddc-
« demander »
kor-
« prier »
v'<-
« cuire »
raina-
« acheter »
//h'I-
« envoyer »
joiil-
« coudre »
ial-
« tirer »
fnl-
« courir »
for-
« couler »
66 DEUXlÈMi: l'AIITIi:
Gen-tma-s-e id. 48) « l'aire un pelil hruil de paroles », com-
posé do Ben « [)arole » cl de tma-s-e, veibe dérivé de 'tma-
ef. finnois lon-n- « faire du bi'uil ».
ver-s-i-e {Notizie^ IHÎJ.'i, p. 242); voir § 81.
Analogies ougro-finnoises liiidenz-Siinonyi, p. 'il et suiv.) :
zyrénien = kov-si- dérivé de
inordvine = pi-se- —
ram-se- —
vogoule = klei-s- —
osliak =jo)U-/s- —
tol-ïs- —
hongrois = fut-os- —
fol" -os- —
87. Suffixe -t, -9 (Pour l'équivalence du t et du 6. voir J^ 68).
canz-at-e F. 2o82 bis) « poser le pied j)ar (erre », dérivé de
*canz « talon, pied » ; cf. finnois hanta a talon, plante du pied ».
Dans canz-at-e., le suffixe -t s'est vocalisé en -at, eu raison de
la l'onconli'e du z et du t.
cluc-e-r-as (Krall, VIII, 9), cf. Krall, \li, 12 cluc-e ; voir
plus haut, vij 85.
es-t-ac (C. 4o.38) « prouipl à (h^cliner », composé de es-t-
H tomber » et de ac « prom[)t ». Le verbe es-t- (cf. est-r-ei,
§ 85) dérive d'un radical verbal "es-, <iue l'on retrouve dans le
hongrois as- « tomber » ; cf. finnois is-ta- « s'asseoir » (avec le
même suffixe -t, mais vocalisé).
es-t-la (C 4538) « se souvenir, songer ». Ici le radical es-t-
dérive, non, comme le précédent, dun verbe, mais du subs-
tantif *es « esprit » (voir plus hani, 5^ 82).
hin-G-a (C. 4538) « voir », dérivé d'un i-adical *hin-, (|ue Ton
peut rapprocher du lînnois cai/to « llair ». Pour l'équivalence
de l'h et du v, voir § 74.
huv-i-9-u-n (Magliano) « par le fait de graisser », est le
verbe huviBu, augmenté du >-ullixe -n ii; 121), n" 5). Le verbe
huviGu dérive d'un substantif 'huv. (jui peut être rapproché du
PRÉCIS GRAMMATICAL 67
finnois voi « beurre ». Pour l'équivalence de l'h initial et du v
linnois, voir § 74.
spel-e-i (G. 4538' a èlre fou », dérivé du spel que l'on a
dans le composé spel-aneôi (c. 4538).
ten-G-a (Krall, Yll. 12) « être fort », dérivé du simple ten-u
(F. 2057, 2070) ; cf. § 8i ten-in-e.
tus-e-i [Mittlœil. rôm. .4 Z>//^, 1910, p. 319) « qui est confiant »,
parlicipe en -i (§ 103) d'un vei'be tus-9-, dérivé de tus « con-
fiant » (C. 433).
0uful-9-as (C. 446) « acte de propitiation », substantif dérivé
d'un verbe euful-9- « être aimable », lequel dérive lui-même
de eufl (( aimable » (F. 2335'').
vel-6-a (Krall, X, 8, 10) « s'élever » ou « être élevé », dérivé
de vel « qui est au-dessus, supérieur » (Voir § 73).
Analogies ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 59 et suiv. ; p. 120
et suiv. ; p. 173 et suiv.) :
vogoule
= pel-i-
«
piquer »
dérivé de
pel-
« piquer »
nor-t-
«
étendre »
—
nor-
« étendre »
lill-t-
<(
respirer »
—
lill
« souffle »
volialv
:= jour-i-
((
tourner »
—
jour-
« tourner »
zyrénien
= sul-t-
<(
rester »
—
su l-
« être debout »
ol-t-
«
osciller »
—
01-
<( remuer »
mordvine
=^ slm-de-
«
boire »
—
sim-
« boire »
pi-de-
«
cuire »
—
pl-
« chauffer »
lem-de-
((
nommer »
—
Irm
u nom »
pej-dc-
«
découvrir
es
dents, rire '>
—
P^j
« dent »
finnois
= ])idà-llfi-
«
retenir »
—
pifà-
« tenir »
kùsu-lla-
«
questionner »
—
kiïsu-
« demander »
nhne-da-
«
nommer »
—
n'tme
<c nom ))
voi-da-
«
oindre »
—
vol
« beurre »
p'isar-da-
«
couler gou
tto à
goutte »
—
pi sa va « goutte »
hongrois
= ios-ll-
((
heurter »
—
lu.s-
u frapper »
lil-l-
«
défendre »
—
til-
c prohiber »
frl-l- (( être préoccupé » — /''/- <■' craindre »
G8 DEUXIÈME PAHTIE
88. SutFixo -V.
es-v-i-s-c (Krall, IV, Uk 20; V, IL II; IX, 19), es-v-
i-t-a (Krall, Mil, 1) et es-v-i-t-i (Krall, Vlil, 2), rorinos sup-
posant un radical verbal es-v-, dérivé do *es (cl', es-tr-ei,
KralK IV, H).
nac-n-v-a (F. I, 430^) « se serrer », dérivé du radical vorbal
nac-n- (sur le sulîîxc -n, voir ij 84) cl du sufïixe -v.
Analogies ouf^ro-linnoises (Budenz-Simonyi, p. 9:i et siiiv.) :
mordvine = ktido-v- <> être laissé » dérivé de kndo- « laisser »
lazo-v- « se fendre » — hizo- (* fendre »
lomba-v- « se heurter » — tuvi/ja-a heurter »
neje-v- « être vu » — neje- « voir »
mora-v- « être chanté » — mord- « chanter »
finnois z= murt-u- « être brisé); — murta- « hriser >>
val-u- « être versé » — vola- « verser »
kuid-u- « être entendu » — kuule- « entendre »
tuni-u- « être senti » — tante- «sentir»
89. Les sullixes de dérivation vei'bale sont (quelquefois acco-
lés ; exemples :
Sullixes -c -\ — i.
iu-c-i-e (cf. plus haul, i^;^ 80, 81).
90. Suffixes -c + -1.
muni-c-1-ee (F. 2339) cl muni-c-1-et (1. 4;;38), du verbe
muni-c-1-e « [)arler )>, dérivé du radical *mun : cf. mun-ô
(F. 2335), mun-sl-e (F. I, 398).
sacni-c-1-a Krall, V, 22; VllI, 8) « prier » : cf. sacni-
cstres s! 85.
eufulei-c-1-a (F. 2603 bis) « être propice » ; cf. ôufulG-as,
?5 87.
Analogies ougro-tlniioises (Budenz-Siuionyi, p. 09-70) :
hongrois = tu.s-kol- « pousser » dérivé de tos- « heurter »
i'it-kol- « cacher » — til- « cacher »
jûr-kôl- « marcher » — jûr- « aller »
sûr-kùl- « picoter » — sûr- « piquer »
PRÉCIS GRAMMATICAL 69
90 bis. Suffixes -x H — v.
fler-x-v-a flvralK Yll, 3) « se garantir » ; cf. fier (Krall, IV,
3, etc.).
fulum-x-v-a C. 4.338) « être continu » ; cf. fuli (Capoue).
sr-en-x-v-e i Krall, IX, \o) « être grand d'expansion » ; cf.
en « grand » dans cep-en « grand de forme » (F. 20.o7).
un-x-v-a (Krall, XII, 4, 6) « questionner » ; cf. uu-e (Krall,
VIII, 11).
Le prénom féminin 0an-x-v-il, comparé au prénom féminin
Oana, seml)le indi(juer lexistcnce d'une forme verbale Ban-
X-v-, présentant le même suffixe double -x + -v.
91. Suffixes -1 + -X.
ac-l-x-a (Krall, V, 18) c ôlre immédiat » ; cf. ac-ni-na §84.
92. Suffixes -1 +6-.
cap-1-e-u (Krall, XII, 81 ; cf. cap-e-ri (Krall, III, 5).
Analogies ougro-fmnoises (Budenz-Simonyi, p. 77 et suiv.) :
finnois = nostn-lta- dérivé de nosla- « élever »
paina-lta- — palna- « presser »
uska-lla- — usko- « se fier »
votiak = sura-lt- — sur- « mêler »
vogoule = t'it-lt- — t'd- <( être humide »
hongrois = rik-olt- — r'ik- « crier »
93. Suffixes -n + -t ou -n + -6.
alum-naG-e (Ga, 799) « descendre », dérivé diin radical
alum, dérivé lui-môme de al « en dessous » ; cf. ala-6 (Magliano)
et al-pan (§ 84 bis).
cerixu-ne-e (F. 2600 •'•^), dérivé de cerixu F. 233:5^ cf. cer-i-
nu v5 84).
rav-n6-u (F. I, 387) <( être fort », dérivé d'un radical que l'on
retrouve dans le linnois /'«/y-^-rf « fort, puissant ».
Analogies ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 10 et suiv.) :
niordvine = nlle-nde- dérivé de nlle- « avaler »
selge-nde- — selge- « couper »
pore-nde- — pore- « mordre «
70
DEUXIÈMi:
; PAUTIE
linnois
r-= larji)-nl(>-lc-
dvv'wi'. i
le
iarjo-
(' offrir »
piirr )}lf-li'-
—
pure-
« mordre »
vogoiile
r^ r<tt-('ul-
—
ral-
« haltre »
lil-diil-
—
nl-
« tuer »
ynl-enl-
—
yol-
" mourir »
osliak
== jfisin-nt-
—
jasta-
« parler »
sen/iri-ni-
—
sfnkn-
■ « frapper »
94. Sullixcs -cp 4" -z.
al-cpa-z-ei Kiall, V, 1) « grand (raplalissement », mol com-
posé do radjoclilei" gi'and » et du radical verbal al-^az-. Ce
radical al-cpaz- est pour al-9Z- otn'esl pas autre chose que Fad-
jectiCal « en bas » (cf. § \Y.\ : alumna-ee), pourvu du suffixe
double de dérivation verbale «pz (= /^/).
nur-cpz-i (V . 2339) « (|ui est mal dispos('' )>, participe en -i
(^ 103) du verbe nur-tpz-, dérivé d'un radical *nur, que l'on
peut rapprocher du finnois ni'irr « être morose ».
Analofifies ougro-tinnuisos ( IJuden/.-SimonN i, |). ('»('».
vogoule
= àsle-jit-
dérivé de
dst-
« terminer »
<il-pl-
—
al-
« tuer »
pile-pl
—
pil-
'( craindre n
osliak
iui-)-pt-
—
ii)i~-
« traverser »
/,(')-'/-j)l-
—
Ixcr'i-
« pleuvoir »
pcïli-pt-
—
peH-
« se baigner»
95. Suffixes -s + -c.
en-e-sc-i (('. I.")38) « crier », dérivé du verbe en-a(Krall,
VII. H en-a-c avec renclili(|ne île coordination; Krall, IT, 8,
etc. en-as •' parole »).
le-sc-a-n (\. 'i8). du vcibc le-sc-a, « passer )), dérivé de *le
« se mouvoir »\ cf. hongi'ois Ir-Kuj- « t1ott(U". errer ».
Annlogies ougro-linnoises ( lÎMdcii/.-Simoii yi, \). i27 et suiv.) : '
illlinis
= ui-s/i-e-li'-
(lérivé
d(;
ii'i-
« nager »
sïid-skr.-lc-
—
sïn'i-
« manger »
iiinirc-skc-lc-
—
))fiurri-
« rire »
cls'i-sko-le-
—
els'i-
« quêter »
voliak
= kar-ask-
—
kur-
« prier »
kes-isk-
kes-
« tirer »
PRÉCIS GRAMMATICAL 71
96. Suffixes -s + -1.
mul-sl-e (Magliano) « passer », dérivé du verbe mul-a (Krall,
VIII, 01
mun-sl-e (F. I, 398 « parler », dérivé de *inun-; cf. mun-e
(F. 2335), mun-ic-l-et (C, io38).
Analogies ougro-linnoises i Budenz-Simonyi, p. 34) :
hongrois =-- von-sol- dérivé de von- « traîner »
râg-cal- — rdg- « ronger »
sok-cel- — sOk- « sauter »
97. Suffixes -s + -t.
fal-st-i C. 4538) « manger », dérivé du radical *fal, que Ton
retrouve dans fal-a-s (C. 4538).
tesn-st-eis (C. 4538) « considérable de sanglots », composé
de radjectif eis et du verbe tesn-st-, lequel dérive de
tesn-e (C. 4538).
Analogies ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 71 etsuiv.) :
finnois
= katsa-sla-
dérivé de
katso-
« regarder »
kuulu-sta-
—
kuulu-
« être entendu »
ntaksu-sia-
—
maksa-
« payer »
lapon
= doagje-sie-
—
doagje-
« briser »
loajda-ste-
—
loajdde-
« marcher »
porre-sie-
—
porre-
« manger »
98. Suffixes -s + -t 4- -r.
spure-str-es (Krall, IX, 10, etc.) « mêlé », participe passif
du verbe spure-str-, dérivé de spure (Krall, II, 8 : spure-
ri).
On trouve de même trois suffixes accolés dans le hongrois :
vig'j.-s-t-'j.}- dérivé de vig « gai »
mtr'-j.-s-l-'il- — mn-r- « rester »
99. hf'u.lirnic groupe : Sii/fijcs nonùiiaux {s\d)stanl\fs cl
ailjc'lifs).
Dans la liste qui suit les suffixes nominaux sont énu-
72 DEUXIÈME PAHTIE
niérés dans Tordre alpliabétiqiic, comme l'onL été plus haut les
suiïixes verbaux. C'est le seul classement possible dans Tétat
actuel.
Suffixe -as.
ac-as (Capoue acas-ri; Cîa. 799 acas-ce) « rapidité, rapide »,
dérivé d'un verbe *ac-a (cf. ac-ni-na, ac-il).
ais-er-as (F. 2G03 fjis; Mai^liano ; Krall, //as\im) « chose
extraordinaire de grandeur », mot compost' do ais « grand»
(Krall, IV, 21, etc.) et de er-as, substantif dérivé du verbe
er-a «■ être séparé, être à part ».
ar-as(C, 4538) « fin, mort », su])slantif dérivé du verbe ar-a
« Unir » (Krall, III, 17, etc.).
ca6-as(ria. 799) « embarcation » ; cf. ca-9r-e (sj 85).
cluc-6r-as (Krall, YIII, 9) « placage de côté ». Le radical
verbal cluc-6-r- est un dérivt", de cluc-e ( Krall, XII, 12); cf. î; 85.
en-as (Krall, V, 4, etc.) « |)arole, langage », dérivé du verbe
ena « dire » (Krall, XII, 7 ena-c = « et dis ») ; cf. § 95 : en-
e-sc-i.
men-as (^Krall, VIII, 5) « courant », dérivé du verbe men-a
« s'en aller ». (C. 4538).
paxa6ur-as (Torp, Insclir. von Loimos, p. 41) « série de
chagrins », substantif composé de paxa « être chagriné » et de
eur-as, qui dérive de 6ur « série lignée ». Cd". J:; 8i 0ur-un-i.
per-as (C. 4538 peras-ce) « accident, aventure », dérivé
d'un verbe *per-a « tomber »; cf. /yrénien jk")!'- <i tonibor ».
pic-as (Capoue picas-ri) " enduit », dérivé d'un verbe *pic-a
« couvrir »; cf. ^\Yvno\s piike- «revêtir ».
sar-ve-n-as (F. 205()) « destin », subsluntif dérivé d'un
radical verbal sar-ve-n-; cf. hongrois s/ir- « ordre, série ».
sr-as (Ga. 799 ne0-sr-as) « expansion », dérivé du verbe
sr-a; cf. sr-a-n ((i. 4538) et sr-en-x-v-e (i; 90 his).
sval-as F. III, .322 « absolu »; cf. sval-a-si F. III, 330),
sval-ce (F. 2101, 2273), sval-Oas ,F. III, 367).
eap-int-as Xotizif, 1895, p. 339) « procès de partage »; le
substantif int-as <' mise en mouvement, action, procès » se rap-
PRÉCIS CtRAMMATICAL 73
porte à nn radical int-, apparenté au hongrois ind-ûl-, « se
mouvoir ».
9uful6-as (G. 446) « acte de propitiation », dérive d'un radical
verbal Sufule-, dont nous avons le fréquentatif euful-6-icl-a
(cf. plus haut § 89).
ziv-as (F. 2100, 2.335; Krall, YIII, 12: « paisible, tranquille » ;
cf. finnois ti'iv-rn- « être tranquille ».
Analogies ougro-finnoises Buden/.-Simonyi. p. 201 et suiv.) :
hongrois = vâr-âs « attente >> dérivé de oâv- « attendre »
ir-id « écriture » — ir- « écrire »
ad-ôs « don » — ad- « donner »
ïil-('s « siège » — àl- « s'asseoir »
vet-és « semence » — voA- « semer »
100. Suffixe -c ou -X (pour l'équivalence, voir § 68).
cemna-x Krall, YIIT, 16) « éclair » ; voir§ 84.
mla-x (Magliano; Krall, III, 19; IV, 15 etc.) « convenable,
bon », dérivé d'un radical *inla, que l'on peut rapprocher du
hongrois mél-tô « digne, apte ».
mula x(Krall,VIII, 5) « issue», d(?rivé de mula Krall, VIII, 9)
« partir » .
mulu-k (Ga, 771) « agréable, désirable, chéri », dérivé de
mulu « se réjouir »; cf. §84 : mulune.
riva-x (Magliano) «grumeau»: cf. finnois riij)a « boue,
résidu ».
seu-c (Krall, V, 10) « favorable » ; cf. seu-s (Krall, Y, 8).
zil-c (F. 2056, 2070, 2335) «parfait», dérivé de zil (F. I,
436 a).
Analogies ougro-finnoises (Budcir/.-Simoiiyi, p. :2'r5 et suiv. ; p.
259) :
finnois = /v/(v/-/i7»'a «ferme» dérivé de /•/ra «ferme»
penl-kka « petit cliien » — penl «chien»
ndljà-kkd « muqueux » — ndijà « mucosité »
mord =: p'dks-kd c petite boucle » — /^///.-s» [jouclc d'oreille»
suks-kd « petit ver » — suks « ver »
ava-ka « femme » — ava « mère »
74 DEUXIÈME PARTIE
lapon = pHora-k « bon » (l(''rivé de yj/^or''» bon »
(idna-li « iniilli[)]c » — ndna « multiple »
prnm-/,' " endcnlé » — pane « denL »
snji'-l; «. aih' » — xoje « aile »
101. Siillix(» -es, servant à Former des adjectifs verbaux,
avec le sens diin partici[)e passé passif:
car-es ((!. '• I Hi car-es-ri) " conlirnié » ; cf. car-u i(v. 4538).
fler-es (C .'U)l, :j()2, 447, 419(i, etc.; Krall, IV, 8, etc.^« pro-
léffé»; cf. fler-e (^Krall, Vlll, m.
ir-es ((-apouc) « réglé »; (d'. ir-a-s-e (>; 86).
meOlum-es (Krall, V, 'l'.\ : meelum-es-c, avec Tenclitique
de cooi'dinalioTi -c) ■< isob', s('paré, seul»; cf me0lum-e-ri
(Krall, V, 13). Voir t^ 82.
mulml-es ('. i.")38) " imaginé » ; voir § 82.
sacnicstr-es ;Krall, Vill, 1 i, etc.) « commencé de [jrier»;
voii' ii 85.
spurestr-es (Krall, IX, 10, etc.) «mélangé » : voirai !)8.
tlenac-es (F. 2599) « que Ton fait j)ivoter » ; voir >; 80.
tu0iii-es (C. 446) « endolori » ; voir!:^ 84.
vani-es i(lapoue) « oublié », du verbe "vani, ap|)arenté au
linuois tui-lic « oubli ».
Analoi^ies ougro-fiiiiioises (Budenz-Simonyi, p. :l'lHi :
mordviiie = Laln-z « mort » de ktiJo- « mourir »
joma-z « perdu » — joma- « périr »
promo-z' « r(''iuii » — prnmo- '< se réiuiir >^
sodo-z (( lié » — sodo- « lier »
102. Sullixe-i.
Il y a à distinguer deux sullixes -i : lun ne saccole qu'à un
radical verbal et peut être considéré comme un suffixe partici-
j)ial nnnu'ii (KjciiI'is) ; lautre ne saccole ([u"à un radical nomi-
nal.
103. Sullixe -i {pnrl'if'ipial).
cel-i (Krall. V, 10, 16, etc.) « qui a commencé ».
PREC[S GRAJDIATICAL
/O
ciz-i (F. 2339) « qui parle fort, orateur ».
isun-i (Gapoue) « qui se chauiïe » ; voir i; 84.
mimen-i (Magliano) « (ce) qui nourrit, nourriture ».
nur^z-i (F. 2339) a qui est mal disposé » ; voir §94.
t\xsQ-i {Mi tf h e il. rnni. Abl., 1910, p. 319) « étant confiant » ;
dérivé de tus; voir § 87.
tusurO-i (C. 38o8; « étant confiant » ; voir le précédent.
eurun-i (G. 4o38) « se succédant ». Voir § 84.
Analogies ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 192 et suiv.) :
dérivé de ania- « donner »
— Iniila- «chanter»
— asu- « liabiter »
— mora- «chanter»
— sala- (( voler »
— iakke- « faire »
ftol/,e- a couler »
tinnois
= anta-ja « qui donne »
lanla-ja « chanteur » —
asu-ja « habitant » —
mordvlne = mora-j o chanteur» —
sala-j <( voleur » —
lapon ^=iakke-je «qui fait» —
kolke-je « courant (d'eau) » —
104. SulFixe -i accolé à un radical nominal.
Ce suffixe sert spécialement à former des noms propres de
femmes.
Tantôt il s'ajoute purement et simplement à un nom
d'homme :
Arne-i (G. 1054)
Caina-i (G. 150)
Fulna-i (G. 46)
Lare-if G. 198, etc.)
Patu-i (G. 903)
Petru-i(G. 921)
Pumpu-i (G. 2G29)
Rezu-i(G. 4171)
Vecu-i (G. ioOO)
Velsu-i {Notizif, 1893, p. 339)
Vetu-i (G. 972)
dérivé de Ame (G. 332.5, etc.)
— Caina (G. 204).
— FulTia(G. 131).
— Lare (G. 3734, etc.)
— Patu (G. 1915).
— Petru (G. 2353).
— Pumpu (G. 2033).
— Rezu(G. 4170).
— Vécu G. 1494).
— Velsu (ibid.).
— Vêtu (G. 1118).
etc., etc.
Tantôt l'addition du suffixe au nom masculin a pour elTel de
uioditier la voyelle finale; a devient e (cf. § 55) :
(6
DEUXIEME PARTIE
Ceicne-i (C. \:]Q)
Cestne-i (G. 4301)
Ceeurne-i (G. o2o)
Fulune-i (G. 117)
Pulfne-i (G. 2620)
Remzne-i (G. 79G)
Tetine-i(G. 813)
Tlesne-i G. i3ri7)
Umrane-i (G. lOii-)
etc., l'Ic.
dériva (le Ceicna (G. 19).
— Cestna (G. 4415).
— Ceeurna (G. 5074)
— Fuluna '(:. 131).
— Pulfna :G. 2G22).
— Remzna (G. 1192)
— Tetina (G. 812).
— Tlesna (G. 2937).
— Umrana (G. 10i3).
Ta ni (M le sulllxe -i se substitue à Ui désinence du nom
masculin :
Afl-i (G. 3910)
Piut-i (G. 2580)
Seiant-i((:. 27(10)
Sentinat-i (G. 1450)
Urinat-i (G. 1234)
etc.
dérivé de Afle {G. 3892).
— Piute (G. 2585).
— Seiante (G. 2762).
— Sentinate (G. 1190).
— Urinate(G. 1231).
TauliM euliu le sulllxe -i se développe en -ia :
Arne-ia (G. 4218).
Lare-ia (G. il 82).
Setr-ia (G. 872).
105. La femme on VAvuna porlant l(jujours le nom de son
[M'ic augmenlé du snlFixe -1, ce suffixe peut èire considéré
comme nue maiijiic d a|)|»aTienauce. Remzne-i est une sorte
d'adjectif « celle de lîemzna » ou « lu (lille) de Uemzna ». (^e
sulfixe -i, sans doulc, a la mCMue origine que le sulFixc hongrois
-/, (|ni lui aussi exprime l'appartenance, la relation (Hudenz-
Sinionvi, p. 2()7 et suiv.; S/innyci. h'niniscli-iit/r. Sitrachw.,
p. 101):
('//■-/" (' qui se ra[)porle au seij^nciu" » —
l'nl(l.-'i « terrestre » —
y.r'j.-i <i paternel » —
fiiii/ii'f-i (( luiiiiain » —
iir « seigneur »
fiild « terre »
a/"x <( pure «
(bnhor « homme »
vt'iros
« ville »
'''0
« ciel »
viz
« eau »
PRÉCIS GRAMMATICAL 77
vûros-i « propre à la ville »
rg-i « céleste »
v'iz-i « aquatique »
106. Suffixe -is.
De mémo que l'on dislingue deux suffixes -i, de môme il y
a lieu de distinguer deux suffixes -is. L\in ne s'accole qu'à
un radical verbal et semble être le développement du suffixe
participial -i. L'autre ne s'accole qu'à un radical nominal et a
une valeur dimi.nutive.
107. Suffixe -is participial.
zer-is [Notizir, 1895, p. 339) « interrupteur, arrèleur ;) ; cf.
zeri (Krall, Y, 2, etc.).
Analogies ougro finnoises (Budenz-Simonyi, p. 19i et siiiv.l.
finnois hnl-ia-ise u obéissant » de kûle- « obéir »
alka-ja-ise <( commence ur » — alka- « commencer »
mordvine erd-j-ks « qui a longue vie » — cvà- «vivre-)
sov-i-ks «conciliant» — nova- « ètreconciliant»
lapon vadde-j-es « libéral » — vadde- « donner »
k'œrde-j-es « patient « — kierde- u supporter »
zyrénien ju-is' «. buveur » — ju- « boire »
108. Suffixe -is diminutif.
Lar-is (C. 99, 183, 184, 189, etc.), doublet du pronom LarG-.
l.a forme Laris-al (C. 71, 91, etc.), où Laris est accompagné
du suffixe casuol -al, prouve que Laris est bien un nominatif
et non pas, comme on l'a cru quelquefois, un géuitif.
parx-is (F. 2055, 2070) ^ excellent >k
sen-is (C. 4201) « gentil, parfait ».
sex-is (G. 332G, 4544), doublet de sex « liHe ». Sex-is « lil-
lette » est un diminutif de Icndressc.
Analogies ougro-tinnoises (Budenz-Simonyi, p. 233) :
finnois kala-i.se « petit poisson » de kala (v poisson »
ukko-ise « petit vieux » — ukko « vieux »
lûllo-ise <i fillette « — iùili'i « fille »
vdhu-ise « petit » — vuhâ « pelil »
78 DEUXIÈME PARTIE
109. Suflixc -1 (parfois vocalisé en -il ou -ul).
ac-il (C. 37o4; Krall, VI. la, 16, elc.) u rapide »; cf. ac-as
(.^ 99).
av-il (C. 78, 1G8; Magliuiio, etc.) « Agé do, dui-able » ; cl".
av-en-ce et les noms propres Av-ei, Av-usnei, etc.
cn-1 iC. il)38) « obstiné » ; cl', linnois /i(/nà a méchanceté ».
cz-1 C. W)'\H) « par intervalle « ; cf. osliak hit « intervalle ».
fufluns-ul (Ga, 30) « vin .- ; cf. Fufluns (F. 2468\
nes-l (Miigliano) « convenable » ; cl", linnois riasii « beau,
apte ».
murs-1 ^F. 233;)) « pièce de monnaie » ; cf. murs (C. 195).
neôuns-l i Krall, IX, 7; XI, 16, etc.) « mer » ; cf. NeSuns
(F. 2097). ^ .
ri-1 (i. 81, 102 etc.) « division, année » ; cf. ri-a (Capoue),
tuz-1 ((1. 44) (( sincère »; cf. linnois lote « vrai ».
ei-1 (C. 4.538) « rapide, précipité »; cf. Gi-i (C. 4538).
vac-1 Krall, III, 15, 16; V, 16, elc.) et vac-il (Capoue)
« convenetble ».
vis-1 (C. 3j « amical ».
Analogies ougro-liniioises ( Budcnz-Simonyi, p. 295) :
linnois rele-hi u li([ijide » de c<'i(' « eau »
ihd-la « agréable « — (ha « gai »
nnle-lo « creux » — onte « cavité »
mordvine mf.ke-le « postérieur » — mekii « de nouveau »
lapon ])fiije-l « supérieur » — poije « dessus »
lion!;,rois fii-l « sommet » — fdj « tète »
/yrénien riid-ol « brunâtre » — rud o brun »
diih-iil « fade » — dub « sucré »
110. Sullixe -m.
Il l'an! disliiiguer deux sullixes -m. Lun ne s'accole (|u'à un
radical verbal et sei'l à former une sorte de parlicipe. L'autre
ne s'accole qu'à un radical nomimil et a une valeur diminulive.
111. Sullixe -m participial. ('<• sullixe, toujours vocalisé,
se présente sous les formes -am, -em, -im, -um. Chacune de
ces formes a-t-(dl(' une signilicalion [)ropre? ou bien la dille-
rence de la voyelle vient-elle simpleuient de ce (jue les radicaux
PRÉCIS GRAMMATICAL 79
verbaux onl à la désinence ou un a, ou un e, ou un i, ou un u?
11 est impossible, pour le moment, de conclure d;ins un sens
ou dans Tautre. Voilà pourquoi tous les exemples qui suivent
sont iiToupés sous la même rubrique.
cexa-iïi (Krall, XII, 7} « faible, impuissant » ; cf. cexa
(G. 4338).
Xie-m (G. 4538) « impulsion, désir » : cf. hongrois Jrj.j-t-
« pousser ».
hetu-m i^Krall;, XII. 6, 8) « mis en route » ; cf. he0u [C. 4943;
pour l'équivalence =^ t, voir § 68).
isu-m (Gapoue) « chaleur » : cf. isu (Gapoue).
lesce-m (Magliano> « accidentel » ; cf. lesca-n (G. 48).
Ie0a-m iGapoue) « brûlant » ; cf. Ie0a (la|)(iue).
mata-m (Krall, XII, 9) « partant » ; cf. mata-n Krall, XII,
13 : mat-u), (F. 2036).
ine0l-m F. 2339) « isolé, seul » ; cf. hongrois mât- « couper ».
puratu-m fG. 3) « coupure » ; cf. finnois pûrta- « tracer un
sillon ».
tecu-m (Krall. XII, 3) « placage »; cf. finnois tak-ise-
« ficher, plaquer ».
tesi-m iKrall, VII, 10: VllI. 17) « pleurard » : cf. tes-amsa
(F. 2333), tes-ne G. 4338>
trinu-m Krall. Y, 17) « éclalant, sonore » ; cf. trin (Krall,
VIII, in.
0une-m (F. 2333^'; Krall. XI, 17; XII. 10 « réduit »; dérivé
de Oune, que Ton a dans le composé hilar-0une (Krall, XII,
3): cf. 0uni (Krall, X, 7).
0unxule-m (Krall, XII, 3) « mauvais ». dérivé d'un verbe
'Ounxule; vï. 0unxul-0-e (G. 4338 .
vinu-m iKrall, Vlll, 3, 8) « marin », dérivé d'un radical
verbal vinu- (cf. i^ 84).
Analogies ougro-tinnoises iliudenz-Sinionyi, p. 20:2 el suiv.; Szin-
iiyci, Fiiiiiisch-iigr. Sprarluc, p. 9ij :
liniiois l;nob:-iii<i « uiorl » do kiwli'- « mourir »
eld-md « vie » — eid- « vivre »
iii()i'd\ iiio
m/ii-iiKi
rano-m
Ichérém.
rii-tnn
volink
Innl-rm
pitl-fin
osliak
y al- fin
vo^oiilc
(isl-iun
is-im
lapon
orro-m
liontii'dis
nl-itm
80 iJiaxiÈMi: paktie
iinin util >. domu', don » di' nnhi- (. donner »
h'/.r.iii('i (. cliose l'ai 1(3 » — lf/,r- « l'airo »
« sommeil » — ado- « dormir »
« proléj^é » — vfino- « pro léger »
« conpé » — ni- « couper »
Il croissance » — bud- « croître »
« passé » — jKil- « aller »
« mort » — /ni- c mourir »
« terminé » — ast- « tinir »
u cliaud » — /A- « cliaull'er »
« !ial)ilalion » — orru- « rester »
<( sommeil » — <'il- « dormir »
112. Siillixc -m (liiiiiiiiilir.
man-i-m [V . 20.'ioj « pelil enfant » ; cf. man (Magliano;
Analogies ongro-Rnnoises (Riidenz-Simonyi, p. 2.')0-2ol) :
vogoiile naur-ein « enfant » dérivé de naar « pelil »
/;aj-m « petit mâle » — /.//y « mâle »
hongrois f/ifiir-iiu'il- « enl'anl » — f/yar-iik «enl'anl»
113. Sullixe -n.
Il y a à distinguer deux sntlixos nominaux -n ; l'un exprime
une (|ualil(''; Tauli'e indique une possession.
1" Sullixe -n (([ualilé).
afu-n ((L 4o.'i8) « faiblesse »; cf. li(ini;i'ois iip-dd- « languir ».
ep-n (Capouc) « hàlis » ; cf. ep-1 (C. 'iri38j.
he-n ((1. irj.'JS' « coulinu «, d(Mi\é du verbe *he « aller »
(C. '.\T.\\ he-ce).
hev-n (Magliano) « Iremhlenienl » ; cf. linnois vapa- « treni-
jjlei" ».
eap-icu-n (.Vo//:;-!>, 1895, p. :i'3îj) « partage»; dérivé d'un
l'adical \frbal *ic-u; cf. ic-e « s(î diviser » (Capoue).
ees-a-n (Krall, V, l!Jj « appel » ; cf. Ges (Capoue).
Analogies DUgro-linnoises ! Hiiden/.-Sinnuiyi, p. 226) :
vogoule iil-w, « qui lue, nieiirlrier » de i'd- « tuer »
(ij-niX « potable » — aj- « boire w
I
PRÉCIS GRAMMATICAL 81
knj-ne « où Ton se couche » — /lUj- « se coucher »
yol-ne « mort, mourant » — /ol- « mourir »
2" Suirixe -n (possession).
anc-n (Ga. 799) « ayant une mère ».
cla-n (F. 207, etc.) « ayant un organe viril, mâle, fils ».
mani-n(C. 53 mani-n-ce « ayant des petits ».
Analogies ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. :2Gij :
vogoule et ostiak {-ù et -u)
clmi-Fi « ayant une pointe »
kvoll-n « ayant une maison »
tini-n « ayant du prix »
kave-n « ayant des pierres »
lilc-n « ayant du soutïle, vivant »
numte-n « ayant du sens »
vite-n « ayant de l'eau »
agme-n « ayant du mal »
114. Suffixe -na (-ne).
acni-na (G. 4538) « obstine ».
ais-na (Krall, YII, 11) « prêtre »; cf. ais Jviall, lY, 21;
^^ 18).
flenz-na (F. 2279) « proleclion ».
husi-na (Krall, VIII, 5) « tranquille ».
pene-n-a [C 4538 ; 4082) « avis »; ci", pen-e (G. 4538).
scu-na (G. 4538) « ruiné, détruit ».
su6i-na (Ga. Gi3( « funéraire »; cf. suSi « tombeau » (G. 118,
216, etc.).
tan-na (G. 4538) « récit »; cf. iiongrois ly.it-it- « insti'uirc ».
Le suffixe nominal -na sert à former un nombre considé-
rable de noms propres, (els ([uc :
Afu-na, Alee-na, Alf-na, Arm-na, Cai-na, Capz-na,
Car-na, Crac-na, Muscle-na, Pulf-na, Pucsi-na, Sesct-
na, Teti-na, Tut-na, Var-na, Velim-na, Verc-na, elc, etc.
Analogies ougro-linnoiscs (Budenz-Simonyi, p. tiV.» cl suiv.j :
mordvine: kud-nii « domestique » dérivé de kud « maison »
Idpa-iùi (i mou » — Idpà « mou »
c
lelhii
" humide
»
tiïVl!
« paisible
»
ki'nnii
c( ferme »
82 Di:UXIKME l'AKTIK
If'llcana « humide » —
liniiois liirr-7}(i « tranquille » —
honj^rois b'nni'-na « solide » —
115. Suffixe -ns.
fuflu-ns (K. 2468), nom iriine divinih' (jiii paraîl corres-
pondre à IJacchiis.
ne6u-ns [V . 2097;, divinité des eaux, (]ui paraît correspondre
à Neptune.
seBla-ns (F. i.'iO; 2492), divinih' (jui paraît c(jri'espondre à
Vuleain.
sia-ns i^F. 19KJj « maître, patron ».
116. Suffixe -r.
af-r-s (Magliano) « grand-prrc » ; vï. hongi'ois a/>a « père ».
cve-r (Oa. '^80) « plainlil' « ; cl', iinnois hipti « douleur ->.
fle-r iKrall, IV, .'j; VI, 9. etc.) « tulélaire » ; cf. F. 2279
fle-nzna.
hila-r (XII, 1.3) c fissui-é » ; cl", finnois rali « intervalle ».
nap-e-r [(\. 48, 4Jj38) « solaire, joui- » ; cl", hongrois nv.p
« soleil ».
tev-r (Magliano) « fréquent »; cf. tev (Magliano).
Analogies ougro-finnoises (Buden/.-Simonyi, p. 29i) :
ostiak ond-ir « panse » ; de ont ". intérieur»
mordvine sumh-ra (( troublé » ; cf. finnois somp «, trouble »
finnois sukkû-rd «arrondie); c.ï. sukkù, sïikb'i «arrondi»
pahku-ra « morceau » ; cï. pakka « morceau »
konkku-ra « courbe » ; cf. koukkn « recourbé »
kdiaû-rd « bagage » ; cf. kiirnïi « bagage »
}i(iiiiii-rii (( crépuscule »; cf. lumiK « crépuscule »
117. Sulfixe -s (quelquefois avec valeur diminutive).
afr-s (Miigliauo) « grand-père » ; cf. § liG. Le sulfixe a ici
la valeur diiu diuiinulif de tendresse. Ces sortes de diminutifs
sont fn-queiits dnus les langues ougj-o-finnoises (liiidenz-Si-
monyi, p. 241-252).
aia-s F. I, '(3G^) " enfant chéri ». dimiuufif de tendresse.
er-s (F. 2o98 er-s-ce) « séparé »; cf. finnois e;^ «séparé».
PRÉCIS GRAMMATICAL 83
mic-s (C. 4538) « doux, caressant ».
put-s ^Krall,XIl, 4) « défectueux»; cf. put-e (Krall, V, o).
sei-s (Magliano) « assez froid, frais ».
seu-s (Krall, XII, 2) « favorable » ; cf. seu-c (Krall, V, 16).
tin-s (Magliano, Krall, V, 19) « plein, entlé » ; cf. tin-ia
(C. 5168). tin-si (Krnll, III, 21, etc.).
ean-s (Krall, IX, 4, M, 20, etc.) « tranquille »; cf. Sana,
6an-xvil (prénoms).
Analogies ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 235 et suiv.; Szin-
nyei, Finnisch-ugr. Sprachir., p. 98) :
de kolra « chien mâle »
— kire « pierre »
— jal-ka « pied »
— ki'por « tertre »
— sur « doigt »
— palii <.<. demi »
— pôl « coté »
— gogor « cercle »
— niod « seigneur »
— piirt t( couteau »
— k<Ji\ ko « pierre »
— lik « trou »
— oipô u père »
118. Suffixe -sa.
sacni-sa (C. 5176; Krall, YIII, 10) « qui a trait à la prière,
piicur, prêtre »; voir § 85.
6uin-sa (Krall, XII, 12) « rapide » ; cf. linnuis /io7mna« hâte,
précipitation ».
Le sulîixe -sa est surtout employé en étrusque pour expri-
mer des relations de parenté.
r Pour désigner une femme mariée, il s'ajoute au nom du
mari :
Cipiru-sa (C. 2007) « femme de Cipiru »
Cumni-sa (C. 2032) « femme de Cumni »
finnois
kolra-ksp
<( petit mâle »
kive-ksp.
(.' petite pierre »
jala-kse
« semelle de traîneau
mordvine
kupor-k
v« tertre »
sur-ks
« hagiie »
pal-ks
<( moitié »
zyrénien-vo
[iakpol'ds
« rangée »
gôgr-os
« rond «
mod-es
« excellent »
purf-es
« coupure »
hongrois
kôve-c
« caillou »
Uk-ac
M petit trou »
OLpÙ-S
« beau-père »
silrgâ-s
« jaunâtre »
OLVX-S
« rance »
84 DKLXIKMK l'AKTlE
Pesna-sa (C. 1.382) « femme de Pcsna »
Tetina-sa (C. 47G) « femme de Tdiiia »
Veru-sa (C. 545) « femme de Vern »
2° Il s'ajoule au pri'iioin du père, pour mar([Uor à (piclle
branche de la l'amille paleiiicllc a|)parli('iil la personne d('si-
jinée :
Aule-sa (C. G84) « WUiVAuh' ».
Vel-sa(C. I831I) « lils de IW».
Veleuru-sa (C. 847) « fils de Vellhiir .>.
3" Il s'ajoule au surnom du père, quand les branches de la
famille paternelle se dislinguent par des surnoms :
Vel Velsi Visce-sa (C. 2129) est le fils de Vel Velsi Visce
(C. 2131).
LarÔ Arntni Sepu-sa (C. 1768) est le fils de LarH Arntni
Sepu (G. 17G7).
4" Il s'ajoute à un nom désignant lanière, pour marquer l'as-
cendance maternelle. Ainsi L. Tapsina. A. Pumpnalisa (C. 9)
est l'épilaphe de Lar^ Tapsina, {fils) d'A/'/ih [Tajisina)^ ayant
pour mère une personne dite PtimjDial, c'est-à-dire « issue do
Piimpua «.Pumpnalisa est pour Pumpnal-sa '.
Il résulte de ces exemples que le suffixe -sa exprime, d'une
manière générale, et sans détermination spéciale, rap])arte-
nance, la relation.
Analogies ougi-o-finnoises (fiudenz-Simonyi, p. 2G2 et suiv.) :
voliak
ul-ia"
« inférieur »
de
ul
« en bas »
vîl-îs'
« haut »
—
vil
« en haut »
zyrénien
ul-sa
« inférieur »
—
ul
« en bas »
dor-sa
« extrême »
—
dor
« bord »
gort-sa
« domestique »
—
<jnrl
« maison »
hongrois
al-sô
« iiil'crieur »
—
al
« en bas »
bàl-sô
« intérieur »
—
/ml
« boyau »
âl-su
« premier »
—
al
« en avant »
1. Dans répitaplie C. 186 /ar9. vêle. Inrbalisa. cainalisa,\o sufïixe -sa sert à la
fois à désigner Tascendancc paternelle [Lar^)alisa « appartenant aux descendants
deLarth » et lascendance maternelle C«i/(«/iA'« « appartenant aux descendants
de Caina »).
PRÉCIS GRAMMATICAL 85
Ichérém. ola-se « citadin ^) de ola « ville »
kudo-so « domestique » — kudo « maison »
119. Suffixe -sla.
ulxni-sla i G. 33) « guetteur (?) ».
Le suffixe -sla, de même que le suffixe -sa (§ 118), forme
dos adjectifs exprimant la relation. On le trouve surtout accolé
à des noms propres. Il marque indilTéremment :
1° soit l'ascendance paternelle
G. 101 : Aule-sla « fils d'Aule.
F. 423 : Velu-sla « fils de Yel ».
2" soit Tascendance malernelle
G. 890 : Varnali-sla « né de Varia » (répitaphe, qui est
bilingue, donne, pour le latin. Varia natus).
G, 1437 : Alfnali-sle » né d'une femme de la famille
Alfna ».
C 2771 : Ame. Seate. Cuisla... « né d'une femme de la
famille Cui ».
3° soit la condition de la femme mariée
G. 1061 : Papa-sla « femme de Papa ».
G. 18o3 : Leu-sla « femme de Leu (cf 2986 Leu-sa;
G. 4026 Leu-nei .
G. 2111 : Price-sla " femme de Price ».
120. Suffixe -t, -9 (pour Téquivalence, voir § 68).
cil-e (Krall, VII, 7, etc.) « formule »; cf. cil-va (Krall. X,
V, 2).
cl-t (G. 8) « latéral » ; cf. finnois ki'il-ke « côté ».
Xim-e (G. 4538) a malheureux »; cf. xirci (Ga. 799).
far-e (F. 807) « pitoyable »; cf. hongrois fnr-'i.d- « peiner'»';
fi-tu-S (Gapoue) c tlamme » : cf. finnois pai-vâ « jour ».
lar-9 (prénom) « noble » ; cf. lare « être connu » (G. 4538
lare-zul).
mla-e (Magliano = mla8-ce « gosier » ; cf. finnois malo
« ouverlure »,
meelum-8 Krall, XII, 14) « une chose; cf. meelum § 111.
mun-9 (F. 2335) « langage »; cf. muni-cl-eô s; 90.
rinu-e (Ki-all, V, 18) « lancement ».
86 DEUXIÈMK l'AItTIE
tru-8 (Krall, V, 17) f< lueur » ; cf. linnois tir-kui « cliiir ».
zila-6 (K. 20")o, 2335) cl zila-t(C. 2771) « accompli, parlait » ;
cï. zil iF. K i36«).
Analogies oii^ro-liniioises ^Hii(U'n/.-Siiu(invi, p. i21() et siiiv. ; Szin-
nvoi, f'"nitiis(li-ii(/r. Sjirarh/r.^ p. *,)i] :
lin filial.! vah/i'-ila « hianc », cf. vaUica
mas-t(i « noir '■; cf. muse va
lapon vielga-d « blanc »
siiohka-d « épais »
iiinrdviiic Loma-da « courbe »
val-da <( clair »
■ vie-de « droit »
nak.sa-da « pourri »
Ichérém. niif)u-do « épais »
pinga-do, « ferme »
'/.yi'én. voliak j"f/'''^ " clair »
nt'bi-d « mou »
moll-d (' reluisant »
121. SuHixc -eas.
sval-6as (F. 111, 367) a absolu », dérive du radical verbal
sval-; vW sval-as i^. 99.
ten-Oas F. 20"tr) ; 233")) « fort, courageux », dérivé du radi-
cal verbal ten-; cf. tenu F. (2057, 2070).
zilaxn-Gas (F. 233;)-') « parfait », dérivé du radical verbal
zilaxn-; cf. F. 2055 zilaxn-u ; F. 2339 zilaxn-u-ce..
122. Suflixe -Gi.
clu-0i (F. 2't()0'') « usui'c », dériv(' dun radical (jue Ton
retrouve dans le linuois htilii- « diniiuuer, s'user ».
falza-6i (Magliauo) « nourriture, aliments », dérive du vei'bc
fal-za-, le(|uel (b'rive du verbe fal-, cf. C 'i538 fal-a-s, fal-sti.
ha8-r-6i (Krall, \', 5, 12) « demande »; cf. ha6-e-c i Krall,
1\, 4).
rene-6i (C. 3538) « maladie » ; cf. finnois ran-sea- » mala-
dif.,.
repin-6i ;Krull, V, 5, 12, « iiiteri-uptiou »; cf. repin-e
{Krall, Vil, 12).
PRÉCIS GRAMMATICAL
87
spel-6i (G. 4538) « folie » ; cf. finnois sopelo « troul)le ».
123. Suffixe -va ou -ve.
cim-cle-va (Capoue) « flamme » ; cf. cim-u (Capoue).
eit-va F. 20o6) « effrayant »
et-ve (G. 4H6) « en avant, » ; cf. et-er (F. I, 436=^).
iluc-ve (Gapoue) « mauvais » ; cf. iluc-u (Capoue).
marunux-va (F. 20.^6, 2057) « hors de pair » cf. marunux
(F. 2070, 23351.
zusle-va (Krall, lïl, 3) « splendide » ; cf. zusle (Krall, II, H).
Analogies ougro-linnoises (Budenz-Simonyi, p. 180 et suiv.;
Szinnyei, Finnisch-ugr. Sprachw., p. 90).
vogoule juonte-p « aiguille » de
ente-p « ceinture » —
finnois (dial.J anda-ù « donateur » —
finnois like-và « pleureur » —
alka-va « débutant » —
elà-và « vivant » —
mordvine mara-f « fardeau » —
rdstd-f <( rôti » —
hongrois tinûl-o' <■ élève » —
iv-o' <■( buveur » —
lop-o' « voleur » —
124. Mots composés.
L'étrusque possède un assez grand nombre de mots com-
posés. Au point de vue de la structure, on distingue les types
suivants :
1° Radical nominal -\- radical verbal.
apr-ens- [Notizie 1805, p. 339) « gagner-petit » de apr
« petit n et ens- « gagner ».
cl-uc-e (Krall, XII, 12) « appliciucr de coté »,de cl « côté »
et uc-e « plaquer, clouer ».
ec-ni-a (Magliano) « être inerte de mâchoire », de ec
« màchoiie » et ni-a « être paresseux, inerte ».
hilar-6un-e i Kiall, XII, 3) « être nul de fissures », de hilar
(( fissure » et 6un-e « être nul ».
juont-
« coudre »
ent-
« ceindre »
anda-
« donner »
Itke-
'( pleurer »
alka-
(' début »
elà-
« vivre »
mara-
« charger »
ràstà-
« rôtir »
Irtnill-
« s'instruire »
10-
« boire »
lop-
« voler »
88 DECXIÈME PAirriE
manim-er-i (F. 2050) <- èlro sevré d'cnfanls », de manim
« enfant » ol er-i « èlre sevré ».
Gen-tmas-e (C. 48) « faire du l)iMiit de paroles », de 6en
« parole » et tmas-e « faire du bruit ».
2" Radical notninal + radical nominal .
atr-sr (F. 233o) « convenable (révidence », de atr « clair,
en évidence » et de sr « beau, convenable ».
cep-en (F. 20o7, 2070) « grand de conlenance », de cep
« contenance » et en « grand ».
cl-uc9ras givrai I, VIII, 9) « placage de coté », de cl « coté »
et uc9ras (( placage ».
mar-cal fMaiiliano) « convenable de mesure », de mar
« mcsuie » cl cal « convenable ».
mar-isl (F. 807; Magliano) « grand de mesure », de mar
« mesure » et isl « grand ».
maru-nux F. 2070, 2335) « au-dessus de mesure », de mar
« mesure >- cl nux « qui dépasse ».
mar-zac (Capoue) « remarquable de mesure », de mar
« mesure » et zac « reiiiar(juable ».
6an-sur (Krall, V, o) « parfait de tranquillité », de San
« tranquille » et sur « beau, régulier ».
3" Radical verbal -f- radical nominal .
estr-ei (Krall, IV, 1 1, etc.) « considérable de placiditi' », de
estr- « tomber, s'apaiser » et ei « considérable ».
evit-iuras (Magliano) « coupelle à ingestion », de evit-
« introduire » et iuras « coupelle, rondelle ».
fas-ei (Krall, V, H) « considérable d'élitlcinent )>, de fas-
« s'étaler » et ei « considérable ».
fas-is (Krall, IV, 21 ; Y, Jo) « grnnd d^'liilemenl ». de fas-
« s'étaler » cl eis « grand ».
lare-zul (C. i;)38) « digne d'èire connu », de lare ■' être
connu » ei zul « digne ».
lasi-eis iCapoue) « grand de lénuiit' », de lasi- « èlre en
farine » el eis « grand ».
nuz-lx (Krall, VIII, 13) « étendu de fracas », de nuz-
« faire du fracas » el Ix " large, ample ».
PRÉCIS GRAMMATICAL 89
paxa-Guras (Torp) « succession d'ennuis », de pa/a « avoir
des ennuis » et Guras « succession ».
tesnst-eis (C. 4338' « grand de sanglots », detesnst- « san-
gloter » et eis « grand ».
tlenax-eis (F. lOoo) « arliculation de pivotement », de
tlenax- « pivot » et eis « arliculation ».
6ap-icun {Xotizie 1895, p. 3'39) « division de partage », de
Gap- « partager » et icun « division ».
m
ESPÈCES DE MOTS ET SYNTAXE
125. Article.
L'étrusque n'a pas d'article, pas plus que le finnois et les
langues congénères \
126. Genre.
Comme tous les idiomes de la famille ouralo-altaïque ^',
l'étrusque n'a pas de genre grammatical. Aucun signe ne
distingue le féminin du masculin. Le suiHxe -i, qui s'ajoute
aux noms dliommes pour, former des noms de femmes, n'est
pas, à proprement parler, la marque du genre féminin. Ce
n'est pas autre chose qu'un suffixe propre à former des adjectifs
et qui exprime la relation d'appartenance (Voir § § lOi, 103).
127. -XOMBRE.
On ne peut pas dire encore avec certitude si l'étrusque
distingue le pluriel du singulier. L'existence d'un suliixe
particulier pour le pltiricd semblerait résulter de la compa-
raison de la forme clen « lils » et d'une autre forme clen-ar,
où l'addition d'un nom de nombre indique qu'il y a plusieurs
lils iF. 2035, 2036). Mais ce suffixe est extrèmemeni rare et c'est
à peine s'il apparaît diins les texies un peu élendiis. où c(q)en-
1. Le liongrois a aujourd'hui un article qui s'est (iôveliippr sous l'inllucnce de
rallpinand : mais il n'en avait pas à l'ongine (Riedl, Maf/>ja>: Gnimmal.ih\ p. 221).
■1. Uicdl, Maij. Grainin., p. 114; Winckler, Urall., p. 23-21. Szinnyci, Finiiisch-
iKjr. Sprac/iir., p. .■;() .
90 DEUXIÈMK PARTIE
(laiil on poiiiM'ciil s'nlLendro h Iroiiver j)liisi(Mirs iiliiricls'. Il ne
serait pas impossible (luc clen-ar lût, non pas le pluriel de
clen, mais un mol composé, ayant le sens collectif de « quantité
de (ils ». Il existe en ell'el en ostiak un radical àr signiliant
« beaucoup », d'où le substantif ostiak ûr-at « foule, quantité ».
Le vogoule a de môme les adjectifs ar-i et àr-i « beaucoup,
beaucoup davantage » (Budenz, p. 7!))^, n" 864).
128. SlFFlXES DE ItEI.ATION OU SUFFIXES CASLELS.
L étrus(|ue n'a pas de déclinaison. C'est une langue aggluti-
nante, à la façon de tous les idiomes ouralo-altaï(|ues. Les
rapports des mots entre eux s'expriment à l'aide de suffixes
mobiles, qui viennent s'accoler au radical. Os suffixes seront
désignés sous le nom de suffixes casuel.s, parce que les rapports
qu'ils indiquent sont, |)our la plupait, les rapports usuels aux-
(|uels répondent les cas dans les langues à flexion. Mais il doit
être bien entendu (ju'il n'y a pas de cas en étrusque. Le terme
de casuel n'a qu'une valeur conventionnelle, ainsi que les
termes de nominatif, vocatif, (/énitif, datif, ablatif, qu'il pourra
m'arriver d'employer, parce qu'ils sont commodes pour indi-
({uer brièvement certaines relations.
129. Voici par ordre al[)habétique la liste des suffixes casiœls,
avec leur valeur respective. Je signalerai, pour chacun d'eux, s'il
y a lieu, les rapprochements avec les suffixes correspondants
des langues ougro-lmnoises. Mais il ne faudrait pas s'étonner,
si pour quelques-uns d'entre eux aucun rapprochement ne
paraissait possible. 11 n'y a j)as eu etfel uniformité de suffixes
dans les langues de la famille. Le hongi'ois, par exemple, a des
suffixes de rcîlalion (|ui ne ressemblent pas à ceux du finnois.
1° Le suffixe -al marque la provenance (cf. !:;§ 4-10) :
Lare-al (C. 1G2, :{64, etc.) « issu de Larth ».
1. l/étnisriuc (texcir, cité |);ir Surtonc, n'est pas un pluriel, puisqu'il est traduit
parle singulier deiis (Ocluv., D7). Ilésychius, citant le mot étrusque qui correspond
au pluriel grec Osoi, lui donne la forme de alaoi, avec une désinence particulière,
la désinence -oi, qui n'existe pas en étrusque et qui est nianilestonient celle d'un
pluriel grec, .\ppareninient il n'a pas lionvé de désinence étru3(iuc pour le
pluriel.
PRÉCIS GKAMMATICAL 91
spur-al (F. I, 106) « provenant de la mêlée ».
Cf. la particule hongroise HL indiquant le départ^ la sépara-
tion, ainsi que les désinences -ô/, -cy'/dans les sulïixes -hùl^ -rôl,
-tôl, -bel, -roi, -tol^ qui tous expriment une idée d'éloignement,
de séparation, d'origine. En vogoule et en ostiakil existe aussi
un sufTixe -/ (quelquefois vocalisé), qui exprime la même idée
(Szinnyei, Finnisch-ugr. Sprachw., p. 60-66).
2" Le suffixe -ce marque à quel endroit se trouve le sujet, ou
dans quel état ou dans quel acte (cf. i; 11, n" 3) :
am-ce (F. 2070) « dans la paix ».
ar-ce iF. 20oo) « à la fin ».
lupu-ce (F. 2O08) « dans l'acte de mourir, en mourant ».
Ce suflixe est probablement à rapprocher d'un suffixe ougro-
finnois -k, dont la trace subsiste dans certaines formations
adverbiales (Szinnyei, Finn.-ugr. Sprachw.. p. 66-67).
3° Le suffixe -e9 exprime l'absence, la privation et correspond
à la préposition sans- :
cav-e6 (Krall, YIII, 7) « sans pierre ».
municl-e9 (F. 2339) « sans parler ».
Cf. finnois -tta, -ttà, suffixe privatif : raha-tta « sans argent ».
4" Le suffixe -1 indique Tendroit près duquel on se trouve
ou bien ce à quoi l'on est occupé (cf. § \\, n° .">) :
su6i-l (F. 2603) « près du tombeau ».
Cf. finnois -//«, -lia « près de, sur (sans mouvement) » :
kaivo-lla « près du puits », ont/ f -lia « à la pêche ».
5° Le suffixe -n indique la manière, la cause, l'instrument
ainsi que des circonstances de lieu ou de temps.
i-n (Krall, IV, 8, 13, 19^, etc.) « par le fait de ne pas exis-
ter » (voir plus haut §§ 24,25, 26).
lu-n (Gapoue) « par le fait de jeter ».
a-n (C, 4082) « ici ».
ei-n (C. 886) « grandement ».
Le suffixe -n est un exposant locatif, modal ou temporel,
qui est commun à toute la famille des idiomes ougro-finnois.
Il est classé parmi les suffixes primaires (Szinnyei, Finnisch-
ugr. Sprachiv.^ p. 63).
92 DEUXIÈME PAUTIE
G" Le suHixc -ne marque l'accompagnemont et correspond
avec la préj)Osilioii cwec (cf. î^ 11, n" 6).
turu-ne (C. 45.38) '< en même temps que l'acte d'insister ».
6es-a-ne (Krall, V, 21) « avec lacté d'invoquer ».
Le sulfixe -îic paraît être le développement du sultixe précé-
dent (Szinnyei, Finn.-ïigr. Spr. p. 12 : Koinilativ-inslriimpiilal).
1° Le sulfixe -ri iudi((ue la destination visée, le but pour-
suivi (cf. i^ H, n" 8) :
flere-ri (Krall, VIII, 10) « en vue de protéger ».
fusle-ri {(]. 45.38) « en vue de demeurer ».
cares-ri ((]. 4116) « pour être hâté ».
cape-ri (K'iall, VIII, 10 etc.) « en vue d'avoir de la prise».
Cf. hongrois -/v/, -ra <( pour allei- vers, pour se nndlre sur»
(Szinnyei, Fin.-uyr. Spr., p. 82-83).
8" Le sulfixe -s exprime simplement l'idée d'un rappoi-l, sans
spé'ciliei" la nature de ce l'appoit. Il a une valeur déterminante
analogue à celle du génitif dans his langues à tlexion(!:^ H n" L):
Aule-s (C. 37.5!)) .( (lils)d'Aule ».
clen-s (C. 4050) « du lils ».
suGi-s (F. 1937) « du tombeau ».
Une trace de ce sulfixe paraît subsister dans les suffixes fin-
nois -ssa[-ssti), -sta{-st(i), -.s^n (-//-;/), (jue Roller décompose en
-.y + ■v'î (•'>■'''), •'•• + ^« {-^'''')-' ■"'■ 4~ '> (Si/z.tfnf/sb. ]\'ie/i, XI, p. 908 ;
cf. S/innyei, p. 78-80).
9" Le sulfixe -si mar(|ue le point d'arrivée et a une valeur
analogue à celle d'un datif (§ M, n° 2) :
apa-si (V. 2057) « vers le fait de être douteux ».
Aule-si (d. 4190) « à Aille ».
clen-si ((]. 1922) « au lils ».
clenara-si (C.4116) <' pour la série de lils ».
PrecuBura-si [C 4110) « pour la, descendance de Precu ».
vls-si y. 205.5) « au dehors (foras) ».
Cf. finnois -k-.si, indi(iuant im étal de Iransilion et aussi le
point d'arrivée. Le linnois, le moi'dvine, le tcbérémisse et le
liipoii conservent la trace d'un sulfixe primaire -v, marquant la
« direclion vei's » (Szinnyei, p. 72-73).
PRÉCIS GRAMMATICAL' 93
10'' Le suffixe -ti indique un mouvement « le long de » fcf.
§ M , n° 4) .
ca-ti ^F. 2335) « le long de celui-là ».
su6i-ti (F. 233rj) « le long du tombeau ».
a-ti (F. I, 436") « le long de celui-ci ».
reuxzineti (Krall, VHI, 8) « le long du banc do sable ».
Le suffixe -ii est peut être un développement du locatif
ougrien -/ (Szinnyei, Fin.-uf/r. Sjjrar/iir., p. 73).
Cf. finnois -t-sr « le long de » ; zyrénien-voliak -// " le long
de ».
11° Le suffixe -6 indique le point de de'part, la séparation,
l'éloignement (cf. § 11, n° 7) :
ar-e (Krall, VII, 7) (( à partir de l'extrémité ».
slele-9 (C. 4338) « à partir du départ ».
su-6i-6 (F. 233o) « à partir du tombeau ».
e-9 (G. 4116) « à partir de ceci ».
Cf. finnois -/rt, -t/'i, dans les suffixes -s-la, -s-tâ (point de dé-
part) et dans les suffixes -l-la, -l-ta (éloignement). L'origine est
l'ablatif ougro-finnois -/ (S/innyei, Fiu.-ugr. Spr., p. 65).
130. Tableau récapitulatif des suffixes casuels :
-al == issu de -ri = en vue de
-ce = dans, à -s = relatif à
-e6= sans -si = arrivé à, donné à
-1 = près de, sur -ti = le long de
-n = par le moyen de, par -9 = à partir de
-ne = avec
130 bis. A ces suffixes casuels, d'un emploi courant, on peut
joindre deux suffixes de relation dont on n'a jusqu'ici (lu'un
exemple.
L'un est le suffixe -vie « avec » (C. 4116 Lar9ialis-vle),
que l'on peut rapprocber du hongrois -ya/, -iv'il « avec » (Szin-
nyei, Fi/i.-iif/r. Spr., p. 83).
L'autre est le suffixe carilif -tal (('apoue 9ii-tal « sans
élan »), que l'on peut rappioclier du vogoule -/«/, -ffi/ « privé
!lt DEUXIÈME PARTIE
(le » el (Jli liuiij;rui.s -/a/-a//, -Lal-iui i^Szinnyoi, Fin.-iKjr. >'/>/'.,
131. Los sullixes casuols no sonl pas spécialement afleclés
aux snl)stantifs. Ils peuvcnL aussi s'accoloi- :
aux noms de nombre ;
aux adjeclifs, pour iormor des adverljos (voir plus loin
^ 156);
aux verbes, pour former des j)i'oposilions subordonnées (voir
plus loin).
Kn cela ils se comportent comme les suliîxes analogues des
langues ougro-finnoises.
132. Pkonoms.
Nous ne connaissons encore qu'un seul pronom étrusque ;
c'est le pronom de la 1"' personne mi. Il est tantôt employé
seul, tantôt accompagné d'une enclitique, comme ca-na, ca-
pi, ma, ne, ni, tezan (voir plus liaut .i^ 30). Exemples :
C. 118 : mi ma suôi... « moi <;je suis>- un tombeau »,
F. I, .'{8i : mi Ramôas « moi -Cje suis>> appartenant à
Ramtlia ».
(^. 99 : mi maLaris Suplu <* moi <je suis> Larth Suplu ».
V. 2G0.'{ mi su0il.... « moi <CJe suis>> sur un tombeau ».
F. I. 1()() : mi spural « moi <je suis>- provenant de la
mêlée »,
G. 142 : mi capi L. Versni. L. « moi que voici <je suis>
Larth Versni, lils de Lartli ».
(]. 7G : mi cana LarOias... « moi ([ue voici <je suis>>
l'offrande de Laribia.
F. III, 391 : mi ni Caisie... < moi que voici Caisic... »
C. 3234 : mi tezan...
Analogies oiigro-linnoises (Hiidcnz, p. 02'), n" ()()3 ; Szinnyei, F\n.
iiijr. Spr., p. Hl) :
linnois mi-mi « moi » — iiici <( nous »
tchérém. nie-n' — — me —
mordv. mo-n — — ini, mi-)i —
lapon ino-ii — — mi-je —
zvrénien me — — mt, m'i-e —
PRÉCIS GRAMMATICAL 95
osliak ma « moi » — vie-n « nous )>
vogoule (im, iun — — ma-n —
hongrois en — — m/, ?«/, mû —
On remarquera que dans quelques-unes des langues ougro-
finnoises, le pronom est, comme en étrusque, renforcé d'une
enclitique.
133. Suffixes possessifs.
L'étrusque exprime les rapports de possession par des suffixes
spéciaux, dits suffixes possessifs. C'est ainsi que procèdent
encore aujourd'hui les langues ougro-finnoises (voir plus haut
§§ 41 et suiv.; Szinnyei, Fin. ugr. S/j/'., p. 113 et suiv).
Des suffixes possessifs de l'étrusque nous ne connaissons
encore que celui de la première personne, le suffixe -m (ou,
avec une voyelle, -um). Ce suffixe se place toujours à la fin
du mot auquel il se rap[)orte. S'il y a un suffixe casuel, le
suffixe possessif se met après lui :
lupu-m (F. 2340 ; cf. plus haut ^ 4o) « ma mort », exacte-
meut (( mon mourir ».
puia-m (F. 2340; cf. plus haut v< ia) « ma l'emme ».
Arnei-al-um (C. 5092; cf. plus haut § 38) « issu de mon
Arnthi ».
'Velu-s-um (C. 5092 ; cf. plus haut >; 38) (( de uion Vel ».
Daus Arn6i-al-um et dans "Velu-s-um, les suffixes -al
et -s sont des sulfixes casuels (cf. § 129, n"* 1 et n" 8).
134. Pronoms démonstratifs.
Les textes nous font connaître plusieurs pronoms démons-
tratifs. On peut les ramener à trois types:
1" Type a ou e ([)Our l'équivalence des deux voyelles, voir § 55).
a-n (F. 2335, 2600''; Krall, H, 4, 9, etc.) « ici, voici » ; la
désinence est lesulfixc casuel -n (§ 129, n" 5), avec la valeur
d'un exposant locatif.
j a-n-a-t (l^\ III, 491) « ici, maintenant »; le -t de a-t est
prohahlement un exposant adverhial.
a-ti (F. I, 436) « le long de celui-ci ■■ ; la désinence -ti est le
suffixe casuel (^ 129, n" 10).
î)() DELXIKMK PAItTIE
e-ca((l. i.j'id: I"'. 2Ï'M), 2\H'i, olc.) « ceci, celui-ci, voici »,
loiiiK' composée lie e el de la j);uiicule démonstralive ca (voir
plus loiu\
e-c-n (1. 78: Krall, IV, 2; Y, 2, elc.) « ici » ; c'est la
niruic loiMue (|im' la précédcuile avec additiou du suilixc
casuel -n (>; 129, u" .">) el suppi-ession de l'a.
e-tnam 'Krall, N, 7; VI, ."}. 7, (de.) « aloi-s, à ce uio-
uieul )>, l'orme c(inip(»-;('(' de e td du suflixe adverbial -tnam ; cl'.
radjtMlil' vacl (Krall, V, 16, 19, elc) (d Tadverbe vacl-tnam
^Krall, VJ, 10; Ylll, 1 etc.).
e-9 (G. /jlJG ; Ma^liano) « à j)ailir de là, dès lors » ; le 9 final
esl le suffixe casucd, uiar(juaiil le poiul de dc^part (J^ 129,
11" M).
Analogies oiigro liiuioises (Szinnyei, Fin. iir/r. Spr., p. 113) :
inoi'dviiie e-l'i' «celui-ci)), ''-.s'e « celui-là », '-'-.v/ff, « de là» ;
/vi"éni(!n c-si/ « celui-ci, (;elLii-là», c-/^? « celui-ci » ;
osli;ilv i-l <i celui-ci )) ;
hongrois (i-z « celui-ci », d-ll « ici » ;
y.-z " c(diii-là », o-li e là-bas»;
voliak o-li/ii <■' là-bas», o-z' « ainsi » ;
135. 2" Type ca, ce.
ca ((j. 21G, 45)J9) (* celui-ci, ceci ».
ca-n((l 321).
' ca-na (C. lo, IG, 7G, 304), associé à mi (i;§ 30 el 132).
ca-pe (C. 4538) « voici »; rericliti(|ue -pe esl à ra|)proclier
de reucliliqiie -pa dans i-pa (cl", i; 24).
ca-pi {(]. 142), vai'iaiile de ca-pe. Pour léquivalence de pe
el do pi voir ^ 24 : i-pa. i-pe, i-pei; cl". ?:; o^.
ca-ti (V. 233.")) « le loui; de c(dui-ci >- la désinence -ti esl le
suffixe casu(d (cf. §129, n" 10).
ce-n (F. 1922) « par ceci » la désinence -n esl le suffixe casuel
(§ 129, n"5).
ce-hen (C. 4082, 4HG, 5561) « ceci ». La désinence -hen
n'est probablement (ju'nne enclitique, analogue à l'euclitiquc
finnoise -van dans kiika-van « quiconque ».
PRECIS GRAMMATICAL
97
Les formes e-ca et e-c-n (voir plus haut § 134) présentent la
réunion du type n" 1 [a, ou ej et du type n° 2 (ca).
Analogies ougro-tinnoises :
finnois /.y/, /ia-h, ka-s « voici ».
136. 3° Type te.
te-z (C. 438) « ici » ; le mot se présente plusieurs fois accom-
pagne de an (tez-an C. 3235, 4082, 4538). La désinence -z
paraît être un suffixe adverbial, répondant au suffixe locatif -/,
-tt, des langues ougro-finnoises (Hudenz-Simonyi, p. 386).
Analogies ougro-finnoises (Szinnyei, Finu. ugr. S prachtc, ^. li'^] :
hongrois io-, /x- [{ovol « là-bas », ?aya/ « Tan dernier »
vogoule fo- « celui là »
mord vin e ta- << id. »
lapon là- « celui-ci »
zyrénien-votiak la « id. »
Le démonstratif finnois là ne peut pas être cité ici parce qu'il ne
correspondrait qu'à une forme étrusque za (voir i^ 7:2).
137. Prono.ms indéfinis.
Nous ne connaissons encore que deux types :
a) type ci.
ci-pe-n (f-apoue) « quelque chose », composé de l'interro-
gatif ci (employé au sens indéiini) et de la })arlicule enclitique
pe-n (voir § 24) ;
ci-sum (F. 2340; Ivrall, V, 5 12,21 etc.) «quelque quan-
tité », composé de rinteri'ogatif ci et de sum « ([uantité ».
b) type mu.
mut-in (.Vo//:;//', 1895, p. 339) « quelque »
mut-in-ce (Ivrall, IV, 5, 18 etc.) « en quel([ue quantité,
quelque peu »
Analogies ougro-tinnoises (^liudenz, p. îiH, n" 30; Szinnyei, Fimi.-
ugv.-Spr., p. 113 :
hongrois /t7 « qui? quelqu'un, quelque »; mordvine /c'i; tchéré-
nisse kit; linnois ke-, ki'ne-\ lapon là; zyrénien-votiak kin. —
Budenz, p. OUI. n" 013 :
finnois nui «autre; mû-ta-ma u un certain autre » ;
98 DEUXIÈME PARTIE
YOgoule mdl « autre; nut-l-en «. un second ».
zyrénien imi-d <> autre,
138. Noms de nombre.
Nous connaissons plusieurs des noms de nombre étrusques. Les
dés de Toscanella (F. 2552) en fournissent six, qui sont :
ci, liuG, max, sa, Bu, zal.
Ces nombres se retrouvent dans les textes épigraphiques. Ils
correspondent, sans aucun doute, aux six premiers chifl'rcs,
puisque sur les dés étrusques, comme sur les nôtres, les points
sont marqués de 1 à 6.
139. Sur ces six nombres, il y en a deux, huG ci ci, qui peu-
vent être identifiés.
HuG représente cinr/. D'après les règles phonétiques posées
plus haut (§ 64, U3 et § 74), huG est exactement l'équivalent
du tinnois vite « cinq » '.
De ci on peut rapprocher le hongrois két « deux » ; cf. finnois
/m/iir (nomin. kaksi) \ lapon kuekl \ mordvine kafla\ tchéré-
misse kok zyrénien Mk\ vogoule kit^ kêt (Budenz, p. 26, n^Sl).
Il est vrai que la plupart de ces formes ougro-finnoises ont un
/ final. Mais ce / final peut être un suffixe : car il n'existe pas
partout; en ostiak on le voit disparaître devant le suffixe ordi-
nal vict [ki-met «deuxième » et non pas *kit-mrl), alors que les
nombres vet (5), net (4) et labet (7), où le / fait partie intégrante
du radical, donnent vet-met, net-met, tabet-met. Si l'on fait
abstraction du t final, il reste des radicaux se ramenant à un
radical primitif [*kah, *kph ou *kili) terminé par une aspiration.
Or l'étrusque ci peut se ramener lui aussi à un radical analogue
[ci = cei = cej = ceJi).
140. Deux et cinq étant connus, l'identification des quatre
autres nombres est possible, d'a})rès la disposition des points
sur les dés. Il y a dans l'antiquité deux systèmes : d'après l'un, les
points des faces opposées donnent un total constant, égal à sept
(1 -j- ^ i 2 -j- 5 ; 4 -[" 3); d'après l'autre, les points des faces
1. Cf. inordvinc vetil\ tchérémisse, lapon, zyrénien, voliak i'z7; ostiak vêt
(Uudenz, p. 8lj2, u» 9.j7 ; Szinnyei, Finn-iigr. Spvachw, p. 107 et suiv.).
PRÉCIS GRAMMATICAL 99
opposées se suivent (1 opposé à 2 ; 3 opposé à 4, 5 opposé à 6 . )
Les deux systèmes existent en Etrurie '. Le premier système
est ici à rejeter. Pour obtenir 7, il faudrait en effet que hu6
(= 5) fût opposé à ci (= 2) . Or on a :
sa opposé à ci
max « zal
hue « eu
C'est donc le second système qu'il faut appliquer. Il donnera :
sa =1 opposé à ci = 2
max = 3 « zal = 4 (ou l'inverse)
hues= 5 « eu = 6.
Le doute ne subsiste que sur le rang respectif de max ^^ ^^
zaL
141. Les six premiers nombres sont donc
sa = 1 zal = 4 ou 3
ci =2 hue = S
max = 3 ou 4 eu = 6
Il faut y ajouter esl ou esal, qui, comme on le verra plus loin,
est une variante du nombre un.
Tous ces nombres sont traités comme de véritables substan-
tifs et prennent, le cas échéant, un suffixe casuel. C'est ainsi que
l'on rencontre les formes
sa-s (F. 2104. 2M9).
liue-s(F. I, 437; F. II, 116).
esal-s (F. I, 387).
ci-s (F. 2108; Krall, VIII, 1).
max-s (F. I, 388; F. 2070 etc.).
En cela, l'étrusque se comporte exactement comme les lan-
gues ougro-finnoises et, d'une manière générale, comme les lan-
gues ouralo-altaïques (Winckler, Uralt, p. 110).
142. Il y a d'ailleurs d'autres comparaisons à faire avec les
langues ougro-fmnoises.
1 . On le voit aux dés qui ont pour marques des pointa. Fabretti, Terzo supple-
menlo, p. 11 et suiv.
400 DKLXIK.MK l'AlillI-:
Si le finnois sama a anus l't idcin » irtUail pas indiqué par
tous les didionnaircs comnit' un mol om|)runié aux langues
indo-eui'opéennes (sanscrit sama, gothiijiic sama, grec ôixô:,,
latin .s///««/), on sérail lente de le rapprocher de Tétrusque sa,
la (h'sincmce -iiia pouvant être rencliti(|ue (jue Ton retrouve
dans le finnois mnia-ma « autre », moko-ma « lel >., la-mà
« celui-ci », na-mii « ceux-ci », ainsi (jue dans le mordvine
koda-ma « quel ».
Max peul-(Mrc rapproché du hongrois mi'ij « encore » (^Hudenz,
p. 608, n° G4()) ; cf. mïxj « qui vient après » ; finnois in i)hà
u postérieur » (Budenz, p. 633, n" 680).
Enfin es-1 peut être considéré comme un adjectif formé du
thème es (cf. Krall, X, 11, 21 : esi) et du sutlixe nominal -1
(§. 109). Or au thème *es on peut attrihuer le sens de « avant »,
par comparaison avec le finnois as-kelc- « marcher, aller de
l'avant, monler; as-tu- <<■ marcher, monter» (Budenz, p. 8o8,
n° 953). Es-1 signifierait donc « antérieur, premier » '.
143. Outre les nombres déjà indiqués, on trouve encore dans
les textes étrusques les formes numérales suivantes ;
sein9, cezp.
cealxl ou cialx, mealxl, muvalxl, cezpalxl, semcpalxl.
ciem, eslem.
zaGrum.
huOis, zaGrumis, cealxus.
cezpz, eslz.
Sem^pet cezp. — Les formes sem^ et cezp repiésenlent des
unit('s, puis(ju"elles donnent naissance à des formes comme sem-
<p-alxl etcezp-alxl, qui sontdes mulliples (voir plus loini;. I4i).
Ces unilés sont supérieures à six, puisqu'elles ne figurent pas
sur les dés de Toscanella. halles sonl vj'aisemhlahlement infé-
ricnires à /*<>///', j)arcc (|ue l(3urs mulli|)les ligui-ent sur des épi-
1. A premirre vue. on poiiri'ail iHre tfiit('' ch' rap|iroclier l'('li'usi|U(' es soit du
finnois esi « antériorité ",soit du votiak (/z'-tn <■ devant ». Mais le finnois esi n'est
qu'une forme altérée du radical elr (Undcuz, p. 778, n" 848), et le votiak a:'-i)i
paraît devoir être rapporté à un radical 'citl- (finnois eii/e- " le premier », hon-
grois ed'W « un » ; Sziunyei, Finn. iif/r. Sjir.. p. 108).
PRÉCIS GRAMMATICAL 101
taphes ot que 90 ans est un âge insolite. Il ne reste donc pour
semcp ot cezpque \(i^ septième ci huitième rangs. Mais il est impos-
sible de dire lequel des deux est sept et lequel huit. Ni l'un ni
l'autre n'a sa contre partie dans la numération ougro finnoise.
144. Formes en -alxl ou -Ixl* — Les formes ci-alx, ce-alxl,
cezp-alxl, me-alxl, muv-alxl '. sem<p-alxl ", sont des multi-
[)Ies, puis(|u'elles vont avec une indication d'unité :
F. 2070 max-s sem<p-alxl-s.
F. 2l08ci-s ce-alx-s.
F. I, 437 hu0-s ce-lxl-s.
F. II, 115 hue-s muv-alxl-s.
Ce sont des multiples par 10 et pas davantage, parce qu'avec
sem^-alxl ou cezp-alxl '>n arrive à 80. c'est-à-dire à peu près
à la limite d'âge que comporte une épitaphe.
Si dans les nombres en alxl, la voyelle a n'est pas organique
(et une forme comme ce-lxl-s le donne à penser), le multipli-
cateur serait, non pas alxl. mais 1x1.
Ce multiplicateur lx-1 peut être considéré comme un adjectif
analoiiue à es-1 '§ 142), c'est-à-dire formé de même à l'aide du
suffixe nominal -1 (§ d09). Le multiplicateur reviendrait ainsi
à un thème Ix- Or un thème très voisin de Ix existait ancien-
nement dans la famille oua:ro-finnoise avec le sens de « nom-
bre, dizaine ». On le retrouve encore dans le vogoule lou,
/y.u « dix », dans le tchérémisse lu, dans le lapon de Suède
lokru^ lokê \ pour dire « vingt » ce dernier dialecte dit « deux
dix » kunktti IokJn~'. Cf. finnois lukc- « compter » ; mordvine
lovo- « id. » (Szinnyei, Finn.-ugr. Sjfrachic, p. 109 ; Budenz,
p. 8.39, n» 928).
145. Formes en -em. — L'unité qui précède les multiples en
-alxl ou -1x1 se présente sous deux aspects :
tantôt elle conserve sa forme sa, ci, max, zal, huô, ou,
augmenlée seulement de suffixe casuel -s, exigé par la syntaxe;
1. Me-al/I et tniic-al/l sont îles multiples de 7nay, ilont l'aspiration ûnale
s'atténue ou ilisparait devant le suHixc -alyl .
2. Toutes ces formes se présent<'nt dans les textes avec un s final ; mais cet s
est un suffixe casuel dont il faut taire abstraction.
102 DEUXIÈME PARTIE
tantôt elle s'adjoint un suffixe particulier, le suffixe -em :
esl-em (Ga. G58; Iviall, VI, 14; XI, 8, etc.).
ci-em (F. 2071 ; Krail, X, 2) ».
Il est impossible (ju'iln'y ait pas une difîérence do sens entre
ci-s ce-alxl-s et ci-em ce-alxl-s. Si dans le premier cas les
deux nombres saddilionnent (2 + 20) — et l'examen des textes
ne laisse aucun doute à cet égard, — dans le second cas il faut les
soustraire Vun de Tautrc; ciem cealxls doit s'entendre 20 — 2
ou 18, duodevinginti -. Ci-em est probablement un adjectif avec
le sens de « défectueux de deux » et comme tous les adjec-
tifs étrusques (voir § loS) il reste invariable.
Uadjectif -em, avec l'idée de « soustraction », peiit-ôtre rap-
proché du hongrois dm-it- « mystifier, attraper, tromper »
(Budenz, p. 744, n° 804).
L'emploi de la méthode soustraclive est courant dans les
langues ougro-finnoises (Budenz, p. 221; Winckler, Uralt.,
p. 110; Szinnyei, Finn. nrjr. Spracliw., p. 109).
Comme le chifTre à soustraire n'est jamais supérieur à 2, les
formes esl-em et ci-em sont une preuve de plus que esl et ci
représentent bien 1 et 2.
146. ZaBrum. — ZaOrum, étant construit avec des unités,
ne peut pas être une unité. Il appartient certainement à une
catégorie supérieure. Ce n'est ni 20, ni 30, ni 70, ni 80,
puisque nous avons ce-a-l^l (20), muv-a-lxl (30 ou 40),
semcp-a-lxl et cezp-a-lxl (70 et 80). Il n'est guère probable
qu'il désigne une des dizaines intermédiaires entre 30 et 70; car
on ne voit pas pourquoi, les dizaines antérieures à 40 et les
dizaines postérieures à GO ayant le sulfixe-lxl, les dizaines inter-
médiaires ne l'auraient pas. Za6rum. ne peut donc se placer
qu'entre 9 et 20. 11 représente piobablement 10. On a ainsi pour
1. 0wn-em, que Ton trouve quelquefois (K. 2335 a; Krall, XI, 17; XII, 10)
n'est pas une forme numérale, en relation avec le chiffre 6». Le radical est %nn,
que l'on retrouve dans Qun-yers (Krall, VI, 1), ^un-yulem (Krall XII, 3), ^un-yiMe
(C. 4538), ^un-z (F. I, 381), Uni (Krall, X, 7).
2. C'est ce qu'a très bien vu Torp dans ses Elrus/c. lieih-ui/e, I (1902), p. 71.
PRÉCIS GRAMMATICAL i 03
8 deux expressions niimomlos, puisque semcp ou cezp en
donne une et que ciem zaBrum (10-2i en donne une autre.
147. Formes en -is-, us, -s. — Certains nombres présentent
quelquefois une désinence -is, -us. C'est ainsi que l'on a dans
la ^lomie d'Agram :
hueis zaGrumis (Kiall, VIII, 3).
eslem cealxus (Krall, XI, 12).
cialxus (Krall, XII, 10).
Au premier abord on serait tenté de croire que huBis et
za9rumis sont les génitifs hu9-s et za8rum-s, écrits avec un
i épenthé tique. Mais la forme za6rums-ne (Krall, YI, 9)
exclut Thypothèse d'un génitif. Si l'on fait abstraction de la
désinence -ne, qui ne peut être que le suffixe casuel (§ 129,
n° 6), il reste un nominatif za0rums ; car c'est à la forme
du nominatif et non pas à celle du génitif que s'adjoignent
les suffixes casuels. Comme nous savons, d'autre part, que le
nominatif du nombre cardinal est zaGrum (§ 140; Krall,
XI, 8), nous sommes amenés à considérer le dérivé zaGrum-s
ou za8rum-is, ainsi que les dérivés hu8-is et cealx-us comme
des nombres ordinaux, formés à l'aide du suffixe -s. Ce suf-
fixe est probablement le sutïixe nominal -s (§ 117), qui sert à
former des adjectifs. II est vocalisé soit en -is dans huG-is, soit
en -us dans cealx-us.
147 his. Formes en -z. — Les formes esl-z (F. 2057, 233rv'^)
et cezp-z (F. I, 387) paraissent être des formes adverbiales.
La désinence -z a pcut-ôlre quelque rapport d'origine avec le
suffixe locatif -tt ou -/ que Ton a dans le hongrois a/a-//
« dessous n, mullii-tl « à coté », ainsi que dans It» vogoulc
/a-/ « là-bas » et dans Tostiak to-l « là » (Szinnyei, Finn. ugr.
Sprachiv., p. 73).
148. VEMnE.
Le verbe, en étrusque, est toujours une forme à désinence
vocalique. La règle ne soulTre aucune exception, quand la
forme verbale est nue, c'est-à-dire quand elle n'est pas accom-
pagnée d'un suffixe casuel ou qu'elle n'entre pas, comme
élément initial, dans la structure d'un mot composé.
un 1 ou un u :
enesc-i
capl9-u
eer-i
car-u
falst-i
cen-u
hesn-i
hinei-u
marn-i
iX-u
sur-i
lu-u
ei-i
mas-u
usl-i
ti-u
zuc-i
tu0i-u
104 DEUxiÈMi-: PAirriE
La désinence vocal i que j)oul èlrc un a, un e,
am-a far6nax-e
cex-a fas-e
ecni-a fler-e
hine-a fusl-e
men-a ilax-e
menitl-a mulsl-e
mul-a eunxule-e
6aur-a un-e
zi-a zixux-e
Il csl [)roljaljIe (juo le choix do la voyelle finale n'est pas
aihilrjiiic ; elle joue peut-être, dans la conslilulion du radical
verbal, un i(~)le analogue à celui des suifixcs de dérivation
(§§ 78 el suiv.). Mais une e.\|)licalion est, ([uant à présent,
impossible.
149. Le verbe (Urusque n'a ([ue trois modes. Du moins
l'analyse des textes ne permet pas d'en distinguer davantage.
Ces trois modes sont Vindiralif, ViniprrntifoiVui/inilif.
Leur radical est idcnli(|ue. On remarque (|uelquel'ois un
changement dans la voyelle linale :
Ind. herm-u (Cia. 799). lui', herm-e-ri (ibid.).
— men-a ((1. i.'i.'JH!. — men-e (Magliano).
— hilar-eun-a ' K r.i 1 1 . \ll,:;, Gl — hilar8un-e (Krall,XlI, 3).
— caer-a (Krall, XII, 8). — caer-e ( KndI, XII, 4).
— am-a (C. 40.38). Imp. am-e (ibid. et Krall,
YIII, G, 8).
— eaur-e (C. ilIG). Inf. Gaur-a (C. 4rj38).
Ces exemj)les semblenl indi(|uer une l'elalion entre le mode
et la désinence vocalique. Mais il serait pr('maluré de l'ormulei'
une règle.
150. C'est surtout à l.i construction de la phrase que se
reconnaissent les modes. L'indicatif est toujours et immédiale-
ment suivi du sujet.
ama Veleina (C. 4538) « Velthina s'apaise ».
PRÉCIS GRAMMATICAL lOS
fusle VelSina (G. 4338) « Velthina demeure ».
mena naper ci (G. 4338) « passent deux jours ».
farn6axe Tute (F. I, 387) « Tutc est misérable ».
menitla afrs (^Magliano) « le père est traînant de marche ».
L'impératif ou bien n'a pas de sujet immédiatement exprimé,
ou bien est déterminé par une apostrophe :
acil6 ame (Ivrall, Ylll, 6, 8) « immédiatement arrête-toi ».
eiifalsti "Veleina (G. 4338) « dépêche-toi, mange, Velthina ».
cesu(F. I, 436) « sois paisible ».
151. Quant à l'infinitif, il se comporte comme un véritable
substantif :
a) il se construit avec un démonstratif :
eca... Axnias versie (Xoti-ie, 1893, p. 242). « voici le
gémir d'Akhuia » c'est-à-dire « voici que Akhuia gémit ».
eca "VelGinaGuras Oaura (G. 4338, A, 1. 20) « voici le s'em-
presser de Velthinathura », c'est-à-dire « voici que Velthina-
thura s'empresse ».
ù) il peut être le sujet d'un autre verbe :
zia satene (G. 4338, A, 1. 19) « se produit (zia) le fait d'in-
jurier (satene) ».
helu tesne (G. 4338, A, 1. 21) « s'échappe (helu) le fait de
sangloter (tesne) ».
cexa zixuxe (G. 4338, B, 1. 21) « est faible (cexa) le fait de
palpiter (zixuxe) ».
siri cimu) Gapoue, 1. 11) « crépite (siri) le fait de flamber
(cimu) ».
c) il est sujet du verbe « être » sous-entendu et a un attribut:
canzate selvansl (G. 2403) « le fait de regarder (canzate) est
trouble (selvansl) ».
pane zs {(]. i-338, A, I. 16) « le fait d'exhorter (pêne) est
pressant (zs) ».
masu acnina(G. 4538, A, 1. 17) « le fait de se détourner
(masu) est obstiné (acnina) ».
mulsle mlax (Magliano B) « le fait de passer (mulsle) est
bon (mlaxj »•
106 DEUXIÈME PARTIE
ecnia avil (Miigli.mo B) « le fait d'èlre paresseux de mâ-
choire (ecnia esl durable (avil) ».
d) comme un siibslanlif (jiii se décliiierail, il s'adjoint les suf-
fixes casuels :
fala-s xieiïi (^^- 4538, A, 13) « le goûl du manger » (fala
« manger » + suffixe -s).
alpna-s turce (F. 2603 hls) « en instance du supplier » (al-
pna « supplier » -f- -s).
paxie-s clu9i (Ga. 30) « usure du être malheureux » (paxi©
c èlrc ennuyé, malheureux » -]- s).
curiea-s clu6i (F. 2400'^ ) « usure du (Mre malade » (curiea
« être malade » + s).
spureGi apa-si (F. 2057) « la bataille allant vers le être in-
certain » (apa « être incertain » -j- si).
municl-et masu (G. 4538, A, 1. li) « il se détourne sans le
dire des paroles » (municl- « dire des paroles » -j- -et, pri-
vatil'j.
Veleina acilu-ne (C. 4538, B, 1. 8-9) « Yellhina étant avec
le l'ail (le (= en train de) s'impatienter » (acilu « s'impatienter»
H — ne comitatil').
huviGu-n (Magliano) « par le être frotté d'huile » (huviGu
« être graissé » -| — n instrumental).
ala-6 uMagliano) « à la suite du être tombé » (ala « tomber »
+ 6).
Afunas slele-G (G. 4538, A, I. 3) c à la suite du mourir
d'Al'una » (slele « finii- » -| — G).
spure-ri meGlume-ri-c enas (^Ivrall, V, 6) « paroles (enas)
qui sont pour le mêler (spure « mêler ») et pour le isoler (meG-
lume « isoler») ; le suffixe -ri[marque la destination.
Gette assimilation du verbe au substantif est particuliè-
rement digne de remarque au point de vue des affinités lin-
guistiques. G'est en effet une des caractéristiques de la gram-
maire ougro-finnoise primitive. A l'origine il n'y a pas de
différence spécili(|ue entre h' verbe et le nom. Encore aujour-
d'hui, dans b^s idiomes où la conjugaison s'est le plus déve-
lop|)ée, en hongrois par exemple et en finnois, ce principe gram-
PRÉCIS GRAMMATICAL 107
matical est encore en partie observé. On rencontre des formes
verbales employées comme de véritables substantifs et compor-
tant, comme eux, l'adjonction des suffixes casuels (Winckler,
Uralt.^p. 139).
152. Le verbe étrusque ne semble pas avoir de temps; du
moins l'analyse des textes ne permet pas d'en reconnaître.
Il ne semble pas avoir non plus de désinences personnelles, hdi
forme lupu-m, citée plus haut (§45), pourrait être à la rigueur
interprétée comme la première personne du verl)e lupu
« mourir «.Mais on peut tout aussi bien l'interpréter comme
le possessif du verbe lupu employé substantivement : « mon
mourir » (cf. § 133).
153. Négation.
L'étrusque exprime la négation do deux manières :
1° Il applique à des formes verbales des suffixes caritifs, le
suffixe casuel -eO (§ 129, n° 3) ou bien le suffixe -tla (§ 130).
D'une personne qui ne parle pas on pourra dire qu'elle elle
« sans parler » municl-ee (G. 4o38). D'une chose qui ne va
pas vite on dira qu'elle est « dépourvue de course » Gii-tal
(Gapoue, 1. 10).
On a de môme en finnois sanoma-tta « sans l'acte de dire »,
en \ogou\e joyt-tal « qui n'est pas atteint ».
2° La négation s'exprime encore au moyen d'un auxiliaire
spécial, l'auxiliaire négatif -i ou i-a (Gapoue), apparenté à un
auxiliaire analogue qui existe encore dans les langues ougro-
finnoises (voir plus haut §§ 27 et 28).
Cet auxiliaire se présente souvent, dans les textes, sous la
forme causative i-n « par le fait que n'existe pas » (n suffixe
causatif ou instrumental, voir § 129, n° 5).
OueIf|uefois l'auxiliaire négatif est renforcé par une encli-
tique -pa, -pe, -pei (cf. § 24 et suiv.). De là les formes i-pa,
i-pe, i-pei, i-n-pa, i-n-pei-n.
La même enclili({ue se reli'ouve en finnois et précisément
accolée à l'auxiliaire né^aï\ï {ei-p/i « pas n'existe »; cf. § 28).
154. GONJONCTIONS ET ADVERBES.
L'étrusque n'a pas de conjonctions de subordination. On
]()8 DEUXIÈME PARTIE
verra plus loin, dans la syntaxe, par <ju<'l |)rocé(Ié gramnialical
il arrive à s'en passer.
Il a deux conjonclions de coordinallon. La plus ordinaire est
renrlili(jae -c (Lattes, Rendiconti d. r. Ist. Loinh., août 1872,
p. 271 : Deecke, Etr. Forsch., I, p. 1-37).
an-c (F. 1, 387) » et ici -> ; cf. an (C. 4082 ; F. 2335) « ici ».
puia-c (C. 367, 37S etc.) « et la femme » ; cf. puia (C, 197,
198 etc.) « femme ».
0anxvilus-c (F. 2071) « et de Thanaqnil » ; cf. Oan/vilus
(F. III, 370) (C deThanaquil ».
L'enclilique étrusque -c peut-être rapprochée de la particule
finnoise -/<•/, -kin qui a un sens copulatif : mind-kin « moi aussi ».
155. Lautre enclitique de cooi'dination est -vie. Elle n'est
encore connue que par un seul exemple :
C. 411G Lar8ialis-vle <' ainsi que des (enfants) de Lartliia »;
-vie est très probaljlement apparenté au suffixe hongrois -ya/,
-iv/7, qui exprime la concomitance : In-vy.l « avec le cheval. »
156. Les adverbes se présentent sous plusieurs formes :
\.° ou bien ce sont des adjectifs, employés tels quels, sans dési-
nence spéciale (de même en hongrois, RiedI, Gr(U)uiiat.ik, p. 172) :
acnanasa (F. 2053) « rapide, rapidement ».
cam6i (F. I, 438) « merveilleux, merveilleusement ».
ix (C. 4538) « juste, précisément ».
mulax (Krall, VIII, 5) « durable, toujours ».
sic Krall, V, I i) « complet, tout à fait ».
vacl (Krall, Vil, 9 etc.) «convenable, convenablement ».
zil F. 1, 436<'i) « parfait, parfaitement ».
zilae(F. 2055) « id. ».
2" ou bien ce sont des adjectifs pourvus d'un suffixe casuel
(§ 129), comme cela se voit dans les langues ougro-finnoises,
(Budenz-Simonyi, p. 379 et suiv.) :
mutin-ce (Krall, V, 5) « quelque peu» ; cz-1 (C. 4538) « à
intervalle » ; a-n [C 4538) « voici, ici » ; ei-n ((i. 4201) « gran-
dement »; hur-si (Krall, Xll, 7) " à son tour »; 0anur-si (F.
803 bis « paisiblement » ; eter-ti (Krall, XII, 3) « parfaite-
ment »; paxana-ti (F. 2335'') « malheureusement ».
PHÉCIS TtHAMMATICAL 109
3° ou bien ce sont des adjeclifs augmentés d'un suffixe spé-
cialement adverbial, tel que -tnam ou -z.
e-tnam Ki-all, Y, 7; VI. o etc.) « à ce momeut, tantôt ».
cala-tnam (Krall, X, p. 3 ?.
vacl-tnam (Krall, VI, 10 ; VIII, 1) « convenablement ».
cn-tnam ^Kiall, Vil, 12; XI, 14) ?
sun-tnam (Krall, XI, 13) ?
pu-tnam Krall, X, y. 3) ?
te-z (C. 4538) « ici ».
Gun-z (F. I, 387) « rien, peu ».
esl-z (F. 2333») « uniquement».
157. Syntaxe.
Les textes étrusques parvenus jusqu'à nous sont, pour la
plupart, des épitaphes ou des inscriptions votives. Sauf de rares
exceptions, ils sont courts et de rédaction simple. Aussi la
syntaxe qu'on y observe est-elle peu variée et peu compliquée.
Il n'est guère possible d'indiquer j)our le moment qu'un petit
nombre de règles.
Ordre des mots. L'ordre des mots est le suivant :
1° Le mot indiquant une relation se met avant l'objet de la
relation.
Xurxle-s clan (F. 2071) — fils (clan) de Khurhhle.
Apena-s suGi C. 5003) — tombeau (su6i) de Apena.
SeOre-s sec F. I, 473) — fille (sec) de Sethre.
Sale-s clen-s puia (C. 40oOj — femme (puia) du fis (clen
-s) de Sale.
im-s se [Notizie, I89o, p. 339) — semence (se) de la femme
(im-s).
ec-s mené (Magliano) — le fait de remuer (mené) la mâ-
choire ec-s).
paxie-s cl8i (Fia. 30j — le moyen d'user (cl6i) le souci
(paxie-s .
su6i-ti munO (F. 2335) — la parole (munSi (jui est dite le
long du tombeau (su6i-ti).
turce "Vel Sveitus (F. 2014''') — de Vel Sceitu qui est en
instance ^turcej.
ilO DEUXIÈME PAUTIE
mi su6i-l Veleuri6ura (F. 2G03) — moi Vc/lhuritltura qui
suis à cnlr (In iDinhcnu (su9i-l).
spure-ri me6lume-ri-c enas (Krall, Y, 6) — paroles (enas)
qui so/tt pour h' nii-lfr (spure-ri) et pour le isoler meelume
-ri), c'est-à-diro qui doiccnl rire inrlées et isolées.
2" l'adjectif épithète se met avaiil le mot qiiil qualifie :
ais cemnax (Krall, VIIl, IG) — éclair (^cemna-x) yrana
(ais).
eter aias (F. I, 436''') — vnfanl (aias) excellent (eter).
man sexis (C. 3326) — petite {m.Bii) fillette (sexis).
man rivax (Magliano) — petit (man) (jr uni eau (rivax).
seis tei (Ma^liaiio) — eau (tei) fraîche (^seis).
3" Le cumplémeiil du verbe, quel qu'il soit, se met avant
le verbe :
Vel6ina-s estla (C. 4538) — songe (estla) à Velthina.
clen-si cerinu (F. 2183) — il circonscrit {cerinvi) ponr le
fils (clen-si).
a-ti nacnva(F. I, 436-^) — il se tient serré (nacnva) le long
(le celui-ri (a-ti).
avil-s ciem za9rum-s lupu (F. 2071) — il meurt (lupu) à
huit ans ciem za8rum-s) d'àqi' (avil-s).
municl-et masu (C. 4538) — // se détourne (masu) sans dire
une parole (municl-et).
mla9-ce marni (Miigliano) — // reste ^marni) dans le gosier
(mla0ce .
tur-ce alpnu LarSi (C. 2403) — Larthi supplie avec instance
(tur-ce).
4" l'adverbe se met avant le leruie qu'il modifie :
zil eter [V . 1, 436') — pleinement (zil) excellent.
zilaG parxis (F. 2055) — parfaitement (zilaO) bon.
tul eans IX. 4) — tout à fait (tul) tranquille.
marunuxva ten6as (F. 2056) — extraordinairemt'nt (ma-
runuxva) courageux.
camei eterau (F. I, 438) — // (^st merveilleusement (cam6i)
excellent .
acile ame (^Krail,VIII, 6j — arréte-toi immédiatement {q.c\\^).
PRÉCIS GRAMMATICAL 111
cepen tenu (F. 2070) — il est grandement (cepen) coiira-
fjeii.r.
an farGnaxe (F. 2327'«''"'^') — il est misérable ici (an).
mlax 6anra (Magliano) — sois bien (mlax) tranquille.
cau6as tu6iu (Magliano) — il souffre misérablement (cauOas).
eslz zilaxnGas (F. 2335 =') — accompli (zilaxneas) entre
tous.
o" Le verbe au mode personnel se place avant le sujet :
aclxa ais cemnax Krall, YIII, 16) — un éclair (cemnax)
grand (ais) est instantané (aclxa).
ama VelGina (C. 4338) — Velthinase calme (ama).
fusle Veleina (C. 4538) — Velthinareste en place (fusle).
hareutuse Veleina (G. 4538) — Yelthina est dégoûté cV ali-
ments (hareutusei.
eunxul8e falas xiei^ '^'- i538) — le goût (xiem) du man-
ger (falas) est nul OunxulGej.
mena hen naper ci (G. 4538) — deux (ci) jours (naper)
consécutifs (hen) passent (mena).
tuGiu eux (Magliano) — l'épaule (eux) soufre (tueiu).
calu se (Magliano) — peu de chose (se) est nécessaire (calu)
hineiu eues sians (C. 4116) — le maître (sians) regretté
(eues) apparaît (hineiu).
arasa eentmase (G. 48) — le petit bruit de paroles .(Gen-
tmase est fnti (arasa).
trce clen (F. 2613' — le fils (clen) est debout (trce).
alpnu Larei Leeanei (C. 2403) — Larthi Lethanei supplie
(alpnu) .
svulare Aritimi (F. 2613) — Aritimi crie à pleine voix
(svulare).
6° L'auxiliaire négatif ipa, inpa, in (§§ 27, 28, 153) se place
devant la proposition dont il a })()ur office d'annuler l'existence.
Dans la phrase ipa ama hen naper XII (G. 4538) il y a une
proposition aliirmative ama hen naper XII « le fait de se
reposer (ama) est douze jours (naper) consécutifs (hen) » ; la
formule négative ipa [n existe pas ce gui suit) détruit par anti-
cipation celte proposition alfirniativc.
1 12 DEUXIÈME PAHTIi-:
I h' iiirmc :
ia ri6nai iCapouc, I. \2) — />«v ii existe ceci : le fait de
s'élajieer est.
inpa Gapicun 'Notizie, 1895, p. 339) — par le fait que
n'e.xisir pas ceci (inpa) : ane répartition est.
in ecs mené (Maiiliano) — par le fait (jae ?i existe pas ceci
(in) : (Ir la inàchniri' le fait de rrtnacr est .
158. Accord. Il n'y a pas (TaccorcI en étrusque, puisqu'il
n'y a ni genre, ni nombre, ni cas. C'est ainsi que l'adjectif
épithèle demeure toujours invariable, même lorsqu'il se rap-
porte directcmenl à v\\\ substantif pourvu d'un suilixe de
relatiou :
alpan tur-ce (C. 437) — en instance (tur-ce) suppliante
(alpan).
cver tur-ce (Ga. 380) — en instance (tur-ce) plaintive (cver).
zeris im-s se [Xo/izie, 189.'), p. 339) — sentence [%%) de la
femme (im-s) séparatrice (zeris).
seis tei-s evitiuras (Magliano) — coupelle (evitiuras) d'eau
{tei-s) fra/clie (seis).
suGi acil he-ce ((1. 3754) — le tombeau (suGii est dans l'en-
trée (he-ce) immédiate (acil).
Dans l'expression des noms propres, le prénom est ordinai-
rement Irailé ("onime une épitbète et reste au nominatif, alors
que le gentilice est au génitif :
Avele mouiinatif) Peleara -s (génitif) mi (C. 492i).
(G. 5033).
(G. 3583).
(G. 4979).
(G. 3759).
(G. 4072).
159. 11 arrive cependant que l'on trouve le prénom pourvu
du même suffixe casuel que le gentilice, comme si l'étrusque,
au moins dans l'expression des noms propres, avait subi par-
fois l'inlluence des règles d'accord du latin ; voici quelques
exemples :
Vel
Hercle-s
Aule —
Vipi-s
Larisa —
Plaisina-s
Lare -
Velimna-s
Ame —
Tantle-s
PRÉCIS GRAMMATICAL 413
mi Avile-s Apiana-s (G. 6).
Cai, Vel-s Cai-s lautni (C. 4o40).
Larei Aule-s Zuxu-s (C. 2247).
Mamarce-s Veleiena-s (C. 4923).
Larei-al Felsn-al C. 312).
Larei-al Ceinan-al (F. I, 438).
Marce-si CaliaBe-si (F. I, 398).
Tite-si Cale-si (C. 48).
Aule-si Metelis... clen-si (C. 4196).
160. L'accord est si peu dans l'esprit de la grammaire
étrusque, qu'elle présente même cette construction singulière
d'un prénom et d'un gentilice se rapportant à une môme per-
sonne et pourvus de suffixes différents. Cette divergence est
constatée par des exemples trop nombreux pour qu'on puisse
croire à une irrégularité fortuite (voir Fabretti, StippL, III,
p. 63); en voici quelques-uns :
F. 2070 : Xurcle-s LarO-al « né de Larth Khurcle ».
F. 2071 : Arne-al Xurxle-s « né d'Arnlh Khurkhle » ;
Ganxvil-us Craci-al « né de Thanaquil Craci ».
F, III, 370 : Cuclni-al Oan^vil-us <* né de Thanaquil
Cuclni ».
F. III, 368 : Satn-al RamGa-s « né de Ramtha Satna ».
F. I, 442 : 0anxvil-us Seia6i-al « né de Thanaquil Seiathi ».
F. III, 329 : 0anxvil-us Ruvfi-al « né de Thanaquil Ruvfi ».
F. 2330=" : Ram6a-s Apatru-al (* né de Ramtha xVpatru ».
F. I, 437 : Ram6a-s Ecnati-al « né de Ramtha Ecnati ».
F. 233-j'' : 0anxvil-us Pumpn-al « né de Thanaquil
Pumpna ».
C. 195 : Arn0-al Vete-s « né d'Arnth Yete ».
C. 1304 : 0ana-s Tlesn-al « né de Thana Tlcsna ».
C. 1313 : LarOia-s Pumpu-al « né do Larthia Pumpu ».
C. 2369 : Lar6-al Scire-s clan « fils de Larth Scire ».
161. Propositions l'Ilipliqucs. Le verbe « être » n'existe pas
en étrusque. Mais si Texpi-ossion de ce verbe manque, l'idée
en est très fréquemment sous-entendue, comme cela s'observe
8
1 1 'l DEUXIÈME PAHTIE
eiu'oi'c aiijoiiidlini dans le hongrois'. Nous avons vu plus luuil
(ij lî)7, 2] (lue ladjcclir ('■|)illiôle pri'crdo (oiijours le nom aucjuol
il se rappoile. Lors(juo la conslruclion est inverso, c'esl-à-dire
(]uan(l radjectif suit le nom au lieu de le précédei', il laul
entendre ladjeclir comme un attribut, avec ellipse du verbe
« ôtre ». Le contexte indique le temps et le mode à suppléer.
Exemples (le signe = indique la place du verbe à suppléer) :
Laris Vête = oui (C. 193) — Laris Vête <iest'^ étendu
(Gui).
mi = sueina (Ga. 64*J) — moi <;> sulsy- funéraire (su-
eina).
Oana Cavinei = tuzl ((1 44) — Thana Cavinci <^a été^
bonne (tuzl).
A6. Cumere = zil (C. 1430) — Amth Cumere ■<« e7</>> par-
fait (zil;.
inun6 = zivas (F. 2335) — que la parole <.vo^7> paisible
(zivas).
masu = acnina (C. 4538) — le fait de se détourner <est>
obstiné (acnina).
pêne = zs (C, 4538) — le fait d exhorter <Ce6t^ pressant
(zs).
ca6re = ytixa. (Krall, Xll, 4) — le fait de couvrir -^^esf^ mau-
vais (ximi-
aôre = acil (Krall, XII, M) — le fait de se ramollir <Cest'>
rapide (acil).
canzate = selvansl (C. 2403) — le fait de retjarder <est^
trouble iselvanslj.
mulsle - mlax (Magliunoj — le fait de passer <iest';> bon
(mlax).
reneei ^ estac (C. 4538) — la rémission <C.est^ rapide de
eliuie I estac).
hevn -= avil (Magliano) — le tremblement <iest'^ durable
(avil).
•1. UiedI, Manyar. Graitun., p. 233. Une proposition coiimie l'Itomnic es/ antra-
fjeux se présente à la façon d'une équation Vliomme = courageux.
PRÉCIS GRAMMATICAL 115
tanna = larezul (G. 4338) — le récit <iesi^ digne d'être
connu (larezulj.
Il y a des cas où Tattribut est autre chose qu'un adjectif.
L'ellipse du verbe « être » a lieu de môme :
mi = Useles Apenas su0i (C. 5003j — moi <;e .5?/w> le
tombeau (suGij de Use le Apena.
escuna = cati (F. 2333) — quun avis <isoit^ le long de
ceci (ca-ti).
cehen = su6i (G. 4116) — ceci ■<.est'^ nn tombeau (su6i).
Vipia Alsinai = turce (F. 2182) — Vipia Alsinai <Cest^ en
instance (turce).
Tite = alpnas turce (F. 2603^'") — Tite <Zest:> en instance
(turce) de supplication (alpnas).
lupu = avils XXV (F. III, 370) — le fait de mourir <^esty>
à '25 ans d'àç/e (avils) .
curieas cluGi = iucie (F. 2400') — le moyen d'user la dou-
leur <Cest^ le boire (iucie).
fuflunsul = paxies vel cl9i (Ga. 30) — le vin <e^/> le
moyen d'user (cl0i) suprême (vel) pour le souci (paxies).
mi = spural (F. I, 106) — je <isifi'>\> provenant de la mêlée
(spur-al).
clenar ci =; vls-si (F. 2033) — les deux (ci) /ils <Csont^
partis dehors (vls-si).
162. Propositions subordonnées. L'étrusque n"a pas de pro-
positions relatives. Il y supplée par des appositions, pourvues
ou non pourvues de suffixes casuels, suivant la nuance de la
pensée. Ainsi on a :
menas cltral (Krall. YllI, 3) — en dehors de la partie laté-
rale cltr-al passage (menas). L'apposition menas équivaut à
la proposition l'elative : qui est passage ou qui sert de passage.
sacnicleri cilel (Krall. V, 0) —ci la formule (cil9l) pour le
prier. L'aj)posilion sacnicle-ri (pour le prier) é(iuivaut à la
pi'oposilion relative : qui est en vue de la prière., qui doit servir
de prière.
spureri meGlumeric enas (Krall, V, 6) — paroles pour le
mêler et. pour le isoler. L'.ippo^il ion spureri /^'y/zr le mêler)
11G DEUXIÈME PARTIE
ainsi quo l'apposition meGlumeric [pour le isolrr) représentent
la proposition relative: (juisont deslïtK'cs à rire dites en chomr
et aussi dites isolément.
sacnicstres cilOs spurestres enas (Krall, YIII, 14)
— paroles dites en ehœur de la formule com)nemée de prier.
L'apposition cil9-s [de la formule) équivaut à la proposition
relative : qui sont celles de la formule.
163. L'étrusque n'a pas de propositions conjonctives. Les
suffixes de relation, qui lui servent à exprimer les rapports des
mots entre eux (§ 129), lui servent aussi à exprimer les rap-
ports des propositions entre elles. Il applique un système qui
paraît avoir été celui de la plus ancienne syntaxe ouralo-altaï-
que (Winckler, Das iJraltaische und seine Grupjien, p. 52 et
suiv. ; Grunzel, Entivurf einer vergleichenden Grammatik der
altaischen Spraclien, p. 38). Dans ce système, la proposition
subordonnée est traitée comme si les divers éléments qui la
constituent formaient un agrégat de nature nominale. A cet
agrégat nominal s'accole le suffixe casuel destiné à marquer le
rapport de concomitance, de causalité, de but, de finalité, qui
lie la proposition subordonnée à la proposition principale.
Ainsi des phrases comme celles ci a) pendant que la mère
chante^ b) parée (jue la mère chante, c) pour que la mère chante
deviennent :
a) mère-clianter (agrégat nominal) -|- arec (suffixe de conco-
mitance i.
b) mère-chanter -\- à cause de (suffixe de causalité^.
c) mè-rc-chanter -}- eii vue de (suffixe de finalité).
L'agrégat nominal peut se composer soit d'un sujet et d'un
voi-hi' [mère-cha/iter), soit d'un sujet et d'un attribut avec ellipse
du Noi'be « être » [faiblesse <Cêtrc^ (jrande).
164. Voici (|uclques exemples étrusques :
clenar ar-ce (F. 2056) — les fils (clenar) à la fui (ar-ce),
c'est-à-dire quand les fils meurent.
neesras acas-ce (Ga. 799) — la crue d'eau (neSsras) à l'état
de chose subite acas-ce), c'est-à-dire quand la crue d'eau a été
subite.
PRÉCIS GRAMMATICAL 117
supri manin-ce (C. 53) — la volaille (supri) en possession
de petits (manin-ce), c'est-à-dire quand la volaille a des petits.
hu9 naper lesca-n (G. 48) — cinq (hu9) jours (naper) par
le fait de passer (lesca-n), c'est-à-dire comme cinq jours ont
])assé.
afun ei-n (G. 4538) — la faiblesse (afun) jmr le fait de être
grande (ei-n), c'est-à-dire comme la faiblesse est grande.
zamti mata-n (Krall, XII, 12) — le calfatage (zamti) par
le fait de partir (mata-n), c"cst-à-dire comme le calfatage part.
Veleina acilu-ne (G. 4538) — Velthina avec le fait de s im-
patienter (acilu-ne), c'est-à-dire au moment où Velthina s'im-
patiente.
lautnescle cares-ri (G. 4116) — la promesse de fidélité
(lautnescle) pour le être confirmé (cares-ri), c'est-à-dire pour
que la promesse de fidélité soit confirmée.
cerurum hecz-ri (G. 4116) — la voûte [ceT\iv\xxQ.) pour le
être solide (hecz-ri^ c'est-à-dire y;o?/r que la voiite soit solide.
neOunsl ôeze-ri (Krall, VIII, 3) — la mer (ne6unsl) pour
le être tranquille (Geze-ri), c'est-à-dire pour que la mer soit
tranquille.
clucGras cape-ri (^Krall, VIII, 9) — le placage latéral
(clucGras) pour le tenir bon (cape-ri), c'est-à-dire ^jo^^' que le
placage latéral tienne bon.
ar flere-ri (Krall, VIII, 10) — le bordagc (ar) pour le pro-
téger flere-ri), c'est-à-dire pour que le bordagc protège.
spureei apa-si (F. 2057) — la bataille (spureOi) venue au
fait de être tnauvais (apa-si), c'est-à-dire, quand la bataille
en est venue à être compromise .
mula hur-si (Krall, VIII, 9) — le fait de partir (mula) vers
le tour hur-sr, c'est-à-dire quand le partir est venu à son tour,
rivax tnuca-si (Magliano) — le grumeau (rivax) ^'^''■*'' l^
étouffer (tnuca-si), c'est-à-dire quand le grumeau en vient à
étouffer.
nunGen 6ei-vi-ti fa-vi-ti-c (Krall, V, 20) — la totalité
munGen h' long du être violent de désordre (Gei-vi-ti) et le
long du être violent de souffle (fa-vi-ti-c), c'est-à-dire pcn-
118 DEUXIÈME PARTIE
dani le temps que touL est violent de désordre et violent de vent
{= durant la tempête et l ouragan).
165. Les propositions subordonnées n'occupent pas toujours
la uiriu(> place par rapport à la proposition principale. Les
unes précèdent, ce sont celles qui ont une valeur explicative ;
les autres suivent, ce sont celles qui ont une valeur consécu-
tive ou finale. En d'autres termes, toutes les propositions
subordonnées qui sont caractérisées |)ar le suffixe de relation
-ri {en vue de) se mettent après la proposition principale.
Toutes les autres se mettent avant. Exemples de propositions
explicatives :
F. 2056 clenar ar-ce (prop. snbord.) — tenOas (prop.
princip.) = les /ils (clenar) étant à la fin c'esl-à-dire morts
far-ce) — il est rouraf/eu.r (tenBaiS).
C. 53 supri manin-ce (su bord.) — vipinal tra ul/nisla
(princip.) = la volaille (supri) étant en possession de petits
(manin-ce) — lun\s du nid (vipinal) les arrache (tra) le (juet-
teur (ulxnisla .
G. 48 hu9 naper lesca-n (subord.) — letem Gui (prin-
cip.) = cinq (hu6) jours (naper) étant passés (lesca-n) — //
est étendu (0ui) en bas (letem).
Krall. XII, 12 zamti mata-n (subord.) — cluctras hilar
(princip.) = ce qui calfate ^zamti) venant à s'en aller (mata-n i
— le placage latéral (cluctras) est ftssui'é (hil&r).
Magliano i-n ecs mené (subord.) — mlaôce marni (prin-
cip.) = comme n'existe pas (i-n) le fait de se mouvoir (mené)
de la mâchoire (ecs) — \la nourriture] reste (marni) dans le
gosier (mla6ce).
C. 4538 Veleina acilu-ne (subord.) — scune zea zuci
enesci fpiincip.) — au moment où Velthina s'impatiente
(acilu-ne I — le fait de frapjtcr [zxxci) , le fait de crier (enesci^
se produit (zea) à peine (scune).
F. 2057 spureôi apa-si (subord.) — cepen tenu ( pi incip.) —
In ha taille (spureôi) allant vers le fait d'être compromise
apa-sij — il est courageux (tenu) grandement fcepen).
Krall VIII, 9 mula hur-si (subord.) — vacl usi (princip.) ==
PRÉCIS GRAMMATICAL M 9
le fait de partir (mula) étant arrivé à son tour (hur-si) —
frappe (usi) convenablement (vacl).
Gapoue, ]. 7 le6ain sul scuvu-ne (subord.) — saca
(princip.) = au moment où le four (leeam sul) est démoli
(scuvu-ne) — il tient bon (saca).
166. Exemples de propositions finales :
C. 4116 Oaure (princip.) — lautnescle cares-ri (subord.)
=■ empresse-toi (Gaure) — pour que la promesse de fidélité
(lautnescle) soit confirmée (cares-ri).
G. 4116 ipa murzua (princip.) — cerurum hecz-ri
(subord.) = ne i^ipa) lésine pas (murzua) —pour que la voûte
(cerurum) soit solide (heczri).
Krall, VIII, 3 flerxva (princip.) — neGunsl 6eze-ri [?>\\-
hord.) = f/arantis-toi (flerxva) — pour que la mer (neGunsl)
soit paisible (Geze-ri).
Krall, VIII, 9 vacl usi (princip.) — clucGras cape-ri (su-
bord.) = frappe (usi) convenablement (vacl) — pour que le
placaç/e latéral (clucGras) tienne bon (cape-ri).
Krall, XII, 11 cexa eus (princip.) — cluce cape-ri (su-
bord.) = le bois (eus) est faible (cexa) — pour que le fait de
plaquer latéralement cluce) tienne bon (cape-ri).
Capoue, I. 4 ria (princip.) — cimcleva acas-ri (subord.) =
ouvre ria) — pour que le fait de flamber (cimcleva) soit vif
(acas-rij.
167. Propositions conditionnelles. Contrairement à ce qui se
passe ponr les autres propositions subordonnées, la propo-
sition conditionnelle ne comporte aucun suffixe caractéristique.
Elle se présente sous la forme d'une proposition principale,
qui se juxtapose à une autre proposition principale en la pro-
cédant.
Exemples :
F. 2613 trce clen (pi-incip.) — cexa (princip.) = si le fis
(clen) est debout itrce) — il faiblit icexa .
F. 2599 tlenaces (princip."! — cver (princip.) = si on le fait
plier du genou (tlenaces i — /'/ est plaintif [ovev).
C. 446 menaxe clen |)riiicip.) — cexa tlenaxeis (princip.)
120 DEUXIÈME PARTIE
= si le fils iclen) inarcJw (menaxe) — l'ar l'uni alion df^ ploie-
ment (tlenaxeis) faiblit (cexa).
Magliano ecnia avil (princip.) — mimeni cac (princip.) =
.Si la paresse de mâchoire (ecnia) est durable (avil) — la nour-
riture (mimeni 1 sera une pâtée (cac).
Magliano suri teis evitiuras (princip.) mulsle mlax (piin-
cip.) ^=^ si est versée (suri) une coupelle (evitiuras) d'eau (teis)
— le fait de passer (mulsle) sera bon (mlax)-
G. 4r>38 hinOa (piin(;ip.) — cape masu (princip.) = s'il voit
(hinOa) voici (jue (cape) Il se détourne (masu).
TROISIÈME PARTIE
TEXTES TRADUITS ET COMMENTES
168. Pour abréger le commentaire des textes qui vont suivre,
voici quelques indications sur la re'daction des épitaplies. Les
noms propres qui les composent présentent le plus habituelle-
ment les dispositions suivantes * :
A — 1° prénom, entier ou abrégé ; 2° gentilice, seul ou accom-
pagné d'un surnom " :
V. Secu (C. 334). Vel Vete-Lusce (G. 194).
Vel Petinate (G. 615). Vel Vipi-Veru (G. 544).
Lare Plance (G. 340). La. Tites-Crespe (G. 414).
0ana Reisnei (G. 342). Laris Tites-Visce ((^. 416).
0ana CeGurnei (G. 525). Vel Hemni-Viskesa(G.411).
Ganxvil Veieurni (G. 1123).
169. 1] — 1° prénom, entier ou abrégé; 2° gentilice, seul ou
avec surnom ; 3" prénom paternel :
G. 519 Vel Sapice Aules (fils d'Auie).
C. 2335 Aule Oucerna Aules (fils d'Ati/e).
1. Voir E. Lattes, Le formole onomas/ir/ie delV epif/rafia clrusca (Memorie del
r. l.slit. lombardo, vol. XIII, .'}].
■2. Je joins le surnom au gentilice par un trait d union.
122 TROISIÈME PARTIE
G. 1172 Le. Puntna Velus (fils de Vei).
C. 18-; Aule Vête Velsa (fils de T>/; cf. § 118).
G. 1174 Lare Peena Seeresa (fils de Sethre).
G. 507 Vel Vuisini Arneal (fils iVAnith).
G. 349 Arne Arntle-Vescu Arneal (fils (ÏArnth).
170. G. — 1° prénom, entier ou abrégé; 2° gentilicp, seul
ou avec surnom ; 3° nom maternel :
G. 2o0 Laris Sesctna Lumscial (né de Lumsci).
G. 477 Le. Tetina Latinial (né de Lalini).
G. 280 Larei Cainei Guricial (née de Tluiricï).
G. 1076 0a. Remznei Cezrtlial (née de Cezrtli).
G. 210 L. Aneini Prumaenal (issu de Priimatlina par sa
mère),
G. 410 Lart Heimni-Viske Tutnal (issu de Tutna par sa
mère).
G. 296 Larei Pumpui Xeritnal (issue de Kheritna par sa
mère).
171. D. — 1° jrrénorn, entier ou abrégé ; 2" geiitilice, seul ou
avec surnom; 'i" prénom i^aternel, entier ou abrégé; hP nom
maternel :
G, 265 A. Leone A. Amenial (fils à'Aimth et à'Amthni).
G. 97 A. Saucni A. Ranazuial (fils à' Arnth et de Ranazui).
G. 276 V. Leone V. Sesctnal (fils de Vel et d'une Sesctna).
G. 967 Lare Tite Arneal Velsial (fils d'Arnth et de Velsi).
G. 179 Arne Vête Amealisa Caias (fils (ÏArnth et de Caia).
G. 180 Lart Vête Arneal Caialisa (frère du précédent).
G. 186 Lare Vête Larealisa Cainalisa (fils de Larth et d'une
Cahia).
G. 1814 Arn. Seiante-Trepu Arneal Afunal (fils (YArnih
et d'une Afuna).
172. R (femmes mariées) — 1° prénom^ entier ou abrégé;
2" 7iorn dérivé du gentHice paternel à l'aide du sulïîxe -i (voir
§ 104) ; 3° r/entilicr du mari :
G. 1265 Laei Heli Cicus (femme de Cicu).
I
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 123
C. 4ilo Larei Petrni Cestnas femme de Cestna).
G. 1813 0ana Afunei Sentinates (femme de Sentinate).
C. 275 Oanxuvil Sesctnei Lecnesa (femme de Lecne).
C. 1816 Hasti Afunei Ciipsnasa (femme de Cupsna).
C. 2188 Oana Vetui Ahnisa (femme iïAhni).
173. Quelquefois on ajoute l'indication de Tascendance
maternelle, soit en doublant le nom dérivé du gentilice pater-
nel d'un surnom dérivé du gentilice maternel, soit en rappe-
lant le nom de la mère après le nom du mari :
C. 1061 LarGi Pulfnei-Perisnei Papasla (fille de Pulfna
et d'une Perisna, femme de Papa'.
G. 1462 Oania Velsi Tlesnasa Calunal (fille de Vel.si,
femme de Tiesna, née d'une Caluna).
174. La plupart des épitaphes sont au nominatif, comme le
sont la plupart des épitaphes latines que l'on trouve dans les
nécropoles étrusques. En disant d'une épitaphe qu'elle est au
nominatif, j'entends que le gentilice est au nominatif.
Il y a aussi des épitaphes au génitif, la sépulture pouvant
être considérée comme la chose, la propriété du défunt. On
trouve de même des épitaphes au génitif parmi celles que les
Étrusques ont rédigées en latin (C. 861, 896, 982, 1013, 1014,
1140, 1469, 3349, etc.). Dans l'épitaphe au génitif, c'est le geti-
tilice qui régulièrement porte la marque du génitif, c'est-à-
dire le suffixe -s (§ 129, 8). Les appositions qui complètent
l'état civil {prénom, patronymique., mêtronymique., swmom)
restent ce qu'elles sont dans les épitaphes au nominatif.
Ex. :
G. 416Laris (prénom' Tite-s (rirufilice) Crespe [surnom).
G. 33ol Velea \pr.) Vipi-s \(j''iH.^ Larisal \paironijm.).
G. 3759 Lare [pr.) 'Velimna-s [gent.) Aule-s patronijin.).
175. Quelquefois pourtant, dans les épitaphes au génitif, le
génitif du gentilice entraîne soit le génitif du prénom, soit le
génitif du surnom. Il y a là probablement quelque inllucnce
des règles de l'accord latin (voir §§ 158-160). Ex. :
G. 6 mi Avile-s [py.) Apiana-s [gent.).
G. 4306 Aule-s (jor.)Cneve-s(,'7e;?/.) Larisalisa(;?a^rowym.).
124 TROISIÈME PARTIE
C. 39i') Vel {pr.) Tite-s {gent.) Marcna-s [sitm.)
C. .'^i)48 ArnG 'pr.) Vipi-s [fi^nl.) Vercna-s isum
176. ('. 81 isiir lin couvercle de sarcophage) :
Av. Lecu. ril. LXXX.
Aille Lecu; 80 ans.
Av. abréviation du prénom Aule.
Lecu, gcntilicc du défunt.
Ril est un mot qui se rcnconlre principalement dans la
région de Volterra; il est toujours accompagné d'un
chiffre ' :
C. lî> A. Ceicna. Caspu. L. Curial. ril. XX.
C. 4C. 0ana. Fulnai. S. ril. XXX.
C. :)G Ravntu. Armni. ril. LXXXV.
C. 108 A. Trepi.ril. LXV.
Comme on la reconnu depuis longtemps ", ril ne peut guère
avoir d'autre sens que celui de « année ». La contre partie des
épilaphes étrusques ci-dessus citées nous est donnée par des
épitaphes en latin, provenant des mômes nécropoles :
C. 24 : .4. Caecina Selcia, anno.s Xfl.
G. P)4 : Ar/nfinia, L. f. ann. IV.
C. 77 : L. \'rfiiii\, L. f. Philunicus^ annorum XLV.
C. 87 : Pa/jiria, C. f. annoriini LXXVH.
Contrairement à ce qui se passe en latin pour anmis, ril est
invariable. Une particularité analogue s'observe en allemand
dans l'expression des [)oids et mesures. Dans les langues
ougro-finnoiscs l'invariabilité des substantifs après les noms de
nombre est la règle et la variabilili' l'exceplion ^
1. L't'pitaphe C. l'il fiana. Cainei. ril. leine L, publii'c ilaprès une copie de
Lanzi, est certainement fautive. Ril ne peut pas iHre séparé du rhiiïre. Le mot
doit se lire après leine.
2. Corssen, Sprachc d. Eh-., I, p. :iS4.
3. Winckler, Da.t iirallaische und seine Gruppen, p. 110 : « Die Cardinalzahl-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 125
Ril peut èlro considéré comme formé du radical *ri (cf.
Capoue : ri-a) et du suffixe nominal -1 (§ 109). Un radical appa-
renté à *ri se retrouve dans les mots finnois roi-kii « trou,
ouverture », rai-no « déchirure, coupure », roi-la « division,
incision, section » (Donner, IIJ, p. 85, n" 968). Le sens propre
de ril serait donc « coupure, section, division » ; d'où le sens
de « division du temps, année ».
177. C. 102 (sur un sarcophage) :
S. Sveitu. L. avil. ril. LXV.
Sethre Sveitu, fils de Larth. Age 65 ans.
S. abréviation du prénom Se6re.
L. abréviation de Lar9-al né de Larth^ c'est-à-dire né de
Larth Sveitu.
Avil âge ou âgé de, sens depuis longtemps entrevu (Corssen,
Sprac/ie der Etr., I, p. 286). Le mot est formé à l'aide du suffixe
nominal -1 (§ 109), vocalisé en -il (cf. ac-i-1, vac-i-1). Le
thème *av se retrouve dans av-en-ce (F. 2340), ainsi que dans
les noms propres Av-ei, Av-ei-ni, Av-ile, Av-usnei (cf.
Schulze, Latein. Eigennamen, p. 348j.
Comparer le hongrois ai^-xs, ov-rs « rance », olv-ûI-, ov-ùl-
« rancir, moisir » ; lapon oh-ine « vieux » ; finnois atn-mo{= *av-
7no) « temps très ancien » (Budenz, p. 831, n° 917).
"SLiX année \ voir l'épitaphe précédente (§ 170).
wiirter siud siiigularnomiiia, wclclit! der Regel nach adiioiiiiiial vor das
l)etrellende Substantiv treten, welches natiirlich singular bleibt, ausser \vo oine
besondere Vcranlassiing zum Plural vorllegt. » — Riedl, Maqyar. Gramnmli/c,
p. 220 : H Nach den sowohl bestiininton als unbestimmten Zahlwôrtern und allen
Mchrzeit bedeiitenden \V('irtern, wenu dièse als Attrlbiita gebraucht werden, sleht
das Attributiv im Singular.
12G TROISIÈME PARTIE
178. I\ 2073 (sur u no urne riiiioraire) :
... Pepna. Ruife. Arôal. avils. XVIII.
Pepna liuifc, /Us iC Arth] iS ■<.ans'^ d'à(/e.
Kn tôle de répilajjlio il dovait y avoii- nti prénom, qui a dis-
paru.
Le ihMinil poiiait le nom do Pepna, gontilice connu (cf. F.
2079, 2335 c) ol le surnom {\i' Ruife.
Ar6al ost lo pronom Ar6 (varianio de Arnô), pourvu du
sullixo casuel -al, indi(iuant la provenance (§ 129, n" 1). Arô-al
désigne le père.
Avil-s, iionilif de avil %<?; voir Tinsciiption précédente
(§ n^j.
179. F. 210!) (sur un sarco|)haij:o) :
Laris. Se6res. Graciai, avils. XXVIII.
<iTomheati'> de Laris Srl/irc, iir de Craci ; '28 <Cans\;> d'âc/e.
Laris, prénom au nominalif. C'esl un doublet de LarG,
comme lo prouvent les o|)ilaphes de la famille Vête à Sionno,
où l'on a lanlôl Lare Vête (G. 182, 186, 187), tantôt Laris
Vete(C. 183, 184,189, 192). Lar-OetLar-is dérivent tous deux
du même l'adicul Lar. L'un a lo suffixe -0, oomuio cil-6,
far-6, zila-e, 5(iin-6 (cl. vj 120 ; l'autre aie suJlixe tliminutif -is
(>; 108), comme parx-is, sen-is, sex-is. Laris ost un diminutif
de tendresse.
Seôre-s, génitif do Se6re. Pour l'emploi du iiénilif dans les
éjiitaplios, voir plus liaut§ 174.
Se8re est d'ordinaire un prénom. Mais ici il sert de gentilicc;
^h' moine dans C. 2727 Vel Seôre.
Craci-al, nom do la môro, Craci, avec le suffixe de prove-
nance -al (cf. il; 129, n" 1). Craci est un nom de femme déiivé
do Craca (C. 3099; cf. Crac-na C. 68, 69). Pour le suffixe -i et
la formation des noms de femmes, voir § 104.
Avil-s, voir§ 177.
TEXTES TFUDLUTS ET COMMENTÉS 127
180. F. 2071 (sur un saicophage) :
Lare. Xurxles. Arnôal. Xurxles. Oanxvilusc. Graciai,
clan, avils. ciemzaerms. lupu.
<CTombeau f/^>> Larth Klmrkhle, fils (fArnth K/iurkh/e et de
Tlianakhvil Craci. U meurt à huit ans (rage.
Lare Xurxles. L'épilaphe est au génilif; voir § 174. Sur un
autre sarcophage provenant du même tombeau, le gentilice
Xurxle est orthographié Xurcle (pour la permutation du c et
du Xi voir § 68). La re'pélition de Xurxles est singulière. D'or-
dinaire on se contente de donner le prénom du père, le gen-
tilice étant le même pour le père et le fils. Le second génitif
Xurxle-s dépend du substantif clan.
Arnôal, prénom du père, Arn9 avec le suffixe casuel -al
(§ 129, n" 1). Remarquer la construction Arn0al Xurxles. Le
prénom et le nom se rapportent l'un à l'autre, mais il n'y a
entre eux aucun accord grammatical. Le prénom est pourvu
du suffixe -al et le gentilice est pourvu d'un autre sutlixe casuel,
le suffixe -s. On retrouve une construction pareille dans les
deux mots qui suivent, Oanxvilusc Graciai; seulement cette
fois, la disposition des sulfixes est inverse; c'est le prénom qui
est au génitif et c'est au gentilice qu'est accolé le suffixe -al
(cf. §160).
0anxvilus-c, génilif de Oanxvil, prénom féminin, équiva-
lant au Tanaqu'il des légendes romaines (Tite-Live, I, 34; cf.
Fabretti, Glossarium, p. 622). L'u de Oanxvilus provient de la
vocalisation de la liquide; on a de même le génitif "Vel-us =
Vel-s (cf. § 41). Le -c final est l'enclitique de coordination
Graci-al, gentilice maternel. Voir l'inscription précédente
(§ 1-9).
181. Clam fils. Le sens a été depuis longtemps déterminé
(Fabretti, Glossarium, p. SrjS et suiv.). D'après l'étymologic
ougro-finnoise, le mot signifie proprement t/ui a l'organe viril,
d'oCi mâle, enfant mâle; cf. finnois kil-ha « membre viril » ;
ostiak kil-a » id. » (Donner, I, |). 70, n° 236). Le suffixe -n
dans *cl-n est un suffixe do dérivation (§ 113, 2\ que l'on
\'2S TKOisii;.Mi: pahtie
rotronv(\ <'ii nduouIc cl en osliak, alleck' au //o///^v? />ovsr'.v.vor/.v
/,arr-/i ■ (|iii a dos piciTPS » de /r/y « piorro » : lilr-n <• (|iii a
une finie » (!(•///<' àiiic H '|{ii(I('n/,-Siiii<iii\ i. |t. :2(»l . Au lien de
clan on liouvc souvcnl clen. I tic inscrij)lion du territoire de
l'alcrii |)r(''scnlc nu''mc la l'urnic clin-si (C. 8420). L'instabilité
d(^ la voN'clle ne pcrniel pas de dclcrniincr la voyelle du Ihcnic.
Avils, voir >; 177.
Ciem za9rm-s, Im'il <ans^. L'expression nuuK'rique est
au |;cnilil" suivant lusiige ordinaire des é[)ilaplies. Celte expres-
sion comprend l'adjectif ci-em défccLucux de deux et le
nombre zaBrm drr (§ 14G). Sur cet emploi de la mélhode sous-
Iraclivc voir J::; 14.").
Lupu // meurt ou // est mort. Le verbe a pour sujet le nom
du délunl sous-entendu. Lupu esl à rapprocber du linnois
loppu « lin, terme extrême » ; loppu- « se terminer, cesser,
mourir »; loii-uHinen « dernier » ; lopu-.ssa « à la fin ».
182. \ . S])]. 111, 370 (sur un couvercle de sarcophage :
Vel6ur. Larisal. clan. Cuclnial. Oanxvilus. lupu. avils.
XXV.
Velthur, /ils nr de Iju'is <Cet^ de Tliuiut/,liril Cm lui. Lr
mourir <C« été'^ à rùf/e <"«?/'>■ *25 ans.
Vel9ur est un prénom (0. .Miiller-Deecke, Etrusker, I, p. ir)4,
n " G;. Le mot est composé du prénom Vel et du substantif 9ur,
qui est l'équivalent phonctifiuc (s^i; 64, 71) du bon^rois sor
(( ran|i\ rangée, ligne, suite » (IJudcnz, p. '{47, n" 359). Vel-6ur
signilic donc lii/uri- de IW. On a de même les pi'énoms com-
posés Lar-eur (C. 4484, (>l Arn-Sur ((1. 4036); cf. Scbuize,
Latein. F/K/cnnum.. p. 200. \a\ pers(Hinage n'a pas de gentilice,
sans doulc pai' suilc d'un (niMi du Ia|ii(id(\ Mais le sarcophage
|)rovienl ijune sf'puitiii'c de laiiiilic cl se liouvait mêlé à
d"aiilic- sarc(tpjiaues |)oilanl Ions le g<'nlilice Partunu ou
Partiunu.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 129
Laris-al nr de Laris. Pour la forme Laris cf. i; 179.
CldJQ. fils; voir § 181.
Cuclni-al ôanxvilus, nom et prénom de la mère du défunt,
Thanakhvil Cucini. Contrairement à l'usage ordinaire, le pré-
nom est après le gentilice; de même F. III, 368 Satlnalc
Ram6as. Le prénom et le gentilice, quoiquélant liés, sont
atlectés cliacun d'un suliixe de relation différent; sur cette
construction, voir § 180 Gan^vilus Graciai (cf. § 160).
Lupu, mourir (§ 181j. Le verbe est ici employé substantive-
ment comme sujet d'une proposition (§ 151). S'il était employé
comme un verbe, il serait précédé du complément avils
XXV. Dans la proposition lupu avils le verbe « être » est
sous-entendu (cf. § 161).
183. G. 193 (sur un sarcophage) :
Laris. Vête. Gui.
Laris Vête <^est^ couché.
Laris, forme diminutive du prénom Lar8 (voir § 179).
Vête, gentilice (cf. C. 183, 184, 189, 192).
Gui, formule usitée dans les épitaphes de l'Etrurie centrale et
qui païaît proj)re au langage funéraire; car on la trouve surtout
sur des tombeaux. Le plus souvent le mot est seul, comme ici,
avec des noms propres, qui le précèdent, ou plus rarement le
suivent :
G. 174 Larei. Putrnei. Gui.
G. 467 Lar9i. Gais. Oui.
G. 2o74 Gui.Lart. Petrni. LarGalisa.
G. 4G23 Gui. ArnG. Atini.
Le mol Gui, n'étant jamais accompagné d'une indication
d'âge, n'exprime pas une idée analogue à celle de vixit ou mor-
luit\ est. Ge n'est pas non plus un adieu ou un souhait, parce
(|u'un lu leiiconlre parfois nu milieu d'une [)lirase et loin
d'un nom |)ropre, disposiliou (jui exclut l'hypothèse d'une apos-
130 TROISIÈME PARTIE
trophc (C. 49 ; 4539). Serait-ce un démonstratif? Un démons-
tratif *0u serait à la grande rigueur possible (cf. finnois ^^e, si
« celui-là » ; mordvine sr/ ; votiak so) ; mais on ne voit pas
comment rendre compte de la désinence -i. Et puis on a déjà
trois types de démonstratifs (§§ 134, 135, 136). Un quatrième
type n'est guère vraisemblable.
Gui peut être rapproché du finnois hoj-o « quelque chose
d'allongé, d'étiré, qui n'en finit pas, nonchalant, indolent »
(Erwast, Finnisch-deutscJies Worterbuc/i). De là le sens de
couché, ('fendu. Le mort, dans son tombeau, est assimilé à
une personne qui dort. Pour le 6 initial, voir § 71.
Lorsque l'adjectif Gui est placé après le nom propre, il faut
le considérer comme un attribut et sous entendre le verbe
« être » (§ 161). Lorsqu'au contraire Gui précède le nom propre,
il est épithète. L'épitaphe C. 4623, citée plus haut, se traduit
ainsi : Arnth Ati?ii couché.
184. C. 181 (sarcophage) :
Lare. Vête. AruGalisa. Sui. Lare. Vête. line.
Larlh Ve/c, /ils d' Arnth <^esi^ couché. Larth Vête, sois en
paix.
Lare Vête, voir l'inscription précédente.
Arnealisa désigne le })rénom du père. Il équivaut, pour le
sens, à Arneal, d'où il dérive. Une dérivation de Arn0-al peut
paraître singulière, la désinence -al étant un suifîxe casuel,
quelque chose, par conséquent, d'essentiellement séparable.
Mais par suite de l'emploi presque continuel des formes en -al
dans l'onomastique étrusque, il est arrivé que des mots comme
Arneal, LarOal, sortes d'ablatifs d'origine, ont fini par être i
assimilés à des nominatifs. Le suffixe, primitivement mobile, j
s'est, à la longue, soudé au radical et de la soudure des deux '
éléments est résulté un radical nominal nouveau, Arneal ou
Lareal, susceptible, à son tour, de modifications au moyen de
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 131
suffixes secondaires. Ici le suffixe secondaire est -sa, qui sert
à former des adjectifs qualificatifs (cf. § 118). Aru6alisa signifie
proprement qui a la qualité de fils d'Arnth. L"i entre -al et -sa
provient de la vocalisation de la liquide.
Oui couché (§ 183). Le verbe « être » est sous-entendu (§ 161).
Lar9 Vête Une ne peut pas être autre chose qu'une apos-
trophe au défunt. C'est le seul moyen d'expliquer la répétition
du nom propre. Naturellement on n'a pas répété le patrony-
mique Arn0alisa, qui n'a que faire dans une apostrophe.
185. Line, variante graphique de leine, que l'on retrouve
dans d'autres épitaphes (C. 57, 66, 73, 88). On a de môme
Anini (G. 168) et Aneini(C. 203, 206, etc.), Avini «G. 3983) et
Aveini (G. 425), Vize (G. 2195) et Veizi-al (G. 1918). Line
(= leine) est un verbe dérivé du thème *lei, lequel est appa-
renté au finnois lai-ska^^ inerte, flasque, indolent», ainsi qu'au
hongrois l^xi-Ja. « paresseux, inerte, nonchalant » (Donner, III,
p. 187, n" 1071). L'apostrophe line ou leine est un souhait
de repos, analogue à celui des formules funéraires latines bene
adquiescas (Dessau, Inscr. lat., II, 2, n° 7960) ou ossa tibi bene
quiescant [Ib., n" 8151). Le verbe lei-n-e est formé à l'aide du
sulfixe de dérivation -n (§ 84).
186. G. 707 (sur un couvercle de sarcophage) :
Au. Latini. Arnal. cesu.
Au le Latini, né d'Arnth. Sois en 7'epos.
Au, abréviation ordinaire du prénom Aule.
Latini, gentilice connu par de nombreux exemples (cf. G. 699-
705).
ArnOal, né d'Arnth; voir plus haut, § 180.
Ces-u est à rapprocher du finnois kes-il « doux, apprivoisé,
paisible » (Budonz, p. 8, n° 12), d'où le sens de être en repos. Le
verbe cesu no peut pas avoir pour sujet le nom propre qui
précède, parce qu'en étrusque le sujet se place après le verbe
132 TROISIÈME PARTIE
au mode poisonnel (§ 157, 5). Si l'on veut faire de cesu un
indicatif, il faut supposer que le nom propre est sous-entendu.
Il est plus naturel d'interpréter le mot comme un impératif
soispn repos^ ^;r/^wa.v, équivalant, pour le sens, au souhait Une
de l'inscription précédente (§ 185).
187. V . 1, i'i') (sur un ossuaire) :
Ram9a Zertnai oui cesu.
liatnlha Zcrlnai 'Ces/y- couchée. Sois en repos.
RamSa, prénom de femme.
Zertnai, nom de femme, formé par l'addition du suffixe -i
au genlilice Zertna. Yoir sur cette formation § 104.
Gui couché; voir !^ 183. Ellipse du verbe « être » (§ 161).
Cesu sois en repos; voir § 18G.
188. F. 2031 (sur un tombeau) :
eca su6i LaOial Cilnia.
6'erz <^'.s^> un tombeau . Ciliiia née de Lathi.
Eca ceci^ démonstratif depuis longtemps reconnu pour tel
(Fabretli, Glossnriuui, p. 3.5i). Le mot est foi'mé de la combi-
naison de deux parliculcs démonstratives, la |)arlicule e (voir
^ 134) et la particule ca (§ 135).
189. Su-6i est un mot très commun dans Tépi^^raphie
étrusque. Le sens de sépulture lui a été depuis longtemps attri-
bué (Fabretti, Spl. I, p. G2; Miiller-Deecke, II, p. 511). Le mot
est formé à l'aide du sufllxe nominal -6i (§ 122), que l'on
retrouve dans clu-6i, spel-Oi, spure-6i, falza-9i. Le thème
*su est apparenté à une racine qui exprime l'idée de feu dans
plusieurs idiomes ougro-finnois : finnois su-ii'i- a être allumé »,
su-tii-tu- « allumer » ; zvrénien so-t- « brûler»; voliak su-t-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 133
« brûler » ; tchérémisse so-ta « brillant >> ; hongrois sû-i- « cuire,
rôtir », s((-f- « paraître, luire, brûler » (Budenz, p. 357, n° 374;
Donner, I, p. 175, n° 618). Su6i signifierait donc chose brûlée
et par extension tombeau^ le terme appliqué au contenu de la
sépulture finissant par désigner le contenant, c'est-à-dire la
sépulture elle-même. L'emploi d'un mot comme su-9i implique,
au moins à l'origine, le rite de l'incinération, dont l'usage, du
reste, a toujours subsisté en Etrurie, même après la prédomi-
nance de l'inhumation.
Laei-al, née de Lalhi , (i%\ une variante de LarGi-al (Fabretti,
Glossarium, p. 989).
Cîluia, genlilice de la défunte. C'est une variante de la forme
Cilni (F. 2031 Cilni-al) et de la forme Kilnei (C. 408). Le
même gentilicc se retrouve dans le nom de Cilnius Maecenas.
190. F 2602 (sur un cippe funéraire en forme d'édicule) :
ecasuOi. Oanxvilus. Masnial
Ceci <,est^ un tombeau. <// appartient «> Thanakhvil née
de M as ni.
Entre cetle épitaphe et la précédente il n'y a qu'une très
légère différence de rédaction. Le nom propre est au génitif au
lieu d'èlre au nominatif. Pour la forme 0anxvil-u-s voir
§i! 41 et 180.
Masni-al, née de Masni, peut indiquer aussi bien l'ascen-
dance maternelle que l'ascendance paternelle. Masni ligure
dans une autre épitaphe (C. 1621), où il est précédé du prénom
VeL Mais comme Vel peut être soit un prénom masculin soit
l'abréviation du primom féminin Velia (Fabretti, Glossarium,
p. 1905), on ne peut j)as dire s'il s'agit d'un homme ou d'une
femme.
134 TKOISIKME PAHTIE
191. (^. ri (sTir lin convorclo d'ossuaire) :
mi Lavsies
Moi 'Cje suis'> appartenant à Lav.sie.
Mi, pronom de la 1"' personne (cf. i;!^ •^*^> •'! l'52), sujet dn
verl»(' " rire » sous-entendu .î^ IGl).
Lavsie-s, génilif de Lavsie.
192. C. r»003 (sur le linteau d'une porte de tombeau) :
mi Useles Apeuas su6i
Je <.sMï5> Ir tomhcan d'Uscle Appna.
Mi 7noi (§§ 30, 132), sujet du verbe « être » sous-entendu
(§1G1).
Usele-s, génitif de Usele, gentiliee qui nest connu que par
cet exemple. C'est peut-èlre la forme étruscisée du nom sabin,
qui a donné naissance à Aiiselins, foi-me originelle de Aurelius
(Schulze, Latf'in. Eigennam., p. 468, noie 4). Usele fait ici
olTico de prénom. Pour Taccord avec le gentiliee voir § 158-160.
Apena-s génitif de Apena. (^e gentiliee, dont on n'a pas
d'autre exemple, n'est probablement qu'une variante du gen-
tiliee Apina (C. 200 Apinal). Pour la permutation de Te et de
l'i, comparer les variantes Fnesci et Fnisci, Vescunisa et
"Viscunisa, zea el zia (§ rjrr.
Le génitif Apena-s dépend de su6i tunihcau (voir § 189).
193. F. 2183 (sur un cippe funéraire en forme d'édicule) :
eca. su0ic. Velus. Ezpus. clensi. cerinu.
Ci'ci ainsi que le tombeau appartient à Vel l\zpu. îl -^^l'y^a
circonscrit pour <i.so7i^ //A.
Eca ceci; voir plus haut s; 188. Le démonstratif désigne le
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 135
cippe sculpté qui porte Tinscription et qui se trouvait soit au-
dessus du caveau funéraire, soit près de l'entrée.
Su9i-c et le tombeau. La désinence est la particule copu-
lativc -c (§ 154). SuGi désigne la sépulture proprement dite,
dont le cippe n'est que l'emblème.
"Vel-us, génitif du prénom "Vel. La forme Vel-us est pour
"Vel-s (§ 41). L'u est amené par la résonance de la liquide; de
même plus haut Oanxvilus (§ 180). Le génitif du prénom est
amené par le génitif Ezpu-s du gentilice Ezpu. D'ordinaire le
prénom est traité comme une épithèle et demeure invariable
(voir § 158-180). On n'a pas d'autre exemple du gentilice Ezpu.
Il y a ellipse du verbe « être » (§ 161).
Clen-si /Joz^r le fils. La désinence -si est le suffixe marquant
la destination (§ 129, 9). Clen est une variante graphique de
clan (voir plus haut § 180). Pour l'équivalence de l'a et de l'e,
voir i^ 55.
Cerinu // circonscrit ou // a circonscrit] le tombeau est consi-
déré comme un enclos réservé, comme une enceinte. Le verbe
cer-in-u est formé du radical cer et du suffixe de dérivation
verbale -n (§ 84). Pour le sens de cer, cf. hongrois kâr-âk
« cercle, rond »^ kâr-ing- « tourner en rond » ; linnois ker-i
« périmètre » (Budenz, p. 18, n" 25; Donner, I, p. 47, n° 167).
Du même radical cer dérivent les verbes cer-ix-u (F 2335) et
cer-ix-u-nG-e (F 2600"-^).
194. C. 4540 (sur une stèle funéraire) :
suGis. eca. penGuna. Cai. "Vels. Cais. Gares (?). lautni
D'un tombeau voici l'acis. Cai affranchi [?) de Vel Cai...
SuGi-s, génitif (§ 129, 8) de suGi tombeau (§ 189). Le génitif,
dépend du substantif penGuna.
Eca voici ou bien ceci <est>\ cf. §§ 188, 190, 193.
PenGuna avis, avertissement, variante de penGna (G. 4538,
4082). L'u est épenthétique. On distingue dans le mot : 1" le
136 TROISIÈME l'AKTIE
siilfixc nominal -na (§ H 4) ; 2" le suflixe de dérivation verbale
-e (§ 87); 3" le thème pen (cf. C. 4538 pêne), apparenté an
finnois pemi- « allirmer, avcrlir, exhorter ». L'avis indiquant
la proximité du tombeau est sans doute une invitation au
silence, afin que le mort ne soit pas troublé dans son repos.
Cai est proprement un prénom (Fal)retti, (ilussariuni). Mais
ici le prénom sert de gentiiice. L'emploi de Cai ^enlilice est
attesté par l'addition du prénom Vel-S devant Cai-S ; de même
C. 3353 Se. Cai = Scthre Cai. Le défunt désigné ici par Cai est
un aiïranchi, qui a pris le nom de Vel Cai, son patron. Vel-s
Cais, génitif de Vel Cai, dépend de lautni. Pour l'accord du
prénom Vel avec le gentilice Cai, voir §§ 159 et 175.
Lautni affranchi ou client. Malgré les observations de Pauli
[Etr. ForscJi iind Stud., IV), le mot |)araît bien correspondre au
latin lihci'tus dans les deux inscriptions bilingues qui suivent :
G. 1288 : Leucle. «pisis. lavtni
L. Phisius /. JaiucI.
G. 3692 : A>. Scar/n/s Scarpiac l. pnpa
Larn6. Scarpe. lautni
Lautni se ramène à un radical *laut, qui a peut-être '
quelque rapport avec le finnois luot-ta- « avoir confiance, don-
ner sa foi ». En recevant sa liberté l'esclave reste attaché à la
personne de son ancien maître par un lien moral. Sa foi est
comme engagée. Il a des obligations à l'égard du patron.
La lecture de Bares est incertaine : il y a doute pour le 6
initial. Le mol peut être ou un nom propre surnom de Taf-
ranchi Cai ou un partici[)e passif en -es (§ 101) se rapportant
à lautni.
1. Pour ntre plus afiinnatif, il faudrait savoir exactement à quoi correspond en
finnois le groupe étrusque au (voir § 65).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 137
195. C. 4082 (sur une piorre qui paraît avoir servi de montant
de porte) :
cehen cel tez an pen9na 0aurus 6anr.
Ceci <iest^ une .sépulture \ voici un avis '.affairé^ <isfjis\>
doux (cest-à-dire toi c/ui as à faire ici, va doucement).
Cehen, démonstratif qui paraît être particulier à la région de
Pérousc (cf. C. 4116, 4561). Il est formé du radical ce ou ca
(voir ,^ 13o) et d'une enclitique hen (§ 13o). Cehen est le sujet
du verbe « être » sous-entendu (§ 161).
Cel sépulture; cf. finnois kal-nia a tombeau, souterrain »
(Donner, T, p. 67, n° 222).
Te-z ici, voici, forme adverbiale du démonstratif te (§ 136).
Le sutiixe -z correspond à uu suffixe locatif -/, -//, qui existe
dans les langues ougro-finnoises (Budenz-Simonyi, p. 386).
L'adverbe te-z est renforcé par un second adverbe de sens ana-
logue, l'adverbe a-n, formé du démonstratif a ou e (§ 134) et
du suffixe casuel -n i^§ 129, 5). On a plusieurs exemples de ces
deux adverbes ainsi rapprochés (C. 3235; 4538).
PenSna, avis, est à l'adresse des personnes qui auront à
pénétrer dans le caveau funéraire pour des ensevelissements
ultérieurs. Cf. § 194 penSuna.
Oaurus affairé, empressé, apostrophe aux serviteurs ou aux
ouvriers qui peuvent avoir à circuler et à Iravailler dans la
cliauibre sé[>ulci'ale. C'est un adjectif formé à l'aide du sutiixe
nominal -s (^i^ H7), avec un u inoigani(}ue, de même (jue dans
"Vel-u-s pour "Vel-s (§§ 41 , 193) et 0anxvil-u-s pour 0anxvil-s
(§§ 41, 180). Le radical ôaur-, (jue l'on retrouve sous les formes
verbales Saur-a (C. 4538) et Saur-e (C. 4116), peut être rap-
proché du finnois liùori- « aller cl venir, être occupé, affairé » ;
cf. hongrois sur-og- « courir à droite et à gauche » (Rudenz,
p. 358, n" 377). l*our la valeur du 9 initial, voir i; 71 ; pour le
groupe vocal iquc au, voir i^^ 65, 194.
0an-r <.vots> doux, c'est-à-dire va douccmettt, ne fais pas de
hruil pour ne pas troubh'r le repos du défunt . La désinence -r
est un suffixe de dérivation nominale (i; 116). 11 y a à sous-
entendre le verbe «être » (§161). Pour le sens, cf. Wnnoi's hen-to
138 TROISIÈME PAKTIE
«mince, l'ailjlc, llcxililo. doux» (Doiinor, II, p. "JI. n" 729).
L'adjeclil' 0an-r, auginenlé du suffixe casuol -si (§ 129,9),
qui lui douuo uuc valcui- advorbialo (§ do6,2), devient la formule
0an-ur-si ;-^ 6an-r-si) doucemoH, c'esl-à-dire repose douce-
mont. Celle l'oi-mule esl ^l'avéc à la pointe sur des poteries ayant
servi (roiïrandes funéraires (F. 803 '^'«; F. III. 391 ; Ga. 396).
C'est à la fois un souliail à l'adresse du mort el un moyen d'as-
surer contre les voleurs de tombeaux la sécui'ité de la vaisselle
funéraire, Tinscriplion à la pointe étant comme une marque
de propriété.
II existe un certain nombre de mots se rapportant au thème
San; tels sont l'adjectif Ban-s doux (Krall, V, IG; IX, 4), le
composé ^an-sur progressif de douceur (Krall, II, 7; V, 12),
les prénoms féminins 0an-a, 0an-ia, 0an-xvil> 'es gentilices
0an-si, 0an-si-na, 0an-i-cu.
196. tla. 643 (sur un miioir) :
mi suôina
Moi <Cje .y?/?.v> r/iose ft/uéraire.
Mi, pronom de la 1'" personne; voir §§ 30, 132, 191. 11 y a
ellipse du verbe « être » (§ 161).
SuBina. funéraire ou c/tose funéraire, dérivé de su0i tombeau
(§ 189) à Taide du sullixe nominal -na (i^ 114). Le mot se ren-
contre assez fréquemment (F. 262; 2094, 209")''"'^ et suiv. ;
2492; 2513; 2604 et suiv.; F. III, 308, 309"''; 313-315; 401;
(la. 644, 645). Il est quelquefois accompagné d'un nom propre
indi(|uant la propriété ; mais le j)lus souvent il est isolé. Il figure
toujours sui' des ol)Jels mobiliers, vases d'argile ou de bronze,
boîtes, plateaux, trépieds, candélabres, statuettes, miroirs,
armes etc., c'est-à-dire sur des objets faciles à voler et à colpor-
ter. C'est une marque destinée à les mettre hors d'usage. Trois
miroirs (F. 2091, 2492, 2513) oui le uiol suOina gravé profon-
dément, non pas du coté où sont d'ordinaire les dessins au trait
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 130
et les inscriptions, mais sur la face même où Ton se mirait.
Ainsi estampillés ils ne pouvaient plus servir. Une belle amphore
alliqne, provenant d'Etrurie, porte gravé, en grandes lettres, le
même mot surina au milieu des personnages peints. La sur-
face de la poterie a été comme rayée à plaisir et le beau vase
est détérioré (E, Pottier, Catalogue des vasps antiques du Loiœre^
3^ partie, p. 794). L'application de suBina était donc une façon
d'ùter toute valeur marchande aux objets déposés dans le tom-
beau, pour les rendre invendables et les soustraire ainsi aux
convoitises des voleurs; cf. ôanursi (§ 195).
197. F. I, 436* (sur le couvercle d'un grand sarcophage) :
RamGa. Huzcnai. 6ui. ati. nacnva. LarGial. Aparatrus.
zil eter aias '.
llamtha Huzcnai <i^est~^ concJiée ; le long d'elle se tient serré
r enfant tout à fait excellent cl Aparatru et de Larthi.
Ram6a, prénom de femme.
Huzcnai, nom de femme; c'est le gentilice Huzcna, aug-
menté du suffixe -i marquant l'appartenance (§ 10 i).
Gui, couchée; voir §§ 183, 184, 187. Il y a ellipse du verbe
« être » (§ 161).
A-ti le hnKj de celle-ci, c'est-à-dire à côté d'elle. La dési-
nence -ti est le suffixe casuel (§ 129, 10); a est le démons-
tratif que l'on a déjà rencontré dans la forme adverbiale a-n
(§ 19o); voir§ 134.
Nac-n-v-a, se serrer^ se tenir serré, est apparenté au finnois
nak-a-lo-i-ts- « lier, serrer » ; cf. lapon nagg- « serrer, pres-
ser )) ; vogoule neg- « lier » (Donner, 111, p. 17, n" 876). Dans
nac-n-v-a il y a à distinguer deux suffixes de dérivation :
1. La même inscription est reproduite sur la caisse du sarcophage, mais d'une
façon si néglig(!"e qu'il n'y a pas lieu de s'arrt'ter aux variantes (lu'cllo pn'sonte :
6ui cesu au lieu de Oui (voir § 187) — api au lieu de ati — nacna au lieu de
nacnva — apiatrus au lieu d'aparatrus — ais au lieu de aias.
140 TROISIÈME PAUTIE
l" lo sullixc -n |v5 8i), qui serl à former, du tlièmo 'nak, le
radical voi-hal nac-n- ;
2" lo siilHxo -V (5> 88), qui, dans les langues ougro-linnoises
serl à former des viM'bes avec signilicalion passive ou rélléchie
(Hudenz-SimonN i, p. \)2[ Szinnyei, l'^innisr/i-uf/r . Spi'ar/nr.^
[.. i:^l).
Lo siijcl (le nacnva doil èlic chorciu; jjarmi les mois (jui
suivenl ;^ 157, .'il. (^onimo il ne piMil pas èlro (juoslion du
génilif Aparatru-s d(''lerminé par Lar6ial, il faul |»ousser jus-
(]u'an group{; zil eter aias, (fosl-à-diio jusqu'à aias, donl zil
eter {"^l lo qualidcalif. La liu de répilaphe s'analyse donc ainsi :
aias sujel de nacnva,
zil eter ('pilhèle de aias,
Lareial Aparatrus, noms pioj)ios dépendanl de aias.
198. i*our le sens do aias petit enfant^ cf. osliak nj « polit,
jeune » : mordviuo /ij-cd « onfani »; tcliérémisse i</e « poulain,
pelit » ; hongrois i-/ii'i « jeune homme » (Budonz, p. 809,
n" 88()). Dans aia-s, le radical aia (ou aj) se présenle avec
Taddilion du siillixe diminulif -S (voir i; HT), <jne Ion relrouvc
dans les laugues ougro-linuoiscs (Hudenz-Simonyi, p. 2.'J-"i et
suiv.).
\i l'iifanl , d(jul il est ici (|ueslion cl (|ui se serre conho Ram-
tha Huzcnai, n'esl cerlaiueuienl p;is le sien, puis([u'il est (jua-
lilii' de Lareial Aparatrus, dont le sons est ru' d'une mère
appelée Ijirllii (d ///v d'ApartiIru. (lomme il u'esl pas vraisem-
blai)le (juon ail mis dans les bras de la défunte un enfant
étranger. Voi/dnl tP Aparalvii et de Larthi ne peut désigner que
le mari de Ramtha Huzcnai, a|)pelo petit enfant, c'est-à-dire
cher eiijdnl par uu do ces diuiiuulil's (l(> huidi'csse, ([ui soûl
très naturels. Le maii et la femme ont été ensevelis dans le
même sarcophage et prohahloiuenl par les parents du mari,
d'où rap|)ella[ion diminulive i\i^ aias. L'épilaphe dit des époux
(juils se ti(Minoul serrés l'un conire l'autre, (l'ost une façon de
rap|)(der leui' uuioii. La mèuie idée inspire la sculpture funé-
raire étriisiiuo, (juaud elle façonne à l'image d'un lit le cou-
vercle d'un sarcophage et y étend un couple qui s'embrasse
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 141
{Aniuiii dclf hislil., J8G:;, p. 244-252; Martiui. Arl. Etri(s(n(c,
p. 347, lig. 239).
L'épithète zil eter se compose on réalité do doux adjectifs,
dont le premier est employé adverbialement (§ IfîG, 1).
199. Et-e-r ^./yp/A'///, adjectif dérivé de *età l'aide du sutïjxe
de dérivation nominale -r (§ 116). Le second e n'est pas orga-
nique, comme le prouve la forme du nom propre Et-r-u
(C. 3428). Pour le sens, cf. finnois et « partie antérieure »,
ctc-en « devant », edo-ta- « s'avancer », pdc-l-ln- « précéder,
l'emporter sur », L'étrusque et-e-r répond à l'adjeclif finnois
pte-vd « supérieur, remarquable ». Le suffixe seul est ditTé-
rent. Pour l'invariabilité de l'épithète et-e-r devant le subs-
tantif, voir § 158.
L'adjectif adverbe zil ne peut servir qu'à donner à l'épithète
et-e-r une valeur superlative. C'est du reste à cela que conduit
Tétymologie ougro-finnoise. Le z initial étrusque répondant à
une dentale suivie d'une voyelle douce (§ 72), zil peut être
rapproché du hongrois Idl <( plein, complet » (Budenz, p. 203,
n° 214; Donner, I, p. 121, n" 430); zil eter signifie donc ph'i-
nemeiit excellent ou lont à fait excellent '.
Le nom propre Aparatru (génitif Aparatru-s) est le gen-
til ice du mari défunt. (Test une forme unique, comme du
reste aussi la forme Apiatrus, (|ui est inscrite sur la caisse du
sarcophage. L'une des deux formes est fautive, mais hupndlc?
Le nom d'Apatrui (F. 23.")5 ^) donnerait à penser que Apia-
trus est plus correct que Aparatrus.
Lar6i-al, nr de Larthi, cf. plus haut !:; 179 : Craci-al.
200. F. I, .398 Tombe dcll'' O/vvy à Cornt'do; inscription peinte
1. Dans pliisiiMirs des idiomes (lu^ini-linnois, le supeil;itil' s'exprime, ctnimie
ici, par uii adverbe « h'ès, le plus, graiideiiieiit » placé devant l'adjeclif (L'jfalvj-,
El. comp. des laiif/iies ouf/ro-finn.. p. 9i et sriiv. ; Wiiickler, Irait., p. 106-109;
Szinnyi'i, Fiiinisc/t-i/i/r. Spracliw., p. SI, US,.
142 THOISIÈME PARTIE
sur une fresque qui représente une scène de banquet, dans la
première chambre du caveau funéraire, face à la porle d'en-
trée) :
Lar*al. Hu*uniesi. Marcesic. Calia6esi. munie, nacn-
vaiasi. Gamce. lei.
[Fait] pour Uu/iurir issue de Larlh et pour Marce Caliathe.
[Que) le parler K.soiO paisible dans la direetion vers ce qui se
tient embrassé, c'est-à-dire rcrs le ronplf </ui se lient embrassé.
Lar'al est à restituer en LarBal. C/esl l'indication de Tas-
cendance de Hulunie, ascendance maternelle probablement,
puisque le genlilicc Hulunie suffit à mar(]uer lascendance
paternelle. I.a mère était une LarGi.
Hu*unie-si; je restitue Huluniesi ; cf. C. 1900 Hulunia-s,
4700 Huluni. La désinence est le sulfixe casuel -si. marquant
le but, la destination (§ 129, 9). Cela veut dire que le tombeau,
avec sa décoration, a été fait pour Hulunie et son mari.
Marce-si-c et pour Marce. Le c final est renclilique de
coordination (§5^ UJi, 180); le sufïixe casuel est le même que
dans Hulunie-si. Le prénom Marce est assez rare (voir F.
216G.2I70; O. Miiller-Deecke, hJrusker, 1, p. 4G7).
Calia9e-si pour Caltuthr. Pour l'accord de Marce et de
CaliaSe, voir ij l.')9. On n'a pas d'autre exemple du gentilice
CaliaBe. Mais c'est la forme dérivée d'un thème ([ui a donné
les -cntilices Cal-ati ^C. o2j, Cal-e (C. 104, 7G8, 1927. 1928),
Cali (C. 1929), Cal-iti (C. 1930), Calisna (C. 4280), Cal-unei
(1. 4282). CaliaBe est évidemment le mai-i de Hulunie, qui
a été enseveli avec elle et que la fresque, aujourd'hui à peu près
détruite, représenlait assis sui" un lit de banquet à coté d'elle.
Mun> le nacnvaiasi Qamce lei forme une proposition,
dont le sujet est rinliiiilil' mun s le 'a! loi c), dont le verbe
« être y> est sous-entendu (§ 161), dont l'attribut est l'adjectif lei,
déterminé par Gamce, lequel est à son tour déterminé par
nacnvaiasi.
Mun-s-le parler est un dérivé du Ihème mun-, que l'on
retrouve dans le hongrois mon-d- ^^ yïn'Q »\ cf. lapon muone-
«uommer ■> ; tclu'rémisse )nan- « |)arler » (Hudenz, p. 628,
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 143
11° 6G8). Le thème mun- est ici pourvu d'un suffixe double de
dérivation, le suffixe -si (§ 96), que l'on a dans mul-sl-e
(Magliano).
Lei, paisible, calme, est radjeclif qui, avec le sufïixe de
dérivation -n, forme le verbe lei-n-e être en repos (voir plus
haut § 185). La formule munsle lei doit être interprétée comme
une invitation à ne pas faire de bruit : <,qué~> le parler <,soit'>
calme ; voir plus haut (§ 193) la formule eanr va doucement.
La formule d'avertissement étant inscrite sur la paroi de la
chambre qui sert de vestibule au caveau, il est à présumer
que le sarcophage était déposé plus loin, soit dans une niche
écartée, soit dans une autre pièce. C'est du reste ce que semblent
indiquer les mots nacnvaia-si Gain-ce, Le suffixe -si marque
en effet une direction (§ 129, 9); ôam-ce clans la direction est
l'équivalent du finnois liam-a <( marche, chemin », qui sert à
renforcer l'expression des rapports de temps et de lieu (Donner,
II, p. 149, n° 838). Dans Gain-ce la désinence -ce est le suffixe
casuel(§ 129,2).
Nac-n-v-ai-a-si cers ce (jui se tient serré; cela désigne le
couple des deux époux, qui sont côte à côte sur le lit funéraire.
On a vu plus haut le verbe nac-n-v-a f§ 197). Nac-n-v-ai est
le participe en -i (§ 103), développé en -ai, comme dans Gapint-
ai-s, aprens-ai-s(.Vo/i::/^, 189o, p. 339). La désinence -si est
le suffixe casuel (§ 129, 9). L'a qui précède le suffixe est épen-
thétique.
201. ('. 4i ^sur le couvercle d'une urne funéraire) :
0ana. Cavinei. tuzl.
Thana Cavinei <a été'> vertueuse.
0ana, prénom de femme; pour l'élymologie voir plus haut
§ 195.
Cavinei, gentilice désignant une leuuue, lille de Cavina
(§ 104).
I 'l '( TliOlSIlblE PARTIE
Tuzl, rcrliii'iLi., 1)0)1, csl l\ it(|)|»r(>cli(M' ilii liiinois tulc. «. v^rai,
V(''ii(li(|ii(' )), (ïl pai' exlcnsioii « l'iaiic, droil, lioimrle » (^BudenZy
j). 86'i, 11° 900 ; Donner, l. p. 120, n" 426). l*oui' réquivalonce
(lu -z (''lrus(|ii(' ci (lu / limidis, ^()i^ j:^ 72. Pour la vovellc, voir
§ 04 L,. Dans tuz-1, la désinence -1 est un sutïixc de dérivation,
servant îi l'ornier des adjectifs (i^ 109). ÇA', linnois vcie-là
« liquide », l/ia-la « agréable » (Budenz-Simonyi, p. 295-298).
202. C.4 144 (sur un ossuaire) :
La. Venete. La. Le0ial. etera.
Ldi'lh \'cni-le, /ils de Larth {\'r/)etr), nr- de Letld; il est excel-
U'ul.
La, al)r(''viation usuelle du prénom Lar6.
Le9i-al ni' de Le/Jii. Le ^entilice Le0i ou Le6ia est connu
par de nombreux textes, ("est la forme féminine (§ 104) du geu-
tiliee Le9e (Scliulze, Ijilein. Eifjfmnani., p. 177).
Et-e-r-a rtrr excellent, verbe dérivé de l'adjectif et-e-r
excellent (§ 199). Etera icvienl souvent dans les épilapbes de
la région de Pérouse :
C. 341 H Aule. Scevis. ArnOial. etera — <Tombe> d'Aide
Scevi ne <i' Arnlhi, etc.
{\. 37!I0 Pumpu. Snute. etera — Punipu S/u/te, etc.
C. 41 4o Ar. Venete. Ar. etera — Arnth Vmcir, /ils dWrnth,
etc.
C. .39().") Au. SemSni. Helvereal. etera — Aide. Sentilmi,
né d'Ilelceri, etc. '.
C. 4114 Lare. Vipis. Varnas. etera — <Toniùe> de Larth
Vipi- Varna, etc.
C. 4325 Vel. Velxeis etera — <^TiJUibe> de \ cl Velkhei, etc.
\. Helvereal est écrit ru siirLii;irfj;e au-dessus de la lif^ne, comuie s'il avait été
oublié et ajouté après con|). N'oilà pourijUDi je le place, daus la trauscriptitui,
entre SemOni et etera, au lieu de le placer à la lin, coiuuie les éditeurs du
Corpus.
TEXTES TKADLTTS ET COMMENTES 145
La forniLilo etera ôlail une formule banale, applicable à tout
le monde; elle était quelquefois inscrite d'avance sur Turne
funéraire, quand Turne, encore chez le marbrier, n'avait pas de
destination personnelle. C'est ainsi que, sur une urne de
Pérouse, etera est seul, sans aucun nom propre (C. 4537).
Au lieu de etera on trouve souvent eteri :
C. 4624 lautu. eteri (sans nom propre).
C. 4549 Salviij. Precus. lautn. eteri .Sa/vi, femme de
Precu, etc.).
C. 2480 Arn6. Musclena. LarGal. lautn. eteri [Anith
Musclena, né de Larth^ etc.).
G. 809 Vel. Tetina. Titial. lautn. eteri ( Vel Teiiita né de
Titi, etc.).
Eter-i peut être considéré soit comme un verbe à un mode
personnel, qui serait un doublet de eter-a, soit, plus proba-
blement, comme le participe en -i (§ 103) du verbe etera.
Dans le premier cas, il signifierait // est excellent, le sujet étant
sous-entendu. Dans le second cas, le participe équivaudrait à
Tadjcctif eter (§ 199) et ferait Totlice d'attribut avec ellipse du
verbe « être » (§ 161).
Lautn, qui figure dans les textes ci-dessus, n'est pas une
abréviation de lautni affranchi (voir ^ 194). C'est certainement
un mot différent. Un ne voit pas bien l'intérêt d'une abréviation
([ui ne ferait l'économie que d'une lettre. On ne voit pas non
plus pour quelle raison toutes les épitaphes avec eteri auraient
cette abréviation de préférence à la forme lautni, couramment
employée ailleurs. Etant donné tous les exemples (]ue l'on a
d'une dérivation nominale à l'aide du suflixe -n (voir ,5^ il.'i,
laut-n peut être envisagé comme un adjectif dérivé du radical
'laut- avoir confiance, se fier et ayant le sens de fidèle. La
formule lautn eteri s'entendrait donc il <a été> fidèle,
excellent.
10
lie» TlîOISlKMH PARTIE
203. C. 4201 (unie cinri-aire) :
L6. Avei. lautn. eteri. ein. senis. er*es.
Lartk Avi'i <« clc^- /idi-h', cncllcnl ^ 1res parfait
L9, abréviation du pronom Lar6.
Avei, i;('nlilit'0. Le mol signilie le vieux. Il est formé de av
durée, mje (voir i^ 179 av-il) et de ei (jrand [cï. finnois aijà
(* nombreux, grand »).
Lautn, fidèle (voir § 202).
'Eteri rjce//e/it (voir § 202). 11 y a ellipse du verbe » être»
(.^IGl).
Ein (/randenieut, adverbe dérivé de ei grand, que l'on vient
de voir dans Av-ei. Le suffixe -n est le sullixe casuel ({5 129, 5),
qui joue ici le rôle de suffixe adverbial (§ 156, 2).
Se-n-is, parfait^ est un dérivé de l'adjectif se-n, formé
comme Lar-is, parx-is !§ 108). L'adjectif se-n, formé à l'aide
du suffixe nominal -n (^ 113), dérive du substantif se règle
[Notizie 4895, p. 339); cf. finnois .sy/V/ « ordre régulier », sdd-til
« ordre », siia-ta- « placer, disposer», sdd-ntô «règle, loi, pré-
copte, décret », sdd-n-ii-dll-in-en « conforme de tous points à la
règle, absolument j)arf"ail ». On peut donc attribuera l'adjectit
otrus([ue se-n le sens <\(i parfait.
Dans l'i-pitapho C. 34i2 on lit ei senis, au lieu de ein senis.
Mais le sens est le môme, l'adjectif ei étant employé adverbia-
lement (Î5 15G, 1).
La lin de l'inscription est de lecture incertaine.
204. F. I. 438 (sur un sarcophage) :
Lartiu. Cucinies. Lar6aL clan. 'LarSialc. EinanaL
camôi. eterau.
<^T()nibcau^ de Larlk Cutlnie, /ils de Larth <^/> de Larthi
Einana. <.fl a été'> meroeilleusemeiit excellent.
Lartiu, variimlc du {)iénom LarG (cf. C. 2660 Lartiu-s).
La substitution du t au 6 est lié(|U(Mitc (cf. § 68); on a de
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 147
nombreux exemples de Lart (C. 180, 188, 200, 206, 306, 314,
etc.). La désinence -iu se retrouve dans Lars-iu (G. 3927).
C'est peut-être un suffixe diminutif, apparenté au suffixe dimi-
nutif oi, ôi (ougrien -j) du finnois : rukk-oi a petit misérable »
dérivé de rukka « misérable » ; (voir Budenz-Simonyi, p. 241-
244).
Cucinies est une faute du lapicide pour Cuclnies. Une
épitaphe trouvée dans la mènie sépulture et se rapportant à la
mère de notre personnage (F. I, 437 ; voir § 209), donne en
effet le gentilice Cuclnie (cf. Schuize, Latein. E'ujcnn., p. 130).
Lar6-al, né de Lavth [Cuclnie).
Clan, /^/.y; voir § 180.
Lar6ial-c Einanal né aussi d'une Larthi Einana. On remar-
quera quici, contrairement à lusage ordinaire (§ 158), le pré-
nom et le gentilice s'accordent ensemble (§ 159), étant affectés
du même suffixe -al. Dans Lar6ial-c, le -c final est la par-
ticule de coordination (§ 154).
Camei eterau doivent être joints, le premier servant d'ad-
verbe devant le second. Eterau est probablement une variante
graphique de l'adjectif eterav oxcellent, que l'on trouve dans
l'épitaplie F. 2055. 11 y a en efTet échange fréquent entre le v et
l'u (>; 73). Pour le suffixe nominal -v, -va, voir § 123.
Cam8i, merveilleux^ proprement qui émerveille, qui enchante,
est le participe en -i (§ 103) d'un verbe cam-G- étonner, que
l'on peut rapprocher du finnois kama-la « rare, étonnant,
effrayant » ; cf. kcuno- « effrayer », kom-e-hti- « ensorceler,
enchanter » (Donner, 1, p. 91, n 325). L'adjectif cain6i est
pris adverbialement (§ 156,1). Il donne à eterau une valeur
superlative.
205. (1. I'i30 (sur un couvercle d'ossuaire) :
Ae. Cumere Fraunall]. clan zil.
Arntli Cumere, /ils né de Frauna, <ia élé"^ parfait.
148 TUfUSIÈMK l'AllTIK
A9. .ihn'vialiim du [in'iKHii Aril9.
Cumere, ^nililicc (•oiiim |);ii' ()lusi('iirs (''[ùlaphcs de la région
de (lliiu^i Scliul/, Lalr'nt Ei</t'nii., p. ;)'i"5). Le prc'noiii du |)èro
nCsl pas inciilioiiiK', ce (jui sciiiMc iiKlicjucr (jn'il ('-lail idcii-
li(|ii(' à ('(diii (lu liU.
Frauna 1 , iiciililicc de la inèro aven; le siilllxc de pi-ovi^-
iiaïKc -al. La inÎMo s'appcdail eu elTel Fraucnei ; ou a sou
épitaplie (C. 1187) :
Lar6i. Fraucnei. Cumeresa ■ Lurtld Frauciiri. fi^niinr de
Cumere.
MalgiM' la dillVucncc d uilliui;Ta|jlie, Fraunal el Fraucnei
s"a|)pli(|iitMil à la luriiic personne. Deux frères, dont nous avons
les é|)ilaplies, son! ([iialilii'S, I uude
L8. Fraucni. Tutnal. \i\. 1182) = Lartli Fraucnl né de
Tiihia,
l'auli'e de
Ae Frauni. Hapre. Tutnal ('-. 1183) = Aimth Frauni
Napre, né de Tulmi.
Pour le sens de clan //A, voir s^ 180.
zil parfait \ voir § 11)9. 11 y a ellipse du verbe « èlre »
(§161).
206. (".. 2771 (sur iiu couvercde de sai'cophagei :
Arn6. Seate. Cuisla. zilat.
.1/7//// Sfdic. (IrscctulanI de lia ^^p(ir sia ///rre^, <<« élé^
(K rtniijdi .
Arn6, préuoiu.
Seate >i le moi n'a pas été écril d'une manière faulive par
Ir lapicidcy est à rapprocher du ^euliliec Seiate (1. 2772; ei.
Seiati-al G. 1770, 3044), Iripud r>l unr vaiiaiilc du gentilice
Seiante. 1res IrtMiiiciil dans la r('\ui()u de Cîhiusi.
Cui-sla siguilie lu'opi'ciucnl ^ ajjparlenaul à Cui » ; pour la
désinence -s-la, cf. ^ lliJ. Ici celLe désinence désigne i'ascen-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 149
dânce maternelle. Le gentilice croù Cui-s-la dérive n'est
connu que sous la forme Cuie, génitif Cuie-s C. 4o23).
zilat, variante graphique de zila6 (F. 20oo); pour l'équiva-
lence du t et du 9, voir § 68; zilat est un dérivé de zil complet
(§ 199, 205), formé avec le suffixe -t (§ 120). Devant zilat,
il y a ellipse du verbe « être » (§ 161).
207. C. 4030 'sur une urne funéraire) :
Fasti. Cvinti. Sales, clens. puia.
Fasli Cvinti, la bien aimée du fils de Sale.
Fasti, prénom féminin, connu par de nombreux exemples.
Cvinti, forme féminisée par le suffixe d'appartenance -i
(§104j du prénom Cvinte (G. 1048). Ici Cvinti joue le rôle de
gentilice.
Sale-s, génitif du gentilice Sale (C. 4049), dépendant de
clens.
Clen-s, génitif de clen ou clan fils (Cf. § 180); il dépend de
puia.
208. Puia est un terme fréquemment employé dans l'épi-
graphie étrusque. On a longtemps bésité sur la signification
(Fabretti, Glossarium, p. 1476; (]orsscn, Sprarhe d. Etn/s/>\,
I, p. 157 et suiv.). Aujourd'hui le sens de ('pause est générale-
ment accepté. Il est certain que cette interprétation paraît
bien convenir à beaucoup de textes construits comme les sui-
vants :
C 211-3 ArnGal. Vel0urs. puia — la femme de Vellhur né
<rArnth.
C. .3866 0ana. Arzius. puia — Thana, femiiu' dWrziu.
C. 4390 Oana. Mani. Clantes. puia — Thauu Muni, femme
de Clante.
C. 4251 Hasti. Autus. Viplis. puia — Il asti, femme d'Autu
Vipli (voir § 42")0 r('pil;ij)lie d'Autu Vipli).
150 TROISIÉMi: PAHTIR
C. 3411 Oana. Alfi. Tituis. puia — Tliana Alft, femme de
Tititi.
C. 2727 Vel. Se6re. puiac — Vf/ Srf/rre et <.srt> femme
(épi(ii|tlio ('(illrclivc).
C. 2400 Vel. Tite. Saxu. puiac — Vel Tite Sakhii et <sa>
femme.
C. 758 Arn6. Vipis. Serturis. puiac. Mutainei — Amth
fils de Vipi Ser/itri el <.v«> femme Mutainei.
C. 4001 Aule. Petrus. Casnis. puiac. Le6i — Aide, /ils de
Petrif Casniet <sa> femmr Jj'thi.
G. 922 Lar6. Marcni. puia. Velia. Cainei — l.arth Marcni
<iet sa> femme Velia Cainri.
Mais à côté de ces textes, où l'interprétai ion puia = femme
est acceptable, il y en a d'autres, qui somblenl l'exclure. Ce
sont des épitaphes, où le mot puia précède le nom du mari,
comme par exemple :
C. 4040 Caia. puia. La^us.
C. 3'JGO LarOi. Vipi. puia. Tites. Satnas.
C. 2041 puia. Cumnis. Oucernas.
C. 3789 Veilia. Maslnei. puia. La6iaL Vipis. Upelsis.
Dans ces épitaphes, le génitif du nom du mari ne j)eul |)as
dépendre de puia, puisqu'en étrusque le déterminatif pi-écède
le déterminé (s^ 157,1). S'il y avait dépendance, on aurait La^^us
puia et non puia Laxus.
Du moment que le génitif Laxu-s ne dépend pas de puia,
on ne peut l'interpréter que comme s'interprètent les génitifs
accompagnant un nom de femme, c'est à dire comme l'indi-
cation du nom du mari. Ces génitifs, dans les textes, se sufîi-
scnt à eux mêmes. La/u-s, à lui seul, signifie fi-mme l.nrhii,
exactement comme d.ius les épitaphes :
C. 322 0ana Secui. Tûtes.
C. 326 0ana. Titi. Lecus.
C. 996 Gania. Cainei. Petinates.
C. 226 0ana. Velxatini. Cvenles.
(]. 1265 Laei. Heli. Cicus.
C. 3525 Caia. Cires.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 151
C. 441o LarGi. Petrui. Cestnas.
Les génitifs Tute-s, Secu-s, Petinate-s, Cvenle-s, Cicu-s,
Cire-s, Cestna-s signifient femme Tute, femme Secu, femme
Peli/iate, femme Cvenle, femme Cire, femme Cestna.
Il résulte de ces observations que, si l'on attribue à puia le
sens de femme, on a des textes où l'idée de femme est exprimée
deux fois, la première fois par puia et la seconde par le
génitif. Caia puia Laxus donne Caia, femme, femme de
Lachii. Puia forme ainsi pléonasme et n'a aucune raison d'être.
Il est plus naturel d'attribuer à puia la valeur d'une épi-
ihète et un sens analogue à celui de chérie, bien aimée [deliciae] ;
l'épitliète précède en elfet le mot qualifié (§ 157,2). On aurait
alors les interprétations suivantes pour les divers types d'épi-
taphes :
Caia. puia. Laxus — Caia, bien aimée femme-de-Lachii.
©ana. Arzius. puia — Thana, la bien aimée d'Arziu.
Vel. SeSre. puiac — Vel Sethre et <.sa'> bien aimée.
Puia peut être rapproché d'un thème hongrois *bi(j, qui ne
subsiste plus que sous la forme des verbes factitifs buj-t-,
hoj-t-, buj-t-%t-, exprimant l'idée de « exciter, agiter, pro-
voquer, pousser », c'est à dire de mettre en mouvement un
désir ou une passion (Budenz, p. 474, n° 505). Dans puia il y
a probablement l'idée de « désir, amour » ; d'où le sens de
désirable, bien aimé, que je crois pouvoir lui attribuer.
209. F. I, 437 (sur un sarcophage) :
Lar6i. Einanei. SeGres. sec. RamGas. Urusla. Ecnatial.
puia. LarGL Cuclnies. "VelG.... avils. huGs. celxls.
Larthi Einanei, fille de Sethre [Einana), née de Ramtha Ecna-
tia, laquelle était issue d'Uni [par sa mère), femme bien aimée de
Larth Cuclnie, fils de Vel..\ vingt-cinq <Cans^ d'âge .
LarG-i, |)rénom de femme; pour le suffixe -i, voir ^ 104.
152 TUOISIÈME PARTIE
Einanei, nom de IriiiiiK' ;i|»|);irl('ii;iiil h hi r.imillc Einana
(voir 55 204).
Seôre-s, jirônoin du porc do Einanei; le ^éiiilil' (h'-pcnd du
suljsliinlir sec (|iii suit.
Sec, ////'" '. Le sons a élé depuis louglenips (h'termino
(voir Faluclli. (l/ossnriiiiu). Le mol est apparoulé au linnois
si/,i- (' enj^endrer, procréer »; cl", sik-i-o « rejeton, fruit » ;
lapon sak-lio « descendance » (Donner, J, p. 160, n" 581).
Ramôas Urusla Ecnatial donne ruscendanco malernolle.
Einanei ('lait née de Ecnati ou Ecnatia (pour le suffixe de
provenance -al, voir i^ 129,1. Ecnatia avait pour prénom Ram-
ea. On remar(|iu'ra que le prénom et le {^'enlilice ne s'accordent
pas : Tiin. RamGa, a le suffixe -s du génitif; l'autre, Ecna-
ti-al, a le sullixe de provenance -al i voii- sur cette construction
§§ KiO, 180).
Urusla fille d'une Uru. épithète de Ecnatial. Sur la forma-
tion des adjectifs en -sla, voir §. 119. Uru-sla ne peut désigner
que la mère d Ecnatia. puis(|U(> le nom même dEcnatia l'ap-
pelle le gcntilice paternel.
210. Dans le groupe puia Larel Cuclnies le génitif Cucl-
nies ne di'pend pas grammaticalement de puia, puisrjue en
étrusque le d('dermiuatif au génilif pr{'cèdc ton jouis le mot
qu'il di'Icrmine (ij Uu , \). Le génilif Cuclnie-S doit s'en-
tendre comme signifiant à lui seul fcninir d/cl/iie (voir v; 208\
Puia l'irn aimer sert d'épillièle à Cuclnies (§ 208).
Lar9-1 est probablement une faute du lapicidc pour Lar8-
al. Pour la construction LarBal Cuclnies, voir j)lus haiit
Ramôas Ecnatial.
"Vel6.., pré'uom du père de Lar9 Cuclnie.
Avils, génitif de avil àr/e (cf. i; 177).
Hu0-S, gé'uitif (ie huG ri/tr/ ,^ i:{9).
Ce-lxl-s génitif de ce-lxl 'v;//// i; 144).
1. Le mot s'('-crit indilTéreinincnt sec [C. ;i2f), lllO, 1980, etc.) ou se/. (C. 370,
408, :t()in, ttfi.j, in.J, etc.) ; pour la penniit.vtioii du c et du/, cf. § 68.
TEXTES THADLITS ET COMMENTÉS 153
211. C. 3326 (sur une colonne funéraire) :
Hermial. Capznasla. man. sexis. Capzna.
Femme Capzna née d'Hermi — /« petite fillette — Capzna.
Epilaphe coUeclive. Le tombean, élevé par Capzna, qui est
mort le dernier, contenait la femme, la fillette et le mari.
Hermial née d'Hermi indique l'origine maternelle de Capz-
uasla. Le gentilice Hermi est en elTet un nom de femme (G.
4507 ; Larei Hermi). Contrairement à Tusage ordinaire, rien
n'indique l'ascendance paternelle de la défunte.
Capznasla femme Capzna est un adjectif dérivé de Capzna,
à l'aide du suffixe -sla qui marque l'appartenance, la relation
(§ 119). Dans l'inscription précédente (§ 209) nous avons vu
Uru-sla appartenant à Vru (comme fille). Ici Capzna-sla
signifie appartenant à Capzna (comme femme). On trouve de
même :
F. I, 440 LarGi 'VelGurus sex "Velusla — Larthi fille de Vel-
t/tur, femme de Vel.
C. 1061 LarGi Pulfnei Perisnei Papasla — Larthi Pulfnei
Perisnei, femme de Papa.
C. 1853 Hastia Cainei Leusla — Hastia Cai?iei, femme de
Leu.
G. 2111 "VelGnei Latinis Pricesla — Velthnei, fille de
Latini, femme de Priée.
C. 2879 Titi Sepiesla — Titi, femme de Sepie.
Les termes man sexis désignent la petite fillette de Capz-
nasla, morte sans doute peu après sa mère et ensevelie près
délie. Sex-is, que l'on retrouve dansC. 4544, est un dérivé de
sex ou sec) fille (§ 209). Le suffixe -is est le môme que dans
Lar-is (§ 179) et dans sen-is i§ 203 ; cf. § 108) : il a une va-
leur diminutive.
Man petit, épithète de sexis. Pour le sens cf. vogoule man
« petit, jeune » ; osliak mona, man a «jeune frère » ; lapon màn'a
« enfant » Ikidenz. p. 817, n" 896).
On ne donne pas le nom de la fillette, morte en bas âge. Si
elle eût grandi, on Teût appelée régulièrement Capznei, nom
dérivé du gentilice paternel à l'aide du sufiixe -i >; 104).
454 THOISIlhir. l'AUTlE
212. (^ 27G7 sui' un couvorclc d'ossuaire) :
Larei. Seianti. Fraunisa. atiu. piutes.
Larthi Seianti, femme Frmmi. <iSo?i'> mari pleure.
Lar9i, forme dérivée du prénom Lar6 et qui uc s'npplique
(ju'aux l'emnies (voir §, 104).
Seianti, nom de femme, dérivé du gentilice Seiante
(Schulze. Lntein. Eigenn., p. 318).
Frauni-sa « femme Frauni ». La forme du p^entilice est
lanlùt Frauni (C. 1183,3044,3048), tantôt Fraucni (C. U79,
1180, 1182, 1180, etc.). Le suffixe -sa marque d'une manière
générale l'appartenance. Il s'adjoint souvent au nom du mari
(voir i< 118).
At-i-u pleurer, gémir, est apparenté au finnois ât-i-sl-
<( gémir )>. Le mot présente le suffixe fréquentatif -i (§ 81). Le
sujet est piutes.
Piutes mari, proprement quia été serré de la main, c'est-à-
dire, à qui on a donné la )nain. La désinence -es est celle du
participe passé passif (§ 101). Le radical verbal piu-t- est formé
avec le suffixe -t (§ 87). 11 reste un thème *piu, lequel est l'équi-
valent exact du finnois piv-o « creux de la main, paume » ; cf.
piv-o-; piv-o-ill- «serrer la main, former le poing, saisir ».
De l'inscription ci-dessus on peut rapprocher une autre ins-
cription {(]. 3088), qui se lit sur la caisse d'un ossuaire et qui
sans doute complétait l'épi taphe commencée sur le couvercle :
lautni... Ecnatnei. atiuce.
Kcnatnci V affranchie <,est^ dans T action de pleurer {cesl-h-
dire est dans les larmes).
213. (i. 880 (sur un cippc funéraire) :
ein. ser. VI. Remzna. clanc.
Au. Latini. cesu.
Le très chéri Vel Hemzna et <.vo??> fis. — Au la Latini, re-
pose en paix.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 155
Epilaphe collective. La sépullnre a été faite par la femme
après la mort de son mari Vel Remzna et de son tils. Plus
tard, quand la femme est morte à son tour, son nom Au. Latini
a été ajouté sous la première ligne, avec la formule banale
cesu quiescas (voir § 186).
Ei-n beaucoup, grandement, adverbe dérivé de ei, que l'on
a déjà vu (§ 203).
Ser chéri, à rapprocher du hongrois ?«>-///- « aimer, chérir »,
sàr-àlàm « amour » (Hudenz, p. 294, n° 295).
VI, abréviation du prénom Vel.
Remzna, gentilice ; cf. C. 1192, 1194, 1195, 2673, etc.;
Schulze, Lat. E'igenn., p. 219.
Clan-c, et le fils. Pour le sens de clan voir § 180. Le c final
est l'enclitique copulative (§ 154).
Au, abréviation du prénom féminin Aula (C. 3360).
Latini, gentilice qui, sous la même forme, s'applique indif-
féremment à un homme et à une femme. Dans l'inscription
C. 691 Gania. Axnei. Latinisa. — Thania Akhnei, femme de
Latini, Latini est un nom d'homme. Au contraire, dans l'ins-
cription, C. 12i6 LarGi. Latini, c'est un nom de femme,
comme le prouve la désinence -i du prénom Lar6-i (§ 104).
214. C. 3858 (sur un grand sarcophage à deux places) :
Ve. Ti. Petruni. Ve. Aneinal. SpurinaL clan. Veilia.
Clanti. Arnzal. tusur6i.
(i. 3860 (sarcophage analogue au précédent et provenant du
môme tombeau) :
La. Tite. Petruni. Ve. Clantial. Fasti. Capznei. Ve.
Tarxisa. Xvestnal. tusurOir.
C. 433 (sur une pierre tombale) :
Lrt. Tule. Cavinei. tus.
Mittheil... rœm. Abth., XXV, 1910, p. 319 (sur une archi-
trave) :
lofi TliOlSIK.Mi; PAIITIF,
tus6i Gui hupnine8i Arnt Mefanates Veliak Hapisnei.
•le iNMiiiis (-(^s qiiali'o inscriplions, parce (|u"('Ilf'S prt'soiitciil
dos Irails (•()niiiiims.
D'abord, ce sont des ('pilaplics dinihlr^ï. On reconnaît en elTcd
les couples suivants :
1° a) VrI Tilt' Pc/r/f/ii, fils (h IVV, nr d'une Anf'ina SjtKrinn
(mari).
I)) Veilla C/a/ili, are (/'Arnza (femme).
2" a) iMrtli Tite Pcl/nini, fils de l>/, né de Clanti (lils du
couple précédeni — mari).
b) Fasii Capznei^ fille de \'el (f'f/pzna), née d'une k'iirestna
Tarelii (femme).
3" a) Lart Tu le (mari).
b) Cavinei (femme).
4" a) Arnt fils de Mefanate (mari),
b) \'eHa Hapisnei (le m me).
Ensnile, b's (piatre inscriplions ont une formule à peu près
identi([ue. Le tusurOi de la jtremièi'e ne ditlère (|ne par une
lettre en moins du tusurSir de la seconde. Dans la troisième et
dans la quatrième on retrouve le radical tus. Selon toute appa-
rence, la formule, qui (>st très rare et ne se rencontre que dans
ces quaire ("pilaplies doubles, se rapporte! à ridi'-e d'une st'pnl-
tui'c à (l(Mix places. Or c'est préciscuncnl à une idée de ce genre
que conduit l'élymologii^ ouirro-liun<)is(\
Le thème *tus peut être rapproché tlu hongrois /o.y-, tos-it-,
h.s-it « pousser » ; ci'. t.y.s-i-(//il- « pousser du coude, coudoyer » ;
lus-hol- (( ouvrir en priîssanl, presser sur » : zyrénien toc-ki-,
« heurter, pousser » ; mordvine tos-ti-ie- .. frapper, tinter,
heurter » (Budenz, p. 226. n" 236). Ce qui domine dans tous
ces mots ougro-finnois, c'est rid('>e de « pression ». On peut
donc attribiuM' au lliènn' ('liu^(|ue *tus le sens de pressé, serré,
c'est-à-dire un sens voisin de celui de nac-n-v-a v^ tenir serré
(§i; 197, 200), terme employé égaleunuit dans des épitaphes
doubles.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS lo7
Dès lors les quatre inscriptions s'interprètent aisément.
La troisième, où l'adjectif tus est seul après les noms pro-
pres, signifie (jue les défunts, le mari et la femme, sont wrmy,
embrassés^ en d'autres termes fju'ils sont cote à côte dans le
même sarcophage. Tus est attribut et il y a ellipse du verbe
« être ))(§ 461).
Tus-u-r-B-i, de la première épilaphe, est le participe en -i
(5:5 103j d'un verbe tus-u-r-6- ètvp serré, jwessé, embrassé, lequel
dérive de tus à l'aide de deux suffixes verbaux, le èuffixe -r
(§ 80) et le suffixe -0 (§ 87). L'u entre Ts et Tr est inorganique.
Le paiticipe tus-u-r-9-i signifie donc s'einbrassant ou embrassé
et fait, comme radjectil' tus, l'office d'attribut. Les sujets sont
les noms des défunts el le verbe « être » est sous-entendu
(§161).
Tusur6ir a le môme sens et le même rôle grammatical que
tusur6i. Seulement, au lieu d'un participe en -i, c'est un
adjectif qu'il nous présente, un adjectif dérivé du radical verbal
tusurO- et formé à l'aide du suffixe nominal -r (§ 116). L'adjectif
tusurô-r devient tusurSir, par suite de l'épenlhèse d'un i, due
au voisinage de la liquide.
Quant à tus-Ôi de la quatrième inscription, cest, comme
tusur6i, un participe en -i (§ 103). C'est le participe d'un verbe
tus-9- se serrer, dérivé de tus, el formé, avec le seul suffixe
de dérivation verbale -0 (§ 87). On verra tout à l'heure le rôle
de tusBi dans la proposition. Auparavant, il convient de déter-
miner le sens des mots qu'il accompagne.
Oui est connu (§ 183). C'est un adjectif signifiant couché.
Placé d(;vant 0ui, le participe, ou plutôt Tadjectif verbal tus0-i
peut être considéré comme ayant une valeur adverbiale (§ lo6,l)
avec le sens de cote à côte.
Reste hupnineBi. Le mot se ramène à un thème 'hup, ([iii
a pour équivalent le finnois vlp-iï- « demeurer, temporiser,
traîner en longueur, ne pas bouger » (pour l'h initial voir § 74,
et pour la voycMe voir § 61 lî.,). Le thème *hup donne nais-
sance à un radical verbal *hiip-n- à l'aide du suffixe de déi'iva-
tion -n (§ 84j ; de là l'adjectif "hup-n-na ou hup-n-i-na,
'\-')H TROISIÈME PAItTIE
innnubile, en repos ', l'oi-mé avec le suffixe nominal -na (§ Mi).
A son lour radjectil'hupnina donne naissance au verbe hup-
nine-e- (§ 87) rtre umnobiU'^ re/toseï', dont hupnine6-i est le
participe en -i (§ 103).
L'épitaphe s'entend donc ainsi :
Ami fils de MefiUKilr rt Velia llapisnei rt^jtusaiU cuuchcs cùle
à cote. Le génitif Mefanate-s dépend de clan /ils sous-entendu.
11 faut remarquer en passant la graphie Velia-k, an lieu de
Velia-c (§ 154); l'enclitique de coordination s'écrit d'ordinaire
par un -c.
215. C. 15 (sur une statue funéraire) :
mi. cana. LarSial. NumOral. Laucis. puil
Moi <Cçite^ voici <je sins> la fille de Nwnthur <ety de
Larthia <et> la bien aimée de Laiici.
Mi, pronom de la première personne (§§ 30 et 132). Voir plus
haut d'autres épitaphes commençant de même par mi (§§ 191,
192, 196). Mi est le sujet du verbe « être » sous-entendu (§ 161).
Ca-na voici, j)articnle démonstrative, qui renforce le sens
du pronom. Elle est formée du démonstratif ca (§§ 135 et
180) et du sutlixe -na (s^ 114). La même formule mi cana se
retrouve plusieurs fois dans la Toscane du Nord (C. 10, 70, 304).
LarOial Numéral /iée de Larthia, née de Numthur . Au lieu
d'iudicjuer le nom de la défunte NumOrei, on la désigne par le
nom de son père NumOr et celui de sa mère LarOia (|)0ur le
sutlixe -al, voir ij 12!), w" \).
Num6r est une forme syncopée pour Num-6ur, nom com-
posé comme Lar-Sur (C. 4484), Arn-Ôur (C. 4630), Vel-Gur
(C. 4290), Veleina-eura (('.. 4538), VelGuri-eura iV . 2003).
On retrouve le radical du nom dans Num-a (C. 3335) et dans
1. C. 312 Mi. hupnina. LarO. Acrnis. LarOial Felsnal = mol linuiobile (c'est-
à-dire qui repose ici) je suia Larlh, fils d'Acrni, né de Larihi Felsna.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 159
Num-na (C. 3325). Comparer les formes latines Niima, Numi-tor
(Scliulze, Latent. Eigennamen, p, 163).
Lauci-s, génitif de Lauci, clépemhmt de puil. Le gentilice
Lauci peut s'appliquer indifféremment à un homme ou à une
femme. Ici Lauci désigne le mari de Numôrei.
Puil bien aimée est une variante de puia (§ 208). Le sufExe
-1 est le même que dans avil (^ 177 et § 109).
216. G. 3754 (sur le montant de la porte du caveau funéraire
des Volumnii) :
Arne Lare Velimnas Arzneal husiur suGi acil hece.
Appartenant à Arnth <é'/> Lartli Velimna, nés d'Arzni.
<Sois> faible de bruit : le tombeau est tout de suite en entrant.
Aru6, LarO; les deux prénoms désignent deux personnes
différentes, deux frères, qui, selon toute vraisemblance, ont
fait creuser le caveau en commun, pour leurs deux familles.
Velimna-s génitif de Velimna. Pour les épitaphes au géni-
tif voir § 175.
Arzneal, nom de la mère, augmenté du suffixe -al (§ 129,
n" 1). Arzneal est une variante graphique de Arznial; pour
l'échange de Te et de Ti, voir § 55. On connaît un i^entilice
Arzni (C. 4173).
Husiur, faible de bruit. Le mot se décompose en hus + i^r.
Le radical hus- est apparenté au finnois voh-i-st- « gémir, sou-
l)irer, murmurer, faire du bruit avec la bouche ».
Pour Th initial, voir § 74. Quant au radical iur, il est à
rapprocher du finnois jor-ri « paresseux, lourdaud, noncha-
lant » ; joro- «être paresseux, inerte» (Donner, 1, p. 105,
n" 376). Husiur exprime une idée analogue à celle do Sanr
(cf. plus haut § 195). C'est une invitation au silence. Il faut
sous-entendre le verbe « être » à Timpéralif (§ 161).
Su0i acil hece te tombeau est à l'aller immédiat, c'est-à-dire
tout de suite en entrant. Pour le sens de su6i sépulture, voir
160 'IROISIKMH PAIÎTIE
§§ 189, 190, 192, 193, 19i, lîMiclc.,. Acil, rapide, immédiat,
esl un adjoclif se rapporUinl à hece. Le sens se déduit de la
comparaison avec le finnois ak-rii « viUiémenl, vil", précipite » ;
cf. iih-isli « loiil à cou[) » ; (ik-illi-nan « soudain », t'ik-ki « subit » ;
tik-a « mouvement subit, colèrt? ». Dans ac-il, la désinence -il
esl le suilixe de dérivation nominale -1, -il, qui existe dans
toute la famille ougro-finoise (Budenz-Simonyi, p. 295 et suiv. ;
voir plus baul i; 109). Ac-il est l'orme comme av-il (§ 177).
He-ce (hins k action d'aller {= (k entrer). Pour le suffixe
casuel -ce, voir ij 129, 2. Le veibe he rt//^r (pour i"h initial,
cf. § 74j {!st peut-être à rap[)rocliei' du linnois ve-ta- « l'aire
aller, conduire »; cf. moidvine ra-te- « conduire »; vogoule
vd-t- « mettre un vêlement » (Bndenz, p. 579, n"614).
L'indication de la sépulture (/ai se troave tout de suite en
entrant explique pourquoi on recommande le silence. On pré-
vient dès la porte qu'il n'y a pas de vestibule. El en effet le
caveau esl aménagé de telle façon quimmédialemenl à droite
et à gauclie de l'entrée on trouve une niche funéraire (Dennis,
Cities and Cemeteries, II, p, 438 ; Martha, Art Etrusque, p. 189).
217. F. Spl. I, IO(j (sur un casque) :
mi spural
Je <isuis^ provenant de la mêlée.
Mi, pronom de la première personne (Voir .^ 30, 132). Dans
spural il y a à dislinguiM- le radical spur et le suffixe casuel
-al (§ 129, 1). Le radical spur peut èlre considéré comme
l'équivalent de *supr(Voir plus haut, i; 49, n" 2). Or un radi-
cal analogue à *supr se retrouve dans |)lusieurs des langues
ougro-linnoises avec le sens de « trouble, mélange, désordre,
lumulle, guerre » : finnois, sop-o a parole embrouillée », sopp-u
« trouble, désordre, bredouillement » ; hongrois hàborù
« guerre, tumulte » ; zy.ùy.r- ou zy.ry.r- <( mêler, bouleverseï' » ;
mordvinc sunihra « trouble » (^Budenz, p. 125-127, n" 153,
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 161
154 ; DoiiiiGr, II, p. 77, n" 7G5). D'après ces analogies on peut
iltribuer à spur le sens de mrlée^ bataille, fjuerve.
Le casque est im Irophée de li^uerre, qui a été consacré à
quelque divinité.
218. Inscriptions gravées en grosses letlres sur de grandes
pierres qnadrangulaires provenant Ion les de la même région
(environs de Fiesole) :
G. 3. tular spural ainpuratum visl v ej^tatr
G. 8. tular. sp. a. vis. vx- Au. Cur. clt
G. 4. tular. spural. Au. Papsinas. L. A. Cursnis. L.
Les trois textes se rapportent au même objet. Ils commen-
cent en elTet par la même formule. Le second reproduit en
abrégé une partie du premier et présente un nom j)ropre qui
figure dans le ti'oisième.
Tular spural la liinilr dr proprirl.é <es/> provenant de la
guerre .
Tul-ar est composé detul propriété et de ar limite. Tul est
apparenté au hongrois /^/Z-oy-^/c*// «propre, particulier» (Budenz,
p. 239, n''2i7; Donner, I, p. 141, n" .■')07). Ar est à rapprocher
du linnois ddr-i « bord, terme, lin ».
Spur-a\ prove/iant de la bataille ; cf. î:^ 217. 11 y a ellipse du
verbe « être » i:;1Gl). Il s'agit, selon toute vi-aisemblance, de
boi'nes-lVonliéi'es, mises en [)lace à la suite d'une gneri'e et
marquant les liniilcs du territoirtî con(iuis.
Ainpuratum, (danl remplacé dans la seconde inscription
par rahri'viation a, doit être consi(I(''r(^ comme ne formant
(|u"un seul mot. 11 se décompose en ain -\- puratum. Le |)re-
micr de CCS deux ('N'uicnt^, ain, se raniciu' à la mcmc racine
que le bongrois y.j «sillon, entaille » ; cf. ay-a/r « lèvre » {\iu-
dcn/, p. 721, n" 786) : la désinence -n est le sulïixe nominal
_(^113).
Quant à puratum, on peut lui attribuer le sens de ligne,
11
162 TUoisiKMK l'Airrir:
raie, Irncc. C'osl un siil)slaQlir formé à Taidc du suiïixo -m
(§H1) et dérivé du radical s'(>rl)al pura-t- tracer les l'u/nes
(suffixe -t, § 87); cf. linnois ftirii « lii;n(', raie », plru-sla-
(( tracer des lignes ». Pour la voyelle lliémalique, voir î:; 64 U3.
Ain-puratum signifie iK/nc de fosse et désigne sans doute la
ligne de démarcalion (fossé ou sillon) qui constitue la frontière.
La lin de rinsci'iplion est d'une lecture trop incertaine pour
(ju'on essaie de rinlei'préter.
La seconde inscription (C. 8) répcMe les mêmes termes que
la j)remière, en y ajoutant loulefois ceci :
Au. Cur. cit.
Sur l'inteiprélation des deux premiers mots, il n'y a pas de
doute. Au est l'abréviation oi'dinaire du prénom Aule, et
Cur est l'abréviation du gentilice Cursni, qui se trouve dans
la troisième inscription (G. 4). La mention d'Aule Cursni,
dans la troisième inscription, à côté du nom d'Aule Papsina,
iiionlre (|u'au moment de l'érection des bornes-frontières les
deux personnages exerçaient en commun des fonctions offi-
cielles et qu'ils ont jtrésidé à l'opération, dont ils se portent
comme les garants.
Ici Aule Papsina nest pas nomun''; uiais selon toute vrai-
semblance il est indi(iué |)ar le terme clt, ([ui signifie pro|)re-
ment /rt/r'/Y// [ad latus] ; le mot, formé avec le suffixe nominal
-t (ij 120), se ramène à la même origine que le finnois hi'ii-ki
« côté» (Budenz, p. *{."», n" 41 ). L'inscription étant pres(|ue tout
entière en abrégé, il y a lieu de penser (jue clt est aussi une
abréviation. J'enlivndrais donc Au. Cur. clt ainsi : Aule
Cursni <e/> son collhjue. L'indication est vague; mais il faut
considérer que l'inscription, avec ses termes abrégés, est sim-
plement un ia])pel d'inscrij)tions ])lus explicites.
La troisième borne (C. 4) porte, outre tular spural, les
noms d'Aule Papsina et d'Aule Cursni. L'abréviation L.
(^^LarOali, (|ni suit cbacun des deux noms, indi([ue ([ue l'un
est iils de Larili l'tipsina (d l'autre (ils de Lurlli Cursni.
Les deux gentilices, étant au génitif Papsina-s, Cursni-s),
déjjendenl de quelque mot sous-entendu [œuvre ou Iraeail)»
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 163
219. F. 2070 (sur un sarcophage) :
ArnG. Xurcles. Lar6al. clan. Ram6as. Pevtnial. zilc.
parais, amce. marunuj^. spurana. cepen. tenu, avils.
maxs. semcpalxls. lupu.
{Tombeau) d'Arnth Khurr/e^ fils de Lartli <zKhuTcle eV> de
Ramtlia Pevtni. ■<// es7>. tout à fait bon; dans la paix <^il est^
hors de pair ; homme de guerre il est très courageux. Il meurt
à soixante treize ans {?) d'âge.
Arn6, prénom du défunt.
Xurcle-s, génitif du gentilice Xurcle. On a déjà rencontré
un personnage de cette famille (i^ 180). Sur les épitaphes au
génitif voir § 175.
Lar0-al né de Larth, prénom du père.
Clan//7.v (voir^ 180).
RamGas Pevtnial; il est né d'une mère appelée Pevtni ayant
Ramtha pour prénom. Le prénom est pourvu du suffixe
casuel -s, (andis que le gentilice a le suffixe -al; sur ce genre
de conslruction voir §§ IGO, 180.
Zilc parxis, attribut d'une proposition dont il faut sous-
entendre le sujet Arnth Khurcle et le verbe « être » (§ 161).
Zil-c, parfait, est un adjectif employé adverbialement avec le
sens de tout à fait. 11 dérive de zil complet (voir plus haut
§ 199 : zil eter, qui correspond à l'expression zil-c parxis).
Dans zil-c, le c final est un suffixe de dérivation nominale
très fréquent dans les langues ougro-finnoises (voir § 100 et
Budenz-Simonyi, p. 245 et suiv.). Etant donné la permutation
fréquente du c et du x (voir § 68), zil-c devient quelquefois
zil-x, notamment dans le verbe zil-x-nu (F. I, 387).
Parxis, bon, est à rapprocher du finnois pai^a « bon »
(Buden/., p. 543, n° 571; cf. lapon puore « bon»; mordvine
para; tchérémisse puro). Dans par-x-is, la désinence -x-is
provient de la réunion de deux suffixes de dérivation nominale,
le suffixe -X ou -c, dont il vient d'être question à propos de
zil-c, et le suffixe diminutif -is, (§ 108), que l'on a déjà ren-
contré dans Lar-is (§ 179\ sen-is (§ 203), sex-is (§211). La
réunion des deux mêmes suffixes se retrouve dans le finnois
Ifi'l nU) I SI KM K l'AlîTlK
nuuri(-/,--aisr « pdil jeune liomnic», l'ùhi'i-l;-ii'iso, « assez court »
(I{ii(li'ii/-Siiiioii\ i, [1. 2i.-j-24()).
Amce marunux, ^""'"^ 'f'' f'f"' ^If'H'^ l'i' i>fiii\ se l'apjx^itc loii-
joiii'-^ !iii niètîic siijcl Arn9 Xurcle, (|iii dniiiine loules les |»r()-
[)()sili()n'^. Am-ce »'>! le -iili^l.iiilif am |i()iii\ii du sulïixe casuel
-ce, iii(li(]iiiiiil IV'liil (liiiis li'((iiel ou se trouve (i^ 129, 2). Am,
repos, pair, <'->t ;i ia|)|)i'Ocliei' d'uu j'adical *a)ii, *em, au(iuel
Budenz rappoilc uue svv'\o. de uiots ou^ro liuuois exprimant
l'id(M' (le (I arièl, repos, installation, étajjlisseiuent »; cf. osliak
otti-is- a s'asseoir », oin-U- « établir » ; tchérémisse om-a/d, ani-
as « hutte, ca])anc » ; mordviue î(f//(/ « champ, pièce de terre,
viliaf^e » (Hudenz, p. 873, ii" 07-]). Phisieurs textes nous font
connaître nu verbe am-a am-e « s'arrêter, se reposer »
(C. 45.38;KraII. VII. li; VIII, (i, 8: \, :5, 5, 9, 14).
Marunujf se décompose en maru + nux* 13ans maru il y
a lidi-e de //tcsurcr ; cf. houj^rois ///rr- - mesurer » (Hudenz,
p. GI7, n" G.j7). Quant à nux, il f'st a|tparent(' à une série de
mots ou^ro-liunois exprimant Ions lidf'c diine chose r/i/i
dépasse : finnois noL-ha " cliose (|ui lait saillie, bec pointu »,
nok-o (( saillant >» ; osliak nok, no/ « en haul, au-dessus »,
luj-f « partie supi-rieure »; vog. //oy, mnr/, iio)^/ « au-dessus »
Donner, III, p. 7, n" 8().'{). Maru-nux signilie donc (fu'i passe
inensuralion^ e.rtraonl maire.
220. Spurana cepen tenu, proposition dont le verbe est
tenu et dont le sujet est toujours ArnG Xurcle. De tenu on
peu! rappiocher les mois linuois tan-i-a « fort, roid(> » ; taiii-
kka (( fort, ferme »; l<'it-u « loj'ce, aciivile »; Icn-a « résis-
tance » (DoniUM', I, p. li'{, n" "iltr. De là, poui' tenu, le sens
de Hre jorL., rire eouratp'ii.r .
Cepen <p-an(li'irienL IxuuKnap'. adj(>clir pris adverbialement.
Au premier aljoi'd on serait lenh' de eonsicb'rer In linal comme
un sullixe, accob' à un radical *cepe. Mais la forme verbale
cepene, qui se lit dans la Momie d'Aiiram (Krall, Vil, 15 ,
im|di(|ue un radical cepen-. Il laiil donc (K'composer cepen
en cep -)- en. In thème voisin de en a donn{' en linuois <'H-a
« plus, davantage » et en ostiak cii-tm-, aii-in- « croître »
TEXTES THADUITS ET COMMENTÉS j 65
(Biidenz, p. 883, n" 989). Par analogie, on peul attribuer à
en le sens de cjrand; c'est le mot que Ton retrouve 'dans av-en-
ce à Vélat de grand d'âge (§ 177). Quant à cep, c'est un mot
dont le sens propre est contenani; cl", finnois kappa « bois-
seau » ; hepp-u « corbeille »; kepp-o « lonnelet » ; hongrois
k(")p-ï( « baralle, ruche » (Donner, I, p. 79, n" 279). Cep-en
signifie donc grand de eonfenanf, c'est-à-dire grand de mesure.
Le sens est à peu près celui de marunux [§ 219).
Spura-na est formé du radical verbal spur- mêler (§ 217)
et du suffixe nominal -na (>; lli). Le mot peut être soit un
substantif avec le sens fie homme de guerre^ soit un adjectif pris
adverbialement (§ lo6, 1) avec le sens de à la guerre. Amce et
spurana semblent s'opposer comme les deux termes de l'expres-
sion latine domi militiaeque.
La fin de l'épitaphe contient des mots que nous avons déjà
vus : avil-s génitif de avil âge (§ 178) et lupu // meurt ou //
est mort [^ 180).
Maxs sem<palxls indique l'âge du défunt. Les nombres sont
au génitif, suivant l'usage, Max correspond à trois ou quatre
[^ 140, 141). Semcpalxl est le multiple par dix Aw nombre semcp
(G. 5092), qui représente ^iept ou huit (voir §§ 143, 144).
221. I". 2335=* (sur un sarcophage) :
Lare. ArnGal. Plecus. clan. RamGasc. Apatrual. eslz.
zilaxn6as. avils. 6unem. muvalxls. lupu.
Larlh, /ils (TAruth Vlceu et de liamlha Apatrui <ia ete'^
entre tous aecompli. Il est mort à près de trente ans.
Lar6, prénom du dé'fiiiil.
Arn6al, né d'Ami h, indique le prénom du p6re. Plecu-s
gf'nilif (lu ^oulilice Plecu, dépendant de clan, fils (§ 180). Le
pr(''uom Arn6 et le gtMitilice Plecu sont [)()urvus chacun d'un
sulli.xc ciisiK'l (lidV'rcnl . Dr niéiiic Ram9as Apatrual. Sur cette
couvliiiclioii (Tun usage fr(''(jueul, voir v:;;:^ KiO, 180, 219.
166 TROISIÈME PARTIE
Ram9a-s-c génitif (lu prénom féminin Ram0a, avec la par-
ticule (•(tpulnlive (§ loi). Cette RamGa est la mère du défunt.
Son sarco[)liago a été retrouvé à côté d(^ cidiii de son fils. L'épi-
taphe (F. 2333") l'appelle Ramea Apatrui ;iii lieu que l'épi-
laplic (lu (ils l'appelle Ramea Apatru. (Vest ([ue très fréquem-
ment, lorsque le genlilice maternel est |)0urvu du siitlixe casuci
-al, on se dispense de le féminiser par laddition d\in -i (voir
§ 104). Ainsi l'on a :
C. 27r» : V. Lecne. V. Sesctnal = Vel Lecnp, /ils (h Vol
<^tH (ïiine mèrr^ Scsclnfi.
Or la mère s'iippelle Sesctnei comme le prouve sonépilaphe
(C. 27o) : Oanxuvil. Sesctnei. Lecnesa^^ T/ianak/mi/ Sesctnei ,
femme Lecne.
G. 1086 : Arnt. Marcni. Fremrnal = Arnt Marcni <.fils
d'une 77ière^> l-'remoia.
C. 1087 : Arnt. Marcni. Zixnal = Ami Marcni <ifds d'une
mère VÀkJina^.
Or les deux mères, dont les épitaphes ont élé retrouvées dans
la même sépullure (lue celles des fils, s-appellent OanaFremr-
nei(C. 1088) el Oana Zixnei (C. 1090).
C. 1262 : Vel. Hele. Capnal = VelUele <fils d'wie> Capna.
Or l'épitnphe de la mère ((]. 1261) donne le nom de Gania Cap-
nei.
C. 1500 : LarOia. Vecui. Alfnal ^ Larlhia Vecui fille dune
Alfna.
Or l'épitaphe de la mère ((!). 1501) donne le nom de Alfni.
222. Eslz zilaxn0as, allrihut de Lare, avecelli|)se du verbe
« èti'e •>(>;. 161 ).
Esl-z, uniquement, particulii'remrnt, entre tons, est un
adverbe dérive^ du nom de nombre esl ou esal, un, premier
(§ 142). Lit désinence -z esl un sullixe adverbial (§ 136, 3), que
l'on retrouve dans te-z ici (§ 193).
Zilaxn-Sas étant accompli, adjectif (voir i< 121) dérivé du
verbe zilaxn- ; v{. F. 2033 zilaxn-u ; F. 2037, 2059 zilaxnu-
ce. Le verbe zilaxn- (b-rivc lui-même de Tadjectif zilx ou zilc
complet (voir i; 21 8 i, à laidi* du sullixe -n (§ 84).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 167
Avil-s, génitif de avil âge ; voir § 177.
0unem muvalxls à trente <ian<i'> presque. Muvalxl est le
mulliple de max trois ow. quatre [% 144). Quant à eunem, bien
qu'on le renconlre associé à des noms de nombre (Krall, XI,
17 ; XII, 10), bien qu'il se présente avec une désinence -em
qui se retrouve dans les formes numérales esl-em, ci-em (voir
§ 145), je ne crois pas que ce soit un nom de nombre. Si l'on a
en elTet un nombre 6u (§ 141 \ on n'a pas de nombre ôun. Le
thème Bun est vraisemblablement le même que celui qui a
formé eun-z (F. I, 387 . Gun-xers (Krall, VI, 7), eun-x^lem
(Krall, XII, 3), Gun-xul^e i^C. 4o38!. Il esta rapprocher du fin-
nois Iiuono V. mauvais, maigre, faible, infirme»; esthonien hùn
« maigre » ; zyrénien cîn- « décroître » ; hongrois cun- « lan-
guir » (Budenz, p. 30, n° 409 ; Donner, II, p. 49, n" 726). L'idée
qui s'attache à ce radical est celle d'une ehose petite, de peu de
chose. Pour le 6 initial, voir î; 71 . 0un-em, se trouvant construit
d(* la même façon que les noms de nombre esl-em, ci-em, doit
être interprété de même. Or les formes numérales esl-em, ci-
em indiquent une quantité à soustraire (§ 145). Ciem. signifiant
défectueux de deux, 6un-em signifie défectueux de peu., c'est-
à-dire presque., environ.
Lupu il est mort\ voir § 181.
223. F. 807 sur la panse d'un vase de bronze) :
mi. marisl. far6. siansl. leimi.
Moi, je éi ce) té du patron très misérable. ■
Mi ///'>/; voir §§30 et 132.
Marisl qrandement de mesure c'est-à-dire beaucoup, très. Le
mot est composé de mar mesure, que l'on a déjà rencontré
dans maru-nux //'>/■"' 'I'' mesure (§ 210), et de is grand; cf. fin-
nois iso « grand », vogouie is « âgé, grand (d'âge) » (Budenz,
p. 8o0, n'^ 952). L'addition du sulfixe casuel -1 (§ 129, 4) trans-
forme on un adverbe ;§ 156, 2 l'adjectif mar-is. connu par
IG8 THOISIÈMK PAHTIE
(rjiuires loxlcs (F. 480, 20î)l, 21 il). Do môme, en linnois lo
siillixe casiicl -Ha ou -//// l'orme les ailvcrhes hiii-llii « ici », l'tkc-
Un « auprès » avec les adjcclils laii « celui-ci », ///•/ v ])iochc ».
L'adverije mar-isljouc l'otlico d'une |)arlicule superlalive.
Far9, piloi/dhlc, objet, de piiir, inisérahlr, est à rapprocher du
liuuois j)(u'-l;a « miséi-able » ; cl. Iiougrois fnr-y.d- « peiner )>,
I^i'siillixe -6 esl un sullixe de dérivalion nominale (§ 120).
L'adjeclil' far6 (|uali(ie le subslanlil" sians-1, qui siiil. L'épi-
tlièle de misnuihlc s'applique au mori, désormais j)rivé de
foules les joies de la vie.
Siansl, près du patron; le sulTixe -1 exprime la relation de
voisinage (voir § 129, 4), comme le suffixe -lia, -lia du finnois.
Dans sians on reconnail le sullixe de dérivation -ns (i^ 113)
([ui s'observe dans Fuflu-ns (F. 2468; 2301), SeGla-ns (F. 439;
2492), Neôu-ns (F. 2097); un thème analogue à*siase retrouve
dans le finnois sdi-ià-, saii-lii a être garanti, protégé »; cf.
zyrénien saj-e- « protéger » ; ersa-mordvine saj-e- « prendre » ;
osliak saj-la- « protéger » (Donner, II, p. 91, n" 780).
Le dernier mot du lexle n'est pas dune lecture cei'lainc.
L'idée de repos est suggérc'e |)ai' le llièmc lei (§ 183).
Le vase <|ui [)orte cette insci'i|>lion élait ou bien une offrande
funéraire l'aile par nu esclave à son maili'o, ou bien l'urne
mAmc (|ui contenait les cendres de l'esclave enseveli pi'ès de
son ma lire.
224. ('. .'{910 (sur une urne funéraire) :
Afli. HustnaL sex- far0ana.
.1///, /ilh' née de. Ihistiia <:ie-st.'^ une chose misérable.
Afli, l'orme féminisée (^ 104) du genlilice Afle (c. 3906-3914).
Hustnal née de llustna dc'signe l'ascendance maternelle,
puis(|ii(' le nom de Afli r;i|)|)elle l'ascendance paternelle. La
mère s"aj)pelait en clfel Hustnei, comme h^. prouve son é|)i-
lapbe ((;. 3908). Sur la iiou-rcminisalion du gcntilice maternel
pouivu de -al, voir § 221.
TEXTES TUADLITS ET C0M3IENTÉS 169
Sex OU sec, JlUc, voii' |:^ 20Î).
FarQana chose misrrablc, pitoyable, objet de regrets, proba-
blenicnt pour far8-na, subslaniif dérivé do farô de l'inscription
précédente (^ 223 , à l'aide du suliixe nominal -na (§ 114).
La même formule se retrouve sous la forme har6na (C. 3135).
Poui- la permutation de Tf et de l'h. cf. Fasntru (G. 947) et
Hasntru (C. 945, 946), Fasti et Hasti (Fabrelli, Glossarium).
225. F. 2327"'^'''' sur un sarcophag-e) :
an. farônaxe. Marces. Tarnes. RamSesc. Xaireals (ligne
horizontale).
Ganxvil Tarnai (verticalement). LarG. Teiniis (vertica-
lement).
Ici est misérable la fille de Marce Tarne et de Ranithe Khaire,
Thanakhvil Tarnai, femme de Larth Teinii.
Sépulture dune femme appelée Thanakhvil Tarnai, fille de
Marce Tarne et de Ramthe Khaire. Les noms des parents occu-
pent toute la ligne horizontale. Faute de place, le nom de la
défunte, ainsi que le nom de son mari Larth Teinii, ont été
inscrits sur les bandes verticales du sarcophage, à droite et
à gauche.
An, ici, voir §§ 134 et 195.
Far0naxe être misérable, être objet de pitié, verbe dérivé de
radjcrtif far9na (ou farôana § 224). Le sutfixe -x est un suffixe
lie dérivation verbale, que l'on retrouve dans zixn-x-e (C. 4538);
voir i; 80. Far9naxe a pour sujet Oanxvil Tarnai.
Marce-s Tarne-s. génitif du prénom et du gentilice du
père de Oanxvil Tarnai. La forme ordinaire est Tarna, d'oîi
le dérivé Tarna-i (voir i; 104). Mais la permutation de l'a et
de l'e est fréquente (voir § 55). Le pronom et le gentilice sont
ici tous deux pourvus du môme suffixe casuel -s; la conslruc-
ti(jn la j)lus ordinnire ne comporte pas d'accord (§ 1591. Même
observation à pro[)Os du [)rénom <'t {\\\ nom de la mère
170 TROISIÈMP- PARTIE
Ramees-c Xaireal-s, (|ni sont aussi tous les doux au génitif.
Dans RamGe-s-c, le -c linal est roncliliqiio copnlntive
(§ l")4j. Ram9e est une variaulo du pi'énoui fominin RamSa;
de même plus liaiil Tame pour Tarna.
Xaireal-s, ii('iiilil' de Xaireal. Lu mère, élanl lillc de
Xaire, aurait du s'app(d('r iM'iiiilirrcmeiil Xaire-i, comme la
déliuite, fille do Tarne (Tarna) s'u})polle Tarna-i (§ 104).
Mais en tant (|ue lille de Khairr, elle peut rire désignée aussi
sous le nom de Xaireal nn^ de Khalrc, le sul'lixe -al marquant
l'origine (.^ 129, 1). Xaireal d<' vient un vérilablo substanlif, où
le suffixe séparablo -al lait si bien corps avec le mot qu'on en
vient à pouvoir ajouter le suffixe casuoi -s.
Lar9 Teinii-s JCmmo de Ijirih Tcinii. Le génitif Teiniis
indique la dépendance matrimoniale (§ 210). Remarquer qu'ici,
contrairement à ce qui se passe dans le reste de l'inscription
et conformément à l'usage (§ 158), le prénom ne s'accorde pas
en cas avec le gentilicc.
226. F. I, 387 (sur un sarcophage) :
Tute. Lare. anc. farGnaxe. Tute. Arn0als. lupu. avils.
esals. cezpalxals. HaSlials. ravnOu. zilxnu. cezpz. purts-
vana. ôunz.
Tute <Cfi cté^ Imi'IIi cl iei [maintenant) il est misrrahle, Tute.
La mort du fils d'Àrnth <« été^ à quatre-vingt (?) u)i <Cans^
d'df/e. Le fils d'Hatldia <ia /"7r'>- un homme fort, im homme
accompli ; huit (?) fois il a été couronné; <Ccela est réduif^
à rien.
La l'édaclion de cette épitaplie est singulière. Le défunt avait,
pour prénom, Larô et, pour gentilicc. Tute. II nvail coniuio
|»èro un Arn6 Tute et comme mère une Haôlia. Il aurai! dû.
par consc([uent, être appcb' Larô Tute ArnGal HaGlial. Mais,
au lieu de laisser ainsi groupés les différents éléments de lap-
pellaliou. ou l(>s a arbitrairement séparés. On a employé tantôt
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS J7l
l'un, tantôt l'aulre, ici Tute, là Arnôal, plus loin HaGlial.
Cette façon de procéder, tout à fait insolite et peu naturelle,
donne à penser que le rédacteur de Tépitaphe a été gêné dans
l'arrangement des mots par quelque contrainte métrique. Du
reste le tour antithétique de la pensée conviendrait bien à
des vers.
Tute, gentilice, connu surtout sous la forme dérivée Tut-
na(C. 2986).
Le troisième mot, anc, est important, parce qu'il permet de
retrouver la construction. An-c est la particule adverbiale an
ici (voir §§ 134, 19o, 225), avec Tenclitique copulative -c
(§§ 154, 180). Il y a donc coordination de deux propositions.
L'une est Tute LarG — - Tute <ia été':> Larth, avec ellipse du
verbe « être » (^ 161) ; l'autre se compose du verbe far6naxe
suivi du sujet Tute. Pour le sens de farGnaxe rire misérable^
voir l'inscr. précédente (§ 225).
227. Arn8al-s génitif de ArnOal /?^^' crArnth. ArnO-al est,
à l'origine, le prénom Arn6 augmenté du suffixe casuel -al
(§ 129, 1). Mais le mot se comporte comme un substantif dérivé,
capable de prendre, à son tour, un suffixe de relation ; de môme
plus haut (^ 225) Xaireal. Le génitif Arn9al-s no peut pas
dépendre de Tute, puisque Tute le précède et que, d'après les
règles de la construction étrusque, Tute, s'il était déterminé
par ArnGal-s, devrait venir après lui (§ 157). Arn6al-s ne peut
donc dépendre que du verbe lupu mourir [^ 181), employé
substantivement (5^ 151). Ce verbe lupu est lui-môme le sujet
d'une proposition dont le verbe « ôfrc » est sous-entendu (§ 161).
L'a (tribut est l'expression numérique avils esals cezpalxals
à fjuatre-vitujt-un ans cVârje.
Pour avil-s, (Tnrjo, \o\v^ J77.
Esal-s, génitif de esal (=^esl), un, prruiicr{% 142). Cezp-al-
Xal-s, mulliple par 10 (^ 144) du nombre cezp, «jui ligure
plus li)iu sous la forme cezp-z. Le nombic CBzp est supé-
rieur à six, |)uisqu'il ne ligure pas sur les (h's de Tosca-
nella (§ 142), et il est inférieur à 10, |»uis(|u'ii donne lieu à
un multiple. On peut hésiter entre 7, 8 et 9. Mais en raison
\12 THOISlÈ.Mi; l'AliTIE
(les limites ordinaires de la vie liiimuino, 9 est peu probable.
Ha9lial-s, ^eiiilil' ilo HaOlial, //e (rihithlia, sorte de siibs-
taiilil lurmc'' exacbMiieiil de la même manière que Arnôal voir
|iliis liaiil ArnSal-s lupu. HaOlia on HaOli esl nn nom de
l'emme. Le uV'nilif Ha0lial-S d(''pend des Ircjis verbes (|ni
suiveni, ravn6u, zilxnu, purtsvana, comme |)lus baut,
Arn0al-S (b'pendail de lupu. lui élrns(|ne, les ver])es se coiu-
porlenl soiiNcnl comnu" des subslanlifs s; 151).
Rav-n6-u rtrc fori^ verbe déi-ivé dnn radical que l'on re-
lron\e dans le linnois rap-e-a « forl, solide » ; cf. rav-e-a
« puissant, violent » (Donner, 111, p. 14.5, n" 1037). Le radical
rav esl augmenté d'un snllixe -n0 (ïj 9)5), lequel cori'espond
au sutlixe l'ré(|uenlalil" -iid en usage dans [)lusieurs langues
ougro-linnoises (Hudenz-Simonyi, p. 19 el suiv.).
Zilx-n-u, rire, acromii/i, verbe déi'ivé de l'adjectir zil-x ou
zil-c (?5 218); cf. § 222 : zilax-n-eas.
228. Purlsva-n-a, veihe dériv(' du substantif *purtsva à
l'aide du sullixe de dérivation verbale -n (>; Hi); c'est le même
snibxe qui, de zilx, donne le verbe zilx-n-u. Le substantif
*pur-t-s-va est un dérivé du ladical verbal pur-t-s-, lequel
(b'rive du llième *pur à l'aide de deux sulllxes, le sullixe -t
(§ 87) et le sullixe -s (^ 86). IVjur le sullixe nominal -va, voir
ij 123. Le tlième *pur peut être ra|)procbé du linnois pi'ir-i
« cei'cle, tour, enceinte » (pour la voyelle, voir 5; 64 La). De
là pour le substantif *pur-t-s-va le sens de chose (nd onlourc,
couronne, et pour le verbe pur-t-s-va-n-a le sens de être
couronne. (iCtte couronne rappelle soit les dignités dont le
défunt avait été revêtu, soil cerlaim's r(''comj)enses militaires,
analogues à celles (jue décernaient les Momains.
Cezp-z sejii {{)\\ luiil] fois. Www le nombre cezp, voir § 142.
La désinence -z est le sullixe adverbial, ([ue l'on a vu dans
esl-z (55 222: cf. i^ 156, 3) el que l'on retrouve dans Ôun-z, le
deinier mol de l'épitapbe.
0un-z peu, rien, présente le même radical (]iu^ 9un-em à
peu près (i; 222). L'adverbe 6un-Z doit êli-e considi-ré comme
l'attribut de la proposition dont les trois inlinitifs ravn6u,
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 173
zilxnu, purtsvana roprésonleiiL le sujel. Le sens est : le fait
clêtre fort, le fait cï rtre un homme accompli, le fait dctre
huit fois couronné <,est^ peu de chose, c'est-à-dire tout cela
se réduit à rien. 11 est probable que ravn9u être fort se rap-
porle à la constitution physique et que zilxnu être accompli
se rapporte aux qualités morales.
229. F. I, 388 (sur un sarcophage) :
Tûtes. Seere. LarSal. clan. Pumplialx* Vers, ^il'x"*
zilcti. purtsvavcti. lupu. avils. maxs. zaGrums.
<Tombeau'^ de Tute Sethre. fils de Larth <CTute> et de Pum-
plia.... Il est mort en passe de devenir accompli, en passe de
devenir apte à couronne. <"// étaif^ à treize (2) ans d'âge.
Tute-s, génitif de Tute, gentilice du défunt. Sur les épita-
phes au génitif voir i; 175.
Se0re, prénom du défunt. Dans l'usage ordinaire le prénom
précède le gonlilice.
Lar0-al né de Larth. Ce LarG Tute est probablement celui
(|ui l'ait r(jbjet de Tépilaphe précédente, § 226.
Clan fis, voirie 180.
Pumplial-x né de Pumpli ou Pumplia. La parlicule copula-
tine -c (voir i^ \l\'\, 180) est ici un x- Les deux lettres pei-muleut
fréquemment (>; 08) : voir plus haut sec et sex (§ 209). Les mots
qui suivent Pumplial-x sont de lecture incertaine.
Zilc-ti, purtsva-vc-ti. Les deux mots sont pourvus du môme
suffixe, le suffixe casuel -ti (5; 129, n" 10), qui signifie le hmy de.
L'adjectif zilc signifiant parfait, accompli (§ 218), zilc-ti s'in-
tei'prèle le long du <^être on devenir'^ accompli, c'est-à-dire
tandis (jue se jn'(don(je Faction de df^ve/ùr accompli ou en passe
de devenir accompli. Dans purtsvavcti, si l'on fait abstraction
du suffixe -ti, il reste radjectif purtsva-vc apte à couronne,
composé de purtsva couronne [^ 228) et d'un radical vc ou
vac, ([uc Ion retrouve dans le texte de la Momie d'Agram sous
174 TROISIKME l'AUTlE
la forme vac-1 (Kiall, III, 15, 16 clc.) et qui signifie dispos, apte
à, propre à\ cf. linnois uk-i-tia- « presser, stimuler, exciter »
c'est-à-dire « rendre dispos »; pour le v initial, voir i; 73.
Le sons de purtsvavcti est donc en passe d'<iélre on de
devenir^ apte à couronne.
Lupu il est mort (§ 181).
Avils à' âge (§ 177).
Max-s, génitif du nombre max Irais ou </uatre (voir § 140).
Za6rum-s, génitif du nomljre zaOrum dix (§ 146).
230. F. :205ri fsur un sarcophage) :
Ale6nas. V. V. Gelu. zilaG. parxis. zila6. eterav. clenar.
ci. acnanasa. vlssi. zilaxnu. celusa. ril. XXVIII. papalser.
acnanasa. VI. manim. arce. ril. LXVII.
Deux /ils tout à fait bons, tout à fait excellents entouraient
d'affeciio)i Vel Alrihna, fils de !>/; ils sont rapidement partis.
L'aîné (?) était u)i lionune accompli, il avait ''2S ans; le cadet (?)
<iétaU^ un enfant à peim- nip' de (I ans. — <CAletluuC> rrteurt
à 67 ans.
Ale6na-s, gentilice au génitif, dépendant du verbe 6elu.
Hii ,1 les épilaphes de plusieurs des membres de la famille
Aleôna, (pii avaient été ensevelis dans la mémo sépulture
(F. 2o:i:;-2069).
V. V. Abréviations du prénom Vel. Les deux sigles indiquent
le prénom d'Aleôna et le prénom de son père.
0elu l'iildurcr (T aff cdion, proprcunent réchaujj cr, coninuî le
latin /o/v'/v. Cf. linnois//^'/-//" « chaleur, senliment ardent >^./icl~
la- « être tendre, doux, affectueux, traiter avec indulgence »
(Donner, 11, p. 28, n''710). Pour Téquivalence du 6 initial étrus-
que et tie 17/ linnois, voir i; 71.
0el-u est une forni(> simple, sans autre suflixe ([ue la voyelle
tinale, cai-aciéristi((ue d'un verbe (^i:; 77. 1 i8). 11 n'y a pas de
marque du pluriel, preuve que le sujet clenar n'est pas le plu-
TEXTES THADLITS ET COMMENTÉS 175
riel do clen (= clan) fiU (§ 80), mais une sorte de collectif au
singulier. La désinence -ar, indiquant la collectivité, est à rap-
procher de Tostiak ar-at « quantité, multitude », ar « nombreux,
abondant » ; cf. vogoule ar-i « nombreux » ; hongrois ar-di)
« forêt » (Budenz^ p. 793, n° 864). L'emploi d'un collectif, au
lieu du pluriel, s'observe dans quelques dialectes ougro-finnois,
notamment dans le tchérémisse ' et le samoïède ". Le même
fait se remar([ue dans les langues ouralo-altaïques, qui, à un
certain moment de leur évolution, paraissent n'avoir exprimé le
pluriel qu'à l'aide de mots collectifs ^
231. Zila0 parxis zilaG eterav tout à fait bons, tout à fait
excellents, épithètes de clenar. Les deux adjectifs parxis et
eterav sont renforcés chacun par un autre adjectif, l'adjectif
zilaG parfait^ employé ici adverbialement avec la valeur d'une
particule superlative, comme dans l'expression zil eter (§ 199)
et zilc parxis (^J; 219). Zil-a6 est un dérivé de zil, que l'on a
déjà rencontré sous la forme zil-at (5; 206; pour la permutation
du t et du 9, voir § 68). Dans zil-aS, l'a est une voyelle épen-
thétique. La désinence 9 est un suffixe de dérivation nominale
(§ 120i. Pour le sens de parxis bo7i, voir § 219.
Eter-a-v est probablement une forme abrégée de eterava,
adjectif dérivé du verbe etera, lequel dérive lui-même de l'ad-
jectif eter (v^ 199). La désinence -va est la même que dans
purts-va ^ 228), marunux-va F. 2056, 2057), eit-va (F.
2056 , zusle-va (Ivrall, 111, 3) ; pour le sulfixe -va, voir ^ 123.
Au lieu de la forme eterav on trouve (F. L 438) eterau ^§ 204).
Acnanasa vls-si très soudainement partis c'est-à-dire morts)
avec ellipse du verbe « être » et ellipse du sujet, lequel ne peut-
être que le sujet du premier verbe, c'est-à-dire clenar ci.
1. Boller, SUziuifjsberlchle d. K. Académie der Wissensch. (Wieii , XII, p. 141.
2. Castrén, Gvamm. Samoiède, p. 107.
3. Grunzel, Enlwurf eincr verr/leich. Gvammalik der nUaischen Sprac/ieii
(Leipzif,'. lS9;j), p. 48: Die allcreint'achstc unci primitlvstc Art dor Pluralbezei-
clinung ist oline Zweitel die syntaclischo dui-cli Doppelsolzuiig, w'u- \\\r sie noch
iin Japanischeii, Maiiiisciiuischeii und Moiigoiischeii anU-etl'eii. Eiacn weiteren
Soliritt macht die Sprache durcli Vorselzcn eiiies Wortes der Vielheit, spuler
durch Xacliselzen eines Saminelworles.
176 TUOisiKMi; l'AiiTii':
Acnanasa Irrs soialdincnifnl , dussihU, pi'ojiromonl iji-und de
soii(/iiini'l('\ iidjcclir ('iii|)loy(! coin nie aïKcrhc dovaiil vlssi
(s; loG, 1). Ac-n-an-a-sa so décoinposo en ac-n + an-a-sa.
Le radical vorhal ac-n-, formé avec lo sujlixe de dérivation -n
(5; 84) se ramène au llième ac, déjà vu dans ac-il (s; 210) et (|ui
cx|)iiine une idée de /Y//7/r//7r'. An-a-sa, ad jecliF foi nié avec le
sutCxe nominal -sa ' >; I IS\ dérive du vei'be *an-a ^'/r^ (/rinul;
cf. finnois «/</ « beaucoup, loul à fait ».
Vls-si, vers lo {Jcliors^ esl l'adjectif vis, augmenté du sullixe
casuel -si, qui mar(]ne le poinl d'ari'ivée(§ 129, 9). Si de lad-
jeclif vl-s on relire le sullixe di» (h'rivalion nominale -s (>; H7),
il reste un radical vl-, phonétiquement identique (i;' 73) à celui
qui a formé le linnois id-ko- « au delioi's, an loin » ; cf. ul-
os, (» vers le dehors » ; iilo- <( s"eii aller, partir ».
232. Zilaxnu riro acconiiiri, est le mèmeverlx^ que zilxnu
(§227); la est épenihélique, comme dans le zilaO i^ 231).
Zilaxnu ne peut avoir pour sujet (jue la personne désignée j)ai'
celusa, hujuelle avait 28 ans, ril XXVIII (sur le sens de ril,
voir»:; 17G\ Celusa nest pas un nom [iropre : c'est probable-
ment un terme iinliipiant Tordre de la naissance. On peut le
rapprocher du hongrois /v/7- « aller, se mouvoir, commencera
se mouvoii' ». d'ofi Lt'il-t- « faire lever » et l;iil-al v lever du
soleil » (Pmdenz, p. 13, n" 17; Donner, I. j). G.'!. ir2l(>-217).
Le mol s'ap|)li(]nerail à laîné, c'est-à-dire à celui des enfants
avec lequel commence la nouvelle g('' m'' ration, l^a désinence
nominale -sa est la même ([ue dans acnana-sa.
A celusa paraît s'opposer papalser, mot composi- de "^d,^-
2\ nr (le papa, c'est-à-dire r/z/r////, brbr, et de ser ( iirri , (inidiir
(voii- plus haut i:; 213). Papalser di'signerail le petit dernier, le
bfMijamin de la famille. Le mot est le sujet d'une proposition
dont le verbe « èlre » esl sous entendu el ipii a pour atlribut
acnanasa "VI manim. Dans l'expi-ession acnanasa VI manim
on reli-ouve l'adjeclil' ou adverbe acnanasa aussitùt (§ 23J),
qui évidemment porte sur le chiIVre VI. Ce chilTre suppose le
motril année sous-entendu. Le sens estdonc aussitôt <Cùfjcdo~:>
6 <Cans^ ou àju'i/ir àijv drd ans. Ouant à manim iictit enfant
TEXTES TKADLITS ET COMMENTÉS 177
c'est un dérivé de Fadjeclir uxam peut déjà vu plus haut (§ 21 j).
La désinence -im est la forme vocalisée d'un suffixe diminutif
-m (§ 112) que Ton retrouve dans le finnois ohi-me a tempe »
[oJii « côté »), dans le vogoule naur-em « enfant » [n'aur
« poulain »), kaj-m « petit homme » [kitj « mâle »), dans le
liongrois f/âr-m-ak «^ enfant » [r/'or-âk» enfant »). YoirBudenz-
Simonyi, p. 249-251.
Les derniers mots de Tépitaphe arce ril LXVII, à la fin
67 ans, ne peuvent se rapporter qu'à Vel Aleôna, le père des
deux fils mentionnés ci-dessus, et dont le nom est en vedette au
début de l'inscription. C'est lui qui sans doute avait fait amé-
nager la sépulture de ses enfants et rédigé l'épi taphe. Lui mort
et enseveli dans le même tombeau, on a ajouté après coup les
derniers mots à la fin (c'est-à-dire à sa mort) il <iétait dgé^
de 67 ans.
Ar-ce à la /in est le substantif ar, poui-vu du suffixe casuel
-ce (§ 129, 2). Ar est à rapprocher du finnois àari « margelle,
limite, bord, terme ». Cf. tul-ar (§. 218j.
233. F. 20o6 (sur un sarcophage) :
Arne. AleGnas. Ar. clan. ril. XXXXIII. eitva. tamera.
sarvenas. clenar. zal. arce. acnanasa. zilc. marunuxva.
tenOas. eOL matu. manimeri.
<^Toniùeau^ (TAnitlt Aletitna, fis dArnlli; /,> ans. 'renible-
ment <ile~^ frappe le destin : <Cses\;> f/uatre /ils <^ét(int^
morts., tout d'abord il <^esty^ tout à fait extraordinairement
courageux. A la longue le fait d^ être sevré d'enfants le fait
mourir.
ArnG Ale0nas, épilaphc au génitif (§ ITo); le prénom n'est
pas accordé avec le gentilicc (§ 159).
Ar, abréviation de Arn-9, prénom paternel.
Clan //A- ; voir § 18U.
ril an ; voir § 176.
li
178 TliOISIÈMi: l'AliTlE
Eit-va terrible, adjoclif C'iii[)loyc a(l\ ci'hialcnicnt J;; lo6, 1),
se rapportant au vei'be tamera. Dans le mk»! ei-t-va, le radi-
cal ei est j)(»iirvu (le deux sullixes de cli'rivalion : ï" le sutDxe
verbal -t (v; 87 , (jHi dans les langues ougro-linnoises a souvent
un sens faclilir (Hudenz-Simonyi, p. 79etsuiv.); 2" le suffixe
nominal -va (§ 123). Pour le sens de ei-t- eff'rai/er, cf. hon-
grois ij-iid- « être ellVayé », [/-on « lorril)le » ; linnois i-)nelie,
ili-me « (diose étonnante » (Hudenz, p. 81.'{, n" 891).
Tam-e-r-a attaquer, assaillir, frapper, verbe formé avec le
suflixc de (b'rivalion verbale -r (vj 8oi. Le thème *tain peut
être raj)prochédu houiirois tàm-'j.d- <( s'élever contre, assaillir »
(Budenz, p. 17G, n" 49G).
Sarvenas destin, sujet de tamera. Le mot est un substantif
en -as ',s5 99 1. (b-i-ivé du radical verbal sarve-n-. Ce radical
verbal dérive liii-niéme, avec le suffixe -n (§ 84), de ladjeclif
sar-ve, lequel est l'orme avec le suffixe nominal -va, -ve
(ii! 123) et se ramène au thème *sar. INjur le sens, cf. hongrois
A7//'« ordre, séi'ie » ; eslhonien .sy/'-c/, « mettre en ordre ;) (Hudenz,
p. 293, n" 294; Donner, 1, p. 184, n" Go2). Sarvenas signifie
propremen t ordonnance, disposition.
Clen-ar ensemble de /ils. mot collcclif (j^ 230).
Zal '/uafre (?), voir i^ 140.
Clenar zal est le sujet il une proposiliou subordonnée dont le
verbe « être » est sous ciilendu (i^ 101); ar-ce à la jin, à la
mort {§ 232) fait l'office d'attribut. Le suffixe casuel -ce (§ 129,
2) marque la subordinafiim de la proposition à la proposition
principale (^^ 163, 104). Le sens est les (jualre fils <étani>
morts.
Dans la proposiliou |)rincipal(' acnanasa zilc marunuxva
ten6as, Ions les mots, sauf tenSas, sont connus.
Acnanasa, c'est l'adverbe aassitôt, tout de suite, d'idiord
(voir §s; 231, 232). Zilc, c'est l'adjecl if nnnplet, parfait employé
adverbialement, et (jui donne une \aleui' su|)erlative au mot
(juile suit (i;218). Marunuxva, adjectif employé adverbialement
(i:^ loO), est un dérivé de l'adjectif marunux liors de mesure
(§ 219). Pour le suffixe nominal -va, voir §J; 123 et 231 .
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS J79
Ten-6as courageux, fort^ est un adjectif dérivé du verbe
ten-u être fort, courageux (§ 220). Le suffixe -Sas est le même
(§ 121) que dans zilaxii-9as (§ 222).
Ee-1 à la longue, adjectif employé adverbialement. Il y a à
distinguer le radical e9 et le suffixe nominal -1, que Ton a
vu dans tuz-1 (§ 201 ; cf. § 109). Le thème e9 est apparenté au
hongrois idô, « temps, âge, durée » ; pour la voyelle théma-
tique, voir § 62 E 2. On retrouve le même thème dans le
verbe e6-rse attendre (Krall, lY, 2; Y, 4, etc.).
Matu /«//■(? />«?V<> et par suite faire mourir. Cf. finnois rnat-
ka « voyage » (Budenz, p. 632, n° 679); matu a pour sujet le
verbe manimeri employé substantivement (§ loi).
Manim-eri être sevré d'enfants se compose de manim enfant
(voir plus haut § 232) et de eri être séparé, être sevré; cf. fin-
nois eri « séparé, disjoint », er-akko « endroit écarté, soli-
taire », eri-t- « être séparé », ero « départ », erà (( endroit
éloigné ».
234. F. 2037 et F, III, 329 (copie rectifiée), sur un sarco-
phnge :
I^AleÔna... ArnSal. cla'n". Ganxvilusc. Ruvfial. zilax****
spure0i. apasi. svalas. marunuxva. cepen. tenu, eprônevc.
eslz
Aletlina, fils dArntJi et de Thanakiivil Ruvfi <« ^7e> un
homme accompli [?). La bataille étant venue à être compromise,
il a été, absolument au delà de toute mesure, très courageux et..,
La restitution du nom propre Ale6na n'est pas douteuse.
Le sarcophage provient en effet de la sépulture des AleGna
(Fabretti, .suppl, III, p. 119-128); la mère du défunt, Oanaxvil
Ruvfi, est mentionnée ailleurs comme étant la femme d'un
Ale0na F. III, 333 et la mère d'un Lar6 AleGna, fils d'ArnB
(F. 332 .
ArnOal. prénom du père, avec le suffixe de provenance -al
(§ 129, 1).
180 riioisii'cMi; l'Aiiiii;
clan /i/si^ 180).
0anj(Vilus-c Ruvfial ^/ (/r TliaïKi/.Ini/ lînr/i. Pour Ja parli-
ciilc copuhilivc -Cj^voir t^i; UJi el 180. 0anxvil-us esl 1(^ géni-
lifdo Oanxvil .i; I80\ l'onr la coii^lriiclion Oan^vilus Ruvfial,
voir si KiO; v\. ^ 180 Oan^vilus Graciai.
Zilax**' Lii rcsliliiUon est incorlaine. Mais lo sens i\{' jx-rfpc-
lion lésnltc du radical zil, (jiic l'on a di-jà ronnoniré pliisioiirs
fois (?;?^ 199, 200, 23r.
Spure-9i, sultslaiilif foriiK; comnio su-Gi (i; 189i. avec lo
sullixe iioiniiial -61 (§ 122). Il dérive du verbe spure- iiiHer\
cl", spur- al (i; 217). Le sens païaîl èlre lialalUc
Apa-si esl le v(Ml)e apa, rti'c tnccvlaln^ vire mauvais^ pourvu
du sullixe casuel -si (^ 129, 7i, (jui niai(|ue le. point d'arrivée.
Apa (cf. Capoue I. 8 ap) peu! èlre rapproché du finnois epa
« ineei'lain, douleux », <'j)i- « douler, liésiler, èlre inceilain ».
L'expressidH spure0i apasi est une pro[)osilion circonslan-
ciellc (jui signifie In halmllc <.(''la)it. rr/t/fry- à rtr(' incertahiP.
235. La proposition principale est cepen tenu, il a été
f/randfiiipnl coHrcujru.r; sui- relie ex|ti'ession, voir s; 220. Les
mois svalas marunu^va renforceni le sens de cepen yrc?//-
(lonit'iil, (le la même manière (inOn a an i; 2X\ zilc maru-
nu^va reul'oi'(;ant le sens de tenOas. (le sont deux adjectifs
pris adverbialement ; ils constituent une de ces formules super-
latives (|ui sont familières à la langue élrus([ue.
Sva-l-as se i;unène à uu radical *sva aj)parenté au finnois
sepi-, si'p<i-^ si'v'i-, scrii- « cnvelop[)er, embrasser, faire le tour »
(Donner, II, p. 70, n" 757). De *sva on a un dérivé, le substan-
tif S\a-1 <'irc(invi)lurKin, four roinp/d, chose révolue et com-
plète, ([iii ligure avec le sulbxe casuel -ce (s^ 129, n" 2), dans
plusieurs formules funéraires, pour niar(|uer que le défunt a
tel âge révolu, ciccouipli, F. 2101 Atnas. Vel. Larôal, clan,
svalce. avil. LXIII r--- ]'el At/in, fih né de Larth. Aye révolu
(pro|»r('nu'nl (}<p' éi l'élut de chose révolue) : OS <^ans'^.
Au subslanlif sval se rattache le verbe sval-a, faire le tour,
enihru'tser couiplèiemeut, ((ue Ton Irouve avec le suffixe -si
(§ 129, n" 9) dans linscription F. 111, 330. 11 y esl dit du
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 181
défunt qu'il a éto en ctat de perfection, zilaxnu-ce (cf. § 222,
zilaxn-0as; s; 227 : zilxnu (4 le lernio zilaxnuce est immédia-
tcinent préc(;dé d(3 svala-si, qui évidemment le complète. La
formule^ svala-si zilaxnuce signifie en état de perfection jits-
quau tour complet, c'est-à-dire en état de perfection récolue^
achevée, absolue. L'adjectif ou substantif verbal sval-as (§ 99)
a sans doute un sens analogue et devant marunuxva doit avoir
la valeur d'un adverbe signifiant absolument. Pou.r le sens de
marunuxva, au-dessus de mesure, voir § 233. La fin de l'ins-
cription est trop mutilée pour qu'on essaie de l'interpréter.
La particule copulativc -c, qui terniinc eprOnev-c montre
qu'il y avait encore une proposition.
Esl-z est un mot que l'on a déjà rencontré avec le sens de
in priniis : cf. § 222 : eslz zilaxnGas.
236. Torp, Vorç/r. Inschrift von Lemnos, p. 41 :
Tatlanes. Lar6. Velus, lupu. avils. XXX"VI. maru. paxa-
euras. caOsc. lupu.
La mort de VpI Tatlane, fils de Lartli <ja e7e>> à l'âge de
36 ans ; <ice gui «>> mesuré sa vie c'est la succession de cha-
grins et une mort volontaire .
Le défunt "Vel Tatlane était fils de Lar6 Tatlane ; de là
l'abréviation Lar6, pour Lar6al, né de Larth. Contrairement à
l'usage ordinaire, le prénom "Vel a été placé après le gentilice
Tatlane (cf. i^ 182). "Velus est pour "Vel-s ; l'u est épenthé-
lique; cf. "Velusum. (§ 38), Oanxvilus (§ 180). Les génitifs
"Velus Tatlanes dépendent du verbe lupu, mourir (§ 181),
employé substantivement (î; l.-ii^ et qui est le sujet de la pro-
position. L'attribut est avils XXXVI. Il y a ellipse du verbe
" (Hre » (J:; ICI).
Après cette |)remière proposition en vient une autre, dont le
verbe est maru et (pii a deux sujets, d'abord le subsLantif
paxaGuras, ensuite b' vci-bi; lupu employc; substantivement
182 TROISIÈME PARTIE
(§ loi) et précédé de lépithèle ca6s avec lencli tique de coor-
dination -c (§J5 454 et 180).
Le verbe maru, mcsuvpr, Ibniter, se rapporte à la môme
racine que les adjectifs mdiT-is grand de inf^surr (i^ 223), maru-
nux au-dessus de mesure [^ 219), et maru-nuxva (5; 2\Vâ). La
mesure indiquée par maru a trait au nombre 30, qui précède
immédiatement. Le sens est : ce qui a donné cette mesure d\in-
7iées, c'est-à-dire cette courte mesure.
Pax-a-6ur-as succession de char/rins est composé de pax-a,
être ))Hillteureux et de 9ur-as succession. Le verbe pax-a peut
être rapprocbé du hongrois bo.j a mal, déconvenue, échec ».
Quant à ôur-as, substantif formé avec le suffixe -as (§ 99), il
se ratlaciie à bi racine Sur ligne, série, qui donne le prénom
Vel-Gur (î^^ 182, 237).
Ca6-S-C lupu et un mourir volontaire; le chagrin avait
poussé le malheureux au suicide. Pour le sens de lupu voir
§ 180. Le c final de ca0-s-c est rcnclitique de coordination.
L'adjectif ca6-s volontaire, formé avec le suffixe nominal -s
(§ 117), est apparenté au hongrois kdd-v « envie, désir »
(Kudenz, p. 9, n° 14; Donner, 1, p. 23, n° 80).
237. F. TII, 2G7 (sur un sarcophage) :
Velôur. Partunus. Larisalisa. clan. RamGas. Cuclnial.
zilc. cexaneri. tenSas. avil. svalOas. LXXXII.
Velthur^ /ils de Laris Partunu, né de Jlatnf/ia Cuclni. Pou-
vant défaillir^ <Cil a élé> courageux. L'âge -^jUait^ de
S9 </7/?s> révolus.
Velôur, prénom familier à la gens des Partunu (§ 182).
Larisalisa qui a la particularité d'é/re un Larisal, c'est-«à-dirc
né de Laris. Sur cette forme d'adjectifs, voir s5§ 118, 184.
Lar-is est un diminutif de Lar (§ 179).
Clan//7.s- fî< 180).
Ram6as Cuclnial indique l'ascendance maternelle. RamSa
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 183
est un prénom féminin (§ 187). Cuclni est un gentilice fémi-
nisé en i, que l'on a déjà rencontré (§ J82), à propos d'un
autre Partunu, né d'une ôanxvil Cuclni. Pour la construc-
tion disparate du génitif Ram6a-s accolé au gentilice Cuclni-
al, voir§;^ 160, 180.
Zilc parfait [% 218). Cexa-n-e-ri/?ow défaillir, pour ne pas
résister, verbe cexa-n-e (Krall, VII, 7) augmenté du suffixe
casuel -ri (§ 129, 7). Le mot forme, à lui seul, une proposition
finale dépendant de zilc. Le sens est parfait pour défaillir,
c'est-à-dire étant dans des conditions dâr/c telles que la défail-
lance était permise.
Cexa-n-e, verbe formé à l'aide du suffixe -n (§ 84), dérive
do cexa être faible, faiblir, apparenté au finnois keh-no
« faible, mauvais » (Budenz, p. 4.3, n" 58; Donner, I, p. 34,
n° 124^.
Ten-6as // a été courageux, forme une proposition indé-
pendante avec ellipse du verbe « être » (§ 161). Pour le sens,
cf. i< 23.3.
Avil ràf/e, sujet du verbe « être » non exprimé (§ 161).
Pour le sens de avil, cf. § 177.
Sval-eas révolu est formé comme ten-6as, zilaxn-6as
(§ 222). Pour le sens, voir § 235.
238. F. 2339 (inscription tracée au pinceau sur la paroi d'une
chambre funéraire) :
Lar8. Ceisinis. "Velus, clan. cizi. zilaxnuce. meani.
municlee. meGlm. nur<pzi. canBce. calus'"** lupu""
Larth Ceinni, fils de Vel. Il <^a été^ en état de perfection
<icomnie'^ orateur : sans dire des paroles adulatrices, seul dans
l'assemblée mal disposée Il est mort
Ceisinis, génitif de Ceisini, gentilice dérivé de Ceise ou
Ceisi (cf. Fabretti, (ilossarinm. p. 816-817). Pour les épitaphes
au génitif, voir i^ 175.
18i TIUlISIK.Mi; l'AUTlIi
Velus, i;'(''iiilil' (In pii'-noiii Vel ; cf. >; 236.
Clan///v. cf. .:; 180.
Zilaxnu-ce l'ii rUil de prrf'cit'xni . ('f. i;?^ 222, 227.
Cizi cniii pldc zilaxnuce d indhpic la nature ilc \i\ pfrfrr-
linii. Le mol esl à rapprotluT ilii liiiiii»is /nil-sii- a nppolcr en
criant, mmimcr, citer en justice » (Donner, I, p. 29, n° 103).
L'idée (|ni domine est celle de parler lutitl. Ciz-i est nn parti-
cipe en -i (sj lO'J). On peu! lui ailribner le sens de parleur,
oralfiir.
Meani on. suivant nne antre l(>ctnie, meiani) est, comme
ciz-i, un participe en -i. Il qnnlide municleG. Le verbe
mea-n-, formé à l'aide du sutlixe -n (§ Si), se ramène à un
thème *me, *inei on *mi (sur la permutation de l'e et de l'i,
voir § y'i), apparenté à celui ([ni a donné en finnois mai-ma
« appât », )nai-re « doux », niai-r-i-lclla- « caresser, flatter »,
inni-sfa- « i;onter », mai-st-o « goût ». On peut ainsi attribuera
mea-n-i le sens de qui fltiltc, adulateur.
Municl-e9 sy/;^v dire des paroles. La désinence -e6 est le suf-
fixe privatif (<5 129, 3». Le radical verbal mun-i-cl- est formé à
l'aide du sufïixe double de dérivation -cl (>5 90). L'i n'est
qu'une voyelle intercalaire. Le thème *mun est celui que l'on a
déjà vu dans mun-sl-e parler (§ 200) ; cf. hongrois nam-d/j.-
« dire » (Huden/, p. 628. n° 668).
239. MeGlm isolé, seul, séparé, adjectif apparenté au hon-
grois mal- u couper », d'où le dérivé ntaf-él- (lîudenz, p. 621,
n" 660), lequel présente exactement le même suffixe -/, que
l'élrnsfine meG-l (sur ce suffixe, voir v> 82). La désinence -m
est un suffixe de dérivation nominale (cf. § lit), que l'on
retrouve : dans le finnois anta-tna « ciiose donnée », de aula-
« donner » ; dans le mordvine rano-aïa. « protégé », de rano-
<( prot(''ger » ; dans le xoliak pot-eai i< passé », de pot- « pas-
ser » ; dans le vogoule âsi-em •> terminé », de àst- « finir "
(Budcnz-Simonyi. p. 202 el suiv. S/.innyei, Finuiseh. v(pr.
Spraclnr., p. î'i-îl.')).
Nur-tpz-i est un par! ici pe en -i s^ 10.'3), comme ciz-i et
mean-i. Le radical verbal nur-cpz- est formé avec le suffixe
TEXTES ThADUITS ET COMMENTÉS 185
double -cpz (§ 94), Le thème *nur peut être rapproché du fin-
nois /iiir-i-s, « murmurer, gronder » ; nïir-e-a^ « découragé,
abattu » ; iiur-pc-a « de mauvaise humeur, désagréable ».
Nur-9z-i peut s'entendre mal disposé.
Can-9-ce, dans rassemblée, est qualifié par nur-<pz-i. La
désinence est le suffixe casuel -ce (§ 129,2). Can -9 est formé
avec le suffixe nominal -0 (§ 120). Le thème *can est peut-être
apparenté à celui qui a donné le im\\o'\?> kan-sa « peuple, nation ».
La fin de Tépitaphe est mutilée. Il n'y a de bien net que le
mot lupu // est mort (§ 181).
240. F. 2333 (sur le couvercle d'un sarcophage) :
Camnas. Lar6. LarSals. Atnalc. clan, an suGi. lautni
zivas. cerixu. tesamsa. su0i6. atrsrc. escuna cati ' su6iti
munO zivas mursl XX,
De Larth Camna, fils de Larth et d'une Atna, voici le tombeau:
Affvancld, circule paisiblement. Que le fait de cesser de pleurer
<Cmit^ à partir du tombeau et r/tfun avis en bonne lumière
<isoit^ le long de celui-ci <Cavec ces mots ;>■ que les paroles
dites le long du tombeau <Csoient^ paisibles. W pièces
<C.d' amende^.
Camnas, génitif du gentilice Camna, dépendant de suGi
tombeau (§ 189).
Lar9 LarGals Atnalc clan, nppositions à Camnas. Le
défunt a pour prénom Lar9, lequel est ici placé après le gen-
tilice (voir v< 229) ; Lar9als indique le prénom du père. Lar-
9al-s est un adjectif dérivé de LarGal et signifie ayant la qua-
lité de descendant de Larth. La désinence -c di' Atnal-c est
rcnclilicjuc de cooi-dinalion lïji; 134 et I80l Atna est le genti-
lice de la mère du défunt.
Anuo^>^■; cf. §§ L34, 195, 225.
1. n'apri'S Danielsson citt' par Turp {Etvusl;. neilri"f/e, l, p. 31), il faudrait lire
calti au lieu de cati.
186 TKOisiÈMi; 1'\i;tii:
Avec lautni (•oiinm'iiccnl îles iceomiiiiiiKlalidns rjiilcs ]);ii' le
dôriiiil à rallViiiiclii. (|ii('l (jnil si»il, (jiii pour des fiiiK'i'aillos
iilir-i'iciiios aura à [lénélrer dans la sépulture de lu famille.
Lautni a/franchi (§ I9i). H faiil enlendre ici le mol comme
un vocatif, parce que, précédant le verbe ceri/u, il ne peut
j)as en être le sujet (!:; 1.^)7,5).
ZivaiS paisi/j/c, adjectif employé comme adverbe (§ 156, 1).
Le mot est apparenté au linnois f/'iv-e-, Inv-u- « être tranquille,
silencieux »; cf. osliaU trv-i'ifi « silencieux, paisible » ; vogonle
ttir-iint- <( dcveuir silencieux » (Huden/, p. .364, n° 385). Ponr
r(''(|uivalence i\n z étrnsque et du / ou^ro-finnois, cf. Î5 72.
Ceri-x-u ch'cuh'r, verbe dérivé du tbème *cer cercle (voir
plus liant i; 193 cerinu). Le tbème *cer donne cer-x- (cf. i:; 80
pour le sulfixe c on x)) d'où ceri-x-u, avec 11 intercalaire
développé par le voisinage de la lifjnido.
241. Tesamsa s arrêter de pleurer est composé de tes- pleu-
re/' al de amsa s'arrêter. *Tqs, ([ue Ton retrouvera plus loin sous
les formes tes-im (i^ 345 bis), tes-n-e (^ 317), tes-nst-eis
(§ 311), {)eul être rapprocb(' du linnois tih-m-n, tis-ni-a « rosée,
pluie fine », lih-kii « rosée, pleur », tilt-ku- « larmoyer, san-
gloter ». Quant au verbe am-s-a, formé avec le suffixe de
dérivation -s (§ 86), il se ramène au tbème am paix, repos
(§ 219).
Tesamsa su6i9 constituent à eux denx tonte une proposi-
tion. puis([ne atrsr-c, qui suit immédiatement, est jtourvn de
Tencliticpie copulalive -c (.^.i; 154 et 180) et semble commencer
une ])roposition nouvelle. Il faut donc; considérer tesamsa
comme un sujet, su9i6 comme nu allribnt et sous-entendre le
verbe « cMrc » (s^ 161), hupud sera an suhpjnclit', pnis(ju'il s'agit
d'une recommandation.
Su6i-9 est le snbstanlif su9i toinheau augmenlé du suDixe
casnel -9 (i; 129, 11), (|ui ex|)rim(> réloignenienl. le point de
départ. Le sens de tesamsa su9i-9 est (jue l'acte de .s'arrêter
de pleurer <isoity- êi partir du tmidieau, cest-à-dire qu'il faut
cesser toute démonstration bruyante dès l'entrée de lenclos
fu né l'aire.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 187
Les mots atrsrc escuna cati constituent une proposition. Il
est en eflet impossible de joindre cati et suGiti, qui, étant
tous deux pourvus du même sufïxe casuel -ti (§ 129, 10), ne
peuvent pas se rapporter Tun à l'autre : l'accord des cas
n'existe pas en étrusque (§§ ir)9, 160). La phrase devant être
coupée entre cati et su6iti, il reste une proposition de trois
mots, dont escuna est le sujet et cati l'attribut, avec ellipse
du verbe " (Mro » au sul)jonctif; atrsrc est une épilhète de
escuna.
242. Atrsrc se décompose en atr + sr + c. La désinence
-c est la particule copulative. Atr est à rapprocher de l'ostiak
ederet du vogoule ^/Yi?;-, qui signifient « clair, éclairé, serein »
(Budenz, p. 2o0, n° 2o7 ; Donner, I, p. 137, n° 483). Le mot
latin atrium, qui a une origine étrusque au dire de Yarron
(de Ling.Lat. Y, 161), désigne la partie centrale de la maison
romaine, la courette sur laquelle les différentes pièces prenaient
jour. Sr est apparenté au finnois .sir-o « droit, beau, conve-
nable )) (Donner, I, p. 18i, n° 654). Atr-sr a donc le sens de
bien convenable de clarté cest-à-dire bien éclairé, bien en
lumière.
Ce qui doit être bien éclairé, c'est escuna. Le mot signifie
déclaration, proclamation, d'oii acis\ cf. hongrois Mk-ïic-, dsk-
ils-, uÂk-ïid- «jurer» ; vogoule esy-, ici-, escj- « louer, vanter » ;
ostiak iz-ik- « louer, glorifier » ; zyrénien oéku- « louer » (Bu-
denz, p. 798, n" 873). Dans tous ces mots ougro-finnois il y a
l'idée de parler fort, déclarer, proclamer. Pour le suffixe -na
de escuna, voir J^ 1 14.
Ca-ti le lonçi de celui-ci, c'est-à-dire le^lony du\ tombeau '.
Le mot se rapporte à su0i-6, le substantif le plus voisin. Ca
est le pronom démonstratif (§ 13o), augmenté du sufiixc -ti
(§ 129, 10). On veut que l'avis soit placé bien en vue, pour que
les esclaves et les ouvriers (pii auront à circuler (Uins le caveau
l. Si au lieu de cati il laut liro calti, le sens n'est pas très ditTérent. L'adjec-
tif cal signifie nécessaire, convenable, utile; cf. hongrois Iciil-là- « être néces-
saire .. (Hudenz, p. 13, n° 18; Donner, I, p. C8, n" 227) ; de là pour cal-ti le sens
de le lonçi de ce qu'il faut, c'est-à-dire à un endroil approprié.
ISS TKOisiÈMi: l'AirriE
fuiisseiit liic 1 ordonnance, (^e qui suit csl lu texte niùine (ie
l'ordonnance (|ui devra ôtre affichée.
SuSiti inunô zivas ([nc If lamjafjt'. <itemr^ h- lon<j du tom-
beau <Csoit^ paisible, c'est-à-dire que le lorKj du tombeau on
parle à voix basse. C'est une prescriplion analogue à plusieurs
de celles que Ton a antérieurement lencontrées (§Î5 lOo, :200,
216). Su6i-ti esl le siihslantir su6i loinhedu, augmenté du suf-
fixe casuel -ti (cf. plus iiaut ca-ti).
Mun6 langage est un substantif formé avec le suffixe -9
(s^ 120) et dérivé du radical mun- dire^ que l'on a déjà vu sous
les formes mun-sle (>; 200 ) et mun-icle6 (§ 238). Suôi-ti, place
immédiatement devant munS, doit être considéré comme déter-
minant mun6 ; il faut donc traduire ainsi : le langage <item('>
le long du tombeau. Ce langage devra être zivas paisible (voir
plus haut, piO).
Mur-sl XX W pièces. Il s'agit probablement d'une amende
en cas de contravention. Mur-sl est à rapprocher du hongrois
morz^ «miette, menu morceau » ; cf. vogoule mor-ce, « petite
chose » fBudenz, p. 630, n" 673). Mursl désigne une coupure
mon('laire très jtolite. puiscju'il s'agit d'une» amende d'esclave.
Pour le sutïixe nominal -1 voiri; 109.
243. (j. 4116 (inscription gravée sur la paroi d'une chambre
fuuéraire, voûtée en bel appareil, dite Grotla San Mamio, près
de Pérouse) :
cehen. su0i. hin0iu. eues, sians. etve. 6aure. lautnescle.
caresri. Aules. LarBial. PrecuSurasi. LarBialisvle. Cest-
nal. clenarasi. eô. fanu. lautn. Precus. ipa. murzua.
cerurum. ein. heczri. tunur. clutiva. zelur******** r.
Ceci <c.ç/> ?fn totnlieau. Le maître, appelé à grands cris,
<:iny-'est apparu: « empresse-toi de tenir ^Ctay- promesse de
fidélité. Pour Precuihura né d'Àule Precu et de Larthi, ainsi que
pour les fils de Larthi et de Cestna construis tout de suite <im
I
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 189
tomheaiC^^ fidèle Precus. Ne lésine pm puni' que la voûte soit
bien solide... »
Cehen ceci, démonstratif (§ 13o), que l'on rencontre parti-
culièrement clans la région de Pérouse (§ 195). Après cehen il
y a ellipse du verbe « être » (§ 161).
Suei tombeau (§ 189).
Hineiu eues sians, proposition dont le veihe est hinSiu et
le sujet sians, accompagné de Tépilhète Gués.
Hin0-i-u apparaît ou est apparu. Etant donné la valeur de
l'h initial étrusque (§ 74), hin0-i-u peut être rapproché du
finnois vain-o « sensation, perception » et plus spécialement
« sensation par le nez, flair des chiens » (Budenz, p. 4S0,
n" 479). Le radical verbal hin-S- est formé avec le suffixe de
dérivation -9 :§ 87). Ce radical se présente dans les textes sous
plusieurs formes :
hin9-a (G. 4538), qui est la forme la plus simple et à laquelle
on peut attribuer le sens de voir ;
hin6-i-a (F. 2147), qui est une sorte de fréquentatif, avec le
suffixe -i (§ 81), que nous avons vu dans at-i-u (§ 212); le
sens paraît être rer/arder;
hinO-ial, qui paraît être composé de hin6- et de ial nou-
veau; cf. tchérémisseyV/7 « jeune » ; vogoule yV/V-yv « nouveau »
(Budenz, p. 144, n" 172). Le sons est nouveau de vision, c'est-
à-dire qui revient à la vue, qui reparait. Le mot semble être
l'équivalent du grec s^owlov spectre, ombre. Sur une fresque
de Yulci, oi!i l'on voit Achille immolant des prisonniers troyens
aux mânes de Patrocle (Martha, Art étrusque, p. 395, fig. 269),
l'ombre de Pati'ocle assiste à la scène dans un coin du tableau
et au-dessus de son image on lit hinGial Patrucles (F. 2162)
l'ombre <iest celley> de Patrocle. On désigne de même, sur des
miroirs gravés, l'ombre de l'irésias (F. 2144) et l'ombre d'Hé-
lène (F. 2475).
La forme hin6-i-u, que l'on a ici. peut être rapprochée de la
forme hin6-i-a, iu(li(iuée plus haut, en ce sens (ju'elles ont,
toutes les deux, le même snllixe IVi'iinenlatir -i i; 81). Mais la
désinence vocali(|ii(' iii-laiil [las la même, il y a ap[)arcnce que
1!)0 lUÛlSIHMi: PAKTIE
le sens csl tlinV'roiil. I">lanl (Iouik- cjuo la désinence u (uu^rien u
et v) a souvciil, diins les veri)es uiigro-finnois, une valeur pas-
sive ou léllécliic ( IJiuleiiz-Simoiiyi, p. 92 el suiv. Szinnyei,
Finn. u</r. Sprdclnr., p. l.'}]), on jxuil allriljiiei- à hin6-i-u la
signilicalion île <'trr ru, apparattrc.
Oues (ijijielé par son nom, i)i'oprement criv, adjectif verbal,
ayanl le sens d'un |iarli('i|)(' passé passif (cf. §5; U)l, 212). Le
radical verbal Gu- est l'équivalent phonétique (ij 71) du finnois
Jni-Ui- « crier, appeler » (Donner, 11, p. 112, n° 79G).
Sians /;«/ro;i ; voir plus haut sians-1 (sj 223).
Dans Texplosion de son désespoir, resclavc appelle à i^rands
cris le maître qu'il a perdu ; il croit le voir apparaître et l'en-
tendre parler. Ce qui suit rciirodiiil los jiaroles du maître.
244. Dans le groupe etve Gaure lautnescle caresri, il y a
une proposition consécutive ou finale, marijuée par le sutlixe
-ri (§ 166). Cette proposition est constituée j)ar l'attribut cares
et par le verbe lautnescle, celui-ci employé substantivement et
faisant l'oHîce de sujet (,5; 151). Il y a ellipse du verbe « être »
(§ 161). Abstraction laite de lautnescle caresri, il reste, pour
la |tro|»osilion |)rincipale, etve Gaure. De ces deux mots, lepre-
miei', etve, est un adjectif dérivé de et en avant (cf. § 199 et-
e-r) à l'aide du sullixe -ve ou -va (§ 12.3). Le sens est qui est
en avant, (jin va de l'avant, empressé, zélé. Le mot a ici une
valeur adverbiale.
Gaure esl un verbe signifiant être affairé, empressé (§ 195
Gaur-u-Sj. Aucun sujet n'étant exprinu', Gaur-e ne peut être
interprété ici que comme un impératif adressé au serviteur par
l'ombre du maître.
Lautn-esc-1-e faire proniesse de fidélité est composé de
laut-n- être fidèle (ij 194) et de esc-l-e promettre, jurer,
déelarrr. Ce dernier verbe, formé avec le sullixe -1 (Ji^ 82), dérive
du tlirnio qui a donui' esc-u-na pradamation, avis (§ 2-42.)
Car-es-ri est le participe passif eu -es (J^ 101), pourvu du
sullixe casuel -ri (§ 129, 7). Le thème *car est apparenté au
finnois kar-e-a « dur », kar-a-sta- « durcir, fortifier, confirmer »
(Donner, 1, p. 3i, n" 125).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 191
La phrase etve Gaure lautnescle caresri sipiific donc
occupe-toi avec zèle pour cjue la promesse de fidélité soit confir-
mée tenue], c'est-à-dire mets de l'empressement à tenir la pro-
messe de fidélité que tu mas faite. Cetle protnesse de fidélité qs\.
celle que Fesclave a faite à son maître au moment où il a été
all'ranclii. A ce niomeiil, il a cessé d'être la chose du maître
pour devenir une personne, mais celte personne il Fa liée à son
ancien maître, devenu son patron, par une obligation morale.
C'est à cette obligation morale que le patron fait appel. 11
demande, comme témoignage de lidélité. que l'allranchi veille
à la construction du tombeau.
245. Aules LarGial Precu0urasi pour Precuthura, fils
d' Aille [Precu et di- Larlhi. PrecuGura est le maître défunt;
il donne son état civil, loi qu'il doit être consigné dans l'cpi-
taphe. Le suffixe casucl -si marque l'intention, le but (§ 129,
9 . Precu-Gura est composé comme "Vel-Qur >;§ 182, 237),
"VelGina-Gura C. 4o38), "VelGuri-Gura F. 2ôU3;. Oura signifie
proprenu^nt lignée, suite (voir i; 236 0ur-as).
LarGialis-vle Cestnal clenarasi ainsi rjuaux fils nés de
Larthi et de Cestna. La coordination ainsi que est marquée par
le suffixe copulatif -vie, apparenté au suffixe hongrois -vxl, -vdf
(jui exprime le rapport de concomitance (§ loo). Pour le collec-
tif clen-ar, voir i; 230.
LarGialis ou, ce qui revient au même, Lar6ial-s, peut s'en-
(l'ndre de deux façons, soit comme un adjectif dérivé de Lar-
Gial et signifiant qui a la propriété d'être né de Larthi, soit
comme un génitif ib^ LarGial, c'est-à-ilire comme le génitif
d'une personne née de Larthi. Dans le |)remier cas, les lils indi-
qués par clenara-si seraient les lils de Larthi et d'un Cestna
(Cestnal, pai- conséquent les frères utérins de PrecuGura.
Dans le second cas, ce seraient les fils d'une so'ur de Precu-
Gura. La première hypothèse est plus vi'aisemblablc. Precu-
Gura mettant les fils de Cestna au même rang que lui et parais-
saut ainsi les traiter comme des frères.
EG fanu à partir de maintenant construis. E-G est le démons-
tratif e i;^ I3i), (pii cuire dans la cuuiposilion de e-ca (i^ 188);
I!I2 TROISlÈMi: l'.MlTIE
il est ici poiirNii du sulllxi' casiiel -6, (jui iiiar([ii(' le [toiiil de
dépari ( i; 12!), I 1. E9 si^nilic projtreiiiciil c/ /;«////• f/"/r7\, c'esl-
;i-dii(' dès inaintenant, tout de suite.
Fanu rtaùlis, construis; il s'agil du louibcau évidemment,
(îf. finnois /y«;ie- (( poser, installiT, établir » (rhulenz, p. 216).
Lautn Precus /idrlt^ Prrcus; c'est Taposlroplic du maître,
l'our le sens de lautn //VA' /^, cf. s? IMt. Precus esl un adjectif
foruu' avec le sullixe nominal -s (s^ HT), ("est le nom que por-
tail l'i^seiave de Prcru avant son affranchissement, et (|u'il ne
dcNiail jilu'^ porter. Mais ce uom, son ancien maître continiu' à
le lui d<)niu:'r par habitude, et au'^si par une familiarité afl'ec-
lueuse, que souligne répithèto lautn.
I-pa est l'auxiliaire négatif i augmenté de l'enclitiijue -pa
i^§§27,28, lo3). Ildétruitrafïirmationduverbemurzua, qui suit.
Murzua, étant donné l'apostrophe, doit ètie intej'prété
comme un impératif. Le mot est formé à l'aide de deux sullixes
de dérivation verbale, le sntiixe -t (§ 87), devenu -z (§ 72), et
le suffixe -V (i; 88), devenu -u (§ 73). Le thème *mur signi-
fiant cAo.sr/>^///6' (s^ 242 mur-s-l), on a pour le verbe mur-z-
u-a le sens de rapetisser. Il s'agit probablement des dépenses ;
de là l'idée de lésiner. Le maître dit à son affranchi : tie lésine
pas ei il explique pourquoi.
Cerurum ein hecz-ri /jour (/uf la voûte <::^soil'y très. solide.
La proposition finale esl ninrqu('e par le suffixe -ri (j^ 16G). Le
sujet est cer-ur-um compo-é do cer cercle, rond (§ 193 ceri-
n-u ; v; 210 cer-i-x-U; et d(! ur-um (jui domine, faite, cotnble,
substantif formé avec le suffixe nominal -m(s5 Itt); cf. hongrois
itr-oiii u ()in;icle, faîte » (Hudenz, p. 812, n" 1)3 Ij. Il y a idlipse
du verbe « être » (sj 101 i .
Hec-z-riest l'attribul hec-z, avec le sullixe casiu^l -ri (?; 121),
7); cf. i)lus haut car-es-ri. L'adjectif hec-z vo/zV/e est formé
avec le suffixe nominal -t (§ 120) devenu -z (§ 72). Le thème
"hec est à ra])prochcr de finnois viiki « force, résistance ». Pour
1 h initial, voir i; 74.
L'adjectif hecz (sst moililii' par l'adverbe ei-n grandement,
beaucoup, très (§ 203).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 193
Le maître insiste sur la solidité de la voûte, pour que le
caveau ne risque pas de s'écrouler et aussi pour que des voleurs
ne puissent pas s'introduire dans la sépulture en perçant le
plafond.
La fin de l'inscription est mutilée et ne peut pas être inter-
prétée.
246. De l'inscription ci-dessus il y a lieu de rapprocher l'ins-
cription suivante (F. 2279), qui est à la fois gravée et peinte
sur le pilier de la tombe del Tifone, à Cornéto :
eie. fanu. saOec. lavtn. Pumpus
scun*" sueis. in. flenzna
teisnca. caL ipa. ma*ani tineri.
Construis et mets en état [le tombeau] admirablement, fidèle
Pumpus. Comme il n'y a pas de moyen de protéger un tom-
beau..., le fait de... <Cest> nécessaire., pour que... ne pas...
Ei9 effrayant et par suite étonnant, admirable, parfait', cf.
§ 233 eit-va. L'adjcclif est ici employé adverbialement (§ 156,
1).
Fanu construis (§ 24o\
SaSe-c et mène à bien, c'est-à-dire achève, mets tout à fait en
état. La désinence est l'enclitique coordinafrice -c (§ lo4). Sa9e
est à rapprocher du finnois sdta- « faire obtenir, conduire,
accompai^ner, achever » (Hudenz, p. 272, n" 27o ; Donner, I,
p. 173, nMîlIK
Lavtn Pumpus fdèle Pumpus est une apostrophe, comme
plus haut lautn Precus (§ 245). L'inscription est, comme la
précédente, la reproduction d'un ordre donné à son esclave par
le maître défunt. Seulement nous n'avons pas ici, comme plus
haut (s^ 243), des indications sur les circonstances oii l'ordre a
été donné. Peut-être ces indications se trouvaient elles sur
une |taroi du tombeau aujourd'hui endommagée.
Pumpus est un ancien esclave delà famillePumpuà laquelle
la sépulture appartenait, comme le prouvent d'autres épilaphcs
trouvées au même endroit (F. 2280, 2281). Pour le sens de
lautn, voir;:; l'.l'i-. Ici lu de lautn est remplacé par un v (cf.
13
'l»Jt TltOISlÈMK PARTIE
La suite soinblf contenir des» recoinmaïulaliuns leclini(iiies.
On reniarqiio d'abord une jtroposilion subordonnée explicative
scun... sueis in flenzna. I.e caiaclèrc de cette proposition
se reconnnil au \erl)e négatili (i;,5! 27, 28) augmenlé du suffixe
causal -n (§ 129, IV). In signifie /jr/r le fait que n existe pas.
La chose qui n'existe pas est indiquée pai' le substantif
flenzna. La désinence -na est le sulfixe nominal (§ H 4). Le
mol se ramène à un radical *fle, que nous retrouverons dans
les dérivés fler, flere, flerxva (Krall, i/ir/ex), et qui se rapporte
à la même origine que le iïniu)\<, jjri-asta- « protéger, sauver,
conserver ». Le radical *fle, pourvu du suilixe verbal double
-nt ou -n0 (i; 94), d(Uine le dérivé 'fle-n0, qui devient flenz-,
par suite d'un aflaiblissement du 6 en z, analogue à celui qui a
produit les formes Arnza, Larza, à coté de ArnS et de Lare
(§ 72). On peut traduire flenzna par moijen de prutéyer [contre
les voleurs).
Su3i-s, génitif de su8i tombeau (§ 189), dépendant de
flenzna.
Scun... la lecture du mot est douteuse; c'est évidemment
une é|)itliète (|ualiliant su6is.
Teisnca cal constitue la proposition principale. Le sujet
est le verbe teisnca employé substantivement (s; loi). L'attri-
but est radjeetif caL Il y a (dlipse du verbe « être » (sj IGl).
IjC sens de teisnca est incertain. Cal nécessai?'e, utile est
apparenté au hongrois hnl-hi- « être nécessaire » (lUiden/.,
p. i:;, n" 18; Donner, I. p. (IN, n° 227).
La mutilation du te.\t(! ne pei'met pas d'inter|)réler ce qui
suit. On [)eut seulement reconnaître une |)i'oposilion finale,
laquelle est marquée par le suilixe -ri de tine-ri (§ lOG), et
cette proposition est négative, puisqu'elle est précédée de l'au-
xiliaire négatif ipa (cf. i; 245 ipa murzua».
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 195
247. C. 48 (cippe funéraire) :
L. Titesi. Calesi. cina. es. mestles. hu6. naper. lescau.
letem. Gui. arasa. Sentmase. laei. trecs. *6enst. meva6a. '
<iÉlevé'> à Larth Tite Cale. Le j)etit enfant court; cinq jours
étant passés^ il est étendu sous terre. Il est fini le babillarje; il
est loin le tapage à travers (^) la maison.
L. abréviation du prénom LarO.
Tite-si Cale-si, nom et surnom du défunt, avec le sulBxe
de destination -si (§ 129, 9). Pour Taccord du nom et du sur-
nom, voir § 159.
Cin-a, courir., verbe dont es mestles est le sujet. Ci-n-a
est formé avec le suffixe -n (§ 84) d'un thème *ki, dont on
retrouve la trace dans le finnois kei-n-o a sentier » ; cf. mor-
dvine ki « route » ; vogoule kie-t- « faire aller, envoyer » ; ostiak
ki-t- « chasser, pousser » ; zyrénien ki-s'- « couler » (Budenz,
p. 10, n° 16).
Cs petit, épithète de mestles. Pour le sens cf. hongrois kis
« petit .) (Budenz, p. 24, n" 29 ; Donner, I, p. 29, n° 104).
Mest-1-es enfant, proprement porté au sein, participe pas-
sif en -es (§ 101) du verbe mest-l-, dérivé de *mest sein à
l'aide du suffixe verbal -1 (§ 82). *Mest est à rapprocher du
mordvine màsta « poitrine de femme » (Budenz, p. 609,n''G49).
L'élymolog'ie du latin flius conduit de même à l'idée de
«mamelle» (*fela) Le radical mes-t-, augmenté du suffixe
verbal -1 (cf. § 82), donne le verbe mes-t-1-. La désinence
-es est celle que Ton a vue plus haut dans 6u-es (^ 24.3),
car-es '>; 244).
Hue naper le-sc-a-n comme cinq jours se sont écoulés; la
proposition subordonnée causale est marquée par le suffixe
casuel -n (§ 129, 5), qui s'ajoute au verbe lesca.
Hu6 est le nombre cinq (§ 139).
Naper /Vî?<r, proprement solaire, est apparenté au hongrois
ntp a soleil, jour » (Budenz, p. 391, n° 416). La désinence est
le suffixe nominal -r (§ 116) avec une voyelle intercalaire,
comme dans et-e-r (§ 199).
Le verbe le-sc-a, dont nap-e-r est le sujet, est formé avec
196 TROISIÈME PAIiTIE
le sutlixc double -se (i; IK-l), ol dérive du thème *le en bas; cf.
hongrois (a « en bas •> (lîiidenz. p. G8G, n° 740). Le sens propre
de le-sc-a est h)inbci\ dOfi l'idée (h^ s écouler^ passer.
Letem 6ui ïl<iest'y> alloïK/è bas, c'est-à-dire il <Cest^ étendu
sous terre. Il y a ellipse du verbe « être » (§ IGl). Pour le sens
de eui allonf/é voir § t8i. Let-e-m, est un adjectif verbal formé
avec le sufïixe -m (§ \\\). Le radical verbal le-t- dérive de *le
en bas h. l'aide du suffixe -t (§ 87). On peut attribuer à le-t- le
sens de descendre et à le-t-e-m celui de descendu. L'adjectif
le-t-e-m, construit avec Tadjeclif Gui, ne pouvant avoir qu'une
valeur adverbiale, on peut traduire par en bas, au-dessous.
Ara-s-a ôentmase <iil'> est fini le fait de babiller. Ara-s-a
finir est un dérivé de ara ///«V (cf. ar-ce à la fin § 232), à l'aide
du suffixe verbal -s (!^ 86). Le sujet de ara-s-a est le verbe
Gentmase employé substantivement (§ lot).
0en-tmase /rt/re bruit de paroles, verbe composé de 6en et
de tmase. Pour le sens de 6en parole, cf. finnois hen-ki
« soutUe », peut-être san-a « parole » ; hongrois hany « son »
(Donner, II, p. .j7, n" 739). Tma-s-e faire du bruit présente
le même sulfixe -s (§ 86) que ara-s-a. C'est un dérivé de *tma,
apparenté au finnois tem-u- « faire du bruit » (Donner, I, p. 152,
n" rJifJ) .
Laei trecs'*** mevaGa // s est ('■loii/né, tacte de faire du
taparfe à travers (?) la maison.
Laei •<' éloigner, être loin, verbe dont te sujet est l'infinitif
mevaGa employé substantivement (1:; toi). Pour le sens cf.
finn<»is lùj-a « étendu, large, ample, éloigné » (Donner, III,
p. 184, n" 1069).
Mev-a-Ga faire du tapatje, verbe formé avec le sulfixe -9
(5) 87) et dérivé d'un thème *inev, apparenté au finnois nieu-ha-
« faire du tumulte » .
Le mot ([ui précède mevaGa es! incertain. C'est probable-
mentdc ce mol que dépend le génitif trec-s de la maison.Voin'
le sens de trec, cf. esllidiiieii tar-e u maison d'habitation »;
mordvine tar-ka « emplacement, espace » ; hongrois ter
« espace » (Donner, I, p. 135, n"478).
TEXTES TKADUITS ET CO.AIMENTÉS 197
248. Ga. 799 (sarcophage deCornéto,avec une figure d'homme
àdcmi-couché sur le couvercle; le personnage tient en mains un
volumen déroulé, sur lequel est une inscription de neuf lignes.
Les cinq premières lignes seules se lisent d'une manière à peu
près suivie) :
1. [Lajris. Pulenas. Larces. clan. LarGal. Ra/acs
2. Vel6urus. nefis. prumis. Pules. Larisal. Creices
3. ancn. zix. ne6sras. acasce. créais. Tarxnale. s*
4. rem. /ucairc^. ipa. ru9cva. ca6as. hermeri. sl/cale**
o. aprinôvale. ruGcva. ca9as. paxanac. alumna9e. hermu
6. melecravicces. puts. xini '.
<TombeaiC:> de Laris Puiena, fils de Larce, enfant adoptif
très chéri de Vellhur Patacs fils de Larth, ayant comme mère la
file de Laris Creice femme dePule. Un très aôonda?it ruisselle-
ment cï eau <C('tant'> soudain^ la rivière d'en bas (?) K.élant^^
à partir du ruisseau de Tarkhna, très impétueuse de courant au
point qu'une embarcation légère (?) ne peut pas tenir ^
r embarcation légère est peu à peu entraînée et descend le cou-
rant d'une façon inquiétante ; le fait de résister est mauvais
faute d'être vigoureux de rame
Les deux premières lignes, ainsi que le premier mot de la
troisième ligne, donnent ce qu'on pourrait appeler l'état civil
du défunt. 11 s'appelait Laris Puiena. Son père était un Larce.
Sa mère, fille de Creice, s'était mariée deux fois, une première
fois avec Larce, dont elle avait eu ce fils, une seconde fois avec
Pule, qui sans doute avait élevé, comme sien, l'enfant du pre-
mier mari, si bien que le fils de Larce, au lieu de porter le
nom de son vrai père Larce, était couramment désigné par le
surnom do Pulénien (Puiena).
Laris petit Larth; sur ce diminutif, voir § 179.
Pulena-s génitif de Pule-na, adjectif dérivé de Pule, à
l'aide du suffixe -na (§ 114). Pour les épitaphes au génitif, voir
5^ 175.
Larce-s, génitif dépendant de clan /î/.y (§ 180). Larce est
1. Les lettres en italiques sont celles dont la lecture n'est pas tout ;i fait sûre.
198 TROISIÈME PARTIE
quelquefois employé comme prénom (C. 301, 413, 768, 181,2
2995). Mais ici, c'est un gentilice; de même C. 1281-1283; 3594
et suiv.
249. LarGal Ra*acs VelBurus nefis prumis, opposition à
clan. Les lonnes doivent être analysés à rebours, toute la
phrase dépendani de prumis.
Prumis enfant adoptif, mot composé de pr- entrer^ Hre m-
trodnit et de iim-is qui appartient à, qui touehe de jorès^ parent.
Le sens de pr- est déterminé par le rapprochement avec le
tchérémisse pur- «. entrer » ; pur-t- « faire entrer, introduire » ;
cf. zyrénien-votiak pir- a entier », pir-t- « introduire, recevoir »
(Budenz, p. 474, n" 307). Quant à um-is, il se rapporte au finnois
0)na « propi'e, qui est la propriété de » ; cf. omainen « parent
proche », omaisuus « propriétés », omaksu- « reconnaître pour
sien », orna- « posséder», oni-i-sta- « revendiquer ». Pr-um-is
signifie proprement qui appartient par introduction c'est-à-dire
parent ^adoption. La désinence -is est le suffixe diminutif
(§ 108), qui a ici, comme dans sex-is (§ 211), la valeur d'un
diminutif de tendresse. Il existe un doublet de prumis, c'est
prumaOs, que l'on rencontre dans \\m^ épilapbc d'Orviéto (C.
5092 ; voir plus haut § 38). Dans prumaOs, les éléments de la
composition sont les mêmes que dans prumis. Seulement le
radical um- est devenu um.-a-6 par l'addition du suffixe -8
(§120; cf. zil-a-6) et à uma6 s'est joint le suffixe nominal
diminutif -s (ij 117; cf. aia-s § 198.
Nefis ' très cliéri, adoré, amour, épithète de prumis.
Cf. ostiak nap-se « délices, amour passionné »; finnois îiop-i't-
Id-sù a avide, passionné » (Donner, III, p. 78, n° 598). La dési-
nence -is est la mêuie que dans pr-um-is. Le mot nef-is se
retrouve dans une épitnphe d'Orviéto (C. 5094).
Lar8al Ra'acs "VelOurus iudi(|uout l'auteur de l'adoption,
lequel s'appelait Vellhur *'""' /lis de Lnrtli. "VelGur-u-s équivaut
à "Vel9ur-s (cf. § 180 0anxvil-u-s) ; c'est le génitif du prénom
\. Los éditeurs du Cor}nis (t. M, p. (il, ii" 500:5) contostont la leçon nefis. Mais
le t(''moignai,^e de l'inscription 5093, sur lequel ils se fondent, est fort incertain.
r
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 199
Velôur. Le prénom est ici mis à la fin de la se'rie des noms
(cf. sjs; 236, 240). Pour le gentilice, peut-être faut-il restituer
Patacs, d'après C. 835 et 89o. Patacs est un nominatif, fai-
sant office d'épithèle devant VelGurus. Quant à Lar6-al né de
Larfh, il marque l'ascendance paternelle de Velthiir Patacs.
250. Pules Larisal Creices ancn, nouvelle apposition à
clan. La traduction doit se faire dans l'ordre inverse de la cons-
truction. Anc-n signifie ayant une mère. Pour le sens de anc,
cf. ostiak anki « mère » ; vogoule cînga; votiak anaj; hongrois
a«'a (Budenz, p. 74"), n° 805). La désinence -n est un suffixe
qui sert à former des adjectifs exprimant la possession (§ 113,
n° 2). On le retrouve en vogoule et en ostiak sous la forme -h
et -n : elmi-n « qui a une pointe ;>, kvoli-h « qui a une mai-
son », tini-h « qui a de la valeur », nee-h « qui a une femme »,
pil-n « qui a un fils », kave-n « qui a une ou des pierres »,
lile-n « qui a une àme, vivant », name-n « qui a nom », v'ite-n
« qui a de l'eau » agme-n « qui a une maladie » (Budenz-
Simonyi, p. 261). Anc-n est exactement formé de la môme
manière que le mot cla-n ou cle-n, dont le sens propre est
qui a un membre viril c'est-à-dire mâle (§ 181).
La mère, indiquée par anc-n, est spécifiée par les termes
Pules Larisal Creices. Pour interpréter ces noms propres,
il faut se rappeler qu'en Etrurie la femme mariée est désignée
p:ir deux gentiliccs, celui de son père et celui de son mari, de
la manière suivante :
G. 3486 0ana. Sutrinei. Raufis --^ fille Sutrina, femme
Rauf.
G. 3323 0a. Surnei. Feôius = file Sitrna, femme Fethiii.
G. 3519 Fasti. Herini. Surnas ^==flle Herina, femme Surna.
G. 3544 0an. TrenOinei. Caspres = file Trentliina, femme
Caspre .
G. 3659 Caceinei. Selva0res = /ille Cacei?ia, femme Sel-
vathre.
D'ordinaire, il n'y a qu'un des deux gentilices, celui du mari,
qui soit au génitif (§ 210), le gentilice paternel se présentant
sous la forme d'un adjectif en -i (Sutrine-i, Surne-i, Herin-i ;
200 TROISIÈME PARTIE
cf. § 104). Dans nolro inscription, la mcro du défunt est dési-
gnée aussi au moyen des deux gentilices ; seulement, par une
dérogation à l'usage, les deux gentilices sont au génitif. Lequel
se rapporte au père ? Lequel au mari?
L'expression Larisal Creices permet de répondre à la ques-
tion. Elle signifie né de Laris Crcice, comme les expressions
ArnOal Xurxles (§ 180), LarGal Scires (c. 2369) signifient
/!(■ (fArnth Khurklde, né de Larth Scire (cf. § 160). Il est évi-
dent (jiK^ l'expression né de .. ne peut s'appliquer qu'au père.
Donc la mère du défunt était une Creice. On l'aurait sans
doute appelée tout simplement Creicei /i/Ie Creice, si l'on
n'avait pas tenu, pour une raison qui nous échappe, à rappeler
le prénom (Laris) de son père, d'où la nécessité d'introduire
le génitif Creices.
Pule-s est le gentilice du mari de la Creice, du second
mari, bien entendu, puisque le premier était Larce. Suivant
l'usage ordinaire, le gentilice marital n'est accompagné d'au-
cun prénom (voir les épitaplies citées, à la page précédente).
251. Un adjectif comme anc-n pourvu de ?nère exprime
dune manière générale la possession, sans spécification de
l'objet possédé. Il semble donc ne pas pouvoir comporter des
qualificatifs. Pourtant les langues ougro-finnoises admettent
cette construction.
C'est ainsi que l'on a en vogoule et en ostiak des adjectifs de
pos.se.ssion accompagnés de qualificatifs :
vogoule : niau seni-p « ayant-un-œil <qui est> petit » [man
« petit » ; sem « o'il » ; -/>, suflixe de possession); t/i nam-p
« ayanl-un-nom <qui est>- celui-ci » {tii « celui-ci »; nam,
nom ))\
ostiak : joura sern-pa « ayant-uu-ieil <qui est> oblique »
joura « oblique » ; .seni « œil » : -pa suffixe de possession) ; n'elk
kurpa « ayant-des-pieds ■< qui sont > quatre » n'elk « quatre »,
kur « pied »); jam sani-pa « ayant-un-cœur <qui est> bon »
(jam « bon », sam « cœur ») ; kat ime-p « ayant-femme < au
nombre de > deux » [kat « deux », itnc « femme ») '.
1. Biulcnz-Siuionyi, p. 27:2.
TEXTES THADUITS ET COMMENTES 201
Il faut interpréter anc-n comme équivalant au lalin matrem
habefis, le complément matrem étant incorporé au participe,
mais conservant tout de même assez d'indépendance pour pou-
voir être spécifié : habens matrem quae est ou bien cui nomen
est etc.
252. A partir de zix neSsras (ligne 3) paraît commencer un
récit. Malheureusement létat du texte ne permet pas une inter-
prétation suivie. Quelques mots donnent à penser qu'il s'agit
d'un accident survenu au moment d'une crue, accident dont le
défunt aurait été soit la victime soit le héros.
Zix neSsras acasce, im très abondant ruissellement (Veau
<iétant~> soudain, proposition subordonnée avec ellipse du
verbe « être » (§ 161). La subordination est marquée par le
sullixe casuel -ce (§ 163).
Zix i^''-'^ abondant, épithète de neôsras. Le mot peut être
rapproché du finnois tûh-và « très large, très touffu, luxu-
riant ». Pour le z initial et pour la voyelle, §§ 72 et 63 I 4.
Ne0sr-as, ruissellement d'eau, substantif composé de ne9
eau et de sr-as ruissellement. Ne9 est à rapprocher du hongrois
nàd-v « humidité, eau »; cf. finnois neite « humidité », (Budenz,
p. 394, n°920). De ne9 dérivent les formes NeG-u-ns (F. 2140),
NeB-u-nus (F. 2140), neO-u-ns-l i^Krall, index; cf. 0. Miil-
ler-Deecke, Etrusk., II, p. 54). Sr-as est formé avec le suffixe
nominal -as (§ 99), comme sarven-as (§ 233), paxaQur-as
(§ 236). Le thème sr est à rapprocher du linnois sir-a-^ sir-i-
slà- » s'échapper, couler, ruisseler » (Donner, 1, p. 186,
n" 662).
Ac-as-ce à l'état soudain. Abstraction faite du suffixe -ce
(v5 129, 2), il reste l'adjectif ac-as, que l'on retrouve dans
l'inscription de Capoue (l. 19). Le mot est formé avec le suf-
fixe nominal -as (§ 99) et dérive du thème ac, que l'on a dans
ac-il (§ 216) et dans ac-nanasa (§§ 231, 233).
253. Cre-al-s est composé de cre et de als. Le verbe cre
peut être rapproché du finnois kar-a- « sauter, courir, se pré-
cipiter » (Donner, I, p. 36, n" 133). Quant à al-s, c'est un
adjectif formé avec le suffixe nominal -s (>; I I7i cl d('i-ivé d'un
202 TROISIÈMK PARTIE
tli(''me al, qui est apparente^ au finnois «/« «en jjas » ; cf. mord-
vino ((la ; iionj^rois a/ (Budenz, p. 728, n'' 792). Cre-al-s, signifie
donc proprement ce f/iii est à bas de course^ et désigne, selon
toute vraisenn])lance, une région basse où Feftet de la pente
rapide ne s'exerce plus. L'expression pourrait s'appliquer à une
rivière coulant paisiblement au fond d'une vallée et recevant
les eaux d'atïluents plus ou moins torrentueiix. Une rivière
de ce genre existe précisément en contre-bas des hauteurs
où se trouvaient jadis la ville de Tarqurnn et sa nécropole,
c'est-à-dire dans la région même d'où provient l'inscription.
Cre-al-s est le sujet d'une proposition subordonnée (§ 463),
où le verbe « être » est sous-entendu, et dont l'attribut est
lucairce, proposition tout à fait identique, comme construc-
tion, à la proposition ne0sras acasce.
Luc-air-ce présente, comme acas-ce, le suffixe casuel -ce
(§ 129, 2). Abstraction faite de ce suffixe, il reste lue-air, com-
posé du verbe lue- et de l'adjectif air. Le verbe lue- se rat-
tache à la même racine que le finnois llkkii- <( être en mouve-
ment, se mouvoir » (Donner, III, p. 192, n° 107o); pour la
voyelle thématique, voir § 04, U3. Quant à l'adjectif air, c'est
l'équivalent du finnoisyV/r-e-i^/, jar-ke-a « puissant, épais, fort ».
Lueair-ce signifie donc à ï('ttat de puissant de mouvement et
s'applique au courant de la rivière.
Entre créais et lucairce sont intercalés deux mots. Du
second on ne distingue nettement que les trois lettres finales
rem; celle désinence paraît être une désinence nominale
(§ 111) ; il y a là probablement un adjectif employé comme
adverbe (§ 156, 1) pour renforcer le sens de lucairce. Quant
à Tarxnal-0, il présente le suffixe casuel -6, qui marque le
point de départ (i:^ 129, 11). Tar/n-al est le nom propre Tarxna
augmenté du suffixe de provenance -al (§ 129, 1); le sens est
provenant de Tarkhna. Mais Tarxn-al peut être considéré
aussi comme ayant la valeur d'un adjeclif dérivé de Tarxna,
ce qui expliquerait l'addition du suffixe -9 (cf. § 9). Tar-x-na
est un nom d'homme, qui signifie le fort (cf. finnois tar-ma
« force »). Mais c'est aussi un nom de ville, la forte, la forte-
TEXTES TKADUITS ET COMMENTÉS 203
resse, et sans doute le nom élriisque de la ville appelée Tar-
quinii par les Latins, dont la nécropole a fourni notre inscrip-
tion. J'attribuerais donc à Tarxnal-e le sens de à partir du
< coii7\i d'eau > qui vient de Tarkhna, c'est-à-dire à partir de
l'endroit oii ce cours d'eau, brusquement grossi par une pluie
d'orage, est venu impétueusement déboucher dans la rivière et
créer ainsi un courant d'une violence imprévue.
254. La phrase ipa ru8cva caGas hermeri (ligne 4) est une
proposition consécutive négative; la subordination consécutive
est marquée par le suffixe -ri(§ 129, 7) accoK^ au verbe herme
{§§ 163, 164); la négation est indiquée par l'auxiliaire négatif
ipa (§§ 27, 28, lo3). Les propositions consécutives devant se
rattacher à ce qui précède (§ 166), il faut joindre ipa ru6cva
etc. à lucairce.
RucGva caSas paraît constituer une expression toute faite :
car on retrouve le même groupe à la ligne suivante '. RuScva
est probablement une épithète de nature, destinée à préciser
le sens de caSas. Le mot est formé à l'aide de deux suffixes
nominaux,, le suffixe -c (§ 100) et le suffixe -va (§ 123). Il peut
être rapproché du finnois rùt-ki) u pièce, morceau, chiffon,
lambeau ». L'adjectif ru9-c-va pourrait s'entendre fait de
pièces et de morceaux.
Ca6-as est un substantif en -as (§ 99), formé comme
ne9sr-as (§ 252). Le thème caG est apparenté au finnois katt-a-
« couvrir, protéger » (Donner, I, p. 11, n" 38). Ca9-as signifie-
rait donc proprement couverture ou cloison étanche. Etant
donné que le contexte semble indiquer qu'il s'agit d'une em-
barcation, il est possible que ruQcva caGas désigne une espèce
de pirogue faite de peaux assemblées.
Herme-ri, pour résister, est le verbe herm- (cf. plus loin,
1. 7, 8 hermu), pourvu du suffixe de destination -ri (§ 129, 7).
Le mot peut être rapproché du vogoule verm- « être fort » ; cf.
zyrénien vermi- « pouvoir, avoir de la force, résister» (Budenz,
p. 4o6, n° 486). Pour Th initial, voir § 74.
1. Gamurrini donne ruOcva à la ligne 4 et lu9cva à la ligne 5. Mais cette
diversité n'est pas vraisemblable.
204 TliOISlKMK l'AlilII':
Après la série des j)roj)osilioiis sul)or(loiin('es (|ui vicnnenl
d'èliM^ analysées, il faut une proposition principale. VA\q. est
probablement représenic'e par le mot (jui Icruiine la li^ne 4.
Mallieureuscment la lecture est incertaine et le sujet reste
indéterniin(''.
255. Aprinôvale ruBcva caOas /'fn/ôarra/ion est entraînée de
peu {c'c?,i-k-d[vc, pefil à pclit). Le verbe aprin9vale, dont le sujet
est ru6cva caôas, est composé de apr etinOvale. Le premier
de ces deux éléments, apr, présente un radical dont on retrouve
Tanalogue dans le bongrois o.prù « menu, petit » (Huden/,
p. 747, n" 809). Quant au verbe in0-va-l-e, formé avec le
snlfixc verbal -1 (§ 82), il vient d'un substantif in6-va, (|ui pré-
sente le sufïixe nominal -va (i:^ \'1'X). Le radical *in-9- peut
être ra])procbé du bongrois iiidnl- « se mettre en bran h; »,
i/id'/f-, « mettre en branle »(liudenz, p. 818, n"8î)8j. On peut
attribuer à inGvale le sens de ai/rr à la </rrirc^ rire entrniné .
Paxana-c alumnaBe et d'une manière in(p(iétante deseoid
le courant ; la proposition est liée à la précédcmte au moyen de
l'enclitique de coordination -c (§§ 54, 180). Le sujet est tou-
jours ru6cva ca6as. Le verbe al-umnaôe est composé de al
e)i bas (cf. plus liant, >; cre-al-s) et de uinna6e, verbe dérivé
de *\iXQ.- s'écouler, s'' en aller ; cf. bongrois o/y/-/-//t-, om-ol- « s'en
aller en ruines » (iindenz, p. 840, n" 1)29). Dans um-na9-e
le thème *uin est augmenté du sutlixe double -nô (i^ 94) avec
un a intercalaire.
Paxana ennuyeiix, factieux, adjectif employé adveibialement
(§ dfjG, 1). Le mot est formé avec le suflive -na (§ 114). l*our
le sens de paxa, voir !^ 230 paxa-Suras.
255 bis. Hermu melecravicces puts xiro., le fait de résister
est mauvais faute d'être très cnergirjuc de rame.
Hermu résister est soit le même verbe que herme-ri, soit un
verbe apparenté (§ 254). Il est ici employé substantivement et
comme sujet de la proposition (§ 151). 11 y a ellipse du verbe
« ("'Irc! » f!:; IGl). L'attribut est xi^^» b'quel est explif]né par
melecravicces puts.
Xim, mauvais, est apparenté à une abondante séi'ie de termes
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 20S
oiigro-finnois exprimant liduc de « ruine, abaissement, chute,
profondeur » ; finnois kum-o « élat de ruine » ; kiimo- « ren-
verser, ruiner » (Budenz, p. 110, n" 137); le x inilial est justifié
par le hongrois homorû « concave » (cF. § 70) ; pour la voyelle
Ihématique, voir § 63, I, 4.
Put-s, défectueux, insuffisant, adjeclif employé adverbiale-
ment (§ lo6, 1) avec le sens de faute de. Le mot est formé à
l'aide du sulïîxc nominal -s (§ 117). On trouve plusieurs fois
dans la Momie d'A^ram (^Krall, index) le verbe put-e être défec-
tueux, apparenté au finnois pr///?^- « manquer » (Budenz, p. 529,
n° 556).
Melecravicce-S, de Facte d'être vigoureux de rame, génitif
de l'inlinilif melecravicce employé substantivement (§ 151 d)
et dépendant de puts. Klant donné l'instabilité de l'orthographe
étrusque, qui tantôt supprime des lettres et tantôt en ajoute,
melecravicce peut être considéré comme l'équivalent de melc-
ravce, lequel se décompose en melc -j- ravce. Le radical
mel-c, formé avec le suffixe nominal -c (§ 100), |)eut être rap-
})roché du finnois mêla- « ramer ». Quanta rav-c-e, être vigou-
reux, c'est un dérivé, à l'aide du suffixe verbal -c (§ 80), du
thème *rav, que l'on a vu plus haut dans rav-n6-u être fort
[^ 238). Melc-rav-c-e peut donc s'entendre faire effort de
rame.
La suite du texte est trop mutilée pour pouvoir être inter-
prétée.
256. <i. 76 (statue de femme portant d;ins les bras un enfant
('mmaiH(»l('' ; sui- le bras droit on lit :)
mi. cana LarOias. zanl. Velxinei. se *****ce.
Moi <jp(e~> voici </e suis t offrande^ de lAirthia ; le rejeton
Velkliinei -^iesty-
Mi cana, formule (juc l'on a déjà rencontrée s; 215.
Cana est une particule démonstrative, dérivée du démons-
20G TROISIEME PARTIE
Iralil" ca (voir 5; 188) à laide du suffixe nominal -na (§ H4).
Mi est le prouoni de la 1" personne (^5;^ 30 et 132). C'est la sta-
tue qui est censée parler.
LarOias, urnilif de LarOia; il di'pciid (ruii siihsianlif sous-
enteudu signifiant offrande. LarSia est la mère de reniant au
maillot, lequel est une fille, comme le prouve le gcnlilice Vel-
Xinei, féminisé en i (^ 104).
Zan-1 rejeton, enfant, ai)i)osilion au nom propre Velxinei.
Le mot est formé à l'aide du suffixe nominal -1 {§ 109). Il peut
être rapproché du hongrois tdn-r/od-, tan -es- « végéter », tdn-
es-td- « propager, faire pousser n. Pour le z initial, voir i; 72.
Il est prohahle que la lin de Tinscriplion indiquait la situation
critique où se trouvait l'enfant.
257. Vj. 437 (sur une statuette votive en bronze) :
"V. Cvinti. Arntias. culpiansi. alpan. turce.
Velia Qainti, fdle d'Arntia, <iesty- d'une voix aujiië en ins-
tance sïtppliante.
V, abréviation du prénom "Velia, forme féminisée en -i
(§ 104) du prénom Vel (Fabrolti, Glos.sarium, p. 19H ; 0. Mïil-
ler-Deecke, Elrusker, I, \). 451 etsuiv.).
Cvinti, l'oi-me féminisée (cf. C. 3720, 40o0) du genlilice
Cvinte (C. 10i8).
Arntia-s, génitif de Arntia, variante graphique de ArnSi
ou Arn0ia ; pour l;i [)eruiutalion du t et du 6, voir ,5^ (»8. ArnSi
ou Arneia est la forme féminisée du prénoui Arn6 (.i; 104).
Culpiansi est la lecture (pii résulte du fac-similé donné par
le Corpus. Cul-pia-n-siy//.svy//'« r acuité de cri, c'est-à-dire en
élevant la voix jusqu'au son le plus aigu. Le mot porte sur
alpan et marque la détresse de la supplication. La désinence
est le suffixe casuel -si (§ 129, 9), (|ui intli(|U(' le point d'arri-
vée. Dans cul-pia-n, le premier élément, cul, peut être rap-
proché du finnois kol-o « cri, bruit, fracas » (Donner, I, p. 55,
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 207
n° 190). Quant à pia-n, substantif formé avec le sufïïxe -n
(§ H3), il peut t'ire rap})roché du finnois />?//-o « pointu, aigu » ;
pour l'équivalence de Vu finnois et de Ti étrusque, voir § 63,
I, 4. L'a de pia vient probal)lement de la vocalisation d'un
thème comme *pij.
258. Alpan turce, en instance suppliante. Ces deux termes,
isolés ou réunis, reviennent fréquemment dans les formules de
consécration d'offrandes. Al-p-a-n, suppliant, dérive de al bas,
que l'on a vu plus haut dans cre-al-s (§ 253) et al-umna6e
(§ 2o5). Le thème al, augmenté du sulFixe de dérivation -p
(§ 84 bis), donne naissance au radical verbal *al-p- se baisser,
être bas ; à son tour le verbe *al-p- donne naissance à l'adjectif
al-p-a-n humble, suppliant, par l'addition du suffixe nominal
-ni§113).
Tur-ce, en instance ; la désinence est le suffixe casuel -ce
(§ 129, 2). Tur semble avoir la même origine qu'une série de
termes ougro-finnois exprimant tous l'idée d'une insistance que-
relleuse : finnois tor-a « querelle, dispute « ; vepse tora-da « se
disputer »; hongrois ^or-o/- « gronder » (Budenz, p. 2o7, n°26o;
Donner, I, p. 131, n" 462).
Les mots culpiansi alpan turce forment l'attribut d'une
proposition dont le verbe « être » est sous-entendu (§ 161).
259. C. 438 (statuette de bronze trouvée avec la précédente) :
"V. Cvinti. Arntias. selansl. tez. alpan. turce.
Velia Quinti, fille crArntia, <<<?•'••/>- aveugle; <ila~;> voici en
instance suppliante.
Cette inscription est, à peu près, identiijue à celle (jui vient
d'être commentée. Elle n'en dilfère que par deux mots selansl
et tez, au lieu de culpiansi.
Selans-1, attribut do la proposition, avec ellipse du verbe
« être » (§ 161). Je traduis par aveucjle . Le sens propre est
obscur, caché, clandestin ; cf. finnois sal-a, sal-ainen c caché » ;
208 TliOISlKMK PARTIK
sala-ja- « cacher, dissiimilor, dérobor à la vue » (Budenz, p. 223,
n° 231). L'adjectif selans-1, dérivé ào selans, est formé avec
le suffixe nominal -1 (§ 109). Dans sel-a-ns on retrouve le
même sulfixe -ns (v^ 115) que dans sia-ns (§ 223).
Tez alpan turce conslilne une seconde proposition, où le
verbe « élre » est également sous-entendu. Pour l'expression
alpan turce voir l'inscription précédente (§ 258).
Tez ici, voici, forme adverbiale du démonstratif te (voir
§§ 136, 195).
260. F. 2614'*^'' (sur la jambe d'une statuette de bronze) :
mi. turce. Vel. Sveitus.
Je <^st(is l ojfrandp^- de Vel Sveitii <:^qui esty- en instance.
Mi, j)r(»nom de la 1'' [)ersonne; V()ir^§3(), 132, 191, 192, 196,
256.
Après mi il y a ellipse du verbe « être » (§ 161).
Turce en instance, formule des ollrandes en vue d'obtenir
une faveur (§ 258). Le mot se rapporte à Sveitus.
Vel, prénom d'Iiomme.
Sveitu-s i;('nilif de Sveitu. Il faut sous-entendre un mot
comme chose, don, o/frande, (|iii entraîne le génitif (cf. § 256),
l'our le gentilice Sveitu, cf. i; 177.
261. V. 2180 (sur le manche d'un miroir de bronze) :
Vipia. Alsinai. turce.
Versenas. Caiia.
<^La fcninie^ de Versena, Caia Vipia A/si/iai <^esiy- en
instance.
L'inscription doit être lue de bas eu haut. Il n'est pas admis-
sible, en etTet, que le prénom Caiia demeure ainsi en suspens
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 209
à la fin d'une phrase. Il n'a Je raison d'être que s'il accompagne
un gentilice. Le gentilice est ici "Vipia (voir Fabrelti, (îlossa-
rium, p. 1967 et 1968) accompagné d'un surnom Alsinai, qui
rappelle le nom de la ville étrusque d'Alsnan (Dennis, Cities, I,
p. 221), origine probable de la famille. Dans Alsina-i, l'i final
est le suffixe de féminisation (§ 104).
"Versena-s génitif du gentilice Versena. Sur l'usage du
génitif pour indiquer le nom du mari, voir §§ 172, 210.
Turce en instance (§ 258).
262. Notizie degli scavi, 1895, p. 242 (sur un manche d'us-
tensile en bronze) :
d'un côté : eca cau0as. Axuias. versie.
au revers : Aule Numnas turce.
To/rz les gnnissements de la pauvre Akkiiia. — Aide <ifds
rtfe> Numna <Cest^ en instance.
Eca voici (§ 1 88) .
CauBas, pauvre, misércd)h, se décompose en eau + ^^-S»
Pour la désinence -6as, cf. zila^n-Oas (§ 222), ten-6as (§ 233).
Le radical *cau peut être rapproché du finnois kô'û-lui « pau-
vre, misérable » (Donner, I, p. 86, n° 304). Cau9as ([ualific
Axuias.
Axuia-s, génitif de Axuia, dépendant du verbe versie. Le
gentilice Axuia ou Axui est connu (C. 4810). C'est la forme
féminisée (§104) du gentilice Axu (c. 3726, 3727, 3728, 4087).
Axuia est sans doute la femme d'Aule Numna, qui consacre
r<)tVrande.
Versie. Je traduis [)ar les gémissements. Le sens exact est
le gémir. C'est un verbe faisant l'office de substantif (§ 151).
Voici le gémir d'Akhuia revient à voici que Akhuia gémit. Cette
construction est conforme aux habitudes de la syntaxe ouralo-
altaïque. C'est le type de la proposition sous sa forme la plus
simple. Au lieu de dire le ph-e )ueurt. t^sl mort ou mourra, on
14
210 Ti!(>isii:>ii: I'akime
(lil (lu jirii' h- iiiniirir -<«, (I (''l<''^ 011 scra'^' \ D'aprrs I(!S l'èglos
(IrMInivaloiicG '^§ 7.") . versie corrcs|)on(l à un radic.il linnois com-
mençant par nn ii ou un i'i. On peut donc le rapproclior du finnois
nr-ina a mui'niur(\ livmissoment, gémissomonl, vagissement »,
iiri-sta- <( géuiii' ». D.ius ver-s-i-e, il y a (\v\\\ suffixes de
iléi'ivaliou verbale, le sullixe -s (v^ 80) et le sulïixe -i (§ 81).
Numna-s. génilif du geutilice Numna (C. 2325), dérivé de
Nuiïia \i). ;{M35).
Turce <ni instancr ; Noir i; 2o8.
263. F. 2(l().'{ (^inscriplion tracée en cercle sui' une pla([ue de
bronze représentant eu bas relief une tôle de Méduse) :
mi. suGil. VelBuriGura. turce. Au. Vel6uri. Fniscial.
Moi Vellhurilhara <^d('huitl^ à cùlr (lu tnutbeau -^je t'ap-
pf'//el> avec inslancn^ Aula Vclthuri, /illc dn Fnisci.
Mi, prouom delà 1" personne; cf. §§ 30, 132,191, 192,
19G, 2G0.
su9i-l ''/ (('ité <h( loniheau. La désinence -1 esl le sullixe
casuel, uiai'(puint le voisinage (§ 129, 4). Pour le sens de su0i
tonihcan, voir i; 18!). Su6il se rapporte à Vel6uri9ura : il faut
entendre : niai VeUhnrilhura <iqui si/i.s'^ à rùlr du tombecm.
Veleuri-Gura rojeiun de Vehliuri. Sur les noms propres
composés avec Sur, voir i^ 23() ( paxa-6uras i .
Turce en instance \ cf. i; 2.")8. (]ette instance implique un
appel. Le rejeton de Vcitlinri, c'esl-à-dire le fils de l'e/t/inri^ en
déposant sur le tombeau, en guise d'ollVande funéiaire, le bas-
relief de bronze avec la tète de la Méduse, s'adresse à sa mère
défunte et Ftippelle avec instance; les noms qui suivent sont
1. Winckler, Das iiraltaisclie und seine Gnippen (Berlin, 188.")), p. 34 : « Dio
einfache Satzform hattc, wie wir sahen, ein an der Spitzc steheniles, adnominal
zu fasscndcs, Eloiiicnt mit daraiif folgendeui Verljainoiiien als regens, weichcs
letztere nicht imnier, aber mit Vorliebe ein possessif-Suffix annatim : Vateris)
— strrljpii — 'sein). »
TEXTES TliADLlTS ET COMMENTÉS 2H
probablement une aposirophe, mais une apostrophe développée,
où figurent tous les noms de la déi'unle, comme il convient dans
une épitaphe.
Au. abréviation du prénom de femme qui correspond au pré-
nom masculin Aule. La forme est incertaine (Aula, Auli, ou
Aulia; voir 0. Miiller-Deecke, I, p. 444).
VelOuri, nom de femme; c'est le prénom Velôur (§ 182)
avec la féminisation en i (§ 104).
Fnisci-al née de Fnisci. Fnisci est nu nom de femme. On
trouve aussi la forme Fnesci [Xotizie, 1885, p. 17).
264. C. 2403 isur une slaluotte de bronze) :
canzate selvansl ecn turce alpnu LarOi. LeGanei.
Le fait de regarder <e.5'/> obscur; aussi Lartlii Lcthanei
supplie avec instance.
L'ordre des mots est assez difficile à détoiminer, à cause de
renchevètrement des lignes. L'éditeur du Corpus propose de
]ir(^ l'inscription de bas en haut : ecn turce LarGi LeGanei
alpnu selvansl canzate. Si Ion analyse de près les fac-similés
(Conestabile, Bull, de l'Instit., 1862, p. 7G et Fabretti, Corpus,
pi. XLIV), on voit que le graveur a d'abord écrit les trois lignes
suivantes : canzate | selvansl | ecn turce. Puis, n'ayant plus
de place, il a rejeté sur le côté, en doux lignes : alpnu | LarGi.
Enfin, ayant encore à écrire le mot LeGanei, il l'a glissé, tant
bien que mal, dans le blanc ([ui restait entre la 2'= et la 3'' ligne,
c'est-à-dire sous selvansl et au-dessus de ecn turce. La façon
dont le mot est gravé indique nettement une suicluirge.
Canz-at-e regarder, voir, verbe dérivé d'un radical *cant,
apparenté au hongrois Irj.nd-âl- « considérer », h'y.ndi-kâl-
« reluquer » (IJudenz, [). i51-4o2, n" 481). Le sullixe de déri-
lion verbale -t (§ 87), ajouté au radical *cant, a doniu'' cant-t-;
d'(ti"i la lornie canz-a-t-, p.ir adoucissement d'un t (§ 72) et
inlercahilion d'une voyelle. Le verbe canzate est euijiloyé
212 riioisiKMi': PAniii':
subslanlivcnuMil coinnio sujet de la proposilion donl selvansl
csl l'alli'ibul (i; 161). 11 y ;i, ellipse du verbe « être » (i^ 151).
Selvansl, ohsctir, Iroiibli-^ esl évidemment apparenté à se-
lansl, (|iie 1 on a vu j)lus haut (î^ 25!)). Il n'y a entre les deux
mois (jutnir léi;ère dillerence dans le radical, sel-v- au lieu de
sel. (Pour la désinence -ans-1, voir § 259). Le radical sel-v-
dérive de sel, à l'aide du siillixe-v (§ 88), que l'on a rencontré
dans nacn-v-a (.^ 197).
Ec-n, à causfi de cela, aussi, est le démonstratif ec (ou eca,
§ 188), augmenté du siillixe casiiel -n, (jui exprime la cause
(iî '129, .5).
turce en instance, c'est-à-dire avec 'inslancc (cf. § 258).
Alpn-u supplier, verbe dérivé de alpan suppliant (§ 258).
Le mot est une foi'me syncopée pour alpanu. Le sujet est
Larôi LeGanei.
Lar6i prénom féminisé (ij 104).
Le6ane-i, gentilice féminisé également. Le même nom se
retrouve dans une épitapbe de Chiusi C. 2402 : 0a. LeGanei.
"VelGesa =^ Thana Lcthanei, fetnnie de Vellhe.
265. C. 445 (sur un candélabre d(» bronze) :
A. Vels. eus. GuplGas. alpan. turce.
De Aide Velscu Fo/franih <Cesl /'aite'> avec instance sup-
pliante.
A abréviation du prénom Aule.
Vels-cus. D'aj)rès les fac-similés, il y a bien un point
enlri! Vels et Cus. Mais c'est |)robablement une faute du lapi-
cide. Legenlilice Velscu est d'ailleurs connu (C. 2123).
0upl6as uiiHihilitr, acte propitiatoire, offrande (cf. (i. 446
GuflGas . Le mot esl un substantif en -as i>^ 99) dériv(' d'un
verbe Guf-l-G- rtre airnablr (cf. (^.23il Guf-1-G-i), lequel dérive
lui-même de l'adjeclif Guf-1 (F. 2335 h) à l'aide du suffixe veibal
-e(§ 87). L'adjectif Guf-1, formé à l'aide du sullixe noniiiial -1
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 213
(§ 109), se 1-amèiie, en dernière analyse, à un thème *euf, qui,
d'après les règles d'équivalence (§ 71), peut être rapproché du
finnois huv-à « bon, bienveillant », hiïv-i-tta- « être favorable
à », hûv-à-i-llà- « caresser, tlatter ».
Alpau turce en instance suppliante (§ 258), c'est-à-dire avec
2(nc instance suppliante (§ 264).
266. F. 2603 bis (sur une statuette de bronze) :
Tite. alpnas. turce. aiseras. 6ufl9icla. trutvecie.
Tite <iest~> en instance de supplication : « d majesté suprême,
sois favorable, sois constante de protection. »
Tite, nom très commun dans l'épigraphie étrusque. 11 est
employé inditTéremment comme prénom (C. 3415; 4103) et
commegentilice (G. 104, 2854, 4095, 4475 etc.). Tite est le sujet
d'une proposition dont le verbe « être » est sous-entendu (§ 161)
et dont l'attribut est turce.
Alpnas turce eji instance de supplication, formule analogue
à alpan turce (§ 258, 265). Mais au lieu de l'adjectif alpan, on
a alpn-a-s, génitif d'un verbe *alpn-a supplier, dérivé de
alpan. Ce génitif dépend de turce. Après turce sont énoncés
les termes de la supplication faite par Tite.
267. Aiseras s'écrit quelquefois eiseras [C 2341; Krall,
V, 20). Le mot se décompose en ais + eras.
Ais (ou eis) se trouve plusieurs fois dans le texte de la Momie
d'Agram (ais, Krall, IV, 21 ; V, 18; VIII, 16. — eis, X, 10). Le
mot est apparenté au finnois is-o « grand » ; cf. vogoule is, jis
« vieux » ; ostiak is « vieux » ; zyrénien iz-id « grand » (Budenz,
p. 824, n°907; p. 857, n° 952).
Le second élément, qui entre dans la composition de ais-er-as
est le substantif er-as, chose extraordinaire, formé avec le
suffixe -as (§ 99), comme 0upl9as (§ 2G5). L(î tlièino *er est
à ra[)procher du finnois cri- « rire séparé, disjoint, à i)art »,
214 TUOISIÈME l'AUTIC
d'où ridée de « disliiiuué, singulier, exlraoïdinaire » (cf. finnois
('i'i-iio))iahi('ii « adiiiir.il)Ie, iiiiiiiue n).
Le sens de ais-er-as est donc c/iose extraord'nuiirc de fjran-
deur ou majesté .s(/jjrr///r.
L'adjectif correspondanl à aiser-as esl ais-er Krall, IV,
20) on eis-er Kiall, V, 10, 14, 15), termes phonéiiqiiomciit
idenliqnes aux litres alc-ap (Denys d'IIalic. LVI, 29) et ae.sar
(Suétone, Oclav., 97), (\\n servaient à désii^^ner la divinité en
étrusque [qiiod acsar etrusca liiuiua dons vocaretur^ dit Sué-
tone). Quant à radjeclif simple a,is f/ra/id, il répond à répilliète
a'.TO'] indicjuée par une glose d'Hésycliius ' comme étant une
qualilicati<in des dieux étrusques (alo-oi JitrA 'j-h T'jppYjVwv). De
ces rapprochements il rt'sulle ([u'aiseras est comme un titre
donné aux dieux.
Au point de vue gramnuilical, aiseras n'a rien à voir avec
la pro[)osition Tite alpnas turce, qui est complète et se sullit
à elle-même. D'autre pari aiseras ne peut pas être le sujet de
6ufl9icla, parc(^ (|u"en étrusque le sujet ne précède jamais le
verl)e à un mode pcrsonm'l. 11 faut donc considérer aiseras
comme un vocatil. Tite, en consacrant la statuette, apostrophe
la divinité. Il ne la nomme pas, parce (]ue le sanctuaire où
est l'olfrande sutlil n indiipior la destination.
Du moment quaiseras est un vocatif, 6ufl0icla ne peut être
qu'un impératif. \jQ mot si; décompose en 6ufl9 + c-l-a. Nous
avons vu (ij 26o) le sens du vei'l)(> 6ufl9- rtrc facurable. Poul-
ie sufïixe c-1, voir î^ 90.
Trutvecie sois c())isl(nil de prutpclnm, autre impératif. Le mot
est compos(* : I" d(^ tru-t- protrijcr, veri)e (h'rivé d'un radical
*tru(|ue l'on relrou\e dans le linnois tiir-ca « secours, refuge,
prott^ction » ; 2" de vec-i-e rire fcnnp. roiistant; cf. finnois,
vfiki « ferme, stahle, sur ». Le verbe vec-i-e est formé à l'aide
du sullixe de d(''rivation -i (.î; 81). Pour le v initial, voir ^ 74.
1. Vdir plus haut, p. 'Jii. nutc 1.
TEXTES TKADLITS ET COMMENTÉS 213
268. Ga., 380 (sur un phallus de bronze) :
cver turce.
En instance plaintive.
Pour le sens de turce, § 258.
Cver plaintif est formé du radical *cve et du suffixe nominal
-r (§ 116!, que Fou a déjà rencontre dansete-r (§ 199). Le radi-
cal *cve peut être rapproché du finnois kipu « douleur » ; cf.
votiak keb-er « souci, chagrin » (Donner, I, p. 82, n" 291).
L'inscription est impersonnelle. Il est probable que les ven-
deurs d'offrandes avaient dans leurs boutiques un assortiment
d'objets à inscriptions banales, qui pouvaient servir à tout le
monde, comme celle-ci.
269. F. 2382 (miroir avec figures au trait ; dans le nombre,
Minerve avec un bouclier sur lequel on lit) :
Tite Cale. Atial. turce Malstria cver.
7>/(" Cale né d'Atia <iesty- en instance. Malstria est plaintive.
Tite est ici un prénom; voir § 266.
Cale, gentilice; voir i; 246 : Tite-si Cale-si.
Ati-al, né (UAti ou né d'Atia, indique l'ascendance mater-
nelle.
Turce f^n instance {^ 2o8).
Etant donné que l'ollVande est un iiiiioir, c'est-à-dire un
objet de toilette féminine, il est probable que la personne en
vue de laquelle l'offrande est faite est une femme. Malstria est
probablement son nom. La désinence -ia parait être le suffixe
de féminisation (ij lOi) que Ton a dans Arn0-ia (C. 3418,
4218, etc.), et dans Lar8-ia (C. 198, 447, etc.). Mal-str- est
un dérivé du thème *inal à l'aide des suffixes -st (§ 97) et r
(s^ 85). Le thème 'mal- se retrouve dans le verbe mal-e (Krall,
VII, 3, 4, 5) et dans les noms propres Malamenas (G. 177,
Malavinisa fG. 2570), Malavis/ [V . 2475, 2497, 2507, 2508).
Cver, pldinlif; voir i; 2()8.
'2\C^ THOISIÈMK PARTIE
270. F. lOGO (miroir de bronze avec figures au Irait) :
Flere Pelias Turia Nele
Le dessin représente Nélée (Nele) et Pelias i Pelias) rclrou-
vanl leur mrre Tyro (Turia) dans le sanctuaire de liera, où,
suivant la légende, elle a été condamnée à remplir un office
subalterne (cf. Roscher, Lexikon der... Mythologie, HT, 1 , p. JOo-
100). Dans un coin de la composition, il y a nne statue de divi-
nité et, devant cetic statue, nn autel, où se lit flere.
Ce mot n'est pas un nom propre. On le retrouve plusieurs
l'ois^ soit sous cette forme, soit sous la forme fler dans le texte
de la Momie dWgram (Krall, Index, p. 57). Plusieurs statuettes
donnent, dans rinscriplion de consécration, la forme fleres.
Inscrit seul sui- un autel, aux pieds d'une divinité, flere a bien
l'air d'être un terme d'invocation. Le graveur l'a mis sur le
miroir comme une indication, pour marquer que la scène de la
reconnaissance de la mère et des fils se passe cà l'intérieur d'un
temple.
Le radical *fle de flere est le même que celui du finnois pel-
a-Ma- i< délivrer, pr(»tégcr » (lîudenz, p. 510, u" 535). L'addition
du suffixe nominal -r (cf. et-r ij 199 et § HO) a donné l'adjec-
tif fler, protecteur, tutidaïrc, d'où le verbe flere, protéger.
Flere ne peut être ici qu'un impératif. C'est un appel à la
divinité du sanctuaire : protège ou bien sois lutélaire.
Une invocation analogue à flere se trouve sur une statuette
votive (C. 4562), qui porte ce seul mot : flezru (ou flezrl). Ce
tei'me se ramène à la mèuu' racine (jue flere et a sans doute
un sens très voisin.
271. C. 4501 (sui- une statuette de bronze représentant un
enfant assis) :
fleres. tec sansl. cver.
<iQuil soity- protégé : <il est> de nouveau pitoyablement
phiinlif.
TEXTES TBADUITS ET COMMENTÉS 217
Fleres, ^protégé, terme d'un emploi très fréquent dans les
invocations. C'est une sorte d'appel au secours. Fler-es est le
participe passé passif du verbe fiere (§ 270). La désinence -es
(§ dOl) est celle qui a déjà été signalée dans piut-es (§ 212),
dans 6u-es (§ 24.3), dans car-es (§ 244). Aucun sujet n'est
exprimé; il s'agit évidemment de l'enfant représenté par la
statuette.
Tec. L'éditeur du Corpus donne tec, tout en reconnaissant
qu'on peut lire zec; seulement il estime que le trait carac-
téristique du z, très légèrement tracé, est un trait accidentel,
et que le t n'est pas douteux. La lecture traditionnelle est zec
(F. 1930; cf. Torp, II; Lattes, Correzioni... al Corpus, p. 276).
Tec signifie de nouveau ; ci. finnois tak-a « ce qui est derrière »,
tak-ai-sin « en arrière, en retour, de nouveau » ; hongrois tâg
« hier » (Budenz, p. 196, n° 208 ; Donner, I, p. 111, n° 396).
Sans-1, lamentablement, adjectif employé comme adverbe
(§ 136, 1); la désinence est le suffixe nominal -I (§ 109). Le
substantif san-s, formé avec le suffixe -s (§ 117), dérive d'un
thème *san, apparenté au hongrois sân « regretter, avoir pitié »
Donner, II, p. 51, n° 729).
cvev plaintif (§ 268).
272. C. 447 (sur une statuette de bronze) :
LarGia. Ateinei. flores, puantrn si. turce.
<Q«^'> Larthia Ateinei ^soit> protégée. A cause d'un pré-
sage de malheur <elle est> en instance aiguë .
LarQia est le prénom Larô féminisé (§ 104).
Ateinei, forme féminisée (.^ 104) du gentilicc Ateina, dérivé
(le Atei (C. 4271). On trouve plus fréquemment les formes
Ataina, Ataine (G. 1179, 1610, 2448).
Puantrn est la leçon de Fabrctti (1055 Ins) et c'est celle qui
parait le plii> conforme au fac-similé. Le Corpus, d'après
Deeck<\ doimc muantrn.
218 TliOISIÈMli l'AKTlE
Puantrn se décompose en pu -)- antr-n. La désinence -n est
le sntïixe casuel exprimant la relation de cause (§ 129, 5). Pu
est à ra{)pn)chcr du hongrois bii [hûv] « tristesse, chagrin », bûs
« triste » (Hudenz, p. 471, n" 502). Ant-r, substantif formé
avec le sulfixc nominal -r (§ 110), peut se ramoner à la même
origine que le finnois ente « qui est devant, en avant », entée
(ou cnne) « présage ». On obtient ainsi |)our pu-antr-n le
sens de à cause d'un présarje fie malheur.
SI, aigu, .sonore, épithète de turce en inslance (§ 238). Pour
le sens de si, vï. linnois sel-v/i « clair, net ». SI turce en ins-
tance aiguë (ou diine voir aiguë) rappelle les formules alpan
turce en instance suppliante (§ 258) et cver turce en instance
p/aintive (§ 268).
273. {]. 301 (sur une statuette de bronze figurant une femme
avec une coupe dans la main droite) :
Larce. Lecne. turce fleres uGurla nueiei.
Larcr i.ecne <^esiy en instance : « <Qu'e/ie soit> protégée ;
F attitude i:oiUée persiste ».
Larce est ici uu [)rénom, couime dans C. 413, 768, 1812,
2995, etc. Au contraire on la vu plus haut (§ 248) employé
comme genlilice. Lar-ce a la même origine qne le prénom
Lar-D. (Voir Schulze, Latein. Kigrnnam, p. 83, 84).
Lecne, gentilice ; cf. 205 et suiv.
Turce en inslance (§ 258). Ce qui suit turce représente,
selon toute vraisemblance, les paroles diles par Lecne dans
son ///.s7<'///rr, c'est-à-dire dans sa prière, l ne rédaction analogue
se lroii\ (' |)Iiis he.iit i; 2()0.
Fleres protégé ^§ 271). Le sujet est sous-entendu. 11 peut
être ou bien Lecne lui-nn^'me, ou bien la femme de Lecne,
figurée par la statuette. iJans le premier cas il faut traduire :
<fpie je sois> protégé; dans le second cas : <qu'elle soit>
protégée. Le verbe « être » n'est pas exprimé (§ 161).
TEXTES TUADLITS ET COMMENTÉS 219
Ce qui suit fleres explique pourquoi Ton implore la protec-
tion divine.
U6u-r-l-a ou VL^-r-l-a,, persister, est un verbe formé à l'aide
de deux suffixes de dérivation verbale, le suffixe -r (§ 85); et
le suffixe -1 (§ 82); le second u est une voyelle intercalaire,
amenée par la liquide. Le thème *u9 est apparenté à celui qui
a donné le finnois od-o-tta- « attendre, traîner en longueur,
durer ».
Nuei-ei. sujet de uGurla. (Test un substantif en -ôi (§ 122),
comme su-6i (§ 189). Le thème *nuei peut être rapproché du
finnois noj-u- « se pencher, s'appuyer, être courbé » (Donner,
III, p. 18, n° 877). Nuei-0i se rapporte probablement à quelque
déformation de la colonne vertébrale.
274. C. 2627 (sur une statuette de bronze) :
eit piscri sure
ArnOalitle Pumpus
<<//> pousse des cris effroyablement aigus... fils dWrnth
Punrpu.
Ei-t, effroijahlemont^ adjectif employé comme adverbe
(v5 l.o6,l) et modifiant piscri. Pour le sens, voir ei-t-va (^ 233).
Pis-c-r-i étant ai(/u, participe en -i (§ 103) du verbe pis-c-r-,
lequel dérive d'un thème *pis à laide des suffixes -c (§ 80) et
-r (§ 82). *Pis peut être rapproché du finnois /;«y-/:e- « donner
im coup de pointe, piquer » ; cf. zyrénien bîc-ki- « piquer »
(Budenz, p. 452, n" 482) ; pour la voyelle, voir § 63, I 4. Piscri
modifie sure.
Sur-e, pousser des cris., est apparenté au finnois sor-i-na,
« bruit éclatant », sor-i-sta- « faire un l)ruit éclatant ». Le sujet
de sure est le personnage indiqué par la série des noms qui
suivent. Son prénom est d'une lecture incertaine. 11 est fils
à'Arntk Puni pu. Pour la construction ArnQal Pumpus, voir
§§ 160, 180.
220 TROISlKMi; l'AUTIE
275. F. 2613 (sur une staluoilo do bronze, dite 1' « Apollon
de Ferrare ») :
mi. fleres. svulare. Aritimi. Fasti. Ruifris. trce. clen.
cexa.
« (Juc jp suis protégée ! » crie à pleine voix Fasti Arilimi femme
de Riiifri. <Si> le fils est debout^ il faiblit.
Mi moi: cf. §§ 30, 132, 191, 192, 190, 263.
Fleres protégé (§ 271). La formule moi protégée signifie giie
je sois protégée, c'est-à-dire au secours! C'est un cri d'appel
lancé par Aritimi.
Svulare crier à pleine voix est le dérivé d'un radical appa-
renlé au radical ougro-finnoisvi', qui exprime l'idée de « son » :
hongrois sn (sy.v) c< son, voix », sù-l- « résonner », siiv-ôl-tâ-,
suv-it- « hni'lcr, miigir^ silller » ; finnois .sy/r-/='/ <( son » (Budenz,
p. 301, n" 306; Donner, II, p. 111, n" 795). Sv-u-l-a-r-e est
formé à l'aide do deux suffixes, le sullixc nominal -1 (§ 109), et
le suflixe verbal -r (§ 85); l'u et l'a sont dos voyelles interca-
laires, amenées par les liquides. Le radical *sv-u-l, avec l'idée
do son, sifflement, se retrouve dans le latin suhulo « joueur do
lliile », dont l'origine étrusque est attestée par Varron [Ling. lat.,
VII, 3, 35) et par Festus.
Aritimi Fasti, nom de femme, comme l'indique le prt'uom
f(''miiiiu Fasti (Fabretti, Glossariu/n, p. 445-410). Contrairement
à l'usage, le prénom ici est placé après le geulilico; voir une
construction analogue au § 182 : Cuclnial Oanxvilus. Le gen-
tilice Aritimi est un dérivé do Ari (C. 1690), Aria (C. 861);
cf. Ariana (C. 11). Le prénom Ar-n9 a la mémo origine. Dans
Aritimi, (|ui est probablement une façon d'éciire *Ar-t-m-i,
on distinguo doux suffixes de dérivation connus, le sutlixo -t
(s^ 87) et le suffixe -m (s^ 83). La désinence -i est le suffixe de
féminisation (ï; 104).
Ruifris, gf-nilif do Ruifri, gontilico dérivé do Ruife (voir
!:) 178,1. Ruifri ost le mai-i de Aritimi. Pour Tusago do mettre
au génitif lo nom du mari, voir i; 2t0.
Trce. On pourrait être tonte, au picmior abord, d'assimiler
trce à la formule turce, (|uo Ion a déjà plusieurs fois rencontrée
TEXTES TRADUITS ET COMMEiNTÉS 221
ci-dessus (§ 258); elle se présenterait ici sous une forme syn-
copée. Mais cette assimilation est impossible, parce que la cons-
truction régulière exige ici un verbe. Sans verbe placé devant,
le substantif clen ///.y (cf. § 180) resterait en suspens. Car on ne
peut pas le rattacher comme sujet au verbe cexa qui suit, le
sujet en étrusque ne précédant pas le verbe.
Trc-e, être debout, peut être rapproché du finnois tor-o,
tor-ro, « en hauteur, en saillie, debout ». (Donner, I, p. 129,
n" 455). Au radical tr s'ajoute le sulïîxe de dérivation verbale
-c (§ 80). Trce a pour sujet clen.
Cexa // faiblit] le sujet est le même que celui de trce, c'est-
à-dire clen sous entendu. Les deux propositions trce clen, cexa
(clen) sont juxtaposées et en relation conditionnelle l'une avec
l'autre. Il faut entendre : si le fils est debout, il faiblit. Pour le
sens de cexa, cf. finnois keh-no « faible, débile » (Budenz, p. 43,
n" 58 ; Donner, I, p. 34, n° 124).
276. F. 2599 (sur une statuette de bronze) t
fleres tlenaces cver
<iQuil soity- pruléfjé. Si on lui fait plie?' le genou, il est
plaintif.
Yleves protégé. Sur cette formule voir § 271.
Tlenac-es, participe passé passif du verbe tlenac-, formé
comme fler-es (§ 101). Le radical verbal tlen-a-c- est un dérivé
(voir suffixe -c, § 80) du radical verbal tle-n-, formé de *tle,
comme lei-n-e est formé de lei (^ 185; pour le suliixe -n, voir
§ 84). Le radical *tle est à rapprocher du linnois tela « rouleau,
cylindre. |)ivot » (Doiiikm', 1, p. 140, n" 503). On peut attribuer
au verbe tle-n-ac- le sens àa pivoter, tourner. Comme le mot
se retrouve dans une inscription (§ 277) à coté d'un terme
exprimant l'idée de marche (menaxe), le pivotement dont il
s'agit est j)rolial)l('menl cidui di' la jambe, c'est-à-dire le mouve-
ment du genou. Tlenac- signifierait donc faire aller le genou,
-)0-)
THOISlK.Mi; P.M! I 11
plier le (jenou^ cl tlenac-es. atljcclif verbal avec le sens d'un
participe passé [)as>il, duil senlendic ployé du (jeuou^ c'est-
à-dire qui subit l'action de plier le yenou ou à (jui Fou fait plier
II' ip-nou. Le mol pai'ail avoir ici une valeur conditionnelle : s'il
est forcé de plier le (jenou. Le sujel n'csl pas e\j)riiné : cesl la
p(M"sonne représentée par la staluctle.
Cver il <iest'^ plaintif . Pour le sens, voir plus haut ^ 268.
277. C. 446 (sur une statuette d'enfant debout, en bronze) :
Velias. FanacnaL GuflBas. alpan. mena/e. clen. cexa.
tu6ines. tlena/eis.
De Velia, née de Faïuuna, l'o/framle K.esty- suppliante.
<Si.> le /ils //tnrehe, le (jenou endolori faiblit.
Velia-s, i^énitif du pronom Velia, forme féminisée de Vel.
Le g('nilif dépend de ôuflGas.
Fanacn-al née de Fanama. On pourrait aussi l'appeler
Fanacn-ei la fille Vanacna; cf. C. 3402 Fanakni. Le prénom
et le gentilice sont cliacun pourvus d'un sullixe casuel diflV'-
rent ; voir sur ce genre de construction vii; 160, 180.
OuflGas propitiation, offrande] cf. Ji 265 6upl9as. Il y a ellipse
du verbe " être » (§ 161).
Alpan suppliant (§ 258).
Mena/e, niareher, est apparenté au finnois mené- « aller» ;
cl. Iiongrois man-., vogoule uten-, min-., mordvine maue-,
ostiak men-, man- (Hudenz, p. (ill, n*^ 651). Dans men-a-x-e,
il y a le sullixe de dérivation -5^(^580); c'est le même suiïixe
que dans tlenac-es (§ 276) ; pour ré(|uivalence c = X- ^"'r
§68 et § 180 (j^urxles). Le verbe menaxe a ])our sujet clen
le fils^ qui est représenté parla statuelle. Il s'agit évidemment
du fils de la personne (pii fait Tolfrande. La priqiosition menax©
clen doit être en tendue comme une proj)Osilion conditionnelle :
si le fils )H arc lie.
TEXTES TliADLTlS ET COMMENTÉS 223
Cexa faihUt. est impuissant, voir Jj 26o. Le sujet est tlena-
Xeis dont tu6ines est répithèle.
tu9in-es endolori, malade, participe passé passif en -es
(§101) d'un verbe tu0in- dérivé du radical tuS- à Taide du
suffixe -n (§ 84). Le radical tu9- peut être rapproché du fin-
nois tietd-^ « savoir, faire savoir », c'est-à-dire « sentir, per-
cevoir, faire sentir, faire percevoir ». Pour le rapprochement
de tu0- et de tieta-, voir § 64 U .3.
Tlenax-eis articulation de picotement, c'est-à-dire le genou.
On a vu plus haut i^ 276) le radical tlenax- piloter sous la
forme tlenac-es; pour la permutation du c et du x, voir § 68.
Eis articulation est apparenté au hongrois iz « membre » ;
cf. finnois y^irs-e/ie « articulation, membre »; mordvine àz-nà\
votiak/o:; (Budenz, p. 829, n° 914 ; Donner, I, p. 103, n° 370).
278. G. 4196.
Statue de bronze, un peu phis grande que nature, repré-
sentant un homme debout, le front haut, le bras droit porté en
avant et un peu levé. L'altitude a quelque chose de celle d'un
orateur à la tribune, d'oii le nom de Arringatore (le haran-
gueur), par lequel la statue est souvent désignée. On croit
généralement que c'est un monument honorifique. Mais l'ins-
cription, gravée négligemment sur le bord du vêtement, est
difficile à lire, même à petite distance ; elle ne convient pas
à un monument honorifique, qui doit au contraire, ce semble,
mettre bien en évidence le nom du personnage honoré. Le
caractère de l'inscription indique plutôt une consécration
d'olfrande (1). Los statuettes votives, recueillies en Etrurie,
ont toutes l'inscription gravée de même, en surcharge, soit
sur le vêtement, soit sur la jambe, le bras ou le dos de la
figure. L'aspect de lu slalue s'accorde d'ailleurs très bien avec
(1) Lanzi, Sri;/>/io cli linqua elrusca,\\, p. 54".
22 i TROISIÈME PAirni:
l'hypothèse d'iino olIVando pioiiilialoiio. C'est l'image d'une
personne ([ui adresse une piaère. Le geste du hras peut être
interprété comme un geste d'adoration. (Darembcrg et Saglio,
l>i) lionnaire, I, \\. 80 et suiv. ndoratio).
Aulesi. Metelis. Ve. "Vesial. clensi. cen. fleres. tece.
sansl. tenine. tuQines. j^isvlics.
Pdiir Aille, /ils (le Vel Meteli^ né de Vesi. JJn'il .soit>
protégé par ceci. Le malheureux est cloué [sur son lit) ; le canal
diirine endolori résiste.
279. Aule-si est le prénom Aule avec le sulïixe -si, mar-
quant lintenlion (i; 129, 9).
Meteli-s, génitif du gentilice Meteli, dé|)endant de clan
fils sous entendu (i^ 180). Ou trouve le gentilice Meteli surtout
applicjué à des femmes (C. 43, ;3o42, 3558, 3717, 4303). Ici
c'est un nom d'homme, malgré la désinence, en apparence
féminisée (vj 104).
"Ve, abréviation de "Vel, prénom du père.
"Vesi-al, né de Vesi, indique l'ascendance maternelle. Vesi
est, comme Meteli, un gentilice qui s'applique indill'éiem-
ment, sans changement de forme, à des hommes (G. 4094-4103)
et à des femmes (C. 1370).
Ce-n au moyen de ceci est le démonstratif ca (du ce) aug-
menté du sullîxe casuel -n, qui exprime la cause (i; 129, 5).
l*our le démonstratif ca, voir s^ 188. La vai'iaiite ce est attestée
par la forme ce-hen (i; 195).
Fleres. protégé, c'est-à-dire t/n'il soit protégé (voir s;§ 271
cl suiv.). Le sujet est Aule Meteli sous-entendu.
Tece sansl le malheureux est cloué [sur son lit). Pour le
sens du sujet sansl, voir ij 271 . Tece, être appliqué, cloué, ne
pas pouvoir bouger, est apparenté au liunois taki-sta- « appli-
quer, plaquer, coller « ; tah-i-stu- « être applicjué, être réduit à
l'ininiohililé. languir » (Donner, I, p. 112, n" 398).
Henine faire effort, résister, verhe dérivé du thème ten, (jue
l'on a déjà rencontré dans tenu être fort, être courageux
(§ 230) et dans ten-Gas fort (§ 233). Entre l'n du lliènu' et
InsnlPixe de dérivation, il s'est développé un i intercalaire.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 223
Le sujet do tenine est xisvlics qui a pour épilhète tuGines.
TuGines endolori-, voir l'inscription précédente § 277.
xisvlics, canal d'urine, mol composé de xis et de vlics.
l'oiir le sens de xis urine, cf. finnois kuse « urine » ; vogoule
Luz; tchéréniissc kuz; ostiak xos \ hongrois hiid' (Budenz,
|). 120, n° lirj; Donner, I, j). 20, n° 67). Au sujet du rappro-
cliement de x^s et de kuse, voir § 63, I, 4.
Vl-i-c-s, catutl, émissaire, se rapporte à un thème vl que
que nous avons déjà rencontré sous la forme vls-si vers le
dehors {% 231). Dans vl-i-c-s il y a deux suffixes de dérivation
nominale, le suffixe -c (i; 100) et le suffixe -s (i; 117). L"i n'est
pas organique.
LoCi'randc est à rinlention d'un malade qui soullVe d'une
léteution duriiie.
280. C. 53 (insci'iption gravée sur l'aile d'une colomhe de
hronze) :
fl. supri. manince. vipinal. tra ulxnisla. clz. tatanus.
Quand le volatile forudle a di's petits, l'animal guetteur (/)
<en> arrache du nid ; d'un autre côté la belette <en> saiç/ne.
û supri le volatile femelle, c'est-à-dire la colomhe. Supri
est la forme participiale en -i (§§ 103, 228) d'un verbe supr-
étre ailé, apparenté au finnois s7pe, slpi « aile » (Donner, II,
p. 69, n° 7o6) et formé à l'aide du suffixe verbal -r (§ 85). Je
traduis fl par femelle : c'est l'équivalent |)honéti(|ue du hon-
grois fél « moitié », d'où le substantif fiil-a-sér/- « épouse »
(Buden/, p. 506, n° 533). La construction volatile femelle est
conforme aux habitudes de la grammaire ougro-tinnoise ;
n'ayant pas de genre grammatical, elle est contrainte de
marquer le sexe par une périphrase. C'est ainsi qu'en finnois
owiWi nais-hoira « chien femelle » naaras-harhu « ours femelle »
(Buden/,, [). 392, n" 418; Donner, III, p. 32, n" 899). De même
en vogoule iiedunt signifie « oie femelle » ; cf. ne, « femme,
épouse ». (Budenz, p. 401, n" 427).
Manince à l'état de : pourvu de petits. La désinence est le
226 TllOISlKMK l'AI'.riE
sulfixe casuul -ce i,^ 12!j, 2). Man-in esluii dérivé du mulman
petite (jiic l'on a déjà rcncoiilri' plusieurs l'ois (!5§ 221, 232);
man est augmenté ici du suUixc -n (=rrin), qui désigne le pos-
sesseui- d'une chose ; c'est le même sutiixe qui forme cla-n
ai/ant un niciubre viril, enfant niàle (^ 181), ainsi que anc-n
ai/anl une nu'va (ij 250). Les mots fl supri manince cons-
tituent une sorte de coin|)lémeut circonstanciel : lovsf/nc la
colombe a des petits. L'étrusijue n'ayanl pas de pluriel, il est
probable que le [)arlicipe supri a ici la valeur d'un nom coUec-
tit et ([u'il laul entendre la volaille, les roloinbes.
281. Vipinal tra ulxnisla le (jHcLtcur arrache du nid. Dans
vipin-al hors du nid, la désinence est le suiïixe casuel -al,
marquant l'origine (.^ 129, 1). Le substantif vip-n ou vip-na
est à rapprocher du finnois iippu « trou, caverne, endroit
creux ofi l'eau reste, marécage » ; cf. apa « dépôt boueux,
sédiment » ; npo- « s'enfoncer^ s'enliser, être submergé )>.
L'idée qui domine est celle de « creux ». Ici, le « creux » dont
il s'agit, c'est la cavité ofi la colombe avait couvé ses œufs,
c'est-à-dii'e la niche du colombier.
Tra tirer, arracher ; cf. esthonien ter-i- « tirer à soi » ;
lapon (dialectal) tuore- « tirer » ; mordvine tar-çja- « tirer ».
(Donner,!, p. 133, n"471); le complément sous-entendu de
tra est, selon toute vi-aiseniblance, indi([ué par le mot le
plus voisin, (jui est manince : ce sont lesyy("///s (|u'on arrache.
(]elui (|ui les arrache est désigné par ulxnisla. La désinence
-sla forme des substantifs et des adjectifs (?; 119). Ulxn est un
dérivé du radical *ul, que l'on retrouve dans le hongrois ol-fil-
hod- « guetter, dresser des pièges, être à l'alfùt ». Le (/aettcar
est probablement un chat.
Cl-z, à coté, adverbe formé comme te-z (Jjv^ 130, 259, 310)
avec le suiïixe advei'bial -z (i:; ITiC», 3). Cl est apparenté au iinnois
l.i'il-ke « coté n (lîuden/, p, 33, n" 41). .1 côté signifie ici à côté
de cela, en, outre.
Tat-a signifie [)ropremenl o^^yr/j-, c'est-à-dire ici ouvrir la
'jorge, saigner. Comparer le hongrois tàt- « ouvrir, rendre
béant lîudonz, p. 180, n° 204).
TEXTp;S THADUirS ET COMMENTÉS 227
Nus martre, belette, sujet detata. Pour le sens, cf. hongrois
iiii-s-to « marlre » (Donner, III, p. 6, n° 862).
La colombe de bronze, avait été consacrée dans un temple,
en guise d'oiïrande propitiatoire, pour arrêter les ravages d'en-
nemis insaisissables qui dépeuplaient un pigeonnier.
En Italie, àTépoque romaine, les pigeons étaient très recher-
chés pour lalimentation et faisaient l'objet d'un commerce
rémunérateur. Un pigeonnier était, pour une ferme, une
grosse source de revenus. D'après Yarron il y en avait qui
contenaient jusqu'à 5,000 oiseaux (Yarro, de re rust., III, 7 ;
cf. Daromberg et Saglio, Dictionn., l. I, 2, p. 1161 ciùus et 1333
columbarium). Il est à croire qu'à l'époque étrusque l'élevage
des pigeons était déjà en faveur parmi les populations agricoles
de l'Italie centrale. On s'explique ainsi qu'un fermier toscan,
lésé dans ses intérêts et à bout d'expédients, ait eu recours à
l'intervention divine pour sauver ses couvées de pigeons.
282. C. 195 (sur une urne funéraire) :
mi murs ArnBal Vêtes Nufres Laris Vête mulune LaGia
Petruni mulune.
Mui <.yV suis le tombeau^ du petit Aruth Vetc Niifre; Laris
Vête adieu ; Lathia Petruni, adieu.
Mi, pi'onom de la première personne; voir !:;§ 30 et 132.
Murs petit ; cf. hongrois mor-ta « miette » (liudcnz, p. 630,
11° 673) ; murs est une épilhète qualifiant Vête Nufre. Cf.
mur si i::; 2i2.
ArnBal Vêtes Nufres désigne le défunt dont les cendres
étaient dans l'urne^ ]^e génitif Vêtes est amené par l'idée sous-
entendue de tombeau (s^ 17i). Vêtes est le gentilice, Nufres
le surnom et ArnBal le prénom. Il faut remarquer la cons-
truction ArnB-al Vete-s : le prénom et le nom sont chacun
pourvus d'un sullixe casucl dilléient. Sur cette construction,
dont il y a de nombi'eux exemples, voir §§ 160 et 180.
228 TiiOisiKMi: l'Ai'.iii-;
Laris Vête mulime. La9ia Petruni mulune. La (('pétiLion
(le mulune iii(Ii(|iie une aiio^^lioplM'. Laris Vête ot LaGia
Petruni sonl los parents dr Arnô Vête Nufre. L'ciifaiil iikjiL
leur (lil adieu. Mulune signifie pr()|)i-('nioMl so/s /trt/rrf/.r,
r('Joiiis-/o/. Li' mot a la nièiiic oriiiiue (pir le liiiuois iii/r/r
{tnirli) « ànio, esprit, pensée, (h'sir » (IJuden/,, p. i()'j, n" iOUj.
L'idée d' « àuie » eonduil, à l'idée de « satisfaclion intérieure »'
d(iù radjeetil" linuois niifliilncn « agréable » et le verl)e mirl-
lii- v se plaire, se ri'jouir. être heureux ». I)aii>^ mulu-n-e, il
y a un suflixe de dérivation verbale, le sullixe -n (J^ 84j. l*our
le ra[)procbcnient du radical *mul avec le linnois mieli voir
.i< 6'i. i:;l
283. \)r cctlc ('"pilaplie ou peut i'ap|)roclier l'é-pilaplie sui-
vante, (pii paraît être, elle aussi, un adieu (G. 10."» :
mi Aviles (?) Tites ***uxsie. mulenike.
Je <isuis le LonihcdiC^ dArilc Tilc... u/.lis'if^ nd'icu.
Le nom de la leiiiuie est nialheureusemeiit incomplet; il \\ ^'w
subsiste (jne la lin., uxsie. La (b'siueiu'e -ie esl une désinence
féminisée (§ 104); ])ar consé(juent c'est bien y\\\\\ nom j^ropre
(pi'il s'agit et d'un nom d(» femme.
Mulenike se rauu'Mie à mul-n-ce, c'est-à-dire au même
ladical \(M-l)al (jue mulune, aui;un'nté du sulllxe casu(d -ce,
exprimant l'état (s^ 12!), u" 2). Le sens est : <.vo/.s> en vhti de
( iinh'iih'iiicitl .
284. Dans les deux textes (|ui pré'cèdent, le (b'fnnt s'ailresse
à des sur\ i\ants. Voici maintenant d'autres lextos, contenant
de même la l'ormule de ladieu. mais ofi c'est uu \i\aiit (|ui
s'adresse à nn unnl.
Ces textes sont gravés à la pointe sur des p(dei-ies.
)•'. III. :{!)! : mini Kaisie Bannursi annat mulvannice.
F. 2GI '( : mini mulveneke VelGuir Pupliana.
Pauli. /','//•. Forscl,., |||, p. :»!) ; mi ni mulvunke Laris
Numenas.
F. I, %\\ : mine vitu ? muluevneke Arias (?) Cainaia ?)
voir l'auli, Kir. Forsrh.. lll. p. GO.
Dans la premièi'c de ces inscriptions nn mot attire tout de
TEXTES TKADUITS ET COMMENTÉS 229
suite raltonlion, c'est Gannursi ', parce que la formule est
connue. C'est une variante graphique de Ganursi, <.wz.y> au
?v7Jo.y, que Ton retrouve ailleurs (F. 803 bïs\ Ga. 396) et que
Ton a vu plus haut (§ 195). Ganursi n'étant pas toujours
accompagné d'autres mots, la formule se suffit à elle-même.
C'est un souhait adressé au mort comme dernier adieu et
inscrit sur le vase qui doit servir d'olTrande funèbre.
Oannursi étant un souhait, il est probable que les mots qui
suivent sont aussi une formule de souhait.
Le premier de ces mots, annat, est facile à décomposer. De
même que Gannursi est pour Ganursi, de même annat est
pour anat, adverbe composé de an et de at, c'est-à-dire du
démonstratif a (cf. § 134), pourvu d'abord du suffixe -n (a-n
§ 19o), pourvu ensuite d'un suffixe -t, qui est peut-être un suf-
fixe partitif (Szinnyei, Finnisch-ugr. Spracluc, p. 6o). La
langue étrusque semble aimer le groupement des adverbes
démonstratifs : c'est ainsi que l'on a tez-an (C. 323o, 3432,
4538). A-n-a-t signifie probablement ici maintenant.
285. Dans mulvannice il y a aussi un n de trop. Mulva-
nice est, sans aucun doute possible, apparenté à mulune, et
mulenike, que l'on a vus plus haut. Seulement, au lieu de se
rallarlier directement au radical mul, il s'y rattache indirecte-
ment par l'intermédiaire d'un dérivé *mul-v- (ou mul-va;
voir i; 123). Le radical *niul-v donne le verbe mulv-n- i>; 84),
lequel, avec le suffixe -ce (^.^ 129, 2) donne mulv-n-ce. Le
sens est <.sy>«v>- en état de contentement. Cela équivaut au vale
lies Latins et à notre atiicii.
Reste maintenant le début de l'inscription, mini Kaisie. On
pont renlendre de deux façons, soit que l'on fasse du nom
piique Kaisie (cf. F. 2261) un vocatif, soit qu'on le considère
comme une apposition ;i mi. De toute façon et quel (jue soit le
rôle grammatical atlribu(' à Kaisie, les mots mini forment, à
(1) Lo rciloul)lL'uieiit de l'n dans Oannursi est accidentel et lient sans doute l'i
une manie du lapicide; car on le retrouve dans annat et dans mulvannice.
La vraie orthographe est Oanursi, comme le prouvent les formes Oana et Oania.
On ne trouve Tluinnla que dans une épitaplic en latin (C. 2).
230 TROISIÈME PAliTli:
eux seuls, une proposition. (|ui (''(|iiiv;iiil. selon loulc vi'aisom-
blance, à nos formules : nie voici 1 on liicii : rV'.v/ moi
ou bien encoie : à moi maintenant , à mon tour. Ni est
probablement une particule aifirmative; cl', finnois /in;* « ainsi,
oui parl'aileuienl ».
L'inscription se traduit donc ainsi :
Crst moi, Kaisie ; repose en paix <C^^> maintenant adieu.
286. Les auli'es inscriptions sur vases se traduisent de nièmcî ;
F. 2614 : mini mulveneke VelQuir Pupliana ^ cVs/ ///'// .'
adieu, Velllitiir Pupliana.
Paiili, Etr. Forse/i., HI, p. ')î) : mini mulvunke Laris
Numenas ^~= ''r^t moi! adieu ^ La/is, //'A r/r Smnejia.
V . I, 2:U : mine vitu (?) muluevneke arias (? cainaia (?)
= c'est moi!... adieu...
On renia npicra les diverses formes, mulvannice, mulve-
neke, mulvunke, sous lesquelles s(^ présente le souhait dadieu.
I*]n réalit(' c'est le même mot mulv-n-ce, prononcé avec des
nuances euplioni(|ues (lill'('rentes, li'S(pu^lles ont donné, à côté
(le Tn, soit un a, soit un e, soil un u. Quant à la forme mu-
luevneke, si la lecture^, est certaine, (die parait provenii- d'une
trans|)osition de lettres due au graveur, ([ui a écrit muluev.,
au lieu de muluve....
287. A la S('rie des textes qui précf'ilent peut ('dre ralla(di('e
rinsci'iiilion snivanl(^ ((ia. 771) :
mi muluk Aviiesi,
qui est grav(''e à la pointe sur un vase en forme d'oiseau. ÎSon
qu'il y ait là I expression d un adieu, mais le vase, comme
ceux qui ont ('d('' cit(''s ci-dessus, est une offrande fnu("d)i'e. I']t
|)uis le mol muluk appaitieni à la même famille que mulune
etmulvannice. (l'est un d(''riv('' de mul ùme., sentiment, à l'aide
dusullixe-k ou -c (sj KM)). Le sens est vraisemblablement voi-
sin de celui des dériv(''s finnois mieJu-l;-as. mielu-inoi
« agr(''able, doux, suave, délicieux », d'où l'idée de « cliéri ».
Muluk ([ualifie le nom propre qui suit.
Aviie-si /)our Aria. La dt-sinence est le suffixe casuel -si
(ij 12!), 9). Aviie est probablement le gentilice Avei (C. 457,
TEXTES TliAUUllS ET COMMENTÉS 231
4201-4203), modifié par le suffixe de féminisation -i ou -ia
(cf. § 104). Aviie équivaut à *Avei-ie ou *Avei-ia, par contrac-
tion Avia [C 4244).
Mi désigne le vase, qui est censé parler. Le sens de Tins-
criplion est :
moi <iie siiis^ pour Avia chérie.
Le vase, par sa forme, par sa technique, par sa décoration
incisée, qui prétend imiter des plumes d'oiseau, n'était pas
une poterie banale, mais devait avoir un certain prix à l'époque
archaïque où il a été façonné. Or l'inscription, gravée en lettres
irrégulières, n'a d'autre etTet que d'en déparer la sui'face. Elle
a donc été mise à dessein, afin d'ôter au vase sa valeur mar-
chande. Un objet ainsi déprécié ne pouvant pas tenter les
voleurs de tombeaux, la propriété de l'offrande funéraire
demeurait assurée pour jamais à la défunte Avia. Voir suOina
(§ 196).
288. F. 2o98. Vase peint, de fabrication étrusque, représentant
les adieux d' Admet e (Atmite) et d'Alcoste (Alcsti) entre deux
génies funèbres qui s'impatientent et menacent. La femme se
jette au cou de son mari. Dei'rière elle, on lit :
eca. ersce. nac. axrum. flerôrce.
<CLes^ voici cruscmblc au moment de la séparation : « aimé,
adieu ».
Eca voici; cf. §§ 188, 190, 193, 194, etc.
Er-s-ce à la séparation. Déduction faite du suffixe casuel
-ce (si 129, 2), il reste un radical er-s, apparenté au finnois eri-
« être séparé, disjoint, éloigné » (cf. ais-er-as,§ 267). La dési-
nence -s est le suifixe de dérivation nominale (§ 117).
Nac, lié, uni, simultané, adjectif employé ici adverbialement
(§ l.jG)avec le sens de simultanément. Le tlième nac, que nous
avons déjà vu sous la forme dérivée nac-n-va (§ 197), marque
l'idée de liaison; cf. vogoule neij- « lier » ; finnois nak-a-lo-its-
232 TuoisiÈMi: pautle
« li(M-. sorrei- » (Donner, 111, p. 17, n" 876). L'expression eca
ersce nSiC voici simultanément à la séparation s'applique proba-
blcmenl aux paroles échangées.
Axrum aimé ou mon ai nu'-. La désinence -m (-um^ peut èlre
soit le sutïîxe nominal -m >; 111), soil le sullixc possessif de
la ["personne, coninie dans Velus-um, Arneial-um (§§ 38-
40). Dans ax-r- il y a nn sullixe de dérivation, le suffixe ver-
bal -r {§ 85). INiur le sens d<' ax <lésir, amour, cl", fijinois ali-
ku-, « s'élancer vers »,a/i-nia « avide, vorace, ii'oni'inand »,ali-
)uis « avide, passionné pour », ah-neus « avidité, désir, goût,
passion ».
Voir plus haut (§ 262) le nom propre Axu-ia.
Fler6ce adieu, proprement^ <^sois^à l'étal de sain et sauf .
La désinence est le suffixe casuel -ce (§ 129, 2). Fler-e-r est
un dérivé de fler tutéluire ou de flere protéger (§ 270) ; la forma-
lion est obscure. Axrum flerOrce sont les paroles d'adieu
(iu'('rliang('iit b^s deux personnages ;iu moment de se séparer.
289. Ti a. 30 (vase à boire, à figures rouges sur fond noir;
sous le pied, une insci'iplion gravée à la pointe) :
fuflunsul paxies vel clôi.
Le vin <^esl^ le meilleur inoijcn (T user les ennuis.
(If. la même inscription 1'. 22.")(l; I. |i. i.')3 suspecte^; cf.
(^)rssen, 1, p. ^30. — Au lieu de clOi. (lamun-ini lit cu6i.
Fuflunsul est p(nir fufluasl; le mot est birmé comme ne6-
unsl (Krall. Inde.r . Lu a été amené pai' le \oisinage de la
li(iuide. Fufluns,dont le nom se trouve sur plusieurs miroirs
à ligures, (b'signe une divinité analogue au Dionysos gi'ec et
au liacchus latin O. Miiller-Deecke, II, p. 78, note 136).
C'est la vigne ou le dieu de la vigne. Fufluns-1, substantif
dérivé de Fufluns, (b'signe ce (jui se rajifiorte au dieu de la
vigne c'est-à-dire le vin. Pour le sullixe nominal -1, voir s< i09.
Le sujet fuflunsul a pour attribut le substantif cl6i, formé
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 233
comme su-9i (§ 189 et spure-0i (j^ 234). Clei ou, comme le
donne F. 2400', clu0i , dérive du radical verbal clu- apparenté
au finnois kul-u- « décroître », kulu-t- « ronger, diminuer,
user»; voliak kul-u- «décroître par usure» (Fîudenz, p. 2,
n'' 3; Donner, I, p. 62, n" 210). On peut traduire cluOi par
moyen d'user. Pour le suffixe -Si, voir § 122.
290. Vel, placé devant cl9i. ne peut être qu'une épithète. Le
mot est l'équivalent phonétique (§ 73; du finnois ///- « au-dessus »
(Budenz, p. 848, n° 943). De là le sens de le plus élevé, suprême.
Le radical vel a donné naissance à un nombre infini de déri-
vés et de composés. Tels sont, par exemple, les noms propres
Vel(,^ 236 elc.\ VelGur § 182), Velasna (G. 7), Velce G.
2095), Velelia (G. 4933), VeleOnei (G. 21lli, Velimna
(G. 4298). Velisna G. 234), Velnei (G. 221). VelnOe (G. 316 ,
Velsa (G. 185 . Velsi (G. 4282 . VelOina (G. 4538,, Velusna
(G. 72), Velxatina (G. 227), Velxinei (G. 76), etc. Tous ces
noms font sans doute allusion au plus oii moins àc hauteur de
la taille. La même idée de hauteur se prête à des noms de
villes, d'autant plus que la plupart des cités étrusques étaient
des acropoles. De là les noms de Volaterrae (en étrusque
Vela9ri), de l'ô/.ymfi (en étrusque peut-être Velsuna), de Vulci,
Volcientes (peut-être Velce ,, de Velsina (^Bologne), que les
Latins écrivent à tort Fe/y/zm (Servius ad AEn., X, 198), par
suite d'une confusion entre 1'/ latin elle digamma étrusque
voir § 73), lequel a en elTel la forme d'un F tourné vers la
gauche. Enfin, l'idée de hauteur ex|)lique le n^uu de ]''ol-
tumna ', attribué à la divinité suprême de IFlrurie, à celle
dont le sanctuaire était le centre politique et religieux de la
confédération toscane "■.
1. Volliimna est la forme latine donnée par Tite-Llvc :IV, 2.'i, " ; IV, Gl, 2 : VI,
'1. i,. La forme étrusque devait être Veltumna (Cf. latiu Volaterrae = étrusque
VelaOri).
2. Voir les textes de Tite-Live, cités à la note précédente. C'est peut-être de
cotte divinité S2<j9yé>ne (Foi^!<w«a), que les Romains ont fait le dieu Summanus
IMiiie. Il, 32, 138 ; Saint-Augustin, de civ. clei, IV, 23), qui était comme une
doublure de leur Jupiter, et dont la statue, en terre cuite, ornait le faîte du
2'M TI'.OISIKME l'AKTIE
291. L"('<[ualion vi/i =^ suprrnie moi/cn iTuser, suppose un
ilélcrmiiialil' ou i^ouilif, indiquanl la chose ([ui s'uso par rolTcl
(lu vin. C'est celle chose que doit exprimer paxies. 11 l'iiiil
doue considérer paxies uon comme un parlicipe |)assii"cii -es
analogue à fler-es (i; 271), mais comme le génitif du verbe
lia,x}& (^o'oi'' df'.s- amuis, employé substanlivemeut (v^ lol,d).
Paxie est très voisin du finnois pah-ko « nécessité pres-
sante »; cf. pah-ill- « avoir mal » ; vogoule pak- <( souffrir » ;
hongrois /ay- « avoir mal » (lUidenz, p. 487, n" 516). Mais,
d'après les équivalences indiquées j)lus haut (§ 69\ le hongrois
/a;- exigerait *faxie en étrusque et non paxie. Il convient
donc plutôt de rappro(di(M- paxie du hongrois Aa; « mal, décon-
venue, échec ». Le sens serait ttroir de la nialc chance, avoir
(les r/}/niis.
Dans pax-i-e le sullixe -i est le sullixe fréquentatif (|ui
existe dans Ions les idiomes ougro-linnois (i:^s5 81 , 212 atiu; cf.
lîuden/.-Simonyi, p. 34 et sui\'.). On a d(''J;i renconlrcï la i"acinc
pax dans paxaeuras (§ 236) et dans paxana ;?; 255).
L"inscri|)ti()n ci-dessus est parfailenuMit à sa place sur un
vase à boire. L'idée qu'elle exprime est un de ces aphorismes
([uisontd(^ tous les temps.
Lu ri pide,.l/cc.v/r, 796-798:
X7.1 Ta-i' olo' 60oûv£xa
•AîOo piA'-c"! T£ -'.''jXo:; t'j-fjtoy 7x.'J'^oi>.
<)\ide, /l/'.v anialoria. 1,238 :
Carn j aijil inalla (Itlailnrcjuc nicro.
Martial, VIII, 51, 26:
Ut, jn(/nlctn curas ^ ranncn alranujac hihani.
vieux ti-iiiple (lu Capitole, c'est-à-diro (riin s;inctiiaire conslniit sous les Tarquins,
à l'époque (le rinduencc étnisque, et suivant la mode toscane tuscanico more
(Vitruvc, III, 3, ;;).
TEXTES THADLITS ET COMMENTÉS 235
292. F. 2400 d (inscription gTavée au trait sur le pied d'un
cratère) :
ituna Lar6i Marcel curieas cluGi iucie.
Encore (?) Lavthi Marrri : le moyen d*user la dou/ciir <CesO
le boire.
Dans ituna te t nest pas absolument certain : on le réta-
blit d'après une autre inscription (F. Il, 72; cf. Pauli, Etr.
SliuL, m, p. 7i, n"237).
Ituna peut être soit un adjectif (suffixe -na § 114) employé
adverbialement (§ lo6, 1) et signifiant en addition, encore,
soit un verbe à l'impératif avec le sens de ajoute, c'est-à-dire
continue à verser du vin. Le sutïixe de dérivation serait -n (§ 84).
Pour \q. sens. cf. finnois jal-ka- « adjoindre, ajouter, conti-
nuer >\ jat-ka, (exclamation) «continue, va toujours », jat-ko
« complément »>. L'exhortation s'adresse à la femme Lar6i
Marcel, dont le nom suit immédiatement.
CluBl moyen d'user. Le mot correspond, sans aucun doute,
au cl0i de l'inscription précédente (§ 289). A son tour curieas
correspond à paxles. C'est, comme paxie-s, un génitif déter-
minant cluGi. Le verbe cur-ie-a a ie sens de être malade,
souffrir; cf. hongrois kt'jr « maladie ». Dans cur-ie-a on
retrouve le suffixe de dérivation veibale -i (§ 81) qui est dans
paxi-e. Seulement le suffixe -i s'est ici développé en -ie.
iNous avons donc sur ce second vase une formule très voisine
de celle de tout à l'heure. On parle du moyen d'user la souf-
france. Mais ce moyen, quel est-il ?II est évidemment exprimé
par le dei-nier mot de l'inscription, par le verbe iucie, qui,
employé substantivement, sert d'attribut; ce verbe, selon toute
vraisemblance, doit avoir une signification rappelant celle de
fuflunsul/^ vin. Or iucie, d'après l'élymologie ougro-finnoise,
a le sens de boire. VA. finnois /«o- « boire » ; vepsey'o- ; votiak
ju-\ hongrois iv- (Budenz, p. 826, n" 911 ; Donner, I, p. 108,
n° 388). Dans iu-c-i-e il y a deux suffixes de dérivation, le
suffixe -c (§ 80) et le fréquentatif -i (i;81).
Ainsi les deux inscriptions, celle-ci et celle qui a été précé-
demment commentée, présentent, sous une forme différente, le
2;^(> TIIOISIÈME PARTIR
niriiic iiplKJiisiiio. IjCs tlt'ux iiil('r|ir('(;ilions se conlirmciil l'iino
rauli'c.
293. Xotizic (lr(jli srari, 18!)"), p. 33!) (sur une lame do
ploiiil» :
Se. Velsu. Le. c. Le .... . inpa [ea picun
eapintas. Ae. Velsu. Le. Velsu
Le. c. Ls. Velsu. Le. c. Le. Suplu
Ae. Suplu. Ls. Hasmun
se. Cleuste. Le. Cleuste. VI. Runsau
Gancuil. Velsui. ces. zeris. ims.se
mutin, aprensais. inpa. eapicun
eapintais. ceusn. inpa. eapicun
luu. eapicun. ces zeris
Titi. Setria. lautnita
Sel lire \'r/.\/(, //A (/f Lar//i, fjirth — Instance (h partar/e
jKnu- ransc de non-jinrhuic : Anith Y cl su ^ Larth VcJsii^ fils de
L'irlh, Laris \'c/sii, /ils de Larth, fjirlh Su//ln, Anilli Suplu,
Ijiris llusniuii, Srlhrc Cleuste, Ijirth Cleuste^ Vid lîunsuu, Tha-
naruil Vidsui. — Sentence de la feniine faisant of/icc d'urhitrc :
<' attendu (/u'il n ij a pa^ eu partai/e de certains revenus; attendu
(ju'il n' ij a pas eu partaifc à la satisfuction des demandeurs, le
partaip' est caduc ». L' arbitre <^aeté^> Titi Setlirif/, l'a/fran-
cliie.
Liiisci'iplioii est muliléo au dôhiil, niais complMo à la fin.
La picmièi'o li<:;nG coiilionl (rahoi'cl (|U('l(jnos noms |)i()pr('s :
Se, ahrt'vialion du prénoiu Se^re <). ^liillor. Deocko. I. T,
p. 40!);.
Velsu, f^onlilice di'jà connu sous la foriuc Velsu-sa. [cminc
de 1V'/.S7/ C. 1872) ; cf. C. i022 Velsunia.
Le, al)i('vialion du piv-noni Lare.
c, al)i('vialiun de clan ///.v (?; 180),
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 237
Le premier personnage mentionné est St^Uire Vcisu, fils do.
Larth <iyelsiC>. Pour le second personnage nous n'avons que
l'abrévialion L9 {= LtS^rBal ft/s de Larth). Le genlilice Velsu
se retrouvant plus bas aux lignes 2, 3 et 6 (Velsui), il y a
lieu de croire que l'inscription se rapporte à une seule et même
famille, divisée en deux groupes : le premier groupe compre-
nait les noms, presque tous disparus, qui étaient cités avant
la formule inpa eapicun Gapintas de la ligne 1-2; le
second groupe embrasse U>s noms des lignes 2 à G.
294. La formule inpa Gapicun Gapintas va nous faire voir de
quoi il s'agit. Cette i'oi'mule contient d'abord l'auxiliaire néga-
tif i (voir ^27, 28 246 : in) renforcé de rencliti(|ue -pa(cf. ipa,
s^. 254), mais avec intercalation, enlre i etpa, du suffixe casuel
-n (§ 129, 5), qui marque la cause, le moyen. I-n-pa signifie
àowQ, par le fait que n existe pas ; il introduit une proposition
causale ou explicative.
Ce dont on nie l'existence c'est évidemment la chose exprimée
par Gapicun, qui suit immédiatement.
Qa,pic\in, division en parts, est un substantif formé à l'aide du
sutfixe nominal -n (§ 113). Le verbe Gapicu, dont il dérive, est
composé de Gap et de icu. Le thème Gap peut être rapproché du
iïnno'is liajj-l-a- « fi'ai)p(;r » ; cf. mordvine sa/ji- « fendre, faire
une entaille ». sapa « encoche » ; lapon rappa- « découper » ;
hongrois. vc//» « blessure » (Hudenz, \). 263 et 334 ; n"' 269 et 342 ;
Donner, II, p 100, n'^ 781). Quant à icu, diviser, c'est l'équi-
valent du finnois yrt/,Y<- « |)arl;iger » (Donner, I, p. 97, n" 354).
La proposition causale inpa Gapicun explique Gapintas,
qui constitue, à lui seul, la proposition principale, soit (piil
faille sous-entendre le verbe « être » (§ 161), soit qu'il n'y ait
pas de verbe du tout, le substantif Gapintas étant simplement
l'énoncé d'un fait, à la façon d'une tôle de chapitre.
Dans Gap-int-as, on retrouve le radical Gap partager, que
l'on vient de voii- dans Gap-icun. La seconde partie du mot,
int-as c^t 1111 stibstiinlil' veilial l'orme comme sarven-as
i§ 233; cf. § 99), paxaGur-as (s^236;>, neGsr-as (§ 252), caG-as
(§ 254), GuplG-as iv< 265), aiser-as (5; 266).
23S TKOISIÈMi: l'AI'.TIE
Le radical int- jieiil-rtre lapproclit' du lioiit;iois ind-'it-, i/id-
ûl- <( mettre ou se mettre en momeinenl )> (lUidciiz, p. 818,
II" 898). Intas signilie proprement niisc en mouvi^nient, ins-
tance^ et correspond au latin aclio « procédure, procès ».
Ainsi kl division en deux groujx's des memjjres de la famille
Velsu vient de ce qu'il y a un procès eu Ire eux. La formule
inpa Gapicun GapinGas est le rappel du lilii;(> : en /'ai\o/i de
ce qitil ni/ a jhis eu parldijc^ inslancc de p(ii'laij(^.
Après Gapintas vient une séri(; d<' noms propres indi([uant
sans doute les personnes ((ui l'ont le procès. Ces personnes sont
ap[)arentées entre ell(;s, [)uis(|ue lénuméralion commence par
un Velsu et tinit par une Velsui. Nous avons là les membres
de la famille qui ont été lésés dans leurs inlérèls j)ar la conduite
incorrecte du Sethre Velsu de la 1" ligne. I^]n voici les
noms :
r Arne Velsu.
2" Deux frères : Lar6 Velsu, lils de Lar6 iL9. c.= LarGal
clan) et Laris Velsu, lils de LarG (LG. c). Os deux frères sont
probablement les neveux du précédent et représentent leur
père décédé.
3° Deux frères : LarG Suplu <d ArnG Suplu. lils d'une
Velsui et d'un Suplu.
4" Laris Hasmun, lils ou mari d'une seconde Velsui.
5" Deux frères: SeGre Cleuste et LarG Cleuste, lils d'une
troisième Velsui et d'un Cleuste.
(*»" Vel Runsau, lils ou nuiri d'une (lualrième Velsui.
7" Kniin Gancvil Velsui, non mariée.
295. Dans la |)lirase ces zeris ims se ( lii^iie G) il est aisé de
reconnaître un i^énilif im-s d('q)endant de se. J*our le sens de
im fcninif, cf. ostiak h/t-a, nn-i (* femnu' » ; linnois cmd
(( mère » ; lioui^rois nnin « fcmtdle » (lîuden/, p. 78'{, n" 8M1).
Se est identi([ue au linnois sy/V/ « disj)osition, ordre régulier »,
d'où le à(iv\\iS .sdd-ntô « règle, loi, prescription, décret )>. Ims
se peut donc se traduire par. svy? //"y? rr de !a femme AAAU^U'Uwwa
est déterminée par les mots ces zeris, qui précèdcnl ims.
Ces jmisi/de est apparenté au linnois kesii « doux, ai)pri-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 239
voisé » (Budenz, p. 8, n" 12 ; voir plus liant le verbe ces-u
être en repos (§§. 18(», 187).
Zer-is est un adjectit" verbal [nunieii ayenlls], formé avec un
suffixe -is (§ 107), analogue à celui que Ton observe dans les
mots finnois kual-iaise « obéissant, qui obéit », alka-jaise
« commençant, qui commence », ainsi que dans les formesy?/-
fv' « buveur » kors-u « cbercheur » du zyrénien-votiak (Budenz-
Sinionyi, p. 192 et 197). Le radical zer est à rapprocher du
hongrois tor- « briser, rompre, interrompre » (Budenz, p. 233,
11° 243 ; Donner, I. p. 134. n" 474 ; pour le z initial, voir § 72).
L'expression ces zeris veut dire proprement interrupteur pai-
sible, trancJu'ur paisible, ces ayant une valeur consécutive,
c'est-à-dire signifiant de façon à rendre paisible. En d'autres
termes ces zeris désigne une personne qui tranche un litige
de façon à apaiser les parties ; c'est une sorte d'arbitre.
296. Les lignes 7,8 et 9 contiennent la sentence, laquelle
comporte des considérants (lignes 7 et 8) et une conclusion
(ligne 9).
Il y a deux considérants : on les reconnaît aisément à la for-
mule inpa eapicun/>«r le fait que {= attendu que) il ny a pas
eu division en parts [\o'\v ligne 1).
Le premier considérant fait valoir que certaines choses ont
été distraites de la masse à partager et par conséquent détour-
nées au détriment des demandeurs. Ces choses sont désignées
par mutin aprensais.
L'adjectif mutin qudquo est à rapprocher du finnois mû
« autre », d'où le dérivé niu-ta-uia « un certain autre, quelque
autre » ; cf. lapon m?^-//-ey« « nonnullus » ; vogoule mol « autre »,
môt-en « aller » (Budenz, p. (i04, n" G43). Mu-t-ia est consti-
tué, comme le finnois mûtama, par un radiciil mu, auquel
sont accolés deux suffixes pronominaux ougro-finnois, le suf-
fixe -t dahord Budenz-Simonyi, p. 289 etsuiv.), le sutlixe -m,
ou -n cnsuilc dJudcuz-Siinoiiyi, [). 287). L'adjectif mutin ([ua-
lifie aprensais.
Aprens-ai-s est un génitil'dépendaiit du substantif Gapicun.
Abstraction l'aile de l-s liual ([ui est la marque du génitif, la
2'l() TROISIKMK PAlîTIE
désinence ai esL l'équivalenl pliuiirliqiie du sullixe parlicipial
-i (5;. 103 ; ougro-finnois -/') ; cl', i; ij""».
Aprens- est composé de apr, pflil, )nf'ini (voir i;. 2.'),") apr-
inGvale) cl de ens-, radical vei-hal apparenté au finnois ans-ai-
« mériter, i;agner », ans-io «gain ». Le |»aiiicipo apr-ens-ai
peut donc sinlerpréter ce (jtii se (icuiiic-pclU^ cest-à-dire /r?
iiifj'rrts, los revenus. Le lexte ne dit pas de (jucls revenus il
sagil. Voici donc le premier considérant : attendu (juil n' ij a
pas eu répartition de certains revenus.
297. Le deuxième considérant se réfère, non plus à des
délournemenis avérés, mais à la façon dont s'est l'aile la
r(''[)arlilion des revenus non détournés. Cette l'épartilion a été
plus on moins arbilraire, el les intéressés n'ont pas élé con-
leuls. Le Icxie dit : attendu (ju'il n'ij a pas eu répartition faite
à lu salixfaetion. des demandeurs.
Inpa Bapicun, voii-plus haut.
Le génitif 6apint-ai-s est à rapprocher du génitif aprens-
ai-s. Les deux mots ont le même snlïixe participai -ai [nomen
a(jentis). D'après le sens attribué plus haut au verbe Gapint-, le
parlicipe 0apint-ai signifie celui qui fait un procès de partage,
cest-à-dii'C le demandeur du procès en partage. L'étrusque ne
faisant pas la disiinclion du pluiiel el du singulier, on peut
traduire |)ar les denmndeurs. Le génitif Sapintai-S dé[)end de
ceusn.
Ceus-n ''/ la satisfaction de, adjectif pourvu du sullixe ad\ei'-
bial -n (i;. io(),2). Pour le sens, cf. hongrois l,dz-on- « remer-
cier » (Donner, L p. 27, n" !I7).
A|)rès les considéi'anls, vient la sentence (ligne 9) luu
Gapicun la répartition <C '"•'>•/> caduque. Le verbe luu être
caduc peut être rapproché du finnois lieddiu-, lip-Lu-ht-,
« branler, vaciller, chanceler » (Donner, III, p. 192, n" lOTo).
l'<»ur la voyelle, voir i;. ()1. V .'{.
Les derniei's mots de linscriplion sont comme une signature :
rarbitre (ces zeris) est Titi Setria l^iffranchie. i*our l'interpré-
lalidu (le ces zeris, voir plus haut v^ 295.
Titi est le [)rénom Tite féminisé en -i ^§. 104).
TEXTES TlîADUITS ET COMMENTÉS 241
Setria variante graphique de Seôria, forme féminisée du
prénom Se6re. Ici Setria est employé comme genlilice ; de
même dans C. 39ii, 41 iO.
Lautnita on lautniGa C. 808) est un dérivé de lautni affran-
chi. Le mot s'applique toujours à des femmes. L'origine du
du suffixe -6a est obscure.
298. Ploml) de Magliano.
Milani, Monumenli aniichi. t. II, p. 37 et suiv. (Lame de
ploml), couverte de lettres sur la face et au revers) :
Face A ' :
\ . cau6as. tu0iu. avils. LXXX. ez.
2. 5^ini9m. cas9ial9. Iac9. hevn. aviL
3. nesl. man. murinasie falza9i.
4. aiseras. in ecs. mené. mla9ce marni. tu9i. tiu.
D. xiiïiôiïi- cas9ial9. Iac9. marisl menitla afrs.
6. ci. alaG. ximôm* avilsx- eca. cepen. tu6iu. 9ux-
7. ixu. tevr. hesni. mulveni. e9. tuci. am. ar....
Face H :
8. mlax 9anra calu se.
9. ecnia. aviL mimeni cac. marcal urcac.
10 e0. tu9iu. nesL man.
M. rivax- lescem. tnucasi.
12. suri. seis. teis. evitiuras. mulsle mlax
13. ilaxe tins. Iurs9. tev liuviGun. lursG sal
14. afrs. nac vs.
Face A (consultation faite à la divinité) :
Lf prre, àfjé de 80 ans, souffre miser ablenu' ni. Hélas! depuis
la défaillance qui a suivi f hiver ('^j, le tremblement <iest~> per-
sistant. La nourriture est coupée en tout petits morceaux;
1. I/insciiption est gravée en colima(;on. Il n"y a pas de division en lignes et
le signe de ponctuation manque (luclqucl'ois entre les mots. Je divise et numé-
rote pour la coinuiodité du commentaire.
10
242 THOISIK.ME PARTIE
<^7)iais\>, o mdjeslé suprême, comme il n'y a pas mouvement de
mâchoire, elle demeure à l ouverture [du (josier), Fafpjlomcrat
</e> fait souffrir. Hélas! depuis la défaillance qui a suivi
rhiverif), le pelit père est e.rtrémi'menl traînant de marche. A
la suite de deux chutes hélas! voici que rapidement l épaule est
<^devenue^ très douloureuse . Les cfémissements sont fréquents.
La bonne humeur a disparu. C'en est fait d'un sommeil
tran(juitle.
Face B (réponse de la divinité) :
Sois bien trcmq aille : il faut peu de chose. <^Siy> l'inertie de
mâchoire est persistante, <:^que^ la nourriture <^soit^ une
purée[?), une purée de «p'aines convenable de mesure . A partir
de ce moment la douleur <^sera^ très petite. In (plumeau
venant accidentellement éi étouffer [le vieillard), <isi^ une cou-
pelle d'eau fraîche est versée lentement [dans la bouche), le pas-
sacje <^sera^ bon. <CS'il'^ subsiste une trace de contusion enflée,
au ntoijen de frictions qrasses la trace de c(mtusion <^sera^
peu épaisse. Le petit père <^sera^ en même temps gentil.
Liçjne 1. CauOas misérable, adjectif pris adverbialement
(i^ I.jC, 1). On a déjà l'eiicontré ce mot >; 2G2).
TuSiu souffre, voi'be dérivé de tu9-i, faire mal (voir plus
bas, ligne ï). Nous connaissons déjà un autre dérivé de tu6i, le
participe itassiC tu6i-n-es endolori, malade (i^i; 277, 279).
TuBiu a pour sujet ez.
Avils LXXX ez, le père de Si) <Cans'y d'àye. Avil-s, géni-
tif de avil énje, durée^ durable (voir i; 177).
Ez, père, est réquivaleni |)li()ii(''li(|ue (5^ 72) du finnois ati
« père » et du hongrois at x (liudejiz. |». 700, n" 82G).
Ligne 2. Ximem se décompose en xim + 6 + m. On a déjà
vu le lliènie xim fivee le sens de mauvais, malheureux (§ 255
bis). Le substantif xim-ôj formé avec le sutiixe nominal -9
(§ 120), signifie malheur. Quant à la désinence -m, c'est pro_
bablement le suffixe possessif de la première personne (§ 43) ;
•' ""> pour xini-6-m, le sens de mon malheur!, cri de désespoir
analogue à hei inil>i ! hélas! La répétition de ximôm ^i 1^» -%
o'' et G' lignes île l'inscription ne s'explique que par l'hypothèse
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 243
d'une exclamation. L'hypothèse est encore cunhrmoc par
Taposlroplie aiseras, ô majesté suprême^ de la ligne 4; pour le
sens de aiseras, voir plus haut § 267.
299. Cas6ial6 lac6 hevn avil le iremblemenl <ifjm scst pro-
duil^ après la défailUuice consikuticc ù <Cesty> per-
sistant. Dans cette proposition, il y a ellipse du verbe « être »
(§ 161). Le sujet est hevn et Tatlrihut avil. Le sujet hevn est
déterminé par lacO, qui lui-même ('>t déterminé par cas9ial6.
Pour le seus de avil durable, cltroni(/tir, persistant^ voir § 177.
'H.evji tre/nble/nent est un substantif formé avec le suffixe de
dérivation nominale -n, (ij 113) comme Gapicu-n § 294). Le
llième hev corres})ond à celui qui a donné en finnois vOpjin-
(( vaciller, branler, être agité », vapa- « trembler », vap-ise-
« trembler », vajj-era « vacillant ». Le tremblement du vieil-
lard l'empêche de prendre lui-même sa nourriture.
Lac-9 équivaut à une épithcte : venue à la suite de la fai-
blesse. Le 9 final est le suffixe casuel qui marque le point de
départ (§ 129, 11). Pour le sens de lac défaillance, syncope i^^.)^
cf. finnois lak-at- « décroître, dépérir, cesser », lak-astu- « dépé-
rir » (Donner, IlL p. 174, n° 1060).
Cas9ial-9 a le môme suffixe casuel que lac-9. Le terme indique
la circonstance à la suite de laquelle est survenue la défail-
lance. Le sens exact est obscur, 11 y a peut-être une relation
entre cas9 et le hongrois k-js-t << humidité »; cf. finnois kas-t-
« humecter » lîudenz, p. 7, n" 11 ; Donner. 1, p. 25, n" 87),
Le mot désignerait alors une saison, la saison humide.
300. Liyne 3. Nesl man murinasie falza9i, la nourriture
est découpée en morceaux très petits. Le sujet est falza9i, le
verbe murinasie cl l'a II ri but nesl man.
Falza-9i, ce qui se met dans la bouche, nourriture, est un
substantif en -9i (§ 122), comme su-9i (§ 189), spure-9i
(ij 234), clu-9i (§ 289). Il dérive du radical verbal fal-z-, kM[uel
déiive lui-même de *fal- man(jer; cf. hongrois fv.l- « avaler,
dévorer », f-j.l-at « bouchée »; vogouley^ô/- a manger » ; finnois
pala « morceau, bouchée » (Budenz, p. 492, n" 519). Dans le
radical fal-z-, le z est probablement une modification du
244 TKOISIÈIME l'AiniK
suffixe verbal -t (i^ 87; cf. i^ 72), modification amenée par le
voisinages du siiilixo -Gi.
Muri-nas-i-e rire coui)é en morceau.r, est composé de mur
)no)'ceai(, pirce (cl". § 242 mur-s-1; i^ 2i"j mur-z-u-a; § 282
mur-s) et de nas-i-e rV/v^ ( oupr, verbe formé avec le suffixe
-i (^i::; 81) et dérivé d'un thème *nas, que Ion peut rapprocher du
hongrois lùU- « couper, amputer » (Budenz, p. 414, n" 442;
Donner, III, p. 'p6, n" î)18). L'i de mûri paraît être une voyelle
intercalaire.
Man, petit, mot déjà vu s;|:^ 211, 232, 280. L'attribut a ici une
valeur consécutive et signifie de façon à être petit.
Nes-1, conrrnahie, bon, parfait, adjectif employé adverbiale-
ment (§ 156, 1) et faisant l'olïice d'une particule superlative
devant man. La désinence est le suffixe nominal -1 (i:) 109). Le
thème nés est apparenté au liunois nûs'ù « beau, joli, apte,
convenable ».
Ligne 4. Aiseras, <) majesté saprètne (voir § 267), appel à la
divinité, exclamation de détresse, comme xiniGm.
301. In ecs mené />«r le fait fjue n'existe pas V action de se
mouvoir de la màclioire, c'est-à-dire comme la mâchoire ne
rem ae pas. In est le verbe négatif! (i!§ 27 et 28), augmenté du
suffixe casuel -n (§ 129? 5), qui marque la cause. Voir plus
haut § 2!I4 : inpa.
Ec-S génitif d(3 ec màrliuire, (jeneire ; v^. finnois ik-ene
« gencive » ; esthonien i(je (Hmlen/, p. 818, n" 897).
Le génitif dépend du verbe mené aller., marcher, em-
ployé substantivement (i^ ITil). Pour le sens de mené voir
finnois men-e- « s'en alUn- » ; cf. plus haut menaxe (i; 277).
La proposition causale in ecs mené expli(|ue ce qui vient
après.
MlaGce marni elle [la nourriture) reste à louverluve [du
(/osier). MlaGce se décompose en *mla + G + ce. Le radical
mla est ap[)aienté au finnois malo « fente, ouverture ». Le -G
est le suHixe de déi-ivation nominale ( J:; 120 . La désinences -ce
est le sulfixG casuel (i; 129, 2).
Marni demeurer ; cf. hongrois my.r-y.d- « rester, séjourner »
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 245
(Biidenz, p. (502, n" 640). Dans mar-n-i, il y a un suffixe de
dérivation verbale, le suffixe -n (§ 8i).
Tu6i tiu le fait d'être aggloméré fait mal. Tu9-i faire mal;
cf. ligne 1 tue-i-u (§ 298).
Tiu se mettre en grumeaux., s'épaissir, ce qui a pour effet
d'obstruer le gosier. Le radical verbal *ti- peut être rapproché
du finnois taaja « dense, épais » ; cf. taaja- « se condenser,
s'épaissir ».
Ligne 5. Xim9in hélas! voir plus haut § 298.
CaseialS lac9 à partir de la défaillance ete.\ môme formule
que plus liAut (ligne 1 ; voir § 299).
302. Marisl menitla afrs le père est considérablement traî-
nant de marche. Maris-1, adverbe (§ 136, 2) formé de l'adjectif
mar-is grand de mesure (voir § 223) et du suffixe casuel -1
(§ 129, 4).
Menitla être traînant de marche., mot composé de mené aller.,
marcher (voir plus haut § 301 : in ecs mené) et du verbe tla,
que l'on peut rapprocher du finnois talu- « traîner, aller lente-
ment » (Donner, I, p. 141, n° 508).
Afrs, petit père, substantif sujet de menitla. Le mot a la
même origine que le hongrois a.py. « père » (Budenz, p. 746,
n" 807). Le radical *af (= ap) a donné le dérivé *af-r (§ 116),
auquel s'ajoute un diminutif de tendresse^ le suffixe -s
(§ 117).
Ligne 5. Ci ala-0 à la suite de deux chutes. Ci est le nombre
deux (voir § 139). Ala-6 est le verbe ala, pourvu du suffixe
casuel -9 (§ 129, H), qui marque le point de départ (voir plus
haut §299 : casGial-Q lac-G . Le verbe ala tomber est employé
substantivement (§ l.jl). l*ourle sens, cf. hongrois a/» en bas »;
finnois «/« « partie inférieure » (Budenz,p. 728, n''792). Le même
radical a donné al-umnaOe descendre (§ 255) et al-pan sup-
pliant (ij 258;.
Ximem hélas! ; voir plus haut § 298.
Avil-sx eca rapide de durée voici que, c'est-à-dire voici que
rapidement. Avil-sx "'^t composé de avil durée (cf. § 177) et
de sxrapide; cf. finnois suka « rapide, preste ». L'adjectif est
246 TUOISIKME PAUTIE
ici employé adverLialeniciil i>; 1-JG. 1 1 et modifie eca >'oici (cf.
^ 188).
Cepen r/randement, beaucoup; voir plus liant ^ 220.
Tueiu 0UX fépoulc a mal. Pour le sens de tu0iu. voir plus
iiaul ;^ 298.
Oux- cp'iulf, poul être rapproché du hongrois cnci « nteud,
l'enlleuient » ; ci", zyrénien Uxj « cheville » Huden/,. p. .'Ho,
n° 401 ; Donner. 1. p. 1G7, n" 589^.
Liqno 7. Ixu tevr if 'jrniir <^v/> frrqupiit. 11 s'agit du vieil-
lard, ([ui sonllVe des suites de sa chule. Ixu ijcrnir est à rap-
procher du finnois ihka- « sangloter, gémir, se plaindre ».
Tev-r fréquent est un dérivé de tev (voir Face B, ligne 13),
formé à laide du snffixe nominal -r (>; 11 G). Ponr le sens. cf.
finnois tapa « coutume, halnlude », lav-all-'inm « habituel »
(Donner. 1, p. 1 i8. n" :;28i.
Hesni mulveni la honnr humeur a disparu. Hes-n-i périr,
diyjura/trr. esl un verbe formé avec le sullixe -n >; S i i. Le thème
*hes, dont il dérive, peut être rapproché du finnois vasli-
« être à bout, défaillir »; cf. hongrois vas-- « périr » (Budenz,
p. rn.j, n°G09). Ponr l'h inilial, voir >; Ti: pour la voyelle,
voir ^ G2 E 2.
Mulveni sentir, rouloir. être bien disposé, verbe employé
substantivement (§ 151) et servaut de sujel à hesni. Ou a déjà
vu ce verbe dans les formules d'adieu mulvannice, mulve-
neke, mulvunke sois bien disposé (§ 284).
E6 tuci am ar..., à partir de ce moment le repos immobile
<iesi^ fini, c'est-à-dire que le vieillard ne dori plus bien.
E-6 à partir de eeei; cf. i; 29'"» e9 fanu.
Tu-c-i, immobile, paisible. j)articipc eu -i (i; 103) d'un verbe
tue-, qui peut être rapproché de lesthonien toej-u « inerte,
endormi »; cf. lapon tok-ko-ne-s, « inerte, inutile » ; hongrois
toh-onv. « paresseux, indolent » (Buden/, p. 22 i-, n" 232: Don-
ner, I, p. 112, n"400). Tuci qualifie am.
Am repos, sommeil, pai.r: c\. v< 219 am-ce.
Ar... Le mot est incomplet. Il manque, soit le sutlixe -ce,
maripianl \'v\\\\ ;< 129. 2), soit le sullixe -si, iuar(|uaul le point
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 247
d'arrivée (§ 129, 9). Pour le sens de ar fui, voir § 232 ar-ce. Ici
le mot est attribut de la proposition, où le verbe « être » est
sous-entendu (j:^ 161). Le sens paraît èlre : <ey/> à la fm.
303. Le texte commenté ci-dessus est une consultation médi-
cale adressée à une divinité. La consultation est écrite à la
pointe sur une lame de plomb, comme Tétaient en Grèce les
consullalions faites à l'oracle de Dodone (Bouché-Leclercq,
Uist. de la divinatioiu IV, p. 317-318). Ici aussi, comme quel-
quefois à Dodone, la réponse est libellée au revers.
Face B.
Ligne 8. Mlax 6anr-a voz.s ùieti tranquille. MlsiX^ convenable,
bon, est un adjectif employé adverbialement (§ 156, 1); il est
formé avec le sutîixe nominal -x (§ 100). Le thème *inl est à
rapprocher du hongrois mél-lo « digne, npte à » (Budenz,
p. 611, n°6o0\
Le verbe Gan-r-a sv tranquilliser, i-tre tranquille, dérive de
l'adjectif Gan-r. paisible, que l'on a vu plus haut § 195.
Calu se peu de chose est nécessaire. Le verbe cal-u, être néces-
saire, est à rapprocher du hongrois knllii- n devoir, falloir » ;
cf. finnois kel-pa, kelra- « être convenable, nécessaire » ; tché-
rémisse i^/?/-; votiak hol-, kal- (Budenz, p. 15, n" 18; Donner,
1, p. 68, n" 227). Voir plus haut § 2i6 : cal nécessaire.
Se, peu de chose, est un adjectif employé substantivement.
Le sens propre ^9,1 petit, mince, étroit; cf. finnois souk-ka
« étroit, mince » ; hongrois si'ik (Budenz, p. 319, n''327; Don-
ner, I, p. 170, n" 597).
Lif/ne 8. Eenia avil <.v/> l'inertie de mâchoire <iest>
persistante. Ee-nia se décompose en ee f/encive, inâchoire (cf.
pins haut, ec-s, ^ 301) et en ni-a rire béant', cf. hongrois
n'i-l- « être béant, s'ouvrir » ; iii-t- « ouvrir » (Budenz, p. 416,
n" 4i5). La bouciie reste ouverte parce que la mâchoire ne peut
jtius remuer. Voilà pourquoi je traduis par inertie. L'infinitif
eenia est employé substantivement et joue le rôle de sujet
(§ 1^>1).
Avil, durable cf. |)lii- lui ni hevn avil (§ 299).
304. Mimeni cac Oiue> la iiourrilurc <_soit~> une purée
248 TROISIÈME PAI'.TIE
(?). Mimeni est le p-ulicipo en -i (1^103) d'un verlic mim-n-
servii' de nourrilurc^ dérivé, à l'aide du sutlixe -n (§ 84), du subs-
tantif *iniin DoiirvilHi'p \ cf. finnois inaim-a « nourriluro, appât,
amorce ». Mim-n-i sii;nilie propromont ce </t('i nourrit. Il
est le sujet de la proposition dont cac est i"alli-ilml. Le verbe
« ùtrc » est sous-cnkcndu (§ Kil). Il s'aiiit évidemment ici dune
prescription impérativc ,
Cac. Le sens du mol est incertain, .le traduis par/;///V'>, parce
qu'il s'ai;i( dun imds j'jui avec dos t^raines, de (pudipie cliosc qui
ne se découpe j)as, qui ne se mà(die pas et (pi'uu peu d'eau
sulUt à diluer. Il y a bien un mot linnois hahko « pàléc », que
l'on j)oui'rait rapprocher de cac (Donner, l, j). 2, n" Tî). Mais ce
mot est donné par Szinnyci [Finn. Maç/ijar Szi'itfir) comme étant
d'ori_i2,ine germani(|ue; il est donc impossible d'en l'aire état.
Peul-ètre y a-l-il (|ueb|ue |)arenté entre cac et le linnois /i-(?A-
kcn " mou. pevi compact ». Il est vrai (ju'avcc /7?A-A:^^/ on atten-
drait plutôt une forme comme *cax (voir cex-a i^ 27o). Mais
les variantes sec (>; 200) et sex (§ 224) peruKdtraient de consi-
dérer cac coniine une variante de *cax cf. t:^ Ii8).
Mar-cal ur-cac précise le g(Mire de j)réparation qui con-
vient. Ur-cac est composé de uret de cac. On peut rapj)rocher
ur du linnois ora « ir(U'me vert ». Le mot désigne vraiseinblable-
ment une {j;raiue tendre ([)ois, fève ou (jn(d(|ue chose d iinalo-
Kue .
Mar-cal se décompos(> en mar + cal et si^^nilie co)}rpnahlc
dp inpsurp . On a déjà vu mar nipsurp dans h^s composés mar-
isl (§§ 223, 302) mar-u-nux <>n mar-u-nux-va (§§219, 233).
Quant à cal ponvenable, c'est l'adjectif (§ 24G) correspondant
au verbe cal-u ptrc ncepssairp., ronrpufddp, que nous venous de
voir (ligne 8, § 303). En disant (|ue la purpp doit être
roiivenablp de inesurp on entend sansdoiile (pi"(dle ne doit être
ni trop é|)aissc ui trop claire.
fjf/fip 10. E0 tu9iu nesl man d /jrtr/ir dp ce monipnl le fait dp
souffrir est très petit .
E-6 à partir de ceci; voir |)liis haut i; 302 e9 tuci am.
Tu6-i-u so/i/frir, rieoir uklI : voii' plus haut § 298.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 219
Il s'agit de la suiïocation douloureuse que produisait la uour-
riture restant dans le gosier. Le verlie tu6iu est employé subs-
tantivement (§ loi) et sert de sujet au verbe « être » sous-en-
tendu (§ 161).
Nesl man très peut. On a déjà vu les deux termes réunis
§300.
SOb. Ligne 11. Rivax lescem tnuca-si un grumeau venant
à étrangler accidpntellement . proposition absolue, où le sujet
rivax précède le verbe tnuca, celui-ci étant pourvu dun
suffixe casuel, le suffixe -si, qui marque le point d'arrivée
(§ 129. n'' 91.
Rivax : jo traduis pur grumeau, qui parait le mieux répondre
au sens général. Le radical *riv peut être rapproché d'une foule
de termes ougro-finnois qui tous se ramènent à l'idée de « boue,
crotte, mortier », c'est-à-dire à l'idée d'une matière visqueuse
et assez dense : finnois i^upa « dépôt de boue » (Donner, III,
p. 149, n" 10i2). Riv-x (ou riv-a-x) est un dérivé, formé
à l'aide du sulfixe -c,-x § 100) : c'est un adjectif signifiant pro-
prement c^» qui est condensé en boue ; de là le sens de grumeau.
Lescem. passager, accidentel, est un adjectif verbal en -m
('§ 111. faisant ici l'office d'un adverbe (§ lo6, 1 . Le mot dérive
du verbe lesc-^ que l'on a déjà rencontré sous la forme lesc-an
(§ 2i7), et qui a le sens do tomber.
Tnucasi arrivé au fait d\Hrangler. Pour le sens du verbe
tnuca, cf. finnois tunhe- « bourrer de force, pousser, introduire
en bourrant » ; mordvine tango-, tongi- « id » (Budenz, p. 260,
n" 26eS; Donner. I, p. I tO. n" 390). La désinence -si est le suf-
fixe casuel marquant le point d'arrivée (§ 129, 9).
306. Ligne 12. Suri sais teis evitiuras mulsle mlax <'>«>
est versée goutte à goutte une coupelle d'eau fralelw, le fait
de passer <^sera^ bon. Il y a là deux |)i'()posi[i()ns principales
juxtaposées, la preniiéic est suri seis teis evitiuras, la
seconde est mulsle mlax. La première piv)positi(»u peu! être
consid('rée comme la condition de la seconde.
Suri est versé à petites gouttes.^ c'est-à-dire est versé lente-
ment (dans la buuclie du vieillards. Suri est à rapprocher du
250 TROISIÈME PAUTIE
liiinois soro « goutic ([iii l(iinl)C », soro-la- « faire loml)or gouUe
iiii'outlc »(Donihr. I. p. IH."», n"G58). Le siijcl de suri est evi-
tiuras.
Evitiuras. .le Irailiiis par rotipclle. Le sens exact est dillieUe
à drli'i'iiiiiKM". Les éléments du mot sont : 1" le verl)e evit- intro-
duire, iru/crcr (cf. liongrois ay- « simbilier, se ])(''nélrer de »,
■3.r-v.t- « iml)il)er. ingérer, inlroduiie » ; Buden/, p. 7()0, n" 827);
2" le siil)slaiilir iur-as, formé avec le sufïixe -as (i:^ 99), comme
sarven-as >; 2;5:î . aiser-as (i^ 26G), 6apint-as i^i; 294), et (|ui
dérive du verhc iur- rtrr arrondi; cf. lapon yor/v- « entourer,
être arrondi, (ourner en cercle »; icliérémisse jor « cercle » ;
voliak jor-s « circuit, enceinte » ( Bndenz, p. 140, n° 168; Don-
ner, I, p. iO'î, n" 372 1. Iur-as a donc le sens de rondelle; de
là pour evitiuras le sens de rondelle à ingestion, c'est-à-dire
cuiller o\\ ron pelle à hoire.
Ce que doit contenir la coupelle est déterminé par teis, le-
quel est qualifié par répitlicte seis.
Sei-S frais, assez froid, dérive, avec signilication dimlnulive
(§ 117), du radical sei. i\\n est apparenté au finnois ///?/? <( fri-
mas »; cf. su-ie-he (( gelée Ijlanche »; voliak sij-al- *< avoir
froid )) (Hnd(>nz, p. i:i8, n" l(;7 ; Donner, II, p. 120, n° 803).
Tei-s, génitif de tei eair. cf. hongrois tô « lac, étang »
(rad. ly.ry.y, ostiak tuu, laicj, Icu ; voliak // (Hudenz, p. 222,
n"229; Donner. I,p. I.'w, n" 559).
Mulsle, passer^ verbe dérivé du radical mul-, que Ton peut
ra[)pi(jclier du hongrois ninl- « passer » ; mordvine niolc-
« aller » (IJudcnz, p. 035, n" OSI). Dans mul-sl-e, il v a un snf-
lixe de dérivation douhie, le suHixe -si (î^ 96l*, cf. pins haut
i; 200 : mun-sl-e. Le verbe mulsle est ici employé substanti-
vement s; 151) et sert de sujet à la proposition dont l'attribut
est mlax. I^c verbe « être » est sous-entendu (§ Kil).
Mlax l)'ni\ voir plus haut i; 303.
307. L'uinc \\\. Ilaxe tins lursô <.v"//> subsiste une aspé-
rité de coup saillante, c'est-à-dire si la place de la co7itusion est
enflée. (^,ette proposition princi])ale, juxtaposée à la proposition
principale (|ui suit, iloit èlre enleuilue au sens coudilicunud.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 2ol
Ilaxe. subsister, verbe formé avec le suffixe -x § 80) ; le thème
*il est apparenté à celui qui a donné naissance au finnois yV/7-
eltd «. ensuite, postérieurement », Jâl-el/c « en résidu »\ jal-
keen « ensuite », jiil-ki « vestige, trace qui subsiste ». Ilaxe a
pour sujet lursQ qualifié par tins.
Ti-n-s, élevé, saillant, adjectif formé avec deux suifixes no-
minaux, le suffixe -n (§ 113) et le suffixe -s (§ 117). Le thème
*ti est apparenté à l'ostiak taj, hoj, tej, tij « ce qui est au-
dessus, sommet, pointe » (Budenz, p. 212, n°221).
Tev huviôun par l'acte de frictionner de graisse fréquemment
indique le moyen par lequel sera obtenu le résultat lursO sal.
L'exposant -n à la fin de huviSu est le suffixe instrumental
(§ 129, oi.
^ex, fréquent, Jtabituel, qualifie huvi9u. Le mot a le mémo
sens que le dérivé tev-r, que Ton a vu plus haut(>:5 302).
Huvi6u-n, du verbe huviôu huiler, lequel dérive d'un radi-
cal *huvi 1= *livi=:^ 'hui) corps gras; cf. finnois voi « beurre » ;
hongrois vy.j ; mordvine vaj ; lapon vucjj ; vogoule voj (Budenz,
}). oo7, n°o85). Pour l'équivalence de l'h initial étrusque et du
V ougro-finnois, voir § 74. Des radicaux comme *huv et voj
peuvent être rapprochés, en raison de l'équivalence du v et du
/ '; ainsi on a le vogoule kuj-t- « mettre en mouvement » et
l'osliak '/ov'ij- « ondulation » (Budenz, p. 72); le mordvine hov
«■ clair de lune » et le tchérémisse yoj- « être clair » (Budenz,
p. 100); le hongrois liui:-df< « froid» et le votiak sij-al- « avoir
froid » (Budenz, p. 139); losliak tovi « printemps » et le vo-
goule toja « id » (Budenz, p. 187). Du radical *huv corps gras
dérive le verbe huv-i-e-u huv-O-u) graisser ou être gras, à
laide du suffixe -9 (^ 87).
LursG sal la contusion <^est ou devient^ mince, c'est-à-dire
(|ue l'enllure de l'épaule devient peu épaisse et disparaît. Pour
le sens de lurs9 voir plus haut.
SaXmince; cf. {\nno[^ sa/e-va « grêle, mince, délicat » (Don-
ner, II, p. 9, n° 094).
1. Sur l'altiTiiuicc du j ot du ;', voir los observations do Donner, f. II. p. 114,
n" v.n.
ono
TKOISIÈME PARTIE
Lù/nc 14. Afrs nac vs /-" firrr <^f\/ ou devient^ en rm'me
temps r/(>7}lil. Pour Jo sons de afrs, voir ])lns liaiil ij 302. Il y a
ellipso (lu verbe « être » (i; IGl . Lallribut est Tadjeclif vs
modifié par l'adverbe nac. Pour le sens de nac simultané,
voir § 288. L'adjectif a ici une valeur adverbiale et signifie
en même temps.
Vs (jcntil est apparenté an finnois ûs-ta-vii « amical, fami-
lier » (lUiden/, p. 822, n" 90G). L'oracle fait allusion à l'humeur
du vieillard, qu'on lui a dit être mauvaise (voir § 302 : hesni
mulveni).
308. C. 4538 (cippe de Pérouse) :
Face A. ' Face B.
eulat. tanna. larezul Vel9inas -
ame vaxr lautn.Vel9inas e- atena zuc-
stla Afunas sleleG caru i.enesci.ip-
tez an fusleri tesnsteis a.spelane-
5 rasnes ipa ama hen naper Bi.fulumx-
XII "Veleinaôuras aras pe- va spelGi.
rasce mulmles cul zuci en- reneôi. est-
esci epl tularu ac.VelGina
Aulesi.VelGinas Arznal cl- acilune.
10 ensi.0ii.9iLscuna.cenu.e- turune.sc-
plc.feli C LarBals Afunes une.zea.zuc-
clen.9unxul9e i.enesci.a9-
falas.xiem.fusle.Vel9ina u mics.Afu-
hinBa cape municlet masu nas.pen9n-
1;> naper. sran czl 9ii falsti V- a.ama.VelB-
el9ina.hut. naper. pêne zs ina.afun
1. Dans le tcxlo los mots ne sont pas ton jours sépares. J'ai mis des points là
où il y en a. Quand il n'y en a pas, j'ai laissé des hlanrs pour permettre de
distinguer les mots.
TEXTES TI'.ADLITS ET COMMENTES
masu.acnina.cle L. Afuna Vel- Guruni.ein
einam lerzinia inte ma me- zeriu nacx-
r.cnl.VelGina.zia satene a.eil Gunx-
20 tesne.eca.VeleinaGuras G- ulGl.ix.ca
aura helu tesne rasne cei cexa zixux-
tesnsteis rasnes xiiïiQ sp- e.
elGuta scuna Afuna mena
hen.naper.ci.cnl hareutuse
2o3
Passant, le récit mérite (F être connu; arrétc-toi ; songe à
Velthina, le fidèle affranchi. A partir du moment où Afuna est
mort, il s'entête à ne pas bouger d'ici. Il est grand de sanglots,
<^e/>- en sang. Point de sommeil douze jours durant. Il se
meurtrit de coups, il fait des cris exactement comme si c était
Velthinathura [son fils) cjui fût mort. Sur une pierre il a une
marque de propriété <^acec ces mots~^ « pour Aule, fils de
Velthina et cFArnza. « // court, vite il efface et écrit sur la
pierre : « Cai, fis de Larth Afuna. » Le désir de nourriture est
nul. Velthina ne bouge pas de place. S'il voit [des aliments), voici
que, sans dire un mot, il se détourne. Plusieurs fois, au cours de
la journée, pendant cinq jours, on le presse : « mange,
Velthina ». Il se détourne obstinément. Larth Afuna s'approche :
« mon bon Velthina — le reproche est fait avec douceur — tu es
maintenant bien obstiné, Velthinji. » Explosion d'injures,
de larmes. \'oici maintenant Velthinathura qui s'empjre.sse. C'est
un déchaînement de larnies, de coups d'ongles. Le malheureux
est grand de sanglots <^et^ en sang. Hélas! Afuna, qui n'est
plus, le rend fou. Deux jours passent. Velthina s'obstine à refuser
de munger. S'il dit des imprécations, s'il se meurtrit de coups,
s'il fait des cris, il n'y a plus accès violent de fureur, <iet^
l'accès passe vite. Le déclin est rapide. An moment où Velthina
s'impatiente et gronde, il n'a plus la force de se meurtrir de coups
et de faire des cris. Il sufft pour l'apaiser qu' Afuna lui dise dou-
cement : « Velthina, calme-toi ». Le dépérissement allant en
augmentant, il y a des interruptions dans la connaissance ;
'2'')i l TROISIKIME PARTIE
hienlàt l'Ile cesse tout à fait et voici (/uc tout à coup il n' 1/ a
plus quu/i faible tressaillement.
Face A.
309. lJ(jiie 1. Eul-at. adjeclif fornié avec le suffixe nominal
-tii; l:2()), comme zil-a-t ;< 20(V) ou zil-a-ô ij:^ 280). L'origine
(lu mol esl obscure. Faute (re\eui|)les en nombi-e suHisanl, il
csl «lillicile de diic à (|uoi ri'poud exaclemenl le j^roujx' iuilial
eu. Peul-êlrc y a-l-il (|uel(|ue rapport enlre eul-at et le iinjiois
olk-e-^ olj-e- « arriver [)ar hasard, se trouver là » ( IJiulenz,
p. ')o8, n" 088). Le sons (jui parait le mieux convenir est celui
de / tassa /i t.
Tanna 7'écit est ibrmé du radical tan et du suffixe nominal
-na i^ 1 1 i). Pour le sens de tan, cf. hongrois /a//-/7- <■ instruire »,
/y./i-iil- « étudier » (IJudenz, p. 177, n" 197).
Lare-zul (lif/jic de connaissaytce, mot composé de lare et de
zul. Le verhe lare c/rr çclchrc, contiu, public, peut être rap-
proché de lostiak ler-t « connu » ; ler-amt- « faire connaître,
publier » (lUiden/, p. 249, n° 2?)7). De là pour le prénom Lar-S
le sens de le noble, le fameu.r ; le -0 fmal est le suffixe nominal
(§ 120). L'adjectif zul di'jne, prccieu.r déi'ive d'un radical *zu
apparenté au hongrois dij a [)i'ix » div-y.t « valeur » (Budenz,
p. 254, n° 260). Le suffixe nominal -1 (§ 109) est le même que
dans av-il(§ 177), et dans tuz-1 (§ 201).
Lif/Jie 2. Ame arrctc-toi, propiement veste eu rejjos, ne bouije
pas, verbe déi'ivé de am repos, paix, sonuneil (voii- ^i;; 219, 'K32).
L'impératif s'adresse à la personne désignée j)ar eulat.
Vaxr lautni Vel0inas estla sonye à Veltliina, le /idèle
a/l'runcbi .
Vaj^-r /i<lèle épithèh' de lautni. Le mot est apparenté
au finnois ulika « obstination, volonté ferme et raison née » ;
cf. iitikio (( dessein assuré ». La désinence est le suffixe nominal
-r (§ 110), que l'on a déjà vu dans6an-r (§ 195), ete-r (§ 199),
tev-r (i^ 302).
Lautni affranchi ; voir § 194.
Vel6ina-s, génitif du genlilice Vel9ina, ([ui reviendra j)lu-
TEXTES TI\ADL'1TS ET COMMENTÉS 255
sieurs fois dans rinscription A, lignes J3, IG, 17, 18, 19; B,
lignes 1, 8, 15-16). Ce gentilice, sous cette forme ou sous une
forme très voisine, est abondant en Etrurie et surtout dans la
région de Pérouse (Schulze, Vaiv Gesch. /ateinisc/ier Eir/enua-
men, p. 259). Le génitif dépend du verbe estla, dont VelOinas
est le régime.
Ligne 3. Estla songe, évidemment comme à un exemple à
imiter. Estla dérive du substantif es esprit, pensée, apparenté au
hongrois es « esprit » (Budenz, p. 800, n" 876). Le substantif es,
augmenté du sutiixe -t (§ 87), a donné le radical verbal *es-t-,
lequel, à son tour, augmenté du fréquentatif -1 («^ 82), a donné
le verbe est-1-. C'est d'une manière analogue que s'est formé
le verbe honirrois iis-ni-él « réfléchir ».
310. Afunas slele6 à partir du mourir d'Afuna.
Afuna-s génitif dépendant de sleleG. Le nominatif Afuna se
trouve plus bas (A, 1. 17, 23\ Afuna était l'ancien maître de
ratTranclii "VelGina, un maître auquel il était tendrement attaché.
Sle-l-e-9 à partir du mourir. L'idée du point de départ est
marquée par le suffixe casuel -6 (§ 129, H). Le verbe sle-l-e
finir, mourir, est employé substantivement (§ 151\ Le mot est
formé à l'aide du suffixe verbal -1 (§ 82). Le thème *sl est appa-
renté au hongrois sél « extrémité, bord » (Budenz, p. 286,
n" 288;.
Caru tez an fusleri // s'entrtr à demeurer iei, c'est-à-dire
([u'il s'installe à ["entrée du tombeau où son Afuna est enfermé.
Il n'y a pas de sujet exprimé. Mais le sujet logique est "VelGina.
Pour le sens de ca>ru.s'endurcir, s entêter, voir plus liant le parti-
cipe passif car-esfi^«re/, rendusolide, confirmé [%2ïï car-es-ri).
Ligne i. Tez an ici, c'est-à-dire à l'entrée du tombeau où
s'élève le cippc avec l'inscription. Le mot se rapporte à fusleri,
qui suit. Pour la forme de cet adverbe composé de tez et de
an, voir ij 195.
Fusleri />'>/^y' di^meurer en place, cest-à-dire y)o«r s installer
sans bouger. La désinence -ri est le suffixe casuel (§ 129, 7)
exprimant la direct ion. la linalité. Tezan fusleri est une pro-
position subordonnée consécutive, dépendant de caru. Elle
2r)() TROISIÈME PAUTIE
vient a|»irs caru, parce que les propositions consécutives se met-
tent a|)rès le verbe de la proposition principale (§ lOo).
Le verbe fusle est un dérivr à laide du suiRxe verbal -1
(§82); il c-l loi-nié comme est-l-a (i? 309) et sle-1-e-e (i^ :M0}.
Le radical *fus est à ra|)proclier du finnois pi'tsn- «. rester en
place, ne pas bouger » ; cf. mordvinc pesé- « rester fixé »
(Budenz, p. 54G, n» 575).
311. Tesnsteis rasnes // rsf <jraml de scuk/IoIs, meurtri de
coups doiKjle^ allusion aux démonstrations ordinaires de la
douleur dansranti([uité : elK'S consistent, outre les larmes, à se
meurtrir, à se déchirer la peau avec les ongles, à s'arracher
les ciieveux.
Tesnsteis, composé d(^ tesnst et de eis. Le radical tesnst-
dérive du verlx; tesne (voir j)lus bas A, lignes 20, 21) au moyen
du sullixe -st (voir ij !)7), (pie l'on retrouve dans le finnois
kalsa-sl- a examiner », nucra-st- « railler ^), pcla-st- c délivrer »
(liudenz-Simonyi, p. 72). Le verbe tes-n-e, |)ourvu du sullixe
verbal -n (i; 8i), peul-ètre ra|)|)roclié du finnois tis-ma^ tih-nia
« l'osée, pcdite pluie »; cf. tili-ku- « larmoyer », Cf. § 211 tes-
amsa.
Eis (p'and est une variante grajdii<[ue de ais, comme b^ prou-
vent les formes eis et ais, eiser et aiser, eiseras et aiseras,
que l'on trouve, employées les unes |)(>nr les autres, dans la
Momie d'Agram (Krall, iiulei]. Voir ais-er-as i5 2()7.
J.Hpu' 5. Ras-n-es, déchiré, en sdiKj^ parlici]»e j)assé
passif en -es (s^ 101) du verbe ras-n-e déchirer, (|ui se trouve
plus loin (A, lignes 20, 21). Ras-n-e est formé, comme tes-
n-e, <à l'aide du sullixe verbal -n (>; Hil. Pour le sens de *ras,
cf. linnois rc/s-c/ « laïuheau, piéci; déchirée » (^Donner, III,
p. 133, n" 1024).
Ipa ama hen naper XII A- [ail de se calnier n existe pas
<C^pendaiitr;> douze jours consécutifs.
Ipayy«v u'f'diste est l'auxiliaire négatif, par lequel on annule
l'allimiation (|ui suit. Sur cet auxiliaii'e négatif, voir J^^ 27, 28,
153, 251, 294.
Ama hen naper XII, proposition oi!i le sujet est le verbe ama
TEXTES T15ADLTTS ET COMMENTES 257
employé substantivemonl (§ loi), et où Tattribut est hen naper.
11 y a ellipse du verbe a être » (§ 161).
Ama, se calmer^ s arrêter ^ est apparenté étroitement au verbe
ame ^^A, ligne 2), dont il n'est peut-être qu'une variante gra-
phique.
Hen consécutifs continu, épithète de naper. Le mot est dérivé
du verbe he aller, que l'on a rencontré })lus haut sous la forme
he-ce (§ 216). Pour le suffixe nominal -n, voir § 113,
Naper /o«r; voir i; 247.
312. Lignes 6-7. Vel6ina0uras aras perasce mulmles cul
zuci enesci •< que >> la mort de Vellhinathura <^soit >■ par
aventure imaginée, suffisamment il se meurtrit, il fait des cris,
c'est-à-dire il se frappe et il crie exactement comme si sonpjropre
fils Velthinathura était mort.
11 y aà distinguer deux proposilionr-, l'nnequi pose l'hypothèse
(VelGinaGuras aras perasce mulmles), et l'autre qui énonce
le fuit (cul zuci enesci).
Le sujet de la première proposition estar-as, mort, substantif
dérivé du verbe SiT-a, finir {voir § 2i7 : ara-s-a). Pour la dési-
nence -as (§ 99), voir § 30G : evitiuras.
Veleina6ura-s, génitif qui détermine aras. Le nom propre
Vel6ina9ura signifie lignée de Velthina ; sur la formation du
nom, voir i; 2i-o : Precu-Gurasi.
Perasce /^rtr aventure , par hasard, se décompose en peras-ce.
La désineuce -ce est le suffixe de relation (§ 129, 2), qui donne
ici à l'expression une valeur adverbiale (§ 156, 2; cf. acas-ce
§252). Le substantif per-as est formé comme ar-as. Le mot
signilio proprement chute (/•«.s7/.s) et par smie accident, hasard;
cf. zyrénien;jo/'- « tomber»; xo^ouie pur mat- « id » ; hongrois
hor-ûl-, bur-ùl- « id » (Jîudenz, p, 465, n° 495). L'adverbe
perasce détermine mulmles.
"^uhxiles imaginé, parlici|)e passé passif en -es (§101), attribut
de aras. Le verbe « être » est sous entendu (§ 161). Le verbe
mul-m-1-e imaginer se ramène au radical *vii\x\esprit, âme (voir
§ 282 mul-une). Le substantif *mul donne le radical verbal
*mul-m-, à l'aide du suffixe de dérivation -m (§ 83). A son tour
17
258
TROisiKMi: PAirnr:
le radical veil);il *mul-m- donne le dérivé mul-m-l- ù laide
du suflixe -1 (§ 82).
Cul suffisant; l'adjcclif est employé comme adverbe (§ 156, 1).
Le sens est prccls&incnt, c'est-à-dii'e exactenioil assez pour jus-
tifier rhypotlû'se. Cul est apparenté au finnois h'ùl-ld « sufiisant,
suffisammcnl, précisémeni, loul jiisie» (Donner, I, p. GH,n"224\
TtViCi frapper, c'est-à-dire se meurtrir de coups, comme dans
les plus violentes manit'eslations de la douleur. Le mot est
Téquivalenl phonéticjue du linnois tdk-i-a-, lok-ai-stà- « heurter
violemment, tVapiter l>rus(juenient ». r*our la valeur du z étrus-
que voir ^ 74.
Enesci /rt/re des cris, verbe dérivé du radical en- dire; cf.
linnois »'/V//?e <( voix, son » ; hongrois èn-dk <( chant » (Budenz
]). 788, n" 856). Dans *eii-8-sc-i^ le radical en est augmenté du
sutîixe double -se (>; 95), d'où le radical dérivé *en-sc- qui, avec
une voyelle intercalaire, devient en-e-sc-. Le suilixe double -se
se retrouve dans le finnoisy^^o-s/x'-/- a boire » et dans le voliak
kura-sk- « mentlier » (Hudenz-Simonyi. }). 27 et suiv.).
313. Lit/lies ,s !l. Epi tularu Aulesi VelGinas Arznal clensi
.s7//' une pierre il a une nunupn' <le propriété <[ axicc ces mots ^ ;
pour Aille, fils de Velthina, né d'Arz/ia. Gela veut dire (jue Vel-
thina avait pi-éparc' |i(»iir sa future sépulture un cippe funéraire
(jui pui'lait son (''|)ila|)li('.
Epi .S7//W/;/-" pierre. Le suilixe -1 esl le suilixe casuel (§ 129,
4). Pour le sens de ep, cf. hongrois ép-il- « bàlir, consiruire »
(Buden/. p. 798, n" 859.)
Tularu Immer, avoir maripii' de propriété, verbe dérivé de
tular home, limite de propriété; voir i; 218.
Ligne 10. 0ii eil scuna cenu // court, il corrige nul,
c'est-à-dire cest-à-dirc il ejfave ce cpi' il avait écrit.
Le verbe 6ii conrir est à rapprocher du finnois hii-lit- « pati-
ner » ; mordvine cij-e- « s'élancer » ; hongrois si-et- « se hàler >^
(lîudenz, p. 341, n"352; Donner, 1, p. 172, n''G07). Dans Gi-i,
le second i ne fait pas partie intégrante du radical, comme
le prouve la forme 6i-l, qui suil.
0i-l, rapide, vite, est le verbe Qi- courir, augmenté du suf-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 239
fixe nominal -1 j:; 109); 0il est un adjectif employé adverbiale-
ment (§ loG, 1).
Scuna en pièces, en ruines, nul; cf. finnois suk-ku « en
pièces » ; suk-ka « état de ruine » (Budenz, p. 269, n° 273). Dans
scu-na, la désinence est le suifixe nominal -na (§ M4). L'ad-
jectif scuna se joint comme attribut au verbe cenu et a une
valeur consécutive (= de façon à être détruit .
Cen-u, curriyer, est à rapprocher du finnois kani- « mettre
en ordre, corriger, nettoyer ».
Epie feli C. LarGals Afunes clen, et il dit sur la pierre :
Cai /ils de Lartli Afuna.
Ep-l-c, et sur la pierre, est le substantif ep (voir 1. 8),
avec le sulïixe casuel -1 (§ 129, 4) et l'enclitique de coordina-
nation -c (§ 1S4).
Fel-i il dit, c'est-à-dire // met l' inscription suivante . Le verbe
fel- est apparenté au hongrois fdl-dl- « répondre » ; cf.
vogoule pol-unt- « dire, annoncer » ; tchérémisse pel-est-
« parler, dire » (Budenz, p. olO, n° 536). Vel0ina substitue
Tépitaphe d'Afuna à la sienne; Afuna devient ainsi le titu-
laire et le propriétaire du cippe.
Liipu' 11. C. abréviation du prénom Cai ou Cae.
Lar6al-s, adjectif dérivé de Lar6al né de Larth. LarGals
signifie dont la (jualité est d'être fils de Larth.
Afune-s poui- Afuna-s, génitif dépendant de clen. On a les
variantes Afunes et Afunas, comme on a les variantes clan et
clen /ils [% 180j.
314. Li(jne 12. OunxulGe falas xiem, le yoùt de nuinr/er est
nul.
Je traduis 6unxul9e par être nul. Le sens exact est être ex-
trême de réduction. Le mot est composé de 6unx et de ul0e.
Le radical Gun-x- être réduit est un radical verbal, formé avec
sufiixe -X (§ 80), et dérivé du thème *Gun, ([ue l'on a déjà vu
dans Gun-z peu de chose, rie?i (§ 228) et dans Gun-em défec-
tueux de peu (§ 222). Quant à ul-G-e être extrême, c'est un
verbe formé avec le suffixe -G (§ 87) et dérivé du thème *ul, ce
gui est au-dessus, llième qui s'écrirait vel, si au lieu de se
260 TROISIÈME PARTIE
présenter en coinposilioii, il ("lait isole ou initial (^§ 64 Ul et
73). Pour le sens de vel sn^rrinc, voir ^ 290.
Lujui' 13. Fala-s, du inan<je)\ génitif du verLc fala manger^
dépendant de xieiïi* l'onr l'étymolog'ie de fala, voir ^ 300
fal-zaOi.
Xiem l/)i/jt(lsion, désir, (joùt; cf. hongrois haj-l- « pousser,
conduire » ; vogoule kuj-t- <( donner une impulsion » (Budenz,
p. 72, n" 96). Le suffixe -m est un suffixe de dérivation nomi-
nale (§ 111).
Fusle VelSina Vcdthina ne houtje pas de place, cest-à-dire
qu'il ne se préoccupe pas de rentrer à la maison pour manger;
il demeure installé à côté du tombeau. Pour le sens de fusle
ne pas hou(joi\ voir plus haut fusleri (ligne 4, § 310). Le rappel
du nom de Vel6ina est ici nécessaire, parce que dans la propo-
sition précédente (OvinxulGe falas xieiïi) le sujet a été changé.
Ligne i h:. HinGa il voit, ou très probablement ^'zï voit. On
ne spécifie pas ce qu'il voit, mais, d'api'ès le conlexte, il n'est
pas douteux qu'il s'agit soit de la personne qui lui apporte à
manger, soit des aliments (ju'on lui présente. Pour le sens de
hinOa voir, cf. plus haut hinôiu rire vu, apparaître (§ 243).
Ca-pe voici qur, locution formée de la particule démonstra-
tive ca (^§ 188) et de la })articule pe, (jui s'emploie comme encli-
ti(}ue. C'est la même enclitique (jue l'on retrouve accolée à
l'auxiliaire négatif i; cf. plus haut i-pa (î:^ 311). Pour ré([uiva-
lence de l'a et de l'e, voir plus haut ij 313 : Afunes (= Afu-
uas).
Municl-et .s«/?,s y>rty/tv est pour municl-e9; la permutation
du t et du G est fréquente (voir g 68); deux lignes plus bas, on
a de même la foi'me hut (ligne 17) au lieu de la forme habi-
tuelle huG. Dans municl-et, la désinence et (= eG) est le
sullixe privatif (^ 129, '\]. Pour le sens de municl-eG, voir plus
haut ;< 238.
Masu // se détourne, pi'oprement il s'éloigne, verbe appa-
renté au hongrois nuissii « loin » ; lapon niece « lointain » (Hu-
denz, p. 620, n" 659).
315. Lignes lo-16. Naper sran czl Gii falsti "VelGina hut
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 261
naper pêne zs, plusieurs fois au cours de la journée, pendant
cinq jours, <'^y/> pressant^ t avertissement : allons! inange.
Velthina! La phrase s'analyse de la manière suivante : le sujet
est pêne, verbe employé substantivement (§ 151); le verbe
« être ' est sous-entendu § (61 : l'attribut est zs. Tout ce qui
pre'eède pêne est une se'rie de coraple'menls circonslanciels.
Il y a avantage à traduire en suivant Tordre inverse de la
construction.
Pêne le fait d'avertir, d exhorter ; cf. finnois penn- « afiir-
mer. avertir, exhorter »; voir plus haut le substantif pen-9una
= penena) avis (§ 194, 19o)-
Zs lourd c'est-à-dire /«// avec instance , pressant \ cf. finnois
tùs-kii « lourd, pesant »; esthonien tùz-e « lourd » Donner,
T. p. 125, n' 442). Pour léqui valence du z initial étrusque et
du t finnois suivi dune voyelle douce, voir § 74.
L avcrti-sement est fait pendant cinq jours, but naper.
Pour le nombre hut = hu8), voir § 139. Pour le sens de
naper. v-ir p]ii= haut, ligne 5 (§ 311).
0ii falsti Veleina allons, mange ^ Velthina! sont les termes
mêmes de 1 avertissement ; 6ii ivoir plus haut, ligne 10, § 313)
signifie proprement cours, dépéche-toi. Fa.lsXi, mange, est un
dérivé du verbe fal-a voir fala-s, ligne 13, § 314), à Taide du
suffixe double -st :: '.'7 . que Ion vient de voir dans tesn-st-
eis ligne 4. .5 311 : Velôina est un vocatif.
Naper sran czl de temps en temps au cours de la journée
précise encore les circonstances de laverlissement. Czl à inter-
valle, c'est-à-dire par moments, de temps en temps. Pour le
sens. cf. permien had « temps »; Ichérémisse kod, kot, god
temps »; ostiak kut « intervalle » (Donner, L p^, 22, n° 73),
Czl est lin adjectif formé avec le suffixe nominal -1 (§ 109);
mais cet adjectif est pris adverbialement (§ 156, 1). Il est
détr^rmin»' p;ir naper sran.
Naper sran signifie proprement le jour s'ëcoulant, c'est-à-
dire au cours de la journée. Pour naper voir ligne 3, § 3il.
Sra-n est le verbe *sra s'écouler, qui a donné le substantif
dérivé sr-as, déjà vu plus haut dans le composé ne9-sr-as
2C)2 ÏKOISIÈME PARTIE
ruissellement d'eau (§ 2o2). Dans sra-n, In désinence est le
suffixe casiiel -n (§ 129, 5), qui exprime la lelution de cause,
mais qui parait avoir aussi quelquefois la valeur d'un expo-
sant tiMuporel. Voir i; 2'i7 : huG naper lesca-n cinq jours
s'étant écoulés.
Liijur 17. Masu acnina le fait de se détourner <^est^
obstiné. Le verhe masu est employé suljstanlivemeut (5^ 151).
11 y a ellipse du verbe « èlrc » (^ 161). L'allribut acuina
déi'ive diin radical *ac, (pii ('X|M'ime l'idée de vivacité (cf. §21G :
SiC-H rapide ; § 231 : a.c-n3ina,sai rapidement) et en même temps
l'idée de véhémence, violence, d'où le sens de colère, entêtement,
obstination; cf. finnois dk-ïst- «être en colère, obstiné » ;
al;-s'ù i( colère, entêtement ». Le radical *ac a donne'' un premier
dérivé *ac-n (§ 113), qui adonné, à son tour, un second dérivé
*ac-n-na i; 1 1 i), ou acnina.
316. Cle "Lt.KÏMUdi.sWipproche Larth A fana, sans doute le
père du défunt; cf. plus liaut i; 312 : LarGals Afunes clen
[lifjne il). D'après cela, le défunt devait être un enfant, élevé
par Velthina et qu'il pleurait comme un fils. Cle, sUi.pprocher,
est apparenté au linnois ki'd-ki « côté » (Budenz, p. 33, n° 41) ;
voir plus liant i; 218 cl-z, ''/ cé)té.
Veleinam lerzinia inte ma mer cnl VelGina, mon bon
Velthina — Vadmonestatio)} est murmuréi' — <^tu es'y- mainte-
nant vrainyent obstiné, Velthina ? ».
Vel9ina-m, n<m Velthina. est le nom jjropre auii'mcnlé du
suffixe possessif do la preuiièro personne -m (§§ 37, 133).
Afuna ])arle d'un Ion alfeclueux et essaie de prendre VelGina
l)ar la douceur.
Lif/nc 18. Lerzinia inte, h a<lm(mrstalion est murnnirèe,
c'est-à-dii'e le reproche est fait avec (hnicear. Il linil (-(tnsi-
d('rer ces deux mots connue formant une soi'te de parentbèse.
Ils commenlejit et justilienl l'emploi ilu possessif de tendresse
Veleina-m.
Ler-z-in-i-a, être murmuré, peut èlrc rapproché du finnois
lir-it-ell- « parler doucement ». Dans ler-z-in-i-a il y a trois
suffixes de (b-rivalion : !" le suffix(> -t (i; 87) devenu -z (cf. fie-
TEXTES TRADUITS ET COJIMENTÉS 263
nz-na § 2i(i) ; 2° le suffixe -n ou (in- § 84) ; 3° le suffixe -i (§ 81).
Le verbe lerzinia a pour sujet un autre verl)e, linfinitif inte
avertir, pris suijsUmtivement (§ loi). Inte peut être rapproché
du hongrois intii- « avertir, aviser » (lîudenz, p. 819, n" 900).
Ma maintenant, aujourdliui, particule affirmative, que Ton
retrouve dans le hongrois m-j.. (Budenz, p. 596, n" 628).
Ligne 19. Mer cnl tu <<?.y> assurément obstiné. Le sujet et
le verbe sont sous-entendus (§ 161). L'apostrophe Vel6ina,
qui suit, montre bien que le sujet est /^/.
Mer assurément, certainement y }^d.viic\ÛQ affirmative, comme
le finnois mar, « certes, assurément ».
Cnl obstiné, dlmmeur mauvaise, adjectif dérivé de en à l'aide
du suffixe -1 (§ 109). Pour le sens, cf. finnois /v/V?»'/ « humeur
fantasque, méchanceté ». (Donner, I, p. 74, n'' 237).
Vel0ina. La répétition de l'apostrophe marque la fin des
paroles dites par Larô Afuna.
317. Zia satene tesne il se produit [de la part de Velthina)
l'acte d'injurier, l'acte de pleurer. Voilà l'effet des paroles
d'Afuna.
Le verbe zia, se produire, naître, est apparenté à l'ostiak^^-y-,
tl-l- « naître, être né » ; tî-li- « croître » ; cf. vogoule te-l-
« être né »; tomber » ; finnois tïio-nt- « pousser, faire tomber »
(Budenz, p. 258, n° 266). Pour le z initial,, voir § 72. Zia a pour
sujets les deux infinitifs satene et tesne, employés substanti-
vement (§ 151).
Satene, dire des injures, verbe formé à l'aide du suffixe de
dérivation -n (§ 84). Le mot est apparenté au finnois sad-a-ta-
« maudire, faire des imprécations» (Donner, I, p. 175, n" 617).
Tesne, pleurer, voir plus haut le dérivé tesn-st-eis (§ 311).
Ligne 20. Eca VelOinaGuras 6aura, voici <^nmintenant'y
r empressement de \'elthinatliura. Après le maître Lare Afuna,
voici le fils de VelSina, qui à son tour essaie d'intervenir.
Eca voici ; § 188.
VelGinaôuras du fils de Velthina; le génitif dépend de
6aura : sur le nom "VelSinaGura, voir plus haut ;^ 312.
Saura, action de .s'empresser, infinitif employé substantive-
26i TROISIÈME PAKTIC
ment (§ loi). La conslrnclion voici le s'empresser de
VeltJiinalInira (Minivaul à la pioposilion : voici Vellhinatlvira
qui s'empresse. Pour le sons de Gaura. voir j:; 11).') Saurus ri
v< 2'i4 Gaure.
318. Li(inc 21 . Helu tesne rasne s'rcliaiipr l'action de pleu-
rer, rnclion (le se déchirer.
Helu. s échapper , se donner libre cours, proprcmenl couler.
Le mol est rt''(|iii\al('nl du finnois valu- « couler, se répandre».
Pour la valeur de Ih initial, voir § 71. Le verbe helu a pour
sujets les deux infinilil's tesne et rasne, emj)loyés sulf^tauli-
vement(§ \t)\).
Cei tesnsteis rasnes le malheureux <,cs!.^ grand de san-
glots, déchiré.
Cei, malheureux, peut (Mre rapprocln- du linnois kai-ha
« envieux, jaloux, mal disposé » (Donner, 1, p. 10. n" 33). Le
mot est sujet du verl)e (( être » sous-enteudu (i; IGl).
iJfjne 22. Tesnsteis rasnes, voir plus haut s; 31 I .
XimG hélas !., [)r()prement malheur ! ; voir plus haut X^vci-
G-m (vj 928'. L'inlerveuliou de VelGinaGura n'a eu d'autre
elVct (|ue d'exaspérer encore» le dé'sespoir de VelGina.
319. SpelGuta scuna Afuna A fana disparu le met en
fureur, c'est-à-dire l'idée (pu' Afuna est mort le rend furieux.
Il ne s'agilpasici du LarQ Afuna dont il a ét(' question à la
ligne 17, mais de l'Afuna de la ligne 3, c'est-à-dire du défunt.
Spel-Gu-t-a mettre en fureur, d('rivé d'un verbe spe-1-
(voir plus loin spel-aneGi à l'aide d(> deux suffixes, le suilixo
nominal -G (i:^ 120) et le, sullixe verbal -t (>:; 87\ (|ui a ici
une valeur cansalive. Le mémo sullixe cau^alil" existe dans
les langues ougro-liunois(!S : hongrois vêts- « yvx'w » vds-t-
« faire périr )•> ; finnois ^;</V/.y(?- « être libre », puas-ta- « délivrer »
(Szinnyei, Finnisch-ugr. Sprachw . p. 129; liudonz Simonyi<
p. 79-89). Le radical verbal spe-1, formé à l'aide du sutiixc -1
(s5 82), se ramène à un thème 'sp, ([ui est à rap[)roclier du Hn-
nois sappi « fud. bile, colère », sappe- « être en colère »;
zyrénien sep « bile » (P>udeuz, p. 791, n" 860; Donner, II,
p. 87, n" 77r;).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 265
Lig?ies23-'2ï. Scuna Afuna Afuna ruiné, c'est-à-dire disparu,
qui nest phis. Pour le sens de scuna. voir plus haut ligne 10,
§ 313. Afuna est le sujet de spelGuta.
Mena hen naper ci passent deux jours consécutifs. Pour le
verhemena passer, aller, voir l'inscription de Magliano (ij 301
in ecs mené; § 302 menitla . Pour l'expression hen naper,
voir plus haut ligne o, § 311. Pour le nombre ci deux, voir
§ 139.
Cnl hareutuse VelGina Velthina est obstinément en aversion
de nourriture, c'est-à-dire continue à rofuser de nianqer.
Cnl obstiné; cf. plus haut § 31G. Ici l'adjectif est employé
adverbialement (^§ loG, 1).
Hareutuse être en aversion de nourriture, avoir dégoût de
nourriture. Le mot se décompose en har et eutuse. Le premier
élément har est réquivalent du finnois vero « tribut, chose due,
aliment » ; pour Ih initial, voir i; 74.
Le second élément eut-u-s-e est un verbe formé avec le
suffixe -s (§ 86). Le radical *eut peut être rapproché du hon-
grois ut-cd- « détester, abominer, exécrer ». (lUidenz, p. 870,
n" 969).
320. Face B.
Satena zuci enesci <s'> // dit des injures, <.y'> // se
meurtrit de coups, <.y'> il fait des cris. Sat-e-n-a est le verbe
dont on a vu plus haut linfinilif satene (§ 317). Pour le sens de
zuci, enesci, voir plus haut, lignes 7-8,. i; 312, ('es i)roposilions
paraissent avoir un sens conditionnel (i; 167).
Ipa spelaneSi pas n'existe grande violence de fureur.
Velthina se livre toujours aux mômes manifestations de
douleur (injures, coups, cris) ; mais comme le jeune prolongé
l'a alTaibli, les accès n'ont plus la uu''mc violence.
Ipa est l'auxiliaire négatif (voir ligne 5, § 311). Spel-ane-6i,
grande violence de fureur, est compose de spe-1- être en fureur
(voir § 319 spe-l-Gu-t-ai et du substantif ane-0i, formé
avec le sulfixe -Gi (.^ 122) comm.' su-Gi (§ 189), falza-0i (§ 300).
Ane-Gi dérive d'un vcrbt» *an- être grand, fort, violent, qui
est apparenté au linnois ani « très, beaucoup, tout à fait ».
200 Tuoisiibin i'aiîtie
Ce môme vorl)o. poiiivii du siilli\(> nominal -Sas (§ 121),
donnerait l'adjc^clif *an-8as, vmlcnl , /nrl, loitnc- conimc sval-
eas ^.i; 2:nj, ten-eas (j5 22.'i , zilaxn-Gas 1 5; 222) : or, nous
savons par Ilésychius que le venl du .Nord, lîorée, ('"est-à-dirc
le (jrand vent, se disait avoa; en étrusque.
Fulumxva spelGi la fureur passe rapidement, proposition
(|ni |i;ii'ait devoir être coordonnée à la ])i'éeédente. Aon seu-
Ifuit ni les accès n'ont plus la même violence, mais encore ils
n'ont plus la lurmc durée. Le verbe fulumxva ou ful-m-xv-a
passer vile, est formé à l'aide du sutlixe -m (i^ 83) et du sulFixe
double -XV (§ 90 /;/.v\ que présentent les formes iler-xv-a
(Krall, Yll, 3) et un-xv-a (Krall, XII, 4, 6). Le radical *ful
est à rappro(dier du bongrois fo/'- c couler, courir » (Budenz,
p. :m, n" 5o8).
Spel-6i fureur est un substantif en -61 (i; 122), formé comme
spelane-ei et dérivé du radical spel-. C'est le sujet du verbe
fulumxva.
321. ReneGi estac Je dépérissement est bruscjue de chute,
c'esl-à-dii-e <|ne le déclin des forces se produit brusquement. 11
y a ellipse du verbe « être » (s; IGl) entre le sujet reneOi et
Taltribul estac.
Le sulistanlif rene-0i déix'-risscmetit, fornK' comme spelane-
61, a la même origine que le finnois rau-sc-a « maladif,
inlirme >% run-stu- « languir, dépch'ir » (Donner, 111, p. I2(t,
n" 1018).
Estac prompt de eliut(\ adjectif alli'ibut de rene6i. Le mot
est composé de es-t- tondu-r, et de ac prompt, rapide: cf.
acil (v5 216), acnanasa (sj 2.31) et plus baul ac-ni-na (A,
ligne 17, i; 31;) . l*our le sens de est-, cf. bongrois us- « tom-
ber » ; finnois is-tu- <■<■ s'asseoii' » (Hudenz, p. 7!I7, n" 871). Dans
est-, le -t linal est un sulfi.xe de dérivation verbale li; 87), le
nirinc que dans le finnois is-tu-.
Veleina acilune turune au numicut où Vidtliina s'impa-
tiente, demande [quidipie cjutse) avec insistance, proposition
subordonnée, marquée par les deux verbes acilu d turu pour-
vus du snibxe comitalif -ne i^ 120, G\ Sur ce genre de cons-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 267
truclion, voir § 165. Le nom VelOina est rappelé', parce qu'il
y a eu changement de sujet dans les propositions précédentes.
Le verbe acilu, êti^e pressé^ ^impatienter, est un dérivé de
Tadjectif acil vif, rapide (§ 216), lequel dérive lui-même de ac
(voir B, lignes 7-8 : est-ac).
Le verbe turu, insister, demander instamment, est en rapport
d'origine avec tur instance (voir plus haut, § 2.58^ ; cf. finnois
tora « dispute, reproche, insistance grondeuse et opiniâtre »
(Budenz, p. 257, n" 265; Donner, I, p. 131, n" 462).
Scune zea zuci enesci, disparu se produit (= ne se produit
plus) l'acte de se meurtrir, de jeter des cris . C'est la proposition
principale, à laquelle est subordonnée la proposition VelGina
acilune turune. Le sujet est zuci, enesci, les deux verbes
déjà vus plus haut (A, lignes 7-8 ; B, lignes 2-3 ; voir § 312). Le
verbe est zea, variante graphique de zia se produire (ligne 19;
§ 317). Scune, disparu, nul, est une variante graphique de
scuna (ligne 10; § 313). Pour l'équivalence e = a, voir plus
haut Afunas (ligne 3) et Afunes (ligne 11, § 313). L'expression
scune zea se produire disparu veut dire : ne plus se produire.
322. A0U mies Afunas penSna ama VelSina <il' ':> apaise
la douce exJiortation d'Afuna < disant > ; « calme toi, Vel-
fhina. » Yelthina est si faible qu'il ne réagit plus. Lui, qui
recevait si mal les paroles de Larth Afuna (§ 317), est devenu
tout à fait maniable : maintenant il suffit qu'Afuna lui dise « ilu
calme! », pour qu'il s'apaise.
A0U, apaiser, a la même origine que le hongrois éd-és
« doux »; ci", vogoule at-ln « doux » (Budenz, p. 764, n° 832).
Mic-s, doux, épithètc de pen9na. Abstraction faite de la
désinence -s, qui est le suffixe nominal (§ 117), il reste un
thème *mic, (|ui ('M|uivaut au finnois muka « proche », muka-
inen « qui suit de près, qui s'adapte, qui se prêle », muka-ra
<( apte, habile, mou » (Budenz, p. 508, n° 631). Pour la voyelle,
voir § 63, I, 4.
Penena avis, exhortation ; cf. §§ 194, 195 et plus haut v^ 315
pêne exhorter.
Ama cal rue toi ; rî. i; 3 11 .
2G8 TROISIÈME PARTIE
VelGina osl un vocatif.
Lu/ne IG. Afun ou Afuna. La leclure est incerlaino. Los fac-
similés ne sont pas (raccoid. Les uns (Fabrclti, pi. XXXVIII)
donnent afun; les autres (Conestabile, Danielsson-Pauli)
indiquent une lettre (un a probable) à la (în du mot. lue chose
n'est pas douteuse. C'est qu'il ne peut pas y avoir ici le nom
propre Afuna, déjà plusieurs fois mentionné dans l'inscription.
11 faudi'ait, avant lui, un verbe au(|ucl on pût rattacher, comme
sujet, le nominatif Afuna; or. il n'y en a pas. La leçon afun ne
soulève pas la même dilliculté ; afun est un substantif formé
avec le suliixe nominal -n (§ H3), comme hev-n (§ 299). On
peut le rapprocher du hongrois ap-iid- « languir, dépérir »
(Budenz, p. 7!ll, n" 86 1). Le sens est faiblesse., dépérissement.
Le groupe afun 0uruni ein forme une proposition subor-
donnée causale (^^^ Ib."),, caractéiisée par le suffixe instru-
mental -n (§ 129, 5) accolé à l'adjectif attribut ei grand (cf.
§ 20.3). Afun.. ei-n signilie : par le fait que la faildesse ^iesf^
(jrande. Le mot intermédiaire 6uruni) doit avoir pour office de
modifier ou de préciser le S(uis de ei. 11 nous olfre le radical
9ur, que nous avons déjà rencontré dans paxa-6ur-as (§ 236),
ainsi que dans les noms propres Vel-ôur (i:;?^ 182, 237), Vel-
Guri-Gur-a (§ 263), Precu-9ura (i:^ 2i5). Ce radical exprime
ridée de liijiiée.^ succession. Avec h' sulfixe de dérivation verbale
-n f§ 84), Sur donne; le vei-l)e ôur-n- (— - 0ur-un-), dont
6urun-i est le participe en -i i^^ 1()3\ d'ofi, pour ce mot, le
sens de se succédant, successif. Comme en étrusque les adjectifs
peuvent être (employés adverbialement (i^ 156, 1), Guruni peut
son tendre : d'une manière successive ou procp^essive. On a ainsi
pour la pi'oposilion l'interprétation suivante : par le fait que
la jaildessc est (jrande d'une nuinière progressive, c'est-à-dire est
dv plus en plus grande.
323. Zeriu nacxa le fait d'avoir de la conncdssancc a des
interruptions. Zer-i-u, s'interrompre., est un dérivé du verbe
zer- (ouper, briser, rompre, trancher, (jue l'on a déjà rencontré
dans le |)lomb judiciaire de Magliano (§ 295 ces zer-is). La
dérivation est faite à l'aide du suliixe fréepicntatif -i (§ 81).
TEXTES TUADLITS ET COMMENTÉS 269
Zeriu a pour sujet le verbe nacxa, employé subslantivement
(§ loi). Les deux mots forment la proposition principale, expli-
quée par afun elc.
Nac-xa, avoir de la connaissance, dérive d'un radical *nac à
l'aide du suiFixe de dérivation verbale -x, -c (§ 80). Il peut être
rapproché du linnois nak-e- (( voir, regarder, observer «
(Budenz, p. 400, n" 426; Donner, III, p. 23, n° 883); l'idée
à'obsercer conduit à l'idée de reconnaître.
0il Gunxulel vite <:^il est;> nul ; le sujet est le dernier sujet
exprimé, c'est-à-dire nacxa le fait d'avoir de la connaissance.
Pour le sens de 6il vite, hiontôt, voir plus haut A, ligne 10,
§ 313. Pour le sens de GunxulGl nul, voir plus haut A, ligne
12, § 314 GunxulGe être nul. Dans 6unxul6-l, la désinence est
un suffixe de dérivation nominale (§ 109), le même suffixe -1
que dans 6i-l.
324. Ix ca cexa zixvixe justement voici que est faible le fait
de tressaillir; il s'agit des derniers tressaillements qui pré-
cèdent la mort.
1\, justement, précisément, est un adjectif employé adverbia-
lement (§ 156); c'est une particule destinée à renforcer le sens
de voici. Le mot est apparenté au hongrois ig-oz « droit, juste,
vrai » ; cf. finnois oik-e-a « droit » ; eslh. oige « droit, direct »
(Budenz, p. 810, n° 887). En finnois l'adverbe oikein « directe-
ment, justement, précisément >> joue le rôle, lui aussi, d'une
particule superlative.
Ca voici; cf. ^ 188 et plus haut (§ 314 ca-pe).
Cexa Mre faible; cf. §§ 273, 277.
Zixu-x-e, tressaillir, palpiter, verbe formé à l'aide du suffixe
de dérivation -x (§ 80), comme plus haut nac-x-a. Le mot
est apparenté au finnois ti'ikku- « avoir des soubresauts, être
secoué ». Pour la voyeUe théuuili(|ue el \v z initial, voir i; 63 I 4
et § 72. L'infinitif zi^uxe est employé substantivement (§ \.-S\)
et sert de sujet à cexa.
27(1 TROISIÈME PAIiTIE
325. Toxlo (lit (le la Moniii' (t Ayrain, (■(•rit sur des bandes
de loile ayanl servi à cnvelop|)er une momie éj^yplienne, an-
joiird'liui an musée d'Agram.
Le texte est cilé d'après la publiealioii de .1. Krall^ l)ic clras-
/{ischt'ii MiDnicnbiniJcn des A(jr(un('r iHilioHal-Musrums {l)pnk-
■schriflen d. /:. Acad. d. TIV.v.syv/.v. tu W ie/i, idiilos.-histor. Clas.^
XLI, 1892).
Il est impossible de tenter une inlerprélation complète : il y
a trop de mutilations et de lacunes. Je n'étudierai ci-dessous
(|ue les passages les mieux conservés et qui présentent uiu'
suite de (juelques lignes.
326. Colonne YIII, lignes 3 et suiv. (Krall, p. 37). Tète de
clia])iti'e, qui se reconnaît à un espace d'au moins trois lignes
laissé en blanc '.
cp/i. huôis. zaerumis. flerxva. neSunsl 3
sucri. Bezeric. scara. priGas. ra^- tei 4
menas, cltral. mulax- /usina, vinum ?>
/>a/ve/vm. acilB. ame. ranem. scar-" 6
re//xzina. caveG. zuslevac. macra. vurGi 7
/vv/xzineti. ramueO. vinum. a!r//J6. ame 8
mu/a. hursi. puruBn. vacl. usi. c/ucGras 9
crtperi. zamGic. vacl. ar. flereri. sacnisa 10
sacnicleri. trin. flere. neGunsl. une 1 1
mlax. puGv. GaclG. Grt/'. le'i. c/vas. fier 12
Gezine. ruze. nuzlxne. zati. zatlxne 13
sacnics/res. cilGs. spurestres. enas li
eGrse. tinsi. tiurim. avils. xis. hetrn 1 j
a[r/ja . ais. cemnax- Gezin.fler. vacl. 16
etnam. tesim. etnam. celucn. trin. aie... 17
Ce qui commoicf <est^ le qiiinzième. Prmds des préean-
tions pour f/i/e la mer soit lente de mouvement et detneure Iran-
quille.
1. Les lignes sont nuinérolécs suivant l'onlrcde Krali. Les lettres en italique
sont celles dont la lecture n'est pas certaine.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 271
Lignes 4-G. <ZS'il^ se prése/Ue {dans le rivage) une coupure
profo?ide, <;^^>■ l'eau <iest^ toujours une fois double le
promontoire latéral qui forme la passe, marin..., arrête-toi,
tout de suite.
Lignes G-8. <CSi'^ , tout an moins, il se présente une plaifc
de sable., <isi^ cette playe s élèce en pente sans pierres et très
belle, si la mise au sec (du hAG'àu) peut avoir lieu sans crainte le
long de la plage, marin, arréte-toi tout de suite.
Lignes 9-11. Le moment étant venu départir, donne des coups
de marteau convenablement tout autour (de la carène), pour cjue
l'assemblage latéral tienne bon, et <^que^ le calfatage <^soit^
convenable, pour (pue le bordage soit cloison protectrice.
Le prêtre doit dire la prière [suivante) :
— d'une voix éclatante —
Lignes 11-13. « mer, sois tutélaire. <^Que^ la prière
<isoity- bonne, <^^^'> à partir de f appel de ^invocation
paisible. Qu un calme tutélaire <^soit^ dans le n^oment où
le tonnerre est multiple de fracas, dans le )noment où f éclair est
multiple de lueurs. »
Ligne 14. — Paroles dites en chœur, <^(jui sont celles'^ de
la formule par laquelle la prière a commencé —
Lignes 15-16. <^Quey> le fait d'attendre <^soit'^ vif d'atten-
tion dans la direction de Jupiter. <^Si^ la durée <^'.v/> longue^
<jl y «> quelque chose de manqué. <^Si^ une lueur vive est
instantanée, le calme <^sercr> tutélaire.
<^Sois'^ bien sonore, d'un ton tantôt pleurard, tantôt
perçant...
327. Ligne 3. Celi huGis za6rumis ce qui vient <^est^ le
quinzième. De quel quinzième s agit-il? D'un chapitre? D'un
jour? D'une prescriplion? On ne peut pas rétal)lir avec certi-
tude le mot sous-entendu, faute d'avoir (ont ce qui pre'cèdo.
Celi. La lecture est probable, sans être tout à fait certaine.
Celi le commençant, ce qui commence, ce qui vient est un par-
ticipe en i (§ 103), foi-mé comme ciz-i (§ 238) et mimen-i
(§ 304). Le verbe cel- est apparenté au hongrois kâl « aller,
venir, se lever » [n-jp-kiil-nt « lever de soleil »); cf. permien
272 TKOISIÈME l'AHTIE
kel- « se li'tiînor en avant » ; kïl-dn- « se lever » (Budcnz,
p. J3, n° 17; Donner, I, p. 65, n"216). Celi csl le sujet de la
proposition ; huGis zaGrumis est Taltribut. Le verbe «. être »
est soiis-cntcndii (5; JOT.
HuGis zaGrumis <ininzih)if% formes dérivées des nombres
huG r/;/y elzaGrum ^//./' (^5^5 i39-146). Ce sont, selon toute vrai-
semblance, (les nombres ordinaux l voir i; 147).
328. Flerxva neGunsl sucri Gezeric prend.s <;/e.y précau-
tions pour que la hier <C->oil~> lente de muurenient et demeure
tram/uille.
Fler/va, se précautionner ^ se (/arantir, dérivé du verbe fler-
pratétjer (§ 270), à l'aide du snlïixc double -xv (§ 90 bis), que
Ton a rencontré dans fulum-xv-a (§ 320).
NeGunsl sucri Gezeric est une pioposition subordonnée
linale, caractérisée par le suffixe de destination -ri (§ 129, n" 7),
qui est joint à l'adjectif suc et au voibe Gez-e. ].iC sujet de
cette proposition finale est neGunsl.
NeGunsl mer, proprement le Hijuide, est un dérivé de
NeGuns, comme Fuflunsul ou Fuflunsl rin^ est un dérivé de
Fufluns dieu de la viyne (voir !:; 289). NeGuns (F. 2097) ou
NeGunus i^F, 2140) est la divinité des eaux O. iMlillcr-Deecke.
Il, p. 54). (i'(ist ce nom (|ui, déformé soil parla prononcialion
S(nt par tle fausses élymologies, est devenu le lalin Xcptunus.
Le mol NeGu-ns es! l'oiiné avec le sullixe -ns tj^ 115) comme
Fuflu-ns, SeGla-ns. Pour le sens de la racine *neG humidité,
eau, voii' i; 252 neG-sras ruissellement cl eau.
Suc-ri pour le <Cétre'^ lent de inoucenicnt. L'adjectif SUC
])eut être rapproclu' du linnois sieh aile- (^ temporiser, être en
relard ». Pour l'équivalence de l'u étrusque et du groupe lin-
nois ie, voir ,^ 04 l' 3.
0eze-ri-C cl pour rester tranc/uillc, c"est-ù-dii'e et iparcon-
sé(jucnt) pour rester lrun(juille. L'iidjeclif suc a d'abord exprimé'
la manière d'être de la mer; le verbe Geze exprime maintenant
le fait ([ui doit résulter de cette manièi'e d'èlre. Dans 6eze-ri-c,
il y a le même sulfixe -ri que dans suc-ri. Le -c linal est len-
clili(|ue de coordination (§§ 154, 180).
TEXTES THADUITS ET COMMENTÉS 273
0eze se ramène (§ 74) à la même origine que le finnois
hid-as a lent, indolent, nonchalant, paresseux», hit-ainen, hit-
iiri « id. », Int-i(sta- « faire quelque chose avec indolence ».
Pour la voyelle thématique, voir § G2 E 2. Pour la consonne
initiale, voir i^ 71.
329. Ligne 4. Scara pri6as rax ^ il- ■'^e présente une cou-
pure pénétrante^ c'est-à-dire une coupure profonde dans la
liyne du rivcuje.
Scara, se présenter, se rencontrer, est formé avec le suffixe
de dérivation -r (§ 83). C'est le dérivé d'un thème *sc- dont on
retrouve la trace dans le finnois sak-a-r-a, « pointe saillante »
(Donner, I, p. 162, n" S72). L'idée de saillie et celle de ren-
contre sont connexes. Le verbe scara a pour sujet rax-
PriGas pénétrant, proprement où fon entre, épithèle de
rax- C'est un adjectif formé avec le suffixe -9as (J5 121),
comme zilaxn-Gas (§ 222), ten-Oas (§233), sval-Gas (§ 237).
Le radical *pr est à rapprocher du tchérémisseyj^^y- « entrer »,
pur-t- « introduire » ; cf. zyrénien jJir- « entrer » (Budenz,
p. 474, n° 507). Dans pr-i-6as, l'i n'est pas organique. Voir
plus haut § 248 pr-umis, parent d introduction, d'adoption.
Rax, coupure, fente, ouverture. Il s'agit d'une ouverture dans
la ligne du rivage. Pour le sens, cf. finnois rako- « se fendre,
se déchirer », rak-o « chose coupée, fente, fissure » (Donner,
m, p. 84, n° 967).
330. Tei menas cltral mulax fusina, reau <^est^ tou-
jours...?... au delà de la pointe de côté c/ui forme passage.
Tei, eau, est le substantif que l'on a déjà vu dans le texte de
Magliano § 386 seis tei-s evitiuras, coupelle d'eau fraîche).
Tei est le sujet du verbe « être » sous-entendu (§ 161). L'at-
tribut est l'adjectif fusina, dont la lecture, comme la significa-
tion, est incertaine. Si la première lettre est hien un f, le mot
peut être rapproché du verbe fus-le ne pas bouger (§ 314) et
l'adjectif, formé avec le suffixe -na (§ Hi), aurait le sens de
immobile.
Mula-x, persistant, adjectif employé ici adverbialement avec
le sens de toujours (§ 136, 1). Le mot est formé avec le suffixe
274 TROISIÈME PAliTIE
nominal -x (§ 100). Il dérive du verbe mul-a passer, passer le
temps, .séjourner, durer (cf. § 38G mul-s-1-e) ; ces dillerenles
acceplions se retrouvent dans le vcibe lionj^rois inûl « passer »
et le verbe vogoule uiul-t « passer le temps, séjourner » (Hudenz,
p. 63.J, p. G81).
Cl-tr-al, en venant de la pointe de coté, c'est-à-dire une fois
doublé le promontoire latéral. La désinence -al est le sullîxe
casuel (§ 129, 1). Cl-tr est composé de cl, côté et de tr-
pointe. Pour le sens de cl, cl', linnois hul-li « cùté » (Budenz,
p. 33, n" 41). i*our le sens de tr, cf. finnois ler'i « tranchant,
pointe » (Biiden/, p. 232, n" 242 ; Donner, I, p. J2t). n" 4o6^
Men-as, passaije, entrée, est une apposition à cltral et lient
lieu d'une [)roposilion relative : (jui est le passage, qui forme le
passage. L'enti'ée de la baie est fermée par un promontoire
latéral. La désinence de men-as est le snllixe nominal -as
(ii 99), que Ton a vu dans sarven-as (^ 233), neBsr-as i^^ 2."J2 .
aiser-as (§ 266), Sapint-as ij 294), evitiur-as (§ 306'.
Men-as dérive du verbe men-a, men-e. aller, passer (§§ 30J.
319).
331. Ligne 5. Vinum, marin, navigateur, proprement qui
flotte, qui est porté sur Vean. qui nage, adjectif verbal formé
avec le suffixe participial -m i; 1 1 1 ), comme lesce-m (i; 30o). Le
radical verbal *vin- est un dérivé de *vi, à laide du suffixe -n
(§84). *Viest l'équivalent exact du finnois ui- « tlotlei', nager »
(cf. v5 73); mordvine aje-; zyrénien uj ; vogoule iij ; lapon
vuoje- (IJuden/. j). 868. n" 967). Le mordvine uj-n-e- présente
un dérivé tout à fait analogue à l'élrusiiue vi-n-,
Vinum dt)it être considéié comme une apostropbe. Ln elfet
le groupe acilG ame ne peut guère être qu'une proposition
impéralive, puis(|u'il n'v a jias de sujet expiimé après ame, la
pbraso ranem scare reuxzina, qui suif imiiKMlialenienl. étant
une reprise symétrique de la pbrase scara pri9as rax
[ligne 4). Avec une proposition impérative lapostroplic est
toute naturelle. D'autre pari on retrouve plus bas [ligne 8) la
même formule im[)érativê acil6 ame, précédée du même mol
vinum, (jui cetlc fois est bien un vocatif.
TEXTES TKADLITS ET COMMESTÉS 2lo
Ptuvei-ID. e?t d'une lecture trop peu sûre pour qu'on puisse
1 iuterprêlei'.
Acil8 ame, arri'le-toi tout de suite. Ces Jeux mots sont déjà
connus. Ou a vu ams. arrèle-toi, dans Tinscriplion de Pëiouse
(§ 309 . Quant à acil-9. c'est l'adjectif acil. rapide, immédiat^
■soudain § 216 . augmenté du suifixe casuel -6 § 129. II. qui
lui donne une valeur adverbiale ^ l."6. 2 .
La proposition impéralive acil6 ame. succédant immédiate-
ment et sans liaison aux propositions principale- scara pri9as
ra)( et tei menas, elc, il est probable que ces propositions
principales out une valeur conditionnelle. De là rinlerpréla-
tion : <<y //>> se présente une coupure profonde, <isi> l'eau,
etc., marin, arréte-toi tout de suite.
332. Ligne 6. Ranemscare reu^zina, <W> à tout le moins
se rencontre une plage de sable.
Ranem. à tout le moins, adjectif qui est formé avec le suffixe
-m §111, comme lescem ^ 3Ûo . Il est ici employé adverbia-
lement (§ 156.1 . Le mot est à rapprocher du finnois raana
« user, amaigrir ^> : cf. lapon ran-cas « mince ^> Donner. III,
126. n** 1018>. On peut attribuer à ranem le sens de atténué,
très petit, d'où l'adverbe à tout le moin<. c'est-k-dive faute de
mieux. Faute d'une baie bien abritée, le marin profitera, pour
s'arrêter, dune plage favorable.
Scare se rencontre ; voir plus haut ligne 4^ § 329. Si la leçon
scare est certaine, c'est une variante graphique pour scara.
Cf. plus haut ^ 313 Afunes = Afunas.
Reuxzina hanc de sable. Krall hésite entre la lecture reu-
Xzina o[ reurzina. La leçon reuxzina paraît plus probable.
Le mut est uu sub-lanlif avec la désinence nominale -na, si
fréquente en étrusque >; 114 . Si l'on fait al)slraction de cette
désinence, il reste un radical reuxz-. qui se ramène à une
racine 'reu, C.etle racine *reu se retrouve dans le finnois rau-
ska « chose brisée », rou-ke-a « cassé », rou-hea « friable >*,
rou'hu- ou rou-hi- « écraser, piler », rou-ltp-he a choses
hachées ou écrasées menu » ; cf. vogoule rau « pelil morceau » :
ostiak rart-t- « piler -.Budenz. p. 641. u 686 ; Donner. 111.
27l» riioisii'vMK l'vr.TiE
|). 90, n" 980). *Reu. aiiurnonli' du ^iulfixc iioniinal -^ [^ 100),
a donné *reux, <liii, à son loin-, a donné naissance an dérivé
verbal 'reu-^-t- ou *reu-x-z-. ;• laide du sulljxe -t (5; 87). Le
t s'est adouei en z, comme dans nur-cpzi ij^ 239; fle-nz-na
(s5 2i6).Le substantif reu-^^-zi-na signifie proprement Piiscmble
de jx'tils (b'Iriliis, de déhrls jiilés^ c'esl-à-dire, selon tonte
vraisembianee, rlrar/e de snlde. Le mot est sujet du verbe
scare. Je traduit par une projjosition conditionnelle, comme
|)lus liant (lii>nc 4), les deux propositions scara priGas rax
et scare reuxzina se faisaut évidemment |)endanl.
333. L'njnr 6. CaveG zuslevac macra, s'il .s'é/èrr en pente
sans ii'icrre el splendide.
Macra s rlcrer en petite a pour sujet reuxzina sous-entendu.
Dans mac-r-a, il y a un sutîix(> de dérivation, le sufiixe -r
(v5 8.")), (|u(' nous venons de voir dans sca-r-a (ligne 4, § 329).
Pour le sens de pente, cl", finnois m///,i « colline, bauteur » ;
lapon mdk-la « protubérance » (Rudenz, p. 010, n" 049).
Cav-e9, sans pierre , est le substantif *cav, pourvu du sulbxc
casuel à signification privative -e6 ij^ 129, n" 3). Cav pierre est
à l'approcber du finnois /,(ipi( « noyau, caillou ». (Donner, I,
p. 70. n"200).
Zusleva-c et sjilmdide est radjectif zusleva, augmenté de
rencliti(jue de coordinn tiou -c (^i; 154, 180). Dans zusle-va,
il y a le même suffixe de dérivation nominale -va (§ 123) que
dans eit-va et marunux-va (v^ 233). Abstraction faite de ce
suffixe, il reste le radical verbal zus-l-e (Krall, II, il), dérivé
de *zus à l'aide du sulfixe -1 (§ 82). Pour le sens de *zus, heau,
magnifiqne, cf. Iiongrois dis-i/s « beau, remar(|nable » ; dis-ld-
« être florissant n (Hudenz, p. 255, n" 201 ; Donner, I, p. 125,
n" 440).
lÂfjnes 7-cS\ Surei reuxzineti ramueô <Csi^ la mise au sec
(du bateau) est sans erainte le Ioikj du rira(p' de sable.
SurGi mise au see, pi'oprement dessèchement, substantif
formé avec le sulfixe -Gi (?^ 122), comme su-Oi (§ 189), spure-Gi
(§ 234), falza-Gi j^ 300), spelane-Gi (i; 320). Pour le sens,
cf. vogoule sur- « dessécher » ; hongrois sâr-y.d- « devenir
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 277
sec »; ostiak .sOr- « id. » ; lapon sor-ro- « se dessécher (Budenz,
p. 279, n" 280 ; Donner, I, p. 190, n" 672;, Sur8i se rapporte à
rhabitude qu'on avait dans Fantiquité de tirer les navires sur
le rivage, quand la plage s'y prêtait.
Dans la proposition dont sur9i est le sujet il y a ellipse du
verbe « être » (§161). L'attribut est ramue9, déterminé par
reuxzineti.
Ramu-e6, ■■^a/is- rraintp, présente le même suffixe privatif
-e9 (§ 129, n" 3) que cav-e9, à la ligne précédente. Ce suffixe
est accolé au verbe 'ramu craindre^ s inquiéter, apparenté au
hongrois râina-l- « s'agiter, s'émouvoir » rémil-l- « être
effrayé v (Budenz, p. 6o3-6oo, n"^ 699-700; Donner, III, p. 154,
loo, n"' 1047. 1048). Reuxzine-ti le lang du rivage de sable ;
c'est le mot reuxzina de la ligne précédente, augmenté du
suffixe casuel -ti (§ 139, 10). Pour la permutation de l'a et de
l'e, voir Afunes (§ 313).
Vinum acil9 ame marin, arrête-loi: voir plus haut, ligne G, .
§ 331.
334. Lifjnc 9. Mula hursi le fait de partir <Z.étanty> à
<^son^ tour, c'est-à-dire le moment étant venu d'appareiller. Il
est singulier que le texte parle de départ juste au moment où il
vient de prescrire un arrêt. C'est que probablement l'arrêt
n'est qu'un prétexte pour préparer les opérations d'un départ.
Les prières propitiatoires pour obtenir une mer calme devant
s'accomplir sans doute à une date déterminée et au moment
d'un appareillage, on fait escale au jour dit pour avoir l'occa-
sion d'appaieilN'r suivant les rites.
Mula aller, partir, passer ; voir § 306 : mul-sl-e passer ; cf.
plus haut § 330 mulax- Le verbe mula est employé substan-
tivement (§ loi). Le verbe « être » est sous-entendu (5^ 161).
Hur-si à <^son toury-, substantif pourvu du suffixe -si indi-
quant le point d'ari'ivée (sj 129 n" 9). Pour le sens, cf. finnois
vieri- « tourner » ; vuoro « tour, alternative, changement »,
vuoro-in « successivement, tour à tour » (Budenz, p. 855,
n"951). Pour l'h initial, voir § 74.
Le groupe mula hursi forme une sorte de proposition
278 TROISIÈME PAHTIE
absolue, analogue au groupe spureSi apasi la halailh
<irtai}l'> venue à être imh'cise (§ 234) ou au groupe rivax---
tnucasi, un r/runieaii <j''tant'y- venu à étouffer (^ 30a).
335. Puru-6-n vacl ms\ frappe eonroiahlentent tout autour
(de la carène).
Puru-9-n cirru/airemenf, adverbe formé avec le sufïîxe
-n (sj 129, 5 el ii lijG, 2). Puru-6 est un adjectif formé, comme
zila-6 (^ 230), avec le sulfixe nominal -6 (§ 120). Il dérive
d'un radical verbal *pur, (|ui exjHime l'idée de eerc/e, eneeinte\
cf. § 328 purtsvana. On peut le rapproclicr du finnois pïrrl
«cercle » ; (pour l'équivalence u élrusque r= ii finnois, voir
§ 64 U 3). Le eere/e, dont il s'agit ici, c'est le tour de la carène,
qu'il est prudent d'examiner avant de partir.
Vac-1 eonvenable bon, adjectif employé adverbialement
(§ 156, i). La désinence est le suffixe de dérivation nominale -1
(§ 109). Pour le sens, cf. linnois uk-i-tta- « presser, stimuler »
• c'est-à-dire « rendre bien dispos». Peut-être y a-t-il quelque
rapport avec le lapon z-jok-as, ruok-es, vuok-o/c, «qui convient,
apte, digne » (Budenz, p. 832, n° 919). Le groupe initial vuo
en lapon répond quelquefois à un u finnois, comme le prouve
le rapprocliement du lapon vuojc- « nager » et du finnois ui-
« nager » (cf. ij 3.'>l vinum). Or c'est à un u initial linnois que
doit répondre le v initial étrusque (5^ 73).
TJsi frapper, verbe apparenté au finnois osu-, osa- « toucher,
atteindre, frapper, frapper le but ». L(^ verbe usi n'a pas de
sujet, j)uis(|iril est immédiatement suivi de la proposition con-
sécutive cluGras caperi. 11 convient donc de le traduire par
un imp('ratif, comnio plus liant les verbes ame (lignes 6 et 8).
336. Lvjnes 9-10. ClucBras caperi yvo^^r que le plaeage de
edté tienne hon. 11 s'agit ici des plancdies de la carène, qui sont
assemblées et clouées latéralemenl sur la carcasse du bateau.
ClucSras plaeaye de côté est nu substantif formé avec le
sullixe -as (^5 99), comme men-as (ligne 5, ^ 330). Le radical
clucSr- se décompose en cl + uc6r-. On a vu plus liant dans
cl-tral (§ 330) le sens de cl, (]ui signilie cé)lé. Quand à uc-6r-,
c'est un radical verbal dérivé d'un thème *uc, que nous fournit
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 279
le verbe cl-uc-e (Krall, XII, 12). Ce thème est apparenté au
hongrois Ok-ldl- « frapper (de la corne ou d'une épée), piquer ».
Uc6r-as désigne un ensemble de pièces piquées, c'est-à-dire
clouées, dou le sens de placage. Dansuc-G-r- il y a deux suffixes
de dérivation, le suffixe -0 on -t (§ 87) et le suffixe -r (§ 85).
Cape-ri est le verbe cape avoir de la prise, teivir bon, pourvu
du suffixe -ri, qui marque la destination (§ 129, n° 7) et
caractérise ici la proposition subordonnée consécutive (§ 166) ;
de même plus haut, lignes 3-4, § 328 neGunsl suc-ri 0eze-
ri-c. Pour le sens de cape, cf. finnois kâp-pa- « saisir vive-
ment, arracher « ; kàpi- « racler, écorchcr, saisir » ; hongrois
/(•a^-, « saisir.» (Budenz, p. 4, n° 6; Donner, I, p. 80, n°281,
282).
337. Ligne 10. ZamGic vacl ar flereri, et que le calfatage
soit convenable pour que le bordage protège, c'est-à-dire protège
l'intérieur du bateau contre les infiltrations. Il y a là deux pro-
positions : 1" une proposition principale impérative, zamGic
vacl, avec ellipse du verbe « être » (§ 161) ; 2° une proposi-
tion subordonnée consécutive, ar flere-ri. marquée par le
suffixe -ri ; cf. plus haut § 336 clucGras caperi.
ZamGi-c est le substantif zam-Gi augmenté du suffixe de
coordination -c (§ 154 ; cf. § 328 Gezeri-c). Zam-0i est formé
avec le sutFixe nominal -Gi (§ 122), comme plus haut sur-
Gi (§ 333). Un radical étrusque *zam correspond à un radical
ougro-linnois ayant un / initial, mais un t suivi d'une voyelle
douce (§ 72); on peut donc le rapprocher du tchérémisse tem-
« bourrer, rassasier » ; cf. hongrois tôm- « bourrer » (Budenz,
p. 230, n" 239; Donner, I, p. 151, n° 544). De là, pour zam-
Gi le sons de bourrage, calfatage.
Vacl convenable ; voir à la ligne précédente, § 335.
Ar bord, extrémité; il s'agit ici de la paroi de la carène^ du
bordage. Voir § 232 ar-ce.
Flere-ri pour protéger. Pour le sens de flere, voir § 270.
Le verbe flere-ri n'a pas ici de complément exprimé; mais il
est clair qu'il s'agit de l'intérieur du navire. Le bordage doit
être calfaté afin de constituer une cloison protectrice.
280 TR01SIÈ:\IE PAHTIE
338. Sacnisa sacnicleri lo prrire <^.s7> pour pru'i\ c'osl-à-
(lirc le jirrtre (luit prier ou priera .
Sacnisa. Je Iraduis \\^\' prrire Le sens propre v/sï persudsif^
s/'dtfcfpfir. Le l'ùle du j)rrli(' aiili(|ue est en elïel d'agir sui- la
divinili' cl d(î forcer sa l'i'sislance par des formules el des rites
d'une contrainte persuasive. La désinence -sa est un suffixe
nominal (§ M8). Le radical *sac-ni, ou *sac-n dérive d'un
thème *sac, apparenté au finnois W,7/- « mettre en branle,
émouvoir, toucher, lléchir » ; cf. sakii-loi-lti- « attirer » (Don-
ner, I, p. IGG, n" r)83). Sacnisa est le sujet du verbe « être »
sons entendu fv;. KM ).
Lu/ne 11. Sacnicleri, pour prier, est le verbe sacnicla
(Krail, V, 22; VI, 8), pourvu du suffixe casuel -ri (i:; 120, 7),
qui ex|)rime le but, la deslinalion. Le verbe sacni-cl-a (ou
sacn-cl-a) est un (b'iivé formé à l'aide du suffixe double -cl
^i; !)U), comme muni-cl-e9 (?5 2.38) et Gufulei-cl-a (§ 266).
Trin ('cUilanl, sonore, c'est-à-dire (Vune roi.r éclatante. C'est
une parenthèse rituelle pour indi(iuer le ton à prendre |)ar
le prêtre. Trin est un adjectif eniplo}('' adverbialement
(§ \i)^), 1). Il est formé à l'aide du suffixe nominal -n (§ 113)
et dérive d'nn thème apparenté au finnois tur-i-.s- « faire
<lii bniif, ronfler, boui'donner, ('dater » (Donner, I, p. 12(>,
n" 447).
Les termes sacnileri et trin suffisent à inditiuer qu'il s'agit
de paroles là. prononcei". De là vient que, sans autre transition,
la prière commence immédiatement avec flere ne6unsl.
339. Flere neBunsl sois tutélaire, ô nter. Pour le sens de
flere, protér/er, voir plus haut i; 337 flere-ri. Pour ne^unsl
mer, voir t^ 328.
Une mlax est une proposition composée du verbe une
demander, employé subsfanlivement et servant de sujet,
(§ 151), et de l'adjectif attribut mlax assez graiid, assez ho)i,
convenable , (voir § .303 mlax Oanra). Le verbe « être » est sous
entendu (î; 161). Une mlax peut s'entendre de trois façons :
1° le demander <^esl^ bon.
2" <if/uey^ le demander <^soit^ bon.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 281
3° <<-5i>- la demander <^est^ bon.
De ces trois interprétations, la première. est à rejeter, puis-
que la personne qui prie ne peutpas^ en toute sécurité, affirmer
la validité de sa prière. Etant donné l'esprit inquiet et scru-
puleux de la liturgie antique, la troisième interprétation,
l'interprétation dubitative, parait-être la plus vraisemblable.
Pour le sens de une demander^ cf. hongrois un-sol- « exciter,
demander en excitant » ; finnois ano- « demander, prier » ;
lapon ano- « demander » ; moi'dvine ana- « réclamer, men-
dier » (Budenz, p. 867, n° 965).
340. Ligne 12. PuGs GaclG B^r tei zivas. Plusieurs lettres
sont incertaines. S'il y a bien ce que Ivrall a cru pouvoir lire,
voici comment le début de la phrase pourrait s'entendre : à
partir de l'appel de F invocation . . . .
PuG-s, génitif de puG /prière ; cf. finnois /j///^/^/- ((demander»,
puuti) « demande ». Le génitif puG-s dépend de GaclG qui suit.
0acl-G à partir de l'appel, l^a désinence -G est le suffixe
casuel exprimant le point de départ (§ 129, 11); Gac-1, sub-
stantif formé à l'aide du suffixe nominal -1 (§ 109), dérive
d'un radical *Gac, équivalant au finnois haie- « demander,
chercher, invoquer » (sur la valeur du G initial, voir § 71).
Ce qui suit n'est pas assez sûr pour qu'on essaie une inter-
prétation. C'est un adjectif attribut juxtaposé à zivas ou un
adverbe modifiant zivas.
Zivas paisible; voir vj§ 240, 242. Le mot se rapporte à la
mer.
341. Ligne 13. Fier Gezine ruze nuzlxne zati zatlxne,
que le fait de conserver u/i calme tulélaire <isoit^ dans le
moment où le tonnerre est multiple de fracas, on l'éclair est
multiple de lueur.
Au point de vue grammatical, la phrase se décompose ainsi :
1" sujet fier Gezine; 2" verbe (( èlre » sous entendu (s^ 161);
3" attributs ruze nuzlxne et zati zatlxne.
Le verbe Gezine dcmrurrr calme est un dérivé du verbe Geze,
que nous avons vu plus luiut (ligne 4, § 328 Geze-ri-c;. Au
radic.il Gez- s'est ajouté b; suffixe -n (§ 84), que l'on retrouve
282 TMOISIÈME PAHTIE
dans vi-n-um (|)lii'^ li.uil, ligne r>, !< 331). Le vorl)o Oezine ost
employé substantivement (sj ilW).
Fier /((If^/aire, cpitliète de Gezine. Le radical nominal fier
a donne le verbe flere (voir i^jj^ 270, 337, 339). Dans fle-r, Tr
désinenliel est le suflixe nominal (§ 116), que Ton a vu dans
et-e-r (?< 199).
Ruze nuz-lx-ne p?2 tiKhne temps que Je fait de tonner <iest^
multiple (le fi'acas. L'idée de concomilance est rendue par le suf-
fixe casuel -ne (i; 129, G) accolé à l'ai tribut nuzl^. Le sujet de
celle j)ro|)()silioii subordonnée (^ 163) esl ruze tonner; pour le
sens de ce mot cf. finnois rota-^ « faire du fracas », rii-tu
« fracas » ; lapon (dial.) rud-j- « tonner » (Donner, 111, p. 114,
n° 1003). Ruze esl em])loyé substantivement (§ 151).
Nuzlx-ne : abstraction faite du sufîlxede concomitance -ne,
il reste nuzlx, qui se décompose en nuz + Ix- Le radical nuz
a la môme origine que le finnois nut-a-j- « faire du bruit »,
nût-i-s- « murmurer, craquer » (Donner, III, p. 39, n° 906).
Quant à IX) c'est un adjectif, auquel on peut attribuer le sens
de multiple par comparaison avec le finnois luk-e- a compter » ;
c'est le môme adjectif qui, augmenté du sufïixe de dérivation
-1 (§ 109) sert à former les jnulliples de l'unité dans la numé-
ration (voir !:; 144). Nuz-lx signifie donc multiple de fracas et
fait allusion aux nombreux coups de tonnerre qui se produisent
pendant l'orage.
Zati zat-lx-ne en même temps qne le fait de luire est mul-
tiple de lueur. La construction fait pendant à la précédente.
Ici aussi la concomitance est rendue par le sullixe -ne. Le sujet
est le verbe zati luire, apparenté au hongrois tut- « paraître,
être visible » (Buden/, p. 211, n° 221). Pour le z initial,
voir § 72.
Zat-lx muttiple de lueur pré'sen le le même verbe zat- composé
avec l'adjectif Ix multiple, (|ui est aussi dans nuz-lx-ne.
342. Lifjne 14. Sacnicstres cilGs spurestres enSiS. paroles
dites en elurur <iqui sont celles'^ de la formule commencée de
prier, c'est-à-dire de la formule par laquelle on a commencé de
prier. La formule dont il s'agit est sans doute l'invocation ini-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 283
tialo : flere neGunsl sois tutélaire, d mer (§ 339). La phrase
sacnicstres... enas ost une indication rituelle en parenthèse
et no l'ait plus partie de la prière. Le prêtre a d'abord prié seul.
La foule doit reprendre en chœur après lui les j)remiers mots
de la prière.
Pour la traduction et le commentaire il y a avantage à suivre
l'ordre, inverse de la construction.
En-as, langage, paroles, substantif formé avec le suffixe -as
(§ 99), comme |)lus haut men-as (ligne o, § 330). Le i-adical
en- se retrouve dans le finnois /i/i/ii a voix, son ». On a vu
(s^ 3f2) le verbe enesci faire des eris (= en-sc-i .
Spurestres mélangées, dites en chœur, est le participe passé
passif en es (i5 101), formé comme 0u-es (sj 243), car-es (§244),
fler-es (§ 271), mulml-es (§ 312). Le verbe spurestr- est un
dérivé de spur- mêler, que Ton a déjà rencontré sous les formes
spur-al provenant de la mêlée (§ 217) et spure-9i mêlée,
bataille (§ 234). Spure-str- est formé comme mal-str-ia
(§ 269), à l'aide du suffixe de dérivation triple -str f§ 98). Le
participe spurestres qualifie enas.
Cil9-s, gt'uilif dépondant de enas. Le substantif cil-6, formé
avec le suflixe nominal -6 (§ 120;, est apparenté au finnois
kil-ed « sonore, aigu », kil-jaist- « élever la voix » (Donner,
I, p. 57, n" 19o), Le sens propre parait être celui de « excla-
mation, énoncé »; comme il s'agit d'une prière, je crois pou-
voir lui attribuer le sens de formule. Cela correspondrait au
Carmen des Latins.
Sacnicstres commencé de prier est, comme spurestres,
un participe passé passif en -es (§ 101). Le mot est composé
1° de sacn- prier (voir plus haut, § 338 sacnisa); 2° de cs-t-r-
C07nmencer, verbe appai'cnté au hongrois kiiz-da- « com-
mencer » (Budenz, p. 28, n" 35). Dans cs-t-r-, il y a deux
sufhxes verbaux, le suffixe -t (§ 87) et le suflixe -r (§ 85).
343. Ligne 15. EGrse tinsi tiurim, <jjuey- le fait d'at-
tendre <isoit^ vif d'dtlf'nlioii dans la direction de Jupiter, pro-
position oii l'infinitif eOrse (employé substantivement (§ 151)
fait l'office de sujet. L'attribut est tiurim. 11 s'agit ici d'une
28 i THOISlÈMi: PARTIE
pi'cscriplion riluolle à riis;i<;c de ronicianl. Tnc fois la priôrn
(lilo par le itrôlre et l'épélée en pailii^ par lo chn'iir, il convicnl
(le s'arrèlcr. Il faut savoir, avant do continuer, si la formule est
bonne. On le saura en examinant le ciel avec attention et en
surveillant Tappai-ition de cerlains signes.
E9-r-S-e est un verhe dérivé, qui [trc'sente deux sufdxos,
d'iibord le suflixc -r (i^ 85), que Ton vient de voir dans spu-
rest-r-es, et ensuite le sulïixe -s (>:; 80), déjà signalé dans
ara-s-a, eentma-s-e (v:; 247) et dans hareutu-s-e (î; 319). L'n
autre passage dn texte dWgrani (Krall, XI, i'.V) nous fournit un
autre dérivé, le verbe e0-r-i, fini n'a (|ue le premier des deux
suflixes. EGrse et e6ri se ramènent à une racine e9, apparentée
à celle (|ui a donné naissance an hongrois ido « temps ». Cf.
i; 233 e6-l « à la longue ».
Tin-si 'Y'r.v /e haut, vers le ciel, vers Jupiter. Le substantif
ti-n est formé à l'aide du suffixe nominal -n (§ 113). On a vu
plus haut l'adjectif tin-s ]iaul, élevé (§ 307). Le thème *ti est
apparenté à l'ostiak tnj, toj, tej, tîj « ce qui est au-dessus,
sommet, pointe (Budeuz, }). 212, n" 221). C'est ce lliènu» *ti
qui forme, nvec le suffixe de dérivntion verbale -n (|^ 84), le
verbe ti-n- élrc en lutut, dont le participe en -i (§ 103), *ti-
n-i ou ti-n-ia fournit le nom du Jupiter étrusque, celui cjui
est en haut, celui t/ui est dans le cit'l (0. Miïllei-Deecke,
Etvuskcr, H, p. 42, note 2).
344. Tiu-ri-m rif (l'uttention, adjectif composé de tiu être
attentif vi de ri-m rif. Pour le sens de tiu, cf. linnois taju
« faculté, conception, intelligence », taju- « se j)lier à, conce-
voir )). Ouant à l'adjecli!" ri-m, il est formé avec le sullixe
nominal -m (§ 111) et dérive d'une racine que l'on retrouve
dans le finnois rei-ma-., rei-ma-stu- « pi'cndre feu, dcNcnir
ardent » ; cf. vogoule (dial.) rêj, rr u chaleur », rei-l- n devenir
chaud » (lîud(>n/.; p. (i:i8, n" 70:); Donner, III, p. 10!), n'M)î)7).
Avils xis lomj de durée c'est-à-dire qui sr /)rolonf/e un cer-
tain temps. Nous avons d('jà vu le substitutif avil âge, durée
{^"^ 177, 237, 29!)). Ici ce subsiantif est [)ourvn du suffixe casuel
-s (§ 129, !)) et dé|»iMid de xis low/, adjcdif apparenli' au
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 28^
liongi'ois hossù « long »; cf. \ ogoiile kosa ; zyrénien kùz;
tcliérémisse kuzo (Binleiiz, p. H(j, n" 142).
La proposition avils xis doit être entendue comme une
proposition conditionnelle. Le sujet est er6se, avec ellipse du
verbe « être » (ï; 16). Le sens est : si le fait d'attendre se pro-
lontje. La proposition principale est représentée par hetrn <jl
ij a)> cliose fautive , cest-à-dire il // a une défectuosité . Les
signes célestes se faisant attendre, la prière, telle cju'on vient
de renoncer, doit être tenue pour incorrecte.
Hetrn <// y «> chose fautive, adjectif ou snbstantif formé
avec le suffixe nominal -n (§ U3) et dérivé d'un radical verbal
hetr-. Ce radical verbal, formé à laide du suffixe verbal -r
(§ 85), dérive d'un tbème *het, apparenté au finnois vato- « faire
quelque chose de travers » ; cf. hongrois vét- « manquer, rater »
(Budenz, p. 578, n" G12).
345. Li(jne\iS. Acl/a être extrêmement rapide, être instantané.
La leçon n'est pas certaine. Krall donne avec hésitation aclxn.
Mais, dans une autre partie du texte (p. 34, ligne 18) il croit
pouvoir rétablir aclxa, et précisément dans un passage qui
présente la même formule acl^a ais cemnac. Du reste aclxn
n'est pas possible, parce qu'il faut un verbe, dont cemnax
serait le sujet. Je rétablis donc aclxa. Le mot est un verbe
dérivé de acl ou acil rapide, immédiat, que nous avons vu plus
haut (ligne 6, § 331 acil-G ame). Le suffixe de dérivation est
le sutfixe -x(§80), lemèmequc dans ila-x-e (§ 307), nac-x-a
(§ 323), zixu-x-e (§ 324).
Ais grand, épithète de cemnax. Pour le sens de ais, voir
§ 267 aiseras.
Cemnax ''^^^^"'' substantif formé avec le suifixe nominal -x
(§ 100), comme riva-x (§ 305). C'est un dérivé du verbe cem-
n- l/fire. flamber, ijui lui-même dérive d'un thème *cem, à
l'aide du suffixe verbal -n (§ 84). Ce thème *cem ])eul être rap-
proché du finnois kim-a « aigu, clair, brillant, éclatant », ku/i-
a-lta- « briller, luire » (Donner, 1, p. 91, n°322).
La proposition acxla ais cemnax doit être entendue au
sens conditionnel.
28() THOISIÈME PAUTIE
Oezin fier le calme <es/ ou sercCy salutaire^ c'cst-à-dirc que
la prière a élé agréée par la divinilé.
Qezi-n calme, )'epos-, siibstautil" formé avec le sulîixc nomiual
-n (5^ M;V); pour le sens, cf. v:^ 328 Seze-ri-c ; j:^ ;Jil 6ezi-n-e.
Fier salutaire ; voir i)ius liauL lir/ne 12, § 341,
346. Li(jnes 16-17. Vacl etnam tesim etnam celucn
trin '<^soi.sy> cotœenablement sonore, tanl.ùl. jtleiirard., lauloL
perçant de so/i. Il s'agil des intonalioiis (juil convieut de
prendi'e eu éuouçaul la prière. De toute l'açou, il l'aul ([ue la
prière s'eut(nide bien (trin). Seuleuicut il y a des mois qu'il
faut prononcer d'un tou suppliant; il y en a d'autres qu'il faut
lancer dune voix très pei'çante, comuie un ap[)el au secours.
Vacl coneenablement ; voir i; 335. L'im[)éi'atif du verbe
(( être » est sous-enleudu (>; IGl). L'adjectif vacl, pris adver-
bialement, modifie l'attribut trin sonore (voir § 338).
I^nlre vacl el trin se trouvent deux atljeclifs, tesim et
celucn, pris, eux aussi, adverbialeuient, et (jui, eux aussi,
modilieut trin. Ces deux adjectifs sont coordounés à l'aide de
la conjonction etnam répétée.
Le sens |)ropre de etnam est malnleiiant, alors ; le mot est
formé du d(Muonslralif e (5^ 488), à l'aide du sulFixe -tnam
(v5 140, 3), comme cala-tnam (Krall, X, y, 3), vacl-tnam
(Krall, VI, 10; VIII, li, cn-tnam (Krall, YII, 12 , sun-tnam
(Krall, XI, 13", pu-tnam (K'rall, X, y, 3). Uépélé, le mot doit
s'entendre, comme le nanc latin répété, au sens de tantôt...
tantôt.
Tes-im pleurard ou d'une manière pleurarde, allusion au
ton ])itoyable d'un suppliant ou d'un mendiant. Ailleurs
(§ 354) on trouvera l'expression etnam farGan à ce mon/e?it,
d'une roi.r pito//(/ljle. Tes-im est foimé d'un tbèmc verbal *tes-,
à l'aide du sullixe de di-rivation nominale -m (^ lll). Le mot
a la même origine ([ue tes-n-e pleurer {'^ 317) tes-n-st- san-
(jlotcr \^ 311), tes-am~s-a cesser de pleurer (§ 241).
Cel-uc-n perçant de sonorité, adjectif composé de cel- el
de ucn. l*our le sens tlu tlième verbal cel-, cf. linnois kal-hka-
« résonner », kel-ke (( résonance » (Donner, I, j). 55, n" 191).
TEXTES TKADLITS ET COMMENTÉS 287
Quant à uc-n perçant, adjectif formé avec le suffixe nominal
n- (§ 113), il se ramène au thème verbal *uc-, que Ton a vu
pins haut dans cl-uc-9-r-as (§33G) et qui ex|)rime l'idée d'une
chose (\u[ pitj(/p. i\u\ perce. La suite du texte manque.
347. Momie d'Agram. Colonne V, lignes 2-23 (Krall, p. 34).
ecn. reri. lecin. me. zec. fasle. hemsince 2
sacnics/res. cilôs. spurestresc 3
enas. eOrve. tinsi. tiurim. avils. xis 4
cisum. pute. tu/. 0ansur. ha6r8i. repinGic 5
sacnicleri. cilGl. spureri. meGlumeric 6
enas. rax6. su0. nunGenG. etnam. farGan 77
aiseras. seus, cletram. srencve. racG 8
suG. nunGenG. e.vtr^^i. al<pazei. eim. tul 9
var. celi. suG. nunGenG. eiser. sic. seuc 10
'***mL/X' nunGen. xis. esvisc. fa\ei 11
cisum. pute, tul Gansur. haGrGi. repinGic 12
sacnicleri. cilGl. spureri. nieGlumeri 13
enas. sin. eiser. sic. seuc. xis. esvisc 14
fase. sin. eiser. faseis. raxG. sutanas 15
celi. suG. vacl. Gesnin. rax» cresverae 16
hevtai. truG. celi. erc. suGce. citz. trinum 17
hetrn. aclx^. ais. cemnac. truQ. traxs. rinuG 18
citz. vacl. nunGen. Gesan. tins. Gesan 19
eiseras. seus. unum. mlax. nunGen. Ge/viti 20
favitic. fasei. cisum. Gesane. uslanec 21
mlax- eluri. reric. zec. aGelis. sacnicla 22
cilGl. spural. meGlumesc. enas. '*** 23
288 TUOISIKME l'AiniR
Lignes 2-3. ... ici iinr inlerruplion <^(i lieii^ par suppression
cl par le fait que manque le reste <^à savoir^ : « que la surface
<isoit'^ apaist'e d'aqi talion ».
Enoncé en chœur de la formule par laquelle on a commencé la
prière.
Lignes 'i-o. Que le fait d'attendre soit vif d'attention dans la
direction de Jupiter; <C">''> l'attente se prolonge, <Cc'est que^
il 1/ a quelque chose de défectueux.
Hecommundation : « <^'>ot/ez'^ parfaitement tranquilles » et
sîispension [de la prière).
Lignes 6-11. Dans la formule à prier, paroles à dire par le
clupur et à dire isolément :
Isolément : P invocation.
En chœur [et à ce moment d'un ton pitoi/able) : « o qraitdeur
suprême, <^sois'^ favorable, <^sois\^ grand e d'étendue polie ».
Isolément : F invocation.
En clui'ur : « <^sois^ bien apaisée, bien plate, constannneut
tout éi fait dormante ».
Celui qui a commencé ' : rinrocation.
En chœur : « o grandeur suprême, <^sois^ tout éi fait favo-
rable... étale-toi bien, totale, lointaine et immobile ».
Lignes 12-13. // y a <ju(dque chose de défectueux. Recom-
mandation : « <is<jyez'^ tout à fait tranquilles » et suspension.
Dans la formule à prier, paroles éi dire en chœur et à dire
isolément :
Lignes 14-1(3. i( <^Sois'^ calme, ô grande divinité, <.yow>
tout Cl fait gracieuse ; élalc-toi vaste et apaisée; <^sois^ calme,
ô grande divinité, <^soisy> bien étalée ».
Voix isolée. Chœur.
Celui qui a commencé : r invocation.
Appel régulier [du clui'ur).
Intervalle.
Lignes 16-19. <5i> l'éclair est lent à s élancer ((]), <^cest
que^ le ton de voix qui est désirable dans la phrase initiale
■1. C'est-à-dire le soliste.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 289
dite par le soliste <^a e/^'> mauvais. Si im éclair vif et éclatant
<C^est~^ instantané, <^c'est que^ la projection aignë <^de la
voix a été^ bonne à souhait.
Lignes 19-21. Invocation générale^ invocation à voix élevée :
« o grandeur suprême^ <^sois^ favorable ; <isi~^ la prière
<^est'^ bonne, au milieu de la tempête universelle et de l ou-
ragan <Csois~^ bien étalée ».
Ligne 21-23. Au moment de certains appels et de certaines
émissions [de voix), fais convcnableme/it un effort de violence et
puis interromps-toi. Pour le reste de la prière, emploie un ton
plus doux.
Dans la formule, paroles dites par le chœur et isolées
348. Ligne 2. Ecn zeri lecin ici une interruption <CPst'y au
moyen cVune coupure, cesl-à-diie qu'on supprime ici quelques
mois dans la formule.
Ecn, ici, est le démonstratif ec- (= eca, voir ^ 188), aiig-
menlé du suffixe casiiel -n (§ 129, S), qui lui donne une valeur
adverbiale (§ 136, 2) ; voir § 264.
Zer-i interrompre, radical verbal que l'on a déjà rencontré
sous les formes zer-is interrupteur (§ 293) et zeriu avoir des
interruptions (§ 323) ; zeri est sujet du verbe « être » sous
entendu (i; 161).
Lecin par le fait de couper est le verbe lec-i, pourvu du
suffixe instrumental -n (v< 129, 5). Leci est apparenté au
finnois /e/A'-y^-a- «couper » ; cf. hongrois /eZw/ « trou, tranche »;
osliak lêk « coupure à travers champs « ; lapon A/7./- « ouvrir »
(Budenz, p. 691, n" 748; Donner, III, p. 469, n° 1035).
Inc zec fasle hemsince et par le fait quil n' g a pas le reste
(à savoir) fasle hemsince, c'est-à-dire par [absence des der-
niers mots <Ccjui sont^ fasle hemsince. La formule, sans
doute indiquée précédemment, est ainsi écourtée.
I-n-c présente l'enclitique de coordination -c (§ 134). I-n,
par le fait de ne pas être, est l'auxiliaire négatif i (§§ 27, 28)
pourvu, comme leci-n, du suffixe instrumental -n (§ 129, 5).
On a déjà vu in aux i;^ 2ï{\ et 316, ainsi que la forme ren-
iforcée in-pa (§ 294).
19
290 TROISIÈME PARTIE
Zec le reste. Il s'agil do la lin de la lorniulc. Le mot paraît
èli'e en rappoi't ('lymologique avec le limiois tah-de « reliquat ».
349. Fasle hemsince <^qiie^ le fait de s étaler <^soit^ à
l'i'ldt de chose apaiser d'agitation. On deinaiidc à" la mer de
s'étaler bien apaisée. Le verbe fasle est employé substajili-
vemeiit (§ 161) et sert de sujet au verbe « être » sous-entendu
(i; l(»I). Hemsince sert d'attribut.
Fasle s'étaler est formé à l'aide du sullixe de dérivation -1
(5; 82), comme esM-a (§ 309) fus-l-e (§ 310), zus-l-e (§ 333).
(Vest un dérivé du veibe fase, que l'on rencontrera un peu
plus loin (Krall, V, 15) et qui est apparenté au hongrois /^/i-<7/-
« s'étendre, s'étaler » ; cf. fds-it « étendre, tendre » {Badenz,
p. i)'2\, n" 548). Le dérivé hongrois fds-ul- est l'équivalent
exact du dérivé étrusque fas-l-e.
Hem-sin-ce. La désinence est le suffixe casuel -ce (§ 129, 2).
Hem-sin, apaisé darjitation^ est composé de hem, agitation et
de sin apaisé. Pour hem, cf. linnois vem-pa- « secouer, agiter »
(au sujet de l'h initial, voir i> 74). Si-n apaisé, calmé, rassis,
adjectif, formé avec le suffixe -n (§ 113), se ramène à un
thème *si, apj)arenlé au finnois sij-a « lieu, place » ; cf. y;)-
o-tta- « installer, poser, asseoir « ; sij-o-tla « s'installer, s'as-
seoir (Budenz, p. 134, n'^ 1G2; Donner, IL p. 94, n" 780).
350. Ligne 3. Sacnicstres cil0s spurestresc enas est la
phrase consacrée pour iu(li(}uer la reprise par le clui'ui" de la
formule initiale fiere neôunsl; voir §342. (^etle phrase, (jui
revient plusieurs fois dans le texte de la Momie, présente ici
une variante singulière. An lien de spurestres, le texte porte
spurestres-c, avec une enclili(iue de coordination, qui est tout
à fait inexplicable, étant donné la construction grammaticale.
Celte leçon étant unique, une erreur du copiste est probable.
Lig)ie 4. Eôrse tinsi tiurim avils xis mêmes formules
qu'aux § 343, 344, 3 1.").
351. Ligne 5. Cisum pute il g a (jaelqiie manque, c'est-à-
dire qu'il y a dans la j)rièie quelque chose de défectueux; cf.
plus, § 345 hetrn.
Cisum se décompose en ci 4- sum et signifie proprement
TEXTES THADLITS ET COMMENTES 291
quantité de quoi, c'est-à-dire quantité indétenninée. Ci est appa-
reillé au hongrois /i/ « qui, lequel? quelque » ; cl", finnois A'e-,
kc-ne ; mordvine ki (Budenz, p. 28, n" 36). Sum est à rappro-
cher du linnois .so?««, sem-a a quantité, nombre » ; hongrois
sûnï « nombre » (Donner, II, p. loG, n" 847).
Pute manquer^ vtrc défectueux ; cf. finnois pûttu- « man-
quer » (Budenz, p. 529, n° 556). Le verbe est employé ici, soit
d'une façon impersonnelle (// juanque), soit substantivement
avec ellipse de ". être » [il y a manque).
Tul Gansur ha0r8i recommandation : « <^soijez^ tout à fait
parfaits de tranquillité ». C'est la recommandation faite par le
capitaine ou le prêtre, pour rassurer la foule émue par les
signes défavorables. La recommandation est tul BsnisuT ne vous
inquiétez pas.
Tul approprié, légitime, régulier (cf. § 218), adjectif employé
adverbialement (§ 156, 1) avec le sens d'une particule super-
lative [tout (i fait).
0an-sur, parfait de tranquillité, est composé de Gan tran-
quille (cf. § 195 Gan-r ; § 284 Ganursi) et de sur, apparenté
au finnois sor-ea « juste, exact, régulier, beau » (Donner, 1
p.l83, n°6l9).
HaiB-r-Qi recomniandatio?i Qii un substantif en -0i (§ 122),
formé comme spure-0i (g 234), spelane-0i (§ 320), sur-8i
(§ 333). Il dérive d'un radical haG-r-, formé à l'aide du sutïixe
-r (§ 85), qui se ramène an thème haG- (cf. Krall, IX, 4, 12,
20 : haG-e-c . Le thème haG- est l'équivalent du finnois rdti-
« demander, réclamer, exiger»; (pour la valeur de l'h initial,
voir § 74).
Repin-Gi-c et interruption est, comme haG-r-Gi, un subs-
tantif en -Gi (§ 122), augmenté du suffixe de coordination -c
(§ 154). Le radical rep-in-, formé à l'aide du suffixe -n, -in
(§ 84), dérive d'un thème *rep-, apparenté au finnois rep-e-
" être déchiré »; cf. hongrois rup-nd- « fendre, fêler ». Repin-
Gi signifie j)roprement .scm/o^i et indique un temps d'arrêt dans
la prière. La phrase ([ui a été énoncée ayant été reconnue in-
correcte, on suspend pour un moment la cérémonie, comme
292 TROISIÈME PARTIE
pour prendre le Iciiips de clierc lier une loruiult' meilleure.
352. Ligne 6. Sacnicleri cilGl spureri meelumeric enas
dans la formule à prirr, parolcfi à mrlor et, à isoler. La précédente
formule n'ayant pas réussi à cause de quelque incorrection, on
recommence la prière en la modifiant. Celte fois, la prière
comporte ce (ju^on pourrait appeler des versets et des répons.
L'officiant dit seul certaines paroles; le chœur en dit d'autres
et l'on alterne.
Sacnicleri cil6l dans la formule à prier; on a déjà vu ces
deux mots, sacnicleri au § 338. cile au § 342. La désinence de
cile-1 est le suffixe casuel -1 (§ 129, 4), indiquant Tendroit près
duquel se trouve l'objet, ou la chose à la(|uelle on est occuj)é.
Spureri, « ??u'/er, est le verbe spure ;/^^'/i?r, pourvu du suf-
fixe de destination -ri (§ 129, 7). Pour le radical spur, voir
plus haut spurestres sj 342).
Me9lumeri-c et à isoler, est le verbe meGlume isoler, aug-
menté du suffixe -ri, comme spureri. et pourvu de l'encli-
tique de coordination -c (§ 134). Le texte d'Agram donne plus
bas (Krall, p. 34, ligne 23) le participe passé passif meOlum-
es. Le verbe meGlume dérive demeGlm.sr^^// (ou meSlum , (jue
l'on a vu plus haut i; 239.
Enas parole ; voir i; 342. L'apposition spureri meGlumeric
représente une proposition relative : -j;/ui sont:, à mêler et à
isoler (§ 1IÎ2).
353. Liijne 7. Rax8 isolé, est ou bien l'adjectif rax6 em-
ployé adverbialement (§ 156, 1) ou bien l'adjectif pris au sens
de soliste. Puisque dans la prière il doit y avoir alternance
d'une voix isolée et du chd'ur, le riliud marque le changement
des voix. Rax6 doit être considère'' comme une indication ri-
tuelle entre parenthèses. L'adjectif rax-6 est foi'uié, avec le
suffixe -e f§ 120), comme zila-ô (§ 231). Il dérive du substan-
tif rax coupure (§ 329). De l'idée de cJiose coupée, détachée à
l'idée de chose isolée la ti-an-iliou (^st toute uatiii-ellc. Ou re-
trouve la mémo transition dans me9lum seuf qui se rattache à
une racine ougro-finnoisc signifiant couper (voir § 239).
Sue la phrase ou le cri. Le mot est formé à l'aide du suffixe
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 293
nominal -6 (§ 120) et dérive d'un llième *su, apparenté an fin-
nois .situ « bouche » (Budcnz, p. 266, n° 272). Su9 tient lieu
d'une phrase entière, qui a été donnée dans une autre partie
du rituel et qu'on juge inutile de répéter chaque fois intégra-
lement. De môme, dans nos chansons, on écrit « refrain », sans
reproduire, après chaque couplet, les termes du refrain. Je
crois qui! faut entendre par là le cri d'invocation flere
neôunsl (§ 339). Voilà pourquoi je traduis : l'invocation.
354. Nun9en6 ensemble, en totalité, adverbe formé de l'ad-
jectif nun0en totalité, tous (Krall, passim), à l'aide du suffixe
casucl -6 (s! 129, 2; cf. 150, 2). L'adjectif riunôen est formé
avec le sutfixe nominal -n (§ 113 , comme he-n (§ 311), tri-n
(§ 338). C'est un dérivé du verbe *nunee, lequel dérive à son
tour d'un radical verbal *nu, à l'aide du sulfixe de dérivation
verbale -nô (^ 94), que nous avons vu dans rav-n6-u (§ 227).
Le radical *nu peut être rapproché du hongrois 7ii (enclitique)
« aussi nombreux » (Budenz, p. 402, 428; Donner, III, p. 31,
n° 896). NunGene est, comme raxO, une parenthèse pour indi-
quer le changoinent de voix.
Etnam farSan à ce moment miser ahlenient, c'est-à-dire à ce
moment avec une intonation de détresse. Cela est encore une
indication rituelle : il faut que l'invocation qui va suivre soit
lancée avec un accent propre à inspirer la pitié.
Etnam ci ce moment, alors, maintenant, adverbe dérivé du
démonstratif e ou a (§ 188 ) et formé à l'aide d'un suffixe -tnam
(§§ 133, 3 et 346).
Far8-a-n misérablement, adjectif employé adverbialement
(§ 156, 1). L'adjectif est formé avec le suffixe nominal -n
(§ 113], comme nunOe-n. C'est nn dérivé de farG misérable,
malheureux., pitoyable que l'on a déjà rencontré (§ 223) ; cf. les
dérivés farGna, farOnaxe i§§ 224,223, 226).
355. Ligne 8. Aiseras sens o c/randeur suprême, <isois^
favorable. Pour le sens de aiseras grandeur suprême, voir
§§ 267, 300. 11 s'agit de la mer, qu'on iuvof[uc comme une
divinil('.
Seu-s favorable, adjectif formé avec le suffixe -s (§ 117).
294 TKOISIÈME PARTIE
C'est un dérivé de *seu, que l'on peut rapprocher du finnois
suo- « être Ijien disposé, facile de caractère » (Budenz, p. 188,
n* 205; Donner, II, p. 104, n° 78o). Il y a ellipse du verbe
« être » (§ 161).
Cletram srencve soi\ fjrand d'Hcndue polir. Cle-tr-a-m
yjo//, reluisant^ est un adjectif foi'iiK' avec le sufïixe -m (§ 111).
Il dérive d'un radical verbal *cle-tr- rtre uni, qui lui-même
dérive de *cle à l'aide du suffixe -t (i^ 87) et du suffixe -r (§ 85) ;
pour le sens, cf. finnois kal-p-a « poli, glissant », kel-c-a « uni,
poli » (Donner, I, p. 59, n" 201). L'attribut cletram a une
valeur consécutive : de façon à être poli.
Sr-en-cv-e soi's' grand d'étendue, verbe composé : 1" de sr-
s' étendre, être étendu, épanoui, dilaté (cf. finnois siro « état
d'expansion »); 2° de en-cv-e être e/rand, verbe formé de en
grand [ci. cep-en, i; 220) à l'aide du suffixe double -xva, -xve
(§90 bis).\c\ le suffixe est-cve au lieu de -xve. Mais plusieurs
passages du texte donnent srenxve iKrall, II. 10; III, 13, 10;
IV, 10; IX, 15).
Race su9 isolément r invocation ; voir plus haut, § 35.3. Race
est une variante graplii([ue de raxO. Sur la permutation du c
et du x< voir § 68 et ci-dessus srencve, srenxve.
356. IJgne 9. NunOenO estrei alcpazei eim tul var en-
semble : (( sois grande d'apaisement, gra))de d'aplatissement,
toujours parfaitement dormante. »
NunOene ensemble; voir plus haut i; 354. C'est le cliunir qui
reprend.
Estr-ei grand d'apaisement c'est-à-dire très apaisé. Nous
avons déjà plusieurs fois rencontré l'adjectif ei grand, attri-
buant une valeur superlative aux mots qu'il accompagne (voir
§§ 203 et 322). Le radical Ncrbal est-r- est foriné avec le suf-
fixe de dérivation -r (§ 85) et dérive du verbe es-t- tomber,
s apaiser (voir § 321 es-t-ac). Cela se rapporte toujours à la
mer. Les différentes parties de la prière, bien que coupées ])ar
les alternances du soliste et du chœur, se suivent grammaticale-
ment; c'est la continuation de la phrase iuipé'ralive <^sois'^
favorable (i< 355;.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 295
Alcpazei rjrand d' abaissement, d'aplatissement. Abstraction
faite de Yi\à\çc\.'\ï ei grand, il reste le radical verbal al-cpaz- ou
al-cpz-. radical formé exactement de la môme manière que celui
de nur-<pz-i (§ 239), avec le suffixe de de'rivation double -cpz
(§ 94j. Al-<pz- se ramène à la racine al en bas; cf. § 302 al-a6.
Eîm constamment est à rapprocher du finnois/z-wz-i^r/ « rigide,
stable, constant ». L'adjectif est ici employé adverbialement
(s; 156, 1).
Tul tout à fait : voir plus haut tul ôansur (§ 3ol).
Ligne 10. Var/rtv. fatigué, c'est-à-dire, puisqu'il s'agit d'eau,
dormant; adjectif apparenté au vogoule ur « être maigre »; cf.
zyrénien or « être à bout de forces » (Budenz, p. 754, n" 817),
Celi su9 le commençant : l'invocation. Le commençant ou
celui qui a commencé (voir § 327), c'est la personne qui parle
seule, le soliste, dont la voix alterne avec celle du chœur. Le
mot celi tient la place ici de l'indication rax6 isolément. Pour
le sens de su9, voir § 353.
357. Nun9en9 eiser ensemble : « o très grande [divinité). »
Nun9en9, voir § 354.
Eiser, o très grand, est une variante graphique de aiser
(§ 267). Ce mot est ici une invocation à la divinité.
Sic seuc. <sv>/v> tout à fait gracieuse. Sic, tout à fait ; cf.
finnois siki <■< absolument ». Seu-C. gracieux, gentil, est à rap-
procher de seu-s, favorable, qu'on a vu plus haut, § 355.
Les deux adjectifs ont la même racine, mais non le même
sufïixe. Ici le suffixe est -c (§ 100), comme dans zil-c (§ 219).
Après seuc, le texte, au début de la ligne 11, est mutilé. Il y
avait probablement quelque chose comme [une] mlax <'^'> l(i
prière est bonne (cf. ^ 339;.
Ligne \ 1 . Nun9en xis esvisc fasei <sois> grande à t' étaler
totale, lointaine et immobile.
NunOen. total, s'appli([ue ici à la mer. On pourrait être tenté
de cunsitlércr nun9en comme une indication rituelle, destinée
à marquer la reprise du chœur après la voix isolée. Mais l'in-
dication nuii9en9 est déjà à la ligne précédente et rien dans
l'intervalle ne laisse supposer qu'il y ait eu un changement de
296 TKOISIÈME PAHTIE
voix. La lacune est trop [X'iile pour que le changement de voix
y ait élé lorniulé.
Xis lontj^ prolongé, lointain; cl', s; 345.
Esvisc^ immobile, équivaut à es-v-s-c et [)résenle trois élé-
ments : 1" le radical verbal es-v-, dérivé de *es tomber icf. § 356
es-t-r-ei) à Taide du suffixe -v (§ 88) ; 2° le suffixe nominal -s
(s! H 7) ; cf. § 355 seu-s ; 3" l'enclitique coordinatrice -c (§ 154).
Fasei, grand cV étalement, composé de fas- s" étaler (cf. § 349
fas-l-e) et de ei grand, que nous venons de voir dans es-tr-ei
et alcpaz-ei (§ 356). Les trois adjectifs nunSen, xis et esvis ont
une valeur adverbiale (§ 156, 1). Ils précisent l'idée contenue
dans le verbe fas-. On demande à la mer de s étaler en tota-
lité, au loin et d'une manière immobile {sans bour/er).
358. Ligne 12. Cisum pute tul Bansur haBrei repinGic.
C'est la formule de la ligne 5 (§ 351). La prière est encore dé-
fectueuse et ne vaut rien. 11 faut s'arrêter un instant pour cher-
cher autre chose. On va recommencer avec une formule un
peu modifiée.
lÀgne 13. Sacnicleri cil0l, etc. (comme à la ligne 6, § 352),
dans la formule à prier, paroles à mêler et à isoler, c'est-à-dire
paroles à dire alternativement par une voix isolée et par le
chœur. Le texte porte me0luineri sans l'enclitique de coordi-
nation -c, qui se trouve partout où cette phrase est reproduite.
Il y a là probablement un oubli du copiste.
359. Ligne 14. Sin eiser sic seuc <Csois> calme, ô très
grande <idivinité'> , <Csois'^ tout à fait gracieuse. Nous avons
déjà rencontré ces mots plus haut : sin dans hem-sin-ce
ligne 2, § 3i9): eiser sic seuc à la ligue 10 f§ 357).
Xis esvisc fase étale-toi lointaine et immobile. C'est la môme
formule qu'à la ligne M (§ 357). La seule différence est qu'au
lieu de l'adjectif fas-ei (jrand d'étalement, il y a ici le verbe
fase étnlr-toi, épands-toi.
Sin eiser faseis <.sois\> apaisée, n grande divinité, sois
grande cVétalement. Retour de formules déjà vues, sauf que
l'adjoclif fas-ei est remplacé par radjcclif synonyme fas-eis
grand d'expansion, composé de fas- et de eis grand (cf. eis-er).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 297
360. Il est à remarquer que dans tout ce passage, contraire-
ment à ce qu'on a vu plus haut, Tindication générale paroles en
chû'iir et paroles isolées n'est pas suivie des mentions raj^G,
nun6ene, pour marquer l'alternance des voix. Le texte donne,
immédiatement après enas (ligne 14) le texte de la prière sin
eiser, etc. Il est impossible cependant de croire que le rituel
n'ait consigné sur Talternance des voix aucune indication. L'in-
dication existe en effet, mais à la fin de la ligne 15. Elle est re-
présentée par les deux mots rax6 sutanas, dont l'un signifie
isoU\ soliste, dont l'autre signifie mêlée.
Ligne 13. Sutanas mêlée, ehœur, est un substantif en -as
(§ 99), formé comme men-as (§ 330). Il dérive d'un verbe
sut-a-n- dérivé lui-même, à l'aide du suffixe -n (§ 84), d'un
radical *sut-, que l'on retrouve dans le finnois sota « guerre ».
L'idée de « guerre » et l'idée de « mêlée » sont très intimement
liées. C'est ainsi qu'en étrusque le même thème spur présente
les deux sens (voir §§ 217, 234, 342). C'est ainsi qu'en hongrois
le mot luihorù signifie « guerre » et « confusion, tumulte »
(Budenz, p. 127, n° 154).
L'indication rax6 sutanas [soliste, chœur), placée après le
libellé de la prière, veut dire que les termes de cette prière
doivent être énoncés deux fois, d'abord par le soliste, ensuite
par le chœur.
Ligne 16. Celi suG le commençant : l'invocation, c'est-à-dire
après le chœur (sutanas), reprise de V invocation initiale par le
soliste.
361. Ligne IG. Vacl Gesnin rax appel régulier, intervalle.
L'appel régulier, c'est la répétition, par le chœur, de la for-
mule flere neGunsl, qui constitue l'invocation initiale et que
vient de reprendre le soliste. Vacl Gesnin tient la place de la
phrase : sacnicstres cilGs spurestres enas (ligne 3). Quant
à rax coupure, intervalle, il répond à ratlenl(^ (eGrss) du signe
céleste (ligne 4).
"Vacl, régulier, convenable, ordinaire ; voir § 333.
ôesnin appel, substantif formé avec le suffixe nominal -n
(§113) et dérivant d'un radical verbal Ges-n-, lequel dérive
298 TROISIÈME PARTIE
liii-mèmo il'iin llirine *6es h Viùdo du suHixo verbal -n (§ 84).
Lo llièine *ees se rolrniive plus l)as dans les formes Ges-an,
ees-ane (lignes 19,21), On a l'équivalent du thème 'Ges dans
le linnois ham-ta- « appeler, citer, défier, menacer, adresser la
parole » (pour le G initial, voir § 71). Rax coupure, intervalle;
sur ce mot voir § 329.
Dans tout ce passage, le rédaclcur du rituel procède par
indications abrégées : soliste — chœur — cfliii cpn commence :
l'invocation — l'appel régulier — intervalle.
362. Cresverae hevtai tru6 t^st le texte donné par Krall,
mais hevtai n'est pas certain et la leçon cresverae est sus-
pecte en raison de la désinence insolite ae. On peut cependant
entrevoir le sens.
Ligne 17. TruG éclair est un substantif formé avec le suffixe
nominal -6 (i; 120). Il dérive d'un thème *tr, apparenté au
finnois tir-ki-a « clair, éclatant » (Donner, I, p. 136, n° 483).
Laissons de C(Mé hevtai, sur lequel on ne peut faire que des
conjectures incertaines. Mais il n'en est pas de même de cres-
verae. Abstraction faite de la désinence douteuse -ae, il reste
un radical verbal cresver-, qui se décompose en cre + sver.
Le premier de ces deux éléments peut être rapproché du fin-
nois kara- « s'élancer, courir, sauter, fuir » ; cf. hongrois kâr-
g-("a-(^ faire fuir, chasser, poursuivre » (Donner, I, p. 30,
n° 133). Voir plus haut § 2o3 créais. Quant à sver-, formé
à l'aide du sullixe verbal -r (§ 85), il peut être rapproché du
finnois sip-o- « marcher en se traînant »; cf. hip-e-r-tà-
« s'avancer lentement » (Donner, 11, p. 188, n" 790). l^e fin-
nois hip-c-r-ln-i'X rétrus(|ue sve-r- présentent le même suflixe
-r. De ces comparaisons il résulte, pour cre-sver-, le sens
de être lent à s'élancer. Il s'agit de l'éclair qui se fait attendre.
La formule répond à celle du § 343 avils xis-
J'interpréterais donc la phrase cresverae etc. comme une
proposition conditionnelle, au même titre que la phrase avils
xis : '«7' l'éclair... est lent à sr produirr.. .
363. Celi erc suGce citz trinum hetrn, <.cest quey- clans
l'invocation cjui a commencé et cjui a été dite isolémcfit la sono-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 299
rite désirable <a (Hr> manqure. Cette phrase est l'explication
du signe défavorable qui résulte du manque d'éclair. Elle pré-
cise ce qu'en d'autres endroits du rituel on indique simplement
par les mots vagues cisum pute // y a quelque défectuosité
(§ 3ol).
Celi commençant, qui a commencé (voir § 327).
Er-c est l'adjectif er séparé, disjoint, pourvu du suffixe do
coordination -c (§ 154). Séparé signifie ici distrait du chœur
c'est-à-dire énoncé isolément. Pour le sens de er, voir § 288
er-s-ce à la séparation. Le participe celi et l'adjectif er-c qua-
lifient le substantif suôce t[ui suit.
Su9-ce dans f invocation ; \a désinence est le suffixe casuel
-ce (§ 129, 2). Pour le sens de su9, voir § 3o3.
Citz désirable, adjectif dérivé de *cit envie, désir ; cf. hon-
grois kâd-v ; votiak ktd ; zyrénien kid (Biidenz, p. 9, n° 14;
Donner, I, p. 23, n° 80). Le z désinentiel paraît être le suffixe
nominal -t ou -0 (§ 120), qui s'est adouci en z (§ 72), à cause
du voisinage d'un autre t. L'adjectif citz se rapporte à trinum,
qui suit.
Trin-um, sonorité, est à rapprocher de trin, sonore (voir
§ 338). Trin-um est une sorte de participe [nomen verbale),
formé à l'aide du suffixe -m (§ 111), comme vin-um (§ 331).
Il dérive d'un radical vei'ba! tri-n- formé du thème tri- à l'aide
du suffixe -n (§ 84). Trinum est le sujet d'un verbe « être »
sous-entendu (§ 161). L'attribut est hetrn.
Ligne 18. Hetrn manqué, c'est-à-dire qu'il y a eu une défec-
tuosité dans lu façon de lancer l'invocatiou. On a déjà vu ce
mot § 345.
364. Aclxa ais cemnac tru6 si un éclair ç/raud et éclatant
est instantané ; c'est à peu près la phrase que l'on a déjà ren-
contrée au § 346. La seule diiïérence, c'est qu'au § 346 le verbe
aclxa a pour sujet le substantif cem-n-a-/ lueur, dérivé d'un
radical verbal cem-n-, tandis qu'ici le sujet est tru9 éclair
(voir § 362), accompagné de deux épithètes, qui sont ais
d'abord, puis cem-na. L'adjectif cem-na est formé du thème
cem à laide du suffixe nominal -na (§ 114). Le c linal de
300 TROISIÈME PAHTIE
cemna-c <"sl r('iir]ili({ne di' coonlinalion (>5 154). Pour lo sons
(If ais i/r(uul, voir aiseras (>; 2G7).
Traxs rinuS citz vacl ■ :j-\"'/ y//<", /f/ projection aif/iië (de
la voix) <« (C'7t'> convena()lfi à souhait. 11 s'agit de l'eUort de la
voix donnée par le soliste. Gel ertbrl ayant élé ce qu'il devait
ôlro, le signe céleste a été favorable.
Traxs aitju, adjectif dérivo de tr- jiointt' ; cf. >; 320 cl-tr-al.
La dérivation est double, d'abord à l'aide du sulFixe x (?; 100 5
cf. i; 203 mlax), ensuite à l'aide du sufïixe -s (§ 1 17).
Rinu-0 projccl'ion, substantif formé à l'aide du suffixe -6
(§ 120) coQinie tru-ô § 302 . Le radical rinu- peut être rap-
proché du finnois riui-ttà-, «Jeter avec violence » (Donner, III,
p. 125, n" 1017) ; pour la voyelle, voir § 63, 1, 4.
Li<jn(' 19. Citz vacl convenable à souhait. L'adjectil' citz (voir
plus haut i; 303, est ici pris advcibialcment (§ 156, 1). Pour
vacl conrrnable, \o\y § 333.
365. Ligne 1!). NunBen Gesan tins 9esan invocation r/éné-
ralc, invocatio/i à roi.r haute. Après l'éclair favorable on
reprend en chœur, et dune voix très élevée, la formule d'invo-
cation énoncée à la ligne 20.
NunGen total, tjénrral, c'est-à-dire en chœur; l'adjectif est
ici ('pilhète à Besan. Pour le sens voir§ 354.
Gesan invocation, appel; voir plus haut, § 361 ôesnin. Dans
eesa-n, la désinence est le suffixe nominal -n (§ 113; cf. i§ 294
Gapicu-n).
Tin-s rlevr, c'est-à-dire à trl's haute voix; voir § 307.
Li(jnr'li). Eiseras seus n (jrandeur suprême, <isois'~> favora-
ble. For-uiule déjà vue, ligne 8, s; 355 aiseras au lieu de eiseras).
C'est le commencement de l'invocation annoncé par Besan.
Unum'imlax <•«> ma [ou la) prière <est> bonne [e. à d.
agrrrc . On a vu plus haut .îj 329 une mlax» I^^^i, a" lieu de
une, on a unum. Le mot peut s'expliquer de deux façons,
soit comme nu substantif en -m i; 111) à la façon de vinum
(§ 331) ou de trinum (j; 363), soit comme le verbe un- i)<»urvu
du sulfixe possessif de la première personne (§§ 43-45; cf.
lupu-m).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 301
366. NunGen 8eiviti favitic fasei pendant tout le temps que
durera la tempête r/énérale et l'ouragan <sois> bien étalée;
c'est la fin de l'invocation.
Niin6en total, général, universel; voir plus haut ligne 19
nunGen Besan. L'adjeclif ici sert d'épithètc à ôeiviti et à
fa vit i.
Ligne 21. Oeiviti et faviti-c sont coordonnés par l'encli-
tiqne -c (i^ la4 . Les doux mois ont une structure identique.
Tous deux sont pourvus du suffixe casuel -ti (§ 129, 10), qui
exprime l'idée de durée, de prolongement (= le long de). Tous
deux présentent le môme élément de composition, le thème
hi- (cf. Krall, VIT, 2 hi-a), qui signifie être fort, être violent;
cf. finnois voi- « être fort » (Budenz, p. o89, n° 622). Le thème
s'écrit ici vi-, parce qu'il n'est pas inilial (cf. § 74).
Reste à déterminer le sens de Sei et de fa.
0ei est l'équivalent (§ 71) du finnois haja état de dispersion^
de désordre et de bouleversement (Donner, II, p. 130, n" 817) ;
d'où pour 9ei-vi- le sens de être violent de bouleversemant, de
tempête.
Fa est apparenté au hongrois fuj-, fa- « souffler »; cf.
vogoule puo- ; mordvine pova- et fa- ; tchérémisse pu-\ finnois
puh-ka- (Budenz. p. .j40. n" "j68\ Fa-vi- signifie donc être vio-
lent de rrnt.
Fasei grand d'étalement : voir ligne TI , s^ 3o7.
La |)hra<e nunGen Geiviti favitic fasei correspond à peu
près, pour le sens, à la phrase du § 341 : Gezine ruze nuzlxne
zati zatlxne que le repos <soit> tandis que le tonnerre est mul-
tiple de fracas, que réclair est multiple de lueur.
367. Ligne 2! . Cisum 9esane uslanec mlax eluri zeric au
moment de faire certaius appels et certaines émissioîis [de voix),
fais convenablement ttn effort de violence et puis fais une pause.
Cisum quelque, un certain, voir § 3ol. L'adjectif se rapporte
auxd(M)x v(Ml)('S(jui suivent Qosane, uslane, qui sont coordon-
nés par rcncliliijiic -c (§ 154). Les deux verhes sont employés
suhstanlivement (s; tol\
Les deux verbes 6esa-ne. usla-ne sont pourvus du même
'M)2 iRoisiKMi: l'AiîTii':
sullixe cuMicl, le suUixe -ne, ex[)i'imaiil la cuuconiilance
(!:; 129, G). 0esa-ne signifie àonc pendant l'iulc d'invoquer (voir
§ 3G] 6es-nin . Qiianl an verbe us-l-a (cl". Krall, VII, 13 us-
1-i), c'esl un dérivé du radical vei'bal us- (voir i; 335 us-i
frappe). Le sens propre paraîl èlrc lancer; cf. linnois osii-^
osa- « lancer contre un but, viser, toucher, frapper ». Usla
signiliciail ibinc lancer [la ruir), nnettre [la voix) et usla-ne
pendant l acte d émettre.
L'Kjnc 22. Mlax bien-, convenablement; voir §§ 303, 339.
YX\x.vï faire c/fort de violence, pour que le son soit plus aigu.
Le mol so décompose en el + uri. Pour el-, cf. finnois al-hii
« vif, violent » ; dlli « fougue ». Uri est ajjparenlé au linnois
///■/, uri-tiïs « elfort 'j, ïir-itld- « faire elfort w. Le ra|)procliement
peut se faire parce que, à cause de la composition, l'u n'est
pas initial (cf. § G4).
Zeri-c est le verbe zer-i interrompre, s'interro)nj)re (§ 348),
avec reiiclili(|uc de coordination -c (ij lo4). L'interruption
désigne, selon toute vraisemblance, une pause après cbaque
eflorl de voix.
368. Zec aGelis sacnicla pour le reste, fais la prière plus
doucement^ c'est-à-dire pour le reste de la prière (abstraction
faite des quelques passages où il convient de forcer la voix),
emploie un ton moins (klatant.
Zec restant, adjectif employé ici adverbialement (§ ISG).
Voir ,^ 348.
A0elis plus doux, adjectif employé adverbialement (§ loG).
Le MU)t est c(unposé de a0-e rire doux (cf. v:^ 322 aô-u) et de
lis plus (p-and; cf. finnois Usa « aiidilion, augmentalion »
A0e-lis signifie proprcmenl plus çp-and de douceur.
Li(jne 23. Cil0l spural me0lumesc enas dans la forviule
paroles provenant du chœur et isolées c est-ù-dire paroles dont
les unes sont dites par le chœur et les attires par le soliste. C'est,
sous une autre forme, la phrase de la ligne G, § 3o2 sacnicleri
cil0l spureri me0lumeric enas. Ici, au lieu de sacnicleri
cil0l, on a cil0i seulement. Spur-al est le substantif spur
mêlée [ci. § 217) avec le sullixe casuel -al (§ 129, 1).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 303
MeSlum-es iso/é csile participe passé passif .§ 101^ du verbe
me9lum-e iso/e?' (§ 3o2). Le c de meGlumes-c est renclitique
de coordination (§ loi).
Enas paroles, voir § 342.
La suite du texte est mutilée.
369. Momie d'Agram.
Colonne IX, lignes 1-22 (Krall, p. 38) :
^Zu slevf. zarve. e[cn zeri] lecin in zec 1
fier. Gezince. sac [7iicst]res. ci/0 y 2
spurestres. enas. [eQr^Je. tinsi. tiurim. 3
«dis. xis. cisum. pute. tul. eanv. //aOec 4
rejj/nec, sacnicleri. ci/0/, spureri 5
meelumeric. enas. raxO. tur. hexsô G
vinum. trin. flere. neBunsl. irn. mlax 7
nunOen. zusleve.za/v;e. fa>]eic. ecn. zeri 8
lecin. in. zec. fler. GezincV. s acnicstres 9
cil9s. spurestres. e/ui\. ^e6jrve. tinsi 10
tiurim. avils. xis. cisum. petite / ul 6a/^v U
ha9ec. repinec. sacnicleri. cil9l. s^pureri 12
me9lumer/c. enas. rax9. su9. nun9en9 13
zusleve. faseic. far9an. fleres. /ieQ\xn[si 14
rax9. cletram. srenxve. nun9en9 15
estrei. al^azei. zusleve. rax9. eim t (tl. rar 16
nun9en6. eslrei a/<fazei tel fasi eim 17
tul. var. celi. su9. nun9en9. flere. ne9unsl 18
un. mlax nunOen. xis- esvisc. fasei 19
cisu?/<. pute. tul. 9ans. ha9ec. repinec 20
sacnicleri. cil9l. spureri. me9lumeric 21
enas 22
304 TKOISIÈME PAHTIE
Lignes 1-2. i<... sois spiciidide, étendue ».
Ici une interruption <^a lieu^ par suppression , pur T absence
des derniers mots : « <^sois^ à l'rtat de cahne tulélaire ».
Lignes 2-5. Enoncé en chœur de la formule par hujuelle on a
comme?icé la prière.
Que le fait d'attendre soit vif d'attention dans la direction de
Jupiter; ■<çî> l'attente se prolonge, <c^il y «> quelque défec-
tuosité. Fais <C("//p> recommandation : « <iso//e:-^ tout éi fait
tranquilles » et suspends [la cérémonie).
Lignes 5-G. Dans la formule à prier, paroles éi dire en chœur
et é( dire isolément.
Lignes G-iS. Isolément : l'apostrophe « ■<vo/.y> en bonne dispo-
sition, marin » ; — (lune voix éclatante : « sois tulélaire, orner,
<yi'> 1(1 prière <es7> bonne, <:soisy, complètement splendide,
étendue et grande d'expcmsion ».
Lignes 8-1 3. Ici une interruption <« lieu^ par suppression , par
l'absence des derniers mots : « <rsoisy- éi l'état de calme tutélaire ».
Enoncé en chanir de la formule par Icujuelle on a commencé
de prier.
Que le fait d'altcudre soit rif d'at/e/ition dans la direction de
Jupiter; <isiy- r attente se prolonge, -il y «> quelque défec-
tuosité. Fais ^cettey. recommandation : « ^^soyez^ tout éi fait
tranquilles )^ et suspends da cérémoniey.
Dans la formule à prier, paroles à dire en chcv.ur et éi dire
isolé)nent :
Lignes 13-14. \s<demcnt : l'invocation.
En chœur : « -'soisy^ splendide et bien étalée » — d'une voix
p'itoyable : « sois tutétaire, é) mer ».
Lignes 15-16. Isolément : n sois grande d'étendue polie. »
Kn ehd'ur : « .sois y bien apaisée, bien u/iie. splendide. »
Isolément : « <6ow > toujours cdjsolument dormcmte ».
Lignes 17-19, En clurur : « étale-toi à l'état d'eau bien apai-
sée, bien unie, <c^sois^ toujours absolument dormante. »
Celui qui a cotnuicncé (c'esl-à-dire le soli-^le' : l'invocatwtt.
En chauir : « sois tutélaire, ô mer, si la prière <e6^/> bonne,
sois grande d'étalement, totale, lointaine et immobile ».
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 305
Lignes 20-22. <// y «> quelque défecluosilè. Fais la recom-
mandation : « < soyezy> tout à fait tranquilles » et suspends
<:;^la cérémonie^.
Dans la formule à prier, paroles à dire en chœur et à dire
isolément
370. Lirjne \. Zusleve splendide; voir § 333 zusleva-c.
Zarve étendu, adjectif formé, comme zusleve, à l'aide du suf-
11x0 nominal -va (§ 123; [loiir la permulalion de Fe et de Ta,
voir § 5o). Le thème *zar est l'équivalent phonétique du hon-
grois *tàr (voir § 72), que Ton a dans tar-j-ad- « s'étendre »,
tdr-d(j-ât- « étendre » (Budenz, p. 208, n" 220 ; Donner, I,
p. 13o, n" 478).
Lignes 1-6. Presqnc tous les mots sont déjà connus : ecn
zeri lecin in zec est la foimule du § 348. La seule différence
est qu'ici il y a in, au lieu de in-c. Mais Tahsence de l'encli-
tiqne de coordination ne change pas le sens.
Fier 9ezin-ce <.çoz.y> dans un calme tutélaire. C'est la foi'-
mule supprimée dans la prière. Au § 348, la formule était
fasle hemsince que l'expansion <csoity- à l'état de chose apaisée
d'agitation. Les mois sont différents, mais le sens est à peu près
le même. Fier tutélaire, voir § 341.
0ez-in calme, repos ; voir i^ 311 6ez-in-e être calme.
Sacnicstres cilOs spurestres enas. même formule qu'au
§ 3i2.
EGrse tinsi tiurim avils xis. même formule qu'aux §§ 343,
344, 345.
Cisum pute tul 6ans ha9ec repinec. Pour cette formule
voir § 351. H y a cependant ici (luelijues variantes légères.
0ans tranquille est substitué à Gansur parfait de tranquillité.
Les veilios haO-e récUuner, reconunander et repine faire une
p(im<c remplacent les substantifs ha9-r-6i et rep-in-9i. Les
deux verbes sont liés par reucliti(|ue de coordination -c, répé-
tée deux fois, au lieu qu'au § 351 lencliliquc n'est jointe qu'à
repinGi. (^es modiliciitious ne changent rien au sens.
Sacnicleri cil9l spureri me9lumeric enas, même formule
qu'au ^ 352.
20
;}06 TUOISIlblE PARTIE
371. Lignes G-7. Rax6 tur hexs6 vinum isolément : /'apos-
trophe u <:^soisy- bien (/tsjjusr, marin. La personne (le soliste),
qui commence la prière, apostrophe l'équipage pour obtenir
des assistants la disposilion d"t'S[)ril nécessaire.
Ra)(9, formule fréquente, voir ij .'];)3.
Tur appel, instance^ apostrophe ; voir l'expression tur-ce m
instance, dans les consécrations d'ollVandes, 5^ 2î)8.
He^sô dispos, bien disposé, adjectif construit avec le verbe
« ôtre » sous-entendu (§ 161). 11 est formé avec le sutiixc -6
(§ 120) et ilérive d'un radical verbal *hex-s-. dérivé lui-même
d'un thème *liex à l'aide du suliixe -s (i; 80). *Hex l'^^ut être
rapproché du hongrois vig « joyeux, de bonne humeur »
(Budenz, p. o80, n" 6lo.
"Vinum marin; voir § 331.
Trin d'une voix éclatante. Après l'apostrophe, la j)crsonne
qui va prier change de ton et prend la voix éclatante qui
convient à l'énoncé de la prière. Pour le sens de trin, voir
§ 338.
Flere neGunsl sois tutélaire, 6 mer\ pour celle formule, voir
i; 339.
Un mlax <siy- la prière <cesty bonne. C'est la formule du
§ 339, avec cette seule ditTérence qu'ici, au lieu du verbe une
prier, demcuvU^r. ou a le substantif un.
372. NunÔen zusleve zarve cumpU'tement splcndide, étendue.
Pour le sens de zusleve cl zarve, voir i; 370. Pour le sens de
nun9en tout, voir § 3o4. Nunôen doit étie ici pris adverbiale-
ment (v5 156,1) avec la signification de en totalité.^ complètement.
En ellet, il ne peut pas désigner le chœur et un changement
de voix, puisqu'immédiatement après a lieu le changement de
voix par la reprise du chœur (spurestres enas).
Fasei-c <?/ grande d'étalement. Le c hnal est l'enclilique de
coordination. Pour le sens de fasei. voir § 338.
Les lignes 8-[3 reproduisent textuellement les lignes 1-6.
Ligne 13. Rax9 su6 isolément, l'incocation. Pour l'explica-
tion de l'expression, voir § 333.
Nuneene (cf. § 334), en chœur.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 307
Lifpif 14. Zusleve faseic <so/s> laiie et grande et étalement.
Pour zusleve, voir i; 370 ; pour fasei-c, voir ligne 8.
FarGan d'une voix pitoyable, parenthèse rituelle au milieu
de la prière ; on l'a déjà vue au § 354.
Flere neGunsl sois Ititélaire, ô mer\ cf. § 330. Le texte de
Krall donne fleres. Mais la formule flere ne6unsl revient si
souvent que la correction de fleres en flere s'impose.
Ligne 15. Rax6 cletram sreaxve isolnnent : « <csois-^
grande détendue polie ». Pour la formule cletram srenxve,
voir § 355. Srenxve est une variante graphique de srencve
(voir §68).
Ligne IG. Estrei al^azei <^soisy. bien apaisée, bien plate.
Sur cette formule, voir § 356.
Eim tul var sois toujours absolument dormante ; voir § 356.
Ligne 17. Estrei alcpazei tei fasi étale-toi à l'état deau
grande d'apaisement, bien plate de surface. Fasi est une va-
riante du verhe fase s'étaler (§ 358).
Tei, eau, est un attribut à valeur consécutive de façon à être
une eau, etc. Pour le sens de tei, voir §§ 306, 330.
Ligne 10. NunGen xis esvisc fasei étale toi bien, totale,
lointaine et innnobile ; formvUe déjà vue § 357. Pour Hunôen
employé adverbialement, voir § 372. Ici nuneen ne peut pas
désigner un changement de voix, puisque ce changement a
déjà été indiqué cinq mots auparavant et que dans Tintervalle
il n "y a aucune mention du soliste.
Lignes 20-22. Mêmes formules qu'aux lignes 4-5.
308 TROISlÈMi: l'AKTIE
373. Momie d'Agram. — Coloniio VII, lii;nes 2-1 1. (Krall,
cela. hia. etnam. ciz. vacl. trin. velGre 2
maie. cela. hia. etnam. ciz. vacl. aisvale 3
maie. ceia. hia. trin6. etnam. ciz. aie 4
maie. ceia. hia. etnam ciz. vacl. vile, vale QD o
staile. stc/ile. hia. ciz. trinSasa. sacni^n 6
an. cile. cexane. av/1. sucivn. firin. arQ 7
vaxr. ceus. cil0cval. svem. cepen. tutin 8
renxzua. etnam. cepen. ceren. sucic. firin 9
tesim. etnam. cel//cum. caiôim. ^e/er/va H>
hecia Il
Lignes 2-3... « cric! de tchifrfjir! »
Tantôt l'apostrophe : « bien éclatant, élèrp la voix! attention!
cric! de l'énerf/ie! »
Lignes 3-4. Tantôt rapostrnphe : « (n((jnif'nte rn)ivenalileinent
[la voix) ! attention ! crie! de l'èin'iujie! de la sonorité! n
Lignes 4-5. Tantôt Vapostrophc : « trop bas! /itlention! crie!
de l'énergie! »
Tantôt l'apo.strojjhc : « bie/i \ar an tfni de pitié! pi as encore! ».
Ligne (>. <C.Si^ est énerfpi(/ae l'a/fostrojdie a /aalédietion !
malédiction! » <ic'est cjae^ le prieur à haute voix est maurais
de prière.
Lignes 7-8. Wjici <Cj)ar exe/nph-^> une [(U'uiule. Etre abattu
<Cest^ en situation. <ict'^ au contraire par le t(ni <^<ju' il prends
il est depuis le début constamment satisfait.
Lignes 8-9. D'après le ti/pe de la formule <jl esf^ tout ce
fju'il 1/ a de plus in(/uiet et: et il est plein d'entrain.
Lignes 9-10. Tantôt il est très plein de sécurité et le ton <est:>
au contraire pleurard.
Lignes 10-H. Tantôt un cri perçant de détresse <^est^ dési-
rable <e^> son énergie est extraordinaire de sécurité.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 309
374. Ce passage éniimère les apostrophes qui doivent être
lancées à la foule soit par rofficiant, soit par le chef, pendant
la durée des prières, pour que le ton soit bien ce qu'il doit
èlre.
Lignes 2-3. Cei-a crie. Il sagil du cri d'invocation. Pour le
sens, cf. finnois haje « écho » ; kaja- « faire écho, renvoyer le
son » ; hongrois kaj-dl- « appeler à grands cris » (Donner, I,
p. 7, n° 25).
Hia de l'énergie! allons! proprement sois fort. Gela répond à
peu près à noire expression populaire hardi! Hia est l'équiva-
lent phonétique du finnois roi- « être fort» (Budenz, p. 589,
n" 622). On Ta déjà rencontré sous la forme vi- dans ôei-vi-ti
(§ 36()!. Sur la permutation du v et de l'h, voir § 74.
Etnam à ce moment, alors\ comme le ?iifnc des Latins. De là,
poui' etnam répélé, le sens très proljable de tantôt... tantôt;
voir § 346.
Ciz cri, appel, apostrophe ; voir § 238 : ciz-i le crieiir, le par-
leur, f orateur.
Vacl trin velôre bien cclatant élève [la voix), c'est-à-dire
élève la voi.r de manière à être bien éclatant. Trin se rattache
au verbe vel6re comme attribut, avec une valeur consécutive.
Pour le sens de vacl bien, voir § 335. Pour le sens de trin
éclatant, voir § 338.
VelGre élever, vei-be dérivé de l'adjectif vel haut [xoiv § 290) ;
il est formé à l'aide de deux suffixes de dérivation verbale, le
suffixe -9 (.i; 87; cf. Krall, X, 8 : vel-G-a) et le suffixe -r(§ 85).
Maie fais attention est à rapprocher du finnois mal-te « tran-
(|iiillité d'esprit », nial-tla- « observer, considérer, être maître
de soi ».
Cela, hia cric ! allons! voir ligne 2.
Il est possible (]ue l'aposlrophe ne forme pas une phrase con-
liiiiic mais soil une si-rie de cris isolés, jetés à des instants
dillV' lents.
Lignes 3-4. Etnam ciz lantôi l'apostrigthr ou A'v apostrophes;
vi)ir ligne 2, i; 37 i.
"Vacl bien; voir ^ 335.
'MO TROISIÈME PAKTIE
Aisvale axqmcnic do (jrdudcu)' c'csl-à-dirc cric plus fort.
Le mol osl compose de ais (jrdud (cf. i:^ 207 ais-eras cl de
vale drixissi'r, apparenté au vo^^oiilc iil-le « au-delà, à Ira-
veis .. ; cf. o>liak kII-i « au-dessus » (Huden/, p. 7i0, u" 801).
Maie, cela, hia; voir lip,iie 2.
Trin9 d'ioia voix rclnfanfo, ai|j(M;lif d('rivt'' d(î l'adjcclif trin
(§338), formé à l'aide du ^^lli\e 9 (^ 120).
Etnam ciz tantôt l'apostrophe^ voir ligue 2, § 374.
Aie rst bas., c'est-à-dire c'psI trop bas\ pour le sens voir J:; 302
ala-6.
Maie cela hia, voir lii;ue 2.
Ligne 5. Etnam ciz vacl tantôt FapostropJir : bien ! voir
lig'ue 2.
Vile (jéniis c'est-à-dire crie sur //n Ion de minière ; cette expres-
sion rappelle nue indication dount'e plusieurs fois dans le rituel,
liudication farGan d'an ton pitoi/able (i;§ 3.^54, 372); cf. aussi
tesim. pleurard (5; 346). i*our le sens, voir finnois ajel-ta-
« se plaindi'c, gémir ».
Vale dépasse, c'est-à-dire sols plas pitoyable encore; voir
plus haut lii^ue 3, ais-vale.
Le signe Q D iudiiiue prohaldeuienl une s('paratiou, une fin
de paragraphe.
375. ÏÀ(/ne (). Staile staile hia ciz l'apostrophe est çnerfjicjae :
a sois f/ranrl de tnalcdictionl » D'après le coutexle, cette |)ro-
position doit èti'e eutendueau sens condiliouuid : si l'apostrophe
est, etc...
Staile être <jrand de malédiction (^sl un \erlie ('()mpos('' du
verhe *st- ou *sat- maudire, injurier [vï. § 317 sat-e-ne) et de
aii-\-e être f/ranil, verhe formé avec le sufiixe de dérivaliou -1
(s^ 82) et dérivé de ai i/rand; r\'. liunois aijd « nomhreux, mul-
tiple ». La répétition indi(|ue un cri d'impalieuce, que confirme
Teuiploi du verhe hi-a être énergique (voir i; 374).
Ciz apostrophe (voir §374).
TrinSasa sacnicn <^c'est que^ le eriear à haute voix
<Cest'^- inaurais de prière, explication du mouvement d'im-
patience (jui a provoqué staile, staile.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 3 H
Tri-n9-a-sa le crieur sonore, le héraut, substantif formé,
comme sacni-sa (§ 538), à l'aide du suffixe nominal -sa {§ 118).
Le mot dérive d'un radical verbal tri-n6- formé à l'aide du
suffixe double -n8 (§ 93), comme rav-n9-u (§ 228). Pour le
sens du thème *tri, voir § 338 tri-n.
Sacni-cn mauvais de prière. Krall donne sacnitu, mais en
indi(|iiant (|uc la lecture est incertaine. On peut, je crois, réta-
blir sacnicn, d'après un autre passage du texte (Krall, XII, H).
Sacnicn se décompose en sa.cni prier (voir § 338) et en mau-
vais (cf. cn-1 § 3t6). La prière est mauvaise, parce que le ton
est en désaccord et en contradiction avec le sens des paroles
énoncées, comme l'indique ce qui va suivre.
376. Lirpie 7. An cil0 voici une formule; entendez : voici,
par exemple , une formule. Pour le sens de an, voir §§ 134, 193,
22o. Pour le sens de cûQ formule, voir § 342.
CeX^^® cal le fait dêtre décourarjé, <iest^ convenable. Le
texte n'est pas sûr. Krall croit entrevoir sal ou zaL Etant donné
la forme des lettres, on pourrait aussi lire caL Avec cal con-
venable le sens est simple. On a déjà vu ce mot plus haut § 246
et ^ 304 fmar-cal) ; cf. Krall, X, y 3 cal-a-tnam.
Ce^a-n-e être découragé, proprement être réduit à rimpuis-
sancc, n'être bon êi rien, verbe formé avec le suffixe -n (§ 84) et
dérivé du verbe cex-a être faible, impuissant. (§§ 275, 277, 324).
l)'a})rès les paroles de la formule, celui qui énonce la prière
devrait prendre un ton malheureux, découragé.
Sucivn firin arG va/r ceus par l'intonation au contraire
<^il csty> depuis le commencement constamment satisfait. Le ton
n'est pas en rapj)ort avec les sentiments impliqués dans la for-
mule.
S\xci-v-n par l'intonation. La désinence est le suffixe causal
ou instrumental -n (§ 129, n" 4). Suci-v est pour suci-va,
substantif formé avec le suffixe -va (§ 123) et dérivé d'un verbe
suci donner un son, que nous l'etrouvons à la ligne 9 suci-c.
Le verbe suc-i peut être rapproché du finnois soi-, « faire
entendre un son » ; cf. hongrois sa (solv-) « son, voix » : vogoule
suj « son »; tchérémissc c.o/c-t- « jouer d'un instrument »
312 TROISIÈME PARTIE
(Buden/, p. 381. n" 306; Donner 11, p. 113, n" 797). S'il existe,
comme le pense Uiulcn/ (p. 103;. une racine ouj^ro-linnoise .s.r/,
exprimant l'idée de « résonner », suc-i se ramènerait à un
thème *suc. Si, comme le pense Donner (II, p. 114-Ho), lu
racine ongro-linnoise n'est pas v./y, suc-i se ramènerait à un
thème *su, augmenté du snllixe de (h'-rivation verbale -c (§ 80).
Pour le llième *su, voir § 353 su-9.
Firin au coniraire est un adjectif employé adveibialement
(§ 156,1). Le mot est formé, comme tri-n (338i, à l'aid(^ du
suffixe -n (v^ I 13 . 11 dérive d'un verbe fir-i-, qui peut être rap-
proché du Wnwo'i'^ ppr-(i- « se retirer, revenir, aller on arrière » ;
cf. pert'i « partie postérieure, contraire » : ostiak pira « en
arrière » ; hongrois /"ar « ce qui est derrière » (iiudenz. p. 495,
n° 522). Firin est employé' ici à la façon du latin rursns, eu
retour .
Kv-^ à partir de l' extrémité^ du bout, c'est-à-dire ici à partir
du commencement ; car il y a deux bouts, le bout initial et le
bout final. Pour le sens de ar, voir §§ 232, 337.
Ligne 8. "Vaxr constauunent, adjectif employé adverbialement
(§ 150,1). On a déjà vu ce mot an i; 309 : vaxr lautni u//'ranr/ii
constant, fidrle.
Ceus satisfait \ le sens propre est reconnaissant; cf. § 297
ceus-n. Le mot peut être rappro(dié du hongrois hnz-on-
« remercier » ; cf. vogoule hros- « saluer » (Budenz, p. 46, n"
62; Donner, 1, [>. 27, n" 97). Ceus est l'attribut d'une proposi-
tion dont le verbe « être )> est sous entendu (§ 161 j et qui a
pour sujet le sujet logique de tout ce passage, c'est-à-dire trin-
9asa. le trirur de laprirrr.
377. Cil6cval svem cepen tutin renxzua d'a/iri-s le tijpe de
formule il .^-est tout ce cju'il y a de plus treuddant <^et^ il est
plein d entrain.
Cil0cval (Taprès le tijpe de formule, proprement en prove-
nance du tijpc de formule; la désinence est le suffixe casuel -al
(!:! 129, n" 1). Cilecva (voir Krali, Vil, 18) est composé de cile
f'jrniulr [\o\v i; 3t2) et de c va ////><", modèl/', apparenté au fin-
nois kûc-a « modèle, exenijile ». Dans la proposilion le verbe
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 313
« être » est sous-enteridii (§ 161). Le sujet est toiijoui's trin-
9asa. L'attribut est tutin.
Svem cepen. forQiuio superlative qui modifie tutin. On a
déjà vu cepen <jrand, proprement f/rafid d<' contpnan^e i\)our le
sens, cf. §§ 220. 235, 302). L'adjectif est prisadverhialement et
est lui-même modifié par ladjectif svem, pris aussi adverbia-
lement. Svem aù^'oiu ou absolument^ est un adjectif verbal en
-m (§ 111), dérivé d'un radical verbal *sv-, ([ui exprime l'idée
de tour complet, embrassement, enveloppement (cf. § 233 sv-a-1-
as . Ce radical peut être rapproché du finnois sev-i- « embrasser,
entourer, entortiller « ; cf. sep-à- « embrasser » (Donner, II,
p. 70. n° 757).
Tutin arfilé, inquiet, adjectif formé avec le sutFixe -n (^; 1 13),
comme tri-n (§338 et firi-n (§ 376). Pour le sens, cf. finnois
///^/-///«-«agiter, secouer, remuer, bercer».
Liqne 9. Renx-z-u-a il est plein d entrain, verbe formé à
l'aide de deux sutlîxes : 1° le suffixe -t ou -6 (§ 87) devenu -z
(voir § 72 et §94 nur-<p-z-i) ; 2" le suffixe -v (§ 88) devenu -u
(cf. § 73). Pour le sens, cf. finnois rankka « violent, vif »
(Donn(M-. III, p. 108. n" 995).
378. Etnam cepen ceren sucic firin tesim tantôt <cil est>
très fier et fintonation au contraire est pleurarde.
Etnam maintenant, tantôt... tantôt] voir § 316.
Ceipen grandement, adjectif pris adverl)ialement ; voir à \a
liiini' ])récédentc.
Cer-en grand de fierté, adjectif composé de en grand (cf.
cep-en) et de cer haut, superbe; cf. finnois ker-sk-a- « vanter,
exagérer»; hongrois kér-k-ad- « vanter ». Ceren est l'attribut
dune proposition dont le sujet est toujours trin^asa. 11 y a
elli|)se du verbe « être » i§ lOH.
Suci-c et l'acte d'avoir un ton, verbe employé substaulive-
niriit (§ 151). sujet du verije « être » sous-entendu (§ 161). Voir
plus haut suci-v-n ligne 7. Le -c final est l'enclitiqiu» de coor-
diiuition.
Firin au contraire; voir plus haut ligne 7.
Ligne 10. Tesixa. pleurard, larmoyant; voir § 346.
31 '{ TROISIÈME PARTIE
Etnam o// ///m, fanhU; voir ligne 9.
379. Celucum caitim cererxva hecia un cri pcrrruil est
désirable <iet au (oiilrairc'^ sa force est extraurdinaire de
fierh'.
Celuc-um <r} perçant^ pi'opromont perceincnl de son, mot
composé (lo cel- n'snnni'r cl de uc-U-m percement: cf. cel-
uc-n >; 34G). Uc-u-m est nu substantif on -m (i^ 111)
t'ornic commo vin-u-m (s; 331). Lo cri perrani siguilio un
cri de détresse. Celucum est sujet du verbe « être » sous-
entendu (§ 161).
Caitim drsirable, c'est-ù-dire en situation. Le mot est aussi
formé avec le suffixe -m (>; 111) vocalisé en -im, comme dans
tes-im (§ 346). Il dérive d'un radical verbal *cai-t-, qui |)eut
se ramener à un thème *cai (pour b^ suffixe -t, voir s; 87);
lo thème *cai est apj)arenté au hongrois krj « agrémcnl.
délices» (Budenz, p. 10, n" 16).
Cer-er-xv-a hecia <^son'^ énerçjie est extraordinaire de
fiertr. Il s'agit de l'énergie du crieur (trinGasa). Le verbe
cer-er-xv-a est composé de cer et de er-xv-a. Ou a vu
plus haut le Ihème cer dans cer-en (ligne 9). Il exprime
l'idée de grandeur, fiertr, sécurité or<jueilleuse. Quant à er-
XV-a être e.rtrcun'dinaire, c'est un verbe dérivé du thème er
disjoint, séparé, à part (^voir s; 267 ais-er-as). La dérivation
est faite à l'aide du suffixe double -xv (i:; 90 his\, (jue l'on a vu
jdiis haut dans fulum-xv-a (v^ 32()i et dans fler-xv-a (i; 328).
Hecia être fort, veiix' employé substanlivemenl ()i l'il) et
servant de sujet à cererxva. Nous avons (h'j.à rencontr(' le
radical *hec dans hec-z-ri (>5 2io). Le V(Mbe hec-i-a est h)rmé
à l'aide (lu ^iillixe -i (ij 81).
La suite e>l d'une lecture trop iiiccrlaincî ])Oiir qu'on puisse
essayer de l'interpréter.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 315
Momie d'Agram. — Colonne XII (Krall, p. 41).
0/ . etnam 1
aisnrt. iX' nac. reusce. aiseras. seus 2
eunxulem. mu9. hilar8une. etertic 3
caGre. xii^^- enax. unxva. ine0luin6. pu^s^ 4
mue. hilarBuna. tecum. etrin9i. mue 5
nac, Ituca, unxva. hetum. hilareuna. Gène 6
hursic. cap/eu. cexam. enac. eisna. hine^/ 7
hetum. hilareuna. etertic. caera 8
etnam. aisna. ix* matam Iml vacl/nam 9
Gunem. cialxus.mas/'^ unia/ti. ursmna/ 10
aGre. acil. an. sacnicn. cile. cexa. sal 11
eus. cluce. caperi. zamtic. sveni. eumsa 12
matan. c/uctras. //ilar. 13
à ce moment le prêtre <idit^ : « bien ensemble, criez :
o r/rnndeur suprême, sois favorable! »
Ligne 3. <:zSi cest^ annulé, <^c'est que^ Vabsencc de fis-
sures et r etanchéité parfaite n existent pas.
Lignes 4-o. Fais la (/ucstion <isuivantey- cFune voix forte :
« <iil y a quelque chose de défectueux ; le bordaç/e est-il parfai-
tement exempt de fissures? »
Lignes. Réponse : v. <iil l'esté parfaitement. »
Ligne 6... fais la question : « est-il exempt de fissures par-
tout? »
Lignes 6-7. A la suite de <.cette'> parole et en réponse fais le
tjeste de main <:^signifiant'^ impuissant! et puis dis :
Lignes 7-8. « jn'être, vois <ltoi-)nêmey> : il est exempt de
fissures partout et il est parfaitement é tanche. »
Ligne 9. /l ce moment le prêtre : i< eh! bien! enroule! »
Lignes 9-10. Ré cju lié rement, environ vingt fois par la suite,
renouvelle les questions.
Lignes 10-11. <^Car^ la jjourriture <Cdu bois'^, due à la
rouille de clou, <C^est^ rapide.
Lignes 11-13. Voici une formule mauvaise de prière : la
planche de sapin est en trop mauvais état pour que les clous aient
316 TROISIÈME PARTIE
de la prise et ce (/lù calfate s'en allant e.rtrènienient vite^ le pla-
caqe lai (l'ai a des fissures .
381. Li(infs 1-2. Etnam à ce moment, alors : voir i;i; ?>T)ï, '{"i,
378, elc. Aisna A' prêtre ou le chef\ mol, dérivé de ais (jrand
(voir s; 2()7 ais-eras). La désinence esl le suffixe nominal -na
(§ Il 4). Aisna esl le sujet d'un verbe sous-(;nlentIa, signilianl
dire^ ordonner.
Ix nac reusce crie hien enseinhie. L'ordre s'adresse à l'as-
sislanre.
l*oui' le sens de '\-^ justement^ [rrécisémenf, très, voir i^ 324
ix ca.
Nac siniultanê, adjectif employé adverbialement; voir §288.
Reu-sc-e crie. On pourrait se demander si la désinence -ce
n'esl j)as le sulîixe casuel (sj 129, 2). Mais la forme reusc-es-c
(Ivrall, p. 3.'), litiiic 2j, si du moins elle est certaine, donne
à penser que reu-sc-e est un verbe, formé à l'aide du suffixe
double -se (§ 9.J), comme ene-sc-i (§ 312). Le radical *reu
peut être rapproclié du finnois roli-i-s- « grogner, crier, faire
du lapnge » iDonucr. III, p. 99 et suiv., n"* 983 et suiv.).
Aiseras seus, o' grande nr suprême, <.sois^ favorable ; on a
di\\h vu celle formule de prière, adressée à la mer, dans une
aulre partie du riliiel (i^ij 355, 36o^.
Lif//u' 3. Gunxulem annulé, nuf non arenu, adjectif verbal
formé avec b; suffixe -m i^ 1 1 li. comme lescem (§ 305). Pour
le sens du radical Sunxul- devenir nul. voir i; 314 : GunxulGe.
eunxulem doit être entendu ici comme représentant une pro-
position conditionnelle avec ellipse du verbe : <;.s7 cela est^
annulé, c'esl-à-ilire si. après observation des signes célestes,
laugure a été défavorable, et si par consé(juent le cri de prièi'e
aiseras seus doit être considiu-c' comnn» nul et non avenu.
382. Lir/nes 3-i. Mu0 hilar8une etertic caSre xim <.e'est
fjae^ le fait d'être parfaitenn'nt nul de fissures et le fait d'être
excellerninent êtanche est )u((uvars.
M.U.Q, parfait, pi'oprement .v/^y^'V/V'^/r, adjectif employé adver-
bialement (§ 156, 1). Le mol est apparenié au votiak ))iod
« seigneur, supérieur » ( lUidenz, p. 389, n" 415).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 317
HilarGune être nul de fissures, verbe employé substantive-
ment (§ 151), sujet d'un verbe « être » sous-enlendu (^ 161);
l'attribut est x^iïi- Le verbe hilarGune est composé : de Gun-e
rtre nul, que nous venons de voir dans Gun-xulem (cf. § 228
Gun-z 1res peu de chose, rien); 2" de hila-r fissure, mot formé à
laide du suffixe nominal -r (§ 110), comme cve-r (§ 2G8). Le
radical *liil- peut être rapproché du finnois vuli « inlervalle »
(Budenz, p. 4Si, no 484). Pour Vh initial, voir § 74; pour la
vovelle du thème, voir S 63 I 1. Il s'agit ici du bordaire du vais-
seau, dont les planches ne doivent hiisser entre elles aucun
interstice.
Etertic et excellennnent est l'adverbe eterti augmenté du
suiîixo de coordination -c. L'adverbe est formé par le suflixe
casuel -ti (§ 129, 10 ; cf. § 156, 2) ajoulé à l'adjectif eter e.rcel-
lent (voir § 199 eter aias f enfant e.rcellent).
CaGre signifie proprement couvrir, recouvrir, {\'oii l'idée de
ôouclier coniplèlenient, d'être ètanche. Le mot est formé à l'aide
du sulïixe de dérivation verbale -r (§ 85) et se rattache à une
racine *caG, que l'on retrouve dans le tinnois katt-a- « couvi'ir,
mettre un toit >' (Donner, L p. H. n° 38); cf. § 254 ca0-as.
Xim mauvais; voir sj 298 xim-Q-m.
383. Lignes 4-5. Enax unxva questionne d'une voix forte.
L'impératif s'adresse au capitaine. Le prêtre a reconnu que les
signes célestes sont défavorables; il soupçonne quelque défec-
tuosité; le capitaine doit vérifier l'état de son bateau.
Ena-x sonore, à haute voix, adjectif formé avec le suHixe -x
(^ 100 1 (d dérivé du verbe en- faire entendre un son;\o\Y § 312
ene-sci et § 342 en-as.
IJn-XV-a fjuestionner, verbe dérivé de un- deuiander, prier
(§ 339 une mlax). Le suffixe -xv (§ 90 bis) est le même que
dans fler-xv-a 1?; 327) et cersr-xv-a (^ 379).
MeGlumQ puts muG hilarGuna tecum. uiœ chose est défec-
tueuse : le placage est-il parfaitement nul de fissures?
MeGlum-G une seule chose, substantif dérivé de meGlum
seul, isolé (§ 239; cf. § 353, me8lume-ri). Pour le suffixe -G,
voir §120.
:n 8 THOISIK.MH PAP.TIE
PutS <lrfc(lu('iLi\ ;i(lj('(iir (h'-rivé tJu ladical *put, {|Lic Ton
irlroiivo dans le voilic pute rire défectueux (voir § 351). Pour
le Millixe -S, voir i; I 17.
Mu6 hilarôuna ('■<! parfuitcniftil )iul de fissures ; voir plus
hanl. liuiH' '1 : mu9 hilarOune.
Tecum phocu/t', sujet di' hilarGuna. Le mol est loruié avec
le sullixe uouiinal -m (,^ 111), comme vinum (j^ 331). Vowv le
sens. ci', (iuuois /ak-i-se- a ficlier, j)Ia(iuei', faire adhérer » (lUi-
(leuz, p. 720, n" 790; Donner, I, p. 112, n"3î)y). Il s'agit ici de
l'assemlilagc de phuiches cloué(;s qui forme le hordage du navire.
384. Etrin6i mu9 réjtonsi-' : iiurfailenteul . Etrin-6i signifie
propi'emenl ('lan eu uvauf, jj/'u/f^c/iou, objection, d'où le sens
de riposte, réponse. Le uujt est composé de *et en avant (voir
v^ 11)!J eter) et de rin-Gi é!an, assaut, substanlif formé à laide
du suHî.ve -ôi (ij 122), comme haGr-Si (§ 351). On a vu plus
haut {^ 364) le mot rin-u-Q projcrtio/i.
MuG parfaitement: voir au début de la ligne muG hilar-
Guna. On a demandé : << rst-cr Itien? » on répond « l)ien », en
supprimant le verbe hilarGuna.
Nac !? huca ' ? I unxva. Les (buix j)remie]'s mots sont dune
leclui'e iuccrlaini' ; mais il ne peut guèrc^ y avoii" de doute sur
le s(Mis : il s'agit ici dune reprise de la queslion, comme lin-
di(jue 1(^ mot unxva (voir ligne 4 .
. Hetum hilarGuna /^st-i/ partout nul di- fissures? Le sujet est
toujours tecum de; la ligne ;>. On insiste pour savoir si la
carèue est eu bon l'dal.
Hetum, continu, nwné (jus(|u'au bouli, est ici employé
advcM'bialemeut (5:; lo6, 1) avec le sens de d'une nianirre conti-
nue, c'est-à-dire partind. Le mol est un adjectif eu -m (§ Hl),
déi'ivé d'uu verbe he-t- conduire, faire aller, qui lui-même
dérive de he aller i§ 216 he-ce), à l'aide du sullixe verbal -t
(§ 87). L'idée de conduire et de être continu sont connexes
(cf. latin productus). Cf. i; 311 he-n.
385. Liijiu^s 6-7. 0en-G hursic caplGu cexam, à la suite
de la parole et en réponse fais un yeste de main <^sifjnificmt^
impuissant.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 319
0en-6 aprrs la parole, est le subslanlif 6en parole (cf. § 247 :
9en-t-mase fah-f un bruit de parole), avec le suffixe casuel -0,
marquant le point de départ (ij 129, 11).
Hursi-c ('t à <^ton^ tour c'est-à-dire et en réponse . Pour le
sens de hursi, voir § 334 mula hursi. Dans hursi-c, le c
final est renclitiqne de coortlination.
CaplOu faire un (jeste de main, verije dérivé du radical cap-
mi.yir, prendre avec la main (voir § 330 cape-ri). 11 y a deux
suffixes de dérivation, le suffixe -1 (§ 82) et le suffixe -6 ( 87).
L'ensemble constitue le suffixe double -16 (§ 93), que l'on peut
retrouver dans le finnois nosta-lla-, paina-lta-, dérivés de
nosta- « élever » et de paina- « presser » (Budenz-Simonvi^
p. 77 et suiv.i.
CQX&-xa. faible, impuissant, adjectif formé avec le suffixe -m
(§ 111), et dérivé A^c%t2, être faible (§§ 275, 277, 324). C'est un
attribut qui suppose le verbe ye .v;//.y sous-entendu. On insiste
pour que le capitaine cbei'chebien s'il y a des fissures. Il répond
d'un geste d'impuissance, qui veut dire : « J'ai beau chercher,
je ne trouve rien ».
Ena-c et dis est le verbe ena. dire à l'impératif, avec l'encli-
tique de coordination. Pour le sens de en-a, voir § 312 ene-
sc-i, i^ 342enas; cf. plushaut ligne 4, l'adjectif enax-
386. Lignes 7-8. Eisna hinQw. prêtre, vois [par toi-même).
'Eisna, prêtre, est une variante graphique de ais-na (ligne 2) ;
cf. § 267. aiseras. Après avoir fait le geste indi(iué par cexam,
on interpelle le prèlie.
HinGu vois, regarde c'est-à-dire tu peux te rendre compte
par toi-même. Pour le sens de hinOu, cf. §243 h.inQ-i~\i être
vu, et § 314 hinOa voir.
Hetum hilarGuna etertic ca9ra il est partout nul de fissures
et il est cicellemment étuncke . C'est la formule déjà vue ])lus
haut, lignes 3-4. Le sujet est toujours tecum le bordaye
(ligne o).
Ligne 9. Etnam aisna ix matam '/ ce moment te prêtre
<^dit^ : <( départi »
Etnam aisna, voir la même formule plus haut lignes 1-2.
32(1 THOISIÈ-AIi: PARTIE
Ix/Kstc, précisément: voir de mr-rne ligne 2. T.c im»! a ici
une valonr analoiiuc. à rh ! bien!
o
Mata-m (Irjxirl on paru, subslanlif ou adjoclir vorhal l'oniid
avec le sullixe-m i; 1 J I), coniino ce)(ain «le la ligne 7. Pour le
sens du radical mat-, voir v< 23'} Ta.aXvi faire partir.
Après matam, il y a dans le lexle trois peliles barres verli-
cales enlro deux antres pins grandes. (7esl évidemment un
signe de si'paialion. iiidii|nanl ([ne I On \a passera nii aiilre
ordi'e didi'es.
387. Vacl-tnam réduHrrcincul , adverlje lormc comme
e-tnam \()ir .^ 3.Vi :. dt-rivé de vacl ivï. i; ^\\\V)).
Li(pie 10. Gunem cial^us ''/ peu prés W [fuis). Pour le sons
«le 6unem, à peu prés^ cni'iron, voirs; 222.
Cialxus rimjiii'incinrnt, vitujt fois, adjectif ordinal § 147),
employé adveihialement (i; loG, 1).
Masnsignilie pro[)renu^nt au loin, en s'éh/Kjnanl l'\ [)ar exlen-
si(Ui au-delà, ensuite, ultérieureme)U. De l'adjeclifinas lointain
dérive le verbe mas-u séloiipner, se détourner, (juo Ton a di'jà
vu (v5,§ 3li,)}l.")j. L"n final est un suflixe adverbial.
Un-ialti sois nouveau de (/uestion cest-à-dire renoueidle tes
(juestiiuis \\\\\ snjel «le l'élal du navire). Le mot est composé de
un- demander \y.\. '^ 339 une, et ci-dessus, ligne 4, un-xva) et
de ial-t-i être nouveau, verbe dérivé dnn radical *ial, (jne Ion
j)eut lapproclier de l'osliak jH-ip «frais, jeune, nouveau»;
cf. vog(nil(; jiil-pel a nouveau » ; Icbérémissey''// « frais, jeune »
(Budenz. p. 144, n'M72). Dans ial-t-i, le -t est un sullixe de
dérivalion verbale (i; 87) .
Ursmnal a9re 2^ca\. le ramollissement i^dii hois] (jui jj/'ocien.t
de la rouille de elnu est rapide.
Ursmnal prorenant de la rouille de clou. Absti'action l'aile
dusnilixe casu(d -al mar(]nanl l'origine (vj 129, n"!), il resie un
radical noniinal ursmnacini se décompose ainsi :
l"ur cherillc. clou, à iap[)i'0cber du linnois ora « foret, clou
• le fer » (Uuilenz, p. 7:50, n" 812);
2" sm-na rouille: cf. vogoulc si)n, siui-el (f rouille » ; /yré-
nien siin (Donner, II, p. 142, n° 828). Dans l'étrusque sm-na.
TEXTES TlîADLlTS ET COMMENTÉS 321
la désinence na e>l le suffixe de dérivalion nominale (§ 114).
A6re le fait de se ramollir, c'est-à-dire le fait de se pourrir ; il
s'agit du bois de la carène. A.0-r-e est formé avec le suffixe -r
(§ 83), comme plus liant ca0-r-e (ligne 4) ; c'est un dérivé de
*ae doux icf. § 322 aGu ; § 368 aGelis).
Acil raj) idc ; cf. ;5§ 21 G , 33 ! , 333 .
388. Lignes 11-13. An sacnicn cil6 voici une formule mau-
vaise de prière. L'expression voici indique comme une surprise,
une chose imprévue. 11 se passe ceci : or prie mal, et puis tout
à coup on est victinio d'une avarie, qu'un peu de surveillance
eût pu conjurer.
Pour le sens de an voici., cf. §§ 134, 193, 223.
Sacnicn mauvais de prière, voir § 373.
CilB formule ; voir §§342, 373.
Cexa sal eus cluce caperi /e mince bois de sapin ne vaut
rien pour que le placage de côté ait de la prise.
Cexa (Hre faible., être sajis valeur ; voir §§ 273, 277.
Sal mince., cf. § 307.
Cus bois de sapin ; cf. finnois kûsi « pin » ; \(\.\)0\\guossa, gosa.,
kuosa: zyréuien kôz] votiak kiz; moi'dvine kuz (Donner, II,
p. 23, n° 78). Le /nince bois de sapin signifie la planche de
sapin.
Cluce le fait de clouer de côté est le verbe simple dont nous
avons vu plus haut le dérivé cl-uc-6r-as (§ 336).
Caperi pour le fait de tenir bon; voir plus haut § 336.11
s'îigil diiiis ce passage des planches clouées sur la carcasse du
navire et ([ui consiiluent le bordage extérieur. A l'endroit où
elles sont clouées, la rouille congé le l)ois et il vient un mo-
ment où elles ne tiennent plus. 11 faut, par une surveillance
de tous les instants, parer à celte avaiie possible : sans quoi
toutes les ])iières du monde ne servent de rien.
389. Zamtic svem Gumsa matan et ce (jui calfate s'en
allant extrêmement vite, pioposition subordonnée causale,
marquée par le suffixe casuel -n (§ 129, n" 3), qui se trouve
accolé au verbe mata.
Zam-t-i-c ce qui calfate : abstraction faite de renclitiquc de
21
322 TROISIÈME PARTIE
coordination -c, il reste zam-t-i, participe en i (i; 103) du
verbe zam-t- bourrer, calfater, dérivé do *zam- hoiirrer voir
§ 337) à l'aide du sutHxe verl)ai -t (îj 87). Ce qui calfate c'est
rétoiipo l)ourrée dans les interstices des planciies,
Svem absolument, extrêmement, fait l'office d'une particule
superlative, ^^ 377. Ici il niodilic 6um-sa.
Oum-sa rapide, adjectif employé adverbialement (§ 156, 1).
Le mot est formé à l'aide du suffixe nominal -sa (i^ 118). Pour
le sens, le radical *6um est à rapj)rocher du finnois homma
« hâte »; cf. hongrois hani-a-r « vite, rapide;; (Donner, II,
p. 149, n°837).
Mat-a-n par le fait de partir, est le verbe mat-a, pourvu
du sulhxe causal -n (si 129, n° 5). Pour le sens de mat-a, voir
plus haut, Yv^na 9 mat-a-m.
Cluctras hilar le placaye de côté est fissuré. Cluctras est
une variante graphique de clucGras (,^ 336). Quant à hilar
fissure, c'est le mot que nous avons vu plus haut entrant dans
la composition de hilar9une être nul de fissures (ligne 3,
§ 382).
Ici est la lin du texte de la Momie d'Agram.
390. Texte de Capouo.
Inscription boustrophedoii ', gravée à la pointe sur une pla-
que d'argile (Biicheler, liheinisclies Muséum, t. LV, 1900, p. 1-8).
\. FjCS (lèches indiciuent l;i diroction de l't'ci'ituro. I/inscriplion est divisée eu
plusieurs paragraphes par des lignes horizontales après les lignes 7, 17 et 20. La
ponctuation est très variable. C'est tantôt un tiret, tantôt un point sur la ligne
tantôt un point au-dessus de la ligne, tantôt deux points, tantôt trois points,
superposés, tantôt trois points en triangle, tantôt une étoile.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 323
1 -^ luvacil-suxu
2 ^ ai. savenes-ati-riasax''e//«f7/;z^^/c.',>^)/("///eA'e/u7Vo;i)
3 -» [lacune de 14 lettres ^ eri6u9 • suvacil • vipir-su-
rjle6am-sul • citar : tiria-
4 4r- cim • c.leva.acas-ri • //eal • x * tei-vacil • ice .
isunisav . lasie {lacune de 9 lettres)
o -» [lac. de 4 lettres), rizile : picas . ri . sav • lasiei-s-
vacil • lunasiefacaix.nac . fuli
6 <r- nuvnes . vacil • sav . cnes • itnamulirizilepicas .
niianevacill
7 -^ eBam • sul • scuvunemar • zac • saca :
8 <- i>vei • tuleiluc • vea . piraseleGam . sul . ilucu • cnes •
Xuper • pricipen • a . pires.
U -^ rac ' vanies . • . fuh . • . zus • leriGnai • tul . tei • snuzain •
tehamai . 0icuvei.s •; cu-Gnis • iun
10 (r- irmar . zain . tehamai • Giital * sac • riutus • e • cun •
zai . itial • xuscuv • seriGnai . tu
11 -^ 1 • tei • cizusie^/ . cun : siricimu • nun : cperie • G * isu
mazuslevai . a . pirenun • ver
12 <- ia • V . G • leGa • ium* vacil • ialeGam . sul . nun • G •
erivacil • iariGnai • tae • OaOene
13 -^ i : caper • pricelutulea • piraseuni -al • fitu • G • tae •
sr'ui • • r-^ei • isumunial • G • ara
14 <- epn • icei • nun • G • cuciiei • tur • zai • tirr>T\ • tae • i •
tiia;?eal • xaper • tuleacpes • ilucuvacilzuxn
15 -^ ee • 1 • f • ariGnai • tultrv .-. vanec • calus . zus •
leva^itui x nem • ravinaiG • acas • a . • . G
16 <- es • ci • tar • tiria • ci . fir • zai// • /vai • tulas ne na-
tiuras . travaiuser • hivus • nifus • c • ri
1 7 -^ Gnai • tula • hivus . travaiuser • sne.. ciuras I I I
18 ^ isvei .-. tuleiluc . . vean • pui'- laruns ilucu • Gux :
sin • tiGurial • xue • s * xaG • sanulis • mulu
19 -» rizileziz : riin • puiian • acas • riziman • tuleleGam •
sul • iluc • uperpris • antiar • vus
20 <r- taaius • nun • Geri.
32i TROISIÈME PAUTIE
Encore une quaranlaino de lii^iies, mais imilih'os.
Lignes 3-4... Lr four s'oiirrr riro'il. Lf lon<j des flcu.r mon-
tants il a des trous, pour (jue la flauibée soit vicf. Une che-
minée... <<(?.s7>. Ktile.
Lignes 4-5. 5/ l'argile incandescente se fend, ....est réduit en
poussière (lacune), étendu d'eau. Si l'art/ile à harliotine l'st très
ténue, elle est bonne.
Lignes 5-7. l^ar une projection vive la ligne de fente est asper-
gée. En même temps si cr qui coule est étalé, c^ est bien. L'arijHe
s est-elle épaissie? elle est malaxée encore et étendue d'eau. Si la
barbotine est absolument comme elle doit être, elle tient encore
au moment où le four est démoli.
Lignes 8-10, ,S"?/ y a insuffisance de chaleur, <Cc'est gue^' le
tirage est mauvuis ; le four est mal réiflé : la cendre (f) épaissie
est mauvaise; (piehjue chose à l'intérieur est dérangé; une
bouche [d'air] a été oubliée; t air passe d'en bas d' une manière
étouffée; la chenrinéc étant pleine d'impuretés, le feu est lent et
abondant de fumée; il y a trop de fa(/ots humides et la jlarume
ne se propage pas .
IJgnes 10-11. Si le nt'tlogacp; est tout à fait complet et renou-
velé., si l air passe d'en bas rif d' élan, si la cheminée est ramonée, la
flamme crépite admirablement , la chaleur gui suit le tourbillon-
nement général est tout de suite magnifigue.
Ligues M-12. Sile mauvais fonctionnement [du four) est abso-
lument tenace, si la chaleur n' est pas encore tout éi fait comme
elle doit être, si le four n'est pas, dans toutes ses parties,
tout éi fait comme il doit être., c'est (ju'il n'y a pas de tirage.
Lignes 12-14. <^Mais que':> fourrier soit très attentif. Si
l'air s'engouffre extraordinaire d'élan, si la flamme produite
par II' sonfjle d'air est mal réglée, une grande chaleur
résulte du souffle d'air, le bâtis [du four) craque, il est grand
de fissures, complètement gondolé; un grand cri éclate : c ah!
malheur! »
Lignes 14-15. ()uanil l'ouvrier est...., s il se produit un
commencement de tirage énergique, s' il est tant soit jieu mauvais,
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 325
convenablement, est réduit le passage d'air impétueux et la
ventilation est sans danger.
Lignes 15-17. £"/, -si une cliose nécessaire est oubliée, sois
absolument .4 la moindre défaillance d'attention, une
apostrophe éclate : « ouvre des deux côtés! — Les deux der-
niers [t7'ous), en plein! — Chauffe, donne de lair, ! —
Fainéant, brute, dépéche-toi ! — Donne de l'air, fainéant^
Lignes 18-20. S'il g a insuffisance de chaleur, <^cest que^ le
tirage est mauvais. Voici le meilleur mogen de reconnaître <ila
chose^. Le coude \jonctio?i du four et de la cheminée), est mau-
vais; un résidus gras, qui s'échappe d'un trou., suinte doucement ;
il sort de plus en plus sale; le pied du four est mouillé ,
aussitôt qu'il suinte, le four tire peu
391. Lignes 1-2. Il y a trop de lacunes pour que ce qui reste
puisse être interprété.
Ligne 3. Sipir suri leSam sul le four s'ouvre resserré, c'est-
à-dire ([ue remboucluire du four doit être étroite,
Sipir resserré, étroit, est un adjectif employé adverbialement
(§ 156, 1). Il est formé avec le suffixe nominal -r (§ 116), comme
et-e-r (§ 199), fle-r (§ 341), tev-r (§ 302). Le mol est à rappro-
cher du linnois supp-e-a « resserré » (Budenz, p. 316, n" 322;
Donner II, p. 64, n" 749).
Suri s'ouvrir, est apparenté au finnois s/ro- « s'ouvrir,
s'épanouir ». (Donner, I, p. 184, n° 654). Suri est coupé en
deux dans le texte par un petit trait. Mais il n'y a pas lieu de
s'arrêter à ce détail. Dans toute l'inscription la ponctuation est
mise à tort et à travers. Ici les syllabes d'un même mot sont
séparées ; là des mots distincts sont unis. Il est manifeste que
le graveur n'obéissait à aucune règle. II semble avoir mis
machinalement un signe de ponctuation partout ou s'arrêtait
la puinle de son stylet.
Le6ani sul, expression qui revient plusieurs fois dans l'ins-
rriplion (lignes 3, 7, 8, 12, 19, etc). C'est une alliance de mots
toute fuite. L'étymologie conduit au sons de renflement ardent,
ce qui ne peut gnèrcî désij^ner (|u*un four, en forme de <lùme.
Leea-m«/ï/e/^/, lormé avec le suffixe -in(§ 11 1) comme mata m
326 TROISIÈME PARTIE
(§ 386). Le radical verbal le-G- peu l T' Ire conside'ré comme dérivé
d'un Ihème *le- à l'aide du sulHxe ver])al -9 (ij 87). Or un thème
analoii'iio paraît avoir douu(' naissance au tinnois A/V/-.s7c/- « ])i-il-
ler, llanihcr », liid-lh'i- « Ijrùler » ; cl", eslhonion /p-/,- « llam-
banl »; /r-d « cendre dn loyer » (Budenz, p. 686, n" 738).
Sul rcnjJi'mcnt ; cf. linnois suid-n a verrue, excroissance »
(Jiudeji/ p. 3r)7, n" 37r)).
392. Ci tar-ti ri-a i^ ionr/ des di^ux moulants il a des trous.
L'idée do le long de est exprimée i)ar le suffixe casuel -ti (>; 129,
10) accolé à tar.
Ci deux^ voir i; 139.
Tar montant, contrefort, est apparenté au finnois tar-tu-
« adhérer, être coUé à, tenir l'eriue » (lîudenz, p. 18i, n" 203 ;
Donner, 1, p. 135, n" 476). Il s'agit des cùtés dn four.
Ri-a aroir des ouvertures est à rapprocher du linnois rei-kd
« trou, ouveiinre », rai-no « déchiiure » (Donner, 111, p. 85,
w" 968). Le thème ri- a donné naissance au dérivé nominal ri-1
dirision, coupure (du temps), anncc (voir § 176). Les ouvertures,
dont il est ici (luestion, sont pour le tirage du foyer, comme le
montre ce qui suit. Le sujet de ri-a est toujours leOam suL
Ligne 4. Cimcleva acas-ri, pour cjue la flambée soit vire.
La proposition finale est marquée par le suffixe casuel -ri
(§ 129, 7) accolé à l'adjectif attribut acas rapide, vif [yoiv § 252
acas-ce à l'état rapide). Civa.-cl-e-vsi flandn'-e, flamme,, est un
substantif foi-mé avec le suffixe -va (si 123) et dérivé d'un
radical verb.il cim-c-1-, lecpud (h'rive lui-même du tliènie
cim (voii- plus loin |^ 406 *cim-u-) à l'aide du suffixe double
-cl (^ 90 ; cf. i^ 238 mun-i-cl-eO). ]*our le sens de *cim, cf.
finnois kim-a « clair, brillaul, (''(datant », him-a-lta- « briller »
(Donner, 1, p. 91, n" 322. *Cim est uu<^ variante graphi(|ue de
*cein, (|ue nous avons rencontré dans cem-n-a-x (§ 345). La
permutation de l'e et de l'i est fré(iuente (i;§ 55 et 321). Sur
plusieurs points d'ailleurs la graphie de l'inscription diO'ère de
la graphie ordinaire : elle est boustrophédon ; elle présenle dans
la ponctuation un d('sordre iusolile ; la forme usuelle vacl
(n5>^ 335, 337, etc.) est écrite vaciL
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 327
393. Nealx tei vacil une cheminée... <iest'^ utile. De ces
Irois mots, le premier est dune lecture incerlaine et ne peut
être interprété. Le troisième, vacil, qui sert d'attribut à la
proposition, n'est quune variante de 1 adjectif vacl convenable,
utile (§§ 335. 337. 364. 374 . Reste le sujet tei. Malgré la res-
semblance que ce mol présente avec tei. qui signifie eau
{§§ 330, 340, 372), il se ramène à une origine différente. C'est,
sous une autre forme, le thème 'ti qui a donné ti-n-s § 307)
Il correspond à l'ostiak taj. toj, tej. tij « sommet, pointe » ( Bu-
denz. p. 212, n° 221 . Le sommet d'un four, c'est évidemment
la cheminée. Le mot incertain qui précède et qualifie tei in-
dique sans doute la forme ou les dimensions de la cheminée.
Ice isuni sav <C?'> ^ argile incandescente se fend.
Ic-e -^ fendre, se diviser, a la même origine que le substantif
ic-u-n division, que nous avons vu dans le composé 6ap-ic-
u-n !§§ 294. 296 .
Is-u-n-i, qui est incandescent, est le participe en -i (^i; 103)
d'un verbe is-u-n-. formé à l'aide du suifixe -n § SV et
dérivé d'un thème Is. Ce thème est à rapprocher du vogoule
is « incandescent » : cf. mordvine eze- « s'échauffer »; hon-
grois iz-n :• incandescent » Budenz, p. 829, n*' 913 .
Sav argile; ci. finnois sav-e sav-ï) « argile, bouc Donner,
11, y. 109. n^ 793\ L'argile dont il s'agit est celle avec laquelle
le fi'iir n ete hati.
Lasie e^t /nis en poussière, verbe formé avec le suffixe -i
(^ 81 ;, comme ver-s-i-e ^ 262), trutvec-i-e ^^ 266\ iuc-i-e
(§ 292). Le radical las- est à rapprocher du finnois lese-
« moudre ^> : cf. hongrois lis-t « farine » (Budenz. p. 702.
n° 761 . Le suj.t .N' lasie a disparu. D'après le contexte il
faut sous-enlendre quelque chose comme sav argile.
Ligne 3. Rizile rtre mouillé, dilué dans l'eau, verbe formé
avec le suffixe -1 ^ 82\ Le thème *riz- est apparenté au finnois
ruf-ju luiniide. mouillé » Donner. 111. p. 119. n^' 1008).
Rizile désigne la suite de l'opération commencée par lasie. 11
^ iiuil de préparer une sorte de mastic pour boucher la tissure
du four. On réduit en poussière des mottes d'argile sèche ; on
;i28 TUOISIÈME PAUTIK
en fail île la barboline en la diliiiinl dans l'eau (h'Iail proba-
blement indiqué dans la lacune', puis on malaxe le tout.
394. Picasri sav lasieis vacil <.si^ /'a/y/i/r à i^mln'ti
<iesr> yrandc de tt'nuùttu <lcU(' cst^ honuo ; cette pli rase
explique pourquoi il faut malaxer avec soin le mélange d'eau
et d'argile. Il importe que l'argile diluée soit à l'étal de pous-
sière impalpable, afin (|u"elle pénètre dans les plus petites lis-
sures.
Sav rnuiilr (voir ligne précédente).
Vic-diS-vi pour enduit; la désinence est le suffixe casucl -ri
(§ 129, 7), indiquant la destination. Le subslanlif pic-as
enduit, couverte est formé avec le suffixe -as (§ 9îr, comme
neesr-as (§ 2:52). aiser-as (i; 200. Oapint-as (§ 294), men-as
(^sj 331;, en-as (i^ 3i2 . Le radical pic- est à rapprocbei- du liu-
w()\% puke- « mettre un vêtement, se couvrir» ; cf. puku « vête-
ment '> Hudcn/, j). 172, n° .^JOi). l'oui' la voyelle, voir v< 63 1 4.
Lasi-eis (jrand de ténuité, c'est-à-dire très ténu. L(; mol est
composé de las-i- (voir à la ligne précédente) et de ei-s rp'and ;
cf. fas-eis (?; 3a9).
"Vacil <e//e es/> bonne, c'est-à-dire elle est comnit^ il faut
(pi'(^lle soit. Pour la forme vacil, voir ligne 4, >; 393.
395. Lun asie fac par une projection vin- est asporcfée la
fente, c'est-à-dire qu'on projette violemment la barboline à
l'endroit de la fente, pour (]u'elle pénètre.
Lu-n/J«r ïacte de lancer. La désinence est le suffixe instru-
mental -n (§ 129, 5). Le verbe lu- est apparenté au hongrois
lij.^ Ii]x^- a lancer » ; cf. vogoule //"- ; tchérémisse li'/-; linnois
///o- (lîudenz, p. 707,n"7(;9; Donner, NI, p. 170, n" 1056).
As-i-e être aspergé, verbe formé avec le sulFixe -i (i^ 81),
comme las-i-e (^ 393). Le thème *as est à rapprocher du hon-
grois éfz- a se mouiller, s'humeclei' » (Hudenz, p. 703, n" 829).
Fa,c ft^ntf' peul (Mrerapproch('' du hongrois f-j.h-xd- « s'échap-
per, sortir de, crunipert' n;v\. linnois p<il,-ii n lissure » (Hudenz,
p. 189, n" :\\~ Fac est le sujcl du Nci'bc asie.
396. Aix nac fuli nusnes <iu\siiiU en inénic temps <Csi'> ce
f/ui a coulé <,est^ étalé, e'c^t him^ ce (jui re\ ienl à dire qu im-
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 329
médiatoment il est bon d'arrêler avec la truelle el de ramasser
lu barbotine qui coule, pour l'étaler et la faire entrer dans la
lissure.
Aix précisément aussitôt, variante graphique de la parlicule
ix lii 32 i).
Nac simultané, adjectif employé adverbialement; pour le
sens, voir § 288. On retrouve ailleurs (§ 381) l'alliance ix nac.
Fuli ce qui a coulé, participe en -i (§ 103 ) du verbe fui-, que
Ton a déjà rencontré sous la forme dérivée ful-um-xv-a être
courant, être passager (§ 320).
Nu-s-n-es <Cest^ étalé, participe passé passif en -es (i:^ lOl)
du verbe nu-s-n- étaler, forme dérivée d'un thème *nu à l'aide
du suffixe -s (§ 86), et du suffixe -n (§ 8i). Le thème *nu est
apparenté au hongi'ois n'û-l- « s'éteniJre )>, nùj-t- « étendre »
(Budenz, p. 42.^, n" io3). Nusnes est attribut. Le verbe « être »
est sous-entendu (i; 101). *
Ligne 0. Vacil bon c'est-à-dire c'est bien. Vacil constitue à
lui seul une proposition. La proposition nac fuli, etc. iloit être
con'iidérée comme conditionnelle. Pour le sens de vacil, voir
^ 394.
397. Sav cnes <•«> l'argile <C.est^ épaissir; il s'agit de la
barbotine qui est restée dans l'augel, et qui s'est un peu épais-
sie. Pour le sens de sav, voir § 393. Il y a ellipse du verbe
« être » ('§ 161).
Cn-es épaissi, participe en -es § 101), comme nusn-es
(début de la ligne). Le radical *cn est en rapport avec le fin-
nois kln-i « ferme, immoi)ilc » ; cf. kln-i-ttd « attacher forte-
ment, fixer, faire adhérer », k'tn-tu- « adhérer » (Donner, I,
p. 71, n"2.39).
Itna muli rizile flic est encore remuer, étendue d'eau, pour
rendre à la barlidline épaissie sa lluidilc'.
It-na encore, de nnurcdu, |)roj)r('m<'nt (ulditiiuincl ; voir
plus hiiul i; 292 it-u-na; cf. Www^n^ j ut- h a- « ajouler ». La dési-
nence -na est le sullixe nominal (ij 114). Lailjeclir est ici pris
adverbialement (§ J.'JG, I).
Mul-i être bouleversé, remué en tous sens. l*our le sens
330 TROISIÈME PAKTIE
csllionion }/io/-/:u- « s'aii'ilpr » ; Ichérémissc iiiiil-uht- « soconcr »
(liiKlenz, p. 461, n" 492 .
Rizile rire mouillr ; voir plus liaut, >; 31)3. Les deux verbes
muli et rizile sont juxtaposés sans particule coordinatrice.
Picas niiane vacil <C*'''> rcmlult <iest^ absolument comme
il faut qu'il soit.
Picas enduit : voir ligne 5, § 3!)4. 11 y a ellipse du verbe
« être ). (?i 161).
Vacil ((inrcnalih', voir ligne 4, § 394.
Niia-ne en perfection, adverbe modifiant vacil. 11 est formé
avec le suflixe casuel -ne (§ 129, 7; § 156, 2). Le thème
*niia peut être rappi-oché du hongrois iiu-r « écorcher » ;
cf. tchérémisse ni-a-l-d- « caresser )> ; lapon naj-ast- « racler » ;
vogonle /////- « écorcher ». (l^iidenz, p. 428, n" 4o8 ; Donner,
m, p. 2(>, n" 888). Niia-ne signifie avec grattage, avec action
de polir et répond à peu près à l'expression ad unguem. Cela
suggère l'idée d'un travail achevé, parfait.
398. Ligne 7. Le6am sul scuvune marzac saca au moment
où le four est démoli <^l' enduit^ tient comnlètement <^encore^ ,
ce qui signifie que lors([u'on met le four en pièces, ce n'est pas
suivant le lil de la fente obturée que se fait la cassure.
LeSam sul le four ; voir ligne 3, § 391. Ces mots servent de
sujet au verbe scuv-u, lequel est pourvu du suffixe comitatif
-ne (§ 129, 6) ; ils forment donc avec le verbe scuv-u une
proposition subordonnée, avec le sens de au moment où, tandis
que, alors que [^ 164). Le verbe scu-v- être mis en ruines, être
mis en pièces, être détruit est formé avec le suffixe -v (§ 88).
On a vu plus haut l'adjectif scu-na ruiné j^s^ 313, 319), qui
est un dérivcMlu même thème.
Mar-zac co)nplet de n/esure se compose de mar «d zac. Le
premier ('dément, mar mesure, est un mot que l'on a déjà ren-
contré dans mar-is grand de mesure {'^^ 223, 302\ dans mar-
u-nux, mar-u-nux-va l/ors de mesure (§§ 219, 233), ainsi que
dans mar-cal convenable de tnesjire (§ 304). Le second élément,
zac ((unplet, pourrait être rap[)r()ché du liongrois tok-é-lnt-as
« complet, parfait». Pour l'équivalence z =^ t, voir ,^5 72.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTES 331
Saca adhérer est apparente au finnois sak-eht'ù « adhérer for-
tement ». Le sujet est picas.
399. Ligne 8. Ici commence un nouveau paragraphe,
comme l'indique la barre tirée entre les lignes 7 et 8. Isvei
tule ilucve s il ij a défaut de chaleur, <^c'est que"^ la ventila-
tion est mauvaise.
Is-vei, défaut de chaleur ; ce mot forme à lui seul une pro-
position défaut de chaleur <^est^ et cette proposition doit être
entendue comme conditionnelle : si le four chauffe mal. Is-vei
se décompose en is -f- vei. Le sens de is chaud résulte du sens
attribué plus haut à is-u-n-i être incandescent (ligne 4, §393).
Vei manque, est l'équivalent du finnois vaj-a « défaut, man-
que ». Le V initial s'est conservé parce qu'il est en composition ;
cf. § 74 et § 267 trut-vecie.
Tul-e le faire du vent, verbe employé substantivement (§ loi),
sujet du verbe « être » sous-entendu (§ 161). Il s'agitde la ven-
tilation du four. Tul-e se retrouve dans le finnois tûl-i « vent »;
tû-l-e- « faire du vent » (Donner, I, p. 142, n^Sll).
Il-u-c-ve mauvais, adjectif formé avec le suffixe -ve § 123);
pour la désinence -ve au lieu de -va, voir § 370 zusle-ve,
zar-ve. Le radical il-u-c (ou il-c) est à rapprocher du finnois
ilk-e-â (( laid, méchant, mauvais ».
Ap irase leGam sul le four est mal réglé, c'est-à-dire qu'il y
a dans le four quebjue chose qui ne va pas.
Ap signifie proprement douteux, incertain, suspect et par
extension mauvais; cf. § 234 spureOi apa-si la bataille étant
venue à être incertaine (tournant mal). Ap l'-t l'équivalent du
finnois epii «. incertain ».
Ira-s-e étre'disposé, agencé, arrangé, verl)e formé avec le suf-
fixe de dérivation -s (§ 86), comme ôentma-s-e (§247) e6r-s-e
(§ 343). On retrouve un peu plus loin (même ligne) le thème ir
dans ir-es. Ce thème est apparenté à celui qui a donné nais-
sance au finnois y w'-/i7' « ordre, régularité, série »; cL jdr-Je-sta-
metlre en ordre (Budenz, p. 79i, n" 866).
LeGam sul le four; voir §§ 391 , 398 .
400. Ilucu cnes x^per la cendre ['?) épaissie est mauvaise.
332 TROISIÈME PARTIE
Ilucu ('Ire /)iaurai.s Gsl le verbe dont on vient de voir le radi-
cal dans iluc-ve. Le siijol est xuper.
Cn-es épaissir' (voir ligne G, i; 397), épilJiMe de xuper.
Xuper, sui)slanlir formé avec le sutHxe nominal -r (>; 11 G).
Je Iradnis par cfjuire, mais le sens est incertain. Le mot est
ap[)arcnté au hongrois /toporc, hoport « renllement » ; cf.
mordvinc kopcr , kopir « dos » ; hoperr, kupor « monticule »
(lUideii/, |). Mi, n" 139). 11 s'agit probablement des cendres qui
se sont atnoncrh'f's dans le four et en gênent le fonctionnement.
Pri cipen ap ires quelque chose, qui est à f intérieur, est mal
arraïK/é. Suite des causes dn mauvais fonctionnement. 11 y a
(|uel(jue chose, on ne sait pas quoi, qui ne va pas bien.
Pr-i intérieur, pi'oprement qui est entré, qui n été introduit,
participe en -i (î^ 103) du verbe pr-, que Ton a vu dans pr-i-6as
(§329), ainsi que dans les composés pr-umis(.^ 248) etpr-umaGs
(§ 38). Pour le sens, cf. tchérémisse pur- a entrer » ; zyrénien
plr- « être introduit » (Hudenz, p. 474, n" 507).
Ci-pe-n quelque chose est le relatif ci qui, quelquun, quelque,
que Ton a déjà rencontré dans ci-sum (§§ 351, 358, 367, 370).
Quant à la particule pe-n, c'est une forme adverbiale de l'encli-
tique pe, pa, pei, pi; voir ca-pe (^^ 314), ca-pi (§ 135), i-pa,
i-pei (§ 153). La forme in-pei-n (§ 153) montre que l'enclitique
peut s'augmenter d'un suffixe. Ci-pe-n est le sujet du verbe
« être )) sous-entendu (i; IGl).
Ap )nal, voir plus haut § 399 ap irase.
Ir-es ordonné, rangé, disposé, réglé, est le participe passé
passif en -es (J:^ 101) du verbe ir-, dont on vient de voir le dérivé
ir-a-s-e (§ 399).
401. Ligne 9. Rac vanies une ourerture <^a été^ oubliée.
Pi'oposition avec ellipse du verbe « être ». Pour le sens de rac
ouverture, voir s; 329 rax* l''^n ee (|iii concerne la permutation
du c et du X? voii- i; G8,
Vanies oublié, participe passé passif en -es (i^ 101), comme
ir-es. Le verbe van-i- c^l formé avec le suffixe -i (i; 81), comme
as-i-e (ligne 5, §395). Le thème "van est l'équivalent de celui
quia donné le finnois 2//î-Aç « oubli », un-ho-tta^ « oublier » ;
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 333
pour lo V iiiilial, voir § 73. L*oiil)li dont il est question se
rapporle à (iiielque bouclie Jaéralion qui n'a pas élé ouverte
quand il fallait.
Fuhzus leriGnai tul l'air pass^ (Vcn bas d'unf tnanih-c étouffée
c'est-à-dire l'air ne passe pas bien en bas, sans doute parce que
les bouches nont pas élé bien ouvertes.
402. Fuh-z-u-s obstrué^ bouché, adjectif formé à l'aide du
suffixe -s § 177) et dérivé du radical verbal *fuh-z-. Dans
"fuh-z-, lez iinal est le même suffixe «juc dans alcpa-z-ei(§ 356),
nur-cp-z-i (§ 239) fle-nz-na (§ 246), fal-z-a-Gi (§ 300). Le
thème *fuh est apparenté au hongrois fuj-t- « suffoquer » ; cf.
mordvine pava- « étrangler »; lapon puce- « id » (Budenz,
p. oit , n° o69).
LeriGnai tul l'air passe en bas. Le-ri9nai est composé
de le et de riGnai. La particule le se retrouve dans le hongrois
la « en bas ». Cf. § 247 le-sc-a-n. Quant h riG-n-ai, c'est un
verbe formé à Taide du suffixe -n ;§ 84), comme is-u-n-i
(ligne 4, § 393). Le thème *riG peut être rappioché du finnois
ruU-o « vif, soudain, rapide, hàlif » (Donner, III, p. 122, n° 101 1).
La désinence -ai équivaut probablement à un e: voir plus bas
(ligne 1 1) zuslev-ai et i; 37U zusleve.
Tul cm\ vent ;yo'ir ligne 8, ;< 399 tul-e.
403. Tei snuzain tehamai Gicuveis cuG par le fait que la
cheminée <^est^ pleine d'iuïpuretés, il se produit uu feu qui
couve, ahondcuit de fumée
Tei. Je traduis par cheminée, comme à la ligne i, § 393.
Snuzain est l'adjeclif snuzai augmenlé du suffixe inslru-
mental -n (§ 129, o) ; la proposition tei snuzaii [la cheminée
<Cesty- ple'ine d'impuretés) prend ainsi la valeur d'une propo-
sition subordonnée causale f§ 16i). Snu-zai l'sl composé de
snu cl (le zai. Le })remi('r (h; ces deux éléments, snu
est apparenté au finnois son-ta « fumier, boue » (Donner, II,
p. 54, n°733). Le second élément . zai, est ré([uivalent du linnois
ta'û-te [taû-s'i] « plein » (pour le z initial, voir § 72) ; cf. eslhonien
idv-e, tdi-e, tdi-t-sa (Donner. I, p. 121, n°430).
Tehamai v^ produire, arriver malheureusement, accidere,
334 TROISIÈME PARTIR
verbe formé à l'aitle du sullixe de dérivalion -m (ï; 83), coiiimc
mul-m-l-es (s; 312). Le radical teh-m- se ramène donc à un
llième *teb =*tev, lefjuei peutèh-e l'approché du linnois lap-a-us
« accidenl, événement; cf. lap-a-hlu- « arriver, se pi'oduire »
(Donner, I, p. l'iT, n° ."527). Dans tehamai on a un second
exemple de Th nou inilial ; voir plus haut liiiue !l, |:5 401 fuhzus.
Pour la désinence -ai, voir s^ 102 ri9nai.
Gicuveis (/rand de fiiinrc, épillièle de cuS, esl composé di;
Tadjeclif eis y/y/y/c/ (voir ligne T», i; 394 lasi-eis) et du verhe
6ic-u-v- <m 6ic-v-. (îe verbe, l'oruK' avec le suUixe -v (ii 88),
comme scu-v-u-ne (ligne 7, ij 398) se ramène à un lbème*6ic,
qui estré(juivalenl(§ 71) du (innois liaika « odeuj', parfum » ; cf.
Jiaihu- « fumiir ».
CuG fou (pli (ijurr^ ff'ii Irnt, {•\'^\-l\-A\vQ feu (jià prend )))al \
pour le sens, cf. linuois kul-c- « brûler secrètement ».
404. Nis funir marzain tehamai Siital sac par le fait, (jup
du pi'iil huis Innnidc <i(''<t~^ plein de mesure {^= très abondant)^ il
SI' produit une rtinrrlle sans diffusion (qui ne se r('[)and pas de
procdie eu |)roclie, qui ne gagne pas tout le fagol). La propo-
siliou nis funir marzain esl une proposition causale, comme
plus liant tei snuzain. iNouvelle cause de mauvais fonction-
ne m en I.
Nis humide; cf. \\\\\\(n<. 7ips-te-lie « liumidité »; esthonien
ncs-i' <' humide » (Donner, 111, p. 49, n" 921).
Fu-nir baijiiette de bois, fai/ot^ substantif composé defu et de
nir. Pour fu bois^ cf. hongrois /à « arbre, bois »; finnois />/7;
IcIuM'émisse, zyr('nien, votiak pu i l)ud(Mi/,, |). 480, n" oll). Nir
hayuette correspond à l'csthonien nir-a « lambeau » ; cf. zyrénien
71 or « baguette » ; hongrois nir « bouleau » ; vogoule n'ir, nir
(( verge » (Donner, 111, [). ly.i, n" 927).
IJepie 10. Mar-zai-n /j/^/// de ///r^vz/yv' c'est-à-dire très abon-
dant, trop abondant . Le* mot esl couiposé de zai, que Ion vient
de voir dans snu-zai-n, et de mar mesure, (\\\o Ton a vu plus
haut dans mar-zac (ligne 7, i:;398).
Tehamai se produire \ voira la ligne pré'cédente.
ôiital dépourvu de vitesse, épithète de sac. L'adjectif 6iital
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 335
présente une formalion tiès particulière, dont la trace s'est
conservée dans le vogoiile et le hongrois. On y observe le
sntfixe privatif-tal(5; 130 bis). C'est ainsi que l'on a, en vogoule,
par-lal (.( privé d'oreilles, sourd », no-tal >■<■ sansfemme, C(3liba-
taire », tin-tal « sans valeur ». En hongrois le suffixe est
devenu /a/ -a/*, -tal-dn ou tl-an, il-an. Ex. éô-tal-an « sans sel »,
às-tdl-aii « sans raison» (Bndenz-Simonyi, p. 277; Szinnyei,
Fiîinisch-ugr. Sprac/nr . , p. 105-107). 0ii rowyvV un est verbe
que l'on a déjà rencontré s^ 313.
Sac étincelfe, flamme, thème apparenté à celui qui a donné
le finnois sàk-e « étincelle », sd/c-d-, sdk-e-ÏU- a étincelcr,
briller ». Le bois humide ne s'allume que par endroits et la
flamme ne se propage pas.
405. Ici s'arrête l'énumération des causes qui empêchent le
four de bien fonctionner. Yoici maintenant le moyen de remé-
dier aux inconvénients.
Riutuse cun zai itialx uscuv lerlGnai tul <•'.?'> le fait
de nettoyer est tout à fait eomplet et renouvelé, F air passe d'en
bas vif d'élan, c'est à dire qu'il y a un tirage énergique.
Riu-t-u-s-e nettoyer, punjer à fond est un verbe formé à
l'aide de deux suffixes, le suffixe -t(§ 87) et le suffixe -s
(§ 86), avec un u épenthétique. Le thème *riu correspond à
celui qui a donné le finnois raiv-a- « purger, purifier ». L'in-
finitif est ici employé substantivement (§ 151) et sert de sujet
au verbe « être » sous entendu (§ 161). L'attribut est cun zai.
La proposition est conditionnelle.
Cun supérieur, adjectif employé adverbialement (§ 156, 1)
et faisant l'office de particule superlative avec le sens de supé-
rieureinent, au suprême deyrc, tout à fait. Cf. finnois kon-o
« quelque chose qui est en avant, qui fait saillie » (Donner, T,
p. 72, 11° 245).
Zai complet ; voir plus haut lignes 9 et 10, §§ 403, 404.
It-ial-x (^t nouveau d'addition c'est à dire et renouvelé.
Le -X final est le suffixe de coordination. 11 s'écrit d'ordinaire
par un -c, mais la permutation du c et du x ^st fréquente
(§ 68) ; on a d'ailleurs dans Pumplial-x (§ 229) un
33G TUOISIKMK PAFiTIE
exemple de renclili(jue coordiiialiicc -y^. Abstraction faite de la
désinence, il reste le composé it-ial. On y retrouve d'abord
le thème it, que Ton a vu plus haut dans it-na (ulditioiuiel
(ligne 6, i; '-VM). On y retrouve ensuite le llirme ial- non-
î^pai/, que Ion a vu dans un-ial-t-i sois iiDurcau (h question
(§ 387).
Us-cuv foi'l dvian. Le radical us- a déjà été plusieurs
l'ois renconlré ; il exprime l'idée (U; projeclion, risée, atteinte
d'ioi but, coup lu'riis (v^i; 33o, 367). Quand à l'adjectif cuv, il
correspond au liunois Lop-e-u « superbe, arrogant » ; esthonien
koh-c « fort, ('nergi(|U(^ » ; hongrois huc-éF- « orgueilleux )>
(Donner. I, p. 78, n" 27G) .
Le-ri9nai tul Pair passe <Ven bas ; c'est l'expression (ju'on a
déjà vue à la ligne î), iU)\. L(^ texie de. liiicheler porle seriGnai.
Mais c'est certainement leri6nai (|u'il faut lire.
406. Lif/ur 11. Tei cizusie[sj <^si^ la cheminée <^est^
ijrattct'^ c'est à dire ranumée.
Tei clu'uiinéc ; voir ligne 4, § 393.
CizusiejSj (jrattc, rauujuc. Je rétablis par conjeclure la der-
nière letlre, qui ne peut pas cire un a, comme le porte la copie
(le liiicheler. Le mot est le participe passé passif (§ 101) d'un
verbe ciz-(u)-s-i-, (|ui est formé avec deux suffixes, le sulïîxe
-S (>^ 8G) et le sutlixe -i (§ 81). Le thème *ciz- peut être
rapproché du linuois kit-kc- « frotter, gratter » (Donner, I, p.
19, n" 63\
Cun siri cimu saprricurcuicut crcpitc le /hnuboieuicnt ; c'est
la proposition principale après la proposition conditionnelle;
c'est la consé({uence du lamonage.
Cun supérieurement ; voir à la ligne précédente § 405.
Siri crépiter, cra(/uer ; cf. linuois sir-a, sir-a-Jei-, sir-i-s-e
« cré|)iter, faire un petit bruit, ga/ouiller » (Donner, I, p, 186,
n" 662).
Cimu le fait de flamber^ la /laudjée^ la flamme.^ verbe em-
l)loyé subslanlivoment (^5 \^i\), servant de sujet à siri. Pour le
sens, voir ligne 4, §392 cim-c-l-e-va.
407. Nun «perie-e isu ma zuslevai la chaleur cjui suit le
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 337
tourbillonnement (jénéral (des flammes dans le four) <^esty>
maintenant splendide.
Nun (jénéral, universel, épithète de cperieS. La désinence
est le suffixe nominal -n (§ \ 13), comme dans he-n {% 311) et
tri-n (5; 338). Pour le sens du thème *nu, voir § 334
nu-n0e-n-e.
9erie-0 n la suite du fait de tourbillonner. Le point de départ
est marqué par le suffixe casuel -6 (§ 129, 11). Le verbe
çper-i-e est formé à l'aide du suffixe fréquentatif -i § 81). Le
thème *9er- peut être rapproché du vogoule pèr- « tourner » ;
cf. finnois^j/?o?v7- « tourbillonner » ; hongrois for-og- « tourner »
(Budenz, p. o32, n" o62). Le tourbillon dont il s'agit est celui
que font les flammes dans le four quand il est bien allumé et
qu'il tire bien.
Is-u le fait de chauffer: voir le dérivé is-u-n-i (ligne 4,
v^ 3!)3 . Isu est le sujet du verbe « être » sous-entendu (§ 161).
Ma maintenant ; voir § 310.
Zuslevai splendide, variante graphique de zusleva (§ 333) et
zusleve >; 370).
408. Ap ire nun ver < v/!> le fait d'être mal réglé <^est^
absolument te)iace, c'est à dire si, en dépit de toutes les précau-
tions prises, le four s'obstine à mal marcher.
Ap ire le fait d'être mal réglé, infinitif pris substantivement
(ii loi), sujet du verbe « être ». Pour le sens, voir ligne 8, § 399
ap ir-a-s-e.
Nun total, adjectif pris adverbialement (156,1) avec le sens
de en totalité, romplèteinent, absolument. Voir plus haut, même
ligne, nun «perieS.
Y ev tenace, obstiné, constant, peut-être rapproché du finnois
ur-hc-a « courageux, ferme, i>iébranlable, constant ». Pour le
V initial, voir i; 73.
la v6 le9a ium vacil <isï^ le fait de chau/fcr à nouveau
n'est pas tout à fait convenable, c'est à dire si, après avoir
bien nettoyé le four, on constate, en le rallumant, qu'il ne
chauffe pas comme il devrait chaulVcr.
Ligne /!^. I-a ne pas être est l'auxiliaire négatif qui détruit
•21
338 l'I'.OISlÈME l'AIlTllî
l'uflirmaliou le9a... vacil. (l'est r<uixiliairo qiio Ton a déjà
plusieurs l'ois roucouiré, soit sous la forme i-pa, soit sous la
lomic i-n ou i-n-pa (voir .i;^ 19-25 ; 245, 254, 294, 301,
316).
V6 nouveau^ épilhèle de leOa. Le mot correspond au finnois
nie (r/si) « nouveau, récent » ; cl- ml-e-sta » de nouveau »
(Budenz, p. 864, n" 961). Pour le v initial, voir § 73 et à la
l'uinr II : ver.
Leôa II' fait d'hrc chaud, infinitif employé substantivement
et sujt'l (lu verbe « être » sous-entendu (§ 161). Pour le sens,
voir leG-a-m (ligne 3, >:; 391).
lum vacil lout à [ail cjuivrnahlc i*our le sens de vacil, voir
iKjmt 4, i^. 393. lum signifie proprement hini et fait ici roliice
d'une particule adverbiale superlative. Le mot est apparenté au
vogoule yV^y/i-rtv « bon » ; cf. hongrois yo ; ostiak jem (Budenz,
p. 146, n° 173).
409. la leôam sul nuii6 eri vacil <.v/> le four n est pas en
totalité remai'ijuablcmcnt bon, cest-à-dire si lout ne fonc-
tionne pas parfaitement.
la n'existe pas, auxiliaire négatif; voir au débul de la ligne.
Ce qui n'existe [»as c'est l'allirmalion contenue tians la [)ropo-
sition qui suil, dont leOaiïi sul est le sujet et dont le verbe
V èlre » n'est pas exj)rimé (s^ 161).
Le6am sul le four ; voir ligne 3, i; 391 .
"Vacil bon, ronrenablc, voir même ligne ium vacil. i^alhi-
but vacil est modifié par l'adjeclif eri extraordinaire pris
adverbialement (!:5l56, 1) et qui lui-même est modilié par l'ab-
verbe nun-6 totalement. Pour le sens de eri, voii' ais-er-as
(§ 267). Pour le sens de nunO, voir i^v; 354, 407. Dans l'adverbe
nun-G, la (b'sinence est le sutlixo casuel -9 (§ 12!l, ii" 11).
la riônai <^c'est que^ il )î existe pas de courant d'air. Pour
le sens de lavoir plus haut, même ligne. Pour le sens de ri6nai
passer, courir, aller vite (ligne 9, i; 402).
410. Tae 6a9enei <^Mais rjuey- l'ourrier <isoit> (jrand d'en}-
pre.sse))ient, cesl-à-dire de surceillance. Puisque le mauvais
fonctionnement du four vient d'un défaut de tirage, l'ouvrier
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 339
doit donner de l'air, mais bien se garder d'en donner trop et
trop vite.
Tae peut être considéré comme l'équivalent de tai, puisque
le prénom Cai s'écrit quelquefois Cae. Or tai peut è(re rappro-
ché du finnois tai-t.a- « })Ouvoir, savoir » ; cf. vogoule taj- « être
possible, être digne, convenir à, avoir la faculté de » (Ikidenz,
p. 251, n" 259 ; Donner, J, p. M8, n" 423). Tae, c'est Vhomme
capable^ c'est-à-dire, en l'espèce, le potier.
0a9e-n-ei grand d' empressement., c'est-à-dire très attentif , mot
composé de ei grand (voir § 203 et § 356 estr-ei, al«paz-ei) et
du radical verbal GaS-e-n-, qui est formé à l'aide du suffixe -n
(§ 84). Le thème *ea6- j)eut être rapproché du finnois hdt-i- « se
presser, se hâter»; cf. hdtd « hàle, presse, situation critique ».
Dans la proposition tae GaGenei il y a ellipse du verbe « être »
(§ IGt). D'après le contexte, il semble que cette proposition
doive être entendue au sens impératif.
411. Ligne 13. Caper pricelu tule <.5'2> V aération s' en-
gouffre extraordinaire de tirant.
Cap-er extraordinaire de tirant, adjectif composé de er dis-
joint, à part, extraordinaire (cf. § 267 ais-er-as; § 409 eri) et
de cap-, saisir, entraîner, arraclier, radical verbal apparenté
au finnois kappa- « saisir, arracher, entraîner » (Donner, T,
p. 80, n° 282); cf. i? 336 cape-ri.
Pricelu, s introduire, s'engouffrer, peut être considéré comme
ré([uivalent de *pri-c-l-u, c'est-à-dire comme le radical verbal
pr-, e;^/rer (voir plus haut ligne 8, § 401 pr-i), augmenté du
suffixe double -c-1 (i^ 90; cf. ,^ 238 muni-cl-ee).
^\)\Çi faire du vent; voir plus haut, ligne 8, § 399. L'infinitif
est pris substantivement et sert de sujet au verbe pricelu
(§ 151). La proj)osition paraît devoir être prise au sens condi-
tionnel.
Ap irase unial fituO <si> la flamnic produite par le cou-
rant d'air est mal réglée. Etant donné le contexte, il est pro-
bable que cette proposition est aussi conditionnelle. ,
Ap irase est mal réglé, mal ordonné ; voir plus haut, ligne 8,
§ 399.
340 TROISIÈME PARTIE
Uni-al jirovrnanl dn sou//lc (Va'ir. La désinence -al esl le
siillixe (.'asuel ox{)rimaiit l'origine (§ 129, 1). Uni est apj)a-
renté au finnois o/*/v'/^ (nom. onfjc) « souille léger ». Unial est
comme répitlièle de fitu6.
Fit-u-e flamme, substantif formé à laide du siillixe nominal
-6 (§ 120) et dérivé d'un radical verbal fit-, lequel dérive lui-
même du Ibème *fi à l'aide du suffixe -t (§ 87). Le thème *fi
est apparenté à celui qui a donné le hongrois fè-n' « éclat,
lueur » ; cl", finnois pai-vd « soleil, jour » ; pai-sta- « briller » ;
zyrénien bi « feu » (Budenz, p. 513, n" 540).
412. TaeseiuBce. La lecture n'est pas certaine. Il n'y a
pas à cJKM'chei' dinterprétalion.
Ei isum unial une grande chaleur <i_est'^ résultant du cou-
rant (Tair. Il y a ellipse du verbe « être » (§ 161). Pour le sens
de ei (jrand, voir § 203 et plus haut § 410 GaGen-ei.
Is-u-m chaleur csïnn sul)stantif verbal en -m (§ 111), formé
comme vin-u-m (§ 331), tri-n-u-m (§ 363). Pour le sens de
is-u chauffer, voir ligne 4, ij 393 is-u-ni ; ligne 8, § 399 is-
vei.
Xini-al ]rrorenant du courant d'air; voir plus haut, môme
ligne.
413. ©ara epn la construction craque. Le verbe Gara, se dila-
ter, craijuer, esl apparenté au liiinois haro « état de bifurca-
tion », hdra « rauieaux, branches divergentes ».
Ligne 14. Ep-nA' bâtis, la construction, c'est-à-dire la maçon-
nerie du four. L(! mot esl lormé à l'aide du suffixe nominal -n
(§ 113). 1! est à rapprocher du hongrois cp-it- « construire, édi-
fier », ép-ûlàt (( bâtiment » (I>udenz, p. 790, n" 859) ; cf. § 312
ep-1 sur la pierre.
Ic-ei nunG cucii-ei // <icst'^ grand de fssures, coinplctement
gondolé. L'extrême chaleur a dilalé et déformé les parois du
four, qui ont craqué par endroits.
Ic-ei grand de fissures, adjectif composé de ei grand {voir h
à la ligne précédente ei isum) cl de ic- se diviser, se fendre
(cf. ligne 4, § 393). Le sujet dt; la proposition esl epn sous-
entendu. Il y a ellipse du verbe « être » (^ 161).
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 341
Nun6 en totalité; voir ligne 12, § 409.
Cucii-ei. Je traduis par f/o/)doIé;\Q sens propre est qrand de
courbure. On retrouve Y i\A]('c[\i ei grand [cï . ic-ei). Le radical
cucii- peut être assimilé à un radical *cuc-j- (voir § oo Caiia),
c'est-à-dire à un thème *cuc- augmenté du suffixe verbal -j ou
-i (§ 81). Pour le sens du thème *cuc, cf. finnois kuk-kii « état
accroupi, flexion des jambes » ; kiihii, «■ courbé, bossu », kuk-rd.
« bosse ».
Tur zai xiiïi-ri Je cri <Cest^ plein (= à pleine voix) : mal-
tieur! C'est ou le cri de colère du patron contre l'ouvrier négli-
gent, ou le cri de désespoir de l'ouvrier s'apercevant du dom-
mage.
Tur cri, appel; voir § 258 tur-ce; § 371.
Zâi plein, c'est-à-dire à pleine voix; pour le sens de zai, voir
lignes 9 et 10, §§ 403, 404 et 40o.
Xim-ri. La lettre m est donnée comme incertaine par Bii-
cheler. Xim-ri convient bien au sens. On a déjà vu les formes
xim (§ 378) xini-8 (§ 318) xim-O-m (§ 298). L'idée exprimée
est celle de ruine, malheur. Ici xina-ri peut être entendu
comme l'adjectif xiiïi? augmenté du suffixe -ri § 129, 7). Le
sens propre est : pour <^être^ malheureux!, c'est-à-dire
quelque chose comme l'exclamation malheur!
414. Tae itiiane alxa per tule a<pes ilucu <5i> pendant
que l'ouvrier est persistant [d'attention) commence une ventila-
tion forte, <^si^ elle est tant soit peu mauvaise . Il y a deux
propositions conditionnelles juxtaposées. Après avoir montré
où peut conduire une distraction de l'ouvrier, on montre main-
tenant combien, avec un peu d'attention, on peut enrayer un
tirage dan2:ereux.
Tae itiia-ne pendant que l'ouvrier persiste, proposition su-
bordonnée, qui est mar([uée par l'addition du suffixe comit.itif
-ne (5; 129, n° 4) au verbe itiia. Ce verbe est formé à l'aide du
suffixe -i (§ 81), doublé comme dans cucii-ei (même ligne).
Le thème it- est celui (|ue l'on a vu plus haut dans it-na
(ligne G, ^ 397) et dans it-ialx (ligne 10, § 405). L'idée est
celle d'addition et de continuation. Le finnois jat-ka signifie
342 TROISIÈME PARTIE
« ajoulor, poui'suivro, conliiiuor ». La conliiiKalion, dont il
s'agil ici. iit^ piMiL rire que celle d(* la surveillance.
Alxa per tule <si> commencr une vmtilalion éneryùpte.
Alx-a, lumtticiicer, peut èlre rapproché du finnois al-Jai
(. début », alha- « commencer ». Le sujet est le verbe tule,
pris subslautivement (§ 151) el ([ui est (Qualifié par fadjeclif
per.
Per fort, éncrqlqiif ; cf. linnuis p'ir-a-hlia « robuste, l'ermc,
dur, vigoureux, solide. »
Tule faire du vent: voir ligne 8, § 399.
Acpes diminué, participe passé passif en -es (§ 101) du verbe
acp- ou af-, que l'on a vu plus haut (§ 322) sous la forme af-
U-n duiriniition des forces^ dreroissance, langueur. L'adjectif
verbal a<p-es csl pris adverbialement avec le sens de le moins,
tant soit pra.
Ilucu rtre maurais (voir ligne 8, § iOO). Le sujet est toujours
le verbe tule, pris subslanlivcmient.
415. Vacil zuxne el fari6nai conrcnahlement (c'est-à-dire
comme il faut) est comprimé le passaç/e (fair impétueux. C'est
l'cxplicalion de ce qui précède. Quand l'ouvrier est attentif, il
peut, au moment voulu, faire le nécessaire pour tempérer l'ex-
cès du tirage.
"Vacil courenaldement, adjectif employé comme adverbe.
Voir plus haut ligne 4, § 393.
Zux-n-e être obstrué, comprimé^ verbe formé avec le sullixe
d(î dérivation -n (§ 84). Le thème *zux- est apparenté au fin-
nois tdk-dlitn-. toh-di-stn- « [)ousser. itoui-rer, obstruer ». l'itanl
donné la permutation fréquente du c et du x i§ 68), zux-n-e
peut être rapproché de zuc-i (v^ 312). Pour le z initial, voir
§ 72).
Lif/nc 15. El impétueux, rinic/i/, ndjectif, ('pillièle de farlQ-
nai. Pour le sens voir s; 3()7 el-uri faire effort de riidenxe.
Farienai le passcuie d\in\ verbe eui|)loyé substantivement
^^5 I.'JI , comme sujet de zuxne. Le mot se décompose en
fa : rienai. Pour le sens de riGnai voir ligne 9, >; 402. l'our le
sens de fa- souffler, voir § 306 fa-vi-ti-c.
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 343
Tul trs le vent <i?y/> sans danger. Pour le sens de tul,
voir ligne 9, § 402. Le vent désigne ici un courant d'air vif, un
bon tirage. Le tirage peut et doit être en elïet très actif; mais
s'il est constamment surveillé, il n'y a aucun danger.
Tr-s signifie proprement salutaire. L'adjectif est formé à
l'aide du suffixe nominal -s (§ M7). On peut le rapprocher du
linnois ter-ve « en i)onne santé » ; ter-vc-llinen « salubre, salu-
f.iire » ; ter-ho, bon vent, vent doux.
416. Vanec calus zuslevaetui (?) et puis <isi.y> une chose
nécessaire est oubliée.^ <^sois^, absolument sévère ('?).
Vane-c est oublié ; la désinence est le suffixe de coordination
-c (§ 15i). Pour le verbe van-e, voir plus haut van-i-es (ligne
9, §401).
Cal-u-s chose nécessaire, substantif formé à l'aide du suf-
fixe nominal -s (§ 117) et dérivé du verbe cal-u, être nécessaire
(voir§ 303\
ZuslevaGtui. Dans ce groupe on isole aisément l'adjectif
zusleva ou zuslevai (cf. ligne 11), qui signifie splendide, remar-
quable (§ 333). Mais ce qui suit est incertain. Peut être y a-t-il
là quelque recommandation impérative : <^sois^ absolument
sévère (?), l'adjectif zusleva étant employé au sens adverbial
(§ 156, 1).
417. Nem ravinaie à partir du moment oii l'attention oscille,
c'est-à-diie aussitôt que l attention est flottante, en d'autres
termes « la moindre distraction. C'est une proposition subor-
donnée (§ 164), dont le sujet est nem et dont le verbe ravinai
est pourvu du suffixe casuel -6 (§ 129, 11) marquant le point
de dé' pari.
Nem attention, est apparenté au finnois nam-i-tta- « exhor-
ter, avertir » ; cf. lapon nam-a-s « vif, pénétrant » ; vogoule
n'j.m- « mentionner, rappeler », ny.m-i-s- « penser, réfléchir » ;
osliak )i(im-a-s « rétlexion » (lîudcii/., p. 788, n" 855 ; Donnei',
Jll, p. 81, n° 964).
Ravinai-6, abstraction failc du suffixe casuel -0, il resle
un verbe rav-in-ai, avec la mènic désinence que le verbe
leri6n-ai (ligne 9, § 402). Le radical rav-in-, formé avec
344 thoisikmf: paiitie
le sufHxc (le de'rivalion -n, -in (§ 84), se rattache à un Ihème
*rav, qui exprime une itJtMï de « mouvement vague, balan-
cement, oscillalion » ; cf. finnois rap-a-'its- « se balancer,
osciller » (Donner, lit, p. 144, n^ 1036).
Acasa 9es relate brusquement une apostrophe.
Aca-s-a rtrr brusque^ soudain, verbe formi' ù l'aiilc du suf-
lixo (le ({('rivalioii -s (>; 86"), comme plus haut ir-a-s-e (ligne 8,
§ 399). Le llirme ac est celui (|U(' Ion a déjà vu dans le com-
po>(^ est-ac brusque de chute (i; 321), ainsi (|iie dans les adjec-
tifs ac-il ;:; 210 el ac-as ij 2'>2 ; voir ci-dessus, ligue 4, i; 392
ac-as-ri;.
Oes appel, apostrophe, sujet de acasa. On a (b'jà rencoulré ce
thème sous les formes Bes-n-i-n (§ 361), Ges-a-n (§ 365), Bes-
a-ne (l:^ 367), qui toutes expriment une idée (V appel ou iVinvo-
cation.W s'agit ici des apostrophes brusques du potier à l'adresse
des esclaves chargés de faire aller le four. Ce qui suit indique
(|uelques-unes de ces apostrophes.
418. Ligne 16. Ci tar-ti ria ouvre le Joneq des deux côtés ! il
s'agit des bouches daération. On a ih'jà vu celte formule
ligne 3, § 392.
Ci fir zain les deux derniers! pleinemott ! il s'agit dos deux
derniers trous, (|u"il faut ouvrir tout grands.
Ci deux ; voir ligne 3, § 392.
Fir dernier, proprement ce qui est en arrière, ce qui rient
après, est l'équivalent du finnois perd « postérieur ». On a déjà
rencontré ce thème dans le dérivé firin en arrière, au contraire
(§3761.
Zai-n est l'adjectif zai |)lein (s:; 403, 40i, 405, 413), pourvu
du suilixe casuel -n (§ 129, 5), qui lui donne une valeur
adverbiale (§ 156, 2).
Is-ai chauffe!, impératif du verbe is-ai chauffer. La dési-
nence est la même que dans leriSnai (ligne 9, § 402). Pour le
sens, voir is-u-n-i (ligue 4, i; 3!)3).
Tula soujjh'! encore un im|)(''ralif. Il s'agit ^q faire du rent,
de fhjnner de l'air, ])0ur activer le tirage.
419. Snenatiuras travaiuser hivus |)araissent être des
TEXTES TRADUITS ET COMMENTÉS 34S
apostrophes qui accompagnent les injonctions. Ce qui le fait
croire, c'est que les mêmes mots reviennent à la ligne sui-
vante, dans un ordre différent; ils sont donc grammaticale-
ment indépendants les uns des autres. Dans snenat-iuras on
retrouve le substantif iur-as, cercle^ rond, circuit, enclos, que
Ton a vu dans evit-iuras (§ 306). Il est possible qu'ici iuras
ait le sens de houle et soit une façon injurieuse de désigner
la tête. Quant à sne-nat ou sne-nt-, c'est un verbe formé à
laide du suffixe double de dérivation -nt (§ 93) ; il dérive d'un
thème *sne, ou *sn, que l'on peut rapprocber du hongrois
sunri (( saleté, ordure » (Budenz, p. 291, n" 292'). Le verbe
*sne-nt- signifierait àono, salir, et l'on aurait pour snenat-iuras
un sens comme réceptacle à ordure ou boule de saleté.
Travaiu-ser paraît être une injure analogue à la précé-
dente. La première partie du mot est obscure. La fin ser est
peut-être à rapprocher du hongrois sxr « excrément » (Budenz,
p. 278, n" 278).
420. Hivus, nifusc riGnai fainéant et brute dépêche-toi.
Pour le sens de ri0nai courir, aller vite, voir ligne 9, § 402.
Cela s'adresse toujours à l'esclave.
Hiv-u-s, fainéant, est un adjectif formé avec le suffixe
nominal -s (§ 117). Le thème *hiv est à rapprocher du finnois
vaipu (( n'en pouvoir plus, être à bout de forces ». Pour l'h ini-
tial, voir § 74.
Nif-u-s-c est un adjectif coordonné au précédent par l'en-
clitique -c, et formé de même avec le suffixe nominal -s
(§ 117). Il est apparenté au finnois nippo « caractère morose,
désagréable ». Je traduis par brute: mais ce n'est évidemment
qu'un à peu près.
Lif/ne 17. Tula soufjle, fainéant ; pour tula voir plus haut
§ 399. L'esclave n'allant pas assez vite, le cbef accumule de
nouveau les injures hivus, travaiuser, snenatiuras.
Entre les lignes 17 et 18, une raie liorizontale est tracée, qui
indique un nouveau paragraphe.
421. Li(jne 18. Isvei tule ilucve <v'// y a> manque de
chaleur, si la ventilation <^est'y mauvaise ; voir la même for-
mule plus haut, ligne 8, § 399.
3i() THOISIÈME PARTIE
An puiv larunis, roici h. ninijcn de connaissance préférable.
An roiri : cf. ^;^ 225, 240, 376, 388.
Puiv la lin (lu mot est d'une lecture incertaine. Peul-êlre
est ce puii ([u'il faut lire, comme à la ligne suivante. Le radi-
cal est le même que celui de puia cniutir, chérie, aimée (§ 208).
De là le sens de désirable, préférable.
Laru-ns moijen de reconnaître [le mal). Le mot signilie pro-
premeul qui fait connaître, j^a désinence est le suHixe nominal
-ns (1^ 115), que l'on a déjà vu dans sia-ns (§ 243). Le radical
verbal lar-u- se rattache au thème lar- connaître ou être
connu ; et. sj 308 lar-e-zuL
Ilucu eux ^^^ [trotabérance <^est mauvaise^ . Pour le sens de
ilucu, voir ligne 8, !^ 400. On a déjà vu le substantif 0ux signi-
lianl protubérance, épaule (§ 302). La protubérance, dont il est
ici question, est la jonction du four horizontal et de la chemi-
née verticale. Celte jonction l'orme un angle. Nous disons un
coude. On pourrait dire tout aussi bien une épaule. Le ))ioyen
de reconnaître [le mal) consiste à regardci' si le coud(» du tour
est en bon état.
422. Sin ticpu rial x^es xa6 douceme/it suinte un résidu
c/ras, f/ui sort d' un trou.
Sin doucement, adjectif pris adverbialement (§ 150, 1).
Pour le sens, voir î^ 357.
T!i<^Vi suinter. Le texte de Biicheler porte tiSu. Je conjecture
ticpu. \a' archaïque et le 9 peuvent aisément être confondus.
Le verbe ti<p-u est à rapprocher du finnois tipp-a « goutte »,
tii)-u « dégoutter, suinter » (lUideH/, [). 3G5, n" 38G; Donner, I,
p. 149, n"535).
"Ri-dX provenant d' un trou; la désinence est le sutfixe casuel
mai(|nanl lOrigini» (i; 120, 1). Pour le sens de ri ouverture,
Voir ligiu' 3, i^ 392 ri-a.
Xu-es graissé, gras, c'esl;-à-dii-e probablement épais (comme
une sorte de goudron); x^-ôs esl le partici|)e |)assé passif d'un
verbe *xu-/apparenté au finnois /v7 gras » ; cf. hongrois ///'-;-
« devenir gras » ; vogoule l;C)-t- « id ": iimi-dvine Inij-a « gras »
(Buden/., p. 70, n" 92; Donner. I. j.. !l, n" 31).
TEXTES TRADUITS ET COMxMENTÉS 347
Xa6, résidu^ peut être rapproché du finnois kado- « se
perdre » ; cf. hongrois hy.f/- « laisser », Irj.g'-H- « rejeter » ;
inordvine kadi- « laisser » (Budenz, p. 67, n" 91 ; Donner, I,
p. 13, n° 48).
423. Sanulis mulu // sort de plus en plus noir. Sanu-lis
est composé de sanu- rire noir de charbon eL de lis qui nug-
mente. Pour le sens de san-u- cf. honi^rois sén « charbon »
(Budenz, p. 290, n° 291). Pour le sens de lis, cf. finnois Usa
« addition». Usa- a augmenter, additionner ». Nous avons déjà
rencontré le même thème lis dans a6e-lis yv///.y doux (§ 368).
Mul-u passer, s'en aller, sortir; autre formation du thème
verbal mul-, que l'on a vu plus haut dans roxl-di. partir (§ 334).
Le sujet est toujours xa6«
Ligne 19. Rizile ziz le socle est mouillé, c'est-à-dire que le
suintement fait une traînée sur le corps du four, lequel est
comme le socle de la cheminée. Pour le sens de rizile être
mouillé, voir plus haut ligne 5, § 393.
Ziz socle proprement digue, amas, masse, sens que donne le
finnois tutil, qui est l'équivalent phonétique de ziz (voir § 72).
Ri in puii un trou n étant pas une chose qui est désirable,
c'est-à-dire un trou ri étant pas une bonne chose.
'R\trou;\oïv plus haut ri-al (ligne 18, >^ 422).
I-n, par le fait que nest pas, verbe négatif augmenté du
suffixe causatif; -n (§ 129, o) ; pour la forme in, voir §§ 246,
301, 316, 370; cf. § 294 i-n-pa
"Pu-ii chose qui est désirable. Voir plus haut ligne 18, § 421.
424. An acas rizi voici que vite <^s'il^ se mouille (c'est-à-d.
suinte); le sujet est ri le trou. Etant donné le contexte, la pro-
position ne peut guère ôtre entendue qu'au sens conditionnel.
An voici, voir plus haut, ligne 18, § 421 .
Acas rapide soudain, adjectif pris ici adverbialement (ïj l.')(),
1) et qui renforce le sens de an. Pour le sens, la formule an
acas équivaut à notre conjonction aussitôt que.
Man tule le6am, sul petitement tire le four. Dès qu'il y a
un trou ou une feule, le tirage du four est moins bon. Tous les
mots de cette phrase sont déjà connus, msinpetit par les §§ 211,
348 TROISIÈME PARTIE
300, 305, 424, tule par les §§ 399, 411, 414, 421, 424, leGam
sul par les §§391, 398, 399.
La lin du paragraphe n'est pas dune lecture assez sûre ponr
qu'on puisse l'inlerpréter. Deux mots seulement sont bien
nets : d'abord ilucu rire mauvais (voir § 400), qui fait allusion
H ce qu'il peut y avoir de défectueux dans le four; ensuite
nuu6 eri (à la fin du paragraphe), qui signifie enlirrcmcnt par-
fait (voir ligne 12, § 409), et qui probablement fait allusion à
une réparation faite.
Le texte contient encore un certain nombre de lignes. Mais
elles sont incomplètes et en fort mauvais état.
QUATRIÈME PARTIE
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Ce diclionnaire ne contient pas tous les mots étrusques connus. Il
ne donne que les plus usuels, ceux dont le sens peut être établi avec
vraisemblance.
Tous les mots d'une même origine sont groupés sous la rubrique
de la racine dont ils sont le développement. La racine est la syl-
labe initiale, qui demeure après l'élimination de tous les suffixes
(§ 78). C'est le résidu irréductible commun à une série de vocables.
A la suite de chaque article, et en plus petit texte, sont indiqués
les mots ougro-finnois qui servent de points de comparaison et qui
permettent de déterminer la signitication des termes étrusques. Ces
rapprochements sont faits conformément aux règles exposées dans
le Précis g rammalical §§ G0-12i.
Tous les textes étant transcrits en caractères ordinaires, il a paru
inutile de conserver l'ordre de l'alphabet étrusque (F. 243G). L'ordre
suivi est celui de notre alphabet. Les aspirées X ^^ ® ^^"^^ placées
chacune immédiatement après la sourde correspondante, le ^ après
le c, le 6 après le t. Le cp est réuni à l'f.
a-n(F. 2327"''-6;233o, 2600«a; C. 408-2, loi 1 ; Krall, II, i, 9 ; III,
15; IV, 17; VU, 7; XII, H; Capoue, 1. 18, 19) — §§ 2->o, 240,
350 QUATRIÈME PARTIE
370, 388, -421, i^i = ici, mici; la désinence est le sullixe
casuel -n (^ 129, 5) servant ici à former un adverbe (§ 150, 2).
a-n-c (F. I, 387) — § 220 = d ici. La désinence esl i'enclilicine de
coortlinalion c.
a-n-n-a-t (F. III, 391) — !;i 28i = ici maiulcuiml: annat esl pour
an-at : dans la même inscription tous les n sont doublés.
A-n-a-t est la juxlaposilion de dciw adverbes, radveri)e a-n et
l'adverbe a-t, dont l'un a probablement une valeur temporelle.
(Pour le t, voir Szinnyei, Finn. lujr . S])rach/('., p. 73).
a-t; voir le précédent.
a-ti (F. I, 430% Ga. 789) — i^j 197 = le lotuj de celui-ci. Pour le suf-
lixe casuel -ti, voir i^i 129, 10.
Il Voir plus loin le démonstratil' e; cf. § 134, 1. Pour réquivalence a = e, cf.
§ 'ôo.
AC
ac. dans les composés est-ac, 6ac-ac (voir ces mots =:^ vif, hnisque,
soudain .
ac-as (Ca])0iu', 1. 19) — § 124 := soudaitt, adjectif dérivé du thème
ac- à l'aide du sutïlxe nominal -as (^ 99) ; cf. ziv-as.
ac-as-ce (Ga. 799) — § 252 == même adjectif, pourvu du sullixe
casuel -ce (^^129, 2).
ac-as-ri (Capoue, 1. 4) — ?; 392= même adjectif, pourvu du suffixe
casuel -ri (§ 129, 7).
aca-S-a- (Capoue, 1. 13) — § 417 = êlre soudain, cclalcr brus(/ucnic)il.^
verl)e dérivé du thème ac- à l'aide du suHixe verbal -s (|^ 8(1).
ac-il (F. 111, 352; C. 3754: Krall, VI, 15, 10; VU, 14, 15, 10; X, 0,
7; XII, 11) — §§210, 384= soudain, rapide, (»)/;(^'(/<c;/, adjectif
formé avec le suffixe nominal -1 ^J:; 109); le sulUxe est ici vocalisé
en -il ; cf. vac-1 et vac-il.
ac-il-6 (Krall, VIII, (>, 8) — § 331 = loul de suHe, i)nincdiatenienl ;
la désinence est le suffixe casuel -9 (§ 129, 11 ;, (|ui donne à l'ad-
jectif acil une valeur adverbiale (§ 150, 2).
ac-il-u-ne (C. 4338) — § 321 = avec le fail de s'imjHiiienler; la dési-
nence esl le suffixe C(Mnil;ilif -ne ;5 129, 0). Le verbe ac-il-u
est un dérivé de acil.
ac-l-x-a (Krall, V, 18 ; Vlll, 10) — §§ 340, 3()4 =étre immédiat, ins-
lanlané, verbe dérivé de ac-1 lou ac-il à l'aide du sutfixe verbal
-X(§80); cf. farGna-x-e.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 351
ac-n-an-a-sa (F. Woo, 20o{») — §§ :23i, 233 = trrs soudain, propre-
ment fort de .soudalneti'\ Le mot se décompose en : 1" ac-n- <Hre
soudain., radical verbal formé avec le suffixe -n (Î5 84) ; 2" an-a-sa
fort (voir ce mot).
ac-n-i-na (C. 4538) — § 315 =^ obstiné, qui s'en tient au premier mou-
vement. Le thème ac a donné un premier dérivé verbal ac-n-
(§ 84), lequel à son tour a donné le dérivé nominal ac-n-na (.^ 114)
ou, avec l'insertion dune voyelle, ac-n-i-na.
Il Finnois uk-e-û « vif, véhément » ; u/i-ci « colère » : ak-ii-iiien « irrité, irri-
table, obstiné »; iik-isti « tout à coup »: à'k-ki » soudain, rapide » ; ak-ki-7ien
« précipité »; iik-illi-nen « soudain ».
AX
a)f-r-u-m (F. 2598) — «si 288 =^ mon aimé ou bien aimé, selon que
l'on considère le suffixe -m comme un suffixe possessif (§§ 38-40)
ou comme un suffixe nominal {% 111 : cf. vinum). Dans ax-r-, la
désinence est le suffixe de dérivation verbale -r (^ 85). L'u est
intercalaire.
— Cf. les noms propres A^-na (C. 220), Ax-si (C. 3819), Ax-u
(C. 3726-3728 ; 4087), Ax-ui (C. 4810).
Il i'^innois ah-ku- « s'élancer vers » ; ah-ma « avide, vorace » ; ah-nas « avide,
désireux»; ah-neus « désir, goût vif ».
AF
af-r-s (Ma.c'liano) — >;302, 301 = petit père: le mot dérive du radical
*af à l'aide de deux suffixes, le suffixe -r {i 116), et le suffixe dimi-
nutif -s (§117), qui est ici un diminutif de tendresse.
il Hongrois xpx « père »: — vogoule oLber.'is « aïeul » (Budenz, p. 746, n" 807).
AF
a<f-es (Capoue, 1. 14) — § 414=:: diminué, )noins, i)articipe passé pas-
sif fiii 101) d'un verbe *acp- (— af-).
af-U-n (C. 4538) — ?i 322 = langueur, dépérissement, siil)slanlif dérivé
d'un verbe *af-u à l'aide du suffixe nominal -n î^ 113); cf. 6api-
cu-n.
— Noms propres : Afu iC. 1994;, Afuna (C. 2731, 4538).
,'Î52 QLATIIIÈMK l'AKTlE
Il Hongrois a.p-xd- « décroître, diminuer » ; up-cid- « languir, s'atlaiblir »
i,Budenz, p. 74G, n" 808 ; p. 191, n» 861).
AI
aia-s (F. I, -iSG") ou ai-s [V . I, 'iW') — i 198= enfant chéri, siil)S-
tanlif formé avec le suflixc nominal -s l); U"), qui a une valeur
diniinulive (cf. afr-s).Le radical ai (= aj) est devenu aia couime
Gai (G. 59), Arnti (C. 3880), Larei (G. 71) sont devenus Caia (G.
178), Arntia (G. ;i3()), Lar0ia (G. 198).
Il Ostiak aj a petit » ; — niordvine iij-ed « enfant »; — tcliérémisse ir/e « pou-
lain, petit «; — votiak eke « fils »; — hongrois i-fiu « jeune liomme ». (Budenz,
p. 809, n» 886).
AI
ai-l-e, dans le composé st-ai-1-e (voir ce mol) — §375 =^ être grand,
verbe dérivé du thème *ai r/rand à l'aide du suilixe verbal -l(s;82).
On écrit aussi ei grand (voir ce mot); cl', ais et eis.
Il Finnois niju « nombreux, multiple, grand ».
AIX
ai)^ (Ga])Oue, 1. 5i — § 39G = ausxitùl, variante graphique de ij^ (voir
ce mot).
AIR
air-ce, dans le composé luc-air-ce (voir ce mot) = fort, puissant .
La désinence est le sulIixe casuel -ce (!:; 129,2).
Il Vhmoisjare-d, jûr-l^e-u « puissant, é[tais, fort».
AIS
ais (Krall, IV, 21 ; V, 18; Vlll, lO) — i;?i 3i:;, 3(îi = grand. Le mot
s'écrit indinerenimcnt ais ou eis. (iuel(|uefois même is (voir mar-
is). Sur ces dilVérences d'orthographe, voir § 55.
ais-er (Krall, IV, 'iO) ^ extraordinaire dr grandeur, mol composé du
radical ais- être grand et de l'adjeclil' er hors de pair (voir ce
molj ; cL eis-er.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 353
ais-er-as Krall, II, 12; Y, 8; XII, 2; Magliano; F. 2603*'^) —
§§ 267, 300, 3o5, 381 = grandeur suprême, proprement chose
extraordinaire de grandeur, composé de ais el du substantif ver-
bal er-as (voir ce mol ; cf. eis-er-as. — Dans les invocations on
trouve les formes aiser, eiser, aiseras, eiseras. Ce sont des
appels à la divinité, comme les vocatifs latins optime, maxime.
L'attribution de ces épithètes aux divinités est attestée par Hésy-
chius (alToi • Gîoi jTtô T'jppr|V(Lv) et par Suétone {Octav. 97 : quod
acsar... etrusca lingua deus vocarefur). ATcto-. est une forme hellé-
nisée de ais; quant à aesar, c'est la forme latinisée de aiser.
ais-ua ^Krall, VIII, 11; X, 20; XI. 12, 15; XII, 2, 9) — i;i; 377, 381
383. 386 = chef ou prêtre, substantif formé avec le sulTixe -na
§ 114 ; cf. eis-na.
ais-val-e Krall, VII, 3, 20) — ^ 375 = dépasser de grandeur, être
plus grande verbe composé de ais et de val-e, être au delà, dépasser
(voir ce mot).
Il Finnois is-ci « père »; is-o « grand » ; — esttionien iz-a « père », iz-u « ton-
nerre » ; — vogoule is, jis « vieux » ; — tchérémisse iz-âj « frère aîné » : — hon-
grois os, is " aïeul », istcin « dieu » ; — ostiaJi is « vieux » ; — niordvine ocu
« oncle » ; — zyrénien F^-îc/ « grand » (Budenz, p. 824, n° 907; p. 857, n" 952).
AL
al-a-6 (Magliano) — >; 302 = à la suite du fait de tomber, à la suite
de la chute, verbe al-a tumbcr, pourvu du suftixe casuel -9 (§ 129,
11) exprimant le point de départ.
al-c ^Krall, YIII, 17) = sens indéterminé.
al-e (Krall, III, 17; VII, i — § 375 = être en bas^ baisser, tomber,
peut-être variante graphique de al-a (pour a =^ e, voir § 55).
al-p-a-n C, 437, 438, 445, 446;— §§ 258, 259, 265, 277 = suppliant,
adjectif formé avec le sutlixe nominal -n (§ 113), comme he-n.
Le radical verbal *al-p-a dérive de al par l'addition du sullixe -p
(5i 84 bis).
al-p-na-s (F. 2603*'s) — i; 266 =2 du supplier, de supplication,
génitif d'un verbe *al-pn-a.
al-p-n-u [C. 2403) — s< 264= supplier, être suppliant, verbe dérivé
de alpan suppliant. Alpnu est une forme syncopée pour alpanu.
al-um-na0-e (Ga. 799 — i; 255 = descendre {le courant), verbe com-
posé de al en bas et um-na6-e glisser, couler (voir ce mot).
23
I
354 QUATRIÈME PAUTIE
al-s dans le composé cre-als (voir ce mol) — s< ^53 = rjui est à has,
adjectif formé avec le suilixe nominal -s (§ 117),
al-cpaz-ei (Krall, IV, 12; V, 9; IX, 10, 17) — §§ 3o(), 372 = grand
d'aplaiissfrnnnt, mot composé de ei grand, considérable (voir ce
mot) et du verbe al-cpaz- être ahaissi'% aplali, aplani, lecpiel
dérive (le al au moyen du suilixe d()ui)le cp -)- z, devenu -cpaz (vj 94) ;
cf. nur-cpz-i.
— A la racine al se rallaclienl les noms propres Ale6na (F. 20o5),
Al-nial (C. 221), Al-u, Al-unei, Al-uni (Schulze, /.alein. tJigen-
nanien, 71), ainsi que le nom de la ville étrusque Alsiinn (pro-
bablement la ville basse).
Il Finnois ala « partie inférieure »; — liongrois aZx « en bas » ; — mordvine
ala, al ; — tchérémisse iil ; — zyrénien ul ; — ostiak vol ; — lapon vuolle (Budenz,
p. 728, n" 792).
AL
al)^-a (Capoue, 1. 14) — 414 = commencer.
Il Finnois «^/r-« « début »; alka- « commencer ».
AM
am (Magliano) — § 302 = repos.
am-ce (F. 2070, 2104, 2340; Ga. 799 ; Krall, VII, 19) — .^ 219= au
repo:;, en paix; c'est le substantif am augmenté du sufRxe casuel
-ce (.^ 129, 2).
am-a (C. 4538 A, 1. ."> ; Krall, X, î), 14) — i^ iUl = se calmer, se
reposer, s'arrêter., verbe dérivé de am.
am-e (C. 4o38 A, 1. 2; Krall, VII, 1 '< ; Vill, (i, -S; \. 3, 5) — ^§ 309,
331 ■-= s'arrêter, verbe dérivé de am. Le verbe ame n'est peut-être
qu'une variante graphique de ama. Foin- lYMiuivalence a =: e, cf.
clan et clen {i 5o).
am-s-a dans le composé tes-am-s-a (F. 2335) — § 241 = s'arrêter,
cesser, verbe formé avec le suilixe -s (^ 80).
Il Am (= oLm] peut être rapproché d'une série de mots ougro-finnois expri-
mant l'idée de « arrêt, installation, établissement, repos » : ostiak om-îs- « s'as-
seoir », om-?/- «établir»; — tcliérémisse oïD-aki, am-as «hutte, cabane»; —
mordvine wji'U « champ, pièce de terre, village » (Budenz, p. 873, n» 973). ,,
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 355
AN
an-a-sa dans le composé acn-anasa (voir ce mot) = forl, violent,
adjectif formé avec le suffixe nominal -sa (§ M8), dérivé du verbe
an- être grand, fort, violeiii.
an-e-6i, dans le composé spel-an-e-Bi (voir ce mot) ~ grandeur,
force, violence, substantif en -6i (s^ 123), dérivé du verbe an-.
an-iax (Krall, VI, 2, 4) = sens indéterminé.
A la même racine se rattache probablement le mot avoa.;, donné par
Hésychius (I, 349) comme étrusque avec le sens de vent du nord
(avoa; • ^opénç Lt.o T'jppr/yôjv). L'adjectif étrusque *an-9as, formé
comme sval-0as. ten-6as, zilaxn-6as avec le sutlixe nominal -6as
(§ i21), signilierait le <vent^ fort, le grand <vent>.
Il Finnois «n-i « très, beaucoup, tout à fait ».
ANC
anc-n (Ga. 799) — §250= ayant une mcre. Le sulïixe -n exprime la
possession (§ 113, 2).
Il Hongrois xn'a « mère »; — vogdule àiif/ii; — uiordviiie cai'a; — votiak
«'y; — ostiak ana, ane, unkl (Budenz, p. Ti.jjno 803).
ANT
ant-r-n, dans le composé pu-antrn(voir ce mol) = à cause d'un pré-
sage. La désinence est le sutlixe causal -n (§ 129, 5). Le substantif
ant-r est formé à l'aide d'un sutlixe nominal -r (.^ 116).
Il Finnois ente 'nom. ensi) « antérieur, premier », enlee [enne) « présage ».
AP
ap (Capoue, 1. 8, 11, 13) — j^î^ 399, 400, 408, 411 = douteux, mauvais.
ap-a-si (F. 2057) — s^ 234 = alla)it vers le fait d'être mauvais ; c'est le
verbe ap-a être douteux, indécis, mauvais, avec le suffixe casuel -si
(§ 129, 9).
Il Finnois : ep'i. " incertain, douteux » ; epi- < être incertain, douter ».
356 QUATKiÈME PAivrii;
APR
apr-ens ai-s [Notizic, 1895, p. 339) — ,^ :29(î = de cf qnl r/randil par
pelUe (/luinlilt' c'est-à-dire des revenus, génilif du p;irlicif)e apr-ens-
ai, qui est pour aprens-i ()i 103). Cl'. 6ap-int-ai-s. Le mol est
composé de -a.ipr pelil et de ens- eroîlre (voir ce mol).
apr-inO-va-l-e (Ga. 799) — § 255 = dériver petit à petit, composé
le apr petit et de in6-va-l-e aller à la dérive (voir ce mot).
Il Hongrois :ipr() « petit » (Budcnz, p. 747, ii» 809).
AR
ar dans le composé clen-ar (voir ce mot) = //ua/itité.
Il Vogoule art « beaucoup » ; — ostiak (irai « quantité, foule » (Budenz,
p. 79:S, n" 864).
AR
ar (Krall, VII, 21 ; VIII, 10; X, 4) — ^ 337 = extrémité, bord, 6or-
dage.
ar-a (Krall, 111, 17 ; X, 20 ; XI, 9) = être au bout, fhiir.
ar-as (C. i538) — ?; 312 = extrémité, fin, mort, substantif en -as
(§ 99), dérivé du verbe ar-a.
ar-a-S-a (C. 48) — § 247 .= être fini, terminé, verbe dérivé à l'aide
du suffixe -s (§ 80).
arc-e [F. 2055) — i^i? 232, 233 = à r extrémité, à hi fin, à la mort-, la
désinence ce est le sulïixe casuel ()^ 129, 2).
ar-6 (Krall, VII, 7) — i; 37() = à partir de l'rxtj'émilé -^ le est le suf-
lixe marquant le point de départ ivj 129, 11).
Voir les composés tul-ar, tul-ar-u.
Il l^'innois uitri « margelle, bord, limite, flu ». — Pour la voyelle radicale, cf.
§ 61 A 2.
AS
as-i-e (Capoue, I. 5) — § 395 = être aspergé, verbe formé avec le
sullixe de dérivation -i (§ 81) ; cf. las-i-e, iuc-i-e, vers-i-e, etc.
Il Hongrois '/';- » se mouiller, s'humecter » (Budcnz, p. 763, n» 829).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 357
AT
at-i-u (C. 2767) — § 212 = gémir, pleurer, verbe formé avec le suf-
fixe de dérivation -i (§ 81 1.
at-i-u-ce C. 3088) — ^ 212 = dans l'acie de pleurer. La désinence
est le suffixe casuel -ce {% 129, 2).
A la même racine se rattachent les noms propres At-e, At-ei, At-i,
At-ia, At-na, At-eine, At-aina, At-at-na etc. (Schulze, Eigen-
namen, p. 3'i7).
Il Finnois iil-isl- « gémir ». — Pour la voyelle, cf. § 61 A 2.
ATR
atr-sr-c (F. 2335) — § 242 = et convenable d'évidence. Abstraction
faite du c final, qui est Tenclitique coordinatrice (§ 154), il reste
atr-sr, composé de atr clair, évident et de sr convenable (voir ce
mot).
De atr on peut rapprocher le latin atrium, qui désignait la partie
centrale de l'habitation romaine, la cour ou plutôt la courette inté-
rieure. C'était sur cette courette, plus ou moins découverte, que
les pièces prenaient jour. Le mol, comme la chose, était probable-
ment d'origine étrusque. Varro, Ling. lat. V, 161 : atrium appella-
twn ab Atriatibus Tuscis : illinc enim exemplum sumptuni. Cf.
Dareml)erg- et Saglio, Dict. des Ant. [atrium el cavaedium).
Il Vogoule iiter « clair, serein »; ostiak eder w. id. » (Budenz, p. 230, n" 257;
Donner, I, p. 137, n» 483). — Cf. g fil A 2.
A0
a9-e-lis (Krall, V, 22) — § 368 = plus doux, adjectif composé de aO-
être doux, et de lis croissant (voir ce mot).
a6-r-e Krall, XII. 11 — .§ 387 = s'amollir, powrir, verbe dérivé à
l'aide du suffixe -r (§ 85).
aG-u (C. 4538) — § 322 = adoucir.
Il Hongrois éd-és « doux » ; vogoule al-i-n, al-i-n v doux » (Budenz, p. 764,
no 832). — Cf. § 61 A 2.
AV
av-en-c© ^V, 2340] = d l'état de grand d'âge, composé de *av âge et
358 QUATRIÈME PARTIE
(le en grand (voir ce moi). La désinonce -ce esl le suffixe casuel
(.i<-129, 2).
av-il (F. III, -MM ; C. 78, 10-2. IGH ; Magliano) — §5; 177, 237, 299 =
durée., âge, durable, chronique:, la désinence est le suffixe nominal
-1(^109); cL vac-1, vac-i-1.
av-i-l-s (F. 2070,2071,2073, 2109, 2:]3.> ; F. I, ;i.S7, 388, 'i37 ; F.
III, 370 ; Magliano ; Krall, II, ; III, 22 ; IV, 2 ; V, i ; VIII, lo ;
IX,i, 11) — §§ 178-180,182, 209, 220,222, 227, 229, 230,298,
3ii, 370 = génitif de av-il.
av-il-S)( (Magliano) — § 302 ^= rapide de durre^ adjeclifcomposé de
avil, et de sx rapide (voir ce uiot).
Il IlcHigrois 7.V--XS « vieux, pourri, moisi, rance », tv-iH-, ov-iH- « (^Irc vieux » ;
finnois ammo {= av-mo) « vieux temps » ; lapon ob-me « vieux >> (Budcnz, p. 831,
n» DH). — Cf. S 61 A 1.
CA
ca (C. 4r)38, ^")39) — §|:^ 31-4, 324 = voici, celui-ci, ceci. — Cf. ce.
ca-n (C. 321)= ici; le suffixe casuel -n {^ 129, o) a ici la valeur d'un
exposant locatif (§ 150, 21. Cf. a-n.
ca-na (C. \o, 16, 76, 304) — §§ 21,j, 2.^6 = voici, ceci; c'est le démons-
tratif ca augmenté du suffixe nominal -na (§ 114).
ca-pe (C. 4r)38) — § 314 = voici //ae; la désinence est la particule
ailinnative -pe (voir pa).
ca-pi ((]. 142) := même sens ; pour la parlicuh» -pi, voir égale-
ment pa.
ca-ti (F. 233')) — § 242 = le long de celui-ci ; la désinence est le suffixe
casuel -ti fi^ 129, lOj. D'après le témoignage de Danielsson, cité ])ar
Torp (/;7;'. Beilr. 1, p. 31K ca-ti serait une fausse lecture pour
cal-ti (voir cal).
Il Finnois ka, l,ati, has « voici ».
CAC
cac, dans le composé ur-cac (voir ce mot) = pàiée, purée.
Il Finnois heh-hp.il « mou » ou bien kcko " pile, tas, amas, monceau ». — Voir
S 61 A 2.
Le rapprochement avec le finnois kak/co (Donner, I, p. 2, n" .";) n'est pas pos-
sible, parce que ce mot est d'origine germanique (Scti'ilii, Fliin-i/rj)'. Vorscli. Xill,
p. 37.3J.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 359
CAI
cai-t-i-m (Krall. VII. 10) — § 379 = désirable, adjectif verbal formé,
comme tes-im. à l'aide du suffixe nominal -m .^ 111). Il dérive
d'un radical verbal cai-t-, lequel dérive lui-même d'un thème *cai
à l'aide du suffixe verbal t- (§ 87).
Il Hongrois kéj « agrément, délices » (Biuienz, p. 10, n» 16). — Voir S 61 A 2.
CAL
cal I F. 2-270 : Krall, VII, 7) — §§ 246. 376 = idile, nécessaire; voir le
composé mar-cal convenable de mesure.
cal-a-tnam (Krall, X, p. 3) = nécessairement (?), adverbe formé
comme e-tnam, vacl-tnam (cf. § 156, 3).
cal-ti (F. 233oi — § 242 = le long de ce qui est utile ; la désinence
est le suffixe casuel (§ 129, 10). Voir ca-ti.
cal-u Magliano) — § 303 = être nécessaire, être utile.
cal-u-s Capoue, 1. 15) — § 416 = chose nécessaire, substantif dérivé
du verbe cal-u à l'aide du suffixe nominal -s (§ 117).
Il Finnois kel-pa- « être nécessaire, utile, convenable » ; hongrois kdl-li'i- « être
nécessaire, convenable »; zyrénien A-oi « nécessaire » ; tctiérémisse kul «néces-
saire » (Budcnz, p. 13, n» 18; Donner, I, p. 68, n" 227). — Voir § 61 A 2.
CAM
cam-9-i (F. I, 438) — ^i 204 = qui enchante, qui étonne, merveilleux,
participe en -i § 103 , d'un verl)e cam-6- étonner, émerveiller, qui
dérive du thème *cam à l'aide du suffixe verbal -0 (§ 87).
Il Finnois A-a?na-Zrt « rare, étonnant, eû'rayant » ; kamo « frayeur » ; kom-ehti-
<i ensorceler » (Donner, 1, p. 91, n" 323).
CAN
can-9-ce (F. 2339) — § 239 = dans l'assemblée ; la désinence -ce est
le suffixe casuel (^ 129, 2). Can-6 est formé avec le suffixe de déri-
vation nominale -6 (§ 120).
Il Finnois kan-sa « peuple, foule » [Donner, I, p. 26, n" 93). — On a voulu
voir dans kan-sa un mot emprunté. .Mais, selon Setiilii {Finn.-ugv. Forsch.,
XIII, 1913, p. 376), Toriginc geruianitiue en est douteuse.
300 QUATRIÈME PAUTIE
CANZ
canz-a-t-e (C. 2i03'i — ^ 204 = voir, regarder, verbe dérivé du
Ihùme *canz et formé à l'aide du sulïixe verbal -t (>; 87). Entre le
z et le t, il s'est développé un a; cf. falzaôi, alcpazei.
Il Hongrois k7.n-d-xl- «considérer» ; kymdi-kâl- « guigner, relutjuer » (Budenz,
p. 451-452, n» 481). — Voir § 61 A 1.
CAP
cap-er (Capoue, 1. 13) — § ill = exiraordlnalre de tlrnnl ou d'empor-
tement, composé de cap- saisir, arracher, et de er (voir ce mot).
cap-e ri (Krall, III, 5 ; VIII, 10 ; XII, 12) — i^l^ 330, 383 = pour avoir
de ht prise ; la désinence -ri est le sulTixe de destination (^ 129, 7).
cap-l-9-u (Krall, XII, 7) — § 381 = faii'e un geste de la main, verbe
dérivé à l'aide du sulïixe double -16 (î^ 93).
Il Finnois kdp-pa- « saisir vivement, arractier » ; kâp-i- « mêler, écorclier,
saisir pour tirer » ; hongrois koip- « saisir » (Budenz, p. 4, n» ; Donner, 1, p. 80,
n»» 281, 282).
CAR
car-es-ri (G. 4^110) — § 2ii =:. participe car-es durci, consolide
an) firme, avec le sulïixe casuel -ri (>i 12i), n° 7). Pour le sutlixe
-es du participe passé passif, voir i^i 101.
car-U (c. -4538) — § 310 =êlre endurci, être entêté, s'eniêter.
Il Finnois kar-ea « dur » ; kar-a-sl- « être dur » (Donner, I, p. 34, n° 125).
CAS
cas-6-ial-0 iMagliano) — ^§ 299, 301 = à partir de la saison
liumide [T) ; la désineiu'C est le sufïixe casuel -6 marquant le
point de départ (§ 129, 11).
Il Le mot (!sl i)eul-rtre apparenté au finnois kus-lu- « iiumecter », kas-l-ii-
« être mouillé » ; kus-la » tiumidilé » (liudenz, p. 1, n" 11 : Donner, 1, p. 25,
no 87).
CAO
ca6-s-c (,Torp, Jnsc. von Leninus, p. -41) — § 230 = et manuel.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 361
Le c final esl l'enclitique de coordination (§ 154). Ca6-s est un
adjectif formé avec le suffixe -s (§ 117).
Il Finnois kiile {klisï) « main » ; hongrois kéz\ vogoule kàt, kai; tchérémisse
ket\ niordvine ked, kild, kecV (Budenz, p. 28, n» 34 ; Donner, I, p. 14, n° 30). —
Voir § 61 A 2.
CAO
ca6-as (Ga. 799j — §234 = /o(7, couverture, chose étanche et par suite
embarcation, le toit primitif et la pirogue étant faits à peu près
de même, avec des peaux ou des planches appliquées sur une
carcasse. Pour le suffixe nominal -as, voir § 99.
ca9-r-a (Krall, XII, 8) — § 382 = couvrir, boucher, être étanche,
verbe formé avec le suffixe de dérivation -r (^§ 85).
ca6-r-e (Krall, XII, 4) — § 378 = variante du verbe précédent (cf.
§55).
Il Finnois kat-ta- « couvrir » ; kat-e « toit » (Donner, I, p. 11, n" 38).
CAU
cau-Gas [Notlzie, 1895, p. 524-2; Magliano) — §§ 262, 298 = miséra-
ble. Le mot est formé avec le suffixe nominal -6as (§ 121),
comme zila^n -9as.
Il Finnois kôii-hu « pauvre, misérable » (Donner, I, p. 86, n» 304).
CAV
cav-e9 (Krall, VIII, 7) — § 333 = sans caillou; la désinence -e6
est le suffixe privatif (§ 129, 3).
Il Finnois kapu « bille, petite pièce de bois arrondie, petit caillou » ; kâpil
« gousse, tampon, bouchon »; hongrois ktipil « noyau » (Donner, I, p. 76, n° 266).
Pour le rapprochement du /) et du v, voir Szinnyei, Finn. -iif/r. Spi-ac/nv, p. 36.
CE
ce-hen (C. 4082, 4110, 4561) — 5i§ 195, 2i3 = celui-ci, celle-ci, ceci,
(Irinonslralif particulier à la région de Pérouse. Il est formé de
ce et d'une encliliqne hen, dont la valeur est indéterminée (voir
§ 135).
362 QUATRIÈME PARTIE
ce-n (C. A19C}) — § '219 = par ceci ; la désinence est le suffixe ins-
trumental -n (§ 129, no 5).
c-n (F. 2600»a) = ici ; la désinence parait avoir la valeur d'un
exposant locatif li^ 129, 5).
— Voir ca. l^'oiir l'éfinivalence de l'a et de Te, cf. § 55.
CE
ce-a-lxl-s (F. 2108) =z génitif de ce-a-lxl i^'inr/l. Ce est une variante
graplii(iue de ci (voir ce mot) Le sullixe -al^l ou 1)^1 sert à for-
mer les multiples de 10 (§ 144).
ce-a-ljf-u-s Kiall, \I, 12) = vingtième-, la désinence -s l'-us* est
celle d'un n()nii)r(' ordinal (^ 147).
ce-a-l^-u-z iKralL X, 2) = variante graphique de ce-a-lx-u-s ivoir
i< 72).
ce-lxl-s (F. I, 437) — § 210 = génitif de ce-lxl, variante de
ce a-l^l-
CEX
cex-a (F. 1055, 2()1;î; C 45:58; Krall, XI, 13: XII, 11)— ^i^ 275,
277, 324, 385 = être faible, être impuissaiit.
cex-a-m (Krall, XII, 7) — § 381 = faible, impuissant adjectif
verbal formé avec le suffixe participial -m (§ 111).
cex-a-n-e i Krall, VII, 7) — i; 370 = fh'chir, défaillir, verbe dérivé,
formé de cex-a à l'aide du sullixe verbal -n § 84).
cex-a-n-e-ri F. I, /<I8; III, 3()7; Ga. 802) — !^ 237 = verbe
cex-a-n-e augmenté du sulfixt^ casuel-ri(s; 129, 7).
cex-a-s-e (F. 2280) = dr/ailHi\ dérivé de cex-a, formé avec le
sunixc -s (i; 80).
cex-a-s-i-e (F. I, 418) = drfaillir, mourir (?), dérivé du radical
cex-a-s- à l'aide du suffixe -i (J:; 81] .
11 Finnois keh-no «faible, mauvais»; zyrénien /.-oA-niV/ « léger » (Budcnz,
p. 43, n» o8 ; Donner, 1, p. 34, no 124).
CEI
cei (C. 4538) — § 318 = malheureux.
Il Finnois /rai-/ja « envieux, mal disposé « (Donner, 1. p. 10,n''33).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 363
CEI
cei-a (Krall, III, i/i; VIL 2, 3, 4, ri) — § 374 = crier fort.
Il Finnois kaj-e « écho »; kaj a- « renvoyer le son»; kaj-ahda- « faire un
bruit éclatant »; hongrois Aa/"-a7- « appeler, crier » (Donner, p. 7, n" 23).
CEL
cel iCia. 789; C. 408-2) — i; 195 = sépulture.
Il Finnois kal-ma « tombeau, souterrain •> ; mordvine kal-ma « id » (Donner
1, p. 6-, n"- 222 . — Voir Settila, Finn.-wjr. Fnrsch., XIII, 1913, p. 374. — Pour
la voj'elle radicale, cf. § 62 E 1.
CEL
cel-uc-n fKrall, VII, 17; VIII, 17; X, 11; XI, 7) — ^ 346 =
perçant de son, aigu de son, mol composé du verbe cel- « résonner »
et de l'adjectif uc-n (voir uc).
cel-uc-u-m iKi-all, VII, lOi — ij 379 == perçant de son, aigu de
so)u composé comme le précédent, mais avec l'adjectif verbal
uc-u-m (voir uc.
Il Finnois kal-kka-, kal-kku- « faire du bruit, taper fort » ; kel-ke « son»
(Donner, I, p. 56, n" 191).
CEL
cel-i (Krall, IV, li, 21; V, 10, 16, 17; VIII, 3; IX, 18; XI, 3j —
§§327, 356, 360, 363=: qui a commencé, commençant, participe en -i
(?< 103).
cel-u-sa(F. 2055) — § 232 =r a?/?r' i?) ; la désinence est le sufïlxe
nominal -sa (?; 118).
Il Hongrois k/'H- <> aller, venir, se lever {nzp-kà'l-al « lever du soleil ») ; votiak,
kil-de- « se lever » (Budcnz, p. 13, n" 17; Donner, I, p. 63, n" 216).
CEM
cem-na-c Ki-all, V, 18 1 — § 364 = et brillant ; la désinence est le
sutrixe de coordination -c (§ 134). L'adjectif cem-na est forme du
verbe *cem- In-iUrr avec le suMixe nominal -na (§ 114).
364 QUATRIÈME PARTIE
cem-n-a-x Krall, VIII, Ki) — ,^ llio = l'-rlair, substantif formé avec
le siidixe nominal -x § 100) ; cf. rivax- H dérive du radical
verl)al cem-n-, ciiii Ini-uiéme dérive de *cem à l'aide du suffixe
verbal -n (îj 84;.
Vdir cim. Pour la pernnilalion de l'e et de l'i, cf. §. oo.
CEN
cen-u (G. l.'i.'W) — § 313 = corriger.
Il Finnois kani- « mettre en ordre, corriger, nettoyer ». — Pour la voyelle,
voir g 62 E 1.
CEP
cep-en ^F. 2057, 2070; Magliano ; Krall, VII, .S, 1), 15, 18, 21; X, 3,
17, 18; XI, 5) — 1§ 2-20, 235, 302, 377, 378 = arand de contenance,
adjectif employé comme particule superlative, avec le sens de
beaucoup. Il est composé de en grand (voir ce mot) et de *cep
contenance . Le mot est analogue à mar-is grand de mesure.
cep-en-e (Krall, VII, 15) = être grand de contenance, être grand,
verbe dérivé de cep-en.
Il Finnois kappa « boisseau » (Donner, I, p. "9, n" 219 ; Setiil.ï, Finn.-uqr.
Forsch., XllI, 1913, p. 377). — Pour la voyelle, cf. § 62 E 1 .
CER
cer-en Krall, VII, 9, 10, 21. 23) — ,^ 378 = grand df fierté, adjectif
composé de en grand (voir ce mot) et de cer- se gonfler.
cer-er-x"V-a (Krall, VII, 10) — >; 37î) = être extraordinaire de fierté,
verbe composé de cer- et de er-xv-a être extraordinaire i voir er).
Il Finnois ker-ke-, ker-kJ-, « s'entler, s'enlever, se délier » ; ker-ska- « faire
parade, exagérer »; hongrois /re/'-/iV(V/- « parader » (Donner, 1, p. 37, 38; n"*
134, 136).
CER
cer-i'X-u (F. 2335) — § 240 = /W/ye le tour, aller autour, circuler,
verbe formé à l'aide du suffixe -x (!^ SO) et dérivé du thème *cer.
cer-i-x-U-n6-e (F. 2(100 aa) = enclore, faire une enceinte, dérivé de
cer-i-x-u à Taidc du suffixe double -n9 (§ 93).
DICTIONNAIRE ÉT-i'^IOLOGIQUE 365
cer-i-ne (Ga. 779) = sens incertain; la désinence paraît être le suf-
fixe casuel comitalif -ne (§ 1:29, G).
cer-i-n-u (F. 2183i — § 193 = enclore, verbe formé du même thème
que cer-ijfu, mais à Taide d'un autre sulfixe, le suffixe -n (§ 84).
cer-ur-u-m \C. ill6) — ^ 245 = comble en cercle, voûte, substantif
composé de *cer cercle et de urum comble (voir ce mot).
Il Finnois keri » cercle, tour » ; hongrois ^''ir « cercle rond », kdr-uk « cercle»
(Oudenz, p. 18, n" 25; Donner, 1, p. 47, n" 167).
CES
ces 'IVoitzie, 1893, p. 339) — § 293 = paisible, tranquille.
ces-u (F. I, 433, 436 a, 436 b; C. 707, 886, 4339) — §'§ 186, 187, 213
=^ être tranquille, être en repos.
Il Finnois kesii « doux, apprivoisé » (Budenz, p. 8, n" 12).
CEUS
ceus (Krall, VII, 8) — § 376 = satisfait.
ceus-n ^.\otizie, 1893, p. 339) — § 297 = à la satisfaction de, au gré
de: la désinence -n paraît être un suffixe adverbial (§ 156, 2).
Il Hongrois koz-ôn- « remercier » (Budenz, p. 46, t\° 72 ; Donner, I, p. 27, n°97).
CI
ci-pe-n (Capoue, 1. 8) — § 400 = quelque chose, composé de l'inter-
rot;alif ci et de la particule pe-n, forme adverbiale de l'enclitique
pa, pe voir ces mois'.
ci-sum Krall, H, G: 111, 22 ; IV, 3, 16; V, 5. 12, 21 ; IX, 4, 11, 20;
F. 23'i() — ^^ 331, 338, 367, 370 = quelque chose, composé de
l'interroyalif ci et de sum quantité (voir ce mot). Le sens propre
est quantité de quoi c'est-à-dire quantité indéterminée.
Il Finnois /le-, /re-?ie « qui, quelqu'un » (pronom interrogatif, relatif ou indéfini);
hongrois ki: mordvinc ki ; tchérémisse ko; lapon kd (Budenz^ p. 28, n" 36).
CI
ci F. 2033, 2332: C. i338 : Ma^liano ; Capoue, 1. 3, 16j — };^ 139,
230, 302, 319, 392, 418 = deux.
366 QUATRIÈME PARTIE
ci-a-lx-us (Krall, Xil, 10) — §§ 147, 38i = vingtième, forme ordi-
nale d(> ci-a-lx", lequel esl un muUi])le de ci (§ 144). Voir
ce-a-lx-us.
ci-em (F. !2()7I : Kr.ill, X, ±\ — ^^!< li:;, 180 = drfh:lueux de deux,
composé de ci el de em (voir ec mol).
ci-S (F. 2108) = génitif de ci.
ci-s (Krall, VIII, 1) = deuxième ; voir |:^ 1 i".
Il Pour les îuuilogies ougro-finnoises, voir S 139.
CI
ci-n-a (G. 48) — !;; 247 = courir, aller et venir, verbe formé avec le
suffixe -n (^84).
Il Finnois kei-no « sentier »; mordvine ki « route, chemin » ; vogoule kle-l-
« faire aller, envoyer »; ke-l- « chasser »; ostiak ki-t- « chasser, pousser »
(Budenz, p. 10, n" IG).
CIL
Cil-e (Krall, VII, 7; XII, 11) — §i? 370, 388 = chant, énoncé, proba-
blement formulr de prière [carmon]. Le final est un siitlixe
nominal (?; 120).
cil-6-cva (Krall, VII, 18) == ////>r de formnir, ('ompos(; de cil-6 et
de cva I >//)(' (voir ce iiioli.
cil-6-cv-al Krall, VII, 8) — ,^ 377 = c'est le substantif cilôcva
augmenté du sullixe -al is^ 129, 1). La voyelle linale de cil6cva est
élidée.
cil9-cve-ti iKrjdl, VI, 14) = c'est le substantif cil0cva augmenté
du suffixe casuel -ti (§ 129, 10). Pour la permutation de Ta et de
Te, cf. V5 ri.j.
cil-e-1 Krall, II, 8 ; V, G, 13, 23 ; VII, 18 ; IX, 5, 12, 21) — §^ 352,
;}(»8, 371 = dans la formule. La désinence est le suffixe casuel -1
(,§ 129, 4).
cil-e-s (Krall, II, 3; V, 3; VIII, 4; IX, 2, 10; XI, 9) — §§302, 370
= génitif de cil-ô 1Î5 129, 81.
Il Finnois kil-e-à « sonore, aigu »; kil-ja-ist- « élever la voix » (Donner, I,
p. 57, n° 195;.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 367
CIM
cim-c-l-e-va (Gapoue, 1. 4) — |^ .'i92 = flamme, flambée, substantif
formé avec le suffixe -va (1:5 1^3), et dérivé du radical verbal
cim-c-1-, lequel dérive lui-même du thème cim- à Taide du suf-
fixe double -c-1 (§ 90).
cim-u 1 Gapoue, 1. 11 1 — § 40G = flamber.
Voir cem.
Ij Finnois kima « aigu, clair, cliaud, brillant, éclatant » ; kim-a-lla- « briller,
luire » (Donner, 1, p. 91, no 322; Setâlâ, Finn.-ugr. Forsch., XIII, p. 386).
CIT
cit-z Krall, V, 17, 19) — §§ 363, 364 = à souhait ; le z désinentiel
est un suffixe adverbial (§ loG, 3 j ; cf. tez, esl-z, Bun-z.
Il Hongrois kiid « sentiment » ; klld-v « envie, fantaisie » ; zyrénien-votiak kul
« sentiment, disposition, envie » (Budenz, p. 9, n» 14; Donner, I, p. 23, n» 80).
CIZ
ciz (Krall, VII, 2, 3, 4, 5, 6) — §§ 374, 375 = cr'i^ apostrophe.
ciz-i {¥. 2339) — § 238 = celui qui parle haut, orateur, participe en
-i (§ 103) du verbe ciz- parler haut.
Il Finnois kul-su- « appeler en criant » ;Donner, I, p. 29, n" 103). Pour la
voyelle, voir S 63, I 4.
CIZ
ciz-u-s-i-e[s] i Gapoue, 1. 11) — § 400 ^gratté, ramom'', participe en
-es(§ 101) du verbe -ciz-(u)-s-i-, verbe formé avec deux suffixes de
dérivation, le sutlixe -s ?; 80) et le suffixe -i (,^ 81). L'u n'est pas
organique.
Il Finnois kit-ke- « frotter, gratter» .Donner, I, p. 19, n'' 63).
CL
cl-e G. 4.')38 — !;i .'UO = rire à côté, s'approcher.
ol-t (G. 8 — j^ 218 = voisin, comparjnon, collègue. Le mot n'est peut-
368 QUATHIÈME PAllTlE
(Hre pas enlicr ; car il ligure dans un lexle qui présente des abré-
viations.
cl-tr-al iKrall, VIII, 5) — ^ liliO = vciumi di' la po'inte de côté; la
désinence est le sullixe -al (S 1-0, 1). Cl-tr est composé de cl
cnli- et de tr pointe [\o\v ce mot).
cl-uc-e i^Ki-all, XII, 12) — § 388 = apjjlhiuei' de côié, plaquer de
côté ; verbe composé de cl et de uc-e plaquer, appliquer (voir ce
mol).
cl-uc-tr-as iXII, 13) — § 380 = placage de côté, substantif en -as
[i'^M)) d(3rivé du radical verbal uc-tr-, lequel est lui-même dérivé
de uc- (voir ce mot).
cl-uc-6r-as (Krall, VIII, 9) — § 33() = variante graphiiiue de
cluctras.
cl-z (C. o3) — § 281 = à côté de cela, en outre; le z final est un
suffixe adverbial (§ 15(), 3).
H Finnois kiil-Iii [kill-ke) « côté » (Budenz, p. 33, n» 41).
CL
cl-a-n (F. 20oG, 20o7, 2070, 2071, 233:;, 2335 a, 2339 ; F. I, 438 ; F.
111, 370 ; Ga. 799 ; G. 01, 198, 3i8, 378, etc., etc.). —§§38,181,182,
20i, 20:;, 214, 218, 221, 233, 234, 237, 238, 240, 248 = (ils, \m'o-
prement /^owryM d'un organe viril, mâle. La désinence -n est un
suffixe de possession (== q\d possède § 113).
cl-a-n-c (G. 880j — i^ 213 = et le (ils ; la désinence est l'enclitique
de coordination -c (§ lo-4).
cl-e-n (F. 2(r;9, 2013 ; G. 440, 4538) — §§ 27:;, 277, 313 = variante
de cl-a-n. Pour lÏMjuivalence a = e, voir J^ 5.").
cl-e-n-ar (F. 2055, 2050) —i^§ 230,233 = pluralité dr /ils; le mot parait
être un collectif, composé de clen et de ar quantité (voir ce mot).
cl-e-n-ar-a-si (G. 4110) — >;i 245 = même mot que le précédent,
augmenté du sullixe casuel -si (^i 129, 9). Clenarasi est pour
clenar-si.
cl-e-n-s (G. 40,50) — i^ 207 = génitif de cl-e-n.
cl-e-n-si (F. 2183 ; C. 4190) — §§ 193, 313 = même mot, augmenté
du suffixe -si (§ 129, n" 9).
Il Finnois kil-lia « organe viril » ; csthonien koli « testicule » ; ostiak kila
« id. » (Donner, I, p. 70, n» 236). H n'est pas certain que le finnois kil-ha soit
d'origine germanique (Setalii, Finn.-ugr. Forsch., XllF, p. 386).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 369
CLE
cle-tr a-m Krall, II, 10, 12 ; III, 13, 16 ; IV, 8, 10, 12 ; V, 8 ; IX,
15) — §§ 355, 372 = poli, rrluisanf, adjectif verbal formé avec le
suffixe -m ij 111). Le radical verbal cle-t-r- est formé à l'aide du
suffixe -t 1.^ 87) et du suffixe -r (i^ 85).
Il Finnois kal-e-a- « lisse, poli, glissant » ; kal-lo « glissoire » (Donner, I, p. 39,
n° 201).
CLU
cl-Gi (Ga. 30) — § 289 = voir le mot suivant.
clu-9i (F. 2400 ^') — § 292 = nsure, moyen d'user, de consumer, de
réduire, substantif formé avec le suflixe nominal -9i (§ 122).
Il Finnois kul-u- « décroîlrc » ; kid-u-la- « ronger, user, diminuer» ; vogoule
kol-a- « se consumer » ; hongrois kôl-t-â- » ne plus servir à rien » (Budenz,
p. 2, no 3 ; Donner, 1, p. 62, n» 210).
CN
cn-es (Capoue, 1. G, 8) — §§ 397, 400 = épaissi, participe en -es
(§ 101) du verbe *cn- épaissir, solidifier.
Il Finnois k!n-i « ferme, immobile » ; kin-tû- « adhérer fortement », kin-ittd-
« fixer, faire adhérer fortement » (Donner, I, p. 71, n° 239).
CN
en dans le composé sacni-cn mauvais de prière (voir ce mot).
cn-1 (C. 4538) — §§ 31G, 319 = obstiné d'humeur, intraitable, adjectif
formé avec le suffixe nominal -1 [i 109).
Il Finnois kiiniï « humeur fantasque, méchanceté » (Donner, I, p. 14, n" 237).
CRE
cre-al-s (Ga. 700) — § 253 = qui est à bas de course, composé de
l'adjectif al-s qui est à bas (voir al), et de cre courir, s'élancer, se
précipiter.
cre-sver-ae iKi-all, V, KVi — ;;< 362 = élre lent de course, verbe
composé de cre et de sver- aller lentement ivoir ce mot). La dési-
nence ae n'est pas certaine.
24
370 QUATHIBME PAKTIE
Il Finnois A-ara- « s'élancer, courir, sauter, fuir » ; hongrois kur-rjuL- » chasser,
poursuivre » (^Donner, I, p. 36, n° 133).
es
cs(C. 48) — i< ^247 = pelït.
Il ilouifrois liis « petit » ; votiak kiz-er « mince « ; vogoule kui-i » le petit frère »
(Budenz, p. 24, n° 29 ; Donner, I, p. 29, n" 104).
es
cs-t-r-es, dans le composé sacni-cs-tr-es (voir ce moi) = com-
mencé, participe passé passif en -es (§ 101) du verbe cs-tr-,
lequel dérive d'un thème *cs à, l'aide de deux suffixes ver-
baux, le sulîixe -t (§ 87) et le suffîxe -r (§ 85).
Il Hongrois kaz-dil- « couniiencer » (Budenz, p. 28, n" 35).
eue
cuc-ii-ei (Capoue, 1. 14) — § 413 = grand de courbure, très gondolé,
composé de ei grand (voir ce mot) et de cuc-ii-, radical verbal
formé du thème *cuc à l'aide du suffixe -i (§ 81). Pour le redou-
blement de l'i, voir s; 55 Caîia.
Il Finnois kiik-ku « état accroupi, flexion des jambes »; kiilul « courbé, bossu »;
kuk-rn « bosse » (Donner, I, p. 4, n" 13).
euL
cul (C. 4538) — i; 312 = suffisant.
Il Finnois kûl-lii « suffisant » (Donner, I, p. 68, n° 224).
euN
cun (Capoue, 1. 10, 11) — i;!:; 405, 406 = supérieur, supérieurement ;
le mot s'emploie adverbialement comme particule superlative.
Il Finnois kon-o « chose qui est en avant, qui fait saillie » (Donner, I, p. 72,
n° 243). — Pour la voyelle, cf. § 64 U 1.
CUR
cur-ie-a-s (F. 2400 ''j —§292= du fait d'être ennuyé, génitif du
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQLE 371
verbe cur-ie-a. Ce verbe est formé à l'aide du suilixe fréquentatif
-i (.^ 81), qui s'est ici développé en -ie, comme ailleurs il se déve-
loppe en ii(cf. cuc-ii-ei;.
Il Finnois Art/'-?"M « mauvaise hiumeur, ennui, dégoût». — Pour la voyelle,
cf. S 64 U 2.
eus
eus Krall, XII, il — § 385 = bois de sapin .
Il Finnois kus-i « pin »; lapon guoss-a, gos-a, kuos-a; zyrénien kôz : votiak
ktz; luordvine kuz (Donner, II, p. 23, n» 78). — Cf. g 64 U 2.
CU0
cu6 (Capoue. 1. 9i — § 403 = feu lent, qui couve.
Il Finnois kiit-e- « brûler secrètement ». — Cf. § 64 U 2.
CVA
cva dans les composés cil9-cva, cil9-cv-al, cil0-cve-ti voir ces
mots = 'y/^'?.
Il Finnois kiiva « modèle, exemple ».
CVE
cve-r iF. 2.j82, 2399 ; Ga. 380; G. 45G1) — §§ 268, 269, 271, 276 =
plaintif douloureux. La désinence est le suffixe de dérivation
nominale -r (§ 116} ; cf. fle-r.
Il Finnois kipu « douleur » ; votiak keb-e-r « souci » ; keb-e-ra-l- « se chagri-
ner » (Donner, I, p. 82, n" 291).
cz
CZ-1 (C, 4538) — j5 315 = à intervalle, par moments, de temps en
temps, adjectif formé à l'aide du suilixe nominal -1 (§ 109) et
employé adveri)ialement (§ 156, 1).
Il Yogoule kvot'l « milieu » ; tchérèmisse kol, kocl « temps » ; ostiak l,ul « in-
tervalle » (Donner, I, p. 22, n» T6).
;372 oLATlUIiMI:; paktie
Le X iiiilial clrusque correspond ;i Ih giillur.il hongrois ; voir i; "0.
XAG
Xa6 I Ciiioiic, I. IS) — § /ri'^ = vrsldu.
Il Finnois luido- » se perdre » ; hongrois //x.r/'- « leiisser », /i:ifj'-il- « rejeter » ;
uiordvine kadî- « laisser » (lUidcnz, p. (H, n" lU ; Itonnci-, I, p. i;J, n" 4; Setalii,
FUF, Xlll, p. 380.
XI
vi-e-m (C. 4538) — ^ ^ii = impulsion, désir, subslanlif dérivé du
radical verJ)al *yi- à l'aide du sulTixc -m (s; 111).
Il Hongrois hxjl- '< pousser en avant » ; vogoule kuj-t- « pousser » (Budenz,
p. 12, no %).
XIM
Xim (Ga. 799 ; Krall, III, 13 ; VI, 10 ; YII, 11 : XII, V] — ^ 378 =
iiKiiivais, malheureux .
Xim-r-i (Capoue, 1. 14} — i^ 413 = mèuic mol augmcnlé du sullixe
-ri (.^ 129, 7).
Xim-Ô fC. '<.'')3S ; Krall, X, 11] — .^ 318 = malheur, uuilheurru.r, dérivé
de xiïïi !' l'aide du sullixe nominal -6(§ 120).
Xim-S-m (Magliano) — ,^§ 2!)8, 301, 302 ^=: uimt iiinlhr>n\ hrlas ! La
désinence m paraît être le sullixe possessif de la l''" personiu>
(§§.i3ell33).
Il Finnois /.«mo «état de chose renversée, ruinée » ; lapon ;/omo, Icohmo » ren-
versé » ; zyrénien hîm- « renverser » ; hongrois homorù « concave, courbé »
(Budenz, p. 109, n» 137 ; Donner, I, p. 88, n» 315). — Voir § 63 1 4.
XIS
Xis Ki'.dl, II, (1; III, 22; IV, 2, 15,20 ; V, i, 11, M ; VIII, 15 ; IX,
'., Il, r.t, -22) — ^§ 345, 357, 370 =: long.
Il Hongrois Itusm'i « long » ; vogoule /roAvV ; zyrénien lniz; tchéréniisse /.//^o.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 373
XIS
Xis-vli-C-s (C. 4196) — § 279= conduit d'urine, substantif composé
de ^is urine et de vlics conduit, cmissaire (voir ce mot).
Il Finnois kuse « urine » ; hongrois hùcr ; vogoule kuS ; tchérémisse ku\ ;
ostiak yos-em (Budenz, p. 120, n° 145 ; Donner, I, p. 20, n° 67). Pour la voyelle,
voir § 63, 1 4.
xu
XU-es (Capoue, 1. 18) — § 422 = graissé, gras, participe en -es
(.§ 101 1 du verbe *xu-.
Il Finnois ku « gras » ; hongrois hi-z- « devenir gras » ; vogoule kô-f- « id » ;
mordvine kiij-a « gras » (Budenz, p. 10, n» 92 : Donner, 1, p. 9, n" 31). — Voir
§ 64 U 2.
XUP
Xup-e-r 'Capoue, 1.8) — ^A0{) = amas, substantif formé avec le
sutlixe nominal -r (,^ 116).
Il Hongrois hoporc » renflement »; mordvine koper', kopîr « dos » (Budenz,
p. 114, n° 139.
E
e-ca (G. iUO ; F. 2031, 2130, 2183, 2598, 2602; Magliano) — §§ 188,
190, 193, 194, 262, 288, 302, 317 = ce, cette, celui-ci, ceci, voici.
Le mot est composé du démonstratif e (ou a) et de la particule ca
(voir ce mot).
e-c-n (C. 78 ; Krall, IV, 2 ; V, 2 ; IX, 1, 8) — §.^ 26'i, 3i8, 370 = ici ;
c'est le démonstratif précédent (e-c) pourvu du sutlixe casuel -n
(^ 129, 5), qui prend ici une valeur adverbiale (§ 156, 2).
e-tnam (Krall, III, 12 ; V, 7 ; M, 5, 7, 12 ; VII, 2, 3, 4, 5, 9, 10, 13,
li, 15, etc.^ — .^i^ 3i(), 354, 37 i, 'Ml, .'{78, 383 = maintmant, alors,
à ce uioinoil. Ilépété, le mot a, une valeur disjonclivc ((inune
nunr.. . nunr en latin, Innhll... hiiih'il. Le siiilixc -tnam est nu
siillixc inlvcrbial H 15(;, 3 ; rï. cn-tnam Kr;ill, VII. 12; XI, II),
vacl-tnam Krall, VI, 10; VIII, I ; Xll. 9,.
e-G (C. -4110 ; Magliauuj — §§ 2i5, 302, 304 = à partir de ceci, dès
374 nUATlUÈMK l'AUTlE
lors, drsnnnais; la désinence est le siidixo casuel -6 (§ 1-29, n» 11),
qui marque le point de départ.
Il Voir a ^cf. § 13-4, 1).
EC
ec-S (Magliano A) — î^ 301 = de la màrhoirc, t;éuilil' de *ec nniclinirc.
ec-n-i-a (Magliano B) — § 303 = èlrc hranl de m irhnire, verl)e com-
posé de ec mâchoire et de ni-a cire hranl (voir ce mol).
Il Finnois ik-ene « gencive, niilchoire » ; cstlinnien Ige « gencive, mâchoire » ;
(niuienz, p. 818, \\° 897). Pour la voyelle thématique, voir S 62 E 2.
El
ei (C. 370, 3ii-2 ; Krall, IV, 13 ; XI, 10 ; Capoue, 1. 13i — i^^ 203,
412 r= grand.
ei-n (G. 880, 4110, 4201, 4538) — §§ 203, 213, 245, 322 = c'est
Tadjectif ei augmenté du suilixe casuel -n § 120, 5),
— Voir les composés al<paz-ei, estr-ei, fas-ei, 6a9en-ei.
On écrit aussi ai (voir ce mol).
Il Finnois liijil « multiple ».
El
ei-t (G. 2027) — § 274 = effrayant; la désinence est le sulTixe
nominal -t (§ 120).
ei-t-va (F. 2050) — § 233 = terrible, dérivé de ei-t, à Taide du
suilixe -va (?; 123).
ei-6 (F. 227()! — ^ 210= variante graphi(|n(' de eit. Pour l'équiva-
IcMcc du t cl du 6, voir ^ 08.
Il Finnois i/i-me » chose merveilleuse, étonnante»; hongrois ij-iid- a être
cflrayé »; ij-u-n « terrible » ; ijiisl- « faire peur » (Budenz, p. 813, n° 891).
EIM
eim (Krall, IV, 12 ; V, 0; IX, 10, 17) — .i;§ 350, 372 = constant.
Il Finnois ,y«m-e-« « rigide, stable, constant ».
EIS
eis Krall, X, 10) z= grand; r\' ais cl is.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 37o
eis-er i Krall, V, 10, 14, 15) - §§ 357, 359 = grand; cf. ais-er.
eis-er-as (Krall, V, 20) — § 365 = grandeur suprême, cf. aiseras.
eis-na (Krall, IV, 2-2; V, 1, 12; XI, 10; XII, 7) — § 382 = chef,
prcire (?); cf. aisna.
EIS
eis dans le composé tlena^-eis i voir ce mot) = articulation.
Il Finnois Jâs-e-n « membre, articulation»; tchérémisse ye^e«; mordvine
uz-nil; vogoule Joz ; hongrois iz (Budenz, p. 829, n" 914; Donner, I, p. 103,
n» 370).
EL
el (Capoue, 1. 151 — § 415 = vif, violent, fort.
el-ur-i (Krall, V, 22) — § 367 = faire effort de violence, composé de
el et de ur-i « faire effort » (voir ce mot).
Il Finnois iil-li « fougue », al-hil « vif, violent », dl-i-u « intempérant, impé-
tueux, déchaîné ».
EM
em dans les composés numéraux ci-em, es-l-em (voir ces mots)
= défectueux.
Il Hongrois dm-ùl- « être stupéfait », om-it- « mystifier, duper, stupéfier »
(Budenz, p. "44, n°804).
EN
en-a-c (Krall, VII, 11; XII, 7) — § 385 = c'est le verbe en-a dire,
avec l'enclitique de coordiation -c (§ 154).
en-a-x Krall, XII, 4) — § 383 = sonore, à haute voix, adjectif formé
avec le sutïixe -^ (§ lOOi comme mla-Xi mula-x-
en-as (Krall, II, 8; III, 21; IV, 6, 19; V, 4, 1, 14, 23; VII, 23 ;
VIII, 2; IX, 3, 6, 10, 13, 22) — §§ 342, 352, 368, 370, 371. =
langage, discours, paroles, substantif en -as (§ 99^, comme
menas,
en-e-sc-i iG. 4538) — §!:^ 312, 320, 321 = faire des cris, verbe dérivé
du simple en-, à l'aide du sufïixe double -se (§ 95) ; cf. le-sc-an.
reu-sc-e.
Il Finnois /ï/'in-e {noïa. uun-i) « son, voix »; hongrois én-uk » chant, hymne »
(Budenz, p. 788, n» 856).
376 QUATRIÈME PARTIE
EN
en dans les composés cep-en, cer-en, av-en-ce voir ces mois)
= grand.
en-)(V-e dans le composé sr-en-^v-e i voir ce moti= être grand,
verbe formé avec le sullixe double de dérivation -yy i^ 90 bisi; cf.
fler-xv-a, un-xv-a, fulum-xv-a
en-s-ai-s, dans le comi)osé apr-eos-ai-s voir ce mot: — § 206
= génitif d'un participe en -i !:! lOi}); en-s-ai éciuivaut à en-s-i
qui croU i§ 53).
Le radical verbal en-s- rroilrc est formé avec le sufllxe de dériva-
lion -s !>; 86 1.
Il Finnois en-i'i <> pins, (lavanta<;o ■> ; ostiak cn-un-. an-m- » croître » ; mordvine
in-e ((grand »; liongrois ni>- (( croître » (Ikidenz, p. SSo, n" 'J89).
EP
ep-1 (C. 4538) — § 313 = sur une pierre, le suffixe -1 est le suffixe
casuel (§ 129,4).
ep-l-c C. i538i — iiî 313 = même mol que le précédent, augmenté
de l'enclitique coordiiiatrice -c (§ 151).
ep-n (Capoue, l. 1 i) — i^ \\\\ = bdtis, cnnslrmilon; la désinence est
le sutlixe de dérivation nominale -n ^^ 113, 1).
Il Hongrois ép-il- « bâtir, construire »; ép-ill-ilt (( liàtinient » Budenz, p. 790,
n" 859).
ER
er, dans le composé cap-er (voir ce mot) = à pari, hors de pair, d'où
le sens de extraordinaire .
er-a, dans le composé (?J et-er-a i voir ce mot i = èlre à pari, e.rlraor-
di lia ire, verbe dérivé de er.
er-c Krall, V, 17] — «i; 363 = r?/ qui est à part; c'est radjeclifer
augmenté de l'enclitique coordinatrice -c.
er-xv-a. dans le composé cer-er-xv-a i voir ce mot) = être à part,
èlre extraordinaire, verbe dei'ivé de er à l'aide du sulfixe verbal
double -XV (!^ 90 bis).
er-i (Capoue, 1. 12) — ^.W.)=:qai r.sl hors de pair, extraordinaire,
parfait, participe en -i (§ 103) du verbe er-.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 377
eri, être séparé de, dans le composé manim- eri (voir ce mot) .
Il Finnois eri « séparé, disjoint, distinct », erinomainen « singulier, admi-
rable, rare », eritlcnn, « beaucoup, au suprême degré ».
ES
es-t-l-a i^C. 4538) — § 309 = songer, se souvenir, verbe dérivé de *es
esprit à l'aide du suffixe -t i^ 87 et du fréquentatif -1 i§ 82i.
Il Hongroises « esprit » ; iis-mil « idée » 'Budenz, p. 800, n" 816).
ES
es-t-ac C. 4538 1 — §321 =: brusque de chute, composé de es-t-
tomber et de ac brusque, soudain (voir ce mot . Dans es-t-, le -t
est un suffixe de dérivation verbale (§ 87).
es-t-r- ei (Krall, IV, 11; V, 9.; IX, 16, 17) — §§ 356, Tri = grand
d'apaisement, composé de es-t-r- tomber, être apaisé, et de ei grand
(voir ce moti. Dans es-t r-, il y a deux suffixes de dérivation
verbale, le suffixe -t i§ 8") et le suffixe -r (§ 851.
es-v is-c Krall, IV, 15, 20; V, 11, 14 ; IX, 19) — §§ 357, 359 = et
apaisé. Le c final est l'enclitique de coordination (§ 154). Es-v-is
équivaut à *es-v-s. La désinence s est un suffixe de dérivation
nominale (§ 117,; cf. seu-s. Dans es-v, le v est un suffixe de
dérivation verbale (.§ 88).
Il Hongrois as- « tomber » ; vogoule is- « tomber, descendre » ; finnois is-tu-
« s'asseoir» : mordvine oza- " id » ; zjTénien ns'- « tomber » (Budenz, p. 797,
no871î.
ES
es-a-l-s F. I. 387) — §§ 142, 220= génitif de es-a-1 premi>^r. Dans
es-a-1. Ta n'est pas organique. La désinence -1 est le suffixe de
dérivation nominale (§ 109).
es-I-z (F. 2335 a) — §§ 222, 235= uniquetne/il, jhtrlhnlirrfnient . La
désinence z est un suffixe adverbial {^ L56^ n" 3) ; cf. te-z, 6un-z.
Il Finnois as-ke-le- « aller de l'avant, faire un pas en avant, marcher » : as-ttt-
« marcher, monter » ; mordvine as-ke-le- « id. » ; tchérémisse os-ked-. as-ked-
« faire un pas ». (Budenz, p. 838, n» 933).
378 OUATIUÈME PAIITIE
ESC
esc-u-na F. 2335) — ^ 212 = ch'-claration, avis, proclamation . Pour
le snfTixo nominal -na, voir § 111. Le même radical esc- se
relroiixc dans le coniposé lautn-esc-1-e faire promcs.se de fidrUlé.
Esc-l-e présente le sullixe de dérivalion verbale -1 [% 83).
Il Hongrois ïisk-iïv-, usii-ils-, ash-iid- « jurer » ; vogoule esy » louer, vanter »'
osliak iyi/c- o glorifier » (Budenz, p. TJ8, n° 873).
ET
et-e-r iF. I, 130 a h) — ,^ 190 = qui est en avant, c'est-à-dire siipé-
rie^ir, hors rançi, hors de pair, excellent, adjectif formé de et en
avant et du sullixe nominal -r i§ 110 1. Le second e parait inorga-
ni(iae : cf. ci-dessous Et-r-u.
et-e-r-a C. ilii, 4o37) — >:< 202 = être excellent, verbe dérivé de
eter.
et-e-r-a-u (F. î, 138 1 — j^i 201 = excellent, variante graphique de
et-e-r-a-v. Pour l'équivalence u = v, voir § 72.
et-e-r-a-v F. 20.joi — ,^231 ^= excellent, adjectif dérivé du verbe
etera à laide du sufRxe nominal -va (j; 123) abrégé en -v.
et-e-r-i (.. .SO'.», 2'<80, 'i20l, i:il9, 1021j — ,^1^ 202, 203 = étant
excellent, participe en -i i§ 103 1 du verbe etera.
et-e-r-ti-c (Krall, XII, 3, 8i — .^s^ 378, 382= et excellemment; la
désinence est rencliticiue coordinalrice -c (i; 151); le suiïîxe -ti est
le sutlixe casuel (^ 129, lOi, donnant ici à l'adjeclif et-e-r nue
valeur adverbiale i i!; l.'iO, 2t.
et-rin-6i i Krall, \II, 5i — ^^ ;i8() = ohjrrliini, riposte, réponse, proprc-
\\\vn[ projrrtion en avant, composé de et et de rill-6i ivoir ce
mol).
et-ve C. ll'iOi — !;; 211 = ([ni est en avant, cmpi'essé; la désinence
est le siiirixe nominal -ve, -va(i^ 123).
A celle racine se rallaclie le nom propre^ Etru.
Il Finnois ele Jnoniin. csï] « partie antérieure » (LUulenz, p. TÎ8, n" 848).
E0
eÔ 1 F. 20:i0) — § 2:î3 = r/ut dure, cim larde, (pti se fait attendre,
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 379
chronique, adverbialement à la longue; le mot est formé avec le
suffixe de dérivation -1 (§ 109).
e0-r-i (Krall, XI, 13) — § 343 = atlendre, verbe formé avec le suffixe
-r '§80}.
ee-r-s-e Krall, II, 5 ; III, -21 ; IV, -2; V, i ; VIII, lo ; IX, 3, 10- —
,§§ 343, 370 = alirndre, verbe dérivé du précédent, à l'aide du
suflixc -s i§ 86).
Il Hongrois id(î « temps, âge, durée », id-ôs « âgé »; id-ult ^ chronique»
(Budenz, p. 808, \\° 880); pour la voyelle thématique voir § 62 E 2.
EUL
eul-a-t (C. 4538) — § 309 = passant ; la désinence est probable-
ment le suffixe nominal -t § 120 avec a intercalaire.
Il Peut-être finnois olk-e-, olj-e « arriver par hasard, se trouver là » (Budenz
p. 558, n" 588).
EUT
eut-u-s-e, dans le composé har-eutuse i voir ce mot) — § 319 =
rire en dégoût, verbe formé à l'aide du suffixe de dérivation -s
(§ 86).
Il Hongrois u't-olc « malédiction » (Budenz, p. 160, n° 823), ou bien ùt-/ll-
« détester, mépriser, abhorrer » Budenz, p. 870, n° 969}. La valeur du groupe eu
est incertaine.
EV
evi-t-iuras Magliano) — § 306 = rondelle à ingestion, cuiller, subs-
tantif composé du verbe evi-t- faire entrer, ?/?^^';'cî' et du subs-
tantif iur-as rondelle (voir ce mol . Evi-t- est formé avec le
suffixe verbal -t i?i 87 1.
Il Hongrois olv- « s'imbiber, se pénétrer » ; ay-a/- « imbiber, ingérer, intro-
duire » : Budenz, p. 760, n° 827). Voir g 62 E 1 .
EZ
ez (.Magliano) — ,^ 298 = père.
Il Finnois «/t « père » ; hongrois 3.t'a ; vogoule ai^e; mordvine at'a; ostiak
al'a, azi: votiak ataj ; tchérémisse rtci ^Budenz, p. 760, n° 826). — Pour la
voyelle, voir § G2 E 1.
380 QUATIUÈMl:: PARTIE
F
Initial Tf (■'li'us(|ue répond au p linnois cl à 1'/' hongi'ois ; vuii' i^ 09.
FA
fari0-n-ai (Capoiie, 1. 15) — § ilo = faire arci-h'rallon de sou/fle-
ment^ verbe composé de fa- souffler el de ri6nai (voir ce mot).
fa-vi-ti-c Krall, V, 21 1 — i; 366 = verbe fa-vi (Hre violent de souf-
//''?n'';?/, aiit;iiienté du suffixe casuel -ti (p. 120, lOi et de l'encli-
li(lii(' cdordiiialrice -c (§ 154). Le verl)e fa-vi est composé de fa-
et de vi rire dolent i voir ce mol).
Il Finnois ]nih-ka « respiration forte »; tiongrols fuj-, fi'i- « souffler »,fuv-7.Ug
« teinpt'te » ; vogoule puo- « souffler»; tcliérén)isse pu- <■ id » ; niordvine /jwya-
(dial. fa) « id « (Budenz, p. 540, n" ."168).
FAC
fac (Capoue, I. 5) — § 395 = fissure, fente.
Il Hnnois ]jal,o « l'ente », pakoa- « avoir des fentes » ; liongrois /aA-acZ-
« éclater » (Budcnz, p. 489, n° 511).
FAL
fal-a-s iC. 15381 — ^ 31i = génitif du verbe *fal-a manger.
fal-st-i (C. 4538) — ^ 315 = manger, dérivé du radical verbal fal- à
l'aide du sutïixe double st (§ 97).
fal-za-6i (Magliano) — §300^ ee qu'on mange, aliments, substantif
en -9i 'i; V±l), comme spure-6i, clu-6i. Il vient d'un radical ver-
bal *fal z, déi-ivé de fal-. Le siillixe -z est une modification du
suffixe de déi-ivation verl)ale -t ou s^i 87 1 : cf. fle-nz-na = *fle-
n6-na.
Il l'"innois pcild .c nioreeau, houcliée » ; hongrois /'a/-, » avaiiT, dévorer »,
fi.l-y.1 i< lionclirc » : vogoule fol- « manger » (lUidcnz, p. V.)2, n° .519).
FAN
fanu C. il 10 ; K. 2279) — §§ 2i5, 2i6 = placer, établir, construire,
Il Finnois pcme- « placer, établir ».
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 381
FAR
far-6 F. 807] — § 223 = misérable, pitoj/able ; le mol est formé
avec le suffixe de dérivation nominale -6 (§ 120 .
far-e-a-n iKrall, II, 12; V, 7 ; IX, 14) — §§ 334, 372 = pitoijable,
adjectif dérivé du précédent à l'aide du suffixe -n (§ 113U Le se-
cond a est inorganique.
far-6-a-na G. 3910) — §224 = rhosc misih'able, objet de piliê, objet
de regrets, substantif dérivé de far-9, à l'aide du suffixe nominal
-na (§ 114) ; farôana est probablement pour farGna ; cf. harOna
(G. 3135', qui n'est qu'une variante graphique de far-6na. comme
le prouvent les doublets Fasti, Fasntru et Hasti, Hasntru
(Fabretti, Glossarium).
far-0-na-x-e F. 2033 bis Ga : F. 2327 ter b\ F. I, 387 i — §.§ 225,
220 = i'tre rnisih'able, être objet de pitié, de regrets, verbe dérivé de
far-6-na à l'aide du suffixe -x J 80).
Il Finnois par-ha « misérable » ; par-ku « vocifération, clameur, lamenta-
tion » ; par-ku- « se lamenter » ; hongrois fiir-Ml- « fatiguer, peiner ».
FAS
fas-e (Krall, IV, 20 ; V, lo) = s'étaler.
fas-i Krall, IV, 13; IX, 17 = parait être un doublet de fas-e.
f^s ei Krall, II, 11, 13; III, 21; IV, 7,16; V, 11, 21; IX, 19) —
§ 357 = grand d'étalement, composé de fas- et de ei grand ^^voir ce
mol).
fas-ei-c Krall, IX, 8, 14) — § 372 = fas-ei, augmenté de l'encli-
tique de coordination -c (§ 154).
fas-eis Krall, IV, 21 ; V, 15) — § 359 == grand d'étalement, com-
posé de fas- et de eis grand (voir ce mol).
fas-l-e Krall, V, 2) — § 349 = s'étaler, formé à l'aide du suffixe de
dérivation verbale -1 (§ 82).
Il Hongrois fus-ûl- « s'étendre », fiis-il- « étendre » (Budeuz, p. 521, n» 548).
l^our la voj'elle voir § 61 A 2.
FEL
fel-i (G. 4538j — § 313 = parler, dire.
Il Hongrois ful-iii-Cd- « répondre, riposter »; ful-i'd- « répondre »; tchéré-
382 nl'ATRIÈMK l'AliTlH
misse pel-est- « [tafler, dire des piiroies » : \o^nu\o jial-iml- " dire, annoncer •>
niordvine pel-ksln- « ri[)oster, se disputer » Hudenz, [>. 510, n" o3(i).
FER
fer-i-e-9 ^Capouc, I. 1 1 i — >; ^07 = à jxi/'lir de l'acte de ioiu'hUloiiner .
La désinence -6 esL Ic^ snflixe casuel ;,^ 129, n° jli. Le verbe fer-
i-e est, formé à raidc du siiflixe de dérivation -i (ij 81).
Il Vogouie prr- « tourner » ; finnois puoiii- <> tourbillonner » ; liongrois for-or/-
« tourner» (Budenz, p. 532, n" 562).
«
FI
fi-t-u-G i^Capouc, L 13) — i^ 111 = flamme, substantif formé avec le
suflixe nominal -6 ( § 1:20). Le radical verbal fi-t- dérive d'un
thème *fi à l'aide du snlïixc verbal -t (i^ 87).
Il Hongrois fc-n' « éclat, lueur»; flnnois pill-vu « soleil, jour », pai-sla-
« briller » ; zyrénien bi « l'eu » (Budenz, p. 513, n" 540).
FIR
fir (Capone, l. 111) — i; il8 = dernier, (jui esl fiar dm'ière.
fir-i-n (Krall, VII, 7, 9) — i;§ inO, 378 = en revenanl ai arrlrre, par
contre^ au contraire, adjectif employé adverbialement. Il esl formé
du verbe 'fir-i- à l'aide du sullixe nominal -n (5; 113).
Il Finnois pen'i « partie [joslrricure » ; vogouie pai-i, pur « de nouveau, au
contraire » ; ostiak ])ii- a ce ([ui est deirii'ie » pira « di; nouveau, en retour » ;
hongrois far « postérieur » (Budenz, p. i'J5, n» 522). Pour la voyelle, voir § 63,
I 1.
FL
fl (C. 53,1 — § 280 = moitié, femelle.
Il ]'"innois ptioli « moitié, ce qui est à enté » ; ptioli-so « conjoint »; vogouie
jKtl, pal « moitié, côté » ; votiak pal v côté » ; niordvine pola « mari ou femme » ;
hongrois /"a/ « paroi » (Budenz, p. -490, n° 518).
FLE
fle-nz-na (F. 2279) — ^ 24G= co)iservalion, substantif formé avec le
sullixe nominal -na (§ lli) et dérivé du radical verbal fle-nz-,
lequel i)résenle le sullixe -n9 (§ !»i) ; cf. ArnG et Arnza.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 383
fle-nz-na-te iF. "1^19 =^ verbe dérivé du substanlif précédent.
fle-r Jû'all,III,13; IV, 3 ; VI, 9, 10; VIII, 1-2,16; IX, 2, 9; XI, 14) —
§§ 3il , 310. 370 = (ufélaire, adjectif formé avec le suffixe -r (§ 116).
ûe-r-jy-a. iKrall, VIII, 3) — § 327 = prendre des précautions, se
garantir, verbe dérivé de fier à l'aide du suffixe -jy- (§ 90 Ois).
fle-r-e (F. 1069; Krall, III, 18; IV, 14, 19; VIII, 11 ; IX, 7, 18, -2-2^
— §^ 270, 339, 371 = protéger, rire tutélaire, verbe dérivé de fier.
fle-r-e-ri (Krall, Mil, 10) — § 337 = pour protéger ; c'est le verbe
flere augnieuté du suflixe casuel -ri (§ 129, n° 7).
fle-r-es ^C. 301, 302, 447, 4196, 4361; F. 2599, 2613; Krall, IV, 8;
VI, 12; IX, 14) - §§ 271, 272, 273, 275, 276, 279 = protégé, adjec-
tif verbal en -es (§ 101) équivalant, pour le sens, à un participe
passé passif.
fle-r-s (Krall, VI, 13) = salut (?), dérivé de fier avec le sullixe
nominal -s § 117).
fle-r-9r-ce iF. 2598) — § 288 =à l'état de sain et sauf. La désinence
est le suffixe casuel -ce (§ 129, n° 2). La formation du radical
fler-9r- est obscure.
fle-zr-u (G. 4562) — § 270 ^protéger (?j ; fle-zr-u est probablement
pour fle-9-r-u (suffixe -9, § 87 ; — sullixe -r, ^ 85) ; pour la permu-
tation du 9 et du z voir plus haut fle-nz-na.
Il Finnois pel-a-sla- « conserver, défendre, protéger » ; hongrois fal-ûd-
<t oublier» (Budenz, p. 510, n» o3o).
FU
fu-nir (Capoue, I. 9, — § 404 = baguette de bois^ branchage, fagot,
composé de fu bois et de nir baguette (voir ce mot).
Il Hongrois fa « arbre, bois » ; finnois /j» ; tchéréraisse, zyrénien, votiak pu
(Budenz, p. 480, n° 311. — Voir § G4 U 2.
FUV
fu-f-1-u-ns (F. 2468, 2501) — § 289= vigne, dicinité de la vigne, pro-
prement qui s'attache, qui se suspend. Un dieu, qui correspond à
Dionysos-Bacchus est ainsi désigné sur les miroirs à ligures (Miil-
ler-Deecke, II, p. 78, note 136). La désinence -ns est le sutlixe de
dérivation nominale (§ 115), que l'on retrouve dans ne9uns, sians.
Quant au radical verbal fu-f-1, il est formé à laide de deux sullixes,
le suiïixe -p (^ 84'"»), devenu -f après l'aspiration tinale du thème
384 ULATRIÈME PAUTIE
*fuv, cl le sullixc -1 'î5 8^2). — Lg nom de la ville élrLiS(ii]e de
Populonla (Pupluna (ui Pufl sur les nioiinaies ; voir Miiller-
Deeckc, I, \\. iir3-il7) venait sans doulc de ce (jiie la i-égion était
couverte de vignes. Pline TAncien y nienliunue une ti-ès ancienne
statue de Jupiter en bois de vigne \XIV, 9).
fu-f-l-u-ns-1 ou fu-f-1-u-ns-ul (Ga. :]()) — i^ ti<S<) — r'm, propremenl
c<; </ui se rapiiorlc à fufluns ; la d('siueuce est le suilixe nominal
{^ 100).
li Mordviiic //ot'i- (. rester suspendu à»; vogoule pu ■■ saisir, attraper » ;
vogoulc niérididiial /<///'- « saisir », puv-ld- >• s'agripper à » ; linndis pù-llu-
" lier, allaciier, eoudrc », pù-Uu- « s'attacher » ; hongrois foij- « saisir, tenir »
(Budenz, p. .'i2G, n° 555).
FUH
fuh-z-u-s (Capoue, I. 9) — § 102 = rlranglr, rcsscrrr, obslrw-, adjec-
liC l'orun'; à Taide du suilixe nominal -s (i^ 117) et dérivé du radical
verbal fuh-z-, l('(iuel dérive lui-même de *fuh à l'aide du sufïixe
verbal -z d'. alcpa-z-ei, nurcp-z-i, fle-nz-na, fal-za 6i). Pour l'h
non initial, voiri; ~'i\ cf. cehen, tehamai.
Il Hongrois fà-l- « sultoquer » ; fuj-l- « étrangler » ; niordvine pova- « étran-
gler » ; lapon puve- « id » (Budenz, p. 541, n" 509).
FUL
ful-i (Capoue. 1. .')) — § 39G := ce qui a coulé, participe en -i (^ lO.'})
du verb(! fui- couler.
ful-um-xv-a (C. -iolUSi — i^ 1520 =: couler vile, passe)- rttphleuienl,
verbe Corme avec deux sullixes, le suilixe -m (i:i H,'}) el le suilixe
d(Mil)l(" yy- f>i 'M)''").
Il Hongrois fuV- <■ couler, courir », foV-l-oil- << continuer, suivre » (Budenz,
p. 5;J0, n" 538). — Voir S G-i U 1.
FUS
fus-l-e (C. 4o38) — § ',)[ï= ne pas hou(jer, demeurer 'nislallé, verl)e
dérivé d'un radical *fus à l'aide du suilixe verbal -1 (§ 82).
fus-1-e-ri (C. i.'>.'i8) — 5< ;U0 = pour ne pas bouger \ c'est le verbe
fas-l-e, augmenté du suilixe casuel -ri (i; 12Î), n° 7).
Il t'iiuiois pi.lsil- '( rester en place, ne pas bouger » ; niordvine peze- « rester
fixé » ; tchérémissc pi-{- << adhérer » ; lapon pisse- « tenir ferme (intrans.) » ;
hongrois fiigf/- « dépendre » (Budenz, p. 546, n" 575). — Voir g 64 U 2.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 385
H
L"h iniLlal étrusque correspond au v linnois ; voir § 74.
HAR
har-eut-u-s-e G. 4538) — .^ 319 = être dédaigneux d'aliments, verbe
composé de *har aliments et de eutuse être en goût (voir ce
mot).
li l'^innois vero « don, tribut, nourritui-e -> (Setalii, FUF, XIII, p. 470). — Voir
§ G2 E 1.
HA0
hat-e-c Krnll.IV, '». 10; ^ variante graphique de ha6-e-c.
ha6-e-c (Krall, IX, 4, 12, 20) — ^ 370 = verbe haô-e recommander,
denunider, au^menié de l'enclitique coordinatrice -c (§ 154).
ha9-r-6i Krall, II, 7; V, 5, 12i — §.^ 351, 358= demande, recom-
mandation, substantif formé avec le sulïlxe nominal -6i (§ 122). Le
radical verbal ha6-r- dérive du thème ha6- à l'aide du suOixe -r
(§<S5).
Le nom propre Ha6-l-i ^F. I, 387 Ha9-l-i-al-s, § 227) se rattache à la
même racine.
Il l-lnnois vdli- « réclamer » ; liongrois vacr « aspiration, convoitise « (Budenz,
p. 51o6, n« 384).
HE
he-ce ^C. 3754) — § 216 = dans le fait d'aller; la désinence est le
suflixe casuel -ce i§ 129, 2).
he-n iC. 4538) — § 311 ^=conlina, consécutif; la désinence -n est
le suffixe de dérivation nominale (§ 113).
he-t-u-m (Krall;, XII, 5, G) — § 382 = mené {jusqu'au bout), continu,
adjectif verbal en -m (§ 111 ), dérivé d'un radical *he-t-, qui lui-
même dérive de he à l'aide du suffixe de dérivatiuu verbale -t
he-8-u (C. 4945, 5008) = passer le chemin, continuer, verbe
formé avec le suilixe -0 i§ 87;. He-6-u est une variante grapjiique
dehe-t-u (cf. § OS).
Il Finnois ve-L-à- « tirer, conduire, faire aller »; mordvinc và-l-e; vogoule vll-l-]
tchérémiase vl-d-; hongrois vii-z-uL (Budenz, p. 399, n" 614).
25
;J8G ULATRIÈME PARTIR
HEC
hec-i-a Krall, VII, 11) — ,^ liT'.l = >Hi'e fort, rlm ferme^ verbe formé
;i r.iide du sullixe de dérivation -i (§ 81), — On relronve le verbe
hec-i- dans le composé trut-vec-i-e (voir ce mot), où Ih, n"élant
plus initial, est remplacé par un v (§ 7i).
hec-z-ri (C. ■4116) — § ''Mo ^= pour <r^êire> sululc Le sndixe -ri
est le suffixe casuel marcjuant la destination (§ 129, 7). Dans
Tadjectif hec-z solide, le z est probablement uni» fornie adoucie
du suffixe de dérivation nominale -t î^ 120) ; cf. flen-z-na.
Il Finnois vàki « force, solidité ».
HEX
hex-S-e (Krall, IV, 1), li; IX, — i; ;ni = hkn dispos, adjectif
formé avec le suflixe nominal -6 i^^.^ 120). Il dérive d'un radical
verbal hex-s-, formé lui-même à l'aide du suffixe verbal -s (^î^' 80 .
Il Hongrois vig « bien disposé, gai » vig-^s- « être en bonne santé » (Budenz,
p. ^80, n" 61o).
HEL
hel-u ^C. 4538) — § :M8 = s'échapper.
Il Finnois valu- « couler, s'écouler, se répandre ». Cf. § 62 E 1.
HEM
hem-sin-ce Krall, V, 2) — § M9 = apaisé d'agitation. La désinence
est le suffixe casuel -ce (§ 129, 2). Hem-sin est composé de hem
agitation et de sin (voir si).
Il Finnois vem-pa- « secouor, agiter ».
HER
her-m-e-ri iGa. 799! — i; ±:]\ = pour résislrr. Lu désinence ri es! le
suffixe casuel mai-(iiiaiil la destinalion (>< 129, n" 7;. Le radical
verbal her-m est formé à l'aiile du sulfixe de dérivation -m (.5; 83).
her-m-u 'Oa. 799) — i< 218 = résister, avoir de la force, lutter.
Il Vogoule ver-m- « pouvoir, résister »; zyrénien ver-mî- ; iiongrois Ijir-
« être fort » ;Budenz, p. 4o6, n^ 486).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 387
HES
hes-n-i (Maglianoi — § 302 = disparmtre, périr^ verbe dérivé du
thème *hes à Vaide du suffixe verbal -n (§ 84).
Il Hongrois viis- « périr » ; finnois viis-ii « être à bout, défaillir » ; lapon ve.h
« faible, débile »; vogoule vos- « mourir »; zyrénien vos- « mourir »; ostiak vus-
« mourir » (Budenz, p. 575, n° 609).
HET
het-r-n (Krall, XII, 5, G) — §§ 345, 363 = fautif, substantif ou
adjectif formé à l'aide du suffixe nominal -n (§ 113) et dérivé du
radical verbal het-r-, lequel dérive lui-même du thème *het à
l'aide du sulfixe -r (§ 85).
Il Finnois vato- « faire quelque chose de travers » ; hongrois vélii- « manquer
(à quelque chose', commettre une erreur », vétdk « erreur, faute, délit »
(Budenz, p. o78, n" 612).
HEV
hev-n (Magliano) — § 299 = tremblement ; la désinence est le suf-
fixe nominal -n (§ 113).
Il Finnois vapa- « trembler »: vap-ise- « trembler »; vap-e-ra « vacillant ».
Pour l'équivalence du p et du v, voir § 73. Pour la voyelle, cf. § 62 E 1.
HI
hi-a (Krall, VII, 2, 3, 4, 5, 0) — §§ 37i, 375 = être fort. Le mol se
retrouve dans les composés fa-vi-ti-c et 6ei-vi-ti, où le v ougro-
finnois, n'étant pas initial, ne s'est pas changé en h (voir § 74).
Il Finnois voi- « être fort, pouvoir »; hongrois vl-, vîv- « combattre » (Budenz,
p. 589, n» 622).
HIL
hil-a-r (C. 3432 ; Krall, XIl, 13) — § 386 = disjoint, fissuré; la dési-
nence est le suffixe nominal -r (§ 116) ; Fa n'est pas organique.
hil-a-r-eun-a (Krall, XII, 5, 6, 8) — §§ 379, 380, 382 = être réduit
d'interstices, de fissures, verbe composé du radical verbal *hil-a-r-
avoir des fissures et de 9un-a être réduit, être nul (voir Sun).
hil-a-r-eun-e Krall, XII, 3)— ^378= variante du verbe précédent.
Il Finnois vàli « interTalle », vCd-ju « disjoint » (Budenz, p. 454, n" 485). Pour
la voyelle, voir § 63 I 1.
388 QUATIUKMI': PAHTIE
HIN
hin-6-a i^C. 'i.')38) — S;! lUi = voir^ verljc formé avec le suffixe -t, -9
(!^ 87), comme ten-6-a.
hin-6-i-a (F. 21i7i — S^ 213 = regarder, verbe dérivé du précédent
à l'aide du fréqiicnlatif-i (i^ 81).
hin-0-ial (F. "il-ii, 2I(r2, 2M:\) — ^"-l'i'i = s})cclre, oniJjre. Le mol
paraît vivo composé de hin6- " voir » et de ial nouveau (voir ce
mot); c'est proprement ce f/ui esl nouveau de ij'tsion, ceal-k-dïre
ce qui revient à lu vue, ce qui repuraU.
hin-0-i-u (C. 4116) — § l'Ci = êlre vu, apparaître, verbe formé de
la même manière que hin0-i-a, mais avec une désineuce vocalique
différente, qui indique sans doute une diflerence de sens.
hin-6-6iii (Krall, X, 11) : lecture incertaine ; le second 8 est dou-
teux.
hin-e-u (Krall, X, 15; XI, 10; XII, 7) — § 38-2 = voir; cf. hin-e-a.
Il l'"innois vaiiio, vainu « perception, sensation » et plus spécialement » flair
des chiens » (Budenz, p. 450, n» 47'J).
HIV
hiv-u-s (Capoue, 1. 1(5, 17j — ,^ '(20 = fainvaul, adjectif formé à
l'aide du sullixe nominal -s i§ 117), avec un u intercalaire.
Il Finnois vcdpu- « n'en pouvoir plus, rtre à bout ».
HUP
hup-n-i-na (C. ;{12) — !:; 21 i =^ lieu de repos, sépulture, substantif
formé à l'aide du suffixe nominal -na (§ lli). U dérive d'un
radical verbal *hup-n-, dérivé lui-même du thème *hup à l'aide
dn suffixe verbal -n [^ 84). L'i n'est pas organique. Cf. ac-n-i-na.
hup-n-i-ne-B-i [Mitt. rUni. Aht., 1010, p. 310) — § 124 = étant dans
le lieu de repos, étant enseveli, verbe dérivé du substantif précé-
dent à l'aide du suffixe -6 (§ 87). La désinence est le sullixe parti-
cipial -i (1^ 103).
Il Finnois vlpu- « demeurer, rester, tarder » (Budenz, p. 588, no G21). Pour la
voyelle, voir § 64 U 3.
DICTIONNAIRE ÉTY3I0L0GIQUE 389
HUR
hur-si (Krall, VIII. 0) — §334 = à <50?i> ioui'; la désinence est le
siifïixe casuel -si, marquant le but, le point d'arrivée (§ 129, 9).
hur-si-c (Krall, XII, 7) — § 381 = même mot, augmenté de l'encli-
tique de coordination -c (i^ loi).
Il Finnois vieri- « se tourner, se rouler » (Budenz. p. 834, n" 931). Pour la
voyelle, voir § 64 U 3.
HUS
hus-iur (C. 375i) — ^ 216 ^ faihle de hru'd, composé de *hus- faire
du bruit et de Tadjectif iur fni/Ac voir ce mot).
Il Finnois vo/i-i-st- « géaiir, soupirer, murmurer ».
HU0
hut (C. 4538) — § 315 = variante de huG.
hue (F. 2552; C. 48) — §.§ 139, 247 = cinq.
huB-i-s Krall, YIll, 3 ; XI, 15 — §§ 147, 327 = cinquième ; huG-i-s
est pour hu6-s ; la désinence est probablement le sufïixe
nominal -s (§ 117), servant ici à former un nombre ordinal
(§ 147].
huG-s (F. I, 437) — § 209 = génitif de huG.
Il Finnois iv7e (nom. vîsi} » cinq » ; mordvine veto, vi'Ue; tchérémisse vit, vlz;
lapon vif, vila ; zyrénien vit ; ostiak !;e^, vet ; vogoule ut ; hongrois ôt (Budenz,
p. 862, n» 9o7i. Pour la voyelle, voir § 64 U 3.
HUV
huv-i-Q-u-n (Magliano) — § 307 = par l'acte de graisser. La dési-
nence est le suffixe instrumental j§ 129, 5). Huv-i-G-u dérive de
*huv beurre, r/raisse. *Huv donne naissance au radical verbal
*huv-e- ou huv-i-G- à l'aide du sulfixe -G (§ 87).
Il Finnois voi « beurre »; hongrois voij ; mordvine vaj ; lapon vuoj ; vogoule
voj (Budenz, p. 337, n" 383). Des thèmes comme 'îniv et voi peuvent rtre rappro-
chés, d'abord à cause de réquivalcncc de 17i étrusque et du v finnois (S 74),
ensuite à cause de l'é(|uivaIoncc que présentenl ((uelqucrnis, dans les langues
ougro-finnoises, le v et le j non initiaux. Exemples : vogoule ImJ-t- « mouvoir »
et ostiak '/pv-îj « ondulation « ; hongrois hûv-us « froid » et votiak sij-al- « avoir
froid » ; ostiak tov-î « printemps » et vogoule toja « id. »: finnois hivus « che-
veu » et hongrois /(a/ « id. ».
390 QUATRIÈME PAKTIE
i-a l'Capoiie, 1. 12) — 5;.^ 408, 409 = ne pas être, varianle graphiiiue
de rauxiliaire négalifi (î;§ 21-24).
i-n ^F. 227Î); C. ioiiS ; Magliano ; Krall, III, 16, 18; IV, 8, 15, 19;
VI, 8 ; VU, 19 ; IX, 1, 9 ; XI, 16) — §;< 240, 301, 310, 'ilO = par le
fait qu'il nij a pas, auxiliaire négatif i (§§ 27, 28), avec le sulïixe
inslruiiuMilal -n (^ 129, n° 5).
i-nc ;Krall, IV, 3; V, 2) — § 3-48 = i-n, augmenté de renclitiquo de
coordination -c (<^ 154).
i-n-pa {Nolizie, 1895, p. 339) — !:;;?; 294, 296 = i-n, augmenté de la
particule enclitique -pa (cf. i-pai.
i-n-pei-n {Monin». auticht, 1895, p. 341, n° 2i — § 23 ^ i-n, aug-
menté d(^ la particule pei (cf. i-pei), avec le suffixe instrumental
-n (§ 129, n° 5), qui a été ajouté à la particule en même temps
qu'au verbe.
i-pa (C. 411(), 4538 ; Krall, X, 5, 9, 14) — §.§ 21, 24, 245, 254, 311, 320
= nest pas ; auxiliaire i avec la ])arliculc alTirmative pa.
i-pe (Krall, X, 9) — § 21 = variante de i pa.
i-pei i^Krall, X, 7) — § 21 ^= varianle de ipe (cf. i-n-pei-n).
Il Finnois ei, ei-pci, « lie pas être »; lapon i; luordvine a. Sur l'auxi-
liaire négatif dans les langues ourulo-altaïques, voir Winckier, Dos l:r.
p. 168 et suiv. ; Boiter, SHzmif/sber. (Wien), XIII, p. .■;i;;, .^{O ; XIV. p. 300 : XV,
p. 293; Kellgrén, Gruiu/ziii/e cler fùini.sc/ien Sprac/ie, p. 93; Szinnyei, Finnisch-
iKjrische Sprucliir., p. 13(i.
lAL
ial dans les composés hin6-ial, it-ial (voir ces mots)= nouveau,
récent.
ial-t-i dans le compose un-ial-t-i (voir ce mot) = ê/r<? nouveau,
vcn-he fdriiK' avec le sulïixe verhal -t (^. 87).
Il Vogoule Jàl-j), jiil-pel « nouveau » ; tchéréniisse jVvZ «jeune »; ostiak,/(7-?p
« nouveau, Irais » (Budenz, p. 144, n" 172'.
IC
ic-e (Capoue, 1. 4) — § 393 = se fendre.
ic-ei (Capoue, I. 14) — § 413 = grand di- fmte, adjectif composé de
ie- el de ei grand (voir ce mot).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 391
ic-u-n dans le composé 6ap-ic-u-n (voir ce mot) = division, subs-
tantif dérivé d'un verbe *ic-u et formé avec le suffixe nominal -n
(§ 113).
Il Finnois yrtÂ--rt- « partager, diviser «(Donner, I, p. 97, n" 3o4)
IX
iX (G. 4338; Krall, Vil, 22; X, 10; XI, 3, 13, 17 ; XII, 2, 9) — §§ 324,
377, 383 = juste, droit, précis, précisément , bien. Le mot s'em-
ploie comme particule affirmative pour renforcer le sens du mot
qui suit. Cf. ai^-
Il Finnois oike-a « droit. Juste » ; hongrois irj-rz « id » (Budenz, p. 810,
n» 887).
IX
i^-u (Magliano) — § 302 = gémir, se plaindre.
Il Finnois jah-ka-, ili-ka- « pousser des vagissements, gémir, sangloter, se
plaindre ».
IL
il-a-)(-e (Magliano) — § 307 := rester après, subsister, verbe formé
avec le suffixe -^ (§ 80).
Il Finnois jàl-keen « après » ; jal-ki « trace » ; jâl-keinen « postérité » ; jal-
essii « après »; Jnl-empi « postérieur ».
IL
il-u-c-u (Capoue, l. 8, 14, 18) — §§ 400, 414, 421 =^ être mauvais,
verbe formé avec le suffixe -c (§ 80),
il-u-c-ve (Capoue, 1. 8, 18) — §§ 399, 421 ^= mauvais, adjectif
dérivé du radical verbal précédent et formé avec le suffixe no-
minal -va, -ve (1:^ 123).
Il Finnois il-ke-ii « laid, méchant, mauvais ».
IM
im-s [Notizie, 1893, p. 339) — § 293 = de la femme, génitif (§ 129,
n° 8) du substantif im femme.
Il Finnois ema « mère » ; hongrois eme « femelle » ; ostiak ima, imi « femme »;
zyrénien en' « femme w;
392 QUATKIÈME PARTIE
INT
int-e (C. io;}8i — § 31G ^= admonnslrr, rr prima nder.
Il Hongrois inla- « admonester, avertir » iîudonz, p. 810, n" 900).
IN
in-t-as dans le composi? 6ap-intas i voir co mol) = inise en mouve-
ment, impulsion, aclion, procrs, sabslanlif en -as (§ 99) dérivé
d'un radical verbal in-t-, Uuiuel dérive lui-même d'un thème *in
à l'aide du suffixe -t (§ 87).
in-t-ai-s, dans le composé Gap intais (voir ce mol) = génitif du
participe in-t-ai metleur en mouvement ; la désinence -ai est une
variante graphique du suffixe participial -i (§ 103).
in-9-va-l-e, dans le composé aprinSvale (voir ce mot), se rattache
peut-être à la môme racine. Mais la formation du mot est obs-
cure. Le sens paraît être dériver.
Il Hongrois in-f/y.- « (Mrc agitr, en itiouvemont » ; in-dOl- « se ujcttre en mou-
vement »; in-dil- « mettre en mouvement » (Budenz, p. 81S, n" 898).
IR
ir-e (Capoue, 1. 11) — § 408^ régler, agencer, arranger, disposer.
ir-es(Capoue, 1. 8) — §400 = ri-glé, agencé, participe passé passif
en -es (§ 101) du verbe précédent.
ir-a-s-e (Capoue, 1. 8, 13) — .!^.!^ 399, 411 := èlre réglé, agencé, ar-
rangé, disposé, verbe formé avec le suffixe de dérivation -s (>; 80),
(;omme 6entma-s-e, e9r-2-e, ar-a-s-a, ac-a-s-a.
Il Finnois yà'?'-/iî « ordre, régularitr, série », jnr-jeslii- « mettre en ordre »
(Budenz, p. 794, n" 86(1).
IS
is dans le composé mar-is f//r/»(Z de mesure (voir ce mol). Is est
une variante grai)hique de ais, eis (voir ces mots).
IS
is-ai Capoue, ]. 10) — § ilS =z chauffer [rendre chaud). La dési-
DICTIONNAIRE ÉTY.AIOLOGIQUE 393
nence -ai équivaut soil à un a, soit à un e ; cf. zuslev-ai, teham-
ai, ri6n-ai.
is-u 'Capoue. 1. 11) — § 407 = chauffer [être chaud.
is-u-m (Capoiie. 1. 13) — § 412 = chaleur, substantif formé avec le
suffixe nominal -m (§ 111), comme vin-u-m, trinu-m.
is-u-n-i (Capoue, I. -4) — § 393 = qui pst chauffé, incandescenl, par-
ticipe en -i ("§ 103) du verbe is-u-n-, lequel dérive du thème is- à
l'aide du sudixe verbal -n (§ 84\
is-vei :Cai)oiie, 1. 8, 18j — §.^ 390, 'rli = manqur de chaleur, subs-
tantif composé de is-el de vei manque (voir ce mot'i.
i; Hongrois izzô « incandescent » ; vogoule is-i-m « cliaud », is-i-l- « devenir
chaud », is-l-l- « rendre chaud >•; niordvine e\e- « s"échauller », e^-de « échauf-
fer .. (Budenz. p. 829, n" OIo).
IT
it-ial-x (Capoue, 1. 10) — § 405 = et nouveau d'addition. La dési-
nence est le suffixe de coordination c. écrit x éf. F. III, 388) ; on
a de même les variantes sec et sex fiHc-- It-ial est composé du
verbe it- ajouter, et de l'adjectif ial nouveau (voir ce motl.
it-iia-ne (Capoue, I. 4) — § 414 = en même temps que le fait
de continuer. La désinence est le suffixe comitatif -ne '§ 129, 4).
Le verbe it-iia- paraît formé avec le suffixe -i ;§ 81 , développé en
iia cf. cuc-ii-ei .
it-na 'Capoue, 1. 0) — § 397 = additionnel, addltlonnrllcment, encore.
La désinence est le suffixe nominal -na (§ 114.
it-u-n-a (F. 2400 '*) — §292 = ajouter, verbe formé avec le suffixe -n
(.^ 84). Cela pourrait être aussi un adjectif dérivé du verbe *it-u à
l'aide du suffixe -na (î; 114). Dans ce cas ituna ne serait (junne
variante graphique de itna.
Il Finnois yrt /-/,-«- « ajouter, continuer » -Jat-ka (exclamation) « va toujours! » ;
jal-ko « addition, complément ».
lU
iu-c-i-e (F. 2400 -', — .5; 292 = boire, verbe dérivé de lu à l'aide de
deux suffixes, le suffixe -c (§ 80) et le suffixe -i îj 81 .
Il Finnois juo- « boire » ; votiak y»o- ; tchérémisse jil-; zyrénien y«- ; lapon
>-/,7.-e-: hongrois /r- (Budenz, p. S2(i, n» 011; Donner, I. p. lOS. n" 388).
394 QUATRIÈME PARTIE
lUM
ium(Capoue, 1. 12) — i; i08 = hon, ùicii.
Il Vogoule yo?»-«.9 « bon, favorable »; ostiak /cwi » id »; hongrois y»; « id. » ;
iinnoïs Jiiin-al-a » dieu >>; tchérCnmsse jumo « dieu » 'Budenz, p. 14G, n° 113).
lUR
iur dans le composé hus-iur (voir ce mot) = faible, paresseux.
Il Finnois yo>'-?'i « paresseux, lourdaud, nonchalant » ; j'oro' « rtre paresseux,
inerte » (Donner, I, p. 105, n" 376).
IUR
iur-as, dans les composés evit-iuras et snenat-iuras (voir ces
mots) = rondelle, coupelle, boule, substantif formé avec le suffixe
-as (§ 99).
Il Finnois j/iras « rouleau pour écraser les mottes »; lapon yorj'e- « entourer,
être arrondi, tourner en rond »; tchérémisse jer « cercle », j'or-e « rouler » ;
votiak yor-5 « enceinte » (Hudenz, p. 140, n» 168; Donner, I, p. lOI, n» 312).
LAC
lac-9 (Magllano) — içi^ 299, 301 •= à partir de la défaillance. Le 9
linal est le suffixe casuel qui marque le point de départ (§ 129, H).
Il Finnois lak-at- « décroître, dépérir, cesser »; lak-a-slu- « dépérir» (Don-
ner, m, p. ni, n» 1060).
LAEI
lae-i (C. 48) — §2i7 = être loin, s éloigner.
Il Finnois làj-a « étendu, large, ample, éloigné » (Donner, III, p. 184, n" 1069).
LAR
lar-e-zul (G. 4538) — § 308 = digne de connaissance, méritant d'être
connu, mot composé de lar-e être connu et de zul digne (voir ce
mol).
Les prénoms Lar-is, Lar-6, loiiiiés l'un avec le diminutif -is
(§ 108), l'autre avec le sullixe -9 (i; 120), se rattachent à la même
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 395
racine. Ils signifient quelque chose comme le noble, le fameux^
rUlustre.
lar-u-ns (Capoue, 1. 18) — § 421 = qui fait connaître, sorte de par-
ticipe formé avec le suffixe -ns § llo), comme fuflu-ns, neôuns.
Il Ostiak ler-t <> connu » ; ler-amf- << faire connaître»; lir-amt «publier»,
l'ir-la « clairement » (Budenz, p. 249, n» 251).
LAS
las-i-e (Capoue, 1. 4) — § 393 =i''tre réduit en poudre, verbe formé
avec le suffixe de dérivation -i (§ 81) ; cf. iuc-i-e, as-i-e, ver-
s-i-e, trutvec-i-e.
las-i-eis (Capoue, 1. 5) — § 391 = grand de ténuité, très ténu, mot
composé du verbe las-i- et de l'adjectif eis r/rand (voir ce
mot); cf. fas-eis.
Il Finnois lèse- « moudre »; tchérémisse lo^-a-s « farine »; hongrois lis-l
« farine » (Budenz, p. 102, n° 761). Pour la s'oyelle, voir § 61 A 2.
LAUT
laut-n (C. 809, 2480, 4.3 49, 4624 1 — § 202 = fidèle, adjectif formé
avec le suffixe nominal -n (§ 113).
laut-n-i ^Fabrelti, Glossarium) — §§ 240, 245, 246 = affranchi, ser-
viteur, proprement qui a engagé sa foi {au patron). Terme très
fréquent dans l'épigraphie étrusque. On l'écrit de diverses façons :
laut-nei, lautuni, laut, lau, lavtni, latni. D'après deux inscrip-
tions étrusco-latines (C. 1288 et 3092, le mot paraît bien corres-
pondre au latin libertus. Dans laut-n-i, la désinence -i est pro-
bablement le suffixe participial ^§ 103 1; le suffixe -n qui précède
est un suffixe de dérivation verbale (§ 84).
laut-n-esc-1-e (C. 4116) — § 244 z= faire promesse de fidélité, verbe
composé du verbe lautn- et de escle proclamer ou promettre
(voir ce mot).
laut-ni-Ga (C. 808, 2392, 2947, 4742) ou laut-ni-ta ^C. 870, 3001,
4906 ; ISotizie, 189.j, p. 339) ou lutniOa (C. 4790i ou laut-na-ta
(C. 871) — § 297 -.= affranchie ou compagne d'affranchi. Le terme
s'applique toujours à des femmes. La formation du mot est obs-
cure. Peut-être est-ce un diminutif formé à l'aide d'un suffixe
-n6, ce qui expliquerait les changements de la voyelle après n»
'\\)(') (jL'ATHIK.Mi; l'AiniK
Il Finnois Imil-la- « se lier, ilmuicr sa lui, avoir confiance » . — Pour le suffixe
diminutif -n9, cf. finnois envi-nta « petite mère » [emn » mère »), isu-nln « petit
père » {isii «père»); voir Szinnyei, Flnn.-u(jr. Spvaclni'., p. 100. — Pour le
groupe au, voir § 65.
LX
l^-l ilans les composes ce-lj^-l-s, ce-a-l)(-l, cezp-a-Ix-a-l- muv-a-
1)^-1 voir ces mois = dlzann', pi'o|M'oinonl multiple, adjecLif
ilerivi' (le \-^ a l'aide du suilixe nominal -1 > lODi; cf. § lii.
l^-ne dans les eonipt)sés nuz-lj^-ne, zat-l^-ne voir ces mois) =
adjeelirix //'"//'/'/'', ;iiii;-menlé du suilixe casuel -ne :^ IriO, T» .
Il Finnois lufic- « compter, dénombrer » ; vogoule loii, lau » dix » ; tcliéré-
misse /// « dix » ; lapon de Suèile lokcu, lokc « dix » (Szinnyei, Finnisch.-iigv.
Spracfiw., p. 109).
LE
le ri0-n-ai fCapono, I. 9, lOi — §^ 102, lOo = passer vite d'en bas,
\erlie eoni|)osc do le eu bas ol do ri6-n-ai voir ce mol),
le-sc-a-n C. 'iSj — § :2i7 ^= par Ir fait deloiuber. La désinence est
le suilixe casuel -n '§ 129, 5). Le vcrho le-sc-a esl formé à l'aide
du suiïixc double -se (§ 95) ; cf. en-e-sc-i.
le-SC-e-m (Magliano) — § 'SO') = accidenli'l. adj(^etif verbal en -m
(i; 111), dérivé de le-sc-a.
le-t-e-m C. iH) — i^ 247 = descendu, mis en bas, adjectif forme avec
le suilixe participial -m (§ 111). Le radical le-t- esl formé avec le
suilixe verbal -t (^ 87).
Il Hongrois In « en bas » (lUidonz. p. OSG, n" 740).
LE
le-6-a Capone, 1. 12 — Jj 40<S = r//(^n///Vr, verbe formé avec le suf-
lixe -6 i!^87).
le-e-a-m fCapoue, 1. :î. 7. S. 12, 19) — §?; :}91, ;{98, :599, 109. 121 ^^
ardi'ul, inrandoscrni , adjcclir formé avec le snflixe ]iarlieipial -m
{% 111). Le9am esl toujours uni au sidislanlir sul : la locu-
tion siiiiiilie finir.
Les ii(un> pi'opn's Le9e. Le6i, LeGia. Leti. Leôanei, LeBari
DICTIONNAIKE ÉTYMOLOGIQUE 397
(Schulze, Lalcin. /'J'igrun., p. 177, 178) se raltaclienl probahle-
menl à la même racine.
Il Finnois lu-slii- « briller, llaniljcr »^ lii-lln- « brûler »; estlionien lè-k
« flambant » ; If^-d « cendre ».
LEC
lec-i-n (Krall, V, i ; IX, 1, 9) — ijî; 'MH, ;J70 := par le fait de suppri-
mer, verJje lec-i couper, supprimer, augmenté du suffixe inslru-
mcnlal -n (^ 129, n° o).
Il Hongrois lék » trou, tranche, entaille » ; lap. liikk- « ouvrir » ; ostiaJi lèk
« sentier ouvert à travers clianips » ; finnois leikka- « couper, trancher » (Bu-
denz, p. G91, n» 748 ; Donner, lll, p. 1G9, n» 103o).
LEI
lei (F. I, 398) — %±m = paisible.
lei-mi (F. 807) — § 2:23 = lecture incertaine.
lei-n-e (C. 57, OO, 73, 88) — § 185 z=èlre en paix, verbe formé avec
le suffixe -n (§ 8i).
lei-n-9 [F. 'i80, 1007) = repos, paix, substantif l'orme avec le suffixe
nominal -6 [^ 120). Le mot parait désigner la figure d'un génie
t'unèijre.
Il Finnois lai-ska «inerte, flasrpu-, indolent, paresseux»; hongrois hj-/ix
« paresseux, inerte, uoncliaianl » (Donner, lll. p. 187, u" 1071).
LT
li-n-e (C. U, 181, 191, 198j — ^ 185 = variante de leine.
LER
ler-zi-n-i-a (G. 4538) — § 310 = dire doucemenl ou l'-lre dil douce-
ment, verbe dérive de la racine *ler, à l'aide de li-ois siilbxes, le
suffixe -t (^ 87j devenu -z ri'. § 2i0 flen-z-na), le suffixe -n (^ 8i)
et le suffixe -i (^81).
Il Finnois lir-H-u'i « murmure » ; lir-il-cll- « parler doucement ». l*our la
Vdyrllc, viiii' .; (12 \: ■>.
;^98 OLATHIÈME PAUTIE
LIS
lis, dans los oomposrs a6-e-lis, san-u-lis voir ces mots) = «-ois-
sant, en progression.
Il Finnois lisii « addition », Usii- « augmenter ».
LU
lu-rs-6 Miii^lianoi — ^ 307 ^= .f^/VZ/c d'os (bosse de l'épaule), mot
roinposé de lu os el de rs-6 nœud, bosse., saillie (voir ce mott.
Il Finnois ht <c os « : oslialv lu ; tclicrémisse, vogoule lu ; zyrénien-votiak lî
(Budcnz, p. "05, n» 76G).
LU
lu-U [IVolizir, IS'.».'), p. 339i — § ^97 ;=: Pire boiteux, être cadue.
Il Finnois lie-lxkn- « branler, vaciller ». lie-lai-hla- « branler subitement, tré-
burher » : lapon li-kko « boiter » (Donner, III, p. 192, n" 107.3). Pour la voyelle
thématique voir § 64 U 3.
LUC
luc-air-ce (Ga. 799) — § 253 =à Véiat de puissant de mouvement.
Abslraclion faite du suffixe casuel -ce (§ 129, n» 2), il reste lue-
air, composé de lue- se mouvoir et de air puissant, fort (voir ce
mot).
Il Finnois likhi- « être mis on mouvement » (Donner, III, p. 192, n" 1073'. Pour
la voyelle, voir § 64 U 3.
LUP
lup-u (K. 2070, 2071, 2077, 2100, 2136, 2335 ", 2339; F. I, 387, 388 ;
C. K'uS, 2093 — ijii 180, 181, 182,220, 222,227, 229, 230= mourir.
lup-u-ee V. 2033 '"' '>■•, 2058, 2059; C. 142, 115) = dans l'acte de
iiiouri)', vcrhclupu, augmenté du suffi.\e casuel -ee (§ 129, n° 2).
lup-u-m (F. 2310) — § 15 = mon nmurir, ma mort ; la désinence -m
paraît être le suffixe possessif de la 1"' personne §§ 13 et suiv.).
Il Finnois loppn « fin, terme extrême », lop-i4-ksi « à la fin » ; lop-e-lla- « ter-
miner » : lopp II- « se terminer, mourir » ; lop-u-llinen » extrême ».
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 399
MA
ma îC. 4538 ; Capoiie, 1. 11) — § 310, 't07 = malnleiumt.
Il Hongrois mx » aujourd'hui » (Budenz, p. o96, n" 628).
MAC
mac-r-a i Krall, VIII, 7; — § 333 = s'élever en pente, verbe formé à
Faide du suffixe de dérivation -r (§ 85).
Il Finnois maki [make) a colline » (Budenz, p. 610, n" 649). Cf. § 61 A 2.
MAX
max F. 2552) = trois ; cf. § liO.
max-s (F. 2070; F. I, 388 — §§ 220, 229 = génitif de max-
Il Hongrois inég « encore », mog « ce qui vient après » (Budenz, p. 608, n° 646 ;
cf. p. 633, no 680.
MAL
mal-e (Krall, VII, 3, 4, 5) — § 374 = faire attention.
mal-str-ia (F. 2582) — § 269 = probablement nom propre. Pour le
suffixe triple -str (§ 98), voir spur-e-str-es. La désinence est peut-
être le sufïixe participial -i (§ 103 1, développé en -ia. Cf. cuc-ii-ei,
cur-ie-a-s.
Il Finnois mal-ll-a- » considérer, observer, faire attention ».
MAN
man (C. 3320 ; Magliano ; Capoue, 1. 19 1 — §§ 211, 300, 305, 424 =
petit.
man-im F. 2055) — § 232 = petit enfant ; la désinence (i)m est un
suffixe diminutif (§ 112).
man-im-eri (F. 2050) — § 233 = être sevré d'enfants, verbe composé
de manim enfant et de eri être séparé, sevré (voir eri).
man-in-ce >G. 53) — § 280 = à l'état de pourvu de petits ; la dési-
nence -ce est le suffixe casuel (§ 129, 2) ; man-in (ou man-n) est
'(OU OLATIIIÈMI: l'AHTlE
un dérivé l'ornié à l'aide du sullixe de possession -n (§ 113, 2) ;
cl", anc-n, cla-n.
Il Vogoulc vuui.' (I petit, jeune »; lapon mdna, man-na « petit enfant »; ustiak
7)wna, man'a, mofi'i, mone « jeune frère, neveu » (Budenz, p. 817, n^ 89G).
MAR
mar-n-i .Magliano] — ^ 3U1 = demeurer^ verbe l'oriné à Taide du
sullixe de dérivation -n 'J^ 8i).
Il Hongrois mxr-oid- « séjourner » (lîudcnz, p. G02, n° G40).
MAR
mar-cal Magliano) — g 304 = convenable de, mesure, composé de
mar nu'sare et de cal convenable (voir ce mot).
mar-is (F. '(80, 2()9i, "2111) = fp-and de mesure, composé de mar et
de is (jrand (voir ce mot).
mar-is-1 (F. 807; Maj4,liano) — i^!^ 223, 302 ^= t/randement de mesure,
beaucduj), adverl»' l'ormé avec le sufïixe casuel-1 (^ 129, 1 ; § 15(1, 2).
mar-n-i-u (C. H, .'j0!)3) =verbe dérivé de mar à Faide du sunixe -n
sj 8i) et du sullixe -i (i^ 81). Le sens est incertain.
mar-u (Torp, Leninus, p. il) — Ji 236 := mesurer, borner, tualler.
mar-u-nu)( F. 2070, 233.";)) — |5 2l!) = (pu passe mesure, hors île pa'ir,
composé tle mar- mesurer cl de nu^^ au-dessus, dépassant, saillant
(voir ce mot).
mar-u-nu^-va (F. 205(5, 20.57) — §!:< 233, 235 = extraordinaire de
mesure, dérivé de marunux ^i l'aide du sullixe nominal -va (§ 123).
mar-zac ((Papoue, 1.7) — ^ 398 = complet de mesure, composé
de mar et de zac (voir ce mot).
mar-zai-n (Capoue, 1. 10) — § iOi = étaitl jildn de mesure, composé
de mar et de zai/>/c'i/i (voir ce mot). La désinence est le sulfixe
casuel -n ^t< 129, (\).
Il Hongrois 7«ér « mesure » ; vogoule inxv-l-, mor-l- » mesurer »; ostiak i/ior-t
« mesure », niar-dad- « mesurer » ; mur-lal- » mesurer »; votiak mer-tat
(Budenz, p. 717, n" 6:J7). Pour la voj'ellc, voir § Gl A 2.
MAS
mas-n Krall, XII, lOj — § 384 = au loin et par suite au-delà, ulté-
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 401
rieurement ; la désinence -n ^§ 1^9, 5) donne à ladjeclif *mas une
valeur adverbiale i^ 150, 2).
mas-u (C. 4ol>8j — §§ 314, 315 = s'éloigner, se détourner.
Il Hongrois mussLl « loin »; lapon »i«c« « lointain » (Budenz, p. 620, n" 6o9).
Hour la voyelle, voir § 61 A 2.
MAT
mat-a-m (Krall, YII, 22; XI, 5 ; XII, 9) — 5; 383 = départ ou parti,
substantif ou adjectif verbal, formé à l'aide du suffixe -m (>^ 111).
mat-a-n Krall, XII, 13) — § 386 =: par l'acte de partir; la désinence
est le suffixe instrumental -n § 129, 5).
mat-u (F. 2056) — § 233 = faire partir, faire mourir.
Il Finnois mal-ka « départ, voyage » ; mal-ka- « partir, voyager » (Budenz,
p. 632, n" 6~9).
ME
me-a-n-i, ou mei-a-n-i (F. 2339) — § 238 = qui flatte, adulateur,
participe en -i (i^ 103) du verbe me-a-n-, lequel est formé avec le
sullixe de dérivation -n § 8i). En raison de la permutation fré-
quente de l'e et de Ti, me-a-n-i pourrait être rapporté à la même
origine que mi-m-e-n-i (voir ce mot).
Il Finnois mai-r-e « doux », mai-sla- « goûter », mai-st-o « goût ».
MEL
mele-c-rav-i-cce s (Ga. 799) — § 255 bis = du fait d'être énergique
de rames, génitif du verbe mele-c-rav-i-cce, composé de mele-c
rame et de rav-i-cc-e être énergique (voir ce mot). Le substantif
mele-c est formé avec le sutïixe nominal -c (§ 100).
Il Finnois mêla- " ramer, l'aire aller un bateau ».
MEN
men-a C. 4538) — § 319 := s'en aller, passer, marcher.
me']-ax-e (C. 446) — § 277 = marcher, verbe dérivé à l'aide du suf-
fixe -X (§ 80).
men-as (Krall, VIII, 5) — § 330= inarche, passage, passe, substantif
formé avec le sullixe nominal -as (§ 99).
26
402 OUATHIKMK PAHTIE
men-e (Ki-all. Il, '.» ; Maglianoj — >; 301 = variante g-i'aplii(|ue dg
men-a. INmi- ré(iuivaleiico a = e, voir .^ l')o.
men-i-tla fMagliano] — ^1102 = rire maladroil de viarchc, verbe com-
posé de men- el de tla '■/?■/■ nKtUnInnl .
Il Finnois men-e <> aller »; lioiiyruis inaii-, in("m- « s'en aller, partir »; vogoule
7nin-; ostiak 77ien-, inan-\ uiordvine miui-e; votiak mhi- (Biulen/, p. Gll, n^Col).
MER
mer (C. 4538) — §316= a/jsolamcnl , adjectif employé adverbiale-
ment (§ 15G, 1) et faisant l'olllce d'une pai'ticule superlative.
Il Hongrois miirJi » rigitic. raidc. coniitk'l » (_Bu(lcnz. p. G19, n" ri.'iS .
MEST
mest-1-es [C. 18) — § 247 =: en/anf, nourrisson, proprement j)0)ié
au sehi, i)articipe passé en -es (,§ 101) d'un verbe mest-1-, dérivé
de *mest srin à l'aide du sulTixe verbal -1 (§ 8:2).
Il Mordvine iniLstu « poitrine de reminc » (Budenz, p. G09, n" Giy).
ME0
me6-l-m (F. 2339) — i; 239 = srparr, isoli', seul, adjectif formé avec
le siilli\(; nominal -m (^ 111). Dans le radical me9-l-, il y a
un suilixe de dérivation verbale, le sufïixe fréquentatif -1 (§ 82).
me6-l-u-m-e-ri (Krall,V, J8i —verbe me61-u-m-e isoler, augmenté
du suilixe casuel -ri (§ 129, 7) mar(|uaiit la tinalité.
mee-1-u-m-e-ri-c (Krall, II, 8; lil, 23: IV, G, 19; V, (1; l\, 0, 13,
-1) — §§ «^^^-) '^"^^ = ''l pour isolrr; c'est le mot précédent, aug-
menté de r(;ncliti([ue de coordination -c (i; 15i).
mee-1-u-m-es-c fKrall,V, 23) — i^ ;jt;8 = c/ isoli' ; la désinence c
(ist reuclili(|ue do coordination . La désinence -es est le suilixe
participial, avec le sens du parlici[)e passé passif (i^ 101).
me6-l-u-m-i (Ga. 799) = (jni isole ou bien qui s'isole, participe en
-i (î^ 103) du verbe meOIume.
mtO-l-u-m-G (Krall, XII, A] — i; 379 =^ une seule chose, chose isolée,
substantif dérivé de meOIum à l'aide du suilixe nominal -6
(§ i20).
Il Hongrois mut- " couper, séparer » ; mais- « amputer », mnL-el- " couper »
(Budenz, p. 621, n" G60).
DICTIONNAIUE É TYMOLOGIOLE 403
MEV
mev-a-9-a (C. 48) — § 247 ^ faire du tapage^ verbe dérivé d'un
lliùmc *mev à l'aide du sullixe de dérivation -9 (§ 87).
Il Finnois meu-ha- « l'aire du tumulte ».
MI
mi (F. 807 ; F. I, lOG ; III, ;W1 ; Ga. Gi3, 771 ; C. 5, 15, 7(5, 103, 193,
312, 3003, etc.) — §^ 30 et suiv., 191, 192, 196, 214, 213, 217, 223,
256, 260, 263, 275, 282, 283, 284, 287 =j>, moi (voir § 132).
mi-ne (F. I, 234) — 5; 286 = même sens que mi. La désinence -ne
est une enclitique alfirmative.
mi-ni F. 2614 ; F. III, 391 ) — §§285, 286 = comme mi-ne. La dési-
nence -ni est, comme -ne, une enclitique affirmative.
Il Finnois mi-ni'i, }>ii->tu (■ je, moi » ; me, mei « nous » ; tchéréniisse me-n\ min\
mijii <i je, moi »; me « nous »; mordviue mo-n « moi >> ; lapon mo-n, mu-n\
« moi » ; zyrénien me « moi » ; 7ni « nous » ; ostialv ma « moi » ; vogoule cim, am
Il moi » ; ma-ii « nous »; liongrois en « moi »; 7)7i, mi, mil v nous » (Budenz,
p. 62.J, n" 663).
MIC
mic-s iC. 4538] — ,§ 322 = dou.r ; la désinence est le sullixe nominal
-s (§117).
Il Finnois muka « proche », mukainen » ([\\i suit de prés, qui s'adapte, qui se
prête « ; muka-va « apte, liabilc, mou » (Budenz, p. .j98, n°C31). Pour la voyelle,
voir § G3 I 4.
MIM
mime-n-i (Magliano) — § 304 = ce qui sert d'appnt, ce i/ui sert de
nourriture, participe en -i (§ 103) du verbe mim-n-, lequel est
formé à l'aide du sullixe de dérivation -n (§ 84).
Il Finnois maima « appât, amorce, nourriture ». Seliila. FUF. XIII. p. 408 .
MLA
mla-x Krall, îlf, 19; IV, 15; V, 11, 20, 22; VIII, 12; IX, 7, 19;
404 QlATlilKME l'AKTlE
Magliano) — §§ 3().'{, liOG, 33Î), 'MV.'), 3(57, 371 = digne, mévUant, con-
veiid/jle, //on; la désinence csl le suHixe nominal -3^ (§ 100).
Il Hongrois mél-tô « digne » (Ikidenz, p. Gll, n"6o0).
MLA
mla-6-ce (Mai^liano) — i:; 301 ^= à rouverlurc. La désinence est le
snlTixe casucl -ce (§ li29, ^j. Dans mla-6, le 9 tlnal esl un sullixe
de dérivalion nominale (§ 1:20).
Il Finnois mal-o « foute, ouverture ».
MU
mu-t-i-n [Nulizic, 1895, p. 339) — § 29() = qurlqut' ; il y a deux suf-
lixes, le sulfixe -t (.*^ l::iO) et le sufïixe -n (§ 113).
mu-t-in-ce (Krall, IV, 5, 18) := quelque peu, allquantuvi; la dési-
nence est le sullixe casuel -ce (§ 1^9, 2), qui donne à l'adjectif
mutin une valeur adverbiale (§ 156,2).
Il Finnois inii « autre » ; mu-lu-ma « un certain autre, quelque »; lapon mu-It-
em (I quelque »; vogoule mô-l « autre » ; màl-en « un second » (Budenz, p. 604,
no 643).
MUL
mul-a Krall, VIII, 9; X, 21 i — ,^ :VM = partir.
mul-a-j^ (Krall, VIll, 5i — i:^ 330 = passant, durant, pcrsislani ;
ridée de passer amént' à l'idée de passer le temps, srjourner,
durer. La désinence est le suffixe nominal -^ i>; "H) .
mul-sl-e (^Maglianoi — •:> 3or> = passer, verbe formé avec le sulfixe
double -si (§ 90] ; cf. mun-sl-e.
mul-u iCapoue, 1. 18j — ij 423 = sortir, passer.
Il Hongrois mal- a passer, s'écouler »; vogoule mul- « id. »; miil-l- « passer
(le temps) ><; mordvinc mole- « aller » (Budenz, p. 635, n° 681).
MUL
mul-i (Cai)oue, 1. Gj — .^ 397 =^ être reniw-, houleversr.
Il Esthonicu iiml-lcu- « s'agiter «; tchcréniisse mul'-uicl- « secouer » i,Budenz,
p. 4(H, u" 492).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 40o
MUL
mul-e-ni-ke (C. 105) - ^ ^83 = sois bien disposé d'esprit, adieu. La
désinence -ke est pour -ce, le suffixe casuel exprimant l'état
(J5 129, 21. Pour l'équivalence k = c, voir § 211 : Velia-k au lieu
de Velia-c. La forme muleni se ramène à un radical mul-n,
formé à l'aide du suffixe verbal -n (§ 84 .
mul-m-1-es C. 1538) — § 312 = imaginé, participe passé passif en
-es (§ 101 1 du verbe mul-m-1-. Ce verbe vient de *mul par une
double dérivaliôn, d'abord à l'aide du suffixe verbal -m (^§ 83), qui
donne le verbe *mul-in-, puis à l'aide du fréquentatif -1 (§ 82).
mul-u-k Ga. 771) — ^ 287 = agréable, suave, chéri; le k final est
pour c (voir plus haut mulenike ; c'est un suffixe de dérivation
nominale (§ 100).
mul-u-n-e (C. 195) — § 282 r— élre heureux, bien disposé; à l'impéra-
tif le mot est une formule d'adieu. Mul-u-n-e est formé avec le
suflixe verbal -n lî; 8ii.
mul-v-e-n-i Magliano) — § 302 = être de bonne humeur. La racine
*mul a probablement donné un dérivé *mul-va ou *mul-v i cf.
§ 123 : suffixe -vai, d'où le radical verbal mul-v-n-, formé à
l'aide du suffixe -n (§ 8ij. Dans mul-v-e-n-i, le intercalée entre
le V et l'n n'est pas organique. Ce qui le prouve, c'est l'existence
des formes suivantes du radical mul-v-n-, où la voyelle interca-
laire change.
mul-v-a-nn-i-ce F. III, 391) — î; 285=0^^?». C'est le radical mul-
v-n-, augmenté du suffixe casuel -ce (§ 129,2). Le doublement de
l'n vient d'une fantaisie du lapicide qui, dans l'inscription, a dou-
blé, on ne sait pourquoi, toutes les n Gannursi, annati.
mul-v-e-n e-ke (F. 2611) — § 286= adieu : c'est toujours le radical
mul-v-n- cf. plus liant mul-v-e-n-ii. Le suffixe casuel -ce est
écrit -ke, comme i)lus haut dans mulenike.
mul-v-u-n-ke ^Pauli, h'tr. Forsch., III, p. 59i — § 286= variante
de mul-v-n-ce.
mul-uev-ne-ke F. I, 23i) — î^ 286. Cette forme est une variante
des formes précédentes. Mais il est difficile d'en rendre compte.
Peut-être vient-elle d'une erreur du graveur écrivant muluevn-
au lieu de muluven-.
Il I'"innois mïele (noai. mieli) « âme, esprit, envie, désir »; mieli- « désirer, vou-
/(•OO QUATRIÈME PARTIE
loir, penser »; mieli-sLil- « se réjouir, prendre plaisir »; mielislell- « se souvenir »;
miel-lii- « se réjouir, avoir du goût pour, aimer »; miel-uinen « agréable, doux,
suave »; mordvine meV « pensée »; zyrénien mil « raison »; lapon mudii « esprit,
pensée » (Budenz, p. 469, n" 499). On remarquera, dans le finnois comme dans
l'ctrusquc, l'idée de « sentiment agiralHc » associée à l'idée de « pensée ».
MUN
muni-cl-et (C. iri38) — I5 ;Ui = vaiianle graphique de municleS ;
pour la permnlalion du -t et du -6, voir i^ 08.
muni-cl-eO F. 2330) — § 238 = sans dire des paroles; la désinence
-e6 es! le suflixe privatif (^ 129, 3). Le verbe mun-i-cl- est formé
du radical *mun (augmenté d'un i euphoniquei et du suffixe de
d(''iMViili(Mi (loul)l (' -cl (.§ 90).
mun-sl-e il-'. I, 31KSi — !;; '■liM) = parler, verl)e formé à l'aide du suf-
fixe double -si [^ 9()); cf. mul-sl-e.
mun-0 (.F. 2335) — i^ 242 = parole^ langage, conversation, substantif
formé avec le suffixe nominal -6 i;^ 120;.
mun-i-svl-e9 (F. 2058) et mun-i-suree (F. 2059) se rattachent à la
même série de mots; mais la lecture n'en est pas certaine.
Il Hongrois moii-d- « dire »; mon-d-n.s « diction, parole »; tchérémissc
« dire, parler »; lapon muone- « nommer » (Hudenz, p. G28, n" 608).
mail-
MUR
mur-i-nas-i-e (Magliano) — ,^ 300 = êlre conpé en petits morrean.r,
composé de *mur ])etlt morceau, et de nasie être découpé (voir
ce mot).
mur-s (C. 195) — v^ 282 = réduit en petits morceaux, petit,
adjectif formé avec le suflixe nominal -s (^ 117).
mur-s-1 ii<\ 2335) — §212= jietlte /;;r"r^^ (peul-èlre de monnaie),
subslantif dérivé de mur-s à Taide du sufTixc -1 (§ 109).
mur-z-u-a (C. illG) — 1:5 245 = ra])ctlsser (soit les dépenses, soit les
matériaux), verbe formé à l'aide de deux suffixes, le suffixe -t
(?5 87), devenu -z (cf. § 72), et le suffixe -v {§ 88) devenu -u (?; 73),
comme dans renx-z-u-a (voir ce mot).
Il Hongrois wor-^a « miette, menu morceau », 7nor-^ol- « écraser, réduire en
miettes »; vogoule mor-cc « petite chose » (Budenz, p. 930. n" G";]).
DICTION NAIHE ÉTYMOLOGIQUE 407
MU0
mu6 iKrall, XII, 3, 5) — i5§ 382, 383, 384 = grand, supérieur.
Il Votiak mod « seigneur, supérieur »; modes « excellent » (Budenz, p. 389
n° 413).
MUV
muv-a-lx-1-s (F. 2333 ai— § 222 = génitif do muv-a-lx-1, multiple
de max ivoir § 141, note 1).
NAC
nac F. 2598; Krall, VII, 19 ; X, li; XII, 2 ; Capoue, 1. 5) — §§ 288,
307, 377, 381, 390 ^=^ simultané, Hé, simultanément, ensemble.
nac-n-v-a \¥. I, 430=1) — ^^ 197 ;— ,5/,.g /jp^ ^!/,.g ^jii^ f]iy(, serré, verbe
formé avec deux suffixes, le suffixe -n (§ 84) et le suffixe -v (§ 881.
nac n-v-aia-si (F. I, 398) — i^ 200 ^= vers ce qui est embrassé,
c'est-à-dire vers le couple. La désinence est le suffixe casuel -si
(§ 129, 9). L'a qui précède est probablement une voyelle inorga-
nique qui s'est développée dans le voisinage de la semi-voyelle i
(cf. aia-s). La forme nacnv-ai équivaut à *nacnv-i, c'est-à-dire
à un participe en -i i.§ 103 1; cf. aprens-ai-s, 6ap-int-ai-s pour
*apr-ens-i-s, *Bap-int-i-?.
li Finnois nak-a-lo-i-ls- « lier, attacher »; konda-vogoule neg- « lier »; niordvinc
nok-ta « lien » ; lapon (dial.) iiagg-i- « serrer » (Donner, III, p. 17, n° 876).
NAC
nac-x-a (G. 4538) — § 323 = observer, remarquer, reconnaUre, verbe
formé avec le suffixe -x (§ 80).
Il Finnois nak-e- « voir, observer, considérer »; vogoulo neçj-l- « paraître »
(Budenz, p. 400, n* 426; Donner, III, p. 23, n" 883). Pour la voyelle, voir § Gl A 2.
NAP
nap-e-r (G. 48, 4538) — §.5; 2i7, 311, 315, 319= jour, proprement
solaire; le mot est formé avec le suffixe nominal -r (§ 110^, comme
cv-e-r, et-e-r, fl-e-r. L'e est inorganique.
Il Hongrois n-xp « soleil «{Budenz, p. 391, n" 416).
408 nUATfUÈMR PARTIE
NAS
nas-i-e, dans le composé muri-nas-i-e fvoir ce mot) = ôlre
découpe, verbe dérivé du thème *nas à l'aide du suffixe -i (§ 81 1.
Il llin)t,n-()is n'iis- « couppr, amputer » (Riulenz, p. Il i, ii" 442; Donner, III,
p. if), n» !)18).
NEF
nef-is (Ga. 799) — § 249=frr.v dirri, amour. La désinence is est un
diminulif de tendresse ('§ 108); cC. se^-is /illclte.
Il Finnois iiHp-ii-li'i -.■n'i « avide, passionné » ; ostiak nap-se « délices, amour
passi(uiné » (Donner, III, p. 78, n» 958).
NEM
nem (Capoue, 1. 15) — § 417 = nilcnHon.
Il Finnois nam-i-tta- « exhorter, avertir »; lapon nam-a-s » vif, pénétrant»;
vogoule ?ia?rz- « mentionner, rappeler », uxM-is- « penser, réfléchir»; osliak
nam-d-s » réflexion » (Kudenz, p. 788, nnS.'i'i; Donner, 111, p. 81, n" 964). Pour la
voyelle, cf. S G2 E i.
NES
nes-l(C. 3432 ; Magliano) — i^ 300, 304= beau, convenable, adjerlif
formé à l'aide du suffixe de dérivation nominale -1 (^ 109).
Il Finnois itilsii « beau, joli, apte, convenable ».
NE0
ne6-sr-as (da. 799) — § 252 = ruissellement d'eaa, pluie violente,
composé de *ne6 eau el de sr-as ruissellement (voir ce mot).
neO-u-ns (V. 2097 i — i^ :i2H= divinité de teau. Le mot est formé
avec le sulli.ve -ns (^ 1L5), commo fuflu-ns. C'est ce mol tini,
déformé soit par la prononciation soit par de fausses élymologies,
est devenu en lalin Neptunus.
neO-u-ns-l (Krall, VIII, 3, 11; IX, 7, 18, 22; XI, 16) — i^.ij 328
339, 371 = ce qui est propre au dieu des eaux, mer. Le mol est
formé avec le sulfixe nominal -1 {% 109) ; cf. fufluns-1.
neB-u-nus (F. 2140) = variante graphique de neGuns.
Il Ihmyrois luid-va « humidité, lluidité -j; «rVrZ-ivV.v .. liiimide, mnuillé «; finnois
neil-e « humidité»; /yrénien ?uil « bouc»; niid « boue » ^Hudenz, p. ;i94,
n» 419; Donner, III, p. 48, n» 920).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 409
NI
ni-a, dans le composé ec-ni-a (voir ce rnotl — ^ 303 = être béant.
Il Hongrois ni-l- << s'ouvrir, être ouvert»; n'i-t- « ouvrir » (Budenz, p. 416,
n» 445).
NIF
nif-u-s-c (Capoue, 1. 16) — § 420 = injure dont il est difficile de
marquer Féquivalent exact. La désinence -c est le suffixe de
coordination i§ 154). L'adjectif nifu-s dérive d'un thème *nif à
l'aide du suffixe nominal -s {% 117) ; Tu est inorganique.
Il Hnnois nippo « liumeur morose, désagréable ».
Nil
nii-a-ne (Capoue, 1. 6) — § 397 = avec lacté de gratter, c'est- à dire
en polissant ad iinguem, d'où l'idée d'un travail achevé, parfait. Le
verbe nii-a est augmenté du suffixe casuel -ne (§ 129, n° 7). L'i
est redoublé comme dans cuc-ii-ei.
Il Hongrois no, n'il « user, gratter, frotter, polir »; tctiéi'émisse ni-a-l-d- « ca-
resser » ; vogoule ?iîy « écorcher » (Budenz, p. 428, n° 458; Donner, UF, p. 26,
n° 888).
NIR
nir, dans le composé fu-nir (Capoue, 1. 9) — !^ 404 = baguette.
Il Estlionien nir-a « lambeau » ; zyrénien nov « baguette » ; liongrois liir
« bouleau »; vogoule /«'/r, n'ir « verge » ^Donner, 111, p. 53, n" 927).
NIS
nis (Capoue, 1.9) — ^ 404 ■=^ humide.
Il Finnois nes-le-iie « humidité »; esthonien nes-e « humide » (Donner, 111,
p. 49, no 921). Pour la voyelle, cf. .^ 63 I 1.
NU
nuei-6i (C. 301) — § 273 = déoiatlon, courbure, déformation, subs-
tantif formé avec le suffixe -9i (§ 122).
Il Finnois noj-a « position appuyée, penchée ». noj-o « inclinaison, courbure,
déviation » (Donner, III, p. 18, n" 817).
Kl ijL AlIilKMi: l'MîTII':
NU
nus-n-es (^aixinf. I. 'i; — i; ',VM\ = rlahK parlicipe passé passif en
-es >$ loi <lii vcrhc nu-s-n- rlalci\ dérivé de *nu à l'aide de deux
siillixes, le suffixe -s i?; HO el le sulfixe -n (^ 8i .
Il Hongrois ti'i'(-l- « s'étendre », niij-l- « étendre » (Biidenz, p. 423, n" 433).
NU
nu-n (lapuiic. 1. 11) — _^ /(()7, 'i()8 =riUier, total, adjectif forme avec
le siillixe nominal -n § 113).
nu-n-6 (Capoue, 1. J-2, 111 — §!^ i09 iI3 =:= entièrement, adverbe
formé de l'adjedif nun avec \v suffixe casuel -6 \% 129, 11 ; § 156,2).
nu-nG-e-n Krall. 11. Il: 111. 1!»; IV, 7, 11, i:; : Y. 11, 19. 20; IX,
8, 19; XI, ('. _j;i<;{:,7, 3(ii, aiu;, 372 = tout, tous, totalUr. L'ad-
jedif nu-n6-e-n. formé avecle sulfixe -n (§ ll.'Vi, dérivé d'unverlic
*nu-n6-e. I('(|iicl iIitIvc lui-même de *nu à l'aide du suffixe v(ud)al
-ne ?iî);{ .
nu-n8-e-n-e (Krall, 111. 17: VIII, v, 1,= cire en totalit<-^ \erhc
dérivé de nun6en.
nu-n0-e-n-e (Krall, 11, lo. I.}; IV. 13; V, 7, 9, 10; IX, 13, 15, 17,
18j — i^^ 351, 3.")() =: en totalitr, adverbe formé, comme nun-6,
avec le suffixe casuel -9 (J^ 129, 11).
Il Hongrois n'i, n'é (enclitique) « aussi nombreux que « ; «'aj « troupeau,
foule » ; vogoule nau-l « viande, niasse do chair » flîudenz, p. 402, n» 428; Don-
ner, Hl, p. 31, n° 896).
NUR
nur-cpz-i (F. 2339) — § 239 =: mal dispnsr, de wanraise humnir,
participe en -i (§ 103) du verlie nur-cpz-, formé à l'aide du sullixe
double de dérivalion verbe -cpz § 94;; cf. al-cpaz-ei.
Il Finnois niir-i-s- « murmurer », nure-ii « découragé ». iiHr-pe-H « morose,
grognon, désagréable » (Donner, 111, p. \y,\, n° t)31).
NUS
nus T,. :i3) — ii 280 = martre.
u Hongrois u'us-l. n martre zibeline »; zyrénien. vntiak niz-a, ?n'r; vogoule
no/s ; ostiak nof]os (Rudenz, p. 426, n*" 454).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 41 1
NUZ
nuz-lx-ne (Krall, VIII, 13i — ,^ 341 = en train d'rtre multiple de
fracas. Abstraction faite du sutrixe comitatif -ne (§ 129, 6), il
reste un radical composé de nuz- faire du fracas et de Ijf multiple
(voir ce mot).
Il Finnois niit-i-s- « gronder » (Donner, U\, p. 39, n" 906).
PA
pa, particule enclitique dans i-pa (voir ce mot). Cf. pe, pi.
Il Finnois ;)a, /?(■/, pi. particules enclitiques (Budenz-Simonyi, p. 33.0).
PAX
pax-a-na-c (Ga. 799) — § 255 = adjectif pa^-a-na malheureux, aug-
menté du suffixe de coordination -c i§ 15ii. La désinence -na est
le sutTixe nominal (§ 114).
pa^-a-na-ti (F. 2333) = adjectif pax-a-na avec le suffixe casuel -ti
[i 129, 101.
pax-a-6ur-as (Torp, Lemnos, p. 41^ — ^ 236 = succession de
iiutUieurs, d^ennuis, composé de pax-a être malheureux et de 9ur-
as succession (voir ce mot).
pax-i-e-s (Ga. 30) — § 291 = génitif du verbe pax-i-e >Ure
malheureux, rire ennuyé. Le suiïi.xe -i est le sutlixe fréquentatif
(§ 81) ; cf. iu-c-i-e.
Il Hongrois by « mal, déconvenue, échec ». Le rapproclienient avec leflnnois
pakko « nécessité fâcheuse, douleur » est douteux, à cause du hongrois /a/-
« soulfrir » (Budenz. p. 487, n° 51G), rpii en raison des équivalences (§ 69) exi-
gerait eu étrusque fir/ie, au lieu de pa/ie.
PAP
pap-al-ser 'F. 2055) — § 232 = sens incertain; le mol parait dési-
gner un cadet. Il se décompose on pap-al //'■ di- papa c'est-à-dire
enfant] et en ser chi'ri i voir ce innl . Daiis pap-al la désinence est
le siillixe casuel ft^ 129, 1).
412 QUATlUÈMi: PAUTIE
PAR
par-Y-is (F. 2055, 2070) — .^^ 218, 231 = hun, d'nuc nntnrn bonne.
Lu désinence -)f-is provient de la réunion de deux sullixes nomi-
naux, le suffixe -X ou -c (ïj 100) el le sullixc diiniimlir -is {% 108).
Il Finnois /)«)•« « meilleur, très bon »;para-)i-e « rendre meilleur »; monlviuc
para, para « bon » ; tchérémisse puro « bon » : lapon piiore Budenz, p. o43.
n°o71'. Une agglutination de sudixes analogue à -y-is se retrouve dans le finnois
nuoru-lcaise « jeune homme » [nuore « jeune »), liihuki'dse « très court » {liiM
« court »'. ohu-kaise « tout à fait fin » [ohii « fin ») ; Toir Budenz-Simonyi,
p. 245-240.
PE
pe, |>arlicule enidilique dans ca-pe (voir ce mol). Cf. pa.
PEN
pen-e (G. 4538) — ^ 315 = nverlW.
pen-6-na (G. 1538, i082) — .^.§ 105, 322 = avertlssemcni , avis, snl)s-
lanlif en -na (§ Mi), dérivé d'un radical verl)nl pen-6-, <|ui dérive
lui-même de pen- à Taide du suffixe -6 (§ 8" .
pen-G-u-na G. 4540) — ,^ 194 =^ variante de pen-ô-na.
Il Finnois pen-H- « aflirmer, avertir ».
PER
per-as-ce iG. 4538) — § 312 = par avenluro, par hasard. La dési-
nence-ce t'sl le siilUxe casiiel 1)5 129, 2) ; elle donne ici au mol une
valeur adverbiale (§ 15(», 2]. Per-as csl nu subslanlif lonné avec
le sullixe -as '>; 99), (•(imme ar-as, ac-as, men-as, 6uful6 as. 11
si^nitie proprcMicui ihnlr, iVi)\\ lidci' de avaiiirr, Jinsnrd: cf.
lalin casus.
Il Zyrénien pôr- « tomber » (Budenz, p. 40.j, n" 49.")). LÔ zyrénicn peut n'pondrc
à un e. C'est ainsi que l'on a : zyrénicn l("il « hiver », finnois lal-ve « iil. ", hon-
grois tel, vogoulc IpH (Rudonz, p. 202, n" SI."?).
PER
per <'.a|»(nie, 1, I i) — >< U4 = fort, rnerr/u/un.
Il Finnois /)i/--o-/,7,Y/ « dur, robustr, solide, vigoureux ». Pour la voyoUc. cf.
§ f)2 E 2.
DlCTlÛNNAIliE ÉTYMOLOGIQLE 413
PI
pi i^quelquefois pei;, particule enclitique dans ca-pi, i-pei .voir ces
mots). Cf. pa.
PIC
pic-as (Capoue, 1. 6j — § 397 = enduit, couverte, substantif formé
avec le suffixe -as (§ 99 1.
pic-as-ri (Capoue, 1. 5; — § 394 = même mot, augmenté du suffixe
-ri (§ 129, n° 7).
Il Finnois piike- « couvrir, liabiller » ; pitkii « vêtement » ; hongrois buj-, buv-
« se glisser, se cacher « (Budenz, p. 472, n° 304]. Pour la voyelle, voir §63, I 4.
PIS
pis-C-r-i (C. 2627) — § 27 i = étant aigu, pointu . Le mol dérive d'un
thème *pis à l'aide de deux suffixes verbaux, le suffixe -c § 80) et
le suffixe -r v^85). La désinence est le suffixe participial -i î^ 103).
Il Finnois pus-ke- «. donner un coup de pointe (avec les cornes); pus-ko « coup
de corne » ; zj-rénien blc-kï- « piquer » (^Budenz, p. 4o2, n° 482). Pour la voyelle,
voir § 63 1 4.
PIU
piu-t-es C. 27G7) — § 212 = mari^ proprement serré de la main, à
qui on (i donné la main, participe passé passif en -es (^§ 101) du
verbe piu-t-, dérive du lliènie *piu à laide du sutrixe verbal -t
Il Finnois piv-o « creux de la uiain, pauuie » ; cf. piv-o-, piv-o-ill- « serrer la
main, fermer le poing, saisir ».
PR
pr-i Capoue, 1. 8j — § iOU = intérieur, proprement qui a été int)-o-
duit, participe en -i [^ 103) du verbe pr-.
pr-i-cel-u (Capoue, 1. 13; — .^ 411 = s'introduire vite, s'engou/frer,
verbe dérivé de pr- à laide du suffixe double -cl ( J? 90 ; cf. mun-
i-cl-e9. L'i et le sont des voyelles intercalaires.
pr-i-6as iKrall, VUI, -4) — i; 329 = pénélranl, profond, adjectif
41 i IJIAIIUKMK l'AllTlH
loriiir avec le .sullixe -0as ij; l'ili, coinine zilaxn-9as, ten-6as,
sval-Oas.
pr-uma0S (C. o092i — .^ 38= parmi d'hïlroducl'ion, /ils d'adoj)lioii.
coinposé (le pr- cnlrer el de umaGs parent (voir ce mol).
pr-umis (Gu. "Dit; — § 248 = même sens; voir umis.
Il Tchcréaii.sse pur- « entrer » pur-l- « introduire » ; zyrénien-votiak pîr-
<< entrer », jnr-l- « faire entrer » (Budcnz, p. 474, n" 507).
PU
pu-ant-r-n (G. il") — § 272= à cause d'un présage de malheur.
\/,\ (l(''siiuMH'e est le suflixe causal (§ 129, 5). Le mot est composé
de pu malheur el de antr jirt'sage (voir ce mol).
Il Hongrois bïi <( cliugrin, tristesse » (Budenz, p. 471, n" 502].
PUI
puia iC. 922, 20U, 2113, :Jill, 3789, 39G0, 40i0, 40:i(), i2.jl, 1390,
etc.) — sjs! 208, 209 = a)nour, personne aimée, bien aimée (deli-
ciae) ; la désinence -ia vieiil de la vocalisation d'un j, comme dans
aia. Cf. Gai (C. -j9) el Caia (C. 178).
puia-c (G. 7.j8, 1121, 2400, 2727) — § 208= même mol, augmenlé
de renclili(iue coordinalrice -c (i; l.'>4'.
puia-m F. 2340) — ,^ 45 = même mot, augmenté du sullixe posses-
sif de la première personne -m lî; 45).
pui-1 (G. 15) — § 215 = /timé, chéri. Fui esl idenli(iue à puia. La
désinence -1 esl un sullixe de dérivalidu nominale (§ 109).
pui-v (Gapoue, I. 18i — «^ 'i21 = désirable, exeellenl, adjectif formé
du Ihème pui avec le sullixe nominal -v ou -va (^ 123); mais la
désinence du mol n'est pas certaine; peul-élre faul-il lire puii
(ibi.l., I. 19).
Il Hongrois buj-l- « exciter, provoquer » (Budenz, p. 474, n» 503).
PUR
pur-a-t-u-m G. 3) — § 218 = enclos, limite, raie, ligne, subslanlil'
verbal en -m, {i 111), dérivé d'un radical verbal pur-t-, lequel
dérive Ini-mcnie d'un llième *pur à l'aide du sullixe -t (§ 87).
pur-t-s-va-n-a F. I, 387 — § -1-lH ^ aooir une couronne., éti-e cou-
DlCTIONNAIl'.E ÉTYMOLOGIQUE 415
ronné, verbe formé à Taide du sudixe -n ?; <Si vl déi-ivù du subs-
tantif *pur-t-s-va couronnr'. Ce substautif, formé à l'aide du
sutTixe nominal -va (i; 1-23), dérive du radical verbal *pur-t-s-
eniourer, ceindre, lequel présente deux suffixes de dérivation, le
sulfixe -t (§ 87) et le sullixe -s f§ 80).
pur-t-s-va-vc-ti i F. i, .'}8S — 5; ±29 = en train d'être digne de cou-
ronne. Abstraction faite de la désinence casuelle -ti (§ 129, lOi,
qui marque le prolongement d'une action, il reste pur-t-s-va-vc
digne de couronne, composé de pur-t-s-va couronne et de vc digne
îvoir vac).
pur u-S-n iKrall, VIII, 9) — § :}3o = circulairement, adverbe formé
avec le suffixe casuel -n (§ 129, oj. Pur-u-9 est formé du thème
pur- à l'aide du sullixe nominal -6 ^§ 120j
Il Finnois pîri » cercle, tour, enceinte ». p/ru « raie ». Pour la voyelle, voir § G4 U3.
PUT
pute (Krall, II, G; III, 22; IV, 3, 1(> ; V, o, 12; IX, 4, 11, 20; —
§§ 351, 358, 370 = manquer, faire di'faut.
put-s (Ga. 799; Krall, Xll, i) — § 255 ^'^ = défectueux, qui est en
défaut, adjectif formé avec le suffixe nominal -s (§ 117).
Il Finnois pïit-lu- « manquer»; esthonien pûd-ii- « manquer » (Budenz, p. 529,
n« 5S6).
PU0
pu9-s Krall, VIII, 12)— § 'SiO = de la prière, génilif de -puQ prière.
li l'innuis pLUitii- " deniamler, prici-, ilésircr vivement, invoquer.
RAC
rac (Capoue, I. 9) — i; iOl = coupure, ouverture, trou. En raison de
l'équivalence du c et du x (§ ^'^), on trouve aussi rax (voir ce
mot).
rac-6 (Krall, V, 8) — § 355 = séparé, isolé, adjectif formé avec le
sulfixe nominal -9 (§ 120).
RAX
rax (î<i';>l>. V- Kî; VI, 15; VIII, \ — 5, 329 = coupure, ouverture.
Voir rac.
416 orATHiKMi; i'autiI':
rax-e iKiiill, II, 10; IV, !), 10, i;{, :il ; V, 7, i:i; l\, 0, 13, IS, IG) —
^ 353 = sr/)(iri-, isolé, adjecUr formé avec le sufïixe nominal -6
Il Finnois ra/c-o « coupure, entaille, déchirure » ; rak-o- « se fendre » (Budenz,
p. 664, n" 710; Donner, III, p. 84, n° 967).
RAM
ram-u-e6 iKrall, VIII, 8) — î^ 333 = .s7///.v le fa'd cVèlre inquiet, sans
avoir à craindre, verbe ram-u, augmenté du suffixe privatif -e9
Il Hongrois riitn-iU- " s'agiter, s'émouvoir, trruibier », rétn-iil- « être eifrayé,
épouvanté » (Budenz, p. 6.j3-6;).';, n"'* G99-700; Donner, 111, p. \'.]i-VJ5, n»^ 1047,
1048).
RAN
ran-e-m (Krall, VIII, (">) — ^ 332= /vv/«/7, adjectif verbal formé
avec le sulïixe -m (,^ 111).
Il Finnois rdna- « user, fatiguer, amaigrir ».
RAS
ras n-e (C. i')38) — .^ 318 = déchirer^ arracher, verbe dérive du
thème *ras à l'aide du sulïixe -n (^ Hï).
ras-n-es 'C. '(.">38) — § 311 =■ drchiré, participe passé passif en -es
is; loi) du verbe précédcMit.
Il Finnois rtis-d « lamhe.'uix, haillons » (Donner, 111, p. 133, n» 1024).
RAV
rav-in-ai-G 'Capoue, I. l.'ii — ^ il" = le 6 linal esl le .suffixe casuel
marquant le point de dépari (ij 129, n" 11). Le verbe rav-in-ai
osciller a la même désinence vocaliiiuc que teham-ai, ri6n-ai,
zuslev-ai. Le radical rav-in- déi-ive du tlième *rav- à l'aide du
suffixe verbal -n. -in i^ 81). L'i esl intercalaire.
Il Finnois ra/j-u-i/x- « se balancer, osciller » (Donner, III, p. l'ii, n" 1036).
DICTIO.NNAIUE ÉTYMOLOGIQUE 417
RAV
rav-n6-u (F. I, 387) — ^ 228 = rire puissant, verbe formé avec le
sullixe double -n9 i,§ 93).
rav-i cc-e-s, dans le composé melec-ravicces voir ce mot) =
génitif du verbe rav-i-cc-e êlre énergique, verbe formé avec le
sulTixe verbal -c i§ HO . L'i est une voyelle intercalaire; d'aulre
part, le redoublemenl des consonnes est nne chose tout à fait acci-
dentelle en étrusque; rav-i-cc-e équivaut donc à rav-ce. Cf.
mulvannice, 0annursi.
Il I<"innois rap-e-a, rav-e-a « fort, solide » (Donner, III, p. 145, n" 1037).
REN
ren-e-9i (C. i.j38) — § 321 = faiblesse, dépérissement, substantif
formé avec le sulfixe nominal -6i (§ 122).
Il Finnois ran-se-a « maladif " : rdn-slu- « languir « (Donner, I, p. 126,
n» 1018).
RENX
ren^-z-u-a (Krall, VIII, 9) — § 377 = être plein cVentraln, verbe
dérivé d'un thème *renx- et formé à l'aide de deux suffixes :
1° le suffixe -t ou -6 ;§ 87), devenu -z (cf. nurcp-z-i) 2° le suffixe -v
(§ 88), devenu -u (cf. i; 73), comme dans mur-z-u-a (voir ce mot).
Il finnois rankk-a « violent, vif .. (Donner, III, p. 108, n° 993; Setâlâ, FUF,
XIII, p. 43o).
REP
rep-in-e (Krall, VII, 12) = laisser un vide, un Inleroalle, Interrom-
pre, faire nnr panse, verbe formé à l'aich; du sulfixe de dérivation
-n 1^ 8i). L'i est intercalaire (cf. rav-in-ai-6).
rep-in-e-c iKrail, III, 23; IV, i, 10; IX, :>, 12, 20j — § 370 = même
mol, augmenté de rencliti(iuc coordinalrice -c (§ loi).
rep-in-ei-c (Krall, II, 7; V, o, 12) — §§ 351, 358 = Interruption,
Inferralle, panse, substantif en -Si [^ 122), dérivé du radical verbal
rep-in-. La désinence -c est l'enclitique coordinalrice.
Il Finnois rep]t-u-nd, rejip-a-na a ouverture » ; lapon rapp- « ouvrir », rapp-
a-s- « être béant » (Donner, III, p. 143, n» 1034).
27
418 QUATHIÈME PARTIE
REU
reu-3(Z-i-iia iKrall. VIII, 7) — §33:2:= (?»«»(' c/t'ia/v/f,', subslanlif formé
avec le sullixe -na .^ 11 i. Reu-^z- se ramène à reu-xt- (cf,
flenz-na, nur-cpzi), c'esl-à-dire à un Ihùme *reu, aiignienlc des
deux siillixcs verbaux -^ (§ 100) et -t (§ 87).
reu-xz-i-ne-ti (Krall, YIII, 8) — § 333^ le long du banc de sable;
c'est le mot précédent avec le sullixe casuel -ti (§ 129, n° 10).
Pour l'équivalence -na = -ne, voir § 55.
Il Vogoulc rau « petit morceau » ; ostiak ruvl-l- « piler »; hongrois rov-id
« court, petit » (Budenz, p. 673, iv-' 723 ; Donner, III, p. 96, n" 980).
REU
reu-sc-e (Krall, XII, 2) — §381 = crier fort, verbe formé avec le
sullixe double -se (§ 95).
Il Finnois roh-i-s-, « crier, grogner, faire du tapage » (Donner, 111, p. 99 et
suiv., n° 983 et suiv.).
RI
ri (?) (Capoue, 1. 19) — § 423 = ouverture, trou.
ri-a (Capoue, 1. 3, 16] — §§ 392, 418 = avoir des ouvertures, être
ouvert, ouvrir.
ri-al (Capoue, I. 18) — § Ail^= sortant f/'î(» //'(>;<; la désinence est
le sullixe casuel -al (f^ 129, n° i).
ri-1 (C. 19, 26, 27, 28, 29, 31, 33, 35; F. 2055, 2056) — §§ 176, 177,
231, 232, 233 = coupure, section, division et plus spécialement
division du temps^ année. Le terme est d'un usage fréquent dans
les épitaphes de la région de Volterra et de Viterbe. Il est toujours
accompagné d'un chiffre. La désinence est le sufRxe nominal -1
(§ 109).
Il Finnois rei-kii « trou, ouverture » ; rai-to « entaille, trou»; rai-lo « id » ;
roi-la « id »; rai-no « fragment, déchirure » ; lapon rai-ge trou »; tchéréuiisse
ro-\,ra-^ « trou »; hongrois ré-s (.(. rupture, fente, ouverture » (Budenz, p. 656,
no 703 ; Donner, III, p. 8u, 11° 9C8).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 419
RI
ri-m. dans le composé tiu-ri-m (voir ce mot) = vif. Pour le suflixe
-m, voir § 111.
Il Finnois rei-ma- « prendre feu » ; vogoule rêj. rc » chaleur », rei-l- « deve-
nir chaud » ;Biulenz. p. 658, n° 105: Donner, III, p. 109, n« 997).
RIN
rin-u-e (Krall, V, 18) — § 364 = lancement, projection, substantif
formé avec le suffixe nominal -9 (§ 120).
rin-6i, dans le composé et-rin-6i voir ce mot) = projection, objec-
tion, substantif formé avec le suilixe nominal -6i :§ 122).
Il Finnois run-tta- « jeter avec violence» (Donner, III, p. 125, n'' 1017). Pour la
voyelle, voir § 63 I 4.
RIO
ri6-n-ai Capoue, 1. 12, 16) — §§ 409, 420 = passer vite, verbe
dérivé d'un thème *ri6 à l'aide du suffixe verbal -n (§ 84). La
désinence -ai équivaut soit à un a soit à un e icf. zuslev-ai,
zuslev-e, zuslev-a). Voir les composés fa-ri6nai, le-ri6nai.
Il Finnois rulL-o « vif, soudain, rapide, hàtif » (Donner, III, p. 122, n» lOM).
Pour la voyelle, voir g 63 I 4.
RIU
riu-t-u-s-e i Capoue, 1. lOj — i:^ 4(Ki = nettoijer, purger, verbe formé
d'un thème *riu ou *riv, à l'aide de deux suffixes de dérivation,
le suffixe -t (§ 87 et le suffixe -s (§ 86). Le second u est inter-
calaire .
Il Finnois raiv-a- « purger, purifier ».
RIV
riv-a-)( ! Magliano) — ^ 30.j = grumeau ; la désinence x est le
suilixe nominal (§ lOO).
Il Finnois rupa « boue » Donner, III, p. 149, n" 1042). Pour la voyelle, voir
g 63, 1 4.
RIZ
riz-i (Capoue, 1. 19) — § 424 =: sinnnccler.
\'2i\ ijrATUlKMH l'Ali'l'IK
riz-i-1-e (Capoiic, 1. •'), (>, 10) — §§ 39:}, :{'.»7, i-i.'i = cire mouiW', être
rlendn d'raii, verbe dérive du lliùine *riz à laide du siidixe
verbal -1 (); 82). Le second i esl intercalaire.
Il Finnois rul-ju « humide, mouille' » Uuniier, III, [) ll'J, n" 1008). Pour la
voyelle, voir § 63, I 4.
RS
rs-9. dans le composé lu-rs-6 i voir ce mol) = saillie, proéminence.
Dans rs-9 la désinence -0 est le sullixe de dérivation nominale (i; 1:20).
Il Finnois roso <« bosse » ; riis-ld, riis-lo « proUibùrancc " (Donner, III, p. 137,
no 1028).
RU0
ru6-c-va (ia. 7!I0) — >:; 2.")i := /ail de pièces, adjectif formé à
l'aide du sullixe nominal -va (^ 123) et dérivé d'un radical
verbal ru8-c-, leciuel dérive lui-même du thème *ru6 à l'aide du
sullixe verl)al -c (s; 80). Ru6 c-va est toujours joint à ca6as
couoerlure (voir ce mot). Le {groupe conslilue une expression
toute faite, qui s(;mble désii^ner une embarcation légère, peut-
être une pirogue faite de peaux assiunblées.
Il Finnois riil-kô « pièce, morceau, lambeau ».
RUZ
ruz-e Krall, IV, ."i ; VIN, 13) — i; 311 = fairt' da fracas, loiuicr.
Il Finnois rol-a- « faire du bruit, résonner, cra([uer » ; roi-su- « se précipiter
avec fracas » ; lapon ralt- faire du bruit »; ntol- » craquer » nul- « tonner »
(Donner, III, p. 115, u'^ 1003).
SA
sa (F. 2')52j = un.
sa-s V. 2lOi, 21i!>) = génitif de sa.
Il Voir J5§ 1 10-142.
SAC
sac (Li[»(»ue, 1. lOj — ^ iOi =: /lamine.
Il Finnois *(ïA--e M élincelle », iv<7t--/<-, A'«/i-e-iZ/- <i étinceler, l»riller ». Cf. i? (il
A 2.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 421
SAC
sac-a {CapoLie, 1. 7j — § 398 = adhérer, tenir bon, avoir de la consis-
tance.
Il Finnois su.k-e-litït- « adhérer ».
SAC
sac-n-i jC. 0I68) = prière, proprement tirage, moyen d'attirer,
séduction; la prière est en eftet, aux yeux des anciens, un moyen
de forcer la bienveillance divine par des formules appropriées.
Sac-n-i est probablement un participe en -i (§ 103). Le verbe sac-n-
présente le sutfixe de dérivation -n (§ 84].
sac-n-i-cl-a (Krall, Y, 22 ; VI, 8) — § 368 = prier, verbe formé à
l'aide du suffixe de dérivation double -cl (§ 90). L'i est interca-
laire, comme dans mun-i-cl-e6.
sac-n-i-cl-e-ri (Krall, II, 7 ; V, 6, 13 ; VII, 18 : VIII, 11 ; IX, o, 12,
21 — ,§§ 338, 352, 358, 371 .= verbe sacniola, augmenté du
sutftxe casuel -ri (§ 129, 7).
sac-n-i-cn (Krall, Vil, 0; XII, 11 1 — §§ 375, 388^ mauvais de
priér,\ composé de sac-n- prier et de en mauvais (voir ce mot).
sac-n-i-cs-t-r-es Krall, V, 3 ; VIII, 14; IX, 12, 9) — §§ 342, 370 =
commencé de prier, par quoi l'on a commencé de prier, composé de
sac-n- et de cs-t-r-es co)amencé (voir ce mot).
sac-n-i-sa , Krall, VIII, 10) — § 338 = prieur, prêtre, substantif
formé avec le sutïixe nominal -sa i§ 118).
Il Finnois sii.k-u- « mettre en mouvement, émouvoir, touciier, fléchir»;
sukà'liji'ta- « attirer » ; lapon safjrje- « tirer » (Donner, I, p. 166, n" u83).
SAL
sal Magliano; Krall, VIL 7; \IL 11) — §§307, Z^o ^= mince , peu
épais .
Il Finnois sal-e-va « grêle, mince, ilrlicat » (Donner. II, p. 9, n" 694).
SAN
san-u-lis Capoue, 1. 18) — § 423 -= de plus en plus noir de charbon,
(■(tinposé de san-u éive noir de charbon et de lis croissant (voir
ce mot).
Il Hongrois sén « charl)on <• (Rudenz, p. 210, n" 291). Cf. S 61 A 2.
422 OUATIUÈME PARTIE
SAN
san-s-1 (C. -4196, 4561) — §§ 271, 279 = pitoyable, lamentable, misé-
rable, adjectif dérivé dcsan-s à l'aide du sufTixe nominal -1 (§109).
San-s dérive lui-même d'un thème *saii à l'aide du sufïixe nomi-
nal -s (v^ 117).
Il Hongrois snn- « regretter, plaindre »; snn-a-koz- « prendre en commiséra-
tion » (Donner, 11, p. 51, no 729).
SAR
sar-ve-n-as (F. 2056) — ,^ 2;};} = destin, proprement disposition,
ordonnance. Du thème *sar dérive uu adjectif *sar-ve ordonné,
disposé, régulier, formé avec le suffixe nominal -va, ve {% 123). A
son tour *sar-ve donne naissance à un dérivé verbal sar-ve-n-,
fiu'mé avec le sudlxc -n J^ 8i. La désinence -as est le sulJixe
nominal ;,^ 99) .
Il Esthonien scv-a- n mettre en ordre » ; hongrois siif a ordre, série »
(Budenz, p. 21)3, n° 2<J4 ; Donner, I, p. 184, n° 652). Cf. o; fil A 2.
SAT
sat-e-n-a (C. i538) — §§ 320 = injurier, pester, verbe formé à
l'aide du suilixe -n (§ 8i).
sat-e-n-e fC. 4538) — § 317 ^variante du verbe i)récédenl.
Il l'^innois sad-a-l- « maudire, faire des imprécations, injurier » (Dimner, 1,
p. 115, n» on).
SA0
sa9-e-c (I". 2279) — i; 2\(i =: mener à bien, achever: la désinence
est l'enclitique coordinatrice -c (§ 154).
Il Finnois sûlla- » faire obtenir qq. ciinse. conduire à destination, accompa-
gner, faire arriver, produire ».
SAV
sav (Capoue, j. 4, 5, 6) — §§ 393, 3î)i, 397 = argile.
Il Finnois aav-e « argile, glaise » (Donner, II, p. 10!), n» TO^j.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 423
se
se (Magliano) — § 303 = petit, peu de chose.
Il Finnois soiikk-a « menu, mince, étroit »; hongrois si/k, siik « étroit » (Bu-
denz, p. 319,no32'î; Donner, I, p. 170, n« 591).
SCA
sca-r-a (Krall, VIII, 4) — § 329 = se rencontrer, se présenter, verbe
formé à l'aide du siifTixe de dérivation -r §85).
sca-r-e (Krall, VIII, 6) — § 332 = variante de scara. Pour l'équiva-
lence a = e, voir § 55.
Il Finnois sak-a-ra » pointe saillante, bord extérieur » (Donner, 1, p. 162,
n" 572).
scu
scu-na C. 4o38i — §§ 313, 319 = anéanti, disparu, adjectif formé
avec le suffixe nominal -na (§ 114).
scu-ne iC. 4538] — § 321 = variante de scu-na. Pour l'équivalence
e = a, voir § 55.
scu-v-u-ne (Capoue, 1. 7) — § 398 = au moment de la démolition ; la
désinence est le suffixe comitatif-ne (§ 129, n" 7). Le verbe scu-
v-u être mis en pièces est formé avec le suffixe -v (§ 88).
Il Finnois suk-ku « en pièces »; ostialî suk « fragment » (Hudenz, p. 268,
no 273).
SX
SX, dans le composé avil-s^ rapide de durée (voir avil).
Il Finnois suka « rapide, preste, agile ».
SE
^^[Notizie, 1895, p. 339) —%'!%).= règle, loi, décision.
se-n-is (C. 3442, 4201) — ^ 20:} = bien comme on doit être, parfait.
La désinence -is est \o siillixc climiniilir ;^ 108), (jui sert k former
Lar-is, se^-is. L'adjcctil' *se-n dérive du thème se à l'aide du
siiilixc nominal -n ?? 1 13 .
42 i QUATRIÈME PAUTIE
Il Finnois saii « disposilion, ordre rc'gulier », sHii-nl-o « règle, loi, prescription »,
siiii-lu " ordre », snii-slii- « mettre en ordre »; snu-nnôllinen « conforme à la règle,
bien régulier, parfait ».
SEC
sec ^C. 3-20, 1770, IIISO, -2:i-27, -i()8;3, "27:i7 ; F. I, W7, etc.) — § 209
= fille.
sex (C. :no. 108, ;5niO, \\{\:\^ ^\-t?^, de.) — ^ 22i = variante gra-
phique (le sec voir i; G<S .
sex-is (C. .■{.'{20, ioiii — ^ 211 ^= fil, 'lie, (liiiiiinilir formé avec le
suffixe -is (s; 108), eomrne Lar-is, parxis, sen-is.
Il Finnois si/c-ii- « engendrer, procréer, produire »; si/c-i-ô « rejeton, fruit,
produit»; lapon sakk-o n descendance » (Donner, 1, p. 166, n" S84).
SEI
sei-s ! M;ii^iiano; — ;< .'{()0 =z assez fro'uf fi-ais; la désinence -s est un
sntlixe d(> (lé'i'ivalion nominale, avec valcni- tlimiioili ve (v^ 117).
Il Finnois su-Le-he « gelée IMaaciie » ; votialv sl-Jul- <i avoir froid »; hongrois
hii-vus, hiv-às, hiis « frais »; la formation de ces adjectifs hongrois rappelle celle
de sei-s (Budenz, p. 138, n» 16": Donner, II, p. 120, noSOS).
SEL
sel-a-ns-1 C. '(.']8) — ^250 =^ tihscur, myiigle, adjcclif l'oi-mé avec le
siillixc nominal -1 (i; 109) ; il déi'ivc^ de sel-a-ns, adjeclil' dérivé
liii-nKMnc dn thème *sel à l'aide du snilixe -ns > ?; ll'J).
sel-v-a-ns-1 C. 2i0;i) — !^ 2(>'< = of/si-ur, mol tormé de la même
manière que le précédent ; mais le point de départ est le radical
verbal sel-v-, dérivé du thème *sel à l'aide du suffixe verbal -v
(§88). Voir pins haut scu-v-u-ne.
Il l'"innois sala, sala-hien « claudcslin. caché »; niordviue sala- « dérober »
(Hudcnz, p. 22:i, n"2:il).
SEiVI*
semcp (h'. 22.')2) =r nombre supérieur a six et inr(h'i(mi' à dix; voir
semcp-a-lx-l s I'". 2070) — ;:; 221) = dizaine de semcp: voir î^ I 44.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 425
SER
ser (C. 886) — § 213 = chéri, amour. Voir le composé papal-ser.
Il Hongrois sur-ut- « aimer », sur-al-am « aimable » (Budenz, p. 294, n" 295).
SER
ser, dans le composé travaiu-ser (Capoue, 1. 16, 17) — § il9 =
ordure.
Il Hongrois 5a/- « excrément » (Buiienz, p. 27S, n^ 2~8).
SEU
seu-c Krall, V, 10, 14) — §§ 3o7, 359 = gracieux, aimable, gentil,
favorable; la désinence est le suffixe nominal -c (§ 100).
seu-s ^Krall, II, 12 ; V, 8, 20; XII, 2) — §§ 355, 305 = sens analogue
au précédent ; la désinence est le suiïixe nominal -s (§ 117).
Il Finnois suo- « donner, accorder, souhaiter w; suo-s-i « favoriser » (Donner, II,
p. 104, n» 783).
SI
sia-ns (C. 4111) — § 'l'i'i ^ protecteur, patron. Le substantif est
formé avec le suffixe -ns (§ 115), comme ne0u-ns, fuflu-ns.
sia-ns-1 (F. 817) — § 223 = à côté du patron. La désinence -1 est le
suffixe casuel (§ 129, 4).
Il Finnois suu-lu-, sni-lil- « èlre garanti »; zyrénien saj-e- « proti'ger » ; mordvine
saj-e- « prendre; ostiak saj-la- v protéger » (Donner, 11, p. 91, n° 780).
SI
si-n (Krall, IV, 19, 20; V, 14, lo ; IX, 22 ; Capoue, 1. 18) — §§ 359,
A:1'2 = posé, rassis, calme, adjectif formé avec le suffixe nominal
-n (§ 113), comme tri-n, he-n. — Voir hem-sin-ce.
Il Finnois .vi/-ft «place », siJ-o-Ua- « placer, installer, asseoir », sij-o l/u- « se
poser, s'installer, s'asseoir » (Btulenz, p. \'-li, n" Ili2 ; Donner, II, p. 94, n" 780).
SIC
sic (Kr;;!!, V, 10, lï) — i 357 = tout à fait.
Il Finnois siti-i « tout à fait, ahsoluuieut ».
4211 QUATRIÈME PARTIE
SIP
sip-i-r (Capoiio, 1. 3) — >5 391 = ressern', rlroil, adjeclif formé avec
le siiflixo nominal -r (?i llOi; cf. fle-r, tev r.
Il Finnois supp-e-a « resserre » (Ikidenz, p. IJifi, n" 322 ; Donnor, il, p. 04, n" T*9).
SIR
sir-i (Capoue, 1. H) — § iOG = cri-pUer, craquer.
Il Finnois sir-a-, sir-a-ja-, sir-i-se- « cirpitcr, faire un petit l)rnit, gazoviillcr >>
(Donner, I, p. 18f,, n"662).
SL
si C. iil) — î^ 'll'I ^= aigu.
Il Finnois sel-cii «clair, nci ».
SLE
sle-l-e-6 (C. 1038) — § 310 = à partir du fait de mourir, à partir de
la mort. La désinence 6 est le sulUxe casuel marquant le point de
départ H 1:29, 11). Le verbe sle-l-e est formé avec le sufïixe de
dérivation -1 (J^ 82). Le sens propre est fiuir, être à rextrémifr.
Il Hongrois sél « extrémité, liord », scl-sô « cxli'énie » (Budenz, p. 28(1, n" 288).
SM
sm-n-al, dans le composé ur-sm-n-al (voir ce mol) = provenant de
la rouille ;\\i désinence est le snlUxe casuel -al (§ lii9, 1). Le radi-
cal sm-n dérive du thème *sm à l'aide du siiffîxo nominal -na
(§ 114), dont la voyelle désinenliclle se confond avec la voyelle
inilialo du siillixe -al. Cf. Ceic-na et C. 11"2 Ceicn-al ; Sesctna et
C. 27() Sesctn-al.
Il Vogoule snn, siin-el, si)»-il « rouille » : ostiaiv sum-î »; zyrénien sivi ■, nior-
dvine siim-e-n ; linnois home (Donner, II, p. I i2, \\° 828).
SNE
sne-nat-iuras ('Capoue, 1. 1(1, 17) — § il9 ^ boule de saleté {?) mot
composé dv iuras enclos, rond, houle (voir ce mot) et du verbe
sne-nat- salir. Ce; verbe dérive d'un thème *sne ou *sn à l'aide
(lu sullix(! double de dérivation -nt [l 93). L'a est une voyelle
intercalaire.
Il Hongrois .S' V/i/r << saleté, ordure » (Builenz, p. 201, n" 292).
DICTIONiNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 427
SNU
snu-zai-n (Capoue, 1.9) — § 403 = par le fall cVHre plein d'impu-
relés ; \a désinence est le suffixe instrumental -n (§ 129, n° G).
Snu-zaiest composé de 'snu impureté et de zài plein (voir ce mol).
Il Finnois so«-/a « fumier, boue ».
SPE
spe-l-an-e-9i (G. 4338) — ■ ^ 320 ^^ violence de fureur, composé de
sp-e-1- être en fureur et de an-e-9-i force, violence (voir ce mot).
Le radical sp-e-1- dérive d'un thème *sp ou *spe à l'aide du
sutiixe verbal -1 i§ 82i.
spe-l-6i (G. 4338) — § 'iîlO = fureur, substantif dérivé de spe-1-,
formé à l'aide du sutfixe nominal -6i (§ 122).
spe-l-6-u-t-a (G. 4538) — § 319 := produire de la fureur, mettre en
fureur, verbe formé à l'aide du sutfixe -t (§ 87], cjui a ici une
valeur causative. Le radical spe-1-6 est probablement un radi-
cal nominal, formé de spe-1- avec le suffixe -6 (§ 120).
Il Finnois sappi » fiel, bile, colère », sappe- a être bilieux, être en colère »;
zyrénien sep « bile « ; iiiodvine s'iipe (Badenz, p. 791, n° 860; Donner, H, p. 87,
n" 77o). — Pour la valeur causative du sullixe ougro-flnnois -t, voir Szinnyei,
Finn.-tajr. Spracfuo., p. 128.
SPU
spu-r-al (G. 3, 4, 8 ; F. I, 106 ; Krall, V, 23) — §§ 217, 3(38 = prove-
nant de la mêlée. La désinence est le suffixe casuel -al (§ 129, 1). Le
substantif spu-r est formé à l'aide du sullixe nominal -r (§ 116);
cf. nape-r, fle-r. cve-r.
spu-r-a-na (F. 4()(), 2070, 2033 Ba) — i;; 220 = homme de mêlée,
soldat ; adjectif formé avec le suffixe nominal -na (§ 114).
spu-r-e-9i iF. 20.37) — ;^ 23 i = bataille, substantif dérivé du verbe
spu-r- mêler, à l'aide du suffixe nominal -6i (§ 122).
spu-r-e-ri (Krall, II, 8 ; III, 23 etc.) — i;!:; 332, 370 = pour l'acte de
mêler, verbe; spu-r-e mêler, augmenté du sulfixe casuel -ri
(§ 129, 7).
spu-r-e-str-es (Krall. III, 21 : VIII, Il etc.) — ;;;< 312, 370= mêlé,
428 QUATKIÈME l'AUTIE
l)arlicii)e passé passif en -es (§ 101) du yovba spu-r-e-str-, Icciuol
dérive de spu-r-e ù Taide du suflixe Iriple -s-t-r (j:i 08'.
— A lainèiiie racine se raltachenl les noms propres Spuri, Spurie,
Spurina iSchul/.e, Lutchi. /'J'ujctui., ]». ili-Oo).
Il Kiiinois sopo « liretluuillagc, langage courus », soppu «c confusion ■>, sop-o-l-
« brouiller, confondre »; lapon de Suède siiove- « agiter, uiélanger » ; ersa-
inordvine covo-r-a- « nn'ler, brouiller » : liiuigrois ::tyar-, h:nh-xr- « troubler, agi-
ter, mêler » (Hudenz, p. 125-127, n"" 1;j:î et l'il ; Donner, II, p. 17, n» IGii).
SR
sr, dans le composé atr-sr-c '^voir ce mot) = fjenu, ri'gnlinr.
Il Finnois s//-o « régulier, beau » (Donner, 1, p. 484, n" 054).
SR
sr-a-n 'C, -4o38i — >:; 31') = vcr])G sr a couler, .s'ccluipper, augmenté
du sullix(> casuel n- i.i^ idd, 5), ({ui pai-ait avoir ici la valeur d'un
exposant temporel ; cf. lesca-n.
sr-as, dans le composé ne6-sr-as ^voir ce mot) = écoulement, ruis-
sellement, substantif formé avec le sullixe nominal -as (§ 99).
Il Finnois sir-a- sir-a-ja-, sir-i.s- « s"rcha[)per, couler, ruisseler » (Donner, I,
180, n» 002).
SR
sr-en-cv-e i Kiall, II, 1:2 ; IV, 11, 1:2 ; V, 8) — § 355 = variante gra-
piiiiiue de sran^ve ; i)our la permutation du c et du ^^ voir § 08.
sr-en-xv-e (Krall, II, 10; III, 13, IG ; IV, 10; IX, 15) — § 372 =
être grand d'expansion, verbe composé de sr- être étendu et de en-
XV-e cire grand {\o\v ce mot).
Il t'innois siiro « expansion, développement », siir-o- « s'étaler, s'étendre »
(Donner, I, p. 184, n" 054;.
ST
st-ai-1-e Krall, VII, fi) — §375 ^ être multiple de malédiction, com-
posé de st- maudire ou être maudit et de ai-l-e être multiple (voir
ce mot).
Il Hongrois AiV/- « maudire, blâmer, injuiier » (Hudenz, p. 291, n" 290).
DICTIONNAIUE ÉTYMOLOGIQUE 429
SU
su-e (Krall, IV, 10, 14, 22; V, 7, 9, 10, IG ; IX, 13, 18) — §§ 353,
3o('), 300, 372 = énoncé, phrase, substantif formé avec le suffixe
nominal -e (;> 120).
su-9-ce (Krall, V, 17) — § 363 = même mot, augmenté du suffixe
casuel -ce li; 129, 2).
Il Finnois su « bouclie » (lUidenz, p. 267, n° 212).
SU
su-ti (C. 49) = variante de su-0i.
su-Gi (C. 118,216,3500, 3751, ill6, /io39, 5003; F. 2031, 2031*",
2081, 2085, 2131-2133, 2181-2, 2335, 2602, etc.) — §§ 188-190,
192-194, 196,216, 2i0, "0:3= tombeau, proprement chose brûlée
ou bien bûcher; cf. latin buslinn: su-6i est formé avec le suffixe
nominal -6i (§ 122;.
su-6i-l [V. 2603] — § 263 = à côlc du tombeau; la désinence est le
sullixe casuel -1 (§ 129, 4).
su-Bi-na (C. 4540 «; F. 262, 2095 ^"^ 2095 '"• "''«'; Ga. 643 etc.) —
^^ 196 ^ funéraire, chose funéraire, adjectif formé avec le sutfixe
nominal -na(§ lli). Voir Fabretti, Suppl. I, p. 64.
su-ei-s (G. 45i0; F. 1937, 2279) — î^^ 194, 2i6 = du tombeau ; la
désinence est celle du génitif (§ 129, 8).
su-6i-ti (F. 2335) — § 2i2 = le long du tombeau ; pour le sutlixe -ti,
voir § 129, 10.
su-6i-e (F. 2335) — î; 2U =: à partir du tombeau ; pour le sutlixe -6,
voir§ 129, 11.
Il Finnois sil-lii- « rtrc .■ilhiiiu; », s'i-lil-l- u alliinier » ; zyrônien so- » l)rùlef » ;
tchéréiuisse so-ta « l)rillant, lumineux " ; lumgrois sli-l- « rôtir, être cuit », -su-t-
« faire rôtir, faire cuire» (Budenz, p. .357, n" 'SU; Donner, I, p. 175, n" 618).
SUC
suc-i-c i^Krall, \il, 9) — !:; ',i~H=^ résonner, acuir une inloiuilio)>,
verbe accompagné de renclitique coordiiuitrice -c {i 154).
suc-i-v-n (Krall, VII, 7) — i< 376 = par l'inlmiation ; la désinence
est le suffixe instrumental -n '^ 129, n° 6). Le substantif suc-i-v
'|.:!() OUATHIKME PARTIE
OU suc-i-va (léi'ive du verho suc-i ù Taide du sullixc nominal va
Il Finnois soi- « résonner, l'aii'e entendre un son » ; vogoiiie suj « son »; telié-
rémisse colc-l- « jouer d'un instrument » (Budenz, p. 301, n" 30G ; Donner, II,
p. ll.'i, n° 19V. liudcnz et Donner ne sont pus d'accord sur la forme de la racine
ougro-linnoise ; l'un propose s.f), l'autre sav. Dans la première liypotlu"'se le
c de suc-i ferait partie intégrante du tliéme. Dans la seconde, le thème serait
*su et le c serait le sutlixe de dérivation verbale (§ 80).
SUC
suc-ri Ki-all, VI 11, i — si 3-28 =-. pour <irtre^ paresseux ; c'est l'ad-
jectifsuc augmenté du suffixe casuel -ri (i; 129, 7).
Il L'innois siek-u-ill- << temporiser, tarder »; pour la voyelle thématique, voir
§ 64 U 3.
SUL
Sul'Capoue, 1. 3, (S, 12, lOj —^W*;)]. =renlhn)i('id. Le mot est toujours
uccompai^né de l'épithèle leGam ardent. L'expression ]»nrait
signitler fuur.
Il I'"innois siiuld « verrue, excroissance » (Budenz, p. 351. n" 3'7o).
SUM
sum (jaanlilr, dans le eom[>osé ci-sum ( voii'ee mot).
Il Finnois som-a. sein-a « quantité, uninbrc » ; hongrois sdm » nombre »
Donner. II, \). l-'ili. n» 847).
SUP
sup-r-i l'C. 53' — 5; 280 = qui a des ailes, (jui esl ailé, volatile, parti-
cijM' en -i (j:; 103) du verbe sup-r-, lequel dérive du tluune *sup à
I aide du sufTixc verbal -r (i; 8o).
II Finnois sUp-i « aile » (Donner, II, p. GO, n» "iJG). Pour la voyelle théma-
tique, voir § G4, U 3.
SUR
sur, dans le c()ni[)0se 6an-sur voir ce mol) = par/ail.
Il r'innois sor-ca « juste, régulier »,
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 431
SUR
sur-e (C. 2G:27) — ^ 274 = pousser des cris.
Il Finnois sor-i-na « bruit éclatant, strident, tumulte » ; sor-i-sl- « faire un
bruit strident, éclater ».
SUR
sur-i (Capoue, 1.3) — § 391 = s'ouvrir.
Il Finnois siéra- « fendre », siero « fente, ouverture ».
SUR
sur-i (Magliano) — § 306 -— être versé goutte à goutte.
Il Finnois so7'-o « goutte »;sor-o-la- « faire tomber goutte à goutte » ; zyré-
nien zor « pluie » (Donner, I, p. 183, n" 638).
SUR
sur-9-i (Krall, VIII, 1) — ^ 333 = mise à sec (d'un bateau), subs-
tantif formé avec le suffixe nominal -6i i§ 122).
Il Vogoule sur- « dessécher » ; ostiak sor- « devenir sec » ; sor-e-it- « sé-
cher » ; lapon sor-vo- « se dessécher »; hongrois sâr-oid- « devenir sec » (Bu-
denz, p. 279, n» 280 ; Donner, I, p. 190, no 672).
SUT
sut-a-n-as (Krall, IV, 21; V, 13) — î^' 300 = nu-lée., groupement,
foule, substantif en -as(§ 9!)), dérivé d'un radical verbal *sut-a-n
ou *sut-n-, lequel dérive du llième *sut àTaidc du suffixe -n i^îHij.
Il Finnois sol-a « bataille, guerre » (Donner, I. p. 176, n° 622). Les idées de
« guerre, mêlée, groupement, foule » sont connexes. Voir au mot spur.
SV
sv-a-1-as iF. III, 329) — § 235 = absolu, révolu, complet, propre-
ment qui fuit le tour, adjectif verbal en -as (§ 99). II dérive d'un
radical verbal sv-a-1-, ([ui lui-même dérive d'un lliéme *sv- à
l'aide du sulfixo verlnil -1 (si 82 . Sval-as s'emploie comme parli-
cule supcrlalive.
sv-a-1-a-si [V. lll, 330 — i^ ^l',io=^ jiis((u'à être absolu; c'est le verbe
sv-a-l-a pourvu du sulfixe casuel -si (§ 129, 7).
432 nUATIilEME PAI'.TIE
sv-a-1-ce I''. :2IOl, ±11'.V) — i^ ^35 =^ à l'élal révolu, (lOsitlu, udjccliT
dérive du Un' ' *sv-a- ù l'aide dii siiUixe nominal -1 (!:; lODi; la
désinence -ce esl le siitlixc casncl (^î 1"20, 2 . Le mol se trouve tou-
jours idacé devant une indication d'à.i;c, pour marquer que le
nombre d'années indiciué est révolu.
SV-a-l-Bas (F. 111, 307) — § ll'M =z révolu, avcoin/iH, adjeclif verh.il
Inruié avec le sullixe -Gas |^ IM).
sv-e-m Krall. VII, S : \ll, 12j — iii; 377, :\H\) — aùsulu, aùsuluiunil,
adjectif vei'hai en -m ,^ 1 1 1 i, l'oi-mé comme lescem, letem, ra-
nem, Gunxulem. Il dérive d'un lliùme *sv-e- ou *sv. Comme
svalas il joue le rôle de particule superlative.
Il Finnois sep-i-, sev-i- « entortiller, enrouler, envelopper»; sep-ci-, sev-ii-
» embrasser» (Donner, 11, p. "0, n" I.jT).
sv
sv-u-1-a-r-e (K. :2()13i — § 273 = cr/'cr « pleiiiv voix, verbe dérivé
de *sv cri, et formé à l'aide de deux sullixes, le sulïixe nominal -1
(§ 109) et le sutlixe verbal -r (§ 85). Le radical sv-l-r- devient svu-
lar-, avec un uet a inor^-ani(iues, fini se sont déve1op[tés dans le
voisinage des licjuides.
A la même racine se rattache le latin suhulo «joueur de llnte », dont
l'origine étrusque est atlirmée par Varron [lÀng . lai. Vil, 3, 33) :
SuOulodiclus, quod iia dicuul lif/tcines l'usa ; quorirca radiers dus
in f'Jlruria, non Lalio quacrundac » ; cf. Feslus : suhulo iusre iihi-
ccn dicilur.
Il Hongrois so (say) « son, voix », sô-l- « résonner » ; sïiv-ol-la-, siiv-il- « liur-
1er, mugir, siiller » ; linnois scïv-el « son « (Budenz, p. 301, n" 306; Donner, II,
p. 111, n" 79;;).
SVE
sve-r-ae, dans le composé cre-sver-ae (voir ce mol) — § 302 =
(H)-e Iful, sr trahie)-, verbe formé avec le suffixe de dérivation -r
(!^ 83). [..a désinence ae n'est pas certaine.
Il Finnois sip-o- « marcher en se traînant » ; Inp-e-v-lH- <> s'avancer lenlc-
nicnt » (Donner, H. p. 108, n» 790).
T
Le t initial eli'ns(ine ne correspond au / (uigro-linnois (|ue lorscpie
celui-ci n'esl pas suivi d'une voyelle palatale on douce (a, o, w,
§S2).
DICTIONNAIHE ÉTYMOLOGIQUE 433
TAE
tae (Cfipoue, 1. 12, 14) — ^.§ 410, 414 := ouvrier, proprement le
capable. Tae est probablement une variante graphique de tai,
cf. Cae, Cai.
Il Finnois lai-la- « pouvoir, savoir » ; tai-lo n connaissance, habileté » ; vogoule
taj- « être possible, digne, convenir à, avoir la faculté de » (Budenz, p. 251,
n» 259; Donner, I, p. 118, n» 423).
TAL
tal, dans le composé 6ii-tal (Capoue, 1. 10) — § 404 = privé de.
Il Tal est en vogoule un suCfixe privatif : p'U'-lal « privé d'oreilles », në-lal
« sans femme, célibataire », lin-tal « sans valeur >>. En hongrois le suffixe e.xiste
aussi, mais sous la forme -/aZ-an, -lul-dn ou -tlin, -tldn : so-/aZ-a« « sans sel »,
iis-lul-ûn « sans raison » (Budenz-Simonyi, p. 277; Szinnyei, Fiimisch-tigrische
Sprachw., p. 105-107).
TAM
tam-e-r-a (F. 2050; — § :233 = assaillir, allaquer, s'en prendre à,
verbe formé avec le suffixe de dérivation -r ^^ 85),
Il Hongrois liim-xd- « s'élever contre, assaillir » (Budenz, p. 176, nol96).
TAN
tan-na (C. 4538) — §308 ;=: récil, substantif formé à l'aide du sufllxe
nominal -na (§ 114).
Il Hongrois Un-il- « instruire », /xn-iH- « étudier »; mordvinc lona-dl-
« instruire »; Ichércmisse liin'-em- « s'instruire » (Budenz. p. 177, n» 197).
TAR
tar-ti Capoue, 1. 3, 10 — J;;:; 39:2, U8 = substantif tar monlant,
contrefort, pourvu du suffîxe casuel -ti (§ 129, lOj.
tar-x-n-al-9 (Ga. 799) — ^ 253 = paraît être l'adjectif tar-^-n-al
prooenanl de Tarkhna, augmenté du sufllxe casuel -6 (§ 129, 11).
A la même racine se rattache une abondante série de noms propres,
Tar-na, Tar-c-na, Tar-c-ne-i, Tar-x-na, Tar-cs-ne-i, Tar-X"
nt-e. Tar-x-u, Tar-cste voir Schulzc, Lalein. Eigenn., index,
28
434 QUATUIK.ME PAUTIE
[). 038), auxquels on peul ainsi attribuer un sens comme h fort,
le puissant.
Il Finnois lar-lii- « adhérer, ("Ire colh'- à, tenir l'eruie », tar-ma, lar-mo
« force »; hongrois Ur-U- « tenir, maintenir, contenir » (Budenz, p. 184, n» 203;
Donner, I, p. 135, n» -476).
TAT
tat-a (G. 53) — § '280 = ouvrir, saigner, égorger.
Il Hongrois Inl- « ouvrir » (Budenz, p. 186, n° 204).
TE
te-z (G. 138, i08-2, 1538) — §^ '259, 310= ici, démonstratif te,
augmenté du sutïixe adverbial -z {§ 150, 3); te-z est souvent
accompagné de a-n (voir ce mot).
Il Voir plus haut § 136.
TEC
tec (G. 1561) — v; 271 = de nouveau.
Il Finnois (ak-a « ce qui est derrière, postérieur »; iaka-si « de nouveau »;
mordvine lag-a. lafj-o « de nouveau » iiSudenz. p. 190. n" 208 : Donner. 1, p. 111.
n» 396).
TEC
tec-e (G. 4190) — § 279 =: être (i/)/)ri(ju<', plaqué, cloué, ne plus
pouvoir bouger.
tec-u-m (Krall, XII, .">j — ,§ 379 =^ pluragi', siihst.-inlit' t'ornié avec le
sufllxe verbal -m (§ 111); cf. vin-u-m, tri-n-u-m.
Il l'innois tuk-i-sLa- « appliquer, plaquer, coller; lak-i-ntii- être appliqué,
platiué, être réduit à l'immobilité, lani;uir, dépérir » (Donner. I, p. 112, n" 398).
TEH
teh-a-m-ai Capouo, 1. 9, lOi — p 403, 404 = se produire, arriver,
verbe formé à Taido du sullixe de dérivation -m (.^ 83ï. Pour la
désinence -ai, voir zuslev-ai, ri9n-ai. l.e thème *teh équivaut à
*tev. Pour l'h non initial, voir i; 7i ; cf. fuh-z-u-s.
Il Finnois lap-a-KS « accident »; tap-a-lU.u- « arriver, se produire » (Donner,
1, p. 417, n» 527 ; Selalii, FUF, XHI. p. 456).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 43S
TEI
tei (Krall, II, il, 13; IV, 7 ; VIII, 4, 12; IX, 17; X, 19) — §§ 330,
340, 372 = eau.
tei-s (Krall, X, 16; Magliano) — ,^ 30G = génitif de tei i| 129, 8j.
— Peul-èlre convienl-il de rallacher à la môme racine le verbe tei-
snc-a (F 2279] — i; 246; le sens en est d'ailleurs incertain.
Il Hongrois (à {= txvx) « lac »; osliak til, touy^ toy, leu; votiak tî (Budenz,
p. 222, n" 229 ; Donner, I, p. 157, n» 559).
TEI
tei (Capoue, 1. 4, 9, 11) — §!; 393, 403, 406 z= partie supérieure, che-
minée (■?). Voir ti.
Il Vogoule iy, tuj « grosse branche » : ostiak taj, toj, tej, iîj « sommet,
pointe » (Budenz, p. 212, n° 221).
TEN
ten-in-e ' C. 4196) — § 279 = résister, être rebelle, verbe dérivé du
thème ten à l'aide du sufiixe -n (§ 84). L'i est intercalaire.
ten-6-a (Krall, VII, 12) = être fort, verbe formé avec le suftixe -9
1.^87).
ten-Sas (F. 2036, 2333) — §.^ 223, 237 = fort, courageux, adjectif
formé avec le sutïixe -Sas (§ 121) ; cf. sval-6as, zilaxn-6as.
ten-u (F. 2037, 2070) — §§ 220, 233 = être fort, être courageux.
Il Finnois tan-i-a « fort, roide », laii-i-kka « fort, ferme » ; te-no a force, acti-
vité » ; ten-(i « résistance » (Donner, 1, p. 143, n" 516).
TES
tes-am-s-a (F. 2333) — §2U =s'arrêter de pleurer, composé de tes-
pleurer et de am-s-a s'arrêter (voir ce mot).
tes-i-m (Krall, VII, 10; VIII, 17) — §§ 346, 378 = pleurard adjec-
til' formé avec le sullixe -m [% 111).
tes-n-e jC. 4338) — §§ 317, 318 := sangloter, verlje formé avec le
sullixe -n {^ 84).
tes-n-s-t-eis (C. 4338) — 5i§ 311, 318 = grand de sanglots, composé
43G QLATlilKMi: l'AI'.TIE
de tesnst- srnir/hilrr o[ de eis f/rand (voir ce mol). Tes-n-s-t-
dérive de tes-n- à l'aide du siillixe (l()iil)le -st (§ 97).
Il Finiuiis lih-ma, lis-m-a « pluie fine, r()si''0 » ; lik-ku « rosée, pleur » ; lih-
ku- <■ ruisseler, larmoyer, sangloter ». Pour la voyelle théinatif[ue, voir S G2, E 2.
TEV
tev iMai;lianoi — i:^ H07 =^ frnjucnf.
tev-r iMngiiano) — >:; 'MYl --= frrqueiil, dérivé de tev à. l"aide du
sullixe nominal -r (§ IKii.
Il Finnois lujia « hahitude, couluine " (Donner, I, p. 148. n» ;)28 ; Setala, FUF,
XIII, p. 45G).
TI
ti-u (Ma.nliano) — i^ 1501 = ■s\nnassri\ s'rpaissir.
Il Finnois IdJ-a « dense, épais, serré », làje-, Idje-nla- « épaissir, serrer, con-
denser » ; tàje-nlu- « se condenser, s'épaissir ».
TI cf. TEI]
ti-n-ia {V . ±\'M), -JiTO, ^2171, 2n7, 2478, TM)()\ C. Wli), 1920, .j1()8i
— iN ',\'i'.\ = cpIiii (juJ est en liani (dans le ciel), nom de la divinité
élru.sque qui correspond à Zeus-Jupiter. Le mot est le participe
en -i ou -ia (§ 103) d'un verbe ti-n-, lequel dérive du thème *ti à
l'aide du sufïixe -n (§ 8i).
tin-s (Krall, V, lî) ; Mag-liano) — S:;§ 307, lUJ.j =: haut, élevé, adjectif
foruK'! à l'aide du sullixe -s (^ 117) et dérivé d'un substantif ti-n
(voir le mot suivant). 11 existe un nom propre Tins le haut, le grand
(G. 3()32-3Gi2j .
tin-si (Krall, II, JO; III, 21; IV, 2; V, i; VIII, 15; IX, 3, 10)
— ^i!i 3'i.'{, 370 = ^)p.rs le haut, vers le ciel ; la désinence est le suffixe
casu(d -si '«^ 129, 9). Le substantif ti-n est formé avec le sullixe -n
(§113).
TIF
ticp-u (Ca|)oii(', I. 18; — ^ &1 ^ .suinler.
Il Finnois lijtp-a « goutte », lipu- « dégoutliT, suinter » (Budeuz, p. 3G."'), n° 38C ;
Donner, I, p. 149, n" u35).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 437
TIU
tiu-rim (Krall, II, 6; III, 22; IV, 2; V, 4; VIII, io; IX, 3, 11)
— ^^ 3i4, 370 = vif iVaitenilon^ composé de tiu et de rim (voir ce
mot).
Il Finnois taju-^ « facultr, conception, intelligence ».
TLA
tl-a, dans le composé meni-tl-a .voir ce mot) = être gauche.
Il Finnois tol-lo, lol-va-na, tol-ve-lo, lill-pd, tiil-s'i. « idiot, stupide, imbé-
cile »; ostiak Lui « idiot ». ^Donner, I, p. 140, n» 501).
TLE
tle-n-a-c-es (F. 2399) — § 276= forcé de marcher, que l'on fait
marcher, participe passé passif en -es (§ 101) du verbe tle-n-a-c-,
marcher, lequel est formé à l'aide du suffixe -n (§ 8i) et du suffixe
-c (§ 80). L'a n'est pas organique.
tle-n-a-x-eis (C. 440) — !:; 277 = articulation de marche, composé de
tle-n-a-)^- et de eis articulation (voir ce mot). Le radical verbal
tle-n-a-x- est une variante graphique de tien-a-c (voir le mot
précédent). Pour la permutation du c et du y^, voir § 68 ; cf. sec,
sejf, Xurcles, Xurxles (§ 180).
Il I"'innois tal-la « semelle » Lnl-la- » écraser avec le pied », talu- « marcher len-
tement »; hongrois /aZ-p « pied » (Budenz, p. llS, n° 195; Donner, I, p. 139,
n» 490).
TMA
tma-s-e, dans le composé 6en-tma-s-e (voir ce mot) = faire du bruit
verbe dérivé de *tma à l'aide du suffixe verbal -s (§ 86) ; cf. ir-a-S-e,
eS-r-s-e.
Il Finnois lem-ii- « faire dn bruit », lom-a-, tom-i-s- <' id » (Donner, 1, p. 152,
no 545).
TNUC
tnuca-si (Magliano) — § 30o = verbe tnuc-a étrangler, rtou/fcr,
pourvu du suffixe casiiel -si [^ 129, n" 9 .
Il Finnois luiikc- « bniirrer de force, introduire en bourrant »; mordvine
tonyo-, loïKjï- « il). ■> Budenz. p. ilJO, u" 2G8 ; Donner, I, p. 110, n" 390,.
438 QUATHIÈME PAHTIE
TR
tre-C-S (C. 18) — ij 247 = de la maison, génitif de tre-c, sultslantif
Jbriné avec le sufïixe nominal -c ;; lOO;.
Il Hongrois 1er " espace »: inorilviiic hir-ka « omplaccmenl, espace » ; estho-
nien lar-c « inaisim d'iiabitatioii » liudrnz. p. 20S, n" 2:20; Doiinoi-. I, p. 13-'i,
n« 418).
TR
tr-a-x-s iKrall, V, 18i — i; IJOi = ahjii, adjcrlif J'ormé à Taille de
deux sullixes nominaux, le sullixo -x îi 100 el le sufTixe -s (§ 1 17).
tr-al dans le composé cl-tr-al ivoir ce mol) = la désinence esl le
sudixe casuel -al (î^ 120, li. Tr signifie pointe .
Il Finnois ler-U « pointe, traiicliant aiiiu » ; iiongrois tiir >< pointe, poignard »
(Budenz, p. 232, n» 2i2; Donner, 1, p. 129, n" 45G).
TR
tr-c-e {V . 2013) — îj 27') = rire debout, verbe formé à l'aide du
snilixe de dérivation verbale -c [% 80).
Il Finnois lor-o, Lor-ro « en hauteur, en saillie, debout » : votialv lôr « en
haut » (Donner, 1, p. 129, n" 435).
TR
tr-s (Capoue, 1. iri) — § 415 z= sans danger, adjectif formé avec le
suHixe nominal -S (ij 117).
Il Finnois lev-ve « en bonne santé » ; ler-ve-llineii » salutaire » (Donner, 1,
p. 128, n» 452).
TR
tr-a (C. 53) — § 280 = tirer, arracher.
Il Esthonicn ler-i- » tirer »; lapon de Suède liiore- « tirer à soi » ; niordvine
lar-rja- « tirer »; lar-ga-mo « train » (Donner, 1, p. 1.'5:], n" 471}.
TR
tr-u-6 I Krall, V, 17, 18) — § 302 = ('■clair, liipur rapide, siibslanlif
formé avec le snfïixe nominal -6 (§ 120).
Il Finnois lir-ln-ii » rapide, vif, bi'iJIant, étlncelant » (Donner, 1, p. i:)f),
n" 483).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 439
TRAV
travaiu-ser (Capoue, 1. 10, 17) — § 419 == terme injurieux, de com-
position oJjscure. Cf. ser.
TRI
tri-n (Krall, III, 13; IV, 14; VII, 2; VIII, 11, 17; IX, 7 ; XI, 16) —
§§ 338, 346, 371, 374 = sonore, éclatant, adjectif formé avec le
suffixe nominal -n (^ 113).
tri-n-9 (Krall, VII, 4) — ^ 374 = très sonore, adjectif dérivé de tri-n
à l'aide du suffixe nominal -9 (§ l!20).
tri-n-6-a-s-a (Krall, VII, 6) ^ — § 37.j = crieur, héraut, substantif
dérivé d'un verbe *trin-n-6-a el formé, comme sacni-sa, avec le
suffixe nominal -sa (§118).
tri-n-u-m i Krall, III, 18; V, 17; X, 9 — i; 363 = sonorité, subs-
tantif verbal dérivé d'un verbe *tri-n-u et formé avec le sufFixe
participial -m (§111).
Il Finnois tur-i-s- « faire du bruit, bourdonner, ronfler, éclater » (Donner, I,
p. 126, n° 441).
TRU
tru-t-vec-i-e (F. 2003 dis) — § 267 = être constant de protection,
composé de tru-t- protéger et de vec-i-e être fort, ferme, constant
(voir hec-i-a). Le verbe tru-t- esl formé avec le suffixe de dériva-
lion verbale -t (§ 87) .
Il Finnois turva « secours, refuge, protection » ; tiirva- « protéger ».
TUC
tuc-i (Magliano) — § 302 = ^ui est inerte, immobile, paisible, parti-
cipe en -i (§ 103j du verbe tue-.
Il Hongrois loh-on''oL, Iû-iiol « paresseux, indolent, inerte » ; lapon lok-ko-ne-s
« inerte, inutile » ; esthonien loçi-n " inerte, endormi » (Budenz, p. 224, n° 232;
Donner, I, p. 112, n» 400).
TUL
tul (Capoue, 1. 9, 10, 13) — §i^ 402, iOri, 415 = vent, air, souffle.
tul-a (Capoue, 1. 16, 17) — !<i< 418, 420 = faire du vent, souffler.
440 QUATRIÈME PAIiTlE
tul-e (Capoiio, 1. 8, i;{, li, 18, 19) — i<i< :m, 411, 41'., 'rlï. \-l\ =
même sens; tule jiaraîl n'èlre qu'une varianle gi'a[)lii(iu(' de tula.
Il Finnois tttle nom. Kd-V. « veut » ; tfd-e- » l'aire du vt-iit » (Donner, I,
p. 142, n» .-m).
TUL
tul Krall, H, 0; III, 22; IV, 12, 13, 16; V, r», 9, 12; IX, 4, 11, 10,
18,20) — !:;5;3.'')l, 3o(>, 3o8, ;{70, 372 =^ prDprr, /ippmpi'ir. rnnrc-
Hdhle, v/'f/iilici-, hou, adjeclil' cni{)loyé adverhi.ilcnicul avec le sens
(!.' hirn r\ connue particule superlative.
tul-ar iC. 3, '*, 8,-439, 88(;, 3432) — ^--IIH = limita de proprif'-h',
home, coniposc (h; X\x\ propre et de ar exirrmilr (voir ce mot).
tul-ar-u (C. 4.")38, 45 '( Il — ^ 'M-i = faire une iiniile de proprii'lr,
horiier, verbe dérive i\\[ tul-ar.
Il Lapon (le Suéde h/ol, Liial-d « Ic^ltiiiic, vrritable, juste »; liuugi'ois,
lid-y-(l(»i « propre, particulier » (Uadciiz, p. 239, n» 247; Donner, 1, p. 141,
n° oOl).
TUR
tur (Krall, IV, 13; IX, 0; Capoiie, 1. 14) — ,^§ 371, 413 = cri, apos-
trophe, appel, instance.
tur ce [C. 301,437, 438, 4i:i, 417 etc., etc.) — i;§ 2o8-2(;(;, 2G8, 2(i9,
272, 273 r—, en instance, avec instance ; la désinence est le sullixe
casuci -ce i>i 129, u" 2).
tur a Krall, 11, 10, 13; IV, 9), verbe dérivé de tur.
tur-e Krall, VI, l.">; F. 230), variante grai)liiqiie de tur-a ; j»our la
peruiiiialiou de l'a (;l de Te, voir >;3.'j.
tur-u C. 414), autre verbe dérivé de tur.
tur-u-ce (F. iOj, \erl)e tur-u avec le sullixe casuel -ce (§ 129, 2).
tur-une (C. 4538) — ^ 321 = })endant Vacle d'appeler, verbe tur-u,
j)(jurvu du siidixt' de coucouiilauce ne ^ 129, 0).
Il Finnois Lor-a « dispute, ([uerelle » lor-a- «gronder, quereller»; tchérémisse
lor-l- « goiu'inander » ; lapon /'/rw « hataille » ; hongrois c/or-r/dl- « gonriuander,
cli.ilicr » (l'.uden/, p. 2.'i7, ii" 2(i.'i ; Donner, 1, p. ilîl, n" 462).
TUS
tus (1. 433 1 — !:i 214 = presse, serre.
tus-e-i (.1////. nini. Aht., 1910, [). 319) — ^ 2li ^ étant pressé,
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 441
('tant serré, participe en -i (§ i03) d'un verbe tus-9- l'Ire serré,
dérivé de tus à l'aide du suffixe verbal -9 ('§ 87).
tus-u-r-6-i (C. 3858) :=: § :214 ^ étant serré ^ se serrant, s' embrassant,
participe en -i (§ 103) d'un verbe tus-u-r-9-, formé avec les deux
suffixes verbaux -r (§ 85) et -9 (§ 87). Le second u a été amené par
le voisinage de la liquide -r.
tus-u-r-9-i-r (C. 38(30) — § 211 = adjectif équivalant, pour le sens,
au participe tus-u-r-9-i; il dérive du radical verbal tusur9- à
l'aide du sullixe nominal -r (§ 116). L'i est épentliétique.
Il Hongrois Los-, tos-il, ixs-ît- « pousser », Ins-liol, << presser sur » ; zyrénien
loc-fcî- « heurter, pousser » ; mordviae los-li-je- « frapper, heurter (Budenz, p. 226,
n° 236).
TUT
tut-i-n (Krall, VII, 8) — § 377 = agité, inquiet, adjectif dérivé du
radical verbal tut-i- et formé, comme tri-n, fir-i-n, à l'aide du
suffixe nominal -n (§ 113).
Il Finnois IM-itta- «agiter, secouer, remuer, bercer ».
TU0
tu9-i (Magliano) — § 301 :r^ être senti, être douloureux, faire mal.
tu9-i-n-es (C. 4i6, 4196) — ï:;t; 277, 279 = ressenti, endolori, malade,
participe passé passif en -es ;§ 101) du verbe tu9-i-n- (outu9-n-),
lequel dérive de tu9- à l'aide du suffixe verbal -n (§ 84).
tu9-i-u (Magliano) — § 298, 302, 304 == ressentir, avoir mal, souffrir,
verbe formé avec le fréquentatif -i (§ 81); cf. at-i-u, hin9-i-u,
zer-i-u.
Il Finnois tielil- « savoir, connaître, faire savoir, faire connaître » (Buiienz,
p. 337, no 346; Donner, I, p. 118, n° 423). Pour la voyelle thématique, voir
§ 64 U 3.
TUZ
tuz-1 (C. 44) — §201 ■-= vrai, sincère, sur, honnête, bon, adjectif formé
à l'aide du suffixe de dérivation nominale -1 (i^ 109).
Il Finnois foie (nnm. tosi) a vrai, véridique »; tod-i-st- « témoigner»; rotiak
lod-î-l-n montrer » (Mudcnz, p. 863, u« 960 ; Donner, 1, p. 120, n» 426).
Le 6 iiiilial élnis([ii(' corn'Sftoiid à 1"// liiinois ot à l'.v ougro-linnois ;
voir ,^ 71.
4i2 QUATRIÈME PAHTIE
0AC
6ac-ac .Krall, VII, 13i =r vif rrnppd, composé de 6ac- chercher,
demander el de a.C vif, /jrusijue (voir cc! inolj.
9ac-l-6 (Ki-ail, VIII, 12) — ,^ ;}i() -= à la suile de rappel; la désinence
est le suHixe casiiel -6 (;^ 129, 11). Le subslanlif 6ac-l est formé
avec le sudixe nominal -1 (5$ lOD).
Il Finnois /utk-e- « clicrt-her, rccherclier, demander ».
0AM
6am-ce i V. l, .'JOS) — § 200= da)is la direction; la désinence -ce est
le sullixe casuel (§ 129, n° 2).
Il Finnois hctma « marche, chemin », mot souvent employé pour renforcer
l'expression des rapports de temps et de lieu, avec un sens analogue à celui de
« précisément, juste » (Donner, II, p. li!), n° 2.18; Seliilii, FUF, XIII, p. ."in).
0AN
6an-r (C. 1082') — i^ i9o= iniju/uille^ paisihlc; la désinence est le
snilixe nominal -r [^ HO).
9an-r-a (Magliano) — «:; 303 = êf)-e iranc/aille, verbe dérivé d(> 8an-r.
Ban-s Krall, IV, l(i; IX, i, 11, 20) — §370 =/rrt/;7*//7//'; la désinence
rsl le siitlixe nominal -s (§ 117).
Ban-sur (Krall, H, 7; V, 12, 20) — i^§ 3:;i, 3:i8 = parfait de iran-
i/iiitlitr, trrs train/uille, composé de B an- être tranf/nille el de sur
'voir ce moli.
ean-u-r-si (F. 803 />/\v; Ga. 390) on Bann-u-r-si F . Ill, 391) — §ïil9o,
28'»= c/( paix, paisiblement, adjeclil' 6an-r on Ban-u-ri, an^,-
mcnli' dii sntfixe casnel -si i; 129,9), (|iii lui donne une valeur
adveri)iale (§ loG, 2).
A cette même racine se rallaclicui les noms propres 0an-a C. i'i,
IM, lOO, etc.), Oan-ia (C. lOO, Ii'<, 2:i7 etc.), 0an-xvil iC. 278,
'i08, i31 etc. , 0an-si C. I 'i(i3, 232ii, 0an-icu (C. 1790), 0an-si-
na (C. n22 .
Il Finnois lirii-lo « mince, tendre, inoii. indolent, doux » ; hongrois scin-da
« indident, dmix » 'l)(nin(r, II, p. ol, n» 129).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 443
0AP
Gap-ic-u-n {Nothie, 1893, p. 339) — §§ 294, 296 = division en parts,
répartition, partage, composé de Gap- couper et de ic-u-n division
(voir ce mot).
6ap-int-ai-s [IVotizie, ibid.) — i^ 207 = rfu demandeur de partage,
génitif (§ 129, 8) de 0ap-intai, participe en -i (§ 103) du verbe
Bap-int- faire procès de partage ; 9ap-int- est composé de Gap- et
de int- mettre en mouvement , procéder (voir ce mot). Pour la dési-
nence ai, cf. ens-ai-s.
Gap-int-as {lYotizie, ibid.) — s^ 29i = procès de partage, substantif
en -as (§ 99), dérivé de Gap-int-.
Il Finnois hap-l-a- « frapper »; uiordvlne sapt- « fendre, faire une entaille »,
sap-a « encoche, entaille » ; lapon capp-a- « découper » ; hongrois s/ïlj '< bles-
sure «(Budenz, p. 263 et 334, no^ 269 et 342; Donner, II, p. 100, n» 181).
0AR
Gar-a (Capoue, 1. 13) — § -113 = se dilater, craquer.
Il Finnois haro «bifurcation », luira « branches divergentes ».
0A0
GaG-e-n-ei (Capoue, 1. 12) — ^ 410 = grand d'empressement., com-
posé du verbe GaG-e-n- et de l'adjectif ei grand (voir ce mot).
0aG-e-n- est formé d'un Ihème *GaG à l'aide du sullixe de dériva-
tion verbale -n (§ 84).
Il Finnois huti- « se presser, se hâter », hnta « presse, situation critique ».
0AUR
Gaur-a (C. 198, 4538) — § 317 ::= s'empresser, être occupé.
Gaur-e C. 411(>) — § 241 = variante grapliiqui; ûi? Gaur-a. Pour la
permutation de l'a et de Te, voir § TiS.
Gaur-us (C. 4082) — ,^ 195 = affairé, adjectif formé avec le sulîixe
nominal -s (§ 117). Lu qui précède l's n'est pas organique.
Il Finnois hilori- « courir à droite et à gauche, s'empresser, être affairé » ;
esthonien /iô/'rt- « s'agiter »; hongrois siir-dg- « courir à droite et à gauche, être
empressé, être affairé » (Dudenz, p. 358, n» 317 : Donner, I, p. 192, n" 681).
444 QUATRIEME PARTIE
0EI
I
6ei-vi ti (Krall, V, ^0 — ,^ 'MWt -^ pcndcml le h-in/is que dure le fait
d'être violent de Ouuleverxeiiienl ; la désinence esl le suffixe casiiel
-ti le Ion;/ de («5 12!), 10; ; 9ei-vi être riolenl de houleversenienl esl
composé (le 6ei- ''//■'■ en désordre, cl de vi rire fort ivoir hi-a).
Il Finnois haj-a « ('tut ciY'pai'pilIciinTil, de drsagn'gation, de di'sordre. de
confusion » (Donner, II, p. 130, n» 817).
0EL
6el-u V. '1{)'V,'} — § 'IWO = réchan/fer. entourer d'affection [fovere).
Il Finnois liel-le « ciialeur, sentiment ardent » ; licl-lii- « être tendre, affec-
tueux, traiter avec indulgence « (Donner, il, p. :28, n^ 710).
0EN
6en-tma-S-e iC. 48) — i^ ±M =: foire bruit de paroles, composé de
6en parole el de tma-s-e faire du bruit (voir ce mol).
6en-6 (Krall, XII, (>) — § 381 = à la salle de la parole; la, désinence
esl le sullixe casnel 6 (J^ 129, 11).
Il I''innois suna « mot, nouvelle », saïui- « parler » ; liongrois han-;/ « ton,
voix » (lUuleiiz, [). i;ji, n" l.'JS; Donner, 11, p. :i7, n" 73!)). Le 6 initial étrusque
correspondant à un h linnois et à un v ouf^ro-linnois. les rapprochements 9en
= sailli = lumij ne semblent pas légitimes. Cependant IVt finnois permute ({uel-
quefois avec l'.v [liopero et sopero « bègue »; liipe.vla-a « s'avancer lentement »
et sipo-ta « se traîner » ; hiva-ta « frotter doucement » et siu-asu poli » ; huii-lu-u
« geler » eisil-La-d « avoir froid >>). D'autre part, Vit initial hongrois a quelque-
fois, comme dans hang, une valeur analogue à celle de Vli initial finnois (II.
Ity '< cheveu » ; F. hiu-Ase; W.hxl-k << lent, silencieux » ; F. Iiil-ja « taciturne»).
Donner II, p. .j8) pense que le finnois lien-hi » souille » appartient au même
groupe de vocables que le hongrois hau-rj « son ». Si le rapprochement était
i-rrtain, il entraînerait celui i](^ licu-lii et de l'étrusque Ben.
0ES
9es ^Capoiie, 1. 15) — i^ il" = appel, apostrophe.
ôes-a-n (Krall, V, lî), 23; XI, li, iH\ — i; 'MV.') = oppel, invocation,
siii)slanlir l'ornié du verbe 6es-a, à l'aide du sulli\(> iu)[uinal-n
(^ 11.*}).
DICTIOINNAIRE ÉTY5I0L0G1QLE 445
6es-a-ne (Krall, V, 2i) — § 3G7 = pendant Vactc d'invoqué)', verbe
9es-a, augmenté du siiffîxe comitatif -ne (§ i^29, n° 6].
0es-ni-n (Krall, V, 10) — ^ HGl = incocation, substantif formé avec
le suliixe nominal -n (i^ 113) ; il dérive d"un radical verbal Bes-n-,
formé lui-même à l'aide du suffixe verbal -n (§ 84). L'i n'est pas
organique.
Il Finnois hàs-fa- « appeler, citer, défier, menacer, interpeller ».
0EZ
0ez-e-ri (Krall, VI, 9, 11; XI, ii) -.= pour être tranquille, \crhe
0ez-e, augmenté du sulïixe casuel -ri (^ 129, n" 7).
ôez-e-ri-c (Krall, VIII, 4) — .§ 328 = même mot, pourvu de l'encli-
tique coordinalrice -c (§ 154).
9ez-i (Krall, III, 15) = être tranquille.
6ez-i-n (Krall, VIII, IC) — ,^ 346 = calme, substantif dérivé du
thème verbal 6ez- à l'aide du suffixe nominal -n (§ 113).
9ez-i-n-ce (Krall, IV, 3; IX, 2, 9)— ,^370= au calme, dans le
calme, substanlif Gez-i-n, augmenté du suffixe casuel -ce (§ 129,
n° 2).
6ez-i-n-e (Krall, IV, 5 : VIII, 13i — § 341 ^^= rester calme, verbe dérivé
de 6ez-i-n.
Il l-'innois hid-as a lent, imlolent, nonchalant, paresseux ,>, hH-ainen « id. » ;
hit-uri « id. » ; hit-u-sla- " faire quelque chose avec nonchalance ». Pour la
voyelle thématique, voir g 62 E 2.
01
6i-i (C. 4o38j — ,§ 313 = courir, se hâter.
6i-i-tal (Capoue, 1. 10) — § 40i = dépourvu de vitesse, d'élan, adjec-
tif composé (lu verbo 9i-i et de l'adjoclif tal privé de (voir ce
mot).
9i-l (C. 4o38) — §§313, 323, = hâtif, hâtivement, vite, adjectif formé
avec le suffixe nominal -1 (Î5 109).
Il Hongrois sie-t- « se hâter, courir » ; mordvine cije- « courir, s'élancer,
voler » ; tchéréniisse si-/- « l'uir » ; finnois /u/i-l'i- « patiner, glisser » (Budenz,
p. 341, n" ;].'i2 ; Donner, 1, p. 112, n° (507). H y a cependant une difïiculté en ce
([ui concerne le finnois hili-Ui-, Vi long finnois ne correspondant pas à Vi étrus-
que (voir g Gt, U 3); mais \"i long n'est peut-éire dans hili-Ld- que le résultat
d'une contraction (cf. mordvine ciJe-].
4i(i (jUATRIlblE PARTIE
0IC
0ic-u-v-eis (Capouc, 1. 9) — ^ A{}'.i = rp-mid dn famée, abondant de
fnntr<\ adjcclil' composé de eis (voir co iiiolj et du verbe 6ic-u-v-
oii 9ic-v-, roriné avec le sullixe de dérivalion -v (§ 88), comme
scu-v-u-ne.
Il Fiuiiuis liuUai « rmiirc », /lai/.ii « l'uiupr »,
OU
Gu-es iC. illG) — ^ :li'^ = crié, appelé par son nom, particii)e passé
passil'en -es (i^ 101 i du verbe Gu-.
Il l'innois liiila- « crier, apiieler » ; esllioniea /lii- ; zyi'énien sï « mot, voix •> ;
hongrois luo-, lu- « appeler, crier » (Donner, 11, p. 112, n° 796 b; Setalîi, FUF,
XIII, p. 369).
0UX
6ux (Magliano; Capoue, 1. 18) — i;,^ 302, 121 = prolubérance, roi/le-
menl, épa^de.
Il Zyréiiien .soV/ « cheville, renllenicnl (rarticiilalion »: hongrois cd(/ « nœud,
reiilleniriit » Budeiiz, p. :i7o, n» iOl : Donner. 1, p. 1(17, n" 589).
0UF
Guf-l !•'. -l'.V.V.'} h) : - empressé, aimable, agréable, adjeclil' formé avec le
siillixc nominal -1 (^ 109).
6uf-l-0-as C. '('(G) — v^ 277 := acle d" empressement, d^imabilllé, acte
df prapitiat'ion, offrande, hommarje, substaulif eu -as (.!^ 99), dérivé
d'un verbe 6uf-l-9- être aimable, lefjuel dérive lui-uième de 0uf-l-
;i l'aide du sullixe verbal -6 [^ 87).
6uf-l-6-i C. 2.'{ilj = être aimable, être favorable (voir le mot précé-
deiil. .
8u-p-l-6as (G. Mo) — § 263 = variante de 6uf-l-0-as.
Ouf ul-0-as C T.iW) = variaule de 0uf-l-0-as.
0uf-ul-0i-cl-a F. 2()0;j '"'-) — Sii 20(5= être propice, être fimrable,
verbe dérivé de 0uf-l-0- à l'aide du sullixe double -cl i§ 90). L"i
n'esl pas or^aui(|iH^.
Il Finnois hojijiu <. hàle, diligence, empressement » (Donner, II, p. 88, ri" 776).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 447
OUI
Gui (G. 48, 171, 181, 193, 199, etc., elc ) — §§ 183, 18i, 187, 197,
214 = couc/i'', étendu.
Il Finnois lioj-o « quelque chose dallongé, d'élendu, de dilaté; homme indo-
lent, nonchalant, qui se laisse aller « (FUF, XI, p. 241).
0UM
9um-sa ^Krall, XII, 12) — § 389 = rapide, rapidement^ adjectif
formé avec le suffixe nominal -sa (§ 118).
Il Fionois hom-ma « hâte, précipitation » (Donner, II, p. 149, n° 837).
0UN
0un Krall, IV^ 5, 17) = j^etlt, peu.
9un-a, 6un-e, dans les composés hilar-6un-a, hilar-0un-e i voir ces
mots) = être réduit., être très petit.
Gun-em (F. 233.> ; Krall, XI, 17; XII, 10) — ^§ 222, 387 = défectueux
de peu, jiresque, à peu près, environ, composé de 0un et de em
défectueux (voir ce mol).
6un-i (Krall, X, 7) =: peut-être participe en i i§ 103) du verbe 6un.
Gun-^-er-s (Krall, VI, 7 = sens indéterminé ; le mot est composé
de Gun-X" être réduit et de ers (voir er). Le radical verbal
Gun-3(- est formé avec le suffixe -^ (§ 80).
Gun-)^-ul-e-m Krall, XII, 3) — ^ 377 = extrême de réduction, c'est-
à-dire nul. Le mot est composé du radical verbal Gun-j^- être réduit
et de ul-e-m porté à iextrême (voir vel).
Gun-jf-ul-G-e (G. 4538! — § 314 = être extrême de réduction, être nul,
ne pas exister, verbe composé de Gun-^- et de ul-G-e être e.xtrême
I voir vel).
0un-5^-ul-G-l (G. 4538) — § 323 = extrême de réduction, nul, composé
de Gun-X" et de l'adjectif ul-G-1 (voir vel)i.
Gun-s Krall, VI, 13 = adjectif dérivé de Gun à l'aide du sutlixe -s
(§■11")-
Gun-s-na Krall, VI, 13) = adjectif dérivé du précédent à Taide du
sullixe -na (.^ 114).
II Fiuuois liuon-o « mauvais, misérahle, pauvre, faihle »: hun-nii « imbécile »;
esthonien hôn « maigre, amaigri » : zyrénien cîn- « décroître »: hongrois ciin-
« languir, ne pas grandir » i^Budenz, p. 380, n» 409; Donner, II, p. 49, n° 126;
Sctula, FL'F, XIII, p. 368).
448 gUATlUÈME PAUTIE
0UR
in-
6ur lOU 9ur-a) = sitile, i^jnée, rcji'lni). Le; un il en Ire duiis lu eu
posilion des noms propres : Anei-6ur-a (C. 38i:2j rcjclun dWnel,
Precu-Bur-a §245; C. 4110), Tamia-6ur-a (F. 2033;, Vel-eina-
eur-a !^ ;U7 ; C. A:V.i8), Vel-Gur i;?^ 182, 237), VelGurieur-a
,:< -UVA: F. 2003), Vipi-Gur, Cucrina-Gur (C. MW).
8ur-as, dans le composé paxa-6ur-as (voir ce mol) = suile, succes-
sion, substantif formé avec le suflixe nominal -as (§ 99).
Bur-u-n-i (C. 4538] — § 322 — se succrchint , sncrcssif, successivement,
participe en -i (sj 103) d'un verbe 6ur-u-n-, Ie(|uel est formé avec
le snllixe de dérivation verbale -n (§ 8i).
Il IIoi)f,'rois sor « série, ordre, rang, .suite » liudeiiz, p. 347, n° 339).
uc
uc-e, dans le composé cl-uc-e (voir ce mol) zz=pl(picr, clouer, ficher,
iippliijner.
uc-n, dans le composé cel-uc-n (voir ce mot) = /lojNiinl, jirrninl,
aigu, adjectif formé avec le suilixe nominal -n '>i 113!.
uc-u-m, dans le compose cel-uc-u-m (voir ce mot) = piquant,
pcrrnnt, rz/iyu, adjectif verbal formé dn verbe uc-u avec le suilixe
-mi^ 111).
uc-t-r-as, dans le composé cl-uc-t-r-as (voir ce mol) = chose
cloure, (ippiiqiii'e, placage, substantif en -as (§ 99), dérivé du radi-
cal verbal uc-t-r, lequel dérive lui-même de uc- à l'aide du suf-
lixe -t v^HT; et du suilixe -r (J^ 8.')).
uc-6-r-as, dans le composé cl-uc-9-r-as (voir ce mot) = variante
.^ra|dii(iue de uc-t-r-as.
Il Hoiigrois iik-Uil- « lieurler viulemnieiit, iiiqucr « ; dk-liid- « être liciie,
impin;/i » (IJudenz, p. 8i6, ii" 940).
UL
ul-e-m, dans le comytosé 6un-j(-ul-e-m l'voir ce mol) = porté à Vex-
Irèine, au suprême clegrr, adjectif verbal dérivé du verbe *ul-e à
l'aide du suffixe -m (§ 111).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 449
ul-9-e, dans le composé ôun-^-ul-ô-e (voir ce mol) = être au plus
haut point, être extrême, verbe dérivé du thème *ul- à l'aide du
suffixe verbal -9 (§ 87).
ul-9-1. dans le composé 9uii-x-ul-9-l (voir ce mot) = extrême,
suprême, adjectif dérivé du radical verbal ul-9- à Taide du suffixe
nominal -1 (§ 109;.
Si ces mots étaient isolés, au lieu de se présenter en composition,
leur thème serait, non pas ul, mais vl ou vel (voir ce mot). Cf.
§§ 64 U 1 et 73.
Il Finnois Ul-e » ce qui est au-dessus, supérieur » (Budenz, p. 848, n" 943;.
UL
ul-^-n-i-sla i^C. 53) — § 280 = guetteur (^chat?), substantif formé
avec le suffixe nominal -sla (§ 119). Le radical verbal ul-x-n-,
dont il dérive, est formé du thème *ul à l'aide du suffixe -x (§ 80)
et du suffixe -n i § 84).
Il Hongrois ôl-al-kod- « rôder autour, épier » (Budenz, p. 836, n° 922].
UM
um-a-9-s, dans le composé pr-uma6s (voir ce mot) — § 38 = qui
npj)artient à, parent . Um-a-9-s, dérivé de *um, présente deux
suffixes, le suffixe -9 § 120), comme zila-9, et le suffixe diminu-
tif -s (§ 117), comme afr-s.
um-is, dans pr-umis (voir ce mot) — § 248 = doublet de uma9s.
La désinence -is est le suffixe diminutif i§ 108], qui est dans sex"
is.
Il I*'innois orna « propre, qui appartient à » ; om-a-inen « proche parent » ;
om-alisu- « reconnaître pour sien »; orna- « posséder » ; vm-i-sla- «revendiquer ».
UM
uin-na9-e, dans le coni]iosé al-um-na9-e (la. 799) — !^ 255 = tom-
ber, glisser, couler, verbe dérivé de *um- à laide du suffixe dou-
ble -n9 (§ 93j devenu -na9.
Il Hongrois om-l-, om-ol- « tomber, s'écrouler, couler » ; vogoule 7.um-l-
« s'écouler »; ostiak ovï- « couler » (Budenz, p. 840, n». 929)
29
4oU (jLATIUlk.ME l>AliTIE
UN
un vKrall, 111, l'J ; IV, i:i; VIII, y :{ ; IX, 7, li); — ^ 371 = demande,
prirre.
un-e Krall, VIII, 11) — § 339 = demander, prier.
un-xv-a (Krall, XII, i, 6) — §§ 379, 380 = questionner, verbe formé
avec le sullixe double -xv (.i^ 90 '''').
un-u-m Krall, V, 20) — § 305 = prière, subslaiilil' verbal formé du
v(uIh> 'un-u avec le suffixe -m i^ 111).
un-u-0 (Krall, X, 13) = verbe *un-u, augmenté du sullixe cusuel -0
(§ 129, 11).
un-ial-t-i (Krall, XII, 10) — ^ 38i == èlre nouveau de demande, c'est-
à-dire répi'ler la demande, verbe composé de un- demander et de
ial-t-i ê/î"e nouveau (voir ce mol).
Il Hongrois un-sol-, on-sol- » exhorter, pousser par des cris » (Budenz,
p. SGI, n" 'JGLi).
UNI
uni-al iCapoue, 1. 13) — ^^ ill, 412 r=: provenant du vent, la dési-
nence est le sullixe casuel -al i?; 129, n° 1).
Il Finnois onkee (nom. onge] « soulïle léger ».
UR
ur-um dans le compose cer-urum ^voir ce mol i — '^"IVÔ—combli', faite.
Il Hongrois ovom » pinacle, faite, toit » (Budenz, p. 842, n" 931).
UR
ur-sm-n-al i Krall, Xll, 10) — § 381 = provenant de la rouille de
clou, composé de ur cloueÀ d(! smn-al provenant de la rouille (voir
ce mot). Pour le sullixe -al, cf. § 129, 1.
Il Finnois ov-a « petit foret, a!ènt>, pointe a percer » ; niordvino uro, itr-m'i
« alêne » ; hongrois «'/■, fin- o alêne » (Budenz, p. 750, n" 812).
UR
ur-cac Magliano; — § 30'< = paire de (jerines, C()m]>osé de ur
(jernio, grain tendre et de cac pàlée (voir ce mot).
Il Finnois ora-s « germe qui commence à sortir ».
DICTIONNAIFÎE ÉTYMOLOGIQUE 4SI
US
us-cuv (Capoue, 1. lOi — § 405 = fort d'élan, composé du verbe
us- lancer et de radjeclit' cuv fort (voir ce mot).
us-i (Krall, VIII, 9) — § 333 = donner des coups de marteau.
us-la-ne-c (Krall, V, 21) — § 3G7 = et avec l'acte de lancer, verbe
VLS-l-a, lancer, émettre, augmenté du suffixe comilatif-ne (§ 129, 6),
auquel s'ajoute l'enclitique coordinatrice -c (§ 134). Le verbe
us-l-a présente le sufRxe de dérivation -1 (§82).
us-l-i (^Krall, VII, 13) = formation analogue à celle de us-l-a.
Il Finnois osa-, osu- « lancer vers un but, viser, touciier, frapper ».
U0
u6-u-r-l-a (C. 301) — i; 273 := persister, durer, verbe dérivé du thème
*u6 à l'aide de deux sullixes, le suffixe -r (§ 83) et le suffixe -1
(§ 82). Le second u n'est pas organique.
Il Finnois od-olia- « attendre, demeurer ».
V
Le V initial étrusque correspond à un u ou à ù finnois; voir §73.
VAC
vac-il (Capoue, 1. 4, 3, O, 12, 14) — §§ 393, 394, 396, 408, 409, 413
= convoiahle, apte, digne, bon ; la désinence est le suffixe de déri-
vation nominale -1 (§ 109), vocalisé en -il; cf. ac-il, av-il.
vac-1 (Krall, Kl, 13, 10 ; V, 16, 19; VII, 2, 3, 3, 13, 17, 21 ; VIII, 9,
10, 16 ; X, 4, U ; XI, 4, '.>) — S;^ 333, 337, 364, 374 = variante de
vac-il.
vac-1-tnam (Krall, VI, 10; VIII, 1; XII, 9) — %^^'i = convenable-
ment, bien, adverbe formé avec le suffixe -tnam (§ 136, 3) ; cf.
e-tnam. On retrouve la racine vac, sous la forme syncopée vc,
dans le composé purtsva-vc-ti (voir ce mot).
Il Finnois uk-i-lla- « presser, liàter, stimuler, exciter » c'est-à-dire « rendre
dispos ». Peut-être y a-t-il quelque rapport avec le lapon vuok-as, vuok-es, vuok ok
« qui convient à, apte, digne » (Budcnz, p. 832, n° 919).
452 QUATRIÈME PARTIE
VAX
vax-r (C. 4538: Kmll, VII, 8) — §§309, 37(i = oplnhilrr, constant,
fermr, adjoclil' roriiié avec le sullixe nominal -r li; 11(1 ; cf. tev-r,
Gan-r.
Il Finnois iihiici « opiniâtreté, ubstinatiou, volonté ferme ; ulikaus « menace » ;
itfili-i-o « volonté bien arrêtée ».
VAL
val-e (Krall, VII, 5) — ,^ 375 =^ dépasser; cf. ais-val-e dépasser de
grandeur, être plus grand. Voir vl.
Il Finnois ul-lio-a « dehors », ulo-s « vers le dehors », ul-o- « sortir».
VAN
van-e-c (Capoue, l. 15) — s^ 410= être oublié; la désinence est
renclitique de coordination -c {§ 154).
van-i-es (Capoue, I. 9) — § 401 = ou/y/(r', participe passif en -es
?; 101 ) du verbe van-i-, formé avec le suffixe de dérivation -i (^ 81j.
van-6 (F. ^lïi'rl ; C. 18h2) = oubli(?), substantif formé avec le suffixe
nominal -9 [% 120). Le mot sert à désigner la figure d'un génie
funèbre.
Il l'^innois un-he « oubli », iin-ho-tta- « oublier ».
VAR
var (Krall, IV, 12, 14 ; V, 10 ; IX, 18; XI, 10) — ,^J; 350, 372 = las,
fatigué, à bout di' forces.
Il Vogoule ur « être maigre, maigrir»; zyrénien o;-- « être à l)out de forces »
(L'udcnz, p. Iu4, n° 817).
VEC
vec-i-e, dans le composé trut-vecie. Voir hec-i-a.
VEI
vei, dans le composé is-vei (voir ce mot) = défaut, manque. Si le
mot était isolé, la lettre initiale serait un h et non un v (§ 74).
Il Finnois vaj-a « manque » .
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 453
VEL
vel (Ga. 30) — § 290 = haut, supérieur, suprême.
vel-9-a Krall, X, 8, 10) = s élever ou élever, verbe dérivé à l'aide
(lu suflixe -6 § 87^.
vel-6-e ^Krall, X, 15) =: variante de vel-9-a.
vel-6-i-te (Krall, VII, ^0) = élever, verije dérivé de vel-S- à laide
du suffixe faclitif-t(§87).
vel-6-r-e Krall, VII, 2) — i^ 374 = s'élever, dérivé de vel-6- à l'aide
du sullixe -r (§ 8j).
Vel se rencontre fréquemment dans l'onomaslique étrusque. Il
forme le prénom Vel j; 230 , ainsi que les dérivés Vel-6ur, Vel-
as-na, Vel-ce, Vel-el-ia, Vel-e6-nei, Vel-im-na, Vel 6-i-iia, etc.
(voir §290; cf. Schulze, Lateln. Elgenn., p. 163). Plusieurs cités
étrusques, villes hautes ou capitales, ont un nom (jui se rattache à
la racine Vel, comme Fe/-n-6-ri, Vol-ci, Vol-sinii, Vel-siha, etc.
(cf. Pline H. X. III, 115 Bononia Felsina vocitata cumcaput Etruriae
esset). La divinité principale de l'Etrurie, celle dont le sanctuaire
était le centre religieux et politique de la confédération, s'appelait
Vol-ium-na iTite Live, IV, 25, 7; Gl, 2 : VI, 2, 2).
Voir ul-e-m, ul-9-e, ul-0-1.
Il Finnois ule [iili) « ce qui est au-dessus »: zjTénien vel; mordvine cel-ks ;
tchérémisse val, viil ; vogoule 01 (Budenz, p. 848, n" 943).
VER
ver (Capoue, 1. 11) — § -408 = tenace, obstiné, constant.
Il Finnois ur-h-e-a « courageux, ferme, inébranlable, constant».
VER
ver-s-i-e [yotizie, 1895. p. 242. — § 202 = gémir, verbe formé à
l'aide de deux suflixes de dérivation, le suffixe -s i§ 801 et le
suffixe -i(§ 81).
Il Finnois ur-i-na « murmure, frémissement, gémissement »; ur-i-sla- a gémir».
VI
vin-m Krall, IV, 14) = variante de vi-n-u-m, à moins que ce ne
soit une faute de copie.
4rii QUATIUÈME PAKTIE
vi-n-u-m Krall. III, IH, -20; IV, 0, 2i>; VIII, 5, 8; IX, 7, 22; XI. 2,
■4j — §^ .'{;{!, .'{"1 = iiiari))^ udrigali'itr ; snlisLiu lif Ioiiik) à Taidci
du siifTixo nominal -m i; 111)5 ^^ radical veihal vi-n- csl lu -
même formé à l'aide du sulîixo -n (.i5 8i).
Il Finnois ui « nager »; nionlvino njt;-. vj-n-e (ce dernior focnir ronniie Trlriis-
qiic vi-n); zyi't'-nicn uj-: %(igonlc nj-; lapon vi/oje-; hongrois û-s- (Builenz,
p. 808, n° 967).
VIL
vil-e Krall, VII, 5 — ^ 'Mï = crier fort, se jiht'mdre, rjrmlr, hurler.
Il Finnois njel-la-, iiil-o-lla- « se plaindre, crier, hurler, gémir, appeler au
sjcours ».
VIP
vip-i-n-al C. 53) — ,^ 280 = hors du nid. Lu désinence est le suffixe
casuel -al f§ 129, 1 . Le substantif vip-i-na est formé avec le
sufïixe nominal -na 'i; Ui), dont la voyelle désinenlielle se confond
avec l'a initial du sullixe (voir smnal)
Il Finnois iippu « dépression, enfoncement ».
VIS
vis-1 (C. 3) — § 218 = fl?H/ca/; la désinence est le suflixe nominal
-1 (§ 109).
Cf. vs.
Il Finnois us-til-vn « amical, bienveillanl » (Hudcnz, p. 8'2;j, n" 900).
VL
vl-i-c-s, dans le composé xis-vlios (voir ce moti = co;u//<//, émis-
saire., substantif dérivé de vl à l'aide de deux sufTixes, d'abord le
suflixe -c [^ 100) et ensuite le suffixe diminutif -s (§ 117). L'i est
inorganique.
vl-s-si 'F. 20.J.J] — ,§ 231 -^zz parti au dehors (foras), c'est-à-dire dis-
paru, mort. La désinence -si est le suffixe casuel marquant le
point d'arrivée (§ 129, n° 9). L'adjectif vl-s est formé avec le
sullixe udiiiinal -s [i 1 17).
Voir val-e.
Il Finnois i/l-/;o « an-deliors, loin »: id-o.'i « vers le dehors »; iil-o- « s'en
alli'r, partir ».
DICTION.NAIBE ÉTYMOLOfilQUE 455
VLE
vie n'est connu que comme enclitique de coordination, dans
Lar0ialis-vle (C. 411fi, § 2io). Le sens est ainsi que, en môme
Irmps que. C'est l'équivalent de l'enclitique c (§ loi).
II Hongrois -val, -val, suffixe marquant la concomitance.
vs
VS (Magliano) — § 307 = amical, familier, gentil. Vs est une forme
syncopée pour vis [voir ce mot'.
Il Finnois iis-ta-va « amical » (Budenz, p. 822, n" 906).
V0
V0 (Capoue, l. liî) — § -408 = nouveau, de nouveau.
Il Finnois ute (nom. ûs-i) « nouveau, récent )>; mordvine od « id. »; tcliéré-
misse iio; zyrénien vî-l « nouveau, frais » 'Budenz, p. 864, n° 961).
Le z correspond à un t ougro-fmnois précédant une voyelle douce
ou infléchie (a, o, »j; il correspond aussi quelquefois au d hon-
grois précédant un i. Voir § 7^.
ZAC
zac, dans le composé mar-zac (voir ce mot) = remarquable.
Il Finnois tdh-dâ- « remarquer, distinguer » -, hongrois liïk-i-ntu- « observer,
regarder, considérer » ;Bud(Miz, p. 211, n''221; Donner, F, p. ll.ï, n° 412).
ZAI
zai (Capoue, l. 10, 11 — ,§§ 403, A'io = plein, complet.
zai-n (Capoue, l. 9, Ifi) — ^^ 403, 418 = adjedif zai augmenté du
sutrixe instrumental -n ;^ 139, no G). Cf. mar-zai-n.
Il Finnois t>iule 'nom. laii-si « plein » : esthonien Kii-z {taie), liive, tàvve
lui-t-sâ « complet » : tchérémisse li-l' « plein » (Donner, 1, p. 121, n" 430).
i.'if) QUATRIÈME PAKTIE
ZAL
zal (F. 225^2, 205G) = trois ou quairc; voir §5; 1 iO, l'd.
ZAM
zam-t-i-c (Krall, XTI, 12) — § 380 = pAn' (/ni hmirre, et ce qui cnl-
f>tl<\ participe en -i (.^ 103) du verbe zam-t- hnurver, lequel est
formé avec le suffixe de déi-ivalion verbale -t (§ 87). Le c linal est
renclitiquc coordinalrice (§ loi).
zam-ei-c (Krall, VIII, 10) — § 337 = cl k calfatage, sul)slaulif eu 61
(i^ 122), augmenté de Tenclitique coordinatriee.
Il Ilnnfirois lHin- « bourrer » : tchért'-misse lem- « remplir » (Biulenz. p. 2.'iO,
n» 239 ; Donner, I, p. 151, n^ 544). L'équivalent du thrme honf,n'ùis lôm serait
plutfM zem (voir zer. zec). Mais en étrusque Ta et l'e permutent aisément
(.5 55).
ZAN
zan-1 (C. 70) — § 250 = rejeton, substantif formé avec le suffixe
nominal -1 (j^ 109).
II Hongrois lan'-es- « végéter », lun'-es-lii- « propager ».
ZAR
zar-ve Krall, NI, I — i:; 370 = étendu, adjectif formé avec le suffixe
nominal -va -ii 123; pour ré([uivalence de l'a et de l'e, cf. î^ 55).
Il Hongrois Inr-jud- » s'étendre » : lur-u-(/iil- « étendre » (Budenx. p. 20S,
n" 220; Donner, I, p. 135. n" 178).
ZAT
zat-i Krall, VIII, 13) — 55 3'il = luire, briller, éclairer.
zat-lx-ne (Krall, VIII, 13) — i< 311 ^= en train d'être multiple de
lueur. La désinence -ne est le suffixe comitatif (|^ 120, Oi. Le radi-
cal zat-lx est composé de zat- briller, el de 1^ uiulli/ilr (voir ce
mot;.
Il Hongrois Inl- « paraître, scniljjcr. apjiarailrc » ; lal-s- « apparaître d'une
façon agréable, plaire »; zyrénien Lîd-al- << paraître, être visible » (Budenz, p. 211,
n» 221).
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 4S7
ZA0
za0-r-u-m (Krall, XI, 8) — § iiB =dix.
zae-r-m-s (F. 2071; F. I, 388) — S§ 180, 181, 229 = génitif de
za9-r-m.
zaG-r-u-m-is i Krall, VI, 14 ; Vill, 3 ; XI, 15) — § 327 = dixième ; la
désinence -is parait être cerlle d'un nombre ordinal (§ 147).
za6-r-u-m-s-ne (Krall, YI, 9i = avec le dixième; la désinence -ne
est le suffixe comitalif (!;; 129, 6 . Za6-r-u-m-s est une variante de
l'ordinal za6-r-um-is.
Il L'origine du mot est inconnue.
ZE
ze-a (C. 4338) — § 321 = variante graphique de zi-a. Pour la per-
mutation de Te et de Fi, voir § 55.
ZEC
zec (Krall, IV, 3; V, 2, 22 ; IX, 1, 9) — §§ 348, 368, 370 = complé-
ment ^ fin.
Il On peut liésiter entre le hongrois tok-él-at-iJ.S «. complet, parfait, fini », et
le finnois luh-li « reliquat ».
ZER
zer-i (Krall, V, 2 ; VII, 21 ; IX, 1, 8) — §§ 348, 370 = interrompre,
briser^ trancher.
zer-i-c Krall, V, 221 — §367 := verbe zer-i avec l'enclitique de
coordination c (§ 154 .
zer-is [Xotiziey 1895, p. 339) — § 295 = interrupteur, trancheur
adjectif verbal formé avec le suffixe -is (.^ 107).
zer-i-u (C. 4538) — i^ 323 = s'interrompre, avoir des inlerru/)tions.^
verbe formé avec le fréquentatif -i (§ 81).
Il Hongrois lor- « briser » : lor-od- « se briser » ; lor-al « fragment » (Budenz,
p. 233, n» 243: Donner, 1, p. 134, n» 474).
ZI
zi-a (C. 4338) — §317 = se produire. Voir ze-a.
liiH OLATIUÈME l'AUTIE
Il Finnois lUù-ntd- « l'aire nailre, pousser dehors, émettre, projeter >> ; ostiak
lu-, «naître », //?-/?-« se produire, se présenter »: vogonle Ir l- « naître »
(Hiidenz, p. 2:i8, n" 2f.f)). Pour la voyelle thématique, voir § G3, I 4 et § 72.
ZIX
zi)^ Ha. ~90) — § 'lo'I --=■ nhoiiddiU .
Il Finnois tiih-vii « llorissant, opulent, épais, luxuriant file végétation, de
feuillage; ». Pour la voyelle, voir S f''^, I 'i cl S "2.
ZIX
zix-u-)^-e (C. io^S) — i; ',V1\ = tressaillir, avoir des sotibresauls, faire
un trger mouvement, verbe défivé du thème *zix- à l'aide du
suffixe verbal -^ (§ 80).
Il Finnois /«/f/i--rt- « avoir des soubresauts, être secoué, sautiller, se balan-
cer ». Pour la voyelle thématique, voir § 63, I i et § 72.
ZIL
zil F. I, WOai^ ; c. 14301 — §§ 197, 205 = plein, complet.
zil-c (F. m^O, 2070, 233:;) — ,^î^ 218, 233 = plein, complet, dérivé
de zil, à Faide du suffixe nominal -c i>^ 100).
zil-c-ti F. I, 388) — § 229 = adjocUF zil-c, augmenté du suffixe
ca-suei -ti ;< 129, 10).
zil-a-t (<;. 2771) — § 2'0(» = parfait, adjectif dérivé de zil, à Faide
(bi sullixe iKuniiial -t (>; 120i. L'a a éb'^ développé par le voisi-
nai^e de la li(juide.
zil-a-e (F. 2():;:;, 233:; : m, 322^ — l^i^ 230 = variante graphique
(le zilat. Four ri'i|uivai('ur(' du t et du 6, voir ^i 08.
zil-a-x-ce (F. 211(1) =^ é(iuivaut a zil-x-c9 cl n'est pas autre
chose (jue Fadjcctif zil-c écrit avec un jf, au lieu d'un c (cf.
i; (»8j ; la désinence est le suffixe casuel -ce (§ 129, n<'2).
zil-a-x-n-u (F. 2055j — § 231 = rtre accompli, parfiil, verbe dé-
rivé de l'adjcctiPzil-x 'ou zil-c), à l'aide du sutfixe verbal -n (§84).
zil-a-x-n-u-ce (F. 20.j7, 20:)9, 2339 = dans l'état de être accompli,
vcrbo zila^nu, avec le siillixc casui'l -ce !)i 129, n" 2).
zil-a-x-n Gas (F. 232:; a) — ij 222= accompli, adjcclif verbal formé
avec le sullixe -6as (iii 121) et dérivé du verbe zilaxn-.
zil x-n-u ' F. I, 3S7: — §228 = variante gra|ilii(i le zilaxnu.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 459
Il Hongrois Idl, tiil » plénitude » ; tiil-u, liil-i, tnl-i-d, lul-ju-s << plein » ; tcil-
(.< se remplir »; vogoule tagle, tajl « plein » ; finnois liir-tiï- « être plein, repu »;
zyrénien, votiak lïr « repu » ; ostiak (r-t « plein » ; tchérémisse lit' « plein »
(Budenz, p. 203, n» 214 ; Donner, I, p. 13.3, n° 479). Sur le type originel de tous
ces vocables il y a de grandes incertitudes (voir les observations de Budenz,
p. 204-205, et d'Iles de Donner, I, p. 121 et 136 . il ne serait pas impossible que
dans l'étrusque zil hi consonne finale fût un suffixe, le suffixe nominal -1 (§ 109)
et qu'il y eût à rapprocher * zi de zai (voir ce mot : pour l'équivalence i = ai,
cf. § 55).
ZIV
ziv-as(F. 2100, 2335,- Krall, VIII, 12) — §.§ 240, 242, 340 = {vcni-
qullle, paisible ; pour le siiffixe nominal -as, voir § 99.
Il Vlnnois tiivû-, t/iv-en-,tuv-e'ntu- » se calmer <> ; vogoule liiu-ù'nl- « se tranquil-
liser »; ostiak tev-in « tranquille » 'Budenz, p, 364, n°385) — Pour la voyelle thé-
matique, voir § 63, 1 4 et § 72.
ZIZ
ziz (Capoue, 1. 19) — § 423 = socle, soubassement.
Il Finnois tnlil « masse, digue, amas ». Pour l'i après le z, voir § 63, I, 4 et
§12.
zs
zs (C. 4o38) — § 313 = abondant, fréquent.
Il Finnois lus-kiio lourd, pesant»; esthonien lilz-e ; votiak tu\ « beaucoup»;
tchérémisse tiis « plein », (Donner, I, p. 123, n" 442).
zu
zu-1, dans le composé lare-zul (voir ce mot) = précieux, digne,
qui mérite, adjectif formé avec le sufTixe de dérivation nominale
-1 (!^ 109).
Il finnois dij\ ilij « prix » (Budenz, p. 234, n" 260).
zuc
zuc-i (C. 438) - §§ 312, 320 = heurter, frapper.
zu^-n-e (Capoue, I. li) — § il.'i ^=^ être comprimé, verbe dérivé du
thème * zu;^ à l'aide du sulïlxe -n (§ 84). Poui- ré(|uivalonc.e de
*zuc et de *zux, voir § 08 ; cf. sec, se^-
Il Finnois Idk-ahla-, fô/{-ni-slu- « pousser, taper, frapper brus(iuemcnl, arrêter
bourrer " ; Ink-iiii-lH- « s'arrêter ».
460 QUATRIÈME PARTIE
zus
zus-l-e I Krall, II, 11) = être hcau, rire pnrpùl, verbe formé avec le
siillixp de dérivation -1 i§ 8:2).
zus-1-e-va Krall, III, •ï) = f/eau, parfnil, splendlde^ adjciclil" dérivé
de zus-l-e à l'aide du siiflixe nominal -va (>; 123).
zus-le-va-c (Krall VIII, 7) — v< 333 = même mol, augmenté de
l'eiirlil ii|u»' cDoi'diujit i-ire -c i!^ loi).
zus-1-e-vai ((l.ipouc, I. lli — i; 107 = variante de zus-1-e-va et de
zus-1-e-ve. (Il, riBn-ai, teham-ai.
zus-1-e-ve Krall, I\, I, 8, li, 16) — i;i< 370,37-2 = variante de
zus-1-e-va. Pour la pcrmulalion de Ta et de l'e, voir s; oo.
zus-1 e-v-es (Krall, IV, 7) = sens analogue au précédent. Si la
lecture csl certaine, le mot est le participe passé passif en -es
(î^ loi) d'un verbe zus-l-(e)-v-, formé avec le sullixe -1 (§ 82)
et le sullixe -v (§ 88).
Il Hongrois dis-ds « beau, approprié » ; dis-la- « vive vifïoureux, bien pousser,
bien venir » (Ikidenz, p. 255, n<=261).
TABLE DES MOTS ETRUSQUES
CONSERVÉS PAR LES ANCIENS
[Voir Miiller-Deecke, Etrusker, II, p. oOS el suiv.; Skulsch dans
Pauly-Wissowa, YI, p. 77o-777].
AGALETORA
'AYxXv^TOpa • -aToa Tuppr^voî (Hesvch. I, 29).
Élanl donné la brièveté des radicaux simples en étrusque i§ 75),
agaletora est un mot composé. On y distingue le radical tora,
apparenté à celui qui forme les noms propres latins Numl-tor, Ser-
ior iSchulze, latein. Eigenn., p. 200, 2.']0, 338 et les noms propres
étrusques Vel-6ur, Lar-9ur, Arn-0ur, Num-9r-al, Tin-0ur,
Vel6ina-6ura, Anei-6ura, Vel6uri-6ura li;; 182 j. Le sens est lignée,
sullc. Vel-Our signiiiant lignée de l'eL c'est-à-dire fils de Vel, on
a pour agale-tora le sens de ligiiée d'Agale.
L'étrusque n'ayant pas de sonores, Agale est selon toute vraisem-
blance la transcription d'un gentilice comme *Axale ou A^le, que
l'on a sous la Ibrnie Axle-sa femme Akhle ;C. l()7o).
La source première d'oii vient l'inlbruialion d'ilèsychius présen-
tait sans doute deux noms, Axale et AxaleGura, désignant l'un
le père et l'autre l'enfant, de même que l'inscription de Pèrouse
(§ 312) met en présence les noms de 'Velôina; le père, et de'VelGina-
Bura, l'enfant (;;§ 309, 312). De là la glose de -aT; appliquée à
AxaleSura.
Quant à l'accusatif --/"'oy., il vient d'une fausse analogie : Hésy-
chius a été iulluencé par des accusatil's comme ■f,y/-.opyL ôr^Tocx,
4G2 TA 1! LES
AISOI
ATtJO'. ■ Oeo! JTTÔ Tjppr,vwv Ilcsycli. 1, 1"3 . Voir 5; 127 el Diction-
iHÙrc, ais.
ANDAS
"A'/oa- • J'iopix;, Ci-ô T'jppy|V(ov (llésych., 1, ^'lOi.
L"éli-us(iii(' irayaiil p;is de sonores, avoa; paraît {•oi-rcspondrc à mie
forme étrusque comme an-Gas.
Voir l)'ir(lnnnn\r(\ an.
ANTAR
"AvTotp • àî-ô;, ûzô T'jppr,vr.jv (Ilésycll., I, 393).
En étrusque antr signilie prrsnge ; voir Dictionnaire, ant. —
L'aigle est, dans les croyances anticiues, l'oiseau fatidique par excel-
lence. 11 tient une place iinporlanh; dans la divination étrus(|ne
|Bouclié-Leclerc([, fJist. de la divin., IV, p. 59), ainsi ([ue dans la
divination romaine [Ihid., 1\', p. 200).
Le grec ottovô^; signifie à la fois oiseau de proie cl pn-sage.
ARACOS
"Apa/.o; • Upa;, Tjpp/,vo( j liesych.. I, ."iOOj.
"Apxy.o; est un mot à désinence hellénisée. Le terme élrns(|ue
devait être queUpie chose connue *arac ou *arc. c'est-à-dire un
lliènie *ar avec le snllixe nominal -c >; 100 . L(^ thème *ar peut
être rapproché du finnois ar-jii- <( mugir, hurler, criei-, vocihh'cr »
iir-i-na " lVémiss(Mnent, grognement ■>, dr-i-slii- « grogner, l'aire
enleiidri; des cris rauques ». *Ar-C signilierait donc le rain/ai', par
allusion au ci-i de l'oiseau de proie, autour, faucon ou épervier)
désigné i)ar Upa;.
ARIMOS
".\y.[j.'j; en élnis(|ue désignail le « singe », d'après Strabon iXIlI,
'(, (1, texte cité [). A, note 1). Le mot est très probablement hellénisé
au moyen de la désinence -os [cL aracos). On peut supposer un terme
étrusque comme *ar-i-m, formé avec le suiïixe nondnal -m i^^ 111)
TADLES 463
et dérivé du radical verbal "ar-i, radical dérivé lui-même du thème
*ar, à l'aide du suffixe verbal -i § 81). Le thème *ar est celui que
l'on vient de voir à propos d\u'acos. *Arim signifierait le criard ; le
terme s'applique au singe.
ARSE VERSE
Arse verse cwerte ignein signifîcal. Tuscorum enhn Ungua arse
averle verse ignem constat appcllari, unde Aframus : hucrihat ali-
fjuis in ostio arse verse (Paul. F;, p. 18).
La glose est suspecte, parce qu'elle présente arse et verse comme
deux termes de nature différente; visiblement ils sont de formation
identique. Si l'un est un verbe à l'impératif, il est impossible que
l'autre soit un substantif complément.
Les deux mots doivent être considérés comme deux impératifs.
L'un est le verbe *ar-s-e se terminer, formé avec le suffixe -s (§ 86),
et que l'on trouve sous la forme ar-a-:-a (voir Dictionnaire, ar).
L'autre est le verbe *ver-s-e, formé, lui aussi, avec le suffixe verbal
-s (§ 86j et dérivé d'un thème *ver, qui correspond i§ 73) au linnois
ur-e- « s'en aller, disparaître », ar-ji'- «• partir, s'éloigner ».
Les impératifs arse verse, arrête-toi^ va-t-en s'adressent au feu;
c'est une formule magique contre l'incendie, comme on en inscri-
vait sur les portes (voir ci-dessus la citation d'Afranius) ou sur les
murs (Plin. 11. N. XXVIII, 19 etiani parietes incendioriim drpreca-
lionibus conscril/uiilur] . Le glossateur a rapi)orlé exactement le sens
général de la formule; mais il en a mal iiiteri»rété les termes.
ATA! S UN
'A-a'.7Ôv • âv7.or/opâ,-, TjipY,voî (Ilesych., 1, .j95).
Transcrit en étrusque, le grec à-a-.Tv/, vigne sauvage, donne *atai-
sun, (jui se décompose en at -|- aisun. De at «ui peut ra|)proclier le
finnois atii, atu-la « pincelte, tenaille, petit inslriimenl i)uiir saisir ».
Quant à aisu-n, substantif formé avec le suffixe nominal -n i§ 113),
il dérive du verbe ais-u '■//■'• grand, grandir, croUre, s'élever (voir
Dictionnaire, ais). Le sens de at-ais-u-n est donc : qui s'élève en
saisissant ; c'ijst à [m'ii près rcqiiiwilcnl du grec i/aoïvovà; (/ni grimpe
aux arbres.
464 TABLES
\(iii' hlcliounah'c, atr
ATRIUM
âUKELOS
A'j-/./),oj; • î(o;, 'jT.'i Tjppr//(ov HeSYCll., I, ()14).
\-jy:i)x<K, Iransci-it en étrusque, peut donnei' *aucilus, eu raison
des exeinj)lcs suivants, où Ton voit 1'/; et l'oj représentés par un i et
un u : A'.o;j./or,; = Ziumiôe, "AouY.To; = Atmite, "Aowviç = Atunis,
'ixTwv = Easun. L'étrusque *aucilus se décomposerait en au -{-
cilus. Le groupe au paraît répondre (cf. § 60) au finnois ùo « nuit ».
*Cil-u-s se ramène au thème *cil, auquel on peut attribuer le sens
de lulrn, d'après le finnois kïl-u^ lâl-to « éclat » kll-i-sta- « briller »
(Donner. I, p. (50, n° 207). Le substantif *au-cilus signillerait donc
lueur de nuit, c'est-à-dire la lueur encore indécise et crépusculaire
de l'aurore.
BALTEUS
L'origine étrusque du mot n'est pas certaine. Sans doute Charisius
l'atteste d'après Varron (Gramm. I, 77, o) : Vcaro in Scauro ballca
dixit et luscum vocabalam. Mais le même Varron détruit la valeur de
ce témoignage en fournissant du mot une étymologie latine Ling.
lai., o, 116): quod cingulinn e corio habebant bullatum, balteum
dictum.
BURROS
B'jppô:; • y.ivO'y.po; 'j-'j T'josy.vÔjv [Hesvcll.. I, TSO .
La forme donnée par Ilésychius n'est (ju"un à peu près, puisque
l'étrusciue n'a pas de b et ne redouble pas les consonnes. Le sens
n'est pas plus certain que la forme, le grec y-âvOapoc pouvant désigner
soit un insecte (escarbot ou scarabée), soit une coupe à boire.
En supposant une forme comme *pur-s (avec un s nominal, § 117),
on pourrait songer au {\nnoïs, por-ItO « qui se dresse, se hérisse »;
cf. hongrois borz'xs « hérissé », borznd- « se hérisser » (Budenz,
p. 'dj'(, n" 494). Le mot serait une allusion aux antennes de Tin-
secte, qui font saillie en avant, d'où le nom de palpicornes donné à
certains scarabées. Il pourrait faire allusion aussi à une forme de
vase avec des anses relevées.
TABLES 465
CAMILLUS
Sfafhis TvUiauîis dn vocabul'is rrrinn Uhro primo ait dixisse CalU-
mnchum Tuscos Camilhim appcUasse Mi'rcuriinn, quo vocabulo signi-
ficaiil prticm'uiislrum deoriim (Macrob. Sainrn , III, 8, 6).
kaoïJL^Xoc • ô 'Epixf^:; h Topor/na'. (ScUol. Lvcophr., 16:2).
Casmilus nominalur -j Samothrece mysteriis dius quidam ndminister
dis magnis. Vorinim esse graecnm arbitror, quod apiid Callimachum
in pocmnfibus eitis inreni Varro, de Vtng. Int.. YII, 3j.
Le rapprochement de /.aoiJLTXo; et casmilus permet de supposer
[cf. § 71) une l'orme étrusque comme *ca6milus ou *ca6mls.
Abstraction faite de la désinence, qui est vraisemblal)lement le
suffixe nominal -s j:; 117), il reste un radical *ca6-m-l, qui paraît
formé, comme mul-m-1-es (j; 83 , à l'aide de deux suffixes de déri-
vation verbale, le suffixe -m § 83) et le suffixe -1 (§ 8:2). Etant donné
le sens du thème *ca6 mai» (voir Dictionnaire), un verbe comme *ca9-
m-1- signifierait faire œuvre manuelle. De là, pour un substantif
comme *ca6-m-l-s, le sens de manœuvre. Or c'est précisément un
sens analogue qu'indiquent, dans les textes cités plus haut, les
expressions praeminister deorum ou administer. Elles désignent le
subalterne, le servant, qui dans la cérémonie religieuse se tient à
coté de l'officiant pour exécuter certaines besognes matérielles.
CAPRA
Kà-pa • a'.'^, Tjppr,vo( (Hésvch., II, li3i.
Un mot étrusque comme *cap-r ou *cap-e-r serait un adjectif
formé avec le suffixe nominal -r (,^ 116i et signifierait grimpeur,
sautillant. L'épithète conviendrait à la chèvre. Pour le sens du thème
*cap, cf. tiuuois kap-u- u grimper, aller vite en avant ». kap-u-e-le-
« grimper, sautiller »; hongrois /ix/j-a-*7,o-o?- c grimper, se cram-
ponner » (Donner, I, p. 81, n" 284).
CAPYS
Servius ad Aen.., X, 1 i5 : constat eam [Cajjuam] a 'J'uscis conditam
de viso falconis augurio, qui tusca lingua capys dicitur : unde est
Capua nominata... Alii... Tuscos a Samnitibus exactos Capuam vo-
30
4G6 TABLES
cassr o/j hoc (jinxi lidiir (/iiidnin /ùilca (■(iiidulissel, cul poUices pedum
curvi fucrunl i/iieiii ad nioduin fa/coucs (ivrs iia/jcnl, t/itos iTiros Tusci
capyas vocarunl.
L'expression poUiccs pcduin curri, (jiii, selon Serviiis, cxplifjue
capy.s-, ne penl s'eiilcndrc (in";iii sons d" ^ orleils prenants». Or
ridée de prend)'c est précisémenl aLlachée an thème ougro-lïnnois
kap; voir D'iclionnuirc, cap.
CASSIS
Cassis de lamlnn csl; (jalcn de corio... Cassidem (lutein n Tuscls
nomhiaiam dlcanl. IIU enim galeaiii casshii nominutU ; credo a cap'de
(Isidore OrUi., XYIII,!'^, i).
Nous n'avons [)as la forme étrusque du mol. Mais si Ton peut
hésiter sur la désinence, il ne peut y avoir aucun doute sur le
thème *cas. A ce thème correspondent les mots ougro-finnois sui-
vants : hongrois kés « couteau » ; ostiak kf'\e « couteau » ; vogoule
kiisal « id » ; tchérémisse klze « id » ; lapon kece « pointe, extrémité «
(Biidenz, ]>. 2'^, n" 2G; Donner, 1, p. 30, n" 110 . Dans tous ces
mots il y a l'idée d'une lame tranchante ou aiguë ; or c'est précisé-
ment l'aspect (lue présente le cimier de quelques casques étrusques
(Marlha, Arl étrusque, p. 60, lig. 40]. Le terme hun'nia employé par
Isidore et l'explication credo a capite semblent bien indiquer un
cimier.
DAMNOS
i A'i!j.vo; • '(tî-o;, T'jppY,vo( (Ilésych., I, 881).
L'étrusqu(; n'ayant pas de sonores [0, d, g), le o initial ne peut
réi)ondre qu'à un t ou à un 6. 11 n'est pas vraisemblable qu'il
réponde ici à nu t; car si \e mot élrus((ne avait eu un t initial,
llésychius aurait été tout naturellement porté à le transcrire par un
■:, comme il fait pour'l'jppr,vo(. 11 faut donc supposer un thème étrusque
comme *0am, l('((uel, augmenti' du siini\(! nominal -ns (^ ll.'j), don-
nerait *6am-ns ou *6am-u-ns; cl. fuflu-ns. neO-u-ns. se01-a ns.
Le thénu; *8am i)eul être rapproclié § 71 1 du tinnois Itiim-d
« obscurité » ; cf. tchérémisse seui-c « noir»; vogoule sein-c-l, sèm-e-l
« noir » Douncr, 11, p. 13!), n" Hi:')]. Le mot étrusiine, cité par
llésychius, serait ainsi une allusion à la robe du cheval et désigne-
rait la bête par métonymie, comme le français alezan.
TABLES 467
DROUXÂ
Asoùva • ^o/r^, T'jppr//oî (Hésycli., I, 1836). Pour la valeur du o ini-
tial, voir le mol précédent. Il faut supposer une forme étrusque
comme *0runa, c'est-à-dire un thème *0r ou *9ru avec le suffixe
nominal -na >; 114). Un thème de ce genre peut être rapproché
(§ 71i du Hnnois hir-m~u « terreur », hir-v-e-â « terrible '> (Budenz,
p. 313, n" 316; Donner, I, p. 191, no 678). L'étrusque *9runa aurait
donc signifié le terrible, ce (/ui fait pew\ ce quon respecte^ par suite
ce qui a l'aulorilr, d'où le rapprochement avccàpy-/,.
FALADO
...falae dictae ah altitudine, a falado, quod apud Elruscos signi/icat
caeltim (Paul. F. p. 88 M).
D-àns falado, la désinence est celle de l'ablatif lalin; on peut en
faire abstraction. Il reste un radical qui correspondrait à une forme
étrusque comme *fal-a-0, *fal-8, ou *fel-9, c'est-à-dire à un thème
*fal ou *fel, pourvu du suffixe nominal -6 (§ 120; cf. zil-a-Gi. Le
thème *fal ou *fel peut être rapproché du hongrois fil, fol « partie
supérieure, ce qui est en l'air », fdl ait fnl-dlt. ^ au-dessus »
(Budenz, p. 501, n° 528).
UAPOS
râ-o? • nyr^ixi, Typor^voî (Hesvch. I, 801).
L'étrusque n'ayant pas de sonores, le y initial ne peut répondre
qu'à un c ou à un j(. S'il y avait un c, il semble qu'Hésychtus l'eût
naturellement transcrit par un /.. Il est donc vraisemblable de sup-
poser une forme étrusque comme *x«''PS5 c'est-à-dire un thème *xap
avec le suffixe nominal -s (§ 117 . Le thème 'j^ap peut être rapproché
du hongrois Inb (<■ fiol », Inh-oz- « vaciller, chanceler, balancer,
hésiter » (Budenz, p. 65, n° 88). Le terme étrusque signifierait le
hraalanl et serait une allusion à l'inslabililé du char à deux roues,
qui au moindre mouvement do l'attelage nscille sur l'essieu.
GINIS
r;v(; • vipxvo;, 'jtJj T'^pyr^'/Mv (liesych. I, 831 i.
408 TAIiLKS
l'oiii- le Y inilijil, vtur le t [)frc('(I(Mil ; -{vn; paraît rùpoiulrc à une
l'oniic (■li'iis(iiic commo *xi"°S' ''^'''' ''^ sullixo nominal -ns (§ 115) ;
(1. fuflu-ns, ne6u-ns, seÔIa-ns, sia-ns. Le Ilirmc *xi se retrouve
dans le linii-i'dis lrj.j-irj.1 « aurore» » (lîiulcn/,, y>. "ri, n" D.'i;; cf. linnois
knl « haudc lumineuse, lueur», /.oi-lla- " (Mre brillant », koi-vu
« arbre à écorce blanche (bouleauj », koi-vio « bd'ul' blanc » i f3udenz,
p. 101, n" i;}(>; Donner, I, p. î», n'^"i2!);}0). Ginis signifierait ainsi
Véclalanl et ferait allusion au |)luimige de l'oiseau.
IDUS
Iihiiim jxtn'i) inniK'ii a 7iisris, djind (juds is dirs ilis roraliir, sump-
hnii r.sl . /Ion (iiilnii illi intri-jin'ldnlur Joris fii/uciniii.. . Dinii if/itur,
i/iii uri nmiiini'is cari'l Iciu'ùris, lavis fidurifiin lusco nominr rornvc-
rttiil... Alii pididil hlns, t/itod m. die pJena luna vidcdhir, a oidendo
ridus iip/trlhilas... SkûI (jiii (irsliiiirnl (dus ab ave idiili dictas^ qiuim
hor iiuiiiiiic vocanl Tusci... i\o/jis illu ralio nominis rrro propior aosli-
rii(iliii\ iil idus vocemiis diein qui dinidil mcnsciii. Idunrc cnim rlrnscn
linf/im diridi've csl . Inde vidiia quasi ralde idun, id rsl, rnlde dirisu:
(lul vidini id csl (I riri) dirisa (Macrol). Snlinui. I, l'i, li seq.).
/dus iih et) (/ikhI 7'usri ilus, vel pulius qiiud Saf/ini idus dicuiil
(Varr. liiKj. lui., VI, "iS, |>. 85).
Une seule chose semble certaine, c'est (|uc iilus^ ridus ou ilus est
d'origines étrusque. Mais pour le sens, il n'y a (pTincertitude. Le
mot aurait signifié soit loris fiduria, scdl f/rr/iis, soil dirisrr. II est
|)robabl(' (|u"on ne savail i)as au juste à (|U(ti s'(>n tenir, ce (|ui lais-
sait le champ libre aux fantaisies él ym(dogi(iues des grammairiens.
il exisic (Ml (■■trus(im' un thème *it exprimant l'idée iVaddilion et
ap[)arenté au finnois jul-ka- « ajouler, continuer, poursuivre,
achever » (voir /tirlituiuairr). (l'est probahlcmcu t à ce lliéuK; que se
rattache bi fornui étrus(|ue du laliu ilus, idus ■ le mol (h'signait soit
d'une manière géni'rale la période tlu mois où la lune i^addilimine
c'est-à-dire rroil, soit d'une manière plus parliculière le jour où la
lune est addilionnre, c'est-à-dire pleine.
ISTKIl
Tite-Live, VIII, "i, fi : nernacnlis artificibus, (/nia isler lusco vcrbo
ludius vocabaiur, nonien hisirionibus indilum. Plutarcli. Qaaest. roiti.
TABLES 469
107 : ï/. T'jppr,vfa; È/.Oî'iv roÀÂou; y.'xl aYxOo'jç Tîyvî-aî, wv tov •KpiOTî'jovua...
Dans le latin hislrio, ï'h est probablement une épenthèse due à
l'analogie de historia. La transcription grecque '.'j-pov et lorpîtova;,
avec un esprit doux, indique que l'aspiration n'existait pas dans le
texte où Pliitarque a puisé son renseignement.
Etant donné le latin hlslrio, le terme étrusque devait être quelque
chose comme *istri, c'est-à-dire le participe en -i § 103) d'un verbe
*is-t-r-, formé à l'aide de deux suffixes verbaux, le suffixe -t (§ 87)
et le suffixe -r (§ 85). Le thème *is correspond à celui qui a donné
en ostiak jaz-h't « parole, discours, nouvelle », jas-ta- jàs-t-
« parler, raconter '^, jàs-t-'id- " dire » ; cf. hongrois iïz-cin-^ -iz-ân-
« annoncer -> Budenz, p. 877, n° 979;. *Is-tr-i signifie donc celui qui
parle, le diseur, le eonteur; c'est l'équivalent du latin fabulalor.
LÂENA
Paul. F. p. U7 : laena... quidam appellalam existimanl tusce,
quidam graere quam y).av(oa dieunt.
Varro, Ling. lut. V, 133 : laena, quod de lana mulia^ duarum ctiam
iogarum instar.
L'origine étrusque du mot n'est pas certaine.
LANISTÂ
Lanisia gladiator, i. f. earnifex lusca lingua appellatu.s (Isidor.
Orig. X, 159).
La désinence du mot est latinisée : on peut donc en faire abstrac-
tion. Dans le radical lani-st, ou retrouve le suffixe double de déri-
vation verbale -st (§ 97). Pour le thème *lani ou *lan', cf. finnois
lan-k-a-, langa- « se détériorer, se détacher » ; lapon (dial.) lang-
g-a-s- « se détacher, dépouiller, peler, écorcher » ; ostiak lang-a-
« détacher, déchirer, fendre » (Donner, III, p. 175, n° 1061j.
MANTISA
Manlisa addiiaiwnlum dieilar litigaa lusca quod pondn'i adjicitur
(Paul. F. p. 13^2).
Dans mantisa il est aisé de reconnaître le suffixe nominal -sa
470 TABLES
a lis). Lo radical *man-ti- on *man-t- est, un radical vcr])al formé à
l'aide du siillixe -t i§ 87 i, siillixc (lui, dans les langues oiigro-(in-
noises, a fréquemment une valeur causalivc (S/.innyei, Finn.
-ngrtsrJic Spraclui:., p. 129). Un thème analogue à *man se retrouve
dans les mots ougro-finnois suivants : mordviue viàm'- « lliu-liir,
courber » ; osliak inàn-d', mcn-cd-, iiicii-cd- « courber » ; hongrois
vuin-'d- « fausser, déplacer » (liiidenz, p. (Il;}, n° (»o2). De là pour
mantisa le sens de qui l'sl dr naiurc à /'nirr /Irchir [la balaucp),
c'est-à-dire poids addilionnel. Le latin ■)nomi')ih(ni répond à la même
idée.
SUBULO
Subnlo dictas ([uod lia dicunl libirines Tasci; rjnocirca radicps cjus
in hlruria, non Lalio quacrundap (Varro, d<' lin;/, lai., Yll, 'M).
Voir Dictionnaire sv.
Le lexique de Pai)ias ixP siècle) et un glossaire de Leyde [Rhein.
Mus., XVI, li:\] font connaître quelques noms de mois étrusques :
Velilanns ou Vdritanus (mars), Ampilcs (mai), Aclus (juin], Trawus
(juillet), Frmins (août), Cadius (septembre), Xofcr ou Xo/fcv
(octobre). Mais de ce renseignement il n'y a rien à tirer. D'abord,
d'après les variantes, il est à craindre que tous les noms n'aient
pas été exactement transcrits. VA puis nous ne savons pas ce qu'ils
sigiiiliaieut, d'où impossibilité de faire une comparaison.
TABLE DES NOMS PROPRES GITES
(Les chiflres renvoient aux pages)
A abrév. 84, 122, 124, 212.
Acsi 49.
A/jle 49.
A/memrum 49.
Â/_nei 155.
A/si 49.
A^u 209, 351.
kyui 209, 351 .
A^uias 105, 209, 35.
A/uvitr 52.
A/vizr 52.
Atle 70, 1G8.
Afli 76, 108.
Afuna 81, 253, 202, 204, 268.
Afunal 122.
Afunas 35, 100, 252, 255, 207.
Afunei 50, 123.
Afunes 35, 252, 259.
Ahnisa 123.
Alisi 55.
Ai vas 53.
Alcsli 231.
Alesna 51, 52.
AleOna 51, 52, 81, 174, 177, 179,
354.
AleOnas 174, 177.
Alfi 150.
Alfinas 21.
Alfiia81,85.
Alfnal 100.
Alfnalisla 85.
Alfni 106.
Alsinai 115, 208, 209,
AUifne 42.
Ameruntea 36.
AmOnial 122.
Amoiare 49.
An ai n ai 30.
Anainei 30.
Aneinal 155.
Aneinei 30.
Aneini 30, 122, 131.
Aninei 30.
Anini 30, 131.
Aparatrus 139, 140, 141,
Apalrual 113, 105.
Apatrui 141, 166.
Apenas 109, 114, 13 i.
Apianas 113, 123.
Apiatrus 139, 141.
Apinal 134.
ApirOes 21.
Apucu 53.
Apuni 50.
472 TABLES
Apvcuia 53. Aloinei 59, ^17.
Ar, abrév. 144, 177, Ali 59,
Ani2:20. Alial :215.
Aria ^2-20. Alini 129.
Ariana220. Aliiiilc 2:51.
Arias 228. Alun 59.
Ariliini 111, 220. Alnal 185.
Arinna8l. AlresOe 49.
Annni 124. AO. abrrv. -4. 1 1 i, 147, 148, 2:}().
Arnl 15(i, IGO, Au. abrév. 5, 131, 144, 154, 155,
Arnlia.s 200, 207, 161, 162, 210, 211.
Anilic 122. Aille 5, 6, 8, 112, 121, 122, 144,
Arnlnal 4. 150^ 209, 211, 212.
Ai-ntni 84. Ailles 8, 28, 92,113, 121,123,
AruO 10, 11, 51, 75, 85, 112, 129, J88, 191.
145, 148, 150, 15t), 163, 177, Aulesa 84.
^28. Aulesi 8, 92, 113, 224, 252, 258.
ArnOal 113, 127, 131, 149, 165, Aulesla 21, 85.
179, 200, 219, 227. Aulez 52.
ArnOdlisa 5, 122, 130. Auliis 149.
ArnOals 170, 171, 172. Av. abréo. 124.
ArnOi 27, 28, 29, 75, 206, Ave 21.
AniOia 52, 70, 215. Avei 140, 230.
ArnOial 144. Aveini 131.
ArnOialiim 27, 28, 29, 95, 232. Avele 112.
ArnOiiai 1. Avia 231.
Ai-nOur 128, 158, Aviiesi 230.
Arnza 52, 194. Aviles 113, 123, 228.
Ainzal 155. Avini 131.
ArOal 12(3.
Arzius 149, 151. C. abrro. 252, 259.
Arznal 252, 258, Caceinei 199.
Arzneal 35, 159. Cahalial 1, 5, 54, 55.
Arznial 35, 159. Gai 113, 135, 13G,
Alaina 217. Cala 3(5, 150, 151.
Alaiiie 217, Caialisa 122.
Alaiun 3(). Caias 122.
Aie 59, 357. Caiia ;{6, 208.
Atei 59, 217, 357. Caina 75, 81.
TABLES
473
Gainai 75.
Cainaia 228.
Gainai 2.
Gainalisa 84.
Gainei 122, 150, 153.
Gais 113, 129, 135, 13G.
Gai si e 22, 9i.
Galati 142.
Gale 142, 215.
Calesi 113. 195, 215.
Gali 142.
Galia6esi 113, 142.
Galisna 142.
Galiti 142.
Galunal 123.
Galunei 142.
Camnas 185.
Gapnal J06.
Capnei 106.
Capzna 85, 153.
Capznasla 153.
Gapznei 155.
Garna 81.
Gasni 21.
Gasnis 150.
Gaspres 199.
Gaspu 124.
Cavinei 114, 143, 155.
Ceicna 76, 124.
Geicnei 79.
Geinanal 113.
Ceisinis 183.
Gestna 8, 76.
Gestnal 188, J91.
Gestnas 8, 123, 151.
Geslnei 76.
GeOurna 76.
GeOurnei 76, 121 .
Gezrllial 122.
Gicus 122, 150, 151.
Gilnia 132, 133.
Cilnial 133.
Gipirusa 83.
Gires 150, 151.
Glanli 155.
Glanlial 155,
Gleuste 236, 238.
Cneves 123.
Graciai 113, 126, 127, 129, ISO.
Gracna 81, 126.
Greices 197, 199, 200.
Grespe 121, 123.
Gucinies 146, 147.
Guclni 183.
Guclnial 113, 128, 129, 182, 183,
220.
Gucinies 151, 152.
GucrinaOtiir 448.
Gaies 149.
Guisla 85, 148, 149.
Guislanias 52.
Guizhinia 52.
Gumere 114, 147, 148.
Gumeresa 148.
Gumnis 150.
Giimnisa 83.
Cupsnasa 123.
Gur. alm'v. 161, 162.
Gurial 124.
CLirsnis 161, 162.
Gutunial 5.
GvenleS.
Gvenles 8, loO, loi.
Gvinto 4, 149, 206.
Cvinli 149, 206, 207.
Xaireals 169, 170.
Xcrilnal 122.
474
TAULES
xiiicies 'l'i, ii:j. \iv^.
Xnr/les i9, Kl'.l, llii, 127, ilH».
Xvcsinal l'io.
M;isiin .'{.").
KciialiKM 151.
Ecnalial li:{, i:il, \-rl.
K/liir in.
l-liiianal 1 '((>, I '«'.
Einanei l-'il, 152.
Elinai M.
Elru 378.
E/.piis 13 i, 135.
Fanacnal 222.
Fanakiii 222.
Fasnlru 54, 16î>.
Fasti54, 149, 155, J(il», 199, 220.
Felsnal 113.
FeOius 199.
Fncsci 35, 134.
Fnisci 35, l3i.
Fiiiscial 210, 211.
Fraiicnei 1 'i8.
Franc ni 1 18, 15'(.
Fraunal 147, liH.
Fraiinei 53.
Frauni 53, 154.
Fraunisa 154.
Fravnei 53.
Frenirnal 160.
Freinrnei KiG.
Frmna 42.
Fulluns 2, 82, 1(;8, 232, 272.
Fulna 75.
Fiilnai 75, 12 i.
l'uluna 76.
Fiiliinci 76.
Ilalnrc .50.
Ilaiii'^iare 54.
Ilapisnci 156.
Ilapre 50, 148.
Hasmiin 236, 238.
llasiilni 54, 169.
11 asti 5i, 123, 149, 169.
Haslia 153.
HaOlials 170, 172.
Heiinni 8, 122.
lleiinnis 8.
Holc 166.
Helenaia 34.
Heli 122, 150.
Ilelvcreal 35, 144.
Ilelverial 35.
Hem ni 121.
Hercle 54.
Hercles 112.
Ilerini 199.
llerinial 5.
Hermi 153.
llerinial 153.
Hnlnni 142.
H ni 11 nias 142.
Halnnicsi 142.
Hurtinas 21.
Hnstileia21, 22.
H usinai 168.
Hnslnei 168.
Ilu/.cnai 139, 140.
Kalairu 21 .
Kasiilrn 35, 36.
Kilnei 133.
Kaisie 228, 229.
L. abrév. 21, 84, 94, 125, 161,
195, 262.
TABLES
47Î
La. abrév. 121, 144, lo5.
La/ us 150, loi.
Laran 2.
Larce 197, 198, 218.
Larces 197.
Laris 21, 77, 94, 114, 121, 122,
123, 126, 129, 14G, 103, 197,
200, 227, 228, 230.
Larisa 112.
Larisal 77, 123, 128, 129, 197,
199. 200.
Larisalisa 123, 182.
LarnO 130.
Larsiu 147.
Lart 129, 165.
Larti 49.
Lartiu 140.
LarO 10, 11, 51, 84, 112, 121,
122, 123, 120, 127, 130, 144,
150, 159, 109, 170, 171, 173,
183, 185.
Lar6al7, 113, 142, 145, 146, 117,
103, 173, 181, 197, 198, 200.
LarOalisa 84,129.
LarOals 5, 7, 184, 252, 259, 202.
LarOi 28, 49, 110, 111, 113, 129,
148, 150, 151, 153, 154, 155,
211, 212, 235.
LarOia 21, 52, 70, 100, 215, 217.
Lareial G, 7, 22, 27, 113, 139, 110,
141, 146, 147, 158, 188, 191.
LarOialis 188, 191.
LarOialisa 7.
LarOias 22, 94. 113, 205, 200.
LarOl 151, 152.
LarOur 128, 158.
Larza 52, 194.
Latini 131, 154, 155.
La li niai 122.
Latinis 153.
Latinisa 155.
LaO 52.
Laei 52, 122, 150.
LaOia 227, 228.
LaOial 132, 150.
Laucis 158, 159.
Lavsies 134.
Laziii 52.
Lecne 122, 166, 218.
Lecnesa 123, 160.
Lecu 124.
Leinies 27, 28.
Leli 49.
LeOanei 111, 211, 212.
Leei 49, 144, 150.
LeOial 144.
Leucle 130.
Leunei 85.
Leusa 85.
Leiisla 85, 153.
Lrt 155.
Ls. abrév. 236.
LO. abrév. 122, 140, 148, 230.
Liimscial 122.
Lnsce 121.
Malamenas 215.
Malavinisa 215.
Malavi.sy 7, 215.
Malsli-ia 215.
Mamarces 113.
Mani 149.
^Larcei 235.
Marces 29, 109.
Marcesi 113, 142.
Marcnas 12i.
Marciii 150, 10)0.
Maslnci 150.
47(1
TADLES
M.isni 1 ;}.'{.
Masiii.il i:{:{.
Miitiiliias -1'.).
MaliiliR'i -il».
Mcraiiates l'itl, l'iS.
iMclmali .'>").
Mcnerva '2.
Meiilo 'ri.
Mcl.'li ±l'i.
Mclclis li;J. 2-2'i.
Musclcna SI, l'io.
Muluint'i l.'iO.
Nele^2l('..
NeOuns 2, 78, 82, 1()8, 272.
Nufre 227, 228.
.\iifVes 227.
\ii(V/.na 12.
Niiriii'/.iia 12.
Niiiiia l"")8.
Nu me 11 as 228, 2:50.
Niimna ioO, 20!), 210.
Niminas209, 210.
NiimOral I.'iS.
Niiiii'iiir i:;8.
l'acsiiial 'i'.».
l'apaS.-i.
l'apasia 8:;, 12;{, i:;:{.
Papsinas Kll, H;2.
l'arlumi 128.
l'arLunus 182.
Falacs 199.
Patrucle 36.
Palnicles7.
l'atii 7.';.
Pal ni 7*).
Pelearas 112.
Pelia 2I().
Pepiia 12(1.
Perisnei 12:5. i:i;{.
Pesnasa 8i.
Potinalo 121.
IV'tiiialcs i:io, ].■;!.
Pctriii 12:5, 129.
Pcini 7.").
P('lnii 7.">, l"il .
Prtnmi i:):;,227, 228.
Prinis i:;o.
PeOiia 122.
Povliiial l(i:{.
Phacsiical V.t.
Phorsijiiiai 'i9.
Phisis 130.
Pin Le 70.
Piiili 70.
Plaisiuas 112.
Plaiico 121.
Piaule :50.
Pleciis lOo.
Pluie 3(;.
l'ieu 12.
Prccuslio, 188, 192,193.
PrecuOurasi 92, 188,191, 2.j7,
Pricesla 85, 153.
PiMiniaOe '(9.
l'runiaOnal 122.
Pucsiua 81.
iNilcnas P.)7.
Pilles 197, 199, 200.
Pullna 70, 81.
l'ulfnei 70, 123, 153.
Piiluluce 3(t.
Puniplial 173.
Piiiiipiial I 13.
l'niiipiialisa S'i.
Pu m i» Il 7."), I '( '(.
Piiinpiial I 13.
TABLES
477
Piimpui 75, 122.
Piimpus 193, 219.
Pu n In a 122.
Pli p. ahvcc. o.
Pupliana 228. 230.
Putrnei 129.
Rafe 30.
Rafi 5.
RamaOa 12, 42.
RameOa Al.
RamOa 12, 29, 132, 139, liO.
RamOas 21, 9i, 113, 129, loi
152, 103, 105. 100, 182, 183.
RamOes 109, 170.
Ram n 6a -42.
RanazLiial 122.
Raufe 30.
Rauii 5.
Raulis 199.
Ravntu 12 i.
Reisnei 121 .
Reinsna 52.
Remzna 52, 70, 154, 155.
Remznei 70, 122.
Rezu 75.
Rezui 75.
Rufe 30.
Ruile 120.
Riiifris 220.
Runsaii 230, 238.
Riillnis 21.
Ruviial 179. 180.
S. abri'o. 124, 125.
Sayu 150.
Salos 109, IVJ.
Salvi 145.
Sapicc 121 .
Sa Un al 129.
Salnal 113.
Satnas 150.
Saucni 122.
Saulri 52.
Scarpe 130.
Scevis 144.
Scires 113, 200.
Seanti 30.
Seate 85,148.
Secu 8, 121.
Sec ai 150.
Secus8, 150, 151.
Selilmnal 55.
Seiante 70, 122, 154.
Seianti 30, 70, 154.
SeiaOialll3.
SelvaOres 199.
Semtiii 49.
SemOni 49. 144.
Senlinalo 70.
Senlinales 123.
Senlinali 70.
Sepiesla 153.
Sepusa 84.
Serluris 150.
Serlurus 52.
Sescalna 12.
Sesclna 81, 122.
Sesclnal 122, 100.
Sesdneil23, 100.
Sesuciima 12.
Sclria 70, 230, 211.
SeOlans2,82, 108, 272.
SeOi-e 151. 173,241.
SeOrc!^29, 109, 120, 151, 152.
SeOrosa 122.
Si 11 11 4.
Sniile li4.
47H TAIÎLES
Spaluria 33. Tilcs l'il, m, iU, 150, 228.
Si)iliii33. Tilcsi 113, liJ5, 215.
Spiule 83. Tili 150, 153,230,240.
Spiiri (1, i28. Tilial 30, 115.
Si.nrina 0, 428. Tiliz 52.
Spurinal 155. Tilnis 1.50.
SliMiia 33. 'riaiimiiiis i2.
Sloi)rna 33. Tlesiia TO.
<().a/>rrr.T.\C). Tlcsnal I 13.
Suiilu 21, '.)'<, 230, 238. Tlesna-a 123.
Sunia 5. TlesiK'i 70.
Suriuis 11)9. ïi-enOiuci 10'.).
Surnei 199. Trepi 121.
Sulrinci 199. Trepii 122.
SveiUi 125. Tule 155.
SveiLus 109, 208. Turan2.
Turia210.
TainiaOura y8. Tnlc J'O, 171,173
Tanllcs 112. Tules L50, 151, 173.
Tapsiiia 8'i. Tuliia81.
T.-.rcna '.33. Tuti.al 122, li8.
Tar/isa 155.
Tar/na 35,202. Ha. a/>rrr. 122, 212.
Tar/iialO ■), 7, 197, 200, 201. Han 199.
Tania i33. ©ana lli, 121, 123, 12i, 1 'i3, 1 49,
Tanuii 109, 170. 150, 151, 100, 199, 442.
Tarnes 109. «anas 113.
Tallancs 181. eaiicuil 230, 238.
Tciniis 109, 170. Wan/uvil 123, 100.
TLM-asias 7. Wan/vil 28, 35, 109, 412.
Trliiia 70. 81 . 122, 1 'i5. t»an/vils 28.
T..|ii,;isa 8'i. 0an/vilus 28, 108, 113, 127, 128,
T,.linci70. 129, 133, 135,179, 180, 181,
Ti. n/jrrr. 155. 198, 220.
Tiiiia 2. eania 123, 150, 1.55, 1()0, 4'i2.
Tins 'i30. Wanicu 442.
Tilc 115, 122, 1.50, 155, 213, 215. wansi 442.
Tili-al 30. Bansina 4'i2.
Tileial 30. 0esc 49.
TABLES
479
©ucerna f21.
Lice nias 150.
©uricial 122.
Ucumznal 40.
Uyumzna i9.
Uhtaves 55.
Umrana 71).
Umranei 70.
Unata 4.
Upelsis 150.
Urinale 7G.
Urina li 76.
Urusla 151, 152, 153.
UrusOe 30, 49.
Useles 115, 134.
UOuze 30.
V. abri'c. 121, 100, 174, 200,
Varna 81.
Varnal 2, 4.
Varnalisla 85.
Yarnas 144.
Vall 35.
Ve. abréo. 155, 224.
Vécu 75.
VecLii 75, 100.
Veilia 150, 155.
Veipi 30.
Veizial 131.
Vel 10, 11, 27, 8i, 10!), 112,
122, 121, 133, 135, 130,
145, 150, 151, 155, 106,
208, 233.
Vclasna 233.
VelaOri 233.
Velce233.
Vel/atina 233.
Vel/atini 35, 150.
Vel/eis 144.
Vel/hiei 205, 200, 233.
Velea 123.
Velelia 233.
VeleOnei 233.
Velia 133, 150, 150, 158.
Velias 222.
VelimnaS, 35, 81,233.
Velimnas 112, 123, 159.
Velisna 233.
Veinci 233.
VelnOe 233.
Vels 28, 113, 135, 130, 181.
Velsa 8i, 122, 233.
Velscu 212.
Velscus 212,
VelsiSi, 123, 233.
Velsial 122.
207. Vefsina 233.
Velsu75, 230,238.
Velsui 75, 236, 238.
Velsuna 233.
VelOesa 212.
Vel6ienas 113.
VelOinaO, 15, 104, 105, 100, 111,
117, 118,233, 252, 253, 25i,
255, 200, 201, 203, 205, 200,
207, 208.
VelOinam 253, 202.
VelOi lias 110, 2.52, 254, 258.
121, VelOiiKiO.ica 158. l!)l, r.8.
li'i, VclOinaOuras 105, 252, 253,257,
181, 203.
VelOnri i;;3.
VclOiiir 228, 230.
VelOur35, 128, 158, 182, 191, 211,
233, 208, 448.
VelOiiri 210, 211.
ISO T.MtLCS
VelOiinOiiia Il(l, i:iS, |!l|, -210, Vrin 7:">.
v.'ioiiiiii 1-21. Vipi 'M\, i-ii, i:;().
VrlOiiis liO. Vipia ll.S.'iOS, 20!).
YflOuni.s i:i:}, l'.»T. l'.tS. lîl'.l. Vipia/. ."ri.
VelOurusaSi. Vipis ll-i. 12.!, I2i, l'il, i:iO.
Vclii> 21, 2S, 122, 127, i:{'i, 11]:"), VipiOiir TiS.
IHI, 183, 18i. Viplisli!».
Velusla 85, 153. Visce 121.
Vehisna 233. ViscesaSi.
Yeliisinn 27, 28. 21), î)5, 181 , 232. Viscunisa 35, 134.
Vcnalfi 35. Viske 122.
Vonole 35,l'<i. Viskcsa 121.
Vercna8I. Vi/c 131.
Vercnas 12'j. W.uhrrr. 'i, 15i, 23(1.
Versenas 208, 2()î). Vnisini 122.
Versni 9i.
Veru 121 . Zauliiria52.
Verusa 81. Zertnai 132.
Vescii 122. Zci'liiri ."»2.
Yc'scuuisa 3"), 13i. Zi/nal Kiti.
Vcsial 22'(. Zi/nei Kili.
VelpS'i. 11'., 121. 122, 12(), 121), Zinlrepus il).
130, 131, 227. 228. ZiuiniOe 3(;.
Vêles 113, 227. Zu/iis 113.
Vell 35.
TABLE DES TEXTES CITÉS
Pauli. C'or/>«.s' hiscriptionum elruscarum.
3
p. i(il.
809
1 '.5.
3860
155.
4
KU.
886
154.
3866
Ii9.
5
i:]'i.
922
150.
3910
168.
8
KU.
1048
4.
3960
150.
15
lo8.
1430
Ii7.
3965
144.
44
143.
1671
4.
4001
150.
48
195.
2041
150.
4046
150.
53
±lo.
2113
149.
4050
149.
76
205.
2400
150.
4082
137,
81
124.
2403
211.
4114
1 i4.
102
125.
2480
145.
4116
188.
105
2-28.
2627
219.
4144
14t,
181
130.
2727
150.
4145
144
193
129.
2767
151.
4196
223.
195
227.
2771
l'<8.
4201
1 '.('..
301
218.
3023
'..
4251
149,
348
144.
3088
15'..
4325
144
433
155.
3326
153.
4390
149
437
206.
3411
150.
4538
252
438
207.
3518
U.
4540
135
445
212.
3754
159.
4549
145
446
222.
3763
5.
4561
216
447
217.
3789
150.
4624
1 'i5
707
VM.
3796
!'.'..
5003
13'i
758
150.
3858
155.
5092
27
'iK2
JAItLi:S
l'ahrclli Cnr/ms 'inxrr'i pi'inmiin ilalirnrtim .
N- 807
|.. Ku.
2180
2()S.
2598
:231.
1069
^1U\.
2183
I.l'i.
2599
221.
2031
\:\-i.
2279
m;;.
2602
133.
2055
IT'<.
2327 /'■,■ //
IC'.I.
2603
210.
2056
1".
2335
is;i.
2603 his
213.
2057
17!).
2335 n
h;;;.
2613
220.
2070
i(i:{.
2339
is:{.
2614
228.
2071
i-ri.
2340
-1\K
2614 h'r
208.
2073
l-li-K
2400 >/
-2:\:\.
2109
ii().
2582
-il.").
Fahrclli, Sitppl. I
N- 106
h;o.
388
I7;{.
436^^
139
234
-J2S.
398
lU.
437
151
387
17(1.
435
i;{-i.
438
146
Fabn'lli, Sxm,}. III.
N- 267
329
ISi.
17'.».
370
391
128.
2i8.
Gamurriiii, Ajijn'nd'icc
N- 30
232.
771
230.
380
215.
799
197.
643
138.
Krall, l-Jlnish. Muinh'iihludoi .
Cnl. V, li-iu's 2 23 p. 287 Cnl. |\. li-iicsl-22 3n3
Col. VU, lignes 2-11 3(18 Col \1I. li^no 1-13 315
Col. VIII. Iinnfs3-17 270
TABLES 483
MitteUungen^ roemlsche Ahl(^ilang .
XXV, 1910, p. 319 — p. loo.
Monumenil antichi.
IL p. 37 —p. 2U.
iVolizie degl'i scav'i
1895, p. 242 — p. tO\). 1895, p. 339 — p. -i3().
Pauli, h^irusk. Forschungen.
III, p. 59 — p. ^2^28.
Rheinisches Muséum, LV, 1900, p. 1-8 p. 322.
Torp, vovgr. Insch. von Leninos.
p. 41 — p. ISI.
TABLE ANALYTIOUE
.Los cliill'res i-Ciivoiciil aux paj^rs
A ic|ir('S('iili' plusieurs sons '.V-'y, '(■'{, '( 'r ; pcniiiilc avec e voir /*(')-
miihtliuiis : pronom (li'inoiislratiC !>."), \M . Kl'.t, 171, 1S5, .'51 I , iiil
AP.liKVlATio.NS \i\. i-j:;, i.ii, ii'(, \\:\. l 'iC, i '(S. i:;:i. ici, ici,
17'(, 177. isi. I!»:;. -ioc. -joT. -iii, -ni, ±i\, t:v.). -nvi.
ACCOKI) anormal vu (''lnis(|n(' ll:i, l(S7; accoi-d accidciilcl du [irr-
Moni cl (in .-(Mililnc \\1, II;;, II}:;, I 'i-i, I'i7. hi'.t. lit;").
ADIKL; aux moris I;{1. V.Vl, I.m, :i-i.S, ±1\)\ au\ vivants 2-27, 228:
adieux (rAdun^-ic (d (rAlccslo 2:n , 2:52.
ADJKCTIK ("pithrlc IK», Ml, I.';;}, 17:., l'i."., 201 , 20:{, 200, 2I.S, 227.
±Xl, 2:i0, 2:ii, 2:j7, 2r.7, 27:3, 282, 28:j, 3i0, :{i2; allrihnl ll'i, Ji:".,
130, lii, I'm, 1.^)7, 2'(:5, 2.V,), 2(;(;, :{22, :{2(i. :{28, :{2!i, :{;!i, ;;:;2, :{;{.■;,
;33(j, ;i;i8, :{:{*»: cmi.lou- advcrhialcmcul lOS, 1 '< 1 , 1 'dl, 1 '<7, i:;7, IC:!,
164, 175, 17(;, 178, 17i), 11);}, liM'., 20^, 20:>, 217, 21!», 2:{1, 2:)8, 2:i0,
2(;i, 20:;. 2(;8, 2(i'.», 278, 280, 291, 2*)2, 21):}, 2!):;, :{00, 302, :{0(;, 307,
312, 313, :M(i, :{18, :}20, :522, 323, 32Î), :};](), 331, 3:53, 3:}3. '.im, 337,
3:{8, 3;{!l. :UI, :{'<2. WW), •.\\:\, 3'di, 3i7; sa [dace dans la proposilion
110. I i:mi:).
AIJUITIF lils) 1!»8.
ADVKliBE ropri'seiiU' par un adjccdiF lOS. 1 '.il. r<7, i:i7, |(;:j, Ki'i.
17:i, 17(;, 178, 179, 193, 201, 205, 217, 219, 231, 258, 259, 201, 205,
208, 2()9, 278, 280, 291, 292, 293, 295, ;U)(), :}02, 300, 307, 312, 313,
310, 318, 320, 322, 325, 329, 3:50, 331, 333, 335, 330, 337, 3:58, :{:59,
:{il, 3i2. ;{'(:{, :!'i;;, :{;0, :{i7; niar(|n(' par un sidlixo casu(d 108, i;{7,
liO, 155, 107, K;'.», 171. 185. 192, 2:;7, 27:., 278, 28!». :{ii, ;;i7, :{20.
3:50; mar(|uc' [.ai' un sullixc sprcialcmonl advcri.ial 10!». i:57. 100,
172, 181. 20S. 280. :{09, 313. 310, 320; advcrho composé i:{7: place
d(; l'adviTlii' dans la proposili(»n 110.
TABLES 483
AI équivalent de ei et de i ,\o\v permulalions) .
AL désinence casuelle 1, i, 5, 6, 7, 90, 9o, 113,113, 12-2, 123, 126,
127, 128, 129, 130, 131, 132, 133, 140, 141, 144, 145, 147, 148, 132,
133, 138, 139, IGO, 161, 163, 163, 166, 170, 171, 172. 173, 182, 191,
200. 202, 22 i, 274, 302, 312, 320, 340, 3i6.
APOSTROPHES 137, 139, 262, 263, 268, 274, 306, 309, 310, 344,
3i3.
ARBITRALE (sentence) 239.
ARTICLE n'existe pas en étrusque 89.
AS désinence nominale 72, 73, 178, 180, 182, 201, 203, 212, 213,
237, 230, 237, 274, 278, 283, 297, 300, 316, 328, 330.
ASCENDANCE indiquée dans les épilaplies 122-123; ascendance
palerntdle marquée par un prénom en abrégé 123, 144, 133, 174,
177, 181; marquée par un prénom avec le suflîxe -al 126, 127, 128,
131, 146, 138, 163, 163, 171, 173, 179; marquée par un prénom
adjectivé en als 183; marquée par un prénom adjectivé en alisa
130,182; mar(iuée par un prénom au génitif 127,151, 184,191;
marquée par un prénom avec le sulïixe sa 84; ascendance mater-
nelle marquée par un nom de femme en i avec le suffixe al 4-7,
122,126, 129, 133, 141), 14 i, 147, 132. 1.33, 139; avec le suffixe
alisa 122; avec le suffixe alisla 83; avec le suffixe sla 85, 148, 132;
marquée par un gcnlilice d'apparence masculine avec le suffixe al
148, 138, 166, 168; marquée par un surnom 123.
ATTRIBUT avec valeur consécutive 239, 244, 2.39, 309.
.WIS sur les tombeaux, pour demander le silence 136, 137, I '(3,
139, 188.
B manque dans l'alphaljct étrusque 3.
BILlMiUES I textes! peu nombreux, peu signilic;ili(s 1, 2: ce
(lu'ils a[)[)renncnt 4, 3.
BOR.NES de propriété 161, 2:i8.
BOUSTROPHÉDO.N (insrriplion 322.
C désinence nominale 73, 163, 183, 203,293; suffixe de dériva-
tion verbale, 58, :\\), JOC», 219, 221, 235; enclitique coordinalrice
(voir ('iiordiiiitlioii ; permule axer X cl k (voir Permuiations).
CE désinence ca.sueile 9, 91, '.»7, 1(1(1, 1(18, |()!l, 110, 112, 115, 116,
117, 118, 14;!, 160, 164, 177, 178, 181), 181, 184, 185, 201,202, 207,
208, 210, 212. 213, 215, 218, 226, 229, 230, 231, 244, 24(;, 257, 290,
299; variante du denninsl r;i lil' ca. 9(1. 137. 224.
CL suffixe de derivalion vei-|.;ih' (18. 18'.. 280, 326. 339.
TABLES
COIJJ-XTIFS (mois) 90, 175, ITH. 101.
COMI'OSKS mois) 87,88,81), 159, lOi, Kh, 173, 17G, 18-2,180,
187, 190, I9:i, 190, 198, iOl , ^202. 20i, 205, 200, 213, 214, 218, 219,
223, 225, 237, 210, 2ii, 2i5, 217, 2i8, 250, 259, 2(15, 27^, 278, 282,
283, 28i, 280, 290, 291, 29i, 290, 298, 301, 302, 310, 311, 312, 313,
31i, 317, 318, 320, 321, 330. 331, 333, 33i, 335, 330, 339, 3il, 3'(2,
345, 347.
CONSONNES fiiToiipos iiiiliaiix 31-33; pcririuljilions 49, 52,54;
redoiibleinont norinul 3, 229; équivalruls ougro-tinnois des con-
sonnes étrusques 48-55 ; absence de sonores {h, d, 7) en élrusqiie
3; les sourdes aspirées ix^?) 'îO-51 ; valeur de Tf, de Th. du v,
du z 50-55; deux lypes graphiques de Ts î8.
CONSULTATION médicale adressée à une diviuilé 241-240.
CONSTRUCTION de la proposilion 104, 109-112; place des propo-
sitions subordonnées par rapp(u-là la principale 118-119.
COORUIN.\TION 93, 127, 134, 142, 147, 155, 158, 100, 170, 171,
173, 180, 181, 182, 185, 180, 187, 191, 193, 204,259, 272, 270, 279,
289, 292, 29(), 299, 301, 302, 203, 305, 300. 313, 317, 319, 322, 335,
343, 345.
X sa valeur 51 ; inilial 51, 205 ; perniule avec le c (voir Pi'nnuhi-
//on.v); sufïixe de dérivation verbale 09, 109, 180, 222, 285; dési-
nence nominale, 73, 274, 270, 285, 301); suffixe de coordiualion
173; rf. c.
\ V sullixe double de dérivation verbale (i9, 200, 272, 294, 314, 317.
I) manque dans ral[)lial)et étrusque 3.
DEMONSTRATIFS 2, 24, 95-!)7, 132, 133, 134, 135, 137, 139, 158,
109, 171, 185, 187, 18;), 191, 205, 208, 212, 224, 200, 203, 209, 289,
293, 311, 313, 310, 34().
1)1^:11 IV ATION voir Siifp.vps^.
I)]':SACCORD des sullixes de relation 112, 127, 133, 152, 103, 105,
180, 183, 219, 227.
DÉSINENCKS nominales 55-57, 72-87; verbales 12, 13, 57, 103,
101; possessives 27-31), 95; nuuiérales 9!)-103 ; adverbiales 108-109.
DIMINUTIFS en -m, 80, 177; eu -is 77, 120, 129, 140,153,103,
197, 198; eu -s 82, 83, 1 10, 245.
DIPHTIIONGUFS voir Voi/elles).
DlVIMTiOS ÉTRUSQUES assimilées aux grecques 2; comment
désignées 214.
E r(q)résente plusieurs sons 35, 44, -45 ; ])(>rmule avec a eli voir
TABLES 487
Permufalions): e pronom démonstratif 9o, 96, 191, :293, M'S, SUS.
El équivalent de ai et de i voir Permulations].
EM désinence de certaines formes numérales 259.
ENCLITIQUES d'insistance 17-19, 55,94, 96, 97, 107, 260; — de
coordination 93, 127, 134, 142, 147, 155, 158, 166, 170, 171, 173,
180, 181, 182, 185, 186, 187, 191, 193, 204, 259, 272.
ÉPITAPHES commentées 121-159, 163-205; rédaction des épi-
taphes 121-123; épitaphes collectives 139, 143, 146, 153, 155, 156.
Él'lTHÈTE se place devant le substantif 110, 141, 151, 257; reste
invariable 112.
ÉQUIVALENCES vocaliques 43-47; consonantiques 48-55.
ES désinence du participe passé passif 74, 136, 154, 190, 195, 217,
221, 223, 257, 283, 290, 303, 329, 332, 336, 342, 346.
ET variante K"'apliitine de eO 106, 110, 260.
Ee désinence casuelle !»1, 107, 184, 276, 277.
F sa valeur 50; initial 50; permute avecp et h (voir Pcrmulalions).
FEMMES comment désignées (voir Noms).
FÉMINISATION terme conventionnel pour désigner certaines modi-
licationsde noms propres 89 (voir Genre).
FORMATION des mots 55-89.
FORMULES funéraires 2 ; de consécration 2 ; banales 145, 215 ; de
prières 280 et suiv.
FOUR A POTERIES (inscription relative à un) 322.
G manque dans lalpliabel étrusque 3.
GENRE n'existe pas dans la langue étrusque 89; périphrase pour
indi(iuer le sexe féminin 225.
Il sa valeur 51; initial 5i, 157, 159, 160, 189, 192.203, 26'«, 265,
277, 285,290, 291, 30(i, 309, 314, 317, 318, 319, 315; non initia! 55,
3;5;{, 3;{i: permute avec f et v wo'w l^<'nnutallons\.
HARMONIE vocalique 34.
IIEN eiiclili(iue 55. 96, 137, 189.
I lepnsenle plusieurs sons 36, 45, 46; permute avec e, ai. ei
I vi>ir /'miniliiHoas); développé en la 73, 133 ; i doublé 36, 208, 330,
341, :J'r7 : i siillixe de dérivation verbale 59, 154, 189, 210, 214, 234,
235, 2'(i, 263, 26H, 31 i, 327, 328, 332, 336, 341; i suffixe participial
74, 145, 147, 157, 18i, 219, 225, 268, 271, 299, 322, 329,332; i dési-
nence des noms de femmes 75, 76. 132, 139, 151, 153, 154, 166,
16!t, IS3, 2()(i, 21 1, 212, 217, 235, 2'iO; i verbe négatif (voir Argatiou).
I.NVOCATKtNS 213, 216, 217, 218, 221, 229, 280.
i88 TAHLKS
ISdôsinence nominale 77, l^iO, \W, I.kÎ, IG;}, JÎI7, 11)8, 2;U).
K cncliliquo de coordinalioii ITiH; pennule avec c (voir Pcrma-
tii lions].
KE désinence casuelie230; voir ce.
Ldésinencecasdclle 0,îM, 110, 1C.7. l(iS,-il(), -i.-.S, -i:;t», -i!l-i; dési-
nence nominale 78, lii, lo9, 100, 17*1, ISO. 188, m\, "208, 212, 217,
220, 232, 2;i, 201, 20:5, 201), 272, 278; suffîxe de dérivation verbale
00,01, I8i, r.)o, 1!):;, 20i, 210, 2:')0. 2:):"), 2o0, 2:i8, 270, 200, :{02,
310, 310, 327.
LANGAGE prélé cà des clio.so.s 2.^, 30, 13'.. 138. l.'iS. 100, 107, 20:;,
208, 228 231.
L/ suflixe (loiil)lo de (h'rivation verbale 00.
M désinenco nominale 78,70, 80, 102, 177, 181, 102, 100, 2'i0, 200,
274, 270,281,280,204, 209, 30:), 31 i, 318,310, 320,323, 310; siillixe
possessif 20, 27, 30, 05, 232, 212. 202, 300; suirixe de dérivation
verbale 01, 02, 2.^i7, 200, 33i.
MAUQL'E?^ de propriété sur les objets funéraires 138, 130.
METUOXYMIQUE i voir .Ucendanrr
ML sulllxe double de dérivation verbale 2.')7, 2.'')8.
MO.NOSYLLAP)!'] avec consonne liiiale ."')."», .'iO ; avec voyelle finale
.')('», .j7 ; dé[)ourvu de voyelle ."{3.
MOTS étrusfjues fournis par les anciens 3, i; composés 87-80;
simples o5-o7 ; dérivés 37-87 ; collectifs 171, 173, 191.
MULTIPLES (voir \oiii/>n's}.
N désinence casuelle 18, 01, 03, 0(i, lOi;, 107, 108, 117, 118, 1 '<0,
1.33, 171, 183, 103, 212, 218, 221, 237, 2'<0, 202,278, 280, 311, 320,
322, ;}28, 3;}3, '.V.\'t, 3'(7 ; avec la valeur d'un cxiiosant temporel 103,
202; désinence niuninale 80, 81, 127, 128, 1 'i3, liO, 101, 100, 200,
207, 220, 237, 2i3, 231, 2(;8, 280, 290, 203. 297, 300. 312, 313, 337,
3iO; suflixe de dérivation verbale 02, 03, Oi. 131, MO, 137, 172,
178, 183, 180, 193, 221, 223, 22i, 229, 243, 2'i0, 248, 230, 203, 208,
27 4, 281, 284. 283, 291, 297, 299, 311, 327, 320, 333, 339, 342, 344.
N\ désinence nominale 81, 82, l.iC). 137. 138. 1.38, 103, 109, 187,
194, 204,200, 234, 239, 202, 203, 207, 273, 273, 299, 31(;. 321, 329.
NAVIRE examine avant l'appareillage 277, 278, 279; mis au sec
270.
NE désinence casuelle 9, 92, lOO. 117. 118. MO, 2(;0, 282. 302,
3.30, 3'.l.
NEGATIO.N exjJi'imiM' jtar des snilixes caritifs 107 ; par un verbe
TABLES 489
auxiliaire 14-19, 107, 111, 11^2, 19i, 194, 203, 237, 239, 256, 265,
289, 337, 338.
NOMBRE ne paraît pas exister dans la gi-ammaire étrusque 89-
90, 174-175.
NOMBRE (noms de) sur les dés de ïoscanella 98; de un à six 2,
98, 99, 178, 195, 261, 265, 344; au dessus de six 100; au dessus de
dix 101, 128, 152, 165, 167, 171, 17 i, 326; nombres avec valeur
soustractive 101, 102,167; nombres ordinaux 103, 272, 320; noms
de nombre avec suffixes casucls 99, 128, 152, 165,167, 171, 174;
irréductibilité apparente des noms de nombre étrusques 37-38.
NOMS pas théophores 2; disposition des noms dans les épitaphes
121-123 ; noms du père et de la mère (voir Ascendance) ; noms de
femmes formés avec le suffixe i 75, 76, 89, 126, 132, 139, 149, 151,
153, 168, 169, 199, 209, 211, 212, 215, 217, 220; nom de la femme
non mariée 75, 76; nom de la femme mariée 122, 123; nom du
mari marqué par le génitif 150, 170, 199, 220; par le suffixe -sa 83,
84, 123, 154, 155 ; par le suffixe -sla 85, 153.
NS désinence nominale 82, 168, 190, 208, 272, 346.
NT, Ne sutnxe double de dérivalion verbale 69, 172, 204, 293, 311.
OFFRANDES propitiatoires 160, 205, 206, 207, 208, 209, 211, 212,
213, 215, 217, 218, 219, 220, 221, 222, 223.
ORDRE DES MOTS 109-112.
P initial 50; permute avec f 50 ; suffixe de dérivation verbale 64,
207.
PA enclitique 17-19, 107, 111, 112, 192, 203, 237, 239, 256, 265.
PARENTÉ termes de parenté 2, 30; relations de parenté marquées
par des suffixes 73, 71, 83-85. [xo'w Ascetidniice, i\'ovi.s).
PARTICIPE actif eu i, 7i-75, 145, H7, 157, 15S, I8i, 219,225,
268, 271. 299, 322, 329, ,332; passif eu es 7i, 15i, 190, 195, 217,
221 223.
l\\TRONYMIQUE voir Ascendance.
PE enclitique 94, 96, 97, 107, 260, 332; voir pa.
PEI, PI variantes de pe.
PERMUTATIONS de a et do. e 35, 75, 76, I3'<. 1(;9, 170, 213, 259,
260, 267, 275. 277, 300, 305, 331; de e cl de i 35, 1.59, 184, 267, 326,
339; de e et de ai 333, 337, 338. 3'r2, 3'i3, 3ii; de i et des groupes
ai, ei 36, 131, 1 W, 2iO, 327, 329; de i et du groupe ia 76, 133; de
U et de V 53, l'(7, P.I2, P.1.3, m 3 ; de v cl de h 55. .301, .30!»; de h
et (le f 1, 2, 5'<, Ki'.l ; de f cl de p 50; des deux l\[>es de S '<<S ; de s
lîlO TAULES
et lie z :i-l; d« z et de t l'.lii. -ilL -i'i'.. iC.i, -270. 299, 313; de z et
(le ."i-i, lOi; do c cl (le X •'<■'• '-^ '-'. J-'>-' 1<>'^ 1"-^, '^^^2, ^^"^-î- "-^-^'^
307, 33:;; de t et de 8 CC, «s:;. l'di, 1/(9, -i(;o, 201, 322: de c et de k
l.'xS. 22.S, 229, 230.
IM(1K0NS (élevage des) 227.
riAKIKL voir Nombre.
PONCTUATION 2ii, 2o2, 322, 32o.
POSSF.SSIFS voir S»f/i.rrs.
PRÉNOMS d'hommes <i, 27, 121, 122, 12i, 125, 120, 127, 129, 130,
131, 13i, 130, l'i2, lii, liO, 117, l'<8, loi, lo5, 159, 102, 103, 105,
Ki'.l, 171, 173, I7i, 177, 179, ISl, J.S2, 183. JH.'"), 198; prénoms de
femmes 132, 139, l'i3, li9, 182; prénoms composés a vie Sur 128,
182, 191; prénoms servant de genlilice 120, I3(;, M9, 213, 218;
prénoms placés après le i^enlilic.- 129. 173, 181, 185, l'.l9, 220. 2'< 1 ;
pi-éii(ims en accord grammalicai avec le gcnlilic-e 113, 135, 112, l'r7,
109, 195.
PllOXOM personnel l'-« personne) 20-20, 9^, 131, 138, 158, 100,
107, 205, 208, 210,220; pronoms démonslraliCs 95-97; jtronorns
indélinis 97, 239, 2!)0, 291, 29(), 301, 332.
PKOPOSmONS cllipliiiues avec le verhe « être » 113-115 voir
Verbes); snhoi'données 1 15-1 1 7 ; ce f|ui caractérise les i)i'opositions
snJ)ordonnées 110-119; |»roposiLions subordonnées non consécutives
118, 194, 195, 200, 277, 289, 301, 321, 322, 333, 331, 3il, 313; pro-
positions subordonné(>s consécutives 118, 119, 190. I!)2, 203, 272,
279, 321,320; ])roposilions conditionnelles 119, 120,221. 222,219,
250, 257, 200, 205, 275, 270, 281, 285, 298, 299, 310, 31(;, 328, 329,
330, :{3l, 335, 337, 339, 341, 3'(3, 315; propositions avec sens tem-
porel 202; propositions négatives voir .\r(jalio)i]; absence de pro-
positions relatives et conjonctives 1 15-1 10, 292.
R désinence nominale 82, 137, l 'i 1 , 195, 215, 210, 218, 2i0, 254,
228,325, 332; sufTixe (le dérivation verbale Oi, 05, 157, 178,215,
219, 220, 225, 232, 273, 27(1, 27!), 283, 284, 285, 291, 29'(, 309, 317,
321, 320, 328.
UADIC.VUX simples on dérivés 55-58; radicaux nominaux avec
consonne tinalc 18, 55-.")0 ; radicaux nominaux avec voyi'lli' liiialc,
11, 50, 57; radicaux verbaux simples 57; radicaux vtM'baux dérivés
■")7-7l; radicaux nominaux dérives 72-87.
Kl d.'sim-nce casuelle 92, 100, MO. 115, 117, II'.», 183, l'.)0, 192,
203, 255, 272, 321, 3 'il.
TABLES 491
RITUEL à l'usage des navigateurs "llO-'S'l'l.
S désinence casuelleS, 92, 9o, 99, 101, 106, 109, 110, 112, 113, 115,
121, 12-2, 123, 124, 12G, 127, 128, 129, 133, 134, 135, 140, 147, 149,
150. 151, 152, 158, 159, 163, 165, 169, 170, 171, 172, 173, 174, 177,
180, 181, 183, 185, 191, 194, 197, 199, 200, 205, 206. 208, 209, 212,
213, 222, 224, 259, 260, 263, 281, 283 ; désinence nominale 82, 83,
137, 138, 140, 182, 192, 201, 205, 217, 225, 231, 245, 250, 251, 267,
281, 283, 284, 293, 300,318, 333, 343, 345 ; suffixe de dérivation
verbale 65, C,V>, 186, 196, 210, 250, 256, 265, 28i, 306, 329, 331, 335,
336, 3i'i.
SA désinence nominale 83, 84, 121, 122, 123, 130, 154, 155, 156,
176, 182, 280, 311, 322.
se suifixe double de dérivation verbale 70, 258, 316.
SEXE féminin marqué par une périphrase 225.
SI désinence casuelle 8, 92, 106, 108, 110, 115, 117, 118, 135, 138,
142, 143, 176, 180, 181, 191, 195, 206, 224, 229, 249, 258, 277, 284,
319.
SIGNES célestes observés 283, 284, 285.
SL suffixe double de dérivation verbale 71, 142, 143, 250.
SL.V désinence nominale 85, 123, 148, 152, 153, 226.
ST suffixe double de dérivation verbale 71, 256, 261.
STR suffixe triple de dérivation verbale 71, 215, 283.
SUBORDINATION voir Propositions.
SUFFIXES de relation ou casuels 4, 5, 8, 90-93; indifféremment
accolés aux substantifs et aux verbes 10, 14, 9i ; accolés aux noms
de nombre 94; suffixes incorporés au radical 7, 130, 170, 185, 202;
suffixes en désaccord 113, 127, 129, 152, 163, 165, 183, 219, 227;
suffixes possessifs 27, 30, 95, 232, 242, 262, 300; suffixes de coor-
dination 93 (voir Coordination); suffiixes caritifs 93, 107; suffixes
numéraux 101-103; suffixes adverbiaux iyoW Adverbes]; suffixes de
dérivation nominale 71-87; suffiixes de dérivation verbale; 58-71;
suffixes à v;ileu!' caiisalive 2()'i; suffixes à valeur passive ou rélli'cliie
190; suffixes doubles ou triples de dérivation verbale 68-71 .
SUJET sa place dans la proposition lOi, 111.
SUPERLATIF exprimé par un adjeclif-adverbr ! 'r I , I 'i7, 178, 180,
2li, 291, 313, 322, 335, 336.
SURNOMS 122, 123, 126.
SYLLAbi'] initiale, son import;ince dans les langues ougro-lin-
noises 42.
492 TAIÎLKS
SYNXOPES 4-2, 158, 212.
T permute avec 6 et z (voir /'o'iiiuliilions ; désinence nuiiiinale 85,
IV.i, 102, 25i; sullixede dérivjilioii verhale 0(1, 67, 154, 178, 190,211,
214, 254, 255, 202, 204, 200, 270, 28:5, 29'i, 314, 318, ;}2(), ;{22, :{;{5,
510.
TAL sidlixr fiiril,ir95, 107, 555,
TI dcsiiienco casiielle 9, ÎI5. 95, 90, 108, 109, 110. 115, 117, 159,
175, 187, 188, 277, 501, 517, 528.
TNAM désinence adverl)i;d(> 90, 109, 280, 295, 509, 510, 515, 514,
510, 519. 520.
H sa val(Mir 51 ; initial 51, 174, 190, 275, 281, 522, 354, 339, 340,
344; pernuile avec t et z (voir PcrDinlailons)] désinence casuelle 9,
93, 100, 180, 191, 243, 245, 255, 275, 281, 293, 312, 319, 337, 3-43;
désinence nominale 85, 108, 175, 188, 242, 244, 278, 283, 292, 293,
298, 300, 300, 310, 317, 340; snllixe de dérivation verbale 00, 07,
130, 157, 172, 189, 190, 212, 251, 259, 279, 509, 515, 519, 320.
H.VS désinence nominale 80, KIO, 179, 181, 185, 209, 200, 273.
Bl désinence nominale 80, 132, 155, 154, 155, 180, 219, 255, 255,
245, 205, 200, 270, 279, 291, 518.
U représente pinsieurs sons 50, 40, '(7;;ï(inoi r(''pon(l l'uinilial
47 ; pormnte avec le v 55, 147, l!)2, 195.
V initial 53, 214, 259, 200, 274, 278, 551, 555, 557, 538; permute
avec u cf. u) ; désinenre nominale 175; sufïixe de dérivation ver-
bale 08, 09, no, 192, 212, 2!)('>, 515, 550, 554.
VA désinence nominale 87, 175, 178, 11)0, 203, 204, 229, 27(1, 505,
511, 331 ; cf. ve.
VARIANTKS ^raphiiiiies 12, 10.
VK désinence nominale 190; cl', va.
VKRBK à mode personnel 104, 105, 128, 155, 139, 1()9, 171, 174,
178, 180, 182, 189, 195, 204, 212, 219, 220, 222, 224, 220, 240, 242,
245, 244, 245, 240, 247, 255, 257, 258, 259, 200, 202, 205, 20 i, 263,
207, 209, 275, 275, 270, 299, 313, 519, 525,. 520, 327, 328, 331. 333,
334, 355, 53(1, 357, 559, 540, 542, 544, 5'(0, 347; .sa place dans la
proposition 110, 111 ; dcsinemMî vocali(|ne dn verbe 12, 15, 103,
loi ; abseiic(3 de leinps 107 : vei'be employ(' siibslanli ven)ent 14, 129,
I'i2, 171, 172, 17!», 181, 190, 190, 205, 209, 212, 257, 201, 202, 203,
20i. 207, 209, 277, 282, 284, 289, 290, 2'.U . 515, 517, 521, 528, 531,
555, 550. 557, 558, 55'.». 5i2 ; verbe nei^iilif, voir .Xéf/nHini ; verbes à
radical sini|ile 57; verbes (b'rives 58-71; ellipse; du verlx' <■ être »
TABLES 493
li;3-ll.j, l-2tl, l.iO, 131, 13-i, i;i/i, 137, 138, 139, li-i, 145, 140, 148,
157, 158, 159, 101, 103, 100, 171, 175, 170, 181, 180, 190, 192, 194,
190, i04, 207, 208, 218, 222, 257, 201, 202, 204, 200, 272, 273, 277,
279, 280, 281, 285, 280, 289, 290, 291, 293, 299, 306, 312, 313, 314,
310, 319, 335, 337, 340.
VLE enclitique de coordination 93, 108, 191.
VOLEURS de sépultures (précautions prises contre les 138, 139,
231.
VOYELLES au nombre de qiuUre seulement 35, 40, 41, 42 ; repré-
sentent chacune plusieurs sons 35, 30, 42 ; permutent quelquefois
l'voir Pennutaiions)\ groupes de voyelles 37, 47; voyelles finales
indices de formes verbales, 11, 12, 13, 103, 104; insertion de
voyelles inorganiques 12, 127, 131, 135, 137, 141, 143, 157, 170, 181,
184, 180, 195, 219, 220, 224, 230, 244, 273; suppression de voyelles
12, 33, 158, 212.
Z sa valeur 52; initial 52, 141, 149, 100, 172, 175, 183, 180, 200,
201, 203, 209, 270, 279, 282, 302, 305, 330, 333, 337, 342; permute
avec s, t, 6 voir Permulaiions\ ; désinence adverbiale 97, 103, 109,
137, 106, 172, 181, 208, 259; suffixe de dérivation verbale 70, 184,
194, 202, 295, 333.
TABLE DES MATIÈRES
Pages .
Note sur les signes typographiques i
Abréviations ii
Préface m
Additions et corrections ix-xiv
Première partie : Les données du problème 1-40
I. Ce que fournissent les textes 1
IL Le suilixe al 4
IIL De quelques autres sufiixes 8
IV. De l'emploi des suti^xes 10
V. Formules négatives 14
VI. Le suilixe possessif 20
VIL Incompatibilités apparentes de l'étrusque et des langues
ougro-finnoises 30
Deuxième partie : Précis grammatical 41-120
I. Observations pbonétiques 41
IL Formation des mots 5.i
III. Espèces de mots et syntaxe 89
Troisième partie : Textes traduits et commentés 121-348
I. Fpitaphes 121
IL Inscriptions votives 20."i
III. Inscription des Velsu 23G
IV. Plomb de Magliano 241
V. Cippe de Pérouse 252
VI. Momie d'Agram 270
VIL Texte de Capoue 322
(Jualrièiue [lailie : Dictionnaire étymolugiiiue 340-4(10
Tables 401-493
I. Taille (les mots étrusques conservés par les anciens. . . 4(51
II. Table des noms propres cités îTI
III. Table des textes cités isi
IV. Table analyliiiue 484-493
LK in;Y-i:N-VELAY. — IMPIilMEIilK l'EYHILLEIi , liOUCllON ET GAMON
BiNui^^^. ^ . ocr ^i ^^'^
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PA Martha, Jules
2402 La langue étrusque
M27