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Full text of "L'Alsace et les combats des Vosges(1914-1918)."

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L'ALSACE 



ET 



LES COMBATS DES VOSGES 



(1914-1918) 



VOLUME il 



METZERAL — LE LINGE — LA CHIPOTE 



f 



MICHELIN & O — PROPRIÉTAIRES-ÉDITEURS — CLERMONT-FERRAND 



Copyright by Michelin & G« 1920 

Tous droits de traduction, d'adaptation ou de reproduction totale ou partielle 

réservés pour tous pays. 



Le présent volume décrit la suite du voyage commencé dans le 
volume I : 

L'ALSACE ET LES COMBATS DES VOSGES 
Ballon d'Alsace, Vieil- Armand, Route dos CretM. 



i dans ce premier volume, les généralités historiques et 
militaires concernant l'Alsace. ].i <li".iTi|>lion détaillée des opérations autour 
de Mulhouse, de Steinbàch cl itu Vieil-Admand. L'Itinéraire suivi est 
rappelé ci-dessous. 

Voir p. 16 l'itinéraire du présent volume. 



Voir p. 16 l'itinéraire du présent volume.) 



OPÉRATIONS MILITAIRES 
(Voir les schémas d'ensemble des pages 4 et 5). 

Dès la concentration terminée des 1" et 2" Armées (Dubail, de Castel- 
nau) — opération couverte par les 20" et 21 e corps échelonnés le long de la 
frontière — les Français prononcent en Lorraine, en direction de la trouée 
de Sarrebourg-Morhange, une offensive afin de retenir dans cette région 
le plus grand nombre possible de corps d'armée allemands (noir le Guide : 
Mets et la bataille de Morhange). Cette offensive est protégée a droite 
par des attaques dans le Sundgau et dans les vallées alsaciennes. ( Voir les 
manœuvres de couverture dans le Volume I.) 

Après une progression rapide et relativement facile (14-19 août 1914), les 
l"et2* Armées arrivent sur le champ de bataille qu'ont choisi les Allemands 
pour les arrêter et les attaquer à leur tour. 

De Sarrebourg aux côtes de Delme, l'ennemi a organisé le terrain, construit 
des tranchées bétonnées, disposé des mitrailleuses, mis en batterie une nom- 
breuse artillerie lourde, qui, par sa puissance et sa portée, aura un redoutable 
effet de surprise. 

Les troupes françaises, lancées à l'assaut de ces positions, sont décimées 
par un feu terrible ; elles reçoivent le choc de puissantes contre-attaques 
convergentes. En même temps, l'armée de Metz à gauche, les XIV" et 
XV» corps allemands à droite, tentent une manoeuvre d'enveloppement 
par les deux ailes. La retraite devient inévitable. 

Elle est protégée par d'héroïques arrière-gardes qui interdisent toute 
poursuite a l'ennemi. { Voir le Guide : Metz et la batailla da Morhange.) 



Le génkhal [)i-j 



Dans le présent voIuiup seront étudiés : 
1° Les offensives allemandes après la 



$92345 



" t. 



• • • "* 




Concentration 
Attaque en A/sa ce . 
3-10 août 



Les l re et 2 e Armées se concentrent 
sur la Meurthe, couvertes par les 20 e et 
21 e corps. 

Le 7 e corps prend Mulhouse mais, 
fortement contre-attaque , se replie. 



ouiy 




use 



Offensive 
en Lorraine 
15-19 août 



Les l re ef 2 e Armées progressent 
rapidement en Lorraine. 

Elles se couvrent à gauche vers Metz 
et sur la droite par une offensive en 
Alsace. 




Bataille de le 
Mortaàne „, 

26août-9 sept, ont 



ZZS& 



Les Allemands foncent sur Ramber- 
villers et glissent le long des Vosges. Ils 
se heurtent à la l rt Armée Dubail qui 
attaque sans se lasser. 




Les Allemands se ruent sur Nancy. 
Ils rencontrent la résistance inébran- 
lable de V Armée Castelnau (Bataille 
du Grand Couronné). 



LES BATAILLES DANS L'EST EN 191 




/Metz 



Bataille de Morhange 
Sarrebourg * 

20 août 



Sur le champ de bataille choisi par 
les Allemands, les Français, décimés 
par un feu terrible, sont violemment 
contre-attaques. Ils se replient sur la 
Meurihe. 




Bataille de la trouée \\ 
de Charmes oBwiï 
25 août J£ 



Les Allemands se ruent dans la 
Trouée de Charmes. Contre-attaques 
de flanc par Castelnau, pressés dure- 
ment de front par Dubail, ils hésitent 
et s'arrêtent. 




Après la bataille de la Marne pen- 
dant laquelle les l re et 2 e Armées ont 
été le solide pivot de la manœuvre, les 
Allemands se replient sur la frontière. 




Guerre 
de positions 
1915-1918 



Le front se stabilise. Aucune grande 
action d'ensemble, mais de violents 
combats locaux sur les sommets de la 
ligne de front. 



ÏT LA STABILISATION PU FRONT. 



Oilensives alhmindw dans Isa Vosgoa. 
i Meurthe et Mo ht aon e. — Bataille ei 



Après la retraite française, la ruée allemande se précipite en trombe 
dans la trouée de Charmes. La 2» Armée est face à l'Est ; la 1", en équerre, 
face au Nord. 

Les Allemands se heurtent â l'inébranlable résistance de l'Armée Dubail 



/,« armées allemandes cunBergcnl vers In Trouée de Charmes. 

et prêtent leur flanc droit a l'Armée Castelnau qui l'attaque face à l'Est. Pris 
ainsi de flanc, pressés durement de front, les Allemands, malgré leur écra- 
sante supériorité en hommes et en matériel, hésitent, s'arrêtent. (Voir le 
Guide : Metz et la bataille de Morhmige.) 

Voulant passer à tout prix, la ruée se glisse le long des Vosges et cherche 
à se frayer un passage par Rambervillers, vers Eplnal. 



Cette dernière bataille concernant les opérations de la droite de la 
1" Armée (13«, 21', 14 e corps et Groupement des Vosges) se déroulera 
sur les pentes ouest des Vosges moyennes, terrain propice à la défense, au 
relief extrêmement confus. 

La lutte sera une succession ininterrompue de retraites partielles et de 
retours offensifs, flux et reflux d'adversaires qui ont tous les deux, chaque 
jour, l'ordre d'attaquer. Lutte pied à pied, localisée, morcelée ; lutte de 
petits groupes, acharnée et sanglante, corps à corps dans la forêt où l'on 
s'abordera souvent à l'arme blanche après s'être fusillé presque à bout 
portant derrière les souches et les taillis. 

L'offensive allemande- du 25 août au 12 septembre 1914. 



L'ennemi se rue vers la Trouée de Charmes. Il est arrêté (25 août 1914) ; 
/( cherche plus a l'est un passage : Bataille de la Mortagne (28 août) ; 
Il se glisse en oaln le long des Vosges : Bataille delaHaule-Meurthe (^septembre) : 
Il remonte en/tn au nord el fonce sur Nancu .- Bataille du Grand Couronné 
C4-12 septembre). 

Les combats seront particulièrement acharnés sur les points d'appui : la 
Grande Pucelle, la Chipote, qui couvrent Rambcrvillers ; les lisières est des 
forêts de flamber villers et de Mortagne qui défendent les défilés de la passe 
du Renard et des Rouges-Eaux ; et enfin les crêtes de Mandray qui barrent, 
au sud de Saint-Dié, la vallée de la Haute-Meurthe. 



Bataille devant Rambervillers. 

C'est dans la soirée du 23 août que le général Dubail prescrit d'arrêter 
la retraite et de se tenir prêt à l'offensive. 

Le 24 août, le 21* corps reçoit l'ordre de rejoindre, à l'ouest de la Meur- 
the, les autres corps de la 1" Armée. 

Le 25 août, la 1" Armée a l'ordre de se porter en avant, mais, dans la 
matinée, des forces importantes allemandes attaquent les 21 « et 13° corps. 
Le XIV" corps allemand fonce sur Raon-1'Etape et Thiaville, le I*' corps 
bavarois, de Baccarat sur Rambervillers. La lutte est acharnée à Raon et 
Thiaville ; l'ennemi passe la Meurthe et déborde au nord les défenseurs 
de Raon. Ceux-ci se retirent par la forêt de Sainte-Barbe, sur le col de la 
Chipote. Le centre de la 1'* Armée se replie sur la ligne Hardancourt, bois 
d'Anglemont, Saint-Benoit qui couvre directement Rambervillers. 

Le 26, deux corps bavarois se ruent sur le 13' corps ; tenant Magniêres, 
leur attaque prend la direction de Koviile-aux-Chênes qui tombe. Heureu- 
sement, de Clézentaine, la 16° D. I. (de Maud'huy) du 8* corps, intervient 
dans le flanc des assaillants. Les Allemands se retirent sur Deinvillers. 
L'offensive est reprise, au 21* corps, vers Anglemont, mais l'ennemi venant 
de Thiaville et s'inflltrant dans la forêt Sainte-Barbe déborde le col de la 
Chipote aux deux ailes, menaçant de rendre la position intenable. Une 
contre-attaque, à la baïonnette, le soir, en plein bois, dégage le col que les 
avant-postes du 21° corps tiennent à la nuit. 

Le 27 août, le général Dubail donne l'ordre au 13° corps de reprendre 
le combat et de regagner le terrain perdu la veille; 2 divisions marchent sur 
Donciéres et Anglemont. L'attaque française atteint les crêtes du bois 
Menu et de la Grande Pucelle. Une contre- attaque allemande ne tarde pas 
a se développer et la hauteur de la Grande Pucelle est violemment disputée. 
L'infanterie du 13" corps reste accrochée à mi-pente et se retranche. 



I.A BATAILLE DEVANT RAMBERVILLERS. 

L'offensive allemande forée l'Armée Dubail d abandonner la ligne de la Meurthe, 
mais vient se briser sur les hauteurs gui du col de la Chipote d la Grande Pucelle, cou- 
vrent la Morlagne et RamberBiltcrx. 



Au 21' corps, après une matinée assez calme, les Allemands dessinent dans 
l'après-midi un mouvement débordant à l'est du col. En même temps, ils 
progressent sur Saint-Benoit. Après une lutte acharnée il* s'emparent du 
col sans pouvoir en déboucher. Le soir après une vigoureuse contre-attaque, 
les troupes françaises tiennent la ligne de la Cote 423 au col. 

Le 28, une attaque du 13 e corps en direction de Nossoncourt échoue ; 
les Allemands tiennent toujours les crêtes du bois Menu et de la Grande 
Pucelle. Le 21* corps reprend l'offensive vers le nord-est sur Sainte-Barbe 
et Raon, mais à 13 heures une attaque ennemie se dessine. L'ennemi ouvre 
un feu violent d'artillerie lourde sur Saint-Benoit qui, débordé par le sud- 
est, tombe ; les Allemands enlèvent la Chipote. Les éléments décimés du 
21 e corps s'accrochent aux croupes qui commandent Bru vers le nord et 
qui constituent la dernière position à l'est de Rambervitlers. Piétinant sur 
place, l'ennemi s'arrête et se retranche sur les positions conquises ; il cherche 
plus au sud, vers Saint-Dîé, un passage. 

Le 29 et le 30, les 13 e et 21" corps attaquent. L'action est ralentie par 
des travaux de campagne et par un feu terrible d'artillerie lourde. Les 
Français parviennent avec peine à porter leurs avant-postes à l'ouest de 
Xaflévlllers et à Anglemont ; plus à l'est, ils chassent l'ennemi de la Chipote 
et progressent vers Sainte-Barbe. F.xténués, ils s'arrêtent en se fortifiant. 

Sur ces entrefaites, le Grand Quartier Général français donne l'ordre au 
général Dubail de retirer du front de son armée un corps qui sera transporté 
sur la Marne. Le 21* est désigné ; il quitte la 1" Armée après avoir repris 
une fois de plus le col de la Chipote. Le 2 septembre, la 44' division le relève 
dans ses positions. Les Allemands s'en aperçoivent : ils attaquent aussitôt 
la Chipote et refoulent la 44" vers l'ouest. Toutefois, avec l'appui du 
13* corps, cette division arrête l'ennemi devant les lisières des bois d'Her- 
temeuche. Le 3 septembre, le 13' corps repousse une vigoureuse offensive 
ennemie sur le bois d'Angle mon t. 

L'offensive allemande, coïncidant avec le départ du 21* corps, ne per- 
met plus à la 1" Armée de conserver l'attitude offensive. Un ordre du général 
Dubail prescrit d'organiser la défensive. Un corps d'armée provisoire est 
constitué avec la 44» division, une brigade coloniale et trois bataillons de 
chasseurs. Le terrain est fortifié, les forces s'échelonnent en profondeur. 



Ces combats continuels ont causé de lourdes pertes. La plupart des offi- 
ciers chefs de section et commandants de compagnies ont été tués ou blessés. 
Du coté de l'ennemi, certaines compagnies ont été réduites à 64 et même 
36 hommes. 

Le 9 septembre, le 13* corps — avant de partir à son tour vers l'ouest — 
progresse au nord de Xaffévillers ; le corps provisoire dégage la Chipote 
et se rend maître de Sainte-Barbe. 

Opérations autour de Salnt-Dié. 
Ces opérations sont solidaires de celles qui se déroulent devant Ramber- 

Le 23 août, les avant-postes du 14" corps tiennent la ligne Moyenmoutier- 
Provenchéres, en liaison a gauche avec le 21* corps qui borde la Meurthe à 
l'ouest. A droite, en Alsace, le groupe de bataillons alpins du général Bataille 
tient la région des Vosges. 

Les Allemands s'emparent du col du Bonhomme et atteignent Proven- 
chères, débordant ainsi par le nord les troupes d'Alsace. 



La bataille autour de Saint-Dié. 

Les Allemands attaquant en forces franchissent la ligne de lu Meurthe, de Sainte- 
Marguerite û El ioal (27 août 1914). Les troupes de la 1" Armée disputent héroïquement 
les couloirs de la Passée du Renard et des Ilouges-Eaux qui conduisent à la Mortagne. 

Le groupement des Vosges est rejeté sur la haute oallèe de la Meurthe après avoir 
apremtnt dê/endu les crêtes de Mandray et le massif du Bonhomme (5 septembre). 

Le 6, roffensiue est reprise victorieusement, les Allemands reculent et leur retraite 
devient dêfinitivelàlpartir du 10. 



Le soir du 25 août, le général Dubail se rendant compte du danger, fait 
prendre l'offensive au 14' corps ; la droite du corps atteint Provenchéres ; 
la gauche, sous une attaque allemande, se replie vers le sud sur Etival. 

Le 26 août, la 27* division attaque dans la direction des bois de Repy, 
la 28* D. I. couvre les approches nord-est de Saint-Dié, aux Raids de Ro- 
bache et à Denipaire. Les obus commencent à tomber dans Saint-Dié. 

A droite, la 58» division de réserve craignant d'être tournée par le 
sud se replie par Sainte-Marguerite ; le col d'Anozel est perdu ; la 58* divi- 
sion se retire à Taintrux, découvrant le flanc droit du 14« corps qui tient 
encore devant Saint-Dié. La 28" division se replie à l'ouest de la Meurthe ; 
quelques éléments défendent Saint-Dié, mais la ville, attaquée par le nord 
et le sud, tombe aux mains de l'ennemi (27 août). 

Le 28 août, la 27* division tient solidement Nompatelize ; la 28' le 
défilé de la Bolle. 

Le 29, de nouvelles troupes allemandes arrivent d'Alsace par le col de 
Saales. Après une violente préparation d'artillerie, les Allemands débouchant 
d'Etival et de Saint-Michel gravissent les pentes dominant Nompatelize 
et la Passée du Renard. Un violent combat s'engage à Nompatelize. Ce vil- 
lage puis La Bourgonce sont enlevés, mais la 27° division tient le débou- 
ché vers Rambervillers, à la Passée du Renard. 

A sa droite, la 28« division défend pied à pied le bois de la Madeleine et 
couvre les Rouges-Eaux. Les bataillons de chasseurs tiennent Mandray. 

Les Allemands subissent de lourdes pertes dans cette région de Saint- 
Dié qu'ils ont appelée le • Trou de la Mort. • Ils s'arrêtent en se fortifiant 
sur tout leur front. 

La 27" division réoccupe La Bourgonce et, le 30, Nompatelize. La 28« 
parvient à s'infiltrer vers Taintrux et le col d'Anozel. Cette division ne s'y 
maintient qu'avec peine. 

Entre la droite du 14° corps et la crête des Vosges, la situation des Fran- 
çais est sérieuse et peut devenir grave. Il faut à tout prix défendre le couloir 
de la haute vallée de la Meurthe en tenant solidement les hauteurs de Man- 
dray, la Tête de Béhouille et, plus à droite, le massif du Bonhomme. Les 
forces françaises éparses dans les Vosges sont réunies en • Groupement des 
Vosges • sous les ordres du général Putz. Des journées d'efforts soutenus et 
onéreux marquées par de nombreuses fluctuations, se passent. Les crêtes de 
Mandray sont perdues et reprises plus de cinq fois. 



Les 4 et 5 septembre, sous la poussée allemande alimentée de n 
renforts, le 14" corps perd la Passée du Renard et fléchit vers les Rouges- 
Eaux. Le Groupement des Vosges, des hauteurs de Mandray se replie 
la Haute-Meurthe, vers Saint-Léonard et Souche ; les Allemands cherchent 
à déboucher du col du Bonhomme. L'heure est critique. 

Mais le 6 septembre, le 14 s corps et le Groupement Putz reprennent 
l'offensive. Par des attaques furieuses, fortement appuyées par l'artillerie, 
attaques sanglantes où les Français perdent une moyenne de 800 hommes 
par régiment, le 14" corps progresse au delà de la Passée du Renard, de 
la Croix-Idoux et parvient a occuper Rougiville. En même temps la 21* divi- 
sion s'empare définitivement des crêtes de Mandray, de la Croix-aux- 
Mines et enfin des Bagenelles dans le massif du Bonhomme. Le général 
Bataille commandant le groupe des bataillons alpins est tué au col du Bon- 
homme. 

Le 7, sur plusieurs points du front de Ut 1" Armée, des Indices révèlent 
un affaiblissement de l'ennemi. Le XV e corps allemand de Strasbourg est 
relevé par des divisions de réserve. Ces" " 
Nancy. 



Le 8 et le 9, la 1" Armée est affaiblie par le départ de la 6 8 division de 
cavalerie et du 13° corps. Les troupes, qui viennent de fournir un effort 
surhumain, consolident les positions acquises. 

rai Dubail reçoit du Grand Quartier Général d'élogieuses 

d'un mois, votre armée combat presque journellement 
lités remarquables d'endurance, de ténacité, de bravoure, 
us-meme, insulfler à tous l'ardeur dont vous êtes animé ; 
:ments importants qui ont été successivement opérés sur 
ivez su maintenir l'ennemi et vos troupes ont compensé 
vos effectifs par une activité toujours croissante. Je tiens 
, à vous et à la 1™ Armée, toute ma satisfaction pour le 
Signé ; Joffrf. 





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13 



La retraite allemande. 

Le matin du 11, les renseignements confirment la retraite d'une partie 
des troupes et de l'artillerie allemande. Le général Dubail prescrit de re- 
prendre l'offensive. 

Le 14 e corps entre le 11 à Saint-Dié ; à sa gauche, le corps provisoire 
(44 e division et brigade coloniale) atteint la Meurthe, à sa droite le Groupe- 
ment des Vosges gagne dans la direction de Saint e-Marie-aux-Mines. 

Le 12 septembre, des détachements de poursuite poussent vers le nord- 
est et s'accrochent à l'ennemi qui occupe Raon-sur-Plaine, le Donon, Seno- 
nes, Ban-de-Sapt, le col de Sainte-Marie-aux-Mines. 




Ligne allemande le 10 septembre 191t. 
Ligne allemande le 13 septembre 1914. 

Le repli allemand et la stabilisation du front. 

L'Armée Dubail, malgré le départ de nombreuses unités, reprend l'offensive le\\ sep- 
tembre 1914, repasse la Meurthe et vient s'arrêter sur la ligne Raon-sur-Plaine, le 
Donon, Senones, Ban-de-Sapt, le col de Sainte-Marie, qui restera sensiblement la même 
durant toute la guerre. 



Sur la Meurthe, comme sur la Mortagne et devant Nancy, les batailles 
de Lorraine se terminent par un échec incontestable de l'ennemi. Nulle 
part, après tant de combats acharnés et malgré de très lourdes pertes, il 
n'est parvenu à obtenir un succès durable, et cette période des opérations 
aboutit pour lui à un recul sur tout le front. Il revient aux abords de l'an- 
cienne frontière. 

La situation ainsi établie va se stabiliser. Entre la Moselle et les Vosges 
les positions occupées par les adversaires en novembre 1918, ne diffèrent 
pas essentiellement de celles qu'ils tenaient vers le 13 septembre 1914. 

La guerre de position. 

Après la retraite allemande (11-15 septembre), le front se fixe ; la guerre 
de position commence. 

Les Allemands restent accrochés dans la forêt de Parroy (nord de Luné- 
ville), aux débouchés de Badonviller ; ils se cramponnent au massif d'Or- 



mont, aux portes de Saint-Dié, et devant le col de Saales. Ils tiennent le 
Violu et le Bemhards Stein qui dominent le col de Sainte-Marie-aux-Mines ; 
la Tête des Faux au-dessus du col du Bonhomme. 

Ils demeurent sur les sommets du massif du Linge qui commandent les 
vallées de la Weiss et de la Fecht, et à Metzeral qui barre la haute vallée 
de la Fecht. 

Les boyaux et les tranchées se creusent peu à peu, parfois en plein roc. 
Sur les sommets, les lignes se rapprochent, puis un vallon ou un ravin profond 
les séparent ; elles courent le plus souvent a travers des bois de sapins où 
les adversaires ne peuvent se voir. 

Sur les sommets, surtout en 1915, la lutte fut très âpre. Dans les vallons, 
les combats plus calmes consistèrent surtout en des rencontres de patrouilles 
en plein bois, entre les petits postes distants parfois de plusieurs kilomètres. 

Les opérations qui se déroulèrent, en 1915 peuvent être groupées en 
trois secteurs principaux : 

1° Devant Saint-Dié ; 

2° Au-dessus des vallées , v de la Fecht, et de la Weiss : dans 
le massif du Linge, autour de Mktzkh.il ; 

3° Dans les Vosges méridionales ; 
autour de Steinbach et au Vieil-Ar- 
mand (ces dernières opérations ont été étu- 
diées dans le Volume I). 

Devant Saint-Dié. 

A la fin de septembre 1914, les Alle- 
mands traversent de nouveau la frontière ; 
la ligne s'établit à l'ouest de Badonviller. 

Le 7 octobre, une attaque française 
s'empare des hauteurs (le Violu) domi- 
nant le col de Sainte-Marie-aux-Mines. 

Le 2 décembre, les chasseurs alpins, 
en un élan impétueux, prennent pied au 
sud du col du Bonhomme, sur la crête de 
la Tête des Faux. 

Le vaste promontoire, le Ban-de-Sapt, 
est dominé par la Cote 627, pour la pos- 
session de laquelle se déclanchent, en 
avril 1915, de violents combats. C'est 
d'abord une guerre acharnée de mines. 
Les tranchées sont à 30 mètres les unes 
des autres. Mines françaises, mines alle- 
mandes explosent successivement. Le 
18 juin, les Allemands sont maîtres de 
la Cote. Le 8, puis le 24 juillet, après de 
très violentes préparations d'artillerie, 
les Français occupent les retranchements 
bouleversés de la Cote 627 ; ils en restent 
maîtres malgré de puissantes contre-atta- 
ques allemandes, décimées par le feu. 

Jusqu'à l'armistice la région devient 
calme. En novembre 1917, une division 
Le front américaine achève son Instruction dans 

uhhrb de position. les tranchées de ce secteur. 



Au-dessus des vallées de la Weiss et de la Fecht. 

Ces vallées sont dominées par le massif du Linge qui se trouve entre 

elles deux, observatoire précieux sur Munster, Turckheim et la plaine d'Al- 
sace. L'ennemi y est solidement retranché. Il tient aussi le cercle de hauteurs 
dominant Metzeral, village qui commande, vers Munster, toute la vallée 
de la Fecht. 

Avant de déclancher l'attaque, une organisation de la région est néces- 
saire. Les communications vers l'arrière sont précaires, il faut construire 
tout un système de voies qui, à couvert, permettra la concentration des 
troupes d'attaque et leur approvisionnement. Le terrain présente des dif- 
ficultés inouïes : à certains endroits, c'est un chaos de blocs accumulés ; 
les arbres, abattus par les tirs d'artillerie, forment un enchevêtrement 
inextricable. 

Du 14 au 21 Juin 1915, les chasseurs alpins enlèvent l'Hilsenfirst. C'est 
sur ce sommet qu'au milieu de la bataille la 6* compagnie du 7" bataillon, 
cernée de toutes parts le 14 juin au soir, résiste pendant trois jours aux 
attaques allemandes jusqu'au moment où elle est délivrée par son bataillon, 
le 17 au soir. 

Du 15 au 22 Juin, après une préparation méthodique, chasseurs alpins 
et fantassins s'élancent à l'assaut des sommets et plateaux qui dominent 
directement Metzeral : le Braunkopf, Eichwald, la Cote 830. Le 15 juin, 
les troupes atteignent le Braunkopf et la Cote 830. A l'Eichwald et sur 
l'Anlass, l'attaque a un succès moins rapide. Enfin, le 21, les troupes abor- 
dent Metzeral et les Allemands se replient précipitamment, incendiant le 
village. Les troupes françaises, maîtresses de la tête de la vallée, progres- 
sent lentement vers Munster. (Voir le détail des actions, p. 43.) 

L'assaut du Linge est donné le 20 juin ; l'attaque progresse assez rapi- 
dement, mais est bloquée au centre devant des fortins intacts. De nouveaux 
efforts violents les 17, 22 et 27 juillet permettent aux troupes françaises 
de s'installer sur les crêtes et de s'y maintenir malgré des contre-attaques 
acharnées. (Voir le détail de l'action p. 37.) 



B POUVDRAGUIII 



16 



ITINÉRAIRE DE COLMAR A NANCY 
{Voir le volume I pour le début de l'excursion, schéma p. 2). 




Itinéraire de Colmar a Nancy. 
(L'itinéraire est indiqué en traits renforcés.) 

Le tour dessiné ci-dessus et décrit dans le présent ouvrage peut se faire en 7 étapes, 
en automobile. (Le volume I comprend trois étapes.) De même que celui du volume /, il 
fait parcourir des régions du plus haut intérêt tant militaire qu'artistique ou pittoresque. 

Les étapes sont les suivantes : 

Colmar, Col du Bonhomme, Trois-Epis ; 
Trois-Epis, le Linge, Metzeral, Turckheim ; 

TURCKHEIM, RlBEAUVILLÉ, HaUT-KœNIGSBOURG; 

Haut-Kœnigsbourg a Saint-Dié ; 
Saint-Dié au Hohwald ; 
Hohwald a Strasbourg ; 
Strasbourg a Nancy. 

Pour le choix des hôtels, voir la page de garde au verso de la couverture. 



17 

QUATRIÈME JOURNÉE (80 km.). 
( Voir Volume I pour les 3 premières journées.) 

COLMAR - COL DU BONHOMME - TROIS-ÉPIS 

a) -De COLMAR à ORBEY {Carte ci-dessous). 



Pour la visite de Colmar, voir le Guide : Colmar-Mulhouse-Schlestadt. 

Sortir de Colmar par la rue Stanislas, la route de Logelbach. A 3 km. 9 
de Colmar, prendre, à la bifurcation, la route de gauche ; 100 mètres plus loin 
la route de droite. On 
arrive à Turekhei 
dans lequel on ent 
après avoir traversé 



TURCKHEIM 

Turckhelm est u 

très vieille ville qui 
partie de la t Décapol 
(noir Volum» I, p. 1 
C'est entre Turckhei 
et Colmar que se liv 
la célèbre bataille j 
gnée par Turenne 
5 janvier 1675. L'Ali 
ce était alors occup 
par l'armée impérii 
qui festoyait larf 
ment, malgré les eflo 
du rude électeurFréi 
rie-Guillaume lie 
Brandebourg, 



dental des Vosges, 
franchit en plein 



a Tune 

En /ace, la. 
rue du Conseil 
(photos p. 10), 

tlraruriini' 

(photo p. 19 

et 20). 



i Président Poin- 



Bussang et parut tout à 
coup devant Turckheim 
qu'Ù enleva. L'armée impé- 
riale, surprise, se retira en 
désordre jusqu'au delà du 
Rhin. Cette belle bataille de 
manœuvre n'avait pas été 
sanglante : les pertes fran- 
çaises avaient été de 
900 hommes, les impériaux 
laissaient 1.600 soldats sur 
le terrain. 

Le vin de Turckheim : le 
■Brandi, le «Sang de Turc- 
(ainsi dénommé à cause 
de sa couleur), est très prisé. 

Place Turenne (photos 
p. 18), on a en {ace de soi la 
rue du Conseil où se trouve 
le curieux hôtel des Deux 
Clets(photo ci-contre), devant 
l'Hôtel de Ville Renaissance. 
La Grand' Rue est à gauche. 
On suivra celte dernière qui 
traverse la ville dans toute sa 
longueur (photo p. 20) 

On sort de Turckheim en 
passant sous une ancienne 
parle. Suivre pendant en- 
viron 4 kilomètres le tram 
des Trots-Epis. Ce tram 
quitte ensuite la route qui 
lacets jusqu'au sommet de la croupe qu'occupe le village. 



GHAND'IUjB 



LES TROIS-ÉPIS 

Les Trois-Epis sont très connus comme pèlerinage et station d'été. Le 
pèlerinage date de la fin du xv" siècle. Il a pour origine la vision d'un habitant 
d'Orbey à qui la Vierge apparut, tenant trois épis a la main. Une chapelle 
et un couvent s'élevèrent à l'endroit miraculeux et, la beauté du site aidant, 
Les Trois-Epis devinrent une des stations les plus fréquentées d'Alsace. 
L'agglomération est pour ainsi dire uniquement composée d'hôtels. 
L'église, brûlée ainsi que le couvent par les Suédois, a été rebâtie et décorée 
dans le style du xvni* siècle. Elle est surchargée d'ex-voto. 



f du cimetière civil. 

Pour jouir pleinement de la vue magnifique (panorama p. 22-23) qu'offre 
le plateau des Trois-Epis, monter à pied au Belvédère : prendre le chemin 
qui se détache à droite de la route, un peu au-dessus de l'hôtel des Trois-Epis ; 
200 mètres plus loin, suivre, à gauche, un sentier qui conduit au monticule 
où se trouvait pendant la guerre un observatoire allemand. 

Les Trois-Epis furent occupes, en août 1914, par le 3* bataillon du 
152* d'Infanterie, parti de Munster. Il eut à livrer un dur combat sur te 
Hohnack, avant d'atteindre les Trois-Epis. Dans ces combats de montagne. 
au milieu des sapins et des rochers, les fantassins du 152* firent merveille. 
Perdant une cinquantaine d'hommes, le 3* bataillon trouva sur le terrain 
200 cadavres allemands. Un merveilleux tireur, l'adjudant Marcel, en abattit 



28 à lui seul. Turckheim fut également occupe. Mais la retraite Eut ordonnée 
et les Français ne devaient revoir cette région qu'en novembre 1918. 

Revenir à l'hùlel des Trois-Epis et continuer ta route vers le Hohnaek. 
3 km. plus loin, en forêt, se présente une bifurcation : ta route de gauche va vers 
le Linge ; prendre celle de droite. 1.600 mètres plus loin, autre bifurcation, prendre 
à gauche vers Orboy dans lequel on pénètre (schéma p. 17.J. 

6) D'ORBEY au COL DU BONHOMME {Carte p. 23). 
Dans Orbeg, tourner à gauche au pied de V église. 



Panoiiama sur PÀchis, Noir 
■mpte de la disposition des lignes 



•hrben, n 

■l'h-i- ,il- il, 



vallée Se la Weiss, 



il du Belvédère des Trois-Epis. 



A 1 km. du village, à la bifur- 
cation., laisser à gauche la route de 
Sulxeren et continuer tout droit. 

On arrive à Pairie qui posséda une 
abbaye célèbre de Cisterciens, trans- 
formée en hôpital. 

Un des abbés, Martin de Pairis, 
prêcha la croisade en Alsace et assista 
à la prise de Constantin ople. Gunther, 
un de ses moines, en écrivit la relation. 



Les lignes françaises passaient entre Faing et l'airis, saluaient la fente nord de 

lu vallée île !a Roteiibach, englobant Uml le Xoirmonl et allaient rejoindre le/ nnjimisn- 
fions allemandes au l.lnge et au Schratzmannele. 

Le grand llarnle.-:l;i:pl était entièrement /Unis les mains il"s l-'rim^ais. /Voir les 
opérations du Linge, p. 37.) 



Les bâtiments ont 
beaucoup souffert du 
bombardement. 

Entre Pairls (français) 
et Orbey (allemand), pas- 
saient les premières lignes. 

Trois [câbles aériens 
allemands aboutissaient à 
Orbey, partant de diffé- 
rents points de la route 
des Trois-Epis. 

A partir de Pairis, la 
route monte fortement en 
serpentant pendant 6 km. 

La vue est fort belle 
sur la vallée (panorama 
p. 22-23). 

A la fin de la montée, 
on prendra à gauche pour 
aller visiter le L\çNoinet 
ses organisation!, situés a 
1 km. (Photos ci^conlre.) 

Revenir sur ses pas et 
laissera droite ta route d' Or- 
bey pour se diriger vers le 
lac blanc qu'on longe 
(photo p. 25). 

On arriv 



RAHÇÀISES DU I,AC Nom. 

Vers la droite part un chemin (impraticable aux autos) conduisant] à 
environ 3 km. du calvaire, à la Tête des Faux, sommet enlevé par les Fran- 
çais le 2 décembre 1914. 

Les Allemands restèrent 
cramponnés à la pente Est, 
a toucher les organisations 
françaises. 

Prendre la route qui des- 
cend au COL de Luchpach 
(croquis p. 26). Au col, devant 
l'auberge, tourner à droite 
vers le col du Bonhomme. 

Deux cimetières ont 
été installés au Bonhomme, 
recueillant les morts 
des combats d'août- 
septembre 1914 et ceux de 
la guerre de position, ceux- 
ci principalement des territo- 
riaux. Sur l'ancienne borne- 
frontière a été gravée une 
inscription rappelant la mort 
du général Bataille et de ses 
officiers d'ordonnance, tués 
par un obus dans l'auberge 
du col (photos p. 11 et 26). 

Au col passait la seconde 
ligne de défense française, 
la première se trouvait entre 
le col et le village du 
Bonhomme, à quelques 
centaines de mètres des 
Le Lac Blanc lignes avancées allemandes. 




Calvaire de Liichpach /texte p, 24/. 
Carrefour de Luchpach (croquis de droite) 



liDNHOMHE. 

tombe du 
général Bataille 

dans l'auberge 
dont on aperçoit 



v) Dit COL DU BONHOMME aux TROIS-ÉPIS 

(Carte ci-dessous). 



Prendre, à droite de la roule par laquelle on a alleinl le col, la roule qui 
descend vers le village du Bonhomme devant lequel était la première ligne 
allemande (pholo p. 28). On traverse ensuite La Foutroye, puis on sait le 
chemin de 1er sur route jusqu'à Kaysersborg. 



: le col et te village du Bonhomme. (Cliché LL.) 
Bonhomme est visible dans la vallée de la Béchine que 
I Kaysersberg. La ligne allemande descendait du Calvaii 
rejoindre la Tête des Faux et Orbeg. 

KAYSERSBERG 



Kaysersberg doit son 
nom à l'empereur Frédéric II 
de Hohenstaufen, qui 
l'acheta au xm* siècle, 
l'agrandit beaucoup et la 
fortifia ; c'est lui qui cons- 
truisit le château appelé à 
tort château de Barberousse, 
du nom de son prédécesseur. 

Kaysersberg fut une des 
villes de la Décapole (voir 
Volume I, p. 12). Elle fut 
pillée pendant la Guerre de 
Trente Ans et le château 
fut détruit. Pendant la Ré- 
volution, Kaysersberg, le 
• Mont de l'Empereur ■, 
devint le ■ Mont-Libre ». 

A côté de la halte du 
tramway, près de l'ancienne 
porte haute maintenant dé- 
molle, se trouve la Croix de 
la Peste qui comprend un 
Christ, la Vierge, saint Jean 
et un pèlerirt. Elle fut élevée 
en 1511, dans des circons- 
tances que rapportent des 

récits légendaires. Les gens Le pont sun la Weiss a Kaysersu 

de Sigolshcïm, bourg voisin A VairOrt-phai \ts ruines du château ; au 
OÙ sévissait la peste, se ren- pont.le Mutée installé dans une maison an 
danten pèlerinage à l'abbaye 
de Palrls (coir p. 23), demandèrent passage à Kaysersberg. La ville c 



la contagion, ferma ses 
portes et les pèlerins 
durent faire un Ion g détour 
en montagne. Le châti- 
ment céleste fut immédiat ; 
l'épidémie se répandit avec 
une folle rapidité dans 
Kaysersberg atterrée. Les 
habitants décidèrent alors 
de faire une réception 
princière aux gens de Si- 
golsheim à leur retour de 
Pairis, et le repentir amena 
la disparition de la peste. 
La Croix perpétue le dan- 
ger couru et la clémence 
divine. Chaque année, le 
3 mai, fête de l'Invention 
delà Sainte Croix, Sigols- 
heim vient en procession 
à Kaysersberg et les habi- 
tants des deux bourgs 
assistent en commun aux 
offices. 

La rue principale con - 
duit au Pont fortifié, si 
pittoresque avec ses meur- 
trières et sa chapelle, qui 
enjambe la Weiss. De cu- 
rieuses maisons anciennes 
l'entourent. Tourner à 
droite après le ponl. 



Dans la Grand 'Rue, 
l'Hôtel de Ville Renais- 
sance a une cour intérieu- 
re intéressante. Derrière, 
dans la cour du n° 54 se 
trouve une ancienne fon- 
taine (photo ci-dessous) por- 
tant l'inscription suivante 
en dialecte alsacien : 

• Si tu te gorges d'eau 
à table, cela te glu ce l'esto- 
mac, bois modérément du 
vieux vin subtil, je te le 
conseille, et laisse-moi 

Kaysersberg est en 
effet un pays de vignobles : 
son cru est très apprécié. 

L'église a conservé 
son portail roman (photo 
p. 32) dont le tympan est 
orné d'une Vierge couron- 
née par le Christ. A l'inté- 

retable du xvi* siècle, des 
stalles sculptées dans le 
chœur, un Saint-Sépulcre 
et un baptistère. La G 

Suspendu a la voûte, se 
voit un énorme crucifix avec la 
Vierge et saint Jean. Il aurait 
été porté, au xvn« siècle, par un 
pénitent géant qui, pour augmen- 
ter sa mortification, se chaussait 
de lourds sabots bardés de fer. Ces 
sabots sont conservés à l'Hôtel 
de Ville. Ce solitaire athlétique 
parcourait les campagnes pour 
l'édification des paysans et fut 
retrouvé un jour enseveli dans 
la neige. 

A ta sortie de Kaysersberg, 
prendre ta route de droite liera 
Colmar (schéma p. 27). On arrive 
à Am merBchwihr, vieille petite 
ville qui présenta longtemps cette 
particularité d'appartenir à la fois 
à trois seigneurs ; elle était 
administrée par trois bourg- 
mestres. Ce luxe d'autorité ne lui 
permit pas de se développer autant 
que Kaysersberg, sa voisine. Elle 
a gardé des vestiges de ses 
fortifications, une église et un 
Hôtel de Ville des xV et xvi« 



siècles, de curieuses mai- 

Après Ammerschwihr 
on arrive à Iugerabeim. 
Dans le village, prendre, 
face à l'Hôtel de la Gare, 
la roule de droite. Cent 
métrés plus loin, prendre 
encore à droite. 

On sort d'Ingersneim 
et la roule monte à tra- 
vers les vignes jusqu'à 
Niedarmorsehwihr, joli 
petit village ancien. 

Suivre tout droit. La 
roule s'engage bientôt en 
forêt. 

On rattrape la voie du 
tram des Trots-Epis qu'on 
longera. 

On rencontre ensuite ta 
roule venant de Turckheim, 
que l'on prendra à droite 
jusqu'aux Trois-Epi* où 
se fait Vitape. 

Le touriste est déjà 
passé aux Trois-Epis en 
allant de Calmar au Bon- 
homme (voir p. 20)' 

La journée suivante 
sera consacrée A la visite 
du Linge et de la région de Metzeral, où se livrèrent des 'combats 
qui comptent parmi les plus importants de la campagne dans les Vosges. 



CINQUIÈME JOURNEE (77 km.) 

(Let 3 premières journées sont décrites dans le Volume I.) 

Des TROIS-ÉPIS a TURCKHEIM 



a) De» TROIS-ÉPIS 
au LINGE (Carte ci-contre). 



Cimetière allemand 



Des TroiB-Epi» reprendre la route d'Orbeu pendant 3 km., puis suivre la 
route de gauche à la bifurcation vers le Linge. 

On passe à Girngoutt* ; près de la ferme détruite est un petit cimetière 
allemand. Un câble aérien venant de Turckheim aboutissait à Giragoutte. 

On contourne le Hohnack (nombreuses organisations allemandes, 
plusieurs cimetières, postes de secours (photo p. 33). 



IHHATZMANNELE VU DE LA ROUTE LES TnOIS-EptS - LlNGE. 

aperçait, postant sur le liane du Schratimannele et au col da I.lnae, 
■onlinue sur le cnl de Wtsthein. (Vnlr photo, p. 37.) 



'Ouest. (Rapprocher du panorama p. 22-23.) 

Arrivé au col, où se trouvent des tombes allemandes et françaises, prendre 
la roule de droite qui est en palier (belle vue sur Orbeg). On arrive bientôt en vue 
du Linge A la bifurcation qui se présente, marquée par un cimetière alle- 
mand (photo p. 33), la route de droite va sur les flancs du Schratzmannele, 
passe au col du Linge pour se diriger vers le col de Westhein (cette route 
était en réfection en octobre 1919 et ne redeviendra accessible aux autos 
qu'en 1920). On la suivra à pied pendant environ 500 mètres jusqu'au col 
du Linge. 

Le spectacle est impressionnant : tout proche, on voit à droite 
ta crête du Linge avec ses arbres déchiquetés, à gauche le Schratzmannele 
(on peut y monter en 20 minutes) ; au loin, la vue est superbe sur la vallée 
d'Orbey, les lacs, le Hohneck et la vallée de Munster (panorama ci-dessus). 
Français et Allemands se partageaient le massif : les premiers tenaient les 
pentes ouest, les seconds les pentes est ; au sommet, les lignes se touchaient. 



La vallée de la Fecht.' ' 

Vue pr lit le 20 juillet 1915 pendant l'assaut sur le Linge elle Barrenkopf. ( llluslralio 



Les chasseurs portent une blouse blanche j 



Le Linge et le Schratzmannele, i 



OPÉRATIONS MILITAIRES AUTOUR DU LINGE 
Ce massif qui domine les vallées de la Weiss et de la Fecht, les routes 
de la Poutroye a Turckheim et de la Poutroye à Munster, était un observa- 
toire précieux ; il fut le théâtre de combats acharnés, du 20 Juillet au 22 août 
1915. 



s 20-29 juillet 1915. 

Les Français montent à l'assaut U 20 juillet et 
s'emparent du Linoeetdu liarrenkopj ; ils échouent 
sur le Schratzmannele. Des contre-attaques allrman- 
des tes rejettent sur les pentes. L'attaque est reprise 
le 22 juillet : les trois sommets sont atteints, mais 
une lois encore les Allemands reprennent les crêtes. 



Les Allemands s'y 
étaient fortement organi- 
sés : lacis de tranchées, 
réseau épais de fils barbe- 
lés, blockhaus garnis de 
mitrailleuses flanquant les 
organisations. 

Le terrain d'attaque 
présentait des difficultés 
exceptionnelles : une vallée 
marécageuse séparait les 
positions des adversaires, 
les pentes étaient escar- 
pées, couvertes de bois 
très denses, cachant les 
organisations défensives ; 
dans les éclaircles de ter- 
rain, les blocs accumulés 
formaient par endroits des 
éboulis presque imprati- 
cables. 

Les communications 
avec l'arrière étaient 
précaires. Les rares sen- 
tiers muletiers étaient 
insuffisants pour permet- 
tre les concentrations et 
approvisionnements. 1 1 
fallut donc construire 



de montagne de 12 km., de larges boyaux défilés, des baraquements. 



Les attaques i 



' 1915. 



Après une intense préparation d'artillerie de 10 heures, le 20 Juillet 1915, 
les bataillons de chasseurs partirent à l'assaut. Aux deux ailes l'attaque 
réussit, les sommets du Ldjoe et le Barrenkopf sont atteints. Au centre, 
sur le Schbatzmannei.e, l'attaque se heurte à des positions de flanquement. 
Des contre-attaques obligent les chasseurs à abandonner les sommets et à 
s'accrocher à mi-pente. 

L'attaque est reprise le 22. Les renforts de la classe 15 s'élancent sur 
l'ennemi avec fougue, franchissent les retranchements, atteignent les crêtes 
sans procéder au nettoyage méthodique des positions conquises. Les Alle- 
mands contre- attaquent et reprennent les crêtes. 

Un nouvel effort est préparé ; les 26 et 27, le combat s'engage sur toute 
la ligne, le Barrenkoff est atteint. 

Le 29, l'attaque vise le Linge où l'ennemi reste retranché. 

Une compagnie de chasseurs atteint le réseau de fil de fer : la proximité 
des lignes ne permet plus la destruction par le canon ; elle se maintient a 
quelques mètres de la tranchée allemande, sous un feu violent. Le capitaine 
qui la commandait fait passer à un de ses camarades, de l'unité voisine, 
ce billet: > Suis sur les fils de fer ; suis blessé par balle. Nous retranchons 
sur place ; les boches ne nous délogeront pas. Vive la France I > En 
effet, la compagnie, chantant la Marseillaise, résiste aux contre-attaques. 

L'ennemi sent que la position lui échappe, il tente un effort désespéré. 



Plus de 40.000 obus s'abat- 
tent sur les positions 
Françaises. Les chasseurs 
tiennent sans défaillance. 



L'attaque d 



17 A 



Le 17 août, l'attaque 
française reprend : après 
cinq jours de lutte ar- 
dente, ta crâte du Schhatz- 
m an ne le est atteinte, 
complétant ainsi la prise 
de possession du massif. 
Les Allemands, vaincus, 
avaient engagé 7 brigades 



Pendant la fin de l'an- 
née 1915, lis continuent 
leurs assauts et parvien- 
nent à s'accrocher vers 
les sommets du massif. Les 
lignes adverses se stabili- 
sent près des crêtes, durant 
les années 1916, 1917 et 
1918 (carie ci-dessous). 



Attaque dm 17 août. 
17 août, l'attaque reprend en vue d'enlever le 
Schralimannele. Après cinq jours de lutte, ta 
crite est atteinte. 



dani le massif du Linge pendant la période de sti 

Les Allemands sont parvenus à s'accrocher aux somn 

s'étaUtisent aa contact. 



Les 5«, 11% 12', 14', 15-, 22% 27', 28', 30', 70«, 52«, 1W, 115\ V20«, 
121', 106* bataillons de chasseurs et les 359' et 297* régiments d'infanterie 
combattirent glorieusement dans le massif du Linge. 



Cimetière de chasseurs alpins au col de Westhein. (Cliché LL.) 



h) Du LINGE à MUNSTER 

{Carte ci-contre). 
Revenir à la bifurcation signalée p. 35 el 
prendre à droite la rouie vers Hohrodbero ; 
route trie étroite au début (2 m. 50) et assez 
mauvaise, mais très pittoresque et intéressante. 
Elle est bordée de cagnas et abris allemands. 
Après 2 km., on passe sur les flânes du Barrenkopf 
que l'on peut gravir à pied en un quart d'heure. Un 
peu plus loin, la rouie passe au pied d'un petit 
mamelon rocheux d'où l'on a une jolie vue sur 
Al uns ter et sa vallée (photo ci-dessous). 




Panorama pris de la no 

Les maisons du p 

On aperçoit au deuxiémi 



: Linge-Munster, au pied du Barrenkopf, vers Munster. 

ier plan sont celles de la ferme de Hohrodbera. 

n la route qui serpente vers Munster visible dans la vallée. 



JCoucher 
de soleil sur 

le chalet 

d'Hohrodbero. 

Bruant le chalet, 
la petite route 

et se dirige, 
à gauche, vers 



Lu v 



s fa din 



(t M un 



A la Mjurcatian rencontrée ensuite, prendre la route de gauche {descente 
assez rapide) ; un peu plus loin, nouvelle bijurcation .■ prendre à droite ; on 
passe alors à Hohhodbebo, terme et maison jorestiire (vue p. 41). A partir 
de cet endroit, la roule devient normale. On rencontre le village de Hohkod et 
l'on rejoint ensuite la route de la Schluehl-Munsler, que Von prend à gauche 
jusqu'à Munster. 

Si l'on ne veut pas prendre cette descente directe par Hohrodberg, on 
pourra, du Linge, gagner Munster, par le col de Westhein, Sultzeren et 
Stosswihr. 

c) De MCSSTER à METZERA L et au REICHACKERKOFT 



Itinéraire 
de Munster à Metzeral 
et au Relehaekerkviil. 




Dés les premières maisons de Munster, prendre la roule de droite (carte 
ci-dessus) ; 200 mètres plus loin, tourner encore à droite. La route suit la rive 
gauche de la Fecht et la vole ferrée de Metzeral. Après avoir traversé Muhlbach 
en ruines, on atteint Metzeral, également détruit (photo p. 43). 



OPÉRATIONS MILITAIRES AUTOUR DE METZERAL 
(Vallée de la Fecht). 

Après la retraite des Français de la plaine d'Alsace, fin août 1914, le 
front français dans la vallée de la Fecht était jalonné sensiblement par 
les hauteurs du Linge, l'Eichwald, Hohrod, Stosswihr, le Keichackerkopf, 
l'Altmatt, et la crête principale des Vosges, laissant Munster, Metzeral et 
In vallée de la Fecht de Metzeral aux patrouilles allemandes, (Carte p. 44.) 



M épierai, 
en 1919. 
(Cl. LL.) 



Sous la poussée allemande, les Français perdent Hohrod, Stosswikr ; Us se tram- 
imnnent sur le front Weslhein, Sultzeren, Ampfersbach, Altmatt. 

La Allemands progressent ensuite vers le Slllacker, le Schnep/enried, Milllach 
menaçant la liaison des farces françaises dans cette tiglon. 

En février 1915, les Allemands tentèrent une forte poussée : une division 
bavaroise attaqua entre Hohrod [et l' Altmatt. La 2° brigade de chasseurs 
(colonel Passaga) résista héroïquement, à cheval sur la grand 'roule de la 
Sclilucht ; si elle dut abandonner jllohrod et Stosswihr, elle se cramponna 
sur le Iront : col de Westheln, Sultzeren et Ampfersbach. A sa droite, la 
4* brigade de chasseurs (colonel Roux) perdit le Relchackerkopf, mais se 
rétablit sur le front Ampfersbach, pentes du Reichacker, Altmatt. 

A la suite de ces attaques, la 47° D. T., sous le commandement du général 
de Pouydraguin, fut constituée à 3 brigades de chasseurs (2', li" et 4* brigades), 
plus le groupe d'Esperey (plus tard Lançon), formé de 4 bataillons de réserve 
de chasseurs. La lutte se concentrait alors sur le Reichackerkopf, point de 
friction sur lequel s'épuisèrent, sans résultat, les efforts des deux partis. 



Pendant ce temps, une première fonte des neiges avait permis aux Alle- 
mands de progresser et de s'établir à demeure dans la zone, jusque-là neutre, 
constituée par la vallée de la Fecht de Metzeral ; ils occupaient solidement 
les hauteurs du Schnepfenried et du Sillacker, au nord et au sud de 
Mittlach, envoyaient des postes au lac de Schiessroth, aux fermes situées 
sur les flancs nord du Hohneck, etc. menaçant les communications de la 
47» division avec la 66°. La liaison entre ces deux divisions était établie 
sur la crSte principale des Vosges, entre le Hohneck et Mittlach, au moyen 
des compagnies de skieurs qui escarmouchaient journellement avec les 
skieurs wurtembergeois. 

Devant cette menace, le général de Pouydraguin, abandonnant toute 
idée de contre-offensive sur le Reichackerkopf, se décida à porter ses efforts 
sur la Haute-Fecht de Metzeral, et obtint du général commandant le déta- 
chement d'armée des Vosges (de Maud'huy) l'autorisation d'entreprendre, 
de concert avec le commandant de la 66' division, une série d'opérations 
ayant pour but de chasser les Allemands de la vallée de la Haute-Fecht, 
de reporter le front en avant de la chaîne frontière et d'assurer la liaison 
entre les 47* et 66» divisions, jusque-là très précaire. 

En vue des opérations ultérieures, la 4* brigade de chasseurs, très fati- 
guée, [ut retirée du front et remplacée par la brigade de Susbielle (359* et 
207* régiments d'infanterie). Le mauvais temps, la neige, la brume, empê- 
chèrent, dans la première quinzaine d'avril, toute opération autre que des 
coups de mains des skieurs. 

Le 17 avril, les deux divisions attaquent chacune par les hauteurs des 
deux rives de la Fecht, la 66* sur le Schnepfenmed, la 47* sur le Sillac- 
ker. La 66* surprend les avant-postes allemands et s'empare du Schnep- 
fenried, capturant quelques canons et des prisonniers. La 47* enlève le 
Sillacker, mais est arrêtée par une forte résistance au piton 830. 



Une doublt attaque de part et d'autre de la Fechl permet de progresser dans la nattée 
de la Wurmsa, d'enlever le Sillacker, le Sehnepjenried et obligt les Allemands d évacuer 
Mittlach. Le piton 830, dans le massif du Stllacker, résiste à tous les assauts. 

Le 19, la droite de la 47*, par une série de coups de mains heureux des 
skieurs et du 4° bataillon territorial de chasseurs, réussit a s'emparer des 
fermes situées prés de la crête des Vosges., de Schiessroth, de la majeure 
partie de la vallée de la Wurmsa. 

Le 20, l'attaque sur le Sillacker établit solidement la liaison entre les 
deux divisions à hauteur de Steinabrtick. Les Allemands évacuent précipi- 
tamment Mittlach, sans avoir le temps d'en chasser la population, ni de 
commettre aucune destruction. 

Du 22 au 25 avril, une forte chute de neige arrête les opérations. Les 
Allemands réagissent, plus au sud, par une violente attaque sur l'Hart- 
mannswillerkopf, dont ils reprennent une partie de la crête. ( Voir Volume I.) 

Du 5 au 8 mai, les attaques continuent au Sillacker contre le piton 830 
très fortement organisé. La brigade Susbielle, fatiguée, est relevée par la 



4" brigade de chasseurs dont 
]« colonel Lacapelle a pris le 
commandement. 

Les attaques partielles sur 
te piton 830 menaçant de 
s'éterniser, le général de 
Pouydraguln prépare alors 
une attaque d'ensemble s'é- 
tendant de la Cote 830 au 
Reichackerkopf inclus. Les 
travaux d'approcbe de l'Ait- 
matt vers le Braunkopf sont 
mis immédiatement en train 
par la 4* brigade de chasseurs. 

Une route pour le passage 
des canons, de Kruth à Mftt- 
lach par Huss, atteignant 
1.300 m., avait été taite par 
la 66* division pour permettre 
d'amener la grosse artillerie 
à portée utile des positions 
allemandes. Une batterie de 
220 [ut ainsi transportée du 
Hohneck à Mittlach par Gé- 
rardmer, la Bresse, le col 
d'Oderen, Krflth et la nouvelle 
route, au prix d'énormes 
difficultés. (Schémaci-contre.) 

A droite, le 133" d'infan- 




Des assauts convergents /ont tomber la Cote 830, t'Eichwalri, le Braunkopl, V Anlass. 
Pour éviter d'être pris dans Metzerat.les Allemands abandonnent le village après g 
avoir mis le feu. 

terie, fourni par la 41* division de Saint- Dié, est chargé de la Cote 830 ; i 
gauche, la 4' brigade attaque le bois de l'Eichwald avec le 23* bataillon de 
chasseurs et le Braunlropf avec le 6' bataillon, le 24* bataillon à gauche. 
Le groupe Lançon tient le Reichackerkopf et flanque l'attaque. 

Le 15 juin, après une préparation méthodique, l'assaut est donné, lei 
fanfares des chasseurs sonnent la Sidi Brahim, la musique du 133* régiment 
d'infanterie Joue la Marseillaise. Rapidement les tranchées du Brauneoff 
sont enlevées. A la Cote 830, les fantassins, perçant la ligne ennemie, des- 
cendent les pentes, prennent a revers les tranchées, faisant deux compagnies 
prisonnières. 

A l'Eichwald et sur l'Anlass, l'attaque a un succès moins rapide. A 
I'EichWald, les Alpins du 23* bataillon se heurtent à un mur de pierres 
stchM garni de mitrailleuses. A 1' Anlass, une lutte s'engage, à coups de 



49 



Col delà 
JcÀ/uc/>t 



grenades autour d'un boyau. Le lendemain, le 6* bataillon est maître entiè- 
rement du Braunkopf, après la prise de la Cote 830. C'est l'encerclement 
de l'Eichwald et le chemin de Metzeral ouvert. 

Plus au sud, la 66* division se heurte à une vive résistance, à droite, à l'Hil- 
senfirst, où la compagnie Manhès, du 7 e bataillon, est entourée, trois jours et 
finalement délivrée. Le 18, le 28 e bataillon, s' avançant par le fond de la 
vallée, se relie à la 47 e division à Steinabruck. Altenhof est enlevé. La 2* bri- 
gade de chasseurs renforce la 4 e . 

Tout l'effort se concentre sur l'Anlass pendant les journées des 19-20 juin. 
Le 20 juin, la ligne allemande cède définitivement. Les Alpins de la 66* divi- 
sion, soutenus par un bataillon de lignards vosgiens, font tomber, dans les 
bois et les clairières, les dernières défenses. 

Après la chute des bastions des hauteurs, les attaques sont concentrées 
sur Metzeral. 

Le 21, les chasseurs, descendus du Braunkopf, contournent le village 
par le nord et atteignent la gare. Menacés d'être pris comme dans une souri- 
cière, les Allemands évacuent Metzeral, laissant quelques mitrailleuses 
dans des maisons et 
incendiant le reste 
du village. L'artil- 
lerie française abat 
les murs derrière 
lesquels les mitrail- 
leuses sont 'bra- 
quées. Les flammes 
n'empêchent pas 
les chasseurs de pé- 
nétrer dans les rues. 

Toute la nuit du 
21 au 22, Metzeral 
brûle pendant que 
le canon et la 
mitraille font rage. 

Le 22, les 22* et 
62* bataillons de 
chasseurs poursui- 
vent leur succès au 
nord et enlèvent 
les hauteurs qui 
dominent immédia- 
tement Metzeral. 

Le communiqué 
allemand annonce 
que « conformé- 
ment aux plans de 
l'Etat-Major, les 
Allemands ont éva- 
cué Metzeral » . C'est 
l'aveu de la défaite. 

Cette opération, 
bien menée et qui 
avait coûté peu de 
pertes, assurait 
d'une façon défini- 
tive aux Français la 




Lignes françaises. 
Lignes allemandes. 

Lignes franco-allemandes 
pendant la période de stabilisation. 



Le Reichac- 

{Cliché LL-t 



possession de la haute vallée de laFecht, facilitait les communications des forces 
en secteur et mettait à l'abri d'un coup de force la crête principale des Vosges. 

Les lignes se stabilisent et restent devant Metzeral jusqu'à l'armistice. 

Revenir de Metzeral à Munster par la même route. (Schéma p. 42.) 

Pour aller au Reichackerkopf, prendre la roule que montre le croquis, p. 42. 
Cette route est très étroite (2 m.) et présente une pente de 7 à 8 %. Par temps 
sec, elle est très accessible et permet d'aller jusqu'au col. 

Pendant 5 km. environ, elle s'élève par des lacets sur les flancs du 
Reichackerkopf. Arrivé au col, on a sous les yeux, un spectacle de désolation. 
La forêt a disparu, quelques troncs brûlés subsistent seuls. On verra un impor- 
tant cimetière de soldats français. D'un côté, on aperçoit la vallée de Metzeral, 
de l'autre celle de Sultzeren. Les lignes françaises étaient en flanc de crête. 
On pourra monter à pied en une demi-heure au sommet que tenaient 
les Allemands, mais les réseaux barbelés gênent beaucoup l'ascension. 

L'auto tournera au col qui, seul, offre l'espace su/lisant et l'on reoiendra 
à Munster par le même chemin. 



On aperçoit les 

'lui dusrenilcnt 

et Sulticren 

•lisibles dans la 

■ oaUée 

de la Feeht. 



rf) De MUNSTER an PETIT BALLON 
et retour à TURCKHEIM {Carte el-de»êou : 



De Munster, gagner la station de chemin de fer de Wihr-au-Val et prendre 
à droite la route de Soultzbach. A Ventrée de ce village, suivre à gauche la 
route de Wasserbourg. 1 km. plus loin, à la bifurcation, prendre à droite. On 
arrive à WasBerbourg. 



I.t village ou Wasserboubg va de In roule de Bœnlesarab. 

Aux dernières maisons, près du calvaire, se présente une bifurcation ; on 
prendra à gauche puis, après la traversée d'un petit ruisseau, à droite. La 
route, par une pente assez ralde, entre en forêt. 




s dv Petit Ballon, entre Wasserbourg et Beenlesgrab. 

On arrive bientôt à un carrejour (croquit 
ci-contre) où l'on prendra la rouie de Bcenlesgrab 
auberge refuge). 

Pour monter au Petit Ballon, on contour- 
nera l'auberge à droite (croquis p. 53). Les 
autos peuvent aller presque Jusqu'au sommet ; 
il reste vingt minutes à pied pour atteindre le 
point culminant (1.268 m.), d'où la vue est fort 
belle. 

vestiges d'organina- 
! cette région. 



Agauche,la roule duPetit Ballon; au p 



à droite, ta route de Wauerbourg. 



Revenir par le même chemin, à Wihr-au- 
Val et prendre à droite la route Munsler- 
Turckheim pour aller faire étape à Tcirckheim, 

Par temps sec et avec une voiture courte ei lé- 
gère, on pourra, si l'on ne veut pas revenir par le 
même chemin, prendre la roule de. Firslplan, 
puis gagner Turckheim par Hundsplan, 
Hossenbuhh, Saint-Marc, Gueberskhwihr 
<<i partir de celte localité, la roule devient 
plus sûre), Hattstatt, Eouisheim, Wet- 
tolsheim (noir carte p. 51). Ce détour allonge 
ta roule de 12 km. 




SIXIÈME JOURNÉE (43 km.) 
(Les 3 premières journées sont décrites dans le Volnma I.) 



De TURCKHEIM 



HAUT-KŒNIGSBOURG 

ci) De TURCKHEIM 

à BIBEAUFJLLÉ (Carte ci-contre). 

Sortir de Turckheim par la porte de 
France, passer la rivière pris de ta gare 
et prendre à gauche ta roule qui longe 
la Fecht. A Iag«r*b«im, on repasse 
la rivière et on traverse le village. 500 mè- 
tres après la sortie, on rencontre une bifur- 
cation : prendre la rouie de droite vers 
RibeaaoÙU. On croise ensuite la route de 
Kaysersberg : continuer tout droit. On 
traverse Bennwihr et Mitt*lwihr. 
1 km. après ce village, prendre à ta bifur- 
cation la route de gauche vers Ri que- 



RIQUEWIHR 

Cette vieille et charmante petite ville, le Clos-Vougeot de l'Alsace, fit 
partie de la Décapole. (Voir Volume I, p. 12.) 

De tout temps ses vins ont été célèbres, en particulier le Gentil, le Sporen 
et le fameux Luppelsberger. 

Les ■gourmets» qui classent les vins sont les personnages considérables 
de la cité. 

Dans Hlquewihp, on maniera par la Grand'Rue pour voir ta double 
porte haute ou Dolter, reste des anciennes fortifications, auprès de laquelle 
est une jolie fontaine ; on verra aussi la Tour des Voleuhs, qui servait 
de prison (photos p. 56 à b%). 



RlUUEWIHH PHENNENT LES ARMES. 

1- Histoire le l'Alsace «.par Hansi.(Floury, édite 
(Rapprocher de la photo, p. 54.) 



RlQUEWIBR- 

Cot£ extérieur de la double Pur- 
<Volr l'aspect intérieur sur la 



La vieille Alsace a Rujuewthii. 

On reviendra ensuite à l'entrée et on prendra la route de gauche par laquelle 
on rejoint la roule Colmar-Ribeauvitlê. On y tourne à gauche et on ooii A droite 
Zellonbarg, ancien village féodal, curieusement perché en haut d'une 
colline et qui n'a qu'une entrée. 

Continuant la route au milieu des aigries, on arrive à RibsauviI16. 



'NjJliutt-ltibMTipinTt / 


/ 1 FIBEÂUV1LLÉ 




A 1 ' y' ™"""™ iS *°^ B , 


AUrnn». .«.«,- 










/ \ 1 /, non àr Mil, 


.ÏWedekWpubliqu» 




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Vue GÉNÉBALE DE RlBE AU VILLE, 



RIBEÀUVILLÉ 
Ribeaitvillé, gui datt 
au moins du vin* siècle, 
appartint au Moyen-Age à 
la célèbre maison de Ri- 
beaupierre. Les sires de 
Ribeaupierre étaient «rois- 
de la Confrérie des musi- 
ciens ambulants d'Alsace. 
Tous les ans, le 8 septem- 
bre, jour de la Nativité, 

de tous les coins du pays 
pour rendre hommage à 
leur ■ roi », juger les délits, 
percevoir les droits de la 
corporation dont le siège 
se trouvait dans la mai- 
son qui subsiste dans la 
Grand'Rue au n° 14 (photo 
ci-contre). C'était le Pfei- 
fertag ou tête des méné- 
triers. Le Pjeifertag se 
célèbre encore chaque an- 
, née avec grand déploie- 
ment de danses et de 
musique ; c'est une des 
grandes fêtes populaires 



■ Mon Village ■, par Hansi. (Floury, t-diti 



d'Alsace. La gravure de Hansi 
(voir p. 60), bien que repro- 
duisant plutôt un village de 
Basse-Alsace, donne une idée 
de ces fêtes, durant l'an- 

Par suite de partages suc- 
cessifs, Ribeau ville se trouva 
divisé en ville haute, moyenne 
et basse, chacune avec ses 
fortifications propres dans 



Ribeauvillé est le grand 
centre de commerce des vins. 
Ses crus particuliers : Ries- 
ling, Tokay, Geisberger, Trot- 
tacker, Zohnacker, sont très 
appréciés. La ville possède 
aussi des sources minérales. 
Un établissement, les Bains 
Carola, s'est créé au milieu 
d'un joli parc à l'est de la ville. 

Les religieuses du couvent 
enseignant de Ribeauvillé 
connurent toutes les persé- 
cutions allemandes, pendant 
la guerre. Le souvenir de la 
patrie perdue y était en effet 
resté vivace. C'est ce que , " 7 ~7 
constatait mélancoliquement - la ?.?. at "" 
le procureur du Conseil de 






el de Ville. (Ctlché LL.) 
gauche, sont ceux de FHStcl 
■e, la Tour des Bouchers; à 
F arrière-plan, les trois châteaux. 



i f9H, Grand'lluc) donnant place de Situ 



guerre de Mulhouse : i Dans ce milieu, l'Alsace est encore considérée 
comme française. • 

Entrant dons Ribeouoillé, 
prendre la Grand'Rue à gau- 
che. On traverse bientôt la place 
de l'Hôtel de Ville, avec 
fontaine Renaissance (photo 
p. 61), puis on passe sous la 
Tour des Bouchers ; une 
des trois portes fortifiées fai- 
sant communiquer autrefois 
les trois parties de Ri beau- 
ville. On arrive, suivant tou- 
jours la Grand'Rue, à la place 
de ta Sinne, et plus loin, à la 
place de la République {photo 
et-dessus). Au n° 99, Grand'- 
Rue, dans la cour, se voit 
une curieuse maison à balcon 
et tourelle {photo p. 61). 



Ribeauvlllé est dominé 

par les ruines pittoresques 
des trois châteaux : Saint- 
Ulrich, Giersberg, Haut-Rf- 
beaupierre. Il faut environ 
trois quarts d'heure pour 
monter a Saint-Ulrich, le 
plus intéressant des trois. 
{Voir croquis p. 63.) 



1 DE SaIHT-ULMCH, 



De la place de la Sinne, prendre, le long de 
l'Hôtel du Mouton, la rue du Château qui mène à 
l'égliie catholique. Suivre la façade sud de l'église et 
prendre au chevet, à gauche, la route qui mante jusqu'au 
bout de la aille. Tourner alors d gauche, le long de 
l'École des Sœurs, puis 50 mètres plus loin, deux che- 
mins se présentent qui conduisent tous deux à Saint- 
Ulrich .- celui de droite par les bois, celui de gauche 
à découvert. On montera par l'un et l'on descendra 
par l'autre. 




E Saint-Ulrich. 



Saint-Ulrich, qui re- 
monte probablement au xr 
siècle, est le berceau des 
Ribeaupierre. Cette grande 
famille alsacienne s'éteignit 
dans la ligne directe en 1673. 
Les Deux-ponts Birkeofeld, 
qui devinrent seigneurs de 
Kibeaupierre, étaient colonels 
et propriétaires du Royal- Al- 
sace, à Strasbourg. L'un 
d'eux, Maximillen, le • gros 
Max », était populaire parmi 
ses troupes. Lorsqu'un fils lui 
naquit, les grenadiers se cou- 
pèrent la moustache pour 
faire à l'enfant un moelleux 
coussin de baptême. La Ré- 
volution chassa Maximilien 
d'Alsace. 11 devint, par héri- 
tage, roi de Bavière en 1806; 
son fils Louis, celui qui avait 
été baptisé sur des mousta- 
ches, fit la fortune artistique 
de Munich. 

Du château il reste une 
partie de l'enceinte, le donjon 
et une partie des bâtiments 
e Saint-Ulrich. d'habitation, en particulier 

une grande salle à belles 
fenêtres géminées, encadrées par une arcade plein cintre. 



b) De RIBEAUF1LLÉ à HAVT-KŒN1GSBOURG 

(Carte ci -dessous). 



Sortir de Ribeauvilli par 
ta Grand' Rue. Laisser à droite 
la roule de Calmar et suivre 
celle qu'emprunte un chemin 
de fer sur roule. On traverse un 
passage à niveau à la gare de 
Rtbeauottlt (4 km. de ta ville). 

On arrive ensuite à Gne- 
mar, petite ville autrefois 
fortifiée. A proximité se 
trouve la grande ■ Canardiére», 
étang artificiel où l'on chasse, 
en hiver, le canard sauvage. 

A la bifurcation, on prend 

û gauche la route de Schlw- 

tadt. On entre dans cette ville 

en franchissant la voie ferrie 

r la visite, voir le Guide spécial : 



Visite du Président Poincahé a Schlestadt. 

7T Monter ensuite au Haut Kcenigsbourg (voir même Guide). Après la'visite 
du château, redescendre, par la même roule qu'à la montée, jusqu'à l'hôtel 
du Haut-Kanigsbourg (2 km. 700 du château), où l'on pourra taire étape. 
Il existe un autre hôtel, le Schanzel, un peu plus loin. Pour s'y rendre, 
prendre à droite la route de Saint-Hippolyte. 1 km. plus loin, à la bifurcation, 
suture à droite la route de Thannenkireh qui passe devant l'hôtel Schanzel. 

SCHLESTADT 

Pour la visite de Schlestadt et du Haut-KœnigH bourg, 
prendre le Guide illustré ; Calmar - Mulhouse - Sohlaatadt. 



t- Kœn igsbou bg,~b 



Président Poin 

les armes 

île Guillaume 11 

Ckarles-Quin 



SEPTIÈME JOURNÉE (57 km.) 
1 premières journées sont décrites dans le Volunn I.) 



Du HAUT-KŒNIGSBOURG a SAINT-DIÉ 

a) Du HAUT-KŒN1G8BOURQ à RIBEAUVILLÉ 

(Carte ci-contre). 

Après l'hôtel Sehanzet, on continue de suivre 
la route de Thannenkirch et on arrive dans ce 
village joliment situé dans un cirque de monta- 
gnes. On passe ensuite à Bergh»tm, curieuse 
petite ville qui possède encore beaucoup de 
maisons anciennes et des restes de fortifications 
{photos p. 67 ei 68). Bergheim jouissait autrefois 
d'une curieuse prérogative : les assassins et les 
gens poursuivis pour dette pouvaient s'y réfu- 
gier et y séjourner librement pendant cent ans 

La route de Ribeauvilli qu'on prendra, se 
détache à droite, avant de passer sous la porte de 



Les malfaiteurs et 
In tnteUr jouis- 

Btrgheim, du droit 
d'asile, pendant 



Ba»- relie F db Hiîrghri.m. Dessin de Ch. Spindlet. 



fr> De RIBEAUVILLÉ à SAIS TE -MARIE -AUX -MIN ES 

(Carie ei-conire). 

Sortir de Ribeauvillé 
en suivant la Grand' Rue 
jusqu'au bout de la ville. 
La route remonte une Iris 
folle vallée. 6 km. 600 
après Ribeauvillé, à la 
bifurcation, continuer tout 
droit Ders Sainte-Marie. 
La pente s'accentue jus- 
qu'au col de Ribeau- 
villé. (On verra auprès 
d'un arbre isolé, un cimetière franco-allemand, photo ci-dessous.) 



de 1911, 

Ribeauvillé 



PITTORESQUES 



fVIitte du 
Président 

Poincaré.) 



La rouie descend jusqu'à Sainte- Mari* où l'on pénètre après avoir franchi 
un passage û niveau. Tourner à gauche, traverser la ville par la rue Wilson 
et la rue Clemenceau. On débouche dans la route du col de Sainte-Marie. 

Coupée en deux par la Liepvrette, Sainte-Marie se partageait autrefois 
entre les seigneurs de Ribeaupierre, qui occupaient la rive droite, et les ducs 
de Lorraine, qui possédaient la rive gauche. Catholiques et parlant français 
d'un côté, protestants et parlant le dialecte de l'autre, les habitants vécurent 
ainsi séparés politiquement jusqu'à la Révolution. C'est de cette particularité 
qu'est né le dicton : on fait le pain en Alsace et on le cuit en Lorraine. Les 
Révolutionnaires remplacèrent les noms de Sainte-Marie- Alsace et Sainte- 
Marie-Lorraine par Egalité et Unité. 

Les mines d'argent auxquelles Sa in te- Marie- aux- Mines doit son appel- 
lation, furent florissantes aux xv et xvi« siècles ; elles ne sont plus exploi- 
tées. Les mineurs formaient une corporation puissante, organisée militaire- 
ment, leurs costumes étaient pittoresques. ( Voir photo ci-deisus.) 

La ville est maintenant un des centres importants d'Alsace pour le tis- 
sage, la teinturerie et l'impression des batistes. L' • article de Sainte-Marie- 
aux-Mmes » est très réputé. 



0) De SA1NTE-MAR1E-AUX-MJNES à SA1NT-MÉ 

(Carte ci-dessus.) 

Suivre la belle route qui monte au col de Sainte-Mahie. De nombreux 
cerisiers la bordent qui fournissent un excellent kirsch. Le col et les hauteurs 
qui la dominent ont été dévastés par les bombardements. L'hôtel qui s'y 
trouvait est détruit et des buvettes sont installées dans des baraquements. 
(Photos p. 72 el 73.) 

C'est le 8 août, au soir, que les troupes françaises du 21" corps (13 e D. I.) 
s'emparèrent du col de Sainte-Marie. 

Le 149= d'infanterie se rendit 
maître des hauteurs dominant le 
col, malgré la défense acharnée du 
8« chasseurs à pied allemand terré 
dans des tranchées bétonnées, ren- 
forcé bientôt de deux régiments 
d'infanterie. Les Allemands, mal- 
gré leurs efforts, ne purent déloger 
les deux bataillons français décimés 
qui s'étaient retranchés à leur tour. 

Les troupes de couverture du 
21" corps furent relevées par celles 
du 14°. Sainte-Marie- aux- Min es fut 
pris le 16 août; le lendemain, Sainte- 
Croix fut occupé et du matériel 
ennemi d'artillerie lourde fut pris. 

La 58* division de réserve rele- 
va le 14* corps, mais ne put se 
maintenir et perdit le col de Sainte- 
Marie le 20 août. Ce dernier fut 
réoccupé, après le repli allemand 
du 12-15 septembre. 

Pendant la guerre de position, 
des combats de t^nchées se 



tête du Violu (cr 



equtl ont été prises tt 



DE Sainte-Msrif.-aux-Mines et le Violv. 

Le Bernhards-Stein et le col étaient allemands, le Vtolu gai continue 
Stein vers la droite était fronçais. Les bombardements réciproques o 
croupes. La hôtels rfu col onl été détruits. 



En bordure du c, 



A partir du 
col de Sainte- 
Marie, on des- 
cend la N. 59 vers 
Saint - DU. 

On travers 



Giron, villages 
1res abîmés, et on 
arrive à Saint. 
Dié, dans lequel 
on pénètre par la 
rue d'Alsace. 

On prendra, à 
droite, la rue 
Saint-Martin et 
la rue Thiers, gui 
mènent au centre 
de la ville. 

(Plan ci-contre.) 



W 



SAINT-DIÉ 

Saint-Dié fut fondé par saint Décidât ou Die, évêque de Nevers, qui vint 
évangéliser cette région des Vosges. L'abbaye de Saint-Dié fut célèbre jus- 
qu'à la Révolution. Au jcvni" siècle, un immense incendie détruisit une grande 
partie de la ville, qui fut reconstruite par Stanislas de Lorraine. Pendant 
l'occupation allemande de 1914, un quartier fut livré aux flammes. 

C'est dans la « Cosmographiac Inlroductio t, imprimée et publiée à Saint- 
Dié, en 1507, par le Gymnase vosgien,que le continent découvert par Chris- 
tophe Colomb fut dénommé Amérique. Une Inscription, sur une maison 
de la place Jules-Ferry, commémore ce fait qui donna une grande popularité 
à la ville, durant la guerre, parmi les troupes américaines occupant le secteur. 

OPÉRATIONS AUTOUR DE SAINT-DIÉ 

Saint-Dié fut pris par les Allemands le 27 août et occupé deux semaines. 
Le 26, la 28* division du 14° corps, installée aux Raids de Robache, cou- 
vrait la ville au nord-est, mais, à sa droite, la 58 e division de réserve fut 
obligée de se replier sur Taintrux. La 28' D. I., pour éviter d'être débor- 
dée, prit position sur la rive gauche de la Meurthe, laissant dans ta ville 
quelques éléments, fantassins et chasseurs alpins, sous les ordres du com- 
mandant Gradel, de l'état-major du 14* corps. 

Le 27 au matin, les Allemands approchent de Saint-Dié par le sud de 
Sainte-Marguerite. En même temps, d'autres troupes attaquent par le nord, 
descendant des Raids de Robache : la ville est cernée. 



Opêhations de 1914 autouk de Saint-Dié. 

Les Allemands arrivant des Raids de Robache et de Sainte-Marguerite ejlectuen 
te marche convergente sers Sainl-Dii, qui saccombe le 27 août 1914. 

Le n seplemore, les Allemands, en retraite, abandonnent la ville ; II» se crampon 
ml à la montagne d'Ormont. 



Dans les faubourgs, des coups de leu partent des maisons ; les Allemands, 
bien entendu, accusent les civils et, en représailles, incendient au pétrole 

bon nombre de maisons. 

L'après-midi du 27, ils entrent dans Saint- Dié. Les derniers soldats fran- 
çais, des chasseurs alpins, élèvent des barricades dans les rues. Pris entre 
deux feux, ils se lont massacrer sur place. 

Les Allemands forcent des habitants à s'asseoir sur des chaises au 'milieu 
des rues que balayait le feu des Français. Voici d'ailleurs le récit du lieute- 
nant allemand Eberlein, publié par les Mlïnehner Neuesle Nachrichten. du 
mercredi 7 octobre 1914 : 

• Nous avons arrêté trois civils, et voici que me vient une bonne idée. 
On les campe sur des chaises et on leur fait comprendre qu'il leur faut aller 
s'asseoir au milieu de la rue. Supplications d'une part, auxquelles répondent 
quelques coups de crosse... on devient, peu a peu, terriblement durl Enfui, 
ils sont assis dehors dans la rue. Combien de prières angoissées ont-ils dites I 
ils ont tout le temps tenu leurs mains jointes et crispées. Je les plains, mais 
le moyen est d'une efficacité immédiate. Le tir en enfilade, dirigé des maisons 
sur nous, diminue aussitôt ; nous pouvons maintenant occuper la maison en 
face et nous devenons, par là, maîtres de la rue principale. Tout ce qui 
désormais se montre dans la rue est fusillé. L'artillerie, elle aussi, a travaillé 
vigoureusement pendant ce temps, et lorsque, vers 7 heures du soir, la brigade 
s'avance à l'assaut pour nous délivrer, je puis faire le rapport : Saint-Dié 
est vide d'ennemis 1 • 

< Comme Je l'ai appris plus tard, le régiment de réserve qui est entré 
à Saint-Dié par le nord a fait des expériences tout à fait semblables aux 
nôtres. Les quatre, civils qu'ils avaient également fait asseoir dans la rue, 
ont été tués par des balles françaises. Je les ai vus moi-même étendus au 
milieu de la rue, près de l'hôpital. > 

Les quatre civils dont parle l'officier allemand sont ; MM. Visser, Louzy, qui 
ont survécu à leurs blessures, Chotcl, Léon Georges, qui ont été tués sur place. 

Le 29 août, au cours d'une contre-attaque, les Allemands incendient 
le quartier de la rue de la Bolle. 



Le 10 septembre, après leur échec devant la Mortagne et le Couronné de 
Nancy, les Allemands se replient vers la frontière des Vosges. Le 11, des déta- 
chements de poursuite du 14" corps traversent Saint-Dié et accrochent 
l'ennemi qui se retranche dans le massif d'Ormont, 

Ln 152° au Spitzaniorg. 

Le 17 septembre, le 152* reçoit l'ordre de s'emparer du Spitzenberg, 
Cûne boisé, adossé au massif d'Ormont et que couronnent les ruines du 
vieux château, rempart de l'ancienne Lorraine, il domine toute la vallée 
de la Fave jusqu'aux abords de Saint-Dié, et constitue pour l'ennemi une 
position très forte, en même temps qu'un observatoire menaçant. 

Le 2" bataillon (commandant d'Auzers) part a l'assaut de cette formi- 
dable position. Déjà, la 7* compagnie gravit les pentes du Spitzenberg et 
parvient à la lisière nord du bois, mais, prise tout a coup sous un feu terrible 
de mitrailleuses, elle est décimée et rejetée. Malgré tous les efforts, l'attaque 
est brisée. Sous la pluie qui tombe en trombe, sous le bombardement meur- 
trier, les hommes se cramponnent au terrain conquis. 

Dès le lendemain, l'attaque reprend, directement du sud au nord, menée 
cette fols par le 1" bataillon (commandant Rousseau). Elle est vite arrêtée. 
Cachées dans les bois, les mitrailleuses allemandes balaient le terrain. 

Ces échecs ont pu décimer le vaillant régiment : Ils n'ont pas amoindri 
sa volonté de vaincre, et le 19 septembre, les 1" et 2* bataillons repartent 
à l'assaut de ces pentes sanglantes qu'ils abordent à l'ouest par le col entre 
la montagne d'Ormont et 
le Spitzenberg. Cette nou- 
velle tentative échoue 
encore. 

Le 20 septembre, le 1" 
bataillon et le 3* bataillon 
(commandant C ont et) 
donnent l'assaut à 15 
heures, par surprise, sans 
préparation d'artillerie, le 
1*' bataillon par le sud, le 
3 e par l'ouest. L'ennemi 
résiste avec sa fermeté 
coutumière, les flancs du 
Spitzenberg crachent la 
mitraille, mais en vain. 
Le commandant Rousseau 
arrive le premier à la 
clairière qui court sur le 
flanc sud, à quelques 
dizaines de mètres du som- 
met, et tombe la tête fra- 
cassée. Derrière lui, les 3» 
et 4 e compagnies, d'un 
dernier élan, enlèvent la 
clairière a la baïonnette. 

Le 3* bataillon ren- 
contre la même résistance 
acharnée. Malgré tout, 
ses vagues montent sur 
les glacis balayés par la Le cloître ce Saint-Die. 



mitraille. Le soldat Didier 
rallie une poignée d'hommes, 
et à leur tête, saute dans la 
tranchée allemande à mi- 
pente. Enfin, dans un effort 
surhumain, les 9 e et 10« 
compagnies prennent pied 
sur le sommet et rejettent 
définitivement l'ennemi 
après des corps à corps 
farouches. Le Spitzenberg 
est aux Français. 

Rendu furieux par la 
perte d'une position aussi 
âprement défendue, l'en- 
nemi concentre sur ce piton 
le tir de toutes ses batteries. 
Ses défenseurs, décimés, re- 
poussent toutes les contre- 
_ Mfc _ ,. attaques, mais l'Allemand 

^_^_ Lie™. îlInndH s'acharne, et, vers 17heures, 

" ' le bombardement devient 

Région du Ban-de-Sapt. effroyable. Les pertes de- 

viennent telles que le capi- 
taine Sabate demande au colonel de retirer de cet enfer les débris de son 
bataillon. Mais l'ordre est donné de tenir coûte que coûte. Les braves du 
4* bataillon l'exécutent stoïquement. Le capitaine Jamelin, la jambe tra- 
versée pendant l'attaque, s'est fait coucher au milieu de ses hommes, 
qu'il refuse d'abandonner. Son exemple décuple les courages, et quand 
les Allemands gravissent les pentes du Spitzenberg, assurés d'en avoir 
anéanti tous les défenseurs, ils sont rejetés une fois de plus. La colline san- 
glante, où 8 de ses officiers et 600 hommes sont tombés, reste au 152*. Le 
régiment a bien gagné l'Etoile d'Or, que l'ordre général de l'Armée des Vosges 
lui confère. 

LE BAN-DE-SAFT 

Cette commune située au nord de Saint-Dié et formée de hameaux : La 
Fontenelle, Launois, Laitrc, fut le théâtre, pendant l'année 1915, de violentes 
actions de guerre de position. 

Entre Launois et la Fontenelle s'élève la Cote 627 qui a vue sur toute 
la région et commande de nombreux chemins, et pour la possession de 
laquelle eurent lieu des combats acharnés. 

Les tranchées étaient là si rapprochées (25 à 30 m.) et garnies d'une telle 
défense, qu'il était impossible de sortir. Une lutte sous terre, Implacable, 
commença. 

Mines contre mines, camouflets français et allemands, explosèrent suc- 
cessivement, bouleversant les défenses en y creusant de gigantesques enton- 
noirs pour la possession desquels les adversaires luttèrent à coups de grenades 
et dans des corps à corps sanglants. 

Le 13 avril 1915, les Allemands occupent une partie des positions fran- 
çaises de la Cote 627. Les défenseurs les font sauter en se retirant : des ma- 
driers, des plaques de tôle, des débris humains, jonchent la position dont les 
renforts allemands s'emparent ; ils l'organisent en une véritable forteresse. 

Le 8 juillet, après une violente préparation d'artillerie, les 133» et 23« ré- 
giments d'Infanterie se portent à l'assaut de la Cote. Au centre. Us occupent 



rapidement le sommet et cernent la garnison terrée dans ses abris protonds ; 
le lendemain, la route de Launois à Moyen moutïer est atteinte. 

Les Allemands réagissent en vain par de violentes contre-attaques. 

Le 24 juillet, les Français achèvent l'occupation de la Cote 627, ens'em- 
parant de Launois, puissant point d'appui. 

De la tin de l'année 1915 à l'armistice, la lutte diminue d'Intensité. En 
novembre 1917, la 42« D. I. américaine (Menoher) achève son instruction 
dans les tranchées du secteur. 

VISITE DE SAINT-DIÉ 

Les principales curiosités de Saint-Dié sont groupées autour de la Cathé- 
drale. Celle-ci se trouve au delà de la place Jules Ferry. Sur cette place 
qui possède quelques vieilles maisons à arcades du xv" siècle, a été élevée 
ja statue de Jules Ferry (né à Saint-Dié), par Mercié. 

La Cathédrale, élevée sur un tertre, touche à l'ancien évéché (xvn* siè- 
cle) ; elle a un grand portail du xvni* siècle, une nef romane, des bas côtés 
et un chœur gothiques. 

De la Cathédrale, on passe dans le joli cloître gothique (photos p. 76, 77 
et ci-dessous) par une porte qui se trouve derrière la chaire. Du cloître, on 
pénètre dans la petite éolise ou chapelle Notre-Dame de Galilée, qui est 
un charmant édifice roman de la lin du si* siècle. 

Devant le portail de la Cathédrale, est la vieille maison des chanoines, du 
xv!» siècle. 

A l'est de la ville, la Promenade du Gratin, à flanc de coteau, domine 
la Meurthe. On s'y rend en sortant par la rue Saint-Charles. 



de Saiht-Dié. 

Au tond, 
la Cathédrale. 



HUITIÈME JOURNÉE (102 km.) 
3 premières journées sont décrites dans le Volume I.) 

De SAINT-DIÉ au HOHWALD 




Monument de la 2* brigade coloniale . 



a) De 
8A1NT-D1Ê 

an 

COL DE LA 

CHIPOTE 

(Carte ci-contre). 



Sortir de Saint-Dié par 
la rue des Trois- Villes, sui- 
vre la N. 59 pendant 
12 km. ; à ta bifurcation, 
prendre à gauche la route 
qui traverse le passage à 
niveau et la Mearihe. 

On arrive à Etival, qui 
fut le siège d'une abbaye 
de Prémontrés, dont sub- 
siste l'église romane, assez 
curieuse à l'intérieur par le 
contraste de ses chapiteaux 
romans et de ses voûtes 
gothiques décorées, par ses 
statuettes et ses boiseries. 

Longeant l'église, on 
prendra le G. C. 7 qui monte 
jusqu'au col de la Chipote 
(croquis p. 84). On ilê bou- 
che en face du monument delà 
2" brigade coloniale iphoto 
ci-contre). Tourner à gauche 
dans la N. 59 bis, pour 
visiter tes deux autres monu- 
ments et te cimetière français 
(photos p. 81). 

r La Chipote, qui com- 
mande les routes de Ram- 
bervlllers et de Saint-Dié, 
offre un exemple parti- 



«ullèremcnt typique des 
luttes héroïques dont les 
défilés des Vosges ont 
été témoins. Le massif 
boisé de la Chipote sur- 
plombe, â l'ouest, la val- 
lée delà Meurthe; c'est un 
des derniers contreforts 
des Vosges. La crête n'est 
pas large et dans tous 
les sens, sauf au nord, le 
massif présente des sail- 
lies, des éperons qui le 
rendent très escarpé. 
C'est une excellente for- 
teresse naturelle. 

La 26* brigade du 
21" corps (colonel Ha- 
mon), les 21» et 109" 
d'infanterie, la 2° bri- 
gade coloniale (5' et 6» 
régiments) en firent une 
sorte de réduit auquel 
s'accrocha la défense 
française. 

Plus de six fols, ce 
réduit fut pris et repris 
dans des combats sous 
bols, acharnés et san- 
glants, dans une guérilla 
sans merci, où les adver- 
saires se tirent â bout 
portant et s'abordent 
dans des corps â corps 
terribles. 



Monument comméwohatif a' 



Le 25 août, «près de violenta combats, le long de la Meurthe, le 21", 
puis le 109* d'infanterie se replient a travers la forêt sur les hauteurs domi- 
nant, au nord-nord-est, le col de la Chipote et creusent, en plein bois, des 

tranchées. 

Le 26, les Allemands du XIV* corps, débouchant de Thionville, s'infil- 
trent dans la forêt de Sainte-Barbe, prennent le village et débordent la posi- 
tion aux deux ailes, menaçant de la rendre intenable. 

La lutte est sauvage. La brigade allemande Stenger a reçu l'ordre de 
combattre sans merci : « A partir d'aujourd'hui, 11 ne sera plus fait de pri- 
sonniers. Tous les prisonniers seront massacrés. Les blesses en armes ou sans 
armes, massacrés. Derrière nous, il ne restera aucun ennemi vivant. ■ L'ordre 
fut exécuté. Des prisonniers badols l'ont affirmé sous la foi du serment, 

La nuit vient, la Chipote va être prise. Mais les troupes de la 26* brigade 
balayent la crête par une charge furieuse à la baïonnette. 

Le 27, la matinée est assez calme, mais, l'après-midi, les Allemands 
dessinent un mouvement débordant par l'est ; en même temps, des groupes 
de plus en plus denses marchent de Saint-Benoit sur la Cote 431-423. Sous la 
violence du choc, deux bataillons du 109« plient, le troisième prolonge la 
lutte. Vers 15 h. 30, le col est pris, mais les Allemands ne peuvent en débou- 
cher, exténués par la lutte. Un bataillon du 6* colonial opère une vigoureuse 
contre-attaque, et de nouveau les troupes françaises tiennent la ligne du col. 

Le 28, tes Allemands, après une violente préparation d'artillerie lourde, 
montent de toutes parts à l'assaut. La résistance devient bientôt impossible 
et, par petits éléments, la vaillante 26* brigade, ■ effilochée aux ronces des 
bols, déchiquetée comme un haillon de drapeau ■, se replie en ordre sur 
Saint-Benoit. En pleine nuit, la brigade coloniale est jetée dans le combat, 
et le mouvement de l'ennemi est enrayé. 

Les 30 et 31, le 21* corps attaque sous un feu Intense d'artillerie lourde : 
l'ennemi est chassé du col de la Chipote. 

Le 1 er septembre, le 21* corps part pour l'ouest, Il est relevé par la 44»D. I., 
a laquelle sont adjointes la 2* brigade coloniale et la réserve du 21* corps, 



La mise de la Chipote (25-28 août 1914). 

Une double attaque allemande, après quatre jours de tulte acharnée, finit par chasse. 

du col la 26" brigade qui se replie sur Saint-Benoit. 



La 30 f( 31 aoûi, le 21" corps est parvenu à reprendre la Chipote. Mais la 44» dioi- 
sion qui le reliée est attaquée /urieusemenl el perd le col. Du 3 au 7 septembre, la troupes 
françaises, malgré leur épuisement, contre-attaquent et reprennent la Chipote. 

comprenant 3 bataillons de chasseurs. Le tait tombe à la connaissance de 
l'ennemi qui attaque a nouveau furieusement la Chipote, refoulant la 44* D. I. 
Avec l'appui du 13° corps, cette vaillante division parvient à arrêter l'ennemi 
devant les lisières des bois en avant de Saint-Benoit. 

Du 3 au 7, la lutte est dure pour les troupes françaises épuisées, exposées 
à un bombardement continuel et dont l'élite a été fauchée par tant de ter- 
ribles combats : le 17" bataillon de chasseurs a eu son derniei capitaine tué 
devant la Chipote, le 17" d'infanterie n'a plus que trois capitaines. 

Les troupes reprennent la Chipote et restent sur les positions conquises. 
Le 11, l'ennemi bat en retraite et s'arrête a la frontière : sa ruée sur Ram- 
bervillers et Epinal_a définitivement échoué. 




b) De LA CBIPOTE à CELLES 



(C«J 



nire.) 



Col de ta Chipote. 



Après avoir vu les monuments 
commémorants, revenir sur ses pas e! 
gagner Raon-1' Etape (Croquis ci-con tre) . 

Raon fut sous le joug du 24 août au 
12 septembre 1914. 

Les extraits d-contre de quelques 
dépositions de témoins devant la 



Commission officielle d'enquête peignent sur le vif la manière allemande. 
Déposition de Wïnduno (Victor), 57 ans, docteur en médecine, à Raon- 
V Etape : 

• Le 26 ou le 27 août 1914, pendant les incendies de Raon-1'Etape, j'ai 
demandé à des Allemands pourquoi ils brûlaient nos maisons. Ils m'ont 
répondu : ■ Il ne fait pas clair dans votre ville : c'est pour nous éclairer 

• J'ai assisté à de nombreux actes de pillage; j'ai vu une dame delà Croix- 
Rouge allemande y parti- 
ciper. J'ai vu aussi une 

femme, qui vivait avec le 
médecin-chef allemand de 
l'hôpital, faire charger sur 
une automobile des colis qui 
venaient d'être enlevés de la 
maison de M. Ferry, notaire. 
Cette femme, que le médecin- 
chef m'a présentée comme 
étant son épouse, avait d'ail- 
leurs des allures très libres. 
Je l'ai trouvée, le 9 sep- 
tembre, en train, avec des 
majors, de boire du Cham- 
pagne dans des crachoirs de 
malades en fumant un cigare. 
Cette scène se passait dans le 
jardin même de l'hôpital. 

• Une autre fois, j'ai en- 
core vu une troisième femme 
allemande faire placer sur 
une automobile des malles, 
des caisses et des paniers 
qu'on enlevait de chez 
M. Brajon. 

• Du reste, tous les trois 
Jours environ, une voiture 
chargée d'objets volés pre- 
nait la direction de Cirey, 
puis revenait à vide. ■ ineendiêi 

Déposition de Roqasse 
(Marie-Julie), veuve Huck, 52 an 

«Dans la nuit du 24 au 25 août 1914, 
et quatorze autres personnes, dans la cav 

tain moment, les Allemands sont arrivés et il est sorti. Je ne l'ai plus 
vivant. J'ai su que les Allemands, après l'avoir tué, l'avaient jeté à l'eau. 
J'ai moi-même retrouvé son corps, quatre jours après, dans la Meurthe. 
J'ai constaté qu'il portait une blessure à la tête. 

• Huck était un homme très paisible, et je suis certaine qu'il n'a commis 
aucune Imprudence ni ne s'est livré à aucune provocation. ■ 

Déposition de Schmitt (Marie- Joséphine), en religion sceur Saint-Louis, 
46 ans, supérieure de l'hôpital mixte de Raon-I' Etape : 

• Le 25 août 1914, de grand matin, l'hôpital a été envahi par des Allemands. 
Comme ils plaçaient une mitrailleuse sur le perron, en haut des marches, 
de telle façon que si les troupes françaises avaient riposté, elles auraient dû 



jeJl'êglise de Raon-l'Etapk 
par Jej Allemands en 1914. 

demeurant à Raon-t' Etape 
ion mari s'était réfugié, avec moi 
e Mme Martln-Cuny. A u 



tirer snr l'établissement, J'ai énergiquement proteste ; mais un chef m's 
répondu qu'ils agissaient ainsi pour empêcher les Français de tirer. 

• Dans l'après-midi du même jour, une ambulance allemande s'est emparée 
de l'hôpital et a lait partir pour l'Allemagne le plus grand nombre des blessés 
français. Les médecins se sont conduits d'une façon ignoble, faisant des 
orgies sans nom, s'enlvrant tous les jours et dévalisant des cantines d'offi- 
ciers blessés ou décèdes. L'un d'eux a volé la trousse de toilette d'un officier 
français. Une dizaine de matelas, une grande quantité de couvertures et 
plus de cent draps nous ont été enlevés. 

• Le médecin-chef se faisait remarquer par sa brutalité et par sa grossièreté. 
La soeur Marie-Antoinette, qui s'occupait de la cuisine, a un Jour subi les 
effets de sa colère. Furieux d'avoir trouvé une tache sur un couteau, il a 
injurié notre soeur et l'a traitée de ■ Schwein •, en se plaignant de n'être pas 
servi selon son rang ; puis, 11 lui a lancé au visage une dizaine de couteaux. 

• Deux jours avant son départ, une personne qu'il disait être sa femme est 
venue le retrouver. Elle était fort libre d'allures, fumant comme un homme 
et buvant avec les majors, étendue sur une chaise longue. 

•Les blessés, français ou allemands, étaient, quand on les évacuait, jetés 
pêle-mêle avec un peu de paille dans des chariots, sans qu'on s'occupât de 
la gravité de leur état. Les blessés allemands eux-mêmes se plaignaient de 
l'indignité de leurs médecins. 

• Le 25 août, à l'arrivée des ennemis, un sergent d'infanterie français, 
blessé à la tête et portant un pansement très apparent, a essayé de se sauver. 
Il était absolument sans armes et il eût été facile de le faire prisonnier ; 
mais les Allemands ont tiré sur lui et l'ont tué. Le même jour, un infirmier, 
qui portait un brassard et un tablier, a essuyé un coup de feu qui a percé 
ses vêtements, au moment où il allait dans le jardin ramasser une toile cirée 
qui était tombée par la fenêtre. 

• Je ne me rappelle pas le nom du médecin-chef dont on a eu tant à se 
plaindre. Ce major était venu avec la troisième des ambulances qui ont été 
installées à Raon-I 'Etape. • 

Franchir le passage à ninei 
On passe devant ('EGLISE et L 



s RaoM-l'Etapk. incendiée par la Allemands . 



c) De CELLES au COL DE SCSIBMECK {CarU ci-dentu*,. 



La Chàpelotte. 

On aperçoit la chapelle et la maison forestière, 
ne forlt couorait autrefois la colline, à l'arrlért-plan 




Carrefour du col de Schtrmeclt. 



Coi. de Schirmeck. 

On aperçoit les hôtels et, au /ond, le Donon. 

Au premier pion, une ligne aérienne allemande de transport de forte. 

3 km. 500 après Celles, on prendra la rou'.. de gauche (D. 16). 
Par une légère pente, on entre en forêt et on arrive à la Ghapelotte, qui afin 
n spectacle de désolation. La voiture s'arrêtera près d'une chapelle (photo 



Au premier plan, la roule de Hoon-sur-I'luine ; à gauche, la route d' Abreschwilier 

l X"'"' i" roa ' e ™ nd "<s a " 1 UUI AÔIels ■ a df °"e. fa uure du câble transporteur il 

u Chemin de fer allemands funcien magasin de la douane; cache la route de Schirmeck. 

(Voirschéma.p. 87 et lu photo, p. 89.) 



allemand du col, l'échafaudage qui supporte le câble de 
Schirmeck descendant la vallée. Le câble transporteur par- 
tait de la gare fphnlo, p. 88) et rejoignait dont la oallie, après avoir parcouru environ 
2 kilomètres, le terminus du chemin de /er sur route venant de Schirmeck. Aa col mime 
Il communiquait d la gare avec un chemin de 1er militaire qui allait alimenter, vers 
l'ouest, le secteur du Ban-de-Sapl. 

p. 87). On reviendra par le mime chemin au G. C. 9, que l'on continuera 
de suivre en remontant, par Raon-Bur-Plaine, la pittoresque vallée de la Plaine 
jusqu'au col de Schirmer.k. 

Le col est dominé par le Don on (1.008 mètres). Pour en jaire V ascension, 
on prendra pendant 500 mitres là roule à" Àbreschmttler {croquis p. 87 et 
photo p. 88), puis à droite, le long d'une ferme, un sentier qui monte au 
sommet en une heure à pied. La vue est fort étendue (table d'orientation). 
Un petit Temple contenant quelques antiquités gallo-romaines a été édi- 
fié en 1869. 



rf) Du COL DE SCHIRMECK au H.OBWALD (Carte ci-dessus). 

Descendre du col au village de Schirmeck par une belle vallée encaissée. 
Dans Schirmeck, après le passage à niveau, prendre à droite vers Hothau. 
Dans ce village, a l'église, prendre d droite. On traverse Foudny. puis à Saint- 
Biaise suivre la route, à gauche, le long de l'église. 

OPÉRATIONS AUTOUR DE SAINT-BLAISE, SCHIRMECK ET 
DANS LA VALLEE DE LA BRUCHE 

Les troupes du 21* corps (23* D. I.), le 10 août, se portent de Saint-Dié 
à Saales par Provenchêres. Le 3* bataillon bousculant une avant-garde 
allemande, forte de 4 bataillons et une compagnie cycliste, s'empare de 
Saales. Le 13, l'artillerie s'installe sur les crêtes menant au Donon et domi- 
nant la vallée de la Bruche. Plus de 800 prisonniers sont faits a Saales. 

Le 12 août, la 13" D. I. s'Élève le long des Vosges. Les Allemands sonl 
fortement organisés à Plaine, Diespach et à Saint-Biaise, barrant la vallée 
de la Bruche. Deux bataillons du 109*, un bataillon du 21' et deux groupes 
du 59* d'artillerie, après treize heures de combat, enlèvent Plaine et Dies- 
pach pris sous le tir violent des 75. A droite, le 1" bataillon de chasseurs 
lutte contre deux régiments du XV 1 corps allemand soutenus par trois 
batteries. Les 75 sèment la terreur et la mort dans les tranchées des Alle- 
mands établies a mi-pente face a la route. Le clocher porte des mitrailleuses, 



le 75 l'abat. A la fin du Jour, le 1" bataillon de chasseurs emporte les défenses 
occupées par l'ennemi, avec un entrain endiablé. Dans son élan, la 5" compa- 
gnie du bataillon s'empare du drapeau du_132",*al]emand. La journée a Été 
dure mais glorieuse : 1 drapeau (le premier de la guerre), 12 canons, 6 mitrail- 
leuses, 540 prisonniers dont 10 officiers, en sont les trophées. 



Vue prise 
de la malt 



Le 19 août, la 26" 
brigade occupe Schir- 
meck, Russ, la cavalerie 
atteint Mublbach. 

L'effort porte sur la 
rive droite de la Bruche. 
Mais les échecs de l'ar- 
mée de Lorraine obli- 
gent les troupes fran- 
çaises à se replier au 
delà du col de Saales sur 
la Meurthe (21-22 août). 

On passe dans les vil- 
lages de Colroy, dr 

Ranrapt. 

Un peu après RanrupL 
à la bifurcation, prendre à 
gauche. La roule descend 
ensuite dans la belle vallée 
de la Giessen. On travail 
Stoigo puis MaiesHii- 
gott (photo ci-contre). 
Aux premières maisons 
de Saint -Martin, on 
prend la roule de gauche 



banh. Après avoir taissl 
route vers Saint-Martin. a gauche la roule mon- 

tant au col de la Char- 
, pour faire étape, à [la Jolie station d'été du Hoh- 
l cirque de hauteurs couvertes de sapins. 



NEUVIÈME JOURNÉE (59 km.) 
(Les trois premières journées sont décrites dans te Volume I.) 



Du HOHWALD a STRASBOURG 

a) Du BOHWALD à OBERSAI (Carte ci-dessous). 



Parlant de Hohmald, prendre ta route à gauche de l'hôtel Kunlz. A la maison 
forestière de Welschbruch, continuer tout droit. Aux deux bifurcations sut 
vantes, prendre à gauche, vers Sainte Odile, où l'on arrive après avoir croisi 
te Mur païen. < Voir p. 84.) 



Le Hohwald. 
du centre de la vue, la route de droite va uers Soinle-Odile, 
celte de gauche tiers Ttrettenbach. 



Sainte Odile en prière dans la chapelle de la Choix. 

A droite, les parents d'Odile, le larouchs duc Eitthon et la douce Btreeminde. 

Extrait de l'album • Histoire de l'Alsace -, par Hansl. (Flaury, éditeur.! 

SAINTE-ODILE 

ORIGINE ET GRANDS FAITS HISTORIQUES 

La montagne de Sainte-Odile fut mêlée, dès l'Age de pierre, à la vie reli- 
gieuse et guerrière de la région. Elle devait servir A la fois de sanctuaire et de 
refuge. Trois vastes camps étaient protégés par une enceinte de 10.000 mètres 
de tour, dont subsistent des parties appelées le i Mur païen >. Les Romains, 
puis les Francs, utilisèrent pour leur défense ces travaux cyelopéens. Sur 
l'emplacement du couvent, s'élevait le château de Hohenbourg dont le nom 
est souvent donné au promontoire de Sainte-Odile. 

Selon la légende, le monastère, qui depuis des siècles voit accourir les 
pèlerins alsaciens et que les œuvres de Maurice Barrés et de René Bazin 
ont rendu également populaire en France, fut fondé par sainte Odile à 
la fin du vu* siècle. Odile, fille d'Adalric ou Etlchon, duc d'Alsace, naquit 
aveugle à Obernai. Son père désirait un fils : doublement déçu, il ordonne 
de faire périr Odile. Sauvée par le dévouement de sa nourrice qui l'emporte 
en Bourgogne, elle recouvre la vue en recevant le' baptême. Plus tard, sa 
mère et son jeune frère Hugues la rappellent, mais l'Irascible Etichon, à qui 
Hugues vient annoncer le retour d'Odile, tue sur place son fils. Assailli de 



Depuis des siècles, le sanctuaire de r Alsace mit accourir U> fidèles. 

remords, le duc accueille sa fille et lui rend son affection. Il veut la marier, 
mais Odile s'est consacrée a Dieu et fuyant le prétendant qu'on veut lui 
imposer, elle se sauve jusqu'à Fribourg où, dans la forêt, un rocher s'entr' ouvre 
pour la soustraire a ceux qui la poursuivent, Etichon renonce alors à contra- 
rier la vocation de sa fille et lui fait don du château de Hohenbourg où Odile 
installe un couvent. Elle édifie, par sa sainteté et ses miracles, toute la région. 
Parmi les abbesses qui succédèrent à sainte Odile, la plus célèbre est 



L'eicaUer, au premier plan, conduit 4 la /onfainc Sainte-Odile, 



Eltraitt dg l'.Borua Diliolarum » de Heumde de Landsbero. 



FLUTE TRAVEHSIÈRE E 



A droite, au fond, l'église. A gauche, bâtiment moderne de riiôtetlerie. 

four aller à la chapelle des Anges, on tourne d gauche au jond de la cour, le long de 

ce bâtiment. L'entrée du cloître est prés de l'église. 

I Ierradc de Landsberg. A la tin du xn= siècle, pour l'éducation de ses jeunes 
religieuses, elle écrivit et illustra d'exquises miniatures VHortus àeliciarum 
(le Jardin des délices). Devenu le joyau de la Bibliothèque de Strasbourg, 
ce manuscrit, document unique sur la vie et les connaissances de l'époque, 
hit brûlé par les obus allemands en août 1870. Les reproductions de la 
page 96 donnent une idée de l'illustration de l'ouvrage. 

Le couvent disparut au xvi* siècle ; reconstruit au xvn°, il fut déclaré 
bien national à la Révolution. L'évèque de Strasbourg le racheta en 1853 
et y installa les sœurs qui, aujourd'hui encore, assurent le service du pèlerinage. 

Les principaux pèlerinages ont lieu le samedi saint, le lundi de la Pente- 
côte et dans la deuxième semaine de Juillet. 

VISITE DE SAINTE-ODILE 

Entrant dans le couvent (photo ci-dessus), on traverse une cour plantée 
de beaux arbres, sur laquelle donnent 1' Hôtellerie et I'Eglise. Cette 
dernière a été reconstruite au xvn« siècle. 

A gauche du chœur, dans un passage, se trouve le sarcophage de sainte 
Odile renfermant une statue en bois recouverte de soie. Ce pa&age mène à 
la chapelle de la Croix (gravure p. 94) qui date du xi 8 stècle.''ôn aperçoit 
dans cette chapelle un autel en pierre et un tombeau vide qui aurait 
contenu les restes d'Etichon et de Bércswinde, père et mère de sainte Odile. 

La chapelle de la Croix communique avec la chapelle de sainte Odile, 
où se trouvent le tombeau et des reliques de ta sainte. Sur les murs, des 
peintures rappellent les principaux épisodes de la vie de la patronne de 
l'Alsace. 

Au-dessus du tombeau, des bas-reliefs représentent le baptême de sainte 
Odile, qui lui fit recouvrer la vue, et Etichon délivré des peines du pur- 
gatoire grùce aux prières de sa fille. 



Sortant de l'église, on continue droit devant soi pour gagner une petite 
terrasse, surplombant la vallée. d'où la vue est très belle. La Chapelle des 
Anges est accrochée aux rochers. Selon la tradition, les jeunes Filles qui 
en faisaient neuf fois le tour se mariaient sûrement dans l'année. 

Revenant a la cour d'entrée, on passera dans le Cloître. Un petit musée 
est installé au premier (antiquités). 

On gagnera la terrasse sur laquelle se trouve la Chapelle des Larmes 
ainsi appelée en souvenir des pleurs versés par sainte Odile priant pour le 
salut de l'âme de son père. 

On peut faire, deSainte-Odile.de très nombreuses excursions qu'indiquent 
des plaques de chaque coté de l'entrée. 

La plus courte est celle de la Fontaine de Saints-Odile (20 minutes) 



-s la plaint d'Alton, t 



à laquelle on arrive en descendant sous bois par un sentier pittoresque 
{photo ci-dessus). Sainte Odile aurait fait jaillir cette source du rocher pour 
calmer la soif d'un vieillard venu Implorer la guérison — qu'il obtint — de 
son enfant aveugle. Depuis cette époque, l'eau de la fontaine est employée 
par les pèlerins qui sont affligés de maladies d'yeux. 



Sainte- Odile 
xvii' siècle. 




des Châteaux (TOflroH. 



Après la visite de Sainte-Odile, reprendre la rouir 
d'arrivée pendant 600 mitres et,à la bifurcation, suivre 
tout droit la roule de Ktingenlhal, en lorit, avec échap- 
pée à droite sur les ruines du château de Dreistein, 
(tes trois pierres) {carie p. 93). Dons Klingcnthal, 
qui autrefois fut célèbre pour la fabrication de sa 
armes blanches, prendre à droite la route if'Ottrott. 
Ce village est connu par les ruines des deux châ- 
teaux : le Lutzelbourg et le Rathsamhausen qui lt 
dominent. Il faut une heure à pied pour y monter 
(noir croquis ei-conlre). Traverser Oltrolt dans toute sa 
longueur et continuer tout droit pour arriver à la nieîllr 
*t charmante petite ville (fOburnai. 



OBERNAI 

Selon la légende, 
sainte Odile serait née 
à Obernai où résidait 
son père, le duc d'Alsace 
{voir p. 94). La ville 
appartint à la famille 
Impériale des H u tiens- 
La uf en, puis passa aux 
princes-évêques de 
Strasbourg. Elle fit par- 
tie de la Décapole (voir 
p. 12 Volume I). En 
1815, l'ingénieux curé 
Oberlé, — René Bazin a 
donné ce nom aux héros 
de son célèbre roman, — 
sauva la ville de la des- 
truction dont la mena- 
çaient les Autrichiens ; 
il fit hâtivement placer 
sur une maison une 
inscription affirmant 
.que Obernai était le 
berceau des Empereurs 
d'Autriche. 

L'église d'Obernai est 
moderne ; derrière, dans 

le Cimetière, se trouve Vieille maison d'Obernai {place des Etoiles. 



Place de la République, a 

A droite, la Halle au Bte ; an fond, à gauche, r 

à gauche, fontaine moderne de s- 



un • Mont des Oliviers « du xvi* siècle et la chapelle delà Vierge, du xv* siècle. 
Devant l'église, subsiste une tour des anciens remparts. Une partie de ceux-ci 
a été aménagée en promenade. 

La place de la République {photos p. 101 et 102) est très curieuse avec sa 
Halle au blé du xvi e siècle et I'Hotel de Ville reconstruit au xix» siècle, 
mais qui a gardé une façade avec balcon du xvi° siècle. 



t RÉPUBLIQUE, A ObEKNAJ, 



Ancien puits, rue du Chanoine Gyss. 
Au tond, rmtel de Villt et la Tour de la Chapelle. 
Devant rmtel de Ville, la rue Georges Clemenceau. 

Une fontaine moderne avec la statue de sainte Odile s'élève au centre 
de la place. Derrière l'Hôtel de Ville, se trouve la Tour de la Chapelle 
(xiv siècle), clocher d'une ancienne église démolie après 1870 (photos p. 102 
et 103). 

Dans la rue du chanoine Gyss se trouve un beau puits du XVI" siècle 
(photo ci~dessus). 



b) DOBERNAI à MOLSHE1M 

(Carte ci-contre.) 

Dans Obernai, on traverse ta place de l'Etoile, 
on suit la rue Clemenceau et on aboutit à la 
Crand'Place ou Place de la République. On prend 
ensuite la rue du chanoine Gyss gui passe près de 
l'église, puis à gauche la rue de Boersch. 

On arrive à cet ancien et curieux village (photos 
p. 104 et 105). On tournera à gauche pour passer 
sous la porte. Après la visite, on repassera sous la 
porte et on continuera vers Rosheim, où l'on arrive 
après tire passé au-dessus de la voie ferrée. On 
traverse ce village dans toute sa longueur. 



Entrée de Bœrsch - 



LA POHTK DE BffiHSCH. 




le village, entame les bourgs voisins de Rosheim, Molsheîm el Ober 


nai, était a 


fois Ivrlifié. La porte ci-dessus est un des vestiges des ancien! 


i remparts. 



e touriste ira jusqu'à la place de l'Eglise. 



L'ÉGLISE A BŒRSCK. 



Sans laisser a ceux-ci le 
temps de chasser les fumées 
du i Kielber », les gens de 
Roshelm les firent tous passer 
de vie à trépas. 

L'orgueil de Rosi ici m est 
sa belle Eglise romane, l'église 
Saint- Pier»e et Saint-Paul 
{photo p. 108), qui date du 

Sorti de la ville, on suit 
tout droit la route de Motsheim 
(schéma p. 103). 

A 2 km. 500 de Roshelm, 
prendre à gauche. 

On croise ensuite la route 
de Strasbourg que l'on pren- 
dra après la visite de Mol- 

Continuer tout droit après 
ilre passé près de la gare, en 
franchissant la voie ferrée. 

On suit l'avenue de la 
Gare et on entre dans le vieux 
Molahsim en passant sous la 
porte fortifiée. 



45, Grand' fîur, à Bosbeim. 



La Gband'Rue et l'église Saini-Pieihœ et Sai: 

Dans le tond, la porte de la photo, p 

L'église de Rosheim est une des plus belles églises rontar. 

restaurée. La partie supérieure du clocher est du xvi" si 

aetxmpakt décorent le jatte de la ne/ et des bas côtés. A Cm 

chapiteaux romans. 



E GÉNÉRALE DE MuLSHEIM. 

xiitx qui dominent la ville et si 
d'excellents oins. 



MOLSHEIM 

Le centre de la ville est la pittoresque place de la Mairie, place sur laquelle 
donne l'ancien Hôtel de Ville (photo ci-dessus), maintenant Tribunal, 
charmante construction Renaissance. 

En prenant à droite, sur lu place, lu rue de l'Eglise, on passe te long du 
couvent Notre-Dame et on arrive à l'ancienne Eolisk des Jésuites, cons- 
truite aux xvi* et xvu« siècles. L'évêque de Strasbourg fonda en effet en 



euide/s. U ne jolie fontaine t 



L'ÉGLISE ET 




nr Notre-Dame de Moi.sueim. 


Aux xvi- et xvii" siècle*. 

Molsheim s'étendait lort loii 

les dimensions p 


onlraslent 


de l'Académie des Jésuites, la t 
z Jésuites que sont dues ces constr 

im l' importuna', de la petite ville. 



1618, à Molsheim, une Académie, dirigée par les Jésuites, qui comprenait 
une Faculté de théologie et une de philosophie. Elle fut célèbre à l'époque. 
Le cardinal de Rohan la transféra à Strasbourg en 1702. L'Intérieur de 
l'église est curieux. Les transepts décorés, les portes sculptées, la chaire, les 
orgues sont à voir. 

Derrière le choeur, sur la place, on aperçoit un ■ Mont des Oliviers • pro- 
venant de l'ancien couvent des Jésuites. 



IHi M.IJ.SUKI 

etlle du JVojv 



c) De MOLSBETM à STRASBOURG (Carie ci-dessous). 



Pour la visite de STRASBOURG, voir le Guide spécial. 



STRASBOURG 

Pour visiter Strasbourg, prendre le Guide illustré : Strasbourg 

(64 pages, 92 photos, 6 cartes). 



1 CvrufellHALK DE STRASBOURG. 



SVNAGOGUE. 



DIXIÈME JOURNÉE - De STRASBOURG 
u) De STRASBOUBO 



i NANCY — 186 kilomètres, 
l ItABO {Carte ei-dessous). 



Strasbourg, 
de Justice 




Ancienne porte a Wassei-onne, 

Sortir de Strasbourg par la Porte Nationale. Suivre la voie du tramway 
jusqu'au bout de Koenigshoffen. A la bifurcation, prendre à droite vers Itten- 
heim ; à la bi/urcation suivante, prendre à gauche. 

A IttonUoim, sur la route, on remarquera de curieuses maisons an- 
ciennes, dont l'une est reproduite p. 115. 

On traverse ensuite Furdenheim dont les maisons sont également inté- 
ressantes. 

Après Marlenheim, dont le vignoble est renommé, on entre dans une 
étroite vallée, puis on arrive à Wasselonne. ancienne ville fortifiée. 



De ta Crand'Place, on pourra remonter à droite (ri pied) vers l'ancienne 
porte (photo ci-dessus), sous laquelle on passera. Au delà, à droite, se voit en- 
core une vieille tour. Revenir à la place et continuer la roule. D'amusantes 



Au milita, le chemin montant, en 20 minuta, à la chapelle Saint-Léon qu'on 

aperçoit dans le lointain. 
A oauche, la route venant de Wasselonne'; au premier plan, ta route de Saverne. 

enseignes pendent le long des maisons : mouton, saumon, orme, cygne, etc. 

Aux dernières maisons du village, prendre à gauche à la bifurcation. 

On arrive à Romaïuwiller, Joli petit village connu pour ses eaux miné- 
rales. 

Après avoir traversé ta voie terrée, on sait tout droit à la bifurcation. La 
roule s'engage Mental en foret. A 5 km. 700 de Romansiviller, on passe devant 
l'auberge de Freudeneek (photo p. 116.) ; à la bifurcation suivante, prendre 
à droite la roule qui franchit la Mossig pour entrer dans le hameau d'Ex* 
genthal. Aux dernières maisons, prendie à droite; 2 km. plus loin, prendre d 
gauche pour arriver à Oberstoigen. A partir de ce village la route s'élève en 
forêt par de nombreux lacets et offre de belles échappées sur la vallée. 



6 km. plus loin, pria du 
village de la Hoube, 
prendre à gauche. La rouit 
descend légèrement. On ar- 
rive à Daim. 

h) De DABO 
à 8AVERJVE 

{Carte page 117). 

Dabo est situé au pied 
d'un rocher que couronne 
une chapelle remplaçant 
l'ancien ch.1t eau-fort des 
comtes de Dabo. C'est à 
cette famille qu'apparte- 
nait Léon IX, pape au 
xi" siècle. Le château- 
fort fut pris et détruit 
au xvii* siècle, hien que ses 
défenseurs eussent jeté aux 
assaillants une chèvre 
morte tenant, attache 
entre les pieds de devant, 
un fuseau sur lequel on 
lisait: 'Quand cette chèvre 
filera, Dabo se rendra. • 

La chapelle Saint-Léon 
actuelle fut élevée en 1 890 ', 



E SA] NT- LÉON A UABO, I 



Lt village de Hazelbourg couronne in croupe, rt drorle. 

son clocher sert de belvédère. (On y monte en vingt minutes du village, voit 
photo p. 117.) 

Dans la petite église de Dabo (<t gauche de la roule), on verra sur un 
autel, à droite, une boiserie moderne représentant le vieux château d'après 
une ancienne gravure. 

La route continue de descendre ; la vue est fort belle sur la vallée de la 
Zorn et sur Hazelbourg, village accroché au sommet d'une montagne. (Photo 
ci-dessus.) 

Suivre tout droit, longer la rive droite de la Zorn, puis bientôt le canal. 
Avant d'entrer dans Lutzelbourg, on a une jolie vue sur les ruines du châ- 
teau (photo ci-dessous). 

Dans le village, prendre à droite. Suivant toujours la vallée de la Zorn, on 
arrive à Saverne par ta rue du 19-Novembre. On passe devant ta Synagogue 
et parla rue de Paris on gagne la grande artère de Saverne: la Grand' Rue (voir 
plan p. 123). 



ORIGINE ET GRANDS FAITS HISTORIQUES 

Saverne doit son nom aux trois auberges romaines < Très Tavemae > qui 
formaient station sur la grande voie stratégique de Strasbourg A Metz. 

Du xm* siècle à la Révolution, elle appartint aux princes-évéques de 
Strasbourg. 

C'est il Saverne que se termina dramatiquement la révolte des paysans 
ou Rustauds, au xvi' siècle. Assiégés par le duc de Lorraine, ils consentirent 
à se rendre au nombre de 18 à 20.000, moyennant la vie sauve. Mais dés 
qu'Us turent sortis sans armes de la ville, les soldats du duc, malgré les efforts 
de celui-ci, les attaquèrent et les exterminèrent lusqu'au dernier, couvrant 
de cadavres tcute la campagne environnante. 

L'affaire ds Saverne (1913). 

En octobre 1913, dans le château des cardinaux de Rohan, transformé 
en caserne du 99* régiment d'infanterie allemande, un sous-lieutenant de 
vingt ans, le baron von Forstner, traita les recrues alsaciennes de ■ Wackes • 
(voyous) et promit une récompense de 10 marks au soldat allemand qui 
transpercerait dans la rue un de ces wackes. Un sous-officier déclara qu'il 
ajouterait 3 marks de sa poche. L'tnlure, vite connue en ville, souffletait 
toute l'Alsace. ■ C'est nous, les voyous alsaciens >, criaient les gamins sur le 
passage du lieutenant von Forstner. D'autres l'accompagnaient en se disant 
les uns aux autres en dialecte : ■ Dis-moi, toi : combien vaux-tu, voyou 
alsacien? — Parbleu, 10 marks 1 ■ La raillerie publique s'alimentait d'un 
incident de manœuvre : Forstner avait une nuit, dans le lit d'un logeur 
indigène, fait preuve d'une incontinence physique aussi manifeste que son 
incontinence verbale, et les • wackes» de se venger par l'èpithète de ■ chienlit». 
Forstner ne sortit qu'accompagné d'hommes armés (photo p. 121). Le 9 
et le 10 novembre, il fut assiégé dans la caserne de son régiment : il fallut 
des charges de gendarmerie pour lui permettre de regagner son domicile. 
Des patrouilles circulèrent dans les rues, munies de cartouches à balles, et le 
colonel von Reuter fit placer des mitrailleuses en batterie dans ta cour de la 

Au milieu de novembre on apprenait qu'après avoir Insulté les Alsaciens, 
Forstner venait d'insulter le drapeau français : toute l'Alsace frissonna. 

Le 25 novembre, à la rentrée du Relchstag, trois interpellations avaient 
été déposées demandant ce que le Chancelier comptait faire ■ pour protéger 



Le lieutenant non Forstner na chercher des tablettes de chocolat, 
protégé par 7 hommes en armes contre l'humour da petits A liai tan. ( Cliché Illustration./ 
Vue prise du coin de la rue Poincaré et de la Grand' Rue. A droite, église des Fran- 
ciscains. Le petit lieutenant habitait au rez-de-chaussée au coin de la rue des Pères 
et de la rue Poincaré (cette rue s'amorce au fond, à gauche). 



les soldats alsaciens-lorrains contre de pareilles Insultes et la population 
d'Alsace-Lorrnine contre de telles provocations ■. 

Le 28 novembre, au Relchstag, le général von Falkenhayn prenait la dé- 
fense du lieutenant von Forstner et attaquait les Alsaciens : c'était l'agneau 
qui avait commencé. 

Le même soir, à sept heures, von Forstner se trouvant sur la place du 
château de Saverne avec quelques camarades, des gamins lui crièrent : • A la 
chienlit 1 • Le lieutenant Schadt courut chercher la garde. Quatre-vingts sol- 
dats sortirent, le colonel von Reuter a leur tête. Ce fut une chasse à l'homme. 
Vingt-neuf personnes furent arrêtées : les unes pour avoir ri, d'autres pour 
ne pas avoir quitté la place, d'autres pour l'avoir quittée trop vite ; quelques- 
unes dans leurs maisons. On leur fit passer une nuit dans une cave humide 
de la caserne, sans qu'il leur fût permis de sortir sous aucun prétexte. Un 
des détachements de poursuite étant tombé sur le procureur impérial et 
les Juges du tribunal civil qui sortaient tardivement de l'audience, et le 



Le départ du 
de Saverne. 

I Illustrai ion.) 

Les troupes 

suivent la 

Grand' Rue. 

Voir ci-dessous 

celte mime rue, 

cinq ans après. 



procureur ayant protesté contre l'illégalité dont il était témoin, quatre de 
ces magistrats furent arrêtés. Le kreisdirektor (sous-préfet allemand) n'ar- 
rivait pas a faire relâcher par les militaires toutes les personnes arrêtées. 
Le conflit entre Allemands et Alsaciens se compliquait d'un conflit entre 
autorités allemandes militaires et civiles. 

Le chancelier de Bethmann-Hollweg soutint pendant plusieurs jours les 
assauts furieux du Reichslag, qui finit par lui voter un blâme, après avoir 
mis l'Empereur en cause. 

Le 99« régiment d'infanterie quitta Saverne ipholo ci-dessus). 

Entre temps, dans la campagne alsacienne, a 8 kilomètres de Saverne, . 
des cris de • chleniit • ayant été poussés, une patrouille arrêtait le garçon 
cordonnier Blank. Pendant qu'elle le maintenait, le lieutenant Forstner le 
blessait gravement d'un coup de sabre. Le 19 décembre, un conseil de guerre 
condamna le lieutenant au minimum de la peine. 



La Grand 'Rue 



(Rapprocher de 
la photo cl-des- 



123 



Le 5 janvier 1914, commençait à Strasbourg, devant le Conseil de guerre, 
le procès du colonel von Reuter et du lieutenant Schadt. Le 10 janvier, 
ils étaient acquittés ; le lieutenant von Forstner Tétait également en appel. 

Vainement la Chambre bavaroise s'émut. Vainement, à Strasbourg, la 
Chambre des députés et la Chambre Haute protestèrent avec toute leur 
énergie ; vainement le gouvernement civil d'Alsace-Lorraine, l'allemand 
Mandel, comme les ralliés Zorn de Bulach et Pétri, se joignirent au petit 
parlement alsacien. M. de Bethmann-Hollweg triompha. A Strasbourg, le 
gouvernement démissionnait : M. Zorn de Bulach était remplacé comme 
secrétaire d'Etat (premier ministre) par un fonctionnaire prussien, le comte 
Siegfried von Roedern ; l'intransigeant M. Mandel s'en allait comme M. Pétri. 
Quelques mois après, le statthalter lui-même, le comte de Wedel, était 
remplacé. 

Ces incidents éclairent nettement la mentalité allemande à la veille de 
la guerre. 

VISITE DE LA VILLE 

La Grand'Rue est la partie la plus intéressante de Saverne. En la 
descendant, on apercevra l'église dont la tour est romane, la nef du 
xv e siècle et le chœur du xrv e siècle. Un escalier extérieur est accolé à l'édi- 
fice. A l'intérieur, on verra les boiseries et la chaire. 




/. fl*fc/7fyda/ 
Z . du Bceiif 
3 . de L'Arc 
i-. . du. Grttâxi 
5. . daffrtres 



A CHATEAU 
B SYNAGOGUE 
C EG.<fc*RECOLLET.S 
D. HOTEL DE MLLE 
ES. PREFECTURE 
F EG.PROTESTANTE 



A gauche de l'église, dans une ancienne chapelle, est Installé un petit 
musée archéologique ; à droite, on volt une ancienne construction avec 
une tour contenant un escalier tournant. 

De nombreuses maisons anciennes (photos ci-contre) donnent à la rue un 
caractère très pittoresque. 

On arrive à la place du Château, sur laquelle donne l'ancienne résidence 
de» évêqucs de Strasbourg, reconstruite au xvm* siècle par Louis de Rohan, 
le cardinal-collier. C'est dans ce château, transformé en caserne, que prit 
naissance la fameuse affaire de Saverne (voir p. 120). Sur la place, on remar- 
quera une fontaine surmontée d'une licorne attribut héraldique de la ville. 

H existe a Saveme, dans la rue de Paris, une très belle roseraie (voir plan 
p. 123). 



LE HAUT-BARR 

Saverne est dominée par les ruines 
d'anciens châteaux : le Haut-Barr et 
les deux Geroldraok, dont le plus inté- 
ressant est le Haut-Barr. On peut s'y 
rendre facilement en automobile (noir 
plan ci-contre). 

Sa situation l'avait fait dénommer 
1* t Œil de l'Alsace -. Propriété des évS- 
ques de Strasbourg, il lut démantelé au 
xvn* siècle. Il reste une partie de l'en- 
ceinte, le donjon, une chapelle romane. 
Un hôtel est installé à côté des ruines. 
On n'y renouvelle plus les exploits de la 
très noble Confrérie de la Corne, dont les 
postulants n'étaient acceptés qu'après 
avoir vidé d'un trait les huit litres du bon 
cru de Saverne que contenait une corne 
d'auroch. La tradition prétend qu'il se 
trouva un comte intrépide qui la vida 
deux fols coup sur coup. 




C) De 8AVERNE à SABREBOURG (.Carte ci-dessus). 

Sortir de Saoerne par la Grand'Rae et la rue de la Côte. On monte au 
col de Sa venus, d'où le panorama sur la plaine d'Alsace et les Vosges est très 
beau. La route actuelle, qui emprunte la fameuse trouée de Saverne, fréquen- 
tée de toute antiquité, a remplacé un chemin beaucoup plus dur. Elle fut 
tracée au xvm« siècle et provoqua l'admiration universelle. Pour gagner 
les 210 mètres de différence de niveau, 3.618 mètres de route de 10 mètres de 
large furent établis, comprenant 17 ponts ou ponceaux. C'est l'ancêtre des 
routes de montagne modernes. 

A 6 km. de Saoerne, prendre à gauche vers Phalsbourg-. On entre dans cette 
aille par la rue de la porte d'Allemagne et on arrive à la Place d'Ahmes. 



du maréchal 
Mouton. 

Une inscription 

de Napoléon : 
Mon Mouton 



PHALSBOURG 

Phalsbourg (Pfalzburg ou forteresse du Palatinat) doit son nom au comte 
palatin qui la fonda au xvi* siècle. Elle fut achetée au siècle suivant par la 
Lorraine et donnée en dot à Henriette de Lorraine, qui prit le titre de prin- 
cesse de Phalsbourg. Les fortifications de la ville furent élevées par Vauban. 
En 1870, elle tint quatre mois, sous un feu meurtrier et ne fut réduite que 
par la famine. Le commandant Vaillant, son glorieux défenseur, et la garnison 
sortirent avec les honneurs de la guerre. Le 21 août 1919, le Président Poin- 
caré a remis à Phalsbourg la croix de la Légion d'honneur. 

Phalsbourg est la ville natale du maTéchal Mouton {voir statue ci-dessus) 
et du romancier Erckmann, qui , avec la collaboration de Chatrian, écrivit 
des romans célèbres. 



(Carrefour des routes de Sarrebourg et de Saar-Union.) 

De la place d'Armes, prendre à droite la rue da Maréchal Foch, puis tourner 
ù gauche dans la Grand' Rue ou rue de France. La Porte de France esl sur la 
droite de cette rue, on pourra faire un crochet pour passer dessous et rejoindre 
la route de Sarrebourg. 

A la sortie de la ville, au carrefour des routes de Sarrebourg et de Saar- 
Union, a été élevé un monument aux morts de la grande guerre (photo ci- 
dessus). 

2 Ion. après Phalsboarg, prendre à gauche vers Sarrebourg. 

rf) De SARREBOURG à XAUfCX (Voir Carte Michelin «• 12). 

Dans Sarrebourg, traverser la place Malhey, prendre la rue du Maréchal 
Foch, la Grand' Rue, la place du Marché en passant devant l'église, laisser la 
gare à droite et prendre le faubourg de France. La route franchit le pont du 
chemin de fer et tourne à gauche vers Hemino. 

Sarrebourg qui est d'origine romaine et appartint ensuite aux évêques 
de Metz, fut rebâtie en partie par Louis XIV. Elle a joué un râle important 
dans les opérai ions du début de la guerre (voir te Guide : Metz et la 
bataille de Morhange). La ville ne présente pas de curiosités artistiques 
saillantes. 

On gagnera Nancy par Hkminc, Azoudange, Maizières, Bourdon- 
naye, Lezey, Moyenvic, Vic-sub-Seille, et la N. 74 qui passe û Moncsl, 
Maierullks, Champenoux et Essey. ( Voir la Carte Michelin a" 12 et le 
Guide : Nancy et le Grand Couronne.) 



138 



TABLE DES MATIÈRES 



Opérations militaires 



3 à 



15 



ITINÉRAIRE DE COLMAR A NANCY (1) 

4 e Journée : Colmar - Col du Bonhomme - Trois-Epis . 16 à 32 

a) De Colmar à Orbey 17 à 22 

b) D'Orbey au Col du Bonhomme 22 à 27 

c) Du Col du Bonhomme aux Trois-Epis 27 à 32 

5 e Journée: Des Trois-Epis a Turckheim 33 à 53 

a) Des Trois-Epis au Linge 33 à 40 

b) Du Linge à Munster 41 et 42 

c) De Munster à Metzeral et au Reichackerkopf . ... 42 à 50 

d) De Munster au Petit Ballon et retour à Turckheim . 51 à 53 

6 e Journée : De Turckheim a Haut-Kœnigsbourg ... 54 à 66 

a) De Turckheim à Ribeauvillé * 54 à 64 

b) De Ribeauvillé à Haut-Kœnigsbourg 64 à 66 

7« Journée : Du Haut-Kœnigsbourg a Saint-Dié .... 67 à 79 

a) Du Haut-Kœnigsbourg à Ribeauvillé 67 et 68 

b) De Ribeauvillé à Sainte-Marie-aux-Mines 69 et 70 

c) De Sainte-Marie-aux-Mines à Saint-Dié 71 à 79 

8 e Journée: De Saint-Dié au Hohwald 80 à 92 

a) De Saint-Dié au Col de la Chipote 80 à 83 

b) De la Chipote à Celles 84 à 86 

c) De Celles au Col de Schirmeck 87 à 89 

d) Du Col de Schirmeck au Hohwald 90 à 92 

9 e Journée: Du Hohwald a Strasbourg 93 à 114 

a) Du Hohwald à Obernai 93 à 103 

b) D'Obernai à Molsheim 103 à 111 

c) De Molsheim à Strasbourg 112 à 114 

10 e Journée : De Strasbourg a Nancy 115 à 127 

a) De Strasbourg à Dabo 115 à 117 

b) De Dabo à Saverne 117 à 125 

. c) De Saverne à Sarrebourg 126 et 127 

d) De Sarrebourg à Nancy 127 



(1) Les 3 premières journées sont décrites dans le Volume I. 



xxixfrt's -2.136-6-2019 



1MP. CCSSAC, PARIS 



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