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BIBLIOTHÈQUE 
DE PHOTOGRAPHIE 



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DIRECTEUR 
A. SEYEWETZ 




PAR 




11, 



Bomeddaaaann 



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Boston Public Libraiy 
Boston, MA 02116 



Octave DOIN et FILS, éditeurs, 8, place de l'Odéon. Paris 

ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE 

Publiée sous la direction du Dr TOULOUSE 



BIBLIOTHÈQUE 

DE PHOTOGRAPHIE 

Directeur : A» SeYEWETZ 

Sous-Directeur de l'Ecole de chimie industrielle de Lyon 



Les sciences pliotogTaplnques,qui sont de création récente, 
ont pris un essor considérable dans ces dernières années. Les 
procédés photographiques, qui étaient restés, en effet, pen- 
dant longtemps des procédés purement empiriques, relèvent 
pour la plupart aujourd'hui de la science pure, et la mise en 
œuvre de réactions chimiques pour expliquer un grand 
nombre de phénomènes photographiques, n'a pas contribué 
pour une faible part à cette transformation rapide. 

A la suite de cette évolution si prompte, les applications 
photo^aphiques se sont multipliées avec une inconcevable 
rapidité et la plaque photographique est devenue la véritable 
rétine du savant, comme Janssen l'a si humoristiquement 
définie. 

Elle est, en effet, aujourd'hui, l'auxiliaire de toutes les 
sciences. Ses applications se sont étendues aux diverses 
branches de l'activité humaine et aucune d'elles n'a sollicité 
vainement son concours. 



II ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE 

On peut même dire que la photographie a fait la conquête 
du monde entier, car elle a pénétré, avec les explorateurs, 
dans les parties du globe les plus difficilement accessibles. 
. De même que la presse propage la pensée, de même la 
photographie sert les intérêts de la civilisation, en multipliant 
l'image des objets et en perpétuant le souvenir des phéno- 
mènes les plus subtils. 

Dans le domaine des sciences physiques, elle a permis de 
suppléer, dans une large mesure, à l'imperfection de nos sens 
et a pu fournir des documents précis sur des phénomènes 
physiques que Fœil ne peut percevoir. 

La microphotographie a permis de faire une étude appro- 
fondie de la structure intime de la matière dont on par- 
viendra sans doute, dans un avenir peu éloigné, à étudier 
plus complètement les atomes et les molécules. Appliquée à 
l'étude des métaux, la microphotographie a donné naissance 
à la métallographie qui est utilisée pour suivre la fabrication 
de l'acier et de la fonte. 

La cinématique a mis a profit la rapidité de l'impression 
de la plaque photographique, pour déterminer la vitesse des 
projectiles et la forme de la veine gazeuse qu'entraînent ces 
projectiles. 

L'astronomie a trouvé également une collaboration puis- 
sante dans la photographie qui a permis de réaliser la carte 
du ciel et de découvrir de nombreuses comètes et de petites 
planètes. 

C'est également grâce à elle que la radioactivité a été dé- 
couverte et a facilité l'étude intime de la matière et de 
l'énergie qui la dirige. 

En météorologie, la photographie a reçu des applications 
multiples dans l'enregistrement de la température, de la 
pression et de l'état hygrométrique. 

Les sciences biologiques, les sciences médicales et la mi- 
crobiologie lui sont redevables de progrès importants 



PHOTOGRAPHIE III 



La chirurgie a tiré un parti très avantageux de la propriété 
que possèdent les rayons X de traverser facilement certains 
corps opaques à la lumière et d'être arrêtés par d'autres 
corps. Cette propriété a été l'origine d'une science nouvelle, 
la radiographie qui permet de photographier les masses 
osseuses des corps à l'exclusion des masses musculaires et de 
déterminer dans ces dernières l'emplacement exact des corps 
étrangers qui s'y sont introduits. 

En physiologie, la chronophotographie a permis de faire 
l'analyse du mouvement en prenant à des intervalles de temps 
égaux et connus, des images successives d'un même objet. La 
cinématographie a utilisé ces images pour reconstituer ce 
mouvement et le reproduire à un moment et en un lieu 
quelconques. 

Enfin les sciences géographiques, historic|ues, archéolo- 
giques, psychiques même, font un appel continuel aux res- 
sources que leur offre la photographie. 

La source déjà si féconde des applications photographiques 
que l'on pouvait croire tarie, vient d'être revivifiée par la 
merveilleuse découverte des plaques autochromes, due aux 
frères Lumière. 

La photochromie avait été jusqu'ici l'objet de recherches 
nombreuses. Le procédé de Gros et Ducos du Hauron pour 
la reproduction indirecte des couleurs, avait été appliqué 
après des perfectionnements importants à l'impression chro- 
mophotographique, mais il ne put se répandre dans la pra- 
tique photographique à cause des difficultés d'exécution qu'il 
présentait. 

L'ingénieuse méthode interférentielle de Lippmann avec 
laquelle on peut reproduire directement les couleurs, constitue 
une merveilleuse expérience de laboratoire qui confirme 
brillamment la théorie physique de la lumière; mais son in- 
troduction dans la pratique s'est heurtée jusqu'ici à des dif- 
ficultés qui paraissent insurmontables. 



IV ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE 

La reproduction photographique des couleurs vient de 
faire un pas de géant avec l'apparition de la plaque auto- 
chrome qui permet d'obtenir l'image des objets avec leurs 
couleurs naturelles aussi facilement que des images en noir. 

Nous allons sans doute assister dans cette nouvelle phase 
à des perfectionnements comparables à ceux qu'a subis la 
photographie en noir depuis Daguerre. 

Toutes les applications dont nous venons de faire l'énu- 
mération sommaire, ne peuvent être utilisées avec fruit que 
si l'on connaît la pratique photographique, qui elle-même ne 
peut être conduite d'une façon judicieuse qu'en étudiant la 
théorie des procédés photographiques. 

C'est pour réaliser ce double but qu'a été créée la biblio- 
thèque photographique de l'Encyclopédie scientifique. 

Le savant, de même que l'industriel, le novice aussi bien 
que le photographe professionnel, pourront y puiser toutes 
les connaissances nécessaires pour arriver au résultat cju'ils 
poursuivent. 

Dans les divers ouvrages qui composent notre bibliothèque,, 
sont traitées séparément les grandes divisions que Ton peut 
concevoir dans l'étude de la science photographique et de ses 
applications ; on peut donc facilement tenu- chacun de ces 
volumes au courant des plus récents progrès modernes par 
une réimpression faite en temps opportun. 

Les volâmes seront publiés dans le format in-18 jèsus cartonné; ils formeront 
chacun 350 pages environ avec ou sans figures dans le texte. Le prix marqué de 
clianun d'eux, quel que soit le nombre de pages, est fixé à 5 fiancs. Chaque volume 
se vendra séparément. 

Voir, à la fm du volume, la notice surl'ENCYCLOPÉDIE 
SCIENTIFIQUE, pour les conditions générales de pu- 
blication. 



TABLE DES VOLUMES 
ET LISTE DES COLLABORATEURS 



Les volumes publiés sont indiqués par un 



*i. La photographie, par G. Ghigandard, Licencié es sciences 
physiques. 

2. Physique photographique, par L. 'CHAVAyo>-, Ligénieur, Li- 

cencié es sciences physiques et es sciences mathématiques. 

3. Chimie photographique, par H. Barbier, Ingénieur-chimiste. 

4. Les négatifs en photographie, par k. Seyewetz, Sous- 

Directeur de l'Ecole de chimie industrielle de Lyon. 

5. Les positifs en photographie, par E, Trltat, Docteur ès- 

sciences. Directeur du Musée d'histoire naturelle de Toulouse, 

6. Manipulations photographiques, par A. Seyeavetz', Sous- 

Directeur de l'Ecole de chimie industrielle de Lyon. 

7. La photographie des couleurs, par A. et L. Lumière, Di- 

recteurs de la Société des plaques et papiers photographiques 
A. Lumière et ses fils. 

8. La photographie à la lumière artificielle. 

9. Microphotographie et Macrophotographie, par F. Mont- 

pillard. 

10. La Photographie des radiations, par D"" M. CHA^oz, Docteur 

ès-sciences, Chef des travaux à la Faculté de médecine de 
Lyon. 

11. Reproductions photographiques monochromes, par L.-P. 

Clerc, préparateur à la Faculté des sciences de l'Université 
de Paris. 

12. Reproductions photographiques polychromes, par L.-P. 

Clerc, préparateur à ]a Faculté des sciences de l'Université 
de Paris. 

i3. La Stéréophotographie, par D^ G. H. Niewenglotsski, Pro- 
fesseur au lycée Carnot à Tunis. 



ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE 



PUBLIEE SOUS LA DIBECTION 



du D'^ Toulouse, Directeur de Laboratoire à l'École 
des Hautes-Études. 

Secrétaire général ; H. PlÉRON, Agrégé de l'Université. 



BIBLIOTHÈQUE DE PHOTOGRAPHIE 

Directeur : A. SEYEWETZ 

Sous-directeur de l'Ecole de chimie industrielle de Lyon 



LA PHOTOGRAPHIE 



LA 



PHOTOGRAPHI 



G. CHICANDARD 

LTCENCIÉ ES SCIENCES PHYSIQUES 



PARIS 
OCTAVE DOIN ET FILS, ÉDITEURS 

8, PLACE DE l'oDÉOX, 8 

1909 

Tous droits réservés 



INTRODUCTION 



La Photographie, c'est l'art de produire des images 
durables par l'action seule de la Lumière. 

La pratique de la photographie comme celle de tous les 
arts fait des emprunts à diverses sciences. La fabrication 
des objectifs photographiques qui atteint aujourd'hui la 
perfection doit son développement à la connaissance ap- 
profondie de rOptique, branche importante de la Phy- 
sique. La préparation des plaques et papiers sensibles 
d'une part, l'invention des procédés de développement et 
de virage d'autre part, impliquent la connaissance com- 
plète de la Chimie, car il n'est guère de chapitre de cette, 
science qui n'ait été mis à contribution par quelque in- 
venteur. La Photographie est donc, en même temps qu'un 
art, une branche de la Physique et une application de la 
Chimie. 

Après avoir beaucoup emprunté aux sciences, l'art pho- 
tographique à son tour leur rend des services. Les appli- 
cations de la photographie aux sciences ne se comptent 
plus. Grâce à elle, la carte du Ciel a pu être dressée avec 
une précision qu'aucun autre procédé n'aurait pu at- 
teindre. L'étude du Soleil, celle de ses taches, de ses pro- 
tubérances est rendue facile. Les passages des planètes 

La Photograpliie. i 



INTRODUCTION 



Mercure et Vénus sur le Soleil peuvent être fixés sur la 
plaque sensible. Le Spectre solaire visible et invisible nous 
dévoile tous ses secrets. Bref, l'appareil Photographique 
devient l'un des instruments indispensables de l'astro- 
nome et du physicien. 

Avec Laussedat et Moëssard, la photographie peut 
aborder le Lever des plans et faire la topographie des ré- 
gions inaccessibles. 

La Médecine y a recours pour conserver sous forme de 
Microphotographies les coupes microscopiques d'organes 
ou pour fixer le faciès ou les attitudes de certains ma- 
Lides. Avec la photographie en couleurs l'étude des ma- 
ladies cutanées va se trouver facilitée par la possibilité 
d'une reproduction exacte des éruptions, des syphihdes, 
des lupus, etc. 

L'Archéologie, l'Ethnographie, la Géographie recourent 
à la photographie pour fixer par des documents authen- 
tiques les Monuments, les Sites et les types des habitants 
des pays les plus lointains. On pourrait soutenir qu'il 
n'est pas une science qui n'ait eu peu ou prou à se servir 
de la photographie. 

Non contente de venir en aide au Savant, la Photogra- 
phie se fait l'auxihaire de l'Artiste dont elle facilite l'édu- 
cation par la reproduction des chefs-d'œuvre de l'Archi- 
tecture, de la Sculpture, de la Gravure et de la Peinture. 

Enfin dans certaines de ses manifestations la Photo- 
graphie se hausse jusqu'à mériter le nom d'œuvre d'art. 
On a discuté et on discutera longtemps encore pour sa- 
voir si l'on doit ranger la photographie parmi les Beaux- 



INTRODUCTION 



Arts ; il faudrait d'abord se mettre d'accord sur la défi- 
ni tion de FArt et du Beau pour tranclier cette question. 
Nous nous contenterons, pour justifier ce que nous ve- 
nons de dire, de citer sans commentaires quelques lignes 
d'un critique qui écrivait en 1899 dans la Revue Encyclo' 
pédiqiie : On serait même en droit de demander à nombre 
d'artistes par définition et dont les œuvres, bien inutiles, 
encombrent les Expositions, d'aller prendre des leçons de 
bon goût, d'élégance auprès de ces amateurs photo- 
graphes qui saA^ent si bien présenter leurs œuvres ; car si 
nous ne plaçons pas encore la Photographie au nombre 
des Beaux-Arts, ceux qui savent si bien s'en servir, et ils 
ne sont pas nombreux (une vingtaine dans le monde en- 
tier) sont vraiment des Artistes. 

Après cette constatation, au risque de faire crier au sa- 
crilège, j'ajouterai, qu'en ce qui me concerne person- 
nellement, il m'a été donner d'éprouver devant certaines 
projections de photographies en couleurs prises par les 
frères Lumière une émotion comparable à celle qu'on 
éprouve devant des tableaux de maîtres. J'insiste sur ce 
point que cette sensation n'est nullement éprouvée devant 
les épreuves elles-mêmes, mais bien devant des agrandis- 
sements projetés, il y a là une question d'échelle qui mo- 
difie totalement l'impression reçue. 

Le Centenaire de l'Invention de la Photographie ne 
pourra être fêté, on le sait, que dans une trentaine d'an- 
nées ; mais s'il est juste de fixer l'origine de cet art à Da- 
guerre, de nombreux expérimentateurs avaient préparé 
les voies en signalant l'action de la lumière sur certains 



INTRODUCTION 



composés chimiques et quelques-uns d'entre eux méritent 
le nom de précurseurs. 

Le comte russe Bestuchef, dès 1726, avait observé que, 
le perchlorure de fer dissous dans un mélange d'alcool et 
déther se décolorait au soleil pour reprendre après un 
séjour à l'ombre sa belle couleur d'or. Cette solution 
éthéro-alcoolique jouit jadis d'une vogue extraordinaire 
sous les noms de teinture de Bestuchef, de teinture de 
Klaproth ou de Gouttes d'or du général Lamotbe^ cette 
préparation figurait encore au Codex de i834. 

Schulze, médecin allemand, observait en 1727 que si 
l'on applique, sur un flacon contenant une solution de ni- 
trate d'argent, un papier perforé, on obtient une image 
sombre à l'endroit frappé par la lumière. 

Hellot, chimiste français, fait en 1787 une observation 
du même ordre en constatant que des traits tracés sur du 
papier avec une solution de nitrate d'argent noircissent à 
la lumière. 

A la même époque Neumann observe que le Calomel 
noircit à la lumière en se décomposant et Bergmann, en 
1776, signale que le chlorure mercurique mélangé à l'acide 
oxalique forme un composé sensible aux rayons lumi- 
neux. 

L'action de la lumière sur le chlorure d'argent est étu- 
diée par de nombreux expérimentateurs. Beccarius si- 
gnale le premier, en 1767, son noircissement à la lumière. 
Scheele, le grand chimiste suédois confirme cette obser- 
vation en 1777. 

Charles, physicien français, dans ses cours au Louvre 



INTRODUCTION 



en 1782, dessine des silhouettes de ses élèves sur du pa- 
pier recouvert de chlorure d'argent. Il ne sait pas, il est 
vrai, fixer ces dessins mais il est néanmoins difficile de 
ne pas voir dans ces expériences un germe de la photo- 
graphie. 

Sennehier, la même année, montre que les rayons di- 
versement colorés impressionnent différemment le chlo- 
rure d'argent et qu'alors que la lumière violette noircit en 
1 5 secondes ce produit, il faut 20 minutes dans la lu- 
mière rouge. 

Ritter, en 1801, signale en dehors du spectre des rayons 
invisibles au delà du violet qui noircissent le chlorure 
d'argent. 

Wedgwood, imitant Charles, obtient en 1802 des 
images sur du papier et des peaux enduits de chlorure 
d'argent. 

Puis vient Seebeck d'Iéna, qui, en 1810, fait une re- 
marque très curieuse qui sera le point de départ des 
essais de photographie directe des couleurs, c'est que le 
chlorure d'argent exposé au spectre solaire prend des 
couleurs voisines de celles du spectre. 

Enfin Bérard observe, en 181 2, confirmant ainsi les re- 
cherches de Sennehier, que le maximum de l'action chi- 
mique se trouve dans le plus extrême violet et décroît 
graduellement vers le rouge. 

Mais celui des précurseurs de Daguerre qu'on doit ci- 
ter avant tous, celui qu'on peut considérer comme l'un 
des véritables inventeurs de la photographie, c'est Nicé- 
phore Niepce, qui commença ses recherches en i8i4 et 



6 INTRODUCTION 

présenta dès 1827 à Londres des copies de gravure au 
bitume de Judée sur plaques de cuivre argentée. 

Niepce, le premier, avait eu l'idée en 1824 de complé- 
ter la chambre noire de longueur immuable par l'adjonc- 
tion d'un soufflet déplaçant le fond de la chambre et par 
l'addition d'un diaphragme à l'objectif. IL employait un 
diaphragme Iris, dit œil de chat, inventé par Je père Rir- 
cher, le créateur de la Lanterne magique. 

L'appareil photographique était dès lors créé dans ses 
lignes essentielles et, non content davoir obtenu une 
épreuve fixée sur la plaque de cuivre argentée, Mepce 
veut que cette épreuve lui serve à tirer un nombre ilhmité 
de copies. 

En 1826, Nicéphore Niepce s'associe à Daguerrë, mais 
il meurt en i833 avant d'avoir vu le triomphe de leur 
idée commune. 

En 1809, le 7 janvier, Daguerrë publie son procédé et 
au mois de juin suivant la chambre des députés accorde à 
Daguerrë et à Isidore iSiepce, fils deNicéphore, une rente 
viagère pour les payer de leur découverte rendue pu- 
blique. 

Cette même année, Bayard en France, Talbot en An- 
gleterre publient leurs procédés sur papier et il n'est que 
juste d'associer leurs noms à ceux de Niepce et de Da- 
guerrë comme inventeurs de la Photographie. 

Dès lors les progrès sont rapides. Fizeau perfectionne le 
daguerréotype, Blanquart-Evrard modifie avantageuse- 
ment le procédé de Talbot. Humbert de Molard a l'idée 
de rendre transparent le papier négatif au moyen de ré- 



INTRODUCTION 



sines dissoutes clans des essences, Legray imagine le pa- 
pier ciré. 

Niepce de Saint- Victor, consin de Nicéphore, a le pre- 
mier l'idée du verre comme support de la couche sensible 
et préconise pour celle-ci l'emploi de l'albumine iodurée. 
Legray, mettant à profit la découverte du Coton-poudre, 
fait faire un grand progrès à l'art photographique par 
l'emploi duGoUodion. Scott Archer, en Angleterre^ s'em- 
pare de l'idée qu'il perfectionne et en fait la base d'un 
procédé remarquable par sa netteté et sa finesse. 

Ce procédé se perfectionne, devient le procédé au collo- 
dion maintenu humide, puis le procédé au collodion sec 
qui n'est détrôné que par l'apparition des procédés aux 
émulsions. 

Ceux-ci reconnaissent pour premier inventeur Marc 
Gandin qui fait des essais dans cet ordre d'idées dès i853 ; 
mais il faut arriver jusqu'en 187 1 pour avoir une émul- 
sion pratique, c'est celle de Maddox au gélatino-bromure 
de Cadmium. King, en 1870, substitue le Bromure de Po- 
tassium au sel de Cadmium. Un nouveau progrès est ac- 
compli par Bennet qui montre qu'on augmente beaucoup 
la sensibilité en maintenant quelque temps l'émulsion à 
la température de 00" ; enfin Van Monckhoven découvre 
que l'addition d'ammoniaque détermine également la ma- 
turation de l'émulsion et le premier il fabrique indus- 
triellement des plaques au gélatinobromurc. Eder, Abney, 
Vogel, les frères Lumière perfectionnent ensuite cette fa- 
brication en l'amenant à la perfection actuelle. 

D'autre part, la gravure photographique découverte par 



8 INTRODUCTION 

Nicépliore Niepce dès 1827 a fait entre les mains de 
Niepce de Saint- Victor et de Charles Nègre des progrès 
énormes et la Lithophotographie inaugurée par BaresAvill, 
Lerebours, Lemercier et Davanne arrive, grâce aux décou- 
vertes de Poitevin et à l'habileté technique de Lemercier, 
à des résultats admirables dès i865. 

Enfin, si la photographie des couleurs par le procédé 
direct est abandonnée ; le problème est solutionné au 
point de A^ue théorique par Lippmann en 1891 au moyen 
des interférences et au point de vue pratique par les frères 
Lumière en 1907 par la Trichromie par juxtaposition 
dont le principe avait été indiqué par Ducos du Hauron. 
Cette rapide esquisse nous montre bien qu'avec les dé- 
veloppements considérables pris par chacune des branches 
de l'art photographique, il est devenu matériellement im- 
possible de faire un historique complet sans diviser ce 
vaste sujet en chapitres qui seront traités chacun d'une 
façon indépendante. 

Mais comment diviser la Photographie P 
Nous avons pensé qu'aucune classification ne serait 
préférable à celle qui fut inventée par Melvil De^Aey en 
1873, qui est adoptée aujourd'hui par l'inslitut bibiio- 
graphiqae de France, qui est employée aux Etats-Unis, 
en Angleterre, en France, en Belgique et en Allemagne 
et que l'on peut considérer comme la classification de 
l'avenir. 

La chissification décimale de Melvil Déwey est un sys- 
tème de numération appliqué aux documents bibliogra- 
phiques qui embrasse toutes les connaissances humaines. 



OTRODUCTION 



L'inventeur n'a pas eu la prétention de créer un classe- 
ment rigoureusement méthodique et rationnel ; la solution 
d'un tel problème, d'ailleurs, était impossible puisque les 
progrès des sciences modifieraient chaque jour quelque 
point du classement de la veille. 

Melvil Dewey s'est seulement proposé d'attribuer à 
chaque sujet ou à chaque rubrique de classement un nu- 
mérotage toujours le même et d'assurer dans chaque 
branche de nos connaissances un groupement invariable 
et uniforme. Sa méthode n'en constitue pas moins un 
instrument de travail de premier ordre et une contribution 
importante à la science des classifications. Elle est in- 
comparable pour classer non seulement les ouvrages, mais 
les articles des périodiques qu'on peut par ce moyen re- 
trouver sans difficulté au moment du besoin. 

L'idée de génie qu'il a eu, fut de considérer les nom- 
bres classificateurs comme des fractions décimales. Avec 
cette conception il devenait toujours possible d'intercaler 
entre deux nombres donnés, si voisins qu'ils fussent, au- 
tant de nombres intermédiaires qu'on pouvait le désirer 
et l'on était sûr ç[ue quelqu'elles fussent, les connaissances 
nouvelles trouveraient à se placer dans les cadres de clas- 
sification. 

L'ensemble des connaissances humaines a été divisé 
par Melvil Dewey en dix classes représentées par les 
chiffres de o à 9. 

G Ouvrages généraux. 

1 Philosophie. 

2 Religion. 

I . 



lO INTRODUCTION 

3 Sociologie. 

4 Philologie. 

5 Sciences pures. 

6 Sciences appliquées. 

7 Beaux-Arts. 

8 Littérature. 

9 Histoire et Géographie. 

Chacune de ces classes a été divisée en dix sections, la 
septième a donné : 

71 Architecture des jardins. 

72 Architecture proprement dite. 

73 Sculpture. 

74 Dessin. 

75 Peinture. • . 

76 Gravure. 

77 Photographie. 

78 Musique. 

79 Sports et Jeux. 

La photographie à son tour a été divisée en dix chapitres : 

77.0 Technique générale. 

77.1 Matériel et Appareils. 

77.2 Procédés à base de sels métalliques. 

77.3 Procédés aux poudres et mixtions colorées. 

77.4 Impressions photographiques sur gélatine. 

77.5 Photolithographie. 

77.6 Pho tozincographie . 

77.7 Photogravure. 

77.8 Applications de la photographie. 

77.9 Collections d'épreuves. 



INTRODUCTIOIV I I 

Puis chacun de ces chapitres, à son tour, est subdivisé 
autant que cela est nécessaire pour exprimer toutes les 
opérations ou toutes les idées qu'on veut différencier. Les 
nombres s'ordonnent, nous l'avons dit, en les considé- 
rant comme des fractions décimales dont on a supprimé o, 
c'est ainsi que le nombre 77 i/i4 vient avant 772 qui n'a 
que 3 chiffres et 771 076 qui en a 6. Pour notre histo- 
rique nous numéroterons les paragraphes en supprimant 
les deux premiers chiffres 77 qui se répéteraient pour 
tous dans un livre consacré uniquement à la photo- 
graphie. ; ■ 

Quand nous numéroterons (21 4) le paragraphe con- 
sacré aux procédés au coUodion il sera sous-entendu que 
le numéro classificateur complet est 77.214 (H est admis 
dans la classification décimale que l'on peut séparer le 
nombre classificateur en 2 ou plusieurs tranches par des 
points de façon à en rendre la lecture et les rapproche- 
ments plus faciles). 

Voici le tableau complet des chapitres que nous traite- 
rons tour à tour : 

(028.4) Développement. 

(028.5) Virage. 

(028.6) Renforcement et Affaiblissement. 

(028.7) Fixage. 

(181) Chambres noires et accessoires. 
(i35) Objectifs. 
(186) Obturateurs. 
(187.6) Photométrie. 
(144) Sources de Lumière. 



12 INTRODUCTION 

(i52) Supports des préparations sensibles. 

(211) Procédés aux sels d'argent sur métal. 

(212) Procédés aux sels d'argent sur papier pur ou 
avec encollage. 

(212.1) Procédé positif sur couche d'argent réduit. 

(212.2) Procédés sur papier humide. 

(212.3) Procédés sur papier sec. 

(212.4) Procédés sur papier ciré sec. 

(212.5) Procédés sur papier salé au chlorure d'argent. 

(2i3) Procédés aux sels d'argent avec couche (autre 
que le collodion) sensibilisée par bains. 

(2 10. i) Procédés avec couche d'albumine ou de gélatine 
seule. 

(218.2) Procédés avec d'autres substances seules. 
(2i3.3) Procédés avec albumine ou gélatine avec sucre, 

gomme, etp. 

(21 3. 4) Procédés avec albumine ou gélatine sur collo- 
dion. 

(21 3. 5) Procédés au chlorure d'argent sur papier albu- 
miné. 

(213.6) Procédés au chlorure d'argent sur papier en- 
collé avec d'autres substances. 

(21 4) Procédés au Collodion. 

(2i4-i) Collodion humide. 

(21 4- 2) Collodion conservé humide. 

(214.3) Collodion sec sans préservateur. 

(214.4) Collodion sec avec préservateur. 
(21 4- 5) Collodion albuminé. 

(214.6) Collodion bromure. 



INTRODUCTION l3 

(21 4- 7) CoUodion argentique. 
(214.9) Autres procédés au collodion. 

21 5) Procédés par émulsion aux sels d'argent. 

2i5.i) Bromure d'argent et collodion. 

215.2) Gélatinobromure d'argent. 

21 5. 3) Collodioclilorure d'argent. 
2i5.4y Gélatinochlorure d'argent. 
215.9) Autres procédés par émulsion. 
216] 

217) Procédés aux sels de cuivre. 

218) Procédés aux sels de mercure. 
Procédés aux ferroprussiate sur papier simple. 
Procédés au ferroprussiate avec un colloïde. 



221 
222 

223 
225 

227 

23 1 

232 

234 

236 

239 

24l 

242 

245 



Procédés au gallate de fer. 
Procédés aux sels de manganèse. 



Procédés aux sels de cobalt. 

Procédés aux sels de platine par virage. 

Procédés aux sels de platine par développement. 

Procédés aux sels d'or. 

Procédés aux sels d'iridium. 

Procédés aux sels de palladium. 

Procédés aux sels de chrome et de cuivre. 

Procédés aux sels de chrome et de fer. 

Procédés aux sels d'urane. 
246) Procédés aux sels d'urane avec collodion. 
249) Procédés aux sels de tungstène ou de molybdène. 
26) Procédés aux sels de plomb. 

26) Procédés aux sels d'étain. 

27) Procédés aux sels de vanadium. 



j4 introduction 

(29) Procédés à base de Sélénium. 

(01) Procédés aux mixtions colorées. 

(Sa) Procédés aux poudres ou par saupoudrage 

(33) Procédés par imbibilion. 

(35) Procédés par teinture. 

(36) Diazotypic. 

(4t) Photocollographie. 

(48) Photochromocollog-rapliie. 

(5i) Photolithographie. 

(58) Photochromolithograplile. ■ 

(61) Photozincographie. 

(68) Photochromozincographie. 

(71) Photoglyptographie. 

(718) Photochromoglyptographie. 

(72) Phototypographie. 

(728) Photochromotypographie. 

(74) Galvanographie. 

(75) Photoplastographie. 

(758) Photochromoplastographie. 
{77) Photosculpture. 
(81 3) Agrandissements. 

(83 1) Microphotographie. 

(832) Téléphotographie. 

(833) Radiographie. 
(84) Stéréoscopie. 

(852) Chronophotographie. 

(854) Kinétoscope. 

(855) Cinématographe. 
(861) Orthochromatisme. 



INTRODUCTION 



l5 



(862) Ghi^omophotographie directe. 

(863) Chromophotographie par effets interférentiels. 

(864) Chromophotographie par superposition de trois 
épreuves monochromes. 

(866) Chromophotographie par juxtaposition des élé- 
ments monochromes. 

Nous terminerons cet historique de la photographie 
proprement dite par l'historique de quelques applications 
de la photographie : 

(77 : II) au droit. 

(77 : 59)^ à l'Astronomie. 

(77 : 02.69) ^ ^^ Topographie. 

(77 : 53) à la Physique. 

(77 : 61) à la Médecine. 

(77 : 738) à la Céramique. 

Puis nous compléterons ce volume par : 

Un Glossaire des principaux termes employés dans l'art 
photographique ; 

Un résumé chronologique des principales découvertes 
en photographie ; 

Un index bibliographique. 

Une table alphabétique et une table systématique des 
matières, le tableau que nous venons de donner constituant 
une table méthodique très complète facile à consulter, les 
chapitres se succédant comme l'indique le tableau classi- 
ficateur. 

Nous nous sommes efforcé d'être aussi complet que pos- 

* Les deux points indiquent l'idée de relation entre la photo- 
graphie représentée par le nombre 77 et l'astronomie par 52. 



1 6 INTRODUCTION 

sible dans notre historique sans cependant entrer dans les 
détails techniques que l'on trouvera dans les autres vo- 
lumes de la bibliothèque photographique. 

Nous renvoyons donc le lecteur désireux de connaître 
en détail la construction et le calcul des objectifs au vo- 
lume de cette encyclopédie intitulé : Physique photogra- 
phique. De même les théories chimiques de l'image latente, 
du développement, du fixage, du virage, etc., se trouve 
ront dans La Chimie photographique . 

Les détails des opérations nécessaires pour le traite- 
ment des papiers et des plaques sensibles seront donnés 
dans l'ouvrage ayant pour titre : Les Manipulations pho- 
tographiques. 

La manière de produire de bons clichés sera ample- 
ment détaillée dans r06/e/2//o/i f/^'5 négatifs. 

Les tirages des photocopies, l'emploi des divers papiers, 
leurs particularités, leurs avantages seront minutieuse- 
ment décrits dans V Obtention des positifs. 

La photographie des couleurs sera l'objet d'un volume 
spécial portant ce titre. 

Enfin quatre volumes seront encore nécessaires pour 
épuiser le vaste sujet que représente aujourd'hui l'art pho- 
tographique; ce sont : 

Impressions photographiques . 
Microphotographie et agrandissements . 
Photographie des radiations. 
Photographie à la lumière artificielle. 



LA PHOTOGRAPHIE 



PREMIERE PARTIE 

HISTORIQUE 



CHAPITRE PREMIER 

OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 

(028.4) Développement 

On sait qu'on appelle développement l'opération pho- 
tographique qui consiste à faire apparaître sur la couche 
sensible l'image restée latente après l'exposition, et que ' 
les produits chimiques employés pour faire apparaître 
cette image se nomment révélateurs ou développateurs. 
On sait aussi que certains produits, sans être par eux- 
mêmes des révélateurs, augmentent la puissance révéla- 
trice du mélange, ces produits sont des accélérateurs. 

Le premier procédé de développement fut celui de Ni- 
céphore Niepce qui, sur sa plaque enduite de bitume de 
Judée, dissolvait les parties non insolées restées solubles, 
laissant une image dans laquelle les noirs de bitume inso- 
lubilisé représentaient les parties claires du sujet et le 



l8 HISTORIQUE 

métal à nu les parties les plus obscures. Cette image 
constituait ce qu'on a appelé un négatif. 

Dans le procédé de Niepce, le révélateur était l'huile 
animale de Dippel^ produit obtenu par la distillation 
sèche de la corne de cerf. On mettait à part les premières 
portions de la distillation qui constituaient l'esprit volatil 
et le sel volatil de corne de cerf, et les dernières portions 
redistillées plusieurs fois donnaient enfin l'huile animale 
de Dippel. Par la suite, Niepce employa également l'es- 
sence de lavande. 

Le second procédé de développement fut celui de Da- 
guerre, qui faisait apparaître l'image sur sa plaque de 
cuivre argentée, en employant celle-ci aux vapeurs dé 
mercure, il date donc de la découverte du Daguerréo- 
type, c'est-à-dire de i833 ; nous l'étudierons au chapitre 
des procédés photographiques. 

Les vapeurs mercurielles servirent aussi de révélateur à 
Boussigues, pour son procédé sur papier, et à Hunt, pour 
son papier photogénique. 

Puis vint le développement Talbot, à l'acide gallique ; 
c'était une solution aqueuse, saturée de ce corps, qui ser- 
vait de révélateur pour les divers papiers dont nous 
donnerons la préparation plus loin. 

Hunt, en i844, employa, pour son papier énergiatype^ 
le sulfate de fer en solution concentrée gommeuse qu'il 
employait au pinceau. C'est lui le premier qui fit con- 
naître les propriétés développatrices des sels de fer. 

Grove confirme, en i85o, cette propriété, et montre 
qu'elle s'applique non seulement au papier de Hunt, mais 
encore à tous les papiers sensibles, à base d'argent. 

En cette même année, Blanquart Evrard indique 
comme accélérateur de l'acide gallique, le fluorure de 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES IQ 

potassium. Legray réclame aussitôt la priorité de cette 
idée. Niepce de Saint-Yictor fait la même réclamation. 
En réalité^ c'est à un chimiste du nom de Lecson que 
revient le mérite de cette idée, car il avait signalé, en 
1845, le fluorure de potassium comme un accélérateur 
d'une sensibilité extrême. 

Laborde, de son côté, conseillait l'emploi de l'acétate 
de chaux pour le même objet. 

Enfin, Blanquart Evrard indique le cyanure de potas- 
sium comme ayant une action semblable au fluorure. 

En i85i, Victor Regnault, le célèbre physicien, con- 
seille de substituer à l'acide gallique, l'acide pyrogallique, 
et Archer publie cette même année la première formule 
basée sur l'observation de Regnault. Ce développateur de- 
vait, avec le sulfate ferreux, fournir une longue carrière, 
car ces deux révélateurs sont encore employés malgré la 
concurrence qui leur est faite par les nombreux produits 
inventés depuis i85i. 

L'acide pyrogallique, d'ailleurs, ne détrôna pas immé- 
diatement l'acide gallique. Scheurer propose, quelque 
temps après, à la Société Héliographique, comme déve- 
loppateur nouveau, une solution de 2 grammes d'acide 
gallique dans l'alcool fort. 

Lorsque les procédés au collodion apparaissent, on con- 
tinue à développer soit à l'acide pyrogallique, soit au sul- 
fate ferreux, soit même à l'acide gallique, et, pour ce 
dernier, Laborde indique deux nouveaux accélérateurs, 
c'est l'acétate de chaux et l'acétate de plomb. 

Meynier propose le remplacement du sulfate de fer or- 
dinaire par le sulfate double de fer et d'ammoniaque, pro- 
duit connu sous le nom de sel de Mohr, du nom du chi- 
miste qui en a proposé l'emploi en analyse chimique. 



20 HISTORIQUE 

En 1867, Coventry publie un procédé de développe- 
ment pyrogallique en deux bains. Le premier a pour for- 
mule : 

Acide p_)TOgaliique o^'^,70 

Sulfile de soude . 3 grammes 

Eau 100 » 

Le second est une solution de carbonate de soude à 2 ^/q- 
On l'ajoute au premier au moment de l'emploi seulement. 

En 1877, Samman conseille l'hydrosulfite de soude en 
solution, comme révélateur. Il est essayé avec succès par 
Berkeley, mais il est bientôt abandonné. 

Vers cette époque, Carey Lea propose une modifica- 
tion pour le développement au fer. Il prépare son bain en 
dissolvant de l'oxalate ferreux dans de l'oxalate de potasse. 

Enfin, en 1879, la formule du développement au fer 
est encore modifiée par Eder qui montre que le mélange 
du sulfate ferreux et de l'oxalate de potasse produit de 
l'oxalate ferreux d'une façon plus économique que le pro- 
cédé de Carey Lea. C'est sous cette dernière forme que le 
développement au fer gardera pendant de longues années 
la faveur des professionnels. 

Cette même année, Henderson conseille d'ajouter au 
révélateur pyrogallique du ferrocyanure de potassium. 

En 1880, un nouveau développateur fait son apparition : 
c'est l'hydroquinone. Cette découverte est due à Abney. 
Le produit s'emploie en solution aqueuse additionnée 
d'ammoniaque, il convient très bien aux plaques sèches. 

Après la publication de ce travail, Eder et Totb ayant 
essayé les isomères de l'hydroquinone, c'est-à-dire la ré- 
sorcinc et la pyrocatéchine, les signalèrent comme déve- 
loppa leurs. 



OPERATIONS PHOTOGRAPHIQUES 2 1 

Ces auteurs avaient fait erreur en ce qui concerne le 
premier de ces corps, ainsi que le démontrèrent plus tard 
Lumière frères. 

Quant à la pyrocatéchine, c'est, en effet, un révélateur 
en solution sulfitique, ainsi que Eder et Toth ont con- 
seillé de l'employer. On peut se servir, pour ralentir l'ac- 
tion du bain, soit de bromure de potassium, soit d'acide 
borique. 

En i883, Eder et Pizzighelli préconisent, pour le dé- 
veloppement des plaques au gélatinobromure, l'emploi de 
l'hydrosulfite de soude, signalé autrefois par Samman et 
Berkeley. 

Arnold Spiller et Cari Egli, en iS8^, proposent le 
chlorhydrate d'hydroxy lamine. 

Dirigeant ses recherches vers les réducteurs puissants 
comme les précédents, Eder, en i885, étudie l'action des 
sels de phénylhydrazine et reconnaît que le sulfate de 
cette base peut développer lorsqu'il est additionné d'une 
solution de carbonate de soude. 

De toutes ces recherches, en dehors du développement 
au fer et de l'acide pyrogallique, un seul révélateur de- 
vait subsister, c'est l'hydroquinone d'Abney. Mais, en 
1889, un nouveau développateur fut proposé qui eut 
quelque temps la faveur de la mode, c'est l'iconogène dé- 
couvert et breveté par Andresen, de Berlin. 

Ce corps est, au point de vue chimique, l'amido- 
|j-naphtol sulfonate de sodium. En même temps que lui, 
Andresen brevetait des diamines dérivées du benzène, du 
toluène et du xylène qui n'ont jamais été employées 
d'une façon courante, et il signalait en passant, sans s'y 
arrêter, les propriétés développatrices du paramidophénol. 

En 1891, les frères Lumière publient les résultats de 



2 2 HISTORIQUE 

leurs recherches sur les développateurs organiques. Dans 
an remarquable travail, ils montrent que la fon('tion dé- 
veloppalrice est en relation intime avec la composition 
chimique, et que dans la série aromatique on peut pré- 
dire à coup sûr d'après la formule d'un corps s'il y a ou 
non des propriétés révélatrices. Il faut et il suffit pour 
qu'un composé développe l'image latente : 

I- Qu'il renferme au moins deux groupes : soit hy- 
droxyle, soit amidogène ; 

2" Que deux de ces groupes au moins soient entre eux 
en position ortho ou para. 

C'est ainsi que parmi les trois phènediols (ou diphé- 
nols) sont développateurs : le paraphènediol ou hydroqui- 
none et l'orthophènediol ou pyrocatéchine, tandis que le 
métaphènediol ou résorcine ne l'est pas. 

Les auteurs vérifient leur loi sur un grand nombre de 
composés et signalent, en particulier, les corps suivants 
comme révélateurs : 

Diamidophénol ^. . . . i;3,/i 

Triamidophdnol . . . . 1,2, 4, 5 

Diamidocrésol. .... i,3, 5, 2 (ou diméthyldiamidophénol) 
Hydrophlorone .... i, 3, 2, 5 (ou méthylphénel.riol) 
Hydrotoluquinone . . . i, 2,5 (ou mélhylphénediol) 

Paramidocrésol .... i, 3,6 (ou méthylaminophénol) 

Acide anaidosalicylique. . i, 3, a (ou aminophénol méthyloïque) 

Acide caféique .... i, 2,3 (ou propényloïquepliénediol) 

Aldéhyde méthylprotocatéchique 1,3, 4 (ou méthylolphénediol 
Gailate de méthyle . . . i, 3, 4, 5 (ou phénetriol mélhyloate de 

mélhyle). 

De son côté, Andresen avait signalé plusieurs dérivés 

* Nous numérotons tous ces composés d'après la règle du Congrès 
de Genève, le numéro i s'applique au carbone lié à l'atome du poids 
atomique le plus faible. 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES s3 

des naphtols qui rentraient dans la loi formulée par Lu- 
mière frères, c'étaient : 

a^ Amido ao Naphtol 

a, . . . P . . . 

Pi . . . h • ■ ■ 

En même temps qu'ils publiaient ce travail. Lumière 
frères mettaient sur le marché le pararnidophénol dont ils 
aA'aient remarqué la puissance développatrice et qu'ils 
étaient arrivés à fabriquer industriellement. 

Ils publièrent une première formule pour l'emploi de 
ce corps ; cette formule, après quelques modifications, 
devint finalement la suivante : 

Pararnidophénol 20 grammes, 

Sulfite de soude .230 » 

Lithine caustique i » 

Eau distillée i litre 

Cette même année, H. -A. Wickers propose de rempla- 
cer dans le développement à l'acide pyrogalliquê l'ammo- 
niaque ou le carbonate de soude par le carbonate de li- 
thine. 

A la même époque, Frédéric Reverdin, de Genève, si- 
gnale, à la Société genevoise de Photographie, les pro- 
priétés révélatrices du diamidophénol. 

L'année suivante, Hauff, en Allemagne, Lumière frères. 
en France, fabriquent industriellement le chlorhydrate 
de ce produit que la maison Hauff nomme amidol, tandis 
que la Société Lumière lui laisse son nom de diamido- 
phénol. 

En 1893, le D' Yogel recommande, sous le nom de 
réducine, la diamidorésorcine. 

En 189/i, Lumière frères signale comme un fait théo- 



24 HISTORIQUE 

rique intéressant que le sulfate hypovanadeux violet est 
un développateur énergique, même en solution très 
acide. Ils préconisent l'emploi du phosphate tribasique de 
soude, au lieu des alcalis caustiques ou carbonates, dans 
les révélateurs organiques. 

Puis un certain nombre d'auteurs recommandent des 
mélanges de produits déjà connus. 

Audra conseille le mélange de paramidophénol et d'hy- 
droquinone. 

Ce même mélange est préconisé par Forestier, puis 
par Valenta. 

Hauff, après l'amidol, a breveté d'abord la glycine qu'il 
appelle paraoxyphénylglycin et qu'il prépare par l'action 
de l'acide monochloracétique sur le paramidophénol, puis 
travaillant toujours les dérivés des amidophénols, il in- 
vente le métol, produit très intéressant, c'est le sulfate de 
méthylparamidophénol . 

En même temps que ces deux produits, Hauff lance 
également, sous le nom de piral, un développateur qui 
n'est autre que l'acide pyrogallique sous une forme plus 
dense que le produit sublimé du commerce, enfin il fabrique 
également une série de mélanges : glycine-pyrogallol ; 
métol-hydroquinone, etc. 

Audra, en iSgS, préconise le mélange métol-parami- 
dophénol. 

Houdaille, en 1896, conseille plutôt le révélateur mixte 
hydroquinone acide pyrogallique. 

L'amateur et le praticien ont vraiment à cette époque 
l'embarras du choix et les découvertes continuent ! 

Hauff invente successivement l'ortol, mélange d'hydro- 
quinone et d'un produit nouveau : l'orthométhylamido- 
phénol, isomère de la base du métol ; puis l'adurol qui 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 25 

n'est autre que l'hyclroquinone monochlorée. Il iDrevète 
encore en 1896 les glycines des diamines aromatiques 
mais ne met aucun de ces corps dans le commerce. 

Sous ce même nom d'adurol la maison Schering met 
en vente l'iiydroquinone monobromée. 

Votocek, vers 1897, signale quelques produits intéres- 
sants au point de vue théorique mais trop peu solubles 
pour donner lieu à des applications, ce sont les hydrazines 
primaires de la série grasse ou de la série aromatique. Il 
a vérifié la propriété révélatrice de l'amidoguanidine, de 
l'amido-urée, de la diphénylhydrazine asymétrique, de 
la tolylhydrazine et des a et p-naphtylhydrazines. 

Dès 1896, Lumière frères et Seyewetz proposent l'em- 
ploi de l'acétone ou des aldéhydes en présence du sulfite 
de soude, en remplacement des alcalis caustiques ou car- 
bonates. Cette substitution est surtout avantageuse dans 
le développement pyrogallique. 

En 1899, ces mêmes auteurs préparent un nouveau ré- 
vélateur, rhydramine. Ce corps est une combinaison 
cristalline d'hydroquinone et de paraphénylène-diamine 
analogue aux phénates et non un simple mélange comme 
ceux dont nous parlions plus haut. 

La formule conseillée pour l'emploi de l'hydramine est 
la suivante : 

Hjdramine crist 5 grammes 

Lithine caustique 3 » 

Sulfite de soude de soude anh. . . 16 >•) 

Eau distillée 1000 » 

Cette même année l'Actien Gesellschaft fiir anilin fa- 
brikation invente le diogène révélateur nouveau dont le 
nom chimique est : amidonaphtoldisulfonate de sodium. 

En 1901, Baeyer d'Eberfeld breveté les amidobenzyl- 



2 



26 HISTORIQUE 

alcools fournis par la réduction des nitroxybenzylalcools, 
puis le métamido-oxybenzylsulfonate de sodium. 

Barrolet propose le synthol comme révélateur, c'est le 
chlorhydrate d'aminophènediol 1,0, 4- Ce produit ren- 
ferme donc deux groupes phénoliques et un groupe ami- 
dogène à l'inverse du diamidophénol qui n'a qu'un groupe 
phénolique pour deux amidogènes. 

En 1902, LudAvig imagine le développement en pleine 
lumière, pour cela il teinle la plaque avant développe- 
ment avec une solution de crocéine oB, c'est le procédé 
dit à la Coxine. 

En 1900, Lumière frères et Seyewetz perfectionnent 
cette idée en employant le picrate de magnésium dissous 
dans le sulfite de soude et se servant de cette solution sul- 
fitique pour développer comme à l'ordinaire. Ce procédé 
a l'avantage de ne pas teindre la plaque. La maison Lu- 
mière vend le mélange de picrate et de sulfite sous le nom 
de chrysosulfite. 

Cette même année Baeyer d'Eberfeld breveté l'emploi 
comme développateur du produit obtenu en traitant 
l'acide pyrogallique par la diméthylaniline et isolant le 
produit d'addition, c'est-à-dire le pyrogallate de diméthy- 
laniline. Ce corps s'emploie avec une combinaison d'acé- 
tone et de bisulfite de sodium. 

En 1908 nouveau révélateur inventé par Baeyer, c'est 
l'édinol ou chlorhydrate de métamido-oxybenzylalcool. 
Le nom de ce corps d'après la nomenclature du congrès de 
Genève, serait : i,3,6 méthylolaminophénol. 

On a proposé pour l'emploi de ce produit de remplacer 
dans les bains de développement les alcahs soit par le 
lithium carbamide, soit par le pinakolsalz de la Société 
Farbwerke à Hœchst. 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 2"] 

Ce.dernier corps est une solution à 20 Vo tl'amidoacétate 
de sodium. 

C'est également en igoS que Lumière frères lancent 
un nouveau révélateur très intéressant, la métoquinone, 
composé cristallin résultant de la combinaison du métol 
et de l'hydroquinone. Ce composé parfaitement défini est 
le phènediolate de méthylparamidophénol. Il révèle 
l'image latente même sans addition d'alcali. 

■ En 1904, Balagny imagine le développement lent en 
liqueur acide. On prépare un premier bain avec : 

Sulfite de soude anhydre . .25 grammes 
Bisulfite de soude à 35'-. . . 5o à loo cent, cubes 
Eau distillée i5o cent, cubes 

puis on prend de cette soliUion i5 centimètres cubes et 
l'on ajoute : 

Diamidophénol i gramme 

Bromure de potassium au i/io . 5 cent, cubes 

liavi . i5o » 

L'image doit apparaître à la quatrième minute, si elle 
n'apparaissait pas on ajouterait de 2 en 2 minutes, 2 cen- 
timèbres cubes de solution bisulli tique. Enfin, si le cliché 
est très posé on peut commencer par ne mettre que lo cen- 
timètres cubes de solution bisulfi tique. 

En 1905, l'Actien Gesellscliaft signale la paraoxyphé- 
nylglycinamine comme ayant une action développatrice. 

Enfm, en 1907, Konig etO. Stachlin ont trouvé que le 
triamidobenzol et le triamidotoluol sont d'excellents dé- 
veloppateurs en solulion sulfitique. L'addition d'alcalis 
augmente leur puissance sans déterminer de voile. 



28 HISTORIQUE 



(Ofi3.5) YlRAGES 

On sait qu'on a2:)pelle virage l'opération photogra- 
phique qui consiste à modifier la couleur primitive d'une 
épreuve obtenue avec un papier sensible généralement à 
base d'argent, en plongeant celui-ci dans un bain appelé 
bain de virage, renfermant un sel métalHque qui est le 
plus souvent un sel d'or. Le métal du bain de virage se 
substitue au moins partiellement au métal contenu dans 
la couche sensible en changeant la tonalité de l'épreuve, 
on dit alors qu'elle vire. 

Nous parlerons d'abord en détail des principaux virages 
à l'or, puis nous dirons quelques mots des virages ayant 
pour base divers sels métalliques. 

Virages à l'or. — Dès l'apparition des premiers pro- 
cédés sur papier, les inventeurs publièrent des formules 
de virage. 

Legray, l'un d'eux, proposa l'emploi pour ses papiers 
d'une solution d'hyposulfite d'or et de sodium déjà em- 
ployée par Fizeau par l'image Daguerrienne. Plus tard, 
il donna la préférence à une autre formule : 

Chlorure d'or i gramme 

Chlorure de chaux i » 

Eau 2 litres 

Ce bain donnait de jolis tons, mais rongeait trop les 
épreuves. 

Humbert de Molard, en i85 1 , conseilla un bain de chlo- 
rure d'or obtenu par dissolution de l'or dans l'eau régale, 
additionné de craie en poudre. C'est le bain adopté plus 
tard par Davanne. 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 29 

L'abbé Laborde modifia la formule d'Humbert de 
Molard qu'il trouvait peu rapide. Yoici sa formule : 

Chlorure d'or i gramme 

Acétate de soude 5o grammes 

Eau 2 à 4 litres 

Il faut exposer ce bain 1/2 heure au soleil puis le laisser 
dans un endroit chaud cinq à six heures avant de l'em- 
ployer. 

Humbert de Molard proposa alors une autre formule, 
c'était une solution au millième de sel de Fordos et 
Gélis, c'est-à-dire d'hyposulfite d'or et de potassium. 

En iSSg, Maxwell Lyte propose le bain suivant: 

Chlorure d'or i gramme 

Phosphate de soude 20 grammes 

Eau I litre 

Ce bain vire en donnant des tons bleus noirs. 

En 1862, Jeanrenaud conseille l'emploi du chlorured'or 
aux deux-millième additionné de 00 à 4o grammes d'acé- 
tate de chaux. Il ajoute qu'on peut remplacer le sel de 
chaux par le sel correspondant de baryum, de strontium 
ou de zinc. 

HardAvich publie la formule suivante : 

Chlorure d'or . i gramme 

Carbonate de soude 10 grammes 

Eau I litre 

Ce bain vire très bien, mais malheureusement ne se 
conserve que 24 heures en bon état. 

En 1867, Liesegangfait connaître un procédé nouveau. 
Il précipite une solution concentrée de chlorure d'or par 
une solution concentrée de sulfocyanate d'ammonium, dé- 
cante la solution limpide et ajoute 90 grammes de chlorure 

3. 



3o HISTORIQUE 

d'ammoninm et /400 grammes d'eau. Il plonge les épreuves 
dans ce bain en les remuant constamment pour empêcher 
que le dépôt blanchâtre qui se forme ne se dépose sur 
l'épreuve. 

La même année. Wharton Simpson donne une formule 
très bonne pour le collodio-chlorure et pouvant s'appli- 
quer au papier albuminé, c'est la suivante : 

Chlorure d'or . o^',/iO 

Sulfocyanure d'ammonium .... 16 grammes . 
Eau I litre 

L'épreuve dans ce bain passe au jaune et semble dispa- 
raître, puis elle remonte et reprend son intensité. 

En 1869, Carey Lea prépare un virage de la façon sui- 
vante : Il fait dissoudre 5 grammes de potasse caustique 
dans 125 centimètres cubes d'eau, il ajoute autant d'acide 
benzoïque qu'il peut s'en dissoudre, puis il prend 5o cen- 
timètres de cette solution et l'ajoute à i litre d'eau où il 
â dissous au préalable i gramme de chlorure d'or. Le bain 
ainsi préparé agit très rapidement. 

Newton à la même date publie la formule suivante : 

Ctilorure d'or i gramme 

Borax 10 grammes 

Tungstate de soude ...... ^o » 

Eau 2 litres 

On a soin de préparer le bain 2 ou 3 heures avant l'em- 
ploi. 

Après la publication de cette formule où figurait pour 
la premièrefois un tungstate, plusieurs auteurs proposèrent 
des formules à base d'acéto-tungstates et ces recettes eurent 
une certaine vogue. 

En 1880, Monckoven se sert d'un liquide contenant 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 3l 

pour 2 litres i gramme de chlorure d'or et 3o grammes 
d'acétate de soude cristallisé dans lequel il ajoute de i à 
20 centimètres cubes d'une solution à 2 ^o ^^ bicarbonate 
de soude. Selon la proportion de bicarbonate ajoutée le 
ton varie du rouge au bleu. 

Après 1880 les formules de virage à l'or se multiplient 
et reproduisent plus ou moins les recettes anciennes, citons 
cependant une formule originale publiée en 1902 par 
Hélain. On fait dissoudre 1/2 gramme d'acide tartrique 
dans lio centimètres cubes d'une solution à 2 Y^ de thio- 
carbamide ; dans ce liquide on verse lentement en agitant 
5o centimètres cubes de chlorure d'or à i "/o i on ajoute 
20 grammes de chlorure de sodium et Ton complète le 
volume à i litre. Il faut bien laver l'épreuve avant de la 
virer, il est même bon de la passer dans l'eau salée. 

Kessler a préconisé également la ihiocarbamide dans 
une formule de virage. 

Virages au platine. — En i856, de Caranza avait 
proposé l'emploi du tétrachlorure de platine pour virer 
les épreuves aux sels d'argent, il préparait son bain avec 
I centimètre cube de solution sirupeuse de chlorure de 
platine, 3o grammes d'acide chlorhydrique et 2 litres 
d'eau. 

Ce bain rongeait beaucoup les épreuves et fut rapide- 
ment abandonné. 

Vers 1889 Harley, puis Gastine et enfm Mercier repri- 
rent l'idée du virage au platine et voici d'après Mercier 
une bonne formule ; 



Ghloroplatinite de potassium. . . i à 2 grammes 
Acide phosphorique pur .... 5 grammes 
Eau distillée ,1 litre 



32 HISTORIQUE 

Ce bain peut servir immédiatement et se conserve long- 
temps dans l'obscurité. 

Hare, en 1891, propose un virage double or et platine. 
Les épreuves légèrement lavées sont plongées dans un 
premier bain de : 

Chlorure d'or 0&%4o 

Borax 18 grammes 

Eau I litre 

quand elles ont pris un ton chaud on les lave une minute 

dans l'eau pure, puis on les immerge dans le second bain 

composé de : 

Chloroplatinite de potassium ... 4 grammes 

Acide citrique ....... 12 » 

Chlorure de sodium 19 » 

Eau . 1000 » 

L'image devient d'un beau noir pourpre. 
Signalons enfin le procédé de Brunel qui date aussi de 
1891. Il lave sommairement l'épreuve et l'immerge dans : 

Chloroplatinite de sodium 2 grammes 

Chlorure de sodium 2 » 

Bitartrate de soude i » 

Eau distillée i litre 

On vire jusqu'au noir, puis on fixe à l'hyposulfite à 
3o Vo. 

Virage à l osmium. — Mercier a indiqué une formule 
à l'osmium donnant des tons semblables à ceux des vi- 
rages au platine ; 

Chlorure d'osmium ammoniacal jaune. i gramme 

Chlorate de soude os',o4 

Succinate de soude 4 grammes 

Acide succinique 12 » 

Eau distillée . .... ... looo » 



OPÉRATIOîsS PHOTOGRAPHIQUES 33 

Ce bain préparé à une température inférieure à 50° se 
conserve bien. 

Virage au plomb et au cobalt. — Ce virage qui donne 

aux épreuves une teinte verte originale a été imaginé 

en 1904 par les frères Lumière. 11 se fait en deux temps. 

L'épreuve est d'abord plongée dans : 

Nitrate de plomb 4o grammes 

Ferricyanure de potassium .... 60 » 

Eau' I litre 

Elle doit blanchir complètement dans ce premier bain, 
on la lave sommairement, puis on l'immerge dans le se- 
cond bain formé de : 

Chlorure de cobalt. .... . loo grammes 

Acide clilorhjdrique 3oo » 

Eau distillée 1000 » 

. On a soin de tirer vigoureusement les épreuves. 

Virages divers. — Pour terminer le chapitre des vi- 
rages signalons les virages imaginés par Lumière frères 
et Seyewetz en 190/i et mis par eux dans le commerce 
sous le nom de Chromogènes. Ces virages contiennent 
tous du ferricyanure de potassium mais diffèrent par le 
second sel ajouté : citrate ferrique pour ]e premier, nitrate 
d'urane pour le second, et chlorure de cuivre pour le 
dernier. 

On obtient avec ces produits des tons sépia, sanguine, 
bleus ou verts par virage des diapositives ou des photo - 
grammes au gélatinobromure. 

(028.6) Renforcement et affaiblissement 

L Renforcement. — Dès les premiers temps delà pho- 
tographie sur papier humide on se préoccupa d'augmenter 



34 HISTORIQUE 

l'intensité de l'épreuve obtenue et le procédé imaginé par 
Blanquart Evrard vers iSfio était le suivant : Tépreuve était 
mise à tremperdans l 'acide acétique glacial jusqu'à cequ'elle 
soit semblable à du papier builé, puis on la plongeait dans 
un bain saturé d'acide gallique auquel on ajoutait un peu 
de nitrate ou d'acétonitrate d'argent. On agitait constam- 
ment et l'on voyait l'image acquérir peu à peu une vi- 
gueur inespérée. Quand elle était à point on lavait à grande 
eau et on séchait. 

Après l'apparition des plaques au gélatinobromure en 
1876 Ecler et Toth proposèrent le procédé suivant pour 
renforcer les négatifs. Plonger le cliché bien lavé dans 
une solution de sublimé corrosif jusqu'à blanchiment 
complet, puis le noircir en le plongeant dans un bain de : 

Sel de Schlippe 10 grammes 

Ammoniaque 5 cen-t. cubes 

Eau 4oo grammes 

C'est ce procédé qui, simplifié par la suppression du sel 
de Schlippe en augmentant la proportion d'ammoniaque 
est devenu le procédé classique de renforcement pendant 
de longues années. 

En 1877 Warnecke, l'inventeur du sensitomètre de ce 
nom, invente le procédé suivant : blanchir le cliché 
dans : 

Sulfate de cuivre 2.5 grammes 

Bromure de potassium 25 » 

Eau I litre 

Laver à fond le cliché bien blanchi et le noircir dans 
un bain de nitrate d'argent. 

En 1879 Van MonckoAven conseille pour ses plaques le 



OPÉRATIONS PHOTOGHAPHIQUES 35 

renforcement suivant. Immerger le cliché, préalablement 
bien lavé, dans un bain formé de : 

Sublimé corrosif . 20 grammes 

Bromure de potassium 20 » 

Eau , I litre 

Le faire bien blanchir dans ce bain puis le passer rapi- 
dement dans le mélange à parties égales de deux solutions, 
l'une de nitrate d'argent à 4 Vo' l'^^^ti^e de cyanure de 
potassium à 4 % également sans s'inquiéter du trouble 
produit par l'excès du cyanure d'argent formé et non dis- 
sous. Malheureusement, les négatifs ainsi traités, d'abord 
bien noirs, deviennent peu h. peu rougeâtres. 

Burton a montré qu'on pouvait remplacer avantageu- 
sement, dans la formule du premier bain, le bromure de 
potassium par le chlorhydrate d'ammoniaque. 

EdAvards, en 1879 également, publia une formule pour 
renforcer en un seul bain aussitôt après le fixage du cliché 
et sans prendre soin d'éliminer complètement l'hyposulfîte. 
Voici comment il procède : il dissout 4 grammes de su- 
blimé dans 200 centimètres cubes d'eau puis ajoute une 
solution de 12 grammes iodure de potassium dans 
65 centimètres cubes d'eau. Il se forme un précipité 
rouge abondant d'iodure de mercure qu'il dissout dans 
une solution de 8 grammes d hyposulfite de soude dans 
65 centimètres cubes d'eau. Le cliché plongé dans ce li- 
quide se renforce rapidement mais le négatif ainsi traité 
est peu stable et l'image se détruit peu à peu. 

England, en 1880, revient aux deux bains et préconise 
pour le bain de blanchiment de dissoudre dans l'eau des 
poids égaux de sel ammoniac et de sublimé corrosif. Il 
forme ainsi le sel Allembroth des anciennes pharmacopées, 



36 HISTORIQUE 

sel d'une solubilité extrême. Il noircit le cliché une fois 
bien blanchi et bien lavé soit dans l'ammoniaque soit dans 
l'hyposulfite. 

Le D' Vogel, essayant de trouver, en dehors des sels 
de mercure, des renforçateurs, signala comme pouvant 
remplacer ceux-ci les sels d'urane. On plonge le cliché 
bien lavé dans un bain de : 

Solution de ferricyanure de potassium à i °/q 5o cent, cubes 
Solution de nitrate d'urane à i <*/q. . . . 5o » 
Acide acétique glacial 12 » 

Le négatif devient noir rougeâtre, on le lave jusqu'à ce 
que l'eau de lavage ne précipite plus par le perchlorure 
de fer. 

Abney, à la même époque, revient au procédé à l'ar- 
gent. 

Il prépare une solution de : 

Sulfate de fer . i gramme 

Acide citrique . 2 » 

Eau distillée 100 » 

qu'il additionne de quelques gouttes d'une solution de ni- 
trate d'argent à 2 Yo- H plonge dans ce mélange son né- 
gatif bien lavé et remue constamment la cuvette pendant 
ce renforcement sans se préoccuper du trouble qui se pro- 
duit dans la liqueur. 

En 1896 Yausant propose le procédé suivant : il blan- 
chit le cliché dans du sublimé corrosif à 2 ^/^, lave soigneu- 
sement et noircit dans un mélange fraîchement préparé 
de: 

Acide gallique o&SaS 

Potasse caustique . k grammes 

Eau 4 litres 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES S'J 

En T899, Lumière frères, par une modification très 
heureuse du procédé EdAvards, imaginent la méthode sui- 
vante : 

On dissout i gramme d'iodure mercurique dans 
100 centimètres cubes de sohition de sulfite de soude 
anhydre à lo ^/o- On trempe le phototype dans cette so- 
lution, l'image s'intensifie graduellement en prenant une 
teinte brim foncé, on lave sommairement puis on plonge 
le cliché dans un développateur organique tel que : dia- 
midophénol, paramidophénol, hjdroquinone ou métol. 

Cette même année, Fery publie un procédé permettant 
d'avoir une image exclusivement argentique. Après fixage 
on lave avec soin le cliché puis on le plonge dans une 
solution contenant 2 1/2 °/o de sulfate de cuivre et 
2 1/2 0/0 *^^ bromure de potassium, l'image est trans- 
formée en un mélange de bromure cuivreux et de bro- 
mure argentique. On lave, puis on immerge dans un 
bain de nitrate d'argent à 2 Yo qui transforme le sel cui- 
vreux en sel d'argent. On lave encore, puis on passe dans 
un bain révélateur à l'hydroquinone. 

Un procédé intéressant pour le renforcement des pho- 
tocopies sur papier gélatinobromure a été donné par Na- 
miàs. On blanchit l'épreuve dans un bain composé de : 

Sublimé corrosif. ...... 20 grammes 

Chlorhydrate d'ammoniaque ... 5o » 

Acide chlorhydrique 10 » 

Eau distillée. 1000 » 

Puis on vire avec le bain suivant : 

Chlorure d'or i gramme 

Sulfocyanate d'ammonium . ... 2b » 

Eau distillée * . . i litre 

La Photographie. 3 



38 HISTORIQUE 

Un autre procédé de renforcement des photocopies ana- 
logue à celui-ci est le suivant : on fait disparaître l'image 
dans : 

Sublimé corrosif 20 grammes 

Bromure de potassium 5o » 

Eau 1000 » 

On lave à fond pour enlever toute trace de sel de mer- 
cure (on commence au besoin par un lavage à l'eau 
salée à 10 %) P^^is l'épreuve est passée dans un bain de 
sulfure de sodium à i 0/0 • 

Dans ces dernières années le D' Sclileassner a breveté 
remploi d'un renforçateur stable sous forme solide com- 
posé de : 5 grammes de sublimé trituré à sec avec 
6 grammes d'iodure de potassium puis mélangé toujours 
à sec avec 100 grammes de sulfite de soude anhydre. 
Pour l'emploi on prend une partie du mélange pour 
100 parties d'eau. Cette formule rappelle singuUèrement 
îe procédé Lumière. 

Citons enfin le procédé de renforcement physique con- 
seillé par Lumière frères pour le renforcement des plaqués 
autochromes. On prépare deux bains, le premier avec : 

Acide pyrogallique 3 grammes 

Acide citrique .0 » 

Eau I litre 

Le second avec : 

Nitrate d'argent 5 grammes 

Eau distillée 100 » 

On verse au moment même de l'emploi 10 centimètres 
cubes du second bain dans loo centimètres cubes du pre- 
mier et on plonge le cliché dans ce mélange jusqu'à ce 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES Sq 

qu'il ait Fintensité désirée, on lave ensuite soigneuse- 
ment. 

IL Renforcement continuateur . — Sous cette ru- 
brique nous voulons dire quelques mots d'un procédé 
de phototirage imaginé par Liesegang en 1897 et qui 
pourrait rentrer soit dans le chapitre développement, soit 
dans celui du renforcement. Il s'agit du procédé con- 
sistant à impressionner certains papiers par noircis- 
sement direct, non pas jusqu'à l'obtention d'une image 
complète, mais seulement jusqu'à la formation d'une 
esquisse légère, puis on achève la venue de cette image 
par une sorte de développement. 

Liesegang avait donné la formule suivante comme bain 
continuateur : - 

Solution d'acide gallique concentrée. 10 cent, cubes 

Eau .2 » 

Colle de poisson • 3 grammes 

Acétate de soude i » 

Il conseillait aussi l'emploi de l'hydroquinone en solu- 
tion aqueuse additionnée ou non d'acide citrique selon le 
papier employé. 

On doit à Lumière frères une formule plus pratique et 
voici comment s'expriment ces auteurs : 

On imprime les photogrammes jusqu'à ce que les 
grandes ombres soient bien indiquées, on lave puis on 
immerge dans le bain suivant-: 

Hydroquinone 10 grammes 

Formosulfite 20 » 

Bromure de potassium ï » 

Eau. . 5oo » 

Quand l'image est suffisamment intense, on lave, on 
vire et on fixe comme à l'habitude. 



4o HISTORIQUE 

III. Affaiblissement. — Cette opération qui a pour but 
de diminuer l'intensité du cliché à l'inverse du renfor- 
cement, s'appelle aussi Réduction, mais ce mot ayant un 
tout autre sens en chimie, il serait préférable d'éviter de 
l'employer dans cette acception inexacte. Pour la même 
raison le mot Réducteur, dans le sens de corps dimi- 
nuant l'intensité d'une image, est avantageusement rem- 
placé par le mot Affaiblisseur. 

Le premier procédé d'affaiblissement connu est dû à 
Blanquart Evrard. Il conseille d'essayer d'abord un bain 
concentré d'hyposulfite de soude puis, si le moyen est in- 
suffisant, on prend une cuvette à demi pleine d'eau, on y 
verse quelques gouttes d'une solution de bromure d'iode 
préparée en versant dans 5o centimètres cubes d'eau 3o à 
4o gouttes de brome et ajoutant ensuite autant d'iode quo 
ce liquide en veut dissoudre. On immerge l'épreuve dans 
ce bain, elle devient lilas, violette, puis bleue ; à ce mo- 
ment on la plonge dans une dissolution d'hyposulfite 
acidulée ou elle se décolore, on lave rapidement sitôt 
l'épreuve à point. 

En 1882, plusieurs travaux sont publiés sur cette ques- 
tion. 

Abney conseille comme affaiblisseur une dissolution 
préparée en faisant bouillir un mélange de : 

Chlorure de chaux i gramme 

Potasse caustique 2 » 

Eau 4o » 

qu'il fdtre et laisse refroidir avant d'employer. 
Schûrer préconise un mélange de : 

Sulfate de cuivre 10 grammes 

Chlorure de sodium 00 » 

Eau 100 » 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 4l 

On dilue au moment de l'emploi dans lo volumes 
d'eau. 

Eder et Toth proposent un traitement en deux bains. 
On blanchit l'épreuve dans un premier bain de : 

Bichromate de potasse i gramme 

Acide chlorhydrique ...... 3 » 

Eau 100 » 

On lave complètement puis on développe en pleine lu- 
mière avec le révélateur au sulfate de fer. 

En i884, Farmer invente le mélange qui porte son 
nom et qui est certainement l'affaibli sseur le plus connu. - 
C'est un mélange à parties égales d'hyposulfite de soude 
à lo Yo et de ferricyanure de potassium à i ^/q. 

A l'origine le procédé de Farmer était un peu diffé- 
rent, il trempait le négatif dans une solution d'hyposul- 
fite à 5 Yo, puis ajoutait goutte à goutte une solution de 
ferricyanure à lo Yo h^aichement préparée. 

Un peu plus tard Beletzki fait connaître un nouveau 
procédé. 11 consiste à préparer un bain avec : 

Oxalate ferrico-potassique. ... 5o grammes 

Acide oxalique i5 » 

Sulfate neutre de soude .... 4o » 

Hyposulfite de soude aoo » 

Eau looo » 

On plonge le cliché dans ce bain qui d'abord jaune 
passe au vert. 

En iQOO, Lumière frères et SeyeAvetz signalent les 
propriétés affaiblissantes des sels de peroxyde de cérium 
et de titane. La formule qu'ils préfèrent est la suivante : 

Sulfate cérique lo grammes 

Acide sulfurique 6Q° 4 cent, cubes 

Eau distillée loo » 



42 HISTORIQUE 

Cette solution convient à la fois pour les phototypes 
négatifs et pour les photogrammes sur papier gélatino- 
bromure. 

Namias préfère employer la solution suivante : 

Permanganate de potasse i gramnae 

Acide sulfurique commerc .... 2 cent, cubes 
Eau distillée 2 litres 

Si la couche se colore, on plonge la plaque dans une so- 
lution d'acide oxalique à i Yq, après décoloration on lave 
à fond. 

En 1902, Krieger, Bussian et Konold de Chicago brè- 
ve tent un mélange de 4 parties de sulfate de cuivre, une 
partie d'acide chlorhydrique en dissolution dans l'eau. 

H. T. Smith a proposé l'emploi des cobaltamines et 
particulièrement du sel d'Erdmann répondant à la for- 
mule : Co-^Iv2(AzH^)^ (AzO^)^ 

On dissout à une douce chaleur o'^%25 de ce sel dans 
5o centimètres cubes d'eau, on a une solution rouge 
orangé qu'on refroidit à 15"" environ, on y ajoute 
00 centimètres cubes d'acide sulfurique à 10 Vo ^^ 1® ^^i^ 
est prêt pour l'emploi. 

La société Actien gesèllschaft fur anilin fabrikation a 
pris des brevets pour les mélanges suivants : 

i" Mélange d'oxalate lerrico-potassique et d'hyposul- 
fite anhydre. 

2- Mélange d'oxalate ferrico- potassique et d'hydrosul- 
fitede soude sec. 

Homolka a proposé récemment comme atTaiblisseur le 
mélange : 

Amidoacétate de sodium à 20 'Yo • 20 cent, cubes 

Ferricyanure de potassium ... i gramme 

Eau distillée ....... 200 cent, cubes 



OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 43 

L'afFaiblissemeiit est très rapide, on peut diluer de 
moitié la solution si l'on désire une action plus lente. Un 
affaiblisssement très intéressant signalé d'abord par Lu- 
mière frères et Seyewetz, puis recommandé par divers au- 
teurs, c'est le persulfate d'ammoniaque en solution è 
trois pour mille. D'après Lumière frères il présente l'avan- 
tage d'affaiblir d'abord les parties les plus opaques, ce 
qui le différencie nettement de la liqueur de Farmer. Don- 
nons enfin pour terminer cette revue des affaiblisseurs 
une formule applicable à toutes les photocopies. 

Thiocarbamide 4 grammes 

Alun potassique . lo » 

Acide acétique ....... lo gouttes 

Eau 100 grammes 

(023.7) Fixage 

Le fixage est l'opération photographique ayant pour 
but de dissoudre l'excès de sel d'argent non modifié par 
la lumière afin d'éviter sa réduction ultérieure et d'assu- 
rer ainsi la conservation de l'image. 

C'est l'ignorance dans laquelle on était à ce sujet qui a 
empêché les précurseurs de Talbot et de Bayard- de con- 
server les épreuves qu'ils savaient obtenir par l'action de 
la lumière sur le chlorure d'argent. 

ïalbot, en i84i, lorsqu'il imagina le procédé Galotype 
sut trouver du premier coup le meilleur des fixateurs, 
c'est-à-dire l'hyposulûte de soude en solution à 3o ou 

Après lui plusieurs expérimentateurs abandonnèrent 
l'hyposulfite pour donner la préférence au sel marin 
puis au bromure de potassium. 



44 HISTORIQUE 

Quand apparurent les procédés au coUodion, c'est au 
cyanure de potassium, excellent dissolvant des sels halo- 
géniques d'argent, qu'on eut recours ; mais ce produit est 
un toxique violent et ce fut un grand progrès lorsqu'on 
put l'abandonner. 

Meynier proposa de le remplacer par le sulfocyanure 
d'ammonium à 60 Y^ et cette solution fut appelée par 
certains auteurs le Bain Meynier. 

Mais avec les plaques au gélatinobromure c'est l'hypo- 
sulfite de soude qui redevint le fixateur universellement 
employé. On lui ajoute, surtout pour le fixage des papiers, 
de l'alun avec ou sans bisulfite de soude ; enfin de nom- 
breuses formules de virages-fixages ont été publiées par 
les fabricants de papiers photographiques. 

A la question du fixage se rattache celle de l'élimina- 
tion de l'hyposulfite par des procédés plus rapides que le 
simple lavage à l'eau. 

Pearse a proposé l'emploi du permanganate de potasse 
à la dose de o^'',4o par litre qu'on fait couler lentement 
sur la plaque jusqu'à ce que cette solution violette cesse 
de se décolorer. 

Lumière frères, en 1902, ont préconisé l'emploi du 
persulfate d'ammoniaque à i Y^. 

On vend dans le commerce sous le nom de thioxydant 
ou d'anthion des persulfates alcalins qui remplissent bien 
le but désiré ; enfin, sous le nom de boroxylite on trouve 
également un perborate de soude qui jouit de la même 
propriété. 



CHAPITRE II 

MATÉRIEL ET APPAREILS 

(loi) Ghaimbre Ivoire et accessoires 

Roger Bacon paraît être le premier (vers 1260) qui se 
soit servi d'un appareil ayant de l'analogie avec la 
chambre noire, mais il faut arriver jusqu'à Léonard 
de Yinci (1462- 1619) pour avoir une description com- 
plète de cet appareil. 

En i54o, Erasme Rheinold se servit d'une chambre 
noire pour observer une éclipse de soleil, c'est donc à tort 
qu'on attribue souvent à Porta, qui^^écut de i538 à i6i5, 
l'invention de la chambre noire, mais ce physicien a eu 
le grand mérite d'y adapter un objectif permettant d'ob- 
tenir une image nette. 

Robert Hooke, en 1679, fit construire la première 
chambre portative. 

Nicéphore Niepce, en inventant le soufflet et ajoutant 
le diaphragme à l'objectif, compléta l'appareil du photo- 
graphe, et le baron Séguier s'inspira de ses travaux en 
faisant construire des chambres à soufflet pour le Daguer- 
réotype, i 

Vers i85o, Baron formulait ainsi les conditions que 
devait remplir la chambre noire, ou, comme il disait, « le 
Photographe », nom qu'il donnait à l'instrument du pho- 
tographiste : La plus grande dimension de la plaque doit 
être à la longueur focale de l'objectif comme i est à 2, et 

3. 



46 HISTORIQUE 

le diamètre du diaphragme doit avoir environ 1/7 de la 
longueur focale. Ces données supposaient un angle de 
champ à 90°. 

En i852, Willat construit la première chambre de 
voyage. 

En i855, Davanne perfectionne la chambre en imagi- 
nant le soufflet tournant. Cette même année, Relandin, 
sur les indications de Humbert de Molard, réalise le pre- 
mier châssis à rouleaux pour papier ciré. Douze feuilles 
de papier ciré étaient tenues par pression à la surface 
d'une toile gommée qui s'enroulait autour de deux cy- 
lindres placés aux deux côtés du châssis. 

En 1870, Nicole et Silvy étabhrent un châssis à rou- 
baux fort ingénieux qui présentait la facihté de changer 
le papier roulé sur une bobine par la substitution d'une 
bobine à une autre. 

L. Warnecke, en 1876, construit un châssis destiné à 
être utilisé avec des pelhcules recouvertes d'émulsion au 
collodiobromure . 

Après l'apparition des plaques au gélatinobromure, le 
nombre des appareils de tout genre s'accroît rapidement. 

Comme chambre d'atelier, le modèle créé par Poulenc 
frères, en 1894, offre de nombreux perfectionnements. La 
crémaillère de mise au point est remplacée par une vis 
sans fin, mue par un volant horizontal, placé sous le cha- 
riot et facile à manœuvrer. 

La chambre de voyage Ruby, construite par Thornton- 
Pickard, est très légère et a très long tirage. Mazo, De- 
maria font des chambres faciles à monter rapidement ; 
Gillon a fait une chambre i3 X 18, en aluminium, qui 
n'a c[ue 3 centimètres d'épaisseur. 

Un modèle de chambre à magasin bien compris, c'est 



MATÉRIEL ET APPAREILS k'] 

celui de Guitton de Girandy, il suffit d'une simple pres- 
sion sur un bouton pour déclancher l'obturateur, exposer 
la plaque, la remplacer par une nouvelle et en même 
temps armer l'obturatenr. 

Le Dodécagrapbe Cadot est du même type, de même 
que la Navette de Clément et Gilner et le Détective de 
Henry, 

Dans le Foligraphe, le châssis forme une sorte d'album 
dont les feuillets sont les porte-plaques. Le Repeater de 
Hanau et l'appareil à magasin Mendozza sont à citer pour 
leur volume réduit ; enfin Mackenstein a établi une série 
de modèles qu'il désigne sous le nom de Compact Ca- 
méra, de toutes les dimensions, jusqu'au 10/ î8 y com- 
pris, et qu'on peut employer sur pied ou à la main. 

Les mêmes avantages se retrouvent dans le Tacheo- 
graphe de Degen et dans les appareils Demaria, Poulenc, 
Joux, Roussel, etc. 

Comme appareils à main signalons encore les Foldings 
Caméra, genre d'appareils très répandas en Angleterre, ce 
sont des espèces de coffrets dont un des côtés se rabat et 
permet de faire avancer la partie antérieure du soufflet 
qui glisse à frottement doux sur des rainures métalliques. 
Des repères permettent de fixer l'objectif dans la position 
nécessitée par la distance des premiers plans. 

Gaumont a établi, sous le nom de Spidos, des appareils 
à main très pratique. Il vend sous le nom de bloc notes 
un minuscule appareil pouvant se mettre dans la poche- 
Le physiographe de Bloch, le Gnome de Bardin, sont 
également des appareils à mains appréciés des amateurs. 

Enfin, la forme Jumelle imaginée pour la première fois 
par l'ingénieur Carpentier, a eu un tel succès que de 
nombreux modèles se sont créés sur ce type plus ou 



48 HISTORIQUE 

moins modifié. Telles sont les jumelles de Franck Valéry, 
Schrambach, Lacour, Lefevre, Mackenstein, Gilles ; la 
Néo-Jumelle Caillou et la Gauloise de H. Breton. 

Pour terminer ce rapide aperçu des appareils photogra- 
phiques, il nous faut dire quelques mots des appareils pa- 
noramiques. 

Le premier modèle de ce genre est celui de Damai- 
zeau qui, vers 1870, construit un appareil à foyer variable 
permettant d'obtenir une vue d'un tour d'horizon com- 
plet. 

Puis vinrent les appareils plus perfectionnés de Moës- 
sard, en 188/I, et de Ducos de Hauron, en iSgS. Mais ces 
appareils, s'ils prennent un panorama complet, ne per- 
mettent pas de le projeter sur un écran cyUndrique, et le 
problème n'a été résolu que par le Photorama des frères 
Lumière dont nous parlerons au chapitre agrandisse- 
ments. 



(i35) Objectifs 

On peut classer les objectifs en prenant pour base leur 
composition optique et les diviser en : 

Objectifs simples; 

Objectifs doubles symétriques ; 

Objectifs doubles asymétriques ; 

Objectifs triples. 

C'est cette classification que nous adopterons pour en 
faire l'historique, puis nous donnerons une énumération 
aussi complète que possible des objectifs classés d'après 
leur ouverture utile. 

Quant aux détails de construction des objectifs le lec- 



MATÉRIEL ET APPAREILS 49 

teur les trouvera dans le volume de cette encyclopédie 
consacré à la physique photographique. 

1° Objectifs simples. — C'est Porta qui, le premier, 
vers Fan 1600^ eut l'idée de remplacer le simple trou de 
la chambre obscure par une lentille plan convexe en 
crown-giass. Les premières expériences de Nicéphore 
Niepce furent faites avec un semblable objectif. 

Wollaston et Cauchoix substituèrent à la lentille plan 
convexe un ménisque concavo-convexe qui donnait plus 
de netteté. Ce fut l'objectif de Talbot, de Daguerre et de 
Bayard, jusqu'en i84o. Cet objectif avait un foyer chi- 
mique différent de son foyer optique, il présentait donc 
une forte aberration chromatique. 

Ce n'est qu'en i84o que l'opticien parisien. Chevalier, 
fabriqua le premier objectif simple exempt de foyer chi- 
mique ; c'était une lentille bi-convexe de crown-glass, 
associée à une lentille plan convexe de flint. 

Dallmeyer, en i85/|, imagine l'objectif grand angu- 
laire. 11 forme son objectif de 3 ménisques, collés en- 
semble, formant une lentille unique, dont la concavité 
regarde l'objet à reproduire. Les deux crowns sont exté- 
rieurs et entre eux se trouve le ménisque de flint. L'angle 
embrassé peut atteindre 92° avec le plus petit dia- 
phragme. 

Grubb, en 1807, breveté une forme spéciale d'objectif 
simple. Une lentille de crown, ménisque convergent, 
tourne sa face concave vers l'objet à reproduire, elle est 
associée à un ménisque divergent de flint. 

Andrew Ross adopte ce genre de construction d'objec- 
tif. 

En 1886, Dallmeyer invente le « Rapid Landscape 
Lens », destiné à photographier des marines et des 



5o mSïOIUQLE 

paysages éloignés. Cet objectif est composé de 3 lentilles 
collées, 2 en flint, i en crown. 

En 1888, le même inventeur construit son rectilinéaire 
toujours formé de 3 lentilles réunies en une. La lentille 
extérieure est de flint, elle est collée à une de crown, 
toutes deux tournent leur convexité vers l'objet, la der- 
nière lentille est en crown et tourne sa convexité vers la 
glace dépolie, elle est séparée des deux autres par une 
mince couche d'air. 

Depuis 1889, Fritsch, de Vienne, construit des objec- 
tifs simples à grand champ. Goerz, de Berlin, fabrique 
ses Choroscopes. 

Hartnach a établi des Anastigmats pour vues. 

Yoigtlander a lancé des objectifs simples en verre 
d'Iéna. 

Enfin, Steinheil a construit, en 1891, un objectif 
simple, destiné à obtenir dans l'atelier des portraits 
grandeur naturelle ; cet objectif a un foyer principal de 
2°", 75. Le sujet doit donc se placer à 5™,5o et le tirage 
de la chambre doit atteindre cette longueur. 

2° Objectifs doubles symétriques. — Le premier objec- 
tif double a été inventé par Petzval, en i84i ; c'était un 
objectif composé d'une lentille achromatique, à peu près 
plan convexe, tournant sa convexité vers l'objet à repro- 
duire, et d'une combinaison bi-convexe formée d'un mé- 
nisque divergent, en flint, placé à une certaine distance 
d'une lentille bi-convexe, en croAvn. 

Chevalier, à Paris, fit, à la même époque, des objectifs 
du même type. 

En 1860, Harrisson et Schnitzer, de New- York, ima- 
ginèrent le Globe-Lens. Cet objectif se compose de deux 
ménisques convergents achromatiques, ayant absolument 



MATÉRIEL ET APPAREILS 5l 

le même rayon de courbure, ces deux ménisques sont 
placés à une distance telle l'un de l'autre que si les sur- 
faces extérieures étaient prolongées, elles formeraient une 
sphère complète, d'où le nom « Globe-Lens ». Chaque 
ménisque est composé de deux ménisques, l'un conver- 
gent en crown, l'autre divergent en flint. Darlot, à la 
même date, crée son objectif hémisphérique, tandis que 
Derogy et Hermagis lancent chacun un objectif Globe. 

Un peu plus tard, Busch et RathenoAV construisent 
leur pantoscope, et Dallmeyer, en 1866, invente son rec- 
tilinéaire grand angulaire. 

Prasmowski construit son panoramique analogue au 
pantoscope de Busch, mais dont l'aberration sphérique 
est mieux corrigée. 

En 1878, Voigtlander imagine ses orthoscopiques qui 
présentent encore un peu de distortion, ses euryscopes 
qui possèdent une grande profondeur de foyer. 

Vers 1880, Steinheil lance ses aplanats, excellents ob- 
jectifs formés de deux systèmes symétriques. 

En 1888, Koch construit le mégalogone, grand angu- 
laire très lumineux pour reproduction des cartes et des 
plans. 

A la même date, Berthiot fait le périgraphe extra ra- 
pide que son successeur Lacour continuera à fabriquer. 

Cette même année, Voigtlander invente ses collinéaires 
et ses euryscopes nouveaux, en verre d'Iéna. 

En 1889, Fritsch construit ses grands angulaires apo- 
chro ma tiques. 

En 1892, Goerz lance son lynkéiscope, objectif grand 
angulaire, composé de deux lentilles symétriques embras- 
sant un angle de loS*'. 

Citons enfin dans cette même catégorie : 



52 HISTORIQUE 

Les Orthostigmats, de Steinheil ; 

Les Périscopes, de Steinheil ; 

Les Bistigmats, de Rodenstock ; 

Les Apochromatiques, de Zenger, de Prague ; 

Les Stigmatics, de Dallmeyer ; 

Le Planar, de Zeiss ; ' 

Le Unar, de Zeiss. 

S*" Objectifs doubles asymétriques . — Les objectifs dis- 
symétriques sont beaucoup moins nombreux que les sy- 
métriques; les plus remarquables sont les suivants : 

Le Doublet, construit par Th. Ross, en i865. Cet ob- 
jectif est formé de deux ménisques achromatiques non 
symétriques, chacun d'eux pouvant être employé comme 
objectif simple. L'ensemble des deux donne une combi- 
naison dont l'aberration sphérique est bien corrigée. 

L'Antiplanat de Steinheil fut construit en 1 88 1 ; il est 
formé de deux systèmes de lentilles non symétriques, re- 
lativement épaisses, la lentille antérieure a une distance 
focale plus courte que la distance focale de tout l'objectif, 
la postérieure est divergente et très épaisse. 

En i8go, Zeiss lance ses Anastigmats composés de cinq 
lentilles, la combinaison antérieure est formée d'un mé- 
nisque convergent achromatique presque plan convexe, et 
comprend deux lentilles, la combinaison arrière comprend 
trois lentilles collées, et le diaphragme vient se placer 
presque en contact avec elle. 

Enfin, nous citerons encore les Anastigmats Darlot, 
présentés à l'Exposition de 1900, sous le nom d'Anastig- 
mats Planigraphes. 

k" Objectifs triples. — Le premier fut réalisé par 
Porro, en 1847, il ^^^ appela, en i856, Objectifs Analla- 
tiques. 



MATÉRIEL ET APPAREILS 53 

Derogy fit breveter, en i858, un objectif à foyers 
multiples ; c'était un objectif double, à portraits, dont la 
distance focale était modifiée par l'interposition entre les 
deux lentilles, d'une lentille additionnelle tantôt conver- 
gente, tantôt divergente ; cette addition transformait Fob- 
jectif en un objectif triple. 

Dallmeyer, en 1860, construisit, sous le nom de Triple 
Achromatic Lens, un objectif triple dans lequel les deux 
lentilles extrêmes étaient des systèmes convergents, exté- 
rieurement concaAO-convexes, la lentille médiane étant 
un ménisque achromatique. 

Busch imagina, en 1867, le triplet universel. 

En 1890, Zeiss mit dans le commerce un objectif très 
remarquable, c'est le Triplet Apochromatique, composé 
de cinq lentilles. La frontale et la postérieure sont consti- 
tuées par des verres simples non achromatiques, entre les 
deux, une combinaison de trois lentilles collées. 

Citons enfin, pour terminer, les objectifs triples : l'an- 
tiplanat pour portraits, de Steinheil, et l'objectif à trois 
lentilles, de Cooke. 

Téléobjectifs 

Nous réservons cette question pour le chapitre intitulé : 
Téléphotographie (832). 

Objectifs classés d'après l'ouverture utile f/n 

I. — Objectifs dont le diamètre utile est inférieur à 
//3,i. — Objectifs de Grlin, de Londres, travaillant à 
f/0,5 et à f/i,2. 



54 HISTORIQUE 

Ce résultat est obtenu en garnissant d'huile de cèdre la 
cayité centrale d'un objectif ordinaire. 
Objectifs Yoigtlander, f/2,3. 
Objectif Dallmeyer, f/2,6 et f/3. 
II. — Objectifs dont le diamètre utile est compris entre 

//S^i.i y/6,3. 

Unofocal de Steinheil, f/4. 
liéliar de Yoigtlander, f/4, 5. 
Planar de Zeiss, f/4, 5. 
Lumar de Rodenstock, f/4, 5. 
Tetraniar de Simon, f/4, 5. 
Omnar de Busch, f/4, 5. 
Lux-Orthar de Plaubel, f/4, 5. 
.Summar de Leitz, f/4, 5. 
Linéar de Rietzche, f/4, 5, f/5,5, f/6. 
Celor de Goerz, f/4;, 5, f/5,5. 
Holostigmat de Watson et Son, f/4, 6 
Tessar de Zeiss, f/4, 8 et f/6, 3. 
Unar de Zeiss, f/5. 
Lynkéioscope de Goerz, f/5. 
Eurygraphe de Berthiot, f/5. 
Double Anastigraat de Goerz, f/5,5. 
Kalloptat de Rrauss, f/5,5, f/6, 3. 
Orlhostigmat de Steinheil, f/6. 
Imagonal de Rietzche, f/6. 
Dynar de Yoigtlander, f/6. 
Homocentrique de Ross, f/6. 
Aplanats de Steinheil, f/6, 2, f/6, 3. 
Protar de Zeiss, f/6, 3. 

m. — Objectifs dont le diamètre utile est compris 
entre f/ Ci, Z et f/ 10. 

Plasligmat de Bausch et Lomb,f/6,8. 



MATERIEL ET APPAREILS 



55 



Planastigmat cle 0. Siehel, f/6,8. 
Dagor de Goerz, f/6,8. 
'Octanar de Simon, f/6,8. 
Syntor de Goerz, f/6,8. 
Solar de Reichert, f/6,8. 
Linéar de Rietzche, f/6,8, f/7, f/755. 
Anastigmat de Demaria, f/6,8, f/8. 
Anastigmat de Hermagis, f/6^8, f/9. 
Collinéaires de Voigtlander, f/6,8, f/8, f/io. 
Orlhostigmats de Steinheil, f/6,8, f/8, f/io. 
x\nastigmat de Suter, f/7,2. 
Sligmatics de Dallmeyer, f/7,5. 
Lumar de Rodenstock, f/7,5. 
Hemianastigmat de Rodenstock, f/7,7. 
Double Anasligmat de Goerz, f/7,7- 
Aristostigmat de Goertz, f/7,7. 
Protar de Zeiss, f/7,7, f/g, f/io. 
Périplan de Leitz, f/8. 
Holostigmat de Watson, f/8. 
Homocen trique de Ross, f/8. 
Orthoscopique de Petzval, f/8,i. 
Antispectroscopique Roussel, f/8, 5. 
Objectifs simples Lacour, f/9, f/io. 
IV. — Objectifs dont le diamètre utile est compris entre 
f/ioetf/i^, 

Symétrical Lens de Demaria, f/io. 
Conversible aplanétique de Demaria, f/io. 
Protar de Zeiss, f/io, f/12, f/i4- 
Eurygraphe de Lacour, iyii. 
Objectif simple de Dallmeyer, i/i i . 
Orthostigmats de Steinheil, f/ii,3, f/12. 
Périgraplie de Rerthiot, f/12. 



56 HISTORIQUE 

Holostigmat de Watson, f/12. 
Collinéaire de Voigtlander, f/12. 
Pantar de Goerz, f/i2,5. 
Combinar de Reichert, f/12, 5. 

V. Objectifs dont le diamètre utile est compris entre. 
y/i4 et f/20. — Ce sont des objectifs à paysages et des 
grands angulaires : 

Rectilinéaires grand angle de Dallmeyer. 
Panoramique Prasmowski. 
Globe Lens Harrisson et Schnitzer. 
Protars (série Y) de Zeiss. 

VI. Objectifs dont le diamètre utile est supérieur à 
f/20. — Aplanat pour vues de Steinheil, f/24- 

Compound Landscape Lens de Goddard, f/28. 
Pantoscopes de Busch, f/22, f/3i. 
Hypergone de Goerz (angle voisin de i4o°). 
Panoramiques de Porro. 
Double Périscopique de Goddard. 



(i36) Obturateurs 

Les premiers obturateurs ont consisté en un simple 
couvercle de boîte en cuivre ou en carton garni de ve- 
lours qu'on plaçait à la partie antérieure du tube de l'ob- 
jectif. Au moment d'opérer on l'enlevait à la main et on 
le remettait à la fin de la pose. Mais lorsque la sensibilité 
des surfaces sensibles augmenta il fallut remplacer le bou- 
chon de l'appareil par des obturateurs rapides dits instan- 
tanés. De nombreux modèles ont été créés et il s'en crée 
tous les jours. Les principaux, types sont : les obtura- 
teurs à volets, les obturateurs à guillotine, les obtura- 



MATÉRIEL ET APPAREILS 67 

teiirs à disques tournants et à plaques mobiles, les obtu- 
rateurs à iris et les obturateurs à rideaux. Le premier 
obturateur à volets est dû à Read qui l'inventa en i858, 
un autre modèle fut créé par Cadett, en 1878, mais le 
plus connu parmi ces obturateurs c'est celui de Guerry, 
mis dans, le commerce en i885. Il se compose d'une 
boîte qui se fixe sur le parasoleil de l'objectif; le devant 
de la boîte est fermé par un léger volet qui ouvre et 
ferme l'instrument par un mouvement de bascule. La 
pose minima est de i/3o de seconde. 

Les obturateurs à guillotine se composent simplement 
d'une planchette mobile percée d'une ouverture rectangu- 
laire. Cette planchette glisse entre deux coulisseaux, 
l'ouverture en passant devant l'objectif le démasque pen- 
dant un temps qui varie selon la vitesse de la planchette 
et les dimensions de l'ouverture. La planchette peut tom- 
ber de son propre poids ou bien être entraînée plus rapi- 
dement à l'aide d'un ressort ou d'un caoutchouc. Les vi- 
tesses obtenues varient de i/io à 1/70 de seconde. 

Les principaux appareils de ce type sont dûs à Fleury 
Hermagis (1877), David(i886), Gilonna de Lyon (1887). 

D'autres modèles à guillotine double se plaçant à 
l'avant sont également recommandables : le Rectangle, 
le Mignon, l'obturateur Irunberry, etc. Chavanon a 
construit sous le nom de Duplex un obturateur qui se 
place à l'arrière de l'objectif sur la planchette de la 
chambre noire. Les lamelles obturantes sont formées de 
deux secteurs, l'un produit l'ouverture puis reste immo- 
bile, l'autre produit la fermeture. 

Les obturateurs à disques tournants et à plaques mo- 
biles se composent de deux disques ou de deux plaques 
qui^ sollicités par des ressorts dont on peut régler la ten- 



58 HISTORIQUE 

sion, se meuvent en sens inverse avec une rapidité plus 
ou moins grande. 

Le système à disques tournants a été employé pour la 
première fois en iSSg ; Bertschena imaginé un en i852 ; 
Darlot en construisit un également en 1881, puis Londe 
et Dessoudeix en i885 et Thury et Amey en 1887. Ce 
dernier obturateur s'interpose entre les deux ménisques 
des objectifs à la place du diaphragme et donne un maxi- 
mum de vitesse de 1/200 de seconde. 

Les obturateurs à Iris sontj à l'heure actuelle, les plus 
employés. Le nombre des lamelles formant l'obturateur 
est très variable, le cas le plus simple est l'obturateur à 
deux lamelles ; le Saturne et l'obtiirateur Krauss sont 
dans cette catégorie. Dans les autres systèmes on compte 
de 8 à 12 lamelles, tels sont les obturateurs Pipon, Zeiss, 
Yoigtlander, Clément et Gilner, Bauscli et Lomb, etc. 

Comme obturateurs à rideau, citons les appareils 
Thornton-Pickard qui se placent derrière l'objectif et le 
Focal Plane Shutter qui se met derrière la chambre tout 
contre le châssis. 



(187.6) Photométrie. Actinométrte . 
Sexsitométrie 

Il existe dans la littérature photographique une cer- 
taine confusion dans le vocabulaire employé pour ce 
chapitre et nous devons commencer par quelques défini- 
tions. 

Dans sa première acception l'Actinométrie est une 
branche de la Météorologie ayant pour objet la mesure 
de l'intensité des radiations solaires par l'un quelconque 



MATÉRIEL ET APPAREILS 69 

de leurs effets. Dans cette acception restreinte il serait pré- 
férable d'adopter le mot d'Hélio-actinométrie, réservant 
le nom d'Actinométrie sans préfixe à la science mesurant 
l'actinisme des radiations de toute nature. On nommerait 
Actino-sensitométrie la science de la mesure de l'intensité 
des radiations au point de vue de leur action spéciale sur 
les couches sensibles. Le mot Pliotométrie garderait son 
sens actuel de science des mesures des intensités lumi- 
mineusesau point de vue de la puissance éclairante seule. 
En ce qui concerne cette dernière science qui n'est qu'un 
chapitre de l'Optique, rappelons que les congrès photo- 
graphiques de 1891, 1900, 1907 ont fixé d'une façon 
définitive les unités photométriques. 

L'étalon de lumière est le YioUe ainsi défmi : Quantité 
de lumière qui est émise par un centimètre carré de pla- 
tine fondu \ la température de solidification (1775°). 

L'unité pratique d'intensité est le Pyr ou Bougie déci- 
male, c'est le vingtième du Yiolle. 

I Pyr à I mètre donne i Lux, c'est l'unité d'éclaire- 
ment. 

I Lux par seconde vaut i Phot, c'est Tunité d'illumina- 
tion. 

La source lumineuse ayant une certaine surface on 
prend pour unité de surface le centimètre carré et l'unité 
d'éclat lumineux c'est le Pyr par centimètre carré. 

L'unité angulaire est le Stéradiant, c'est l'angle trièdre 
qui découpe sur une sphère de rayon de i mètre une 
surface de un centimètre carré. 

L'unité de quantité ou unité de Flux lumineux est le 
Lumen, c'est la quantité de lumière projetée par i Pyr 
dans I Stéradiant, 

I Lumen en i" projette i Rad, c'est l'unité de puis- 



6o HISTOUIQUE 

sance lumineuse. Le Lumen-Heure vaut, par aonséquent, 
3.600 Rads. 

Arrivons, maintenant, à la description des appareils 
divers créés pour mesurer l'activité cliiniique ou la puis- 
sance éclairante de la lumière. Ces questions ont été 
l'objet d'un grand nombre de travaux que nous résu- 
merons en les divisant en paragraphes pour plus de 
clarté. 

Photomètres à gaz. — Ces appareils mesurent l'activité 
lumineuse d'après la rapidité avec laquelle s'effectue la 
combinaison du chlore et de l'hydrogène, ce sont à pro- 
prement parler des actinomètres. 

Le premier est du à Draper qui, en 18 43, imagina le 
Tithonomètre. Bunsen et Roscoë, en i856, construisirent 
un Photomètre sur le même principe. H. Dufour, en 1880, 
perfectionna les appareils précédents en mesurant non 
l'acide chlorhydrique produit dans la réaction mais bien 
le courant électrique nécessaire pour décomposer l'acide 
produit. 

Photomètres à papier sensible. — Ce sont en réalité 
des sensitomètres. Jordan, en i838, parait être le premier 
qui ait eu l'idée de mesurer l'intensité de la lumière par 
la coloration d'un papier imprégné de chlorure d'argent. 

En i84o, Herschel construisit un appareil enregis- 
treur sur le même principe, après lui de nombreux appa- 
reils sont mis dans le commerce, tels sont les photo- 
mètres Monckoven, Woodbury, Vogel, Vidal, Lamy, 
Sawiger, Fleury Hermagis, Taylor, etc. 

Photomètres chimiques (Actinomètres). — En i858, 
Burnett décrivit un photomètre à l'Oxalate d'Urane, il 
mesurait l'acide carbonique dégagé. Fowler, à la même 
époque, employait un mélange d'oxalate d'ammoniaque et 



MATÉRIEL ET APPAREILS 6l 

de chlorure mercuriqiie, la lumière décompose ce mé- 
lange en chlorure d'ammonmm, acide carbonique et ca- 
lomel. Le poids de calomel formé indiquait l'intensité lu- 
mineuse. 

Niepce de Saint-Victor et L. Corvisart ont employé un 
flacon à moitié rempli d'une solution de nitrate d'urane 
et d'acide oxalique dont le bouchon porte un tube plon- 
geant au fond du vase. Ce liquide à la lumière dégage de 
l'acide carbonique qui fait monter le liquide dans le tube 
à une hauteur proportionnelle à l'action lumineuse. 

Phlipson, en i863, emploie une solution de molybdate 
d'ammoniaque dans un excès d'acide sulfurique. On ré- 
duit par du zinc jusqu'à coloration bleue et on ajoute du 
permanganate jusqu'à décoloration. Ce liquide incalore à 
l'obscurité devient bleu à la lumière. La quantité de per- 
manganate nécessaire pour décolorer mesure l'activité lu- 
mineuse. 

En 1868, Ed. Becquerel a construit un photomètre 
basé sur la production de calomel par l'action de l'acide 
oxalique sur le sublimé en présence de la lumière. 

Draper, en 1876, se sert d'une solution d'oxalate fer- . 
ri que acide qui, sous l'influence des rayons indigo et 
Aiolet, donne de l'acide carbonique et de l'oxalate fer- 
reux. Il réduit le chlorure d'or par le sel ferreux produit 
et pèse l'or métallique. 

Warnecke a employé un liquide de composition voi- 
sine de celle de Draper. Eder a donné la préférence à 
l'oxalate mercurique, Monckoven a imaginé, en 1879, un 
appareil analogue à celui de Niepce de Saint-Victor, il le 
garnissait de la solution qu'il obtenait en dissolvant 
5o grammes de carbonate d'urane ammoniacal dans 
3o grammes d'acide oxalique et 200 centimètres cubes 

4 



62 HISTORIQUE 

d'ean, et complétant 200 centimètres cubes avec de 
l'eau. 

Le Photomètre de Woods est du même genre. 

Photomètre à phosphorescence . — 11 n'existe dans ce 
g-enre que l'i^ctinomètre de Warnecke construit en 1880. , 

Photomètres électriques. — Ed. Becquerel a imaginé 
un photomètre qui se compose d'une cuve de verre con- 
tenant deux feuilles de plaqué d'argent chloré, brome ou 
iodé et plongeant dans l'acide sulfurique à 2 Yo- Ces 
plaques sont reliées à un galvanomètre à fil très iîn et à 
3.000 tours au moins. La lumière tombant sur l'une des 
plaques, l'autre étant protégée par un écran, on a un 
courant électrique dont l'intensité est proportionnelle à 
celle de la lumière. 

Photomètres proprement dits. — Les plus connus sont 
ceux de Cornutet et de Decoudun. Le premier de ces ap- 
pareils se compose de quatre verres fumés d'opacité crois- 
sante. On examine l'image sur le A^erre dépoli à travers l'un 
des verres ; une table indique la pose selon que l'image 
€st entièrement visible dans l'un ou l'autre des verres. 

Le Photomètre Decoudun est formé d'une boîte en 
cuivre percée de 16 séries de 4 trous, i gros et 3 petits. 
Ces séries sont de plus en plus opaques. On pose l'appa- 
reil sur le verre dépoli, la fenêtre sur l'endroit de l'image 
correspondant à la lumière moyenne et on tourne le bou- 
ton jusqu'à ce que Ton ne distingue plus que confusé- 
ment les trois petits points. On retourne alors l'appareil 
€t on lit par une lucarne le temps de pose à appliquer 
pour les plaques ordinaires du commerce. 

Sensiiomètres . — En 18/^8, Claudet avait construit 
son Photographomètre pour essayer les plaques de Da- 
guerréotype. 



MATERIEL ET APPAREILS 



63 



La même idée fut reprise par Warnecke en i8So, dans 
la construction de son sensitomètre. L'échelle de son ins- 
trument est faite d'une plaque de verre divisée en 2 5 car- 
rés. On superpose des feuilles de papier de soie de façon à 
avoir de i à 25 épaisseurs croissantes et on moule le 
tout en Photoplastographie. Un tirage à l'encre de chine 
donne une feuille à 25 cases d'opacité croissante. C'est 
ce cliché sous lequel on place la glace sensible pour l'ex- 
poser à l'unité étalon qui est constituée par une plaque 
phosphorescente enduite de sulfnre de calcium. 

L'appareil de Warnecke est de beaucoup le plus 
connu, mais dans ces dernières années d'autres appareils 
sont employés concurremment avec lui, ce sont : les sen- 
sitomètres de Scheiner, de Hurter et DrifPield, l'iVctino- 
mètre de Heyde et le mesureur d'exposition de A^ ynne. 



(i44) Sources r3E lumière 

La nécessité de recourir à la Lumière artificielle s'est fait 
sentir dès les premières années de la Photographie, Sans 
elle il fallait renoncer à faire de la photographie la nuit, 
sans elle on ne pouvait reproduire les intérieurs sombres, 
les cavernes naturelles, etc. Enfin pour certaines applica- 
tions telles que l'agrandissement par exemple, la lumière 
artificielle offre des facilités de réglage et des commodités 
d'emploi que l'on ne peut demander à la lumière solaire. 

C'est en i84o, que fut fait le premier emploi d'une lu- 
mière artificielle par Sillmann et Good qui obtinrent des 
images daguerriennes avec l'arc électrique. Les images 
obtenues étaient passables quoique un peu dures. 

Puis on ne tarda pas à essayer des mélanges pyrotcch- 



64 HISTORIQUE 

niques, malgré le grave défaut qu'ils présentaient tous 
de donner des fumées suffocantes. En i856, Buss em- 
ployait le mélange suivant : 

Sulfure d'antimoine natif i gramme 

Soufre . . 2 » 

Salpêtre 6 » 

Moule préférait un mélange plus complexe : 

Sulfure d'antimoine 2 grammes 

Soufre 2 » 

Réalgar 4 » 

Salpêtre 3o » 

Ce mélange donnait des vapeurs toxiques et nécessitait 
l'emploi d'une lanterne close avec cheminée tirant bien. 

En 1807, LaAv de Ne^Ycastle fait des essais avec la lu- 
mière du gaz système Wigham. 

En 1860, Bunsen et Roscoë montrèrent que la com- 
bustion d'un fd de Magnésium donnait une lumière d'un 
éclat considérable très riche en rayons violets c'est-à-dire 
apte à impressionner les préparations photographiques. 

En 1861, Hill emploie la lumière Drummond et fait 
avec son aide de bons portraits au Daguerréotype. Nadar, 
avec l'arc électrique réussit de belles photographies dans 
les Catacombes de Paris. 

Vers i865, Armstrong emploie le Magnésium en 
poudre qu'il insuffle à l'aide d'un tube de verre dans la 
flamme d'un bec de gaz. 

En 1866, Larkin fabrique une lampe dans laquelle il 
bride un mélange de Magnésium et de sable fin. 

Monckoven en 1869 propose la lumière Oxydrique. 

En 1872 quelques Revues photographiques proposèrent 
un mélange de sulfure de carbone et d'Oxygène dont le 



MATÉRIEL ET APPAREILS 65 

pouvoir actlnique dépasse celui du Magnésium, mais le 
sulfure de carbone est tellement dangereux à manier et 
tellement malodorant que son emploi ne se développa pas. 

En 1876, le D' \ogel conseillait concurremment la lu- 
mière Drummont, la lumière électrique et le Magnésium. 
Pour brûler ce dernier il employait la lampe Salomon qui 
permet d'employer soit le ruban, soit le fil de ce métal. 

En 1882 quelques Photographes emploient le Bec 
Clammond, c'est un bec de gaz consommant 5oo litres à 
l'heure dans lequel un bâton de Magnésie est porté à l'in- 
candescence. Ce bec a un pouvoir éclairant de i8 carcels. 

En 1887, xAuer invente son bec à incandescence. Cette 
nouvelle source de lumière est employée aussitôt par 
quelques praticiens, mais le plus grand nombre préfèrent 
le Magnésium soit sous forme de photopoudre soit souf- 
flé à l'état pur dans des lampes. 

Goedecke et Miethe donnent la formule suivante de pho- 
topoudre : 

Sulfure d'antimoine i gramme 

INIagnésium pulv . 3 » 

Chlorate de potasse ...:... 6 » 

Quelques opérateurs y ajoutent du soufre, d'autres 
remplacent le chlorate par le perchlorate ou le permanga- 
nate. Dans la plupart des cas on emploie 2 à 3 grammes de 
cette poudre ; pour des salles de conférence on peut aller 
jusqu'à 10 grammes, mais il est prudent dès qu'on dépasse 
4 grammes de diviser la dose totale en plusieurs foyers. 

Eder a fait quelques calculs sur la puissance lumineuse 
du Magnésium et des poudres. Il a trouvé que le ruban de 
Magnésium donnait par gramme 65 000 Rads, la poudre 
pure 100 000 Rads et la photopoudre 45 000 seulement. 

Le D' Ranque en 1888 a proposé l'emploi du Photos- 



6Q HISTORIQUE 

pire. C'est un tube de 4 à 5 millimètres de diamètre re- 
courbé en cor de cbasse dans lequel il met la charge et 
qu'on fixe sur une bougie de telle façon qu'il suffit de 
souffler pour enflammer la poudre projetée. Sur le même 
principe il imagina ensuite le Revolver Photogénique 
qu'il fit construire par Cadot. 

De nombreuses lampes ont été inventées pour l'emploi 
du Magnésium. La lampe Salomon que nous avons déjà 
citée, la lampe Humphrey parfaitement comprise pour 
l'impression des positifs sous châssis, la lampe Clément et 
Gilmer formée d'une sorte de lampe à souder, la lampe 
Vesper construite par Bardin ou le Magnésium est chassé 
dans la flamme d'une lampe à alcool, la lampe Soleil de 
Bourdier, la lampe Etoile, enfin les lampes Gaillard, Fri- 
bourg et Hesse, Poulenc frères, qui toutes brûlent très 
bien le Magnésium. 

Plusieurs praticiens et notamment Boyer recommandent 
des lampes multiples pour éviter des ombres trop dures. 

En 1897, Y. Schwartz et W. Knauer de Hanovre pu- 
blièrent des formules de Photopoudres donnant des fu- 
mées peu abondantes ce sont des mélanges de poudre de 
Magnésium avec poids égal d'acide borique ou d'acide 
silicique. 

Henry en 1898 préconise un mélange sans fumée de 
Magnésium et de Bioxyde de Baryum, il nous paraît 
prudent de ne faire un tel mélange qu'au moment de 
l'emploi. 

Citons enfin pour terminer un brevet de 1904 de 
Baeyer d'Eberfeld pour un mélange de Magnésium ou 
Aluminium additionné d'acide Tungstique ou de ïuns- 
gate, et le brevet Lumière frères de 1906 pour diverses 
compositions de Photopoudres. Ces poudres sont com- 



MATÉRIEL ET APPAREILS 67 

posées de Magnésium additionné soit d'Oxyde de cuivre 
soit d'un Ghromate de Fer_, Manganèse ou Cobalt. 
D'après ces auteurs i gramme de poudre suffit pour un 
portrait, on emploie 2 à 5 grammes pour des groupes. 



(162) Supports des préparations sensibles 

Les supports employés en Photographie sont nom- 
breux. Dans le procédé Daguerréotype c'est une plaque 
de cuivre argenté puis viennent les procédés pelliculaires 
sous la forme de papiers rendus transparents au moyen 
de cire ou de gutta-percha. 

Gaillard en i854 après avoir terminé un négatif par 
procédé au collodion versait de l'eau chaude à la surface 
de l'image puis la recouvrait d'une couche de gélatine 
épaisse, laissait sécher, incisait les bords puis enlevait de 
la glace la pellicule gélatineuse qui constituait le photo- 
type négatif. 

iVrcher en i855 se servait d'une dissolution de Gutta- 
percha dans la benzine ; ce liquide était étendu sur glace, on 
coUodionnait on sensibilisait comme d'habitude et quand 
tout était terminé on incisait les bords du Phototype et 
on détachait du support dans une cuvette d'eau froide. 

Corbin en 1867 proposa de préparer sur verre une 
couche de collodion à l'iodure d'argent puis de détacher 
sur papier gélatine ou albuminé celte couche qu'il sensi- 
bilisait ensuite. 

Alexandre Arnstein en i863 détachait de son support 
de papier un négatif sur collodion qu'il renforçait à l'aide 
d'une épaisseur de gélatine ; il avait ainsi un négatif 
transparent peu fragile. Les premiers procédés industriels 



68 HISTORIQUE 

furent mis en œuvre par la maison Marion en 1866 qui 
vendit dès cette époque un papier ciré collodionné en rou- 
leaux de 0^,57 de hauteur. On sensibilisait ce papier sur 
un bain d'argent à 7 Yo ^t on le traitait comme du papier 
ciré ordinaire. 

Warnecke, en 1876, montra de bons négatifs obtenus 
par un procédé pelliculaire basé sur l'emploi du collo- 
dion bromure. L'émulsion était étendue sur un papier 
recouvert de plusieurs couches successives de caoutchouc 
dissous dans la benzine et de collodion additionné de pa- 
rafîne ou d'huile de ricin. 

Ferrier, en 1879, a rendu pratique un procédé imaginé 
par Palmer l'année précédente pour étendre l'émulsion au 
gélatinobromure sur un support transparent léger et 
flexible. On prend une glace de la dimension à donner à 
la pellicule, on la recouvre d'une couche de collodion 
normal renfermant i gramme de coton-poudre pour 
100 centimètres cubes de mélange éthéro-alcoolique ; on 
laisse sécher puis on Averse sur la couche de collodion une 
couche de gélatine au titre de i5 Yo- On laisse sécher et 
on verse en dernier lieu l'émulsion sensible. Cette couche 
étant sèche on coupe les bords de la feuille elle se détache 
facilement on l'expose entre deux plaques minces et on 
développe comme à l'ordinaire. 

Stebbing en 1881, a essayé d'employer le Celluloïd, 
mais il a trouvé plus pratique de former la pelhcule avec 
de la gélatine bichromate en couche mince. Après dessic- 
cation et insolubihsation il se débarrassait du bichromate 
par un lavage soigné. 

Balagny, en 1886, avait fait connaître sous le nom de 
plaques souples un support pour gélatinobromure. Il pré- 
parait un collodion gélatineux renfermant 800 centimètres 



MATÉRIEL ET APPAREILS 69 

cubes d'éther loo grammes coton-poudre et i 200 centi- 
mètres cubes d'alcool dénaturé à 90° ; quand la dissolu- 
tion étaitcomplète il ajoutait 5o centimètres cubes d'huile 
de ricin dissous dans 48 centimètres cubes d'alcool. 

Pour l'emploi il prenait 5oo centimètres cubes de ce 
collodion épais, ajoutait 25o centimètres cubes d'alcool 
dénaturé puis encore 10 centimètres cubes d'huile de ri- 
cin dissous dans 20 centimètres cubes d'alcool. Il coulait 
sur des tables de Glace et quand la couche était sèche la 
recouvrait d'émulsion au gélatinobromure. 

La compagnie Eastman vers 1887 a mis dans le com- 
merce des pellicules inextensibles aussi transparentes que le 
verre elles sont livrées soit en feuilles soit en bobines pour 
2 4 ou 48 phototypes. Ces pellicules sont à base de celluloïd. 

Eckstein^ en 1900, prépare un composé nommé Hya- 
line pour remplacer le Celluloïd, c'est un mélange de 
coton-poudre avec de la colophane de la gomme-laque, 
du copal et de la térébenthine. On dénitre ensuite on a 
un corps très élastique mais peu transparent. 

Sandell fabrique depuis 1900 des pellicules sans aucun 
support elles sont formées par une double couche de gé- 
latinobromure d'un coté une émulsion lente, de l'autre 
une émulsion rapide. 

Depuis 1901, la société Lumière a acquis la société des 
Pellicules Planchon et fabrique d'excellentes pellicules 
soit en bobines soit en feuilles-séparées (Autotendues). 

Enfin Kohi et Marburg ont breveté récemment la pré- 
paration d'une substance analogue au celluloïd préparée 
en dissolvant du coton -poudre dans un excès d'acide acé- 
tique cristallisable et il y ajoutant une solution acétique de 
gélatine. On évapore la solution étendue en couche mince. 



CHAPITRE IIÏ 

{2) PROCÉDÉS PHOTOGRAPHIQUES 
AUX SELS MÉTALLIQUES 



(211) Procédé aux sels d'arge>t sur métal 
(daguerrroïypie ) 

>^ous avons parlé dans notre introduction des précur- 
seurs de ^iepce et de Daguerre nous ne reviendrons donc 
pas sur ce point ; rappelons seulement que Nicéphore 
Niepcc' commença ses recherches en 181 4 et que ses pre- 
mières relations avec Daguerre datent de 1826. L'année 
suivante il présentait à la société royale de Londres un 
mémoire accompagné de copies de gravures obtenues par 
son procédé qu'il appelle Héliogravure. 

Sa manière d'opérer était la suivante : Il dissolvait 
dans de l'essence de térébenthine du Bitume de Judée et 
étendait ce vernis, dans l'obscurité, sur une plaque de 
cuivre argentée. La plaque était exposée dans la chambre 
noire jusqu'à ce que l'image se silhouette. Ace moment 
il dissolvait le vernis non altéré dans un mélange d'essence 
de lavande et de pétrole. Ce développement était très dé- 
licat et les résultats très inconstants. 

Le 5 décembre 1829, ^1icéphore Niepce et Daguerre 
signaient un acte d'association qui disait dans l'article i : 
Il y aura entre MM. Niepce et Daguerre société sous la 
raison de commerce ^siepce Daguerre pour coopérer à 



PROCEDES AUX SELS METALLIQUES -yl 

perfectionner ladite découverte inventée par M. Niepce et 
perfectionnée par M. Dagiierre. 

L'article a était le suivant : En cas de décès de l'un des 
associés ladite découverte ne pourra jamais être publiée 
que sous les noms désignés dans l'article i. 

Niepce joint à ce contrat une notice dans laquelle il 
écrit : a Ce nouveau vernis consiste dans une solution de 
<( bithume de Judée dans l'huile animale de Dippel qu^on 
<( laisse évaporer à la température atmosphérique au de- 
« gré de consistance requise, il est plus onctueux, plus 
(( tenace, et plus coloré que l'autre et l'on peut après qu'il 
(( a été appliqué le soumettre de suite aux impressions 
(( du fluide Inmineux qui paraît le solidifier plus promp- 
(( tement parce que la grande volatilité de l'huile animale 
(( fait qu'il sèche beaucoup plus vite. » 

L'association conclue, les deux inventeurs restent en 
correspondance suivie, Daguerre remplace quelque temps 
après le bitume par le résidu laissé siu^ une plaque par 
une solution alcoolique d'essence de lavande puis après 
la mort de Nicéphore Mepce arrivée le 5 juillet i833 
change l'orientation de ses recherches et arrive en 1887 ^ 
inventer le Daguerréotype ; c'est à ce moment que dési- 
reux d'attacher son nom à la nouvelle invention il demande 
au fds de son ancien associé de modifier le traité de 1829 
pour abroger l'article 2. Isidore Niepce accepte le i3 juin 
cette transaction. 

Le procédé que Daguerre publie en 1889 est le sui- 
vant : Une plaque de cuivre recouverte d'argent est 
exposée dans une boîte aux vapeurs d'iode jusqu'à obten- 
tion d'une couche jaune d'or. Elle est impressionnée dans 
une chambre noire puis exposée dans une seconde boîte 
-aux vapeurs mercurielles. L'image apparaît, on l'examine 



72 HISIORIQUE 



à la lumière d'une chandelle et quand on la juge suffi- 
samment intense on lave la plaque dans une solution 
d'tiyposulfite de soude puis dans l'eau chaude pour fixer 
définitiA^ement l'image. 

En juin 1889, la Chambre des députés, sur un rapport 
favorable d'Arago vote une loi accordant 6 000 francs de 
pension viagère à Daguerre et [\ 000 francs à Isidore 
rsiepce^, en récompense de leur découverte et de la publi- 
cation de leur procédé. 

L'exploitation du procédé commence aussitôt. Un ou- 
vrage de Daguerre publié en 1809 annonce que des ap- 
pareils de Daguerréotype exécutés suivant les instructions 
de l'auteur sont en vente chez Susse frères, place de la 
Bourse et que les Optiques ont été confiées à Chevalier 
Fingénieur opticien. Sachse est désigné comme le repré- 
sentant pour l'Allemagne. 

Les premières épreuves de Daguerre exigeaient un 
temps de pose de 20 minutes, mais bientôt on trouva que 
le brome substitué à l'iode donnait des plaques beaucoup 
plus sensibles ; la durée de la pose était réduite à i ou 
2 minutes au soleil. 

L'emploi du bromure d'iode fut proposé en i84o par 
Goddard, puis Claudet en i84i, préconisa le chlorure 
d'iode et Fizeau la même année l'eau bromée. Il prépa- 
rait cette eau en versant 10 à i5 grammes de brome dans 
un flacon d'eau distillée d'un quart de litre, on étendait 
cette solution concentrée de 4o fois son volume d'eau et 
on exposait la plaque aux vapeurs de cette solution pen- 
dant i5 à 3o secondes selon la température. 

En i8/13, Belfield et Lefebvre proposèrent l'acide 
chloreux. 

Enfin Bingham en i846 eut l'idée d'employer le chlo- 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 7^ 

rure de chaux et le bromure de chaux. Ce dernier pro- 
duit se préparait de la façon suivante : On met dans un 
flacon à large ouverture bouché à l'émeri de la chaux 
éteinte et par chaque kilo de chaux on verse loo grammes 
de brome, on laisse 2i heures puis on écrase la masse ainsi 
obtenue, on remet dans le flacon et on ajoute 70 grammes- 
de brome. 



(212) PROCÉDÉS AUX SELS D'ARGENT 
SUR PAPIER PUR OU AVEC ENCOLLAGE 



212. i) Procédés positifs sur couche d' argent réduit 

Procédé Bayard {i83()). — On trempe une feuille de 
papier dans une solution de chlorhydrate d'ammoniaque 
à 2 Vo puis on fait flotter le papier sur un bain de ni- 
trate d'argent à 10 °/o. La feuille est alors séchée puis 
exposée à la lumière jusqu'à ce qu'elle devienne noire sur 
toute sa surface. On lave pour enlever l'eKcès de nitrate 
d'argent et l'on fait sécher. Pour se servir de ce papier on 
le plonge dans une dissolution d'iodure de potassium à 
4 Vor 011 expose à la chambre noire le côté noir vers l'ob- 
jectif. Il se forme une image d'iodure d'argent blanc jau- 
nâtre dans les parties insolées, on a donc un phototype 
positif. Le temps de pose était alors fort long ; quand 
l'image était suffisamment venue on lavait à l'eau pure 
puis à l'eau ammoniacale enfin encore à l'eau ordinaire 
et on faisait sécher. Ces épreuves se conservaient assez 
longtemps. 

Procédé Lassaigne-Vérignon (i84o). C'était le procédé 
Bayard légèrement modifié. 

La Photographie. 5 



74 historique 

(212.2) Procédés aux sels d'argejît sur papier humide 

Cahiypie. — W.-H. Fox ïalbot publia en iSSg le 
résultat des recherches qu'il poursuivait depuis i833 sur 
la reproduction des dessins sur papier à l'aide de la la- 
mière. C'était un papier au chlorure de sodium et au 
chlorure d'argent, il s'en servait pour obtenir des dessins 
de feuilles végétales. 

En i84i, il parvint à obtenir des images à la chambre 
noire avec son papier calotype. Yoici le détail de son pro- 
cédé : 

On commence par préparer cinq solutions. La pre- 
mière est une solution de loo grains nitrate d'argent 
cristallisé dans 6 onces d'eau distillée. 

La seconde : 5oo grains d'iodure de potassium dans 
I pinte d'eau. 

La troisième : 100 grains nitrate d'argent dans 2 onces 
d'eau. 

La quatrième : solution aqueuse d'acide gallique sa- 
turée. 

La cinquième : 100 grains de bromure de potassium 
dans 10 onces d'eau distillée. 

On passe au pinceau sur un des côtés du papier choisi 
une couche avec la solution n° i, on fait sécher dans un 
endroit obscur. Une fois sec on le trempe dans la solution 
n" 2 pendant i ou 2 minutes, on le plonge ensuite dans 
un vase plein d'eau puis on le fait sécher. En cet état 
c'est le papier ioduré il est rose très pale. Pour faire une 
épreuve on prend parties égales des solutions n° 3 et n° 4 
qu'on mélange au moment de l'emploi et on étend ce 
gallonitrate d'argent sur le papier ioduré avec un nou- 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 76 

veau pinceau. Au bout d'une demi minute on trempe le 
papier dans l'eau, on l'éponge avec du buvard on l'ap- 
plique sur une ardoise et on Texpose à la chambre noire. 
La durée varie de 5 secondes à 2 minutes suivant la cou- 
leur de l'objet et l'intensité de l'éclairage. 

En sortant de la chambre on lave la feuille avec un 
pinceau trempé dans le Gallonitrate d'argent et on l'ex- 
pose à un feu doux ou on l'apphque sur une boule d'eau 
bouillante. On voit l'image se former, on la lave dans la 
solution n° 5 qui fixe l'épreuve puis on lave et on sèche. 
On a ainsi un Phototype négatif que l'on reproduit soit 
avec du papier Calotype, soit avec le papier au chlorure 
d'argent de ïalbot (voir 212.6). 

C'est ce procédé qui a reçu d'abord le nom de procédé 
Calotype puis qu'on a appelé Talbotypie. Il présentait 
sur le Daguerréotype une supériorité, c'est de créer un 
Phototype avec lequel on pouvait reproduire un nombre 
illimité de Photocopies. 

On ne tarda pas d'ailleurs à perfectionner le procédé 
initial en remplaçant la solution n" 5 par l'hyposulfite de 
soude puis en développant au sulfate ferreux. 

En France, Bayard publiait, en 1809, en même temps 
qu'un autre procédé (212.1) un procédé sur papier hu- 
mide. Il prenait du papier à dessin, l'enduisait d'une 
solution de bromure de potassium, sensibilisait, puis 
exposait à la chambre noire et développait l'image à 
l'aide des vapeurs mercurielles comme dans le procédé 
Da guerre. 

Procédé Ferrocyanotype de Hiint. — On trempe le 
papier dans une solution de nitrate d'argent à 6 ^/q, on 
fait sécher promptement,on le retrempe dans la même so- 
lution puis dans une solution d'iodure de potassium à 



^6 HISTORIQUE 



I °/o, on lave, on sèche. On le trempe une fois sec dans 
une solution de ferrocyanure de potassium à 6 Yo- 

Une fois sec le papier est insensible à la lumière mais 
dès qu'on le mouille il reprend sa sensibilité et donne à 
la chambre noire un négatif que Hunt appelle « un pho- 
tographe fixé » dont on peut tirer autant de copies qu'on 
le désire. Le Spectre solaire agissant sur cette préparation 
y reproduit ses couleurs, surtout les plus réfrangibles ; 
malheureusement, ces couleurs disparaissent lorsque le 
papier sèche. 

Papier Photogénique Hunt. — Il imprègne un papier 
d'une solution de bromure de potassium à 5 Yo à deux 
reprises puis, après dessiccation, on étend au pinceau une 
solution de nitrate d'argent à i5 "/o ; on sèche rapide- 
ment à l'ombre. Pour l'emploi on remouille avec la so- 
lution de nitrate et on expose dans la chambre noire en- 
core humide. Au bout de quelques secondes on retire et 
on laisse sécher Tépreuve. On l'expose alors aux vapeurs 
mercurielles pour développer Fimage, lorsque celle-ci est 
bien distincte on la laisse se terminer dans l'obscurité, on 
fixe à l'eau puis à l'hyposulfite ; on a une épreuve néga- 
tive aussi nette que l'image Daguerrienne. 

Procédé Boussigues. — Ce procédé permet d'obtenir 
un positif direct sur papier et se rapproche du Daguer- 
réotype par sa préparation et son développement, voici 
d'ailleurs la description de l'auteur : On prend du papier 
Canson et Lacroix d'Angoulême, on en mouille trois 
feuilles superposées dans l'eau distillée et on les étend 
sur une plaque de verre où elles s'égouttent. 

On fait alors tomber à la surface du papier 3 à 4 
gouttes d'une dissolution de nitrate d'argent neutre qu'on 
étend rapidement à l'aide d'un pinceau. On expose alors 



PROCÉDÉS AIX SELS MÉTALLIQUES 77 

à l'iode puis au bromure de chaux à deux reprises puis on 
expose à la chambre noire et enfin on développe au mer- 
cure. Ce procédé, très vanté par l'inventeur, n'a jamais 
donné de résultats qu'entre ses mains. 

Procédé Blanqiiart Evrard (ïS/iy). — On produit 
d'abord un négatif sur papier comme dans la ïalbotypie, 
sauf qu'au lieu de passer une couche au pinceau sur le 
papier on le trempe dans le bain. L'image est développée 
à l'acide galUque, on fixe à l'hyposulQte. Par apposition 
d'un papier sensible sur le négatif on obtient un positif. 
Les papiers peuvent être préparés depuis quinze jours et 
plus, on fait l'épreuve négative en i ou 2 minutes par 
un beau temps, 5 à 6 minutes par un temps sombre ; on 
sensibilise au moment de l'emploi dans un bain d'acéto- 
nitrate d'argent. 

Procédé Legray (i85i). — Il trempe son papier en- 
collé à la colle de poisson dans un bain de : 

Bromure de potassium ..... 4 grammes 

Chlorure de sodium 2 « 

lodure de potassium i5 » 

Eau loo cent, cube 

Après dessiccation le papier peut se conserver plusieurs 
mois sans altération avant de servir à la sensibilisa- 
tion. 

Au moment de l'emploi on sensibilise dans un bain 
d'acétonitrate d'argent. 

Procédé Laborde. — Imaginé par l'abbé Laborde ce 
procédé a pour but de réunir les avantages des procédés 
Talbot et Blanquart Evrard, ce dernier donnant des noirs 
moins beaux que la Talbotypie. Laborde dissous de l'io- 
dure d'argent récemment précipité dans une solution de 
cyanure de potassium à 3 Yo, puis ajoute une solution 



78 HISTORIQUE 

d'iodure de potassium à 6 % ; il trempe son papier dans 
ce mélange, régoutte,le sèche partiellement sur du papier 
buvard, le sensibilise et s'en sert immédiatement. Pour 
développer il se sert d'acide gallique additionné de 
2 Vo d'acétate de chaux. 

Procédé Aiibrée et de Molard. — On immerge une 
minute la feuille de pajoier dans une solution aqueuse 
d'iodure d'ammonium à 4 Vo- Cette solution, d'après les 
auteurs, devant être jaune ambré contenait certainement 
de l'iode libre. Une fois sec le papier est passé dans, le 
bain suivant : 

Nitrate de zinc 8 grammes 

Nitrate d'argent ....... 16 » 

Acide acétique 8 » 

Eau distillée , . . 2 5o » 

On égouttela feuille et on l'essore légèrement dans du 
buvard puis on l'expose comme d'habitude, on déve- 
loppe avec : 

Solution saturée d'acide gallique. . 180 grammes 
Acétate d'ammoniaque liquide. . . G » 

Procédé ^Satton (i856). — On enduit im papier d'une 
solution d'iodure d'argent dissous dans l'iodure de potas- 
sium, on le plonge dans du chlorure de sodium à 3 % 
pendant 2 minutes, on sèche, on sensibilise au pinceau 
avec : 

Nitrate d'argent . 10 grammes 

Acide acétique (i » 

Eau distillée 100 » 

On laisse égoutter, on éponge au buvard, et après expo- 
sition on développe au pinceau à l'acide gallique. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 79 



(212.0) Procédés sur papier sec 

Papier Eiiergiatype Hiint (i846). — On imprègne un 
papier d'un mélange cle : 

Acide succi nique O^^^jSo 

Mucilage de gomme. ...... i gramme 

Eau . . , . o e 4 » 

Quand le papier est sec on le sensibilise au nitrate 
d'argent à 6 y^. on fait sécher, on expose à la chambre 
obscure de 2 à 8 minutes puis on passe à la surface du 
papier un mélange d'une solution de sulfate ferreux avec 
le double de son poids de mucilage de gomme. On voit 
se former une image négative fort jolie. Quand l'effet est 
obtenu, on lave pour enlever l'excès de sulfate de fer, on 
fixe par l'ammoniaque ou Fliyposulfite. 

Procédé Blanqiiart Evrard {i85o). — On recueille la 
partie claire du lait qu'on fait tourner ; on bat dans ce 
sérum un blanc d'œuf par 1/2 litre, on fait bouillir, on 
filtre et on dissout 5 y^ d'iodure de potassium. On choi- 
sit du papier très épais qu'on plonge entièrement dans ce 
mélange pendant 2 minutes et l'on sèche. 

On sensibilise dans : 

Nitrate d'argent . , i gramme 

Acide acétique cristallisable .... 2 » 

Eau distillée 10 » 

en déposant le papier à la surface du bain ; on sèche. 

Le papier s'emploie à sec, après l'exposition on le dé- 
pose à la surface d'une solution d'acide gallique saturée, 
l'image se forme peu à peu, quand elle est bien venue on 



8o HISTORIQUE 

lave à grande eau puis dans une solution de bromure de 
potassium à 5 Vo' V^^^ on lave de nouveau et on sèche. 

L'idée d'employer le sérum de lait appartient à Peu- 
vion-Collé de Lille. 

Procédé Pélegry (i8^g). — Une feuille de papier de 

Saxe mince est immergée pendant lo minutes dans un 

bain de : 

Sérum de lait clarifie 5oo cent, cubes 

Sucre de lait lo grammes 

Bromure de potassium .... 2 )i 

lodure de potassium 7 1/2 » 

On laisse sécher le papier qui se conserve plusieurs 
mois en bon état. On le sensibilise dans une solution 
de : 

Acide citrique o^^',io 

TSitrate d'argent 10 grammes 

Eau distillée 100 » 

On laisse dans ce bain pendant 10 minutes, on lave 
dans l'eau distillée par immersion dans deux cuvettes puis 
on plonge la feuille dans une solution de sel marin à i Yo- 
On lave ensuite à l'eau pure puis on passe dans un bain 
composé de la façon suivante : 

Solution aqueuse de dextrine à 5 ^/q. . . 3oo cent, cubes 
Solution aqueiise de tannin à 5 ^/q. . . . 3oô » 

Solution alcoolique d'acide gallique à 20 '^/q. i5 » 

Le papier après avoir été plongé 2 minutes dans ce bain 
gallique est eilfîn abandonné à la dessiccation. 

Après l'exposition on développe à l'acide pyrogallique 
ammoniacal. Une fois terminé le phototype négatif est 
rendu transparent en le plongeant dans un mélange de 
4 parties d'huile d'œillette pour une partie d'essence de 
térébenthine. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 8l 

Procédé Greenlaw (1882). — On se sert de papier Tûrner 
ou de papier de Saxe. On plonge chaque feuille pendant 
une heure dans un bain de : 

Bromure de potassium os^'jSo 

lodure de potassium i gramme 

Eau 20 cent, cubes 

Teinture d'iode quelques gouttes 

On sensibilise ensuite dans un bain de : 

Nitrate d'argent 5 granïmes 

Acide acétique 5 » 

Eau distillée 80 » 

On lave, on sèche rapidement et après exposition on 
développe avec une solution saturée d'acide gallique 
camphrée. 

Le procédé a été modifié pour pouvoir développer soit 
à l'acide pyrogallique ammoniacal, soit à l'oxalate de fer. 
On iodure alors à l'aide d'une solution contenant 
10 grammes de bromure contre 3 grammes d'iodure, plus 
quelques gouttes de teinture d'iode, on sensibilise dans le 
nitrate d'argent, on lave à l'eau distillée puis à l'eau con- 
tenant 2 Yo de sel marin, on termine par l'eau distillée et 
on fait sécher. 



(212.4) Procédés au papier ciré sec 

Dans le journal La Lumière, Fabre de Romans annonce 
qu'il a trouvé grand avantage a remplacer le verre par 
du papier ciré. 

Legray revendique aussitôt pour lui la priorité de cette 
idée qu'il a indiquée, dit-il, dans un pli cacheté remis à 
l'académie desSciences, il le publie immédiatement(i85o). 

5. 



82 HISTORIQUE. 

Le papier est placé dans une cuvette à plaque d'argent 
peu profonde dans laquelle on a fait fondre de la cire 
vierge blanche. Quand le papier est bien imbibé de cire, 
on le retire et on enlève l'excès de cire en mettant le 
papier ciré entre plusieurs doubles de papier buvard et 
passant sur le tout un fer chaud. Le papier est ensuite 
passé dans le bain iodurant : 

Fluorure de polasslura . . . . . o^%5o 

Gjanure de potassium o^'",8o 

lodure de potassium . . . ... . i5 grammes 

Colle de poisson ....... 7 » 

Sucre de lait . " . liô » 

Eau de riz i litre 

On laisse le papier dans ce bain une demi-heure en 
pleine lumière, on sensibilise ensuite dans l'obscurité 
avec la solution : 

Nitrate d'argent ....... 10 grammes 

Acide acétique 12 » 

Eau de riz i5o » 

On lave ensuite puis on sèche, ce papier se conserve 
plusieurs semaines dans l'obscurité. On développe à 
l'acide gallique, on fixe à l'hyposulfite. 

Procédé Stéphane Geoffray. — Il prépare une solu- 
tion de : 

Fluorure d'ammonium .... i gramme 

Bromure d'ammonium .... i » 

lodure d'ammonium . . . » . 20 » 

Alcool. . . i5o cent." cubes 

A cette solution il ajoute i gramme d'iodure d'argent 
préalablement dissous dans une solution concentrée de 
cyanure de potassium. 

Puis il verse 20 centimètres cubes du mélange ainsi 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 83 

préparé dans 200 centimètres cubes d'alcool saturé de 
céroléine. Il trempe les feuilles de papier pendant un 
quart d'heure dans cette mixture, laisse sécher, sensibilise 
comme Legray et développe à l'acide gallique additionné 
de 2 grammes d'alcool camphré par litre. 

Procédé Tillard (i854). — On dissout dans 600 centi- 
mètres cube§ d'essence de térébenthine. 2 grammes de 
camphre, 3 grammes d'iode, et 2 grammes et demi de 
cire. On verse ce liquide dans une cuvette, on trempe les 
feuilles de papier pendant 5 minutes et on sèche par 
suspension. On sensibilise comme dans le procédé Legray. 

Ce procédé donne des épreuves très fines. 

En i855, Tillard, suivant un conseil de Bayle-Mouillard, 
remplace la cire par l'huile de ricin. 

Procédé Gaillard {i855). — Il remplace l'essence, de 
térébenthine par de la benzine Collas. Le papier sèche 
beaucoup phis vite. 

Procédé de Caranza (i856). — L'auteur a imaginé 
un des procédés les plus pratiques pour cirer le papier. Il 
fait fondre la cire dans un vase très propre qu'il chauffe 
à feu nu, quand la cire est très chaude, à l'aide d'un 
large pinceau il couvre une feuille de papier des deux 
côtés. Il place cette feuille entre 10 autres, 5 au-dessus, 
5 au-dessous de papier non ciré, il recouvre le tout d'une 
feuille de papier ordinaire un peu fort puis passe un fer 
modérément chaud, il intervertit ensuite l'ordre des 
feuilles et finit par obtenir des papiers cirés très réguliè- 
rement. 

Procédé Civiale (i858). — Il prépare une solution 
iodurante avec 10 grammes de cire, 02 grammes d'iodure 
de potassium et i litre d'alcool fort. Le papier est 
immergé deux heures dans ce bain. 



84 HISTORIQUE 

Après séchage on sensibilise dans un bain de : 

Nitrate d'argent fondu 60 grammes 

rsitrate de zinc crlst 24 » 

Acide acétique 3o » 

Eau distillée i litre 

On lave, on fait sécher. 

Plus tard Giviale remplace la cire seule par un mélange 
de 4 parties de parafine pour i partie de cire. 

Ce procédé au papier ciré a permis à Giviale de ter- 
miner une grande œuvre : Le Panorama des Alpes. 

(212.0) Papier salé au chlorure d'argent 

Le plus ancien procédé est celui deTalbot qui, en i834, 
faisait des photocopies sur j)apier imprégné de chlorure 
de sodium (20 grains par once d'eau) passé ensuite dans 
une solution de nitrate d'argent à 90 grains par once 
d'eau. 

Taylor, en 1841, constata que la sensibilisation au 
nitrate d'argent ammoniacal donnait un papier s'impres- 
sionnant plus rapidement et Talbot adopta ce mode de 
sensibilisation. 

Procédé Monckhoven fi865). — Ce procédé au nitro- 
glucose peut être rapproché du papier salé au chlorure 
d'argent, il avait l'avantage sur le papier salé ordinaire 
de permettre d'arrêter l'insolation à un moment quel- 
conque pourvu que l'image fut légèrement visible. 

On préparait une solution de 5o grammes de nitro- 
giucose dans un litre d'alcool, la solution était abandonnée 
2 à 3 mois dans une étuve chauffée à 3o° jusqu'à ce 
qu'elle précipite abondamment par le nitrate d'argent. 



PROCÉDÉS ALX SELS MÉTALLIQUES 85 

Le papier esl alors immergé une - minute dans cette 
solution alcoolique, on le sèche par suspension, puis on 
l'immerge dans un bain renfermant pour un litre d'eau 
20 grammes de sel marin et 20 grammes de citrate de 
soude. On sensibilise dans un bain composé de : 

Acide citrique 4 grammes 

Nitrate d'argent 80 » 

Eau distillée 1000 » 

Ce papier n'a pas d'envers, il peut servir des deux côtés.* 
Il peut donner une image soit par noircissement direct, 
soit par développement à l'acide gallique. 

Procédé Lecson. — On prépare un bain de salage avec : 

Chlorure d'ammonium .... 7 grammes 

Gélatine . . ► 12 » 

Eau 1000 » 

On sensibilise sur nitrate d'argent à i5 ^/q. En ayant 
soin d'impressionner et de virer le papier dans les 
.48 heures de sa préparation on obtient des images posi- 
tives d'une belle coloration. 



(212.9) Autres procédés sur papier pur 

Procédé Fyfe {1839). — Il trempe son papier dans une 
solution ds phosphate de soude à 12 Yo P^iis clans un bain 
de nitrate d'argent à i5 ^/o ; il fixe ensuite dans l'ammo- 
niaque à 1 5 "^/q . 

Vérignon, en i84o, remarque que le bromure de potas- 
sium donnait un papier plus sensible que le papier pré- 
paré à l'aide du sel marin. Becquerel vérifia le fait et 
proposa de remplacer le chlorure de sodium par le bro- 
mure de potassium dans la formule de Talbot. 



36 HISTORIQUE 

(213) PROCÉDÉS A.UX SELS D'ARGENT AVEC COUCHE 
SENSIBILISÉE (AUTRE QUE LE COLLODION) 

(210.1) Procédés ayec couche d'xIlbumi^îe ou de géla- 
tine SEULE 

En i848, Niepce de Saint-Victor modifiait son procédé 
à l'amidon f 2i3.2) et se servait d'albumine d'œuf. Il sen- 
sibilisait en versant sur la plaque la solution d'acétoni- 
trate d'argent. 

Legray au lieu d'albumine simplement iodurée ajoute 
au blanc d'œuf le mélange des sels suivants : 

lodure de potassiam ...... 7 grammes 

Bromure de potassium 3 . » 

Chlorure de sodium i » 

Il chauffe la plaque pour coaguler l'albumine. 

De Brebisson ajoute un peu de Dextrine à l'albumine, 
puis avant de passer la glace à l'acétonitrate il J'expose à 
la vapeur d'iode. Enfm il ajoute de l'acétate de chaux au 
bain développateur d'acide gallique. 

Procédé Poitevin (1800). — On étend 20 centimètres 
cubes d'une solution de gélatine à 6 ^/o sur une plaque 
i3/i8. Après la prise, on plonge la plaque dans une solu- 
tion d'acétonitrate d'argent, ensuite on soumet aux 
vapeurs d'iode dans une boîte comme pour les épreuves 
claguerriennes, puis on expose (80 à 100'' pour un 
paysage, 2' poui^ un portrait). Après exposition on déve- 
loppe dans de l'acide gallique à un gramme par litre 
pendant une heure à une heure et demie, on lave et on 
laisse un quart d'heure dans l'hyposulfite à i °/o pour 
fixer. L'inconvénient de ce procédé c'est qu'au moment 
du fixage il y avait souvent décollement de la gélatine. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 07 

Procédé Hiimbert de Molard (i85o). — Il enduit une 
glace d'albumine pure et laisse sécher à plat ; il coagule 
par une immersion rapide dans un bain d'acide nitrique 
chimiquement pur à 7 où 8° puis passe immédiatement 
dans un bain ammoniacal pour neutraliser l'acide ; le 
tout en quelques secondes sans arrêt. On lave, on laisse 
sécher puis on enduit avec un pinceau d'une couche du 
mélange obtenu en dissolvant de l'oxyde d'argent récem- 
ment précipité dans une solution d'iodure de potassium 
concentrée. 

La plaque prend une belle couleur jaune d'or. Au 
moment d'opérer on sensibilise à l'acétonitrate d'argent 
Cjui peut être versé goutte à goutte ou passé au pinceau. 
Le même procédé peut s'employer sur papier. 

Procédé Baldiis (i852). — On fait fondre 10 grammes 
de gélatine blanche dans 5oo grammes d'eau distillée, on 
ajoute 5 grammes d'iodure de potassium et 25 grammes 
d'acétonitrate d'argent. On verse dans une cuvette chauffée 
au bain-marie, on immerge la feuille de t^apier à la sur- 
face du bain pendant 10 minutes, on fait sécher. Enfin 
on trempe dans une solution aqueuse d'iodure de potas- 
sium à I 7o. 

On sensibihse au moment de l'emploi et on obtient un 
négatif à la chambre noire. 

Procédé Blanqiiart Evrard pour Photocopies positives 
par développement. — Le papier est plongé quelques heures 
dans un bain de : 

lodure de potassium 10 grammes 

Bromure de potassium .... 2 i/a » 

Gélatine blanche 10 » 

Eau 1000 » 

Puis il est exposé aux vapeurs d'acide chlorhydrique, 



88 HISTORIQUE 

enfin on le fait flotter sur un bain de nitrate d'argent à 
7 °/o légèrement acididée. On expose à la lumière de 3 
à 20" puis on développe à l'acide gallique et on fixe à 
riiyposulfite. 

Procédé Hadow (i854) pour Phototypes négatifs. — 
Il prépare une dissolution de 26 grammes de belle géla- 
latine dans 56o centimètres cubes d'eau, il ajoute 
10 grammes d'iodure d'ammonium, étend ce mélange 
sur le A^erre, laisse séclier et sensibilise dans un bain de 
nitrate d'argent à 6 Y^- La glace exposée toute humide 
à la chambre noire était développée au sulfate ferreux 
additionné d'acide acétique. 

Procédé William Bell (1872). — On bat en neige 
60 grammes d'albumine avec trente grammes d'eau, on 
y ajoute [\o centigrammes de chlorure d'ammonium, 
on étend sur plaque et on laisse sécher. On sensibihse 
dans un bain alcoolique de nitrate d'argent ammoniacal ; 
on soumet encore la glace aux vapeurs ammoniacales 
après- sa dessiccation, enfin on l'insole derrière un négatif 
pour avoir une épreuve directe qu'on vire à l'or et qu'on 
fixe à l'hyposulfite. 

Procédé Ferrier (1878). — Comme le précédent, ce 
procédé s'emploie pour obtenir des diapositives. On bat 
en neige 5oo centimètres cubes d'albumine, on y ajoute 
5 grammes d'iodure de potassium et o"%25 de sublimé 
corrosif puis on abandonne au repos pendant 24 heures. 
Après ce temps on fdtre et on recouvre la glace avec ce 
mélange ; on sèche et on sensibilise en immergeant une 
minute dans le bain suivant : 

Nitrate d'argent 10 grammes 

Acide acétique 10 » 

Eau distillée ........ 100 » 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 89 

On lave, on sèche et on expose derrière un négatif 
quelques secondes à la lumière du jour. On développe à 
l'acide gallique. 



(210.2) Procédés aux sels d'argext saxs albumixe 
xi gélatixe 

Procédé Niepce de Saint-Victor (18^7 • -- — Il mélange 
de l'amidon à une solution iodurée, fait bouillir pour 
transformer l'amidon en empois puis il coule sur une 
plaque de verre. Quand la couche est bien sèche il 
applique sur elle un papier imbibé d'acéto -nitrate d'argent 
pour sensibiliser. Il développe dans l'acide gallique et fixe 
au bromure de potassium. 

Procédé Monckhoveii (1809). — On dissout de l'oxyde 
de cuivre dans l'ammoniaque où l'on fabrique l'ammo- 
niure de cuivre par l'action de l'ammoniaque sur de la 
tournure de cuivre. Dans cette liqueur bleu foncé on 
fait dissoudre 10 grammes d'iodure de potassium et 
10 grammes de coton-poudre. La solution visqueuse 
obtenue est étendue sur des glaces comme du collodion ; 
on a une couche transparente qui se colore en rouge en 
séchant. On la plonge clans un bain de nitrate d'argent 
acidulé par l'acide nitrique. On continue ensuite les opé- 
rations comme dans les procédés au collodion. 

Procédé Garneri (186 1). — Oji verse de l'acide hydro- 
fluosilicique dans du silicate de potasse jusqu'à neutra- 
lisation complète de la potasse, on ajoute de l'iodurc de 
potassiiuii et on verse sur la glace comme du collodion. 
Quand la couche est en gelée ferme on sensibilise, on 
expose et on révèle comme à l'ordinaire. 



90 HISTORIQUE 

Procédé DlIss et Cîe. — Cette maison a breveté e-n 
1901 un procédé clans lequel on précipite de la caséine 
sur un support. Cette couche est ensuite sensibilisée. 

(21 3. 3) Procédés avec albumine ou gélatoe avec 

ADDITION 

Procédé Hiimbert de Molard. — Dans une note 
adressée le 12 août i85o à l'Académie des Sciences, cet 
auteur conseille d'ajouter à l'albumine une substance 
accélératrice telle que : sirop de cassonnade, miel brut, 
mélasse, sucre de lait, sérum de lait, mucilage de coings ou 
de graine de lin, etc. Quelques jours après la publication 
de cette note, Niepce de Saint- Victor réclame la priorité 
de l'idée d'un accélérateur, car il a remis, le 3o mai j^récé- 
dent, un pli cacheté dans lequel il conseille d'ajouter 2 à 
3 grammes de miel par chaque blanc d'œuf. 



(21 3.4) Procédés a l'albumine ou gélatine sur 

COLLODION 



Procédé Gaiimé i856). — On étend sur une glace une 
couche de collodion préparé avec un gramme de coton- 
poudre, 4o centimètres cubes d'alcool et 160 centimètres 
cubes d'éther. Quand la couche a fait prise on l'immerge 
dans l'eau pour dissoudre les dernières traces d'alcool, 
on éeroutte, on laisse sécher et on recouvre avec un mé- 



'O' 



lange de 



Albumine i3o cent, cubes 

lodure d'ammonium i gramme 

lodure de potassium i » 



PROCEDES AUX SELS MÉTALLIQUES Qï 

battu en neige avec un agitateur en bois. On fait coagu- 
ler l'albumine au-dessus d'une plaque de fonte chauffée, 
puis on plonge pendant quelques secondes dans un 
bain de : 

Nitrate d'argent lO grammes 

Acide acétique 5 » 

Eau distillée ........ loo » 

Il faut que l'immersion soit faite sans temps d'arrêt et 
elle ne doit pas être prolongée plus de lo à 12 secondes. 
On laisse égoutler, on lave à l'eau distillée et l'on fait 
sécher. 

Le développement s'effectue avec Lme dissolution 
d'acide gallique à .3 Yq» on agite pendant 10 minutes, 
puis on ajoute une goutte de bain d'argent et on fait ve- 
nir l'image qui peut exiger quinze heures pour être ter- 
minée. On fixe à l'hyposullite. 

Procédé Bayard. — Il est en quelque sorte calqué sur 
celui de Gaumé. La glace recouverte de collodion est 
plongée dans un bain contenant : 

Gélatine blanche 2 5 grammes 

lodure de potassium 12 » 

Bromure de potassium 3 » 

Eau 1000 » 

On laisse la glace faire prise, puis on l'immerge dans 
un bain d'argent et on termine comme dans le procédé 
Gaumé. 

Procédé Cloiizard(iS']o). — Il emploie un collodion très 
léger. La solution d'albumine iodurante se prépare en fai- 
sant dissoudre dans 4o centimètre cubes d'eau, 2 grammes 
et demi de gomme arabique en poudre, un gramme de sucre 



92 HISTORIQUE 

de lait, 3 grammes d'iodure d'ammonium, i gramme de 
bromure d'ammonium et loo centimètres cubes d'albu- 
mine additionnée de quelques gouttes d'acide acétique. 
La dissolution filtrée est étendue sur glace, on sèche à la 
température ordinaire. En cet état la glace se conserve 
quelque temps. Au moment de l'emploi on la soumet à 
la vapeur d'iode pendant 3o secondes, on sensibilise dans 
un bain d'argent à lo Yq, on lave et on sèche. On déve- 
loppe avec la formule Coventry (acide pyrogallique et 
carbonate en deux bains). On renforce s'il en est besoin 
et enfin on fixe à l'hyposulfite. 

Procédé Carhiitt (-1873). — On bat en neige 2^0 cen- 
timètres cubes d'albumine avec 24 gouttes d'acide acé- 
tique et 3o grammes d'eau. Cela fait^ on étend de 16 vo- 
lumes d'eau et on recouvre la plaque de ce liquide. On 
sèche, on collodionne avec du collodion ioduré puis on 
trempe dans un mélange de : 

Chlorure cl ammonium 2 grammes 

Bromure d'ammonium 4 » 

lodure d'ammonium 16 » 

Sucre 6 » 

Albumine 960 » 

Eau . 60 » 

On sèche, on sensibilise dans un bain d'argent acidifié 
par l'acide acétique, on lave puis on immerge dans un 
bain de chlorure d'ammonium à 2 Y^, ensuite dans un 
bain d'acide gailique à 6 grammes par litre et enfin on 
sèche dans l'obscurité. Après l'exposition au châssis 
presse on développe à l'acide pyrogallique. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 9 3 

(21 3. 5) Procédé sur chlorure d'argext sur papier 

ALBUMOÉ 

Le procédé au chlorure d'argent sur papier albuminé 
a été le plus universellement emplo^^é pendant longtemps 
et n'a été détrôné que par le papier au citrate d'argent. 
Voici la formule recommandée par Fabre dans son ency- 
clopédie : On fait dissoudre i5 à 20 grammes de sel 
marin dans 200 centimètres cubes d'eau, on ajoute à ce 
liquide 800 centimètres cubes d'albumine d'œuf, on bat 
le tout en neige et on laisse déposer 12 heures, puis on 
\erse dans une cuvette à fond plat et on laisse flotter à la 
surface le papier pendant 5 minutes. On sèche le papier 
albimiiné puis on le sensibilise sur un bain de nitrate 
d'argent contenant 8 à 12 y^ de nitrate additionné d'un 
pende bicarbonate de soude pour neutraliser l'acidité du 
nitrate. 

Ce papier devient jaune quand il est conservé quelques 
mois. 

Quiet, en 1892, a trouvé que la solution de Farmer 
employée pour l'affaiblissement des négatifs permer de 
ramener au blanc les épreuves tirées sur ce papier ; il fant 
seulement imprimer très vigoureusement, car l'épreuve 
s'alTaiblit en blanchissant. 



(213.6) Procédés au chlorure d'afigent sur papier 
encollé îson albuminé 

Procédé Lecjvay 1849). — ^^ prépare un bain iodu- 
rant à la colle de poisson. Il dissolvait l'icblhyocoUe à la 



q/j HISTORIQUE 

dose de 2 grammes et demi pour 100 centimètres cubes 
d'eau ; il ajoutait 2 grammes de sel marin, 4 grammes 
de bromure de potassium et 33 grammes d'iodure de po- 
tassium. Le papier était immergé un quart d'heure dans 
ce bain. 

Procédé Bertrand (i863). — On prépare une solu- 
tion de : 

Chlorure de cadmium .... 5 grammes 

Benjoin de Siam 10 )> 

Alcool fort . 100 cent, cubes 

On applique à la surface du papier ;, on fait sécher puis 
on frotte avec un tampon de flanelle pour donner du 
brillant, ensuite on sensibilise et on emploie comme 
pour papier albuminé. 

Procédé Glover (i863). — On prépare le papier en le 
faisant flotter pendant cinq minutes sur un bain de : 

Oliban 18 grammes 

Mastic 4 » 

Chlorure de zinc 20 » 

Ether. .......... loo cent, cubes 

Alcool ......... /|00 » 

Procédé Cooper (i88/i). Il fait dissoudre : 

Oliban iQ grammes 

Mastic 8 » 

Chorure de calcium 10 » 

Alcool ^8o cent, cubes 

Avec ces trois formules^ le papier, après dessiccation, 
était sensibilisé sur un bain de nitrate d'argent à 12 7o tle 
nitrate. 

Taylor, en i88/i, a imaginé un procédé à la gomme- 
laque. Pour obtenir des tons sépia, on emploie 4 grammes 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 95 

borax, 6 grammes gomme-laque que Ton fait dissoudre 
à chaud dans loo centimètres cubes d'eau ; on filtre et 
on lave avec chlorure de sodium. On sensibilise ensuite 
sur bain d'argent à ï5 % pendant 3 à 4 minutes. 

Pour les tons noirs on remplace le borax par du phos- 
phate de soude. 

Mercier a modifié le procédé. Il emploi comme encollage 
un bain de : 

Gomme-laque Manche. .... o»'',5o 

Phosphate de soucie ..... lo grammes 

Eau . o . . looo grammes 

Le papier est sensibilisé sur un bain contenant : 

Nitrate d'argent i20 grammes 

Acide borique lo » 

Chlorate de soude 20 » 

Eau distillée lOOO » 

Ce papier s'impressionne très rapidement et les épreuves 
prennent un ton noir dès leur immersion dans le bain de 
fixage. 

(21 4) Procédés au collodion 

Le procédé Talbot même modifié par Niepce n'avait 
pas détrôné le Daguerréotype, on cherchait un corps pou- 
vant remplacer l'albumine trop facilement décomposable. 
La découverte du coton-poudre par Schonbein et Bottcher 
conduisit à la préparation du collodion i^dissolution du 
coton-poudre dans un mélange d'alcool et d'éther) et 
donna à plusieurs expérimentateurs l'idée d'employer ce 
collodion en place d'albumine. De là une série de pro- 
cédés que nous allons décrire. 



q6 historique 

(2i/i-i) Procédés au collodion humide 

La découverte du coton-poudre avait eu lieu en 1847, 
deux ans après Legray conseillait l'emploi du collodion 
iodocyanuré. 

En i85i, Archer publia en Angleterre la description 
complète d'un procédé négatif au collodion. Ce procédé 
consistait à recouvrir une glace avec du collodion ioduré 
qu'on passait ensuite danS- une solution de nitrate d'ar- 
gent qui formait une couche sensible à la lumière. Après 
exposition on développait avec l'acide gallique ou mieux 
l'acide pyrogallique dont l'action est plus active. 

En mars 1802, Blnghani revendique la priorité de 
l'emploi du collodion, disant qu'il s'en sert depuis jan- 
vier i85i. 

En i852, Thornihwaite montra le premier que par 
l'emploi du collodion on pouvait obtenir à la chambre 
noire des images positives d'une grande beauté. Il déve- 
loppait à l'acide pyrogallique iaible, vernissait l'image 
sur verre et recouvrait en dessous d'un vernis noir du 
Japon. 

Sous le nom de Mélanotypie ce même procédé fut en 
vogue en Amérique, on remplaçait le verre par une plaque 
de fer mince et léger enduit d'un vernis noir et brillant. 
C'était en somme un négatif qui, vu sur fond noir, prenait 
l'aspect d'un positif. 

Monckhoven, en 1808, reprend encore ce procédé sous 
un nouveau nom, celui de Ferrotypie. Il vernissait les 
deux côtés d'une plaque de fer mince d'abord à la gomme- 
laque puis avec un vernis au bitume de Judée. Il collo- 
dionnait, exposait humide, puis développait au fer et 



PROCÉDÉS AUX SELS iMÉTALLIQUES 97 

fixait au cyanure de potassium pour avoir des images très 
brillantes. 

Procédé Poitevin (iSôg). — Cet auteur obtient à la 
chambre noire un positif direct. Voici comment il pro- 
cède : il prépare sa glace avec un collodion peu ioduré, 
sensibilise par le nitrate d'argent, lave et l'expose quelques 
secondes à la lumière directe ; il la conserve en cet état 
dans Tobscurité pour l'emploi. x\u moment de s'en servir 
il mouille la glace et la recouvre d'une solution aqueuse 
d'iodure de potassium à 4 Vo ^^^^ exempte d'iode libre. 
Il met aussitôt la glace dans le châssis et l'expose dans 
les quelques heures qui suivent pendant un temps 3 fois 
plus grand que pour un négatif. Après l'exposition il lave, 
plonge dans un bain de nitrate d'argent à 2 grammes et 
demi ^/q, puis traite par l'acide pyrogallique additionné 
d'acide lactique ; il fixe enfin à l'hyposulfîte. 

Procédé Sutton (1869). — Il recouvrait la glace d'un 
collodion à 2 Yq de bromure, sensibilisait au nitrate 
d'argent à i5 ^/q, lavait et recouvrait d'une solution con- 
tenant I gramme gélatine Nelson, i gramme carbonate 
de soude pour 100 grammes d'eau. 



(21 4- 2) Procédés au collodion maintenu huaude 

Pour pouvoir préparer les plaques au collodion quelque 
temps à l'avance, on chercha des corps maintenant la 
couche humide. 

Schadbolt proposa le sirop de miel. Mansell s'empara 
de l'idée et donna la formule suivante : on plongo la 
glace collodionnée et sensibilisée pendant une ou deux 
minutes dans une cuvette verticale contenant de l'eau dis- 



q8 historique 

tillée, puis on verse sur la glace une solution de miel dans 
l'eau à parties égales. La glace peut rester humide et 
bonne pendant un mois à six semaines. 

Maxwell Lyte emploie comme sirop préservateur une 
solution de : 

Eau 3oo grammes 

Gomme arabique 5o » 

Alcool 5o » 

Miel 5 » 

qu'il étend de deux fois son poids d'eau au moment de 
l'emploi. • 

Llewelyn et après lui PoUock ont employé la glycérine 
mélangée au collodion à la dose de 20 gouttes pour 
100 centimètres cubes de liquide ; au bain sensibilisateur 
ils ajoutaient i/5 de glycérine. 

Bayard et Fierlants conseillent comme préservateur le 
sucre. 

Enfm, pour des poses d'atelier très longues, Harrisson, 
en 1867, emploie à la fois le miel et la glycérine. Il sensi- 
bilise la glace coUodionnée dans un bain d'argent à 8 Y^ 
bien neutre. 

Au sortir du bain il recouvre la glace à deux reprises 
avec : 

Glycérine 65o grammes 

Eau 100 » 

Miel. 65g )> 

Kaolin 90 » 

Bain d'argent neutre 35o » 

On expose à la lumière le liquide bleu formé par ce 
mélange, il se fait un précipité noirâtre surmonté d'un 
liquide clair ; c'est ce liquide clair qui constitue le pré- 
servateur. On expose à la chambre noire pendant plu- 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 99 

sieurs heures, on développe au sulfate de fer ou à l'acide 
pyrogallique. 



(214.3) Procédés au collodio_\ sec et aux résines 

Robiqiiet et Diiboscq ont proposé un coUodion à 
l'ambre. 

On mélange : 

Coton poudre 6 grammes 

Alcool 80 » 

Ether . 100 » 

lodure d'ammonium 4 » 

Vernis à l'ambre. ...... 25 » 

Le vernis est préparé en dissolvant [\o grammes 
d'ambre jaune dans 3oo grammes d'un mélange à poids 
égaux de chloroforme et d'éther. On sensibilise dans : 
nitrate d'argent, lo grammes, plus acide acétique, 
10 grammes, dissous dans loo centimètres cubes d'eau 
distillée. 

Peschard ajoute à un kilo de collodion iodobromuré 
3 G gouttes de solution alcoolique de Baume du Pérou au 
tiers. 

Procédé Despralz. — Il dissout dans 200 grammes de 
collodion i gramme de résine en poudre, il étend ce 
collodion sur glace, la sensibilise comme d'ordinaire 
mais au sortir du bain d'argent il lave la glace à l'eau 
distillée, la pose pour sécher et s'en sert à l'état sec mais 
plusieurs jours après sa préparation. 



lOO HISTORIQUE 



(21 4- 4) Procédés au gollodion sec avec préservateur 

Humbert de Molard a conseillé l'emploi d'un mucilage 
de graine de lin préparé avec : 

Eau distillée . 200 grammes 

Acide acétique 3o » 

Graine de lin , 20 « ' 

On filtrait après une macération de 12 heures. La 
glace au sortir du bain d'argent est lavée avec soin puis 
recouverte du mucilage à plusieurs reprises. La sensibi- 
lité se conserve huit jours. 

Kaiser préconise le procédé suivant : la glace en sor- 
tant du bain d'argent est lavée à l'eau puis recouverte du 
mélange suivant : 

Alcool absolu 100 grammes 

Ether acétique 2 » 

Camphre . . . o=s5o 

D'autres substances ont été conseillées comme préser- 
vateur, ce sont : le lait (Legray), la bière (Glifford et 
ïaylor), la glycyrrhizine (Duchochois), la gomme ara- 
bique (Paterson), la teinture de curcuma (Sandero), la 
teinture de cachou (Craig), les sels de morphine (Bartho- 
lomew), etc. 

En 1861 Russe l m\enie le procédé au tannin. Il pré- 
pare d'abord une solution de : 

Gélatine . 5 grammes 

Acide acétique i » 

Eau. 5oo » 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES lOI 

Il mélange cette solution gélatineuse avec une solution 
ioclo-iodurante composée de : 

Bromure de cadmium .... oe^'^,25 

lodure de cadmium i gramme 

Iode quelques paillettes 

Alcool ......... 3o cent, cubes 

11 couvre la glace avec ce mélange puis il collodionne, 
sensibilise et lave comme dans le procédé sec, enfin il re- 
couvre avec une solution de : 

Tannin 5 grammes 

Alcool 5 » 

Eau distillée ........ loo » 

et laisse sécher. Il développe avec acide pyrogallique en 
solution alcoolique additionnée de nitrate d'argent. 

En 1862 Anthony reconnaît l'effet favorable des fumi- 
gations ammoniacales avant ou après l'exposition sur les 
glaces préparées au tanin. 

Enfin, d'après Schadbold, l'addition du chloroforme 
donnerait plus de finesse à l'image. 



(2i4-5) Procédés au collodion albuminé 

Procédé Taiipenot (i855). — On collodionne la 
glace, on la sensibilise au nitrate d'argent, on la lave 
soigneusement puis on procède à l'albuminage. On prend 
des blancs d'œufs et on y ajoute pour 100 centimètres 
cubes : 10 grammes d'ammoniaque concentrée, i gramme 
iodure de potassium et i gramme bromure de potassium ; 
on filtre et on se sert de ce liquide pour albuminer. Ces 



I02 HISTORIQUE 

glaces se conservent très bien, on les sensibilise quelques 
jours avant de s'en servir dans un bain de : 

Nitrate d'argent lO grammes 

Nitrate de soude lo » 

Acide acétique lO » 

Eau distillée loo » 

par une immersion de 20 secondes. On développe comme 
pour le papier ciré, c'est-à-dire très lentement. Certains 
clichés, d'après Taupenot, demandent quatre jours d'im- 
mersion dans le révélateur. 

Procédé Fothergîll. — On lave très sommairement le 
cliché au sortir du bain argentique puis on le recouvre 
d'albumine qui se combine avec les traces de nitrate 
d'argent non enlevé par le lavage sommaire. On enlève 
l'excès d'albumine par un lavage, enfin on développe 
comme dans le procédé au tannin. 

Pestchler et Mann se servent d'albumine chlorurée et 
sèchent la glace devant le feu. 

Procédé Belbèze (1869). — Il prépare sa glace comme 
Taupenot et après sensibilisation la recouvre d'un préser-x 
vateur préparé avec un demi-litre d'eau bouillante, 
20 grammes de thé, 25 grammes de sucre et 26 grammes 
d'alcool. 

Procédé Magny (1871). — Il se sert d'un coUodion 
renfermant parties égales d'iodure et de bromure de po- 
tassium, emploie l'albumine de la même manière cjue 
Taupenot puis, après le lavage qui suit la sensibilisation, 
il préserve la couche humide à l'aide d'une solution de 
100 centimètres cubes d'eau, i gramme de gomme, 
I gramme d'acide gallique. 11 commence le développe- 
ment avec acide pyrogallique et termine avec nitrate 
d'argent et acide pyrogallique. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 100 



(21 4 -6) Procédés au collodton bromure 

SiUton, en 1802, se servait d'un coUodion très riche en 
bromure qu'il sensibilisait puis recouvrait d'une solulion 
de gomme à_5 °/o. Il développait avec acide pyrogallique 
et nitrate d'argent. 

En 1867, le major i?i(55e/ modifia son procédé au tannin 
iodo-bromuré, ayant constaté que l'on pouvait diminuer 
le temps de 'pose en employant un collodion contenant 
simplement du bromure au lieu de contenir des iodures. 
On se sert d'un révélateur alcalin pour faire apparaître 
l'image. 

Procédé Chardon (1872). — On prépare un collodion 
avec : 

Acide bromhydrique i gramme 

Colon poudre 3s'",'y5 

Bromure de potassium .... 12 grammes 

Alcool . 100 cent, cubes 

Ether. . . . . . . . . . 200 » 

La glace collodionnée est plongée dans un bain d'ar- 
gent à i5 °/o contenant 3 grammes d'acide nitrique par 
litre et TO grammes de nitrate d'urane. Au sortir du bain 
la plaque est lavée puis passée au préservateur. Celui-ci 
est préparé en dissolvant 10 grammes de tannin dans 
25o centimètres cubes d'eau, ajoutant 5 gouttes d'acide 
nitrique puis mélangeant avec une dissolution de 
5 grammes de gomme, i gramme d'acide gallique dans 
25o grammes d'eau. On développe avec un révélateur 
alcalin. 



I04 HISTORIQUE 

Procédé Regnaalt (1870). — '■ On prépare un coUoclion 
avec : 

Coton poudre ii grammes 

Bromure de cadmium i5 » 

Alcool 3oo cent, cubes 

Ether 3oo » 

Vernis au copal 4o » 

Ce dernier s'obtient en dissolvant i gramme de copal 
dans un mélange de 90 centimètres cubes d'éther et de 
45 centimètres cubes d'alcool. 

La plaque collodionnée est immergée longtemps dans 
un bain de nitrate d'argent à i5 ^o» on lave puis on plonge 
dans un préservateur au tannin a 3 7o contenant une petite 
quantité de gélatine dissoute. 

Procédé David (iSgS). — Pour augmenter la sensibilité 
des plaques au collodion bromure, David prépare un 
coUodion contenant 18 grammes de nitrate d'argent et 
8 grammes de coton poudre par litre ; il l'étenden couche 
épaisse (25 centimètres cubes pour une plaque 18/24). 
Quand la couche a fait prise il plonge dans un bain de : 

lodure de potassium. ..... o^',oi 

Bromure de potassium ..... 100 grammes 

Gélatine . 2 » 

Eau. .' 1000 » 

On laisse immergé jusqu'à ce que la plaque soit com- 
plètement opaque, puis on fait séjourner la plaque dans 
un bain de 18 à 25 grammes de bromure de potassium, 
I gramme de gélatine pour un litre d'eau pendant deux 
heures à la température de 70'' ou une heure à la tempe- 
ture de 9o^ 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES Io5 

Procédé Morris (iSg/i)- — Cet auteur utilise un procédé 

voisin du précédent. Il fait un collodion avec : 

Coton poudre lo grammes 

Alcool 5oo cent, cubes 

Ether 5oo » 

qu'il additionne de 5ô grammes de nitrate d'argent dis- 
sous préalablement dans 20 centimètres cubes d'eau 
chaude. 

Après dissolution on étend ce collodion sur glace et 
quand la couche a fait prise on plonge la plaque dans un 
bain de : 

Ether 20 cent, cubes 

. Alcool 5oo ■ » 

Eau 5oo » 

Bromure de potassium .... i5o à 200 grammes 

Ce bain est maintenu à 25", le bromure d'argent se 
modifie et acquiert une grande sensibilité ; on lave 
ensuite la glace puis on la soumet successivement à l'ac- 
tion d'une solution alcaline faible contenant un gramme 
de potasse par litre, puis à une solution de gélatine a 
4 pour mille. Après ce second bain on plonge dans une 
solution très faible d'iodure de potassium à 2 grammes 
pour 10 litres. On lave et l'on fait sécher. 



# 



214.7) Collodion argentique 



Procédé de Monckhoven (187 1). — Cet auteur préparait 

un collodion contenant : 

Coton poudre 10 grammes 

ÎNitrate d'argent ...... 10 » 

Alcool 000 cent, cubes 

Ether . 5oo » 

Acide nitrique 5 gouttes 



I06 HISTORIQUE 

Il étend ce collodion sur des glaces recouvertes au préa- 
lable de gélatine, puis il les plonge dans un bain de 
bromure de potassium à 4 y^. Les glaces bien lavées sont 
ensuite immergées dans une solution : 

Tannin 3o grammes 

Alcool 5o cent, cubes 

Eau 2 litre 

Moncklioven écrivait le 6 mai 1871 : Le procédé au 
bromure d'argent semble être le procédé de l'avenir parce 
que l'on peut surexposer sans craindre la solarisation et 
que les épreuves obtenues sont aussi belles que celles que 
donne le collodion humide. 



(215) PROCÉDÉS PAR ÉMULSION 



(2 i5.i) Procédés AU collodiobromure d'arge>t 

Gaudin qui cherchait depuis i853 un collodion sen- 
sible qu'on n'aurait qu'à verser sur la plaque fit connaître 
en 1861, sous la dénomination de Photogène, un liquide 
qui étendu sur une plaque donnait une couche ayant la 
sensibilité du collodion humide. Ce liquide tenait en sus- 
pension de l'iodure d'argent à l'état de division très sen- 
sible à la lumière, c'était la première émulsion argen- 
tique. ' 

En 1864, Sayceet Bolton décrivent sous le nom de pro- 
cédé photogénique sans bain d'argent, le premier procédé 
d'émulsion réellement pratique. L'année suivante, Sayce a 
l'idée de préparer le bromure d'argent par double dé- 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES IO7 

composition et de rémulsionner après lavage avec du 

collodion. 

En 1872, C/ia/Y/o/2 prépare^ deux collodions, le premier 

avec : 

Coton poudre . .- . . . . . i&'",5o 

Bromure de cadmium 2S'^,do 

Bromure d'uranium 2^'',5o 

A.lcool 4o cent, cubes 

Ether 5o » 

le second selon la formule : 

Coton poudre. ....... i^^'jSo 

Nitrate d'argent . 0"'',3o 

Alcool ethéré 100 grammes 

Il mélange ces deux collodions et obtient une sorte 
d'émulsion qu'il étend sur verre. Il plonge ensuite la 
plaque collodionnée dans un bain d'argent contenant 
i5 grammes de nitrate et 6 gouttes d'acide nitrique. On 
lave soigneusement et on laisse sécher. La pose est trois 
fois plus longue qu'avec le collodion humide. 

A^ei^/o/i découvrit, en 187/i, qu'on peut augmenter la 
sensibilité de l'émulsion en laissant mûrir le bromure 
d'argent en présence d'un excès de nitrate d'argent que 
l'on enlève avant précipitation à l'aide d'un excès de 
chlorure de calcium ou de chlorure de cobalt. 

Procédé Carey-Lea (1875). — On prépare son collo- 
dion avec : 

Coton poudre 2 grammes 

Bromure de cadmium .... 2 » 

Bromure d'ammonium .... o&'^jôo 

lodure d'ammonium o^'^,4o 

Chlorure de cobalt o°',4o 

Alcool 5o cent, cubes 

Ether 5o » 

Teinture d'iode quelques gouttes 



108 HISTORIQUE 

On verse ce collodion dans une cuvette, quand il a fait 
prise on verse un bain d'argent formé de lo grammes 
de nitrate d'argent, I gramme de nitrate de potasse et 
loo centimètres cubes d'eau. On divise le collodion en 
agitant avec une baguette de verre, on verse dans un 
filtre, on égoutte, on lave à l'eau puis à l'acide acétique, 
on ajoute un liquide préservateur albuminogallique, on 
rejette ce liquide, on lave encore l'émulsion, on sèche et 
l'on obtient finalement une pellicule qu'on redissout dans 
le mélange éthéroalcoolique. 

Procédé Warnecke (1877). — On prépare un collodion 
argentique : 

Coton poudre. ....... 12 grammes 

Alcool-ether 200 cent, cubes 

Nitrate d'argent (dissous dans un peu 

d'eau) 21 grammes 

d'autre part on dissout dans quantité suffisante d'alcool 
12 grammes de bromure de zinc puis on ajoute 5 centi- 
mètres cubes d'eau Régale ; on émulsionne le collodion ar- 
gentique avec la solution de bromure de zinc, on lave, on 
sèche et on redissout dans un mélange d'alcool etd'éther. 
On peut employer les plaques soit sèches, soii humides. 
On développe à l'acide pyrogallique avec carbonate 
d'ammoniaque. 

Procédé Chardon (1877). — Ce procédé obtint le 
prix fondé en 1875 parla Société française de Photographie 
pour récompenser le procédé pratique au collodion sec 
dispensant de la tente et du bain d'argent dont les excur- 
sionnistes devaient se munir à cette époque pour chaque 
promenade. 



PROCÈDES AUX SELS MÉTALLIQUES lOQ 

Chardon prépare d'abord un mélange qu'il appelle bro- 
mure composé : 

Bromure de cadmium i3o'',6o 

Bromure d'ammonium 9^'j70 

Bromure de zinc anhydre 28^?', 60 

puis il prépare deux collodions : 

Collodion I 

Coton poudre ....... 6 grammes 

Bromure composé 12 » 

Alcool 200 cent, cubes 

Ether. . . /joo » 

Collodion II 

Coton poudre 24 grammes 

(Le reste comme I). 

Il mélange 60 volumes du premier pour 4o volumes du 
second. 

D'autre part, il prend 3 ^%ib de nitrate d'argent fondu 
finement pulvérisé, les dissout à chaud dans quelques 
gouttes d'eau distillée puis ajoute 25 centimètres cubes 
d'alcool, verse dans le collodion bromure par petites par- 
ties en agitant chaque fois ; il rince ensuite le ballon de 
verre dans lequel il à fait sa solution d'argent avec 10 cen- 
timètres cubes d'alcool qu'il ajoute au collodion. Au 
bout de 36 heures on se débarrasse de l'excès de nitrate 
d'argent par addition d'une quantité convenable de collo- 
dion au chlorure de cobalt, on précipite alors par l'eau 
en versant par petits filets dans une cuvette pleine d'eau. 
On lave le précipité, on le sèche à l'abri de la lumière et 
on le conserve en flacons fermés. 

Pour redissoudre l'émulsion on pèse /j grammes de 
poudre sèche, on les fait tremper dans 5o centimètres 

La Photographie. 7 



IIO HISTORIQUE 

cubes d'alcool contenant o s%20 quinine précipitée et on 
ajoute 5o centimètres cubes d'éther ; on laisse quelques 
heures et on filtre sur une touffe de coton. Les plaques 
recouvertes de cette émulsion demandent un temps de 
pose 4 fois plus long que les plaques au collodion humide. 
Pour éviter le Halo qui est un inconvénient de ce procédé, 
on badigeonne le dos de la plaque avec de la terre de 
sienne. On développe à l'acide pyrogallique et au carbo- 
nate d'ammoniaque. 

Procédé Abney (1877). — On fait dissoudre : 

Coton poudre 16 grammes 

Alcool 240 cent, cubes 

Ether 36o 

Pour chaque 2/10 grammes de collodion on ajoute 
10 grammes de bromure de zinc et 7 gouttes d'acide ni- 
trique, puis os%5o d'albumine desséchée dissoute dans 
un peu d'eau additionnée d'ammoniaque pour aider la 
dissolution. 

On sensibilise par le nitrate d'argent en excès 
(18 grammes) de façon à avoir i gramme de nitrate d'ar- 
gent libre par 24o d'émulsion. On verse dans une cuvette 
de verre, on lave pendant deux heures, on éponge la 
pellicule entre plusieurs doubles de papier puis on la fait 
sécher dans une étuve à eau. Pour l'emploi, on prend 
8 grammes de pellicule pour 5oo centimètres cubes de 
dissolvant. 

Procédé Bardy (1879). — Modification du procédé 
Chardon par la substitution de l'acétone au mélange 
éthéroalcoolique. Le précipité obtenu dans ce cas est plu^s 
pulvérulent et plus facile à laver. 

Procédé Eder et Jonas (1891). — On prépare un collo- 



PROCEDES AUX SELS METALLIQUES I I I 

clion extrêmement sensible grâce à l'addition de certaines 
matières colorantes. Ce collodion renferme : 

Coton poudre 4o grammes 

Bromure d'ammonium .... 28 )) 

Eau (pour bromure) ...*.. 35 » 

Alcool 600 cent, cubes 

Ether 4oo » 

Pour sensibiliser, on prépare une solution de 
35 grammes de nitrate d'argent dans 20 grammes d'eau 
distillée chaude, on ajoute petit à petit de l'ammoniaque 
jusqu'à dissolution du précipité puis, quand tout est dis- 
sous, 35o centimètres cubes d'alcool. On verse cette so- 
lution argentique, dans le laboratoire obscur, dans le 
collodion on agite fortement, on précipite par l'eau, on 
lave, on presse et on sèche entre des buvards. Pour em- 
ployer l'émulsion, on pèse 60 grammes de précipité sec, 
on laisse tremper dans 4oo centimètres cubes d'alcool, 
on ajoute 600 centimètres cubes d'éther, puis on addi- 
tionne soit de cyanine, soit d'éosinate d'argent, soit de 
picrate d'ammoniaque. On développe à l'acide pyro- 
gallique. 



(215.2) Procédés au gêlatoobroml'Re d'argent 

l^a première émulsion à la gé'atine et aux sels d'argent 
fut décrite par Gaudin en 1861 en même temps que 
l'émulsion au coton poudre. Le procédé fut oublié pen- 
dant dix ans et ce n'est qu'en 1871 que R.L. Maddox fit 
connaître un moyen de produire une émulsion au Géla- 
tinobromure d'argent. 

En 1873, Jos. King recommande d'éliminer les sels 



112 HISTORIQUE 

solubles contenus dans l'émulsion. La même année, 
Johnston préconise l'emploi d'un excès de bromure so- 
luble pour éviter la production du voile. Des émulsions 
furent introduites dans le commerce en 1878 par Burgess 
et en 187/i par Kennet. Ce dernier livrait l'émulsion des- 
séchée, on n'avait qu'à la délayer dans l'eau et l'étendre 
sur verre. 

Charles Bennel, en 1878, produisit des émulsions 
d'une grande sensibilité en faisant digérer longtemps à 
32" l'émulsion préparée; de nombreux travaux sur la 
question démontrèrent en effet que le temps, la chaleur 
et l'alcalinité produisent sur les émulsions des modifica- 
tions qu'on désigne sous le nom de Maturation. 

En 1879, Van Monckhoven fait observer que pendant 
la digestion de l'émulsion l'état moléculaire du bromure 
d'argent est modifié et que c'est à ce changement d'état 
qu'est du l'accroissement de sensibilité; il montra que 
l'ammoniaque produit rapidement cette transformation 
et publia le procédé suivant : 

On prépare de l'acide bromhydrique pur et dilué, on 
le titre exactement, on en prend la quantité correspon- 
dant exactement à 10 grammes de nitrate d'argent et on 
dissout cette quantité dans 100 centimètres cubes d'eau 
avec a^^Bo gélatine qu'on fait dissoudre à chaud. 
D'autre part, on a dissout 10 grammes de nitrate d'argent 
dans l'eau distillée et on précipite cette dissolution par 
un léger excès de bicarbonate de soude. On lave ce pré- 
cipité par décantation et sur ce précipité on verse une 
dissolution chaude 'de 2 grammes de gélatine dans 
200 centimètres cubes d'eau. On agite et on verse par 
portions la solution bromhydrique en agitant fréquem- 
ment. On maintient le tout à la température de 5o° peu- 



PROCEDES AUX SELS METALLIQUES 



ii3 



dant 12 heures puis on introduit lo grammes de gélatine 
qu'on dissout par l'agitation. L'émulsion est alors prête 
à être employée sans lavages. 

Procédé Henderson (1882) par maturation à froid. — 
II dissout 2 à 3 grammes gélatine dans yS centimètres 
cubes d'eau à 00°, ajoute 3 grammes carbonate d'ammo- 
niaque, ce qui détermine une vive effervescence, puis 
22 grammes bromure d'ammonium, 3 centimètres cubes 
d'une solution d'iodure de potassium à 10 Yo> enfin 
200 centimètres cubes d'alcool à 92° et 9 centimètres 
cubes d'ammoniaque de densité 0,91 et laisse refroidir. 
D'autre part, on dissout 3o grammes nitrate d'argent dans 
i5o centimètres cubes d'eau et l'on verse peu à peu cette 
dissolution dans celle de bromure en agitant fréquem- 
ment pendant les deux premières heures ; puis on aban- 
donne le tout 10 heures à la température ordinaire. On 
fait alors gonfler dans l'eau l^o grammes gélatine dure, 
on l'égoutte, on fait fondre au bain-marie, on l'ajoute à 
l'émulsion chauffée à 35°, on agite et on laisse faire prise 
dans une cuvette, après quoi on lave et on termine comme 
d'ordinaire. 

Procédé Szekely (1882). — Dans i5o centimètres 
cubes d'eau on dissout 17 grammes de nitrate d'argent 
qu'on précipite dans l'obscurité avec 10 grammes de bi- 
carbonate de soude dissous dans i5o centimètres cubes 
d'eau. On lave sur le filtre, on rassemble le précipité 
dans, un gobelet en verre mince, on redissout le carbonate 
d'argent à l'aide d'ammoniaque concentrée (20 centi- 
mètres cubes environ), enfin on ajoute assez d'eau pour 
faire 100 centimètres cubes. D'un autre côté, on fait dis- 
soudre 22 grammes gélatine et 10 grammes bromure 
d'ammonium dans 160 centimètres cubes d'eau, on mé- 



I l4 HISTORIQUE 

lange les deux solutions, on rince avec 2 5 grammes d'eau 
le flacon qui a contenu la solution argentique et on 
abandonne l'émulsion quelques heures à 70°. Le bromure 
d'argent mûrit et l'ammoniaque et son carbonate sont 
chassés. Quand l'odeur ammoniacale a disparu, on étend 
l'émulsion sur la plaque. 

Procédé Lumière et ses fils (i883). — Ce procédé uti- 
lise la réaction da bromure d'ammonium sur l'oxyde 
d'argent dissous dans l'ammoniaque ; il se fait du bro- 
mure d'argent de l'ammoniaque et de l'eau. En effectuant 
la réaction au sein d'une solution gélatineuse on peut 
éliminer facilement l'ammoniaque et l'émulsion ne con- 
tient plus que du bromure d'argent et peut être employée 
sans lavage. 

A partir de ce moment (i883) l'industrie des plaques 
prend une grande importance. En 1889, l'usine Lumière 
employait déjà i 700 kilos de nitrate d'argent, quantité 
correspondante à plus de cent mille mètres carrés de 
verre, en 1900 la fabrication des plaques au gélatinobro- 
mure atteint dans cette même usine deux millions cinq 
cent mille douzaines par an, ce qui représente une sur- 
face de verre recouverte d'émulsion sensible de près de 
56 hectares. 

L'émulsion au gélatinobromure sur papier pour pho- 
tocopies a été proposée par Mawsdley en 1874. Swann, le 
premier, prépara ce genre de papier en 1880. Actuelle- 
ment de nombreuses maisons vendent ces papiers ; East- 
mann et Lumière sont universellement connus. 

Plaques Auto -Révélatrices. — Sous ce nom, Baeyer, 
de Vienne (Autriche), a lancé des plaques au gélatino qui 
se développent par simple immersion dans une solution 
d'alcali et de sulfite alcalin. On peut imiter ces plaques 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES Il5 

en prenant les plaques Lumière étiquette bleue que l'on 

trempe deux minutes dans un bain de : 

Hydroquinone i gramme 

Acétone-sulfite de Baeyer d'Eberfeld . 3 » 

Eau distillée loo » 

Plaques Anti-Halo. — Après avoir étudié la théorie du 
Halo et l'avoir précisé les premiers, Lumière frères, en 
1891, ont breveté l'emploi de plaques au gélatino dont la 
couche sensible repose sur une sous-couche colorée à 
l'aide de matières colorantes rouges ou vertes absorbant 
les radiations dont la réflexion produit le Halo. Il faut 
employer des matières colorantes insolubles dans l'eau 
mais que l'on puisse dissoudre dans un liquide sans ac- 
tioQ sur l'image ; une matière soluble dans l'acétone sul- 
fîtée remplit ces conditions. 

La société Actien gesellschaft de BerJin vend des pla- 
ques fabriquées d'après ces principes. 

(21 5. 3) Procédés au collodioghlorlre d'argext 

Wharion Simpson reconnut le premier, en i865, que le 
chlorure d'argent pouvait être maintenu en suspension 
dans le coUodion et donner une émulsion qu'on pouvait 
étendre sur papier. Pour 100 centimètres cubes de collo-"" 
dion normal, il emploie o^^So de chloruie de calcium 
et is%3o de nitrate d'argent. Ce procédé a reçu le nom 
de Simpsonotypie. 

La même année, Frew étendait le collodiochlorure sur 
verrepuis transportait l'image sur unpapiermixtionnéavec : 

Gélatine 82 grammes 

Oxyde de zinc 8 » 

Glycérine 4 ^> 

Eau Aoo » 



Il6 HISTOUIQUE 

Ce papier se préparait d'avance, au moment cle l'em- 
ploi on le plongeait dans l'eau et on l'appliquait contre 
l'image au collodiochlorure. 

En i865 également ^See/j préparait un collodion ren- 
fermant : 

Chlorure de strontium .... a&'^^So 

Coton poudre 8 grammes 

Ether. ..'..,.... 25o cent, cubes 

Alcool .... o ... . i5o » 

Dans un autre flacon, il faisait dissoudre 17 grammes 
de nitrate d'argent et 2 grammes d'acide citricfue dans 
4oo centimètres cubes d'alcool ; mélangeait i5 centi- 
mètres cubes de cette solution avec 65 centimètres cubes 
de collodion chloruré et l'émulsion obtenue était étendue 
sur un verre préalablement albuminé. 

Procédé Van Monckhoven (i88o\ — On prépare les 
3 solutions suivantes : 

Solution A : On dissout à chaud 5 grammes de chlo- 
rure de magnésium cristallisé dans 5oo centimètres cubes 
d'alcool, on filtre, on laisse refroidir et on ajoute 
i5 grammes coton poudre et 5oo centimètres cubes 
d'éther. On laisse déposer quinze jours. 

Solution B : Dans un autre flacon chauffé au bain- 
marie et contenant 8 grammes d'eau distillée, on fait 
dissoudre 8 grammes nitrate d'argent pulvérisé puis on 
ajoute par petites portions et en agitant 200 centimètres 
cubes d'alcool à 90° tiède ; on laisse refroidir, on fdtre, 
on ajoute 6 grammes coton poudre et 200 centimètres 
cubes d'éther. On laisse huit jours. 

Solution C : On fait dissoudre dans 18 grammes d'eau 
bouillante 18 grammes d'acide citrique, 162 centimètres 
cubes d'alcool 90" et on filtre. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES IT7 

Pour préparer le collodiochlorure, on prend 200 cen- 
timètres cubes de A, 200 centimètres cubes de B, on 
agite fortement puis on ajoute 4 centimètres cubes de C, 
plus 8 gouttes d'ammoniaque. Le collodion est bon dès 
le lendemain et se conserve longtemps. On peut l'étendre 
sur glace et sur papier (Papier à la celloïdine). Avant 
d'exposer la surface sensible on la soumet aux vapeurs 
ammoniacales. On \ire au sortir du châssis-presse en 
immergeant dans un bain formé de i5 grammes de sul- 
focyanure d'ammonium, un gramme d'hyposulfite de 
soude pour un litre d'eau additionné de i gramme de 
chlorure d'or dissous dans 10 grammes d'eau et ajouté 
goutte à goutte. L'épreuve vire en quelques minutes, on 
la fixe dans de l'hyposulfîte à 10 %? on lave et on sèche. 

Procédé Wall {\^^o). — On prépare d'abord quatre 
solutions : 

i) Celloïdine de Schering .... 25 grammes 

Alcool 000 cent, cubes 

Elher 5oo » 

Huile de ricin 5 » 

2) INitrate d'argent 2 5 grammes 

Eau distillce . 2 5 » 

Alcool 60 cent, cubes 

3) Acide citrique 6 grammes 

Alcool 90 cent, cubes 

4) Chlorure de lithium 3 grammes 

Chlorure de strontium .... S^^oo 

Alcool 90 cent, cubes 

On fait d'abord le collodion selon la formule i, on 
laisse déposer, on décante et à 5oo centimètres cubes de 
collodion on ajoute 3) puis 4) et enfin peu à peu 2). 
L'émulsion terminée, on l'étend .sur papier couché. On 

7- 



Il8 HISTORIQUE 



vire au chlorure d'or et au sulfocyanure d'ammonium, 
on fixe à l'hyposulfite. 

Yalcnta, en 1904» prépare un papier à la celloïdine vi- 
rant à l'or et au platine et ayant un aspect mat ; c'est un 
papier recouvert d'une émulsion de chlorocitrate d'ar- 



gent. 



Lumière frères préparent depuis 190S, sous le nom de 
papier Gello, un excellent papier au coUoiiochlorure d'ar- 
gent qui donne par un A'irage au platine des tons noirs 
très appréciés. 



(2i5.4) Procédés au gélatinoghlorure d'argent 

Hiimhert de Molard, en i848, obtint le premier une 
image par noircissement direct sur papier enduit d'une 
émulsion de chlorure d'argent précipité à part mélangé 
avec de la gélatine ou de la colle de pâte. 

Ahiiey, en 1882, proposa la formule suivante : On fait 
dissoudre 4 grammes de citrate de potasse et 4 grammes 
de chlorure de sodium dans 48 centimètres cubes d'eau ; 
d'autre part, on fait gonfler 16 grammes de gélatine dans 
168 centimètres cubes d'eau et Ton dissout i5 grammes 
de nitrate d'argent dans 48 centimètres cubes d'eau. On 
prépare l'émulsion comme d'ordinaire, après lavage on 
fait fondre et on additionne de o"', 20 alun dissous dans 
12 grammes d'eau. On peut virer la photocopie ainsi ob- 
tenue à l'aide d'un bain d'or au borax ou au sulfocyanate 
d'ammonium. 

Cette émulsion peut être étendue sur toile, on a alors 
des images appelées linotypies. 

Procédé Eder et Pizzifjhelli. — On fait dissoudre dans 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES I IQ 

200 centimètres cubes d'eau i/î grammes de chlorure de 
sodium ou i3 grammes de chlorure d'ammonium, on 
ajoute 25 grammes gélatine, on abandonne une demi- 
heure pour permettre à la gélatine de se gonfler. 

D'autre part, on fait dissoudre 3o grammes de nitrate 
d'argent dans 5o centimètres cubes d'eau chaude et on 
ajoute à ce liquide une solution de 2 5 grammes de géla- 
tine dans 2 5o grammes d'eau. On mélange dans un la- 
boratoire obscur les deux solutions chauffées préalable- 
ment à 00°, on agite pour bien mélanger, on laisse tomber 
la mousse et on abandonne au refroidissement l'émulsion 
pour qu'elle fasse prise ; on divise la gelée pour bien la 
laver ; on fait refondre au bain-marie pour étendre sur 
^lace. 

Pour employer sur papier on additionne d'un demi- 
volume d'eau, plus 5 centimètres cubes de glycérine pour 
loo centimètres cubes d'émulsion, on développe à l'oxa- 
late ferreux ou à l'hydroquinone ou même à l'iconogène, 
enfin on vire au bain d'or et sulfocyanate et on fixe à l'hy- 
posulfite. 

En i8'85, Barker proposa d'ajouter du sel de Seignette 
dans l'émulsion, puis on essaya les citrates et quelques 
années plus tard les papiers au chlôrocitrate d'argent fai- 
saient leur apparition dans le commerce ; le chloro-citrate 
étant, en effet, beaucoup plus sensible aux rayons peu 
réfrangibles que le chlorure seul. Ces papiers donnent 
des tons d'un beau noir par l'emploi d'un bain de virag<e 
composé de : 

Chlorure d'or . i grammes 

Nitrate clurane i » 

Bicarbonate de soude. . , . , . 20 » 

Eau I litre 



1 20 HISTORIQUE 

Ce bain doit être employé immédiatement après sa 
préparation. 

On fixe dans Thyposulfite de soude à 20 y^ additionné 
de quelques gouttes d'ammoniaque. 

D'autres virages peuvent être employés, les fabricants 
de papiers publient dans les notices accompagnant les pa- 
piers diverses formules de virages simples ou de virages- 
fixages. 

Sous le nom de papier au Citrate la Société Lumière et 
ses fils vend une telle quantité de ce genre de papier que 
la production annuelle dépasse aujourd'hui 2 200 kilo- 
mètres. Ces papiers émulsionnés, d'ailleurs, ont remplacé 
presque totalement l'ancien papier albuminé. 



(215.9) PROCÉDÉS AUX ÉMULSIONS DIVERSES 
COLLODIOIODURE d'aRGENT 

Le procédé Gandin en 1861, qui est certainement l'ori- 
gine des procédés par émulsion, était un procédé au col- 
lodioiodure d'argent. Cette idée est reprise en 1892 par 
Banks. Il dissout dans 5oo centimètres cubes d'eau dis- 
tillée 20 grammes de nitrate d'argent, précipite la solution 
par 20 grammes d'iodure d'ammonium, lave l'iodure d'ar- 
gent formé à l'eau distillée, fait égoutter, relave à l'alcool 
méthylique, égoutte à nouveau, délaie le précipité dans 
260 centimètres cubes d'alcool, chauffe au bain-marie et 
ajoute des cristaux d'iodure d'ammonium jusqu'à disso- 
lution. D'autre part, il prépare un collodion avec 12 gr. 
de coton poudre, 120 centimètres cubes d'alcool et 



PROCEDES AUX SELS METALLIQUES 12 1 

I 000 centimètres cubes d'éther et mélange avec la solu- 
tion d'iodure. Il se fait un précipité qu'il redissout par 
addition d'iodure d'ammonium en cristaux. Il verse alors 
sur glace, puis quand la couche a fait prise plonge dans 
une cuvette d'eau, lave dans le laboratoire obscur et re- 
couvre d'une solution aqueuse de nitrate d'argent à 2 Yo- 

II laisse en contact 20" et emploie humide. 

Procédé J. Meyer {New-York, 1899). — Emulsion au 
phosphate d'argent. On mélange une solution de i gramme 
de nitrate d'argent avec une solution très diluée de phos- 
phate de soude, on lave, on complète 16 centimètres cubes 
avec de l'eau, on ajoute 5 grammes d'acide tartrique dis- 
sous dans 5 grammes d'eau, ou agite vivement. En ajou- 
tant une emulsion de gélatinobromure à cette gelée de 
phosphate on obtient une emulsion d'une sensibilité con- 
sidérable. 

Gélatooghlorobromure d'argent 

La maison Lumière frères prépare depuis longtemps 
des plaques au gélatinochlorobromure d'argent pour dia- 
positives qui sont remarquables par la finesse de leur grain, 
la minceur de leur couche et la transparence de la géla- 
tine. 

GOMMONITRATE d'arGENT 

Procédé Reiss (i9o4). — On dissout dans 100 grammes 
d'eau, 100 grammes de gomme arabique de bonne qua- 
lité ; on prend 5 grammes de cette solution qu'on verse 
dans un mortier de porcelaine avec 3 centimètres cubes 
d'acide acétique glacial, on broie jusqu'à homogénéité 



122 HISTORIQUE 

parfaite, à ce moment et à la lumière jaune on incorpore 

1 gramme de nitrate d'argent dissous dans 3 grammes 
d'eau ; on broie à nouveau. L'émulsion est ensuite éten- 
due sur du papier bien encollé (Canson, par exemple). On 
sèche ; le papier se conserve de 2 4 à 48 heures. 

On tire vigoureusement l'épreuve puis on fixe lo mi- 
nutes dans l'hyposulfite à 2 ^/q. 
On vire pour tons violets dans : 

Chlorure d'or à i ^/q 5 cent, cubes 

Acide chlorhydrique ..... 2 » 

Eau distillée. ....... loo » 

Si l'on veut des tons noirs il faut passer l'épreuve dans 

2 bains. 

Bain A : 

Chlorure d'or à i o/^, . , . . 5 cent, cubes 

Acétate de soude i gramme 

Borate de soude i )> 

Eau . 100 » 

Bain B : 

Chloroplatinite de potassium ... i gramme 

Acide chlorhydrique. ..... 5 » 

Acide oxalique lo » 

Eau distillée lOoo » 



Émulsion a la caséine argextioue 



La société « Protalbln Werke Actiengesellschaft de 
Yienne (Autriche) a breveté en 1904 le procédé suivant : 
On mélange à la température de 12° : 5o grammes de ca- 
séine ordinaire, 5oo centimètres cubes de solution de 
soude caustique à 3o °/o, on agite jusqu'à dissolution, on 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 123 

filtre, on précipite par acide acétique concentré, on tur- 
bine le précipité, on sèche. Pour faire l'émulsion on dis- 
sout loo grammes de cette caséine dans un litre de solu- 
tion alcaline aqueuse ou alcoolique, on y ajoute 7 grammes 
de chlorure de sodium puis une quantité de nitrate d'ar- 
genb calculée d'après la proportion de chlorure et on laisse 
macérer plusieurs heures. 



(216) Procédés aux sels d'argent et de eer 

Procédé Caialissisotype . — Ce procédé fut inventé par 
le D'^ Woods de Parsonstown (Irlande) vers 1800. On 
prend du papier non satiné, on l'imprègne avec un pinceau 
d'un mélange de sirop d'iodure de fer étendu d'eau et 
additionné de quelques gouttes de teinture d'iode. On 
passe ce papier dans une solution de nitrate d'argent à 
12 Yo, puis on place le papier encore humide dans un 
châssis et on expose à la chambre noire. D'après l'auteur 
ce papier, employé une à deux heures après sa prépara- 
tion, est si sensible qu'une exposition de i5" par un temps 
couvert suffit pour .un portrait. L'image, au sortir delà 
chambre, est placée entre des doubles de papier buvard 
humide, elle se développe peu à peu sous l'action de la 
chaleur et de l'humidité. Pour fixer on passe dans l'iodure 
de potassium à 2 °/o puis on lave à grande eau. On obtient 
ainsi une image négative. 

Procédé Herschel {iSoo) . — Ce procédé assez curieux 
est décrit par l'auteur de la façon suivante : Si l'on ajoute 
à une solution de nitrate d'argent du poids spécifique de 
I 200 : de l'acide ferrotartrique 'voir Glossaire) du poids 
spécifique de 1,020 ; il se forme un précipité que l'on peut 



124 HISTORIQUE 

redissoudre à une chaleur modérée. On a alors un liquide 
jaunâtre dans lequel une addition postérieure de nitrate 
d'argent n'occasionne plus de précipité. Quand la totalité 
de la solution de nitrate atteint la moitié du volume de 
l'acide ferrotartrique, cela suffit. Le liquide ne s'altère pas 
dans l'obscurité. On étend cette solution sur du papier que 
l'on sèche dans l'obscurité. On expose sous un cliché pen- 
dant 3o" au soleil sans attendre qu'une image apparaisse, 
car dans ce cas elle continuerait à noircir après l'exposi- 
tion. Si aucune image n'est visible on la fait apparaître en 
respirant dessus ou en mettant la feuille en contact avec 
du papier buvard qu'on a préalablement soumis à la va- 
psur d'eau chaude. 

Procédé Monckhoven à l' oxalateammoniofen'iqiie(i8^d>). 
— On prépare le sel en précipitant par la baryte une so- 
lution de sulfate ferrique. Le précipité bien lavé est traité 
par l'oxalate acide d'ammoniaque, on laisse cristalliser 
dans l'obscurité. On sensibilise du papier encollé à la gé- 
latine avec cette solution. Au sortir du châssis-presse on 
étend la feuille sur une planchette et on recouvre la sur- 
face sensible avec une dissolution de nitrate d'argent 
à 5 o/q. L'image apparaît avec une belle couleur pourpre, 
il faut fixer rapidement pour avoir des blancs purs ; pour 
cela on immerge le papier pendant dix minutes dans un 
bain de : 

Chlorure d'or pur o^'",io 

Sulfocyanure de potassium ... loo grammes 

Eau distillée , . looo » 

Procédé Callitype (1891). — Un papier de belle qua- 
lité est enduit d'une solution de citrate, tartrate ou oxalate 
de fer ou d'un mélange de ces trois sels, puis exposé sous 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 125 

un négatif jusqu'à ce qu'il se forme une image faible. On 
développe alors dans une solution de : 

Nitrate d'argent lo grammes 

Citrate de soude loo » 

Eau distillée looo » 

additionnée de quantité suffisante de soude pour empêcher 
la production d'un précipité d'argent. 

Après développement on immerge l'épreuve dans une 
solution contenant 200 grammes tartrate ou acétate de 
potasse pour un litre d'eau additionnée d'ammoniaque ; 
puis on lave à l'eau. 

Kallitypie Namias. — On recouvre un papier bien en- 
collé avec : 

Gélatine 5 grammes 

Acide oxalique . 18 . » 

Chlorure ferrique. ...... 20 » 

Eau 100 » 

On sèche rapidement après insolation, on développe 
avec une solution de nitrate d'argent à 2 ^/^ légèrement 
ammoniacale. Une fois l'image apparue on passe dans 
l'acide oxalique à 8 y^, qui enlève l'excès de fer et dégage 
les blancs. On rince à l'eau et on fixe avec l'hyposulfite 
à 5 Yo ou 1^ sulfite de soude à 10 Yo ^^ on lave. 

Kallitypie Thompson (1906). — On prépare d'abord 
deux solutions : 

Solution A : 

Citrate de fer ammoniacal . . . • i3 grammes 

Oxalate de fer 8 » 

Oxalate de potasse 8 » 

Chlorure de cuivre ...... 4 » 

Acide oxalique 2S'",5o 

Gomme 6 grammes 



Eau 280 



» 



120 HISTORIQUE 

Soliilion D : 

Acide oxalique os',4o 

Acide citrique . , . . . . . . 3s'",8o 

Nitrate d'argent ....... g3°'',70 

Eau distillée 75 grammes 

On imprègne im papier avec la solution A, on laisse 
sécher, on passe ensuite dans la solution B pour sensibiliser. 

On sèche alors modérément, on expose au soleil deux 
à trois minutes en ayant soin d'arrêter avant l'apparition 
des clemi-teintes, on lave, on passe dans un bain de fixage 
où les épreuves foncent. 

Pour terniiner avec les procédés kallitypiques, citons 
encore le procédé du D' Hesekiel qui prépare un papier 
avec un mélange de sel de fer et de sel d'argent. Il suffit 
de laver à l'eau et de fixer à l'hyposulfite. 



(217) Procédés aux sels de cuivre 

Procédé Burnelt (1857). — Ce procédé, appelé par 
l'auteur Cuprotypie, n'est qu'une modification du procédé 
Ghromatype de Hunt que nous décrirons aux procédés 
à base de chrome (2/j). Il est basé sur la réaction du bi- 
chromate de potasse sur le sulfate cuivrique. 

Procédé berne t ter (186/i). — C'est en somme le seul 
procédé qui permet d'obtenir des photocopies à l'aide des 
sels de cuivre. 

On fait flotter pendant deux minutes le papier sur une 
solution contenant : , 

Chlorure de cuivre cristallisé. . . 100 grammes 

Acide chlorhjdrique 12 » 

Solution de chlorure ferrique à 5/1°. 10 cent, cubes 

Eau I litre 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES I27 

On fait sécher. Ce papier se conserve et il est d'un 
tiers environ plus sensible que le papier aliouminé. 

L'image obtenue est jaune faible, pour la fixer et l'in- 
tensifier, on fait flotter l'épreuve sur un bain renfermant 
pour un litre d'eau 8 à 12 grammes de sulfocyanure de 
potassium, i centimètre cube d'acide sulfurique. L'image 
est constituée par du sulfocyanure de cuivre, on peut la 
transformer en ferricyanure de cuivre rouge intense en la 
passant dans un bain de prussiate rouge. Si l'on désirait 
avoir des tons rappelant les images argentiques on plon- 
gerait l'épreuve au sortir du bain de prussiate dans un 
mélange de : 

Sulfate ferreux . 100 grammes 

Chlorure ferrique 4o », 

Acide chlorhjdrique 80 » 

Eau > . . . . 3oo » 

L'image passe au rouge- violet, bleu-violet, puis noir. 
On arrête au moment où l'on a la teinte désirée. Si l'on 
veut la teinte violet-pourpre, on va jusqu'au noir vert 
puis on fait flotter sur une solution étendue de sous-acé- 
tate de plomb. 



(218) Procédés aux sels de mercure 

En 1842, Sir John Herschel a décrit dans a Pliiloso- 
phical Transactions » plusieurs procédés aux sels de 
Mercure, entre autres celui fort curieux qu'il appelle 
Procédé Amphitypc. 

Il prépare son papier avec le ferro-tartrate ou le ferro- 
citrate de protoxyde ou de peroxyde de mercure à l'état 
d'émulsion dans l'eau. Ce papier, une fois sec, fournit 



128 HISTORIQUE 

une image négative après exposition à la chambre noire 
pendant un temps variant entre une demi-heure et 
6 heures. L'image est dun brun velouté magnifique si la 
liqueur sensibilisatrice contient du plomb ou si le papier 
lui-même en contient, mais elle disparaît dans l'obscu- 
rité dans un temps variable. On peut la faire réapparaître 
en la transformant en image positive par le procédé sui- 
vant : 

On prépare un bain en versant une petite quantité de 
pernitrate de mercure dans une grande quantité d'eau et 
laissant déposer le sous-nitrate. Dans le liquide décanté 
on plonge l'épreuve, elle achève d'abord de disparaître si 
elle n'était pas tout à fait effacée puis on voit apparaître 
en quelques heures, si on a soin de chauffer la liqueur, une 
faible image positive. On lave abondamment à l'eau 
chaude puis on sèche ; si alors on repasse soigneusement 
avec un fer chauffé l'épreuve placée entre des doubles de 
papier, on a une image d'un beau noir. 

Procédé Poitevin (i858). — Il enduisait un papier 
avec un mélange de solutions saturées d'alloxantine et de 
chlorure mercuriquC;, exposait au soleil, puis traitait par 
l'ammoniaque. Les parties insolées noircissaient par suite 
de la formation d'un sel mercureux. 

Procédé Guardabassi (1867). — On plonge un papier 
dans une solution froide saturée de bichromate dépotasse, 
on sèche et on expose sous un négatif jusqu'à ce que les 
g^randes ombres prennent une coloration rouge. On lave 
pour enlever le chromate non impressionné, puis on 
plonge dans un bain contenant : 

Solution saturée de nitrate de mercure . 4 cent, cubes 

Solution saturée de bichromate de potasse. i » 

Eau 28 » 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES ISQ 

Sortant de ce liquide, le papier est plongé dans une 
solution de 2 grammes d'ammoniaque pour i5o grammes 
d'eau ; on lave, on fixe dans un bain d'or : chlorure d'or 
1 gramme dans 7 litres d'eau distillée. 

Procédé Harris-Lake (1887). — On prend du papier 
encollé à l'amidon, on le sensibilise avec un mélange de : 

Sublimé corrosif ....... i gramme 

Bichromate de potasse ..... 2 » 

Eau 3o » 

Après dessiccation on expose à la lumière, on lave et on 
recouvre d'un bain de : 

Acide pyrogallique i gramme 

Acide gallique 8 » 

Sulfate ferreux ....... 10 » 

Hyposullîte de soude 80 » 

Eau 1000 » 

L'image est ensuite bien lavée, puis blanchie à l'aide 
d'une solution de chlorure de chaux. 



(221) Procédés au ferroprussiate sur papier simple 

En 1840, John Herschel observe la sensibilité des sels 
de fer à la lumière; en 18^2, il invente son j3i^océdé 
Chrysotype. 

On étend au pinceau une solution de citrate de fer 
ammoniacal à 5o Yo sur une feuille de papier^ on fait sé- 
cher. Exposé à la chambre obscure, ce papier donne ra- 
pidement une image faible, parfois invisible. Pour la ré- 
véler on passe le papier dans une solution de chlorure 
d'or neutre, on lave et on fait sécher ; pour fixer l'image, 
on passe à la surface une faible solution d'iodure de po- 



l3o HISTORIQUE 

tassium, on laisse reposer i ou 2 minutes puis on lave 
jusqu'à ce que l'épreuve ait repris toute sa vigueur. 

En i8a5, il modifie ce procédé qui devient le procédé 
Cyanotype. On mélange volumes égaux de solution con- 
centrée de sublimé corrosif et de citrate de fer ammo- 
niacal à 8 '^/o, on étend sur le papier et l'on sèche. On 
passe au pinceau après dessiccation une solution concen- 
trée de ferrocyanure de potassium étendue de trois fois 
son volume d'eau gommée. On vire l'image à l'or comme 
dans le procédé précédent. 

Enfin, en i854, Herschel 'pubMe, en collaboration cette 
fois avec Fliint dans « Researches on Light )), un nou- 
veau procédé Cyanotype. On étend une solution de citrate 
ou d'oxalate ferrique sur du papier, on expose puis on 
plonge dans une dissolution de ferrocyanure de potas- 
sium ; on a une image bleu de Prusse. 

Procédé Motileff {iS^o). — On étend sur le papier un 
mélange de prussiate rouge de potasse et de citrate de fer 
ammoniacal. 8 grammes de prussiate rouge dans 
5o grammes d'eau d'une part, 10 grammes de citrate de 
fer ammoniacal pour 5o grammes d'eau d'autre part. On 
choisit un papier fortement encollé, on l'enduit du mé- 
lange avec un pinceau, on fait sécher dans l'obscurité. 
Après l'exposition, il suffit d'un lavage à l'eau pour avoir 
une image blanche sur fond bleu. 

Schnauss, en i863, a recommandé l'emploi d'un mé- 
lange de 70 grammes perchlorure de fer sublimé, 
71 grammes d'oxalate d'ammoniaque cristallisé et de 
73 grammes de ferricyanure de potassium. 

Fîsch (1886) préfère un mélange de tartrate de fer et de 
prussiate rouge, il le trouve plus sensible à la lumière. 

W. Lagrange (1887) emploie un mélange de : oxalate 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES l3l 

de fer ammoniacal lo grammes, acide oxalique i gramme, 
eau loo grammes, d'une part, et de ferricyanure de po- 
tassium 10 grammes, eau loo grammes. 

^ (222) Procédés au ferroprussiate avec colloïde 

Procédé Pellet (1877). — Il emploie comme liqueur 
sensibilisatrice : 

Acide oxalique 5 grammes 

Chlorure ferrique 10 » 

Gomme 4 » 

Eau 100 » 

L'image est développée au ferrocyanure à 20 Yo, on 
lave à l'acide sulfurique à 5 Yo P^is à l'eau. 

Procédé Pizzighelli (1881). — On prépare trois solu- 
tions : 

A) Gomme* 20 grammes 

Eau 100 » 

B) Citrate de fer ammoniacal .... 5o » 
Eau 100 » 

C) Perchlorure de fer sublimé ... 5o » 
Eau 100 » 

On mélange 20 centimètres cubes de A, 8 centimètres 
cubes de B_, 5 centimètres cubes de G. On étend ce mé- 
lange au pinceau sur du papier à dessin fortement en- 
collé à la gélatine, on fait sécher rapidement. On expose, 
l'image apparaît en blanc sur fond sombre, il faut i5 à 
20 minutes au soleil. Pour développer, on passe à la sur- 
face un pinceau imbibé d'une solution de ferrocyanure 
de potassium à 20 Yo? on lave à l'eâu puis à l'acide clilo- 
rliydrique à 10 Yq, puis enfm encore à l'eau. L'image est 
bleue sur fond blanc. 



l32 HISTORIQUE 

Procédé Fisch (1886). — On propare trois solutions: 

A) Gomme arabique 170 grammes 

Eau distillée 600 » 

B) Acide tartrique 4o » 

Eau 100 » 

G Sulfite ferrrique 20 » 

Eau . 100 » 

On verse A) dans B) puis on ajoute G) plus 120 cen- 
timètres cubes d'une solution de perchlorure de fer à 45" 
Baume. On agite et on laisse 24 heures dans l'obscurité. 
On dilue alors ce mélange de façon à l'amener à 11° 
Baume et on étend ce liquide au pinceau sur un papier 
encollé à l'amidon. L'exposition est de 12 à 60 secondes 
au soleil et de 2 à 10 minutes à l'ombre. 

Pour développer, on plonge l'épreuve dans un bain de 
prussiate jaune de potasse à 20 Y^. On obtient une image 
bleue sur fond blanc. On lave à l'eau puis à l'eau acidulée 
par 3 Yo d'acide sulfurique. 

(223) Procédés au gallate de fer 

Phipson a proposé en i864 une méthode très originale 
pour imprimer, au moyen des sels de fer, des photocopies 
positives en se servant de clichés négatifs. Il sensibilisait 
le papier avec une dissolution d'oxalate ferrique, sel qui 
devient insoluble sous l'action de la lumière quand il est 
en contact avec une matière organique en passant à l'état 
de sel ferreux. Après l'insolation, on lave le papier, enle- 
vant ainsi toute la partie restée soluble, et passant ensuite 
dans un bain d'acide gallique additionné d'un oxydant tel 
que l'acide nitrique faible on a une image noire. 



PROCÉDÉS ALX SELS MÉTALLIQUES l33 

Co/a5 fit breveter en i883 un procédé dans lequel il 
emploie comme solution sensibilisatrice un liquide conte- 
nant : 

Gélatine . • lo grammes 

Chlorure ferrique ..... .20 » 

Sulfate ferrique . 10 » 

Acide tar trique 10 » 

Eau 100 » 

Le développement s'effectue avec un produit spécial à 
base d'acide gallique. 

Dans ce procédé comme dans ceux qui vont suivre, on 
obtient des photocopies de même signe que les photo- 
types, contrairement au procédé de Phipson. 

Procédé de Fisch (1886). — Donnant des épreuves 
noires sur fond blanc de même signe que le cliché. On 
prépare trois solutions : 

A) Gomme arabique, 5o grammes pour 5oo cent, cubes d'eau 

B) Acide tartrique, 5o grammes pour 2 litres d'eau 

G) Sulfate ferrique, 3o grammes pour 200 cent, cubes d'eau. 

On verse C) dans B), on mélange vivement, on verse 
dans A), on ajoute 100 centimètres cubes de perchlorure 
de fer liquide à 45° Baume, on filtre et on conserve dans 
l'obscurité. Pour l'employer, on l'étend sur le papier à 
l'aide d'un blaireau ou d'une petite éponge, on fait sécher 
rapidement à la température de 55°. On insole sous un 
phototype, l'image apparaît en jaune sur fond blanc, on 
rend le dessin plus visible en ajoutant quelques centi- 
mètres cubes d'une solution assez concentrée de sulfocya- 
nure de potassium, l'image est alors rouge sur fond 



l34 HISTORIQUE 

blanc. Pour dépouiller l'image, on fait flotter le papier du 
côté préparé sur le bain suivant : 

Acide oxalique o8'',io 

Acide gallique. . 3 grammes 

Eau I litre 

L'image apparaît en noir, il ne reste plus qu'à laver 
l'épreuve dans l'eau et à faire sécher. 

Procédé Bay (1900). — Ce procédé donne rapidement 
des dessins positifs d'un noir d'encre avec des clichés ou 
des calques positifs. On prépare d'abord deux solutions; 

A) Gomme arabique, i à 5 grammes dans '3 litres d'eau 

B) Acide citrique ou tarferique, I2D grammes dissous dans 

3 litres d'eau. 

On mélange les solutions A) et B), on ajoute l^oo à 
5oo centimètres cubes de perchlorure de fer à 45" Baume, 
on ramène le mélange à une densité de i.o65 à 1.070. 

On place la feuille sensibilisée ainsi sous un calque, 
puis, après exposition, on révèle avec du prussiate dépo- 
tasse à saturation, enfin on dépose l'épreuve sur une dé- 
coction ou infusion de matières tanniques (200 grammes 
d'extrait de campêche par litre d'eau par exemple). Quand 
le dessin est bien noir, on le retire puis on passe avec 
une brosse une solution d'un sel de soude ou d'ammo- 
niaque. Le fond devenu bleu est lavé et passé dans une 
solution légère de potasse hydratée qui fixe le dessin en 
noir. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES l35 



(2 2 4) Procédé au nitroprussiaïe 

Ce procédé est du à ïVest et Wedmore qui l'ont ima- 
giné en 1899. On prépare le papier a.\ec : 

Nitroprussiate d'ammonium ... 25 grammes 

Citrate de fer ammoniacal .... 3o » 

Eau distillée 100 » 

Pour aA^oir des tons bruns, on ajoute du citrate de zinc ; 
si l'on préfère des tons noirs, on ajoute du citrate de ma- 
gnésie. 



(225) Procédé aux sels de ma^"ga:nèse 

Monckhoven dans son Traité de photographie écrit : Le 
manganate de potasse est sensible à la lumière et réparti 
dans le papier tend à donner des images positives. Le 
bioxyde de manganèse dissous dans du cyanure de po- 
tassium possède la même propriété. Mais après ces 
affirmations l'auteur ne propose aucun procédé pra- 
tique. 

Ces recherches furent reprises par les frères Lumière 
qui réussirent, en 189.3, à obtenir avec le phosphate man- 
ganique des épreuves de même signe que le phototype. 
Malheureusement, le papier au phosphate manganique 
sèche très difficilement et n'est pas très sensible ; les 
auteurs remplacèrent alors le phosphate par le lactate 
préparé de la façon suivante : 

On introduit dans un ballon maintenu à i5° par un 
courant d'eau froide, 6 grammes de permanganate de 
potasse et 5o centimètres cubes d'eau distillée ; on ajoute 



l36 HISTORIQUE 

petit à petit i6 centimètres cubes d'acide lactique de den- 
sité 1,225 puis 3 grammes de formiate de potasse. La 
solution filtrée sert à sensibiliser une feuille de papier lé- 
gèrement gélatinée, l'opération se fait à la lumière du gaz, 
ou fait sécher à l'abri de la lumière et des poussières. On 
impressionne jusqu'à décoloration des grands bancs puis 
on immerge l'épreuve dans une solution de chlorhydrate 
de paramidophénol à 5 ^/q, il ne reste plus qu'à laver. 
Un autre procédé des mêmes auteurs consiste à im- 
prégner un papier avec une solution de permanganate 
additionnée d'acide oxalique puis à développer après ex- 
position avec un sel d'aminé. On obtient une épreuve 
verte avec l'aniline ; rouge avec la toluidine, etc. 



(227) Procédé aux sels de cobalt 

Ce procédé comme ceux à base de sels manganiques 
est du aux frères Lumière et date.de 1898; en voici la 
description : 

On précipite du chlorure ou du sulfate cobalteux par 
du peroxyde de sodium en excès^ on obtient ainsi l'oxyde 
cobal tique. On dissout ce précipité dans l'acide oxalique, 
on a une solution verte d'oxalate cobaltique avec laquelle 
on sensibilise un papier légèrement gélatine. Après ex- 
position on développe par un des procédés suivants : 

i*' Avec l'hématoxyline qui donne une image bleu vio- 
lacé virant au rouge par l'acide chlorhydrique. 

2° Avec la benzidine ou la tolidine qui donnent une 
image d'un bleu intense que l'ammoniaque fait virer au 
brun et l'acide chlorhydrique au jaune pâle. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES iSy 

3° Avec une solution cle ferricyanure de potassium à 
5 % qui donne une coloration rouge peu foncé qu'on vire 
au noir par un passage dans un bain de sulfure alcalin 
à 2 



0/ 
0- 



(281) Procédés au platine par virages 

Caranza, en iSôg, eut l'idée de traiter des épreuves à 
l'argent par des bains très étendus de chlorure platinique 
acidulé par l'acide chlorhydrique. 

En 1862, Bollmann puis Krone firent des épreuves à 
l'urane qu'ils passaient ensuite dans un bain argentique 
puis dans un bain de sel de platine. 

Eder et Tôth, en iSyS, firent une étude approfondie des 
effets produits par le chlorure platinique sur les négatifs 
au collodion. 

Willis^en 188 2, essaya de renforcer au platine les clichés 
au gélatinobromure. Il traitait l'épreuve par l'oxalate 
ferrique qui donnait une image blanche d'oxalate d'argent, 
lavait à l'eau, passait dans un bain de chlorure double de 
platine et de potassium, et développait enfin à l'oxalate 
ferreux. 

Clarki en 1890, publia un procédé dit de substitution. 
On prépare du papier salé avec une solution contenant : 
18 grammes gélatine, 12 grammes chlorure d'ammo- 
nium, 24 grammes carbonate de soude et 6 grammes 
d'acide citrique par litre. Le papier est placé sur cette so- 
lution tiède puis séché. On sensibilise sur du nitrate d'ar- 
gent à 18 % (le papier ne peut se conserver que 2 jours). 
On imprime vigoureusement, on lave et on vire dans un 
bain contenant : 6 grammes chloroplatinite de potassium 



l38 HISTORIQUE 

et I centimètre cube d'acide nitrique par litre. Les 
épreuves passent au brun puis au noir. On rince à l'eau 
légèrement ammoniacale, on fixe à l'hyposulfite. 

Citons pour terminer un virage pour papier au gélati - 
nobromure : Solution de sublimé à i *^/o o^'^So; acide 
citrique, os',6o, chloroplatinite de potasse, o^%i3 ; et eau 
distillée 28 grammes. 



(282) Procédés au platoe par développement 

Merget, en 1878, tenta d'obtenir directement des épreuves 
au platine en se servant d'un mélange de chlorure plati- 
nique, chlorure ferrique et d'acide tar trique pour sensi- 
biliser son papier. Exposé sous un négatif on a une 
image blanche de chlorure ferreux sur fond jaune. On 
développe avec des vapeurs mercurielles, des vapeurs 
d'hydrogène ou d'iode. Ce procédé n'est jamais sorti de 
la période de tâtonnements. 

En 1870, Willis prend son premier brevet pour pa- 
pier au platine. Il trempait son papier dans une disso- 
lution de sels de platine, iridium ou or ou dans un mé- 
lange de ces sels^ faisait sécher, recouvrait d'oxalate ou 
de tartrate ferrique^ séchait à nouveau puis exposait sous 
un négatif. Il traitait la faible image obtenue par une 
solution d'oxalate de potasse qui renforçait l'image, 
lavait dans une solution faible d'acide oxalique puis dans 
l'eau et fixait à l'hyposulfite. 

En 1878 il prend un nouveau brevet, il ajoute à la so- 
lution développatrice du chlorure double de potassium et 
de platine. Enfin, en 1880, Willis prend un dernier brevet. 
Il applique au pinceau sur le papier un mélange de chlo- 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES iSg 

roplatinite de potasse et de chloroplatinite de fer. Une 
fois le papier exposé il développe dans une solution 
d'oxalate de potasse. 

Procédé PizzighelU et Hiibl. — Ce procédé publié en 
i883 obtint la médaille d'Or au concours de la société 
photographique de Vienne (Autriche). Le papier est re- 
couvert d'une couche de gélatine ou d'arow-root, puis 
imprégné de la solution sensible (mélange de chlorure 
double de platine et de potassium avec oxalate ferrique) 
dans un jour très atténué, puis séché à l'abri de la lu- 
mière. On développe avec une solution saturée d'oxalate 
de potasse acidulée d'acide oxalique. On fixe par l'acide 
chlorhydrique dilué et l'on termine par un lavage à 
l'eau. 

En 1887 PizzicjhelU supprime le développement. Il en- 
colle le papier avec : 

Arow-root 2 grammes 

Solution d'oxalate de soude à 3 °/q. 100 cent, cubes ' 

Le bain sensibilisateur se prépare avec quatre solu- 
tions : 

A) Chloroplatinite de potasse ... 10 grammes 
Eau distillée Go » 

B) Oxalate sodico-ferrique .... 4o » 

Glycérine 4 » 

Eau distillée 100 » 

C) Chlorate de potasse o=^',/|0 

Solution B) 100 cent, cubes 

D) Solution d'oxalate de soude à 3 Yq. 4o cent, cubes 

Glycérine 2 » 

Chlorure mercurique i gramme 

Eau distillée 20 » 

Pour avoir des images noires on prend: 5 centimètres 



l4o HISTORIQUE 

cubes de A) ; 6 centimètres cubes de B) et 2 centimètres 
cubes de C). 

Si Ton veut des images Sépia on prendra : 5 centi- 
mètres cubes de A) ; k centimètres cubes de G) et 4 centi- 
mètres cubes de D). 

Procédé Van Loo, Il prépare trois solutions : 

A) Oxalate ferrique i5 grammes 

Acide oxalique 3 » 

Nitrate d'argent 3 » 

Eau distillée 1000 » 

B) Borate de soude 60 » 

Tartrale de soude 60 » 

Eau 1000 » 

G) Chloroplatinite de potasse. ... i » 

Chlorure de sodium 10 j> 

Acide citrique 10 » 

Eau distillée 1000 » 

On sensibilise le papier avec A) puis on expose jusqu'à 
apparition de l'image ; on immerge alors dans B) après 
l'avoir additionné de bichromate de potasse à 5 '^ q. De 
cette quantité de bichromate dépend la vigueur et les op- 
positions de l'épreuve. Après ce développement on passe 
dans la solution C) jusqu'à ce que l'on ait le ton dé- 
siré. 

Vèze, en 1900, conseille de préparer soi-même le chlo- 
roplatinite et l'oxalate ferrique. Voici ses indications : Pour 
préparer le chloroplatinite on prend du chlorure platini- 
que du commerce, on le met dans une quantité d'eau 
insuffisante pour le dissoudre et on lui ajoute os%2 7 
d'oxalate de potasse par chaque gramme de chlorure de 
platine, on maintient à l'ébullition jusqu'à dissolution et 
par refroidissement le chloroplatinite cristallise dans 
cette liqueur rouge. 



PROCÉDÉS ALX SELS MÉTALLIQUES l4l 

Pour l'oxalate ferrique on le prépare en dissolvant à 
l'abri de la lumière de l'oxyde de fer récemment préci- 
pité dans l'acide oxalique. 



(234) Procédés aux sels d'or 

Procédé Mercier. — On prépare une solution de : 

Chlorure d'or 2="',5o 

Chlorure de sodium 25 grammes 

Bicarbonate de soude ..... 5 » 

Eau distillée 1000 » 

On porte le bain à l'ébullition jusqu'à décoloration, on 
filtre, on plonge le papier dans ce bain, on sèche dans 
l'obscurité. 

On sensibilise sur un bain préparé avec : 

Nitrate d'argent 120 grammes 

Acétate d'ammoniaque 20 » 

Ammoniaque liquide 5 » 

Eau distillée 1000 » 

Après exposition, on plonge les épreuves dans une so- 
lution de sulfocyanure d'ammonium à 3o 7o pour les fixer. 

En 1866, Kress et G^° ont breveté un papier suppri- 
mant le virage. Il est sensibilisé avec un mélange d'or 
dissous dans l'eau régale additionné de sulfocyanure 
d'ammonium, d'acide citrique et de nitrate d'argent. On 
passe au sortir du châssis dans l'eau salée. 

0. Roethelf à Forst, a breveté l'emploi d'un sel d'or 
comme agent de renforcement pour les émulsions argen- 
tiques. Il ajoute à une émulsion prête pour l'emploi une 
petite proportion d'un sel d'or et du chlorure de baryum. 
L'or, d'après l'auteur, concourt à la formation de l'image. 



l42 



HISTORIQUE 



(286) Procédé aux sels d'iridium 



On plonge le papier dans un bain de : 

Chloro-iridite de potassium. . . 

Chlorure de sodium 

Eau distillée 



5 grammes 
3o » 



1000 



On fait sécher, on sensibilise sur un bain d'argent 
comme dans le procédé Mercier à l'or. On fixe dans le 
bain de sulfocyanure d'ammonium mais tandis que le 
papier à l'or vire en même temps qu'il fixe, le papier à 
l'iridium est fixé sans qu'il y ait virage. 



(239) Procédé aux sels de palladium 



Ce procédé est simplement un virage- fixage pour pa- 
pier au gélatinobromure d'argent. On peut prendre l'une 
des deux formules suivantes : 

A) Chlorure douhle de potassium et de 

palladium i gramme 

Chlorure de sodium 2 » 

Acide citrique . 5 » 

Eau distillée. ....... 1000 » 

B) Chlorure double de potassium et de 

palladium o^%5o 

Molybdate d'ammoniaque. ... 5 grammes 

Sel marin 5 » 

Eau distillée 1000 » 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES 1 43 



(241) Procédés aux sels de chrome et de cuivre 

C'est à Miingo Ponton qu'on doit les premiers procédés 
dans lesquels on se sert des sels de chrome. Dès 1889 il 
employait un papier saturé de bichromate de potasse, 
qui réduit par la lumière passait d'une belle couleur jaune 
à un brun pâle en donnant une image négative. 

Edmond Becquerel, en i84o, perfectionna ce procédé en 
imprégnant le papier de colle d'amidon avant de le passer 
au bichromate et en passant ensuite à l'iode qui forme de 
l'iodure d'amidon dans les parties non impressionnées. 
On a alors un positif direct à la chambre noire. 

Procédé Chromaiype de Hiint (i843). — Il emploie un 
chromate de cuivre ou de mercure (le cuivre donne des 
effets plus certains'. On prend du papier à lettres de 
bonne qualité qu'on lave avec une solution de sulfate de 
cuivre et qu'on fait sécher en partie. On le passe alors 
dans une solution de bichromate de potasse et on sèche 
près du feu. Ce papier n'est pas assez sensible pour 
donner une image à la chambre mais peut servir pour 
obtenir des photocopies de même signe que le phototype 
sous lequel on l'expose. 

Procédé Fritz Haiigk (1886). — Il fait flotter pen- 
dant une minute du papier fort encollé sur un bain con- 
tenant un mélange de 10 centimètres cubes d'une solu- 
tion saturée de bichromate de potasse et 36 centimètres 
cubes d'une solution saturée de sulfate de cuivre. On fait 
sécher, on expose sous un cliché jusqu'à ce que l'image 
se dessine. En sortant du châssis-presse on fait flotter sur 
un bain de nitrate d'argent à 3 °/o ; l'image apparaît en 
rouge, on lave pour fixer l'image. 



l44 HISTORIQUE 

Si on désire des tons lilas, on lave après l'insolation 
puis on traite dans Fobscurilé par un bain de chlorure de 
sodium faible et après lavage et dessiccation on expose aux 
vapeurs ammoniacales. 

Enfin on peut avoir une épreuve rouge non argentique 
en passant au sortir du châssis presse dans un bain de 
ferrocyanure de potassium. 

(242) Procédé aux sels de fer et de chrome 

Chromocyanotype Hiini. — On ajoute à une solution 
saturée de bichromate de potasse un demi-volume d'une 
solution à 6 Yq de ferrocyanure de potassium. On passe 
une couche du mélange avec un pinceau sur une feuille 
de papier à lettres. On expose sous un négatif, on a une 
image faible et négative. Elle reste négative si on la 
développe au chlorure ferrique, mais si on la plonge 
dans une solution faible de sulfate ferreux, elle devient 
immédiatement positive, les ombres s'y dessinent par un 
dépôt de bleu de Prusse. 



(245) Procédé aux sels d'uranium 

Procédé Biirneit et Niepce de Sainl-Vicior (iSSy). — 
Ou enduit un papier d'une solution de nitrate d'urane à 
20 o/o, on expose sous un cliché à la lumière solaire; il 
se forme dans les parties insolées un composé qui ré- 
duit les sels d'or, d'argent ou de mercure à l'état mé- 
tallique et qui peut constituer une image. On obtient 
une épreuve rouge en passant après exposition dans un 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES l45 

bain de prussiate rouge à 2 Y^, on peut la virer au noir 
en la plongeant dans une dissolution de perchlorure de 
fer à 5 °/o acidulée à i 7o t^'acide chlorliydrique. Enfin 
le procédé modifié peut donner des épreuves violettes : 
on prépare le papier avec : 

Chlorure d'or 2 grammes 

Nitrate d'urane . i5o » 

Eau distillée. . . . , . . . 2000 » 

♦ 

On laisse flotter le papier 3 à 4 minutes sur ce bain, 
on sèche par suspension, on expose au soleil derrière un 
cliché et on fixe par lavages à plusieurs eaux. L'image 
est formée par de l'or divisé ayant une teinte violette. 

Bollmann, en 1862, se servit de procédés mixtes à l'ura- 
nium et platine ou à l'uranium et or. 

Krone, à la même époque, imagina un procédé dans 
lequel une image d'uranium était transformée en image 
argentine puis virée au platine. 

Procédé Boiviii. — On fait flotter du papier gélatine et 
aluné sur un bain composé de : 

Nitrate d'urane ....... 20 grammes 

Acide tartrique 3 » 

Eau distillée 100 » 

On laisse sécher, on expose au soleil, on lave à l'eau 
pure, on développe dans un bain de ferrocyanure de po- 
tassium à 4 Vo» ^^ 1^^'® d'abord à l'eau puis à l'eau 
acidulée par l'acide nitrique puis encore à l'eau et enfin 
on sèche. 

Procédé Godefroy. — On sensibilise le papier avec un 
mélange à rolumes égaux d'une solution de nitrate 
d'urane à 12 % et d'une solution de nitrate d'argent 

La Photographie. g 



l46 . HISTORIQUE 

à i6 Yo- Après une courte exposition on développe 
avec : 

Sulfate ferreux i6 grammes 

Acide tartrique 8 « 

Acide sulfurique quelques gouttes 

Eau distillée 200 cent, cubes 

Pour fixer on lave soigneusement à l'eau. 

Procédé Draper. — On sensibilise avec : nitrate 
d'urane 10 grammes, nitrate d'argent i gramme et eau 
distillée 120 grammes. On insole 12 à i5 minutes, on 
développe et on fixe par simple lavage. 

(246) Procédé au collodiox lrvxique (w^othltttpie) 

IVothly en i865 eut Fidée de faire agir la lumière sur 
une couche de coUodion renfermant du nitrate d'argent et 
du nitrate d'urane avec une substance organique. 

En 1866 il perfectionna son procédé. Il recouvre le 
papier d'un empois formé de 24 grammes d'arow-root 
dans un demi-litre d'eau additionnée d'un peu de géla- 
tine et de quelques gouttes d'une solution concentrée 
d'acide citrique. 

La liqueur sensibilisatrice contient : 

Chlorure platinique ... 3 grammes 

Nitrate d'urane ..... 3o à 90 grammmes 

Alcool i8o cent, cubes 

On prépare le collodion en ajoutant à 100 centimètres 
cubes de collodion normal quelques gouttes d'essence de 
térébenthine et 3o centimètres cubes de liqueur sensibili- 
satrice ; on peut y ajouter 2 à trois gouttes d'une solu- 
tion concentrée de chlorure de palladium pour 260 centi- 
mètres cubes de collodion. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES l47 

On expose sous nn négatif à peu près le même temps 
que pour un papier à l'argent. Au sortir du châssis- 
presse l'image est faible et noir bleuâtre, on la lave, on 
la plonge dans un bain de o'^%do de chlorure d'or pour 
deux litres d'eau ; on fixe ensuite au sulfocyanure d'ammo- 
nium . 



(249). Procédé aux sels de molybdène ou de tungstène 

Virage au Moiyhdhu. Procédé Namias. — On dissout 
10 grammes d'acide molybdique dans 5o centimètres 
cubes d'ammoniaque étendue de son poids d'eau, cette 
solution est versée dans 100 centimètres cubes d'acide 
nitrique de densité t,4 étendu de son poids d'eau ; la so- 
lution se conserve indéfiniment. 

Pour l'usage on prend : 

Solution molybdique ..... 5o cent, cubes 

Eau distillée i5o » 

Métabisulfite de potassium ... 10 grammes 

Dans cette liqueur on plonge l'épreuve au gélatinobro- 
mure préalablement mouillée, on obtient une image ren- 
forcée et d'une couleur bleu violet très agréable. 

D'après Namias il s'agit d'une action catalytique. 

Virage au Tungstène. — On tire l'épreuve sur papier 

au gélatinochlorure et on la plonge préalablement mouillée 

dans un bain de : 

Tungstate de soude 18 grammes 

Sulfocyanure d'ammonium. ... 3o » 

Hyposulfite de soude 25o » 

Eau ........... 960 » 

L'image prend une belle couleur rouge brique. 



l48 HISTORIQUE 

(26) Procédé aux sels de plomb 

Procédé Roussin (i856). — On prend du papier en- 
collé à l'amidon, on le fait flotter sur une solution conte- 
nant 3oo grammes d'acétate neutre de plomb, 5 centi- 
mètres cubes d'acide acétique et 900 grammes d'eau 
distillée. On enlève l'excès de liquide qui imprègne le 
papier puis on le place sur une solution d'iodure de po- 
tassium au tiers. On fait sécher dans l'obscurité, on 
expose à la lumière solaire pendant i à 4 secondes, on 
fixe avec une solution de chlorure d'ammonium. 

Schmid, en 1866, a montré que la présence de l'humi - 
dite était nécessaire pour que le chlorure de plomb s'altérât 
à la lumière. 

Procédé Lumière frères (1902). — On vire les photo- 
copies sur papiers argentiques dans un mélange de : 

Solution de pentalhionate de plomb à 21°. i litre 

Hyposulfite de soude 25o grammes 

On obtient des tons noirs. 

Virage au plomb et cobalt. — Ce procédé a été imaginé 
en 1905 par Lumière frères. On plonge les épreuves 
sur papier d'argent dans un bain de : ferricyanure de 
potassium 6 0/0 ^^ nitrate de plomb 4 Vo» l^^^s après 
lavage on passe dans un second bain formé de chlorure de 
cobalt 100 grammes, acide chlorhydrique 3oo grammes 
et eau i litre. On laisse l'épreuve dans le premier bain 
jusqu'à ce qu'elle blanchisse puis on lave jusqu'à obten- 
tion d'un blanc parfait. On laisse ensuite dans le second 
bain i à 2 minutes et l'on obtient une image verte. 



PROCÉDÉS AUX SELS MÉTALLIQUES I/^Q 



(26) Procédé aux sels d'étain 

Procédé Stoicessu (igoS). — C'est un procédé de 
virage des épreuves argentiques. On prépare d'abord deux 
solutions : 

A) Chlorure stannique 21 grammes 

Borax 4 » 

Chlorure de sodium 2 » 

Eau goo » 

Acide citrique, quantité suffisante pour avoir une 

solution claire. 

B) Chlorure d'or i gramme 

Eau distillée /i5o cent, cubes 

On mélange i5 centimètres cubes de A), 270 centi- 
mètres cubes d'eau, 00 centimètres cubes de B) et enfin 
o,3o centigrammes de soude. 

Le virage se fait en quelques secondes, on fixe dans 
Fhyposulfite à 20 Yq. 



(27) Procédé aux sels de vanadium 

Ce procédé est un virage pour épreuves au gélatino- 
bromure. 

On passe l'épreuve dans un bain de prussiate rouge à 

5 Yo puis, quand elle a blanchi^ on la plonge dans rm 

second bain de : 

Clilorure vanadique ..... 10 grammes 

Chlorure d'ammonium. .... 25 » 

Chlorure ferrlque 12 » 

Acide chlorhydrique 20 » 

Eau distillée 2000 » 



1 5o HISTORIQUE 

(r^g) Procédé au sélé>'ium 

Szigetij en tqoS, ayant eu à sa disposition une grande 
quantité de sélénium provenant d'une fabrique d'acide 
sulfurique put arriver à produire une image par contact 
en utilisant la réaction des sels ferriques en sels ferreux 
et se servant de ce dernier composé pour réduire l'anhy- 
dride sélénieux en sélénium. 

Il se servit d'oxalate ferrique et d'acide sélénieux en 
solution concentrée. Il enduisit un papier avec un mé- 
lange de deux parties de sel de fer, une partie d'acide 
sélénieux et sécha à 80°. 

Insolé sous un négatif il eut une image pâle qu'il déve- 
loppa avec de l'oxalate de potasse. Le fixage était obtenu 
par un lavage à l'acide chlorhydrique. L'auteur ajoute 
qu'on peut virer au chloroplatinite. 



CHAPITRE lY 

PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIONS COLORÉES 

(3i) Procédés au charbon 

L'année de la découverte de la photographie Mungo 
Ponton écrivait dans le New Philosophical Journal : 
Lorsqu'on imbihe du papier avec une solution de chro- 
mate de potasse, ce papier devient sensible à la lumière. 
Si on place sur ce papier un objet opaque, les parties non 
préservées de la lumière deviennent jaune brun et, si on 
lave, les parties réservées se dissolvent tandis que les 
autres restent et forment une image fixe de sesquioxyde 
de chrome. 

Poitevin reprit, en 1 855, ces expériences et vit que si on 
ajoute au bichromate une matière soluble telle que 
gomme, gélatine ou albumine, cette matière devenait 
insoluble dans l'eau dans toutes les parties qui avaient 
été insolées. C'est de cette constatation qu'il fit découler 
les procédés au charbon et tous les procédés d'impression 
mécanique. 

(3ii.i) Procédés au chaubon saxs tra:\sfert 

Procédé Poitevin (^iSbù). — Yoici comment s'exprime 
l'auteur : 

1° Pour préparer les papiers je les recouvre d'une dis- 



l52 HISTORIQUE 

solution concentrée de gomme, gélatine ou congénère 
additionnée d'un chromate. Après dessiccation je soumets 
à l'action de la lumière à travers un cliché à reproduire 
puis, après un temps d'exposition convenable, j'applique 
au tampon ou au rouleau une couche uniforme d'encre 
grasse typographique ou lithographique éclaircie préala- 
blement et je plonge la feuille dans l'eau. 

Toutes les parties non impressionnées abandonnent le 
corps gras tandis que les autres en retiennent des quan- 
tités proportionnelles à la quantité de lumière qui a tra- 
versé le cliché. 

2° J'applique les couleurs diverses solides ou liquides 
sur le papier, les étoffes, le verre ou d'autres surfaces en 
mélangeant ces couleurs avec la matière organique bi- 
chromatée. Sur cette surface préparée l'impression pho- 
tographique est produite par l'action de la lumière 
passant à travers un cliché. On lave avec une éponge et 
beaucoup d'eau, la matière organique est insoluble là où 
la lumière a agi et le dessin est reproduit dans la cou- 
leur qui a été employée. 

Après Poitevin, Garnier et Salomon emploient un 
mélange de sucre et d'albumine comme matière orga- 
nique. Poiincy préfère la gomme arabique à lo 
ou 20 0/0 • 

Ahney vers 1876 fait la remarque que si on abandonne 
dans l'obscurité une couche de gélatine impressionnée, 
l'insolubilité augmente. 

Procédé Artigues (1889). — On recouvre un papier 
avec de l'albumine battu en neige mélangée d'un dixième 
de sucre ou de gomme et d'une quantité sufilsante de ma- 
tière colorante (noir de fumée d'ordinaire). On laisse 
sécher et on fait satiner ; on recouvre l'envers du papier 



PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIONS COLORÉES l53 

d'une solution à 5o Yo de bichromate de potasse en se 
servant d'une éponge très -douce et laissant i ou 2 mi- 
nutes le liquide pénétrer le papier. On expose jusqu'à ce 
que les détails du dessin apparaissent en brun sur le côté 
jaune. On dépouille à l'eau froide (on appelle dépouille- 
ment l'opération qui consiste à dissoudre les matières 
restées solubles). On laisse l'épreuve quelques heures 
dans l'eaù puis on sèche. 

En 1891, Artigues modifia son procédé : On fait une 
colle d'amidon plus fluide que celle employée pour le 
montage des épreuves, on incorpore dans cette colle une 
matière colorante finement broyée et, à l'aide d'une brosse 
en blaireau, on en recouvre la surface d'une feuille de 
papier blanc, on laisse sécher. 

Pour sensibiliser on fait flotter du côté non préparé sur 
un bain de bichromate de potasse à 12 "/q, on fait sécher 
dans l'obscurité. On expose sous un négatif 3 minutes au 
soleil, I heure à l'ombre, on développe à l'eau chaude, 
on lave. 

Procédé Saint-Florent. — On fait flotter, sur un bain 
de bichromate dépotasse, le verso d'une feuille de papier 
albuminé ou de papier gélatine, on fait sécher dans l'obs- 
curité, on expose derrière un négatif, on lave après l'in- 
solation dans un bain d'eau ordinaire additionnée de 
quelques gouttes d'ammoniaque, on encre la feuille avec 
un mélange de : 

Encre de Chine liquide .... 100 cent, cubes 

Acide sulfurique ...... 7 » 

Potasse caustique ..,,.. 3 grammes 

On laisse sécher dans la position horizontale, puis, 
quand l'épreuve est sèche, on la place dans un bain d'eau 



r54 HISTORIQUE 

ordinaire. Après dix minutes d'immersion on frotte avec 
un blaireau doux l'image se dépouille. 

Procédé à la gomme bichromatée. — Rouillé Ladevèze 
exposait en 1894 des impressions sur papier à la gomme 
bichromatée qui furent très remarquées. Voici le procédé 
qu'il employait : 

On prend du papier bien encollé et on le recouvre 
d'une couche mince de mucilage de gomme arabique, 
35 grammes, colle de poisson, 10 grammes, pour 
100 centimètres cubes d'eau. On additionne ce mucilage 
de bichromate de potasse et dune matière colorante telle 
que: noir de fumée, encre de Chine, noir d'ivoire, terre 
de Sienne, etc., très finement broyée. 

Procédé J. Packham (1898). — L'auteur modifiant le 
procédé précédent conseille d'imprégner d'abord le 
papier d'une solution de bichromate de potasse et ensuite 
de gomme colorée. On immerge le papier pendaut 2 mi- 
nutes dans une solution de bichromate à 10 % ^Q 
évitant les bulles. Après égouttage et séchage on recouvre 
de la solution de gomme pigmentée suivante, : 

Solution de gomme , liO grammes 

Noir d'ivoire ........ 10 » 

Noir de fumée 3 » 

Eau 20 » 

On sèche et le papier est prêt pour l'impression, il ne 
se conserve que quelques jours. On développe avec un mé- 
lange de sciure de bois et d'eau, on lave abondamment. 

(3ii.2) Procédés au charbon par simple tra^^sfert 

Les procédés au charbon sans transfert donnent diffi- 
€ilement les demi-teintes à cause de la difficulté de bien 



PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIONS COLORÉES 1 55 

dépouiller l'épreuve. Pour obvier à cet inconvénient de 
nombreux procédés furent inventés, nous citerons seule- 
ment le procédé Fargier qui les résume. On étend la 
gélatine bicliromatée sur une giace, on impressionne, on 
recouvre la gélatine de deux couches successives de collo- 
dion, puis on immerge dans une bassine d'eau tiède jus- 
qu'à ce que la couche s'enlève en entier de la glace et 
flotte sur l'eau, on lave jusqu'à ce que l'image soit bien 
dépouillée puis on glisse sous la couche une feuille de 
papier gélatine, sur laquelle on l'étend. On laisse sécher et 
l'épreuve est terminée. Le grand inconvénient de ce pro- 
cédé est de donner une image inversée. 

(3ii.3) Procédés au ciia-Rbôn par double transfert 

Pour éviter l'inversion de l'image par le transfert on 
fut amené à inventer le double transfert, la seconde in- 
version rétablissant l'image dans son véritable sens. 

Swann, en i864, donna plusieurs tours de main poLir 
exécuter cette opération et fabriqua même ultérieurement un 
papier mixtionné préparé de façon à permettre à la couche 
sensible d'abandonner facilement son premier support. 

Après lui Ar ligues, Marion, Laniy en France, Mon- 
ckhoven en Belgique préparèrent d'excellents papiers géla- 
tines colorés qu'il suffit de sensibiliser. 

Ces maisons vendent également les papiers spéciaux 
nécessaires pour les deux transferts. 

Yoici comment l'on procède : on sensibilise le papier 
mixtionné selon les indications des fabricants ; cela fait, 
on prend le papier transfert qui est recouvert sur une de 
ses faces d'une couche de gélatine insolubiUsée par l'alun 
de chrome et sur cette face mouillée on présente l'image 



l56 HISTORIQUE 

qui s'y fixe. On la dépouille complètement puis on la 
trempe dans un bain d'alun à 5 % et on sèche. On prend 
alors une feuille de transfert double qui sera le support 
définitif. Ce papier est recouvert d'une gélatine à demie 
soluble, on l'immerge dans de l'eau à la température 
de 4o% gélatine en dessous. Quand celle-ci est suffi- 
samment ramollie on la retire de l'eau et on l'applique 
sur l'épreuve. On appuie avec une raclette pour obtenir 
une adhérence parfaite et on laisse sécher ; après dessic- 
cation on introduit à l'un des angles une lame de canif 
entre les deux feuilles de papier. L'image abandonne le 
premier support pour rester adhérente au second. 

(32 1) Procédés par saupoudrage aux sels de chrome 

Procédé Salmon et Garnier (1869). — On fait dis- 
soudre 3o grammes de sucre blanc dans 00 grammes 
d'eau, après dissolution complète on ajoute à ce sirop 
7S'",5o de bichromate d'ammoniaque finement pulvérisé, 
on fait dissoudre en agitant. Gela fait, on additionne ce 
mélange de 10 centimètres cubes d'ammoniaque et on 
filtre. Le papier est recouvert de cette mixture bichroma- 
tée ; on sèche, on insole au châssis-presse, on saupoudre 
avec une poudre colorante et on lave. Avec ce procédé il 
est très difficile d'avoir des blancs. 

Procédé Obernetter (i864).. — On prépare d'abord le 
mélange suivant : 

Bichromate d'ammoniaque ... 2 grammes 

Sucre blanc i » 

Dextrine 4 » 

Glycérine 2 à 3 gouttes 

Eau 100 cent, cubes 



PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIONS COLORÉES ïbj 

Ce mélange étendu sur glace est séché de 5o à 70". On 
expose la glace encore tiède sous un positif, après l'expo- 
sition on réchauffe la glace à l'étuve, on la pose sur un 
papier blanc et à l'aide d'un blaireau on couvre la surface 
insolée de plombagine. Une fois l'image développée on la 
recouvre de collodion à 2 ^/q. Quand la couche a fait 
prise on incise les bords et on plonge la glace dans l'eau. 
La pellicule se détache au bout de quelques minutes, il 
ne reste qu'à la reporter. L'idée du collodion appartient à 
Poitevin, dans son procédé initial Obernetter se servait 
d'une solution chloroformique de gutta-percha. 

Procédé Geymet (1873). — C'est une modification des 
procédés précédents, l'auteur le conseille pour obtenir des 
négatifs retournés. On prépare d'abord un mélange de : 

Solution saturée de bichromate 

d'ammoniaque i5 à 20 cent, cubes 

Glucose 5 grammes 

Sirop de sucre 2 cent, cubes 

Miel épuré o^''^5o 

Gomme arabique pulvérisée. . 5 grammes 

Eau. 100 » 

On filtre et on laisse déposer. On étend ce liquide sur 
la glace, on fait sécher, on expose la glace préalablement 
chauffée sous un positif pendant un temps variant entre 3 
et 10 minutes à l'ombre, enfin on saupoudre avec des 
poudres ayant passé au tamis n° 180. Pour reporter 
l'image on emploie le procédé Poitevin (voir 320). 

Anthracotypie. — On désigne sous ce nom un procédé 
inventé par Sobbachi en 1879 et perfectionné par Pizzi- 
ghelli l'année suivante, procédé assez pratique pour les 
reproductions d'images au trait. On prépare le papier en 
dissolvant dans 3o centimètres cubes d'eau 10 grammes 



l58 HISTORIQUE 

de gélatine, on maintient cette gélatine à 45*^ au bain- 
marie clans une cuvette, on fait flotter à la surface de ce 
bain le papier pendant i à 3 minutes, on suspend pour 
sécher. Il faut compter 6 centimètres cubes de solu- 
tion pour I décimètre carré de papier. On sensibilise en 
immergeant complètement le papier dans une solution de 
bichromate de potasse à 4 % pendant 2 minutes puis on 
fait sécher. On insole au châssis-presse pour obtenir une 
photocopie de même signe que le phototype. 

Au sortir du châssis-presse on lave à l'eau à plusieurs 
reprises puis on fait tremper pendant une ou deux mi- 
nutes dans une cuvette contenant de l'eau à la température 
de 28 a 00°. Le dessin prend un relief prononcé, on place 
la feuille sur une surface bien plane, on absorbe l'excès 
d'humidité, on saupoudre, on laisse sécher puis, avec une 
éponge, on enlève la couleur qui empâte le dessin et |on 
abandonne à la dessiccation. 

En 1880, le colonel Saint-Florent a employé un pro- 
cédé analogue pour obtenir très rapidement des photo- 
calques en se servant soit de papier albuminé qu'il sensi- 
bilisait par le verso, soit de papier gélatine qu'il sensibili- 
sait par le recto, avec un bain de bichromate de potasse 
à saturation. 



(025) Procédé par saupoudrage aux sels de fer 

Procédé Poitevin {ï86i). — Ou prépare une dissolu- 
tion de perchlorure de fer to grammes, acide tartrique 
5 grammes, dans 100 grammes d'eau. On verse cette so- 
lution à la surface d'un verre dépoli bien nettoyé, on 
laisse sécher. On expose, sous un négatif bien verni, à la 



PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIONS COLORÉES iSq 

lumière diffuse. Après insolation l'image apparaît en 
blanc sur fond jaune ; on laisse ce verre dans l'obscurité 
pour qu'il s'humecte aux dépens de l'humidité de l'air 
dans les parties non insolées. On applique alors à la sur- 
face de la plaque, à l'aide d'un pinceau très doux, une 
poudre de noir de fumée ou de plombagine passée au ta- 
mis n° i8o, on voit apparaître le dessin, la couleur ne se 
fixant qu'aux endroits humectés. Pour reporter sur papier 
l'image obtenue sur verre dépoli on recouvre la surface de 
l'image d'une couche de collodion normal à i ^Iq. Après 
le collodionnage on plonge la plaque dans une cuvette 
d'eau propre, on ajoute de l'eau aiguisée d'acide chlorhy- 
drique, l'adhérence avec le verre est détruite, on lave pour 
chasser l'excès d'acide et on applique sur la surface collo- 
dionnée une feuille de papier gélatine préalablement 
mouillée ; on chasse les bulles d'air, on éponge l'excès 
d'eau avec un buvard et on laisse sécher. Quand le pa- 
pier est sec il se détache en emportant la couche de collo- 
dion et l'image qui se trouve ainsi inversée. 



(33) Procédés par imbibitiox 

Procédé Marion. — Il sensibilise du papier albuminé 
en le faisant flotter sur un bain contenant : 

Bichromate de potasse ..... 4 grammes 

Alun de chrome 2 » 

Eau 100 » 

Ce papier est exposé i à 5 minutes sous un négatif, au 
sortir du châssis on l'applique sur une pellicule de géla- 
tine colorée toute humide et on place le tout sous presse 
pendant 10 minutes. La pellicule de mixtion est insolubi- 



l6o HISTORIQUE 

Usée partiellement par les quantités variables d'alun de 
chrome abandonnées par la feuille albuminée. On dé- 
pouille à l'eau chaude et l'on a une image dans son vrai 
sens avec un simple transfert en se servant d'un négatif 
non retourné. Ce procédé a parfois reçu le nom de Ma- 
riotypie. 

Catatypie. — Ce procédé imaginé par Ostwald et Gros 
est ainsi nommé parce que ses auteurs attribuent à une 
action cataly tique les phénomènes observés. Ils prennent 
une épreuve négative aux sels d'argent ou de platine et la 
recouvrent d'une solution éthérée de peroxyde d'hydrogène 
ou eau oxygénée. Après évaporation de l'éther le peroxyde 
est détruit par le métal argent ou platine tandis qu'il 
subsiste dans les endroits où le métal n'existe pas ; on a 
donc une image positive invisible de peroxyde d'hydro- 
gène. Si l'on presse ce papier sur un autre papier pig- 
menté et gommé ou gélatine sensibilisé, soit par un sel 
de manganèse, soit par un sel ferroso-ammoniacal, on ob- 
tient par imbibition après dépouillement un positif de la 
couleur du pigment choisi. 

Azotypie. Procédé Manly. — On sensibilise une feuille 
de papier simple transfert avec une solution de : 

Bichromate de potasse 7 grammes 



Sulfate de manganèse i4 



o 



)) 



Eau 100 » 

On impressionne jusqu'à ce que l'image soit visible 
dans les grandes lumières et on lave tant que l'eau se co- 
lore ; on coupe alors un morceau de papier au charbon 
et on le trempe dans un bain contenant pour un litre 
d'eau : I à 2 grammes d'hydroquinone et 3 à 5 grammes 
d'acide citrique et maintenu à la température de 20° en- 



PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIO^-S COLORÉES l6l 

viron. On plonge l'épreuve clans la même cuvette et on 
l'applique contre la couche gélatinée du papier au char- 
bon. On presse, on essore, on sèche puis on trempe dans 
l'eau froide pendant 1/2 heure. On développe ensuite 
dans l'eau à 4o°. L'oxyde manganique produit sur la pre- 
mière feuille a oxydé et insolubilisé la gélatine du papier 
charbon dans les parties en contact. Ce procédé modifié a 
donné le procédé appelé Ozotypie. 

Procédé Ozobrome. — Imaginé par Label, en 1907, ce 
procédé permet de reproduire avec une simple épreuve 
au bromure un grand nombre d'épreuves semblables sur 
papier charbon. 

On fait une solution de : 

Bichromate de potosse 6»'^,5o 

Ferricjanur^ de potassium ô^^'jSo 

Bromure de potassium 6°'',5o 

Alun 3=s5o 

Acide citrique i gramme 

Eau I litre 

On trempe une feuille de papier charbon dans cette 
solution pendant i à 2 minutes en évitant les bulles d'air. 
D'autre part, on a fait tremper pendant 5 minutes 
l'épreuve au bromure dans du formol à 10 Yo et on l'a 
ensuite lavée durant 10 minutes ; cette épreuve humide 
est appliquée sur le papier au charbon imprégné de la 
solution, on les presse toutes deux sur une glace avec une 
raclette, on laisse en contact i5 à 3o minutes. On trempe 
alors dans l'eau froide et, au bout de quelques minutes, 
l'épreuve au charbon peut se détacher et être développée. 

L'épreuve au gélatinobromure est remise dans un bain 
révélateur quelconque où elle reprend son aspect pri- 
mitif ; elle peut resservir. 



102 HISTORIQUE 



(35 1) Procédés par teinture aux sels de chrome seuls 

Procédé WiUis (i865). — On trempe une feuille de 
papier dans i 

Bichromate de potasse i gramme 

Acide pliosphorique (d = i,i24). . lo cent, cubes 
Eau lo » 

On fait sécher dans l'obscurité, on expose sous un né- 
gatif. 

Après exposition on a une image extrêmement pâle 
d'acide chromique sur fond vert. On expose alors aux va- 
peurs d'aniline qui rend la copie nettement visible. 

Reynolds (i865) emploie un bain sensibilisateur com- 
posé de : 

Solution saturée de bichromate de potasse. loo cent, cubes 
Acide sulfurique concentré 4 » 

On expose aux vapeurs d'une solution d'aniline dans 
la benzine. 

Daioson (i866) emploie comme bain sensibilisateur: 

Solution d'acide phosphorique au 1/7 . . 4 cent, cubes 

Bichromate de potasse (ou d'ammoniaque). 2 grammes 

Eau 3o » 

En 1899, la société Action Gesellschaft fur anilin fa- 
brikation a pris un brevet pour le procédé suivant : 

On trempe un papier de bonne qualité dans un mé- 
lange de : 

Gélatine molle 6 grammes 

Bichromate d'ammoniaque. ... 16 » 

Eau . 100 » 



PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIONS COLORÉES 1 63 

On sèche dans l'obscurité puis on expose sous un né- 



gatif. 



On lave abondamment puis on développe dans un bain 

de : 

Parapliénylène cliamine ..... i gramme 

Bisulfite de soude . i » 

Eau distillée loo » 

L'image apparaît en brun foncé. On peut d'ailleurs 
remplacer la parapliénylène diamine par l'aniline, la diphé- 
nylamine, etc. 



(352) Procédé par teinture avec sel de vanadium 

Procédé Endemann (1886). — On prépare d'abord 
deux solutions : 

A) Sel marin 48o grammes 

Bichromate de potasse 48o » 

Vanadate de sodium o='^,33 

Eau 9600 » 

B) Acide sulfurique ....... i litre 

Eau 4800 grammes 

On mélange A) et B) pour avoir le bain sensibilisateur. 
On encolle le papier avec une solution de gélatine à 2 Vo» 
on le sensibilise, on l'expose et on développe avec rme 
solution d'aniline modérément chauffée. 



(353) Procédés par teinture avec matières colorantes 

Procédé Villain (1892). — Il plonge son papier dans 
un bain de : molybdate d'ammoniaque, 5 grammes ; 



l64 HISTORIQUE 

bichromate de potasse 5o grammes ; dans i litre d'eau. 
On sèche à une température inférieure à 25°. On expose 
alors sous un négatif et quand les détails sont suffisam- 
ment imprimés on lave à l'eau distillée pour éliminer le 
sel de chrome non décomposé. On peut conserver l'image 
en cet état aussi longtemps qu'on le désire. Quand on 
veut procéder à la teinture, l'image bien lavée est placée 
dans le bain de matière colorante et on chauffe à l'ébulli- 
tion. Si les blancs sont un peu voilés on passe dans un 
bain chaud de savon et de carbonate de soude, ou dans 
un bain froid de chlorure de chaux additionné de c|uel- 
ques gouttes d'acide chlorhydrique ; dans ce dernier cas 
on termine par un lavage à l'eau faiblement alcaline. 

Les matières colorantes recommandées sont : les Aliza- 
rines, les Galloflavines, là Purpurine, etc. 

Procédé Riesensahn de Berlin (1901). — Sur une 
couche de pigments sensibilisés aux Halogénates d'argent 
on obtient une image par un procédé connu. Après déve- 
loppement et fixage on dissout l'argent réduit, il reste 
l'image colorée pure fournie par le pigment. 



(36) Procédés diazotypes 

Procédé Grccn, Cross et Bevan (1890). Ce procédé qui 
a reçu le nom de Diazotypie est basé sur la double pro- 
priété qu'ont les composés diazoïques d'être décomposa- 
bles à la lumière et de donner avec les phénols des ma- 
tières colorantes. 

On fait dissoudre 10 grammes de primuline dans 
3 20 centimètres cubes d'eau bouillante, on décante ; ce 



PROCÉDÉS AUX POUDRES ET MIXTIONS COLORÉES l65 

bain maintenu chaud sert à teindre du papier ou du ca- 
licot par une immersion de quelques minutes. On égoutte, 
on lave puis on plonge le papier ou l'étoffe dans un bain 
contenant pour un litre d'eau, 6 grammes de nitrite de 
soude et i4 centimètres cubes d'acide chlorhydrique. 11 
se forme un diazoïque et la teinte passe au brun rou- 
geâtre, on lave et on séché dans l'obscurité. On expose au 
châssis-presse, les parties insolées forment une image 
jaune pâle et en passant dans divers bains phénoliques on 
aura des photocopies de même signe mais inversées. 

On aura une image rouge en triturant 6 grammes de 
soude caustique dissous dans jo grammes d'eau avec 
4 grammes de naphtol et puis en complétant à 48o cen- 
timètres cubes. « 

L'image sera orangée avec un bain contenant 3 grammes 
résorcine, 5 grammes soude ou potasse pour 48o centi- 
mètres cubes. 

Enfin on aura une belle image noire en passant dans 
un bain de 6 grammes iconogène pour 48o grammes d'eau . 
Procédé Feer. — Il met à profit une autre propriété 
des diazoïques et obtient des photocopies de signe con- 
traire aux phototypes. Avec le sel diazosulfonique de la 
pseudocumidine qu'il développe après exposition avec une 
solution sodique de p Naphtol il a une image rouge écar- 
late. En développant avec la p Naphtylamine l'image sera 
violette ; enfin avec la résorcine il obtient une image 
orangée. 

Fee/' essaya également avec succès les composés suivants : 

Benzène diazosulfîle de sodium .... 

Toluène 

Benzidine tétrazosulfite de sodium . 
Toluidine 



l66 HISTORIQUE 

Procédé A ndresen {i8()b). — Cet auteur recommande 
l'emploi clés composés diazoïques des a et P naphtyla- 
mines ; et se sert pour développer d'un bain de 12 y^ de 
nitrite de soude fondu. 

Schœn, de Genève, a breveté en 1899 un procédé basé 
sur la propriété de l'acide amidosalicylique et de ses dé- 
rivés de fournir des diazodérivés cpie la lumière transforme 
en colorants rouges insolubles. On immerge le papier dans 
une solution du diazoïque, obtenu par l'action du nitrite 
de sodium sur l'acide amidosalicylique en solution chlo- 
rhydrique, dans du carbonate de soude gélatineux. On 
sèche le papier dans l'obscurité. On expose sous un né- 
gatif jusqu'à ce que l'image soit bien rouge par transpa- 
rence, on fixe par lavage à l'eau K 

En 1901 Gros a breveté un procédé pour la production 
d'images au moyen de Leucobases des colorants delà série 
du triphénylmétliane. On peut additionner ces leucobases 
de sels d'argent pour augmenter la sensibilité des papiers 
préparés. 

^ On peut modifier le ton en virant dans un bain de sel métalliqne 
tel que : Nitrate de Cobalt, Chlorure Ferrique, Acétate de Plomb. 



CHAPITRE Y 

IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES 

(4-7) Impressions photomécaniques 

S'il est un chapitre de l'art photographique qui soit dé- 
fectueux comme nomenclature, c'est bien celui des im- 
pressions mécaniques. /Vucan, certes, n'offre une pareille 
confusion ; tantôt le même mot servira à désigner des pro- 
cédés essentiellement différents, tantôt un seul procédé sera 
baptisé de trois ou quatre noms ne paraissant avoir rien 
de commun. 

Pour nous reconnaître dans ce labyrinthe, la classifica- 
tion décimale sera notre fil d'Ariane. 

Dans cette classification les procédés d'impressions pho- 
tomécaniques sont divisés de la façon suivante : 

(4) PholocollogjYiphie. — Impression des photographies 
aux encres grasses sur couche de substances colloïdes. 

(5 Phololithographic . — Procédés d'impression pho- 
tographique directe sur pierre ou substances analogues. 

(6) Photozinco graphie. — Procédés d'impression pho- 
tographiques sur planches métalliques sans relief. 

(71) Photoglyplographie. — Procédés d'impression 
photographique sur planches métalliques gravées en 
creux. 

(j2) Pholotypograpliic . — Procédés d'impression pho- 
tographique sur planches typographiques en relief. 



l68 HISTORIQUE 

(75) Photoplastographie . — Procédés d'impression pho- 
tographique à l'encre gélatineuse sur planches moulées. 

Avec cette classification nous faisons rentrer dans la 
PhotocoUographie (4) les procédés appelés Albertypie, 
Autotypie^ Autocopiste, Artotypie, Gollographie, Gollo- 
typie, Leimtypie et ceux des procédés dits Phototypie et 
Photolithographie pour lesquels l'impression se fait sur 
couche colloïde. 

Dans la Photolithographie (5) nous décrirons outre la 
Protolithographie les procédés dénommés : Héliographie, 
Héliotypie, Héliogravure, Hélioplanographie lorsque l'im- 
pression se fait sur pierre lithographique. 

Dans la Photozincographie (6) rentreront les procédés 
Zincographie, et Photoalgraphi'e, la Topogravure et la 
Mercurographie sans relief; ainsi que les procédés dits: 
Héliographie, Hélioplanographie, HéHogravure, Photo- 
typie lorsqu'ils s'appliquent à des procédés d'impression 
sur métal sans relief. 

Dans la Photoglyptographie (71) nous classerons 
d'abord la Photoglyptie proprement dite puis les pro- 
cédés : Topogravure, Héliogravure, Hélioplastie, Zinco- 
graphie, Mercurographie, toutes les fois qu'ils s'appli- 
quent à des procédés imitant la taille douce, c'est-à-dire 
avec gravure en creux. 

Dans la Phototypographie (72) rentreront : Phototypie, 
Gillotage, Chrysogiyphie, Paniconographie, Dallastypie 
ainsi que les procédés appelés HéUogravure, Hélioplastie, 
Zincographie, Topogravure et Mercurographie quand ils 
s'appliquent à des procédés d'impression sur planches ty- 
pographiques. 

Enhn dans la Photoplastographie (76) nous classerons 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES I 69 

la Plastographie, la Woodburytypie ainsi que la Photo- 
giypde, la Glyptographie, l'Hélioglyptie et l'Hélioplastie, 
quand ces derniers procédés emploient des encres gélati- 
neuses. 

Notre Glossaire reproduit d'ailleurs, à leur ordre alpha- 
bétique, tous les noms que nous venons de citer, en ren- 
voyant aux paragraphes intéressant chacun d'eux. 



(4i) Photocollographie 

Procédé Poitevin. — En i855 Poitevin découvrit que 
la gélatine bichromatée exposée à la lumière perd la pro- 
priété de se dissoudre ou de se gonfler dans l'eau tandis 
que les parties impressionnées acquièrent la faculté de re- 
tenir les encres grasses. Si l'on encre ainsi une couche de 
gélatine et qu'on applique une feuille de papier avec pres- 
sion sur elle, l'encre reste adhérente au papier et l'on a 
ainsi l'image du dessin. Poitevin appela ce procédé : Pho- 
tolithographie. 

Procédé Tessié du Moiay (1867). — Sous le nom de 
Phototypie, Tessié du Motay et Maréchal employèrent le 
cuivre graine comme support d'une couche de gélatine 
bichromatée. Leur procédé n'était qu'une simple modifi- 
cation du procédé Poitevin. 

Procédé Albert (1869). — Le procédé Poitevin perfec- 
tionné devint l'Albertypie. Cet inventeur procède de la 
façon suivante : 

On verse une solution de gélatine sur ime dalle de 
Aerre dépolie, on la recouvre d'une solution de bichro- 
mate dans de la gélatine additionnée d'albumine, on re- 
couvre cette première couche d'une seconde d'un liquide 



I-yO HISTORIQUE 

gélatinobichromaté additionné de sel de cadmium et d'ar- 
gent ; après séchage et exposition sous un négatif, on in- 
sole un instant du côté du verre ; la partie immédiate- 
ment adhérente au verre devient insoluble et s'y applique 
avec une force extraordinaire. On peut alors tirer des 
milliers d'exemplaires en mettant sous la dalle de verre 
un support de caoutchouc. Il est bien entendu qu'après 
l'insolation du dos de la glace, on lave a l'eau froide et 
qu'on laisse sécher. Au moment du tirage on plonge la 
planche pendant 4 à 5 minutes dans l'eau froide addi- 
tionnée de glycérine, on passe une éponge mouillée puis 
on encre, le tirage se fait avec une presse lithographique. 

Procédé Oberneiter (1870). — On couvre la glace d'une 
solution gélatine, albumine, sucre et bichromate ; quand 
la couche est sèche et encore chaude on l'expose sous un 
négatif puis on fait apparaître l'image par saupoudrage 
avec du zinc en poudre, on expose à nouveau à la lumière 
pour rendre la couche insoluble, excepté dans les parties 
recouvertes de zinc ; on traite par un acide faible qui dis- 
sout le zinc et ce sont les parties non zinguées qui seules 
reçoivent l'encre grasse. On procède au tirage comme en 
lithographie. 

Procédé Waterhouse (1871). — On recouvre une glace 
d'un mélange de : 

Gélatine 100 grammes 

Tannin 2 » 

Savon 6 » 

Eau 750 » 

Après dessiccation on sensibilise sur du bichromate de 
potasse à 5 7o par une immersion de 5 minutes, on fait 
sécher, on expose sous un négatif, on insole le dos de la 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES I7I 

glace, on lave, on encre à deux encres pour les épreuves 
en clemi-teintes. 

Procédé Marion (1870). — On sensibilise une pelli- 
cule de gélatine dans" un bain de bichromate à 3 0/0 • Après 
séchage on insole l'envers de la pelhcule pour insolubi- 
liser le verso puis on expose l'autre face sous un négatif. 
Quand l'exposition est terminée, on plonge la pellicule 
dans l'eau froide, on la fait adhérer à une plaque de zinc 
revêtue de vernis au caoutchouc, on racle pour souder les 
deux surfaces, on plonge dans un bain d'alun à 4 % ^^ 
enfin on lave à grande eau. 

Procédé Cronenbcrg. — Il couvre sa glace avec un mé- 
lange de : 

Bière éventée privée d'acide carbonique. 700 grammes 

Silicate de soude 70 » 

Albumine 2 5 » 

Soude caustique . 20"^, 5o 

puis il sensibilise avec une deuxième couche de gélatine 
bichromatée. 

Procédé Américain dit Artotypie. — On prépare sa 
glace comme à l'ordinaire mais on durcit la couche après 
l'insolation en la faisant tremper dans de l'alun à 5 "/g, en- 
suite on lave et on laisse sécher spontanément. Le*bain 
mouilleur est formé de : 

Glycérine . *. . . . . . . . lOo grammes 

Ammoniaque. ....... 3o » 

Nitrate de chaux 3o » 

Eau i5o » 

Si certaines portions de la couche ont besoin d'être 
durcies on les enduit au pinceau d'une solution alcoo- 
lique de chlorure de zinc puis Ton imprime. 



- I'72 HISTORIQUE 

Procédé Pizzighelli (1882 . — Ce procédé donne de 
bons résultats pour les dessins au trait. On recouvre une 
glace d'un mélange de 100 grammes de bière fraîche et 
de 10 centimètres cubes de solution commerciale de sili- 
cate de potasse^ on sèche à l'étuve et sur la surfate mate 
et opalescente obtenue, on étend l'émulsion au gélatino- 
bromure. On fait son négatif à la chambre noire à la façon 
habituelle, on développe puis sans fixer on traite la couche 
par une solution de bichromate de potasse à 3 Y^ pendant 
un quart d'heure. On laisse égoutter, on lave, on fait sé- 
cher puis on expose dans un châssis-presse avec un papier 
au chlorure d'argent jusqu'à ce qu'on ait une faible image 
sur le papier, il faut parfois toute une journée. On lave 
alors jusqu'à disparition du bichromate puis on fixe. 
^ Pour enlever la couleur noire du négatif on immerge 
dans une solution de i gramme de bichromate de potasse, 
3 grammes acide chlorhydrique pour 100 grammes 
d'eau. Quand l'image est blanchie on lave et on fixe de 
nouveau à Fhypo. La plaque une fois sèche est bonne pour 
le tirage. 

Procédé Autocopiste. — Ce procédé s'adresse spéciale- 
ment aux amateurs photographes ; on le réaUse au moyen 
d'un appareil formé d'un cadre spécial destiné à tendre 
convenablement une feuille de papier parchemin gélatine. 
On sensibilise au bichromate amoniacal, on sèche, on ex- 
pose jusqu'à apparition de l'image, on insole par le dos 
du parchemin, on lave pour enlever l'excès de bichro- 
mate et on se sert de la feuille de parchemin tendue sur 
une planche de zinc comme d'une planche lithographique. 
On presse au moyen d'une simple presse à copier. 

Procédé Lavroff (1891;. — La glace est préparée 
comme à l'ordinaire mais après exposition, lavage et se- 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES l']S 

chage à 21° environ on la recouvre de la solution sui- 
vante : 

Hyposulfite de soude 2 grammes 

Glycérine 200 . » 

Eau 100 )i 

On laisse séjourner deux heures environ pour avoir un 
fort relief puis on éponge le liquide, on encre au rouleau 
de gélatine. On peut faire le tirage à la presse à copier. 

Procédé Warnecke (1891). — C'est un procédé rappe- 
lant tout à fait le procédé autocopiste, il ne modifie guère 
que le bain mouilleur qu'il emploie après séchage du 
cliché sur parchemin et qui est composé de : 70 grammes 
glycérine, 3 grammes ammoniaque pour 3o grammes 
d'eau. On encre d'abord à l'encre épaisse puis à l'encre 
diluée. 

Signalons pour terminer ce chapitre un brevet de 1' « Ac- 
tien gesellschaft fur anilin fabrikation » sur l'obtention 
d'images en relief sur gélatine (octobre 1898). On prend 
une image argentique sur un support gélatine, on traite 
par l'eau oxygénée et la dissolution des parties impres- 
sionnées donne des reliefs utilisables pour l'impression. 

(48) PnOïOGHROMOGOLLOGRAPHIÊ 

La PhotocoUographie peut s'appliquer à la photogra- 
phie en couleurs. Nous réservons pour le chapitre Ghro- 
mographie (864) les détails sur la théorie des procédés 
Trichrômes, disons seulement ici que Ton reporte sur un 
même papier bien exactement repéré les impressions 
fournies par trois planches photocollographiques. La pre- 
mière impressionnée sous un négatif obtenu sous un écran 



10. 



174 HISTORIQUE 

bleu A iolet est encrée avec de l'encre au jaune de chrome 
ou cadmium, la seconde,, dont le négatif a été pris sous 
écran vert, est encrée au rouge de garance ; enfin la der- 
nière, dont le négatif a été obtenu sous écran orangé, est 
encrée au bleu de prusse. 

Jl faut attendre que l'image faite avec une encre soit 
sèche avant d'appliquer la teinte suivante. On imprime le 
jaune d'abord à cause du peu de transparence de cette 
encre. 



51) PHOTOLITHOGRAPHIE 



(oit) PnOTOLITHOGRAPmE AUX SELS DE CHROME 

C'est Poitevin qui, le premier en i854, eut l'idée de 
supprimer le travail du graveur sur pierre en le rempla- 
çant par l'action de la lumière. Il recouvrai^ une pierre 
lithographique avec de l'albumine bichromatée et expo- 
sait cette couche sous un négatif photographique. Après 
exposition on passe à l'encre et celle-ci ne s'attache qu'aux 
parties insolées. . 

Procédé Asser et Oshorne. — On fait un négatif sur 
papier au bichromate puis on passe au rouleau d'encre 
avec de l'encre à report, on lave avec précaution puis on 
applique avec pression sur une pierre lithographique. 

Procédé James (1860). — Le procédé que nous décri- 
vons dans la Photozincographie peut également s'appli- 
quer sur pierre. 

Protolithographie Newton. — On recouvre la pierre 
avec une solution épaisse de gomme bichromatée, après 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES 170 

insolation on lave avec une solution de savon qui enlève 
la couche partout où la lumière n'a pas agi. On lave puis, 
quand la pierre est sèche, on la recouvre au rouleau d'une 
couche d'encre qui ne prend que sur les parties insolées. 

Procédé Waterhoiise {186g). — On enduit un papier 
de gélatine bichro matée, on fait sécher et on expose jus- 
qu'à ce que les traits les plus déUés soient visibles sur le 
fond jaune. 

L'épreuve est encrée avec une encre à report ni trop 
molle ni trop dure à l'abri de la lumière. Une fois recou- 
verte d'encre on la fait flotter à la surface d'un bain con- 
tenant de l'eau à 3o", puis on l'enlève et on la place sur 
une plaque de verre inclinée, on verse de l'eau chaude 
sur le papier et la gélatine soluble est enlevée avec une 
éponge douce. On termine en lavant à l'eau froide puis 
on fait le report sur la pierre lithographique. 

Procédé Marioii (1873). — Le procédé décrit dans la 
Photocollographie peut servir à un tirage hthograpliique. 

Procédé Geymet. — Sur une feuille de papier albuminé 
on verse un mélange de : 

Gomme arabique 100 grammes 

-Eau 100 » 

Solution saturée de bichromate de 

potasse 60 cent, cubes 

On laisse sécher et on expose. Au sortir du châssis on 
laisse l'épreuve se détendre sur un carton humide puis on 
la pose, couche en contact sur une pierre lithographique 
fmement dépolie. On pose par dessus quelques feuilles de 
papier buvard et un bristol, on donne une pression et on 
enlève le papier. Les parties insolées restent sur le papier, 
les autres se sont incorporées à la pierre. Après dessiccation 
on couvre avec l'encre de report additionnée d'un peu 



l'y 6 HISTORIQUE 

d'essence. On passe une éponge humide qui enlève l'encre 
dans les parties gommées, on acidulé et on peut tirer à la 
presse. 



(5 12) Photolithographie au bitume de judée 

Nicéphore Niepce,en 181 2, avait observé que le bitume 
de Judée devenait insoluble sous l'action de la lumière. Il 
essaya d'étendre celte substance d'abord sur une pierre 
lithographique puis ensuite sur plaques métalliques. Ce 
fut le départ de l'art photographique, nous en avons as- 
sez longuement parlé dans notre introduction. 

Cette méthode fut reprise par Lereboiirs, Lemercier, 
Davanne el Bareswill en 1802 sous le nom d'Héliotypie. 
Ces inventeurs dissolvaient du bitume de Judée dans de 
l'éther et éiendaient cette solution sur une pierre lithogra- 
phique dans l'obscurité puis exposaient sous un négatif. 
Après l'exposition ils lavaient à l'éther ou à la benzine 
pour enlever les parties non modifiées par la lumière. Il 
ne restait plus qu'à encrer, l'encre ne s'attachant qu'aux 
parties insolées devenues insolubles à l'éther. Ce même 
procédé d'Héliotypie fut pratiqué par ces inventeurs en 
remplaçant le bitume par de la gomme, de la gélatine ou 
de la dextrine bichromatées. 



(67) Photolithographie en demi-teintes 

Procédé Bullock {186Q). — Pour avoir des demi-teintes, 
Bullock place face contre face l'image d'une teinte plate 
grainée et le phototype. Il prépare ainsi les négatifs qu'il 



IMPRESSIO>S PHOTOGRAPHIQUES I77 

lui faut et ces négatifs ont des réseaux assez marqués pour 
donner sur papier de transfert les demi-teintes formées 
par des lignes ou des hachures. 

Procédé Brenner (1887). — H consiste à préparer des 
plaques avec un fond grenu. 

Procédé Schranck (1889). — Cet inventeur utilisa les 
indications de Despaquis qui avait montré que les reports 
faits à l'aide d'épreuves au bitume de Judée gagnaient beau- 
coup si l'iuiage était développée du côté non insolé. Il usa 
de Farlifice suivant pour obtenir les demi-teintes. Il fait 
d'abord sur pierre une image au bitume de Judée selon 
les indications données plus haut, puis il expose rapide- 
ment une seconde couche de bitume sensible sous le 
même cliché négatif, il dépouille cette fois par le procédé 
habituel et reporte sur la première pierre, on a ainsi ren- 
forcé les grands noirs tout en ménageant les demi-teintes. 



(58) Photoghromolithographie 

La Photochromolithograpliie aspire à remplacer la 
Chromolithographie ordinaire. Celle-ci emploie un grand 
nombre de couleurs superposées ou juxtaposées ; les 
chromos du commerce sont obtenus en général avec 
7, 8 ou 9 couleurs et l'on cite comme une exception re- 
marquable les anciennes gravures deDebucourt qui furent 
faites a.\ec cinq couleurs. 

La photochromolithographie n'en emploie que trois et 
généralement le rouge, le jaune et le bleu. Divers auteurs, 
entre autres Vidal, étaient d'avis qu'il fallait y joindre le 
noir mais cette addition n'est nullement nécessaire et ne 
fait que compliquer le problème. 



I^S HISTORIQUE 

On opère comme nous l'avons indiqué pour la Photo- 
chromocollographie. On prépare trois planches : la pre- 
mière qui est encrée avec du jaune de cadmiun ou du 
jaune de chrome est obtenue avec un négatif qui a été 
exposé sous un écran bleu violet ; la seconde, dont l'encre 
est de la laque de garance, correspond au négatif pris 
avec écran vert ; enfin la troisième que l'on encre au bleu 
de Prusse ou au bleu minéral mélangé de bleu d'orient a 
été obtenue avec un négatif exposé sous écran orangé. 



(61) PHOTOZINGOGRAPHIE 

(6 II) Photozincogra-Phie aux sels de chrome 

Procédé James (1860). — On tire une épreuve sur un 
papier imprégné de gomme bichromatée, quand tous les 
détails sont apparus avec netteté on retire l'épreuve du 
châssis, on la recouvre d'un vernis contenant : térében- 
thine, cire, suif, mastic et noir de fumée. On laisse l'es- 
sence de térébenthine s'évaporer puis on passe l'épreuve 
le dos en dessous sur un bain d'eau chaude ; on Tenlève 
et on l'applique face en dessus sur une plaque de porce- 
laine. La surface est alors frottée légèrement avec une 
éponge imprégnée d'eau gommée chaude, l'encre aban- 
donne les parties non insolées. Quand le dessin est bien 
éclairci on place l'épreuve dans une cuvette plate, on 
lave à l'eau chaude puis on la frotte et enfin on sèche. Il 
ne reste plus qu'à transporter sur zinc et à procéder au ti- 



rage. 



Nous avons décrit à la Photolithographie les procédés 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES 17^ 

Newton, Waterhouse et Marion ; ces trois procédés s'ap- 
pliquent très bien sur zinc. 

Procédé Rodrigiiez (1879). — Cet inventeur, anciea 
directeur de l'atelier photographique de la Direction des 
travaux géographiques du Portugal, emploie des plaques 
de zinc assez minces, très planes et finement grainées à 
l'aide de ponce en poudre. On les recouvre d'un liquide 
contenant pour 100 cent, cubes d'eau i à 3 grammes de 
gélatine et i gramme de bichromate d'ammoniaque. On 
expose au soleil derrière un négatif^ après insolation on 
recouvre d'encre pour faire tableau noir puis on plonge 
dans l'eau froide pendant deux heures ; on lave et on 
passe le rouleau lithographique qui dépouille l'image, on 
lave à l'eau chaude. Sur le zinc mis à nu, l'image est 
constituée par des fds de gélatine sur lesquels l'encre 
prend très bien. 

(612) PnOTOZIlXCOGRAPHtE AU BITUME DE JUDEE 

Topogravure de la Noe. — Ce procédé s'applique sur- 
tout à la reproduction de dessins exécutés sur papier 
calque. Une plaque de zinc recouverte de bitume de Judée 
est exposée dans le châssis contre le calque, on dépouille 
à l'essence de térébenthine qui ne laisse que le trait du 
dessin. On plonge le zinc dans un bain contenant 3o cen- 
timètres cubes d'acide nitrique pour un litre d'eau pen- 
dant 3o secondes, on lave à l'eau et, avec une brosse dure 
ete la benzine , on enlève tout le bitume ; il reste sur le 
zinc une très légère gravure en creux. On couvre alors la 
plaque avec une dissolution de 3 grammes de bitume dans 
100 centimètres cubes de benzine, on fait sécher et on 



l8o HISTORIQUE 

encre en faisant tableau noir, les traits légèrement dépri- 
més ne prennent pas l'encre, on expose en plein jour puis 
on dépouille l'image ; tout le bitume se dissout sauf dans 
les traits où il est devenu insoluble, les traits seuls pren- 
dront donc l'encre au tirage. 

Procédé Maiigel. — Ce procédé permet de prendre 
comme cliché un positif. La plaque de zinc, préalablement 
grainée, est trempée pendant quinze minutes dans l'acide 
nitrique à 3 7o' lavée, séchée puis recouverte d'une in- 
fusion acide de noix de galles. Le zinc devient bleuté, on 
le recouvre de bitume de Judée, on laisse sécher, on ex- 
pose sous un positif face contre face puis on dissout le 
bitume non insolé dans l'essence et on enlève la prépara- 
tion gaUique en passant la plaque dans l'acide acétique 
à 5 Yo- Oii a aloî's un dessin dans lequel les parties qui 
doivent être encrées sont du métal nu. On huile légère- 
ment au tampon et on dissout le bitume insolé dans la 
benzine ; il reste dessous la préparation gallique qui pro- 
tège le fond, il ne reste qu'à encrer et à procéder au ti- 
rage. 



(619) PnOTOZINCOGRAPmE PAR AMALGAMATJO?^ 

Ce procédé appelé mercurographie est du pour le prin- 
cipe à /4. M. Villon^ mais son application pratique fut 
faite par Salmon et Garnier. Il consiste à ioder la surface 
polie d'une plaque de cuivre en l'exposant aux vapeurs 
d'iode puis sous un cliché positif sur verre pendant une 
heure. On enlève alors et on mercurise la plaque avec un 
tampon et du mercure. Ce métal ne s'attache que sur les 
parties non influencées, c'est-à-dire celles qui correspon- 



I.MPUESSIONS PHOTOGUAPHIQUES l8l 

dent aux noirs du cliché, par conséquent aux traits du 
dessin, et laisse le reste de la plaque intact. On encre 
lithographiquement, les parties non amalgamées seules 
prennent l'encre et le dessin ressort blanc sur fond noir. 
On met dans cet état la planche dans un bain de platinage 
galvanique après avoir verni le dos avec du vernis de Ve- 
nise ; le dépôt de platine ne se fait que sur les parties non 
encrées, on retire du bain de platinage, on lave à l'es- 
sence pour enlever l'encre, il reste une image positive de 
platine que l'on encre comme en lithographie. Au cours 
du tirage, il est bon de passer de temps en temps avec 
une éponge une solution de cyanure de mercure pour 
entretenir l'amalgation. 



(67) PHOTOZINCOGRAPmE EN DEMI-TEINTES 

Les procédés que nous avons cités en photolithographie 
peuvent s'appliquer également en photozincographie. 
Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit au cha- 
pitre précédent auquel le lecteur pourra se reporter (67). 

(68) Photoghromozincographie 

La photochromozincographie procède exactement 
comme la photochromolithographie. Ce sont les mêmes 
procédés d'obtention des clichés et les mêmes méthodes 
de tirage. Mais il ne semble pas que cette branche de la 
zincographie se soit bien développée, et en dehors de la 
chromolithographie qui a ses partisans, c'est du côté des 
procédés typographiques que s'est porté l'effort des cher- 
cheurs. 

La Photographie. il 



iSa HISTORIQUE 

(71) Photogliptograpiiie 

C'est Fizeau, en i8/ii, qui fît le premier des essais de 
g-ravure héliographique en creux. Il versait de l'eau ré- 
gale sur la plaque Daguerienne, les noirs s'attaquaient en 
donnant du chlorure d'argent, il dissolvait dans l'ammo- 
niaque et reprenait l'attaque, il avait finalement une 
planche gravée. 

Beiwière, en i85o, au lieu délaver l'image daguerienne 
dans l'hyposulfite la blanchit dans un bain de sulfate de 
cuivre et la met en communication avec une pile, les par- 
ties insolées seules se couvrent de cuivre, on oxyde le 
cuivre puis on amalgame, enfin on attaque par un acide 
qui dissout le cuivre et respecte l'amalgame. 

Procédé Talbot (1802). — On prend une plaque 
d'acier, de cuivre ou de zinc, on la recouvre de gélatine 
bichromatée, on expose sous un positif, on la recouvre 
d'une couche légère de résine ou mieux de gomme copal, 
on chauffe pour fondre la résine puis on fait mordre au 
perchlorure de fer. Cette liqueur ne pénètre que les par- 
ties non insolées, on a ainsi un relief des parties insolées. 

Procédé Lemaitre et Niepce de Saint-Victor (i853). — 
Ils opéraient sur plaque d'acier dégraissée et décapée à 
l'acide chlorhydrique à 5 Yo- Après séchage, on enduit 
au rouleau de bitume de Judée dissous dans un mélange 
de 10 Yo d'essence de citron dans de la benzine, puis on 
fait évaporer le dissolvant par la chaleur. On expose sous 
un positif, le bitume non attaqué est redissous dans un 
mélange de 3 parties d'huile de naphte pour i de benzine. 
On arrête l'action en recouvrant d'eau, on fait sécher et 
on passe au graveur qui donne une morsure avec une so- 



IMPRESSIOIXS PHOTOGRA.PHIQUES l83 

lution d'acide nitrique alcoolisée. On a un cliché en taille - 
douce. 

Procédé PoUevin (1857). — Il préconise l'emploi de 
la gélatine bichromatée sous une couche mince (o^%/io à 
os%5o par décimètre carré). Après l'exposition, il fait 
tremper la plaque dans l'eau, les parties non impression- 
nées se gonflent, les grands noirs restant en creux. On 
peut mouler en plâtre la surface de la gélatine, prendre 
une empreinte en gulta-percha qu'on métallisé et sur la- 
quelle on fait un dépôt galvanique. On a alors une planche 
en creux pour l'impression. 

En i864> Torvey a employé le procédé par report 
pour obtenir une gravure en creux. Le papier recouvert 
d'une mixtion bichrom.atée est insolé sous un positif, on 
l'applique sur la plaque d'acier ou de cuivre, on met en 
pression sous plusieurs doubles de papier humide, on 
détache le papier, on laisse sécher la plaque portant 
l'image, on lave pour enlever la gomme puis on fait 
mordre. Ce procédé est très bon pour les images au trait. 

Procédé Garnier (1867). — ^^^ plaque de cuivre est 
recouverte d'un mucilage bichromate qui durcit partout 
où la lumière a pu agir à travers le positif pendant l'ex- 
position en restant déliquescent là où la lumière n'a pas 
pénétré. On passe alors une poudre résineuse impalpable 
ou bien de la cendre passée au tamis de soie n° 180. On 
fait ensuite cuire la planche puis on attaque avec du 
perchlorure de fer et la morsure varie selon que le cuivre 
est plus ou moins protégé par la poudre résineuse. On a 
ainsi une planche en taille-douce. 

Roiisselon obtient d'abord une image granulée en exa- 
gérant la réticulation de la gélatine à l'aide d'un corps 
contractant ou d'un grain artificiel introduit dans la gela- 



l84 HISTORIQUE 

tine elle-même. L'image est moulée par compression à la 
presse hydraulique contre une feuille de plomb laminé et 
ce moulage sert à obtenir à la pile une contre-épreuve en 
cuivre par un dépôt galvanique. 

Procédé Waierhoiise (t88i). — Il dépouille une image 
au charbon sur une plaque de cuivre et pendant que 
l'image de gélatine est humide et molle il laisse tomber 
du sable enduit de paraffine sur toute la planche. Quand 
la couche est sèche, il enlève le sable à la brosse, la couche 
de gélatine étant assez épaisse dans les ombres, le grain y 
donne des cavités plus profondes que dans les parties 
claires. La gélatine ainsi préparée sert à obtenir une 
planche qui sera reproduite par la galvanoplastie comme 
dans le procédé précédent. 

Procédé Lumière frères {1891). — En raison du sup- 
port employé, ce procédé a été souvent décrit comme 
rentrant dans la Zincographie, mais sa place est bien au 
chapitre de la Photoglyptographie puisqu'il imite la taille- 
douce. On prépare d'abord la solution suivante : 

Albumine d'œufs 100 cent, cubes 

Bichromate d'ammoniaque. . . 3 grammes 

Eau 1000 » 

On ajoute de la soude caustique en quantité suffisante 
pour ramener la teinte jaune clair. Ce mélange est forte- 
ment agité, filtré puis étendu à la tournette sur plaque 
de zinc nettoyée à la craie. On expose derrière un positif 
puis le zinc est encré avec de l'encre à report additionnée 
de vernis moyen. On immerge dans l'eau tiède et on voit 
apparaître le dessin qu'on dépouille en frottant légère- 
ment la surface du zinc avec une touffe de coton, l'image 
obtenue est négative, la plaque est rincée à grande eau, 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES l85 

sécliée puis plongée clans une solution de perchlorure de 
fer à 35° Baume où elle doit séjourner pendant lo à i5". 
On lave, on sèche de nouveau en passant sur le zinc 
chauffé vers Ôo** un rouleau chargé d'une encre composée 
de noir à report et de vernis moyen, l'encre adhère par- 
tout et fait tableau noir. On dégarnit le fond à l'aide d'un 
rouleau lisse passé rapidement, on frotte alors la couche 
avec un morceau de mousseline imbibé d'ammoniaque, 
l'image apparaît en noir sur le fond brillant de zinc mis à 
nu ; l'encre n'est restée que dans les parties gravées, le 
négatif est devenu un positif. Pour tirer en lithographie, 
il ne reste plus qu'à préparer la plaque à la manière ha- 
bituelle au moyen des solutions gallique, phosphorique 
ou chromique. 

Procédé Blaney (1896). — Modification du procédé 
Talbot. On fait d'après un négatif une diapositive inversée, 
on en tire une photocopie au charbon sur plaque de 
cuivre. La morsure est faite par quatre attaques succes- 
sives au perchlorure de fer à li2°, 87°, 00°, 00° Baume. 

Procédé Valenta (1897). — Cet auteur propose de 
substituer au perchlorure de fer, le persulfate de fer qui 
agit plus lentement ce qui, d'après lui, constitue un grand 
avantage. 



(711.4) Photoglyptographie au mercure 

Le procédé que nous avons décrit sous le nom de Mer- 
curograpliie dans la Photozincographie peut servir à 
fournir une planche glyptographique. On commence 
comme dans le procédé zincographique, puis après avoir 
saupoudré la partie encrée de résine, on dissout le mer- 



l86 HISTORIQUE 

cure des traits avec une dissolution de nitrate d'argent 
additionnée d'acide nitrique qui met le laiton à nu avec 
une légère dépression. On fait mordre la planche à l'acide 
nitrique ou au perchlorure de fer en opérant comme s'il 
s'agissait d'une eau forte. On obtient ainsi un cliché en 
taille douce. 



(72) PHOTOTYPOGRAPHIE 
(721. i) Phototypographie au bitume de judée 

Les premiers essais datent de l'origine de la photogra- 
phie, ce sont ceux de Nicéphore Niepce qui, dès 1827, 
présentait à l'Académie royale de Londres ses premières 
épreuves de gravures exécutées par son procédé. 

Après exposition de sa plaque recouverte de bitume de 
Judée, il dissolvait les parties non insolées dans son mé- 
lange d'huile essentielle de lavande et d'huile de pétrole, 
puis attaquait par un acide. Il avait obtenu ainsi quelques 
belles gravures mais le procédé ne donnait pas de résul- 
tats constants et il y renonça pour chercher a.\ec Daguerre 
d'autres procédés. 

Procédés Firmin Gillot (i85o). — Sur une plaque de 
zinc de 3 millimètres d'épaisseur bien planée, polie ou 
grainée^ on tire une image au bitume sous un négatif re- 
tourné. On dépouille en traitant par l'essence qui ne dis- 
sout que les parties non insolées, on encre avec une encre 
grasse contenant un peu de cire, on protège avec un 
vernis isolant les tranches, le dos et les grands blancs 
ainsi que la marge autour de l'image puis on soumet à 
l'action de l'eau acidulée (i à yi centimètres cubes d'acide 



IMPRESSIOA'S PHOTOGRAPHIQUES 187 

nitrique à 36° pour un litre d'eau). On sèche la plaque, 
on la chauffe pour étaler un peu l'encre puis on procède 
à une série de morsures entre lesquelles on sèche et on 
chauffe. On obtient ainsi des clichés permettant de tirer 
des épreuves très artistiques. Ce procédé a porté les noms 
de : Gillotage, Paniconographie et Zincographie. 

Procédé Lemaiire et Niepce de Saint-Victor (i853). — 
On étend sur une plaque d'acier avec un rouleau recou- 
vert de peau, du bitume de Judée dissous dans l'essence ^ 
de lavande, on fait sécher ce vernis à une chaleur mo- 
dérée. Après exposition, on développe avec un dissolvant 
formé de 3 parties d'huile de naphte rectifiée et une partie 
de benzine. Pour arrêter l'action, on jette de l'eau sur la 
plaque en forme de nappe. On mord la plaque avec um 
mélange de : 

Acide nitrique à 36^ i partie 

Alcool .. ^ ........ , 2 » 

Eau 8 , » 

Topograviire Biny (1882). — Une plaque préparée 
pour donner une image au bitume de Judée est encrée 
sur bitume, gommée et passée rapidement dans une solu- 
tion étendue d'acide nitrique en frottant avec une brosse 
douce pour la décaper. On lave à grande eau et on la 
plonge encore humide dans un bain de cuivrage au 
trempé où elle séjourne 5 à 10 minutes. Quand toute la 
surface du zinc présente un bel aspect rouge, on retire la 
plaque et on la plonge dans une cuvette contenant un peu 
de benzine pure qui dissout complètement le bitume. Le 
dessin se montre en blanc métallique (zinc) sur fond 
rouge (cuivre). On lave puis on trempe dans un bain 
d'acide nitrique très étendu et après 5o à 60 secondes, on 
a une planche de phototypographie. 



l88 - HISTORIQUE 

Pour le bain de cuivrage, le capitaine Biny conseille le 
mélange de : 

Solution saturée de chlorure cuivrique. loo grammes 

Ammoniaque i5o » 

Eau. , 3ooo » 



(721.2J Phototypographie aux sels de chrome 

En 1867 Poitevin imagine un procédé pouvant aussi 
bien s'appliquer à la glyptograpbie qu'à la typographie. 
Pour ce second cas il augmente seulement l'épaisseur de 
gélatine qu'il porte à un gramme par décimètre carré. 
On plonge ensuite la plaque gélatinée dans une solution 
concentrée de bichromate de potasse. Une fois imprégnée 
on la retire et on lave à l'eau ordinaire pour enlever 
l'excès de bichromate et on laisse sécher quelques heures. 
On impressionne ensuite sous un négatif bien vigoureux 
en prolongeant suffisamment l'exposition. On plonge la 
plaque dans l'eau froide et, quand elle est suffisamment 
gonflée, on moule en plâtre après avoir recouvert la sur- 
face de la gélatine d'une dissolution de sulfate de fer pour 
empêcher l'adhérence du plâtre avec la gélatine. De ce 
plâtre on tire un moule en gutta qu'on métallisé et qui 
donnera un cliché en cuivre par la galvanoplastie. 

Procédé Swann (i883). — Il encre aussitôt après 
l'insolation une planche photocoUographique puis la 
plonge dans l'eau afin de détacher l'encre des parties 
solubles de la gélatine. On effectue ensuite un report sur 
zinc. 

Procédé Sartirana (1S88) . — Au lieu de morsure chi- 
mique, il fait une morsure au burin au moyen d'une ma- 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES 1 89 

chine à graver des lignes parallèles. Un dispositif permet 
de transformer un négatif photographique en 2 4 heures 
en une planche gravée prête à être mise sous presse. 

Procédé Albert (1889). — Ce procédé comprend cinq 
opérations : i" Report de l'image sur zinc. 2" Morsure 
préliminaire. 3° Morsure en creux profonds. 4° Morsure 
pour arrêter les arêtes. 5° Morsure de décapage. 

Procédé Liiinière frères (189 1). — Le procédé indi- 
qué pour la photoglyptographie devient un procédé typo- 
graphique, si au lieu de préparer l'image positive comme 
nous l'avons dit, on la saupoudre avec de la colophane 
pulvérisée, qu'on chauffe, et qu'on procède à la morsure. 
Il est hon dans ce cas de faire la première attaque au 
perchlorure de fer très faihle pour éviter de faire des 
creux trop appréciables sur les points qui devront devenir 
ultérieurement des reliefs. 

(721.4) Phototypographie au mercure 

C'est la mercurographie appliquée à la phototypogra- 
phie. On prépare une plaque de zinc comme nous l'avons 
dit au chapitre (619) mais au moment d'encrer on 
immerge la plaque dans un bain d'acide chlorhydrique 
étendu qui n'attaque que le zinc non amalgamé. 

Après 10 à 12 minutes d'attaque on sort la plaque du 
bain, on la lave, on l'essuie avec un linge sec puis on 
l'imbibe avec un mélange de nitrate d'argent et d'acide 
nitrique étendu pour enlever le mercure. On rince, on 
sèche et on encre avec une composition résineuse qui 
n'adhère qu'aux parties en relief, c'est-à-dire aux traits. 
On continue la morsure jusqu'à obtention d'un cliché 
typographique satisfaisant. 



I QO HISTORIQUE 

(726) Phototïpographie par report 

Procédé Poitevin (iS/iy). — On décalque sur une 
plaque de cuivre argentée un dessin imprimé à l'encre 
grasse préalablement exposé aux vapeurs d'iode, l'image 
s'imprime en iodure d'argent, on expose aux vapeurs de 
mercure puis on relie la plaque au pôle négatif d'une pile 
avec une anode de cuivre au pôle positif. Il se dépose du 
cuivre sur les blancs du dessin, on passe à l'hyposulfite de 
soude, on chauffe pour oxyder le cuivre puis on amal- 
game l'argent resté libre. On encre; l'oxyde de cuivre seul 
retient l'encre. 

Procédé Nègre. — Au lieu d'un positif il travaille avec 
un négatif mais quand il a développé il dore la plaque, 
cela fait, il dissout le vernis et fait mordre la plaque par 
l'acide qui respecte l'or et mord les parties non insolées, la 
planche typographique est alors prête pour l'impression. 

Chrysoglyphie Didot. — On emploie une plaque de 
cuivre, on fait deux morsures en dorant la plaque après 
la première morsure. Le dessin en creux après la première 
attaque est protégé pendant la seconde, ce qui donne fina- 
lement un cliché en relief. 



(728) Photoghromoïypographie 

Tandis que dans la chromocoUographie et dans la 
chromolithographie l'impression colorée résulte d'une 
superposition de trois couleurs, clans les procédés typo- 
graphiques c'est une juxtaposition des trois couleurs qui 
donne l'impression finale. Les trois phototypes corres- 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES 10 t 

pondant à chacune des couleurs sont transformés en 
phototypes à hnéatures par l'emploi de cadres intermé- 
diaires spéciaux. On peut donner à ces linéatures des 
inclinaisons diverses, de façon à ce que chaque négatif 
diffère des deux autres, l'inclinaison de 60" est la plus 
généralement employée. En dehors des linéatures on 
procède comme pour la photochromocoUographie. 

(73) Phototypographie par réseaux et trames 

L'impression typographique ordinaire ne peut fournir 
que des blancs et des noirs, pour obtenir des demi-teintes 
on rend l'image discontinue en plaçant un réseau ou une 
trame entre l'objectif et la plaque sensible au moment de 
la production de l'image. Les grands clairs sont repré- 
sentés par un pointillé très fin, les demi-teintes par une 
espèce de damier présentant des carreaux noirs et blancs 
de même dimension et les parties les plus foncées par un 
pointillé blanc sur fond noir. 

Les réseaux so trouvent dans le commerce, les trames 
de Max Léuy de Philadelphie, celles de Wolff de Day- 
ton (Ohio) et celles de Berthauld de Paris sont les plus 
appréciées. 

(7 4) Galvanographie 

On donne le nom de galvanographie au procédé d 
reproduction des planches typographiques par la galva- 
noplastie. 

En i85/i Paii/ Pre/5c/i, Autrichien, inventa le moyen 
de graver les métaux par un procédé analogue à celui de 



1C)2 HISTORIQUE 

Poitevin (71), en le complétant par l'adjonction clc la 
galvanoplastie. 

C'est son procédé qui fut plus tard perfectionné par 
Scamoni. 

D'autre part, nous avons décrit les procédés Poitevin 
(711.1) et (721.2), celui de Rousselon (711.1) et enlîn 
celui de Waterhouse (7ii.i);ils rentrent tous dans les 
procédés galvanographiques puisqu'ils ont recours à la 
galvanoplastie pour préparer la planche glyptographique, 
ou typographique il ne nous restera à décrire que le pro- 
cédé Scamoni de Saint-Pétersbourg. 

On prend un négatif ordinaire sur collodion, on le 
renforce par le nitrate d'argent et l'acide pyrogallique, le 
dépôt d'argent augmente le relief, on transporte alors ce 
négatif dans une cuve galvanoplastiquc, le cuivre se dé- 
pose sur l'argent de l'image et se moule avec lui, on 
peut par ce procédé obtenir un cuivre assez cohérent pour 
servir au tirage. 

(76) PnOTOPLASTOGRAPmE 

Hélioplastie. — Sous ce nom Poitevin, en 1866, avait 
fait connaître un procédé d'impression avec de la géla- 
tine colorée. Il versait une encre gélatineuse chaude sur 
la médaille ou la planche en relief à reproduire, compri- 
mait en se servant d'un contre-moule s'il s'agissait de 
médaille, d'une surface plane s'il s'agissait d'un cliché 
photographique ; et il détachait après complet refroi- 
dissement. Ce procédé d'hélioplastie fut le point de départ 
des procédés plastographique. 

Woodbury, en 1866, prend un premier brevet pour tirer 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES 1 qS 

des moules en gélatine un autre moule en métal qui lui 
sert à reproduire le premier dessin en matières diverses 
transparentes. 

En 1867, nouveau brevet pour une méthode perfec- 
tionnée pour imprimer d'après les creux métalliques 
(obtenus par la photographie) avec de l'encre gélatineuse 
ou toute autre encre demi-transparente. Enfin, en 1870, 
un dernier brevet simplifiant l'outillage et supprimant la 
presse hydraulique. 

Voici le détail du procédé qui porte le non de Woodbu- 
rytypie : Sur une glace collodionnée on coule le mélange 
suivant : 

Gélatine . 20 à 24 grammes 

Bichromate de potRsse ... 3 à 5 » 

Glycérine ........ 4 grammes 

Sucre 4 » 

Eau 100 » 

On additionne d'une petite quantité d'encre de Chine 
qui permet de suivre le développement. Après exposition 
on traite par l'eau chaude, on laisse dessécher ce relief de 
gélatine, il devient très dur et solide. On peut alors le 
placer sur une plaque de plomb dans une forte presse et 
obtenir en plomb une empreinte du relief. C'est ce relief 
en plomb (où les saillies représentent des creux de la 
gélatine et réciproquement) qui sert à Woodbury de 
planche d'impression. 

On se sert non d'encre grasse mais d'une encre demi- 
transparente à la gélatine. Un des principaux avantages 
du procédé c'est qu'il s'applique au verre : on fait des 
impressions sur verre très réussies et bien meilleur mar- 
ché que les positifs au coUodion. Sur papier de Rives on 
passe une couche d'une solution de gomme laque à 20 7o 



iq4 historique 

dans du borate de soude à 5 ou 6 ^/^ pour le rendre non 
absorbant. 

Le procédé de Woodbury perfectionné par de nombreux 
tours de main est employé sous le nom de Photoglyptie 
par les maisons Goupil, Lemercier et les ateliers de pho- 
tographie du Moniteur. 

Gravier, en 1890, a fait connaître un moyen pour obte- 
nir des épreuA^es avec marge blanche. Il borde le négatif 
avec une feuille de papier d'étain, de cette façon les 
marges sur la pellicule bichromatée sont en creux et 
donnent un relief sur moule en plomb, ces saillies ne 
garderont donc pas l'encre gélatineuse. 

Vers 1890, Zerr, de Wissembourg, breveta le procédé 
suivant : 

On fait un cliché sur une plaque enduite de gomme 
adragante et de gélatine bichromatées, on développe à 
l'eau pure puis, quand la plaque est encore molle, on la 
laisse dans l'eau acidulée par l'acide acétique pendant 
2 à 3 heures. Au bout de ce temps on ajoute encore de 
l'acide acétique de dilution convenable et on continue des 
affusions successives de vinaigre jusqu'à développement 
complet du relief. On lave alors à l'eau froide puis on 
sèche et le cliché peut être moulé en plâtre pour servir à. 
la reproduction en métal. 

Warnecke a proposé de mouler les reliefs en gélatine 
bichromatée avec du métal de Spence (sulfure de fer) qui 
fond à environ 1 17°. Quand la masse a fait prise on peut 
se servir de ce moule comme d'un moule en plomb. 

Stannotypie. — Dans ce procédé qui n'est qu'une mo- 
dification du procédé de Woodbury la gélatine est exposée 
sous un positif et développée de manière à avoir un relief 
négatif^ on enduit d'un vernis au caoutchouc et on 



IMPRESSIONS PHOTOGRAPHIQUES 19^ 

recouvre le tout d'une feuille cl'étain, le moule est alors 
prêt pour être passé sous la presse pour faire le tirage. 



(758) Phoïoghromoplastograpiiie 

Le procédé Photoplastographique est susceptible de 
fournil par l'emploi d'encres transparentes des images 
polychromes ; mais il y a une grande difficulté à obtenir 
trois moules de dimensions identiques pour les trois 
négatifs. Il est difficile en outre de repérer exactement 
sur la même feuille les trois monochromes. Ce procédé 
n'est donc guère entré dans la pratique et pour la chro- 
mographie par impressions mécaniques c'est la phototy- 
pographie qui se développe de plus en plus. 



(77) Photosculpture 

Procédé Willene. — Cet inventeur annonça vers i865 
qu'il pouvait modeler des statues à l'aide de la lumière. Il 
plaçait une personne au milieu d'un cercle tout autour 
duquel étaient braqués 20 appareils qui prenaient en 
môme temps 20 portraits dijfférents de la même personne. 
Les contours de ces photographies étaient reportés sur 
argile au moyen d'un pantographe, un artiste achevait 
l'ébauche. La réalité, est-il besoin de le dire, ne corres- 
pondait pas à l'annonce. 

Procédé Mann (iSgS). — En renonçant à l'idée d'une 
statue pour se limiter à une sorte de bas-relief, Mann 
imagina les Camées Photographiques. Lé sujet placé en 
face d'un fond noir est photographié de profil alors qu'il 



196 HISTORIQUE 

est fortement éclairé, les cheveux, les souicils et la barbe 
sont complètement poudrés et on développe un négatif 
un peu dur. On couvre une glace de deux couches 
épaisses de gélatine, on laisse sécher et on sensibilise 
dans un bain de [\o grammes de bichromate de potasse, 
3o grammes d'ammoniaque pour un Jitre d'eau. On fait 
sécher dans l'obscurité et on expose au châssis-presse 
comme poTir le procédé au charbon. 

Après insolation on lave, on trempe dans l'eau légè- 
rement glycérinée, on fait égoutter et on fait un moule 
en plâtre de Paris. Enfin, à l'aide de ce moule on peut 
par galvanoplastie faire un camée de métal. 

Photostérie. — Procédé imaginé par Lernac avec la 
collaboration de Nadar. Deux portraits d'un modèle 
placé sur fond noir sont pris avec une lumière intense 
(Magnésium de préférence) l'un en éclairant de 3/4 
avant, l'autre de 3/4 arrière. Les négatifs achevés sont 
exactement repérés l'un sur l'autre, sous ces deux clichés 
superposés on tire une épreuve sur laquelle sont exécutées 
en blanc et en noir les retouches nécessaires. Cette image 
d'aspect bizarre est reproduite au format de l'œuvre défi- 
nitive et sous ce chché on impressionne une feuille 
épaisse de gélatine bichromatée. On traite l'image obtenue 
par l'eau puis on moule en plâtre. 



CHAPITRE VI 

(8) APPLICATIONS PROPREMENT DITES 
DE LA PHOTOGRAPHIE 



(8i3) Agrandissements 

Le premier appareil pour l'agrandissement des images 
fut la chambre solaire imaginée par Woodvard en iSSg. 
C'est un instrument analogue à la lanterne magique. Il se 
compose essentiellement d'une grande lentille appelée 
condensateur, fixée à l'extrémité d'une boîte en bois ; à 
l'autre extrémité se place un objectif à portraits. Le né- 
gatif à agrandir se met entre l'objectif et la lentille; sa 
distance à l'objectif varie avec l'amplification désirée. Le 
condensateur a pour effet de concentrer sur le négatif la 
lumière solaire réfléchie par un miroir. 

Ce premier appareil présentait bien des défauts, 
comme premier perfectionnement Wothly sépara le porte- 
miroir d'avec l'appareil. Hermagis, en 1862, augmenta 
notablement le diamètre de condensateur. 

Yan lUonckhoven imagina ensuite l'appareil dialytique, 
nouA^elle chambre solaire plus perfectionnée dans la- 
quelle le condensateur est corrigé pour l'aberration sphé- 
rique. L'objectif est de forme spéciale et donne des 
images très nettes et exemptes de voile. 

Après l'apparition des plaques au gélatinobromure, les 
appareils au pétrole remplacèrent les chambres solaires. 
Une lanterne magique munie d'un objectif photogra- 



ig^ IIISÏOUIQIE 

phiqiie suffît pour constituer un excellent appareil 
d'agrandissement. 

Amplificateurs. ^~ En dehors de ces appareils d'agran- 
dissement par projection, il existe dans le commerce de 
nombreux appareils à bon marché formés d'une boîte de 
forme pyramidale dont le fond reçoit un châssis garni 
d'une plaque ou d'un papier sensible et dont le sommet 
est armé d'un objectif surmonté d'un porte -cliché. On 
peut avec ces appareils agrandir à la dimension 9/12 ou 
1 3/1 8 les images de très petites dimensions prises dans 
des appareils à main. 

Photorama. — Sous ce nom les frères Lumière ont 
inventé en 1900 un appareil photographique panora- 
mique réversible. Avant eux de nombreux appareils 
avaient été imaginés pour obtenir sur une bande pelli- 
culaire des images panoramiques représentant le tour 
complet de l'horizon, mais à part le dispositif de Ducos 
du Hauron, peu pratique d'ailleurs, et les projections 
partielles du colonel Moëssard, personne n'avait réalisé la 
projection complète de l'image sur un écran cylindrique. 

L'appareil Lumière pour prise des vues comprend un 
objectif porté sur un tambour cylindrique pouvant 
tourner librement autour d'un axe vertical et mis en 
mouvement par un mécanisme d'horlogerie. L'appareil 
de projection comprend 12 objectifs identiques au lieu 
d'un seul, ce qui permet, en les faisant tourner avec une 
vitesse de trois tours seulement par seconde, de projeter 
l'image en donnant un nombre suffisant d'impressions 
rétiniennes pour éviter la scintillation. La projection peut 
être faite avec un grossissement de 100 diamètres en 
donnant des images panoramiques d'une grande netteté, 
même quand il s'agit de paysages animés. 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE I99 

(83 î) Microphotographie 

L'applicalion de la photographie à la microscopie a été 
l'une des premières idées des photographes, puisque 
Wedgwood et Davy, en 1802, ont essayé de fixer sur du 
papier sensible les images du microscope solaire. Les 
premières images ont été obtenues par Draper, de New- 
^ork, elles furent produites par l'emploi du Daguerréo- 
type, en i84o. A cette époque, Danier, à Manchester, et 
à Paris Fizeaii, Chevalier et Donné réussissaient éga- 
lement. En 184/4, Mayer, de Francfort, obtint de bonnes 
microphotographies du Pleurosigma angulatum en se 
servant d'un appareil vertical donnant de petites 
éprsuves. 

En 1845, Donné et Foucault publièrent un atlas du 
cours de microscopie avec figures gravées d'après de& 
images daguerriennes. 

Plus tard de Brébisson en France, Delver en Angle- 
terre se servirent du procédé au collodion avec succès. 

A partir de 1862, les expérimentateurs ne se comptent 
plus ; Bertsch, Nachet, Lackerhauer, Moitessicr pro- 
duisent des photographies extrêmement remarquables ; 
tandis que Gerlach, Rood, Von Troy, D'' Vogel, Mayer, 
Reichardt, Pohl, Woodward et Maddox imaginent de 
nouvelles méthodes. 

Une application de la Microphotographie que nous ne 
pouvons passer sous silence c'est celle qui fut faite par 
Dagronea 1870, pendant le siège de Paris. Il imagina de 
reproduire sur pellicule de collodion des lettres destinées 
à la province par les assiégés. Une pellicule contenait jus- 
qu'à i.5oo dépêches. A la station d'arrivée on procédait 



200 HISTORIQUE 

à l'agrandissement et on envoyait la copie de chaque 
missive au destinataire. 

Le choix du condensateur a une grande importance, il 
faut, ainsi que l'a montré Moiiessier en iS66, que l'image 
donnée par la source lumineuse coïncide rigoureusement 
avec l'objet que l'on étudie. L'emploi d'un banc optique 
est indispensable. Les condensateurs de Nachet, Abbé, 
Powel, Lcaland, Klœne et Millier, Zeiss, sont les plus 
réputés. 

Les travaux du D'" Abbé sur les objectifs microsco- 
piques ont permis d'obtenir de grands progrès dans leur 
construction et d'arriver à obtenir des objectifs apochro- 
ma tiques. On appelle ainsi les objectifs pour lesquels 
l'aberration chromatique est corrigée même pour les 
spectres secondaires. 

Avec ces nouveaux objectifs et les appareils modernes, 
la Microphotographie prit un nouvel essor, le D"" Koch, 
en Allemagne, le D'' Roux, les heves Lumière , en France, 
obtinrent de très belles images des microbes les plus dif- 
ficiles à voir au microscope ; le D' Van Heurek, en Bel- 
gique, montra même que la Microphotographie per- 
mettait de distinguer des détails que l'œil était impuissant 
à saisir sur la préparation microscopique. 

(882) Téléphotographie 

On désigne sous ce nom deux applications très diffé- 
rentes de la photographie. Dans sa première acception 
ce mot signifie : Photographie d'objets éloignés. On réa- 
lise ce but en ajoutant à une chambre ordinaire une 
longue vue en guise d'objectif ou en se servant d'objectifs 
spéciaux dits téléobjectifs 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 201 

Dans la seconde acception, la téléphotographie s'ap- 
plique à des procédés imaginés pour transmettre au loin 
des clichés photographiques en se servant comme inter- 
médiaire de l'électricité. On pourrait distinguer ces deux 
branches de la téléphotographie par les mots T. Optique 
et T. Electrique. 

/. Téléphotographie optique. — - Les premières épreuves 
de photographie à longue distance qui furent publiées 
vers 1886 étaient dues à Lacombe, qui photographia le 
fort de Vincennes à plusieurs kilomètres de distance en 
adaptant une lunette astronomique en guise d'objectif à 
une chambre noire ordinaire, mais avant lui Borie et 
Tournemire avaient, en i86g, breveté un objectif pour 
photographier à longue distance et l'appareil de ces in- 
venteurs fut réinventé plusieurs fois par la suite. Toute- 
fois, il faut arriver jusqu'en i8go pourvoir les premiers 
Téléobjectifs vraiment pratiques fabriqués par Steinheil, 
puis en 1891 par Dallmeyer et par le D"" Miethe. 

Dans ces appareils, l'objectif proprement dit travaille 
à f/7 et il est combiné avec un système négatif. 

Dans le Téléphot rapide de Vaiitier, Diifour et Schoer, 
nous trouvons un principe nouveau, la distance focale 
très longue se trouve réduite au tiers environ par l'ad- 
jonction de deux miroirs et l'on peut obtenir des épreuves 
en 1/200 de seconde. 

La longueur de l'appareil 9/12 est de 21 centimètres 
et son poids de 2 kilogs environ. L'emploi de deux mi- 
roirs rappelle l'emploi des deux prismes à réflexion totale 
des jumelles de Goerz, Kraiiss et Zeiss.. 

11 existe d'ailleurs maintenant de nombreux * Télé- 
objectifs. Citons parmi les principaux : Bistélar de Busch 
qui travaille à f/9 et qui permet les instantanés en bonne 



202 HISTORIQUE 



lumière, le Multifex Beck pour 9/12 et i3/i8, l'Adon 
construit par Dallmeyer pour chambres à main, le Télé- 
pécomar de Plaiibel, de Francfort, le Téléobjectif de 
Goerz, pour chambre à main à soufflet, celui de Bellieni 
pour ses jumelles et enfin ceux de Zeiss-Krauss, Voigt- 
Idnder, Rodenstock, etc. 

77. Téléphotographie électrique. — En 1892, le Figaro 
Photographe, dans un article dityrambique, annonçait la 
découverte du téléphote par un inventeur dont nous ne 
répéterons pas le nom et dont il comparait la découverte 
à celle de Lippmann. Les théories exposées à ce sujet par 
le rédacteur du Figaro Photographe évoquaient par leur 
fantaisie échevelée le souvenir de l'humouristique nou- 
velle de Mark Twain : Le cultivateur de Chicago. Le lec- 
teur qui a pu conserver ce numéro, agréablement illustré 
d'ailleurs, passera un bon moment à en rehre les pages 
21 à 20. 

Procédé Korii. - — Ce savant, professeur à l'Université 
de Munich, fut frappé vers 1902 de la propriété cju' ont les 
ampoules de Crookes de transmettre plus ou moins de 
lumière suivant qu'elles reçoivent plus ou moins d'élec- 
tricité. En combinant cette propriété avec celle du Sé- 
lénium dont la résistance électrique varie dans une 
grande proportion selon qu'il est frappé par plus ou 
moins de lumière, Korn fit à Paris, en 1908, dans le labo- 
ratoire de l'ingénieur Carpentier, les premières expériences 
dont le résultat fut communiqué à l'Académie des 
Sciences. 

Mais ce n'est qu'en 1906 qu'il fit son premier appareil 
pratique permettant de reproduire à une distance de 
1.800 kilomè,tres un cliché pelliculaire donné. Le journal 
l'Illustration, dans son numéro du 24 novembre 1906, 



APPLICATIONS PUOPREMEÎST DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 



2o3 



donne une description succincte de l'appareil Korn avec 
la photographie du prince régent de Bavière, obtenue le 
i6 octobre, et celle de l'inventeur faite le 5 novembre 
précédent. 

Photoiélégraphie Edouard Belin. — Cet inventeur 
n'emploie pas le sélénium. L'image à transmettre est tirée 
par le procédé au charbon sur papier peu épais. Elle est 
enroulée sur un cylindre sur lequel frotte un style ter- 
miné par une pointe de saphir qui parcourt toute la 
surface du cylindre suivant des spires hélicoïdales rap- 
prochées de 1/16 de millimètre. 

Les différences de relief exagérées par un levier ac- 
tionné par le style agissent sur un rhéostat relié à un 
circuit électrique et modifient par conséquent l'intensité 
du courant. A l'arrivée, le courant passe dans l'oscillateur 
de Blonde!, appareil qui permet de déplacer un rayon 
lumineux de façon à le projeter sur un dégradateur de 
teintes à un endroit dont l'opacité correspond à celle 
exprimée dans le cliché par l'épaisseur de gélatine. Le 
rayon est enfin ramené par une lentille à un point fixe où 
il impressionne la couche sensible enroulée sur le cy- 
lindre récepteur. 

(833) Radiographie 

On savait, depuis 1801 , qu'au delà du sceptre lumineux 
il existait des rayons dits ultra-violets, c'est-à-dire des 
rayons invisibles pour l'œil, que ces radiations étaient 
très actiniques et que les plaques photographiques y 
étaient très sensibles. 

Crookes dans ses expériences sur les Gaz raréfiés et sur 



204 HISTORIQUE 

l'état radiant (état obtenu par le vide à un millionnième 
d'atmosphère) avait découvert les rayons cathodiques qui 
se forment quand on fait jaillir une étincelle électrique 
dans ce vide presque parfait. Ces rayons sont caractéri- 
sés par leur propagation en ligne droite, ils sont sensibles 
à l'action magnétique (un aimant attire ou repousse ces 
rayons selon le pôle présenté), enfin ils provoquent la lu- 
minescence du verre et la fluorescence de certaines subs- 
tances telles que le pétrole et le papier enduit de Pentadé- 
cylparatolylcétone. 

Rœntgen, en 1896, découvrit que si on recouvre le tube 
de Ci'ookcs ou les appareils semblables de Hittorf ou de 
Lénard d'un écran de papier noir, on constate, dans une 
salle complètement obscure, qu'un papier dont la face est 
recouverte de platinocyanure de baryum devient brillam- 
ment fluorescent si on l'approche à moins de 2 mètres du 
tube. Il y avait donc dans l'ampoule de Crookes produc- 
tion de rayons pouvant traverser le papier noir et influen- 
cer le platinocyanure. L'interposition d'une plaque d'alu- 
minium de i5 millimètres d'épaisseur laisse encore pas- 
ser ces rayons. Ce sont ces rayons que Rœntgen appela 
rayons X. 

Ces rayons impressionnent les couches sensibles pho- 
tographiques_, ils déchargent les corps électrisés, sont in- 
sensibles à l'action de l'aimant, ce qui les différencie net- 
tement des rayons cathodiques, enfin leur longueur 
d'onde est inférieure à 8 millionnièmes de millimètre. 

La transparence des diverses substances pour ces rayons 
étant des plus variables, on a pu baser sur cette propriété 
la photographie des corps opaques et la médecine a tiré 
un grand parti du fait que les tissus mous se laissant tra- 
verser très facilement par les rayons X, le tissu osseux 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 2 05 

les arrête presque complètement. Rœntgen ne tarda pas à 
se rendre compte que c'était le verre frappé par les rayons 
cathodiques qui émettait les rayons X en devenant fluo- 
rescent. On se demanda alors si tous les corps fluores- 
cents n'émettaient pas des rayons X. 

Becquerel montra que les sels d'uranium émettaient 
même, après avoir été maintenus longtemps dans l'obscu- 
rité, des radiations qui traversaient les corps opaques mais 
qui, contrairement au rayons X, se réfléchissaient et se 
réfractaient. Ces rayons d'ailleurs déchargeaient les corps 
électrisés en rendant l'air conducteur ressemblant en cela 
aux rayons X. 

Ces constatations furent pour Becquerel le point de dé- 
part de ses recherches sur la Radioactivité dont nous par- 
lerons dans un prochain paragraphe. 

En 1898, Victor Geets, de Malines, interne des hôpi- 
taux d'Anvers, substitue l'électricité statique à la dyna- 
mique pour la production des rayons X. Il interpose le 
tube de Crookes dans le champ électrique d'une machine 
électrostatique sans le relier par aucun conducteur. 

Dans ces dernières années Buguet a construit, sous le 
nom de Posomètre pour rayons X, des échelles d'opacité 
permettant d'éviter les tâtonnements dans les applications 
et sous le nom de Ximètre un appareil photométrique 
permettant de déterminer la valeur relative des tubes de 
Rœntgen. 

La Photographie à l'aide des rayons X constitue la 
partie la plus importante de la Radiographie à l'heure ac- 
tuelle, mais on doit cependant faire rentrer dans ce cha- 
pitre la photographie obtenue à l'aide des rayons ultra- 
violets, c'est-à-dire avec les rayons de longueur d'onde 
inférieure à 423 millionnièmes de miUimètre, ainsi que 

12 



206 HISTORIQUE 

les photographies obtenues à l'aide des radiations émises 
par les corps radioactifs tels que le radium. Bien que les 
applications photographiques des radiations des métaux 
radioactifs soient peu importantes pour l'instant, nous 
allons résumer en quelques lignes les faits acquis sur la 
Radioactivité et dire quelques mots des métaux radioactifs 
actuellement connus. 

Radioactivité . — Toutes les radiations émises par les 
corps radioactifs ne se comportent pas de même au point 
de vue photographique. On sait que le rayonnement de 
ces corps comprend 3 ou 4 sortes de rayons : 

1° Les rayons a composés de corpuscules positifs d'une 
vitesse initiale de i5 à 20.000 kilomètres par seconde. 
Ces rayons sont déviés par un champ magnétique puis- 
sant et sont arrêtés par une épaisseur de un dixième de 
millimètre d'aluminium. Dans l'air ils sont arrêtés par 
une épaisseur de quelques centimètres. 

2° Les rayons ^ constitués par les électrons négatifs 
possédant une vitesse énorme voisine de celle de la lu- 
mière, ils sont comparables aux rayons cathodiques et 
peuvent pénétrer jusqu'à 3 millimètres dans le plomb. Ils 
sont déviés en sens inverse des rayons a par u.i champ 
magnétique. 

3° Les rayons y qui conservent leur marche rectiligne 
dans un champ magnétique et qui se comportent absolu- 
ment comme les rayons X. Ils ont une force de pénétra- 
tion énorme atteignant 20 centimètres dans le fer. Ils 
accompagnent presque toujours les rayons |3. 

4° Les rayons r} découverts par J.-J. Thomson, ce se- 
raient des électrons négatifs à faible vitesse; 3.25o ki- 
lomètres par seconde. On discute encore sur leur 
existence. 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 2O7 

De toutes ces radiations ce sont pour l'instant les ra- 
diations y qui intéressent le photographe. 

Éléments radioactifs. — Si l'on met à part l'ionium, 
élément encore indéterminé découvert par Boltwood, on 
connaît à l'heure actuelle quatre corps radioactifs, ce 
sont : Le radium, l'actinium, le thorium et l'uranium. 

■ Radium. — Ce métal a été isolé par M. et M"'° Curie 
qui l'ont retiré de la Pechblende. Son poids atomique est 
226,5 si on adopte les calculs allinrichs ; il est lumineux 
dans l'obscurité et dégage constamment de la chaleur. Il 
émet des radiations a et son activité n'est diminuée de 
moitié qu'au bout de 286 ans. Il donne par sa décompo- 
sition d'abord l'Emanation qui peut se transformer en 
hélium, en néon ou en argon, peut-être même en lithium, 
selon les conditions expérimentales. Cette émanation 
émet .également des radiations a. Puis, en continuant à se 
désagréger le radium donne le radium A, qui se trans- 
forme en radium B puis en radium C qui présente les 
3 radiations a, ^, y, ce dernier donne ensuite les ra- 
dium D et E qu'on a identifiés au radio-plomb et dont 
l'activité ne diminue de moitié qu'au bout de ^o ans ; et 
enfin le radium F qui donne seulement les radiations a, 
dont l'activité diminue de moitié en i43 jours et qu'on a 
identifié au polonium. 

Actinium. — Métal de poids atomique inconnu, il se 
décompose en donnant successivenïent radio -actinium, 
actinium X, Emanation qui émettent des radiations a, 
puis actinium A et enfin actinium B qui émet des ra- 
diations a, [î et y. 

Thorium. — Métal de poids atomique égal à 232,5. Il 
émet des radiations a et son activité ne diminue de moitié 
qu'au bout de i milliard d'années. En se décomposant il 



2o8 HISTORIQUE 

donne successivement le méso thorium qui émet des ra 
diations j3 puis le radiothorium, le thorium X, l'émana- 
tion de thorium qui émettent des radiations a ensuite le 
thorium A avec rayonnement |S et enfm le thorium B et 
le thorium G qui émettent les 3 radiations a, p, y. 

Uranium. — Ce métal, de poids atomique 289, donne 
le rayonnement a et se transforme peu à peu d'une façon 
continue en uranium X, sa radioactivité pour diminuer de 
moitié demande 100 millions d'années. Quant à l'ura- 
nium X, il émet les radiations ^ et y mais perd la moitié 
de son activité en 22 jours. Il donne finalement un pro- 
duit inconnu. 



{834) Radioscopie 

On a appelé P\adioscopie, l'examen des images donnés 
par les rayons X sur des écrans fluorescents. 

Séguy a imaginé un dispositif permettant de A^oir à 
l'intérieur du corps humain sans avoir à faire une épreuve 
radiographique, il a donné à cet appareil le nom de Lor- 
gnette humaine. 

Cet appareil se compose d'une chamhre noire dont un 
des côtés est formé par un écran fluorescent au platino- 
cyanure de baryum, l'autre portant une ouverture pour 
les yeux. En arrière, du corps du sujet on place une am- 
poule de Crookes reliée à une bobine de Ramhkorff ac- 
tionnée par quatre accumulateurs. 

L'observateur promène la Lorgnette sur les diverses 
parties du corps du sujet et l'image du squelette se pro- 
jette sur l'écran. 



APPLICATIONS PROPUEME>T DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 2O9 

(84) Stéréoscopie 

Wheatstone remarqua le premier que lorsqu'on regarde 
un même corps peu éloigné successivement avec chaque 
œil, on aperçoit l'ensemble sous deux aspects différents. 
Les images qui se forment sur les rétines ne sont pas 
identiques et l'on peut distinguer trois parties : une partie 
commune vue en même temps par les deux yeux, et dont 
les sensations se confondent, les deux autres vues par un 
œil seulement et qui s'ajoutent à droite et à gauche de la 
partie commune de l'image. 

Il en résulte que pour faire voir en relief des dessins 
représentant des objets à trois dimensions ; il faut, ainsi 
que Wheatstone l'a montré, préparer deux dessins de 
l'objet, l'un le représentant tel que le A^oit l'œil droit, 
l'autre tel que le voit l'œil gauche. On regarde ensuite 
ces dessins avec l'appareil imaginé par Wheatstone et qui 
est le Stéréoscope à réflexion. Il se compose de deux ta- 
blettes verticales entre lesquelles sont disposés deux mi- 
roirs plans formant un angle de 90°. 

En i85o, Brewster imagina le stéréoscope à réfraction 
composé de deux prismes ou mieux de deux moitiés de 
lentilles biconvexes, il place la moitié droite devant l'œil 
gauche et réciproquement et regarde a travers ce système 
de lentilles. 

Claudel, Hermagis, de la Blachere ont perfectionné 
ensuite cet appareil, complété d'ailleurs par la photogra- 
phie stéréoscopique obtenue à l'aide des stéréographes, 
appareils formés de deux chambres accolées portant cha- 
cune un objectif identique. Les deux objectifs sont sépa- 

12. 



210 HISTORIQUE 

rés par des distances variables selon la surface de la 
plaque à couvrir. 

Siéréomonoscope. — Claudel a fait connaître sous ce 
nom un appareil qui consiste en une chambre noire ordi- 
naire à laquelle on adapte deux objectifs achromatiques. 
La chambre est assez longue pour permettre d'agrandir 
l'image et les deux objectifs sont fixés sur deux cadres 
glissant horizontalement, ce qui permet de leur donner 
l'écartement nécessaire pour que les deux images placées 
devant la chambre noire puissent l'une et l'autre se ré- 
fracter sur le centre de la glace dépolie. Quand tout est 
bien réglé on voit l'image avec son relief sur la glace dé- 
polie. 

Chambres^à main. — On a construit des chambres à 
main dans lesquelles on réduit les dimensions des Stéréo- 
grammes, sauf à utiliser dans le Stéréoscope des oculaires 
à large diamètre donnant une amplification convenable. 
On trouve des chambres du format 6/i3 et même de for- 
mat plus petit. Richard, pour son Vérascope si répandu, 
a adopté l'un des plus réduits, 45/^^7 niillimètres. 

Anaglyphes. — Invention de Dacos du Hauron en 1891 . 
On appelle ainsi des images sléréoscopiques imprimées 
l'une sur l'autre et dont la synthèse est obtenue non par 
un stéréoscope mais bien par un binocle à deux couleurs. 
Les images étant imprimées en deux couleurs différentes 
complémentaires l'une de l'autre sont vues à travers des 
verres de^a couleur complémentaire des images, de telle 
façon que l'image de l'œil droit est éteinte pour l'œil 
gauche et réciproquement. 

Stéréoscope rationnel du D^ Destot. — Cet appareil 
breveté utilise deux chambres du format 66/90 pouvant 
pivoter sur deux axes verticaux passant par les points no- 



APLLICATIOÎNS PROPREME>T DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 21 î 

daux postérieurs des objectifs. Les deux objectifs sont 
distants l'un de l'autre de 66 à 70 millimètres. Cet appa- 
reil rappelle le Jaminoscope construit en iSSg. 

Stéréoscope Pigeon. — Cet inventeur, professeur à la 
faculté des sciences de Dijon, a présenté en 1906 à l'Aca- 
démie des sciences un Stéréoscope Dièdre à grand champ 
et à miroir bissecteur. Dans cet appareil le couple se 
compose de deux vues, l'une la droite vue dans le sens 
habituel, l'autre, la gauche tirée à l'envers. Les deux vues 
sont placées sur deux panneaux rigides formant entre eux 
un angle voisin de i/io°. Sur une feuille de carton qui 
partage cet angle en deux parties égales on a fixé un petit 
miroir dont la face réfléchissante est tournée vers la 
gauche. Ou peut fabriquer ainsi des volumes d'épreuves 
stéréoscopiques. 

(852) CuRONOPIIOTOGRAPHIE 

La Chronophotographie, c'est l'application de la Pho- 
tographie à l'étude du mouvement par la prise d'une série 
de photographies à des intervalles de temps égaux et rap- 
prochés . 

Les premiers essais sont dus à Oiiimiis et Martin qui 
étudièrent les mouvements du cœur chez les animaux et 
le premier appareil spécial a été le revolver astronomique 
de J ans s en. 

Miiybridge, à San Francisco, entreprit, en i883, des 
études sur les animaux. Il avait établi une batterie com- 
posée de 4o chambres armées d'objectifs Dallmeyer avec 
obturateurs électro-magnétiques, les plaqnes étaient pré- 
parées au collodion humide. Il étudia ainsi les mouve- 



2 12 HISTORIQUE 

ments des oiseaux et des amphibies. Ses photographies 
montrèrent d'une façon indiscutable que toutes les con- 
ceptions faites jusqu'alors sur ce sujet étaient fausses. 

En France, le professeur Marey reprit la question. Il 
imagina le fusil photographique, appareil qui donnait sur 
une plaque circulaire une dizaine d'épreuves par seconde, 

le temps de pose de chaque épreuve n'était que de ;^ de 

seconde. Il eut plus tard l'idée de photographier devant 
un fond rigoureusement noir un disque fenêtre tournant 
rapidement devant la plaque immobile, le modèle alors 
se déplace dans un plan parallèle à la surface sensible. 
Enfin, grâce à un dispositif nouveau constitué par un mi- 
roir plan tournant, il put dissocier les images sans que le 
sujet ait à bouger de place. 

En 1892, Marey présente à l'Académie des Sciences 
des images fort nettes représentant le mouvement des 
globules du sang dans les capillaires ainsi que le mouve- 
ment des Zoospores à l'intérieur des cellules végétales. La 
nature et la vitesse de ces mouvements se déduisent des 
changements de position des objets dans les images suc- 
cessives. 

En 1895, Marey étudie tous les sports : l'Epée, la 
Boxe, les Haltères, etc. Il calcule d'après ses épreuves 
qu'un coup droit a pour un habile escrimeur une durée 

de r^ de seconde. 

Pour étudier le vol des oiseaux, le temps de pose a été 

réduit à de seconde. 

2000 

En Allemagne, Anschiitz obtient de très bons résultats 

en employant une batterie d'appareils commandés par 

l'électricité. Il emploie un obturateur à rideau fonction- 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 2l3 

nant à petite distance de la plaque sensible, il a ainsi re- 
produit des séries d'instantanés de chevaux au trot, au 
galop et sautant des obstacles. 

Dans ces dernières années, on a fait de très intéres- 
santes expériences sur la photographie des projectiles en 
mouvement. En France, sur les indications du colonel 
Sébert, le laboratoire de la marine a construit un appa- 
reil composé de 6 chambres munies d'objectifs aplané- 
tiques ayant chacun leur obturateur. Un mécanisme de 
déclanchement les actionne les uns après les autres. On 
peut avec cet appareil se rendre très bien compte du lan- 
cement des torpilles (vitesse 20 mètres à la seconde). 

En Allemagne, le professeur Mach utilise la décharge 
de la bouteille de Leyde pour obtenir un éclairage ne du- 
rant qu'un millionnième de seconde et permettant de 
photographier les projectiles des armes à feu moderne de 
petit calibre qui, dans ce court espace de temps, ne pro-. 

3 
gressent que de 7- de millimètre. 



(854) KoÉTOSGOPE ET PliONOSCOPE 

Les travaux que nous avons relatés à propos de la 
Chronophotographie avaient pour objet l'analyse du mou- 
vement mais sa reconstitution n'était pas envisagée. C'est 
Edison qui le premier, en 1898, réalisa la synthèse du 
mouvement avec son Kinétoscope. Dans cet appareil dont 
le principe est celui des jouets d'enfants appelés Zoo- 
tropes, Praxinoscopes ou Phénakisticopes, on applique 
le principe de la persistance des images sur la rétine. 

L'appareil qui sert à prendre les photographies et qui 



21^ HISTORIQUE 

s'appelle le Rinétograplie prend 46 épreuves à la seconde, 
soit 2.760 à la minute, mais chacune de ces épreuves 
étant prise sur une pellicule animée d'un mouvement 
continu, le temps de pose est très court. 

De même lorsque l'image positive est regardée, il est 
nécessaire pour la netteté de l'impression sur la rétine de 
ne laisser voir chaque épreuve que pendant un temps 

très court, de seconde environ. Dans ces conditions 

' 7000 

l'éclairement est très faible et les scènes ont peu de pro- 
fondeur. 

Edison d'ailleurs photographiait soit des sujets très 
éclairés, soit des scènes jouées sur un petit théâtre dont le 
fond était tendu de noir. 

Le Phonoscope de Demeny dérive comme le Kinétos- 
cope du Zootrope. L'inventeur recueille une série de 
24 portraits élémentaires et reporte cette série d'images 
sur la circonférence d'un disque de verre, il place ce 
disque derrière un objectif dans le plan perpendiculaire à 
l'axe optique et passant par le foyer. Les images étant 
fortement éclairées en arrière par une fenêtre qui ne laisse 
voir les images que successivement et pendant un temps 
très court. On voit alors une image vivante et si l'on a 
photographié une personne qui parle on voit les muscles 
de la face s'actionner et le portrait semble parler. 

(855) GiNÉMATOGRAPHIE 

Avec le Cinématographe inventé par les frères Lumière 
en 1896, le problème de la synthèse du mouvement est 
résolu définitivement. Des scènes animées peuvent être 
prises partout, dans la rue, en bateau, en chemin de fer ; 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 2 I Î3 

et l'on peut agrandir tellement les épreuves qu'on peut les 
projeter sur un écran et les montrer à toute une assem- 
blée de spectateurs. Au lieu du mouvement continu ap- 
pliqué dans le Kinétoscope, la pellicule du Cinémato- 
graphe se déplace par saccades, un arrêt de -^ de seconde 

suit chaque avancement de j^ de seconde. Pendant l'arrêt 

a lieu la pose du négatif qui est pour cette raison beau- 
coup plus intense et beaucoup plus net que dans l'appa- 
reil d'Edison. Déplus, l'appareil est réversible, c'est-à-dire 
que le même appareil sert à prendre les images et à les 
projeter ; mieux encore, il sert à faire le positif au moyen 
du phototype pelliculaire. Le Cinématographe permet de 
prendre 900 poses à la minute, ces 900 poses étant, comme 
nous l'avons dit, séparées par des éclipses de lumière 
d'une durée égale au double de la pose. Les 900 photo- 
graphies sont disposées sur une pellicule souple d'environ 
17 mètres de longueur sur 35 millimètres de largeur 
(chaque épreuve a 20 millimètres dans le sens de la lar- 
geur sur 20 millimètres dans le sens de la hauteur qui 
correspond à la longueur de la pellicule). Sur les deux 
bords de la pellicule sont perforées des ouvertures circu- 
laires équidistantes de 20 millimètres les unes des autres, 
dans lesquelles pénètrent périodiquement 2 griffes con- 
duites par un cadre métallique chargé de tirer vers le bas 
la bande pelliculaire et de la déplacer de l'intervalle qui 
sépare deux ouvertures à chaque passage de l'écran mo- 
bile obturant la lumière. 

Nous n'insisterons pas sur les merveilleux résultats ob- 
tenus avec cet appareil, il n'y a pas de pays au monde où 
le Cinématographe Lumière n'ait pénétré. 



2l6 IITSTOniQUE 

A l'heure actuelle, le développement de la Cinémato- 
graphie dépasse toute prévision. De puissantes sociétés se 
sont constituées pour reproduire sur bande cinématogra- 
phique des scènes de tout genre et un art théâtral nou- 
veau est en formation. 

Grâce aux illusions auxquelles peut se prêter la bande 
cinématographique, les scènes de prestidigitation et les 
trucs de féerie vont prendre un essor prodigieux et nous 
pouvons nous attendre à des surprises. N'est-ce pas tout 
récemment que Gaumont a réalisé le synchronisme du 
Phonographe et du Cinématographe et que ne peut-on 
espérer de cette double alliance ! 



(86 1) Orthochromatisme 

D'après Léon Vidal, le principe de l'orthochromatisme 
est contenu dans le passage suivant emprunté au D' Vogel 
rendant compte d'expériences faites avec du coUodion à 
la Coralline en 1878. « Grâce à mes expériences, je me 
(( crois autorisé h dire que nous sommes à même de 
(( rendre le bromure d'argent sensible à l'action de n'im- 
u porte quelle couleur ou d'augmenter la sensibilité qu'il 
« possède déjà à l'égard de certaines couleurs. Il suffit de 
(( l'additionner d'une manière qui favorise la décomposi- 
(( tion du bromure d'argent et qui absorbe la couleur en 
(( question sans agir sur les autres. On pourrait de la 
c( sorte remédier à l'inactivité photographique pour cer- 
(( taines couleurs, inactivité parfois si gênante. » 

Mais l'assertion de Vogel ^ été contestée par Carey Lea 
qui indique comme exceptions à cette loi d'abord la sali- 
cine qui n'absorbe spécialement aucune radiation colorée 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 21 7 

et n'en augmente pas moins d'une façon remarquable la 
sensibilité aux radiations rouges et vertes ; ensuite la 
teinture de tournesol qui produit une insensibilité aux 
rayons rouges contraire à la loi de Vogel. 

Quoiqu'il en soit, d'ailleurs, de l'exactitude de la loi 
posée par le D' Vogel, l'élan était donné et le sens des 
recherches indiqué. 

En 1874, Becquerel \eriCie les assertions de Vogel en 
ce qui concerne la Chlorophylle. 

En 1875 et 1876, le colonel Waterhoiise publia des 
essais sur l'emploi de l'Eosine. 

En 1876-1877, Charles Gros et Diicos du Hauron em- 
ploient également l'Eosine pour leurs essais de photoora- 
phie des couleurs. 

En 1879, Charles Cros publie une note ayant pour 
titre : 

Note sur lUictioii des différentes lumières colorées sur 
une couche de Bromure d'argent imprégnée de diverses 
matières colorantes organiques. 

Il emploie comme matières tinctoriales : Une solution 
alcoolique de Chlorophylle, une teinture de baies de 
Cassis, une teinture de fleurs de Mauves, une teinture 
alcoolique de Curcuma et une teinture alcoolique de Car- 
thame. 

Comme Ecrans : pour solution verte le nitrate de 
nickel, pour l'orangé un mélange de chlorure de Cobalt 
et de Bichromate de Potasse, enfin pour le bleu un mé- 
lange de sulfate de cuivre et d'ammoniaque. 

En 1882, Attout-Tailfer et John Clayton prennent un 
brevet pour l'emploi de l'éosine dans la fabrication des 
plaques au gela tino- bromure d'argent. 

A la suite de l'éosine furent successivement préconisées 

La Photographie. i3 



2l8 HISTORIQUE 

les substances suivantes : Erythrosine, Chrysaniline, 
Yiolet de Méthyle, Gyanine et Yert malachite. 

Mallman et ScoUk emploient un bain ammoniacal suivi 
d'un bain d'érythrosine ammoniacale. 

Le D' Eder emploie également l'érythrosine ammonia- 
cale et indique la cyanine comme un bon sensibilisateur 
pour le rouge. 

En i884, le D"^ Vogel ipuhlie de nouveaux travaux sur 
rOrthochromatisme, il a constaté que l'action des colo- 
rants varie selon la couclie sensible. Le violet de Méthyle 
employé avec le collodion sec au bromure d'argent le 
rend aussi sensible aux rayons orangés qu'aux rayons 
bleus mais ce même corps ne donne au gélatinobromure, 
en ce qui concerne les rayons orangés, qu'une sensibilité 
égale au cinquantième de celle qu'il présente pour les 
rayons bleus. Pour l'éosine, la solution de ce corps au 

-. — ajoutée dans la proportion de 2 7o donne au collo- 
dion sec une sensibilité égale pour le jaune et pour le 
bleu tandis qu'avec le collodion humide, la plaque est 8 à 

10 fois plus sensible pour le jaune que pour le bleu. 

Ives publia, en i884, dans Dinglers Polyiechnisches 
Journal, des articles sur la photographie isochromatique. 

11 dit s'être occupé de cette question depuis 1878, il 
trouva que la chlorophylle était la seule substance qui fût 
vraiment sensible au rouge. Il essaya alors divers extraits 
de feuilles et découvrit qu'un extrait de feuilles de Myrte- 
bleu était meilleur que tous les autres extraits de feuilles. 
Appliqué à des plaques au collodiobromure d'argent, 
celles-ci deviennent remarquablement sensibles au rouge, 
à l'orangé, au jaune et au vert. En plaçant devant l'ob- 
jectif un écran consistant en une cuvette contenant du 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 2I9 

bichromate de potasse, il obtint, dit-il, les premières pho- 
tographies dans lesquelles toutes les couleurs étaient re- 
produites avec leurs intensités proportionnelles exactes. 

Le D"" Jones, en 1891, annonça qu'il était arrivé à pré- 
parer une émulsion collodionnée sensible aux couleurs 
par addition d'éosine argentique et de bichromate de 
potasse. 

En 1895, les frères Lumière qui, depuis plusieurs an- 
nées, fabriquaient couramment des plaques orthochroma- 
tiques firent connaître que les meilleures plaques pan- 
chromatiques s'obtenaient avec un mélange des sensibili- 
sateurs suivants : 

Succinéine diiodée du Métamidophénol. 

Ghromate de l'Hexaéthylpararosaniline. 

Sel de potassium de la Phtaléine tétraiodée de la Ré- 
sorcine ; 

Sel de sodium de la tétrabromo et de la tétrachlorofluo- 
rescéine. 

Le mélange des sensibilisateurs doit être ajouté à 
l'émulsion au moment de sa préparation. 

On trouve actuellement dans le commerce de nom- 
breuses marques de plaques ortho ou panchromatiques. 
Comme plaques sensibles au jaune et au vert on peut 
citer: Lumière, Guilleminot, Pe/vï/r (Munich), Schaitern 
(Vienne), Smith, Edwards, Schleusser. 

Gomme plaques sensibles au rouge seulement : Lumière 
et Schattern ; enfin comme Panchromatiques : Lumière, 
Cadeit et Neall, Periitz. 

En 1901, le D"" Valenta conseille le violet d'éthyle 
(Chlorhydrate d'Hexaéthylpararosaniline) pour rendre les 
émulsions au collodion sensibles au rouge orangé. 

En 1900, Miethe et Trauhe prennent un brevet pour 



2 20 HISTORIQUE 

plaques panchromatiques préparées avec un sensibilisa- 
teur à base d'iodure de Quinoléine ou de Quinaldine 
alkyiée. 

Enfin, en igoB, des fabriques allemandes brevètent de 
nouveaux sensibilisateurs. Ce sont: le Pinachrome, l'Or- 
thochrome, l'Homocol dérivés des Isocyanines ; le Pina- 
verdol, le Pinacyanol dérivés des Quinoléines et des cya- 
nines. Tous ces composés jouissent de propriétés très 
intéressantes et peuvent s'employer par immersion des 
plaques déjà émulsionnées. On prépare un bain de réserve 
au millième et, au moment de l'emploi, on prend 2 cen- 
timètres cubes de cette solution, on ajoute i centimètre 
cube d'ammoniaque et 100 centimètres cubes d'eau dis- 
tillée. 



(862) Chromophotographie directe 

Les premiers essais datent de loin. Le professeur Seebeck^ 
d'Iéna, reconnut en 1810 que le chlorure d'argent exposé 
au spectre solaire y prend des nuances correspondantes à 
peu près à celles du spectre. 

En 1889, John Herschel fait des essais dans la même 
direction. Il prend un papier imbibé de chlorure d'argent 
et d'une solution de nitrate d'argent, fait tomber dessus 
un spectre solaire très lumineux et obtient comme Seebeck 
un spectre dont les couleurs sont : brun rougeâtre dans 
le violet, bleu dans le bleu, bleuâtre dans le vert, gris 
pâle dans le jaune, rose dans le rouge, lilas dans l'infra 
rouge. 

En 1847^ Becquerel opèrsi sur le chlorure d'argent seul, 
il se servit d'une plaque d'argent qu'il trempait dans l'eau 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 221 

de chlore. La plaque devenait blanchâtre par suite de la 
formation du chlorure d'argent. 11 exposait sous le spectre 
et obtenait une image dont les couleurs ressemblaient à 
peu de chose près aux couleurs naturelles. Becquerel trouva 
en outre que la sensibilité des plaques augmentait quand 
on les chauffait. 

En 1802, Niepce de Saint-Victor fît aussi de nombreuses 
expériences, il se servait de plaques d'argent qu'il plon- 
geait dans une solution de perchlorure de fer ou de chlo- 
rure cuivrique et les chauffait ensuite fortement, elles 
étaient dix fois plus sensibles que les plaques Becquerel. 
Il prétendit avoir réussi à photographier une queue de 
paon avec ses couleurs naturelles ; il photographia égale- 
ment une poupée ayant des vêtements de papiers glacés 
vert, bleu, blanc et rouge; elle était coiffée d'une espèce 
de couronne dorée dont l'éclat métallique fut parfaitement 
rendu. Ces photographies se conservaient au demi-jour 
plus d'une semaine, mais on ne put jamais les fixer. 

En 1864, Poitevin à Paris, le D' Zencker à Berlin et 
Warthon Simpson à Londres reprirent simultanément la 
question. Les deux premiers reproduisirent des couleurs 
sur papier chloruré sensibilisé au nitrate d'argent et au 
chlorure d'étain. Mais pas plus que les épreuves de Niepce 
ces images ne purent être fixées. 

Procédé Saint-Florent (1878). — Il plonge du papier 
dans une dissolution de 20 grammes nitrate d'argent, 
20 grammes d'eau, 100 centimètres cubes d'alcool et 
100 centimètres cubes d'acide nitrique. Le papier est 
immergé après dessiccation dans un second bain formé de : 

Nitrate d'urane i gramme 

Alcool 5o cent, cubes 

Acide chlorhydriquc 5o » 



22 2 HISTORIQUE 

Au sortir de ce bain on expose le papier à la lumière 
solaire jusqu'à obtention d'une teinte verte, on sèche puis 
on recommence à immerger dans le bain de nitrate d'ar- 
gent puis dans le bain chlorhydrique jusqu'à ce que le 
papier soit violet intense. Après la dernière immersion et 
avant qu'il ne soit sec on le trempe dans un bain conte- 
nant 100 centimètres cubes d'eau et 4 ou 5 gouttes de 
nitrate acide de mercure ; on sèche ensuite au papier bu- 
vard puis on l'expose sous un spectre. On fixe dans un 
bain contenant 5 centimètres cubes d'ammoniaque et 
lOo centimètres cubes d'alcool, puis on passe dans une 
solution saturée de sel marin et on fait sécher. Les cou- 
leurs, malheureusement, passent peu à peu. 

Carey Lea dans le Chemical News en 1887 a essayé 
d'établir la théorie de tous ces procédés à base de chlo- 
rure d'argent. Pour lui, ce serait le photochlorure d'argent, 
c'est-à-dire la combinaison de sous-chlorure, avec /io fois 
environ son poids de chlorure normal, qui se forme sous 
l'influence de la lumière; qui serait le composé coloré ob- 
tenu par Becquerel, Niepce, Poitevin et Saint-Florent. 

Carey Lea fait remarquer que le photochlorure rouge 
ne blanchit pas dans la lumière blanche, il s'y assombrit 
au contraire. 

Il reste invariable dans la lumière rouge, devient bleu 
foncé sous un verre de cobalt ou sous un verre rouge ru- 
bis. Il reproduit faiblement le jaune dans la lumière de 
cette couleur. Un mélange de photochlorure rouge et de 
chlorure de plomb ou de zinc blanchit dans la lumière 
blanche. 

Enfin ce photochlorure peut s'obtenir en dehors de l'ac- 
tion delà lumière, notamment au moyen de Thypophos- 
phite de soude. 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 223 

En 189Ï //. Krone reprit les anciens essais de Becquerel 
et de Poitevin. Il prépare d'abord son papier en le laissant 
nager à la surface d'un bain de chlorure de sodium 
à 10 Yq. Une fois salé et séché le papier est passé dans un 
bain de sel d'argînt. On réduit le chlorure d'argent par 
une solution de 5 Yo ^^ sel d'étain, on expose jusqu'à 
obtention d'une teinte violette et on conserve le papier en 
cet état. On sensibihseen laissant flotter 2 à 3 minutes à la 
surface d'un bain formé de parties égales de solutions con- 
centrées de bichromate de potasse et de sulfate de cuivre, 
on expose sous un négatif en couleurs. On développe dans 
un bain de 3 grammes sublimé corrosif, 3 gouttes acide 
sulfurique pour un litpo d^eau. 

Donnons enfin pour terminer ce chapitre de la chro- 
mophotographie deux procédés dus l'un et l'autre à Saint- 
Florent. 

Procédé de 1896. — Une feuille de papier à la celloï- 
dine est exposé à la lumière de façon à obtenir une teinte 
rougeâtre noir. On plonge alors le papier pendant 10 mi- 
nutes dans un bain de : 

Alcool . 100 eent. cubes 

Glycérine 7 » 

Teinture d'iode à i ^/q .... 7 » 

Ammoniaque 6 gouttes 

On sèche, on expose sous une image colorée pendant 
une heure, on fixe à l'hyposulfite à 6 Yo 5 ^^^ couleurs 
semblent disparaître, on lave, on fait sécher au soleil ou à 
un feu vif, les couleurs reparaissent. 

Procédé de igol\. — On insole jusqu'au violet clair un 
papier à la celloïdine puis on passe à la surface une]couche 
de gomme arabique épaisse et on laisse sécher. On expose 
au soleil sous l'image colorée pendant 3 ou 4 heures. 



2 24 HISTORIQUE 

L'image se forme avec des couleurs très vives. On fixe 
l'épreuve après l'avoir laissée un peu à la lumière dans un 
bain d'ammoniaque à 3 y^ environ jusqu'à ce que l'image 
ait un peu jauni dans les rouges. On lave à plusieurs 
eaux et on réexpose à la lumière. On peut aussi fixer au 
sulfocyanure mais non à l'hyposulfite de soude. 



(863) Chromophotograpiiie ixterférextielle 

C'est à Gabriel IJppmann qu'on doit la découverte de 
la méthode interférentielle et l'explication théorique du 
phénomène. Le 2 février 1891 il présentait à l'Académie 
des sciences la première image du spectre solaire avec ses 
teintes rigoureuses. Voici le principe du procédé : Consi- 
dérons un miroir plan métallique et supposons que la face 
réfléchissante ait été recouverte, par les procédés ordinaires 
de sensibilisation, d'une couche impressionnable de collo- 
dion argentique ; supposons, en outre, que cette couche 
soit transparente et sans grain. Faisons tomber sur elle 
un rayon de lumière colorée quelconque ayant une lon- 
gueur d'onde déterminée. Les rayons incidents traverse- 
ront la couche sensible, se réfléchiront sur la surface polie 
et reviendront en sens inverse rencontrant en revenant les 
rayons qui arrivent. Nous aurons alors deux ondes lumi- 
neuses, l'une directe, l'autre réfléchie qui produiront des 
interférences. L'espace en avant du miroir sera donc 
rempli de plans parallèles alternativement brillants et obs- 
curs, deux plans consécutifs étant distants de 1/2 longueur 
d'onde de la lumière colorée, c'est-à-dire de 1/260 de 
miUimètre environ. Il y aura donc plusieurs de ces 
plans dans l'épaisseur même de la couche sensible ; les 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 2 25 

plans brillants seuls impressionneront celle-ci et le fixage 
de la plaque donnera des plans ou plus exactement des 
miroirs d'argent métallique distants de 1/2 longueur 
d'onde de la lumière choisie pour l'expérience. Mais deux 
de ces plans constituent une lame mince d'épaisseur telle 
que d'après la théorie des anneaux de NeAvton, les rayons 
de lumière blanche réfléchis sur Ces deux faces donneront 
la sensation de la couleur correspondante. 

Donc, en regardant la plaque par réflexion une fois 
qu'elle aura été fixée et séchée on verra apparaître la couleur 
même de la lumière que l'on a fait tomber sur la plaque. 
Pratiquement Lippinann réalisa le dispositif théorique 
que nous venons de décrire de la façon suivante : Sur une 
glace ordinaire on pose un cadre de caoutchouc épais et 
plat en forme d'U, par dessus, et couche sensible dessous, 
on pose la plaque photographique. Quatre ressorts, main- 
tiennent le tout puis on verse du mercure dans l'espace 
ménagé entre les deux plaques de verre. Le métal liquide 
forme un miroir parfait en contact intime avec la surface 
sensible. 

En mai 1892 Lippinann présentait à rx\cadéinie 
cinq clichés : Un trophée de drapeaux franco-russes. Un 
vitrail en quatre couleurs. Une perruche. Un plat 
d'oranges surmontées d'un pavot rouge. Une branche 
de houx avec feuilles et fruits. A la même époque les 
frères Lumière présentaient diverses épreuves parfaitement 
réussies par le procédé Lipmann modifié par le rempla- 
cement de l'albumine sensibilisée nécessaire dans les pre- 
mières expériences par l'émulsion au gélatinobromure 
beaucoup plus sensible. Ces inventeurs donnaient des in- 
dications très précises sur la préparation des plaques et 
sur leur utilisation. 

i3. 



2 26 HISTORIQUE 

A la suite de ces résultats toute la presse photogra- 
phique fit des éloges dityramhiques du procédé Lippmann 
déclarant que la photographie en couleurs sur Aerre était 
définitivement ti'ouvée. Hélas, sans vouloir diminuer en 
rien le grand mérite de la belle découverte de Gabriel 
Lippmann, il faut en rabattre, ce procédé n'a rien donné 
entre les mains des professionnels ni des amateurs ; les 
épreuves quasi-parfaites des frères Lumière n'ont pu être 
imitées par personne et la découverte de Lippmann n'est 
pas entrée dans la pratique. Elle reste une magistrale dé- 
monstration de la théorie des anneaux colorés et ce n'est 
pas un mince mérite. 

Une modification présentée par Lippmann en 1892 
consiste à employer une couche de gélatine bichro- 
matée (ou d'albumine bichromatée) toujours contre un 
miroir de mercure. Il suffit de mettre la plaque dans l'eau 
pure pour voir apparaître les couleurs, l'eau dissolvant le 
bichromate fixe la plaque en même temps qu'elle la 
développe. L'image disparaît quand on sèche la plaque 
pour réapparaître quand on la mouille. Les cou- 
leurs sont très brillantes et on les voit sous toutes les 
incidences. 

Krone, en 1892, Saint-Florent, en rSgS, Rothé, en 1904, 
sont parvenus à obteair des images interférentielles sans 
miroir de mercure mais les couleurs obtenues dans ces 
conditions sont dépourvues d'éclat. 

En 1905, nouvelle modification de Lippmann. Il imbibe 
la plaque bichromatée après exposition avec une solution 
aqueuse d'iodure de potassium, après dessiccation les cou- 
leurs sont légèrement visibles. Si alors on Averse sur la 
couche une dissolution de nitrate d'argent à 20 Yo les cou- 
leurs deviennent extrêmement brillantes et subsistent 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 227 

après dessiccation avec tout leur éclat. Par transparence 
on a un négatif avec les teintes complémentaires. 

Procédé Wood de Wisconsin {Etats-Unis) . — Ce procédé 
est basé sur l'emploi des réseaux de diffraction. On fait 
3 phototypes rouge, jaune-vert, bleu-Adolet par les pro- 
cédés habituels des écrans colorés analyseurs et en utili- 
sant des réseaux calculés en raison inverse des longueurs 
d'onde des trois couleurs des Phototypes. On imprime 
sur chaque épreuve le réseau qui lui correspond après 
avoir recouvert le phototype d'une très légère couche de 
gélatine bichromatée, on a donc ainsi trois images por- 
tant à leur surface trois réseaux distincts capables de four- 
nir par décomposition de la lumière blanche les trc-is 
couleurs initiales. Les trois épreuves étant superposées et 
regardées au moyen d'un appareil spécial garni à l'avance 
d'une lentille biconvexe, on a la sensation d'un sujet en 
couleurs, bien que chacune des épreuves soit constituée 
par une pellicule incolore. 

Procédés par dispersion spectrale . — En juillet 1906 
Lippmann annonçait la découverte d'un nouveau procédé 
de photographie des couleurs. L'image à reproduire est 
projetée par un objectif sur une trame lignée puis les 
rayons traversent un second objectif et un prisme disposé 
en avant d'une plaque sensible. Celle-ci est développée, 
transformée en diapositive puis remise dans l'appareil à la 
place qu'elle occupait précédemment. Il suffit alors 
d'éclairer le premier objectif avec de la lumière blanche 
pour avoir l'image initiale colorée. 

Cette communication donna lieu à plusieurs réclama- 
tions de priorité. C/i<?Vo ai avait, au mois de mars précédent, 
breveté une combinaison identique, en 1904, JuUus Rhein- 
berg avait exposé le même principe dans \g Driiish journal 



2 28 HISTORIQUE 

of photography, enfin dès 1896 F. VF. Lanchester avait 
pris en Angleterre un brevet sur cette même question. 

Ajoutons qu'en 1907 Raymond sl simplifié quelque peu 
le procédé que nous venons de résumer. 

Enfin, dans les derniers mois de 1907, Lehmaiin, de la 
maison Zeiss met dans le commerce des plaques pour pro- 
cédé Lippmann, mais, contrairement à l'opinion cou- 
rante, ces plaques parfaites pour reproduire un spectre 
sont bien inférieures aux autocliromes pour la reproduc- 
tion des objets avec leurs couleurs naturelles. 



(864) Ghromophotographie par superposition 
d'épreuves monochromes 

Le premier nom à citer est évidemment celui de Dacos 
du Haiiron qui depuis plus de cinquante ans travaille 
cette question de la photographie des couleurs. 

En 1862 il écrivait à un ami de sa famille, M. Lelaf, 
membre de l'Institut (section des sciences morales) et lui 
adressait un mémoire sur « la solution physique du pro- 
blème de la reproduction des couleurs par la photogra- 
phie )). 

M. Leliit présentait ce travail à un de ses collègues de 
l'Académie des Sciences, qui, plutôt misonéiste, consi- 
dère le raisonnement de Diicos du Hauron comme très 
hasardé. Les Académiciens n'ont jamais été très amateurs 
de nouveautés, bien d'autres travailleurs ont pu s'en aper- 
cevoir depuis 1862. 

En 1867, il imagine la méthode An tichromique qui 
consiste à se servir d'écrans complémentaires pour sélec- 
tionner les couleurs, il prend sur ce sujet un brevet en 



APPLICATIO>S PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 229 

novembre 1868. Il adopte pour ses trois épreuves positives 
dont la superposition doit reproduire les couleurs natu- 
relles : ]e violet, l'orangé et le vert, c'est-à-dire le ternaire 
de Young et d'Helmholtz qu'il préfère à celui de Brews- 
îer : rouge, jaune et bleu. 

Cette question des couleurs élémentaires a été l'objet 
de nombreuses discussions. En réalité, il y a dans le 
spectre une infinité de radiations élémentaires et non 
point un nombre limité de couleurs simples, mais on peut 
diviser théoriquement le spectre lumineux en 3 parties 
juxtaposées quelconques et faire avec les trois couleurs 
résultantes la synthèse de n'importe quelle couleur de la 
nature. Le choix des trois couleurs analytiques sera fixé 
dans la pratique d'après les colorants dont on dispose et 
les conditions que ces colorants doivent remplir. 11 faut 
en efïet, dans tous les procédés tricliromes par superpo- 
sition, pour que le résultat soit parfait (les plaques étant 
supposées également sensibles à toutes les radiations, ce 
qui était loin d'être réalisé en 1867) que les 3 couleurs 
choisies soient telles que le mélange de deux d'entre elles 
soit rigoureusement complémentaire de la troisième et 
que chaque écran employé pour les négatifs soit complé- 
mentaire du pigment choisi pour le positif correspon- 
dant. 

Avant la publication du brevet de Diicos du Haiiron, 
un autre inventeur, Charles Gros, déposait à l'Académie 
des Sciences, à la date^du 2 décembre 186 7, un pli cacheté 
intitulé : Procédé d'enregistrement et de reproduction 
des couleurs, des formes et du mouvement. Enfévrier 1869 
ce même inventeur publiait dans Le Monde de l'abbé 
Moignon un travail sur la photographie des couleurs. 

Au mois de mai suivant Davanne communiquait à la 



aSo HISTORIQUE 

Société française de Photographie une lettre de Diicos du 
Haiiron et, après un exposé de la question, ilétahhssaitque 
sans s'être concertés, Charles Cros et Diicos du Hauron 
présentaient une sohition identique du problème des cou- 
leurs en photographie. Une polémique qui s'engagea 
dans le Cosmos confirma la simultanéité des deux dé- 
couvertes. 

Relevons toutefois une inexactitude, involontaire sans 
cloute, que nous avons trouvée dans l'ouvrage d'AIcide 
Ducos du Hauron au sujet de Charles Cros. C'est que le 
pli cacheté de 1867 n'aurait jamais été om^ert. Nous en 
avons retrouvé un extrait dans le Moniteur de Quesneville 
de 1876, c'est à la séance du 26 juin 1876 que fut ouvert, 
sur sa demande, le pli cacheté de Charles Cros dont nous 
avons donné le titre plus haut. 

Voici l'extrait : En premier lieu 3 épreuves sont 
prises sucessivement d'après un même tableau. Pour la 
première on interpose entre le tableau et l'objectif un 
A^erre rouge, pour la seconde un verre jaune et pour la 
troisième un verre bleu. Si, après avoir obtenu les positifs 
des 3 épreuves, on superpose les projections de ces positifs 
traversés respectivement par un rayon rouge, jaune et 
bleu sur un écran ; la projection composée représentera le 
tableau avec ses teintes réelles. 

La superposition des projections des 3 épreuves respec- 
tivement traversées par des rayons rouge, jaune et bleu 
peut être remplacée par une succession rapide des 3 pro- 
jections. 

Enfin la superposition des 3 épreuA^es positives sur une 
surface blanche, en ayant soin de constituer chacune des 
épreuAes dans la couleur complémentaire de celle qui a 
servi à l'obtenir, donnera la reproduction définitiAement 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGllAPHIE 23 1 

fixée de toutes les teintes du tableau à reproduire avec 
une exactitude que limitent seules la pureté et la trans- 
parence des couleurs employées. 

Le 3 mars suivant, Edmond Becquei^ellisait à l'Acadé- 
mie une note au sujet de ce travail et terminait en disant: 
Les images positives donnent des nuances de fantaisie et 
les conclusions de l'auteur en ce qui concerne la repro- 
duction des couleurs naturelles par cette méthode sont 
donc inexactes. 

Le lo juillet Charles Gros adresse une nouvelle note à 
l'Académie et Qiiesneville dit dans son Moniteur : Cette 
notre est renvoyée à l'examen de M. Becquerel qui a déjà 
étranglé la première. 

La chromophotographie, on le voit, était peu encou- 
ragée à cette époque. Monckhoven doutait si bien de la 
possibilité de créer un jour des plaques véritablement 
isochromatiques qu'en 1870 il portait un défi à Ducos du 
Hauron d'obtenir à la chambre noire un cliché avec de la 
lumière jaune ou rouge même avec des semaines d'expo- 
sition. 

Malgré toutes ces difficultés, Ducos du Hauron ne se 
découragea pas. En 1870 il publie : Les couleurs en pho- 
tographie et en particulier l'Héliographie au charbon. En 
1874- 1875 il fait paraître quatre brochures sur l'Hélio- 
graphie. Il prend un brevet en 18 7/1 pour une chambre 
noire héliographique ou appareil photographique destiné 
à produire simultanément 3 ou plusieurs épreuves d'un 
même cliché. En i877,nouveau brevet pour la production 
de 3 clichés générateurs d'une épreuve positive héliogra- 
phique. Nouvelle méthode fondée sur la propriété de 
l'Eosine avec interposition de milieux colorés. 

En 1877, ^^(^^^^i nie la possibilité d'arriver à la repro- 



232 HISTORIQUE 

duction des couleurs naturelles avec 3 couleurs. Il écrit : 
nous nous demandons quelle nécessité il y a de se limiter 
à l'emploi de 3 couleurs seulement pour n'obtenir que des 
images d'un ton faux au lieu d'user de toutes les couleurs 
nécessaires à la copie d'un modèle. Le nombre de tons 
importe peu. le résultat est tout. 

Et Vidal concluait en proposant un procédé hybride 
où la photographie n'était que l'accessoire de la chromo- 
lithographie. Plus tard il proposait outre les 3 épreuves 
en couleur une épreuve en noir I 

Diicos du Hauroii continuait toujours ses recherches. 
En 1878 il publiait son Traité de photographie des cou- 
leurs. Dans cet ouvrage il signale l'emploi de l'éosine 
comme donnant aux émulsions des propriétés très remar- 
quables au point de vue de l'orthochromatisme. 

Les plaques orthochromatiques furent mises dans le 
commerce par la maison Attout-Tailfert mais ces plaques 
ne tardèrent pas à être détrônées par celles des frères Lu- 
mière, sensibles au jaune et au vert, ou celles sensibles au 
rouge et au jaune ; plus tard cette maison créa les plaques 
panchromatiques. 

En même temps que Ducos du Hauron, Charles Gros 
avait proposé l'emploi des écrans analyseurs ; à leur suite 
Vogel, Eder, Ives. Schumann^ Bothamby, Waterhouse, 
Ohernetter, Albert, David, Roux, Léon Vidal et Mathet. 
publièrent des travaux sur cette question. 

En 1880, Charles Gros, sous le nom d'Hydrotypie, 
breveta deux formes d'un procédé ayant pour objet d'ap- 
pliquer à la production des 3 épreuves monochromes la 
propriété qu'a la gélatine bichromatée de se gonfler aux 
endroits non attaqués par la lumière et d'absorber à ces 
endroits la matière colorante. En 188 1, en collaboration 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 233 

avec Carpentier, il préconise l'albumine coagulée bichro- 
matée. 

En 1881, Léon Vidal revient sur l'idée qu'il avait émise 
en 1877 ^* sous le nom de photochromie propose unpro» 
cédé dans lequel les 3 négatifs pour monochrome lui ser- 
vent à obtenir une épreuve grisaille qui donne le modelé 
tandis que les couleurs sont imprimées par les procédés 
habituels à la chromolithograptiie. C'est à notre avis la 
négation de la photochromographie et Vidal nous paraît 
avoir bien mal compris la théorie de la synthèse des cou- 
leurs. 

De i885 à 1895, Diicos du Haiiron publie encore une 
série de mémoires sur son procédé qu'il baptise désormais 
« Triplice photographique. 

Yers 1 894, /t'^'^, de Philadelphie, breveté un appareil que 
les journaux américains célèbrent comme une invention 
merveilleuse et originale, c'est le Photochromoscope qui 
semble copié sur l'appareil breveté par Ducos du Hauron 
en 187/i. 

En 1895, Auguste et Louis Lumière présentent à l'Aca- 
démie des Sciences plusieurs épreuves photographiques en 
couleurs du plus bel effet obtenues par les procédés 
Ducos du Hauron mais avec un perfectionnement basé sur 
la remarque que la colle forte additionnée de bichromate 
d'ammoniaque et de bromure d'argent émulsionné donne 
une surface sensible qui, à la lumière, donne une image à 
peine visible formée de mucilage insoluble mais colorable 
avec des pigments convenablement choisis ; l'excès de 
bromure d'argent étant enlevé par un dissolvant tel que 
l'hyposullîte de soude. 

Les colorants que préconisent les inventeurs sont les 
suivants : 



2 34 HISTORIQUE 

L'écran vert est obtenu avec : 

Solution à 1/2 % bleu de méthylène IN . . i partie 
Solution à 1/2 ^ I ^^ auramine G. . , . 6 » 

L'écran violet avec : 

Solution de bleu de méthylène N à i/4 °/o 
L'écran orangé avec : 

Solution d'érythrosine à 1/2 ^j^ ... 9 parties 
Solution de jaune métanile saturée. . . lO » 

Pour le positif rouge on prend : 

Solution d'érythrosine à o»%75 par litre 

Pour le monochrome jaune. 

Ghrysophénine G ...... . k grammes 

Alcool . . . 5o )) 

Eau I litre 

Enfin pour le monochrome bleu : 

Bleu Diamine 18% 5o 

Colle forte a x «/q i Htre 

Il faut, bien entendu, colorer avec le bain rouge le pho- 
togramme du négatif obtenu avec l'écran vert : avec le 
bain bleu le photogramme correspondant au négatif de 
l'écran orangé et enfm avec le bainjaune le photogramme 
du négatif à l'écran violet. 

Après une superposition provisoire, on corrige, s'il y a 
lieu, les intensités relatives des images par renforcement 
au moyen d'une nouvelle immersion dans les bains de 
teinture, ou au contraire en les affaiblissant parmi lavage. 
Le bleu résiste non seulement à l'eau froide mais à tous 
les dissolvants mais présente cette singulière propriété de 
dégorger avec une facilité extrême lorsqu'on le plonge 
dans une solution de colle forte à 1/2 °/o. 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 235 

Photochromie par décoloration. — Vers 1892, les frères ■ 
Lumière émettaient l'idée d'une nouvelle solution de la 
photographie des couleurs. Prendre trois pigments, le 
premier rouge, le second jaune, le dernier bleu ; les mé- 
langer de façon à obtenir une belle couleur noire qu'on 
étendrait sur du papier. Si les pigments jouissent de la pro- 
priété d'être décolorés par les radiations qu'ils absorbent 
le problème sera résolu. Or, d'après ces auteurs, il en est 
ainsi pour de nombreux composés colorés et notamment 
pour le curcuma^ la cyanine et le rouge de quinoléine. 

Vallot peu de temps après reprit cette idée et proposa 
les bains suivants pour imprégner le papier : 

A) Bleu Victoria en solution alcoolique à o,4 °/o 

B) Gurcuma en solution à 20 °/q 
G) Pourpre d'aniline à o,4 Vo 

On mélange A) B) G) en proportion égale. Mais il faut 
plusieurs jours d'impression et l'image ne se conserve pas. 

Le procédé fut perfectionné par Karl Worel à Graz 
d'une part, et par R. Neiihaiiss à Gross Lichterfelde 
cFautre part. 

La formule de ce dernier est la suivante : 

Gélatine 1000 grammes 

Eau distillée 1000 » 

Solution de bleu méthylène à 0,2 *^/q 4 cent, cubes 

Solution d'uranine à 0,2 °/q ... 2 » 

Solution d'érylhrosine à o,5 ^/q. . i 1/2 » 

On emploie comme accélérateur une solution alcooli- 
que de chloral hydraté à t '^/q ou de l'eau oxygénée. 

En 1899, Namias proposa pour l'obtention des 3 pho- 
togrammes monochromes une nouvelle méthode. Les 
négatifs étant obtenus par la méthode habituelle on fera 



236 HISTORIQUE 

le monochrome bleu au moyen du papier au Ferroprus- 
siate. Le monochrome jaune s'obtiendra en se servant 
d'un papier enduit d'un mélange de ferricyanure de po- 
tassium et d'un sel de plomb ; la lumière déterminera la 
formation de ferrocyanure de plomb blanc, on traitera 
alors par un chromate alcalin qui donnera le monochrome 
jaune. 

C'est sur ce monochrome jaune qu'on étendra la solu- 
tion sensibilisatrice bleue au ferroprussiate. On passera 
ensuite à l'épreuve rouge. On se sert d'un mélange d'acé- 
tate de plomb et de ferricyanure de potassium, après im- 
pression on passe dans une solution étendue de sulfate ou 
d'acétate de cuivre ; on obtient un beau rouge. Cette mé- 
thode ne donne que des résultats approchés et cela se con- 
çoit, car il faudrait, pour que le but poursuivi fût atteint : 
1° Que l'orangé résultant du mélange du jaune et du 
rouge fût exactement complémentaire du bleu. 2° Que 
chacun des écrans employés pour l'obtention des négatifs 
fût complémentaire de la couleur du positif correspon- 
dant. 

Mélanochromoscope. — Appareil inventé en 1S99 par 
Dlicos du Haiiron et permettant de reproduire les cou- 
leurs des objets. On prend 3 négatifs sur une même pla- 
que panchromatique à travers 3 écrans de couleur rouge_, 
jaune, bleu. On tire un positif qui, remis dans l'appareil, 
donne la sensation des couleurs. 

Procédé Shepperd (1903). — On expose de la gélatine 
bichromatée derrière un négatif, elle devient insoluble 
dans l'eau chaude dans les parties isolées. Si on plonge 
l'épreuve insolée dans une solution de matière colorante 
on a une image colorée positive. On fait ainsi 3 épreuves 
monochromes. C'est une variante du procédé Lumière. 



APPLICATIO>'S PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 287 

Piiiachromie. — Ce procédé dû k Kœnig (190/i) re- 
pose sur ce fait que certaines leucobases de matière co- 
lorantes artificielles se colorent plus ou moins rapidement 
quand on les soumet à l'action de la lumière en présence 
d'éthers nitriques des alcools polyatomiques tels que 
« cellulose, mannite, glycérine )). 

Les colorants employés sont : l'orthochlorotétramé- 
thyldiamidotriphénylméthane, leucobase pour le bleu ; 
le leucodérivé du vert malachite pour le vert ; la leuca- 
niline ou la Leucorliodamine pour le rouge ; le leuco- 
dérivé du violet cristallisé pour le violet ; laleucoflavani- 
line pour le jaune ; etc. 

On fixe dans un bain d'acide monochloracétique. On 
procède comme dans le procédé Ducos du Haiiron, les 
épreuves sont faites sur des collodions superposés. 

Pinatypie. — En combinant la pinachromie avec les 
procédés à la gélatine bichromatée on obtient la pinaty- 
pie (Voyez Glossaire). 



(866) Ghromophotographie par juxtaposition d'éléments 

monochromes 

A la lin de son brevet de 1868, Ducos du Hauroii 
émettait l'idée d'employer un papier ou mieux un mica 
transparent recouvert d'un côté de raies alternativement 
rouges, jaunes et bleues, sans solution de continuité, et de 
se servir de cette pellicule de mica comme d'un tamis 
pour obtenir sur des surfaces sensibles mises en contact 
avec elle des clichés négatifs au bromure d'argent. De 
ces négatifs on tirerait des positifs qui, vus à travers 



238 HISTORIQUE 

récran bien repéré, donneront la sensation de l'image 
colorée. 

En 1895 John Joly, de Dublin, reprenait la même idée 
mais remplaçait le ternaire de Brewster : rouge, jaune, 
bleu ; par celui d'Young et Helmholtz : orangé, vert, 
violet. A la même époque James W. Mac Donough bre- 
vetait un sujet analogue. 

Procédé Aiitochrome Lumière frères. — C'est le seul 
procédé pratique à l'heure actuelle pour obtenir une 
chromophotographie sur verre avec une seule plaque. 
Les études des frères Lumière sur cette question commen- 
cèrent en igoS, date du premier brevet relatif à ce 
procédé et ce n'est qu'en 1907, au mois de juin, que les 
nouvelles plaques furent offertes au public. Il a fallu ces 
quatre années au génie des frères Lumière pour venir à 
bout des innombrables difficultés que présentait la mise 
en œuvre du procédé au point de vue industriel. 

Tout le monde connaît le principe du procédé : sur 
une plaque de verre sans défaut, on fixe, par un enduit 
poisseux transparent, une couche mince et unique d'élé- 
ments microscopiques transparents (grains de fécule 
ayant i5 à 20 millièmes de millimètre de diamètre) 
colorés en orangé, vert et violet ; puis on étend une 
émulsion sensible rigoureusement panchromatique, après 
interposition d'une couche de A^ernis convenable isolant 
les grains de fécule de l'émulsion. L'impression se fait 
par le dos de la plaque, le négatif obtenu est renversé et 
donne un positif qui est la reproduction exacte de l'image 
donnée par l'objectif sur la glace dépolie avec ses brillantes 
couleurs. Ajoutons qu'il est indispensable d'interposer 
entre l'objet et la plaque sensible, en avant ou en arrière 
de l'objectif, un écran jaune spécial qui compense l'excès 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 289 

d'actinisme des radiations violettes et bleues sur les autres 
radiations colorées du spectre. 

Nous ne donnerons pas les détails des manipulations 
qui sont minutieusement décrites dans la notice spéciale 
rédigée par les inventeurs et dans les agendas publiés 
chaque année par la Société des plaques Lumière, insis- 
tons seulement sur ce point qu'au moment où nous écri- 
vons (août 1908) il n'existe qu'une manière pratique de 
reproduire pliotograpliiquement les objets avec leurs 
couleurs, c'est d'employer les Plaques Autochromes Lu- 
mière et que la presse photographique, en se laissant 
influencer par les annonces bruyantes mais prématurées 
de certains procédés, a manqué d'impartialité en mettant 
sur le même pied la découverte définitive des frères 
Lumière et les procédés de laboratoire d'autres inventeurs. 

Pour être complet, nous citerons néanmoins les procé- 
dés qui, pour l'instant exclusivement théoriques, pourront 
peut-être, après des perfectionnements, devenir pratiques, 
ce sont les procédés Krayn, Diicos diiHauron et de Berce- 
gol, Ramon y Cajal, Powrie-Warner , Bertoii et Gamhs. 

Procédé Krayn (1906). — Voici le résumé de ce bre- 
vet : on colle les unes sur les autres un très grand nombre 
de feuilles de gélatine ou de celluloïd tour à tour vio- 
lettes, vertes et orangées, superposées toujours dans le 
même ordre jusqu'à ce que l'épaisseur du bloc formé par 
cet empilement soit au moins égal à la largeur des 
plaques qu'il s'agit de préparer. Alors, à Taide d'une 
sorte de rabot dirigé perpendiculairement au plan des 
feuilles, le bloc est débité en lamelles minces dans le sens 
de son épaisseur. Ces lamelles collées sur verre reçoivent 
ensuite l'émulsion sensible et s'emploient comme les 
plaques autochromes. 



24o HISTORIQUE 

Procédé de Diicos du Haiiroii et Ber gecol {igo']). — 
Ces inventeurs ont imaginé un autre système de réseaux 
trichromes. Ils étendent sur une glace une couche de 
eélatine blanche et la recom-rent d'un vernis vert à base 
de celluloïd. Ils tracent ensuite à la machine à diviser une 
série de traits parallèles très rapprochés les uns des autres 
et dont l'écartement est égal à l'épaisseur, en enlevant le 
vernis sans toucher à la gélatine. Puis ils trempent dans 
un bain de colorant orangé, cela fait, ils tracent dans 
une direction inclinée à 60" ou perpendiculaire à la pre- 
mière une série de nouveaux traits ; mais cette fois l'épais- 
seurs des traits est moitié moindre des premiers et ils 
enlèvent non seulement le vernis mais encore la surface 
déjà colorée de la gélatine, laissant toutefois une épaisseur 
de gélatine blanche sur le verre. Ils trempent alors dans 
un bain de colorant violet qui complète le réseau. L'émul- 
sion est étendue pardessus et la placjne ainsi préparée 
sera traitée comme les plaques Autochromes. 

Procédé Ramon y Cajal. — Cet auteur, connu comme 
un histologiste espagnol remarquable, se sert de réseaux 
constitués par une infinité de tronçons cylindriques dis- 
posés parallèlement et formés de sections microtomiques 
de fdaments de soie colorés convenablement et réunis en 
pellicule continue par du collodion. 

Procédé Powrie-Warner. — Il consiste à recouvrir 
une plaque de verre d'une couche de gélatine bichro- 
matée qu'on expose à la lumière sous !un réseau formé de 
lignes parallèles alternativement transparentes et opaques. 
Après dépouillement à l'eau chaude il reste une série de 
lignes de i/3o de millimètre de largeur qu'on colore en 
vert par immersion dans un bain approprié. Après lavage 
et dessiccation on recommence la môme opération sur la 



APPLICATIONS PROPREMENT DITES DE LA PHOTOGRAPHIE 24 1 

moitié de l'espace non impressionné et on teint les lignes 
en orangé; enfin une troisième opération teinte le reste de 
la surface en violet. 

Procédé Bertoii et Gambs. — Ces auteurs tissent des 
fils colorés de manière à avoir une sorte de mousseline 
blanche à l'œil nu mais formant une mosaïque tricolore 
à la loupe. Sur ce réseau ils coulent une émulsion pan- 
chromatique. 



i4 



CHAPITRE VII 

APPLICATION AUX ARTS ET AUX SCIENCES 
(77) Applications de la photogra.phie aux arts 

ET AUX sciences 

Il faudrait un volume spécial pour traiter ce sujet, 
nous nous contenterons de donner quelqLies exemples des 
multiples applications de la photographie. Après une 
anecdote relative à une application au Droit, nous parle- 
rons avec quelques détails des applications astronomiques ; 
l'Astrophotographie étant devenue un important chapitre 
de l'Astronomie, puis nous terminerons par quelques 
lignes sur les applications à la Topographie, à la Physique, 
à l'Art médical et enfin à la Céramique. 

(77 : 34) La photographie et le droit 

Lors de la catastrophe de Bouzey, en avril 1896, une 
des fermes emportées par les eaux appartenait à un 
M. Arnould qui fut lui-même une des victimes. Un ami 
de M. Arnould sachant qu'il avait testé en sa faveur 
revendiqua la fortune du défunt ; mais faute de preuve il 
fut débouté de ses prétentions par un jugement rendu en 
faveur des héritiers naturels du défunt. Il reçut un jour 
l'avis que dans les décombres on avait trouvé des frag- 
ments de papier roulés, pétris presque dans la vase. Il 



APPLICATIONS AUX ARTS ET AUX SCIENCES 243 

put trouver ainsi les débris du testament où l'on voyait la 
trace de quelques mots sans pouvoir y lire quoi que ce 
soit. Il avait confié ces papiers à divers photographes sans 
succès lorsque M. Belliéni, de Nancy, eut Tidée d'em- 
ployer des plaques orthochromatiques. Le résultat fut 
décisif. Le texte du testament devint nettement visible et 
cela fut suffisant pour que la cour d'appel rendit un arrêt 
en faveur du légataire universel. 



(77:52.3) ASTROPHOTOGRAPHIE 
(77 : 52.33) SÉLÉjNÉPHOTOGRAPmE 

La photographie de la Lune a été la première applica- 
tion de la photographie à l'Astronomie. Arago, en 1839, 
avait fait faire les premiers essais par Daguerre, mais en 
raison du peu de sensibilité de la plaque les résultats 
furent médiocres. 

J.-W. Draper qui fit en Amérique la première appli- 
cation du Daguerréotype au portrait réussit en i84o à 
obtenir des images lunaires de 26 milHmètres de dia- 
mètre, en employant un télescope de Newton et en posant 
20 minutes. 

En 1800, Bond et Wipple obtinrent des photographies 
de la Lune en se servant de l'équatorial de Harward 
Collège et en posant /Jo secondes. 

Warren de la Rue obtint, en i852^ les premières images 
de la Lune sur coUodion ; il fit même, en 1857, des pho- 
tographies stéréoscopiques en prenant deux photographies 
à un intervalle de temps déterminé; les images se trou- 



244 HISTORIQUE 

vant ainsi telles qu'elles seraient si on les prenait de 
2 stations éloignées. 

Philippe, en 1 853, reconnut le grand avantage que pré- 
sentait le télescope à réflexion en raison de l'absence de 
rayons chimiques. 

Crookes et Edwards firent, de i854 à 1 856, des photo- 
graphies de la Lune en 4 secondes de pose. 

Les plus remarquables photographies de la Lune furent 
obtenues de i858 à 1870 par Riitherfiird, il obtint des 
négatifs de 18 centimètres de diamètre. On en faisait des 
positifs d'égale dimension qu'on agrandissait ensuite. 

Draper, en i864, obtint de très belles photographies de 
la Lune avec le télescope de Gassegrain. 

Ellery, en 1878, a repris à Melbourne l'emploi de 
gi^and télescope de Grubb, les images qu'il a obtenues 
ainsi sont remarquablement belles. 

Enfin, avec des objectifs tenant lé milieu entre l'objectif 
microscopique et l'objectif photographique, les frères 
Henry ont obtenu les plus belles photographies de la 
Lune qu'on ait produites jusqu'à ce jour. 



(77 : 52.34) Photographie des planètes 

Ces photographies n'ont ét4 faites d'une manière suivie 
que par Warren de la Rue. Cet habile astronome a obtenu 
des photographies de Jupiter avec ses bandes ; de Sa- 
turne avec son anneau et de Mars avec sa surface sillonnée 
de canaux. Le temps de pose a varié de quelques secondes 
à plusieurs heures. 

MM. Henry ont photographié Neptune et son satellite, 
grâce à des plaques extrêmement sensibles. Ils ont photo- 



APPLICATIONS AUX ARTS ET AUX SCIENCES 245 

graphie la tache rouge de Jupiter et les bandes de Sa- 
turne avec un tel succès que les photographies per- 
mettent des déterminations plus précises que l'observation 
directe. 

En 1890, MM. Holdeii et Campbell ont photographe 
Vénus, Mercure et la Lune en plein jour en posant o"i3. 



(77 : 52.36) Photographie des comètes 

Warren de la Rue essaya sans succès de photographier 
la comète de Donati en i858 et la grande comète de 1861 . 

Usherwood parvint à produire en 7 secondes un bon 
négatif de l'ensemble de la comète de i858 avec une 
plaque au collodion humide. 

L'emploi du gélatinobromure a permis de photogra- 
phier la grande comète b 1881 ; pour cette photographie 
Janssen s'est servi d'un télescope de 5o centimètres d'ou- 
verture, avec un foyer de 1,60. 

A. Co/»mo/i a photographié la même comète avec un 
télescope de 0,91 de diamètre. 

GUI a obtenu de belles photographies de la grande 
comète de septembre 1882, il s'est servi d'un objectif 
photographique à portraits de o,o63 d'ouverture et de 
0,28 de distance focale. L'instrument était monté sur le 
tube d'un équatorial, la pose a varié de 20 minutes à 
deux heures. 

Roy et, en 1890, a photographié la comète de Brookes. 

Baniard, qui a découvert le 5® satellite de Jupiter a 
découvert une comète par la photographie. 



i4. 



3^6 HISTORIQUE 

(77 : 62.37) Héltophotographie 

La première photographie du Soleil a été obtenue par 
Majocchi en 18/12, il opérait sur plaque d'argent d'après 
le procédé Daguerre. 

Fizeau et Foucault^ en i845, obtinrent la première 
image montrant la décroissance de la lumière du centre à 
la circonférence et les groupes de taches avec leur pé- 
nombre. 

Reade, en i85/i, obtint une image instantanée du Soleil 
montrant la surface moutonnée de cet astre. 

Faye et Porro, en i858, photographièrent le Soleil avec 
un objectif ayant 5 mètres de longueur focale ; les 
épreuves permettaient de reconnaître à l'œil nu non seu- 
lement les facules des taches marginales mais encore les 
marbrures les plus délicates sillonnant les bords du 
Soleil. 

dette même année, sous la direction de Warren de la 
Eté, fut installé à Kcav, en Angleterre, le Photohélio- 
graphe, appareil permettant la photographie journalière 
du. Soleil et le relevé précis des taches. Les nombreuses 
knages obtenues à Kew depuis cette époque ont permis 
d'obtenir d'importants résultats de statistique solaire. 

€hallis, en 1860, fit de bons négatifs au collodion sur 
lesquels les taches étaient reproduites avec leurs facules 
et leurs pénombres. 

Biitherfiird, en 1 871, obtint de bonnes photographies 
du disque solaire au collodion humide. 

En 1872, l'œuvre de Warren de la Rue est reprise dans 
trois observatoires : à l'Ile Maurice, à Greemvich et à 
D^hra Dûn. 



APPLICATIONS AUX ARTS ET AUX SCIENCES 2 47 



(77 : 52.377) Héliospegtrophotogïlvphie 

Concurremment à l'étude du Soleil, celle de son spectre 
était poursuivi. En 1869 ^^ 1 signale deux éléments 
inconnus des chimistes : l'Hélium et le Goronium. 

L'Hélium^, caractérisé par une raie jaune très brillante 
de longueur d'onde égale à 5876,87, existe dans les Pro- 
tubérances, Ramsay l'a découvert en 1896 dans la Clévéite, 
minerai d'urane, et enfin, en 1904, Deslandres et Hen- 
drichson le retrouvaient dans l'ém-anation du Radium. 

Quant au Goronium caractérisé par plusieurs raies 
spectrales dont une verte très brillante, il n'existe à l'heure 
actuelle que dans la couronne solaire. 

Dans le spectre des aurores boréales on a caractérisé 
le Krypton par sa raie verte de longueur donde 5570, 5. 
On sait que le Krypton a été retrouvé dans l'air atmos- 
phérique. 

La photographie du Spectre solaire a pu être obtenue 
non seulement dans sa partie visible mais encore dans 
l'ultraviolet au delà de la raie de Wéga (2970) et dans 
l'infra-rouge jusqu'à (i4ooo). 

Haie, en 1892, a réalisé à Gliicago le Spectrographe 
enregistreur. 

Deslandres, à la même époque, a imaginé et construitle 
Spectrohéliographe. 



(77 : 2.38) Photographie des étoiles 

Les premiers essais remontent à l'origine du Daguerréo- 
type, mais ce n'est qu'en i85o que W. Bond et Whipk 



248 HISTORIQUE 

obtinrent à Cambridge des images relativement nettes de 
certaines étoiles. 

En 1860, Warren de la Rue se servit d'un objectif 
photographique à court foyer monté avec sa chambre 
noire sur une lunette équatoriale pourvue de son mouve- 
ment d'horlogerie. 

Lewis Riitherfurd obtint, à la fin de i864, de belles 
photographies de diverses constellations sur plaques au 
collodion humide. 

Van Monckhoven, en t88o, fabriquant les premières 
plaques au gélatinobromure industrielles, écrivait à cette 
époque qu'il photographiait les étoiles jusqu'à la douzième 
grandeur. 

En 1887, sur l'initiative de l'amiral Mouchez et sous le 
patronage de l'Académie des sciences, l'exécution de la 
carte photographique du ciel était décidée et les savants 
de diverses nations se répartissaient la besogne. 

Le nombre des étoiles que l'on peut photographier 
augmente rapidement avec la durée de la pose ; on en 
compte 10.000 par degrés carrés pour une pose de 
3 heures i5 minutes; leur nombre monte à 100.000 
pour une pose de 24 heures (en 8 nuits différentes). 



(77:52.385) Photographie des nébuleuses 

H. Draper réussit à obtenir sur plaque au gélatino- 
bromure une photographie de la Nébuleuse d'Or ion avec 
une pose de 137 minutes en mars 1882. 

Janssen, avec un télescope de 5o centimètres d'ou- 
verture et à court foyer, avait obtenu en 1881 une épreuve 



APPLICATIONS AUX ARTS ET AUX SCIENCES 2^9 

de cette même nébuleuse avec une pose de i5 minutes 
seulement. 

L'emploi d'un réflecteur de 60 centimètres d'ouver- 
ture et de 2"\32 de foyer a permis à Ritchey d'ob- 
tenir de belles photographies de Nébuleuses, en parti- 
culier celles d'Andromède et du Cygne. L'amas d'Hercule 
a été résolu en étoiles. 



(77 : 52.087) Spegtrophotographie des étoiles 

Draper a obtenu en 1872, la photographie du spectre 
de Wéga de la Lyre, il y a trouvé plusieurs lignes inté- 
ressantes dans l'ultra-violet, notamment la raie (2970). 

La spectrophotographie a permis de retrouver dans la 
plupart des étoiles les éléments suivants : hydrogène, 
oxygène, sodium, hélium, calcium^ magnésium et fer. 

De 1879 à i883. Draper photographia le spectre 
d'une cinquantaine d'étoiles. 

En 1882, Hiiggins a obtenu la photographie du 
spectre de la nébuleuse d'Or ion en posant 45 minutes. 
Dans ce spectre on a relevé dans l'ultra-violet une forte 
raie qui a été attribuée à un nouvel élément hypothé- 
tique : le Nébulium. La longueur d'onde de cette raie est 
égale à 8727 angstrôms. 

Le spectre de cette même nébuleuse d'Orion fut éga- 
lement photographié à l'observatoire de Lick et à l'obser- 
vatoire de Postdam et on a pu, d'après les photographies, 
calculer que cette nébuleuse s'éloigne de la terre avec 
une vitesse de 16 kilomètres à la seconde. 

//a^r///?.s photographia, en 1889, le spectre d'f// y/ /m.ç, il 
obtint en deux heures de pose un spectre s'étendant de F 



25b- HISTORIQUE 

h N d'arxS l'ultra-violet. Les raies reconnues sont celles du 
spectre solaire sans aucune autre raie. 

Enfin Ihiggins a fait également la spectrophotographie 
d'un grand nombre d'étoiles variables, notamment celle 
de la Nova du Cocher où il a relevé de nombreuses raies 
jusqu'à (3 200). 

(7 : 752.89) Photogra.phie des éclipses 

Les premières reproductions d'éclipsés de soleil sont 
dues à Majocchi. Il photographia en 1842, à Milan, 
réclipse du 8 juillet. Il se servit bien entendu du procédé 
dé Dagiierre. 

En 1800, l'Association Britannique chargea une com- 
mission de préparer des instructions pour l'observation 
de l'éclipsé du 28 juillet i85i. Ces instructions furent 
suivies par le R. P. Secchi de Rome qui- opéra sur 
plaques d'argent d'après le procédé daguerréotype. 

L'éclipsé du 7 septembre 1868 fut photographiée par 
Liais dans l'Amérique du sud. Porro et Qiiinet obtinrent 
également de belles photographies de cette éclipse et Faye 
les présenta à l'Académie des sciences de Paris. 

L'éclipsé du 18 juillet 1860 fut photographiée en Eu- 
rope et en Amérique par le procédé au collodion humide 
et par le procédé r<r«îp^no/ au collodion albuminé. Foii- 
eaidt par le premier procédé, Laiissedat par le second 
firent de bonnes épreuves. 

Warren de la Rue photographia cette même éclipse à 
Rivabellosa, dans la vallée de l'Ebre : il obtint 3 épreuves 
montrant à la fois les protubérances et la partie inférieure 
et circulaire de la couronné. Le Père Secchi l'observa 



APPLICATIONS AUX ARTS ET AUX SCIENCES 2^ 

également à Déserto de las Palmas et obtint 5 épreuves 
des protubérances. 

Dans l'éclipsé du 7 août 1866, Winloch et Wipple ob- 
tinrent en i4 secondes de pose d'excellentee épreuves de 
la couronne. 

Brothers fit à Syracuse des photographies de l'éclipsé 
du 22 décembre 1870. 

Cor/iu photographia l'éclipsé partielle du 26 mai 1873:; 
Janssen celle de mai 1887. Enfin de la Baume Pliivinélo. 
photographié à Candie l'éclipsé du 17 juin 1890. 

Ajoutons cpi'il y a toujours un grand intérêt à photo- 
graphier les éclipses en raison de la rareté du phénomène, 
car on a calculé qu'une éclipse totale ne peut être visible 
pour un lieu considéré que tous les 3 60 ans environ. 

(77 : 52.69) Photogrammétrie 

Les premières applications de la photographie à la to- 
pographie furent faites par Laussedat qui a établi les 
principes de ceette science. Il remplace les mesures qui 
sont d'ordinaire prises des deux extrémités de la base, 
par deux photographies prises en ces points. Il en déduit 
la planimétrie et le nivellement. 

L'Etat-major prussien se servit du procédé Laussedat 
en 1870 devant Strasbourg. 

Meydenbaiier a dressé par ce procédé la carte de la 
vallée d'Unstrutt, c'est lui qui a baptisé cette application 
de la photographie : Photogrammétrie. 

En 1889, P. Moëssard donne la description d'un ap- 
pareil qu'il appelle le cylindrographe topographique. Avec 
un appareil de i5 centimètres de rayon on peut avoir une 
photographie de 42 centimètres, sur 12 centimètres de 



252 HISTORIQUE 



hauteur. Le tour d'horizon complet a go centimètres en- 
viron. Un grade représente sur le cliché 2 millimètres i/Zj. 
On peut apprécier les angles à i/io de grade et les 
pentes à 1/600 près. 

Yers 1890, le colonel Laussedat a fait construire un 
Théodolithe photographique avec lequel on peut exécuter 
tous les levers du plan. En 1898 il présente à l'Académie 
des sciences une carte comprenant une partie de la vallée 
de la Bow-River et le parc des Montagnes Rocheuses du 
Canada. La topographie de cette carte a été exécutée par 
Mac Arthur et un aide topographe ; elle a été entièrement 
faite par le procédé Laussedat. 

En i8q5, J. et //. Vallot ont fait construire sous le 
nom de Photolachéomètre un appareil destiné au lever 
photographique des cartes de montagne. Lechner, de 
Vienne, construit aussi un Photothéodolithe. 



(77 : 53) Spectroscopie photographique 

Wollaston, en 1802, annonça que l'altération du chlo- 
rure d'argent s'étendait au-delà du violet sur une lon- 
gueur à peu près égale à celle du spectre visible. 

En 1842, Herschel constata que ces rayons plus ré- 
frangibles que le violet ne sont pas totalement invisibles 
et qu ils agissent sur le chlorure d'argent. 

Draper, en 1869, photographia le spectre ultra-violet 
mais il faut arriver jusqu'à Mascarl, en i864, pour pro- 
duire des photographies permettant des mesures. Ce 
savant a relevé exactement 700 raies du spectre ultra- 
violet, il a photographié jusqu'à la raie (2210). 

Cornu, de 1870 à 1880, a pu relever 800 raies de à 



APPLICATIONS AUX ARTS ET AUX SCIENCES 253 

à la dernière U (2920) ; il parvint à photographier au 
collodion humide les raies très réfrangibles de l'alu- 
minium jusqu'à la raie (1860). 

Huggins, en 1881, photographia la partie ultra-vio- 
lette du spectre en se servant d'appareil en quartz et de 
plaques au gélatino-bromure, il émit l'opinion que les 
raies ultro-violeltes qu'il avait constatées dans les étoiles 
étaient dues à rhvdro2:ène. 

Cornu, en i883, vérifia cette hypothèse. Ce même au- 
teur, en 1800, avec un spectroscope à faible dispersion 
formé de 2 prismes lévogyres et dextrogyres de 3o° et 
de lentilles achromatiques en quartz et en spath fluor, 
put en une seule épreuve avoir tout le spectre ultra-violet 
de (45oo) à (2000). 

De son côté, le professeur Liveing, de Cambridge, a 
photographié tout le spectre de (55oo) à (2i4o). 

(77 : 61) La photographie et la médecine 

Les applications de la photographie à la médecine sont 
nombreuses, nous citerons parmi les principales : 

1° Reproduction du faciès et des attitudes des malades. 

2° Photographies successives au cours d'un traitement 
montrant les modifications dues à l'intervention théra- 
peutique. 

3° Photographies microscopiques de coupes d'organes 
ou de tissus. 

4° Photographies de Bacilles agrandis ou fixés et colorés. 

L'éclair magnésique, grâce à sa courte durée i/v5o à 
1/80 de seconde a permis à Londe de photographier 
avec une grande netteté des attitudes de malades névrosés 
qu'on n'aurait pu photographier par un autre procédé. 

La Photographie. i5 



254 HISTORIQUE 

En 1905, Lumière frères publient une note sur le 
Spirochœte Pallidum, bacille de la syphilis, qu'ils ont pu 
photographier très nettement en interposant sur le trajet 
des rayons lumineux un verre vert foncé, couleur com- 
plémentaire de celle du bacille coloré sur la préparation 
en violet. 

Enfin, en juillet 1907 le D' Hallopeaii présentait à 
l'Académie de médecine de Paris des photographies en 
couleurs obtenues au moyen des plaques Autochromes 
Lumière. Ce sont les photographies de 6 malades de 
l'hôpital Saint-Louis, l'un atteint de syphilides, un 
autre d'un lupus de la face, les 4 derniers de psoriasis. 
Toutes ces photographies donnent une image exacte des 
éruptions et on y remarque la vivacité des couleurs et la 
netteté des contours. Cette reproduction est d'un haut 
intérêt au point de vue de la dermatologie. 

(77 : 788) La photographie et la céramique 

En i863, W. Griine, de Berlin, eut l'idée de virer une 
image sur collodion dans un bain d'or, puis de transporter 
cette photographie sur porcelaine et de la soumettre à 
l'action du feu. Il se forma alors une image en or. Cette 
image est mate, on la rend brillante par le brunissage. 

Si, au lieu d'un bain d'or, on vire aux sels de platine, 
on a naturellement une image de platine d'un beau noir 
après la cuisson. 

Les virages à l'uranium, au fer, au manganèse peuvent 
être employés, ils donnent des tons brunâtres ou noi- 
râtres. Ces procédés ont été repris par Leth, de Vienne, 
vers 1876. 



DEUXIEME PARTIE 

GLOSSAIRE 



Dans ce glossaire nous donnons la signification de tous les 
mots spéciaux à l'art photographique ainsi que de tous les 
composés chimiques employés en photographie pour lesquels 
le nom seul est insuffisant à renseigner le lecteur. 

Toutes les fois que le mot défini au .Glossaire se rapporte 
d'une façon précise à un chapitre de notre historique, nous 
rappelons le numéro classificateur correspondant à ce cha- 
pitre. 

Aberration Chromatique. — On désigne ainsi la pro- 
priété qu'ont les lentilles convergentes simples de donner 
pour image d'un point lumineux blanc, un véritable spectre 
en miniature. Cette aberration se corrige en employant dans 
la construction des objectifs deux verres dont les aîoerrations 
se corrigent. On appelle aussi cette aberration : Aberration de 
Refransibilité. 

Aberration Sphérique. — On appelle ainsi le défaut des 
lentilles convergentes qui, au lieu de donner au foyer un 
point pour l'image du soleil, donnent une surface. On corrioe 
ce défaut par l'emploi des diaphragmes et par l'adjonction 
d'une lentille divergente à l'objectif proprement dit. 

Accélérateur. — Produit qui accélère le développement 
et remédie à l'insuffisance du temps de pose. Les alcalis sont 
■des accélérateurs dans le cas du développement à l'acide py- 
rogallique. 

Acétone. — Le nom d'acétone désigne une fonction chi- 
mique et dans cette acception s'applique à un grand nombre 
de corps, mais, dans le langage courant, il s'applique spécia- 
lement à la Propanone ou Diméthylcétone obtenue par dis- 



:i56 GLOSSAIUE 

tillation de l'acétate de chaux. En présence de sulfite de 
soude, il peut être substitué aux alcalis ainsi que l'ont montré 
Lumière frères et Seyewetz. 

Acétone-Sulfite. — L'acétone-sulllte de Baeyer est un 
mélange renfermant le produit de l'action de l'acétone sur le 
sulfite de soude avec un excès de sulfite. D'après des expé- 
riences personnelles nous admettrions volontiers que l'acé- 
tone, en présence d'un excès de sulfite de sodium, déplace 
un atome de sodium et se combine avec le bisulfite de sodium 
ainsi formé pour donner un composé très instable, en partie 
dissocié par l'eau, qui serait le 2,2 Propanolate de sodium 
sulfonate de sodium. 

Achromatique — Exempt d'aberration chromatique. Se 
dit des objectifs corrigés de l'aberration chromatique. 

Acide Carbolique. — C'est la traduction française du 
mot (( Carbolic acid » désignant couramment eh anglais 
l'acide phénique (V. Phénol). 

Acide Citrique. — Cet acide a été découvert par Scheele 
en 1784, il existe dans beaucoup de fruits, en particulier 
dans les citrons. C'est un acide tribasique en même temps 
qu'un alcool monovalent, son nom chimique d'après la nou- 
velle nomenclature est : 3,3 Pentanoldioïque méthyloïque. - 

Acide Dithionique. — Acide découvert par Welter et 
Gay-Lussac en 1819. Il porte aussi le nom d'acide hyposul- 
furique et serait nommé plus exactement acide disulfonique 
car il est formé par l'union de deux groupes sulfoniques. 

Acide Ferrocitrique. — Nom donné par Heischel à un 
composé préparé de la même façon que l'acide Ferrotartri- 
que. Comme dans ce dernier, dont nous parlons plus loin, le 
fer est dissimulé dans la molécule et l'oxyde de ce métal y 
joue le rôle d'acide ferreux éthérifiant la fonction alcool de 
2 molécules d'acide citrique c[u'il soude en formant un acide 
hexabasique dont le nom exact serait; 3,3' Ferrito 3,3' Di- 
pentanedioïque méthyloïque. 

Acide Ferrotartrique. — Nom donné par /. lierschel 




pour 1 époque 
pour exprimer que dans ce composé les fonctions acides de 



GLOSSAIRE 2 0' 



Tacide tartrique restaient libres. L'oxyde de fer, en effet, y 
joue le rôle d'acide ferreux éthérifiant l'une des fonctions al- 
cooliques de chacune des molécules d'acide tartrique qu'il 
soude en une molécule plus complexe. La dénomination 
exacte de ce corps serait : 2,2' Ferritobutanoldioïque. 

Acide Gallique (028.4). — Produit organique retiré de 
la Noix de Galle dont la propriété caractéristicjue est de 
donner avec les sels de fer un précipité noir bleu cjui est la 
base de toutes les encres noires. Il est employé en Cyanotypie 
pour noircir les épreuves en bleu ou pour faire des impres- 
sions noires sur fond blanc. L'acide gallique a été longtemps 
employé comme développateur dans les premiers temps de la 
photographie, il est aujourd'hui complètement remplacé par 
l'acide pyrogallique. Au point de vue théorique l'acide galli- 
que est à la fois triphénol et acide monobasique son nom 
exact est : Phènetriolméthyloïque. 

Acide Phénique. — Synonyme de phénol. 

Acide Hyposulfurique. — Voyez acide dithionique. 

Acide PentatJiionique. — ■ Cet acide qu'on a appelé acide 
hyposulfurique trisulfuré a été découvert par Wackenroder 
en faisant réagir l'acide sulfureux sur l'hydrogène sulfuré, 
on ne le connaît qu'en solution aqueuse. Lumière frères et 
Seyewetz ont préparé son sel de plomb pour en faire la base 
d'un procédé de virage. Si l'on admet ce que nous disions 
pour l'acide dithionique, l'acide pentathionique serait l'acide 
trithiodisulfonique. 

Acide Picrique. — Matière colorante jaune employée 
pour la confection des écrans jaunes en Chromophotographie. 
Au point de vue chimique c'est le Trinitrophénol. 

Acide Pyrogallique. — Voyez Pyrogallol. 

Acide Succinique. — Cet acide a été retiré de la résine 
fossile appelée Ambre jaune ou Succin par Agricola vers i55o, 
mais sa nature chimique n'a été déterminée que par Berzé- 
lius. Ce corps entre dans plusieurs formules de procédés pho- 
tographic|ues, son nom exact est : Butanedioïque. 

Acide Tartrique. — L'acide tartrique a été obtenu pour 
la première fois par Schecle en 1770, il existe dans un grand 
nombre de fruits et dans la lie de vin. D'après la nouvelle no- 
menclature on l'appelle : Butanedioldioïque. 



2 58 GLOSSAIRE 

Acide Tétrathioniqué. — C'est le plus intéressant des 
acides de la série Thionique, il a été découvert par Forclos et 
Gèlis qui l'ont obtenu à l'état de sel en traitant les liyposul- 
iites par l'Iode. On l'a appelé parfois acide hyposuifurique 
bisuliuré. D'après sa constitution qui ressort de sa prépara- 
tions, on devrait l'appeler acide dithiodisulfonique. 

Acide Trithionique. — Acide intermédiaire entre l'acide 
dithionic^ue et l'acide tétrathioniqué découvert par Langlois 
qui l'a obtenu en traitant le sulfite acide de potasse par le 
soufre. C'est pour nous l'acide tliiodisulfonique. 

Aciérage. — Opération qui consiste à recouvrir d'une 
couche mince d'acier les planches de cuivre gravées employées 
pour les impressions photomécaniques. Cette opération se fait 
par voie électrique. 

Acridine. — Voyez jaune et orangé. 

Actine. — Herschel a proposé de prendre pour unité de 
radiation calorifique l'actine ou la cjuantité de chaleur qui 
ferait fondre en i minute une couche de glace de i millième 
de millimètre i actine égale 0,00726 calorie par centimètre 
carré. 

Actinium. — Elément radio actif (833). 

Actinisme. — Action chimique des rayons lumineux. 

(137.6). 

Actinographie. — Synonyme, d'après Larousse, de Ra- 
diographie (833). 

Actinomètre (137.6). — Instrument mesurant la valeur 
de l'actinisme des diverses sources lumineuses. L' Actino- 
mètre diffère du Photomètre c|ui mesure la puissance éclai- 
rante et du Sensitomètre qui mesure le degré de sensibilité 
d'une préparation photographic[ue. 

Actinométrie. — Dans sa première acception l'Actino- 
métrie est une branche de la Météorologie, elle a pour objet 
la mesure de l'intensité des radiations solaires par l'un quel- 
conque de leurs effets. Au point de vue photographique, c'est 
la science de la mesure de l'actinisme des radiations lumi- 
neuses. On pourrait appeler Hélioactinométrie la branche 
s'occupant du premier objet et Actinosensitométrie, l'Actino- 
métrie photographique. 

Actinos. — Nom donné à un papier préparé par la Société 



GLOSSAIRE 259 

des plaques Lumière. Ce papier noircit directement à la lu- 
mière et ne contient pas de sels d'argent solubles. 

Adon (832). — Nom d'un téléobjectif construit par Dall- 
meyer. 

Adurol (023.4). — C'est un révélateur de l'image latente 
breveté par Hauff en 1898. Au point de vue chimique c'est 
la Chlorohydroquinone. 

Affaiblisseurs (02 3. 6). — Produits chimiques ou mé- 
langes de produits ayant la propriété de diminuer l'in- 
tensité d'une image obtenue. On dit aussi, mais à tort, 
réducteurs. 

Albertypie (4i)- — Procédé collographique pratiqué par 
Albert de Munich et constituant un progrès sur le procédé 
initial de Poitevin. 

Alethar (i35). — Nom d'un objectif apochromatique tra- 
vaillant à f/ii fabriqué par Goerz de Berlin. 

Alethorama (852). — Appareil construit par Paul Mortier 
et Chéri Rousseau pour la Chronophotographie. Dans cet ap- 
pareil la pellicule est entraînée d'un mouvement continu. La 
projection se fait par l'intermédiaire d'un miroir oblique, 
l'appareil ne présente pas de scintillement. 

Allotropie. — Possibilité qu'ont certains corps de se pré- 
senter sous des états différents entre eux par des propriétés 
spéciales. Le phosphore rouge et le phosphore blanc, par 
exemple, sont deux états allotropiques du corps appelé Phos- 
phore. 

Alloxantine (218). — C'est un dérivé très complexe de 
l'Urée qu'on obtient par l'action de l'acide nitrique étendu 
sur l'acide urique. On lui a donné parfois le nom d'Uroxine ; 
c'est d'après Wurtz la Diuréide Mésoxalique Tartronique. Ce 
corps a été employé par Poitevin dans un papier photogra- 
phique. 

Amidol (023.4) • — : Nom donné au chlorhydrate de Diami- 
dophénol par Hauff. Voyez Diamidophénol. 

Amidol Salifié (o23.4). — Révélateur recommandé par 
Reeb, c'est un mélange de 2 grammes d'amidol, i gramme 
de pyrocatéchine, et i gramme hydroquinone. 

Amphitype (218). — Nom donné à un papier sensible 
inventé par Herschel. Ce papier à base de sels mercuriques 



260 GLOSSAIRE 

pouvait donner selon les manipulations une image positive 
ou négative. 

Amplificateurs (81 3). Appareils d'agrandissement pour 
petites épreuves. 

Anachromatiques (i35). — Se dit des lentilles non cor- 
rigées de l'aberration chromatique. On s'en sert avec des dia- 
phragmes de faible diamètre pour produire des images d'un 
llou assez agréable. 

Anaglyphes (84). — On appelle ainsi des images stéréos- 
copiques imprimées l'une sur l'autre et dont la synthèse est 
obtenue non par un appareil stéréoscopique habituel mais 
bien par un binocle à deux couleurs. Les images étant im- 
primées en deux couleurs différentes complémentaires lune 
de 1 autre sont vues à travers des verres de couleur complé- 
mentaire des images, de telle sorte que l'image de l'œil droit 
soit éteinte pour l'œil gauche et réciproquement. 

Anallatiques (i35). — Objectifs triples réalisés pour la pre- 
mière fois par Porro en 1847 ^^ baptisés de ce nom en i856. 

Anascope. — Loupe de mise au point redressant l'image 
vue sur la glace dépolie. 

Anastigmats (i35). — Nom donné à de nombreux ob- 
jectifs exempts d'Astigmatisme. 

Angstrôm. — On a donné ce nom, qui est celui d'un 
physicien suédois, pour désigner une nouvelle unité de lon- 
gueur. Cette unité est le dix millionième de millimètre ; on 
l'emploie pour exprimer les longueurs d'onde des radiations 
lumineuses. L'étalon choisi parmi ces radiations est la Raie 
rouge du Cadmium dont la longueur d'onde est G438, 4^96 
sous la pression de 760 et pour une valeur de g = 980,665 
au 45° de latitude. 

Aniline — L'aniline est un produit organique retiré du 
goudron de houille et qui est la base d'un grand nombre de 
matières colorantes artificielles. A l'état pur c'est une aminé 
qui porte les noms de Phénylaminc, Amidobenzène ou Ami- 
nophène. Ce corps a été employé par Lumière frères pour 
virer les épreuves aux sels de manganèse (3 2 5). 

Anthion. — Nom donné à un produit éliminateur d'hy- 
posulfite, c'est du persulfate d'ammonium ou de potassium 
qui transforme l'hyposulfite en tétrathionale. 



GLOSSAIRE 261 

Anthracotypie (82 1). — Procédé inventé par Sobacchi 
^J}. ^^/^9 ^^ complété par Plzzighelli pour la reproduction 
d'images au trait. 

Antiplanat (i35). — Nom donné à un objectif dissymé- 
trique rapide par Steinheil. Cet objectif travaille à f/6,3. 

Antispectroscopique (i35). — Nom donné à un objectif 
achromatique construit par Roussel et travaillant à f/8,5. 

Apédioscope. — Appareil servant à regarder des vues 
stéréoscopiques projetées pour donner la sensation du relief. 
Imaginé par Belliéni en igoS, 

Aplanastigmat (i35). — Mot synonyme d'Anastigmat. 

Aplanats (i35). — Nom donné à des séries d'objectifs 
par Steinheil et par Siiter. 

Aplanétiques (i35). — Exempts d'aberration sphérique. 
Ce nom s'applique aux objectifs corrigés de l'aberration sphé- 
rique par l'adjonction d'une lentille divergente convenable- 
ment choisie à la lentille convergente constituant la partie la 
plus importante de l'objectif, 

Apochromatiques (i35). — On donne ce nom aux ob- 
jectifs très bien corrigés de l'aberration chromaticjue et qui 
sont particulièrement indiqués pour la photographie en cou- 
leur. Les principaux sont : L'Alethar de Goerz, l'Apoplanar 
de Zeiss, les GoUinéaires apochromatiques de Voigtlànder et 
de Steinheil et l'Apochromatique Zenger de Prague. 

Apoplanar (i35), — - Objectif achromatique fabriqué par 
Zeiss d'Iéna. 

Argentotypie (216). — Synonyme de Kallitypie. 

Argon- — Elément découvert par Lord Rayleigh et Rcun- 
say en 1894 dans l'air atmosphérique et c[ui se forme dans la 
désintégration du Radium. Son poids atomique est l\o ; l'air 
en contient 1,182 °/q en volume. 

Aristogène (02 3. 4)- — Nom donné par Liesegang à un 
révélateur concentré à l'hydroquinone avec addition d'acétate 
de soude. 

Aristostigmat (i35). — Nom d'un objectif travaillant à 
f/7, 7 fabriqué par Goerz. 

Aristotype (21 5.4). — Ce nom est donné à plusieurs 
papiers émulsionncs au gélatinochlorure d'argent. Depuis 
1890 la Société Lumière livre sous le nom de papier au citrate 



262 



GLOSSAIRE 



d'argent, et la société Eastman sous le nom de papier Solio.des 
papiers qui rentrent dans cette catégorie, 

Artotypie (4i)- — Procédé américain de Photocollogra- 
pliie. Dans ce procédé on durcit la couche gélatineuse après 
l'insolation en la faisant tremper dans l'alun à 5 °/q et l'on 
se sert d'un bain mouilleur ammoniacal glycérine. 

Astigmatisme» — C'est une aberration d'un système op- 
tique caractérisée par ce l'ait qu'un point lumineux ne donne 
pas pour image un point mais une tache elliptique ou circu- 
laire. On corrige cette aberration en la réduisant au mini- 
mum par l'emploi du diaphragme et par le choix des rayons 
de courbure des lentilles. 

Astrophotographie (77 : 53). — Application de la pho- 
tographie à l'astronomie. 

Auramine G. - — Matière colorante jaune employée par 
Lumière frères dans la Chromophotographie par superposi- 
tion (864). Son nom chimicjue est : Chlorhydrine de l'Ami- 
dodiméthylparadiamido-orthodicrésy lamine. 

Auramine O. — Matière colorante jaune c[ui a été con- 
seillée comme addition à l'éosine dans les procédés orlhochro- 
i,iiatiques.Ce corps s'appelle aussi Jaune Saricine, c'est au point 
de vue chimique la chlorhydrine de l'amidotétraméthylpara- 
midodiphénylméthane. 

Aurantia. — Matière colorante jaune très soluble dans 
l'alcool et qui s'emploie en dissolution dans le coUodion pour 
recouvrir le dos des plaques sèches en vue d'éviter le Halo. 
On peut également s'en servir pour confectionner des écrans 
jaunes. L'Aurantia est le sel ammoniacal de l'hexanitrodi- 
phénylamine. 

Aurine- — A le môme emploi que l'Aurantia pour Anti- 
Halo ou pour écrans. L'aurine est le sel de sodium du para- 
trioxytriphénylcarbinol. On l'appelle aussi coralline jaune ou 
acide pararosolique. 

Autocopiste (4i)- — Appareil permettant aux amateurs 
d'imprimer avec un simple copie de lettres des épreuves à 
l'encre grasse par un procédé coUographique. 

Autotypie(4i)- — Procédé de PhotocoUographie. 

Azaline. — Mélange de rouge et de bleu de Quinoléine 



GLOSSAIRE 263 

employé par le D'" Vogel. L'Azaline est un bon sensibilisa- 
teur au vert et au jaune pour plaques au gélatinobromure. 

Azotypie (33). — Procédé imaginé par Manly et dérivé 
de la Mariotypie. C'est un procédé de tirage avec du papier 
charbon avec simple transfert. Ce même procédé repris par 
la Société Ozotype s'est appelé Ozotypie. 

Benzidine. — La benzidine est un alcali organique appar- 
tenant à la série aromatique et résultant de la soudure de 
2 molécules d'aniline. Ce corps a été employé par Lumière 
frères pour virer les épreuves à base de sels de cobalt (227), 
La benzidine est une diamine, son nom chimique «st : 
I, 4, Aminophényl 4 Aminophène. 

Biophotographie. — Photographie des êtres animés en 
mouvement. 

Bis-Telar(832). — Téléobjectif construit par Busch. 

Bistigmats (io5). — Nom donné à une série d'objectifs 
doubles symétriques fabriqués par Rodenstock. 

Bisulfite de soude. — Ce corps, très employé dans in- 
dustrie, [a quelques emplois en photographie, on l'appelle par- 
fois sulfite acide de soude ; le nom le plus exact serait 
sulfite monosodique. 

Bleu d'Alizarine. — Matière colorante employée à Tétat 
de combinaison bisulfitique ammoniacale comme sensibilisa- 
teur pour le rouge. Au point de vue chimic[ue, c'est la 
dioxyanthraquinone. 

Bleu Diamine. — Matière colorante bleue employée par 
Lumière frères dans leur procédé de Chromophotographie par 
superposition (864). C'est un composé très complexe dont le 
nom chimique est : Ethoxydiphényl Bisazo aa-naphtolsulfo- 
nate de sodium aa-naphtolsulfonate de sodium. 

Bleu Coupler. — Matière colorante peu soluble dans 
les alcalis et dans l'alcool, employée comme sensibilisateur 
pour l'orangé et le jaune verdâtre. C'est un dérivé de l'Indu- 
line, matière colorante avec laquelle on confond parfois le 
Bleu Coupler. Ce dernier est la Dianilidophénylbenzoinduline 
sulfonée. 

Bleu Méthylène N. — On se sert de ce produit pour 
colorer les écrans dans le procédé Dacos du liaaron. Au point 



20^ GLOSSAIRE 

de vue cliimique c'est le Chlorhydrate de Tétraméthylparami- 
dobenzodiazine. 

Bleu de Quinoléine. — Voyez Cyanine. 

ÎBleu de Thionine. — Synonyme de Bleu de Méthylène. 

Bleu Victoria. — Matière colorante employée par Vallot 
dans son procédé de Photographie en couleurs par décolora- 
tion (864). Le bleu Victoria est la Chlorhydrine du Tétramé- 
thyldiparamidodiphényl Phénylamidonaphtylcarbinol. 

Bonnettes d'Approche. — On appelle ainsi des len- 
tilles enchâssées dans une monture filetée pouvant se visser 
devant les objectifs d'appareils à main de façon à raccourcir 
la distance focale et à rendre possible la photographie des ob- 
jets rapprochés. 

Borax (028. 5). — Ce sel fait partie de la formule d'un 
certain nombre de virages. On l'appelle aussi borate ou bibo- 
rate de soude. Son nom exact est ïétraborate disodique. 

Boroxylithe. — Le boroxylithe n'est autre que le per- 
borate de sodium. Dissous à saturation à froid dans l'eau il 
donne de l'eau oxygénée à deux volumes. 

Calotypie. — Synonyme de Talbotypie (212.2). 

Garcel (137.6). — C'est l'ancienne unité pratique d'in- 
tensité lumineuse en France. Un carcel vaut 9,6 pyrs ou 
bougies décimales. La lampe carcel type devait brûler 42 gr. 
d'huile par heure avec une hauteur de mèche de 10 milli- 
mètres et le coude du verre étant à 7 millimètres au-dessus 
du niveau de la mèche, ^ 

Garthame (864). — * Matière tinctoriale jaune obtenue 
par pulvérisation des fleurs sèches du Carthamus Tinctorius 
plante de la famille des Synanthérées. Charles Gros et Diicos 
du Hauron dans leurs premiers essais employaient cette ma- 
tière dans leur procédé trichrome. Le carthame renferme 
deux principes colorants, l'un jaune soluble dans l'eau, l'autre 
rouge nommé carthamine ou acide carthamique soluble dans 
l'eau alcaline. 

Gatalissisotypie(2i6). — Procédé de photographie sur 
papier inventé par le Z)*" Woods de Parsonslown vers i85o. Il 
permettait d'obtenir d'après l'auteur des négatifs à la chambre 
noire en i5 secondes. 

Gatalyse. — On nomme ainsi en chimie la cause encore 



GLOSSAIRE 265 

inconnue de quelques réactions chimiques. La catalyse, au- 
trefois fréquemnient invoquée, n'est au fond qu'un aveu 
d'ignorance. 

Gatatypie (33). — Procédé ainsi appelé par Osiwald et 
Gros qui prétendaient y voir un procédé catalytique.En réalité, 
ce procédé s'explique par des réactions chimiques sans qu'il 
soit besoin de catalyse. 

Gatoptrique. — Partie de l'optique qui s'occupe de la 
réflexion des rayons lumineux. 

Gaustique. — On appelle ainsi la courbe formée par les 
rayons convergents qui, émanant d'un point unique, se croisent 
en différent points. La caustique est produite par l'aberration 
de sphéricité, c'est à sa suppression que vise la correction de 
l'aberration. Les miroirs fournissent aussi une caustique par 
réflexion. 

Celloïdine. — On appelle papier à lacelloïdine un papier 
recouvert d'une émulsion au collodion argentique. 

Gelluloïd. — Matière transparente composée de nitrocel- 
lulose et de camphre mélangés ensemble en présence d'alcool 
et sous une forte pression. C'est la base des pellicules photo- 
graphiques. 

Gelor (i35).— Nom donné à des objectifs excellents pour 
instantanés fabriqués par Goerz de Berlin. 

Geroléine. — On appelle ainsi la substance soluble dans 
l'alcool froid extraite de la cire d'abeilles. Geoffray l'a em- 
ployée pour son papier ciré (212.4). 

Champ. — Portion de l'espace qui comprend tous les 
points dont un objectif peut donner simultanément l'image. 
Cette portion d'espace est limitée par un cône, l'angle de 
champ est le double de l'angle générateur du cône. 

Gharbon (procédé au) (3i). — Procédé inventé en i855 
par Poitevin et basé sur les propriétés que présente la gélatine 
bichromatée de devenir insoluble par insolation. 

Ghloral hydraté- — C'est au point de vue chimique le 
Trichloréthanediol . 

Il est peu employé en photographie, mais Liesegang le con- 
seille comme addition au collodion ioduré pour le rendre plus 
limpide et plus sensible et Valenfa en a conseillé l'emploi pour 
faire une colle à la gélatine pour les épreuves à l'aristotype. 



266 GLOSSAIRE 

Chlorhydrate d'Ammoniaque. — Synonyme de set 
ammoniac ou de chlorure d'ammonium. C'est un excellent 
dissolvant du suhlimé en présence de l'eau. 

Chlorophylle (861). — Matière colorante verte contenue 
dans les feuilles proposée par divers expérimentateurs pour 
rensiblliser les plaques et les rendre orthochromatiques. La 
chlorophylle est dédoublable en 2 pigments distincts : La 
Phvlloxantine jaune et la Phyllocyanine bleue. 

Ghloroplatinites (282). — Les Chloroplatinites sont des 
sels doubles formés par le chlorure platineux avec des chlo- 
rures divers. 

Chlorure d'Ammonium. — Nom correct du chlorhy- 
drate d'ammoniaque. 

Chorosoopes (i35). — Nom donné par Goerz à des ob- 
jectifs de sa Fabrication. 

Chromatype (procédé) (241). — Procédé inventé par 
Hunt en i843, ce procédé donne une image positive sous un 
cliché positif; il est basé sur la transformation d'un chromate 
cuivrique en chromate cuivreux et de ce dernier en chromate 
d'argent. 

Chromogènes (02 3. 5). — Virages en poudre à base de 
ferricyanure de potassium et de sels de fer, cuivre, ou urane ; 
préparés par la Société Lumière pour obtenir avec les Diapo- 
sitives et les Photogrammes au Gélatinobromure des tons sé- 
pia, sanguine, bleus ou verts. 

Chromotype. — Nom donné par Lumière frères aux 
Phototypes en couleurs sur verre obtenus avec les plaques 
Autochromes. 

Chrom.ocyanotype (procédé) (242). — Procédé imaginé 
par Hunt postérieurement à son procédé Chromatype et per- 
mettant d'obtenir par exposition sous un négatif une image 
positive ou négative selon le développement choisi. 

Chromogrammes (864). — Nom donné par Ives aux 
3 clichés positifs de son Photochromoscope. 

Chromographie. — Ce mot a été employé par divers 
inventeurs pour désigner des procédés d'impressions photo- 
graphiques en couleur, il doit être rejeté pour être remplacé 
selon le cas par l'un des mots : 

Photochromocollographie (48). 



GLOSSAIRE 267 

Photocliromolilhographie (58). 

Photochromozincographie [QS). 

Photochroniogiyptographie (718). 

PhotochroQiotypographie (728). 

Photocliromoplastographie (758). 

Chromophotographie (861-866). — Ce mot peut s'ap- 
pliquer soit à des épreuves en couleur, soit à des procédés per- 
mettanl l'oblcnlion de ces épreuves. 

Ghromosphère. — D'après l'annuaire du bureau des lon- 
gitudes, on doit réserver ce nom au croissant mince et rouge 
visible autour de la Lune noire au moment de l'éclipsé totale de 
Soleil. De la Ghromosphère se détachent les Protubérances,, 
enfin autour de la Ghromosphère et noyant les Protubérances 
se trouve la Gouronne. 

Ghronophotographie (852). — G'est l'application de la 
photographie à l'étude du mouvement par la prise d'une sé- 
rie de photographies à des intervalles de temps égaux et rap- 
prochés. 

Chrysaniline. — Matière colorante employée dans les 
procédés orthochromatiques comme sensibilisateur pour le 
vert. On l'appelle aussi Phosphine,au point de vue chimique 
c'est l'amidophénylamidoacridine. 

Chrysoïdine. — Poudre jaune foncé peu soluble dans 
l'eau^ soluble dans l'alcool, l'éther et la benzine. On s'en sert 
pour fabriquer des écrans jaunes absorbant les rayons bleus 
et violets. C'est le Ghlorhydrate de Diamidoazobenzène. 

Chrysophénine. — Matière colorante jaune employée 
par Lumière frères comme pigment dans leur procédé de 
Ghromophotographie par superposition (864). Son nom chi- 
mique est ; 

Stilbènedisulfonate de sodium bisazo phénétol. 

Chrysoglyphie (72). — Procédé d'impression imaginé 
par Dldot sur planche gravée et dorée. Ge procédé rentre dans . 
la Phototypographie. 

Chrysosulfite (023.4). — Mélange de sulfite de soude et 
de picrate de magnésium préparé par Lumière frères pour 
faire des bains de développement en pleine lumière. 

Cinématographe (855). — Appareil imaginé en 1896 
par les frères Lumière qui donne la solution complète du pro- 



2G8 GLOSSAIRE 

blême de la plioLographie des objets en mouvemeut. Cet ap- 
pareil réversible permet une triple opération : i° Prendre 
900 vues par minute. 2° En obtenir le positif. 3° Projeter ce 
dernier avec le grossissement que l'on désire, en y adaptant 
un projecteur convenable. 

Cinématographie (853). — C'est l'art de photographier 
des objets en mouvement, cette définition engloble à la fois 
le Rinétoscope d'Edison et le cinématographe Lumière. Le 
mot Cinémathographie a été créé par Lainière frères en même 
temps que celui de cinématographe pour désigner l'appareil 
de leur invention. 

Clarté d'un Objectif (i35). — C'est le rapport entre 
l'éclat de l'image qu'il donne d'un objet placé à l'infini sur 
l'axe principal et l'éclat de l'image que donnerait du même 
objet un objectif pris pour type. Le congrès de ] 889-91 a dé- 
cidé que dans tous les objectifs la clarté normale prise pour 
unité serait obtenue par l'emploi du diapbragme dont le dia- 
mètre multiplié par le coefficient d'ouverture utile serait 
égal à f/io. 

Cliché. — Nom donné à l'image obtenue à la cbambre 
noire à l'aide d'un objectif. Il est préférable de se servir du 
mot de Phototype. 

Coefficient de Clarté. — C'est l'inverse de la clarté d'un 
objectif. Si l'on prend pour unité le coefficient correspondant 
au diaphragme dont le diamètre multiplié par le coefficienf 
d'ouverture utile correspond à f/io ; le coefficient de clarté 
d'un diaphragme d'ouverture utile f/n sera n-/ioo. 

Coefficient d'ouverture utile. — C'est le rapport du 
diamètre de l'ouverture utile au diamètre du diaphragaie. 
Pour l'objectif simple où le diaphragme est placé devant 
l'objectif, ce coefficient est égal à l'unité, pour les objectifs 
multiples ce coefficient égale/ : f-d ; en appelant /la distance 
focale principale de la combinaison optique antérieure et d la 
distance du diaphragme au point nodal d'émergence de cette 
combinaison. 

Collinéaires (i35). — Nom donné par Voigllànder à 
une série d'objectifs à six lentilles et quatre surfaces réflé- 
chissantes. 



GLOSSAIRE ^ 2C9 

Collodiobromure. — Emulsion de bromure d'argent 
dans du collodion, 

CoUodiochlorure. — Emulsion de chlorure d'argent 
dans du collodion. 

Gollographie. — Voyez PhotocoUographie. 

Colloïdes. — Substances incapables de cristalliser et don- 
nant de fausses solutions non filtrables à travers le parchemin. 
La gélatine, la gomme sont des colloïdes. 

Collotypie (AO- — C'est un procédé Photocollographique. 

Combinar (i35). — Objectif travaillarit à f/i2,5 fabriqué 
par Reichert. 

Contretype. — Cliché de même signe mais de sens in- 
verse. Le Contretype d'un négatif est un négatif dont la partie 
droite est la reproduction de la partie gauche du type et réci- 
proquement. 

Conversible aplanétique (i35). — Objectif travaillant 
à f/io fabriqué par Demaria. 

Coralline rouge. — Voyez Péonine. 

Coralline jaune. — Voyez Aurine. 

Coronium. — Elément hypothétique découvert par la 
Spectrophotographie, que l'on suppose exister dans la cou- 
ronne solaire, caractérisé par son spectre qui présente une 
brillante raie verte parmi d'autres raies moins brillantes. 

Couleurs complémentaires. Deux couleurs sont com- 
plémentaires lorsque, sans empiéter l'un sur l'autre, leurs 
spectres d'absorptions réunis remplissent tout le spectre coloré. 

Cristalloïdes. — Substances ayant des propriétés oppo- 
sées aux colloïdes, c'est-à-dire qui sont susceptibles de cristal- 
liser et de donner avec des dissolvants appropriés de véritables 
solutions. 

Crocéine 3 B. (o23.4) — Matière colorante qui s'emploie 
pour le développement à la lumière dans le procédé dit à la 
Coxine. Son nom chimique est : toluène azotoluène azonaph- 
tolsulfonate de sodium. 

Crown- Glass. — C'est un verre à base d'alcali et de 
chaux, beaucoup moins dense que le ilint-glass. Sa densité 
moyenne est de 2,5 et son indice de refraction pour la raie D 
est 1 ,5. 

Crypton. — Orthographe admise pour Krypton. 



2 70 



GLOSSAIRE 



Grystallos. — Nom donné à un révélateur à base d'iiy- 
droquiiione ayant une action extrêmement énergique (o23.4). 

Cuprotypie (217). — Procédé proposé par jBa/vie/^ en iSSy 
qui n'est autre que le procédé Ghromatype de Hunt 
modifié. 

Gurcuma. — La poudre de curcumadu commerce appelée 
parfois Terra Mérita,, n'est autre que le rhizome séché et 
pulvérisé du curcuma tinctoria, plante de la famiUe des 
Amomacées. Le curcuma contient une matière colorante 
jaune, la curcumine, soluble dans les alcalis et dans l'aJcool. 
C'est une teinture alcoolique de ce corps que Vallot employa 
dans son procédé de Pliotochromographie par décolora- 
tion (864) et qu'avant lui Ch. Gros avait choisi pour son 
procédé trichrome. 

Gyanine. — Matière colorante bleue obtenue par l'action 
de la soude sur le produit de la réaction de l'iodure d'amvle 
sur un mélange équimoléculaire de Quinoléine et de Lépi- 
dine. Cette matière est employée pour rendre les plaques au 
gélatinobromure sensibles au rouge orangé. La Cyanine est 
un des meilleurs sensibilisateurs connus pour le rouge. 

Cyanotypie (221). — Pbocédé de tirage de Photocopies 
sur papier sensibilisé aux sels de fer, le premier procédé de 
ce genre est dû à Herschel. 

^ Gylindrographe (i3i). — Chambre panoramique inven- 
tée par Moëssard. 

pagor(i35). — Nom donné par Goerz de Berlin h un 
objectif formé de deux combinaisons de 3 verres collés et 
travaillant à f/6,8. 

Daguerréotype (211). — Epreuve obtenue par le pro- 
cédé de Daguerre. 

Daguerréotypie (21 1). — Procédé inventé par Daguerre 
et caractérisé par la formation d'une image positive sur lame 
d'argent. 

Dallastypie (721). — Procédé de Phototypographie in- 
venté par Dallas. 

Dépouillement (3i). — Nom donné à une opération qui 
s'exécute dans le procédé au charbon. C'est en somme le 
développement de l'image avec de l'eau tiède qui dissous les 
parties de gélatine bichromatée qui, protégées par les noirs du 



GLOSSAIRE 271 

cliché, sont restées solubles, laissant adhérentes les parties 
insolées devenues insolubles. 

Développement (02 3. 4). — Opération photographique 
ayant pour but de faire apparaître l'image latente après l'ex- 
position de la surface sensible, par la réduction à l'état d'ar- 
gent métallique des parties insolées du sel d'argent de la 
couche. 

Développateurs (023.4). — On appelle ainsi les subs- 
tances entrant dans la composition des bains de dévelop- 
pement et auxquelles sont dues les propriétés révélatrices de 
ces bains. Le mot développateur est synonyme de révélateur 
et cette dernière expression est certainement préférable. 

Dialyse. — On appelle ainsi le phénomène de la diffusion 
à travers les membranes animales. La dialyse sert à séparer 
les corps colloïdes des corps cristalloïdes, ces derniers passant 
à travers les membranes tandis que les premiers sont retenus. 

Dialytique (appareil) (81 3). — Chambre solaire perfec- 
tionnée inventée par Monckhoven. 

Diamidobensine (o23.4). — Trois corps isomères ré- 
pondent à ce nom, ce sont : Ortho, Meta, Para Plién^lène- 
diamiue. C'est sauf désignation contraire du dernier composé 
qu'il s'agit lorsqu'on parle de diamidobenzine. On peut dire 
également diamidobenzène. 

Diamidocrésol (o23.4). — Le chlorhydrate de ce corps 
a été indiqué par Eder et Valenta comme révélateur de 
l'image latente lorsqu'il est additionné de sulfite de soude. 

Diamidonaphtolsulfonates (02 3, 4). — Plusieurs pro- 
duits répondant à cette dénomination sont brevetés comme 
révélateurs, ce sont : 

«j [^4 Diamido a.^ Naphtol p^ Pg Bisulfate de sodium. 

)) 
Sulfonate de sodium. 

Diamidophénol (023.4). — A l'état de chlorhydrate et ad- 
ditionné de sulfite de soude, c'est un excellent révélateur. Les 
propriétés révélatrices de ce corps ont été signalées en 1891 
par Frédéric Reuerdin à la Société genevoise de photographie. 
L'emploi s'en est répandu en 1892, le produit étant recom- 
mandé simultanément par /^atî/f en Allemagne et par Lumière 



«1 p'. 


)) 


P. 


» 


^-2 h 


«i 8'. 


)) 


«4 


» 


«2 



272 GLOSSAIRE 

en France. Plusieurs isomères répondent à ce nom mais 
c'est le 1,3 diamine 4 phénol qui est seul livré sous ce nom. 

Diamidorésorcine (028. 4j. — Révélateur signalé et 
fabriqué par Lumière frères. Comme le diamidophénol auquel 
il ressemble beaucoup, il est employé à l'état de chlorhydrate 
cristallisé en fines aiguilles. Au point de vue chimique ce 
corps est le i, 3, 2, 4, diaminophènediol. 

Diaphragme. — Au point de vue photographique un dia- 
phragme est un disque percé d'une ouverture centrale que 
l'on place en avant des objectifs simples ou entre les 2 len- 
tilles des objectifs doubles. Il est indispensable pour corriger 
certaines aberrations. 

Diapositives. — Positifs sur supports transparents, verre 
ou pellicule. 

Diazotypie (36). — Procédé d'obtention de Photocopies 
en couleurs utilisant les réactions des composée diazoïques et 
leurs combinaisons avec les phénols et les aminés pour former 
des matières colorantes azotées. Ce procédé est dû à Green, 
Cross et Bevan. 

Diffraction. — Division et inflexion apparente qu'é- 
prouvent les rayons lumineux quand ils passent très près des 
limites des milieux où ils se meuvent. C'est à la ditfraction 
qu'est due l'auréole qui dans les fortes lunettes entoure le 
disque des étoiles, c'est à elle qu'il faut rapporter dans beau- 
coup de cas la production des anneaux colorés. C'est elle enfin 
qui produit le phénomène des Réseaux. 

Diogène (028. 4)- — ■ Nom donné à un développateur 
hhnqué])air ActiengeseUschaft fur anilin fabrikallon de Berlin, 
c'est PaAmido^naphtoldisulfonate de sodium. 

Dioptrie. — On appelle ainsi la convergence d'un système 
optique dont la distance focale est de 1 mètre. Le nombre 
des dioptries est donc l'inverse de la distance focale exprimée 
en mètres. Si le système optique est divergent, les dioptries 
sont négatives. 

Dioptrique. — Partie de l'optique qui s'occu-pe des lois 
de la réfraction des rayons lumineux. 

Diphénal. (o23.4)- — Révélateur de l'image latente pro- 
posé par Hauff. C'est un produit à base de diamido oxydi- 
phénylc. 



GLOSSAIRE 278 

Dispersion spectrale (863). — On entend par cette 
expression la séparation des diverses radiations composant la 
lumière blanche au moyen du prisme. Cette dispersion tient 
à l'inégale réfrangibilité des rayons colorés qui sont réfractés 
dans l'ordre suivant : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, 
violet. 

Distorsion. — Aberration due à l'épaisseur des lentilles 
et donnant une image courbe des lignes droites. Cette aber- 
ration est fréquente pour les objectifs simples, elle est évitée 
par l'emploi des objectifs rectilinéaires et symétriques, 

Dithionates. — Sels de l'acide dithionique, on les appelle 
en Allemagne hyposulfates, nous préférerions le nom de 
disulfonates. 

Doublet (i35). — Ce nom s'applique à tous les objectifs 
doubles, il a été choisi par Th. Ross en i865 pour être 
appliqué à un objectif double asymétrique. 

Dynar(i35). — Objectif fabriqué par Voigtlânder, tra- 
vaillant à f/6. 

Éclat lumineux- — C'est J'intensité lumineuse d'un 
foyer par centimètre carré. L'unité c'est le Pyr par centi- 
mètre carré. 

Edinol (023.4). — Révélateur de l'image la tente breveté par 
Baeyer d'Eberfeld, en 1908, c'est le chlorhydrate de mélaoxy- 
benzylalcool ou plus correctement le méthylolparamidophénol 
I, 3, 6. 

Encaustique. — Solution de cire dans l'essence de téré- 
benthine ou dans la benzine additionnées ou non, d'essence 
de lavande. L'encausticage des épreuves autrefois très em- 
ployé est aujourd'hui délaissé, on lui préfère le satinage à 
chaud. 

Encollage. — Cette opération a pour but de rendre le papier 
ou les étoffes aptes à recevoir la couche d'émulsion photogra- 
phique. On se sert soit de gélatine, soit d'arow-root, soit de 
gomme, soit de dextrine. 

Émaillage. — On appelle ainsi un gélatinage qui donne 
aux épreuves un certain brillant et une grande transparence 
dans les ombres. On commence par collodionner l'épreuve et 
après dessiccation on gélatine. Ces 2 opérations se font sur une 
glace propre et sans défaut. 



274 GLOSSAIRE 

Émanations (833). — On adonné ce nom à des produits 
gazeux provenant de la désintégration des corps radioactifs. 

Êmulsion (21 5). — Liquide d'apparence laiteuse conte- 
nant en suspension soit une matière solide à l'état d'extrême 
division, soit des gouttelettes très petites d^un liquide insoluble 
€n suspension. 

Energiatype (procédé) (212.3). — Procédé inventé par 
Hunt pour l'obtention de négatifs sur papier à la chambre 
noire. 

Eosine. — Matière colorante artificielle employée pour les 
plaques isochromaticjues. On l'utilise comme sensibilisateur 
pour le jaune et le vert, son action augmente beaucoup par 
l'addition d'ammoniaque. Son nom chimique est : Tétrabro- 
mofluorescéine. 

Erythrôsine. — Matière colorante voisine de la précédente 
comme composition et comme propriétés. C'est la Tétraio- 
dofluorescéine. 

Eurygraphes (i35). — Série d'objectifs fabriqués par 
Berthiot et Lacour. 

Euryscopes (i35). — Série d'objectifs fabriqués par 
Voigtlânder. 

Exposition (022). — Ce mot a deux sens : 1° Opération 
qui consiste à découvrir la plaque sensible dans l'appareil 
photographifjue pendant le temps nécessaire à l'impression. 

2° Opération qui consiste à présenter la couche sensible 
recouverte d'un cliché à une source lumineuse susceptible 
d'agir sur cette couche. 

Ferrioyanure de potassium. — Sel très employé en 
photographie c[ue l'on appelle aussi prussiate rouge de po- 
tasse et qu'on nommait anciennement cyanoferride de potas- 
sium. C'est le plus connu des affaiblisseurs de l'image photo- 
graphique. Son nom pourrait laisser supposer que le fer s'y 
trouve à un état différent de celui où ce métal existe dans le 
ferrocyanure, il n'en est rien, car le ferricyanure est formé 
par la soudure (|e deux molécules de ferrocyanure avec élimi- 
nation de deux atomes d'hydrogène. 

Ferrocitrates. — Nom donné par Herschel aux sels de 
l'acide ferrocitrique. 11 emploie concurremment ces sels avec 
les ferrotartrates (218). 



GLOSSAIRE 275 

Ferrocyanotype (procédé) (212.2). — Procédé inventé par 
Hunt pour obtenir sur papier des négatifs à la chambre noire. 

Ferrocyanure de potassium. — Ce composé porte plus 
souvent le nom de Prussiate jaune de potasse, on le nommait 
anciennement cyanoferrure de potassium. On a conseillé son 
emploi dans les révélateurs à base de pyrogallol ou d'hydro- 
quinone. 

Ferroprussiates. — Synonyme de ferrocyanures. 

Ferrotartrates. — Nom donné par Herschel aux sels de 
l'acide cju'il dénomme acide ferrotartrique. Il emploie ces 
sels dans quelc[ues procédés. 

Ferrotypie (214.1). — Procédé de photographie au collo- 
dion bromure sur plac{ues métalliques noircies, donnant 
directement par réflexion un positif inverse comme le Daguer- 
réotype. 

Film (i52). — Mot anglais signifiant pellicule, employé 
en France avec le même sens et s'appliquant à tous les sup- 
ports transparents, flexibles, recouverts d'émulsion sensible. 

Film-Pack. — Petite boîte de carton léger renfermant 
une douzaine de pellicules rigides. Le Film-pack permet le 
chargement et le déchargement en plein jour d'un châssis 
spécial dit châssis Film-pack. 

Fixage (023.7). — Opération terminale de l'obtention 
des clichés ou des épreuves ; le fixage a pour but de dissoudre 
les sels d'argent sensibles non impressionnés. Les corps jouis- 
sant de cette propriété sont : le bromure de potassium, l'hy- 
posulfite de soude, le sulfocyanure d'ammonium et les cya- 
nures alcalins. 

Flint-Glass (i35V — Sorte de verre employé dans la fa- 
brication des objectifs. Il est très alcalin et contient plus 
d'oxyde de plomb que le cristal. Il est caractérisé par sa den- 
sité qui varie de 3,6 à 4 et par son indice de réfraction qui 
pour la raie D du sodium varie de t,6i à 1,778. 

Fluorescéine. — Matière colorante donnant une solution 
jaune orangé par transmission et verte par réflexion. On l'em- 
ploie comme sensibilisateur pour le bleu verdâtre. C'est au 
point de vue chimique la phtaléine de la résorcine. 

Fluorescence (833). — Luminosité spéciale que prennent 
certains corps tels que le verre d'urane, le sulfate de qui- 



276 



GLOSSAIRE 



nine, etc., quand ils sont frappés par les rayons violets et 
ultra-violets du spectre solaire ou par certaines radiations 
telles que les rayons X ou les rayons cathodiques. 

Fluorographie. — Procédé permettant de graver sur 
verre à l'aide de la Photocollographie des images photogra- 
phiques. On imprime avec une encre contenant du spath 
lluor, l'impression est transportée sur verre puis au contact 
d'acide sulfurique l'encre dégage de l'acide fluorhydrique qui 
attaque le verre. 

Fluoroscope (834)- — Chambre noire portative servant 
à la Radioscopie. La lorgnette humaine du D'' Séguy n'est 
autre qu'un Fluoroscope. 

Flux Lumineux (137.6). — C'est le produit de l'inten- 
sité lumineuse par l'angle solide embrassé par le faisceau. 
L'unité de Flux est le Lumen. 

Foisonnement. — Diamètre du cercle qui représente 
dans l'image ce qui devrait être un point mathématique, c'est- 
à-dire sans dimension mesurable. 

FormoL — Solution aqueuse à 4o °/o environ d'aldéhyde 
méthylique ou méthanal. 

Formolène. — Nom donné par Lumière frères à une 
poudre à base de trioxyméthylène qui, dissoute dans l'eau, 
donne une solution susceptible de tanner la couche de géla- 
tine des papiers en la rendant insoluble dans l'eau chaude. 

Formosulfite. — Mélange préparé par Lumière frères 
pour remplacer l'alun dans les bains de fixage, c'est un mé- 
lange de 3 parties de Irioxyméthylène pour 100 parties de 
sulhte de soude anhydre. 

Foyer Chimique. — C'est le foyer des rayons les plus 
actiniques, pour un bon objectif il doit se confondre avec le 
foyer optique. S'il en diffère c'est que l'objectif n'est pas 
achromatique. 

Fuchsine. — C'est la plus ancienne des matières colo- 
rantes artificielles ; elle est employée, assez rarement d'ailleurs, 
comme sensibilisateur pour le jaune et le vert ou pour ga- 
rantir les plaques contre le Halo en dissolution dans le collo- 
dion. La fuchsine est aussi appelée rouge d'aniline, rouge 
magenta, rosaniline. Au point de vue chimique c'est le ïri- 
paramidodiphényltolylcarbinol. 



GLOSSAIRE 



/ y 



Galvanographie (74)- — Procédé d'impression photo- 
mécanique au moyen de planches métalliques obtenues par 
la Galvanoplastie. 

Gélatinographie (4i). — Sjnonyme de Photocollogra- 
phie. 

Gillotage. — Procédé imaginé par Gillot en i85o et pou- 
vant s'appliquer soit à la Photozincographie (61), soit à la 
Phototypographie (721). 

Globe Lens (i55). — Objectif double inventé par Ilar- 
risson de New-\ork en 1860. Les surfaces extérieures des 
deux lentilles, si on les proloageait, donneraient une sphère 
parfaite. 

Grand Angulaire (i35), — Nom employé pour la pre- 
mière fois par Dallmeyer en i854 pour désigner des objectifs 
embrassant un grand angle, il s'applique aujourd'hui à tous 
les objectifs jouissant de cette propriété. 

Glycine (02 3. 4). — Le nom de Glycines sert en chimie à 
désigner une classe de corps, mais en photographie ce mot 
s'applique plus spécialement à la paraoxyphénylglycine de 
Haiiff, composé qui a la propriété de révéler l'image latente 
en solution sulfitique. Le nom correct de ce produit serait : 
Phénylolaminoéthanoïqne. 

Halo. — On appelle Halo en photographie l'empiétement 
des parties opaques sur les parties transparentes que l'on re- 
marque sur les clichés autour des contours des images des 
objets lumineux ou vivement éclairés. Les frères Lumière ont 
complètement élucidé cette question dans une étude publiée 
en 1890 et ont montré que l'influence du support était consi- 
dérable. Ils ont d'ailleurs donné la solution du problème en 
ce cjui concerne les plaques sensibles en interposant entre la 
couche sensible et le verre une couche colorée absorbant les 
rayons ayant traversé la couche sensible. 

Haloïdes. — On appelle sels Haloïdes d'un métal, les 
Fluorures, Chlorures, Bromures et lodures de ce métal. 

Halogénates. — Synonymes d'Haloïdes. 

Hélianthine. — Matière colorante qui s'emploie dans les 
procédés orthochromatiques pour la fabrication des écrans. 
On s'en sert aussi comme sensibilisateur pour le rouge. Ce 
produit porte aussi les noms de tropéoline, orangé 3 Poir 

iG 



278 



GLOSSAIRE 



rier. ou méthylorange. C'est le sel ammoniacal ou sodique 
du diméthylazoamidobenzène parasulfonique. 

Héliar (i35). — Nom d'un objectif très lumineux à 5 len- 
tilles travaillant à f/4,5 construit par Voigtlànder. 

Hélio. — Ce préfixe doit être réservé, d'après la décision 
du Congrès photographique de 1900, pour former les noms 
des procédés ou la lumière solaire seule intervient. 

Héliochromie. — Synonyme de Ghromophotographie. 

Héliographie (5i) (61). — Nom donné par plusieurs in- 
venteurs à des procédés d'impression qu'il faut classer, selon 
les cas, soit dans la Photolithographie, soit dans la Photozin- 
cographie. Cette expression ne doit plus être employée main- 
tenant que pour exprimer : L'obtention d'une image à l'aide 
des rayons solaires. Elle a été employée pour la première fois 
par Niepce. 

Héliogravure (71)- — ^^^^ ^ remplacer par celui plus 
exact de Photoglyptographie. 

Hélioglyptie (75). — Mot impropre pour désigner un 
procédé de Photoplastographie. 

Héliophotographie (77 : 52) Photographie du Soleil. _ 

Hélioplanographie (61) (5 1). — Procédé d'impression 
photographique sur pierre ou métal sans relief. Selon le cas, 
on remplacera ce mot par Photolithographie ou par Photo- 
zincographie. 

Hélioplastie (72) (75). — Ce nom a- été donné par Poite- 
vin en i863 à un procédé permettant d'obtenir des clichés en 
relief, puis il a servi au même inventeur pour désigner un 
procédé d'impression à l'encre gélatineuse. Dans le premier 
cas il faut le remplacer par Phototypographie, dans le second 
par Photoplastographie. 

Héliospectrophotographie (77: 52). — Photographie 
du spectre du Soleil. 

Héliotypie(5i2). — Nom donné à un procédé d'impres- 
sion se rattachant à la Photolithographie par Lerebours, Le- 
mercier, Davanne et Bareswill en i852. 

Hélium. — Elément gazeux, signalé en 1869 comme exis- 
tant dans les protubérances solaires et caractérisé par la raie 
jaune D3 (0875,87) de son spectre. L'hélium a été retrouvé 
par Ramsay en 1895 dans un minerai d'urane, la clévéite, puis 



GLOSSAIRE 



279 



par Soddy et Ramsay en 1904 dans les produits de décompo- 
sition de Témanation du radium. Le poids atomique de cet 
élément est de 4- D'après Deivar on peut liquéfier ce gaz 
dans l'hydrogène liquide, il bout alors à 6° seulement au- 
dessus du zéro absolu, c'est-à-dire à la température de — 267° 

Hématoxyline (227). — C'est la matière colorante du 
bois de campéche, on l'appelle aussi liématine. Cette ma- 
tière a été employée comme développateur des papiers à base 
de sels de cobalt. 

Hémianastigmat (i35). — Nom donné à un objectif 
construit par Rodenstock. 

Hémisphérique (i35). — Nom donné par Darlot à un 
objectif double symétrique dont les surfaces extérieures pro- 
longées donneraient une sphère. Ce nom peut s'appliquer 
également aux objectifs Globe d'Hermagis ou de Derogy ainsi 
c|u'au Globe -Lens d'Harrisson. 

Holostigmats (î35). — Nom donné à des objectifs cons- 
truits par Walson et Sons de Londres et travaillant à f/8 et à 

f/l2. 

Homocentriques (i35). — Objectifs doubles parfaite- 
ment symétriques construits par Ross, ces objectifs travaillent 
à f/6 et f/8. 

Honiocol (861). — Sensibilisateur pour vert, jaune 
orangé et rouge dérivé d'une isocyanine. Son nom exact 
est : méthylsulfatc de paratoluquinaldine paraquinoléine- 
éthylcvanine. 

Huile animale de DippeL — C'était pour Niepce en 
1829 le meilleur dissolvant du bitume de Judée. Ce produit 
qui figurait alors dans la Pharmacopée comme anti-hystéri- 
que était obtenu par la distillation à sec de la corne de cerf. 
On mettait à part les premières portions de la distillation qui 
constituaient l'esprit volatil et le sel volatil de corne de cerf 
et on redistillait plusieurs fois les dernières portions pour 
avoir l'huile de Dippel. 

Hyaline (102). — Succédané du celluloïd, c'est un mé- 
lange de coton-poudre, colophane, copal, gomme-laque, et 
térébenthine inventé par Eckstein en 1900 comme support 
de préparations sensibles. 

Hydramine (02 3. 4). — Combinaison définie d'hydro- 



280 GLOSSAIRE 

quinone et de paraphénylène diamine. C'est un excellent ré- 
Yélateur de l'image latente du k Lumière frères qui vendent ce 
produit en paillettes nacrées fondant à 194°. Ce point de fu- 
sion précis montre qu'il y a là une véritable combinaison et 
que l'hydramine peut être considérée comme le i,4 pbéne- 
diolate de i ,4 diaminophène. 

Hydroquinone (02 3. 4). — Ce corps employé comnie ré- 
vélateur, a été découvert par Wôliler, c'est «l'un des trois Di- 
phénols isomères et son nom correct est : i,4 Phénediol. 
Abney l'a proposé comme révélateur vers 1880, on l'emploie 
en solution sulfitique et on l'additionne de carbonate de 
soude. 

Hydrosulfite de Soude (020.4). — Sel très réducteur 
conseillé comme révélateur par Eder et Pizzighelli en i883. 
Si la nomenclature des acides oxygénés du soufre était régu- 
lière, ce corps s'appellerait hyposulfite et le produit si connu 
qui porte ce nom serait le thiosulfate, nom qu'il porte du 
reste en Allemagne. 

Hydrotypie (864). — Procédé inventé en 1880 par C/i. 
Gros pour appliquer à la Chromopliotographie les propriétés 
de la gélatine bichromatée. 

Hydroxylamine (028.4) • — Ce produit dérivé de l'am- 
moniaque et qu'on appelle parfois oxyammoniaque a été es- 
sayé comme révélateur à l'état de chlorhydrate, mais il n'a 
pas donné de résultats pratiques. 

Hypergone (i35). — Nom d'un objectif grand angulaire 
construit par Goerz de Berlin embrassant un angle de i4o°. 

Hyposulfates. — On donne ce nom en Allemagne aux 
sels que nous nommons en France Dithionates. Le nom alle- 
mand est à rejeter, car il laisserait supposer qu'il existe un 
acide hyposulfurique intermédiaire entre l'acide sulfuriciue 
et l'acide sulfureux, ce qui n'est pas (Voyez acide dithioni- 
que). 

Hyposulfite de soude (023.7). — Sel employé depuis 
l'origine de la Photographie comme fixateur des images. On 
l'appelle en Allemagne thiosulfate de soude, ce qui est préfé- 
rable, car le nom d hyposulfite semble indiquer que l'acide 
hyposulfureux est de l'acide sulfureux moins un atome d'oxy- 
gène, or l'acide répondant à cette déhnition est l'acide hydro- 



GLOSSAIRE 201 

sulfureux. S'il fallait nommer l'acide hyposulfureux d'après 
sa composition on devrait l'appeler : Acide sulfonique thio- 
loïque. 

Ichthyocolle. — Nom scientifique de la colle de poisson, 
elle est préparée avec la vessie natatoire du grand Esturgeon 
où du Sterlet, poissons qui abondent dans la Volga. 

Iconogène (02 3. 4). — Nom donné à un développateur 
inventé en 1889 P^*^ Andresen de Berlin. L'Iconogène est 
l'Amido p Naplitolsulfonate de sodium. On l'emploie dissous 
dans une solution de sulfite de soude à 10 *^/q et on ajoute, 
au moment du développement, goutte à goutte une solution 
saturée de carbonate de potasse. 

Iconométrie (77 : 52.69). — Mesure des dimensions des 
objets par la mesure des images photographiques obtenues 
selon les indications du colonel Laussedat. Synonyme de Pho- 
togrammétrie. 

Illumination (187.6). — C'est la quantité de lumière 
reçue dans une seconde par une surface de un centimètre 
carré. L'unité d'illumination est le Phot. 

Image Latente (028.4) • — Image invisible formée par 
l'action de la lumière et qui attend pour apparaître l'action 
du révélateur. L'image peut rester latente plusieurs années 
avec les plaques au gélatinobromure. On ne sait pas encore 
d'une façon certaine si l'image latente est constituée par une 
modification chimique vraie ou par un simple changement 
d'état du sel d'argent. L'hypothèse de la formation d'un sel 
basique restant dissous dans l'excès de sel argentique semble 
toutefois la plus plausible. 

Imagonal (i35). — Nom donné à un objectif rapide tra- 
vaillant à f/6 par Rietzche. 

Induline. — Synonyme de Bleu Coupler. 

lonium (833). — Nom donné à un élément radioactif en- 
core indéterminé découvert par BoUwood qui possède les 
rayonnements a et [3 et suit les propriétés du thorium. 

Insolation. — Exposition d'une surface sensible au soleil. 
Cette opération se fait généralement sous un cliché, toutefois 
dans les procédés de Photocollographie on insole l'envers de 
la couche sensible après avoir exposé normalement l'endroit 
(4i). 

16. 



282 GLOSSAIRE 

Interférences (863). — Rencontre des oncles lumineuses 
ayant pour effet d'augmenter ou de diminuer jusqu'à l'ex- 
tinction l'intensité des rayons interférant. C'est en mettant à 
profit cette propriété que Lippmann a pu obtenir la photo- 
graphie du Spectre solaire avec ses couleurs sur les plaques 
sensibles convenablement préparées. 

Isochromatisme (861). — Sensibilité égale pour tous 
les rayons lumineux actiniques quelle c[ue soit leur longueur 
d'onde. L'Isochromatisme absolu est impossible à atteindre, 
mais certaines préparations Lumière en approchent beaucoup. 
On emploie cette expression dans un sens moins absolu pour 
des préparations sensibles à des rayons donnés, jaune et vert 
par exemple, pour lescjuels l'égalité de sensibilité est à peu 
près réalisée. 

Jaune d'Acridine. — Matière colorante jaune employée 
comme sensibilisateur pour le vert. Au point de vue chimic|ue 
c'est le chlorhydrate de diamidodiméthylacridine. 

Jaune de Martius. — S'emploie comme colorant du mo- 
nochrome jaune dans le procédé de Ducos du Haiiron. On 
l'appelle aussi jaune d'or, jaune de naphtaline, jaune de 
Manchester. C'est le dinitro a naphtol. 

Jaune Naphtol. — A les mêmes propriétés c|ue le jaune 
de Martius et résiste mieux à la lumière, c'est un dérivé sul- 
foné de celui-ci. Son nom chimicjue est donc : Dinitro a naph- 
tol y. monosulfonicjue. On l'appelle parfois Citronine. 

Kallitypie (216). — Procédé de tirage de photocopies aux 
sels de fer avec développement ultérieur dans un bain argen- 
tique ammoniacal ou avec papiers sensibilisés clans un mé- 
lange de sels de fer et d'argent avec développement à l'eau et 
fixage à l'hyposulfite. 

Kalloptat (i35). — Nom donné à deux objectifs par 
Krauss. 
Katatypie. — Voyez Catatypie. 

Kinétographe (854). — Appareil imaginé par Edison 
permettant de prendre 46 vues par seconde d'un sujet en 
mouvement Ce sont ces vues c]ui, regardées dans un appareil 
analogue au Zootrope et appelé Kinétoscope, reconstituent le 
mouvement grâce à la persistance des impressions sur la ré- 
tine. 



GLOSSAIRE 28S 

Kinétoscope. — Appareil inventé en 1898 par Edison et 
réalisant la synthèse du mouvement qui a été enregistré par 
le Rinétographe (854). 

Krypton. — Elément découvert par Ramsay et Travers 
en 1898 dans Tair atmosphérique. Cet élément est caractérisé 
par ses raies spectrales, notamment par une raie verte de lon- 
gueur d'onde 5570,60. Ce môme élément a été trouvé dans 
les photographies du spectre des aurores boréales. L'atmos- 
phère en contient environ un millionième, son poids atomi- 
que est de 81,5. 

Lambertypie (81 3). — Nom donné à un procédé de re- 
touche pour agrandissement s'appliquant surtout aux bustes, 
iuA'enté par Sarony. 

Leimtypie (4i)- — Procédé d'impression sur gélatine in- 
venté par Husnich de Prague et rentrant dans la Photocollo- 
graphie. 

Lentilles. — Voyez les mots : Foyer, Aberration, Points 
nodaux, etc. 

Leucobases. — On donne ce nom à des alcalis organi- 
ques incolores de la série aromatique, dont les dérivés sont 
colorés . 

Linéars (i35). — Nom d'une série de nombreux objectifs 
construits par Rietzche et travaillant à f/4, 5 ; f/5 ; f/6 ; f/6,8 ; 

f/7 ; f/7'5. 

Linotypie (2i5.4)- — Procédé d'impression photographi- 
que, par noircissement direct, d'une émulsion au gélatino- 
chlorure d'argent couché sur toile. 

Longueur d'onde (77 : 52.377). — Les radiations lu- 
mineuses peuvent être assimilées à des ondulations analogues 
aux ondes sonores émises par les instruments de musique. 
La longueur d'onde est l'espace parcouru par l'onde pen- 
dant la durée d'une période vibratoire. On a admis comme 
unité de longueur pour la mesure des longueurs d'ondes 
lumineuses le dix-millionième de millimètre. Celte unité a 
reçu le nom d'Anostrôm. 

Lumar (i35). — Nom donné à deux objectifs à 4 lentilles 
disposés en 2 couples symétriques construits par Rodenstock. 

Lumen (137,6). — Unité de flux lumineux. On appelle 
ilux le produit de l'intensité lumineuse par l'angle solide 



284 GLOSSAIRE 

embrassé par le faisceau projeté. Le lumen est le flux pro- 
jeté par I pyr (ou une bougie décimale) dans i stéradiant. 

Luminescence. — Lumière émise par certains animaux 
appelés à tort phosphorescents. La luminescence impressionne 
les plaques photographiques. 

Lux (137.6). — On appelle ainsi l'unité d'éclairement, 
c'est l'éclairement produit par i pyr à i mètre. 

Li^x Orthar (i35). — Nom d'un objectif rapide construit 
par Plauhel. 

Lynkéioscopes (i35). — Nom d'une série d'objectifs ra- 
pides fabriqués par Goerz. 

Macrophotographie. — Synonyme d'agrandissement. 

Magnalium. — Alliage d'aluminium et de magnésium. 

Mariotypie (33). — Procédé dû à Marion, modification du 
procédé au charbon de Poitevin permettant d'obtenir par un 
simple transfert un photogramme direct avec un phototype 
non retourné. 

Mattolin (ou Mattolein). — Vernis à base de copahu, de 
mastic et de térébenthine s'appliquant à froid sur les néga- 
tifs pour faciliter la retouche. 

Maturation (215.2). — Opération ayant pour but d'aug- 
menter la sensibilité d'une émulsion photographique, cette 
maturation ou mûrissement dépend de la température, de 
l'alcalinité et du temps. 

Mégalogone (i35). — Nom d'un objectif construit par 
Koch et servant à la reproduction des cartes et des plans. 

Mélanochromoscope (864)- Appareil inventé par Dacos 
du Hauroii en 1899 et permettant de reconstituer les couleurs 
des objets. On prend 3 négatifs sur une même plaque pan- 
chromatique à travers 3 écrans de couleur rouge, jaune et 
bleu. On tire un positif qui, remis dans l'appareil, donne la 
sensation de la couleur. 

Mélanotypie (2i4-i)- — Nom donné parfois au procédé 
ferrotype. 

Mercurographie. — Procédé inventé par Villon pour 
graver sur métal à l'aide du mercure par la formation d'un 
amalgame. 11 a été rendu pratique par Salmon et Garnier et 
peut s'employer de façons variées de manière à obtenir soit 
une surface plane ; procédé photozincographique ; soit une 



GLOSSAIllE 



285 



gravure en creux : pliotoglyptographie ; soit enfin une gra- 
vure en relief : phototypographie (721.4)- 

Mésothorium (833). Premier produit delà désintégration 
du Thorium. 

Métabisulfites. — On donne ce nom aux sels qu'on 
obtient par déshydratation des bisulfites. Une molécule de 
métabisulfite correspond à deux molécules de bisulfite moins 
une molécule d'eau. Comparé à l'acide de Nordhausen que 
Wûrtz appelle avec raison disulfurique, l'acide hypothétique 
des métabisulfites serait l'acide disulfureux et ses sels de- 
vraient s'appeler des di^ulfites. 

Métal de Spence (75). — Ce corps est tout simplement 
du sulfure de fer, composé d'aspect métallicjue fondant à 117°. 
Warnecke en a proposé l'emploi pour remplacer le plomb 
dans le moulage des clichés pour la photoplastographie. 

Métrophotographie. — Synonyme de photogrammé- 
trie et d'iconométrie. 

Métol (023.4). — Ce produit est un révélateur de l'image 
latente mis dans le commerce en (891 par liaiiff. C'est un 
bon développateur en présence des carbonates alcalins. 
D'après Eder on peut ajouter de l'hvposulfite de soude à ce 
révélateur non seulement sans craindre le voile mais même 
pour donner plus de clarté au cliché. Enfin il est sensible au 
bromure. Au point de vue chimique, le métol est le sulfate 
de méthylparamidophénol. C'est un produit souvent falsifié, 
la base libre doit fondre à 85°. 

Métoquinone (o23.4). — Révélateur obtenu par Lainière 
frères et Seyewetz, et résultant de la combinaison de 2 molé- 
cules de métol avec i molécule d'hydroquinone ; on l'emploie 
en solution sulfitic[ue. Au point de vue chimique, la méto- 
quinone serait le phènediolate de méthylaminophénol. 

Microphotographie. — Reproduction des images mi- 
croscopiques par la photographie. Epreuve obtenue par cette 
méthode. 

Monochrome (864). — On appelle ainsi les épreuves 
d'une seule couleur dont la superposition par 3 donne la sen- 
sation des couleurs naturelles dans les divers procédés déri- 
vés du principe posé par Ch. Gros et Ducos du Ilauron dès 
18G7. 



286 GLOSSAIRE 

Multifex (882). — Téléobjectif construit par Beck. 

Mûrissement. — Voyez Maturation. 

Nébulium. — Elément hypothéticjue supposé exister 
dans les nébuleuses non résolues et caractérisé par diverses 
raies spectrales et tout particulièrement par une forte raie 
dans l'ultra-violet dont la longueur d'onde égale 8727 angs- 
trôms. 

Négatif (o23.4). — On appelle ainsi les phototypes obtenus 
à la chambre noire dans les procédés au collodion ou au gé- 
latinobromure. Ce^ sont des clichés dans lesquels les blancs 
du sujet sont représentés par des noirs et réciproc|uement. 

Négatif retourné- — Voyez contretype. 

Néon (833). — Elément découvert dans l'air par Ramsay 
et Travers en 1898, c[ui se forme dans la désintégration du 

radium. Il existe dans l'air dans la proportion de -, , son 

^ ^ 40000 

poids atomique est de 20 

Nitroprussiates (224^. — Composés obtenus par l'ac- 
tion de l'acide nitricjue sur les ferricyanures. Ces composés 
sont caractérisés par la splendide coloration cju'ils prennent 
en présence des sulfures alcalins. On ne les emploie que ra- 
rement en photographie. 

Objectif (i35). — Système optique placé à l'avant de la 
chambre noire pour produire l'image. L'objectif peut être 
simple, double ou triple selon qu'il est composé de i, 2, 3 
lentilles ; il est ou non achromaticjue, aplanétiqae, etc., selon 
cju'il est ou non corrigé pour les aberrations chromatiques ou 
sphéricjues. 

Objectif double (i35). — Le premier fut construit par 
Petzval en i84i et sa fabrication constitua un grand pj^ogrès 
dans l'opticpe photographique de ce temps. Actuellement le 
nom s'applique à de nombreux objectifs c|ui sont tantôt sy- 
métric[ues, tantôt dissymétriques. 

Objectif Globe (i35). — Nom donné par //e/vna^îs etpar 
Derogy à un objectif construit selon le type imagine par 
Harrisson sous le nom de Globe-Lens. 

Obturateur (i36). — Dispositif adapté à l'objectif pour 
ne laisser agir la lumière que pendant un temps déterminé 
sur la préparation sensible. 



GLOSSAIRE 287 

Octanar (i35). — Objectif fabriqué par- ^S/mo/i de Dresde 
et travaillant à f/6,8. 

Il est formé de 8 lentilles disposées symétriquement. 

Omnar (i35). — Nom d'un objectif fabriqué par Buscli 
travaillant à f/4,5 et remarquable par la faible épaisseur et la 
•transparence du verre employé à sa fabrication. 

Orangé d'acridine- — Matière colorante employée pour 
obtenir une émulsion sensible au vert. C'est le chlorhvdrate 
de diamidodimétliylacridine. 

Orthochromatisme (861). — Sensibilité correcte d'une 
couche sensible aux divers rayons du spectre. L'ortbochroma- 
tisme n'est réalisé dans la plupart des préparations sensibles 
que pour certaines couleurs du spectre : rouge et vert ; vert 
et jaune ; et non pour toute l'étendue. Il n'y a d'ailleurs né- 
cessité au panchromatisme absolu dans le cas de la photogra- 
phie en couleurs sur une seule plaque et ce problème n'a été 
résolu que dans les plaques autochromes Lumière. 

Orthochrome T. (864). — Ce colorant employé dans la 
pinachromie à une action sensibilisatrice qui s'étend du vert 
jusqu'au rouge; c'est un composé dont le nom exact est : Pa- 
ra toluquinaldine paraquinoléine éthylcyanine. 

Orthoscopiques (i35). — Nom donné par Voigtlànder 
à des objectifs symétriques. 

Orthostigmats (i35). — Nom donné par Steinheil à une 
série d'objectifs de sa fabrication et bien dépourvu d'astigma- 
tisme. 

Ortol (02 3. 4)- — Révélateur proposé par Haiiff. Il s'em- 
ploie en solution aqueuse en présence de métabisulhte de 
potasse. C'est un mélange de méthylorthoamidophénol et 
d'hydroquinone. 

Ouverture utile d'un objectif. — C'est la section du 
faisceau lumineux incident parallèle à l'axe principal qui peut 
traverser le diaphragme. 

Oxyphénylglycinamide (028. 4). — Révélateur de 
l'image latente breveté par Actlengesellschaftfiir anilin fabri- 
cation, en 1905. 

Ozobrome (33). — Procédé imaginé par Label en 1907 
permettant de reproduire avec une simple épreuve au bro- 



288 GLOSSAllΠ

mure un grand nombre d'épreuves semblables sur papier au 
charbon, 

Ozotypie (33). — Procédé de tirage de photocopies au 
charbon inventé par Manly sous le nom d'azotypie et ex- 
ploité ensuite sous le nom d'ozotypie. 

Panchromatique (86 1). — Nom donné à une couche 
sensible à tous les rayons du spectre coloré depuis le rouge 
jusqu'au violet. C'est une émulsion rigoureusement panchro- 
matique pour tous les rayons traversant l'écran jaune qui 
reçoit l'impression dans les plaques autochromes Lumière. 

Paniconographie (6i). — Nom donné à un procédé 
d'impression rentrant dans la Photozincographie. 

Panoramiques (i35). — Nom donné aux objectifs grands 
angulaires par Porro et par Prazmowski. 

Pantar (i35). — Nom d'un objectif de Goerz travaillant 
à f/i2,5. 

•Pantoscopes (i35). — Objectifs doubles symétriques 
construits par Busch et Rathenow. On les emploie comme 
grands angulaires. 

Pantotypie (6i). — Procédé analogue au gillotage. 
Rentre dans la Photozincographie. 

Paramidophénol (o^S.li). — Développateur très éner- 
gique, il a été mis dans le commerce par Lumière frères en 
1891. Le produit commercial est le chlorhydrate, on l'em- 
ploie en solution sulfitique et on l'additionne d'un alcali 
(soude ou lithine caustique). 

Paraphénylene diamine (o23. 4). —Lamelles solubles 
dans Teau et dont la dissolution brunit rapidement à la lu- 
mière. Révélateur énergicjue mais peu employé en raison de 
sa facilité à donner du voile. 

Parasoleil (i35). — Partie avancée de la monture d'un 
objectif c^ui abrite les lentilles frontales du reflet qui pour- 
rait nuire a la netteté de l'image. 

Paroptique. — Se dit d'une couleur produite par la lu- 
mière c|ui a subi une diffraction. 

Pelliculage des négatifs. — On donne ce nom à l'opé- 
ration qui consiste à séparer du support de verre la pellicule 
impressionnée et développée. On place le négatif pendant 5 mi- 
nutes dans un bain contenant 100 centimètres cubes d'eau, 



GLOSSAIRE 280 

4 grammes de carbonate de soude et 10 grammes formol. Au 
sortir de ce bain qu'on peut diluer, on laisse sécher complète- 
ment la couche puis on immerge la plaque dans une solution 
de 20 centimètres cubes d'acide chlorhydrique dans un litre 
d'eau. La couche abandonne la glace. 

Pentathionate de plomb (25). — Ce corps a été pro- 
posé par Lumière frères et Seyeiuelz pour faire un virage au 
plomb sans or. On se sert dans ce cas d'une solution à 
21° Baume obtenue en saturant par du carbonate de plomb 
de l'acide pentathionicjue à 10°. 

Péonine. — Matière colorante rouge appelée également 
coralline rouge, sensibilisant les plaques au gélatinobromure 
pour le jaune. C'est un dérivé ammoniacal de Taurine. 

Périgraphe (i35). — Nom d'un objectif extra rapide fa- 
briqué par Berthiot-Lacour et travaillant à f/12. 

Périplan (i35).— Objectif construit par Leilz. Il est 
double et dissymétric|ue. Trois lentilles forment la combinai- 
son antérieure. Deux lentilles collées également la combinai- 
son postérieure. 

Périscopes (i35). — Nom donné à une série d'objectifs 
de Steinheil. Ce sont des objectifs doubles symétriques. 

Pernitrate de mercure. — C'est le nitrate mercurique, 
il se décompose dès qu'on essaie de le dissoudre dans l'eau en 
donnant un sel basique qu'on considère comme l'orthonitrate 
mercurique correspondant à l'orthophosphate. Herschel Va. 
employé pour son procédé Amphitype (218) et appelle le pré- 
cipité donné par l'eau le sous-nitrate de mercure. 

Persulfate d'ammoniaque. — Ce sel est obtenu par 
électrolyse du sulfate d'ammoniaque. L'acide persulfurique 
résulte de la liaison de 2 molécules d'acide sulfurique par 
perte de deux groupes hydroxylcs. En remplaçant les 
2 atomes d'oxygène isolés par 2 atomes de soufre on a la for- 
mule du tétrathionate. Le nom qui nous paraît le plus 
correct pour le persulfate d'ammoniaque serait : dioxydisul- 
fonate d'ammonium. 

PhénoL — Produit peu employé en photographie Eder, 
cependant,^ recommande d'en additionner en été les émul • 
sions à la gélatine et quelques fabricants de papier au charbon 
en font usage. Shermaii conseille la solution suivante pour 

La Photographie. irj 



290 



GLOSSAIRE 



éviter les bulles avec le papier albuminé : Eau 5oo grammes, 
chlorure de sodium 7S'',5o et solution alcoolique de phénol à 
5 '^/q, 2 ceatimètres cubes. Bien que le mot de phénol soit le 
seul correct on appelle souvent ce corps acide phénique. 

Phénylhydroxylamine (o23.4). — Produit dérivé de 
riivdroxAlamine préparé en aiguille blanches par Bamberger. 
Il est soluble dans l'eau, mais sa solution s'altère rapidement 
à l'air. Lumière frères et Seyewetz l'ont essayé comme révéla- 
teur en l'additionnant de trois fois son poids de sulfite de 
soude anhydre et en présence de o^^Go de bromure de potas- 
sium pour un gramme de phénylhydroxylamine. Son emploi 
d'ailleurs ne s'est pas répandu. 

Phénylsulfocarbamide. — Employée au renversement 
de l'image avec le révélateur à l'iconogène. Waterhouse a 
obtenu par l'addition de ce produit au développateur à l'ico- 
nogène des positifs directs à la chambrenoire. La phénylsulfo- 
carbamide s'appelle aussi : sulfophénylurée ou phénylthiocar- 
bamide. 

Phonoscope (854). — Appareil imaginé par Demény dé- 
rivé du zootrope, les sujets étant des épreuves photographi- 
ques au lieu d'être des dessins. 

Phosphine. — Voyez Ghrysaniline. 

Phosphorescence- — Propriétés de certains corps tels 
c[ue le sulfure de calcium, d'emmagasiner la lumière du so- 
leil et de la restituer dans l'obscurité. La lumière émise par 
les corps phosphorescents, impressionne les couches sensibles 
et le sensitomètre de ]]^arnecke utilise cette propriété. 

Phosphorographie. — Reproduction d'une image à 
l'aide de la lumière d'un objet phosphorescent. 

Phot (i36.6). — Unité d'illumination. C'est la quantité 
de lumière reçue d'une bougie décimale placée à i mètre pen- 
dant une seconde de temps par une surface de i centimètre 
carré. Le phot est donc l'illumination d'une surface de i cen- 
timètre carré, recevant i Lux dans i seconde. 

Photo-algraphie (6i). — Procédé d'impression où le 
A^erre ou la pierre sont remplacés par l'aluminium. On doit 
faire rentrer ce procédé dans la photozincographie. 

Photocalques. — Reproduction de dessins non photo- 
graphiques. 



GLOSSAIRE 



29T 



Photochlorure d'argent (862), — Nom donné par Carey 
Lea au chlorure d'argent modifié par la lumière et doué 
d'une coloration rouge très vive. Ce photochlorure paraît 
être une combinaison de sous-chlorure avec un grand excès 
de chlorure. 

Photochromie. — Synonyme de Ghromophotographie. 
Vidal a employé ce mot pour dénommer un procédé de son 
invention s'appliquant à l'impression mécanicjue en couleurs, 
dans lequel la photographie ne jouait qu'un rôle acces- 
soire (864).. 

Phôtochromocollographie (48). — Procédé d'impres- 
sion photographique en couleurs sur gélatine hichromatée ou 
d'une façon plus générale sur une couche de substances col- 
loïdes. 

Photochromolithographie (58). — Procédé d'impres- 
sion photographique en couleurs sur pierre lithographique. 

Photochromoglyptographie (718). — Procédé d'im- 
pression photographique en couleurs sur planches métalliques 
gravées en creux. 

Photoohromoplastographie (758). — Procédé pho- 
tographic|ue d'impression en couleurs à l'encre gélatineuse. 

Photochromoscope (864) • — Appareil breveté par Ives 
en 1894 permettant de voir une image en couleurs par la 
superposition de trois photocopies sur verre appelées chro- 
mogrammes, dont les phototypes ont été pris à travers 3 écrans 
convenablement colorés et qui sont vues à travers des verres 
de couleurs complémentaires aux écrans correspondants. 

Photochromotypographie (728), — Procédé d'impres- 
sion photographique en couleurs sur plaques métalliques sans 
relief. 

Photochromozincographie (68). — Procédé d'impres- 
sion photographique en couleurs sur plaque métallique sans 
relief. 

Photocollographie (4i)- — Procédé d'impression photo- 
graphique sur gélatine bichromatée inventé par Poilevin 
en i855. On doit employer exclusivement ce mot pour dési- 
gner tous les procédés d'impression à l'encre grasse sur couche 
de colloïde. 



29: 



GLOSSAIRE 



Photocopies. — Copies photographiques obtenues à l'aide 
des Phototypes. 

Photodoses. — Produits photographiques pour dévelop- 
pement, virage, renforcement, affaiblissement, etc., en doses 
exactement pesées et comprimées sous forme de pastilles. 
Leur dissolution dans l'eau donne instantanément le bain 
photographicjue désiré prêt à l'emploi. C'est une ressource 
précieuse pour les amateurs en villégiature. 

Photogène. — Liquide préparé par Gandin en 1861, qui 
étendu sur une plaque de verre possède la sensibilité du 
collodion humide. Ce liquide était une émulsion d'iodure 
d'argent. 

Photogénique (212.2). — Nom donné à un papier sensible 
inventé par Hunt vers i85o. C'était un papier au bromure 
d'argent se développant aux vapeurs mercurielles. Ce mêm^ 
nom a été donné à des papiers inventés par Grove, Bayard 
et Herschel. 

Photoglyptie (75). — Procédé d'impression photogra- 
phique de la maison Goupil frères. C'est une modification du 
procédé Woodbury, Il rentre comme ce dernier dans la Pho- 
toplastographie. 

Photoglyptographie (71). — Procédé d'impression 
photographique par des procédés analogues à la taille douce, 
c'est de la photogravure en creux. 

Photogrammes. — Synonyme de Photocopies. 

Photogrammétrie (77 : 52.69). — Apphcation de la 
Photographie au lever de plan. Cette méthode a été imaginée 
par Laiissedai en i854. * 

Photographe. — Ce mot qui désigne aujourd'hui celui 
qui exerce la photographie ou qui s'occupe de cet art ; dési- 
gnait en i85o la chambre noire de l'appareil du Photogra- 
phiste. 

Photographe fixé (221) — Nom donné par Hunt^ h 
l'image négative sur papier qu'il obtient par son procédé 
Cyanotype et qui lui sert de cliché pour tirer des photocopies. 

Photographiste. — Nom qui désignait à l'origine celui 
qui exerçait la Photographie. Ce mot était plus correct que 
celui de photographe qui lui a été préféré. 



GLOSSAIRE 293 

Photographomètre. — Instrument construit en i848, 
par Claudel, pour essayer les plaques de Daguerréotype. 

Photogravure. — Expression renseignant incomplète- 
ment sur le procédé auquel elle s'applique et qu'il convient 
de remplacer par le mot de Photoglyptographie (71). 

Photohéliographe. — Appareil imaginé par De la Rue, 
en 1857, et installé à Kew (Angleterre) pour photographier 
C[uotidiennement le Soleil. 

Photolithographie (5i). — Ce nom a été employé par 
Poitevin, pour dénommer des procédés qui sont aujourd'hui 
classés dans la Photocollographie. On doit réserver le nom de 
Photolithographie aux procédés d'impressions photographic[ues 
sur pierre lithographique. 

Photomètres (137.6). — Appareils servant à mesurer 
les intensités des diverses sources lumineuses au point de vue 
de leur puissance éclairante. Ce sont des appareils de Phy- 
sique (Voyez Actinomètres et Sensitomètres). 

Photoplastographie (75). — Procédés pour l'obtention 
d'épreuves à l'encre gélatineuse. Le plus connu de ces pro- 
cédés est celui de Woodbury. 

Photopoudres (1 44). — On donne ce nom à tous les 
mélanges de poudre de magnésium avec des corps oxydants, 
mélanges brûlant plus rapidement c[uje le magnésium seul. 

Photorégression. — Disparition lente de l'image latente, 
elle s'observe surtout pour les images sous exposées, elle est 
favorisée par l'élévation de la température, la sécheresse et se 
rencontre plus souvent avec les émulsions acides qu'avec les 
émulsions neutres ou alcalines. 

Photosculpture (77). — Sous ce nom Willème, en 186 1, 
a essayé de lancer un procédé de moulage de statues par la 
photographie. Il se servait de 20 appareils placés autour du 
sujet à reproduire. 

Photospire (i44). — C'est un tube de verre de4à 5 mil- 
limètres de diamètre recourbé en cor de chasse dans lequel 
on met un peu de poudre de magnésium et qu'on fixe sur 
une bougie allumée de façon qu'en soufflant la poudre s'en- 
flamme. Ce petit appareil a été inventé par le D' Banque 
en 1888. 

Photostérie (77). — Procédé inventé par Lernac avec la 



294 GLOSSAIRE 

collaboration de Nadar, le célèbre photographe aéronaute. Il 
est basé sur les propriétés bien connues de la gélatine bichro- 
matée et aboutit à l'obtention d'une sorte de camée. 

Phototachéomètre (77 : 52.69), — Instrument inventé 
par J'allol frères pour faire le lever des plans par la Photo- 
graphie. 

Phototégie. — Procédé photographique qui consiste à 
transformer par dépouillement des parties impressionnées,.un 
négatif en positif. 

Liesegang, en 1897, ayant immergé un négatif dans une 
solution saturée de persulfate d'ammoniaque remarqua que 
les parties du cliché contenant de l'argent réduit se détachaient 
du support par lavage à l'eau chaude. Lumière frères et 
Seyewetz ont constaté que les sels titaniques jouissent de cette 
propriété. Enfin Andresen a montré que Teau oxygénée agis- 
sait de même. C'est ce dernier corps qu'il est préférable 
d'employer. On commence par développer le négatif à l'oxa- 
late ferreux de préférence puis on lave ; on le plonge alors 
dans un mélange de i litre d'acide chlorhydrique à i°/q et 
de 4 grammes de bioxyde de baryum. Dès que la gélatine se 
détache on enlève la solution qu'on remplace par de l'eau, 
on achève le dépouillement par un léger frotlement avec le 
doigt. Il ne reste plus qu'à plonger le cliché dans une solution 
colorée où il se charge de colorant. 

Phototélégraphe. — Bien que ce mot ne se rapporte 
pas à l'art photographique nous en donnons la signification 
pour éviter une confusion possible. Ce nom a été donné à un 
appareil inventé en 1893 pour la transmission des, signaux 
au moyen de 106 lampes électriques de 82 bougies rangées 
en ligne droite et donnant par leurs combinaisons tous les 
signes de l'alphabet Morse. Le point est figuré par 2 lampes 
voisines, le trait par 20 lampes consécutives. 

Phototélégraphie (882). — Invention due a Edouard 
Belin décrite dans le journal V Illustration du 16 juillet 1907. 

Photothéodolithe (77 : 52.69). — Appareil inventé 
par Laussedat pour exécuter les levés topographiques par la 
photographie. 

Phototropie. — Allotropie due à l'action des radiations 
lumineuses consistant en un changement de coloration des 



GLOSSAIRE 290 

corps. Citons comme exemple le tétrachloracétylaaplitène 
qui existe sous deux formes pliototropes : A et B. La forme B 
€st rouge violet, stable à la lumière, la forme A blanche, stable 
à l'obscurité et à la lumière jaune ou verte mais donnant la 
forme B à la lumière blanche. Les phénomènes de plioto- 
tropie sont encore peu connus mais nous les signalons en 
raison d'applications ultérieures possibles à la photographie. 

Phototypes. — Images photographiques obtenues direc- 
tement par l'intermédiaire delà chambre noire. Le phototype 
était positif dans le cas du Daguerréotype et dans le procédé 
Ferrotype, it l'est encore dans le procédé Autochrome des 
Irères Lumière ; dans la plupart des autres cas il est négatif. 

Phototypie (72). — Synonyme de phototypographie. Ce 
mot a été employé à tort en 1867 pour désigner un procédé 
d'impression rentrant dans la photocollographie (voyez pro- 
cédé Téssié du Motay, Zii). 

Phototypographie (72). — • Procédé d'impression pho- 
tographique à l'aide de planches typographiques. 

Fhototypogravure. — Procédés se rattachant à la Pho- 
totypographie (72). 

Photozincographie (61). — Procédé d'impression pho- 
tographic{ue sur plaque métallique sans relief. A l'origine le 
zinc était le seul métal employé, aujourd'hui bien d'autres 
métaux peuvent le remplacer, mais on conservera cependant 
l'expression de Photozincographie pour désigner tout procédé 
d'impression mécanique sur plaque préparée photographique- 
ment sans relief. 

Phyllocyanine. — Matière colorante bleue dont le mé- 
lange avec la phylloxantine constitue la matière colorante 
verte de la chlorophylle. 

Phylloxantine. — Matière colorante jaune existant dans 
la chlorophylle et dont le mélange avec la phyllocyanine 
donne la coloration verte à toutes les feuilles végétales. 

Pinachromie (864). — Procédé de Photographie en cou- 
leurs au moyen des leucobases. 

Pinakolsalz N. (028.6). — Solution à 20 7o d'amidoa- 
cétate de sodium. S'emploie diluée de 5 fois son poids d'eau 
et additionné de i 7o ^^ ferricyanure de potassium comme 



296 GLOSSAIRE 

affaiblisseur. On l'emploie aussi pour remplacer les alcalis 
dans le développement à l'édinol. 

Pinatypie. — Procédé photographique de reproduction 
basé sur certaines propriétés que possède la gélatine bichro- 
matée. Ce procédé dû à Didier et par conséquent d'origine 
française est pratiqué surtout à Tétranger. On imprime soit 
un positif, soit un négatif sur une glace recouverte de géla- 
tine bichromatée, on lave, on a un cliché qui imbibé d'une 
solution aqueuse colorée pourra fournir des épreuves posi- 
tives sur papier gélatine humide par simple pression, si Ton 
est parti d'un négatif. Ce procédé rentre en somme dans la 
Photocollographie (4i)- 

Pinaverdol. — Matière colorante rendant les émulsions 
sensibles au vert que l'on emploie pour les plaques panchro- 
matiques. Son nom chimicjue est : paratolucjuinaldine qui- 
noléineméthylcyanine . 

Piral (023. 4j. — Nom donné par Hanjf à un révélateur 
qui n'est autre c{ue de l'acide pyrogallicjue beaucoup plus 
dense c|ue le produit sublimé et qui est sans doute obtenu 
par distillation dans le vide. 

Planars (i35). — Nom donné à plusieurs séries d'objec- 
tifs très recommandables construits par Zeiss et travaillant à 
toutes les ouvertures depuis f/4»5 jusc[u'à f/20. 

Planastigmat (i35). — Nom donné par 0. Sieliel de 
Londres à un objectif de sa fabrication dans lequel l'angle de 
champ est de 80° et qui travaille à f/6,8. 

Plastigmat (i35). — Objectif rapide construit par :Ba«sc/i 
et Lomb. 

Platinotypie (232). — Procédé de photographie aux sels 
de platine. Les premiers brevets datent de 1873 et furent pris 
par WilUs, le procédé fut ensuite amélioré par Pizzighelli et 
HiibL 

Points Nodaux. — Si l'on prolonge la direction des 
rayons incidents peu inclinés sur l'axe principal des lentilles 
et d'autre part les parties émergentes de ces mômes rayons, 
on rencontrera l'axe optique en un point unique pour chac^ue 
système de rayons. Ces points de concours s'appellent points 
nodaux. 

Polonium (833). — Corps radioactif identifié au Ra- 



GLOSSAIRE 297 

dium F, dernier produit connu de la désintégration du Ra- 
dium. 

Polyfolium Ghromodialy tique. — Sous ce nom Dacos 
da Hauron a breveté un livre à feuillets transparents consti- 
tués par une alternance d'écrans colorés et de pellicules sen- 
sibles au moyen duquel on obtient simultanément les 3 pho- 
totypes destinés au tirage photographique en 3 couleurs. 

Positif. — Image semblable à l'objet photographié. Elle 
est généralement obtenue à l'aide d'un négatif". On appelle 
positif direct le positif obtenu tel quel à la chambre noire 
comme dans le procédé Daguerre ou le procédé Autochrome 
Lumière. 

Posochronographie. — Etude ou Traité sur le temps de 
pose en Photographie. 

Posomètre pour Rayons X. (833). — Appareil com- 
prenant des échelles d'opacité permettant d'éviter les tâton- 
nements dans les applications des Rayons X à la Radiogra- 
phie. 

Pourpre d'Aniline (864). — Matière colorante rouge fu- 
gace à la lumière employée par Vallot dans son procédé de 
chromophotographie par décoloration. On l'appelle aussi 
pourpre de Hesse. Son nom chimique est : Stilbènedisulfo- 
nate de sodium Bisazo ^ naphtylamine ^ naphtylamine. 

Primuline (36). — Poudre jaune soluble dans l'eau 
chaude, base de la Diazotypie inventée par Green en 1887. 
C'est un dérivé monosulfonique d'un produit de condensa- 
tion de la dihydrothioparatoluidine. 

Protars (i35). — Nom donné à une série d'objectifs cons- 
truits par Zeiss. 

Protolithographie (5ii). — On désigna sous ce nom le 
procédé Newton. Il doit rentrer dans la Photolithogtaphie. 

Prussiate Jaune. — Synonyme de ferrocyanure de po- 
tassium. On disait jadis cyanoferrure de potassium. 

Prussiate Rouge. — Synonyme de ferricyanure de po- 
tassium. Anciennement on disait cyanoferride de potassium. 

Pyr (137.6). — C'est l'unité d'intensité lumineuse. Le Pyr 
ou Bougie décimale vaut 1/20 de l'étalon platine ou Violle. 

Pyrocatéchine (023.4). — Proposée comme révélateur 
par JÉc/er en 1880, la pyrocatéchine peut en effet servir à dé- 

17- 



298 GLOSSAIRE 

A'elopper l'image latente. Au point de vue cliimiquc la pyro- 
catéchine est : l'ortliopliénediol. 

Pyrogallol (020.4). — Le pyrogallol ou acide pyrogalli- 
qué est l'un des développateurs les plus connus et le plus an- 
cien, puisque c'est en 1861 que Victor Regnault en conseillait 
l'emploi. Pendant longtemps les professionnels ne connais- 
saient que l'oxalate ferreux et le pyrogallol. On sait c|ue ce 
révélateur s'emploie en présence de sulfite de soude et avec 
addition soit de carbonate alcalin, soit de phosphate de soude 
tribasique, soit enfin d'acétone. Au point de vue chimique le 
pyrogallol n'est pas un acide mais bien un triphénol, c'est le 
1,2,3 Phènetriol. 

Rad (137.6). — Unité de puissance actinique. C'est la 
quantité d'énergie lumineuse cjue projette i Lumen en i se- 
conde. Le Lumen-heure vaut par conséquent 3. 600 P\ads. 
C'est l'énergie graphique par opposition à l'énergie simple- 
ment opticjue fournie par la bougie décimale. 

Radioactinium (833). — Produit de la décomposition de 
i'actinium. 

Radiochroïsme (833). — Propriété c{ue possèdent les 
corps d'être plus ou moins transparents aux rayons X. 

Radiochromomètre (833). — Appareil servant à me- 
surer la transparence aux rayons X. Cet appareil inventé par 
Benoist se compose d'un discjue en aluminium divisé en 
12 secteurs, dont les épaisseurs vont en croissant de i à 12. 
Le centre du disque qui est évidé est occupé par un petit 
disque d'argent. Pour s'en servir on place l'appareil sur la 
plaque sensible et après développement le secteur qui a im- 
pressionné la plaque de la même façon que le centre indique 
le degré de radiochroïsme du corps interposé. 

Radiographie (833). — 1° Photographie obtenue au 
moyen des rayons X. 2° Art d'obtenir ces Photographies. 

Radioplomb (833). — Corps radioactif qui a été identi- 
fié avec les Radium D et E. 

Radioscopie (834). — C'est l'art de produire sur un 
écran une image au moyen des rayons X. Cette image s'ob- 
tient en imprégnant l'écran d'une substance susceptible de 
devenir fluorescente sous l'influence des rayons X. 



GLOSSAIRE 299 

Radiothorium (8.^3). — Produit de la désintégration du 
mésotliorium. 

Radium (833). — C'est le plus important des corps ra- 
dioactifs. Voyez Radiographie. 

Rayons a, 3, 0, y, voyez Radiographie (833). 

Rayons cathodiques (833). — Rayons produits dans le 
tube de Crookes qui, invisibles par eux-mêmes, produisent 
par leur choc sur le verre une lueur verdâtre caractéristicpae. 

Rayons X (833). — Rayons dééouverts par Rôntgeii en 
1896 et qui se produisent par le choc des rayons cathodiques 
sur le verre dans l'ampoule de Crookes. Ils se propagent en 
ligne droite, traversent tous les corps à l'exception des mé- 
taux et des composés métalliques et ne subissent ni réflexion 
ni réfraction. Ils excitent la phosphorescence et impression- 
nent les plaques photographiques. 

Rectilinéaires (i35). — Se dit des objectifs exempts de 
distorsion. Ce mot a été employé, pour la première fois, par 
Dallmeyer. 

Réducine (02 3. 4). — Nom donné par le D'" Vogel au 
chlorhydrate de diamidorésorcine. Ce produit est un bon dé- 
veloppateur, il est fabriqué par Lumière frères. 

Réducteur (02 3, 6). — Ce nom se donne à tous les pro- 
duits susceptibles de produire une réduction. Il a deux sens 
comme ce dernier mot. 

Réduction (o23.6). — Au point de vue chimique, ce 
mot est synonyme de désoxydation d'un corps. Au point de 
vue photographique, il est synonyme d'affaiblissement. 

Renforçateur (o23.6). — Produit ayant la propriété de 
renforcer les noirs d'un cliché venu trop faible au développe- 
ment. 

Renforcement (02 3. 6). — Opération photographique 
ayant pour but d'augmenter l'intensité générale de l'image 
en accentuant les oppositions entre les blancs et les noirs. 

Renversement des négatifs (023.4). — C'est l'opéra- 
tion photographique qui permet de transformer un négatif en 
positif. Mac Intosch a préconisé, en 1900, l'emploi du persul- 
fate d'ammoniaque à 5 7o ^^ solution sulfi tique à 4o ^/q. On 
peut employer également une solution de permanganate de 



3oo 



GLOSSAIRE 



potasse acide ; c'est le procédé adopté par Lumière frères pour 
leurs plaques autochromes. 

Réseaux (863). — Système de bandes parallèles très 
étroites alternativement opaques et transparentes ou bien 
mates et réfléchissantes jDroduisant en lumière parallèle des 
phénomènes de diffraction spéciaux qui se traduisent par la 
formation de spectres lumineux semblables à ceux du prisme. 
Cette propriété des réseaux a été utilisée pour la reproduction 
de photographies en couleurs. 

Résorcine. — Oxyphénol isomère de l'hydroquinone et 
de la pyrocatéchine. Ce corps signalé comme révélateur ne 
peut développer l'image latente cjuand il est pur ainsi que 
l'ont montré Lumière frères. Son nom chimique est i,3 phè- 
nediol. 

Révélateur (02 3. 4). — Produit chimique ou solution 
d'un mélange de produits susceptible de i^ire apparaître 
l'image latente qui se forme sur une couche sensible après 
exposition à la chambre noire. 

Rhodamine. — Matière colorante en poudre cristalline 
mordorée qui a été parfois employée pour sensibiliser les 
plaques orthochromatiques. Il existe plusieurs Rhodamines, 
l'une des plus employées est la rhodamine G, c'est le chlorhy- 
drate de triéythyldiparamidofuorane. 

Rodinal (o23.4). — Mélange imaginé par Andresen 
comme développateur. C'est une solution de paramidophé- 
nol, potasse caustique et sulfite de potasse. 

Rouge de quinoléine. — Poudre rouge cramoisie em- 
ployée comme sensibilisateur pour le jaune et le vert. On 
l'obtient par l'action du trichlorure de benzyle sur un mé- 
lange de quinaldine et d'isoquinoléine en présence de chlo- 
rure de zinc. Le mélange de rouge de quinoléine avec la cya- 
nine constitue l'azaline de Vogel. 

Safranine. — Matière colorante artificielle soluble dans 
l'éther et l'alcool sensibilisateur pour le vert. Cette substance 




paraphény 
d'aniline. 



GLOSSAIRE 3oi 

Sel Allembroth (028.6). — Chlorure double de mercure 
et d'ammonium très soluble dans l'eau. 

Sel ammoniac. — Chlorure d'ammonium. On dit aussi 
moins correctement chlorhydrate d'ammoniaque. 

Sel d'Erdmann (023.7), — ^^ ^^^ qu'on pourrait appe- 
ler : octonitrite tétrammoniodicobaltodipotassique, a été 
proposé comme affaiblisseur des images photographiques par 
R.'T. Smilh. 

Sel de Fordos et Gelis (o23.5). — C'est l'hyposulfite 
double d'or et de potassium. Il a été conseillé comme virage. 

Sel de Mohr (028.4). — ■ On désigne sous ce nom le sul- 
fate ferroso-ammonic[ue. Il a élé proposé comme développa- 
teur par Meynier. 

Sel de Schlippe (o23.6). — Sulfoantimoniate de sodium. 
Ce sel a été conseillé, en 1876, par Eder et Toih pour noircir 
les clichés après leur blanchissement dans le renforcement au 
mercure. 

Sélénéphotographie (77 : 52.33). — Photographie de 
la Lune. 

Sel de Seignette. — C'est le tartrate double de sodium 
et de potassium ; il cristallise, avec quatre molécules d'eau. 

Sensitomètres (187.6). — Instrument servant à mesu- 
rer le degré de sensibilité des diverses préparations photogra- 
phiques. Tels sont les instruments de Warnecke, Jones, Schei- 
ner, Marion et Sébert. 

Simpsonotypie (21 5.3). — Procédé de tirage sur papier 
au coUodiochlorure d'argent. 

Solar (i35). — Nom d'un objectif construit par Reichert 
travaillant à f/6,8. 

Solarisation. — Phénomène d'inversion ou plus exacte- 
ment de changement de signe de l'image photographique. 
Une plaque sensible devant donner par une exposition nor- 
male un négatif donne, par un excès de pose considérable, un 
positif. 

Spectre d'absorption. — L'interposition sur le trajet 
d'un rayon lumineux à spectre continu, soit avant, soit après 
le prisme, d'un milieu coloré solide, liquide ou gazeux amène 
l'affaiblissement ou l'extinction de certaines parties du 
spectre ; c'est ce spectre modifié qui s'appelle le spectre d'ab- 



302 GLOSSAIRE 

sorption du corps interposé. C'est le spectre d'absorption qui 
caractérise véritablement la couleur d'un corps et non Tim- 
pression visuelle ; ce point est essentiel en matière de chro- 
mopliotographie. 

Spectre solaire. — Le spectre solaire est l'image colorée 
qu'on obtient lorsqu'on reçoit sur un écran placé dans une 
chambre obscure le faisceau lumineux admis par une ouver- 
ture circulaire pratiquée dans un volet de la chambre et der- 
rière lequel on a placé un prisme. Cette image est allongée et 
présente les couleurs bien connues : rouge, orangé, jaune, 
vert, bleu et violet. Nous ne mentionnons pas l'indigo intro- 
duit on ne sait pourquoi dans la série des couleurs. 

Spectrohéliographe (77 : 52.877). — Appareil ima- 
giné et construit par Deslandres, en 1S92, pour photographier 
les raies du spectre solaire et les spectres spéciaux de la Chro- 
mosphère, des Protubérances et de la Couronne. 

Spectrophotographie (77 : 52.387). — Photograpiiie 
des spectres du soleil et des étoiles. 

Stannotypie (75). — Nom donné par \]'oodbiiry à un 
procédé de Photoplastographie dans lequel la gélatine bichro- 
matée est enduite d'un vernis au caoutchouc, puis revêtue 
d'une feuille d'étain pour constituer le moule. 

Stéradiant (187.6). — Angle trièdre au centre d'une 
sphère de rayon de i mètre découpant sur la surface de cette 
sphère une surface de i centimètre carré. 

Stéréogramme (84). — Epreuve photographique double 
destinée à être examinée au stéréoscope. Le Congrès de pho- 
tographie de 1907 a fixé à 70 millimètres de hauteur et 
68 millimètres de largeur les dimensions des épreuves qui 
devront être séparées par un intervalle de 4 millimètres. 

Stéréographe (84). — Appareil servant à obtenir un 
stéréotype. 

Stéréomonoscope (84). — Appareil imaginé par Claiidet. 
Il consiste en une chambre noire ordinaire à laquelle on 
adapte deux objectifs achromatiques, et qui est construite de 
façon à ce que les deux images données par les deux objectifs 
viennent coïncider sur une glace dépolie en donnant la sen- 
sation du relief. 

Stéréoscope (84). — Instrument d'optique qui donne la 



GLOSSAIRE 



3o3 



sensation du relief au moyen de deux images planes super- 
posées par la vision binoculaire, C'est en i8d3 que fut cons- 
truit le premier stéréoscope par Weatstone, c'était un stéréos- 
cope à réflexion, Breiuster, en t844. rendit l'instrument beau- 
coup plus pratique en substituant des prismes aux miroirs. 

Stéréotype. — Epreuve stéréoscopicpie obtenue à la 
cbambre noire. 

Stigmatics (i35). — Nom donné à un objectif double 
construit par Dallmeyer. 

Stoeclîiométrie. — Partie de la chimie qui recherche 
les proportions suivant lesquelles les corps se combinent entre 
eux. Une combinaison stoechiométrique est une combinaison 
en proportions définies. 

Sulfite d'acétone. — Ce produit, connu depuis long- 
temps des chimistes, est préparé par la maison Baeyer (voyez 
Acétone-sulfite). 

Sulfite de soude. — Corps employé dans presque tous 
les révélateurs organiques. A l'état cristallisé, il renferme sept 
molécules d'eau. Le poids moléculaire du sulfite étant préci- 
sément égal au poids de sept molécules d'eau ; i partie de 
sulfite anhydre correspond exactement à 2 parties de sulfite 
cristallisé. 

Sulfocarbamide. — Voyez Thiccarbamide. 

Suif ocyanate d'ammonium. — Synonyme desulfocya- 
nure d'ammonium. Son nom exact serait, d'après ^\ ûrtz, 
ammonium sulfocarbimide. On a employé ce corps comme 
fixateur et il entre dans la composition de quelques bains de 
virage. 

Sulfocyanure d'ammonium. — Voyez Sulfocyanate. 

Sulfo-urée. — Voyez ïhiocarbamide. 

Summar (i35). — -Nom d'un objectif construit par Leitz, 
de Weimar. Cet objectif est formé de huit verres en deux 
combinaisons de quatre et travaille à f/4.5. 

Synthol (o23.4). — Révélateur de l'image latente. C'est 
le chlorhydrate de 1,3,4-aminophènediol, il a été proposé par 
Barrolet. 

Syntor (i35). — Objectif rapide fabriqué par Goerz, de 
Berlin. Il travaille à f/6,8. 

Takis- — Nom donné à un papier photographicjue pour 



3o4 GLOSSAIRE 

photocopies se développant par simple immersion dans l'eau. 
Ce papier est exposé sous un négatif jusqu'à ce que l'image 
commence à apparaître, puis on achève de faire venir l'image 
en développant à l'eau. On vire et on fixe par le procédé ha- 
bituel. 

Tannin (21 5). — Le tannin ou acide tannique est un pro- 
duit extrait de la noix de Galle. Constitué en grande partie 
par de l'anhydride digallique, ce corps a été employé comme 
préservateur pour plaques au bromure et à l'iodure d'argent 
dans les procédés au collodion sec. 

Tartrazine. — Matière colorante en poudre jaune d'or, 
soluble dans l'eau et l'alcool. Cette substance est à recom- 
mander pour écrans et pour verres inactiniques pour labora- 
toire obscur. Elle résulte de la condensation de deux molé- 
cules de phénylhydrazine nionosulfonicjue avec une molécule 
d'acide dioxytartrique. 

Taxiphote (84)- — Système de stéréoscope qui permet de 
trouver instantanément et de regarder l'une quelconque des 
vingt-cinq vues contenues dans une boîte classeur. Cet ins- 
trument est construit par Richard. 

Téléchirographie- — Appareil photographique trans- 
mettant et enregistrant les dépêches à distance. 

Télé-Peconar (832). — Nom donné à un téléobjectif 
construit par Plaubel, de Francfort. 

Téléphot (882). — Nom donné à un objectif pour la pho- 
tographie à longue distance inventé par Vaatier, Dafoar et 
Sclioer. 

Téléphote. —- Nom donné à une invention décrite dans 
le Figaro-Photographe en 1892. Cette invention décrite en 
termes dityrambiques n'existait que dans l'imagination de son 
auteur. 

Téléphotographie (882). — Vocable employé dans deux 




graphie ; 2° a été employé pour désigner le procédé Korn, 
décrit dans V Illustration du 8 décembre 1906. A notre avis, 
on pourrait adopter pour ce procédé le mot de Phototélégra- 



GLOSSAIRE 3o5 

pliie qui, d'ailleurs, a été donné par Edouard Belin à un pro- 
cédé différant de celui de Korn. 

Télestéréosoopie. — Procédé de photographie stéréos- 
copique s'appliquant à la représentation de paysages très éloi- 
gnés. Elle a été utilisée en France par Hellbronner, pour la 
triangulation géodésique des hauts massifs alpins, le plus 
souvent inaccessibles aux appareils ordinaires de la topogra- 
phie. Le massif du Mont-Blanc a pu être ainsi relevé avec 
l'apparence exacte de son relief à 1 5o kilomètres de distance 
au moyen de deux épreuves prises à l'écartement de 
7,600 mètres. 

Ternaire de Young et d'Helmotz (864). — Pour ces 
auteurs, les trois couleurs primitives sont : orangé, vert, violet. 

Ternaire de Bre^wsler 1,864) • — Selon Brewster, les 
trois couleurs primitives sont : rouge, jaune, bleu. 

Tessar (i35). — Nom donné par Zeiss à des objectifs ra- 
pides de sa fabrication travaillant à f'4,8 et à f 6,3. 

Tétramar (i35). — Nom donné par Simon, de Dresde, à 
des objectifs travaillant à 174.5 et composés de quatre len- 
tilles en deux couples symétriques. 

Tétrathionate de soude (023.7). — C'est ce corps qui 
se forme quand on détruit l'hyposultite de soude par l'iode 
ou par un oxydant. Ainsi que nous l'avons dit à l'article Acide 
tétrathionique, on devrait appeler ce corps : dithiodisulfonate 
de sodium. 

Thiocarbamide. — Ce corps qui s'appelle aussi sulfo- 
carbamide a été conseillé comme affaiblisseur des images ar- 
gentiques, il entre dans la composition de certains virages à 
l'or. En addition à certains révélateurs, tels que l'iconogène 
ou le métol, on obtient le changement de signe de l'image. 
Le métol, dans ce cas, doit être en solution diluée avec une 
grande quantité d'alcali, on ajoute ensuite la thiocarbamide. 

Thiosinnamine. — La thiosinnamine ou allylsulfourée a 
la propriété de dissoudre en solution saturée les sels haloïdes 
d'argent et particulièrement le chlorure. On a recommandé 
l'addition de la thiosinnamine à l'acétate d'urane pour virer 
au rouge le papier au gélatinochlorure à raison de 5 grammes 
de ce produit pour i gramme d'acétate d'urane et 800 grammes 
d'eau. 



3o6 GLOSSAIRE 

Enfin, la thiosinnamine ajoutée au révélateur à l'hydroqui- 
none peut provoquer le changement de signe de l'image. 

Thiosulfates (023.7). — ]\om donné en Allemagne aux 
hyposulfites et qui est certainement préférable à celui que 
nous avons adopté en France. (Voyez Hydrosulfîtes et Acide 
liyposulfureux.) 

Thioxydant (023.7). — Nom donné à unpersulfate alca- 
lin en raison de sa propriété d'oxyder l'hyposulfite de soude 
en le transformant en tétrathionate. 

Thorium (833), — Elément radioactif. Voyez Radiographie. 

Tissierographie (5i). — Procédé inventé par Tissier en 
1840, consistant en une impression en relief sur pierre litho- 
graphique. Ce relief est obtenu en attaquant la pierre après 
décalquage d'un dessin formant des réserves. 

Tithonomètre (137.6). — Appareil inventé en i843 par 
Draper pour mesurer la force des rayons chimiques. 

Toîidine (227). — La tolidine est à la toluidine ce que la 
benzidine est à l'aniline. Elle résulte de la soudure de deux 
molécules de toluidine, elle a donc deux fonctions aminés. Son 
nom scientifique est : i,2-aminoéthyl-4,4',3'-aminométho- 
phénylphène. Comme la benzidine, Lumière frères en ont con- 
seillé l'emploi pour virer les épreuves à base de cobalt. 

Tolnidine (225). — Aminé aromatique employée par Lu- 
mière frères pour virer les épreuves aux sels manganiques. La 
toluidine est l'homologue supérieur de l'aniline, son nom 
exact est méthylaminophène. Trois isomères différant ente 
eux par les positions relatives des groupes mélhyl et aminé 
sont différenciés par les préfixes ortho, meta et para. 

Topogravure (61) (74). — Nom donné à des procédés de 
photozincographie ou de phototypographie applicables aux 
cartes géographiques. 

Trames (72) — Réseau de lignes employé en typogra- 
phie, formé de lignes parallèle -î dirigées obliquement. Pour 
les tirages trichromes, on emploie trois réseaux différents 
pour les trois couleurs. Le nombre de lignes par centimètre 
est généralement de vingt à vingt-quatre pour l'impression 
des grandes affiches, de cinquante à cinquante-six pour les 
travaux courants et peut atteindre quatre-vingts h quatre- 
vingt-dix pour les reproductions micrographiques. 



GLOSSAIRE 



3o7 



Transfert (3ii). — Opération qui suit le dépouillement 
dans le procédé au charbon. Elle consiste à détacher l'image 
du support sur lecjuel elle a été faite pour la recevoir sur un 
second support c[ui transforme l'image inverse en image di- 
recte. 

Triboluminescence. — Propriété cjue possèdent certains 
corps d'émettre de la lumière quand on les écrase. 

Trioxy méthylène. — Ce produit a la propriété d'inso- 
lubiliser les couches gélatinées. Lumière frères en conseillent 
remploi en dissolution dans une solution de sulRte de soude 
comme insolubilisateur de la gélatine en même temps cjue 
comme succédané des alcalis dans le développement. 

Triplet universel (i35). — Objectif triple inventé par 
Bascli en 1867. On peut en .rapprocher le triple achromatie 
Leiis de Dallmeyer. 

Triplice photographique (864). — Exqresslon fré- 
quemment employée par Ducos du Hauron pour désigner le 
ternaire de loung: orangé, vert, violet. 

Unar(i35). — Objectif double symétrique travaillant à 
f/5 construit par Zeiss. 

Unofocal (i35). — Nom d'un objectif construit par 
Steinheil travaillant à f/4. Il comprend cjuatre A^erres et les 
combinaisons antérieure et postérieure ont la même distance 
focale. 

Uranine. — Matière colorante jaune employée dans les 
procédés de chromophotographie par décoloration. C'est le 
sel de sodium de la fluorescéine. 

Uranium (833). — Elément radioactif. Voyez Radio- 
graphie. 

Uranophotographie (77 ; 02.3). — Photographie des 
espaces célestes. 

Vérascope (84). — Nom donné par Richard à un appa- 
reil stéréoscopique de son invention. 

Vert malachite. — Matière colorante préconisée par 
quelques auteurs pour sensibilisation des plaques orthochro- 
matiques. Ce produit se nomme aussi vert diamant ; c'est 
l'oxalate del'oxaléine du tétramélhyldiparamidotriphénylcar- 
binol. 

Vert de méthyle. — Matière colorante en poudre cris- 



3o8 GLOSSAIRE 

talline verte, s'emploie pour donner le ton « clair de lune )) 
aux épreuves de projection. Coproduit s'appelle aussi vert Lu- 
mière, vert de Paris, vert étincelle. C'est î'iodométliylate de 
Penta et d'hexamétliylpararosaniline. 

Violet de méthyle. — Matière colorante en beaux cris- 
taux bronzés, a été employée pour la sensibilisation des 
plaques orthochromatiques. On l'appelle aussi violet cristal- 
lisé, c'est le chlorhydrate d'hexaméthyltriparamidotriphényl- 
carbinol. 

VioUe (137.6). — On appelle ainsi l'étalon de lumière 
inventé par le physicien de ce nom. C'est l'intensité de la lu- 
mière émise par I centimètre carré de platine fonda à sa 
température de solidification (1775°). L'unité pratique est le 
pyr ou bougie décimale qui vaut 1/20 de vioUe. 

Virage (oaS.S) 1° Solution de produits chimiques suscep- 
tibles d'agir sur une image photographique, fixée ou non, en 
donnant des colorations différentes de la coloration primi- 
tive. 

2° Opération qui effectue le changement en question. 

"Woodburytypie (75). — Procédé d'impression photo- 
graphique inventé par Woodbury en i865 et devenu la base 
des procédés photoplastographiques. 

Wothlytypie (246;. — Procédé photographique à base 
de collodion argento-uranique imaginé par Wothly en 
186.5. 

Ximètre (833). — Appareil photométrique construit par 
Buguet pour déterminer la valeur relative des tubes de Rôiit- 
gen. 

Zincographié (61). — Voyez photozincographie. 



TROISIÈME PARTIE 

CHRONOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 



1725, — Bestachef ohser\e la réduction du chlorure ferri- 
que dissous dans l'éther sous Finfluence des rayons du 
soleil. 

1727. — Schulze, médecin allemand, obtient des images 
sur les parois d'un flacon contenant du nitrate d'argent en 
appliquant un papier perforé sur le flacon et l'exposant à la 
lumière. 

1787. — Hellot, chimiste français, observe que des traits 
tracés avec une solution de nitrate d'argent sur du papier 
noircissent à la lumière. 

1787. — Neumann observe que le calomel noircit à la lu- 
mière. 

1757. — Beccarius constate que le chlorure d'argent noircit 
à la lumière. 

1764. — Meyer remarque que le sulfate mercurique prend 
une coloration noirâtre à la lumière. 

1776. — Bergmann découvre qu'un mélange d'acide oxa- 
lique et de clîforure mercurique forme un composé sensible à 
la lumière. 

1777. — Scheele vérifie l'observation de Beccarius et met 
en évidence l'action des différents rayons colorés sur le chlo- 
rure d'argent. 

1782. — Charles dans ses cours au Louvre dessine des 
silhouettes sur du papier recouvert de chlorure d'argent. 

1782. — Ilageman de Biême observe que la résine de 
gayac pulvérisée devient bleue par l'action de la lumière. 

1782. — Sennebier étudie l'influence des divers rayons co- 



3 I O CHRONOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 

lorés sur le chlorure d'argent et voit qu'une coloraiio pro- 
duite en 1 5 secondes dans la lumière violette deraa ndeo mi- 
nutes dans la lumière rouge. 

1785. — BerthoUei constate que le chlore en solution dans 
l'eau la décompose sous l'action de la lumière. 

1801. — Ritter signale en dehors du spectre visible des 
rayons invisibles qui noircissent le chlorure d'argent. 

1802, — TTW(/t(;ooc? obtient sur des peaux et des papiers 
enduits de chlorure d'argent des images non fixées. 

1802. — Wedgiuood et Davy essaient de fixer sur jDapier 
sensible les images du microscope solaire. 

1809. — Gay-Lussac et Thénard observent la combinaison 
du chlore et de l'hydrogène sous l'influence de la lumière. 

1810. — Seebeck d'Iéna remarque que le chlorure d'ar- 
gent exposé au spectre solaire prend des nuances voisines de 
celles du spectre. 

1812. — Bérard observe que le maximum de l'action chi- 
mique se trouve dans le violet extrême et décroît graduelle- 
ment jusqu'au rouge. 

181 4- — Nicéphore Niepce commence ses recherches. 

1824. — Niepce complète la chambre noire par l'adjonc- 
tion d'un soufflet déplaçant le fond de la chambre et par l'ad- 
dition d'un diaphragme à l'objeetif. 

1326. — Premières relations de Niepce et de Daguerre. 

1827. — Niepce présente à Londres des copies de gravure 
au bitume de Judée sur plaques de cuivre argenté. 

I 829. — Niepce et Daguerre s'associent (décembre). 

i833. — Mort de Nicéphore Niepce (5 juillet). 

1837. — Daguerre invente le daguerréotype et imagine le 
développement de l'image latente. 11 signe un contrat nou- 
veau avec Isidore Niepce, fils de Nicéphore. 

1839. — La Chambre française vote une loi accordant 
6.000 francs de rente à Daguerre et 4.000 à Isidore Niepce. 

iSSçi- — Bayard publie son procédé de photographie sur 
papier à la chambre noire. 

1839. — Fox Talbot publie son procédé « calotype » qu'il 
étudie depuis i833. 

1839. — Daguerre à l'instigation d'Arago essaie de photo- 
graphier la lune. Les résultats sont médiocres. 



CHRONOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 3ll 

i84o. — L'ingénieur Chevalier construit les premiers ob- 
jectifs simples, exempts de foyer chimique. 

18/40. — J.-TT . Draper de Nevv-York obtient avec le da- 
guerréotype les premières images microphotographiques 
fixes. 

Il obtient également avec le télescope de Newton en posant 
20 minutes une image de la lune de 2 5 millimètres de dia- 
mètre. 

i84o. — Sir Jolm Herschel signale la sensibilité des sels 
de fer à la lumière. 

1841. — Fi:eaii substitue le brome à l'iode dans la mé- 
thode daguerrienne. 

i84i, — Petzval invente l'objectif double à portraits. 

1841. — Talbot obtient des images à la chambre noire 
avec un papier à l'iodure d'argent. 

1842. — Majocchi obtient les premières photographies du 
soleil sur plaque daguerrienne. 

i844- — La6o/Y/e montre l'utilité d'un double iodage et 
des émanations d'éther dans la boite à mercure. 

1845. — Blncjham indique le bromure de cliaux comme le 
meilleur accélérateur. 

1845. — Fizeaii et Foucault obtiennent desimagesdu soleil 
montrant les groupes de taches. 

1847. — Niepce de Saint-Victor fait les premiers négatifs 
sur verre. 

1847- — -Schônbein découvre le coton poudre. 

1800. — Archer invente le procédé au coUodion humide 
sur plaques de verre. 

i85o. — Legray publie sa méthode sur papier ciré sec. 

i85i. — Berkoivsky applique la photographie à l'observa- 
tion d'une éclipse à Kœnisberg. 

i85i. — V. Regnault préconise l'emploi de l'acide pyro- 
gallique comme révélateur. 

i852. — Ta/6of prépare des plaques pour tirages phototy- 
pographiques en partant d'un cliché sur gélatine bichro- 
matée. 

i853. — Lereboars, Lemercicr. Davanne et Bareswill s'as- 
socient pour faire industriellement de la photolithographie. 

1854. — Paul Prestch, Autrichien, complète le procédé 



3l2 CHRONOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 

phototypographique de Tatbot par radjonction de la galvano- 
plastie. 

i854. — Despratz utilise le collodion sec. ' • 

1854. — Dallmeyer imagine l'objectif grand angulaire. 

i855. — Davanne imagine le soufflet tournant pour 
chambre noire. 

i855. Taupenot fait connaître son procédé au collodion al- 
buminé. 

i855. — Poitevin invente le procédé au charbon. 

i856. — Poitevin remporte le prix du duc de Luynes at- 
tribué à l'inventeur qui aurait résolu le problème de la re- 
production des images photographiques par un procédé d'im- 
pression à l'encre grasse. 

1859. — Premiers essais d'agrandissement photographique 
exécutés avec la chambre solaire par Woodward. 

1860. — Warren de la Rue, Anglais, et Secchi, Italien, ob- 
tiennent sur plaque collodionnée des épreuves de l'éclipsé de 
soleil. 

1860. — James emploie industriellement la photozinco- 
graphie. 

1860. — Le papier albuminé pour photocopies se vend 
couramment dans le commerce. 

1861. — Gandin fait connaître sous le nom de photogène 
la première émulsion argentique. 

1861. — Poitevin invente le procédé au charbon par sau- 
poudrage. 

1861. — Russel découvre le procédé au tannin et collodion 
sec. 

i863. — Invention du procédé Mo/t/e//" au citrate ferrique 
et au prussiate rouge. 

i863. — Poitevin invente l'hélioplastie, procédé qui sert de 
point de départ à la woodburytypie. 

i863. — Grime transporte des images au collodion virées à 
l'or sur verre et sur porcelaine et crée la photocéramique. 

1864. — Le D' J'ogel obtient les premières photographies 
au magnésium. 

1864. — Mascart obtient la première photographie du 
spectre ultra-violet permettant des mesures. 11 photographie 
jusqu'à la raie 2210.. 



CHRONOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 3x3 

ï865. — Woodbury iriYente son procédé d'impression 
avec encres gélatineuses. 

i865. — Martens fait construire la première chambre pa- 
noramique. 

1866. — Steinheil ajoute à l'objectif double un troisième 
verre pour obtenir l'aplanétisme. 

1867. — Charles Gros dépose à l'Académie son pli cacheté 
sur la photographie des couleurs. 

1868. — Vogel avec la mission allemande prend trois cli- 
chés d'une éclipse de soleil à Athènes. 

1868. — Ducos du Hauron prend son premier brevet sur 
l'héliochromie : Les couleurs eu photographie, solution du 
problème. 

1869. — La photographie des éclipses est devenue cou- 
rante. Des centaines de photographies sont prises de l'éclipsé 
totale d'Iowa. 

1869. — Charles Cros publie dans Le Monde de l'abbé 
Moigno un travail sur la photographie des couleurs. 

1870. — Mort de Niepce de Saint-Victor. 

1870. — Dagron, photographe à Paris, organise le service 
de dépêches par pigeons grâce à la microphotographie. 

1871. — Maddox publie ses premiers essais de photo- 
graphie avec émulsion au gélatinobromure d'argent. 

1878. — Premier brevet de Willis sur la platinotypie. 

1878. — Le D"" Fo^e/pose les premiers principes de l'or- 
thochromatisme. 

1874- — Kennet perfectionne le procédé Maddox au gélati- 
nobromure. 

1877. — Chardon obtient le prix offert par la Société 
française de photographie pour le meilleur procédé sec par 
émulsion. 

1878. — Deuxième brevet de ]Villis sur la platinotypie. 
1878. — Charles Bennet produit la première émulsion 

vraiment sensible au gélatinobromure d'argent. 

1880. — Abney signale les propriétés développatrices de 
l'hydroquinone. 

1880. — Willis par un troisième brevet fait entrer la pla- 
tinotypie dans le domaine pratique. 

18 



3l4 CHRONOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 

1882. — Attout-Tailfer prend un brevet pour la fabrica- 
tion des plaques isochromatiques. 

i883. — Lumière et ses fils fondent leur usine de placjues 
et papiers photographiques à Lyon Monplaisir. 

i883. — Pizzighelli et Hùbl obtiennent la médaille d'or de 
Voigtlânder pour leur procédé au platine. 

188A. — Farmer invente son affaiblisseur. 

i885. — Guerry imagine son obturateur à volets. 

1886. — i^a/a^/ij fabrique les premières pellicules. 

1888. — Dailmeyer construit les premiers objectifs rcctili- 
néaires. 

1889. — Moessard invente le cylindrographe. 

1890. — Lùussedat construit le théodolithe photogra- 
phicjue. 

1890, — Greeii, Cross el Bevan imaginent la diazotypie. 

189 1. — liauff hre\ele comme développateur le sulfate de 
méthylparamidophénol sous le nom de métol. 

1891. — Lumière frères brevètent les plaques anti-halo 
avec couche colorée entre verre et émulsion. 

1891. — Ducos du Hauron invente les anaglyphes. 

1891, — Lippmann présente à l'Académie des Sciences un 
spectre solaire obtenu par la méthode interférentielle. 

1891. — Lwmière frères préconisent l'emploi du parami- 
dophénol comme révélateur énergique et publient leur pro- 
cédé de plîotozincographie en taille douce. 

1892. — Premiers essais dephotochromie par décoloration 
par Lumière frères. 

1892, — Hau ff hreyete en Allemagne le diamidophénol sous 
le nom d'amidol tandis que les frères Lumière fabriquent ce 
même produit en France. 

1898. — Edison invente le kinétoscope. 

1898. — Lumière frères donnent la théorie complète de la 
fonction développatrice dans la série aromatique et brevètent 
la plupart des révélateurs organiques. 

1895. — Lumière frères présentent à l'Académie des 
sciences leurs épreuves trichromes obtenues par le procédé à 
la colle forte. 

1896. — Rôntgen découvre les rayons X. 

1896. — Les frères Lumière inventent le cinématographe. 



CHRONOLOGIE PHOTOGRAPHIQUE 3x5 

1896. — Eder et ]'alenta photographient le spectre de 
l'Argon. 

1896. — Lanchesler imagine la photochromie par disper- 
sion spectrale. 

1899. — Wood invente la chromophotographie à l'aide des 
réseaux de diffraction. 

1900. — Invention du Photorama -pRT Lumière frères. 
1902. — Neuhauss et Worel [Karl) modifient la photo- 
chromie par décoloration. 

1908. — Rheiiiberg invente la chromophotographie par 
dispersion spectrale ignorant les travaux de Lanchester. 

1908. — Premier brevet relatif aux plaques Autochromes 
Lumière. 

1904. — Communication des frères Lumière à l'Académie 
des sciences au sujet de leur procédé autochrome. 

1906. — Lippmann fixe ses images interférentielles, 

1906. — Korn reproduit par son procédé de téléphoto- 
graphie électrique le portrait du prince régent de Ba- 
vière. 

1907. — Le 7 juin les frères Lumière mettent en vente 
sons le nom de plaques autochromes, les premières plaques 
sensibles permettant aux amateurs de reproduire les objets 
avec leurs couleurs naturelles. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



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— 3. Deuxième supplément B. Paris, 1897. Gauthier-Villars, in-8, 

— 4. Troisième supplément C. Paris, 1902. Gauthier-Villars, in-8. 

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3l8 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

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Paris, 1907, — — — 

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1877. Gauthier-Yillars, in-i8. 

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Paris, 1880. Gauthier-Yillars, in-i8. 

— 3. Traité pratique de photoglyptie. Paris, 1881. Gauthier-Yillars, 
in-i8. 

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Villars, in-i8. 

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1891. Gauthier-Yillars, in-i8. 
VoGJEL (H.). La Photographie et la Chimie de la lumière. Paris, 187G. 

Germer-Baillière, in-8. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



Aclinisme (833) . 
Aclinométrie (137.6). 
Affaiblisseur (02 3. 6) . 
Affaiblissem* Blanquart 

Evrard (02 3. 6) . 
Affaiblis. Eder et Tolh 

(023. G) .... 
Affaib. Farmer (02 3. 6) 

— Lumière (028,6) 

— Namias (o23.6) 

— Schûrer (o23.6) 
Agrandissement (81 3) 
Albertypie ((40 • 
Am}.)lificateurs (8i3) . 
Anaglyphes (84) . 
Anthracotypie (32 1) . 
Anti-Halo (Plaques 

(215.2) .... 
Appareil Dialy tique (8i3) 
Artotypie (4i ) . 
Astrophotographie (77 

52.3; 

Autochromes ( Plaques 

(864) 

Autocopiste (4i) . 
Autotypie (4i). 
Azotypie (33) . 

Bain continuateur : 

Liesegang (02 3. 6). 



Pages 
2o3 

58 

4o 

4i 

4i 
4i 
4i 
42 
4o 

169 
198 
2j;o 
i57 

it5 

197 
171 

243 

238 
172 
172 
160 



39 



Pages 

Lumière (o23.6) ... 89 
Bain fixateur Meynier 

023.7) 4i 

Camées photographiques 

(77) .■..-. 195' 
Caséine argentique 

(215. g) 122 

Catatypie (33) .... 160 

Chambre noire (i3i). . 45 

Châssis (i3i) .... 46 
Chlorobromure d'argent 

(215.9) i2i 

Chromopholographie : 

— ^Directe (862) . . . 220 

— Interférentielle (863). 224 

— Par diffraction (863) . 227 

— Superposition (864) • 228 

— Juxtaposition (866) . 287 
Ghronop h otographie 

(852) 211 

Chrysoglyphie (721) . . 190 

Cinématographie (855) . 2i4 
Citrate d'argent (procédé) 

(2t5.4) 120 

CoUodiobromure d'ar- 
gent (2i5.i). . . . 106 
Collodiochlorure d'argent 

(2i5.3) ii5 



322 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Collographle (4i) • 
Ciiprotypie (217) . . 
Daguerréotype (211). 
Développement Balagny 

(023.4) .... 
Développement Goventry 

(023.4) .... 
Développ. Eder (02 3. 4) 

— Lumière (o23.4) ■ 
Diazotypie (36) 
E-mulsions (21 5) . 

— Abney(2i5.i) (215.4 

— Bardy (2i5.i). 

— Bennet (2i5.2) 

— Carey Lea (2i5.i) 

— Chardon (2i5.i) . 

— Eder et Jonas(2i5.i) 

— Eder et Pizzighell 
(2i5.4) ,. . . . 

— Gaudin (2 1 5 . i ) 

— Henderson (2i5.2) 

— Lumière (2i5 .2 
(2îi5.4) . . . ' 

— Meyer (215.9) . 

— Monçkhoven (21 5. 2 
(^2i5.3) . . . . 

— JNewton (2i5.i) . 

— Seely (2i5.3) . 

— Szekely (215.2) . 

— Wall (215.3) . . 

— Warnecke (2i5.i) 
Ferrotypie (214.1) 
Fixage (023.7). 

Fusil photographique 

(852) 

Galvanographie (74) • 
Gélatinobromure d'ar- 
gent (215.2) . . 



Pages 

169 

Ï26 

70 

27 

20 
21 
21 

i64 

106 
IIO 
IIO 
II2 
107 
107 
IIO 

118 

loG 
ii3 

ii4 
120 

I2l 
112 

iiG 
107 
116 
ii3 
T17 
108 
96 
43 

212 
191 

m 



Passes 



argent 

(77 



(721 



Gélatinochlorure d ' a r - 

gent (2i5.4) 
Gillotage (721) 
Gommonitrate 

(215.9) • • , 
ïïéliophotographie 

52.37 . 
Hélioplastie (75) 
Héliotypie (711) 

(5l2). . . 
Héliogravure (711 
Hydrotypie (864)| 
lonium (833) . 
Kallitypie (216) 
Kinétographe (854) 
Kinctoscope (854) 
Lumières artificielles 

(i44)._ .... 

Mariotypie (33) 
INIélanochromoscope (864 
Mélanotypie (2i4.i) • 
Me rcuro graphie (619 

(711. 4) (721.4). . 

Mésothorium (833) . 
Microphotographie (83 1) 
Objectifs (i35) 
Obturateurs (i36). 
Orthochromatisme (861) 
Ozobrome (procédé) (33) 
Ozotypie (33) . 
Panicographie (721) . 

Papiers (\o\ez procédés) : 

Pellicules (i 52) . . . 68 

Phonoscope (854) ■ • • 3t4 
Photochlorure d'argent 

(862) 

Photochromic Vidal (864) 



222 
233 



TABLE ALPHABETIQUE 



32S 



Pages 
Photochromocollographie 

(48) T73 

Photochromolithographie 

(58) 

P hotoch roniop la stog ra- 

phie (708) .... 
Photochroraoscope Ives 

(864). . . : . . 
Photochromoty pographie 

(728). . ., . . 
P ho toch romoz i n cog ra - 

phie(68) 

Photocollographie (4i). 
Photoglyptie (yS) . 
Photoglyplographie (71 1) 
Photogrammétrie (77 : 

52.69) • ■. • • /_ 
Photolithographie (5ii). 
Photométrie (187.6). 
Photoplastographie (yô). 
Photopoudre (i44) • 
Photoraraa (8i3) . 
Photosculpture (77) . 
Photostérie (77) . • • 
Photolachéomètre (77 : 

52.69) 

Phototélégraphie (882) . 
Phototypographie (721). 
Phototypie (4i) (711) 

(72r_). .._... 
Photozincographie (61 1). 
Pinachromie (864) 
Pinatypie.(864) . . . 

Plaques (voyez procédés) : 

Plaques autochromes 

(864) 238 

— Souples Balagny(i 52) 68 



' // 

195 

233 

190 

181 
169 

182 

25l 

174 
59 

192 
65 
198 
195 
T96 

252 
203 

ï86 
16g 
t86 
178 
237 
296 



Polonium (833) . . -. 
Procédés : 

— A la Cdxine (028. 4) • 

— Amphitype (218) . 

— Archer (2i4-i). 

— Artigues (Sii.i) . 

— AsseretOsborne(5ii). 

— Aubrée et de Molard 
(212.2) 

— Au charbon (3i) . 

— Au chlorure d'argent 
(218.5) 

— Au collodion uranique 
(246) ..._... 

• — ■ Au ferroprussiate(.22 1) 

— Au gallate de fer (228) 

— Au sélénium (29). 

— Aux émulsions (21 5). 

— Aux sels d'argent (21) 

— — Et albumine (21 3.1) 

Et gélatine (218.1). 

Sur argent réduit 

(212. i) 

Sur collod. et al- 
bum. (218. 4). 

ilat. 
(218.4) . . .\ . 

— Sur papier ciré (2 12. 4) 

humide (212.2) , 

Pur (212) . 

Sec (212.8). 

— Aux sels Argent et 
(216). ^. . . 

Chrome (24 1) 

Cobalt (227) 

Cuivre (217). 

Etain (26) . 



ïpage 
207 



-2B 
127 

96 

j52 
174 

78 
i5î 

93 

i46 
129 

l32 

I ï5o 

ig6 

70 

'86 
86 

73 

•90 

90 
8r 
74 
73 
79 

123 

143 
i36 
126 
149 



32/l 



TABLE ALPHABETIQUE 



Iridium (286) . 

Manganèse (226) 

Mercure (218). 

Molybdène (2/19) 

Or (234) . . 

— • — Palladium (2 89) 

Platine (281) . 

Plomb (25) . 

Tunsgtène (249) 

Uranium (245) 

Vanadium (27) 

— Baldus (218. i). . 

— Bay (228) . 

— Bayard (212. i) (212.2 
(2i3.4) .... 

— Belbèze (214 5) . 

— Bell(2i3.i) . . 

— Bertrand (218.6) . 

— Blanquart-Evrard. 

(2I2)(2l3.l) . . 

— Boivin (2 45) . 

— Boussigues (212.2) 

— Brébisson (218. i). 

— Bullock (57) . . 

— Burnett etNiepce(245) 

— Gallitype (216). . 

— Calotype (212 i) . 

— Carbutt (218.4) . 

— Catalissisotype (216) 

— Chardon (2i4.6j . 

— Chromatype (241) 

— Chromocyanotype 
(242). . . . 

— Chrysotype (221) 

— Civiale (212.4). 

— Clark (281). . 

— Clouzard (21 3. 4) 

— Colas (228). . 



Pages 
1^2 

i35 
127 

147 
j4i 
142 
137 

t48 
147 
144 
i49 

87 

i34 

73 

91 

102 
88 
94 
77 
79 

145 
76 
86 

176 

i44 

124 

74 

92 

123 

io3 

143 

144 
i3o 

83 
i37 

9ï 

i33 



■ CoUographique (4i) 

■ Gooper (218.6) 
Gyanotype (221) . 
David (214.6) . . 

• Dawson (35 1) . . 
De Caranza (212.4) 
De la Noë (612) . 
DeMolard(2i3.i\ 
(2i4.4) .... 
Despratz (214.8) . 

• Diazotypes (86) 
Draper (2^5) . 
Ducos du Hauron (864) 
Endemann (852) . 
Energiatype (212.8) 
Fargier (811.2) . 
Ferrier (2i3.i) 

Fisch(22l) (222)(228) 

Fothergill(9i4.5). 
Fyfe (212.9) . . 
Gaillard (212.4) • 
Garneri (218.2) . 
Garnier (711) • • 
Garnier et Salmon 
(821).^ .... 
Gaumé (218.4) 
Geoffray (212.4) • 
Geymet(32i)(5ii) 
Glover (218.6). . 
Godefroy (245) 
Grcenlaw (212.8) . 
Gros (36) . . . 
Guardabassi (218).^ 
Hadow (218.1) 
Harris-Lake (218). 
Harrisson (21/1.2). 
Haugk (241) • • 
Herschel (216). . 



TABLE ALPHABETIQUE 



325 



HiJbl (232) . . . 

Hunt (212.2) (212.3) 
James (611) 
Kaiser (214.4). 
Koenig (864) . . 
Kress (2 34). . • 
Laborde (212.2) . 
Lagrange (221) 
Lassaign e- Vérignon 
(212.1) . . . 
Lavroff (4i) 
Lecson (212.5). 
Legray(2r2.2) (212.4) 
(2i3 i) (2i3.6) . 
Lumière (2i5) (26 
(7ii)(72i)(864).. 

- Magny (2i4.5). 

- Marion (32D) (4i). 

- Maugel (612) . . 

- Maxwell-Lyte (214.2) 

- Mercier (21 3. 6) (2 34) 

- Merget (232) . , . 

- Monckhoven (212.5) 
(2i3) (2t4) (216) . 

- Morris (2i4.6). . 

- Motileff (221) . . 

- Namias (864) . • 
Nègre (721). . . 

- Newton (2i5.i) (5ii) 

- Niepce de Saint-Victor 
(213.2) 

- Obernetter(2i7)(32i) 
(4i) ...... 

- Pelegry (212.3) . . 

- Pellet(222\ . . . 

- Pestcher et Mann 
(214. 5) 

- Phipson (223) . 



Pages 
189 

75 
178 
100 
287 

i4i 

77 
i3o 

73 
172 

85 

77 

i48 
102 
109 
180 

98 
i4i 
188 

84 
io5 
180 
285 
190 
107 

89 

126 

80 

i8r 

102 
182 



— Photogénique (212.2) 

— Pizzighelli (222) (821) 

— Pizzighelli et Hûbl 
(232) 

— Poitevin (21 3) (21 4) 
(218) (3ii) (325) . 

— Regnault (214.6) . 

— Reiss (215.9) . 

— Reynolds (35 1) 

— Riesensahn (353) . 

— Robiquet et Dubosc 
(214.8) .... 

— Rodriguez (611) . 

— Roussin (25) 

— Russell(2i4.4)(2T4.6) 

— Saint-Florent (3ii) 
(862). .... 

— Scaraoni (74) . 

— Schnauss (221) 

— Schranck t,57J . 

— Sobacchi (32i). 

— Sutton (212.2) (2i4) 

— Talbot (2 12.5) (711) 

— Taupenot (21 4. 5) . 

— Taylor (2i3.6). . 

— Tillard (212.4). . 

— Torvey (711) . 

— Van Loo (232). 

— Vérignon (212.9) . 

— Villain (353 j . . 

— Warnecke (4i) (75) 

— Waterhouse (4i)(7ir 

(5ii) 

— WestetWedmore(2 2i 

— Willis (232) (35 1) 

— Wothly (2 '46) . . 

— Zerr (75) 
Protolithographie (5ii) 



Pages 

76 
181 

i39 

86 

io4 

I2t 

162 
164 

99 

179 

148 

100 

i58 
192 
180 

177 
i57 

78 

75 

lor 

94 

88 

188 

i4o 

73 

i63 
173 

170 
i85 
i38 
i46 

•94 
174 



La Photographie. 



19 



32G 



TABLE ALPHABETIQUE 



Radioactivité (833) 
Radiographie (833) . 
Radioplomb (833). 
Radiolhorlum (833j . 
Radioscopie (834,'*. 
Radium (833) . . . 
Rayons a, ^, y (833). 
Rayons Cathodiques (833) 
Rayons X (833) . . 
Réducteurs (o23.6) . 
Renforçateurs (o23.6) 
Renforcement (o23.6) 
Réseaux typographiques 

(732) ...... 

Réseaux en Ghromopho- 

tog. (863) . . . 
Révélateurs (o23.4) • 
Revolver photographique 

(852) ..... 
— photogénique (i44) 
Sélénéphotographie (77 

(52.33) .... 
Sensitométrie (137.6) 
Simpsonotypie '(2i5.3) 
Source de Lumière (i44) 
Stannotypie (75} . 



Pages 
206 
203 

207 

208 
208 

207 

206 

2o4 
2o4 

4o 
33 
33 

191 

"227 
ï7 

211 

66 

243 
58 

ii5 
63 

194 



Stéréomonoscope (84} 
Stéréoscopie (84 • 
Supports de pré^ r,. i„;.s 
(l52) ....... 

Talbotypie (212.2 
Téléobjectifs (832 
Téléphot (832). . 
Téléphotographie (832) 
Topogravure (612) (721) 
Trames typographiques 

(732). ... ; 

Triplice photographique 

(864) 

Uranium (833). 
Virage auro-stannique 

(26) .... • 
Virages divers (02 3. 5) 
Virage Namias (2^9) • 

— Au Tungstène (249) 

— Au Vanadium (27) 
Woodburytypie (75) . 
Wothlytypie (246). 
Zincographie (611) . 

— Lumière (711) (721-) 

— Gillot (721) . 



Pages 
210 



^^7 

7 ' 
'. (;:) 

201 
200 

187 

J91 

233 
208 

1^9 

28 

i47 

i47 

i49 

19'^ 
i46 



178 

t84 

186 



TABLE SYSTÉMATIQUE DES MATIÈRES 



'Page* 
Introduction î 



CHAPITRE PREMIER 

Opérations photographiques 

(023.4) Développement , . . 17 

(023.5) Virage 28 

(023.6) Renforcement et affaiblissement -SS 

(023.7) Fixage 43 

CHAPITRE II 

Matériel et appareils 

(i3i) Chambres noires et accessoires 45 

(i35) Objectifs ' 48 

(i36) Obturateurs &6 

(137.6) Photométrie 58 

(i44) Sources de Lumière • 61 

(i52) Supports des préparations sensibles '67 

CHAPITRE III 

Procédés photographiques aux sels métalliques 

(211) Procédés aux sels d'argent sur métal 70 

(212) Procédés aux sels d'argent sur papier pur ou avec 
encollage 7^ 

(212.1) Procédé positif sur couche d'argent réduit .... 7-3 



328 TABLE SYSTÉMATIQUE DES MATIÈRES 



r a: 



(212.2) Procédés sur papier humide ......... 74 

(212.3) Procédés sur papier sec 79 

(212.4) Procédés sur papier ciré sec 81 

(212.5) Procédés sur papier salé au chlorure d'argent. . . 84 
(2t3) Procédés' aux sels d'argent avec couche (autre que le 

collodion) sensibilisée par bains 86 

(2i3.i) Procédés avec couche d'alumine ou de gélatine seule. 86 

(213.2) Procédés avec d'autres substances seules .... 89 

(21 3. 3) Procédés avec albumine ou gélatine avec sucre, gom- 
me, etc 9^ 

(213.4) Procédés avec albumine ou gélatine sur collodion . 90 
(2 [3.5) Procédés au chlorure d'argent sur papier albuminé . 93 
(2i3.6) Procédés au chlorure d'argent sur papier encollé avec 

d'autres substances 93 

(2i4) Procédés au Collodion ^. gS 

(2i4-i) Collodion humide 96 

(21 4 -2) Collodion conservé humide. . .' 97 

(21 4- 3) Collodion sec sans préservateur 09 

^21 4 -4) Collodion sec avec préservateur 100 

(214.5) Collodion albuminé loi 

(21 4- 6) Collodion bromure io3 

(21 4- 7) Collodion argentique to5 

(21 5) Procédés par émulsion aux sels d'argent . . ... . 106 

(21 5.1) Bromure d'argent et collodion . 106 

(215.2) Gélatinobromure d'argent . . m 

(2i5. 3) Collodiochlorure d'argent ii5 

(21 5. 4) Gélatinochlorure d'argent 118 

(215.9) Autres procédés par émulsion. . . . ^ . . . 120 

(216) Procédés aux sels d'argent et de fer i23 

(217) Procédés aux sels de cuivre . .' 126 

(218) Procédés aux sels de mercure 127 

^221) Procédés au ferroprussiate sur papier simple .... 129 

(222) Procédés au ferroprussiate avec vin colloïde . . . . i3t 

(223) Procédés au gallate de fer. i32 

(224) Procédé au nitroprussiate i35 

(225) Procédés aux sels de manganèse. i35 

(227) Procédés aux sels de cobalt i36 

(23i) Procédés aux sels de platine par virage. ..... 137 



TABLE SYSTÉMATIQUE DES MATIÈRES 829 

Pages 

(232) Procédés aux sels de platine par développement . . . i38 

(234) « aux sels d'or i4i 

(286) « aux sels d'iridium t42 

(239) « aux sels de palladium i42 

(241) « aux sels de chrome et de cuivre . , . . . i43 

(242) « aux sels de chrome et de fer i44 

(245) « aux sels d'urane l44 

(246) c( aux sels d'urane avec collodion ..... i46 
(249) « aux sels de tungstène ou de molybdène . . 147 

(25) « aux sels de plomb i48 

(26) « aux sels d'étain 149 

(27) « aux sels de vanadium 149 

(29) « à base de sélénium i5o 

CHAPITRE IV 

Procédés aux poudres et mixtions colorées. 

(Si) Procédés au charbon loi 

(Sii.i) « sans transfert . ...... i5i 

(3 11. 2) « simple transfert i54 

(3 11. 3) « double transfert . . . . . . i55 

(821) Procédés par saupoudrage aux sels de chrome ... i56 

(325) « « de fer i58 

(83) « par imbibition 169 

(35) « par teinture 162 

(36) « diazotypes 164 

CHAPITRE V 

Impressions photographiques 

(4i) Photocollographie 169 

(48) Photochromocollographie 178 

(5i) Photolithographie 174 

(58) Photochromolithographie * . 177 

(61) Photozincographie 178 

(68) Photochromozincographie 181 

(71) Photogljptographie 182 



33o TABLE SYSTÉMATIQUE DES MATIÈRES 

» Pages 

(72) Phototypographîe 186 

(•/^S) Pliotochromotjpographie . . jqo 

(y4) Galvanographie ic)t 

(jô) Photoplastographie 102 

(768) Photochromoplastographie igS 

(77) Photosculpture ic)5 

CHAPITRE VI 

Applications proprement dites de la photograpJde 

(81 3) Agrandissements iqj 

(83 ij Microphotographie 199 

(832) Téléphotographie 200 

(833) Radiographie 2o3 

(84) Stéréoscopie 209 

(862) Chronophotographie 2ri 

(854) Kinétoscope 2i5 

(855) Cinématographe 2i4 

(86 1) Orthochromatisme 216 

(862) Chromophotographie directe 220 

(863) Chromophotographie par effets interférentiels . . . 224 

(864) Chromophotographie par superposition de 3 épreuves 
monochromes 228 

(866) Chromophotographie par juxtaposition des éléments mo- 
nochromes .... 237 

CHAPITRE Vn 

Applications aux arts et aux Sciences 

(77 : 4) La photographie et le droit 242 

(77 : 52) La photographie et l'astronomie 243 

(77 : 62.69) " ®^ ^^ topographie . . . . . . 2S1 

(77 : 53) « et la physique 252 

(77 : 61) « et la médecine 253 

(77 : 738) « et la céramique 254 

Glossaire 255 

Ghromque photographique 309 

i>dex biliogr.vphique 3lj 



SAINT-AMAND (cHEr). IMPRIMERIE BUSSIÈRE. 



OCTAVE DOIN ET FILS, ÉDITEURS, 8, PLACE DE l'oDÉON, PARIS 



ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE 

Publiée sous la direction du Qr TOULOUSE, 



Nous avons entrepris la publication, sous la direction 
générale de son fondateur, le D*" Toulouse, Directeur à 
l'Ecole des Hautes-Etudes, d'une Encyclopédie scientifique 
de langue française dont on mesurera l'importance à ce fait 
qu'elle est divisée en 4o sections ou Bibliothèques et qu'elle 
comprendra environ i ooo volumes. Elle se propose de riva- 
liser avec les plus grandes encyclopédies étrangères et même 
de les dépasser, tout à la fois par le caractère nettement scien- 
tifique et la clarté de ses exposés, par l'ordre logique de ses 
divisions et par son unité, enfin par ses vastes dimensions 
et sa forme pratique. 

1 
PLAN GÉNÉRAL DE L'E'NC YCLOPÉD lE 

Mode de publication. — l'Encyclopédie se composera de mono- 
graphies scientifiques, classées méthodiquement et formant dans 
leur enchaînement un exposé de toute la science. Organisée sur 
un plan systématique, cette Encyclopédie, tout en évitant les incon- 
vénients des Traités, — massifs, d'un prix global élevé, difficiles à 
consulter, — et les inconvénients des Dictionnaires, — oii les articles 
scindés irrationnellement, simples chapitres alphabétiques, sont tou- 
jours nécessairement incomplets, — réunira les avantages des uns et 
des autres. 

Du Traité, V Encyclopédie gardera la supériorité que possède un 



Il ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE 

ensemble complet, bien divisé et fournissant sur ehaquc science 
tous les enseignements et tous les renseignements qu'on en réclame. 
Du Dictionnaire, V Encyclopédie gardera les facilités de recherches 
par le moyen d'une table générale, VIndex de VEncyclopédie, qui 
paraîtra dès la publication d'un certain nombre de volumes et sera 
réimprimé périodiquement, JJIndex renA^erra le lecteur aux diffé- 
rents volumes et aux pages où se trouvent traités les divers points 
d'une question. 

Les éditions successives de chaque volume permettront de suivre 
toujours de près les progrès de la science. Et c'est par là que 
s'affirme la supériorité de ce mode de publication sur tout autre. 
Alors que, sous sa masse compacte, un traité, un dictionnaire ne 
peut être réédité et renouvelé que dans sa totalité et qu'à d'assez 
longs intervalles, inconvénients graves qu'atténuent mal des supplé- 
ments et des appendices, VEncyclopédie scientifique, au contraire, 
pourra toujours rajeunir les parties qui ne seraient plus au courant 
des derniers travaux importants. Il est évident, par exemple, que si 
des livres d'algèbre ou d'acoustique physique peuvent garder leur 
valeur pendant de nombreuses années, les ouvrages exposant les 
sciences en formation, comme la chimie physique, la psychologie ou 
les technologies industrielles, doivent nécessairement être remaniés 
à des intervalles plus courts. 

Le lecteur appréciera la souplesse de publication de cette Encyclo- 
pédie, toujours vivante, qui s'élargira au fur et à mesure des besoins 
dans le large cadre tracé dès le début, mais qui constituera toujours, 
dans son ensemble, un traité complet de la Science, dans chacune 
de ses sections un traité complet d'une science, et dans chacun de ses 
livres une monographie complète. 11 pourra ainsi n'acheter que telle 
ou telle section de VEncyclopédie, sûr de n'avoir pas des parties 
dépareillées d'un tout. 

VEncyclopédie demandera plusieurs années pour être achevée ; 
car pour avoir des expositions bien faites, elle a pris ses collabora- 
teurs plutôt parmi les savants que parmi les professionnels de la 
rédaction scientifique que l'on retrouve généralement dans les œuvres 
similaires. Or les savants écrivent peu et lentement : et il est préfé- 
rable de laisser temporairement sans attribution certains ouvrages 
plutôt que de les confier à des auteurs insuffisants. Mais cette lenteur 
€t ces vides ne présenteront pas d'inconvénients, puisque chaque 



ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE III' 

livre est une œuvre indépendante et que tous les volumes publiés 
sont à tout moment réunis par Vindex de V Encyclopédie . On peut 
donc encore considérer l'Encyclopédie comme une librairie, où les 
livres soigneusement choisis, au lieu de représenter le hasard d'une 
production individuelle, obéiraient à un plan arrêté d'avance, de ma- 
nière qu'il n'y ait ni lacune dans les parties ingrates, ni double 
emploi dans les parties très cultivées. 

Caractère scientifique des ouvrag'es. — Actuellement, les 
livres de science se divisent en deux classes bien distinctes : les" 
livres destinés aux savants spécialisés, le plus souvent incompréhen- 
sibles pour tous les autres, faute de rappeler au début des chapitres 
les connaissances nécessaires, et surtout faute de définir les nombreux 
termes techniques incessamment forgés, ces derniers rendant un 
mémoire d'une science particulière inintelligible à un savant qui en 
a abandonné l'étude durant quelques années ; et ensuite les livres 
écrits pour le grand public, qui sont sans profit pour des savants et 
même pour des personnes d'une certaine culture intellectuelle. 

h' Encyclopédie scientifique a l'ambition de s'adresser au public le 
plus large. Le savant spécialisé est assuré de rencontrer dans les 
volumes de sa partie une mise au point très exacte de l'état actuel 
des cjuestions ; car chaque Bibliothèque, par ses technic[ues et ses 
monographies, est d'abord faite avec le plus grand soin pour servir 
d'instrument d'études et de recherches à ceux qui cultivent la science 
particulière qu'elle présente, et sa devise pourrait être : Par les 
savants, pour les savants. Quelques-uns de ces livres seront même, 
par leur caractère didactique, destinés à servir aux études de rensei- 
gnement secondaire ou supérieur. Mais, d'autre part, le lecteur non 
spécialisé est certain de trouver, toutes les fois que cela sera néces- 
saire, au seuil de là section, — dans un ou plusieurs volumes de 
généralités, — et au seuil du volume, — dans un chapitre particu- 
lier, — des données qui formeront une véritable introduction le 
mettant à même de poursuivre avec profit sa lecture. Un voca- 
bulaire technique, placé, quand il y aura lieu, à la fin du volume, 
lui permettra de connaître toujours le sens des mots spéciaux. 



IV 



ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE 



II 
ORGANISATION SCIENTIFIQUE 

Par son organisation scientifique, V Encyclopédie paraît devoir 
offrir aux lecteurs les meilleures garanties de compétence. Elle est 
divisée en Sections ou Bibliothèques, à la tête desquelles sont placés 
des savants professionnels spécialisés dans chaque ordre de sciences 
et en pleine force de production, qui, d'accord avec le Directeur 
général, établissent les divisions des matières, choisissent les collabo- 
rateurs et acceptent les manuscrits. Le même esprit se manifestera 
partout : éclectisme et respect de toutes les opinions logiques, subor- 
dination des théories aux données de l'expérience, soumission à une 
discipline rationnelle stricte ainsi qu'aux règles d'une exposition 
méthodique et claire. De la sorte, le lecteur, qui aura été intéressé 
par les ouvrages d'une section dont il sera l'abonné régulier, sera 
amené à consulter avec confiance les livres des autres sections dont 
il aura besoin, puisqu'il sera assuré de trouver partout la même 
pensée et les mêmes garanties. Actuellement, en effet, il est, hors 
de sa spécialité, sans moyen pratique déjuger de la compétence réelle 
des auteurs. 

Pour mieux apprécier les tendances variées du travail scientifique 
adapté à des fins spéciales, V Encyclopédie a soUicité, pour la direction 
de chaque Bibliothèque, le concours d'un savant placé dans le centre 
même des études du ressort. Elle a pu ainsi réunir des représentants 
des principaux Corps savants. Etablissements d'enseignement et de 
recherches de langue française : 



Institut. 

Académie de Médecine. 
Collège de France. 
Muséum d'Histoire naturelle. 
Ecole des Hautes-Etudes. 
Sorbonne et École normale. 
Facultés des Sciences. ' 
Facultés des Lettres. 
Facultés de médecine. 
Instituts Pasteur. 
Ecole des Ponts et Chaussées. 
Ecole des Mines. 



Ecole Polytechnique. 
Conservatoire des Arts et Métiers. 
Ecole d'Anthropologie. 
Institut National agronomique. 
Ecole vétérinaire dWlfort. 
Ecole supérieure cV Electricité. 
École de Chimie industrielle de 

Lyon. 
Ecole des Beaux-Arts. 
Ecole des Sciences politiques. 
Observatoire de Paris. 
Hôpitaux de Paris. 



ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE V 

111 
BUT DE L'ENCYCLOPÉDIE 

Au xvin^ siècle^ « l'Encyclopédie » a marqué un magnifique mou- 
vement de la pensée vers la critique rationnelle. A cette époque, 
une telle manifestation devait avoir un caractère philosophique. Au- 
jourd'hui, l'heure est venu de renouveler ce grand eflFort de critique, 
mais dans une direction strictement scientifique ; c'est là le but de 
la nouvelle Encyclopédie. 

Ainsi la science pourra lutter avec la littérature pour la direction 
des esprits cultivés, qui, au sortir des écoles, ne demandent guère 
de conseils qu'aux œuvres d'imagination et à des encyclopédies où 
la science a une place restreinte, tout à fait hors de proportion avec 
son importance. Le moment est favorable à cette tentative ; car les 
nouvelles générations sont plus instruites dans l'ordre scientifique 
que les précédentes. D'autre part la science est devenue, par sa 
complexité et par les corrélations dé ses parties, une matière qu'il 
n'est plus possible d'exposer sans la collaboration de tous les spécia- 
listes, unis là comme le sont les producteurs dans tous les départe- 
ments de l'activité économique contemporaine. 

A un autre point de vue, V Encyclopédie, embrassant toutes les 
manifestations scientifiques, servira comme tout inventaire à mettre 
au jour les lacunes, les champs encore en friche ou abandonnés, 
— ce qui expliquera la lenteur avec laquelle certaines sections se 
développeront, — et suscitera peut-être les travaux nécessaires.- Si 
ce résultat est atteint, elle sera fière d'y avoir contribué. 

Elle apporte en outre une classification des sciences et, par ses 
divisions, une tentative de mesure, une limitation de chaque do- 
maine. Dans son ensemble, elle cherchera à refléter exactement le 
prodigieux effort scientifique du commencement de ce siècle et un 
moment de sa pensée, en sorte que dans l'avenir elle reste le docu- 
ment principal où l'on puisse retrouver et consulter le témoignage 
de cette époque intellectuelle. 

On peut voir aisément que l'Encyclopédie ainsi conçue, ainsi réa- 
lisée, aura sa place dans toutes les bibliothèques publiques, univer- 
sitaires et scolaires, dans les laboratoires, entre les mains des savants, 
des industriels et de tous les hommes instruits qui veulent se tenir 



YI ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE 

au courant des progrès, dans la partie qu'ils cultivent eux-mêmes ou 
dans tout le domaine scientifique. Elle fera jurisprudence, ce qui lui 
dicte le devoir d'impartialité qu'elle aura à remplir. 

Il n'est plus possible de vivre dans la société moderne en ignorant 
les diverses formes de cette activité intellectuelle qui révolutionne 
les conditions de la vie ; et l'interdépendance de la science ne permet 
plus aux savants de rester cantonnés, spécialisés dans un étroit 
domaine.. Il leur faut, — et cela leur est souvent difficile, — se 
mettre au courant des recherches voisines. A tous, V Encyclopédie 
offre un instrument unique dont la portée scientifique et sociale ne 
peut échapper à personne. 



IV 



CLASSIFICATION 
DES MATIÈRES SCIENTIFIQUES 



La division de V Encyclopédie en Bibliothèques a rendu nécessaire 
l'adoption d'une classification des sciences, où se manifeste nécessai- 
rement un certain arbitraire, étant donné c[ue les sciences se dis- 
tinguent beaucoup moins par les différences de leurs objels que par 
es divergences des aperçus et des habitudes de notre esprit. Il se 
produit en pratique des interpénétrations réciproques entre leurs 
domaines, en sorte que, si l'on donnait à chacun l'étendue à laquelle" 
il peut se croire en droit de prétendre, il envahirait tous les terri- 
toires voisins ; une limitation assez stricte est nécessitée par le fait 
même de la juxtaposition de plusieurs sciences. 

Le plan choisi, sans viser à constituer une synthèse philosophique 
des sciences, qui ne pourrait être que subjective, a tendu pourtant 
à échapper dans la mesure du possible aux habitudes traditionnelles 
d'esprit, particulièrement à la routine didactique, et à s'inspirer de 
principes rationnels. 

Il y a deux grandes divisions dans le plan général de VEncyclopé- 
die ; d'un côté les sciences pures, et, de l'autre, toutes les technolo- 
gies qui correspondent à ces sciences dans la sphère des applications. 
A part et au début, une Bibliothèque d'introduction générale est 



ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE Vil 

consacrée à la philosophie des sciences (histoire des idées directrices, 
logique et méthodologie). 

Les sciences pures et appliquées présentent en outre une division 
générale en sciences du monde inorganique et en sciences hiologiques. 
Dans ces deux grandes catégories, l'ordre est celui de particularité 
croissante, qui marche parallèlement à une rigueur décroissante. 
Dans les sciences hiologiques pures enfin, un groupe de sciences 
s'est trouvé mis à part, en tant qu'elles s'occupent moins de déga- 
ger des lois générales et ahstraites que de fournir des monographies 
d'êtres concrets, depuis la paléontologie jusqu'à l'anthropologie et 
l'ethnographie. 

Étant donnés les principes rationnels qui ont dirigé cette classifi- 
cation, il n'y a pas lieu de s'étonner de voir apparaître des groupe- 
ments relatiA^ement nouveaux, une biologie générale, — une phy- 
siologie et une pathologie végétales, distinctes aussi bien de la 
botanique que de l'agricvdture, — une chimie physique, etc. 

En revanche, des groupements hétérogènes se disloquent pour que 
leurs parties paissent prendre place dans les discipHnes auxquelles 
elles doivent revenir. La géographie, par exemple, retourne à la 
géologie, et il y a des géographies botanique, zoologique, anthropo- 
logique, économique, qui sont étudiées dans la botanique,, la zoolo- 
gie, l'anthropologie, les sciences économiques. 

Les sciences médicales, immense juxtaposition de tendances très 
diverses, unies par une tradition utilitaire, se désagrègent en des 
sciences ou des techniques précises; la pathologie, science de lois, se 
distingue de la thérapeutique ou de l'hygiène qui ne sont que les 
applications des données générales fournies par les sciences pures, 
et à ce titre mises à leur place rationnelle. 

Enfin, il a paru bon de renoncer à l'anthropocentrisme qui exigeait 
une physiologie humaine, une anatoniie humaine, une embryologie 
humaine, une psychologie humaine. L'homme est intégre dans la 
série animale dont il est un aboutissant. Et ainsi, son organisation, 
ses fonctions, son développement s'éclairent de toute l'évolution an- 
térieure et préparent l'étude des formes plus complexes des groupe- 
ments organiques qui sont offertes par l'étude des sociétés. 

On peut voir que, malgré la prédominance de la préoccupation 
pratique dans ce classement des Bibliothèques de V Encyclopcdie 
scientifique, le souci de situer rationnellement les sciences dans leurs 



VIII ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE 

rapports réciproques n'a pas été négligé. Enfin il est à peine besoin 
d'ajouter que cet ordre n'implique nullement une hiérarchie, ni 
dans l'importance ni dans les difficultés des diverses sciences. Cer- 
taines, qui sont placées dans la technologie, sont d'une complexité 
extrême, et leurs recherches peuvent figurer parmi les plus ardues. 

Prix de la publication. — Les volumes, illustrés pour la plu- 
part, seront publiés dans le format in-ï8 Jésus et cartonnés. De 
dimensions commodes, ils auront 4oo pages environ, ce qui repré- 
sente une matière suffisante pour une monographie ayant un objet 
défini et important, établie du reste selon l'économie du projet qui 
saura éviter l'émiettement des sujets d'exposition. Le prix étant 
fixé uniformément à 5 francs, c'est un réel progrès dans les condi- 
tions de publication des ouvrages scientifiques, qui, dans certaines 
spécialités, coûtent encore si cher. 



TABLE DES BIBLIOTHÈQUES 



Directeur : D' TOULOUSE, Directeur de Laboratoire à l'École 
des Hautes-Etudes. 

Secrétaire général : Hi PIÉRON, agrégé de l'université. 

Directeurs des Bibliothèques : 

1. Philosophie des Sciences. P, Painlevé, de l'Institut, professeur à la Sor- 

bonne, 

I. Sciences pures 

A. Sciences mathématiques : 

2. Mathématiques . . . J. Drach, professeur à la Faculté des Sciences 

de l'Université de Toulouse, 

3. Mécanique . . . . J, Drach, professeur à la Faculté des Sciences 

de l'Université de Toulouse. 

B. Sciences inorganiques : 

4. Physique A, Leduc, professeur adjoint de physique à la 

Sorbonne. 

5. Chimie physique ■ . . J. Perrin, chargé de cours à la Sorbonne. 

6. Chimie A. Pigtet, professeur à la Faculté des Sciences 

de l'Université de Genève. 

y. Astronomie et Physique J. Mascart, astronome adjoint à l'Observatoire 
céleste ..... de Paris. 

8. Météorologie. . . . B, Brunhes, professeur à la Faculté des Sciences 

de l'Université de Clermont-Ferrand, di- 
recteur de l'Observatoire du Puy-de-Dôme, 

9. Minéralogie et Pétro- A, Lacroix, de l'Institut, professeur au Muséum 

graphie d'Histoire naturelle, 

10. Géologie M. Boule, professeur au Muséum d'Histoire 

natui-elle. 

11. Océanographie physi- J.Richard, directeur du Musée Océanogra- 

que phique de Monaco. 



X TABLE DES BIBLIOTHEQUES 

G. Sciences biologiques normatives : 

/ A. Biologie M. Caullert, professeur adjoint à la Sorbonne, 
^ générale . 

12. Biologie B. Océano- J. Richabd, directeur du Musée Océanogra- 

/ graphie phique de Monaco. 
biologique 

i3. Physique biologique . A. Imbert, professeur à la Faculté de Méde- 
cine de l'UniAersité de Montpellier. 

14. Chimie biologique , . G. Bertrand, chargé de cours à la Sorbonne. 

15. Physiologie et Palholo- L. Makgin, professeur au Muséum d'Histoire 

gie végétales . . . naturelle. 

16. Physiologie .... J.-P. Langlois, professeur agrégé à la Faculté 

de Médecine de Paris, 
l'j. Psychologie . . . . E. Toulouse, directeur de Laboratoire à l'Ecole 

des Hautes-Etudes, médecin en chef de 
l'asile de Villejuif. 

18. Sociologie . . . . G. Richard, professeur à la Faculté des Lettres 

de l'Université de Bordeaux. 



19. Microbiologie et Para- A. Calmette, professeur à la Faculté de Méde- 

silologie .... cine de l'Université, directeur de l'Institut 
Pasteur de Lille. 

' A, Palholog. M. Klippel, médecin des Hôpitaux de Paris. 

médicale . 

B. Neurolo- E. Toulouse, directeur de Laboratoire à l'Ecole 

20. 1 alno- , gig ^ ^ ^ (jgg Hautes-Études, médecin en chef de 

. i l'asile de Villejuif. 

f G. Path, chi- L. PiGQuÉ, chirurgien des Hôpitaux de Paris. 

^ rurgicale . 

D. Sciences biologiques descriptives : 

21. Paléontologie . . . M. Boule, professeur au Muséum d'Histoirt; 

naturelle. 
/ A. Généralités H. Lecomte, professeur au INIuséum d'Histoire 

l et phanéro- naturelle. 

22. Bota- ) ^^,„g^ _ ^ 

nique, à 

f B. Cryploga- L. Mangin, professeur au Muséum d Histoire 

\ mes. . . naturelle. 



TABLE DES BIBLIOTHÈQUES 



XI 



23, Zoologie G. Loisel, directeur de Laboratoire à l'École 

des Hautes -Etudes. 



24. Analomie et Embryolo- 

gie . . . . . . 

25. Anthropologie et Ethno- 

graphie 

26. Economie politique . 



G. LoisEL, directeur de LaLoratoire à l'École 

des Hautes -Études. 
G. Papillault, directeur-adjoint du Laboratoire 
d'Anthropologie à l'Ecole des Hautes Etudes, 
professeur à l'École d'Antbropologie. 
D. Bellet, secrétaire perpétuel de la Société 
d'Economie politique, professeur à l'École 
des Sciences politiques. 



IL Sciences appliquées 

A. Sciences mathématiques : 

7. Mathématiques appli- M. d'Ogagne, professeur à l'École des Ponts et 
quées Chaussées, répétiteur à l'École polytechnique. 

28. Mécanique appliquée et M. d'Ocagne, professeur à l'Ecole des Ponts et 

génie Chaussées, répétiteur à l'École polytechnique. 

B, Sciences inorganiques : 

29. Industries physiques . H. Ghaumat, sous-directeur de l'École supé- 

rieure d'Électricité de Paris. 

A. Setewetz, sous-directeur de l'École de Chi- 
mie industrielle de Lyon. 

J Derôme, professeur agrégé de Physique au 
collège Chaptal, inspecteur des Établissements 
classés. 

L. Cateux, professeur à l'Institut national 
agronomique, professeur de géologie à l'École 
des Mines. 

J. PiLLET, professeur au Conservatoire des Art 
et Métiers et à l'École des Beaux-Arts. 



3o. Photographie 

3i. Industries chimiques 



32. Géologie et minéralogie 
appliquées .... 

Z'^. Construction . . . . 



C. Sciences biologiques : 

34. Industries biologiques . G. Bertrand, chargé de cours à la Sorbonne. 

35. Botanique appliquée et H. Lecomte, professeur au Muséum d'Histoire 

agriculture. . . . naturelle. 

36. Zoologie appliquée. . R, Barox, professeur à l'École vétérinaire 

d'Alfort. 



XII TABLE DES BIBLIOTHÈQUES 

37. Thérapeutique générale G. Pouchet, membre de l'Académie de méde- 

et pharmacologie , . cine, professeur à la Faculté de Médecine de 
l'Université de Paris. 

38. Hygiène et médecine A. Calmette, professeur à la Faculté de Méde- 

publiques .... cine de l'Université, directeur de l'Institut 
Pasteur de Lille. 

39. Psychologie appliquée. E. Toulouse, directeur de Laboratoire à l'Ecole 

des Hautes-Etudes, médecin en chef de l'asile 
de Villejuif. 

40. Sociologie appliquée . Th. Ruyssen, professeur à la Faculté des Lettres 

de l'Université de Bordeaux. 

M. Albert Maire, bibliothécaire à la Sorbonne, est chargé de V Index 
de l'Encyclopédie scientifique. 



Saint Amand (Cher) — Imprimerie Bussière. 



BOSTON PUBLIC LIBRARY 



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