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Full text of "La règle du Temple"

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LA 



RÈGLE DU TEMPLE 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR, 
A NOGENT-LE-ROTROU. 



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LA 



RÈGLE DU TEMPLE 



PUBLIEE 



POUR LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE 



HENRI DE CURZON 




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À PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. LAURENS, SUCCESSEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE 

RUE DE TOURNON, N° 6 

M DCCC LXXXYI 



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EXTRAIT DU REGLEMENT. 

Art. \k. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé à la tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire responsable soussigné déclare que l'édition 
de La Règle dd Temple, préparée par M. Henri de Gurzon, 
lui a paru digne d'être publiée par la Socie'té* de l'Histoire 
de France. 

Fait à Paris, le <I5 avril -1886. 

Signé : J. DELAVILLE LE ROULX. 

Certifié : 
Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 
A. DE BOISLISLE. 



INTRODUCTION 



1 . — La Règle du Temple, dans l'état où elle nous est par- 
venue, est loin de composer un tout homogène, de la même 
époque et du même auteur. A défaut des manuscrits origi- 
naux, probablement détruits, elle nous est connue par trois 
copies, des xin e et xrv e siècles, conservées à Rome, à Paris 
et à Dijon. Ce sont elles qui forment la base de la présente 
publication. Les textes qui les composent ont été trans- 
crits à la suite les uns des autres, sans revision, sans divi- 
sions parfois, avec les répétitions que des rédactions et des 
commentaires successifs ne pouvaient manquer de faire 
naître. Un examen attentif permet cependant d'apercevoir 
plusieurs parties bien distinctes 1 . 

C'est d'abord une traduction, en soixante-douze articles, 
de la Règle latine 8 annexée au procès-verbal du concile de 
Troyes de 1128 ; on sait que le fondateur du Temple, Hugues 
de Payns, se présenta à cette assemblée avec plusieurs de ses 

\. Nous avons placé, avant le texte de la Règle, une table 
sommaire qui permettra de se rendre compte de ces divisions. 

2. Nous imprimons le texte de cette Règle latine en note, au- 
dessous de la traduction française ; nous avons suivi l'ordre adopté 
par le rédacteur de cette dernière, ordre très différent de celui du 
texte latin. On trouvera à la fin du volume, avant la Table géné- 
rale, une table de concordance des paragraphes des deux textes. 



jj INTRODUCTION. 

compagnons. La traduction est suivie d'une liste des fêtes 
célébrées au Temple. 

En second lieu, un chapitre important, renfermant les 
statuts hiérarchiques de l'Ordre. Il concerne les dignitaires 
et les frères du Temple : les principaux devoirs de leur 
vie conventuelle, militaire et religieuse, le costume et les 
équipements, les droits et prérogatives y sont indiqués avec 
soin. Ces règlements offrent déjà des différences avec ceux 
du concile de Troyes ; mais ils prennent, dans ce chapitre, 
leur forme définitive, car on n'y revient, dans le reste du 
manuscrit, que pour ajouter des détails et des commentaires 
nouveaux. Quelques articles, qui ne paraissent pas à leur 
vraie place, traitent des repas au couvent et des soins à 
donner aux malades. — On décrit dans un chapitre spécial 
ce qui se passe à la mort d'un grand maître et à l'élection 
de son successeur ; c'est le seul passage de la Règle où soit 
mentionné ce cérémonial, dont la rédaction semble contem- 
poraine de celle des statuts précédents. — La même remarque 
s'applique aux pages suivantes, qui comprennent un premier 
exposé de la pénalité en usage dans l'Ordre ; cet exposé est 
fort bref et sans explications. On y a joint quelques articles 
sur les frères chapelains et sur les formules latines employées 
à leur profession. 

La troisième grande partie de la Règle peut se diviser en 
deux chapitres. Dans le premier, on revient, avec de nombreux 
détails, sur le règlement journalier des frères : repas, lever 
et coucher, discipline conventuelle, soins à donner aux che- 
vaux, rapports entre les frères, service religieux, jeûnes, 
discipline et marche en campagne pendant la guerre. Le 
second nous fait connaître la tenue des assemblées ordinaires, 
la confession publique des frères, les témoignages ou accu- 
sations qu'ils sont tenus d'apporter, et tout ce qui concerne 



INTRODUCTION. iij 

le code pénal de l'Ordre. Les fautes prévues sont classées 
et étudiées suivant le degré des peines qu'elles appellent ; 
le mode de punir ou d'absoudre et la manière dont les frères 
subissent leur peine sont minutieusement expliqués. 

Une quatrième partie fournit de nouveaux éclaircisse- 
ments sur la pénalité, et y joint, cette fois, quelques exemples 
historiques. 

Enfin, un dernier chapitre, sans aucun lien avec ce qui 
précède, donne, pour ainsi dire, le procès-verbal de la récep- 
tion d'un frère dans l'Ordre du Temple. 

Nous distinguons ainsi, dans le recueil des textes de la 
Règle tel qu'il nous est parvenu, au moins quatre rédactions 
successives des statuts conventuels, et deux chapitres de rituel 
relatifs à l'élection du grand maître et à la profession des 
frères. On ne saurait assigner à aucune de ces diverses parties 
une date, même approximative. Nous ignorons même, dans 
le texte de la Règle latine que nous possédons, ce qui remonte 
véritablement à la date de 1128, au concile de Troyes, et 
représente l'œuvre rédigée sous l'inspiration de saint Bernard. 
La question a été plusieurs fois examinée, et l'on a fait remar- 
quer que probablement quelques-uns des articles du texte qui 
nous est parvenu sont postérieurs à ceux de la rédaction pri- 
mitive. Il est clair, en effet, pour un certain nombre des sta- 
tuts indiqués, qu'ils n'ont pu être établis dès la fondation 
du Temple : ils prouvent une existence déjà assez longue de 
l'Ordre, une expérience acquise, une influence étendue 1 . 

1. Voyez, par exemple, les art. 21 et 22 (68 et 17 de la Règle fran- 
çaise), interdisant aux chapelains et sergents de porter le manteau 
blanc réservé aux seuls chevaliers, confusion qui avait donné lieu 
à de nombreux abus; les art. 51 et 66 (57 et 58 de la Règle fr.), 
permettant à l'Ordre de jouir de terres et de vilains, et de rece- 
voir des dîmes. Cf. encore les art. 4, 5, 18, 29, 32, 37, 55, 57, 61 
et 64. — Pour tout ceci, voy. Mùnter, Statutenbuch des Ordens der 



iv INTRODUCTION. 

La traduction française est également postérieure à la der- 
nière rédaction du texte latin, car, malgré sa fidélité géné- 
rale, elle contredit, dans quelques passages importants, les 
statuts originaux. Ceux-ci parlent d'un noviciat exigé, comme 
dans les autres Ordres, avant la profession (c. 58; Règle 
fr. 11) : la Règle française supprime cette phrase, et jamais, 
dans le reste des statuts, il n'est question d'une pareille condi- 
tion. De même, le texte latin ne permet pas aux frères de cher- 
cher des recrues pour l'Ordre parmi des chevaliers excom- 
muniés (c. 64 ; Règle fr. 12) : le texte français, au contraire, 
ordonne ce mode de recrutement, afin de ramener dans le 
sein de l'église les chevaliers égarés. Un mot ou deux, habi- 
lement intercalés, suffisent à changer absolument l'esprit 
du texte original. Il en est de même dans plusieurs autres 
endroits 1 . 

Ce n'est qu'en arrivant aux dernières pages de la Règle, 
aux exemples historiques, que nous pouvons fixer des dates. 
La mention d'une invasion des Tartares, qui eut lieu en 
1257, et celle de différents faits survenus à Arsuf, Saphet, 
Antioche, Jaffa, etc., avant que ces villes et châteaux forts 
tombassent aux mains des païens, c'est-à-dire avant 1265, 
1266, 1267 et 1268, limitent à une période d'environ huit 
années (entre 1257 et 1265) la date de la rédaction de ce 
chapitre. H serait en effet peu vraisemblable, si cette rédac- 
tion eût été d'une époque postérieure, que l'auteur n'eût fait 

Tempelherrn..., Berlin, 1794, 1 vol. in-8°, et surtout Wilcke, 
Geschichte der Tempelherrn, 2 e éd., Halle, 1860, 2 vol. in-8°. 

1. Par exemple, au n" 64 (4 de la Règle lat.), la traduction fran- 
çaise change l'expression de « chapelains servant dans l'Ordre, » 
prise dans un sens général, en celle de « prêtres et clercs servant à 
la charité. » Cette distinction importante montre qu'à l'époque de 
la rédaction française, le précepte ne devait plus s'appliquer aux 
chapelains du Temple qui faisaient partie de l'Ordre. 



INTRODUCTION. V 

aucune allusion à de si graves événements. Il déclare, d'ail- 
leurs, après avoir cité un fait qui s'était passé sous le magis- 
tère d'Hermant de Périgord (1233-1244), en avoir eu 
connaissance, non par lui-même, mais par des frères « qui 
furent en celui tens » et le lui ont « retrait ; » et ce détail 
tend à confirmer notre hypothèse. En général, tous les 
exemples historiques cités sont empruntés à des événements 
arrivés au milieu du xni e siècle. 

Il n'y a, sur ce point, aucune conclusion à tirer de l'âge 
des manuscrits que nous possédons; ceux-ci ne sont, en 
effet, que la copie d'un ou de plusieurs originaux. Deux 
d'entre eux, ceux de Rome 1 et de Paris 2 , sont complets 
dans leur ensemble, malgré la perte de quelques feuillets. 
Ils proviennent probablement des chefs -lieux de deux 
des principales provinces de l'Ordre. Le troisième, con- 
servé à Dijon 3 , est beaucoup plus court et comprend seu- 

1. Ce ms. faisait partie de la bibliothèque du prince Gorsini 
(God. 17), où l'a découvert le Danois Miinter, dont nous parlerons 
plus loin. Il est conservé aujourd'hui à l'Académie des Lincei, 
God. 44, A 14. C'est un petit in-4° sur parchemin, mesu- 
rant m 232 sur m 160, et comprenant 133 ff. à 2 colonnes; un 
feuillet, détaché avant le numérotage des pages, manque aujour- 
d'hui. Nous désignons ce ms. par la lettre R. 

2. Ce ms. est conservé à la Bibliothèque nationale , fonds 
français 1977 (anc. 7908). Il provient de la bibliothèque de Maza- 
rin, où il portait le n" 780. Il mesure m 230 sur m 160, et com- 
prend 122 ff.; deux feuillets manquent et n'ont pas été comptés. 
Nous désignons ce ms. par la lettre P. 

3. Ce ms., qui provient du grand prieuré de Champagne (mai- 
son de Voulaines), est conservé aux Archives départementales 
de Dijon, sous la cote H 111. Il mesure m 210 sur 0™150 et 
comprend 116 ff. placés sans ordre dans une reliure ancienne. A 
la lecture, les feuillets se succèdent ainsi : 1-4, 93-108, 13-92, 
5-8, 109-116, 9-12. Ces transpositions ont été reconnues par 
l'ancien archiviste, Maillard de Chambure, qui a utilisé le pre- 
mier ce manuscrit. Nous désignons le volume par la lettre D. 



vj INTRODUCTION. 

lement les deux premières parties des manuscrits de Rome 
et de Paris, la Règle ancienne et les statuts hiérarchiques; 
le texte s'arrête au chapitre de 1 élection du grand maître. 
Copié pour l'usage d'une maison d'ordre inférieur, ce 
manuscrit n'avait nul besoin de renfermer les parties qui 
suivent dans les autres manuscrits, la pénalité par exemple, 
dont les règlements toutefois avaient certainement été fixés 
avant cette époque. On peut le faire remonter au commen- 
cement du xin e siècle, et, à ce point de vue, il n'est pas à 
dédaigner, tout incomplet qu'il soit, pour servir de contrôle 
aux manuscrits de Rome et de Paris, qui paraissent avoir été 
copiés tous deux vers les dernières années du xm e , ou mieux 
au début du xrv e siècle. 

On ne s'étonnera pas du petit nombre des manuscrits 
aujourd'hui connus de la Règle du Temple, si l'on songe 
que les procédures intentées à l'Ordre, au moment de sa 
chute, ne constatèrent l'existence d'aucun d'entre eux et 
que, vraisemblablement, les juges n'en avaient pu trouver, 
les grands maîtres ayant, à plusieurs reprises, fait res- 
treindre le nombre des exemplaires et détruire tous ceux 
qui n'étaient pas d'une nécessité absolue. D'ailleurs la Règle 
elle-même donne la raison formelle de cette rareté des 
manuscrits : « Nul frère, dit-elle , ne doit tenir retrais ne 

règle, se ne les tient par le congié dou couvent Le 

couvent establit que nus frère ne les tenist, nul frère se 
il ne fust bailli, tel qu'il le peust tenir por l'office de la 
baillie. » Plusieurs autres passages montrent que l'on ne 
faisait connaître aux frères qu'une petite partie des statuts, 
et que le texte complet n'était confié qu'aux grands digni- 
taires, aux commandeurs des provinces et aux principaux 
commandeurs des maisons. Encore tous ne possédaient-ils 
pas le recueil en entier. Le passage que nous venons de citer 



INTRODUCTION. vij 

distingue la règle et les retraits, et prouve par là l'existence 
simultanée de plusieurs recueils spéciaux, communiqués aux 
commandeurs selon leur rang et leur compétence. Les retraits, 
qui sont, à proprement parler, les établissements hiérar- 
chiques et les règlements conventuels, renvoient souvent à la 
Règle; celle-ci est sans doute la traduction que nous possé- 
dons des statuts primitifs latins, très répandus même en 
dehors de l'Ordre. Ces distinctions sont importantes à établir. 
C'est en effet dans ce sens qu'il faut, à notre avis, inter- 
préter certain passage, souvent cité et mal compris, du procès 
des Templiers, où un avocat précédemment lié avec Gervais 
de Beauvais, maître du Temple de Laon, dépose qu'il lui a 
entendu dire, entre autres choses, «... qu'il avait un certain 
petit recueil de statuts de son Ordre, qu'il montrait volon- 
tiers, mais aussi un autre plus secret, qu'il ne laisserait 
voir pour tout un monde 1 . » 

Les deux manuscrits que nous avons peuvent donc être 
regardés dans cet état comme exceptionnels. Ils sont, du reste, 
identiques, et, de son côté, le texte du fragment de Dijon, 
en dépit des différences de dialecte et du peu de scrupule du 
copiste, qui a çà et là remplacé un mot par un autre, ne dif- 
fère pas de celui des manuscrits de Rome et de Paris. — Nous 
sommes doncen présence d'un texte unique, émané sans doute 
du siège de l'Ordre et rédigé dans le style incorrect, dans la 
langue parfois mêlée d'italianismes, de mots tirés de divers 



1. « ... Quod habebat quemdam librum parvulum, quem bene 
ostendebat, de statutis sui Ordinis, sed alium secretiorem habebat, 
quempro toto mundo non ostenderet... » Séance du 11 avril 1310 
dans le Procès des Templiers, éd. Michelet [Collection des Docu- 
ments inédits, 2 vol. in-4°, 1840), tome I, p. 175. — Cf. d'autres 
dépositions mentionnant la Règle : I, p. 243 et 388; II, p. 434, 
438, 444. 



viij INTRODUCTION. 

dialectes ou forgés au besoin, qu'on parlait en Orient, et 
dont les chartes et les règlements écrits en français dans le 
Levant, au xin 6 siècle, nous fournissent de nombreux 
exemples. Il faut ajouter que le scribe était peu soigneux, et 
sans doute assez ignorant ; ses phrases ne sont pas toujours 
claires, son orthographe est parfois fantaisiste. Le texte est 
néanmoins curieux dans cet état, et nous l'avons scrupuleu- 
sement reproduit 1 . Notre édition le présente ainsi, pour la 
première fois, dans son ensemble. Il serait injuste, néanmoins, 
de ne pas rappeler que la Règle du Temple a déjà été l'objet 
de deux publications : une traduction résumée, en langue 
allemande, publiée en 1794 par le Danois Mûnter, et une 
édition du ms. de Dijon, complété à l'aide du ms. de Paris, 
édition donnée par l'archiviste Maillard de Ghambure , 
en 1840 2 . 

1. Ces observations ne se rapportent qu'au texte de Paris-Rome. 
Nous avons relevé en note toutes les variantes fournies par celui 
de Dijon. Nous avons cru toutefois devoir corriger dans le texte 
quelques erreurs évidentes, quelques fautes grossières et divers 
spécimens, souvent isolés, de dialectes étrangers au reste du 
texte, formes anomales placées parfois à deux lignes de distance 
de la forme ordinaire. Citons ainsi les mots : aumosna (66), octa- 
vas (74), partia (82), enfermeria (93, 510), terra (95, 182, 187, 196, 
271, 323), tabla (95, 182, 187, 196, 271, 323), chevaucheura (99), 
chapela (148, 208, 318), maladia (150, 190, 194), maniera (177, 
372), vila (579), medecina (195), marina (640), sainta (24), aucuna 
(326) ; d'autre part, les formes : soveirain (8, 9, 22, 38, 62), jorn 
(30, 31, 62, 63), cominal (4, 21), Diaus (198, 365, 388, 408, 537). — 
Enfin des formes comme : scilence (24, 31, etc.), luit (116, 123, 
174, 210, 218, 317), celuit (149, 167, 169, 329, 385), chascunt (138, 
519), fraire (faire : 173, 174, 193 ...), etient (253, 259, 304, 441, 
535 ...), sartnon (387, 389, 394), lagiere (516), asmis (112). —Mais, 
nous le répétons, la plupart de ces mots sont dans la proportion 
de un ou deux contre trente ou quarante exemples de la forme 
ordinaire. 

2. Frédéric Miinter, de Copenhague, découvrit , à Rome , et 



INTRODUCTION. IX 

Il n'y a d'ailleurs aucun doute à avoir sur la valeur de ce 
texte comme original : jamais la Règle du Temple, telle que 
nous la possédons, n'a pu être rédigée en latin. Le style 
même s'oppose à cette hypothèse : en effet, l'effort de tra- 

copia, en 1785, le ms. Gorsini. Il fit paraître en 1794, à Berlin, 
un premier volume renfermant, sous le titre de « Livre des sta- 
tuts de l'ordre du Temple, » une sorte de traduction résumée, 
en allemand, avec commentaire, des articles du ms. groupés 
suivant l'ordre des matières. Cet arrangement, habilement fait 
du reste, est loin de présenter l'ensemble complet du texte : la 
publication de celui-ci, dans son intégrité, était réservée pour 
un second volume qui n'a jamais paru. Il y a lieu de croire que 
cette édition n'eût pas été parfaite : l'analyse de la traduction 
montre que l'auteur n'a pas toujours lu exactement le ms., et 
que, de plus, son ignorance de divers mots du vieux français 
l'a amené à des interprétations étranges , des explications fan- 
taisistes ou des lacunes forcées. Le commentaire, néanmoins, 
soigneusement étudié, n'est pas sans mérite et offre encore de 
l'intérêt : il s'applique à rapprocher de la Règle du Temple, d'une 
part les articles de la Règle des Teutoniques, de l'autre ce que 
l'ouvrage tout récent de Moldenhaver (Process gegen den Orden 
der Tempelherrn. Hamburg, 1792, in-8°) avait fait connaître du 
procès des Templiers. 

La publication de Mûnter passa assez inaperçue, au moins en 
France. En 1840, Maillard de Ghambure, archiviste de la Côte- 
d'Or, édita, sous le titre de Règles et statuts secrets des Tem- 
pliers, un texte comprenant les deux premières parties de la Règle 
incomplète de Dijon, puis le reste de la Règle d'après le ms. de 
Paris. Cette combinaison donne en deux fragments, écrits 
dans un dialecte différent, un ensemble dont nous possédons le 
texte complet et uniforme. Il y manque de plus les deux feuil- 
lets tombés du ms. de Paris : cette lacune, il est vrai, n'existe 
pas dans le ms. de Rome; mais l'éditeur s'est contenté, pour 
celui-ci, de reproduire trois lignes de fac-similé. Le texte, tel 
quel, sans division ni table, a été édité en général avec assez 
peu de soin; la lecture n'est pas toujours exacte, la méthode typo- 
graphique est parfois des plus obscures, et la ponctuation, trop 
souvent erronée, laisse croire que des passages entiers n'ont pas 
été compris. Les notes manquent, et les variantes sont fort incom- 



X INTRODUCTION. 

duction, qui se fait sentir parfois d'une façon bien inintelli- 
gente pour les articles de la Règle primitive, ne se retrouve 
plus dans les pages suivantes. En outre, les frères, chevaliers 
ou sergents, n'avaient aucune notion de la langue latine : à 
peine savaient-ils lire; ils se bornaient à assister aux offices 
et ne les récitaient pas. Les statuts, qu'on leur commentait, 
l'Ecriture sainte, qu'on leur lisait pendant les repas, étaient 
écrits en français ; on avait fait traduire à leur usage la 
première Règle de l'Ordre; on en fit autant pour la Bible 1 . 

2. — Nous avons dit que la Règle dressée sur l'ordre du 
concile de Troyes avait été inspirée ou dictée par saint 
Bernard; le scribe ou le rédacteur, Jean Michel, le déclare 
dans le prologue de cette Règle même. De plus, une tradi- 
tion constante affirme la confraternité toute particulière 
des Templiers et des Cisterciens 8 : ainsi , la Règle latine 
du Temple fut souvent éditée avec celle de Saint-Benoît 
et avec les constitutions de Cîteaux 3 . Pourtant quelques 

plètes. Enfin, l'ouvrage est déparé par l'importance considérable 
que l'auteur a accordée à l'Ordre moderne du Temple, dont l'his- 
toire est longuement écrite « sous ses auspices, » avec ses armoi- 
ries et avec pièces à l'appui, dans l'Introduction. 

1. La Bibliothèque nationale (Nouv. acquis, franc. 1404, vente 
A. -F. Didot) possède le ms. d'une Bible française du xni e siècle, 
qui, d'après l'opinion de M. L. Delisle, semble provenir des 
Templiers. Le traducteur déclare, dans une sorte de prologue, en 
vers souvent peu intelligibles, intercalé avant le Livre des Juges, 
que son travail lui a été commandé par « maître Richard et 
frère Othon, » et il s'étend sur l'utilité et l'intérêt que cette tra- 
duction ne manquera pas d'avoir pour cette « sainte fraerie, » 
pour cette « chevalerie, » dont il rappelle les vœux avec éloges. 

2. Voyez leur historien Manrique , Annales Cistercienses (Lug- 
duni, 4642), t. I, p. 187, année 1128, etc. 

3. Par exemple, dans Henriquez, Menologium Gisterciense ( Ant- 
verpiae, 1630, 2 vol. in-fol.), t. II, p. 41; et dans A. Le Mire, 
Chronicon Cisterciensis Ordinis (Colon. Agrip., 1614, in-12). 



INTRODUCTION. XJ 

auteurs ont rattaché les Templiers à l'Ordre de Saint- Augus- 
tin J . Cette confusion s'explique par certaines analogies entre 
les règles de ces trois Ordres , notamment dans les prières 
et dans plusieurs préceptes religieux; mais l'étude compa- 
rative de la Règle de Saint-Benoît' et de celle du Temple 
ne peut laisser aucun doute sur la source de cette dernière. 
Les règlements des Templiers ne sont pas non plus sans 
analogie avec ceux des Hospitaliers et des chevaliers 
Teutoniques. — Les statuts de l'Hôpital, tels que nous les 
possédons encore écrits aux xm e et xiv e siècles, offrent 
beaucoup de points communs avec ceux du Temple; les 
deux Ordres ne se trouvaient-ils pas dans les mêmes condi- 
tions, ne poursuivaient -ils pas à peu près le même but? 
Mais, à côté des ressemblances, les différences sont pro- 
fondes : très concise en bien des cas où la Règle du Temple 
est longuement développée, la Règle de l'Hôpital s'étend 
avec abondance sur des questions étrangères aux Tem- 
pliers, par exemple sur le soin des malades et l'hospitalité 2 . 

1. Par exemple dans W. Dugdale, Monasticon Anglicanum, éd. 
de 1830, Londres, 8 vol. in-fol., t. VI, part, ir, p. 813. 

2. Les manuscrits des statuts de l'Ordre de l'Hôpital, qui 
existent encore aujourd'hui, sont en nombre beaucoup plus con- 
sidérable que ceux de la Règle du Temple. Nous trouvons les 
plus amples renseignements sur cette question dans un volume 
que M. Delaville Le Roulx a fait paraître récemment sous ce 
titre : De prima origine Hospitalariorum (Paris, Thorin, 1885, 
in-8", 156 p.); voy. les pages 38-44. L'auteur signale vingt- 
trois mss., ainsi distribués : sept à Paris (Bibl. nat. : quatre du 
xiv e siècle, trois du xv e ); un à Montpellier (Bibl. de la Fac. de 
médecine, xiv e s.) ; un à Malte (Archives, xiv e s.) ; un à Turin 
(Athéneum, xiv e s.); cinq à Toulouse (Archives : deux du xrv e s., 
trois du xv e ); un à Vienne (Bibl. imp., xv e s.); deux à Rome 
(Bibl. du Vatican, xui e et xiv e s.) ; un à Florence (Bibl. nat., 
xv e s.) ; un à Marseille (Archives, xm e s.) ; un à Dijon (Archives, 
xv e s.). Au total, deux de ces mss. remontent au xin e siècle, 

b 



• '4 



XÎj INTRODUCTION. 

— Les ressemblances sont beaucoup plus grandes entre les 
Templiers et les Teutoniques, et cela par une raison diffé- 
rente. Pendant longtemps, à partir de leur fondation, en 
1190, les chevaliers Teutoniques se soumirent simplement 
aux statuts du Temple ; ils y ajoutaient seulement deux ou 
trois préceptes empruntés aux Hospitaliers et suivaient, 
comme ceux-ci, au point de vue religieux, la Règle de Saint- 
Augustin. De bonne heure, ils cherchèrent à y introduire 
quelques modifications, et la liberté de le faire fut octroyée 
à leur grand maître, en 1244, par le pape Innocent IV. 
C'est à cette époque que remonte la rédaction de leurs sta- 
tuts, tels qu'ils nous sont parvenus 1 . Ils sont, en beaucoup 

onze au xrv e , et dix au xv e . — Suivant la coutume constante des 
Hospitaliers, la Règle se compose des statuts édictés par les cha- 
pitres généraux sous les magistères successifs des grands maîtres, 
qui ont complété la règle primitive donnée par Raymond du Puy. 
A côté des statuts, l'Hôpital avait un code pénal, désigné sous le 
nom d'Égards, qui n'était pas inséré dans tous les exemplaires. 
Plus tard, le grand maître Pierre d'Aubusson (en 1489) fit trans- 
former complètement ces dispositions et grouper les statuts par 
matières. Ils furent alors rédigés, puis imprimés en latin, en 
français, en italien, etc. On fit un choix très restreint des anciens 
règlements, qui sont, en somme, tout à fait inédits. 

1. Les règles primitives furent très fidèlement gardées par cet 
Ordre. En 1442, le grand maître Conrad d'Erlichshausen, à la 
tête du chapitre général, fit rétablir le texte original (en alle- 
mand), un peu altéré dans les exemplaires en usage, et copier 
trois manuscrits types, qui furent déposés à Marienbourg, Horneck 
et Riga. Il n'en reste plus aucun , si ce n'est peut-être le pre- 
mier, qui serait l'exemplaire conservé aujourd'hui à Kœnigsberg 
et édité dans cette ville, en 1806, par Hennig {Die Statuten des 
Deutschen Ordens, in -8°). On connaît encore quelques autres 
manuscrits secondaires, toujours en allemand. Diverses traduc- 
tions de la Règle ont également été faites, une en latin notam- 
ment, très ancienne, écrite probablement avant la perte de la 
terre sainte, et incomplète : la meilleure édition est celle que 
l'on trouve au t. H (p. 12-64) des Miscellanea de Raym. Duellius 



INTRODUCTION. Xlij 

de points, calqués sur ceux du Temple; mais on voit que 
c'est un abrégé, un résumé, qui ne dispensait sans doute pas 
de se référer, à l'occasion, à la Règle originale des Tem- 
pliers. Ainsi, bien que le rédacteur ait eu entre les mains la 
presque totalité du texte que nous publions , il a laissé de 
côté la plupart des détails qui concernent la tenue des cha- 
pitres et la pénalité, et n'a gardé généralement, des autres 
statuts, que les points essentiels. 

3. — La Règle du Temple est donc doublement précieuse, 
puisqu'elle est la base de toute étude sur l'organisation inté- 
rieure de l'Ordre des Teutoniques aussi bien que de l'Ordre 
des Templiers. Pour l'histoire de ceux-ci, nous possédons, 
grâce à la Règle, dans leur dernier état et dans leur réunion la 
plus complète, des témoignages originaux, précis et authen- 
tiques sur un Ordre qui est encore bien mal connu. Les his- 
toriens, cependant, n'ont pas accordé à ce document l'atten- 
tion qu'il mérite. La plupart paraissent même en ignorer 
l'existence : ils parlent volontiers de « statuts secrets, » 
qu'ils ne connaissent pas, mais qu'ils imaginent infâmes et 
monstrueux; ils ne tiennent pas compte d'une source aussi 
pure et aussi certaine que la Règle française, et accordent 
un crédit aveugle à des traditions vagues ou à des conclu- 
sions passionnées, qui ne reposent que sur des témoignages 
le plus souvent récusables. 

La Règle, il est vrai, ne prouve qu'une chose, c'est que 
l'Ordre du Temple était régi, jusqu'à son dernier jour, par 
des lois irréprochables, vraiment monastiques, et même fort 
sévères. Elle ne prouve pas qu'à côté de ces vrais statuts, pré- 

(Aug. Vindobon., 1723-4, 2 vol. in-4°). — Sur cette question, voy. 
les excellentes Recherches sur l'ancienne constitution de l'Ordre 
Teutonique et sur ses usages... [par G.-E.-J. de Wal], Mergen- 
theim, 1807, 2 vol. in-8\ 



xiv INTRODUCTION. 

cisément très secrets pour la plupart 1 , il n'ait pu se glisser, 
dans un nombre de maisons plus ou moins grand, des tradi- 
tions hérétiques, des pratiques coupables, des initiations 
symboliques ou en quelque sorte maçonniques, souvenirs de 
la vie et des mœurs orientales, exagération des usages auto- 
cratiques de l'Ordre, et surtout corruption importée de diffé- 
rents côtés et propagée dans des provinces 1 entières par de 
nouveaux frères déjà pervertis et trop légèrement reçus. 
Nous avons parlé plus haut (p. iv) de règlements qui com- 
mandent en quelque sorte aux frères du Temple de chercher 
des recrues parmi les chevaliers excommuniés. N'y avait-il 
pas là une trop grande facilité à admettre dans l'Ordre des 
individus encore corrompus ou hérétiques en dépit de l'ab- 
solution obtenue pour eux ? — Dans la question que nous 
soulevons en ce moment, le souvenir des Albigeois, pourchas- 
sés, réfugiés, et se convertissant pour sauver leur vie, ne se 
présente-t-il pas tout de suite à l'esprit ? — Mais osera-t-on 
affirmer, comme quelques-uns n'ont pas craint de le faire, 
l'existence de règlements organiques, imposés par les puis- 
sances directrices de l'Ordre, avoués du grand maître et des 
grands commandeurs, quand il est certain que de nombreuses 
maisons, que des royaumes tout entiers n'ont pas été atteints 
par le mal, quand surtout on n'a réellement rien retrouvé de 
ces fameux statuts, malgré les recherches actives et intéres- 
sées des juges et des bourreaux 2 ? 

1. Cf. le passage que nous citons, page vij, relativement aux 
divers mss. de la Règle possédés par le maître du Temple de 
Laon, Gervais de Beauvais, dont il est question dans le Procès 
(éd. Michelet). — C'est un des arguments les plus décisifs qu'on 
mette en avant en faveur de la thèse des Statuts secrets. 

2. Le D r Merzdorf a publié à Halle, en 1877, une brochure 
intitulée : Die Geheimstatuten des Ordens der Tempelherrn (160 p. 
in-8"), qui renferme, sous le titre de « Monumenta ad discipli- 



INTRODUCTION. XV 

Rien, dans la Règle que nous publions, ne confirme ou 
n'autorise ces accusations ; tout, au contraire, y reflète une 
discipline sévère et fortement constituée : le lecteur s'en 
convaincra en parcourant le résumé des règlements, que 
nous donnons ici. 

Ceux-ci peuvent se grouper sous six chefs : hiérarchie et 
personnel; vie conventuelle, costume, service religieux; 
tenue des chapitres et code pénal ; élection du grand maître ; 
réception dans l'Ordre ; rapports des Templiers avec le pape 
et avec les Ordres religieux. 

nam arcanam fratrum militiae Templi, » la règle latine primi- 
tive, des « accessiones novae, » des « statuta sécréta, » etc., en 
petit nombre du reste, relevés sur des manuscrits des archives du 
Vatican. Le prof. H. Prutz (Geheimlehre und Geheimstatuten des 
Tempelherren-Ordens ; eine kritische Untersuchung ; Berlin, 1875, 
183 p. in-8°) a fait justice de ces textes de fabrication maçon- 
nique, qui ont surtout pour but d'établir une filiation entre les 
Templiers et les Francs-maçons. Il démontre que les statuts 
ont été faits après coup, d'après les accusations et les procès- 
verbaux des Procès du Temple, et que les éditions de ceux-ci 
ont même dû être connues du faussaire. — Une autre filiation, 
faisant remonter l'institution des grands maîtres bien au delà de 
Hugues de Payns, jusqu'à Fr. Jésus, et énumérant tous les pré- 
tendus successeurs de Jacques de Molay, avait été précédemment 
établie par l'Ordre moderne du Temple. On sait que cet Ordre 
suivait la doctrine Johannite. Son cérémonial, ses procès-verbaux, 
tous ses papiers sont aujourd'hui déposés aux Archives nationales ; 
mais ces documents n'offrent qu'un médiocre intérêt, et aucun ne 
fait allusion à des statuts secrets des anciens Templiers. 

La question très complexe des statuts coupables et de la doctrine 
hérétique des Templiers a été étudiée à diverses reprises, mais 
par des auteurs généralement passionnés, auxquels un lecteur 
impartial aurait tort de se fier. Voy. notamment, sur ces matières, 
l'ouvrage important de Loiseleur : la Doctrine secrète des Tem- 
pliers; Orléans, 1872, 230 p. in-8°. Le professeur Prutz a résumé, 
à son tour, toute la question dans la première partie de l'étude 
citée plus haut. 



XVJ 



INTRODUCTION. 



II. 



1 . — Les retraits et règlements hiérarchiques offrent un 
tableau précieux de l'organisation du Temple en Orient ; et, 
bien que rien ne s'y applique spécialement aux provinces 
d'Occident, aux pays « d'outre-mer, » il est évident que les 
statuts fondamentaux établis par le concile de 1128, et, 
dans la suite, par les décisions du Conseil de l'Ordre sous la 
présidence du grand maître, étaient communs à toutes les 
maisons. Des modifications de détail pouvaient leur être 
apportées d'après l'importance, la situation et les besoins de 
chaque commanderie ; certaines prescriptions, les règle- 
ments militaires par exemple, ont dû être supprimées complè- 
tement, car elles n'avaient plus leur raison d'être en dehors 
des provinces d'Orient ; mais, quoi qu'il en soit, l'uniformité 
de la Règle a été complète dans tout l'Ordre, au moins pour 
les parties essentielles. 

Le Maître ou, comme nous disons aujourd'hui, le grand 
maître était un souverain très puissant, mais non pas absolu. 
Il avait, dans certaines limites, le pouvoir de disposer des 
« avoirs » de la maison, de les distribuer à son gré, de faire 
des présents de valeur, de choisir pour son usage ce qui lui 
plaisait dans les envois de chevaux ou d'armures, de possé- 
der même un trésor et, sous clef, « une huche pour tenir ses 
joiaus; » cependant, dans toutes les décisions de grande 
importance, non seulement il était obligé de consulter le cha- 
pitre, mais il ne disposait que de sa voix et devait s'incliner 
devant l'avis de la majorité : ainsi, en cas de don ou d'aliéna- 
tion d'une terre de l'Ordre, de modification ou d'abrogation 
d'un décret du Conseil, d'attaque d'un château fort, de con- 
clusion d'une trêve, de déclaration de guerre, de réception 



INTRODUCTION. Xvij 

d'un frère dans l'Ordre. Pour le choix des grands com- 
mandeurs des provinces de l'Ordre, il fallait encore au 
Maître l'assentiment du chapitre, dont il pouvait se passer, 
au contraire, pour la nomination des officiers inférieurs. 

Le Maître a quatre chevaux pour son usage ordinaire. Sa 
maison se compose d'un frère chapelain, d'un clerc disposant 
de trois chevaux, d'un frère sergent avec deux chevaux, 
d'un « écrivain sarrazinois, » servant sans doute d'interprète, 
d'un « turcople, » soldat des troupes légères de l'Ordre, d'un 
maréchal ferrant et d'un cuisinier, de deux « garçons à pied » 
chargés du cheval « turcoman. » Cette monture d'élite, 
réservée pour la guerre, était, pendant la campagne, menée 
par un écuyer ; en temps de paix, elle restait aux écuries. 

Le Maître est encore assisté de deux frères chevaliers, 
qui doivent être d'un rang assez élevé pour pouvoir prendre 
part aux conseils les plus importants. Enfin il a, en cam- 
pagne, un « gonfanon baucent, » l'étendard de l'Ordre, et 
une « tente ronde, » le plus grand modèle des tentes. 

Le second officier du Temple est le Sénéchal. La Règle 
parle très peu de ce dignitaire, sans doute parce que ses 
« retraits » ne différaient guère de ceux du Maître. Il ne doit 
être « jeté fors, » exclu d'aucun chapitre, même dans les 
cas où le Maître peut se passer de tous les autres baillis de 
l'Ordre, par exemple pour choisir un légat ou un représen- 
tant dans les provinces. — Sa maison comprend deux 
écuyers, un compagnon chevalier, un frère sergent, un 
« diacre écrivain pour dire ses heures, » un turcople, un 
« écrivain sarrazinois » et deux « garçons à pied. » Il a 
même équipage que le Maître, même tente, même étendard 
et même sceau 1 . C'est le chef suprême de l'Ordre en l'ab- 
sence du Maître. 

1. La Règle est à peu près muette sur l'intéressante question 



xyiij INTRODUCTION. 

Le Maréchal est un des personnages les plus importants 
de l'Ordre en Orient. Il remplace le Maître et le Sénéchal 
partout où ils ne sont pas ; il a l'autorité militaire suprême 
et dispose des armes et des chevaux. D'autres maréchaux 
exercent la même charge que lui dans les provinces, au 
moins dans celles de Tripoli et d'Antioche ; leur pouvoir est 
absolu, mais subordonné à celui du Maréchal du couvent. 
Celui-ci a une maison et des équipages analogues à ceux 
du Sénéchal et du Maître, quoique moins considérables. 

Le Commandeur de la terre et royaume de Jéru- 
salem est grand trésorier et chef de la première province 
de l'Ordre. Sa suite comprend, comme celle des précédents 
dignitaires et des commandeurs de provinces, deux écuyers, 
un sergent, un diacre scribe, un turcople, un interprète scribe, 
deux garçons à pied. Il a pour compagnon particulier le 
Drapier, dont nous parlerons tout à l'heure. Le Comman- 
deur s'occupe de tous les établissements, fermes et domaines 

des sceaux du Temple. Ils étaient confiés, ainsi que les bourses 
(les trésors des maisons), aux seuls dignitaires d'un certain rang 
ou chargés d'un office spécial important. Le nom de bulles s'ap- 
plique, dans ce cas particulier, non pas aux sceaux eux-mêmes, 
mais aux matrices de ces sceaux : plusieurs passages formels 
le prouvent. Il est dit, de plus, que ces bulles ou matrices 
étaient en argent; les sceaux étaient en plomb ou en cire. Notre 
texte n'en dit mot, non plus que des types, sans doute très 
variés, mais il en subsiste quelques-uns qui peuvent nous ren- 
seigner. On constate l'existence de deux sortes de sceaux géné- 
raux du Temple : le premier type représente deux chevaliers sur 
un même cheval, la lance en arrêt, avec la légende : « Sigil- 
lum militum Ghristi ; • on voit sur le second un petit édifice à 
coupole, dessiné de diverses façons, avec la légende : « Milites 
Templi Salomonis. » Les Archives possèdent une dizaine de 
spécimens de ces deux types. (Cf. Douët d'Arcq, Inventaire des 
sceaux, et Mas Latrie, Dibl. de VÉcole des chartes, 1847, 2 e série, 
t. IV, p. 385.) Les types spéciaux affectés aux dignitaires et aux 
maisons de l'Ordre sont beaucoup plus rares. 



INTRODUCTION. xix 

ruraux de la province de Jérusalem, répartit les frères de 
l'Ordre dans les maisons et dispose du butin fait en guerre, 
sauf les chevaux et les armes, qui reviennent au Maréchal. 
De lui dépendent encore les vaisseaux et le commandeur du 
port d'Acre, principal établissement maritime de l'Ordre. 

Le Commandeur de la cité de Jérusalem, capitale du 
Temple, est en même temps l'Hospitalier de l'Ordre, veille à 
la défense et à la conduite des pèlerins de terre sainte, et leur 
fournit vivres et chevaux. Aussi son équipage ordinaire 
est-il complété par une « tente ronde, » qui lui permet 
d'héberger plus de monde. Dix frères chevaliers sont spécia- 
lement attachés à sa suite pour le service des pèlerins et 
pour le transport et la garde des reliques de la vraie croix. 

Au Commandeur de Jérusalem obéit un second comman- 
deur, spécial pour la cité. 

Les Commandeurs de Tripoli et d'Antioche, les deux 
autres provinces de l'Ordre en Orient, jouissent, dans toute 
l'étendue de leur baillie, de la même autorité que le Maître, 
sauf quand il est présent; ils possèdent, comme lui, gonfa- 
non et tente ronde ; ils ont un chevalier pour compagnon et 
commandent à tous les frères et officiers de leurs maisons, 
avec l'aide d'un chapitre. 

On peut regarder comme analogues les prérogatives et 
les droits des commandeurs des autres provinces, que la 
Règle se borne à mentionner : France, Angleterre, Poi- 
tou, Aragon, Portugal, P ouille et Hongrie. 

Le Drapier du couvent s'occupe de tout ce qui touche 
à l'habillement des frères. Sa suite se compose de deux 
écuyers, d'un homme de peine et de tailleurs ; il a quatre 
chevaux, comme les commandeurs, et trois tentes ; quelques 
marques honorifiques le distinguent seules des Drapiers des 
autres provinces. 



XX INTRODUCTION. 

A côté des grands dignitaires dont nous venons de par- 
ler, figurent encore, dans les provinces, quelques officiers 
d'ordre inférieur : au-dessous du commandeur de la pro- 
vince, les Commandeurs des maisons, dont les droits per- 
sonnels sont peu étendus et qui peuvent rarement se passer 
de l'assentiment de leur grand commandeur ; au-dessous du 
maréchal, et en qualité de lieutenants, les Commandeurs 
des chevaliers. En campagne, on nomme un de ces officiers 
à chaque « estage » de troupes ; ils sont soumis au grand 
commandeur, en l'absence du maréchal, et peuvent présider 
un chapitre en l'absence de l'un et de l'autre. 

Il nous reste à passer en revue le personnel ordinaire de 
l'Ordre, les chevaliers et sergents, avec leurs serviteurs ou 
leurs auxiliaires. i 

Les frères chevaliers ont trois chevaux et un écuyer; 
exceptionnellement et par faveur, il peut leur être attribué 
un quatrième cheval et un second écuyer. Chacun a une 
tente pour lui et son équipage. 

Parmi les frères sergents, cinq doivent être considérés 
comme d'une classe supérieure : le sous-maréchal, le gon- 
fanonier, le cuisinier et le ferreur du couvent, le com- 
mandeur du port d'Acre. Ils ont chacun deux chevaux, 
un écuyer et une tente. Tous les autres frères sergents, 
même s'ils sont commandeurs d'une maison, n'ont qu'un seul 
cheval. Il faut encore noter, parmi les privilégiés , les frères 
sergents particulièrement attachés à la personne du Maître, 
du Maréchal et du Commandeur de la province de Jérusa- 
lem, que nous avons mentionnés plus haut. 

Le sous-maréchal est une sorte d'intendant du maréchal : 
il s'occupe des équipements, de l'entretien et de la distribu- 
tion des armes; mais ce n'est pas un chef de guerre. 

Le gonfanonier est le chef de tous les écuyers et veille 
à leur discipline et à leur entretien. 



INTRODUCTION. XXJ 

Voici enfin quelques officiers inférieurs spéciaux : les 
frères casaliers, gardes des casaux ou fermes de l'Ordre, 
ayant deux chevaux et un écuyer, ce qui fait supposer qu'ils 
n'étaient que sergents ; puis les châtelains, plusieurs fois 
aussi mentionnés dans la Règle, mais sans explication : 
c'étaient probablement des chevaliers préposés pour un cer- 
tain temps à la défense et à la garde des châteaux forts dans 
les provinces. 

L'office de Turcoplier mérite une mention spéciale. Chef 
des tur copies, troupes légères auxiliaires du Temple, cet 
officier supérieur avait quatre chevaux dans son équipage, 
comme les grands dignitaires, et divers droits personnels. 
Il faisait certainement partie de l'Ordre, puisqu'on le qualifie 
de frère ; mais avait-il toujours eu cette qualité, était-il che- 
valier, ou même sergent ? Il est difficile de décider : on le voit, 
il est vrai, commander à des chevaliers lorsqu'il va en éclai- 
reur, mais à neuf au plus ; si ceux-ci, en effet, sont dix, ils 
doivent avoir à leur tête un commandeur des chevaliers, 
auquel, dans ce cas, le Turcoplier doit obéir. Du reste, dans 
la bataille, et quand il est à la tête de ses troupes, le Tur- 
coplier n'a d'ordres à recevoir que du Maréchal ou du Maître. 
Il a le commandement suprême sur tous les sergents, mais 
seulement quand ils sont sous les armes. 

En dehors de tous ces offices, dans les provinces ou dans 
les maisons de l'Ordre, nous mentionnerons rapidement 
quelques services annexes, par exemple celui de l'Infirmerie, 
où deux classes de personnes, les frères malades et les frères 
en pénitence, qu'il fallait séparer du reste du couvent, trou- 
vaient logement et nourriture. Il Infirmier, que la Règle 
appelle aussi Y Aumônier, veillait à tous ces soins matériels. 
Le Commandeur devait lui fournir l'argent et les vivres 
nécessaires. Ces hôpitaux n'étaient certainement établis que 
dans les maisons importantes de l'Ordre. 



XXlj INTRODUCTION. 

Des bâtiments secondaires s'élevaient à côté des édifices 
conventuels : étables, magasins, ateliers occupés par des 
métiers de toute sorte. Aussi la Règle mentionne-t-elle des 
frères de métier, servants ou autres, attachés à divers 
services ménagers, comme le four, la cuisine, la cave, le jar- 
din, la vigne, le moulin, les écuries, les chameaux, la basse- 
cour, le grenier, la bouverie, la bergerie, la porcherie. On 
remarque encore la grosse forge, la ferrerie ou marécha- 
lerie, la corviserie ou magasin et atelier des chaussures, la 
chevestrerie ou sellerie, la garde-robe, la draperie et la 
parementerie ou magasin d'étoffes et ateliers de tailleurs, 
la maréchaucie , pour les équipements de guerre, etc.; 
enfin, des maçons, des frères attachés à la prison, etc. Plu- 
sieurs de ces fonctions, les premières du moins, sont quali- 
fiées de services vils et remplies souvent par des frères en 
pénitence. 

La Règle donne à part, après avoir passé en revue les 
divers statuts de l'Ordre, les « établissements » des frères 
chapelains. Un clergé était, comme l'on sait, attaché à 
l'Ordre du Temple pour célébrer le service religieux et réci- 
ter devant les frères les heures canoniales. Ces chapelains 
relevaient directement du saint-siège. Les frères devaient se 
confesser à eux, à l'exclusion de tous autres prêtres, « car il 
en ont greignor pooir, de l'apostoile, d'eaus assoudre, que 
un arcevesque. » Il y avait probablement, parmi les cha- 
pelains, une hiérarchie. Peut-être plusieurs, celui du cou- 
vent notamment, exerçaient-ils une sorte d'autorité épis- 
copale ; mais la Règle est peu explicite sur ce point. On sait 
seulement que les frères chapelains du Temple pouvaient 
être élevés à la dignité d'évêque ou d'archevêque. 

Plusieurs privilèges honorifiques leur étaient accordés : 
leurs vêtements étaient taillés dans les meilleures étoffes, ils 



INTRODUCTION. XXiij 

portaient des gants, mangeaient à la table du Maître ou de 
son représentant, étaient servis les premiers, et avaient un 
verre à eux, faveur insigne. En cas de faute, les punitions 
qu'on leur infligeait n'étaient pas publiques : on épargnait 
cette honte à leur caractère sacerdotal. On pouvait, du reste, 
les chasser de l'Ordre sans délai, si la faute était grave. 

A ces chapelains, qui faisaient une profession spéciale en 
entrant dans l'Ordre, il faut ajouter un nombre, peut-être 
considérable, de prêtres et de clercs engagés à terme, sans 
autorité, sans droits spirituels sur les frères, mais utiles 
pour les offices et pour la récitation des prières aux repas. 
Encore n'y avait-il pas de clergé dans toutes les maisons, 
comme la Règle le laisse deviner en plusieurs endroits. 

2. — La Règle donne, dans les « retraits » des frères che- 
valiers et sergents, le détail de tout leur « harnois, » de tout 
ce qu'ils avaient droit de posséder au couvent pour leur usage 
personnel, vêtements, armes, outils, ustensiles, literie. 

Leur trousseau pour la vie conventuelle comprenait : 
deux chemises, deux paires de chausses, deux braies ou cale- 
çons, un jupel a girons, justaucorps entaillé au bas devant 
et derrière, une pelisse, deux manteaux, dont un à fourrure 
pour l'hiver ; enfin, une chape et une cotte, avec une ceinture 
de cuir. Comme coiffure, un chapeau de bonnet (de coton) 
et un de feutre ; les chaperons étaient interdits. 

Les frères sergents étaient vêtus comme les chevaliers, 
mais avec des étoffes plus grossières. La seule différence 
entre les deux costumes était la couleur du manteau, blanc 
pour les chevaliers, noir ou brun pour les sergents, les 
écujers et les chevaliers mariés 1 . La grande croix rouge de 

1. Il y eut, en effet, dans les premiers temps de l'Ordre, des 



XXiv INTRODUCTION. 

l'Ordre était appliquée, sans distinction, sur tous les man- 
teaux, de quelque couleur qu'ils fussent. Les chapelains, 
vêtus de noir, devaient « porter robe close » et être rasés. On 
accordait un manteau blanc, comme honneur insigne, à 
ceux qui étaient élevés à la dignité épiscopale. 

Les frères couchaient couverts de leurs vêtements de des- 
sous, c'est-à-dire de la chemise, retenue par une petite cein- 
ture, des braies et des chausses. Un sac ou paillasse, un 
linceul ou drap et deux couvertures, une étamine assez 
légère et une carpite plus épaisse composaient leur literie ; 
l'usage de la carpite, d'un matelas ou d'un grand manteau 
appelé esclavine n'était autorisé que par faveur excep- 
tionnelle. 

Le bagage des frères était calculé de manière à être très 
portatif et facile à disposer pour la marche. Il se composait 
de trois sacs, un pour la literie, et deux pour les armures ; de 
deux serviettes pour la table et la toilette ; de trois paires de 
besaces, dont deux pour les écuyers ; d'un chaudron pour la 
cuisine ; d'un bassin à mesurer l'orge et d'une carpite pour 
la vanner ; d'une hache, d'une râpe, d'un couteau à pain ; de 
deux hanaps, de deux flacons, d'une écuelle, d'une cuiller. 
Les chevaux avaient une chemise comme couverture, une 
longe et deux sangles. 

Tel était l'équipement, au couvent ou en voyage, dans les 
temps de paix. En guerre, les chevaliers portaient un hau- 
bert et des chausses de fer, un heaume ou un chapeau de fer 
(celui-ci sans doute pour la marche, celui-là pour la bataille), 
des espalières, des souliers d'armer, et un jupon d'ar- 
mer ou cotte d'armes par-dessus tout ; un écu, une épée, 
une lance, une masse turque de fer à côtes saillantes, et un 

chevaliers mariés, admis par faveur, mais séparés des autres 
frères au couvent. 



INTRODUCTION. XXV 

couteau d'armes. Deux sacs servaient à porter le costume : 
un pour la cotte d'armes et les espalières ; l'autre, de cuir 
ou de mailles de fer, pour le haubert. Aucune arme ne pou- 
vait, sans autorisation expresse, être peinte ou fourbie. 

Les jupons ou cottes étaient blancs pour les chevaliers, 
puisqu'ils remplaçaient les manteaux pendant la bataille 1 . 
Les frères sergents les portaient noirs. Leur costume mili- 
taire était, du reste, analogue à celui des chevaliers ; mais 
ils avaient un hauberjon sans manicles ou manches, leurs 
chausses de fer étaient sans avant-pied, et ils ne portaient 
pas le heaume, mais seulement un chapeau de fer. 

La Règle donne, à plusieurs reprises, des détails sur la 
discipline en temps de guerre, les campements, la marche à 
l'ennemi , etc . — Il y est aussi fréquemment question des repas . 
Au couvent, du moins dans les maisons importantes, il y avait 
deux, et même trois tables successives, la première pour les 
chevaliers, les autres pour les sergents, écuyers, turcoples, 
etc. Un frère qui arrivait en retard pour la première table 
était forcé d'attendre la seconde, moins abondamment ser- 
vie. Du reste, aucune différence pour le menu, même à la 
table du Maître. Les frères mangeaient deux par deux, à la 
même écuelle. Les restes étaient distribués aux pauvres. On 
faisait une lecture de l'Écriture sainte, pendant le premier 
repas au moins. En sortant de table, on disait les grâces à 
la chapelle. — En campagne, des Commandeurs de la 
viande étaient chargés du service des vivres. 

1. Cf. un dessin colorié reproduit dans les Costumes historiques 
de Mercuri (nouv. éd. Lévy, 1861, t. II, pi. 101), d'après une 
miniature d'un ms. de la bibl. Barberini, à Rome. Il représente 
un chevalier du Temple à cheval. Sa cotte d'armes et la chemise 
du cheval sont blanches, mais traversées par la croix rouge ; la 
manche du pourpoint ou jupon est rouge, ainsi que les chausses. 
La selle est verte. 



XXVJ INTRODUCTION. 

Les jeûnes étaient fort rigoureux eu égard à la vie fati- 
gante que les chevaliers menaient en Orient ; mais il faut 
faire la part du climat de ces contrées, qui facilite l'absti- 
nence. Les Templiers jeûnaient tous les vendredis, de 
la Toussaint à Pâques, et la veille des grandes fêtes. Ils 
Élisaient aussi deux carêmes par an, l'un de la Saint-Mar- 
tin de novembre à Noël, l'autre du mercredi des Cendres 
à Pâques. La première Règle, celle de saint Bernard, 
ordonnait l'usage du maigre quatre fois par semaine; 
mais ce règlement, qui n'est reproduit nulle part dans les 
nouveaux statuts, tomba probablement de bonne heure en 
désuétude. 

Les frères chevaliers étaient illettrés pour la plupart; 
leurs devoirs religieux se réduisaient à l'assistance régu- 
lière aux offices célébrés par les chapelains ou les prêtres et 
à la récitation, pendant les heures canoniales et à divers 
moments de la journée, d'un nombre fixe de Pater. — Tout 
le couvent devait entendre matines, prime, messe, tierce 
et midi avant le premier repas. L'assistance à plusieurs 
messes consécutives était conseillée. Le soir, avant le sou- 
per, on entendait nones et vêpres, et compiles avant le 
coucher. Quant aux patenôtres, elles variaient de quatorze 
à vingt-six pour chaque heure canoniale, dont la moitié, 
chaque fois, devait être récitée debout, en l'honneur de la 
sainte Vierge, et l'autre moitié pour la fête du jour. Celles 
de la Vierge devaient en outre être dites les premières, 
sauf à complies, où elles terminaient l'office, « por ce que 
nostre Dame fu comen cernent de nostre religion, et en li et 
a honor de li sera, se Dieu plaist, la fin de nos vies et la fin 
de nostre religion, quand Dieu plaira que ce soit. » Il faut 
ajouter que même ces Pater n'étaient formellement exigés que 
lorsqu'on ne pouvait entendre les heures, ce qui arrivait par- 



INTRODUCTION. XXVlj 

tout où il n'y avait pas de chapelle, dans les maisons secon- 
daires ou en campagne. D'autres patenôtres étaient obli- 
gatoires en tous cas : trente pour les frères ou bienfaiteurs 
morts, et trente pour les vivants. Pour les services funèbres 
des frères, on disait cent Pater en sept jours, et, pour celui 
du Maître, deux cents, mais seulement dans la province où 
le décès avait eu lieu. Les cérémonies funèbres étaient aussi 
l'occasion de larges aumônes. A la mort du Maître, cent 
pauvres étaient nourris pendant une journée. 

La Règle est très explicite pour le service religieux rempli 
par le clergé de l'Ordre. Elle donne des détails complets sur 
les fêtes célébrées, avec leur liste et les prières imposées pour 
chacune; mais il n'y a rien là qui soitspécial au Temple. 

Un mot encore sur quelques défenses importantes faites 
aux frères, et qu'il est bon de relever. Il était interdit de 
donner à qui que ce fût, sans permission expresse, un exem- 
plaire de la Règle ou des statuts hiérarchiques, etc.; on 
avait remarqué que des abus s'étaient produits, que des 
personnes étrangères à l'Ordre avaient eu connaissance 
de certains règlements. Les grands commandeurs seuls, 
comme nous avons dit plus haut, pouvaient posséder une 
Règle complète. — Une autre défense était relative à 
l'emploi de l'argent du Trésor, aux sommes déposées 
entre les mains des frères et commandeurs. Gomme ils ne 
pouvaient rien avoir en propre, ils étaient obligés de tenir 
un compte très exact de leurs dépenses et de leurs recettes, 
de manière à le présenter à la première requête. Une 
négligence dans la gestion des biens, un prêt, une dépense 
ou un don faits sans autorisation attiraient sur le cou- 
pable les peines les plus graves. Découvrait-on de l'argent 
dans les effets d'un frère après sa mort, son corps était 
privé de tout service funèbre, de toute prière, et mis en terre 

C 



XXviij INTRODUCTION. 

profane, comme celui d'un esclave. Le Maître lui-même n'eût 
pas été traité autrement, s'il avait disposé à l'insu du cha- 
pitre et en dehors de l'Ordre de sommes qui ne pussent être 
recouvrées.- 

3. — Deux sortes de chapitres bien distincts étaient tenus 
dans l'Ordre du Temple. Dans les uns, les grands dignitaires, 
les baillis du couvent avaient seuls droit de présence; on y 
discutait les questions graves, sous la présidence du Maître. 
La Règle ne dit rien de précis sur la tenue de ce conseil 
supérieur; mais il est certain, par les diverses allusions 
qu'elle renferme, notamment dans les statuts hiérarchiques, 
que la composition en était aussi variable que les affaires 
qu'il avait à traiter. Le choix des membres paraît avoir 
été laissé, en général, à la discrétion du Maître. Il est pro- 
bable que chacun des commandeurs des provinces pouvait, 
à l'occasion, convoquer un chapitre supérieur du même 
genre, dont la compétence était limitée à l'étendue de la 
province. 

Mais, en dehors de cette assemblée suprême, l'Ordre tenait 
des chapitres hebdomadaires, des conseils de pure disci- 
pline, auxquels tous les frères chevaliers étaient, non seule- 
ment admis, mais obligés d'assister. De plus, tous les frères de 
l'Ordre, chevaliers ou sergents, et même les écuyers, avaient 
la faculté de former un chapitre en cas de nécessité : un 
groupe de frères sans chef pouvait, à un mpment donné, 
délibérer en chapitre, en élisant le plus ancien comme pré- 
sident. Si la Règle n'insiste pas sur tous ces détails, c'est 
que les affaires traitées dans ces assemblées ordinaires, 
questions financières ou administratives, n'étaient guère 
susceptibles d'une réglementation absolue. 

Il n'en est pas de même des statuts disciplinaires et de tout 



INTRODUCTION. xxix 

ce qui touche la pénalité ; les détails abondent sur ce point 
dans la Règle, des commentaires et des exemples expliquent 
les règlements et montrent le fonctionnement complet du 
code pénal en vigueur chez les Templiers. 

Quand le chapitre est assemblé, la séance s'ouvre par 
une allocution du président. Puis, chaque frère qui se sent 
coupable déclare tout haut sa faute, en « criant merci » à 
genoux. Tant que dure sa confession, un autre frère peut 
prendre la parole et l'accuser, pourvu qu'il soit sûr de l'ac- 
cusation qu'il lance contre lui : c'est un devoir de conscience 
auquel il ne doit pas se soustraire, s'il n'a pas, avant le 
chapitre, averti et réprimandé le coupable ; la Règle con- 
seille, en effet, cette manière de procéder, parce que « c'est 
plus selon Dieu, » et qu'il vaut mieux que les frères s'ac- 
cusent eux-mêmes. Si plusieurs dénoncent le même frère, le 
chef du chapitre peut interroger chacun d'eux séparément, 
en faisant sortir les autres. On peut même accepter le témoi- 
gnage d'un « ami de la maison, » de sagesse et de conseil 
reconnus, un prélat par exemple, mais en dehors du cha- 
pitre. Quand le frère a terminé ses aveux, il sort de la 
salle et attend à la porte la décision du chapitre. Les frères 
sont consultés suivant leur rang. Les antécédents du cou- 
pable , son bon ou mauvais « portement, » ont une grande 
influence sur la sentence. 

Il va sans dire que tous les genres de fautes ne peuvent 
être « regardés, » c'est-à-dire discutés et punis, dans tous 
les chapitres ; les peines graves ne sont pas laissées au juge- 
ment de tous les commandeurs. Il peut arriver aussi que la 
nature de la faute ne soit pas prévue par le code pénal du 
Temple, ou que les frères ne puissent se mettre d'accord sur 
la décision à prendre. Dans tous ces cas, le coupable est mis 
en répit, c'est-à-dire renvoyé à un conseil supérieur, par- 



XXX INTRODUCTION. 

fois à celui du Maître. Il n'est pas impossible que, dans les 
maisons inférieures, le frère accusé ne pût demander lui- 
même le renvoi : la Règle cite un exemple de cet appel, 
mais sans dire si c'était une faculté générale. 

Toutes ces discussions sont suivies d'une nouvelle exhor- 
tation du président, rappelant les règles et les établissements 
de l'Ordre et donnant des conseils de conduite. Les frères 
coupables sont alors mis en pénitence ; la discipline est don- 
née à ceux qui l'ont méritée. Puis, le commandeur prononce 
quelques paroles sur la sincérité qui doit régner dans les 
confessions, et la séance se termine par des prières récitées 
pour la maison, pour les frères de l'Ordre, les bienfaiteurs 
et les défunts. Enfin, le chapelain donne une dernière abso- 
lution générale. 

La liste des crimes ou fautes disciplinaires prévus par le 
code pénal du Temple a varié avec les rédactions successives 
qui ont été insérées dans la Règle ; mais la nature des peines 
est restée fixe. Les fautes les plus graves entraînaient 
l'expulsion de l'Ordre ; les autres fautes, la perte, pour un 
an, de l'habit (c'est-à-dire du manteau) et de ses privilèges ; 
puis le travail manuel, le jeûne et la discipline pendant un, 
deux ou trois jours par semaine, etc. 

Ce code était divisé en dix parties, parmi lesquelles 
figuraient aussi le cas de renvoi du jugement à un tri- 
bunal supérieur et celui d'acquittement de l'accusé déclaré 
innocent. 

La première peine, l'exclusion, ou perte de la maison, 
était infligée dans neuf cas, d'après la plus ancienne rédac- 
tion du code : simonie commise à l'entrée dans l'Ordre ; 
révélation des choses faites ou dites en chapitre ; meurtre 
d'un chrétien; larcin; évasion d'une maison de l'Ordre 
« par autre luec fors par la droite porte; » commune, 



INTRODUCTION. XXXJ 

c'est-à-dire complot, entente de deux frères ou plus contre 
un autre ; trahison, « fuir aux Sarrazins, » passer à l'en- 
nemi; hérésie; désertion du champ de bataille « por 
paor des Sarrazins. » Dans la seconde rédaction, l'ordre 
de ces neuf cas a été interverti, et deux ont été ajoutés : 
sodomie, et mensonge sur une des questions posées lors 
de la réception des frères , relativement aux qualités 
requises pour entrer dans l'Ordre. Le total des cas de 
pénalité ne dépasse cependant pas dix, parce qu'on a fondu 
ensemble le quatrième et le cinquième : larcin et éva- 
sion. Cette faute de larcin était plus complexe que toute 
autre, et aussi plus fréquente : « Cest pechié si a moût de 
branches, et en mult de manières i puet l'en cheoir qui ne 
s'en prent garde ententivement. » On condamnait, en effet, 
sous ce chef, en dehors du vol simple, le frère qui détenait 
de l'argent sans permission, celui qui avait quitté la maison 
et couché deux nuits hors du couvent en emportant autre 
chose que certains vêtements nécessaires à cet effet, celui 
qui n'avait pas tout montré dans sa maison au Maître ou à 
un commandeur venu pour la visiter, celui qui avait fait 
sortir de l'argent du Trésor de l'Ordre sans l'avouer. 

Le frère condamné à « perdre la maison » devait venir au 
chapitre « tout nus en ses braies, » une courroie au cou, et 
le commandeur lui donnait charte de congé. Il lui fallait 
alors se présenter immédiatement dans un autre Ordre reli- 
gieux, plus sévère, surtout dans celui de Saint-Benoît ou 
celui de Saint- Augustin. Celui de l'Hôpital lui était fermé 
« par accort des frères, » et aussi celui de Saint-Lazare, à 
moins qu'il ne devînt lépreux. 

La deuxième peine, la perte de l'habit pour un an et un 
jour, pouvait être prononcée dans un assez grand nombre de 
cas : quand il arrivait à un frère de refuser d'obéir ; de battre 






XXX1J INTRODUCTION. 

un frère ou un chrétien; de le blesser; d'être surpris en 
mauvaise compagnie, surtout avec une femme; d'émettre 
contre un frère une accusation calomnieuse, qui eût pu le 
faire expulser si elle avait été fondée ; de s'accuser soi-même 
faussement pour être renvoyé de l'Ordre ; de demander la 
permission de quitter l'Ordre, et, en cas de refus, de déclarer 
qu'il passerait à l'ennemi ; de baisser le gonfanon en bataille 
pour combattre, et «poindre, » c'est-à-dire charger l'ennemi, 
sans autorisation ; de refuser à un frère l'exercice des droits 
que lui donnait sa qualité dans l'Ordre; de recevoir un 
frère au Temple sans avoir l'autorité nécessaire ou en dehors 
des conditions requises du postulant ; de rendre l'habit à un 
frère qui l'avait jeté à terre par colère ; de briser un sceau 
ou une serrure ; d'aliéner une terre ou de disposer de l'ar- 
gent de l'Ordre en faveur d'étrangers, sans permission; 
de prêter sur le Trésor à qui pouvait perdre la somme ; 
de prêter son cheval à un autre frère sans autorisation; 
de mêler les sommes confiées par des personnes étran- 
gères avec celles qui appartenaient à l'Ordre, ou d'affirmer 
faussement qu'elles lui appartenaient ; de tuer, de blesser ou 
de perdre un esclave ou une bête ; de chasser, de s'exercer 
avec des armes, et de causer quelque accident dommageable 
pour l'Ordre; de donner une bête, « fors chien ou chat; » 
de bâtir à neuf sans permission i ; de « faire le dommage de 
la maison à escient; » d'abandonner la maison dans un 
moment d'égarement, et d'y rentrer aussitôt ; de refuser de 
« crier merci » d'une chose dont il était accusé en chapitre. 
Dans tous les cas énoncés ici, les membres du chapitre 
avaient la faculté d'adoucir la peine en tenant compte des 
bons antécédents du coupable. Cette peine n'était obliga- 

\ . Les réparations seules étaient autorisées. 



INTRODUCTION. XXXÎij 

toire que dans deux cas : l'abandon de la maison pendant 
deux nuits (sans larcin, bien entendu), et le rejet de l'habit, 
même dans un moment de colère. 

Cette longue liste offre, sur l'appréciation de la gravité des 
fautes, certains détails curieux qu'il est bon de rapprocher des 
divers exemples donnés à l'appui, à la fin de la Règle. Ainsi, 
on remarquera qu'il était aussi grave de tuer un cheval 
que de tuer un esclave (le dommage étant le même pour 
l'Ordre), mais que c'était beaucoup moins grave que de tuer 
un chrétien. D'un autre côté, parmi les exemples de larcin 
cités par le rédacteur, nous trouvons le fait d'un frère qui, 
dans une déclaration des objets commis à ses soins, avait omis 
à dessein de compter « une jarre de beurre. » Le frère fut 
chassé de l'Ordre : s'il avait tué un esclave, il aurait encouru 
simplement une pénitence d'une année, avec privation de 
son habit; encore, comme on ledit formellement, le chapitre 
eût-il pu lui pardonner. 

La gravité des circonstances, surtout l'indiscipline recon- 
nue du frère coupable, entraînaient, outre la perte de l'habit, 
l'emprisonnement, les fers, et quelquefois même, lorsqu'il 
s'agissait d'une des fautes les plus graves, d'un meurtre, 
par exemple, la prison perpétuelle dans un des châteaux 
forts de l'Ordre. 

Le frère, pendant qu'il était privé de son habit, habitait, 
comme nous avons dit, à l'hôpital, sous le commandement 
de l'aumônier, mangeait par terre et travaillait avec les 
esclaves ; ses armes et ses chevaux étaient rendus aux arse- 
naux et magasins; il portait une robe sans croix; enfin, 
il devait jeûner trois jours par semaine, jusqu'à dispeûse 
expresse d'un ou deux jours au plus. Un frère qui avait 
subi une telle peine était jugé indigne à tout jamais de 
porter un gonfanon, de garder un sceau, d'être comman- 



XXXÎV INTRODUCTION. 

deur, de faire partie des électeurs du grand maître, de juger 
en chapitre un frère qui eût mérité un châtiment pareil au 
sien. En cas de maladie, la durée de la pénitence n'était pas 
prolongée ; en cas de mort, le service funèbre était le même 
que pour tout autre frère. 

Il nous reste à mentionner les peines secondaires infli- 
gées aux frères pour des fautes contre la discipline que la 
Règle n'indique pas, mais qui n'attachaient pas à la per- 
sonne du coupable le même déshonneur. D'abord, toutes les 
fois que le chapitre, dans un des cas mentionnés plus haut, 
a adouci la peine et laissé par faveur l'habit au frère cou- 
pable, celui-ci fait trois jours de pénitence par semaine, s'oc- 
cupe des « services vils, » lave les écuelles, fait le feu, etc., 
et mange par terre; mais il habite au couvent. La peine 
peut encore être réduite à deux jours, tout en laissant dans 
certains cas subsister le troisième jour pour la première 
semaine ; le coupable est encore astreint aux services domes- 
tiques, mais peut en être exempté par faveur. La durée des 
peines varie suivant la conduite du frère et la décision 
nouvelle du chapitre. Les frères à qui cette sentence a été 
appliquée ne touchent ni à leurs armes ni à leurs chevaux, 
sauf dispense momentanée, en cas de guerre; mais ils ne les 
rendent pas aux magasins, et les confient à un autre frère, 
qui en répond dans les inspections. Le dimanche, ils restent 
en dehors de l'église jusqu'après l'Evangile , et viennent 
alors recevoir la discipline devant tous. Enfin, le frère peut 
être condamné à un jour de pénitence par semaine , sans 
services domestiques, sans discipline publique, ou simple- 
ment au jeûne le vendredi, avec la discipline privée ; ou bien 
« au justisement du chapelain, et doit faire à son pooir ce 
que le frère chapelain li comandera. » Ce dernier genre 
de peine n'est pas expliqué dans la Règle. 



INTRODUCTION. XXXV 

Nous avons parlé plus haut du répit, du renvoi d'un 
frère au jugement d'un tribunal supérieur ou du Maître 
même; c'est le 9 e article de ce code pénal. Plusieurs rai- 
sons peuvent motiver ce renvoi : si la faute à juger dépasse 
la compétence du chapitre devant lequel elle est venue et du 
commandeur qui le préside ; si c'est un cas imprévu, douteux, 
sur lequel les avis se partagent ; enfin si l'accusé est de mau- 
vaise réputation ou indiscipliné, et que l'on veuille ainsi 
rendre sa honte plus évidente. 

Le 10 e article mentionne simplement la paiœ, l'abandon 
d'une accusation jugée fausse et non fondée. 

4. — Un chapitre spécial de la Règle, en dehors des sta- 
tuts ordinaires, est consacré a la description complète du 
cérémonial qui accompagne la mort d'un grand maître et 
l'élection de son successeur. 

Aussitôt après la mort, le Maréchal (si le défunt a suc- 
combé dans la province de Jérusalem) convoque les pré- 
lats et les dignitaires des Ordres religieux pour assister aux 
obsèques, que l'on célèbre avec grande pompe, « grant lumi- 
naire de cierges et de chandeles. » La nouvelle est ensuite 
envoyée à tous les commandeurs des provinces, avec ordre 
de venir assister le conseil pour les élections, dont la pre- 
mière est celle d'un Grand commandeur intérimaire. Les 
commandeurs des provinces doivent emmener avec eux leurs 
principaux officiers ; des prières et des jeûnes sont recom- 
mandés aux frères dans chaque maison. 

Le jour fixé pour l'élection du Maître, après matines, le 
Grand commandeur intérimaire, assisté de quelques digni- 
taires, choisit deux ou trois frères des plus marquants, entre 
lesquels le conseil élit par vote le Commandeur de V élec- 
tion. Celui-ci doit être « comunaus à toutes lengues et à toz 



XXXVJ INTRODUCTION. 

les frères, » c'est-à-dire au courant des affaires et des besoins 
des diverses provinces, et avoir pleine connaissance du mérite 
et delà personne des principaux commandeurs. On lui adjoint 
un compagnon connu pour avoir la même compétence, et tous 
deux passent seuls le reste de la nuit et la matinée dans la 
chapelle, à prier et à « traiter de l'affaire de l'élection. » — 
Au jour, quand toutes les heures canoniales, jusqu'à celle de 
midi, ont été récitées et que le chapitre s'est réuni, les deux 
premiers électeurs choisissent deux autres frères, et, avec leur 
aide, en nomment deux nouveaux ; ceux-ci, se joignant aux 
précédents, élisent encore deux membres de plus, et ainsi jus- 
qu'à douze : nombre établi en mémoire des douze apôtres. 
Il doit y avoir parmi ces électeurs huit chevaliers et quatre 
sergents « de diverses provinces et de diverses nations. » 
Un chapelain est élu en dernier lieu pour représenter Jésus- 
Christ. 

Le Conseil de l'élection ainsi formé se présente devant le 
chapitre, dont il réclame les prières, et se retire alors pour 
délibérer secrètement. L'examen porte d'abord sur les digni- 
taires d'Orient, puis, s'il est besoin, sur ceux d'Europe. Une 
fois le nom choisi à la simple majorité, les treize électeurs 
rentrent devant le chapitre assemblé; le Commandeur de 
l'élection, après avoir demandé l'assentiment général des 
assistants pour le vote qui vient d'avoir lieu, s'adresse 
directement au frère qui a été élu, et le proclame Maître. 
Celui-ci est aussitôt porté en triomphe à l'église ; on chante 
le Te Deum, et diverses prières terminent la cérémonie. 

Un point intéressant n'est pas éclairci dans ce chapitre : 
c'est la composition du conseil dans lequel étaient choisis 
les treize électeurs. On peut croire que des commandeurs de 
l'Ordre, chevaliers ou sergents, étaient seuls présents; 
mais il n'importait guère que le nombre des assistants fût 



INTRODUCTION. XXXvij 

restreint, puisque les deux premiers électeurs, les plus 
influents sans doute dans les débats de l'élection, étaient en 
somme élus uniquement par le Grand commandeur intéri- 
maire, assisté des principaux dignitaires de l'Ordre. Il est 
curieux aussi de remarquer l'importance donnée, dans cette 
délibération capitale, à la classe des frères sergents, que 
les statuts nous montrent partout si inférieure à celle des 
chevaliers, en dépit du rang de commandeur octroyé à plu- 
sieurs de ses membres. C'est que leur nombre était sans doute 
trop considérable dans le personnel du Temple pour qu'ils 
demeurassent étrangers à une élection intéressant tout 
l'Ordre; ils n'y figuraient d'ailleurs que pour un tiers. 

5. — Le chapitre placé à la fin de la Règle est consacré à 
la réception d'un frère dans l'Ordre ; c'est pour ainsi dire un 
formulaire et un cérémonial, sans liaison avec le reste des 
statuts. Pas même de préambule explicatif : le titre est immé- 
diatement suivi des paroles prononcées par le commandeur, 
président du chapitre, à l'ouverture de la discussion. 

Quelle était la composition de ce conseil? Nous l'ignorons ; 
mais elle était probablement limitée aux seuls chevaliers de 
l'Ordre. Aussitôt que le chapitre est réuni, les chevaliers 
sont appelés à donner leur avis ; si nul ne s'oppose à la récep- 
tion du postulant, deux ou trois des plus anciens frères se 
détachent pour aller l'examiner à part, et reviennent ensuite 
informer le chapitre de la ferme volonté qu'il a témoignée 
d'entrer dans l'Ordre et des réponses satisfaisantes qu'il a 
faites aux questions posées. Le postulant est alors introduit 
et s'agenouille humblement devant le commandeur, qui lui 
représente « les gransdurtés de la maison, » ses « fors com- 
mandements, » et lui demande formellement s'il consent à 
être pour toute sa vie « serf et esclave de la maison. » Si ses 



XXXviij INTRODUCTION. 

réponses sont affirmatives, le commandeur le congédie, pour 
délibérer une dernière fois avec les frères du chapitre, puis 
le fait revenir. Le postulant renouvelle alors sa demande 
devant toute l'assemblée et se tient prêt, à genoux et les 
mains jointes, à répondre sur l'Evangile aux interrogations 
qui vont lui être faites une dernière fois. Il est encore libre 
de retirer sa demande : on ne tient pas compte de ses pre- 
mières réponses ; mais un mensonge commis à ce moment 
solennel entraînerait pour lui, comme nous l'avons dit plus 
haut, l'expulsion de l'Ordre. 

Les questions posées sont les suivantes. Le postulant est-il 
marié ou fiancé à une femme qui puisse le réclamer au nom 
des lois de l'Eglise (en ce cas le frère serait mis aux fers et 
travaillerait avec les esclaves pendant un certain temps ; à 
l'expiration de cette peine, on le « bailleroit à la femme ») ? 
Appartient-il déjà à un autre Ordre religieux ? Est-il débi- 
teur envers une personne étrangère à l'Ordre d'une somme 
qu'il ne puisse payer (il serait alors livré aux mains du 
créancier, qui ne pourrait avoir aucun recours contre le Tré- 
sor de l'Ordre) ? Est-il sain de corps, exempt de toute maladie 
visible à l'extérieur? N'a-t-il pas cherché à gagner par des 
promesses ou par des dons un frère du Temple ou un étranger 
pour se faire recevoir dans l'Ordre? Est-il bien « fils de che- 
valier et de dame, » et son père est-il « de lignage de che- 
valiers? » En même temps, est-il né « de loïal mariage? » 
A-t-il reçu un des ordres de cléricature, prêtrise, diaconat 
ou sous-diaconat (car, en ce cas, il n'aurait pu demander 
l'admission qu'en qualité de chapelain) ? Enfin a-t-il encouru 
l'excommunication (il faudrait, en effet, qu'il en fut relevé 
avant d'être reçu dans l'Ordre) ? 

Quand il s'agit de la réception d'un frère sergent, quelques 
modifications sont introduites dans ce questionnaire. On ne 



INTRODUCTION. XXXIX 

demande pas au postulant s'il est fils de chevalier, mais s'il 
est homme libre, s'il n'est serf d'aucun seigneur qui puisse 
le réclamer. On s'informe toutefois s'il est par hasard cheva- 
lier, et s'il a voulu dissimuler cette qualité en se présentant 
comme sergent. La prévision d'un pareil cas prouve que le 
fait s'était présenté, et fait supposer que certains avantages 
pouvaient être attachés au rang de simple sergent du 
Temple. 

Ces demandes faites, le commandeur présidant exige 
encore du postulant diverses promesses : obéir toujours au 
Maître et aux commandeurs qui le représentent ; garder la 
chasteté ; vivre « sans propre ; » se soumettre aux us et 
coutumes de la maison ; aider à la conquête de la terre sainte 
et à la sauvegarde des possessions chrétiennes ; ne jamais 
abandonner le Temple pour un autre Ordre, sans permis- 
sion du Maître et du couvent ; ne jamais souffrir un tort fait 
à un chrétien contre toute justice. 

La réception du frère dans l'Ordre est alors prononcée 
« de par Dieu et de par nostre Dame sainte Marie, et de par 
monseignor saint Pierre de Rome, et de par nostre père 
l'apostoile, et de par tous les frères du Temple. » Le com- 
mandeur prend le manteau, insigne de l'Ordre, et l'attache 
au cou du nouveau frère, qui est demeuré à genoux ; puis 
il relève celui-ci et le baise « en la bouche, » et le frère 
chapelain qui assiste le chapitre en fait autant. Enfin, il lui 
adresse quelques derniers avis et résume à son usage une 
partie des statuts de l'Ordre, dans la mesure qui doit suffire 
à un simple frère, c'est-à-dire les préceptes disciplinaires 
et les règlements pour le coucher et les repas, pour les 
prières et l'assistance aux offices divins. 

6. — Nous terminerons cet aperçu déjà trop long par 



Xl INTRODUCTION. 

quelques notes sur les rapports de l'Ordre du Temple avec le 
pape et les évêques, surtout avec l'Ordre de l'Hôpital. On 
n'a malheureusement que peu de détails sur ces questions 
intéressantes. L'autorité du saint-siège est invoquée plusieurs 
fois comme celle d'un père suprême, avec celle de saint 
Pierre, par exemple dans la formule de réception que nous 
venons de citer ; mais la Règle dit aussi que, si « nostre père 
l'apostoile, qui est maistres et pères de nostre religion sur 
tous autres après nostre Seignor, fait prière à la maison pour 
aucun..., il la fait sauve la justice de la maison. » D'autres 
textes montrent que, dans plusieurs cas retenus par le pape, 
les simples chapelains de l'Ordre ne pouvaient absoudre le cou- 
pable : le saint-père commettait alors ses pouvoirs à l'évêque 
du lieu. Ces cas étaient le meurtre d'un chrétien, des bles- 
sures faites à un frère du Temple et des coups donnés à un 
religieux, la négation des ordres de cléricature par un frère 
au moment de sa réception, la simonie pour entrer dans 
l'Ordre du Temple. Il ne s'agissait du reste que d'une absolu- 
tion spirituelle, réservée à l'autorité de l'Eglise, sans préju- 
dice de la justice de l'Ordre, qui suivait son cours. La Règle 
rapporte un cas délicat de simonie, au sujet duquel le pape, 
consulté secrètement, envoya sa décision à l'archevêque de 
Césarée : on peut voir par cet exemple que le Maître du 
Temple demandait parfois, officieusement en quelque sorte, 
l'avis du souverain pontife. 

Nous savons peu de chose des rapports des Templiers avec 
les prélats ; exceptionnellement, en dehors des maisons ou des 
camps de l'Ordre, les frères pouvaient « boivre vin » avec un 
archevêque ou un évêque ; en toute autre compagnie, cette 
liberté leur était formellement interdite, excepté cependant, 
le cas échéant, dans une maison de l'Ordre de l'Hôpital. 

On peut noter dans la Règle plusieurs autres exceptions 



INTRODUCTION. xlj 

apportées à la lettre des statuts en faveur des frères de Saint- 
Jean de Jérusalem. Ainsi, quand les Templiers étaient cam- 
pés ou logés dans des maisons, ils ne pouvaient quitter leurs 
cantonnements pour aller « en herberge de gens dou siècle 
ne de religion, » sous peine de perdre l'habit ; mais on auto- 
risait les visites au camp des Hospitaliers, quand ceux-ci se 
trouvaient « corde à corde. » En cas de déroute, à défaut de 
drapeau pour se rallier, les Templiers devaient aller de pré- 
férence au camp des Hospitaliers et combattre avec eux. 
Enfin, par suite d'une convention entre le Temple et l'Hôpi- 
tal, les frères renvoyés de l'un de ces deux Ordres ne pou- 
vaient entrer dans l'autre ; on a vu qu'ils étaient obligés de 
chercher asile dans un Ordre différent et sous une règle plus 
sévère. Saint Bernard avait interdit également la réception 
des frères chassés du Temple dans les couvents Cisterciens, 
et l'on a plusieurs fois cité cette défense comme un exemple 
de la confraternité des deux Ordres. La Règle, cependant, 
nomme positivement l'Ordre de Saint-Benoît parmi ceux qui 
étaient ouverts aux frères expulsés; mais ce passage est 
d'une époque très postérieure à saint Bernard, et rien n'em- 
pêche de penser que la défense promulguée par celui-ci avait 
été rapportée dans la suite. 

Tel est le résumé dont nous avons cru devoir faire précé- 
der le texte complexe que nous publions dans ce volume. 
Nous espérons que le lecteur se rendra, grâce à lui, plus 
facilement compte des documents réellement intéressants 
que renferme la Règle du Temple, et saura mieux quel 
genre de renseignements il peut y chercher. 



LA RÈGLE DU TEMPLE 



TABLE SOMMAIRE 



REGLE PRIMITIVE. 

1-5. Prologue. Adresse aux chevaliers. Ouverture du Con- 
cile de Troyes. 
6-8. « Noms des pères qui furent au concile. » Présentation 
des premiers chevaliers de l'ordre du Temple. 
9-1 1 . Conseils généraux aux frères sur la vie religieuse ; 

réception dans l'ordre. 
12-13. Rapports avec les excommuniés. 

14. Ne pas admettre des enfants à prononcer les vœux. 
15-16. Tenue des frères aux offices. 
17-22. Vêtements des frères, « robes et harnois de lit. » — 

Cheveux courts, barbe rase. 
23-25. Nourriture : repas en commun, accompagnés d'une 

lecture. 
26-28. Maigre et jeûnes. 
29-30. Prière après les repas. Aumône des restes. Collation 

facultative, la nuit. 
31-32. Silence à garder, la nuit. 
33. Frères malades, dispenses. 
34-35,38. Conseils sur le bon accord dans la vie commune. 

36. De la convocation du Conseil de l'ordre. 

37. Discipline des frères envoyés en mission. 
39-41. Discipline dans la vie commune; obéissance. 
42-44. Défenses diverses, sauf congé. 

45-50. Des fautes ; devoirs de répression, des supérieurs. 
51-54. Équipement; chevaux et écuyers au service des frères. 
55-56. Défense de chasser, sauf le lion. 

\ 






% LA RÈGLE DU TEMPLE. 

57-58. Que les frères peuvent posséder des terres et des cen- 
sitaires et accepter des dimes. 
59. Contestations avec le monde. 

60-61. Soins à donner aux frères âgés et aux malades. 

62-63. Prières et aumônes, à la mort d'un frère. 

64-66. Clergé et chevaliers servant l'ordre « à terme » ou de 
bonne volonté. 

67-68. Sergents et écuyers; défense de porter des vêtements 
blancs. 

69. Frères mariés, affiliés à l'ordre. 

70. Sœurs de l'ordre. 

71. Que les frères « n'aient familiarité de femmes. » 



72. Défense de parrainage. 

73. Que les commandements de la Règle sont à la discré- 

tion du Maître. 
74-76. Liste des fêtes et jeûnes établis dans la Maison du 
Temple. 

STATUTS HIÉRARCHIQUES. 

77-80. Le Maître. — Équipement , hommes d'armes et compa- 
gnons. 
81-84. Ses droits sur le Trésor et sur les chevaux. 
85-92. Privilèges dans la vie commune ; devoirs envers le cha- 
pitre de l'ordre ; autorité sur les officiers des com- 
manderies; pouvoir de ceux qui le remplacent en 
cas d'absence. 
93. Envoi de frères outre-mer. 
94-95. Droits sur les objets précieux donnés à l'ordre ; sur les 
frères; permissions accordées; aumônes faites en 
son nom. 
96, 98. Soumission à la majorité des avis, dans le Conseil. 

97. Droits pour faire frère de l'ordre. 
87-98. Aumônes à faire après sa mort. — Ses devoirs aux 

offices divins. — Son escorte en temps de guerre. 
99-100. Le Sénéchal. — Équipement. — Ses droits personnels 
ou en l'absence du Maître, qu'il remplace toujours. 
101-103. Le Maréchal. — Équipement. — Droits sur tout l'arme- 
ment de l'ordre et les chevaux de solde. — Droits 
en temps de guerre. 
104-106. Droits personnels et sur les officiers de l'ordre. 



LA REGLE DU TEMPLE. 3 

107-109. Droits sur les frères; devoirs d'entretien de l'arsenal. 
110. Le Commandeur du royaume de Jérusalem. — Équipe- 
ment. 

111-114. Devoirs comme trésorier de l'ordre; droits personnels. 

115-119. Droits sur les chevaux de somme, le bétail et les 
esclaves ; sur les fermes et les vaisseaux de charge ; 
sur le logement des frères. 

120-124. Le Commandeur de la cité de Jérusalem. — Équipement. 

— Droits sur tous les frères de la ville; devoirs 
envers les pèlerins et la Vraie Croix. 

125-126. Les Commandeurs de Tripoli et d'Antioche. — Équipement. 

— Devoirs pour l'approvisionnement des forteresses. 
127-129. Droits sur les frères et les maisons. 

130-131. Le Drapier. — Équipement. — Soins pour la robe et la 
bonne tenue des frères. — Droits personnels. 

132-136. Les Commandeurs des maisons. — Équipement. Limites 
de leurs droits sur les frères, et droits personnels. 
137. Le Commandeur des chevaliers. — Droits. 

138-141. Les frères chevaliers et sergents du couvent. — Équipe- 
ment, costume, garde-robe. 

142, 144-5. Droits personnels ; permission qu'ils doivent demander. 
143. Droits des principaux frères sergents. 

146-147. Devoirs à l'office divin. 

148-155. Campements ; soins des armes ; distribution de la viande ; 
aumônes des restes; soins des chevaux. 

156-160. Équipement en campagne; marche des escadrons; dis- 
cipline en temps de guerre ou de paix. 

161-163. Discipline pendant la marche; défense de sortir des 
rangs. 

164-166. Cas où le maréchal prend le gonfanon pour charger 
l'ennemi. 

167-168. Cas où un frère s'égare et perd de vue son gonfanon. 

169-172. Le Turcoplier. — Équipement; ses droits sur les frères 
sergents et sur les turcoples. 

173-176. Le Sous-Maréchal (fr. sergent). — Équipement; ses droits 
en l'absence du maréchal, sur les écuyers, sur le 
« menu harnois » des frères. 

177-179. Le Gonfanonier (fr. sergent). — Équipement; ses devoirs 
en campagne. 

180. Les frères sergents commandeurs des maisons. 

181. Les frères casaliers. 



4 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

182-189. Repas au couvent; distribution des mets; privilèges du 
Maître et du chapelain; choix des mets selon les 
jours; droits hiérarchiques; aumônes des restes. 



190-197. Le frère Infirmier. — Ses soins envers les frères malades 
et âgés. — Repas à l'infirmerie, choix des mets, 
droits des frères, privilèges du Maître. 

ÉLECTION DU GRAND-MAÎTRE DU TEMPLE. 

198-201. Obsèques du Maître, prières des, frères, aumônes. — 

Convocation des dignitaires de l'ordre. 
202-205. Chapitre général tenu d'abord par le maréchal, puis par 

le grand commandeur de l'intérim. — Jeûnes. 
206-207. Élection du commandeur de l'élection. 
208-214. Prières préparatoires, et élection de 13 électeurs, dont 

4 frères sergents et 1 chapelain. 
215-216. Concile secret de l'élection; discussions. 
218-223. Proclamation en chapitre du nom du grand-maître élu. 

Prières et cérémonies. 

PÉNALITÉ. 

224-232. Liste des fautes entraînant perte de la maison (9) : simonie,, 
meurtre, larcin, complot, hérésie, désertion, etc. 

233-266. Fautes entraînant perte de l'habit (31) : refus d'obéir, coups 
et mauvais traitements, incontinence, calomnie, 
demande de congé de la maison, indiscipline en 
campagne, déni des droits des frères; abus et dila- 
pidations des biens de la maison, dommages causés 
aux esclaves, aux bêtes, aux armes; abandon de la 
maison du de l'habit, etc. 
267. Tableau des 10 punitions en usage au Temple. 



268-271. Les frères chapelains. — Droits et devoirs de discipline. 
272-273. Fautes qu'ils ne peuvent absoudre. 
274-278. Formules et prières pour leur profession. 

VIE CONVENTUELLE. 

279-284. Règlement journalier des frères. — Devoirs religieux du 



LA REGLE DU TEMPLE. 5 

matin, vêtements qu'il faut mettre, prières à dire, 

offices à entendre, silence à garder. 
285-286. Soins à donner aux équipements et aux chevaux. 
287-290. Repas du jour; prières, lecture sainte ; distribution des 

mets. 
291-292. Personnes que l'on peut inviter à partager le repas. 
293-299. Discipline pendant le repas; hiérarchie; service des 

plats selon les tables, et à l'infirmerie. 
300-305. Offices du soir; souper et coucher. 
306-308. Prières à dire si l'on ne peut assister aux offices ; com- 
ment il y faut assister. 
309-310. Appels et commandements faits aux frères après chaque 

office. 
311-313. Comment on doit demander les permissions et recevoir 

les ordres. 
314-316. Divers préceptes disciplinaires de la vie conventuelle. 
317-318. Id. Jeux. 

319-320. Id. Soins des chevaux ; courses dans la campagne. 
321-325. Id. Équipement, costume; repas; rapports fraternels; 

privilège de porter des gants accordé au chapelain 

et au maçon. 
326. Id. Défense d'avoir des règlements de l'ordre par écrit, 

sans congé. 
327-330. Id. Défense d'avoir de l'argent en propre. 
331-333. Id. Cas où l'on trouve de l'argent dans les effets d'un 

frère après sa mort. 
334-335. Id. Choses confiées en garde, en « commande. » 

336. Id. Défense de maltraiter les esclaves. 

337. Id. Défense à qui n'est pas chevalier de porter manteau 

blanc. 
338-339. Id. Frères âgés et malades; bons exemples qu'ils doivent 

donner. 
340-344. Service religieux à la maison. — Prières et exercices 

aux différentes solennités de l'année ; Avent, Carême. 
345-350. Id. Semaine sainte. 
351-353. Id. Jeûnes : deux carêmes et liste des fêtes diverses. 

354. Id. Confessions. 
355-396. Id. Offices pour les morts. 
357-359. Id. Distribution des « heures » et prières aux diverses 

fêtes de l'année. Exemptions. 
360-361. Id. Processions. 



6 LA REGLE DU TEMPLE. 

362-365. Id. Discipline relative aux offices et aux prières. 

366-375. Discipline bn campagne. — Nourriture ; achat et distribu- 
tion des viandes ; présents ; discipline pendant les 
repas; composition des services, etc. 

376-379. Soins à donner aux chevaux en campement. 

380-382. Levée de camp ; formation des escadrons. 

383-384. Bon ordre, commandements, chapitres. 

TENUE DES CHAPITRES ORDINAIRES. 

386-395. Prières, sermons; confession publique des frères. 

396-404. Gomment ils doivent se reprendre l'un l'autre d'une 
faute. 

405-406. Discussion sur la culpabilité des frères. 

407-412. Garantie des témoignages dans les accusations contre les 
frères. 

413-415. Reproches faits et pénitences imposées aux coupables. 

416-422. Pénalité. — Liste des 10 divisions de ce code. — Perte 
de la maison (l re division) : causée par neuf fautes, 
dont : la simonie, la désertion, la sodomie, 

423-429. Id. Le larcin. Exception pour quelques effets que peut 
emporter le frère qui abandonne la maison ; et dans 
ce cas, ordres religieux où il lui est interdit d'entrer. 

430-437. Id. Il faut y ajouter le mensonge sur un des points que 
l'on demande à un frère au moment de son admis- 
sion dans l'ordre : s'il est marié, s'il est clerc, s'il 
n'est pas noble. 

438-444. Id. S'il a une maladie cachée. — Cas où un frère tombe 
malade ou lépreux. 

445-448. Id. Des demandes analogues sont faites au frère sergent 
à sa réception, 

449. Id. Et au chapelain. 

450. Id. Un frère peut encore perdre la maison s'il reçoit 

sans congé les Ordres de cléricature. 

451-456. Perte de l'habit (2 e ) : querelles et coups; calomnie; dom- 
mages faits à la maison. 

457-463. Id. Désobéissance; dilapidations; abandon de la maison 
et de l'habit. 

464-467. Id. A qui il appartient de donner l'habit aux frères ; 
celui qui ne peut donner l'habit ne le peut retirer. 

468-473. Id. Discipline des frères privés de l'habit. — Cas où ils 



LA REGLE DU TEMPLE. 7 

tombent malades ou meurent. — Gomment ils 
assistent aux repas. 
474. Id. Défense de quitter la maison pour un autre Ordre, 
sans congé supérieur. 

475-479. Préceptes accessoires; défense de laisser une faute im- 
punie. > 

480-481. Id. Nullité du témoignage d'un frère sur une faute dont 
il s'est lui-même rendu coupable. 

482-485. Id. Devoir des frères d'accuser ceux d'entre eux qu'ils 
savent coupables ; le pardon qu'ils leur accordent ne 
doit pas supprimer toute la peine. 

486-492. Id. Discussion sur la peine à ordonner; adoucissements 
facultatifs ; cas où un frère, qui a quitté la maison, 
revient et demande à y rentrer. — Comment on 
rend l'habit à l'expiration de la peine. 

493-496. Peine de trois jours par semaine (3 e ). Cas où le frère est 
malade. 
497. Peine de deux jours par semaine et un troisième la 
l re semaine (4 e ). 

498-499. Peine de deux jours (5 e ). 
500. Peine d'un jour (6 e ). 

501-502. Gomment les frères doivent subir leur peine, recevoir 
la discipline, etc. 
505. Id. Cas où ils sont malades. 

513-519. Id. Autorité du Maître et du chapitre pour les peines 
et la discipline; les frères en pénitence, en cam- 
pagne . 

520-522. Id. Gomment on lève de pénitence les frères. 

523-525. Peine du vendredi et de la discipline (7 e ). 

526. Peine commise au jugement du frère chapelain (8 e ). 

527-530. Réserve d'une peine au jugement du Maître ou des Anciens 
de la maison (9 e ). 
531. Acquittement (10 e ). 

532-537. Fin de la tenue du chapitre : conseils aux frères, mises 
en pénitence. 

538-543. Id. Derniers conseils ; prières et absolution générale. 

NOUVEAUX DÉTAILS SUR LA PÉNALITÉ. — EXEMPLES. 

544-549. Perte de la maison : 1° Simonie; exemple sous Hermant 
de Périgord. 



8 LA REGLE DU TEMPLE. 

550-552. Id. 2° Révélations de choses dites en chapitre ; exemple 
sous Pierre de Montaigu. 

553-554. Id. 3° Meurtre; exemple à Antioche. 

555-566. Id. 4° Larcin; exemple à Château-Blanc. — Ce qu'un 
frère peut emporter sans larcin, s'il quitte la mai- 
son; exemples à Acre, Château -Pèlerin, Albe, 
Beirout. — Diverses sortes de larcins. 
567. Id. 5° Commune ou complot de deux frères ou plus. 

568-570. Id. 6° Désertion ; exemples à Gadres et Saphet. 

571-573. Id. 7° Hérésie. — 8° Sodomie; exemple à Château- 
Pèlerin. 

574-577. Id. 9° Fuite du champ de bataille ; exemple à Jérusalem. 

578-583. Id. Remplacement des commandeurs ou officiers morts ; 
exemples en Portugal et en Espagne. 

584-586. Id. 10°. Mensonge sur une des conditions requises des 
frères à leur réception ; exemples à Gésarée et 
Antioche. 

587-588. Perte de l'habit. 1 . Refus d'obéissance ; exemple à Tortose. 

589-593. Id. 2, 3. Querelles et coups ; exemples à Acre et Jaffa. 

594-601. Id. 4-25. Autres fautes, touchant surtout à des dom- 
mages causés à la maison et des infractions à la 
Règle, dans la vie conventuelle. 

602-603. Id. 26. Abandon de la maison, puis retour; exemple à 
Acre. 

604-610. Id. Exemples divers sur les fautes précédentes, à Saphet, 
Casal-Brahim, Chypre, Montpellier, Sur, Acre. 

611-615. Id. 27-29. Infractions aux règlements dans la bataille; 
exemple à Jaffa. 

616-620. Id. Autres exemples relatifs à des désobéissances, à 
Acre et en Chypre. 

621-626. Id. 30-31. Autres fautes disciplinaires; exemples à 
Ascalon. 

627-635. Id. Autres recommandations et règles diverses de dis- 
cipline de la maison; infirmerie; permission; offi- 
ciers en campagne. 

636-637. Id. Frères chapelains. 

638-642. Id. Derniers conseils pour l'administration de la justice. 

643-650. Retour sur les 10 peines en usage à la maison. 

651-654. Cas où un frère qui a quitté l'Ordre demande à y rentrer : 
discussion au chapitre et mode de réception. 

655-656. Derniers préceptes sur les frères en pénitence. 



LA REGLE DU TEMPLE. 



RECEPTION DANS L ORDRE. 



657-659. Premières questions au frère qui demande l'admission 
dans l'ordre, par plusieurs Anciens, hors du cha- 
pitre. 

660-667. Comparution du frère au chapitre; conseils et avertisse- 
ments du Maître. Discussion en l'absence du frère ; 
prières. 

668-675. Nouvelles questions au frère : s'il est marié, d'un autre 
ordre, débiteur insolvable, malade, s'il a fait des 
présents à un frère pour l'aider à entrer dans 
l'ordre, s'il est fils de chevalier et non bâtard, s'il 
est clerc, ou excommunié. 

676-678. Promesses du frère; admission ; prières. 

679-686. Sermon du Maître : résumé des règlements, domestiques 
et religieux, de la maison. 



LA RÈGLE DU TEMPLE 

[RÈGLE PRIMITIVE] 

Ci comencent les prologues de la Règle dou Temple (-[-) . 

1 . Nos parlons premièrement a tous ceaus qui mes- 
prisent segre lor propres volontés e désirent o pur 
coraige servir de chavalerie au soverain roy et o 1 
estudiose cure désirent aemplir et aemplissent par- 
maignant la très noble armeUre de obédience. Et 
donques nos vos amonestons, vos qui avés menée 

(f) Nous donnons ici, comme nous l'avons dit, le texte de la 
Règle latine originale, attribuée à saint Bernard ou au moins 
inspirée par lui, après le concile tenu à Troyes en 1128, sous 
Honorius II. Ce texte a été publié déjà dans la Collection des 
Conciles, de Labbe et Gossart, t. X, p. 923, d'après un ms. de la 
Bibliothèque de Saint-Victor, de la fin du xn e siècle, qui est aujour- 
d'hui conservé à la Bibliothèque nationale, fonds latin 15045. 
Mais, comme l'édition n'en a pas toujours été faite avec beaucoup 
d'exactitude, nous l'avons collationné sur le ms. original. 

Incipit prologus Régule pauperum commilitonum Christi 
Templique Salomonici. 

\ . Omnibus in primis sermo noster dirigitur quicumque pro- 
prias voluntates sequi contempnunt et summo ac vero régi 
militare animi puritate cupiunt, ut obedientie armaturam pre- 
claram assumere intentissima cura implendo preoptent et per- 

1. — 1. Ms. de Paris omet o. 



\% LA RÈGLE DU TEMPLE. 

séculière chevalerie jusques ci, en laquelle Jhesu Crist 
nen fu mie cause, mais solement por l'umaine favour 
vos l'embrassastes, que vos segués ceaus les qués Dieu 
a eslis de la masse de perdession et a ordenés per sa 
agréable pitié a la defension de sainte yglise, que vos 
vos hastés de ajoster a eaus perpetuelment. 

%. Devant toutes choses quiquionques seit 4 cheva- 
lier de Crist, eslisant tant sainte conversation, toi 
entor ta profession, covient ajoustier pure diligence e 
ferme persévérance, qui est si digne et si sainte, et si 
haute est coneue a estre , que se ele est gardée pure- 
ment et pardurablement, tu desserviras a tenir com- 
paignie entre les martirs qui donerertt por Jhesu Crist 
lor armes. En celé religion est florie et ressuscitée 
orde de chevalerie. Laquele orde desprisoit 2 amor 
de justise, ce que apartenoit a son office, et nen faisoit 
pas ce que de voit : ce est défendre povres, veves, 

severando impleant. Hortamur itaque qui usque nunc miliciam 
secularem, in qua Ghristus non fuit causa, sed solo humano 
favore amplexati estis, quatinus horum unitati, quos Deus ex 
massa perdicionis elegit et ad defensionem sanete aecclesiae 
gratuitapietatecomposuit, vos sociandos perhenniter festinetis. 
2. Ante omnia autem quicumque es, o Ghristi miles, tam 
sanctam conversationem eligens, te circa professionem tuam 
oportet puram adhibere diligentiam acfirmam perseverantiam, 
que a Deo tam digna, sancta et sublimis esse dinoscitur, ut si 
pure et perseveranter observetur inter militantes qui pro 
Ghristo animas suas dederunt sortem obtinere mereberis. In 
ipsa namque refloruit jam et revixit ordo militaris, qui des- 
pecto justicie zelo non pauperes aut aecclesias defensare, quod 

2. — 1. P. corrige en marge vodra estre, mais le texte latin 
porte bien sit. 
2. D. R. despisoit. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 1 3 

orfelines et yglises. Mais s'esforsoient ademblier et 
despoillier et tuer. Bien aeuvre 3 Damedieu avec nos et 
nostre sauveor Jhesu Grist; lequel a mandé ses amis 
de la sainte cité de Jherusalem, en la marche de France 
et de Bergoigne, lesquels por les salus de nos et por 
l'acroissement de la veraie foy ne cessent offrir lor 
armes a Dieu, plaisant sacrefice. 

3. Adonques nos, a toute joie et a toute fraternité, 
par les prôieres de maistre ligues de Paens 1 , sour 

suum erat, sed rapere, spoliare, interficere conlendebant. Bene 
igitur nobiscum agitur quibus dominus et salvator noster 
Ihesus Ghristus amicos suos a civilate sancta in confînium 
Franciae ac Burgundie direxit, qui pro nostra salute vereque 
fidei propagatione non cessant animas suas hostiam Deo pla- 
centem offerre. 

3. Nos ergo cum omni gratulatione ac fraterna pietate preci- 
busque magistri Hugonis, in quo predicta milicia sumpsit 

3. adoperat. 

3. — 1. Hugues de Payns en Champagne (Aube, arr. et cant. 
de Troyes) fonda l'ordre du Temple en 1118, avec G-eoffroi de 
Saint-Omer et quelques autres chevaliers, qui prononcèrent 
entre les mains du patriarche de Jérusalem une sorte de consé- 
cration à la Terre Sainte, pour la défense armée des pèlerins et 
la lutte contre les païens. L'histoire est presque muette à l'égard 
de ce premier grand-maître, dont le titre « magister militum 
Templi » se lit avec son nom dès 1125 (mai), au bas d'un pri- 
vilège du roi de Jérusalem, Baudouin II. (Fontes rerum Austria- 
carum, 2 e série, t. XII, p. 94.) A la suite du concile de 1128, 
Hugues de Payns parcourut la France et l'Angleterre où il fit 
beaucoup de recrues pour le nouvel /ordre. C'est à lui que saint 
Bernard, qui lui était très attaché, envoya son « Exhortatio ad 
milites Templi, » précisément jointe au ms. de la Règle latine 
que nous reproduisons ici. On pense, et cela est probable malgré 
l'absence de preuves , que Hugues lui-même donna sa terre 
de Payns à l'ordre et l'érigea en chef-lieu de commanderie, 
ainsi que firent plusieurs de ses compagnons. — Il mourut le 



14 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

lequel la devant dite chevalerie prist comencement 
par la grâce dou saint Esprit, assemblâmes a Troyes 
des dy verses provinces d'outre les mons, a la feste de 
mon seigneur Saint Ylaire 2 , en l'an de l'Incarnation 
Jhesu Crist M et C et XXV11I, au novisme an dou 
comencement de l'avandite chevalerie. Et la manière et 
l'establissement de l'orde de la chevalerie oymes par 
comun chapistre de la bouche 3 dou devant dit maistre 
frère Hugue de Paens ; et selont la conoissance de la 
petitesce de nostre conscience, ce que bien nos sem- 
bla et profitable nos loasmes, et ce que nos sembloit 4 
sans raison, nos l'eschivames. 

exordium, cum Spiritu sancto intimante ex diversis ultra mon- 
tanae provinciae mansionibus, in sollempnitate Sancti Hylarii, 
anno M G XX VIII ab incarnato Dei filio, ab inchoatione 
predictae miliciae nono, ad Trecas, Deo duce, in unum conve- 
nimus. Et modum et observantiam equestris ordinis per sin- 
gula capitula ex ore ipsius predicti magistri Hugonis audire 
meruimus, ac, juxta noticiam exiguitatis nostrae scienciae, quod 
nobis videbatur bonum et utile collaudavimus ; verum enimvero 
quod nobis videbatur absurdum (a). 

24 mai 1136 (le 9 des cal. de juin), comme nous l'apprend VObi- 
tuaire du Temple de Reims, publié par É. de Barthélémy {Doc. 
inédits, Mélanges histor., t. IV, 1882, p. 321). Cf. sur Hugues de 
Payns : Guill. de Tyr, xir, 7 ; xm, 26. — P. Le Jeune, Hist. crû. 
et apolog. des chevaliers du Temple, 1789, in-4°, t. I. — Wilcke, 
Gesch. der Tempelherrn, 2 e éd., 1860, in-8°, t. I. — Mannier, Les 
Commanderies du grand-prieuré de France, 1872, in-8°, p. 309. 

2. Le 14 janvier. 

3. D. omet de la bouche. 

4. D. sembla. 

(a) H manque évidemment un mot correspondant à « nos 
l'eschivames. » 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 15 

4. Et tout ce que em présent concile nen puet estre 
dit ne raconté, nen soit conté a legeresce de nos, 
mais a saige porveance, ce que laissâmes et a la dis- 
crétion de nostre honorable père sire Honoire 1 , et 
dou noble patriarche de Jherusalem, Estiene (de la 
fertié) 2 , celui qui savoit l'afaire de la terre d'Orient et 
des povers chevaliers de Grist, par le conseill dou 
comunal concile ensemble le loames. — Ja soit ce que 
trop grant nombre de pères relegious qui assemblèrent 
en celui concile loassent l'auctorité de nostre dit, 
toutes voies ne 3 devons passier o silence 4 les veraies 
sentences qu'il distrent et jugierent. 

5. Dont je, Johan Michiel, par la grâce de Dieu des- 
servi estre humble escrivain de la présente page par 
le comandement dou concile et dou vénérable père 

4. Omneque quod in presenti concilio nequivit esse nobis 
memorialiter relatum ac computatum, non levitate sed consulte 
providentie et discretioni venerabilis patris nostri Honorii ac 
incliti patriarchae Ierosolimitani Stephani, fertilitate ac necessi- 
tate non ignari orientalis regionis necnon pauperum commili- 
tonum Ghristi, consilio communis capituli, unanimiter commen- 
davimus. Sane autem prorsus licet nostri dictaminis auctoritate 
permaximus numerus religiosorum patrum qui illo concilio 
divinaammonitioneconveneruntcommendat, non debemus silen- 
ter transire quibus videntibus et veras sentencias proferentibus. 

5. Ego Iohannes Michaelensis presentis pagine, jussu concilii 

4. — 1. Honorius II, pape de 1124 à 1130. 

2. Patriarche de 1128 à 1130, auparavant abbé de Saint-Jean- 
en- Vallée, à Chartres. — D. Fierté. Il y a là évidemment une 
erreur d'interprétation du texte latin, qui a pris fertilitate pour 
un nom propre appartenant au patriarche Etienne. 

3. D. nous, par erreur. 

4. R. P. liscence. 



16 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Bernart abbés de Clerevaus 1 , a cui estoit comis 2 etcreu 
cestui devin 3 office. 

Les nous des pères qui furent au concile. 

6. Premier fu Mathé 1 , evesques d'Albane, par la 
grâce de Dieu légat de sainte yglise de Rome; — 
R[enaut] 2 , arcevesque de Rains; — H[enri] 3 , arce- 
vesque de Sens; et après, lor suffragans 4 : G[ocelin] 5 , 
evesque de Soissons; — l'evesques de Paris 6 ; — 
l'evesques de Troies 7 ; — l'evesques d'Orliens 8 ; — 

ac venerabilis abbatis Glarevallis B[ernardi] , cui creditum ac 
debitum hoc erat, humilis scriba esse divina gralia merui. 

6. Nomina patrum residentium in consilio. — Primus qui- 
dem residet M[atthaeus] Albanensis episcopus, Dei gratia sancte 
romane aecclesiae legatus. — Deinde R[ainaldus] archiepiscopus 
Remensis. — Tercius He[nricus] archiepiscopus Senonensis. — 
Dehinc coepiscopi eorum G[aufridus] Garnotensis episcopus; 
G[oslenus] Suessonum episcopus; episcopus Parisiacensis ; 
episcopus Trecensis ; presul Aurelianensis ; episcopus Autisio- 

5. — 1. Sur la part attribuée à saint Bernard dans la rédac- 
tion de la Règle latine, voyez notre introduction. 

2. D. coneuz. 

3. D. R. Dieu. P. corrige devin. 

6. — 1. De l'ordre de Saint-Benoît, évêque de 1125 à 1134. 

2. Renaud de Martigné, 1128 (Gams, Ser. episc). 1124 (Gallia 
christ., IX, 81).— 13 janv. 1138. 

3. Henri Sanglier, décembre 1122-10 janvier 1141 (cf. Gallia, 
XII, 44). 

4. Le texte français omet ici l'évêque de Chartres, Geoffroi de 
Lèves, 24 janv. 1116-24 janv. 1149 (cf. Gallia, VIE, 1134). 

5. Gocelin de Vierzy, 1126-24 décembre 1152 (cf. Gallia, IX, 
357). 

6. Etienne de Senlis, 1124-6 juin 1142 (Gallia, VII, 59). 

7. Hatton, 1123-1145 (Gallia, XII, 498). 

8. Jean II, 1096-1135 (Gallia, VIII, 1443). 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 17 

l'evesque d'Ausuerre 9 ; — l'evesque de Meaus 10 ; — 
li evesques de Ghaalons 11 ; — li evesques de Loon 12 ; 
— li evesques de Beauvès 13 ; — li abbes de Verselai 14 , 
qui après fu fait arcevesques de Lion et légat de 
l'yglise de Rome; — l'abbes de Gistiaus 45 ; — l'abbes 
de Pontigni 46 ; — l'abbes de Troiffons 47 ; — l'abbes 
de Saint Denis de Rains 18 ; — l'abbes de Saint Estiene 

dorum; episcopus Meldensis; N. Gatholonensis ; episcopus 
Laudunensis; episcopus Belvacensis. — Abbas Vezelacensis, 
qui non multum post factus est Ludunensis archiepiscopus ac 
sancte Romanae aecclesiae legatus ; abbas Gistellensis («) ; abbas 
Pontiniacensis ; abbas Trium foncium; abbas sancti Dionisiide 
Remis; abbas Sancti Stephani de Dignonio (b) ; abbas Molesmii. 

9. Saint Hugues de Montaigu, 5 mars 1116-10 août 1136 (Gal- 
lia, XH, 290). 

10. Burcard, 1120-4 janv. 1134 {Gallia, VIII, 1611). 

11. Erlebert, 1127-8 oct. 1130 (Gallia, IX, 879). 

12. P. Lion. — Barthélemi de Vir ou de Jura, 1113-1151 (Gal- 
lia, IX, 528. Cf. Florival, Études sur le XII* siècle, 1877). 

13. Pierre de Dammartin, 12 juin 1114-8 nov. 1133 (Gallia, 
IX, 520). 

14. Renaud de Semur, 16 e abbé de Vézelay (Yonne, arr. d'Aval- 
Ion), abb. de l'ordre de Saint-Benoît (Gallia, IV, 468). Nommé 
archevêque de Lyon en 1128. — D. la sainte église. 

15. Saint Etienne Harding, 3 e abbé de Cîteaux (Gôte-d'Or, arr. 
de Beaune), chef d'ordre de Saint-Benoît (Gallia, IV, 984). 

16. Hugues, comte de Mâcon, 1 er abbé en 1114 de Pontigny 
(Yonne, arr. d'Auxerre), abb. Cistercienne (Gallia, XII, 441), 
évêque d'Auxerre en 1136. 

17. Gui, 2 e abbé de Trois-Fontaines (Marne, arr. de Vitry), abb. 
Cistercienne (Gallia, IX, 957). 

18. Ursion, 2 e abbé de Saint-Denis de Reims, ordre de Saint- 
Benoît (Gallia, IX, 290). 

(a) Cisterciensis. 

(b) Divione. 



48 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

de Digon 49 ; — l'abbes de Moleines 20 ; — le devant 
nomé B[ernart], abbes de Glerevaus 21 : La sentense 
douquel les devant dis, o franches voiz, loerent. Si 
fu 22 maistre Auberi de Rains ; — maistre Folchier et 
pluisor autres ; de quoi seroit grieve chose a racon- 
tier. Et des autres qui n'estoient mie letrés, me semble 
profitable chose que nos amenons guarenties en ceste 
chose que il sont ameors de vérité : C'est a savoir li 
cuens Tybaut 23 ; — li cuens de Nevers 24 ; — André 
de Baudemant. Cil estoient en tele manière au concile, 
que par fine cure estudiouse ce qui estoit fin encer- 
cherent, e ce qui ne sembloit rasnable desloerent. 

— Supra nominatus abbas B[ernardus] Glarevallis non defuit, 
cujus sentenciam prescripti libéra voce collaudabant. — Fue- 
runt autem magister Albericus Remensis et magister Pulgerius, 
ac complures alii, quos longum est enumerare. Geterum vero 
de non litteratis idoneum nobis videtur ut testes amatores 
veritatis adducantur in médium : Gomes Theobaudus, comes- 
que Nivernensis, ac Andréas de Baudimento, intentissima cura 
quod erat optimum scrutantes, quod eis videbatur absurdum 
vitupérantes, in concilio sic asistebant. 

19. Herbert, 16 e abbé de Saint-Étienne de Dijon, ordre de Saint- 
Augustin (Gallia, IV, 755). 

20. Gui, 3 e abbé de Molesmes (Gôte-d'Or, arr. de Châtillon-sur- 
Seine), ordre de Saint-Benoît (Gallia, IV, 732). 

21. Saint Bernard, 1 er abbé de Clairvaux (Aube, arr. de Bar- 
sur-Aube), abb. Cistercienne (Gallia, IV, 796). 

22. D. i fu. 

23. Thibaud IV, dit le Grand, 7 e comte de Blois et 8 e comte de 
Champagne, succéda à son père en 1102 dans les comtés de Blois, 
Chartres et Brie, et leur ajouta le comté de Champagne en 
1125. Il mourut le 8 janvier 1152. Sa mémoire était particulière- 
ment révérée à Troyes, parce qu'il avait donné le premier essor 
aux manufactures et au commerce de la ville (Notice dans YArt 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 19 

7. Et meismement frère Ugue de Paens 1 , Maistre 
de la chevalerie, avec aucun de ses frères i fu, que il 
avoit amené avec soi. C'est a savoir frère Rotlant, — 
frère Godefroi, — et frère Goffroi Bisot 2 , — frère 
Paien de Mondisdier, — frère Archembaut de Saint 
Amant 3 . Il meismes maistres Hugues, o sa descipîe, 
manière et observance dou petit comencement et de 
celui qui dist : Ego 4 principium qui et loquor vobis, 
c'est a dire : Je qui parole a vos sui 5 comencement, 

7. Ipse vero magister miliciae, Hu[go] nomine re vera non 
defuit, et quosdam de fratribus suis secum habuit : verbi 
gratia, fratrem Godofridum, fratrem Rolallum, fratrem Gaufri- 
dum Bisol, fratrem Paganum de Monte Desiderii, Archenbau- 
dum de Sancto Amano. Iste vero magister H[ugo], cum istis 
discipulis, modum et observantiam ëxigue inchoationis sui 
militaris ordinis qui ab illo qui dicit Ego principium qui et 

de vérifier les dates, II, 616). — 24. Guillaume II, comte d'Auxerre, 
de Neverset de Tonnerre, 1089-1147 {ibid., II, 561). 

7. — 1. Voir la notice sur ce premier grand-maître, note 1 du 
§3. 

2. D. Jefroi Bissot. 

3. On a fort peu de renseignements sur ces premiers compa- 
gnons du fondateur, dont les noms mêmes ne sont pas tous cer- 
tains (ainsi Roland est appelé aussi Roral ou Rotald). Godefroy 
de Saint-Omer et Payen de Montdidier sont les seuls dont 
l'histoire parle. Le premier (Guill. de Tyr, XII, 7) persuada son 
père, Guillaume châtelain de Saint-Omer, de donner au nouvel 
ordre les églises de Slypes et de Leffînghe (Belgique, Flandre occi- 
dentale, arr. d'Ostende. Cf. Mannier, p. 729). Le second aban- 
donna ses biens, et notamment la terre de Fontaine-sous-Mont- 
didier (Somme, arr. de Montdidier. Mannier, p. 592). Quant à 
Archambaut de Saint- Amand, nous pouvons dire seulement qu'il 
ne doit pas être confondu avec Eudes ou Odon de Saint-Amant, 
grand-maître en 1171, mort en 1179. 

4. Evang. Joann., VIII, 25. — P. supplée sum. 

5. D. fu. 



20 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

selonc la conoissance de sa mémoire 6 , fist a savoir as 
devant només pères 7 . 

8. Il 1 plost au comun concile que li conseil qui 
fu aqui limé et examiné par la diligence et l'eslude de 
la sainte escripture, o la porveance de mon seignor 
H[onoire], apostoile de la sainte yglise de Rome, et 
dou patriarche de Jherusalem, et de l'assentement 
dou chapistre, et de l'otroi des povres chevaliers de 
Grist dou Temple qui est en Jherusalem, que fust mis 
en escrit, et que ne fust obliés, et que fust guardés 
fermement, et que per droit cors peust avenir a son 
creator ; la dousor dou quel soverain que miel en tant 
que comparé a Dieu ; la dousor dou quel ressemble a 
l'oine, et a laquele dousour nos otroit a venir celui a cui 
désirent a servir. Perinfinita seculorumsecula. Amen 2 . 

loquor vobis, sumpsit exordium, juxta raemoriae sue noticiam 
supranominatis patribus intimavit. 

8. Placuit itaque concilio ut consilium ibi lima et considera- 
tione divinarum scripturarum diligenter examinatum, tamen 
cum providentia papae Romanorum, ac patriarchae Ierosolimi- 
tarum nec non et capituli assensu pauperum comilitonum 
Terapli quod est in Ierusalem scripto commendaretur, ne obli- 
vioni traderelur, et inenodabiliter servaretur, ut recto cursu ad 
suum conditorem, cujus dulcedo tam mel superat, ut ei cora- 
paralum, velut absintum fit amarissimum, pervenire digne 
mereantur, prestante cui militant et militare queant per inflnita 
seculorum secula. Amen. 

6. D. manière, le fist .... devant dit pères. 

7. Tout ce passage, ainsi que le suivant, traduit d'une façon 
bien peu compréhensible le texte latin. Les mss. intercalent de 
plus en cet endroit une rubrique qui n'a aucune raison d'être 
et qui du reste se retrouve au § 11 : En quele manière doivent 
recevoir frères. 

S. — 1. La lettrine du ms. de P. est un L par erreur. 
2. D. omet Amen. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. %\ 

Ci comence la règle de lapovre chevalerie dou Temple. 

9. Vos 1 abrenuntiant vos propres volentés, et autres 2 
servant au soveran roy o chevaus et o armes, por le 
salu de vos armes, a termes, estudiez universelment, 
o pur 3 désirer d'oïr matines et trestout le service 
entérinement selonc l'establissement canonical et 
l'usance des réguliers maistres de la sainte cité de 
Jherusalem. vos 4 vénérables frères, por ce meisme 5 
est Dieu o vos, ce que vos promeistes le décevant 
monde mespriser por l'amor de Dieu perpetuelment, 
et mesprisastes les tormens de vos cors : Repeus de 
la viande de Dieu, et saolés et ensignés des comande- 
mens nostre Seignor, après la fin dou devin servise, 

(Suit ici dans le ms., sous le titre « Incipiunt régule commili- 
tonum Ghristi, » la table des rubriques des articles de la Règle.) 

Incipit Régula pauperum commilitonum Sancte Trinitatis. 

9. — [i]. Qualiter divinum officium audiant. — Vos qui- 
dem propriis voluptatibus abrenunciantes atque alii pro anima- 
rum salute vobiscum ad terminum cura equis et armis summo 
Régi militantes, matutinas et omne servitium integrum, secun- 
dum canonicam institutionem ac regularium doctorum sancte 
civitatis consuetudinem, pio ac puro afïlectu audire universaliter 
studeatis. Idcirco vobis, venerabiles fratres, maxime debetur, 
quia, presentis vite luce despecta, contempto que vestrorum 
corporum cruciatu, sevientem mundum pro Dei amore vilescere 
perhenniter promisistis : divino cibo refecti et sacrati ac domi- 
nicis praeceptis eruditi et firmati, post misterii divini consum- 

9. — 1. Dans D. et P. la lettrine est un N par erreur. 

2. P. corrige estre, à tort. 

3. R. P. o por. 

4. R. omet vos, P. l'ajoute en marge. 

5. D. meismement. 



22 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

nuns 6 ne s'espovente d'alier en la bataille, mes soit 
apareilliés a la corone. 

1 0. Mais se aucuns frères est mandés por la besoigne 
de la maison et de la crestienté d'Orient, — laquel 
chose nos créons que sovent avendra, — et nen 
porra oyr le servise Dieu, il doit dire 4 por matines 
xni pater nostres ; por chascune ore vu, et por ves- 
pres ix. Et nos toz ensemble le loons a dire. Mais cil 
qui por tel besoigne seront mandés et nen porront 
venir as ores establies au service de Dieu oyr, se estre 
puet, les ores establies ne soient trespassées a rendre 
la Dieu dete. 

En quele manière doivent recevoir frères. 

1 1 . Se aucun chevalier séculier, ou autre home, se 
veaut départir de la masse de perdetion, etabandonier 

mationem nullus pavescat ad pugnam, sed paratus sit ad 
coronam. 

40. — [2]. Quot orationes dominicas si audire nequerint 
dicent. — Geterum si aliquis frater negocio orientalis Christia- 
nitatis forte remotus, quod sepius evenisse non dubitamus, et 
pro tali absencia Dei servicium non audierit, pro matutinis 
xin orationes dominicas, ac pro singulis horis septem, sed pro 
vesperis novem dicere collaudamus ac libère voce unanimiter 
affîrmamus. Isti etenim in salutifero labore ita directi non pos- 
sunt occurrere hora competenti ad divinum officium, sed, si 
fieri potest, horae constitute non pretereant ante institutum 
debitum. 

M. — [58]. Qualiter milites seculares recipiantur. — Si quis 
miles ex massa perdicionis, vel alter secularis, seculo volens 

6. D. nos, R. n'est nus ne, P. corrige nuns. 

10. — 1. R. omet il doit dire, P. l'ajoute en marge. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 23 

cest siècle, et eslire la vostre communal vie, ne vos 
assentez mie tantost a lui recevoir. Car ensi dit mes 
sires saint Pol : Probate spiritus si ex Deo sunt^. Ce 
est a dire : Esprovés l'esperit se il vient de Dieu. Mais, 
ançois qu'i li soit otroié la compaigne des frères, soit 
leue devant lui la règle, et se il veaut obéir estudiou- 
sement as comandemens de la règle, et il plaist au 
Maistre et as frères de lui recevoir, assemblés les 
frères en chapistre et devant trestous euvre sa volenté 
et son desirier, et sa demande face o pur coraige 2 . 

Des chevalers escomeniés*. 

\%. La ou vos saurés assemblée de chevaliers esco- 
meniés 2 , la vos comandons a aler; et se nul y a que 
se veulle rendre et ajoustier a l'ordre de chevalerie 

renunciare, vestram communionem et vitam elegerit, non ei 
statim assenciatur sed juxta illud apostoli probate spiritus si ex 
Deo sunt; et sic ei ingressus concedatur. Legatur igitur régula 
inejus presencia, et si ipse preceptis exposite regulaediligenter 
obtemperaverit tune, si magistro et fratribus ejus recipere pla- 
cuerit, convocatis fratribus, desiderium et peticionem suam 
cunctis animi puritate patefaciat. Deinde vero terminus proba- 
cionis in consideratione et providencia magistri secundum 
honestatem vite petentis omnino pendeat. 

\1. — [64, 2 e partie]. De fratribus qui per diversas provin- 
cias proficiscuntur . — Ubi autem milites non excommunicatos 
congregare audjerint, illuc pergere, non considérantes tam 

il. — 1. Ce verset est de saint Jean, Ép. I, c. 4, v. 1. 
2. Une phrase du texte latin n'est pas traduite ici. 
12. — 1. D. omet le titre. 

2. Le texte français change ici l'esprit de la phrase latine, qui 
donne : milites non excommunicatos. 



24 LA REGLE DU TEMPLE. 

des parties d'outremer, nen devés tant soulement 
atendre le profit temporel come le salu éternel de 
l'arme d'eaus. Nos le comandons par tel condecion a 
ressoivre que il viegne devant l'evesque de celé pro- 
vince et li face assavoir son proposement. Et quant 
l'evesques l'aura entendu et assoit, si le mande au 
Maistre et as frères dou Temple, et se la vie de celui 
est honeste et digne de la compaigne d'eaus, se il 
semble bien au Maistre et as frères, soit receuz mise- 
ricordiousement ; et se il muert entretant , por l'an- 
goisse e le travaill que il aura sofert, li soit donés 
tout le bénéfice de la fraternité d'un des povres che- 
valiers dou Temple. 

43. En nule autre manere a home escomenié mani- 
festement les frères dou Temple ne doivent avoir com- 
paignie, ne les soies choses prendre ; et ce desfendons 
nos fortment, por ce que doutable chose seroit que 

temporalem utilitatem quam eternam animarum illorum salu- 
tem, dicimus. Illis autem fratribus in ultra marinis partibus 
spe subvectionis ita directis, hac conventione eos qui militari 
ordini se jungere perhenniter voluerint recipere conlaudamus : 
ut in presencia episcopi illius provinciae uterque conveniant et 
voluntatem petentis presul audiat. Audi ta itaque peticione 
mittat eum frater ad magistrum et ad fratres qui surit in tem- 
plum quod est in lerusalem, et si vita ejus est honesta talique 
consorcio digna, misericorditer suseipiatur, si magistro et fra- 
tribus bonum videtur. Si vero intérim obierit pro labore et 
fatigatione, quasi uni ex fratribus totum beneflcium et frater- 
nitas pauperum et commililonum Gbristi et impendatur. 

43. — [57]. Ut fratres T empli cum excommunicatis non 
participentur. — Hoc fratres valde cavendum atque timendum 
est ne aliquis ex Ghristi militibus homini excommunicato 
nominatim ac publiée aliquo modo se jungere, aut res suas 
accipere présumât, ne anathema maranatha similiter fiât. Si 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 25 

il ne fust escomeniés corne celui 4 . Mais se il est seule- 
ment entredit de oyr le servise Dieu, il puet bien user 
o lui, et prendre de sa chose par charité, par le congié 
de son comandor. > 

De non recevoir enfans. 

14. Ja soit ce que la règle de sains pères sueffre a 
recevoir enfans en religion, nos ne ne vos conseillons 
a chargier. Car celui qui son enfant vodra doner per- 
petuelment a religion de chevalerie, il le doit norrir 
jusques a celé ore que il puiesse armes porter vigorou- 
sement, et arachier de terre les henemis de Jhesu 
Grist. Dès ici en avant le père e la mère le mènent a 
la maison et fassent assavoir as frères ce que il 
demande, et meillor est assés que il ne fasse vou 
quant il est enfant que quant il est d'aage, et meillor 
est qu'il ne se repente pas que se il s'en repentist * . Et 

vero interdictus tantum fuerit, cum eo participationem habere, 
rem suam caritative accipere non immerito licebit. 

\h. — [62]. Ut pueri, quam,diu sunt parvi, non accipiantur 
inier fratres Templi. — Quamvis régula sanctorum Patrum 
pueros in congregatione permitlat habere, nos de talibus non 
conlaudamus umquam vos onerare. Qui vero fîlium suum vel 
propinquum in militari religione perhenniter dare voluerit, 
usque ad annos quibus viriliter armata manu possit inimicos 
Ghristi de terra sancta delere eum nutriat. Dehinc secundum 
regulam in medio fratrum pater vel parentes eum statuant, et 

13. — 1. R. corne lui. P. ajoute celui. 

14. — 1. R. Une fasse vou quant il est d'aage, que il s'en repente. 
P. corrige sur le texte primitif et ajoute en marge la phrase don- 
née ici, qui est aussi celle de D., sauf la fin : que il se repente. Et 
de ci... 



26 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

dès isci en avant soit mis en espreuve selonc la por- 
veance dou Maistre et des frères et selonc l'onesté de 
la vie de celi qui demande la fraternité 2 . 

Des frères qui sont trop en pies au moustier. 

15. A nos oreilles est fait assavoir, et l'avons 
entendu par veraies guarenties, ce est assavoir que sans 
mesure et sans atempranse 1 vos oies en pies le ser- 
viseDieu. Ente! manière nel' comandonsnospas, ansois 
le desloons. Mais nos comandons tant as fors com as 
foibles, por eschiver l'escandle, chanté le salme qui 
s'apele Venite 2 , o tout l'envitatoire et le hymne, tant 
les fors corne les foibles se séent ; e dient lor oroisons 
o silence, et simplement et non criant, que le crieor 
nen destorbe les oroisons des autres frères 3 . 

suam peticionem cunctis patefaciant. Melius est enim in pueri- 
cia non vovere, quam postea quam vir factus fuerit inenor- 
miter retrahere. 

45. — [7]. De immoderata stacione. — Quod autem auri- 
bus nostris verissimus testis insonuit, videlicet, immoderata 
stacione et sine mensura stando divinum officium vos audire : 
Ita fieri non precipimus, immo vituperamus ; sed, fînito psalmo 
Venite exultemus domino, cum invitatorio et ymno omnes 
sedere, tam fortes quam débiles propter scandalum evitandum 
nos jubemus. 

2. Cette phrase est ajoutée au texte latin. 
15. — 1. D. atemprement. 

2. Ps. XGIV. Ce psaume a reçu le nom d'invitatorius. Cf. Du 
Cange, v° psalmus. 

3. Cette phrase (depuis e dient lor oroisons) répond à l'article 60 
du texte latin, qui a été intercalé ici, et que nous donnons en 
note à la suite du 7 e . 



LA REGLE DU TEMPLE. 27 

16. Mais a la fin des psalmes, quant le Gloria patri 
se chantera, por la révérence de la sainte Trinité 
noméement, vos levés et souploiés a l'autier, et les 
foibles et les mesaisiés dou chief acliner. Et en tel 
manere le comandons nos ; e quant l'exposition de 
l'évangile se lira, et le Te deum laudamus se chantera, 
et tant que toutes les laudes soient chantées, et les 
matines soient finées, a estre em piez 1 . En tel manere 
meismes comandons nos vos a estre en pies a matines 
et a toutes les autres hores de Nostre Dame. 



Des robes des frères*. 

17. Nos comandons que toutes les robes des frères 
soient tous tens d'une color, ce est assavoir blanches 

-16. Vobis vero residentibus uno quoque psalmo finito in 
recitatione gloria patri, de sedibus vestris ad altare supplicando 
ob reverenciam sancte Trinitatis ibi nominate surgere et debi- 
libus inclinare demonstramus. Sic eciam in recitatione ewan- 
gelii, et ad Te Deum laudamus, et per totas laudes donec finito 
benedicamus domino stare ascribimus, et eandem regulam in 
matutinis sancte Marie teneri jubemus. 

45. — [60]. Ut cum silencio orare debeant. — Orare fratres 
proutanimi et corporis affectus postulaverit stando vel sedendo, 
tamen summa reverencia simpliciter et non clamose, ut unus 
aiium non conturbet, communi consilio jubemus. 

M. — [20]. De qualitate et modo vestimenti. — Vestimenta 

16. — 1. R. omet a estre em piez. P. l'ajoute en marge. 

17. — 1. Ce long chapitre est un composé de sept articles de 
la Règle latine. L'un, n° 20, trace le plan général; les six autres, 
22 à 27, qui ne présentent que des explications de détail, ont été 
intercalés dans le premier par le rédacteur français. On les trou- 
vera ici en note à la suite du n" 20. 



28 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ou noires o buriaus 2 . Et a trestous les frères cheva- 
liers en y ver et en esté, se estre puet, otroions a 3 
avoir blancs mantiaus; et a nul autre n'est otroié 
d'avoir blancs mantiaus, se non as davant dis cheva- 
liers de Grist; que cil 4 que ont abandonnée vie tene- 
brouse, por essamples de blanches robes (et) se reco- 
noissent d' estre reconcilié a lor criator : Qui senefie 
blanchor et entérine chasteé. Ghasteé est seurté 5 de 
coraige et santé de cors. Que 6 , se aucuns frères ne 
promeissent chastement, ne peust venir a repos per- 
pétuel ne veoir Dieu, par la guarentie 7 de l'apostre 
qui dit : Pacem sectamini cum omnibus et castimoniam 
sine qua nemo Deum videbit 8 . Ce est a dire : Ensivés 
pais a trestous, tenés chasteé, sans laquele nul ne puet 
veoir Dieu. 

autem unius coloris semper esse jubemus, verbi gratia, alba 
vel nigra, vel, ut ita dicam, burella. Omnibus autem militibus 
professis in hieme et in estate si fieri potest alba vestimenta 
concedimus, ut qui tenebrosam vitam postposuerunt, per liqui- 
dam et albam .suo conditori se reconciliari agnoscant. Quid 
albedo nisi intégra castitas. Castitas securitas mentis, sanitas 
corporis est. Nisi enim unusquisque miles castus perseveraverit 
ad perpetuam requiem venire et Deum videre non poterit, tes- 
tante Paulo apostolo : Pacem sectamini cum omnibus et casti- 
moniam, sine qua nemo videbit Deum. 

2. Gris et roux, de bure. 

3. D. omet otroions a. 

4. D. omet par erreur que cil. 

5. D. sainte. 

6. D. Quar, et ainsi fréquemment, au lieu de que. 

7. D. grâce. 

8. Saint Paul : Hebr. XII, 14. La vulgate donne Sequimini, 
mais Sectamini se trouve être une traduction plus littérale du 
texte hébreu. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. %9 

18. Mais celés robes doivent estre sans nule super- 
fluité, et sans nul orguoill. Et si esguardons 1 que nul 
frère nen ait penne 2 ne pelice en sa robe, ne autre 
chose qui aparteigne a l'usance dou cors, ne meismes 
covertor, se ce n'est d'aignels ou de mouton. En tel 
manière le comandons a avoir a trestous, que chascun 
se puiesse legierement vestir et depoillier, chaucier 
et deschaucier. E le Drapier ou celui qui est en son leu 
se doit estudiousement porveoir et penser d'avoir le 

48. Sed quia hujusmodi indumentum arrogantiae ac super- 
fluitatis estimatione carere débet, taliahabere omnibus jubemus, 
ut solus leviter per se vestire et exuere ac calciare et discalciare 
valeat. Procurator hujus ministerii pervigili cura hoc vitare 
présumât, ne nimis longa aut nimis curta, sed mensurata ipsis 
ulenlibus, secundum uniuscujusque quanti tatem suis fratribus 
tribuat. Accipientes itaque nova, vetera semper reddant in pre- 
senti reponenda in caméra, vel ubi frater cujus est ministerium 
decreverit, propter Armigeros et clientes, et quandoque pro 
pauperibus. 

47. — [22]. Quod milites rémanentes tantum alba habeant. 
— Nulli ergo concessum est candidas clamides déferre aut alba 
pallia habere nisi nominatis militibus Ghristi. 

48. — [23]. Ut pellibus agnorum utantur. — Decrevimus 
communi consilio ut nullus frater remanens perhenniter pelles 
aut pelliciam vel aliquid taie quod ad usum corporis pertineat, 
eciamque coopertorium, nisi agnorum vel arietum habeat. 

48. — [26]. Ut quantitas et qualitas vestimentorum serve- 
tur. — Quantitatem secundum corporum magnitudinem largi- 

18. — 1. Esgarder signifie veiller à, juger, régler, décider, 
résoudre. Ce mot d'acception multiple est très fréquent dans les 
actes et règlements français en Orient, notamment chez les che- 
valiers du Temple et de l'Hôpital. Ces derniers avaient même un 
Conseil de l'Égard. 

2. Fourrure, proprement. D. pane de pelice. 



30 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

guerredon de Dieu en toutes les choses devant dites, 
que les yeaus 3 des envious et des maus parlans nen 
puessent noter nule chose en les robes doner, que 
eles soient trop longes ne trop cortes; mais a la 
mesure de ceaus qui les doivent user, et selonc la 
cantité de chascun les doit départir. 

1 9. Et se aucun frère par escomovement 1 d'orguoill 
ou por présomption de coraige vodra avoir par dette 2 
plus bêle robe et meillor, la plus vile li soit donée. Et 
cil que ressoivent les robes neuves, tantost doivent 
rendre les vielles, por donner as escuiers et as sergens 
et a la fiée 3 as povres, selonc ce que bien semblera a 
celui qui tient ce! office. 

tatemque vestimentorum observare oportet : dator pannorum 
sit in hoc curiosus. 

48. — [27]. Ut dator pannorum in pannis equalitatem ser- 
vet. — Longitudinem, ut superius dictum est cum equali men- 
sura, ne ut susurronum vel criminatorum aliquid oculus notare 
présumât, procurator fraterno intuitu consideret, et in omni- 
bus supradictis Dei retributionem humiliter cogitet. 

49. — [25]. Cupiens optima détériora habeat. — Si aliquis 
frater remanens ex debito aut ex motu superbiae pulcra vel 
optima habere voluerit, ex tali presumptione procul dubio vilis- 
sima merebitur. 

-19. — [24]. Ut vetusta armigeris dividantur. — Procurator 
et dator pannorum omni observantia veteres semper armigeris 
et clientibus et quandoque pauperibus fideliter equaliterque 
erogare intendat. 

3. Les yeux. 

19- — 1. D. esmeuvement. 

2. Gomme chose due. 

3. Souvent. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 31 

Des chemises cotes. 

20. Entre les autres choses nos esguardons miseri- 
cordiousement que, por la grant ardour de la chalour 
qui est el pais d'orient, de la pasque jusques a la toz 
sains, por grâce et no mie par dette, soit doné a 
chascun frère une chamise cotte linge 1 a celui qui la 
voudra user. 

Des dras de lit. 

%\ . Nos esgardons par comunal conseill robes et 
hernois de lit ait chascuns selonc la porveance dou 
Maistre. Nos entendons soffire a chascun après le sac, 
la coltre 1 e le covertor; et celui a cui faudra un de 
ceaus, ait carpite 8 , et toz tens covertor linge 3 porra 
bien user, ce est assavoir velous 4 . Et tous tens dorment 

20. — [69]. Ut a paschali sollempnitate usque ad festum 
omnium sanctorum unam camisiam lineam tantum [rater si 
vult habeat. — Interea quo nimio ardore orientalis regionis, 
misericorditer consideramus ut, a pascali festivitate usque ad 
omnium sanctorum sollempnitatem , unicuique una camisia 
linea tantum, non ex debito, sed sola gracia, detur : illi dico 
qui ea uti voluerit. Alio autem tempore generaliteromnes cami- 
sias lineas habeant. 

24 . — [70]. Quoi et quales panni in lecto sunt necessarii. — 
Singulorum quidem, non aliter, per singula lecta, dormientium 
dormire nisi permaxima causa vel nécessitas evenerit, com- 

20. — 1. De toile. Cf. la note 2 du § 54. 

21. — 1. Le sac servait de matelas, la coltre (coutte, coussin, 
culcita) de traversin. D. Cote. 

2. Proprement tapis, mais il servait ici de couverture. 

3. Cf. § 54. 

4. « Peluche de fil, » dit J. Quicherat dans son Histoire du cos- 



32 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

vestus de chemises et de braies 5 et de chausses et de 
sentures 6 , et la o il dormiront ait lumere juesques au 
matin. Et le Drapier se doit porveoir que les frères 
soient si raisonablement roigniés que il puissent orde- 
néement esguarder devant et derreire ; et celé meisme 
manière comandons 7 fermement a tenir a la barbe et 
as grenons 8 , que nule superflueté de vice ne puisse 
estre notée en lor chère. 

Des becs et des las des soliers. 
%%. Nos défendons les becs et les las de soliers, et 

muni consilio conlaudamus. Lectualia vel lectisternia moderata 
dispensatione magistri unusquisque habeat. Credimus enim, 
post saccum, cultram et coopertorium unicuique sufïîcere. Qui 
vero ex his uno carebit carpitam habeat, et in omni tempore 
tegimine lineo, id est veluso frui bene licebit. Vestiti autem 
camisiis et femoralibus semper dormiant. Dormientibus itaque 
fratribus jugiter usque mane numquam desit lucerna. 

24 . — [28]. De superfluitate capillorum. — Omnes fratres 
rémanentes principaliter ita tonsos habere capillos oportet ut 
regulariter ante et rétro et ordinate considerare possint; et in 
barba et in grennonibus eadem régula indeclinabiliter obser- 
vetur, ne superfluilas aut faceciae vicium denotetur. 

22. — [29]. De rostris et laqueis. — De rostris et laqueis 

tume (2' éd., 1877, p. 180), « dont on faisait des serviettes et quel- 
quefois des pardessus d'habillement. Les chevaliers du Temple 
eurent à l'origine des manteaux de cette étoffe. Dans leur 
superbe, ils s'autorisèrent plus tard de l'équivoque pour en por- 
ter de velours. » 

5. « Caleçon flottant qui s'attachait sur les flancs par une cein- 
ture appelée braier. » (J. Quicherat.) 

6. D. R. omettent centures. P. l'ajoute en marge. 

7. D. nos. 

8. Moustaches. 



. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 33 

contredisons que nul ne les ait ; et a trestous ceaus 
qui servent a la maison a termine 1 nos ne l'otroions, 
ains le contradisons en toutes manières que il nen 
aient soliers a bec ni a las. Car coneue chose est et 
manifeste que abhominable chose est oit as paiens. Ne 
si aient superflueté de cheviaus ne de robes longues 
desmesuréement. Car cil qui servent au soverain Crea- 
tor doivent par nécessité estre nez dedens e defors 
par la guarentie Dieu meesmes qui dist : Estote mundi 
quia ego mundus sum 2 . Ce est a dire : Soies nés, que 
je sui net. 

Cornent il doivent mangier* . 

23. El palais, et meaus seroit apelés refroitor, 
doivent mangier 2 comunaument. Mais por ce que sei- 
gnal d'autre gent de relegion nen avés acostumé, 

manifestum est esse gentili. Et cum abhominabile hoc omnibus 
agnoscatur , prohibemus et contradicimus ut aliquis ea non 
habeat, immo prorsus careat. Aliis autem ad tempus famulan- 
tibus rostra et laquea et capillorum superfluitatem et vestium 
immoderatam longitudinem habere non permittimus , sed 
omnino contradicimus. Servientibus enim summo conditori 
munditia interius exteriusque valde necessaria eo ipso attes- 
tante qui ait : Estote mundus quia ego mundus sum. 

23. — [8]. De refectione conventus. — In uno quidem pala- 
cio, sed melius dicitur refectorio, communiter vos cibum acci- 
pere credimus. Ubi quando aliquid necessarium fuerit pro signo- 

22. — 1. A terme. Il y avait toute une classe de servants de 
l'ordre que l'on engageait selon le besoin. 

2. Ces paroles ne sont évidemment pas textuelles dans l'Écri- 
ture sainte. L'allusion porte sans doute sur le verset du Lévitique 
(XIX. 2) : « Sancti estote quia ego sanctus sum. » 

23. — 1. D. Dou Mengier. 

2. D. ajoute au-dessus H frère. 

3 



34 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

laquel chouse vos seroit nécessaire soevement et pri- 
véement, vos co vient demander ce que mester vos 
sera a la table, et o toute humilité et subjection de 
révérence. Car l'apostres dit : Manduca panem tuum 
cum silentio*. Ce est a dire : Mange ton pain en pais. 
Et le psalmiste : Posui ori meo custodiam i . Ce est a 
dire : Je mis guarde a ma bouche. Ce est : Je pensai 
que je ne fallisse a ma lengue. Ce est : Je guardai ma 
bouche que ele ne parlast malement. 

De la leçon 1 . 

24. Tous tens, a disner et au soper dou covent, soit 
leue la sainte tesson, se estre puet. Se nos amons Dieu 
et toutes les soes saintes paroles e les siens sains 
comandamens, devons ententivement désirer et oyr ; 
le lizeor qui lit la leçon vos enseigne a tenir silence 
ainz qu'il comence a lire. 

rum ignorantia, leniter ac privatira querere oportet. Si omni 
tempore que vobis necessaria sunt querenda sunt, cum omni 
humilitate et subjectione révérende pocius ad mensam, cum 
apostolus dicat : Panem tuum cum silencio munduca, et psal- 
mista vos animare débet, dicens : Posui ori meo custodiam, 
id est apud me deliberavi ut non delinquerem, id est lingua, id 
est custodivi os meum ne maie loquerer. 

24. — [9]. De lectione. — In prandio et cena semper sit 
sancta lectio recitata. Si Domihum diligimus, salutifera ejus 
verba atque precepta intentissima aure desiderare debemus. Lec- 
lor aulem lectionum vobis indicat silencium. 

3. Saint Paul, 2 e ép. Thessal., III. 12 : « Obsecramus... ut cum 
silentio opérantes, suum panem raanducant. » Les citations sont, 
comme on le voit, aussi peu textuelles que possible. 

4. Ps. XXXVIII. 2. 

24. — 1. D. omet le titre. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 35 

Des escueles et des hanas. 

25. Por mesaise d'escuelles manjuent li frères n a il, 
pour ce que plus estudiousement l'un se porvoie de 
l'autre, que aprece de vie ne laronesse abstinence ne 
s'entremesle au comun mangier. Et ce nos semble 
juste chose que chascun frère ait ygual mesure de 
livroison 1 de vin en son hanap. 

De la réfection de char. 

26. Trois fois vos suffist 4 mangier char en chascune 
semmaine, se la nativité de Nostre Seignor nen ave- 
nist, ou la feste de touz sains, ou de Nostre Dame 2 , ou 
des xn apostres 3 . Car par costumance de mangier 
char est entendue chariable corruption de cors. Mais 
se il avientle jor del mardi tel 4 jeune par quoi la char 

25. — [M]. Qmliter manducare milites debent. — Duos et 
duos manducare generaliter oportet, ut sollerter unus de altero 
provideat, ne asperitas vitae vel furtiva abstinentia in communi 
prandio intermisceatur. Hoc autem juste judicamus, ut unus- 
quisque miles aut frater equalem et equipollentem vini mensu- 
ram per se solus habeat. 

26. — [JO]. De carnis refectione. — In ebdomada namque, 
nisi Nalalis dies Domini, vel Pascha, vel festum sanctae Mariae 
aut omnium sanctorum evenerit, vobis ter refectio carnis suffi- 
ciat, quia assueta carnis commestio intelligitur honorosa cor- 
ruptio corporum. Si vero in die Martis taie jejunium evenerit 

25. — 1. Ration; le terme est souvent employé dans la Règle. 

26. — 1. D. nos soufise. P. corr. vos. 

2. L'Assomption. 

3. Le 1 er mai. 

4. R. dou. P. corr. tel. 



36 LA. RÈGLE DU TEMPLE. 

covenist a laissier, l'endemain en soit doné a planté as 
frères. Et le jor dou dimenche a trestous les frères 
dou Temple, et as chapelains, et as clers soit doné 
u mes de char por honour de la sainte résurrection de 
Jhesu Grist. Et l'autre maisnée, ce est assavoir as 5 
escuiers et as sergens, d'un mes se teignent apaiés 6 et 
de tant rendent grâces a Dieu. 

Des mes de sor semaine. 

27. Es autres jors de sur semaine, ce est assavoir 
le lundi, le mecredi et meismes le samadi, aient les 
frères de dous mes ou de m, de leum 1 ou polment, 
et ce entendons nos que ce soit soufisant 2 , et si coman- 
dons que soit tenu. Car celui qui ne manjue de l'un 
mes mangera de l'autre. 

ut esus carnium retrahatur, in crastino abundanter vobis 
impendatur. Die autem dominico omnibus militibus remanenti- 
bus neenon et capellanis duo fercula in honore sancte resur- 
rectionis bonum et idoneum indubitanter videtur. Alii autem 
videlicet armigeri et clientes unocontenti cum gratiarum actione 
permaneant. 

27. — [42]. Ut aliis diebus duo vel tria leguminum fercula 
sufficiant. — Aliis namque diebus, videlicet secunda et quarta 
feria neenon et sabbato, duo aut tria leguminum vel aliorum 
ciborum fercula, aut ut ita dicam cocta pulmentaria, omnibus 
sufficere credimus ; et ita teneri jubemus ut forte qui ex uno 
non potuerit edere, ex alio reficiatur. 

5. D. les. 

6. Satisfaits. 

27. — 1. Légumes. R. neule (pâtisserie) ou piment. Mais P. 
corrige et donne notre leçon qui est aussi celle de D. 
2. D. met tenuz et supprime les mots suivants. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 37 

Dou mes dou vendredi. 

28. Le jor dou vendredi comunaument a trestoute la 
congrégation soit donée viande de karesme, por la 
révérence de la paission de Jhesu Crist, et jeûner de 
la feste de tous sains jusques a pasques, se le jor de 
noel n'i avenist, ou feste de Nostre Dame, ou des 
xii apostres. Mais de ce les frères foibles et mesaisiés 
nén sont tenus. Mais de pasques jusques a la tous 
sains puent mangier n fois, se sur ce n'i avenist jeune 
gênerai. 

Des grâces rendre. 

29. Tous tens après mangier et après souper, tuit 
li frère doivent rendre graices a Dieu o silence , se 
l'yglese est près dou palais ou il manjuent, et se ele 
n'est si 1 près, en meesme la place, o humble cuer 
rendent grâces a Jhesu Crist qui est souverain procu- 
raires. Le reliés dou pain brisié soit doné as povres, 

28. — [-13]. Quo cibo sexta feria refîcere oportet. — Sexta 
autem feria cibum quadragesimalem ob reverenciam passionis 
omni congregationi remota infirmorum inbecillitate semel suf- 
ficere a feslo omnium sanctorum usque in pascha, nisi Natalis 
dies Domini, vel festum sancte Marie, aut apostolorum evene- 
rit, collaudamus. Alio vero tempore, nisi générale jejunium 
evenerit, bis reficiantur. 

29. — [J4], Posl refectionem semper gracias référant. — 
Post prandium vero et cenam semper in aecclesia si prope est, 
vel si ita non est in eodem loco, summo procuratori nostro qui 
est Ghristus, gratias ut decet cum humiliato corde réfère ine- 

29. — 1. D. omet si. 



38 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et le pain entier soit gardé. Ja soit ce que le guerredon 
des povres, lequel est le règne dou ciel, sans doutance 
soit doné as povres, nequedent 2 la foi crestiane vos 
reconoisse de ceaus sans doutance, nos comandons 
que li disesme dou pain soit donés a vostre aumosner. 

De la cotation. 

30. Quant le jor s'en vait e la nuit vient, oye le 
signe de la campane ou de la crie 1 , ou selonc les 
usances de celé contrée, trestous vos aprochiés d'alier 
a complie. Mes nos comandons premièrement a prendre 
gênerai collation; mais nos metons celé collation en 
l'arbitre et en la discrecion dou Maistre. Quant il vou- 
dra de l'aiguë et quant ill comandera 2 por miséricorde 
dou vin tempré, soit doné resnablement. Voirement 
nen doit estre prise a superfluité, mais escharsement 3 . 

nodabiliter precipimus. Famulis aut pauperibus fragmenta , 
panibus tamen integris reservatis, distribuere fraterna caritate 
debentur et jubentur. 

29. — [45]. Ut decimus partis semper elemosinario detur. 
— Licet paupertalis primum quod est regnum celorum paupe- 
ribus procul dubio debeatur ; vobis tamen quos Christiana fides 
de illis indubitanter fatetur, decimam tocius panis cotidie ele- 
mosinario vestro dare jubemus. 

30. — [46]. Ut collatio sit in arbitrio magistri. — Gum vero 
sol orientalem regionem deserit et ad ibernam descendit, audito 
signo, ut est ejusdem regionis consuetudo, omnes ad complétas 
oportet incedere vos; at prius generalem collationem sumere 
preoptamus. Hanc autem collationem in dispositione et arbitrio 

2. Bien que, etc. 
30. — 1. L'appel. 

2. D. voldra. 

3. Petitement, avec mesure. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 39 

Car Salamon dit : Quia vinum facit apostatare sapien- 
tes 4, . Ce est a dire, que le vin fait bestornier 5 les 
saiges. 

Tenir silence*. 

31 . Quant les frères issent de complies, nule licence 
nen ont de parlier palesement 2 se ne fust por grant 
besoigne. Mais chascun s'en voise 3 soevement et en 
pais en son lit, et se il a mestier de parlier a son 
escuier bêlement et em pais li die ce que il aura a 
dire. Mais si par aventure en cel espasse com il ist 4 de 
complie por grant nécessité de besoigne 5 de chevale- 
rie ou de Testât de la maison, que par aventure le jor 
ne puet suffire a celé besoigne acomplir, nos entendons 
que li Maistres ou une partie des frères anciens qui 

magistri ponimus, ut quando voluerit de aqua et quando juge- 
bit misericorditer ex vino temperato competenter recipiatur. 
Verura hoc non ad nimiam sacietatem oportet fieri, sed parcius, 
quia apostatare eciam sapientes videmus. 

34. — [47]. Ut finitis completis silencium teneatur. — Fini- 
tis itaque completis, ad stratum ire oportet. Fratribus igitur a 
completoriis exeuntibus nulla sit denuo licentia cuiquam loqui 
in publico nisi necessitate cogente. Armigero autem suo que 
dicturus est leniter dicat. Est vero forsitan ut in tali intervallo 
vobis de completoriis exeuntibus maxima necessitate cogente de 
militari negocio vel de statu domus vestrae, quia dies ad hoc 

4. Eccli. XIX. 2 : « Vinum et mulieres apostatare faciunt 
sapientes. » 

5. Altérer, corrompre, bouleverser. D. abestorner. 
31. — 1. D. De tenir. 

2. Publiquement, ouvertement. 

3. D. aille. 

4. D. quant il issent. 

5. P. besoing. 



40 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ont a governer la maison après le Maistre, il puent 
covenablement parlier. Et por ce nos le comandons 
en tel manere a estre fait. 

32. Car il est escrit : In multiloquio non effugies 
peccatum*. Ce est a dire, que trop parler nen est 2 
sans pechié. Et en autre leu : Mors et vita in manibus 
lingue 3 . Ce est a dire : Mort et vie est 4 en pooir de la 
lengue. Et en celui parlement, paroles huisouses et de 
vilain esmovement a ris en toutes manières desfen- 
dons. Et se aucune chose est dite en celui parlement 
qui nen soit de dire, quant vos vendrés en voz lis, o 
toute humilité et o pure devocion, nos vos comandons 
a dire l'oraison pater noster. 

Des frères travailliés x . 

33. Les frères qui sont travailliés por la grant 
besoigne de la maison, se pueent soufrir 2 de lever as 

vobis sufficere non creditur, cum quadam fratrum parte ipsum 
magistrum est debitum oporteat loqui. Hoc autem ita fieri 
jubemus et ideo quia scriptum est In multiloquio non effugies 
peccatum, et alibi Mors et vita in manibus lingue. In illo col- 
loquio scurrilitates et verba ociosa ac risum movencia omnino 
prohibemus et vobis ad lectulos euntibus dominicam orationem 
si aliquis quid stultum est locutus, cum humilitate et puritatis 
devocione dicere jubemus. 
33. — [48]. Ut fatigati ad matutinas non sur gant. — Fati- 

32. — 1. Prov. X. 19 : « In multiloquio non deerit peccatum. » 
P. corrige à tort qui multo, etc. 

2. D. n'est pas. 

3. Prov. XVIII. 21. P. ajoute lingue est. 

4. D. la mort et la vie soit. 

33. — 1. Fatigués, souffrants. 
2. Accorder. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 41 

matines, par l'asentement et par le congié dou Maistre 
ou de ceaus qui sont ordenés sur celui office. Mais il 
doivent dire por matines xm patrenostres, si come il 
est desus establi, en tele 3 manière que la parole s'acorde 
au cuer. Ensi dist David : Psallite sapienter 4 . Ce est 
a dire : Chantés saigement. Et autre leu il meismes 
David dist : In conspectu Angelorum psallam tïbi 5 . Ce 
est a dire : Je chanterai a toi devant les angels. Et 
ceste chose soit tous tens en l'arbitre dou Maistre e de 
ceaus qui sont ordenés a celui office. 

De la vie comunal. 

34. L'on lit en la sainte escripture : Dividebatur 
singulis prout cuique 1 opus erat?. Ce est a dire, que 
a chascun estoit départie la chose, si come il estoit 
mestier. Por ce nos ne dions 3 que nule persone soit 

gatos nempe milites non ita ut vobis est manifestum surgere 
ad matutinas conlaudamus, sed assensu magistri vel illius cui 
credilum fuerit a magistro eos quiescere et tredecim orationes 
constitutas sic cantare ut mens ipsorum voci concordet, juxta 
illud prophetae : Psallite domino sapienter, et illud : In cons- 
pectu angelorum psallam tibi, vos unanimes conlaudamus. 
Hoc autem in arbitrio magistri semper consistere débet. 

34 . — [\ 9] . Ut communitas victus inter fr aires servetur. — 
Legitur in divina pagina : Dividebatur singulis prout cuique 
opus erat. Ideo non dicimus ut sit personarum acceptio, sed 

3. R. omet tele. P. l'ajoute en marge. 

4. Ps. XL VI. 8. 

5. Ps. CXXXVII. 1. 
34. — 1. Mss. quisque. 

2. Act. IV. 35. 

3. D. le disons. 



42 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

esleue * entre vos ; mes doit estre porvoiance des 
malades, et cil qui a mains de mesaise rende grâces a 
Dieu et non se triboule 5 ; et qui plus a de mesaise si 
s'umelie por s'enfermeté et ne s'en orgueillisse por la 
miséricorde. En tiel manière trestous les membres 
seront en pais. Et nos défendons que nul n'embrasse 
abstinence sans mesure ; mais que fermement tiegne 
la comunal vie. 

Dou maistre. 

35. Li Maistres puet doner a cui que il voudra le 
cheval d'un frère et les armeures, et quel que chose 
que il voudra, et le frère 1 a cui aura esté la chose 
qui sera donée ne se doit troubler ne corrousser : quar 
saches a certes 2 que se il se corroussoit il 3 feroit contre 
Dieu. 

De conseill doner. 

30. Ices frères soient apelés au conseill, lesquels li 

infirmilatum débet esse consideratio. Ubi autem qui minus 
indiget agat Deo gratias et non contristetur ; qui vero plus indi- 
get humilietur pro infîrmitate, non extollatur pro misericordia, 
et ita omnia menbra erunt in pace. Hoc autem prohibemus ut 
nulli immoderatam abstinenciam amplecti liceat, sed communem 
vitam instanter teneatur. 

35. — [39]. De licencia Magistri. — Licet Magistro cuiquam 
dare equos vel arma vel quamlibet rem cuilibet dare. 

36. — [59]. Ut omnes fratres ad secretum consilium non 

4. D. eslevée. P. corrige de même. 

5. Se tourmente. 

35. — 1. Cette seconde partie de la phrase est ajoutée au texte 
latin. 

2. P. corrige saches certen. 

3. D. il le. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 43 

Maistres conoistra a saiges et as profitables de con- 
seill doner ; quar ensi le comandons nos, et non mie 
trestous. Car quant il avient que il veulent traitier de 
grans choses, ensi corne de comunal 1 terre doner, ou 
parler de l'afaire de ia maison, ou de frère recevoir, 
adonques, se il plaist au Maistre, est covenable chose 
d'assembler toute la congrégation et oyr le conseill 
de tout le chapistre ; et ce que semblera au Maistre plus 
profetable ne meillor, celui 2 face. 

Des frères mandés. 

37. Les frères qui seront mandés perles diverses 
contrées dou siècle 1 se doivent esforcier a tenir les 
comandemens de la règle segont lor pooir et vivre 
sans reprennement en viandes et en vin et en autres 
choses ; et que il puissent avoir bon tesmoing de ceaus 
de fors, que il ne soillent 2 en fait ni en dit le propou- 

vocentur. — Non semper omnes fratres ad consilium convocare 
jubemus, sed quos idoneos et consilio providos magister cogno- 
verit. Gum autem de majoribus tractare voluerit, ut est dare 
communem terrain vel de ipso ordine disceptare, aut fratrem 
recipere, tune omnem congregationem, si magistro placet, con- 
vocare est competens; auditoque communis capituli consilio, 
quod melius et utilius magister consideraverit, illud agatur. 

37. — [64, V e partie]. De fratribus quiper diversas provincias 
proficiscuntur. — Fratres vero qui per diversas provincias 
diriguntur, regulam in quantum vires expetunt servare in cibo 
et potu et ceteris studeant, et inreprehensibiliter vivant; ut ab 

36. — 1. D. omet comunal. • 
2. D. si le. 

37. — 1. Les mss. ajoutent : et par les diverses parties dou siècle. 
2. P. corrige : ne faillent... en le propousement; qui ne traduit 

plus le texte latin. 



44 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

sèment de relegion, e que il donnent essample de bones 
euvres et de sapiense; meismement et ceaus a cui il 
s' ajusteront et (a) celui en cui ostel il herbergeront soit 
aornés de bien. Et se estre puet, ne soit de nuit sans 
lumière la maison ou il gerront et ou il seront her- 
bergiés, que le tenebrous enemis ne lor amoine achai- 
son de mal, don Dieu s les desfende. 

De la pais. 

38. Chascun frère se doit porveoir estudiousement 1 
que il ne maigne 2 en corros ni a ire son frère, quar la 
soverane pitié de Dieu a aussi le puissant frère corne 
le povre 3 par le non de charité. 

Cornent les frères doivent aler. 

39. Covenable chose est a trestos les frères qui 

lus qui foris sunt bonum testimonium habeant, religionis pro- 
positum nec verbo nec actu polluant, sed maxime omnibus qui- 
bus se illis conjunxerint sapienciae et bonorum operum exem- 
plum condimentum prebeant. Apud quem hospitari decreverint 
fama optima sit decoratus, et, si fieri potest domus hospitis in 
illa nocte careat lumine, ne tenebrosus hostis occasionem ali- 
quam, quod absit, inférât. 

38. — [54]. Ut alter alterum ad iram non provocet. — Pre- 
cavendum nempe non modicum est, ne aliquis aliquem com- 
movere ad iram présumât, quia propinquitatis et divine 
fraternitatis tam pauperes quam potentes summa clementia 
equaliter astrinxit. 

39. — [33]. Quod nullus juxta propriam voluntatem incedat. 

38. — 1. D. omet ce mot. 

2. Mène. 

3. D. febles. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 45 

sont profès, por le saint servise faire, et por avoir la 
gloire de la soveraine benaureté, e por paor dou feu 
d'enfer eschiver, que il tiengnent ferme obediense a 
lor Maistre. Car nule chose n'est plus chiere a Jhesu 
Grist que de tenir obédience. Car maintenant que 
aucune chose sera comandée de par le Maistre ou de 
celui a cui le Maistres en donra pooir, il soit fait sans 
demorance ausi corne se Dieus l'eust comandé. Car 
tels dist Jhesu Crist, et est vérité, par la bouche de 
David : Ob auditu auris obedivit mihi 1 . Ce est a dire : 
Il m' obéi 2 si tost corne il m'ot oy. 

40. Por ce proions nos les chevaliers frères qui ont 
abandoné lor propre volenté, et a tous les autres qui 
servent a termine prions et fermement comandons 
que il ne présument d'aler l en vile ni en cité sans 
congié dou Maistre ou de celui qui sera mis sur cel 
office ; fors de nuit au Sépulcre 2 et as leus d'orisons qui 
sont dedens les murs de la cité de Jherusalem. 

— Gonvenit his nempe militibus qui nichil sibi Ghristo carius 
existimant propter servicium secundum quod professi sunt, et 
propter gloriam summe beatitudinis vel metum géhenne, ut 
obedientiam indesinenter magistro teneant. Tenenda est itaque 
ut mox ubi aliquid imperatum a magistro fuerit, vel ab illo cui 
magister mandatum dederit, sine mora ac si divinitus impere- 
tur moram pati nesciant in faciendo. De talibus enim ipsa Veri- 
tas dicit : Ob auditu auris obedivit mihi. 

40. — [34]. Si licet ire per villam sine jussu Magistri. — 
Ergo hii taies milites propriam voluntatem relinquentes, et alii 
ad terminum servientes, deprecamur et firmiter eis jubemus ut 

39. — 1. Psal. XVII. 45 : « In auditu... » 
2. D. il obéi a moi. 

40. — 1. D. que il rïaillent. 

2. Le saint Sépulcre. « Li mostiers del Sépulcre, dit Eraoul 



46 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

41 . Et ici 1 poent aler n frères ensemble, et en autre 
manière ne voisent de jor ne de nuit ; et puisque il 
sont en herberge aresté, nul frère ne nul escuier, ne 
nuil sergent ne voist a l'ostel de l'autre por achaison 
de lui veoir ou por parler a lui sans congié, si corne 
il est dit dessus. Nos comandons par comunal conceill 
que en celé maison qui est ordenée de Dieu nul frère 
ne combate ne repose selonc sa propre volenté, mes 
selonc les comandemens dou Maistre, dessous cui tuit 
doivent acliner, que il puissent sivre celé sentence de 
Jhesu Grist laquele il dist : Non veni facere voluntatem 

sine magistri licentia vel cui creditum hoc fuerit, in villam ire 
non présumât, prêter noctu ad Sepulcrum et ad orationes que 
intra muros sancte civitatis continentur. 

h\. — [35]. Si licet eum ambulare solum. — Hii vero ita 
ambulantes non sine custode, id est milite aut fratre rémanente 
nec in die nec in nocte iter inchoare audeant. In exercitu nam- 
que, postquam hospitati fuerint, nullus miles vel armiger aut 
famulus per atria aliorum militum causa videndi vel cum aliquo 
loquendi sine jussu ut dictum est superius incedat. Itaque con- 
silio affîrmamus ut in tali domo ordinata a Deo quod nullus 
secundum proprietatem militet aut quiescat sed secundum 
magistri imperium totus se incumbat ; ut illam Domini senten- 

dans son Estât de la cité de Jherusalem, qui ore est el mont de 
Calvaire, estoit, quant Jhesu Gris fu crucefiés, dehors les murs de 
la cité ; or est en miliu de la cité. » On lit encore dans le conti- 
nuateur anonyme de G-uill. de Tyr (Pèlerinage de la Terre) : « A 
l'entrée des portes del Sépulcre, par deforz a destre, estoit la 
chapele de Mont de Calvaire... Desouz est li leuz de Golgata... 
emmi le cuer de l'esglyse estoit li sepulcrez Nostre Seigneur... a 
senestre partie del cuer estoit la Chartre Nostre Seigneur, etc. » 
{Itinéraires français à Jérusalem, Soc. Orient Latin, 1882, p. 33, 
163.) Ces descriptions sont remplies de détails analogues sur les 
« lieux d'oraison » dont Jérusalem était pleine. 
41. — 1. D. ensint. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 47 

meam, sed ejus qui misit me, patris 2 . Ce est a dire : 
Je ne ving pas faire la moie volenté, mais la volenté 
de mon père qui m'i a mandé. 

Cornent il doivent changier. 

42. Sans congié dou Maistre ou de celui qui cel office 
tendra nul frère ne change chose a autre , ne ne 
demande, se la 1 chose n'est petite ou vile. 

Des serveur es. 

43. Sans congié dou Maistre ou de celui qui cel office 
tendra, nul frère n'ait loquet, ni en sac, ni en maie; 
a ce ne soient tenus les coumandeors des maisons ne 
des provinces, ne meesmes li Mâistres. Sans congié 
dou Maistre ou de son comandeor 1 nul frère ne evre 

ciam imitari valeat, qua dicit : Non veni facere voluntatem 
meam, sed ejus qui me misit. 

42. — [45]. Ut cambiare vel guerre nullus audeat. — Nunc 
aliud restât ut nullus présumât cambiare sua, frater cum fratre, 
sine licencia magistri, et aliquid querere, nisi frater fratri, et 
sit res parva, vilis, non magna. 

43. — [40]. De mala et sacco. — Sacculus et mala cum fir- 
matura non conceduntur ; sic exponentur ne habeantur absque 
magistri licentia, vel cui creduntur domus post eum négocia. 
In hoc presenti capitulo procuratores et per diversas provincias 
degentes non continentur nec ipse magister intelligitur. 

43. — [4-i]. De legatione litterarum. — Nullatenus cuiquam 
fratrum litteras liceat a parentibus suis, neque a quoquam 
hominum, nec sibi invicem accipere vel dare sine jussu magis- 

2. Joann. VI. 38-39. 

42. — 1. P. celé. 

43. — 1. La phrase est biffée dans R. 



48 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

lelres ne de ses parens ne de nul home ; mais, puis 
que il aura le congié, se il plaist au Maistre ou au 
comandeor, soient leues les letres devant lui 2 . 

Des dons séculiers. 

44. Se por grâce aucune chose est donée a aucun 
frère d'orne séculier, qui torne corne 1 a viande, il la 
doit présenter au Maistre o au comandor de la viande. 
Mes se il avient que aucun sien amis ou sons parens 
que il ne la veullent doner fors a lui, il ne la preigne 
sans congié dou Maistre ou de celui qui cel office ten- 
dra. Mes se au frère est mandée aucune autre choze 
de ses parens, ne la preigne sans congié dou Maistre 
ou de celui qui tiendra cel office. A cestui comande- 
ment devant dit ne volons mie que soient tenus les 
comandeors ne les baillis, as quels especiaument cest 
office est comandée a faire. 

tri vel procuratoris ; postquam licentiam frater habuerit, in 
presentia magistri si ei placet legantur. Si vero etiam a paren- 
tibus ei quicquam directum fuerit, non présumât suscipere 
illud, nisi prius indicatum fuerit magistro. In hoc autem capi- 
tulo magister et domus procuratores non continentur. 

44. — [43], De questu et acceptione. — Verum enimvero si 
aliqua res sine questu cuilibet fratri data gratis fuerit, déférât 
magistro vel dapifero ; si vero aliter suus amicus vel parens 
dare nisi ad opus suum noluerit, hoc prorsus non recipiat donec 
licentiam a suo magistro habeat. At cui res data fuerit non 
pigeât illi si alteri datur, immo pro certo sciât quia si inde iras- 
citur contra Deum agit. In hac autem predicta régula ministra- 

2. Le texte latin donne ici un paragraphe non reproduit par la 
Règle française. 
44. — 1. D. omet corne. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 49 

Des defautesK 

45. Se aucun frère parlant ou chavauchant ou en 
autre manière fallira 2 legierement, il meesmes par 
son gré doit mostrer la fallie au Maistre, o pur coraige 
de satisfaition faire. Et se il ne est costumier, si en 
ait legiere penance ; mais se la faillie est trop grieve, 
si soit départis de la compaignie des frères, que il ne 
boive ne ne mange a nulle table avec les frères; mes 
tout seul par soi, et soit sousmis a la miséricorde et 
au jugement dou Maistre et des frères, que il puisse 
estre sauf au jor dou jugement. 

Des grieves colpes. 

46. Devant toutes choses devons porveoir se aucuns 
frères, puissans ou non puissans, fort ou foible, se 

tores non continentur quibus specialiter boc ministerium debe- 
tur et comeditur de mala et sacco. 

45. — [67]. De levïbus et gravibus culpis. — Si aliquis fra- 
ter loquendo vel militando aut aliter aliquid levé deliquerit, 
ipse ultro delictura suum satisfaciendo magistro ostendat : de 
levibus, si in consuetudinem non habentur, levem penitentiam 
habeat. Si vero eo latente per aliquem alium culpa cognita 
fuerit, majori et evidentiori subjaceat discipline et emendationi. 
Si autem grave erit delictum, retrabatur a familiaritate fratrum, 
nec cum illis simul in eadem mensa edat, sed solus refectïonem 
sumat, dispensationi et judicio magistri totura incumbat, ut 
salvus in judicii die permaneat. 

46. — [68]. Qua culpa frater amplius non recipiatur. — 
Ante omnia previdendum est ne quis frater potens aut impotens 

45. — 1. D. omet le titre. 
2. D. faille. 

4 



50 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

veulle essaucier petit a petit et enorgueillir et sa colpe 
deffendre, remaigne sans descipline. Mais se il ne la 
veaut amender, soit mis en plus destroite paine. Mais 
se par pietos amonestement est faite a Dieu proiere 
por lui, et ne s'en voudra amender, mais plus et plus 
s'en voudra orgueillir, soit desracinés dou pitous trou- 
pel ; selonc l'apostre qui dit : Auferte malum ex vobis ' . 
Ce est a dire : Ostés les mauves de vos. Besoing est que 
vos ostés la mauvaise oeille 2 de la compaigne des 
feables frères. 

47. Mais li Maistres, qui doit tenir en la main le 
baston e la verge, — le baston, de quoi doit sostenir 
les foibleces et les forces des autres; la verge, de 
laquelle doit ferir les vices de ceaus qui faudront, — 
por amour de droit, per conseill dou patriarche, estudie 
celé chose a faire. Mes ausi, come dist mon seignor 
saint Maxime 1 : Que la debonaireté ne soit plus large 

fortis aut debilis, volens se exaltare et paulatim superbire ac 
culpamsuam defendere, indisciplinatus remaneat; sedsi emen- 
dare noluerit, et districtior eorreptio accédât. Quod si piis 
ammonitionibus et fusis pro eo orationibus emendare noluerit, 
sed in superbia magis ac magis se erexerit, tune secundum 
apostolum de pio eradicetur grege : Auferte malum ex vobis. 
Necesse est ut a societate fratrura fîdelium ovus moribunda 
removeatur. 

47. Ceterum magister qui baculum et virgam manu tenere 
débet, baculum videlicet quo aliorum virium inbecilli taies sus- 
tenlet,- virgam quoque qua vitia delinquentium zelo rectitudinis 
feriat, consilio patriarchae et spiritali consideratione id agere 
studeat ne, ut ait beatus Maximus, aut solutior lenitas coi- 

46. — 1. Paul. I. Cor. V. 13. 
2. Ouaille, brebis. 

47. — 1. Il s'agit sans doute de saint Maxime, évêque de 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 51 

que la colpe ; ne 2 desmesurée destrece non face retour- 
ner le pecheor a maufaire. 

De murmure. 

48. Nos comandons par le devin amonestement a 
vos fuir une pestilence : envie, murmure, livour, 
detracion . Adonc chascun se garde estudiousement de 
ce que dist l'apostre : Ne sis criminator et susurro in 
populo*. Ce est a dire : ne soies 2 blameor ni mesdisans 
au pueple de Dieu. Mes quant le frère conoistra clere- 
ment que son frère aura failli, paisiblement et o pitié 
fraternel soit chastié entre eaus il privéement, et se il 
ne l'veaut oyr , si ajouste un autre frère , et se il 
mepriese l'un et l'autre, devant trestout le chapistre 
manifestement le repreigne. De grant aveuglesse sont 

bentiam peccantis aut immoderata severitas a lapsu non revocet 
delinquentem. 

48. — [7\]. De vitanda murmuratione. — Emulationes, 
invidias, livorem, murmur, susurraciones, detractiones, divina 
ammonicione vitare et quasi quandam pestem fugere vobis pre- 
cipimus. Studeat igitur unusquisque vigilanti animo ne fratrem 
suum clam culpet aut reprehendat, sed illud apostoli curiose 
secum animatvertat, Ne sis criminator, ne susurro in populo. 
Gum autem fratrem liquide aliquid peccasse agnoverit, pacifiée 
et fraterna pietate juxta domum preceptum inter se et illum 
solum corripiat. Et si eum non audierit, alium fratrem adhi- 
beat. Sed si utrumque contempserit, in conventu publiée objur- 
getur coram omnibus. Magne enim cecitatis sunt qui alios 

Turin, mort en 423, qui a laissé un grand nombre d'homélies 
que l'on peut lire au t. LVII de la Patrologie latine de Migne. 

2. D. que. 

48. — 1. Levit. XIX. 16. « Non eris criminator nec susurro. » 

2. R. P. que il ne soit. 



5^ LA RÈGLE DU TEMPLE. 

cil plain qui défraient les autres, et mult sont de 
grant maleurté plain qu'il 3 ne se gardent de porter 
envie les uns as autres ; dont il seront plongié en l'an- 
ciene villeté 4 dou diable. 

Que nul ne se glorifie de ses failles. 

49. Ja soit ce que toutes paroles huisouses soient 
conçues generaument estre pechié, qui diront cil qui 
de lor propre pechié se glorefîent devant le destroit 1 
jugeor Jhesu Crist. Dont nos demostre 2 ce le pro- 
phète David, lequel dist : Obmutui et silui a bonis*. 
Ce est a dire que a la fiée se doit l'on taire de bien 
parler, por silence tener. Tant, se doit l'on plus tenir 
et cesser de mal parler por eschiver paine de pechié. 
Nos défendons et fermement contredissons que nuns 
frères les proesces que il ont faites 4 au siècle, lesqueles 

detrahunt, et nimiae infelicitatis sunt qui se a livore minime 
custodiunt, unde in antiquam versuti hostis nequiciam demer- 
guntur. 

49. — [42]. De fabulatione propriarum culparum. — Cum 
omne verbum ociosum generare agnoscatur peccatum, quid ipsi 
jactantes de propriis culpis ante districtum judicem dicturi sunt 
ostendit certe propheta. Si a bonis eloquiis propter taciturnita- 
tem débet interdum taceri, quanto magis a malis verbis propter 
penam peccati débet cessari. Vitamus igitur et audaciter contra- 
dicimus ne aliquis frater remanens ut melius dicam stulticias 

, 3. D. cil qui. 
4. R. P. vieilliesse. 
49. — 1. P. corrige droit. 

2. D. dont ne nos mostre ce.... qui dist. 

3. Psal. XXXVIII. 3. « Obmutui et humiliatus sum, et silui 
bonis. » 

4. D. R. font. P. corrige ont faites. 



LA REGLE DU TEMPLE. 53 

seroient meaus dites folies en besoigne de chavalerie, 
et le délit de la char que il font o les chaitives femes, 
ne reconte a nul frère ni a nul autre ; et se il avenist 
chose que il oïst conter a autre frère, tantost le fasse 
taire; et se il ne le puest faire taire, tantost abandone 
la place et nen baille ses oreilles dou cuer au vendeor 
de Tuile. 

Que nus ne déniant. 

50. Geste usance comandons proprement a tenir et 
fermement a garder entre les autres, que nul frère ne 
demant par non le cheval de l'autre ne ses armeures. 
En quel manere sera donques fait, se l'enfermeté dou 
frère ou la foiblesce de ses bestes ou de ses armeures 
soit coneue tele que le frère ni puisse aler a la besoigne 
de la maison sans damage, vieigne au Maistre et li 
mostre celé besoingne en pure foi, ou a celui qui est 

quas in seculo, in militari negotio, tam enormiter egit, et car- 
nis delectationes miserrimarum mulierum cum fratre suo, vel 
alio aliquo, vel de alio commemorare audeat. Et si forte talia 
referentem quemlibet audierit, obrautescere faciat, vel quam 
tocius poterit cito (a) pede obedientiae inde discedat, et olei 
venditori aurem cordis non prebeat. 

50. — [36]. Ut nullus nominatim quod ei necessarium erit 
querat. — Hanc proprie consuetudinem inter cetera ascribere 
jubemus et cum omni consideratione ob vicium querendi teneri 
precipimus. Nullus igitur frater remanens assignantur et nomi- 
natim equum aut equitaturam vel arma querere débet. Quomodo 
ergo si vero ejus infîrmitas aut equorum suorum débilitas vel 
armorum suorum gravitas talis esse agnoscitur ut sic incedere 
sit dampnum commune -, veniat magistro vel cui est debitum 

(a) ms. vicio. 



54 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

en son Jeu en celé office après le Maistre, et en veraie 
fraternité, et de ci en avant remaigne en la disposition 
dou Maistre ou de celui qui tient cel office. 

De bestes et des escuiers. 

51 . Ghascun frère chevalier puet avoir in bestes et 
non plus, se n'est par le congié dou Maistre, por la 
grant mesaise de povreté que en présent est a la mai- 
son de Deu et dou Temple Salamon. A chascun frère 
chevalier otroions a avoir trois bestes et un escuier ; 
et se celui escuier sert de son bon gré a la charité, le 
frère ne l'doit batre por nule colpe que il face. 

Que nul frère n'ait lorain i . 

52. Nos défendons de tout en tout que nul frère 
nen ait or ne argent en son frain, ni en ses estriers 2 , 

ministerium post magistrum ; et causam vera fîde et pura ei 
demonstrel; inde namque in disposicione magistri vel post eum 
procuratoris res se habeat. 

54. — [30]. De numéro equorum et armigerorum. — Uni- 
cuique vestrorum militum très equos licet habere, quia domus 
Dei templique Salomonis eximia paupertas amplius non permit- 
tit inpresenciarum augere nisi cum magistri licentia. 

5-1. — [Si], Nullus armigerum gratis servientem feriat. — 
Solum autem armigerum singulis militibus eadem causa con- 
cedimus, sed si gratis et caritative ille armiger cuiquam militi 
fuerit, non licet ei eum verberare, nec eciam qualibet culpa 
perçu tere. 

52. — [37] . De frenis et calcaribus. — Nolumus ut omnino 
aurum vel argentum que sunt diviciae peculiares in frenis aut 

52. — 1. Les brides, qu'on ornait de petites plaques de métal. 
— Cf. Liv. des métiers, lxxii, stat. des Larmiers. 

2. D. son estref. . 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 55 

ni en ses espérons. Ce est ad entendre que il les 
achatent; mais se il avient que tel vieill arnois doré 
lor soit doné en charité, que l'or ou l'argent soit des- 
colouré 3 , que beauté resplendissable ne soit veue as 
autres, ni orguoill : bien le puet avoir. Mes se nuef 
arnois li est doné, de ce se porvoie 4 li Maistres que il 
en fera. 

Des covertures des lances. 

53. Nul frère nen ait coverture, ni en escu, ni en 
lance, quar ce n'est nul profit, ainz atendons * que ce 
soit granz damage. 

Des mangeur es i . 

54. Gestui comandement qui est establi de nos est a 
trestous profitable chose a tenir, et por ce comandons 

pectoralibus nec calcaribus, vel in strevis umquam appareat, 
nec alicui fratri remanenti eraere liceat. Si vero caritative talia 
vêlera instrumenta data fuerint, aurum vel argentum taliter 
coloretur, ne splendidus color vel décor ceteris arrogantia videa- 
tur. Si nova data fuerint, magister de talibus quod voluerit 
faciat. 

53. — [38]. Tegimen in hastis et clipeis non habeatur. — 
Tegimen autem in clipeis et hastis et furellis in lanceis non 
habeatur, quia hec non profiscuum immo dampnum nobis 
omnibus intelliguntur. 

54. — [44]. De manducariis equorum. — Utilis res est 

3. Le texte ordonne de peindre les harnais, par-dessus l'or ou 
l'argent; le texte français se contente de faire gratter la dorure. 

4. P. ajoute garde. 

53. — 1. Même sens que entendons. 

54. — 1 . D. omet ce titre et ceux de tous les paragraphes sui- 
vants. 



56 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

nos que fermement soient tenus de ci en avant 2 , et 
que nul frère ne face de ci en avant mangeure, linge 
ne lange 3 principaument, ne autre, se non profinel 4 . 

De la chace. 

55. Nos contredisons comunalement que nul frère 
nen preigne oisel o autre oisel. A relegios ne co vient 
pas ajouster a deliz 1 , mes oyr volentier les comande- 

cunctis hoc preceptum a nobis constitutum, ut indeclinabiliter 
amodo teneatur. Nullus autem frater facere présumât mandu- 
caria linea vel lanea iccirco principaliter facta, nec habeat ulla 
excepto profînello. 

55. — [46]. Ut nullus avem cum ave copiai nec cum capiente 
incedat. — Quod nullus avem cum ave accipere audeat nos 

2. Dans la Règle des Teutoniques (c. xxiv), il est au contraire 
enjoint de couvrir les fers de lances : c'était pour entretenir le 
poli et les maintenir plus aigus. Les chevaliers Teutoniques, 
lorsque la Règle des Templiers leur fut donnée, désobéirent à plu- 
sieurs des préceptes qu'elle renfermait, à celui-ci entre autres. 
Mais, en 1244, ils se firent absoudre par Innocent IV (bulle du 
9 février) et obtinrent pour leur Maître le droit de faire les chan- 
gements qu'il croirait nécessaires. (Cf. de Wal. Recherches sur 
l'ordre Teutonique, Mergentheim, 1807, t. I, p. 38.) 

3. Lange, étoffe de laine. Les tisserands de lange à Paris, dit 
J. Quicherat, étaient les tisseurs de drap et de serge, tandis que 
les tisserands proprement dits s'appelaient tisserands de linge. 
(Cf. encore Liv. des Métiers, LXXVI.) 

4. Il est impossible d'expliquer ce mot d'une façon certaine. 
C'était très probablement une sorte de sac (Cf. § 322), fait de 
mailles ou de cordelette pour filée (?). Le seul mot dont on puisse 
rapprocher profinel est perfinelli, qui se trouve dans un passage 
assez obscur de la Règle imprimée des Teutoniques, et que Du 
Gange cite à tort comme un verbe, en lui donnant le sens de 
ficeler. 

55. — 1. Plaisir, délices. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 57 

mens de Dieu et sovent estre en oroisons, et chascun 
jor reconoistre a Dieu, o lermes et o plors en ses 
oroisons, le mal que il a trespassé. Ne nul frère ne 
présume aler 2 especiaument o celui home qui prent 
oisel o autre oisel. Com il soit covenable chose a tout 
home religios aler simplement et humblement et sans 
ris et non parler multes paroles, mais raisonablement 
et non crier trop haut : et por ce comandons nos espe- 
ciaument a tous frères, que il ne voisent en bois o ars 
ni o arbalestres, por bestes bercer 3 , ni o celui qui ce 
fera, se n'est por amor de celui garder des desloaus 
paiens. Ne ne devés aler après chiens, ne crier, ne 
janglier 4 , ne cheval poindre por covoitise de prendre 
beste sauvaige. 

communiter judicamus. Non convenit enim religioni sic cum 
mundanis delectationibus inherere. Sed Domini precepta liben- 
ter audire, orationi fréquenter incumbere, mala sua cum lacri- 
mis vel gemitu cotidie in oratione Deo confiteri. Cum homine 
quidem talia opérante cum anci pitre vel alia ave nullus frater 
remanens hac principali causa ire présumât. 

55. — [47]. Ut nullus cum arcu vel abalista percuciat. — 
Cum omni religione ire deceat simpliciter et sine risu humiliter 
et non multa verba sed racionabilia loqui et non sit clamosa in 
voce, specialiter [injjungimus et precipimus omni fratri pro- 
fesso ne in bosco cum arculis abalista jaculari audeat, nec 
cum illo qui hoc fecerit ideo pergat, nisi gratia eum custodiendi 
a perfido gentili, nec cum cane sit ausus clamare vel garulare, 
nec equum suum cupiditate accipiendi feram pungat. 

2. D. n'aille (même différence que plus haut, § 40). — P. omet 
ne présume. 

3. Chasser. 

4. Babiller, bavarder, railler. 



58 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Dou lion. 

56. Véritable chose est que a vos est doné especiau- 
ment, si come por dette, que vos devés mètre vos 
armes 1 por vos frères, ensi comme fist Jhesu Crist, 
et défendre la terre des mescreans paiens qui sont 
enemis au fill de la Virge Marie. Geste deffense des- 
sus dite n'est mie entendue dou lion, car il vait aviro- 
nant et cerchant que il puisse dévorer 2 , et les mains 
de lui contre trestous et les mains de tous contre lui 3 . 

Cornent puent avoir terres et homes. 

57. Ceste manière de novele religion créons que par 
la devine escripture et par la devine providence prist 
comencement en la sainte terre d'Orient. Ce est assa- 
voir que la chevalerie armée puisse 1 sans colpe tuer 
les enemis de la crois. Por ce nos jugons por droit vos 

56. — [48]. Ut leo semper feriatur. — Nam est certum quod 
vobis specialiter creditum est et debitum pro fratribus vestris 
animas ponere, atque incredulos qui semper Virginis filio ini- 
micantur de terra delere : De leone non hoc dedimus quia ipse 
circuit querens quem devoret , et manus ejus contra omnes 
omniumque manus contra eum. 

57. — [5-1]. Quod licet omnibus militibus professis terram 
et homines habere. — Divina ut credimus providentia a vobis 
in sanctis locis sumpsit inilium hoc genus novum religionis, ut 
videlicet religionis miliciam admisceretis et sic religio per mili- 
tiam armata procédât, hostem sine culpa feriat. Jure igitur 

56. — 1. Vos âmes. 

2. Petr. 1 er ép. V. 8. 

3. Gen. XVI. 12. 

57. — 1. D. puet. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 59 

estre apelés chevaliers dou Temple, o double mérite et 
beauté de proesce, et poés avoir terres et homes et 
vilains et chans tenir et governer justement, et vostre 
droiture prendre d'eaus si come il est establi espe- 
ciaument. 

Des disme. 

58. Vos qui avez abandonées les delitouses richesces 
de cest siècle, créons estre subjés de bone volenté 
a povreté ; dont nos esguardons a vos qui vives de 
vie comunal diesmes avoir. Se li evesques dou leu a 
cui la diesme doit estre rendue par droit la vos veulle 
doner en charité, par l'assentement de son chapistre, 
de celés dismes que l'iglise adonc possiet 1 . Mes si 
aucuns hons lais 2 celles diesmes de son patremmoine 
retient encores a son damaige contre l'yglese et la vos 

judicamus cum milites Templi dicamini vos ipsos, ob insigne 
meritum et spéciale probitatis domum terram et homines habere 
et agricolas possidere, et juste eos regere, et institutum debitum 
vobis specialiter debetur impendi. 

58. — [66]. Ut milites Templi décimas habeant. — Gredi- 
mus namque relictis affluentibus divitiis vos spontaneae pau- 
pertati esse subjectos, unde décimas vobis communi vita viven- 
tibus juste habere hoc modo demonstramus. Si episcopus 
aecclesiae cui décima jure debetur vobis caritative eam dare 
voluerit, assensu communis capituli, de illis dicimusquas tune 
aecclesia possidere videtur vobis tribuere débet. Si autem 
quislibet laïeus adhuc illam ex patrimonio suo dampnabiliter 
amplectitur, et se ipsum in hoc valde redarguens vobis ean- 

58. — 1. D. ha dont puissiez. Il faut sous-entendre ici : « il le 
doit faire » de celés dismes, etc. 
2. R. P. laist. 



60 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

voudra laissier, par l'otroi dou prélat et de son cha- 
pistre faire le puet. 

Desjugemens. 

59. Nos savons por voir que persecutors sont sans 
nombre e gens qui amainent tençons et enforcent 
cruelment de tormenter lor amis et les feels de sainte 
glyse. Por la clere sentence de nostre concile, nos 
esgardons que se aucuns a es parties de la contrée 
d'Orient ou en aucun autre leu, et vos demandera 
aucune chose, par homes feables et ameors de vérité 
nos comandons de la chose a jugier, se l'autre partie 
le veaut soffrir. Cestui meesme comandement soit 
tenu perpetuelment en toutes choses qui vos seront 
tolues. 

Des frères vieils. 

60. Nos comandons par pitous esguardement que 

dem reliquerit, ad nutum ejus qui preest tantum sine con- 
ventu capituli id agere potest. 

59. — [49]. De omni re super vos quesita judicium audire. 
— Novimus quidem persecutores sanctae aecclesiae innumera- 
biles esse; et hos qui conlentionem non amant incessanter 
crudeliusque inquietare festinant. In hoc igitur concilii sentencia 
serena consideratione pendeat, ut si aliquis in partibus orien- 
tais regionis in quocumque alio loco super vos rem aliquam 
quesierit, vobis per fidèles et veri amatores judices audire judi- 
cium precipimus et quod justum fuerit indeclinabiliter vobis 
facere precipimus. 

59. — [50]. Ut hec régula in omnibus teneatur. — Hec 
eadem régula in omnibus rébus vobis in merito ablatis perhen- 
niter jubemus ut teneatur. 

60. — [63]. Ut senes semper venerentur. — Senes autem pia 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 61 

les veaus frères et foibles soient honorés estudiouse- 
ment et soient reguardés selonc la foibleté d'eaus ; et, 
sauve l'autorité de la règle en celés choses qui sont 
nécessaires a lor cors, ne soient en nule manière en 
destrece. 

Des frères malades. 

61 . As frères malades soit donée estudiouse garde 
et mise, et soient servi, selonc ce que dit l'évangile, 
corne Jhesu Grist 1 : lnfirmus fui et visitastis me 2 . Ce 
est a dire : Je fui malades et vos me vesitastes ; et ce 
ne soit mie oblié. Que 3 tels frères qui sont mesaisiés 
doit l'on traiter en pais et estudiousement, que de tel 
service sans doutance gaaigne l'on le règne de 
paradis. 

Dont nos comandons a l'enfermier que il se porvoie 
estudiousement et feelment des choses qui sont neces- 

consideratione secundum virium imbecillitatem subportare, ac 
diligenter honorare oportet. Et nullatenus districte in his que 
corporis sunt necessaria teneantur, tamen salva auctoritate 
regulae. 

64. — [52]. Ut maie habentibus curapervigil habeatur. — 
Maie habentibus fratribus supra orania adhibenda est cura per- 
vigil, et quasi Ghristo eis serviatur, ut illud ewangelicum, 
lnfirmus fui et visitasti me, memoriter teneatur. Hii etenim 
diligenter ac pacienter portandi sunt, quia de talibus superna 
retributio indubitanter adquiritur. 

64. — [53]. Ut infirmis necessaria semper dentur. — Procu- 
ratoribus vero infîrmantium omni observantia atque pervigili 

61. — 1. R. P. corne a J. G. dist. 

2. Math. XXV. 36. Visitas^' est une erreur du texte latin, 
corrigée par D. P. 

3. D. quar les. 



62 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

saires as diverses maladies , si corne en viandes , en 
chars, en oiseaus, et en toutes autres viandes qui 
rendent santé, selonc l'aise 4 et le pooir de la maison. 

Des frères mors. 

62. Quant aucun frère trespasse de vie a mort, la 
quele n'est pardonée a nuilui, nos comandons ou pur 
coraige chanter la messe pour l'arme de lui, e faire le 
servise Dieu par les prestres qui servent au soveran 
prestre 1 et a vos sont a termine a la charité, et a tous 
les frères qui sont présent la ou li cors est fet] sont 
a termine en charité, jusques a vu jors, a dire c pater 
nostres. E trestous les frères dou comandament de celé 
maison ou le frère trespasse doivent dire les c pater 
nostres, si come dessus est dit, puis qu'il sauront la 

cura precipimus, ut quecumque sustentationi diversarum infir- 
mitatum sunt necessaria, fideliter ac diligenter juxta domum 
facultatem eis amministrent, verbi gratia carnem et volatilia et 
cetera, donec sanitati reddantur. 

62. — [3]. Quid agilur pro fratribus defunctis. — Quando 
vero quislibet fratrum remanentium morti que nulli parcit 
impendit, quod est impossibile auferri, capellanis ac clericis 
vobiscum ad terminura caritative summo sacerdoti servientibus 
creditum officium et missam sollempniter pro ejus anima 
Christo animi puritate jubemus offerre. Pratres autem ibi 
astantes et in orationibus pro fratribus defuncti salute fideliter 
pernoctantes, centum oraciones dominicas usque ad diem septi- 
mum pro fratre defuncto persolvant; ita dico ab illo die quo eis 
obi tus fratris denudatus fuerit usque ad predictum diem cente- 
narius numerus perfectionis integritatem cum fraterna observa- 

4. D. aisément. 

62. — \ , P. corrige Roi. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 63 

mort dou frère, por la pitié de Dieu. Encores prions 
nos et comandons par l'autorité pastoral, que un povre 
soit repeu de tel viande et de tel vin jusques a XL jorz 
por le frère mort, si corne seroit le frère vif. Toutes 
les autres offertes, les queles est oient faites sans dis- 
crecion en la mort des frères et en la sollempnité de 
pasques et en les autres sollempnités que les povres 
chevaliers dou Temple avoient acostumé par lor propre 
volenté, en toutes manières deffendons. 

63. Mais de jor et de nuit o net coraige soit en sa 
profession, que il se puisse acomparer en ce au plus 
saige de tous les prophètes ; lequel dist : Calicem salu- 
taris accipiam*. Ce est a dire : Je penrai le calice de 
salu. Ce est : Je vengerai la mort de Jhesu Crist por 
ma mort. Car ensi corne Jhesu Crist mist son cors 

tione habeat. Adhuc nempe divina ac misericordissima caritate 
deprecamur, atque pastorali auctoritate jubemus, ut cotidie, 
sicuti fratri in vocibus dabatur vel debetur ita quod est neces- 
sarium sustentationi hujus vitae in cibo et potutantum cuidam 
pauperi donec ad quadragesimum diem impendatur. Omnes 
enim alias oblationes quas in morte fratrum et in paschali 
sollempnitate , ceterisque solempnitatibus domino pauperum 
commilitonum Ghristi spontanea paupertas indiscrète reddere 
consueverat, omnino prohibemus. 

63. — [6]. Ut nullus frater remanens oblationem facial. — 
Decrevimus, ut superius dictum est, quod nullus fratrum 
remanentium aliam oblationem agere présumât, sed die noctu- 
que mundo corde in sua professione maneat ut sapientissimo 
prophetarum in hoc se equipollere valeat Calicem salut aris 
accipiam, id est mortem in morte mea, morte mea mortem 
Domini imitabor, quia sicut Ghristus pro me animam suam 
posuit, ita et ego pro fratribus animam ponere sum paratus. 

63. — 1. Psal. GXV. 4. 






64 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

por moi , et je sui apareilliés en tel manière mètre 
m'arme por mes frères. Ici a covenable offerte ; veés 
ci 2 vif sacrefice et mult plaisant a Dieu. 

Des prestres et des clers qui servent a la charité. 

64. Toutes offertes et toutes manières d'aumosnes 
en quel que manière soient faites as chapelains et as 
clers et as autres qui remaignent par termine a la 
charité, par l'université dou comun concile, en toutes 
manières nos comandons a rendre. Les serviors de 
l'yglise, selonc l'auctorité damedieu, solement viande 
et robe aient, et nule autre chose présument a avoir, 
se li Maistre par son bon gré ne lor veaut doner en 
charité. 

Des chevaliers séculiers. 

65. Il sont chevaliers en la mason de Dieu et dou 
Temple Salamon , qui servent par miséricorde et 
remaignent a vos a termine ; dont nos, por pitié, vos 

Ecce competentem oblalionem, ecce hostiam viventem Deoque 
placentem. 

64. — [4]. Capellani victum et vestitum tantum habeant. — 
Alias vero oblationes et omnia elemosinarum gênera quoquo- 
modo fiant capellanis vel aliis ad tempus manentibus unitati 
communis capituli reddere pervigili curaprecipimus. Servitores 
itaque aecclesiae victum et vestitum secundum auctoritatem 
tantum habeant, et nil amplius habere présumant, nisi magistri 
sponte caritative dederit. 

65. — [5], De militibus defunctis gui sunt ad terminum. — 
Sunt namque milites in domo Dei Templique Salomonis ad 

2. D. ci ha. 



LÀ RÈGLE DU TEMPLE. 65 

proions et a la parfin fermement comandons, se entre- 
tant la puissance de Dieu enmenast aucun d'eaus a fin, 
por l'amor de Dieu et por pitié fraternel, i povres ait 
vu jors viande por l'arme de lui, et chascun frère 
estant en celé maison die xxx pater nostres. 

De chevaliers séculiers qui servent a termine. 

66. A tous les chevaliers séculiers qui désirent o 
pur coraige servir a terme a Jhesu Crist et a la mai- 
son dou Temple Salamon, nos comandons a acheter 
feelment chevau covenable et armes et ce qui li sera 
mestier en tel besoigne. En après nos comandons a 
l'une partie et a l'autre mètre le chevau en pris et le 
pris mètre en escrit, que il ne soit obliés ; et toute la 
chouse qui mestier est a l'escuier et au chevalier et 
au chevau por sa vie, et meismement les fers au che- 
val, soient donés selonc l'aisement de la maison par 

terminum misericorditer vobiscum degentes, unde ineffabili 
miseratione vos rogamus, deprecamur et ad ultimum obnixe 
jubemus, ut intérim tremenda potestas ad ultimum diem ali- 
quem perduxerit, divino amore ac fraterna pietate septem dies 
sustentationis pro anima ejus quidam pauper habeat et xxx te ora- 
tiones dominicas unusquisque dicat. 

66. — [32]. Qualiter ad tempus rémanentes recipiantur. — -, 
Omnibus militibus servire Jhesu Ghristo animi puritate in 
eadem domo ad terminum cupientibus equos in tali negocio 
cotidiano idoneos et arma et quicquid ei necessarium fuerit 
emere fideliter jubemus. Deinde vero ex utraque parte equali- 
tate servata bonum et utile appreciari equos judicavimus. 
Habeatur ilaque precium in scripto ne tradatur oblivioni, et 
quicquid militi vel equis ejus aut armigero erit necessarium, 
adjunctis ei ferris equorum, secundum facultatem domus ex 

5 



66 LA REGLE DU TEMPLE. 

fraternel charitié. Se dedens le terme par aventure 
avenist que le cheval morist au service de la maison, 
se la maison a le pooir, le Maistre H rende. Se a la fin 
dou termine le chevalier s'en vosist retorner en son 
pais, la moitié dou pris dou cheval laisse le chevalier 
por charité a la maison et l'autre moitié se il li plaist 
recevra de l'aumosne de la maison. 

De la fiance des sergans. 

67. Tant les escuiers corne les sergans qui veulent 
servir a la charité a la maison dou Temple por le salu 
de lor armes et 4 a termine, venans de diverses 2 pro- 
vinces, a nos semble chose profitable que soient 
receues lor fiances, que li envious henemi ne lor mete 
en coraige d'eaus repentir, ne retraire de lor bon 
proposement. 

eadem domo fraterna carilate impendatur. Si vero intérim equos 
suos miles aliquo eventu in hoc servicio amiserit, magister ut 
facultas domus hoc exigit, alios amministret. Adveniente autem 
termino repatriandi medietatem precii ipse miles divino amore 
concédât, alteram ex communi fratrum si ei placet recipiat. 

67. — [64]. Ut fidem servicium accipiant. — Agnovimus 
nempe complures ex diversis provinciis, tam clientes quam 
armigeros, pro animarum salute animo servienti ad terminum 
cupientes in domo vestra mancipari. Utile est autem ut fidem 
eorum accipiatis, ne forte veternus hostis in Dei servicio ali- 
quid furtive vel indecenter eis intimet, ut a bono proposito 
repente exterminet. 

67. — 1. D. omet et. 
2. D. ajoute parties et. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 67 

Des mantiaus blans. 

68. Par comunal consel de trestout le chapistre nos 
contredisons et comandons a estre detrenchié si corne 
familier vice, ice que sans discrétion estoit en la mai- 
son de Dieu et des chavaliers dou Temple que les ser- 
gans et les escuiers nen aient blanches robes, dont il 
soloit avenir grant damaige a la maison ; quar es par- 
ties d'outre les mons 4 sourdoient faus frères et mariés 
et autres , qui disoient qu'il estoient frères dou 
Temple; et il estoient dou siècle. Cil nos aquistrent 2 
tant de hontes et de damaiges a l'ordre de la cheva- 
lerie, que meismes les escuiers de la s'en orgueillis- 
soient; por ce fistrent naistre 3 pluisors escandles. 
Donques soient donées assiduelment robes noires; 
mes se il ne les puent teles trover, teles corne les por- 

68. — [24]. Quod famuli alba vestimenta, id est pallia non 
habeant. — Hoc nempe quod erat in domo Dei ac suorum 
militum Templi sine discretione ac consilio communis capituli 
obnixe contradicimus et funditus quasi quoddam vicium pecu- 
liare amputare precipimus : Habebant enim famuli et armigeri 
alba vestimenta, unde veniebant dampna importabilia. Surrexe- 
runt namque in ultra montanis partibus quidam pseudo fratres 
et conjugati et alii dicentes se esse de Templo, cum sint de 
mundo. Hii nempe tantas contumelias totque dampna militari 
ordini adquisierunt, et clientes rémanentes plurima scandala 
oriri inde superbiendo fecerunt. Habeant igitur assidue nigra ; 
sed si talia non possunt invenire, habeant qualia inveniri pos- 

68. — 1. L'Arménie, sans doute. 

2. P. aquistoient. 

3. D. sourd,7*e. 



68 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ront trover en celé province, teles soient donées; ou 
ce qui sera de plus vil pris, c'est assavoir burell. 

Des frères mariés. 

69. Se les homes qui sont mariés demandent la con- 
frairie et le bénéfice et les oroisons de la maison 1 , en 
tel manière les vos otroions a recevoir, que l'un et 
l'autre après sa mort vos otroit la partie de son bien et 
tout quant que de ci en avant conquistra. Entretant il 
doivent mener honeste vie et estudier de bien faire as 
frères. Mais il ne doivent mie porter blanches robes, 
ne blans manteaus ; mes se le baron muert ançois que 
sa feme, li frère doivent prendre la partie de ses biens, 
et de l'autre partie ait la dame le sostenement de sa 
vie; que ce ne sembleroit pas droit a nos que tels 
confrères 2 deussent habiter en une maison aveuc les 
frères qui ont a Dieu promis chasteé. 

sunt in illa provincia qua degunt, aut quod vilius unius coloris 
comparari potest, videlicet burella. 

69. — [55]. Quomodo fratres conjugati habeantur. — Fra- 
tres autem conjugatos hoc modo hàbere vobis permittimus, ut 
si fraternitatis vestrae benefîcium et participationem unanimiter 
petunt, uterque sue substanciae porcionem et quicquid amplius 
adquisierint unitati communis capituli post mortera concédant, 
et intérim honestam vitam excerceant, et bonum agere fratri- 
bus studeant ; sed veste candida et clamide alba non incedant. 
Si vero maritus ante obierit, partem suam fratribus relinquat, 
et conjux de altéra vitae sustentamentum habeat. Hoc enim 
injustum consideramus, ut cum fratribus Deo castitatem pro- 
mittentibus fratres hujusmodiinunaeademquedomo maneant. 

69. — 1. D. demandent la confrairie de la meson... 
2. D. tels frères habitassent. 



LA RÈGLE DU TEMBLE. 69 

Des serors. 

70. Perillouse chose est compaignie de feme, que 
le deable ancien par compaignie de feme a degeté 
pluisors dou droit sentier de paradis. Dames por serors 
de ci en avant ne soient receues en la maison dou 
Temple; por ices, très chiers frères, de ci en avant ne 
co vient acostumer ceste usance, que flor de chasteé 
tous tens aparisse entre vos 1 . 

Que il n'aient familiarité de femmes. 

71 . Nos créons estre perillouse chose a toute reli- 
gion trop esgarder face de feme. Et por ce nul de vos 
présume 1 baisier de feme, ne veve, ni pucele, ne 

70. — [56]. Ut amplius sorores non coadunent. — Sorores 
quidem amplius periculosum est coadunare, quia antiquus 
hostis femineo consorcio complures expulit a recto tramite 
Paradisi. Ideoque fratres rarissimi ut integritatis flos inter vos 
semper appareat hac consuetudine a modo uti non liceat. 

T\ . — [72]. Ut omnium mulierum fugiant oscula. — Peri- 
culosum esse credimus omni religioni vultum mulierum nimis 

70. — 1. De Wal {Recherches sur l'ordre Teutonique, 1807,- 1. 1, 
p. 262) cite pourtant un exemple qui paraît contredire cet avis. 
En 1305, l'abbaye des Gamaldules, de Saint- Michel de Lemmo, 
ayant été donnée aux Templiers, l'abbesse Agnès se voua à l'Ordre, 
en son église, entre les mains du prieur de la maison de Venise qui 
était venu prendre possession de l'abbaye. C'est un cas tout parti- 
culier, mais le texte du précepte ici énoncé ne doit peut-être se 
prendre à la lettre que pour les bâtiments mêmes habités par les 
frères. Il est certain que de tout temps l'ordre de l'Hôpital compta 
dans son sein des données. 

71. — 1. D. n'osse basier famé. 



70 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

mère, ni seror, ne ante 2 , ne nule autre feme; et 
adonques la chevalerie de Jhesu Grist doit fuir en totes 
manières baisier de femes, par quoi les homes soloient 
maintes fois perillier, que il puissent converser et 
maindre 3 perpetuelment o pure conscience et o seure 
vie devant la face de Dieu. 



De non estre compères. 

1%. Nos comandons a trestous frères que nul de ci 
en avant soit hardi de lever enfans de fons, et nen ait 
vergogne de refuser compères ne comeres ; que celé 
vergoigne amaine plus gloire que pechié. 

attendere, et ideo nec viduam, nec virginem, née matrem, nec 
sororem, nec amitam, nec ullara aliam feminam aliquis frater 
osculari présumât. Fugiat ergo feminaea oscula Ghristi milicia, 
per que soient homines sepius periclitari, ut pura conscientia et 
secura vita in conspectu Domini perhenniter valeat conversari. 

Il reste un article de la Règle latine, le 65 e , qui ne nous paraît 
avoir aucun équivalent dans le texte français. Nous le donnons 
ici pour compléter le texte du Concile de 1128. — En revanche, 
les deux courts articles français qui terminent cette l re partie de 
la Règle française ont été ajoutés au texte latin. 

[65]. — Ut victus equaliter omnibus distribuatur . — illud 
quoque congrue et racionabiliter manutenendum censemus, ut 
omnibus fratribus remanenlibus victus secundum loci faculta- 
tem equaliter tribuatur. Non enim est utilis personarum 
acceptio, sed infirmitatum necessaria est consideratio. 



2. Tante. 

3. Demeurer, rester. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 71 



Des comandemens . 



73. Tous les comandemens qui sont dis et écris 
dessus en ceste présente règle sont en la discrétion et 
en l'esgart dou Maistre. 

Ces sont les festes et les jeunes que tuit li frère dou 
Temple doivent jeûner et célébrer. 

74. Coneue chose soit a tous les frères dou Temple 
qui sont présent et qui a venir sont, que il dovent jeû- 
ner les vigiles de xn apostres. Ce est assavoir 1 saint 
Pierres et saint Pol 2 ; la saint André 3 ; saint Jaques* 
et saint Phelippes; saint Thomas 5 ; saint Berthelemé 6 ; 
saint Symon et Judes 7 ; saint Jaques 8 ; saint Mathé 9 . 
— La vigile saint Johan Batiste 40 . — La vigile de l'as- 
cencion 11 , et les n jors devant, de revoisons 12 . — La 
vigile de pentecoste 13 . — Les quatuortens. — La vigile 



74. — 1. D. a dire. 

2. 28 juin. 

3. 29 novembre. 

4. Le Mineur. 30 avril. 

5. 20 décembre. 

6. 23 août. 

7. R. Judas. 27 octobre. 

8. Le Majeur. 24 juillet. 

9. Il faut entendre sans doute ici à la fois les vigiles de saint 
Mathias (23 février) et de saint Mathieu (20 septembre) désignés 
sous le même nom comme on le voit encore, plus bas, au § 75. 

10. 23 juin. 

H. Variant du 29 avril au 2 juin. 

12. Les Rogations ou petites Litanies. - 

13. Variant du 9 mai au 12 juin. 



72 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

saint Laurens 14 . — La vigile de Nostre Dame de mi- 
aoust 15 . — La vigile de tous sains 16 . — La vigile dou 
baptestire 17 . — Et toutes ces festes devant dites 
doivent jeûner selonc les comandamens dou pape Inno- 
cent par le concile que fu fais en la cité de Pise 18 . Et se 
nule de ces festes devant dites avenoient au jor de 
lundi, le samadi avant doivent jeûner. Se la nativité 
de Nostre Seignor avendra 19 au jor de vendredi, les 
frères doivent mangier char, por l'ennor de la feste. 
Mais le jor de la feste saint Marc 20 doivent jeûner por 
les letanies : quar il est establi de Rome por la morta- 
lité des homes. Mes se la feste vient dedens les octaves 
de pasques, il ne doivent pas jeûner. 

Ces sont les festes qui doivent estre gardées en la maison 
dou Temple. 

75. La nativité de Nostre Seignor 1 . — La feste 2 
saint Estiene. — La saint Johan evangeliste 3 . — Les 

14. 9 août. 

15. 14 août. 

16. 31 octobre. 

17. 5 janvier. Ceci est un exemple très curieux et rare du nom 
de Baptisterium donné à VÉpiphanie. On ne le relève d'ordinaire 
que dans le rite arménien. 

18. En 1134, le 30 mai, jour de la Pentecôte. Tous les évoques 
d'Occident étaient convoqués par Innocent II. Saint Bernard 
assista au concile. 

19. D. vient. — 25 décembre. 

20. 25 avril. 

75. — 1. Cette liste étant régulièrement chronologique, on 
voit que les rédacteurs de cette partie de la Règle faisaient com- 
mencer l'année à Noël. 

2. D. omet la feste. — 26 décembre. 

3. 27 décembre. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 73 

Innocens 4 . — Les huitaves de Noël, qui est le jor de la 
renuef 5 . — Le baptestire. — Sainte Marie la chan- 
delor 6 . — Saint Mathé l'apostle 7 . — La nonciacion de 
Nostre Dame de Mars 8 . — La pasque ; o trois jorz après. 

— La saint Jorge 9 . — Saint Phelippe et saint Jaques, 
il apostres. — L'invention de sainte croiz 10 . — L'as- 
cention de Nostre Seignor. — La pentecoste, et il jors 
après. — La saint Johan baptiste 11 . — Saint Pierre et 
saint Pol, n apostres. — Sainte Marie Magdelaine 42 . — 
Saint Jaques l'apostre. — Saint Laurens. — L'assom- 
tion de Nostre Dame 1 3 . — La nativité de Nostre Dame i 4 . 

— La exaltation de sainte Croiz 15 . — Saint Mathé 
l'apostre. — Saint Michel 16 . — Saint Symon et saint 
Judes. — La feste de 17 toz sains. — La saint Martin 
fors des charues 18 . — Sainte Katherine fors des cha- 
rues 19 . — Saint André. — Saint Nicholas fors des 
charues 20 . — Saint Thomas l'apostre. 

4. 28 décembre. 

5. Le nouvel an. 

6. D. omet sainte Marie. — 2 février. 

7. Saint Mathias. D. Mathie. 

8. 25 mars. 

9. 23 avril. 

10. 3 mai. 

11. 24 juin. 

12. 22 juillet. 

13. 15 août. P. asention. 

14. 8 septembre. Omis dans D. R. 

15. 14 septembre. D. l'omet. 

16. 29 septembre. Fête de la Dédicace de son église. 

17. D. omet feste de. 

18. 11 novembre. 

19. 25 novembre. R. et P. la placent après la Saint- André, par 
erreur. 

20. Le patron de la Russie, évêque de Myre, sous Constantin, 
mort vers 342. 6 décembre. 



74 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

76. Et nules des autres testes mult petit garde l'on 
a la maison dou Temple. Et ce volons nos et conseillons 
que soit fermement gardé et tenu, que trestous les 
frères dou Temple doivent jeûner dou dimenche devant 
la saint Martin jusques a la nativité de Nostre Seignor, 
se par aucune enfermeté ne le laissent. Et se tant 
avenist chose 4 que la feste de saint Martin avenist au 
jor 2 de dimenche, le dimenche avant doivent tuit li 
frère laissier char. 

76. — 1. Omis dans D. 
2. Id. 






[STATUTS HIÉRARCHIQUES] 

Ci comencent les retrais et les establissemens 
de la maison* dou Temple. 

[Retrais dou Maistre.] 

77. Li Maistre doit avoir un bestes, et i frère 
chapelain , et i clerc a 2 trois bestes , et un frère 
sergent a n bestes, et i vahlet gentil home por 
porter son escu et sa lance, a une beste ; et quant 
il l'aura servi une pièce, li Maistres le porra faire frère 
chevalier, se a lui plaist; mes que il ne 1' face trop 
sovent. Et si doit avoir un fereeor et un escrivain sar- 
razinois 3 , et un turcople 4 et un cuecq 5 , et puet avoir 
n garsons a pié et i turqueman 6 qui doit estre gardés 
en la quaravane. Et quant li Maistres chevauchera de 
terre en autre, le turqueman doit estre menés en 
destre par un escuier et par une beste de la quara- 
vane; et quant li Maistres retornera, si doit estre mis 
en la quaravane, et par guerre le puet tenir 7 a sa corde. 

77. — \. D. omet de la maison. 

2. Avec. 

3. Servant d'interprète. 

4. Soldat des troupes légères auxiliaires dont le chef était dit 
turcoplier; il y en avait aussi dans l'ordre de l'Hôpital. Voyez 
§ 69 les Retrais du Turcoplier. 

5. Cuisinier. Queus. 

6. Un cheval turcoman, race d'élite en Orient, réservée pour 
les fatigues de la guerre, et de grande valeur. 

7. D. ajoute li mestres. 



76 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

78. Et quant li Maistres chevauche de terre 1 en 
autre, si puet mener n sommiers. Et quant il est en 
herberge ou a l'erbage, si les puet tenir a sa corde. Et 
quant il chevauche de terre en autre, ou que il est 
guerre, si puet mener mi sommiers; ou se il passe le 
flum Jordain ou le pas dou chien 2 . Et quant il retorne 



78. — 1. P. corrige chevauche de leuc. 

2. Le Pas du Chien n'est autre que le fameux défilé de Beirout, 
où s'arrêtèrent tous les peuples de l'Orient et de l'Europe, Assy- 
riens, Égyptiens, Grecs, Romains, Arabes, Croisés et Français. 
A l'extrémité nord de la baie de Saint-George, la route de Syrie, 
qui passe à Beirout, se trouve arrêtée devant une masse de 
rochers et de ravins qui forme une sorte de promontoire. Antonin 
le Pieux y fit pratiquer une route qui subsiste encore aujour- 
d'hui et qui dut demander des travaux considérables malgré son 
étroitesse. Le défilé a de plus un intérêt archéologique à cause 
d'une série de cadres et de bas-reliefs, stèles égyptiennes et assy- 
riennes, que l'on trouve sur les rochers, et qui ont beaucoup 
exercé la sagacité des savants modernes. On remarque aussi une 
inscription latine et quelques débris de monuments. — Le nom 
de Chien, donné ici au défilé (nous n'avons trouvé nulle part 
d'autre exemple de ce nom), vient d'une rivière voisine, le Nahr- 
el-Kelb, l'ancien Lycus, dit aussi rivière du Chien, qui traverse 
le Kesroan en descendant du Liban, arrose quelques villes impor- 
tantes du pays, et se jette torrentueusement dans la mer, au 
nord du petit promontoire (le Ras-el-Kelb). Les Phéniciens, dit- 
on, avaient comparé aux aboiements d'un chien le bruit de ses 
flots tumultueux, et avaient élevé à l'embouchure du fleuve une 
statue symbolique de cet animal, dont on veut voir les restes dans 
quelques débris de colonne encore debout. — On ne saurait con- 
fondre le Chien avec la rivière sacrée d'Adonis (Lucien : De Syria 
dea, LXXLE. 8), qui fit longtemps la réputation de Biblos, et 
qu'on doit plutôt voir dans le Nahr-Ibrahim. — Voici en quels 
termes Guillaume de Tyr mentionne ces lieux, sur la route par- 
courue par Baudouin, se rendant à Jérusalem : « Biblum per- 
transiens, ad fluvium pervenerat qui cognominatur Canis. Est 
autem in eodem loco transitus periculosissimus, inter montes 
excelsos, rupium asperitate et ascensu arduo nimis impervios, et 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 77 

a la maison ou il doit sejorner, li somiers doivent 
retorner en la somelerie et faire le servise delà maison. 

79. Li Maistres doit avoir n frères chevaliers a com- 
paignons, qui doivent estre ensi prodomes que il ne 
doivent estre jetés de nul consel ou il ait v frères ou 
VI, et doivent avoir autel 1 mesure d'orge corne li 
Maistres. Et quant les frères dou covent prenent la 
mesure porxnbestes 2 , lesbestes dou Maistre prennent 
a x. Et quant il est guerre, et les frères chevauchent, 
la prevende doit estre comunal, et nen doit croistre 
ne amermer 3 , fors par chapistre. Et tout ensement 
est de Tuile et dou vin. Mais li Maistre puet amenui- 
sier 4 de l'orge tant corne dure l'erbage. Mes quant 
l'erbe faut, la prevende doit estre ensi come ele estoit 
devant. 

80. Se Dieus fait son comandament de nul 1 des com- 
paignons dou Maistre, il puet prendre a son eus 2 de 
son hernois ce que li plaira. Et l'autre partie doit- 
retorner au Mareschau en la quarravane. 

81 . Li Maistre ne doit tenir clef ne serreure dou 
trésor. Mes il puet avoir en trésor une huche o toute 
la serreure por tenir 1 ses joiaus; et se avoirs est pré- 
senté au Maistre, il doit estre mis en la recete. 

82! . Li Maistre puet prester des avoirs de la maison 

fretosum mare, vix. habens latitudinis cubitos duos, longitudinis 
autem stadia quatuor. » (Hist. Belli sacri, 1. X, c. 5.) 

79. — 1. Tel. 

2. D. omet bestes. 

3. D. omet ne amermer. Diminuer. 

4. Même sens que amermer. 

80. — 1. D. d'aucun. 
2. A son besoin, profit. 

81. — 1. D. garder. 



78 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

de ci* a m. besanz par une partie des prodomes de 
la maison ; et se li Maistres veaut grant avoir prester, 
il le doit faire par une grant partie des prodomes de 
la maison. Et li Maistres puet doner c besanz ou i che- 
val a un prodome ami de la maison, et si puet pré- 
senter une coupe d'or ou d'argent, ou robe de ver 2 , 
ou autres beaus joiaus, de c besanz en jus 3 por le 
profit de la maison ; et li Maistres le doit faire par le 
conseil de ses compaignons et des prodeshomes de la 
maison ou il sera ; et ce doit estre fait por le profit de 
la maison 4 . Et puet doner toutes armeures, fors espée, 
ne fer 5 de lance, ne coteau d'armes : ce ne puet-on 
doner 6 . 

83. Quant avoirs vient d'outre mer, il doit estre mis 
au trésor par comandement dou Gomandour dou 
royaume de Jherusalem, et il ne doit riens prendre 
ne remuer tant que li Maistres l'ait veu et fait son 
comandament. 

84. Quant bestes viennent d'outre mer, eles doivent 
estre mises en la quaravane dou Mareschau, et li Mares- 
chaus nen doit nule doner ne remuer devant que li 
Maistres les ait veues ; et si li Maistres en veaut nule 
prendre a son cors, il le puet bien faire ; et si puet 
i cheval ou n faire garder en la quaravane por doner 
as prodomes dou siècle amis de la maison. Et se cha- 
vaus sont présentés a son cors, il les puet doner a quel 

82. — 1. D. jusques. 

2. Vair, fourrure d'écureuil du nord. P. corrige à tort robes 
doner. 

3. D. en aval. 

4. R. omet cette phrase. P. l'ajoute en marge. 

5. D. et fors fer de lance et fors... 

6. D. omet ces derniers mots. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 79 

frère qu'il voudra. — Et li Maistres puet demander et 
prendre le quelque chevau que il voudra, d'un des 
frères , por doner a un riche home dou siècle , por 
acroissement de la maison, ou por chevauchier a son 
cors, et au frère en doit estre bel. Etli Maistres, por 
ce que li frères a bien gardé le cheval, li puet doner 
G besanz se il veaut, dont li frères puisse acheter 
i chevau; ou se non, li Maistres doit proier le Mares- 
chau qu'il doint au frère tel cheval dont il se teigne 
apaiés; et li Mareschaus li doit faire, se il en a, son 
comandement. 

85. Li Maistres ne puet doner terre, ni aliéner, ne 
prendre castel en marche, se non par chapistre, n'il ne 
doit relaichier ni alargir nul comandement qui soit fait 
par lui, ne par le covent, si ne fust 1 par lui et par le 
covent. 

Ne ne doit comencer guerre ne faire trives en 
terre ni en castel de quoi la maison ait la seignorie 
sans le couvent ; mes se tant est chose que les trives 
no soient brisées, li Maistres les puet bien aloignier 2 
par le conseil des frères qui sont en celui païs. 

86. Quant li Maistres vient de chevauchier, il puet 
bien ! mangier en sa chambre, o quant il est saigniés, 
ou quant il a semons 2 chevaliers ou autres gens dou 
siècle. Et quant il est dehaitiés, si puet gésir en sa 
chambre, et ses compagnons doivent mangier el palais 
o les autres frères ; et quant il est guaris, il doit man- 
gier a une des tables de l'enfermerie, et meaus en 

85. — 1. D. se n'estoit. 
2. D. alongier. 

86. — 1. D. omet bien. 

2. Invité. 



80 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

doit estre a tous les frères de l'enfermerie por amor 
de lui 3 . 

87. Li maistres ne puet mètre eomandeors es chiés 
des royaumes, se par chapistre ne les i met, come le 
Seneschau, le Mareschau, le Gomandeor dou royaume 
de Jherusalem, le Comandour de la cité ! de Jherusa- 
lem, le Comandeour d'Acre, le Drapier, le Comandour 
de la terre de Triple 2 et d'Anthioche 3 , celui de France 
et d'Engleterre 4 , de Peito 5 , d'Aragon, de Portegal, de 
Puille, de Hongrie. Et les només eomandeors des par- 
ties d'Occident ne doivent venir en la terre d'Orient, 
se par comandement dou Maistre et par chapistre ne 
viennent. Et des autres eomandeors des terres et des 
autres baillis por la povreté des terres, est en la discre- 
cion dou Maistre a mètre par capistre, ou sans cha- 
pistre par le conseil d'une partie des prodomes de la 
maison ; et se il ne les met par chapistre, il les puet 
oster sans chapistre par le conseil d'une partie des 
prodeshomes de la maison. 



3. D. omet por amor de lui. 

87. — 1. D. R. omettent de la cité, P. l'ajoute en marge. 

2. Tripoli, au sud de la Syrie, près de la mer; érigé en comté 
par les croisés, en 1109. 

3. Principauté des croisés, au nord de la Syrie, aujourd'hui 
Antakié, sur le Nahr el Asy (Oronte). 

4. N'y avait-il qu'un commandeur pour ces deux pays? Le 
seul exemple que nous ayons trouvé pour confirmer cette inter- 
prétation est celui de Gaufridus de Vicherio, qui portait le titre de 
visitator generalis domorum militie Templi in regnis Francie et 
Anglie. (1286. Cartul. de Notre-Dame, éd. Guérard, LU, p. 68. — 
1288, 4 févr. Bréquigny, Table des diplômes, etc., 1769, etc. — 
1290. Delaville le Roulx, les Archives de Malte, Bibl. des Écoles 
d'Athènes et de Rome, p. 206.) 

5. Poitou. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 81 

88. Et 1 se viseteors ou comandeors t'ait par chapitre 
gênerai est rapelés par le Maistre et par le covent, et 
il demore por quelque achoison 2 que ce soit, il est relâ- 
chés, et doit mander au Maistre et au couvent la boule 3 
et la borse 4 ; et d'enqui en avant le viseteor ne se doit 
entremetre de la visitacion, ne le comandeor de la 
baillie ; ne les frères ne lor doivent estre obéissant, 
mes doivent mètre i frère preudome en leu de coman- 
deor, et faire a savoir au Maistre et au couvent, et 
atendre lor comandement. Et ensi doit estre entendu 
des baillis qui se font par conseil dou Maistre. 

89. Quant li Maistres veaut aler en la terre de Triple 
ou de Antioche, il puet prendre dou trésor m m besanz * 
ou plus, se mestier est, por aidier as maisons de la. 
Mais il ne les doit mie prendre sans le Gomandour dou 
royaume de Jherusalem qui est trésorier dou covent, 
qui doit tenir et garder les clés dou trésor ; et il doit 
au Maistre baillier les besanz. Mes se tant avenist 2 que 

88. — 1. D. omet tout ce paragraphe. 

2. Occasion, motif. 

3. Le sceau, que l'on coulait en plomb et en argent. (Cf. § 234.) 
On trouve aussi le verbe boulier, qui signifie marquer, plomber 
une étoffe, etc. (Assises de Jérusalem. Bans et ordonnances des rois 
de Chypre, XV, éd. Beugnot, II, 365.) Ce sceau était gardé sous 
trois clefs, confiées au grand maître et à deux grands dignitaires. 
Il en était de même des sceaux des commanderies et prieurés de 
l'Ordre. 

4. Le sceau et le trésor, les deux signes du commandement. 

89. — 1. La valeur du besant variait de 5 à 10 sols, car il 
y en avait de différentes espèces. On peut admettre l'évaluation 
suivante, que nous trouvons dans l'Inventaire du comte Eudes de 
Nevers, publié par M. Ghazaud (Société des Antiquaires de France, 
t. XXXII, 1871) : « m m. besanz qui valent m. 1. tornois », soit 
6 s. 8 d. le besant, soit, d'après les tables dressées par M. de 
Wailly (Mém. Acad. inscr., XXI, p. 296), 5 fr. 93. 

2. D. est chose. 

6 






82 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

les maisons s'en peussent souffrir, li Maistres doit tor- 
ner arriéres les besans au Gomandeor ; et li Goman- 
deor les doit mètre au trésor. 

90. Quant li Maistres chevauche d'une terre a autre, 
il cerchera et regardera les chastiaus et les maisons ; 
se il veaut, il fera l'une maison aidier a l'autre se mes- 
tiers est. Et se il veaut nule chose prendre des coman- 
deors, des choses qui sont en lor comandemens, par 
eaus en doit prendre ce que il en prendra ; et ensi doit 
estre des baillis dou greignorjusquesau menour. 

91 . Se li Maistres ou les comandeors demandent as 
comandeors qui sont dessous yaus que il lor monstrent 
les choses delà maison, (et) il les doivent mostrer très- 
toutes ; et se nul en mentoit ou retenoit aucune chose, 
et il en estoit ataint 1 , il en porroit perdre la maison. 

Et se avoirs est 2 donés a la maison, et li Maistres 
le ressoit, il le doit rendre en la main dou Gomandour 
dou royaume de Jérusalem, et il le doit mètre au trésor 
comun. 

92. Quant li Maistres s'en part 4 dou royaume de 
Jérusalem, il puet le Gomandeor de la terre 2 ou un 
autre frère 3 laissier en son leu, et a celui qui remaint 
en son leu ne croist pooirs, fors de conseillier aucune 
chose qui soit avenue en la terre et que li Maistre n'i 
puisse venir, et de chapistre tenir, et as armes : quar 
tuit sont en son comandement. 

Li Maistres ne doit envoier nul frère en son leu en 



91. — 1. Accusé, convaincu, condamné. 
2. D. fust. 

92. — 1. D. se départ. 

2. De Jérusalem. Voy. § 110. 
, 3. D. omet ce mot. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 83 

la terre de Triple ne d'Antyoche, sus les comandeors 
qui i sont, se n'estoit por aucune chose qui fust sourse 
en la terre, por conseiller, ou por veoir les garnisons 
des chastiaus ; et de ces choses li doivent obéir. 

Se li Maistre veut envoier un des prodomes de la 
maison outre mer en son leu por les besoignes de la 
mason, par chapistre le doit faire et envoier, et puet 
jeter hors 4 tous les baillis sans relaischier fors que le 
Seneschau. 

93. Quant nos tenons chapistre gênerai, se li Maistres 
veaut envoier frères outre mer por lor maladies, ou 
por les besoignes de la maison, il doit apeler le Mares- 
chau, et le Comandor de la terre, et le Drapier, et le 
Comandor d'Acre, et m ou im des prodeshomes de 
la maison, et lor doit dire : « Aies veir les frères, quels 
seront profitables por envoier en les parties d'outre 
mer : » et il doivent aler en l'enfermerie veir les frères, 
et veir ciaus qui sont dehors 1 , et ces qui 2 plus lor 
sembleront raisnables de mander outre mer se 3 doivent 
faire mètre en escrit, et puis retorner devant le Maistre 
et mostrer l'escrit ; et se il y a aucune chose a amen- 
der, por lor conseil doit estre emendés. 

94. Se aucuns joiaus est présentés a la maison dou 
Temple en aumosne, li Maistres li puet prendre et 
doner la ou il voudra, ou mètre en sa huche aveuc ses 
joiaus. 

Le vin de la complie est en la volenté 1 dou Maistre, 



4. Hors du conseil du chapitre, pour prendre la décision. 

93. — 1. D. ajoute Venfermerie. 

2. R. omet sont dehors et ces qui; P. l'ajoute en marge. 

3. Si, conj. (ainsi). 

94. — 1. D. discrétion. 



84 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ou de l'tolir, ou d'en doner 2 ; et la quarte beste, et li 
segons escuiers des frères chevaliers, et la segonde 
bestes des frères sergans, qui ne les ont per chapistre, 
sont en la discrétion dou Maistre. 

Tous les jors que li Maistres est en la mason dou 
Temple, v povres doivent mangier por lui en la mai- 
son autel viande corne li frère mangeront. 

95. Trestous les frères qui sont mis en penitance par 
devant le Maistre, nus ne s' puet lever de la terre, se 
par lui ne sont levés; et les mestiers 1 et les jeunes li 
puent les frères pardoner, fors le lever de la terre et 
le vendredi 2 . 

Nul ne puet doner congié de seignier, ne de corre 
chevau, de baigner 3 , ne de bouhorder 4 en leu ou li 
Maistres soit, se par le Maistres ne le done. 

Quant le Maistre chevauche, et aucuns frères s'en- 
contre aveuc lui 5 , ou il se met en sa route 6 , il ne se 
doit partir de lui, se par son congié ne s'en part 7 . 

Quant li Maistres manjue a la table de covent, il puet 
présenter de s'escuele a qui que il voudra 8 , et ce ne 
puet nul frère faire, fors le Maistre. 

96. Quant vient après pasques por 4 les grans des- 
pences que les maisons font as moissons, et li coman- 

2. Gf/§ 30. (Règle primitive.) 

95. — 1. Le travail manuel. Cf. § 493, etc. 

2. Le jeune du vendredi. 

3. R. omet de baigner; P. l'ajoute en marge. 

4. Combattre à la lance, en tournoi ou exercices chevaleresques. 

5. D. à l' encontre. 

6. Son escorte, sa troupe. 

7. D. se par son congié non. 

8. D. a qui qui il velt. 

96. — 1. R. P. que. 



LA REGLE DU TEMPLE. 85 

deor dient au Maistre que il n'ont pas char assés, li 
Maistres le puet mostrer as frères et doit demander 
lor avis ; et se li frère s'acordent de perdre la char le 
mardi, si s'en sueffrent. Mais quant li blé seront seés, 
il la doivent recovrer 2 . 

Toutes les choses que li Maistre fait par le consel 
dou covent, doit comunaument a frères demander lor 
avis, et faire ce a qui le plus des frères s'acordera, e li 
Maistres 3 . 

Se aucuns hons dou siècle, ou aucun frère dou 
Temple, deçà mer ou delà mer, envoie aucun présent 
a frère dou Temple ; et Dieus a fait son comandament 
dou frère a cui le présent vait, le présent doit aler en 
la main dou Maistre. 

97. Li Maistres ne doit faire frères sans chapistre, 
mais se il vait en leu ou il ne puisse trover chapistre, 
et il fust por Dieu proies d'aucun prodome que il le 
feist frère, par ce que il fust tant malades que om ne 
cuidast que il peust estordre l , adonc par le consel 
des frères qui la seront, le puet faire frère se il voit 
que il puisse estre frère droiturierement ; et si Dieus 
li done santé, au plus tost que il sera a nostre maison, 
doit faire sa prophecion devant tous les frères, et 
aprendre ce que frère doit faire. 

Trestoute la robe que li Maistres laisse de son vestir 
ne de son gésir doit estre donné as meseus 2 por 

2. Les cinq paragraphes précédents sont rangés suivant un 
ordre différent dans le ms. de Dijon. 

3. R. et P. écrivent se li maistre a mestier des frères. Mais P. 
corrige et ne laisse que e li maistres. D. s'arrête à accordera. 

97. — 1 . Échapper, éviter la mort. D. qu'il ne puist trespasser. 
2. Lépreux. 



86 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Dieu, ou la que il verra que ele soit meaus 3 emploiée. 
Et se le Maistre done de ses robes que il aura portées 
a nul * frère, il doit faire doner i autre por Dieu, en 
leu de celé, ou as meseaus, ou la que il verra qu'ele 
soit bien emploiée. 

98. Le jeusdi asolu 1 , la ou li Maistres est, il doit 
laver les pies a xm povres, et doit doner a chascun 
des povres chemises et braies et n pains et n diniers 
et uns soliers. Et se il estoit en leu que il ne le peust 
avoir, en.la première maison dou Temple ou il venra 
que il le puisse avoir, les doit doner por Dieu 2 . 

Quant ce avient (que) au tens de guerre, que les 
frères sont as armes as chans, li Maistres puet prendre 
vi ou vin ou jusques a x frères chevaliers por estre 
en sa compaignie. 

Trestous les frères dou Temple doivent estre obe- 
dient au Maistre, et li Maistres si doit estre obedient a 
son covent. 

Ci comencent les retrais do Seneschau 4 . 

99. Li Senechaus doit avoir un chevaucheures, et 
en leu d'une beste mulasse puet avoir un palafroi ; et 
doit avoir h escuiers et un frère chevalier a compai- 
gnon, qui doi avoir un bestes et n escuiers, et un 
frère sergent a n bestes, et i diacre escrivan por dire 
ses ores, et un turcople a une beste, et un escrivan 

3. D. bien. 

4. D. aucun. 

98. — i. Le jeudi saint, jour de la grande absolution et du 
lavement des pieds. 

2. D. omet por Dieu. 

99. — 1. D. omet le titre. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 87 

sarrazinois avec une beste 2 ; et si puet avoir il gar- 
sons a pié ; et tous ices puet mener o soi. Et doit por- 
ter autel bolle come li Maistres. 

Li Senchau porte confanon bauçan 3 et tente reonde 
aussi come li Maistres, et en trestous les leus ou li 
Maistres nen est il est en leu dou Maistre. Et quant il 
chevauche ses bestes, si doivent avoir autretel pro- 
vende come celés dou Maistre. Et en trestous les leus 
que li Maistres nen est, tous les somaiges des terres et 
des maisons, et toutes les maisons et les viandes, si 
sont en comandament dou Senescal. 

100. Quant li Seneschal est en une des terres sans 
le Maistre, il la regardera et en prendra ce que il vou- 
dra, et fera aidier l'une maison a l'autre ; et se il veaut 
frères remuer de terre en autre, bien le puet faire, 
fors en la terre ou li Maistres sera. 

Li Seneschau puet doner a un prodome amis de la 
mason un palafroi, ou i mul, ou une mule, ou une 

2. D. omet ce membre de phrase. 

3. D. R. omettent bauçan; P. l'ajoute en marge. — Ce mot 
signifie simplement mi-parti de deux couleurs ; ici le noir et le 
blane. Le gonfanon des Templiers était effectivement « d'argent 
au chef de sable » ; plus tard on ajouta une croix de gueules 
brochant sur le tout ; mais le qualificatif baucent (et non bau- 
séant) s'appliquait surtout aux chevaux, etc. C'est une corrup- 
tion du sens primitif qui a appelé l'étendard même le baucent, 
et alors le nouveau sens n'appartient pas au seul ordre du 
Temple, comme on le croit quelquefois, mais à tous chrétiens 
ou païens, de l'Orient et même de l'Occident. Godefroy, Dict. 
de l'ancienne langue française, cite des textes où le nom de 
haussant est donné à l'étendard de Metz. Souvent, c'est ce que 
nous appelons la flamme, long et étroit pavillon à deux pointes, 
fixé au haut des mâts des navires. (Nous ne relevons pas l'expli- 
cation de Bosio, adoptée par Maillard de Ghambure, pour qui 
baucent signifie val cento.) 



88 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

selle a croce 4 , ou une bêle 2 coupe d'argent, ou une 
robe vaire 3 ou d'escarlate, ou de ci en jus 4 . Mes très- 
tous ices dons doit faire par le conseill des frères qui 
seront en les parties ou il sera, por le profit de la 
maison. 

Ci comencent les retrais dou Mareschau dou couvent 
del Temple ' . 

1 01 . Li Mareschaus doit avoir nn bestes et n escuiers, 
et en leu d'une beste mulace puet avoir i bon turque- 
man, et se nul frère li demandoit por cheval, il ne li 
donra pas se il ne veaut. Et se il tenoit ronsin 2 a 
genetaires 3 tel don frères s'en tenist apaiés, et il li 
demandast, il li doit doner. Et si doit avoir i frère 
sergent a une beste, et il li puet prester se il veaut 

100. — 1. La crosse désigne ici l'arçonnière, qui n'était sans 
doute appliquée qu'aux selles de combat. 

2. D. omet bêle. 

3. Varia, gris-bleu, plutôt que de vair, de fourrure (?). 

4. D. aval. Mes toz ices... 

101. — 1. Le titre manque dans D. 

2. Cheval entier. Les roncins étaient des chevaux peu estimés, 
mais supérieurs pourtant aux sommiers, qui ne servaient que 
dans les équipages. V. Gay (Gloss. archéol.) cite des vers de 
E. Deschamps (1360) qui indiquent bien la différence : 

Trois manières truis de chevaux qui sont : 
Pour la jouste, les uns nommez destriers, 
Haulz et puissans et qui très grant force ont. 
Et les moyens sont appeliez coursiers, 
Ceuls vont plus tôt pour guerre et sont legiers. 
Et les derrains sont roncins ; et plus bas, 
Chevaulx communs qui trop font de débas, 
Ceux labours vont, c'est de genre villain. 

3. Proprement cavaliers montés sur des genêts, troupes légères. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 89 

une autre beste de la quarravane ; et doit avoir I tur- 
cople o une beste, et un aguillier 4 de im teles et de 
m bastons et de n croperes, et une grebeleure 5 , a ses 
escuiers et a son hernois; et doit avoir autel hernois 
come frère dou covent, et autel provende come li 
covens. Et quant il chevauchera en l'erbage avec le 
covent, ou aillors, le sôumaige 6 dou Gomandor de la 
terre li doit faire porter son aguillier, et son orge et 
son chauderon, en quelque terre que il sera. 

102. Li Mareschaus doit avoir a son comandement 
toutes les armes et les armeures de la maison, celés 
que l'on achate por doner as frères dou covent, ou 4 de 
don, ou d'aumosne, ou de gaaing. Et tous les gaaings 
qui as armes afierent, et encores viegnent il a enchan- 
tement 2 , si doivent il aler en la main dou Mareschau. 
Et tout le hernois qui as armes 3 afiert, qui ait esté 
de frères dont Dieu ait fait son comandement, aussi 
doit venir en sa main ; fors arbalestres, qui doivent 
venir en la main dou Comandour de la terre, et les 

4. Nous n'avons pu trouver aucun exemple, en dehors de la 
Règle, de ce mot qui signifie très probablement une tente de 
moyenne taille, moins importante que la tente ronde du maître 
et du sénéchal. Elle est ici indiquée avec les toiles et les bâtons, 
piquets, etc., qui en formaient la charpente. 

5. Petite tente, dont le nom tout spécial ne se retrouve guère 
que chez les ordres militaires de l'Orient. Du Gange, au mot Gri- 
bellio, cite un passage de la Règle latine des Teutoniques : « par- 
vas tentas quae vocantur gribelliones. » D. gribelouoire. 

6. C'est le cortège de bêtes de somme et d'équipages qui était à 
la disposition de chaque dignitaire de l'ordre pour les courses, 
les transports, etc. Cf. un sens plus étroit au § 376. 

102. — 1. D. omet le reste de la phrase. 

2. Vente à l'encan, enchère. Cf. les Assises de Jérusalem, livre 
de Jean d'Ibelin, éd. Beugnot, t. I, p. 129. 

3. D. frères. 



90 LA REGLE DU TEMPLE. 

armes turqueses, que les comandeors achatent por 
doner as frères sergens des mestiers qui sont en leur 
comandemenz. Et les comandemens A et les départies 
des frères doit faire li Mareschaus en tous les leus ou 
il est; et il ne doit mètre frères en son leu se il ne 
vait fors de la terre, ou se il ne fust malades. 

1 03. Quant il est guerre et cris lieve, les comandeors 
des maisons doivent leur proies * recuillir, et quant il 
les ont recuillies, il doivent tuit venir en l'eschiele 2 
dou Mareschau, et puis ne s'en doivent partir sans 
congié. Et trestous les frères sergens doivent aler au 
Turcoplier et ne s'en doivent partir sans congié 3 . Et 
trestous les frères chevaliers 4 et tous les frères ser- 
gans et toutes les gens d'armes sont au comandement 
dou Mareschau quant il sont as armes. 

Li Mareschaus, en quelque terre que il soit, si puet 
acheter chevaus, muls ou mules. Mes il le doit faire 
assavoir au Maistre se il y est. Et li Maistres si li doit 
faire doner des besans se il voit que mestiers en soit. 

Li Mareschaus puet doner a i prodome dou siècle 
une selle qui ait esté chevauchée ou rendue, et si 
puet doner autre menu hernois, mes que il ne le face 
trop sovent; et sans le Maistre ne doit riens faire 5 . 

104. Quant li Mareschaus est en la terre de Triple 



4. Omis dans D. 

103. — 1. D. ajoute lor bestiau. Le sens est le même. 

2. Escadron, corps de troupes. 

3. D. omet toute cette phrase. 

4. P. omet les frères chevaliers et tous. 

5. P. et R. avaient d'abord et sans ce, ce qui changeait le sens. 
P. a effacé ce. D. donne une autre phrase : Li maistres ne deit 
riens faire sen le conseil del mareschal en leu o il seit. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 91 

ou d'Antyoche , li Comandeor de la terre * li puet 
mètre la mareschaucie en sa main se il veaut. Et se il 
veaut, il ne li metra pas. Et se li Mareschaus veaut, il 
la prendra, et se il veaut, il ne la prendra pas. Et se li 
comandeor li met en sa main et il la prent, il puet 
doner as frères ce que mestier lor sera, et se il ne la 
met en sa main, le menu hernois sera en la main dou 
Mareschal dou couvent. Et se il y a mareschau en la 
terre, li Mareschau dou couvent nen 2 a riens de pooir 
en la mareschaucie dou pais , fors des comandemens 
de la maison, que il doit faire par tout la ou il est, et 
dou menu hernois. Mes se il li prie de cheval 3 qui soit 
en la quaravane, por doner a aucun frère qui soit 
estant 4 en la terre, (et) li mareschaus 5 de la terre 
l'en a a obéir. 

105. Et se li Mareschaus dou couvent li prie de 
doner a frère qui ne soit estaiant 4 en la terre, il li 
puet refuser se il veaut; mais se il y eust guerre el 
pais, et il y eust frère mesaisié de chavau ou d'autre 
beste mu lace, et il deust aler en chavauchée, li Mares- 
chau dou couvent puet aler en la quarravane et veir 
ce que il aura ; et puet comander au marchau 2 de la 
terre de tel chevau 3 aaisier tel frère, et de celui tel (et) 
il en a a obéir. Et quant les frères sont revenus, les 

104. — 1. D. ajoute de Triple. 

2. D. omet ce membre de phrase et écrit : E il le puet doner et 
délivrer as frères e non a riens, etc. 

3. S'il le prie de lui donner un cheval. 

4. D. en estage : en domicile. 

5. D. somareschal. 

105. — 1. D. a estage. 

2. D. somareschal. 

3. D. omet tel chevau. 



92 LA REGLE DU TEMPLE. 

bestes doivent retorner en la quarravane. Et se il y a 
n eschieles de chevaliers, H mareschaus de la terre en 
doit avoir l'une ; et se il nen a mareschau en la terre, 
li comandeor de la terre doit avoir l'une eschiele, se 
a lui plaist et se il le puet soufrir 4 . 

106. Li Mareschaus dou covent puet mètre se il 
veaut par conseil le Souz-Mareschau et 1 le Confano- 
nier. Et se li Mareschau veaut envoier d'une maison a 
autre dou harnois de la mareshaucie a porter en 
host, ou en chevauchie, ou en l'erbage, li comandeor 
de la terre li doit faire porter sus les sommiers ce que 
li Mareschaus li baillera. 

En la terre ou li Mareschaus dou couvent soit, li 
comandor de la terre ne puet faire sommage des 
bestes dou couvent sans parler a lui. 

Ensi come il est dit 2 dou Mareschau dou covent en 
la terre de Triple 3 , doit estre en la terre d'Antyoche. 

Le Mareschaus dou covent doi faire toz les apeaus 
et toz les comandemens as frères, la ou li Maistre 
est ou autre en leu de lui, e la ou il est, quar il est 
baillis dou couvent *. Le Mareschaus doit tenir cha- 
pistre en la terre de Jérusalem, se li Maistres n'i est, 
ou le Seneschal, ou autre qui soit en son leu dou 
Maistre 5 . 

107. Quant les bestes vienent d'outre mer, eles 

4. D. li conmandeor deit avoir l'une s'il lé veut sofrir. 

106. — 1. D. par le conseil del somareschal le confanonnier. 

2. D. ajoute desus. 

3. D. ajoute en autel menierre. 

4. R. P. omettent cette phrase depuis et toz et écrivent seule- 
ment apeaus, etc. 

5. R. P. omettent cette phrase depuis se li et écrivent Jérusa- 
lem, etc. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 93 

doivent estre gardées en la quarravane tant que li 
Maistres les ait veues. Et li Maistres en puet prendre a 
son eus * se mestier li est, ensi corne il est dit dessus, 
i chevau ou dos, por doner ; mais il les doit faire gar- 
der en la quaravane tant que il les ait donés , et puis 
li Mareschaus puet départir les autres bestes 2 as frères 
la ou il verra que mestier en sera. 

Et se aucuns frères trespassast de cest siècle et il 
fust estagant en la terre 3 , ou il fust mandés sans son 
hernois en autre pais, le hernois si doit remanoir en 
la mareschaucie de la terre, et le hernois des autres 
frères dou couvent doit venir 4 en la mareschaucie 
dou covent. 

108. Quant les frères sont départis 4 par les mai- 
sons, li Mareschaus ne puet nul remuer se n'est por 
changier i frère por autre. Et li Mareschaus dou cou- 
vent 2 ne puet prendre nul frère qui soit estagant en 
la terre por mètre en couvent, ne por remuer fors de 
la terre ; ne li Mareschaus dou couvent ne puet lais- 
sier en la terre nul frère de couvent se par le Maistre 
non. Quant li Maistres ou les frères jetent les frères 
dou chapistre por faire comandeor deçà mer, li Mares- 
chaus nen doit pas estre jetés, se li couvent ne li 
aura ançois faite mercis 3 de sa baillie ; mes por 4 le 
Senechau sans plus, tous les comandeors deçà mer 

107. — 1. Ad opus suum. 

2. D. omet bestes. 

3. D. omet depuis et il fust. 

4. D. doivent estre. 

108. — 1. D. se départent. 

2. D. omet dou couvent. 

3. D. omet merci. 

4. D. fors. 



94 LA. RÈGLE DU TEMPLE. 

puet l'en geter dou chapistre por faire mareschau 
sans avoir mercis de lor baillies, fors le Seneschau et 
le Gomandor dou royaume de Jérusalem. 

109. Li Mareschau ne puet jeter son compaignon 
de renc por aler de terre en autre por estage, mes 
par quinzaine et por somaige et por eschiele l'en puet 
jeter. 

Li Maistres et li Comandeor de la terre doivent 
trover en la mareschaucie ce que mestier y sera, fors 
acier et fil de Bergoigne 4 . 

Ci comencent les retrais dou Comandeor de la terre de 
Jérusalem et dou Royaume i . 

110. Li Comandeor dou royaume de Jérusalem doit 
avoir nn bestes, et en leu d'une beste mulace puet 
avoir i palafroi et n escuiers, et i frère sergent a 
il chevaucheures et un diacre qui saiche escrire et 
i turcople a i beste 2 , et un escrivain sarrazinois a une 
beste, et il garsons a pié come le Seneschau, et une 
grebeleure por ses escuiers et un aguillier come li 
Mareschaus. Mes li Drapiers doit estre son compainon. 

111. Li Comandeor de la terre est trésorier dou 
couvent et tous les avoirs de la maison de quelque 
part il soient aportés, ou deçà mer, ou delà la mer, 
il doivent estre rendus et balliés en la main dou 
Comandour de la terre, et il les doit mètre au trésor, 
et non doit riens tochier 1 ne remuer tant 2 que li 

109. — 1. Fil de fer. 

110. — 1. D. omet le titre. P. omet a. 
2. R. P. omettent ce membre de phrase. 

111. — 1. D. nus oster. 
2. D. jusques a tant. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 95 

Maistres les ait veus et contés ; et quant il les aura 
veus 3 , si seront mis en escrit et li Comandeor les doit 
garder 4 au trésor, et si en puet faire la besoigne de 
la maison. Et se li Maistres ou une partie des prodes- 
homes de la maison en veulent oyr conte, il lor doit 
rendre. 

112. Li Comandeor de la terre doit guarnir la dra- 
parie de toutes les choses qui mestiers i seront, et 4 
puet prendre ce que il voudra, par le sentiment 2 dou 
Drapier ; et li Drapiers 3 l'en a a obéir. 

Li Comandeor de la terre 4 puet doner i palafroi 5 , 
ou un mul, ou une mule, ou une coupe d'argent, ou 
robe de vair ou de brunete 6 , ou une penne de vair, 
ou une tele de Rains, as amis qui font le grant prest 7 
a la mason. Et toutes robes vaires et de gris et d'es- 
carlate et tuit li drap qui ne sont taillié 8 qui vienent 
de dons ou d'aumosnes en la maison, sont dou Coman- 
dour de la terre ; et les autres robes taillées doivent 
venir en la draparie 9 . 

113. Li Gomandor de la terre doit avoir les achas 



3. D. omet ces mots. 

4. D. mètre. 

112. — 1. D. e li conmanderes i puet. 

2. D. conseil. 

3. R. P. et il l'en. 

4. D. del reaime del Jherusalem. 

5. Omis dans D. 

6. Drap fin, brun ou noir, servant aux personnes de rang. 
On le trouve opposé à bureau. Cf. Livre des métiers d'Etienne 
Boileau. Introd., éd. Lespinasse et Bonnardot, p. lxiv. 

7. D. presenz. 

8. D. omet ce membre de phrase. 

9. D. omet cette phrase. 



96 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et les laisses 1 de G besanz, et de qui en sus, qui sont 
faites as maisons de son comandement. Mais se la 
laisse monte de C 2 besanz en sus, si doit estre mise 
en la recete, et de c besanz en jus doit venir en la 
main dou Gomandor de la maison, la ou l'aumosne est 
faite 3 ; et se laisse est faite sur mer a la maison, de 
grant avoir ou de petit, si doit venir en la recete. 

Se esclaf se rechate 4 , qui soit en la main dou 
Comandeor, de m besanz en sus, doit venir en la 
recete; et se la raençon monte de M besanz en jus, si 
doit venir en la main dou Comandeor ; et se l'esclaf 
est de la mareschaucie , et la raençon ne monte a 5 
m besanz, si doit venir en la main dou Marechau ; et 
se la raençon monte de m besanz en sus, si doit estre 
mise 6 en la recete. 

114. Li Comandeor puet doner des bestes mulaces 
de sa corde, ou une ou n, as frères, ou un de ses som- 
miers; mais que il ne Y face trop sovent. Mais li 
Comandeor ne doit pas tenir a sa corde la beste que li 
frères aura changée, ainz doit aler a la mareschaucie, 
si li Mareschaus nen aura doné congié au frère de 
changier. 

Se li Comandeor fait norir polains as frères de son 
comandement, et aucuns frères dou covent li deman- 
dast por cheval, et il s'en tenist apaiés, bien en puet 
doner, ou un, ou n. Mais que il ne 1' face trop souvent. 

113. — 1. Legs. Cf. Assises de la cour des bourgeois, t. GGII. 
Éd. Beugnot, t. II, p. 136. 

2. D. R. M. besanz. Mais P. corrige C. 

3. D. donnée. 

4. D. se raint. 

5. D. jusque a. — P. exponctue à tort ne. 

6. D. venir. 



LA REGLE DU TEMPLE. 97 

115. Se li Gomandeor a mestier de chevaus por les 
frères de ses boveries et de ses mandres i , et il en 
demant au Mareschau, il li en doit bien aidier se il a 
de quoi, et il li puet bien 2 prester polain ou chevaus. 
Mais quant il voudra, si les porra bien 2 recovrer por 
en harnechier les frères dou covent ; et li Gomandeor 
les li doit rendre quant il li seront mestier. Et se 
aucun frère demande au Mareschau beste que il ait 
prestée de la mareschaucie, il la puet doner 3 , quar 
toutes les bestes qui issent 4 de la mareschaucie il 
doivent retorner ; mais se li Gomandeor achate polains, 
et il les baille as frères 5 , ou autres bestes por norrir, 
de celés nen doit riens prendre li Marescaus sans 
congié dou Gomandeor ou dou Maistre. Et se liMares- 
chaus nen a de quoi il les puisse acheter, et il le 
mostre au Maistre ou au Gomandeor, il li doit faire 
baillier les bestes que li frère de son comandement 6 
averont norries, celés dont 7 il porra apaier les frères 
dou couvent. Et li Maistres 8 nen puet nule 9 prendre 
que il meisme 10 ne face assavoir au Gomandeor ; et li 

115. — 1. Etables, bergeries. Il y avait des boveries, étables 
et parcs à bœufs, même dans les villes. Ainsi, le plan d'Acre 
(fin xm e s.), conservé au Vatican, en montre deux, appartenant 
aux Templiers, dans le faubourg de Montmusart. (Rey, Soc. des 
Antic de France, 1878, t. XXXIX, p. 115.) 

2. D. omet bien. 

3. D. prester. 

4. D. sont. 

5. D. omet ce membre de phrase. 

6. R. P. omettent ce mot. 

7. D. de quoi (celé est omis). 

8. D. mareschal. 

9. D. ajoute chose. 

10. D. omet meisme. 

7 



98 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Comandeor Yen a a obéir. Li Gomandeor puet achater 
somier, chameus et autres bestes qui mestier li auront 
a son afaire. 

116. Tuit li gaaing, et toutes les bestes as bardes 4 , 
et tous les esclas, et trestout le bestiail 2 que les mai- 
sons dou royaume de Jérusalem gaaingnent 3 par guerre, 
doivent estre au comandement dou Comandor de la 
terre, fors les bestes a selles 4 et les armeures, et les 
armes, qui afîerent a la mareschaucie. 

Se li Comandeor dou royaume de Jérusalem veaut 
chevauchier par la terre, et il porte avoir aveuc lui, 
il puet demander au Mareschau des frères tant come 
il en aura mestier por mener en sa compaignie, et li 
Mareschaus les li doit baillier. 

117. Se les bestes dou Comandeor 1 fussent lassées 
et travaillées, et il eust besoing d'autre bestes por la 
besoigne de la maison, il les doit demander au Mares- 
chau ou a celui qui sera a son leu , et il les li doit 
faire avoir ; et li Comandeor doit mètre les soes bestes 
en la quaravane. Et quant il retornera, il doit les soes 
bestes prendre, et rendre les autres la ou il les prist. 

Si li Comandeor veaut une selle fere guarnir en la 
marechaucie, ou por son cors, ou por aucun ami de 
la maison 2 , il le puet bien faire ; mais que il ne le face 
trop souvent. 

118. Ne li Comandeor de la terre ne puet envoier 

116. — 1. Selles, bâts. 

2. R. trestoute la bestiaille. — D. bestiage. Mais P. a corrigé. 

3. P. gaaignerent. 

4. D. omet les bestes a selles. 

117. — 1. D. ajoute de Jherusalem. 
2. D. ou por autre. 



LA REGLE DU TEMPLE. 99 

nul frère hors de sa baillie en autre terre por estage, 
se par le Maistre ne l'i envoie. 

Toutes les maisons et tous les casaus 1 dou royaume 
de Jérusalem, et tous les frères qui i sont estans, sont 
au comandement dou Comandour de la terre 2 . 

Ne li Gomandor ne doit faire grans semonces ne 
présent as gens dou siècle ni as chevaliers, la ou li 
Maistre soit, se n'est a aucuns amis de la maison, pri- 
véement. Et se li Maistres n'i est, il le puet faire. 

119. Se li Comandeor a mestier de despence, il le 
doit faire assavoir au Maistre, et par lui en doit prendre 
ce que il en prendra. 

Tuit li vaissel de mer qui sont de la maison d'Acre 4 
sont au comandement dou Comandour de la terre. 
Et le Comandour de la voûte d'Acre, et tous les frères 
qui i sont desous lui, sont a son comandement, et 
toutes les choses que li vaissel aportent doivent estre 
rendus au Comandeor de la terre. Mes se chose nomée 

118. — 1. Fermes, villages, domaines ruraux. 
2. D. ajoute : dou reaime de Jherusalem. 

119. — 1. Acre, ou Ptolémaïde, fut prise aux Arabes en H04 
par Baudouin I er . En 1187, Saladin s'en empara de nouveau, mais 
pour peu de temps, car elle retomba au pouvoir des croisés en 
1191, après un siège de deux ans dirigé contre elle par Richard 
Cœur de Lion et Philippe-Auguste. La place resta dès lors aux 
Francs pendant un siècle, et ne leur fut arrachée que par le siège 
qui ruina les derniers restes de leur puissance, en 1291, siège pen- 
dant lequel les Templiers s'ensevelirent presque tous sous les ruines 
de leur donjon. L'ordre du Temple avait plusieurs établissements à 
Acre : celui dont il s'agit ici sous le nom spécial de voûte (enclos, 
ou lieu entouré par les flots. Cf. Du Gange, v° Volta) est évidem- 
ment le donjon et les bâtiments du grand maître et des cheva- 
liers, situés au bord de la mer, à l'extrémité du port. C'était l'édi- 
fice le plus considérable de la ville. Il était borné à l'est par la 
rue des Pisans et au nord par la rue Sainte-Anne. C'était aussi 



100 LA REGLE DU TEMPLE. 

y est mandée ou au Maistre ou a autre frère, celé chose 
doit estre rendue la ou ele est mandée. 

Quant 2 vient au despartir les frères dou couvent 
par les maisons, li Gomandeor puet dire au Mares- 
chau : « Tant en metés en tel maison et tant en 
l'autre. » Et li Mareschau le doit faire, qu'il n'i doit 
mètre plus ne mains. 

Ci comencent les retrais dou Comandor de la cité de 
Jérusalem^ . 

1210. Li Gomandeor de la cité de Jérusalem doit 
avoir nu bestes, et en leu d'une beste mulace puet 
avoir i turqueman ou i bon ronsin, et n escuiers 2 , et 
un frère sergent a H bestes, et un escrivain sarrazi- 
nois a une beste, et i turcople a une beste 3 ; et doit 
avoir autel provende come li Maistres et doit avoir en 
la cité de Jérusalem dessouz lui comandeor chevalier. 

121. Li Comandeor de la cité 1 de Jérusalem doit 
avoir x frères chevaliers en son comandement por 
conduire et garder les pèlerins qui vont au flum Jor- 
dan 2 ; et doit porter 3 tente reonde et confanon bausan 

le principal port des Templiers, et c'est ce qui explique que le 
commandeur de la voûte, quoique frère sergent, soit un des digni- 
taires principaux de l'ordre en Orient. (Cf. § 143.) Voy. VÉtude sur 
la topographie d'Acre au XIII e s., de Rey {Soc. des Antiq. de France, 
XXXIX, 1878, p. 115), qui donne le plan conservé au Vatican. 
2. D. omet tout ce paragraphe, mais une écriture postérieure 
en rappelle en marge les premiers mots. 

120. — 1. D. omet le titre. 

2. D. omet // escuiers. 

3. D. omet le turcople. 

121. — 1. D. omet de la cité. 

2. Le pèlerinage au Jourdain remonte aux premiers temps du 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 101 

ou enseigne 4 , tant corne sa ballie dure. Por ce que 
quant il herbergeroit , se il trovoit aucun prodome 
mesaisié, que il le meist en la tente, et le servist de 
aumosnes de la maison ; et por ce doit il porter tente 
reonde et mener somiers et porter viandes, et rapor- 
ter les pèlerins souries somiers 5 se mestiers est. 

182. Quant l'en porte la veraie crois en chevauchée 4 , 
le Gomandour de Jérusalem et les x chevaliers la 
doivent garder nuit et jor, et doivent herbergier au 
plus près que il porront de la veraie croiz tant come 
la chevauchée durera; et chascune nuit H frères 
doivent veillier a garder la veraie croiz 2 ; et se par 
aventure 3 avenist que herberge fust arestée , tuit 
doivent herbergier avec le covent. 

123. Li Comandeor de Jérusalem puet doner par- 
tout la ou il est i as frères, chevaus, muls et mules, 
et selles turqueses a home dou siècle, se ele li est pré- 
sentée. Et trestous les gaains qui sont fait par guerre 2 , 

christianisme. Au moyen âge, les pèlerins et les guerriers ne 
manquaient pas, après leur visite à Jérusalem et à Bethléem, 
d'aller se purifier dans les eaux du Jourdain : ils y lavaient aussi 
leurs vêtements et se livraient à divers actes de dévotion. (Cf. 
Guill. de Tyr, IX, 3, 15, etc.) Aujourd'hui encore, les Arabes 
ou les Grecs qui font partie de l'escorte des voyageurs regardent 
le Jourdain comme un fleuve sacré où ils vont se baigner et 
faire leurs ablutions. 

3. D. aver. 

4. D. P. omettent enseigne. 

5. D. omet sour les somiers. 

122. — 1. Sans doute les reliques que la maison du Temple 
possédait. 

2. D. omet cette phrase depuis tant come. 

3. D. E s'il avenist. 

123. — 1. D. omet partout la ou il est. 
2. D. E tôt le gain qui est fait outre. 






102 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

outre le flurn Jordain, qui afierent au Comandeor dou 
royaume de Jérusalem, li Comandeor de la cité de 
Jérusalem en doit avoir la moitié; et trestous les 
gaains qui sont fais deçà le flum 3 , il n'i prent riens, 
ançois sont del grant Comandeor dou royaume de 
Jérusalem ciaus qui a lui afierent. 

124. Trestous les chevaliers dou siècle qui sont en 
Jérusalem et sont affis 4 de la maison doivent aler et 
herbergier près de lui, et doivent chevauchier a son 
confanon. Et tuit li frère qui sont estâgans en la vile, 
et tuit cil qui vont et qui vienent tant con il i sont, et 8 
le Mareschau n'i est, sont en son comandement, et par 
son congié doivent faire ce que il feront. 

Ci comencent les retrais des Comandeors de la terre de 
Triple et d'Antioehe*. 

125. Li Comandeor de la terre de Triple et celui de 
la terre d'Antyoche, doit chascuns avoir mi bestes, et 
en leu d'une beste mulace puet avoir i palafroi, et un 
frère sergent a u bestes 2 , et i diacre a une beste, et 
un turcople a une beste, et i escrivain sarrazinois a 
une beste, et i garson a pié. Et, en trestous les leus 
ou il sont en lor baillie, sont en leu dou Maistre, se li 
Maistre n'i est. Et doivent avoir tente reonde et con- 
fanon haussant, et i chevalier a compaignon, que il 
puet jeter 3 de renc por aler de terre a autre ; et 

3. D. ajoute Jordain. 

124. — 4. Fixés, affidés. D. aus solz. 
2. D. omet le reste de la phrase. 

125. — 1. D. omet le titre. 

2. D. omet ce membre de phrase depuis et en leu. 

3. D. lever. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 103 

doivent avoir autel prevende d'orge corne li Maistres. 
Et toutes les gens qui sont estaiant es maisons de lor 
baillies sont a lor comandement, ou a armes, ou sans 
armes ; et puent chapistre tenir, se li Maistres n'i est, 
tant come lor baillies durent 4 . 

126. Et ces comandeors doivent garnir les chas- 
tiaus de lor comandemenz de cuiram 1 , de blé, de vin, 
de fer, d'acier, et de sergens por garder les portes ; 
et les autres choses doivent trover les chastelains ; et se 
riens lor faut, et il n'ont de quoi acheter, les coman- 
deors lor doivent trover ou doner de quoi il l'achatent. 

127. Les mareschaucies de lor baillies sont a lor 
comandemens, et il ont a trover les guarnisons des 
chavaus et des muls et des mules, et de l'autre her- 
nois 1 qui mestier i sera, et il doivent doner as frères 
ce que mestier lor sera. Et se il nen a mareschaus en 
la terre, il doivent doner le hernois as frères 2 , et 
doivent faire les comandemens de la maison partout 
la ou li Mareschaus dou couvent nen est ; et se riens 
lor faut, les comandeors lor ont a trover les garnisons 
de lor mareschaucies ; et aussi a la draparie doivent 
trover ce que mestier i sera. Et se il i eust mareschaus 
es terres, les comandeors les puent mètre et oster par 
les chapistres des terres ; et tout ensement 3 pueent 
les comandeors mètre et oster les drapiers et les chas- 
telains 4 qui sont en lor baillies. 

4. D. omet ces derniers mots. 

126. — 1. Cuirain, cuir et tout objet en cuir. 

127. — 1. D. et d'autre chose. 

2. D. as frères le hernois qui mestier leur sera. 

3. D. ausi. 

4. Sans doute les officiers commis à la garde des châteaux- 
forts de l'ordre; titre analogue à celui de casalier (§ 181), ou 



104 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

128. Ne ces comandeors ne doivent faire gratis 
semonces, ne grans presens as gens ni as chevaliers 
dou siècle, en leu ou li Maistres soit, se n'est a aucuns 
amis 1 , confrères de la maison. Et nul ne puet doner 
congié de seignier, ne de corre chevau ravine 2 , ne 
de bouhorder 3 , en leu ou il soit, se par lui non. Ne 
ces comandeors nen ont pooir de croistre ne d'amer- 
mer la prevende de l'orge, ne les bestes des frères 
jeter a haras, se il nen ont comandement dou Maistre 
et dou chapistre, se li Maistres est en la terre ; et se il 
nen i est 4 , si le pueent faire par le conseill des frères 
dou covent, fors que la quarte beste, qui est en lor 
volenté de mètre al haras ou de retenir a demie pre- 
vende. 

129. Et ces comandeors, se il veulent, il verront 
les trésors des chastiaus et des maisons chevetaines 4 
de lor comandemens, et les garnisons; et se il en 
veulent riens prendre, par les comandeors des mai- 
sons en doivent prendre ce que il en prendront. 

Et ces comandeors pueent doner bestes, robes et 
tout aissi com il est dit dessus dou Seneschau, por le 
profit de la maison. Et toz les jors que il sont en mai- 
son dou Temple en lor baillies , doivent mangier 2 

garde des fermes et casaux. Cette fonction est plus clairement 
expliquée au § 633. 

128. — 1. D. ou. 

2. Ravine n'a pas d'autre sens que rapidité, impétuosité ; mais 
il est pris évidemment ici dans le sens de course, traite, temps 
de galop. Cf. le § 315, où l'on compte une, deux, trois ravines, 
et même une àemi-ravine. D. donne ici corre... a ravine. 

3. D. omet ne de bouhorder. 
A. D. o s'il i est. 

129. — 1. Chefs, principales. P. ajoute des chevetaines. 
2. D. omet mangier et ajoute à la fin avoir. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 105 

m povres por Dieu viande de frères. Et ces coman- 
deors ne puent doner assises a nul home, se par le 
Maistre ne 1' font. Et quant le comandeor de la terre 3 
d'Antyoche vait en la terre d'Ermenie, il puet mener 
chapelain et porter chapele 4 . 

Ci comencent les retrais do Drapier*. 

130. Le Drapier dou couvent doit avoir un bestes 
et il 2 escuiers et i somelier 3 , et i aguilier autel corne 
li Mareschau 4 , et une grebeleure a ses escuiers, et 
autre a ses parmentiers 5 , et le hernois de la parmen- 
terie doivent porter li sommiers et son anguillier 
ensement. 

Le Drapier doit doner as frères ce que mestier lor 
sera de vestir et de gésir, tant come il affiert a sa bail- 
lie, fors les carpites 6 des liz. 

Quant robes vienent d'outre mer, li Drapiers doit 
estre au desploier des trosseaus 7 , et tous les presens 
qui vienent as frères dou couvent il les doit prendre, 

3. D. omet de la terre. 

4. Les ornements et les vases sacrés nécessaires à la célébra- 
tion de la messe. Les évêques, dans leurs tournées épiscopales, 
se servaient souvent d'autels portatifs; il en est de fort riches. — 
Ce détail est indiqué ici, parce que l'Arménie était pays hérétique 
et qu'on n'eût pas trouvé de prêtre sur la route. Pour les posses- 
sions des Templiers en Arménie, cf. un chapitre de V. Langlois 
dans son Trésor des chartes d'Arménie, etc. Venise, 4863, in-4°, p. 77. 

130. — 1. D. omet le titre. P. Trapier, par exception, comme 
dans le texte des Teutoniques, Traperarius. 

2. D. un. 

3. Homme de peine, pour les fardeaux, etc. 

4. D. seneschal, ce qui est une faute. 

5. Tailleurs de parements. 

6. Tapis de laine. 

7. Paquets. 



106 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et rendre la ou il vont. Et il se doit prendre garde 
que les frères soient reoigniés honestement 8 ; et se 
aucuns ne 1' fust, il li puet comander, et cil l'a a obéir ; 
quar après li Maistres et li Mareschaus, li Drapier en 
est tenus plus que nul des autres frères 9 . 

131. Li Drapiers se doit prendre garde que se 
aucuns frères fait souvercle 4 ou tiegne chose que il 
ne doie, que il le face laissier, et rendre la ou il doit, 
quar tuit li frère doivent estre contre celui qui fait ou 
dit desraisons. 

Le Drapier doit avoir dou frère, quant hom le fait 2 , 
toute la robe fors de vair ou d'escarlate ; et se il done 
or ou argent ou monoie 3 a la maison, quant il seront 
jusques a x besanz, doivent estre de la draparie et le 
sourplus au Gomandeor de la terre. 

Et tout aussi come il est dit 4 dou Drapier dou cou- 
vent, est dit et entendu del Drapier de la terre de 
Triple et d'Antyoche, fors de l'aguillier, que il ne 
doivent pas avoir. 

Ici eomencent les retrais des frères chevaliers 
comandeors des maisons 1 . 

1321. Les comandeors 2 chevaliers des maisons 

8. Cf. § 22 (Règle primitive). 

9. C'est-à-dire qu'on est plus tenu de lui obéir.... D. en est 
plus tenuz des autres frères. 

131. — i. D. soacle. Nous ne trouvons à rapprocher de ce mot 
que l'italien soverchio (cf. Vocab. La Crusca), qui signifie propre- 
ment excès, surabondance, hors des bornes, et auquel répondent 
sans doute dans le cas présent les desraisons dont il est parlé 
plus bas. 

2. Quand on le fait frère.— 3. D. omet monoie 4. D. ajoute de sus. 

132. — 1. D. omet le titre. » 
2. D. ajoute frères. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 107 

doivent avoir un bestes et h escuiers chascun 3 , et a 
h de lor bestes autel prevende corne li Maistres, et 
as autres n bestes 4 come li covent. Et quant li frères 
dou couvent tienent ni bestes, il en puent tenir nu ; 
et quant les frères dou couvent 5 en tienent n, il en 
puent tenir ni. Et ces comandeors puent doner c besanz 
au mareschau, et l besanz 6 au drapier, et xx besanz 7 
au sos-mareschau, et x besanz au sos- drapier; et a 
i 8 frère dou covent puet doner i besanz, ou une cote 
ou chemise 9 , ou une guarnache 10 , ou i cuir de dain u , 
ou un bouqueran 42 . 

133. Les comandeors chevaliers des maisons puent 
doner li uns a l'autre jusque a c muis de lor cuisinas, 
et faire bontés de lor viandes, et puent changier ou 
doner i de lor somiers a i frère de covent, et li frère 
dou change doit prendre congié au mareschau, ou 
mètre sa beste en la quarravane. 

Ne ces comandeors ne doivent faire grans presens, 
ne grans semonces as gens dou siegle ] , en leu ou li 
Maistres ne li Comandeor de la terre soient, se il ne le 

3. D. omet chascun. 

4. D. omet bestes. = tex come. 

5. D. e quant il. 

6. D. omet L besanz. 

7. D. omet besanz. 

8. D. autre. 

9. D. une cote chemise. 

10. Variété de la chape et du balandran, sans manches ni 
ceinture. 

11. Manteau de peau de daim? 

12. Tissu fin et défié, de fin; le byssus du moyen âge (V. Gay, 
Gloss. archéol.). On voit dans Joinville (éd. Wailly, 451) qu'il 
pouvait servir de suaire en Orient. 

133. — 1. D. omet ces quatre mots. 



108 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

font par eaus ; se n'est a aucun confrère, ou a aucun 
amis de la maison privéement. 

1 34. Ne ces comandeors ne autres ne puent ataindre 1 
nul frère qui soit en lor baillie, par yaus sols, de paroles 
que il aient eues entre eaus, par quoi eles viegnent en 
chapistre; car autant sera creus li frères come li 
comandeor; mais des comandemens que les coman- 
deors font as frères qui sont en lor comandemens, 
seront creus, et les puent ataindre par eaus sols 
a prendre quant que l'on i puet prendre 2 sauf abit. 

135. Se le comandeor veaut doner une des bestes 
de sa corde a i frère de covent, il en doit prendre 
congié a son comandeor, et la beste dou frère del cou- 
vent i doi estre mise en la quarravane. Mes se le frère 
dou covent fait change de beste 2 au comandeor par 
le congié dou mareschau , la beste dou frère doit 
remaindre au comandeor. Et se li comandeor a aucuns 
bons 3 polains, il les puet doner as frères de son 
conmandement, ou autres chevaucheures se il les a, et 
puent doner a lor frères caseliers 4 une beste mulace 
ou de quei il l'achatent, et puent achater des vilains 
de lor casaus polains et somiers por norir 5 . 

Ne ces comandeors ne pueent bastir nule maisons 
noveles de chaus, ne de mortier, ne de pierres, sans 
le congié dou Maistre ou dou grant Gomandour de la 

134. — 1. Condamner, convaincre. 
2. D. ajoute de frère. 

135. — 1. D. omet del couvent. 

2. D. omet de beste. 

3. D. omet bons. 

4. Préposés à la garde du casaux, fermes d'exploitation et vil- 
lages. Voyez plus bas § 181, les Retrais du caselier. 

5. R. P. achater polains et somiers por norir des vilains de lor 
casaus. 



, LA RÈGLE DU TEMPLE. 109 

terre. Mes maisons decheoites pueent refaire et repa- 
reillier. 

Ici eomence le retrait dou Comandor des chevaliers 4 . 

137. Li Comandeors des chevaliers doit estre au 
comandement dou Gomandour de la terre, ou a armes, 
ou sans armes, la ou li Mareschaus nen est 2 , fors de 
doner congié as frères de seignier et de baignier et 
de corre cheval ravine. Et puet doner congié 3 a un 
frère de covent de gésir une nuit defors ; et puet 
tenir chapistre, la ou li Mareschaus 4 ne li Gomandeor 
de la terre ne sont. 

Ici comencent les retrais des frères chevaliers et des 
frères sergens dou covent i . 

138. Les frères chevaliers dou covent chascun doit 
avoir ni bestes et i escuier 2 , et la quarte beste et li 
segons escuiers, se il ont 3 , est en la discrétion do 
Maistre ; et doivent avoir a lor bestes comunaument 
prevende 4 d'orge; et haubers 5 et chauces de fer 6 , et 

137. — 1. D. omet le titre. 

2. D. ajoute il n'a poer. 

3. D. omet congié. 

4. D. n'est et omet ne sont à la fin. 

138. — 1. D. omet le titre. 

2. D. omet / escuier. 

3. D. omet se il ont. 

4. D. omet prevende. 

5. Cotte de mailles avec coiffe enveloppant la tête et ne lais- 
sant que le visage découvert. Pour tout ce qui suit, cf. J. Qui- 
cherat, Hist. du costume en France, 2 e éd., 1877; Demay, Le 
Costume d'après les sceaux; et surtout Viollet-le-Duc, Dictionnaire 
du mobilier, t. II et III. 

6. Habillement des jambes, d'abord treillissé, puis à mailles 
comme le baubert. 



HO LA RÈGLE DU TEMPLE. 

heaume 7 ou chapeau de fer 8 , espée 9 , escu i0 , lance, 
mace turquese 41 , jupeau d'armer, espalieres, soliers 
d'armer 42 , m cotiaus : i d'armes 13 et l'autre de pain 
taillier 44 et i canivet 15 ; et pueent avoir covertures 
de chevaus 16 , et n chemises 17 , et il braies 18 , et 
il paires de chauces 19 ; et une sainturete petite que il 
doivent ceindre sur la chemise. Et ensi doivent gésir 
tuit li frère dou Temple, fors quant il sont malades 
en l'ospital; et adonc le doivent fere par congié. Et 
doivent avoir i jupel a girons 20 devant et derrière, et 

7. Casque spécial du chevalier au moyen âge, de forme cylin- 
drique et s'emboîtant sur la coiffe du haubert : il couvrait toute 
la tête et portait par-devant deux bandes de métal en croix, per- 
cées de fentes pour les yeux et de trous pour la respiration. 

8. Casque léger, ne couvrant que le sommet de la tête, en 
forme de calotte à bords rabattus, peut-être sans brides (J. Qui- 
cherat). Voy. fig. dans V. Gay, Gloss. archéologique. 

9. Droite, à deux tranchants, pointe arrondie et ne pouvant 
par conséquent frapper que de taille. 

10. Bouclier triangulaire à deux côtés légèrement courbes, en 
bois couvert de cuir; encore une arme spéciale au chevalier, 
qui l'orna des premières armoiries. 

11. Tête de fer à côtes saillantes, au bout d'un très long manche. 

12. Parties diverses de l'armure, pour les épaules et les pieds 
(solerets); mais le jupon d'armer .(sagum militare, Du Gange) est 
proprement la cotte d'armes, comme nous le verrons plus loin, 
recouvrant l'armure. 

13. Dague longue portée à la ceinture au côté droit. 

14. Petit couteau, dit aussi tranchepain. Voy. fig. dans Gay, 
Gloss. archéol. 

15. Canif très court, à lame droite. 

16. Sous la selle. 

17. Pièce de fil qui avait la forme d'une tunique courte. 

18. Caleçon flottant retenu par une ceinture. ' 

19. Tout l'habillement des jambes; elles étaient semelées ou non. 

20. Justaucorps, soit orné et entaillé de dents de scie en 
forme de girons, c'est-à-dire triangulaires (cf. L. Gautier, La 
Chevalerie, p. 405, n.), soit garni devant et derrière, comme un 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 111 

une pelice coverte, et n manteaus blans, l'un a penne 
et l'autre sans penne ; mais celui a penne doit rendre 
en esté, et le Drapier si li puet bien laissier por sa 
mesaise. 

139. Et doit avor une chape 1 , et une cote 2 , et une 
corrée 3 de cuir por ceindre ; et ni dras de lit 4 : ce est 
assavoir, i sac por mètre paille, et un lincuel, et une 
estamine, ou ce que li Drapier li vorra doner ; et une 
carpite, se om lor done, por covrir lor Hz, ou lor hau- 
bers quant il chevauchent ; mais la quarpite doit estre 
blanche, ou noire, ou reiée 5 ; et n petis sacs, l'un por 
mètre lor robe de lit, l'autre por lor jupiaus d'armer, 
et lor espalieres ; et i meneor de cuir 6 ou i treslis 7 
por mener lor haubers ; et, se il a l'un, il nen puet 
avoir l'autre 8 . 

140. Et puet avoir une toalle de mangier, et autre 
de teste laver ; et une carpite por grebeler luer orge 1 ; 

vrai costume monastique, d'un grand pan unique, coupé en 
pointe. 

139. — 1. Grand manteau droit enveloppant tout le corps et 
rattaché sur la poitrine par une bride ou une agrafe ; il y avait 
un capuchon. 

2. Tunique à manches étroites, portée sur la chemise et courte 
comme elle d'abord, puis s'allongeant aux xn e et xm e siècles. 
(Voy. Gay, fig.) 

3. Courroie. D. ceinture. 

4. Toute la literie, les étoffes ou couvertures quelconques qui 
composent le lit : ici, le matelas, le drap et une première cou- 
verture légère de laine ou de coton ; plus, une carpite, une grosse 
couverture contre le froid. 

5. D. omet ou reiée. 

6. Sorte de sac. Cf. § 322. 

7. Sac fait de mailles de fer. 

8. D. omet ce membre de phrase. 

140. — 1. D. omet cette phrase depuis et autre de teste. — Gre- 
beler, ou gribeler, signifie passer au crible. 






112 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et une chemise por covrir lor chevaus ; et se la car- 
pite a coler, il ne doit avoir point de chemise. Et doit 
avoir i chauderon por cuisiner et un bacin 2 por mesu- 
rer orge; et puet tenir une hache et une raspe par 
congié ; et se il vait de terre en autre il nen puet point 
porter a toz jors, fors par le congié dou Maistre. Et 
puet avoir ni paire de besaces, une de frère et il d'es- 
cuiers; et n hanas por boivre, et n flascons 3 ; et une 
longe, et une cengle a boucle et autre sanz boucle ; et un 
escueler de cor 4 et i cuillerer 5 . Et puet avoir i chapeau 
de bonet et i de fiautre 6 ; et une grebeleure, et i che- 
villier 7 ; et lor jupeaus d'armer doivent estre tuit blanc. 
141. Et les jupeaus d'armer des frères sergens 
doivent estre tuit noir; et la croiz rouge devant et 
derrières. Et puent avoir lor manteaus noirs ou bruns ; 
et puent avoir tout ensi corne li frère chevaliers, fors 
le bernois des bestes que il n'ont pas, et fors la gre- 
beleure et le chauderon. Et puent avoir hauberjon 
sans manicles 1 , et chauces de fer sans avant-piés 2 , et 

2. Chaudron et bassin. Cf. V. Gay, fig. 

3. D. omet les hanaps et les flacons. — Le hanap est la large 
coupe d'honneur, chevaleresque. Le flacon est une bouteille à 
panse évasée et plate, portée à l'aide de courroies. (Voy. Laborde, 
Gloss. du calai, des émaux du Louvre.) 

4. Corne (Liv. des métiers), ou cœur de chêne. (V. Gay, Gloss. 
archéologique.) 

5. Cuiller? 

6. Il y avait chapelier de bonnet ou de coton, et chapelier de 
feutre (cf. Liv. des métiers, XCI, XCII), sans compter les autres. 

7. Ce mot ne paraît jamais avoir été relevé dans le sens qu'il 
a ici, et qui est certainement chevalet. Il aurait pour correspon- 
dant une forme cavillerium. 

141. — 1. Haubert plus léger, cotte de mailles plus fine et 
souvent sans manicles, qui sont les manches du haubert. 
2. Découvertes sur le pied, sans doute pour faciliter la marche 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 1 1 3 

i chapeau de fer; et toutes ces choses devant dites 
puent avoir selonc l'aise de la maison. 

142. Et si puent doner l'un frère de couvent a 
l'autre sans congié une garnache que il aura portée l 
i an, et une cote vieille, et un jupel vieill, et chemise 
et braies et husiaus 2 ; et une lanterne se il la seit fere, 
et i cuir de dain, et une chevreline 3 . Et se aucun 
escuier se départ de son seignor, et il a bien fait son 
terme a la maison, son seignor ne li doit riens prendre 
de robe que il li ait prestée, fors la garnache d'un an ; 
et celé de n anz li puet doner se il veaut. 

143. 11 y a v frères sergens que chascun doit avoir 
n bestes : ce est le Sousmareschau, le Gonfanonier, le 
frère Quec dou couvent, le Ferreor dou couvent 4 , le 
Gomandeor de la vote de la mer d'Acre 2 . Et chascun 
de ces v puet avoir n bestes et i escuier 3 . Ne nul des 
autres frères sergens ne doit avoir fors une beste 4 , et 
l'autre li Maistres lor puet prester et reprendre quant 
lui plaira ; et se il avenist que aucuns de ces v frères 
devant només fust mis comandeor en aucune mai- 
son, l'autre beste doit avoir le Mareschau. 

144*. Nule chose que home dou siècle donnast a 
frère dou couvent por son cors, il ne la doit prendre 
sans congié, se ne fust aucuns dons ou aucune laisse 

à pied. — Dans le costume civil, on disait des chausses coupées. 

142. — 1. D. tenue. 

2. Bottes courtes, ou souliers très montants. 

3. Manteau de peau de chèvre ? 

143. — 1. Le forgeron, maréchal ferrant. 

2. D. omet d'Acre. 

3. D. omet et I escuier. 

4. D. remplace ces mots par : que une chevaucheure. 

8 



114 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

qui fust donée a la maison en aumosne, et celé puet 
prendre et doner a la maison. 

Nul frère ne puet acorsier * ses estrevieres 2 devers 
les pendans, ne sa ceinture, ne la renge 3 de l'espée, 
ne son braier 4 , sans congié ; et devers la boucle le 
puet faire sans congié. 

Nul frère ne se doit baignier, nesaignier, ne prendre 
mecine ni aler en vile 5 , ne corre cheval ravine 6 , sanz 
congié; et la ou il ne puet aler sanz congié, il ne doit 
envoier son escuier ne sa beste sans congié. 

145. Se li frère sont a la table et il manjuent 1 , et 
le nés seigne a aucun, ou cri de guerre levast 2 , ou de 
feu, ou de mêlée de chevaus, por eschiver 3 le damaige 
de la maison, por toutes ices choses pueent lever sans 
congié, et puis torner a mangier a la table se il veulent. 

Quant frères sont herbergiés en dortor, il ne se 
doit remuer sans congié por gésir en autre ostel ; et 
quant il sont en herberge et lor tentes sont tendues, 
il nen doivent remuer d'un leu en autre sans congié ; 
ne nus ne doit aler en herberge de gens dou siècle ne 
de religion, sans congié, se il nen fussent herbergié 
près de l'Ospital * corde a corde. 

144. — 1. Accourcir. 

2. Les êtriers étaient suspendus sous la couverture par des 
estrivières de cuir ou en chaînettes. 

3. Ceinture dans l'anneau de laquelle était passée l'épée. 

4. C'est la corde passée en coulisse dans les braies pour les 
retenir, et nouée ou bouclée à la taille. 

5. D. omet ces mots. 

6. Voy. § 315. 

145. — 1. D. omet et il manjuent. 

2. D. o cri se levé. 

3. P. por escuiers, par erreur. 

4. Près du camp des chevaliers de l'Hospital. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 115 

146. Quant la campane sone, ou l'en crie por dire 
les ores ou por assembler les frères, tuit li frère 
doivent aler au mostier ; se par destresse de maladie 
ne fust, ou se il n'eust les mains en la paste, ou le fer 
buillant en la forge por batre la chaude 1 , ou il ne 
parast le pié dou chevau por ferrer, (ou il ne lavast sa 
teste) 2 ; et por ces choses davant dites pueent li frère 
remanoir de none et de vespres. Et quant il ont fait 
ce que dessus est dit, il doivent aler au mostier por 
dire les ores ou por oyr, ou aler la ou les autres 
frères sont aies. Mais des autres ores ne pueent rema- 
noir 3 sans congié, se par maladie ne remaignent. 

147. Et quant li frère oyent ensemble la messe ou 
les ores, ensemble doivent agenoillier, et seir, et estre 
em pies; quar tout aussi le devise la règle. Mais li 
viel et li mesaisié se doivent tenir a une part dou 
moustier 1 , se il ne se puent contenir corne les autres 
frères sains 2 ; et cil qui ne sevent quant les frères se 
doivent agenoillier, ni estre as ores 3 , le doivent 
demander a cil qui le sevent et aprendre cornent il le 
font, et doivent estre derrières les autres 4 . 

Cornent les frères doivent prendre herberge 1 . 

148. Quant le confanon prent herberge , li frère doivent 

146. — 1. « Terme de maréchalerie ; se dit de l'action de faire 
chauffer le fer et de le forger. » (Littré.) 

2. D. omet ce membre de phrase, et P. l'efface. 

3. D. demorer. 

147. — i. D. omet dou moustier. 

2. D. corrige font. 

3. D. omet ni estre as ores. 

4. D. omet ces derniers mots : et doivent... 

148. — 1. D. omet le titre. 



116 LA REGLE DU TEMPLE. 

herbergier entor la chapele et defors les cordes, 
chascun venant en sa route ; et cil qui sont defors si 
doivent tendre lor grebeleures defors et mètre lor 
hernois par dedens ; et chascuns frères puet prendre 
place por toute sa compaignie. Et nul frère ne doit 
prendre place, tant que la crie ait crié 2 : « Herbergés 
vos, seignors frères, de par Dieu 3 , » que 4 li Mareschau 
l'ait prise; fors le Maistre, et la chapele, et la tente de 
la viande avec son comandor, et le Gomandor de la 
terre ; et se aucuns frères l'eust prise, li Mareschaus 
la porroit doner a cui que il voudroit, se il ne 1' feist 5 
par congié. Et chascun frère puet prendre place el 
mostier ou en la chapele ; ce est assavoir de la porte 
jusque a la moitié, quar de ci en amont feroient ennui 
au prestre, por quoi il est desfendu. Et quant hom 
dit les ores, l'un frère doit aler querre l'autre qui 
aura sa place jouste 6 lui, se il n'i est. 

149. Nul frère ne doit envoier en foraige sans con- 
gié, ne a busche *, devant 2 que om le criera, se n'est 
près de herberge que il puisse oyr la crye. Et doivent 
covrir lor selles d'esclavines 3 ou de carpites ou 
d'autres choses; et se il font aporter pierres dessus, 
il doivent prendre congié. Et la selle a croce 4 ne 
doivent envoier sans congié; ne nul frère qui ait 

2. D. l'en ait crié. 

3. P. de par de Dieu. 

4. D. ajoute e jusque a tant que. 

5. D. ne l'avoit. 

6. D. delez. 

149. — 1 . Pour faire du fourrage, ramasser de l'herbe ou du bois. 

2. D. jusques a tant. 

3. Grand manteau de pèlerin, d'étoffe velue. 

4. Voy. § 100. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 117 

il escuier ne doit envoier que l'un, mais entre la her- 
berge, ou près, si que le puisse avoir au besoing se il 
i fust mestier. Ne nul frère ne doit aler en desduit, 
fors tant que il puisse oyr la crie ou la campane. Et 
les frères qui sont estaians es maisons par tens de 
guerre, ne doivent chevauchier fors tant eom il est dit 
dessus ; ne par guerre, ne par pais, nul frère ne doit 
chevauchier sans congié une liue de terre; ne sans 
hueses 5 , et sur jor entre n mangiers, nul frère de 
couvent ne puet chevauchier sans congié. Le crior et 
le granatier 6 doivent herbergier o le confanonier, et 
ce que il criera doit l'en aussi faire por lui corne por 
celui qui le feroit crier 7 . 

150. Quant li frère sont herbergié, et l'on crie as 
livroisons, li frère doivent afubler lor mantiaus et aler 
bêlement et en pais l'un après l'autre en route, et 
prendre de par Dieu ce que l'on lor voudra doner ; et 
se gens dou siècle ou frères qui ne. soient herbergé en 
l'erberge lor envoient presens de viandes, il les 
doivent envoier au Gomandeor de la viande, et nen 
doivent riens retenir sans congié. Et se li Comandeor 
lor envoie, il en puent mangier et doner 4 la ou il vou- 
dront; mais plus bêle chose est que li Comandeor la 
lor rende, que il la retenist. Et se il a aucun 2 frère 
qui manjue viande d'enfermerie, por sa maladie, li 
frère qui sont o lui herbergié en puent mangier en 
tel manière que li frère nen ait soffraite 3 . 

5. Bottes. 

6. Granatarius ; l'officier chargé du grain pour les chevaux. 

7. D. e por celi qui criera deit l'en ami faire com par celi qui le 
fera crier. 

150. — 1. D. sans congié. — 2. D. nul. — 3. Privation, souf- 
france, disette. 



118 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

151. Chascun frère puet semondre tout prodome 
que l'on doit honorer, que veigne en sa herberge, ou 
se il passe par devant son ostel; et li Comandeor de 
la viande doit doner au frère des viandes qu'il aura 4 
si largement que tuit cil de l'ostel en puissent avoir a 
planté 2 por l'amor 3 dou prodome ; et aussi est dit 
des baillis corne des autres. Tous porchas de viandes 
sont defifendus as frères dou couvent et des viandes 
de la maison et d'autres gens, fors les herbes de chans, 
et poissons, et oiseaus, et bestes sauvaiges, se il le 
sevent prendre sans chacier ; quar la chace est défen- 
due en la règle 4 . Ne nul frère ne doit 5 a son ostel 
tenir viandes, fors celés que l'on livre a la tente des 
viandes, se par congié ne la tient ; et quant le Coman- 
deor de la viande fait renc de pièces 6 por livrer as 
frères comunaument, il ne doit mètre n pièces de 
i luec, ne n hanches, ne deus espaules ensemble; 
mais au plus comunaument qu'il porra les doit dépar- 
tir as frères. 

152. Se li Comandeor de la viande veaut faire crier 
a livroisons, il doit faire assavoir au frère sergent 
dou Maistre ançois qu'il le face crier ; et quant li frère 
sergent dou Maistre vait 4 a la livroison, l'on li doit 
doner por le Maistre dou plus beau qui i sera; et 
ces compaignons dou Maistre doivent prendre aussi 



151. — 1. R. P. omettent qu'il aura. 

2. En abondance. 

3. D. por honor. 

4. Cf. § 55 (Règle primitive). 

5. D. puet. 

6. D. viandes. 

152. — 1. D. et quant il vait. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 119 

corne li Comandeor de la viande lor donra en renc 2 . 
Il n'est mie 3 bêle chose que li Comandeor de la 
viande face ces presens par la herberge 4 a nul frère 
se il n'est mesaisiés, ains doit livrer comunaument, 
aussi as uns come as autres; et as mesaisiés puet 
doner de H viandes ou de m, et des meillors qu'il aura, 
et quant li sain n'auront que d'un mes li mesaisié 
doivent avoir de il 5 ; et si lor doit doner a renc as 
malades come as sains. Et quant li sain auront de 
il viandes, li mesaisié en doivent avoir 6 de m, ou de 
plus; ne de mains que de u mes ne doivent avoir, 
quant li sain n'auront que d'un mes. 

1 53. Les escueles de char de deus frères de covent 1 
doivent estre teles, que de ce qui remaindra devant 
u frères, se puissent soustenir irpovres. Et de deus 
escueles de 2 frères face l'on trois de turcople ; et de 
deus de turcople face l'en ni de sergens. 

Les mesures doivent estre ygaus. Et quant li frère 
jeûnent, l'en doit livrer entre n et u 3 quatre mesures 
de vin as frères ; et quant il ne jeûnent, entre u frères 
v mesures, et entre n turcoples ni mesures ; et aussi 
doit estre de la mesure de Tuile. Et aussi 4 en la terre 
de Triple et d'Antyoche. 

154. Nul frère ne doit demander par non chevau, 

2. D. omet en renc. 

3. D. pas. 

4. D. face presenz par herberge. 

5. D. omet li mesaisié, etc. 

6. D. au mesaisiez deit om doner. 
153. — l. D. omet de couvent. 

2. R. P. omettent escueles de. 

3. D. entre II frères et supp. plus loin as frères. 

4. D. deit estre. 



1^0 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ni mul, ne mule, ne autre chose, se petite n'est; et se 
aucun frère eust chevau qui fust restif 1 , ou tirant, ou 
qui se dressast, ou qui il chiet, il le doit mostrer ou 
faire mostrer au Mareschal ; et se il est voirs, le Mares- 
chal ne li doit faire tenir, ains li doit changier se il a 
de quoi. Et se le Mareschau 2 ne li veaut changier, li 
frère se puet tenir a mesaisié de son chevau se il veut, 
tant come il le tendra, que il ne montera sus; ne li 
Mareschau ne li doit faire force de monter sus, ne nul 
comandement, se par sa bone volonté n'est. 

1 55. Se cri se lieveen la herberge, cil qui sont devers 
le cri doivent issir celé part o lor escus et o lor lances, 
et les autres frères doivent aler a la chapele por oyr le 
comandement que l'en fera. Et se cri lieve fors de 
herberge, il ne doivent issir sans congié, ne por lion 
ne por beste dévorant. 

Cornent li frère vont en rote 1 . 

1 56. Quan li covent veaut chevauchier, les frères 2 ne 
doivent faire mètre lor seles ne trousser, ne monter, 
ne movoir de la place, fors ensi come 3 le Mareschau 
le fera crier, ou come il le coumandera ; mais les che- 
villiers 4 , et les flascons vuis 5 , et la hache de berrie, 

154. — t. D. o que son cheval arbraste o que il fust restis, il 
le deit faire monstrer ou nontier al mareschal. 

2. D. S'il. 

156. — 1. D. omet le titre. Route est ici employé, comme à 
peu près partout dans la Règle, avec le sens de troupe. 

2. D. 11. 

3. D. quant. 

4. Voy. § 140, n. 

5. Vides. — Mss. vis; mais P. corr. vuis. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 121 

et la corde de berrie 6 et le puisor 7 puent il mètre 
sour les bestes avant que l'on crie le trousser. Et se 
aucun frère veaut parler au Mareschau, il i doit aler a 
pié, et quant il aura parlé a lui, il doit retorner a sa 
place ; et hors de sa place il ne doit aler avant la crie 
por monter 8 , fors tant come la herberge de ses com- 
paignons dure. 

157. Quant le Mareschau fait crier le monter, li 
frère doivent regarder lor places, que riens de lor 
hernois ne remaigne, et puis doivent monter et aler 
en route bêlement ! , le pas ou l'embleure 2 , lor escuiers 
après eaus, et mètre se en la route se il trove place 
vuide a lui et a son hernois; et se il ne la treuve vuide, 
bien la puet demander a i frère qui prise l'aura, et il 
li donra se il veaut, et se il ne veaut il ne li donra mie. 
Et quant il ont prise la route, chascun frère doit 
mètre son escuier et son hernois devant soi. Et se il 
est nuit, ait 3 silence, se ce ne fust por aucune besoigne 
profitable, et puis doit aler bêlement et en pais a sa 
route jusques a l'endemain que il ayent oy prime ou 
dite, en la manière que il est establi en la maison, et 
tant come la herberge dure. Li frère qui a prise la 
route, la puet doner a i autre frère qui prise ne l'aura, 
et devant lui, que derrières nul ne la doit doner ; et 

6. D. omet de berrie. On ne trouve d'autre explication de ce 
mot que plaine, campagne unie. Ces objets sont peut-être dési- 
gnés par là comme servant spécialement aux campements. 

7. Puisoir, instrument de pêche du genre filet (pressorium. 
Du Gange). 

8. D. avant que l'en crie le monter. 
157. — 1. D. et en pais. 

2. L'amble. 

3. D. tenir. 



\%% LA REGLE DU TEMPLE. 

puis ces H frères, ne autre qui donée l'auroit ne prise 
en ceste manière, ne la porroit doner a nul autre 
devant ne derrières. 

158. Et se il frères veulent parler l'un a l'autre, le 
premier doit venir au derrain en tel manière que lor 
hernois soit devant eaus * ; et quant il auront parlé, 
chascun doit retorner en sa route. Et se aucun frère 
chevauche de coste la route por son afaire, il doit aler 
et venir dessous le vent ; quar se il aloit desus le 
vent, la poudre feroit mau et ennui a la route. Et se 
tant avenist chose que frère ne peust ou ne seust a 
venir a sa route, un des frères le doit mètre devant 
lui tant que il soit jors, et puis doit torner a sa route, 
au plus beau et au plus tost que il porra. Et aussi 
est-il dit des escuiers 2 . Et nul frère ne doit chevau- 
chier en coste la route, ne n, ne ni, ne un, ne plus, 
por soulacier 3 ne por parler, ains doivent aler après 
lor hernois, et tenir chascun sa A route bêlement et en 
pais. 

159. Ne nul frère ne se doit esloignier de sa route 
por abevrer ne por autre chose * sans congié ; et se 
il passent aiguë corrant, en terre de pais, il pueent 
abevrer lor bestes se il veulent 2 ; mes que il ne facent 
grevance a la route. Et se il passent aiguë en terre de 
regart 3 , et le confanon passe outre sans abevrer, il 

158. — 1. D. omet eaus. 

2. D. omet cette phrase. 

3. 8e divertir. 

4. D. tenir lur rote. 

159. — 1. D. omet por abevrer ne por autre chose. 

2. D. sans congié. 

3. Inspection, surveillance, garde et ronde de gens de guerre. 
Voy. encore plus bas. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 123 

ne doivent abevrer sans congié; et se le confanon 
s'areste por abevrer, il pueent abevrer sans con- 
gié. Et se cri lieve en la route, les frères qui seront 
devers le cri pueent monter sour lor chevaus et prendre 
lor escus et lor lances, et tenir tout quoi 4 , et atendre 
le coraandement dou Mareschau ; et li autre se doivent 
traire vers le Mareschau por oyr son comandement. 

100. Quant, il est guerre et li frères sont herbergiés 
en ostel ou en herberge arestée 1 , et cri lieve, il ne 
doivent issir sans congié, tant que le confanon soit 
issus; et quant il est issus, il doivent tuit aler après 
au plus tost que il porront, et ne se doivent armer ne 
desarmer sans congié ; et se il sont en enbuschement, 
ou il gardent forriers, ou soient en leu ou il aient regart, 
ou il voisent de leu en autre, il ne doivent oster frain 
ni selle, ne doner a lor bestes a mangier sans congié. 

Cornent doivent aler en eschiele l les frères 2 . 

161. Quan il sont establis par eschieles, nul frère ne 
doit aler de l'une eschiele a l'autre ne monter sur son 
chevau 3 sans congié ne prendre escu ne lance sans con- 
gié ; et quant il sont armé, et il vont en eschiele, il doivent 
mètre 4 devant eaus lor escuiers avec les lances, et 
ceaus avec les chevaus derrière eaus, en tele manière 
corne le Mareschau comandera, ou celui qui est en son 
leu ; ne nul frère ne doit torner la teste de sa beste 

4. Quieti. 

160. — 1. D. omet en ostel ou en herberge arestée. 

161. — 1. Escadron. 

2. D. omet le titre. 

3. D. omet ne monter sur son chevau. 

4. D. i metent. 



124 LA REGLE DU TEMPLE. 

devers la coe, por baeter 5 ne por cri, ne por autre 
chose, puis qu'il vont en eschiele. 

1 621. Se aucun frère veaut assaier son chevau por 
savoir cornent il s'en porroit aidier ou se il i eust riens 
a adrecier 4 en la sele, ou es covertures, il puet dessus 
monter por saillir un poi sans congié, et puis torner 
bêlement et en pais 2 en s'eschiele; et se il voloit 
prendre son escu et sa lance, il doit prendre congié ; 
et qui veaut sa teste armer de sa coiffe de fer 3 , il le 
puet bien sans congié; mes il ne la puet pas desarmer. 
Ne nul frère ne doit poindre ne desranger sans congié 4 . 

163. Et se il avenist par aventure que aucun cres- 
tien alast folement, et aucun turc li corrust sus, por 
lui ocirre, et il fust en péril de mort, et aucun 4 qui 
fust celé part vousist partir de s'eschele por lui secorre, 
et sa consciense le repreist que il le peust secorre 2 , 
bien le porroit faire sans congié, et puis retorner en 
s'eschiele bêlement et en pais. Et se il autrement poi- 
gnoit ni desrenjast, justise en seroit prise si grant 
come 3 d'aler a pié a la herberge et prendre en li tout 
quant que l'en i porroit prendre sauf son 4 abit. 

5. Combattre. D. Initier. 

162. — 1. Ajuster. 

2. D. omet et en pais. 

3. Autrefois partie intégrante du haubert, la coiffe devint au 
xm e siècle un capuchon de mailles, parfois muni d'un calot pour 
le crâne, et tombant assez bas sur la poitrine. (Quicherat, Hist. 
du costume, p. 208. Cf. V. Gay, Gloss. archéol.) 

4. D. omet cette phrase. Poindre, charger; desranger, bouscu- 
ler, mettre les rangs en désordre. 

163. — 1. D. frères. 

2. D. rescore. 

3. D. l'en le puet faire, etc. 

4. D. sanz l'abit. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 125 

Quant le Mareschau prent le confanon por poindre A . 

1 64. Quant le Mareschau veaut prendre le confanon 
de la part Dieu, de la main dou Sousmareschau, li 
Sousmareschau doit aler au Turcoplier se le Mares- 
chau ne le retent. Et puis le Mareschau doit comander 
a v ou a vi frères chevaliers 2 , ou jusque a x frères, a 
garder lui et le confanon ; et ices frères doivent grever 
lor enimis tout entor le confanon, au plus beau que il 
porront, et ne s'en doivent despartir ni esloignier, 
ains se doivent tenir au plus près que il porront dou 
confanon, que, se il est mestier d'aier, que il li 
peussent aidier. Et li autre frère pueent poindre avant 
et arriéres, et a destre et a senestre, et la ou il cuide- 
ront grever lor henemis, en tel manière que, se le 
confanon a mestier d'aye, que il li puissent aidier, et 
le confanon a eaus, se mestier lor estoit. 

165. Et le Mareschau doit establir le Gomandeor 
des chevaliers a porter i confanon ploie entor sa lance, 
et cil doit estre i des x 4 . Et celui frère ne se doit 
esloignier dou Mareschau, ains se doit tenir 2 au plus 
près que il porra, que, se le confanon dou Mareschau 
chiet ou dessire, ou aucune mésaventure li avient, 
dont Dieu ne veulle 3 , que il puisse desploier son con- 
fanon; ou se non, si se doit contenir en tel manière 
que les frères se puissent ralier a son confanon se 

164. — 1. D. omet le titre; poindre est ce que nous appelons 
charger. 

2. D. omet chevaliers et plus loin frères. 

165. — 1. D. omet et cil doit estre I des X. — Un des dix 
baillis du chapitre. 

2. D. omet ains se doit tenir. 

3. D. omet dont Dieu ne veulle. 



126 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

mestier lor soit. Et se li Mareschau estoit si 4 blecés 
ou atornés que il ne peust fornir la pointe, celui qui 
porte le confanon ploie doit fornir la pointe. Et cil qui 
sont establis por garder le confanon doivent aler a 
lui ; ne li Mareschau, ne nul qui confanon porte ploie 
en la bataille 5 , nen doit ferir ni abaissier por nulle 
achaison de ferir. 

166. Et ceaus noméement qui mainent eschiele de 
chevaliers 4 ne doivent poindre ne desrengier se par 
congié ou par acort dou Maistre ne 1' feissent, se il i 
estoit, ou de celui qui en son leu seroit ; se il ne Y cove- 
nist faire par force, ou que l'en fust en pas estroit, que 
l'en ne peust legierement le congié prendre 2 ; et se 
il avenist en autre manière, grant justise en seroit 
prise, et l'abit ne li porroit remanoir. Et chascun 
comandeor d'eschiele puet 3 avoir confanon ploie et 
puet comander jusque a x chevaliers de garder lui et 
le confanon. Et tout aussi come il est dit dou Mares- 
chau, est dit de toz les comandeors qui mainent 
eschieles. 

1 67. Et se il avenist que aucun frère ne peust assener 
a 4 son confanon, que il fust aies trop avant par paor 
de sarrazins qui fussent entre lui et le confanon, ou il 
ne seust que il fust devenus, il doit venir au premier 
confanon que il trovera des crestiens. Et se il treuve 
celui de l'Ospital, il se doit tenir a celui et doit faire 

4. D. fust ensi. 

5. D. omet en la bataille. 

166. — 1. D. omet de chevaliers. 

2. D. o demander. 

3. D. deit. 

167. — 1. Se diriger vers. D. avenir a. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 127 

assavoir a celui qui conduit l'eschiele ou a autre 2 que 
il ne puet venir a son confanon, et iluec doit estre 
bêlement et en pais tant que il puisse venir a son 
confanon. Ne ne se doit remuer de s'eschiele 3 por 
plaie ne por bleceure sans congié ; et se il est si atains 
que il ne puisse prendre le congié, il doit envoier 
aucun frère qui le preigne por lui. 

1 68. Et se il avenist que la crestienté tornast a des- 
confiture, dont Dieus l'en gart, nul frère ne se doit 
partir dou champ por torner a guarison, tant corne il 
y eust confanon haussant en estant * ; quar se il s'en 
partoit, il en perdroitla maison a toz jors mais. Et se 
il veoit qu'i n'i eust mes nul recourrer, il doit venir 2 
au premier confanon de l'Ospital ou des crestiens se 
il en y a ; et quant celui ou les autres confanons 3 tor- 
neront a desconfiture, dès ici en avant puet aler le 
frère a garison, la ou Dieu le conseillera 4 . 

Ci comencent les retrais dou Turcoplier* . 

169. Le frère Turcoplier doit avoir im bestes, et 

2. D. omet ces mots depuis et doit faire... 

3. D. omet de s'eschiele. 

168. — 1. Debout. 

2. D. il veit. 

3. D. o Vautre. 

4. D. o Dieu plaira. 

169. — 1. D. omet le titre. On peut consulter, sur le caractère 
et les fonctions de cet officier, les Memorie storiche su la dignità 

e le preminenze del Turcopiliere descritte dal comm™ Fr. Vinc. 

Gastelli dei principi di Torremuzza, 1784. Vol. ms. in-folio con- 
servé aux Archives nationales sous la cote MM. 27. Ce travail a 
été imprimé (Nuova raccolla d'opuscoli di Aut. sicil., 1. 1, pet. in-4°). 
Il ne s'agit dans cet ouvrage que de l'ordre de Saint-Jean de 
Jérusalem, mais la dignité de turcoplier est un emprunt fait 
par les Hospitaliers à l'ordre du Temple; on ne trouve, en effet, 



128 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

au leu d'une mule 2 puet avoir un turqueman ; et doit 
avoir une grebeleure et prevende corne 3 li couvent ; 
et la prevende, et la grebeleure, et le chauderon 
doivent porter li somier. Et se il est en ostel ou en 
herberge, et cri lieve, il ne doit issir sans congié; 
mais le Mareschau le doit assener une fois de ce que 
il devra faire. Et il s'en doit issir en aucun leu, et 
d'iqui doit envoier, celé part ou le cri est, un turcople 
ou il por veoir que ce est ; et puis il le doit faire assa- 
voir au Mareschau ou a celui qui sera en son leu, que 
il puisse mander et comander * son comandement. 

170. Et quant le Turcoplier vait a correors i et l'en 
li baille v ou vi ou vm chevaliers, de x en aval, il sont 
au comandement dou Turcoplier ; et se il en y a x et 
il y a comandeor des chevaliers et confanon haussant, 
le Turcoplier sera a son comandement. Et quant les 
eschieles dou covent sont ordenées, le Turcoplier doit 
tenir sa gent en eschiele et estre aussi come li autre, 
et se doit contenir 2 en tele manière, dou confanon 
porter, come il est dessus devisé 3 dou Mareschau. Ne 
il ne doit poindre ne hardier 4 , se ensi non 5 come le 
Maistre ou le Mareschau le comandera. 

guère d'officier de ce nom dépendant de l'Hôpital avant la 
seconde moitié du xm e siècle; la plus ancienne date citée par 
M. Delà ville le Roulx (les Archives de l'Ordre de Saint- Jean à 
Malte, 1883) à cette occasion est 1248. 

2. D. beste mulace. 

3. D. autele com. 

4. D. al coumandeor. 

170. — 1. Avec des coureurs, des éclaireurs. 

2. D. tenir. 

3. D. dit. 

4. Attaquer, charger, harceler. 

5. D. 5e ausi con. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 129 

1 71 . Tuit li frère sergant, quant il sont as armes, 
sont au comandement dou Turcoplier, et sans armes 
n'i sont pas; mais li turcople i sont, ou as armes, ou 
sans armes. 

Li Sousmareschau, le Confanonier, le frère sergant 
dou Maistre, celui dou Mareschau 1 et celui dou Goman- 
dour de la terre, se il ne sont en l'eschiele dou Turco- 
plier 2 , ne sont mie en son comandement. 

172. Les frères sergens qui sont armés de fer se 
doivent contenir as armes si come il est devisé des 
frères chevaliers ; et les autres frères sergens qui armé 
ne sont 1 , se il le font bien, bon gré en ayent-il de 
Dieu et des frères. Et se il voient que il ne puissent 
soufrir ou que il soient bleciés, il se puent traire 
arrière sans congié se il veulent, et sans damaige que 
il en ayent de la maison. 

Se l'en met frères por garder les sergens d'armes, 
il ne se doivent départir por poindre, ne por autre 
chose, sans congié ; mais se le Mareschau ou les frères 
poignent, il doivent mener les sergens serrés et ren- 
giés après, au plus beau que il porront, que, se les 
frères auront mestier d'aye, que les sergens les 
puissent rescorre 2 . 

Ici comencent les retrais dou Sousmareschau A . 

173. Li Sousmareschau doit avor n bestes et une 
grebeleure et prevende come le couvent; et les sou- 

171. — 1. D. omet cet officier et change l'ordre des autres. 
2. D. s'i ne sont en eschele, ne sont a son... 

172. — 1. D. omet qui armé ne sont. 
2. D. aidier. 

173. — 1. D. omet le titre. 

9 



430 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

miers li doivent porter la grebeleure. Et il doit livrer 
as frères le menu hernois et faire chargier et rapa- 
rellier se il puet et se il l'a 2 , et puet doner selles 
vielles, et loutres, et bociaus 3 , et puiseors 4 , lances, 
espées, chapiaus de fer, armes turquoises vieilles et 
arbalestres, qui escharront a lamareschaucie 5 , et pen- 
niaus 6 nues 7 ; et tout autre menu hernois de ci en 
avant puet 8 doner et livrer la ou le Mareschau est et 
nen est, se n'est aucune chose ou le Mareschau meist 
desfence. Et de l'autre gros hernois li Sousmareschaus 
nen a riens a doner, se ensinc non 9 come le Mares- 
chau comandera. 

174. Et se frère vait outre mer, ou il trespasse de 
cest siècle, et le Mareschau veulle doner entérinement 
le hernois ou faire garder de tant come il voudra, il le 
doit mander et comander au Sousmareschau 1 , et il 
le doit faire ; ni, avant que le Mareschau l'ait veu, nen 
puet riens doner li Sousmareschau. Et se li Mareschau 
ne li mande 2 , puis que il l'aura veu ne n'i met des- 
fence, il puet doner ce que a lui en affiert. 

175. Tous les frères des mestiers * de la marchau- 
cie sont en son comandement, et a lui doivent res- 

2. D. omet cette phrase depuis et faire chargier. 

3. Petits tonneaux, barils. 

4. Puisoirs. 

5. D. omet ces mots depuis vieilles. 

6. Coussinets à rembourrer la selle. 

7. D. viez. 

8. D. et tôt ce a il a doner. 

9. Fors com. 

174. — 1. D. qu'il le gart, e il le deit garder juque a tant que 
li mareschal Vait veu, e n'en... 

2. D. omet ne li mande. 

175. — i. D. omet des mestiers. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 131 

pondre de lor labor, ou a celui qui sera 2 en son leu, 
et il lor doit porchacier 3 et faire avoir toutes les 
choses qui a lor labor affiert 4 . Et il les puet envoier 
au servise de la maison et doner congié de aler des- 
duire 5 de maison en autre as jors de feste. Et la ou le 
Mareschau n'est, le Confanonier est en son comande- 
ment si come il est dessus devisé. Et se il y eust 
escuier sans seignor, et le Soumareschau le demande 
por mètre en la quarravane des chevaus, ou se il le 
prie d'aucun escuiér de carra vane 6 doner a un frère, 
il li doit faire; et li doit le Confanonier baillier tant 
d'escuiers come il en demandera, se il les a 7 , por 
mètre en la caravane, et li en doit obéir. Et li Sous- 
mareschau, se il eust trop d'escuiers en sa carra vane, 
et le Confanonier en eust mestier, il les li doit baillier, 
sauve la garnison de la quaravane 8 . 

176. Et en tous les leus ou le Confanonier n'est, le 
Sousmareschau puet prendre la justise des escuiers se 
il veaut et il le forfont 4 ; et puet 2 prendre les 
escuiers de carravane et doner as frères que il verra 
que mestier en auront, et mètre des 3 escuiers de cara- 
vane en la caravane des bestes. Et se le Confanonier 

2. D. est. 

3. Procurer. 

4. D. e il lur deit doner les choses qui afierent a lur labor, e faire 
avoir. 

5. Se réjouir, festoyer. 

6. D. omet ce mot. 

7. D. omet ces mots. 

8. D. balier bonement e en pais for que tant con il aura mestier 
en sa carevane. 

176. — 1. Et s'ils se rendent coupables d'une faute envers lui. 

2. D. omet puet. 

3. D. e puet mètre II ; omet de caravane. 



132 LA REGLE DU TEMPLE. 

assemble chapistre d'escuiers, et le Sousmareschau y 
veulle venir, il puet tenir le chapistre, et puet 4 prendre 
justise des escuiers se il le veaut. Et trestous les 
escuiers que l'en a prestes as frères de mestiers ou as 
frères qui n'ont que une beste, doivent aler au Confa- 
nonier quant l'en criera que les escuiers de caravane 
y voisent. 

Ci comencent les retrais dou Confanonier*. 

177. Li Gonfanonier doit avoir n bestes et une gre- 
beleure et prevende come le couvent, et les somiers 
li doivent porter la grebeleure ; et tous les escuiers de 
la maison sont en son comandement en tous les leus 
ou il est, et les doit retenir et prendre leurs fiances, 
et leur doit les establissemens de la maison retraire, 
et les choses por quoi il puent perdre la maison et 
estre mis en fers et frustes 2 ; et faire paier quant il 
ont fait lor terme. Et puet 3 faire tenir chapistre et 
assembler quant il plaira et 4 mestier sera, et prendra 
la justise de ceaus qui l'auront forfait, en la manière 
qu'il est establi a la mason ; et si lor doit faire doner 
orge, paille, solliers. Li grenetiers e la gaite 5 sont a 
son conmandement , e deit avoir chascuns d'eaus 
i beste 6 . 

178. Et se li frère sont ensemble, et il envoient lor 

4. D. omet puet, et plus loin trestous. 
177. — 1. D. omet le titre. 

2. Fustigés. 

3. D. omet puet. 

4. D. omet il plaira et. 

5. Sentinelle, éclaireur. 

6. R. P. omettent cette phrase. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 133 

bestes et lor escuiers au sommaige de la maison * , ou 
a l'erbe, ou a autre part comunaument, le Confano- 
nier les doit mener et remener en route, un confanon 
haussant au chief de la route. Et en tous les leus ou 
les escuiers et les frères manjuent au covent, le Confa- 
nonier doit garder les tables ; et 2 les frères sont en her- 
berge, et li escuier 3 prennent livroison, il ne s'en doit 
entremetre se il ne veaut. 

179. Quant le couvent chevauche en route, le Con- 
fanonier * doit aler devant le confanon et le doit faire 
porter a un escuier, ou a la gaite, et doit mener la 
route en tel manière come le Mareschau 2 comandera. 
Et quant il est guerre, et les frère vont en eschieles, 
un turcople doit porter le confanon, et le Confanonier 
doit faire aler les escuiers en eschiele 3 . Et se le Mares- 
chau et les frères poignent, les escuiers qui mènent 
les chavaus en destre doivent poindre après lor sei- 
gnor, et les autres doivent prendre les mules ou lor 
seignor chevauchent , et doivent remaindre o le Confa- 
nonier. Et il doit avoir i confanon ploie en sa lance ; 
et quant le Mareschau poindra il doit faire mètre les 
escuiers en eschieles, et desploier son confanon; et 
doit aler après ceaus qui poignent, au plus beau et au 
plus tost 4 et au plus ordenéement que il porra, le pas 
ou l'embleure, ou au meaus qu'i li semblera. 

178. — 1. D. omet ici de la maison et le met plus loin, après 
autre part. 

2. Suppl. en tous les leus ou... 

3. D. omet li escuier. 

179. — 1. D. il. 

2. D. li maistre. 

3. D. faire aler les escheles. 

4. D. omet et au plus tost. 



134 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Des frères sergens comandeors des maisons i . 

180. Les frères sergens comandeors des maisons 
doivent avoir une beste et autale prevende 2 come le 
covent ; et puet doner a i frère mi deniers ; et puent 
avoir un de lor sergens por escuier. Et se le Confano- 
nier li baille i escuier quant il li plaira 3 , il le puet 
prendre. 

Des frères kasaliers i . 

181 . Les frères kasaliers doivent avoir n bestes et 
i escuier et autel prevende d'orge come li Maistres ; et 
puent doner a i frère un deniers ; et puent tenir une 
esventriere 2 as bestes que il chevaucheront. 



Cornent le Maistre et les frères doivent mangier 
en covent 4 . 

1 82. Le Maistre et tous les autres frères fors et sains 
doivent mangier a la table dou covent et oyr la beneis- 
son ; et chascun doit dire une pater noster ançois que 
il trenche son pain ne que il manjue. Et quant il aura 
mangié, si doit rendre grâces a Dieu de ce que il aura 

180. — 1. D. omet le titre. 

2. D. ajoute d'orge. 

3. D. il vodra. 

181. — 1. D. omet le titre. Ce sont les officiers commis à la 
garde des casaux, ou fermes de l'Ordre. On trouve ce titre une 
fois pour les Hospitaliers, en 1273, dans Pauli (Cod. diplomatico) , 
casalarius. (Delaville le Roulx, Arch. de Malte, p. 215.) 

2. D. ventrière. 

182. — 1. D. omet le titre. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 135 

doné; et ne doit parler devant ce que il ait rendues 
grâces au mostier se il est près, et se il n'est près, au 
leu meisme. 

183. Li Maistres ne nul autre frère ne doit avoir 
a la table dou couvent fioles de vin ne d'aiguë, ne 
soffrir que frère les i porte. Et se home dou siècle 
trametoit i présent de vin ou de viande, le Maistre 
sans plus puet le présent envoier en l'enfermerie ou 
la ou il li plaira, fors a la table dou covent. Et tous 
les autres frères, se riens lor est présentés, il le doivent 
envoier au Maistre se il est a la table dou couvent, et 
se il n'est a la table, as frères de l'enfermerie 2 . Et se 
le Maistre manjue a autre table ou a la table d'enfer- 
merie, quant il ne manjue au covent, le présent li 
doit estre envoie 3 . 

1 84. Se tant est chose que l'on done buef a la table 
dou couvent, et mouton, ceaus qui ne manjuent buef, 
le Gomandeor de la maison les doit mètre a une part 
de la table dou couvent, fors le Maistre et le frère cha- 
pelain. Chascun frère puet demander se il veaut de la 
viande des sergens i . 

Se l'en aporte as frères char crue ou soursemée ou 
qui flaire, il la puet rendre et l'en li doit changier se 
l'en en est aisiés 2 . 

185. Maintes fois done l'en en covent a tous les 
frères 4 de n chars, por ce que cil qui ne manjue de 

183. — 1. D. envoioit. 

2. D. ou a la table al frère enfermier. 

3. D. si li deivent envoier. 

184. — l.'D. demander de la viande as escuiers. 
2. D. ... qui flaire; il le deit montrer a ses compaingnons e en 
li deit changier. 
185. — 1. D. omet a tous les frères. 



136 LA REGLE DU TEMPLE. 

l'une manjue de l'autre, ensi corne a noel et a pasques, 
et as il karesmes pernans 2 ; et de m chars, quant les 
maisons en sont aisées, et les comandeors le veulent. 
Et les escueles doivent estre coumunaus si come est 
dit en l'escrit dou comandeor des viandes 3 . 

186. Au jor que il ne manjuent de char doivent 
avoir de n cuisinas; mes se l'on done eus, ou formage, 
ou poisson, il ne doivent avoir que d'un cuisinât, se 
les comandeors ne leur veulent faire bonté. Mais as 
deus karesmes 4 lor doit doner de dos mes ou de m, que 
celui qui ne voudra de l'un ait de l'autre. Et quant 
se vient au dimenche ou au mardi ou au jeusdi, il est 
usée chose que l'en lor done poisson frès ou salé, ou 
autre companaige 2 . Mais se il ont 3 poisson le lundi, ou 
le mecredi, ou le vendredi, ou le samadi 4 , le Coman- 
deor de la maison 5 lor pue bien tolir i des cuisinas 
se il veaut, se il lor done le poisson de sa borse 6 . 

187. Usée chose est que au vendredi l'en lor 1 done 
d'un cuisinât, et puis après herbes ou autre compa- 
naige; et chascun frère puet demander ce que l'en 
manjue a la table dou covent, et que l'en done as 

2. Les Templiers observaient deux carêmes par an (cf. §§ 76, 
351), avant Pâques et avant Noël. Les deux carêmes prenants 
étaient : le mardi gras et le dimanche avant la Saint-Martin 
(11 novembre). 

3. Cf. § 151. 

186. — 1. D. quarantaines. 

2. Tout ce qu'on mange avec du pain : companaticum. 

3. D. mes se l'en lor done. 

4. D. omet le samedi. 

5. D. omet de la maison. 

6. D. ajoute cette phrase : E sergent escuiers qui geunent chacun 
jor deivent aver de H cosinaz e chacuns sa mesure de vin. 

187. — 1. D. on ne lor done que. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 137 

autres frères. Mais bêlement doit parler chascun frère 
et tenir silence, et escoter le clerc qui list la leçon 2 . 
Et chascun puet doner de sa viande a ceaus qui sont 
entor lui, tant corne il puet estendre le bras sans plus 3 . 

188. Le Maistre puet doner de sa viande as frères 
qui manjuent 4 a terre et font lor penitance. Et por ce 
doit l'en mètre en l'escuele dou Maistre tant de viande 
come a un frères, ou de char, ou de poisson, ou 
d'autre companaige; ne le Maistre ne autre ne doit 
avoir autre viande, ne boivre ne mangier, fors ce que 
l'en done comunaument as frères dou couvent. Ne 
nul frère ne doit avoir place qui soit soe, a table de 
couvent, fors le Maistre et le frère Chapelain qui man- 
jue près de lui. A toz les leus ou le maistre est deivent 
mangier ni povres, e quatre a chascune maison che- 
vetaine e en chastiaus, por Dieu e por les frères, 
viande des frères. Quant la campane sone, li frère 
Chapelain e li povre e tuit li frère chevalier se puent 
seoir, e li frère sergent deivent atendre tant que la 
petite campane sone, e puis se deivent seoir; dei- 
vent emplir la table dedenz et puis defors 2 . Henas, 
escueles, et toailles doivent estre comunaus, fors le 
Maistre et les frères chapelains a cui l'en l'a soufert 
dou henap 3 . 

189. Quant le couvent a de ni mes de char, ou 
d'autre viande, la maisnée doit avoir de n. Mais li 

2. R. P. omettent la leçon. Cf. § 24. 

3. D. omet sans plus. 

188. — 1. D. a ceus qui sont. 

2. R. P. omettent tout ce passage et se contentent de rappeler 
chacune des deux phrases : A toz les leus ou le maistre est, etc. 
Quant la campane sone. 

3. D. l'en suefre leur enas. 



138 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

turcople et tuit cil qui raanjuent a lor table doivent 
avoir de ce que l'en manjue au couvent 1 . Et les 
povres que l'en fait mangier a la maison ou il sont 
establis, doivent avoir autant de viandes et autreteles 
corne les frères dou couvent 2 . 



Les retrais dou frère enfermier i . 

190. Le frère enfermier doit avoir tant de discré- 
tion que il doit demander as frères mesaisiés, qui ne 
pueent mangier, e nen osent, de la comunal viande de 
l'enfermerie , l'enfermier lor doit demander de quele 
viande il porront mangier, et il le doivent 2 dire puis 
qu'il lor demande 3 ; et il lor doit faire apareillier et 
doner tant que il puissent mangier de la comunal 
viande de l'enfermerie. Et noméementas frères foibles 
et mesaisiés * et relevés de maladie doit 5 si come il 
est dit dessus. Et a ceaus qui sont malades de quar- 
taine 6 puet doner char tous les jors de la semaine 
fors le vendredi, et tout ensement le karesme Saint- 
Martin jusques as avens, et as avens m jors la semaine. 

191 . Tuit li frère mesaisiés et li vieil qui ne puent 
soufrir la viande dou couvent doivent mangier a la 
table de l'enfermerie ; et li frère sains 4 , quant il sont 

189. — 1. D. li couvenz menjue. — 2. D. autretels li couvenz. 

190. — 1. D. omet le titre. 

2. R. P. doit. 

3. R. P. omettent puis qu'il lor demande. 

4. D. omet et mesaisiés. 

5. D. faire. 

6. De fièvre quarte. 

191. — 1. D. omet sains. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 139 

seigniés, il doivent mangier m fois sans plus. Et se le 
frère seignié, ou li viel, ou cil qui ont la quartane 
demandent de la viande dou couvent, l'en lor en doit 
doner. Mes as autres frères qui manjuent por lor 
mesaise, ne lor doit l'en riens doner, se n'estoit 2 por 
assaier s'il porroient soufrir le couvent ; et por ce lor 
en puet l'on doner une fois ou deus. Et se il la puet 
soffrir, si doit aler mangier au couvent. 

192. Lentilles, ne fèves a l'eschorche, ne chos s'il 
n'estoient floris, ne char de buef, ne truie, ne chievre, 
ni bouc, ne chastron 1 , ne anguiles 2 , ne doit l'en 
doner a table d'enfermerie, fors quant le covent en 
manjue, et a ceaus que nos avons dit dessus, et quant 
aucun frère manjue en semonce par celui qui semondre 
le puet. Formaige ne puet l'on doner por mes en l'en- 
fermerie. 

193. Quant le Maistre veaut 4 mangier a la table de 
l'enfermerie, il doit mander a l'enfermier que il li face 
atorner viandes. Et a la table qui plus près sera de 
l'enfermerie doit l'en faire 2 mètre une toaille, et vin, 
et aiguë en fioles, et coupe de verre ; et puis le frère 
enfermier doit faire tant atorner de viandes, que très- 
tous les autres frères soient amendés por li. 

Nul frère qui manjue a la table de l'enfermerie ne 
puet avoir fioles de verre, ne coupes, se ne fust por 
aucun gentill home 3 ou por aucun grant ami de la 
maison. 

2. D. si ne fust. 

192. — 1. Mouton ou veau. 
2. R. P. omettent anguiles. 

193. — 1. D. deil. 

2. D. omet faire. 

3. D. omet gentil home. 



140 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

1 94. Tuit li frère qui ne puent oyr les ores ne aler 
au mostier por lor mesaise doivent aler en l'enferme- 
rie gésir. Mais bone chose est que il soient avant con- 
fès et comeniés, et que il prient le Chapelain de l'eno- 
liement 1 se mestier est. Mais le Maistre sans plus puet 
gésir en sa chambre quant il est malades. Et chascun 
frère quant il est malades puet m fois mangier en son 
lit, se il veaut : c'est assavoir le jor qu'il ne puet aler 
au mostier por sa maladie, l'endemain jusques a 
vespres, que il doit entrer en l'enfermerie se il n'est 
amendés. Mais as frères qui seront malades de menoi- 
son 2 , ou de laide naffre 3 , ou de geter par la goule, ou 
de frénésie, ou d'autre laide * maladie que les autres 
frères ne puissent soffrir, a ceaus doit l'en baillier 
une chambre au plus près que l'en porra de l'enferme- 
rie, tant il soit bien amendés et que les autres frères 
le puissent soufrir. 

1 95. Le frère enfermier doit faire tant aparellier des 
viandes as frères qui gissent en l'enfermerie et ce 
que chascun demandera, se il le puet trover en la 
maison ou a vendre en la vile, et sirop se il demandent. 
Et si lor puet doner congié de seignier et de rere lor 
testes l'enfermier. Mais de rere lor barbes, ou de 
trenchier plaies mortels, ou de prendre médecine, est 
le congié a prendre dou Maistre ou de celui qui tient 
son leu. 

196. Le Gomandeor de la maison doi trover au 
frère enfermier ce que mestier li sera a la table de 

194. — 1. L'administration de l'extrème-onction. 

2. Dysenterie. 

3. Blessure. 

4: R. P. omettent laide. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 141 

l'enfermerie, et a l'enfermerie la ou H frères gisent 
malades * ; et doi mètre a son comandement la bouteil- 
lerie, et la grant cuisine, et le four, et la porcherie, 
et la galinerie, et le jardin. Et se le Gomandeor ne 
veaut ce faire, il doit doner au frère enfermier tant 
de monoie que il puisse 2 en l'enfermerie faire avoir 
ce que mestier y sera. 

Le Gomandeor de la terre doit faire avoir as frères 
ce que mestier lor sera, et ce dont il achèteront les 
mecines que mestier lor auront. 

197. Quant les frères issent de l'enfermerie, il 
doivent aler au mostier tout premièrement por oyr la 
messe et le servise de Jhesu Grist, et après puent 
mangier m fois en l'enfermerie 1 , et puis en pueent 
issir, se i sont guaris en tele manière 2 que il puissent 
aler au mostier oyr toutes les ores. Et puis doivent 
mangier a la table d'enfermerie tant que il puissent 
seurement mangier de la viande dou couvent. 

Le Comandeor de la terre, ou le Maistre, doivent 
trover le miege fesicien 3 as frères malades por eaus 
visiter et por doner conseill de lor maladies 4 . 

196. — 1. D. a l'enfermerie des frères. 

2. D. a table de l'enfermerie et en l'enfermerie des frères. 

197. — 1. D. a l'ospital. 

2. D. s'i sont tant guéri. 

3. Les deux mots signifient médecin. 

4. Ici finit le ms. de Dijon. Tout le reste de la Règle se trouve 
uniquement dans les mss. de Rome et de Paris. 



[ÉLECTION DU GRAND-MAITRE] 

De Veslection dou Maistre dou Temple. 

198. Quant le Maistre dou Temple trespasse et 
Dieus fait son comandement de lui, se il trespasse au 
royaume de Jérusalem, et le Mareschau est présent, il 
remaint en leu de Maistre, et doit tenir le chapistre 
por l'office de la mareschaucie que il tient, tant que 
par lui et par le couvent et par tous les baillis deçà 
mer ayent esgardé et fait Grant Gomandeor qui tiegne 
leu de Maistre. Et si doit assembler tous les prodomes 
de la baillie, et doit prier toz les perlas de la terre et 
les bones gens des relegions, que il soient a son obse- 
quie et a son enterrement. Et o grant luminaire de 
cierges et de chandeles son servise doit estre fait, et 
sevelis o grant honor. Et cest luminaire de chandeles 
est otroié a lui solement por l'ennor de la maistrie. 

199. Et trestous les frères qui sont présent doivent 
dire dedens vn jors ce pater nostres, et tout ensement 
doivent faire tous les frères qui sont de la baillie de 
celé maison; et si i doivent estre se il ne lor co vient 
remaindre por aucune nécessité. Et c povres doivent 
estre repeus por l'arme de lui au disner et au soper. 
Après, doit l'en son hernois départir si come d'un 
autre frère de couvent, fors la robe de son cors et de 
son gésir, qui doit venir en la main de l'aumosner, et 
doit estre donée entérinement por Dieu as mesaus, si 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 143 

corne ii faisoit de ses robes vieilles quant il pernoit les 
nueves. 

200. En après, si doit faire assavoir le Mareschau 
le trespassement dou Maistre au plus tost que il porra a 
toz les comandeors des provinces deçà la mer, et que 
il viegnent a jor nomé por la maison conseillier et por 
eslire Grant Gomandeor qui tieigne leu de Maistre. Et 
se estre puet sans grant damaige de la maison, en 
Jherusalem ou dedens le royaume doit estre célébrée 
l'eslection dou Maistre. Car la est le chief de la mai- 
son et la sovraine province de tout le Temple. 

201 . Mais se il avenist que le Mareschau ou tout le 
couvent fust en la terre de Triple ou d'Antyoche, et le 
Maistre trespassat ici, ce que dessus est dit dou Mares- 
chau dou Temple el royaume de Jérusalem doit estre 
entendu des n comandeors de ces n provinces et cha- 
cun por soi . Ensi come le Mareschau deveroit tenir le 
chapistre d'eslire le Grant Gomandeor se il se faisoit 
dedens le royaume de Jérusalem, en tele manière le 
doit faire le Gomandeor de la terre de Triple ou d'An- 
tioche. Et se il trespasse dedens le royaume de Jéru- 
salem et le Mareschau ne fust au royaume, le Coman- 
dor dou royaume de Jérusalem doit faire son obsequie 
si come i des autres comandeors des provinces, et 
doit faire assavoir au mareschau et au couvent et as 
autres comandeors la mort dou Maistre au plus tost 
que il porra, el non de la sainte Trinité. 

202. Et le Grant Gomandeor qui a faire est por tenir 
leu de Maistre, se il se fait dedens le royaume de 
Jérusalem, le Mareschau doit tenir le chapistre si come 
il est dessus dit , et doit estre esleu d par le comunal 

202. — 1. Le Grand Commandeur*. 



144 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

acort et a la volenté de toz les frères ou de la plus 
grant partie, el leu et en non de Dieu. 

203. Le Grant Comandeor se doit traire a une part 
avec le Mareschau et avec les comandeors des m pro- 
vinces, se estre y pueent, que il ne soient empeichés 
de canonical empeeschement avec les autres prodomes 
baillis, et autres cels que a lui et as autres prodomes 
semblera qui soient a apeler por conseill doner, et 
ne mie tous. Et ensemble avec aus traitera dou tens 
et dou jor que il puissent assembler covenablement 
de l'eslection faire. Et chascun des comandeors des 
provinces doit venir au jor nomé, sans mander querre, 
avec une partie des prodomes de sa baillie que sans 
damaige porra amener. 

204. Et de celi jor en avant le Grant Gomandor 
doit porter la boule * du Maistre et faire toz les coman- 
demens de la maison en leu dou Maistre jusques a Tore 
que Dieu aura porveu la maison de Maistre et de 
governeor. Et si doit estre ausinc obéis corne le 
Maistre se il vivoit. 

205. Et trestous les frères dou Temple deçà mer 
doivent jeûner m vendredis en pain et en aiguë, dès 
icele ore jusques au jor nomé de l'eslection. Et dès 
icest jor en avant, chascun comandeor doit aler en sa 
baillie et traitier la besoigne de la maison au plus 
beau et au meaus que Dieu li ensoignera, et doit prier 
et comander a ses frères que il soient en oroison et en 
prières, que Dieu conseille la maison de Père et de 
Maistre. Et ceste prière meismes doit estre faite a 
toutes bones gens de religion. 

204. — 1 . Le sceau, la bulle. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 145 

206. Venu le jor nomé de l'eslection dou Maistre, 
le couvent et trestous les baillis, ensi corne dessus est 
dit, doivent assembler en leu nomé, selonc ce que bien 
lor semblera. Et quant ce vient après matines dou jor 
que l'eslection se veaut faire, le Grant Gomandeor 
doit semondre la plus grant partie des prodeshomes 
de la maison, et non pas toz les frères, et doivent par 
conseil mètre fors h ou ni prodomes de la maison, 
frères et des plus comunaus, et plus, se mestier est ; 
et ensi lor doit l'en comander que il voisent for dou 
conseill, et il y doivent obéir. 

207. En après, le Grant Gomandeor face sa demande 
d'eaus, et celui a cui s'acordera tout le conseill ou la 
plus grant partie, celui sera Gomandeor de l'eslec- 
tion. Après, si les doit rapeler et a celui qui est esleu 
doit faire a savoir que il est de par Dieu fait Comandeor 
de l'eslection dou Maistre. Et celui qui est esleus doit 
estre tel que il aime Dieu et justise, et soit comunaus 
a toutes lengues et a toz les frères, et que il aime pais 
et concorde en la maison, et ne maintiegne parties. 
Et trestous les xin esliseors dou Maistre doivent estre 
tels, et de diverses provinces et de diverses nations. 
Et ançois que il partent dou conseil, le Grant Coman- 
deor entre lui et trestous les autres frères dou con- 
seill si doivent doner un frère chevalier por compai- 
gnon, itel corne il est dessus. Et cestui conseill et ceste 
assemblée soit tous tens faite sans remuer. 

208. Après les matines dou jor de l'eslection, por 
ce que il puissent veillier por Dieu prier jusques au 
jor, dès ici en avant les h frères doivent aler en la 
chapelle por Dieu proier que il les adresse et conseille, 
que il puissent parfaitement et selonc sa volonté acom- 

10 



146 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

plir l'office et le comandement qui lor est enchargé. Et 
chascun doit horer par soi, et ne doivent parler a 
nul autre frère, ne nul autre frère a eus ; ne assembler 
ensemble se n'est por parler de ceste chose que il ont 
a traitier. Et doivent toute nuit permaindre en oroi- 
sons et traiter de l'afaire de l'eslection, et trestous les 
autres frères del conseil s'en puent départir ; et ceaus 
qui sont mesaisiés reposer en lor lis et prier Dieu 
qu'i conseille la maison, et les autres frères sains 
selonc la puissance de lor cors doivent estre en oroi- 
sons et en proieres jusques au jor. 

209. La prime sonée et les frères venus au mostier 
oyr prime, et chantée la messe dou saint Esperit o 
grant devocion, et oye tierce et midi, humblement et 
en pais entrent en chapistre. Et oy le sermon et la 
prière faite selonc la costumance de l'ordre de la che- 
valerie, et après, le Grant Comandeor doit prier les 
frères et comander que il apelent entre aus la grâce 
dou saint Esperit, par laquele il puissent avoir tel 
Maistre et tel pastor par qui la maison soit conseillée 
ettrestoute la sainte terre, en qui servise la maison est 
establie et ordenée. Et trestous frères se doivent age- 
noillier en terre et faire et dire ces oroisons corne Dieu 
lor aura enseignié. 

210. Et après, le Grant Comandeor doit faire venir 
le Comandeor de l'eslection et son compaignon devant 
lui et devant tout le chapistre, et lor doit comander 
en vertu d'obédience cestui office qui dessus est dit, 
en péril de lor armes et en guerre dou paradis, que 
toute estuide et toute entente aient d'eslire lor com- 
paignons que en celui office seront aveuc aus. Et si lor 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 147 

doit encores comander que ne por grâces, ne por 
liayne, ne por amor, mais soulement Dieu voiant 
devant lor yeaus, eslisent tels compaignons par lor 
sens, lesquels ententent a la pais de la maison si 
come dessus est dit d'eaus; et il doivent issir de 
chapistre. 

21 1 . Et ces il frères doivent eslire autre n frères, et 
seront mi. Et ces nu doivent eslire autre n frères, et 
seront vi. Et ces vi frères doivent eslire autre n frères, 
et seront vm. Et ces vin frères doivent eslire autre 
il frères, et seront x. Et ces x frères doivent eslire 
autre n, et seront xii, en l'ennor des xn apostres. Et 
les xn frères doivent eslire ensemble le frère chape- 
lain por tenir le leu de Jhesu-Crist ; lequel se doit mult 
esforcier de tenir les frères en pais et en amor et en 
acort : et seront xm frères. Et de ces xm doivent estre 
les vm frères, chevaliers, et les un frères, sergens, et 
le frère chapelain. Et ces xm frères esliseors doivent 
estre tels come dessus est dit dou Gomandeor de 
l'eslection, de diverses nations et de divers païs, por 
la pais de la maison tenir. 

212. En. après, tous les xm esliseors doivent entrer 
devant le Gomandeor et devant les frères, et le Coman- 
deor de l'eslection doit proier les frères ensemble très- 
tous et le Grant Gomandeor que il prient Dieu por eaus, 
quar de grant faiz les ont charchiés. Et tantost toz les 
frères ensemble doivent se geter en terre en oroisons 
et prier Dieu et tous les sains et toutes les saintes par 
qui la maison prist comencement, que il la conseille et 
adresse de Maistre tel come il set que mestier a la 
maison et a la sainte terre. 



X 



448 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

213. Après, se doivent tous xm endressier davant 
le Grant Gomandeor, et il doit comander a tous les 
xm esliseors et chacun par soi, que, en celui office ou 
il sont ordenés, ayent Dieu devant lor yeaus et n'en- 
tendent] a autre chose mais a l'ennor et au profit de la 
mason et de la sainte terre. Et 1 celé personne qui lor 
semblera plus profitables a trestous ou a la plus grant 
partie, il ne lairont a mètre en celui leuc, ce est de 
Maistre, por nule haine ne por nule maie voillance. Et 
celui qui profitable ne lor semblera a trestous ou a la 
plus grant partie, por nule grâce ne por nule amor ne 
l'apelent ne eslisent a tenir si grant leu corne de la 
Maistrie. 

214. Et cestui comandement soit fait a toz les 
xm esliseors devant trestout le chapistre par le Grant 
Gomandeor en tel manière : « Nos conjurons, — de par 
Dieu, et de par ma dame sainte Marie, et de par mon 
seignor saint Pierre, et par tous sains et de par toutes 
saintes de Dieu, et de par tout le chapistre, en vertu 
d'obédience, sous paine de la grâce de Dieu et que au 
jor dou jugement, se en tele manière come vos devés 
n'aies en ceste eslection, soies tenu de rendre conte et 
raison devant la face de Dieu et de toz ces sains, — 
que vos, tel frère dou Temple eslisiés qui vos sem- 
blera plus digne et plus profitable et plus comunal a 
trestous les frères et a la maison et a la sainte terre, 
et de meillor renomée. » 

215. Et le Gomandeor de l' eslection doit prier le 
Grant Gomandour et trestous les frères que il prient 
Dieu por eaus, que il les conseille. Et trestous les 

213. — 1. Mss. Et quant, ce qui suppose un régime qui manque. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 149 

xin esliseors s'en istront ensemble de chapistre et iront 
en tel leuc qui sera covenable d'élection faire. 

216. El nom de la sainte Trinité, c'est dou Père et 
dou Fis et dou saint Esperit. Amen. — Ci comence- 
ront a traitier de l'eslection et des personnes nomer, 
les queles sembleront profitables a eslire por Maistre. 
Premièrement, des personnes des frères qui sont deçà 
la mer, ou el couvent, ou es baillies. Et se tant est 
chose que Dieus veulle soufrir qu'il soit trové profi- 
table a cet luec tenir, et le comunal acort i soit de tous 
xin ou de la plus grant partie, celui soit esleus Maistre 
dou Temple.. Mais se il avenist chose que plus profi- 
table persone fust trovée es parties d'outre mer, et 
acorde i eust de toz xm ou de la plus grant partie, 
celui soit esleus a Maistre dou Temple. 

21 7. Et se il avenist chose, dont Dieu les desfende, 
que les xm frères se partissent en m parties ou en 
un et ne fussent acordables, le Comandeor de l'eslec- 
tion aveuc aucun des autres prodeshommes doivent 
venir en chapistre devant le comandour et devant tres- 
toz les frères, et lor doit requerre que il soient en oroi- 
sons et en prières, que Dieus les adresse ; sans nule 
parole tenir de la discorde qui entre aus est, dont Dieus 
les desfende. Et cestes prières doivent estre faites 
pluisors fois, as requestes des esliseors. Et trestous les 
frères se doivent agenoillier et abaissier en terre, et 
prier la grâce dou saint Esperit que les esliseors con- 
seille et adresse de Maistre faire. — Après il doivent 
retorner a lor compainons en la place de l'eslection 
faire. 

218. Et se il avenist chose par quoi il se peussent 
acorder a une persone eslire, celui est Maistres que 



150 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

par le comunal acort de la plus grant partie est només 
et esleus. 

Et celui qui ensi comunaument est esliz, se il est 
deçà la mer, come nos avons dit dessus, et est el cha- 
pistre aveuc les autres frères, tous les xin esliseors 
doivent venir devant le Gomandeor et devant tous les 
autres frères dou chapistre. 

219. Et le Comandeor de l'eslection doit dire, por 
soi et por tous ses compaignons comunaument, a très- 
tous les frères : « Biaus seignors, rendes grâces et 
merci a nostre seignor Jhesu-Crist et a madame sainte 
Marie, et a tous sains et a toutes saintes, que nos 
somes acordé tous comunaument. Et si avons de par 
Dieu esleu par vos comandemens le Maistre dou 
Temple ; vos en tenés vos apaiés de ce que nos en 
avons fait? » Et il doivent dire tous ensemble et chas- 
cun par soi : « Oïl, de par Dieu. » — « Et li prometés 
vos a tenir obédience tous les jorz de sa vie ? » — Et 
il doivent respondre : « Oïl, de par Dieu. » 

220. Après, doit faire demande au Grant Comandour 
en ceste forme : « Gomandeor, se Dieus et nos t'avons 
esleu por Maistre dou Temple, prometés vos a estre 
obedient tous les jorz de vostre 1 vie au couvent et 
tenir les bones costumes de la maison et les bones 
usances? » Et il doit respondre : « Oïl, se Dieu plaist. » 
Et celé demande doit estre faite a ni ou a un de plus 
prodomes de la maison. 

221 . Et se la personne est présente qui est esleue, 
il doit venir parler a lui en tel manière et nomer le par 

220. — 1. Mss. promete nos... tous les jorz de nostre vie.... 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 151 

son nom, et dire : « Et nos, el nom dou Père et dou 
Fis et dou Saint Esperit, nos avons esleu a Maistre et 
eslisons vos, frère No... » — Et adonc le Gomandeor 
de l'eslection doit dire as frères : « Biaus seignors 
frères, rendes grâces a Dieu; veés ci nostre 4 Maistre. » 
Et tantost les frères chapelains doivent comencier Te 
Deum laudamus. Et les frères se doivent tantost lever, 
et prendre le Maistre en grant devocion et a grant joie, 
et porter le entre lor bras a la chapele, et offrir le a 
Dieu devant l'autel, qu'il l'a porveu a la governance 
de la maison ; et il doit estre a genoillons devant l'au- 
tier tant que l'orison soit dite a Dieu por lui. Et les 
frères chapelains doivent dire : 

%%%. Kyrie eleison. — Christe eleison. — Kyrie 
eleison. 

Pater noster Et ne nos inducas in temptationem. 

r. Sed libéra nos a malo. 

Salvum fac servum tuum. r. Deus meus, sperantem 
in te 1 . 

Mitte ei, Domine, auxilium de sancto . r. Et de Syon 
tuere eos 2 . 

Esto ei, Domine, turris fortitudinis . r. A fade ini- 
mici*. 

Domine, exaudi orationem meam. r. Et clamor meus 
ad te veniat 4 . 

Dominus vobiscum. r. Etcumspiritu tuo. 

221. — 1. P. vostre. 

222. — 1. Ps. LXXXV, 2. 

2. Ps. XIX, 3. 

3. Ps. LX, 4. 

4. Ps. CI, 2. 



152 LÀ RÈGLE DU TEMPLE. 

Oratio 5 . 

Or émus. — Omnipotens sempiterne Deus, miserere 
famutô tuo et dirige eum secundum tuam clementiam in 
viam salutis eterne, ut, te douante, tibiplacita cupiat et 
tota virtute perficiat, per Dominum... 

2123. De toutes les choses qui ont estées dites et 
retraites entre les frères esliseors doit estre tenue 
silence, a celer corne chapistre ; quar grant escandre 
et grant haine en porroit sordre, qui souffreroit a 
retraire les paroles qui entre les frères ont estées dites 
et retraites. 

5. R. omet la rubrique. 



[PÉNALITÉ] 



Ces sont les choses per quoi frère de la maison 
dou Temple pert la maison. 

De symonie. 

224. La première chose par qui frère dou Temple 
pert la maison si est symonie; quar frère qui vient 
par symonie a la maison la doit perdre par ce ; quar 
il ne puet sauver s'arme. Et symonie se fait par don 
ou par proumesse a frère dou Temple ou a autre qui 
li puisse aidier a entrer en la relegion dou Temple. 

De descovrir chapistre. 

225. La segonde chose si est se frère descuevre son 
chapistre a nul frère dou Temple qui n'i ait esté, ou 
a atre homme. 

Qui tue ou fait tuer crestien ou crestienne. 

226. La tierce chose est qui tue ou fait tuer cres- 
tien ou crestiane. 

De larrecin. 

227. La quarte chose est larrecin, qui est entendu 
en pluisors manières. 



154 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Qui ist de chastel ou de maison close fors par porte. 

228. La quinte chose est qui ist de chastel ou de mai- 
son close par autre luec fors par la droite porte. 

De comune. 

229. La sixte chose est comune faire; quar comune 
est faite de deus frères ou de ci en amont. 

De cil qui fui as sarrazins. 

230. La septime chose est qui laisse la maison et 
s'en voise a sarrazins (il en perdra la maison). 

De hérésie. 

231. La huitisme chose est herisie, ou qui vait 
encontre la loy de nostre Seignor. 

De cil qui laisse son confanon por paor des sarrazins. 

232. La novisme chose est se frères laisse son con- 
fanon et fuit por paor des sarrazins (il en perde la 
maison). 



Ces sont les choses par quoi frère dou Temple pert son abit. 

Qui refuse le comandement de la maison. 

233. La première chose est, se frère refuse le coman- 
dement de la maison et se maintient en sa redie 4 , et 
ne veulle faire le comandement c'om li aura fait, l'en 

233. — 1. erredie, folie. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 155 

li doit lever l'abit, et le puet om mètre en fers ; et se 
il se repent avant que on li ait levé l'abit, et damaige 
n'en est avenu a la maison, l'abit est en la volenté des 
frères, ou dou prendre ou dou laissier. Car il est dit 
en nostre maison que quant om comande a i frère qu'i 
face la besoigne de la maison, il doit dire, « de par 
Dieu; » et se il disoit « je n'en ferai(s) riens, » tan- 
tost cil comandor doit assembler les frères et tenir 
chapistre, disant les viels homes de la maison que om 
li puet lever l'abit por le comandement que il a refusé ; 
quar la première promission que nos faisons si est 
obédience. 

De frère qui bat frère. 

2l34. La segonde chose est, se frère met sa main irée- 
ment ni corrossousement sur autre frère , l'abit ne li doit 
remaindre ; et se la bateure est laide, om l'en puet 
mètre en fers. Et si ne doit porter confanon haussant 
ni boule d'argent, ne estre en eslection de Maistre ; et 
ce a esté fait maintes fois. Et avant que om li esgarde 
la faute, il se doit faire assoudre, quar il est escome- 
niés ; et se il nen est assois, il ne doit mangier avec 
les frères, ne doit estre au mostier. Et se il fiert home 
de relegion ou clerc, il se doit faire assoudre avant 
qu'om li esgarde la faille. 

De frère qui bat ères tien ou erestienne. 

235. La tierce chose est, se frère fiert crestien ou 
erestienne d'armes esmolues, ou de pierre, ou de bas- 
ton, ou de chose dont il le puisse tuer ou mahaignier a 
i cop, l'abit est en la volonté des frères ou dou prendre 
ou dou laissier. 



156 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

De frère qui est ataint de feme. 

236. La quarte chose est se frère estoit ataint de 
feme, quar nos tenons a ataint se frère entret en mau- 
vais leu, ou en mauvaise maison, aveuques mauvaise 
feme soûl a sol, ou aveuques mauvaise compaignie; 
l'abit ne li puet demorer, et si le puet om mètre en 
fers. Et ne doit porter confanon haussant ne boule d'ar- 
gent, ne estre en eslecion de Maistre; et ce a esté fait 
de pluisors. 

De frère qui met mensonge sur autre frère, dont il dée 
perdre la maison. 

237. La quinte chose est, se frère met chose sur 
autre frère dont il puisse perdre la maison se il en 
fust ataint, se le frère qui repris l'aura ne le puet 
ataindre, l'abit ne li puet demorer, puis que il li fait 
crier merci en chapistre ; et se il se desment en cha- 
pistre, l'abit est en la volonté des frères ou dou prendre 
ou dou laissier; et se il ne 1' fa venir en chapistre, 
om ne 1' puet venir a l'abit por chose que il die, puis 
que il se desmente et ne se veaut maintenir en sa 
erredie. 

De frère qui se met blasme sur soy. 

238. La vi chose est, se frère se met mensonge des- 
sus por avoir congié de la maison, et fust atains, l'abit 
ne li puet demorer. 

De frère qui demande congié. 

239. La septisme chose est, se frères demande con- 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 157 

gié en chapistre de aler a sauver s'arme en autre reli- 
gion, et l'en ne li veulent doner, et il dit que il lais- 
sera la maison, l'abit est en la volonté des frères ou 
dou prendre ou dou laissier. 

De frère qui dit qu'il s'en yra as sarrazins. 

240. La vm chose est, se frère disoit que il s'en iroit 
a sarrazins, encores ne le deist-il par ire ne par cor- 
ros, l'abit sera en la volenté des frères ou dou prendre 
ou dou laissier. 

De frère qui baisse confanon en fait d'armes. 

241 . La ix chose est, se frère dou Temple qui porte 
confanon en fait d'armes, et il le baisse por achaison de 
ferir, et damaiges n'en avient, l'abit est en la volenté 
des frères ou dou prendre ou dou laissier. Et se il en 
fiert, et damaige en avient, l'abit ne li puet demorer ; 
et si li puet hom esgarder de mètre en fers ; ne que 
jamais ne porte confanon, ne soit comandeor en fait 
d'armes. , 

De frère qui porte confanon et poigne sans congié. 

242. La x chose est, se frère qui porte confanon 
poigne sans congié de celui qui doner li puet, se 

. adonques n'estoit en pas estroite ou en leuc ou il ne 
peust avoir le congié assi come il est dit en les retrais, 
l'abit est en la volenté des frères ou dou prendre ou 
dou laissier. Et se grant damaige en avenist, om le 
porra esgarder de mètre en fers; ne que jamais ne 
porte confanon, ne ne soit comandeor en fait d'armes. 



158 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

De frère qui poigne sans congié. 

243. La Xi chose est, se frère qui est en fait d'armes 
poigne sans congié, et damaige en avient, l'abit est en 
la volenté des frères ou dou prendre ou dou laissier. 
Mais se il vet i crestien en perill de mort, et sa cons- 
cience le reprent que il le puisse secorre, ensi corne 
il est dit es retrais, il le puet faire. Et en autre 
manière nul frère dou Temple ne doit poindre sans 
congié. 

De frère qui refuse a autre la viande dou Temple. 

244. La xn chose est, se frère refuse a autre frère, 
alant ou venant, le pain et l'aiguë de la maison, si que il 
ne le laist mangier aveuc les autres frères, son abit ne 
li doit demorer par ce : quar quant hom fait frère, l'en 
li promet le pain et l'aiguë de la maison, et nul ne li 
puet tolir por chose que il face, se n'est aussi come 
est establi en la maison. Ou qui desfendist la porte a 
frère, et que il ne laissast entrer dedens la porte. 

De frère qui done Vabit a home qu'il ne doit. 

245. La xra chose est, se frère done l'abit de la 
maison a home a qui doner ne le deust, ou a qui 
il nen l'a pooir de doner, ou sans chapistre, l'abit ne 
li doit demorer. Et celui qui a pooir dou doner ne li 
puet tolir sans chapistre, et se il le faisoit, l'abit ne li 
puet demorer. 

De frère qui prent chose d'autre, par quoi il ayde 
a estre frère. 

246. La xim chose est, se frère pernoit chose d'orne 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 159 

dou siècle par ce que il li deust aidier a estre frère dou 
Temple, l'abit ne li puet demorer par ce : quar il fait 
symonie. 

De frère qui brise boule de Maistre ou oV autre. 

247. La xv chose est, se frère brise boule de 
Maistre ou de celui qui tient son luec, sans congié 
de celui qui doner li puet, l'abit est en la volonté des 
frères ou dou prendre ou dou laissier. 

De frère qui brise serreure. 

248. La xvi chose est, se frère brise serreure sans 
congié de celui qui doner li puet, et autre damaige 
n'en avient, l'abit est en la volenté des frères ou dou 
prendre ou dou laissier. 

De frère qui done a home dou siècle les aumosnes de 
la maison. 

249. La xvii chose est, se frère dou Temple done 
les aumosnes de la maison a home dou siècle, ou a 
autre que a frère dou Temple, sans congié de celui 
qui doner li puet, son abit est en la volonté des frères 
ou dou prendre ou dou laissier. Et la chose porra estre 
si grant aver, ou se il alienet terre, cel abit ne li porra 
demorer; et, por le grant damaige de la maison, le 
porra hom esgarder de mètre en fers. 

De frère qui preste chose de la maison sans congié. 

250. La xvni chose est, se frère preste chose de la 
maison sans congié de celui qui doner li puet, en luec 



160 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ou la maison la perdist, l'abit ne li puet demorer; et 
le prest porra estre si grant, et en tel leu, que hom le 
metra en fers. 

De frère qui preste sa beste a autre frère sans congié. 

251 . La xix chose est, se frère prestast sa beste a 
autre frère en aucun luec ou il ne peust aler sans con- 
gié, et la beste se perdist, ou moreust, ou se mahai- 
gnast, l'abit est en la volenté des frères ou dou prendre 
ou dou laissier. Mais il le puet bien prester en desduit 
en la vile ou il set. 

De frère qui porte choses oV autrui avec celés 
de la maison. 

858. La xx chose est, qui porte choses d'autrui avec 
celés de la maison, dont les seignories des terres en 
perdent lor droitures, l'abit est en la volenté des 
frères ou dou prendre ou dou laissier. 

De frère qui disoit a son escient que les choses d'autrui 
estoient de la maison. 

253. La xxi chose est, se frère disoit a son essient 
que les terres ou l'aver d'autrui fust de la maison et 
il ne le fust, et fust prové ne ataint que il le feist ou 
par malice ou par convoitise, l'abit est en la volenté 
des frères ou dou prendre ou dou laissier. Mais se la 
conscience le dit, il le puet dire ou faire toute garentie 
sans aver damaige. 

De frère qui ocist, ou mahaigne, ou pert esclaf. 

254. La xxn chose est, se frère ocist, ou mahaigne, 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 161 

ou pert esclaf par sa defaute, l'abit est en la main des 
frères ou dou prendre ou dou laissier. 

De frère qui ocist, ou mahaigne, o pert beste. 

255. La xxm chose est, se frères ocist ne mahai- 
gnast beste, ou perdist par sa defaute, l'abit est en la 
main des frères ou dou prendre ou dou laissier. 

De frère gui chace, et damaige en avient. 

256. La xxiiii chose est, se frère chace, et damaige 
en avient, l'abit est en la volenté des frères ou dou 
prendre ou dou laissier. 

De frère qui assaie ses armeures. 

257. La xxv chose est, se frère assaie armeures et 
damaige en avient, l'abit est en la volenté des frères, 
ou dou prendre ou dou laissier. 

De frère qui donast beste, fors chien ou chat. 

258. La xxvi chose est, se frère de bergerie ou de 
mandre 1 donast beste, fors de chien ou de chat, sans 
congié de son comandor, l'abit est en là volenté des 
frères ou dou prendre ou dou laissier. 

De frère qui fait maison neuve sans congié. 

259. La xxvii chose est, se frère fait maison neuve 
de pierre ne de chaus sans congié dou Maistre ou dou 
Comandor de la terre, l'abit est en la volenté des frères 

258. — 1. Étable, bergerie. 

11 



162 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ou dou prendre ou dou laissier. Mais les autres mai- 
sons descheues puet il redrecier sans congié. 

De frère qui fait le damaige de la maison a escient. 

260. La xxviii chose est, se frère dou Temple fait le 
damaige de la maison a son essient, ou par sa defaute, 
de ira deniers en amont, l'abit est en la volenté des 
frères ou dou prendre ou dou laissier : car tout damaige 
nos est deffendu. Et le damaige porroit estre de si 
grant quantité que l'en le porroit mètre en fers. 

De frère qui passe la porte por entention de laissier 
la maison. 

261 . La xxix chose est, se frère passe la porte par 
entention de laissier la maison, et puis se repent, om 
li porroit aler a l'abit; e se il va a l'Ospital, ou en autre 
luec fors de la maison, l'abit est en la volenté des frères 
ou dou prendre ou dou laissier. Et se il y va une nuit, 
l'abit ne li doit demorer. 

De frère qui laist la maison et gist u nuis de fors. 

262. La xxx chose est, se frère laisse la maison et 
s'en vait, et gist n nuis dehors la maison, il en pert 
son abit, que devant i an et i jor il ne le doit recovrer. 
Et se il retient les choses qui sont desfendues plus de 
n nuis, il en pert la maison. 

De frère qui rent son abit par sa volenté, ou getast 
par corros. 

263. La xxxi chose est, se frère aucun rende son abit 
par sa volenté ou il le getast par corros a terre et ne 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 163 

le veulle reprendre par proiere ne par semondre que 
l'en li face, et autres frères l'en lievent avant de lui, il 
en pert son abit, et devant un an et un jor ne le doit 
recovrer. Et se il le reprent avant par sa volenté, il 
seroit en la volonté des frères ou dou prendre ou dou 
laissier. 

264. Et se il par aventure ne le vousist reprendre, 
et aucun frère preist l'abit et li meist au col dou frère 
qui l'abit auret rendu, le frère en perdroit le sien : 
quar nul frère ne doit rendre abit ne faire frère fors 
le chapistre. Et celui a qui l'abit est rendu en tel 
manière sera en merci des frères ou dou prendre ou 
dou laissier. 

265. Et en toutes les autres choses, — fors de n der- 
raines, de celui qui gist il nuis defors la maison, et de 
celui qui rent son habit par sa volonté, qui sont d'an 
et de jor ensi come nos avons dit dessus, — mais les 
autres failles de l'habit sont en la volenté des frères, 
selonc que la faille est faite et au portament dou frère, 
ou dou prendre ou dou laissier. 

266. Et quant om esgarde a un frère l'abit, om le 
tient a pris aussi comme est dit en la maison ; et se 
om prenï a frère son abit, puis est quite de toutes les 
penances que il avoit a faire. 

Et quant l'en prent a frère l'abit et l'en le met en 
fers, il doit herbergier et mangier a la maison de l'au- 
mosner et nen est tenu de venir au mostier ; mais il 
doit dire ses hores, et doit laborer aveuques les esclas. 
Et se il morroit faisant sa penance, l'en li doit faire 
servise de frère. 

Et nul frère qui nen ait pooir de faire frère nen a 
pooir d'oster abit sans congié de celui qui li puet doner. 



164 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Ce sont les' failles qui pueent estre esgardées 
a la maison dou Temple. 

267 . La première est de la maison perdre ; et si y 
a choses dont l'en le puet mètre en fers et en prison 
perpétuel. 

La i segonde chose est de l'abit ; et si a choses de 
quoi l'en le puet mètre en fers. 

La tierce chose est, quant hom laisse l'abit por Dieu 
a aucun frère, celui est a m jorz tant que Dieus et les 
frères le relaschent ; et doit estre mis adès en sa penance 
sans respit. 

La quarte chose est de n jors ou dou tiers la pre- 
mière semaine. 

La quinte chose est de n jors sans plus. 

La vi est a i jor sans plus. 

La vn est au vendredi et a la descipline. 

La vin est quant hom met frère en respit devant le 
Maistre ou devant aucuns prodeshomes de la maison, 
por estre assenés d'aucunes choses dont les frères ne 
soient certains. 

La rx est quant om met frère au frère chapelain . 

La x est quant om met frère en pais. 



Ces sont les retrais des frères chapelain^. 

268. Les frères chapelains doivent faire autele pro- 
mission come les autres frères, et aussi se doivent tenir 
come les autres frères ; fors d'en dret del pater nostre 
doivent dire les hores. Et doivent porter robe close, 

267. — i. Les mss. donnent ici une rubrique : De l'abit perdre. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 165 

et rere lor barbes , et puent porter gans. Et quant il 
sont en présent ou frère trespasse, \\ doivent chanter 
la messe et dire le servise, en luec de c. pater nostres. 
Et as frères chapelains doit hom porter honor, et 
lor doit hom doner de la meillor robe de la maison, 
et doivent seir a la table premier près dou Maistre, et 
premiers doivent estre servis. 

269. Les frères chapelains doivent oyr les confes- 
sions des frères ; ne nul frère ne se doit confesser a 
autre part fors que a lui, par que il puisse avoir le 
frère chapelain sans congié. Car il en ont greignor 
pooir de l'apostoile 1 d'eaus assoudre que un arce- 
vesque. 

270. Se frère chapelain faut, il doit crier merci en 
son chapistre corne un autre frère, sans agenoillier, et 
doit faire ce que li frère li esgarderont. Se frère cha- 
pelain laisse la maison et puis revient crier merci a la 
porte, il se doit despuillier a la porte dou chapistre, et 
venir au chapistre devant les frères, et crier merci, 
sans agenoillier. Et se il ne fait chose par quoi il doit 
perdre la maison, on le doit mètre en sa penance, et 
doit estre un an et un jor sans son abit ; et doit man- 
gier a table de maisnée sans toaille, et doit faire tous 
les jeunes que les autres frères font qui sont en 
penance, tant que les frères le relaschent ; et doit venir 
le dimenche a la descipline privéement au frère chape- 
lain, et aussi doit faire de toute descipline que il doit 
rendre ; et puet chanter privéement ensur semaine sans 
note. Et quant les autres frères qui sont en penance 
laborent aveuques les esclas, le frère chapelain doit 
dire son sautier en luec de laborer. 

269. — 1. Le pape. 



166 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

271 . Et se il y a frère chapelain qui soit de mau- 
vaise vie, ou qui met discorde entre les frères, ou 
qu'il mete escandre, on se puet de lui délivrer plus 
legierement et a mains de conseill que de un autre 
frère ; que ensinc nos comanda l'apostoile quant il nos 
dona les frères chapelains. Et se il fait penance avec 
son abit, il doit mangier a table de turcoples sans 
toailles. Et il puet bien faire tel chose que on le metra 
en fers ou en prison perpétuel. 

Ces sont les choses de quoi frère chapelain ne puet 
assoudre. 

272. Ces sont les choses de quoi frère chapelain ne 
puet assoudre frère dou Temple. Ce est assavoir, se 
il tue home ou feme crestianne. 

L'autre est, se frère met sa main sur autre frère en 
manière que il feist sanc trait de naffre 4 . 

L'autre, se frère dou Temple met sa main sur nul 
home d'autre religion, ni en clerc, ni en prestre, qui 
soit ordenés de sainte yglise. 

L'autre est, se frère qui ait ordres 2 et les mete en 
nie quant il vient a la maison, et après se confesse 3 ; 
et quant il vient a la maison per symonie. 

273. Le frère chapelain ne les puet pas assoudre, 
car l'apostoile les a retenus en l' yglise de Rome ; et por 
ce covient qu'il s'en fassent assoudre au patriarche ou 
a l'arcevesque ou a l'evesque de celui païs ou il sont. 



272. — 1. Sang tiré d'une blessure. 

2. Ordres de cléricature. 

3. P. omet ces mots depuis en nie. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 167 

[Formules de profession.] 

274. « Vis abrenunciare seculo? r. Voïo. — Vis 
profiteri obedientiam secundum canonicam institutio- 
nem et secundum preceptum domini pape? r. Volo. — 
Vis assumer e tibi conversationem fratrum* nostrorum? 
r. Volo. » 

Tune ille qui eum alloquitur dicat post : Deus auxi- 
lietur et benedicat nobis 2 ; totus psalmus dieatur. 

275. Post ea dicat professionem suam : « Ego No... 
regulam commilitonum Christi et milicie ejus Deo adju- 
vante servare volo, et promitto propter vite eterne pre- 
mium, ita ut ab hac die non mihi liceat collum excutere 
dejugo régule ; et ut heepeticio professionis mee firmiter 
teneatur , hanc conscriptam obedientiam in presentia 
fratrum in perpetuum trado, et manu mea sub altare 
pono, quod est consecratum in honore Dei omnipotentis 
et béate Marie et omnium sanctorum. Et dehinc pro- 
mitto obedientiam Deo et huic domui, et sine proprio 
vivere, etcastitatem tenere secundum preceptum domini 
pape, et conversationem fratrum * domus milicie Christi 
firmiter tenere. » 

276. Tune dimittat eum super altare, et prostratus 
dicat : « Suscipe me Domine secundum eloquium tuum 

274. — 1. Ms. de P. morum. C'est sans doute un souvenir des 
formules de profession en usage chez les Cisterciens et dans les- 
quelles se trouvent les mots « conversionem morum vestrorum. » 
Ces formules, comme la plupart des prières indiquées dans cette 
Règle, sont en effet empruntées à l'ordre de Saint-Benoît (cf. 
Martène, De antiq. mon. ritibus, c. v, p. 683). 

2. Ps. LXVI : « Deus misereatur nostri et benedicat nobis. » 

275. — 1. P. morum. 



168 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et vivant. » Tune alii : R. « Et non confundas me ab 
expectatione mea l . » Postea dicat : « Dominus illumi- 
natio mea. r. Dominus protector vite mee 2 . » Postea : 
Kyrie eleison. — Christe eleison. — Kyrie eleison. — 
Pater noster. — Tune sacerdos dicat : Et ne nos 3 ... 
Psalmus : Levavi occulos*. — Ostende nobis Domine*. 

— Salvum fac servum tuum 6 . — Intret postulatio mea in 
conspectu tuo Domine" 1 . — Erravi sicut ovis queperiit 8 . 

— Ecce quam bonum 9 . — Sit nomen Domini benedic- 
tum i0 . — Domine exaudi orationem 11 . 

Oratio. 

2177. Or émus. — Suscipe quesumus Domine hune 
famulum tuum ad te de procella hujus seculi laqueis- 
que dyaboli fugientem, ut ad te susceptus et instanti 
seculo salvatum, et in futuro seculo se gaudeat a te 
féliciter muneratum : per Christum... 

« _ 

Oratio. 

278. Deus qui per te et per sanctos patres nostros 
regulare magisterium precipue sanexisti, quesumus cle- 

276. — 1. Ps. GXVIII, 116. 

2. Ps. XXVI, 1. v. Dominus illuminatio mea et salus mea 
quem timebo? r. Dominus protector vitœ mea? a quo trepidabo? 

3. inducas in tentationem... 

4. Ps. GXX, 1. 

5. Ps. LXXXIV, 8. 

6. Ps. LXXXV, 2. 

7. Ps. CX Vin, 170. 

8. Ibid., 176. 

9. Ps. CXXXH, 1. 

10. Ps. GXII, 2. 

11. Ps. XXX VIE, 13. 



« 

4 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 169 

mentiam tuam ut, omnium sanctorum tuorum interces- 
sione placatus, clementiam super hune famulum tuum 
seculo abrenunciatum.respicias, et cor ejus a seculi 
vanitate couvert as, et ad superne vocaiionis amorem 
accendas, et gratiam quam in te perservas infundas, ut 
proteccionis tue munitus presidio quod te douante pro- 
mittit hoc impleat, et sue professionis exsecutor effec- 
tus ad ea que perseverantibus in te promittere dignatus 
es pertingere mereatur. Ver Dominum nostrum Jhesum 
Christum filium tuum, qui tecum vivit et régnât... 



A 



[VIE CONVENTUELLE] 

[Règlement journalier des frères.] 

279. Chascun frère dou Temple doit savoir que il 
n'est de riens tant tenus come de Dieu servir, et a ce 
doit mètre chascun tout son estuide et s'entente, et 
speciaument en oyr le sien saint servise ; quar a ce ne 
doit nul faillir ne guenchir 4 , tant com il en soit aisiés. 
Car ensi come dist nostre règle, se nos amons Dieu, 
nos devons volentiers oyr les soes saintes paroles et 
entendre 2 . 

280. Et nus frère ne doit estre sans son abit quant 
les hores se chantent. Et se frère boit ou manjue, il ne 
doit estre sans son abit; et doit tenir son abit en tel 
manière que il ait les las de son manteau en son col. 
Et se il a sa chape quant il oït ces hores, il la doit 
avoir vestue o son jupel d'armer, se il nen avoit man- 
tel ; et en tele manière porroit bien mangier le frère, 
se il nen avoit mantel. 

281 . Quant la campane de matines sone, chascun 
frère se doit lever tantost et chaucer soi, et affubler 1 
son manteau, et aler au mostier et oyr le servise; 
quar nus ne doit demorer, se il nen est travailliés, le 

279. — 1. Esquiver, proprement gauchir. 

2. Cf. § 24. (De la leçon.) 

281. — 1. Proprement agrafer, puis en général revêtir. 



LA REGLE DU TEMPLE. 171 

jor, ou se il nen fust mesaisiés, et par ces choses puet 
demorer en son lit. Mais il en doit faire prendre congié 
dou Maistre ou de celui qui est en son luec. Et chascun 
frère puet venir a matines en braies et en chamise, et 
sans autre ceinture fors la petite, et en coiffe ; mais 
chaucés doit estre de chausses et de soliers, et doit 
avoir son abit aussi come dessus est dit. Et toutes les 
autres hores les frères doivent oyr vestus et chau- 
ciés de toutes riens, selonc que le tens et la saison le 
requiert. 

282. Quant les frères sont au mostier et les matines 
se chantent, chascun doit tenir silence et oyr le ser- 
vise bêlement et en pais ; et doit dire xm fois la pater 
noster por matines de nostre Dame, et por celés dou 
jor xm fois si li plaist. Mais se il veaut, il se puet bien 
soffrir dou dire, puis que il les ot l , mais plus bêle 
chose est que il les die que se il s'en soffre. 

283. Quant li frère partent de matines, chascun doit 
aler regarder ses bestes et son arnois, se il est en luec 
ou il puisse aler et doie, et se il y a aucunes riens a 
amender, il li doit amender ou faire amender. Et se 
il a mestier por parler o son escuier, il li doit parler 
bêlement, et après s'en puet aler couchier arrière. 
Mais il doit dire une pater nostre quant il sera cou- 
chiés, por ce que se il a de riens failli, ou de brisier la 
silence ou d'aucune autre chose, que nostres Sires li 
perdone. 

284. Quant la campane de prime sone, chascun 
frère se doit tantost lever et vestir et chaucier de toute 
riens, ensi come dessus est dit, et doit aler au mostier 

282. — 1. Se passer de le dire, puisqu'il les entend. 



172 LA REGLE DU TEMPLE. 

et oyr le servise entérinement. Et tout premièrement 
il doit oyr ou dire prime; et après doit oyr la messe 
se il puet ; et après la messe doit oyr ou dire tierce et 
midi : car ensi est acostumé a la maison. Et se chas- 
cun frère oïe ou die tierse et midi devant la messe, 
bien le puet faire. Et quant la première messe est 
chantée, se l'en i chante plus de messes au mostier, 
bien les puet oyr chascun frère : ançois les doit oyr 
que laissier se il nen a autre chose a faire ; et toutes 
fois se le frère veaut aler quant la messe première est 
dite et il ait oy tierce et midi, bien le puet faire. Mais 
devant que il aille autre part, doit chascun frère aler 
regarder son hernois, ensi corne dessus est dit. 

285. Quant li frère sont issus dou mostier, se il ne 
chevauchent ou l'en ne lor fait autre comandement, 
chascun doit aler en sa place et apareillier ses armures et 
son hernois, se riens y a a apareillier, ou le doit faire 
apareillier, ou doit laborer pels ou chevilles 1 , ou autre 
chose que affiert a lor office. Et se doit esforcier chas- 
cun frère que li Henemis ne les treuve huisous, quar 
le Henemis assaut plus hardiement et plus volentiers 
de mauvais desirers et de vaines pensées, et de dire 
laides paroles, home huisous, qu'il ne fait celui que il 
treuve entrepris d'aucun bon labor. 

286. Quant la campane de mangier sone, chascun 
frère doit mangier au premier couvent 1 , que nus ne 
puet demorer sans congié, se non por ces choses qui 

285. — 1 . Les pieux et piquets pour les tentes. 

286. — 1. C'est-à-dire la première table, celle des chevaliers ; 
une seconde était servie ensuite pour les sergents, etc.; une troi- 
sième même, si le grand nombre des frères du couvent l'exigeait. 
Cet usage était constant dans tous les ordres, 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 173 

seront ci après nomées. Mais chascun frère doit prendre 
garde estudieusement que, devant qu'il manjue nule 
chose, que il ait dit ou oï matines, prime, tierce et 
midi, et surtout ces lx pater nostres, lesqueles sont 
establies a dire a chascun frère dou Temple, chascun 
jor, por les frère et por les autres bienfaitors mors et 
vis, c'est assavor les xxx por les mors, que Dieu 
délivre des poines de purgatoire et les mete en para- 
dis, et les autres xxx por les vis, que Dieu les gart 
de pechié et lor para* oint les fautes que il ont faites, 
et les condue a bone fin. Et ces lx pater nostres nul 
frère ne doit laissier que il ne les die chascun jor tout 
entérinement, se il nen eust tele maladie que il ne les 
peust dire sans damaige de son cors. 

287. Quant li frère sont venus a la table por man- 
gier, se il ont prêtre, il le doivent faire venir et attendre 
le tant que il soit venus, se il est en luec ou il puisse 
tost venir; et après doivent garder que il ait a la table 
pain et vin et aiguë, se il ne doivent autre chose man- 
gier et se il y ait ce que i doit estre. Le prestre, se il 
y est, doit faire la beneisson, et chascun frère doit dire 
une pater nostre en pies, et puis se doit aseir et puet 
trenchier son pain ; et devant que il ait en tel manière 
fait de la beneisson, il ne doit trenchier son pain ne 
mangier ne boire. Et en celé meisme manière, se il nen 
avoient prestre, doit chascun frère faire dou pater 
nostre et des autres choses ; et après puet mangier de 
par Dieu. 

288. En tous les leus ou il y ait covent, tant corne 
le couvent manjue, doit lire aucun clerc la sainte les- 
son ; et ce fu establi por ce que li frère tenissent meaus 
silence, et entendissent a les saintes paroles de nostre 



174 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

Seignor ; et ensi le comande la règle. Quar sachiés, 
en tous les leus ou le couvent manjue, doit estre tenue 
silence, et par frères et par tous autres gens. Et assi 
meisme quant li frère manjuent a table d'enfermerie, 
doit chascun mangier bêlement et en pais, et tenir 
silence. 

289. Quant li frère manjuent au couvent, nus ne 
doit mangier ne boivre fors tele viande corne le covent 
mangera et bevra comunaument, ne Maistre ni autre, 
se ce ne fust changes, c'est a savoir que l'en donast 
a aucun frère aucune viande de change, por ce que il 
ne mangeoit de celé dont le covent avoit esté servis 
devant comunaument. Quant l'on sert le couvent, toz 
jorz doit l'en aporter, après le mes, le change, por ce 
que, se il en y a aucun qui ne manjue del mes, qu'il 
puisse mangier dou change se il veaut. Et li changes 
tous jors au couvent doit estre pires que le mes que 
l'on done devant ; et chascun frère qui ne manjue dou 
mes comunal puet prendre le change se il veaut. 

290. Chacun frère qui manjue au couvent puet 
demander de la viande de la masnée se il l'aime plus 
que la viande dou couvent, et l'en li doit doner. Mais 
se il manjue de la viande de la masnée, il ne doit point 
mangier de la viande dou couvent; ou se il manjue 
de celé dou couvent, il ne puet mangier de celé de la 
masnée. Et se, chascun frère qui manjue au couvent 
puet demander de ce que les autres frères manjuent, 
mais il se doit garder que il ne manjue de change. 

291 . Quant li frère manjuent au covent, nus ne doit 
doner de la viande de devant soi, ne pain ni autre 
chose, a nul home, ne a nul oisel, ne a nule autre beste. 
Ne doit semondre nul home de bevre a son henap, si 



LÀ RÈGLE DU TEMPLE. 175 

ne fust tel home qui fust digne de mangier au cou- 
vent. Mais se aucun autre home venist parler a un 
frère qui manjast au couvent, bien le porroit semondre 
le frère de bevre ; mais il doit faire aporter de vin de 
la boteilarie ou d'autre part que de la table de couvent. 
292l. Et de mangier l'en puet semondre tout pro- 
dome qui venist au palais quant li frère manjuent; 
et le puet faire seir a unes des tables dou palais, a 
tele come a cel home afiert. Mais toutes fois le frère 
doit parler ou faire parler au Gomandor de la maison, 
ou a celui dou palais ; et il ne li doivent refuser. — 
Et quant il manjuent aussi a la table d'enfermerie, nus 
ne doit doner de la viande devant soi a nul home, ni 
a oisel, ni a beste ; ne doit semondre home de bevre 
ni de mangier, se non come dessus est dit des frères 
qui manjuent au couvent. Mes toutes fois il est plus 
lait que le face au couvent que qui le fait en l'enfer- 
merie; et tout est desfendu. 

293. Nul frère qui demore au covent ne doit por- 
ter chaussons 1 , ne deus paires de chauces; ne doit 
gésir en materas sans congié, ne doit tenir esclavine 
ni carpite, ne autre chose qui fust a aisément de son 
cors, sur la pailace sans congié, fors le linceau 2 sole- 
ment. 

294. Quan li frère sont assis por mangier au cou- 
vent, puis que il ont brisé lor pain, nus qui l'ait brisé 
ou qui ait mangié ne beu aucune rien, ou soit au man- 
gier ou au soper, ne se doit lever ne poi ni assés tant 
que il ait dou tout mangié. Et se il sont au premier 

293. — 1. Se portaient sur les chausses. (Cf. Liv. des métiers, 
LV, 4.) 
2. Le drap de lit. 



176 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

covent , nus ne se doit lever tant que il se lievent 
ensemble, se ce ne fust que le nés seignast a aucun 
frère; quar cil se porroit lever sans congié, et puis 
torner au mangier quant le sanc li seroit estanché. 
Et por cri d'armes, se il sont certains que li cris soit 
levés par frère ou par aucun prodome, et por meslée 
de chavaus, et por fuec, se il se preist en lor maison, 
se porroient lever aussi sans congié, et puis torner 
au mangier. 

295. Quant li frère ont mangié au premier covent, 
il se doivent lever tuit ensemble comunaument, quant 
le clerc qui lit dit Tu autem Domine, etc.; et nus ne 
se doit demorer a la table, et doivent tuit ensemble 
aler au mostier se il est près, et doivent rendre grâces 
a nostre Seignor de ce que il lor a doné ; et doit dire 
chascun une pater nostre, et le prestre et clerc, se il 
en y ait, doivent aler devant les frères au mostier, et 
doivent rendre grâces a Dieu et faire dire ces oroisons 
come est acostumé a la maison. Et se le mostier n'es- 
toit près, en la place meisme doivent dire lor oroisons 
et faire les grâces, ensi come dessus est dit se il 
fussent au mostier. Et puis que le frère est levés de 
la table, il ne doit dire bone parole ne maie, tant que 
il ait rendues grâces a Dieu, ausi come dessus est dit. 

296. Quant li frère vont mangier a la table au der- 
rain couvent, il doivent faire de la beneisson ensi come 
il est dist de ceaus qui mangierent au premier couvent ; 
et doivent estre servis d'autel viande et de tant come 
le premier ont esté servis, et en tel manière; et nule 
autre viande ne doit l'on doner as derrains, fors de 
tele come li primiers auront eue, se il i ait de tele. 
Mais se celé viande failloit au derrain covent, il coven- 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 177 

droit que l'on servist les frères d'autre viande. Mais 
eele viande ne doit estre mie miaudre i que celé dont 
l'on aura servi l'autre couvent ; et saichés que li frère 
le doivent prendre en pacience et tenir s'en en pais. 
Mais bien saichés que celui qui sert les frères, et cil 
qui départ la viande, doivent en tel manière la chose 
départir que li derrain en ayent aussi corne li premier. 

297. Quant li frère manjuent au derrain covent, 
l'en ne lit pas la sainte lesson ; mais toutes voies li 
frère doivent faire de silence et d'autre chose assi corne 
dessus est dit de ceaus qui manjuent au premier 
covent, fors que tant que chascun frère qui manjue au 
derrain couvent s'en puet lever de la table quant il a 
mangié; mais il doit faire de grâces et des autres 
choses ensi come il est dit dessus de ceaus qui man- 
juent au premier covent. 

298. Et en ceste meisme manière le puet faire chas- 
cun frère qui manjue en l'enfermerie, soit au premier 
covent ou au derrain, et dou lever, et des grâces. 
Mais bien sachiés que li frère qui manjuent a table 
d'enfermerie au derrain couvent, ne doivent estre ser- 
vis de nule autre viande fors de tele come li premier 
auront esté servis, se ce n'estoit que la viande fust 
faillie, quar adonques lor covendroit a doner de aucune 
autre. Et se l'on le feist, il seroit tenu a glotonie, et 
devroit on chargier grant penance a celi qui l'auroit 
fait ; et ce est a entendre de ceaus frères qui puent 
souffrir la comunau viande de l'enfermerie; quar a 
plus mesaisiés covient que l'en face avantages, et as 
viels, et as foibles; et ensi le comande la règle. 

296. — 1. Meilleur. — R. maindre. Mais P. a corrigé. 



178 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

299. Quant le comandeor dou palais voit qu'il y ait 
grant planté de la viande de l'enfermerie, et poi de 
celé de covent, il puet bien dire as frères qui doivent 
mangier a table de covent au derrain couvent, que il 
aillent mangier o lui a la table d'enfermerie ; il li en 
doivent obéir, et le comandeor dou palais puet faire 
servir ceaus frères, de la viande de l'enfermerie, ensi 
come le premier covent aura esté servi. 

Quant li frère ont rendues grâces a Dieu assi come 
dessus est dit, il s'en pueent aler en lor places et 
doivent faire au meaus que nostre Sire lor enseignera. 

300. Quant il est près de none o de vespres ou de 
quelque hore que ce soit, chescun frère se doit tenir 
en tel place qu'il puisse oyr la campane, ou que l'on 
le trovast se aucuns l'alast querre por oïr ces hores. 
Après, quant la campane de none sonera, chascun doit 
aler au mostier oïr none. Et après, quant la campane 
de vespres sonera, chascun frère doit aler oyr vespres, 
que nus ne doit demorer sans congié, fors le frère 
dou four, se il avoit les mains en la paste, et le frère 
de la grosse forge se il avoit le fer boillant au feu, 
lequel puet demorer tant que il aye batue celé chaude * ; 
et le frère de la ferrerie se il parast le pié de cheval 
ou d'autre beste de selle, ou se il l'eust paré, il puet 
demorer tant que il ait ferré. Mais tantost come il 
auront faite celé besoigne, il doivent aler au mostier 
ou la ou l'en chante les hores, et les doivent oïr, ou 
dire, se il ne les puent oïr. 

301 . Et devés savoir que nus frères, se il nen est 
mesaisiés, ne doit bevre vin entre mangerie et vespres ; 

300. — 1. Cf. § 146, note. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 179 

et cil n'en doivent point boivre qui manjuent au covent, 
fors que une fois maintenent que none est chantée. 

302. Quant li frère ont oy vespres ou dites, tuit cil 
qui manjuent n fois le jor doivent aler souper au pre- 
mier covent, que nus ne puet demorer sans congié, se 
non ensi com dessus est dit de ceaus ni, les quels pueent 
demorer de mangier et de souper, et de none et de 
vespres, por celés choses qui sont dessus nomées; et 
doivent faire au souper, de la beneisson et de la les- 
son et de grâces et des autres choses, ensi corne des- 
sus est dit que il doivent faire au mangier. 

303. Quant li frère jeûnent, il doivent oïr none ou 
dire, devant qu'il manjuent, et puis puent mangier se 
ce ne fust en la grant karesme ; quar en celé karesme, 
puis que li premier dimenche est passé, doit chascun 
frère oyr et dire vespres devant que il manjue, au jor 
que il jeune. 

304. Quant la campane de complies sone, tuit li 
frère se deivent assembler au mostier ou la ou il ont 
acostumé a assembler, et pueent bevre tuit comunau- 
ment, cil qui bevre vorront, aiguë ou vin tempré, si 
au Maistre plaist, ou selonc ce qui sera acostumé en 
celé maison ; mais il le doivent faire en tele manière 
que il n'i ait superfluité ; et en tele manière le 
comande la règle. Et après, se l'on i fait comande- 
ment, il i doivent obéir bêlement et en pais. Après, 
doit chascun frère oïr complie, ou dire, se il ne sont 
en leu ou il les puissent oïr. 

305. Et quant la complie est chantée, chascun frère 
doit aler regarder ses bestes et son hernois se il sont 
en leu, corne dessus est dit; et se il veaut riens dire 
a son escuier, il le doit dire belment et soef , et puis s'en 



180 LA REGLE DU TEMPLE. 

puet aler couchier. Et quant il sera couchiés, il doit 
dire une paternostre, por ce que, se il ait de riens failli 
puis que la complie fii dite, Dieus li pardoint. Et chas- 
cun frère doit tenir silence depuis que complie est 
comancée jusques après la prime, se ce ne fust par 
aucune nécessité. 

306. Et doit chascun frère savoir que, se ne sont en 
luec ou il puissent pïr les hores, chascun doit dire por 
chascune de ces hores ci après nomées la pater nostre 
tantes fois come il est nomé ci après, c'est assavoir 
por prime, tierce, midi, none et complie. Por chascune 
hore xrni pater nostres : vu fois por les hores de nostre 
Dame, et vu fois por les hores dou jor. Et les hores de 
nostre Dame doit l'on toz jors dire et oïr en estant; 
et celés dou jor, l'en puet toz jors dire et oïr en séant. 

Et por vespres doit chascun dire xvm fois la pater 
nostre : ix fois por celés de nostre Dame, et ix fois por 
celés dou jor. Et les hores de nostre Dame doit on 
dire tous jors premièrement a la maison, fors que les 
complies de nostre Dame, que l'on doit dire tous jors 
derrainement en la maison, por ce que nostre Dame 
fu comencement de nostre religion, et en li et a honor 
de li sera, se Dieu plaist, la fin de nos vies et la fin de 
nostre religion, quant Dieu plaira que ce soit. 

307. Et chascun frère qui oye les hores se puet 
bien soufrir dou dire se il veaut ; mais plus bêle chose 
est que il les die, que si s'en souffre, et plus saine 
est. Et sachiés, quant li frère sont au mostier, tuit se 
doivent ensemble agenoillier ou estre en pies ou en 
séant tant come le servise se chante ; se ce ne fust aucun 
qui ne le peust faire por son mesaise en tel manière, 
et cil doit estre en une part après tous les autres frères. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 181 

308. Chacun fratre est tenus de oïr ces hores entéri- 
nement, et nus frère ne doit issir dou mostier tant que 
ces hores soient finées, se ce ne fust por besoigne que 
il ne peust eschiver, ou por ce que il aloit querre 
celui qui ait place de coste lui au mostier, lequel il 
doit aler querre se il n'estoit venu quant l'on comence 
le servise, et se, le doit querre au mains en la place de 
son lit et des bestes. - 

309. Ghascun frère se doit prendre garde que il 
soit au finement des hores, por ce noméement qu'il 
est acostumé en la maison que au finement des hores 
fait hom les apeaus et les coman démens, fors que a la 
complie ; quar adonques lOr doit hom faire a collation, 
devant que la complie se comence. Et por ce les fait 
on devant, quar se l'on les faisoit après, l'en briseroit 
la silence ; et toutes fois bien le porroit l'on faire se 
besoing i estoit, mais meaus est sans pechié se l'on le 
fait avant que après. — Et nul frère ne doit partir de 
la place ou il font lor collation tant que la petite cam- 
pane sone, se ne le faisoit par comandement; et ja 
soit ce que nus frères ne vosist boivre, si i doit il 
venir avec les autres por savoir se l'en i fera coman- 
dement. 

310. Ghascun frère est tenu de oyr volentiers les 
comandemens. Ghascun frères qui n'ait esté au fine- 
ment des hores, doit demander as autres qui y auront 
esté se l'on i a fait nul comandement, et il li doivent 
dire, se ce ne fust chose qui lor fust desfendue. Mais 
se comandement a esté fait, come de mander frères en 
servise, ou por assés d'autres choses, il doit venir 
tantost a celui qui aura fait le comandement, et 
li doit dire : « Beau sire, je ne fui pas au coman- 



182 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

dément; » et après doit faire ce que celui li cou- 
mandera. 

31 1 . Quant la campane sonera por assembler les 
frères, nul frère ne doit demorer sans congié. Nul 
frère ne doit prendre congié por autre frère, ne des 
hores, ne de apel, ne de chapistre, ne de nule riens, 
se le frère por qui il prent le congié ne li ait dit ou 
mandé. 

Quant un frère dit a un frère que il li preigne congié 
d'aucune chose a qui aferra congié, cel frère li doit 
prendre le congié; et se il ne li prent, il en est char- 
giés et li autres en est délivrés. 

312. Quant un frère veaut prendre congié des 
hores por un autre frère, il doit dire en tel manière : 
« Sire, donés congié a itel frère; » et le doit nomer, 
et il doit dire la chose por quoi le frère veaut 
demorer des hores, ou soit por mesaises ou por autre 
chose; et ce fu establi en tel manière por ce que le 
comandeor conoisse le frère. Et se il voit que celui 
frère est acostumés de perdre ces hores trop souvent, 
le comandeor le doit amonester, et prier li qu'il se 
gart ensi corne la règle le comande ; et se le frère ne 
s'en veaut chastier, le comandour le doit faire passer 
par la justice de la maison et li puet refuser le congié. 

Nul frère ne doit dire a home dou siècle que il li 
preigne congié, ni a autre, fors a frère dou Temple ; 
mais il puet bien mander, par un home dou siècle ou 
par aucun autre, a un frère, que il li preigne le congié. 

31 3. Quant le Maistre fait comandement a un frère, 
le frère doit dire « de par Dieu, » et doit faire le 
comandement se il puet et sait. Et se il ne puet ne ne 
sait faire, il doit prier a aucun qu'i prie le Maistre que 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 183 

il le relaische dou comandement, por ce que il ne le 
puet faire, ou ne set, ou que li comandemens fust 
desrainables ; et li Maistres est tenus de relaissier le 
frère, se il voit que la chose soit en tel manière. Et en 
tel manière le doit faire chascun comandeor a tout 
frère qui fust a son comandement ; et aussi chascun 
frère doit dire « de par Dieu, » a tout comandement 
que son comandour li feist, et après faire ensi corne 
dessus est dit. Chascun frère se doit garder de faire 
ce que est desfendu a la maison. 

314. Quant frère vient a prime, il doit estre vestus 
et chauciés de toute rien; quar il ne doit venir en 
chemise, ni en guarnache s'il nen avoit cote ou jupel, 
ni en coife. Nus frères ne se doit pigner après complie ; 
nul frère ne doit porter mantel sur sa teste, se non 
quant il est en enfermerie et quant il vait a matines, 
quar adonques le puet porter; mais il ne le doit pas 
tenir quant le servise se chante. 

315. Chascun frère se doit prendre garde estudio- 
sement de son hernois et de ses bestes. Nul frère ne 
doit corre son chevau dont il ne tient apaiés , ni galo- 
per sans congié, et noméement celui dont il ne fait 
servise; le pas ou Tembleure se puet aler desduire. 
Nul frère ne puet corre chevau ravine entérine 1 sans 
congié. Se il ne porte arbalestre et veaut tendre a che- 
val la ravine, il puet corre son cheval une ravine ou n 
ou m sans congié se il veaut. Nul frères par hastive ne 
puet corre son chevau avec autre persone demie ravine 
sans congié. Nus frères ne doit corre cheval ravine 



315. — 1. Ravine doit, s'entendre ici sans doute par une 
course, une traite de cheval. (Cf. § 128, n.) 



184 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

entérine, ne porter armes, sans congié, en chausses ; 
et demie ravine le puet faire. Quant frère vont apen- 
séement por corre ravine, il doivent chaucer lor 
heuses. Quant frères bohordent, il ne doivent jeter 
lances, quar il est desfendu por damaige qui porroit 
avenir. Nus frère ne doit mareschaucer 2 sa beste, ne 
faire chose par quoi la covenist sejorner sans congié. 

316. Nul ne doit prendre nule chose d'autrui place 
sans congié dou frère de qui place est. Se aucun frère 
treuve la beste d'aucun autre frère en sa place, il ne 
la doit oster ni remuer, mais il doit dire au frère de 
qui la beste est que il li livre sa place, et le frère li 
doit délivrer; li Mareschaus ou celui qui est en son 
leu li doit faire livrer. 

Ghascun frère qui chevauche entre son desduit doit 
laissier sa place et son hernois en comande a aucun 
frère. 

317. Nus ne doit gajeure mètre, ni a cheval ni a 
autre chose, se ce ne fust materas 1 sans fer, ou autre 
chose qui ne costast argent ne a lui ne a autre, corne 
lanterne descoverte, ou masse de fust 2 , ou pels de 
berrie ou de grebeleure 3 . Et ces choses meismes, qui 
ne coustent argent ensi come dessus est dit, puet 
doner un frère a autre sans congié. Et chascun frère 
dou Temple puet juer o autre frère, o sa balestre 4 , 
x copons de chandele sans congié, mais nient plus; et 
tant puet perdre le jor; et puet mètre en guage la 

2. Ferrer ou panser. 

317. — i. Trait d'arbalète. 

2. Masse en bois. 

3. Pieux pour les campements ou les tentes. 

4. Arbalète. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 185 

fausse corde de s'arbalestre por les copons ; mais il ne 
doit mie laissier la corde la nuit sans congié. Et autre 
guage frère ne puet ni ne doit mètre, a traire de arba- 
lestre. Nul frère ne doit seignier 5 son baudrier sur sa 
guarnache ne sa ceinture ensur jor. 

Chascun frère puet juer a chevilles tout marrain 6 
sans fer, ou au forbot 7 se le marrain est sien. Et sachiés 
que a nul autre jeu frère dou Temple ne doit joer, 
fors qu'a marelles 8 as queles chascun puet juer se il 
veaut por desduit sans mètre gajeures. As eschas ni a 
tables 9 nul frère dou Temple ne doit juer, ne as escha- 
çons. 

318. Et se frère treuve autrui bernois, il ne le doit 
retenir ; mais se il ne set de qui la chose est, il la doit 
porter ou faire porter a la chapele ; ou se il sa voit de 
qui la chose est, il la doit rendre. Se l'on aporte her- 
nois a la chapele, qui ait esté trovés, et l'arnois soit de 
la maison, et autrement l'on ne set de quel frère il est, 
se le harnois afiert a la mareschaucie , l'en le doit 
rendre a la mareschaucie, ou la parmenterie se il est 
de la parmenterie, ou a acuns des autres mestiers en 
celé manière. 

319. Nul frère ne doit faire avantage de la provende 



5. Geindre. 

6. Merrain signifie tout objet en bois de charpente; mais il est 
impossible de deviner à quelle espèce il est spécialement appliqué 
ici. 

7. Forboter signifie chasser, mais nous ne connaissons aucun 
exemple de ces deux jeux de chevilles et de forbot. 

8. Méreaux, jetons, dont on se servait en jouant sur le marel- 
lier, sorte de jacquet, table carrée avec des lignes marquées en 
diagonales, etc. 

9. Échecs et trictrac. 






186 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

a nului de ses bestes, en manière que les autres bestes 
eussent mesaise. Nul frère ne doit porchacier orge sans 
congié por ses bestes, fors la provende de quoi l'en 
livre comunaument au grenier. Nul frère ne doit rete- 
nir une provende d'orge en sa place quant il prent 
l'autre prevende, et se il la retient il le doit conter. 
Quant li frère donent demie prevende apenséement a 
lor bestes, la demie prevende doit estre de x 1 ; et 
sachiés que as bestes de quarravane doit l'on doner 
demie prevende tous jors, mais ele doit estre de x; et 
as bestes aussi que les frères de mestier tienent doit 
l'en doner demie prevende de x. Et ensi doit estre toz 
jorz, se le covent ne s'estoit autrement acordés nomée- 
ment que la demie prevende fust de plus ou de mains. 

320. Nul frère de covent ne doit entrer en vile, ne 
en casai, ni en chastel, ni en jardin, ne en mandre 1 , 
ne en maison, dedens une lègue près de l'estage, sans 
congié ; se ce ne fust qu'il alast aveuques aucun frère 
bailli, lequel eust pooir de mener le en celui luec. 

Et saichés que chascun frère se doit garder, soit de 
covent ou de mestier, qu'il n'entre en vile ni en jar- 
din, ni en mandre s'ele n'estoit a son comandement. 
Nul frère, ni de covent, ne de mestier, ne doit man- 
gier ne boivre vin sans congié en luec qui soit a une 
lègue de terre ou a mains de maison ou il ait estage 
de frères, se ne fust par grant nécessité ; mais aiguë 
puet bien bevre s'il en a besoing. Et vin porroit bien 
bevre se il estoit avec un evesque ou avec un arce- 
vesque, ou avec aucune autre persone de yglise qui 



319. — 1. Dix mesures? 

320. — 1. Ferme. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 187 

fust graindre en dignité que evesque. Et a l'Ospital de 
saint Johan puet bien boivre se il veaut, et se mestier 
li est ; mais il le doit faire en tel manière come il feroit 
se il estoit a maison. 

321 . Quant aucun frère vait a aucun des mestiers 
por sa besoigne, il ne doit entrer en la garde robe 
sans congié dou frère qui est sur celé office ou de 
major. Quant li frère de covent demandent as frères 
de mestiers les choses qui lor ont besoing, il le doivent 
demander bêlement et en pais ; et les frères des mes- 
tiers lor doivent doner bêlement et sans noise et sans 
damaige, se il en sont aisié; et se il n'en sont aisié, il 
lor doivent escondire 1 bêlement et en pais. Et se il le 
faisoient en autre manière, justise en devroit estre 
prise, quar discorde enporroit sordre entre les frères ; 
et sachiés, chascun frère se doit garder que ne meuve 
son frère a ire ne a corros, et ce est aspre comande- 
ment de la règle 2 . 

3221. Nul frère ne doit mener 1 son hauberc ni ses 
chauces de fer en sac, ni en guarelle 2 , ni en profinel, 
mais en meneor de cuir ou en trellis le doit mener; 
mais le treslis ne doit pas pendre en corde por mener 
son hauberc, mais entre mains le puet mener, tant 

321. — 1. Refuser. 
2. Cf. par ex. § 234. 

322. — 1. Dans le sens de porter en course. 
2. Sorte de sac, ainsi que les suivants. 

Pour le profinel, cf. § 54. Pour le meneor et le treillis de fer, 
cf. § 139. Pour garelle, on trouve dans une charte de Jean d'Ibe- 
lin, datée de 1256 (Pauli. Godice diplom., n° 128, I, p. 151), un 
exemple catégorique : il est parlé de charretées de terre compo- 
sées de 4 gardées de blé de semaille et de 4 autres d'orge. — Ce 
mot ne paraît pas avoir jamais été relevé. 



188 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

come il ou un sergent le porra tenir de une part ; et 
par congié le puet tenir et pendre en cordes. 

323. Nul frère ne doit mangier au palais en chape 
vestue, ni au couvent, ni a l'enfermerie, et nus frères 
qui ait le matin mangié au couvent ne puet souper le 
soir autre part fors que au couvent, ne Maistre ne 
autre. Mais se il avenist que le Maistre eust mangié le 
matin en l'enfermerie et chevauchast le jor meismes 
en desduit ou en autre part, et menast o soi frères qui 
eussent le matin mangié au couvent, bien les puet le 
Maistre semondre qu'il soupent o lui en meismes le 
palais ou il auront mangié le matin. Mais se le Maistre 
a mangié le matin au couvent, il doit souper le vespre 
au covent se il soupe, et non autre part. Et quant le 
Maistre manjue a autre table que au covent, l'aumo- 
nier doit prendre celé viande toute qui se lieve de 
celé table, por doner as povres sergans et as povres 
escuier qui sont en l'enfermerie ; et doit prendre de 
la table d'enfermerie les broés * et le rost, et le man- 
gier blanc, s'il i ait. 

324. Nus frère ne doit porter chaperon en sa tête. 
Nul frère ne doit porter coife sans chapiau de bonet 1 . 
Nul frère ne doit pendre 2 son mantel entor son lit en 
croches, quar chascun frère est tenus de porter honor 
a son habit. Nus frère ne puet faire paindre sa lance 
sans congié, ne puet forbir s'espée sans congié, ni son 
chapel de fer, ne son cotiau d'armes, ni paindre son 
chapeau de fer. 



323. — 1. Brouets, de brod, jus de viande, sauce, bouillie. 

324. — i. Cf. § 140, n. 
2. P. prendre. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 189 

325. Nul frere ne doit jamais jurer ne irés ne paies 1 , 
ne doit jamais dire laide parole ne vilaine, et mains 
la doit faire. Chascun frere est tenu de dire et de 
faire totes cortoisies et toutes bêles paroles. Nus frères 
ne doit porter gans de cuir, fors li frere chapelain a 
qui l'en les souffre de porter por l'ennor dou cors 
nostre Seignor, lequel il tient sovent entre ses mains; 
et le frere masson les portent aucunes fois, et l'en le 
sueffre por le grant travail que il souffrent et por ce 
que il ne se blessent si legierement en lor mains; 
mais il ne doivent nul porter quant il ne laborent mie. 

Chascun frere doit porter gans d'armer quant il a 
vestues ses espaulieres por armer soi , et autrement 
il ne doit nul porter sans congié. 

326. Nul frere ne doit tenir retrais ne règle, se ne 
les tient par le congié dou couvent ; quar par le cou- 
vent ont esté desfendus et furent desfendus a tenir as 
frères, por ce que les escuiers lestroverent aucune fois 
et les lisoient, et nos establissemens si descovroient 
as gens dou siècle, laquel chose peust estre damages de 
nostre relegion. Et por ce que tel chose ne peust ave- 
nir, le couvent establit que nus frere ne les tenist, nul 
frere se il ne fust bailli, tel qui le peust tenir por l'of- 
fice de la ballie. 

327. Ne doit porter ne tenir monée sans congié. 
Quant un frere demande monée a aucun frere de 

nostre bailliz por acheter aucune chose, il en doit 
acheter au plus tost que il porra ce por quoi il li 
demande, et autre chose il ne doit acheter sans con- 
gié; mais par congié le puet faire, et chascun frere 

325. — 1. Apaisé, d'tm satisfait, content. De même apaié. 



190 LA REGLE DU TEMPLE. 

dou Temple bailli le puet faire et doner tel congié ; et 
chascun frère bailli puet doner congié a un autre 
frère de doner i canivent 1 d'Antioche ou d'Engleterre. 
Et se frères sont en luec ou il n'y aie point de cou- 
mandeor de chevaliers sur eaus, et il ait aucun frère 
chevaliers bailli entre aus , de celui doivent prendre 
les congiés que mestier lor seront. 

328. Et se il n'avoient ni comandour de chevaliers 
ne autre frère chevalier bailli, li frère meisme par 
acort pueent mètre comandeor des chevaliers un des 
frères qui seront en la présence, celui qui lor semblera 
plus resnables, et de celui il doivent après prendre 
lor congiés. Et se les frères estoient frères sergens, 
bien porroient prendre le congié d'aucun frère sergent 
bailli, se il i fust et se il n'eussent autres comandeors 
de chevaliers. Mais bien sachiés que nul frère sergent 
ne doit estre comandour de chevaliers, ne doit tenir 
chapitre en leu ou il ait chevaliers. 

329. Chascun frère dou Temple, et Maistre et autre, 
se doit garder ententivement que il ne tiegne monée 
en propre, ne or ne argent ; quar religiose persone ne 
doit avoir propre, si corne dit li sains : que home reli- 
gious qui a maille ne vaut maille. Nul frère ne doit 
avoir propre de nule chose, de poi ni d'assés, ni en 
comande ne fors comande, et especiaument est def- 
fendu de monée sur toute autre chose. Mes les frères 
baillis puent tenir les choses qui lor est besoing por lor 
offices, mais il les doivent tenir en tel manière que il 
les mostrent a celui en quel comandement il sont, se 
il lor demande ; quar si les escondisoient et estoient 

327. — 1. Couteau à lame courte, canif, dague. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 191 

ataint 4 , il lor seroit conté a larrecin, et en perdroient 
la maison, don Dieu gart tout frère dou Temple. 

330. Toutes les choses de la maison sont comunaus, 
et sachiés que Maistre ni autre n'a pooir de doner 
congié a un frère de tenir propre, ne de un denier ni 
de plus, ne de faire chose, que ce que il a promis a 
Dieu et voé especiaument et noméement, ce est assa- 
voir obediense et chasteté, et vivre sans propre. Mais 
le Maistre puet bien doner congié a un frère, quant il 
vait de terre en autre, ou quant il se remue de luec en 
autre, de porter monée por faire sa besoigne et por 
acheter ce que mestier li sera, et cestui meisme con- 
gié li puet doner autre comandeor se il y ait ; mais 
tantost come le frère sera la ou il doit demorer, il doit 
rendre ce que li sera demoré de la monée au trésor ou 
a celui qui li aura doné, se il le puet rendre, et doit, 
quar il ne la doit tenir poi ni assés. 

331 . Car se il avenist que un frère moreust, et l'on 
li trovast monoie sur lui, ni en sa robe de vestir ne de 
jesir, ni en ses besaces, il li seroit conté a propre et a 
larecin. Et ces mauvais frères on ne doit enterrer o 
les autres bons frères qui sont aies de cest siècle, ni 
doit estre mis en terre benedite, et li frère ne li sont 
tenus de dire le pater nostre, ne de faire le servi se que 
il doivent faire por frère mort; mais il le doivent faire 
enterrer aussi come un esclaf , dont Dieu gart tous 
frères dou Temple. 

332. Mais se il avenist que aucun frère moreust, et 
l'on trovast après que il eust monée au trésor en 

329. — 1. S'ils refusaient de les déclarer et étaient convaincus 
d'en avoir. 



192 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

comande, ou en comandement d'aucun autre frère 
bailli, l'en ne doit pas faire aussi de celui frère corne 
il est dessus dit dou mauvais frère, por ce que.cestui 
ne l'a pas desur soi ne en luec ou la maison le peust 
perdre ne deust par raison. Ja soit ce que il eust failli 
laidement et trespassé son vou et sa promesse, en 
doit l'on avoir merci et faire li por pité et por misé- 
ricorde ensi come a un autre frère, et prier por l'arme 
de lui, que Dieu li pardoint. Mais se l'on trovast la 
coumande fors de nostre maison, et le frère de cui la 
comande estet fust mort, que ne l'eust confiés 1 a tel 
home par qui la maison le recovrast ou le deust reco- 
vrer, de tel frère devroit l'en faire aussi come il est 
dessus dit de celui mauvais frère a qui l'on auroit 
trovée la monée sur lui. 

333. Et sachiés que se le Maistre meisme avoit mise 
la comande defors de la maison en tel manière, et 
morust, que ne se confessast en tel manière que la 
maison l'en peust recovrer ou deust, l'on devroit de 
lui faire autel et pis come dessus est dit dou frère 
faus et mauvais ; quar sachiés que tant come la persone 
plus tient, et plus devra en nostre maison, se il fait tel 
laide faille en apenséement. 

334. Et sachiés que nus frère, ne trésorier ne autre, 
ne doit tenir ensi longuement la comande de un autre 
frère, et especiaument de monée ni d'or ne d'argent ; 
et celui qui le fait faille laidement et prent partie en 
lait pechié ; ançois doit le frère qui garde la comande 
amonester le frère de qui la comande est, que il en 
achate ce por quoi la monée li fu donée, ou que il la 

332. — 1. Confessé. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 193 

rende au trésor ou a celui qui li dona, et celui l'en 
doit obéir. 

335. Et sachiés que nus frère ne doit mètre comande 
de monée fors au trésor, et, se il n'ait trésorier, au 
Gomandour dou palais ou au comandeor de la maison 
dont il sera d'estage. Et les comandes des dras cosus 
et a coudre se doivent mètre en la parmenterie, fors 
les cotes des escuiers cousues, et les chemises, et les 
braies, et les guarnaches de berrie, les queles se 
doivent mètre en la chevestrie i ; et tout le harnois 
qui se vent de la parmenterie se doit comander a la 
parmenterie, et celui qui se vent de la soumares- 
chaucie, et chascun frère quant il met son hernois en 
comande dessus. Et nul frère ne doit prendre comande 
d'autre frère sans son congié. 

330. Nul frère de mestier ne de prison, ne autre 
nul, ne doit batre esclaf en manière que li mete les fers 
au col sans congié , se il ait desservi i ; ne le doit 
mètre en eschiele 2 ne larder 3 , sans congié; mais le 
doit bien batre et puet sans congié d'escorgées 4 se il 

335. — 1. Mot forgé sur chevestre, licou, et qu'on peut traduire 
par la sellerie, l'arsenal pour équipements de campagne. 

336. — 1. Mérité. 

2. Gibet, pouvant servir aussi de pilori, avec carcan. L'échelle 
du Temple de Paris est restée debout, près de l'enclos, au coin 
de la rue des Vieilles-Haudriettes, jusqu'au xvm c siècle ; elle était 
alors considérée comme une des curiosités du quartier, que les 
Guides de Paris ne manquaient pas de signaler aux étrangers. 
Sauvai l'avait encore sous les yeux, et dit que c'est la dernière 
qui soit demeurée debout à Paris. (Cf. Antiq. de Paris, II, 602, 
etc.) On y pendait, étranglait, piloriait encore de temps en temps 
à cette époque. 

3. Percer de son épée. 

4. Étrivières. 

13 



194 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ait desservi, mais que il se gart de mahaigner 5 le. 

337. Nul frère, se il n'est fiz de chevalier ou de fiz 
de chevalier, ne doit porter mantel blanc, ne li autre 
frère ne le doivent soufrir. Mais se le père de aucun 
gentil home avoit esté mort devant que il eust receu 
chevalerie et fust tel que le deust estre 1 etpeust, por 
ce son fiz ne perdroit mie sa gentillesse, ançois peust 
estre chevalier et frère dou Temple et porter mantel 
blanc. Nul frère qui ne fust de loial matrimoine ne 
doit porter mantel blanc, tout fust-il chevalier et fis de 
chevalier. 

338. Quant aucun frère dou Temple est si viel que 
il ne puet user le fait des armes, il doit dire au Mares- 
chau en tel manière : « Biau Sire, je vos pri por 
Dieu que vos pernés nostre hernois et le donés a itel 
frère que en face le servise de la maison, quar je n'en 
puis point faire ensi corne mestier seroit a moi et a la 
maison. » Et le Mareschal le doit faire et puet, mes il 
doit doner au prodome aucune beste soef enblant, por 
lui desduire, se le frère le veaut avoir ; mais toutes 
fois en doit le Mareschal parler au Maistre devant que 
il preigne le hernois dou frère. Car ni Mareschau ni 
autre ne puet prendre le harneis de un frère, ni par 
volenté ni encontre sa volenté, sans parler au Maistre 
ou a celui qui tenist leuc de Maistre, en manière que 
l'on li ostast tout son hernois. 

339. Mais se un frère ait une beste dont il ne puisse 
faire le servise ensi corne il est acostumé a la maison, 
il la puet bien rendre au Mareschau, et le Mareschau 



5. Blesser, estropier. 
337. — 1. Être chevalier. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 195 

la doit prendre et puet, sans parler au Maistre ni a 
autre; et en doit doner un autre au frère se il en est 
aisié et le frère en est mesaisiés. Et sachiés que en tel 
manière le doivent faire les vies homes de la maison 
et ceaus qui ne puent faire lor service por le profit de 
lor armes et de la maison. Car sachiés, il est grant 
damaige de la maison quant un frère tient m ou 
un bestes et son autre hernois sans faire servise a la 
maison. Les viels homes doivent mostrer bon essample 
as autres et se doivent estudiousement garder que il 
ne fassent outrage, ne en mangier, ne en boivre, ni 
en robes, ni en nule chose, por ce especiaument que 
li jeune frère se doivent mirer en eaus, et au porte- 
ment des viels homes li jeune doivent aprendre de 
quel portament il doivent estre. 

[Service religieux.] 

340. Chascun frère se doit esforcier de vivre hones- 
tement et de mostrer bon essample as gens dou siècle 
et d'autre religions en toutes choses, en tel manière 
que cil que le veiront ne pouissent nul mal noter en 
son portement, ne en son chevauchier, ne en son aler, 
ne [en] son boivre, ne en mangier, ne en son regarder, 
ne en nul de ses fais ne de ses euvres. Et especiaument 
se doit chascun frère esforcier détenir soi humblement 
et honestement quant il oit le servise nostre Seignor, 
ou le dit, et doit faire ces oroisons et ces aflictions 1 
ensi come il est acostumé a la maison. 

341 . Quant li frère sont au mostier ou a autre part, 

340. — 1. Génuflexions, prosternations. 



196 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et les hores se chantent ou li Frère meisme les dient, 
chascun doit faire teles avenies 1 come sont acostumées 
a la maison tous les jors ; se ce ne fust tels jors que 
Ton feist ix leçons en celé maison ou il seroient, ou 
ce ne fust dedens les octaves des festes des ques l'en 
ait acostumé a faire octaves en la maison dou Temple, 
et as avens quant les antiphoines se chantent les quels 
l'on claime les Os 2 , li frère ne doivent point faire de 
venies as vespres, mais a toutes les autres ores les 
doivent faire. La veille de l'aparission 3 , ne de noel, 
ne fait l'on point de avenies a nule des hores ; et tous 
jors quant l'on laisse les avenies, les doit hom laissier 
la veille de la feste, que l'on doit faire ix leçons a 
none del jor. 

342. Quant vient a la grant karesme, toutes fois que 
le prestre ou le diacque dit flectamus genua, quant la 
messe se chante, tuit li frère qui ne sont mesaisiés se 
doivent agenoillier, et quant il dit levate, se doivent 
lever. Le premier mecredi de la grant caresme, tan- 
tost come les matines sont dites, le prestre et le clerc 
doivent comencer les vu psalmes penitentials, et tant 
come les vn psalmes se dient, tuit li frère doivent estre 
en pies ; fors que a la fin de chascune psalme, quant 
l'en dit gloria patri, se doit chascun frère agenoillier 
et lever soi maintenant. Et quant les vn psalmes sont 

341 . — 1 . Veniae, inclinations, génuflexions, particulièrement 
dans un but de pénitence. (Cf. du Gange, qui donne de nombreux 
textes de statuts monastiques.) 

2. Les grandes Antiennes de Noël, qui commencent par : 
sapientia..., Adonaï..., radix Jesse..., clavis David..., 
oriens..., rex gentium..., Emmanuel... (Les 17, 18, 19, 20, 
21, 22 et 23 décembre.) 

3. L'Epiphanie, 6 janvier. 



LA REGLE DU TEMPLE. 197 

fenies, le prestre et le clerc doivent comencier la téta- 
nie et dire la toute bêlement et soef, a toutes les oroi- 
sons que s'i affierent ; se disant, les frères se doivent 
agenoillier sur lor pis 4 et escouter cel servise o grant 
devocion. Et ces vu psalmes et ceste letanie se doit dire 
en tel manière tous les jors tant que au mecredi saint, 
se feste de ix leçons n'i avenist, et chascun jor le 
doivent li frère faire ensi come dessus est dit. 

343. Et le premier mecredi meismes de la grant 
karesme, lequel l'on claime le mecredi des cendres, 
tuit li frère doivent recevoir les cendres sur lor chief ; 
lesquels cendres le frère chapelain lor i doit mètre, ou 
un autre prestre se il ne poeent avoir frère chapelain, 
en remembrance que nos somes cendres et en cendres 
retornerons 4 . 

344. Quant vient le samadi a mi karesme, que l'en 
chante celé antiphene que est apelée média vita, a 
toutes les fois que l'en dit sancte Deus, sancte fortis, 
sancte et immortalis, tuit li frère doivent faire avenies 
a toutes les fois que l'on dit sancte, soit feste ou non. 

345. Mais dou mecredi saint, puis que none est 
sonée, ne se font point d' avenies en la maison finques 
au lundi après les octaves de la pentecoste, se ne fust 
le jor dou vendredi saint, a la fin des hores, quant l'en 
dit Kyrieleison, Xristeleison, Kyrieleison, et miserere 
mei Deus, quar adonques doit chascun estre a genoils 
et sur son pis finques les oroisons sont fenies, a chas- 
cune des hores ; et celui vendredi meismes, quant le 

342. — 1. Expression employée ici dans le sens de se pros- 
terner. 

343. — 1. C'est la traduction de la formule « Mémento homo 
quia pulvis es et in pulverem reverteris. » 



198 LA REGLE DU TEMPLE. 

diacres ou ie prestre dit flectamus genua, quant l'on 
chante le servise, se doit chascun frère agenoillier ; et 
quant il dit levate, se doit lever si come est dessus 
dit. Et après la pasque, totes les fois que l'on fait 
commémoration de la résurrection, se doit chascun 
frère agenoillier. Et nule autre avenie les frères ne 
doivent faire fors ensi come il est retrait. 

Mais sachiés bien que li frère mesaisié ne sont pas 
tenus de faire ces avenies ne ces afflictions tant que il 
soient si amendé que il le puissent faire sans grevance 
de lor maladie. 

346. Le jeusdi saint, est acostumé a la maison que 
l'on sone les campanes a matines et as autres ores 
finques a la messe. Mais puis que la messe est comen- 
cée, ne les doit-on soner finques a la veille de pasques 
quant l'on comence Gloria in excelsis, et en celé ore 
les doit l'on soner bien et hautement. Le jeusdi saint 
ne doit l'en doner point de pais 4 ; mais quant la messe 
est chantée et les vespres, l'aumosner doit avoir apa- 
reilliés xm povres o aiguë chaude et cifles 2 ou ga vêtes 
et toailles 3 assés. 

347. Et li frère doivent laver les pies as povres et 
essuer o les toailles, et après baisier lor pies humble- 
ment. Et sachiés que li aumosnier se doit prendre 
garde que cil povre qui doivent estre lavés nen aient 
laides maladies as pies ni en jambes; quar par aven- 
ture porroit faire mal au cuer d'aucun frère. Et entre- 
tant come cel servise se fait , le prestre et le clerc 

346. — i. Le baiser de paix. 

2. Mot sans doute formé sur un diminutif cyphulus (scyphus, 
flacons, aiguières). 

3. Serviettes. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 199 

doivent estre en surpelis et o la croiz et doivent dire 
tels oroisons corne sont acostumées a la maison a cel 
jor. Et après, le comandeor de la maison, se il n'i ait 
major, doit doner as povres qui auront esté lavés a 
chascun n pains et uns soliers nuef, et deus deniers. 
Et tout ce se doit faire le jeusdi saint, devant que les 
fratres manjuent. 

348. Le jeusdi saint, quant il est près de complie, 
l'on doit batre une table 1 , et au son de celé table li 
frère se doivent assembler au palais ausi corne il feissent 
se l'on sonast la campane ; et le prestre et le clerc 
doivent aler aussi au palais, et doivent porter la croiz. 
Et adonques aucun prestre ou diaque doit lire au palais 
l'évangile, celé qu'il ont acostumé a lire a cel jor, et 
la doit lire sans titre; et se puet seir quant il lit se il 
veaut, mes il doit estre revestus; et quant il aura leu 
une piesse 2 il se puet reposer. Et li sergent doivent 
aporter le vin as frères, et li frère puent bevre se il 
veulent ; et quant il auront beu, celui qui lit doit lire 
ce que est demoré de l'évangile. Et quant l'évangile 
sera finie, li frère et li prestre et li clerc doivent aler 
au mostier ; et li prestres doivent laver les autiers, et 
après doivent jeter vin et aiguë par dessus les autiers. 
Et adonques est acostumé a la maison que tuit li frère 
aillent aorer les autiers et baisier les, et doit chascun 
frère traire un poi de cel vin tempré, que est espandu 
sur les autiers, en sa bouche, et*le doit boivre. Et 
après, quant tuit li frère qui sont présent ont en tel 
manière fait, la complie se doit chanter ; et quant ele 

348. — 1. Une crécelle, pour remplacer la cloche. 
2. Un certain temps. 



200 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

est chantée, li frère doivent faire ausi come il est des- 
sus retrait. 

349. Le jor dou vendredi saint, tuit li frère doivent 
aorer la croiz o grant devocion ; et quant il vont a la 
croiz, il doivent estre nus pies. Et doivent celui jor 
jeûner en pain et en aiguë et mangier sans toaille ; mais 
les tables doivent estre lavées devant que l'en mete le 
pain par dessus ; et a nul autre jor frère dou Temple 
ne doit mangier sans toaille se il ne fust en penance en 
terre, car adonques doit mangier sur le pan de son 
mantel et sans toaille, ensi come sera retrait ci après 
quant luec sera. 

Et ja soit ce que li frère manjuent au couvent le jor 
dou vendredi saint, bien se puet lever de la table 
quant il aura mangié se il veaut au premier couvent, 
et ce ne puet-il faire mais a nul autre jor. 

350. Les autres jeunes lesquels les frères dou Temple 
doivent faire sont ces : ce est assavoir que il doivent 
jeûner toz les vendredis, de la feste de toz sains 
jusques a pasques, fors le vendredi qui est entre les 
octaves de noel. Et se la feste de noel avenist au jor 
de vendredi, tuit li frère doivent mangier char por 
honor de la feste de noel. Et encores se la feste de 
l'aparicion 1 , ou de la purification de nostre Dame 2 , 
ou de saint Maté 3 l'apostre, avenoitau jor de vendredi, 
li frère ne sont tenus déjeuner vendredi. 

351 . Encores tuit li frère dou Temple sont tenus de 
jeûner chascun an deus caresmes ; et comencent a jeu- 

350. — 1.6 janvier (l'Epiphanie). 

2. 2 février. 

3. Saint Mathias, 24 février. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 201 

ner tous tens, la première, le lundi devant la feste saint 
Martin qui est en novembre 1 , et doivent jeûner tant 
que a la veille de noel. L'autre caresme doivent comen- 
cer toz jors le lundi devant le mecredi des cendres, 
et doivent jeûner finques a la veille de pasques. 

352. Chascun frère est tenu de jeûner la veille de 
l'aparetion et la veille de saint Mathé l'apostre, et le 
jor de saint Marc 4 , et la veille de saint Phelippe et de 
saint Jaque H apostres 2 , et m jorz devant l'ascention, 
et la veille de la pentecoste, et la veille de saint 
Johan baptiste 3 , et la veille de saint Pierre et 
de saint Pol, n apostres 4 , et la veille de saint Jaque 
apostre 5 , et la veille de saint Laurens 6 , et la veille de 
saint Barthelomé apostre 7 , et la veille de saint Mathé 
apostre 8 , et la veille saint Symon et saint Jude 
apostres 9 , et la veille de saint André apostre 10 , et la 
veille de saint Thomas apostre 11 . — Les jeunes de 
mi tens sont assi tenus a faire as frères dou Temple : 
et si les font une fois le mecredi et le vendredi et le 
samadi qui vient après le mecredi des cendres; et 
une autre fois les font le mecredi, le vendredi et le 
samadi après le jor de la pentecoste ; et la tierce fois 

351. — 1. Le il. 

352. — 1. 25 avril. 

2. 30 avril. 

3. 23 juin! 

4. 28 juin. 

5. 24 juillet. 

6. 9 août. 

7. 24 août. s 

8. Saint Mathieu, 21 septembre. 

9. 27 octobre. 

10. 29 novembre. 

11. 20 décembre. 



202 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

le font le mecredi, le vendredi et le samadi qui vient 
après la sainte Groiz de septembre 12 ; et la quarte et 
la derraine fois, le mecredi, le vendredi et le samadi 
après la sainte Lucie virge 43 . 

353. Et nul autre jeune li frère dou Temple ne 
doivent faire sans congié, ne ne puent, fors les ven- 
dredis et les autres jeunes qui lor sont esgardé en 
chapistre ; et ceaus il ne font pas par congié, ançois le 
font par comandement dou chapistre. Et se lor sont 
enchargés vendredi en penance, ou aucun autre jeune, 
il les doivent faire, et si les pueent faire sans congié 
autre fors que le confessor. 

354. Mais bien sachiés que frère dou Temple ne se 
doit confesser fors que a son frère chapelain, si ne le 
feist par grant nécessité, et que il ne peust avoir nul 
frère chapelain ; mais par congié le porroit faire. 

355. Et doivent savoir tuit li frère dou Temple que 
toz jors après none doit l'on dire vespres des mors en 
la maison, et li frères les doivent oyr, se ce ne fust 
vigile d'aucune feste dont l'en feist ix leçons, quar 
adonques se pueent soufrir de dire vespres des mors ; 
et l'avant-veille de noel, et l'avant veille de l'apari- 
tion, et le jor de sainte Trinité, et dedens les octaves 
des festes que l'on ait acostumées a faire a la maison, 
se puet hom soffrir de dire vespres de mors. 

356. Et ausi devés savoir que vigiles de mors se 
doivent dire tous jorz au Temple entre none et vespres, 
fors que en la grant caresme, en la quele, puis que le 
premier dimenche est passé, l'on les dit entre man- 
gier et complie as jorz que l'on jeune, et as autres 

12. 14 septembre (l'Exaltation de la sainte Croix). 

13. Le 13 décembre. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 203 

jors a tele hore corne dessus est dit. Mais par celé 
meisme raison que l'on laisse vespres des mors, puet 
hom laissier les vigiles ; et celés vigiles li frère chape- 
lain et les autres prestres et les clers doivent dire par 
eaus. Et li autre frère se puent bien soufrir de l'oïr 
se il veulent; mais sachiés que mult est plus bêle 
chose que il les oyent, se il nen ont greignor besoigne 
a faire. 

357. Il est acostumé a nostre maison que l'en dit 
toz jors au mostier, devant que l'on comence matines, 
le xv psalmes, fors que a feste de ix leçons, et 
fors la veille de noel, et fors la veille de l'apa- 
rition. Mais dedens les octaves de noel , ne de 
pasques, ne de pentecoste, ne de l'assumption 
nostre Dame, ne de la feste de qui le saint est de 
l'yglise 1 , ne dit-on nules des xv psalmes. — Les ores 
de nostre Dame doit l'on dire toz jorz en la maison 
dou Temple fors que la veille de noel, ne le jor ne 
dedens les octaves, ne la veille de l'aparition; ne le 
jor de la purification de nostre Dame ne dedens les 
octaves, se la septuagesime n'i avenoit, ne dit l'en en 
la maison que un servise. 

358. Mais se la septuagesime avenist dedens les 
octaves, il covendroit que l'on feist toutes les ores toz 
les jors, et le servise de nostre Dame, et celui dou jor 
après la septuagesime, et que l'en leissast les octaves. 
Le jor de la nuntiation de nostre Seignor 1 , ne le jor 
de rainpalmes 2 , ne le jeusdi saint, ne le vendredi 

357. — 1. Lisez, comme plus bas, du saint de qui l'église est. 

358. — 1. L'Annonciation à la sainte Vierge, dite aussi Con- 
ceptio Domini. 25 mars. 

2. Les Rameaux. Dominica in ramis palmarum. 



204 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

saint, ne la veille de pasques, ne le jor ne dedens les 
octaves, ne le jor de l'ascention, ne la veille de la 
pentecoste, ne le jor ne dedens les octaves, ne le jor 
de l'assumpcion nostre Dame ne dedens les octaves, 
ne le jor de la nativité nostre Dame 3 ne dedens les 
octaves, ne le jor de toz sains, ne le jor dou saint de 
qui l'yglise est ni dedens les octaves, ne le jor de la 
dedication de l'yglise en qui parodie 4 il sont estaiant, 
ni dedens les octaves, ne fait l'en que un servise en la 
maison dou Temple. 

359. Et tout le servise que l'on fait en cel mostier 
que nos avons ci retrait, chascun frère doit oyr enten- 
tivement se il en est aisiés, et en est tenus ; fors que 
des vigiles des mors il s'en puet bien soufrir ensi corne 
dessus est dit. 

Mais li frère mesaisié quant il ne pueent oyr le ser- 
vise ni faire les afflictions ensi come les sains quant 
il sont au mostier, il se doivent tenir a une part dou 
mostier par derrières les autres frères, et puent estre 
en séant, et en tel manière il doivent escouter le ser- 
vise ograntdevocion, et tenir silence, et faire et dire 
le bien que il porront sans grevance de lor cors. 

360. Encores doivent savoir tuit li frère dou Temple 
que l'on doit faire en nostre maison, la ou il y a mostier 
ou yglise, procession le jor de noel, et de l'aparicion, 
et de la chandelor, et de rainpalme, et de pasques, 
et de l'ascention, et de la pentecoste, et de î'assump- 
tion de nostre Dame, et de la nativité de nostre Dame, 
et de tous sains, et del saint de qui est l'yglise, et de 
la dedication de lor yglise. Et ces processions sont 

3. 8 septembre. 

4. Paroisse. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 205 

apelées generaus, por ce que tuit li frere generaument 
qui sont présent en celé maison ou la procession se 
fait y doivent estre se il en sont aisiés, et ne pueent 
demorer sans congié. Encores se il estoient en les 
apartenances de la maison, en quelque leu que il 
soient, se doivent il estre a la procession se il puent. 

361 . Et si fait l'en au Temple encores autres pro- 
cessions les queles sont apelées privées, por ce que li 
frere chapelain et li prestre et li clerc les font privée- 
ment sans les autres frères. Car li autre frere ne sont 
tenu d'aler se il ne veulent, mais se il veulent bien y 
pueent aler. Mais se les processions voisent en leu ou 
li frere n'i puissent aler as autres jors sans congié, il 
en doivent prendre congié d'aler la, et autrement il 
ne doivent aler. 

362. Tuit li frere dou Temple doivent porter grant 
honor et grant révérence a lor mostier ; et sachiés que 
nul frere ne doit jeter dou mostier nule rien que i soit 
mise por faire servise au mostier ou a ceaus qui 
laiens oyent lor servise, se il ne l'en getast par con- 
gié, ni potence ni autre chose, tout la eust il aportée. 

363. Nul frere ne doit estre, tant come le servise se 
dit, pur non que il demore en celé partie dou mostier 
en laquele le prestre et le clerc demorent quant il font 
le servise nostre Seignor, se il ne le font par congié, 
se il ne fust frere chapelain ou clerc, por ce que 
par aventure lor feroit aucune grevance a faire lor 
servise. 

De toutes les autres choses que afierent au servise 
nostre Seignor doit chascun 1 au meus qu'il porra 

363. — 1. Suppl. faire. 



206 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

segon l'aisse de la maison et erisi come nostre orde- 
naires, lequel fu estrais de l'ordenaire del Sépulcre, le 
devise. 

364. Et devés savoir que, en celé meisme manière 
que il est dit dessus, li frère se doivent contenir de aler 
au mostier et de oïr le servise quant il sont par les 
estages ; en tel manière le doivent faire quant il sont 
en herberge, de aler en la chapele ou la ou le servise 
se chantera, fors que tant que en luec de la campane 
il ont maintes fois la crie. Et sachiés que li frère sont 
tenus de obéir a la crie aussi come a la campane, ou 
come a celui qui le fera crier. 

365. Et quant se vient que l'en crie que les frères 
dient matines par lor ostels, ou lor autres hores, il se 
doivent tantost lever et dire les ; et en quelque leu 
que frère soient ou il n'aient point de prestre ni autre 
qui lor die les hores, il doivent dire por chascune hore 
ceaus pater nostres qui lor sont establies a dire se il 
en sont aisiés, en tel manière que il rendent a nostre 
Seignor ce que il li doivent rendre au terme qui lor 
est establi. Quar le terme il ne doivent trespasser a 
lor pooir, encores est il en eaus que il le rendent 
devant le terme que après ; mais toutes fois se aucun 
obliast qu'i ne rendist a Dieu la deue dete au terme 
qui est establi, il la doit rendre après au plus tost que 
il porra. 

[Discipline en campagne.] 



366. Quant li frère sont herbergié, il doivent avoir 
I comandor, lequel doit estre sur les viandes ; et celui 
doit despartir et livrer les viandes as frères, bien et 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 207 

comunaument ensi come il est devisé ci après ; et celui 
comandour doit estre uns des viels hommes de la 
maison, et tel qui doute Dieu et s'arme ayme. Quant 
les frères se veulent herbergier, il ne puent tendre 
m grebeleures sans congié ensemble, ne de qui en 
sus, mais il puent tendre sans congié n et non plus. 

367. Quant li frère sont herbergié, se il manjuent 
au covent, il se doivent contenir et de mangier, et de 
lever, et de lesson, et de toute autre chose, ensi come il 
[est] dit dessus qu'il doivent faire par les autres estages ; 
et se il manjuent en l'enfermerie, il se doWent conte- 
nir ensi come il feroient se il fussent en lor autres 
estages. Et se il avenist que les frères manjassent par 
ostels, chascun frère se doit prendre garde des autres 
frères, especiaument de ses compaignons, que il se 
contienent bien et bel come prodome et ensi come il 
est establi, et que li uns ne meine plus aspre vie que 
l'autre ne que li comuns, se non ensi come la règle 
le comande, et que li autre ne s'abandonent, ne se 
alargissent a faire les choses qui fussent contre la 
honesté et les bones costumes de notre maison. 

368. Quant l'en crie que li frère doivent aler as 
livroisons, il doivent aler de chascun ostel i ou H, et 
puent mener de lor maisnées ceaus qu'i lor semblera 
que bien soit por aporter lor viandes ; et le comandour 
de la viande lor doit doner en renc au plus comunau- 
ment que il porra, que ne doit faire bonté ni avantage 
a nului, se ne fust por son mesaise ; que ensi li 
comande la règle, que hom ne doit pas regarder la 
persone, mais la mesaise dou frère. Et la persone dou 
Maistre doit l'on regarder, quar a lui doit l'on doner 
dou meillor et dou plus bel, mes as compaignons 



208 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

dou Maistre et as autres frères qui sont en sa com- 
paignie doit om doner come en renc aussi corne au 
comunal. Et se présent de viandes sont mandés comu- 
naument au couvent, il doivent estre porté a la tente 
des viandes, et le comandor des viandes le doit dépar- 
tir comunaument par tous les frères. 

369. Et se le comandor des viandes veaut faire 
présent as frères d'aucune chose, comunaument le doit 
faire. Et sachiés que li frère ne doivent faire nul autre 
porchas de viande fors ce que l'en done au comunal, 
se ce ne fussent herbes de chans, ou poissons se il le 
sevent prendre par eaus meismes, ou bestes sauvaiges 
se il les sevent prendre sans chasser, en manière que 
il ne trespassent les comandemens de la maison. Ou 
se vins ou aucun autre viande vient a aucun frère, de 
présent ou d'autre partie, il le doit mander a la tente 
de viande, et le doit faire assavoir au comandor ; et 
se le comandor le veaut retenir, bien le puet faire, 
mais ne seroit pas bêle chose, quar il est plus bêle 
chose que il li rende. 

370. Quant li frère sont en herberge, li frère de l'un 
ostel puent bien présenter de tel viande come il auront 
as frères de un autre ostel, et est bêle chose que il le 
facent. 

Et sachiés que la pièce de char de n frères doit 
estre tele que de ce qui demorera devant n frères s'en 
puissent bien soustenir deus povres ; et de la pièce de 
n frères doit l'on doner a m turcoples ; et de la pièce 
de n turcoples doit hom doner a m persones d'autre 
maisnée. 

Et sachiés que les piesses ne furent pas establies si 
larges ne si grans, por ce que li frère ne li sergant 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 209 

en puissent bien raemplir lor ventres, quar il en 
puissent bien et aiséement passer o mains, mais tuit 
premièrement furent establies si grans et si bêles por 
amor de Deu et des povres, por doner a l'aumosne. 
Et por ce fu establi encores que nul frère, ne au cou- 
vent ne en l'enfermerie, ne peust riens doner de la 
viande de devant soi, por ce que l'aumosne ne s'ape- 
tissast; por quoi chascun puet savoir que, tant come 
l'en apetisse la livroison qui fu establie as frères come 
de viandes, tant apetisse l'aumosne. 

371 . Et encores est il comandement a la maison 
que li frère, quant il sont servi de char ou de for- 
mage, trenchent de lor piesse en tel manière que il en 
ayent assés, et que il laissent la piesse bêle et entérine 
au plus que il porront, sauve que il en ayent assés et 
largement ce que besoing lor en sera. Et ce fu ensi 
establi por ce que la piesse fust plus honorable por 
doner a aucun povre honteus, et au povre plus hono- 
rable de prendre la. 

372. Quant le comandor de la viande fait livrer la 
char as frères, il se doit prendre garde, ou cil qui est 
en son leu, qu'il ne mete ensemble deus bones piesses 
ne il mauvaises, come deus hanches ou n espaules; 
mais doit doner de l'un et de l'autre au plus comu- 
naument qu'il porra. Et en tel meisme manière doit 
l'en servir le couvent au palais, que deus bones 
piesses ne mandent ensemble, mais après la bone la 
mauvaise toz jors, por ce que li uns frère change o 
l'autre tous jors. 

373. Et chascun frère puet doner de la viande de 
devant soi as autres frères qui sont entor lui, tant 
come il puet estendre le bras, mais non plus ; et tous 

14 



$10 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

jors celui qui a le miaudre doit semondre celui qui a 
le pior. Et se il avenist que en aucun hostel eust i ou 
h ou plus qui mangassent por lor mesaise viande d'en- 
fermerie, li frère qui sont herbergié o eaus en puent 
mangier en tel manière que il n'i ait mesaise. Et 
sachiés que le comandour de la viande doit doner a 
celui frère mesaise de la viande en tel manière que li 
compaignons del frère en puissent avoir aucune riens 
se il en voloient. 

374. Le comandor doit livrer aussi en renc la 
viande d'enfermerie corne celé de couvent. Le coman- 
dor de la viande doit faire avantage as frères mesai- 
siés de celés viandes que il aura ; et quant li frère qui 
sont sains ont de h mes, les mesaisiés en doivent 
avoir de m; et quant il ont de un tant soulement, li 
mesaisié en doivent avoir de n au mains. Et se il lor 
veaut faire point de bonté, bien le puet faire, et pre- 
sens lor puet faire ; et ce ne puet il pas faire as sains, 
se non comunaument ensi come dessus est dit. Se un 
prodome ou deus dou siècle ou de religion passast 
devant la herberge, chaucun frère le puet semondre 
quant il passe devant son ostel ; et le comandor de 
viande doit doner au frère qui aura semons le prou- 
dome si largement des viandes que il aura, por amor 
dou prodome, que tuit cil de l'hostel en aient a planté. 

375. Nul frère ne doit tenir a son hostel nules 
autres viandes fors celés que l'en done a tente des 
viandes, sans congié. 

Quant pain ou vin demore en ostel de un jor en 
autre, le frère de l' ostel le doit rendre ou le doivent 
conter a la tente quant il prennent lor livroison. Et 
sachiés que les livroisons, c'est assavoir les piesses et 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 211 

les mesures, doivent estre comunaus, et les autres 
livroisons aussi. Et quant li frère jeûnent, l'en doit 
doner entre n frères mi mesures de vin, et quant il ne 
jeûnent v mesures; et entre il turcoples doit l'en 
livrer m mesures; et ensi doit estre la mesure de 
Tuile, et par toute la terre deçà mer. 

376. Quant li frère sont en herberge, il ne doivent 
aler en desduit sans congié fors tant que il puissent 
oyr la crie ou la campane, ne as estages meismes, fors 
tant que il puissent oïr la campane. Ni puent faire 
soumage meismes de lor bestes, près ne loing, sans 
congié ; et est entendu por somaige toute chose que 
l'on trossast entre les arsons de la sele, ou que pen- 
dist deçà ou delà. 

Quant frère veaut mander ses bestes au somaige, 
ou veaut porter aucune chose dessus sa beste, il doit 
faire covrir la selle ou le panel *, quel que ce soit, d'une 
esclavine o d'aucune autre chose. 

377. Nul frère, ni en herberge ne en autre part, ne 
puet prester sa beste a frère ni a autre home sans con- 
gié por aler plus loing desduit. Nul frère, ne en her- 
berge ne en autre part, ne doit laissier prester son 
chevau ne s'autre beste sans congié. Nul frère ne doit 
la nuit laissier a nule de ses bestes les entraves ne la 
muselière en nule place sans congié. 

378. Quant l'on done congié as frères de aisier lor 
chevaus et lor bestes la nuit, nul ne doit tenir la che- 
mise dou chevau par tel congié sur son chevau , si 
enpressement la chemise n'i estoit nomée. Et devés 

376. — 1. La couverture ou la housse qu'on plaçait sous la 
selle. Cf. penniaus, § 173. 



212 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

savoir que quant frère prent congié ou demande, de 
quel chose que ce soit, il doit bien faire entendre et 
esclarsir la chose por quoi il demande le congié a 
celui a qui il demande le congié ; et ne doit faire nule 
couverture. Et tel qui ait le pooir de doner le congié 
au frère, quant il aura bien entendu la chose por quoi 
il le demande, se la chose est raisonable et il le puet 
doner sans damaige de la maison, il est bêle chose 
que il done le congié. 

379. Quant les bestes manjuent paille comunau- 
ment, nul frère ne doit doner herbe a ses bestes sans 
congié, et noméement entre les bestes qui manjuent 
paille ne lor en doit il point doner. Nul frère ne doit 
mètre a ses bestes bouriaus 4 ne cordes, ni autres 
choses por faire le ambler, sans congié. Et il frères 
ne doivent chevauchier en une beste. 

380. Et se tant avenist que cris levast en la her- 
berge, li frère qui sont herbergié de celé part ou le 
cris est levés se doivent traire celé part o lor escu et 
lor lance, et ne se doivent esloignier de la herberge 
tant qu'il aient autre comandement ; et tuit li autre 
frère qui ne sont de celé partie doivent tantost aler en 
la chapele por oyr le comandement se l'on en fait 
point. Mais se le cris estoit defors la herberge, il 
doivent issir sans congié au cri por quelque chose que 
i fust levés. 

381 . Quant la herberge se doit despartir, et il 
semble bon au Maistre et as autres prodeshomes que 
se départe, le Gomandeor de la terre 4 doit assener le 

379. — 1. Colliers. 

381. — 1. De Jérusalem (voy. § 180). Les mêmes règles sont 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 213 

Mareschau combien de frères il metra a chascun des 
estages; et le Mareschau l'en doit crere, quar le 
Comandor sait meaus de nul autre combien de frères 
pueent demorer en chascun des estages, et combien 
chascun en puet soufrir. Et adonques le Mareschau 
doit faire le renc por despartir les frères, et, ensi 
come il est dessus dit des autres choses, au plus 
comunaument que il porra ; et les doit mander par les 
estages se il puet, ensi come le Gomandour li aura 
conseillé. Et quant le Mareschau aura les frères des- 
partis, et lor aura fait comandement que il s'en aillent 
par lor estages, chascun frère doit requerre son her- 
nois et le hernois de l'hostel, en tel manière que, 
quant il partiront de la héberge, qu'i n'i demore rien 
de son hernois, si ne fait par congié. 

382. Et le Mareschau ou celui qui fera le renc doit 
doner a chascun des estages un comandor des che- 
valiers; et celui comandor des chevaliers, quant les 
frères seront en lor estages, lor doit doner la place de 
lit et des bestes, et les pailliers 1 ; et si lor doit doner 
en renc au plus comunaument qu'il porra. Et celui 
comandor des chevaliers lor doit tenir chapistre, si 
plus grant n'i venist qui fust en la présence, et doit 
faire les comandemens ; et li frère doivent obéir aussi 
a lui come il feroient au Maistre, quar tuit sont a son 
comandement, et de lui doivent prendre les congés, 
ceaus que il lor porra doner. 

Et s'il avenoit qu'il eust estages de frères en aucune 
mandre, le comandor de la maison ou dou chastel en 

applicables du reste dans les autres provinces de l'ordre, comme 
d'habitude. 

382. — 1. Les litières. 



214 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

qui comandement la mandre sera 2 les choses que 

mestier seront as frères aussi come se il fussent estaiant 
en la maison ou au chastel dont il est comandor, fors 
les vernigaus et les escueles, lesquels le comandor de 
la vote lor doit trover. 

383. Et quant li frère sont par les estages, il se 
doivent mult esforcer de contenir se, en tel manière 
qu'il soit a honor de Dieu et de la maison, et au pro- 
fit de lor armes ; et chascun se doit garder a son pooir 
que il ne corrosse son frère. 

Et chascun se doit prendre garde estudiousement 
de son frère, que il ne face, ne die, ne se contente * 
en fait ni en semblant, en manière que ne deust. 

384. Et se autre frère veist que autre frère feist 
chose que ne deust, ou aucun mauvais semblant, il 
l'en doit chastier par lui tout soûl une fois; et se le 
frère ne se veaut chastier par sa prière ne par son 
amonestament , il doit apeler un autre frère et l'en 
doit amonester, ovant le frère. Et se il ne s'en veaut 
amender, encores par l'amonestament de n frères, 
le bon frère doit reprendre le frère qui ne se veaut 
amender, au premier chapistre ou il seront ensemble, 
devant tous les frères, et faire passer par la justise de 
la maison ; car tout ensi le comande la règle. 

Et sachiés que tuit li frère qui seront en cel cha- 
pistre doivent estre contraire a celui frère qui fait tel 
déraison ou autre ; car nus frère ne doit a son escient 
maintenir déraison, et noméement en chapistre; quar 
se il le faisoit, la justice de la maison s'en porroit cor- 

2. Suppl. donnera ? 

383. — i. Ne se contienne, ne se tienne. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. %\ 5 

rompre laidement, et en tel manière le religious seroit 
perdu. 

385. Et devés savoir que comandemens est de la 
maison, que en tous les leus ou il y ait assemblés 
un frères, ou de qui en sus, que il tienent chapistre 
se il puent covenablement, la veille de noel et de 
pasques et de pentecoste ; et aussi doivent tenir cha- 
pistres chascun dimenche, fors les dimenches des 
octaves des m festes devant nomées, desquels est en 
la discrétion des frères et de celui en qui comande- 
ment il sont ou dou tenir ou dou laissier ; et por le 
proufit de la maison et le besoing, l'en porroit bien 
soufrir a tenir chapistre a aucun autre dimenche, mais 
toutes fois il se devroit faire par l'esguart des frères 
qui seroient présent, ou d'une partie des plus prodes- 
homes. 



[TENUE DES CHAPITRES ORDINAIRES] 



386. Chascun frère, quant il entre en chapistre, 
se doit seigner el non dou Père et dou Fis et dou saint 
Esperit, et doit oster son chapeau de bonet et sa coife 
si nen est pelés l , — et se il est pelés il puet laissier la 
coife ; et tout en pies doit dire une pater nostre devant 
que il s'asée, et puis se doit aseir, et ensi le doit faire 
chascun. Et quant tuit li frère ou la plus grant partie 
seront venus après, celui qui doit tenir le chapistre, 
devant que il comence son sermon, doit dire as frères : 
« Beaus seignors frères, estes sus en pies, et priés nostre 
Seignor que il tramete hui la soe sainte grâce entre 
nos ; » et adonques tuit les frères se doivent lever en 
pies, et doit chascun dire une pater nostre. 

387. Et le frère chapelain, se il est présent, doit faire 
aussi sa proiere autele come li semblera, devant que 
le chapistre se comence, ce est le sermon. Et puis se 
doivent seoir, et saichés que il se doivent prendre 
garde ententivement que nul home, se il ne fust frère 
do Temple, ne le puisse oïr quant il tienent lor chapistre. 

388. Quan la prière est faite, celui qui doit tenir le 
chapistre doit comancer son sermon en non de Dieu, 
et faire le au plus bel que il saura et au miaus, et doit 
amonester les frères, et prier et comander que il 
s'amendent. 

386. — 1. Chauve. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 217 

Et puis que le sermon est comencés, nul frère ne se 
doit remuer de sa place por aler arrière sans congié, 
mais avant puet bien aler sans congié. 

389. Quant cil qui tient le chapistre aura feni son 
sermon, chascun frère qui cuide avoir failli se doit 
lever en pies et doit faire dou chapel et de la coife 
ensi come dessus est dit, et doit venir devant celui 
qui tient le chapistre, et se doit agenoillier une fois 
ou il ou plus, et doit estre humblement come cil qui 
se confesse, et doit dire en tel manière : « Biau sire, 
je cri merci a Dieu et a nostre Dame et a vos et as 
frères, de ce que je ai failli en tel manière ; » et racon- 
ter la faute entérinement et veraiement ensi come il 
aura esté, que il ne doit mentir, ne por honte de la 
char, ne por paor de la justise de la maison ; quar se 
il mentist, ce ne seroit pas confessions, et sachiés que 
nostre chapistre furent establi por ce que li frère se 
confessassent de lor fautes et les amendassent. 

390. Après que le frère aura retrait tout ce de quoi 
il cuidera avoir failli, et se sera bien confessés enté- 
rinement, celui qui tient le chapistre li doit comander 
que il s'en aille defors, et le frère s'en doit aler en tel 
leuc que il ne puisse oïr ni entendre ce que diront li 
frère qui seront au chapistre ; quar nul frère, puis que 
il est hors dou chapistre ou par faute ou por ce que 
il est en penance, ne doit escouter ce que li frère qui 
sont en chapistre font ni dient ni regardent. Après, 
quant le frère est hors dou chapistre, celui qui tient 
cel leuc doit retraire la faute del frère devant tout le 
chapistre, et se doit prendre garde que il ne change 
riens ; et quant il lor aura retrait ensi come le frère 
aura confessé, si en doit demander comunaument lor 



218 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

avis et faire ce que la plus grant partie s'acordera. 

391 . Et quant li frère comunaument auront dit lor 
avis ensi corne lor semblera, et le comandour aura bien 
entendu a quel chose la plus grant partie s'acorde, il 
doit faire retorner le frère devant soi, et li doit mos- 
trer la faute, et retraire come ele est grant et cornent 
les frères le tienent a failli ; et li doit comander que il 
face ce que li frère li ont esgardé, et li doit retraire 
l'esgart des frères; mais il ne doit pas dire : « tel 
frère fisttel esgart, » ou « s'acorda a ce, » quar il auroit 
descovert son chapistre. 

392. Quant i frère crie merci en chapistre d'aucune 
faute, tuit cil qui cuident estre entaiché de cel pechié 
en doivent aussi crier merci aveuc celui ; et chascun 
frère, quant il crie merci de une faute, doit crier merci 
de toutes les fautes de qui il cuide avoir failli ; et de 
tant de fautes come il aura faites, quantes que seront, 
l'on ne li puet esgarder mes que une penance, puis 
que il en aura crié merci de toutes ensemble. 

Quant un frère crie merci d'une faute, nul autre 
frère ne se doit lever por crier merci de sa faille tant 
come celé soit regardée, se n'estoit entachiés de celé 
meisme faille ensi come dessus est dit. Se un frère 
crie merci de x 4 fautes a une fois et co vient qu'i soit 
en respit de une de celés, il covient qu'il soit en res- 
pit de toutes. 

393. Quant li frère sont en chapistre, tuit doivent 
estre contre celui qui fait ou dit desraison, et chascun 
se doit tenir bêlement et en pais; et ne doit nus par- 
ler, se l'on ne li demande d'aucune chose, ou se ce 

392. — 1. C, dans le ms. de Paris. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 219 

ne fust que aucuns feist ou deist déraison ; quar tuit 
doivent 1 estre contre celui qui fait ou dit déraison. 
Chascun le puet reprendre sans lever soi de sa place 
et sans congié, mais qu'i le face maintenant que il aura 
fait ou dit la desraison, et chascuns est tenu de faire 
le amender; et en nule autre manière frère ne puet 
reprendre autre frère de sa place, fors le Maistre. Et 
le Maistre puet reprendre et doit, de sa place, tuit 
autre frère que il veule, sans remuer se. 

394. Chascun frère, quant vient en chapistre, doit 
venir apensés et remembrés se il a de riens failli ni 
trépassé son vou et sa promission, et au chapistre 
meisme s'en doit bien apenser : et se il ait bien oies 
ou dites ses hores, et se il ait corrossé son frère de 
nule chose, et se il ait bien gardés les comandemens 
de la maison. Et se il cuide de riens estre failli, si en 
doit crier merci et amender se devant que il parte 
del chapistre. Quar puis que le sermon dou chapistre 
est fenis, nul frère ne doit reporter sa faille dou cha- 
pistre, ançois se doit amender en toutes manières se 
il puet ; et se il reportast a son escient la faille, ele 
seroit plus grant, et s'en iroit desobedient. 

395. Mais bien saichés que le Maistre ne nus autre 
qui tiegne chapistre ne doit faire nule chose que se 
doit faire par chapistre et par esgart des frères, devant 
que il ait faite la prière et le sermon autel come li sem- 
blera ; quar en toutes les assemblées de chapistre que 
nos faisons, devons requerre la grâce nostre Seignor 
au coumencement. 

396. Nul frère ne puet demorer de chapistre sans 

393. — 1. Mss. dévoient. 



220 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

congié, se il ne fust malades en l'enfermerie. Nus frère 
ne se doit despartir de chapistre sans congié, se il ne 
cuidast tantost revenir en cel chapistre meisme devant 
que le chapistre despartist. Nul frère puis que le ser- 
mon est fenis ne puet riens mostrer a autre frère sans 
congié, en manière que il le feist lever de sa place, ne 
que il meismes se levast ; mes tant quant frère est en 
pies par devant celui qui tient le chapistre, chascun 
se puet lever de sa place sans congié et reprendre le 
frère qui est en pies de ce que il saura que il aura failli . 

397. Quant aucun frère sait que son frère ait fait ou 
dit chose que il ne doit, il en doit faire amender au 
premier chapistre ou il seront ensemble andui 4 , et ne 
le doit laissier issir dou chapistre sans faire le amen- 
der ; mais bêle chose est que le frère qui sait que son 
frère aie fait ce, que il le doie apeler 2 au frère qui aura 
failli, devant que il entrent en chapistre, a une part, 
et que il l'amoneste par devant un frère ou n, en tel 
manière : « biau frère, membre vos de tel chose, » et 
li doit retraire la faute ; et li doit dire : « amendés 
vos au premier chapistre que vos serés. » Et dient li 
prodome que assés a dit un frère a un autre quant il 
li dit : « membre vos de tel chose ; » et cil a qui l'on 
dit ceste parole se doit tenir por repris et s'en doit 
amender au premier chapistre ou il sera, ensi come 
est dessus dit. 

398. Nul frère ne doit reprendre autre frère par 
devant nul home, se il ne fust frère dou Temple ; et 
un frère ne puet reprendre ni doit, en chapistre ni de- 



397. — i. Tous deux, ambo duo. 
2. Pour rappeler. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 221 

fors, son frère, ni porter garentie contre lui par oyr 
dire ; mais, de ce que il aura veu et oy, le puet reprendre 
et porter guarentie contre lui ; et se il le faisoit autre- 
ment, il seroit trop lait et porroit estre tenue comune 4 . 

399. Quant li frère veaut reprendre un autre, il se 
doit prendre garde que il ne le repreigne d'uisouses 
choses; mais se il ne l'ait repris par defors ensi 
come dessus est dit, ou encores se il l'a repris et le 
frère ne se veulle amender, il le doit faire en tel 
manière quant il seront en chapistre. Quar devant que 
il se lieve il doit dire a celi qui tient le chapistre : 
« Gomandour » ou « biau sire, donés moi congié de 
parler a un frère; » et cil li doit doner le congié. 

400. Et quant il a eu le congié, il se puet lever et 
doit apeler par non le frère que il veaut reprendre, 
et celui se doit lever en pies et doit oster son chapel 
et sa coife se il est apelés, et doit venir devant celui 
qui tient le chapistre. Adonques le repreneor li doit 
mostrer bêlement et en pais celé chose de la quele il 
sait que il a failli ; quar par cuider nus ne doit 
reprendre son frère. Et si il doit dire en tel manière : 
« Beau frère, criés merci de tel chose, » et li doit 
retraire la chose ou la faute ensi come ele aura esté 
dite ou faite. Et celui qui est repris doit dire : « Biaus 
sire, je crie merci a Dieu et a nostre Dame, et a vos 
et as frères, de ce de quoi cestui m'a repris ; » et se 
doit agenoillier a chascune fois que il sera repris. 

401 . Et s'il set de quoi il est repris en vérité, le 
frère qui est repris le doit otroier devant tous les 
frères, quar nus ne doit mentir en chapistre. Mais se 

398. — 1. Comune : Voy. § 418. 



%%% LA RÈGLE DU TEMPLE. 

la chose dont il est repris est mensonge, il doit dire 
en tel manière : « Biau sire, je cri merci a Dieu et a 
nostre Dame et a vos et as frères de ce de quoi cestui 
me reprent, — et se doit agenoillier — mais saches que 
la chose n'est pas en tel manière. » Ou puet dire : 
« Messire, non, place a Dieu que je feisse onques celé 
chose. » Ou : « Sire, la chose est autrement. » Et 
doit dire plainement de la chose ; quar, ensi corne est 
dessus dit, il ne doit mentir ne por la honte de la char, 
ne por paor de la justice de la maison. 

402. Et celui qui aura mestier de guarentie ne doit 
pas apeler par nom celui que il veaut traire por garen- 
tie, ne nomer le, sans congié, mais il doit dire a celui 
qui tient le chapistre : « Sire, il y a frère qui set ceste 
chose, » i ou plus; et adonques le comandeor doit 
dire : « Se il y ait nul frère qui saiche riens de ce, 
vieigne avant. » Et se il ait aucun qui saiche cornent 
la chose a esté, il se doit lever et venir devant le 
comandor, et doit porter guarentie de ce qu'il aura 
veu et oy ; et ne doit dire autre chose fors la vérité, 
et celé il ne doit celer ni changer, por amor ni por 
maie voillance de l'une part ne de l'autre, quar ce 
seroit trop grant pechiés, et porroit estre conté a 
comune. 

403. Et se le frère qui sait la chose ne se voloit 
lever, quant le comandor l'aura comandé une fois ou 
deus en la manière que dessus est dite, le comandor 
doit dire au frère qui veaut l'autre frère traire a gua- 
rentie : « Biau frère, faites le venir avant. » Et adonques 
celui Je puet apeler par nom, et celui se doit lever et 
faire ensi come dessus est dit de la guerentie. Et a cel 
frère qui doit porter la guerentie porroit l'on et devroit 



LA RÈGLE DU TEMPLE. %%3 

regarder grant faute et enchargier li grant penance, se 
il sait riens de la chose por qui il estoit apelés en gua- 
rentie, por ce que il ne se leva tantost corne l'on fîst 
comandement. 

404. Et se le frère qui est repris veaut reprendre 
celui qui l'a repris, et il sait que il ait failli de rien, 
bien le puet reprendre sans demander autre congié, 
tant come il seront en pies ; et si le doit reprendre et 
mostrer li sa faute ensi come dessus est dit. 

405. Et celui qui sera ataint de sa faute le coman- 
dor doit geter fors, ou ambedeus se il sont ataint; 
mais il ne doit nul frère jeter de chapistre por nule 
chose de quoi le frère fust repris, se il n'estoit ataint. 
Et quant H frère seront defors, le comandor doit 
raconter la cose ou la faute de quoi il auront crié merci 
et seront ataint, ensi come ele aura esté retraite devant 
lui, et après en doit demander comunaument as frères 
qui seront en cel chapistre lor avis, et faire ce a que 
la plus grant partie s'acordera. Et quant li frère ave- 
rontdit ce que lor semblera comunaument, il doit faire 
de ceaus frères qui sont defors ensi come dessus est dit 
de cel frère qui crie merci par sa volonté de sa faute. 

406. Et se li frère esgardent que li frère qui sont 
defors soient adès mis en penance, le comandor les 
i doit mètre maintenent que il lor aura retrait l'esgart 
des frères ; et encores se li frère n'i esgardent que il 
i fussent adès mis en lor penance, le comandor qui tient 
le chapistre, tantost come il lor aura retrait le resgart 
des frères, lor puet dire : « aies vos despoillier, » et 
puet prendre la descipline et mètre les adès en penance 
se il voit que il soit bien ; et li frère en sont aisiés quar 
ce est en sa discrétion. 



224 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

407. Un frère puet reprendre un autre frère en la 
manière que dessus est dite par soi , ou il ou m ou 
vint ; mais un frère ne puet ataindre un autre frère par 
soi soûl, mais deus frères puent ataindre un autre 
frère ou deus ou C, quant les deus et les c voient que 
la chose n'est pas en tel manière, tant quant ils ont 
en chapistre, quar guarentie de non n'est receue ne 
nostre chapistre, se per autre chemin ne se puet 
ataindre. 

408. Mais se un frère ou h disoient en chapistre a 
un autre frère : « Biau frère, vos feistes tel faute a 
Ghastiau pèlerin 1 dimenche ; criés merci; » et le frère 
respont : « Non, place a Dieu, quar je estoie dimenche 
a Barut 2 ; » et il le puet prover par un autre frère ou 
par plus que ce soit vérités, le frère qui fu repris doit 
estre quites, et li frère qui l'ont repris sont ataint que 

408. — 1. Aujourd'hui Athlit, au sud d'Acre, entre Gésarée 
et Caïpha, à la hauteur de Nazareth. La route du littoral fran- 
chissait en cet endroit un passage dangereux, coupure de main 
d'homme pratiquée à travers une crête rocheuse, qu'on appelait 
le Détroit ou Pierre-Encise. Ce lieu servant souvent aux attaques 
des Musulmans, les Templiers y avaient élevé une tour. Puis, 
en 1218, ils construisirent sur un promontoire en face, qui abri- 
tait un petit port, une de leurs forteresses les plus considérables. 
Après diverses attaques infructueuses, le Château-Pèlerin tomba 
pour toujours aux mains des païens, en 1291, année de la ruine 
de l'Ordre en Orient. (Descript. dans J. de Vitry. — Cf. surtout 
Rey, Étude sur les monuments de Varchit. milit. des croisés, 1871, 
in-4°. Documents inédits; p. 93-100, planches X-XI.) Ce n'est 
qu'en 1838 que cet édifice intéressant fut ruiné, par les ordres 
d'Ibrahim Pacha, qui voulait employer les matériaux. 

2. Beirout, Béryte, prise par Baudouin en 1111 (Guill. de Tyr, 
XI, 13), perdue seulement en 1291. C'était une des villes fortes du 
royaume de Jérusalem ; tout au nord, au-dessus de Saiete (Sidon), 
sur le petit promontoire qui forme actuellement la baie de Saint- 
Georges. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 225 

il ont menti sur lui, l'on les puet blasmer de comune; 
et en tel manière puet l'on ataindre guarentie de non 
par autre chose ne par autre chemin. 

409. Et se il avenist que n frères ou plus repreis- 
sent un autre frère ou deus ou plus, et le Maistres ou 
celui qui tient le chapistre doutent que li frère feissent 
la reprise par malice, il puet et doit l'un frère faire 
issir de chapistre et oyr de l'autre de quel chose il le 
reprendra a son frère, et cornent il seit la chose de 
quei il le reprent, et se il le vit ou l'oit ; et quant il 
aura bien enquis la chose de celui, il doit et puet faire 
celui issir dehors, et apeler l'autre et oïr de lui ensi 
come de l'autre ce que il sait de celé chose. Si amdui 
s'acordent, le frère qui ait esté repris est ataint, et se 
il ne se acordent, le frère qui ait esté repris est quites 
et délivre de celé chose dont il l'avoient repris ; et si 
puet l'on noter assés de mal sur les autres il et conter 
a grant mauvaisté et encores a comune. 

410. Et sachiés que nul frère dou Temple ne puet 
estre ataint par nul home dou siècle ni d'autre reli- 
gion, ni par n ni par plus, se non par frères dou 
Temple, et en tel manière come dessus est dit, de nule 
chose en tel manière que justise de la maison corrust 
sur lui. 

411. Mais se aucun prodome dou siècle ou de reli- 
gion, tel qui fussent dignes d'estre creus ou qui 
fussent confrères de la maison , 'disoient au Maistre 
por vérité que tel frère fait la honte de la maison, le 
Maistre por la guarantie de ceaus prodomes en puet 
travaillier cel frère assés, et faire li de la durté 1 assés, 

411. — 1. P. durée. 

15 



226 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et le doit faire sans parler as frères et sans lor esgart. 
Et sachiés que le mauvais frère doit li bons Maistres 
partir et esloignier de la compaignie des bons, et ensi 
le comande la règle. 

412. Quant cil qui tient le chapistre demande as 
frères lor avis d'aucune chose en chapistre, il doit 
demander premièrement a ceaus que plus doivent 
savoir de ce chose et des usaiges de la maison, et 
après as autres comunaument, segont que il valent 
plus et sevent, et segont que il sont de meillor vie. 

Chascun frère, quant l'on li demande son avis en 
chapistre, il doit dire ce que meaus li semblera, quar 
ce ne doit laissier por l'amor de l'un ne por haine de 
l'autre, ne por apaier l'un ne por corrousser l'autre ; 
mes pleinement doit avoir Deu devant ses yaus, et 
por amor de Dieu en doit faire et dire ce que il dira 
et ce que il fera. Nul frère ne doit reprendre autre 
frère fors par charité et par entention de faire li sau- 
ver s'arme. 

413. Quant aucun frère est repris d'aucune chose 
ou faute que il ait faite, il ne s'en doit corrosser, 
ansois en doit mercier celui qui l'a repris; et se un 
frère reprent un autre d'uisouzes, bien li en puet 
l'on enchargier penance. 

41 4. Et saichent tuit li frère dou Temple que quant 
un frère est issu fors de chapistre, ou por ce que il 
ait esté repris d'aucune faille, ou por ce que il meismes 
en ait crié merci de son gré, l'en doit regarder le 
portement dou frère et la vie, et la qualité et la quan- 
tité de la faute. Et se la persone est de bon portement 
et la faute est legiere, les frères l'en doivent passer 



LA RÈGLE DU TEMPLE. %%1 

legierement; et se la persone est de mal portement 
et la faute est grant et laide, li frère li en doivent 
enchargier aspre penance et dure; et mainte fois 
fait hom au prodome de la grant faute petite, et au 
mauvais de la petite grant : quar assi corne li bons 
doit proufit et honor avoir en sa bonté, aussi le 
mauvais doit avoir damaige et honte en sa mau- 
vaistié. 

Et sachiés que por la plus petite defaute et desho- 
bedience de quoi frère trespasse le comandement de 
la maison, puet l'on regarder deus jorz entiers la 
première semaine segont le portement dou frère ; mais 
por nulle faille ne puet l'on plus regarder si non tou- 
chast a l'abit ou a la maison, dont Dieu gart chascun 
frère. 

415. Et devés savoir que puis que celui qui tient le 
chapistre a jeté un frère fors de chapistre por esgar- 
der a li faute, cel frère ne puet retorner au chapistre 
por reprendre autre frère, sans congié ; mais por crier 
merci d'aucune faute que il eust obliée, puet bien 
retorner et doit sans congié. 

Ghaucun frère doit bien et volentiers faire la penance 
qui li est enchargée par chapistre. 

[Pénalité. ,] 

41 6. Et cestes sont les penances lesquels l'on puet 
enchargier as frères, a ceaus qui l'auront desservi. 
La première est de la maison perdre, dont Dieu en gart 
chascun. — La segonde est de l'abit perdre. — La 
tierce est quant l'on laisse l'abit por Dieu. — La quarte 



228 LA RÈGLE DU. TEMPLE. 

est a deus jors et au tiers 1 la première semaine. — 
La quinte, quant l'en prent a frère ce que l'on i puet 
prendre sans l'abit, ce est a deus jorz. — La sixte est 
de un jor. — La septime est au vendredi. — La 
hutisme est au frère chapelain 2 . — La nuveme est 
pais. — La disaime est en respit 3 . 

417. La première est de perdre la maison a toz 
jors. 

Mais puet l'on esgarder et doit a tout frère por 
ix choses, desqueles est la première symonie. Ce 
est assavoir, quant frère est venu en la maison por 
don ou por promesse que il en ait fait, ou autre por 
lui a son seu, ce que a Dieu ne place que seit : quar 
cil qui sera en tel manière venu a la maison perdra la 
maison se il en est ataint provés ; et celui qui en tel 
manière li aura doné l'abit devroit perdre le sien 
abit, et jamais ne devroit avoir a son comandement 
nul frère, ni pooir de doner abit dou Temple ; et tuit 
cil frère qui seroient acordé que li abit fust donés en 
tel manière, se il savoient que il ne le deussent faire, 
devroient perdre le lor abit, ne jamais ne lor devroit 
l'on demander de faire frère. 

418. La segonde est se frère descovrist son cha- 
pistre a nul home, ni a frère ni a autre, se il n'eust 
esté. 

416. — 1. Deux et trois jours de pénitence par semaine, jus- 
qu'à la levée de la punition. Voy. plus loin, § 493, etc. 

2. La sentence est commise au jugement du frère chapelain. 

3. L'ordre des deux derniers titres de ce code est interverti, 
comme on le verra plus loin. Le répit ou réserve d'une sentence 
au jugement du grand maître doit porter le n° 9; et la paix ou 
l'acquittement, le n° 10. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 229 

La tierce est se frère ocist crestien ou crestienne. 

La quarte est se frère fust entaichés de Tort puant 
pechié de sodomie, lequel est si ort et si puant et si 
orrible que il ne doit estre només. 

La quinte est se frère feist comune contre autre 
frère ; et comune se fait de deus et de qui en sus, quar 
i home sol ne puet faire comune. 

419. La siste est se frère fuie de champ por paor 
des sarrazins, tant come il eust baussan en estant, et 
laissast le confanon. Et ce est a entendre des frères 
chevaliers et des frères sergens aussi quant il sont 
armés de fer. Mais se il eust aucun frère sergent que 
ne fust armés de fer, et sa conscience le repreist que 
il ne peust faire l'aidance, ne soufrir la ou le besoing, 
bien se porroit traire arrière sans damaige que il eust 
de la maison, si d'autre chose n'i failloit. Mais i frère 
chevaliers ne le porroit pas faire en tel manière, ou 
fust armé de fer ou non ; quar cil ne doit laissier le 
confanon por nule chose sans congié, ni par bleceure, 
ni por autre chose. 

420. Mais se le frère chevalier ou le frère sergent 
estoit blecés en tel manière que il ne li semblast que il 
poïst soufrir le besoing, il puet prendre ou faire 
prendre congié de retraire se ; et le Mareschal ou cil 
qui est en son luec li doit doner se il li demande, ou 
autre por le frère blecé, et par cel congié le frère 
blecé se puet retraire sans damaige que il ait de la 
maison. Et se il avenist que le frère chevalier ou le 
frère sergent aussi fussent armés sans fer, li un come 
li autre en tel manière doivent demorer o le confanon 
tuit comunaument, et frère chevalier et frère sergent, 
que nus ne s'en doit despartir tant come il y ait con- 



230 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

fanon haussant en estant. Et se aucuns le faisoit, il 
perdroit la maison, tuit fust-il frère sergent; car 
adonques puis que il sont tuit comunaument armés, 
comunaument devroient prendre ce que Dieu lor vou- 
dra doner. 

421 . Mais se il avenist que il n'i eust haussant en 
estant, et il y eust autre confanon de crestiens en 
estant, il doivent aler a celui, ou soient armé de fer 
ou non, ensi come dessus est dit, et especialment a 
celi de l'Ospital. Et se il n'i ait aucun confanon de 
crestiens, chascun puet aler a garison la ou Dieu le 
conseillera et li enseignera sans damaige avoir de la 
maison ; mais bêle chose est que nostre frère se 
tiegnent tous jorz ensemble se il pueent, et o confa- 
non et sans confanon. 

422. Le septime est se frère est trové en mescre- 
andise, ce est se il ne creit bien as articles de la foi 
ensi come l'yglise de Rome y creit et le comande a crere. 

La hutisme est se frère laissast la maison et s'en 
alast a sarrazins. 

423. La novisme est se frère feist larrecin de les 
choses de la maison; et cest pechié si a moût de 
branches, et en mult de manières i puet l'en cheoir 
qui ne s'en prent garde ententivement ; et toutes fois 
por chascune manière, quant frère le fait, il en pert la 
maison se il en est provés. Et sachiés que l'en claime 
larrecin quant le frère emble des choses de la maison. 
Et se frère ist de chastel ou d'autre maison fermée de 
nuit fors que par la porte, il li est conté larrecin. Se 
le Maistre ou i comandour demandast de un frère qui 
fust a son comandement que il li mostrast les choses 
de la maison qui seroient en son comandement et en 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 231 

son pooir, le frère les doit toutes mostrer; et se il en 
retenist aucune chose que il ne li mostrast, il li seroit 
conté a larrecin. 

424. Se frère laissast la maison et en son aler enpor- 
tast aucunes des choses que il ne deust enporter, et 
en tele manière avec celé chose il y eust deus nuis 
fors de la maison, il li seroit conté a larrecin. Se frère 
meist les aumosnes fors de la maison en manière que 
il les donast ou prestast ou les meist en comande, il 
ne les doit pas noier si home li demande, ançois les 
doit assembler; car se il les neiast et après en fust 
provés, se il seroit conté a larecin. Et toutes ces choses 
dessus nomées feroient perdre la maison a tôt frère 
qui les feist, segon les usaiges de la maison, sans 
recovrer. 

425. Et saichenttuit li frère dou Temple que quant 
il avient que un frère par son pechié ou par sa grant 
meschance l laisse la maison et s'en vait, cel frère se 
doit prendre garde estudiousement que il ne porte 
autre chose fors ce que nos vos dirons ci après. Il s'en 
puet aler ensi corne il vait a la prime au mostier, fors 
que il ne doit porter nule chose double, ni coutel 
d'armes ; mais il en puet porter sa chemise, et ses 
braies, et son jupel de vestir, et sa cote, et sa garnache, 
et sa ceinture, et ses chauces, et ses soliers; et si en 
puet porter i mantel ou sa chappe, mais se il enporte 
l'un il ne doit mie enporter l'autre. Mais se li man- 
teaus li est demandés, il le doit rendre, que il ne le 
doit retenir en nule manière. La segonde nuit il en 
perdroit la maison a tous jorz. 

425. — 1. Malheur. 



232 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

426. Encores sachiés que tout ne fust il demandés, 
si en perdroit le frère la maison se il le retenist, puis 
que il seroit aie fors de la maison deus nuis ou de qui 
en sus; et ensi le pert por deus nuis corne por c. 
Mais bien sachiés que mult est bêle chose, et est euvre 
de charité et de miséricorde, que li mantiaus li soit 
demandés. Et si en puet enporter une coiffe et 1 braier. 
Et toutes ces choses dessus nomées sont a entendre 
celés que il tient vestues en son cors quant il s'en 
vait fors de la maison, mais que il ne les eust prises 
de la place d'aucun autre frère. 

427. Les choses que il ne doit porter sont cestes : 
ce est assavoir, or ni argent ne nules armeures. Ce 
est chapiau de fer, ni jupel d'armer, ni espaulieres, 
ni hauberc, ni hauberjon, ni espée, ne lance, ni escu, 
ne masse turquese, ni coutel d'armes, ni chauces 
de fer, ni arbalestre, ni armes turquoises, et brie- 
ment se contient tout en ceste parole : ne nule riens 
qui as armes aferra. Et se il enportast nule de ces 
choses dessus nomées, il en perdroit la maison sans 
recovrer. 

Ghascun frère se doit garder que il ne mete sa main 
en besaces ni en huche d'autre frère sans congié de 
celui qui doner li puet, et se il le faisoit, l'en li porroit 
conter a larecin, et encores se le frère qui feroit ceste 
chose estoit de mal portement. 

428. Et se frère feist chose por quoi il doie perdre la 
maison a toz jors mais, avant que l'on li done congié 
de la maison il doit venir tous nus en ses braies, une 
corrée a son col, au chapistre devant tous les frères; 
et se doit agenoillier par devant le Maistre, et doit 
ausi corne il est dessus devisé de celui que l'on mete 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 233 

en penance a i an et a i jor ; et après , le Maistre li 
doit faire chartre de congié, que il s'en aille sauver en 
autre religion plus estrete. 

429. Et dient aucuns de nos frères que il doit 
entrer en l'ordre de saint Benoit ou de saint Augustin, 
et que il ne doit entrer en nule autre relegion ; mais 
ce ne lor otroions nos pas, quar en toute relegion plus 
estroite puet entrer por sauver s'arme, se li frère de 
celé religion li veulent consentir, fors que en la rele- 
gion de l'Ospital de saint Johan, douquel fu establi en 
tel manière, par acort des frères dou Temple et de 
ceaus de l'Ospital, que ja nus frère qui issist de l'Os- 
pital ne venist au Temple en manière qu'il preist 
l'abit de lor maison. Ni en l'ordre de saint Ladre 4 nul 
frère dou Temple ne puet entrer, se ne fust por ce 
que il devenist mesiaus ; ne en plus large relegion frère 
qui laisse la maison do Temple n'i puet entrer sans 
dispensation de celui qui a le pooir. 

430. Encores devés savoir que il y a aucunes autres 
choses por quoi frère dou Temple porroit perdre la 
maison. Quar il est establi en nostre maison que quant 
le Maistre ou autre qui ait le pooir de doner l'abit de 
la maison a aucun home (et) le veaut doner, il le doit 
faire jurer sur sainte évangile que il dira vérité de 
tout ce que il li demandera ; et quant il aura juré et 



429. — 1. L'ordre hospitalier et militaire de Saint-Lazare, 
fondé en Orient dès le commencement des croisades, suivait la 
règle de Saint-Augustin ; il reçut, comme les ordres du Temple 
et de l'Hôpital, de nombreux privilèges et donations des rois et 
des princes, mais ne fut confirmé par la papauté qu'en 1255, le 
22 mars (bulle d'Alexandre IV). Les chevaliers portaient la 
croix verte. — (Cf. encore § 443.) 



234 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

promis, celui qui le doit faire frère li doit dire : « Biau 
dous amis, pernés vos garde que vos dite vérité de ce 
que nos vos demanderons, quar se vos en mentiés et 
après en estoiés provés que vos en eussiés menti, vos 
en sereés mis en fers, et vos en feroit l'on assés de la 
honte, et en perdriés la maison. » 

431 . Après, se il doit estre frère chevalier, cil qui 
le fait frère li doit demander : « Biau dous amis, avés 
vos, ni home par vos que vos le sachiés, doné ne pro- 
mis nule chose a nul home par quoi vos aidast a venir 
a nostre religion, quar ce seroit simonie et ne vos por- 
roiés sauver. Estes vos chevalier et fis de chevalier, 
ou estes vos estrais de chevaliers devers vostre père, 
en manière que vos deiés estre et pussiés chevaliers? 
Estes vos de loial matrimoine? Avés vos fait vou ni 
promission, ni avés porté habit de nulle autre reli- 
gion? Avés vos feme espouse ni plevie 4 ni jurée : dites 
en vérité, quar se vos en mentiés et vos en fussiés 
atains, l'en vos osteroit J'abit et vos feroit l'on de la 
honte assés, et après vos rendroit l'on a vostre feme. 
Devés vos nule dette par quoi la maison en peust estre 
travaillée : quar se vos le faisiés l'on vos osteroit l'abit 
et vos feroit assés de la honte, et puis vos rendroit 
l'on au détour 2 . Avés vos nule maladie reposte? Estes 
vos prestres, ni avés ordres sacrés ? 

432. Et celui qui veaut estre frère doit respondre 
briement, a chascune de ces demandes dessus dites, oy 
ou non ; mes toute fois il doit dire la vérité, quar se 
il en mentist et après fust provés que en eust menti et 

431. — 1. Fiancée. 

2. Employé ici dans le sens rare de créancier. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 335 

que il s'en fust parjurés, l'on le devroit mètre en fers 
et faire li de la honte assés, et puis doner li congié de 
la maison ; et se il eust feme, et se il estoit endetés, 
rendre le a son detor. 

433. Mais li prodome de nostre maison si s'acordent 
que, se celui qui en tele manière seroit rendus pooit 
tant faire a sa feme que ele s'en entrast en aucune reli- 
gion et se rendist, ou se il avenist que ele moreust, 
et il estoit en autre manière de bone vie et de honeste, 
que, sans ce que les usances de la maison s'en bri- 
sassent, il porroit retorner a la maison si as frères 
plaisoit, sans faire penance ; mais il feroit son vou et 
sa promission ausi come devant au comencement. Et 
de celui qui seroit rendu au détour dient nostre pro- 
dome que il puet faire en tel manière meisme, quant il 
seroit délivrés dou détour en tele manière que il ne li 
peust rien demander ni a la maison por lui. 

434. Mais se il estoient prestres ou que il eussent 
ordres sacrés, ce est que il fussent diacres ou sos- 
diacres, il ne seroient pas mis en fers, ne ne li feroit 
hom autre honte fors que l'on li osteroit l'abit, et après 
l'on le rendroit au patriarche ou a l'evesque. Et a celui 
frère ne doivent soufrir que il demore en abit de che- 
valier, car nostre règle desfent que frère ne porte man- 
tiau blanc se il n'estoit chevaliers; ni onques ne fu 
usés ne veu que frère chapelain portast mantel blanc 
en la maison dou Temple, se il ne fust apelés au regi- 
men d'aucune eveschié ni d'arceveschié. Mais quant il 
avient que aucun frère chapelain est esleu arcevesque 
ou evesque d'aucune yglise, il puet porter mantel 
blanc ; mais avant que il le porte il le doit requerre 
mult humblement et dévotement et au Maistre et au 



236 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

couvent, que il li otroient l'abit de frère chevalier, et 
il li doivent otroier debonairement et volentiers por 
amor de la dignité a que il est venus, et por ce que 
il est grant honor de la religion. 

435. A chevalier ne demande l'on pas se il est sers 
ou esclaf de nul home, quar puis que il dist que il est 
chevalier de vers père, de loial matrimoine, se il est 
vers, il est frans par nature. 

436. Mais se il disoit que il est chevaliers et tel qui 
puet et doit estre chevaliers ensi come dessus est dit, 
et ne fust vers, l'on li doit oster le manteau blanc et 
doner li congé de la maison, et bien li porroit l'on 
faire de la honte assés. Mais toute fois dient li pro- 
dome de la maison que se le frère en tel manière avoit 
perdu le mantel blanc et requeroit o grant devocion 
que, por Dieu et por nostre Dame et por pité et por 
miséricorde, li otroiast l'on l'abit de frère sergent, et 
prometoit que il serviroit Dieu et la maison dou Temple 
en abit de frère sergent, bien et humblement et leau- 
ment cum un autre bon frère sergent, et que il obei- 
roit as comandemens de la maison, garderoitson vou 
et sa promission ensi come il avoit promis a Dieu et 
a nostre Dame et a la maison, bien le porroient souf- 
frir en tel manière, et otroier li et doner l'abit de 
frère sergent. Et le Maistre, ou autre qui eust son pooir 
quant a ce se le Maistre i estoit, il li devroit mètre 
l'abit de frère sergent au col et li devroit demander, 
devant que il li donast cel abit, se il le prometoit, ensi 
come dessus est dit ; et se il l'otreast, adonques li por- 
roit mètre le mantel au col, et li devroit otroier le 
pain et l'aiguë de la maison et les autres choses que 
l'on promet as frères ensi come l'en fist au comence- 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 237 

ment. Et ensi le porroient faire nostre prodome se a 
eaus plaisoit, mais il se doit par esgart des frères. 

437. Mais bien sachiés que se il ne semblast bon as 
frères que cel frère demorast en la maison, que il li 
porroient bien doner congié por toz jorz mais, et 
sachiés que tout frère a qui l'on done congié de nostre 
maison se doit rendre au plus tost que il porra en 
autre religion et en plus estrete. Et se doit faire en 
toutes manières, se il puet, dedens XL jorz, et se il ne 
se voloit rendre, et li frère le puent trover, il le doivent 
prendre et mètre le en fers, et doner li sa soustenance, 
et le doivent tenir en tel manière tant que il ait pensé, 
ou autre por lui, de son ordenement ensi corne il est 
dessus devisé. Et ce fu establi en tel manière, por ce 
que aucun mauvais, quant il estoient partis de la mai- 
son, aloient par le monde et vi voient hontousement et 
deshordenéement, et mult de damaiges et de hontes en 
avenoient a la maison, et por ce fu establi ensi que 
mais ne se peust faire. 

438. Quant l'on demande a celui qui veaut estre 
frère se il ait nule maladie reposte, il en doit dire la 
vérité; et se il eust la maladie et il la neast, — quar 
quant l'on le doit faire frère, l'on li demande en cha- 
pistre, — et après, quant l'abit li fust donés, seroit 
provés que il en eust menti, il en porroit estre mis en 
fers et perdre la maison, se la maladie fust tele que 
il en fust mahaignés de tout le cors ou d'aucuns de ses 
membres, ou tele que l'on cuidast bien veir que il ne 
peust jamais guarir por vérité. Mais se la maladie 
estoit legiere et tele que il en deust amender dedenz 
brief termine, ne seroit pas bêle chose que il en per- 
dist la maison, quar ce n'est pas entendu de ces mala- 



238 LA RÈGLE DU. TEMPLE. 

dies legieres, ançois li doivent faire li frère merci et 
miséricorde. 

439. Et encores se le frère estoit mahaigniés 4 , bien 
le porroient li frère soffrir a lor maison, se a eaus 
plaisoit, o tôt son abit, se la maladie n'eust en soi autre 
grant laidure ; mais cel soffriment se devroit faire par 
esgart des frères. Mais bien sachiés que il ne seroit pas 
bone chose que il se usast en la maison de soufrir les 
en tel manière, puis que il s'en seroient parjurés, se la 
maladie touchast a mahaing de cors et de membre. 
Et ensur que tout devés savoir que se la maladie tou- 
chast a meselerie 2 ou a celé maie maladie que l'on 
claime epilentique, ou que fust autre maladie enfec- 
tive 3 , l'on li doit doner congié de la maison por toz 
jorz mais, quar en nule manière l'on ne le puet ne le 
doit retenir en la compaignie des frères a qui l'on done 
congié de la maison. La maison nen est de riens tenue 
de prover de nule chose, por ce que il l'avoit neié 
quant il li fut demandé par son sairement, et s'en estoit 
parjurés. 

440. Mais celui qui en tel manière seroit malades, 
se il l'avoit confessé devant celui qui l'auroit doné l'abit 
et devant tuit le chapistre en audience de tous quant 
cil qui le devoit faire frère li demanda, et après celui 
qui li auroit demandé li donast l'abit, tout fust il fait 
par acort des frères devant les quels li malades auroit 
regeï 4 et reconeu sa maladie , l'on ne li devroit ni 



439. — 1. Blessé, ou atteint d'un défaut corporel. 

2. Lèpre. 

3. P. enflective. 

440. — 1. Avoué, confessé. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 239 

porroit oster i'abit ni doner li congié de la maison se il 
ne le requeroit ; mais bien le porroit on mètre en aucun 
luec privé fors de la compaignie des frères, et en celui 
luec l'on li devroit doner ce que mestier li seroit corne 
a un autre frère mesaisié. 

441 . Mais celui qui li auroit doné I'abit et tuit cil 
qui s'i seroient acordé en tel manière ont deservi que 
li abit lor soit osté, qu'i ne lor doit demorer ni puet 
par raison, por ce que I'abit a esté doné par lor acort 
a tel home qui n'estoit digne d'avoir le. Et saches que 
(a) ces frères que s'i seroient acordé auroient faucées 
lor consciences si faucement et si laidement que jamais 
l'on ne lor doit demander conseill de faire frère ; et 
celui qui auroit doné I'abit a tel home, ou a autre 
qui ne fust digne a son escient, ne doit jamais avoir 
pooir de faire frère, ançois le doit avoir perdu a 
toz joz. 

442. Et si aucune laide maladie avenoit a un frère 
puis que il auroit receu nostre abit, l'en devroit mètre 
cet frère en aucun luec privé ensi corne dessus est dit, 
et porvoir bien et bel de ce que mestier li seroit por 
sa maladie tant come il vivroit, se la maladie ne tou- 
chast meselerie, quar de celi doit estre autrement et 
en autre manière. 

443. Quant il avient a aucun frère que par la volenté 
de nostre Seignor il chiet en meselerie et la chose est 
provée, li prodome frère de la maison le doivent amo- 
nester et prier que il demande congié de la maison et 
que il se rende a saint Ladre, et que il preigne I'abit 
de frère de saint Ladre ; et le frère malade se il est 
home de bien lor en doit obéir, et encores lor seroit 
plus bêle chose que il requist le dit congié par sei 



240 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

meismes devant que l'on l'eust amonesté ne prié. Et 
se le frère requiert ledit congié, le Maistre ou celui a 
qui il afiert li doit doner ledit congié, mes il le doit 
faire esgart des frères ; et après, le Maistre et li pro- 
dome de la maison li doivent porchacier et aidier com 
li abit de saint Ladre li soit donés. Et se doivent 
prendre garde estudiousement que tel nostre frère, 
que en tel manière sera rendus a saint Ladre, n'i ait 
grant mesaise de les choses qui li soient mestier a sa 
povre soustenance tant corne il vivra. 

444. Mais toutes fois bien saichés que se le frère qui 
en tele manière sera devenus meseaus fust si durs que 
il ne vousist demander le congié devant dit ne partir 
soi de la maison, l'on ne li doit ni ne puet jeter 
l'abit ni oster, ni jeter fors de la maison, mais, ensi 
corne dessus est dit des autres qui ont laides mala- 
dies, le doit l'on mètre a une part fors de la compai- 
gnie des frères, et en celé place doner li sa souste- 
nance. 

445. Et sachiés que toutes celés choses que l'on 
demande a frère chevalier quant il doit estre frère, 
toutes celés meismes et en celé meisme manière le 
demande hom a frère sergent, quant l'on li veaut doner 
l'abit ; et celé meisme justise en doit l'on prendre se il 
en mentist. Et tant plus demande l'en a frère sergent 
se il est sers ni esclaf de nul home; et se il estoit, et 
le confessast par devant les frères, l'on ne li doit doner 
l'abit ; et se il le neiast quant l'on li demande el cha- 
pistre ou il auroit esté frère, et après quant il auroit 
esté frère fust provés que il en eust menti, l'on li doit 
oster l'abit et le doit on rendre par sa main a son sei- 
gnor. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 241 

446. Se celui qui fust frère sergant fust chevaliers 
et il le niast aussi au chapistre, quant cil li demande 
que le devoit faire frère, et sur ce l'abit de frère ser- 
gant li fust donés, et après il fust atains que il fust 
chevaliers, l'en li doit oster l'abit et mètre le en fers, 
et faire li de la honte assés et doner li congié de la 
maison; quar se il est chevaliers et tels qui le doit 
estre, il ne puet demorer a la maison en abit de frère 
sergent, quar, ensi corne celui qui n'i est ne le doit 
estre ne doit porter en la maison mantel blanc, ensi 
celui qui est chevaliers en tel manière come il doit 
estre ne doit en la maison porter mantel brun. 

447. Mais bien dient aucun que si au Maistre et as 
frères plaisoit que il li otroiassent le mantel blanc por 
pitié et miséricorde, que en tel manière le porroient 
retenir a la maison, mais sans mantel blanc il n'i por- 
roit demorer. Mais nos ne nos acordons pas que jamais 
tel home puisse demorer en la maison, quar par tels 
semblances s'en porroit faire et porchacier deceve- 
mens et damaiges a la maison et as frères. 

448. Nul frère dou Temple por quant que il soit 
gentils hons, se il n'est chevaliers devant que li habit 
li soit doné de Temple, puis que il ait receu l'abit, ne 
puet jamais estre chevaliers ne porter mantel blanc si 
ne fust tel qui fust evesques ou de qui en sus, ensi 
come il a esté retrait dessus. 

449. Au frère chapelain quant l'on le veaut faire 
freré doit hom demander tout en celé manière come 
il est dit dou frère chevalier ou dou frère sergent, fors 
que l'on ne li demande point se il est sers ni esclaf 
d'aucun home, quar puis que il est prestre il doit estre 
franc, ne se il ait femme espouse ni plevie ni jurée. Et 

16 



242 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

en tel manière meisme doit dire vérité celui que l'on 
veaut faire frère chapelain, quant l'on li demande, come 
cil que l'on veaut faire frère chevalier ou frère sergent. 
Et se il en mentist et après en fust provés que il en 
eust menti, l'on li porroit faire ausi come dessus est 
dit de un autre frère, fors que il ne seroit pas mis en 
fers ne li feroit l'on autre honte, mais l'on li prendroit 
l'abit et le rendroit on au patriarche ou a l'evesque. 

450. Et si y a encores une autre chose par quoi 
frère puet perdre la maison ; ce est assavoir, se aucun 
home se rent a maison por home lai, et l'on li done 
l'abit de la maison come a home lai, et après il se face 
ordener as sains ordres sans congié de celui qui li puet 
doner, l'on li puet doner congié de la maison se li 
Maistre et li frère s'i acordent. Et bien le pueent lais- 
sier et soufrir le a la maison se il veulent en abit de 
frère chapelain ; mais en autre abit ni a nul autre ser- 
vise il ne puet demorer en abit en nostre maison, puis 
que il est ordenés a saintes ordres en nostre maison. 
Mais ce que l'on en fera doit estre fait par esgart des 
frères. Et se li Maistre et les frères sueffrent que il 
demore a la maison, il li doivent faire crier merci de la 
desobedience que il a faite, quar il se fîst ordener sans 
congié, et li doivent enchargier grant penance et 
dure, segont la discrecion des frères et segont son autre 
portement. Mais bien seroit plus saine chose que il 
eust congié por toz jorz mais, por chastier les autres. 

451 . La segonde penance que l'on puet regarder a 
frère plus dure et plus aspre après la maison, si est 
de l'abit perdre, dont Dieu gart chascun frère ; et ceste 
penance esgarde l'on a frère por assés de meschances 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 243 

qu'i li puet avenir. Car l'on puet regarder a perdre 
l'abit a un frère, se il avoit bouté et féru autre frère 
par ire ou par corrous en manière que li eust fait les 
pies remuer de sa place, ou se.il li eust rompu par 
corrous les laz de son mantel. Et cel frère qui ce auroit 
fait en tel manière seroit escomeniés et se devroit faire 
assoudre. Et tantost corne frère est sans son abit, ses 
armeures doivent estre rendues a la chevestrerie 1 en 
la carra vane, et si les puet hom doner as frères quant 
il en auront mestier ; et ses bestes aussi doivent estre 
rendues a la carravane dou Mareschau, et si les puet 
doner as frères qui en seront mesaisiés. 

45*2!. Et se frère ferist par corros aucun crestien, de 
chose dont a un cop le peust tuer ou mahaignier, l'abit 
ne li doit remanoir. 

Se frère fust prové que il eust jeu 4 o femme, l'abit 
ne li puet remanoir et si le doit l'om mètre en fers. 
Et jamais ne doit porter confanon baussan ni boule, 
ni doit jamais avoir frères a son comandement, ne 
doit estre en eslection de Maistre en manière que il 
soit un des xin eslisanz. 

453. Se frère met mensonge sur soi meismes, l'abit 
ne li doit remanoir. 

Se frère dit que un autre sien frère ait dit ou fait 
chose dont il deust 1 ou peust perdre la maison se il 
en estoit provés, et il ne le peust ataindre, et en feist 
tout son pooir de ataindre le, et ne se veaut repentir 



451. — 1. Sellerie ou magasin pour les équipements de cam- 
pagne. Cf. § 335. 

452. — 1. Part, de gésir. 

453. — 1. Mss. : dit ou fait chose par quoi le frère se il eust dit 
ou fait chose dont il deust ou peust, etc. 



244 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ni desmentir, ançois demore tous j ors en s'erredie 2 , 
l'abit ne li puet remanoir. 

454. Car sachiés que quant un frère met sur un autre 
frère en son chapistre chose de quoi le frère sur qui la 
chose est mise peust perdre la maison se il en estoit 
provés, et le frère ne le puet ataindre, il doit perdre 
le sien abit se il ne se veaut desmentir, et dire en tel 
manière : « Beau seignors frères, devant tous el cha- 
pistre je vos fais asavoir que je ai dit sur cest frère, 
et sachiés que ce que je ai dit mau de lui est tout 
mensonge, quar je ne sai veraiement fors que bien. » 
L'abit est en la volenté des frères ou dou prendre ou 
dou laissier. Et sachiés que tel frère que en tel manière 
se sera desmentis en son chapistre ne doit jamais estre 
creus contre nul frère, de chose qui touche a la maison 
ni a l'abit, ne l'on ne li doit demander son avis, quar 
il meismes s'est provés et atains a mauvais, et nus 
puis que il est provés qu'i soit mauvais ne doit jamais 
estre creus contre nul home de bien. 

455. Si frère ocist ou pert esclaf por sa defaute, 
l'abit ne li doit remaindre. 

Se frère dit par cert, encores le die par corrous, par 
ire, que il s'en ira as sarrazins et frères l'oient, et le 
frère que la parole ait dite n'est de bon portement, 
l'abit n'en puet remaindre ; mes se le frère est de bon 
portement, l'abit est en la merci des frères ou dou 
prendre o dou laissier. 

456. Se frère tue ou mahaigne bestes de sele par 
ire ou par corrous, ou par sa defaute, l'abit est en la 
volonté des frères. 

2. Sa folie. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 245 

Se frère portast chose de gens dou siècle ou d'autre 
que dou Temple, et deist que de la maison fussent, et 
ne fust vers, et les seignorages des terres en per- 
dissent lor droitures et lor pahages 1 , l'abit ne li puet 
remanoir. 

Se nul frère qui n'eust pooir donast beste vive de 
mi pies, se ne fust chien ou chat, for de la maison, 
l'abit est en la mercis des frères. 

457. Se aucuns frères fust révélés 4 envers les coman- 
demens de la maison et les refuse sans repentir et 
demore en s'erredie, et ne velle faire l'amendement 
por prières ni por amonestement, l'on li puet prendre 
l'abit et mètre le en fers et tenir le longement en tel 
manière. Mais il est plus bêle chose, quant il avient 
que un frère, ou par ire ou par corros, dit que il ne 
fera le comandement de la maison, que l'on le laisse 
refroidir son corros ; et après l'on doit aler a lui et li 
doit l'on dire bêlement et en pais : « Biau frère, por 
Dieu faites le comandement de la maison. » Et se il le 
fait et damaiges nen est avenus, l'on li doit soufrir por 
Dieu et avoir bone merci de lui, et l'on li puet faire 
grant bonté et grant miséricorde ; et en tel manière est 
plus bêle chose selonc Dieu. Et se il ne le veaut faire, 
hom li doit hoster l'abit et faire de lui ensi come des- 
sus est dit de mètre en fers. 

458. Le Maistre ou un autre comandor qui tiegne 
chapistre, se il, a un frère qui soit a son comande- 
ment, comandast que il criast merci d'aucune chose, 
et le frère ne vousist crier merci, ançois demorast en 



456. — 1. Péages. 

457. — 1. Révolté. 



246 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

sa erredie, l'abit ne li doit demorer. Mais ce ne por- 
roit pas estre fait en tel manière se un simple frère 
repreist un autre frère simple ; quar se un frère simple 
ne veaut crier merci por un autre frère que ne soit son 
comandeor, il ne doit pas perdre son abit ; mais bien 
le puet l'on enchargier grant penance et aspre et dure. 
Car maintenent que un frère dit a autre : « criés 
merci de tel chose, » le frère en doit crier merci se 
il est en leuc, et faire ensi corne dessus est dit. 

459. Se frère demande congié en son chapistre et 
l'on ne li veaut doner, et sur ce il dit que il s'en ira et 
laissera la maison, l'abit ne li doit remaindre. 

Se frère brisast la boule dou Maistre, l'abit ne li 
doit remaindre. 

Et dient aucuns de nos viels homes que se aucuns 
frère brisast la boule de celui qui seroit en luec de 
Maistre, l'en li porroit oster l'abit par meisme celé 
raison, tout ne fust la faute si laide, por le damaige 
qu'en porroit avenir. 

460. Se frère donast l'abit de la maison en manière 
que ne deusl, ou le donast a tel home que ne fust 
digne d'avoir le, l'abit ne li puet demorer, et celui 
qui en tel manière aura doné l'abit ne doit jamais avoir 
pooir de faire frères. 

Se aucun frère prestast des aumosnes de la maison 
sans congié a tel home ou a tel luec ou la maison les 
perdist, l'abit ne li doit remaindre. Se frère qui n'en 
ait pooir donast des aumosnes de la maison as gens 
dou siècle ou d'autre religion que dou Temple sans 
congié, l'abit ne li doit remanoir. 

461 . Se frère a qui il n'afîer feist maison neuve de 
pierre et de chaus sans congié, l'abit ne li doit 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 247 

remaindre. Les autres maisons decheoites puet il redres- 
sier et apareillier sans damaiges que il i ait, ainçois li 
doit l'on bon gré savoir. 

462. Se frère s'en vait par ire ou par corrous fors 
de la maison et gist une nuit fors sans congié, l'on li 
puet prendre l'abit se l'on veaut et as frères plaist, et 
laisser se as frères plaist. Mais de ceste chose sachiés 
que l'on doit bien garder le frère et son portement : se 
il est de bon portement et de bone vie et d'oneste, li 
frère li doivent plus de bonté faire, de tant que miaus 
li puent laissier l'abit, et plus hardiement et plus legie- 
rement se doivent et puent acorder de laissier li. Mais 
se il gist deus nuis defors sans congié, et ait rendues 
les choses bien entérinement que il doit rendre, que il 
n'ait riens enporté que il ne doit porter, il porra 
recovrer son abit quant il aura esté en penance un an 
et un jor ; mais devant que il ait esté en penance i an 
et i jor il ne le doit recovrer. Mais se il enporte chose 
que il ne doie enporter, et gist n nuis defors, et celé 
chose sans congié, il a perdue la maison por toz jors. 
Et sachiés que il est mult seure chose a frère qui laisse 
la maison, que se il ne veaut retorner maintenant 
dedens les deus jorz, que il le segont jor mande le 
mantel a la maison ; quar se il le retenist les deus 
nuis, il en porroit perdre la maison ensi corne dessus 
est dit. 

463. Se frère getast son abit en terre devant frères 
par corrous, et li frères li priassent que il le repreist 
son abit, et il ne le vousist prendre, et aucun frère 
l'en levast devant que il l'eust repris, il ne le puet 
recovrer devant i an et un jor ; mais se aucun frère 
preist l'abit dou frère qui l'auroit geté et li tornast au 



248 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

col, celui frère qui en tel manière aura rendu l'abit a 
cel frère qui l'auroit gité il perdroit le sien abit, et 
l'autre frère que en tel manière l'auroit recovré seroit 
en la merci des frères ou dou prendre ou dou laissier. 
Et devés savoir que celui qui en tel manière rendroit 
l'abit a celui frère qui l'auroit geté perdroit son abit 
par ceste raison, quar nul frère qui ne puet doner 
abit ne le puet rendre, et qui le fait il en doit perdre 
le sien. Et ensi come l'on done l'abit par chapistre, ensi 
le doit om rendre par chapistre, et por ce doit savoir 
chascun frère que chascun comandour ne puet prendre 
l'abit dou frère- qui refuse son comandement, tout soit 
le frère a son comandement, quar nus comandour qui 
ne puet faire frère ne doit prendre abit de frère. . 

464. Mais se il avenist que aucun comandour qui 
ne peust faire frère eust frères a son comandement, 
et aucuns de ceaus frères refusast son comandement, 
il li doit faire amonester ensi come dessus est dit; et 
après, se il ne vaut faire le comandement, il puet tan- 
tost ^oner la campane et assembler les frères. Et 
quant les frères seront assemblés, il doit tenir cha- 
pistre, et doit celui faire crier merci de ce que il a 
refusé son comandement, et le doit jeter defors ; et li 
frère se doivent tuit acorder que il soit en respit, ou 
devant le Maistre ou devant cel comandor qui ait pooir 
de prendre l'abit. 

465. Et nulle faille por quoi frère puet perdre l'abit 
ne se doit regarder ne juger devant tel qui nen ait 
pooir de prendre l'abit, ni celui qui tient le chapistre 
ne le doit soufrir, ne li frère ne se doivent acorder; et 
se nus s'acordoit, bien le puet hom esgarder a faille et 
enchargier grant penance, quar il ne seroit pas raison 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 249 

que li frère feissent lor esgart sur un frère devant tele 
persone que ne peust prendre au frère ce que li frère 
li auroient esgardé, ques que fust l'esgart des frères, 
grant ou petit. Et por ce fu establi en la maison, segon 
que seroit grant ou petite la faille, que ele se regardast 
devant le Maistre ou devant tel comandor qui eust 
pooir de conplir l'esgart des frères quels que il fust, 
durs ou legiers. 

466. Et sachiés que maintes fois avient au Temple 
que un comandour puet faire frère sergent et non pas 
frère chevalier, et cel comandour qui ne puet faire 
frère chevalier ni doit, ne puet prendre l'abit de frère 
chevalier, quar nul ne doit prendre ni ne puet, fors 
tel abit corne il puet doner a frère. Et ensi come chas- 
cun se doit garder que il ne done l'abit en la manière 
que il ne doit, ensi se doit garder qu'il ne le preigne 
d'un autre frère en la manière que il ne doit ; et se il 
le faisoit, par celé meisme justice en devroit passer. 
Et por ce que li abit ne se preist en la manière que 
ne deust, fu establi que se preist devant le Maistre ou 
devant tel qui tenist son luec dou Maistre. Et nus n'a 
pooir de faire frère ni de prendre abit privéement, se 
il ne tient luec dou Maistre ou se le Maistre ne li ait 
doné congié especiaument de faire le. 

467. Se frère rent ou tramet son abit par sa volonté, 
il ne li doit recovrer devant un an et un jor. 

Et si devés savoir, que que soit esté dit dessus, 
que de toutes les choses qui ont esté retraites por 
quoi frère puet perdre l'abit, toutes fois il est en la 
merci des frères ou dou prendre ou dou laissier, fors 
de ces m deraines : ce est a entendre de celui qui 
l'aura geté, se autre frère l'eust levé avant que il l'eust 



250 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

repris, et de celui qui l'eust rendu par sa volonté, et 
de celui qui eust geu n nuis defors sans congié ensi 
corne dessus est dit. 

468. Et sachiés que tant corne frère est sans abit, 
il doit estre defors la porte dou mostier et doit venir 
le dimenche a la discipline après l'évangile au frère 
chapelain se il est en présent, et, se le frère chapelain 
n'i estoit, a celui prestre qui fera le servise, et doit 
venir a sa discipline o grant devocîon et recevre le en 
patience devant tout le pueple qui sera au mostier. 
Et quant celui frère vient a la descipline, il doit estre 
tous nus fors de ses braies, lesquels il doit avoir 
chaucées, et doit estre chaucés de chausses et de 
soliers. Et quant il aura receu la descipline, il s'en doit 
ret orner fors dou mostier la ou est sa robe, et se doit 
vestir de sa robe et oïr le servise nostre Seignor bêle- 
ment et en pais aussi come un autre frère ; quar tout 
frère qui est en penance sans son abit est tenu de oïr 
le servise nostre Seignor entérinement, aussi come un 
autre bon frère ; et quant il en veaut demorer des 
ores, il en doit prendre congié ou faire prendre ensi 
come un autre frère. 

469. Mais se il avenist que aucun frère qui fuista 
un an et i jor en penance fust malades en tel manière 
que il convenist que il demorast tout cel an o une 
grant partie de l'an en sa place sans aler au mostier, 
au chief de l'an H devroit l'on rendre son abit. Et li 
doit om conter por fait aussi le tens que il ait demoré 
malades en sa place, con cel tens el quel il a faite dou 
tôt sa penance, et con il fust chacun jor venus au 
mostier et chascun dimenche a sa descipline ; por ce 
que il nen est demoré en lui que il nen ait faite sa 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 251 

penance, et quant Dieu veaut douer la santé ou la 
maladie a home, nul ne le puet refuser. Et se le frère 
morust faisant sa penance, l'on doit faire de lui corne 
d'un autre frère, et li doit l'on coudre la croiz sur lui 
come a un autre frère. 

470. Et tant quant frère est en penance, il doit gésir 
en l'ospital, et se il est mesaisiés, l'aumosner li doit 
faire avoir les choses qui li auront mestier por sa 
maladie; et tant quant il est mesaisiés, il puet man- 
gier a l'ospital. Et tant con il est sains, il doit laborer 
o les esclaf, et quant il manjue, il doit seoir en terre 
par devant la maisnée et mangier de lor viande, et 
toz jorz doit tenir vestue une chape sans crois. 

471 . Et se l'amosnier fait aucune fois a la maisnée 
de ce que se lieve devant les frères aucune pitance, a 
ceaus frères qui sont a terre ne dorra il point, ou 
soient sans abit ou soient o tout lor abit, quar il n'en 
doivent point avoir. Mais se le Maistre manjue au cou- 
vent, il puet mander de la viande de van soi as frères 
qui manjuent a terre, mais nul autre ne lor puet riens 
doner; ne le Maistre meisme, se il mangast en l'enfer- 
merie ou autre part fors au couvent, ne lor en puet 
doner. Et ensi le puet le Maistre faire a frère qui est 
en penance o tout son abit. 

472. Et chascun frère qui est sans abit en penance 
doit jeûner m jors la semaine en pain et en aiguë, tant 
que Dieu et li frère le relaissent d'aucun des jors ; et 
li frère, se il fait sa penance bien et bel, il li puent 
relaissier d'un jor ou de deus quant bien lor semblera. 
Et ce sont les jors que il doit jeûner tant con il est 
sans abit : le lundi, le mecredi, le vendredi. Et quant 
li frère relaissent autre frère qui est sans abit de un 



r 



252 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

jor, le premier de quoi il le relaissent doit estre 
entendu le lundi, et le segont le mecredi ; et dou tiers 
li frère ni nul autre ne le puent relaissier, ce est dou 
vendredi. Car a tôt frère qui manjue en terre par 
esgart des frères co vient qu'il jeune le vendredi, ou 
soit sans abit ou a tout son abit; mais tantost corne 
il est levé de terre, il est quites dou vendredi et de 
tos les autres jors tant come il afiert a celé penance 
por quoi il fu mis a terre celé fois. 

473. Et quant l'on rent l'abit a frère qui ait esté 
en penance sans abit, il ne doit pas estre levés tan- 
tost de terre, ançois doit mangier a terre a tout son 
abit au mains une fois ou plus. Et tant come il est a 
terre, puis que li abit li est rendus, il demore au 
vendredi; mais puis que il a mangié une fois a terre 
o tout son abit, l'on le puet lever quant a Dieu et as 
frères plaira ; et si le puet om longuement tenir se as 
frères plaist et il n'ait faite sa penance en la manière 
que il doit. 

474. Et nus frère ne doit laissier la maison por 
entrer en autre religion sans congié dou Maistre et 
dou couvent, et se il le faisoit autrement, que il n'en 
eust congié dou Maitre et dou couvent, et il vousist 
retorner arieres en la maison, il ne porra pas recovrer 
la maison devant un an et i jor que il sera en penance 
ensi come dessus est dit; et est acostumé a la mai- 
son. Et encores dient aucuns, que puisque le frère ait 
demandé congié de entrer en autre relegion, et li 
Maistre et li couvent li ait doné, et li frère i soit 
entrés par cel congié, que cel frère ne doit jamais 
retorner en nostre maison ne li covent ne le doit 
soufrir. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 253 

475. Et sachiés que [se] nostre Père l'apostoile, 
qui est maistres et peires de nostre relegion sur tous 
autres après nostre Seignor, fait prière a la maison 
por aucun qui en tel manière ou en autre eust laissée 
la maison, il la fait sauve la justise de la maison; quar 
il ne fait ni ne veaut pas legierement faire proiere por 
quoi la justise de la maison se perdist, ançois veaut 
et comande qu'ele soit prise en ceaus qui l'auront 
deservie selonc les usances de la maison. 

476. Et tout frère, puis que li abit li ait esté pris par 
esgart des frères, est quites et délivres de toutes les 
autres penances que il avoit a faire a celé ore que li 
habit li fu pris; et ce fu establi en tel manière, por ce 
que assés li estoit penance dure et aspre la grant 
mesaise et la grant dolour et la grant honte que il 
avoit quant il perdi son abit et toute l'onor que il 
jamais deust avoir en la maison. Mes a ceaus qui sont 
a i an et a i jor ne sont pardonés les penances que il 
avoit a faire quant il laissa la maison, ançois est tenus 
de faire les quant il aura recovert son abit, por ce que 
a celui n'a pas esté faite la honte ne pris li abit par 
devant les frères, ançois par sa mauvaistié a faite honte 
premièrement a son cors et après a Dieu et as frères 
et a la maison dou Temple ; quar il est desparti de si 
bêle compaignie et de si sainte corne il est de la mai- 
son dou Temple, ou quar se délivrera de si honorée 
et de si bêle chose con est li habit dou Temple : ne doit 
pas avoir profit en sa folie ne en sa mauvaistié, ançois 
il doit avoir damaige. 

477. Et nul frère qui ait perdu son abit par esgart 
des frères ou en autre manière par sa folie, ensi come 
dessus est dit, ne doit jamais dire son avis en chapistre 



â54 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

contre frère, de faille qui puist monter a la maison 
perdre ou l'abit, ni celui qui tient le chapistre ne li 
en doit riens demander. Nul frère qui ait perdu son 
abit par sa mauvaistié ne doit jamais, ne puet, porter 
guarentie contre autre frère de chose qui touchast a 
l'abit ni a la maison, ne l'om ne le doit creire ; mais, 
. tant que a deus jorz ou a trois 1 , puet porter guaren- 
ties et dire son avis, et de qui en jus. 

478. Nul frère qui ait perdu son abit par sa mau- 
vaistié ne doit jamais au Temple porter boule ne 
bourse, ni doit ne puet estre comandor des cheva- 
liers, ni porter confanon haussant, ni avoir frères a 
son comandement; et li Maistres ne nus autres qui 
tient chapistre ne doit demander son avis, de chose 
qui se face par esgart des frères, a nul frère qui ait en 
chapistre faucée sa conscience se il en est ataint, ne il 
ne l'en doit dire. 

479. Ne le Maistre ne autre ne puet par raison 
mètre en pais frère, de faille qui monte a la maison 
perdre ou a l'abit, ne doit soufrir qu'il soit mis en 
pais; et se il le fait, il fait contre Dieu et contre sa 
promission, quar la justise doit estre prise en chas- 
cun frère quant il fait ce qu'i ne doit, et ensi doit 
miaus estre prise au greignor come au menor ; car 
ont plus grant leuc tient la persone ou plus lait est le 
fait, se il fait ce que il ne doit, et tant come la faille 
est plus grant et plus laide, tant en doit hom miaus 
prendre la justise. 

480. Et se frère feist chose de quoi il peust perdre 



477. — 1. Mais s'il ne s'agit d'infliger comme pénitence que 
deux jours, ou trois... ou moins encore. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 255 

la maison, et de celé chose il est en respit, il ne puet 
ni ne doit porter guarentie contre autre frère, de grant 
faille ni de petite, tant come il demore en cel respit. 

481 . Nul frère qui ait faite chose par quoi il doit 
perdre la maison, et frère le puet ataindre, encores 
fust-il mis en pais, ce que ne puet estre ne ne doit, 
ni doit jamais porter guarentie contre frère de grant 
faille ne de petite, ni doit ni puet dire son avis, ne cil 
qui tient le chapistre ne li en doit demander ; ne doit 
ni ne puet reprendre frère de nule riens que il ait 
faite, tout l'ait il veu. Quar il ne doit estre creu contre 
frère de nule riens ; quar nul qui ait faite chose par 
quoi il doit perdre la maison nen est frère dou 
Temple, et especiaument se il en puet estre atains par 
frères qui le sevent, n ou plus. 

482. Et sachiés que li frère qui sevent que aucun 
frère aie fait chose par quoi il doie perdre la maison, 
faillent laidement se il l'en cèlent, quar puis que il a 
fait ce par quoi il doie perdre la maison, il ne demore 
a la maison en la manière que bon frère i doit demo- 
rer, por qui il ne feroit jamais proufit, et grant 
damaiges i porroit venir a la maison. — Et de nulle 
faille par quoi frère doit perdre la maison puis que il 
en est atains, ne puet hom regarder a frère autre 
penance fors que la maison perdre, se non est, en si 
come il est dessus retrait de cel qui vient en chapistre, 
des choses que l'on li demande quant l'on le fait frère, 
et après est provés que il en ait menti. 

483. Se le Maistre ou autre qui tiegne chapistre ou 
ne le tiegne met en pais frère, de faille qui monte a 
perdre la maison, encores le face il par devant frères, 
le frère qui est mis en pais n'est pas quites, quar 



256 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

chascun frère qui saiche vérité de la chose l'en puet 
reprendre et doit, toutes les fois qu'i sont ensemble en 
un chapistre ; et le puet faire passer par la justise de 
la maison se l'on le puet ateindre. Et nul frère qui ne 
puet faire frère ne doit soufrir que faille qui touche a 
la maison ou a l'abit soit regardée devant lui se il 
tenist chapistre. 

484. Et saichent tuit li frère dou Temple que se 
l'abit est pris a un frère a i chapistre, et en cel 
meisme chapistre li est rendus par la prière des frères 
et por sa grant repen tance, puis que il soit aies fors 
de la porte de la maison ou cel meisme chapistre se 
tient, sans abit, il demore a deus jors, quar le tiers li 
est pardonés quant l'abit li est rendus, por [la] grant 
honte et por la grant angoisse que il ait receue par 
devant les frères. Encores se en cel chapistre meismes, 
devant que il passast la porte, li abis li estoit rendus 
par la prière des frères, mes que li abis eust esté pris, 
si demoreroit il a deus jors, et li seroit pardonés li 
tiers ensi come dessus est dit. Mais il ne se puet pas 
user que li abis soit rendus en tel manière sans issir 
fors de la porte ; quar quant om prent l'abit, on le 
prent par comunal demande des frères, et le doit om 
rendre par comunal esgart et par comunal demande 
des frères qui seront en cel chapistre. 

485. Encores dient li viels homes de nostre maison 
que quant l'abit est esgardés a perdre a i frère, l'on 
l'a por pris se il est de grant repentance et de bon 
portement ; mais bien sachiés que segont les establis- 
semens de la maison, puis que li frère ont esgardé que 
li abis soit pris a un frère, il li doit estre pris ; et se 
li frère li veulent laissier après por la grant repen- 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 257 

tance que il véent au frère, il convient que il soit de 
rechief jeté defors, et que la demande en soit faite une 
autre fois a tous comunaument ; et adonques se li frère 
s'i acordent a laissier, il le puent laissier. Et se le frère 
qui ait perdu son abit manjue au palais sans habit un 
mangier et le jor meismes, li est rendu l'abit a 1 jor 
quant li abit li est rendus, quar les il jors li sont par- 
donés por la honte que il ait receue, par devant les 
frères premièrement, et après par devant les meismes 
frères et les gens dou siècle. Et se il avoit mangié au 
palais xx jors ou xxx ensi meismement, quant l'abit li 
est rendus, demoreroit il a un jor, que cel ne li puet 
estre pardonés tant quant les chapistres se tienent a 
celui especiaument qui ait pooir de lui mètre en 
penance. Et nul qui ne puet faire frère ni prendre son 
abit ne puet mètre frère en penance sans abit; car 
besoing est que cil qui mete frère en penance sans 
abit aye pooir de doner li congié, et por soi et por 
son chapistre, d'aler en autre religion *por sauver 
s'arme se il demande ledit congié. 

486. Et quant l'aumosner le veaut remembrer devant 
les frères, il doit dire en tel manière : « Biaus seignors, 
tel home, ou tel sergent, ou tel chevalier — et nome 
le, — qui fu nostre frère, est a la grant porte et requiert 
la maison que il a laissée par sa folie, et atent la merci 
de la maison. » Et cil qui tient le chapistre doit dire : 
« Biaus seignors frères, savés nul de vos que tel home 
qui fu nostre frère ait faite chose ni porté riens fors 
de la maison par quoi il ni puisse ni ne doit retorner 
et recovrer la maison ?» Et adonques, se il y ait nul 
frère qui riens en saiche il le doit dire, et nul ne doit 
dire mais ce que il saura de vérité. 

- 17 



258 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

487. Et se il n'ait faite chose par quoi il doie perdre 
la maison ensi corne dessus est dit, et cel fol frère aura 
esté une grande piesse a la porte por miaus reco- 
noistre sa folie, et quant as prodomes semblera que 
il soit bien que il doie venir devant eaus en chapistre, 
il se doit despoillier tout nu en braies a la grant porte 
la ou il est, et si doit venir en chapistre avec une corde 
en son col devant cel qui tient le chapistre et devant 
tous les frères, et agenoillier soi devant cel qui tient le 
chapistre 1 , et de cel luec il doit prier et souploier o 
plors et o lermes a tous les frères comunaument, et 
requerre les o grant humilité que il aient pitié de lui. 
Et adonques cil qui tient le chapistre li doit dire : 
« Biau frère vos vos estes folement portés de ce que 
vos avés laissié la maison et vostre religion. » Et celi 
qui veaut la maison recovrer doit dire « que il se 
repent mult, dont il en est mult dolent et mult corrous- 
sés de ce que il s'est portés si folement, et que il s'en 
veaut amender mult volentiers ensi come il est establi 
en la maison. » 

488. Et se le frère connust estre de mal portement 
et que il en fera sa penance bien et bel, cil qui tient 
le chapistre li doit dire en tel manière : « Biau frère 
vos savés que vos avés a faire une grant penance, et 
longe, et se vos demandissiez congié de rendre vos 
en autre religion por vostre arme sauver, je cui que 
vos fereés vostre profit. » Et se il demande le dit con- 
gié ensi come dessus est dit, cil qui a le pooir de lui 
mètre en penance si a le pooir de doner li le dit con- 

487. — 1. P. omet par inadvertance ces mots, depuis et devant 
tous. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 259 

gié, o le conseill des frères qui seront au chapistre 
auquel il demandera le dit congié. Et se il ne demande 
le dit congié, l'om neli puet doner ni ne doit le congié, 
ne li doit hom neer que il ne retorne a la maison et 
rccovrer por ce, quar il nen ait faite chose por quoi il 
doie perdre la maison ; mais avant que il veigne el cha- 
pistre por crier merci, le puet hom et doit mètre en 
lonc respit et faire le atendre longuement a la porte 
por quoi il puisse bien conoistre sa folie et sa malaurté. 

489. Mais ne portant, se le frère qui veaut la maison 
recovrer est coneus de bon portement, li frère li doivent 
tantost faire issir de chapistre fors et le doivent faire 
vestir de celé robe corne a lui afiert, et doit avoir ves- 
tue une chape sans crois, et celé il doit tenir vestue 
ensur jor. Et celui qui tient le chapistre doit dire et 
comander a l'aumosner que il se preigne garde de li 
et que il le face dormir et herbergier en sa maison, 
quar en tele manière est establi en la maison, et que 
il li enseigne les choses que il doit faire. Et puis que il 
est en penance, l'aumosnier li doit aprendre ce que il 
doit faire, et doit l'aumosner mètre le jor en escrit que 
le frère comença sa penance, por ce que l'on en sée 
remembrant. Et quant il aura son terme compli, c'est 
I an et i jor, l'on li doit tantost rendre l'abit, et si li 
doit l'on rendre par chapistre, et faire de lui ensi corne 
dessus est dit. Et tout frère qui est en penance sans 
abit est quites de l'année dou servise qui li afiert, 
mais il ne doit touchier nule armeure. 

490. Et sachiés que quant i frère qui ait laissée la 
maison vient por recovrer la maison, se il laisse la 
maison deçà mer, l'on le doit trametre la ou il laissa 
la maison, et la il doit estre mis en penance et doit 



200 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

faire ensi corne dessus est dit de recovrer la maison, 
se il n'aie faite chose par quoi il doie perdre la maison. 
Mais se il laisse la maison delà la mer et vien deçà 
mer por crier merci et por recovrer la maison, bien 
le puet om mètre deçà mer en sa penance, se as frères 
plaist et se l'on est bien certain que il n'ait faite chose 
ne portée fors de la maison por quoi il doie perdre la 
maison. ♦ 

491 . Et sachiés aussi que quant un frère s'en vait 
par entention de laissier la maison, li aumosnier doit 
apeler un frère ou H prodomes et doit aler en la place 
dou frère qui s'en est aies et doit mètre en remem- 
brance et en escrit tout ce que il trovera dou bernois 
dou frère, et ne plus ne mains ; por ce que, quant le 
frère retornera par la volonté nostre Seignor por reco- 
vrer la maison, que l'on sée remembrant se il en ait 
riens porté 4 que il ne deust porter, et especiaument 
que l'on saiche se l'on treuve son hernois ou non quant 
il s'en fu aies ; et de qui en avant il en doit estre fait 
ensi come dessus est dit de doner li congié, ou de 
mètre le en penance, ou de rendre l'abit. 

492. Et quant l'on rent a frère son abit, celui qui le 
rent doit dire en tel manière : « Biau frère, se entre- 
tint com vos avés esté en penance vos aies de riens 
trespassé le comandement de la maison, criés merci 
au premier chapistre ou vos serés. » Et cil frère qui a 
recovert l'abit le doit faire ensi come celui li ait 
comandé. Quar sachiés que tout frère qui est en penance 
sans abit se doit garder de trespasser le comandement 
de la maison, de faire ce que il en doit faire ensi et 

• 

491. — 1. P. porce que. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 261 

meaus come il fust o tout son abit ; et se il faut de 
riens, il se doit amender ensi come i autre frère, quant 
il aura recovert son abit au premier chapistre ou il 
sera. Et a nul l'on ne doit esgarder son abit ni parler 
sur son abit, se il nen ait faite tel faille por quoi il le 
puisse perdre ; quar mult seroit laide chose que l'on 
esgardast a frère tel penance que il nen eust desservie, 
ou tel justise que l'on ni deust prendre ni peust segont 
l'establissement de la maison. 

493. La tierse faille que l'on puisse regarder a frère 
plus grant, si est quant l'on laisse l'abit por Dieu, et 
cel frère est a m [jorz] entérinement 4 tant que Dieu et 
li frère li fassent merci et li eslaischent d'aucuns des 
jorz; et cel frère doit adès estre mis en sa penance 
sans respit, et doit mener l'asne ou faire aucun autre 
servise des plus vils de la maison, c'est de laver les 
escueles en la cuisine, ou peler les aus et les ciboles, 
ou faire le fuec — et celui qui mené l'asne i doit estre, 
et aidier auchargieret au deschargier — , et doit porter 
son mantel lacé bien estroit, et doit aler au plus hum- 
blement que il porra. 

494. Et nul frère ne doit avoir honte de penance, 
en manière que il l'en laisse a faire ; mais chascun doit 
avoir bien honte de faire le pechié, et la penance doit 
chascun faire volenterement. Et cel frère a qui l'on 
laisse l'abit por Dieu doit faire celé penance première- 
ment que nule autre que jl en ait a faire. Et se il est 
dehaitiés, l'aumosnier li puet doner le bruet de l'enfer- 
merie ; et se il estoit issi malades que il se covenist 

493. — 1. Trois jours de pénitence par semaine. Cf. § 47»2. 



262 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

entrer en l'enfermerie, il doit mostrer son mesaise a 
l'aumosnier ; et il le doit mostrer au Maistre ou a cel 
qui tien cel office, c'est le Mareschau ou le Comandour 
des chevaliers. Et ces doit assembler les frères et lor 
doit mostrer la mesaise del frère et demander en con- 
seill, et si quant li frère auront entendu la maladie 
dou frère si s'acordent a lever, il lor doit demander se 
il s'acordent que il soit mis en l'enfermerie ; et il se 
doivent acorder se le frère est si malades que il en ait 
grant mestier. 

495. Et adonques si puet le frère entrer en l'enfer- 
merie, et la se doit contenir come un autre frère 
malades et aisier soi et mangier de tout ce que il cui- 
dera que bon li soit come un autre frère. Mais tantost 
come il li sera comandé, il doit retorner en sa penance 
sans parler as frères, et ne doit mangier au palais fors 
que a la terre, tant que Dieu et li frère li aient fait 
merci et l'aient levé de terre ; mais il puet tant sofrir 
en l'enfermerie etdemorer, qu'il puisse soffrir la viande 
dou couvent. 

496. Et saichés que tout aussi come le frère qui est 
en penance doit estre levés par esgart des frères, 
aussi doit entrer en enfermerie par esgart des frères 
se maladie li sorvient, demorant en la penance segont 
les usances de la maison, se li frère autrement ne 
s'acorderent qu'il fust levés por Dieu et por sa mala- 
die ; et ensi doit estre quelque penance que li frère 
face, ou de m jors entérinement ou de h jorz et del 
tiers, ou de n ou de i jor. Et tel penance come de lais- 
sier l'abit a frère por Dieu regarde l'on a frère qui ait 
faite chose por quoi il porroit et devroit perdre son 
abit, et li porroit on prendre si as frères plaisoit a 



LA RÈGLE DU TEMPLE. $63 

raison. Et de tele faille qui monte a l'abit l'on ne doit 
jugier as frères nule petite penance, quar assés fait 
l'on de bonté as frères puis que il ait faite chose par 
quoi l'on li doit et puet prendre et oster l'abit : se l'on 
li laisse por Dieu, de tant est en la merci des frères. 
A nul frère ne puet om esgarder m jors plainement 
se il n'ait faite chose par quoi l'on li puisse prendre 
l'abit. 

497. La quarte penance que l'on puisse regarder 
as frères plus grant, si est a deus jors et au tiers la pre- 
mière semaine, se le tiers i est només ; mais se le tiers 
n'i estoit només, il seroit a deus jors sans plus, et ceste 
penance puet on esgarder a frère por la plus petite 
faille que il trépasse le comandement de la maison. Et 
se le tiers jor i est només simplement sans déterminer 
quels soit li tiers, cel tiers doit estre le lundi. Mais se 
li frère dient en tel manière : nos acordons a deu jors 
et au tiers la première semaine a tel jor corne il fist 
la faute, il doit jeûner por le tiers jor quelque jor que 
ce soit, se il ne fust dimenches. Et se il ait faite la 
faute a dimenche, il doit jeûner le lundi au luec dou 
dimenche; et se il ait faite la faute le mecredi o le 
vendredi, il doit jeûner le lundi por le tiers jor; et a 
quelque jor autre il face la faute, il doit jeûner a tel 
jor corne il aura la faute faite. 

498. La quinte penance que l'on puet regarder a 
frère plus grand, est sans plus de H jors ; et frère qui 
est a il jors ou au tiers la première semaine, ou a m jors 
tout plainement, doit mener l'asne et faire l'un des 
vils servi ses de la maison. Et doit faire de la penance 



264 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ensi corne dessus est dit, et doit aler le dimenche a la 
discipline au comensament dou chapistre, devant que 
l'on face la prière. Et quant l'on regarde a frère que 
l'on preigne ce que l'on i puet prendre sans son abit, 
il doit estre entendu qu'il soit a n jors non plus; et 
ceste soloit estre la plus grant penance que l'on esgarda 
a frère sans l'abit. Mais après, por la diversité de 
aucuns mauvais frères, un fu mis le tiers la première 
semaine por ce que il ne se voloit amender ni garder 
de faire ce que il ne devoit faire. 

499. Et a cel frère qui est a n jors, ou a deus et au 
tiers, ou au tiers jor tout plainement, ou se il estoit a 
i jor, puet hom bien quant l'on le met en penance dire, 
se il est frère chevalier ou frère sergent dou covent, 
que il se preigne garde de son hernois, et se il estoit 
frère de mestier, que il se preigne garde de son labor 
ou de son office 1 . 



* 



500. La sexte penance est a i jor sans plus, et cel 
frère qui est a i jor nen est pas a l'asne ni au mes- 
tier, ensi come dessus est dit de ceaus qui sont a 
n jors, ou a n et au tiers, ou a m jors plainement. 

501 . Et nul frère qui soit en penance a terre ne doit 
touchier armeures se ne fust por ce que eles se guas- 
tissent en aucun luec et que il ne les peust autrement 
amender. Et sachiés que chascun frère, quant il est en 
penance, se doit tenir bêlement en sa place ensur jor, 
et Se il sait laborer de charpenterie ou d'autre chose, 

499. — 1. C'est-à-dire qu'il lui est permis, par faveur, de con- 
tinuer à remplir ses fonctions ordinaires et qu'il ne les perd pa^. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 265 

il li doit faire. Et ensi se doivent contenir tous les. frères 
qui sont en penance. 

Et nul frère, tant corne il est en penance, ne doit 
aler a nul apel ni a nul comandement qui se face par 
assemblement des frères, mais privéement lor puet 
l'on demander de conseill se besoing est. Et se un 
frère ou deus ou plus sont en penance et cri lieve/et 
l'on ait mestier des frères, li chapistre lor puet pres- 
ter chevaus et armes sans lever les de terre et sans 
avoir grant mercis d'eaus ; mais tantost corne il seront 
retorné dou cri, il doivent retorner en lor places, ensi 
corne il furent devant, et tenir soi en la manière come 
il faisoient devant. Mes li Maistres ni autres ne lor puet 
prester chevaus ni armes, ne donner lor congié que il 
les prennent, sans acort des frères, ne les lor meismes 
ni autres, quar aussi poi puent il prendre lor chevaus 
ne lor armeures come celés des autres frères sans con- 
gié, tant come il sont en penance. 

Et sachiés que frère qui est a i jor ne vait pas le 
dimenche a la descipline, ensi com font cil qui sont a 
deux jors ou plus. 

502. Quant le Maistre ou cil qui a le pooir veaut 
mètre frère en penance, il li doit dire : « Biau frère, 
aies vos despoillier se vos estes aisiés ; » et se il est 
aisiés, il se doit despoillier et après doit venir devant 
celui qui tient le chapistre, et se doit agenoillier. Et 
adonques celui qui tient le chapistre, ou qui doit 
prendre la descipline, doit dire : « Biau seignors 
frères, veés ci vostre frère qui vient a la descipline , 
priés nostre Seignor qu'i li pardoint ses defautes. » 
Et chascun frère le doit ensi faire et dire une pater 
nostre, et le frère chapelain, se il est présent, doit 



266 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

aussi prier nostre Seignor por lui en tele manière 
corne bien li semblera. Et quant la prière est faite, 
celui qui tient le chapistre doit prendre la descipline 
dou frère aveuques unes escorgées 4 se il veaut, tele 
corne li simblera, et se il nen a escorgées, il le puet 
prendre o sa ceinture se il veaut. 

503. — Et sachiés que quant li frère font ceste 
prière en chapistre ou autre part, il doivent estre en 
pies si ce ne fust tel jor que l'on feist au mostier ave- 
nies 1 ; mais a tous les jors que Ton fait avenies au mos- 
tier, se chapistre se tient, tuit li frère se doivent age- 
noillier a toutes les proieres que il feront en chapistre 
comunaument, et a ceïe dou comensament et a les 
autres ; et au jor meismement que l'on fait ix leçons se 
doivent agenoillier a la proiere que l'on fait a fin dou 
chapistre, fors cil qui tient le chapistre, lequel doit 
estre en pies tant corne il ait faite la proiere, mais 
après se doit agenoillier quant li frère chapelain fait 
l'asolucion ou quant il dira sa pater nostre. Et por ce 
fu establi que li frère fussent de genoils a celé prière, 
quar le Maistre ou cil qui tient le chapistre les assois 
dou pooir que il ait devant que il comence sa proiere. 

504. Et après la proiere de celui qui a tenu le cha- 
pistre, chascun frère doit dire sa confession, et li frère 
chapelains, après que li frère ont dite lor confession, 
doit faire l'asolution autele come bien li semblera. Et 
se le frère chapelain n'i estoit quant cil qui tient le 
chapistre a faite sa proiere, chascun frère [qui] est a 
genoils, ensi come dessus est dit, doit dire une pater 

502. — 1. Courroies, étrivières attachées à un manche. 

503. — 1. Voy. plus haut § 341. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 267 

nostre, et puis s'en puet aler se il veaut, se il n'ait 
atre comandement. — 

505. Mais se le frère qui doit estre mis en penance 
dist que il n'en est pas aisiés, le Maistre ou le coman- 
dour ne li doit pas faire force de entrer en penance 
si ce ne fust frère que l'on eust laissié l'abit por Dieu, 
quar cel frère doit entrer adès en sa penance, soit 
sains ou malades, se la maladie n'estoit si grevouse 
que apertement il eust grant péril ; et se il estoit en 
tele manière, il doit estre mis en enfermerie par esgart 
des frères maintenant, et tantost come il sera amen- 
dés il doit entrer en penance sans respit. Et se le 
frère qui doit entrer en penance dit que il ait aucun 
mesaise par quoi il ne puist entendre a la descipline 
en chapistre, cil qui tient le luec le puet mander au 
frère chapelain, qui en doit prendre la descipline ; et 
en tele meisme manière doit estre fait de tout frère 
qui ait maladie reposte, quant l'on le veaut mètre en 
penance, ou si vendredi li estoit esgardés. Et tout 
frère qui doit entrer en penance doit prendre la des- 
cipline devant que il comence sa penance. 

506. Et sachiés que chascun frère doit faire les 
penances l'une après l'autre en ordre, ensi come il li 
sont enchargées, (que) celé qui li fu enchargée premiè- 
rement, et après les autres en tel meisme manière ; se 
ce ne fust frère a qui l'on laissast l'abit por Dieu, — quar 
cel frère a qui l'on * laisse l'abit doit faire celé penance 
premièrement, quantes que il ait a faire des autres, et 
doit estre adès mis en penance s'ans respit, ensi come 
dessus est dit ; — ou se ce ne fust que li frère esgar- 

506. — 1. Mss. quar a cel frère que l'on... 



LA REGLE DU TEMPLE. 

dassent a aucun frère espressement que il feist premiè- 
rement celé penance que il li ont esgardée derraine. 
Quar maintes fois esgarde l'on a frère, por son mal 
portement, ou por ce que sa faille est trop laide, ou 
por ce que il est costumiers de faillir, que il soit adès 
mis en sa penance qui li ait esté enchargée derraine- 
ment, toute première. Et il doit estre fait ensi corne 
li frère ont esgardé. 

507. Et cil doit adès estre mis en penance se il en 
est aisiés; mais se il n'en est aisiés*, l'on li doit sou- 
frir tant que il soit amendés. Mais cil qui tient le 
chapistre ne le puet pas relaissier que il n'i entre adès 
en sa penance, ni por mesaise ni por autre chose, sans 
parler as frères et demander lor; mais li frère li 
doivent respiter tant qu'il soit amendés. Mais tantost 
come il sera guaris, il le doit faire assavoir a celui 
qui ait pooir de mètre le en penance; et cil doit 
assembler les frères après la prime en aucun luec 
privé, se ce ne fust jor que l'on deust tenir chapistre, 
et quant li frère sont assemblé, cel frère se doit des- 
poillier ensi come se il fust en chapistre, et après doit 
venir devant celui qui a pooir de mètre le en penance, 
et se doit agenoillier. Et adonques cil qui tient cel 
office doit dire as frères : « Biau seignors, veés ci 
vostre frère qui vient a la descipline, proies nostre 
Seignor qu'i li pardoint. » Et de qui en avant il doivent 
faire de la proiere et de la descipline ensi come il 
fussent en chapistre. 

508. Et tout frère qui doit rendre descipline au 
Maistre ou a autre qui tiegne chapistre, doit avoir son 

507. — 1 . P. omet mais se il n'en est aisiés. - 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 269 

mantel afublé 1 , fors que les estaches 2 doit tenir fors 
de son col quant prent la descipline. Et tôt les frères 
que l'on met en penance 3 a jorde chapistre, l'on i doit 
mètre au definement dou chapistre, se ce ne fust 
frère que l'on i eust mis maintenant que sa faille li 
eust esté esgardée ensi corne dessus est dit. 

509. Et quant le Maistre ou autre qui ait le pooir 
veaut prendre descipline de frère, il doit dire au frère, 
devant que il la preigne, quant la proiere est faite por 
lui : « Biau frère, repentes vos de ce que vos avés 
en tel manière failli ; » et celui doit repondre : « Sire, 
oïl mult. » Et le Maistre ou cil qui tient cel luec li doit 
dire : « Garderés vos en vos de ci en avant? » et le 
frère doit dire : « Sire, oïl se Dieu plaist. » Et 
adonques il puet prendre la descipline tele corne li 
plaist et autele corne il est acostumé a la maison. 

Et quant il ait prise en tel manière, il doit dire : 
« Aies vos vestir; » et quant il est vestus, il doit 
retorner devant lui, et il li doit dire : « Aies vos ent 
defors. » Et li puet dire se il veaut le comandor que 
il se preigne garde 1 , se il est frère de couvent, et se 
puet laissier se il se veaut ; et se il est frère de mes- 
tier, il li puet comander se il se veaut que il se preigne 
garde de son labor. 

510. Et le frère qui est en penance ne se doit 
entremetre de son hernois ne de son labor se l'on ne 
li comande, mais il doit dire a un frère : « Biau frère, 
pernés garde de nostre hernois ; » et le frère a qui 
celui aura recomandé son hernois le doit garder ensi 

508. — 1. Revêtu et agrafé. — 2. Les agrafes ou attaches, en 
métal ou en étoffe. — 3. P. en descipline penance. 

509. — 1. Suppl. de son hernois. 



270 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

♦ come le sien; et en tel manière meisme le doit faire 
tôt frère a qui l'on comande son hernois a garder. Et 
est plus belc chose que le frère qui est en penance 
comande son hernois por garder a aucun frère, que se 
il meismes le gardast; por ce que, se le Mareschau ou 
le Comandor des chevaliers ait mestier de hernois por 
le besoing de la maison, et face renc por prendre le 
hernois des frères mesaisiés, que celui en qui comande 
est le hernois dou frère qui est en penance se met en 
renc por cel hernois que il ait en sa garde : et ensi se doit 
mètre un frère en renc se l'on li demande, por le her- 
nois que il a en garde de un autre frère, come il feroit 
por le sien se il estoit comandement. Et sachiés que 
quant l'on comande que li frère qui ont le hernois dou 
frère mesaisié en garde se metent en renc, ceaus 
frères qui sont en penance se doivent mètre en renc, 
et ensi puet l'on prendre de ces frères come de ceaus 
qui sont en enfermerie. 

511. Et sachiés que cil qui tient le chapistre doit 
prendre la descipline de tous les frères qui sont en 
penance, nul par devant lui, se ne fust por lor 
mesaise ; et se le mesaisés i est, celui qui tient le cha- 
pistre le doit trametre au frère chapelain ensi come 
dessus est dit. Ou se frère fust mis en penance dedens 
les octaves de noel ou de pasques ou de pentecoste, 
le frère chapelain devroit prendre celé descipline pri- 
véement. Et se un frère chapelain estoit mis en 
penance, un autre frère chapelain en devroit prendre 
la descipline. Et le frère chapelain doit prendre toutes 
les desciplines que il prent des frères, privéement, 
fors celés que il prent le dimenche après l'évangile, 
dou frère qui est en penance sans abit. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 271 

512. Et chascun frère qui est en penance a terre o 
tout son abit, doit mangier au pan de son mantel ; et se 
chien ou chat mangast o le frère tant corne il demore 
en terre, il le doit chacier. Et por ce fu establi que 
quant li frère manjuent a terre, home meist en eus 
banc ou autre chose et que un sergent les gardast, 
por ce que la maisnée, ni beste ni autre laidure, ne lor 
peust faire grevance. Et tant corne frère est en penance 
et manjue, il se doit tenir bêlement et humblement au 
plus qu'il porra, et ne doit rire ne jaugler 1 . 

513. Quant aucun frère est en penance, l'on doit 
regarder le portement dou frère ; et se il est de bon 
portement en la penance et defors, li frère en doivent 
avoir plus tost merci que de i autre qui fust d'un 
autre manière. 

Mes vos devés savoir que le Maistre ni autre qui 
ait pooir de mètre frère en penance, ne doit prendre 
descipline des frères dedens les octaves de pentecoste ; 
mais se il avenist que l'on tenist chapistre dedens les 
octaves desdites festes, et vendredi fust esgardés a frère 
en cel chapistre, le Maistre ou celui qui tient cel luec 
doit dire a cel frère, quant il aura retrait l'esgart des 
frères, que il preigne la descipline dou frère chapelain 
quant les octaves seront passées. 

514. Et se li frère regardent a un frère que il soit 
a i jor ou a deus et au tiers, ou qu'il soit adès mis en 
sa penance, il doit estre respité jusques au lundi après 
les octaves, et cil qui li esgardent avoir autel enten- 
dement. Et adonques cil qui ait le pooir doit assem- 
bler les frères après la prime, et doit faire de cel frère 

É ' i té *'■ * 

512. — 1. Plaisanter, joculare. 



272 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

mètre en penance, ensi corne dessus est dit que dou 
frère que l'on met en penance a jor que l'on ne tient 
chapistre. Et tout ce fu establi en tel manière por 
honor et por révérence dou cors nostre Seignor que 
li frère ont receu. 

515. Mais ne portant se li frère a qui la penance 
seroit esgardée estoit de trop mauvais portement, ou 
se la faille estoit trop laide, ou se l'on li eust laissié 
l'abit por Dieu, bien le porroit l'on mètre et devroit 
en penance dedens les dites octaves, se li frère s'i 
acordoient ; mes li frère chapelain devroit prendre la 
descipline privéement, quar as jors des festes et as 
tous jors doit on constraindre le mauvais frère que il 
face sa penance, et destorber le de sa mauvaistié et de 
mau faire. 

516. Et sachiés que quant i frère crie merci en cha- 
pistre de sa faute, celui qui tient le chapistre ne le 
doit ne ne puet faire retorner seoir ne retenir laiens, 
ançois le doit giter ensi come dessus est dit ; quai 1 la 
règle comande que le frère qui ait failli soit soumis a 
un jugement dou Maistre ou de celui qui tient son leu 
et des frères aucunes fois, por ce que la faille est 
legiere ou por eschiver la riote ; et le fait om torner 
seoir, ja soit ce que il soit desraisons. 

517. Mais sachiés que le Maistre ou autre qui tenist 
chapistre, se le voloit faire torner seoir, li frère le 
puent jeter defors, et cil qui tient le chapistre lor en 
doit obéir, soit Maistre ou autre. Mais quant le Maistre 
met frère en penance par devant soi, nul ne le puet 
lever de terre fors le Maistre, se par congié dou 
Maistre ne le faisoit, ne ne le puet faire laissier dou 
servise taat corne le Maistre est présent en c'estage ou 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 273 

le frère fait sa penance sans son congié. Mais se le 
Maistre vait fors de cel estage, li frère li puet pardo- 
ner le mestier et les jeunes, fors le vendredi, lequel 
il doit jeûner tant come il demore en terre ; mais de 
terre ne le puet pas lever sans congié dou Maistre. 

51 8. Et se frère sont en erberge et ne manjuent en 
couvent, li frère qui seront en penance doivent man- 
gier en la tente dou Maistre se il y est, mais se le 
Maistre nen ait tendue sa tente, et le Mareschau y ait 
la soe tendue, li frère de la penance i doivent mangier 
en celé ou en la tente dou Comandour de la terre, 
se les autres tentes n'i estoient qui sont nomées. 

51 9. Et chascuns frère qui est en penance doit venir 
mangier quant le couvent manjue et souper quant le 
couvent soupe, si ce ne fust jors que il jeunast et li 
couvent manjast n fois, quar a tel jor il ne doit man- 
gier finques none soit chantée. Et quant le frère qui 
est en penance vient au palais por mangier, il doit 
venir si par tens que il soit en sa place ou il doit man- 
gier quant l'on comencera la beneiçon.- Et se frère qui 
est en penance veaut boivre a none ou a complie , il 
doit venir boivre come li autre frère, et adonques il 
puet boivre autel vin come les autres frères qui ne 
sont en penance, mais quant il manjue au palais il doi 
boivre vin de maisnée. Et tant come frère sont en 
penance, il doivent boivre deus d'un hanap ensemble 
si ce ne fust qu'il i eust frère qui fust turcoples ; et se 
il avenist que li uns frère ne peust soufrir le vin si 
fort come l'autre, dient aucun que l'on lor porroit bien 
doner a chascun son hanap. 

520. Et quant un frère fait bien et bel sa penance, 
et il ait demoré tant come il semble raison a celui que 

18 



974 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

il afiert de lever le por son bon portement ou por 

prière d'aucun prodome ou por aucune autre bone 

raison, cil qui ait le pooir doit assembler les frères 

quant il li semblera que bon soit, et doit dire as frères : 

« Biaus seignor, tel frère a esté une piesse en penance, 

et il me sembleroit bien que il fust levés si a vos 

plaist. j> Et se il en a esté prié d'aucun prodome, il le 

doit dire devant les frères, et doit nomer le proudome 

qui li ait faite la proiere. « Toutes fois la justise de la 

maison est en Dieu et en vos, et tant corne vos la 

maintendrés Dieu vos maintendra ; je vos demanderai, 

et vos en dires ce que miaus vos en semblera. » Et 

après si lor doit demander a tous comunaument, et 

premièrement a ceaus qui plus valent et plus sevent ; 

et se la plus grant partie s'acordent au lever, tuit li 

frère se doivent agenoillier devant que l'on le face 

venir, et doivent faire ensemble une corte prière por 

lui, que Dieu li doint grâce que il de ci en avant se 

puisse garder de péché. 

531 . Et après se doivent lever, et celui qui tient cel 
leu le doit faire venir devant les frères, et li doit dire 
devant tous : « Biau frère, li frère vos font une grant 
bonté quant il vos peussent tenir longuement en la 
penance se il vosissent, segont les usanses de la mai- 
son, et il vos lèvent orendroit de terre, et por Dieu 
gardés vos aussi bien de ce que vos ne devés faire 
come se il vos i eussent tenu longuement. » Et adonques 
cel frère qui est levé de penance doit mercier toz les 
frères, et de qui en avant cil doit faire de soi et de 
son hernois et des autres choses ensi come il faisoit 
devant que il fu mis en penance, et miaus se il peust. 
Et maintes fois avient que quant frères sont levés de 



LÀ RÈGLE DU TEMPLE. 275 

penance par la prière d'aucun prodome dou siècle, 
chevalier, ou evesque, ou aucune grant persone , que 
l'on coumande as frères qui ont esté levé que il li aillent 
mercier; et bien le puet hom faire qui se veaut, et s'en 
puet laissier qui se veaut, et plus honeste chose me 
sembleroit le laissier que le faire. 

522. Mais bien sachiés que le Maistre ni autre n'a 
pooir de lever frère de penance sans parler as frères 
et sans lor esgart ; et se li frère s'acordent a lever, soit 
levés de par Dieu, et se il ne s'acordent tuit ou la plus 
grand partie que il soit levés, le frère doit demorer 
en sa penance tant que a Dieu et as frères plaira ; et 
autrement il ne doit estre levés. 

523. La septime 1 est au vendredi et a la descipline; 
et cil frère a qui li frère ont esgardé le vendredi doit 
rendre la descipline en celé place meisme, tantost come 
celui qui tient le chapistre li aura retrait l'esgart des 
frères, devant que il torne seir, se ce ne fust por son 
mesaise ou que il fussent dedens les octaves de noel 
ou de pasques ou de pentecoste ; quar par ceste rai- 
son le doit trametre cil qui tient le chapistre au frère 
chapelain, et le frère chapelain en doit prendre la des- 
cipline. Et cel frère a qui le vendredi est esgardés par 
chapistre, doit jeûner en pain et en aiguë le premier 
vendredi qu'il sera aisiés, et doit mangier au covent 
et d'autel pain come li couvens mangera, se ce ne 
fust le vendredi des festes nomées entre les octaves; 
car ces il ne jeuneret pas, mes le premier qui ven- 
droit après jeuneret se il estoit aisiés. Et se il estoit 

523. — 1. Les mss. donnent sexte par erreur. Cf. la liste des 
peines, § 416. La sexte est au § 500. * 



276 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

en luec ou ne mangast, il porroit mangier le pain et 
l'aiguë a la hore establie que li frère qui junent doivent 
mangier. 

524. Et se le frère qui est mandés au frère cha- 
pelain fust en luec ou il ne puist trover frère chape- 
lain, le comandor qui seroit sur les frères et qui ave- 
roit le pooir assembleroit les frères après la prime, et 
par devant les frères il prendroit la descipline quant 
le frère seroit amendés. Mes le comandor et tuit li 
frère qui sont présent doivent faire de la descipline 
et de la pater nostre et des autres choses ensi come 
dessus est dit que l'on doit faire au frère que l'on met 
en penance, fors que cest frère ne juneroit fors le ven- 
dredi qui li a esté enchargiés par le chapistre, ensi 
come dessus est dit. Et sachiés que toutes les desci- 
plines que le Maistre ou autre frère que ne soit frère 
chapelains prent, doit prendre par devant les frères, 
fors celé dou frère qui eust maladie reposte, laquele, 
se il n'i eust frère chapelain, le Maistre ou un autre 
comandor porroit prendre ; mais il la doivent prendre 
privéement. 

525. Et dient que aucun prestre dou siècle, qui ser- 
vist la maison a la charité, puet prendre la descipline 
de un frère, se il n'i ait frère chapelain ; mais ja soit 
ce que ce soit en tel manière, il nos semble plus bêle 
chose que le Maistre ou aucun autre comandor la 
preigne privéement, ensi come feist le frère chapelain, 
mes que il soit chevaliers, fors les desciplines que li 
frère chapelains enchargent en penance as frères, car 
celle doit prendre le frère chapelains se il y est, et 
se il n'i estoit mie, un autre prestre prodome qui ser- 
vist a la maison la porroit prendre privéement après 



LA REGLE DU TEMPLE. 277 

matines o quant semblerait bon au frère qui rendroit 
la descipline. 

526. Les octaves sont as frères chapelains; et puis 
que li frère ont esgardé a un frère que il soit au frère 
chapelain, il est au justisement dou frère chapelain et 
doit faire a son pooir ce que le frère chapelain li 
comandera , quar autrement il ne feroit l'esgart des 
frères ne dou couvent. 

527. La novisme est quant l'on met frère en respit 
jusques devant le Maistre ou devant aucuns autres 
prodomes de la maison. Et saichent tuit li frère dou 
Temple que quant aucune faille vient en chapistre, et 
la faille touchast a l'abit, ou si fust novele, ou si fust 
laide, o si fust tele que li frère ne fussent certains que 
il en deussent faire, il le doivent mètre en respit, tant 
que devant le Maistre ou devant tel autre prodome 
frère de la maison qui ait le pooir et le saver de adre- 
cer la et de mener la en tele manière que soit segont 
Dieu et les usances de la maison. 

528. Et sachiés que un frère qui est de mau porte- 
ment puet l'on et doit mètre en respit tant que devant 
le Maistre et devant les autres proudomes de la mai- 
son por une petite faille, por ce que il en ait plus de 
honte et por ce que il s'en chastie miaus, et por ce que 
la faille li soit prise plus près. Car sachiés que le 
Maistre est tenus, plus que nus que il, au fol frère et 
au musart prendre la faille plus près que a un autre 
frère, qu'i li face de la petite faille grant, ensi corne 
dessus est dit, finques a deus jors et au tiers ; mes de 
qui en sus il ne doit riens prendre, se la faille ne tou- 



278 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

choit a l'abit ensi corne dessus est dit, de faire li 
aucune durté se il l'eust desservi, la quele li Maistre li 
puet faire par ce meismes. 

529. Et se le frère est mis en respit par esgart des 
frères tant que devant le Maistre, d'aucune faille, le 
frère doit crier merci de celé faille de quoi il est en 
respit au premier chapistre que le Maistre vendra, se 
le frère i est présent. Et sachiés que le Maistre, quant 
il aura entendue la faille dou frère, soit grant ou petite, 
il le doit jeter defors, quar il ne le doit ni ne le puet 
faire torner seoir sans esgart des frères, puis que par 
esgart des frères fu mis en respit ; quar le premier 
esgart des frères ne seroit mie tenus, se la faille n'es- 
toit mie regardée au frère devant celi devant lequel li 
frère avoient esgardée que i li fust esgardé ou jugé. 

530. Et se aucun frère est mis en respit de aucune 
faille en la terre de Triple ou d'Antyoche, tant que soit 
devant le grant Comandor de celé meisme terre, celé 
faille ne doit estre esgardée devant nul bailli dou 
Temple se non devant celui, ou devant le Maistre, 
devant lequel les frères ont esgardée que la faille soit 
jugée; et en tel meisme manière doit estre fait de 
toutes les failles qui sont mises en respit devant tous 
les autres baillis qui tienent en lor provinces luec de 
Maistre, por ce que il sont en luec de Maistre. 

531 . La disiesme est quant l'on met frère en pais; 
et cest esgart puet hom faire sur frère quant il est avis 
a ceaus qui esgardent la faille, ou ce de quoi le frère a 
crié merci, que il nen i ait de riens failli, ne de poi ni 
d'assés. Cel frère qui tient l'autre a failli ne se doit 
puis acorder que il soit mis en pais, car au meisme 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 279 

couvent que il le mande au frère chapelain, car nul 
pechiés ne doit estre sans penance, grande o petite ; 
mais cil qui ne le tienent de riens a failli se doivent et 
puent acorder que il soit mis en pais, quar ne seroit 
pas bêle chose que il li enchargassent penance sans 
pechié, et sur ce que il l'eussent esgardé que il n'i 
a voit de riens failli. 

532. Après que li frère se sont amendé de lor fautes 
ensi corne dessus est dit, et lor penances luer ont esté 
esgardées bien et bel segon les usances de la maison, 
et le chapistre est près de fenir, le Maistres ou cil qui 
tient le chapistre, devant qu'i le départe, il doit mos- 
trer as frères et aprendre cornent il doivent vivre ; et 
lor doit aprendre et retraire les establissemens, une 
partie, et des usances de la maison, et lor doit prier 
et comander que il se gardent de maus semblans et 
plus de maus fais, et que il s'esforcent et estudient de 
porter soi en tel manière en lor chevaucher et en lor 
parler et en lor esgarder et en lor mangier et en 
toutes lor euvres, que l'on n'i puisse noter nule super- 
fluité ne nule déraison, et que il se preignent espe- 
ciaument garde en lor roigner et en lor robes, qu'il n'i 
ait nul desordenement. 

533. Après, quant il aura mostré as frères ce de 
que li semblera que bon soit, se il veaut mètre frères 
en penance devant que il parte son chapistre, bien les 
i puet mètre ceaus qui auront penances a faire, et 
s'en puet laissier se il veaut et il ait besoing des frères ; 
mais bien sachiés que mult est bêle chose de faire 
penance. 

534. Et se il veaut mètre frères en penance, il doit 



280 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

dire en tel manière : « Tuit cil qui ont a faire 
m penances ou deus, ou de tant come li semblera, 
viegnent avant se il sont aisiés de penance faire. » 
Et tuit cil qui en ont a faire tantes come il dit, doivent 
venir avant devant celui qui tient le chapistre ; et celui 
qui tient le chapistre adonques doit dire as frères 
que en tel manière seront venus devant lui por faire 
penance, a tous ensemble, se il li semble bon que tous 
soient mis adès en la penance, ou a une partie, se il en 
eust trop, ou se li sembloit bon que il en retenist por 
le proufit de la maison une partie, que il s'aillent 
despoillier; et il le doivent faire. Et quant il seront 
despoillié en la manière que il est usé en la maison, 
il doivent retorner devant celui qui tient le chapistre 
et se doivent agenoillier humblement et o grant devo- 
cions ; et après tantost le comandor et li frère doivent 
faire la proiere, et de la descipline ensi come dessus 
est dit des frères que l'on met en penance. 

535. Et se cil qui tient le chapistre vousist retenir 
des frères qui seront venus avant por faire penance, 
bien le puet faire ; et se le comandor de la maison o 
autre qui ait frères a son comandement dit a celui qui 
tient le chapistre : « Biau sire, por Dieu, soufrés vos 
de tel frère mètre en penance tant qu'a une autre fois, 
quar je ai mestier de lui por le proufit de la maison, » 
il s'en puet soufrir se il veaut, et le puet mètre en 
penance se il veaut aussi. Mais sachiés que chascun 
doit entendre au profit de la maison tant quant il puet 
sans damaige de s'arme, mais le damaige de s'arme 
nus ne doit faire a son escient por nule chose qui soit. 

536. Et sachiés que tous jors doit l'on mètre en 
penance premièrement ceaus qui ont plus de penance 



LA RÈGLE DU TEMPLE. $81 

a faire se il en sont aisiés; et a nule autre puis que 
chapistre est comencés l'on ne doit mètre frères en 
penance, fors ceaus que l'on i met par esgart des 
frères maintenant que l'esgart des frères lor ait esté 
retrait, quar ces i covient mètre adonques por ce que 
les frères li ont esgardé, ensi come dessus est dit. 

537. Et sachiés que quant un frère vait outre mer 
par le comandement de la maison, il est usé en nostre 
maison que devant que il se recuille, il doit prier le 
Mareschau ou celui qui est en son leu que il assemble 
les frères, et celui le doit faire ; et quant li frère sont 
assemblé, cil qui doit aler otre mer doit venir devant 
eaus et lor doit prier humblement et requerre et por 
Dieu et por nostre Dame, se il ait faite aucune chose 
que il ne deust encontre eaus, que il li doivent par- 
doner, et por Dieu le facent et por miséricorde, et 
relaissent des penances faire que il ait a faire, por l'an- 
guisse et por le travaill qu'i li covendra soufrir et sur 
mer et en autres parties par le comandement de la 
maison. Et dient nostres viels homes que li frère 
puent cel frère et le doivent faire pardoner les 
penances toutes que il aura a faire ; et dient que se les 
frères li perdonent que il est quites de toutes ces 
penances, et se il ne li perdonent il n'est pas quites. 

538. Après, quant cil qui tient le chapistre ot mis 
les frères en penance ensi come dessus ait esté dit, se 
il n'i ait autres choses a dire ni a faire, il puet bien 
despartir son chapistre en tel manière, et doit dire : 
« Biau seignors, nos poons bien despartir nostre cha- 
pistre, quar la merci Dieu il n'i a riens se bien non ; a 
Dieu et a nostre Dame place que en tel manière soit il, 
et le bien i croist tous jors nostre Seignor. » Et doit 



282 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

dire : « Biaus seignors frères, vos devés savoir cornent 
il est dou pardon de nostre chapistre, et qui prennent 
partie et qui non, quar sachiés que cil qui vivent ensi 
come il ne doivent et eschivent la justise de la maison, 
et ne se confessent ni s'amendent en la manière qui 
est establi en nostre maison, et cil qui les amones de 
la maison tienent en non de propre ou en manière 
que il ne doivent, et cil qui les jetent en non defors 
de la maison a tort et a pechié et a desraison, ne 
prennent partie au pardon de nostre chapistre ne as 
autres biens que se font en nostre maison. 

539. « Mais cil qui se confessent bien de lor defautes, 
et ne laissent a dire ne a confesser lor failles por honte 
de la char ne por paor de la justise de la maison, et 
qui sont bien repentant des choses que il ont mau 
faites, cil prennent bone partie au pardon de nostre 
chapistre et as autres biens qui se font en nostre 
maison ; et a ceaus fais je autel pardon come je puis 
de par Dieu et de par nostre Dame, et de par mon 
seignor saint Pierre et mon seignor saint Pol apostres, 
et de part nostre père l'apostoille, et de par vos 
meismes qui m'avés doné le pooir ; et prie a Dieu que 
il par sa miséricorde et por l'amor de la soe doce 
mère, et por les mérites de lui et de tous les sains, 
vos deet 1 pardoner vos fautes ensi come il pardona a 
la gloriose sainte Marie Magdalaine. 

540. « Et je, biau seignors, cri merci a vos tous 
ensemble et a chascun par soi, que se j'ai fait ou dit 
envers vos chose que je ne deusse faire, ou vos ai 
corroussé par aventure d'aucune chose, que vos por 

539. — 1. Mss. deés. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 283 

Dieu et por sa douce mère le me deéV pardoner; et 
pardonés li uns as autres por nostre Seignor, que cor- 
rous ni haine ne puisse demorer entre vos. » — Et ensi 
l'otroie nostre Sire par sa miséricorde, et li frère le 
doivent faire tout en tele manière qu'i lor prie et lor 
comande. 

541 . Après il doit dire : « Biaus seignors frères vos 
devés savoir que, a toutes les fois que nos départons 
nostre chapistre, nos devons prier nostre Seignor por 
pais. » Et doit comencer sa prière au plus bel et au 
miaus que Dieu li enseignera, et doit prier especiau- 
ment por pais et por l'yglise et por le saint reaume de 
Jérusalem, et por nostre maison, et por toutes mai- 
sons de religions, et por tous autres homes religious, 
et por nos confrères et por nos consuers, et por tous 
nos bienfaitors de nostre maison, mors et vis ; et tout 
au derrain il doit prier por tous ceaus qui sont aies 
de cest siècle et qui atendent la miséricorde de nostre 
Seignor, et especiaument por ceaus qui gisent en nos 
cimentires, et por les armes de nos pères et de nos 
mères, que nostre Sire par sa dousor lor pardoint lor 
defautes et les amoine prochainement en luec de repos. 
Et cestes preeres nos devons faire toz jors en la fin de 
nos chapistres; et se a celui qui tient le chapistre 
semble bon de faire plus de prière, c'est en sa dis- 
crecion. 

542. Après, se le frère chapelain est présent, il doit 
dire : « Biaus seignors frères, dites vos confessions 
après moi. » Et il doivent dire ensi corne le frère cha- 
pelain lor enseignera ; et quant tuit auront dit lor con- 

540. — 1. Deviez. 



284 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

fession, le frère chapelain doit dire l'asolution et 
assoudre tous les frères ensi come li semblera que 
bon soit et ensi come il est acostumé a nostre maison. 
Quar sachiés que li frère chapelain a grant pooir de 
par nostre père le pape de assoudre les frères toutes 
fois selon la qualité et la quantité de la faute. Mais se 
le frère chapelain n'i estoit, chascun frère doit dire 
après la prière une pater nostre, et le salu de nostre 
Dame une fois. 

543. En quel manière les prières des chapistres se 
doivent faire et en quel manière les frères doivent 
estre tant come les proieres se font, et quant se 
doivent agenoillier et faire avenies et quant non, il a 
bien esté retrait dessus : por quoi nos ci orendroit en 
taisons nos. 



[NOUVEAUX DÉTAILS SUR LA PÉNALITÉ] 

Ces sont les choses par quoi frère pert la maison 
a tozjors. 

544. La première chose par quoi frère pert la mai- 
son a toz jors mes est symonie, quar frère qui est 
venus a la maison par symonie ne puet sauver s'arme 
et a perdue la maison ; et celui qui le ressoit pert son 
abit. Car symonie se fait par don ou par promesse 
que l'en fait as frères dou Temple ou a autre home 
qui li puisse aidier a venir a la maison. 

545. Il avint, au tens dou Maistre frère Hermant 
de Pierregort 1 , qu'il avoit frères proudomes qui 
repristrent lor consciences et se conseillèrent as saiges 
homes, et troverent qu'il erent venus par symonie. 
Si furent a grant mesaise de cuer, et vindrent devant 
le Maistre frère Hermant de Pierregort et li distrent 

545. — 1. Grand maître de 1229 à 1244, successeur de Pierre 
de Montaigu. La liste manuscrite des grands maîtres, conservée 
au British Muséum (Gotton., Nero. E, 6), et suivie par YHistoire 
des Templiers du Père M[ansuet] J[eune], distingue sans preuves 
bien concluantes un Armand de Peiragros, puis un Hermant de 
Périgord, qui ne sont probablement qu'un même personnage. Cet 
Hermant était précepteur de Sicile et de Galabre. On a du reste 
peu de détails sur lui; on sait qu'il fit relever en 1240 la forte- 
resse de Saphet, ruinée par les Sarrazins, qui la redoutaient 
beaucoup. Il périt à la grande défaite de Gaza, où l'armée chré- 
tienne fut écrasée par les Gorasmiens alliés aux Égyptiens. (Gf. 
Père M[ansuet] J[eune], I, 338-390, et Wilcke, I, 244-262.) 



286 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

as grans lermes et a grant tristesse de cuer, et des- 
covrirent tout lor fait. Et le dit Maistre fu a grant 
mesaise, quar il estoient prodomes et de bone vie, et 
de bone religion et de nete. Et le dit Maistre ot privé 
conseill aveuques les viels homes et les plus saiges de 
la maison et ceaus qui plus savoient de ce fait ; et lor 
comanda en vertu d'obédience qu'il ne deussent par- 
ler a nul home de ce fait, et qu'i le conseillassent en 
bone foi et au profit de la maison. 

546. Et il le conseillèrent en tele manière, et regar- 
dèrent que li proudome estoient si saiges et si de bone 
vie qu'il seroit grant damaiges et grans escandres a 
la maison se il perdoient la maison. Et ne voudrent 
mener les choses avant, et mandèrent a Rome a 
l'apostole * un frère qui li conta tout le fait, et li sou- 
plierent que il mandast son pooir a l'arcevesque de 
Gesaire 2 qui estoit amis de la maison et privés. Li 
apostoiles le fist volentiers et li manda letres. 

547. Et quant eles furent venues au Maistre, li 

546. — 1. Grégoire IX (1227-1241) ou encore Gélestin IV 
(1241-3) ou Innocent IV (1243-54). 

2. Le nom de ce prélat est, jusqu'à présent, impossible à iden- 
tifier d'une façon certaine. Gams cite, en 1227, un certain Petrus, 
dont le nom, ou plutôt l'initiale, se retrouve dans divers textes, 
depuis 1206 jusqu'à 1230 au moins (années 1206, 1230. Strehlcke, 
Tabul. ordinis Theutonici, n os 40, 73-4. — 1230. Delaborde, Chartes 
de Terre Sainte, p. 98. — 1220. Delaville Le Roulx, Les Archives de 
Malte, p. 49. — 1207. Du Gange, Familles d'outre-mer, p. 758, etc.). 
On a en outre un acte de 1239, qui porte le nom entier de Bertrandus 
(Strehlcke, n° 87). C'est plutôt à celui-ci qu'il faut attribuer l'in- 
tervention dont il s'agit dans notre texte. — Gésarée, aujourd'hui 
Kaisarijeh, fut conquise par les chrétiens en 1101. La ville est 
située dans l'ancienne Samarie, sur la mer, au sud du Château- 
Pèlerin. (Voy. une description de ses ruines par Rey, Monuments 
de l'arch. militaire en Orient, p. 221, et pi. XXII.) 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 287 

Maistres prist les letres et les frères, et les manda 
a l'arcevesque de Gesaire, et manda aveuques 
les dis frères les frères qui avoient esté au conseil 
privé dou Maistre une partie; et fu fait de l'un 
comandeor, et li dona pooir de faire frères par lor 
conseill. Il vindrent devant l'arcevesque aveuques les 
frères qui estoient a la maison par symonie et li bail- 
lèrent la chartre do pape ; et la chartre devisoit qu'il 
assouzist les dis frères en la forme qu'en doit assoudre 
de symonie; et li frère se conseillèrent entérinement, 
et il lor dist qu'i couvenoit qu'i laissassent lor abit. 

548. Si rendirent lor abit a celui qui estoit lor 
comandor. Et il le prist, et l'arcevesque les assolst, 
et le dit comandeor et li autre frère qui estoient en sa 
compaignie entrèrent en une chambre et tindrent cha- 
pistre. La vindrent li frère qui avoient laissié lor abit 
et requistrent por Dieu et por nostre Dame la com- 
paignie de la maison ; et le comandor les jeta dehors 
et demanda as frères lor avis, et il s'acorderent a la 
proiere de l'arcevesque qui les en avoit proies, et a la 
requeste des frères. Et il les firent frères de novel, 
tout aussi come se il n'eussent onques esté frères. 

549. Et ces choses furent faites por ce qu'il avoient 
esté grant piesse frères de la maison, et estoient saiges 
et prodomes , ^et de bone vie et religious ; et puis fu 
li uns Maistre dou Temple 1 . — Et ces choses oy-je 
retraire as prodomes qui furent en celui tens, quar je 

549. — 1. Mùnter propose d'identifier le personnage désigné 
ici avec Guillaume de Sonnac, successeur d'Armand de Périgord ; 
Sonnac, déjà fort âgé quand il fut élu en 1247, mourut deux ans 
après, en 1249 (Joinville, éd. Wailly, 269). Il était renommé pour 
sa sagesse et sa prudence. 



288 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ne le sai mais par eaus. Et se li frère eussent esté de 
mauvais portement, ja nelor eust esté faite ceste bonté. 
Et ce meismes avint il après d'un prodome de la 
maison par sa bonté. 

550. La segonde si est se frère descuevre son cha- 
pistre a nul frère dou Temple ne a autre qui n'ait 
esté en cel chapitre meismes. Mais se une faille est 
regardée en un chapistre, il la puet bien retraire, 
mais que il ne nome nul frère ; car se il nomoit celui 
qui auroit merci crié ne celui qui regarderoit la faille, 
il en perdroit la maison ; mais se li frère estoit mors 
ou avoit perdu la mason, il le porroit bien retraire et 
nomer sans avoir damaige. Et aussi quant li bailli se 
font par chapistre, il ne le doivent pas retraire ne 
raconter au quel s'acorde li uns ni a quel li autres, 
quar ce seroit descovrement de chapistre et a grant 
haine porroit sourdre. 

551 . Aussi quant il sont au conseill dou Maistre, 
doivent garder quant li bailli se font ; mais se l'on oit 
que i prodome feist un assenement en chapistre, l'en 
le porroit bien nomer, mais qu'il ne touchast a faille 
de frère qui fust a la maison. Mais se une noveleté se 
faisoit en un chapistre et li Maistres le savoit par 
aucune manière, li Maistres porroit dire en chapistre : 
« J'ai entendu que tele noveleté a esté faite, et je cou- 
mant que teles choses viegnent avant. » En tele 
manière le puet bien dire; mais li Maistres ne doit 
comander fors de chapistre a dire chose qui soit faite 
par chapistre, mais en chapistre le puet comander, et 
l'autre le puet dire aussi d'une noveleté se ele est faite. 

552. Car il avint a Ghastiau pèlerin 1 que frère 

552. — 1. Voy. § 408, note. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. $89 

Pierre de Montagu, qui estoit Maistre 2 , mist frères en 
penance et puis s'en ala en Acre. Et H frère dou chas- 
tel les levèrent de terres et quant li Maistre le sot, il 
torna arriéres, et tint chapistre, et reprist toz les 
frères qui s'estoient acordé a lever les frères de terre, 
et lor fu esgardée grant faille por ce qu'il n'avoient 
pooir de lever les : quar li Maistres les avoit mis. 

553. La tierce est, se frère tue i crestien ou une 
crestienne, ou fait tuer, il en pert la maison. 

554. Car il avint en Antyoche 1 que i frère qui avoit 
a nom frère Paris, et dui autre frère qui estoient en 
sa compaignie, firent tuer marcheans crestiens ; si fu 
la chose seue par autres, et on lor dist por quoi il 
a voient fait tel chose, et il respondirent que pechiés 
lor avoit fait faire. Et le comandor lor fist crier merci, 
et furent mis en respit ; et vint la faille devant le 
covent, et lor fu esgardé a perdre la maison et qu'il 
fussent frustes 2 par Antyoche et a Triple et a Sur 3 et 

2. Grand maître de 1218-1229; il était précepteur d'Espagne et 
succéda à Guillaume de Chartres. On sait peu de chose de lui ; 
il assista à la prise de Damiette , et eut de longues luttes à 
soutenir contre Goradin et même contre l'empereur Frédéric II 
(Cf. Père Mfansuet] J[eune], p. 289-337, et Wilcke, p. 214-243). 

554. — 1. Ceci est antérieur à 1267, la ville ayant été reprise 
cette année-là par Bendokdar, le sultan d'Egypte. Elle avait été 
prise par les croisés en 1097, après un siège fameux. (Cf. Guill. 
de Tyr, IV, 9, etc., et le plan dressé par A. Longnon dans l'éd. 
due à P. Paris, t. I, p. 135. — Voy. encore Rey, Arch. milit., 
p. 183-204.) 

2. Fouettés. 

3. Tyr. Les Templiers possédaient des biens autour de cette 
ville, qui fut conquise par les chrétiens en 1110. On trouve le 
nom d'un précepteur de la maison du Temple à Tyr, Fr. Geofridus 
Morinus, parmi les signataires d'une pièce de l'année 1187. (Italia 
sacra, t. III, col. 415.) 

19 



$90 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

en Acre 4 . Ensi furent frustes et crioient : « Vés ici la 
justise qui prent la maison de ces mauvais homes ; » 
et furent mis en prison perpétuel a Ghastiau pèlerin, 
et la morurent. Et puis en Acre avint ce d'un autre 
frère, semblable a ce meisme fait. 

555. La quarte est larrecin, qui est entendu en plui- 
sors manières : que l'en tient a larrecin cil qui emblent, 
ou celui qui ist de chastel ou de maison fermée, de 
nuit ou de jor, par autre part que par la droite porte 
qui fust overte, ne dessus ne dessous nedeignent issir. 
Ou celui qui embleroit les clés ou feroit contre-clef 
por ovrir la porte, il li seroit conté a larrecin ; quar 
nul frère ne doit ovrir porte se non ensi corne il est 
acostumé a la maison. — Et se un comandor demande 
a un frère sergant qui sera en son comandement qu'i 
li mostre les choses qui sont en son pooir et par son 
comandement, li frère les li doit toutes mostrer ou 
dire la ou eles sont, et se il ne le fasoit et en retenist 
la montance de nu deniers en sus, il en perdroit la 
maison. 

556. Car il avint a Ghastiau blanc 1 que un frère qui 
estoit sur la bergerie, que son comandour li dist qu'il 
li mostrast toutes les choses que il avoit en son coman- 
dement, et li frère li mostra tout fors une jarre de 
burre et dist qu'il n'avoit plus. Et son comandor sot 

4. Voy. § 119, note. 

556. — 1. Safit, à la hauteur de Tortose," au nord et dans le 
comté de Tripoli, une des meilleures places fortes des Templiers, 
plusieurs fois prise et démantelée par les Musulmans, finalement 
en 1271. Il en reste d'importantes ruines (Cf. Rey, p. 85-92, 
pi. IX). Le donjon, rectangulaire, servant à la fois de chapelle 
et de fort, est à 380 mètres au-dessus de la vallée. Deux enceintes 
l'enfermaient. Aujourd'hui, un village important s'est élevé dessus. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 291 

que la jarre estoit laiens et reprist le frère. Et li frère 
ne li pot neer, ains l'otroia ; si en perdi la maison. 

557. Se aucuns frères par ire ou par corrous laisse 
la maison et en porte les choses qu'il ne doit porter, il 
en pert la maison, car ce est larrecin. — Et saichent 
tuit li frère dou Temple qui laissent la maison, qu'il 
n'en doivent porter nule chose double. Et n'en doit 
porter or ni argent, ni beste mener, ne nule armeure : 
c'est assavoir chapiau de fer, ne hauberc, ne chauces 
de fer, ne arbalestre, ne espée, ne cotiau d'armes, ne 
jupel d'armer, ne espalieres, ne masse, ni lance, ni 
armes turqueses. Et briement, qui en prent nule riens 
qui as armes afiert et l'en portoit, il en perdroit la 
maison. 

558. (Ce sont les choses qu'il en pevent porter 1 .) 
C'est assavoir une cote et une guarnache a penne, ou 
un jupel de vestir, et une chemise, et unes braies, et 
unes chauces, et uns soliers, ou les hueses sans les 
soliers, et un chapiau de bonet, et la coife, et une 
ceinture, et un coutiau a pain trenchier ; et toutes ces 
choses sont a entendre teles come il avoit vestu a la 
prime 2 . Etpuet porter i manteau ou la chape, mais se 
il li est demandés il le doit rendre, et s'il le retient il 
en pert la maison ; et se il ne li estoit demandés, si le 
doit il rendre arriéres, quar se il le retenoit n nuis en 
sus, fust demandés ou non, il en pert la maison. Car 
cil mauvais frère qui laissoient la maison et en por- 
toient l'abit, le portoient parmi les tavernes et par les 
bordiaus et par les mauvais leus, et les metoient en 



558. — 1. Rubrique ajoutée après coup par le ms. de Paris. 

2. Cf. § 281. 



292 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

gaiges et les vendoient as mauvaises persones, dont la 
maison avoit grant honte et grant vergoigne et grant 
escandre : et por ce establi li couvent et H prodes- 
homes de la maison , et por ce que li manteaus vaut 
plus que li soliers ou coutel d'armes ou masse; quar 
por chascune de ces choses la perdroit il qui en por- 
teroit i des abit, il en perdroit la maison. 

559. Mais por ce ne quasserent il mie le premier 
establissement , que qui giroit h nuis dehors si corne 
il est dit dessus, que il peust i an et i jor recovrer 
son abit. Dont cil [qui] regardent, s'il vient après la 
prime ou mande le mantel, que il ait perdue la mai- 
son, cil vont encontre le premier establissement que 
nul ne puet abatre se li couvent ne l'oste ; et aussi 
cil qui dient après i jor ou après vespres. Mais la nostre 
conscience si est tele, que cil qui tient les n nuis et 
l'endemain tout le jor jusques a la nuit que li jors est 
passés a ore de complies, que de qui en avant, se il 
revenoit ou mandoit 1 , adonques leporroitom esgarder 
a perdre la maison ; car adonques puet l'en dire que 
il l'a retenu outre les n nuis et un jor entérinement. Et 
la conscience se porroit sauver et ne seroit brisiés li 
premiers establissemens ; mais por ce que ceste faille 
n'est ne onques ne fu bien esclarsie , por ce en dit 
chascuns sa conscience. Et je n'ai dit la nostre, mais je 
ne me charge d'autre assenement quar je ne Toi onques 
faire clerement ; mais bien ai oy retraire as viels homes 
de la maison ce que j'ai dit dessus ; mais chascun doit 
sauver sa conscience. 

560. Il avint que uns qui avoit a non frère Hugues 

559. — 1. Ou s'il renvoyait son manteau. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 2j93 

laissa la maison en Acre, et rendi toutes les choses 
que il devoit rendre, fors le mantel que il retint n nuis, 
et le jor après le manda ; poi de tens après se repenti 
et vint crier merci a la porte si come il est establi a 
la maison, et li frère le regardèrent a perdre la maison. 
Et aucuns frères redioient qu'il n'estoit pas raisons 
que por le mantel perdist la maison, s'il ne l'avoit 
retenu plus qu'il ne l'avoit retenu, mais de ce ne 
distrent certainnement combien de tens il le pooit tenir. 
Et un ot defaute, que l'on ne sot certainement a quel 
hore il l'avoit rendu : et por ce s'acorda la plus grant 
partie dou couvent, por ce que il l'avoit plus tenu qu'il 
ne devoit et que les u nuis estaient passées, et ne 
sa voient a quel hore il l'avoit rendu, il ne pooit retor- 
ner a la maison. Et sachiés que cil qui ce regardèrent 
et maintindrent s'en sont maintes fois repenti de ce 
que il regardèrent. Et se une novelletés se fait, por 
ce n'est-il pas establissemens que l'en doie tenir, et ne 
le doit l'en pas maintenir ; mais se li Maistres et li cou- 
vens establissent chose, celé doit estre tenue. 

561 . Il avint que uns frères laissa la maison a Chas- 
tiau pèlerin et rendi tout son hernois, et puis après 
vint crier merci a la porte; et li Maistres fist sa 
demande, et il y ot frères qui distrent qu'il avoit uns 
retrais 4 et/ qu'il le savoient bien, et por ce qu'il ne 
furent trovés il en perdi la maison. Et tous frères est 
creu sor frère, quant il laisse la maison, de ce que il 
die qu'il aura perdu son hernois par la faute dou frère 
qui ait laissée la maison. 

562. Il avint que un frère laissa la maison a Albe, 

561. — i. Qu'il avait retenu plusieurs choses. 



294 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et s'en ala au Crac 1 et en son chemin perdi i arc qu'il 
portoit, et un sergent le trova et le rendi a son coman- 
dour ; et li frères dist que quant il s'en ala il avoit 
laissée une espée en sa place, et le comandor ne la 
trova pas ; puis retorna li frères et cria merci et fu 
mis en respit par devant le Maistre et le couvent, et 
vint par devant le chapistre gênerai et cria merci. Et 
li frère regardèrent que por l'espée qui estoit perdue 
a la maison et por l'arc qui estoit perdus, — quar la 
maison ne l'avoit pas recovré par lui, — por chascune 
de ces choses li fu esgardé a perdre la maison. 

563. Il avint que un frère chapelain venoit de Triple 
par mer, et le prist une maladie, et de ce morut avant 

562. — 1. Nous pensons qu'il faut entendre par ces deux noms 
les châteaux de Blanchegarde et de Karak ou la Pierre du désert, 
malgré leur éloignement. Le premier, dit aussi Alba spécula, était 
situé dans l'intérieur des terres entre Ascalon et Jérusalem, au 
sommet d'une colline (aujourd'hui Tell-es-Saphieh). Fondé par 
Foulques d'Anjou en 1140, il fut pris par Saladin en 1187. Il n'en 
reste que des ruines méconnaissables (cf. Rey, Archit. mil., p. 123). 
— Le second, situé près et à l'est de la mer Morte (aujourd'hui 
Kir-Moab), fut fondé en 1143 par Payen, bouteiller du royaume de 
Jérusalem (Guill. de Tyr, 1. XV, c. 21). C'était aussi la résidence 
de l'archevêque dépendant du patriarche de Jérusalem. Cette 
place forte (cf. Rey, p. 132, pi. XIV) fut longuement mais vaine- 
ment assiégée par Saladin en 1183 (Guill. de Tyr, XXII, 17, 29); 
elle ne passa en ses mains que par un traité, en 1188. Le grand 
maître était alors Terric (1185-1188). — Il y avait deux autres 
châteaux du nom de Krak, avec lesquels il ne faut pas confondre 
celui-ci ; l'un était à Montréal ou Schaubak, au sud de la mer 
Morte; l'autre, et le plus fameux, était le Krak des chevaliers, 
ou Kalaat-el-Hosn (Rey, p. 39-67, pi. IV- VII), appartenant aux 
Hospitaliers; ses ruines, splendides et magnifiquement conser- 
vées, subsistent encore ; il était situé presque à la hauteur de 
Tortose, dans le comté de Tripoli, et ne fut évacué par les che- 
valiers qu'en 1271. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 2|95 

qu'il venist a Baruth ; et quant le comandor sot qu'il fu 
au port, il [l'Jala querre et le fist enterrer. Et le coman- 
dor prist uns viels vestimens et l'en revesti, puis 
ovri les besaces dou frère chapelain et prist uns ves- 
timens en leuc de celui ; après manda toute la robe au 
Maistre fors une espée. Après dist l'on au frère qu'il 
ne le pooit faire, et il estoit simples hons, et en cria 
merci par devant le Maistre. Et por ce qu'il savoit poi 
des usages de la maison et l'avoit fait en bone foi, 
et damaiges n'en estoit avenus, li Maistres pria les 
proudeshomes qui la erent qu'il preissent la chose sur 
yaus avant qu'ele alast avant. Quar s'il la vosissent 
mètre en avant, li frères eust perdue la maison : por 
ce que quant frère chapelains muert es parties deçà la 
mer, tuit si livre et ses vestimens et tuit si juel doivent 
venir en la main dou Maistre, fors la robe de vestir 
et de gésir et les armeures, qui doivent aler la ou 
eles doivent aler ; et se il muert es parties d'outremer, 
eles doivent aler en la main dou comandor dont il est. 
Et se nul frère pernoit riens des choses dessus dites, 
l'on li conteroit a larrecin. 

564. Se frère brise clef ou sereure qui ne soit en 
son comandement, et en prent nule chose sans congié 
de celui de qui ele seroit, et il fust ataint qu'il eust 
pris les choses, il li porroit estre conté a larrecin. 

565. Se frère met la main a autrui besaces et li 
frères de qui eles sont disoit que il eust perdu de ce 
que il avoit dedens, et il le poist ataindre qu'il eust la 
main mise dedens ces besaces et (qu')il peust prover 
qu'il eust perdu de ces besaces ce qu'il avoit dit, il li 
seroit conté a larrecin. 

566. Se frère muert et on li trove or ni argent en 



296 LÀ RÈGLE DU TEMPLE. 

ses besaces ou en son hernois, et il soit frères de covent, 
ou il l'eust mis dehors la maison ou escondu 1 sans 
congié de celui qui doner li puet, et il ne le confessoit 
a la mort a son comandor ou a autre frère, il ne seroit 
mie mis en cimentire, mais seroit jetés hors a chiens ; 
et se il estoit en terres, hom le jeteroit defors, et a 
esté fait de pluisors autres. 

567. La quinte est comune; car comune est de 
H frères ou de qui en amont. Et se deus frères s'acor- 
doient ensemble et ferroient 1 un frère ou le repernoient 
de chose qui fust mensonge, et il estoient ataint que 
acordéement l'eussent fait, ce seroit tenu a comune et 
perdroient la maison. 

568. La sisime est, se frère laisse la maison et s'en 
vait as sarrazins, il pert la maison. 

569. Il avint que frère Rogiers l'Aleman 1 fu pris a 
Gadres 2 , et li sarrazin ii distrent que il se reneast, et li 
firent lever le doi et crier la loy ; et fu mis en la prison 
avecques les autres frères, et cria merci devant les frères, 



566. — 1. Caché. 

567. — 1. Frappaient. 

569. — 1. Il y a une famille importante de ce nom, dont un 
membre fut seigneur de Gésarée au milieu du xni e siècle (cf. Du 
Gange, Familles d'outre-mer, 503-509), mais aucun des noms con- 
nus de cette famille ne répond au chevalier mentionné ici. 

2. Ce nom peut s'appliquer à deux villes, toutes deux places 
fortes, toutes deux célèbres. L'une, tiadara, dont il est très sou- 
vent question dans la Bible, est une des cités de la Décapole, à 
l'est du Jourdain, près et au sud du lac de Tibériade (cf. Guill. de 
Tyr, XVI, 13). L'autre, qui semble devoir être plutôt celle dont 
il s'agit ici, est Gaza ou Gazara, près de la mer, au sud d'Asca- 
lon, à l'extrémité de la Palestine. Elle appartenait à l'ordre du 
Temple depuis 1149, fut prise en 1187 par Saladin, et reprise par 
les chevaliers en 1191. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 297 

et dist encores que ne savoit que estoit ce qui li fai- 
soient crier. Et fu mis en respit devant le Maistre et 
le couvent, et quant il fu délivres il cria mercis en 
chapistre gênerai, et perdi la maison por ceste chose. 

570. Il avint au Safet 1 que un frère qui estoit a la 
grosse forge se parti dou chastel a tout son hernois 
por entension de laissier la maison, et ala celé nuit a 
un casai des Alemans 2 qui estoit garnis de sarrazins ; 
et l'endemain s'en repenti et vin a Acre, l'endemain 
après la prime,, et vint droit a nostre maison, et au 
premier chapistre ou il fu cria de ceste chose merci. 
Et li frère li gardèrent a perdre l'abit, et aucun pro- 
dome parlèrent de ce qu'il avoit une nuit herbergié 
aveuques les sarrazins; et se le casau ne fust a coman- 
dement des crestiens, et li baillis ne fust crestiens, 
il eut perdue la maison. 

571 . La septime [est] se frère estoit de mauvaise 
loy et n'estoit bien creans en la loy de Jhesu Grist. 

572. La huitisme est, se frère faisoit contre nature 
et contre la loi nostre Seignor, il en perdroit la maison. 

573. Il avoit a Ghastiau pèlerin frères qui usoient 
de mauvais pechié et manjoient de nuit en chambres ; 

570. — 1. Saphet, près et au nord du lac de Tibériade, à peu 
près à la hauteur d'Acre. — Cette place forte, ruinée en 1219 par 
les Musulmans, fut rebâtie à grands frais, en 1240, par le grand 
maître Hermant de Périgord (cf. Père M[ansuet], Hist. des Tem- 
pliers, I, p. 369-373). Mais elle fut encore arrachée à l'ordre et 
pour toujours, en 1266, par Bendokdar, qui massacra les défen- 
seurs jusqu'au dernier. 

2. C'est-à-dire appartenant aux chevaliers Teutoniques. Il y 
avait, précisément entre Saphet et Acre, plusieurs châteaux forts 
de cet ordre (fondé vers 1190), Montfort, par exemple, le plus 
important. Cf. sur ce point : Prutz, Die Besitzungen dés Deutschen 
ordens im heiligen Lande. Leipzig, 1877 (avec carte). 



298 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

si que cil qui estoient près dou fait, et autres qui trop 
l'avoient soufert, distrent au Maistre ceste chose et a 
une partie des prodeshomes de la maison. Et le 
Maistres ot conseill, que ceste chose ne venist en cha- 
pistre, que trop estoit le fait lait, mais feissent venir 
les frères en Acre ; et quant ils furent venus, le Maistre 
mist un prodome en la chambre, et autres en sa com- 
paignie en la chambre ou il erent, et lor fist lever 
l'abit et mètre en gros fers. Et i des frères, qui ot a 
nom frère Lucas, eschapa de nuit et ala as sarrazins. 
Et li autre dui furent mandé a Ghastiau pèlerin; et 
l'un cuida eschaper, si fu mors, et l'autres demora en 
la prison grant piesse. 

574. La novisme est, se frère laisse son confanon 
et fuit por paor des sarrazins, il pert la maison. Et 
nostre viel home si dient, se frère sont mandés au 
servise de la maison et cil qui les mande lor done un 
comandor des chevaliers et ne porte point de confa- 
non ; et dient, se aucun frère se partoit de son com- 
mandor et s'en fuist por paor de sarrazin , qu'il en 
perdroit la maison. Et aucun autre frère dient que il 
n'est pas 1 confanon, et qui laisse son comandeor en 
bataille bien laisseroit son confanon ; par quoi c'est 
bien semblant que par raison le puet l'on regarder de 
la maison. 

575. Se frère vont en servise de la maison et n'ont 
point de comandor, et il voient que il soient en perill 
de sarrazins, il puent bien eslire un d'eaus a coman- 
deor, et puis li doivent estre obedient et tenir près de 
lui en fait d'armes, ausi bien come se l'on lor eust 
doné a comandeor. 

574. — 1. Peu importe s'il n'y a pas de confanon... 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 299 

576. Car il avint que tartars furent en cest pais 1 ; 
et li Maistre manda par conseill des prodeshommes 
xii frères en Jérusalem. Et li rai se partirent de la vile, 
qu'il n'i demorerent. Le Maistres entendi le perill en 
quoi li frère estoient, si manda une chartre au coman- 
dor des chevaliers et as autres frères, qu'i se deussent 
retraire jusques a Japhe 2 , qu'iljie fussent assailliz des 
tartars. Le comandor des chevaliers ne le vost faire ; 
sur ce mi frères vindrent au comandor et li distrent 
qu'il feist ce que la chartre dou Maistre li comandoit, 
et il respondit qu'il ne s'en partiroit sans les frères de 
l'Ospital qui estoient venus en sa compaignie. Et li 
nu frère prièrent le comandeor qu'i lor comandast 
par comandement qu'il demorassent en sa compaignie ; 
et le comandor dist qu'il ne le feroit pas. Et sur ce 
uns frères qui estoit li plus viels hons de la maison 
d'eaus toz lor fist assenement qu'il s'en pooient bien 
aler puis que li Maistres comandoit que il s'en alassent, 
et n'eussent paor de la justise de la maison, quar l'on 
ne lor pooit esgarder faille sur ce : cil mi s'en vindrent, 
et quant il furent devant le Maistre il crièrent merci de 
ceste chose par lor plaine volenté. 

577. Et aucun distrent qu'il avoient perdue la mai- 
son por ce qu'il avoient laissié lor comandeor et lor 

576. — 1. Il s'agit de l'invasion que firent les Tartares en 1257, 
sous le magistère de Thomas Béraud, qui est ici désigné (1257- 
1273). Après avoir enlevé Damas et plusieurs places importantes 
aux Turcs, ils furent défaits à Tibériade par le sultan d'Egypte, 
en 1260. Plus tard, ils firent alliance avec les Templiers, sous 
Jacques de Molai, contre les Musulmans, leur ennemi commun 
(1299). 

2. Joppe ou Jaffa, au bord de la mer, entre Ascalon et Gésarée, 
au nord de Jérusalem. Cette place fut définitivement perdue par 
les chrétiens en 1268. 



300 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

confanon en péril de sarrazins. Et la plus grant partie 
d'eaus distrent que la chartre dou Maistre yere alée 
au commandour et a toz les frères, que il s'en 
venissent, et le comandeor ne lor vost faire comande- 
ment de demorer, et por ce, que li plus viels homes 
de tout yaus avoit assené qu'il s'en porroient venir 
sans avoir damaige de la maison ; car se la chartre ne 
fust alée en tele manière et l'assenement ne fust fait, on 
lor poist faire perdre la maison. Et aucuns de ces 
lin frères dist qu'il avoit congié de venir quant il vou- 
droit, et li Maistre li en porta guarentie, et as autres 
fu regardée faille sans lor abit, por ce qu'il n'avoient 
lor comandeor atendu. Et cil qui fîst l'assenement fu 
mis a ijor. 

578. Se Dieu fait son comandement de uns des 
comandeors des provinces, celui qui remaint en son 
luec doit prendre tout le hernois au conseil d'une par- 
tie des prodomes de la maison qui la seront entor lui, 
et seeler les besaces de boules ' des comandeors qui la 
seront. Et la boule dou comandor qui sera mort soit 
mise dedens, quar les besaces doivent estre mandées 
au Maistres, et tuit li autre joel, et l'or et l'argent, 
doit estre mis en la huge dou comandeor et bouler 
tout ausi come les besaces ; et faire assavoir au Maistre 
qu'il face son comandement, car toutes les choses des- 
sus dites doivent venir en la main do Maistre sans 
riens oster. Mais les bestes et la robe de vestir et de 
gésir et les armeures sont en la volenté dou coman- 
dour a faire ce qui li plaira ; et se il autre chose en 
retenoit, il en porroit perdre la maison. 

578. — 1. Les sceaux. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 301 

579. Et se il estoit Visitour de par le Maistre et de 
par le couvent, si corne il se doivent faire, et Dieu feist 
son comandement de lui outre mer, aussi doit l'en 
prendre ses besaces et mètre leans sa boule, et tous 
ses menus juaus que l'en i porra mètre, et qu'eles 
soient bien boulées de la boule au comandeor et des 
autres comandeors, et mandées au Maistre. Et toutes 
les autres choses, or et argent ou quelque chose que 
ce soit en sa chapele, tout doit estre mis ensemble et 
tout doit estre mandé au Maistre en la terre d'outre 
mer, et les bestes meismes. Car toutes les choses brie- 
ment qui la sont, dou Maistre et dou couvent sont, se 
ce n'estoit robe de gésir ou de vestir, qui doivent estre 
donées por Dieu. 

580. Il avin que frère Martins Sanches 1 estoit 
comandeor de Portigual et morut avant qu'il venist 
en sa baillie. Cil qui fu mis en son luec prist une par- 
tie des choses qu'il avoit la mandées et les dona a son 
escient au proufit dou Temple ; et le frère avoit poi esté 
en nostre maison et ne savoit la desfence. Et quant le 
Maistre sot cornent ce fu aie, il manda querre le frère 

580. — 1. Un travail inséré dans la collection de documents 
publiés par l'Académie de Portugal en 1722, t. I et II, sous le 
titre de Catalogo dos mestres da Ordem do Templo Portuguenses, 
composto pelo P. T. Luca de S. Catharina, nous donne quelques 
renseignements précis sur la question. Martin Sanchez était 
commandeur de Portugal en 1228, sous le roi Sanche II. Il 
célébra, dit l'auteur, un chapitre provincial à Gastello Branco, 
où se trouvaient convoqués et réunis les frères des trois royaumes, 
Portugal, Gastille et Léon ; d'où il infère que Sancbez était maître 
des trois provinces. Il passait pour fort habile ; malheureusement 
il mourut l'année suivante. Son successeur, toujours selon le 
P. Luca, fut Simon Mendès, qui occupa le magistère de 1229 
à 1239. 



* 



302 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et H fist crier merci ; et por ce qu'il ne savoit l'usaige 
de la maison, li Maistre ot conseil aveucune grant par- 
tie des prodomes de la maison, et ne voustrent mener 
la chose a ce qu'ele peust estre menée, car il ne savoit 
especiaument les establissemens de la maison. 

581 . Et quant Dieu fait son comandement d'un des 
comandeors des provinces, il ne puet mètre nul frère 
en son luec se non tant corne il est vis 1 . Et quant Dieu 
a fait son comandement de lui, cil qui l'a mis en son 
luec doit mander au comandeor de la province et faire 
assavoir la mort de lor comandeor ; et il doivent venir, 
et doivent eslire un d'eaus, quel qui lor plaira, quant 
il seront assemblé en un luec covenable ou il les assè- 
nera a un jor nomé. Et celui qui est en luec de coman- 
deor doit mostrer le fait de lor comandeor a ces 
comandeors et a celui qui tient luec de grant coman- 
dor, jusques a tant que li Maistre aura fait son coman- 
dement ; et cil qui sera mis en leu de comandeor doit 
faire assavoir au Maistre la mort de son comandour et 
mander les choses si come il est dit desus. 

582. Car il avin que frère Guillaume Fouque 1 estoit 
Comandeor d'Espaigne et fu malades : estant en sa 
maladie il mist frère Adam en son luec. Et puis distrent 
aucun qu'il faisoit mal quant il ne laissoit frère Rey- 
mont de Lunel ; et il dist « de par Dieu je le lais en 
mon leu, » et sur ce il morut. Et quant il fu mort 

581. — 1. Vivant. 

582. — 1. C'est le successeur de Simon Mendès, dont nous 
venons' de mentionner le nom au sujet de Martin Sanchez (§ 580). 
Il occupait cette charge en 1239, sous le roi Sanche II, d'après 
la même liste des maîtres de Portugal. Il paraît bien que ces 
maîtres avaient alors les trois provinces d'Espagne sous leur 
commandement. 






LA RÈGLE DU TEMPLE. 303 

frère Adam dist que il estoit en luec de Comandeor, 
et frère Reimont de Lunel dist qu'il avoit esté avant de 
lui, et sur ce orent contrast 2 ; et li frère de Gastele et 
de Léon se tindrent aveuc frère Adam, et cil de Por- 
tegal se tindrent aveuc frère Reimont de Lunel, et 
chascun s'en ala en sa partie, et chascun tint cha- 
pistre, et firent baillis, et usa chascun de tant de pooir 
corne puet user frères qui est en luec de Comandeor. 
583. Et firent assavoir au Maistre le fait cornent il 
estoit. Et le Maistre manda comandeor en Espaine et 
manda a ces n frères qu'i venissent en cest païs ; et il 
vindrent et crièrent merci de ceste chose devant le 
Maistre et le couvent. Et li Maistres et li couvent virent 
que le dui frère avoient perdue la maison, et le mistrent 
en respit por ce que il estoient dui prodome et de bone 
vie et de bone religion, et que la chose estoit novele. 
Après avin que la bataille se devoit faire a Gadres 
entre les crestiens et les sarrazins, et nos gens erent a 
Escalone d . Et le Maistres assembla les frères après 
matines et lor pria qu'il preissent sur yaus le fait de 
ces n prodomes ; et il le firent volentiers et lor pardo- 
nerent lor faille. Mais sachiés qu'il avoient perdue la 



2. Contestation. 

583. — 1. Âscalon; sur la mer, entre Gaza et Ibelin, au sud 
de la Palestine. La ville ne fut prise par les chrétiens qu'en 1154, 
après un massacre de quarante Templiers, qui, avec le grand 
maître Bernard de Tremelai, avaient imprudemment pénétré dans 
la ville par une brèche, et auxquels l'ennemi avait coupé la 
retraite. Saladin reprit la place en 1189 et la démantela en 1191, 
quand il dut renoncer à la garder. Bien que dès lors en la posses- 
sion des chrétiens, elle resta dans l'abandon. 8a forme était un 
demi-cercle (cf. Rey, Archit. milit., p. 205, pi. XIX). Guillaume de 
Tyr en fait une description au liv. XVII (c. 21-30) de son histoire. 



304 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

maison selonc noz establissemenz, por ce que il avoient 
usé de pooir dont il ne doivent user, selonc ce qui est 
dit dessus. Et si dioient li proudomes de la maison 
qu'en pooit bien noter ce a comune, de tout ceaus qui 
avoient maintenu le fait. 

584. La disaime est, se frère qui soit rendus a la 
maison por home lai se fait ordener sans congié de 
celui qui doner li puet, il en porroit perdre la maison. 
Et se il estoit ordenés a soudiaque o de qui en sus, 
et il le celoit a sa promission faire et il en fust atains, 
il en porroit perdre la maison. 

585. Car il avint que le Comandeor de France 
manda un frère deçà mer, qui estoit de sa baillie et 
s'estoit fait ordener a soudiacre, et vint en chapistre 
gênerai qui estoit a Cesaire. Et i estoit frère Guiraut 
de Braies et frère Hugue de Monlo 1 et mult d'autres 
viels homes, et li fu regardé a perdre la maison por 
ceste raison qu'il s'estoit fait ordener sans congié. 

586. De toutes ces choses devant dites porroit l'en 
perdre la maison, et si y a autres branches. 

Il avin que nos aviens un frère chevalier, et y ot 
frères de son pais qui distrent qu'il n'estoit pas fis de 
chevalier ne de lignage de chevalier, et les paroles en 
furent si grans par la maison qu'il couvint qu'eles 
venissent avant en chapistre. Et les frères meismes 
distrent que s'il estoit en la place il seroit bien atains ; 
si s'acorderent li frère que l'en mandast querre, quar 
il estoit en Antyoche. Et le Maistre le manda querre, 
et quant il fu venus au premier chapistre ou il fu, il se 
leva et dist devant le Maistre qu'il avoit entendues 

585. — 1. Cf. § 592. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 305 

paroles qui erent dites sur lui. Et li Maistre comanda 
que cil qui avoient dites les paroles se levassent, et il 
se levèrent, et fu ataint que son père nen ert chevalier 
ne de lignage de chevalier : si li fu ostés le manteau 
blanc et doné mantiau brun, et fu frère chapelain. 
Et cil qui le fist frère estoit outre mer, et quant il fu 
venu deçà il cria merci de ce qu'il avoit fait frère, et 
dist qu'il l'avoit fait par comandement de son coman- 
dor de Peito 1 , lequel estoit mort, et il se trova en 
vérité de ce. Et se ce ne fust qu'il trova guarentie qu'il 
l'avoit fait par comandement, et ce meismes qu'il s'es- 
toit bien portés en sa baillie et estoit proudons, en li 
eust osté l'abit, por ce que nus ne doit doner abit a 
celui qui avor ne le doit ; quar nul sergent ne doit avoir 
mantel blanc. Et se tele chose avenoit dou Maistre, l'en li 
porroit faire bien si come ill a esté fait et dit dessus. 

Ces sont les choses par quoi li frère perdent lor abit 
s'il en sont ataint, dont Dieu les gart. 

587. La première est, se frère refuse le comande- 
ment de la maison et se maintient en l'eredie 1 et ne 
veaut faire le comandement qu'en li aura fait, l'en li 
doit oster l'abit et mètre en bons fers. Mais durtés 
seroit a faire en tel manière, ains le doit hom laissier 
refroidir de son corrous et aler a lui bêlement et dire 
li : « frère, faites le comandement de la maison; » 
c'est plus selonc Dieu. Et se il le fait et damaiges nen 
est venus, de par Dieu l'abit est en la volonté des frères 
ou dou prendre ou dou laissier. Au comandement de 

586. — 1. Poitou. 

587. — 1. Folie, indiscipline. 

20 



306 LA REGLE DU TEMPLE. 

la maison ne doit hom dire « non, » mes « de par 
Dieu ; » et se il ne le fait, l'en li puet oster l'abit et 
faire lui ensi corne j'ai dit dessus. 

588. Ilavint a Tortouse 1 que le comandour fist 
comandement a i frère, et li frères dist : « Espoir, je 
le ferai. » Et le comandour fist assembler les frères et 
le fist crier merci de ceste chose, et li frère dist qu'il 
feret le comandement. Et li frères furent tuit enpees- 
chié de laissier l'abit, por ce qu'il n'avoit otroié le 
comandement a la première parole. 

589. La segonde est, se frère met main sur autre 
frère iréement et corroussement et li fait remuer les 
pies de la place, ou li romp les ataiches de son mantel, 
l'abit ne li puet demorer. Et se la bateure est trop 
grant ne laide, en le puet mètre en fers ; et puis que 
frère a esté mis en fers, il ne doit porter confanon 
baussant ne estre en eslection de Maistre. Et avant 
qu'en li face crier merci de sa faille, l'en le doit faire 
assoudre. Et assi se il avoit féru home de religion ou 

588. — 1 . Tartous, au nord de Tripoli ; un des plus considérables 
châteaux forts des Templiers, et une des dernières places qui résis- 
tèrent aux païens ; en même temps ville maritime importante et 
évêché. La cathédrale était même un lieu de pèlerinage, sous 
le nom de Notre-Dame de Tortose. (Cf. Joinville, cxvm.) Un 
acte, transcrit par M. Delaville le Roulx (Les Archives de l'ordre 
de Saint- Jean à Malte, p. 112), a été passé à Tortose par les Tem- 
pliers, en 1169. La place leur appartenait alors depuis peu d'an- 
nées. Elle ne tomba aux mains des Musulmans qu'en 1291 ; ses 
défenseurs furent tous massacrés. L'Ordre fit, en 1300, avec le 
concours des Hospitaliers et d'Amaury de Lusignan, une tenta- 
tive infructueuse de débarquement dans File de Tortose (Bouad) ; 
l'année suivante les Templiers occupèrent l'île, mais durent se 
rendre peu après (22 octobre 1302). (Cf. la description et le plan 
dans Rey, Archit. militaire, p. 69-83 et pi. VIII et XX, et Dela- 
ville le Roulx, La France en Orient au XIV e siècle, p. 41.) 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 307 

home [de] clergie, il se doit faire assoudre avant 
qu'en li regarde faille. 

590. La tierce si est, qui fiert crestien ou crestiene 1 
d'armes esmolues, ou de pierre ou de baston, ou chose 
dont a un cop le poist ocirre ou mahaignier, l'abit est 
en la merci des frères. 

591 . Il avint en Acre que frère Hermant estoit 
comandour de la boverie, et dui clers pernoient colons 
doreiz qui estoient do colomber de la maison. Et le 
comandeor lor dist qu'i ne le feissent plus, et il ne le 
vostrent laissier. Et le comandor avoit un frère qui 
les agaita quant il pernoient les colons, et le coman- 
dor avec les frères les bâtirent molt bien et blecerent 
l'un en la teste. Et li clerc se clamèrent au Légat, et 
le Légat le mostra au Maistre ; et le Maistre les fist 
assoudre premièrement puis lor fist crier merci en 
chapistre, et lor fu lor abit osté, et mis en fers et 
mandés en Ghipre l , por ce que la bateure estoit trop 
laide. 

590. — 1. ou crestiene est ajouté en marge, dans le ms. de 
Paris. 

59 i . — 1 . Les Templiers avaient possédé un instant toute l'île de 
Chypre, en 1191, pour l'avoir achetée de Richard Cœur-de-Lion ; 
mais, embarrassés de cette possession, ils la revendirent à G-uy de 
Lusignan, en 1192. Dès lors, il n'est plus mention de cette île 
dans leur histoire avant 1291, époque de la ruine définitive et de 
l'abandon de leurs établissements de la terre sainte : les débris de 
l'Ordre se réfugièrent alors avec les Hospitaliers sur le territoire 
des Lusignans qui leur donnèrent asile; ils se cantonnèrent à 
Limisso particulièrement. M. de Mas Latrie a reproduit , dans le 
t. I er des Documents de son Histoire de Chypre (p. 109), un pas- 
sage de la chronique inédite d'Amadi où se trouve indiqué som- 
mairement un inventaire des biens de l'ordre du Temple en 
Chypre, le 1 er juin 1307. Mais plusieurs passages de la Règle (cf., 
outre celui-ci, le § 618) prouvent l'existence, en Chypre, anté- 



308 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

592. Il avint que li couvent estoit a Japhes, et en lor 
comanda qu'il feissent trousser a la mie nuit ; et frère 
qui estoient en i ostel ensemble orent paroles, et li 
uns frères mist main sur l'autre as cheviaus et les jeta 
a terre, et i ot frère qui le virent. Et l'endemain vint 
le covent au jor a Arsuf * , et oyrent la messe et les hores . 
Et frère Hugue de Monlo estoit Mareschaus, qui ot 
entendu ces noveles ; si retint les frères en la chapele 
et tint chapistre, et i ot mult de frères qui s'enmer- 
veillerent, et mist les paroles en avant qu'i avoit enten- 
dues. Li frères se leva et dist qu'il estoit batus et qu'il 
y avoit frères qui l'avoient veu, et li Mareschau cuida 
qu'il venissent avant. 

593. Et le frère qui avoit fait le fait se leva et cria 
merci, et il le manda defors le chapistre et li frères 
chapelain aveuc lui, qui l'assosist, quar il avoit bien le 
pooir ; et puis qu'il l'ot assos il revint en chapistre et 
li frère chapelains dist qu'il l'avoit assois. Et on li fîst 
crier merci autre fois si come il avoit fait devant, et 
le jeta l'en defors ; et li fu esgardé a perdre son abit 
et a mètre en fers. Et si i ot grant débat des viels 
homes de la maison, por ce que la bateure n'estoit apa- 
rissant, nen v avoit sanc; et li autre maintenoient, 



rieurement au départ des Templiers de la terre sainte, de maisons 
ou de casaux, et la présence de frères de l'Ordre et même de com- 
mandeurs. Les Templiers, semble-t-il, avaient donc, après leur 
départ en 1192, conservé quelques fermes, quelques pied-à-terre 
dans l'île, sans doute pour servir de magasins, de comptoirs, 
et, à l'occasion, de retraite aux vieillards et aux infirmes, ou, 
comme ici, aux condamnés. 

592. — 1. La forteresse d'Arsuf (Antipatrida), située au bord 
de la mer, entre Jaffa et Gésarée, appartenait aux Hospitaliers. 
Elle tomba définitivement aux mains des infidèles en 1265. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 309 

puis qu'il avoit mis main sur le frère iréement et que 
les choses estoient venues en chapistre, que l'en le 
pooit bien faire. Et frère Hugue de Monlo fîst assene- 
ment que l'en pooit bien faire segon les usaiges de la 
maison ; et li plus s'acorda a ce, et fu mis en fers et 
mandés aChastiau pèlerin. 

594. La quarte est se frère est atains de jesir a 
feme, et nos tenons ataint le frère qui est trovés 4 en 
mauvais luec ou en mauvaise maison avec mauvaise 
femme : l'abit ne li doit demorer et si doit estre mis 
en fers, et ne doit jamais porter confanon haussant 
ne estre a eslection de Maistre ; et a esté fait de pluisors. 

595. La quinte est, se frère met sur autre chose dont 
il puisse perdre la maison se il en ert atains, et le frère 
qui repris l'auroit ne l'en peust ataindre, l'abit ne li 
porroit demorer ; et puis qu'en li a fait crier merci en 
chapistre, et se il se desdisoit en chapitre 4 , l'abit est en 
la volonté des frères ou dou prendre o dou laissier. 

La sisime si est, se frère demande congié de la mai- 
son ou d'aler en autre religion, et on ne li veaut doner, 
et il dit que il laissera la maison, son abit est en la 
volonté des frères o dou prendre o dou laissier. 

La septime est, se frère se met mensonge dessus 
por avoir congié de la maison et il en est atains, l'abit 
ne li puet demorer. 

596. La huitisme est, se frère disoit qu'il s'en iroit 
as sarrazins, encor le deist il par ire ou par corrous, 
l'abit est en la merci des frères o dou prendre o dou 
laissier. 

La ix est, se frère tuast ou perdist ou mahaignast 

594. — 1. R. trovés en mauvais usaige..., etc., mais P. a effacé. 

595. — 1. Ce membre de phrase a été ajouté par P. 



310 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

* 

beste chevaline ou mulace par sa defaute, l'abit est en 
la volonté des frères ou dou prendre o dou laissier. 

La x est, se frère portast chose de gens dou siècle 
ou d'autrui que dou Temple, et deist qu'il fust de la 
maison et il ne fust voir, et li seignorages des terres 
ou des mers en perdissent lor droitures ou lor paaiges, 
l'abit est en la merci de Dieu et des frères o dou prendre 
ou dou laissier. 

La xi faille est, se frère qui n'a le pooir donast beste 
vive de mi pies, se ne fust chien ou chat, son abit est 
en la volonté des frères ou dou prendre ou dou laissier. 

597. La xii est, se frère tuast o mahaignast ou 
perdist esclaf de la maison par sa defaute, l'abit est en 
la merci des frères o dou prendre o dou laissier. 

La xm si est, se frère fait maison neuve de pierre 
et de chaus sans congié dou Maistre ou de son coman- 
dor, l'abit est en la volenté des frères o dou prendre 
ou dou laissier ; mais les autres maisons decheoites 
puet il bien redrecier sans congié. 

La xiih est, se frère donast l'abit de la maison a 
home a cui doner ne le deust, ou qui ne fust digne de 
l'avoir, son abit ne li puet remanoir. 

598. La xv est, se frère prestast les aumosnes de 
la maison en luec ou la maison les perdist, l'abit ne li 
puet demorer ! . 

La xvi est, se frère brisast la boule dou Maistre ou 
de celui qui seroit en son luec sans congié de celui qui 
doner li puet, l'abit ne li puet demorer 2 . 

La xvn est, se frère qui n'eust le pooir donast les 

598. — 1. R. l'abit est en la merci des frères, etc. Mais P. a 
effacé et corrigé. 
2. Même observation. 



LÀ RÈGLE DU TEMPLE. 311 

aumosnes de la maison as gens dou siècle ou d'autre 
part fors de la maison, l'abit ne li puet remanoir. 

La xvm est, se frère retient les rentes des gens dou 
siècle en manière qu'il ne doit et dit qu'eles sont de la 
maison, et après soit ataint que ce ne soit pas voir, 
l'abit ne li puet demorer 3 . 

La xix est, se frère pernoit chose des gens dou siècle 
por entention qu'i li aidast a estre frères do Temple, 
l'abit ne li puet demorer, por ce que ce est symonie. 

599. La xx est, se frère refuse a autre frère alant 
ou venant 1 le pain et l'aiguë de la maison, si que il ne 
le laisse mangier avec les autres frères, l'abit ne li 
puet demorer, por ce que quant hom le fait frère l'en 
li promet le pain et l'aiguë de la maison, ne nus ne li 
puet todre 2 , se sa defaute ne li toit. 

La xxi est, se frère brisast serreure sans congié de 
celui qui doner li puet, et autres damaiges nen avenist, 
l'abit est en la volenté des frères o dou prendre o do 
laissier. 

600. La xxii est, se frère prestast sa beste a autre 
frère sans congié, por mener en aucun luec ou il ne 
peust aler sans congié, et la beste se perdist ou mahai- 
gnast ou moreust, l'abit est en la volenté des frères 
ou dou prendre ou dou laissier ; mais il la puet bien 
p rester en desduit en la vile ou il est. 

La xxm est, se frère fait le damaige de la maison a 
escient ou par sa defaute de im deniers en sus, l'abit 
est en la merci des frères ou dou prendre ou dou lais- 

3. Même observation. R. en la volonté, etc. 
599. — 1. R. omet ou venant. P. l'ajoute en marge. 
2. Ne le lui peut enlever, si une faute, commise par lui, ne 
l'exigeait comme punition. 



« 



31 2 LA. RÈGLE DU TEMPLE. 

sier, quar tous damaiges nos est desfendus. Et li 
damaiges porroit estre si grant que 4 l'on le porroit 
mètre en fers. 

601 . La xxim est, se frère chassoit et damaiges en 
avenoit, l'abit est en la merci des frères ou dou prendre 
ou dou laissier. 

La xxv est, se frère assaie armeures et damaiges en 
avenoit, l'abit est en la volenté des frères o dou 
prendre o dou laissier. 

602. La xxvi faille est, se frère passe la porte por 
entention de laissier la maison et puis s'en repent, l'en 
li porroit aler a l'abit. Et se il vait a l'Ospital ou en 
autre luec fors de la maison, l'abit est en la volenté 
des frères ; et se il gist une nuit defors , l'abit ne li 
doit demorer. 

603. Il avint que frère Jorge le Masson se parti 
d'Acre et s'en aloit as Sarrazins ; et le Maistre le sot, 
si manda frères après lui, et fu atains, et li troverent 
robe d'ome séculier dessous la soe robe ; si fu mandés 
a Ghastiau pèlerin ou il fu mis en prison et morut. 

604. Il avint que frère Hugue, i frère qui estoit a la 
croviserie 1 dou Saphet, et son comandeor estoit frère 
Guillaume de Chartres 2 , et i sergent vint demander 

600. — 1. Le ms. de Paris ajoute en marge inutilement : l'ha- 
bit ne li doit demorer et... 

604. — 1. Corviserie, cordonnerie. 

2. Il devint plus tard grand maître à la mort de Gilbert de 
Plessiez, en 1217; on l'a souvent confondu, à tort, avec un Mon- 
tedon d'une famille du diocèse de Nîmes. C'est lui qui construisit 
Château-Pèlerin; il assista au siège et à la prise de Damiette, mais 
mourut peu après de la peste, en 1218 (Jac. de Vitry, éd. Bon- 
gars, p. 1134). P. de Montaigu lui succéda (cf. Père M[ansuetJ, 
p. 275-289. Wilcke, I, p. 198-213). 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 313 

soliers au quarravanier de la croviserie, et il ne li vost 
doner; et li frères dist au caravaner qu'i li donast 
i soliers ou il li donast les clés de l'aumaire 3 , et le qua- 
ravaner [dist] qu'il n'en feroit riens. Et li frères brisa 
l'aumaire et prist uns soliers et les dona au sergent. 
Et son comandeor le tint a mal et reprist le frère, et 
le frère cria merci et otroia la chose ensi come il avoit 
faite, et vint en chapistre, et les frères lipristrentl'abit; 
et se il eust jeté hors les choses de la maison qui 
estoient dedens la serreure, il eust perdue la maison, 
quar il li fu[st] torné a larrecin. 

605. Il avint que li covent estoit a Gasal Brahim 1 
et li frère alerent desduire 2 ; et i frère prist sa mace 
et la jeta après un oisel qui estoit sur la rive de l'aiguë : 
la mace cheï ens et fut perdue. Et li frères cria merci 
de ce fait, et les frères distrent qu'en li porroit aler a 
l'abit por les damaiges qui en estoi[en]t avenus, et 
l'abit li fu laissiés por Dieu. 

606. Il avint en Chipre que uns riches hons avoit 
recomandé son cheval qui estoit malades a nostre mai- 
son ; et quant il fu garis, le comandeor le chevaucha 
et trova un lièvre et corrut après, et li chevaus cheï 
et se màhaigna si que de celé bleceure morut. Et li 
frères vint en Acre et cria merci en chapistre gênerai, 
et li frère li regardèrent l'abit ; et y ot aucuns qui le 

3. Armoire. 

605. — 1. Une pièce conservée à Malte et transcrite par 
M. Delaville le Roulx (Archives de l'ordre de Saint-Jean..., p. 134) 
donne la date de prise en possession de cette maison par les Tem- 
pliers. En 1178, Renaud II Mansoer, seigneur de Margat, au nord 
de Tortose, donne au grand maître Ode de Saint- Amand plusieurs 
casaux parmi lesquels « Brahin quod vocatur Gastellum. » 

2. Se promener en partie de plaisir. 



314 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

cuiderent covrir, quar il disoient que le chevaus n'es- 
toit pas de la maison, et li autres distrent que ce ne 
valoit riens, quar il covenoit amender le chevau a la 
maison, et ne fust ja : si ne doit l'on faire a autrui 
damaige. Et li frères perdi son abit et aucuns distrent 
que l'en le porroit bien mètre en fers por le damaige 
qui estoit si grant. 

607. Il avint que un frère essaia une espée a Mon- 
peillier, et l' espée brisa ; et le frère vint deçà mer et 
cria merci de ceste chose, et li frère li regardèrent 
l'abit, puis li laissierent por Dieu. 

608. Si avint a Sur que un frère avoit un marc de 
gobelès 1 et li chai de la main : l'un si le brisa, et le 
frère de cui erent li autre prist toz les gobelès et les 
brisa, et puis dist que mau gré en eust Dieu et sa Mère ; 
et puis cria li frère merci de ceste chose. Et li frère 
li esgarderent l'abit por ce qu'il avoit fait le damage 
de la maison a escient, et puis le laissèrent por Dieu. 

609. Il avint que le comandour de la voûte 1 acheta 
une nave chargée de forment, et comanda que il fust 
mis au grenier; et li frère dou guernier dist que il 
estoit moistes 2 de la mer et que l'on le meist sur la ter- 
rasse, quar se il ne le faisoit il le gasteroit, et qu'il 
s'en descharroit. Et le comandor comanda qu'il fust 

608. — 1. Ces gobelets, de verre probablement, formaient un 
jeu et s'emboîtaient l'un dans l'autre. Le marquis de Laborde 
cite des exemples qu'on peut rapprocher de ce texte : « 1380. 
Une pille de gobelets de fou (hêtre), où il y en a x en un estuy 
de fust. » — « 1416. Une pille de très-petiz gobelez d'argent, etc. » 
{Glossaire des émaux, p. 332.) L'expression marc peut avoir ici le 
même sens que pille; il semble difficile, en effet, de l'expliquer 
par un poids : un marc pesant. 

609. — 1. La voûte d'Acre sans doute (cf. § 119, note 1). 
2. Humide. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 315 

mis au grenier et il i fu mis ; et au chief de poi de tens 
le comandour fist porter le forment sur la terrasse, et 
une grant partie en fu gastée; et de ee il cria merci, 
et li fu levé l'abit por ce qu'il avoit fait grant damaige 
a son escient. 

610. Il avint que frère Jaque de Havane estoit 
comandeor dou palais d'Acre, et prist frères et tur- 
coples et sergens, nostres et de la vile, et fist chevau- 
chée a Gasau Robert 1 ; et li sarrazins de la terre 
issirent au cri et les desconfirent et li tolirent de sa 
gent ; et il cria merci de ce, et li fu pris l'abit et mis 
en fers, por ce qu'il avoit faite la chevauchée sans 
congié. 

611. La xxvii est, se frère dou Temple porte con- 
fanon en fait d'armes et il le faisoit abaissier por achai- 
son de ferir et damaiges en avenist, l'abit est en la 
volenté des frères. Et se il fiert ou non, et damaiges 
en avient, l'abit ne li puet demorer; et le damaige 
porra estre si grant qu'en li porroit regarder a mètre 
en fers, ne 4 jamais ne porteroit confanon haussant, 
ne estre comandeor en fait d'armes, quar c'est une 
chose mult deffendue a la maison, por le grant perill 
qui i est. Car se le confanon se baisse, cil qui sont loing 
ne sevent por quoi il est baissiés, ou bon gré au mau 
gré, quar uns turs l'auroit plus tost pris ou tolu quant 
il est bas que quant il est haut ; et les gens qui perdent 
lor confanon sont mult esbaï, et porroit torner a mult 

610. — 1. On trouve, à la hauteur de Château-Pèlerin, entre 
Nazareth et le lac de Tibériade, un Castellum Roberti (aujourd'hui 
Kefr-kenna), qui appartenait aux Hospitaliers. 

611. — 1. R. omet ces mots, qui sont ajoutés en marge dans le 
ms. de Paris. Il y avait : regarder que jamais... 



316 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

grant desconfiture, et por ceste paor est il desfendus 
si estroitement. 

61 2. La xxvm est, se frère qui porte confanon point 
sans congié de celui qui doner li puet, se il n'estoit 
en pas estroit o en luec qu'il ne peust avoir congié si 
corne est dit au retrait 1 , l'abit est en la volenté des 
frères o dou prendre ou dou laissier. Et le damaige 
porroit estre si grant que l'abit ne li porroit demorer ; 
et li porroit l'on regarder a mètre en fers, ne jamais 
ne porteroit confanon ne ne seroit comandour en fait 
d'armes, ne estre a eslection de Maistre, puis nul est 
mis en fers 2 . 

613. La xxix est, se frère qui est en fait d'armes 
poigne sans congié et damaiges en avenist, l'abit est 
en la merci des frères ; et le damaiges porroit estre si 
grant que l'abit ne li porroit demorer. Mais se il veist 
un crestien en perill de mort et sa conscience le 
repreist qu'il le peust secorre sans damaige ensi corne 
il est dit as retrais 1 , il le puet faire; en nule autre 
manière nul frère ne le puet faire qu'il ne mete son 
abit en aventure. 

61 4. Il avin que le covent estoit herbergiés a Japhe 
et li turc corurent devant et orent mis deus enbus- 
chemens a Fontaine Barbe ; et li Turcopliers issi pre- 
miers, et li bailla l'en frère Margot a tout x frères che- 
valiers qui le gardassent; et li Turcopliers s'enbati 
entre les deus embuschemens ; et sembla as frères qui 
le gardoient qu'il vousissent poindre sur le Turcoplier, 

612. — 1. Voy. § 242. 

2. Il doit manquer ici quelques mots. Le sens est peut-être : 
nul ne le peut, puisqu'il est mis en fers. 

613. — i. Voy. § 243. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 317 

et des x frères qui le gardoient s'en partirent mi frères 
sans congié dou comandor, — et l'un n'avoit point de 
chapeau de fer — , et poindrent sur l'enbuschement. 
Et il de ces frères perdirent deus chevaus; et puis 
poindrent li autre qui estoient demoré, par congié 
dou comandor, et mistrent a desconfiture les embus- 
chemens, et le Turcoplier poinst après et mist les autres 
a desconfiture. 

615. Et quant l'en tint chapistre, frère Margot ne 
se tint pas apaié de ceaus qui avoient point sans con- 
gié et le dist au Mareschau devant tous les frères, et li 
frère se levèrent et crièrent merci; et fu regardé, a 
ces deus frères qui n'orent rien perdu, qu'en lor por- 
roit aler a l'abit, et a ces deus qui perdirent lor che- 
vaus fu esgardé que l'abit ne lor pooit demorer. Mais 
por ce que la chose avint bien, et li Turcoplier eust 
esté en aventure se celé pointe n'eust esté, a ceaus qui 
perdirent lor chevau laissa l'en lor abit por Dieu, et 
li autre deus furent a n jors; et dist frère Hugue de 
Monlo 1 que la faille a voit esté bien regardée. 

616. Il avint en Acre que nostre Maistre frère Renaut 
de Vichier 4 desfendi que nul frère de jardin ne man- 

615. — 1. Le Maréchal (cf. § 592). 

616. — 4. D'abord maître du Temple en France, puis maré- 
chal en terre sainte, il succéda comme grand maître à Guillaume 
de Sonnac, tué à la bataille de Mansourah, en 1250. Lui-même 
mourut en 1256, d'après le continuateur de Guill. de Tyr, éd. 
Martene, Veter. script., V, p. 736; YObituaire du Temple de Reims, 
publié dans les Mélanges historiques, IV, p. 314 (Documents inédits, 
in-4°), place cette mort au 20 janvier. — Cependant M. Delaville le 
Roulx a trouvé un acte formel du successeur de Vichiers, Thomas 
Bérard, qui est daté d'octobre 1252 (les Archives de l'ordre de Saint- 
Jean, p. 181), ce qui réduirait beaucoup la durée déjà si courte du 
magistère de Renaud de Vichiers. Il se serait alors démis de sa 



318 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

gast ne ne beust l'un aveuc l'autre, se ce ne fust aiguë. 
Et il avint en poi de tens après, que li frères des jar- 
dins et de la grant vigne issirent d'Acre et s'accor- 
dèrent ensemble d'aler souper a la grant vigne 2 ; et 
demorerent tant a souper que il fu grant nuit, et li 
frères de la grant vigne les convea 3 un poi de chemin. 
Et puis s'en alerent les deus frères ensemble et li frère 
de la monoie conveoit 4 celui de la chaene 5 . Et quant 
il orent passé le flum d'Acre 6 , il troverent sarrazins 
qui poindrent sur yaus et tuèrent l'un des frères et 
enmenerent son ronsin; li autres fu navrés malement. 
Et puis si vindrent les choses en chapistre et furent 
mises en respit jusques au chapistre gênerai, et adonc 
crièrent merci. Et i ot aucun viel home qui dist qu'il 
n'erentpasataint que cil damaiges fust venus par eaus. 
617. Et quant la demande vint au Gomandeor de la 
terre de Triple, il demanda au Maistre se il avoit 
relaischié la desfence que il avoit faite as frères des 
jardins de boivre et de mangier ensemble, et le Maistres 
dist que non ; dont dist le Gomandeor de la terre de 

charge avant sa mort. — Joinville parle de lui plusieurs fois, 
au moins en 1250; c'est à lui qu'il s'adressa le jour où il força 
un des coffres confiés au trésor du Temple et qui appartenait à 
un sergent du roi (ch. lxxv, cf. lxxx, xcix, etc.). (Père M[an- 
suet], -t. II, p. 20-35- — Wilcke, I, p. 275-284.) 

2. Ce passage, depuis issirent, est omis par inadvertance dans P. 

3. Accompagna. 

4. P. convenait. 

5. Il y avait à Acre, à côté du Temple, une maison appelée la 
Chaene, selon la Description d'Acre qu'on trouve dans Y Itinéraire 
de Londres à Jérusalem attribué à Mathieu Paris (Itin. français de 
Jérusalem, Soc. Orient latin, 1882, p. 134). Le frère mentionné 
ici était-il attaché à cet établissement ? 

6. Le Belus (auj. Nahr Naman). 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 319 

Triple qu'il estoient ataint dou damaige qui estoit ave- 
nus, por ce qu'il avoient fait ce que li Maistres avoit 
desfendu et por ce estoit venus li damaiges. Car s'il 
n'eussent mangié ensemble et se chascun fust aie a son 
ostel bêlement et en pais, li damaiges ne fust pas ave- 
nus; et por ceste raison et por autres qu'il dist, fu 
regardé l'abit as frères ; et frères Joffroi de Fos 1 main- 
tint ceste raison aveuques. Et après, por ce que li frère 
avoient esté malades et naffré malement corne a la 
mort, si lor fu faite ceste bonté qu'en lor laissa lor 
abit por Dieu. 

61 8. Il avint en Ghipre que frères perdirent lor abit; 
l'un avoit a nom Johan Bouche de lièvre, et li autre 
frère Mathé. Et frère Johans estoit comandeor de 
Baffe * , et dist a son comandeor qui avoit a nom frère 
Baudouin de Benrage, qu'il n'avoit de quoi faire sa 
maison. Et il li dist qu'il vendist de son forment tant 
qu'i montast jusques a vi c besanz blans 2 , et de nu G 
feist sa maison, et les n G li gardast jusques il les 
manderoit querre. Après une piesse, li manda par un 
frère que li mandast les n G besanz, et frère Johan 
dist qu'i les avoit mis en la mession 3 de la maison. Et 

617. — 1. C'est sans doute le nom du commandeur de Tripoli 
dont on vient de parler. — Ce Joffroi de Fos ou de Fox est pré- 
cisément mentionné parmi les signataires de l'acte du grand 
maître Th. Bérard, d'octobre 1252, lequel a été imprimé par 
Delaville le Roulx {Archives de l'ordre de Saint-Jean, p. 181). 

618. — 1. Bapho, l'ancienne Paphos, au bord de la mer, à 
l'extrémité sud-ouest de Chypre, et chef-lieu d'un des districts de 
l'île. Son nom ne figure pas parmi ceux des casaux et maisons 
des Templiers, en 1307, dont la liste est donnée par Amadi 
(Mas Latrie, Hist. de Chypre, t. II des Documents, p. 109). 

2. Besants d'argent. 

3. La dépense. 



320 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

le comandeor le manda querre et li manda les besanz, 
et il li dist qu'il les avoit mis et despendus, et ne li 
sot dire en quoi ; et le comandour se corrousa et le 
reprist, et vintdevant le chapistre a Ricordane 4 , — d'où 
un autre frère fust esgardés a perdre la maison selonc 
les establissemens de la maison. — Mais por ce que li 
frères avoit bone renomée, et n'entendoit le couvent 
que en mauvais luec les eust mis, ne jetés hors de la 
maison, et por ce qu'il ne nia pas les besanz qu'il ne 
les eust onques eus 5 . Et s'on seust au frère nule mau- 
vaistié, l'abit ne li pooit demorer, et encore se l'on 
eust en lui nule mauvaise souspeçon. 

619. A l'autre frère qui avoit a nom frère Mathé 
avint qu'il estoit en la Gasterie 1 ; et le dit frère Johan 
Bouche de lièvre estoit son comandeor, et li deffendi 
que une lumière que li frère faisoit ardre, qu'ele n'ar- 
dist plus. Et quant le comandeor vint de son servise, 
il s'aparsut que la lumière ardoit encores; et frère 
Johan prist la justise dou sergent, et reprist le frère 
de la lumière qu'il faisoit ardre sur sa desfence. Et il 
ne vost crier merci por son comandeor qui tenoit le 
chapistre et si avoit vi frères ; et por ce qu'il ne vost 
crier merci en son chapistre, vint devant le couvent 
et cria merci. Et li fu esgardé a perdre l'abit, et le 

4. Auj. Schef-Amr, à la hauteur de Caïfa et au nord de Naza- 
reth. Là était la source du fleuve d'Acre (cf. un acte des grands 
maîtres du Temple et de l'Hôpital, en 1235. Delaville le Roulx, 
les Archives de l'ordre de Saint-Jean, p. 171). 

5. Suppl. : on lui laissa l'abit. 

619. — 1. Château et casai en Chypre, aujourd'hui Gastriâ, 
dans le district de Karpas. Cf. l'inventaire des biens du Temple 
en 1307, dans Mas Latrie, Hist. de Chypre, t. II des Documents, 
p. 109, et la notice sur la carte de l'île. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 321 

perdi aveuc frère Johan Bouche de lièvre en ce meesmes 
chapistre de Recordane. 

6210. Et por ce dist li Maistres, frère Pierre de Mon- 
tagu 1 , et frère Anseau le borgoignon, puis que frère est 
révélés 2 en son chapistre, pié estant 3 , li puet l'en lever 
l'abit et mètre en fers; et si puet l'en faire de frère 
qui ne vaut crier merci en son chapistre si corne il est 
establi a la maison. Et c'est a entendre, se cil qui tient 
chapistre fait comandement a i frère qu'il crie merci 
de quelque faille que ce soit. Mais se frère de couvent 
reprent l'un l'autre, et ne veut crier merci, por ce ne 
perdra il pas son abit, quar li uns frère n'est au coman- 
dement de l'autre, mais en li porroit esgarder faille. 
Et quant i frère reprent autre, il doit crier merci 
selont l'establissement de la maison, et se il ne le 
veaut faire cil qui tient le chapistre li doit comander. 
Et s'il reprent un autre frère, il ne sera ja creus sur 
lui se il n'ait guaranties, quar frère est li uns et frère 
li autres; mais se il nome frères, et il li faillent de 
porter guarenties, a celui ne puet l'en regarder faille 
grant ou petite sauf l'abit; mais il puet dire « il y out 
frères... » 

621 . La xxx faille est, se frère laisse la maison et 
gist il nuis defors la maison, il en pert son abit, que 
devant un an et un jor ne le puet recovrer. Et se il 
retient les choses qui sont desfendues, plus de n nuis, 
il en pert la maison. 

622. La xxxi est, se aucun frère rent son abit par 
sa volonté, ou il le jetast par corrous a terre et ne le 

620. — 1. 1218-1229 (cf. § 552, note 2). 

2. Révolté. 

3. Debout. 

21 



322 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

vousist reprendre por prière ne por amonestement 
qu'en li feist, et autre frère le levast avant qu'il ne preist 
son abit, devant un an et un jor ne le devroit recovrer ; 
et se il le pernoit avant par sa volenté, il seroit en la 
volenté des frères ou dou prendre ou dou laissier. Et 
se il par aventure ne le voloit prendre, et aucun frère 
preist l'abit et le tornast au col dou frère qui l'auroit 
rendu, le frère en perdroit le sien, quar nul frère ne 
doit rendre abit ne faire frère hors de chapistre; 
et cil a qui l'abit seroit rendus en tele manière 
seroit en la merci des frères o dou prendre o dou 
laissier. 

623. Et en toutes ces choses fors a il derraineres, 
de celui qui gist n nuis fors de la maison et de celui 
qui rent son abit par sa volonté, qui sont d'an et de 
jor si come nos avons dit dessus, mais les autres failles 
de l'abit sont en la volenté des frères, selonc ce que 
la faille est faite et selonc le portement dou frère, ou 
dou prendre ou dou laissier. 

624. Se frère dou Temple est en respit de chose 
dont il puisse perdre la maison ou l'abit, il ne doit 
estre creus sur autre frère de perdre le sien, ne por- 
ter guarentie dont il peust perdre la maison ne son 
abit. 

625. Il avint que frères estoient a git d'estage, et 
le comandor lor desfendi qu'il n'entrassent au casai. 
Et tant avint que i frère entra en la maison d'une feme, 
et cuida jesir o lui celé nuit celéement et en fist son 
pooir. Et en cria merci si come j'ai devant dit, et li fu 
regardé l'abit ; et puis li laissèrent por Dieu, que il estoit 
devant de bone renomée. 

626. Il avint que frères estoient herbergiés a Esca- 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 323 

lone 1 et portèrent tout lor hernois a la chevestrerie, 
et tant que un frère prist le panel 2 d'un autre, et sot 
bien que ce n'estoit mie le sien, et l'enporta. Et avint 
que le Mareschau assembla les frères et lor comanda 
qu'il regardassent en lor place, et rendist les hernois 
l'un a l'autre qui l'auroit; et sur ce le frère le tint 
iii mois, et cria merci ensi corne j'ai devant dit. Si 
desputerent li viel home su ce fait, et li un disoient 
qu'il ert lieres 3 et li autre disoient que non. Et s'acor- 
derent por ce que il ne vostrent qu'il en perdist la 
maison, quar il iere bons frères, et li laissèrent l'abit 
por Dieu. 

627. En quelque manière frère dou Temple passe 
la porte en entention de laissier la maison, il a perdu 
honor, qu'il ne doit jamais porter confanon haussant 
ne estre a eslection de Maistre ; et se il va a l'Ospital 
ou a autre part et revient le jor meismes, l'abit est en 
la merci de Dieu et des frères ; et se il dort une nuit, 
l'abit dou col ne li doit remanoir ; et se il i dort deus, 
il ne le doit recovrer devant i an i jor. 

628. Se frère est en penance, que son abit soit en 
la merci de Dieu et des frères, et il s'en vait et dort 
une nuit dehors la maison et revient arriéres en sa 
penance, et quant il est levés, l'en li doit mostrer ce 
qu'il laissa la maison ; et se il dort deus nuis, il ne le 
doit recovrer devant l'an et le jor, et doit crier merci 
a la porte. Et de ce nul ne li doit riens mostrer, por 
ce que monte an et jor ; et est quite de celé penance 
et de toutes autres. Et se il s'en vait estant en la 

626. — 1. Ascalon (cf. § 583, note). 

2. La housse ou le coussin placé sous la selle. 

3. Larron. 



324 LA RÈGLE I>U TEMPLE. 

penance d'an et de jor et vient le jor meismes, l'au- 
mosner le doit mètre en sa penance arriéres, et n'a 
riens perdu de ce qu'il a fait ; mais l'en li doit mostrer 
qu'il laissa la maison, quant il aura recovert l'abit après 
l'an et le jor qu'il sera levés. Et se il dort une nuit 
hors de la maison, l'aumosnier ne le doit mie mètre en 
penance, quar il a perdu ce qu'il avoit fait devant, et 
doit comencier de rechief ; et a celui ne doivent riens 
mostrer par raison, por ce qu'il comence de rechief. 

629. Se frère est en l'enfermerie et autres frères 
est aisiés de ses bestes en l'ore qu'il vait a prime, il en 
est dessaisis. 

Et se frère est en penance et il entre en l'enferme- 
rie por sa mesaise, et quant il est amendés et il vait a 
la prime, il puet mangier* 1 se il veaut ses m mangiers, 
avant que il torne en sa penance, sans chevauchier. 
Et se frère est en l'enfermerie et il puet mangier ses 
m mangiers, et se il veaut, il istra le jor meisme sans 
congié. Se a frère est regardée faille por mètre autre 
part en penance, l'en li puet mètre par devant les 
frères sans chapistre. 

630. Se frère s'en vait hors de la maison et prend 
femme espouse, ou se met en autre religion, il n'aura 
ja damage se il vient requerre la maison ; mais qu'il 
n'en ait riens porté qu'il ne doie porter, et il ne sera 
de rien tenu a la femme, ne a la religion ne a nos 
aussi, quar il est avenu de l'un et de l'autre. 

629. — 1. Ici un feuillet manque au ms. de Paris. Il a été 
arraché ou perdu avant la reliure et la collation du volume, ainsi 
que le feuillet correspondant du même cahier. Le feuillet précé- 
dent se termine par le mot mangier ; le suivant commence par 
-re ce que li autre (§ 636*). 



LA REGLE DU TEMPLE. 325 

Se comandeor qui est fait par chapitre laisse la 
maison, nul ne le puet mètre en penance fors que le 
Maistre et le couvent. 

Se frère est aisié des bestes d'un autre frère et le 
frère trouve ses bestes en fait d'armes, non autre part, 
il les prendra comme les soes. 

631 . Se frère est en luec de comandeor de cheva- 
liers, il n'a pooir de donner place de lit, ni de bestes, 
mais il en puet aisier. 

Se frère est en penance, il doit venir le dimanche a 
la discipline et la doit rendre avant que l'on ait com- 
mancé le chapistre ; et après doit dire : « Biaus sei- 
gnors, prions Dieu qu'i nos conseaut 1 . » 

Et se frère demande congié a son chapistre de mètre 
se en autre religion autre part hors de la maison, il ne 
doit jamais porter confanon haussant, ne estre en eslec- 
tion de Maistre. 

632!. Et se un home demande a estre frère, a la mort, 
cil qui li donne l'abit ne li doit riens dire, mais mètre 
li sus, quant il est bien ataint. Il le puet reprendre se 
il veit que il trespasse ; et se il muert a tôt l'abit, l'en 
ne li est tenu de rien dire les pater nostre que l'on doit 
dire por un frère. 

633. Li chastelains 1 des chastiaux sont au coman- 
dement dou comandor des chevaliers en fait d'armes, 



631. — 1. Qu'il nous conseille, nous vienne en aide. 

633. — 1. C'est un titre analogue sans doute à celui de Casa- 
lier que nous avons vu plus haut (§ 181), mais ici il s'agit de la 
garde des châteaux forts et non plus des casaux ou fermes. 
M. Delaville le Roulx a retrouvé bon nombre de noms de châte- 
lains pour les Hospitaliers (Archives de Saint-Jean. Listes des offi- 
ciers, p. 216-27). 



326 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ou il a confanon ; et dedans les chastiaux n'i sont de 
riens, et puent mander un frère de leur comandement, 
sans le comandor des chevaliers, en lor besoigne et 
sans congié. 

Se frère vait en la terre de Triple ou d'Antioche, 
et il se trouve a Sur ou a Triple, le comandor de la 
maison fera les comandemens. Mais en fait d'armes ou 
si cri levoit dehors la vile, et il y aloient, le comandeor 
de la maison seroit au comandement dou comandour 
des chevaliers qui merroit ces frères. 

634. Et le comandeor qui moine les frères, se li 
Mareschaus l'i met et il se treuvent en autres estages, 
ou a Tortouse ou autre part, as comandors por cha- 
pistre gênerai, li frère delà et deçà qui sont venu, le 
comandeor de l'estage fera avant comandement. Mais 
se le comandeor de la province avoit dit au comandeor 
de l'estage novel : « vos serez comandeor de l'estage, » 
cil qui est la est relaischiés, et cil qui vient fait les 
comandemens. 

Tuit li frère baillis, quant il entrent en l'enfermerie, 
convient présenter la boule et la borse au comandeor 
por chapislre. Et ces qui sont par le Maistre et par le 
couvent ne sont tenu se non au Maistre et au couvent. 

635. Se le comandeor des chevaliers de couvent et 
le comandeor de Chastiau pèlerin et de Safete ou 
d'autres estages se trouvent, chascun menant frères, 
et le couvent, n'i soit, cil qui a plus frères est coman- 
deor sur tous les autres. 

636. Se frère chapelains faut, il doit crier merci en 
son chapistre, si corne nos autres frères, sans age- 
noillier, et doit fai*re ce que li autre frère li esgar- 
derent. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 327 

Se frère chapelain a laissée la maison et puis revient 
crier merci a la porte, il se doit despolier a la porte 
dou chapistre ou en une chambre qui plus près sera 
dou chapistre, et venir en chapistre devant les frères 
et crier merci sans agenoillier. Et s'il ne fait chose 
par quoi il ne doie perdre la maison, l'en le doit mètre 
en penance, et le frère chapelain en doit prendre la 
descepline, et doit estre i an et i jor sans son abit ; et 
doit mangier a table de maisnée sans toaille, et doit 
faire toz les autres jeunes que li autre frère font qui 
sont en penance, tant que li frère le relaschent. 

637. Et doit venir le diemenche a la descipline pri- 
véement au frère chapelain, et puet chanter sor 
semaine privéement sans note. Et quant li autre frère 
qui sont en penance laborent avec les esclaf, li frère 
chapelain doit dire son sautier en luec de labor. Et 
s'il y a frère chapelain qui soit de mauvaise vie ou qui 
mete discorde entre les frères ou qui mete discorde 
en l'ordre et escandre, l'en se puet plus legierement 
délivrer de lui et au mains de conseill que d'un autre 
frère, quar ensi le comanda l'apostoiles quant nos dona 
les frères chapelains 1 . Et se il fait penance a son abit, 
il doit mangier a table de torcople sans toaille. 

637. — 1. On lit dans la bulle d'Alexandre III, du 26 oct. 1173, 
Omne datum optimum (Rymer, Foedera, éd. 1816, 1, p. 27) : ... San- 
cimus, ut liceat vobis honestos clericos et sacerdotes, secundum 
Deum, quantum ad vestram conscientiam ordinatos, undecumque 

ad vos venientes suscipere Si vero aliqui horum, post factam 

professionem, turbatores religionis vestrae, aut domus, vel etiam 
inutiles apparuerint, liceat vobis eos, cum saniori parte capi- 

tuli, amovere , etc. — Une bulle plus ancienne du même 

pape, datée du 18 juin 1163 (Arch. nat., L. 230, n° 22), permet- 
tait déjà aux chevaliers de s'associer des prêtres et des clercs 



328 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

638. Ces essamples dessus escriz furent mis por 
il choses de remembrance : l'une por ce que les frères 
qui les orront facent le comandement qui lor est fait 
et qu'en lor dira, quar de ces deus choses vienent 
presque tuit li damaiges qui avienent as frères. — Car 
cil qui ne font le comandement qu'en lor fait et ne 
gardent les desfences qui lor sont faites, et sur ce 
damaiges en avenoit de ces n choses, il metent lor 
abit a perdre. — L'autre chose si est que cil qui 
regardent les failles a lor frères les saichent meaus 
garder, que il ne chargent lor frères plus que il ne 
doivent, et qu'il saichent garder lajustise de la maison. 

639. Car usée chose est entre nos que l'on fait d'une 
grant faille a un prodome une petite, et a celui de fol 
portement d'une petite grant, si corne est dit devant 1 . 
Mais se prodomes de la maison qui sera de bone vie 
et de bone religion meschiet d'aucune chose dont il 
puist perdre la maison ou l'abit, on le puet bien dépor- 
ter, en tel manière que la justise de la maison ne 
sera pas corrompue ; quar qui regarderoit la faille et 
diroit a son avis que il eust la maison perdue par 
l'usaige de la maison, sachiés il ne puet puis regarder 
autre faille. Mais s'il est si prodome come il est dit 
dessus, l'en li puet bien déporter avant qu'en li regarde 
la maison a perdre : c'est assavoir l'en le puet mètre 
en respit et mander privéement autre part au coman- 
dement de la maison por ce qu'il demore a la maison. 
Et qui ne li veut faire dou tôt 2 ceste bonté, avant qu'en 

pour prendre soin de leurs âmes et vaquer plus convenablement 
aux offices divins. 

639. — 1. Cf. par ex. § 528. 

2. Ces deux mots sont exponctués dans P. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 329 

li regart la maison a perdre, li puet l'en regarder a 
perdre l'abit, mais tant puent dire a lor avis qu'en 
porroit plus avant aler a la faille, por ce que les jeunes 
gens s'apercevent de la faille quele ele est. Et sachiés 
que qui a desservi a perdre la maison, ill a bien des- 
servi a perdre l'abit. Et en autre manière li porroient 
faire bonté sans trop corrompre l'establissement de la 
maison. 

640. Et se avint a Chastiau pèlerin que frère Bau- 
doin de Borrages estoit comandeor des chevaliers, et 
li turc corurent devant le chastel. Et quant il fu defors, 
il trova les descovreors qui avoient descovert les turcs, 
et li prièrent qu'il deust torner arriéres, quar li turc 
estoient si grant gent qu'il ne le porroient souffrir; et 
il n'en vost riens faire, ains ala jusques au Merles 4 , et 
li turc les enclostrent tout environ. Et quant il fu en 
mi d'eaus et il vit qu'il ne pooient eschaper, il baissa 
le confanon por ferir et point en mi d'eaus et s'en ala 
a la marine 2 et dui frère avec lui, et li autre furent tuit 
mors et pris, et tout li hernois perdus. Et le dit frère 
Baudoin ot amis qui le firent aler outre mer, et demora 
tant que les choses furent obliées ; et l'un des frères 
ala aussi outre mer, et l'autre demora au pais, ne 
onques puis ces n'ot pooir au Temple : enssinc pas- 
sèrent de ce fait. 

641 . Et s'en regarde a frère a perdre l'abit, il nen 

640. — 1. Mirla, au bord de la mer, au sud de Château-Pèle- 
rin et au nord de Gésarée. « Là seint André nasquis e deprès si 
est la cave là où Nostre-Dame se mussa ou son fitz pur doute des 
G-yws, » dit l'auteur des Pèlerinages et parclouins de Acre (Itiné- 
raires français à Jérusalem, Soc. de l'Orient latin, 1882, p. 229). 

2. Au rivage de la mer. 



330 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

est pas usée chose qu'en li regarde l'autre, mais lais- 
sier li por Dieu l'abit. Se l'on regarde a un frère deus 
jors et le tiers, [il] n'est pas de mecredi a frère chape- 
lain, mais au mains a un vendredi et d'un jor mètre 
au frère chapelain. Et ces choses avons nos entendues 
par nos viels homes ça ent arriéres. 

642 . Et ces choses devant escrites qui voldra 
essample prendre il le puet faire, et qui ne voudra il 
encharge sa conscience la quele chascuns est tenus de 
bien garder. Et que il ne juge son frère par haine ne 
par corrous, ne por amor qu'il ait en li ne doit laissïer 
a maintenir la justise de la maison ; mais selonc nos 
bons ancessor qui ont usé a maintenir nos bons us et 
les bones costumes qui furent mises en la maison, 
selonc celés doit chascun jugier son frère. Et en tel 
manière seront lor consciences sauves. 

Dieu est comencement de toutes choses. 

C'est cornent Von doit faire les justises de la maison [ . 

643. La première est de perdre la maison, dont Dieu 
gart chascun. 

La seconde, de l'abit perdre, dont Dieu gart chascun. 

La tierce, quant l'on laisse l'abit por Dieu a aucun 
frère, se il est a ni jors entérinement tant que Dieu et 
li frère le relaischent et facent merci d'un des jors ; 
et doit estre mis adès en sa penance, ce est sans res- 
pit. Et se il est dehaitiés, l'aumosnier li puet doner 
dou bruet de l'enfermerie. Et se il est malades, qu'i 

643. — 1. Ce chapitre n'est que la répétition, en abrégé, d'un 
certain nombre des préceptes notés dans les paragraphes 493 et 
suivants. 



LA REGLE DU TEMPLE. 331 

li conveigne aler en l'enfermerie, il doit mostrer sa 
mesaise a l'aumosner, et il le doit mostrer au Maistre 
ou a celui qui tient cel office. Et cil en doit demander 
as frères, et se li frère s'acordent au lever, soit levé 
de par Dieu ; et s'il ne s'acordent au lever, il lor doit 
demander si s'acordent que il soit mis en l'enfermerie, 
et il s'i doivent acorder se le frère en a mestier, et 
adonc il doit entrer en l'enfermerie. Et tantost come 
il sera amendés, il doit retorner en sa penance sans 
parler as frères. Et sachiés que tout ensi come cil qui 
est en penance doit estre levés par l'esgart des frères, 
tout aussi doit entrer en l'enfermerie par l'esgart des 
frères, se il est malade, tant come il est en sa penance, 
selonc les usages de nostre maison. 

644. Sachiés que se l'abit est pris a i frère en un 
chapistre, et en celui chapistre meismes il est rendu 
por la prière des frères et por sa grant repentance, 
puis qu'il est aies hors de chapistre sans abit, il demore 
a n jors, quar li tiers li est pardonés por l'abit qui li 
est rendus et por la honte qu'il a receue devant les 
frères. 

645. Encores dient li viel home de nostre maison 
que quant l'abit est regardés a un frère et l'en l'a pris i , 
selonc sa bone repentance et selonc son bon porte- 
ment li rent l'en, par ce qu'il ait avant mangié i jor 
sans abit, il demore a i jor sans plus. Car li dui jor 
sont pardonés por la honte qui li est faite et que il a 
receu devant la gent dou siècle. Et cil frères est quites 
de toutes ces penances que il a a faire selonc les usaiges 
de nostre maison . Et (quant) li frère qui sont en penance 

645. — 1. P a ajouté au-dessus por pris. 



332 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ne sont pas si tost levé de terre quant on lor rent lor 
abit ; mais puis qu'il a mangié i mangier a terre en son 
abit, l'en le puet lever qui veaut, se il a faite bien sa 
penance ; et se il ne l'a faite bien et en pais, l'en le 
puet tenir longuement. — Et saichent tuit li frère dou 
Temple que li frère qui est a an et jor en penance, et 
il muert en tant faisant la, l'en doit faire de lui si corne 
d'un autre frère. 

646. La quarte est de il [jors] et le tiers la première 
semaine se le tiers i est només; et se il n'i est només, 
il demore an jors sans plus, mais se le tiers est només, 
il doit jeûner le jor qu'il fist la faute, quelque jor que 
ce fu si ce ne fust le dimenche; et se il la fist le 
dimenche il doit jeûner le lundi, quar la faille doit aler 
avant. Et ceste faille puet l'en regarder as frères de 
cui l'en prent tout quant que l'en en puet prendre 
sans son abit, c'est deus jorz. Et ceste puet l'on regar- 
der a frère por plus petite faille, quant l'en trespasse 
le comandement de la maison. 

647. La quinte est de deus jors sans plus. Et frère 
qui est a deus jorz l'en li puet dire, se il est frères che- 
valiers ou frère sergant de couvent, que il se preigne 
garde de son hernois, et a frère de mestier que il se 
preigne garde de son mestier. Et frère qui est a 
m jorz ou a n doit mener l'asne et faire i des vils mes- 
tiers de la maison; et doit venir le diemenche a la 
descipline au comencement dou chapistre ; et doivent 
seir bêlement et en pès ensur jor en lor places, et 
se il sevent charpentier ou d'autre chose, faire le 
puent. Ensinc se doivent contenir tuit li frère qui sont 
en penance a m jors ou a u ou a mi ; et ne doivent 
toucher nules armeures, se ce ne fust qu'eles se gas- 



LA REGLE DU TEMPLE. 333 

tassent en aucun luec et il ne le peust autrement 
amender. 

648. La siste est a un jor sans plus, et celui qui est 
a un jor n'est pas a l'asne ne as mestiers, si come il est 
dit dessus de ces qui sont a ni jors ou a deus. 

La septime est au vendredi et a la descepline, mais 
se le vendredi lor est esgardé en chapistre, il ne le 
doivent pas jeûner dedens les octaves de noel ne de 
pasques ne de pentecoste, ne prendre se non dou 
frère chapelain descipline. Et se le frère est mesaisiés, 
cil qui tient le chapistre li doit dire que il prendra la 
descipline dou frère chapelain. 

649. La vin faille est quant l'en met frère en respit 
devant le Maistre et devant aucun des viels homes de 
la maison por estre assenés d'aucune chose et don li 
frère ne sont pas certain. 

La ix est quant l'en met frère a frère chapelain. 
La x est quant en met en pais. 

650. Sachent tuit li frère dou Temple que nul frère 
n'a pooir de l'abit oster sans congié de celui qui doner 
li puet. Li Maistres ne nus autres frères n'a pooir de 
lever frère de penance sans parler as frères, et se il 
s'acordent au lever si soit levés, et se il ne s'i acordent 
il ne sera pas levés. 

651 . Se le frère qui a laissée la maison veaut retor- 
ner por la maison recovrer, il doit estre a la grant 
porte de la maison et se doit agenoillier a toz les frères 
qui vont et qui viennent, et proier les por Dieu qu'il 
aient pitié de lui, et ce doit il faire so ventes fois. Et 
l'aumosner li doit doner a mangier a la porte et le 
doit herbergier et le doit remembrer a celui qui tient 



334 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

le chapistre et qui a pooir de lui mètre en sa penance. 
Et doit dire devant tous les frères que « tel qui fu 
nostre frère est a la porte et requier la maison 
qu'il a laissée par sa defaute, et atent la merci de la 
maison. » 

Et cil qui tient le chapistre doit dire : « Biaus sei- 
gnors frères, a il nul de vos qui saiche que tel home 
qui fu nostre fraire, — et nomer le doit par son 
nom, — ait faite chose ne portée par qu'il ne puisse 
ne ne doie recovrer la maison? » Et se il n'a fait 
le por quoi, il la doit recovrer ensi come dessus 
est dit. 

652. Cil qui veaut la maison recovrer se doit tout 
nus despoillier en braies a la grant porte ou il est, 
une coroie au col, et ensi doit venir en chapistre 
devant celui qui le tient, et agenoillier soi devant lui 
et devant tous les frères. Et cil qui tient le chapistre 
doit dire : « Biau frère, vos vos estes portés folement 
que vos avés laissié la maison et vostre religion. » Et 
celui qui veaut recovrer la maison doit dire « que il 
est mult dolent et corroucés et folement s'est il portés, 
mais il s'amendera volentiers si come il est establi a 
la maison. » 

653. Et se li frères est coneus de mauvais porte- 
ment et qu'il ne face sa penance ni bien ni en pais, 
cil qui tient le chapistre li doit dire en tel manière : 
« Biau frère, vos savés que vos avés a faire une grant 
penance et longue, et se vos demandés congié d'en- 
trer en autre religion por vostre arme sauver je cuit 
et croi que vos fereés que saiges, et je le vos consille- 
roie bien. » Et se il demande le congié, celui qui a 



LA REGLE DU TEMPLE. 335 

pooir de lui mètre en sa penance a le pooir de lui 
doner congié o le conseill des frères. Et se il ne le 
demande, l'en ne li puet doner quant il n'a faite chose 
par qu'il doie perdre la maison ; mais avant qu'il veigne 
en chapistre crier merci, l'en le puet bien mètre en 
lonc respit et faire atendre longuement, par quoi il 
puisse bien conoistre sa folie. 

654. Et se le frère est coneus de bon portement, 
adonc le doivent faire issir de chapistre et vestir de 
tel robe come il li afiert, et puis doit retorner en cha- 
pistre et on le doit mètre en sa penance et une chape 
vestir sans crois, quar ensi est establi a la maison. 
Et doivent dire a l'aumosner qu'i se preigne garde de 
lui, et si le face dormir et herbergier en sa maison si 
come il est establi. Et puis qu'il est en penance, l'au- 
mosner li doit aprendre qu'il doit faire ; et se le frère 
qui est en penance est malades, l'aumosner li doit 
doner ce que mestier li sera por sa guerison ; et doit 
mètre en escrit le jor qu'il comensa sa penance, si que 
l'en en soit remembrant. 

655. Nul frère qui soit en penance ne doit estre 
apelés a nul conseill ne a nul apel de frères qui se face 
por assemblée de frères, mais privéement d'une part 
li puet l'on bien demander conseill se mestier est. 

Encores dient li viel home de nostre maison et li 
proudome, que nule faille par quoi frères puet perdre 
l'abit ne se doit regarder devant nul frère qui n'ait 
pooir de faire frère. 

Et dient aussi que nule faille ensinc come est dit si 
ne se doit mètre a vendredi, quar ansois la doit l'en 



336 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

mètre a un jor ou a plus, et ansi dient qui est costume 
a la maison. 

656. Se frère est en penance o tout son abit et le 
cri lieve, on li puet prester chevau et armes por aler 
en celé besoigne aveuc les autres frères, et quant il 
revendra il doit retorner en sa penance. 

Nul frère qui ait laissée la maison ne doit estre en 
eslection de Maistre ne porter confanon bauçant. 






[RÉCEPTION DANS L'ORDRE] 

Cest si corne Von doit faire frère et recevoir au Temple. 

657. « Biaus seignors frères, vos veés bien que li 
plus s'est accordés de faire cestui frère : s'il y avoit 
nul de vos qui seust en lui chose por quoi il ne deust 
est* re 4 frères droiturierement, si le deist; car plus bêle 
chose seroit qu'i le deist avant, que puis qu'il sera 
venus devant nos. » Et se nul ne dit rien, si le doit 
l'en mander querre, et mètre le en une chambre près 
de chapistre ; et puis li doit l'en mander deus prodes- 
homes ou trois des plus anciens de la maison, et que 
miaus li saischent mostrer ce qui li convient. 

658. Et quant il sera devant ces, il li doivent bien 
dire : « Frères, requerés vos la compaignie de la mai- 
son? » Et se il dit « oïl, » il li doivent mostrer les 
grans durtés de la maison, et les chariables comande- 
mens qui i sont, et toutes les durtés aussi qu'i li sau- 
ront mostrer. Et se il dit « qu'il souffrira volentiers 
tout por Dieu, et qu'il veaut estre serf et esclaf de la 
maison a tous jors mais, tous les jors de sa vie, » il 
li doivent demander : se il a femme espouse ni fian- 
cée; ne -se il fist onques vou ni promission a autre 
religion ; ne se il doit dette a nul homme dou monde 

657. — 1. Il manque ici un nouveau feuillet dans le ins. de 
Paris, correspondant à celui qui manque plus haut (§ 629) ; le 
feuillet précédent se termine par ces. mots : deust es-, et le sui- 
vant commence par covent l'en... (Vov. § 662*.) 

n 



338 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

qu'il ne puisse paier; et se il est sain de son cors, 
qu'il n'ait nule maladie reposte ; ne se il est serf de 
nul home. 

659. Et se il dit que non, que il est bien quites de 
ces choses, li frères doivent entrer en chapistre et dire 
le au Maistre ou a celui qui tendra son luec : « Sire 
nos avons parlé a cest prodome qui est defors et li 
avons mostré les durtés de la maison si corne nos 
avons peu et seu. Et il dit qu'il veaut estre serf et 
esclaf de la maison, et de toutes ces choses que nos li 
demandâmes il en est quites et délivres ; n'en li a nul 
empeschement que bien ne puisse et doie estre frères, 
se a Dieu et a vos et as frères plaist. » 

660. Et li Maistre doit dire de rechief que se il y 
avoit nul qui i seust autre chose, que il le deust dire, 
quar meaus vaudroit ores que après. Et se nul ne dit 
riens, si doit dire : « Volés vous qu'en le face venir de 
par Dieu ? » Et li prodome diront : « Faites le venir de 
par Dieu. » Et adonques doivent retorner cil qui par- 
lèrent a li, et doivent demander : « Estes vos encores 
en votre bone volonté ?» Et s'il dit « oïl, » il li 
doivent dire et enseignier cornent il doit requerre la 
compaignie de la maison. C'est qu'il doit venir en 
chapistre, et se doit agenoillier devant celui qui le 
tient, les mains jointes, et doit dire : « Sire, je suis 
venus devant Dieu et devant vos et devant les frères, 
et vos prie et vos requier por Dieu et por nostre Dame, 
que vos m'acuilliés en vostre compaignie et en vos 
bienfaits de la maison, come celui qui tos jors mes 
veaut estre serf et esclaf de la maison. » 

661 . Et cil qui tient le chapistre li doit dire : « Biau 
frère, vos requerés mult grant chose, quar de nostre 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 339 

religion vos ne veés que l'escorche qui est par defors. 
Car l'escorche si est que vos nos veés avoir beaus 
chevaus, et beaus hernois, et bien boivre et bien man- 
gier, et bêles robes, et ensi vos semble que vos fus- 
siés mult aisé. Mais vos ne savés pas les fors coman- 
demens qui sont par dedans : quar forte chose si est 
que vos, qui estes sires de vos meismes, que vos vos 
faites serf d'autrui. Quar a grant poine ferés jamais 
chose que vos veullés : car se vos veullés estre en la 
terre deçà mer, l'en vos mandera delà ; ou se volés 
estre en Acre, l'en vos mandera en la terre de Triple 
ou d'Antioche, ou d'Ermenie ; ou l'en vos mandera en 
Puille, ou en Sesile, ou en Lombardie, ou en France, 
ou en Borgoigne, ou en Angleterre, ou en pluisors 
autres terres ou nos avons maisons et possessions. Et 
se vos volés dormir, on vos fera veillier; et se vos 
volés aucunes fois veillier, l'en vos commandera que 
vos ailliés reposer en vostre lit. » 

6621. — Et s'il est frère sergent et il veuille estre frère 
de* covent, l'en li puet dire qu'en le metra sur un des 
plus vis mestiers que nos avons, par aventure au four, 
ou au molin, ou a la cuisine, ou sur les chameaus, ou 
sur la porcherie ou sur pluisors autres offices que nos 
avons. — Et « souvent autres durs comandemens qu'en 
vos fera : quant vos serés a la table, que vos voudrés 
mangier, l'en vos comandera que vos aillés ou l'en* 1 
voudra, et vos ne saurés ja ou. Et mult de grouces 2 

662. — 1. Ici, c'est le ms. de Rome qui a perdu un feuillet. Il 
correspondait à la feuille de garde qui devait terminer le volume 
et qui a disparu aussi. Le feuillet précédent se termine par les 
mots ou l'en, et le suivant commence par huisouses (§ 668*). 

2. Grondeuses, plaignantes. 



340 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

paroles que vos orés maintes fois vos covendra a 
sofrir. Or regardés, beau douz frère, se vos porrés bien 
soufrir toutes ces durtés. » 

663. Et se il dit « oïl, je les soufrirai toutes se Dieu 
plaist, » li Maistre ou cil qui tenra son luec doit dire : 
« Biau frère, vos ne devés pas requerre la compaignie 
de la maison por avoir seignories ne richesses, ne por 
avoir aise de vostre cors ne honor. Mais vos la devés 
requerre por m choses : l'une por eschiver et laissier 
le pechié de cest monde; l'autre por faire le servise 
nostre Seignor; la tierce est por estre povres et por 
faire penitance en cest siècle, c'est por le sauvement 
de l'arme; et tele doit estre l'entention por quoi vos 
la devés demander. » * 

664. Et si li doit demander : « Volés vos estre, tous 
les jors de vostre vie mes, sers et esclaf de la maison? » 
Et il doit dire : « Oïll, se Dieu plaist, sire. » Et volés 
vos laissier vostre propre volenté tous les jors mais de 
vostre vie por faire ce que vostre comandeor coman- 
dera ? » et il doit dire, « Sire, oïl, se Dieu plaist. » 

665. Et li Maistres dira : « Or vos en issiés defors, 
et priés nostre Seignor qu'i vos consiaut. » Adonc 
quant il sera defors, si puet dire cil qui tendra le cha- 
pistre : « Biaus seignors, vos veés que cil prodons a 
grant talant 1 de la compaignie de la maison, et dit 
qu'il veaut estre toz les jors mes de sa vie serf et esclaf 
de la maison, et je vos ait dit autre fois que s'il y avoit 
nul de vos qui seust chose en lui par quoi il ne deust 
estre frère droiturierement, qu'il le deist, quar après 
qu'il seroit frère il nen seroit de riens creus. » 

665. — 4. Désir. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 341 

666. Et se nus ne dit riens, li Maistre dira : « Volés 
vos qu'en le face venir de par Dieu. » Et adonc dira 
aucuns proudons : « Faites le venir de par Dieu. » 
Adônques le doit aler querre i des proudomes qui li 
avoient parlé devant, et li doit mostrer de rechief 
cornent il doit requere la compaignie de la maison si 
corne il avoit requise avant. 

667. Et quant il sera venu en chapistre, il se doitage- 
noillier le[s] mains jointes et doit dire : « Sire, je vien 
et devant Dieu et devant vos et devant les frères, et 
vos pri et vos requier por Dieu et por nostre Dame 
que vos m'acuilliés en vostre compaignie et aus biens- 
fais de la maison, esperitelment et temporelment, 
corne celui qui veaut estre serf et esclaf de la maison 
tous les jors mais de sa vie. » Et cil qui tient le cha- 
pistre li doit demander : « Yestes vos bien apensés 
biau frère, se vos volés estre serf et esclaf de la mai- 
son et se vos volés laissier vostre propre volenté tous 
jors mes por faire l' autrui ? Et volés vos soufrir toutes 
les durtés qui sont en la maison establies et faire tous 
les comandemens que l'en vos fera ?» — Il doit dire : 
« Sire, oïll, se Dieu plaist. » 

668. Et puis se doit lever celui qui tient le cha- 
pistre et doit dire : « Biaus seignors, levés sus et priés 
nostre Seignor et madame sainte Marie, que il le doit 
bien faire. » Et chascun doit dire une fois le pater 
nostre si lor plaist, et li frère chapelain, si doivent 
dire après une orison dou saint Esperit. Et puis celui 
qui tient le chapistre doit prendre les évangiles et les 
doit ovrir; et cil qui doit estre frères les doit prendre 
a deus mains et estre a genoiJs. Et celi qui tient le 
chapistre li doit dire : « Biau frère, li proudome qui 



342 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

ont parlé a vos vos ont assés demandé, mais quanque 
vos avés dit a eaus et a nos, toutes sont paroles vaines 
et* huisouses, et vos ne nos ne porrions avoir grant 
damaige de chose que vos nos aies encores dite. Mais 
vés ici les saintes paroles nostre Seignor, et des choses 
que nos vos demanderons vos nos dires vérité, quar 
se vos en mentiés vos en sériés parjurés et en porriés 
perdre la maison, dont Dieu vos gart. 

669. « Mes premièrement vos demandons se vos 
avés femme espousée ne fiancée, par quoi ele vos peust 
ne deust demander par le droit de sainte yglise ; quar 
se vos en mentiés, et il avenoit demain ou plus dou 
main en quelque tens qu'ele venist et ele vos peust 
prover que vos fussiés son baron et vos peust deman- 
der par le droit de sainte yglise, l'on vos osteroit 
l'abit et vos metroit l'on en gros fers, et si vos feroit 
on laborer avec les esclas. Et quant l'en vos auroit fait 
assés de la honte, l'en vos prendroit par le poin et vos 
bailleroit l'on a la femme, et auriés perdue la maison 
a toz jors mais. 

670. « La segonde si est se vos eussiés esté en autre 
religion, ou vos eussiés fait vou ne promission, quar 
se vos l'eussiés fait et l'en vos en poïst ataindre, et la 
relegion vos demandast por son frère, l'en vos osteroit 
l'abit et rendroit a la relegion, et avant vos feroit l'en 
de la honte assés et auriés perdue la compaignie de 
la maison toz jors mais. 

671 . « La tierce si est se vos deussiés nule dette a 
nul home dou monde que vos ne pussiés paier ou par 
vos ou par vos amis sans riens mètre des aumosnes 
de la maison, l'en vos osteroit l'abit et rendroit l'en 



LA HÈGLE DU TEMPLE. 343 

au detor l , et puis ne seroit la maison de riens tenue ne 
a vos ne au dettour. 

672. « La quarte si est se vos estes sain de vostre 
cors, qu'en vos n'ait nule maladie reposte fors ce que 
nos veons par defors ; et se vos estiés provés ne atains 
que vos l'eussiés au siècle avant que vos fussiés nostre 
frère, vos en porriés perdre la maison, don Dieu vos 
gart. 

673. « La quinte est se vos avés promis ne doné a 
home dou monde ne a frère dou Temple ne a autre, 
or ne argent ne autre chose par quoi il vos peust 
aidier de venir en ceste religion, quar ce seroit symo- 
nie, ne ne vos porriés sauver en nostre maison : se 
vos en estiés atains ne provés, vos en perdriés la com- 
paignie de la maison. 

« Ou se vos estiés serf d'aucun home et il vos 
demandoit, l'en vos rendroit a lui et auriés perdue 
la maison. » Et se il est frères chevaliers ne li deman- 
dés rien de ce, mes l'on li puet demander se il est fiz 
de chevalier et de dame, et que ses pères soit de 
lignage de chevaliers; et se il est de loial mariage. 

674. Emprès li doit l'en demander, soit frères che- 
valiers ou frère sergent, se il est prestres ne diaques 
ne soudiaques, quar se il avoit nules de ces ordres et 
il le çeloit, il en porroit perdre la maison. Et s'il est 
frère sergent, l'en li doit demander se il est chevaliers. 
Et lor doit l'en demander s'il sont excomenié, soit 
frère chevaliers ou frère sergent. 

Et puis puet demander celui qui tient le chapistre 
as vies homes de la maison s'il y a autre chose a deman- 

671. — 1. Cf. 8 431. 



344 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

der, et s'il dient que non, si dira cil qui tient le cha- 
pistre : « Biau frère, de toutes ces demandes que nos 
vos avons faites gardés bien que vos nos aies dit vérité, 
quar se vos nos aviés de riens menti de nules de ces 
choses, vos en porriés perdre la maison, dont Dieu vos 
gart. 

675. « Ores beau frère, or entendes bien ce que 
nos vos dirons : vos prometés a Dieu et a nostre Dame 
que vos mes tous les jors de vostre vie serés obeis- 
sans au Maistre du Temple et a quelque comandeor 
sera sur vos ?» — Et il doit dire « Oïl, sire, se Dieu 
plaist. » 

« Encores prometés vos a Dieu et a madame sainte 
Marie que vos mes tous les jors de vostre vie vivres 
castement de vostre cors? » — Et il doit dire : « Oïl, 
sire, se Dieu plaist. » 

« Encores prometés vos a Dieu et a nostre Dame 
sainte Marie que vos, toz les jors mes de vostre vie, 
vivres sans propre ?» — Et il doit dire : « Oïl, sire, 
se Dieu plaist. » 

« Encores prometés vos a Dieu et a madame sainte 
Marie que vos, tous les jors mes de vostre vie, les bons 
us et les bones costumes de nostre maison, celés qui 
i sont et celés que li Maistre et li proudomes de la 
maison i metront, tendrez? » — Et il doit dire : « Oïl, 
se Dieu plaist, sire. » 

676. « Encores prometés vos a Dieu et a madame 
sainte Marie que vos, tous les jors mes de vostre vie, 
aiderés a conquerre, a la force et au pooir que Dieu 
vos a doné, la sainte terre de Jérusalem; et celé que 
crestien tienent aiderés a garder et a sauver a vostre 
pooir? » — Et il doit dire : « Oïl, sire, se Dieu plaist. » 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 345 

« Encores prometés vos a Dieu et a madame sainte 
Marie que jamais ceste religion ne lairés por plus 
fort ne por plus foibles, ne por pior ne por meillor, 
se vos ne le faciès par le congié dou Maistre et dou 
covent qui ont le pooir ?» — Et il doit dire : « Oïl, 
sire, se Dieu plaist. » 

« Encores prometés vos a Dieu et a madame sainte 
Marie que vos jamais ne serés en luec ni en place ou 
nus crestiens soit deserités a tort ne a desraison des 
soes choses ne par vostre force ne par vostre con- 
seill ?» — Et il doit dire : « Oïl, sire, se Dieu plaist. » 

677. « Et nos de par Dieu et de par nostre Dame 
sainte Marie, et de par mon seignor saint Pierre de 
Rome, et de par nostre père l'apostoile, et de par tous 
les frères dou Temple, si vos acuillons a toz les biens- 
fais de la maison qui ont esté fais dès le comencement 
et qui seront fais jusques a la fin, et vos et vostre 
père et vostre mère et tous ces que vos vorrés acuillir 
de vostre lignage. Et vos aussi nos acuiïliés en toz les 
biensfais que vos avés fais et ferés. Et si vos prome- 
tons dou pain et de l'aiguë et de la povre robe de la 
maison et de la poine et dou travaill assés. » 

678. Et puis cil qui tient le chapistre doit prendre 
le mantel et li doit mètre au col et estraindre les las. 
Et le frère chapelain doit le saume dire que l'on dit, 
Ecce quam bonum [ , e l'orison dou saint Esperit, et chas- 
cun des frères doit dire la pater nostre. Et celui qui 
le fait frère le doit lever sus et baisier en la bouche; 
et est usé que le frère chapelain le baise aussi. 

Et puis cil qui le fait frère le doit faire seir devant 

678. — 1. Ps. GXXXII, 1. 



346 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

li et li doit dire : « Biau frère, nostre Sires vos a amené 
a vostre désirer et vos a mis en ensi bêle compaignie 
corne est la chevalerie dou Temple, par quoi vos devés 
mètre grant poine en vos garder que vos ne faciès 
jamais chose par quoi il la vos coveigne perdre, dont 
Dieu vos gart. Et nos vos dirons aucunes de celés 
choses de qui nos remembrera de la faille de la mai- 
son et de l'abit après. 

679. « Ores biau frère, vos avés bien entendues les 
choses por quoi vos poés perdre la maison, et celés 
de l'abit, mais non pas toutes : si les aprendrés et gar- 
derés se Dieu plaist, et vos les devés demander as 
frères et enquerre. Or y a autres choses qui sont esta- 
blies, que se vos les feissiés il en seroit prise autre 
justise; c'est que vos ne devés jamais ferir nul cres- 
tien, ne toucher iréement ne corrousousement ne de 
pojng ne de paume ne depié, ne tirer par les cheviaus, 
ne villier de pié. Et se vos le ferries de pierre, ne 
de baston, ne d'armes molues si come je vos ai des- 
sus dit, de quoi vos le poissiés tuer ne mahaignier a 
un cop, vostre abit seroit en la merci des frères o dou 
prendre o dou laissier. Ne vos ne devés jamais jurer 
de Deu ne de nostre Dame, ne de saint ne de sainte. 
Ni devés jamais prendre servise de femme, se n'est oit 
por mesaise de vostre cors 4 , ou par congié de celui qui 

679. — i. Même recommandation se retrouve faite, avec même 
dispense exceptionnelle, dans les commanderies de l'ordre de 
Malte, aux xv e et xvi e siècles par exemple. Ainsi, au Temple de 
Paris, plusieurs déclarations de visiteurs, députés par le grand- 
maître dans le grand-prieuré de France, portent « qu'il sera per- 
mis aux frères religieux malades d'appeler des femmes d'âge, de 
bonne vie, pour les servir pendant leurs maladies seulement, et 
non autrement. » Ajoutons que la maison de Paris posséda aussi de 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 347 

doner le vos puet; ne jamais baisier feme, ne mère ne 
suer ne parente que vos aies, ne nule autre feme. Ne 
jamais vos ne devés apeler home mesel ne punais ne 
traitre, ne autres vilaines paroles, quar toutes vilaines 
paroles nos sont desfendues, et toutes cortoisies nos 
sont abandonées et tous biens a faire. 

680. « Ores dirons cornent vos devés dormir : vos 
devés tous jors mes dormir en chemise et en braies et 
en chauces linges 1 , et çaint d'une petite ceinture; et 
devés avoir en vostre lit m dras, c'est assavoir i sac 
por mètre paille et n linceaus, et en luec d'un linceau 
poiés avoir une estamine se le drapier la vos veaut 
doner ; la carpite est de grâce se vos trovés qui la vos 
done. De la robe de vestir vos ne devés avoir fors 
celé que le- drapier vos donra, et se vos l'achetés, grant 
justise en seroit prise. 

681 . « Or vos dirons cornent vos devés venir a la 
table ne cornent vos devés venir as hores. Vos devés 
venir a toz les apiaus de la campane ; quant la campane 
de mangier sone, vos devés venir a la table et devés 
atendre les prestres et les clercs por faire la beneisson. 
Et devés regarder se il y a pain et aiguë et cel ou ce 
que vos devés boivre, et puis faire la beneiçon, et 
puis vos devés asseir et trenchier vostre pain. Et se 
vos estiés en luec ou il venist prestre, vos devés dire 
une pater nostre en pais, ançois que vos aseés ne 
trenches vostre pain, et puis devés mangier vostre pain 
en pais et en silence, et ce que Dieu vos aura doné; 

tout temps, comme on le constate dans les registres de comptes 
depuis le xiv e siècle, une ou deux « chambrières pour la cuisine 
et les lessives ; » on trouve parfois même une barbière. 
680. — 1. De drap. Cf. § 54. 



348 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

et ne devés riens demander for dou pain et de l'aiguë, 
quar l'en ne vos promet autre chose; et se li frère 
manjuent autre chose, bien en poés demander privée- 
ment. Mais se vos mangiés char ou poisson et ele soit 
crue, ou mauvaise, ou soursemée, vos la poés deman- 
der a changier, mais plus bêle chose est que vostre 
compains la demande que vos ; et se il en est aisiés il 
la changera, et se il n'a de quoi si vos donra aucune 
autre chose a l'encontre, ou de la viande de la mais- 
née, ou de ce qu'il sera meaus aisiés, et vos vos en 
devés tenir apaiés et prendre en patience. 

682. « Et quant vos avés mangié, vos devés aler au 
mostier après les prestres et rendre grâces a nostre 
Seignor en silence, et ne devés parler tant que vos 
aies dit une pater nostre, et li prestres grâces. Et s'il 
n'i a point de prestre en la place meismes ou en la 
plus honeste place près d'iqui, et puis poiés aler en 
vostre servise. Et quant vos orrés [soner] none, vos i 
devés venir : s'il y a prestre, vos la devés oyr, et s'il 
n'i a prestre vos devés dire xim pater nostres, vu por 
notre Dame et vn por le jor. — E ausi 4 a vespres devés 
venir oïr les, et se il n'i a prestre ni yglize, vos devés 
dire xvm pater noster, rx por nostre Dame et ix por 
le jour. Et après devés aler souper; et cant oyrés 
soner la campane de complie, vos devés venir prendre 
collacion de ce que om vos aportera, car ce est en la 
volenté del Maistre se il veut del vin ou de l'aiguë ; et 
puis se om i fait nul comandement vos le devés oïr, et 
faire ce que vos sera comandé. E puis devés oïr com- 

682. — 1. Ce passage entre tirets a été ajouté en marge d'une 
autre main sur le ms. de Paris, et ne se trouve pas dans le ms. 
de Rome. 



LA RÈGLE DU TEMPLE. 349 

plie se il i a prestre, et se non i est, vos devés dire 
xiiii pater noster, vu por le jour et vu por nostre 
Dame. — Et puis aler couchier. Et se vos volés nient 
comander a vostre maisnée, privéement lor poiés 
comander ce qu'il vos plaira. Et quant vos serés cou- 
cbiés vos devez dire une pater nostre. 

683. « Et quant vos orés soner matines, vos i 
devés lever se prestre y a et oïr les, et s'il n'i a prestre 
vos devés dire xxvi patenostres, xin por nostre Dame 
et xm por le jor. Et puis devés dire xxx pater nostres 
por les mors et xxx por les vis, avant que vos bevés 
ne mangiés, se n'estoit aiguë. Et ne le devés laissier, 
se n'est por mesaise de vostre cors, que vos ne les puis- 
siés dire, car il nos sont establis por nos confrères, et 
por nos consuers, et por nos bienfaitors, et por nos 
biensfaiteresses , que nostre Sires les condue a bone 
fin et lor face verai pardon. Et quant vos avérés oy 
matines s'il y a prestre, — et s'il n'i a prestre dites 
par vos, — vos poiés aler coucher. 

684. « Et quant vos orrés soner la prime et tierce 
et midi, tout l'un après l'autre, s'il y a prestre si l'oïés, 
et s'il n'i a prestre vos devés dire xim patenostres, 
vu por nostre Dame et vu por le jor ; por tierce autant ; 
por midi autant ; et devés dire l'un après l'autre devant 
que vos manjés. 

685. « Et toutes les choses que je vos ai dites vos 
devés dire; mais vos devés dire les hores de nostre 
Dame avant, et celés dou jor après, por la raison de 
ce que nos fumes establi en l'onor de nostre Dame; 
et si dites celés de nostre Dame en pies et celés dou 
jor en séant. — Et se vos yestes en maison dou Temple 
ou frère dou Temple trespasse, ou que vos mangiés 



350 LA RÈGLE DU TEMPLE. 

dou pain de celé maison ou li frère morra, vos devés 
dire c pater nostres por l'arme de lui : dedens les 
vu jors après, quant vos en serés aisiés, vos le devés 
dire. Et se Dieu fait son comandement dou Maistre, 
vos en devés [dire] ce pater nostres en quelque leu que 
vos seés, dedens les vu jors. Et les pater nostres des 
mors vos ne devés laissier, se n'estoit por mesaise de 
vostre cors, de maladie, ensi corne il est dit dessus. 
686. « Or vos avons dites les choses que vos devés 
faire et de quoi vos vos devés garder, et celés de la 
maison perdre, et celés de l'abit perdre, et des autres 
justises; et si nos ne vos avons pas tout dit quanque 
dire vos devriens, mais vos le demanderés. — Et 
Dieu vos laist bien dire et bien faire. » 



AMEN. 



CONCORDANCE 

DES ARTICLES DE LA RÈGLE LATINE PRIMITIVE 

AVEC CEUX DE LA RÈGLE FRANÇAISE 



R. LATINE 


R. FRANC. 


R. LATINE 


R. FRANC. 


R. LATINE 


R. FRANC. 


Prologue 


1-8 


25 


19 


50 


59 


1 


9 


26 


18 


51 


57 


2 


10 


27 


18 


52 


61 


3 


62 


28 


21 


53 


61 


4 


64 


29 


22 


54 


38 


5 


65 


30 


51 


55 


69 


6 


63 


31 


51 


56 


70 


7 


15 


32 


66 


57 


13 


8 


23 


33 


39 


58 


11 


9 


24 


34 


40 


59 


36 


10 


26 


35 


41 


60 


15 


11 


25 


36 


50 


61 


67 


12 


27 


37 


52 


62 


14 


13 


28 


38 


53 


63 


60 


14 


29 


39 


35 


64 (a) 


37 


15 


29 


40 


43 


64(6) 


12 


16 


30 


41 


43 


65 


après 71 


17 


31,32 


42 


49 




(note) 


18 


33 


43 


44 


66 


58 


19 


34 


44 


54 


67 


45 


20 


17 


45 


42 


68 


46,47 


21 


68 


46 


55 


69 


20 


22 


17 


47 


55 


70 


21 


23 


18 


48 


56 


71 


48 


24 


19 


49 


59 


72 ! 


71 



r r 



TABLE GENERALE. 



Cette table renvoie aux numéros des paragraphes. 



Abandon de la maison: faute 
entraînant perte de l'habit, 
261, 262, 425, 455, 459, 462, 
491, 557, 595, 602, 603, 627, 
630. 

Absolution donnée par les frè- 
res chapelains, 269, 272, 273, 
542, 593. 

Abstinence. Voy. Jeûnes. 

Accusation d'un frère par un 
autre en chapitre, 48, 134, 
384, 393, 397-404, 407-411, 
413, 458, 477, 480-3, 620. 

Acquittement, 267, 416, 475, 
479, 484, 520, 521, 531, 552, 
639, 649, 650. 

Acre (Syrie), 115 n., 119 et n., 
552, 554, 560, 570, 573, 591, 
603, 606, 610, 616, 661. 

— (fleuve d'). Voy. Belus. 

— (commandeurs d'), 87, 93, 
119, 143, 609, 610. 

— (frère de la chaîne à), 616. 
Adam, frère du Temple en Es- 
pagne, 582. 

Admission dans Tordre du 
Temple. Voy. Réception. 

Agés (frères), 60, 147, 191, 298, 
338-9. 

Aguillier, sorte de tente. Voy. 
Tentes. 

Albano (évêque d'). Voy. Ma- 
thieu. 

Albe, le château de Blanche- 



garde (?), en Syrie, auj. Tell- 
es-Saphieh, 56z. 

Alexandre III, pape (bulles de 
1163, 1173), 637, note. 

Amis et bienfaiteurs de la mai- 
son; rapports des frères avec 
eux, 82, 84, 100, 112, 128, 
151, 193, 286, 291, 292, 374, 
411, 541, 546, 683. 

André de Baudemant, présent 
au concile de Troyes, 6. 

Angleterre, 327. 

— (maisons du Temple en), 661. 

— (commandeur de la province 
d'), 87. 

Anseau le Bourguignon, frère 
du Temple, 620. 

Antioche, ville de Syrie et pro- 
vince du Temple en Orient, 
89,92,104,106,153,201,327, 
530, 554, 586, 633, 661. 

— (commandeur de la province 
d'), 87, 92, 104-106, 125-129, 
201, 203, 530. 

— (drapier de la province d'), 
131. 

Apostasie, 569. 

Appels. Voy. Commandements. 

Approvisionnements des mai- 
sons du Temple, 126. Cf. Mé- 
tiers. 

Aragon (commandeur de la 
province d'), 87. 

Arbalètes, 55, 102, 173, 315, 
317, 427, 557. 

Archambaud de Saint-Amand 

23 



354 



TABLE GÉNÉRALE. 



(frère), un des compagnons 
de Hugues de Payns au con- 
cile de Troyes, 7." 

Arcs, 55, 562. 

Argent possédé par les frères, 
ou à eux confié, 327, 329- 
335, 427, 557, 566, 578, 579, 
618. 

Arménie, 129, 661. 

Armes. Voy. Costume militaire. 

Armes et armures, «harnais » des 
frères en général, 35, 50, 52, 
53, 66, 82, 102, 116, 138-142, 
144, 257, 283, 284, 285, 305, 
315, 318, 322, 335, 338, 419- 
421, 427, 451, 501, 510, 557, 
561, 578, 601, 626, 647. 

— turques, 102, 138, 173, 427, 
557. 

Armoire, 604. 

Arsuf, forteresse de Syrie, 592. 

Ascalon (Palestine), 583, 626. 

Athlit (Syrie). Voy. Château- 
Pèlerin. 

Aubri de Reims (maître), pré- 
sent au concile de Troyes, 6. 

Aumônes de la maison, 98, 
121, 347, 370, 424, 460, 538, 
579. Cf. Pauvres. 

— (don des) sans congé; faute 
entraînant perte de l'habit, 
249, 460, 598. 

— (prêts des). 460, 598. 
Aumôniers, 29, 199, 266, 323, 

346, 470, 471, 486, 489, 491, 
494, 628, 643, 651, 654. 

Auxerre (évêque d'). Voy. Hu- 
gues de Montaigu. 

Avertissement d'un frère par 
un autre. Voy. Accusation. 



B 



Baffe. Voy. Bapho. 
Baillis du Temple. Voy. Com- 
mandeurs. 
Banc, 512. 

Bapho, ville en Chypre, 618. 
Bardes, selles, bâts, 116. 
Barthélemi de Vir, évêque de 



Laon, présent au concile de 

Troyes, 6. 
Barut. Voy. Beirout. 
Bassin pour mesurer l'orge, 140. 
Bâtir (défense de). Voy. Maison 

neuve. 
Battre un frère du Temple, ou 

un chrétien. Voy. Coups et 

blessures. 
Baucent. Voy. Gonfanon. 
Baudemant (de). Voy. André. 
Baudouin de Benrage, ou Bor- 

rages, commandeur du Tem- 
ple, 618, 640. 
Baudrier, 317. 
Beau vais (évêque de). Voyez 

Pierre de Dammartin. 
Beirout (Syrie), 78 n., 408, 563. 
Belus, fleuve de Syrie, 616 n. 
Benrage (de). Voy. Baudouin. 
Bergerie (frères de la), 258, 556. 
Bernard (saint), abbé de Clair- 
vaux, présent au concile de 

Troyes, 5, 6. 
Besaces, 140, 331, 427, 563, 

565, 566, 578, 579. 
Bétail, 103, 116, 255, 258, 456. 

Cf. Chevaux. 
Bisot. Voy. Goffroi. 
Blanchegarde ( Syrie ) . Voyez 

Albe. 
Blessure faite à un frère du 

Temple ou à un chrétien. 

Voy. Coups et blessures. 
Blois (comte de). Voy. Thibaut. 
Borrages (de). Voy. Baudouin. 
Bouche de Lièvre! Voy. Jean. 
Bouciaus, barils ou outres, 173. 
Bougran, tissu, 132. 
Boulangerie. Voy. Four (frères 

du). 
Boule. Voy. Sceau. 
Bourgogne, 109. 
— (maisons du Temple en), 661. 
Bourse de l'ordre, trésor, 88, 

478, 634. 
Bouteillerie, service de la cave, 

196, 291. 
Boverie (commandeur de la), 

591. 
Boveries, étables à bœufs, 115. 



TABLE GÉNÉRALE. 



355 



Braier, ceinture pour les braies, 

144, 426. 
Braies, 21, 138, 142,281, 335, 

425, 428, 468, 558, 652, 680. 
Braies (de). Voy. Guiraut. 
Burcard, évêque de Meaux, 

présent au concile de Troyes, 

Butin fait en guerre, 102, 116, 
123. 



C 



Calomnie contre un autre, ou 
contre soi-même ; faute entraî- 
nant perte de la maison ou 
de l'habit, 237, 238, 408, 453, 
454, 567, 595. 

Campanes. Voy. Cloches. 

Campement, herberge, estage, 
145, 148-155, 366-383. 

Canivet, couteau court, 138, 
327. 

Carêmes, 76, 185, 190, 303, 342, 
343, 351. Cf. Jeûnes. 

Carpites, tapis, couvertures, 21, 
130, 139, 140, 149, 293, 680. 

Carravanier, serviteur, 604. 

Casai Brahim (Syrie), 605. 

Casai Bobert (Syrie), auj. Kefr- 
Kenna, 610. 

Casaliers, frères du Temple, 
gardes des casaux, 135, 181. 

Casaux, fermes, domaines ru- 
raux, 118, 135. 320, 570, 625. 

Casterie (la), ville en Chypre, 
auj. Gastriâ, 619. 

Castille (frères du Temple en), 
582. 

Ceinture, 21, 138, 144, 281, 317, 
425, 502, 558, 680. 

Cesaire. "Voy. Gésarée. 

Césarée (Palestine), 585. 

— (archevêque de), 546-548. 
Chaîne (frère de la). Voy. Acre. 
Châlons (évêque de). Voy. Erle- 

bert. 
Chameaux, 115. 

— (service des), 662. 
Champagne (comte de). Voy. 

Thibaut. 
Chandelles, 198, 317. 



Chape, grand manteau droit à 
capuchon, 139, 280, 323, 425, 
470, 489, 558, 654. 

Chapeaux, de fer, 138, 141, 173, 
324, 427, 557, 614. 

— de feutre, 140. 

— de bonnet, 140, 324, 386, 
389, 558. 

Chapelains (frères) du Temple, 
26, 64, 77, 129, 184, 188, 194, 
211, 221, 267, 268-278, 325, 
343, 354, 361, 363, 387, 416, 
434, 449, 450, 468, 502, 504, 
511, 513, 515, 523, 524, 525, 
526, 531, 542, 563, 586, 593, 
636, 637, 641, 648, 649, 668, 
678. 

Chapelle, ornements et autel 
portatif, 129, 579. 

Chaperon, 324. 

Chapitres de l'ordre au Temple, 
36, 48, 79, 85, 87, 92, 93, 96, 
97,106,108,125,129,134,137, 
198,206-223,270,382,384-415, 
etc., 463-465, 477, 478, 483- 
489, 502, 516, 517, 520, 532- 
543, 550, 585, 606, 619, 620, 
651, etc., 655, 657, etc. Cf. 
Béception. 

— de sergents, 328. 

— d'écuyers, 176, 177. 
Chartres (évêque de). Voyez" 

Geoffroi de Lèves. 
Chartres (de). Voy. Guillaume. 
Chasse, 55, 151, 256, 601, 605, 

606. 
Château-Blanc, place forte en 

Syrie, auj. Safit, 556. 
Château-Pèlerin, place forte en 

Syrie, auj. Athlit, 408, 552, 

554, 561, 573, 593, 603, 604, 

n., 635, 640. 
Châteaux, 320. 

— possédés par le Temple, 85, 
90, 126, 129, 188, 633. 

Châtelains du Temple, 126, 127, 

633. 
Chaudron, 140, 141, 179. 
Chausses, 21, 138, 281, 293, 

315, 425, 468, 558, 680. 
-de fer, 138, 141, 322, 427, 557. 
Chaussons, 293. 



356 



TABLE GENERALE. 



Chemise, 20, 21, 132, 138, 142, 
281, 314, 335, 425, 558, 680. 

— de cheval, 140, 378. 
Chevaliers (frères) du Temple, 

passim, et plus spécialement 

51, 57, 94, 138-142, 144-168, 
170, 172, 211, 337, 419-421, 
431, 434, 435, 436, 446, 448, 
466, 499, 525, 586, 647, 673. 

Chevaliers séculiers, servant à 

terme, 65-66. 
Chevaux ; palefrois ; roncins , 

muls, sommiers, etc., 35, 50- 

52, 55, 66, 77, 78, 79, 84, 94, 
99, 100, 101, 103, 104, 105, 
107, 110, 112, 114-117, 120, 
121, 123, 125, 127, 128, 130, 
132, 133, 135, 138, 140, 143, 
144, 154, 159, 160, 161, 162, 
169, 173, 176, 177, 179, 180, 
181, 251, 255, 258, 283, 305, 
315, 316, 319, 338, 339, 376- 
379, 451, 501, 557, 578, 596, 
600, 606, 614, 615, 629, 630. 
Voyez aussi Turcoman (che- 
val). 

— (meurtre, blessure, perte de); 
faute entraînant perte de 
l'habit, 255, 456, 596, 599. 

— (don de) sans congé: id., 
258, 456, 596. 

— (équipement, « harnais » des). 
Voy. Bardes, chemise, cou- 
verture, étriers , étrivières, 
frein, longe, lorain, mangeoi- 
res, muselière, panel, sangle, 
selle, ventrière. 

Chevestrerie, sellerie, 335, 451, 

626. 
Cheveux (coupe des), 21, 22, 

130. 
Chevilles, de tente, 285. 
Chevillier, de tente?, 140, 156. 
Chevreline, manteau de peau 

de chèvre?, 142. 
Chien (Pas du), défilé de Bei- 

rout, 78. 
Chiens de chasse, 55. 
Chypre (maisons du Temple en), 

591, 606, 618. 

— (commandeur de), 618. 
Cifles, aiguières, flacons, 346. 



Cîteaux (abbé de). Voy. Etienne 
Harding. 

Clairvaux (abbé de). Voy. Ber- 
nard (saint). 

Clefs, 555, 564, 604. 

— du trésor, 81, 89. 

Clercs, servant à terme, 26, 64, 
77, 187, 234, 288, 295, 347, 
348, 356, 361, 363, 591, 681. 

Clergé (rapports du Temple avec 
le) et les ordres religieux, 12, 
58, 198, 234, 269, 273, 320, 
410, 411, 434, 449, 521, 670. 

Cloches, campanes, du couvent, 
30, 146, 149, 188, 281, 284, 
286, 300, 304, 309, 311, 346, 
364, 376, 464, 681. 

Coiffe, 281, 314, 324, 386,389, 
426, 558. 

— de fer, 162. 
Colombier, 591. 
Commandements, appeaux, faits 

aux frères réunis, 300-310, 
313, 380, 501, 634, 681. Cf. 
Cri. 
Commandeurs des provinces du 
Temple. Voy. Jérusalem, Tri- 
poli, Antioche, France, An- 
gleterre . Poitou , Aragon, 
Portugal, Pouille, Hongrie. 

— des provinces, en général, 
43, 87, 108, 133, 135, 196, 
200, 201, 203, 259, 381, 530, 
578, 581-583, 634. 

— des maisons, en général, 43, 
90,91,129,132-136,180,184, 
186, 196, 292, 335, 382, 535, 
633. 

— et baillis, en général, 44, 87, 
88, 91, 102, 108, 120, 151, 
166, 203, 206, 241, 326, 329, 
463, 464, 466, 524, 630,634. 

Commandeur (grand) de l'Inté- 
rim, 198, 202-215, 217, 220. 

Commandeur de l'Election (du 
grand maître), 207-221. 

Commandeurs du palais, 292, 
299, 335, 610. 

Commandeurs des chevaliers, 
137, 165, 170, 327, 328, 382, 
478, 494, 574, 575, 576, 611, 
612, 631, 633, 634, 635. 



TABLE GÉNÉRALE. 



357 



Commandeur de la voûte d'A- 
cre, frère sergent du Temple. 
Voy. Acre. 

Commandeurs de la viande, 
44-, 148, 150, 151, 152, 366, 
368, 369, 372, 373, 374. 

Commune, complot de deux 
frères ou plus ; faute capitale, 
entraînant perte de la maison, 
229, 398, 402, 408, 409, 418, 
567, 583. 

Compagnon du commandeur de 
l'Election, 208, 210. 

Compagnons ( chevaliers ) du 
grand maître et des grands 
commandeurs, 79, 98, 99, 
109, 110, 120, 121, 122, 125, 
152, 164, 165. 

Complot. Voy. Commune. 

Conditions pour entrer dans 
l'ordre du Temple. Voy. |Ré- 
ception. 

Gon fanon, confanonier. Voyez 
Gonfanon. 

Confession, 194, 269, 354. 

— publique, en chapitre, merci, 
389, etc., 394, etc., 400, etc., 
415, 454, 504, 537-542. 

Confrères de la maison, 69,411, 
541. 

Congé de la maison, demandé 
par un frère, 239, 485, 488, 
595, 631, 653. 

Conseils de l'ordre du Temple. 
Voy. Chapitres. 

Consuers de la maison. Voyez 
Sœurs. 

Corviserie, cordonnerie, 604. 

Costume militaire. Voy. Arba- 
lètes, Arcs, Baudrier, Cha- 
peaux de fer, Chausses de 
fer, Coiffe de fer, Ecu, Epée, 
Eperons, Espalières, Hauber- 
jon, Haubert, Heaume, Ju- 
pon d'armer, Lance, Mani- 
cles, Masse. 

Costume religieux. Voy. Braier, 
Braies, Ceinture, Chape, Cha- 
peaux, Chaperon, Chausses, 
Chemise, Cheveux, Chevre- 
line, Coiffe, Cotte, Couleur 
des vêtements , Courroie , 



Cuir de daim, Esclavine, 
Fourrure, Gants, Garnache, 
Heuses, Houseaux, Jupon, 
Manteaux, Robes, Souliers. 

Cotte, 20, 132, 138, 139, 142, 
314, 335, 425, 558. 

Coucher des frères, 21, 31, 145, 
283, 293, 305, 680. 

Couleur des vêtements des frè- 
res, 17, 68, 139, 140, 141, 
337, 434, 436, 446, 586. 

Coupes, 82, 100, 112, 193. 

Coups et blessures; faute en- 
traînant perte de l'habit, 234, 
235, 272, 321, 451, 452, 567, 
589-593 (exemples), 679. 

Coureurs, 170. 

Courroie, 139, 428, 652. 

Couteaux, 82, 138, 324, 425, 
427, 557, 558. 

Coutte, coussin, traversin, 21. 

Couverture, 18. 

— de lit, 21. 

— de lance, 53. 

— de chevaux, 138, 140, 162. 
Crac, Karak ou la Pierre du 

Désert, forteresse de Syrie, 

auj. Kir-Moab, 562. 
Crécelle. Voy. Table. 
Cri, criée, appel en guerre, 30, 

103, 145, 146, 148, 149, 155, 

159, 160, 161, 169, 294, 364, 

380, 501, 633, 656, 681. Cf. 

Guerre et Campement. 
Crieur, 149. Cf. Cri. 
Croix (la Vraie), 122. 
Croix du manteau des frères, 

141, 469, 470, 489, 654. 
Cuillerer, 140. 

Cuirdedaim, manteau, 132, 142. 
Cuisine (service de la), 196, 662. 

Voy. Repas. 
Cuisinier du couvent (le), frère 

sergent du Temple, 143. 

— du grand maître, 77. 



I) 



Dammartin (de). Voy. Pierre. 

Découcher; faute entraînant 
perte de l'habit ou de la mai- 
son, 262, 265, 425, 426, 462, 



358 



TABLE GENERALE. 



467, 559-560, 621, 623, 627, 
628. 

Déni des droits des frères; 
faute entraînant perte de l'ha- 
bit, 244, 599. 

Désertion; faute capitale en- 
traînant perte de la maison, 
232, 419-421, 574-583 (exem- 
ples). 

Diacres, 342, 345, 348. Cf. Ecri- 
vains. 

Dijon (abbé de Saint-Etienne 
de). Voy. Herbert. 

Dîmes, 58. 

Discipline, instrument de péni- 
tence, 267, 270, 406, 468, 498, 
501, 502, 505, 507, 508, 509, 
511, 513, 515, 523, 524, 534, 
631, 636, 637, 647, 648. 

Dispenses accordées à des frè- 
res, permissions, 50, 311, 
312, 313, 378, 472, 520-522, 
535, 639. 

Dommages causés à la maison ; 
fautes pouvant entraîner perte 
de l'habit, 242, 243, 249, 252, 
256, 257, 260, 362, 456, 596, 
600,601, 605-609 (exemples), 
611, 613, 616, 618. 

Don, sans congé, d'aumônes de 
la maison. Voy. Aumônes. 

Don de l'habit à qui, ou par 
qui n'a droit. Voy. Habit. 

Dons et legs faits à l'ordre du 
Temple, 69, 91, 94, 112, 113, 
131, 144, 183. 

Dons faits par l'ordre du Tem- 
ple, 82, 84, 100, 103, 112, 118, 
123, 128, 129, 249, 374. 

Dons faits aux frères en parti- 
culier, 44, 96, 130, 144, 150, 
183, 369. 

Dons et échanges entre frères 
du Temple, 42, 132, 133, 135, 
142, 251, 317, 327, 370. 

Dortoir, 145. 

Draperie (la), ateliers et maga- 
sins pour l'habillement des 
frères, 112, 127, 131. 

Drapier (le), grand officier du 
Temple, 18, 21, 87, 93, 110, 
112, 130-131, 138. 



Drapiers du Temple en général, 

127, 132, 680. 
Draps de lit, 335, 680; et en 

général voy. Literie. 



E 



Echanges entre frères de l'or- 
dre. Voy. Dons. 

Echelle, gibet, 336. 

Echelles, escadrons, etc., 103, 
105, 109, 161-163, 166, 167, 
170, 179. Cf. Guerre. 

Eclaireurs, 170, 640. 

Ecrivains sarrazinois, 77, 99, 
110, 120, 125. 

— diacres, 99, 110, 125. 

Ecu, 53, 77, 138, 155, 159, 162, 
380, 427. 

Ecuelles et escueler, 25, 140, 
153, 188, 382. 

Ecuyers du Temple, 19, 26, 31, 
51, 67, 68, 77, 94, 99, 101, 
110, 120, 125, 130, 132, 138, 
140, 142, 143, 149, 157, 158, 
175, 176, 177-179, 180, 181, 
283, 305, 323, 326, 335. 

Eglises du Temple, chapelles, 
29, 148 et passim. 

Electeurs ( les treize ) du grand 
maître, 207, 211-218, 452. 

Enfants ( réception d' ) dans 
l'ordre du Temple, 14. 

Engagement dans l'ordre du 
Temple, pris par les sergents 
et écuyers servant « à la cha- 
rité », 67. 

Enseigne, drapeau, 121. Cf. 
Gonfanon. 

Epée, 82, 138, 144, 173, 324, 
427, 557, 562, 607. 

Eperons, 52. 

Equipement en général, « har- 
nais », des frères. Voy. Armes 
et armures. 

Erlebert, évêque de Châlons, 
présent au concile de Troyes, 

Ermenie. Voy. Arménie. 
Escalone. Voy. Ascalon. 
Esclaves, 113, 116, 254, 266, 
270, 336, 455, 597. 



TABLE GÉNÉRALE. 



359 



— (meurtre, blessure ou perte 
d'un), faute entraînant perte 
de l'habit, 254, 455. 

Esclavine, manteau long, 149, 
293, 377. 

Escorgées, étrivières, 336, 502. 

Espagne (commandeur d'). Voy. 
Guillaume Fouque. 

Espalières, armure, 138, 139, 
325, 427, 557. 

Estage. "Voy. Campement. 

Etamine, couverture, 139, 680. 

Etienne de la Fierté, patriarche 
de Jérusalem, 4, 8. 

Etienne de Senlis, évêque de 
Paris, présent au concile de 
Troyes, 6. 

Etienne Harding, abbé de Cî- 
teaux, présent au concile de 
Troyes, 6. 

Etoffes. Voy. Bougran, Lange, 
Linge, Toile, Velours. 

Etriers et étrivières, 52, 144. 

Evasion « par autre luec fors 
par la droite porte » ; faute 
capitale entraînant perte de 
la maison, 228. Voy. aussi 
Larcin, avec lequel on la 
confond plus loin, 423. 

Evoques (rapports du Temple 
avec les). Voy. Clergé. 

Excommuniés (rapports des frè- 
res avec des), 12, 13. 

Expulsion de l'ordre du Temple, 
46, 428, 437. Cf. Perte de la 
maison. 



F 



général, 
597-411, 



Fautes diverses, en 
45-49, 163, 389-394, 
414, 528, 639. 

Fautes capitales entraînant perte 
de la maison. Voy. Commune, 
Désertion, Evasion, Hérésie, 
Larcin, Mensonge portant sur 
une des conditions requises 
pour entrer dans l'ordre, Meur- 
tre, Révélation, Simonie, So- 
domie, Trahison ou passage à 
l'ennemi. 

Fautes entraînant perte de l'ha- 
bit, et contre la discipline en 



général. Voy. Abandon de la 
maison, Aumônes de la mai- 
son (don d'), Calomnie, Che- 
vaux (meurtre, blessure, 
perte, don sans congé de), 
Coups et blessures, Décou- 
cher, Déni des droits des 
frères, Dommages faits à la 
maison, Esclave (meurtre, 
blessure ou perte d'), Habit 
(perte, don sans droit, aban- 
don ou rejet de 1'), Inconti- 
nence, Prêt sans congé, Re- 
fus d'obéir, Sceau (rupture 
d'un), Serrure (rupture d'une). 
Femmes admises dans l'ordre 
du Temple, 70. 

— servant dans l'ordre du Tem- 
ple, 679. 

— (rapport des frères avec les), 
71, 433, 669, 679. Cf. Incon- 
tinence. 

Fermes et étables du Temple. 
Voyez Bergerie , Boveries , 
Mandres. 

Ferrerie (frère de la), 146, 300. 

Ferreur, du couvent (le), frère 
sergent du Temple, 77, 143. 

Fers (mise aux). Voy. Prison. . 

Fêtes célébrées dans l'ordre du 
Temple, 26, 28, 62, 74-76, 98, 
341, etc., 351-353, 355, 357- 
360, 385, 513, 523. Cf. Ser- 
vice divin. 

Fierté (de la). Voy. Etienne. 

Fioles, 182, 193. 

Flacons, 140, 156, 193. 

Folchier (maître), présent au 
concile de Troyes, 6. 

Fontaine-Barbe (Syrie), 614'. 

Forge (frères de la), 146, 300, 
570. 

Fos (de). Voy. Joffroi. 

Fouet (peine du), 177, 554. Cf. 
Discipline. 

Fouque. Voy. Guillaume. 

Four (frères du), 146, 300. 

— (service du), 196, 662. 
Fourrage, 79, 101, 149, 319. Cf. 

Chevaux. 
Fourrures, penne, pelice, 18, 
112, 138, 558. 



360 



TABLE GENERALE. 



France (maisons du Temple en), 
661. 

— (commandeur de la province 
de), 87, 585. 

Frein de cheval, 52, 160. 

Frères du Temple. Voy. Agés, 
Lépreux, Malades, Morts. — 
Gasaliers, Chapelains, Châte- 
lains, Chevaliers, Comman- 
deurs , Infirmiers , Métiers 
(des), Mission (envoyés en), 
Sergents , Voyage ("envoyés 
en). — Mariés, Terme (ser- 
vant à). 

Fuite d'une maison du Temple. 
Voy. Evasion. 

— du champ de bataille. Voy. 
Désertion. 

G 

Gadres. Voy. Gaza. 
Gages, gageures (jeux), 317. 
Gaite. Voy. Guet. 
Gants, 268, 325. 

— d'armer, 325. 

Garçons à pied, du grand maî- 
tre et des grands comman- 
deurs, 77, 99, 110, 125. 

Garde-robe, magasin des vête- 
ments, 321. Cf. Draperie. 

Garelle, sorte de sac, 322. 

Garnache, manteau sans man- 
ches, 132, 142, 314, 317, 335. 
425, 558. 

Gastriâ (Chypre). Voy. Casterie 
(la). 

Gavettes, aiguières?, 346. 

Gaza (Palestine), 569, 583. 

Gelinerie, service de la basse- 
cour, 196. 

Geoffroi de Lèves, évoque de 
Chartres, présent au concile 
de Troyes, 6. 

Gobelets, 608. 

Godefroi (frère), un des compa- 
gnons de Hugues de Payns 
au concile de Troyes, 7. 

Goffroi Bisot (frère), id., 8. 

Gonfanonier (le), frère sergent 
du Temple, etlesgonfanoniers 
en général, 106, 143, 149, 171, 
175, 176, 177-179, 180. Cf. 



Gonfanon, qui est pris sou- 
vent dans le sens de gonfa- 
nonier. 

Gonfanons baucents, 99, 121, 
125, 148, 159, 160, 164, 168, 
170, 178, 179, 234, 236, 241, 
242, 419-421, 452, 478, 574, 
589, 594, 595, 611, 612, 627, 
631, 633, 656. 

Gosselin de Vierzy, évêque de 
Soissons, présent au concile 
de Troyes, 6. 

Grainetier, chargé du grain 
pour les chevaux, 149, 177. 

Grebelure, sorte de tente. Voy. 
Tentes. 

Grenier au froment (frère du), 
609. 

Guerre (temps de), 77, 85, 103, 
105, 116, 123, 149, 156-168, 
241-243, 611-615 (exemples), 
640. Cf. Campement. 

Guet, gaite, 177, 179. Cf. Eclai- 
reurs. 

Gui, abbé de Molesmes, pré- 
sent au concile de Troyes, 6. 

Gui, abbé de Trois-Fontaines, 
présent au concile de Troyes, 

Guillaume de Chartres, com- 
mandeur, puis grand maître 
du Temple, 604. 

Guillaume II de Nevers (le 
comte), présent au concile de 
Troyes, 6. 

Guillaume de Sonnac, grand 
maître du Temple, 549. 

Guillaume Fouque, comman- 
deur du Temple en Espagne, 
582, 583. 

Guiraut de Braies, frère du 
Temple, 585. 

H 

Habit des frères, 266, 280, 
281, 314, 324, 463-467, 597, 
622. Cf. Robes et Perte de 
l'habit. 

— (don de 1') à qui, ou par qui 
n'a droit; faute entraînant 
perte de l'habit, 245, 264, 
460, 463, 597, 622. 



TABLE GENERALE. 



361 



— (abandon ou rejet de 1') par 
un frère; faute entraînant 
perte de l'habit, 263, 264, 
265, 463, 467, 622, 623. 

Hache, 140, 156. 
Hanaps,25, 140, 188, 291, 519. 
Haras, 128. 

Harding. Voy. Etienne. 
Harnais de cheval, 52. 
Harnais, en général, des frères. 
Voy. Armes et Armures. 

— des chevaux. "Voy. Chevaux 
(équipement des). 

Hatton, évêque de ïroyes, pré- 
sent au concile de Troyes, 6. 

Hauberjon, 141, 427. 

Haubert, 138, 139, 322, 427, 
557. 

Heaume, 138. 

Henri Sanglier, archevêque de 
Sens, présent au concile de 
Troyes, 6. 

Herberge. "Voy. Campement. 

Herbert, abbé de Saint-Etienne 
de Dijon, présent au concile 
de Troyes, 6. 

Hérésie; faute capitale entraî- 
nant perte de la maison, 231, 
422, 571. 

Hermant, frère du Temple, 591. 

Hermant de Périgord, grand 
maître du Temple, 545, 549. 

Heures canoniales célébrées 
dans l'ordre du Temple. Voy. 
Service divin, passim. 

Heuses, bottes, 149, 315, 558. 

Hommes et vilains du Temple, 
57. 

Hongrie (commandeur du Tem- 
ple, de la province de), 87. 

Honorius II, pape, président 
du concile de Troyes, 4, 8. 

Hôpital (Ordre de 1'), ou de 
Saint - Jean de Jérusalem ; 
rapports du Temple avec lui, 
145, 167, 168, 261, 320, 421, 
429, 576, 602, 627. 

Hôpital des maisons du Temple. 
Voy. Infirmerie. 

Hospitalité donnée aux pèle- 
rins, 121. 



Houseaux, bottes, 142. Cf. Heu- 

S6S 

Huche, 81, 94, 427, 578. 
Hugues, frère du Temple, 560. 
— autre frère, 604. 
Hugues, comte de Màcon, abbé 

de Pontigny, présent au con- 
cile de Troyes, 6. 
Hugues de Monlo, maréchal du 

Temple, 585, 592, 593, 615. 
Hugues de Montaigu, évêque 

d'Auxerre, présent au concile 

de Troyes, 6. 
Hugues de Payns, fondateur et 

premier Maître du Temple, 

3,7. 



I 



Incontinence ou mauvaise com- 
pagnie; faute entraînant perte 
de l'habit, 49, 236, 452, 594, 
625 (exemples). 

Infirmerie, 86, 93, 138, 183, 
190-197, 288, 292, 298-299, 
314, 323, 367, 374, 470, 494- 
496, 505, 629, 634, 643. 

Infirmiers (frères), 61, 190-197. 
Cf. Aumôniers. 

Innocent II, pape, 74. 

Interprètes. Voyez Ecrivains 
sarrazinois. 



Jaffa (Syrie), 576, 592, 614. 
Jacques de Ravane, comman- 
deur du palais d'Acre, 610. 
Japhe. Voy. Jaffa. 
Jardin, 320. 

— (frère de), 616. 

— (service du), 196. 

Jean II, évêque d'Orléans, pré- 
sent au concile de Troyes, 6. 

Jean Bouche de Lièvre, com- 
mandeur du Temple en Chy- 
pre, 618, 619. 

Jean Michel, « écrivain » de la 
Règle du Temple au concile 
de Troyes, 5. 

Jérusalem, cité et province du 
Temple en Orient, 2, 9, 40, 



362 



TABLE GENERALE. 



92, 120, 124, 200, 202, 576, 
676. 

— Saint-Sépulcre à, 40, 363. 

— (commandeur de la terre et 
du royaume de), 83, 87, 89, 
91, 92, 93, 101, 102, 108, 
109, 110-119, 123, 135, 137, 
201, 203, 518. 

— (commandeur de la cité de), 
87, 120-124. 

— (commandeur inférieur de 
la cité de), 120. 

— (patriarche de). Voy. Etienne 
de la Fierté. 

Jeûnes et abstinences, 26, 28, 
34, 74-76, 95, 96, 153, 185, 
186, 190, 205, 303, 349-353, 
472, 497, 517, 523, 636, 646, 
648. 

Jeux, 317. 

Joffroi de Fos, commandeur de 
Tripoli, 617. 

Jorge le Masson, frère du Tem- 
ple, 603. 

Jourdain, fleuve de Palestine, 
78, 121, 123. 

Jours (pénitences d'un, deux ou 
trois) par semaine. Voy. Pé- 
nitGiiCGS 

Joyaux, 81, 82, 94, 578, 579. 

Jugement des frères qui ren- 
trent dans l'ordre du Temple 
après l'avoir quitté. Voyez 
Rentrée. 

Jupon, d'armer, 138, 139, 140, 
141, 280, 427, 557. 

— de vêtir, 142, 314, 425, 558. 

— à girons, 138. 
Jurements et injures, faute, 679. 

K 

Karak (Syrie). Voy. Crac. 
Kefr-Kenna (Syrie). Voy. Ca- 
sai-Robert. 
Kir-Moab (Syrie). Voy. Crac. 



L'Aleman, — Rogier. 

Laisses. Vov. Legs. 

Lance, 53, 77, 82, 138, 155, 



159, 162, 173, 315, 324, 380, 
427, 557. 

Lange, étoffe de laine, 54. 

Lanterne, 142, 317. 

Laon (évêque de). Voy. Barthé- 
lemi de Vir. 

Larcin; faute capitale entraî- 
nant perte de la maison, 91, 
227, 262, 319, 423-427, 462, 
491, 555-566 (exemples), 604, 
621, 626. 

Le Bourguignon. Voy. Anseau. 

Lecture de l'Ecriture sainte, 
aux repas, etc., 24, 187, 288, 
297, 348. 

Légat du pape, 591. 

Légats du grand maître outre- 
mer, 92. Cf. Visiteurs, Mis- 
sion (frères envoyés en). 

Legs , laisses , faits à l'ordre du 
Temple. Voy. Dons. 

Le Masson. Voy. Jorge. 

Léon (frères du Temple en), 582. 

Lépreux. 97. 

— (frères du Temple), 429, 439, 
442-444. 

Lettres envoyées à des frères du 
Temple, 43. 

Lever des frères, 33, 281, 284. 

Lèves (de). Voy. Geoffroi. 

Linceul, drap, 139, 293, 680. 

Linge, étoffe de drap, 21, 54, 
680. 

Lion (chasse du), 56, 155. 

Literie, « draps de lit. » Voyez 
Garpite, Coutte, Couverture, 
Draps , Etamine , Linceul , 
Matelas, Paillasse, Sac. 

Livraisons, distributions de vi- 
vres, parts, 150, 152, 368, 
371, 375. Cf. Repas. 

Lombardie (maisons du Temple 
en), 661. 

Longe de cheval, 140. 

Lorain de cheval, 52. 

Lucas, frère du Temple, 573. 

Lumière allumée pendant la 
nuit, 21, 37, 619. 

Lunel (de). Voy. Raymond. 

Lyon (Renaud de Sèmur, abbé 
de Vézelai, plus tard arche- 
vêque de), 6. 



TABLE GÉNÉRALE. 



363 



M 



Mâcon (comte de). Voy. Hugues. 

Maçons (frères), 325. 

Magasins, arsenaux du Temple. 
voy. Métiers. 

Maison neuve (bâtir) sans con- 
gé; faute entraînant perte de 
l'habit, 136, 259, 461, 597. 

Maisons du Temple en général, 
89, 90, 96, 99, 118, 129, 132, 
188, 320. 

Maître (le grand), passim, et 
plus spécialement 35, 36, 43, 
47, 73, 77-98, 99, 103, 106, 
111, 118, 125, 128, 152, 183, 
184, 188, 193, 194, 198-223 
(Election , 323, 333, 368, 393, 
466, 471, 517, 518, 528, 529, 
551, 576, 578, 657. 

Maîtres (grands) du Temple. 
Voy. Guillaume de Chartres, 
Guillaume de Sonnac, Her- 
mant de Périgord, Hugues 
de Payns, Pierre de Montai- 
gu, Renaud de Vichier. 

Malades (frères), 33, 34, 61, 86, 
93, 138, 147, 150, 152, 183, 
190-197, 208, 281, 298, 345, 
359, 368, 373, 374, 429, 438- 
440, 442-444, 469, 494, 495, 
505, 507, 643, 654, 671. 

Malle, 43. 

Mandres , étables , bergeries , 
115, 320, 382. 

Manicles, manches du haubert, 
141. 

Mangeoires de chevaux, 54. 

Manteaux, 17, 68, 69, 138, 141, 
150, 280, 281, 314, 324, 337, 
349, 425, 426, 434, 436, 446, 
447, 462, 493, 494, 508, 512, 
558, 559, 560, 586, 678. 

Marche en campagne, route, 
156-163, 179. Cf. Guerre. 

Maréchal (le grand) du Temple, 
80, 84, 87, 93, 101-109, 110, 
113, 114, 115, 116, 117, 119, 
124, 127, 130, 137. 143, 148, 
154, 156, 159, 161', 164-165, 
169, 173, 174, 179, 198, 200- 



203, 338, 381, 420, 451, 494, 
518, 537, 626, 634. 

— Voy. Hugues de Monlo. 
Maréchaux du Temple en géné- 
ral, 104,105,127, 132, 133. 

Maréchaussée , mareschaucie ; 
magasins, ateliers pour les 
chevaux, équipements, etc., 
104, 107, 109, 113, 114, 115, 
117, 127, 173, 175, 318, 335. 

Margot, frère du Temple, 614, 
615. 

Mariés (frères). 69, 432, 433, 
630. 

Martigné (de). Voy. Renaud. 

Martin Sanchez, commandeur 
du Temple en Portugal, 580. 

Masse, 317, 557, 558, 605. 

— turque, 138, 427. 
Matelas, 293. 

Materas, trait d'arbalète, 317. 

Mathieu, frère du Temple, 618, 
619. 

Mathieu, évoque d'Albano, lé- 
gat, qui assista au concile de 
Troyes, 6. 

Maxime (saint), évoque de Tu- 
rin, mort en 423: citation, 
47. 

Meaux (évêque de). Voy. Rur- 
card. 

Médecins, 197. 

Meneor de cuir, sorte de sac, 
139, 322. 

Mensonge sur une des condi- 
tions requises pour être reçu 
dans l'ordre du Temple ; faute 
capitale entraînant perte de la 
maison, 272, 430, 432, 446-449, 
584-586 (exemples), 668-674. 

Mensonges divers, entraînant 
perte de l'habit, 253, 453, 
598. 

Merci. Voy . Confession publique. 

Merle (le), forteresse de Syrie, 
auj. Mirla, 640. 

Métiers; offices inférieurs du 
Temple et ateliers, magasins 
des maisons. Voy. Rergerie, 
Routeillerie, Roverie, Cha- 
meaux, Chevestrerie, Corvi- 
serie, Crieur, Cuisine, Dra- 



364 



TABLE GENERALE. 



perie, Ferrerie, Forge, Four, 
Garde-robe, Gelinene, Grai- 
netier, Grenier, Jardin, Ma- 
çons, Maréchaussée, Mois- 
sons, Monnaie, Moulin, Par- 
menterie, Porcherie, Prison, 
Sommelerie, Vigne. Cf. aussi 
Services vils. 

Métiers (frères de) en général, 
175, 319, 321, 336, 499, 509, 
647. 

Meurtre; faute capitale entraî- 
nant perte de la maison, 226, 
272, 418, 553-554 (exemples). 

Michel. Voy. Jean. 

Mirla (Syrie). Voy. Merle. 

Mission (frères envoyés en), 37, 
92, 93, 107, 537. 

Mobilier. Voy. Armoire, Banc, 
Besaces , Chapelle , Coutte, 
Couverture, Escorgées, Ga- 
relle, Huche, Lanterne, Lite- 
rie, Malle, Meneor, Profinel, 
Sacs, Table (crécelle), Tentes, 
Toailles, Treillis. 

Moissons, 96. 

Molesmes (abbé de). Voy. Gui. 

Monlo (de). Voy. Hugues. 

Monnaie (frères de la), 616. Cf. 
Trésor. 

Montaigu (de). Voy. Hugues. 

Montaigu (de). Voy. Pierre. 

Montdidier (de). Voy. Païen. 

Montpellier (France), 607. 

Morts (frères), 62, 66, 107, 174, 
331-333, 563, 566, 578-582, 
645. 

Moulin (service du), 662. 

Muls et mules. Voy. Chevaux. 

Muselière de cheval, 377. 



N 



Nevers (comte de). Voy. Guil- 
laume IL 

Noviciat dansl'ordre du Temple; 
indiqué dans la Règle latine, 
supprimé dans la traduction 
française, 11, note (c. 58. R. 
latine). 



U 



Obéissance, en général, 39, 41, 
98, 313, 587, 661, 664, 667, 
675. 

Offices inférieurs. Voyez Mé- 
tiers. 

Officiers supérieurs du Temple. 
Voyez Sénéchal, Maréchal, 
Commandeurs des provinces, 
Drapier. 

Officiers de second ordre. Voy. 
Commandeurs des maisons, 
Commandeurs des chevaliers, 
Maréchaux en général. — 
Sous-Maréchal, Gonfanonier, 
Cuisinier du couvent, Fer- 
reur du couvent, Comman- 
deur de la voûte d'Acre. — 
Sous-drapier, Gasaliers, Châ- 
telains , Aumôniers , Infir- 
miers. 

Oiseaux de chasse, 55. 

Ordres de cléricature (réception, 
sans congé, des) ; faute entraî- 
nant perte de la maison, 431, 
434, 450, 584. 

Ordres religieux (entrée d'un 
frère dans d'autres), 428, 429, 
437, 474, 488, 595, 630, 653. 

Orléans ( évêque d' ). Voyez 
Jean IL 

Outils. Voy. Canivet, Chevilles, 
Couteaux, Hache, Pieux, Po- 
tence, Puisoir, Râpe. 



Paens (Hugues de). Voy. Payns. 

Païen de Montdidier (frère), un 
des compagnons de Hugues 
de Payns au concile de 
Troves, 7. 

Paillasse, 293. 

Paix. Voy. Acquittement. 

Panel, penniaus, couverture, 
coussinet sous la selle, 173, 
376, 626. 

Papes. Voy. Alexandre HI, Ho- 
norais II, Innocent H. 

Papes (rapports du Temple avec 
les); privilèges accordés par 



TABLE GÉNÉRALE. 



365 



eux, droits à eux réservés, 
269, 271, 273, 475, 539, 542, 
546, 637, 677. 

Paris, frère du Temple, 554. 

Paris (évêquede). Voy. Etienne 
de Senlis. 

Parmenterie, atelier et maga- 
sins des tailleurs, 130, 318,335. 

Parmentiers, 130. 

Parrainage ; interdit, 72. 

Pas du Chien, défilé de Bei- 
rout, 78. 

Passage à l'ennemi d'un frère 
du Temple. Voy. Trahison. 

Pater noster, à réciter à la Mai- 
son du Temple, 10, 32, 33, 
62, 65, 182, 199, 282, 283, 
286,287, 305, 331, 365, 386, 
502, 503, 504, 524, 542, 632, 
668, 678, 681, 682-685. 

Pauvres, 19, 29, 62, 65, 94, 97, 
98, 129, 153, 188, 189, 199, 
346, 347, 370, 371. 

Payns (de). Voy. Hugues. 

Pèlerins allant au Jourdain , 121 . 

Pelisse, 138. Cf. Fourrures. 

Pels. Voy. Pieux. 

Pénalité. Voy. Fautes, Péni- 
tences d'un ou plusieurs jours 
par semaine, Perte de la mai- 
son, Perte de l'habit, Prison. 

Pénitence (discipline des frères 
en), 45, 95, 188, 266, 468- 
473, 485, 492, 494, 498, 499. 
502, 510, 512, 513, 518-522; 
533-537, 624, 628, 629, 631, 
643, 655, 656. 

Pénitences d'un ou plusieurs 
jours par semaine, 95, 267, 
414, 416, 472, 477, 484, 493- 
525, 641, 643-648. 

Penne. Voy. Fourrures. 

Penniaus. Voy. Panel. 

Périgord (de). Voy. Hermant. 

Permissions accordées aux frè- 
res. Voy. Dispenses. 

Perte de la maison (peine de la), 
expulsion de l'ordre, 46, 91, 
168, 177, 224-232, 262, 267, 
416, 417-450, 428, 481, 482, 
486, 544-586 (exemples), 618, 
643, 668-674. 



Perte de l'habit (peine de la), 
134, 166, 233-266, 267, 416, 
417, 441, 451-492, 586, 587- 
623 (exemples), 638, 641, 
643, 644, 650, 655, 679. 

Pierre de Dammartin, évoque 
de Beauvais, présent au con- 
cile de Troyes, 6. 

Pierre de Montaigu, grand maî- 
tre du Temple, 552, 620. 

Pierre du Désert (Karak, la). 
Voy. Crac. 

Pieux, pels, 285, 317. 

Pise (concile de 1134 à), 74. 

Poitou (commandeur duTemple, 
de la province de), 87, 586. 

Pontigny (abbé de). Voy. Hu- 
gues. 

Porcherie (service de la), 196, 
662. 

Portugal (frères du Temple en), 
582. 

— (commandeur du Temple, de 
la province de), 87, 580. 

Potence; outil, 362. 
Pouille (maisons du Temple en), 
661. 

— (commandeur du Temple, de 
la province de), 87. 

Prêtres servant à terme ou à la 
charité dans l'ordre du Tem- 
ple, 62, 64, 148, 287, 295, 342, 
343, 345, 347, 348, 356, 361, 
468, 525, 681, 682, 683. 

Prêts faits par le Temple, 82, 
250, 598. 

— sans congé : faute entraînant 
perte de l'habit, 250, 251, 460, 
598. 

Prières à dire dans l'ordre du 
Temple. Voy. Service divin. 

Prison, 177, 233, 234, 236, 
241, 242, 249, 250, 260, 266, 
267, 271, 336, 430, 432, 437, 
438, 446, 452, 457, 569, 573, 
587, 589, 591, 593, 600, 603, 
606, 611, 612, 620, 669. 

— (frères de la), 336. 

Procès de l'ordre du Temple 

avec le monde, 59. 
Processions, 122, 360, 361. 



366 



TABLE GENERALE. 



Profession. Voyez Réception 
dans l'ordre du Temple. 

— (formules de) pour les frères 
chapelains, 274-278. 

Profinel, sorte de sac, 54, 322, 

335. 
Puisoir, 156, 173. 

R 

Râpe, 140. 

Ravane (de). Voy. Jacques. 

Raymond de Lunel, frère du 
Temple en Espagne, 582. 

Réception dans l'ordre du Tem- 
ple, 11-14, 97, 274-278, 430- 
449, 632, 657-686. 

Réfectoire, 23. 

Refus d'obéir ; faute entraînant 
perte de l'habit, 233, 457, 
463, 464, 587-588 (exemple), 
620 (id.). 

Règle, retraits, établissements. 
Discipline y relative, 73, 326, 
532, 560. 

Reims (archevêque de). Voy. 
Renaud de Martigné. 

— (abbé de Saint-Denis de). 
Voy. Ursion. 

Reims (toile de), 112. 

Reims (de). Voy. Aubri. 

Renaud de Martigné, archevê- 
que de Reims , présent au 
concile de Troyes, 6. 

Renaud de Saumur, abbé de 
Vézelay, présent au concile 
de Troyes, 6. 

Renaud de Vichier, grand 
maître du Temple, 616. 

Rentrée dans l'ordre du Tem- 
ple, d'un frère qui l'a aban- 
donné, 486-492, 630, 651-654. 

Renvoi, répit, d'un frère cou- 
pable au jugement du grand 
maître ou des grands officiers 
de l'ordre, 267, 416, 480, 527- 
530, 554, 624, 639, 649. 

Repas et cuisine, 23-30, 45, 86, 
94, 95, 133, 145, 151-153, 
178, 182-189, 191-193, 268, 
286-304, 309, 320, 323, 348, 
349, 366-375, 470-473, 512, 
518, 519, 681. 



Répit. Voy. Renvoi. 

Réprimandes privées entre frè- 
res du Temple, 48, 384, 397- 
398, 587, 620. 

Retraits. Voy. Règle. 

Révélation de choses dites ou 
faites dans les chapitres de 
l'ordre ; faute capitale entraî- 
nant perte de la maison, 223, 
225,391,418, 550-551 (exem- 
ple). 

Ricordane, source du fleuve 
d'Acre, en Syrie, auj. Schef- 
Amr, 618, 619. 

Robes des frères, 17, 18, 19, 22, 
68,69, 82, 100,112,129,130, 
142, 199, 268, 331, 468, 578, 
579, 603, 654, 680. 

Rogier L'Aleman, frère du Tem- 
ple, 569. 

Roland (frère), un des compa- 
gnons de Hugues de Payns 
au concile de Troyes, 7. 

Roncins. Voy. Chevaux.- 

Route. Voy. Marche en campa- 
gne et Echelles. 

Rupture d'un sceau ou d'une 
serrure sans congé; fautes 
entraînant perte de l'habit. 
Voy. Sceaux et Serrures. 

S 

Sac, matelas ou paillasse de 

lit, 21, 139, 680. 
— malle, 43, 139, 322. 
Safete. Voy. Saphet. 
Safit (Syrie). Voy. Château - 

blanc. 
Saint- Amand (de). Voy. Ar- 

chambaud. 
Saint - Augustin (ordre de), 

429. 
Saint-Benoît (ordre de), 274, n., 

429. 
Saint-Lazare (ordre de), 429, 

443. 
Sanchez. Voy. Martin. 
Sangle de cheval, 140. 
Sanglier. Voy. Henri. 
Saphet, forteresse de Syrie, 545, 

n., 570, 604, 635. 
Saumur (de). Voy. Renaud. 



TABLE GÉNÉRALE. 



367 



Sceaux, boules, du Temple, 88, 
99, 204, 234, 236, 452, 478, 
578, 579, 634. 

— (rupture de); faute entraî- 
nant perte de l'habit, 247, 
459, 598. 

Schef-Amr (Syrie). Voy. Ricor- 

dane. 
Selle de cheval, 100, 103, 116, 

117, 123, 149, 156, 160, 162, 

173, 376. 
Sénéchal (le grand) du Temple, 

87, 92, 99-100, 106, 108, 110, 

129. 
Senlis (de). Voy. Etienne. 
Sens (archevêque de). Voyez 

Henri Sanglier. 
Sépulcre (Saint) à Jérusalem, 

40, 363. 
Sergents ( frères ) supérieurs , 

143. Voyez Sous-Maréchal, 

Gonfanonier, Cuisinier, Fer- 

reur, Commandeur de la voûte 

d'Acre. 

— commandeurs de maisons , 
180. 

— particuliers du grand maître 
et des grands officiers, 77, 
152, 171. 

Sergents du Temple, en général, 
19, 26, 67, 68, 77, 94, 99, 
101, 102, 103, 110, 120, 125, 
126, 141, 143, 153, 171, 172, 
180, 184, 188, 211, 323, 328, 
419-421, 436, 445-448, 466, 
499, 555, 562, 586, 604, 610, 
647, 662, 674. 

Serrures, 43, 81. 

— (rupture de) ; faute entraî- 
nant perte de l'habit, 248, 
564, 599, 604. 

Service divin au Temple ; 
prières, offices, 10, 15, 16, 30, 
33, 62, 146-147, 148, 182, 
194, 197, 208, 209, 222, 268, 
279-284, 286, 295, 300, 306- 
309, 314, 340-365, 468, 503, 
541, 678, 682-685. 

Service funèbre, prières des 
morts, 62, 65, 198, 268, 331, 
332, 355-356, 469, 632, 645, 
683, 685. 



Services vils de la maison, 95, 
266, 270, 470, 493, 498, 500, 
637, 647, 648, 662, 669. Cf. 
Métiers. 

Serviteurs des églises, engagés 
à terme, 64. 

Sicile (maisons du Temple en), 
661. 

Silence à garder au couvent, 
24, 31, 187, 282, 283, 288, 
295, 305. 

Simonie ; faute capitale entraî- 
nant perte de la maison, 224, 
246, 272, 417, 431, 544-549 
(exemple), 598, 673. 

Sodomie; faute capitale entraî- 
nant perte de la maison, 418, 
572-573 (exemple). 

Sœurs et consuers du Temple, 
70, 541, 683. 

Soissons (évoque de). Voy. Gos- 
selin de Vierzy. 

Sommelerie, écurie des bêtes 
de somme, 78. 

Sommeliers, homme de peine, 
130. 

Sommiers. Voy. Chevaux. 

Sonnac (de). Voy. Guillaume. 

Souliers, 22, 142,281, 425,468, 
558, 604. 

— d'armer, 138. 

— (becs et lacs de), 22. 

Sous-drapier, 132. 

Sous-maréchal (le), frère ser- 
gent du Temple, 106, 132, 143, 
164, 171, 173-176. 

Subsides accordés aux maisons 
du Temple par le grand maître, 
8.9, 90, 100. 

Sur, l'ancienne Tyr, en Syrie, 
554, 608, 633. 

Sursis de peine, 514, 535. 

Suspension de fonctions, 88. 

T 

Table, crécelle pour la semaine 

sainte, 348. 
Tartares, 576. 

Tartous (Syrie). Voy. Tortose. 
Témoignage d'un frère contre 

un autre. Voy. Accusations. 
Tentes en général, 145, 518. 



368 



TABLE GENERALE. 



— tente ronde, 99, 121, 125. 

— aguillier, 101, 110, 130, 131. 

— grebeleure, 101, 110, 130, 
140, 141, 148, 169, 173, 177, 
317, 366. 

Terme (service à), dans l'ordre 
du Temple, 22. Voy. Cheva- 
liers, Clercs, Ecuyers, Prê- 
tres, Sergents. 

Terres possédées par l'ordre du 
Temple, 57, 85, 99. 

Teu toniques (Ordre des cheva- 
liers), 570. Leur règle, 53 n. 

Thibaut IV, comte de Cham- 
pagne, présent au concile de 
Troyes, 6. 

Toailles, serviettes, etc., 140, 
188, 193, 270, 271, 346, 349, 
636, 637. 

Toile de Reims, 112. 

Tortose, place forte en Syrie, 
auj. Tartous, 588, 634. 

Trahison, passage à l'ennemi; 
faute capitale entraînant perte 
de la maison, 230, 240, 422, 
568-570 (exemples), 573, 596, 
603 (exemple). 

Treillis, sorte de sac, 139, 322. 

Trésor du Temple, 81, 83, 89, 
91, 111, 129, 249, 330, 332, 
598. 

— particulier du grand maître, 
81, 94. 

Trésoriers du Temple, 89, 111, 
334. "Voy. aussi le Comman- 
deur du royaume de Jérusa- 
lem. 

Triple. Voy. Tripoli. 

Tripoli, ville de Syrie et pro- 
vince du Temple, 89, 92, 
104, 106, 153, 201, 530, 554, 
562, 633, 661. 

— (commandeur de la province 
de), 87, 92, 104-106, 125-129, 
201, 203, 530, 617. 

— (drapier de la province de), 
131. 

Troiffons. Voy. Trois-Fontaines. 



Trois-Fontaines (abbé de). Voy. 

Gui. 
Troyes (concile tenu en 1128 à), 

— (évêque de). Voy. Hatton. 
Turcoman (cheval), 77, 101, 

120, 169. 
Turcoples, troupes légères de 

l'ordre du Temple, 77, 99, 

101, 110, 120, 125, 153, 169, 

171, 179, 189, 271, 370, 375, 

519, 610, 637. 
Turcoplier, commandeur des 

Turcoples, 103, 164, 167-172, 

614, 615. 
Tyr (Syrie). Voy. Sur. 

U 

Ursion, abbé de Saint-Denis, 
présent au concile de Troyes, 

Ustensiles. Voy. Bassin, Bou- 
ciaux, Chaudron, Cifles, Cou- 
pes, Cuillerer, Ecuelles, Fio- 
les, Flacons, Gavettes, Gobe- 
lets, Hanaps, Vernigaux. 



Vaisseaux du Temple, 119, 609. 

Valet gentilhomme du grand 
maître, 77. 

Velours, 21. 

Ventrière de cheval, 181. 

Vernigaux, ecuelles? 382. 

Vêtements des frères en géné- 
ral. Voy. Robes. 

Vézelay(abbéde). Voy. Renaup 
de Saumur. 

Vichier (de). Voy. Renaud. 

Vierzy (de). Voy. Gosselin. 

Vigne (frères de la), 616. 

Vir (de). Voy. Barthélemi. 

Visiteurs du Temple envoyés 
dans les provinces de l'ordre, 
88, 579. 

Voyage (discipline des frères 
en), 37. 



Nogent-le-Rotrou , imprimerie Daupeley-Gouverneur. 



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CR Templars, Knights 

4737 La règle du Temple; 

A3 éd. Curzon. 

1886 
Cl 

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