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Full text of "L'art de vérifier les dates ..."

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L'ART 

DE VÉRIFIER LES DATES 

DES FAITS HISTORIQUES, 

DES CHARTES, DES CHRONIQUES. 



ET AUTRES ANCIENS MONUMENTS, 
DEPUIS LA NAISSANCE DE NOTRE-SEIGNEUR, 



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Cei çmrage se trc^ipf a^is^' : 
Chez ARTHUS-BERTRAJ^D , libraire , rue Hautefeuille , 



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L'ART 

DE VÉRIFIER LES DATES 

DES FAIf S HISTORIQUES , 

DES CHARTES, DES CHRONIQUES. 

ET AUTRES ANCIENS MONUMENTS, 
DEPUIS LA NAISSANCE DE NOTRE-SEIGNEUR, 

Par le moyen d'une Table Chronologique, où l'on trouve les 
Olympiades^, les Années de J. G. , de VEre Julienne ou de Jules 
César , des Ères d'Alexandrie et de Constantinople, de l'Ere des 
Séleucides , de l'Ère Césaréenne d' Antioche , de l'Ere d'Espagne , 
de l'Ère des Martyrs , de l'Hégire; les Indictiohs, le Cycle Pascal, 
les Cycles Solaire et Lunaire , le Terme Pascal, les Pâques , les 
Épactes , et la Chronologie des Eclipses; « 

Ayec deux Calendriers Perpétuels, le Glossaire de& Dates, le Catalogue des 
Saints ; le Calendrier des Juifs ; la Chronologie historique du Nouveau 
Testament; celle des Conciles» des Papes, des Quatre Patriarches 
d'Orient, des Empereurs Romains, Grecs; des Rois des Huns, des 
Vandales, des Goths, des Lombards, des Rulççares, de Jérusalem, de 
Chypre; des Princes d* Antioche; des Comtes de Tripoli ; des Rois des 
Parthes, des Perses, d'Arménie; des Califes, des Sultans dTconium', 
d*Alep , de Da(,mas ; des Empereurs Ottomans ; des Schahs de'Per&e; 
des Grands-Maîtres de Malte, du Temple; de tous les Souverains de 
TEurope; des Empereurs de la Chine; des grands Feudataires de France, 
d'Allemagne , d'Italie ; des Républiques de Venise , de Gènes , des 
ProTÎnces-Unies, etc., etc., etc. 

PAR im RELIGIEUX de la congrégation de saint-maur; • 

Réimprimé avec des corrections et annotations , et continué jusqu'4 

nos jours, 

Par M. DX Saint-Allais, chevalier de plusieurs Ordres, autelir de 
THistoire généalogique des Maisons souveraines de l'Europe. 



TOME QUATORZIEME. 



A PARIS, 

RUE DE LA VRILLIÈRE, N*». lo, PÎIÈS LA BANQUE. 

YALADEy IMPRIMEUR DU ROI» RUE COQUILLIÈRE. 

l8l9« 



J 



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L'ART 



DÉ :^ 



VÉRIFIER LES DATES. 






CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COIMTES DU SUNDGAW. 



ET LANDGRAVES t)£ LA HAUTE ALSACE (*). 



JLi^Alsa<!:£ ) comtnè tiotis TaVons dit, était partagée en deux 
comtés , gouvernés par deux comteé particuliers , qui prirent ^ 
dans la sfiite le titre de land^a^es , c^est-ànlire comtes pro-« 
vincîaux. L'un de ces comtés était le Sundgaw, qui signifie 
pagus nuridionalis , et Tautre le Nôrdgaw , ou pagus septen** 
irionalis. Ils étaient séparés par le torrent d^Eckenbach , qu^on 
nomme encore aujourd'hui le fossé pi'ovincial , Landgrabisn v 

3 ui' forme les limites de la haute et de la basse Alsace, des 
iocëses de Bâle-et de Strasbourg. 

Le SuNDGAW, qui paraît être le pagus Sugginitnsts dont parle 
Frédégaire, sous lan bgS, comprenait autrefois, non-seulement 
ce qu!on nomme encore de nos joui^ le Sundgaw , mais en- 
core tout ce qu'on appelle aujourd'hui la haute Alsace. La, 



■MMMI 



* Cet article a été dressé diaprés les Hdémoiret de M. Fabbé Gra^-« 
didier» 

XIV. t 



1 f%p '^ 1î> 





a CHllOllOLOGffe ia$T6Rl4(JE ' 

charte d'tlérimuot pour Fàbbâye ié Munster dfe 898 , dit que 
ce monastère est situé in pago Helisacensi et in parte ipsius pagi 
çuœ çocatur Sundgewi* Le comiUUus Suntgotve est rappelé dans 
un titre de Pabbaye de Saint- Gaf, de 758, et dans un diplôme 
de l'empereur Henri, de 10499 pour celle de Mourbacn. Dès 
* Tan 1186, le nom de Sundgaw, pris pour la haute ÂUace, 
cess4 ct^Af e en Ti|ueiur, et Ton vk ' ccMinnt plas alon cette 
panîe âe ia province, que sous celui de Tandgràviat de la 
haute Alsace. 

RO&£BERT. 

I 

673. RoDEBERT administrait le comté du Sundgaw ou de 
k haute Alsace, sous le dac Adalrtc, ou Chadkh. Ce futk 
V^m et k Pautf e , €hadicha dnee Roâebetto comité , aue te roi 
Childéric II adressa , en 678, son diplôme pour l'aobaye de 
Munster. (Bouquet, tom. IV, p. GSa.) Ce diplôme est le plus 
ancien titre mngtjoai de l'Msaœ , et même de l'Allemagne , 
qui existe : il se conserve dans les archives de Fabbaye. 

EBERHARD. 

722. Eberhard, comte du Sundgaw, était fils d^Adelbert^ 
duc d'Alsace , et de Gerlihde , sa première femme. Il porte le 
nom de Domestiçus f qtrâHté! '^dif^M dOMàit alors aux gouver- 
neurs des provitices, dans une charte de donation qu^il fit, 
en 722 , conjointement avec Luitfrid , son frère , duc d'Alsace, 
à l'abbaye de Honaa f et dans un brevet du roi Thierri IV • 
, pour le même monastère, donné vers l'aa 72$. ( HisL de rJEgL 
ae Strasb, , t. I, pp. Iv et Hx. ) Il est qualifié comtQ»dans les 
titres primitifs de Fancienne et célèbre abbaye de Mourbach , 
dont il fut lé fondateur en 72S. ( Ibid. , p. 282 et suiv. ) Wi- 
degerne , évémie de Strasbourg , dans sa charte de confirmation 

Jour cette abnaye , de la. même année, le nomme ifir inlusler 
\Berhardus Quomis {Cornes), Êberhard mourut, en 747 t ^^^^ 
son château dEgisheim, près de Colmar, qu'il avait fait bâtir. 




GARIN. 



' 76^ ékkm était comte dti Sundgaw sous Carloman , roi 
d^Austrasie. Le diplôme original que ce prince accorda, en 



ms cornu nv sojxdqa^. ^ 

769 , à Tabbaye de Munster^ est adressé au i^ir .iokts!^' Ganm^ 
cornes; et Carloman lui donne le titre de graxulçuf« (Bou^iKt^ 
tom. V, p. 716.) Ce diplôme fait voir que dès-lors la dignité 
ducale était éteinte en Alaace, pmqu^il est adressé au seul 
comte Garin , sans faire mention du duc. Il ^e faut pas le con- 
&Bdre aVec le con4e Warki , %ffi irij^it «dans lie uiiis^ lems , 
et quif conjointement «vec le xvomte fiujtl^rd^ gouvecn^iJt 
l^VlIémannie.sou^ Pépin et Çharleias\gncu , 

770; P4AJUBmi.0NjSiicjcéda à Gari^ydaasle^comtéduSuadgaw^ 
çmos^U pcoui^t d^MX cliarU» 4e,rabb^^ Ait S^u^.4^|^ 

ftp» 7^^ *i* J • r 

JUJITFRH>I. 



• ■ I r 



Vers l'an fioo* LïjiTriUD I , fiù 4^ I^uiilr^û^j, , 4uç .^'AJUaoei; 
fut comte dû ^undgaw après f ir^^htiton ^ ^ nfiçHif uJt{ cj^f^i ]g^ 
commencements du neuvième siècle. Il eut de Hiltrudb , sa 
femme, trois en&nts, savoir, le -comte Hugues, qui viendra 
ci-après y le comte Leùtard, et Basille, qui était, en 848^ 
abbesse de Sâint-Ctiénne de Straabaùrg;. In^utard jépoiisa ^i- 
lÊLiLVB, et fut* père d'Othert , ■évérme .de Sti^sboui^ y depuis 
006 jusqu'en giS^-et de Gérard de ftoussillony que les vers «it 
les cnansons de^ auicien^ trpiU^aursAS^ jei^du fainegy, (0/^^ 
de î'E^l, âe Strasb.y t. JI» J>p-,*73 et suiv.) 

<8i8. Ebcbaiïgier 9 était comte de la haute Alsace^ dans le 
même tems qu'un autre £rchangier, qu'il ne faut paa cpafondr# 
"sveclui , possédait le comte de la basse. Une cliarte de doua- 
tîon pour l'abbaye de Saint-Oal en fait mention sous l'an 826. 
( Goidast , Rer, aiem. j Uil^ p. ^* ) 

• GÉBjOU). 

829. Gébold^ successeur d'f^rcbmqgier » est nommé, avop 
Bebon, son fils, dan^ une cbarte dç l*aa 82^, par laqfuelJLe H> 
échange Aes biens avec Pabba^e de Mourbach* Il y pi^end les. 
qualîJtés de comte et dliemme illustre^ U faut le gistingue^ 
du fameux comte Gérold , frère de l'impératrice Hildagapde^ 
qiii fut tue sur la fin du huitième stècle^ dans iiné batâillfir 



V^ 



/ ' 



'4 CHROl^OLOGIE HISTORIQUE 

contre les Hahs» et d'un autre comte Gérold qui vivait eik 
'Allemagne en SSj et 859. 

HUGUES I. 

837. HuGVES I, fils de Luitfrid I , coihtedu Sundgaw, fut," 
avec Leutard, son frère, un 'des bienfaiteurs du monastère 
d'£scheri , dans le diocèse de Strasbourg, comme il paraît pa)r 
le diplôme de Lothaire , roi de liOrrame, de 889. ( Hist de 
VEgL de Sirasb.f t II, p. ccxlvi\.) L'annaliste de Saint-Bertin 

filace sa iqort h Tan Sif. l\ eut cinq enfants de Bara , son 
pouse , savoir, i^. Hermenearde , qui épousa, au mois d\>c* 
tobre 82 r', Fembercur Lotbaite I , et motirut le 20 mars SSt 
( elle' fiit enterrée dans Tabbaye d'Ërstein , en Alsace , qu'elle 
avait fondée en 84q ) ; si^> Luiifrid , qui suit ; 3^ Adalard , 
comte , mort vers 1 an 876 ; 4^* Hugues , décédé dans sa jeu*- 
nesse vers 879 ; et 5^ Adélaïde. Celie*«^ci , mariée en premières: 
noces à Coqrad.I, comte d'Auxerre, fut U tige de la troi- 
sième race des crois de Fraqce, par soq second xpariage avec 
Robert' le Fort ', comte d'Anjou. 

• * 

LUIÏFRID ir, 

837. LuitFRID II-, succéda, en 837 , à Hugues , son père^ 
dans 1er comté du Sundgaw. Il jouit, èeloii Fannaliste de Saint-* 
Bertin , de la plqs grande faveur auprès de Lothaire , roi dé 
Xorraine. Il est qualifié Lutfiidus Ûli^ster cornes ^ dominusque 
monasieru Grandis^alUs , quod est siturh in ducatu HeUsacemi , 
dans le diplôme de l'empereur Lothaire, de 849, pour l'ab-* 
baye de Grandfels. (La Guiile, HisL d* Alsace^ pé 20.) Il 
mourut en 864 ^ suivant le témoignage de la chronique de 
Saint-Gàl, qui le compte au nombïre de^ princes les plus dis^ 
tingués d AUeipagne. Il laissa , deux fils , flugues et Luitfrid ^ 
qui suivent. 

HUGUES IL 

864. Hugues II, fils et successeur de Luitfrid II, dans le 
comté du Stind^aw, jouissait, ainsi que lui, d'un' grand crédit 
en Alsace , comme le prouve , sous l'an 869 , un passage de 
Tannaliste de Sain t-Ber tin. Il est noiiimté Hugo cornes , Ulustris 
apunculi nostri Ludfridi filius j dans le diplôme de Lothaire, 
roi de Lorraine, pour l'abbaye de GrandJPeb, de 866. (Bouq., 
t. VIII y p^ 4'^') l' fpoucu^i ^^^ 1*4^ 880, s^ns lais^r d'e^i^ 



*''*''\' ias COHTES DU SUNDGAW4 

LUItFRlD 111. 



986. LUITÏAIB 

aussi, en 



ITÏAIB III, saccessei]ir de Hugues, son frère, obtint 
884, àe Tempereur Charles le Gros, un privilège 
pour le monastère de Grandfels. (Bouq., tom. IX, p. ^4. ) Il 
mourut vers l'an 910. Il eut d'ËRMENTEUDE , sop épouse, trois 
fib , Huntfrid , Luitfrid et Hugues , qui sont rappelés dans la 
charte de leur père , de 908 , pour Tabbaye de Saint-Trudpert. 
(Hergott. GeneoL Habsburg,^ tom. II , p. 197.) Luitfrid, qui 
en était avoué, y signe sigaim Luiifiidis iUusùis comiih^ 

BERNARD. 

« 

896. Le nom du comte Beenard , qui gouvernait déjà là 
baute Alsace du vivant de Luitfrid , s'est conservé dans le 
diplôme de Zventibold , roi de Lorraine , pour l'abbaye de 
Munster j de 896, (Bouq., t« IX, p. 376.) 

LUITFRID IV. 

912. Luitfrid IY, fils de Luitfrid III , gouvernait le Sundr 
gaw dès Tan 91:2^ Il se rendit célèbre, en 926 , par la défaite 
des Hongrois., qui ravageaient l'Alsace. {Hist de VEgL de 
S/rasb.j t. II, p. 3o3. ) On ignore l'annjée de sa mort. Mais on 
connaît ses àem fils , G6ntran et Luitfrid 9 qui furent ses suc:: 
cesseurs. 

GONTRAN, DIT LE RICHE. 

9S3. CrOfiTRAN , dit LE RiCHE , comte du Sundgaw et du 
Brtsgaw, fils de Luitfrid, prit , en 953, le parti de Ludolphe, 
duc d'Alsace et de Suabe , qui s'était révolté contre Fempefeur 
Otton , son jpère. Mais il en fut puni là même année : Otton 
lui ôta ses comtés et le déclara sujet rebelle de l'empire ; Quia 
ipse Guntramnus conira rem jmbHcam nostrœ regiœ poiestaU re- 
belUs extliUj dit ce prince dans un diplôme de 969. Gontran 
ne laissa qu'un fils, nommé Kanzeiin , ou Lantold, comte 
d'AUembourg, qui mourut le 2S mai 990. Kanzeiin eut six 
isnfants de Luitgarde, sa femme, savoir, Werinbaire , nommé 
évéque de Strasbourg en looi , et mort à Constantinople>, 
le a8 octobre 1038 (ce fut lui qui bâtit, en 1026, le château 
de Habsbourg); Radeboton , comte d'AUembourg et du Cleâ^- 
g^w, mort le 3q juin 1027, marié à Ita ou Ide, fille de 'Fré- 
déric I duc de Lorraine , et qui donna l'origine à la maison de 



6 CHRONOLOGIE HISTOaîQUE 

Habsbourg-Autriche (Voy. les margraçes d'Autriche); Rodolfe, 
comte du Sundgaw , dont jnous parlerons ci-après ; Lancelin , 

3ui n'est connu que par le testament dé Werinhaire, son frère ^ 
e 1027 ; Gebehard , qui vivait en ioo3; et Pirrtelqn^jou 
Berthold, comte du Bri^gaw, duquel dérivent les anciens diiç» 
de Zeringen et les margraves de Bade, (Voy, les ducs de Zen'ar 
fen et les margraves de Bade, ) 

LUITFRID V. 

954. lidTPHtD V, rtîmplaça , «n 954 » Gontran , son frère ^ 
dans le comté du Sundgaw. 11 est nommé comte dans deux di- 
plômes de l'empereur Otton !I ,'potrr l'abbaye de Payerne , de 
974., et, pour celle de Mourbacih , de 977. (Hergott^ GeneaL 
Habshurg^ p. 86 ; et Mârtenne , Thés, Anecdoi. , t. I , p. gS.) 
Luitfrid mourut la tnéi&e année , et eut pour successeur soâ 
£ls, qui suit. 

LUITFRID VI. 

Q77. LuiTFHiD , qui fut .un des bienfaiteurs de Tabbaye 
d'UDersmunster , est pareillement nommé com^e dans deux di- 
plômes de l'empereur Otton III , de 986 et 997, pour le mo- 
nastère de Pàyerne. ( Hergott , GeneaL Hahsburg. , pp. Sq et gS.) 
Il souscrivit , «n 999, un privilège du xnéme prince pour celui 
d'Altorff. Il ne survécut pas long-tems à cette époque , étant 
mort peu après sans laisser de postérité. • 

• • • ». ■••'■, 

OTTON. 

Vers 1000. Ottoit posséda le coxnàé an SundgAW sous le» 
emoereurs Hem-i H et Conrad II , comme il pariubt fm^ les deux 
di{»lôi]i>es de ces prînoes <les aanées ioo3 et i»a4 pour l'abbaye 
^ Payerite. (Hergott, ^id, , page 96. ) iye CamUatus Uiionk 
est aussi rappelé dans un anitre diplôme de Henri II, pour 
l'église 4e Bàle, de k^o^, {Ibid. , tp, 98.) Otton était eacor^ 
«omt« du Sundgaw en lOJiS, lorsque l'empereur Coiirad donna 
une charte de donation en faveur m* monastère de Notre-4)ame 
cks Hermines, (flartmao* , Annal. EnML , page 119.) il ne faut 
»as le confondre avec un autre comte Ottosn, £k aSoé de Ra- 
debotoQ , comte d'Altembourg , tué le 28 juin 1046 , et enterré 
-A^xà la cathédi^le «de Stnasboiirg. {^Essak sur la cathédrale de 
Slfiittb. , page 3x6. } 



. \ 



DES COMTES DU StJNDGAW. 

GISELBERT. 



-. itaj. GlSElBBRT gouvernail le comté du Sundgaw en 1027: 
Son nom se trduve dans le diplôme de Tempereur Conrad II , 
pour Pabbâye de Payeme , donné en cette annëe« ( Hergott ^ 
-iêid.y tome H, page 108.) 



BEWNGER. 




reiïT 

Strasbourg 
die/., page tig.y 



CUNON. '■ 



loSa* CuNON, successeur de Beringer , est également rap- 
pelé dans le diplôme de: Henri III pour Téglise de Bâle, de 
loSâ. (Hergott, ibid.j p. 128. ) ^ 

RODOLFEi 

, fo63k RoDOi^s, comte du Sandgaw^ fik dé Kan^elm, 
comte d'Altembourg et frère de Werinhaire , évéque de Strass 
bourg, finida , au commencement du douzième siècle , l'abbaye 
d'Othmarsheia en haute Alsace, qu'il soumit au saint siège , et 
dont il fit consacrer l'église, en 1049, par le pape Léon IX. U 
était comte du Sundgaw en loôi» comme le prouve le diplômie' 
original de Henri IV, roi de Germanie ,.pour cette abbaye , de 
la ^me année , dans lequel il est nonimé Rudolf Jits ciriilustns* 
Oa ignore celle fit sa mort. 11 n'eut point d'enfants de Cuiïe-; 
GONDE sa femme. 

d 

S 

HENRI. 

Vers ioS4* Henbi ,; comte du Sundgaw, vivait /çn io84** 
L^empereur Henri IV accorda cette même année , à l'église de 
Bâle, la terre de Bibeaupierre , située dans son comté. (Hergott, 
tome II, p» 128. } ^ 

OTTON IL 

' 1030. OttDN II fut le premier comte héréditaire du Sund-^ 
g^w , ou de la haute Alsace. Il descendait de Luitfrid lY par 
Contran , son tri92fieul , Kanzelin , son bisaïeul| et Radebôton , 



I 



I 



8 _ CHR0170L0GIË Hl^tOUlQtfi , 

5on aïeul. Ce dernier fut père de Werinhaire ^ dttlePiéutJ 
premier comte de Habsbourg, qui mourut le ii novembres 
1096, et épousa RcgulihdTe, décédée le 28 ^în 1090. We-* 
rinhaire eut pour enfants , Otton II, dont nous- parlons ; Adel- 
bërt , qui suit , et Ità , mariée à Rodolfe , comte de Thîerstein* 
Otton est nommé Otto, Cornes de Alsatla dans le nécrolog/e de 
Tabbaye d'KnsidIen , dont il fut un.des bienfaiteurs. Les titres 
' du monastère de Marbach , en haute Alsace ,' établi en 1090 ^ 
font voir que sa fondation fut appuyée et confirmée, auxiUo 
Comitis Ottords de Habesburcj qui convoqua à cet effet une as-* 
semblée des seignetirs de la province. Il fut tué, le 5 ou le 8 
novembre ,1111, à Butenheim , en Alsace , par Hesson de Ye- 
sinberg, et fut enterré à l'abbaye de Mûri, dont il avait été 
nommé avoué à la mort de son père. Il laissa un fils , nommé 
Werinhaire, comte de Habsbourg, successeur d^Adelbeft j son 
oncle, dans le comté de la haute Alsace, et une fille , appelée 
Adélaïde , mariée à Wernher I , seigneur de Hunnebourg. 

ADELBERT IL 

1 1 1 1 . Adelbert II , frère cadet d'Ot ton , fut , en 1 1 1 1 , son 
successeur dans le comté ^e la haute Alsate et dans Tadvocatie 
de Tabbaye de Mûri. Adelbertus Cornes de Habsburg signa , en 
1 1 14 1 le diplôme de Henri Y pour ce monastère, et , en 1 i33y 
la charte de Gebehard, évêque de Strasbourg , pour celui de 
Baumgarten. Il assista, Tannée suivante, à la consécration de 
Péglise de Gébweiller , faite par le même prélat. La bulle d'In- 
liocent II, pour l'abbaye de Honcourt , de n35, nomme Adel- 
bertus Cornes de Ilabèsburc et uxor efus Judinta dans le nombre 
des bienfaiteurs de ce monastère. Adelbert mourut, le 10 fé- 
vrier I i4i 9 sans laisser d'enfants de Judinta, sa femme. Celle- 
ci f qui était scieur d'Ulric , avoué de Honcourt , lui survécut de 
plusieurs années. 

VTERINHAIRE. 

I i4i, Werinhaire , comte de Habsbourg, fils d'Otton , et. 
neveu d' Adelbert, est nommé îVernherus lantgraoius de Ha^ 
bensburh dans la charte de fondation du prieuré de Tierbach 
de 1x35. Celle de Bertholf, abbé de Mourbach, de là même 
année , l'appelle Adi^ocatus noster 'Cornes W^ernherus. Il obtint le 
comté de la haute Alsace après la mort d'Adelbert, comme le 
prouve la charte de Frédéric, comte de Ferrette , qui fondai. ^ 
«n 1144, le prieuré de Yeldbach, Wern^ro Comité gubemante 
Alsaiiam, C'est le même que Garherius Cornes de Alsatia , qui 



' Ides i^andgrates de la haute alsacb; . 9 

signa, en \ i53 , le diplôme de l'empereur Frédéric poui* l'église 
de Vienne. Un autre diplôme de ce prince, de 1167, fait voir 
tjue Wetihhaire vivait encore cette anuée.^ Quelques m:odernes 
lui donnent, pour femme, Itha de Homb^ekg. Il eut pour fils 
Albert , qui suit, qui est nommé JîHus Comiiis V^\. de Hahes-- 
purch dans une charte de'^l'ancienne abbaye de Zurich ^dç;iiS3. 
Il eut aussi deux filles : Gertrude, mariée avant Paj»: iijrà 
Amédée de Montfaucon , comte de Montbéliàr.d ; et de.Ri- 
chinze, qui épousa Louis, comte de Ferrette. .,.. 

ALBERT, ou ÀDELBERT III, dit LE RICHE, i 

1180. Albert, ou Adelbert HI, dit le^ Riche,* fiU' de 
"Werinhaire , comte de Habsbourg et du Suhdgaw , fût* le prè^ 
«lier desxomtes de la haute Alsace qui prit, le titre dèlaiid-^ 
grave, titre qu* ses successeurs' se sont constamment don ril^. 
Alba tu& cornes de Habesènrgy ianfgraoîusAlsatiœ ^'çohBrmh^ en 




sceau qui pend au bas de la charte. 11 est également nommé 
cornes Albertus^ Alsaiiensis landgraQÎus^' de Mabispurg natiis ^ dsnih 
l'Inscription d'un cornet de chasse d'ivoire, dont.il fit présent, 
en 11999 à l'abbaye de Mûri. U mourut le 28 ^novembre de la 
même année 1199 , et fut inhumé dans la sàlk capitulaire de 
l'abbaye de Lucelle, dont il avait été nommé avoué, eh 1187, 
par l'empereur Frédéric. Albert- eut d'iDA , fille de Roddlfe , 
îlernier comte de PfuUendorfï, et de Wulftiilde, duchesse de 
Bavière , Rodolfe , qui suit , et Itha , mariée à Henri > côititç 
de Linange. 

, ■ • • 

ROnOLFE II, SURNOMMÉ L'ANCIEN, ou LE PAISIBLE^ 

• 

1199. Rodolphe II, surnommé l'Ancien , ou le Paisible,,' 
devint landgrave de la haute Alsace, après Albert, son père. Il 
jportaitméme déjà ce titre de son vivant. Nous en avons une 

Ïireuve dans la charte d'Arnold, abbé de Mourbach, doitftée 
'an 1196, cum volunfate ad^ocati comitis Adtlberti de Habçr^-^ 
hurch I per consensum Jilii sui Rudolfi. lantgram, il semblerait 
même par cette pièce , qu'Albert avait dès-lors remis le land- 
graviat à son fils , puisqu'il y porte la seule qualité de cqmtç de 
Habsbourg ^t d'avoué de Mourbach, tandis que Rodolfe y est 
seul appelé landgrave. Celui-ci devint égalemeijt avoué de 
MourbâCh., après la mort d'Albert, ^^ i^ prend çetie cjualité 
Rudéîjfui cornes dé Habispurch Cataldus Morbasensis dans un acte 
4e 21999 ainsfque dans un autre de 1^0 « où il se nomme /W^» 
XIV.. ^ 



fO CHRONOLOGIE HISTOniQUX 

brdinariuset advocatus ditmùius RudolphusAlsaiiœ landgr/wius, La 
tfaarté, que Rodoifus ianfgroQi'us Alsaiiœ donna , en 1 207 , en 
faveur de Tabbaye deLucelle, est ihXée.^ ann^ graiiœ ^ coram 
fiUo meo Alberto comité. Rodolfe avait dè$*lors imité l'exemple 
de son père , en associant au' landgraviat Albert , son fils aîné. 
Henri, évéque de Strasbourg, confirma, en 1211 , les privi- 
lèges du monastère de Saint-Ti'udpert , présente domino Alberto 
de Ifabspurg, landgr€tçio Alsaiiœ, Quatre ans après, en 12 15, 
le même Albert donna , conjointement avec ce prélat, d^autres 
lettres en faveur de ce monastère, dans lesquelles il se nomade 
^. Dei gratta proinnciàUs cornes Aisatiœj sans faire aucune men- 
tion do son père. Cependant Rodolfe conserva toujours le land- 
grsfviat de la haute Alsace, puisque lui et son Ris Albert pren- 
pent cette qualité dans leur charte de donation à Téglise de 
Munster, 'en Ërgaw, de 1227.. Plusieurs titrer postérieurs font 
voir qu'il le retint jusqu'à sa. mort arrivée ai| commencement 
de 1:232, en laquelle année Rudolf us senior^ cames ae Habisburc^ 
fandgraçius Akatiœ , fit encore une donation au monastère de 
Wettingen. Rodolfe avait épousé Agnès^ fille de Godefroî de 
jStauff , dont il eut cmq enfants, savoir : Albert et Kodolfe^ 
qui suivent ; Wernher , mort dans son enlisince , Hedwlge , 
mariée à fierman, comte de Fribourg, et Gertrude , qui épousa 
le comte JU>uis j frèrç, de Herman. 

ALBERT ÎV, j>n LE SAGE, et RODOLFE III , 
SURNOMMÉ LE TACITURNE. 

laSa. Albert IV, dit le Saôe, etRoDOLÇHE Ilï, son frère, 
surnommé le Taciturne , jouirent par indivis du landgravïat 
de la haute Alsace après la mort de Rodolfe , leur jpère : ce qui 
fut confirmé par un pact« de famille, passé vers Tan laSg; 
Cependant Albert , dans le partage de la succession , se réserve 
à lui seul les biens allodiaux , que sa maison avait en Alsace, il 
ioiourut à Ascalon , en Palestine , le 22 novenobre 1240. Sa 
femme Hedwioe, fille d'Ulric, comte de Kibourg, et d'Anne^ 
duchesse de Zeringen , était- saur de Hartman , dernier comte 
de ce nom. Elle ne décéda que 1« 3o avril 1260 , et fut enterrée 
i l'abbaye de Mûri. Les six en&lvts d'Albert et d'Hedwige forent 
Rodolfe, qui devint empereur, héritier du cGinté de Habsbourg 
^t du lapagraviat dé la haute Alsace ; Alliert, chanoine des 
cathédrales de Strasbourg et de Bâle , eii 1243 , mort le premier . 

Janvier i256 ; Hartman , mort en bas âge , après rannée 1246 ; 
Elisabeth, mariée ^ Coniiad 11, fils- « Frédéric de. Zollem , 
burgrave de Nuremberg; Caoégonde, qui épousa en premièrhi 
ttoces, un comte de Ku6«ealKrg> tt en secondes^ uoseigneo^ 



r 



BES LAND6RA^*£5 DE LA HATJTB At5ÂCE. Il 

alsacien, nomntië Ottoa d*Ochsensteni ; et une anonyme ^ 
mode religieuse dominicaine du monastère d^ Adelnbausen | ei| 

Kodolfe y qui prend le titre de landgrave d'Alsace dans plc^-^ 
sîeiirs chartes du tems , survécut sept ans à son frère Albert* l| 
mourut en 1247 ^ laissant cinq fils de Gertaude, sa femme, 
éile de Lutold de Regensberg. Rodolfe fut là tige des deux 
branches des comtes de Habsbourg-Laufenbourg et Habsbourg^ 
Ki bourg ; mais sa postérité la'eut aucune part au lai^dgraviat df 
la haute Alsace. Wefoher, son fils aîné ^ mourut, sans descen* 
danis, avant Tan ia53. Godefroi , son second fils, décédé en 
2^71 , et marié à Elisabeth d'Ocbsenslein , forma la branche 
de l^ufenbourgf éteinte en 1408; et afin qu'il n'y eût pas une 
ai gf-ande disproportion de dignité entre les descfSndants dç 
l^oilolfe et ceux de son frère Albert, on vil Eberfaard, troisième 
fils de Kodolfe , preddre le titre de landgrave de Turgaw. Ce( 
Eberfaard , époux d'Anne , fille xle Hartman le Jeune » comte 
de Kibourg, finit ses jours en ia84« Les deux autres en£int$ 
de Rodolfe et. de Crertrude | forent Otton t ^i vivait encore 
en 125!^ , et Rodolfe àt Ksbsï^onrgf chanoine ne Bâle, en ia53 
et de Strasbourg, en 1373. Ce dernier, élu évéque deCons^ 
tance, en 12749 conserva ce siège jusqu'à sa mort, arrivée l<e 
3 avril i^Q'd* 

RODOLPHE, ou KODOLFE IV. 

1^4^* Rodolphe , ou Robolfe IV, succéda à son pire 

Albert', en ia4o , dans le landgraviat de la haute Alsace, et 

muverna ce pays, conjointement avec Rodolphe, son oncle, 

r espace de sept ans , c'est-à-dtre , jusqu'au décès de celui-ci* 

Rodolphe naquit le premier mai 12 18, au château deLimbourg, 

dans ie Brisgaw , situé près du Rhin , à trois lieues de Brisacn. 

Il fut ténu sur les, fonts |>ar l'empcretir Frédéric II, qui se 

trouvait alors dans ce dernier ^n<kott. Il prit dans les chartes , 

ainsi que ses ancêtres, le titre de landgrave d'Alsace : mais il 

fut le premier qui y joignit celui de la haute Alsace. Il se nonmie 

Rudalfusf cornes de Habersburg et de Kiburg • supèiiorù Alsaciê 

iandgraQÎusy dans un traité passé, en 1269,. avec Henri, évéque 

de Strasbourg. Huit ans auparavant , en 1261 , Rodolphe s'était 

déclaré contre Gauthier de Géroldseck, prédécesseur de Henri, 

en faveur de là ville -de Strasbourc^, dont il fut un des princi- 

jiaux soutiens dans la guerre qu'elle eut alors avec son evéque* 

Il épousa, vers Tan 1257, GertIlude , fille de Burchard'^ 

comte de ^ohetoberg , seigneur puissant en Alsace et en Suabe,. 

jesur d'Albert , comte de Hohenberg et de Haiçerloch , quâ 

donna à sa soeur ^ ea doi> les biens qu'U possédai^ eq Alsace* 



12 CHROKOIOGIE HISTORrQtTE 

Gertrude prît , dans les chartes , le titre de landgraresse; 
£lle se nomme comHîssa de Hahspurg et de Kiburg , nec non ^ 
AlsQcie larîdgraina , dans un acte de 127 1 , et Làndgraoia Alsacieif 
nutu Dei in reginam romànorum elécta^ dans un autre da 127 b. 
Radplphe, son^ époux avait été élevé ,. le 29 septembre de la 
même année , à la dignité impériale. Il fut couronne à Aix-la- 
Chapelle , le 23 bctobre suivant, avec sa femme Gertrude, qui 
chàpgea , à cette cérémonie , son nom en celui d^ÀNNB. Kodol- 

Ï)he «abandonna alors à ses trois fils, Tancién patrimoine de sa 
iamîHc. Il mourut, le i5 juillet 1291 ,' à Gérmersheimi, et non 
à Spire , comme l'écrivetit plusieurs historiens , qui confondent 
le heu de sa sépulture, avec celuide sa mort. La ville de Stras- 
bourg, de concert avec Conrad de Lichtemberg, son évêque, 
fit dresser, la même année, sa' statue équestre au-dessus du 
portail de la cathédrale , avec celle de Clovis et de Dagobert , 
en mémoire des bienfaits que cette église avait reçus de ces 
trois monarques, Gertrude , oti' Anne de Hohenberg , épouse 
de Rodolphe, mourut à Yienne, le 16 févrieV 1281 , et fut 
enterrée ^ le 20 mars suivant, dans le chœur de lacathédrale de 
Bâle. Elle le rendit père dé'quatre fils (et non sept) et de six filles 
(et non pas seulement quatre.) Les fils furent Albert, Harl ma n, 
Bodolfe-, qui suivent , et Charles. Celui-ci , né à Rhinfeldén , 
le 14 février 1276, mourut quelques semaines après. A ces 
enfants, il faut même ajouter un cinquième ^ fiLi , nommé 
Samson , si Ton js^en rapporte à Pacte de la dédicace de la 
cathédrale de Lausanne, du 19 novembte 1275. Cet acte est 
aussi daté : Prœsente illustnoiro Rudolpho rege Ahmamùœ et Ulustn 
regihâ Atia uxore dicti régis cum Uberis eorumdem Alberto , Hàrt- 
manno , Rodulpho et Samsone. On n'est pas d'accord sur le nom 
et la famille de la seconde femme que l'empereur Rodolphe 
épousa à Remiremont, le 5 février 1284; mais les titres du 
duché de Bourgogne et la chronique d'Ëllenhard, receveur de 
la fabrique de la cathédrale de Strasbourg, auteur contemporain 
et témoin oculaire (i), font voir que c'était Isabelle, ou Elisa- 
beth , fille de Hugues IV , duc de Bourgogne, et de Béatrix de 
Champagne (2). (Voy. V empereur Rodolphe y et corrigez, cet article 
sur celui-ci^ pour le nombre de ses enfants^ ) 

(i) Qui dit.: V. An. Dont, \^l^ dominica circumdtderitnt ^ illusiris 
>> Rudolf us rex duxit in uxorem Dominam Elisaheiham , filiam Ducis 
» .Hugonîs Senioris Burgundie ^ quœ iantum eratin œtnie iredecim annor- 
yt, ru m et palchra nimis. » 

(2) Elle mourut avant Tan i3ii6. Il ne faut pas la confondre arec 
Isabeau de Bourgogne, mariëe à Pierre de Chambli, morte en i333> 
dont répitaphe se voit à Paris dans r église "des Grands-Augustins. ^ 



9£S LàNDGHAVES DE I.A HAITTE ' AXSACÉ. t^ 

, » 

ALBERT V, HARTMAN et RODOLFE V. 

1273. Albert V, Hartman et Bodolfe V, tous trois fils* 
de r^mpereur Rodolphe ,^ possédèrent conjointement le Jand- 
gravlat d'Alsace lorsque leur^ père parvint à l'empire. Dès l'an 
1275 , ce prince fait mention de son fils Alberti comitis de Ha- 
hesburch et de Kyburch , Alsatie langraçii. Deux ans après , les 
comtes Albert et Hartman, son frère, se nomment Alsatiœ lant- 
gram dans une charte de 1^77. Albert et Rodolfe paraissent 
aussi sous le titre àèlandgraoes d'Alsace dans un acte allemand , 
qu'ils donnèrent , l'an 1280, en faveur de l'église de Heiligen- 
berg. Aibertus cornes de Habspurch et de Kyburch Ahacie land- 
graçius , SerenissimiR» Régis Romanorum Dei gracia primogenitusi 
paraît seul dans un autre acte pour la même église , et ,de la. 
même année. 

Hartmàn , second fils de Rodolphe , est nommé landgrapAis 
^Ahacie dans plusieurs chartes de 1276 , 1 277 , 1 279 et 1281. Il fut 
fiancé , au mois de septembre 1278, à Jeanne, fille d'Edouard I ^. 
roi d'Angleterre. L'empereur, son pèl'e, confirma ces fiançailles 
la même année par des lettres dans lesquelles il le nomme 
€harissimu^ filius noster Hartmannus , cornes de Habsbur^ et dé 
Kyburg^ Alsatie landgrawus. Hartman allait passer en Angle- 
terre pour y terminer le mariage , lorsqu'il périt malheureuse- 
ment dans le Rhin, à l'âge de dix-huit ans, le 20 décembre 
1281. Il s'était embarqué sur le fleuve au château de Brisach', 
et son coitps fut trouvé près de l'abbaye de Rheinau, en Suisse , 
où sont encore aujourd'hui déposées ses entrailles (i). Hartman 
fut enterré'dan^ le chœur de la cathédrale de Bâle, à côté de sa 
mère et de Charies, son petit-frère. Les corps de l'impératrice 
Anne et de ses deux fils furent transférés, le i5 octobre 1770^ 
de cette cathédrale dans l'église abbatiale de Saint-Biaise , où. 
le savant abbé Martin Gerbert leur a fait élever un nouveaùi 
monumecH. 



(i) .Un « seigneur anglais marqua ainsi au roi Edouard les circons- 
tances de la mort de Hartmdn : « Sire^ le dimanche devant Noël estent 
3» Arthtnan , le fuie rei de Alemaigne , à un chastel ke a nom Brisac, 
>» e est $ur le Rin, etileuc se mi&t en un batel pur aler ver son père, 
» avalant le Rin : une obscurté sorvint si grand de ke les mariners 
» esteent si abaye ke il ne se saveent eîder , si hurta lor batel à uiïe 
M souche ) e néa Arfeman e tout le plus de sa compaigne. » L'originni 
de^cette lettre se trbuve dai^s les archives de la tour de Londres. 



\ 

V 



t4 CKROVOLOGIfi HBTORIQim 

A la mort de HaUtman, ses deux frères continuèrent de 
gouverner le landgraviat de la haute Alsace ; mais l'empereur 
ayant donné à Albert le duché d'Autriche et de Styrie, dan» 
la diète générale qu'il tint a Augsbourg au mois de décembre 
12^2 et au commencement de i283 , Rodolfe jouit seul det 
landgraviat. (Quelques auteurs prétendent que son père lui ac- 
accorda en même tems Ta Suabe, qui depuis 1268 n'avait plus' 
de duc. Mais nous avons fait voir , en parlant des ducs d'Alsace ^ 
la fai^sseté de cette opinion, ainsi que de celle qui hii donnQ 
le titre de duc d'Alsace. }\odplfe n'a jamais porté que celui de 
landgrave de cette province ; et dans les dhartes qui nous res^ 
tent de lui des années 1286, 1288 et 128^, il se nomme Ru-r 
dofphus^ Dei grafîâ..., cornes de Hobshurc ei de Kiburc^ Aisatiè 
îandgranus ^ Screnîsstmî Uom^w Rudulphi Romànorum Régis 
JUius. Rodolfe n'avait que vingt ans lorsque! mourut à Prague , 
Je II mai i29<^. 11 avait épousé Agnès, iille d'Ottocare il, roi 
de Bohême , qui , après le décès de son mari , prit l'habit de 
Sainte-Claire , et mourut dans la même ville le 17 mai 1296. 
Il avait eu d'elle, en 1289, un Bis nommé Jean. Celui-ci est 
connu par le meurtre de l'empereur, son oncle, qu'il assassin» 
en i3o$, à cause du refus qu'il lui avait fait de lui rendre les. 
terres de son patrimoine. Henri VII, successeur d'Albert-, fil 
.enfermer Jean, l'an i3i5^ dans le couvent ** des Augustins de 
Pise , où il mourut le i3 décembre de la même annéeé 

Albert, qui prend dans les chartes de 1292 et 12981e» 
titres de Alhertus Deî gratta... cornes de Habspureh et de Chjr^ 
hurch , nec non lantgravius Ahatim^ posséda seul le landgraviat 
de la haute Alsace , après la mort de Rodolfe , au préjudice de 
Jean , son neveu, et le conserva jusqu'au tems qu'il parvint au 
trône impérial. L'Alsace craignit pour sa liberté sous ce land-^ 
grave , parce que ce prince songeait à donner à chacun de se» 
iils, qui étaient en grand nombre, un état proportionné à la 
dignité dont il était revêtu. Il proposa aux évêques , aux comtes, 
aux abbés et aux seigneurs oc la^ Suisse et de l'Alsace , de lui 
vendre Itfurs droits et leurs domaines, ou de le prendre pour 
avoué. Mais il n'y eut en Alsace que Tabbaye de Mourbach qui 
lui vendit ,^ en 1291 , p6ur deux mille marcs d'argent la ville 
de Lucerne, en Suisse, avec toutes ses dépendances. Albert, 
élu roi des Romains, ou empereur, le 23 juin 1298, pa» une 
partie des princes mécontents de l'empereur Adolphe, défit et 
tua son rival , le 2 juillet , à la bataille dé Goelnbeim ; âpre» 
quoi il se fit élire de nouveau par tous les électeurs le q aoûtr^ ' 
.iCt fut couronné, le 24 du même mois, à Aix-la Chapelle. , 
Ce prince ae régna que dix ans^ ayant été tué, à Tâge 4^eQr^ 



]>l!$ LANKHAVES DE XA HAUTE ALSACE. jS 

¥Îroa ctnqulnte ans , le l^^ mai i3o8f près de Windiscb^ 
€n Suisse, par Jean, son nevea. Il fut d'abord enterré dans 
l'abbaye de Wettingen et ensuite transféré , en 1809 , à Spire 
dans la sépulture impériale de la cathédale de cette ville, 
Albert avâtt énousé , en i^'jG ( et non vers 1 282 ) , Eus abeth, 
£lle de Mainnard, duc de Carinthie, comte de Tyrol , et 
d'Agnes de Bade ^ morte à Vienne, le aS octobre i3i3. £1U 
fat enterrée dans l'abbaye des religieuses de Kœnisgsfelden ^ 
<|u'elle avait fondée^ en i3ii, à l'endroit où Albert avait 
tété tué. £Ue fut mère de six fils et cinq filles. Nous allons parler 
«nccessivexâent des cinq fils aînés , qui fiirent Rodolfe , Fré^ 
déric, Léorpold, Albert et Otton. ).e sixième , Henri, dit lo ^ 
Pacifique , tut duc d'Autriche , et mourut le 3 février lôwj. 

RODOLFE Vï ET FRÉDÉRIC L 

> 1399. RODO^FE VI ef FRéDÉRic I, fil^ aînés de Temperear 
Albert', possédaient le landgravial d^Alsace, dès Tan 1299. Ils 
se nomment Rndofphmê et Fnden'cus , Dei gratià , duces Attstnœ 
9i Styfîœ , de Habspurg et Chyburg œmites , nec non landçraQU 
Alsatkt <, seremssfmi Âièerti Romanorum régis fiin , dans une 
eharte qtt'*ils donnèrent , le 26 mars de cette année , au monas« 
fère de Cappelen. Les deux kndgraves de la haute Alsace sont 
également mppelés, en i^oi , dans un acte de confédération 9' 
passé entre eux et les évéques de Strabourg et de Baie. 

Rodolfe, qui était le premier fils d'Albert, devint roi de 
Bohème en f Soy , et mourut à Prague , le 4 juillet de la même 
année , âgé de vingt - trois ans , sans laisser de postérité de ses 
denx femmes. Il avait épousé en premières noces à Paris ^ 'en 
i3oo, BlANCHfi , fille de Philippe II I , roi de France , morte eni 
couches à Vienne , te 19 mars iSoS , enterrée chez les Cor- 
deliers de cette vîUei. T/empereur Albert , en faveur de ce ma- 
riage , avait assignée Blanche , pour douaire , le landgraviat de 
la haute Alsace , avec ses appartenances : Comitatum Alsatîe cum 
mmfdbus Juris perânen&is ^ ëit Tacte passé en conséquence au 
Mois d'août 129g.. 

FRÉIHÈRfC , MT LE BEL. 

FRÉnÉftfC , dît tiE Bel , nommé supenoris Alsatiœ iandgraoîas 
dans un acte de i3o4 ^ gouvernait le landgraviat , conjointement 
«vec RoDOLFR son firère^ et après la mort de celui-ci , arrivée 
«n i3d7 , Albert leur père , y associa LéOfOLD , son troisième 
fib. Fridericut et Lupoldus , Dei gratià..,. landgram superwris 
ÂÉmutkj 4oBiièrefit , «a i3^ia 9 «me charte -en fave^r du monas^ 



46 :{ ' ■ ^ CttnOKOLOGlE historiquï 

tère de Koenigsfelden. Frédéric fut élu roi des Kdmains^-jii^af 
une partie des électeurs 9 à Francfort , le 19 octobre i-iii4^ li» * 
jour avant que son compétiteur , Louis de Bavière , le fût par 
une autre partie. La guerre sVtant déclarée entre les deux com- 
jpétiteurs^ Frédéric fut fait prisonnier à la bataille de MubldorfF, 
le 28 septembre i322. Le traité de Trausnitz, de 1 3^5, par 
lequel il renonça à ses droits sut Pempire , lui rendit la liberté. 
11 conserva cependant le titré de roj jusqu'à sa mort , arrivée le 
i3 janvier i3âo, au cbâteau de Guttenstein, dans la quaran- 
tième année de son âge. Ce prince fut inhumé dans la- Char- 
treuse de Maurbach , dont il était fondateur. 11 avait épousé^ 
çn i3i5, Isabelle , fille de Jacques, roi d'A^ragon , .morte le 
20 juillet , la même année que son mari. Agnès , reine de Hon» 
grie , sœur et exécutrice testamentaire , ^xcelientissîmi quondam ' 
Fiiderlci Romqaorum régis t fonda» l'an i33i , dans l'église cathé- 
drale de Strasbourg , un anniversaire pour le repos de l'âme de 
ce prince. Frédéric doit être compté , sans contradiction , dans 
le nombre des empereurs : les diplômes qu'il accorda aux. abi^ 
bayes et aux villes d'Alsace et de Suabe , avant et après sa cap ti- 
TÎté, le prouvent incontestablement. Ce prince vint , en i^aS , 
célébrer les fêtes de Pentecôte à OfFenbourg, ville impériale.^ 
située au-delà du Rhin , et y confirma , en qualité de roi des 
fiomains 9 les privilèges de celle d'Oberkirch ^ aux pxières de 
Jean , évêque de Strasbourg , auquel ce dernier endroit appar-. * 
t^ait ( Yoy. les empereurs* ) 
> 

LÉOPOLD L ^ 

i3i4* LÉOPOLD I , qui par sa valeur mérita d'être appelé 
' gloria ndlUutn^ la gloire des chevaliers ,. surnommé aiissi lb. 
Habdi V ou l'Inquiet, troisième fils de l'empereur Albert ^ 
gouvernait , dès l'an i3o7 , le landgraviat de la haute Alsace ^ 
conjointement avec Frédéric , son frère. Celui-ci le lui céda en* 
entier , Tan i3i4 9 lorsqu'il parvint à l'empire* Léopold se 
donna dans, une charte dfe i3iS, le titre insolite dejandgra^il 
generalis Alsaiiœ superioris. Mais on n'en trouve que ce seul 
exemple , ce prince s'étant depuis 9 seulement , qualifié de lan- 
degrave de la haute Alsace. 11 soutint vivement les intérêts de 
son frère , élu empereur ; et ce fut par ses spins que Jean ^ 
évêque de Strasbourg 9 XJlric , comte de Ferrette et de lai haute- 
Allemagne , jusqu'à Seltz et I^ndaà 9 se déclarèrent en &veuiv 
de Frédéric. Ce prince ayant été fait prisonnier à la bataille .de» 
MuhldoriF,^ Léopold arma tous. les sujets de ses domaines pour '' 
la liberté de son frère. 11 ne cessa , même api;ès le, tcaiU.il|). 
Trausnit^ ^ d'in^éter tous ceux djS U pf oyiiice: d'Âliaceiqui:' 



BfiS LArôGRAlrES DE tA fiACTÉ AISACE. tf^ 

ilaiefit attachés à Louis de *fiavîf^re.'L«s troublée ^ue Lëopold 
y exeitd , neiinirent même qa'avftc sa vie. Il n^avaît que trente-* ' 
neuf ans, lorsqu^il fut saisi à Sti*asl]^urg d'une fièvre chaude y* 
«pii l'emporta le aô février i3â^ , dani Thôtel d'Ochsens^tein ,' 
qui appartient aujourd'hui au prince dé Hesse-Darmstadt. Ses' 
armes' furent déposées dans Téglise' cathédrale de cette ville , et 
^n corps fut transporté à Tabbaye de Koenlgsfelden. Il avait 
épousé à Bâley le xiimai' i3^i5 , C\thehiï9E, seconde fille 
d'Amédé«,V , comte de Savoie , et de Marie de Érabant , nièce' 
de T-empereur Henri VII. Elle mourut le 3o septembre i336 , 
€t fut enterrée à Koeaigsfelden , auprès du duc soii époux. Léo- 
pold oe laissa de ce mariage que deux filles , Catherine , mariée' 
ea i3/i8^à £nguerand Vl>,- sire- de €«)uci \ ^X Agnès , qui épousa' 
la même année Boleslas, duc de SchWeidmtz; en Silésie; La 
première ,« morte: le rié septembre \^l\^ , fu4 mère' du fameux' 
Enguerand Vllf sire de Couci et -comte de Soiss6"nsr ; qui fit', 
en «575 une .irruption en Aisacç et en Suisse, pour reclamer» 
aes droits sur llhéritage de sa mère. ( Voy. les sires de CoucL ) ' 

■* * r' • • * 

ALBFRT VI, DIT LE SAGE et LE CONTRACt, 
ET OTTON m, SURHOMME LE HARDI ET LE JOYEUX; 

> • • • • I . ■ ' » !» . ' 

i3a6. AtBERT Vl, dit LE Sage et tE CoisIrRAcr, et Ot-' 
TON lil, surnommé le Hardp et LE Jotiuxv quatrième ' et* 
cinquième fils de Tempereur- Albert , gouvernèrent conjointe-' 
ment le landgraviat de la haute Alsace , après le décès "de Léo- 
pold, leur frère, Albert , né au mois- de décembre 1298, s'in- 
titule , dès l'an 1^20, lantgrùoius AlsaticB^ nec Mtnrcorhes Phîr'»' 
retarum^ dans une charte poun l'abbaye de Wettirigen : ce qui 
prouve que dès-lors il avait éti> associé au landgraviat par Léo- 

Sold. Le mariage qu'Albert contracta à Bâle , au mors de mai 
e l'année précédente 1^19, avec Jeawne , fille aînée et héri- 
tière dlJlric j dernier comte de Ferretle , le renilit proprié- 
taire de ce comté à la morit /d'Ulric,. arrivée en i'6i^, ( Voyez 
Us cornées de Ferrette. ) Depuis ce tems , Albert prit constam- 
aie^t , dans les chartes,^ les titres de landgrave de la- haute, 
AJU^C^;.^^ <fe seigoe^ de Ferrette.^ Hayn^on , abbé de Lucèllé y 
ac^arda > i^n % i3«<5. , Ulusfn fMndpîdbmino Aièértn dud Aûstricé 
et ktndgrùMÎQ AJsaiiœ'^Aesiiiiù qui ,^ sous les landgraves ses pré-^ 
déces^eursyTieleyakent de soilabbaye^ » i.« , , . * - ^ 




àem 

Aufifyie etStpit ^et landgrcmus supenoris Alsùciè. W fhourut là 

XI février i.â.39 f 'Ct fut enterré cUzks Tabbaye de Neuberg « tû 

XIV, ; 3 



Styrie.* Otton eut deux fils f iiKHts ftants , de lÉ 
SABVTB.^ fille d^Elienne^ duc de 1» beese Bavière. Otte--el 
étaat décédée le iivam i3ii , il se rematia h Awitt, fiHe de 
Jean de baxembourjji^ yoi deBobéme ; elle meumt le 6 sep^ 
tèrabre i32id, jans laisser d'eofantsw ■ * 

A la ipori d'Otten , Albert administra seul le landgranat de 
la haute Alsace. 11 conçut mèà» lepM^t d'y uxiir celui 4e 
là basse. Les comtes d'Oetingen ^ qui en étaient alor» posées^ 
s^uis , avaient déjà consenti a la vente ; mak Jean , évéque de- 
l^trasbourgf qui chercbak dès-lors à réunir le landgraviat de fai' 
basse Alsace à son évécbé, s'y oMestf, faste que la plupart 
des biens qui le formaient étaient des fiefs dcf son éslise. Aloert 



mourut à Vienne, le ao juillet i3S^^ et fut i n h u mé ^ troia jours 
après ^ dans le chœur de l'église de la chartreuse de Gammin* 
fpn ^ en Autriche v qu'il avait fondée e» i332. On y voit son 
mausolée et celui de Jeanhb , sa femmes H est nommé dan» 
Pépitaphe , ammasus 0$ sêpi^fts prùtceps y êdmkms AUnriiu fuotÊ^ 
Am aux Austne»^..* loMdgtqfiu» sufmark Aiaack ntcmn dmnimm 
Ferr^arum. Son épouse y est appelée mgenua et proQtda princeps 
domùm Johamm i ofym ducissa Amtrieuk^. nêù mm kmigrajia 
svpmioni Alsacien naêadeFmrâtk. Jeanne de Ferrette était dé|ir 
dÀ:édée & Vienne fa nuit du i4 au iS novembre i35i , âgeç 
de fil ans. Elle était fiUe d^VlHc^ dernier comte de Ferrette^ 
et de Jeanne de Bourgogne , ccnatesse de Montbéliard. La* 
mariage d'Albert et de Jeanne fut stérîleufirndant près de dix*-' 
neuf ans : enfin , il eut qualse fils et deux fiHea. Lts fils furent- 
&odol(e ^ Frédéric « Albert et Léépold. N^usr allons parler 
de Rodotfe ^ d'Albert et de téeo^ Frédéric fut lue è la 
chasse y le 10 déceiftbre i36^ ^ à l'âge de quinae aos^ Albert ^ 
héritier des domatnetf d'Autriche ^ lut auteur d'une branche ^i 
sVteîgprit , ea 14^8 % dans la personne de Ladislas^ aon arrièie-* 
petit^fils. 

SODOU'E Vil y ALBSIIT VU kt UÊOPOLD If. 

l358. RoiK>i»T£VII, AiiBiET VlIeiLÉoffOLBlI,ton& troîa. 
fib du duc.AJ^t I nossédèrentpar inéifvis le laildgraviat 
de la haute Alsace. iVes Rudolffus ^ Aiberiuê ' ei LeMpoidu$ 
fraire^ .uUrùù , Dâi graîià amhiduces AustrÙM.,, ei bindgpmu 
Ahatie^ donnèrent conjointement plusieurs chartes dants^les 
années i3Ci | iSSif et i365. Mais Rodolfe, qui était l'aîné ,, 
en gérait le g^iyveri^ement. Celui^i, dit LA MAMAmliE oii 
x.1kg£misux, né à Vienne le 1*' novembre iS^g, succéda 
ji son père non seuleit^nt dans le landgraviat , niais aussi 
^ans les ducbé$ d'Autriche t * de Stjprto et de Caria^diie^) H 



dam *le% coratés de HâbalMMirg, de Kibourg et de Ferrette. 
Son patrimoine et celui de ses frères sV.criit,€n ià63 , ptr 
Iç comté de Tyrol^ oui leur fut donné en présent par Mar-^ 
gnerke MauUaxk , qui mettait de perdre If einbard son fils ^et 
IKin unique héritier. ^ 

Bodolle. avait épousé, ^ mois de juillet ïïKj , CATHennts 
JXB Lpx^USQURG., fille de IVolpereur Charles IV, mi le 
HOBvma bméme^aan^e kndvogt cm avoué provincial d^ Alsace. 
Cette alliance l'enhardai peut lire à se donner dans ses chartes 
de 1^59 et de t36o^ cntr'autrps thMs insolites, celui de 
pHMcedi SkùAt et d'Âismo^ Les «UU immédiats de seft deiriK 
f9QnsoKM im diapotèml eatle ifualtté ainsi que celle qu^ilprit, 
•cpifuémie-tcaia, dm aas. sceaux de dmc de Suaèe et é*Aisaee. Ib lé 
cîtèrenl à b J^èim de Kuvemberg pour y rendre raison de cette 
m^wf^MUé. Charles:! V en ayant fris l«-n»<lme connaissance ^ 
.iUpdolfe loi doma des lettt«s le S septembre i36o , mr 
lesquelles îi déclara nnavoir aucunes iMpétentions sur ies au* 
•ché$'de &ial»e et d'Abaoe , ei promit et briser les sceaux 
•où il avait ùàl ^ver ces titres. L'empereur envoya ces 
lettres, le 14 Cévrier i36i , â la "villede Strasbourg qui en 
avait fris ombmge^ et décida -en mèaie-^ems qu'on ne de'« 
vait reconnaître en Alsace d'aatees princes ^fue les évéques 
de Strasbourg ,et de Bâia et rafabé de Mourbach. Depui» 
ce temsi , ftodoUe ^e cooftenta du titre de landgrave de 
la hante Alsace. . U mourut quatve ans après à Milati , le 36 
aoAt i365^ Son icovps fat tranmrté à Vienne , ou il fiit 
enterré , le a déeeonire , da«s Pé^Ase de Saint-Etienne. U 
a'eut point d'enfiuals de son mariage avec Cafriierine de Luiem* 
bourg ^ qui décéda k tS.sqp ie mbne fSti|5 , et fut inhumée 
k Yienoe à cAté de aosi man. iUidolfe -iai te premier de sa 
maison qui .prit le titm dWoUdoc d'Autriche , auquel tl jcit-». 
gnit celm de gmod-^weneor de Temptre. f Voj. les dues d'Aû-^ 
inche. ) La plupait ^des cftiaites originales de Rodcdfe soat 
souscrites fwr deux icmâx : ce qui pourrait faire croire que cet 
atchiducTDe saïuit pas écrive. 

ALBERT^ eummnhfc LA TR£SfllE, st LËOFOLD, 
DIT LS ¥KATU£UX £T le PRëVX. 

Alwbt., siMnoomraéi«à T41B9» , «et Liwoia , dit ut VbH^ 
TU EUX et LB Pb£UX, oé au meis de novembre i35i , frères^ 
de Kodolfei contiopi^rent fondant <pseh}ue tems à jouir de. 
concert des biens de leur famille , i l'exception du duché d'Au*^ 
lriiâie-«pai appartenait au aeul AUm»!. L'un et l'autre , Jlberius 
cl T^ffuddut « ae nommècent dans leurs seeanx Iki igntià du» 



jàù CHRONOLOGIE BISTORIQVfi ' ' 

'A usine»; • cornes in Ferretis^ at Lantgracius Àlsaiie. Alo^tt -con^ 
:fii-ma même, en 1^77 , les privilèges de la ville de BcfForty 
qui dépendait du comté de Ferrette. Cependant il y eut bientôt 
après un arrangement qui rendit Léopold maître de tout ceqii> 
la maison d^ Autriche avait en Alsace , en Brisgaw, en Suabe et 
en Suisse : le comté de Tyrol resta seul indivis. Albert mourut 
à Luxembourg le 17 août 1S95 , laissant un fils , nommé aus^ 
Albert, de son second mariage avec Beatrix, fi^ei de Frédéric, 
!l)urgrave de ^Nuremberg, quUl avait épousée en i^j5. 

Léoppld acheta. pour quarante mille ûorinsd'or de Frédéric v 

. à\ic. de Bavière , Padvocatiè provinciale de la haute et i>â9se 

Suabe , qui avait été engagée â ce dernier : acquisition qui lui 

fut confirmée, en iSyi)., par l'empereur Venceslas. La guerre 




gentil 
le nombre desquels se trouvèrent plusieurs nobles 'alsaciens. 
-Les principaux furent Jean d'Ochsenstein , landvogi d'Alsace 
,et grand-prévôt de la cathédrale de Strasbourg , Pierre d'And- 
law, Brugger de Bergheim, Conrad-,. Thuring et Pierre 
d'fiptengen , Wernlin de Flachsland , Pierre et Rodolfe de 
Landsberg., Conrad de MuUenheim , Thierri, Henri et Pierre 
de Rathsamhausen •', Henri', Ulric , Frédéric, Gunthef et 
.Bustmann de Reinach , Hugues et Rodolfe de Schoenau , 
Herman , Amman et Grafton de Waldener, Gauthier Wetzel 
de Marsilli,, dont les familles existent eneore aujourd'hui en 
JVlsace. Léopold fut enterré *avec .vinet-sept des principaux 
seigneurs à Pabbaye de Koenigsfelden. 11 avait épousé à Milan , 
au mois d'octobre i364 y Viride , fille dé Bernabo Visconti , 
seigneur de Milan, et de Béatrhc de la Scala, qui mourut ea 
M 424» I^® ce mariage il eut quatre fils et trois filles. Les fils 
.sont, Guillaume, Frédéric, J^éopoKl et Ernest. Nous allons 
parler de Léopûld et de Frédéric. Guillaume, duc d'Autriche, 
dit VAndfiH^ux et V Affable^ mourut sansr postérité le 1 1 juillet 
i4o6. Ernest, duc d Autriche , .sur nominé <^« Fer^ à canse de 
sa force d'esprit et de corps, né l'an 1^77, mourut à Gratz, 
en Styrie,'le 9 juin i4a4* H avait épousé, l'an 1412 , ert.se* . 
condeç noces, Cimburgë Zi£MORiTi, duchesse de Masovie, 
morte en 14^9 » après lui avoir dofiné neuf enfants 4 du nombre 
desqueU fut l'empereur Frédéi^c, père de Maximilien I. 

LÉOPOLD ni, DIT LE SUPERBE. 

i386. LÉOPOLD ni^ dit LE SX7P£aB£ , fils^du prétiëflent, 
Çpt , aiosi que ses trob £rères ^ poivr tuteur , Albert , duc 



B£S LÂNDGRWES DE LA ^HAUTE ALSACE. âl 

jâ' Autriche , son oncle , qui administra leurs terres jùsqu^à 
ce qu'ils fusseîfit parvenus à rage de seize ans. On voit Léopold , 
des Tan 1392 , gouverner le ianderaviat de la haute Alsace^ 
Albert étant mort en iSgS, son fils, nqmmé aussi Albert , 
.dît la Merveille du monde, ne voulut pas se contenter du parr 
iage fait jpar son père avec les enfants de Léopold le Preux, 
qui le restreignait à la seule Autriche. Il fallut y aJQutei^ 
la Carniole , qu'il laissa , avec le duché d'Autriche \ à son 
îBls unique Albert , à sa mort arrivée à Closler-Neubourg le 
25 août'i4o4. Ce dernier Albert est le même qui fut élu 
empereur, ou roi des Romains-, le 20 mars i438. Guillaume 
et Léopold administrèrent pour eux et pour leurs frères Fré- 
déric et Ernest , le premier la Styrie et la Carinthie , et le se- 
cond le comté de Tyrol, avec tout ce que leur père possédait en 
Alsace, en Suabeet en Suisse. La mort dé Guillaume, arrivée 
en 1406, sans laisser d'enfants de Jeanne, 61le de Charles. IH, 
TOI de Naples et de Hongrie, produisit un nouveau partage. La 
Carftiole , qu'on reprit au duc Albert , la Styrie et la CaVinthi^ 
échurent à £rnest ; Frédéric obtint le comté de Tyrol; et Léoi- 
pold conserva les domaines de l'Alsace, du Brisgaw et de TEr^r 

fivv , avec toutes les terres que sa maison avait en Suisse et en 
uabe. Léopold demeura donc landgrave d'Alsace et comte de 
Ferrette, et ce fut en cette dernière qualité qu'il confirma, en 
1406, les privilèges de la ville dé Beffort. Il vint cependant très- 
rafemen^ dans cette provincç. La qualité de tuteur du ieune 
duc Albert le fit rester à Vienne, où il mourut , le 2 juin i4ï ' » 
- Sgé de quarante ans.' il y fut enterré daus l'église de Ss^t-r 
l^tienne. Le surnom de Superbe lui fut donné non à cause dç 
son orgueil, mais parce qu'il surpassait en faste tous les prince^ 
de rempîre dans les diètes de Francfort où il comparut y .ayant 
à 'sa suite, outre sa cour ordinaire, jusqu'à cinquante deux 
comtes et barons. Il ne laissa point de postérité de soh mariage 
^avec Catherine, fille de PhUippe le Hardi, duc de Bourgogne , 
qu^il avait épousée te i5 août i'6c^'5. Léopold lui avait donné 
pour douaire les .terres landgraviales de la haute Alsace. Il lui 
accorda même, en 1407, conjointement avec ses deux frères ^ 
l'administration et l'usufruit du Iandgraviat,ainsi que la collation 
'des fiefs qui en dépendaient. A la mort de Léoppltl, le duc 
Frédéric confirîna , en 1411 9 cette donation à sa veuve, pour 
*en jouir SA vie durant, Catherine, alors, se retira en Alsace et 
s'établit à Knsisheim , où elle gouverna le haut landgra via t sous 
les conseils de Maximin , dit Schmassman , baron de flappols- 
tein , ou' Bibéaupierre , un des seigneurs les plus distingués de 
Ma province, que Jean , duc de Bourgogne, son frère , nomme 
'dans des lettres de 1409 prediledus noster carissimus Domians 



a2 CHnOIfOLOGIE HISTOAlQUIC 

Memminus de Blhaupierre^ Cambelianus et Scutifer noSter. Quoiouè 
d^à avancée en âge, et d'une jgrosseur prodigieuse, Catherine 
pensa à se -remarier avec Maximin en 1419; i^^is ce marîaee 
ii*eut pas lieu. £t]e aimait particulièrement les habitants dé 
BefFort 9 dont elle confirma les privilèges en 1412^.1 4^3 et 
1424* 'Elle mourut, le 26 janvier de Tannée suivante, à Grai-^. 
sur-Saônè, et fut enterrée dans la Chartreuse de Dijon , doni 
son père était le fondateur. Elle prend dans s^ sceaux Iç titre 
'de Kaihanne de Burgundia , Del gracia ductsée AustrUm 

FRÉDÉtllC II. ' ; 

i4ii- Frédéric II, firère de Léopold« lui succéda » en iAhj^ 
dans le landgraviat 4e la Haute-Alsàcé. u fut nommé dt Tyroiy 
parce que ce, comté lui était échu dans l'héritage de son pèn^ 
Il eut beaucoup de part à l'évasion du pape Jean XXIII , dont- 
le concile de Constance lui avait confié la garde. Ce fut la source 
de tous les revers qu'il éprouva depuis. . L'eiqpereur Sigismon^ 
et les pères du concile le aéclarèrent, en 141 S, coupable de lèse- 
knajesté. Les évéques de Trente, de Brixeo et de Coire, l'excom- 
mui^ièrent, et toutes ses possessions furent comme abandonnées 
au pillage. Sigismond fit lui -même une irruption en Alsace, 
ainsi que Louis, comte palatin , dont la sœur, Elisabeth, avait 
épousé Frédéric. Louis n'y entra cependant pas comme ennemi « 
mais seulement dans le dessein de conserver ses terres i .son 
beau-frère. Les Suisses profitèrent de ces circonstance; pour 
s*eitt|^arer de l'Ersaw , et de ce qui restait encore dans THel-^ 
▼étie à là maison d* Autriche: La joui3sance de ce qu'ils venaient 
de prendre , leur fut assurée pour toujours par l'empôrcur et le 
concile. Frédéric se réconcilia cependant avec Sigismond par 
Ventremise de Louis, cotnte palatin, et de Frédéric, burfi;rave 
de Nuremberg» après avoir payé, comme récrivent quelques 
historiens , une amende de trente mille florins dVr. L'empereur 
l'investit , en 1418 « àt tous tes domaines envahis, à TexceptioQ 
de ceux de la Suisse , qui restèrent aux cantdns de Zurich , d^ 
Berne et de Lucerne; encore Frédéric fut-il obligé de rembour- 
ser à ceux qui s'étaient emparés de ses terres d'Alsace et du Bris- 
gaw, les* sommes que Sigismond avait reçues d^eux.. Malgré 
toutes ces pertes , Frédéric amassa t)eaucoup d'argent. Il mou-» 
rut à Ixispruck, le a5 juin 14^9, et fui enterré dans! abbaye de 
Stambi* Hault et bien né monseigneur Guillaume de Hopperch 
( Hochberg ) , marquis , est nommé bailifet gouverneur de Fer^ 
rates ( Ferrette ) , ef étAulxay (Alsace) au nom de feu trèsr 
hauH e$ puissant pnnce monseigneur le due Ferry ^ duc d^Ausiiiche^ 
4ans un acte de l'année i44o* Frédéiic avait épousé en r^re^ 



V 



ISkS £ÀîfI>G¥£vEd DE LA HAUTE ALSACE. aS 

mières. noces , en i4o6, Elisabeth de Bavièee, c(xntesse 
pàtarine du Rhin, et ^te de T^mpereur Robert, morte ea 
(Jotiches , le 3i décembre 1409. AmE^ fille de Frédéric, duo 
de Brunswick, sa deuxième femme, décéda le 11 août i^isi^ 
et fat enterrée à l'abbaye de Stambs comme son mari, 11 eut de 
ce deuxième mariage deux filles et un fils, nommé Sigismond., 
qui suit. Ce fut vers ce tems que Strasbourg eut la gloire de voir 
naître, chez elle, Pimprlmerie. Cette invention, que Mayence 
et HarlenûL ont long-tems entrepris de disputer à cette ville, çst 




âlGISMOND. 

1439. iSlClSlIOKD , fils liipque et successeur de Frédéric dé 
Tyrol , eut pour tuiêurs Frédéric , dit le Pacifique , et A^lbert ^ 
dit le Prodigue , tous deux fils d'£rnest , duc d%utric)ie. Albert^ 
par nn accord passé eq 144^ avec son frère Frédéric, qui avait 
été éfû empereur en 14409 gouverna sçul TAlsace au nom do 
9on pupille. Cette province fut alors ravagée par l^armée des 
Armagiiàcs, que Louis, dauphin de France, fils du roi Cbàr-> 
les Tn, Y conduisit en personne au mois d^août 1444^ ^Y^nt 
^ous ses ordres une multitude de gentibhommes et de toion- 
taîres jetant français qn^anglais. Ce prince, au rapport d^^dnéas 
Sylvius, auteur instruit et presque témoin de Vexpédition , 
disait hautement qu^il marchait en Alsace pour y faire valoir les 
anciens droits de la France , dont la souveraineté devait s^é^ 
tendre jusqu'au Rhin , et qu'il était, dans le dessein d'attaquer 
Strasbourg pour la soumettre à la domination française. Cette 
ville sut se faire respecter par la force de ses murs et de sa garr 
niison ; mais tout le reste de l'Alsace devint la proie de ces trou-* 
Àes af&mées , qui n'épargnèrent ni les ierre^ des' deux landgra* 
viats, ni celles des villes impériales. Les Armagnacs furent 
cependant 'massacrés en détail, tant par l'armée réunie des états 
de cette province , que par les paysans du pays. Us perdirent ^ 
|iéndant le cours de l'hiver, plus de huit mille des leurs, vic- 
times de leur propre licence. La retraite de l'armée du dauphia> 
ne laissa Jpa^ PAlsace dans une entière tranquillité. Albert, tu* 



paraître aux tribunaux du laiidgrayiat. pour les biens <S[u'ils y 
' ]Kissédaient.'Mais cette guerre fut bientôt terminée par un jug#r 



CHROKOLOGIB filSTOAiQÛS 




en i468, une guerre plus i^anglante avec les Suisses, qui rava-» 
gèrent les terres du landgraviat d'Alsace , et les seigneurie^ de, 
Thann et de Landser. Celle-ci tourna à son désavantage. 11 prit, 
alors le parti d'engager, à Charles le Hardi, duc de Bourgogne, 
le landgraviat de la Haute-Alsace , le Sundfiâw,, le comté de^ 
Ferfeltè, le Brisgaw, et toutes les terres que les Suisses avaient* 
envahies sur Frédédic, son père , tant pour les mettre à couvert 
des entreprises de cette nation, que pour pouvoir acquitter le* 
dettes qu il avait contractées. Le traité fut passé, le 21 mars' 
i46d), dans la ville d'Arras, où Si gismond s'était rendu près du 
duc. Le prix de l'engageaient fut de quatre- vingt mille florins 
d'or, sous la condition que les habitaittsde ces pays jouiraient 
de leurs anciens droits et piiiviléges , et qu'il serait libre à Sifiis-^ 
mond , et à ses héritiers, de retirer ces terres des mains du duc 
de Bourgogne , en rendant le prix de l'engageqnent. Ce dernier^ 
ifiomma landvogt pour gouverner ce nouveau domaine , Pierre 
de llagenbach, d'une ancienne famille noble de la Haute-Alsace*^ 
il commit par ses lettres, datées du io avril de la même année , 
son amé et féal cheoalier messire de Hagambac, ^ grand èatlfy de 
ses çicomté' d* Auxois et comté de Ferraté^ à lui naguairts trans-^ 
portés par illustre et puissant prince très ofier et très aimé cousin lé. 
duc Sigismond d*Osteriche. Mais ce landvogt était un homme dur, 
et féroce , qui ne perdait aucune occasion d'inquiéter ses voi--* 
sins. La cruauté et les vexations de tout genre , qu'exerça cet 
officier avide et violent, irritèrent les habitants d'Alsace. Les 
évéques de Strasbourg, de Bâle , l'électeur . palatin , le mar- 
grave de Bade, et les villes impériales de la province, qui 
avaient un intérêt direct à ne pas souffrir que le duc de Bour— 
gogné eût des établissements dans leur voisinage , réclamèrent, 
contre l'engagement. Leurs députés vinrent trouver Sigismond( 
à Bâle ; cette ville et celle de Strasbourg fournirent à l'archi-. 
duc Targerit, pour lequel il avait engagé ses tierres. Charles ^ 
sommé de le recevoir, le refusa ; mais Sigismond rentra insen- 
sibleilient dans ses fonds alliénés par l'alliance qu'il fit, le 3q 
mars i474t contre le duc avec les Suisses, les vdles d'Alsace,^ 
et René , duc de Lorraine. Hagenbach , qui continuait ses exac- 
tions, et qui avait forcé les prélats et les seigneurs de la province 
3'apporter de riches présents à son mariage avec la comtesse de 
Thengen , précipita la ^évolution. 11 fut arrêté à Brisach le id[ 
' avril 147 4* ^^^ cour criminelle , composée de vingt-sept juges |. 
établie parle duc d'Autriche, pour lui faire son procès, Iç 
dégrada de noblesse, et le condamna à perdre la tête sur ui| 



DES LAT^DGRAVES DE LA HAUTB ALSACE. %i 

t^chafauJ : ce qui fut exéculé sâns^ délai. Le duc de Bourgogne 
ayant appris devaut Nuits ^ dont it faisait le siège, Texécutioa 
•de son lavori , résolut d^en tirer vengeance. Il fit passer six mille 
hommes dans le Sundgaw, et donna ordre à Etienne de Hagen* 
4>ach, frère du défunt , de ravager les terres landgraviales , dont 
5igismond avait repris possession le 9 mai de )a même année. 
Mais la mort de Charles, qui fut tué près de Nanci, le? S janvier 
1477 1 laissa Tarcbiduc tranquille possesseur du landgraviat d^Al- 
^ce. Marie , fille unique du duc de Bourgogne , épousa à Gànd, 
le 20 août sauvant, l'archiduc Maximilien d'Autriche, cousin 
de Sigismond et son héritier. Celui-ci , lassé des guerres, tint^ 
«n 14^ f à Inspruck , une assemblée générale des états provins- 
^ux, où il cédtf, sous une pension annuelle, au même Maxî^i 
milien qui avait été élu roi des Romains le 1(1 février i4^f 
toutes ses possessions d'Alsace,. du Brisgaw et du Tyrol. Sigis^ 
mond survécut sept ans à cette cession , n'étant mort à Inspruck 
que le 4 mars 149^9 enterré dans l'abbaye de Stambs« Il avait 
«lé fiancé, le 22 juillet i4^ 9 à Radegonde, fille de Charles Vil, 
roi de France. Cette princesse étant morte peu de tems après, il 
«pousat en i44^« ëléonore, fille de Jacques I, roi d'£cosse, 
-qui décéda le 20 novembre 14^0, et dont il n'eut qu'un fils ^ 
•nommé WoUfgang, mort au beréeau. Sigismond se remaria, en 
1 4^4 9 ^^^ CATHBaiNE , fille d'Albert , duc de Saxe , qui ne lui 

'donna point d'enfants, et qui, devenue veuve, épousa en se«- 
condes noces Eric , duc de crunswick. 

Ce fut du vivant du landgrave Sigismond^ que fut passé, en 
]44^9 entre le pape Nicolas V, l'empereur Frédéric, et les 
princes d'Allemagne , le fameux concordat germanique , qui fut 
presque généralement reçu en Alsace, où il forme encore aujour- 
d'hui (1786) loi pour la collation des canonicals. Robert de Ba- 
vière, évêque de Strasbourg, De£ gratîa epîscopus Argenlinensis y 
cornes palatinus Rhèm, dux Bavariœ AlsatioMfue latidgrasfius ^ en 
fit ordonner l'exécution par mandement daté du 20 novembre 

•- 1476* Cependant le concordat germanique n'a , pas lieu dans 
l'église cathédrale de Strasbourg , tant pour 1q grand chapitre , 
que pour le grand chœur. La raison pour laquelle, il n'y a pas 
été adopté, est que ce concordat n'ayant été fait que pour arrêter 
le cours du grand nombre d-expeclatives, de mandats et de ré- 
serves, dont les papes grevaient les patrons en Allemagne, il 
n'a dû ni pu élre admis dans la cathédrale, qui s'en était cons-, 
tammeat garantie, et qui ne les avait jamais reçus. 

MAXIMILIEN. 

1484. LVrapereor M&xiHiLiEir, petit-fils d'Ernest, duc 
XIY. 4 ' 



kg CHROÎ9OLO0I£ HIÀTORIQUK 

d'Autriche , fils de l'erapereur Frédéric et d'Ëléonorc , fille 
d'Edouard, roi de Portugal , né à Gfun, le :i'6 mars 1459 suc- 
céda,, en 1489, dans le lanJgravîat de la haute Alsace, du vivant, 
de SigiscQond , dont il était le plus proche héritier. Les lans- 
quenets, qui étaient la plupart des soldats licenciés des troupes, 
que Maj^imilien avait employées dans les Pays-Bas, vinrent, 
en 149^ 9 infester l'Alsace et y apporter le mal d'Amérique, ils 
infectèjTAnt , d'abord, une maison de femmes publiciues, qui 
.existait à Strasbourg, d'où le mal passa dans le reste de ta ville 
et de là dans les différentes provinces d'Allemagne. Maxim^îlien 
échoua, en 1499? ^^n^ la guerre qu'il fit aux Suisses, pour 
rentrer dans les biens de ses ancêtres, il fut plus heureux dans 
celle qu'il eut, en i5o4, avec Philippe, électeur palatin^ 

Suerre qui fit entrer la landvogtie, ou l'advocatie provinciale 
'Alsace , dans I41 maison d'Autriche. H mourut à Welss , le 
12 janvier iSig , et fut enterré à Neustadt. Son mariage avec 
Marie , fille et héritière du dernier duc de Bourgogne , née le 
la février 14^7 , et morte à Bruges, le 28 mars 14^2 , apporta 
dans sa famille le comté de Bourgogne et les dix-sept provinces 
des Pay-Bas. Il en eut Philippe;, dit le Beau , né à Bruges , le 
23 juin i47^-» ^^ mort à Burgos, le iS septembre iSoS. Phi- 
lippe avait épousé, le 21 octobre 1496 (et non 1490)7 Jeanne # 
princesse héréd il aire d'Espagne, qui ne mourulqu'en i555. 
Elle était fille ynique de Ferdinand V, roi d'Aragon, et d'Isa- 
belle, reine de Caslille. Par ce niarlage la monarchie d'Espagne 
tomba, l'an i5o5, dans, la maison d'Autriche. Philippe eut 
d'elle six enfants, parmi lesquels furent les empereurs Cnarlesr« 
Quint et Ferdinand, dont nous allons parler. 

CHARLKS-QUINT. 

1519. Charles-Quint, né à Gand, le a4 février iSoo^ 
couronné roi d'Espagne à Valladoiid, le 7 février i5i8, suc^ 
céda à Maxinylien, son grand-père, dans l'empire, ainsi que 
.dans le landsrayiat de la haute Alsace^ Il ne jouit pas long- 
tems de ce dernier objet, et, du consentenient des princes de 
l'empire, il le céda, le premier mai iSai , avec l'Autriche et 
tout ce que sa maison possédait en. Alsace et en Suabe, à Ferdi- 
nand, son frère, qui se maria, le 5 mai suivant, avec Anne^ 
princesse-héréditaire et fille de Ladislas ,. roi de Hongrie et de 
Bohème. Charles^se repentit bientôt de s'être dessaisi du land- 




pour y rentrer, luais les eiats ce cette pi 
déjÀ prêté sermept à Ferdinand : ce qui obligea Charles a rre-^ 



DES LANAGHAVE^ de CA HAUTE AlSACE, StJ 

noncer au projet de le recouvrer. Le règne de Charles-Quint 
est fameux par les troubles de réligiort , qui s'élevèrent presque 
en même tems qu'il monta sur le trône. L'Alsace fut le théâtre 
des principales révolutions que 'l'hérésie d^ Luther opéra dans 
le système ecclésias^lique et civil de l'empire. Les terres qui dé- 
pendaient delà maison d'Autriche et de Vévpché de Strasbourg^, 
furent préservées de la contagion par les soins des landgraves* 
€l des évoques. Mais la ville de Straspoiirg fut une des premières, 
qui changea l'anciennç religion. Dès l'an i52i , le magistrat de 
cette ville adopta la doctrine de Luther. La messe y mt abolie 
en iSxig, et le clergé catholique chassé de la cathédrale. Il y 
rentra, en 1649^ ^" vertu de V intérim : mais il fut obligé de 
l'abandonner de nouveau l'an* jSSq. Enfin , le culte catholique 
ne fur rétabli dans Strasbourg, qu'en i68i, lorsque Louis XIV, 
roi de France , prit solennellement possession de la ville et de 
la cathédrale. {Voy, le détail de ces divers changements de reli- 
gion dans les Essaies historiques^ déjà cités | sur ^église cathédrale 
de Strasbourg ^ pp. 8o-i55.) * 

» 

FERDINAND L 

1S21. Ferdinat^d I, né à Alcala, en Espagne, le 10 mars 
ï5o3 , roi de Bohême , le ^4 février i5a7 , et de Hongrie , le 28 
octobre de la même aniiée, fut élu roi des Romains le 9 janvier 
i53'i ; et après l'abdication de Charles Quint , son frère, faite 
en i556, il fut déclaré empereur le 24 février i558. Ferdinand 
conserva le landgraviat de la haute Alsace jusqu'à sa mort arrivée 
à Vienne le aS juillet 1664. Ce prince donna , l'an iSaS, une 

nouvelle - ^ . - 

la têt< 
H lui 

de rappel au tribunal d'inspruck et de la collation des béné- 
fices ecclésiastiques et des fiefs , que le landgrave se réserva per- 
sonnellement. 11 acheta, en i558, pour cinquante mille florins 
la landvogtie d'Alsace , que Charles^Quint avait rendue aux 
électeurs palatins. Depuis ce tems, les archiducs d'Autriche,, 
qui possédèrent le landgraviat de la haute Abace , furent en 
xnéme tems landvogts de cette province. Ferdinand laissa trois 
fils d'AlïNE, sa femme, morte le ^7 janvier 1647; ^^ enterrée à 
Prague. Maxirailien son aîné eut l'empire avec l'Autriche , la 
Hongrie et la Bohêngte. Le^uîné, qui suit, obtint en partage 
Je^omté de ïyrol et les terres de l'Autriche antérieure, dont le 
landgraviat de la haute Alsace faisait partie. Charles, Je troi-* 
sième de ses fils ^ fut duc de Styrie , de Carinthie et de Car- 
oiolc. 




sS CHRONOLOGIE HISTOHIQVÉ 

,r FERDINAND IL 

iî)64- Ferdinand If, fils dé Tenriperear Ferdinand, né le 
i4 j'iîn l'Sa^, landgrave de la hâiile Al$ace et comte du ïyrol, 
ïtiourul. le 24 janvier iSgS. Sous lui fut terminé le concile de 
Trente, dont les décrets, tant pour le dogme que pour la dis- 
cipline, furent reçus dans tout le diocèse de Strasbourg, en 
vertu d'un mandement donné, le 9 mars 1667, par révéque 
Erasme. Le pape Grégoire Xlll ayant aussi réformé, en i5o2, 
le calendrier julien, il fut ado pi é, en i584, pour /tous les 
états catholiques d'Alsace. L'évêque de Strasbourg le publia 
dès i583 , et commença à l'exécuter le 17 du mois de novem^ 
bre , qjii fut atQ|K compté pour le 27. Les états protestants 
dlAlsace refusèrem , ainsi que Strasbourg , de recevoir ce ca* 
lendrier; et ce ne fut que par un ordre de Louis XIV, du* 
12 lévrier 1682, qu'il fut introduit dans cette ville. 

Ferdinand, landgrave de la hau4e Alsace, avait été marié 
deux fois. Il épousa, en i55o , en premières noces Philippine, 
fille de François Welser, baron de Zinnenberg et patrice 
d'Augsbonrg, dont la naissance était trop inférieure à la sienne 
pour que les enfants qui en étaient nés fussent reconnus capa- 
bles de succéder à leur père. Elle mourut le 24 avril i58o, 
et fut inhumée dans la chapelle du château d'inspruck , laissant 
<îe son mariage André et Charles. Celui-ci, margrave de Burgaw^ 
né Tan i56o , mourut le 3o octobre 161 8 , sans avoir d'entants 
de Sitylle, fille de Guillaume, duc deJullers, et veuve de 
Philippe, margrave de Bade, qu'il avait épousée le 4 mars 
1601. André, dit lé cardinal d^Autriche, né le 12 décembre 
i5S8, évêque de Constance et de Brixen, fut postulé, au mots 
de juin 1587, abbé de Mourl)ach et de Lure, et mourut à 
Borne le 12 novembre 1600. C'est le même cardinal d* Autriche, 
auquel le grand doyen de la cathédrale de Strasbourg répondit, 
au nom de son chapitre, sur la demande qu'il avait faite d'un 
canon icat de cette église : Emtnenihsîme, lejilhtm nrchidticis esse 
crcd/mus : firoha verà te esse uirinque nobilan» Ferdinand , son 
père , 3e maria en secondes noces , au mois de mai 1682 , avec 
Anne-Catherine, fille de Guillaume de Gonzague, duc de 
Mantoue , morte le 3 août 1620 , dont il eut une fille nommée 
Anne, mariée, le 4 décembre 161 1, à l'empereur Malhias , 
morte le 14 décembre 16 18* Ainsi, tous les- biens de l'archiduc 
Ferdinand passèrent à ses neveux , qui étaient l'empereur Ro- 
dolphe et SCS frcrçs. * 



y^HS LANDGRAVES DE LA H4OTB ALSACE. 2^ 

RODOLPHE* 

iî>«j!>. L'empereur Rodolphe, né en Espagne, le 1 8 juillet 
tS.^iA , rôi «Je Hongrie et de Bohême , fils tle l'empereur Maxi-' 
iniiien H et de Marie, fille de Tempereur Charles-Quint, ad-' 
xninislra pendant quelque tems , au nom de ses frères et au sien 
piopre , le laridgraviat de la haute Alsace , dont la mort, de 
Fenlinaïul, leur oncle, les avait rendus héritiers. Miiis , peu 
d'années api'ès, Rodolphe «t» remit le gouvernement à Tarchiduc 
Maxim! LIEN, son frère ^ qui en était possesseur avant Tan i6o5, 
et qui dans les actes de la régence d'Ënsisheim est nommé co- 
régent d^l'Aul riche antérieure. Maximilien, né à Neustadt, le 
12 octobre 1558 , avait été élu rui de Polognj^e'22 août iSSj; 
mais il renonça Tannée suivante à celte couroMI. Après le décès 
de l'empereur Rodolphe , arrivé le 10 janvier 1612 , Maximilien 
continua à gouverner la haute Alsace sous son frère Mathias, 
qui devint empereur le '6 juin suivant. Maximilien mourut à 
Vienne, grand-mailre de Tordre Teutonique, le 2 novembre 
1620, et fut enterré dans Téglise de Saint-Etienne de cette 
ville. L'empereur Mathias, déj^ mort le lo mars 1619, avait 
institué pour son héritier Tarchiduc Albert, son frère. Celui ci, 
content des Pays-Bas, que lui avait apportés en dot, en 159c), 
son épouse IsabeHe-Claire-Eugénic , fille de Philippe 11, roi 
d'Espagne, céda à son cousin, l'empereur Ferdinand 11, tous 
les (foiiiaines d'Autriche, avec les biens en dépendants, et par 
conséquent le landgraviat de la haute Alsace. Ferdinand 11, 
pour fortifier sa maison et y soutenir une seconde; branche, 
engagea Léopold , son frère, qui suit, à se démettre des évéchés 
de Sirtisbourg et de Passaw, dont il avait été pourvu en 1607. 

LÉ0POLD IV. 

ir>26. LropoLD IV, petit-fils de l'empereur Ferdinand I, né 
à Gratx, le 9 tKiobre i586 , avait pour père Tarchiduc Charles, 
duc de Slyrie, et pour mère Marie, fille d'Albert V, duc de 
Baviore 11 abdiqua , Tan 1625 , ses évéchés et ses autres béné- 
fices ecclésiastiques entre les mains du pape, en faveur de Léo- 
pold-Cutllaunio d'Autriche, son neveu. De Rome étant passé à 
Florence , il y épousa, le 19 avril 1626 , Claude db Médicis, 
fille de Ferdinand 1, grand-duc de Toscane, et de Christine 
de Lorraine, née le 4 j"i" *^o4i ^^ veuve de Frédériç-Gui 
Ubald , duc d'Urbin. L'empereur Ferdinand céda, la même 
année, à Léopold le landgraviat de la haute Alsace, la land* 
vogtie de la même province, le comté de Tyrol, et tout ce que - 



So CHnONOLOGIE HISTORIQUE 

la maison d'Autriche possédait en Suabe et en Brisgaw. Le roi 
Gustave-Adolphe ayant porté la guerre en Allemagne,. les Sué- 
dois s'emparèrent , en i63i et i632, de tous les domaines que 
Léopold avait dans cette province. Ce landgrave mourut , sans y 
avoir été rétabli , à Suaz , le 1 3 septembre 1 632, et fut enterré, IC' 
17 suivant, dar^s le caveau archiducal de l'église dès Jésuites d'Ins- 
pruck. Léopold laissa deux fils et trois filles» Les Bis sont Fer- 
dinand-Charles , qui suit, et Sigib'mond-François. Celui-ci, 
né l'an i63o, nommé, en i64o, évêque de Gurck,en 1646, 
d'Augsbourg, et en 1669, de Trente, quitta cesévéchés, en- 
i665 , pour épouser Mahie-Hedwige , princesse palatine de 
Sultzbach. Mais il mourut le sS juin de la mtîme année» avanl. 

que d'avoir consommé son mariage. 

t 

-%ERDINAND-CHAttLES. 

i632. Ferdinand-Charles, né le 17 mai 1628, succéda 
dans le land^raviat de la haute Alsace, à Léopold, son père,» 
sous la tutelle de sa mère Claude de Médicis, qui est nommée 
gouvernante et administratrice du landgraviat dans les actes de» 
la régence d'Ensisheim. Ce fut pendant sa minorité^ que les^ 
Suédois, qui avaient fait la conquête de l'Alsace , la cédèrent 
ar le traité de Paris, passé le premier novembre i634, à- 
ouis XIII, roi de France, leur allié. Cette province fut enfia. 
assurée à cette dernière couronne par la patix de Munster, de^ 
i<)48 , par' laquelle l'empereur , tant en son nom , qu'en celui 
de la maison d'Autriche ,* ainsi que de l'empire, céda en toute 
souveraineté à Louis XIV et à ses successeurs, le langraviat de 
la haute et basse Alsace, le Sundgaw et la préfecture des dix- 
villes impériales. Le roi , en compensation de la perte que faisait^ 
l'archiduc Ferdinand-Charles, lui assura la somme de 3,'ooo,ooa 
de livres tournois. ]^ais il ne voului pa? la délivrer avant que 
Philippe IV, roi d'Espagne, n'eût consenti à la cession : ce qui 
fut fait par ta paix des Pyrénées, de i65f), par laquelle sa 
majesté catholique renonça à tous les droits et prétention»', 
qu'elle pouvait avoir sur l Alsace , be Sundgaw et le comté de 
Fprrelte. Louis XIV, par un traité passé, le 16 décembre 1660, 
avec l'archiduc , lui promit de payer les trois millions en cin(f 
parts dans l'espace de trois ans. Mais Ferdinand-Charles étanfc 
mort à Inspruck, le 3o décembre 1662, sans laisser d'enfants, 
mâles tl'ANNe de Médicis, fille de Cosme II, grand-duc de 
Toscane, qu'il avait épousée le 10 juin 1646, Sigismond-. 
François, son frère et son héHtier, confirma ce qui avait été^ 
conclu dads les traités précédents. Les trois millions lui furent^ 
comptés et payés le 3 décembre i6ô3 ,. et les quittances en soaI^'' 



î 



DES LÂ7QDGAATES DE LA HAUTE ALSACE. 3l. 

conservées au Louvre. C^est ainsi que le landgraviat d^ Alsace , 
avec le comté de Ferrette , la landvogtie , dite la préfecture de 
Haguenau , et tout ce que la maison d'Autriche possédait en 
celte province, fut réuni à la couronne de France, avec la sou- 
veraineté qui appartenait à l'empereur et à Tempire. Comme les 
princes de cette maison se désistèrent au traité de Munster des 
titres de landgraves d'Alsace et de comtes de Ferrette , ils ont 
toujours cessé depuis d'en prendre le titre dans les traités sub- . 
séquents qu'ils otit conclus avec la France. Les armes du land- 
.graviat He la haute Alsace , sont de gueules , à la bande d'or 
accostée de six couronnes du même, trois à la dextre posées 
•uiie et deux, trois à la sénestre deux et une. 

Il faut remarquer que Jean de GifFen , conseiller de l'évéque 
de Strasbourg, Léopold-Guillaume d'Autriche, et son ministre 
plénipotentiaire au congrès de Westphalie , ayant remarqué, 
dans le projet de traité de paix , que l'empereur et la maison 
cl'Autricne cédaient à la France le landgraviat de la haute et 
basse Alsace , protesta , au nom de son maître , contre cette 
cession , comme préjudiciable aux droits de l'évêché de Stras- 
bourg-, auquel appartenait le landgraviat de. la basse Alsace» 
Mais ces protestations,. faites le 3o juillet i(^47» furent inutiles; ^ 

car on voit , dans le traité de paix de Munster, du 24 oc- 
tobre i64«S, l'empereur céder à Louis XIV le landgraviat de 
l'une et l'autre Alsace. 11 fut cependant stipulé , par un article 
particulier, que le roi très-chrétien laisserait Tévi^que de Stras- 
bourg dans la possession libre d'immédiateté à l'égard de l'em- 
pire , dont il avait joui jusqu'alors. Ce ne fut même qu'en 
1680 que Louis XIV établit une commission , qui réunit à 
sai souverainelté les terres de l'évêché de Strasbourg et des états 
de la basse Alsace , eii leur laissant, comme ils l'ont encore 
aujourd'hui ( lySS), la libre et paisible jouissance du domaine 
utile. Il ne restait plus que la seule ville de Strasbourg qui 
n'avait pas encore reconnu le domaine souverain du roi de 
France. Elle le fit enfin, le 3o septembre i68i , par sa capi- 
tulation ratifiée le 3 octobre suivant. Le traité de paix de 
Riswick, du ôo octobre 1697 , mit le sceau à tous ces traités, 
en assurant irrévocablement Strasbourg et toute l'Alsace à la 
France. Cette provkice a depuis joui , sous les règnes heureux 
de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI, d'une constante 
tranquillité, qu'elle n'avait pas toujours eue sous Tadminis-r 
tration de ses landgraves. 

Dès que la province d'Alsace fut cédée à la France, par le 
traité de Munster , Louis XIV établit , ^n 1649 » au lieu et 
à la place de la régence archi ducale d'Eniisheim , la chambre 
royale de Brisach , dont les jugements étaient souverains et 



f » 



:9;& CHRON. HI8T. O&S COMTES DE Lk HAUTE ALSACE. 

^intitulaient .* Nous, ^ gouverneur et conseillers du conseS 
d * Alsace et pays en dépendants , établis par Sa ]\fajesté tiès^ 
chrétienne , roi de France et de Naoarre, Henri de Lorraine , 
comte d'Harcourt , gouverneur d'Alsace , présidait à celle 
chambre. Le. roi, voulant ensuite donner à cette province une ' 
manière de gouvernement uniforme avec celle de son royaume^ 
donna , au mois.de septembre iGSy , un édit par lequel il 
créait un conseil souverain pour résider en la ville d'£nsisheini 
et y rendre la justice à 3es nouveaux sujets. Sa première séance 
fut le i4 novembre i658. Le fut dans cette séance que les 
commissaires de Louis XIV, nommés pour rélablissement de 
ce conseil, prirent, en son nom, possession de l'Alsace, en 
présence des députés des différents étals de cc?lle province, 
et que le roi y tut supplié que le titre de laiidgra^ de la haute 

, et basse Alsace jût ajouté à ceux de Sa Majesté aux arrêts , ^an-* 
déments , commissions et autres actes dudit conseil souverain. Ce 
conseil fut supprimé en iGGi , et créé en conseil provincial, 
qui fut transféré, en 1674, de la ville d'Ensisheim en celle 
du Haut-Brisach. Le conseil provincial fut de nouv'eaû rendu 
souverain en 1679; ^^ ^"^ depuis transféré ,* en i68i , en la 
ville neuve de Samt-Louis-sous-Brisach, et , en 1698 , en U 
ville de Colmar , où il réside encore aujourd'hui (1785)% 



••m 






CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COMTES DO MÔRDÛAW 



< > 



ET. LANDGRAVES DE LA BASSE ALSACE ^*). 



iMlMWMtMA/VMAMfWilMMt 



l^fe KorclgaW formait autrefois la t>lus gvanàe partie de là 
basse Alsace, à l'exception de ce qui s'étendait au-delà de la 
rivière de I^nter^ qui était comprise dans le Spirgâw, ou 
Gpmté de Spire. Le cormlatus NorigowU inp€igQ Hei/hacensi est 
rappelé dans une charte de Rotger , arcnevéque de Trêves « 
de Fan 92Q. Le nom du Nordgaw resta à la basse Alsace , jus<* 
qu'après 1« milieu du onzième- siècle. L'empereur Henri IV 
^^ fe dernier qui s^en soit servi daas son diplônie de loSSi ^ 
pour l'abbaye de Neuvillers. Elle fut ensuite comiue sous le 
nom de gomté prooincialj enfin sous celui de laodgraviat de la 
basse Alsace. C'est dans les lettres de l'empereur Henri VI de 
l'an 1 192 , pour l'abbaye de Neubourg , qu'il est fait mention ^ 
pour la première fois, du teritie précis Lantgr«ma Aisaife.'L^ 
mpt de landgraviat est un nom inconnu en Fra<M;e : ce qui fit 
que Charles , duc de Bourgogne , en parlant de celui d'Akace ^ 
dans ses lettres de 14^99 l'appelle iHcomté d^Auxçisf 

ADELBERT. 

684* ApfilBBHT, fils aîné d^Adalric» ou Attic, duc d^Alsace^ 
était comte du Nordgaw , du vivant de son père* Le diplômé 

(*) Cet article a <té rédigé d*àpr^s les M«ikiotr«s de M. Tàbb^ 
Gtandidier. 

XIV.' s - 



34 ClIttOSOLOGIE HlStOHIQt}£ 

de Thierri III, roi de France, en faveur de Tabbaye d'Ofjers- 
munster de l'an 684 , est adressé, Attico Duri, Adalberio CondtL 
( Voy. VHist. de fEgl. deStrasb, par M. l'abbé Grandidier, t. I , 
p* xl. ) Adelbert succéda, vers l'an 6cj^o, àÂdalric, son père, 
dans le duché cl* Alsace. 



ETICHON. 




heim 

du Nordg^^ _ __ ^ 

écrite sur la fin du huitième siècle ,*lui donne la qualité de duc : 
mais alors on qualifiait ainsi les conHes qui étaient fils de ducs, 
de même qu'on nommant en France rois, les fils des rois de 
la première race. Ëtichon finit ses jours avant l'an 720, Il eut 
trois fils, Heddon, Albéric, qui suit , et Hugues. Heddon , 
abbé de Munster en 726, et de Richenau en 727 , fut élevé sur 



munst^er. (^Hist. de l'EgL de Strasb.^ t. I, pp. 264-297.) 

ALBÉRIC. 

ALBiÊRiCv comt« dà Nordgaw, n'est connu que par la vie 
de sainte Odile, qui le dit fils d'Ëtichon. {Ibùi. , t. I, p. 
xlviii. )' Il fut pèra de «quatre enfants , Hogbert , Eberhdrd , 
Horbert dt liiëtibakl, qoi sont rappelés dans Tanctemie notice 
de BonaA. (p. IxxiH. ) iîberhard succéda dans le comté da 
Nordgtivri Rilthavd, son cousin, di»nt nous allons parier. 



WJTHARD. 



^756. R'C'MAftB j fife de L«itfrîd , duc d'Alsace et petit-neveu 
du comte E^kfcon -, était e« rnéme lems comte du Nordgaw 
et de rOrtenaw. 11 fonda , en 7B6 , l'abbaye de Gengenbach , 
et en 746 , eeèle d'Amolfoafiga , appelée depuis Schwartz«rch'. 
{HisL de l'Egl, de Sfrasb.^ t. |, pp 4^1 et 424- ) On conserve 
dans les archives de l'évéché de Strasbourg, à Saverne , la 
charte origiuale de l'évoque Heddon , dans laquelle t>«/' iiduster 
Roihardus Quémh est expressément nommé fondateur de cette 
dernière abbaye. îL*acte , daté dii27 septembre j^H, est sous- 
crit par neuf iv£que& £l Irois abbés» ( IhùL^ t. I , p. Ixxif ) 
Authard et Hirmensinde , sou épouse firent, en 768, une 
donation considérable au tntoie monastère, (t. Il, p. Ixxxv.) 



Comme Ils n^avaîent point d'enfants*, ils accordèrent à Téglise 
de Strasbourg tous les biens qu'ils, possédaient dans \ù- terri- 
toire d'Ettenheim. (t. I , p. 278. ) Ruthard mourut le 2?5 jan- 
vier, vers l'an 766, et fut enterré avec sa femme dans l'église 
abbatiale de Gengenbach. L'empereur Charles le Gros-, dans 
son diplôme de ^6S ponr celte abbaye , et l'ancien nécrologe 
de Schutteren , donnent ài Ruthard le titre de dtic ; mais nous 
avons vu ci -dessus- l'èrigine de cette qualificarioti. Scheîd 
ÇOrig. guelfie» t. W^prafat,^ p. i5) croit que Ruthard est le 
même que le fameux, comte de ce nom , auteur de la famille 
des G^telfes, dont Walafrid Strabon &it mention, et qui, 
conjointement avec le comte Warin , gouverna l'Allemanftie 
sous les règnes de Pépin et de Charlemagne. Mais, comme 
il passe pour avoir été l'un des plus grands ennemis des moines, 
il n'est guère probable qu'il ait été le m^me qiie Ruthard, 
comte du NordgaAV. Celui-ci nous paraît être plutôt (e comte 
' Cfarodard , qui signa ^ en 76^ , k testament de Heddon , évéque 
de Strasbourg , et qui accorda , en 764 , plusieurs biens à, 
Fulrad, abbé de Saint-Denis. {Wsi. àe l'Egi. de Strasb^ t. If , 
•pp. xcv et xcvj.) 

% EBERHARDr I. 




original de saint Fulrad , de 777. (t. Il ', n. cxxvj. ) Il ne sur- 
vécut pas à cette année. En mourant , il laissa un (ib nommé 
Ëberhard II y dont nous parlerons ci-après. ' 

ULRIG , ou UDAIRIC. 

778. Ui.RiCy OU Udal&ig , dont on ignore l'origine , ptfrait 
dans deux chartes de l'abbaye de Fulde, des années 778 et 79S. 
(Sçhannàt, in tradit Fuldensibus^ pp. 3o et 62.) Le même 
comte Ulric fit don, en 8o4» ^ cette abbaye de trente-trois 
.serfs, qu'il avait à Hohenheim, près de Strasbourg, pour le 
repos de son âme et de celle de son frère Utton. (ScKannat, 
ibid* , p. 86. ) 

RUTHELIN. ^ 

Vers 8o5. Ruthelin fut le prédécesseur d'Erchangier dans 
ïe comté du Nordgaw , comme le prouve le diplôme de Louis 
le Débonnaire, d« 826, pour Tabbaye de Schwarl^lch. ( Ilîsi. 



,36 .CaBONOUXHE mSMWiQVZ- 

jléf'Egl deSirasè.j t. II , p. cIxxtcv.) Le comlc^ Ruthelin d^m 
^tait plu$ possesseur eo Tap^ée di7« 

ERCHANGIER, ou ERtHANGAIRE. 

Avant 817. Enc^AKGiEH, ou Ebchânqaire, ëtait comte du 
Nordgaw avant 817. ( Ibid. , t. II , p. ia8.) 11 était fort consi-* 
déré à la cour de Louis le Pébonnaire , qui le nomme orr 
iiluster Êrhingarius cçmes d»ns deux diplômesi de 8^3 et 828* 
( Ibid.^\. II9 pp^ clxxîv et çlxxxvij. ) U ne futpaaen moindre, 
faveur auprès de Lothaire, son (ils, qui, pouc récpmpenser 

. ^es services , lui accorda la propriété di> village de Kintsn«ta&f 
près de Schelestadt. Il le quaiiâe aussi p/r illustêr HerCfinganks 
çomes dans l'acte de concession de 843. (^lùid. ^ t. Il ^ p. ccxxij::) 
A la mort de Lothaire , ËrcbaQgier s'attacha à Louis , roi de 

. Germanie, qui choisit fitch^rde , tille de ce comte, pour épouse 
^e Charles le Gros, son (ils. (^Aimd^ Bertin-') Erchangier 
mourut , dans \m âge fort avpucét le a mars 864- {Ckron, Sauf 
Gtiliense et NecroL Schwurtzac.) Il fut enterré avec sa femme à 
Vabbaye de Hobenbourg , d'où Richarde , leur fille , transféra 
leurs corps dans celle u Andlau. Cette dernière , qui est une 




y finit SCS jours le 18 de septembre 893. ( Ifi^/. âeVEgL 
Strash, , t. 11 , pp. a24-':&39. ) Le pape Léon IX la canonisa en 
io49* ^^ deux nièces de Richarde, Ruuddrude et Charité, 
furent les deux pre^nières abbesses d'Andlau. On ignore Tofir 
gine du comte Erchangier : m^is .le diplôme, de 8:^8 fait con«- 
naître Rotrude , sa mère , Wuorad , Bernald et Bernard , sf s 
trois frères, 

EBÈRHARD II. 

864. EbehhakD u, fiîs d'Eberhard I , et père d'Eberh^rd TU, 
décéda en 864, la même année qu'il fut nommé comte du Nor- 
gaw , à la place d'Erchangier. La chroni(]ue de Saint-Gai 
compte Eberhard avec Erchangier et Luiifrid , parmi les 
principaux seigneurs de la Germanie , qui moururent cette 
.|knnée*< 

ADELBERT II. 

884. Adelbert II , successeur d'Eberhard dans le comté du 
Nofdgaw , n'est' connu que par le' diplôme de l'empereur 
Charles le Gros, de; 884,, pour 1 abbaye de Honau , dans>lequel 
il est noqpipé dtiectus com^ no$Ur Adçlberiu^, (^Hùt' de-USsi^ 



BBS COMTES BU iïoiit>6Ayr. 5y 

Sèrash'.^ t. II , p. cclxxiv.) il paraît être le même que le comte 
Adelbert , qui , aans un autre diplôme du même prince , de 
887 y eit dit neveu de Luitward } évéque de Verceil. 

EBERHARD 111. 

898. Eberhabo m , iils d^Ëberhard II, ami et parent de 
Waidrade , maîtresse de Lothaire , roi de Lorraine , obtint 
après Adelbett le comté de -la basse Alsace. La charte de do^* 
naiioir d'Hérimdot , en faveur de Tabbaye de Munster , est 
datée de Strasbourg , Tan 898 : Présente illustrissimo comité Ebef- 
hardo. (La Quille , Hist a' Alsace ^ pn^ p. 43.) Ëberhard était 
long-tems auparavant en possession ae l'abbaye de Lùre, 
que Waidrade lui avait procurée. Ce fut alors qull répudia 
Adelinde , sa femme y et prit pour concubine une chanoi^ 
nesse d^Erstcin. L'auteur de la vie de saint Deicole rapporte 
qu'en punition de b tyrannie exercée par lui sur les moines 
de Lure , il fut dévoré par les vers. Il ne paraît pas qu^il ait 
passé la fin du neuvième siècle. Eberbard était en m^me tems 
comte de l'Orlènaw et de l'Argow, comme le prouvent deux 
diplômes du .roi Arnoui , de 888 et 891 ^ pour l'église de Stfra^- 
bourg, (t. il , p. cclxxxix et cexciv. ) ^ 

HUGUES. 

' Vers 900. HvGUESf fils d'Eberhard , fut son successeur au 
comté de Nordgaw. C'est le même que Hugo carnet de Hùhea* 
hurg^ qui vivait du tems de Richevin*, évéqlie. de Strasbourg , 
et qui vendit à ee prélat ^ vers l'an 920 , sa terre de Langenhurs(. 
( Noi/cia Eccîêsia S. Thomœ Argentin, dedmi sœcuiî. ) Hugues 
se relira quelque tems av^nt sa mort dans l'abbaye de Lure , 
où il mourut vers l'an 940. {Vùa Sancii DeicolL ) U eut trois 
fils d'HlLBEGAUDE, sa femme: Èberhard, qui suit; Hugues^ 
comte 9 qui vivait encore en gSg; et Guntram, qui décéda 
vers l'an 97q. 

EBERHARD IV. 

Vers 940. ËBERHAiiD IV, fils et successeur de Hugues, ne 
jçuif du comté de Nordeaw que l'espace de onze ans tout aa 
plus. 11 abdiqua, avant l'an qSi, pour mener une vie privée 
deins sa terre d'Altorff, oii il conçut le de.^ein , vers l'an 960 « 
de bâtir un monastère. Mais il mourut le 18 décembre 967 ^ 
sans avoir pu*l'exécuter. Il fut depuis enterré dans le chœur de 
IVgUse i^batiale d'AltorfK Le comté Eberbard et Hùgués, son 



^8 - CHRONOLOGIE BISTDRIQVS 

frère 9 remirent Vabliâye de Lure entre les mains de rèmpereur 
Otton r, qui l'accorda, avec ses pQssessions, â Tabbé Balthrain 
et à ses, compagnons. Le diplôme dé concession est daté de 
l'année 959. (Bouq. , tom, IX, p. 385. ) £berhard laissa cinq 
enfants, qui furent, Adelbert ou Adalbert, auteur de la maison 
de Lorraine , mort après l'an^iôSy (voy. les ducs de Lorraine) ; 
Hugues, qui suit; un autre Huguei), qualifié comté, et qui 
devint roome d'Altorff; Gérard, comte d'Alsace, que l'empe-^ 
reùr Henri II investit, en 1002, d'un certain comté dépen-^ 
dant du duché d'Alsace, et qui mourut après Tan 1024* H 
épousa £vE , soétir de l'impératrice Cunégonde ^ et fille de 
Sigefroi , comte de Luxembourg. Ce Gérard fu^ probablement 
le père de Louis, comte de Mouaon, d'où descendent les 
co.mles de Montbéliard, de Bar, de Ferretteet de Lutzelbourg. 
(Voy. Us comtes de Montbéiiard ^ de Bar et de Fcrrcite.) I.e 
dernier enfant du comte Ëberhard IV fut Adélaïde, mariée 
en premières noces à Hezilon , duc de Frapcunie , dont elle eut 
l'empereur Conrad le Salique, et Malhilde, abbesse d'Andlau. 
Elle se maria en secondes noces, en 10049 avec Hfrman , 
comte de la France orientale, qui fut l'autjeur de la maison 
de Hobenlobêy Elle mourut en 1087, et fut enterrée dans 
l'église collégiale d^Oehringen f dont elle avait été la fonda- 
trice. • ' 

HUGUES IL 

961. HuctJES II, fds d'Ebeihard IV, était comte du Nord- 
gaw^ dès l'an i)5i , par la résignation de son père. Il est nomme 
cette année avec cette qualité dans line charte de donation 
faite à l'église de Strasbourg, il est aussi appelé comte dans 
deux diplômes des empereurs Otton I et II , l'un de 968, pour 
la reine Adélaïde , et 1 autre de 974 9 pour Tabbaye de Payerne. 
(La Gtiillc^ Hist, d'Aïs. ^ p. aa; et Hergoti , p. 86.) Ce fut 
Hugues qui, pour accomplir la résolution de son père, fit 
construire en Alsace le monastère d'Allorff , dont Téglise fut 
dédiée, en 974 1 "p^^ Ercbambaud, évêque de Strasbourg, en 
sa présence et en celle de saint Mayeul , abbé de Cluni. {^HisL 
de VEgL de Sirasù, , t. 111. ) II mourut le 5 septembre , vers 
l'an 984, et fut enterré dans le chœur d'Allorff. En mourant, 
il laissa trois fils : Eberhard V, et Hugues IV, dont nous, par- 
lerons ci-après», et Metfrid , ou Matfrid , comte , dont dn ne 
connaît que le nom, 

EBERHARD V. 

. -994* ElEBHARD V , fib aîné 4e Hugues II , et son suc- 



tftsdeur, stsîvit les exemples de piété que lui avaient donnés 
son père et son aïeul. Il oblint de ^empereur Otton 111 , un 
diplôme de. confirmation en faveur de l'abbaye d'Altorff, située 
ia proifincia Al^tia , in pag9 NoHgotVê , m coniitaiu Ebèrhardi 
comiiis. Le nom du comte Ëberhard est également rappelé d'ans 

Suaire autE;es diplômes de ce priocç, Tun de 986, pour Tabbaye 
e Payerne , et trois de 992 , 998 et 996 , pour celle de Sellz. 
Il mourut vers Tan 996, et fut enterré dans le chœur de l'église 
d'Altorff. Il laissa cinq enfants: Hugues 111 et Eberhard VI, 
Èes successeurs dans le comté du Nordgaw , Gerhard et Matfrid, 
qualifiés comtdi, H Adalbéron. Les noms des quatre premiers 
sont rappelés dans le diplôme d'Otton 111 , de 999% pour Tab- 
haye â'Altorff.> Gerhard , marié à Cunisa , el Matfrid , motiru«* 
rent sans postérité. Us ne yi^aient plus en loôo. Leurs corps 
furent déposés dans l'église abbatiale de Hesse. Adalbéron ou 
Albert, enterré dans le choeur' d'AUorfiF, est nommé chanoine 
de l'église cathédrale de Toul, dans uRe bulle de Léon IX, 
de 1049. 

HENRI, 

Henri , comte du Nordgaw , est rappelé dans un diplôme 
<ie l'empereur Otton, de l'an 987, pour l'abbaye d'Obecs- 
munster. Mais ce comte est imaginaire, ainsi que le diplôme , 
qui est une pièce fausse et supposée , comme il est prouvé dans 
1 Histoire de l'églisç de Strasbourg , tom. Il , pp. 24 et ^5. 

HUGUES IIL 

996. Hugues III, fils d'Eberbard T, est nommé comte du 
Nordgaw dans l^ ^diplôme de l'empereur Otton lll , poxu; 
l'abbaye de Payerne tte 997. ( Hergolt , GeneaL Hahsburg y 
t. If, p. 9^^. ) Il mourut, ep l'an 9991 sans laisser d'enfanU. 

' EBERHARD VL 

looQ. Ebsrh^&d YI succéda à Hugues, nson frère , dans lé 
comté du Nordgaw. Il est nommé ea cette qualité dans le 
privilège d'Ut ton 111, pour l'abbaye de Lavrisheim de l'année 
1000. (Lamey, in çod. Laut^sh* Difdom.^ t. I, p. 14^.) H prend 
encore le même t^tre dans deux diplômes de l'empereur 
Henri II, de 100^ et. 1016 , pour .1^ abbayes d'Andlau et de 
Schutteren. Il décéda, comme son frère, sans postérité. Sa' 
femme Swoue ^w\ ejaçQre m loÇ^è- - j « 



4& CUftQlS«>I*OGIfi HUID&iQM 

WESILON. 

1027. Wjesilon, comte du Korclgaw,-ne nous est cortptl, 
€^e par un diplôme de Conrad H, donné en 1027 9 ^ l'abbaye 
de Payerne, dans lequel il^est rappelé. (Hergotfe. ^ tome 11 ^ 
p. 108.)^ . , . 

HUGUES rv/ 

io35. Hugues IV, fils de Hugues H^ frère d'EberharJ V^^ 
oncle de Hugues Ul et d'Eberharq VI , gouvernait le Nordgaw ^ 
eu la basse Alsace, dès Tan jo35, comme le prouve une 
charte de cette année, dans laquelle l'abbaye y de Surbourg est 
dite située in ducatu Conradi , in Comitatu Ut^onis prmcipis 
Alsatiœ. Il porte également le tilre de comte dans une charte, 
de donation faite, en 1040, h réélise collégiale de: Saint-Pierre* 
le Jeune, de Strasbourg. Wibert et Wippon disent qu'il 
était cousin de Conrad le Saliqùe , parce qu'Adélaïde , sa tanle 
paternelle, était mère de cet empereur. Hugues faisait son 
séjour ordinaire dans le château d^Egisheim , bâti au huitième 
siècle parle comte Eberhard, ou en celui de Dabo, qui lui 
échut par son mariage avec Heilwige ^ fille et héritière de 
Lotiis, comte de Dano, ou Dagsbourg. il fonda, conjointe- 
•ment avec elle , les abbayes de Hesse et de Wolfenheim . si- 
tuées dans les diocèses de ; Metz et de Bâle. Heilwige moui*ut 
en 1046. Le comte Hugues ne lui survécut pas long-tems; il 
n'était plus en vie en l'an 1049. Il fut enterré avec son épouse 
dans l'église de Sainte-Croix de Wolfenheim. Hugues eut de 
son mariage trois fils et cinq filles. Les .fils furent Gérard , 
Hugues et Brunon. Gérard, qui obtint en partage le comté 
d'Egisheim , fut tué, Tan xoâ8, dans un combat qu'il livra à 
Beginald , premier seigneur de Kibeaupierre. Il épousa PÉTRO- 
MCE, fille de Frédéric , duc de la Lorraine mosellane , et de 
Mathilde de Bourgogne. Les généalogistes n'ont jusqu'à pré-* 
sent donné que trois enfants au comte Gérard , savoir , Gé- 
rard , comte du Nordgaw, dont nous parlerons ci- après ^ 
Heilwige et Spanehilde. Mais feu M. de Rivaz prétend (^mêm. 
Ttiss, ) que ce Gérard est le même que Béràld ou Bérald , qui 
est la tige de la maison de Savoie, aujourd'hui régnante. 
(C'est ce -que nous examinerons ailleurs.). Les mémoires de 
ce savant lui donnent encore cinq autres enfants, parmi les- 
quels- se trouvent Humbert , comte d'Alsace et d^Aoste, pre- 
*inier comte de Maurienne , mort vers- l'an ro6o.( Voyez les 
eçmtes de Savoie.) Hugues, deuxième fib de Hugues JFV- «t de 



t/rSS COUTES DtJ ttOaDCiAW. 4*1 

UelUvtge, (levint comte de Dabo, et mourut avant son père. Sa 
femme, Mathilde, lui survécut jusqu'après Fan 1094. Il en eut 
trois enfants : Henri,. comte* du Noragaw, qui suit; Albert, 
comte de Dabo et de Muha, qui mourut le 24 açût 1098, sans 
laisser de postérité d'Ërmensinde , fiUe de Conrad 9 comte de 
Luxembourg; et Serberge, premiçire abbesee de Hesse en loâo* 
Brunon , leur oncle , né au château de Dabo, le 21 juin 1002, 
d^abord prévôt de Saint-Dié, puis évêque de Toul, en 1026, 
élu pape en 10499 et sacré, le 12 février, sous le nom dt 
Léon IX, et mort le 19 avril io54« Les cinq filles de Hugues IV, 
et de la comtesse Heilwige , furent Adélaïde , épouse de Her^ 
man , Bis de Godefroi , comte dans les Ardennes ; Bitzebl| 
mariée k Hartvig , comte de Calb ; Odile , première abbesse 
.de Wolfenheim, en 1006; Gebba , abbesse de Nuys; et une 
anonyme, qui épousa £mest II f duc d'Alsace et de Suabe* 

HENRI. 

1049. Hbnri, fils atné du comte Hugues et de Mathilcle^j^ 
frère cl* Albert, comte de Dabo et petit-fils de Hugues IV,' 
succéda à son grand-p^re dans le comté du Nordga^w. 11 avait 
obtenu , dès l'an 11 38, le comté d'Ëgiisheim, après la mort 
de Gérard , son oncle, et ce fut à lui , nepoU Henrico castrum 
Egensheim habenii^ que le pape Léon IX commit, en 1049V 
Tadvocatie du monastère de Wolfenheim. Le nom du comte 
Henri est rappelé dans le diplôme de l'empereur Henri III , 
de l'an 1062, pour la collégiale de saint Pierre le Jeune, 
lient avec HetzelonJ évêque de Strasbourg, un différent au 
Sujet des forêts de son comté, lequel fut terminé , en 1069^ 
par l'entremise de iHenri IV , roi de Germanie. Heùiricus 
Ahaliœ cornes signa ^ en 1061 , la charte de Folmar d'Orten- 
bei^g, qui accorde l'abbaye de Honcourt k l'église de Stras-^ 
bourg. Il mourut , peu de tems après , le 28 juin io63 ^ 
ou 1064. Ses enfants furent Hugues V, comte du Nordgaw , 
dpnt il sera parlé ci-après ;*Brunon , chanoine et archidiacre 
de l'église cathédrale de Toul , qui vivait encore ad commen- 
cement du douzième siècle ; Gertrude , mariée au comté 
Albert dont il est parlé dans une charte de 1137 ; et Officia 
dont on ne connaît que le nom. 

GÉRARD. 

' 106S. GiEÀBD , fils de Gérard , comte d'Egisheim , tné 

l'an io38^ et dePétronice de Lprraine , petit-fils de Hugues IV, 

remplaça Hen^ , son cousin-germain • aans le comté du Mord* 

XIV, 6 



4» CHRONOLOGIE HISTORIQUE 

gaw et dans celui d'Egisheim. Il en était en possession dès 
Fan io6S, comme le prouve le diplôme de Henri IV de la 
même année pour Eljcrhard , comte de Sponheim , dans 
tequel il est nommé Gcrhardus cornes pagî Noricoive, Il porte 
aussi le même titre dans celui de ce prince , donné Vdin 107^ , 
pour Tabbayc de Seitz. La même année 1074 1 le pape 
Grégoiire VU écrivit aux évêques de Strasbourg et de Baie 
pouf faire adjuger à Gérard IVlvocatie de l'abbaye de W0I-* 
ffhh*»im Ce comte mourut peu de tems apr^s, sans laisser 
d'enfants de RigardA sa femme. Le comté du Nordgaw échut 
^Hugues V , qui suit : mais celui d'Egisîieim parvint à 
weilwige, ou Hadoïde , sœur de Gérard , dont nous parlons y 
ôiariée en 1070 à Gérard , premier conife de Vaudemont^ 
Ette sHntitule damiha Helmgis comitissa , Jilia romitis Gerhardî 
de Castro Egènsheim , dans une charte de donation faite ,' 
en 1118^ à Téglise de Strasbourg, conjointement avec ses 
deux fils Hugues et Ulric. Hugues , comte de Vaudemont , 
m^^i€ à Anne, ou Adéline, fille de Simon I , duc de Lorraine, 
fbt auteur des comtes de Vaudemont, éteints en 141 6. Ulric # 
(ibmte d'Egisheim , nommé Udaîrîcus cornes de Eglsheim dans 
deux diplômes de Henri V et de Lothaire II, de nsS et 
ii3o, fonda , en 11.^^8 , l'abbaye de Pairis en Alsace, et 
mourut sans postérité vers l'an 1146. Gérard eut aussi de la 
Comtesse Heilwige un autre fils , nommé Etienne , fondateur 
de la commanderie de Stephansfel.den, et deux filles, Stéphanie 
et Gisèle. Stéphanie épousa' Frédéric , comte de Ferrette , 
et mourut après l'an 11 44- ( ^^^y* iesi^comfes de Fenefie,'} 
Gisèle, qui .vivait en ii38, se maria. avec Renaud, comte 
de Bar. Gejcard , comte du Nordgaw , qui fait l'objet de cet 
article , avSit encore une aulre sœur nommée Spanehilde , 
mariée à Folmar 1 , comte de Metz. Cel,le-ci , après le décès 
d'Albert, comte de Dabo et de Muha, mort en 1098, sans 
postérité , hétûta du comté de Dabo , qui passa ainsi à Fol-* 
mar H , comte de Metz , son {ï\s% et à ses descendants. ( Voy. 
Gérard, comte de Vaudemont ^ et ajoutez à cet article deux 
ces enfants ici mentionnés. ) 

HUGUES V. 

• • • ' 

1078. Hugues V, fils de Henri, comte du Nordgaw et 
d'Egisheim , arrière-petit-fîls de Hugues IV , fut le successeur 
4e Gérard , son cojLisin , dans le comté de la basse Alsace. Il 
signa, en 1078, la charte de Thierri , duc de Lorraine, 
l^otu; le monastère de Lièvre. Wnliram le qualifie Hugo poten— 
dssimus cornes Alsaiiœ. Allaclié d'ûiioid à reinpereur Henri IV, 



HES LANDGRAVES DE LA BAS&E AL5ACC. 4$ 

il VabanJonna lorsqu^il le vit frappé des anâlhètnes d« Gré«- 
goire VU. Le zèle avvc lequel U servit la cause de ce pontife , ' 
Pa fait appeler, par Hcrthold de Constance y indefessus mife^ 
Sanrti Pétri. Il soutint long-tenas en Alsace le parti des deux 
cornet iteiirs de Tempereui» et œlui des deux ducs Berthold, 
Fun fils et Tautre gendre du roi Hodoife. Mais contraint de 
céder , eu io8G , aux armes victorieuses ^u duc Frédéric 
de HoheuslaufTen , il fut dépouillé du tpmié de la basse 
Alsace. Hugues , voulant le recouvrer , y entra en 1088» 
L^hisloire ue nous a pas conservé le détail de la guerre qu^i( 
eut 'avec Otton , évoque de Strasbourg , frère du duc Fré-r- 
déric , et qui dura pendant plus d^]U an. L'évéque et le 
comte firent la paix ensuite et se donnèrent mutuellement lei 
témoignages de la plus sincèrei réconciliation. Hugues alla 
trouver Olton à Strasbourg , et poussa la confiance jusqu'à 
coucher avec lui dans la même chambre. Dès qn^l fut au lit-, 
les domestiques du prélat dégorgèrent indignement la nuit 
du 4^u*5 septembre 1089, avec quatre gentilshommes qui 
Tavaient accompagné. Les guerres que le comte Hugues eut 
à soutenir contre 1 évéque de Strasbourg , et sa mort tragique, 
furent le sujet d'un arame historique en prose et en cinq 
actes, imprin^é à Bâie, en 1780, sous le titre de La guerre 
d'Alsace. Mais ce drame , indigeste et mal écrit , pèche contre 
foutes les règles du théâtre et du costume tragique. Hugues 
fut , Conjointement avec sa femme, un des principaux fondar 
dateurs de Tabbâye de Saint-Léon de Toul. il avait épousé une 
.fille de Louis, camte de Mouson et de Montbéliard, et de . 
Sophie de Lorraine , dont il n'eut point d'enfants. Après 
sa mort , le comte du Nordgaw passa dans la maison des comtes 
de Metz. , 

GODEFROI L 

.-■•■• 

1089. GoDEFROi I, fils de Folmar I, comte de Metz, et 
de Spànehilde , fille de Gérard , comte d'Ëgisbeim , et petîle- 
fille de Hugues IV, comte du Nordgaw, fut nommé h ce 
comté, en 1089, par l'empereur Henri. I^ charte d'Otton , 
évêque de Strasbourg, pour Tabbaye d'Altorff, fait voir qu'il 




bourg. U mourut quelque tems après, et laissa un fils, qui 
suit. 

THIERRI. 

1129. Thierri 9 fib et successeur de Godefr^i , est le 



Î4 cnRONOtOGIE HiSTORÏQUE ' 

premier qui prit le titre de romte provincial , fl&rme ^quivs^ 
lent • au niot allemand landgrave. 11 est nommé Theodericus^ 
cornes proQmciaKs dans la charte de la donation de Godefroi 
de Fleckenstein , faite , en 1129, pour Tabbaye de S|inte- 
"Walburge, et dans celle de ^genlfard et Frédéric de Chatenoî 

Î>our IVgtise de Strasbourg, de Tan ii38. Il souscrivit , sou» 
e titre de Thiedericus cornas pairiœ de Alsatia , les letre» d'Al- 
bert, archevëque*de Mayence , données, en iiSq, pour le 
monastère de Kaleleiibourg, et sous celui de TheoderUus eome$ 
regionarius la charte de Mathilde, abbesse d'Andlau , de i.i44- 
Il est même qualifié Theodericus cornes provindalis de infenofi 
parte Alsacie dans un diplôme de Tcmpereur Conrad, de ta 
même année 11 44* Thierri mourut le 5 septembre, avant 
l'an ii5o, comme le prouve un acte de Pabbaye de Neu— 
bourg de cette année, où il est parlé d'un universaire pr» 
remedw ardmœ prooinciaîis comiiis Theodorici nostris temporiSus 
defunctl. 11 laissa un fils , Godefroi 11 , qui suit , et une fille , 
mariée à Sigebert, comte de Werd. 

GODEFROI II. 

1 i5o. Godefroi II , fils de Thierri , est nomme cornes pro- 
çinctaKs dans deux chartes , l'une pour l'abbaye de Neuviilers 
de l'an ii59, et l'autre pour celle de Neubourg de 1178. Il 
mourut quelque tems après sans laisser de postérité. L'empe- 
reur Frédéric l«^ retint alors le landgraviat de la basse Alsace ; 
et ce ne fut que sous Henri VI , son fils %t son successeur , 
qu'il passa au comte de Werd. 

SÏGEBERT- 

1192. SiGEEERT, comte de Werd , fut nommé au land* 
graviat de la basse Alsace par l'empereur Henri , qui l'en in- 
vestit en 1 icj2..La maison de Werd, originaire d'Alsace , qui 
tire, son nom du château de Werd, situé près de Bcnfelden , 
n'est point connue avant le commencement du douzième siècle. 
Xe premier comte de ce nom , qui paraisse dans nos anciens 
monuments, est un Sigebert I , témoin d'une charte de Cunon, 
ëvéque de Strasbourg, de l'an 1109 , et qui est encore rappelé 
avec le comte Frédéric , son frère, dans un diplôme de Lo- 
tbane 11 de 1 126. 11 était dès-lors puissant dans cette province , 
puisqu'un autre diplôme du même empereur , de ii3o, l'ap- 
pelle Sigebertus cornes de Ahatia. Sigebert 1 , mourut en n5o ^ 
et eut un fils, du jmême nom que lui , surnommé de Franckcn.-^ 
bourg, du château de ce nom , où il faisait son séjour ordinaire. 



J 



1)ES LAtlDGRAVES OE LA BASSE AT^ACE. ^5 

II est appelé Sigebertus cornes de Franckenburg dans les diplômes 
«le l'empereur Frédéric,. de ii53et iiSy, et dans une charte de 
Mathieu,'ducdel.orraine;de iiya.llvivait encore en 1 179 et 1181 
comme le prouvent deux bulles du pape Alexandre Fil de ces an- 
nées , dans lesquelles il est qualifié cornes Sigisbertus de Alsatia* 
iPutre une fille , mariée- à Burcard de Haut-Geroldseck , il eut 
un fils, qui fut Sigebert llï , et qui est l'objet de cetarlicle. Ce 
dernier est nommé jSygebertus de TVerde dans un diplôme de 
Henri VI de 1 185 , et Sigebertus cornes de Alsaiia dans un 
autre du même prince de 1192, Quoique le mot landgraiHat 
Aîsatie soit expressément énoncé dans les lettres de cet empe- 
reur, de la même année 1192, pour Tabbaye de Neubourg, 
Sigeberl ne prit cependant qu'en laio fe tilre de landgrave 
d^Âlsace , s'étant auparavant conlenté de celui de comte. Il se 
nomme Sigebertus landgravius Alsaiie dans une charte de dona-* 
tion qu'il fil cette année au monastère de Neubourg. Sa signt- 
ture se trouve dans une foule de diplômes des empereurs 
Henri VI, Philippe et Frédéric H. Sygebertus Dei graliâ cornes 
de Werde et HeinrîcusJiHus ejus comités Aisatienses , portèrent , 
en i22ti, un jugement qui adjuG:ea à Herman et Henri, mar- 
graves de Bade , l'héritage de Gertrude , dernière comtesse 
de Dabo. Si§ebert vivait encore au commencement de l'an 
1228, comme le prouve la bulle du pape Grégoire IX, du 
19 pnvier , qui le qualifie nohîîis nr Sigciertus cornes de Ahàtia* 
Il mourut la même année , laissant six enfants d'une fille du 
landgrave Thierri. Ce furent Henri , qui suit ; Sigebert , en- 
core enfant en 1208, et mort avant. l'an ixiio ; Hugues, comte 
de Lutzcistein, rappelé avec Sigebert, son père , et Henri , son 
frère, dans une charte de 1210; Thierri, comte de Kixingen , 
ainsi nommé du château de <:e nont, où il faisait son séjour, 
qui n'était encore qu'un enfant en 1^29 ; Conrad, surnommé 
de Risten, dont il est fait mention dans les lettres de Hugues , 
son frère , de 1228 ; et Sigeberte , femme d'Anselme , seigneur 
de Ribeaupierre , morte en 1288. Hugues , dont nous venons 
de parler , s'établit au château de Lut^lsiein , ou de la Petite- 
Pierre, situé dans les Vôges ; aux confins de l'Alsace et de la. 
Lorraine, en prit Je nom, et fut l'auteur de la maison des 
comtes de Lut^elstein, éteinte en 1460. cornes Hugo de Lucelens» 
tà'n fut témoin du diplôme de Frédéric II pour l'abbaye de 
Neubourg, de 1216. N obi ils çir dominus Hugo de Luzeleinsteîn 
offrit en fief, en 1228, à l'église de Strasbourg le châleau de 
Lutzclstein et ses appartenances. Hugo cornes de Piova-Petra 
est nommé vassal de Mathieu ^ duc de Lorraine, dans ua 
acte , de 1246* thierri, comte de Rixingen, frère du comte 
Hbgues.^. yivait encore en 1241 1 et se nomme Theodericus ^ 



I 



4^ CHRONOLOGIE HISTOIIIQUE 

cornes de Ruckesingen , filius quondam comiiîs SlgeherH^ (|ans 
une charte de donation de la même année. Il fut pèi^ de Jjedri 
de Rixîngen , qui était^ en 1^55 et 129^ 9 chanoifie de la 
cathédrale de Strasbourg. 

HENRI. ^ 

1228. HENfti, comte de Werd , fils aînër de,Sigcbert , 
rappelé dès l'an i2i3 , avec son père, dans les diplômes de 
Frédéric H, lui succéda , en 1228 , dans le landgraviat qu'il 
gouvernait conjointement avec lui depuis plusieurs années. Cet 
empereiir donne à Henri le titre de cornes urovincialis A Isatie dans 
des lett/es accordées^ en. 1221 , à la ville de Strasbourg. Heùir 
ricus , cornes de IVerde , iandgràvms jilsatle ^ fit , en 1229 • 
une donation pour l'abbaye de Neubourg. Heinricus cornes de 
^Usatia signa en i23o , le diplôme de Henri , roi des Homains^ 
en faveur d'Egonon , comte de Fribourg. Heinricus cornes de 
JVerdael Jandgrainus Alsaiie offrit en fief, en i232 , ses biens 

' de famille à l'église de Strasbourg. Le m^me engagea , au 
mois de juillet 1238, à Elisabeth de Montfort, sa femme, 
le village de Hipsheim , pour lui tenir lieu de six cents marcs 
d'argent qu'elle lui avait apportés en dot. Hei^rt mourut la 
même année, comine le prouvent les lettres de Mathieu , duc 
de Lorraine, du 22 septembre 1 238 , par lesquelles ce duc 
3lccorde en Bef à ElysahelH relictœ dilecli fidelis sut Henrici quon- 
dam comîtis de Alsalia hone memorie , et à l'enfant qui venait 
(de naître d'elle, tout ce que le défunt landgrave avait possédé 
9l\i même titre. Henri laissa en mourant Elisabeth de Mont- 
jroHT, sa femme, enceinte de deux fils, dont l'un, nommé 
llenri-'Sigeberl , est celui qui suit , et dont l'autre mourut 
quelque iems après sa naissance. Elisabeth se remaria « au mois 
de février 1239, avec le comte Emichon Wildgraff {cornes 
SyWestr'is) : elle vivait encore en 126(1. Le landgrave Henri 
eut aussi deux fils naturels : le premier , nommé Gervand , 
vécut au moins jusqu'en 1267 ; le second , apj>elé Jean , tué 

.le 8 mars 1262, à la bataille de Hugsbiergen , fut enterré 
dans la commanderie de Stéphansfelden. Il est qualifié dan$ 
Vépitap^e de Johaimes miles de JVerde. L'étoile , jointe auK 
armoiries de l'écu , forme la preuve de bâtardise. 



HENRI-SIGEBERT. . 

1238. Hei^ri-Sigebeiit, comte de Werd-, fils posthume de 

; de son grand-7 
eur ayant alorsi 



Henri , auquel on donna Les noms de son père et de son grand-7 
l^re, obtint le landgraviat en naissait , lemperi 



DES LANDGRAVES DE LA BASSE ALSACE. 4t 

fendu a la veuve de Henri les fiefs dont son fils devait jouît 
pendant sa minorité'; Adolfe, comte de Wald<*ck, présida poutf 
lui, par ordre de l'empereur, aux jugements provinciaux. Il est 
nommé justîciarius provincialîs dans les diplômes du roi Guil- 
laume, de 12.SS, Heinricus cornes ^ landgravius Alsacie^ hone nU" 
morie , et Jilius posihumus comilis memoraiî , sont rappelés dans 
des lettres, de Berthold , évéque de Strasbourg , du ai mars 
X239. Cunon de Bergheim, dans une charte de laSo, lé nonime 
puer ^ (fui dkitur Henncus^ contes Aîsatie, L'année précédente, 
1249, Quillaume, roi des Romains, donna l'expectative du 
land'graviat de Ui basse Alsace au comte £michon , qui' avait 
épousé la veuve du défunt landgrave, dans Je cas que son. fils 
vml à décéder sans héritier légitime. Conrad in , roi de Sicile ^ 
dernier, duc d'Alsace et de Suabe, se rap|îelant que les comtes 
de Werd, père et aïeul de Henri-Sigebert, avaient été^ontraires 
à sa maison, donna, l'an 1260, en fief à Louis de Licntemberg 
le landgraviat, qu'il prétendait dépendre de son duché. Mais 
celte concession n'eut aucun effet. Gauthier de Geroldseck , 
ëvêquetle Strasbourg, prit, en 1261 , les armes contre sa ville 
^mscopale, touchant plusieurs droits de souveraineté, que cellç-< 
Cl lui contestait. Rodolphe de Habsbourg, landgrave de la haute 
Alsace, prit le parti de la ville, et lienri-Sigebert de Werd y 
landgrave de la oasse , se déclara pour l'évêque. L'issue de cette 
guerre ne fut point favorable aux épiscopaux. Jean de Werd, 
frère naturel du landgrave , fut tué , le 6 mars' 1262 , à la bataille 
<Je Hugsbergen , ©ù les Strasbourgeois remportèrent la victoire. 
Henri*- Sigebert. fut lui-même fait prisonnier; il ne recouvra sa 
liberté, qu'en abandonnant le parti de Gauthier, pour se joindre 
à la ville, avec laquelle il passa, le 23 juillet suivant, un traité 
d'alliance. Il prend les titres de comte Henri Sigcberl de Werd, 
landgrave d'Alsace , dans l'acte dressé à ce sujet, et qui est le 
premier titre écrjL fla allemand , que nous avons découvert dans 
les archives d'Al^Bb^touies les chartes antérieures sont écrites 
en latin. ( Voy* |^^B» de Vég* de Strash. , tom. Il , pagl 2i3. ) 
Henri-Sigebert iQPi^(?3 1 «n i^BS et laèt», avec Elisabeth do 
Montfort, sa mère, au sujet de différentes terres que Henri, son 
père lui avait accordées en dot. Il fut, en «276 , un des témoins 
du serment que l'empereur Rodolphe prêta, à Lausaiine , au 
pape Grégoire X ; et il est nommé landgrai'ius Alsaiie inférions 
dans deox diplômes que ce prince fit expédier la même année, 
en faveur du saint siège. Il mourut, le i3 février 1278, âgé de 
quarante ans. Il avait épousé en premières noces , l'.m 12^4, 
Gertuude , fille d'Alexandre de Dick et nièce de Henri de 
Dick , évêque de Strasbourg : elle vivait encore en ia66. il en 
^C trois enfants : J'can , oui suit; Sigcberl ^ qui est nommé 



49 CHR0Î10I.0GIE HISTORIQUE 

chanoine de la calhédraU de Strasbourg, dans dos actes de 1273 
et 1298; et Henri, rappelé avec Sigebert, son frère, dans une 
charte de 1 280. Le landgrave Henri-Sigebert se remaria , en 
1269, avec Berthe, fille d'Ulric, seigneur de Rappolstein.^ 
ou de Uibeaupierre, laquelle vivait encore en 1292. Elle le fit 
aussi père de trois fils^ Ulric , Ëgenolphe et Philippe , dont les 
noms paraissent daps une charte allemande de Berthe , leur 
mère , de Tan 1 276. Nous parlerons ci-après d 'Ulric. Egénolphe, 
.qui vivait encore en icJo8, mais^qui était mort dès Tan 1012 ^ 
prenait aussi, dans les chartes , les titres de landgrave de Werd 
et de landgrave d'Alsace^ Philippe, qui était, dès 1297, cha- 
noine de Strasbourg, mourut le 29 juin i'6'6i. Il fut enterré 
dans leglise de Saint- Guillaume de cette ville, où Ton voit 
aujourdhui ( 178$) son tombeau et^ son épitaphe, dans laquelle 
il est nommé dominus PMUppus lanlgravias Alsacie , . canonlrus^ 
majoris eϔesie Argentinensis, Henri-Sigebert eut encore deux 
filles: l'une, Elisabeth, ou £lise, niariée, vers 1269, à Anselme 
de Ribeaupierre , mourut après l'an 1290, et fat enterrée dans, 
l'église des Augustins de Bioeauville ;'l'autre, Susanne , était , 
en i3oi , femme de Gauthier, ou Waltherli, seigneur de 
Haut- Géroldseck. 

JEAN L 

1278. Jean 1, comte de Werd, fils aîné de Henri-Sigebert 
et de Gertrude de Dick ,, succéda à son père dans le landgraviat 
de la basse Alsace. Ses frères y eurent aussi quelque part, et 
portèrent, comme lui, le titre de landgrave ; mais Jean jouit 
toujours de la principale autorité. ^L'empereur Rodolphe ter- 
mina, en 128 1 , le différent qui s'était élevé entre lui et l'abbaye 
d'Erstein , super injuriis quœ nobilis oir Johannes lant^aoius infc" 
rioris Alsaiie ex inconsuUa Icvitate temere juvti^utls irrogaçit con^ 
çenfai dominorum in Ersteîn» Le même empereiK a dressa , en 1 284 f 
nobiîi Qiro landgraiHo iaferioris Alsacie des j^Kes par lesquelles 
il déclara la ville de Strasbourg indépenda1[|||ae la juridiction 
landgraviale. Jean se déclara , en 1292, pourConraa, évéque 
de Strasbourg , et Jean de Lichtemberg, son frère, dans la 
guerre que l'évêque eut à soutenir contre l'empereur Adolphe 
et Otton d'Ochsenstein , landvogt d'Alsace. Adolphe s'empara, 
en 1293, des châteaux de Werd et d'Erstein, qui appartenaient 
au landgrave. La paix , qui se fit bientôt après , If rétablit dans 
%e!S domaines; mais il se bi\)uilla de nouveau avec Adolphe^ 
en 1298, en prenant le parti d'Albert d'Autriche» qui lui dis- 
putait l'empire. La victoire, que celui-ci remporta, le 2 juillet» 
a la bataille de Goelnheim, à laquelle s« trouva le landgrave 



tlÈS LAt^baHATES M. LA BASSE ÀL^ACÈ; 4g\ 

<)e^n, assura une, puissante protection à ce dernier. Le latidgrave 
de la basse Alsace entra , en i3oi , dan$ la confédération passée 
entl-e l'empereur Albert, les évêqiies et les villes de Strasbourg 
et de Bàle^ et les deux landgraves de la haute Alsace Jeaa 
mourut en 18089 et fut enterré chez les religieux de Saint-* 
François de Schélestadt , dont il avait été, Tari 1280 , uii des 
principaux dotateurs. On voit encore aujourd'hui, (17H5) sa 
tombe dans Téglise des Récollets de cette ville. Il avait épousé ^ 
eh iz^S\ Agnès, iSUe de Henri de Lichtemberg, dont il n'eut 
qu'un fils, appelé Sigismond, surnommé le damoiseau d'Erstein^' 
à cause du séjour qu'il faisait en cet endroit. Il mourut \e 10 mal 
de la même année que >on père , et fut inhumé à côté de lui 
sous une même pierre. Sigismond avait pour femme Adélaïde 
DE BLANCK££(Bi>.Rrr, dont il evit Agnès, iqui épousa^ ayant 
l'an 13^8, Jean, comte dé Habsbourg- laufïenbou^. Agnès, 
qui survécut à soii mari, mourut le 12 juin i35i , et fut enter-^ 
rée dans l'abbâye de Koenigsfelden^ en Suisse, où l'on voit son 
é{»iraphe. Quant à Adélaïde , sa mère , celle-ci , après avoir 
pourvu à l'éducation de sa fille , se retira dans le couvent des 
Clarisses de Strasbourg , dont elle prit l'habit , et où *elle finit 
ses jours dans les exercices de la piétés 

ULRIC. 

i3o8. UliRic:, comte de Werdj fils de tïénrî-Sîgebert , tt 
de Berthe de Rappolsteîn , succéda , en i3o8 , à. Jean son frère^ 
Il portait déjà le titre de landgrave, en 1278, du vivant de sôtï 
père et de son frère; et depuis Tari 1232 , il se qualifie fréquem- 
ment landgrave d'Alsace, dans les actes qui nous restent, de 
lui. Ulric et Egénolphe . sort frère', sont nom niés tous deux 
landgraves de cette province , dans un traité d'alliance qu'ils 
passent , eii î3o8 , avec la ville dé Strasboutg. Le même Ulric ^ 
landgrave de la basse Alsafce, renouvela cette alliance, en î3i2, 
conjointement a^ec son autre frère , Philippe, chanoine de la 
cathédrale. Ulrièus Alsàtiœ îandgravius , fut en i3i6, investi 
par Frédéric, duc de Lorraine , des fiefs qui relevaient de ce 
duché. Durant le schisme qui s'éleva dans l'empire entre I^uis 
de Bavièire et Frédéric d'Autriche , Ulric se déclara pour le 
premier, qui lertomma, en i324, landvogt , ou avoué pro- 
vincial d'Alsaiée. 11 joignit même c^ titre à celui de landgrave 
dans quelques actes de cette année , qui nous restent de lui. Il 
accompagna Ce pritlce en Italie, en i328 , et assista à son 
couronnement qui se fit à Roïnè. Ulric vendit, en i332, la 
ville de Brumat avec tous les villages , droits et vassaux 
qui en dépendaient, à Hannenian et Louis de Lichtemberg^ 
AIV» 7 "' 



5ë y^ROKDlôr,!* tttstdftrQve 

)>bur la àfôxnine dé :&,50o mârci d'ai-gent. Cette véhle se lit 
Êônpiàtêmeht avec Pbî!ii>t>fi 9 son autre frère , et Jean son fib. 
Sj^ctahiHs vir domînus Vlncus landgrûnué infenoris Alsacl»^ unit ^ 
en i336 , Téglisè naroissiale d'iley , aux Guilielmites de Stra- 
bourg; Il reprit , la knéme année i336 , de Berthold , évêque 
Straishourg, lés fiefs qu'il tetiait de cette édise, tant au titre 
de landgrave d'Alsace, qu'à celui de grano-chambeilan et de 
grand-panetier de l'év^.ché. Il fut investi , l'an iSS^i des fie& 
mouvSInts de l'abbaye de Mourbach. Depuis ce tems, on ne 
trouve plus dans les chartes le nom du larïagrave tJlric, quoiqu'il 
ne soit mort que le 16 septembre de l'an i344* H eut sa sépul- 
ture datis le chœur de l'église de Saint- Guillaume^ de Stras- 
'bourg , au-dessus de ^Philippe j son frère. On y voit encore 
aujourd'hui sa tombe et son épitaphe, où il est nommé honorabîlis 
dôminus Uirtcus îontgroQÙis 4lsatie. ulru; avait épousé ^ avant 
l'an t3o8. StisAi^MË, fille de Jean de Lichtemberg, et d'Adélaïde 
dé Weraenbérg , ^ui survécût à son mari ^ et fut enterrée dans 
l'abbaye de Lichtenlhal. De ce mariage il eut trois enfants : 
Jean , qui , âuit ; Adélaïde ^ mariée à Frédéric , comte d^Oetin-> 
gen ; et Ëlliiie, qui vivait en iSog. C^le-ci embrassa l'état 
monastique, dans le couvent des Dominicaines de Saint -Mdrc 
de Strasbourg, et mourut après Tan 13S9. 

JEAN il i FRÉDÉRIC Bt LOUI& 

i3^4' «f BAN It , t:omte de Werd , rappelé dès l'an. i3a4 i 
dans les lettres d'Ulric, son père, FAii>£aiQ, comte d'Oetingen^ 
fiendre. 4'Dlric , et Louis, aus» comté d'Oetiitgen , frère aîné 
de Frédéric 9 succédèrent dans le landgraviat , et dans tous 
les autres biens de la maison de Werd. Ulric et Jean , son 
fils, s'étaient, dès l'an i336, associé Frédéric et Louis, tant 
dans les, fiefs , que dans les allodiaux* Berthold » évéque de 
Strasbourg , investit en commun , dans la même année » des 
fiefs dépendants de son église , les deux comtes de Werd , et 
le^ deux comtes d'Oetingen , qui reçurent en conséquence des 
investiture^ simultanées. Ce qui engagea Ulric à mettre ces 
derniers , en société avec Jean son fils , ce fut la crainte que ce 
dernier , qui était d'une faible santé ,^ et d'un esprit borné , nm 
laissât point d^enËints. L'empereur Louis de Bavière , qui hono- 
rait de sa faveur le comte Frédéric , approuva cet arrangement* 
Uiric lui-même, accablé de vieillesse, leur remit , en i34o^ 
la régie et l'administration entière du landgraviat. Dèpub cette 
année, on lie trouve plus en tête des titres , que les nonis deis 
con^tes ï^rédéric et Louis , et du comte Jean , leur beau-frère* . 
Us firent méme4ès-lors plusieurs aliénations et ventes de terrés. 



1>£S LANDGEAVBS DE I^ |U^6S ALSACE. (l 

qui endépendaientf sansqu^on y trouve Iç consentemeol iu ^od^ 
firave Ulric. Louis et Frédéric , comtes d'Oetin jCn , prennent 
le titre de landgraves de la basse Alsace , 4an$ Pacte de çonOéy 
dération que Berthold , évéqpe de Strasbourg . et lest viUe^ 
impériales, firent en i343 , pour maintenir la p^ix dam la pro* 
vince. Ils prirent , en i34^ > ^^ ^î^i*^ de landvogts d^ Alsace ,^ 
titre quHls joignirent , pédant deux ou trois ans , à celui de 
landgraves, lis firent , au mois d^ao^t i3S; , rechange des terre» 
du landgraviat |kvec Tempereur Charles lY, contre les ville;» 
inipérialès de DupckelspUnel et Bqpfingen 9 situées en Suabe ,. 

3U1 étaient plus à leur convenance^ comme moiixs éloigaées 
u comté d'Oetipgen. Cet échange , quoiqiie ratifiée par le» 
électeurs^ nVut pas lieu. L^empereur le rompit Ini^^Enéo» * 
en i33â« lorsque! vit que tout le landgraviat n'ét^iit pâjs ^ef 
deTerapire, et qu'il reconnut qu*i|ne gr^n^^ partie qes dor 
xnaines qui le form^aient était fief des éyéques de Strasbourg et 
des ducs de Lorraine. Frédéric ^qomte d^Oetingen , étant mort 
au inois d'octobre i357 » Louî^isii^.n fils eptra dan&tpus. sesdroiu 
au landgraviat. L^oncle et le neveu , nobiîei oùff ^omiai hudan^ki^ 
senior et Ludwncus junior ^ comiles de Oitingeny lantgravn Alsà-* 
i^, vendirent, aux mois de juin et de juillet 1 358 , le château 
de Werd, et toutes ses dépendances, qui formaient une grande 

fartie du landgraviat , k Jean de licbteooberg, évêqiie 4e Stras* 
ourg , et à ses successeurs , se réservant cependant le ^roit de 
retrait. Adélaïde de Werd^ veuve du comte Frédéric, qui vivait 
encore , mais qui mourut nen de tems après , donna son cou*» 
aeatem.ent à cet^e vente, iLUc ne fut cependaiit entièrement 
consommée que le a5 janvier i35g. X^es, deux comtes i.Quis vei^- 
dirept alors purement et /limplement^ $ans stipuler la facuUé 
du rachat ou du réméré « à 1 évéque Jean et i soq église , pour 
vingt mille florins dWs tops les domaines , biens et revenus, ~ 
quMs tenilient auparavant en fief de son église^ e% pour dû 
mille florins le ckâteau de Koenig|sbourg « la ville de Saiqt-» 
llippolyte et ses dépendance^, qui provenaient de$ ducs d^^ 
X.orraine. Les sommes ayant été délivrées , Louis le vieuic et 
Louis le jeune , tranfèrent à Jean , et k tous ceux qui lui succé- 
deraient dans Févéché , le titre et le domaine du landgraviat de 
la basse Alsace , la juridiction et justice provinciale qui en 
dépendaient , avec tous les vassaux et droits de vas$ela^ qui en^ 
relevaient* Celte aliénation, 4 laquelle Jean de Werd consent j( 
le iQ novembre iSSq, fut ratifiée en iSfia, par rempereuir 
Charles 1 V , et les deux comices d'Oetingen conservèrent ^ }u$qq> 
cette dernière époque | le titre de landgraves d'Alsace, Jean ^e 
Wcrd, qui survécut plusieurs années i cette vente, le retint . 
a^ssi pendant sa vie, et en pri^ constamment d^f to«jite& 1^ 



5a CHHOKOÇOGIE HISTORIQUE 

chartes la qualificatioir. L'évêque Jean , qui avait acheté le 
landgraviat , le nommé lui-même nobilis oir Johànnes lanê-' 
granus Aisatie dans un acte de i36t)*; et la ville de Strasbourg , 
dont il fut reçu bourgeois en iS^o , le qualifie nobilis domi-^ 
cellus Johannes landgrûom&. Ce fut alors qu^il se retira dans 
celte ville , où il vécut dii peu de l'evehus qui lui fût affecté sur 
le landgraviât. Il mourut le a5 juillet 1876 : y!^». 1376, nono 
caL Augusii ^ oèiit domicèîlus Johannes landgtuQJus Àlsatiœ , 
in quo cessant pfogerdes iandgraoiorum Aisatie , dit Albert de 
Strasbourg, qui écrivait alors sa chronique. Il fut enterré à 
"BuchlswëiTer 9 dans Pancienne' chapelle castraie des Lichtem- 
berjg, où l'on voit encoî-e son tombeau et son épitaphe. Comme 
.'il étÂtlc dernier de la famille des Werd, il fut mis dans le 
tonibéau avec son bouclier et son casque, suivant Tahcien usage 
des allemands.' Jean avait épousé Adélaïde, fille de Jean dé 
Xichtemberg et de Metza , comtesse de Saarbruck , à laquelle 
Xiudeman de Lichtembèrg, sdn^oqcle, 'donna pour dot , en i332'^ 
sept centâ iqarcs d^argent. AdéttfSèiQoûrutavaqtsonmiari^ sanàr 
lui laisser ^VqiantS!. v. . - ' • ■ 

JEAN DE LICHTEMBERG. 

i35g. Jean de Lichtembèrg , issu d'une ancienne et illustre 
maison d'Alsace, frère d'Adélaïde, épouse de Jean, 'dernier 
landgrave de Werd, réunissait en même tems danssa personne 
les dignités de grand prévôt , de grand doyen et de grand chantrie 
de Féglise de ^rasbôurg , lorsquMl fut élu unanimement ^véque 
de cette ville, le 2 décembre i353, à la place de Berthold dfe 
Bucheck , mort le aS novembre précèdent , après l'avoir recom^ 
mandé aux chanoines pour être son successeur. Le choix que le 
chapitre fit de Jean de Lichtembèrg, fut généralement applaudi, 
et surtout de Charles IV, dont il était aumônier et secrétaire*, 
et qui l'avait nommé, eh 1 346, son landvogt impérial dans 
l'Alsace et le Spirgaw. Cet empereur lui continua la même ami- 
tié et la même confiance après son avènement à l'épiscopat , et 
le qualifia dans ses diplômes, venerabUîs Johannes Argentinensis 
episcopusj princeps consîUarius et consanguineus nos ter carissimu*^* 
vès que l'évêque Jean fut ea possession du landgraviât de la 
Basse- Alsace , il racheta, en f363, la ville d'Erstein, que le 
landgrave Ulric avait engagée, en 1329, aux seigneurs de Hor- 
bourg et de Géroldseck , pour la somme d,e deux mille florins 
d'or. Cette acquisition coûta donc à cet évêque trente -deux mille 
florins, d'or, somme exorbitante pour le tèms. Il eut, dit-oii, 
quelque scrupule d'avoir acheté si cher la qualité de landgrave.. 
jLa délicatesse de sa coiiscience l'obligea même d'en demandèii 



DES LAM)GRAV£$ D£ LA BASSE ALSACE. 



53 



au pape , Innocent Yl , un pardon , qu'il obtint facilement. Il 
fut même congratulé d'avoir acquis , à son siège, un si beau 
domaine et une dignité , dont ses prédécesseurs avaient toujours 
souhaité la possession. Il mourut à Strasbourg le i3 septembre 
i665 -, généralemeilt regretté d\ï peuple , qui Thonora long- 
tems comme un saint , et qui accourait â son tombeau pour en 
obtenir des guérisons. Il fut inhumé le lendemain dans la cathé- 
drale, en la chapelle de Saint-Jean-Baptiste , qui forme aujour- 
d'hui la sacristie du grand chœm'. •< 
^ Nous terminons ici la liste chronologique des landgraves de 
la Basse- Alsace. Celle des évoques de Strasbourg , qui en por* 
ièrent ensuite le titre, entre dans le plan de l'histoire de cette 
église, do9t M. l'abbé G^ajpdidier, aujteur de ces nié^oires , « 
publié lès deux premiers volumes. Nous remarquerons seule- 
ment que les terres du landgraviat furent, pendant quelque tems, 
séparées de celles de révéché, et administrées particulièrement 
par un grand chanoine de la cathédrale. Frédéric , neveu de l'é>- 
vêque, et fils de Siraoïî de Licbtemberg ,' est nommé chanoine, 
adminbtrateur du landgraviat d'Alsace dans un acte allemand 
dé i3y8 ; ce qui fit que ni Tévêque Jean, ni ses deux succes- 
seurs, Jean, comte de Luxembourg, et Lambert de Burne, nfi 
prirent le nom et les armoiries du landgraviat ••Frédéric deBlancr 
xenheîm, nommé k ce siège en iSyS , fut le premier évéque qui 
s'en servit après que l'empereur Wenceslas l'eut investi, le 19 
novembre 10849 ues fiefs régaliens, et notamment du Uiidgra^ 
viat de. la Basse- Alsace. Depuis ce tems, les évéques dd Strass 
bourg sMntitulèrent< landgraves. d'Alsace, et joignirent aux. ar-t 
moines dé leur siège celles du landgraviat , qui sont de gueules^ 
à la bande d'argent , engrèlée et bordée de feuilles de rue, ei 
entrelacée de petits globes de même couleur. Ils eurent aussi 
en cette qualité.le droit de convoquer, et de présider les états de 
YsL Basse-Alsace jusqu'au tems que qelle*ci cessa de. faire partiq.: 
de r^pire germanique* 



"•«» 



CHBONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COMTES D'UHACH 



ET DE FRIBOURG , EN BRISGAW (*). 



WWyVW¥WV¥WWtÊM¥WVIÊ 



LiBÂ comtes de Frtbourg, ainsi <fue la maison régnante d« 
Furstemberg , tirent leur origine des anciens comtes d'Urach , 
connus dès le milieu da onzitoe siècle. Ceux qui ont écrit 
l'histoire de ces derniers prétendent que leur nom dérivait du 
château d'Urach , situé près du ruisseau de même nom , dans 
la Ibrèt Noire , entre Fribourg et Villingen. C'est une erreuc* 
Il est rrai que les ceintes d'tJrach possédèrent plusieurs sei-«> 
Ipneuries dans cette forêt par l'héritage qui leur échut , au com,-* 
mencement du treizième siècle, des ducs de ^tringen. Mais 
le vi^i château d'Urach , qui a donné le nom â ces comtes , et 
dont il ne reste plus que les ruines d*une tour, se trouvait k 
une lieue de Neudstadt et à un quart de lieue de Lentzkirclu 
Le sceau d'£genon , c\)mte d'Urach , qui se trouve à une charte 
de xi8i , représente un lion saiilapt, armé et lampassé. 

RODOLFE^ COMTE d'Achalm. 

Vers io3o. Deux frères, nommés £genon et Rodolpe; 
vinrent, cette année, s'établir à Aeutlingen, en Suabe , près 
du Necker. Ëgenon, qui était l'aîné, fit bâtir un grand château 



( ^ ) Cet article a été rédigé diaprés les Mémoires de M. Tabb^ 
Grandidier. 



CHUOÎT. BIST, nis COMTES D^tTKACH ET !>£ FRIBOVRfl^, 55 

^r la znt>ntaç6 d'Àcfaâlm, dont on voit encore les ruif)es 
TÎiS'à-vis là ville impériale de Reutlingen, dans le duché de 
'tVurtemberp. Ëgenon mourut sans enfants. Aodolfe « son 
frère, c[ui lui succéda ^ acheva le château d'Achalm. Ce Jérnier 
ëpDusd Adélaïde, fille de Lutold, ou Liuthon, comte de 
Wtilflingen, parente du pape saint Léon IX, sœur de HMn£rid, 
chanoine de Strasbourg et archevêque de Kavénne. Rodolfe 
mourut à Dettirtgen^ vers Tati 10.39. Adélaïde, sa fenune , qui 
lui survécut , fut etitërrée dans IVglise cathédrale de Strasbourg^ 
devant Tautel de saint Laurent £ile avait accordé à cette église^ 
conjointement atec .Hutifrid , son frère, le monastère d%m^ 
brach et le village voisin de Seuzach, situés aujourd'hui dans 
lé catitort de Zurich. Le mariage de Rodolfe , comte d'A-- 
chalm , et d^Adélaïde fut fécôDoL Ik laissèrent dix enfants , 
savoir, 1^ et 2^. Cunon , mort le i() octobre 1092, et Luitold, 
son firère, décédé le S août 1096, tous deux comtes d^Achalm 
et de Wûlflingen , qui choisirent leur sépulture dans l'abbaye 
bénédictine de 2wifalten , quUls avaient fondée , en 1089 , î 
une lieue du Danube, près de leur château ; 3<>. et 4^. Hunfrid 
et Bérenger , qui moUfureiit dans leur en&ncâ ^lans postérité ; 
5^. F.genon, (}ui suit, bâtit le château d'Urac h ; j6^. Aodoife 
cjui fut tué fort jeune aux environs de Strasbourg; ^**. Werin- 
hairé, ou Guarnier, chanoine de Spire, qui fut tiommé, en ■ 
io65» par l*empereur Henri IV, éveque de Strasbourg, sur là 
recommandation de Wernher, comte du haut l^ahngaw, sdn 
parent. L'attachement que Werinhaire montra toujouià k ce 
prince, le fit excommunier et déposer, en 1076, par le pape 
Grégoire VIL II se soutint cependant sur son siège, quHl 
occupa pendant quatorze ans. Possesseur du làndgraviat du 
Brisgaw , que Henri lY lui accorda en 1077, ^^ ^^^ ^"^ï '* 
14 novembre 1079, près de Pabbaye d'Hirsauge, dont il 
voulait sVmparer au non;i de son souverain. Son corps fut 
porté à Strasbourg, où il fut enterré dans Téglise cathédrale. 
Les trois autres enfants de Kodolfe, comte d^Achalm, furent 
8«. Williburge, 9°. Meîchtilde, et lo». Béatrix^ * Williburge 
épousa (.onrad, premier comte hérédita^ire du Wurtemberg» 
Merhtîlde, mariée à Cûnon, comte de Lechsmuiid, fut mère 
de Burchard, évéuue d'Otrecht, et de Cunon de ttorbourg, 
dont descendent les anciens seigneurs de ce nom , établis 
autrefois en Alsace. Béattix fat abbesse d'£schatt dani la même 
province. 

ÉGËNON ï, COMTE d'Ùrach, 

Vers 1047- Egenon, et par abréviation Egon, V*. fiîs de 
Bodolfe , comte d^Achalm , et d'Adélaïde;, comlesuci 4<^ 



V 



I 



a 



56 ^ ^ONbLOGlS HiStORIQUB * 

Willflingen, bâtitHe chiàteau d'Urach. Il prit parti dans k. 
ichisme, avec l'ëvêque Werinhaire , son frère, pour l'empe- 
téur Henri IV; et fut enterré dans la cathédrale de Stras- 
bourg, à côté d'Adélaïde, sa mère, et de Kodolfe, son frère. 
Il vivait dès Tan 1047 9 ^^ ^"^ ^^ Berthe , comtesse de 
Calb , quatre enfants , qui sont , i ^. £genon II , qui sui^ ; 
sl^. G^behard. cliahoine de la cathédrale de Strasbourg, qui se 
retira dans Taobaye d^Hirsauge , dont il devint abbé le premier 
août 1091 , et fut élu évêque de Spire en îio4 (il mourut le 
premier mars 1 1 10) ; 'M, Conon, évêque et cardinal de Préneste, 
où Paleslrine , que les p^pes Pascal et Gèlase envoyèrent en 
OHent et en Allemagne comme légat du saint siège ( 11 assem- 
bla, en II 18, deux conciles à Cologne et à Fritzlar, où il 
lança l'excommunicatibn contre Henri Y. Conon aurait été élià 
pape en 1 1 1 9 , si sa- modestie ne lui eût fait détpumer la tiare 
de sa tête pour la portier sur celle de Calixte IL II mourut en;, 
1122.); et 4°- Mathilde, mariée à Manegold, comte de Sum- 
xnetingen , mort au commencement du douzième siècle. 

ÊGENON II , COMTE d'Ûrach. 

EgeÎ^on II et CuNEGONDE , sa femme , qu'on dit avoir été 
comtesse de Rheinfelden , sont rappelés dans le nécrologe de 
I^wifalten, sous les titres de £^'110 cornes de Urah et de Cunegund 
cumîtissa de Urah, Us eurent pour enfans , i®. Ëgenon III , qui 
suit ( '2^. Grebehard , élu évéque de Strasbourg au mois de juin 
ii3i, et mort le 11 janvier ii4^« 3®* Halewicgne, épouse de 
Hartman , comte de Wurtemberg ; 4°- Udelhilde , qui vivait 
en II 33, mariée à Frédéric, comte de Zollern ; 6*. Irmen- 
garde, femme de Sçhweikard de Glindelfingjen ; et 6^. Albé- 
rade', abbesse de Lindau, qui se . relira*, vers l'an ii3i , dans 
Tabbaye dé Zwifalten , où elle mourut en odeur de sainteté. Le . 
ménologe bénédictin place sa mort au 5 d'avril. 

, . I • « 

EGENON III, COMTE d'Urxch. 

1 1 37 au pins tard. Egenon III , dit le Jeune , est nommé 
cornes Egeno dans deux chartes de iiSy et 11 38 , l'une da 
comte Hugues, pour l'abbâye de Lure, et l'autre de Regenhard 
et Frédéric de Châtenoi, pour, l'église de Strasbourg. On lit 
dans le nécrologe de Zwifalteii lés noms à^ Egeno de Urah 
junior^ et de sa femme .Hadewic coijfiUîssa de Urah» Celle-ci 

Îasse pour avoir été une comtesse de Habsbourg. Leur fib fut 
^enon IV, dont nous allons parler. 



&E5 COMTBS ]>'t;RACH ET 5S FAtBOORG; S^^ 

EGENON IV, coMtE d'Urach. 

Ii8i au. plus, tard. Egemon IV , ou EeivoN, sarnominé 
!<£ Barbu, est appelé fde mèmorit avus noster cornes Egà^SÊmor 
4ie Ufach aictus cum Barba dans tkxie charte de Conrad , comte 
de Fribourg, son petît-iiFs , de i!i58. Il prend \e titre de eomes 
Egeno de Urea dans une charte d^Ulric dé Neufchàtel, de t\8u 
Il souscrivit , la même année ^ un diplôme de l'empereur Fré- 
déric I , pour l'église de DeockendorjfF. Cames Egeno de Urack 
accorda V vers le même tents, quelques biens de Sehopfhevm' à 
l'abbaye alsacienne d'Eschao. Le nom à^Egetw eomes de Vraek 
se lit aussi entre les témoins dans la charte de Frédéric , dtfc 
de Suabe, de 2i85, pour Pabbaye de Salem, Cémes Ègerm 
de Vrach est rappelé avec son fils , du même nom ^ A^ns lé 
diplôme de ^empereur Frédéric II, pour le monastère déLau*- 
risneim^ de i2i5. Quatre ans après ^ en 1219 1 Egen» eûmêi 
de Ura est témoin des lettres du mém« prince , d^^iMiée» eft 
£iveur de la viMe de Strasbourg. Egenon avaife é«pousé A<^È9^ 
fille de Berlhold IV de Zeringen et sœur de fierthotd V y der«^. 
•nier duc de ce nom. Celui-ci étant mort ssm postérité le prcMi 
mier mars 1^18 y^ ses terres furent e'nvahies par renâpereur Fré^ 
déric li 9 par les ducs de, Teck et par les^comfes ae Kibourg» 
Egenon, qui avait, par Agnès, son épouse, des prétentions 
légitimes à une partie de cette succession-, prit les armes poot. 
revendiquer ce qu'on lui enlevait, et il trouva môyenf de recou- 
vrer une portion de l'héritage des ducs de Zeringenr il fit^ là 
paix avec Frédéric à Ulm ; et ce motiarque s'étani ensuite rendu 
à Haguenau ^ y donna, le 6 septenfbre lai^^ , t^n* diplôme par 
lequel il déclara que, s'étant réconcilié avec son cousin, I^ 
comte Egenon , il voulait que dilectus rpnsungûirtêus eom^ Egenm 
de Urack fût remis en possession d^ hommes qui , pendant l«l 
guerre, avaient quitté Fribourg et les antres lieujr de sa dépén^ 
dance pour s'étaolir sur les t<*rres de l'empire. Peu de joiïrs 
après, c'est-à-dire le id du mâmemois, Frédéric abandonna 
àrEgenon , courte d'Urach, tous les biens des ducs de ZerinjËcr»^ 
qu'il avait achetés de ceux de Teck, et lui accorda en (ief les 
terres qui étaient revenues à l'empire par l'extinction de la 
postérité mâle du duc Berthold. Ce fut en verta de ce traité 
que les comtes d'Urach entrèrent en possession de tout ce qui 
avait appartenu k ce dernier dans la Suabe et la forée Noire , efi 
qu'ils prirent le titre de comte de Fribourg. I>a ville de ce non» 
lut bâtie , en 1 118, par Berthold III , duc de Zeringen , qui lui 
donna, en 1 126, les mêmes privilèges dont jouissait alnrs petl^ 
de Cologne. Elle fut achevée et embellie par Conrad, son 
XIV. li 



♦65 CHRONOLOGIE BtStORIQUU 

frère et son successeur^ qui la décora d'une église superbe, tant 
pour l'extérieur que pour IHntérieur. Sa tour est une pyramide 
octogone, percée à jour, haute de Syo pieds d'Allemagne. 

Dès qu^Egenon IV fut possesseur de la seigneurie de Fribourg. 
•il la céda à Egenon V , son fils. Il existe dans les archives du 
•monastère de Tennebach deux actes de Tannée laao, dans 
lesquels le père se nomme sijnplement Egino senior cornes de 
JJràhy et le fils prend les pitres a Egino €omes de Urah , dominùs 
4castri de FriLurg, Egenon dit dans le premier de ces actes, que 
ia ville de Fribourg dilècla cisfilus nostra Friburc ah illustribus 
ducibus Zaringie progemtorifyis uxoris meœ Agnetis comilisse^ cujus 
ego jure maUimonialis coiisortii ad^ocaîus exista, ab aniitfuo junr-- 
dtita e$$e dinoscitur» C'est aussi à Egenon V qu'il faut attribuer 
deux chartes; l'une de* 1221 , pour l'abbaye de Tennebach, où^^ 
il se nomme Eg^no cornes de Ura , doininus castri de Friburc , et 
4jne autre, donnée vers Tan 1228, en faveur du monastère de 
Xoussaints , où il se qualifie cornes Egino Juniw* de Urach et Jo- 
fninus de.Friburg. On trouve aussi nobilisçir E, junior, cornes de 
praçh., àjàïiS une charte de Févêque de Constance, de 1229. 
Ce surnom de Jeune, que prenait alors Egenon V, paraît 
prouver qu'Egenon IV, son père, prolongea sa vie jusqu'après 
l'an. taaQ. É)n ignore l'année de la mort d'Agnès, sa femme , 
qui le fil' père d'JËgenon Y, dont nous parlons ; de ConKad , de 
Berthold ât de^Hilvide. Dominus Conradus et dominus Bertholdus 
filii Egi/mms cd/nitis d^ Urach sont nommés par l'abbé d'Ursberg, 
sous l'-arf 119^» neveux de Berthold^ duc de Zeriogen. L'un et 
J'âutreienxbrassèrent l'état religieux dans l'ordre de saint Ber— 
iiaj^d*. Conrad,. élu abbé de Clairvàux en 121 4, fut appelé à 
Hodiiç par le'« pape Ilonorius III, qui le nomma, en 1^199 
càrdinal-^évêque de Porto et de Sainte-Rufine. Il fut envoyé ea 
AUeinagQe, en ^224, pour y prêcher la croisade en qualité 
d.e légat du saint siège. ll«mourXit en 1227, en Palestine, où 
il avait passé sous le même titre. Berthold fut d'abord religieux 
de Lucelle y ers l'an 1200, d'oùti fut postulé, en 1206, abbé 
de Tennebach. Ce fut ad petitionem diiecti consanguinei Bertoldi 
çtbbatis de Tennibach^ que;.Herman et Frédéric;, margraves de 
Bade, donnèrent, en i2i5, une charte à ce monastère. Ber- 
thold f4it nommé, la m^me année. i2i5, abbé de Lucelle, en 
Alsace. Il résigna son abbaye en 1280, et mourut le y» janvier ,> 
après l'an 1 239. Venerabilis ahbas Lucéllénsis ecclesie Bertholdus 
est nomméyml^r Hib^idiit'ComitisseFtrretensis dans deux actes de 
Frédéric ÏI, cOmte de Ferrelte, son beau-frère, des années 
'i2i5 et 1225. Hilvide, épouse det^ce Frédéric, ne mourut 
qu'après l'an 1234- v f • ^ . . .^ 



DES CÔMtES X>*URACH ET DE 7ftIB0URG. Scf 

EGENONV,' COMTE d'Ukach, premier comte 

DE FrIBOURG. 

Après laag. Egenon, qui posséda U seigneurie deFribourg,' 
en i220i dès le vivant de son père, lui succéda également 
après sa mort dans le comté d'Urach. Il prit la croix , en 1224 > 
aux sollicitations du cardinal. Conrad , son frère. S'étant ensuite 
a^îré la disgrâce de Pempereur Frédéric , il rentra dans se» 
bonnes grâces par l'entremise du même Conrad. O^ difectionem, 
et fa^orem , quem erga venerabUem C. portuensem epîscopum sacre 
Romane ecclesîe cardinalem fratrem tuum specialiter geritaus -, dit. 
Frédéric dans ses lettres de 1 226 , par fesquellés il confirme 
dilectù consanguîneo etjldelisuo Eguenord c^miii de Hura l'accord' 
passé précédemment entre Son fiis*Henri , roi des Romains 9 et^ 
le même comte. Cornes £'^«/20 signa aussi , en 1226, le diplôme 
de ce dernier»prince pour l'église de Strasbourg. 11 est nommé*, 
ddectus fidells cornes Egeno de Fri&urc dans d'autres lettres du* 
même roi Henri, de 1 280. C'est le premier acte qù Egenon est 
spécialement intitulé comte de Fribourg, n'ayant été aupara- 
vant nommé que comte d'Urach et seigneur de Fribourg. Il 
prit, en 1228, le parti d Ulric, comte de Ferrette, son neveu,» 
dans son démêlé' avec Berlhold, évêque de Strasbourg. Henri 
accommoda les parties en i23o. La paix fut cimentée par uhk 
fameux tournoi qui fut donné la même année â Strasbourg. Le 
comte de Fribourg eut le malheur d'y tuer un noble alsacien ,• 
nommé Lantfrid de Landsberg. Henri , dans une diète générale» 
tenue à Francfort ^ prononça , e<> 1 234 9 en faveur de l'église 
de Bâle , touchant les mines d'argent et les forêts du Brisgaw y 
u'Herman , margrave de Bade, lui disputait, et que l'évêque 
e cette ville avait accordées en fief à Egenon, comté de Fribourg.. 
JPeu de tems après, et en la même année 12^4, ce prince étant 
à Fgra, en Bohême, ïnve&iitfideiem suum comitem Egenonem 
de Friùurg et de Urack de la propriété du cours de plusieurs ri- 
vièresf, depuis la vallée de Renchen jusqu'à Gengenbach , avec 
pouvoir de tirer l'or que ces rivières chariaient , et d'exploiter- 
les mines d'argent qui se trouveraient dans les montagnes voi-. 
si nés. Egeno uei graUâ cames de Urah et Dominas in Friburo 
donna au monastère de Tennebach une charte datée de 12349 
irt Castro Fnfmrc. Egenon avait fait bâtir ce château sur une? 
montagne au-dessus de Fribourg, pour contenir les habitants de 
cette ville : ce qui devint la source de querelles toujours renais^ 
santés entre eux et leurs comtes* Egenon mourut en i23G , et , 
lut enterré dans l'église du monastère de Tennebach.. U laissa 
9^ enfants squs la tutelle d'ÀDÉLÀÏDE, comtesse de* Niffeny 
leur mère , et de Berthoid , abbé de Lucelle , leur oqcli^ 



l 



4o CHROBOUKIS HISTÔSIQUC 

On attribue à Adélaïde la fondation du monastère des Domî— 
nîcaines d'Adelfaausen , situé dans le faubourg de Fribourg^' 
laite en i234- -^^ com! tissa de Ura et de Frïôurgj du consente- 
ipent de sesF fils , accorda-, en laSB, un emplacement aux fe- 
iigieuses de Villingen , pour y bâtir un monastère. Adeiheidis f 
i)ti g/nM comt'tissa de Friburc ^ 6\ B. !!• et G. jUii sui, firent,, 
rannëe. suivante, une donation en faveur de Tabbaye de Ten-- 
Bebacb.' G, cornes deVrah , dominus de FriSurc, B. H. et G, 

Jhtùnes efiis cum fonsensu dilecte matris A. comùisse , dotèrent ,. 
y/ets le même tems , une chapelle que dilectus bone memorie pro^ 
ggnUprepmes Egino de Vrah , dominus de F/iburcn avait fait bâtir ^ 
dans les environs du châteajj d^ Fribourg, A. Dei gratta comi^ 
tlsÊU in Friburchy B. eadem gratiâ cornes in Urach , tutar puero^' 
mrn Egenonis comitùh feiti^is memorie in Friburch ^ vendirent ». etr 
143^« leur :COur de Nuaback, au. monastère de Toussaints. A^Def 
gnifd eomîtissa in Friburch , et Cenradus fiiius ^mes in Fri^ 
éiarck y neterigue pue.n , renouvelèrent cet acte la même année., 
Bertbold , é.vêque de Strasbourg, confirmât, en i24> « celte 
vejMequ^a valent faite diiecti consanguinei uù^ri fiiU et fiUe E. pi» 
memorie comitis de Friburge^ per /tianum et consejisum nobiiis m^tri» 
^^rum. Ces chartres font voir qu^Egenon V laissa plusieurs fils et 
plusieurs filles. On ignore le nom el le sort de ces derrières. <f^e& 
iitf , an nombre de quatre , furent Conrad, BertholJ, Henri et 
OodefroL Conrad lui succéda dans le comté de Fribourg. Celur 
<}^^rach fut partagé entre BerthoU et Henri. On trouve le nom 
4e Godcfroi, chanoine de la cathédrale de Constance, daa& 

' depx actes de 1^70 et 1275. Jleqri, qui prit le nom de comi<s 
4e.Futstemherg, fut Taotcur delà maison régnante de Furs-^ 
temberg , comthe nous le prouverons dans un article séparé qui 
se ts^uvera à la suite de cette chronologie historique des comtes 
4e Fribourg. Les deux frères Conrad , comte de Fribourg , et 
Henri, comte de Furteml3eng, sont nommés dans la charte de 
ÏUsdolfe, comte de Habsbourg et landgrave de la haute Alsaco, 

^ pour le monastère de Marien-Ceile , de 1271. Cette charte, fqt 
trnnmufdta SigUlis nobilium çirorum a^unculorum nôstrorum C, de 
FrOurg et H* de Fiitrstemberg . comitum^ hoôolk les appelle ses 
oodeSf parce qu^Anne, mariée à Ulric, comte de Kibourg , 
grand'mère de cet empereur, et Agnès, mariée à Ëgeiion IV, 
comte d^ Urach, granu'mère des comtes Conrad et Henri, 
étaient sœurs et toutes deux filles de Berthold lY, duc de Ze~ 
ringeiir Henri , comte de Fursremberg, vendit la moitié du. 
comté ci de la seigneurie d' Urach, ^oi lui appartenait en 
i;î54» à Ulric, comte de Wurtemberg. Berthola, son frère, 
qui avait Tautrc moitié, mourut, en i:»5<), sans postéri^. 
Les fie£^ qu'il pO)^édait revinrent 4 Tçinpire, et Richard les 



DÈS COBITCS D^VAACB BT VC FUBOUBC. -4t 

* 

accorda aussitôt au même comte Ulrîc. Feùda, quas^morU 
pie recùrdationis B, cwniiis de Urah vacare oidentur imperiOf 
duxùnus c*mcedenda nobUi viro Uirico eomiti de Wiiiemberch ^ 
dk cet empereur dansâoo diplôme de 1:^0. Honri de Fun- 
tcmberg , héritier de Berlhold dan&les terres allodiales, veodik, 
ea 1265 < pour trois raille cent marcs d^argent, Tautr^ moitié' du 
comté d't'rach à Eberhard et Ulric, comtes de Wurtemberg ^ 
fils d'Ulric, auquel avait été faite la vente de la fr^mw^ 
moitié. CVst ainsi que le comté , la ville et la wfluenria 
d'Urach, passèrent aux comtes de Wurtemberg , qui les {mw-^ 
sèdent encore aufourd'hui. ( V^oyez hs comtes de Û^urUmberg, ) 

CONRAO, SECOND COMTE D£ FRIBOURG* 

• — • ' 

i23f>. CoT^RAD, fils aîné d'£genon« et son successeur au 
eomté de Fribourg , se trouve nommé comme témoin dans la 
charte.de donation de Hartman , comte de Kibourg , à l'église 
de Strasbourg , faite en 1 344 • présente C. comife.de Unburc- 11 sef 
^taaria, peu après, avec Sophie, fille de Frédéric, comte deZoUern. 
Il en avait déjà un enfant , lorsqu'ils s'afpérçurent quMIs étaient 
parentf au quatrième degré de consanguinité. Us s^adressèrent 
au pape Innocent IV, qui leva cet empêchement par son bref ^ 
adressé à Tévéqiie de Strasbourg, et daté de PaQ 124^ n en con-* 
lirmant ce mariage ad sedandos graves discordias et grâces immi-* 
titias sopiendas inter pragenitores nobilis viri Conradi comitis de 
Fi'iùurch einoèUem pirum Fridericum comitem de. Zolre patrem 
nobilis mulieris Sophie , diutius non sine muUa strage hominum 
ogiialas, Conrad fut un des seigneurs qui se déclarèrent contre 
Temperour Frédéric. Un des motifs qui TaUéna de ee monarque^ 
fut le refus qufil fit de lui restituer les châteaux et villes d'Or-- . 
tenberg, d'Offenbourg et de Neubourg, qu'il prétendait luî 
appartenir par droit héréditaire , provenant des anciens ducs de 
Zcringen. Le comte de Fribourg embrassa le parti de Henri 
Kaspon , qui fut élu roi des Romams en 1246^ et qui lui promit 
de le remettre en possession de ces domainfes. Mais cette pro'<^ 
messe demeura sans effet par le décès de ce prince, qui arriva 
Fannée suivante. JiC pape Innocent la confirma , nobiii oiro C. 
eomiti de Friburg^ par sa bulle de i24Ô« Guillaume, comte do 
Hollande, qui fut substitué h Henri Raspon dans la dignité de 
roi des Romains,' fit expédier à Strasbourg, en 1261 , un di««- 
plômft , par lequel il assurait , eomiti Cunrado de Vriburg^ diiecta , 
Jideliel consanguineo^ la restitution de la ville de Neubourg, en 
firisgaw, et de tous les autres biens où il avait droit de pro-» 
priété. (^onradus cornes de Friburg confirma, en ia58, les dona* 
tions qu'avaient faites précédemment à l'abbaye de Tertnebach 
pie memorie atms cornes £gino senior de Urach dicius citm Barbtf 



/ 



Çir CHRONOLOGIE HISTORI<?UB 

et pater cornes Egîno, 11 fait mention dans la charte de Ber— : 
thold , duc de Zeringen , qu'il nomme dux Berchtoldus xiQunr^, 
culus patris mti. Conrad , comte de Fribourg, vint à Strasbourg, 
en 1261 , pour y porter secours à cette ville contre Gauthier de* 
GeroldsecK , son évêque. Il signa , le 18 septembre de la même^ 
année, le traité d^alliance qu'il passa avec elle conjointement- 
avec Henri de Neuchâtel, grand-prévôt de Bâle, Rodolfe et' 
Godefroi, ôomtes de Habsbourg. Conradusde Vriburg^comes fut^ 
en T262, témoin du diplôme de Richard, roi des Romains, 
pour l'église de Bâle. Il mourut dix ans après, en 1272, et fut- 
enterré avec sa femme dar»s l'église de Notre-Dame de Fribourg.- 
Conrad laissa de Sophie, fille de Frédéric de Zollern, trois 
fils,Egenon, Henri et Conrad, et deux fillies. L'une épousa 
Henri de Scbwartzenherg ; l'autre, mariée à Burchard 1, sei- 
gneur de Horbourg, en Alsace , mourut le 17 jarivicr i3oo^ 
Conrad ," le cadet de ses fils, embrassa l'état ecclésiastique : iL 
fut d^abord curé de l'église paroissiale de F^riboùrg. Cunradus» 
pîebanus ecde^ie parochîalis in Friburg donna, en i255, une 
charte scellée sigUlo domini et patris mei Cunradi comiih de.Fri-^. 
burg, Conrad de Fribourg est nommé, en 1278 et I2\)8*, dans 
le a ombre des chanoines de la cathédrale de Strasbourg , et en. 
1272 et 1278 5 chanoine de celle de Constance. Conradus canO", 
meus ecclesiarum Argentinensis et Constantlensis , ac Ëgeno fratev. 
cornes Friburgensh , dontièrent, en 127^, une charte en faveur, 
des Auguslins de Fribourg. H était , en 1289 et 1291 , grand-, 
prévôt de Constance. H s'intitule, dans un acte de cette der— . 
lïlère année, Ciionradus de Friburg^ Prepositus' majons ecclesio^ 
Conslantiensts% Rector ecclesie purochialls in Frihurg, 

Egenon et Henri partagèrent entre eux la succession de Conrad 
leur père. Egerron obtint le comté (Je Fribourg: Henri eut poui.' 
son lot les seigneuries de Badenvi^eiller ot de Neubourg et celle. 
deHusen, dans la vallée de Kintziugen. Les vassaux et le^ mines: 
d'argent du Brisgaw restèrent en communauté. Ce partage se 
fil, en' 1272, en présence de Conrad, chanoine dq Constance,., 
leur frère,, de Henri , comte de Furstemborg, leur oncle , de 
Bodolfe , comte de Habsbourg, leur cousin, et de Conrad de 
Lichtcmbcrg, grand-chantre de Strasbourg, beau -frère d'Ege— , 
non. Henri , évéque de Bâle, refusa à. Henri l'investiture de la 
ville de Neubourg, à cause de la violence qu'il avait faite à la, 
femme d'un bourgeois. Henri de Fribourg, s'étant joint? Ro- 
dolfe de Habsbourg , vint avec lui faire le siège de Bâle. Mais 
les hostilités furent suspendues par un compromis que le prélat 
cl les deux comtes firent, en 1273, entre les mains du bqr- 
grave de Nuremberg et du marquis de Hochberg. Le comte 
Henri, devenu possesseur de Neubourg, traita djurement se«^ 



DES COMTES D^URACH £T B£ IÇBIBOURG. $3 

..habitants, ils en portèrent leurs plaintes à Rodolfc de Habs- 
bourg ^ qui,' devenu emp(;reur, les prit sous sa protection, et 
. ordonna quHls paieraient à Heqri le dixième de leurs biens 
. pour se racheter de la servitude ou il les tenait. Peu après,. 
, Henri vendit, en 1276, à £gènon, son frère , la ville de Neu- 
bourg avec ses dépendances. On lit la signature de Heinricus de 
. Vrîhurch cornes dans les diplômes de Kodolfe pour la villç de 
. Brisach, de 1276 , et d^Adolfe pour le monastère d'Adelberg, 
«de 1293. Henri vivait encore en i3oo , mais il était déjà mort 
. en i3û3. 11 eut d^Anne de Werdenberg deux filles, Marguerite 
.et Verenne. Marguerite, héritière de la seigneurie de Baden- 
.iveiller^ épousa en premières noces un comte de Montfort, et 
€n secondes Otton, comte de Strasberg, frère de Loui$ de 
Strasberg , grand-chantre de la cathédrale de Strasbourg. Mar- 

fuerite vivait encore en i32:i et i325. (mmier, comte de Stras- 
erg, fils d'dlton et de Marguerite, qui mourut vers Tan i363, 
.engagea la seigneurie de Badenweiller pour vingt-cinq mille 
. florins à la ville de Fribourg. 

« 

£GËNON , TaofSi£ME comte de Fribourg. 

1272. £g£I<oî^, fils aîné de Conrad çt son successeur au 
•comté de F^ibourg, eut dans les commencements plusieurs 
;4lémélés avec l'empereur Rodolphe ^ parce que ce comte faisait 
beaucoup de tort aux villes impériales que cet empereur sou-s* 
.tenait. La paix se fit en 1281. Uodolphe confirma, Tannée sui- 
.vante, les privilèges de la ville de Fribourg, voulant que ses 
.habitants jouissent des mêmes droits et libertés que ceux de 
.Colmar , en Alsace. Ces privilèges excitèrent la jalousie d'Ege- 
.non, qui déclara la guerre aux Fribourgeois. Ils passèrent ce- 
pendant un accommodement avec lui , en 1289^ par Pentre- 
joaise des é^ucs de Strasbourg et de Bâle, et de Henri, mar- 
^ravp de Hochberg. Comme le comte était obéré de dettes , la 
ville lui fil présent de quatre cents marcs d'argent, et Egenon 
leur accorda , de son côté, le droit de gabelle pour dix ans. La 
paix fut de peu de durée. Les habitants de Fribourg reprirent 
de nouveau les armes, dix ans après, pour défendre leurs li- 
bertés et leurs privilèges. Egcnon appela à sçn secours, en 1299^ 
Conrad de Lichtemberg, évêque de Strasbourg , son beau frère. 
Ce prélat guerrier vint former le siège de la place ; mais les 
habitants attaquèrent eux-mêmes le château, dont le comte 
était possesseur, et ils s'en rendirent les maîtres. Ce succès piqua 
l'évêque de Strasbourg, qui, ne pouvant plus poursuivre le 
siège de Fribourg, se vit réduit à faire le dégât dans tout le 
pays I à dessein d'affamer la ville. Les Fribourgeois ayaiit ob- 



S4 l»ROÏ90LOGI£ HISTORlQtrB 

serve que les troupes de Conrad se débandaient , firent iiil# 
-sortie sur un petit corps que Conrad conunandail'en personne- 
Celui-ci ramassa ce qu'il piit de monde pour les repousser. Le 
r Combat , qui se donna le 2(4 juillet , fut sanglant : il coûta cher 
il ce prélat. Un jeune boucher, TayaiH reconnu , monté sur ua 
palefroi , à sa longue robe d'écariate, fendit les rangs , s'appro^ 
cha de lui, et le perça d'un coup de lance qu'il lui porta aa 
. défaut de la cuirasse. On érigea dans le lieu où Conrad de Lich*» 
itemberg fui blessé, à mille pas de là ville, du côté du village 
' de Besenhausen , une petite cnapelle ave^ une croix qui snbsisî^ 
* encore, mais donjt l'inscription est presque effacée. Celte bles- 
'Sm'è obligea Tévl^que de se h'ire transporter à Strasbourg, 04 
' il courut le l^^ août suivant. Il fut enterré dans sa cathédrale^ 
•"ct on voit encore aujourd'hui son tombeau en pierre , avec sott 
'épîiaphe dans la sacristie dii grand chœur. L'enjpercur Albert 
-et différents médiateurs ayant interposé leurs bons offices pour 
^réconcilier tes Friboiirgeois avec le coitite « on nomma sept ar^ 
bitres , qui , par leur jugement de la fin de janvier i5po , réta- 
blirent la paix entre les deux parties. 

Des démêlés domestiques succédèrent bientôt à ces guerres 
civiles- £genon était un dissipateur qui vendait ou engageait ses 
possessions. Conrad ^ son fils, fut obligé de le retenir prisonnier 
dans le château de Fribourg , jusqu'à ce que son père lui eût 
..promis de ne plus rien aliéner de son comté. L'empereur Louis 
donna , en conséquence, à Conrad, au mois de janvier i'61-S ^ 
àts lettres de sûreté contre tous ceur qui entreprendaient de 
.venger la captivité d'Ëgenon. L'année suivante , celui-ci céda te 
comté de Fribourg à Conrad , son fils , en se réservant seule- 
ment quelques terres et quelques rentes avec ladvocatîe de 
4'abbaye de Saint-Pierre , dans la forêt Noire. L'acte de cession 
fut signé par Conrad «t Frédéric , fils et petit-fils d'Ëgenon , 
en présence de Henri, margrave de Hochberg, leur cousin , du 
magistrat- et des bourgeois Jt la ville de Bribourg. Egenon mou^ 
^ rut sur la fin de mars de la même année i3i6, âgé de soixante- 
dix^neuf ans , et fut enterré à côté de Catherine , sa femme , 
dans la monactère de Sainte-Claire de Fribourg. 11 avait épousé, 
avant Tan 1272, CaTIIBRINE , fille de Louis de Lichtemberg^ 
;»œur de Conrad et de Frédéric , qui furent successivement évé- 
ques de Strasbourg^ Elle mourut avant loi , laissant quatre fils 
et trois filles , dont une fut rtiariée^à Burchard , seigneur de Fé- 
nestrange, et l'autre à Simon, comte de Thierstern; la troi- 
sième , nommée Claire, qui embrassa la règle de Saint- François 
. dans le couvent des Clarisses de Friboorg, survécut à son père. 
-J..es fils furent Conrad , qui suit , Egenon , Henri et Gebehard. 
-Ces tcois derniers obtinrent, par le crédit des deux évoques ^ 



"> 



'\ Ma comtes i^ ïhibodm. 89 

\s»n OBcle4 , des canootçats d^n^ iat edtliiédrale der Strasbourg : 
iU &o«t posâmes t€tu^ froi9 dans le catalogue des chanoines df 
cette église , dre^e eo \^^^ H#nri est rappelé avec £genon ^ 
«dn père, et Ci>«rad , son fr^r^e^, dans un traita ^^alliaoce quUls 
contractèrent , ^n »3o^ > «Hveç le^ cofntes de Ferretie.et Wur-* 
lemberg. Il était , dès Van 1.299 > cnstos de la même cathédrale. 
fietnricus de Fiikurg^ eerMiU Àrg^t^mifm TkesâMmrimt ,- signa ^ 
^ i3io, un. acte d'Ëfiênoii «%n père. Uinourut peuaprès^ 
levant Tan i3i3. Gobeh^rd, son frks^if était eii «iôme*teiiis 
. prévôt, de la catbédraU de Strasbourg ^ QUttqs de. celle de Cons^ 
Unce ^ vicaife-gépéral d© ee dernier évéchéy Dès l'an iâo6 , il 
paraît danâ ks actes du grand cbapitre de Strasbourg cûmme 
prévâu Kfi i3iQ» Mhçidm.^ hrHwf^^ Sf^posiêÊUi Argaiii^ 
4^m9i9 e4 Themumnm Qm^oaHwsis^ Rtneiftmdàm Gkristx^ Paint 
^s Ikmiim Getfhorii Qm^tof^Hmist Effkcfm* Vican^s-Generalis p 
donna une charte-^ fiiveur.de la cpllégi4le,de;Soleurè. G«« 
bebard lut élu , en i^a^tt* fvf^tùf de Suasb^urg par ùna partis 
des chaèoines^ mais.son él«cii<ul n-^iH {laa lieu^ ayani été obligé 
de céder à Berthold dQ BiichecA ^ covune Vécrit Albert de 
$ti:>asbourg f qui plac^ sa 'itior^ au Siimai.i^^^ «^ , 
-. - ■ f ... 

CONRAD , ^ATmtiMS commit 9B 'mnwovva. 

' i3f& ComABy fiU aîné d'Kgetsotn et son aucoesseur , afvait 
Bris> désole vivant de soiî pive^ lé |iartif de l'eiiipereur.LcKiis 
de .Bavière coittff l^ maiflAft d'Aiitqdie.- Goprinpe, ipovr.sa 
rattacher, avait promis , en i3iS, nobili viro Cunrado comili 
de Fribi^gj de liii pay^r^ dans rai^f^ i ipil)ç:¥¥i^'es 4*argent. 
Conrad renouvela , ie 3 avril i3i6 , peu de jours après la mort 
du comte , son père , ' lea'dft>iti^ da h ville de FriliDurg , et ëon* 
finna surtout à ses habitants U privilège d^élire leurs, tpropres 
ma^strat^. U maria, eai3iSv Frédéjiic, son fils, à Acné , 
£Ue de RodoUe , inaequia die^ HocbWg^Sausenberg. Henri de 
Oocbberg, frère d'A«^e< assuoa à sa sdear pour dot, la somme 
de sept cents marcs dîargeiit > comlviç il x|j»jpQU{vâit;pas la payer, 
il engagea au comie f rédj^rie et à Conrad de Fribouj>g>i8on père^ 
le land^ra^iat du Brisga^it ti-aoto* d'engagement ùxi passé , la 
snên»0 azotée i3i&» dil sconaeniemeift des frères atde toncle de 
Henri4 Comiàiè ce landgraviat était nii fiefde l^émpire, rem<< 
pereur hom$ cpnfi«nia » en t3$4% cet engagement, qui fut re-* 
noiXYelé> en i336 ^: par Rodolfeet Ottbn , marqiiis de Hoch^ 
b«rg, i|irès la mort de > Henri > leijv frère, et d'Anne, leur 
SQSur. JDommus Cpnmdue comas de Fnèurgo et donUnus Egeno 
canua de FUrstemàerg sont nmiptés, eo i336 , dans le nomi»^ 
4ea vaa$<tox de réiâdié de? Strasboi^g* Conrad mourut foit 
XIV. 9 



68 /MAOKOLOCli RiSTMIÇfmS 

vieux, le lo jbillet iSSa, et 'fut enterré dans leooéuf de 
|-église ^es Bonpiinicains àe Frtbourg^ : il'est nommé dans 
Vépitiiphe' wcb'tus cornes Conradus dondnus Frihurgi ac lant^ 
igraçius Brîsga^ine* U eut deux femmes^ La première fut Ga-* 
TkERiNE , fille de Ferri III, duc de Lorraine, et de Mar-* 
guérite de Navarre. Lesr noces furent célébrées en 1290 ,' et 
Conrad^déLichtemberg,- évéque^e Strasbourg, onde maternel 
du comité Conrad , donna à ce sujet de grandes fêles dans sa 
ville épiscoptalé. Catherine vivait encore en i3 16. De ce mariage 
sortirent Frédéric, £genon et Ëberhard. I^s deux premiers 
gouvernèrent successivement le comté de Fribourg \ Éberhard 
fut chanoine et grand-chantre de la cathédrale de Strasbourg* 
-Il est nommé Eberhardus de Friburg ^ senior^ cantor ecclesiœ 
Argeniînensis j dans un acte de i353. Conrad épousa en secondes 
noces, en i33o , Anne , fiUe d'Ulric , seigneur de Sigénau, et 
sœur.d^Ulric de Sigenau , grand-^prévAt de Strasbourg. iVotôis 
dormna Anna nota nobiiis çiri Vhrici domini^de Sygernme ^ €or^u(» 
spectabilis QÙi Conradi comiiis in Friburgo Bri^gangie , est rSp-* 

Eelée dans les lettres de Berthold de Bucbeck , évéque de Stras- 
ourg, son opele,ideraa r3349' Conrad n^eut point . d^enfants 
de ce second mariage. Anne , après sa mort, obtint, en i35iy 
d^£genon , son beau-^fils,. ia jouissance vdc^ châteaux de Lichte- 
neck et de Keubourg , pour les posséder sa vie durant , à titre 
dTengagement , • pour trois cent- vingt mards d'argent. Elle' se 
remaria, au mois de janvier de> l'année suivante i3âa, avec 
Herman II , dwç de Teck, et ne mourut qu'après Tan i36Ô« 



• i 



FRÉIHÊRIC, CINQUIÈME COMTE D& FaiBOUBG. 



*ii 



^ iSiio.. FliÉDéBiG, fils aîtié 'de Conrad^ rappelé, dès l'ait 
i3i6 , dans Pacte de cession d'Ëgenon, son grand-père , ob- 
tint^ en i33o , de son père , les revenus annuels de- cent ctn-> 
quanle* marcs d'argent, et , en i338 , ceux que payaient les 
Juifs de Fribourg. U gouverna^ ' aussi v do vivant de^Conrad, 
le landgraviat' du Brîsgaw, dont il • fut investi , en i334, par 
l'empereur Louis de Bavière. Devenu, en i3ôo, son succes- 
seur dans le. ocnnté.de Fribourg, ilv«eut ^s- dilficâités aVecr 
Egenon , son frère , au sujet • d>u droit forestal et d«s« miiies 
d'argent du Bnsça;iV. L'évéqtte de Bàle, de qui lescomtes^de 
Fribourg les tenaient .en iief, >les partagea par moitié, par sa 
sentence rendue, en .i35i. > Frédéric mourut eh i356.- Anne ,* 
fille de Rodolfe de Hoohberg^: qu'ils avait épCKisée en i<34'8y 
était déjà morte le 28 février x'^à^^ On. voit l'épitaphe d'Anne 
dans le. chœur des Dominicains de* Futbourg. Frédéric n'eut 
4'elle qu'une fille unique^ nômmiéeClaifë) mariée à>Goel£oa|f 



»-<~Â 



«OQitQ.palatiQ'dé Tobingen. Après samort , l«s sujets du coïnté 
de Fribourg*. aimèrent mieux ^tre sous la domination desafill^ 
que sous celle de son frère : ce qui fit que Glaire s'intitule dans 

Slusieurs chartes , comtesse palatine de Tubingen , comtesse eX 
ame de Frifoourg* Elle fit cependant cession,- en i3SS., à 
£genon , son oncle , de tout ce qui lui appartenait dans le comté 
de J'ribours , se .cointentant de mille marcs d'argent et des cbâ-^ 
teaux de Lichteneck et de Neuhourg. Claire vivait encore en 
zS€8. Elle fut enterrée avec Goeta^n de Tubingen, son: mari y 
et Conrad, kup fils, dans Téglise des Dominicains dç Fri-* 
l>ourg'. 

EGENOM f SIXIÈME coMTlE B£ Fribourg. 

t356,. Egendn , ou Egotï , second. fils de Conrad, fiit in-- 
Tcsti, dès la fin.de l'an i3S6, des fiefs de l'empire par Jean , 
évéque. de/Strasbourg, au nom et par ordrel'empereur Char-* 
les iV. I Devenu .ensuite » possesseur paisible du com4é de Fri-* 
l)ourg par la- cession .de sa nièce , il en reçut de -l'empereur lui* 
même, en i36o, une nouvelle investiture, ainsi que du land- 
graviat - du Brisgaw , qui avait été engagé à' sa maison , et dont 
il jouissait seul depuis la mort de son frère. Bientôt après se 
renouvelèrent les anciennes querelles des comtes avec la ville de 
Fribourg. Egeuon tenta, la nuit du a 4 au 2 5 mars i366, de Tes- 
calader : mais il échoua dans celte entreprise. Les Fribourgeois; 
aidés^ par les habitants- de Bâle , de Bnsaeh , de Neubourg ei^ 
de l^intzingen , formèrent* une armée avec laquelle ils marche-^ 
rent contre le comte qui les battit près d'Endingen. Cependant 
Egenou , pour terminer des différents qui revenaient tous les 

i'ours , prit le parti de vendre , en i368 , aux habitants de Fri- 
)ourg pour la sommé de quinze mille marcs d'ai^ent ,. tous les 
droits qu'il avait sur leur ville, ses faubourgs , son territoire et 
ses dépendances, en se réservant seulement les vassaux qu'il y 
avait, avec les château et seigneurie de Badenweiller, que le» 
Fribourgeois. avaient retirés, pour vingt cinq mille florins , des 
coihtes de Strasberg. La sojnme que la ville de Fribourg donna 
à Egenoii fut fournie par Léopold, archiduc d'Aulricne. Ses 
habitants, par reconnaissance, se soumirent à lui la même 
année i368 , et depuis ce tems Fribourg a été constamment 

Î possédé par les princes de cette, maison. L'archiduc Albert Vi 
et non IV) y fonda, une université en 14S7 , et la décora de 
beaux- privilèges* Fribourg , ! aujourd'hui capitale du. Brisgaw ,. 
dont, les états y tiennent leurs assemblées, était- autrefois une- 
forteresse- importante qui. essuya plusieurs sièges meurtriers.^ 
Elle^ fut prise « en t.63a| i634 ^^ i^^l^ ^ P^ i^ Suédoise Le» 



6S) CHROTVOLDG lE 1IISnHI»^0S 

Fmn^îs Ven emparèrent en 1^779 ci la gardèrent î'itsqia^à la 
paix de Byswick. Ils la reprirent en i7i3, et la recédèreât à 
rAiitriche par celle de Ra^tadt. Loais XV Taisiégea en per-^ 
sonne en 1744 ; ^ 9 ^^^^ étant rendu maître , il en fit raser les 
fortifications t^ue la France eHe-»méme avait fait cotistriiire. 
C'est dans cet état que la ville fut rendue à TAutriche par la 
paix d'Aix4a-fChapeUe, Cette maison y a éCaUi la régence im- 
périale et royale, ainsi que la chitfnbre des comptes pour TAtH 
t^che antérieure. 

Egeipon , en vendant les droite .qu'il av4it sur la ville de 
Fribourg , se réserva cependant le titre de comte de Fribûurg 

Ju'iL prit dans l'acte de vente , et resta en possession des terres 
épepdantes- du landglraviat du Bri^iatv ^ quil conserva jusqu'à 
sa mort arrivée le a3 août i3$5. 11 fut enterré dans l'église de 
£ade.n^eiller : bn y voit, son épitaphe, dans laquelle il est 
i^ommé nobUis dominus ego corner de Fniur^go, Il avait épousé 
Yerene, fille de Louis, comte de Neucfaâtel, dont il laissai 
trois fils ,. Conrad, qui suit, Ëgenon.et Ëoerhard , qui devin-^ 
lient chanoines dans la cathédrale de Strasbourg, et uoe filk f 
nommée Anne. Egen/a de Friburg « Ehetkardus de Frihutg ju^ 
nior,. cammici ecslede Argentinensis ^ tout rappelés dans un acto 
de |353^ Anne épousa Kodolfe, marquis de Hochberg-Sausen-^ 
berg , laquelle renon^, en i384f a son hérit^g^ paternel et 
maternel ,. pour la somme ile.six mille florins d'or. On ignore 
Vannée de là mort d^Anne , postérieure à 14^7 9 paisqii'elîe est 
Qozpmée dans un .acte domina -Awia de HùMérg^ orUtndù de 
Frifmrg i conthor/aiis dont. Rudoiphi de Hochbttg* Elle fut eO'» 
terrée dans l'église du village de Aoetlen 5 bâtie 6<i t4<]^i 9 p^ 
Jlodolfe, son mari. 

CONRAD , S£priÈ«t£ ooiits Dfi FftUMiORO. 

■ 

i385. CoiïR AD . succéda , en i385^ ii Egenon , ^tt père, 
dans ie titre de comte de Fribourg. et dans les terres du land-^ 
graviat du Brisgaw. Dix ans après , Cunraiué eûmes dé Friburfo,^ 
iantgraiHus in Bn'sgangia , nomma , en i395 , Rodolfe d^ 
iiochberg , son beau-frère , son héritier universel , dans .I0 
ca's qu'il viendrait à mourir sans enfs^nts légitimes. Cette éven- 
tuaiité fiit renouvelée en 1417. Conrad comprit dans cette éven-« 
tualité le landgraviat du Brisgayv, que les marquis de Hochberg 
avaient engagé ^ comme nom l'avons dit ^ à son grand^père , en 
i^iS. Le comte de Fribourg, voyant que le& sept cen ta. marcs 
d'argent» pour lesquels cet engagement avait été fait > étaient 
suffisamment acquittés par la jouissance de soixante-dix-sept 
p^ , rendit et céda libremeot <:e landgraviat ai Hodolfe , qui iç 



DES COMTES DE FRIBCyCEO. 6g 

fui Conféra en méme-tema, à titre d'arrière-fief, sous b con^ 
ditiûn que le vassal offrirait tous les ans , le four de Saint'^ 
Jacques ^ à son seigneur direct , un épervier^ bleu. Par cette 
convention , le landgraviat du Brisgaw , i l'extinction ' deè 
comtes de Fribourg, revint de droit aux marqms de Hochberg^ 
Saiisenberg. 

La mort dlsabelle , fille de Louis , comte de Neuchitel , et 
tante maternelle de Conrad , comte de Fribourg , laqoellt 
le nomma son héritier, lui procura dans le méme^tems le comté 
de Neuchâtel, dont il prit le titre et les arines. Mais Conrad nt 
fut reconnu en cette qualité qu'en 1897 , par les états du pays 
et par Jean ds Châlons , prince d'Orange iet suzerain de Neu-^ 
châteJ^ (yoj. les comtes de NeuchâteL ) 11 existe deux actes dâ 
la ville ^e ce nom, de 14079 d^ns lesquels il est nommé magni'^ 
Jicus àc generosus dominus Conradus de Fribtfrgo , cames ac dtt^ 
minus N<m^Ga5tn» Conrad engagea , en t3g8 , à Léopold ^ dud 
4^ Autriche, son chiteau et^ seigneurie de Badenvreiller, âveâ 
tout ce qu^il possédait en cette partie du Brisgavr, pour avoir de 
t|uoi acquitter Ifes dettes de ^on père, se réservant seulement 
r investiture des vassaux. Le prix de l'engagement fut devingt-^ 
huit mille florins d'or , dont seulement deux mille devaient 
être remis à Conrad et le reste à ses créanciers, Conrad partit 4 
en i4o6, suivant M» Dunod, pour la Terré -Sainte , doAt il 
revint l'année suivante. Lorsqu'en i4t5, Frédéric d'Autriche 
fut proscrit par le concile de Constance, l'étendard de Tèmpirâ 
fut confié à Conrad , qui le porta dans l^expéditiûn de l'ettipe-» 
rcur Sigismoifd et des Suisses contre la ville de Zdffingen àix 
rÂnton de Berne. Cet empereur , en reconnaissance des sVrvicCiS 
que ce comte lui avaient rendus en Lonibardie , lui permit ^ €n 
$417 9 de retirer des mains de la maison d'Autriche la seignetirie 
de Badenweitl^ pour là somme de quatre mille , florins ^ et 
l'année suivante il loi en confirma la possession. Conrad mputtif: 
en i4aa, et fut enterré à l'abbaye bernardine dé RheinthâU 
près de Badefivi^iUer , ne laissant qu'on fils nommé Jean , q(iÇ 
«ait. • 

JEAN , HUITIEME ET D^AT^IER CO!WTE PË FîVtddtlRG. 

142a. Jean^ fils 4e Conrad , prenait dans les chattes^ fratl- 
•çaisi's le litre iTiiiustre et magnifitpue Seigneur M. Jean, comté- 
de Frybourg et de Neuf-Chc^tel t seigneur de ChampUtte. lljouis^ 
sait déjà , du vivant de son père , du landgraviat du Btisga^y 
et de la seigneurie de Badenweiller. Il lui éui^cédà , en 1422 ^ 
dans le comté de NeuchâteL Trois ans atiparavant , il avait ac-* 
çpmpagaé Jean , 4«c de Bourgogne , à sa funeste^ entrenie avec- 



Ky 



7© CHRONOLOGIE HISTORIQUE . - 

Charles, dauphin (k France, à Mopteréaa^ où léduc fut mâs'^ « 
sacré. Le comfe Jean qui y avait été fait prisonnier, en 14199 - 
fut'obiigé de payer une somme considérable pour se racheter» 
Il engaG;ea,. en 1424:, la seigneurie de Badenwéiller, pour six 
mille florins,. à Jean de Neubourg, seigneur de Warmeck; - 

, Mais les archiducs d'Autriche s'emparèrent presque aussitôt de 
cette' seigneurie , alléguant un engagement plus ancien qui. 
avait été fdit, en 1*^9^, au dya Léopold : ils entrèrent même 
da¥»slelandgraviat du Brisgaw. Ce procédé irrita le comte Jean^ < 
qui prit les armes et fit, en 1428, une. irruption en Alsace oit 
il ravagea les terres qui appartenaient à la maison d'Autriche. 
Les hostilités furent suspendues par Tentremise de Guillaume ^ 
marquis de Hocbberg , et de Jean , comte de Thierstein. Les 
parties belligérantes s'en. rapportèrent au jugement du magistrat 
île Bâle. -Celui-ci fut favorable au comte de Neuchâtel, qui^ 
fut' remis, en possion de la seigneurie de Badenweiller. Ce der- 
nier la céda, en 144^, à Henriette, fille de Henri, comte de 
Monlhéliard, . et veuve. d'Eberhard, comte de. Wurtemberg, 
pour sa vie seulement. Henriette n'en jouit pas long-tems,^ étant 
morte le i3 février de l'ahné suivante. Jean , rentré en posses- 
sion de Badenweiller, s'en dépouilla une seconde fois , en i444f 
par la donation qu'il en fit à ses deux cousins Bbdolfe et Hu-- 

' guçs, son frère, margraves de Hochberg^.U assura de plus au 
prebiier, son comté de Neuchâtel, en i45o. , pour le posséder 
après Isa mort. Cette disposition déplut à Louis de Châlons, 
prince d'Orange, son beau-frère et seigneur direct de Neu- 
châtel, qui obligea Jean d'en recevoir de lui une nouvelle in- ' 
vestiture. ' Mais Jean n'en demeura pas moins ferme dans le 
par^i qu'il avait pris. Allié du cahton de Berne , . il se déclara , 
en i444f pour les Suisses dans la guerre qu!iû eurent contre 
les Français et la maisond'Autriche. H fit bientôt après la paix - 
avec les premiers , et resta toujours enxguerre avec les ducs d'Au- - 
triche, qui firent une nouvelle invasion dans la seigneurie de 
Badenweiller. Jean et Rodolfe de Hocbberg , ses héritiers , eu- 
rent , au mois de septembre i454» *uue entrevue à Landshut 
avec le duc Albert , où ils se séparèrent sans rien conclure. On 
sVn rapporta dans la suite à l'arbitrage de l'évêque de Bâle. 
Mais tout fut arrêté par la mort de Jean , arrivée en 14^7. Il 
ne Jaissa point d'enfants de Marie , fille de Jean de Châlons , 
prince d'Orange. Elle était sœur de Louis , prince d'Orange , 
dont nous venons de parler, et d'Aliénore, ou Alix, mariée 
à Guillaume de Vienne , seigneur de Saint -^ Georges et de • 
Sainte-^Croix. Cette Aliénor.e fut mère de" Marguerite , épouse 
de . JE^odolfe , marquis : de Hocbberg - Sausenberg , que Jean 
nomma , par son testament , sou héritier universel. 



bes comtes de rRiBouM; jt 

Ce fut dans Jeati <jue finit , en 1467 , le litre des comtes de 
Frîbourg et de la branclve aînée d'ijisenon V, comte d'Urach. 
fe cadette^, formée par Henri, son fils, existe encore aujour-^ 
d*hui danâf la« maison régnante des .princes de Furstemberg* 
Bncelin, Spener, Humbner, etc. et d'autres généalogistes, 
font descendre cette dernière d'un prétendu Egon , issu di^ 
san^ agilolphingien , qui vivait en 670 , et de Cbûnon son fils, 
qn'ils disent avoir été, en 748, comte de FurstemWg et land- 
grave de StuUingen. Cet Egon fut, selon eux , trisaïeul «de 
Jpouis, comte^e Furstemberg, marié, en 92(1 , à Agnès, fille 
de Grégoire, roi d'Ecosse. Laissant à part de pareilles fables, 
pous allons prouver que la maison de Furstemberg , issue xles 
comtes d'Urach, a eu une origine commune avec celle de 
Fribourg. Il existe d'abord dans les archives.de Tabbaye de 




Ils avaient secondement les mêmes armoiries , c'est-à-dire 
une aigle éployée de gueules, becquée et membrée d'azur 
dans un champ d'or. Les Furstemberg y ajoutèrent seulement 
une bordure ondée d'argent et d'azur , probablement pour 
distinguer, par cette brisure, la. branche cadette de l'aînée. 
Nous avons d'ailleurs vu qu'Egenqn V , comte d'Ùrach et 
premier comte de, Fribourg , mort en 1286, avait laissé, 
çntr'autres enfants, Conrad, second comte de,. Fribourg, qui 
portait dans ses sceaux une aigle éployée ; Godefroi , qui fut 
chanoine de Constance ; et Henri. Celui-ci bâtit sur une 
montagne le château de Furstemberg, doiit.il prit le titre, 
et au-dessous duquel existait déjà la petite ville de ce nom» 
Henri en prit la qualité dès- le milieu du treizième siècle , en 
^tenant cependant de ieifis en tems celle de comtç d'Urach. 
Nobùîs 0ir Htinricus cornes dé VursUmberc fut investi , en 1260 , 
par Henri, évêque de Strasbourg, des fiefs qu'il avait offerts 
la même année à cette église. Henricus cornes de Ura et Gotfridus 
ejus'frater ikU de Furstenberg donnèrent , en 1 258 , une charte 
en Êiveur du monastère de Saint-Trudpert , présente Conrado 
çpmite de Friburg leur frère. H, cornes de Wurstenberch et Agnes 
çamitissa- uxor établirent , en 1 268 , un couvent de l'ordre des 
firères mineurs à Villi^gen. Heînrîcus cornes de Urach , dominus 
in Furstemberg , • du consentement , domini Godfridî fratris , 
eanowci Constaniiensis ecclesie , nec non honorahilis domine Agnelis 
U'xoris ^ cilonnèrent , en 1270, une charte, à laquelle pend 
sigUlum comiiis Heiàrici de Urach f domini in Furstenberg, Les 
lettres des trois frères, -Hugues, Otton et Louis, comtes pa- 
latins de Tiibinge'n pour la ville d'Horb , de la ipéme année, 



I 



<^a eËHONÔLdGIK HtStOlKjtTB 

furent données en présence Hdimci comitîs Se VursièiAergh ^ 
qui dans le sceau prend le litre de €omiiis Hatnrki de Uraché 
11 se nomme Heinrieus cornes de Fursiemberg dans les lettres ipit 
lesquelles il accorde , en 127 1 9 en fief à réglise de Strasbourg 
la moitié du village. d'Oberdorf. C. H. fratre^ dé ^riburg et 
de Fiursàenèerg comités , signèrent , la même année , la charte 
de Rodolfe , comte de Habsbourg , pour le monastère de 
Marien-Celle. Aodolfe leur donne dans sa charte le titre d'oncle^ 
inaternels. Npus avons déjà fait connaître précédemment Vo^. 
rigtne de cette parenté* Ge prince, devenu empeneur, nomma ^ 
en 1276 , Ulusirem H, cçmitem^ de Furstepnberg , eomsanguineum ^ 
gouverneur de la Bomandiole et des provinces maritimes* Dani^ 
ses lettres adressées aux seigneurs et aux> vilks de ces contrées , 
, Kodolfe atteste* que le comte Henri de Furstemberg était os eos 
ossâus nostris et caro de came. Adélaïde , mère «de Henri ^ 
ehm esset m minarlbus annis constitutus^ avait vendu 9 eti isâ^ ^ 
au monastère de Toussâints la cour de Nusbach« Son filsr 
Heinrieus cornes de Vurstenèere isi racheta, en 1276, du con<« 
seulement Gotefndi fratris sut canonid ecelesie Constaniiensù ^ 
et de ses neveux f^nto/tû^/ Heénrid comkum de Fdkurch , Kbe-^ 
rorum Cunrodi quondam frapis sui comitis de Frièutck» L'emn 

Ïereur l\odoiphe confirma» en 1278» aux villes de Villjngen, 
urstemberg, Haslach et Oornstelteii , suppHcaaIe lUustri viro 
Henrico comité de Furstemberg consanguineo ^ les privilèges qu« 
leur avaient accordés Ëgenon ,* comte de Fribourg , son père^ 
et les ducs de Zeringen ses ancêtres. NMHs vir Heinrieus comea 
de Furstemberg est nommé témoin dan» deux diplômes du 
même prince, l'un, de 1281 , pour le monastère de Sainte-» 
Foi , et Tautre , de 1:182 , pour celui de Sainte Walburge* 
Kodolphe accorda aussi en fief en 1283, netUi viro Henrica 
gomiti de Vurstemherg ^ Jideli dUecto^ le landgraviat dé Baar, 
que la maison de Furstemberg possède encore aujourd'hui. 

Nous nous sommes étendus sur cet Heiiri , comte de Furs- 
temberg , parce que nous avions entre les mains les actes, 
qui constatent sans réplique sa filiation d'Fgenon , comte de 
Fribourg , et son origme des anciens comtes d'Urach. Henri 
mourut peu après l*an 128S, laissant d^ Agnès , sa femme , 
deux fils , Frédéric et Egénon. L'empereur Rodôlplie accorda , 
en 1286, nobUibus ^iris Friderico et Egenord fratribus comiti-^ 
bus de Furstenberg ^ les fiefs de Fursteneck et d'Oberkirch» 
Frédéric, comte de Furstemberg, épousa Udelhilde, comtesse 
de IWolfach, dont il eut Henri, Conrad et Frédéric. Udelhildis 
reUcta quondam nobilis turi Friderici comitis de Fursienherg , tu-* 
iorio nomine Conrctdi et Friderici JiHorum de marito predicto , ac 
Heinrieus Senior ^ Fridenci et Udelhildis conjugum predictsaimt 



DES COMTES DE FRIBOURG. ^3 

^JlHtts . vendirent, en i3u3,pour six cents marcs dWgent \t 
ctiâieaii de Frirsteitedc et U' vitle d'Qberkircfa À Frédéric^ 
fevj^qûe dtf Strasbourg, fet à sdn 'égKse.'Gotii'ad , reçil tfasmoiiie 
de ta cathédrale de Strasbourg, en i3i8, est nommé dominu^ 
Conrudus Je Furstemberg ccdesie Argentinensis canonicus dans 
une charte de i333, et dettUnis dans une autre de i343. U 
mourut doyen de la même église le 24 janvier i346. Henri ^ 

'son frère aîné , eut deux fils , dont Tun , nommé Jean , fiit 
tué, en i386, à la bataille de Sempach , et l'autre, Conrad^ 

«est i^ppeté dâfiè tles actes dé r36ï ti lâfcS. te fiit t;e dcrtiwr 
Conrad qui contii>ua la maison de Furstcmi>erg. Ce comte 
était trisaïeul de Wolfgang , qui fut père de Frédéric , comte 
de Furstemberg , mort le 8 mai 1 55q. Gclui-ci épousa Anne , 
fille et héritière de Christophe , dernier comte de Werdenberg 
et Heiligenberg , dont il eut deux fils , Christophe et Joachim « 
qui formèrent deux branches. Christophe , mort la même année 
que son père , devint ti^è flê M Bra'fïcnl? appelée de Blomberg. 
Albert , fils de Christophe I , fut père de Christophe II , 
décédé en 161 4 9 qui laissa deux fils, auteurs de deux branches 
^rticuli^s , dont Uraiislas fonda cette de Mœskfidh ^ étéhife 
«B 1744^ !^t Frédéric-Rodolphe celle de Stiilingen , qui ecistE 
encore de tios jours. J^arthim , second fik do comte Frédérie , 
Àiort en tSi^S ^ fut autew de la Wirche de Heilïgenberg-Wé#- 
idtnbetg^ qni fut continuée ^ar son fils Frédéric et ses petits^ 
fib, Effdn et JaèqueskLoo is , lesquels formèrent les rameatuc 
"de Heitigeirbefg et de DonâuescfaiAgeti. Ce dernier s'éteigifit 
£n rGgë. l^e pi-eiftier , élevé , en tHÇj , à 1« dignité priACière 
dans la personne de Hennan-Ëgon ^ finit pâràUemaat en l^itÇ. 
11 ne reste donc plus aujourd'hui des différentes branches de la 
maison de Furstemberg que celle de Stiilingen , qui réunit 
les différents états possédés par les autres. Le titre de prince 
lie se donne c^ù^attf ^rirtcé régftaht et à s6ri fils aîrfé. Ses autres 
eiifahfïts et Ses ffètes ttiétùé éorit appelés tandgravés. Là rértiderïcè 
Al prîbce de Furstemberg est à Donfaueschingén , gros bourg | 
atiprè^ duquel lé Danube ^rend sa dénoâiinatiofi. 



». 



XIV. I* 



«•*^ 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES 



DUCS DE LOTHIER, OU BASSE LORRAINE; 



ET DE BRABANT. 



/ 



\j N a déjà remarqué sur les ducs de Lorraîne que ce pays fat 
partagé , sous l'empereur Otton I , en deux provinces ou gou- 
vernements ,. qu^on distinguait çn haute et basse Lorraine. 
Dans, celle-ci était compris non -seulement le Brabant , mais le 
Hâitiaut , le comté de Namur , de Luxembourg , le pays 
de Liège , le Limbourg; et généralement tout ce qui était entre 
la Meuse , l'Escaut et le Rhin , à commencer à l'embouchure 
de la Moselle, avait'fait partie de ce duché ou gouvernement^ 
qui peu à peu s'est réduit à rien. 

GGDEFROl h 

L'an gSg , GÔdefuôi I , prince vaillant , fut nommé duc ^ 
ou gouv^erneur de la basse Lorraine, par Otton 1 , roi da 
Germanie. Ayant accompagné ce prince dans son expédition 
*tf Italie , 41 y mourut de la pesle l'an cfi^ , laissant quatre fils y 
et une fille nommée Gerberge 9 qui fut mère de sainte Adé- 
laïde, première abbesse de Vilich , près de Bonn. (Reginon, 
contin. ab an. 964 ; Vaddère , Origine des ducs de Brabant , 
pag. 92. ) , 

GODEFROrn;; 

964* GODEFROI I! , fils aîné de Godefroi I , lui succéda aa 
duché de la basse Lorraine , ^u'il gouverna l'espace d'environ 
dix ans. 11 mourut, Tan 976 y sans lignée, ( Butkens, tom. 1 , 
pag». 8.) 



4miBiO% BIST, usa DUCS DE tOTHIÏB £¥ DE BRABÂNT. J$ 

CHARLES DE FRANCE. 



97G. Charli^s, frère de Lothaîre, roi de France ; né Uan 
-joi , fut pourvu du duché ou gouvernement de la basse Lorraine' 
et d'une partie de la haute, par Tempereur Otton II, son cousin. 



pour le tenir comme fief de l empire, et à la charge de lui en 
faire hommage. Guillaume de Nangis ajoute qu'Otton Tobligea 
de plus à promettre dé s'opposer , autant qu'il serait en lui ^ 
aux efforts que ferait le roi, son frère, ppur se mettre en 
possession de ia Lorraine ; que Charles voulut s'acquitter de sa' 
promesse, mais qu'il ne put changer les dispositions de Lo-' 
thaire, ni lui faire renoncer à ses projets: Frairis sui moUbus 
cbsisteret et quantum posset ^ quod ei/acere ^tatuit ^ sed nequivU 
ardmum régis immutare. Sa conduite ne fut plus dès-lors que 
celle d'un ennemi de la France et d'un chef de brigands, sf 
l'on s'en rapporte à la lettré que lui écrivit , quelques années 
après, Diéderic, ouThierri, évêque de Metz, son parent,' 
pour lui reprocher ses déportements. « Homme sans pudeur 
» et sans foi , lui dit-il , déserteur de votre patrie , vous ne 
«rougissez pas d'avoir violé les eng^agements que vous aviez 
» pris , la main sur les évangiles , â l'autel de Saint- Jean , en 
» jprésence de témoins qui vous surpassaient autant par les 
» qualités du cœur qu'ils vous cédaient du côté de la naissance. 
» Léger et inconstant dans vos démarches , l'aveugle ambition 
» vous a fait pencher tantôt pour un parti , tantôt pour l'autre, 
j» Ennemi de votre propre sang, vous avez vomi toute la haine 
» dont votre cœur était infecté , contre le prince ( depuis le 
» roi Louis V) votre neveu. Et doit-on s'en étonner' après 

* vous avoir vu marcher à la tête d'une troupe de voleurs et 
» de scélérats que nul crime n'effrayait , pour enlever , par 
» fraude , au noble roi des Français , vptre frère , sa ville de* 

* Laon , sa ville ^ dis-*je , et non la vôtre , ce qu'elle ne sera 
» jamais , et le dépouiller même de son royaume ? Que dirai-je 
» des* mensonges affreux (\ne vous avez imaginés pour flétrir 
» l'honneur de votre belle-sœur , princesse de race impériale , 
» qui partage le trône avec ce monarque ?,„ Mais vous n'avez 
» pas impunément avancé vos calomnies devant moi. Souvenez- 
» tous comme je vous ai fermé la bouche lorsqu'avec lé siffle- 
» ment d'un serpent vous distilliez le venin de l'imposture 
» contre l'archevêque de Reims ( Adalbéron ) , et d'une ma- 
» nière encore plus atroce contre la reine. Je ne vous rappelerai 
» point ce que vous avez fait contre l 'évêque de Laon. Personne 
» n'en çst mieux instruit que vous^ homme vain qui , resserré' 



j6 . f9Rd)7<M>e«iS ursTQiiiQC» 

» dans un coin de la Lorraine , vous vantez de la tenir rangée 
» toute entière sous vos lois , eta >» (Bouquet, tom. IX, 
pag. 280.) Charles, il est vrai , répondit à ces invccûves sur 
1^ même tA^> 7 içais d^une n^anîèfe vague qui ne îustifiait nulle- 
ment $^ cpncluite. (é^lf^^^ription de sa lettre suHit pour faire 
cq^Q2|'i|jrQ (a paVsion dont il éi^it annioié. « Charles , qui ne 
y^ jlqil m? 'à la grâce dç Dieu ce qu'il est , à Dîédéric ^ le mo- 
iy dèïe dps hypocrites , traître envers les empereurs et Tennemi 
» commun de la république. » Ce qu'il y a d'étonnant , c'est 

3*up Qç:^bert , le fameux Gerhert, alor^ fcolâ4r-e à Reims f et 
epuis pftip(3 çqus le noq;i de Silves(re II , fut cplui qui servit der 
ijfcrét^ire et ^\i 4uG ^t au prélat pquf s'accabler réciproquement 
47nil^r^s. Nouç avor^ |a lettre qu'il écrivit h Diédériç pour 
&Wç^^^r d'avoir ff^-^ ^ piuif^ à Charles ;. lettre qui n'était 
UiMlejWW^ propr^î ^ ^itisfalr^ le prélat. (/^W. pi^g. 288. ) Il en 
^crivU^ vr^isen;\(](l^blen:^eut u^e ^qtre ^n prince dans le même 
gqi^t f ^\ s^vec ^qssi pçu de succès. Quoi qu'il en soit ^ Tasservis^ 
sesuaqt dt; Charles à une puissance et r^ingcre, et ennemie de sa 
xapii^isQ^, fui le.prîqçip^l mptifqui le fit exclure du trône, oùt 
U^oidelasuceçssianV^PP^Wtaprèsla mort du roi Louis Y, sooi 
i^yçt^ t pour yj^^^c^K , dans la personne de Hugues Capet , ua 
-prince qui n'ét^ait, pas de (a ràe^ de Charlemagne. Peut-être 
^éanapfioir)s eût-il cnçipéché çeU^ flçction , s'il eût été plusdilit 
ge^t à fair^ v^qir sçf^ droits : m^i$ elle était faite , et même à 
spn i];^^! Ipr^qvi'il délibérait cpcpce sur le parti qu'il avait 4 
pre||)4r^* ^- sy^'E^I ^pp.ri^, i\ prit aussitôt les armes pour dépos— 
sé4^r ^n i^ival. Ses premiers efforts furent heureux. S'étant 
rencjl^ ip^tt^e 4^ t^on « il y Q^ pr^^nniers la reine Ëmtne, sa 
lielle-soeuc €^\ s2| morielU epneipi^ , et l'évêque Adalbéron , dit 
au^si ^scçlii^^ entièrement dévoué à c^tte princesse. En vaii\ 
l'impérf^çicf^ Thés^phanip., ïn.èr-e de l'empereiir , lui écrivit-, 
elle pour dem^K^^c \^ 'délivrance (\e la reine ; en vain les év^.quea 
<^ ffrancç s^^ntéx^ssèrêr^it-i^ et pour cette princesse et pou» 
leuc ce^ifrèrç : i) fut ^çiurd à toutes les sollicitations » et brava 
n^êmç Texcoi^munication que plusieurs de ces prélats fulmi- 
nàvent çontr^ lui tant pour ce fait que pour jesî pillages que sea 
txQv^pes e](çrç£|icnt sur les terres de différentes églises. IL croyait 
avoir surtout k s^ plaindre d' Adalbéron , archevêque de Reims , 
pour avoir prêté son nvinistère poi^r le Siacre de .Hugues Capet. 
Kpv^ savons la réponse qu^ £t ce prélat k la lettre qu^ Charlea 
l^ui ay^it écrite à ce stijet. << Qui ^taii^-jo, lui dit Adalbéron, 
>t ppur pser ^ipi seul çatrepr^ndr^dçdoi^nci^ un monarque ^ux 
^ Français ? C'est ici upe ^ffi^ire publique el non particulière. 
ii Yqus n^e reg^rde^ cpmmç l'ennemi de la maison royaU* J^ 



BÏS DUCS BlE lÔTHlER ET DE BRABANT. 77 

I»' J^rends mon rédempteur à Lémotn que je n'ai aucutie haine 
» contre cite... Vous me demandez mon amitié. Plût k Dieu 
j» que rhouiiéteté me permit de m'employer utilement pour 
j» votre service! Car, quoique voiis ayez ravagé le sanctuaire 
>» du seigneur , quoique vous ayez arrêté ia reine contre le ser- 
j» ment que vous lui aviez fait, que vous ayez mis en prison 
» Févêque de Laon , et que vous comptiez pour rien l'anath^rae 
» dont les prélats vous ont frappé...:. , je ne puis oublier Tobli- 
» gàtion que je vous ai de m avoir garanti des hostilités dont 
»» j*étais menacé. » ( Bouquet , tome X , page 3i^4' ) l^endant 
^ue^ cela se passait en-deçà de la Seine , Hugues Capet était 
au-delà de la Loire occupé à réduire le comte de Poitiers et 
d'autres seigneurs qui refusaient de le reconnaître. Apr^s avoir 
terminé cette expédition avec autant de célérité que de succès, 
il vole avec âon armée victorieuse à Laon , dont il fornic le 
siège à son arrivée. Le due Charles, qui s,'y était renfermé , dé- 
fend la place durant six semaines avec la valeur d^un héros. Ré- 
duit à i'exlrémilé, il fa^it une sortie si heureuse, que Hugues 
^ut à peine échapper, après avoir vu passer au iil de Tépée 
une grande partie de son armée et les tentes brûlées dans plu- 

' sieurs de ses quartiers. Ce revers , quelque grand qu'il fût , ne 
fit néanmoins perdre à Ilugues aucun de ses partisans. II cher- 
cha à en acquérir de nouveaux , et crut s'en être fait un dans' la 
personne d'Arnoul , fils naturel du roi Lolhaire et neveu du 
duc Ctjarles , en lui coiiférant l'archevêché de Rheims : ce 
siège vaquait alors par la mort d'x\dalbéron, arrivée le 5 Janvier 
g8i5. La politique l\»t trompée en ce point ; Arnoul, loin de lui 
être fidèle , comme il l'avait promis, livra la ville au duc, son 
oncfe. Mais Charles fut trahi à son tour par Ascelin , évêcjue: 
de Laon. Ce prélat, gagné par Hugues Capet , lui ouvrit une 

• des portes de la ville la nuit du jeudi saint, a. avril 991 , l'in- 
troduisit dans son palais , et le rendit maître de la personne de 
Charles et de toute sa famille , qui n'étaient occupés que de la 
dévotion du jour. On les conduisit aussitôt à Senlis , et de là 
dans la tour d'Orléans,' où ce prince finit ses jours, non lam«ine« 
année, mais la suivante au plutôt , comme le prouvent, contrfr 
Sigebert » tes continuateurs de D. Bouquet (t. X, p. iiB, n. ).. 
Xe P. Papebroch prétervd même, fondé sur une inscription 
trouvée daus k dernier siècle à Maestricht , que le duc Charles 
mourut en cette yiile, et y fut inhumé, l'an loqi , après avoir 
renoncé à son droit sur ta couronne de France: {Poraliffom, ad 
Conai, in Catalog, rùman pp, , p. 67. ) Charles avait épousé , »•. 
BOiiïNE , fille 'd«4 riiculn , duc Je IVfoselta^^ , dont il eut OHor, 
i^\i\ suit, et,deui^ filles mentionnée» ci-après ; st^^ Agnes, fitle* 



7* eiIROKaLOGI£ HISTORFQUE 

d'Herbert II , comte de Troyes. Il eut, de ce dernier mariage^ 
Louis et Cl 13 ries, qu'on croitnés dans sa prison, et qui sont appel- 
les jumeaux dans la chronique de Guillaume Godel. (Bouq., t. X^ 
page 259.) Ces deux ehfapts, après la mort de.leur père , furent 
recueillis par Guillaume III (et non lI,1:omme on l'a dit ci-% 
devant), comte de Poitiers, qui prit soin de leur éducation, et 
les fit reconnaître pour rois de France dans les parties cho- 
l'Aquitaine qui dépendaient de lui ; comme on le voit par la > 
date" d'une charte du cartulaire d'Uzecche ,. en Limosin , qui ' 
porte : Anho Incarnat. Dominl ^y ni (D. Mabillon lisait Mix).». 
régnante Robertq et Ludoifico et Carlomo» (Blondel, GeneaL franco 
plenior assert, , p. Sy. ) Mais on ignore , ou du moins on ne saife 
point avec assurance ce qu'ib devinrent depuis cette époque^ 
Parlons maintenant des deux filles de Charles. Gerberge^ l'aînée,' 
épousa Ivambert, comte de Louvain^ et Jîlnnengarde, la se-r^ 
conde, devint femme d'Albert, comte de Namur. ( Voyez les^ 
artwies de leurs époux, ) 

OTTON. 

Otton,, fils du duc Charles et de Bonne , fut donné pour 
successeur à son père dans la basse Lorraine. Il mourut, l'an^ 
iofi>5 ( SIgebert ), sans laisser de postérité. Ce fut, à ce qu^ 
prétendent quelques-uns , le dernier mâle de la racé de Char-' 




portion 

plusieurs chroniques , fut Bruxelles , avec, quelques lieux aux 
environs de Vilvordè , Tervurcn , une partie du bois de Sogne. 
On ignore quelle fut la part d'Ermen garde., 

GODEFROÏ III. 

y ioo5. GoDEFROi , fils de Godefroi l'Ancien , comte en 
lArdennes et comte de Verdun, que le P. Barre 'dit sans fon-, 
dément avoir été adopté par Otton, fut donné pour succès-* 
seur à ce duc , par l'empereur Henri II., à la recommandation 
de Gérard , évoque de Cambrai , suivant Balderic , ou Baudri ^- 
let reçut de ses mains l'investiture. Il était pourvu dès-lors ^ 
par la disposition de son père , de la terre d'Einham , et dq 
plusieurs, auties domaines de sa maison, situés dans le Bra*-. 
Bant ; ce qui avait déjà fait naître des querelles entre lui e^- 
I^ambert , comte de Louvain. Cet accroissement de fortune^ 
ifi-ila d'autant, plus Lambert contre Godefroi ^..qu'étant beau- 
frère d'Otton^ il Vimaginait avoir plus ^e droit qu'un étjrapgeo 



x 



DES DUCS DE LOTHÎER Et DS BRABANT. 79 

i sa succession. Albert , comte de Nainur , également beau- 
frère du feu duc, se joignit à Lambert pour faire la guerre 
^ Godefroi , dans l'espéra nce de partager entre eux le duché 

Su'il avait obtenu à leur préjudice, Baudouin le Barbu ^ comte 
e Flandre , s'étant emparé de Valenciennes sur le comte Ar- 
noul, l'«mpereur de qui Arnoul avait reçu cetle place ^ vient 
^'Cn faire le siège , qu'il est obligé de lever, il revient k la chargé 
l'année suivante; et, par les ravages qu'il fait sur les terres de 
-Flandre et les otages qu'il emmène , il force Baudouin d'éva- 
cuer cette forteresse. Mais quelque tems après , voulant se 
4'attacher , U la lui rend pour la tenir de lui en fief, ainsi que 
Tîle de Walcheren et d'autres de la Zélande. Godefroi qui 
avait élé de ces expéditions, fit, en 1012, le siège du château 
de Louvain , devant lequel il échoua par la brave résistance du 
comte Lambert. Fier de cet avantage , Lambert porta le ravage 
sur les terres de Godefroi. Celui-ci avait alors sur les bras un 
autre ennemi dans la personne de Gérard comte d'Ëgisheim , 
«n Alsace , dont l'esprit inquiet et remuant causait beaucoup 
fie troubles dans l'empire. Godefroi le surprit, l'an 10 14 (Dit- 
mar dit en 1017), dans le tems qu'il exerçait ses brigandages, 
lui tua trois cents hommes et mit le reste en fuite. Conrad ^ 
xiepuis empereur , qui était avec Gérard , fut du nombre des 
blessés ; et Sigefroi , fils unique de ce miême Gérard , fut pris 
avec beaucoup d'autres , en fuyant. Le duc , si l'on en croit 
Baudri , ne perdit que trente hommes dans cette affaire. (^Chron. 
Camer* , 1. 3 , c. 5. ) L'année suivante, il mena ses troupes sur 
les terres de Rainicr V, comte de Hainaut, grand partisan du 
comte Lambert son oncle, qui ne tarda pas de voler à son 
Recours. Les deux comtes s'étant mis aux trousses du duc , le 
rencontrèrent dans les plaines de Florènes, et engagèrent aus- 
sitôt le combat le 12 septembre loiS. Quoique supérieurs à 
l'ennemi par le nombre ^ils furent battus , et Lambert perdit 
la vie dans le combat. 

L'an 1618, Godefroi fut chargé par l'empereur de marcher 
contre Thierri III, comte de Hollande, pour l'obliger à dé- 
truire le fort de Dordrecht sur la Merwe, qui nuisait au com- 
merce par les gabelles qu'on y exigeait des marchands. Les 
archevêques de Trêves et de Cologne , et les évêques de Liège 
et d'Utrecht , lui ayant amené leurs troupes, il se trouva supé>- 
rieur en forces à l'ennemi. Le sort des armes, malgré cela, nd 
lui fiit pas favorable. Vaincu dans un premier combat , donné 
le II juillet loi^, il en livra, le 29 du même mois ,' un se- 
cond qui lui fut encore plus funeste. Au moment que l'action 
commençait , ^on entendit aux dernières lignes de l'armés des 
confédérés , une voix effroyable. C'était j suivant Alpert , celle 



8o CHROl^OLOOIE HIST0RIQI7B 

d'un traître , qui criait : Suui>é^ sauve qui peut ! tout est perdu ! 
ie duc a pris la fuite! h^s soldais effrayés aussitôt se ilébandent 
€l fuient à toutes jambes* Le duc n^en put retenir auprès dç 
lui qu'un très-petit nombre, avec lequel il se défendit contre 
rennemi qui Tenveioppait. Mais à la fin , accablé par la mul-r 
iitude, et blessé considérablement^ il fut contraint ue i^e rendre. 
^ Voy, Thierri 111 , comte de Hollande, ) La captivité de Gode- 
froi ne dura que peu de jours. Thierri lui rendit la liberté 
à condition qu'il travaillerait à sa réconciliation avec l'empe- 
reur^ et engagerait les confédérés à mettre bas tes armes. Il y 
réussit; mais l'évéque d'Utrecht fut obligé d'abandonner à 
Thierri les terres de la Zuid-Hollande , qu'il ayaitusarpées s0r 
son église. ( Ditmar , t. I , Scriptor, rtrum Brunsivic. , p. 4^^ • 
Alpert, de diversit, temp, apud Ecccwd. corp, kisl., pp. i i«S • i :£o. ) 
L'an 102H, Godefroi lut du cortège de l'empereur Henri lll, 
à la conférence qu'il eut à Ivoi , dans le Luxembourg , avec 
Robert , roi de France, et eut l'honneur d'offrir à ce prince ^ 

}es présents que l'empereur lui faisait. {ChroA. Camerac, yC^est 
e dernier trait connu de àa vie, qu'il ne prolongea pas au- 
delà du milieu de l'année suivante , puisqu'il était alors rem- 
placé y coinmie on va le voir , par son frère. Il ne paraît pa$ 
qu'il ait été marié, du moins on ne lui connaît ni femme 
ni enffaiits. 

GOTHËLON I, DIT LE GRANI>. 

10^3 au plutôt. GoTUËLON , marquis d^Anvers depuis VaUfL 
1008, et peut-être auparavant, fut investi par l'empereur 
Henri II, du duché de la basse Lorraine, après la mort d^ 
Godefroi ilî , son frère. L'an 1024, après la mort de Henri ^ 
il assista à la diète où Conrad le Salique fut préféré à ua 
autre Conrad plus jeune que lui , $i>n cousin et son compéti- 
teur pour le trône de Germanie. Cette élection n^ayant pas été 
de son goût , il engage l'archevêque de Cologne et quelqiues 
évéques de la basse Allemagne , ainsi que Frédéric , duc de 1« 
haute Lorraine , et le comte de Hainaut , à ne point le recpn^ 
naître. Le roi de France , Robert , voyant l'occasion favorable 
pour recouvrer la Lorraine, entra dans ce pays sous prétexte 
de seconder Conrad le Jeune. Mais Conrad .1« Saliqu« fit aux 
s^eigneurs lorrains des propositions si avantageuses , (qu'ils les 
acceptèrent, et, par leur soumission, obligèrent le roi àt 
France à s'en retourner. Gothelon s'insinua depuis si' avant 
dans les bonnes grâces du roi de Germanie, qUe le duché de 
la haute Lorraine étant venu à vaquer par la tnort de Fré-^ 
déric , il l'obtint , et foi ei) mém« tems chargé de» la tuit6|l«i 



; en 



Aèl àétix prificesses, filles die ce duc. Les deux Lorfaines tëunîes 
dans la main de Gothelon , le rendirent un des plus puissante 
princes de son tems. L'an io'6*j , Eudes, comte de Champagne, 
qui prëtendait en itiême tems au royaUTtié de fiourgogne et 
à celui de Lorraine, étant venu mettre lé siège oevant lé 
^château de Bar, dont même il s'eiiipara, selon Raehil Glaber» 
tîotheion marcha contre lui en ditigencë , accompagné des 
évêqces de Metz et db Liège, du cotnte de.Naratii*, et pré- v 
HCédé de Gpdefroi , son fils. Le^^ armées edùemi|$ s'étant trou- 
Tées en présence dans un lieu ndmmé ïf ofnoi ^sur la ' fîvièr^ 
â^Oirpe, dans le Barrois, on en i'iot à une sanglante bataille, 
le 23 novembre , sdivant Jean dé Bayoù , ié i5 du fnâme mois 
«elon les chroniques de Labbés et d^Hnonè , où de Saint- 
Amand., Eudes la perdit avec la vie; et GotHelbri, en signe 
^ la victoire, edVoya son' Cachet à Temperetir^ ijui était alor4 
Italie. A Tarticte de ce duc , f^afrmî les cortites dé Verdun ^ 
nous parlons de la maniéré violente dont il s'y brit.pour se 
f émettre en possession du comfé dé^tte ville, c'edé pi^r Fré- 
idéric, son frèré^ à TévÔqûe diocésain.- L^ïri r 643, suivant Al- 
gérie de Troi^Fontaines,» ou iô44f Suivant 'la chronique dé 
Saxe , Herman le Contract , Lambert d' Ascha,âéi][ibQurg^ et la 
chronique de Lobbes, Gotheloifi itieurt , laissant de sa fèmiz^e» 
dont on ne connaît ni le.noni ni la naissance, trois fils et 
iutant de filles. Les fils sont : Godéfroi , Gothelon et Fjrédéric^ 
Ce tlernicr , après avoir été moine, pilis abbé de Mont-Çassin^ 
devint pape sous le nom d^Elienne fX. A Té^vd des deux au^ 
£res, Gothelon, avant sa mort, obtint de l^empéreur HenVilIÏ» 

?ue Fatné lui succéderait au duché dé la basse Lorraine', el 
autre à celui de fa haute. Ode, rainée, à ce au^qn crpit^ des 
filles de Gothelon 1 , fut iftariéé à Lambert II ^ comte' de Lou-? 
Vai<u; Bagetinde, la seconde , devint femme d^Albert II , t^omtjtf 
de Namur ; et Mathitde , ta troisième , inconnue aux modernes, 
«lais constatée par la chronique de Lobbes , eut povr époux ,, 
Henri , dit le turteux , comte palatin d^Aix4a-Çhap.eile ^ qui lai 

tua dans un accès de fblie. • , 

■ * j . . . '? . \ 



GODÈFROI IV^ pw JLE GRAND, 1% HARDL :èt JL^ 




1Ô43 cia iiff44^'6oî)EFh'ôi^"fils atné de Gothelon I et son 
collègue pendant pluisieiirs années dans le gouvernement de^ 
deux Lorraines , ne fut pÂ$ content du duché de la ba^se , que 

igréineht, dfe l'empereur Henri ÎII, Itiî avait 



sDYipère, avec l'a^ 

Issigné par son testai^ent. Il voulut y joindre encore le duché 
e la 4)âtité* Lorraine^ qtii était le partage d^ Gpthelon, son 
XIV- li 



1 



trire ^ sAI&guant le peu de capacité de celui-ci, dans la deiiiaii£| 
^gu^îl en nt il Fempereur. Mais Henri , craignant de trop ac- 
croître là puissance de Godefroi , dont la valeur et rhaoileté ' 
é^étaient déjà signatées en différentes occasions, aima n^ieui; 
s'en tenir à ce que le père de ces deux princes avaient réglé 
touchant sa succession , et la haute Lorraine fut adjugée à Go« 
thelon. Piqué de ce refus , Godefroi fit alliance avec Baudouin^' 
ton parent, comte de Flandre, pour emporter de force ce 
qu^il ne pouvait obtenir de bonne grâce. Mais Herman , arche*. 
véqu^ de Cologne -, et Otton , son frère , comte palatin de U 
liasse Lorraine , s^opposèrent vigoureusement à leur entreprise* 
L^empereur marcha lui-même contre les rebelles, et prit 4 
Godefroi, Pan 1044) ^n de ses châteaux , nommé par M. Kre- 
taei {^ItUt, ies comtes de Sponheim) Bockelingheim. Cette 

fierté pe déconcerta point Godefroi. Ses amis , craignant pour 
ui de plus fâcheux revers , le pressèrent d^aller faire à l^m— 
Fereur ses soumissions* Il suint leur conseil. Mais Henri ne 
en tint pas quitte pour un compliment, et Venvoya pri- 
sonnier, Tan 1045, au château de Gibichenstein, sur la Sale. 
Uy resta près d^un an, et n^en sortit, en 104^, que pour 
aller de nouveau se jeter aux pieds de Tempère ur, dans la 
diète quUl tenait, aux fêtes de la Pentecôte, à Âixla-Chapelle« 
Ce fut alors que sa révolte lui fut pardonnée. Son gouverne- 
ment lui fut rendu en même tems; mais on Tobligea de 
laisser en otage | son fils , qui mourut peu de tems après. Go^, 
thelon , duc de \^ haute Lorraine , étant décédé sur ces entre->. 
faites , Godefroi fit de nouvelles instances auprès de Tempereur 

i>our obtenir ce duché, qu'il prétendait lui avoir été promis 
ors' de sa réconciliation. Mais elles furent inutiles , et Albert 
d^Âkâce , de la maison d^Ëgisheim , lui fut préféré. Rien ne 
put alors retenir son courroux. Mais , avant de se déclarer, il 
chercha à se renforcer par de puissantes alliances , et attira 
dans son parti , au printems de ran 104? , Baudouin de Lille ^ 
Comte de Flandre, son parent, et Thierri ,, comte de Hollande. 
L'empereur s^étant mis en miarche pour étouffer cette ligue 
dàDs sa naissance , Godéfiroi lui envoya des ambassadeurs qui 
Texcusèrent avçc tant li^^attifiçe, qu'il tourna ses armes contre^ 
le comte de ETollande. Mais comme Henri était aux mains 

£5C ce dernier , Godefroi leva le masque , courut le pays avec 
udpuin, et porta la mort et le fava^e par toute la Lorraine,; 
Csqu'aux bords du Rhin; toutes les places ouvertes devinrent 
proie de ses isoldats, et ensuite des (fammés, à moins qu'elles 
ne se rachetassent de ce malheur par de Targent. S'étànt em-:*' 
{yaré de Kimègue , il y brûla le superbe palais de Charfemagne ; 
et y te aS août de la même aiinée, U.fit éprouver, yît^ f^Ç'^^, 



BES DtCS DB tOtmtn ET Qt BltABiPT; ffil 

dort à la ville de Verdan fit à son église cathédrale^ doot^ 
>«]ivant Hugues de Flavigni» il pilla auparavant le trésor. Mait 
d'autres disent que ce trésor fut consumé parles flammes. Im 
coUre du duc venait , suivant Laurent de Liège , de ce que* 
Pempereur hiî avait ôlé le comté de Verdun pour le remettre 
à l'évé€|ue Richard , avec faculté d^en disposer en Êiveur de qui 
bon lui semblerait. C'était , aux yeux de Godefroi , une usur- 
pation de son patrimoine , parce due se^ ancêtres avaient au-' 
trefois' joui de ce comté. 11 réussit a le recouvrer , suivant cet 
écrivain ; mais il y a dans son récit des inexactitudes qui en 
affaiblissent Pautorité. Il faut 'nécessairement ^abandonner sur 
la dale de cet événement qu'il place en io49, ou méoie éri 
io5o; car il se brouille et ne s'accorae pas avec lui-môme.- 
Mais rien n'empêche de croire sur sa parole, que le duc eût > 
voulu épargner le» temples et surtout la. cathédrale. Nbu/i 
B^faésitons point non plus à dire, d'après lui. que Godefroi 
témoigna un vif regret de l'incendie de cet édifice; qu'aprés- 
4kvoir restitué à l'église de Verdun les terres qu'îl avait en- 
vahies sur elle et y en avoir ajouté d'autres pour la dédom^ 
mager en quelque sorte de ses pertes , il parut en public demi- 
nu et déchaussé, se traînant sur ses genoux, depuis l'extré-» 
xnité' de la ville jusqu'à la cathédrale , ou il reçut là discipline; 
qu^il racheta sa chevelure , que la pratique ordinaire iés péni- , 
tenta publics l'obligeait de couper, par une grande somme 
d'argent , qu'il donna à l'église ; que non content de la .faire ' 
reconstruire , du moins en partie, à ses dépensai! se mit au 
nombre des manœuvres , servant lui - même les maçons. La 
giienre cependant continuait toujours entre Godefroi et le duc 
Albert , son rival. C^lui-cî étant entré , vers le mois d'octobre ' 
>o4S, sûr les terres de la basse Lorraine, Godefroi tomba sur 
Imî dans le tems que ses troupes étaient débandées, et le 
lua avec tons ceux ae sa suite, qui voulurent &ire résistance,' 
L'empereur, irrité, dépouilla Godefroi du duché de la t)ass» 
Lorraine^ et le réduisit à $es biens patrimoniaux. 

FRÉD^IC DE LUXEMBOURG. 



pourvu 



Luxendxymrç, 



après la _ destitution de Godefroi. Geiui'-d, piqué, leva de»' 
troupes raanée suivante pour se venger. Mais aporenant que^« 
l'empereur venait à lui avec une armée formidbbte, accom-- 
p^gné du pape Léon IX et du roi de Danemarck , i) vient lo 
trouvera Aix4a-Qiapelle; et, par là médiatioa du {fâpe^ i£ ^ 



&&> . ^RONOLOGIfi BlSTOftlQUE 

fait sa paix avec 
lui rendit pas $an 

à la léie des trou pi , ^ • . ^ 

aller faire |a^ guerre aux Normands d^Italie. C^tle expèditioa 
1)6 fut pQint heureuse ; i^iais l^odefroi fut bien dédomniagé di» 
mauvais succès 4e ses armes par le mariage qu'il contracta 
dans, ce pays» sur la fin de l'an ia53, avec B^ATEi^v fiU«il 
de Frédéric II , duc de la haute Lorraine, et veuve de Bopiface^- 
comte de ^^qdèi^e ^t marquis de Toscane ^ I^ ]^qs.Tif:he prince 
d'Italie. jCette alliance alarina l'empereur, i (|ui on fit eatendrtf 
que Godefroi voulait par là s'éle\er à Tempire* Echauffé pat^ 
les discours dfî Tenvie, il passe les monts, au commencament: 
de Tan roSS, dansle dessein de- chasser dltalie le pié^endu - 
rebelle, et 4^ piAiir Béatrix de lui avoir donné sa main ^ ^iis*^ 
pect comme il é^it,. sans le consentement du foiiverain dont 
elle relevait. Oodefroi députe à l'empereur pour ie désabuseiv 
Qenri paraît se rendre^ ses moyens* de- justification^, daps' la- 
crainte qu'il n'aille se joindre aux Normands. Béatrix elle<*mém9. 
va le trouver pour lui faire l'apologie d^ sa conduite. lAmpe^ 
T^ur la fait arrêter, et l'emmène, l'année suivante, en Aile-t 
magne. Godefroi,' connaissant alors qu'il n'y a -plus de sdrelé 
pour lui en Jtalia, ^ retire danç les Pays^!^s, où il &it unA«, 
nouvelle ligue avec le comte de Flandre ^ pour avoir raisoii- 
(le l'insulte faite à sa femme. Us assiègent ensemUe, par aeip^ 
et par terrç, la* yille < d'Ànveis , où Frédéric^ diicde la basse 
Lorraine, instruit d^ leur deSseip, s'était jeté*. Mais» après, 
bien des efibrts, ils échouent devant cette place, et vont porter 
la guerre ailleurs. Lea: hostilités eistre l'empereur Henri 111,,; 
et ces- deux confédérés , durèrent tout l6 reste du règne de ce 
prince. Ce ne fut qu'après sa- mort que la pai« fi»f rendue à 
la ba^e liorraioe r dans la diète tenue, l-an io56)» à Cologne^' 
en pré^nce.du pape Victor 11. I^e comte de FUndre^t Gode^^ 
fcbi s'y rëcdtf) (plièrent par la médiation à» ce pan tife , avec le. 
nouveau roi de .Germanie , (ien.ri IV, qui rendit alorrs ik Gt>de-T 
froi , la marquise son épouse , avec laquelle il reprit la route 
d'Italie. Nous renvoyons. à l'article, des marquis et ducs de Tos* 
cane , ce qu'il fit en ce pays. Frédéric de Luxembourg , son 
rival, mourut au mois d^août io65 (et non en 1073, comme 
le marque Bertfaoliét) , laissant de Giftitbne£N, sa premtère 
épc4Lise, fille d'Iîiistache i, comte de Boulogne^ une filler* 
nommée Jijtiie, feipma de Waleràn , eemle deLimfaourg. L'en^ 
cien > htatoriea de l'abbaye de Saintr^^ubert, lut donne-^poor. 
seconde fèmnifif, las., dite aussi R'ABLIUDE, qni ee remaria^ < 
dit-il, .ail' çcMnmcAcettient de Tan xc66, avec Àibeti Ut« 
cf^inVe.^de f^ao^iK«; ■ ... 



1>ES DUCS BB XiQTlUEA. ET BB BBABAIIT. 8$ 

GQDËFROI LE BAlRBU, réUibli. 

i 

f o65. GoDEFBOi LB Babbu fut rétabli par Henri IV , roi de 
Germaaie ,. dans le duché de la basse Lorraine ; mais il paraît 
n^y ffjFt nsvenu quW 1069, lorsquHl se sentit attaqué de la,aia«v 
lagie dont il m^^iinit. S'étant fait transporter. d'Italie^ où il était 
^lorst à Bouillon,, pour y necouvrer sa .santé, il s^aperçut bientôt 
qu'il fallait song^^ Tautre vie. Thierri.,ai]4)é de Saint-Hubert, 
qu'il fit appeler, reçut sa confession # qu'il, fit en répandant 
beaucoup de Ur/nes« U voulut ensliite aller mourir à Verdun^ 
oa il rendit Tdme , en effet, U veille de Noël de cette mémd 
année, suivant Berthold de Constance. D'OnB, sa première 
fenu^^i il .laissa Godefroi , qui suit; Wiltrude, ou Weliga, 
femme d'Adalbert, comt^e de Calwe, morte en 109^, six ans 
avant.son époux ; et Ide , mariée à Eustache H , comte de Bou^ 
Ipgne, Le secondmariageide .Gîodefroî avec Béâtrix fut stérikSi» 

GODËFROI y , OIT LE BOSSU. 

• * . 

, 1069. Go]^£FBi>i , dit U Bossu , fut le successeur de Gode-* 

froi le Barbu, son pèr«, dans le duché de la basse Lorraine et 

le marquisat d'Anvers ; ainsi que dans/Ses biens patrimoniaux* U 

éiaitimarié, dès Tan 1063, à MATaiLD&, fille et héritière do 

Boiiiface., comte de Modène, et de Béatrix, marquise de Tos^ 

cane. Ju*an 107 1 , il prit les angeacontiv Aobert le Frison , tuteur 

de Thierri Y, comte de Hollande , dont il avait épousé la mèroi 

I^e sujet de cette guerre était la Hollande méridionale, <|ub 

r^éque d'Utrecht s'était lait adjuger par le roi de Germanie p 

Henfi ly 9 et qu'il avait transportée ensuite à Godefroi, dan» 

rjmpnisasnce de s'en mettre en possession. Godefroi étant entré 

en ce pays par le Bhinland , avec une armée où se trouvaient 

même des troupes impériales, prit plusieurs places qui, d'elles* 

mêmes , lui ouvrirent leurs portes , et s'avança jusqu'^ Leyde. 

I) était déjà maître de cette ville, lorsque Robert accourut de 

Flandre, pour lui livrer bataille. U b perdit, et fut contraint 

' d'abandonner tout le pays au vainqueur. Robert se relira à Garni 

a^âc sa femme et son pupille, Godefroi porta partout;, sansobs^ 

tat'le . s^ armes victorieuses^ U pénétra jusqu'en West -Frise, 

e| pilla tfiut le pays. Mais les Frisons, revenus de leur (>remière* 

épouvante, se laasemblèfcnt l'année suivante, l'invastik-ent dans ' 

AUmaer, dans le tems qu'il venait de congédier ses troupes* 

Le siège durait depuis neuf semaines, lorsque l*évdqae d'Utrecht 

vjnt à son ^ecpars. Jean de Leyde dit qoe les âptscopaux tooi-^ 

^èr(îut irvec tant d'impétuosité sur les assiégeaintii qnHU on ' 



W& CBB0N0L06IE BISTO&IQI72 l 

luerent huit mille et forcèrent le reste à repasser le Einhetn» 
Par cette bataille, Godefroi se trouva maître de toute la Hol- 
lande. Ce fut alors , suivant Heda , qu'il jeta les fondements 
•d^une nouvelle forteresse entre Ryswick et Ovérschicf , qui fut 
le commencement de Delft. Godefroi mit si bon ordre à tout 
dans le pays^ qu'il avait conquis , que peu de tems apirèis, il en-- 
treprit un voyage en Italie, pour engager Mathilde» sa femtne, 
i venir demeurer avec lui dans la Lorraine , où ses propres 
affaires et le services du roi de Germanie , auquel il était tort 
attaché , le retenaient. Matbilde l'avait quitté pour retourner 
dans ses propres états, et les semonces du duc, son époux, ne 
purent l'engager à quitter son pays nataL Elle voulut au con- 
traire qu'il vînt demeurer avec elle ; et , ne pouvant à scai tour 
le persuader , elle le laissa reprendre la route des Pays-^Bas^ A 
son retour, ayant appris l'élection de Grégoire Vil, faite le 
aa avril 1073, il écrivit à ce pontife pour l'en féliciter. Grégoire i 




qu'il lui devait. La-gi 
les^ Saxons révoltés. Godefroi courut au secours de ce prince, 
qu^on voulait détrôner. Mais , à son arrivée , ayàn.t été député ^ 
le ao octobre, au congrès de Gerstungen, pour discuter les 

Eriefs des Saxons, il eu fut tellement firappé, qu^apfès une déli- 
era! ion de trois jours, il entra dans i^ conjuration formée pour 
donner un autre chef à l'empire. U revint cependad^t , quelque^ 
tems après, de son illusion, et rentra dans le parti" du roi^qu'il- 
servit avec un nouveau zèle. Ce fut lui qui contribua le plus à 
la victoire' remportée sur les Saxoïis par ce prince , le8 , selon 
Berthold de Constance, ou le i3 juin 1078 , suivant l'annaliste 
saxon , à Langebsalz sur l'Unstrut. Elle' réduisit ces rebelles à 
demander la paix, qu'ils obtinrent à la diète tenue, aux fêtes de' 
Noè'l suivant, à Goslar. Godefroi ne s'y trouva point : il était «^ 
allé passer à Utrecht cette solennité. De là s'étant mis à par- 
cpurir la partie occidentale de ses <états , il fut assassiné dans 
Anvere , ou , selon d'autres , au château de Yberdingue , le 
'sS février 1076 (i), par le cuisini/er de Robert le Frison , ou 
du comte Thierri V. ( Voy. ies comtes de Hollande. ) Ce mal- ' 
heureux, nommé Gisetbert^ lui enfonça une lance dans les 
intestins, comme il satisfaisait un besoin qaturel. {Berfhold. 
Consùmt.) Godefroi survécut encore sept jours à cet accident ^- 
ei bxi porté à Verdun, pour y être inhumée Tous les historiens' 

y r ■ ' , ' " I . ■■■■'■■ I ■■ I ^^M— I n m il ■■ 1 ^1 M il» I II ^i^i^w— I I II II I I I j i II I II » 

(i) Voyez cette date évîdemmeîit prouvée par M* Kluît ( ffisK 
€iit* Cçmii^ Elffllawi* et Zeciofid. , tooi. i> part, a^ pag»57<-58»)- * ; 



DES DUCS }>£ LOÏHlEIt SX HS BtAB Al^. 9^ 

V^âccordeat à dij:'e qu'U reparait les dé&ats de soo, corpsf contre- 
dit >, par les qualités de son coei^r et de son esprit ^ dont ib font; 
le. plus bel éloge. Comcne il n^eut point d'enfants de Mathilde ^ 
'^ femme | il avait adopté Godefroi de Bouillon , son neveu ^, 
^ui viendra ci-après, Mathilde fit tous ses efforts pour fairQ 
exclure ce jeune prince de la succession de son oncle ; mais c^ 
fut en vain , comme la &uite le fera voir* 

CONRAD.. 

1076. ÔoNaAD, fils aîné de l'empereur Henri IV, né le 
i2, février 10749 fut nommé, en 1076, duc de la basse Lorraine 
par ce prince , oui donna, en même tems, le nïarquisat d'An- 
vers à (godefroi ae Bouillon, qui sqit. lAn 1093, séduit par les 
intrigués de la cour de Rome et les conseils de la comtesse 
Mathilde, Conrad se révolta contre son père , et se^ fit proclamer 
roi d'itajie par les troupes qu'il commandait en Lombardie* 
L^empereur alors , dit-on , le dépouilla du duché de la bassq 
Lorraine ; mais Sigebert nous apprend ^ue la chose était faitQ. 
quatre ans auparavant» 

GODEFROI Vï ^ mT DE BOUILLON^ 

io8q. 60DEFR01 VI, dit DE Bouillon, né l'an io6i,mar^ 
quis dTAnvers, fils aîné (et non puîné, comme le marquent les 
BoUandistes) d'Eustache II , comte de Boulogne , et d'Ide de 
Bouillon^ neveu de Godefroi le Bossu, fut investi du duché d^ 
la basse Lorraine , Tan 1089, par l'empereur Henri IV. C'était 
la récompense de ses services. Il en avait rendu de grands à ce 
prince, dans ses différentes expéditions, surtout à la bataille 
donnée, le i5 octobre 1080, coptre l'anti-césar Rodolfe, qu'il 
blessa mortellement d'un coup de lancje^^ ou du fer de l'étenclard 
impérial ^u'il portait, et au siège de Rome, en io83« Peu de 
terps avant son investiture , . il avait terminé la longue guerre 
qu'il avait avec l'évêque de Verdun, au su^et du cbmté de 
Verdun, dont ce prélat s'était remis en possession, après lamoxt 
de Godefroi le Bossu , qui en avait joui comme par droit héré^ 
ditaîre. L'évêque l^avait cédé depuis au comte de Namur ; mais 
Go(|efroi de Bouillon contraignit celui-ci de s'en dessaisir eu 
9ià faveur. L'an lOuS , ^yant pris la croix pour la délivrance de 
fa Terre-Sainte , il vendit , du consentement de sa mère , k 
Otbert, évêque deLiégé, son château de Bouillon, pour la 
somme de sept mille marcs d'argent, selon Ordéric Vital , de 
quinze cents marcs du même métal , suivant Albéric, de treize 
ffnU marc» d'argent et trois d*or , selon Gilles d'Ory^l, réser- 



ils ciiiimroxMiR totift^iûQtie 

Vant, fiéaniAciiin», la faculté de rachat à ses troiéptaâ prlMôbëf^ 
béritiers successils , suivant Nicolas de Liège. Otbert , poursuit 
Gilles d'Orval , fit d^autant plus volontiers cette acquisition , 
que le château de Bouillon l'incommodait fort pâff les exeursiontf 



que 



iV^équentea que Godefrot fàisaîl de le sur les terres de son église* 
Mais l'opposition quf se rencontre entre les récits de ces auteui^, 
par rapport au prix de* la vcmte, a flonné lieu 4 quelques oriti— 
ques ae la révoquer en doute, et cela , disent-ils, avec d'autant 
plus de fondement, que l<(»tt^e n'en 4i jamais été produit. Cette 
prétendue vepte pu engagère , ajoutent-ils , fondée uniquement 
flfur un bruit public , n^âtiratt-elle pas été imaginée d'après un 
acte par lequel Godefroi de Bouillon , se préparant au voyage 
de, la Terre-Sainte ,- avait mis les fondations faites par son aïeul 
maternel et par lui, en faveur de Tabbay^ de Saint^^Hubert, sous 
ta protection de l'église de Liège, contre tons ceux de sa famille 
ou antres, qui voudraient y porter atteinte? Cet acte existe dans 
les-archives de* l'église de Liège et dans celles de l'abbaye de Sain^-* 
Hubert. Mais il est si dilFérent de celui d^une vente ou d'utt 
engagement du duché de^ Bouillon , qu'il n'v a nulle apparence 
qu on ait pu les confondre. Quoi qu'il en sott, l'église' oe Liège, 
après le départ de^Godefroi, se mit en possessions de ce riche 
domaine, et s^y est maititanue ptendant piuMeuni^ siècles. Gode-- 
froi vendit aussi , dans le même tems, ses terres de Stenai et de 
MocMsaî., avec le comté de Terdmi, è ll'évéqoe de cette ville, 
vivant Albéric. On voit , néanihoins, par un diplômé de l'emr^ 
perenr Herfri IV , du mois de juin io8b, que l'église de Verdun 
était dè!^-lors en possession de Mouzai. Muni des sommes béces- 
«aires ponr son voyage, Godefroi partit, le iS août de la même 
année 1096 , à la tête d^une armée de dix mille chevaux et de 
Soixante et dix mille hommes d'rn&nterie , tous gens aguerria 
et la plupart choisis de la noblesse de France, de Lorraine et; 
d'Allemagne. I..es différentes divisions des croisés s'étant réu- 
ities en Bithynie ,' élurent Godefroi pour leur chef. Ce fut eil 
cette qualité qu'il commanda au siège de Jérusalem. Arum 1 100 
(lisez îogg), dit la chrotiique' de âiint^Pantalèon, Jerosoiyma 
' à Cknstlards rapitur^ Godeftiêo duce exerciium régente. Aprèar cette 
Conquête, Godefroi fut élu roi de Jérusalem, le a:5 juillet toQa. 
^ais il ne jouit de cette dignité , dont il ne prit pas même lé 
titre ni les ornements par modestie, que jusqu'au 18 juillet de 
l'année suivante , qui hH l'époque de sa mort. 11 n'avait point 
été marié. ( Voy. ies rois de Jérusaiem. ) 



HENftIL 
itoi' Bknri^ comte de Eimbour^, petit -^fili du duc Fré-; 



t^tS Durs &E LOTHIER £T DlJ BftABAlCr. S9 

Herîc, par Jutte , sa mère , fut nOinnié par TemfNïreiif H€nri IV , 
dans une diète tenue à Mayence ^ aux fêtes de Noël , pour suc- 
céder à Godefroi de Bouillon y dans le duché de la basse Lor* 
r.*)ine et le marquisat d'Anvers. Il prit le parti de so,n bienfai- 
teur contre Henri , son fils , roi ^de Germanie , révolté conirè 
lui y et ne Uabapdonna qu'à sa mort y arrivée le 7 août de Vaux 
iioG. Ce fut lui.qui> lie jeudi-^saint de celte année, pdit en 
déroute au pont de Viset , les. troupes que le jeune Henri avait 
envoyées pour assiéger son père dans Liège. Le prince rebelle , 
pour se venger de cet échec , et punir le duc de sa fidélité , 
le priva de son duché dans la diète de Worms , tenue à^ la 
Pentecôte suivante. ( Voy. les c&nUes de Limhour^, ) 

• GODEFROI VH , Dix LE BiVRBU , ou LE GRAND. 

iioG. GooEPjaoi Vil, comte de Louvain après Henri III y 
son frère, fut pourvu , pair le roi Henri V , du duché de I21 
basse Lorraine et du marquisat 'd* Anvers. Henri de Limbourg^ 
qu'il avait supplanté, s«mpara , Pan 1 107 , d'Aix-la-Chapelie. 
Mais Godefroi étant venu devant cette ville', obligea les habitants 
de lui en ouvrir les portes, aprèsavoir contraint son compétiteur 
de prendre la fuite. Depuis ce tems, Godefroi jouit paisiblement 
des deux bénéfices que l'empereur lui avait accordés : mais il 



le paya d'ingratitude. L'an .11149 ^^ concert aviec la plupart 
'des princes de l'empire, il se déclare contre son bienfaiteur ; et. 



^ 




malgré 

la résistance des habitants , et se retire après avoir abandoaaé 
au pillage des soldats, ce que les flammes avaient épargné. 
(Bouq., tom. Xlil , pag. 5g5. ) Un schisme s'était élevé oans 
l'église de Liège , entre Frédéric de Namur , et le prévôt Alexan- 
dre , son compétiteur. Le duc Godefroi se déclara ponr celui-<:i p 
et encourut l'excommunication du premier , dont il ne fut 
relevé qu'après sa mort, par Alexandre. Il abandonna. néan- 
moins celui-ci^, en 1 132 , pour appuyer l'élection d'Adalbéron , 
son firère. Après la mort de Henri V , Godefroi s'étant dé- 
*claré pour Conrad, duc de Suabe, contre l'empereur Lothairé, 
«celui-ci , l'an 1 128 , et non 1 laS , le dépouilla de son duché ^ 
qui fut donné à Waleran , qui suit. • 

WALERAN , ET LE MÊME GODEFROI LE GRAND , 

PREMIER DUC HÉRÉDITAIRE. 

^ iiaSt Waisraiv, comtç de Limbourgi J^s^^u ducti^ri^^ 
XIU. la 



• 



/ 

/ 




4fM[A on vient de parler, reçut de l'empereur Lothdire te duché 
de la baise Lorraine avec (e marquisat d'Anvers ; mais Gode^ 
firoi Vil se maintint dans une partie de ses états. On Tappe-» 
laxt ^quelquefois duc de Louvain , .parce que cette vîtle était 
ïe lieu de sa résiden^ce. C'est, ainsi qu'ri «st qualifié par le no^ 
taire Galbert , dans la vie de Charks le Bon , en parlant du siège 
d'Alost , que Godefroi vint iaire , l'an 1126 , avec tjuillaume 
Cliton , qui p^rit dans cette expédilon. L'an 1129 , Godefrot 
iîit excommunié par Alexandre, évéque de Liège , au sujet des 
déprédations qu'il exerçait sur les terres de son église. Pour 
flp'puy«r ces censures , ie prélat leva des troupes , et , assisté du 
duc Waleran , il vint met4re le siège devant le château de Duras^ 
C'était un fief d^ son église , dont il avait dépouillé le t:omte 
Gislebert, partisJin de Godefroi. Ce dernier, ajrant appelé 
Thierri , comte de Flandre , à son secours , vole à la défense 
de 'la place. Le combat s'engage le 7 août ; et le caroage fut si 
grand) dit Albéric, que, de part et d'autre , il'resta huit cent 
vingt- quatre hommes surda place , sans compter ceux qui pé-« 
rirent enfuyant. Mais l'éré^e remporta 4a victoire, sans cepen- 
dant oser continuer te siégô de Duras. L'an ii3r, Godefroi 
fonda pour des Prémontrés ^ près dé Louvain , dans son parc f 
mne aboaye qui en retint le nom. Deux ans après , il fonda pour 
Aes' filles une autre abbaye, près de Bruxelles, dans son allea 
de Bigarden. Vers le même tems , il prit les armes contre Gis- 
lebert, comte de Duras; et, quoiqu'il les ait mises bas presque* 
aussitôt, ses troupes néanmoins causèrent de grands dommages 
à i'abbaye de Saint-T«ron. C'était pour' la quatrième fois, dit 
l^a^ié Hodulfe , que ^, dans l'espace. de vingt-six ans , le duc dé 
Jjûiuvain avait dévasté son monastère ou ses dépendances. L'an 
xt36, il eut guerre avec Godefroi, comte de Namur, pour 
l'élection d'un abbé de Gemblours. Waleran étant mort l'an 
1 139 , l'empereur Conrad 111 rétablit Godefroi dans tout lé 
duché de la b!asse Lorraine. Celui-ci termina sa carrière le 
JÔijanviâr de l'an n 4<> 9 ^^ f^ enterré dans l'abbaye d'Aflflighem , 
dont il était le bienfaiteur. Il est regardé comme la tige deSi 
duos héréditaires de Brabant (le premier cependant qui en ak 
pris le titre , est Henri k Guerroyeur ) , et à cet égard , il doit 
Itre appelé Godefroi i. Id£ , fille d'Albert UI , comte de Na- 
inur;, sa ^première femme y lui donna, deux fils ' Godefroi , son 
successeur, et»Henri , moine d'Afflighem , l'an r ii^4 &" plutôt,) 
avec trois filles , Clarisse , qui mourut vierge , Adélaïde, mariée 
à Henri 1 , roi d'Angleterre , et Ide , femme , à ce qu'on croît , 
d'Arnoul 1, comte de Clèves. Clémence os Bourgogne, sa 
seconde femme, veuve de Robert 11, comte de Flandre, fille 
4t Guillaume k Graod , comte de Bourgogne (mariée ver^ l'an 



i^iaoy, lui d^ima'un. fils, nommé Jose^lin , qui épousa^ en Anr 
^eterre^ Afia^. fiUe de Guillaume Pcrcy, et sorvécat à sa mère» 
Clémence nnUaes {aursy sumni Ipérhis^ en ii3^) et non pat, 
en iis^^y comme Pavanoe Meyery et fîit enterrée à Bourbourg;|, 
ddfi& un monastère qu*elle avait fondé Tan ti)»2. 

GOI>ËFAOl II ( VIU) , stranoMMÉ LE JEUNE ^ 

•BCOKB BOe SÉfiitimAïaE, 

• I t4o. GoDfiFAOi' Il , fils de Godefiroi le Grand , lui soccédé 
dans le duché de la bas^e Lorraine , le marquisat d'Anvers et le 
^omié de liouvain. Henri, comte de Limbourg, fils de Waleran^ 




laissant de J.|}>rGA]ii>B , son épouse, belle -sœur de remnereuf 
Coqrad , III«. du nom 9 deux Bis : Godefroi , qui suit ; Albert ^ 
comte de Moha et de Oagsboiurg ; avec une fille , Lutgarde , 
C^mme de Thicrri «comte de Hochsiadt. ( Voy. Henri II , eomU 
de JLimbaurg^y 

eO0£FR0I Ili (IX) , BIT LE COURAGEUX. . 

1 1 43^. GoD^?ROi UI , fils de Godefroi le Jeune , lui succéda 
à Tâge de disp^sept ans dans ses états. Il hérita d'une guerre 
commencée par son père , verà Pan 1 i40f contre Gauthier Ber* 
4hout • avoué de MaltoeS', et Gérard , sîre de Grimberg , qui lui 
refusaient rhommage. £lle dura près de vingt ans , pendant 
lesquek on ne vit dans le pays que pillages, qu'incendies, que 
massacres exercés de part et dWtre,'L'an 11S9, Godefroi vmt 
assiéger le château de Grimberg ., le prit en jpeu de tems , le 
I'^ octobre , y mit le feu , et le détruisit de tond en comble : 
c'était la plus mrte place du Brabant. Alors Gauthier Berthout 
jet Gérard, se voyant abandonnés du comte de Flandre, qui les 
avait appuyés jusqu'alors , prirent lé parti de la soumission. 
jÇ^Auct Jfjj/ligh. y Godefroi , dans le même tems , soutenait, le 
poids d'une autre auerre , que son père lui avait encore trans- 
•ipise , contre llenri U, comte d^ Limbourg , qui lui disputait 
.son duché. Elle fut terminée, l'an ii55, parle mariage de 
Marguerite , fille, du coipte , avec Godefroi. ( Fo^. Henri II ^ 
4:onïté! de Limbourg. ) Le duc de Brabant joignit ses armes , Tan 
Il 66, à celles de Philippe d'Alsace, collègue de Thierri, son 
père, dans le comté de Flandre , contre Florent lil, comte de 
Hollande. Il fgt attaqué, Tan 1 170, par Henri l'Aveugle, comte 
M NaïK^r et de Luxembourg , sou oncle maternel , qui le battit 



gi etfnçiTOLOGiE historique 

à Carni^re , près de Trasîgnîes. (Voy. Henri Vj1veugî&.') L^ait • 
n83, il se ligue avec le comte de Flandre, contre le roi dtf ^ 
France et le comte Je Hainaut. Ce dernier, l'an 1 185 , vient 
au secours du comte de Namur, attaqué par Godefroi, et-fiiit ' 
le dégât dans le Biabant. ( Voy. Baudoin V, comte deHaînauU) 
L'abbaye de Gemblours avait été fondée vers le milieu du dixième 
siècle;, par uni seigneur puissant, nommé Guibert , en pleine 
franchise pour ses dépendances comme pour elle-même ; mais 
la négligence de sqs avoués , avait cjpnné depuis libre carrière à^ 
ceux qui dominaient dans le pays , pour la fouler et l'oppririier 
en différentes manières. Le cfùc Godeftoi , sur les plaifites qufe 
l'abbé Jean lui porta de ces vexations , fit expédier , l'an 1 187 ». 
une charte , par laquelle , du consentement de Henri , son (ils 
et des nobles qui composaient sa cour , il rétablissait dans soii- • 
ancienne liberté l'abbaye, et abolissait la main-morte qu'on y 
avait établie, avec menace, contre les contrevenants, de les 
faire excommunier. (Foppens, tom. LV. pag. 2i5.) Le terme 
des jours de ce prince arriva le 10 août 1 190 , dans la soixante- 
quatrième année de son âge. Sa sépulture est à Saint-Pierre de 
Louvain. De M argue air k, fille de Henri II , conâte de Lim- 
bourg, morte entre 1 171 et 1173, il laissa Henri, son succes- 
seur , et Albert , çvêque de Liège. Imaine DE Loss, sa seconde 
femme, lui donna Guillaume, sire de Perweys, et Godefroî 
de. Louvain. Après la mort de son époux, S'étant retirée dans 
un monastère, près de Cologne, elle devint abbesse de Sainte- 
Catherine d'Eisenach , en 1214. Ce fut le duc Godefroî qui 
fonda*. Fan 1184 , la ville de Bois-le-Duc, au milieu d'une 
forêt qu'il fit défricher. Godefrldus dux^ dit Un ancien chrono- 
graphe , è syhafecit oppidum. 

HENRI I (II), uiT LE GUERROYEUR. 

1 190. Henri I , fils et successeur de Godefroi le Courageux, 
avait élé associé au gouverrtement par son père, sous le titre de 
comte de Louvain , dès l'an» 1 173. Ce fut avec cette tjualilé qu'il 
accompagna le roi Louis Ifc Jeune, en 1179, au tombeau de' 
saint Thomas de Cantorberi. L'an n83 , il partit pour la Terre- 
Sainte , avec des troupes d'élite , pour remplir le vœu de la 
croisade; x]ue son père avait fait. On n'a pas de détail sur les 
exploits qu'il fit dans cette expédition, x\\ de date précise de 
son retour. L'an H91 , après la mort de Philippe , comte de 
Flandre, il prétendit lui succéder, en vertu de son- mariage , 
ccinlraclé, l'an 1179, avec Mathilde , nièce de ce comte, et 
fille dti Mathieu d'Alsace, comte de Bpulogne. Mais Baudouin, 
son compétiteur y engagea le i^oi de France, dit Aibéric, à 



bES DUCS DE LUTHIER ET DB BRABANT. ç3 

Pjppât de cioqinille marc» d'argent quMl lui offrit, à faire dé- 
sister Henri de celle prétention. Celui-ci , Tan 1 194^ reprit les 
armes contre ce même Baudouin , sous prétexte d'appuyer 
ilTiiierri de Bevern , qui, du chef de sa ôière, prétendait au 
comté d'Alost. Il, ravagea le Hainaut , et Baudouin lui rendit 
la pareille en Brabant. Un nouveau motif attisa 'le feu de cette 
guerre.r Henri l'Aveugle , comte de Namur, ligué avec le duc 
3e Limbourg et d'autres princes, pour reprendre le comté.de 
Mamur sur son /neveu Baudouin, comte de Hainaut, attendait, 
pour rexécution de son dessein , le secours du duc de Brabant^ 
dont les trêves avec Baudouin devaient expirer h l'Assomption 
de la Vierge. Mais Baudouin les atlaqua et les battit sur les bords 
de la Mebaigne, le i^'. août 1194 : événement qui, dans le 
même mois » fut suivi d'un traité de paix , où il était dit que le 
comte de Hainaut ferait hommage au duc de Brabant , pour le 
comte d'Alost. (Gilbert, Butkeus. ) L'année suivante , le duc 
Henri £1 une confédération avec le comte de Flandre, Baudouin» 
dit de Constantinople , (ils de Baudouin le Courageux, contre 
leurs. ennemis communs. L'an 1197 ^ il entreprit un second 
voyage à la Terre-Sainte. De retour l'année suivante , après la 
mort de l'empereur Henri VI, il se déclara pour Otton de 
Brunswick , qui disputait rEmpire à Philippe de Suabe , fils 
de l'empereur Frédéric Barberousse. Il eut ensuite la guerre 
avec Otlon , comte dfe Gueldre , et Thierri Vil , comte de 
Hollande, qu'il fit prisonniers, l'un et l'autre, l'an i2o:&. 
L'année suivante , il entre en guerre avec Louis III , comte de 
Loss , au sujet de certaines terres , et surtout du comté de 
Duras, dont ce dernier avait fait hommage à Hugues de Pierre- 
pont ^ évcque de Liège, au préjudice de la suzerain'eté que 
Henri prétendait sur ces terres* L'évéque vient au secours de 
son vassal. Après quelques hostilités réciproques, on fit, l'année 
suivante , une trêve qui fut ménagée par le comte de Namur. 
L'an iao4, le duc Henri quitta le parti d'Otk>n de Bruns\irickt 
pour se mettre dans celui de Philippe de Suabe, rival de ce 
prince, pour le tr^ne de Germanie , et lui fit hommage des terres 




Boj«ifarde, et l'autre à Baldereo, en Alsace, au tems de là ven- 
dange. Par les mêmes lettres, l'empereur lui assure la succes- 
sion au comté de Dagsbourg, au cas que le comte Albert, oncle^ 
de Henri , décède sans héritier en ligne directe ; et enfin , s'il* 
meurt lui-même sans hoirs mâles , il est dit que ses filles lui suc- 
céderont librement, etsans aucun empêchement, aux fiefs qu'il 



§4 âlBOCïOtOIS(I« DmK>lllQ9B 

tkM âe Fenipm : Ui fiih» mœ , si masculum IkBrtdem nevh 
habuerk , iafiuâis suis, iîi&è d tonquam mascuH succédant,, ( Vad-w 
dère, pdg. iSy.)' ^^^^ 121a, le duc de fii^abant eut une que-v 
velle plus directe avee le même prélat, par rapport au comt^ 
. de Moba , que le comte Albert de Brabanl avait légué à régUsO' 
de Liège , et que le duc Henri revendiquait , comme devant» 
hit' revenir à titre d'hérédité. Henri étant entré dans le Lié-»- 
§eoiâ y le 29 avril , se rend uvattre de la capitale , le 3 mai sui-r 
vaot , jour de rAscensico, et la pille durant six jours. L^évéque- 
qai s'était retiré à Uui , lance de là une excommunication contre- 
le duc, qui nVn tint compte. L'année suivante, le comte d^- 
Loe^ ayan4: amené au prélat des troupes», il livre bataille aa 
àiiCj ïe i3 octobre , près de Steppe , et remporte sur lui un^ 
victoire complète. Le duc alors fait sa paix avec Févéque, et 
veçoil son absolution. L'an iai4 9 il ^ déclare pour Frédéric ^ 
contre Otton, son compétiteur à l'Empire, et fait un traita 
d'ailiackce avec te roi Philippe Auguste, enUemi de ce dentier.. 
li^sn 12^9 , il accorde à la ville de Bruxelles divers privilèges ^ 
par une charte, qui est le plus ancien monument que nou% 
ayons en langue tlamande. (^Dii'œus^ Epilom, Hist, BrabaïUé 
pag. Il 3.) Ce prince ne cessa presque d'avoir les armes à la^ 
main , contre différeiils seigneurs , ses voisins ; ce qui lui 
mérita le surnom de Guemjyeur, Il mourut , le 5 novembre 
dtt l'an 1:235 « à Cologne, âgé de soixante-dix- sept ans, ea 
revenant de conduire Isabelle d'Angleterre à l'empereur Vrè^ 
déric 11 , qui l'épousa le 2a août. (Chron. ducum Braùctnt 
mdente Anton. Midtheo, ) Le corps du duc Henri fut transporté 
à Saint'-Pierre de Louvain,oii l'on voit encore son tombeau» 
De Mathilde, fille de Mathieu d'Alsace, comte de Bou-* 
logne, sa première femme, morte vers l'an lai 1 , il eut Henri ^ 
son successeur; Godefroi , sire de Louvain et seigneur de Marie , 
qu'il vendit , en 1 244 9 ^ Thomas de Couci , sire de Vervins ; 
llatrte , femme cle l'empereur Otton , IV , puis de Guillaume ^ 
comte de. Hollande; Marguerite, mariée à Gérard IV, fila 
d'Otton II , et son successeur au comté de Gneldre ; Adélaïde, 
femme , i®. d' Arnoul VI , comte de Loss ; 2*». de Guillaume X ^ 

. comte d'Auvergne i '6\ d' Arnoul, sire de Wésemael, maréchal 
de Brabant; et Mathilde, qui épousa Florent lY, comte de 
^ tioUande. Il est remarquable que cette princesse , en épousant 
i^'lorent , fut obligée de renoncer, par un acte formel , à l'iiéri^ 
tage de sa maison ; et c*est le premier exemple d'une semblable 
l^nonciation faite par une femme. Marie , fille de Philippe- 

' Auguste et d'Agnès deMéranie, que .le duc Henri épousa en 

^ secondes noces, le^ 32 avril i2i3, à Soissons, était veuve de 

'|^l\ilippe, coipte de JNaïQur : elle mourut le premier août lyftââi^ 



BBS DUCS ML L(ynil£R ET Dfe BRABANT. 9$ 

:a^rës avoir donné à ^on sedond époux deux filles : Elisabeth ^ 
tnarîée , i^. à Thîerri de Dinslaken , fib aine de Thierri Y, 
comte de Cl^ves ; 2^. à Gérard de Lkiibourg , dît de Luxem-^ 
bourgs sîre de Durbui ; et Marie , dont on ne ^ait que le nom. 
Leduc Henri I jouissait ^ dès i^an 1 191 , de l-avouerie de Saint- 
Tron-, qu'il transmît à ses descendants. 

HENRI H < 111 ) , DIT LE MAGNANIME. 

rsâS. Heichi h , fiis de Henri 1 , lai succéda. H se fit res-« 
pecter de ses voisins par sa valeur, et ménta famour.de ses 
Bujets par 'la douceur ^e son gouvernement. Le duc deBrabant^ 
BU rapport de l^athieu Paris, fut un des sept électeurs oue U 
pape-Innocent IV nomma , l'an 1245, pour procéder à I élec-* 
tion d'un npnvel empereur, après avoir déposé Frédéric II. 
Les iafutres étaient le duc d'Auîrîclie, le duc de Bavière, le 
duc de Saxe , et 1^ trois archevêques de Cologne , de Mayence 
«t de Saltzhourg. Ces sept électeurs , par la même ordonnance^ 
devaient sVssen^bter dans une certaine île du Rhin, dont ils ne 
pourraient sortir, ^t nul autre ne pourrait approcher, jusqu'à ce 

Su'ils eussent consommé leur élection. Mais ces dispositions 
u pontife demeurèrent sans exécution. Une dangereuse maladie 
dont il fut attaqué. Tan 1248, lui fit pré%'oir qu'il n'en re- 
tiendrait pas. <^ Prêt k paraître devant le suprême vengeur des 
» peuples opprimés, il craignit que la main -morte, sous la- 
» quelle ses peuples avaient gémi , ne déposât contre lui. Il 
H assemble sou conseil quelques jours avant sa-morl; il consqlte 
» ie^ hommes les plus'éciairés et les plus religieux de ses états; 
» et , d'après leur avis , il supprime la main-morte dans tous 
» ses domaines. H ne craint pas même de lui donner les noms 
» d'exaction et d'extorsion.,. Il s'efforça de réparer le tort qu'il 
• avait fait à ses peuples; et, peu ^ «outrent d'avoir • rappelé' 
» la liberté parmi eux , il voulut les dédognmager de ce qu'ils 
» avaient soufCert pendant ^u'iU en avaient été privés. Il or-^ 
» donna, par forme de restitution et d'aumône , une distribu- 
» tion annuelle et perpétuelle de cinq cents livres : somme 



» considérable pour ce tems-la. Sa prévoyance alla encore plus 

ueux affermir l'état de ses sujets , il défendit à 



» loin. Pour mieux 

M s%s baillis de s'écarter , dans leurs jugements , de l'opinion 
» des échevinsy ou scabins, et de leurs autres assesseurs, ne 
«voulant pas qu'ils substituassent l'arbitraire et la partialité 
M de leurs sentiments aux suffrages désintéressés des conseils 
» que leur associait l'ordre judiciaire. Il prononça même , en 
» cas de désobéissance à cet égard., dëk peines qui tombaient 
» également 4ur leurs personnes et sur leurs biens. » (M. Per- 



/ 



; 9^ CHRONOLOGIE HISTORIQUà 

j'ecîot, de Vétat cwil des personnes, etc. , tom. I, pag. 3y6, y 




lip()e , laquelle , en vertu de son contrat de mariage , devait , 
au cas que son père ne laissât point de fils , partager avec ses 
sœurs les biens paternels , secundiim jus et consueiudlnem Teuto^ 
niœ. EUe fit son mari père de. Henri, qui suit; «le Philippe, 
mort jeune ; de Malhilcle, mariée, l'an 12H7, à Robert, comte 
d'Artois , ffbve de saint Louis , et ensuite à Gui de Châlillon , 
comte de Saint-Pol; de Béalrix, femme, 1". de Hcnrî Ras- 
pon , landgrave de Thuringe ; 2«i de Guillaume de Flandre ^ 
de Marie , femme de Louis II , duc de Bavièn'-l)o.na\vert et 
comte palatin du Rhin. Henri épousa en secondes noces , l'an 
1289 ( ànfe bienrdufn , dit Albéric sur l'an 1241 ) , Sophie, fille 
de Louis IV , landgrave de Thuringe , et de sainte £lisabeih* 
Henri , dit l'Enfant , preitiier landgrave de H esse , et Elisabeth^ 
femme d'Albert le Grand , duc de Brunswick , furent les fruits 
de ce second mariage. ( Voy* sur Henri l'Enfant les landgraves 
de H esse. ) 

HENRI m ( IV ) , DIT LE DÉBONNAIRE. , 

1248. Henri III, fils aîné de Henri II, fut reconnu duc de 
Brabant après la mort de son père. .11 se déclara pour Guillaume, 
comte de Hollande, son cousin, compétiteur de l'empereur 
Frédéric II , l'aida a prendre Aix-la-Chapelle , assista à son 
couronnement qui se fit en cette vill<f, et fut mis à la tête, du 
conseil qu'on lui composa à raison de sa jeunesse (il n'avait 
que vingt ans. .) L'an iû5S , les habitante de Saint-Tron se 
voyant assiégés par leur éveque, Henri de Gueldre, contre le- 
quel ils, s'étaient élevés ainsi que d'autres villes du Liégeois ^ 
pour des exactions qu'il faisait sur eux , appellent le duc de 
Brabant à leur secours, comme leur avoué. (Butkens, pr, pag» 
940 I-'<^ duCî s'élant porté pour médiateur, engage l'évêque à un 
accommodement qu'il viole peu de tems après. Le duc, indigné 
de cette mauvaise iôi, vient à Saint-Tron et défend aux habitants 
de payer les nouvelles exactions. Il est alors excommunié par le 
prélat, sous prétexte qu'il avait envahi les communes {poseur 
f:ommunia)^ et qu'il ôtait les dîmes novales aux prêtres. (^1 
nwalia presbyteris anferebat. ) L'évêque, ayant obtenu du pape, 
l'an 1256, la permission d'imposer le vingtième au clergé de 
son diocèse , trouve encofe à sa rencontre le duc qui en appelle 
au saint siège de la butle du pape , comme subreptice. Après 
des menaces réciproques d'hostilités , oq fait un traité de paix 



là ittême année. ( Hocsem , G esta ponfif. Leod, lir. I , chap. 5;) 
Henri III fut un prince équitable ^ modéré , sans dmbttion. Il 
ëvait coi#;ouru , en 12489 à la chartç doAnée par son père pouf 
l'abolition. de la main-mortel dans ses domaines. Il fut toiijoul^ 
fidèle à rengagement c)uUl avait pris alors , et ne pensa point à 
faire revivre ce droit odieux, w On regrette seulement que , sui- 
j» vant les mœurs de son siècle ^ il se soit trop' abandonné à 
9 l'idée qùHl pouvait exiger arbitrairtement des prestations dft 
■* ses sujets , et disposer à son gré de leurs biens communs. 
» Mais , arrivé à cet instant où les grands comme lès petits 
» vont rendre compte de leurs actions à un juge incoriruptible, 
» il sentit que lé seul moyen d'obtenir le pardon était de ré-^ 
j> parer le mal* Par son testament , de l'an 1260 , il rétablît ses 
M sujets dans leurs droits primitifs ; il voulut qu'il/ fussent à 
» jamais exempts de toutes les prestations arbitraires , et qu'on 
» n'en exigeât aucune taxation extraordinaire que dans ces trois 
» circoitstahces : euerre à soutenir ^ enfant • à marier , iils ii 
* honorer de l'ordre de chevalerie. » ( M. Perreciot, j8W., 
pag. 378. ) * . ^ 

Le dut^ Henri III cultivait la poésie française , et Fauchét lui 
Attribue quelques chansons. Il Qiourut, le 28 février 1261 (n.st.% 
h Louvain , et fut enterré aux Dominicains de celte ville. AhîX^ 
son épouse ^ fille de Hugues ly , duc dfe Bourgogne , mortâ le 
â3. octobre 1278 , lui donna Henri ^ qui 9e fit religieux à l'abbaye 
de Saint^Ëtienne de Dijon , le i*'. octobre laliq; Jean^ qui suitj 
et Gôdefroi ^ sire d'Arschot ^ tuë à la fameuse baiaîUe de Cour« 
frai, le it juillet 1802; avec une fille ^ Marie ^ femme de Phi- 
lippe III, roi de France. Butkens lui donne pour fils naturel 
Gilles , fameux Capitaine qui se distinguai surtout en 1288^ à 
la célèbre bataille de Wœringen ; mais d'autres pensent, avec 
plus de fondement ^ qu'il était fils du duc Henri II. La dn- 
tbésse Alix « dont nous venons de parler^ avait une piété solide 
tti éclairée. Elle écrivait quelquefois à saint Thomas d'Aquin $ 
et ce fut à elle que ce saint docteur dédia son traité duGouc^- 
nemeni dupiinùén * 

JEAN ï , DIT LE VICTORIEUX. 

Vjtèi. Jëàiv I , second fils de Henri III , né l'an i25i , lui 
sSuGcéda , par les intrigues de sa mèl^ , au préjudice de Henri ^ 
son aîné. Ils étaient en bas âge , l'un et l'autre , sous la tutelle 
de cette princesse. Alix, trouvant plus d'ouverture d'esprit dans 
le prince Jean , engagea son frère aîné à lui céder ses droits 
sur le duché : cession quMle fit approuver , l'an 1 267 , après 
de longues coniestâtions ^ par les états tenus^ à Cortenbece^ 
XIV. t3 



ffl ^ CBaoïroLpôiE m^TORigut 

Hienii)^^^ persuasion de sa mère, alla eassite se faire moine' 
à Sabott-Etienne de Dijon. L^année suivante , au mois de juin , 
le âuc Jisan , étant dans sa dix-septième année , fait son entrée 
solennelle à Louvain, et prend en main les rênes du gouver-; 
Bernent. L'an 1277, la reine de France, sœur du duc Jean ^ 
accusée par Pierre de la Brosse d'avoir empoisonné le prince 
Louis , son beau-fils , pour faire régner ses propres enfants, est 
renfermée dans un château , tandis qu'on informe contre elle^^ 




réponses. 

au combat singulier , en présence du roi Philippe le Hardi 
4}uiconque ose apcuser la reine , la fait déclarer innocente sur 
ce que personne n'a la hardiesse de répondre au défi , et ob- 
tient que la Brosse , déjà détenu en prison pour d'autres crimes, 
soit pendu au gibet de Montfaucon. Mais ce prince et le comte 




[eur ville , dont avaient joui ses prédécesseurs. Il acquit , l'an 
1:^82, d'Adolphe, comte de Berg, le duché de Limboiirg ;> 
maiis Renaud ,coBite de Gueldre , qui avait des prétentions au 
duché, Tempéchad^en prendre possession. Guerreà ce sujetentre. 
les deux cpntendants. Renaud, se sentant trop faible pour se main- 
tenir, transporte ses prétentions à Henri, comte de Luxem- 
bourg. L'an ii(i8, le 5 juin, bataille de Vœringen , entre; 
Cologne et Nuys , où le duc , secouru du comte dq Saint-Pol , 
fut victorieux par la mort du comte de Luxembourg. Cette 
victoire, qui le rendit maître du Limbourg, lui causa tant de 
joie , qu'il changea le cri de guerre de ses ancêtres ( c'était 
LoovAiN AU RICHE DUC), et prit pour le sien, Limbouag a 
QUI l'a conquis. Les hostilités n avaient pas été continuées 
sans interruption , puisque nous voyons qu'en i285 le duc de 
Brabant accompagna le roi de France , son beau-frère , dans 
son expédition d'Espagne. L'an 1292 fut pour lui l'époque d'un 
accroissement d'autorité. L'empereur Adolphe l'établit avoué 
général et juge suprême dansles provinces situées entre la mer 
et la Moselle. ( Pfeffel. ) La passion de ce duc pour les exercice» 
militaires fut à la fin cause de sa perte. L'an 1294» Jean, étant 
à Bar , aux noces de Henri , comte de Bar , y jouta , le 3 mai , 
contre Pierre xle Beaufremont, et fut blessé si dangereusement 
au bras dans ce combat, qu'il en mourut la nuit suivante 
^elon Pierre à Thymol Son corps fut porté aux Cordeliers dé 
l^uxelles* C'était Tun des princes de son tems les plus magni- 
fiques 9 les plvis diserts y les plus braves , et les plus adroits dans 



; 



DES DUCS DE LOTHIEft £T DE BRÀBART. ^ 99 

le maniement des armes: Il s'était trouvé à plus de soixante^-dix 
tournois , tant en France que dans les royaumei voisins. Ce fut 
hiîy dît Butkeps, çuî premièrement mit en usance , qu'un prince^ 
seigneur , tant fût-il grand , ne pompoit mener au tournoi 4fue deUàs 
valets , afin de donner par ce moyen occasion aux chevalins de 
moindre rang de s exercer aux armes. Il avait épousé, i^. T^ 
1269, Marguerite, fille de saint Louis, qui lui appointa en 
dot la sommé de dix mille livres , et mourut en couches Tan 
1271; 2<>. Pan 1273, Marguerite, fille de Gui, comte die 
Flandre (morte le 3 juillet j 286 ), dont il laissa Jean,:soit 
successeur; Marguerite, femme de Tempereur Henri VII*; et 
Marie \ qu^Amédée Y , comte de Savoie , épousa. Il eut aussi 
quatre bâtards ; Jean , sgrnommé Méeuwe,-sire tie Dong^lberg ; 
Hanekin , ou Jeannekin , dit de Maiines ; Jean Pyliser; et 
Marguerite, surnommée de le Vuere, 

JEAN II , DIT LE PACIFIQUE. 

1294» J^AN II, (ils du duc Jean I, était en Angkterré à 1* 
cour du roi E()onard I , dont il était gendre , lorsquHl apprit là 
Biort de son père. A cette nouvelle , il revint en diligence, et 
fut inauguré duc de Brabatit à son retour. Il gouvernk sage-« 
ment pendant dix-huit ans. L'an i3i2, le 27 septembre, il 
établit le conseil souverain de Brabant par uii diplôme connu 
sous le nom de Charte de Corlenberg. Sa mort arriva , le 27 oc- 
tobre de la même année, an château de Tervuerem Jl fut 
enterré â Saintc-Gudule de Bruxelles. Ce prince avait épousé^ 
le 2 janvier 1294 , Marguerite ,* fille d'Edouard I , roi d*An^ 
gleterre (morte ei\ i3i8), dont il eut Jean , qui suit. H eut 
aussi plusieurs bâtards. ( Voy. les comtes de Hollande pêur $es 
démêlé^ flQec ces princes. ) 

JEAN m , DIT LE TRIOMPHANT. 

i3i2, Jean III, fik de Jean II , lui succéda , TiMi i3i2 , ^ 
Tâge de treize ans. Il s^éleva, pendant sa minorité, des troubles 
dont plusieurs villes profitèrent pour étendre leur liberté* I/an 
i33^ , ayant donné retraite k iiobert d^ Artois , son cousin ^ 
poursuivi par le roi Philippe de Valois , il s^attira , par le refus 
<)u*il fit de le congédier , rindignation du monarque. Le roi de 
Bohême , Jean de Luxembourg , et plusieurs autres princes , 
excités par Philippe , lui déclarèrent l^ guerre. Oh était sur le 
point de lui livrer bataille , le 3 mai de la m&ne année i332 ; 
mais le duc étonna ses ennemis par sa bonne contenance , de 
manière quMls n'osèrent en venir au^ mains» Philippe y endhaaté 



I OQ CH AOMOjLOeiE • HISTORlQtJE 

iie sa bravoure, le mande à Conipiègne, où'il fait la paixave» 
lui ; et, pour la cimenter , il donne en mariage la fille du roi 
fie Navarre au fib du diu:. Voulant lui procurer une pleine 
«atisfaction , le roi se porta pour arbitre ae ses différents aveo 
Vévéque de Liège et la plupart des princes et seigneurs des 
iPàys-rBas. Mais s'étant transporté pour cet %Set à* l'abbaye de 
Royal- Lieu, près de Compiègne, il n'y rendit, le 31 juin iSSa, 
ou'uae espèce de jugement prépataMre dont les princes confe-? 
aérés ne furent nullement satisjEaîts. ( Martène , Amfd. coÙ» , 
tom. Vf pag. \20|, ) Gè pe fat pas la seuk occasion où le 
monarque interposa sa inédîation en faveur du duc de Brabant« 
Uzu iMà\ révêqiie^dé Liège et le corpte de Gueldre ayant 
vendu au tomte de Flandre , l'un la seigneurie, l'autre Ta-r 
!f:eu^Tie dé Malines^ le duc Jean s^opposa à la vente comme 
suzerain deMalines. 11 vit aussitôt s'élever contre lui une nou- 
velle confédération , composée de presque tous* les mêmes chef» 




le ro» pcooonçay le xj aoét iS^i^ ^ sentence définitive sur 
plusieurs articles débattue çntre elles, renvoya celui de Malines 
^ un plus ample ei^amen , et mit cependant cette seigneurie 
jiôus sa garde, en attendant sa décision. Mai« comme elle tar- 
ait i venir ^ lè duc de Brabant et le comte de Flandre s'accor-^. 
dèrentf par traité du 3i mars i336 (v. st.}, à posséder eu 
coiaimjun ce qui iaisatl l'objet de la querelle. 

Lan 1 337^ le due Jeaaf ouUiant les obligations tpiHl avait 
à la France , to laissa entraîner, dans l'alliance d'Edouard III , 
roi dPAng^eterre , cofttre cette puissance. Mais comme s'il ne 
V^t. fait qu'à regret , il n'agit qae faiblement pour cet allié. 
ï?an 13^7, réconcilié avec Philippe de Valois, il réussit à, 
détacher les Flamands du parti de 1 Angleterre. L^an i349 9 ^^ 
duc Jean obticDl ifi t'cmpçreur Charles IV des lettres-patentes 
par lesquelles, après avoir défendu à toutes les cours de justice 
d'AUema^ië' de citer devant eHes les^ sujets du Brabant pour 
auc;|ine càioàt civile ou criminelle, hors le ca^ de déni de justice,, 
bn remet à la décision des juges, ^tablis par lé dup, la aécisîoi^. 
de tous les procès , où les Brabançons internendront , soit 
comme demaB(fettr&, soit coinme défendeurs. « VoiU, dit 
j* M. Pfeffel , le dispositif principal de la fameuse bulle d^or de. 
3> Brabant v'dont l'extension arbitraire , faite ^ des cas non pré-r 
-M vus parlé législateur, a donné lieu à des plaintes sans nombre.. 
A 11 fut, à la vérité, stipulé, en 1648, par le traité de M^est- 
3* phalie, que la diète s'occuperait incessamment des m6yens( 
» de renaédier à ces abus, et d'abolir 9^éme, ^'ilsc pouvait ^ 






D1B5 DVÇ$ 1>£ tOTHlEB £T DE SKABA^T. 101 

^ Vétrânge privilège qui les pcçosionait : mais 4I subsiste en- 
^ji core de nos jours, et il faut bien que les remèdes qu^on â 
» trouvés , pour en réprimer les abus^ 9 n'aient pas été bien' eili- 
3> caces, pui^qu^on a laissé subsis1;er , dans les aernières ca*pitu- 
» latioos impériales, la promesse de réformer ies abus de la bulle 
M d'or âê Brabaat »» C^était rattachement que le diic Jean té- 
moignait à Vempertiir qui lui avait mérité ce diplôme, et 
Tamour qu^il avait pour ses sujets Pavait engagé à le demander» 
Ce prince mag;na;nime inourut le 5 décembre , et hon pctobre 
.x355 , k Tâge de cinquante-neuf ans. Son corps f^t porté àt Vab«. 
bave de Vulers. Il avait épousé^ Tan 1314^ Makie, seconde 
fillje de Louis-, c<>mte,d'ËvreuX| décédée le 3o octobre iài'6^\ 
après lui avoir donné trois fils , morts sans lignée avant leur 

{»ère, et trois filles : Jeanne, qui suit; Marguerite, mariée à 
fOuis de Mâle, comte de. Flandre; Marie,, femme de Renaud JI!^ 
duc de Q.ueldte. Sous le règne du duc Jean , le coitimerce des 
draps était très-fioris^pt à Lpuvain , et on y coniptait jusqu'à 
ijuinse mille tisserand^, Butken3 lui donne jusqu'à di^^-sept bâ- 
tards, sept mâles et dix filles. 

JEANNE ET WENCESLAS, dto ]>b LuxEWBOUBa/ 

x355. Jeai^ke, fille du duc Jean IHt mariée, dès Tan i334« 
i Guillaume, fiUatne de GuHlaume 111, coxpte de Hollande et 
de Hainaut; puis, Tan i3i47, à Wenceslas, duc de Luxembourg^» 
iirère de Tempereur Charles IV, fut inannurée duchesse de Bra- 
banl , ^ marquise d'Anvers après la mort de son père. Elle fit 
son entrée solennelle à Loiuvain , avec son deuxième époux , le 
3 janvier i356. Louis de Mâle„ comte de Flandre, beau-frère 
de la duchesse, voulanl revenir contre le traité que le coi^lc 
J^otûs I , son prédécesseur y avaiik iait pour lavouerie de Matines 
avec Jean lli , diuc de Brabaat,. prend les armes à ce sujet. 
Bataille de Scbeut » près de Bruxelles, aaga^e, If 17 août i356, 
par les Flamands sur le$ Brabançons.- La conquête de presqnç 
tout le Brabaot fut la, suite de cette victoire. Mai$. en peu do 
lems, le duo Wenccslas vint à bout de réparer ies pertes. L'an-r 
née Siuivante, on fit la paix le 3 j.uillet. Le duc et la duchesse 
rachetèrent par la ce3sion de Matines; à quoi ils furent condam- 

r arbitre. Dans la coui^ 
Metz la même année , 



nés par le comte de Hainaut ,cboisi pour arbitre. Dans la coui^ 
plénière que l'empereur Charles IV tint à 1 



due de Saxe Tcmporta pour celte fois, et sans tirer à consé-» 
^uejQce pour Tavenir^ par la scule'raisou que Wer^ceslos p'avail 



102 CHBONOteCXE HIS'foRIQim 

pas encore reçu FinvestihA-e deâ fie& de son duché et de son 
niàri:{uisat. Les lettres de^rempereur, expédiées à ce sujet, spftt 
daté^ des noues ^ (ou du 5 janvier 13S7 , stylo gaiitcano; ce qui 
revient à Tan i3ô8. ( Mîrasus, diplom, Bel.^ lîv. i , chap. 96.) 
L'aù iSyi , le duc Wenceslas est fait prisonnier, le 32 août , 
dans une bataille donnée k Basweiler, contre le duc de JuHer^. 
( f^oy, Guillaume VH, duc de JûUers» ) fAmperenr, son frère,, 
le fait relâcher l^année suivante. La même antfée, te duc Wen* 
ceslas s^étant fait adjuger, le ^7 septembre , par les états assem* 
blées à CortenbergV une somme de 900 mille moutons, mon^ 
naie de Vilyorde, pour éteindre les dettes occasionées par la 
dernière guerre , cet impdt causa, dans quelques villes, sur la 
manière de le percevoir , dès disputes qui furent calmées par la 
prudence de Jean d^Arkel , évéque de Liégé. 
' L'an l'djj , le duc de Brabant s'étant rendu à Aix-la Chapelle 
pour le couronnement de son neveu, Wenceslas, roi des Ro* 




cond fik, marquis de Brandebourg , âgé seulement de dix ans , 
sans préjudice du droit des parties. L'an 1379, nouveau soulè- 
vement à Louvain , Tune des villes les plus séditieuses du Bra- 
bant. Le peuple y souffrait impatiemment de se voir dominer 
par* les nomes. Un de ses chefs ayant été tué à Bruxelles, par le 
chevalier Jean de Keyser, il en prit occasion de courir aux 
ai|mes , arrêta tous lea^ gentilshommes qu'il crut complices de 
cet attentat, les enferma dans l'Hôtel- de -Ville, et, le 16 
novembre , un mercredi , en fit jeter seize par les fenêtres , qui 
furent reçus par les plus furieux du peuple armé , sur la pointe 
deleurs hallebardes. Le duc , qui était pour lors à Luxembourg^ 
étant revenu au commencement de l'année suivante, se mit ea 
devoir âe punir cette -rébellion. Mais les magistrats par leurs 
soumissions, et Tévêaue de Liéce par ses remontrances, vinrent 
à bout de le fléchir. Cette indulgence ne servit qu'à rendre plus 
insolente la bourgeoisie de Louvain. L'an 1882 , le duc, fatigué 
de ses mouvements séditieux, arrive, le 3 décembre'^ à' la ièU^ 
d'une armée devant Louvain , dont il se dispose à faire le siège* 
Les opérations étaient déjà fort avancées , lorsque l'évêque de 
Xiége survint dans le camp du duc pour se, rendre médiateur 
entre ce prince et ses sujets. On entre en conférence, sur la fin 
de janvier suivant, avec les députés de la ville, et la paix se fait 
â des conditions, do«t les principales sont, que le peuple , 
tête et pieds nus, viendra demander pardon à genoux au duc, à 
Bon entrée , qui se fera par la brèche , que les fortifications de 
la Vttle jeront démolies | que Vingt et un des chefs de U révolte 



DES DUCS BB tOIHlER ET DE BAARANT. loci 

aesDnt bannis du Brabant à perpétuité. Cette* punition irrita le 
corps des tisserands, au point que la plupart quittèrent le pays, 
et passèrent en Angleterre. Ce fut Pépoque de la décadence de 
Louvain. Le duc Wenceslas mourut, sans héritier, à Luxem- 
bourg» le 7 décembre i383. La duchesse, sa veuve,. prit en main 
les rênes au gouvernement. Ses troupes ayant fait, sans son aveu, 
des incursions sur les terres de Gueldre, pendant l'absence du 
duc Guillaume , ce prince , à son retour , lui déclara la guerre. 
Jeanne appelle à son secours Philibpe, duc de Bourgogne, avec 
promesse de le faire son héritier. Pnilippe lui envoie un corps de 
troupes sous la conduite de Guillaume de la Trémoille, et lui 
procure de plus Talliance du roi de France et celle de Tempe- 
reur. Le duc de Giieldre s'allie, de son côté , avec le roi d'An- 
gleterre. Les hostilités réciproques durent Tespace de quatre 
ans. Nous n^én rapporterons qu^un seul événement , qui est sans 
douté le plus remarquable par son atrocité. Lan i366, la du- 
chesse de Brabant voulant s^assurer de la ville de Grave , appar- 
tenante à Wannemaer , sire de Cuyck , bon et fidèle .brabançon , 
détacha en diligence, de concert avec lui, Jean, sire deWit- 
tem , senécbal de Brabant \ avec des troupes , pour s^y loger. 
Cependant, Jean de Cuyck, fils de Wennemaer, qui avait 
épousé la fille bâtarde du duc de Gueldre, aidé de quelques 
gueldrois, refusa Tentrée de la place au sénéchal. Il n'en resta 
pas 
son 

condi o , , . 

prisonnier. Pour mettre le comble à sa perfidie, Jean de Cuyck 
nt hommage à son beau-père, e( reçut en fief de lui la ville de 
Grave, qui relevait dn duché de Brabant depuis i323, et qui, 
selon Bulkens , avait été possédée jusqu^alors en franc alleu par 
1^ sires de Cuyck. £nfin, Tan 1090, la paix se fait entre la 
Gueldre et le Brabant. ( Fioy. Guillaume I , duc de Gueldre. ) 
La duchesse Jeanne, Tannée suivante, par lettres du 28 sep- 
tembre, <Jéclara héritiers de toutes ses terres Marguerite, sa 
nièce, comtesse de Flandre, et duchesse douairière de Bour- 
gogne, et celui de ses fils qu^elte voudrait choisir. Mais cette dis^ 
position ne fut reconnue des états que le 29 septembre f 4o.S« 
Marguerite jeta les yeux sur Antoine, son second fils, qu^elle 
fit admettre peur régent et futur duc de Brabant. Jeanne céda , 
le 7 mai i4o49 ses états à Marguerite, et survécut deux ans ii 
cette donation , étant morte le i^'. décembre 1406. (Butkens. } 
Son corps fut inhumé dans Téglise des Carmes , à Bruxelles. 

ANTOINE. 

i4o5« AsnoiNS, second fils d» Philippe le Hardi ^ duc iè 




/ 



roi cllRÔ^*oLOOlE Histokiijriî ' ^ 

Bourgogne, et de Marguerite , comtessede Flandre , fut reèorrati' 



clucnesse Jeanne. Là empereur nôbert voulut alors reunir le I5ra- 
iSarït à Tempire comme fief vacant : mais les étals de Brabant s'j 
opposèrent, LUnauguration d'Antoine se fit, le i8 décembre 
i4q6, à Loqvaîn. L'an i4iOf il amena des troupes à Paris, au 
secours de Jean, duc c|e Bourgogne, scR frère, contre là fac- 
tion d'Orléans. L'an i4ii , il devint, du chef de sa femme, due 
de Lpxembourg. L'an i^iS, le a5 octobre, il fut tué à la ba- 
taille d'A*zincourt , en combattant pour la France. Ce prince 
Avait épousé, i». le 21 février i4o2, Jeanne, fille unique de 
Waleran IHde Luxembourg, comte de Saint-Pol, de laquelle 
il eut Jean et Philippe, qui suivent ; 2^. le 6 juillet i4o9,Xli- 
SABETIt, fille unique de Jean de. Luxembourg , duc de Gorlitz, 
el marquis de Brandebourg. 

JEAN IV. 

ï4i5. J^AN IV, fils du duc Antoine et de Jeanne de Luxera* 
bourg 9 succéda, dans sa treizième année , à son père. Son inau« 
guratioa se fit à Louvaîn, le i3 janvier i4i6< H épousa, Tan 
i4i8, au printems, à la Haye, Jacqueline^ comtesse de Hol- 
lande et deHainaut, sa cousine, avec dispense du concile de 
Constance. L'an 1420, il conunence h se brouiller avec son 
épouse , que Marguerite , sa mère , emmène eh Hatnaut. Les 
états de Brabant prennent le parti de la^duchesse. Ils appellent 
Philippe, comte de Saînt-Pol, frère du duc, et le nômmenj(, 
le 20 novembre i 421.0 , ruward, ou régent; titre dont il exerça 
les fonctions l'espace de cinq mois , savoir, jusqu'au l*^ mai 
1421. Cette même année, au mois de janvier, le duc Jean, étant 
entré dans Bruxelles avec un nombreux cortège de seigneurs , la 
plupart allemuinds ^ les bourgeois , effarouchés k là vue de cette 
multitude armée, se jettent sur elle, en arrêtent plusieurs qu'ils 
mettent en prison, et contraigneot leur souverain à se renfermer 
dans son palais. Le régent accourt au bruit de cette émeute , 
rassure les bourgeois, et fait trancher la tête à plusieurs des pri- 
sonniers , presque sôus les yeux dii duc, oblige de dissimuler ce 
<ju'il ne peut empêcher. L'an 1422, Jacqueline , après avoir tenté 
inutilement de taire casser son mariage avec le duc de Brabant , 
par le pape Martin V, s'^adresse à l'anti-pape Benoît XIII, et 
en obtient ce qu'elle désirait. L'année suivante, dans les pre- 
nriers jours de mars, et avant le 7 , elle épouse Humphroi, duc 
de Gloçrsler. Philippe le Ben , duc de Bourgogne , et cousin dû 



fi£^ ivc^ bÈ iOTtitËft £t ;dê «âÂJBltft. toî 

Ébb de Brâbàrtt, se déclare hautement conti-e ce inâriààé| et 
envoie le comte de Saint* Pol, atec des trou{)esj eh ïtainâut» 
TiMitfe là nobleésse d' Artois, de flslndre et de Picardie, {>rit en 
tn^me tems ItÉ armes pbtir le dtic de firabàtit. Cependant / lé 
duc de Glocester av^it emmené k duchesse Jacqueline en An-^ 
gleterre, où il Savait fait naturaliser. 11 repasse la mer avec elle 
et cinq mille anglais , âU mois d'octobfe 142S , et Vient joindre 
la comtesse Marguerite , »â betle-mèt-e ^ qu! rassemblait de soiii 
tôté loùtèi^ les ïorce^ du Hàinaut » pour marcher au secours de 
ftâ fille et de son nouveau gendre. Après avoir remporté quel- 
ques avantages sur &e& ennemis, le duc de Glocester retotirne en. 
Angleterre, lais^sltit en dépôt Jacqueline^ sa femme ^ à Mons. 
Des habitants la livrent au duc de Bourgogne, entre les mainii 
du prince d'Orange , qui iâ^ conduit à Gàhd« Elfe s^échappe 

îiëgaisée en homme , et ^Vnfuit en llolkhde. Le duc die Bour-* 
|ôgde ï'f p(mrsuit , gagne plusieurs victoires , tant sur elle que 
tur les Anglafis , et force enfin le due de Gloçéster à s'en rapr 
porter au fugemetit du pape sur là validité de Son mariage. Lé 

Eape le déclara nul. Tout cela se faisait sans que le duc de Brâ-^ 
ant y prît part. L'an 14^5, il passe en Hollande, y est inau- 
guré comte , et s'en retourne en Brabant. La même année , il 
obtient du pape Martin Y une bulle datée du 9 décembre, pour 
l'érection de l'université de Louvain, à laquelle il accorda de 
grands privilèges , par son diplôme daté de Bruxelles , le 7 no-^ 
vembre de l'an 14^6. ( Marten. Anecd. , tom. 1 , chap. 1769. ) 
C'est tout ce qu'il a fait de mémorable, ililais cet établissement , 

f»ar les biens infinis qu'il a produits, suffit seul pour l'immorta-^ 
iser> Nous ne connaissons poin( d'école qui ait plus fidèlement 
conservé la doctrine et le langage des pères, sur le dogme et la 
morale jusqu'à nos jours. Sans les lumières qu'elle a répandues ^ 
sans le zèle que ses divers membres ont employé pour garantir 
les peuples du poison de Phérésie , peut-être la religion catho- 
lique serait-elle entièrement éteinte dans les Pays-^bas. Le duO 
Jean mourut le 17 avril de l'an 14^7 ( et non 14^6, comme lô 
marquent des modernes ) , à Bruxelles , à l'âge de vingts-quatre 
ans , sans laisser de postérité. Son corps fut inhumé à Tervue-* 
rem, près de Bruxelles. L'au^teur anonyme dé la chronique des 
dues de Brabant, publiée par Antoine Mathieu , dit que , le jour 
de sa moxt > qui était le jeudi-saint, il fit dire, en sa présence^ 
trente-trois messes, qu'il entendit fort dévotement. 11 emporta 
dans le tombeau le titre de père des pauvres > qu'il avait mérité 
par ses abondantes aumônes. 

PHiLlPlPE 1. 

1427» pHiu^l^E , deuxième fils du duc Antoine ^ comte de 
XiV. 14 



J[o6 CHBOlï.. H|5T. tlÊS WOCS DE LOTHIER ET DE OUSABAFf; 

Saint-Pol et de Ligni, devint duc de Brabant et de Liarboui^ 
par la mort de Jean IV, son frère, à laquelle il avait assisté. Soqi 
Inauguration se Ht le ^3 mai 1427* Ce prince mourut sans 
alliance, à Tâge de vingt-^cinq ans, le 4 août 14^0, selon les 
historiens, le i5 octobre 14^99 suivant un registre du parle-* 




Antoine et Philippe de Brabant. M. Dujardin le confond avec 
son prédécesseur dans les éloges quUl lui donne. Après sa mort, 
Philippe le Bon , duc de Bourgogne , fut reconnu duc de Bra- 
dant par les états du pays, contre les prétentions de Marguerite , 
> comtesse-^douairière de Hollande, qui voulait l'exclure , comme 
héritière plus proche du sang. Cette princesse était en effet sœur 
de Jean-sans-Pèur , duc de Bourgogne', et d^Antoine, duc de ^ 
Brabant ; mais son compétiteur avait l'avantage sur elle d'être 
fils de Taîn^ de sa maison. ( Voyez la suite des ducs de Brabant j 
parmi les ducs de Bourgogne et les coûtes de Flandre, ) 



/ 



\ 



*- • - I ■ I 



« 

r 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COMTES 



DE LOUVAIN OU DE BRUXELLES. 



JjE comté (leLouvaîn, qui tire son nom de sa capitale, ne 
contenait , dans son origine , que le territoire de cette ville ^ 
Fûne' des principales dé la Belgique , mais non pas des plus 
anciennes , puisqu'il n^en est fait mention pouç la première 
fois que dans la chronique de Kegînon,sur l'an 884. Le» 
Normands ^ cette année , Payant prise , la fortifièrent de 
haies et de palissades à leur manière et s'y maintinrent pen- 
dant deux ans , malgré les efforts que firent les généraux de 
Charles le Gros pour les en déloger. C'est ce que raconte 
Sigebert , qui les fait sortir de là , en 887 , pour aller faire le 
siège de Paris. Mais il est certain que ce siège fut commencé 
en 885. 11 faut donc avancer , au moins de deux ans , l'invasion 
de Louvain , faite par les Normands , ou la reculer d'un égal 
espace de tems. Quoi qu'il en soit, Louvain , après la retraite 
de ces barbares , se repeupla. Le plus ancien comte de Louvain 
qui ait échappé à l'oubli , est , suivant les modernes, un nommé 
Lambert , qu'ils font le premier dé son nom et dont l'exis- 
tence n'est' appuyée que sur un diplôme d'Otton 1 , roi de 
Germanie, daté de l'an 948, et publié par le Mire. {Diplomj 
Belg.'\ t. I, p. 4iO l'^ monarque y déclare, qu'à la prière de 
Guibèrt , fondateur' de l'abbaye de Gemblours , il a conféré 
Tavouerie de ce monastère à Lambert, comte de Louvain y, 
homme vaillant et belliqueux : Dedlmus ads>ocatîam ipsius ah^ 
baiiœ âe Gembldues Lamherio comité LoQûniensi^ çiro Jorti ae^ 
bellicoso. Mais ce diplôme porte une foulé dé caractères qui le 
rendent très-légitimement suspect , et qu'il serait trop long de 
marquer en détail. Nous nous contenterons de relever les sui- 
vants. 1®. Le roi de Germanie y- déclare que s'il arrivé' q^ie le 
comté* de Louvain ait avec ses pairs quelque guerre qui l'in-^ 
téipessç persoBnellement et privativement ^ il doit la faire à seai 



to8 ' cnaoïïOLOGiE histobique 

frais ; mais quHl n'en sera pas de môme si cette guerre lui est 
commune avec le roi ou I empereur*: Qui et si aUquando ha^ 
èum^ hêHum eoMra aUquent de suis panbusn çuod hélium non mii 
' md jjtunjvi pertineai^ de suo procurée ; si cerb beHum aUudfuerit^*.* 
quod ad regem vel ad comitem Looamensem pertineat: Voilà les 
guerres des particuliers autorisées dès le milieu du dixième 
siècle par le roi de Germanie. En pouArait-on produire d^au^ 
très exemples aussi anciens? 2,^. LHndictîon xii, marquée dans 
la date , est évidemment fausse ; c'était l'indiction vi qui cou- 
rait alors. â<*. A la 69 de l'acte , i) est dit qu'il 21 été confirmé 
par le pape Benoît , à la prière d'Otton. Or , en 948 , c'était 
Agapit qui tenait le «aint siège ; et^ sous le règne d'Otton , il 
n'y a pas eu de Benoît pape ^ du moips qu'il ait reconnu pour 
tel avant Benoît VI , qui ne fut élu qu'en 972 ; car , pour Be- 
noît V, que les Romains opposèrent à lieon VIII, en 964^ 
on saitqu^Otton le regarda comme \xn iqtrus t'k le fit en cen«^ 
séquence déposer daps un concile, p'ailleun, est^il vraisem'*. 
blaole que, pour un objet aussi mince <)ue la collation de' l'a- 
vouerie d'un monastère, Ottoq 1. ce prince si absolu, ait 
cru avoir besoin de l'approbation qu pâpç ? 11 faut cependant 
)*avouér\, \e diplôpie dont il s'agit est fort ;i,nçien, et c'est 

Ïrôbablement cette pièce qui 9 brouiUé Sigebert sur l'an 954», 
ierre à Thymo , ou Vaii-dcr-Heiden , écrivain du xv*. siècle^» 
dont la chronique manuscrite , nouvellement découvert^e , existe^ 
à Bruxelles, l'avait certainement connu, comice le prouvent 
les extraits qu'en ft donnés récemment un habile bomoi^ , au. 
tome 11 des mémoires de l'académie de cette ville, pp. 604*61 S. 
11 nous serait aisé de prouver, par ces extraits mêmes, si nous, 
n'étions pas forcés d'abréger , qqe cette chronique zir'a pa$ au*, 
tant d'autorité qu^on voudrait lui en donner, 

Ansfrid, qu'on donne pour fils e^ successeur au prétendu, 
comte I^npert I , avait , ^ U vérité , un pèrç de ce nom : 
mais les actes qui le prouvent , ne doqne.nt ni ^ l'un ni à Vdujtrç 
la qualité de comte qç Louvaip. I^issaqt doific k l'écart le père et 
le (ils comme étrangers à nqtre objet, noiis commencerons I4 
liste des comtes de Louvain , par un nutre Lambert, qui n'4. 
rien de commun que le nom avec celui dont ou vient d9 
parler. 

LAMBERT I, BIT LE BARBU. 

L AMfHitT , deuxième fils de Ba^iuier lU 9 çomt9 <ie l^aioant % 
fut établi coxô^e de Louvain , vrais^embablemeot pav Ghaolea do 
FrauQp y duc 4e U b^sse Lorraine^ loryqu -il fut dtevonu s<mi 

fendre ^ c'eU^àdire environ l'an 994. Il fut l'allié du comte d# 
k^dc^i etn ioq6 I opatre l'empereùf Henri U* H tVtîra. «|M:oro 



.. j 



Drs COMTES D£ liOUVAIN OU Ifi BEUXELLES. lO^ 

^depuis le$ ^rm^s de ce prince , aqi vint , çn 1012, iaîre le stëge 
de Louvain 9 qu'il fut obligé de lever. Il eut de grands déaiélés 
^ensuite avec Balderic de Loss , ivéque de Liège, à Foccasios 
du château d^Hugaërde, que. ce prélat faisati élever sur les 
frontières du comté de Louvain. On en vint 9 le 10 octobre 
(ou, selon d'autres, le 26 septembre) ioi3,àune bataille 
près de Tirlemont, où Lambert fut. vainqueur. (Voy. les éoéques 
de JUége.) L'an ioi5, Lambert se jette sur le territoire de 
ïlorèfies , avee sou neveu Rainier, comte de Hainaut, pour se 
ireoger, de Godefroi , duc de la basse Lorraine , qui lui avait 
été préféré pour ce duchés Mais il est rencontré par ce der-» 
nier qui lui livre bi^Ue le 12 septembre. Lambert périt dand 
1$ mêlée, laissant de GbrbI'AGE, son épouse, fille de« Charles 
4e Finance , duc de la basse Lorraine , ilenri et Lambert , qui 
suivent, avec Mahaut, femme d'£ustache 1, comte de Boti-* 
logne. Nous savons que les anciens chroniqueurs et généalo— 

fistes ne sont pas d'accord sur le nombre des enfants de I^m— 
ert le Barbu. Mais la famille que nous lui doonoas «est le 
résultat de la comparaison que nous avons faite de leurs diffé«% 
rentes opinions. Ce comte est fondateur de la collégiale de Saint«* 
Pierre de Louvain et de celle de Saint-Pierre de Bruxelles^; 
Ces fondations ne doivent pas , néanmoins , le faire regarder 
comme un prince rempli de religion. « Plusieurs, dit la chro^ 
» nique de Saxe , se réjouirent de sa mort , et ce ne fut pas 
» sans raison; car il p'y avait pas d'homme plus méchant que 
» lui. Il portait l'impiété jusqu'à faire étrangler avec ks cordes 
» des cloches, ses ennemis dans les églises où ils s'étaient ré?- 
» fucîés. Mais qui pourrait dire, ajoute-t-elle, combien de 
» personnes il dépouilla de leurs héritages , combien il en 
» massacra d^autres ? » (Bouquet, tom. X, p. a3o.) La chffOt-* 
pique de Cambrai n^ parle pa^ de Lai plus avantagei»seoi«nt. 

HENRI, DIT LE VIEUX. 

ioi5. Heisri , dît LE Vieux, fils aîné de Lambert l , lai 
succéda au comté de liOuvaln et dans l'avouerie de Gemblours., 
il voulut d'abord marcher s»r les traces de son père, et con- 
linuer.la guterce comtre la maison d'Ardennes ; mais les évéques 
de Cambrai 9 de Verdun €t^ d'IJtreeht, l'ayant ramené à des 
8^utin»en>t9 de^ix| ménagèrent sa réconciliation avec rempe- 
rear„ dont il devint, un des. plus fidèles vassaux. L')m ro37, 
d^DA Uk guerre qu'Eudes , comte de Champagne , eut ^vec les 
Ix>rrains , Henri fit prisonnier^,, à la bataille donnée pr^s Bar- 
l^-Duc M, vu seigneur nommé Herman , qui ne lui pardonna 
pas cet aiTront. Etant sorti^de prison , U le tua dam Louvaia 



:aiO CBR|R!?0L0GIB HISTORIQUE 

vers le mois d'août io38. Henri laissa de N., sa fetnme, u» 
fils, qui suit, avec trois filles, Adélaïde, Cunégonde et Adèle, 
nommées dans la généalogie de saint Arnoul. Baudouin 
d'Avênes s'est mépris dans les siennes en donnant à Henri I 
les enfants de Lambert , son père. 

OTTON. 

. io38. pTTON n'est connu . pour fils et successeur de Henri 
aue par le témoignage de Sigebert , copié par Albéric^ sous 
lan io38, en ces termes : Henricus Looaniensis cornes domisuœ 
penmùur à captwo Hermaftno , eique succedU films suus Otho ^ 
cui immalurâ morte présenta succéda patruus ejus Baldricus qui 
et Lamêertus. On voit par - là , qu^Otton survécut peu à son 
père. 

LAMBERT H. 

' io4o ou environ. Lambert II, dit aussi Baudri, comme 
on vient de le voir, fils de Lambert l, fut le successeur d'Olton, 
'son neveu , au comté de Louvain et dans l'avouei^ie de Gem- 
blours. L'an 1047, le 16 novembre, il fit transporter, de 
l'église de Saint-Géri à Bruxelles, le corps de sainte Gudule, 

Ï>ar Gérard , évêque de Cambrai , et fonda une collégiale dans 
*église de cette sainte. L'an 1062, il signa, le 2t septembre, 
une charte de l'empereur Henri IV , en faveur de l'église de 
Saint-Servais de Maëstricht. C'est le dernier trait connu de sa 
vie. Il avait épousé Ode , fille de Gothelon le Grand , duc 
de Lorraine , 'dont il laissa Henri, qui suit; Rainier, tué, 
suivant Butkens, l'an 1077 , dans une rencontre au pays d'Has- 
baye; et Adélaïde, mariée, -i^. suivant l'annaliste saxon, à 
Otton d'Orlamunde, margrave de Misnie.et'dé Thurînge; 2?, 
à Dedon , marquis de Lusace. 

HENRI IL 

1062 au plutôt. Henri II succéda, l'an 1062, au plutôt,' 
^ Lambert, son père , dans le comté de Louvain , l'avouerie de 
Gemblours et celle de Nivelle. L'an 1071 , il marcha au secours 
de Richilde , comtesse de Hainaut , sa parente , contre Robert 
le Frison. Il vivait encore dans l'automne 'de. 107?. Al>ÈL£, ou 
Alix, son épouse, fille, comme le conjecture 3utkens, 
d'Olton , marquis de Thuringe (morte en 1086) , ' lur donna 
Henri et Godefrpi, qui suivent, Adalbéron, qui devint évêque 
de Liège en 11 23, avec Ide , mariée, l'an 1084^ ^ Bau-^ 
duuinll, comte de. Hainaut. 



MSS COMTES* DE' LOVVAlK OU DS ' BRITSELLÈS. 

HENRI III, DIT LE JEUNE. 



lit 



^ 



loyS au plutôt. HEî^ni III, fils aîné de Henri II et son 
successeur au comté de Louvain , fonda , Pan 10B6 l Vahhayé 
d'ÂfHighem , près d^Alost, au diocèse de Cambrai, maintenant 
(lySf)) de Malines. Dans la charte de fondation, rapportée par 
Butkens , il se qualifie comte et avoué du pays de Brabant. On 
le qualifiait aussi comte de Bruxelles. L'an 1096 , sur la répur- 
tation de valeur qu'avaient Everard , châtelain de Tournai, et 
ses chevaliers , il vient dans cette ville en bon cortège pour se 
mesurer avec eux. On fit un tournoi dans lequel Henri pro-* 
voqua le chevalier Gp»vin de Forest au combat singulier. Ce-» 
lui-ci , par respect pAr Henri , qui était son suzerain , s'ex- 
cusa d'accepter le déd dans la crainte de le blesser. Henri in- 
siste, le traitant de lâche et de poltron. Goswin, à ces mots, 
pique son cheval , couit sur lui la lance en arrêt , la lui passe 
au travers du corps , quoiqu'il n^eût intention que de le désar- 
çonner. Henri tombe roide mort du coup, dit Heriman de 
Tournai , auteur contemporain. D'autres prétendent qu'il sur- 
Técut deux jours à sa blessure. Quoi qu'il en soit, il fut extrê- 
mement regretté de son peuple , qu'il faisait» jouir d'une pleine 
sécurité par son zèle pour faire observer la justice et par feïoin 
qu'il avait eu d'exterminer de sa terre tous les brigands. 5on' 
corps fut jfOTté à Sainte - Gertrude de Nivelle pour y être 
inhumé. (Sigebért ^^Chronogr. Heriman. Tornac, Giselb, Moniens-^ 
U avait épousé GëRTRUBE , fille de Hobert le Frison, comte 
de Flandre , dont il ne laVssa point d'enfants. Sa veuve épousa 
en secondes noces Thiferri d'Alsace, duc de Lorraine, dont 
elle eut , entr'autres enfants , un fils de même nom que son 
père , qui fut comte de' Flandre. 

GODEFROI , DIT LE BARBU et LE GRAND. 

Ï095. GoDEFHOi, dit LE Barbu et LE Ghand , succéda à 
Henri, son frère , dans le comté de Louvain. L'an 1090, tl eut 
une contestation avec Otbert, évêque de Liège, pour le comlé 
de Brugeron, qu'il fut obligé de déguerpir en faveur du comte 
de Namur, par sentence d'arbitres. L'an iioi , il suivit l'em- 
pereur Henn IV au siège de Limbourg. Il quitta depuis le paru 



d'Anvers, revêtit Godefroi de ces deux bénéfices. (Voy pour 
la suite les ducs de.Lotluerj ou de la basse Lorrai^iâ^ et de 
BrabantJ) 



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CHRONOLOGIE HIST<^MQUE 



D£S 



COMTES ET MAUQUIS »E KAMUa 



ioR comte oa marqfiisat de Namub , situé entre le H^inaot f 
Ifi Brabanty le Luxembourg et le pays de Lîégei n'a prése»- 
tfmerit (1765) que douze lieues de lopgueur, sUf un peamoin» 
âe largeur. Sa capitale , d^où il tire son nom , est aîtuée sur la 
Sanibre et à côté de la Meuse. Elle a. été érigée en évéché suf<- 
fragant de Cambrai, TaFn 1569* Les autres villes de ce comté 
sont Bouvines, Charlemont, Vaikourt, Tbil-le-Cbâteau et Char- 
leroi. BÉaENGER est le plus ancien comte de Namur qui paraisse 
dans l'histoire. C^ pays faisait alors partie du comté ^ beaucoup 
plus étendu, de Lomme, Pagus ou constatas Lommends^ dont 
JBérengèr prit le titre. Il est fait mention de lui sous cette 
dénomination pout b première fois, ;dan8 un diplôme dti 
roi de Germanie , Louis lY, en faveur de Tévêque de Liège ; 
litre daté de l'an 908. ( Gûr//. C%r. , t. 111, Inst. c. 146.) L'an 
9<249 11 secourut le comte Boson, dans la guerre qu'il eut 
contre Giselbftrt, doc de Lorr^n«, firère de sa femme. Ayant 
fjit celui ci prisonnier, il le remit incontinent en liberté , se 
contentant de retenir en otage les enfants de Ramier 11 , 
comte de Hainaut , frère du duc Giselbert. ( Voy* Gislebert f 
duc de Lffftaint!,) La paix se fit alors parr l'entremise de Henri, 
roi de Gcfrroanie. Bérenger vivait encore Tan- ^2 , comme 
on le voit par un diplôme de ce roi. N.. son éponse, que 
des modernes nomment Symphobibnns, fille de Bainier 1^ 
duc <ie rtiorraiffie et comte de Hainaut (vivante en 9^4)9 lui 
donna un fils > qui suiu 



/ 



CHROÎf. HIST. DES COMTES Dfe KAMUR; / ll3 

ROBET I. 

932 au plutôt. RoBBAT , fils et successeur de Birenger aa 
comté de Lomzne , fut un des seigneurs, suivtint Ftodoard., 
tiuê IVclievéque Brunon , archiduc des deux Lorraines , eut 
plus de peine à réduire. Ue prince ayant publié ull édit ()Our 
faire déliruire les forteresses que la noblesse avait élevées saos 
IWdre du souverain, Bobert se mit À la têle de cea?t qui s^op- 
|K)sèrent à IVxécution de cette loi. (Flodoard , adann, 960.) 
t)n ne sait ni V^naée de sa mort, ni le nom de sa femme ^ 
dont il ' laissa un fils, (jui suit. 

^« 

ALBERT ï. 

Albert 1 , fils de Robert auquel il succéda « prit lô partie 
en 973 , des enfants de Rainier lll , comte de Hainaut, quel 
l'arcniduc Brunon avait dépouillés de ce domaine, et leur envoya 
des secours pour le recouvrer. Oti tic liait pas combien il vécut '. 
depuis cette époque. Erbiekgarde, son épouse, fille de Charles 
de France, duc de la basse Lorraine , lui donna deux fils, qui 
Suivent , et deux filles mentionnées dans la généalogie de saint • 
Àrnoal : flatvidc , femme de Gérard d'Alsace, duc dé Lor- 
'irainé ; et lîmraé , épouâe de Gislebert , comte de Loss. ïâP, di^ 
"Marna donne à Albert encore deux filles /: Ermengarde, qui 
épousa OUon , comte de Chini ; et Gode, ou Marguerite, dont 
on ne connaît point Tépoux, quMle fit père d^une fille qui 
donna le jour à saint Arnoul de Boissons. 

RATBODE, ou ROBERT IL 

Ratbodîs, ou ROBÈttlT ri, fîls d'Afcerl et son sutcèsseui'; 
âonna du secours à Lambert , comte de l^uvain, beau-frère 
de sa «rère , contre Balderic de Lobs , ^vêque de Liège , e^ 
comfcattil pour lui à la hmaille de Tirlemont, ou plutôt de 
Hougarde, près Tii4emorit, donnée le to octobre loiS, où il 
fit prtsomiîer ftcrtnan , comté de Verdun , frère de Godefioi III, 
eue de la basse Lorraine, il encourut par-là Vinimitié de Vem-^ ' 
pereur Henri 11. Mais , par le conseil d^Ermengârde , sa mère, 
âpnt r^ndu la liberté a son prisonnier, il regagna les bonnes 
grâces de TempereOT, et atqoit nn ami dans la personne du 
comte de Verdun. On ignore Tannée de sa tnoft. Batbode 
avait un ^h , dont parle I4iistoire des mirâtes de ^int Gen- 
coul {BoUand. aie 1 1 itior, t. II , p. €Si , n. i5) , qui est peut* 
être Albert, qui suit ; mais la eénéalogte de saitn Arnoui, qui 
XIV. i5 



I x4 CHROîîOLOGÏE^ HISTORIQUE 

ne nomme point Ralbode , le donne à Albert I et à Ermeil-^ 

garde. 

ALBERT II. 

AfiBERX II 9 fils et non frère de Batbode , fuî succéda* 

II était déjà célèbre par des actions de valeur. L^an 1006 , 
il s^était jo\pt à Lambert, comte de Louvain , pour empêcher 
Godefroi III de se mettre en possession du duché de la basse 
Lorraine , que Fempereur Henri H lui avait donné. Cette 
jgoje^ftre'^^dpra l'espace de douze ans. ( t^o/. Godefroi llï. )Une 
lanctérine chronique (Bouquet, t. XI, p. 17a) dit qu^il fut 
tué, le i5 novembre de l'an 10^7, près de Bar-le-Duc* en 
combattant pour l'empereur Conrad 11, contre t'iudcs, comte 
de Champagne. Il avait épousé Ragelit^oe , ^Ue de Gothe-^ 
Ion I, duc de la haute et de la basse Lorraine (et non pas 
Ermengarde , fille de Cnarles de France, frère du roi Lothaire), 
-dont il eut deux fils, Albert, qui suit, et Henri, comte de 
Durbui. 

ALBERT IIL 

1037. Albert III, fils d'Albert II, lui succéda en bas âge 
sous la tutelle d'Enmengârde,son aïeule. Cette princesse mourut 
* en 1044 > lorsqu' Albert avait à peine atteint l âge de majorité. 
L'an -1047, Albert fil ses premières armes sous, fcmpereur 
Henri III, dans la gueire que ce prince eut avec le comte de 
Flandre. 11 l'accompagna, les années suivantes, daxh les diffé- 
rentes expéditions qu'il fit en ce pays-là, jusqu'à la paix qui 
fut conclue en io56. L'an 1072, Albert prit la défense de 
Richilde, veuve de Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut^ 
contre Robert le Frison ,' et combattit pour elle à la fameuse 
journée de Broqueroie, où Robert fut vainqueur. L'an 1076, 
après l'a mort de Gt)defroi le Bossu , duc de Lorraine , il aida 
efficacement Thîerri, évêque de Verdun, à se remettre en 
possession de son comté, dont ce duc avait eu la jouissance. 
''X'évêque, par reconnaissance, l'ét<aktit son vicomte. L'an 108G 
(et non 1078, comme le marque le P. Anselme), il défendit 
l'évêque de Verdun contre Godefroi de Bouillon, qui voulait 
reprendre ce comté pour en jouir comme avait fai< son oncle 
Godefroi le Bossu. Il alla même, à la tête des vassaux de l'é- 
vêque, attaquer le château de Bouillon', sur lequel il avait des 
S rétentions du chef de sa femmie, et dont Manassès, archevêque 
é Reimis, lui avait promis, comme haut suzerain, l'investi- 
ture. Mais Godefroi , dans une sortie , battit le comte et fit 
beaucoup de prisonniers , du nombre desquels fut Henri ^ 
comte de Grand-Pré. Celui-ci , ayant recouvré sa liberté „ se 



ItlS COMTES DE HAWtJR. I rS 

* ■■ ■ - ^ 

laissa engagftr par le duc à faire des incursions sur le territoire 
de Verdun , tandis que Godefroi , de son côté , faisait ravager 
ce pays par la garnison quHl avait mise au château de Slenai. 
ïhierri , qui gouvernait toujours l'église de Verdun, assem- 
bla <les troupes auxiliaires à la tête desquelles étaient, le. 
comte de Namur et le comte de 'toul , fit assiéger ce château , 
et soutînt devant cette place un combat dont le succès fut 
incertain. L'évêque de Liège s'étant rendu médiateur entre les 
parties belligérantes, parvint à les accommoder vers le com^- 
Siiencement de Tan 1009. {J^^^^* Leod, Hist Episc. Virâun») 
Albert mourut au plutôt en iio5. (De Marne, Hist de Na^ 
mur,) Il avait épousé ioE, ou Relii^oe, fille je Bernard , due 
de Saxe , et veuve de Frédéric , duc de liOthier , de laquelle il 
eut Godefroi , qui suit ; Frédéric , évêque de Liège ; Henri , 
comte de la Roche, en Ardennes ; Albert , ou Alberic, mort en 
Asie ; Ide , première femme de Godefroi le Barbu , duc de la 
basse Lorraine ; et Alix , femme d^Otton 11 , comte de Chini , 
et non de Folmar, comte de Metz, comme le marque Bertel. 

GODEFROI. 

ixo5 au plutôt. Goi>£FÀoi, fils aîné d^Albert III, devint 
son successeur après avoir été son collègue pendant l'espace de 
einq ans ; car on voit qu'il prend la qualité dé comte dans nne 
charte d'Ërmesin de, sa femme, de l'an iioi ; ce qui suppose 
qu'il avait été associé dès ce tems-U au gouvernement par le. 
comte Albert, son père. (Hist de Namur^ p.' iSy.) Godefroi 
fut un de^ plus zélés partisans de l'empereur Henri IV. lorsque 
ce lîionarque , poursuivi par son fils dénaturé , se fut retiré à 
Liège, Godefroi lui amena des troupes pour l'empêcher d'être 
forcé dans cet asile. Le jeune Henri ne tarda pas en effet d'en- 
voyer des troupes pour attaquer la ville de Liéce. L^évêque 
Olbert «venait ae célébrer la cène du jeudi*saint, lorsqu'on lui 
anaon^ qu'elles venaient de s'emparer du château de Viset, sur 
la Meuse, entre Liège et Maëstricht. A cette nouvelle , le comte 
de Namur, secondé parle duc de Linibourg et son fils, se met 
à la ^ tête des Liégeois et de ses gens, court à l'ennemi, et, 
L'ayant attaqué à la tête du pont de Yiset , en tue une partie , 
, ettnet en fuite Tautre, qui s'étant jeté sur le pont avec trop de 
précipitât ion. pour le repasser, l'enfonça par son poids, et fut 
presque entièrement noyée, ( Faye«.Otbert, èi^êque de Uége, ) 
Godefiroi , dans la suite, défendit Frédéric, son frère, élu 
évéque de Liège en 1 119, contre Alexandre, son compétiteur, 
et l'affermit sur son siège. Il fonda, l'an 1121, l'abbaye de 
floreffe pour des Prémontr^s, en considération de saint^or-* 



bert, $on amû L^aa i.l36, il prit querelle avec Grodef^oi U| 
Barbu , comte de l4a^\ain e| duc de l.othier , son beau-frère ^ , 
au sujet de Télection d'u» nouvçl abbé de Geu^blours. Les^ 
çhosies allèrent si .loin , que le comte de Namur, ayant priy^ 
les armes, rendra dans le Brabant, assiégea la ville de Qeni-- 
blaurs, 9t y jeta desxnatièrcs enll^iJUiiQées qiii la réduisirent pres<*; 
q|uA entièrement en cendres, sans qu'il pût néanmoins s'en rendra- 
maître pour lors. Mais étasit reveo^u peu de tems après- devant^ 
la place avec le c<xm(e de Haiçaui , son gendre^ il renpLportj^ 
4'assaut I et en abandonna les habitants , ainsi qye Tabbaye.^ 
alla fureur ^e ses troupes. Van XiSg, God#fpoi de Namur 
se retira dans Pabbaye de Floreffe, ou il I^^ûrut le 19 aoû^ 
4ie ta même année. Il avait épousé, vers Tan 1088^. en premi^rei» 
nocçs^ Sibylle,, fille et héritière de Roger, comte de Châ'*^ 
t^u-l^orcien , qui le quitta ensuite pour donner sa main k 
£iigu^rand de Soves , comte d'Amiens et sire de Couci : sQuree. 
ue guerre entre ces deux sfi^neurs et de malheurs pour leur^ 
sujets. (Yoy. U^^ires tf^ Coi^ci.) SibyUe avait fait Gouefroi pèror 
de deux filïes : Elisabeth, mariée, i*>. à Gervais, comte de 
Réthel; 2.^, à Clerembaud, et non Rpger de Rosoi; et Flan- 
drine, mère de Hugues, seigneur d'Antoing et d'Ëpinoi.. 
2iaii(iE^iisD>J9 , ou KUMËic^aN , fi^lQ de Conrad I , comte de 
Ituxembourg, veuve d'Albert, comte de L^gsbour^, sa secondes 
femme du vivant de la première, morte le 2^ juin ii4^, e% 
iubumée auprès de son mari, luidoni^a Henri, qui suit; Albçrt,^ 
inprf avant son pèse; Clémence, mariée à. Conrad, duc dt^ 
2^ering,en; Beatvbf fenuno de Goathier ou Ouitier, coiii^ie> 
de Réthei; et ÀdélaÂ'de, appelée aiissi Ërmengarde, fesadD^t 
d,e Çaudoutn IV, d»t le Bâtisseur ^ comte de IJainaut. ^ Muk 
»» comte de NanluF, dit le P. de Marne, ne fut plus.aini^. 
» de $es sujets que Godefroi. U les gouvernoit avec une bontét 
n et une modération qu'on ne devoit pas attendre d'un cà-^r 
>» i^açtçre aussi, impétueux que le sien *». Guibert de Nogen& 
(liv.^, de çtta $ua^ c* 3) dit qu'il était aussi beau prince; 
^'il était bon» u. 

HENRI Ih 



au 

Adalbérpn, évêque de Liège, il attaque à l'improviste «• ....^ <»» 
iosse , dans, le pays de Lomme', qu'il livre aux flammes et au 
pillage. {Àuptar. Gemblac.) Cette rupture n'eut point. de suite; 
car nous voyons qu'en ii4t » la paix était faite entre le comte> 
et Je prélat, puisqu'Henri fut un de$ alliés d'Adalbéron, aans 
rexp4|li:(i9U qju'il ut cette auuée ^ pour recouvrer le château de 






%IS COMTÉS DB UrAMVAi tlf 

BouiUoa , H«urpé sur son <^gli^ par le comte de BaMe-UM'c*. 
^ntr^atktres prouesse^ (}^ il fit dans' cette eipédiûon , Gilles» 
d'Orval rapporte 9ue# voulant détruire uo moulin q^ui était à 
Tuj^gç des ^ogés, il sauta à cheval dans la rvviore, i la lêto 
de ses gens ^ pour couper l«i digue qui arrêtait les eaux ; ce que, 
' voyant les assiégés, trois d'entre eux lancèrent chacun un trait 
91)1' son cheval , qu'ils renversèrent flans Teau ^ avec le cavalier« 
Mais ses gens le relevèrent aussitôt / et, animés par ses e^bop-^ 
latious, ils vioreot à bout de rendre à la rivière^on libre cours, 
et d'empêcher, par->làt le m^in de tourner; car la rivière 
( c'éUit )e Semois ) était trop j>eti|e pour le faire mouvoir san» 
artifice. LVmpereur Conrad ayant donné, Tan ii4^9 ^^ coniyte 
Henri, l'avouerib de 8ai©t-M*ximin de Trêves, il prit la défense 
40 celte abbaye contre Tarçhevôque Adàlbéron , qui voulfife» 
attaquer son «xemptioD. Ce différeot, qui occasioqà une guerres 
très-vive entre le comte et le prélat, fut terminé à la di«te de-. 
Spire par ua diplâme de Conrad , daté du 4 janvier 1 14& 
^[Voy. Im Archtif. ée TrèfHs>))\^difk i*49v suivant Lambert 
"Waterloa, ou iiSo> selon un mannscrit des annales d'Anchin\> 
Baudouin le Bâtisseur, comte de Hainaut, étant en guerre avec. 
Tbierri, a Alsace , ciMnie de Flandre , ifm,plora le secours d^ 
Henri, son beau-frère (et oon son beau-père, comme dil^ Wa-n 
terlos), qui lut afoiena des tronpes, avec Henri, évéque de 
^iége , pour empêcher le cojnte de Flandre de fortifier le châ-. 
teau de C^iihautin; mais ce fut inutilement, et ils se retirèrent 
^vec la confusion de n^avoir pu réussir. (Bouquet, tom. XlHy.^ 
,pp. 502-7H7. ) L'an n5i, suivant la chronique 'de I^obhea, Ic^ 
eomte Heari renouvela ses entreprises sur les terres de Téglise 
de I^iége ; mais il trouva dans Henri de Leyen, qui la gouvernait; 
«lors, un adversaire vigoureux , qui arrêta les efforts de son^ 
ambition. 41 arriva, dit un auteur du tems {Auclar. Affli^kem,)^ 
c^ue ses t troupes s'étapt jetées sur un village du Liégeois, nommée 
Uoyloii( aujourd'hui Hollogne) , ud des chefs mit la main sur- 
Tévêque , qui se trouvait \à pour le faire prisonnier» Mais le 
prélat ayant eu l'adresse ou la force de lui échapper, on en vint 
à un eombat sanglant^ dont l'issue fut l'incendie de l'église et* 
d'un grand nombre de personnes qui s'y étaient réfugiées. Ce 
prélat eut sa revanche bientôt après; étant tombé sur lui^ le^ 
premier février de l'année suivante, il le battit à plate couture,^ 
dans la plains d'Andenne, sur la Meuse. L'an 1 155 , tandis que 
l'évéqife est en Italie ^ où ses affaires l'avaient appelé , il profite 
de cette absence pour recommencer ^t^ l|ostiHtés. Mais le comte 
de Duras , marécnal de l'église de I iége , pour le rappeler chez 
lui, va faire le siège de Najnur. Htenri , déconcerté par celle' 
diversion ^ prend le parti de faire la paix, ( Voy. içs éi>é(^nes de 



É 



ti8 c»RomiiO0iB wisrroKiqxM 

lÂegei)\à^tm ii63, se voyant sans enfants, et n^én espérant plus» 
de sa femme Laurence, il dispose , au mots de Juin , de tous ses^ 
domaines , en faveur de Baudouin , son neveui, nis et; héritier de^ 
Baudouin IV, comte de Hainaut, ne s'en réservant que Pusu- 
fruit. Laurence étant morte, ou s^élant retirée^dans un monas- 
tère, comme le dit Gilbert de Mous , Henri épouse, verstr 
1166 (i), Agnès, fiUe de Henri, comte de Gueldre, Le but de 
ce mariage était de retirer des mains de l'etnpereur la ville de- 
Maëstricht , qu'il avait engagée pour seize cents marcs d'argent ,, 
laquelle somme le comt(^de Gu0ldre s^obUgeait de rendre ; mais- 
ayant manqué à son engagement, Henri renvc^a la princesse aur 
Mût de quatre ans, sans gu'îI eut habité avec elie maritalement..^ ' 

Godefroi , duc de Brananl, formait contre le comte Henr^ 
certaines prétentions, qui, en 1 169, furent le sujet d\ine guerre, 
dans laquelle celui-ci eut pour alliés le courte de Hainaut et 
son fils, qui lui procurèrent une paix avantageuse. L'an 1172^ 
le jeune Baudouin, nouvellement comte de Hainaut, secouruCc • 
efficacement le comte Henri ^ son oncle, dans la guerre qu'il 
eut avec le duc de Limbourg. (Voy* Henri Ui, duc de Lim6ourg:y 
Baudouin ne servit pas un ingrat; et, l'^^n 1176, il trouva dan^; 
le comte de Namur , un allié 6dèle contre Jacques d'Avénes^ 
avec lequel il était en guerre. (^Gishb, Mont') Henri , depuis» 
long-tems, n'avait qu'un œil, dont il vît : il le perdit, l'an 1182^ 
dans une maladie qu'il eut à Luxembourg. ( lùid,) De là le sur-^ 
nom d*Ai>eugie. qui lui fut donné. Attaqué, l'an 1 18S, par le duc- 
deBrabant^ ilest puissamment secouru par le comte de Hainaut,, 
son neveu. (^Voy, Baudouin V, comte de-Haînaut.} 11 devint 
père. Tan 1166, contre son attente, d'une fille,- que sa seconde- 
femme Agnes lui donna. La /laissance de cet enfant , à qui on 
donna le nom d'Ërmansette , ou Ermeoson , changea les dispo-- 
sitions/lu père à l'égard du comte de Hainaut, son neveu.. 
L'an 1187, il fiaaça sa fille avec Henri II, comte de Cham-« 
pagne, en promettant de la faire son héritière universelle. Bau- 
douin , par-* là frustré du fruit de la donation que soo oncle lui 

4 

(i) Gilbert de Mons place ce second mariage de Henri en 11 68 ;. 
mais il se sert de cette expression vague : l'a dtebus illis. Il dit ailleurs^ 
que le comte Henri reprit Agnès en f lôS, après avoir 'été séparé d'elle 
pendant quinze ans , ce qui supposerait qu'il t* avait renvoyée en 1 1691. 
ou 1170 ; et comme il Tavait gardée quatre a^ns^ son mariage se rap—v 
porterait à Tannée itGS ou 1106, si l'on prend le compte de Gilbert, 
pour des années incomplètes. Cje qu'il y a de certain, c^est q^u'oi^ 
ne voit le comte de Hainaut , qui devait voir d*un mauvais œil ce raa^ 
Hage « s'unip d*intérê( avec le comte de. Namur ^ que sur la fim d«t 



t 



y 

. DES COMTES DE WAMÎJR. ^ lïg 

vivait' fait^ en ii6S, et qaUl avait confirmée en it84 9 6n donna 
avisa l'empereur t'rédéric^ qui, de soii côté, traversa le mariage 
projeté, parla déclaration qu^il fit à Tout, aux fêtes de la Pen- 
tecôte^, de ne jamais souffrir que la succession de notre comte 
passât entre les mains d^in prince français. Au mois de juillet 
suivant , le comte d« Champagne étant venu à Mamur, emmena 
avec lui la fille du comte ^ âgée ^'un an, avec ptx>messe de 
Tépouser; et Henri, de son côté, lui fit prêter hommage par 
.ses vassaux , malgré la réclamation du comte de Hainaut , qui 
Vêtait rehdu sur les lieux. ^\'tyant pu rien gagner sur son oncle, 
îl fit porter ses plaintes à Tempereur , le lÔ août , dans la diète 
..de Worms, lequel renouvela les assurances qu'il avait données 
la première (bis. L'année suivante, *au terme pascal , le comte 
de Hainaut, muni de lettres de recommandation de son oncle, 
va itou ver l'empereur à Seligenstadt, et obtient la même assu- 
.rance de lui et de son fils. Alors le vieux Henri, voyant le chef 
de l'empire déclaré pour son neveu , fait une nouvelle transac*- 
, tion avec lui, le déclare de nouveau son héritier, et , lui ayant 
fait ren^e hommage, lui confie le gouvernement du comté de 
Kamur, avec promesse de travailler à ravoir sa fille et de re- 
noncer aux engagements pris avec le comte de Champagne. Lé 
comte de 'Hainaut vivait à ses propres frais dans le comté de 
.^amur , pour n'être à charge à personne ; mais ta sévérité avec 
laquelle if réprimait les violences, le fit haïr des grands, accou- 
tumés à les exercer. Ils le noircirent auprès du comte de Namur, 
•et lui firent craindre qu'il ne fût entièrement dépouillé par son 
neveu, s'il le souffrait plus long-lems dans le pays. Sur cela, 
le soupçonneux vieillard lui ordonne de sortir ne ses états , et 
lui réitère cet ordre dans une audience que le comte avait 
obtenue avec peine. Forcé de se retirer pour ne pas irriter 
davantage sofi onçh?, il demande d'être déchargé du serment 
qu'il avait fait conj^me gouverneur : ce qui lui est accordé. Ktant 
retourné en Haioaut, il revient bientôt après à la tête d'une 
armée faire le siège de Namur. La ville est aussitôt prise et 

Ï)illée par le soldat, contre la défense du prince. Il entreprend 
e siège du chûtcau, où le comte était renfermé avec une forte 
garnison,' qui est forcée de capituler. Le comte de Namur n'ob- 
servant pas les conditions qui venaient d'être accordées , celui 
de Hainaut continue ses conquêtes et s'empare de la plupart 
des places de son comté. (Tout ceci est tiré de la chronique de 
Gilbert de Mons, depuis la page iSq à 184 de l'édition de 
M. le marquis du Chasteler. ) Baudouin, considérant qu'il ne 
pourrait se maintenir dans la jouissance du comté de Namur , 
contre le gré de l'empereur, ne pouvant l'aller trouver en per- 
sonne , lui envoie des députés à ËrfortXie comte de Champagne 



■"i* 



tîO tttBOKOLÛCIÉ HISTORIQUE 

V avait aussi envoyé les siens. On marchanda de part et ^'atitns 
la faveur de IVropereur : tuais les offres du comte de Hainaut,. 
<]uoique moindres, fureni préférées k celtes de son rival. Ayatlt 
.'ubletiu une trêve du comte de Naraur et du duc de Firabanl , 
il se rendit auprès de l'empereur, À VVorms, troiîi jours avant 
Noël de l'an 1 188 , et, poyr comUc de feveur^ le chef de rem- 
pire érigea en marquisat le comté de Namur uni av^ec ceux dfe 
Durbui et de la Roche*; ileti ^onna rinvestituie «lU comte de 
Raioattt ; mais il voulut que ta chose fài tenue secrète. {lùid., 
pag. iëë-t^4*} Apr^ ffuetques trêves mal observées, la paiic 
$e fit au mois de juillet 1 190, par Pentremi!>e de Tarch^vèque 
lie Cotogne : le comte de Hainaut resta maître des places fortes 
dont il sVtait emparé , avec Passurance de succéder à son 
oncle dans tout le reste après sa mort. (/6m/.» p. 207.) Ce 
(rai lé ayant été présenté k Tempereur « à Hall , e«) Suahe , il 
'«Icclara avoir érigé les comtés de Namur, de Durbui et de \k 
fioche, en marquisats Le duc de Brabànt s^oppo!»e à cette érec- 
tion, prétendant que ces trois comtés dépendaient du duché de 
J.othier. Gilbert , prévét de Saint-Germain de Monf, chaH'*- 
i:elier de Baudouin, et chargé de ses affaires à la cour de Tempe- 
9eur^ Assure avoir prouvé le contraire ; mais quoiqu'on ie^ 
ait cru, il est pourtant vrai qu'il avait tort. Depuis ce tems^ 
Jîaudouin prit les titrés de prince de Tempire et de marquis 
de Namur , comme on le voit dans une charte qu'il fit expé^ 
dier, l'an 1 192, en favetir^de IVglisede Saint- Alban de Namur. 
(Mirjeus, Diptom. Belg.^ t. 1, pag« &94-) ^"'^^ ttc).^,ie comt6 
Henri maria sa fîlie (1), que le comte de Champagne avait 
renvoyée, dès 1191 « avec Thibaut, comte de Bur. L'an 1194» 
SCS troupes et celles de ses alliés forent battues par son neveu ^ 
le l«^ août, k la bataille de Neuville, sur la Mehaigne. Ld 
t'hagrin qu'il en conçut , fut si vif, qu'il en mourut peu.d^ 
jours après , suivant le commun des historiens. Le P. fierthc>let 
et le P. de Marne prétenclcut néanmoins , avec plus de fonde*- 
ment, qu'il ne finit ses jours qu'en 1196. il avait épousé f 



(i) A rarti<;le des comtes 4e Bar, ùwis avons adopt'é cette âsrt4| 
sur raïUorité d'Albéiic de TTois^Fontaines ; mais le sil^Bce de Gilbitït 
de IVlaas . a^itcur contempM'aifi , qwi ne pensait pas se difcpenset d'en 
parler, si le mariage d'Ermansetleavet Thibaut l eiU-eu lieu dans lis 
tems qu'il écrivait , nous la rend très-suspecte. En effet , Gilbert fait 
le dénombrement des alliés qui, en 1194» ceml»aUirent pour le 
comte Henri à la bataille de NeuviNe , et il ne nomme seulement 
pas Thibaut. Nous croyons donc qne soti mariage avec £rmansette esl 
postérieur h la mort d« BtfndovM» V, coilitt d« Hamatft , arrivée %e 19 
décembre 119S. « ■ 



i 



15E$ MA!«?UB bip nAUC»; 



ist 



iP. ÏAUliTîKCE, Elle de Thierri d'Alsace,, comte de Flandre^ 
^jut avdit déjà 'eu trois tnaris ; 2^. Agiiss ^ fiUe de Henri 9 
■comte de Gueldre,. de laqiielle il fut séparé durant quinze 
ans 9 et qu^il reprit à ia soHici talion du duc de Bradant, âa 
^soaxie de Flamdre et de l^archevéque de Cologne. (Ges deiuc 
époux sont enterrés à Floreffe.) Du premier lit, il cni une 
lîite , morte avant 1 163; dû second sortit £rmansette, dont on 
'viént de parier. , v 

MARQUIS DE NAMUR. 

PHILIPPE I , WT LE NOBLE. 

• . _ » 

1^96. Philippe 1% dît lb NoBtE , second fits de Baiff-& 
^uÎH V, comte de H'ainaut, lut succéda au comté de Namur, 
en vertu de son testament; maris av€c dépendance du comte de 
Hainaut, iion frère, de qui il était dit, par ce mante testa* 
'^ent, que le comté-marquisat de ISlamur relèverait à Tavenir, 
ainsi que de ses succéss^pùrs dans le Hainauf . Le cotnté de Bar 
lui fit la guerre pour avoir aussi le comté de Namur du chef de 
sa femme ; mais Tan 1197, on fit une espèce de trêve qui fut 
convertie, Pan 1199 9 le ^ non d'août, comme dé Marne le 
dit , mais dé juillet, en un traité de paix conclu près de Di* 
nant , lequel assura la possession du marquisat de Namur jus- 
qu'à la Meuse, à Philippe. (Du Moni , Cotps Dîplom\ , tom. ï, 
part. I , p. 1:^.) Ëtatit allé peu de tems après au secours du 
comte de Flandre, son fi-ère , qui était en guerre avec la France, 
au sujet de TArtois, il tomba, près de Leuze , dans une em-r 
buscade des Français , qui le firent prisonnier avec douze che- 
valiers et Hugues , élu évoque de Cambrai , qui était de la 
compagnie. Le prélat , sur les menaces du lï^gat du pape , fut 
presque aussitôt remis en liberté, suivant Roger de'Hovedeii. 
Mais Philippe ne fut délivré que par le traité de Péronne*, 
conclu avec le comte de Flandre aux fêtes de Noël de la même, 
année. Ce dernier, Tan 1201, partant pour la croisade , où- il 
fut élu . empereur de Cùnstantinople , confia la tutelle de ses 
deux filles, à Philippe, avec la régence de ses états. Mais le 
ix>i de France ,' craignant que ces deux princesses ne s'alliassent 
avec ses. ennemis, qngagea le marquis de Naipur à, le$: envoyer 
à Paris pour y être élevées sous les yeux de 1^ roine. Le mar^ 
4)uis s'attira par-là de sanglants reproches- de: la part de» Fla^ 
-mands» dotit le mécantentement alla si loin, qu^ils lui dlèrent 
la régence. L'an 121a , Philippe mourut le 8 octobre, suivant 
1^ chroniques de Clairmarais et de Lc^bcs , et nonr i.;jLiS , 
XIV. 16 ' 






132 CHRONOLOGIE RISTORIQtni 

coiiame <}it Albéric , sans laisser de postérité de Marie , filb 
du roi Philippe Auguste et d'Agnès de Méranie, qu'il avait 
fiancée par contrat du mois d'août 1206 , et épousée en 1210* 
Les dernières circonstances de sa vie , rapportées par Albéric 
de Trois - Fontaines , d'après Césaire d Heisterbacb , auteur 
contemporain , sont trop remarquables et trop édifiantes pour 
•n'être pas mises sous les yeux de no^ lecteurs. « Le comte Phi- 
» lippe, dit Albéric {ad, ann. I2i3) , se sentant atteint d'une 
» grosse fièvre dans le château de Blaton, près de Condé, qu'il 
» avait enlevé au châtelain de Caudri, l'un des six pairs de 
» Yalenciennes , se confessa plusieurs fois à quatre aLbés en 
» même tems, savoir, à Conrad, abbé de Villers , Baudouin 
» de Cambron, Nicolas de Marchiennes, et Régnier de Saint- 
» Jean de Yaienciennes, s'accusant de ses péchés avec une hu- 
it milité si profonde et une douleur si vive , qu'il faisait verser 
» des larmes â ses confesseurs. Il n'en demeura pas là ; s'étaat 
.D mis une corde au cou , il les pria de le traîner par les rues g» 
» disant : J*ai vécu comfne un chien y il est juste qu'à la. mort 
j» je sois traité comme un chien. » ( Il n'y a pas d'apparence 
qu'ils aient déféré à la ferveur du pénitent.) « £n cet état ,con'- 
3à tinue Albéric , il se fit transporter dans l'hôtel du prévôt. 
.» Mais, y étant , il connut que cet officier aVait commis plu- 
-» sieurs injustices et plusieurs vexations contre les peuples de 
» Blaton. Au même moment, il changea de domicile et préféra 
» la maison de son chapelain, toute chétive qu'elle était. Là, 
3» excité par l'esprit de justice , il distribua toute sa vaisselle 
9» d'or et d'argent aux églises et aux pauvres , sans réserver 
» même une seule cuiller ». 

. Son corps , rapporté à Namur , fut inhumé dans l'église de 
Saint-Urbain. Six moi^ après l'avoir perdu, Marie, sa femme, 
se remaria avec Henri 1 , duc de Brabant. Le surnom dé Noble 
fut donné au comte.marquis Philippe, soit à cause de sa magni- 
ficence et de sa générosité , soit à cause de la grandeur de sa 
maison dont il y eut de son vivant , deux princes , ses frères ^ 
empereurs de Constantinople. 

YOLANDE ET PIERRE DE COURTENAL 

1212. YoLAi^DE, femme de Pierre de Courtenai, comte 
d'Auxerre , et sœur de Philippe le Noble , se mit en possessioa 
du marquisat de Namur après la mort de ce dernier , avec le 
consentement, au moins tacite, de Henri, son autre frère, 
empereur de Constantinople. Elle demeura en paisible jouis* 
.sance l'espace de deux ans. Mais, l'an 12^49 Waleran, comté 
de Luxembourg, ayaqt épousé Ermansette^ fille de Henri l'A^ 



r 



SfSS MABQUtS DE KAMUH. laâ 

Iftugle, prétendit que ce marquiv^^at était dévolu à sa femme, 
suivant 1 interprétation quUl donnait au traité de Binant. Cette 
contestation occasiona une longue guerre , durant laquelle 
Pierre partit avec sa femme au mois de janvier 121 7, pour aller 
remplir le trône de Constantinople. Avant son départ, Yolande 
se démit du marquisat de Namar en faveur de son fils , qui suit. 
( MiraBîis , Diplom. Belg, , (om. I , pag. 3oo. ) 

PHILIPPE II DE COURTENAL 

1216^ PhIUPPE II de COURTEIIAI , dit A LA LÂVRE , fils de. 
Pierre de Courtenai et d^Yolande, succéda au marquisat de 
Namur, en vertu de là donation q|ie sa mère lui en avait faite»- 
Jttais il fallut défendre cette succession contre* les attaques du> 
comte de f^ixembourg, commencées depuis deux ans. Elles en 
durèrent encore quatre sans aucun succès décisif de part ni 
d'autre.' L^an 1^20, Farchevéque de Cologne et la comtesse de 
Flandre, s'étant rendus médiateurs, obtujtrent un armistice, 
pendant lequel il&4ravaiUèrent à concilier les parties. Les négo^ 
ciations durèrent près de deux ans , et enfin la paix fut conclue' 
à Dinant , le i3 mars i2i^H ( n» st. ) , sur le piea du traité signé 
au même lieu l'an ii99« Philippe, depuis ce tems, restai 
paisible possesseur de son marquisat. L'an 1226, ayant suivi 
Louis Vlll dans la guerre contre les Albigeois, il contracta .au 
siège d'Avignon la maladie qui régnait dans le camp , et s'étant' 
fait transporter à Saint-Flour, en Auvergne, il y niourut peuide. 
tems après, sans avoir été marié. Son corps, rapporté dans les'' 
Pays-Bas, fut inhumé à Vaucelles, près de Cambrai. ( Albéri- 
eus,* ad an.^ 1226.) Une preuve au désintéressement de ce 
prince, c'est que le trône de Constantinople lui ayant été offert , 
l'an 1217, après la mort de son père, il le refusa ,. et ,1e. céda à 
Robert , son frère puîné. 

HENRI DE COURTENAL 

122G. H^Nni DE Courtenai, frère de Philippe H, fut mis 

en possessioudu mafquisat de Namur après la mort de celui-ci , 

n'étant pas encore majeur, par Enguerand de Couci^son tuteur. 

I 11 ne ré^na qu^enviroa deux ans , et mourut sur la fin de i2;i8, 

OU au commencement de l'année suivante*, 

MARGUERITE DE COURTENAL 

1228 ou 1229. Marguerite de Courtenai , femme de 
^ Henri , comte <|e Yianden, et sœur de Henri de Courtenai y se 



124 «HBOKOtOGlK mSTOBIQtJIB 

porta pour son bérilièi*e, quoîqu^il restât i ce prince un frère^ 
vivant, Baiidoisi» II,' ecupereuc de ConsUntuiopte , encorr, 
niîi»e«r, sans parler d'Yplattde, reine de liongriey sceur aînée 
de Marguerite. CepefidaaC ,, elle n^cprouva aucune oppo^iMofK 
pour lors de la part de ces plus prochains héritiers; mais elle 
eot un concurrent dans ia personne de Ferrand , comte de 
Flandre, qui prétendit au comM^ disNàmurdi] chef de safeoime^ 
nièce d'Yolande^ femme de Pierre de G)urlenai. C^était par 
conséquente vouji^ir opposer usyrpatpon àf usuipation. Le comte 
' de Flandre soptiiit sa prétonlion par ia voie des armes. Mais. 
Pliilîpp^^ comte de Boulp|;ne^ ami commun fies parties ^ s'év- 
lant rendu médiateur entre elles» enfin, au mois ne navexn|>re 
xaSi, on en vint à un acconuaodencuîni, Marguerite et sao^ 
épbusi cédèrent ' à Ferrand quelques terres^ qu\is possédaient en., 
ilandre et en idainaut , au moyen <le quoi il renonça au m^r— ^ 
quisat de Is'âmuT. L'an i33<:>»A]argueFite fut inquiétée par ua 
nouveau préieAdant mieux fondé que le prepiier : citait Eau-r 
douin, soA frère ;, alors empereur de Constantipople. Ccprince ^ 
étant venu en France pour solliciter da secours contre les Grecs y 
entreprit de se. faire restituer. le marquisat de Namur et Le reste 
de son pairisaoine. Marguerite voulut en vain le faire passer 
fûiic uti ;iiTi)posleui- qui venait renouveler la scène > dont nth 
àuïce imposteur avait , depuis quelques années^ donné le speo-* 
tacle en F.bndre^ BapdoUin , avet: (es troupes que le roi saint 
Lonis'et Jçanne, comtesse de Flandre!» lui fournirent, contrai-^ 

fàit> Marguerite, après bien du sang répandu, à lui abandonner 
héritage tiant elle s'était injustenient emparée. 

BAUDOUIN DE COURTENàl. 

12.^7 .'^BiftUDOx; IN, devenu maître du marquisat de Namur, 
n'j fit pas un long séjour. Obligé de retourner promptemen t. ea 
Orient , il donna les ordres nécessaires pour assurer la tranquil- 
lité du pays durant son absence, et partit. En passant à Paris, 
il hypothéqua son marquisat au roi saiut Louis, pour une 
somme de cinquante mille livres , que ce prince lui prêta. Sur 
• la fin de i:i44 ^ étant revenu en Frante, il fit un nouveau voyage 
à Namur, ou il trouva toutes choses sur le même pied qu'il les 
avait laissées. Mais, Van 124S, il apprit, à Constantinople, que 
Jean d'Avènes, qui se portait pour comte deHainaut, s'était 
fait adjuger le marquisat de Namur par une déclaration de Guil- 
laume, roi des Komains. Le fondement de cette déclaration, 
datée du 27 avril 124^^ , et rapportée par D. Martène (^Anêcd, , 
tom. 1 , col. io34), était que le marquisat de Namur elant un 
fief du Hainaut, il était tomué en commise, faute par.Baudonia 



ras KÂIIQUIS DE NAUUB. 1^5 

dVh avoir fait hommage au suzerain. Hors d^étât d^aller dé- 
fendre son héritage en personne , Eaudouin. envoya l'impéra- 
trice> Marie, sa femme, sur leç lieux. Elle vit, en passant à 
Rome^ le pape Innocent lY, et à Paris la reine Blanche , sa 
tante, lesquels loi promirent, l'un et Tautre, leur protection-r 
Arrivée à I^amur, elle trouva évanouies les m^enaces de Jean 
d'Avênes. J/impératrice revient eu France , où elle reste jusqu'à 
la mort de la'reme Blanche , arrivée le i«f. décembre i25i. Jean 
d'Avênes, la voyant privée de Tappui de sa tante, renouvela se^ 
prétentions au comté de Namur. L'an 1266, le roi saint Louis, 
choisi pour arbitre de ce différent , prononce, le 24 septembre, 
%n faveur de l'empereur Baudouin et de sa femme. Mais bienXÔt 
un nouvel orage s'élève à Namur contre l'impéralricè-comtesse. 
Des impositions qu'elle met sur ses sujets , les irritent. Le bailli, 
chargé de lever ers taxes , est mis à mort. On recherche les au- 
teurs du crime. C'étaient les plus accrédités de la ville. Pour se 
mettre à l'abri des poursuites , ilç^'adressenl en secret à Henri 1II| 
comte de Luxembourg , et soifrent de le reconnaître pour sou- 
verain. Henri , qui avait des prétentions à ce marquisat , arrive 
i petit bruit à Namur, dont il se rend maître, la veille de Noël 
1256, sans coup férir. Marie, n'ayant eu que le loisir de se sau-r 
ver, va mendier des secours chez ses voisins, apr^s av6ir laissé 
la défense de la citadelle au brave Franco n de Wesemale. L'ari 
12S8 , la comtesse de Flandre envoie des troupes au secours de 
la place, sous la conduite de Baudouin d'Avénes. Elles sont 
jointes par les seigneurs champenois, à la tête desquels se trou? 
vent les dcuk frères de Marie. Mais le général s'entend avec le 
pumte de Luxembourg. Instruite de la trahison , 1 armée auxi^ 
liairese débande, et la citadelle, manquant de tout, est obligée 
de se rendre le 22 janvier 12S9. Henri, maître de la capitale ^, 
soumet, en peu de teihs , lé reste de la province. Alors Marie ^ 
privée de toutes ressources, prend le parti de vendre ses droits 
à Gui de Dampierre, fils aîné du second lit de Marguerite ^ 
comtesse de Flandre. Cette vente ne fut néanmoins consommée 
qu'en i26->, ft l'empereur Baudouin la ratifia. Çt^oyez Baur 
doutn IJ , empereur de Ckmstantmople^) * 

GUI DE DAMPIERRE. 

• 
' 126.^. Gur DE Dampierre , associé au gouvernement de la 
Flandre par Marguerite , sa mère , fut obligé de prendre les 
armes pour faire valoir les droits que Marie lui avait cédés sur 
le marquisat de Namur. Il poussa d'abord vivement le comte 
de Luxembourg, son rival. Mais voyant le comte de Hainaut 
disposé i ^secourir ce dernier > il -prit le parti d'entrer en acGQjaDh. 



laS CHftÔNOLOGfE BnrORtQUB 

modement. Ayant demandé en mariage ISABEtLE ,. fille dfv^ 
comte de Luxembourg , avec le marquisat contesté pour sa dot^ 
il Tobtint , et la paix fut ainsi conclue au mois de mars de Tào: 
1265 (n. st. ) Gui , Tan 1270 , accompagna saint Louis , avec- 
«ne troupe choisie de sa noblesse, dans, son expédition d'A- 
frique. Il succéda , l'an i :iSd , à sa mère , dans le comté de- 
Flandre. L'an 1297 > ^^ ^^ démît du marquisat de Namur ei^ 
faveur de son fiU , qui suit. (^yoy. Gui de Dampierre, comté de> 
Flandre, ) 

JEAN L 

1297. Jean I , fils aîné dé Gui de Dampierre et dlsabellé 
de Luxembourg , leur succéda^ l'an 1297, dans le marquisat! 
de Namur, en vertu de la cession qu'ils lui en firent. Né avec 
tïn caractère ferme , il en fit sentir tes effets à ses nouveaux 
sujets, que son extrême jeunesse avait enhardis à se révolter.. 
L'an 1.^02, il combattit, le i3 iuillet, à côté de k^rui , soa 
frère, à la journée de Conrlrai, si funeste aux Français. L'an 
x3o4 , le 18 août , il perdit , contre le roi de France , la bataille 
' dé Mons en-Puelle, ou de Mans-en^Pnele , où il comman^ 
dait avec Philippe*, son frère. Le furieux échec qu'il reçut eâ 
cette occasion ne le découragea pas , moins encore les Fla-f 
tnands, qui y voyant Lille assiégée , accoururent de toutes part» 
au secours de la placé. Le roi, idit-on, voyant une nouvellfr 
armée de Flamands sur pied après le carnage qu'il menait d^en 
faire, demanda s'il pleuvait des Flamands. On fit une trêve 
qui fut convertie en paix Tannée suivante. L'an i3ic>,^ le mar- 
quis Jean accompagna l'empereur Henri^ VIL dans son expédi-* 
tion d^ltalie. Pendant son absence, des impôts, que la mar-\ 
quise, son épouse , veut lever sur ses sujets, occasionent une. 
révolte. Obligée de se sauver dans la citadelle avec ses enfants ,. 
elle y est assiégée par les rebelles. Le marquis, à son retour, 
(l'an i3i3) délivre sa famille avec le secours du comte de 
Loss. Les mutins , après avoir demandé grûce , sont condamnés; 
les uns à une forte amende, les autres au bannissement. IJàn 
]3i8, la querelle particulière des habitants de Bouvigne , sujets 
du marquis de Namur, avec ceux de Dinant, sujets de l'église 
de Liège, met aux prises le marquis avec les Liégeois. La guerre 
dura quatre ans, «l finit , l'an i322 , par un traité de paix dont 
on ignore les conditions. La même année , Louis de Créci^- 
comte de Flandre, cède au marquis de Namur le port de l'E- 
cluse , en reconnaissance des services qu'il avait reçus de lui* 
(Voyez 7^^ comtes de t'iandre, ) Les Brugeois, à qui ce pCMrt est 
important pour leur commerce, s'offensent de cette aliénation. 
Ils vont attaquer le marquis dans l'Ecluse, dont il était yen« 



I»E5 MAllQUIS BK NAMUR. 




gai perça i égoût de la prison 
À Paris. Le roi Charles le Bel sMntéresse pour eux. On indique 
une conférence à Courtrai, où le comte et le marquis se rendent. 
Mais le comte s^apercevant que les députés d^ Bruges ont de 
mauvais desseins , les fait arrêter. Jaes Brugeois , à qette nou- 
velle , accourent au nombre de cinq à six mille pour délivrer 
leurs compatriotes. Louis se prépare à soutenir un sîése dans 
Courtrai y et commence par mettre le feu à un dos faubourgs* 
Mais rincendie s'étant tommuniqué à la ville, les Brugeois, 
déjà malintentionnés , en prennent occasion de &e soulever* Le 
comte, obligé de prendre la fuite, est arrêté à deux cents pas 
de la ville, et livré aux bourgeois qui Remmènent dans leur$ 
^ prisons. Toute la Flandre est en combustion. Les villes de Gand, 
d'Oudenarde y et quelques autres déclarées pour leur maître, 
font marcher leurs troupes^sous la conduite du marquis de Na- 
mur, contre ifes rebelles con{mandés par Robert de Cassel. Deux 
victoires, que le marquis remporte sur eux, les obligent k 
demander la paix. £lle est conclue la nuit de Noël de Tan 1 3^6, 
dans la ville d'Arqués, près de Saint-Omer. L'an l'Ô^S^ nou-» 
veau soulèvement des Flamands contre leur cornte. Jje marquis 
de Namur , ayant joint ses troupes à celles du roi de France , a 
part à la victoire remportée sur eux , le 23 août, à Cassel. L'a- 
vantage quHl en retire, est la confirmation de la donation d« 
l'Ecluse, et delà possession de quelques autres terres qui lui 
appartiennent en Flandre. Ce fut là son dernier exploit. Il mou- 
rut à Paris, le l*^ février i33i, âgé de soixante - quatre 
ans , et fut enterré , le 4 du même mois, aux Cordcliers de cette 
ville. Le marquis Jean avait épousé^ !•. vers looy, Margue- 
rite, petite -fille de saint Louis, par Robert de Clermont , 
son père, morte sans enfants l'an iSoq; 2**. Mauie d'Artois, 
fille de Philippe d'Artois, seigneur àe Couches, dont il eut 
«ept fils et trois filles. Quatre de ces fils lui succédèrent l'un 
après l'autre. Deux autres , Robert et Louis, se rendirent 
célèbres par leur valeur. Isabelle , la seconde des filles , épousa 
Robert, comte palatin du Rhin; Blanche, la troisième, fut 
mariée à Magnus, roi de Suéde. Le marquis Jean I fut autant 
regretté de ses sujets, qu'il en avait été peu airaé de son vivant. 
On ne rendit justice à ses grandes quailités que lorsqu'il n'en 
resta plus que le souvenir. 

JEAN n. 

i33i. Jeai< II , fils aîné de Jean I , lui succéda. Lorsque son 
père mourut , il était à Paris ^ d'où il partit , après lui ayoii: rendu 



120 CHRONOLOCîE HiStORlQUS 

les dertiîers devoirs, pour venir prendre possession de son mar- 
quisat. Deux aus auparavant, il était parti pour la Bohême , lais- 
sant à Marie, sa mère, le soin de son état. L^objet de son voyage ' 
'était de secourir le roi de Bohême, Jean de Luxembourg, dans 
la guerre qu'il faisait, de concert avec les chevaliers Teuloniques, 
aux Lithuaniens, encore idolâtres. Pendant son absence, le 
marquis, son père, ayant donné asile au fameux Robert d'Ar- 
tois, sort frère, proscrit de la France, le roi Philippe de Valois^ 
instruit que Robert y cabalait contre lui , engagea l'évêque de 
•Liège à porter la guerre dans le Nàmurdis , pour Tobliger d'en 
sortir. La régente alors n'eut rien de plus pres^qque de congé- 
dier sort frère. L^an i334 , le marquis Jean , de retour dt 
Bohême, entra dans la ligue de l'évêque de Liège , et de plu- 
sieurs princes de la basse Allemagne contre le duc de Brabant ; 
et, l'année suivante, il prit encore parti contre c*^ dernier, dans 
la guerre qu'il déclara au comte de Flandre , par rapport à la 
seigneurie de Maliqes. L'an i3^^5, le marquis Jean termina ses 
jours, le 2 avril, sans avoir été mariç. H laissa un fils naturel , 
nommé Philippe, qui fut tué, l'an i38o, en défendant Den-^ 
dermonde pour le comte de Flandre, contre ses sujets révoltés. 
( De Marne. ) . 

GUI IL 

rîSS. Gui II, fr^re du marquis Jean II et son successeur ^ 
partit , peu de tems après son inauguration , pour TAngleterre, 
et accompagna le roi Edouard 111 dans la guerre qu'il fit en 
Ecosse. Etant tombé dans une embuscade des ennendis , il fût 
fait prisonnier, et rendu au bout de «quelque^ mois aux Anglais» 
L'an i33fj, revenant dans son marquisat, il fut tué dans un 
tournoi, le 12 mars, par uji gentilhomme de la maison it 
Saint-Venant. 

PFÎI LIPPE IIL 

i336. Philippe III, troisième fils de Jean I, succéda à Giiî^ 
son frère , mort sans avoir été marié. L'an i3.*^y, il partît pour 
Tile de Chypre, accompagné de plusieurs seigneurs de sou âge. 
La dévotion n'était rien moins que le motif de ce voyage. Cette 
troupe débauchée commit tant d'excès à Famagouste , quelle y 
excita une sédition , dans laquelle Philippe fut tué, au mois de 
septembre de la même année, avec trente de ses parents. U n'a- 
vait point été marié. 

GUILLAUME I., 
1337. Guillaume I , dit le Riche, quatrième £1s deJeaiol» 



Âdëymt le svcoesseur de Plâlippe; 3on frère , à l'âgé de tv^ieàns ^ 
îaous la tutelle de Marie ^ 9a mève , et du comte de LôHt ^ 9on 
oncle. L^an i339, par le conseil de sa mère ,' il se ïànssdL entrai • 
ner dans le paru de TAngleterre contre^ la ^ance4 11 se trouva 
au siège de Cambrai, que Le roi Edouard III fut obligé, de levieK 
L^an i34^ 9 il retira des mains du comte de Luxembourg ^ à pr^x 
d'argent, k terre de Foi (vache, et d'autres quîi avaient été dé- 
tachées, du marquisat de Namur pair le traité de^Dini^t. 11 
.accf>mpagna, Vslu i345, Guillaume- H, comte de Hainaut, daits 
.la malneureuse guerre .qu'il .fit àUx Frisons , et combattit à ses 
côtés à la bataille de Staveren, où Guillaume fut tué le- 2& du 
^7 septembre de cette année. L'an i346, détaché de l^Angle^ 
terre depuis ta mort de ïlobert d^Actois^ son^oncley ilalla join- 
dre, en Picardie, l'armée du roi Philippe de Valois, et fut 
enveloppé dans la déroute des F/anç|is , à la fameuse journée de 
Créci. Ce monarque , l'année suivante, voulant reconnaître les 
«bons services de Guil^^unie, et s« l'ai tacher «f#core plus êtVoi-- 
tement^ lui assigna sur le Trésor royal, pour liû el«éssuccces- 
, se^rs, par lettres du mois de décembre , une rente perpétuelle 




I.ouis de Mâle , .comte de Flandre, -dans la guerre q«e l'avoue- 
rie de Malines avait ocçasionoée .entre ce comte' et Weiiceslas, 
duc de BrabanL Guillaume eut part À.la victoire l}ue Lotiis rem- 
porta sur le duc. à Scheut^ prè^s de BruscHès^ !«* r7 août de 
cette année Y et à la con<|uôte de presque tout le Brabant. qûî 
en fut la suite. Hais .Wenceslas , ayant recouvré dans 'li. même 
campagne tout ce qu'on lui avait pris, entre à'Sidn tout^sur les 
terres de Namur, où il brûla plusieurs villages 'él fit trembler 
jusqu'à la Capitale. La paix se nt. Ji'année'A]ivawce.'LVifï'l38o, 
Guillaume, voyant k comte de Flandre prè^ de succomber vis- 
à-vis de ses su|.et8, révoltés ^ alla lui-roêfne'soUiK^iter le'secouts 
. de la Frlince, et détefminii'le jroi Charles V| k verfir do^xipter les 
rebelles, animés. et appuyés par. 1^ roi d^Angktême. Guillaume 
et son fils aîné se distinguèrent dans cette guerre. L'an i384 9 
après la mort de Louis de Mille -, "Guillaume , se trouvant le 
chef de la maison, de Flandre, supprima da|ps s.e3 arnuiiries 11 
brisure ou bande de gueules q,tre seèprédécesàéurs avaient prise 
comme cadets. L'an 1391, Guillaume échangea la seigneurie 
de l'Ecluse avec^Philippe le Hardi , dtic de Ôfourgogne et comte 
de Flandre , contre la terre de Béthune dont il prit le' nom. Il 
mourut le i«'. octobre de la même année, à l'âge desoix^nt^- 
huit ans. Guillaume avait épousé, 1**. Jeaï^îe de liÀ^NAUT, 
• comtesse de Soli^sons et teuve de Lom$ de Châtillon , comte de 
XIV. '7 



*%3o CfiKOIfOLOâlB aiStOfiIQ0£ 

Blois, dont il n'eut nuint d'enfants ; a**'. Tan iSSa, CATHÉRiNfi" 
.DE S^oiE, veuve a'Azzon Viscboli, seigneur de Milan, pub 
de Raoul lU de Brienne , comte d'£u et connétable de France. 
De ce second lit y .Goillaume eut deux fils, qui suivent, et 
Marte ^ Cemme de Gui de Châtillon , comte de Blois. Le comte 
Guillaume leut die. grandes qualités mêlées à de grands défauts. 
11 était brave , magnifique , équitable; mais il aimait passionîié- 
inefit. lés fêtes et les divertissements, juscpi'à les aller chercher 
dans les .pays étrangers, oubliant qu'il avait un état à gouverner 
et des sujets auxquels il se -devait. Violent et emporté par ci- 
.ractère, il se, portait, dans les accès de sa colère, aux der— 
. nières extrémités; témoin Louis de Yianden , chanoine de Liège 
€t prévôt de Munster, qu'il fit tuer dans un de ces accès. 

GUILLAUME II. 

iSgr. Guillaume II ^ fils de Guillaume I, Iiiî succéda au 
marquisat de Namur à. l'âge d'environ trente-huit ans. Il était 

• déjà célèbre par ses exploits militaires. Mais, se voyant à latêre 

. d'un état , il modéra son ardeur martiale , et n'en conserva 
qu'une grapde fermeté à soutenir ses droits et ceux de ses sujets. 
Ces dispositions maintinrent en paix le marquisat de Namitr 
pendant dix-buit ans. L'an 1 4 08, il fut du nombre des princes 

, qui se joignirent au .duc de Bourgogne pour secourir Jean de 
Bavière, évéque de l'iége, chassé de son siège par ses diocésains. 
H fit mei^eiile le 23 septem:bre de cette année à la bataille 
d'Othei, où les. rebelles furent entièrement défaits. Ce fut la 

. seule gjuçxre où .il eut part durant son règne. Il passa le reste de 
ses jours dans le repos et les divertissements , où' il étala utre 
magnificence. qui fut onéreuse à ses sujets par les impôts qu'il 
leva sur e.ttx pour la- soutenir. Sa mo^t arriva le 10 février 14 1 8. 
Il avait épousé , iPc Marie, ou M ARGUCttiTE, fille de Robert, 

. duc de Bar , dont il n'eut pcriiH^'enfants f :iK j£\T7NE ^ fille de 
Jean VI, comte d'iidrcourl , mrorieen r4^5 , qui lie lui donna 
qu'une Çllcj, inorte en bas <âgë. >u 

\jÈÙi III., . 

* * >' • 

i4i8. Jean lit, dit I'bieh^^ seigneur.de Winendale , suc- 
céda à Guillaurne 4 son frère ^ dans le marquisat de Namur. A 
son avènement, U trouva f état obéré par;les dettes que le luxe 
de son prédécesseur avait occasionnées. Son peu d'économie , 
joint k une mauvaise administration, le réduisit bientôt à la 
nécessité de vendre ses états à Philippe le Bon , duc de Bour-* 
gogne et comte de flàndrei celui de ses voisins qui était le pl«s 



/ 



vis i|jat«uis m nauur. i$V 

«n étal de faire nne telle acquisition , et avec lequel il était 
le plus étroitement lié. Philippe, qui ne cherchait qu'à aug-^ 
•menter ses domaiiies , accepra la proposition avec joie, hn 
moins de six mois de' négociationÉ » les deux prince9«s'accbr^ 
dèrent sar les conditions de la vente, et, le a3 avri( 1421 ^ 
le contrat en fut passé moyennant cent trente sîeux mille cou- 
ronnes d'or, Tusufruit du marquisat réservé à Jean-Thierri 
pour sa vie. Elle ne fut pas longue. Jean-Thierri mourut le i 
mars 14^9 (n. st. )« Avec lui finit la maison de Flandre, après 
avoir possédé le comté ou marquisat de Namur Tespace de cent 
soixante-six ans. Jean-Thierri avait épouser, n'étant que sei- 
gneur de Winendale, Jeanne D'ÀBCOtJDE, dont il n'eut point 
d'enfants, il laissa de Cécile de'S4¥oie ,'sa patentai, tt\ fils na- 
turel, nommé Philippe, seigneur de Duy, dont la postérité 
subsiste encore aujourd^ui , et forme deux branches du nom 
de Namur , à la tête desquelles sont le vicomte d^£li^e et le 
baron de Jonqueret. ........... ., 

PHILIPPE LE BON. 

1421. PmuppE LE Boîi, après la consommation :de la vente 
du marquisat de Namur, vint sur les lieux pour en prendre ' 
possession , et fit frapper de la monnaie à son coin pour marque 
de sa souveraineté. Le. peu d'application de Jean-Thierri ^u 
gouvernement deTelat lui fit regarder avec indifférence une 
cérémonie c|ui lui donnait un maître en lui donnant un col- 
lègue si puissant. Depuis ce. moment, on ne s'adressa plus , 
pour ce- qui concernait l'administration du marquisi^t, qu'au 
duc de Bourgogne, qui s'y comporta en souverain jusqu'à la 
mort de Jean-Thierri. (Voyez, pour la suite, Us comtes de. 
Fiandre de la maison de Bourgogne. ) 



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% hméinVëm^ , proyîndç^ de la basse Allemagne, dont Téten'- 
' «lue est d'environ 70 îîeues, a pour bornes 9 au septentrion, une 
pailîe du, Liégeois et du Ltôibouré ; au midi, la Lorraine; au 
levant, l'ëlefctotat de Trêves -et ja Moselle; au couchant, la 
Meuse et les^ Anjennes. Ce pays, sous les Romains et avant leur 
entrée dans les Gaules, était composé, pour la plus grande 
partie,' de Tréviriens, de Médiomatriciens ou Messins , de Pé- 
maiiièns pu Phémariiens (ati^ourd'hui ies habitants de Famène , 
aux énvitbhs dè'Mardhè), de Côndrusiens (ceux dé Condroz), 
de Segniéns (partie tles habilânTS de Saliù), de Céresiens (ceux 
de Carasgow, dans l'Eyfel,^ da^Mé de Pruym), tous peuples 
Germains d^origine, si Ton excepte les Messins, l^ ville qui ^ 
donne son uom à la province était originairement un château 
que le P. Bertholet , sur des conjectures assez faibles , fait re- 
monter jusqu'au règne de l'empereur Gallien. Quoi qu'il en 
soit , on ne peut douter que la fondation de Luxembourg n'ap-* 
partienne à des tems fon réculiST 

SIGEFKOL 

SiGËFEOi , fils, suivant M. Crollius, de Wideric ou Wige- 

TÎc , comte en Ardennes , et non de Ricuin , comte dé Verdun, 

comme le prétend le P. Bertholet,- acquit 'par échange fait avec 

l'abbaye de Saint-Maximin de Trêves, du .consentement de 

Brunon , archevêque de Cologne , et' vicaire de Pemp^eur en 



CHROir. HI5T. B%S COMTES DE LUXEMBOURG. Ï^S^ 

Xiorralne, la^ propriété du château de Luxembourg, par traité^ 
passé le jour des Rameaux , 12 avril de y an 963. ' Dès qu^il fut 
possesseur de cette forteresse , alors presque ruinée 9 il doôna 
6fîs soirts pour. 4a réparer. L'an 971 , il obtint de l'empereur 
Otton I un diplôme pour rétablir la discipline dans l'abbaye 
d'Epternaqh, dont il était abbé laïque, suivant l'abus qui 
régnait alors en France et en Allemagne. L'an 984 » il défendit 
Verdun avec Godefroi, son neveu, comte de cette ville , contre • 
J^othaire, roi de. France, qui en était venu faire le siège dans 
l'irruption qu'il fit en Lorraine. Mais l'oncle, et le neveii ayant 
é^té faits prisonniers dans une sortie « la ville fut obligée de se 
rendre» Lotbaire les emmena en France. Sigefroi fut remis en 
Ube(lé dès le mois de mai 986; mais Godefroi ne sortit de 
prison que le 17 mai de l'année suivante. ( Voy. les camtes-de 
f^erdun, ) L'an 092 , Sîgefroi fonda un hôpital dans l'abbaye 
frEplernach. 11 donna , l'an 998, la terre, de Mersch à l'abbaye 
^c Saint-Maximin de Trêves, dont il avait pareillement l'avoue- 
rie , à condition que lui et sa femme HedwigÈ y seraient înhu- 
jnés, et qu'on y prierait Dieu pour le repos de leurs âmes. 
Sigefroi mourut l'an çigH, Le jour xle sa mort est marqué au 
t4 août dans le nécrologe de Saint-Maximin, et au 2.6 novembre 
dans celui de Gorze. Son cercueil et celui de ça femme furei^t 
découverts à Saint-Maximin en 1608. De son mariage il eut six 
ûls et trois filles. Les fils sont Henri , dit aussi Hesefoq , avoué 
de Saint-^Maximin , premier comte d'Arlon, S4jivant le 'père 
Bertbokt, et créé duc de Bavière le 21. mars 1004 ; Frédéric ^ 
qui suit ; Tbierri, évoque de Metz depuis iqo5 jusqu'en 104B ; 
Adalbéron , prévôt de Saint-Paulin de Trêves ; Sigefroi , meji-i 
tionné dans un acte de 984 ; et Gilbert , comte daosla Mosel- 
lane, tué, l'an ioo5, à la suite de Tempereur Henri H, dans 
une sédition à Pavie. Les filjes de Sigetroi sont : Cunegonde , 
femme de l'empereur Henri li ; Lutgarde , femme d'Amoul ^ 
comte de Hollande; et Abenze, dont onrne sait, que le nomt 
exicore vivante en 1040. 

FRÉDÉRIC I. 

998. Frédéric I , fils et successeur de Sigefroi dans le comté 
de Luxembourg, appuya, l'an 1008, Adalbéron, son frère ,f 

Erévôt de Téglise de Saint-Paulin, dans leis efforts qu'il fit après, 
i mort de i'àrcbevéque Ludolpbe , pour s'emparer du siège dd 
Trêves. Henri IV, duc de Bavière, et Théodoric, évêque do 
Metz, frères de Frédéric et d'Adalbéron , se joignirent à eux 
et obligèrent Megingaud, nommé à l'archevêché par l'empereur 
Henri li, de sortir de la ville pour aller implorer le secours <iô 



l34 ruaOïtOLOGIE HISrORIQtJE 

ce prince. Le roi de GeYlnânîe,. Henri II, beau -frère dea 
quatre frères, vint les assiéger dans Trêves.' Mais, après trais 
mois de siège , il fut obligé de se retirer. La guerre dura encore 
dix ans, et ne finit qu'en 1017, par la soumisÂon entière des 
rebelles, ( Yoy. ies wclieçéques de Trèi>es. ) Lé comte Frédéric 
termina ses jours Tan 2019. De N. S., son épouse, petite*iille de 
Megingaud, qu\)n croit avoir été comte de Guetdre, il eut , 
ehtr'autres entants, Frédéric, duc de la basse Lorraine; Gilbert, 
qoî suit; Adalbéron, évéque de Metz depuis 1047 rjusqu^en 
1078 ; Henri, créé duc de Bavière en 1026 , après Henri , son 
oncle, et non son père, comme ledit le P. Bertholet ; Offivfi^ 
femtne de Baudoum le Barbu, comte de Flandre ; et Judith , 
femme du comte Guelfe , tige des marquis d*£st et des ducs de 
Bavière, 

GILBERT, ou GISELBERT. 

loig. GfLBERT, OU GiSELBERT, succéda à Frédéric, son 
père, dans le comté de Luxembourg. On le voit qualifié comte 
de Salm dans une charte de Tan io35. 11 n'était point délicat 
sur les moyens de s'enrichir. L'an 1028, pendant que Poppon, 
archevêque de Xrèves, était à la Terre-Sainte, il se jeta avec 
son fils Conrad sur les terres de Téglise de Trêves, où ils com-' 




et les perturbateurs du repos public. Poppon n'en vint pas k 
celte extrémité ,' et Ton croit qu'il s'accommoda avec le comte 
de Luxembourg par l'entremise d'Adaibéron , évêque de Meli; , 
frère du comte. Gilbert mourut , au plutôt, le 14 août 1067, 
laissant de N., sa femme , trois fils : Conrad , qui suit ; Herman'', 
lige des comtes de Salm ^ élu roi des- Romains, Tan 1081 , 
après la mort de Rôdolfe , rival de l'empereur Henri IV ; 
Henri , dont on ne sait que le nom ; et une fille , mariée en 
Saxe , dont l'annaliste saxon fait mention sous l'an 1040. 

CONRAD L 

« 

]o57 au plutôt. CoNAAD I , fils aîn^ de Gilbert, lui eut à 
peine succédé , qu^il réveilla les anciennes querelles dé ses 
prédécesseurs contre les archevêques de Trêves. Ayant un jour 
attaqpé l'archevêque Ëberhard comme il était dans le cours 
de ses visites , il le fit prisonnier, le traita indignement jusqu'à 
répandre les saintes huiles qu'il portait avec lui. Le pape (on 
pe sait lequel), sur les plaintes qui lui furent portées de ces 



MS COMTES DELCl^HBOUAG. l33 

violences, excommunia Conrad en plein concile, laissant aa 
pouvoir de Parchevêque d absoudre le coupable. Les foudres 
de Rome firent leur effet. Conrad , reconnaissant sa faute , fit 
sa paix avec Ebcrhard, en demandant psurdoi^, et promettai^t 
d'aller expier sa &uteàla Terre-Sainte. ( Ge^to Trei^îreas. Episc.) 
Mais il n exécuta sa promesse qu'en io85. U mourut en revenantv 
de ce pèlerinage, le 8 août io8jB. Son corps , rappoifté deupc ans 
après à Luxembourg, fut enterré dans 1 abbaye de Munster ^ 
qu^jl avait fondée en io83. De Clémence (dite £rm£SIND£ 
par Âlbéric) , sa femme, héritière de Longwi , qu^on fait 
mal-à-propos fille de l'empereur Henri IV, il laissa , entre, 
autres en£aints ^ Henri et Guillaume,, qui suivent; Kodolfe,> 
abbé de Saint- Vanne de Verdun ; Âdalbéric , princier de 
l'égUse de Metz, tué en Syrie, l'an 1098, au siège d'Antiçche? 
Mathilde , femme, suivant Adalbéron, de GeofFroi , ou de 
Godcfroi , comte de Blis-Castel , ou de Castres , à qui elle 
porta en dot le comté de Longwî ; et Ërmenson, femme ^ 
1®. d'Albert , comte de Dagsbourg et de Moha , 2**i de Gode- 
froi, comte de Namur.* D. Calmet lui donne, sans preuves, 
pour troisième époux Bérenger, comte de Sultzbaclu 

HENRI t 

1086. HëNri I , fils aîixé de Conrad , lui succéda au comté 
de Luxembourg. L'existence de ce comte , omis par le P. Ber— 
tholet , est prouvée par une charte de l'abbaye d'Epternach^ 
que cet auteur rapporte lui-^tnéme. (^Insirum, tom. IIi, p. 4^) 
Dans cet acte, qui est de l'an 1096', il est dit que le comte 

lusieurs droits 
'on y déter^ 
qui lui appartiennent réellement en celte qualité. 
Il paraît qu'if mourut sans enfants, puis<}tt'il eut pour succes- 
seur son u^ère , qui suit. 



lians cet acte, qui esc ue lan 109D, it est au que 
Henri , fils* du cpmte Conrad, a renoncé à* plusl 
qu'il avait usurpés à titré d avoué de Tabbàye , et l'c 
mine ceux qui lui appartiennent réellement en cet 



GUltLAUMfi. 

1096 au phitôt. tïniLLÂUHE, second. fils de Conrad, prit 
possession du comité de Luxembourg après la mort de Henri., 
sonfrère. Il était attaché depuis long-tems à l'empereur Henri IV, 
et le servit dans ses guerres avec, succès , sans néanmoins 
prendre part au schisme que ce prince^avait excité dans» l'églisç. 
Mais il paraît que dans la suite il le quitta pour suivre lo 
parti de Henri V, son fils» Ce qui est certain ,^ c'est qu'après 
la mort de Henri IV, il accompagna son successeur dans la 
plupart de ses cjipéditlons. L'an jmi , Richard, éyêque de 



l36 CHaO^ÔLOGÏE BIStORIQtXE 

Yerdan , lui cpnféra le comté de sa ville , quHl avait retiré h 
Benaud , comte de Bar, pour n'avoir pas dé^ndu le cliâteau de 
Dietilouàrt y assiégé et pris par les Messins. Guillaume reprit 
cette place ; mais il eut à soutenir , contre Benaiid , une 
guerre assez rode, dont il- sortit avec avantage. L'an iii4t 
-11 fit la paix avec Benaud , et lui rendit le comté de Verdun. 
Uan II20. , à l'exemple de- son père, il fit des excursions 
funestes sur les terres de l'église 'de Trêves. L'archevêque Bru- 
non ne pouvant le réprimer par les armes temporelles , em~ 
ploya contre lui les toviércs ecclésiastiques. Elles firent leur 
'effet. Guillaume fit satisfaction au prélat^ et demeura tran-' 
quille jusqu'en iiay, qu'il reprit les armes contre Meginher t 
nouvel archevêque de Trêves. Cette guerre fut abrégée par la 
mort de Guillaume ,. arrivée l'année suivante. De Lijtgabde, 
son épouse , fille de Conon , comte de Bichling , avivant l'an- 
, naliste saxon (aJ an. iio3), il laissa un fils, qui suit; 

CONBAD ir. 

II 28. Conrad II fut le successeur de Guillaume, son père^ 
au comté de Luxembourg. 11 le posséda huit ans , et mourut^ 
l'an 11^6, sans avoir rien fait de mémorable. En lui finit la 
race masculine de.Sigefroi, premier comte' de Luxembourg , 
ses deux femmes, ÈHMEi^GÀaoE, comtesse de Gueldre , et 
Gisèle , morte en 1,155 , ne lui ayant point donné d'enfants. 

HENBI II, DIT L'AVEUGLE. 

it36. Hek&i II, dit l'Av£|jgl£, fils atné de Godefroi , 
comte de Nami^ir, et d'Ermesinde, fille de Conrad I , comte 
dé Luxembourg, succéda ,'du chef de sa mère, à Conrad IL, 
son cousin, dans ce- dernier comté. ( Foy* Henri H, comte 
de Namur, ) 

EBMANSETTE tT THIBAUT. 

iigfe. Thibaut, comte de Bar, devint le éuccesseur de 
'Henri VAveugle^ au comté de Ltixemfeourg, en vertu de son 
mariage avec ERMAîiSETTE, ou ëbhesinde, fille de ce der- 




pire. Apî-ès cela, Thibaut fit la guerre à Philippe de Hainaut 
pour avoir le comté 00 nlarqotsat de Namur. Mais ne pouvant 
y réussir i U consentit àiin traité de paix qui fui conclu, le aG 



DES COMTES BE lUXEMBOtRO; , i3j 

juillet IIQ9 ) h Binant, dans TabBâye de Saint-M«dard$ traiié* 
par lequel le marquisat de Namur, jusqu^à la Meuse , .fut adju^é- 
k Philippe de Hamaut, et le comté de Luzembojtirg ^ avec ceux 
de Durbui et de la Roche , à Thibaut et k son evouse. Thibaut 
finit ses jours le la février iai4* (, Voyez Th ioaut , com^e </« 

ERMANSETTE Et WALERAN. 

121 4* ËHivt A'NSETTE , après la mort de Thibaut, soiiëpoux; 
donna sa main à Waleraiï , marquis d'Arlon , fils aîné de 
Henri III , duc de Limbourg. Peu de tems après son mariage ^ 
\Valeran revendiqua, au nom de sa femme, le comté deNamur^ 
contre Pierre de Courtena'i. Guerre à ce sujet , qui dura plu- 
sieurs années , et qui fut très-vive , disent les historiens du 
tems. (Martène, Ampliss, coîL , tom. V, pag. 5i-56.) Dans 
le cours de cette guerre , Waleran eut une querelle avec En- 
gitbert, archevêque de Cologne, à, l'occasion -d'un fort qu'il 
avait fait bâtir sur les terres du prélat. Ëngilbert l'ayant mu-^ 
tUement sommé de détruire cette forteresse , vint lui-même 
Taltaquer , la prit et la ruina de fond en comble. Il n^en de^ 
meurapas là; il entreprit de faire casser, pour cause de pa^^ 
. tenté , le mariage de Henri , fils de Waleran , avec Cunégonde ^ 
ou Ërmengarde, fille et héritière d'Adolphe , comte de Berg^; 
frère du prélat; mais ce fut inutilement. Ces dissensions s'aç-- 
crurent après la mort d'Adolphe , arrivée devant Damiètie ,' 
Tan 12 18. L'empereur Frédéric II , craignant qu'elles ne trou- 
blassent la tranquillité de l'empire, chargea le duc de Brabant,' 
parent des parties , de ménager entre elles un accommodeitient« 
On s'y prêta de part et d'autre , et le traité fut signé au mois 
d'août 12^0, à Cologne. Le fils de Waleran s'en étant 'rapporté 
au prélat sur la succession au comté de Berg , Ëngilbert s'en 
réserva la jouissance pour sa vie , après quoi il reviendrait à ce 
prince , auquel il assura dans cet intervalle une rente annuelle 
par fdf'me de dédommagement. {Voyez Waleran , duc de Limr., 
bourgJ) 

HENftl IIL 

. 12126.' Hfkri III, dît LE Grai^d etLEBLOND,filsde Walerai/ 
^t d'£rman$ette , leur succéda aux comtés de Luxembourg et de* 
la Roche et au marquisat d' Arlon , sous la régence de sa mère.- 
L'an 1244 9 il fit don à Frédéric, abbé de Stavelo , de sa vicomte 
de Eir^z. L'an i256, il profita d'une révolte des habitants de 
Namur, contre Marie de Brienne , fempfié de Baudouin , empe-f 
rear de Constantinople ^-leur maître , pour tenter de faire re-^ 



/•" 



r38 . CHROKO^OGiE HISTORIQUE 

vivre les prétentions de sa mère sur ce marquisat. S^étant con- 
certé avec les rebelles , il vint se présent et , la veille de Noël , 
devant la ville de îiamur y dont ils lui ouvrirent les portes. Mais- 
il fallut assiéger la citadelle^ qui fit une longue et vigoureuse 
résistance. £ue ne se rendit que le 2^ janvier 1269 (n. st.), ' 
après avoir éprouvé toutes les horreurs de la faim. Cette conquête 
entraîna celle de tout le marquisat ^ dont Henri demeura pai- 
sible possesseur jusqu^en 1265. Cette année , ou même la pré- 
cédente , Gui de Dampierre , ayant acquis les droits de Pem- 
pereùr Baudouin et de sa femme sur la province de Namur , 
prit les armes pour les faire valoir. Henri, préparé à le recevoir , 
disputa le terrain pied à pied. L'an 12649 Gui vient mettre le 
siège devant Namur. Le comte de Hainaut se déclare alors, 
comme suzerain du Namurois , pour Henri 9 dont il srvait reçu 
rhommage. Sur la sommation qu'il fait à Gui de lever le siège , 
et de laisser en repos son vassal , it ralentit Tardeur du Fia- 
ipand. On entre en conférence. Gui demande en mariage la fille 
du ^omte Henri , avec le marquisat de Namur pour dot. La 
proposition est acceptée , et le mariage conclu l'an 1265. L'an 
ïaGb 9 Henri se ligue avec Ferri Ht , duc de Lorraine , contre 
Thibaut H y comte de Bar , protecteur de Guillaume de Trai- ' 
nel 9 évêque de Metz , que Ferri avait entrepris de chasser de 
sbn siège. L'évéque ayant mis le siège devant le château de 
Preny , voisin de Pont-à-Mousson , Henri vole au secours de 
la place. Mais il est surpris 9 le 17 septembre de la même année 
r^ËB ., par lé comte de Bar , qui le bat , le fait prisonnier , et 
renvoie au château de Monçon , avec un gentilhomme de sa 
c^ur 9 nommé La Roche. Celui-ci 9 sur la route , tâchait de le 
coiisoler. Je n^ai plus de foi à tes discours 9 lui dit Henri ; tu 
mè disoîs hier en latin que Dieu étoit pournuus : mais tu as pris 
te diahle pour lui, ^T'ier de cette victoire 9 Thibaut inarche droit 
à la ville de Ligni dans le Luxembourg, la prend et la livre aux 
âammes 9 après Tavoir pillée. Les deux fils aînés du comte de 
liuxembourg , apprenant la captivité de leur père 9 et voyant les 
hostilités que Thibaut exerce sur leurs terres , se jettent sur le 
comté de Bar , où par représailles 9 ils mettent tout â feu et à 
sang. L'an 1268 , des amis communs s'é tant entremis pour ac* 
commoder les parties 9 on prit le roi saint Louis pout* arbitre. 
Ce monarque, par deux sentences du mois de septembre de 
c^tte année , ordonna que. la châtellenie de Ligni serait resti- 
tuée au comte de Luxembourg , qui serait remis en liberté. ( Le 
P, 'Griffet met par erreur ce jugement en 1266. ) L'an 1271 ^ 
Henri se met en roule pour la. Terre - Sainte 9 ayec une nom- 
breuse escorte. Il employa deux ans à ce voyage , et mourut à 
fon retour , le 24 décembre 1 274* U avait épousé MaroueiuTe , 



DES COMTES ])É LUXEHBQUBO. K% 

fiHe de Henri II , comte de Bar (morte le s^'6 novembre 1275).^ 
dont il eut Henri , qui suit ; Waleran , sire de Ligni et de 
Roussi , tués , Tun et Tautre, à la fameuse {)âtaille de Wœ-^ 
ringen , en 1288 ; Baudoin et Jean , mentionnés par Duchênt 
et^Bertholet ; avec deux bâtards tués aussi à la bataillé de Yœ^ 
riogen ; Philippine , femme de Jean d'Avénes , comte de Hai-^ 
naut et de Hollande ; Isabelle , femme de Gui de Dam'pierre ^ 
comte de. Flandre ; et quatre filles , religieuse^. . , 



HENRI IV. 

1275. HBNai IV, avant de succéder à son père Henri III,' 
était déjà célèbre par ses exploits. Il a%'ait fût la guerre > .dès 
2266, au Coitite de Bar , après la captivité de son père.^ L'aà 
1275, ligué avec le duc de Brabant^, lés cçmtes de Flandre ei; 
de Namur, il fait la guerre à Jean d^Anguien, év^ue de Liège. 
(\oyez /es éifégues de Liège.) L'an 12Ô2, le comte Hen ri IV 
conurma la charte d'affranchis^eoïent , accordée pér soii ^re 
et son aïeule £rmansette aux bourgeois 4c Luxembourg. Van 
1288, le 16 mai, il traite ^^c Renaud II, coiote de Guéldre, 
pour les prétentions que celui-ci hvékï au duché. de Ltml^ourg^ 
comme usufruitier, et dont il se prétendait luiripéme héritier^ 
comme petit- fils du duc Walerarii qupique jusqu^alors il n'eût 

Soi nt figuré dans la guerre que le comie de Gueldre et:.le duc 
e Brabant se-faisaient, à oe sujet , d^ljuis six ans. Mais, animé 
par Isabelle, sa soeur,. comtesse de Flandre, par^Tarchèvéque 
de Cologne , et par les autreé princeii lallijés du comte de Gueldre^ 
Henri prit alors les armes pf>i|r faire y^oirises droits coiitre le 
duc de Brabant. Ce dernier étaot v^ru assiéger te château de 
Wœringen sur le Rhin , ^ntre Cologi^ et "^viAs , appartenant 
i Parchevêque, le comte de LMxembQtiig et ses confédérés 
volent au secours de \à place. Bataille donnée i, le 5.juin.ia8i$,^ 
entre les deux armées. Le comte de Luxembourg 7 est percé 
d'un coup de laace, pjir Wautier de Bi^dome., et tor^bé mort 
sur la place , au gr^nd déplai«>r du diic qui ThoBora de ses re- 
grets. Waleran, son frère, eut le n^me sort. LWchevêque de 
Cologne et le con^te de Gueldre furent faits prisonniers aprèi 
avoir fait des^fforts inçr<^yables p^ur rétablir le combat ^'el la 
victoire fut complète pour le dMC de Brabant. Oa qherchà ea 
vain , après la bataille , les corps du comte de Luxembourg -et 
de son frère : il fut impossible de les distinguer parmi les autres 
morts. 

Henri IV avait épousé BEAfant:, fille de Baudouin d'Avénes^ 
seigneur de Beaumont, dont il eut Henri, qui suit ; Waleran f 
mort au siège de Bresce en i3ii; Baudouia^ archevâque d& 



<^4a CHROT^OLOGIE filSTOAlQUE 

Trêves; et trois filles religieuses, dont la première, Félicité, 
•avait époùsë Jean de Louvain , dit Tristati, baron de Gaesbeck 
■et d'Herstal, après la mort duquel elle se fit religieuse domini- 
rcàine, à 1-âge de vingt-deux ans , le 12 mars 1S12, au prieuré 
^e Beaumont , ,à Yalenciennes , et mourut prieure Tan i3S6. 
•^Aichard, Histoire des couoents des Dominicains de Lille en Flandre^ 
pag. 28. ) Marguerite, la seconde, fut religieuse dominicaine à 
Marienthal , et mourut prieure, 

HENRI y. 

1:188. Henri V succéda, en bas âge, au comte Henri IV, 
.son .père, soas la tutelle de sa mère. L'an 1292, pour cimenter 
ia paix entre sa maison et celle de Brabant, la comtesse, sa 
joière, de concert avec Marie de Brabant, reine-douairière de 
France, et la comtesse de Flandre, lui fait épouser Margue- 
rite, fille aînée du duc de Brabant. Le contrat de mariage, 
^ans lequel il fut expressément dit que le Limbourg resterait au 
.duc,-fiit signé à la fin d'avril, et le mariage célébré le mercredi 
id'aptès la Pe»tecôte (28 mai). L'an 1294, le comte Henri 
si^a,.au mois de novembre, un traité avec Philippe le Bel, 
jroi de France, contre Edouard î, roi d'Angleterre, moyennant 
une rente de 5oo livres tournois , et une somme de 6000 livres ; 
et comme la guerre était violemment allumée entre ces deux 
monarques, le comte de Luxembourg marcha en personne contre 
l'Anglats, et y signala sa valeur. L'an i3oo , Henri, attentif à 
augmenter . son revenu, établit un bureau dans une île sur la 
Moselle"^ pour lever certains droits sur les passants. Les Trévi- 
rois s'offensent de cette nouveauté, qu'ib prétendent injuste et 
xontraire à la liberté du commerce. Ils courent aux armes , dé- 
«tTuiftent' le bureau et maltraitent leà commis. Henri , pour se 
yenger de cette iusulte , vient faire le dégât jusqu'aux portes de 
Trêves, qu'il menace méitie d^assiéger. La paix se fait en i3o2 
( V. st.)i le lundi après la mi-Caféme. L'an i3o8 , Henri fut élu 
roi des Romains, le 1 5 novembre, dans la diète de Rentz, 
près de Goblentz, élection 'qtfi fut confirmée, le 27 du même 
mois , à Francfort. Le 29 juiil i3i2 , il fut couronné empereur 
à Rome, et, l'année suivant', il mourut, le 24 août, à £|uon-« 
.^onveuto j en Toscane. {^Voyez Henri VU , empereur. )- 

• JEAN, 

. iSocji. Jb AN , devenu roi de Bohême en 1 809 par son mariage 
avec Èlisabetth, seconde fille du roi Wencèslas, succéda, la 
intme aimée, à l'empereur H^ari VU , son père, dans U comtj 



3 



DES COMTES DE lUXEMBOCRG. I^f 

de Luxembourg, en vertu de la cession quç ce prince lui en fit. 
Il n^avait alors que onze ans, suivant Albert de Strasbourg* 
Le duc de Carinthie , qui avait épousé la sœur aînée d'Eli- 
sabeth , se maintenait toujours sur le trône de Bohême. Jean i^ 
à la sollicitation des grands du royaume , s'y rendit sur la (in de 
l'an iSio, accompagné de l'archevêque de Mayence etdeBerthold, 
comte d'Hennenberg , et fut couronné roi à Prague , le 5 février 
i3ii. L'an 1^19 , indigné des mauvais traitements que les^hefs 
des Bohémiens ne cessaient de lui faire essuyer, ou, se!bn d'au- 
tres, pour s'éloigner de sa femme, avec laquelle il était brouillé, il 
quitta lai Bohême et vint demeurer à Luxembourg.. Le mardi 
avant le dimanche des Rameaux iSig (v. st. ), le roi de Bohême 
fait à Louv.ain hommage au duc de Brabant pour le marquisat 
d'Arlon et le comté de la Roche. ( Butkens , tome I , p. 6^^. ) 
L'an i3a2 ^ il se rend à la cour de Charles le Bel , roi de France,' 
ui épouse sa sceur, non le 21 septembre, comme nous l'avons 
it , mais le 24 août, jour de Saint-Barthélemi. (^Chronfca aul0 
regiœ, ch* XI.) De là il passe à Avignon , et arrive par la Lom- 
hardie, en Bavière, où il combat, le 28 septembre i3q2, à la 
bataille de MuldorfF, pour l'empereur Louis d|| Bavière, contre 
son compétiteur Frédéric d'Autriche. L'an i324, étant entr^ 
dans la confédération de Ferri , duc de Lorraine , de Baudouin ^ 
archevêque de Trêves , d'Edouard , comte de Bar , et d'autres 
princes, contre les Messins, il vint mettre avec eux le siège 
devant Metz. Après avoir ruiné, pendant l'espace de dix-huit 
mois, les environs de cette ville, on accorda la paix aux Mes- 
sins, par traité du 3 mars iSaS ( v. st. ), à des conditiorns fort 
dures. Le comte Jean retourna, quelque tems apiQ^, en Bo-> 
liêmè , où de nouveaux troubles l'appelaient. L'an i332 , de ref 
tour en Luxembourg, il prit parti dans la grande ligue de 
Tévêque de Liège contre le duc d§ Brabant; et, Tannée sui- 
vante , la même ligue s'étant renouvelée contre ce duc pour un 
autre sujet, il fut encore du nombre des chefs ^jui la compo-^ 
salent. ( Voyez Adolphe de la Mark , éoéque de Uégeé ) Le mer- 
credi avant le dimanche dès Rameaux (20 mars) i34i (v. st.)» 
Baudouin , archevêque de Trêves et oncle de Jean , lui trans- 
porte le comté , ou marquisat, d'Arlon, qu'il avait confisqué 
§ur Jean III- , duc de Brabant , faute par celui-ci d'en avoir, 
rendu hommage à son église , dont ce fief relevait. ( Voyez Bau- 



/ 




firince en Picardie. Il combattit à la bataille de Créci , donnée 
e 26 i^QÛt de, cette année | et y périt. (^ Voyez Jean, roi d« 
Sofiéme.) • 



l4^ CHROKOLOGIE HISTORIQUE 

CHARLES- 

1346. Charles^ fils aîoé de Jean l'Aveugle, lui ^uccédn 
Eu comté, de Luxembourg eomme au royaume de Bohême* 
le père Bertholet prétend qu'il ne fut que l'administrateur 
de ce comté pendant la minorité de Wenceslas , son frère, qui 
en était devenu , selon cet écrivain , le vrai propriétaire après Id 
mort dojeur père. Mais , par un acte de Baudouin de Luxem- 
l)ourg , archevêque de Trêves , daté dp 4 novembre i346 , ctrap^ 
porté dans l'histoire diplomatique de Trêves (t. JI, p. i6i), 
on voit que le comté, de Luxembourg appartenait alors en 
propriété à Charles. Très^haut et tràs-puissanl prince Charles , 
y est-il dit , à ^ui le comté de Luxembourg est éàhfi. Charles 
avait été élu roi des Romains le i« et nbn le 19 juillet de la 
même )innée. Enfin , après avoir joui huit aiis de ce comté , il 
s'en démit en faveur de son frèire ,*qui suit. 

WENCESLASÏ. 

i353. WETNctSLAS I, fils de Jean 1 roi de Bohême , en re- 
cevant le Luxembourg de l'empereur Charles , son frère , sur 
la fin de i353 , le vit presque en même tems érigé en duché 

!»ar un diplôme de ce prinbe, donné à Metz, le i3 mars dé 
'année suivante. L'an io55 , après la mort de Jean III , duc de 
Brafoant, Wenceslas lui succède du chef de Jeanne , sa fenane, 
fille et héritière de ce duc. L'an i383, il termina ses jours 
â Luxembourg , le *i décenibre , sans laisser de postérité qu'un 
fils naturel nomme Jean. Son corps fut inhumé à rabbaye 
d'Orval. Pendant sa régence , Wenceslas retira la plupart des 
terres de son duché , que Jean ^ son père , avait aliénées. Il 
acquit , de plu^, le comté 'de Chini. qu'il réunit au Luxem- 
bourg. ( Voyez Jeanne , duchesse de Brabard* ) 

WENCESLAS IL 

i383. WfiWCESLAS II, fils dé l'empereur Charles IV et 
d'Anne de Schweidnits , roi de Bohême en i363 , roi des Ro- 
inairls en 13^6, empereûir en iSyS, succéda à Wenceslas I ^ son 
oncle , dàtks lé duché de Luxembourg. L'an i388 , le be^oia 
d'argeiit le détermitià à transporter ce duché avec le comté 
de Chitii él l'àvoUéti^ d'Alsace , par forme d'engagement , à 
Jossè de Ltixemhôiii'g , son cousin » marquis de Moravie. Mais 
il pak'aît qu'en faisant ce transport il se réserva quelque part au 
gouvernement. {Voyez Wenceslas, parmi les empereurs et leê 
roîsi de Bohême. ) 



SSS Ducs BC LtlCEMBOURC; l43 

JOSSE. 

i388. Jos$B , marquis de Moravie, fils de Jean de Luxem- 
bourg, frère de Pempereur Charles IV, prit possession du 
duché de Luxembourg, du comté de Chini et de Tavouerie 
d'Alsace , en vertu du transport qui lui en avait été fait par 
Wenceslas U, so^i cousin. L'an iSgS, indigné des excès de 
tout genre auxauels Wencesjias se livrait , sans que ses malheurs 
pussent le corriger, il se concerte avec Sigismpnd , frère de ce- 
prince , pour le faire arrêter. Ce dessein s'exé/cute , et Wen- 
ceslas est enfermé pour la deuxième fois* Josse, néanmoins, 
akfiû que tous les princes de la maison de Luxembourg, ne 
laissèrent p$is de soutenir Wepceslas après sa déposition ,. pre* 
tendant qu'elle ^tait nulle. L'an f 4o9 9 Josse se déporta du 
gouvernement de Luxembourg en faveur de J^ioiiis , duc d'Or- 
léans, frère de Charles VI, roi de France. Louis ayant été tué 
le 23 novembre 14079 Josse neprît ce même gouvernement. 
L'an i4io, après la mort 4e l'empereur Robert, fl fut élu, le 
l'^ 4x:tobre, par un« partie dtes électeurs, pour succéder à i^em- 
pire , di^ jours après qu'une amtre partie avait élu Sigismond , 
son cousin ; de sortie qu'on vit alors trois empereurs à la fois ; car 
Wenceslas était encore vivant. Josse mourut , le $ janvier de 
Vannée suivante, âgé de soixante ans, à Bryn, en Moravie ^ 
sans I^iSjSer d'enl^afnU de sa femme, dont on ignore le nom. 
Koehler lui iotit^ ^ cependant, une fille pommée Elisabeth, 
d'après une épitapbe oà elle est siniplement qualifiée^a Mot" 

A]!4T0INË D£ BOURGOGNE. 

/i4ii- Anxocke 2»e Bourgogne, duc de Brabant, ayant 
épousé. Tan i^o^i Elisabeth, fille de Jiean de Luxembotvâ^, 
duc de Gorlitz, obtint de l'empereur Wenceslas^ oncle delà 
princesse, le duché ée Luxembourg avec permission de le 
retirer des mains de Josse. L'an 1 4.1 1^, il i^onduisit quelques 
lances à Jean, son frère , duc de Bourgogne , dans la guerre 
qu'il soutenait contre les Armagnacs. (Chaque lancier avait 
Qcuf hommes sous lui, tant à pied qu'à cheval. ) De retour, la 
même année, -il entreprit de' retirer, les armes à la main, 
les villes de Mootmedi, de Damvilliers, d'Ôrchimont et d' Yvoi, 
que le duc Josse avait engagées au duc d^Orléans. Après- quel- 
ques hostilités de part et d'autre, la duchesse -douairière d^Or— 
iiéans s'adressa au roi Wenceslas , qui conservait toujours la 



1^4 -t-HRONOLÔGIE IttSTOAlQUË ' 

grand'maîn dans le Luxembourg. Ce prince régla quMle gaf- 
cterait los quatre villes contestées jusqu'à ce qu'on lui eût rem- 
boursé le prix de l'engagement. Antoine eut ensuite des jdé-» 
Kiêlés avec Edouard, duc dé Bar. L'an i4ï5, Antoine étant^ 
venu au secours de la France, contre l'Angleterre, fut tué, le 
slS octobre, à la bataille d'Azincourt ; son corps ne fut retrouvé 
que trbis jours après parmi les morts. On le porta à Bruxelles , 
et de là à Tervueren , où il est inhumé dans 1 église paroissiale* 
( Foyez Antoine , duc de Brabant ) 

ELISABETH 1>E GORLITZ. 

i4i5. EiEilSÂBETH DE GoRLiTZ , veuve du duc Antoine , prit 
les rênes du gouvernement du Luxembourg après la mort de . 
son époux. L'humeur impérieuse de cette princesse indisposa 
d'abord les esprits contre elle- et causa un soulèvement dans le 
duché. Pour le réprimer, elle, s'adresse au duc de Bourgogne , 
son beau-frère , qui lui fournit des troupes , à la vue desquelles 
tout rentra dans le devoir. Mais, pour prévenir la renaissance de 
ces troubles, Elisabeth donna sa main, l'an 141^9 ^ Jean d£ 
3AVi£ii£, évêque non sacré de .Liège, qui ne fit pas difficulté 
de quitter son siège pour l'époiiser. 11 fit peu de séjour dans le 
Luxembourg 9 étant tout occupé dans la Hollande , dont il avait 
obligé la comtesse Jacqueline, sa nièce, à le nommer soii lieu- 
tenant et son héritier présompfif. Sur la fin de l'an 14^4 9 
étant allé en Frise pour y apaiser un tumulte , il y trouva de 
grandes oppositions de fa part des mutins. Un d entre eux , 
nommé Jean Yliet , désespéré de ses succès , lui donna du poi- 
son, dont il mourut le 6 janvier i425 (n. st.). Son corps fut 
enterré aux Dominicains de La Haye. Mais /l'empoisonneur , 
ayant été convaincu de son noir attentat , fut décapité,, puis 
écartelé , et ses membres' attachés aux quatre principales portes 
de la ville. Elisabeth , sa femme , peu de tems après , fit cession 
de ses droits au duché Me Luxembourg; à Philippe le Bon, duc 
de Bourgogne , et se retira à Dijon , laissant à Philippe le soin 
de s'accommoder avec le duc de Brabant pour toutes les pré- 
tentions qu'il formait contre elle. L'an i4^i 9 ayant fait de nou- 
veaux arrangements avec les ducs de Bourgogne et de Brabant , 
elle reprit le gouvernement du Luxembourg. Mais pendant plus 
de douze années qu'elle. y régQa ensuite, elle essuya une infi-> 
»ité de contradictions. Lan i438, Albert d'Autriche, alors roi 
des Romains , prétendit , au nom d'Elisabeth, son épouse, fille 
de l'empereur Sigismond , faire le retrait du Luxembourg dont ^ 
EHsal^tD de Çorlitz n'était qu'engagiste. Mais d'autres occupa-^ 



DES *l>t)<^5 DE LUXEMBOU1I0. 'l4S 

ttohs et une mort prccipiiée ne lui ayant pas permis de pour- 
suivre ce retrait, l'impératrice, sa veuve, céda, l'an 14% t,. 
au mois de décembre, là propriété du Luxembourg à son gendre 
Guillaume , duc de Saxe> et à Anne , sa fîlle. Elisabeth de Goriit^ 
oppose à ce nouveau concurrentPiiilippe le Bon, duc deBourgo* 
gne, qu'elle nomme mambour ou gouverneur du Luxembourg. 
Les bourgeois de celte ville , aagnés par les émissaires du duc 
de Saxe, se soulèvent contre Elisabeth de Gorlitz , et l'obligent 
d'en sortir avec les siens* La duchesse se relire une seconde fois 
à Dij^n. L'an i44^i le .duc Philippe part de cette ville. le 9 
septembre , accompagné d'Elisabeth , et suivi Je la plus bril- 
lante cour, pour aller se mettre à la tête dés troupes quMl faisais 
filer dans le Luxembourg. Les Bourguignons prennent, par es- 
calade, la ville de Luxembourg la nuit du ai au 22 novembre , 
et obligent, le 11 décembre suivant, la citadelle à capituler. 
J-e 29 du même mois , traité de' paix entre le duc de Saxe et le 
duc de Bourgogne. Le premier renonce à toutes ses prétentions 
sur le duché de Luxembourg, ordonne aux trois états du paysde 
reconnaître pour leur maître le duc deBourgogne, et les absout 
des serments qu'ils pourraient avoir prêtés à d'antres. Elisabeth 
de Gorlit^ confirme ce traité par la cession qu'elle fait à Phi- 
lippe de tous ses droits au duché de Luxembourg , au comté 
de Chini et à l'avouerte d'Alsace ; après quoi elle se retire à 
Trêves, où elle mourut le 3 août i45i, chargée de dettes, dît 
Brouver, et de la haine de ses peuples. 

PHILIPPE LE BON. 

i444" Ï^HILIPPE LE Bon, duc de Bourgogne, après le traité 
de paix conclu entre lui et Guillaume, duc de Saxe, et la do- 
nation qu'Elisabeth de Gorlitzlui fit de tous ses droits au duché 
de Luxembourg et dépendances, prit possession de ces états , 
sous le simple titre de mambour, au commenceèient de janvier 
1444 ( "• st. ). Il en poftit , le 14 dli même mois, après avoir 

Eublié une amnistie qui fil revenir à Luxembourg tous les re— . 
elles que ses succès avaient obligés de prendre la fuite. L'an 



14% , le duc de Saxe, qui ne regardait Philippe que comme duc 
engagiste de Luxembourg, fit revivre ses prétentions de proprié- 
taire foncier de ce duché , et en traita dans le cours de la même 
année avec Charles VII, roi de'France. Cette vente nf'eut cepen- 
dant point d'effet. L'an 1462 , Philippe, pour fixer irrévocable- ' 
XIV. 19 



t/fi CHRON. -HIST. DES fK7C3 DE lUXËttBDtJttG. 

ment ce duché dans sa maison , prit le parti çt'^cquérir leir 
droits du duc 'et de la duéhessç de Saxe. L'affaire fut heureu-* 
sèment conclue à Bruxelles , le 3 septembre de la même année \ 
et, le 25 novembre'fsuivant , le roi Louis XI donna son désiste- 
ment de la vente qui aV.ait été faite au roi son père. Mais la 
maison de Montmorenci-Luxembours a toujours conservé ses 
prétentions sur ceduché. Le duc Philippe mourut lé iS juin 
1467, laissant à Ctiarles , son fils , le Luxembourg avec ses 
autres états. Charles étant mort le 5 janvier i477« Marie ^ s» 
filé' unique et son héritière, porta le Luxembourg, dans la 
maison aAixtriche , par son mariage avec rarchiduc Maximi-« 



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CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



r. 



DES COMTES 



PUIS DUGS BE LIMBOURG. 



IjE dnché de timbaurg , qui £ait au jourd'hui » avec les eomUs 
de Fauquemoat et de Daelem et ta.seigne^i:îe de Rolduc, une 
des dix-sept provinces des Pays-Bas , est placé entre le pays de 
Liège et le duché de Julîers. Son étendue est d'environ dix 
lieues en longueur et six ea'largeun Le Limbourg ancienne- 
ment était en partie la demeure des Condrusiens , des Segniens»» 
€t depuis des Sinices. Conquis par les Romaiifê et ensuite par 
les Francs, il échut à Louis le Germanique avec tout ce qui 
était en deçà de la Meuse, en tirant de TOurthe vers Torient, par 
le partage que ce prince fit en 870 avec le roi Charles le Chauvct^ 
son frère< On prétend que , peu de tems après , c'est-à-dire au 
commencement du dixième siècle, le Limbourg eut déjà ses 
comtes , même héréditaires ; Boais tout ce qu'on hazarde à ce 
sujet est si incertain , qu'il ne mérite pas qu'on s'y arrête^ Il ^tt 
même fcMrt vraisemblable que le pays de Limbourg ne fut eonna 
sous cette dénomination que vecs le milieu du onzième siècle , 
et qu ^lors seulement il commença d'avoir ses comtes particu^ 
liers, dont nous, allons donner la suite d'après les mémoires 
que M. £mst , chanoine régulier de l'abbaye de Rolduc ^ nous 
a fournis, munis de leurs preuves très-savantes et très-claires y 
mais tropi étendues pour être insérées dans cet abrégé. 

WALERAN I, dît LE VIEUX- 

^Walehan I, nommé aussi Hbq^ dans une charte de xo6{^ 



t^S CHRONOLOGIE RISTORIQtTE 

comte d'Arlon, fils de Waleran, comte du m^me lîeu, et 
d'Adèle , fille de Thîerri , duc de la Moseibne, est le premier 
cpmte de Limbourg qui soit bien distinctement connu. Ce fut 
ipar sa femme Jut've , ou JtJDiTH, lille de Frédéric II de 
Luxembourg, duC de ta basse Lorraine, qu'il devînt^ vers 1064, 
possesseur de ce pays. H bâlit alors sur le Weser, ou l'Eau de 
Wese, à cinq lieues d'Aix-la-Chapelle^ et six de Liège, le 
château de Limbourg, qui est aujourd'hui la capitale du duché» 
Walerau vivait encore vers 1070 ; mais il n'était plus en io8u 
De son mariage il eut Henri , qui suit. 

HENRI h 

io8i au plus tard» Henri, fils de Waleran, devint son suc- 
cesseur an comté de Limbourg. L'an 1082, il fut de rassemblée 
des seigficurs de la basse Lorraine, qui fut^ convoquée par 
l'éveque de Liège , pour aviser^ox moyens de réprimer les bri- 
gandages qui désolaii lit le pays. Le prélat leur ayant proposé 
d'établir un tribunal souverain , où les coupables seraient défé- 
rés et punis, tous y consentirent , h l'exception du comte de la 
Boche qui s'y opposa. Dès-lors if fût regardé comme u ri ennemi 
public. On forma une ligue contre lui, et Henri vint avec le» 
autres l'assiéger dans son château. Mais cette expédition fut 
sans succès. Vet'S l'an loqS, Henri fut aux prises avec Engil- 
bert, arche vtique de Trêves, au sujet de certaines terres qu'A- 
dèle, comtesse d'Arlon , avait léguées à l'église de Trêves, pour 
en jouir après sa mort. Henri , prétendant qu'elles devaient Idî 
revenir du chef de sa femme, lève des troupes et va faire le 
dégât dans le Trévi rois. Le prélat, après 1 avoir inutilement 
sommé de se retirer, fulmina contre lui une exconvnunicatioii 
qui ne servit qu'a l'irriter. Henri vint insulter la ville de Trêves. 
'Mais il fut repoussé vigoureusement et obligé de se retirer suc 
ses terres. Dos dissensions s'étant élevées dans le même tems â 
Tabbaye de Saint-Tron, Henri, en qualité de haut avoué de 
ce monastère, voulut en prendre connaissance, et augmenta le 
mal en protégeant les auteurs de ce trouble , comme s en plaint 
•l'abbé hodulfe dans la chronique de Saint^Tron. Si cette coiw 
duite demeura impunie, il n'en fut pas de même de l'usurpai 
tion qu'il fit d'un aleu nommé Prumisfeld, sur l'abbaye die 
Pruym , et des vexations qu'il commit envers d'autres églises. 
L'empereur Henri IV, de l'avis des princes, lui fit à ce sujet 
la guerre au mois de mai iioi , détruisit ses châteaux^ et, 
l'ayant assiégé dans Limbourg, le força de se rendre et de ré- 
parer les- torts qu'il avait faits. Le comte de Limbourg sut 
néanmoins, à la faveur d'une grosse somme qu'il offrit à ce 



])£$ COMTES DB LIMBOURG. l4g 

prince, regaejner ses bonnes grâces, et s'y insinuer sî avant\ 
tju'îl obtint, la même année, le duché delà basse Lorraine 
avec le marquisat d^Anvers, vacants par la mort *de Godefroi 
de' Bouillon. ( Voy. les ducs de la basse Lorraine.) Mais, dans la 
suite, il abandonna son bienfaiteur pour suivre le parti de son fils 
rebelle. Il n'y persista pas néanmoins, et ne tarda pas à sentir 
la honte qu'il y avait d aider un fils à détrôner son père. Voici 
ce que nous apprend là-dessus la chronique des Sclaves. «* L'aa 
» 1 io6, comme le duc de Limbourg étoit à la chasse , il aper- 
» çut l'empereur Henri qui fuyoit , accompagné seulement de 
» neuf personnes, devant son fils. Il court à lui, et d'abord lui 
» cause de l'effroi , parce que l'empereur crut qu'il venoit 
*» comme ennemi. I.c doc, l'ayant rassuré, l'engage à venir se 
* reposer dans son château, eu attendant qu'il puisse rassem- 
» bler ?es g**ns pour le conduire en sûreté à Celognc. Peu de 
» jours après, le duc lui donna une escorte de 800 cavaliers, 
>» avec laquelle il se rendit en celle ville. » 11 n'en demeura 
pohit là \ ayant appris qu'il s'était depuis retiré à Liège, il alla 
l'y trouver pour s'attacher à sa fortune. Il en sortit un jour avec 
Waleran, son fils, et le comte de Namur,- sur la nouvelle de 
l'approche du jeune roi Hçnri ; et s'étant posté au pont de 
Viset , il y défit, le jeudi-saint 1 106,' un corps de cavalerie que 
ce prince avait envoyé d'Aix--la- Chapelle pour occuper ce pas- 
sage de la Mi? use. Forcé par cet échec de se retirer en Alle- 
magne, le jeune Henri tint. une diète à Worms, dans laquelle 
il mit le comte de Limbourg an ban de l'empire. Le comte 
proscrit n'en demeura pas moins fidèle à son devoir. Il obligea 
le jeune roi d'abandonner le siège de Cologne , par les secours 
qu'il y fil passer. Peu s'en fallut même qu'il ne le surprît dans 
une autjc occasion. Le vieil empereur étant mort sur ces en- 
trefaites au mois d'aqût, le comte de Limbourg fut cité à venir 
rendre ses hommages au nouveau roi. Mais il n en fut pas quitte 
pour une simple soumission : Henri V le fit mette en prison 
chez l'êvéque q'Hildesheîm. S'étant échappé, il prit les armes, 
en 1 107, pour recouvrer le duché de Lorraine , dont ce prince 
avait donné l'investiture à Godefroi , comte de Louvain ; mais 
ce fut sans succès. ( Voy. les ducs de la basse Lorraine, ) ' 

L'an i(i4, il entra dans la confédération des seigneurs de 
Westphalie , soulevés contre leur souverain sous les auspices 
de Frédéric, archevêque de Cologne. A la bataille d'Ander- 
•nach , il fit la première attaque de l'armée impériale , qui pensa 
l'envelopper. Forcé de se replier sur le corps de l'armée , fl 
combattit avec une nouvelle ardeur, et fut un de ceux qui 
contribuèrent le plus à fixei*la victoire dans son parti. Le comte 
'de Limbourg àigaala encore sa valeur l'année suivante à {a 



bataillÊ donnée, /ie 21 février, près de la. forêt de WèlphQnv 
eatre Gerbslad et Sand^rsleben , au eomté dé Mansfeld , où le«i 
Impériaux furer^t de nouveau défaite Ce prince, 'aussi inquiet 
et violent que brave, finit sa< carrière vers l'an niiJ. Il- avai^ 
épousé, suivant Tannaliste saxon, Adélaïde,, fille de BodoQ„ 
comte de Poltenstoin,.en Bavière, et petite-fille d-OUon, mar- 
quis dé Schweinfurt et duc de Suabe, dont il eut Walferan ^ 
3ui suit, et d'autres fils, avec trois filles : A>g.nès, mariée à Fré-- 
éric, comte palatin de Putelendorf , en Saxe (l'annaliste saxo ik 
la dit sœur de Henri, duc de Limbourg ;. ce oui prouverait 
qu'elle était fille de Waleran 11); JS. 4^^ femmo de Frédéric \^ 
Êelllqueux , comte d'A-rnsberg , en Westphalie ; et N. , alliéç 
à Henri 1 , comte de la Rochje, ea Ardeqnes. Gilbert de Monf, 
donne à H<*iiri une seconde fcnime> fille de Gérard, comte di^ 
Gueldre \ m^is il se trompe , elle épousa Waleraa^ son fils*. . 

WALERAN II , DIT PAYEES. 

i n 8. Waleran , successeur de Henri , son père ,. au- comt^> 
de Limbourg, joignit ses armes, Tan 11 19, à celles de Gode-^ 
froi, comte de Namur, pour soutenir l'élection récente de 
Frédéric, évéque de Liège, frère de ce dernier, contre-. 
Alexandre, son compétiteur. Celui-ci, assiégé dans HLui par 
ces deux comtes et d'autres seigneurs , fut obligé de se »en3re- 
«l de renoncer à. ses prétentions. L'an 1128, Waleran. fut 
gratifié par l'empereur l^othairéll du duclié de la basse Lorraine 
«t du marquisat d'Anvers, dont il avait dépouillé Godefroi de^ 
Xiouvain. Ce dernier prit les armes, pour se maintenir, et vint 
à bout de conserver le marquisat d'Anvers avec une partie dç 
Jq ba^se Lorraine. (Voy. les ducs de cette province,) L'année 
suivante, Waleran ajouta encore à ses domaines l'avouerie de^ 
la ville de Duisbourg sur la Koer, que l'empei^ur lui dono<t 
îivec la charge de grand-maître de la vaste foré i voisine de celte 
^ille Ces dignités ne furent point viagères : elles passèrent au^c 
successeurs de Waloran dans le pays de Limbourg. La mêm^ 
9pnée, de concert avec Té vêque de- Metz, il enleva, les armes- 
à la main, la sou&- avouerie de Saint-Tron à Gislebcrt,. comte 
de Duras, qui la tenait de lui comme haut-avoué , et en abusai I 
pour vexer cette abbaye. Alexandre, évéque de Liège, pourr 
punir Gislebert de ses violences, avait aussi confisqué le conH^- 
de Duras, qui était de la mouvance de son église. Wateran aida 
de ses armes le prélat à mettre ce jugement à exécution. Il se 
distingivii dans d'autres expéditions , ctmaupji? au commence- 
Tff\en\ de l'an u39,avec la réputation d'un excellent priacc,. 
ii|tUTr£^ ôu, Judith,, son épouse „ fillç de Gérai d,, çojqflAe d^ 



DES tnjCS BE LIMBOURG. l5t 

iUueldre, héritière de Wassemberg, lui survécut jusqu^au 24 
^uin 1 1 Si , et , sur ia fin de ses jours , se & ckanoinesse à Tab-** 
baye de Rode, aujourd'hui (ly^i^) Closter-l\ode , oi* Rolduc 
^n français. Leurs enfants furent Henri, qui suit; Waleran^ 
comte d'Arlon, mort, avant Tan n5i, sans lie;no(*; Gérard, 
'Seigneur de W"assemberg, décédé après 1 153 ; Béatrix, femme 
'de Rupert, comtis de Luremberg, ou Nassau, dt^jà veuve eu 
f i58; et Adélaïde^ mariée à £kebert^ ouErlébert, comte ilé 
iTecklenbourg. 

HENRI II. 

f iSq. H€NRI, fiU aîné de Waleran , lui succéda au comté 
de Limbourg , ainsi qu'aux* àvoueries de Daisbourg et haute 
jivouerié de Sainl-Tron , a quoi il réunit le comté d'Arlon ^ 
l'an iiSi , apr^s la mort de Waleran , son frère , qui en était 
pourvu. Le duché de la basse Lorraine ayant été donné , Taa 
n4o, à Godefroi le Jeune, par Pempereur Conrad, Henri fît 
Je vains efforts pour l'empêcher d'en prendre possession. ( Auct* 
-Geinhlac. ) S'élant réconcilié depuis avec Conrad , il fit en son 
•nom la guerre, en 11 44 9 ^ Goswin , seigneur de Fauquemont 
et de Heinsberg, pour avoir refusé de rendre à ce prince 
Jes alleiis royaux qu'il tenait en fief de la couronne. Après 
l'avoir battu et avoir saccagé son château de Heinsberg, il l'obligea 
de satisfaire l'empereur. Il espérait que le duché de basse 
fiorr^ine serait le prix de ce service, comme l'en avait flatte 
Conrad. Mais, se voyant trompé dans ses espérances, il fit 
la paix avec ce même Goswin , et tous deux se jurèrent de 
s'entraidet réciproquement. Alors Henri , assuré de ce secours, 
tourna ses armes contre le duc Godefroi le (..ourageux. Les 
hestiUtés durèrent jusqu'en 1 155 , et finirent par le mariage de 
Ma i*gu éri t (^ , fille 4e Henri, avec Godcfioi , qui , par-là, de- 
meura paisible possesseur de la basse Lorraine. Henri, cependant, 
retint upe grande partie desArdenne&, q>i'il liaiismit avec le 
litre de duc, à ses successeurs. Le duc Henri raourul avant la 
fin de 1170. Il avait épousé en premières noces, l'an 11 36, 
Matiitldc: , fille d'Adolphe, comte de Sapheubeig et seigneur 
de Rolduc, morte le 2 janvier it43, et inhumée à l'ajjbaye de 
Rolduc , après avoir donné à son époux , Henri , qui suit ; Gé- 
rard» seigneur de Reifferscheid ; Philippe, seii^neur de Wîl- 
denbcrg; 'et Mariguerlte , dont on vient de parler. (iVIathilde 
lui avait apporté en dot un grand alleu dans THasbaie avec 
l'avouerie de Rolduc.) Il épousa, en secondes, noces Laurence» 
^u LauheITB , fille de Thierri d'Alsace, comte de Flandre > 
et veuve, i^ d'Ivain , comte d'Alost ; â^. de Raoul, Cv>inle de 



l52 CHBOVOLOGIE HISTOBIQUE 

Vcrmandoîs : mais ils furent depuis séparés pour cause ^ 
parenté. (Bomjuet, lom. XUI, p. 558.) 

HENKI IIL 

1 170. Henri III devint le successeur de Henri II , son père, 
fin duché de Limbourg et au comté d^Arlon , qui de son tems 
fut érigé en marquisat. L'an 1 172, il se jeta (l'on ignore par 
quel motif), sur les terres de Henri 1 Aveugle, comte de 
I^amur, où il fit le dégât. Le comte, qui n'était point pré-» 
paré à une attaque si brusque , sortit de ses états et s enfuit jus- 
qu'à Metz. Baudouin V, comte de Hainaut , neveu du comte 
de Namur, n'oublia pas son oncle dans cette détresse. Il eqtra 
dans le Limbourg, dont il saccagea une partie , et vint ens<iite 
assiéger le duc dans le cbâleau d'Arlon, où il s'était retiré* 
Le siège fut poussé avec tant de vigueur , et la pliice serrée dô 
si près , qu'au bout de dix jours le duc demanda à capituler. 
On conclut un traité de paix, où le duc et le comte se firent 
réciproquement quelaues cessions. ( Hannonîœ Chron. ) L'an 
1 188 , au mois de mai , Henri de Limbourg procura l'élection 
de Folmare , archevêque de Trêves ; ce qui occasiona uri 
schisme dans cette église. L'an 1189, ayant donné en fief la 
sous-avouerie de Saint-Tron à Gérard, comte de Loss, il se 
compromit par-là avec Henri, son neveu, fils de Godefroi, 
duc de Biabant, qui avait des droits sur ce bénéfice, du chef 
de sa mère. Le jeune prince avait dans le même tems une 
autre querelle avec le comte de J.oss , qui lui contestait le 
comté de Duras, qu'il avait acheté de Conon , son dernier 
possçsseur. Le duc et Gérard faisant cagsc commune, Henri de 
Brabant vint les assiéger dans la ville de Saint-Tron, où ils 
s'éiaîent renfermés. Mais, sur la nouvelle d'une irruption que 
Baudouin V, comte de Hainaut, à leur demande, avait faite 
dans Je Brabant pour faire diversion , il leva le siège pour 
aller à la défense de son pays. Baudouin ne l'atlendit pas. Lea 
hostilités cessèrent ; mais on ne. s'accommoda que l'année sui- 
vante. L'an 2192, il prît la défense d'Albert de Louvain , son 
neveu, promu à l'évêché de Liège, et chassé par Lolhaire de 
Hoc}istad , son compétileur. Lui ayant donné retraite che:& 
lui, il !e fit sacrer à Reims, après avoir obtenu ses bulles 
«le Borne , et se préparait à l'amener à main armée à Liège ; 
mais le meurtre commis sur la personne du prélat , le ^3 no- 
vembre, rompit toutes les mesures. Le duc, néanmoins, ré- 
solut de venger le sang de son neveu. Comme l'empereur 
Henri VI était soupçonne d'avoir trempé dans ce crime, dont 
la voix publique chargeait le comte de Hochsudl et Lpttiaire^ 



'DES BtJW'DË tlMBorncî: l33 

.son frère, les ducs dé Limbourg'et de ÏJrabant, forinèrent 
une conjuration avec plusieurs princes de l'empire J pour dé- 
poser le monarque ; et, en attendant qu'elle eût son effet , ils 
allèrent sacîcâger , au commencement de l'an 1 198 ,' le comt, 
de Hochstà'^t. Des amis communs vinrent néanmoins à hout de 
les réconcilier avec l'empereur. Alors le duc de Limnourg 
brigua le siégç de Liège pour Simon , son fils , et ^agnà la 
plkraiité des suffrages. Sîais, sur, l'appel de quatre archidiacres, 
l'élection ayant été cassée a Rome, on en fit , le 18 novenibre 
1194^ une nouvelle qiii tomba sur Albert de Cuvct. Le duc 
Henri voulut soutenir celle de son fils p.ir la force; il n'y 




mbrt le i«^ août iio5. L'année précédente, à pareil jour ,. le 



Hainaut; mais, quelques semaines après, ils recouvrèrent la 
liberté. L'an 1 197 , il envoya Waleran , son fiîs , à la croisade, 
pour acquitter le vœu qu'il avait fait lui-même d'y aller, et 
dont il s'était fait ensuite relever. Ce jeune capitaine, brû- 
lant d'envie de combattre, rompit d'abord à son arrivée, Tan 
H97 , la trêve faîte par le roi d Angleterre avec les Sarrasins : 
infiaélilé qui coûta cher aux croisés. De retour en Allemagne, 
il défendit Aix-la-Chapelle, pour Philippe de Suabe, élu roi 
,des Romains, contre Otton de Brunswick^ son compétiteur. 
Forcé a'u bout de six semaines de rendre la place, il se tourna 
du côté' d^Otton , et assista avec son père au couronnement 
de ce print:**, le 4 juillet 1198. Il se rerournà dans la suite 
du côté de Philippe; et l'on vit le duc de Lirabourg et spn 
fils changer tour-à-tour de parti , suivant que leurs intérêts 
particuliers le demandaient. Godefroi de Saint-Pantaléon im- 
pute même' à \Valeran tous les maux qui aflli'g^ren't l'Alle- 
magne dans cette funeste querelle. Ce fut lui, selon quelques- 
uns*, ou son père, suivant d'autres, qui embarrassa les troupes 
d'Otton , dans des marais ^ à la bataillé de Wâssemberg , 
donnée l'an 1206, ce qui dérouta entièrement les affaires 
d(B ce prince. Avant cet événement , il avait pris part à quel- 
qiiès autres guerres. On voit en effet, qu'en 1202, au mois 
de septembre, il joignit ses armes à celles du duc de Brabant. 
contre Thierri Vil , comte de Hollande', qui fut battu et 
pris au coinbat de Heusden. Deux ans après , il appuya Louisl 
coihte de Loss, contre Guillaume, cbmte d^Os I,- Frise , au- 
quel il disputait le comte de Hollande. Il fil d'abord le per-^ 
XIV, aQ 



i' 



x5.4 CHR0I70LOGIE HISTORIQUB 

sonnage-de médiateur; et, voyant que GaillauTDe, fier dVrf 
corps de troupes qu'il avait formé , ne voulait entendre à au-^ 
cun accommodement, il s'en retourna chez lui après avoir 
semé la» terreur dans l'armée de son altié. Mais, rannée sui- 
vante , il revint en forces/ au secours du comte de Loss. Il 
n'y eut cependant point de combat : sur le point* d'en venir 
, aux mains , les deux compelitëurs terminèrent leur querelle 

Sar un traité. (Voy, ies comtes de Hoiiande. "j U an 121 3, le 
uc de Limbourg combattit , le 1 3 octobre , pour l'éve^que 
de Liège, contre le duc de Brabant , à là journée de Steppes, 
où le pfélat fut vainqueur. L'année suivante , il fut un des 
chefs de l'armée d'Otton IV à la bataille de Bouvines, qui 
fut si funeste à ce prince. Ce revers ayant détaché la plupart 
des seigneurs de la Belgique et de l'Allemagne du parti d'Otton, 
lé duc de Limbourg fut de ce nombre , et entraîna avec lui le 
duc de Br .bant dans celui de Frédéric de Siiabe, au couron- 
nement duquel ils assistèrent à Aix-la-Chapelle. L'an 121 5, le 
duc Henri prit la, croix avec plusieurs autres seigneurs ; mais 
on ne voit pas qu'il ait rempli cet engagement qui ne conve-- 
naît guère à son âge. Ce grand guerrier termina enfin sa car- 
rière l'an 1221 , avant le 28 août, après un règne des plus 
longs et des plus glorieux. Son corps fut porté à l'abbaye de 
- Bolduc. Il avait épousé Sophie , de la maison de Deux-Fonts, 
(morte après l'an 1195), 'qui lui donna Simon, dont on a 
ci-devant parlé; Henri, seigneur de Wassembere, mort vers 
l'an 1261; Waleran , qui suit; Frédéric, avoué de Hasbs^ye , 
ïnoT\ avant le I*^ mars 1212; Gérard, seigneur, à ce qu'on 
prétend, de Born, décédé le 7 décembre 1226; Jutte, mariée 
à Goswin IV, seigneur de Fauquemont, et Mathilde, dont le 
sort n'est point connu. 

WALERAN HL 

L'an 1221 , "Waleran succède à Henri HT, son père,' 
dans le duché de Limbourg. Les hostilités continuaient tou^ 
jours entre ce prince et Philippe de Courtenai. L'an i223 

,(n. st.), Jeanne, comtesse de Flandre, s'étant rendue mé- 
'diatrice, parvint à faire conclure, le i3 mars, un nouveau 
traité de paix auquel celui de 1 190 servit de base. L'an 1224, * 
Waleran porta du secours à Gérard, comte de Gueldre, contre 
'Otton delà Lippe, évéque d'Ulrecht, dont les officiers avaient 

' 'molesté quelques-uns des vassaux du comte. Mais, suivant Heda, 
comme on était près de livrer bataille, Conrad, légat du 

£ape, étant survenu, termina le différent sans effusion de sang. 
'ai» 1225, la mort de Gèrtrude, fille et héritière d'Albert^ 



BES DUCS BB UMBOURG^ l5S. 

l|omte de Daffsbourg , de Bletz et de Mofaa « dëcëdée sans en*, 
fants, révçilTa ranmilion de ^aleran , et lui fit convoîter une 

Îartie de cet le riche succession. Dans ce dessein , U s'empara 
e quelques châteaux que la feue comtesse avait , comng^e son 
père , tenus en fief de 1 église de Metz. Il ne le fit pa? impurié-^^ 
ment. Jean d'Apremont, évêque de Metz ^ s^opposa. forlement 
« celte entreprise, On en vînt aux armes, et il ne paraît pas que 
Vissutï de cette guerre ail été a<(antageuse à Waleran. Dans la, 
même année , Ëngilbert , archevêque de Cologne , ayant été 
i($sassiné le 7 novembre , Waleran profita de la consternatiorv 
de Téglise de Cologne , pour\ détruire le château de Weland- 
3hâus, où est aujourd'hui Wilnns, que le prélat avait fait b|ltir 

Srès de Rolduc. Cet acte d'hostilité fut pour lé successeur 
'Kngîlbert un motif de refuser au jeune Henri , fils de Wa- 
leran , l'investiture de certains fiefs que l'église de Cologne 
lîvait accordés à son père. L'an i^:i6 , Waleran fiiiil ses jours 
dans le mois de mai , au retour d'un voyage d'Italie , où il avait ' 
^tcompagné le jeune roi Henri, fils de l'empereur' Frédéric H* 
Il fut inhumé à l'abbaye de Kolduc, près d'Aix-la-Chapelle, 
C'est à ce comte qu'on rapporte rétablissement du Siège des 
ffobles ^ tribunal qui subsiste encore (lyHS) dans le Luxçm^ 
Éourg ^. et où l'on juge toutes les causés féodales et tous les 
différents survenus parmi la noblesse. D'Adélaïde , sa pre- 
lîiière femme , fille, selon Butkens, de Gôswin 111 , seigneur 
de FaUquemont , Waleran eutHenri , duc de Limbourg; Wa- 
leran , dit le Lon^ ou le Jeune , seigneur de Poilvacne , qui 
fût tué dans une bataille, en 1242; et Margueritfe, femme' 
de Frédéric, comte d'ïsemberg, le nieurtrier d'Engilbert, ar- ' 
chevêque de Cologne. Ermaxs£TT£, sa seconde femme, veuve 
de Thibaut, comte de Bar (morte le aS février 124^), \\^\ 
donna Henri , comte de* Luxembourg ; Gérard , seigneur de 
Purbui; Catherine , femme de Mathieu il, cluc de Lorraine 

HENRI IV, 

1226, HiÉNHi IV, fils de Waleran et de sa première femme , 
devint duc de Limbourg après W mort de son père. L'an 
1227, il accompagna l'empereur Frédéric II , qui allait ou fei- 

fnait d'aller s'embarquer en Calabre, pour la Terre-Sainte, 
rédéric ayant allégué une maladie pourseo revenir de Brindes 
où sa flotte l'attendait, le duc Henri ne le suivit pas dans sa 1 
retraite. Il s'embarqua avec plusieurs prélats - et seigneurs de 
diverses nations , et arriva en Palestiiie , où sa présence releva 
Je courage des Chrétiens du pays. Déjà on y était instruit de la 



V 



défection de ^'empereur ; et » sur cette nouvelle, auarant^e miWer 
croisés avaient abandonne la Terre-Sainte pour s en retourner 
criez eux. Le duc de Liiribôurg fut mis à la tête de ce qui res- 
tait de troupes. Mais à quoi les employer."* On était en trêve 
alors pour deux ans avec le sultan CoKpdin. On s'assemble 
pour délibérer là-dessus. Tous les croisés déclarent unanime— 
xn'érit qu*ils ne sont pas venus en Palestine pour y demeurer 




cju on empi 
parei 

s tance ce que le patnarcne de cette ville mandait au pap< 
goiré IX 7 <ju.i n eut pas honte de rendre publique cette leltre,. 
eh l'insérant, dans une bulle adressée à tous lès fidèles , et rap- 
portée par Mathieu Paris.* Les réparations que les croisés entre- 
prirent, les occupèrent plus long-tems" qu'ils n'avaient pensée 
lls'y travaillaient. encore au iriois de septembre 1 228, lorsque l'em- 
pereur Frédéric aîrriva à la Terrè-Sainté. Le duc de Limbonrg 
fut âu-dëvànt delpiavec le clergé et ses troupes, dont il lui 
remit le commandement. Maïs., sur le refus que firent le» 
grands-maîtres des trois chevaleries, d'obéir a un prince ex-, 
cbmiriunié y l'empereur , pour prévenir une désertion te talq, 
cotiséntlt'qùe le duc de Limbourg et les autres chefs donnas- 
sent Tes ordres , sans le nômnîqr, comme de la part de Dieu et 
de la chrétienté. Le duc ÏJenri , à son retour, entra, l'ap 
323o ^ en guerre avec. Henri de Molenàrck, archevêque de 
Cologne , aM sujet de l'avouerïe de 1 abbaye de Siëebert. Il n'y 
eut point de bataille entre eux , mais beaucoup de villes et de 
châteaux pris et saccagés de part.et d'autre. L'an 12 38, autre 
guerre du duc de Limbourg avec Conrad, successeur de Henri 
de Molenàrck. Il eut dans celle-ci pour allié, le duc de Bra- 
bànt, que le prélat avait isittaqué au sujet du château de Dae- 
lém. Là paix se fit , en 1240 ,' au moyen du double mariage de 
la sœur de Conrad avec le premier fils du duc de Limbourg, et 
du comte de Hochstadt , lieveu de Conrad, avec la fille dé XTâ- 
leran , fivre du duc. L'an 1246 ou environ, Henri, finît ses 
jours, laissant de CtjnigaRDE de.Bjerg," sa femme, Adolphe, 
tige des derniers comîes de fierg , et Waleran, qui suit, 
Ijenri fut inhumé à r^bbaye d'Altenberg. 



B£S D{7C9 I>£ XattfiÔUft^* 

WALERAN I*V. 



i-Sj 



Waleran ÎV, fils et successeur du duc Henri , vers 1246 r 
abandonna le parti de l'empereur rrédéric 11 , auquel son 
père avait été attaché , pour suivre celui de Guillaume , comte 
de Hollande , élu roi des Romains en 1247. Après la mort de 
ce dernier, arrivée Fan laSfî, il embrassa le parti de Richard 
de Cornouaille , qu'une partie des électeurs lui avait donne 
pour successeur. L'an 1268 (n. st.), il vendit à Henri IH, 
duc de Biabant , les cantons du comté de Daelem, que leç comtes 
de Hocbstadl avait tenus en fief de ses ancêtres. L'an 1268 , û 
joignit ses armes à celles de Thierri de Fauquemont , son 
iousin, des comtes de Clèves et de la IVIarçk, et du seigneui: 
de Heinsberg » pour assiéger Cologne dont les habitants refu- 
saient de se soumettre à leur archevêque, Engilb^rt H. H fut 
pris en voulant s'introduire par un souterrain dans la ville ^ 
fa nuit du i4 au i5 octobre. (Chron, allemande de Cologne y 
pag. 23i.) Sa captivité fut d'envirbn quatre mois. H recourra 
sik îiberlé avant le 18 février de Tannée suivante, par l entremije. 
et sous la garantie des comt^^s de Luxembourg , de Saine et de 
Berg, ï)ans la suite, Waleran s'appliqua, comme grand-voycr 
du pa^s dVnt re 1^ Meuse et le Rhin , à lé nettoyer des ^ryçands^ 
qui l'infestai(;n't impunément à la faveur de fai^archie où lemr 
pire se trouvait dppuis plusieurs années. L'an 1278 , après la 
mort tragique de Guillaume, comte de J u tiers , arrivé^ le 1^ 
mars de cette année., Waléran prend la défense des enfanU^, 
de ce. prince , contre Siffroi de Westerliourg , archevêque de 
Cologne,, qui voulait envahir leur héritage. Lui ayant dëclard 
là guerre , il entre a,vec une bonne armée sur ses terres, où i\ 
met tout à feu et à sang. 11 assiège, ensuite le château de Zul- 
p)ch. Mais , durant, cette expédition , le légat étant survenu ^ 
ménage un accord entre les parties. Cet accord ne fut pas dv- 
table , coraïpe la suite de la vie de Siffroi le fait voir. Le duc 



selon 

n'eut point 
qui suit 



e Thierri lY, comte Ue Uèves; 2*^. I^unegonde, mie, 
Butkens, d'Ôtton , marquis de Brandebourg, dont il - 
point d'enfants. 11 laissa du premier lit , Ermengarde , 



ERMENGARD£ et RENAUD. 



1279 bu 1^280. Ermçngarde. , fille, de Walerao IV, lui suc- . 
céda au duché de Limbourg, avec Rekaud I, comte de Guel- 
àrcy son éi^ux* EUe mourut sans enfants » avant (e 12 m^\, 



Blà.f _ A . J* . 



l58 eiHtONO£.Cf6i-£ HI&TOlUQUfi 

1282. C^est ce que nous iaférons d^une lettre de soa suecessew% 
combinée avec, la suite dès. évinemeutis. (Bulkens,. tom* i, /ir< 
p. 114.) 

ADOLPHE.. 

1282. Adolphe , comte de Berg^. sÎMème du sont, prë-» 
tendit, après la mort d'Ërmengarde , succéder au duché de- 
(limbourg , comme plus proche hérilier. Mai* le comte de*. 
Gueldre , mari de cette duchesse, refusa- de s'en dessaisir^ et; 
se mit en état de défense- pour en conserver Pusufruit. Adolphe^ 
ne se trouvant pas en forces suffisantes pour le déposséder^- 
vendît ses droits à Jean, duc de Brabant. Celui-ei, après avoir 
inutilement offert les.voi,es de droit à son rival, prit celle desi 
armes pour soutenir son acquisition. Le comte de Giieldre^ 
apprenant qu'il s'était mis en campagne ,^ marche en diligence^ 
à sa renconire» Elle se fil le 17 juillet 1284» pi'cs de 'Galope- 
sur la Gueule. Les deux armées étant campées vis-à-vis l'une- 
de l'autre , tout se disposait à une bataille.. Des^ irères Mineurs^, 
la prévinrent , et par leurs, remontrances, engagèrent les deux, 
chefs, à s'en rapporter à l'arbitrage des comtes de Flandre et de^ 
Bainaut. La décision fut que le duché contesté resteraU am 
comte de Gueldre pour sa vie , après quoi il reviendrait au 
duc de Brabant. Mais une clause qu'on ajouta ^ savoir, que \& 
comte de Flandre aurait la garde du château de Limbourg jus- 
qu'à la mort du comte de Gûeldre , mécontenta presque éga-^ 
lement les deux parties , qui refusèrent ,^ l'une et l'autre, d'y 
acquiescer. Le feu de la guerre se ralluma donc et continua en- 
core l'espace de quatre ans. Le comte dé Gueldre fut le pre-^ 
mier à s'en lasser. Par le conseil de l*archevêque de Cologne ,^. 
l'un de ses alliés, il prit erîfin le parti dé transporter son droit 
à Henri IV, comté de Luxembourg. L'acte de cette cession fu^ 
dressé au château de Fauquemont, dans une assemblée desei-^ 
gneurs, le 16 mai, jour de la Pentecôte 1288 (et non 120,7 
conmie le marque Bertholet). Le duc de Brabant , instruit de 
ce qui se passait , voie aussitôt vers ce château dans le dessein 
d'y surprendre ses ennemis.; maïs ils s'étaient déjà retirés lors- 
qu'il arriva. Le comte de Flandre , qui était resté dans la place,, 
înénagea un accord avec le copate de Gueldre et le duc. Ce 
dernier y qui en voulait surtout à l'archevêque de Cologne , s6 
mit aussitôt à ses trousses, et, n'ayant' (>u l'atteindre , il dé- 
chargea sa colère sur les environs de Bonn , qu'il ravagea. Lesi 
renforts que lui amenèrent les comtes de Juliers , de Berg et 
de ta Marçk , l'enhardirent ensuite à faire le siège du château 
de Wœringen , place située entre Cologne et Nuys, Le prélat >; 



nES DUCS ML I.IMBOUAG. 1S9 

à qui elle appartenait, s^avance , avec ses confédérés potir la 
secourir. Les deux armées étant en présence , la bataille s^en-* 
£agea le 5 juin. Elle fut opiniâtre et long-tccas douteuse ^ 
jusqu^à ce que le comte de Luxembourg et son frère y périVenti 
L'archevêque, le comte de Gueldre, et d'autres seigneurs, 
ayant été obligés de mettre bas les armes pour sauver leur vie, 
le duc eut bon marché du reste. Le duché de Limbourg fut le 
* prix de la victoire. Pour s^en assurer la possession tranquille 
«t prévenir toute nouvelle contestation à ce su^et , il donna sa 
fille au comte de Luxembourg, Henri Y, depuis empereur, après 
Tavoir obligé, par ^leur contrat de mariage, à renoncer âî toute 
prétention sur le pays de Limbourg. C'est ainsi que ce duché 
resta dans la maison de Brabant , d'où il passa ensuite , après 
son. extinction, dans celle de Bourgogne, et delà, dans celle 
d'Autriche, parle mariage de Marie de Bourgogne avec Maxl-« 
milien. 



iM»— ■— I > "H ll ■ ■ I < ■ t I I I III ■ .1 . 1 ■!! 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES 



ÉVÊQUES DT PRINCES DE LIÈGE- (*}, 



p\/t» n ywwMv m nit0^ni ¥ ¥fim 



1j E pays (Je Lîége, qui lire son nom de sa capitale appelée 
en lahn Ludica j Leodium , Leodlcum et hegia , a pour bornes 
leBrabant, ta Meuse, le comté de Namur, la Gueldre et le 
Luxembourg. 11 comprend cinq provinces, i®. la Hasbaie, a". 
le comté de Loss , 5",- le ftiarquisit' de Franchimont , 4"- le 
Gondros , 5", l'entre Sembre-et- Meuse. Son étendue est de 
trente lieues depuis les frontières du Hainaut, qu'il touche à 
l'occident , jusqu'à la Gueldre , qui borne le Liégeois à l'orient y 
et de vingt lieues depuis le Luxembourg, qui Favoisine au 
midi, jusqu'au Brabant, qui le ferme au septentrion. Ce pays, 
lorsque César entra dans les Gaules, était habité par les £bu— 
rons, dont An voit le nom changé , dans le siècle suivant , en 
celui de Tongres. Plusieurs pensent, néanmoins, que ce iVest 
pas le même peuple, et que les Eburons ayant taillé en pièces^ 
l'an 54 avant Jésus-Christ, une légion romaine sous la conduite 
d'Ambiorix , César , après avoir vengé cet affront , fit venir les 
Tongres pour remplacer les Eburons , dont il avait fait un grand 
carnage, et que leur nom prévalut dans le pays. Mais', outre cette 
dénomination générique , il y en avait de particulières poyr les 



\ 

■^™ 



(i) Cet article a été revu et corrigé pa?r M. Tabbé de Vaux , doyen 
àe Saint-Pierre de Lié^e. , 



eàâoir. inst. bbs evêqdës xt MtNCss SE Lti&le; iti 

habitants ies différentes contrées qui composaient le Liégeois*: 
On y voyait les Âtuatiques , ainsi nommés de la yil\e AiuaUpa ^ 
ou Aduaùca Tungronan ; les Condrusiens^ habitants du Con«* 
dros ; les Ambivariens , dont la position est la même que cellâ 
des Toxandres , ou laxandres « représentée par le village de 
Tessender-Looz et par celui d'Ampt-van-Retz ; les Centrons , 
dont le nom subsiste dans le lieu de Chender-Malle ; l'es Gru-» 
diens , qui avaient pour chef lieu Groot-I^onen ; les Paëmens ^ 
qui babitaient entre le Condros et les Ardennes; les Segnt^ au-* 
jourd^hui les Esseneux , etc. 

Suivant la tradition commiune^ Eucher^ Yalère et Materne^' 
furent envoyés par saint Pierre , à Trêves , à Cologne et h Ton-* 
grès ) pour y prêcher Tévangile. Eucher était évéque, Yalère 
diacre , et Materne sous-diacre. Materne ^ que Yalère ordonna 
évêquè \ jeta les, fondements de Téglise de Tongres , y bâtit 
une chapelle Y ou plutôt une crypte, et, vers le cou^mence-^ 
ment du onzième siècle ^ y établit un siège épiscopal , lequel ^ 
jusqu'à la translation qui en fut faite, en 720, à Liège, fat occupé 

{>ar. trente évéques.^ Telle est Popinion que nous ont transmise 
es écrivains des bas tems^ et dont nous ne trouvons point de 
vestiges dans la baute antiquité, Yoici ce que le flambeau de la 
critique nous fait' apercevoir de plus conforme à la vérité* 

SAINT MATERNE. 

» ■ 

Saint MAtEim£ était le troisième évêqiie àt Trêves et lô 
premier de Cologne et de Tongres, au commencement du 
quatrième siècle. 11 assista aux, conciles de Rome et d'Arles ^ 
ténus contre les Donatistes» le premier en 3i3^ le second en 
Si 4, et il y souscrivit avec la seule qualité d'évêque de Cologne, 
parce qu'alors le pays de Tongres Taisait partie de oe diocèse» 
Il n^en fut séparé qu^après la mort de Materne,. dont on ne 
peut fixer l'époque, ( Voyez les é^ê(fuês de Cologne. ) 

< 

SAINt SERYAIS L 

Saiîi^ SeUvais I^ successeur de saint Materne^ fut pra*' 

f»rement le premier évê que particulier de Tpneres. ïl assista^* 
^an 347f au concile de Sardique, où il prit la défense de saint 
Athanase. L'an 35o , il fut du nombre des ambassadeurs que \m 
tyran Magnence , après avoir tué ^empereur Constant, envoya 
à Tempere^r Constance pour traiter ae la paix avec lui. L'an 
359, étant au concile de Rimini, il fut du petit nombre des 
intrépides défenseurs de là divinité de Jésus-Cnrist« Les savants 
se s'accordent point sur l'année de la mort de saint Servais» 
XIT, ai 






l6i CnK0l!90L0Cl£ HISTOaiQtJ^S 

Les uns la mettent en 3^2, les autres en 384 y plusieurs ett 
388; et quelques-uns en 38g. Mais un manuscrit trouvé par 
Venclelîn, à maëstricht, décide la difficulté, en marquant la 
mort de ce saint au troisième des ides dé mai« ou treizième 




niarcHa contre eux i'an 358 ^ et les obligea de se soumettre k 
rcmjfire romain* 

SAINT AGRICOLE. 

'SfKiarr AgricoLS fut le ^accessear de saînt Servais. CVst 
lôut ce que Ton a de sâr touchant la personne de ce prélat. On 
iï*a pas plus de lumières sur les trois qui vientient après lui , 
quoi' quVn disent certains manuscrhs du bas â^e, où Ton 
iDarque l'origine de chacun d'eux et la durée dé leur épbcopar. 
lies an:àchronismes que renferment ces monuments suffisent 
pour leur ôter toute créance. C'est ainsi qu'en ont jugé nos plus 
Irajbiles critiquas. Ces prélats sont : Ursicin; Désigné, aont 
y fête se célèbre le I«^ décembre, quoimie la chronique bel- 
^ique marque sa mort au i3 janvier; et René, ou Rbsigké. 

SERVAIS H, 

SÈtiVAlS il remplaça ce «lemier. C'e^ le même qui est 
nommé Ar avais par Grégoire de Tours, et ArVAIS par rrédé- 
gcViréV Ces deux auteurs racontent que ce prélat, apprenant que 
les Huns se disposaient à pénétrer datis Ica Gaules, fit un voyage 
à Rome pour consulter le seigneur devant le tombeau de saint 
Pierre sur ce qu'il âvaîl à faire, et le prier de détourner (ce 
flfeau ; mais que saint Pierre, lui ayant apparu en songe, lui 
répondit que l'arrivée des Huns dans les Gaules était arr^éc 
dans les décrets du ciel; que cependant il n'en serait pas té- 
moin , sur quoi Servais , étant de retour chez lui , ordonna de 
cacher tous les vases sacrés et de préparer tout ce qui était nç- 
c'esjiaire ^our sa sépulture; qu'en effet il oaourut quelques jours 
après au milieu des larmes de ses ouailles, et oue l'année sui- 
vante les Huns accomplirent sa prédiction par 1 irruption qu'il» 




DES ivàq^ltS ET PJIINCE5 PE LIEGE: ^ 

eoire nomme taujours évéque de Maëstricht le second Servais.. 
}fis auteurs du Gailm ChrîstkiHa , d'après Henschenius , infèrent 
qu'il transféra son siège de Tongres en cette ville. Maïs légère 
l^'oulon met cette translation sous Servais, en 363 ou 384; j^ 
- quoi il ajoute qu6 les successeurs de ce prélat ne laissèrent pas 
Me se <|ualifier toujours , malgré cette translation , évéques de 
Tongres , de même que les papes, durant leur résidence à Avi- 
gnon , continuèrent à prendre la qualité d'évêques de R6me« 
Le père de Marne soutient ^ au contraire , qu'ils furent pro- 
prement iévéques de Maëstricht, et qu'ils furent souvent ainsi 
qualifiés depuis qu'iU eurent transféré leur siège en cette ville. 
Du reste, c est ici, comme il le reconnaît lui-même , une pure " 
question de nom qui ne mérite guère qu'on s'anréte à la dis-^; 
cuten 

SULPICE , CD SUPPLICE. 

45o. SmiFICE, ou Supplice, vient â la suite. de Servais If 
/jans le^ catalogues des évêques de Tongres. jLe P. Le Cpinte met / 
^ mort au 18 janvier de Tan l^hS. Sa fête est marquée à ce jour/ 
dans les calendriers du pays de Liège. D'auires i^ mettent a^ 
jour précédent. Celui ae la Chartreuse de JSrjjixeU^ piiçe a^ 
j4 Août sa translation. 

QUIRILLE, ou QUIVILLE. 
465. QuiRiLL^, ou Q^yiLiE , qui monta sur le siè^e dci 




le fera voir* 

EUCHEB, 00 EUCHAIRE. 

EucHEB, OU EucHAlftË ,. succéda à Quiville. Quelques-«un^ 
l'honorent du titre de saint. Qa ne lui donne copimunémeivl 
que deux ans d'épiscopat. 

FAUCON. 

L'an 49^* Faucon , frère d'Ëuclier, tuî succéda au si^e da 
Tongres. A peine en eut- il pris possession, qu'Ufmpiéta^ 
peut-être ^os le savoir, sur les droits de l'église de Reims , ea 
ocdoonant des clercs à Mouson , ville dépendante de ce diocèse, 
•et en y levant la dixme. Saint Rémi , évéque de Reims \ liii 
écrivit à ce sujet une lettre très-forte , laquelle néanmoins 



tG4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE 

renferme des traits honorables à Faucon ; car elle nous' apprend 
qu'il avait été fait'évêque par violence , que son ordination 
était l'effet d'une singulière providence , et que son zèle Tavait 
porté à faire l'anticipation dont le saint évoque se plaignait. 
Les auteurs du GalUa Christiana placent cette lettre en 497 9 
«t le"" P. Foulon , d'après le P, Siimond , en Sz^. On ignore 
l'année de la mort de Faucon. 

ÉUCHER IL 

Faucon eut pour successeur Eucher II , suivant quelques^ 
anciens catalogues , qui ne nous apprennent que le nom de ce 
préla^. 

DOMITIEIN^ 

DOMITIEN remplaça l'éyêque Eucher. Le pays de Tongres 
faisait alors partie du royaume d'Austfasie depuis la mort de 
Clovis , ^ui avait partagé en quatre ses états pour s^s quatre fils* 
Domitien assista , Tan 549 9 ^^ cinquième concile d'Orléans et 
à celui de Clenticfnt, tenus cette année l'un et l'autre; et son 
nom se trouve dans les souscriptions , en cette manière : Domi^ 
iianus episcopus Tungrorum quod est Trajectum. Sa résidence ne 
fut point fixe : il demeurait tantôt à Tongres , tantôt à Maës- 
trient , et tantôt à Hui. Bucherius met sa mort en 55d« 

MONULFE , ou MONHOU. 

558. MoNULFE, ou MoNHOtJ, successeur de Domitien , gou- 
verna Son église l'espace de trente-n«uf ans. Il fit construire à 
Maëstricht , où il résidait , une église magnifique pour le tems , 
sous l'invocation de saint Servais , dont il y fit transporter le 
corps. 11 avait entrepris de rebâtir la Ville de Tongres , enseve- 
lie sous ses ruines depuis qu'elle avait été dévastée par les har-» 
bares : mais les conjonctures lï'étant point fkvorables à ce dessein , 
il fut obligé de laisser à ses successeurs le soin de Texécuter. Il 
mourut dans le mois de juillet 597, et fut inhumé à Maëstricht, 
d^n^ l'église qu'il avait bâtie, 

GONDULFE. 

597. GoNDULFE, successeur de Monulfe, gouverna sainte-» 
ment l'église de Tongres, ou de Maastricht, l'espace 4e sept ans, 
suivant Gilles d'Orval ; d'autres font durer son épiscôpat plua 
long-t ems. Il n'y a riçn de certain là-dessus , sinon qu'il mourut 
If ^6 jqillçt, sans qu'on puisse dire en quelle année* 



ms ÉVÊQUES ET PRINCES DE LIÉGB. l65 

SAINT PERPÉTUE. 

SAim* Perpétue, dont le nom est célèbre k Dînant, succéda a 
Gondulfe , et fut remplacé par EbregesilE; Tous deux sont mis 
au nombre des saints. Mais la mémoire des actions qui les ont 
sanctifiés , n^est point parvenue jusqu^à nous. Il paraît qu^re* 
gesile mourut vers Pan 63i. 

JEAN L'AGNEAU. 

63 1. ou environ. JEAïf l'Agneau {Joannes Agnus) monta 
sur le siège de Tongres , ou de Maëstricht , après Èbregestle.'^ Il 
était d'une famille noble , et avait été engagé dans le mariage. 
Son gouvernement fut sage. Hériger ^ suivi par le P. Foulon , 
met sa mort en 687. Mais elle dut arriver beaucoup plus tard t 
à moins qu'elle n'ait été suivie d'une vacance de «douze ans dans 
le siège de Tongpes , ce qui n'est nullement vraisemblable. 

SAINT AMAND. 

• > 

649. Saiîït Amand , natif d'Herbauge au diocèse de Nantes, 
. solitaire dès Tâge de vingt ans dans Tïle d^Oye , sur les côtes du 
Poitou , retiré ensuite dans une cellule voisine de la cathédrale 
de Bourges, où il vivait sous la direction de l'évéque saint Ans- 
tregesile , fait évéque lui-même en 628 , mais évéque régionairi^v 
' par les prélats de France, au retour d'un voyage qu'il avait fait 
à Rome, milsionnaire en Flandre, en Esclavonie, en Carinthie, 
et dans les provinces voisines du Danube, fut élevé sur le siège 
(le Maëstricht ou de Tongres en 649» Il ne l'occupa que l'espace 
de trois ans , et le quitta , l'an 65^, pour reprendre ses travaux 
apostoliques. Dans les dernières années de sa vie , cassé de vieiU 
les$e et de fatigue , il se retira dans l'abbaye d'Ëlnone , l'une de 
celles qu'il avait fondées en Flandre , et qui porte aujourd'hui 
son nom , la gouverna pendant quatre ans eu qualité d'abbé , et 
y mourut Tan 678 , suivant l'opinion la mieux fondée. 

SAINT REMACLE, 

« 

652. S Aim* RzMAGLE , premier abbé de Solignac en Limosin» 
puis de Cognou , ensuite de Malmedi et de Stavelo, fut choisi 
par saint Am»id pour le remplacer sur le sîé^ ^de Maëstricht. 
L'an 653 , il fit , par ordre de Sigebert , roi d'Austrasie , et d« 
l'agrément de Cunibert , archevêque de Cologne , la consécra-* 
tionde ces deux derniers monastères | que ce prince^ à la cour 



I 



|G€ CHRONOLOGIE HISTORIQUE 

duquel il était grand-référendaire , avait fondés en sa considéra-^ 
tien. L'an 662, le dérangement de sa santé Tayant obligé d'ab- 
diquer, il se retira à Malmedi , d'où , après quelque tems, il se 
rendit à Stavelo. il gouverna d'abord ces deux naonasïèrf^s; puis 
il se démit de Malmedi en faveur de Papolen , qu'il en fit élire 
abbé. Remacle mourut en odeur de sainteté, le 3 septembre, 
^ntre les années 667 et Cy i , suivant les BoUandistes ( ad dîem ^ 
3 s^pt, ), et en 67 5 , selon le P. Foulon., dont l'opinion fioug 
paraît moins fondée que celle de ces critiques* 

SAINT THÉODARD. 

662. Saint Théodaihd , né de parents illuAtres et di8'fin|;iié^ 
Il la cour du roi Clotaire U , d'abbe de Siavelo et de Malmedi 9 
devint évêque de Maestricht parla démission que saint* Remacle 
fit de Tépiscopat en sa faveur. Il marcha sur les traces de son 
prédécesseur ; mais plus zélé que lui pour les .intérêts temporels 
de scHi église , il entreprit de la faire rentrer en possession Aé 
plusieurs fonds, que des laïques avides et puissants lui avaient 
enlevés. Son autorité u'étant pJas assez forte pour opérer ce re- 
couvrement, il se mit en marche pour aller implorer la protec- 
tion de Childéric , roi d'Austrasie. On devina le but de son 
voyage ; et ses ennemis , l'ayant attendu sur la route , le massa-* 
orèrent dans la forêt de Bivalt , près de Spire, le 17 septexobre 
de l'an 672 ou environ. Il fut inhumé sur la place ; nçiftis son suc* 
cesseur nt apporter %q% reliques à Maëstricht. L'église l'honpre 
comme niartyr an jour de sa mort. 

SAINT LAMBERT. 

672 ou environ. Saint Lambeut, né, vers l'an 640 , d$ pa- 
rents nobles à Maëstricht , disciple de saint Théodard , lui suc-^ 
céda dans l'épiscopat. Les premières amiées de son gouverne-^ 
<nent furent tranquilles sous la protection du roi Childéric^ qui 
honorait ce prélat d'une estime singulière. Mais ce prince ayant 
été tué l'an 674, Lambert se vit en buite aux persécutions dii 
maire Ëbroin , l'ennemi déclaré de tous les évêques qui n'ap- 
prouvaient pas sa.tyranrite. Lambert , |ïar l'ordre de ce ministre. 



y vécut dans les exercices de la vie religieuse; La mort d'Ebroin ^ 
arrivée au commencemefit de l'an 661, changea la face des af- 
faires. Pépin de Héristal, son successeur dans la dignité d» 
maire d'Austrasie , «^'empressa de .xenàne Las^rt à son église,» 



DES BVÉQt)£S ET BllIKCES DS LI^GË. 167 

ttprès avoir cliassé celui Ajuî Tavait supplanté. Le prêtât^ à son 
retom*, déploya son zèle pour réparer les mactx que Sja longue 
absence, et les déporlements de Faramond, avaient causés parmi 
ies ouailles. Mais, tandis qu^il consacrait tous ces soins au salut 
des âmes, deux parents de Dodon , principal ofôcîer de Pépin , 
et frère , dii«-ofi , d^Alpaïde , sa concubine , abusaient de leur 
crédit pour envahir les terres de son église. Lambert, après des 
remontran^ces inutiles, q^opposa que la patience à ces excès, et 
se contenta d'en gémir devant le seigneur. Cette modération ne 
&t point du goût de ses neveux ; ils se déclatèretit hautement 
ks ennemis de Gai et de Riold : c^étaient les noms des deux 
cavisseurs* Les ch-oses en vinrent au point que , n'y ayant plus, 
de sâr^té pour les neiieux du staint év^ue, ils prirent, à Tinsu 
oe leur oncle, U résolution de prévenir les niauvaii desseins do 
lenra adversaires ^ et les as^stinèrent avec U secours de leurs 
amis. 2>odon , furieux de la mort de ses deux parents, $'en prili 
4 Tévéquc de Maèstrkht, dans la famille duquel le crime ^é*^ 
tait commis. Lambert s'était retiré dan^ un village sur la.Meuse^ 
•à six lieues dé cette ville, où ses neveux l'avaient suivi. Dodon 
vint l'y chercher avec une frOupe de soldats, et massacra l'oncle 
et les neveux, confondant ainsi l'innocent avec les coupable5. 
Cet événement est de Fan 708 ou environ. L'église a mis Lam-i 
bert au nombre des martyrs. 

StilUr HUBERT , ou HUMBEAT. 

708. Saint Hubert , ou HumbeRT, fils de Bertrand, duc 
d'Aquitaine , et petit- fils, par son père , du roi Caribert , frère 
de Dagobert I , tut élu pouif^ remplir le siège de Tongres , ou 
de Maëstricht , après la mort de saint Lambert dont il était 
disciple. Les bagiographes entrent dans un grand détail de ses 
vertus , que nous abrégerons en disarht qu il réunit toutes les 
C[uaUtés qui fant le pontife selon le cœur de Dieu. L'an 7^0,; 
il leva de terre le corps de son glorieux prédécesseur , et le fit 
transporter à Liège dans Foratoire ou chapelle que Manulfe ^ 
l'un de s^ devanciers , y avait fait construire en l'honneur des 
Maints Cômés et Damiên , et près de laquelle on bâtit depuis 
Téglise cathédrale sous Finvocation de, la mère de Dieu qui en 
est encore la patrone , quoique depuis lonç-tems elle porte le 
nom de Saint-Lambert. Gilles d'Orval dit que le corps du 
saiùt arriva le jour de Nocîl à Liège. Hubert fit construire dans 
èetre ville une nouvelle église, qu'il dédia aux saints apôtn t 
Pierre et Paul, et joignit à ces deux temples deux nîonastèrf* 
pour les desservir. Quelque tèms après^, le prélat vint s^établir 
a Liège ; et ce lieu , qui n'était qu'un simple bourg , commença 



l68 CHA0NOL0G|£ HISTORIQUE 

dès-lors à s^agranrlir , en sorte qu^il devînt fort frë^enté ipaf 
les pèlerinages que les miracles de saint Lambert y attirèrenté 
Hubert mourut à Fures, entre Louvain et Bruxelles, un ven- 
dredi 5 novembre 728 , et non Tannée suivante , comme le 
dit le P. Harthzeim, laissant une grande opinion de sa sainteté , 
que Dieu confirma dans la suite par un grai>d nombre de mi- 
racles. 

SAINT FLOREBERT. 

728. Sâiï^t Florebert f fils de saint Hubert , qui l'avait 
eu d'un mariage' contracté avant son épiscopat , lui succéda 
dans la chaire de Liège. Il marcha sur les traces de son père , 
^t gouverna son église avee beaucoup de sagesse. L'an 744 1 
le 3 novembre , il fit lever de terre le corps de saint Hubert 
en présence du prince Carloman , qui porta lui-même les 
saintes reliques dans le lieu où elles devaient être exposées à la 
rénération des fidèles. Florebert termina saintement sa carrière 
vers le milieu de l'an 746. 

TOUCHER , ou FULCAIRE. 

747- FouCHER, ou FuLCAiRE, en latin Fulcherus , d*une 
noble et ancienne famille du Poitou. Il est nommé aussi Foleric 
par le pape Zacarie , et par d'autres , Folaric. Il monta sur la 
chaire épiscopale de Liège un an , ou- environ , après la mort 
de saint Florebert. Les historiens du tems ne nous apprennent 
rien ^e particulier de son épiscopat. Les auteurs du nouveau 
Gallia Christiana mettent sa mort en 766 ; le P. Foulon l'avance 




p. 343*) Foulon se trompe donc, ainsi que Gilles d'Orval, 
son garant , qui ne donne à ce prélat que quinze ans d'épis-^ 
copat* 

AGILFROID. 

765 au plutôt. Agilfroid fut tiré du monastère de Saint- 
Bavon , dont il était abbé , pour gouverner l'église de Liège 
après la mort de Foucher. Sigebert le nomme évéque et abbé 
tout ensemble ; ce qui semble insinuer qu'il conserva son al)1baye 
dans l'épiscopat. Agilfroid était d'une naissance illustre, et 
jouit par so^ propre mérite d'une grande considération à la 
rour ae Charlemagne. Son crédit procura des biens considé- 
rables à l'église de Liège. Il mourut , suivant la chroni(][u& 
d^Ha^non, lan 787. 



: GERBAUD^ ou GAERBAUD. 

^87. GeHbaud, ou Gaerbaùd, Successeur d'Agilfrold^ tînt 
le siège environ Vespace (]e vingt* trois ans. Il eut à la cour de 
Charlemagne le même crédit que son prédécesseur, et le mit à 
{)roât comme loi pour Vjavantâge de son église. Les privilèges 
iet les immunités ecclésiastiques eur^t en lui un zélé défenseur. 
iPizen et Fouloti mettent sa mort au 18 octobre de Tan Ô09, 
D. Martene a publié^ dans le tome VU de son Ampîîss, cQllect. 
des avis fort solides de et prélat à son peuple^ sous le titre de 
Uerbaùdi instrUcHo aà gregem éutim^ 

^valCanb^ 

810. WaicaKd, appelé Walbgand )pât Ëginhart , fut 
Substitué à Gerbaud l'an 810. il fut on des prélats qui sofus- 
trivirent le testament que Charfemagne fit à Aix-la-Chapelle. 
L'an 8149 "^ assi^a te prince à la mort, étant alors dans la 
^uatrièiq(ie année de son épiscopat. L^aobaye d'Andagine ou 
Andaine, fondée par Pépin d^Héristal et Plectfude, sa Femme, 
au miilieu des Ardennes, était alors tombée par disette dans lé 
t*elâchement. Walcand pourvut, à ses besoins en lui donnant 
des fonds tirés de son patrimoine , et y rétablit l'observanlie à 
Taide de quelques pieux et savants moines, qu^il y fit venir des 
autres monastères. Quelques auteurs prétendent que jusqu'alors 
<:elte abbaye avait été possédée, par des clercs auxquels Walcand, 
selon eux, substitua des moines. Quoi qu^il en soit , elle devint 
florissante Sous son épiscopat. L'an 81^, il y fit transporter, 
avec l'agrément de l'archevque de Cologhe, son métropolitain, 
le corps de saint Hubert, dont elle prit depuis le nom. Les 
anciens monuments portent que cette translation se fit la qua-* 
tre-vingt-dixième année depuis la mort du saint ; ce qui montre 
l'erreur de ceux qui mettent cette cérémonie en 8a 5. Gilles 
d'Orval ne donne à Walcand que dix-huit années d'épiscopat. 
Mais Butherius. pfe un diplôme de l'empereur Louis le Débon- 
naire , adressé j'Héristal à te prélat, le*i3 des Calendes de mai 
(iq avril), la dix.-buitième année de son règne ; ce qui revient* 
àî t'an 83 1. Les auteurs du nouveau Gallia Chnstiarm reculent 
h mort de Walcand jusqu'à l'an 836, et là mettent, d'après 
le même Gilles d'Orval, a\i village de Champ-Serain , près de 
saint Hubert. 

PJRÀRD ÇT HIRCAIRE. 

836. PiRAnD et Hircaibe succédèrent, l'un aj^rès l'autre, 
à l'évoque YValcand. Gilles d'Orval fixe la mort du premier à 
l'an 840. Le second l'avait sûrement remplacé cette année-là ^ 



179 .(GHBOIXOIOCIE .HISTOBIQ0B 

puisque est nommé parmi les pères du concile d'ingehiieîni 
tenu Tan 840. On met communément sa mort en 855. C'esl 
tout ce que l'on sait de ces deux prélats. 

FRANCON. 

^56. Francqn, moine de Lobbes, sur la Sambre, fut élu , 
l'an 856, évéque de Liège. Trois ans après, il assista au con- 
cile de Toul, où l'on jugea la cause de Venilon , archevêque de 
Sens, accusé de trahison par le roi Charles le Chauve. L'an 862 , 
il fut du nombre des évêques qui , dans le concile d'Ai»-U- 
Chapelle , eurent la criminelle complaisance de casser le ma- 
riage du roi ^thaire , leur souverain ,• avec Thietberge. 
Francon mit le comble à cette faute , l'année suivante , en 
approuvant avec les autres pères , di^^moins tacitement , l'adul- 
tère de. ce prince. Le pape Nicolas ayant condamné ces deuj^ 
assemblées et interdit les évêques qui s'y étaient trouvés ^ 
Francon demanda pardon et fut des premiers rétabli dans ses 

Îbncti9ns. Après U mC>rt de Lothaire, arrivée l'an 869, Charles 
e Chauve et Louis le Germanique , ms oncles , partagèrent le, 
royaume de Lorraine entre eux , de manière que ce qui était en- 
deçà de la Meuse Fut attribué à Charles , et ce qui était au-d^là 
fut la part de Louis ; et comme la ville de Liég€ embrassait dès- 
lors les deux rives, de la Meuse , chacun des deux princes en eut 
la portion qui était de son côté. L'an 880, Francon fut témoin 
des ravages que les Normands firent , au mois de novembre , 
dans son diocèse , où ils pillèrent Tongres , Liège et Maèstricht.. 
Ils revinrent plusieurs fois dans ce pays les années suivantes. La 
plus . remarquable de leurs descentes, pendant l'épiscopat de 
Francon , est celle de Fan 891. Les généraux d'Arnoul , roi de 
Germanie, leur ayant livré bataille, le 2(3 juin, sur les bords de la 
byle , l'armée germanique fut taillée en pièces. Arnoul , peu de 
tems après, repara cet échec par une victoire complète qu'il 
remporta sur ces barbares. Anselme de Liège dît que Francon ^ 
ayant lui-même pris les armes, chassa de son diocèse les autres 
bandes de normands qui l'infestaient. Sîgebert met la mort dQ 
ce prélat en c^o'i , et Anselme en marque le jour aux Ides ^ 
ou i3 de janvier. Nous avons deux lettres qui lui furenX écrites , 
l'une , vers 860 , par Theutgaud , archevêque de Trêves ^ 
l'autre par Hincmar , archevêque de Reims. ( Martène , Amplis*, 
coUecU , t. 1, pp. 1 55-1 57.) 

ETIENNE. ' . ^ 

903, Btiknne , chanoine de Metz et parent du, rpi Charles 
le Simple , Tut élu pour succéder à Francon* C'étaife un dés pré- 
\^\A Us plus distingués d^e squ siècle p^r ULvgr savoir et leur ;vei:tu«. 



DES 4>^ÊQûËS Et ^femcfes DÉ uécE. , f 7 1 

tî compésa imi office de la Trinité-, dont sdn successeut' ëtabtit 
h. fêté à Liège , dVû elle se répandit dans toûies lés églises des 
Gaules et de Germanie. Etienne hiourut, Tân 9â'd , après un 

{ouvernement de dix-^hiiit ans cdjnrntricés. Il fut inhumé dans 
'église de SaiQt-^ Lambert. 

RICHER, 

920^ RitttËft, àbbé de Pruyrh et dte Stâvelô, fut élu pouf 
évêqufe par' la plus saine {lartie du clergé et. du peuplé de Liégé 
après la .mort d'Etienne. Mais, dans le même tems, l'autre 
partie donna son Suffrage à Hilduin , ht)mme savant et de haute 
naissante. Gislebièrt , duc de Lorraine , favorisa ce dertiier , à' 
l'appât , çlil àigebert , d'une sommé considérable qu*Hilduin lui 
offrit, et le fit ordonner, l'an 921 , par Hériman , archevêque 
de Cologne , son métropolitain. Richler s'étant pourvu au saint 
siège , le ffeipe ^ean. X cita les parties devant lui. L'un et 
l'aulre se rendirent à Rome; mais Hilduin ne comparut pas de- 
vant le pape, et donna par-là gain de causera son adversaire. Le 
pape écrivit une lettre à Hériinan, où il lui parle ainsi : « Je 
» suls'obligé d'atértît» Votre fraternité de la faute qu'elle a faite 
j* en ordonnant Hilduin qui n'avait pas été élu par le clergé j 
» ni approuve par les laïques. Vous Tavez fait par la crainte dii 
» duc Gislçbert; thaïs ignoriez-vous que, selon l'ancienne coti- 
» tume , il n'appartient qu'au roi , qui tient de Dieu sa cou- 
» ronne , de donner des évéchés ?.., Nous déclarons d'avahceque 
t» noiis lie voulons en fieh préjudicier aux droits de Charles ,, et 
» que nous nous faisons au contraire un plaisir de maintenir 
» l'éclat de sa couronne , et de confirmer l'usage où il est de 
» nommer des évêques dans toute Tétenduè de ses états , comme 
» ont fait les rois ses prédécessetits , par l'autorité des papes 
» qui ïious ont précédés ». Le pape écrivit en conformité une 
lettre au roi Charles, où il dit : « Quant à ce qu'a osé le duc 
» Gislebért contre votre autorité , nous en avons été sensjble- 
» ment «affligés-, parce que l'ancienne coutume est qu'aucun 
j^ évêque ne soit Ordonné qu'en vertu d'un ordre du roi , et 
» que la noblesse du royaume l'a ainsi jueé «. (Aèr.chron. de 
VHist, eccïés, , t. ,ÎT , pp. i35-i36«) On voit par-l^que la Lor- 
rame obéissait alors au roi Charles le Sirnple , et que l'évêquc de 
' Liège ne jouissait pas encore des droits de souveraineté. Richer , 
de retour en son église , Tan 922 , après avoir été ordonné par 
le pape , y trouva tous les esprits réunis en sa faveur. Le nou- 
veau prélat employa ses soins à répa rer les maux que son com- 
pétiteur avait causés dans l'église ae Liège pendant près de dix- 
îiuit mois qu'il avait joui de son usurpation. On verra par 
U suite ce que celui-ci devint. L'a n ^66 , un comte , nommé 



^^a CHRONOLOGIE HISfaRIQIfe 

Bernarâ , ayant àe son autorité lait construire nrt efaîteatt prèi 
d^Arches ,. qans le pays liégeois , Richer^ ôfKensé de cette entre-^ 
p^ise f arma .ses vassaux et rasa la pkce.* Le diocèse de Liège ^ 
pendant son épiscopat , souffrit beaujcoup des fréquentes guerre» 
que lès rois de France et de Germani<i se fireioit pour la posses** 
sion de la Lorraine. Richer mourut le :a3 juillet 945 , etfut en-»^ 
terré à Saint-Pierre de Liège. C'est à lui qu'on rapporte com^ 
xnunément l'institution des douze chanoines tréibnciers de Ué^ 
glise de Liège ; et voici ce qu'ils furent dans leur origine;. 
C'étaient douze abbés séculiers , chefs d'autant de collégiales: 
rénandues dans le diocès^., qu'il établit dans sa cathédrale. Cesi 
églises ; si l'on en croit le Gaiiia Christiana , étaient dans l'or iginc^ 
autant d'abbiayes de l'ordre de Saint-Benoît. Ce Êit aussi sous^ 
l'épiscopat de Richer que fut fondée , par le comte Wibert ^ 
l'aobaye de Gemblours au pays de Lomme. 

HUGUES , ou OGON. * 

945. Hugues, oifÛGON, abbé de Saint-Maxîmin de Trèvesf 
succéda , malgré lui , à. l'évêque Richer. On eut b<ïsoin de l'au-^ 
torité d'Otton I , roi de Germanie , .pour le contraindre <f ac-r 
cepter cette dignité dont il ne jouit qu'environ dix -huit mois n, 
étant mort le zli. janvier 947 y ou , selon le nécrotoge de Saint-r 
Max.imin dé Trêves , le 26. décembre précédent. 

FARABERT, ou FLORIBERT. 

947» FARABfeRT, ou Floribeat, abbé de Pruym , fut donné 
pour successeur à Hugues dans^'église de Liège. On feit l'é-» 
loge de. sa piété sans en rapporter aucun trait. Son épiscopat 
fut d'environ six ans. il assista , l'an 948 « au concile d'Ingel- 
heim, et son nom se trouve le vingt-quatrième parmi les sous* 
criptions , après celui de l'évêque de Cambrai. Sa mort arriva 
l'an 953. 

RATHIER. 

953. Rathier, fameux par ses aventures, devint évoque de 
Liège après la mort de Farabert. Pour bien connaître cet liomnoie 
singulier et comment il obtint cette place, U faut reprendre sa^ 
vie de plusfcaut. Natif de Liège , et d'abord moine Je Lobbes, il 
se distingua de tous ses confrères , dont plusieurs étaient sa- 
vants, par ses progrès dans les lettres. Lorsqu'Hiidufn, compé- 
titeur de Richer pour l'évêchè de Liège , partit pour Rome sur 
la citation du pape , il emmena Rathier avec lui , saris doute 
pour l'aider à défendre sa cause. Mais , à son arrivée , s'étant 
aperçu que l'air du bureau ne lui était pas favorable , il aim^ 
mieux se laisser condamner par défaut que dé comparaître*. 



DES ÉVOQUES ET FRIVCES DE' LlécE. lyS 

BUchiinet Ralhié)*, à leur retour,- s'arrêtèrent en Provence,' où 
le comte Hugues le^ retînt avec promesse de tes avancer Ton 
et Patitre. Ce prince étant devenu roi d'Italie en 9285 ils le 
suivirent en ce pays. Hugues, -deux ans après, fit placer Hilduiir 
sur le siège de Véronne , ou du moins il lui donna les revenue* 
de cet évéché ; car il n'est pas.^r qu'il ait exercé l'épiscopat à' 
Vérone. Èhn 9^0 , ou 981 , Hugues le fit élire archevêque de^ 
Milan , et Eathier fut chargé d'aller à Rome pour faire approu- 
ver cette élection. 11 réussit dans sa négociation , et par-delà ; 
car il rappoEi|^ dies lettres dn.pape Jean XI qui dèmâhdah'4 tant 
«n 5ibn nom ^'en celui de l'église romaine, que Bathier fut fait 
évéqae de Véronne^ On eut égard à la recommandation du pape;' 
maïs Hugues s'opposa quelque tems àla consécration de Rathiery 
n'ayani* plus les mêmes sentiments à son égard. Il y consentit 
ennn pour ne pas déplaire au pape , et parce que Rathier, at-* 
taqué pour lorS d^une indisposition qu'on regardait comme in- 
curable, ne paraissait pas avoir long>téms à vivre. Rathier fut 
donc ordonné Tan 983. Mais il guérit parfaitement contre l'at^ 
tente de Hugues , qui jura dès-Tors 4]u'il ne s'en réjouirait de 
sa vie. Pour ne pas être parjure, ce prince ne cessa de perse-» 
cuter Rathier et de chercher deî prétextes pour le chasser ée 
son siège. Rathier lui-même en fournit un des plus spécieux 
dans la conduite qu'il tint envers Arnoul , duc de Bavière ^ 
lorsqu'il viat en Italie ( l'an 934 ) pour enlever la couronne à 
jHugue^. Arnoul s'étant présenté avec son armée devant Vé- 
rone , Tévêquo.et le comte Milon lui en ouvrirent les portes. 
HAigues , après avoir chassé l'usurpateur , se jsaisit de Rathier 
comme d'un traître, et l'enferma dans une four à Pavie. Il resta 
deux ans et demi dans cette prison , au bout desquels il en fiii 
tiré pour être relégué à Côme , où il passa un pareil es|)ace de 
tems. Ayaut ^ensuite obtenu la liberté de sortir de son exil, il fit 
divers voyages. A son retour , il trcîuvâ l'entrée de Vérone ou- 
verte pour lui par la retraite du roi Hugues, que Bérenger H, 
son compétiteur, avait forcé d'abandonner l'Italie. Il se hâta 
d'aller rejoindre ses ouailles , qu'un certain Milon gouvernait 
comme administrateur nominé .par Manassès, archevêque de 
Milan. Ne pouvant l'empêcher de remonter sur son s,iége. 
Milon et ses partisans s'appliquèrent à le contrecarrer en toutes 
choses pour 1<^ forcer à déguerpir. Rathier tint ferme pendant 
deux ans conlre les contradiçîtions sans nombre qu'on lui susci- 
tait.,!^ plus forte et l'une des dernières fut de voir Milon sacré 
par rarchêvéque de Milan pour le suppllÉker. Il était bien ré- 
^)lut de défendre le terrein contre cette flErpateur : maïs le roi 
Xsothaire Tavant fait avertir sous main que sa vie n'était pas en 
sûreté ,'i^abdn<loKma son siège pour la seconde fois. Son aesseiai 



fj^ ' cnsonoLOCis msTomôrâ 

élaîtd^dtiorct d'aller poursuivre son adversaire en <soa> de Roiiâè! 
aiaîs , manquant de fonds pour les frais de la procédure , il prit 
le parti de se retirer en Frovence, auprès d^un «eignetn-de sesi 
amîsi II en fit t bien aceneilli ^ et par son moyen il obtint un 
petit évéche dans lé pdys. Mais , comme il avait le don de ne 
plaire nnlle part , il tie passa pas tin an dans cette église qu^ik 
Bit obligé de la quitter* Alors, ne sachant où aller ,'Hl retourna 
dans son monastère de Lobbes. Il n'y fut pas long-tems sans s'y^ 
ennuyer. Apprenant quJOtton 1 , roi de iaermanie , cherchait 
on habile homme pour perfectionner l'éducation <lHPrunon^ son 
frère, il se rerïdit à la cour de ce prince, et se m estime^ de 
son élève, au point que Tévêché de Liège étant venu à «acmet^ 
en ç^S'à^ ]|rupon, pour lors archevêque de Cologne et arcfaiduo 
de iJorraine , le nomma pour remplir ce siège. I^ récompense 
était belle; mais elle devint pour Rathier la source de nou-» 
veltes disgrâces , par la' inanicre dont il se comporta dans ce 
poste. H trouva parmi ses concitoyens, devenus ses ouailles, deat 
abusa réformer et des vices à corriger. Son zèle birieux, ne 
gardant aucune mesure, éclata en invectives satiriques contre 
tout ce qui lui déplut. H nota, par des traits piquatits, soît 
dans ses discours, soit dans ses écrits, les différents états, et 
par là il se les mit tous à dos. On crut même apercevoir des 
personnalités dans ses censures; et, cbmfme c'étaient les plus ^\s^ 
tingués qui formaient ces souçons, ils soulevèrent aisément ta 
multitnde contre le prélat. En un mot , il devint l'objet da 
mépris et de l'aversion publique. On l'insulta , on Poulrag^a f 
et en'fiu'on en vint à urta- conspiration générale contre sa p^-^ 
KAine* £lle se forma , Tan qSS ^ tandis quil célébrait à LobbeS 
les fêtes de Noël. Il fut résolu qu'on lui fermerait le^ portes de 
la ville à son retour ; ce qui lui ayant été rapporté , il crut de-^ 
Toir céder au tems , et donria son abdication au mois de mar^- 
suivant , moyennant une pdrtion des i*6ventts de l'évêché qu^oii 
lui laissa. .On n'est pas assuré du partit qu'il prit après cela:. 
Les lins disent qu'il se relira à Lobbes, les autres qu'il alla à> 
Maycnce, auprès dn prince Guillaume , fils du roi Otlon. Quoi 
qu'rl en soit , au bout de deux^ans, il reprit la route d'Italie à la 
Suite d'Qlton, qui lui avait promis de le rétablir sur son siège dé 
Vérone. Mais il le trouva rempli par un petit- nevefï de Miion ^ 
son ancien persécuteur, à qui Manassès l'avait vendu , dit-on 4 
avec dispense du pape. Four déposséder cet intrus, il s'adressa 
d'abord au saint siéffe; ensuite il écrivit une lettre circulaire à 
tous les év^.ques d'IlBl , des Gaiïles et de Germanie, par la-^ 
quelle il les priait ^^^enir juger sa cause daris un concile. H 
a en tint un en effet ( mais on ne sait où, ni précisément eà 
quel tems } , dans lequel on prononça que so.. évêct^ lui se-* 



DES ivÂQUBS ^ l»IU^RS mtlÉGf:. ^ îji 

rait rçndu. Cependant TiatrMS ne laissa pas de le /àire 9i?rêter , 
de le maltraiter , de le dépouiller et de le faire mettre en-prî-»- 
^on. Mais Rathier « par rautoritjé d'Otton , fut bientôt élargi* 
Rétabli, pour Ia.troisièn:i.ê fois sur le siège de Vérone » il y porta 
le m4me caractère, et éprouva, pour la troisième fois , le$ 
snéme désagrémeats. 11 fallut encore déguerpir pour mettre se9 
jours en sûreté ; mais ce ne fut qu'à la fin ïl avril 967 , puisqu^oo 
voit son nom parûii les évêques qui assistèrent ^u concile qui 
se tint cette année , le 2S du. même mois , à Ravenne. 11 apportai 
en revenant en Flandre, de grosses soipmes d'argent , avec lesrr 
quelles il se retira d'abord à l'abbaye de Saint- Amand. Mais i 
peine y eut-il passé une nuit, qu'il en fqt dégoûté. Àlne saiç la 
panabre, aujourdMiui monastère de l'ordre^ de Cîteaux, était 
jdorç une terre de J'égUse 'de Liégie , qu'oalui avait laissée pour 
sa vie lorsqu'il quitta cet évêcbé. Il alla de Saint-Amand pour 
9'y établir , et en partit encore au jbout ()e quelque séjour pour 
^ retirer à Haûmout , dent l'abbé , nommé Folcuin , homm« 
de mérite, le. reçut avec plaisir. JDans U suitg, ils se brouiUè^-enl;^ 
^t Folcuin , voyant Rattiier d'éierminé à le perdre, lui céda sa 
place, et alla demeurer ailleurs. Les parents.de Folcuin , qui 
«laient des premiers du pays, menacèrent de venger cette in- 
sulte ; ce qui fit que Rathier munit son monastère comme und 
citadelle, pour empêcher l'effet de. ces menaces. Noteec, évêque 
de Liège, ayant réconcilié Rathier avec Folcuin l an 971 , Iq 
premier retourna dans sa terre d'Aln^ , d'où étant parti , l'an 
974 , pour aller voir le comte de Namur, son ami , il mourut en 
cette vjrte la m<'me année , et fut rapporté à Lobbes pour y être 
inhumé. Il avait fait lui-même son épitaphe qu'on peut voir 
dans le VII^ tome de V Histoire liltcraire de la Érance^ avec la 
liste et l'analyse de'ses écrits. 

BALDE^, OU BAUDRI L 

9S6. Baldeaic, ou Baxjdri I, neveu de Rainier, comte da 
Hainaut« fut donné pour successeur à Rathier, dans l'év.éch& 
et Liège, après qu'il eut fait son abdication, il mourut dano- 
is troisième année de son épiscopat , le 29 juillet 959. 

ÉRAGLE, ou ÉVÉRARD. 

. gSg. ÉaACLE , oa Evérard , né d'une famille distingijée en 
Saxe , élevé d'âjiord par Rathier à Cologne , dans le tems qu^ 
celui-ci vint s'y rendre auprès de l'archevêque Brunon, en- 
tité perfectioimé dans les sciences par d'autres maîtres ha-^ 
biler, fùt^ ticâ la la cpllégiaLe de Bonn., dooi.il était pcévôX;^ 



176 . CHAOKOtOGIS filStOaîQUB 

pour être placé sur la chaire épiscopale de Liëge. L^un de $é| 
premiers soins fut de rétablir les études dans son diocèse, il 
fonda pour cela, près de Péglise de S^int-Làmbert , une écôln 
qui devint fameuse. 11 en ét2U)lit d'autres en divers liepx du 
pays liégeois, et mit à leur tête de savants ecclésiastiques-, qu'il 
nt venir de France^t de» Germanie. Son attention se' portai 
aussi sur le^ monastères, où il fit refleurir la discipline et les 
lettres. Les princes* l'honorèrent d'aune estime singulière , ec 
prirent souvent ses avis dans les affaires épineuses. L'an 960 ^ 
il accompagpa Brunon , archevêque de Cologne , dans l'expé^ 
dition qu'il fit contre Robert, duc de Bourgogne, pour te 
contraindre à se soumettre au roi Lothaire, son souverain* 
L'an 966, il fut âfi celle de l'empereur Otton 1 en Italie. Il 
arriva , dans celle-<^i , que le soleil s'etant éclipsé , le 20 juillet^ 
sur les quatre heures du soir, l'armée fut tellement effrayée de 
ce phénomène , que les pins braves ne savaient où se cacher* 
Eracle, qui se connaissait en astronomie, les rassura, en leur 
promettant que le^oleil allait reparaître. A son retour, qui 
précéda celui de Fempereur , il essuya^ un soulèvement de la 
populace liégeoise, excité (l'on ne sait à quelle occasion) par ua 
homme séditieux,' nommé Henri de Marlagne, suivant un an- 
cien manuscrit. Cette émeute durait encore lorsqu'EracIe itiou- 
rut, vers la fin de Tan 971. £racle est fondateur des églises 
collégiales de Saint-Paul et de Saint-Martin , à Liège: Celle-ci 
a l'honneur d'être la première du monde où l'oa ait célébré 
ià fête Dieu. 

NOTGER, ou NOTKER. 




éyêqi 

pereur Otton, à la demande du clergé et du peuple. Dès qu'il 
tut sur le siège épiscopal, il ne s'occupa que du bien public de 
son diocèsje et de l'instruction de ses peuples. Plein de gran-- 
■deur d'âme et de courage, il tenta de grandes entreprises, é^ 
les exécuta avec succès. 11 commença par &ire arrêter et punir 
les chefs de la dernière révolte. 11 attaqua ensuite divers petits 
tyrans qui mettaient le pays* à contribution, détruisit leurs 
cnâteaux^ et les mit hors d'état de continuer leurs brigandages. 
Ayant rétabli la paix dans son diocèse , il s'appliqua iï relever 
les lieux sacrés, dont la «plupart étaient en fort/iiauvais état. Il 
rétablit de fond en comble sa cathédrale , qui tombait de vétusté. 
(Cest la même qui subsiste ^encore de 'nos jours, si l'on eu 
croit le P. Foulon ; ce qui est difficile à croire. ) il y joigqit 114 



DES ÉI^ÊQtrES ET PamCES I)E IiI^GE. V^J* 

nouveau cloîtfe avee des édifices pour la demeuré dès cbânoin'ës. 
11 fit construire d'autres églises à Liège et ailleurs. Il répara 
aussi et augmenta l«s fortifications de cette ville pour la mettre. 
i| l'abri de toule insulte. Il éleva de nouvelles forteresses sur les 
frontières de son diocèse, pour arrêter les incursionis de st% 
voisins. Mais ce qui fait le plus d'honneur à son épiscopat, ce 
sont les divers établissements qu'il fit, à l'exemple d'Eracle, 
sort prédécesseur, pour l'instruction de la jeunesle. L'école 
de Liége'^^fut de son tems et par ses soins une pépinière de 
savants qui. portèrent la lumière des sciences et des arts en di- 
verses églises^ dont plusieurs devinrent les pasteurs et les chefs. 
L'empereur Otton II honora Notger de sa confiance. Les princes 
d'Allemagne lui confièrent l'éducation du jeune Otton III, file 
et successeur de ce prince. Henri II, qui monta ensuite sur le 
trône, se servit utilement de SQS conseils; qu'il prenait avec 
plaisir. Ce fut ce prélat qui , l'an 1007 , ménagea la paix entre 
ce prince et le roi Robert. Notger, dans ses dernières années, 
fit un partage des terres de son église , qui eut de fâcheuses 
suites. Les ayant divisi^es en trois parts, il en retint une pour 
lui , donna la seconde, à la noblesse* du pays , et la troisième 
aux églises et aux monastères. Il arriva de là, parle laps de 
tems, que les nobles, oubliant ce qu'ils devaient à l'église de 
Liège , se prévalurent des bienfaits qu'ils en avaient reçus pour 
se tirer de sa dépendance. Notger termina sa carrière^ suivant 
un ancien auteur cité par le P. Foulon , le 10 avril , jour du 
jeudirsaint de l'an 1007.^ Mais ces notes chronologiques né s'ac- 
cordent pas, Pâques tombant cette année le 6 et non le i.3 avril. 
Nous aimons mieux nous en rapporter à Lambert le Petit, qui 
met simplement la mort de Notger en ioo3, sans marquer le 
mois ni le jour. Les funérailles de ce prélat furent très-solen^ 
nelles et durèrent cinq jours. Le premier jour, dit Gilles 
dH3rval, on porta le corps à l'église de Saint- Lambert, le se- 
cond à celle de Sainte-Croix, le. troisième à celle de Saint- 
Martin, le quatrième à celle de Saint-Paul, et le cinquième à' 
Saint-Jean, où il fut inhumé dans la chapelle de Saint Hilaire. 
Notger fonda les églises de Sainte-Croix et de Saint- Jean , 
dans sa ville épiscopale , et y commença celle de Saint-^ 
Denis. 

BALDERIC, ou BAUDRI II. 

1008.' Baldehic, ou Baudri II , frère de Gislebert , comte 
de Loss, parvint â Vévêtché de Liège après la mort de Notger, 
sur les traces duquel il se fit gloire de marcher. Il augmenta 
les revenus de son église par la hbéralité de l'empereur Henri II» 
et paf la donation qu'il lui 'fit de ses propres fônd& La cita '^ 
XIV. 23 



1^8: CHRONÔtOCie AtSTOBfQtl 

délie d^HugaëVde , quHl entreprit enlever , fit ombragé i Lâfifl-^ 
bert le Barbu, coibte de Louvain , qui, Payant vainement 
ioiûmé d'abandonner cette entreprise, prit les armes pour 
Fy contraindre. Balderic, suivant Tusage du tettis, employa 
d dbord les censures pour* sa défense^ Mais voyant qu'elles n'o- 
péraient rien , il prit les armes et fit marcher des troupes 
contre Lambert. Le 26 septembre^ ou, selon d'autres, le 10 oc- 
tobre de l^n 10 13, on en vint à Tillemont, près d'Hugaerde, 
à une action ou l'armée de Lambert fut d'abord mise en dé^ 
route* Mais le comte de Namur , son oncle , ayant rétabli le 
combat , défit k son tour les Liégeois , dont trois cents res- 
tèrent sur la place , sans compter les prisonniers. L'évéque , se 
reprochant la mort de tant de braves gens , fonda-, dans la 
suite, l'abbaye de Saint- Jacques , près de Liéôe, pour le repos 
de leurs âmes. I^a niéme année, Lutgârdé, belle mère de notre' 
prélat , s^étant mise en route pour le venir Voir , fût arrêtée et 
enlevée par les gens de Lambert , qui l'amenèrent i leur maître. 
Loin de maltraiter sa prisonnière , Lambert se servit de sa mé- 
diation pour faire la paix avec Balderic. Mais cette paix , sui- 
vant les historicils liégeois, ne fut pas dé longue durée. La 
guerre, disent -ils, ayant recbmihencé, l'an 101 5, entre le 
comte et le prélat, on en vint , le 12 septembre , à Une bataille 
près de Florènes , que Balderic gâgha ^ et dans laquelle Lam- 
Èei^t fut tué. Les écrivains étrangers disent au contraire que 
cette victoire fut remportée par Godefroi , duc de la basse 
Lorraine , sur les terres ducpël Lambert était venu faire dés 
excufsiotis ; el cela pàtatt plus Vraisemblable , car Florènes et 
son territoire faisaient partie deft étals de Godefroi. L'an ioi4y 
4U envirdfl , Aruoul I , cènlle de Loss ^ oncle dé Balderic , se 
Toyatit sans enfants*, fit doki de sôki côiUté k l'église de Liège , et 
ensuite k reprit d'elle cft fief. L'âh 1018, l'eihperfeur Henri II 
se disposant à porter là guerre eu t'rise cotitre le comté Thierri^ 
le même Godefroi , dont on vient de parler , somma dp sa part 
l'évéque de Liège de tbûrnirson contingent, et de conduire lui- 
même ses troupes à l'armée impériale. Balderic , après s'être 
vainement excusé sur ses infirmités pour le second article, fut 
eontraint d'obéir. Mais il ne put arriver jusqu'au camp de l'em- 
pereur , et mourut le 29 juillet , dans le village d'£rmandout, 
a l'heure même trUe Thierri gagna la bataille de Flardeberg 
ou Flardenges sur l'empereur. Ce prélat était instruit et avait 
dû tèlep'ouir la discipline ecclésiastique. Ce aui le prouve^ 
c'est une collection de canons, divisée eii deux livres, qu'il fit 
avec l'aide de l'abbé Olbert , pour l'usage de son diocèse , et 
dont on conserve un exemplaire manuscrit à l'abbaye de 32iint«- 
Laure&tde Liège, (Martèoc, 2«, Voyage Utt.t^ p« 1^.) 



SES ÉviQOES BT PUMCIS DE UÉGt. 17^ 

WOLBOP , 00 WOLBODON. 

X018. WoiiBOD, OU WotBOBONf d^une maison illystre de 
yiandre , fut tiré de Tégli^e d'Utrecht , dont il était doyen ^^ 
pour être placé sur le si^ge épîscopal d^ Liège. Il y fit brillep 
toutes les vertus qui entrent dans le caractère d'un véritable 
évêaue. Ses aumônes' n'avaiçnt de bornes que celles de ses 
ficultés ; son assiduité à la prière allait jusqu'à passer des i^uit^. 
entières dans ce saint exercice ; son zèle pour levmaintien de la 
discipline ecclésiastique ne coni^gt de ménagements que ceuK 
qu'inspire la charité. Favorisé du don de la parole , il remploya 
^oignç^emept pour Tinstruclion des peuples. Il achevai les 
4dinces du monastère de Saint-Jacques , copmf9ncés p^r son 
prédécesseur. L'églisfS d^ Liège ne jouit pas trpiç ans entiers 4'un 
si digne p^st^r* U mourut dans les exerpices dq U plus rigour 
reusi^ péni^^ûf^i après Pâques d^.l^an 9021 9 e( £\i\ enterré 
4]ans l'église dc.Sai.nt-Laurent. Plus M trente , mar(yroWe|l; 
niettent Wolbpd au nombre des saînt&i M. Ffefif^i li^i donne le& 
titres d'Arçhichap^laÎB et de vice-^chai^célior de Tempereur- 

DURAND. 

iQAi. DuiUND , modérateur des écoles de Bamberg, fut 
«nvoyé par Tempereur Henri II , pour remplacer Wolbod dans^ 
l'évêché de Liège. Sur sa route, il rencontra Gotescalc, prévôt, 
de cette église , qui , ayaint été pareillemcint élu éy^quç par les 
chanoines , allait demander à rempereur la cpn&rmatian diç^ 
^on élection. Durand était fils d'un domci^itique de Gotescale. 
iAprès le premier salut , Vêtant raconté mutuellement le sujet 
4le leur voyage , il s'éleva entre eux un combat d/e modestie et 
<de charité ^ chacun voulant renopcçr i l'épiseopat en faveur de 
l'autre. Gotescalc enfin prévalut 9 et retournant sur ses pas , il 
ftceompagna Durand jusqu'à Liège, où celui-ci fut reçn sans 
contradiction. Mais lorsqu'il fut intronisé, Gotescalc s'étant 
{présenté pour lui faire hommage , Iç njouveau prélat se leva d^ 
soo siè^, disant à haute voix, qu'il ne reconnaîtrait jamai/i 
pour son vassal , celui qui avait été son maître. Cette anecdote 
«s£ tirée de Gilles d'Orv^l. Mais le silenca d'Anselme et d^ 
Bupert, qui n'en font pas la plus légère mention , nous la rend 
vm peu suspçcte. L'bi&toiré ne dit presque rien de la conduit^ 
que Durand tint dans l'épiseopat. Elle nous apprend seulement 
que son prédécesseur ayant légué une somme considérable pou>r 
rebâtir le monastère de Saint -Laurent , il distribua une partie^ 
ide ceue aomme i ses courtisans ^ et ;«ppliqua Tautre 4sQ.n pi^9e^^ 



|8o CHRONOLOGIE BISTORIQtfE ' ' 

fit. On sait aussi qu'après la mort de Teiupereuiç Henri, Durand 
fut un dé ceux qui s'opposèrent avec Gotnelon, duc de la basse 
Lorraine, à Véiection cie Conrad, que la plus grande partie des 

Srinces avait élu pour lui succéder. Mais bientôt il se désista 
e son opposition , à la persuasion de Gérard, évêquede Cam- 
brai. i)urând mourut le 22 ou le a3 janvier 102 5 , et fut in- 
humé dans Téglise de Saint-Laurent , à laquelle il avait laissé', 
par' son testament, quatre livres d'or, pour l'indemmser dû 
legs de Wolbod , qu'il avait diverti. 

RENAUD , 00 REGINAL». 

10^5. Renaud, ou Reginald , dit aussi Reginaire, passa 
de la collégiale de Ronn , dont il avait été fait prévôt par Héri^ 
bert , archevêque de Cologne , sur le siège épiseopal de Liège , 
qu'il remplit l'espace /le treize ans. Son entrée dans cette placé 
ne fut rien moins que canonique. Il avait d'abord étédemandé 
pour évêque , par les habitants de Verdun. Mais révêehé dt 
Liège étant venu à vaquer dans le même teins , il aima mieux 
acheter celui-ci de Conrad , roi de Germanie , à prix d'argent^, 
que d'accepter l'autre , qui lui était offert gratuitement. Cette 
fautç néanmoins , quelque grave qu'elle fût , n'empêcha pas 
qu'il ne remplit les devoirs d'un pasteur vigilant et zélé , sur- 
tout depuis qu'il l'eut expiée -sur le théâtre même de la chré- 
tienté. Il était dansja cinquième année de son épiscopat , lors^ 
qu'il publia , dans son diocèse , qu'il avait dessein ae faire un 
pèlerinage à Rome. Tant de personnes , de tout état , >s'empre»- 
sèrent de lui faire cortège en cette occasion , oue .son voyage 
avait plus l'air d'une expédition militaire , que a'une affaire d« 
dévotion. Arrivé à Rome, et s'étant présenté au pape, il se jeta 
à ses pieds , les larmes aux yeux , confessant au milieu des san- 
glots et des gémissements, qu!il avait acheté Tépiscopat, et 
qu'ayant par- là encouru la colère de Dieu , il n'y avait d'autre 
ressource pour lui que l'abdication ; que tel était le but de soa 
voyage , et qu'il était venu à I^ome pour déposer sa crosse sur 
l'autel de Saint-Pierre, Le pape (c'était Jean XIX ^, différa 
trois joprs dé lui faire réponse. Mais ensuite , l'ayant appelé 
à son audience , il lui ordonna de reprendre le bâton pastoral , 
«après lui avoir donné l'absolution , précédée d'une pénitence 
qu'il lui imposa. Tel est en substance le récit de l'abréviateur de 
Rupert et celui de Gilles d'Orval , son copiste. Mais ni An^ 
selme de Liège, ni Lambert le Petit, ne parlent de l'entrée 
éirnoniaque de Renaud dans l'épiscopat , . et de ses su4tes; les 
historiens de l'église de Verdun gardent également le silence 
U-desâus : doable r^isoq qui nous porte à douter un peu de 'U 






DÏS éyÊQUES ET PRINCES DE LIÈGE. ifk 

mérité de toute cette hi&toire. Renaud , dit le P. Foulon, fit briller 
detix vertus principales dans son gouvernement , la sév.énté et 
la charité. Il fit usage de la première envers les personnes richqe^ 
et puissantes qui abusaient de leur opulence et de leur crédit 
pour opprimer les faibles et les pauvres. Il exerça la seconde 
envers tous ceux qui étaient dans le besoin , et envers le public 
en -général, dit Laurent de Liège, par la construction d'un pont 
qu^ii fit faire, à ses frais, sur la Meuse. Mais nous ne mettrons pas*, 
avec cet écrivain, parmi les qualités qui honorent ce prélat, la 
valeur martiale quMl déploya en didferentes occasions. Renaud ne 
se faisait aucun scrupule de combattre les armes à la main. Son 
plus mémorable exploit fut h la bataille donnée, le i5 novembre 
fioSjj près de Bar-1«-Duc, pour Gothelon, duc de la basse 
Lorraine, contre Eudes II, comte de Champagne, qui dispu- 
tait le royaume de Bourgogne à l'empereur Conrad II. Un an«- 
•cien Toman , déjà cité ailleurs , dit que l'évêque Renaud , qu'il 
nomme Rieginaire, s'étant trouvé dans Tarmée de Gothelon, y 
fit merveille , et tua de sa Inassue Léon , sire de Couci « à qui 
•ce roman donne neuf pieds de hauteur. Laurent de Liège dit 
que , de retour chez lui , Renaud offrit le saint sacrifice pour 
tous ceux des siens qui avaient péri dans le combat. Ce prélat 
mourut le 4 ou le 5 décembre loâS. 

NITHARD , ou RICHARD. 

loSÇ. NiTHARD, OU Richard, chanoine et custode de la 
cathédrale de Liège , et neveu , par sa mère , de Renaud , fut 
mis à la tété de cette église |)ar uii événement singulier. Le . 
peuple demandait à haute voix Vazon , prévôt de la cathédrale. 
Celui-ci , pour éluder son élection , se plaignit que le tumulte 
Tempéchait de jouir du droit de sa place, qui était de donner le 
premièr^ son suffrage dans l'élection de l'évêque. On se tut , et 
Vazon nomma Nithard , respecté généralement pour la gravite 
de ses mœurs ; ce qui entraîna les suffrages de toute ras- 
semblée. Le gouvernement de Nithard ne fut que de quatre 
snnécts, dans la dei^nière desquelles l'empereur IJenri lir fit 
donation d'une partie deTHasDaie à l'église de Liège. Ce prélat 
fit construire le château de Dînant. C'est tout ce qu'on sait de 
sa vie. Il mourut , suivant Chappeaùville , le 9 des calendes de 
septembre (24 août) , l'an 1042. Mais une ancienne inscription 
en plonïb , trouvée l'an i568, avance sa mort de huit jours, 
et là met au 17 des calendes de septembre , ou 16 août. 

TAZON , ou VALTON. 
iQ^z* Yazq^ 9 ou Yaltqn , le même qui avait si génér^a.^ 



]82 CHRONOtOGlB HISTOUlQUfi 

sèment dtférë révêché de IJége à Nithard , ne put T^viter 
après U mort de ce prélat, et fut traîné, plutôt que porté ^ 
•ur la chaire épiscopale, tant il fit de résistance. Placenlius^ 
suivi de plusieurs modernes , se nnioque, en disant qu'il était 61» 
d^un comte de Juiliers. Loin d'avoir une tiilc illustration, $|i 
naissance était très -^ obscure , puisque , suivant Anselme de 
Liège , son grand panégyriste , il avait été d'abord valet de 
Tévêque Notcher. Ce fut uniquement à son mérite personnel 
fpi'il fut redevable de ^on avancement. Notcher , lui voyant des 
talents pour les lettres, le mit à la tête de l'école de sa cathé- 
drale, avec le titre de scholastique. La réputation qu^il s'act^ 
cruit dans ce poste lut attira des élèves de toutes parts. Bàl^ 
«leric , successeur de- Notcher, le fît ensuite doyen de son 
église. Cette place l'exposa au ressentiment du prévôt Jean, 
par la nécessité où elle le mit de s'opposer aux violences de 
cet homme , qui voulait tout régler au gré de son caprice. 
La ruptuFe en vmt au point que la populace, toujours aveugle , 
ayant pris le parti du prévôt, mit le téu à la maison du doyen , 
qui jeut à peine le tems de se sauver* Ceci arriva., sous l'épis*- 
ropat de Renaud, qui favorisait le prévôt/ Jjes amis de Y^zon , 
voyant l'orage diffici-ie ^ calmer , lui conseillèrent d'accepter 
une place de chapelain qu'on lui offrit à la cour de l'empe- 
reur Conrad. Ce fut là qu^il eut une célèbre dispute avec le 
médecin de l'empereur, qui était juif, et consentait de perdre 
un doigt de la main droite ^ si Ton pouvait le convaincre de 
la vérité de la religion chrétienne y par l^aotorité des écritures. 
Tazon , ayant accepté le dé(V, mit la chpse en telle évidence, 
que le juif 9 s'avouant vaincu, se coupa aussitôt lé doigt ^ et 
le remit à Va^on i pour le garder jusqu*à ce qu'il le rede- 
mandât , comme un bien qui lui appartenait. Le prévôt Jean 
étant mort sur ces entrefaites , Vazon fut rappelé pour le rem- 
placer. Les abus qui s'étaient glissés dans le cnapitre excitèrent 
son ^èle , et les obstacles qu'il rencontra , pour les réformer , • 
mirent à l'épreuve sa patience et sa fermeté. Après avoir rem- 
pli cette dignité l'espace de quatorze ans , il fut élevé, comme 
on {'a dit, à t'épiscopat. Jusqu'alors Vazon avait mené une 
vie très-austère. Il ne changea pas nie régime étant évéque. 
Accoutumé à vivre de peu , il distribuait le superflu de $es 
revenus aux pauvres. Mais sa charité ne parut jamais plus com- > 
pâtissante me la première année de spn pontlncat , qui fut une 
année de oisette en France et en Allemagne. Il fit venir des 
grains de toutes parts , et les distribua gratuitement à tous 
ceux qui étaient dans l'indigeoçe. Lorsque Godefroi , duc de 
Lorraine, eut pris Verdun et réduit la ville en cendres, sans 
excepter la cathédrale ^ l'évéquc de Liège , «ensiblemeiu touché 



DfiiS ÉViQUÊS ET PAIKCES DE. u£g£. i13&. 

Ûè ce âi'^sisite ', envoya aux chanoineji une somicse cansidérable ^. 
pour leurs besoins particuliers et pour les aider à réparer leur 
église. Fidèle envers ^empereur, il détourna ie roi de France^ 
de venir mettre le siège devant Ai&'-la* Chapelle , comme Gode-* 
froi et les comtes de Flandre et de Hainaut l'en sollicitaient 
pendant que Témpereur était en Italie» Il fit plus. Sur la nou--*- 
velle que Godefroi et ses alliés commençaient à ravager les 
frontières de son diocèse, il se mit à la tête d'une armée coDsi«* 
dérable, et alla au-devant d'eux la croix à la main. Les ennemis 
furent repoussés ^ mis en fuite ^ et chassés des places dont il» 
s'étaient emparés» Vason, par cette victoire ^ parvint\à rétablir 
la paix et la tranquillité dans la ville et le pays de Liège. O 
préUt jouit d'une très-^grande considération dans le corps des- 
évéquei et dans les différents ordres de l'empire. Il s'attira , par 
k togesse de ses conseils , le respect des pui^nces étrangères. 
£n vôicf une preuve*. Pendant que l'empereur Henri était à* 
Ronie (l'an 1046) pour soa couronnement» quelques courtisans 
persuadèrent au roi de France ^ Henri I , de profîter de cette ab- 
sence pour faire une invasion dans la l^rraine^ qu'ils lui repré- 
sentaient i6ommô uti apanage dt sa couronhei Vason « instruit 
du dessein de ce monarque ^ lui écrivit une lettre très^forte 
pour l'en détourner. Henri, après l'avoir lue en particulier ^ 
assembla les évéque^ qui se troui^aiest 4 ^ cour pour en en^ 
tendre la lecture^ Après quoi, prenant la parole^ il leur dit: 
Voilà ce gui s 'ûpfiêliê un4hégM > iquîfmt à un prince étran^ des 
ftmonirances saluiaires , telles ifu'û amtaît Je et (fu'il n*» pu Ses- 
recwQir dès pr^lais yui iid $(Mt soumis» ( Gesim Leoa. Episù* c. a6. ) 
L'an 1043, Yaîon termina, le 8 juillet ^ une vie remplie de 
bonnes oeuvres, par une* mort édifiante^ Il fut inKuiûé dans sa 
cathédrale avec cette épitaphe qui , sou^ un seul trait de pin-* 
ceau , présente l'éloge le plus complet : jémtè rîàet mundus, 
fuàm surgùt Vazo ^cUifdui. il nous reste des écrits de Vazoa 

irévôi de sa eathé-^ 
il ex^çait sur ses 
France, Henri I, 
de laquelle nous venons de parler ; la troisième à Roger li , 
évéque de Ghâlotis-sui^Marne, pour lui prouver qu'il n'est pas 
permis aux ministres de l'église de livrer les nouveaux Mani- 
chéens au bras séculier pour être mis à mort ; la quatrième , 
.écrite à l'empereur Henri iU ,4 pour but de le dissuader d'in-» 
terposer son autorité dans l'élection du successeur du pape 
Clément II. (^Hist, litt. de la Fr. , tome VU , pp, 391-393. ) 

tHÉODWil^. 

1048. Thbobwik, de k maisot] de Bayière, fut doftné, 




l84' C&RONOLOGtE HISTORIQUE 

par Pemperenr , son parent , pour successeur i Yazon. Il ëtaif 
auparavant prévôt de Bruges, l-es premières années de son épis- 
Gopat furent extrêmement agitées par les guerres que Godefroi 
ne cessait d^entretenir dans 1^ Pays-Bas. Thierri IV, comte de 
Hollande, ajant eu le malheur de tuer dans un tournoi le frère 
de l'archevêque de Cologne , Théodwin se joignit à ce prélat , 
aux évéques d'Utrecht et de Metz , et au margrave de Brande^ 
bourg, pour tirer vengeance de ce meurtre. Us prirent Dor<* 
drecht sur le comte, au milieu de Thiver de Vsin.io^3. Mais 
à peine y étaient-ils établis, que Thierri reprit cette place, où 
les alliés coururent risque d'être faits prisonniers. L'an io53 , 
Baudouin de Lille , comte de Flandre , étant venu fondre sur « 
les terres de Liège , et y ayant commis les plus sanglantes hos- 
tilités, Théodwin donna à ceux qui en avaient souffert, des 
témoignages éclatants de bienfaisance pour les relever des pertes 
qu'ils avaient faites. Il fit réparer la ville d'Hui, nue le comte 
avait brûlée. L'an 1071 , Richilde, comtesse de Flandre et de 
Hainauty pour avoir sa protection contre Robert le Frison, 
usurpateur de la Flandre , lui céda le comté de Hainaut , 
qu'elle reprit ensuite de lui à titre de fief. Le traité fut. conclu 
à Fosse , dans une grande assemblée à laquelle se trouvèrent, 
' entr'autres seigneurs , Godefroi , duc de la basse Lorraine , 
Albert , comte de N^ur , Henri , comte de Louvain , les 
comtes de Chini et de^Montaiou^, avec les principaux du pays 
de Liège , oui tous se confédérerent pQ^K* remettre Bichilde en 
possession ae la Flandre. Mais la valeur et l'habileté de Robert, 
rendirent inutiles les efforts que fit cette ligue pour le dépouiller.. 
(Yby. ies comUs de Flaitdre.) Théodwin défendit avec plus de 
bonheur les privilèges de son église. Des ennemis l'accusèrent 
de simonie , sur U fin de ses jours , auprès du pape Gré- 
goire VIL Ils l'accusèrent aussi de tolérer les prêtres concubi- 
naires. Grégoire écrivit là-dessus au prélat une lettre trèf-forte 
et pleine de hauteur à son ordinaire. La mort ne laissa peut- 
être pas k Théodwin le loisir de répondre. En effet , . la lettre 
de pape est du aS mars 1076, et Inéodwin mourut le 24 mai 



les plus déclarés de l'hérésie de Bérenger. Nous avons deux 
lettres qu'il écrivit pour la combattre , l'une au roi de France , 
Henri I , Tautre k Bérçùgeir lui-même. 

HENRI , DIT LE PACIFIQUE. 
J075. Heis^bi, dit le Pacifique, fils de Frédéric , comte 




Drs ÊVtQVBS Et l^aïKCtS »K LIÉGB. iSS 

ii« Toiil , parvint à l'évêché de Lîëge , sur )a nofmnilicni àtt 
l'empereur Henri IV, par ie crédit de Godefrai , ùiatc à€ 
Bouillon, son purent, et lut jaei^par Annon, archevêi^ de 
Cologne , Tan lo^ix 11 avait été élevé dam Véglise de Verdun , 
dont il était devenu archidiacre. L^an 1076, ayant entrepris «ni 
pMérinage à Ironie, il fut dévalisé sur la route par A#ndul ^ coint€ 
3e Chini, qui lui fit promettre, avec scin^nent, denepoint répéter 
ce qii41 lui avait pris. Le pape , instruit de cette vidlence , re^ 
)eva ic prélat du serment forcé iju%\ avait lait , et lui ordonoA 
d^excommuiiier le comte, au cas qu^l refusa de faire pénitence 
«t de restituer cequUl avait pris. L'an 1080, il fit eonstruirt 
un pont sur la Meuse à Din^nt. L^an 1082, Suivant la chro«> 
«trique manuscrite des ducs de Brabani , et non pa» 1^87, comme 
le marque un moderne, Tévéque Henri, voyant la licence deé 
si^s. portée aux derniers excès dans tout son diocèse, et 
tei^ai^t parler de tous c6tés que de rapines , de meurtres 
i^ieOttdieSf chacun prétendant se faire justice par soi-^mdme; 
fit assembler les pet^onnes les plus qualifiées du duché de U 
bass^ Lorraine , et les fit consentir à élire un }uge souverain qui 
put connaître de tous les délits et tes (funir. Le choix tomba 
sur le prélat. Mais le comte de la Koché^ refusa dé se soumi^ttre 
à son jugement. On marcha contre lui pour l'y contraindre, 
et on Tassiëgea dans sa ville. Le comte se défendit avec valeur^ 
et fit traîiler en longueur le siège. Cependant la famine pressait^' 
de jour en jour, les assiégés de se rendre. Le comte , pour donne# 
lecnange aux ennemis, fit jeter dans les fossés un porc engraissa 
avec du froment. Cette ruse lui réussit. Les assiégeants, infi^nf 
de U que la place abondait en vivres, prirent le parti de sie re^ 
tirer, et le comte se maintint dan» son indépendance envers 
Févéque de Liège. Ce prélat mourut , selon Gilles d^Orva) , kl 
3i mai de Van 1091 , ou, selon d'autres, te 2 noven^re 9ui« 
vaut , «t fut enterré dans Téglise de Motre-Dame. 

OTBERT. 

m f 

1091. Otibat j chanoine de la cathédrale de Liège et prévôt 
de IVglise de Sainte - Croix , était à la suite de Tempereuf 
Henri iV, en Italie, loisque ce prince apprit la mort de 
l'évéque Benri. Otbért fut nomoîé par l'empereur pour 1« 
remplacer. Les monuments de Tabbaye de Saint-Laurent de 
Liège 9 disei^t que ce ne fut pas |ratnuement , et peignent en. 
général ce prékt , avant et depuis son épiscopat^ avec te» plu< 
noires, couUur». Mais les moines de Saint-Murent eurent aveô 
Oibert de» dém^s qui tte permettent pas de les en croire sur 
leur ni^e daus^ le laali qu-îb disent d« kiii Galles d'Orral^ 
XIV. a4 



l86 CHBOHOLOGIE ai$TOm<ÎUE 

qui n'avait nul intérêt h le louer ni à le blâmer, dit que ca 
tVLi un prélat très-sage^ très-prudent et trèsriïïstruil. L'an 1096, 
il fit, au nonv de son église, l'acquisition du château de 
Bouillon , que le duc Goikfroi lui vendit à son départ pour la 
Terre -Sainte, moyennant la somme de tcpizé cents marcs 
d'argent et trois marcs d'or. (^ Voyez Godefroi de Bouillon , 
parmi les ducs de BrabanU ) Celte acquisition était très-rim- 
portante pour l'église de Liège, parce, que, le château de 
Bouillon étant situé près de ses frontières , les garnisons qu'on 
y mettait, faisaient souvent des excursions dans le pays liégeois, 
dont elles tenaient continuellemenl les habitants en alarme. 
Le contrat de vente portait la faculté de rachat pour Gode- 
froi et trois de ses héritiers consécutifs ; ce qui n'ayant poin# 
eu lieu , Bouillon demeura sans retour aux evêques de Liège. 
On verra dans la suite conuxient il est passé depuis en d'aut^Bt 
mains. Ce château de Bouillon, comme on Va dit aill<eurs 
'était un fief de l'église de Reims , dont l'évêque de Liège 't&tr 




qu'il, y avait de plus précieux dans l'égli 
Liège. Otbert n'épargna pas même le tombeau <le Saint-Lam^ 
bert , dont il enleva l or et les pierreries que ses prédécesseurs 
avaient consacrés fi ce monument. Mais dans la suite il répara 
ce tort, et remit la châsse du saint dans l'état où il l'avait 
trouvée. Vers le même tems , Otbert acquit de j^udouin II, 
comte de Rainaut , le château de Covin et quelques autres 
terrés. Otbert vivait- mal avec Henri , comte de Durbui. On ne 
sait pour quel sujet, ce comte, l'an 1096, l'ayant surpris 
dans une rencontra, Je fit prisonnier, et l'emmena à Durbi 
9ur un cheval fougueux qui le froissa par une chute qu'il lui 
fit /aire, de manière qu'il en fut incomtnodé le reste de ses 
jours. (^Hist. Àndagin. Monasteriî ^ n^. iio.) U ne paraît pas 
que la captivité d'Otbert ait été longue. L'an 1099, il fit for- 
tifier le château de Mirewart, situé sur les frontières du Lié- 
geois , malgré les oppositions des moines de Saint-Hubert , 
à qui l'éyêque Hcînri avait cédé celte place. Otbert fut un des 
prélats qui demçuièr<>nt inviolablement attachés à l'empereur 
Henri lY, saps prendre part néanmoins, au. schisme qu'i\ avait 
excité : sage tempérament par lequel ils surent concilier ce 
qu'ils devaient à César et ce qu'ils * devaient à Dieu . Le pape 
Urbain 11 , qui ne voulait que des prélats aveuglément dé- 
voués à ses intérêts , excommunia , dan^ un. concile , , Otbçrt , 




©ES ÉyÉQUES ET PRINCÏ& l^E LlÉOt. i^ îHj 

i^taa^ et€. : toutes qualiGcations qai paraissent 'à'D,.Martèiie> 
fondées sur la plus exacte .vérité. D. Mabillon, fort éloigné de 
penser ainsi f blâme dans Jarenton, abbé de Sainte-Bénigne 
de Dijon , de semblables traits lancés contre notre prélat. 
L'an 1 loi , Otbert amena des troupes à Pempereur pour raire le 
siège de Limbourg, dont le comte Henri avait embrassé le Par^ 
des rebelles. L'empereur, après cette expédition qui fut neu- 
reuse , étant venu à Liège, y fut reçu par Otbert avec les hpn-* 
neurs dus à sa dignité. Le pape Pascal, irrité de la conduite 
d^Otbert envers ce monarque , sollicita , par de» lettres très^ 
pressantes , Robert , comte de Flandre , à faire la guerre aux 
Liégeois, comme il t'avait faite à ceux de Cambrai pour le même 
sujet. Vbieumque poterîs ^ lui dit-il, Henncum hcereticorum èaput 
et ejus fautores pro çiriàus persequem> Ces lettres étant venues 
à la connaissance de l'église de Liège, elle prit hautement le 
pirtîde son évêque, Si'gebert, célèbre moine dé Gemblours, 
fut chargé par elle de répondre , en son nom , au)c plaintes du 
pape : commission dont il s'acquitta psu* une anaple lettre qui 
contient une apologie sage , lumineuse et complète de la con<« 
duite d'Otbert et de son église , à l'égard de l'empereur. On peut 

Igré le P. Labbç, qui a la témér'" ^' - - 

smatique , qu'il y en a peu où le 

empire soient distingués avec pli __ 

de précision. . L'an i io5 , les princes d'Allemagne ayant déposé 
Henri IV, Olbert ouvrit une retraite chez lui à ce monarque in- 
fortuné. Henri V, que les conjuréjS avaient substitué à son père, 
résolut de l'arracher de cet asile. Mais , préférant, la ruse à la 
force , il marqua au prélat, dams le' carâpae de Tan tioS, 
qu^il se proposait de venir célébrer les fêtes de Pâques avec lui. 
Le pié^e était facile à découvrir. Dans le même-tems , on apprit 
que le jeunb Henri^ envoyait en avant dans le pays liégeois une 
partie de son arm^. Otbert , à cette nouvelle , exhorte son 
peuple à venger les outrages faits par un. fils à soq père ; et^ 
sans plus tarder, il fait marcher des troupes le jeud» saint, 
sous la conduite du duc de Lothier et du comte de Namur, pour 
aller repousser Fennemi. Les Liégeois, ayant surpris les rebelles 
dans une embuscade à la tête du pont de Viset, entre Liège et 
Haëstricht , en taillèrent en pièces une partie ; l'autre , qui 
voulut repasser le pont , s'y jeta en foule avec tant de précipi- 
tation , qu'ir fondit sous eux, et qu'ils périrent presque tous 
dans la Meuse. (Sigebert, Hériman,} Cet neureux succès encou-^ 
ragea toute la Lorraine à prendre la défense de l'empereur. Mais 
la mort ne permit pas à ce prince de recueillir le fruit de ce 

Srand zèle. U finit ses jours le 7 aoât de cette année. Otbert le fit 
'abord enterrer dans sa cathédrale avec la pompe convenable à 



éa di|[tiftë. Mais le rôi Henri Y, son fils , k fit exhumer et pèrfef 
idr le mont Cornillon ; de U ii fiit transporté, le 3 septembre 
fuirant, à Spire, où il resta, pendant près de deuirans, sans 
iépuiture ; après- qôoi , it fut uihuitié daiM te tombeau de ses 
ancêtres i la cathédrale. La même année 1106, Otbert, étant 
?enti trouver Henri Y à Aix la-€hapeUe , 6t sa mÏH avec lui. 
L'année sui^'ante , il obtint du pape Pascal un bref adressé à 
rarthevlqiio de Tours , en date du 11 novembre, pour le re^ 
lever de re&commuhication. Voici la formule que ce pontife 
chargea i^artbevéque de fiiire signer à noire prélat avant son 
absolution s Moi J¥. , j*<inathémaiise Uuwhsrésîê , H swioui teliè 
fui inmhii i\ét6Ll présent de VSg&sé, enseignent à mépriser se» 
èÊ/uMèmes et tùuê ks moyens ^u 'elie empilée pour lier tes âmes. 
te €Ondàthhe eette héré^e aote ses uuieurs et fauteurs , pr&mets 
^éêssat»r.e ttilt pape N^ et à sés su&ùesseurs , soutiens ce fnei'égim 
vni^ersieiie sbuéôsnt , et ùùndamns ce ^u 'eUe 4>oniiamne. Que si-j^ 
êfèerche à Pi'ên'arier en if^lque chose de cette profession de foi\ 
je dMare guej^ai inoi-^êrrie prononcé Ma condamnation, (Mfar<- 
ttîne, Ampl. t&d, ^ tom. I, col. ^aa.) Le clergé de Liège 
eut poti^ ainsi tfue le peuple « à la réronciliation de son évéque 
^vec le no»uveaa roi. #«i iroit da^is Chappeauville des lettres de 
cepritite, données à Liège le i«^ janvier 1107 (v. st.), par 
h!sq«eltes il aftîraifichil de la juHdiction séculière le clergé de 
liége. Ovbett mourut le St jatixier de l'an 1 1 19 (n. st.) ^ et fut 
iiiheutié dlins sa cathédrale. Sous répiscopat de ce prélat , 
l'égliie de Liége fut ube des pl«s fertiles en botnmes célèbres 
^r leur savoir et leur vettù. De ce tiombrâ sent iBigebert, dont 
on vient <lè parler^ Rupert, qui^ de moine de Saint-Laurent, 
devtnt fthbé de Tuits , et 4ll.ustra son siècle par la multitude et 
h beiiuté de ses ét^rîts \ Alger , qui , apr^ avoir gouverné les 
écoles 4c Liège avec gicvirè et combattu par écrit l'hérésie de 
Bércnger, alla finir ses fours â Cltini ; Heïelon et Thesselin , 
deux autres chanoines ^e Liége ^ savants et vertueux ^ qui se 
retirèrent avec lui dans le même mona^ère. Le fameux Pierre 
l'HermWé, auteur de la prelnière croisade , doit être encore mis 

Îiarmi les hommes extraoïxlinaires qui fleurirent dons TégUsede 
.iége sous Tépiscopat d'Otbert. Après étra revenu de cette 
expédition , il fonda un monastère , sous la règle de saint 
Augustin , dans la ville d'Hui, en Phosneur du saint sépulct^e 
et de saint Jëati-Bapiiste , et y mourut le ^ juillet de l^an 
Il 17. iChron. S, Andrees Leod,) 



/ 



|Hné^ 



FREOEÂIC. 

I r9. FRét)éBt€ s (ils d'Albert III , comte de Namur , était 
yA\ de la catliédraie de Liège à la mort de l^évéque^ Olbert. 



DES ÉVfQOES £T VfttHCB^ Dg U^E. tS) 

Bès-^tt le prélat «ut les yeux £ermés, rarchidiacre Alexandre ^ 
«xcité par le comiè^ de Louvaîof, $e reodit en diligence k la 
cour de Fempereur , et obtint de lui le siège vacant pour la 
somme de s^pt aille livres ^n argent. Le prévôt Frédéric, 
instruit de cette vente simoniaquc , défendit au clergé de 
recevoir Alexandre, et tous obéirenl^ à TeioeptioA des cha- 
noines de ^nt-Pâul et de ceux d'Uui. Ces deux chapitres, 
excilés par Godefroi le Barbu , duc de Lotbier et protecteur 
d'Alexandre, vinrent au-* devant de Tintrut conduit par c^ 
iprioce , et, Tâyant accompagné jusqu'à la cathédrale « ils Tin^ 
ironisèrent avec acclamatioa. L'archevêque de Cologne ne laissa 
point cet attentat impuni. Après avoir cité jus^ju'à trois fois 
Alexandi^e à son tribunal sans qu'il comprût, il le déclara 
déchu de tout droit au siège épiscopal de Liège, et ordonna 
qu'on élût un nouvel évéque. Mais comme . la puissance de 
Godefroi ne permettait pas que l'élection se fît à Liège , les 
principaux du clergé et du peuple s'étant rendus à Cologne , y 
procédèrent sous les yeux du métropolitain. Les suSi^ages sa 
réunirent fn favear du prévdt Frédéric , qui fut lut seul étonné 
qu'on eût pensé à liii. De Cologne il alla trouver à Kriins la 
pape Cal liste , qui confirma son élection dans le concile qu'il 
lenait alors en cette ville , et le sacra de sa main. Frédéric, en 
refoornantii Liège, fit le voyage nu -pieds. Son arrii^ée causa 
une i^ie universelle dans le pays. Cependant Alcxandce, résolu 
de se maintenir, se tenait renfermé dans la forteresse d'Hui^ 
en attendant que iws alliés/ vinssent à son secoues. Parmi ceux«* 
ci f outre le duc de Lotbier , leur chef, on comptait Lambert^ 
comte de Montaigu , Gislebert , comte de Duras , ftenier , 
avoué' d^Uasbaie et gonfalonier.de Liège. Du côté de Frédéric 
étaient le comte de Namur , son frère , Waleran de Limbourg, 
Goswin de Fauqueniont , la ville entière de Liéaeet tous les 
abbés du diocèse. Par le conseil de ceux-ci , Frédéric mit dee 
troupes sur pied , et vint assiéger son rival dans Huk Les par-^ 
tisans d-Alejcandre accourent à sa défense, On se bat sous les 
murs de la place, et le parti de Frédéric remporte la victoire. 
Mais le duc Godefroi , qui n'ayait pu se trouver au oombat , 
va fiiire le dégât dans le territoire de Liège. Bientôt il est rap- 
pelé dans ses ferres par les ravages que le comté de Namur fait 
aux enyirdns de Louvain. La division cependant s'étant misé 
dans k garnison de la citadelle d'Hui, Alexandre , qui ne s'y 
trouve plus en sûreté , prend la fuite ; la place enfin se rend* 
Alexandre vient trouver Frédéric , et fait une paix simulée avec 
lui. Rétabli dans ses fonctions d'archidiacre et de prévôt, il ne 
cessa de persécuter Frédéric par des menées sourdes jusqu'à, la 
taovi de ce prélat , arrivée le 37 mai dé j'an ai ai, Oo prétend 



X90 CAROKOLOGrE BISTORIQUE 

Qu'elle fiit TefFet du poison. Frédéric fut inhumé dans. sa cathé^ 
orale, dont le nécrologe le (qualifie de saint* 

ALBÉRON , ou ADALBÉRON Iv 

112^. Albéroit , ou Adajlbéron I , de Louvain , frère di» 
duc Gbdefroi, chanoine et primicter de Metz, fut élu évéque* 
de Liège après que le siège eut vaqué près de deux ans. La cause 
principale de cette longue vacance furent les démêlés de l'emr 
pire et du sacerdoce touchant les investitures. La paix entret 
ces deux puissances ayant été faites le a3 septembre i lâz^ Vem*^ 

fereur Henri V vint, l'année suivante, célébrer les fêtes, de 
âques à Liège. On traita, pendant son séjour,de Télection d'un 
évéque , et Albéron eut toutes les voix en considération du duc,^ 
son frère. Le premier soin de ce prélat fut de purger son dio-^ 
cèse. des brigands qui Tiofestaient. Leur retraite. était la citar» 
délie de Fauquemont. L'empereur , à la prière d' Albéron , I^ 
fit raser. On vit ainsi reparaître , sous l'éniscopat d'Albéroa ^ 
les beaux jours de la paix et de la tranquillité. Sur la fin de 
l'an ii:»3, il fonda un monastère de Prémontrés sur le mont 
Cbrnillon ,| quelque tems après la fondation de celui de Floreff ^ 
appartenant au même ordre. J>'an 1124^ il mit des chanoines 
réguliers dans réglise de ^aint-Gilles-au-Mout. L'an 1127, 
Renaud de Martigjfié , archevêque de Reims , céda la directe 
jde son église sur la seigneurie de Bouillon, à notre prélat et à 
ses successeurs , mais en s'en réservant à lui-même et à ceux 
qui lui succéderaient* dans le siège de Reims , l'hommage avec 
la justice et le service m^ili taire ; et , en méme-^tems , il recul 
l'hommage d' Albéron. ( Marlot , tom. 11 , pag. 294* ) Les évé-« 

Sues de Liège, par une ancienne coutume, étaient eapossessioa 
e prendre dans les meubles de chaque chef de famille , à so» 
décès , celui qui pouvait le mieux leur convenir. Albëroa abolit 
cet usage qui s'appelait le droit de mcdn-morle ^ parce que , di^ 
une ancienne chronique, du passé les oilaias morts , on leur cou-^ 
pait la main , et au Heu de ce dimt on donna le meilleur gage^ Toute 
la conduite d' Albéron fut édifiante et répandit à la dignité de 
son caractère, fl mourut , suivant le nécrologe de Saint-Lam-« 
bert et Gilles d'Orval , le i**^. janvier de l'an 1 1 28 , c'est-à-dire^ 
•elon le nouveau style, 1129, et fut inhumé dans Véglise de 
Saint^Gilles-atk-Mont. 

ALEXANDRE L 

1 12(^ L'archidiacre ALEXANDREtaprèsayoirétérejeté deux,foi$„ 
réunit enfin les sufiragcs en sa faveur ^ le x8 mar&.iiac^^ pour 



D£^ évÊQCES ET PRIITCES i>E LIÈGE. IQl 

révêclîé de Liège. Son hpmeur guerrière trouva de l'exercice 
Jans la guerre qu'il eut à soutenir contre les comtes de Louvain, 
de Flandre ^t de Duras. Ce dernier , nommé Gislebert , était 
celui qui Pavait excitée. Obligé, en qualité de sous<^voué de 
Saint-Tron , à défendre cette ville, il abusait au contraire de 
ce titre pour l'opprimer. Dès l'an 1 128 , ne la trouvant point 
disposée à se soumettre aux exactions injustes qu'il voulait lui 
imposer , il ne cessait de vexer en toutes sortes clé manières les 
malheureux habitants de celte ville. Rudolfe , abbé respectable 
de Saint-lVon, lui ayant vainement fait des remontrances à cet 
égard^ porta ses plaintes à Walejran, duc de Limbourg et haut- 
avoué de Saint-Tron,qui dépouilla Gislebert de son litre de$ous- 
avoué. Alexandre, devenu évéque de Liège, ajouta à cette pri- 
vation celle du comté de Duras et de tous les fiéfs que Gisle- 
bert tenait de l'éêlise de Liège. Le comte, ainsi dépouillé, n'en 
devint que plus féroce. Résolu de se venger, il appela à son 
recours Godefroi le' Barbu , et Thierri d'Alsace , .cornte de 
Flandre, avec lesquels il ravagea tout le pays de Liège. L'évêque, 
après avoir excommunié Gislebert et Grodefroi , marcha contre 
eux avec le duc Waleran , le comte de Loss et l'évêque de 
Metz , assiégea Duras sans succès , et fut plus heureux dans 
deux combats qu^il livra aux ennemis. Le second de ces combats 
se donnk près de Wirle, lieu voisin de Duras, Iç 7 août de 
l'an 1129. Le carnage y fut si grand, dit Albéric, que de part 
et d'autre il resta Huit cent vingt-quatre humutt^s sur le champ 
de bataille , sans compter ceux qui , ayant pris la fuite après 
avoîir été blessés, allèrent expirer dans les bois voisins. Le champ 
<le bataille resta aux Liégeois. L^étendard de Godefroi fut pris 
dans L'ar.tion ; ce qui fit donner le nom de standart au lieu oik 
elle s*était passée. ijè& Liégeois furent si fiers de cette prise , 
que tous les ans ils portaient ce trophée aux processions des 
rogations. L'an ii3i , Alexandre reçut à Liège le pape Inno- 
cent II, lequel arriva dans cette ville , le 22 mars, accompagné 
de saint Bernard. Le roi f.olhaire y était arrivé quelques jours 
auparavant avec son épouse; et , étant allé avec l'évêque au* 
devant du pape, il lui servit d'écuyer à son entrée dans la ville. 
Huit jours après ( le 29 mars ) , ce piînce fut couronné , avec ia 
reine , par le pontife dans l'église de Saint-Lambert. On tint le 
même jour, dans cette église , un concile ou assemblée mixte , 
où l'on excommunia Pierre de Léon, antipape, Contad, et 
Frédéric, son frère, ennemis de Lothaire, avec leurs partisans. 
( Voy. les Conciles, ) Les écrivains liégeois disent que Lothaire 
avait alors deux fils , chanoines dans la cathédrale de Liège , et;^ 

Ju'on y com|>tait sept autres fils de rois , quarante-trois fils de 
ucs et ' de comtes ^ et sept fiLs de barons ; c& qui ne paraît 



igS CHRONOLOniI HISTORIQUE , 

fvullcnient prouvé. 11 faut en dire autant d^un décret par IcqueT^ 
(iffenl-^ils , ce même pape ayant ordonné, l^an ti3ê, que to%>» 
les cbanoînea de la caihédrale de Liège feraient Éiits sous«^ 
diacres dans Tannée de leur réception , vingt des pins «poalifiéj 
aintèrent mieui se retirer que de subir cette loi. L'an 1 13;^ ^ 
Alexandre se fit nne affaira -fSk^beuse avec -le saint siése pour 
avoir refusé d^ comparaître sur trois citations qui lut furent 
faites. Le sujet qui l'avait fait citer était Taccusation de simonie^ 
intentée contre lui par Nicolas, chanoine de Sainte Martin. €# 
vice ne lui était point particulier : il infectait les principaux 
ïonembres du clergé de Lié^ge. On voit , dans le dousième tome 
du SfHcilège ( pag. iS8), des lettres du pape Honoré II a 
révéque Alexandre et h son clergé , par lesquelles il déplore la 
. détestable eontume qui régnait dans régHse de Uége , de n'ad-c 
mettre aucun chanoine qu'il n'eût payé une somme déterininé« 
au doyen et au prévdt : coutume imitée , dit ce pontife , par 
Jes archidiacres et les doyens ruraox à l'égard des nonveaus. 
curés. Alexandre n'ayant point répondu à la citation d'Innocent f 
ce pape y dans le concile de Pise , tenu l'an 1 134 , le condamna 
par contumace et le déposa de Tépiscopat. Vers le même ton» y 
suivant Albéric , Renaud , comte de fiar , ayant corrompu pair 
argent la garnison du château de Bouillon , se rendit maître da 
)a place après s'y être fait introduire avec des corctes nar-dessna 
les murs. Renaud, comme on l'a vu: à son article r uescendatt 
des anciens cotÊHtÊSt ou ducs de Bouillon , et tenait pour oullo 
la vente qui aiÉit été faite de cette terre à l'église de Liége^ 
Alexandre^ ayant appris coup sur coup et sa condàpinatioo et la 
prise de Bouillon, tomba dans une telle afiiction^ ^u^t ^^ 
pouvant plus supporter la lumière, il alla s'enfermer dans lo 
monastère tie Saint^Gilles-aii-Monl. Il y mourut, le 6 juillet 
de l'an ii35, et y fut inhumé sans aucune cérémonie. SeM» 
épiscopat fut remarquable par la fondation de plusieurs mo-« 
nastères dans le diocèse de Liège , tels que l'abbaye du Parc y 
près de Louvain , celle d'£verbode au comté de Less , celles 
d^Heilesem et deTongres, toutes de l'ordre de Prémontrés ^ 
celle a'Ulierbeck , de Tordre de saint Benoît , dans le comté do 
Louvain , et celle de Geri»nsart , au comté de Namur. 

ALBÉRON li. 

Il 36. Alsérom II, de la maison des comtes de Namar^ 
et prîmiciér de l'église de Metz, succéda, l'an fi6^^ àTévèqno 
Alexandre après neuf à dix moi» de vacaace. Il tntMÉVa èon 
église dans un état déplorable à Tégard tant du spâritud que dis 
temporel. Cf dernier point l'aAecta plus que le premier* Vk» 



. . DES iVÊQtTBS ET PBÎNCES DE UÉOE. îgS 

it^o, îl eut une guerre trè^-vive avec le comte de Namur, 
Henri II-, le plus inquiet et le plus entreprenant de ses voisins*' 
£Ue se termina ^ -la même année^ou^au commencement de la 
suivante, par un traité de paix, où il se fit un allié de son en- 
nemi. Après cela, il tourna toutes ses pensées vers le château de 
Bouillon , dont le recouvrement l'avait occupé dès son entrée 
d'ans. Tépiscopat. Déjà il avait fait trois voyages à la cour de 
L'enipereur et autant à celle du pape, pour engager l'une et 
l'autre puissanceaii lui Ëiire restituer cette importante place. 
Hais L'argent que le comte de ijar ^ut répandre dans ces deiix 
cours, avait, rendu ..les démarches du prélat inutiles. Enfin, 
voyant qu'il ne pouvait obtenir justice par les voies de droit, 
il se détermina à tenter .le sert des armes. L'an 1 141 ,11 fit une 
liigue av^ le> comte de Namur ; et tous deux ayant réuni leurs 
forces, vinrent assiéger le château de Bouillon. La place était 
regardée, comme imprénaUe. Les assiégeants , après de longs 
et; pénibles efforts, coipm'ençaient i détespérer ae s'en rendre 
maîtres lorsqu'il vint en pensée au prélat de faire venir au camp 
les. reliques. de saint Lambert. On les apporte, et au bout d'ut| ' 
.mois, depuis leur arrivée (.le as :septembre), .les • assiégés ^ 
manquant de vivres, et surtout d'eau, prirent le 5 parti de se 
reiidre» Le» .hbtpriens liégeois ont célébré comipe un miracle 
cet événement y dont Nicolas de Liége^ écrivain du tems, nous 
a transmis une ample relation sous le titre de Trwmphe dm 
saint Lambert La conduite d'Âlbéron ^ si l'on en croit Gilles 
d'Orval , n'était guère capable d'attirer sur son égljise la béné'-> 
diction du ciel. Il se comportait, suivant cet historien^ d'une 
manière tout^à-4ait indigne de son caractère. Ce qui est certain,; 
c'est que , sous son épiscopat , la licence des peuples et les dé- 
sordres du clergé furent portés à Texcès, sans qu'il paraisse 
2ue 'j Jimais il se soitnii& en devoir de les réprimer. Nulle sûreté 
ans les villes ni dans les campagnesv Les vols, les assassinats y 
les adultères , s'y-' commettaient avec la plus grapde impunité»' 
Tout, jusqu'aux saints mystères, était alors vénal dans le sanc- 
tuaire de l'église de Liège. La clôture des chanoines était rom- 
pue, l'accès était libre aux femmes dans leur cloître , et leur 
impudence allait jusqu'à donner à leur commerce honteux avec 
elle^le nom sacré de mariage. Les Liégeois même s'étaient laissé 
séduire par ces guides aveugles , au point de marier leurs filles 
aux.chanoines préférablement à d'autres. Mais le. ciel suscita un 
DQuveau Phinées dans la personne de Henri de Leyen, prévôt 
d^>cette église, il fit le voyage de Rome, et porta ses plaintes 
de. ces désordres au tribunal du s^int. siège. Le pape manjfia 
Vé'^iiBpaixt de Liège ,(]ptti se reodità la citation. On ignpre ce qui 
se passa dans l'audience quHl eut du pape« Mais , en s^en rêve-* ^ 

XIV. '25 



194 C0RONOLO6IS HISTOftlQte 

nant , U fut alUqué de la fièvre , et mourut à Otride , en Italie j 
le ay mars iiiS^ei non pat 1046 , comme le marquent Albénd 
fi la cbrooique de Lobbes* {GÔIL Chr.^ noQ.^ tome 111, p. 87a.} 

HENRI DE LEYEM. 

1 145. JBSNRI DB Leyen, surnommé lb Batisseub, prévôt 
de l'église de Liège , fu\ élu, le ta mai 1 i4St V^^^'^ succéder à 
Ûévéque Albéron. U soutint pendant son épiscopat ridé» avan-t 
tageuse qu'il avait donnée de lui avant d'y parvenir. U rétablit 
la paix, et fil refleurir le boati ordre dans son diocèse* Par son 
économie, il. augmenta considérablement les revenus de soa 
évéché ; il répara toutes les maisons et tous les châteaux qui:lai 
appartenaient , et il embellit avec magnificence les églises de 
sa dépendance. ... 

L'an 11479 le samedi apr^s l'octave des Rois (18 janvier^ ^ 
saint Bernard étant venu prêcher li croisade à l^iége, fit ua 
si grand nombre de miiacks en présence de Henri , qu'ils imn 
pirerent à ce prébt la plus ffrande vénération pour luirNe pon^ 
yant le retenir dans son diocèse, il voulut y avoir au moins 
quelques-uns de ses disciples, et lui donna la collégiale d'Aln« 
pour y fonder un monastère de son ordre. L'an ii53, il eut 
quereUe avec Henri , comte de Namur et de Luxembourg, pooe 
une somme d'areent que ce comte disait avoir.pr êtée à févéque 
Albéron 11, et dont il exigeait le rembounemenl. Notre prélat' 
demandait qu'on lui représentât l'obligation de aon prédéce»^ 
seur, et le comte voulait eo être cru suv sa parole. N'étant 
point écouté, il prit les armes, et vint faire le dégât dans le 
pays de Liège. L évéque marcha contre lui, et le battit dans la 
plaine d'Andenne, entre Namur et Hui, le i*'. février ii5a« 
Le continuateur de Sigeberl ipet cette victoire en i i5q ; Lam-^ 
bert le Petit la place en i iS5; Gilles d'Orval la rapporte a l'an 
ji53 ^v. st. ). Le comte» abattu par cet échec, fit la paix 
avec le prélat. (Yoyex /!es comtes de j^amur,) Au mois d'octobre 
ii54 f l'évéque Henri se vit obligé d'accompagner Frédéric 1 , 
' toi de Germanie, dans son expédition d'Italie. L'absence du 
ptélat parut au comte de Namur une occasion favorable de recom* 
mencer les hostilités. Mais il se trompa; le conUe de Duras ^ 
maréchal de l'église de Liège, vint è sa rencontre, l'obligea de 
s'en retourner , et alla même l'assiéger dans Kamur. L'an 1 15^ 
fut une époque Êcheuse pour l'honneur de notre prélat. La 
pape Adrien étant mort le i". septembre de cette amiée^ 
Pélec^ion d^ Alexandre 111 ,.8on légitime successeur, fut troublée 
par celle d'un antipape qui prit ù nom de Victor.* L'empepeur 
«'étant déclaré pour ce dernier^ les évéques attachés^ à ce prince^ 



DES év£QVE8 VT PAIWCES SE Llici. tQ$ 

«uWirent sÀn exemple , et Tévéque de Liège fut de tB niombre. 
Ce ne. fut point eniiii , cbmme en quelques autres, une illusioa 
passagère. 11 persista dans le schisme , et s'y distingua de ma-* 
Bière qu'après la mort de Victor , arrivée le 20 ou le aa avril 
xt649 on^ta les yeux sur lui pour le remplacer. Mais , sentant 
Fodieux ou fardeau qu'oli voulait lui imposer, il le fit tomber 
à Gui de Créniei il était alors en Italie à la suite de l'empereur. 
Alb^rk 'Ait qulll sacra le 'nouvel antipape , qu'il nomme pai' 
erreur Jean de Sti4ime ( celui-ci né fut que le successeur dé 
Gai deCrême). U ajouté que Tempereur^ ayant créé Barason: 
roi de Sardàigne, chargea lévéqué de Liège de le couronner* 
Ce fut une des dernières actions de sa vie. Il mourut à PaVie, 
le 6 octobre 1164.-, seioU la chronique de Lobbes et Gilles 
d'Orval. A'ifaéric met sa mdn en 1 165 , et la pelife chrôniquer 
de Liège en ii€6.-7j'un' et rautt*e nous paraissent se tromper* 
Le cocps de He^ri fut rapporté à Liège et inhumé dans la ca^ 

' ALEXANDRE IL 




àaç de Saxe^et aux archevêques dé Mayence et de Cologne :: 
^'tl envoyait au roi d'Angleterre pour renga|;er dans te schisme 



loi Sdarnir ^'a^Kindants secours dans la guerre qu'il avait alors 
avec la Fraâf6e« Gervais de Cantorberi dit que les ambassadeurs 
tarent reçus, avec beauèoup d'honneur « iQais quHls ne rempor-» 
ftèrent qu'une itéponse vague avec de forts beaujc présents. Là 
Tçaème aiioèe^ Alexandre fiit de la quatrième expédition de 
Frédéric en Italie. 11 nEioumt de la pesté, au camp de ce princa^ 
devant 'Rome 9 le 6 août 1167. 

RAOUL. 



- 1 167. Raoul , fils de Conrad , duc de Zérînèen, et de Clé-* 
so^Eiqe, fille de Godefroi, comte de JNamur, fut élu canoni- 




tMttpocels 



Sçfi '\ CHRONOLOGIE RfSTORIQtrE 

eriti'a eit guerre', Tan Hf^j avec Gérard, comte de hôisi 
Celui-ci commença les hostilités par la prise de Tong^s ^'âotit 
il brûla Véglise avec la maison ^épiscopale, après les avoir piU 
lées. L'évéque , par représailles, nt une descente k- main arinés 
dans le comté ae Loss , y mit tout à feu et à 'sang ,' Adoisît eiA 
cendres le château de Loss^ Chaumoht et Bilsén> et ne mit ba^ 
les armes qu^à la prière des cèmlesde Namur et de Hainaiit/'lt 
s^ep fallait bien que Raoul montrât le même zèle poiRr lé bièii 
spirituel de son diocèse : il donnait Texemple de la plus infâme 
avarice , en vendant publiquement les bénéfices, et même quatre 
fois plus cher que se^ prédécesseurs n'avaient. fait. Il avait pour 
courtier, dans cet abominable commerce, nn boucher nommé 
Udelin,. qui vendait les prébendes â l'enchère sur le mféme^^tal 
où il débitait sa viande. Une simoAie aussi maiStfestè et auss» 
révoltante ouvrit la porte à tous les vices : on les vit régrier 
sans pudeur dans les différérits ordres do diocèse.' Les mariagei 
des prêtres recommencèrent , les blaspliêmes, les parjures,' lesf 
brigandages , se multiplièrent à mesure qu'ils demeuraient im- 
punis. Un homme y cependant, éleva là voix contre des abus si 
criants. C'était un vertueux prêtre nommé Lambert ,. et sur-^ 
nommé tantôt le Bègue ou lé Beggh , tantôt de S.-Christophe|^ 
du titre d'une église qu'il avait feitj>âtir. Il reprît hautèménC 
les moeurs de ses concitoyens, les menaçant de la colère du ciel,* 
s'ils ne changeaient de vie. Ses prédications véhémentes et pa-' 
thétiques firent des. impressions tout crppoisées ^ur le clergé et^ 
sur le peuple. Noinbre de laïques , reconnaissant lés égarements!! 
où leurs pasteurs les avaient engagés, vinrent trouver le nouveau 
Jérëmie , et se mirent isous sa direction. Lambert choisit, pamil 
les plus fervents de Ton et de l'autre sexes, ceux dont l'état était 
libre, et en composa deux congrégations religieuses, Ihine dé 
filles , qui furent appelées Béguines ; l'autre d^oihmes , qu'on 
nomm^ Béguards. IVIais les clercs furent opiniâtrement sourds à 
sa voix. D'abord ils n'accueillirent ses censures qu'avec mépris.* 
Voyant ensuite que plus ils se montraient incorrigibles , plb& 
il haussait le ton , leur indifférence se tourna en fureur. A leur 
instigatipn, l'évêque fit arrêter Lambert dans l'église de Sainte- 
Marie , où il prêchait , et l'enferma dans le château de Bîvogtie. 
Lambert prônta de sa prison pour traduire* en français les* acte» 
des apôtres. Délivré quelque tems après , il ée rendit â Rome» 
où le pape écouta avec attendrissement la peinture affiigeanto 
qu'il lui fit de l'état de l'église de Liège , et des perséeotion» 
que lui avait attirées .son zèle. Le saint père, après' l'avoir 
comblé d'éloges , lui' confirma sa mission, et. approuva le double, 
institut religieux qu'il avait établi. L'auteur de la grafïde t5hV6- 
Inique fcelgî^ue dit qu'il moiïxut dans lé retoyr. Gilles d'OîviJ' 



DES éVÊQXÎES ET PRINCES *DE LIÈGE. %^f 

Ès&vkTt au cohf raire , et plus vraiseiilblablement , qn^il revînt 
dans sà'pâtriè , quMl y reprit ses fonctions , et que ce. fat aloi^ 

3ûHl çonstratsit cette église de Saint-Christophe , dont il porta 
épuis le surnom. Mais l'un et l'autre hi^riéns s*accordent U 
teeltre sa ihort , diaprés Alhéric , en 1 177 ; époque adoptée par 
-tous les hbtôriens modernesi, à Peirception d'Aubert le Mire.* 
Ce dernier bréVend qu'on doit réculerxet événement jusquW 
mois d^oetoore i}6j. Ainsi , selon lui , ce fut sons le ponttfîcat 
d'Uriiàinlir^ qui tint le' saint siège depuis le 26 novembre 
tiSS ju^u'aui9 octobre 118.7, fP^^ Lambert vint à Rome,' 
retourna dins sa patrie , et y mourut, il est vrai qu'il n'appuier 
èoh opinion d'aucune autorité ; xnaij^ les faits qui suivirent de' 
^rès le décède- de Lambert semblent là justifier. Quoi qu'il en' 
èoit, peù'detems après le départ de Lambert , suivant tp^ les' 
historiens^ le cardinal Henri d'Albanî ayant été envoyé dé 
J^ome 9 avec- titre de légat , à Liège , ses exhortations , ni^Iée^t 
de menaces, firent" une telle impression sur les clercs y qu'un! 
gfand nombre remirent entre ses Aiaih^ lèrurs bénéfices f mais,' 
-par iiidnlgence, il 9e contenta de les faite passer d'une église î 
une autre. Plusieurs , cependant, ne se crjpyanl pas eh sûreté 
de conscience par ce ménagement , se dévouèrent , pour etpïét 




«nourut près de soh pays natal, le 5 août'de la m:éme année ,- 
et fut enterré à l'aboaye de Saint Pierre , dans la fbfêt Noires; 
près de ses ancêtrest ' • 

ALBERT I DE LOUVAIN.; 

• 119t. Albert I de Louvain, fils de Gbdtfroi le Com'ageurJJ 
diic de Brabatit^et de Marguerite de Liimbourg, chanoine dé 
rë|lise de Liège*, fut élu par la plus e;rande partie de ses coin-' 
frères pour s^ceéder à l'évêque Raoul. Toute canonique que 
f«t éettè élection, elle essuya dé grandes oppositions de la parf 
de Baudouin , cointe^ de Hainâut , et ' de quelqueis chanoines i 

3m portaient un autre Albert de la maison de Réthel, homme* 
e peu de sens et qui n'avait de recommandable que sa nais- 
s;mce. L'empereur Henri VI , ayant pris connaissance de ce 
démêlé, rejeta Ub deux contendaats y et leur substitua Lothaire , 
prévôt de l'église de Bonn et frère du comte d'HoëhstatM^o* 
thah%^ aussitôt, vint à ufain armée prendre possession 'du ^iégé 
épfscopal de la ville de Liège et des places qui en dépçndaièàt ,* 
siibfugtta tout -par la terreur, et fut en apparence, uni versëllë-- 
ment seconqu pour évâque. Albert de Louvain s'était cepeqidànt 






199 CHBon^OLOçiE ni^oaiQus 

mis en route sous un habit de valet pour aller poursuivre. soi| 
âroit en cour de Rome. 11 fut accueilli fa vqrabledient du pap^ 
Çclestin 111 9 (]ui , Tayaul: ouï , confirina sou élection , l^oi:dopfia 
fiacre, lé fit cardinal , et 1^. renvoya avec. une lettre à.rarchÂ-v 
véque de Reims , pour le sacrer évêque au cas que Varcbevêquc^ 
de Coloene le refusait. Ce fut effectivement ce qiii arriva. Alher^^ 
s^étant donc rendu à Reims ^ y reçut la consécration épisçi^le^ 
Fan 1 192. Durant le séjour qu'Albert fit en cette ville, Fçoiiipen 
reur Henri VI persécutait à outrance ^ 4a ns Liéj;e, tpi^s ceu^ 
qui montraient de rattachement pour Albert de Louyaiq*, 3^ 
Haine et sa fureur contre ce prélat. étaient si grandes, quetifoi^. 
seigneurs^ qui lui étaient afiSdés , formèrent )avec lui je n^ije* 
complot de venir assassiner te -prélat dans Reijcns* Peignant 
d'être eux-mêmes poursuivis par Tempere^uc, ijs vinrent tçoufret 
Âlbm, s'insinuèrent dans son amitié sans peinç, et,.VdY^^dt-i 
tiré hors de la ville, ils le massacrèrent et ^'enfuirc^n t. L'ob.ituaire . 
de l'église de Reims met sa mort neuf seo^aines et de^x jpuir^ 
apr^s sa consécration ; et» d'un autre côtéi, no^s -Usons dans «4 
yie, qu'ayant célébré le service. dans l'abbaye de. Saint- Pierre 1^ 
(n cette ville, le jour de Sainte-Cécile ( 2» novembre)-, il fut 




lege ; on s en prit à 1 usi^pateur 
qpi &it pbligé de se sauver, S'étajit rendu à R0ii:i^e,il €0nfe$s4. 
SCS crimes ,au pape, ventre les maitts dnqjuel il r^mit ses.bénéfices^ 
après avoir renoncé à l'éyéché de l'iége , et obtint nottTseu}e-«> 
ment son absolution , mais l'expectative de U prévôté, dçî Co-* 
blentz. Les Liégeois n'eurent aucun égard à ce pardon. Lo-' 
thaire, étant reventi dans le- pays, fut arrêté, l'an 11949 ^ 
Tongres, écorché vif, et plongé dans la chaux vive. L'empereur 
lui-même témoigna*un grand regret de la naort d'Albert. Il força 
las assassins de a expatrier, et fonda, pour^e^pier son crime '^ 
jeux chapelles dans l'église de Saint-Lainber|. Le corps d'Albert 
fiit apporté de Reims, l'an 161;%, à Bruxelles, et exposé à U 
vénération des fidèles , daps l'église des Carmélites, à la demande 

de l'archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas. 

I I • • 

ALBERT 11 m. CUYCK. 

1194. Albeet It DE CuYCK, archidiacre de Liège, monta 
sur le siège cle cette église après. que Rome eut déclaaré, nulle 
celle qui avait été précédemment faite de Simon de Limbourg* 
Celui-ci, jeune homma de seize ans, beau et bien fait, avait. ooh 
tenu la pluralité des suffrages par le crédit du duc Henri III ^ 
son père, ejt s'était mis ep po^ession de T^éché après en avaâ 



I 

SES iVÈQU» Et ^MUmCES D£ Uiot. tc^ 

reçu rinveiVhure de k*€ni[)eretir. Ce fut le pap« Gélestin III qui 
tiêsà cette' première élection sur Tappel qu'Albert de Guyck et 
trois autres archidiacres en avaient interjeté au saint|siége. Ce 
pontife en ordonna une nouvelle qui fut faite à Nainur, le iH 
aovembre 1 194, et dans laquelle on se réunit en faveur d^ Albert 
4e OaycL Pour dédommager Simon de Limbourg , Célestin le 
fit cardinal ; dignité dont il jouit peu de teras , étant mort à 
Rome le iK août 1 195. ( Voyez Henri III , duc de Idmbourg, ) 
Albert flétrît son épiscopat par la simonie qu^il exerçait sans 
piideur, et qui se communiqua par contaÂon à tout le clergé 
de liégc On re^rda comme la punition de ce désordre divers 
Aéanx , tels que Ta £aimine et les dissensions dont le pays liégeois 
fat affligé sous le gouvernement de ce prélat. Albert mourut Ia 
t*'. février de Pan 1200, regretté du peuple de Liège auquel il 
avait acûordé, Tan 119^9 plusieurs des privilèges dont il jouit 
encore de nos jours. Son clergé , au préjudice duquel tournaient 
tes privilèges , ne lui fit pas le ihéme honneur. L^épitaphe sui^' 
Yante, que »es chanoines lui dressèrent, en est la preuve : 

Hoc in Sarcophago cunctorum dira vongo 
Conditur Al)»«rtiii9 » Giexi dùm vixit apertus. 

La dépravation des mœurs , pendant Tépiscopat d^ Albert , nô 
fut pas si générale, qu'elle ne soufFiit de grandes exceptions. On 
vît fleurir de son tems , dans le pays liégeois , la B. Marie d'Oi- 
gnies ; Christine , qui ne lui cédait pas en vertus ; Lutgarde ^ 
abbesse d'Aquir; et d^autres vierges célèbres par leur sainteté : 
ce qui porta Jacques de Vitri à nommer ce pays un jardin de lié 
et un paradis délicieux, }^ découverte du cnai^ion de terre ou 
de la houille , dans le pays liégeois , date aussi de Tépiscopat 
d'Albert II. X 'on 1198, dit BuUenl^/ufy/i/ trouvées les houilles 
par un preud'Homnie nommé Hullos de Plene^aux. 

HUGUES IL 

laoo. HuGUXS II , fils de Hugues de Yasnad, sire de Pierre*^ 
pont, et de Clémence, fille de Withier , comte de ^èthel , fut 
élu, à la pluralité des vaix, évêque de Liège , un mois après \9l 
mort d'Albert II. Le roi de Germaçie, Otton IV, qui' se trouvait 
pefur lors eti cette ville , lui donna aussitôt l'investiture. Mais , 
après le départ de ce prince , il se forma un .parti considérable 
tORtre le prélat. Ses ennemis , s'étant rendus À Rome , l'accu- 
tèrènt auprès du pape d'avoir trempé dans l'assassinat d'Albert T« 
Hugues se purgea de cette accusation le mercredi de la semaine- 
sainte de Fan 1201, à Cologne, ^en présence du légat, devant 
k^ael ii avait été renvoyé : après quoi il fut sacré par ce prélat* 



^09 €finOKOLCiGI£ .tt^TOAlQ^IE 

|!i'année suivante , il. fut obligé de lever des troupes poitt ré^ 
duire les habitanU d^Hui ^ qui refusaient, de payer les tributs 
ordinaires , et qui , pgur se. rendre indépendanis, avaient enr 
trepris.de s^empaier de la citadelle de leur ville. Instruits de 
Farmement qu'on faisait contre eux , ils demandèrent grâce , 
et ne ^obtinrent qa à condition de venir pieds nus faire leur» 
soumissions au prélat. L'an 1208^ Louis, comte de Los^^ fi( 
donation de presque torus ses châteaux à l'élise de Liéee , et loi 
reprit ensuite de réyéque à titre de fief L^an iao4 fut le terme 
de la yie commupe qui. avait été jusqu'alors observée parmi le» 
chanoines de la cathédrale de Liège, suivant la règle d'Aix-la-^ 
Chapelle. Le cardinal Gui, légat , ayant été envoyé sur les liev^ 
pour réparer les brèches que le tems vivait faites k cette obser-* 
yance, trouva tant d'obstacles à l'objet de sa mission, qu'il 
jugea plus à propos de consentir que chacun vécût à part , et 
que les revenus tussent partagés entre tous le» chanoines ;^ ci^ 
qui se fit, co.mme de droit, avec ragrément de l^évéq^e^ La 
même année , Albert , comte de Moha , se voyant sans enfant», 
fit donation de son comté à l'église de Liège , avec ces con- 
ditions que si , dans ia suite, il ne Ini venait point d^enfaiit»^ 
l'église, aussitôt après sa mort, entrerait en possession de ce 
comté à l'exclusion de tout autre héritier ; que si , au contraire^ 
il laissait un fils ou une fille à sa mort , ils tiendraient ce comté 
en fief de Tévêque de Liège. 11 arriva effectivement qu'Albert 
eut une fille, nommée Gertrude. Comme il se repentait alors 
de la donation qu'il avait faite, l'évêque, pour l'engager à la 
ratifier, lui promit une somme de cinquante mille marcs d'ar- 
gent. Albert mourut l'an iai2 , laissant sa fille sous la tutelle 
de Thibaut , fils aîné de Ferri 11 , duc de Lorraine , lequel , 
ayant touché la somme promise au défunt , laissa l'évoque en 
possession du comté. Mais , presque aussitôt , Henri I , duc de^ 
Brabant , forma des prétentions sur la succession d'Albert , à 
raison de certaines avances par lui faites à ce comte , et dont 
il n'avait point été remboursé. 11 intenta procès à l'évêque pour 
ce sujet au tribunal d'Otton ly, roi de Germanie. Mais Hugues, 
qui ne reconnaissait .plus alors ce prince ,^ ayant refusé de C019- 

se rendit 

t rendant 
igea les 
'en re- 
tourna chargé de butin. L'évêque fulmina d'abord contre lui une 
sentence d'exc<>nimunication,jet mit en interdit ses états. Mais^ 
voyant qu^il n'avançait rien par-là , il fit venir de Flandre une 
ani)ée considér^le , â la tête de laquelle il se mit. Les comtes 
fie >lamur et de Ix>s$ Tétant venu fejpindcQ dans le même tems^ 




Ï)È^ ëVÊQUES Et Ptlli)t;£S DE LiE&âk aoi 

ik Êreât.de concert une descente dans le Brabant ^ où ils mirent 
iout à feu et à sang. Le duc, assisté du comte de Gueldre, son 
Igendre, usa de représailles dans le pays liégeois. £nfin. Tan 
j&i3., on en vint à une bataille, le l'ô octobre*, à Steppet,.oti 
VV'ardes-Steppes , dans le Brabant. L'évêque y fut vainqueur ; 
€t récfaec que le duc reçut en cette occasion fut si grand ^ 
fjtt^après avoir fait d^inutiles efforts pour s^en relever, il prit le 
parti humiliant de venir, le'28 février 12 14 9 tête et pieds nus,^ 
cicmander pardon à Tévéque et à son chapitre. On lui lit grâce, 
ei so|2 excofumu ni cation fut levée à condition de réparer les 
torts qu'il avait faits à Téglise de Liège. ( t^tjiytz Henri I , duc de 
Braltuit*) Vzn I2i5, Hugues, s^étant croisé avec plusieurs 
seigneurs au couronnement de Frédéric , roi des Romains , qui 
se ut, le slS juillet laiS , à Aix-la-Chapelle , se rendit de là à. 
Kome, où il assista au concile de Latran. On remarque qu^à 
la première séance il y parut en habit laïque avec un .manteau, 
une robe d^éoarlate et un chap^^au vert, en qualité de. comte;, 
qu'à la seconde il avait une chappe verte à manches,comme duc ;. 
qu'à la troisième, enfin , il parut avec les ornements épiscopaux», 
La raison de ce changement d'uniforme était que le pape avait 
appelé à ce concile tous les princes d'Italie et d'Allemagne.. 
Hugues revint de Rome à. Liège, abandonnant le projet de la^ 
croisade. Il se trouva ^ Tan ia2a , au couronnement de Henri , 
roi des Romains, fds de l'empereur Frédéric : cérémonie qui, 
se fit, le 8 mai, à Aix-la-Chapelle. L'an 1226 (n. sf,), Ger-*. 
trude^ comtesse de Moha, étant morte sans avoir pris d'alliance, 
Févêque de Liéce , suivant les conventions qui avaient été faites 
avec le tuteur de Gertrude , se mit en possession de ce comté 
le 19 mars (mercredi avant les Rameaux, dit Reinier) de la 
même année. Ce prélat mourut à Hui, le 12 avril de l'an, 
1229, ayant, la veille, admis les Dominicains à Liège. Il fut 
inhum^ dans sa cathédrale. Ce fut sous l'èpiscopat de Hugues 
de Pierrepont que Théodore de Celles, chanoine de Liège « 
voulant mener une vie plus contemplative, se retira , l'an 1211^ 
avec quelques compagnon!;, sur une colline près de Hiii. Il y 
avait là une chapelle dédiée à saint Thibaut de Clairlieu , que 
l'évêque leur donna. Le monastère qu'on y bâtit est devenu^ 
le chef -lieu de cet ordre, qui embrassa la régie de saint Au-* 
gustin. Il fut approuvé par Honorius III , confirmé au treizième 
concile général tenu à Lyon, en 1245, par Innocent IV, et 
s'étendit en France. Les prédications de Jean de Sainte-FontainI 
lui procurèrent un établissement à Paris , sous le règne de 
saint Louisi dans le lieu nommé depuis Sainte-Croix de, la 
Bretonnerie. 

XIV, i6 



v/ 



aOA « CHROi^aLOGIE HIStORlQUC 

JEAN n.' 

* 1229. Jean II, neveu de Hugues de Pierrepont , succéda^ 
¥e 24 mai 1229, à son oncle dans révêché de Liège. 11 était fik 
de Hugues , seigneur de Kumigni ^ et de Marguerite de l^ier-^ 
repont. Lors de soil élection , il n'était encore que diacre , et 
jouissait de la prévôté de la cathédrale ^ qui .1 exigeait que ce^ 
ordre. L'an ii3o, il fnt'ordonné prêtre par l'évêque de Tour-* 
nai , la veille du dimanche de la passion. Le lendcmaiii , il 
reçut U consécration épiscopale des mains de ^archevêque da 
Reims , et célébra sa première messe le premier dimanche 
après la Pentecôte. D« retour à Liège, il eut à essuyer quel-* 
ques. séditions qui l'obligèrent à quitter la ville pour" se retirer 
à Hui. Ces mouvements calmés, il revint à Liège , où il reçut , 
le dimanche de la Sexagésime 1281, le cardinal Ottoa, légat 
du pape Grégoire IX. On prit à mauvais augure , l'arrivée 
d'Otton , parce qu'il arriva au moment qu'on chantait à la 
messe ces paroles du Trait : yous avez éhrcudé la terre , et i>ous 
favez troublée, .L'événement fit de celte rencontre une prédic- 
tion. Otton, d'un caractère Impétueux et entreprenant, s'av4sa 
de vouloir réduire toutes les prébendes des églises de Liège à 
l'égalité , tant ccUes des chanoines que celles des autres clercs^ 
Cette entreprise excita une fermentation générale dans le clergé; 
Ceux qui se trouvèrent lésés, implorèrent la protection du 
préfet impérial d'Aix-la-Chapelle, qui ne perdit point de 
tems pour se rendre à Liège. LVmperetir et le pape étaient 
alors brouillés , et le préfet avait dessein de profiter de 
la conjoncture pour retenir les Liégeois àvas l'obéissance 
de son maître. Le légat et l'évêque , à l'arrivée de l'ennen^î 
commun, prirent la fuite au milieu des huées du peuple. 
Cependant Vempereur, instruit qu'Otton avait été reçu dans 
Liège, était résolu de proscrire cette ville et de la livrer au . 
fer et aux flammes. Déjà un de ses ^députés était en route paur 
"annoncer ce malheur aux J-iégeois : inais le duc de Limbourg 
l'ajant renconiré, lui raconta ce qui venait. d'arriver, et lui fit 
changer l'objet de sa mission. Etant entré dans la ville, il 
loua la fidélité des Liégeois, et défendit, au nom de l'ei^npe* 
reur, à Tdv^que de s'immiscer dans le gouvernement teni- 
l^orel de la république; après quoi il retourna vers son maître, 
chargé de présents des Liégeois. Irrité de cetle défense et de la 
réception qu'on avait faite à ce député, l'évêque se vengea par 
un interdit qu'il jeta sui^ la ville. Mais l'empereur et le pape 
«'étant réconciliés peu de tems après , l'interdit fut révoqué , 



. ■♦ 



' 



DES ÉVÊQUÊS ET PRINCES BE uiùE. »o3 

ft le prélat revini: lians sa ville épiscapâle. L^ân ia36 ^ it recul 
rhommage d'OUon , duc de Gueldre. Sut la fin de la mémQ 
année , on vit éclater entre Févéqae Jean et Waleran de Limr 
bourg , une querelle qui eut de fâcheuses suites. Waleran ,. 
s'étadt jeté sur lé territoire ,de Franchimont , s'empara subite» 
ment , le a,% septembre, de la ville de Teux , quHl rëduisif; 
en cendres. L'éveque prit les armes pour sa défense. Waleran^ 
trpp faible par Ini-merde pour lui nire tête ^ mit dans soti 
parti lef duc de iimbourg ^ son frère , et les^ tomtes de Gueldre 
et de Juliets. Lès Liégeois portèrent^ l'an i^dy, la guerre 
d^ns le Luxembourg , où ils orulèrent un grand nombre de 
villafipes avec les vHfês de Bastogne et de Durbuî , et battirent 
{es aliiés près de* Montjoye. Lan 1238^ Tévêqu^ vint assiéger 
le château de Poilyache , près de Dînant. Etant tombé malade 
dans cette expédition. / il se fit porter à Dinant, où il mourut 
le i^^ iiiai de la même année. Son corps fut inhumé à Tab-^ 
baye an Val-Saint- Iiambert^ près de Liège. 

GUILLAUME DE SAVOIE. 

laââ. Guillaume de Savoie, frère de Thomas, comte 
de Flandre , et désighé pour remplir le siège épisçopal de Va<- 
lence, fut élu pour celui de Liège par une partie du cIkh 
pitre, tandis aue Tauire donna sa voix à Otton^ prévât de 
Maëstricht et d'Aix-la-Chapelle, et chanoine de Saiih-Lanfi^ 
faert. Les deux concurrents s étant rendus à Rome^ avec Conrad^ 
archevêque de Cologne, Guillaume l'emporta. Mai» l'empe- 
reur , porté pour Otton , (|ui était son* parent , envoya son fils 
Conrad pour engager les Liégeois à le reconnaître. On se par"- 
tagea en deux .partis qui se firent une guerre sanglante. Guil-- 
laume, pendant cette discorde, mourut à Viterbe,ou, selon 
d'antres, à Brescia, en revenant de lit>me, le premier no- 
vembre laSg. 

ROBERT DE TOROTE. 

ia4o. Robert de Torotr, fils de Jean de Torote,. châ- 
telain de Noyon, et d'Odile de Dampierre , frère de Raoul , 
évêque de Verdun , et de Jean de Torote , bailli de Cham^ 
pagne , passa du siège de Langres su^ celui de Liège ,. après que 
ce dernier eut vaqué une année entière. Son élection se fit le 
3a octobre i z^o , en présence du cardinal Jacques , évoque de 
Palestriiie , légat en France. Le commencement de son nouvel 
éptscopat donna de belles espérances v qui malheureusement 
t'évanouirent en très^peu de tems,. Henri de Dreux^ archevêque 
de iVeimSt» étant mort le i4 juillet de Tan 124^ y Kpbert entre-, 



prît df lui succéder ; et y pour acheter des sufifirages , H p3t>le9 
églises et extorqua de son clergé des sommes considérables. Son- 
ambition fut trompée : le clergé de Reims, 6ù pitftôt le pape 
Innocent IV, lui préféra , Tan 1 244 9 mslçrésa puissante brigue , 
Jubel, archevêque de Tours, et il ne lui resta que La hool» 
d^avoir fait une dépense simoniaqne en pure perte* L'an is^S, 
il assista au concile général de Lyon, où l'empereur Frédéric II 
fut déposé par le pape Innocent IV. H avait mené avee lui 4 
cette assemblée , Jacques Pantaléon, son archidiacre, homme 
savant et disert , que le pape retint à son service , et qui > 
dans la suite , parvint lui-même à la papauté, sous le nem 
d'Urbain IV. De retour en son diocèse, il y établit, à la sol- 
licitation de la bienheureuse Julienne et du clergé de Liège ^ 
la fête du très-saint Sacrement de l'autel , dont il fixa le jouir 
au jeudi après le dimanche de la Trinité. Son mandement à 
ce sujet , rapporté par Chappeanville , est de l'an 1 24B. Cette 
fête , dont il fut le premier instituteur , passa , dix-huit ans 
après, dans toute la chrétienté, par un uécret du pape Ur- 
bain IV, Robert ne survécut pas long-tems à cet établisse- 
ment. 11 mourut, \c '^G, octobre 1246, à Fosse, lieu de son 
diocèse , dans de grands sentiments de pénitence. Son corps , 
déposé d'abord à l'abbaye d'Aine , fut ensuite transporté à . 
Clairvaux où il' avait chofsi sa séjpulture étant évéque de Lan« 
grès. Ce n'est que depuis l'épiscopat de ce prélat, à com- 
mencer en 1242, qu'on trouve à Liège lés noms des bour-^ 
guemcsti'es ou des maîtres à iems , comme on parlait alors ; 
mais il ne s^ensuit pas que ces officiers municipaux n'existassent 
point auparavant. 

HENRI IIL 

1247» Henri IH, fils de Gérard IM, comte de Gueldre^ 
fut élu , non sans de grands débats , évêque de Liège, le 10 oc^ 
tobre 1^47 , après une vacance de près d'un an. Il fut prin- 
cipalement redevable de son élection à la recommandation du 
légat Pierre Capdtio et de Guillaume, comte de lloUande ^ 
nouveau roi des Romains, dont il favorisait le parti. Henri 
gouverna pendant douze ans l'église de Liège , sous le titre 
d'élu, n'étant point dans les ordres et^ne se mettant point en 
peine de les recevoir, 11 fut le premier qui , pour faire ses 
fonctions , prit ce que nous appelons aujourd'hui un évéque 
suffragant ^ usage que ses successeurs ont ^dopté. Dans les. 
premières années de son gouvernement, les révoltes et les sé- 
ditions furent très -fréquentes à Liège, et les^ Liégeois éprou- 
vèrent successivement tous les malheurs que - la discorde en-« 



"^r 



tratne après elle* Henri vint s à bout de fatiguer et d'abattre 
ses ennemis par ses succès. L'an 1248, il se trouva i l'assem-* 
blëe où Guillaume reçut la couronne impériale^ On a- parlé 
sûr Henri ill , duc de Brabant , du démêle que ce prince eut y 
en 12S5 , avec Tévéque de Liège , pour la défense dés habi- 
tants de Saint-Tron, vexés par ce prélat. 
-L'an 12 S8, Henri, pressé par son chapitre, se détermina 
enfin à recevoir la prêtrise , puis la consécration épiscopale. 
Mais il hVn vécut pas avec moins de licence. L'an 126a ou 
environ , il abusa par violence de Berthe , fille de Conrad , dit 
Coën le Frison , de la noble famille de Praio ^ dans le Liégeois. 
Thibaut , des Viscomti de Plaisance , l'un de ses archidiacres , 
ayant ^sé lui reprocher l'atrocité de ce crime ^ paya cher cette 
liberté. L'évêque le fit maltraiter d'une manière cruelle ; ce 
qui engagea Thibaut h quitter Liège pour passer à la Terre- 
Sainte. U y était depuis près de neuf ans lorsqu'on vint lui 
annoncer, en 1271 , que le sacré collège l'avait élu pape. Il se 
rendit à Rome, et prit^ à son intronisation, le nom de Gré- 
goire X. L'un des premiers soins du nouveau pontife fut d'é- 
crire à l'évéque de Liège une lettre fulminante pour lut retracer 
tous ses déportements scandaleux et le presser d'en faire péhi— 
tence. Henri ne tint courte de la lettre , et continua de vivre 
commie il avait fait. Grégoire, voyant qu^il était incorrigiole , 
le fit citer, l'an 1274 , au concile général de Lyon. Toutes 
les villes de son diocèse envoyèrent des plaintes contre tui à 
cette assemblée. N'ayant rien à alléguer pour sa justification , 
il prit le parti de remettre son bâton pastoral entre les mains 
du pape , se flattant qbe , touché de cet acte de soumission ^ 
> il le lui rendrait. Mais il se trompa ; Grégoire nomma un autre 
évêquc en sa place. Henri , livré à lui-même , et abandonné k 
ses propres réflexions, ne s'occupa, depuis son retour, qu'à 
décharger le poids de sa vengeance sur son successeur , qui en 
fut enfin , comme on le verra , la victime. Nous réservons la 
suite de sa vie pour l'article suivant, 

JEAN lIl D'£NGH1EN. 



1274. Jean d'Enghien , troisième fils de Zégers , sire 
•d'Enghien , et d'Alix de Sottengen, était évêque de Tournai ^ 
lorsqu'aprf s l'abdication de Henri de Gueldre il fut nomme par 
Je pape à l'èvéché de Liégo. L'an 1275, une étincelle excita ua 
embrasement général dans le pays liégeois. Un paysan de Goen 
avait volé une vache à Cinei , ville du Condroz. Le bailli du 
canton/, l'ayant fait arrêter, le fit pendre. Cet acte de sévéïîté 



Mo6 amono&oeit BiSTOiti^i^ 

irrita le seigneur de Gûen^ qui se mil en* dfevoir àe venger tm 
Hiort de son vassal. L'évéque prend fait et causé pour son baillis 
On arme des deux côtes. Le seigneur de Ggen , dont le» habi-^ 
tants d^Hui , par ordre du prélat ,. venaient de détruire le châ-^ 
leau ) met dans ses intérêts le duc de Brabant et les comtes 
de Luxembourg , de Flandre et de INamur.. Ils envoient dans 
le pays de Li<^gé des troupes qui laissent partout des traces, 
funestes de leur passage. Les Liégeois usent de représailles sur 
les terres de leurs ennemis.On se livre,en différentes rencontres, 
des combats qui sont à Tavantage tantôt de l'un, tantôt de Pau-^ 
tre parti* Enfin , Tan 1^76 , fatigués de leuns pertes réciproques ^ 
ils choisissent pour arbitre de leur querelle le roi de France, 
Philippe le Hardi. Ce monarque , laissant à l'écart comme 
inutile la première cause de la querelle, ordonna que le sei-^ 
gneur de Goen et ses deux frères, les seigneurs de BeauforI et 
de Fallaix, renonceraient à Thofiunage qu'ils avaient fait au 
comte de Namur en dépit de IVvéque de Liège, et contre la 
foi cfu'ils lui devaient, Henri de Gueldre ne fut p<» de. ceux qui 
applaudirent à cette pacification. Trop ij^loux contre son succe^n 
seur , il aurait désiré qu'il eût succombé sous les efforts de se& 
ennemis. Après avoir cherché divers moyens de lui nuire , il 
en imagina enfin un qui réussit. Il prétenait qu'étant évéque,il 
avait fait , des denieirs de son patrimoine , à l'église de Liège 
nn prêt considérable , qu'il somma Jean d'Ënghien de lui, 
rendre. Après avoir disputé beaucoup sur ce prêt sans s'ac-^ 
jcorder, on conVient d'une conférence à Hougarde. Jean s'y 
étant rendu avec peu de suite , Henri le fit enlever pendant la 
, ^uit et conduire au galop à l'abbaye de Hetisem , sur un ehevail 
vicieux , qui le fatigua tant , gros et replet comme il était ,, qu'il 
mourut en y arrivant ,. le jour de Samt-rBarthelemi , 24 août 
de Tan 12S1, Comme il avait soutenu faiblement les privilèges; 
/de son chapitre , et qu'il y avait été même plusieurs fois op* 
,pQsé, on lui refusa la sépulture ydans sa cathédrale, et il Ùt 
mhuméà Nolre-Dame-aux-Fonls.MaTS, quelques an nées, après^ 
ses cendres furent rapportées à Téglise de Saint-Lambert.. 

• 

JEAN IV. 

1282, Jean IV , fik de Gui de Dampierre, comte de FlaÉ^^ 
dre , fut transféré de Févéché de Metz à celui de Liège par le 
•pape Martin IV, après que ce pontife eul réprouvé la double 
élection que le chapitré de Liège avait faite de Bouchard de 
Hainaut et de Guillaume d'Auvergne. Jean de Flandre fit son. 
tntree à Liège le '6i octobre i2.b:i* Henri de Gueldre, (jiû 



DES EvtQUES ET PRINCES B£ LiilGE. I07 

Vivait toujours , et toujours regrettait son évêché , ne vit pas 
de bon œil ce nouveau successeur. Il était retire à Ruremonde. 
Comme il ne pouvait demeurer en repos , il s'avisa, Tan 1284 * 
de faire des' excursions sur le territoire de Franchimoot» Elles 
lui devinrent funestes; Xhierrt PArdennais, étant tombé sur 
lui et sur sa troupe , le tua et mit aef gens en fuite. Cannée 
suivante fut orageuse pour l'évêque et son chapitre. Les maîtrea 
de la bourgeoisie et les écbevins établirent de leur ai|tarité ua 
knpôt sur les denrées, sans le consentement du clergé ni du 
peuple.. Cet attentat, qu'ils soutinrent par la violencç, irrita le 
prélat et ses chanoines, au point qu'ils abandonnèrent la villç 
de Liège pour se retirer à Hui, où plusieurs nobles les suivirent. 
C'était abandonner le champ de bataille à l'ennemi. Mais on 
n'était pas en force pour le réduire. On se menaça de part et 
d'autre, aprcs cette retraite pendant près de deux années, sans 
qu'il paraisse néanmoins au'on en soit venu aux effets. Le} 
négociations du duc de Braoant^^ qui se rendit médiateur, siis^ 
pendirent les hostilités, et aboutiront en^n , Tan i:i^'j , à un 
traité de paix entre les parties , par lequel il Ait convenu qu9 
l'impôt serait aboli , et que les deniers qu'il avait. pcoduits 
jusqu'alors seraient employés aux ouvrages publics. Cette paix 
fut nommé /a paix des clercs. Jean de Flandre rentra dan^ 
Liège vers la mi -août de la m^me année. J^a suivante, c^ 

Eréiat s'engagea dans la guerre qui était- entre le duc de ]}ra^ 
ant ^t le comte de Gueldr« au sujet du duclié de Limbouro;^ 
U prit, ie parti du premier , sous. U promesse que le duc luj ht 
de rendre à son église le château de Kôdc que le duc de Lim-* 
bourg lui avait enlevé. Les troupes que Jean de Flandre fournit 
i son allié furent conduites par le comte de lx)ss, et contri- 
buèrent à la victoire que le duc de Urabant remporta , le f) 
Juin ia8<S, à Wœringen. Mais le vainqueur manqua é^ parole, 
ti retint le château de Rode qu'il avait promis de lui restituer. 
Ce fut peu de tems après cette gueiï're que le prélat^ étafit allé 
pour se récréer au château de Bouillon , fut enlevé dans x^na 
partie de chasse par ordre de la comtesse Isabelle de Luxem- 
bourg , sa belle-mère , irritée de ce qu'il favorisait Jean , duc 
de Brabant, qui avait tué son frère, Henri de Luxembourg. Il 
resta prisonnier ( on ne sait en quel endroit) l'espace de cinq 
mois,et ne fut remis en liberté qu'en promettant de ne point tirer 
vengeance de cet affront. Jean dt3 Flandre ne fit que languir 
depuis ce tems-là. Incapable de régir le temporel de son. église;, 
il en abandonna le soin au comte Gui , son {^èr^ Jl^nfin il 
mourut, le iS octobre 1292, dans un château près de Namur. 
Son corps fut porté à FÎines, près de Douai, pour y être 



âo8 fiHnOTSOLOGIE BtStORIQOS 

HUGUES 111 DE CHALON. 

1296. Hugues de Chalon , fils de Jean de Oiâlon i 
comte en Bourgogne, et de ]>aure de Commerci , monta , l'an 
1 296 , îur le siège épiscopal: de Liège , après une vacance de 
quatre ans, pendant lesquels deux concurrents, nommés chacun 
par une partie du chapitre, se disputèrent cette place. Le pre- 
mier était 6ui de Hainaut, frère de Jean, comte de Hainaut, et 
le second , Guillaume Berthoud de Malines , docteur de théo- 
logie. L'élection de Gui ayant été confirmée par rarchevêque 
de Cologne, il s^empara de tous les châteaux, et fut reconnu 
pour évéque dans toutes lés villes du Liégeois. Il obtint do 
plus, en 1394^ nnvestiture de l'empereur Adolphe. Son rival 
toutefois ne renonça point à ses prétentions. Il le cita au tri-* 
Dunal du saint siège ; et tous deux se rendirent à Borne pouf 
plaider leur cause devant le pape Nicolas IV, Ce pontife, étant 
mort avant d'avoir pu rendre son jugement , ne fut remplacé 
qu'au bout de deux ans par Célestin V. Le peu de tems que 
celui-ci occupa la papauté ne lui permit pas d'examiner à fond 
une affaire de cette importance. Mais Boniface Vlll , qui lui 
succéda, cassa les deux élections, et nomma Hugues de Cha- 
lon évoque de Liège. Néanmoins, pour dédommager Guillaume 
Berthoud , homme savant et de tK>nnes mœurs , il lui donna 
l'èvêché d'Utrecht; mais il ne donna rien à Gui de Hainaut, 

Ïiarce qu'il s'était mis en possession du temporel de Liège , par 
'autorité de Fempeieur, et sans attendre la confirmation du 
saint siège. Toute la grâce qij'il lui accorda fat de ratiHer ce 
qu'il avait fait avant sa déposition. Hugues fut â peine intronisé, 
u'il se vil obligé de prendre les armes pour retirer Maëstricht 
es mains du duc de Brabant : ce prince l'avait usurpé pendant 
que les deux contendants, Guillaume et Gui, poursuivaient 
' leur affaire à Rome. Après quelques hoslilitès réciproques , le 
comte de Luxembourg , s'étant rendu médiateur , termina la 
querelle en décidant que la seigneurie de Maëstricht appartien- 
drait, par indivis, au duc de Brdbant et à l'évêque de Liège. 
,La paix que procura cet accord à l'église de Liège, fut bientôt 
après troublée par les dissensions dé quelques familles nobles 
du pays. Hugues, en se déclarant pour un des partis contre 
l'autre , attisa le feu de la discorde au lieu de l'éteindre, 11 se 
mit à dos par là tout son chapitre. Ou le dénonça au saint siège , 
et on l'accusa^sur tout de deux choses ; i^, d'avoir abandomié à 
la discrétion du duc de Brabant ceux de ses chanoines qui 
lui étaient le plus opposés; 2?. davoir donué cours à de la 
fausse monnaie. Le pape Boniface Tlll, après avoir discuté les 



l 



DBS ÉviQ17t3 £t PitIKGCS M tXiùW: t^ 

éhs^ â*âcôi^$dtions , fit venir Hiigaes devant lui. Ce, firAsti 
noyant osé disconvenir des faits , le pnpé , dans la erainle qu% 
ùVxçitât, par la suite , de plus grands troubles , Tobligea d» 
donner .son abdication. Mais comme il avait péché plutôt par 
itnprudence que par mçchanretë , il lui dpnna , pour le dédoin* 
mager, Parchevêché de Besançon. Ceci arriva Pah lâol. 

ADOLFE I , DE WALDECK* 

r t3oi. 'AiiôLFE, (ils it'Adolfe y f omte de Waldeck, et d'Hé4 
lène de Brandebourg , chanoine de Liège , étant à Rome ^ oA 
il disputait Tévôché d'Utrèchi à Oui d' Avénes , lors(]fue Huguet 
donna son abdication 9 fut nommé par le pape pour le rem^ 
l^lacer. Ce fut un prélat équitable , mais d'un caractère dur et 
violent. A son entrée à Liège (fl4 juin i3oi), il trouva lea 
habitants de cette ville en guerre avec ceux d^Hui. Il se tendifu 
arbitre de leurs différents , et condamna ces derniers. Ceux de 
Fosse s'élant révJlés contre lei chanoines , il le rendit en dili* 
gence sur les lieux , obligea les bourgeois à demander grâce ^ 
•t leur retrancha une partie de leurs privilèges. Ce qiiMl fit de 
plus louable , fut dd bannir de Liège les usuriers qui étaient éii 
grand nombre , et exerçaient impupémeot leur cenaJEnerce 
loâme sous la protection des échevins. Son épiscopat ne fut 
que d^eaviron dix-huit mois. Il mourut le i3 décembre dtt 
Tan i(5os, et fui inhumé devant le grand autel de saf cathè*^ 
drale. 

TH1BA€T. 

i3oa. ThibaOT , fils de Thibaut II , éomfe de Bar, chanoine 
de Liège , en fut élu, d'une voix unanime, évêque , au refus de 
Guillaume d'Artois , archidiacre de cette église, sur qui tous W 
Suffrages étaient d'abord tombés- Thibaut était pour lors à Rome*^ 
Son Section fut confirmée par Boniface THI, peu dé tems avani 
ta captivité de ce pape, qui survécut peu k cet affront, et en- 
suite par Benoît Xl , qui fit la cérémonie dé la consécration de 
Thibaut en ï3o3. Le nouveau prélat fit son entrée isotennelie 
dans Liège vers le l*^ novembre de la nrrême année , atcompâ^ 
gnédes comtes de Luxembourg, dé Flandre, de Hainaut, de 
Ouetdre , de J^uliers, de Tianderi , de Loss et de Bar , et d'autre»^ 
«[!i0neurs. L'an iâp4, il fit hommage à Robert de Courtenai, 
âicnevéquc de Beims, pour la seigneurie de Bouillon. {TrJsj 
des Chart, I/^ent.^ vol, 6, fol. 708.) L'an lîoj, il transige* 
àvtc Gilles Berlhoud, seigneur en partie de Mahnes, touchanli 
feur» droits respectifs sur cette seigneurie.. La même année, lé 
«e^gneu^ 'd'Hèbes, son Tassai, s'étant plaint à lui en châieau d« 
XIV. -. 2J 



aïO GBll^OLOGIE HISTOniQUi 

MoDtvii:futlf que le duc de Lorraine avait coostruît dans tOBi^ 
voisinage , Thioaut alla faire le siég;e de cette place y la prit et 
la rasa. 11 eut ensuite querelle avec le comte de Hainaut , pour. 
le château de Mirevaut ou de Mirewart , et, après quelques nos- 
tilités réciproques, il fut convenu que le comte le tiendrait ea 
fief de r.église de Liège. Thibaut, Pan i3io, accompagna Pem- 
pereur Henri Yll dahs son expédition d'Italie. Comme il était 
exercé dans Fart militaire , il servit de son bras ce prince en 
différentes rencontre. Sa valeur , à la fin , lui devînt funeste. 
L'an i3i2, les troupes impériales en étant venues aux mains, 
dans Rome, avec les Ursins, au mois de mai , l'évéque de Liège 
accourut à la défense des premières. Il reçut dans le combat plu^ 
sieurs blessures, dont il mourut quelques jours après. Le prince. 
Jean , frère de Rojbert , roi de Sicile , et général de Tarmée des 
Ursins, fit enterrer le corps de ce prélat sous le portique de Té*^ 
glise de Saint-Pierre. 

ADOLFE DE LA MARCK. 

i3i3. Adolfe, fils d'Eberhard I, comte de la Marck, et. 
d'Ermengarde de Berg, chanoine de Worms, né l'an 1288 , 
étudiait à Nevers, où l'université d'Orléans, mécontente de la 
bourgeoisie , s'était retirée , lorsqu'on apprit en France la mort 
de l'évéque Thibaut de Bar. Avide de succéder à ce prélat , il 
obtînt à cette fin, du roi Philippe le Bel, de$ lettres de recom- 
mandation auprès du pape Clément V. Elles eurent leur effet ;, 
et, le 7 avril i3i3 ( n. st.), Adolfe fiit nommé évéque de Liège 
par ce pontife , qui , le lendemain , jour des Rameaux , lui donna 
le sous-diaconat. Il fut ordonné diacre, le samedi suivant, par 
l'évéque de Palestrîne, prêtre, par le même, la veille de la Pente- 
côte , et le lendemain , il reçut la consécration épiscopale des 
ipains du cardinal, évéquè de Tusculum. La ville et l'état de 
Liège étaient cependant en feu, par la discorde qui s'était élevée 
entre le chapitre de la cathédrale et la noblesse , touchant Pélec- 
tion d'un mambour , ou capitaine-général , pendant la vacance 
du siège. Les chanoines avaient élu, pour cette fonction, leur 

Srévôt , sans consulter les nobles laïques, qui prétendaient avoir 
roit de suffrage dans cette élection. Ceux-ci furent appuyés par 
le comte de Loss; mais le peuple se rangea du côté deschanoînes. 
On se livra plusieurs combats , dans l'un desquels le prévôt fut. 
tué. Mais les nobles eurent presque toujours le dessous , et il y 
en eut jusqu'à deux cents , des premières maisons du pays , qui* 
périrent dans l'embrasement de l'église de Saint-Martm , où ils 
s'étaient retranchés. Adolfe, instruit de l'état de son diocèse, ne 
t^nge^ f ayant de s'y rendre , qu'à amasser des fonds pour ré-«' 



r 



DES ÉVOQUES Et PRINCES DE LIEGE. 211 

dûire le peuple qui abusait de sa victoire. Il engagea pour cela 
sa portion Je la seigneurie de Malines au comte de Hainaut , 
moyennant la somme de quinze mille florins. Muni de cette 
somme , il envoya des ordres *h ses officiers pour fabriquer de 
nouvelles machines de guerre , et les placer dans les diflérentes 

Ï laces de son diocèse. Il s'avança ainsi précédé de la terreur , et 
t son entrée solennelle dans Liège , le jour de Noël , monté sur 
un vigoureux coursier qui , s'étant cabré à la porte.de }a cathé- 
drale , le renversa , mais de manière qu^en tombant , dit Hoc*» 
sem, il se trouva sur ses pieds. }jk superstition fit, de cet acci- 
dent, un présage qui annonçait que le gouvernement d'Adolfe 
serait fort agité, mais que ce prékt se soutiendrait au milieu 
des vjolentes secousses qu'on lui ferait éprouver. C'est en effet 
ce que l'événement vérifia. Les dix-sept premières années de sort 
gouvernement se passèrent presque toutes en guerre avec ses 
sujets 9 et surtout avec les habitants de Liège , dont les soulève- 
ments, sans cesse renaissants, l'obligèrent^, l'an 1824, à trans- 
porter son siégé à Hui , où la plus grande partie de son chapitre 
le suivit. Enfin, l'aii i33o, les députés, de part et d'autre, sV- 
tant assemblés k Flone , y conclurent , le 6 juin , veille de la fête 
du saint sacrement, un traité de paix, dont* la principale 
clause fut que l'évéque et la bourgeoisie partageraient , entre 
eux , le soin et les émoluments des ponts, des murs, des fossés 
et des autres ouvrages publics. {Voyez Renaud II, comte de 
Gueidre,) Les troubles domestiques apaisés, le prélat se vit 
engagé dans une guerre étrangère, qui commença par une que« 
relie particulière des habitants de Saint-Tron avec le duc de 
Brabant. Adolfe prit le parti des premiers , qui étaient ses su- 

Ï' tts, et fut secrètement appuyé par Philippe.de Valais, roi de 
rance, qui cherchait à se venger du duc de Brabant à cause de 
^ retraite qu'il avait donnée au &meux Robert d'Artois, Le mo- 
narque , non content de lui faire passer des sommes d'argent , 
kii procura pour alliés , par ses émissaires , l'archevêque de 
Cologne, les comtes de Naraur, de Gueldre, de Juliers, d^ ^/^'^"^'^l ^ 
Hmod^, de Loss, de Luxembourg, et presque tous les sel- »àL^».»<«^**-^**^ 
gneurs des Pays-Bas. Ayant réuni leurs troupes le 6 mai l'd'ôi ^ 
tous ces confédérés entrèrent, après diverses hostilités récipro-. 
ques , dans le Brabant , où ils trouvèrent le duc si bien préparé 
à les recevoir, qu'ils n'osèrent accepter la bataille qu'il leur pré- » 
senta. On convmt d'une trêve de six semaines, pendant laquelle 
Philippe de Valois, roi de France, ayant offert sa médiation, 
pour accorder les parties , elles l'acceptèrÉ^nt , et se rendirent 
aiuprès de ce monarque à Compiègne. Là , ou plutôt dans l'ab-» 
baye de Royal-Lieu, près de celte ville , elles firent, le 20 )a\n^ 
uncompromisy par lequel elles s'en rapportaient sur le sujpld^. 



^ 
À 



StS CBRONOLOGIE HISTOBIQUt 

b ijiwrra à la déctalôD de ce monarque. Philippe, dès le tendëV 
inaîn , rendît s» sentence arbitrale, dont nous avons nne copie 
•otis led yeux. Elle porte en substance que les prisonniers faits 
de part et d^autre seront rendus et d^ivrés sans rançon « « noa 
m 'contrestant quelcomques obligations ^ proiaessca ou accorda 
a que ils ayent fait , et quelcomqnes pleigea , fianoes on seare^ 
» tés que ils ayent donnés et mis ; leaquMles obligations ^ pro-^ 
» litesseï , accords et seoretés , disons y proooo^i» , déclaroaa 
» efttre nuls, et lesdîts pleiges estre quittée; jomis ce qui devant 
» ceste prononciation en a esté payé, demonra payé ainaji 
» comme il est..«. Item que touz cil qui ont rendu leurs btirn^ 
n mages eu leurs fiels à leurs seigneurs pour lesdited guerres tani 
a d^une part comme d'une autre, revendront- à kurs héritages 
» et i leurs fie&, et feront leurs hommages aui aeigneurs aus^ 
» quels ils les avoient rendus. Lejroi seTéserveà prononcer tmt 
n tous les autres débas , deoors , querelles et oontreverses des 
*» parties toutes et quanles fois il loi plaira. Lesqueb dits^ 
» a|oute-4-^tl , prononciations, déclarations leadites parties .oa| 
» loé^ gréé et ratiâé ». {^M$s. de Foniaimu^ vol. 71.)' Ainsi 
finit cette guerre à la gloire du duc de.Brabant, qu'dle sem-# 
Uait devoir écraser. L'an iS3^, nouvelle guerre occasionnée 
par l'évéque Adoife^ et i|ui mit en feu tous les Pays-Bas. £f» 
voici le sujet. Ce prélat et son chapilrr , voyant Tindocililé des 
habitants de Malines et de ses dépendances, qui avaient refus» 
de maroher dans la dernière guerre contre le due de Brabant 4 
et n'ayant pas la force de les réduire , prirent le parti de vendre 
cette seiffneurie, sous la réserve de rhomtnage , à liouis, comtft 
de Fbndre , pour la somme de cent mille nkm» au mouton ; ca 
qui fut exécuté le a octobre de œtte année. Lqum, en ménaî 
tems , acquit du comte de i»ueldre l'avouerie de la même sei-fi 
gneurie. Mais les habitants de Ma'lines , excités par le due dc^ 
Bitibant qui se prétendait suzerain de Malines , reçurent fort mal 
les députés que Louis avait envoyés pour prendre possession èé 
sa nouvelle acquisition, et les chassèretit ignominieuserpent. Ce* 
soulèvement fit i*e vivre la première confédération contre^ le du£.' 
Chacun des chefs qui la composaient renouvela ses «nciennea. 
répétitions contre lui , et l'évéque de Liège comme les autres. 
On lève des troupes à la hâte, on dédare la guerre au duc, on* 
entre sur ses terres , on lui prend quelques places : mais on n'oser 
accepter la bataille qu'il présente. Le roi de France s offre;-. 
comme la première fois, pour arbitre. Ayant obtenu l'aequies-' 
cernent des parties , il les assemble à Amiens , où il rend soqi 
jugement le ^7 août i3^4- Toutes les prétentions respectives y. 
furent décidées, à l'exception de la principale, c'est-à^diro ' 
etUeiffie U duc de &vifaani formait sur Malines. I^ monarque ^^ 



BFS ÉvêoffJ&S Bi? PRINCES 0É LIÉ6£. ^atB 

mii attendant qu'il fûik en état de protioncec sur ce (lomtv retint 
J'iibieè- contentieux aoua sa gardé.: Mais comme par ses délais. îl 
jsetiuilati voul4iir «s l'appreprier, le due de Brabant et le comté 
^de Flakidre ifireol i Dendermonde « le 3i knajrs x336.( v. at. y^ 
{Vti tfftitf ^ far lequel il fut dit q»'ik.poiâéderaient en commiia»^ 
iaTilk ei'U aeigneurie 4e Malipes , CDflsnie Tévéque de liège et 
iè.'OqrBia de Gueldre en airaient joui. ( Butkens. ) L'aa i^i36., 
^pièa la . ilKMi àet Louis IV, cofnie di Losa, décédé saas eitiants 
le 19A ianviar de cette aonée, le chaj^tre de Iiége;.àt saisir 
féodalmnent ee eoraté , tmmm» étaot uo fief dévolu à leur f gli^Çi» 
auivanit le traité eowclu. Tan iao;l^ « entre le comté Louis U et 
l'éi^que Bogues de Pten^poot « «t, en vertu de rinféodatio;ii 
iaito deeii comté àTeif^ise de Uége, par Tévéque Balderiei. Mais 
ThierriyfiU de Godefboi .11 « sire d Heinsberg, et oevou, par 
^ati^de^ s« «ère, de Louis IVf prétendit lui suoeéder. Vék- 
ivêque ▲dolfe ^ dont U était le beau ^ frère, le favorisait sous 
xaam.;' mais le clla^pitre, encoon^é par le pape ^ maint iat in 
«aisi^i €f qui. le brouilla a¥ec le prélaL U y eut 4 ^ au}«t une 
guerre qui parirt terminée, Tan i336, par une. sentence arbi»- 
/trale de Tarcbevéque de Cologne et du comte de Haikiaut^ 
aentebee qui Adjugea le comté de Loss au sire d^Heinsberg^. 
( Hocsem. ) Cependant Adolfe , jp^r. U crainte du^ape à qui lé 
chapiire fit. dés plaintes de ee fugement, ti^osa donner à sâiii 
beau«i^re l'investiture de ce comté. ( Voyet /«s comtos dk Xro».) 
Adolfe eut ensuite avec le» chanoines d'Hui , soutenus, par le 
due do Brabant^ des démêlés qui fiirent terminés parie comto 
de Qainant. Ce prélat étmt alors Taiétudinaire. Sa santé aU« 
toujours deïpuia en dépériseuint , et enfin il mourut au rhâtéasi 
de Clermont^le 3 novembre i344i âeé de cinquante-p«iic anv.» 
Son corps fbt porté dans sa cathédrale pour y être tobusiéi 
Quelques-iiin», dit le P. Foulon , célébrèrent aes fudérailleis par 
des laimas^ maisi le plus grand nombre par des marques de jotew 
Ce fut sous Adolfe , et de son consentement , que fut institué 
le tribunal nAoniripal des Yingt<-deur , pour modérar Taurorité 
d« souverain, et maintenir les. droits ^ privilèges et frâoobi^éa 
des aujetsi 

£:hgil8e;rt dë {.a marck. 

■' tB4S. £T90if.SEBT DE LA MaAck , prévèt dé Tégli^ de Liégè 
et neveu d -AdoUn , lut fot dontié pour suocfsseur» le ai févrie» 
j34o 4 par te pap^ Clément VI, auprès duqnel il éteit pmhr ferl 
à sa eourd^ÂTÎ^^n. H fit son entrée adlennelle ii Liège, leidi 
avril «mvant , reçut la prêtrise , le 1 7 décembre , dabs la chapelle 
é^ çblteau de JCoha , et le leodemaia iaconaécN^tion épi^opiiq 



2l| CHHOÏtOLOGIE HISTOHlQUlS 

à Tabbâye du Yal Saint-Lambert Son gouvernement ne fiit 
guère moins agité que celui de son prédécesseur. Il eut des 
guerres sanglantes a soutenir contre lesliabitants de Liège, d^Hui 
et de Saint-Tron. L'an 1^46 , Philippe de Valois , roi de. France, 
ayant convoqué le ban et Tarrière-ban du royaume <contre les 
Flamands , enjoignit à Pévêque de Liège de s^y rendre ; injonc- 
.tion qui lui fut Êite , non à cause de son église de Liège ^ mais 
parce que les lieux de la Meuse étant de la soweraineté de la cou- 
ronne de* France , ledit épique devait servir comme sire de Bouillon 
et terres adjacentes. (Il y a divers ajournements de cette nature au 
trésor des chartes du roi. ) L'an 1847 » ""^ victoire qu'Ëngil- 
bert remporta, le 20 juin , sur les Liégeois , disposa les esprits 
à la paix qui ifut conclue , le ^4 du même mois , à des condi- 
tions' onéreuses aux vaincus* Il entra , l'an i3S5 , dans la que- 
relle de Loufs II, comte de Flandre, et de Wenceslas, duc de 
Brabant, touchant la seigneurie de Malines, qu'Adolfe avait 
vendue, comme on l'a dit, au premier. Lambert d'Upei, ma- 
réchal du prélat, mit en fuite les troupes du duc. La paix se fit 
deux ans après, k Maëstricht, par les soins de l'empereur 
Charles IV, frère de Wenceslas. L'an i36i , Ëngilbert se 

Î*oignit à son chapitre pour faire rentrer le comté de Loss dans 
e domaine de son église, après la mort du comte Thierri 
d'Heinsberg. Godefroi de Dalembrouck , neveu de Thierri , qui 
l'avait institué son héritier, s'était mis en possession d'une par- 
tie de ce comté les armes à la main. L'évéque , s'étant ligué avec 
les comtes de Clèves et de la Marck, fit marcher contre lui une 
armée considérable , commandée par Evrard de la M arck , son 
frère. Maseick , qu'elle assiégea , fut obligé de se rendre après 
vingt-six jours de siège; Brée ouvrit ses portes à la première 
sommation , ainsi qpe les autres lieux dont Godefroi s'était 
Tendu maître. On prétend qu'alors celui-ci fit sa paix en re- 
nonçant au titre de comle de Loss. Mais il ne tint pas sa parole ; 
car, en iS63t il vendit ses prétentions sur ce comtié à son pa-^ 
rent Arnoul d'Oreille , seigneur de Rummen, fils de Guillaume 
d'Oreille et de Jeanne de Loss , sœur du comte Louis IV. Ar- 
noul prit aussitôt le titre de comte de Loss; et , apprenant que 
l'évêque Ëngilbert avait convoqué tous les ordres de l'état de 
Liège pour le contraindre à quitter ce titre , il envoya des dé- 
putés à l'empereur Charles IV pour le prévenir en sa faveur. 
L'argent. qii ils répandirent à la cour de ce prince, suivant le$< 
historiens liégeois , fit plus que les raisons qu'ils alléguèrent. 
Les députés du prélat , qui arrivèrent dans le même tems , 
furent mal accueillis. Mais Ëngilbert , étant venu lui-même à 
Prague, où était l'empereur ^ obtint, malgré les efforts de ses 
parties , un jugement qui lui confirmait provisoirement la pos-t 



1>ES éviQUES £T PBINCE3 DE ilÉGB. ai 5 

• • • • 

seisÎQn du comté de Loss. L^année suivante > 18649 Engîlbert 
fut promu à l'archevêché de Cologne par Pabdication d'Adolfe 
de la Marck y son neveu , qui quitta ce siège et l'état ecclésias- 
tique pour se marier, et devint, quatre ans après, comte de Clèves,. 
( Voy. les comtes de Loss. ) 

JEAN. V D'ARKEL. 

i364. Jean V , fiU de Jean , sire d'Arkel , et d'Ermengarde ; 
fille d'Otton, comte de Clèves, fut transféré par le pape Ur^ 
bain V, de l'évêché d'Utrecht, qu'il occupait depuis vmgl- trois 
ans , à celui de Liège , où il fit soii entrée solennelle le 60 juiU 
let i364- I^e commencement de son nouvel épiscopat fut occupé 
à Induire Arnoul d'Oreille , et à lui enlever les places du comté 
de Loss, dont il s'était emparé. Il y réussit; et , l'an 1867 > ^^ 
réunit à.perpétuité ce comté au domaine de son église. (Voy. ies , 
comtes de Loss. ) L'an iSyS, la proscription de deuxéchevins de 
Thuin , le refus que fait le bailli , Gilles Chabot , de prêter ser- 
ment de fidélité à cetts ville, et le meurtre de l'un des deux 
bourguemestre , dont le corps sanglant fut conduit de Dinant 
à Hui, et de Hui à Liège, excitent une émotion générale, 
contre le prélat. Les états assemblés arrêtent leur jonction avec 
le peuple. On crée Mambourg du pays Yaltère , de la maisoa 
des comtes de Rochefort. Le prince est cité au tribunal des 
Vingt-deux pour y répondre de sa conduite. Indigné de cet at- 
tentat , il met la vdle en interdit , puis va trouver le pape Gré- 
Soire XI à Avignon , pour le prier d'appuyer ses censures. Les 
éputés des Liégeois suivirent de près leur évêque ; et chacun 
ayant plaidé sa cause devant le pape , Grégoire nomma une com- 
mission pour aller examiner l'état des choses sur les lieux. Cette 
commission n'eut aucun succès. Les esprits , aigris de part et 
d'autre , se disposèrent à la guerre. Mais le duc de Brabant 9 s'é- 
tant rendu médiateur,. fit conclure un traité de paix, dqpt ua 
des articles portait que les Vingt-deux n'auraient aucune juri- 
diction sur le prince ni sur le clergé. Le prince revii)t de.Maës- 
tricht , où il s'était retiré pendant4es troubles , et fut reçu avec 
acclamation dans Liège, sur la fin de juin 1876. Il passa tran^ 
quillement le reste de son épiscopat , que la mort termina dans 
le mois de juin 1878. En mourant, u ordonna que son corps 
serait transporté à Utrecht. 

ARNOUL DE HORN. 

> ■ % ■ 

1378. Arnoul de Horn, évêque d'Utfecht, passa de cet 
ivêché à celui de Liège par le choix du pape IJrbain VI. Q 



était auprès de ce |K>Qlife lorsqu'on apprit à Rome H mùttèe 
J^n (l'Arkel , et rélection que ', cinq jours après cet événe- 
ment, le chapitre avait faite de Persand de Rochefort. Ce qui 
ftt rejeter celui-ci par Urbain , c'est que les députés qui furent 
envoyés pour faire confirmer son élection parle saint siège , au 
lieu d'aller à Rome vers Urbain Yl, que Téglise de Liège tenait 
pour le vrai pape , se rendirent auprès de son rival. Clément 
Yll , à Avignon. Persand cependant , k Vaide de Gauthier de 
]^ochefort, son frère, élu mambour pendant U vacance dv^ 
siège , se jnit en possession des villes eC des châteaux du pays. 
Mais les deux frères s'étant brouillés ensuite, Persand s'attira 
là haine des Liégeois en voulant appeler à ton secours le duc 
de Brabant , dont ils avaient sujet de se défier. Dès qu^on fut* 
donc informé à Liège de la nomination d'Amoul , on lui fit 
une députation pour l'assurer de la fidélité df ses nouveaux dio-*^ 
césains. Ariioul arriva vers les fêtes de Noël k Liège. Mats i sur* 
le bruit qui Courut que le parti d'Urbain commençait è cban^ ' 
celer, il ne voulut pas quitter son évéché d'Utrecht^ et ne prit 
que le titre d'administrateur de celui de Liège, 11 partit ensuite 
pour aller régler ses affaires à Ufrecht , laissant le soin du tem** 
porel de règuse de Liège -à son frère. Le duc de Brifbant vint 
au secours de Persand, comme il y avait été invité. Mais les 
Liégeois le poussèrent si vivemeiit , qu'après lui avoir 6it es- 
sibyèr différents échecs, ils l'obligèrent de retourtièr à Brœtèlle5^ 
Peu de tems apros la retraite du duc , Arnoul revint à Liège ,' 
le 2t octobre 137g, non pliis comme admiq^rateur , mais^ 
comme évèque , et fut inauguré par l'empereur Wenceslas , ' 
après avoir prétévles sermens accoutumés. Pour assurer la traii-» 
nuillité de son diocèse , il fit la paix avec le duc de Brabant. 
Persand, son antagoniste , n'ayant plus alors de ressource, pint le 
parti de renoncer à ses prétentions. L'an i38o, étant allé trouver ' 
reTnpereur,à Aii(-la-Chapelle, Arnoul assista à l'assemblée où 
l'bn réconnut solennellement Urbain VI pourlevéritable pape. U^ 
passa, IVi i383, en Flandre pour ménager une réconctliation ' 
entre les Gantois et Louis 11, leur comte, auquel ils faisaient' 
la guerre avec le secours des Anglais , commandés par l'évèque 
Je Norwich. Mais il s'en revint sans avoir réussi dans sa négo- 




les frais que les chicanes et les délais de. son procureur lui 
avaient causés, en porta ses plaintes au ifiagistrat. La ville, 
tpuchée'de 9a misère, entre en fureur, non-seulement contre le 
procureur , mais contre toute l'ofBcialitè. On court au greffe de. 
ce tribunal dont qp enlève tous tès'papiers qu'on brûle ensuite* 



tes ÉviOUBS VJt PRIKCE^ DE LI^GE« à-17 

tn pYeîvi marché. Le préUt, instruit de cette sédition, vole h Hui 
x)ù tes Dinan^nois s^étaient rendus en foule pour soulever cette 
ville, se jette au milieu de la foule , et Tapaise en lui promet -^ 
tant de réparer le passé et d'obvier à l'avenir. L'an i384 , Arnoul 
approuva ou permit une innovation dans laT police, qui eut de 
fâcneuses suites. Dou% familles de la noblesse de Liège étaient 
en possession de choisir les magistrats civils. Le 'peuple , dans 
une assemblée tumultueuse, voulut leur ôtér ce pouvoir. Les. 
chefs de ces douue races prévinrent l'orage , et se désistèrent de 
leur préroeativc. Le peuple, satisfait , nomma bourgmestre un 
'4e ces nobles à la prochaine élection. L'an i31$8, le seigneur de 
Ravesteiii étant venu faire des courses sur le territoire de Liège,' 
Arnoul fit marcher contre lui une ai'mée si considéraMe , qu'ef- 
fiayé du nombre , il vint humbl^ement lui demander la paix. Ce 
prélat finit ses jours le 8 mars de l'année suivante , à' Tâge de 
<;inquante ans. ( Foulon. } Son corps fut porté non pas aux jBer- 
fiardines de Horn, comme 4e marquent Cnappeauville , Fisenet 
Foulon , mais à Keiserlos , abbaye de filles de Tordre de î^ré-;' 
.montré. ^ * 

JEAN VI^ DE BAViÈRE. 

1.^90. Jeak VI, fils d'Albert de Bavière, comte de Hollande 
«t dtf HaÂnaat^fut nommé par le pape'', l'an 1390, à Tévéché 
de Liège , au refus de Thiern de la Marck , que le chapitre avait 
^lu d'une voix tmatiime. Jean n'était encore âgé que de 17 ansy 
et cependant il avait ié]k été préconisé po«r 1 évéché de Cam- 
brai. Le 9 mai, il fit son entrée dans Liège, accompagné îl'Al- 
bert, son père, de Guillaume, son fircre aîné, et de plus de. 
mille gentilshommes. Le lendemain , il reçut de son . père 
l'hommage- pour la partie du Hainaut située en-deçà ^e T Es- 
caut, laquelle relevait de l'évéché de Liège. Eh attendant qu'il 
fOX en âge d'ttre élevé au sacerdoce, il se fit ordonner sous- 
diacre vers le milieu dû mpis de décembre suivant. L'an x^qa , 
Jean fit jeter les fondements de la grande tour de son église 
cathédrale; mais elle ne fut achevée qu'en 14^3. La défense 
qu'il fit', en 1398, de couper du bois dans une forêt où les 
habitants de Liége'prétendaient avoir droit d'usage , occasiona 
un soulèvement qui l'obligea, de se retirer à Diest et d'y trans- 
porter son officialité. Ce fut la seule ville qui lui resta fidèle 
avec Maseick. La paix néanmoins se fit la même année, et il 
en coûta de l'argent aux rebelles par forme d'indemnité. 

Les Liégeois s'étant ligués, l'an 1898, avec les Brabançons 
contre le duc de Gueldre, Jean de Bavière entre, à la tête de 
^s troupes, sur les terres de ce prince , se' rend maître de 
XIV. 28 



Neustadt qu^U Uvre afi pillage, assiège Kuremonde, puis se 
l'élire pour ne pas pofi$ser Ji bout le duc de Guelfe, qui étail 
son pareot. L^an i-^^i peiidant Tabseoc^da prélaltles Ltéaeois^ 
apliicités pai* le ro» de France, efubrafisècetit , vrrs. la fin d août,' 
Xe parti de la oeuU'^Uté irqire les deuK papes, Boniface IX et 
Benoit Xlll, Toutes les villesdu diooè^ suivirent cet exemple, 
et Jean de Bavière lui-m^tne à son rçtoun l/an i4oa, le prélat 
^ant comn^ué la. peine que mentaient les habitaols de Sain^* 
Tron , pour certains excès qu'ils avaient coaunis , en une 
amende de aSoo florins, les Liégeois, leurs ennemis, se for-^ 
Qialisent de cette grâce , et s^en prennent à celui qui Tavait 
accordée. Fatigué de leurs murmures, Jisan de Bavière quitte 
encore sa ville ëpiscopale pour se retirer à Hui. Sou absence fit 
«paître à Liège une faction de séditieux à qui leur haine marquée 
toour le bon ordre et IVquité mérita l'odieux nom A'^Haïdfoits^ 
Ces hpmoie^ pervers s'étant rendus maîtres dans la ville, firent 
2l^.ain-])asse sur les biens de Tévéque et de ses adhérents; et, 
ay^nt assemblé le peuple le 9 juillet i4o3t ils rengagèrent Îm 
«tire pour mambour Henri de Horn , seigneur de Perweîs. On- 
voulut contraindre le chapitre d'approuver ce choix. Mais quel- 
ques-uns de sçLS meji)bres s'élant échappés, allèrent trouver le 
J)rélat à Maëstrichr , où il était pour lors, et Indisposèrent à 
aire un accommodement. Jean.de .Bavière étant revenu quel- 
ques jour^ après à Liège, on conclut, le :) 8 septembre i4o3, 
i|n traité de paix, qu'on nom^ia la pai$ des Seize , à cause du. 
nombre des commissaires qyi IJarrétêreut. Par c^^t acte, il fut 
tionyenu que les l^içgeois ne poiiirraient prendre le^ armes que 
de Tautorilé du prince et par délibération d^s états, (excepte le 
cas où Ton aurait à repousser les incursions subites des peuples, 
voisins. La sédition fut apaisée par là ; mais elle ne fut point 
éteinte. L'esprit qui animait les IJ^ïdroits fut coqime mi feu 
iViché sous la cendre, prêt à éclater à, la première occasion. Jeaa 
de Bavière leur donnait un he^u prétes^te de murmurer, p^c le 
refus qu'il faisait de recevoir la .consécration, épiscopale. Ces* 
ipurniures prirent insensiblement faveur p^rmi le peuple et les 
gens oisifs. Enfin, ^'an i4o6, on ^n vint à des clameurs si 
indécentes et si furieuses, que, ne pouvant y tenir, le prélat 
prit le parti de se retirer à f^^ëstricht et d^y transporter le tri-r 
ounal ecclésiastique. Les Ilaïdroits, enhardis par cette retraite, 
convoquent une ajssemblée de toutes les villes du Liégeois , à 
l'exception de celles de Alaë;»tricht et dt? Sai.nl-Troa, attachées 
au prélat, ^i fpnl procéder, le 6 septembre^ à l'él^ctiorA d'uu 
mambour. Le choix étapt tpmbé sur Jean de Bochefort, celui-' 
ci , par prudence , refusa la place. On s'^dre^sa en.iuite au» 
seigneur de Pefwçis^, qui , ^é^u( d'abçrd .ç^cusé, doxioft. 



ettMrîlesmreoosflit^n^nt^ sûr la pran^osse qn'on liii fit (Téliré 
pour évêque» à h p\Bce de Jeàti de Bavière, Tfnerri, son fils, 
aréhidîacre de Hadtiffie. J^proctamatiÀn de i'ua et de Tautre 
se fit ie 26 septembre, ijé chapitre , sommé d'approuver ce qav 
i'éUM fait , aima nirâeut sortir de (a viHe et alla s établir à Saint- 
Toe^n» Ses domames y a|)rè» ^on départ, forent pillés : c'était âl 
ciéoi il devait s'attendit. Il s'sp^ssait encore de faire confirmer 
(éleetîoD du notivei évéqtie par le sa^nt sîége. Mais comme ori 
ne pouvait l'espérer d'inndcent VH^ dont Jean de Bavière avait 
enocurassé rabéd>ent« l'aonée précédente , on s'adressa à soii 
iriral Benoît XI II ^ vfêi 5 sârns examen et par le seul désir de for^ 
lifier son parti, reconnut ïhierri *de Perweis pour légitima 
évéque de Liège. Ahyrs on en ^'înt à une guerre ouverte qui fut 
en raéiDe teitts é% civile et sacrée. Tantlis que Jean de Bavière ^ 
avec ses troupes commandées |>at le sire d'Heinsbérg , faisait W 
dégSt autoK|de Viset , Ben#i âe Hén^ets vint bloquer inopiné- 
K^eot, leSi octobre ,^Saiilt-Tron, où les chanoines'se croyaient 
en sûreté. La ville, manqoâPA't de secours , ouvrit ses portés au 
bout de neuf foors. I^s chanoines âtors passèrerrt à Namur . 
<l'où> ils furent appelés nea de fem& apr^sà Louvain par le duc 
de Brabant. Les Dulleft oe Bénoft Xlll , en faveur de Thierri ^ 
n'étaient cependant pas ent!ore venuejT.. Celui qai en étaîl le por-» 
t^ur , avait été arrêté à Langres paiP drdfe du duc 'de' Bourgogne. 
be»u-^£r^re de. Jean de Bavière^ et de- là conduit prisonnier a 
Paria. Délivré ensaiie par le èo6 d'Orléans , Il arriva à Liég^ 
Ydrs Pâques de l'an f^oy. Aprè^ arvôtr fait publiquement tec- 
torè dé ces bulles , on contraignit les abbés, les chanoines qui 
se Iroiivaient dans la ville , et lés eurés , de s'y soumettre ; maii 
h Isendemain ils'privent la fuite. Les échevtns firent de même 
lorsqu'on produisit les lettres d'inrestitnre que l'intrus et tet 
mambourson père avaient obtenues de Wenceslas , emperetn: 
déposé. La peine de proscription fut prononcée j Liégé contre 
les fugitifs. L'anf i4^H , le mambour mène son armée devant 
Maëstricht, dont il forme le siëge le 29 mai. 4<£an de Bavière, 
qui était pour lors en Hollande , vole Aijsecours de la place» 
Son frère, le comte de Hainaut, le duc de Bourgogne, sonbeaa- 
irère, 1^ duc de Lorraine , les comfes de Flandre et de Naniur^ 
iiiflGurméa de cet acte d'hostillité , déclarent la guerre aux Lié-^ 
geoia. Le premier , s'étamt jeté dans' le pays d'entre Sambre et 
Meuse, y met tout àfeti et à sang. Thuin , dont le (lhâtej»u était 
irès-^fort, est la Meule ville du canton qui échappe à ce désastre* 
Ce prélude dut fiiire sentir aux Liégeois qu'on ne le!s épargne» 
lait pas. En effet, le comte de Hainaut , apprenant que le duc de 
Bourgogne est en pleine marche pour leBrabant , s approche de 
)H4mur , et se joint au comté Guillaume qui, l'attendait avec son 






armée. Ils vont ensemble à la rencontre du duc, et serétmissent 
à lui comme il est sur le point d'entrer dans le pays de Lié^e» 
La nouvelle des ravage^ue le premier >enait de faire, el le 
bruit qui se répand que son armée et celle des Bourguignon» 
sontaiiivees près de Saint-Tron , cause un mouvement extraor- 
diiiâire dans i^armée liégeoise. Déjà ceiix de Dînant , de Thtiin ^ 
de Fosse et de Covin, Tavaienl quittée pour s'^en retotlrncr chez; 
eux. Les autres opinent à se retirer à Liège. On décanr^pe sur 
rheure , et les Liégeois , après, s^étre morfondus pendani près 
de quatre mois devant Maëstricht, rentrent, le 21 septemore , 
en assez mauvais état , dans leur ville, {j^atiaée des princes les 
suivait de près. Dès le surlendejnain , dans la xrain te d'essuyer 
tin siège , ils marchent au-devant d'elle , et la rencontre se fait, 
le ^3 septembre, près des tombes d'Otbies ou d'Othey. On en- 
gage aussitôt le combat. Xa^ Liégeois , inférieurs en nombre à 
Farmée des princes, sont taillés en pièces. Le maodmur et l'in- 
trus son fils périssent dans Faction. Ceux qui- échappent à là 
mort soiit faits prisonniers. Les princes choisissent parmi ceux- 
ci les principaux des Haïdroits qui s'y trouvent ,. et en tirent 
une vengeance éclatante. ( Nous avons un poëme du tems- sur 
cette mémorable journée, intitulé, la BataiHe de Ijtége^ itst-^ 

Îrimé dans les Mémoires pour servir à l'Histoire de France et de 
*ourg., part, i , p. 3c)5. )0n était cependant à Liège dans là 
plus grande consternatioti. La meilleure partie des hâtants 
viennent dans le camp des yainaueurs implorer leur miséri- 
corde , et amènent avec eux quelques chefs des mutins dorrt 
vingt-sept sont décapités sur-le-champ. On expédie désordre* 
à Liège pour en jeter le soir , du pont des Arches dans la Meuse, 
vingt-quatre autres avec le légat de l'antipape Benoît XIII , qui 
avait approuvé l'élection de l'intrus, et contribué plus que per- 
sonne à fortifier la faction des Haïdroits. Jean de Bavière ar- 
rive à Liège, p'y prend qu'un jepas , et va joindre les princes 
à Hui, où ils s^étaient retirés* Le s.j octobre , Liège et toutes les 
villes du Liégeois envoient aux princes les titres de leurs privi- 
lèges. Ils sont remis à Jean de Bavière , qui les fait brûler. Ce 
prélat , de retour à Liège , sévit avec tant de rigueur et cotitre 
cette ville et contre toutes les autres.de sa dépendance^ que le 
pays liégeois, suivant l'expression d'un moderne, semblait 
n'être qu'une forêt de roues et de gibets.; la Meuse, outre cela» 
était couverte de corps qu'on y jetait tous les jours. De pareilles 
exécutions méritèrent à ce prélat le surnom de Jean sans pilié. 
L'an 14^7) après la mort du comte Guillaume, son frère , arri- 
vée- le 3i mai , il quitte Liège pour toujours, et,se rend en 
Hollande , auprès de Jacqueline , sa nièce , fille et héritière de 
Guillaume , dans la vue de l'épouser ou de lui servir de tuteur. 



Mf ÉyiQUXS ET FBIÎVCIS BS LIEGE. àai 

llab 11 a^abdiq«ia que l'année suivante son évêché , qu'il remît 
«ntre les mains du pape Martin Y» Peu de tems après, il deviilt 
<luc de Luxembourg par son mariage avec Elisabeth de Gorlitz , 
veuvce du du6 Aùloâne. ( Voy. les duc de Luxembourg. ) 

JEAN VII , DE VALENRODE. 

» 

i4i3. Jean Yll, de VALEt^RODE, d'une famille illustre d'Al* 
lemagne ^^liocteur en droite archevêque de Riga en Livonie, et 
Vun des pères du concile général de Constance, fut transféré à 
.Févéché de Liège par le pape Martin Y , après l'abdication de 
Jean de Bavière^ il prit possession de son nouveau siège le 4 
août i4iSret donna dès-lors toute son attention au bien spiri- 
tuel et temporel de TégUse de Liége^ Bien différent de ceux oui 
l'avaient précédé datas les derniers tems , il remplit toutes 1er 
fonctions épiscopales par lui-m^me et les remplit avec édifica- 
tion. 11 fut le modèle de son clergé par son assiduité et son re- 
cueillement aux divins offices. Il fut le pasteur de son peuple 
par le soin qu^il prit de lui administrer lessacrements et de lui 
iiompre le painoe la parole divine. Sa fidélité à remplir les de- 
voirs de Tépiscopat ne lui fit point oublier ceux auxquels il était 
tç.nu.en qualité de prince. Il veilla soigneusement à l'adminis- 
tratioa de la* justice, et souvent il présidait lui-même aux juge- 
ments pour éclairer de plus près la conduite de^ juges, il ratifia 
les privilèges qu^Albert de Cuyk , l'un de ses prédécesseurs ,, 
avait accordés à la ville et aux échevins de Liège. Le ciel nç fit 
quiQ montrer aux Liégeois cet excellent prélat, et le retira^ le 
ii& imaî de Tan 1419 1 p^r une mort qui les plongea dans le 
deuil. 

JEAN VII, DE HEINSBERG. 

. i4'd' J£AN Yl] , DE Heinsbeag, archidiacre d'Hasbaie , 
fils de Jean , seigneur de Heinsberg et Levemberg , fut élu , à 
Vâge de vingt-trois ans, le 16 juin i4ï9 » p*r le chapitre de 
Liège , pour succéder à l'évêque Jean de Yalenrode. Son élec- 
tion fut ratifiée par le pape Marûn Y. 11 fit son entrée solen- 
iieîlè à Liège, le 10 décembre suivant, reçut la prêtrise la 
veillé de Noël , et fut sacré le quatrième dimanche du carême 
Je l'an 1420. Peu de tems après , il rétablit le' tribunal des 
Yingt-dcu;c, qui depuis la journée d'Othey avait cessé ses fonc- 
tions. L'an i4^<9 il reçut à Liège, le 23 juin, le cardinal 
Brancla , légat du saint siège , qui venait pour y prêcher la crçi'*. 
sade contre les Hussilcs. Le prélat prit la croix le.l«^ août,. et 
se mit en rpute le même jour pour la Bohême avec la fleur de 



1* noblesse du pays* Cette expédition fut de trois moîs sani 
qucun avantage marqué. Vam 1^2*^^ au moh de juillet , grâfiffe 
émeute à Dinant* Dans les derniers trottbles , h pUtpart des. 
bourgeois de cette ville avaient contracta âek dettes- eon^dé^ 
rabies dont ils se trouvaient hors d^état de payer les intérêts* 
Poursuivis par leurs créanciers, ils s'attroupeat ^ les contrai- 
gnent de livrer leurs contrats qu'ils jettent au feu , et condam* 
nent.au. bannissement ceux qui le refus^nt^ Ijh pareil attentai 
ne devant point rester impuni, le prince Ërii citer fin princi- 
paviK séditieux , au sombre de cent q.aava»|«-'deujc , à son tri- 
bunal nommé Y Anneau du Palais. Ijk m«iltitude àes accusés n^ 
sert qu'à les enhardir, llsrei'usefit de comparaître ,> chassent de^ 
' I4 ville , k Taide de leurs çoaiplices , ceux des proscrits ^qui- ne* 
Veulent pas suivre lear ban^ mettent à IVncan leup» -biens , et 
«lassacrent tout ce qui ose leur résister. Bientôt néanmoins cet 
or^e. se calme par la prise des deux principaux boute-feux ,; 
lesqu^eU ayant été ameoés à Liège , y subissent le dernier spp-' 
plice. ( Foulon ^ HisL.Leod. ) 

. )/an 1^%'i^ ,. Tévéque de Liège, ayant assisté au concik prd^ 
vincial de Cologne i,. en rapporte les Statuts fmts pour la ré-^ 
fQrm2U.ion du clergé. Les aifférents chapitres de son diocèse ^ 
sur ia communication qu'il leur en -donne , aiment mieujc se 
réformer enx^-mémes oue de l'être par un concile. L'année* 
suivante est mémorable dans le pays li^eois par la refonte 
quW y fit des lois et de la procédure* Le nouveau eode fut: • 
nommé le Goummemênt àncinaberg. H y fut statue, entre 
autres choses , que trente-deux commissaires , rtommés par 
l'^v^que et la bourgeoisie ^ é&if aient dei^x consuls annuels , les- 
quels, avec le préteur, auraient la principale autorité d^ns^' 
l'administration de la justice et de la police. L'an 14^0, Blondel, 
gouverneur du. n^rquisat de Namnr pour te duc de Bour- 
gogne, tente, mais en vain , le^S février, de surprendre le châ-» 
teaude Montorgueil , appertenani aux Liégeois. Guerre à çette^ 
occasion entre ceux-ci et le duc de Bourgogne. Elle tourna 
mal pour les preifiiers. Battus en différentes rencontres, ilst 
demandent la paix , et ne l'obtiennent qu'à des conditions hon- 
teuses. Par le traité conclu le 20 décembre il Malines , ils 
^^obligent , i«>. è démolir le château oui avait fait le sujet de la 
guerre ♦ a*, à payer tme somme consicWable au duc victorieux , 
M» à ve*îlr nu-pieds au nombre de vingt, Pc^y^que à leur ti^'te y 
lui demander pardon. A cette 'guerre étrangère succèdent à 
Liège des troubles domestiques. Les consuls ayant demandé aux 
échevins communication des titres dont la ville appuyait sesf 

Îriviléges, Gauthier d'Antine, le plus riche d^enire ceux-ci e| 
i plus accrédité , s'oppose à la demande , et empêche qu'elle: 



I 



* 



D£5 EVEQUES ET PBlNCia ]»£ LIEGE. d^S 

n'ait soD effet. Arrêt qui condamne ie$ échevins au baonbse-^ 
ment. Vingt-quatre jours après ^ ayaiit fait leur paix avee les 
consuls f ils s^nt rappelés, à Texception de Gauthier d'Antine^ 
Maïs , enivré de son crédit , il suit ses collègues dans leur re^ 
tour, et va m^me s'asseoir av«c eux sur leur tribunal. Les con- 
suls décernent uue prise de corps cootre lui » et le poursuivent 
^i vivement , quç ^ n ayant pas la loisir de rassembler ses amis , 
il est obligé de prendre la lui te. Ou lieu de sa retraite , il ne 
laisse pas de travaillera sou rappel* Ou Tespérait des deux nou- 
veaux consuls, >do(it Vun était Guillaunaet d^Antioe^ soapaii» 
rent. Mais IVifaire traînant en longueur , les partisans du fu«- 
i;itif se soulèvent ,1e S janvier i4^^3« et courent la viUe les armes 
a la maiu. Cette sédition n'eut pas le succès qu'ils en attea* 
daient. Les bourgeois s'étant rassemblés sous leurs bannières, 
inarcbent contre eux, les mettent en /désordre , précipiient du 
haut des maisons ceux qui s'y étaient réfutés, punissent, par 
divers supplices, une partie des autres, et coodaquHtnl le 
reste au Ibannissement. Les biens des proscrits sont con(tsqaé$ 
au profit de la ville ; et . afin qu'il n'y ait pas Ueu à la réf^ti- ' 
tion , elle fait confirmer la coiéfiscation par l'empereur Si^is.- 
roond. L'évêque Jean de Heinsberg est compté avec son père, 
par Olivier de la Marché , parmi- le$ princes qui assistèrent 
aux Êimeuses conférences qui se tinrent, l'an i4'^S, à Saint- 
Vast d'Arras , pour la réconciliation de i^hilippe le Bon, duc . 
-de Bourgogne ^ avec le roi Charles Vil ; et, ce qui est remar-i 

3uable, le père de ce prélat «st qualifié, par cet auteur, duc 
c Bouillon « vrài$end>labtemeut parce que son fils lui avait en- 
|;agé ce duché pour sa vie. 
. X^an 143^9 l'évéqua de Liège est chargé par le pape Eu^ 

Sène IV, de l'administratipn ou de la coadjutorerîe de Téglise 
e Trêves , à la demande de L'archevêque fUban. (.^oy. Haban, 
4fnçhfi^é(fue de Tnhes. ) L'an t44^* >1 assista aa couronnement 
de Tempereur Frédéric à Aix-la-Chapelle. Quelques tems après* 
il entreprit le pèlerinage de la Terre-Sainte. Arrivé à Venise, 
il fait demander aux Turcs la liberté du passage. IVlais ceux** 
ci ayant aperçu parmi le^ titres qu'il pren^t , celui de duc< 
de Bouillon, refusent le passeport , dans la crainte que ce 
prélat n'alUt renouveler eii Palestine les exploits de Godefroî 
ue Bouillon. L'an i455, Louis d<¥ la Marck, seigneur de 
IHeufchàteau , de Hochefort et d'Agiomnt, obtient du Jean dé 
Heinsberg 1«» prévôté et le gouvernement du ehâteau de Bouil-- 
Ion et de ses dépendances , comme Eberhart son père en 
avait joui. Le chapitre de Liège lui en expédia les provisions 
1^ dimanche neuvièitie jour de mars de la même année , après- 
lj|}i avoir fait pr^meUrç de giu:dQr 1^4*^ cbSteau fidèlement , et' 



as4 CtftQNOLOGIE HISTORIQUE 

dé le rendre lorsqu'il en serait besoin , renonçant k tous \eâ 
droits au'Eberhart , son père, pouvait avoir sur cette seigneurie , 
de quelque nature qu'ils pussent être. {Explan. uber. Jura* 
'tcdes, Leod. m Ducat BulHon. , ppv^?*) 

£nfin , Jean de Hetnsberg, lâs des contradictions que ses 
diocésains ne cessaient de lui susciter ,. vient trouver le duc 
de Bourgogne à la Haye, traite avjec lui de son évêcbé pour. 
Louis de Bourbon , neveu de ce prince , et , le 22 novembre 
2455 , s^étant rendu à Breda, il y fait sa résignation entre les 
mains du pape en âiveur de Louis. Le repentit suivit de près 
son abdication. Etant revenu à Liège , il la tint secrète le plus 
loog'tems quMl lui fut possible. ]^ais , à la. Penvlecôte de Van 
1456, son chapitre, n» pouvant plus en douter, renonce 
publiquement à son obéissance. Le prélat quitte Liège peu de 
|OQrs après , et se retire à Maëstriçht , où il vécut encoi^ trois 
ans , étant mort , non en 1 4^6 ; comme le marque SufFrid , 
mais en i4%f suivant Zanfliet, mieux instruit que SufFrid. 
Quoique débauché jusqu^au scandale, les Liégeois lui surent 
mauvais gré de son abdication, prévoyant les maux qu'ils au-, 
rpient à soufifrir sous le gouvernement de son successeur* 

LOUIS DE BOURBON. 

14^6. Louis , fils de Charles , duc de Bourbon, et d'Agnès; 
fille de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, fut nommé a Té- 
véché de Liège, sur la résignation de Jean de Hcihsberg ^ par 
le pape Caliste 111 , à la réquisition de Philippe le Bon , auc 
de Bourgogne^ Les bulles furent présentées au chapitre , dans' 
le mob de juin 14^6, par les procureurs de Télu, âgé pour 
lors de dix-huit ans. Le 20 juillet, il fit son entrée solen* 
nelle dans IJége , en habit d'écariate , entre les évéques d'Arras 
et de Cambrai 9 suivi des comtes de Horn et de Meurs, et de 
plus de quinze cents* gentilshommes à cheval. Ce faste annon-^ 
çait le goàt du jeune prince pour la dépense. Il ne mit en effet 
aucune borne à sts profusions. L'avance , qui naît de la pro- 

1 " 




«masser 
tout 



par là une grande confusion dans le commerce. Ces moyens y' 
et d'autres semblables de s'enrichir , joints à la rapacité de ses 
officiers , le firent tomber dans le mépris , et du mépris dans 
la haine publique. Bientôt on renouvela contre lui tous les 
attentats commis contre Jean de Bavière. Dans sa détresse ^ 
il eut recours au duc de Bourgogne, son oncle. La protection 
que lui accorda ce prince , contint pendant quelque tems lea* 



Ayant ehai^ kifr é^^que, ifa ëloféMt, té* ^4 fndnr, noli/i^' âÉMtt*'* 
bour^ ltar« dé Ràdë^ frèFe^ thi ifiinpqtfils êé Bââfe , ^ lWh«<^4M 
die' Ttètei e% de révé^ù^f de M«*t^. Lf^ i^ol dé Prà^sè ^ Lbub X4^^ 
iàstrutt dé cétl« révolution ^ dépédM en- âmba^âdettf tkta^ teî 
noiâ de làâi 4 mût faire aUîaiieé âVéte^te^ f;iëg««^ Lé ««*JacM^ 
le liiarquk de Badè àrrité à lièffe avec se^^rè^^; Ti^ïmêcfijm' 
et Marc, à la tété dé ifakitt tenH cà^iihHët à'né moitiitê^' 
mmibre de fàotas^Trts qu^ît a^'ait fàgtiÉ^iés éih •AHeikiagr^. TènM' 
se dr9{jQf^e à la ^erre t mair» ràr^fnl iMâri^aé^ Oh të^éi^ litiût^ ^ 
le s6 a^ôl , la ^ifimé qtfè te roi de Frâ^A^ salait ^Agâg^é à' 

frayer païf le fraffé. Pièrs de cé'sectHn^j tes Lli^gfiH[>k' eiitevetff ^ ' 
é 3ô d'à même tûols, uYi liérâkiâ U Bruxelles^, pout'âèùêt té: 
dc<c de hcfùtj^^tie à jtu éi à ^éng^ lÀ Ittéirk!^ j«iii< ^ ik sëf^Mli 
de l|èt(r§ imlrs en etdi*é def blits^ttle, «^ voÉf fai^e kirup^Myr^ d^Ttf > 
le Ltinèdui*^^ Lfif fiireâr atee ta^lie ilé ^ eemfxjrierff Vdé)< 
gôûie les Aliéndarids dé leur à^lliahtcé. hë tnârrqu)^* de Biideléf- 
abartdènne et fep^endf la route dé ^m j^stfs ^ avec t^ tfiiinlbétirv 
«Dil frère f qur né repÀrtii pltis à' lié^. (Fontdn:) &\à» àtniréi 
loOté , fe^ ùin^MéB t/àl^ient paid atténdéf kf IH^ de feoivdiéf 
de« Liégeofs éénite le due de Brmtge^ne,, ptfthè ^t&iàen&iit' l^' 
hostilité!) sut se^ t^re/9, Ënaetttisi de^ hâfti^larifâr dé |lâM!WM9 f 
létrrs Votslnf^, s^'jéUdé eé j^inéé, ils avaient hiî âé^ iturnsëê^ 
shr Mur terrHûîre dès le eèftiiAéneenffént dé f 4(^. Xlàt^, ^r" lA' 
ffii dé jutUef y iKi^ faux brui« hrtni /ëtatit ré^aifdir ^oé lé èoiafilé 
de Charolais avail été faft prisetitiier if la bataillé de]^olnllkiériif« 
létirnisolence ne cohnui ^asr de bôrne#. Il^ftrertt PéfSgié de^ éa^- 
peinte et, Payant Rendit è«rt gibet vi*4-v*s lés rtrtirà de BotrVi^eS^' 
ils criatént de totrte? leurs forcesr : f^éet Itjtb de c^ytreâué , kfa^ 
&aistrê y le eorkie ée Charofais que h rai ée Froncé tè^ foft é# 
fim pendit ^ ûoniMe il est- ùii pendu. Il se dimtijih du due / tf 
ikenfoét^ arns esMlf vflaiÉi hastkrdi Cette bravade leur coûta ehef' 
j^ar la suite. Lé duc en réserva^ la téngéânce àf son fil^v qui 
était pour lora^ éri FràOée. Mai», ^n attendant lé rétélir' d# 
ce prinee , \\ fit entrer d^n^ té ps^af dé JLiégé, au raéi^ d*dc^ 
tobre, un corps de dix-huit cents hommes, sous làf éMYrdt^hé 
du comté dé Mssatf: Oniâbaft dé ffiônténaré t èèiiStf lîeties' de 
Lîégé, entre ëeé trojïpés e* les Lîégeoisr. Céi*-cî,' qiti^i^e \ê 
doublé et phïs éi^ foroe!^, soteï tatUéd en pièeév. IM tainqneuré 
né perdirent qu'un seul arehér ; éequifiet^ dit itoiMtfélèi/iiwf 
Mlè Besogne pour les àéns au duc. Lé iS not^iilbre;' te éèfnité 
de Charâais assemblé à Me^ièîfes urié armée qu^l^oÂiclutt dahâ 
fe pays de Li^ge. i.à sfurprise et lé cptastertfarioti^, è'sb A arrivée^ 
^empar^nl des Liégeois S'iùiajgtnattit que le roi de Frartcfi^teé 
atràft fait'éMipreRdi^ dané te Mité dd 'Gon-flànsF, ita étàieirl 
. XIV. ^9 



dlans la Sjécilrité. Revenus de cette illusion ^ ils etiVdieiït utit 
ambassade au duc de Bourgogne pour demander la paix et n'ob* 
tiennoot quVne trêve, he ta janvier 1466 (n. st.), autre am-^ 
l^as^de des Liégeois au comte de Charolais pour accepter la 
paix aux conditions qu'il voudra y mettre. Le comte Taccorde; 
ipais 9 le 96 du même mois , elte est violée par ceux de St.^Trony 
cmi ppeçnenl querelle avec les troupes du comte au passage 
de celles-ci par leur ville. Le comte survient et apaise le tu- 
multe. A Dinant , les bourgeois , comme des forcenés , $em« 
bllaient courir de gaieté de cœur à leur perte. Non content de 
Itoutrage quHls avaient fait , Tannée précédente , au comte de 
Çhsirolais, ils |e renouvelèrent, cette année , envers le duc. de 
Bourgogne, Ayant fait f .effigie de ce prince , ils la placèrent 
devant Bbuvines sur un banc qui traversait une mare infecte» 
eii criant : Véez-cy le grand crapaud oosire duc , et d'autres pa^. 
rôles. infâmes. Résolu de les punir, le comte de Charolais' 
assemble. son armée, le i4 août, à Namur, et marche droit à 
I)ioa0t , ayant pour lieutenants le connétable de Saint-Pol et 
le b^l^i^d de Bourgogne. Le duc , lui-même , malgré ses infir«- 
ipités, se fait, porter en litière à Bouvines , pour être témoin 
du siège. On le. commence. Les attaques sont vives et la dé- 
fense vigoureuse. Mais, le 24 août , les assiégés^ réduits à Tex— 
tiréaMté>» demandent à capituler. Le duc ne leur. accorde que, 
ù vi^. L'armée victorieuse entrer dans la ville, qu'elle mile 
durant, trois jours. Le feu prend par accident , le quatrième 
îp«ir, à rhôtel-de-vîUe , et se communique aux quartiers voi- 
s^q% :Le comte ordonne aux soldais de le mettre à tout le reste 
4e la ville. Les murs, les tours et toutes les fortifications sont 
en V même tems détruites. Ainsi fut renversé de fond en 
Qomble Dinant., Tune des plus opulentes villes de la Gaule 
f^lgiquè. .Celle de Liège, ayant fourni des secours aux Di nan- 
tais 1 Pendant le siège, le comte s'avance en ordre de bataille 
]^our lui faire suoir le même sort. Les Liégeois trouvent moyen 
4e. l'apaiser en s'offrant à lui payer six cent mille florins, et à 
le i:eçonnaitre. pour mambour perpétuel. Le traité est signé \p 
8 septembre. 

Lan 1467 voit éclater une nouvelle révolte des Liégeois^ 
x^ntre leur évêque. Ils viennent l'assiéger, au mois de sep-, 
membre, dafisHui, dont ils s'emparent, le 16 ou 17 de ce 



mois ,; malgré la résistance d'un corps de cavalerie , que Charles, 

' ~' y avait envoyé. L'é 

^uye à î^aœjirf et de là se rend a Bruxelles. Charles, touclié 



depuis peu duc de Bourgogne, y avait envoyé. L'évêque se 



de so% ,4UJ^ 9 f rassemble promptement une armée pour te 
yenger,, (Mais « ayaot de se mettre en marche ^ il délibère avec 
^Q cop^il siNT ce qu'il fera des otages que les Liégc;ois.luirQînt 



DÉS iv^«E5 ET mt^CES Çfi LIÉfif. âiy 

iioanés par le dernier traité de pai|(. L'opinion du stigaetir (fu 
Contai est qu'on les fasse mourir. D'Iâibërcourt s'oppose à ce 
cruel avis , et conseille au duc de renvoyer , au contraire , c(^ 
otages à Idége. Charles prend ce dernier parti ; mais les lii^ 

Eois étaient trop agités par l'esprit de sédition pour' séntrr 
générosité d'un pareil procédé. Le duc commence par meiiér 
son armée devant une ville du Liégeois, nommée* Sainton psir 
Philippe de Gnnines^ c'est Saint-ïron, suivant le P. Foulon). 
Le SL^ octobre» les Liégeois, au nombre de trente miltef hom^* 
mes, volent au secours de la ^place. Bataille de 'Brustheimr, 
donnée , le 26 octobre , entre les Bourguignons et les Liégeois» 
Ces derniers sont défaits avec une perte que le bruit ^commun 
faitJaionter à neuf mille hommes : ce 4fui arable beaucoup ^ àh 
Cpnaines , à toutes gens qui ne veulent point mentir. Mais depuis 
çue je suis né, ajoute-t->iI yj'ay ifeu en beaucoup de lieux ùii l'on 
disoii pour un. homme qu'on en ai^oit tué cent , pour cuidér coné- 
plaire: el avec tels mensonges s'abusent bien aucunes fois lés mai^ 
ires. La vill^ de Saint-Tron se rend après cet échec, et lîv'rfe 
'dix. hommes au duc qui leur fait trancher la tête. Tongres^ 
voyant le duc approcher de ses murs , prévient sa rtiine en 
lui livriiint un pareil nombre de victimes. Charles dirige sa 
marche vers Liège. Le seigneur d'imbercoùrt , qui le "précède 
avec deux. cents hommes , va se loger à l'abbaye de Saint-Lau- 
rent , dans ui^ faubourg de la ville. Connu et estimé des Lié^ 
geois, d'imbercoùrt les détermine, te i5 novembre ,' à se ren^ 
are malgré les oppositions du seigneur d'Herse , le priV^cipal 
;Auteur ue la réyoMite. Deux jours après', le duc, accompagné dé 
l'évêque £t suivi de quatre mille hommes, efitre dans Liège-, 
jion par la^ pogrtè , mais par une brèche de vin^ Brasses , qu'il 
avait ordonné de faire. Le l5 du même mois , ayant assemblé 
le peuple , il fait lire, par un héraut , lès conditions auxquelte» 
il veut bien accorder le pardon à la ville. Elles étaient dures*; 
mais les conjonctures ne permirent pas de les refiiser. 11 part 
le ad novembre ^ laissant à d'imbercoùrt le soin de faire raser 
Jes murs et les fortifications de la ville , suivant un des arti- 
cles de la paix* Le légat du pane, arrivé, l'an 14^8, 4 Liège, 
lève publiquement , le 8 mai , l'interdit auquel était soumise 
la ville depuis cinq ans.- Le service divin , qui avait cessé pen- 
dant tout ce téms ,' y est rétabli» Louis de Bourbon , qui 
s'était ËÊiit ordpnner dans les derniers troubles , officie le jour 
.de la Pentecôte. Liège commence à jouir des avantages de l* 
paix. Mais bientôt elle se trouve replongée dans les horreurs de 
Ja ^édition. Les bannis, profitant de l'absence "de l'évêquç et 
de d'imbercoùrt , qui étaient à Tongres,etde l'éloignement 
^du.duç^ de Bourgogne ^ occupé à faire la guerre au roi de 



F,rsmçf , lïBQtreBt <has Liège à maia année , et CsorcMit I» 
.Jiat^ûaoM à fc «Qulever ^e pourrait. Le 6 oclalM'e^f ik ^^nt 
^^lei^r révoque d^a^ liMpgr^ , ^ la rasoi^aent à Liège ^ .après 
avopr.^a^acré spr la rout^« fis de ae$ çhaaoôu» lea plus affîdés, 
. ^vcc di^ autres persoupef de sa 9uiie. Ûea trâuiiiia de cea «xé- 
cbtiMia épurent €^ a^^riir le duc de Bourfia^ne à Péroona^ 
«ù 4 étaii alor;^ avec le roi pour traiter delà pais. Ëaagéraat 
le Jpa?} , î|$ i'asHirent que Tévéque et d'imbcreourt ppt été 
.ÇQi9IÇrÎB d^na le œaasacre , et attestent awr vu , daoa la coa»»- 

Sgnie , Içs aiocibassadeurs da roi «u'ils nomnM&t. Tranaporlé 
! co\hfi^ k pe récit , le duc &it terraer les portes dti cbdteau 
qn est le roi, le retient prisonnier durant troia îoiirs^ et le 
cpntraifit i inarcher avec lyi pour réduire les Liégeois» Le .aa«e« 
tol^rfç, l'armée des BOMr^ignoos cooifnence à se léger daas les 
laijlbourgs ^e Liège, et cette ytlte, quoique démaotdée, 09e 
eacpre SOM tenir i|iv siège. Le £9, les assiégés font uo^ sortie 
durjint U nuit , au nojiibre de six cents , p«Mir aurprendre i|» 
roi et le duc dans leur Ic^ Peu sVn fallut, soiixMt Philippe 
de Cooiine^ , témoin oculaire , qu'ils n'y réussissent. Le lenw 
demain | jour de dimapche, la ville est emportée d'assaut ; mais 
,les vfiinqueurs U trouvent presque vide, les habitants ayant eu 
le bonheur , poor la plupart ^ de s'évader pour gagner les 
Ardennes. Le duc« y étant entré, livre la ville au pillage^^ 
et n'épargne que Téglifte cathédralei» 1^ plupart des «lalMi*- 
j^eux nabitants qui restent sont précipités dans la Meoae. C'ér* 
taient prei^que tous des vieillards , ae$ feaaincs «t de^ en&nlS'; 
.)es autres sont égorgés. Le roi , téipein de cea hoivenrs, nrend 
congé du duc, le a novembre ^ après lui avoir «anseilléde 
mettre le feu k la ville. Charles suit ce conseil affreux , et laîaM, 
en partant^ le ménie jour, quatre mille hottinaes^ sons la een- 
duite de d'imbercourt pour l'exécutef . il excepte néanaaoins 
de l'ino^die les églises et les maboni des chanoines; et erfo ^ 
0M €01^9^9 dit domines, quê Ja vilie ^'êoH m éii nspewfke; ear 
'Çe grtmd pmph ^e^int dem9ur§r u0ec iês fffélm» , qui étaient en aï 

Srand nombre, suivant le même auteur, qu'tif se dkaU muitmi 
emefse» par Jour à l*éfft ^^à Home. Le teflasalors était ai 
froid , que le vin , gelé dans les tonneaux, était coifpé à coups 
de hache et fondu au feu. (Paradin.) On peut juger par-là 
combien il dut périr de Liégeois dans leur ^ixe. Tant qne 
i.h irles vécut , lé pays liégeois et sa capitale ne purent faire que 
de Siibles efibrts pour ae relever de leurs pertes , accablés qu ih 
étaient par les taxes dont ce prince les chaiveait. Mais , après 
#a mort , la rehitse que Marie, sa fille et son héritière , leur % 
des arrérage! qu'ils devaient, ranitaa leur industrie et leur 
C9urdge, On éma dans Liège à renvj. dç nouveau* édificer^ 



DCS évii(^^ ET PÀ1Ï9CE& 0£ LIÉGC. ^ i^^ 

9fto»j^iiie i la vérité f ce qai fyh qu'encore «ujéurd^tii, If« 
Vues (ie c€He gnamle ville «ont étroUfis pour la plupari et aul 
alignées. 
Tandis que )es htlnUiits de Liège lont occupés à ces travaux, 

3n nouveau lyrao trouble là pait de cette ville ^ et entreprend 
f^ la subju|^er« Çr^uilUtume de Ja Marck ^ seigneui^ d' Arembeiigp 
. et de plu3ieiyi> autres terres dans .le Liéigeois, surnommé pour 
saférplûté fe S^mfier des Ardermes 9 avait servi , du vivant du 
duc Cbarlei , tantôt les Liéseoîs, tantôt lesSourguignonB, et s^é- 
tait irenAu toujours fomiidaple dans le parti qu'u avait enilirassé. 
.'M^is apx*ès la mort de ce prince 9 ayant été fait gfiind tnayenr 
,de Jiége ^ il voulut 7 dominer , et ne soulTrit pas qu on y prît 
aucvne •déljjbération sans s^n aveu. L'évéque, jaloux de laut<>* 
.rite qu'il usujf:pait, voulut le réprimer d^abord par les voies de 
la douceur; puis, voyant qM'cllcs n'opéraient rien sur ce cœur 
féro<îf , _ 1) employa cettes de )a rigueur. Ce qui le détermina 
\ surtout à prendre ce dernier parti , ce fut^ ^assassinat de Eir- 
. cbard^ garde du sceau : crime que Guillaume commit presque 
fi/cm&\^ ytux du prélat* Indigné d'un pareil attecitalt 9 Louis de 
^Bomiiofi assemble les tribus au mois de septembre i4^o, et 
fait pdroscrirç )e coupable comme un ennemi public. Guillaume, 
furieùei de (^ cbâtiment , quoiqiie trop léger , sofl de la ville , 
jne^^^espirant que la vengeance. Mais il laisse en partant une 
jcmience 4^ divisioi^ entre Tévéque et Les magistrats , dont U 
.plupart étaient tuécontents de $Qa gouvernement* Il passe en 
FnaofCe, ofEra au roi Louis XI, de faire soulever le pays d^ 
Liège «en sa £iveur , et d'ouvrir aux Français Ventrée du Braoant. 
.,Le roi ^ le trouvant prt)pre i exécuter Tentreprise qu'il proje«< 
tait y lui donne une compagnie de cent lances et trente, mille 
livres pour faim de uouvelTes recrues^.M^^pour.dpnner le 
change à Loiâs de Bourbon^ il fait donner ordre à Guillaume., 
.quelque leiçs après, de sortir de ses états. Celui-ci «étant ren«- 
tré dans le pays de Liège ^ se trouve bientôt à la tête de quinae 
cents hommes déterminés, à qui il donna pour uniforme un 
habit rouge avec uiie hure de sanglier brodée sur la manche, 
^vec cette troupe, il se montra tel quHl i^ail. déclaré .par son 
,arrét de bannissement , un eunenai capital de la patrie, piortaik 
le fer e^ le feu partout , sans distinction du sacré et du profane. 
JSa férocité augmentait à proportion du peu de résistance qu'il 
épr«>uvait. Le prince d^Orange , envové par l'archiduc Maximih 
lien ' pour s'opposer à se$ progrès , agit taibl<einent contre lui y 
ittqMaqoe volontairement les occasions de le mettre hors xi'était 
de nu^re. Enfin , Taii 1 4Sa , Tévéque , apprenant que Gaillaume 
,s'av4i9çaiten diHgente vers Liège, assemble è la hâte les milices 
bourgeois » ^ les conduit i rennems qui n'était- plus qu'à 



-\ 



dSo ' CHRONOLOGIK HISTOAIQUK 

quelques portées de fusil de la ville. Celte troupe mal aguerrie^ 
et dans laquelle d'ailleurs il y avait des traîtres , fut bientôt 
mise en déroute. L'évêque, par nécessîlé, parce qu'il setrorf- 
▼ait dans un défilé où il ne pouvait ni fuir ni reculer , est 
frappé au front d'un coup de sabre de la main d'un soldat; 
Guillaume de la Marck lui en porte un autre à la gorge, et' y 
ayant ordonné à un de ses gçns de l'achever, il le fait jeter 
dans une mare voisine. Ainsi périt , le 3o août ( jour des saints 
Félix et Adauct , suivant un ancien manuscrit ) , prRS du moii* 
lin de Veitz, Louis de Bourbon , évéque et prince de I^iége, 
homme de bonne chère et de pkusir , dit Comines , €t peu cannois- 
^ant de ce qui lui esioïl bon ou mauv>ais» Son corps , retiré de ta 
mare au bout de trois jours , fut inhumé dans sa cathédrale. 
Ce prélat, en mourant , laissa , d'une princesse de la maison de 
Gueldre , trois fils naturels ; Pierre de Bourbon , tige' des 
comtes de Bourbon-Busset , aujourd'hui existants ; Louis', 
enfant d'honneur du roi Chartes Vlll ; et Jacques , grand* 

S rieur de France , duteur de la relation du siège de Rhooes par 
[ahomet 11. Guillaume de la Marck, après son infâme victoire, 
entra dans Liège , et poursuivit les partisans de Louis de fiour-' 
l)on hors de la ville , mais sans pouvoir les atteindre. De retour 
i Liège , il prend le titre de mambour, et y dispose dé tout 
en maître. 11 destitue les officiers municipaux qui lui dé|>laii- 
^ent, et en met d'autres de son parti à leur place H assemble 
les chanoines de la cathédrale , et les oblige dç donner le 
gouvernement du château de Bouillon à Robert , son frère ; 
commission dont celui-ci prêta le lendemain serment de fidé*- 
lité au chapitre. Guillaume, poussant la violence plus loin, fait 
élire , à force de menaces , Jean, son fils, qui n'était encore 
que laïque, évéque de Liège. Mais la plupart des chanoines , 
regardant comme nulle cette élection forcée, quittent la ville, 
et se retirent à Louvain , pour y procéder à une électioti 
libre» 

JEAN Vlll, DE HORN- 

' i48a. Jean de Horn, prévôt de l'église de Liège, fils de 
Jacques, comte de Horn, fut élu pour évéque par une partie 
des chanoines de Liège, assemblés à Louvain, tandis que l autre 
nomma Jacques de Croï , frère du comte de Chimai et protcn- 




tpectits des parti 
entra dans le pays de Liège à main armée pour venger la moit 
de Louis de Bourbon ^ prit quelques places , échoua devant là 
capitalci et s'en retoitroa. D^un autre côté , les partisaïis dei 



/ 



rm^ ÉVOQUES KT PRXKCtS DE LIXGB. 23 r« 

ftoU concurrents s'armèrent les uns contre les autrj^sans aU%n« 
^e. le jugement du saint siège. Ce^ guerres , animées par Pes* 
prit de schisme , replongèrent le pays liégeois dans de nouvelles 
norreurs , et réduisirent la capitale à de. fâcheuses extrémités, 
^fin , on reçut de Rome une huile qui cassait Félection de 
Jean ,de la Marck , et laissait en suspens celles de Jean dé 
Horn et de Jacques de Croï. Les partisans de ce deihnier pro- 

r)sèrent de diviser Tévéché de Liège , en dbnnant le Liégeois 
Jean de Horn et le Brabant à son rival. On se récria contre 
cf!tte proposition qui fut portée en cour de Roine , et ceux 
même qui Pavaient faite la désavouèrent. Enfin Jacques de 
Croï , se défiant de son droit , prit le parti d^ renoncer moyen^ 
nant une pension de quatre mille florins qu'on lui accorda. 
Çlouvelle bulle en conséquence qui confirma , le 3o janvier 
1434» Sélection de Jean de Horn. Guillaume de UMarcket 
son frère , après quelques difficultés , se soumirent , par le 
cpnseil de leurs amis, à ce jugement. On promit au premier, 
par traité conclu à Tongres, le ai mai i4S4f une somme de , 
trente mille livres , de quarante gros de Flandre chacune , en 
«dédommagement des frais qu'il prétendait avoir faits, durant . 
la dernière guerre , pour la défense du pays ; somme pour la- , 
quelle on lui hypotnéqua le duché de Bouillon avec le mar- 
quisat de Firancnimont. Et tel est le fondement des droits de 
la maison de la Marck sur le duché de Bouillon. (^Explanatio 
Jiiris EccleS' Leod, in Ducat. BulL, p.. laS.) Le 7 novembre 
suivant, le nouveau prélat fit son entrée solennelle à Liège, 
et Guillaume voulut être de son cortège en cette occasion. La 
réconciliation entre ces deux ennemis fut telle en apparence , 
qu'ils étaient ensemble de toutes les parties, n'avaient souvent 
qu'un même lit et une même table , et semblaient en toutes 
rencontres se disputer d'amitié. Mais ces démonstrations paru- 



K^f f a%«« l^Wi» ■ »..»■«.•»«»»»» •• '•••• g>»>»<»- -— w^'-^ ■—..»-- —iv.-— '—-»'_ -v..a.v ^s>r«ay 

t'y rendit sans armes , ne soupçonnant aucun mauvais dessein. 
Après le repas et les jeux qui le suivirent, l'évêque et Frédéric^ 
son frère , montent à cheval, comme pour aller à Louvain. 
Guillaume, à leur invitation, les accompagne. Mais sur la 
ipute, Frédéric ayant proposé un défi à Guillaume sur la vîtesse 
4e leurs chevaux , ils descendent pour les faire monter pai leurs 
pages. Tandis qu'ils cheminent à pied , Guillaume tombe dans 
line embuscade qui lui était préparée dans la forêt de Hers* 
Guillaume voyant des satellites venir à lui iQue veulent ces gens^ 
ifi F dit-il à Frédéric. Us \fous arrêtent de la part de \ Varchiâuc 
MaximUien^ répondit celui-ci. (C'était en eiTet avec ce prince 



t szftdtie trnr pârpier, priMit h Ifarck de Têiifctner s'H n-a pu 
se dîspèjÉisef d'crhéif aux arât^ de sùti 9ùXii^ièn\a, ÙU prétendez^' 
^miM mnâvârt? dît fa Wifrclt. A Maf^ttkta^ fépdcrd Frédérre* 
Dites à la mart^ répliquer là Msrrck . et H ût tâissè co^di&fé. Lsfc 
pi^cëdure nre fnt |)fâ9 longoe. La Marctt, ècmdamiré cfp^ tb ^mf 
niéme parles édievy(ïs à perdre la téfe, monta trâCniqfàîH^iA^tft 
Mir rérfaà&ûd , ôta lui-méflde sesf habits et sa Chaussure qu'ît 
jeta a^ peuple a$sêitrbté , donna se« éhmeui à côUj^éf acr bouf-r 
reau, et hii teddit îe cou sarrs démeiitir uri ^ul tr»ôn«nt cette; 
fierté mtitialer ou plutôt cette férocité tiàturefle qui lirt avait' 
mérité le isurnotn de Sanglier dé& Ar^éttfiés\ (M. fâbbé Garniér.) 
Son corps fut inhtïttié le Irtidemarin dâtis le ciitietièrede Saint- 
Servais. Cet événeihetit répandit la constef nation datis la >itfé 
de Liège, •Robert de \^ Marcl, frère de Guîllautne/ â5ram 
a^embféie peupfe , le conjura de rester frànquîtïe sans prendre 
parti dans cetteafFaire , l'assurant que la vilte ne souffrirait point 
dé la vengeance qu'il prétendait tirer des auteurs de la mort dé 
GuiHaume. Peu de tems après, on vit arriver Gis de Canne à U 
tête de quinze cents cavaliers allemands qu'il amenait au secoufitf 
«Te Robert. L^étoquence avec laquelle il baranguales Liégeois,' 
lui concilia d^abord leur Confiance et leur affêction. Bientôt il 
se rendit maître absolu dans ta ville. Le roi des Romains ayaikl 
^nsK^k des ambassadetnrs à liég^ pour ménager un accommo-- 
demenf , Gis de Canne empêcha , par ses discfours , que kr 
traité n'eût lieu. Feu de tems après ^ il fit tine iri'tipriom à^tt^ 
le comté de Horu , où ri commit de grands déj^ts. Robert def 
la Marck , de son côté, ravagea tes environs de Ma&tricht ave^ 
Ëberhirt, son frère. L'évéque, cependant, rétiré i LouTvain^ 
fulmina contre ses ennemis une sentence dreiéoitimunTcatîoii ^ 
dont on conserve encore un exemplaire datls tes archives de 
Tévélché de- Liéjge. 
' L'an i486 , le 6 du mnis cfe maitf, Gis de Caftne ^ au retouf 
d'une expédition qu'il avait faite dans le comté de Lôss , assassine 
«ti plein marché Pierre Ronchair ^ sans aiïtre sujet que celvjr de' 
la rivalité, ne pouvant souffrir tin collègue dans sa domination. 
Alors il employa la violence contre tous ceux qui c^aient lui 
résister. L'excès de son despotisme irrita les Liégebis , peuple , 
comme on l'a vu jusqu'ici , peu' disposé â supporier une âuto-> 
rite, iitéme légitime. Une tour que Canné rait construire à lâr 
porte de Sainte- Vauboufg , pour tenir les Liégeois en bridte , 
achève de les révolter. Ils s^assembtent en armes sur la place ^ 
le ^Smats, pour aller détruire cet ouvrage. Gis de Canne sur- 
vient avec ses sateUites , dans la confiance que sa seute présence' 
iKssipdra cette muhittodé. H est- renversé^ par tin-des'bourgeoîsf 



)ts autres raobèvent) et meUeni» troupe en fiiite: Aôbfirt cl« 
la Marck et »d$ partisans , après cet événeoiefit , se sauvept,dans 
ies Ardennes. Mais bientôt , ayant rassemblé .de nouvelles 
forces,, ils rentrent dans. le <pays, et viennent se présenter, dj;-*- 
•vant Liège. Ayant .étsibU leurs Jjatteriifs sur la .montagne ^e-^U 
Chartreuse, le 7 janvier 14^7, ils pressent le siège de /cet*^ 
irilie avec ia.plus graa<4e ardeur ; mais, toujoufs repoussés avec 
la même vigueur^ ils soai obligés de.se retirer, au .bout de 
4lix-huil jours» L^an .14^ «le i^^roars, pendant Tabsence de 
Jean de Horn , .£berhart de là iVarok ^ frère de Robert , au 
moyen des intelligences. qu'il avait pratiquées .dans Liège , ^ 
•rend maître de. cette ville .avec cinq , cents bommes , apnèis 
ouelques combats contre les gen$.du|irélat: l.ia ; faction qiû 
1 avait appelé ^ se.jetlie dans 'lé palais épiscopal .qu'elle met au 
pillage , et décltarge sa .fureur, contre les personnes: et les biens 
de ceux qui :lui étaient odieux. Jacques -deCroï. profite, de cette 
.révolution pour faire revivre «s^ prétentions h ^Uévéohé de 
Xiége. Il s^empane de tous les ^novenus épiscopaux , et se porte 
.ouvertement pour évêque.J^ France, dont il avait iréclamé la 
.protection ,lui,envoie , dans le^mois de septembre, oeuf cents 
chevaux sous la conduite de Gratien de Garre , capitaine de 
Mouson, qui fait arborer les armes de cette monarchie dans 
Liège. 

Lan 14% 9 la faction de la Marck , après avoir tenté vaine- 
.jnent , le 2^ mars , d'escalader 'Maastricht , va faire , le ;> i avril, 
Avec aussi peu de. succès, le siège de Saint-Troo^ où Jean loie 
:Horn s'était renfermé. I^es hostilités continuèrent avec le, plus 
.grand acharnement pendant le r^ie de cette année et les qetiK 
.suivantes. On - convint de quelques trêves au commencemeAt 
• de 149^9 pour aviser à la paix. Eufia elle fut conclue le ip 
.avril de cette année , par la.médiatioti du r«i de France , à* Var- 
vantage de Jean de Horn. Pour la cimenter, le prélat. nomnia 
-Eberhart de .la Marck grand mayeut* de Liège , et fit épopser 
fà Kobert, son fils, la fille du>comtc de Horn. Ijc ;a& juillet 
suivaat , il entra dans Liège ; «tais , ayant ;trouvé .son .palais 
.presque . entièrement détruit, il n'y fit p$ts un long séjour,. et. 
:aepuis cCitems , on ne le vit plus que rarement.en cette vill^> 
.Maëstricht fut le lieu qu'il choisit dans la suite pàursa. césÂdenoe 
ordinaire. Le pays de Liège , pendant. les deux.années suivantes , 
.eut beaucoup à souffrir des excucsions des. troupes du.roi des 
Romains, i^ui étaient dans le.Brahaat. I«e 12 décembre 1494 , 
elles prirent par escalade la. ville de Saint-Tron. Jeaude Horn:» 
à cette nouvelle, leva promptement des troupes, et- via t 
lassiéger la plate , oui fut: évacuée, le aS janvier suivant, par 
i'ordre i}ue. .MaximiUen fit donner à la. garnison, de retojiroir 
XiV. 60 



â34 OPROTHOtJOGlE BISTOaiQOS ^ 

en Brabdnt. Délivré des guerres étrangères et domestiqués, i^ 
prélat , sous . prétexte d^acquitter les dettes qu^elies lui avaient 
occasionnées , surchargea ses peuples d^exactions. De là lés 
murmures quil punit avec rigueur, et quelquefois même avec 
cruauté. L'an i5o5 , il >omba dans une maladie de langueur 
qui l'avertissait de penser à L'autre vie : mais, plus occupé du 
soin d'amasser de quoi fournir à son luxe , que des afiaires de sâ 
conscience , il cherchait de nouveaux moyens d'augmenter les 
Ànpositions' publiques.^ S'étant rendu pour ce sujet , le 9 dé^ 
cémbre de la même année , à Liège , il assembla les différents 
ordres de la ville , et leur fit la demande d'un nouveau tribut. 
Il essuya un refus net , après lequel il partit le 1 1 , transporté 
de colère, pour ne plus revenir. 11 mourut en effet, le it^ du 
même mois , à Maëslricht , et fut enterré aux Cordeliers de la 
même ville avec l'habit de ces religieux , comme il Tavait 
ordonné par son testament. Jeau de Horn n'eut d'épiscopal 

3ue le titre : voluptueux , superbe , impétueux , il ne connut 
e bornes ni dans ses plaisirs , ni dans son Ciste , ni dans àà 
colère. On raconte de lui des traits de violence qui font horreur. 
•Sa mort , comme celle d'un tyran j répandit la joie dans tout 
son diocèse. 

ERARD DE LA MARCK. 

i5o5. Erard de 14 Marck, chanoine de Saint-^Lambert 
et protonotaire apostolique, fils de Koliert de la Marck et 
frère d'un autre Robert , seigneur de Sedan , fut élu d'une 
voix unanime , à l'âge d'environ trente-trois ans , évêque de 
Liège , le 3o décembre i5o5 ( i5o6, suivant le slyle du pays ). 
Après son élection , il se retira dans la Chartreuse du Mont<*- 
Dieu , oii il passa le carême pour se préparer à recevoir les 
saints ordres. Ses bulles étant arrivées de Rome dans les fêtes de 
Pâqueâ i5o6, il se fit ordonner prêtre à l'abbaye de- Saint-. 
Laurent, reçut ensuite la consécration épiscopale à Tongres , 
après quoi il fit son entrée solennelle dans sa capitale, la veille 
de la Pentecôte. Jâége vit en lui ce qu'elle n'avait pas vu depuis 
long-tems , un prince équitable , modéré , préférant le biea 
pxiblic à ses intérêts particuliers , un prélat qui avait des mœurs , 
de ta science , et du zèle pour le salut des âmes. Dégagé de 
i'esprit de faction , ii travailla à le détruire entièrement dar^ 
le pays. 11 traita également , contre l'attente des uns et dés 
autres , ceux qui , dans les derniers troubles , s'étaient déclarés 
pour sa maison et ceux qui avaient suivi le parti opposé. Lie 
mérite seul , de quelque côté qu'il se trouvât , fit pencher la 
lialance entre ses maÎM^ et il n'eut point d'autre règle daiis 



DES àrÈf^BS ET Pfl^CES DC UËGE. sAi 

la distribution des emplois et des dignités. Il eût été néântooins; 
à souhaiter quVntièreniënt dégagé d'ambition ^ il se fût appli**. 
que à lui-même les règles de l'église touchant rincompatimlité 

- des bénéfices à cha^rge d'âmes ; car il ne fit pa& difficulté d'ac- 
cepter l'évêché de Chartres que le roi Louis XU lui procura^ 
dans le mois de juin iSoy , et de le joindre à jcelui de Liége< 
Mais, de son tems, l'abus en -cette matière avait prévalu sur 
les canons qui le proscrive]»!. La même année , notre prélat, 
étant parti pour les Acëennes, dans le mois d'octobre, visita 
Tâbbaye de Saint-Hubert , où il établit la réforme. De retour à. 
Liège, il entreprit d'en relever les murs, et jeta les fondements- 
de deux bastions aux portes de Saint- Laurent et de Sainte-^ 
Vaubourg. 

L'an i5o8, il commença la reconstruction du palais épisco- 
pal, ouvrage qui l'occupa pendant trente années., et qu'il laissa 
à finir à son successeur. Les dépenses que ces travaux lui occa-«. 
sionaient, ne l'empêchèrent pas défaire, dans la même amiée 
iSo^f plusieurs riches présents à son église, tels que ie buste- 
en or de saint Lambert , du poids de vingt marcs» la châsse en 
argent de saint Thédart, et de riches tapisseries qu'il fit venir- 
de Paris. Les soins du prélat ne se bornèrent point à fortifier et 
à décorer la ville de Liège. Pour mettre en sûreté le pays , il ea 
fit réparer, les places les plus importantes , et donna particuliè- 
rement son attention à la citadelle d'Hui. L'an iSio, il fit re-^: 
construire le château d'Hierges, qui avait été détruit de fond ew 
comble sous le gouvernement de Louis de Bourbon. Ce fut dans^ 
cette année, selon Chappeauville , ou plutôt la suivante , que le 
roi Louis XH l'envovs^, en qualité d'Ambassadeur, auprès de:^ 
l'empereur Maximilica , pour le retenir dans l'alliai^e faite par. 
le traité de Cambrai contre les Vénitiens. Comme le pape 
Jules H s'était déjà détaché de la ligue, le elérgé secondaire de 

^iége prit occasion de cette ambassade, qui ne pouvait être 
agréable au saint père,- pour lui demander qu'il étendît les. pri- 
vilèges di'exemption que les papes ISicolas V et Sixte IV lui 
avaient accordés. Jules fit droit sur la demandé, et donna pour 
supérieurs immédiats à ce clergé , les doyens de saint Pierre 
de Liège , de Louvain et de Bois-^le-^Duc. Telle est l'origine de 
cette exemption, sur le plan- de laquelle on créa, dans la suite, 
divers évêchés , formés aes démembrements de celui de Liège.' 
On dit qu'Adrien Florent, précepteur de Charles-Quint et de-- 
puis pape, fut celui qui donna le conseil de sollicittr, cette 
exemption ; avis , ajoute- t-an , qui ^ dans la sjaite ^ liû causa du 
regret. 

• L'an iSiS: (n. st. ) , Ërard partit , le i5 janvier ^ pour assister 
ausacic du roi François. L 11 abandonna^ l'an i5i8, le parti <ie 



œ prîttce, auquel il avait été attaché jusqu^alors, pour embrat-' 
set celui de Cbarles^Quint. On prét^end que les mauiwîs traite- 
ititen*s duroi de Fnance lui- firent prendre cette résolution. Voici 
W rais|oii- ha plus plati!^lie que Vùiai donne à ce changement. 
£i^ânrd> afVa^T engagé ie roi Framçois I à sollicitei* pour lui le cha- 
peau'de carâitiai ^ nfiaisr tandisi que le monanfoe faisait poursuivre 
c&ve- affaire à Rome, la du<*hesse d'Angouléme, gagnée par la 
p>ydmes^e d'une somme àe quaranto» mille ééus,> écrivit au nom 
m roi yStm fiis , et , à^ son insu , aa p»pe Léon X , et à Tambas- 
stid«iur de France , qti'il désirait plutôt cet hônmeur pbur Far- 
che^wedë Bourges , frère de Boyer» trésorier de son épargne 
(•tjiif aràit» prom^ les quarante mille écus ) , que pour rëvêqoe 
de Liège. La lettre fit son effet, ft l'archevêque de Bourges ob- 
l-i^t le cai^dinala^ au nréjodlce de l'évêque' de Liège, {ùacon. 
îlfr Èeon X. ) Qtfot qu'il en soil de cette anecdote , le dimanche 
dans l'octale de If A scansion, Ëra^d fit , dans lar ville de Saânt- 
Tron , lin tfaité d'alliance avec les ambassadeurs de Charles : 
engagement dont rien, da«s la suite, ne put le détacher. Vem^ 
l^ereuf MaiÉiraili^en , rarvi de voir notre prélat dans les intérêts 
fte son petit-fils . Ini en témoigna saf reconnaissante par un di- 

IÛÔisAt d'u a4 Juin de cette année, qui confirmait tous les privi- 
égçjs? et? toufes les pôss^sïOrts de l'égUjJc èe L»ïége , défêhdait de 
traduire à dfes tribunaux étrangers, les sujets de cette église, et 
ne pérmtittsfrt d-appeler des j^ugements rendus par les magistrats 
du pays'âu couserl impériai) que pour des causes dont l'objet 
excéderait la somniftô de 600 fiorin» d'or. L'an 1S19, après la 
ïSiort de Mâ^imtliefn , t'évêqiie de Liège s'étant rendu k Franc- 
fort , fit s?i bien pa^ ses intrigues, que Charles-Quint y fut élu 
rmpét*eut p^ préférence à François l , sonf compétiteur. Robert,* 
sbn fi-èrc , printe de Sédâ>n , qu'il avatt engagé dans son alliance 
avec l'empereur, s^ètant remijf, l'an? iSai^ sous la protection 
de la France , et ayafirt osé même déclarer la gucrt^ à Charles- 
Quînt , l^évéque de Liège, fut le pï^emier à se jeter sur les terres 
de ce prétendu rebelle, à lui enlever ses places, et à le traiter 
comme le plus cruel ennemi. Cette conduite lui attira des repro- 
ches, dont H se consola par Je chapeau de cardinal que Charles- 
Quint lui obtint de Lé<>n X, le q août de la même année. L'an* 
1S22 , nouvelle faveur qui flatta beaucoup son ambition. Ce fut- 
la légation des Pays-Bas qui lui fut conférée p^r le pape Clé- 
ment VU. Charles-Quint loi rendit, la même année, le duché 
de BouiRôn , dont le comte de la Marcfc avait pillé et brûlé la 
ville et le château, l'an i5^o, par ordre de ce prince. Cepen- 
dant, le roi de France avait fait saisir les revenus de son évêché 
de Chaftr^. Erafd , dese&perant de les recouvi'er , fit la résigna- 
tiiHi dé ce bénéfiee, l'an lûaâ, en faveur de TéTêquc de 'Cour-. » 



DITS iy^f^ffm vt Pief»c& i>ir i^iége. :tif 

naî, rtioyennânt une pension de 45oo florins. L'empferétir Ite 
dédommagea peu de tems après en le nomtnant à P-archevêché 
de Vftlonce en Espagne. H etcmff», Van iS3i , non sans peine, 
iitie sf^ditton que la mnine et l 'avarice des fiches avaient occa* 
stonée dans Liège. L'an i5H:a^ l'iévêque dfe Liège sévit contre 
les Ijuthétiensf qui' s'étaient introduits dans son diodèse, et y 
dogmatisaient à ta feveiir de Tédit' impérial <$|ui suspendait les 
controver^s de religion. Quelques-uns de ees sectaires furent 
condamnés au feu, d'antres à la prison, au bannissement ou à 
^amende. On continua ,* dans les années suivantes , à les pour- 
suivre , et le pays à la fin se trmiva purgé de cette pèsle. L'an 
1-538; £rari de la Marek tombe mitade, le 18 février,- d* une 
indigestion de moules, dont il meurt le 18 du mois suivant, au 
grand regret de ses diocésains. On Venterra dan^ sa'eathédrale 
avec une pompe extraordinaire, dans un tombeau qu'il s'était 

Eépai^ lui-même, et sur lequel on voit encore sa statue de 
onze doré. Outre ses ordonnances synodales, il laissa diverses 
constitutions contre les blasphémateurs, les hérétiques et les 
impies» 

CORNEILLE DE BERG. 

i538. GoANEiLLE bfc Berg , fils de Corneille, seigneur de 
Berg, et de Marie dé Suemberg, qù'Erard de lat Marek: avait 
obtenu potir i^oadjuteur dès iS^a , lui succéda, et fit son entrée' 
sotemielle dans Liégè, le ij mai' i538. Des anabaptistes s'étant 
îilllroduits dans sondibcëse, il en fit punir de mort une partie, 
et par-là mit les autres en fuite. L'an r54<>, il reçut h Liège, 
dafis ie mois de mars, Ferdinand, roi des Romains, au passage 
de ce prince, pout aller trouver l'empereur, son frère, dans 
les Piaiys-Bas. Corneille publia divers ëdits pour établir une exacte 
police. Il pourvut à la sAreté du pays fen fortifiant la capitale , 
en réparant les châteaux, en éloignant les gens sans aveu, en 
prévenant les séditions , et en mettant les troupes sur le bon 
pied. L'an i9^i, à la prière de l'empereur, il se donna pour 
coadjuteur, au mois de janvier, Georges d'Autriche, qui s'était 
fait agréger au chapitré de Liège dans le nioîs précédent. L'an 
•ÏS44, accablé d'infirmités, il se démit de l'épiscopat dont il n'a- 
vait jamais exercé les fonctions, n'étant pas même prêtre, et se 
ristira dans la ville d'Hui, où il mourut quelque téms après sans 
qu'on sache en quel mois ni en quel jour. 

GEORGES D'AUTRICHE. 

• i54}. Georges d'Autriche, fils naturel de l'empereur 
Maximilien^ archevêque de Valence, en Espagne, et évoque de' 



sSS CHRONOLOGIE HlfiTORlQUll 

Brixen, en Tiroly ayant appris en Espagne quW étmi élu coacl>«*^ 
)uteur de l'évéque de Liège, se mit en route pour ks l*ays»lias. . 
Mais il fut arrêté à Lyon , détenu prisonnier, et n'obti-nt sa H — 
I;>erté qu^en payant une forte rançon^ Après Tabdication de Cor- 
neille de Berg, il partit de Bruxelles, où. il s'était rendu de- 
Lyon, et fit son entrée solennelle dans Liège , le 17 août t54i:« 
Dans les premières années de son gouvernement, il fit plusieurs 
règlements , de concert avec les états, contre les hérétiques , les < 
vagabonds et les meurtriers; il acheva les fortifications de &ik. 
capitale, et empêcha Tentrée des troupes étrangères, dans le . 
pays. L^an i546, il permit à la reine Marie, gouvernante des. 
Pays-Bas, de bâtir une forteresse à Mariembourg, dans le. ter—: 
ritoire de Liège, sous la promesse qu^elle fît de donner, en com-^. 
pensation ,*le château d^léristal , et avec la clause que la garni-^ 
son de Mariembourg n^entreprendrait rien contre le pays de-, 
Liège, même dans le tems ou les Liégeois seraient en guerre- 
avec la Flandre. Mais les Autrichiens manquèrent à. leurs engd-< 
gements, quoique renouvelés en i54^. Non contents d^éle ver la- 
forteresse Je Mariembourg , 'ils construisirent sur les terres du<« 
Liégeois, en i555, le château de Charlemont , et deux ans après; 
celui de Philippeville, sans donner la place quUls avaient pro-« 
mise en dédommagement. L'an 1846, Tévéque de Liège rendifer 
un décret , portant défense. d'admettre aux fonctions ecdésias-^; 
tiques tout prêtre qui n^aurait pas subi Uexamen de son grand, 
vicaire. L'année. suivante, à la demande de l'empereur, il as^ 
sembla le chapitre de sa cathédrale, le i". septembre,, ptour 
l'élection d'un coadjuteur. Le chapitre nomma cinq sujets pour 
être présentés à T empereur» qui choisit entre eux Robert de- 
Berg. Mais il ne fut admis par le chapitre que le i^*^^ jaayiep^. 
iSSy. L'an iSSi , Georges a'Autrichç^-ne pouvant se rendre^ 
à raison de sa santé , au concile de Trente , où il était mandé ,^ 




^ut depuis son èvêque suffragant. 

L'an i55a, Robert IV, prince de Sedan, reprit, en juillet^ 
le château de Bouillon, que l'évêque Ërard avait enlevé à Ro-^ 
bert 11, son frère. La garnison , indignée contre le gouverneur, 
de la place, Guillaume, bâtard d^iiorion, qui l'avait rendues, 
lâchement sans son aveu, le saisit, après l'avoir évacuée.'^ et^ 
r(fmmena garoUé à^Liége, ou , le i5 avril ^de l'année suivante^ 
il eut la tête tranchée en plein marché. L'an iS54, vers la fia 
de juin , le roi de France , Henri II , dans la gueni; qu^il faisait 
à Charles-Quint aux Pays-Bas, se rendit maître du nouveai;^ 
château de Mariembourg presque sans coup férir. De là^ s'ét^auvfc 



DES iytqvES bt princes de liège. aSj 

avancé dans )e Liégeois , il prît d^assaut Bouvines , le 7 juillet , 
«t fit raser la place après Favoir pillée. Le lendemain, il vint se 
présenter devant Dinant , qui soutint sept assauts pendant deux 
jours, et se rendît au dernier. Covin, Fosse, Agimont, Orchi- 
mont , toutes places du Liégeois , subirent ensuite le joug du 
monarque français. F/an'iSSy, Georges d'Autriche, api*ès avoir 
langui pendant plusieurs mois, termina sa carrière le 4 mai, k 
Tâge de cinquante-deux ans^ et fut inhumé dans sa cathédrale. 

ROBERT DE BRRG. ' 

iSSy. Robert BE BEnr», coadjuteut de Georges d'Aulriche 
ûins Tévéché de Liégç , fut reconnu pour son successeur aprÔ3 
sa mort. Le 28 décembre de ta même année , il reçut la prêtrise 
à Herkenrode, et, le i3 du mois suivant, il fit son entrée so- 
'lenneïfe à Liège. L'an i55^, l'art typographique fut établi ^ 
Liège par un imprimeur allemand , nommé Waller Morbarius. 
L*an 1559 ) par le traité de paix signé à Cateau-Cambresis^ le 2 
^t le 3~avrd, entre l'Empire, PAnglelerre, l'Espagne et la 
France, le château de Bouillon, Covin, et d^autres places, 
sont rendus à Tévêquede Liège, sans prêjudicier ^ est-il dit dans 
Je traité , par rapport à Bouillon , au droit qu j peuvent préfendre 
ie seigneur de Sedcun , et ceux de la Marche ( Marck. ) Au mois 
^e mai suivant, le diocèse de Liège se trouva considérablement 
rétréci par l'érection que le pape lit, dans son ressort, des èvé- 
t;hés de Narour, de Ruremohde , de Malines, de Bois-le-Duc 
-et d'Anvers. (Ces trois derniers, néanmoins, ne furent pas en- 
tièrement pris sur celui de Liège. ) Notre prélat et son chapitre 
députèrent à Rome Lsevinius Torrentius, archidiacre du Bra- 
bant , pour s'opposer k ces érections ; mais ce fut en vain. Tor- 
rentius, après avoir vigoureusement défendu la cause de l'église 
de Liège, se laissa corrompre , à ce qu'on prétend, par Vargas , 
ambassadeur d'Espagne, qui lui promit l'évêché d'Anvers, qu'il 
eut en effet. Quoi qu'il en soit , l'église de Liège se désista de 
9on* opposition, sur la promesse qu'or^ lui fit d'une compensa- 
tion qui est encore à venir. L'an ï5t^3, Robert de Berg, se 
voyant attaqué d'une maladie dangereuse , fit sa résignation , 
avec' le consentement du chapitre et la permission du saint siège, 
le 22 juillet, en faveur de Gérard , qui suit. S'étant retiré à Berg, 
il y mourut le 26 janvier de l'an i565 , et fut inhumé dans le 
tombeau de ses pères. 

GERARD DE GROESBECK- 
i563. GÉAlae de G aoesbegk , fils de Jean At Grocsbeck et 



s4o caROKOLCMUfi msjoaxdUB ^ 

de lierthe ^e Goër, d^une maison distinguée defGueJdre, doyi?9 
delà cathédrale de Liège, et i^un de&xinq que le chapitré avait 
proposés à Tempiereur, pour coadjuteur de Téveque Qeurge^ 
d^Autriche, succéda, Fan .i563, à Robect.def^rg, en vertu.dp 
sa résigualion. L^an i5b5, il reçut à tierkenrode la consécra-r 
tion épiscopale le ^o mai.t^l^* 1^ ^ juin sgivant , il Ik son eotcée 
solennelle à Liège. \j^ troubles qui agitaient ,les Pays-Ba^ 
espagnols ayant pénétré, Tan i566, daiis le Lié^eoU, les habi-r 
tants de Hasselt , Maastricht, Maseick, Stokeim, pervertis (du 
moins le plus gcand nombre), par ks prédications séditieuses 
du ministre Herman Stuicker, déjà fameux par la révolution 

3u^il avait excitée à An\^ers^ arborent Tétendard du, fanatisme et 
e la révolte. Le .préUt ^ après les avoir vainement exhortés ^ 
rentrer daiis le devoir, marche contre la premièj*e de ces villes 
à la tête de, ses troupes. Hasselt assiégé, 5e rend le 1 1 mars cle 
1867, et obtient, grâceaux conditions, de payer les frais de ki 
guerre, de réparer les lieux saints qu^on y avait détruits, et de 
reprendre Pancienne religion. Maëstcicbt n^attendit pas T^rrir* 
vée des troupes victorieuses pour envoyer faire ises soumission^. 
Mais , comme ceUe ville appartenait par moitié.^ rif^pagne^et à 
Téglise deX.iége, l'archiduchesse Marguerite, gouvernante des 
Pays*Ba$,.fit difficulté d^lui pardonner sa révolte, et notre prélat 
fut obligé de se rendre médiateur dans celte afî^ire. \jt^ autre» 
villes rebelles,. effrayées des exécutions que Ton fit à Maëstrich(, 
chassèrent ceux nui les avaient soulevées, et prévinrent p§r-là 
le chillimentqui leur était préparé. L'an i568, après le supplice 
du comte de.Horn.et la mort naturelle de'Montigni., sou fr^rie., 
comme ils ne laissaient point de postérité ni Tun ni 1 autre, Le 
comté de Horn , qui était un fief masculin de réglise de Liég^, 
lui revint par droit de dévolution, quoiqu'il y ^liit des héritiers 
en ligne collatérale , mais féminine- La même an n^e,, notre- pré- 
lat refuse .le passage aux troupes ^ue GuilLaum<î 9 prince d'O- 
range, ainenait d'Allemagne au secours des mécontents dp f^a- 
bant. Le prince traverse inopinément la Mepse , et s'introduit 
dans'Saint-Tron, qu'il livre au pillage, sans distinctii^n du sa.ccé 
et du profane. Obligé de retourner en AH^^nnagoe, après avoir 
échoué dans le Biabant, Guillaume rentre dajns le.Liégeois^ et 
vient ^e présenter, dans lé mois d^octobre, devant la capitale t 
dont il se met, en devoir de faire le siège. Mais , repoussé par les 
assiégés et poursuivi par le duc d'Albe, il se. retire ;préçipitani— 
ment, et perd du monde dans sa retraite. .Plu&içur^iié^geûis ser- 
vaient dans l'armée de ce prince, et quelques-uns, restés dans 
)a ville, étaient d'intelligence ^vec lui. Ou fit des recherches de 
ceux-ci, dont les principaux furent punis. Les Jésuites, que 
Févéque Gérard avait appelés dans ^ com^içnoçinjent de. ^a 



tlËS ÉVÊQJCËS ET t»l4NCES Bfi LIÉGC. 24^. 

épiscopat, pour l'aider à combattre les nouvelles erreurs, forV 
jment, Tan «569, uû établissement à Liège : maïs ils ne com-, 
meacèrent à y ouvrir des écoles qu'en i58i. Cette inême année', 
1569 est Tépoque de rétablissement des manufactures de glaces 
à Liège. L'an iSyi, au mois de juillet, le prince d'Orange se 
rend maître de Kuremonde après un siège vigoureusement sou- 
tenu par le gouverneur de la place/ Pendant les sept années sui- 
vantes, le prélat fut occupe à repousser les Espagnols et les 
confédérés, qui, selon qu'ils étaient pressés les uns par les 
autres, refoulaient sur le pays liégeois. L'an 1579, l'èvêque de. 
Liège sort de l'espèce de neutralité qu'il avait affectée dain^ 
guerre de ta confédération des Pays-Bas , en fournissant de V^ 
tillerie au duc de Parme pour faire le siège de (Vlaè'stricht. Cette' 
ville , comme on l'a dit ci-devant, appartenait moitié à l'église* 
de Liège , et moitié à la maison d'Autriche. La ville fut empor- 
tée d'assaiit le 29 juillet, après un siège des plus mémorables, 
où l'on vit les femmes coi^battre avec la même ardeur que les 
hommes. L'année suivante, l'èvêque Gérard termina ses jours, 
le 2S décembre , à l'âge de soixante-trois ans. On loue la pru-. 
dence , le zèle et la fermeté de ce prélat. 

ERNEST DE BAVIERE. 

i58i. Ernest, fils d'Albert, duc de Bavière, et d'Anne 
d'Autriche , èvêque de Frisingue et d'Hisdesheim » et depuis, 
peu chanoine de Liège , en fut élu évéque^ le 3o janvier iSSj , 
suinla désignation que Gérard de Groësoeck en avait faite avant 
de mourir. Son inauguration se fit le 19 juin suivant avec une 
pompe extraordinaire. Ce prince avait d'excellentes qualités pour 
le gouvernement : affable , éloquent , adroit à manier les esprits,, 
fécopd en ressources dans les cas épineux, actif avec circons-- 
pection, il passait parmi ses*ègaux en Allemagne pour le plus 
habile d^entre eux ; mais on lui reprochait deux défauts dont il 
paraît qu'il ne se corrigea point ,J^ vin et les femmes. L'an k583,' 
après la déposition dç Gebchart Truchsès , archevêque de Co- 
logne , le chapitre de cette église élut , le aS mai , pour le rem- 
placer , Ernest de Bavière , lequel par là se trouva chargé de 
Îjuatre évéchès. Truchsès ne se laissa pas dépouiller sans se dé^ 
èndre. U fallut en venir aux armes pour l'obliger à désemparer» 
Brnest , appuyé de lempereur, mit à la tête de ses troupes Fer- 
dinand son frère. Celles de Truchsès , dans un premier combat 
qu'elles livrèrent , prèsdéHuIst, aux Liégeois, eurent l'avan- 
tage par la désertion des Allemands qui étaient avec ces der- 
niers. Mais ceux-ci , dans la suite , prirent amplement leur re- 
Tanche , et la guerre , commencée ^ mois de septembre 1 583 • 



Q^i CHRONOLOGIE HISTORIQUE 

finît au môîs de mars de l'année suivante , par une grande vic- 
toire qu'ils remportèrent sur Tnichsès ; après quoi le prélat dé- 
posé, abandonna le pays. ( Voy. les archevêques de Cologne, ) 

L'an i585 , Ernest , voyant les Espagnols ravager impunément 
le pays liégeois jusqu'aux portes de la capitale , sans égard pour 
les rêprésenlations qu'il avait faites à leurs chefs , envoie contre 
eux , le i5 janvier , un corps de troupes qui les taille en pièces. 
Ernest , la même année , fut pourvu , le ^3 avril , d'un cin- 

3uièrae évêché , celui de Munster. Quelque tèms après, l'évêque 
aVerceil ^ jnonce du pape , étant venu â Liège pendant l'ab- 
^Êct d'Ernest , y assembla un synode où il fit recevoir le con- 
cile de Trente. Ayant ensuite parcouru le diocèse pour y faire 
observer les décrets de cette assemblécv, il revint mourir à Liège 
leaS février de l'an i586. Ernest, de retour à Liège, publia, 
l'an i588 , divers statuts pour le maintien de la religion catho- 
lique et pour la décence du culte divin. Il érigea , l'année sui- 
vante, deux séminaires, l'un à Liège et l'autre à Saint-Tron. 
L'an 1894 t Ernest , sur lés plaintes que le pape Clément VU! 
faisait de ce qu'il possédait plusieurs évéchés et de ce qu'il dif- 
férait de se faire ^crer , députe à Rome , pour se justifier , le 
docteur Hennot , chanoine de Cologne. Le P. Foulon a soi- 
gneusement recueilli les moyens que ce prince alléguait en sa 
faveur, et n'a rien omis pour les faire valoir. L'au iSgS, la 
nuit dii 3 au 4 février , la citadelle d'Hui est surprise par trente 
soldats du prince de Nassau , et le lendemain, le capitaine He- 
rauger, qui les suivait de près à la tête d'un corps de troupes, 
oblige la ville à se rendre. Mais les Liégeois, avec l'aide de cîhq 
inille espagnols que l'archiduc Ernest d'Autriche, gouverneur 
des Pays-Bas, leur envoya , reprirent et la ville et la citadelle 
après huit jours d'attaques. L'archiduc Ernest étant mort dans 
ces entrefaites, le comte de Fgentes , vice-gouverneur, pré- 
tendit mettre garnison espagnole dans la citadelle d'Hui. On 
disputa pend nt trois mois, et ce ne jfut qu'à force de présents, 
qu on engagea le comte à rapp^er ses troupes qui étaient dans la 
place. L'an 1697, les impôts causèrent à Liège de grands tumultes 
qui mirent en combustion tout le pays. Le prince eut besoin de 
son génie et de sa fermeté poiu* les apaiser. L'an 1612 , Ernest 
étant tombé malade à Amsbourg, en Westphalié , y mourut , 
le 17 février, à l'âge de soixante-trois ans , dans de grands sen- 
timents de pénitence. 

FERDINAND DE BAYÏERE. 

1612. Ferdinand, fils dé Guillaume V, électeur die Ba-. 
.tière , et de llenée de Ldrxtine , succéda dans TéTéché d6 Liège, 



, ♦ 



mis Èvtq\JtS ET PEINCIS M LIÉG6. Si/fi 

i Ernest , son oncle paternel , qui Tavait fait élire pour son 
coadjuteur dés Tan i6oo. Il devint en même tems son succesr^ 
seur à Cologne et dans les trois auL^es évcchés dwnt il avait été 
pourvu. Presque tout le tems du gouvernement de ce prince 
lut .agité par des guerres intestines. Si Ton excepte quelques 
petits intervalles de calme | il fui toujours» aux prises avec le 
peuple de Liège sur leurs droits respectifs, et on n'entendait 
parler que de bannissements, de tortures et de massacres. Jja 
principale cause des brouilleries ^tait Télection des magistrats , 
à laquelle Sébastien de la Ruelle, ^premier bpurguemestre, avait 
droit de présider. Attaché à la France , aimé et respecté de ses 
compatriotes, la Ruelle employait tout son crédit pour empâ- 
cher que la faction espagnole , appiiyée par le prince-évêque , 
son chapitre et le maye^r, ne devînt le parti dominant , et que 
les bourgeois de Liège , ne se prêtassent aux vues ambitieuses 
-de la maison d'Autriche. Mais, Tan i63[ , la crainte que Fer- 
.dinafid ne les ^t ipettre au ban d^ I^empire, contraijgnit ïos 
Liégeois de rec<uirir à sa clémence , et , le 7 avril , ils obtinrent 
un pardon général. Ferdinand se retira ensuite à Bonn « sa rési- 
.dence ordinaire^ après avoir conféra la charge de grand-mayeur 
de Liège au barpade Berlon, comte de îiosemont. Au mdiçu 
de ces troubles , il ne laissa pas de faiire plusieurs établissements 
de sociétés religieuses dans sa ville épiscopale. Il y vint des A^- 
gustins du saji^t sépylpre en 1614 « 1^^ Carpaes-décnaussés , ainsi 
que les Minimes ,^^ s'y établirent en iG 17 ; les Urselines, l'année 
suivante ; deux ans après , il fît venir les Célestins, les Domini- 
xains, les Capuciâs, lesRécoUeis, les Carmélites , les Reli- 
gieuses de la conception , les Urbanistes et les iilles du tiers 
ordre de saint François. 

L'an i636 , au mois de mai , les Impériaux , sous la conduis 
de Charles , duc de Lorraine , de Piccolomini et 4e Jean de 
Werlh , viennent fondre» dans le Liégeois ,- le ruine , ; et 
mettent le siège devant la capitale , pour Tobliger à se déclarer 
contre les Français 1 et la punir en même tems de leur ^v^ir 
fourni, l'année précédente , des vivres pendant le siège de Lou- 
vain Dans cette extrémité , les différents partis de la bourgeoisie 
se réunissent contre l'ennemi coixm^un. On chasse de la ville 
tous ks chanoines » et le ^and-mayeur est emprisonné. L'^-^ 
mour de la liberté arme tous les citoyens : ils rejet lent les co.i;i- 
ditions de paix qu'on leur offre, et font des sorties lieiircuses , 
dans Tune tlesquelles ils brûlent le quartier de Jean de Werth. 
£nfin le nonce ^ qui était alors dans Liège , négocie un accom- 
modement entre les bourgeois et leur évêq.ue. Ceux-U promet- 
tent de reconnaître, l'empereur 9 de coatribu«r aux affaires de 
l'empire I donoant de l'argent au prince Charles, et )e si^ 



'!Hi CfiR'ONOLÔGIE HlSTÔRKJtîE 

est levé.* Mais à peine Teuneini s'est-il retiré , que les troable» 

recommencent dans Liège. Les bourgeois portent leurs plainte? 

"au pape Urbain VÏH contre les entreprises de leur évêque. Le 

bourguemestre la Ruelle était Tâme , pour ainsi dire , de tous 

cefs grands mouvements : c^était un autre Barneweld. U fut , 

coimrnc lui , la victime de son patriotisme. Il avait donné asile, 

depuis plusieurs années , dans Lié^é, au comte de Warfuzéey 

4}an:i&nd , condamné à mort par le conseil de Màlines , pour fôal- 

versalibn dans les finances dont il avait eu 1 administration. 

"Warfuzée-, afin d'obtenir sa grâce et de rentrer dans ses biens, 

s'engage envers les Espagnols à les défaire de la Ruelle. Pour 

remplir cet engagement, il l'invite, avec plusieurs personnes 

'di^tingiiées , à un grand repas , au milieu duquel, ayant fait 

' entrer des soldats apostés , il le fait égorger le Î5 avril lôSy. Le 

peuple de Liège, instruit de cet événement , court aux armes^ 

enfonce les portes de la maison du comte , le perce de mille 

coups^v lé pend ensuiteau gibet, et, Taj'ant enfin brûlé, jette 

'ses cendres dans \à Meuse. ( D'Artigni. ) L'évêque était pour 

lors absent , et il dut sie savoir bon gré de ne s'être point trouvé 

à'cette horrible tragédie, dont la catastrophe aurait bien'pul'eiî-f 

• vélôper., tant les esprits étaient aveuglés par la foreur. L'an 

• t638; il reçut à Sainl-Tron Marie de Médici», veuve du roi 
Henri ÎV , et mère du rc5i Louis XÏII ; laquelle , fuyant la per- 
sécution du cardinal de Richelieu , s'était retirée dans les Pays— 

'^Bas. Lofsqu'en i643 , on rapporta en France le corps delà reine, 
" décédéé à Cologne, le 3 juillet ^64^v 9 le convoi passa par Liège ^ 

• où • Ferdinand fit faire à cette princesse de magninques OD- 
''sèques. 

Le duché de^ Bouillon faisait toujours un sujet de contestation 
'entre lés princes de Sedan et l'église de Liège. Frédéric Maurice 
' de la Tour , menaçait d'y rentrer à force ouverte ^ si on ne lui 
•faisait pas raison des scmimes qu'il* répétait sur ce duché. Les 
'iétats ^le l^iège , s'étanl assemblés au mois de septembre 1641 , 
arrêtèrent qu'on lui • paierait , dans le cours de trois ans, la 
somme de cent cinquante mille florins , au nioyen de quoi il 
renonça à ses prétentions sur ce duché. L'an i65o, Ferdinand 
étant allé au château d'Aremberg, en Westphalie, y mourut su- 
bitement, le i,^ septembre, à Fâgc'de soixante-six ans. (Voy./c* 

• archeçê(fues de Cologne, ) ■ I 

MAXBIÏLIEN-HENRI, UE BAVIERE. 

i65o. Maximilien-Henrt, neveu de Ferdinand de Bavière» 
et fils d'Albert f^duc de Bavière , et de Mathilde de Leuchtem- 
berg, élu coadjuteur de Liège , le 19 octobre i'649 9 archevêque 



DES ÉVOQUES BT PAITCE5 DE UÉGK. i^A 

3e Cologne , et évoque d'Hildeiheiin , s'élant rendu à TJëge , le 
12 octobre ilibo, en prit possession k même jour. Les premières 
X années de son gouver/iement furent troublées par les incursions 
\ies Lorrains et des. Espagnols. Le marquis de Fabert , gouver- 
neur de Sedan , eut ordre du roi de France de venir au secours 
des Liégeois avec dix mille hommes. L'arrivée de ces troupes 
produisit l'effet qu'on désirait. On tint à Tirlemont des confé- 
rences dont le résultat fut un traité de paix» signé le 17 mars 
16549 P*** les plénipotentiaires de l'empereur , du roi d'Espagne 
et de l'évêque de Liège. Ce dernier y gagna un point important. 
Par uii des articles ^ le bourg d'Héristal , situé dans le BrabanC, 
et promis , dès les années 1S4B et 1848 , à l'église de Liège, en 
échange du bourg de Fresnc , qu'elle avait cédé â l'Espagne , 
^our y bâtir la citadelle de Mariembourg ^ lui fut enBn aban- 
oonné. Les ministres de Maximi lien- Henri en prirent posses- 
sion , en présence de ceux du roi catholique , le 3i octobre i655, 
malgré les oppositions des tutrices du jeune prince d'Orange ; 
ce qui fut la semence d'une longue dispute qui s'est renouvelée 
dans notre siècle. L'an iGyS , le roi l^ouis XiV , ayant le comte 
' de liOrges sous ses ordres , commence, le 14 mai , le siège de 
Maëstricbt ; ce fut l'un des plus meurtriers de cette campagne. 
Le gouverneur espagnol capitula le 36 juin , et la place fut 
"rendue l^ lendemain. L'une des clauses de la capitulation fut 
' que l'évêque et prince de Liège continuerait de jouir, dans 
Maëstricbt des mêmes prérogatives dont il jouissait sous les 
ducs de Brabant et les rois d'Espagne. Fidèle à cet article , le 
monarque victorieux consentit même que les officiers de Maxi- 
milien-Henri précédassent tes siens, et que les armoiries du 
prélat fussent placées à la droite de celles ae France, comme il 
avait été observé à l'égard des ducs de Brabant. ( Foulon. ) De 
Maëstricbt , les Français se répandirent dans tout leMjiégeois 9 
où ils levèrent de grandes contributions. Tongrcs , ayant osé se 
défendre , fut pris après quatre heures d'assaut et pillé durant 
trois jours. Il faut observer que l'évêque était allié de la France ^ 
et que les Liégeois ganlaient ou feignaient de garder la neutra- 
lité. L'annéesuivantc , ils ne furent pas mieux traités par les Im- 
périaux , qui , s'ètant rendus maîtres de Binant et d'Hui , éten- 
* dirent aux environs leurs contributions. L'an 1676, nouveaux 
malheurs pour les Liégeois. L'empereur, par une' déclaration 
' du 16 janvier, réunit le pays de Liège à l'empire , parce qu'il 
' ne se déclara pas contre la France. Le cardinal de Bade , qu'il 
avait envoyé dans la capitale, tente de gagner par des pro- 
messes le baron de Vierzet , gouverneur de la cidadelle. Le 
comte d'Estrade , gouverneur de Maëstrirht , ayant connu , par 
une lettre interceptée du cardinal , à quoi il tenait que les Aile-' 



949 CmOIIOLQGl]& HlSTOBIQtm *" 

manils ne fussent reçus dans. la place, fait jparW plus efficace-^ 
liaient k Vierzct , qui remet^ «lans le mois de mars , la citadelle 
9UX Français. Après être restée l'espace d'un an entre leurs^ 
maips , ils la firent sauter , le ^'^i mars 1(376 , par ordre du roi ^. 
sur le refus que leç Espagnols et les Hollandais avaient fait, dans 
les conférences tenues à Marchiennes-au-Pont^ de consentir à la 
neutralité pour le pays de Liège. Les bourgeois, loin de s'afïli-^ . 
ger de la cléniolition de celte place, en témoignèrent leur joie, 
parce que les évéques ne Pavaient fait bâtir que pour les tenir 
en bridé. Elle a été rebâtie dans la suite. Â.u mois de juillet sui- 
vant , le prince d'Orange amène une armée considérable devant 
Maëstricnt. Mais après avoir fait les derniers efforts pour s'en 
rendre maître , l'arrivée du maréchal de Schomberg , l'oblige 
à se retirer la nuit dp 26 au 27 août, ou bout de quarante 
jours de siège. Le 3o septembre suivant, le comte de Bcrlon^ 
rend Bouillon au maréchal de Créqui , sans faire de résistance, 
et malgré la garnison. L'éveque de Liège porte ses plaintes au roi 
^e cette invasion. Sa majesté répond^ qu'elle ne la commandée 
que dans la crainte que les Espagnols ne se saisissent de Bouillon 

four s'ouvrir un chemin en Champagne , promettant d'ailleurs 
e le rendre à la paix. Elle se fit, l'année suivante ^ à Nimègue. 
Mais Bouillon y au lieu d'être rendu à l'église de Liège , fut ad-* 
jugé au prince de la Tour- d'Auvergne, sans égard pour les re^ 
pr^entations des députés de Pévêque et de son chapitre. Maës* 
tricht , par le même traité , fut cédé aux. Hollandais, en con- 
servant les droits de Pévêque de Liège. 

L'an 1679, les entreprises des magistrats de îJége, sur Pauto- 

rite du prince-évêque, donnèrent naissance à de grands démêlés 

qui ne finirent, après des hostilités réciproques, qu'en i683, par 

un traité de paix conclu le ^9 novembre. Mais à peine eut-il été 

publié, qu'une faction s'éleva pour le rejeter^ Le tumulte recom-^ 

mença dans Liège. 11 y eut des combats dans la ville et des meujr^ 

très. On élut de nouveaux magistrats sans consulter le prince^ qui 

cassa l'élection, et l'année suivante, il envoya Pévêque de Stras- 

. bourg, Guillaume-Egon de Furstemberg, avec un corps de 

.troupes pour réduire les mutins. Celui-ci étant entré dans 

Liège sans résistance, fit arrêter les chefs de la révolte, qui 

. furent décapités le 9 octobre. Le prince suivit Je près. On lui 

. demanda grâce; et après l'avoir accordée , il changea la forme 

des élections, et fit élire en sa présence de nouveaux magistrats* 

On travaillait cependant par ses ordres au rétablissement de la^ 

. citadelle de Liège. 

L'an' 1688, sur la fin du mois de janvier, Maximilien-Henri 

tombe dangereusement malade à Bon,n. Deux concurrents ^ le 

.cardinal de Furstemberg, qu'il avait. déjà ff^it élire CQadj[uteur 



bES ÉVÉQUES ET PftimSS DE tlÂGE. 347 

de Cologne , et le cardinal de Bouillon , grand-prévdt de Saint* 
Lambert , le sollicitent pour la coadjutorerie de Liège. Il se 
décide pour le premier , et écrit en sa faveur à Rome. Le pape 
se refuse à sa demande. Enfin Maxîmilien-Henri finit ses jours 
le 3 juin de la même année. Après sa mort , le baron d' Asfeld ^ 
ambassadeur extraordinaire du roi de France auprès du chapitre 
de Liège, brigue ouvertement , au nom de son maître, le siégâ 
vacant pour le cardinal de Furstemberg. Le roi lui-même an- 
nonce aux Liégeois qu'il a des droits , comme ils ne peuvent 
Tignorer , sur Te comté de Segni , qui s'éteod jusqu'^au milieu 



5our évéque le cardinal de Furstemberg. La faction du cardinal 
e Bouillon , quoiqu^affaiblie par ^exclusion que la France 
donnait à ce prélat , ne perdit point courage. Furstemberg était 
déjà lui-même exclu de l'archevêché de Cologne par rautoritë 
de Tempereur. Il était odieux aux Liégeois pour diverses rai- 
sons, et bientôt il connut qu'il ne ferait pas meilleure fortune 
à Liège qu'à Cologne. Alors il se tourna du côté du cardinal de 
Bouillon , et travailla lui-même pour le faire élire. Mais , le 
17 août, le chapitre s'é tant assemblé , élut , à. ta pluralité , pour 
évéque le grand doyen, qui suit. (Voyez les archa^éques de 
Cologne, ) 



JEAN-LOUrS D'ELDEREPf. 

1688. Jean-Loui»d'Eloerepc, grand doyen de Saint-Lant* 
terf et prévôt de Tongres, issu d'une ancienne maison du Lié- 
geois, fut élu, le 17 août i68d, évéque de Liège par le plus 
grand nombre des capitulants. A peine eut-il obtenu ses bulles 
de Rome, que le roi de France fit éclater son ressentimeiH 
contre le pape innocent XI , pour s'être opposé à l'élection du 
cardinal de Furstemberg. tl menaça d'envoyer une armée en 
Italie pour reprendre le duché de Castro, qu'il prétendait ap- 
partenir au duc de Parme ; et , en attendant qu'il pût effectuer 
ces menaces, il se saisit, le 7 octobre, de la ville et du comié 
d'Avignon. La guerre était alors recommencée entre la France 
et l'empire. C'était une belle occasion pour le monarque, d^xer- 
cer directement sa vengeance sur le nouvel évéque de Liège : 
aussi ne fut-il point épargné. On leva des contributions exorbi^ 
tantes dans tout son pays; on refusa de lui rendre Dinant et 
Hui, contre la teneur du traité de Nimégue. Le prince, pour 
détourner les malheurs de sa patrie, envoya le comte de Gro&»- 
.lieck à Versailles pour traiter avec le marquis de Lcmvois , mi- 



ft49 CHUOmiOGIfi BISTOBKJI^ 

ïiîstre de la guerre. On traita effectivement le g janvier i68(^, 
et il fut convenu 9 entre les Jeux ministres, que la neutralité 
serait gardée par les troupes du roi sur le pied qu^elle avait été 
réglée par le traité de Tirlemont ; que, tant que durerait la 
guerre avec l'empire, le pays liégeois paierait chaque année la 
somme de cinquante mille écus ; que la citadelle de Liège serait 
de nouveaux détruite ; que le roi retirerait ses troupes des villes 
tl châteaux du pays qu'elles occupaient depuis le i". octobre 
dé l'année précédente, à l'exception de Dînant , qui ne serait 
rendu qu'à la fm de la guerre ; que les murs de la ville et du 
château d'Hui seraient rasés, et qu'en dédommagement des dé- 
penses faites pour les fortifications de cette place, on paierait à 
la France la somme de quatre-vingt-dix mille livres. Pendant 
qu'on traitait ainsi à Versailles, la diète de Ratisbonne rendait 
un'décret pour obliger tous les ordres et toutes les provinces de 
l'empire à se déclarer contre Louis XIV çt à le regarder comme 
un ennemi commun. Liège, en conséquence, fut somniée de 
renoncer à la neutralité qu'elle venait de conclure avec la 
JFrance, et elle y fut contrainte par les Hollandais, qui s'em- 
parèrent de la ville. Les courses des Français dans le Liégeois re- 
commencèrent alors avec plus de fureur qu'auparavant. Les ab- 
bayes de Stavelo et de Malmesbûri, après avoir été pillées, 
furent réduites en cendres. Quantité de bourgs et de villages 
subirent le même sort. L'an 1691 , le marquis de Boufïlers, à 
la tête de soixante escadrons et de vingt bataillons , traînant 
après lui une grande artillerie, vient se poster, le i^^^ juin, 
sur la montagne de la chartreuse.de Liège. De la il canonne et 
bombarde la ville, sans relâche, pendant sept jours. Mais, ap- 
prenant que le comte de Lippe arrive avec. une armée considé- 
rable , il fait précipitamment sa i:etraite. L'honneur de la vi- 
goureuse défense que fioent les Liégeois en celte occasion est 
attribué principalement à l'évêque-prince , qui les encouragea 
par ses , discours , et empêcha, par sa prudence, qu'au miliei^ 
(le l'orage qui fondait sur la ville, le trouble et la confusion ne 
se missent parmi les habitants. L'an i6<)2 , le maréchal de ViU 
leroi se rend maître d'Hui , le 24 juillet , par capitulation , aprè* 
cinq jours ^le siège. L'an 1694, le l*^^ février, un catarrhe 
suffocant e/nporte subitement le prince-évêque de Liège, Jean- 
Louis d'Elderen, au grand regret de son peuple. Après sa mort, 
cinq concurrents se mirent sur les rangs pour lui succéder, 
savoir, le prince de Neubourg, grand-mail re de l'ordre Teulor 
nique, évêque de Worms et coadjuteur de Mayence; l'électeur 
de Cologne ; l'évêque de Breslavv, chanoine de Liège; Jean- 
Ferdinand de Méarn , grand-doyen de saint Lambert; et le 
cardinal de Bouillon. Ce dernier y le plus ardent de tous et re-^ 




MS ÉVÉçtÊi fe^ 1?W*fcÉS S* LIÈGE. 4^ 

tomtnandé par lé roi de l^râtlce , élaît menu , ^tVànï lë ferle 
Foulon , avec dei brevets ide bénéfices en blahc pour aciiétet* 1^ 
Suffrages. Lés chanoines de Saînt-Lambefts'àSsémblèrehlc^àpitlii 
hifement pour Sélection , Ife 26 avHl, au nombtè dé qusâtanté^ 
Six. On cômnaiença par lire les brefs d'éligibilité accordés paï* 1^ 
pape. M. de Méan protesta de nullité coritre celui dé l'éléfctetif 
de Cologne. Vingt-deux furéilt dé soti avisj tes vihet-^uâtré 
autres admiretit le bref. Lë baron de Méan s'étant retifé àVéé 
Ses partisans, lès virtgfe-quatré restaffils ite laissèhétit pas dé pr6^ 
céder à l'élection , et leurs Suffrage^ Se réttnireht fen fateilr âé 
l'électeur de Cologne , qui fut aussitôt prt)clanié et installa. 
Mais, le lendemain ^ M. de Méan et sa fattit>ti, i*éduite â ▼ihgt J 
firent de leur côté une élection qui tôtnbâ sUi* le gf'and- iriàîtfi 
de Tordre Teûtotiitjue. Les deu* ëluS, aprèi les prbié^tjltîttn^ 
réciproques de dtoit , cortvienrtent que raditiihistt-àtiod resterait 
entre les mains 
Sur ces entrefai 
dans une maladie qui le conduisit au toitibeâli , le 4 i^ai i6^4< 

JOSÊPft-CLÉMENT BE BAVIÈRE. 

1694. JosÊfrtt-CLÉMfei»T ^ lié, l'ati/ 167É, dé mairiafid^t 
Marie , électeur de Bavière , et d'Adélaïde^Henriéttë dé Sàvbîè^ 
archevéque-ëletleur de Cologfle, évêqUé d'Hildèiheitfi èl dé 
Ratisbonne, élu, comme on Ta dit, évéque de Liégè, lé àô 
avril, pBT vingt-quatre capitulants , fut rohfirmé dAns cette di*^ 
linité, le 18 septembre 1634, |yar lé jugéméttt de la ctni^dë 
.Borné, dont 11 reçut une expédition à Bruxelles , où il étirit té 
x8 du métnô mois. U fit sôti entr^ &oleimelle à Liégé^ )ë ii 
octobre , avec le plus brillaril cortège j et fut fedù éVëc âccla"^ 
Aiatiôn. L'an 1695, il amjeùa des troupei àtl t^ôi d'AhglëtlStté 
pour faire le siège de Namur ^ qui fut pris le a ^epteiârbrë. Ci 
tnohàrque lui rétldit alorâ la vHle et lé cnâteaii d'ilui^ tjii'll àtâit 
Repris huT les Français ^ le â8 septémbft de l'ântiêé jyT^écédetttéw 

I/àn 169^, paf le ddujsîème article du tfaité de paix <èt)ndu , 
le 36 dôtobre à Riswîck , eiiifé l'eiiaptereur et le roi de Fratieë; 
«e dernier à'efigâgea de rendre à l'évéqué dé Liège la tîllé fet lé 
cbiteàu de DibàtH dttus l'étM dû il les avait pris , àrét les ^rilleii 
et boufgs du tjiégèois^ dont il s'était emparé dnràffit là gué^fè: 
Mais JCKnatit ite ftit Irendti qu'aptes qu'on ëtil tàÈé léè foHifi^ 
dations. 

L'an i^do^ ^oèebh-CléméM Ait jiigér m ttlbinfïàl dé la Hdté 
la fcdntestàliôH qu'il âvHit âve<i Fârcht-pfêtré di'Aii-là-Cha^ 
l»eUe. Geltiî^ci préteftdaii due écïH Vtfle n étftit d'iucuii didtèie^ 
XIV, 3a 



/ 



\ 



âSo CHRWOLQGIE HISTORIQUE 

Le jugement porte qu^elle relève de l^évéquede Lîége pour te 
spirituel. L'électeur de Bavière, gouverneur des Pays-Bas, 
s étant déclaré pour la France dans ia guerre touchant la stac-*- 
cession au trône d'Espagne , .entraîne Joseph- Clément , son 
frère, dans le même parti. La citadelle de Liège, en coYisé-- 
quente , est livrée , le 2 novembre 1 700 , aux troupes fran- 
çaises, qui, le lendemain, s'emparent de tous les postes de ia 
ville.' Le I*^ décembre suivant, le baron de Méan , grand-* 
doyéâi^ est enlevé par clés officiers de- la garnison , oui le con-^ 
duiiSent prisonnier à Namur, et de là au château d'Avignon , 
où. il ^st étroitement renfermé. Après y être resté plusieurs 
'mois, il est ramené k Namur, dont'l'évéque se rend caution 

f' oiir lui. Le prince^véque de Liège était alors retiré en 
'landre. L^an 1 702 , les troupes des alliés , commandées par le 
duc de Marlborough , ^'emparent 9 le 1 4 octobre , de là ville de 
Liège , dont la garnison française se retire dans la citadelle , 
qui est emportée d'assaut le 2a du même mois. L'an 1708, les 
maréchaux de Yilleroi et de Boufflers forcent , le 1 o mai , 
Tongres à se rendre après un siège de vingt'-quatre heures. L'an 
1705, les Français, commandés parte comte de Gacé, se ren- 
dent maîtres d'Hui le 10 juin, et de là dirigeant leur marche 
yers Liège, ils y. rentrent le id du même mois; mais ils en 
sortent le 27, sur la nouvelle.que Marlborough approche. Le roi 
âe Prusse^ qui avait ses troupes dans le territoire de Liège » 
veut profiter de l'occasion pour se mettre en possession d*Iié- 
ristal, sur lequel il avait des prétentions. Mais le comte d'Aï- 
bemarle, qui commandait dans Liège, s'oppose à ce dessein de 
la part des états- généraux. Il y avait alors procès entre le roi de . 
Frosise, le prince de Nassau, gouverneur héréditaire de la Frise, 
et le prince de Nassai^Siegen , touchant la succession de Quil- 
laume , roi d'Angleterre ; et leurs H. P. voulaient qu'UéHstal 
restât eu séquestre jusqu'au jugement définitif. L'an 1713^ aux 
conférences d'Utrecht pour la paix, et Tan 1714 à celles de 
Rastadt , les ambassadeurs de l'évèque et du chapitre de Liège 
réclamèrent, mais sans succès, le duché de Bouillon et le 
comté d'Agimont. A peine même y pureat-ils obtenir oue les 
tiollandais évacueraient la citadelle de Liège et la ville d^Hui , 
gue ceux-ci voulaient faire comp^reiidre dans les places de- bar- 
rière qui leur étaient accordées par le traité d'Utrecht. L'an 
171 5,, le prinçe^éyêque arrive, le i5 janvier à.ûinant^ d'où 
s«tant rendu au monastère de Saint-Gilles, il y célèbre les 
saints mysjtères , et fait un. {discours au: peuple. Le lendemain , 
il fait son entrée dans Liège , où il est re^ avec des démons- 
tcati9iis,de joie e^tr^ipirdindires^ L'an 17161 le 2d décembre , il 



fh^nne son- .dipléme de réaecessioh au eerde de West|4iatiè;. 
déclarant qu il est-disposé à fournir sa qUoDe-*par4> du contingent 
auquel cet cercle est taxé p4>ur lés mois romains. L^an 1723, il^ 
meurt, le 12 novembre, à Bonn. (Voyez ks électeurs de Co^' 
hgne,) Dès que la nouvelle de sa mort fut. devenue publique , on 
vit arriver en grand cortège , Tun après Tautre ^ à quelques jours' 
de différence , cinq candidats pour remplir le siège, vacant. Ler 
premier était- Clément- Auguste de Bavière, neveu du défunt ,,• 
auquel il venait déjji de succéder dans k'archevéché de Cologne,; 
et qui possédait , outre cela^y les évêchés de Munster et de Pa* 
deroorn., Le cardinal de Saxe~2^eitz, ie prince de la Tour*d^Aur 
vergne,. archevêque de V4eane , en Dauphiné , le comte d» 
]«QuvesteiD , évéque de Tdumai , et le comte de Cuftein , çomr*' 
mtssaire de rempereur pour assister à. l'élection , étaient le» 
quatre autres compétiteurs. Rien ne fut épargné de leur part 
pour gabier des suffrages-:! festins ,)éiix,,s]pect9cles, largesses. ,^ 
tout fut mis en usage à J'envi par ces ambitieux , comme Vil n^ 
se filt agi que d^utie dignité tempoirelle. Mais ils furent t6us 
également trompés dans leurs espérances, et ne réisiportèrent' 
de tant de mouvements qu'ils tétaient donnés , de tant de' 
dépenses qu'ils avarient faite», que la bonté d^avoir éçJioué dstna^; 
leurs déinarchefl^ suHoniâque». * 

Q£ORG£S^LOU1S DE BERGff. 

r 

1 724. GsoaQKS-Loùis Dii;; Bergh, chanoine de Saint-Lamberf, 
lut élu~, le. 7 février 17^4, à l'âge de soixante -> quatre ans , 
évéque de Liège, pat le plus grand nombre des capitulants, sans 
avoir brigué la place et sans avoir inéitie paru ia qésirer. Il était 
le troisième de sa maison qu'on y eût élevé. Le a4 fevner , it' 
se retira' chez les Capucins ,' pour se préparer à recevoir ie^saints 
ordres* L'an 1740, le différent du roi de Prusse avec l'évêque 
de Liège , ^u sujet de la baronnie d'Méristal, senpenouvda. Le 
premier, écrit de Wesel , le 4 septembre an second, paur' se- 
plaindre de la désobéissance des habitants de cette baronnie à 
son égard, et lui demande une exfkticatiim sincère ei catégorique 
dansi'espétce de deux jours, i explication consistant è déclarer s'il 
e^t fifeore résolu de switenir sa prétendue fouiferaineiésur Hénstal^' 
et s'il veut protéger les mutins d'Herislal dans leur désordre eê 
désoàéisance abominable, L'évéque , n'ayant pas jugé à propos de 
répondre dans le court délai que le roi lui accordait , bu pour 
mieux dire , ne l'ayant pu ( la lettre ne lui ayant été rendue que 
)e 9 du m^e mois), ce monarque fait marcher un corpd de 
deux wUe hommiBSi de troupes vers le comté de Horn, Cette 



»9ai cQ»0ir0i0iiie KisfcnuQim/ 

potite '9rmé9 ayant p9ssé la Meuse, entre , le i4 septembre , âmiM 
sH^e\çk dont elle ae met en possession. Pendant quVlle e^t ea 
i^arch^ f le roi de Pmsie puUie , le 1 1 septaEnèkre , ua mAnv* 
{e§te»aui|^l Févéque de Liège répond , le même jour^ par la 
post^. tie prélat , dans celte réponse , réitère aa im l^offre.que 
ie# é(fit«.de Lifge ont déjà &ite h sa majesié, dV^et^er ao& d^otta 
5UP liéristai i pour la soifime de cent mille écus. 11 écrit en même 
tj^ms awc rois de Fr^nee et d^Ëspagne, comme garants du traité 
4e liiSg, qui assurait à Févé^e de Liège la partie «lu Héristal * 
&iti|ée eni-deigà de la Meuse* Mais ce différent est terminé dans 
le mois suivant ^ au m«>yen d une somme de cetit vingt n^ille 
éfiiis f que Vévèc^m s'engage à pa)»er au rai de Prusse , p(Hir s^% - 
prélentions. L'an 1744* l'évéque 6eorge»nLoois de ûergh 
meurt le 4 déoembre , à Tige de quatrervingi-tua ans. 

» ' • . « « . 

f £AN fHMIÔÔlte DE BAVlËfti. f 

. >hji/kt J[flA.iî-T«WiJ»a^ ft* BAvtJ^aiç , .frère 4e IVmpfreur 
Çb*plw Vil e| de Glé«iient-Avg»$t^ de Bayière , électeur de 
Cftlp^ne » né. le 3 seplwivbrei i7p3 , évè^u^ de i^tisboope^ 
dftt»i| le^ m\k\ »7»9» de Fi?i§i»§»e, d«»3 février 1^*7 , 
fut éluéveque de Liège,' le 28 jgkRj^'ier.i^ii» et irwv^ttré le 
10 mars suivant. J/an (74^9 il fut créé cardinal, le 17 janvier , 
par le pape EieQçii i^^lV. Jl inotiititt le A7 j^ruvier 1763, à 
l^iége. 

CHAR LfiS-'NIGOL AS-. A LËX ANDRE. 

170$. CHAJ^l']K3-Nl€ipi.A.lb-Aux4VllftE, cémte d*OutPemMt* 
fi|t élu ^ te ao avril 17^3,^ év^c^ue de Liège par le plu3gfWid 
fiCtmW^dê» e»pilulanta^ Uodia fue tes ai^^s ae réunirent en 
j&yeur 4u pi^inee Clé^naent de Saxe,Ceux>ci firent sucrJe^cbamp 
l?i|r$ p«%teataikioi:^ aeinire Tâieetion du pren^ier i pçéteoidaat 
qu'eUe n'était point eanonique , et les reneuveUreiU en pré-' 
s^i^e du eoi^te de Pef^gbeii , commissaire impérial, i^ contes^ 
t^ion aiysant été portée à Rome 9 la coagrégAiion nommée k 
oe si^iet , confirma 9 h zi décembre 176^1 l'élection du comte 
c|HJ)vtUea[oiut. Ce prélat mourut suUtemeot, le a:^oc.(obce 177 1« 
an i^tour 4e la clwse. 

FRANÇOIS-* CHARLES^ COx^dTË DE WëLBRIH:K. 

177a. FflaNf.oiSr^CH!AHLKâ, comte de Wetbnieky chanoin* 
de Saial T Lammerl » né le l» j^ip 171^4 &t élu. évalue di^ 



HES "ÉVCQtTBS CT F%nVCBS BB létnM,' " sSà 

Ijiëge, le i6 janvier 177a. Le i4 mars suivant, il fit son entrée 
solennelle au palais. Le 24 à\i mois d^avril , il conclut avec les 
ministres de Ir^incei un trmté d^échan^ de quel^[ties villageé 
qni lui 4ppartenèteitt sur l^deux rives de la Meuse, contre 
d'autres , que possédait cette puissance dans Tentre Sambré 
et Meuàe liégois. Il mourut au château de Uex , le 3o avril 
1784*- 



CESAR-CONSTANTIN-FRANÇOIS DE HOENÇBROECK- 

D'OEST. 



1784. CÉsA^a-CoNSTAirriN- François de Hoensbroeck- 




CHRONOLOGIE , HISTORIQUE 



DES 



COMTES DE LOSS 



•L<E comté de Loss , en fiamand de Loon , dans le pays âe^ 
lâége, comprend une partie de la Hasbaie avec tine. partie d& 
la Toxandrie. Son nom se tire de sa capitale , appelée en lan-^ 
gage du pays Brochi-^Loon 9 c^est*à«>dire château de Loon , situé 
entre Tongres et Saint-Tron. I.ies autres villes qu'il contient 
sont Hasseit sur le Demer , Wust-Herck , Bilseo y Maseyck ^ 
Stockhem, Peer, Bree, H'amont etBeringen. 

RODOLFE. 

• 
RoDOLFE, comte en Hasbaie, fils de Rainier lit comte àe- 
Hainaut, est regardé comme la tige des comtes de Loss. Il 
parait que ce fut Otton I, roi de Germanie et depuis empe--> 
reur , qui lui conféra ce comté. Il est fait mention de lui dans^ 
Flodoard sous ran^944> ^^* £rnst possède un diplôme de l'em- 
pereur Otton , de Tan 966 , non encore imprimé , par lequel 
on voit que Rodolfe avait été dépouillé de quelques biens {et 
apparemment de son comté ) pour cause de .félonie , et que- 
dans le pays de Loss d'aujoura^hui , ou du moins dans une^ 
partie de ce pays, un certain Werinherius était comte. On. 
lui donne communément, mais sans jpreuve, deux fiU, Àrnoul, 
qui suit , et Louis, qui fut père de Balderic , évéque de Liège,, 
et de Gislebcrt , qui viendra ci-après ; et deux filles,^ dpni. 
l*aînée , Catherine , ép6usa Louis , comte de Chini. / 

ARNOUL L 

Arnoul 1 , fils, k ce qu'on croit , de Rodolfe, est le premier 



CHROH. HIST. DES COMTES BE XOSS. ft55 

.qoe Ton connaisse sous la dénomination de comte de Loss. 
C'est Gilles d'Orval qui le nomme ainsi dans ses additions à 
^ l'histoire des évêques de Wcge, écrite par le chanoine Anselme 
vers le milieu du onzième siècle ^ où il est nommé simple- 
ment le comte Arnoul. C'est encore Gilles qui parle de ses 
fréquentes guerres avec le comte de Flandre , pour le château 
de Loss , sans fixer la date d'aUcune ; mais cet auteur est trop 
éloigné de ces tems-là , pour mériter d'en être cru. Quoi qu'il 
ien soit^ Arnoul* se trouvant en 10149 sans enfants de son 
éfouse LvTGKRDE^<\Vk*Anse[ine{Ampilss,<fCollecLi, JV, c. 867) 
.appelle trèfr-noble, n^is dont on ignore l'origine, et près de 
aCieurir, fit don ii T^lise de liége de son château de Loss , à 
.la sollicitation de Tévéque Balderic 11, son parent, que Gilles 
.d'Orval appelle umcus cognalus. Nous disons de son cnâteau de 
Loss et non de t^ut ce qui a formé depuis le comté de Loss , 
parce qu'on verra, sous Van i2o3, que Louis, comte de Loss, 
-^vait possédé jusqu'alors en franc^alleu plusieurs places qu'il 
.mit dans la mouvance de l'église de Liége. Les historiens mo- 
«dernes comptent cet Arnoul pour le troisième, et le disent 
^Is de Louis, comte de Loss. Maie l'existence des deux premiers 
Ji'^est rien moins que prouvée. On donne à chacun pour femm'e 
Luigarde^ ce qui , à notre avis ^ suffit pour prouver qu'il n'y 
;<€« eut qu'un. 

GISLËBËRT. 

- ior6 au plue tard. Gislebert , fils de Louis , frère d'Ar- 
rfioul, est nommé trois fois comte de Loss, avec Arnoul, son 
frère-, dans la charte de fondation de l'abbaye (aujourd'hui 
égUse.coilégîale) de Saint-Jacques de Liège, faite en 1016, 
paip l'évéque Balderic , leur. frère.. (Martène , Ampl. coll., t. l , 




qui le lit père , 

de Loss dans une charte de 1046. {AmpL coiL^ t, I, col. 41 3.) 
Ottpn paraît encore avec la qualité de comte de Loss, dans 
uiie charte, de Frédéric^ duc de la basse Lorraine, en faveur 
.•de Tabbaye de Stavelp , mal datée de l'an, 1067 (ce duc étant 
njort ea:io65 , au mois d'août ) ; mais il est vraisemblable qu'il 
aura eu pour sa part le comté de Duras. Celui-ci vivait encore 
«n io65, comme on le voit par deux dîplômes où il paraît 
comme sous-ayoué dç Tabl^ye de Saiat-Tron ( Miroeus , t. L 



r. 



dS6 CttHOKOlOÔtE HISTORIQUE 

p. 63^64) , tt fut pète de Gklebéit, cômié dé Dui'âSi sf^^on 
a généalogie débattit Arnoul de Soissons. Hertnàn, frère dSrii 
comte dé Loss, et archidiacre dé Ltége>, ipii, eti 1047^ fètidla 
la collégiale de Lôss, doit être encore regardé comme ffè^e 
d'£mmon et d^Otton. (Bobynd, Diphm, Lussensia , ki. ife3.) 

ËMiMON. 

io46 au plus tard. Eumon^ fils aîné de Gislebertt ^tait dé}à 
comte de Loss en 1046, selon la charte citée plus hèul. L'au 
1067, il fonda un hôpital à Loss, comme, il est marqué dans 
la généalogie f assez inexacte» de la maison de Loss, an tome II 
du supplément aux trophées de Brabant, de Bulkens, p, 49« 
Cette généalogie lui donne deux femmes: i^ ËmMËNGABDB', 
âtle et héritière de Conrad , sire de Hom ; m«« Mathilde 4 fille 
d^un comte de Juliers ; mais cette secotHle alliance paraît très*- 
suspecte. £n effet , sans garantir Torigine qu'on donne à £rH 
mengarde, il est Certain quVn 1078 vivait un« damed»ce noio, 
qui était de la maison de Loss ^ covnme on le voit par la s»» 
tuation des biens qu'elle donne aux églises de Saint-»iean. et de 
Saint'Harthélemi f à Liège, en prenant le veile de reâigîoiu 
(^Diplomaia Lossensia^ n. i3.) Cette Emaengardev prenant le 
titre de comtesse, pourrait bien avoir été la iémme d'ËDomod^ 
auquel elle aurait survécu* Quoi qu'il en soit , il laissa de sa 
femme, Arnouf , comte de Loss^ et Sophie , duchesse en Hon* 
grie , mentionnés dans la généalogie dû sâtnt Amottl de ^eis- 
tons. Au supplément de Butkens, on lui donne encore une 
fille, Gertrude, mariée à Guill&imie, fils d*£ustache H^ cbmte 
de Boulogne, Thierri ^ chanoine de Cologrie et de Ho», mort 
vers iiiS, et Gérard. On peut Paccorder pour Grérard; ma» 
pour Thierri, il est plus prubd)lé qu'il ét&it fils d'Arnoiil , q/Â 
suit. 

ARWOUL îl; 

• - 

1067 au pluim. Xtii^ùVL n succéda à *oA pèfé EHWftétt , » 
comté de Loss., L'an io8:i , il concourut à rélâfWifiSéra^ttt dé U 
fameuse paix de Liège. (Bouquet, fom. XIll^ p; 606.) L'âH 
10^5 , il mit dés soldalÊi en garni&ou dâwi unetour d« Tébbajfe 
d(B Saitit-Tfon, à Toccasion des désordre» më l**fllbitlO!i dfe 
Luipon avait fait naître. L'erfaperèur lui cOAnéra^ en iôg4 <* 
1090 , certains domaines et droits , dont l'évéquèr de Merffc àvàk 
joui dans ce monastère 5 ce qui le cOiïrpfomk aVec Hkfnri I > 
comte de Limbourg , qiii en était h»ut- avoué. (/AAf.'pp.- Sgf^ 
694. ) Il est difficile de déterminer jusqu'à qu^Ité àhhée Â^f notfl 
aura vécu. Bans un dipldmtf du i^. juillet ilcn ^ fMié j^ 



t 

) 



'tes eoiih:)e:s dk tessv ' 2S7 

fee irtife (0/?^rû i>//9/om. , ♦• l > P- 3%)î o» voit , etilre les té-* 
moins, Gèrardas cornes Se Losif dmtfidûs effrayer ejus The&derkusv 
L'éditeur nt fait poîAt difGct>Ué de donner le titre de comte 
de Loss^ cet Arnoul, qu'il porte réellement daû^ un autre di— 

Slôme^ du 16 mai d^ k m^iûe année. (JéiJ. p. 674) H faut 
onc que Gérard^ mentionné dans l'acte du 1*^'. juillet kiot, 
Boit mal'à-proDos nommé C€»nle de Lidss, ou qu'il ait été 
Tonde J'Arnoui 111 et de Thierri ; car on trouve , en 1 138 , un 
Arnouly cûoite dé Loss, qu'on ne peut guère supposer être 
Arnoa) II. 



ARNOtJL Hï 



V 



r699^ liés le wàmé et mftrs de cette ailnéei^ fiaràiaient dan% 
un diplème, non encore imprimé) ArnoulV comte de .Loss^ 
et 'flhierri; son frère, commie dMis la charte.de u 01. IHouit 
' croyons qu'ib. étaient .fils d'Aroool IL AanouL 111 accom.* 
Iftagna l'empereM^ Henri IV ^ l'an tioi^ dams son expédition 
tontre Henri 1 , cos^ de Lind^urg. L'âik itoy ,..pett de tems 
«va«i rAsoensien, il aniena des troupes à Tempereur jusqu'à 
Verdun <). 000 jointemeiit ^vec rarcbevêi|ue de Cologne et Qot 
defroide Ijouvaitt, duc de basse Iiorraine« ( Chnn, S. Tmimis^ 
A. 7. > L'an 11 19, il prit «ttelquè part aux troubles de l'église 
de Liège en Àveor de Frédéric <fe Namur ^ par respect pour 
TautTHiié éa saint nége. Eodulfe^ abbé de Saint^Tron , étai( 
dans le mémo parti y et airaii encouru la disgrâce du colnte 
delhiras-^t dit diac de Lonain^ Arnoul se porta inutilement 
pnnr médiatcnr ; et , n'a^eant pu le soustraire k leur vengeance , 
il donoe jratraite À l'abbé tagitif, l'an iiai ^ après Pâques. 
Uid. Mb^ M.) L'an ii^^ 9 dans la guerre d'Alexandre , érique 
de l'iége^ contre Godefrot le Gr^nd^ comte de Louvain, il 
prit le parti du prélat, quoique proche parent de Gisldbert , 
comte tie Duras, qui était dans, le parti opposé- Sa valeur con- 
tribua «beanaoup. à la victoire remportée par Alexandre, sur 




mois d'avril ii3^ (Mireû, Opéra Diphm.f 1. 1 , pp. 3dC-$26) , 
dans l'un^desqueb il est nommé Conrad, par erreur de copij^t» 
Sa feimne se nommait Auidr ou Alix , selon une cbarté 
puUiée pas Bertholet (£»/. de Lwcemb, , t. IV, pn p. xxvj)^' 
et non Agnès, comme le dit Mantelius. Elle le fit père de 
Loub* qui suit, et de Jean de GhoeTi tige des comtes je Cors- 
XIV, 33 



â58 CHUOHOIOGiB HinOBlQUE 

warem. Albérîc de Trois-Fontaines parle d'un Philippe , comte 
de Loss, sous Fan 1 166 , qM^il fait père de Loui^, sous Pan. 
ii6â, mais qui ne serait que son frère, si Ton pouvait établir, 
quelque chose sur le premier passage. -Gérard, j^u'on donne 

Eour fils ^ Arnoul , est également incertain , ainsi que deux 
Iles , Agnès et Emme de Loss , dont on ne connaît que l6 
&om« ' 

LOUIS î. 

.♦••••' 

II 38 au plutôt. Louis I, mentionné avec son père dans la 
charte de fondation d*£verbode, se montre pour la première 
fois dans un acte du'tt^o décembre 114^9 on plutôt 11 45, sui- 
vant notre manière de compter. ( Miroéi , Of^era Diplmn. , t. I> 
p. 182.) L'an 1 148, il y eut guerre entre lui, le comte de 
mmur et celui de Dagsbourg, qui affligea beaucoup le pi^s. 
(Wibaldî,' Epfsi.Sé^ , Arnffl. eolkct^ t. Il , p. aâê. ) L an i iS^-y 
accompagné du comte de Montaigu, il fit le dégât sur les terres, 
de Tabbaye de Stavela. (^liid, p. ôo4*) H <j>tiiitf en 11 55, 
Favouerie d -un certain bien à Ëyck , qui venait d'être donné 4 
Tabbaye d'Ëverbode, fondée par son père. Il passa dans la 
<uite en Palestine , et à son retour il écrivk au roi de France^ 
Louis le Jeune, dont il avait rhonoeur d'être parent, pour 
se plaindre de ce qu'il ne l'employait pas dans les affaires qu'il 
savait h traiter dans les états de l'empire. Il lui apprend ensuite 
qu'à son retour il s^est vu engagé dans plusieun guerres , tan^ 
par les hostilités de ses ennemis que par les querelles de se^ 
atiiis; et, à ce sujet, il prie le "rot de lui envoyer une G«ir«% 
rasse et un casque ; qui soient larges , aaif^es et de bonne 
trempe , d'atStant qu'il ne s'en trouve point dans le pays qui 
lui soient propres. (Duché ne, i$i»y/>^ />. , t. IV, p.^2^i9 ^v) 
Cette lettre, dont nous ignorons la date, sert à faire coii« 
naître l'humeur guerrière e( la corpulence- peu conunune du 
comte Louis. Mais l'histoire ne nous a. transmis a«icun détail 
de ses exploits. Il mourut le ro août 1171 9 laissant d'A(>N£;s 
DE Bekeck, sa femme (Albéric, €uL an, 1168-, la nomme Ër^ 
mensinde, et la dit fille de Gérard, comte de Reo^ck ou 
biéneck , en Franconie ) , Gérard , qui suit ; Hugues ; Alix , 
mariée à Gilles, comte de Dnraa^ Imaine, seconde femme de 
Xxodefroi 111 , duc de Branant; Agnès,' première ■ femme d'Ot- 
ton YI '\ comte palatin de Schyren et duc de Bavière , men* 
liônnée , par Albéric '( ad aru t r6H-) , avec Laurette ; Gertrwde, 
femme d'Albert , comte de Dagsbourg *«t dte Moha ; Laurette^ 
dont on vient de parler , mariée à Thibaut I , comte de 
Barbet Sophie, femme de Wautier Berthout^ seigneur^ de 
Malifles.. .. 



GERARD. 

« 

•1171. GtiiAiVD, fils aîné de Louis » lui succéda. L'an 1179» 
élattt entré en guerre avec Raoul, évêque de Liège, irsVm-i- 
para de la ville rie Tongres , la pilla et y brûla le palais épis- 
copal. Le prélat, usant de représailles ^ prit- et livra auxilàm^ 
mes les châteaux de Loss, de Chaumont et de Biken^ Les hos?- 
tîlités finirent entre eux par l'entremise des comtes de Haînïmt 
et de^^^mtir, fjtifi les engagèrent a faire la paix. L'an 1189 , 
' Raoul , évêque de Liège, ayant acquis en pur don le comté 
de Duras, de trois ^frères <le cette maison, Gilles, Cofion et 
'Pierre, dont Tàîné était lépreux , et aucun n'avait d'enfants, 
pour en jouir après leur mort , vendit à Gérard de Loss , le 
comté 'de Duras, et à Wideric de Wâlcourt^ Clefmont -et 
Rochefort, avec l'avouerie de Dinànt. Vers le mémetems, 
Henri IH , duc de Lîmboarg , vendit à Gérard , comte de Loss^ 
la sous «- avouerie de Saint - Tron , après en avoir dépouillé 
Gonon^, comte' de Duras, pour avoir négligé de remplir un 
devoir que ce fief lui imposait , SjTvcmr la gat*dè du château de 
'Limbourg-en certtin tems. (Sktghim in casiro de Ltimborch, ) 
Conon s'était croisé pour la Terre-Sainte, et avait besoin d'ar-- 

fent. H vefidit donc pour huit cents marcs^à Henri le Jeune , 
uc de Brabauit , la sous-avouerie qu'il venait de perdre et le 
château de Duras. Le duc le fortifia aussitôt pour infester de 
là lé comté de Loss f où il. entra*, dans l'octave de la Pentecôte, 
utec une armée d'environ soixante mille faomme3 , et le ra- 
vagea en partie, il alla ensuite assiéger Saint-Tron , où Gérard, 
comte de Loss, et le duc de Limbonrg , s'étaient renferméa 
avec plds 'de vingt milte Immmes. Le comte de Loss ayant £3iit 
avertir le comte de Hainant, son parent et son allié, du 
danger où il se trouvait, celui-ci , pour faire diversion , entra 
dans le Brabant désole lundi après l'octave, et fit tant de dégât, 

3ue \e duc fut obligé d'abandonner le siège. Tel est \e récit 
e Gilbert de Mons, qui ne dit pas comment l'affaire fut 
terminée. Mats on voit par une charte de 1190, que Phi- 
lippe d^Heinsberg , archevêque de Cologne , mit fin à ce dif- 
'ferent , sous la garantie do comte de Flandre et de Godefroî, 
comt« de Louvain, père de Henri, moyennant huit cents 
-marcs que le comte Gérard paya à celui-ci. (Mantelius, p. i.^S.) 
Gérard s'était croisé pour^ la Terre-Sainte, en 1188; Il rie 
partit eependant qu'en 1 194 v plus de dnq ans après son vœu , 
comme le dk Gilbert de Mons s ce qui prouve l'erreur d'Aï- 
'béric, mji Je fait mourir devarit le siège d'Acre exh 1191. Le 
comte ae Loss ne revint pas de son veyàge; mais son coiy[>& 



fut rapporte et inhumé & l'abbaye d^Herkenrode , qiMl av«i| 
fondée, en 1192, pour des 'fines* de Cîteaux. Gérard^ avait 
épousé Marie, fille de Henri ^ comte de Gueldre,dont il 
.^ut Lol]i:s, qui suit; Gérafd, comte de Reneck; Henri, pré- 
vôt de 5aint«SerTai& à Maëstricht, et puis comte de IJuras ; 
Arnoai, seigaeur , à ce qu'on pi^lend , de Stayn ,. en-deçà de 
4a Mèiise; Tmerri , qui y s'^tant croisé pour l'expédition de Lonsr 
tantinople, y sign^k sa valeur en différentes occa^ons., Ce 
ifat lui qui, l!aii J(ao4 » prit Alexi» Morzaphle, 4j$urpalei]F du 
.trône de Tempire dès Grecs, et le livra è l'emppreur Bau- 
douin. Mais , ayant été' nommé,, par ce dernier , sénéchal de 
-non nouvel empire | îL fut assiégé, Taa iao6, et pris sur la 
côte de Nicodémie, par 1?héod€«*€ Lascaris, oui, peu après, 
le relàciia en vertu de^ la trêve concluKe avec tes croisés* ]>u-^ 
çstn^ se trompe, en prétendant que ce Tbierri .n'était pas de 
la «aison des comtes de Loaa ^ au diocèse de Liège. Le comte 
.Gérard eut encore deux autres &h , savoir : Amoul , dent il sera 

Srlé €inapr<às, et Guillaume -de Loss, nommé Willans par Yille- 
rdouin ; avec 6^»^ filles , doi|t Tannée', )œaine., ép<^sa Guil- 
laume if châtelaftA de Saiat^)mer ; Matbildei qui fut abbesse 
déMunsU^-Bilsc» , et vivait encore en 12S1 (Diplom» Lfos^en^a^ 
n. 5).; les a)iti«s sont Aime 9 Jeamfie- et Yolande. 

\ JiOCJIS u, 

Louis II ; fils afiié 4e Qérard et son successeur au <:omté de 

•Lp^s, tfansi^esLf faia it'97, avec Henri H, duc de Erabant^ 

au sujet delà seieoêiirie de Moha , dont il lui abandonna la 

moitié , et retînt l'^autre 9 en s'obli^nt de lui en Ëiire homr 

-mpge; mais cette transaction n^était qu'éveptoelle pQur le ca$ 

qu'Albert) comte de Jlaba«t de Dagsbour|;, vint à mouriez sans 

.expiants. L'aq taoi , le comte J^ouis et <GuiUaii|iie de Juliers sp 

rendirent pleiges d'Otton I^ comte de Juliers , poqr le tirejr 

des mains du duc â^ Bre^nt, qui Tavaii {%\i prisonnier. L'ap 

iao3, vers Ta JSaiot-JeaH| Louiâ fit hommage des châteaux de 

Montigni et de Hallud , ainsi q^e d'autres terres , à Hugues de 

Pierrepont , éveque de Liège , qui lui promit toute assistance , 

et lui céda les prétentions qu'il avait au château de Duras , 

.-ou'il reprit en uef de l'évé<pie, quoique peu aupamva^t, it 

1 eût relevé du ducde Bitabant. Le duc^ krité. de ce procédé , 

^u^ regardait' cox9me mi acte de fébmie à «on.^rd , déclara 

la guerre au comte de» Loss. L'évéï^ue Vint aui secours de son 

vassal. Mais une autre guerre que Louia eût k soutenir, peu après, 

lobligea de faire une trêve avec le duc. (Martène, jimpl^coÙed^^ 

toœ. y, i>ag. 2S. ) Thifirri VU, comte de Hollande, étaot 



DES COItfTE^ DE LOM». ^aGi 

mort le 4 novembre 1 2o3 , ne laissa qu^uoe Bile ^ nommée Ade , 
qu'Adélaïde , ou Aléide , sa mère / fit. épouser au comte de 
Xoss , dès le lendemain , ou du moins avant Pinhumation de 
Thierri. Louis , en vertu de cettealliance , vçulut se i^iettre en. 
possession du cpmté de Hollande. Mais Guillaume;, comte de 
.Frise et frère de Thierri ^ appelé par la noblesse du piys , lui 
disputa. cette succession. X»a comtesse Ade s^étant retirée îlan^i 




p^n:e.f}u ui et^t luL-oieme de l empereur 
jieveu de Jean. Cet enlèvement ne déconcerta point. ie comte 
^e Loss. Il avait un .nombre de partisans en hollande , et s'était 
.fortifié d'une puisant ligue de princes voisins-, dpnt les prin-- 
jcîpaux étaient Tévéquç d^Utrecht » le comté cle Namiir et le duc 
,de L imbourg. Avec le secours de ces alliés « il se rendit maîtins 
en peu de tems de la Sud-Hollande , soumit Tîle de Walcl^ren^ 
et poussa si vivemept son rival dans l'île de Schoweat qu'il ne 
lui échappa^ en se cachant sous des iiUts ^ dans une barbue 
.de péch^urst Mais ces premiers succès de I^uis furent suivis 
d'un i evers qui ruina ses affaires.. L^duc de Limbourg y appre*<^ 
nant que Guillaume arrivait à la tête des Kennemers ', au lieu 
de l'atiendre » se retira lâchement avec ses troupes. Sa dé« 
sertion et le motif dont il l'appuya « eo exaeérant lés forces de 
l'ennemi , jetèrent une telle épouvante dansle camp de I«ouis , 
que son armée prit aussitôt la fuite , abandonnant tentes, 
vivres , armes et marchandises. Guillaume ayant atteint la queue 
des fuyards , les tailla en pièces, seconde par les femmes du 
pays 9 qui l^s assommaient san» qu'ils osassent se défendre. 
{Chron. Hoiiandiœad an, x;ao4' ) Après cette déroute, l'évêque 
d'Utrecht paraissait, être le seul qui pût arrêter les progrès dfi 
Guillaume. Celui-ci acheta la paix du prélat, à prix d'argent ^ 
et en se reconnaissant feudataire de son église. La guerre néan-t 
moins entre les deux rivaux ne fut point terminée par<-là. L'an 
iao5 , Louis , ayant renoué son alliance avec le comte de Namur , 
rentra dans la Hollande, et y eut des succès variés , xnais don^ 
l'issue fut telle , que par un traité conclu dans le mois d^oclobre 
iao6 , Guillaume lui abandonna la plus grande partie du pajts ,. 
et promit de lui faire rendre son épouse. Rien n'était plus avan- 
tageux pour Louis que ce traité ; mais, par des causes que l'his- 
.toire nous a laissé ignorer , il demeura saas exécution. Louis 
quitta , la même année ^ la Hollande , pour ne plus y revenir , 
et lajisfijii son compétiteur . paisible possesseur ou. comté. L'an 
1207 , Adélaïde , mère d' Ade , obtient du roi d'Angleterre le 
l^nvoi de i^a fille | en ^onpant pour oUg;e Arnoul y soc^ bèai^r- 



â(MA GHAOI^OLOGtS HISTORIQUE 

frère, et là rend à son époux. L^an 1212, Louis marcha aâ 
secours de l'évéque de Liège , contre le duc de Brabant , qui , 
étant entré dans son pays, en avait pris et pillé la capitale. Il 
combattit pour le prélat , l'année suivante , à la bataille de 
Steppes y donnée contre le duc, le i3 octobre. Le comte de Loss 
y courut risque de la vie , ayant eu un cheval tué sous lui ; mais 
avec le secours des Liégeois , il mit les ennemis en déroute , et 
prit ensuite la ville de Lieuwe , que WXongrois snccagèrent ; 
ce qui mit fin à la guerre. La paix dans laquelle le comte de 
I40SS fut compris, se fit au mois de février X!ir4* Louis s'était 
croisé , l'an i2i5 , poor la Terre^Sainte ; mais il mourut avant 
son départ, le 29 itiillet 1218, sans laisser de postérité; Kei- 
nier , de Liège dit que sa mort et celle de plusieurs seigneurs 
de sa compagnie, turent l'effet du poison. Al>E , sa veuve, 
lui survécut peu de mois , et' fat enterrée dans l'abbaye d'Her- 
kenrode, auprès -de lui. Quelques auteurs ont avancé quielle 
mourut en i2o4; mais on a des actes signés d'elle en 1218. 
Beiiier de Liège fait un grand éloge de la valeur et de ta bonté 
du* comte Louis. Amoul , son quatrième frère , lui survécut. H 
était resté en otage à la cour d'Angleterre , pour Ade , ?a bellé- 
sœur, jusqu'en 1^16. Appès son retour., il époma Adélaïde, 
'ou Alix , fille puînée de Henri 1 , duc de Brabaiit , et sœur 
"de Marie ,• femme , r®. de l'empereur Otton IV , et mariée 
ensuite à Guillaume , co^He de Hollande. ( Voy, Guillaume , 
êomte de Hollande. } 

HENRL 

1218. Henri , prévôt de l'église de Saint-Servâis de Macs-» 
tricht , succéda dans le comté de Loss à Louis , dont il était le 
troisième frère ^ et mourut quatre jours après lui. Dans un acte 
de l'an 121&, non encore imprimé, il porte le titre de comte 
de Duras. L'espérance de succéder à son frère lui avait fait 
quitter. l'état ecclésiastique, quelques années auparavant, pour 
épouser^ en 12147 Mahaitt, veuve de Lolhaire , comte d'Hochs- 
t'i^t, dont il eut Imainc, abbesse de Salzino. 

ARNOUL IV. 

i2i8. Aenovl IV remplaça son frère Henri dans le .comté 
de Loss. 11 mourut , le 6 octobre 122 1 , sansen&nts, d'AoÉLAïDE 
8on épouse, fille, comme nous l'avons dit plus haut,, de 
Henri I , duc de Brabant, qui se reoiaria ensuite à Guillaume X, 
«(Moate d'Auvergne. 



/ 



mS COMTES 0B LOSS. a63 

LOUIS m. 

1 22 1 . Louis III , petit-fils de Gérard , cômle de Loss , par 
Oérard de Loss , comte de Kieneçk , son père , avait déjà suc-> 
cédé à Arnoul, son oncle, le slo septembre 1221 , comme le 
prouve MïïQ charte non encore imprimée, où il se qualifie Zu- 
doçicus Dei gratiâ cornes de Loss. On en trouve un^ autre parmï 
les Diplomata Lossensia^ n.^ 24 9 commençant par ces mots ^ 
LudoQkus vames^ de Loss et de Reneken , et finit , Actum apud 
Loss i /// nonas decemhris anno Incarnat. Dom. 122S , IndicL xilK 
Louis mourut avant ou au plus tard en 1229; car, en cette 
année, Louis, son fils, était comte de Rieneck (Gudeni, 
Cbdex Diplom.y t. lY, p^âyS )) et Arnoul, son successeur dans 
le comté de Loss. 

* ^ , ARNOUL Y. 

/ 

12^9. Arnoul Y, frère de Louiï, suivant Albéric {ad an. - 
ii6Ô) , ou plutôt son fils, selon Césaii'e d'Heisterbach (Dialogi 
Miraç.j lib, 9, c, 4^), se montre comme comte de Loss » et 
aussi comme coifate de Chini, du chef de sa femme, dans une 
charte non imprimée de l'an 1229, et dans plusieurs de Tan 
123®. U combattit, Tan i234, à^^^ l'armée des croisés, cpntre 
les Stadings, L'an 1238, il aida Tévêque de Liège dans la guerre 
qu'il eut contre Waleran de Liinbourg,sirë de Poilvache. £n 
1239, il fit un traité d'alliance avec Henri II ; duc de Brabant* 
Il avait été jusqu'en 12419 un des «plus zélés partisans d# 
l'empereur Frédéric II; mais il l'abandonna par la suite, et 
suivitle parti de son rival, Guillaume de Hollande. L'an X244f 
il, eut la guerre avec le sire de Heinsberg^ U prêta main-forte ^ 
en 1253,. à Henri de Gueldre, évoquer de Liège, contre ses 
' sujets révoltés. Manteliu$ s'est bien trompé , en plaçant la mort 
du comte Arnoul , en 1266, comme le ri^narque le P. Ber- 
thoUet , d'après une charte de l'an 1271 , signée par Arnoul. il 
vivait encore le 24 novembre ' 1272 , jpuisqu'il fut choisi ce 
jour-là pour .arbitre dans un différent du chi^pitre de Saint- 
Servaisde ftlaëstricbt , avec les officiers du duc de Brabant en 
cette. ville, commie il conste par une charte qui nous a été 
communiquée par M. Ërnst. Jëankë, son épouse, fille et hé- 
ritière de Louis lY, comte de Chini , lui donna Jean , qui suit f. 
Xouis, tomte de Chini dès 1271 , &elon une charte du jour 
de Saifit-Clément^ de cette année, où il se qualifie Ludoywus 
vu* aobUis cornes de Chisneio , ce qui prouve que ^a mère était 
4éjà moxte^ et que son père li^i avait remis le comté de Chini ; 



\ 



264 .CnàoNOtOGlÊ HïStÔRiQtfe 

Amoul, évéque et comte de Châlons-sur- Marné , en lijà 
(mort ep isyB), surnommé mbal-à -propos de Loches par le 
K Rapine ; Gérard » sire de Chavenci 9 difTércnt d'un autre 
Gérard y mort le 3 septembre 1:^579 et enterré à Tabbaye dé 
Wassor, suivant son épitaphe ( Mantelius le dit frère d'Àrnoid, 
inais il pourrait plutôt avoir été spn oacle ) ; IsabeHe ^ femme 
de Thomas m y sire de Couci*-VerVins ; et d'autres en&uits. 

JEAN. 

.Jban succéda à ^n père Arnoul, au comté de Lo3s, après 
Tan 1273. Dans un acte du mois d'avril 1269, non encore im- 
orimé, il se qualifie, Nos Johannes de Los , ^n'mog^nitusJlliuSf 
I). jinaîphi Comiiis; mais on y voit qu'il se mêlait de Tadmi-» 
nistration des affaires , puisqu il accorde des grâces. L'an 12784 
il joignit ses armes à celles de Waleran , duc de Limboorg , 
dans la guerre qu'il fit à l'archevêque de Cologne , pour la dé* 
fense des enfants du comte de Juliers, dont il avait épousé la 
sœur en premières noces. Il mourut l'an 1 280 , laissant de son 
premier mariage, Arnoul, qui suit; Louis, dont réxisteocë • 
est douteuse; Guillaume de\Loss , stre de Neufchâtel, en Ar-> 
dennes. IsABEâu be Condé , sa deuxième femme, fillè de Jac*^' 
ques , sire de Condé , de Bailleul et de Moriames , lui donnaf 
deux autres fils, Jean de Loss, seigneur d'Agimont, et Jacques 
de Loss , nommé Jacquemin , chanoine de Liège et prévôt de 
Saint-Denis* 

. - • • * * * 

ARNOUL VL 

1280. ÀRisroUL VI avait déjà succédé à son pcre, au comté 
de Loss, le jeudi aprè^ la nativité' de saint Jean-Baptiste i^Sù^ 
jour auquel son mariage avec Marguerite de Yiandenr , fut ar-^ 
rêlé. L'année suivante, il s'arrangea avec ses frères, Jean et 
Jacquemin , fils d'Isabelle de Condé, pour leur apanage. L'an 
{288, il commanda un des corps de l'armée de Jean 1, duc de 
Brabant, à la bataille qu'il livra, le 5 juin , près de Wœringen^ 
contre Tarchevéque de Cologne et le comte de Gueldre. La 
valeur et Thabileté qu'il fit paraftre dans Taction contribuèrent 
beaucoup à la victoire éclatante que le duc remporta* L'an 1299^ 
il succéda à Louis., son oncle , oansie comté de Chini^ comme 
on voit par un acte publié dans l'histoire de Luxembourg , dtt 
P. Bertbolet .(^' ^y P^^ P- ô^) > t>ù il dît, Nostre cher oncle 
Ijoys qui devant hos sans moyen fui Citehs de notre Confeît de 
Chîaei, L^n i3o2, il était mambour du pays de Liège. 11 Pétait 
aussi en t3i2 , mais il n'avait été nominé que par la noblesse, 



oHs coims M Loas. jSS 

let te cliapitte te força d'abdiquer celte dignité , le 3 novembre 
de la même année ^ et de reconnaître que les' qomtes de Lo» 
Yi^avaient pas le droit, comme, il l'avait prétendu, d'être mam- 
bours héréditaires , pendant la vacance du siège. Après FéieCif 
tion d'Adolfe^de la Marck. les rebelles le choisirent de non- 
veau pour mambour^ en i'6i'6 et en lOtS, conjointement avec 
son fils ) lesquels , en' cette qualité, eurent beaucoup de parjt 
aux troubles qui agitèrent le pays de Liège, jusquà la paix 
conclue à Texe, le 18 juin i3i6. Arooul mourut le 2a août 
i528^ après s'être démis, ctâq ans auparavant, de soii comté 
en faveur de son Hls aîné, Louis, qu'il avait eu de Marqua* 
jRiTfi DE ViANDLN, sa femme, morte le 6 tfiars i3i6. Ses autres 
enfants sont Arnoul de Loss , et quatre filles , Mathilde , 
Marie, Jeanne, Marguerite , et un bâtard ^ noouné Martin de 
Loss* 

LOUIS IV. 

i3si3v Louis IV, fils atné d^ Arnoul VI, comfte de Chînl^ 
depuis i3 1 5 , par la cession de son père , lui succéda de son vivant 
au comté de Loss par la résignation qu'il lui en fit le 3o dê^ 
cembredel'an i3a3< Jean 111, duc defirabant, s^étant attiré, en 
s 333, l'indignation -de Philippe de Valois, roi de France , pour 
avoir donné retraite à Robert d'Artois, son sujet rebelle, Louis 
fiit du nombre des seigneurs qui se liguèrent avec Jean de Luxem^ 
bourg, roi de Bohême, contre le duc, .pour venger le mO'- 
narque. Le duc fit sa paix la même année , au mois de mai-,' 
avec le roi ; mais il continua la guerre contre les seigneur^ con-< 
fédérés avec lesquels il avait d'^autres démêlés à vider. l.e comte 
de Loss , sur les terres duquel le duc était obligé de passer pour 
aller \aux ennemis , fut nn de ceux que ses hostilités incommo- 
dèrent le phis. Le roi de France, daris le traité de paix qu'il 
engagea les^ parties à conclure, le 27 août i334, en sa pré- 
'aehce dans la ville d'Amiens, condamna le duc h payer au comte 
'de Loss dix-huit mille réaux d'or (1) poiiT ses dédommagements. 
Louis mourut sacis enfants de Marguerite de Lorraine , fille 
ée 'f hibaut 11 ^ duc de Lorraine , sa femme, le 21 janvier i336 
*(n. st. ), après avoir institué son hérilier universel Thierri 
d'Heinsberg, son neveu. 11 eut un fils naturel nommé LouS»^ 
.oemme lui , et deux filles. 



■■■*■ 



^i) Le réal « ou plutôt loyal , était une monnaie de France , d'dr et 
de ia taille d« 58 au marc ; ainsi 18,000 réaux pesaient 3io marcs a on- 
-çe« 6 gros S grains, et» à Raison de 828 Uy. las. le marc, proottindeat 
aujourd'hui a57,x5t Uv, i4 s» 6 d. , monnaie toumoîse* 

XIV. 34' 



'aM CBROHALMIK HISTOBIQVC 

THIEARl D'HËINSBERG. 

I 

* i3S6. TfliEftRi d'^Heinsberc, fi!» de Godefroî ïï, seigneur 

' "d'Helnsbèrg, et de Mâthilde , fille d'Arnoul VI , comie de Loss^ 

' le mit en possession de te comté après la mort de Louîs , soù 

\9ntle 9 en vertu du testament fait en sa faveur. Ixs chanoines 

ye Liège réclamèrent leurs droits sur ce. comté , prétendant 

2i^ètant un hcf mouvant de leur église, il devait lui revenir 
ute d'^héritier mâle en ligne dH%bte. Mais Adolfc de la Marclc^ 
leur évêque , refusa de se prêter à leurs vues, et favorisa sous 
tnain Thierri, qui était son beau-frère. Le chapitre s'adressa 
iLU'pape, qui approuva la résolution où il était de contraindn^ 
Y^r la force des armes Thierri à <léguerpir. Thierri se mit eu 
état de défense ; mais, avant qu^on en fdt venu aux mains, il 
fut proposé un accommodement. On choisit pour arbitres de 
}a querelle l'archevêque de Cologne, le marquis de Juliers et 
.U éomte'de Haiiiaùt. Leur sentence , du 18 mai t3.^8, fut fa- 
'YiH'dble à Thierri, qu'ils naftintififent dans la possession du c^mté 
4^ Loss. Les choses restèrent en cet état malgré la prolestaiioa 
«d'une partie du chapitre» Mais après la fBort de GodefixM, fik 
unique de Thierri , arrivée en 1042 , le chapitre reprit cetta 
affaire avec plus de vigueur. Thierri eat e3i;<x>mmf:uiié de Taveu 
àvi pape , et le comté de Loss soumis à rinter<iii|. Une nouvelle 
sentence ai4)itraie du lomte de Hatnau4 , pronoacée le 8 aoâjt 
,1^4^ ,' confirma ia premi<>re. I^ouvelles réclamât ioiiia de la {«art 
.4^ qilelques chanoines. Le pape commit Tabbé de Saioi-i>ticaiâe 
de lieifûs pour revoir Ite }«.gement ,. lequel fut confirqué^ le 
•dimaacke avant la Saint-Jean-Baptiste lë^^, par Tabbé, ea 
piésence de cinq chanoines dé^iwtés du chapitre, qui s. obligèrent 
4e .le faire ratifier par le chapitre et les éials. l^oique cette 
clause n^eât point été observée, Ëngilbert de la Marck',^u€9-- 
'^^esseur d'Adoife dans Tévéché de Liège , ne fît pas ièifliculté 
d'accorder à ^iPhierri rinvestiiure du comté de Losi. Âwilèvev 
^ènt du chapitre et dn peuple à ce sufet , et guerre civile contn^ 
le prélat. Les Liégt^is victorieux à Wolhem, le 19 joiliet de 
ja m^me année , et dans plusieurs autres occasions^ sont bai-tma 
à Valèwe^ lest juillet de Taniiée suivanle, par Ên^^lbert et 
ses alliés, et forcés de faire la paix. Thierri, qui avait ««i part 
h cette victoire, continua de jouir du comté de Loss jusqu'à sa 
TBôrt , arrivée le 16 où le 17 janvier i36i (et non 1^46 , comme 
4è ofirque Moréîri. ) 

Thierri étant ihort sans «enfants , Ondrfrot de dalembroock^, 
^n neveu, et son 'hérkier , prétendît au comté àe Loss , et ea 
pi it le titre* Ëngilbeit ile la Marcfk , poiir Inrs évérpe de Liége^ 



r 



DES COMTRS M tOSI. f$ff- 

^tson chapl(ré^, levèrent dcstronpps pour s'f n mettre fn pos^ 
cession. Les comtes de Clèves et iUt la Marck vinrent ^ leur 
secours. I^ même ^uMét*, le Içudemaln de la Fêle-Diew ^ les 
iLiéfl'eort allèrent assiéger le château cie Stockbem ^ la principalt 
place de cellei^ dont Godefroi s'éta^ eiaparé , et la çfîreot après 
vingt- huit )oiins de siège ; ^près quoi revenue de Liège fut reçi| 
lian»' oppastiioq , et ipéme avec pie, ccxEpme comte, par tous- 
les habitants du pays. Maûs, Van 1 363, Godefroi veiardit ou céd^ 
ses préteptions à son pareille Arnaul d^Ûreille , seigneur d» 
Jiuramen, ou i\uinîgai, âU de Guillaume U^OreiUe, ou d^Hurle^ 
et de Jeanne de Loss , fille du. comte Araoul YL I)ès le aS no^^ 




livres tournois. {Vifdom, Lojssetma^ n*. 3i. ) Mais Arnoul en- 
treprit de faire revivre leurs droits. S^ëtant pourvu au triEun|4 
de IVmpereur Charles IV ^ pour être confirmé dans le titre de 
comte ae Loss qu'il avait pris , il fui. évincé par un jugement 
provisoire de ce prince, qui adjugea le comté de I«o$s à Téglise 
de Lié^e , en attendant qu^il fût en état de rendre^une sentence 
définitive. Engilbert ayant été transféré, Tan i364f sur le siège 
de Cologne, Arnoul profita du tems de la vacance pour se 
inettre en possession du comté qu'iU revendiquais , prit haute* 
ment le titre de comte de Loss , et se fit prêter senpent de 
fidélité par tous les habitants du pays qu^il put y contraindre. 
I»e chapitre de Liège ne resta pas spectateur oisit de ces entre- 
' prises»: ii fit marcher contre Arnoul des troupes qui lui enle- 
vèrent le château d^Herck dont il s^ètait emparé. Jean d^Arkel*, 
quM^^Dgilbert eut pour successeur à Liège peu de mois après sa 
translation , entra dans les vues du chapitre , et rcscHut de 
pousser vivement la guerre qu^il avait entamée. Mais le duc de 
Brabant la suspendit par Tespérânce qu'il donna d'une paix 
avantageuse et solide* S'il agit de bonne foi ,«il n'en fut pas^ 
de même d* Arnoul. Les hostilités que la garnison de son château 
de Aummen exerça sur le territoire de Liège , firent bientôt 
connaîtra qu'il ne cherchait qu'à tromper. Alors le siège de 
Eummen fut déterminé. I^ambcrt d'Upei, maréchal de l'église 
de l»iége, le commença le 9 août i365 , contraignit la place à 
se rendre au bout de neuf semaines de défense , et la fit raser 
de fond en comble ajMès avoir fait trancher la têt&au con^ 
mandant, La femme ipArnoul , bâtarde du comte de Flandre , 
se sauva auprès de son père, où peu de tems après elle mourut 
de chagrin. Arnoul , manquant absolument de ressources , prit 
«nfin le, parti, Tan iSfiy:, de renoncer à- ses prétentions aa 



/ 



â68 CBwatt. trfST. râs comtes to uossi 

moyen d^anf rente viagère de trois aaiUe florins, que (Vvéque 
et le cfaapiire lui promirent , et à Guitlaume d'Hamale , son 
lirère. C'est ainsi que le comté dé Loss fut réuni 4 l'église de 
liîége à perpétuité» 

Cet article a été corrigsé en un grand nombre d'endroits sur 
les observations de M. Ëmst^ chanoine régulier de Tabbaye de 
Bolduc j au duché de Ltmbourg. Ce nVst encore ici qu'une 
légère partie d(*s secours que nous avons reçus de cet nabi le 
homme et excellent ami. Nous luî devons quantité de mémoiresr 
et de corrections sur les comtes de Flandre , sur ceux de Hai— 
tiaut , sur tes ducs de la basse Lorraine , sur les comtes de Na--. 
mur, sur ceux de Luxembourg, sur ceux de Limbourg; les rois 
Et ducs de la haute Lorraine , pour les premiers tems, les comtes 
êe Louvain et de Hollande. Outre les comtes et ducs de Guel- 
ère , on a presl^ue entièrement rédigé sur ses mémoires les 
articles de Cnmi , de Juliers ^ de Berg,. de Clèves, de la Marck 
et des comtes de Yecdua. 



«) 



j .* 






CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES , 



, "• 



?♦ . COMTES BE CHINL 



I 



«MMMA«MM«MWIM%IMMr 



CiHiTVi , è buit lieues de Sedan par Test, ville autreiiws eonsU 
dérable , comme le témoignent encore ses ruines i mais réduite 
depuis long-tems à une simple boureade , était la capitale d^ua 
comté assez étendu, qui fait aujourd'hui partie du .Luxembourg* 

OTTON I. 

Orr09 I. Cest dans la chronique de Mouson que se ren- 
contre l'origine des comtes de Chini , sur laquelle se sont-vaiT 
nement exercés les savans qui , jusqu'à présent , ont prétendu 
Téclaircir. Nous y voyons, en 971 , un comte Ottôm qui bâtit 
le château de Warc, nommé Waren par Hériman, chanoine de 
Laon, et situé auconfluent de la Sormorie, dans la Meuse. Ënpar* 
lant d*un certain Airan,elle dit : Oitonem comitem adiit qui farté 
in Uiisjmriibuscommanebat : quia ibi propter defensionem et oppQrm> 
ivniiatem alodiorum suorum casteiium jeeerai quod Warcus no^ 
menhabebat, £t plus bas : Nam et M osa fiu^ius... parte unâ 
casirum ipsum prœterjluil ^ parte i^ero altéra oeidens Sulnuma 
flumen.., al/uit. ^SpîcU. no9. edit. tom. il, pag: 563, col. i. ) 
Or, les comtes de Chini ayant quelquefois porté le nom de ce 
cliâteau, il n'y a pas lieu de douter qu'on ne doive mettre cet 
Otton , comte de Warc , au nombre des comtes de Chini. Oi;i 
en sera encore plus convaincu par ce que nous avons encore à 
dire. Mais auparavant il faut montrer que le château de Warc 
appartenait aux comtes de Chini. La preuve s'en trouve dans 1* 



YÎe du B. Thierri, abbé de Saitit-Hubort , publiée par âbtt 
Mabillon et les Bollandistes , et dans l'histoire ancienne de ce- 
ea'onastère , donnée par D. Martène. ( Ampliss. coll. , toni. 1 V ^ 
pag. 940. ) Suivant ce dernier monument ^ Arnoul, comte d^ 
Chini , eomes Chùdacensis ^ fit certaines donations à rabbéThierri* 
Or le premier, parlant de ces mêmes donations, nomme cet 
Arnoal cornes de fV arche. Arnoul , comte de Chini y était donc?' 
aussi propriétaire du château de Warc y qu'il ténaii sans doute 
de ses ancêtres. Ajoutez que dlns)e titre de fondation du prieuré 
de Priez, il donna la chapelle de Saint-Jean de Warc k I abbaye 
de Saint-Hubert. Olton , bisaïeul d* Arnoul , suivant l'histoire 
des évéques de Verdun {S/ncti.y totn. Il, pag. :^2), n'est 
donc point différent. d'Oltoa, c0mtè àt W^, en 971. Mai» 
celui-ci avait une origine bien plus noble que celle qui est donnée 
par les historiens modernes à leur Qtton, comte d^ jChtni, aU' 
dixième siècle , qu'ils diseut 'fils d'Arnoul 1 , comte aussi de 
Chini., issu , selon eux^ d'une maison noble en Bourg'^gne , et 
officier du comte Uicuin. Otion , suivant Ta chromque de Mou— 
zon , descendait des (ittons ^ roî«^ de Gernnanie et empereurs^» 
.Voici ces propres paroles r Inier kos„. àir/us Otia erat cornes y 
Ûtionvmmcifket Romanorum ùnperatôrufn $i adhuù ipitc teniporh 
èceptra nohiiilantium elarissitna et germanissima prefiemes , sangut^r 
patridus^ et^ ut ex ompHssimi patemi et muterni juris diiissîmff^ 
patrimenh apparat , fu^dis iffret çpiifus et digmtate $tflk pr^^^^ùs^ 
{SpiriL , tom. Il , pag. 5*^3. ) \oilà donc l'origine des comtes- 
de ( hini bien positivement établie* par un témoignage qu'oi» 
ne peut révoquer en doulc. Mais nou& n'avons pu découvrir 
tfàns quel i^egié le sang d'Otton tbuoliait à celui des'empereurs' 
dt; son nom. La chronique de Mouzoft nous apprend , p. 565 ^ 

Îfu'en 971 H entra en g^uerre avee Adalbéreni ^ «rchevêqqe de 
leims , dont lé frère tyoJefroi ^ com^e on- Avà^M^^ vint 
îfncttre le siège devant le château de Warc ^ el s-'e» rendit 
rtalrre. On mer la mort d'Ouon en 101 3". Lu P. tle Marne 
( Ilisê. de Nemury n. 96) lui donne pour époiuse Ëiil|Af9€SAil0C^|, 
ou MAACt>EftrrE, fille d'Albert f , comte de Namur. Iks enfantf 
qfi*il eut d'elle,- lé seul dont Texistenao sott bien av«f<é^^•e9| 
ton successeur» 

lOUlS I> 

Xôtft 1 , fllsi d*Otfo!^ , ne le remplaçai p3<r setriemeni dan» le 
i^6mté de Chini, mais « après la mort d'Herman , comte de 
> Verdun, rév'éqiie Raîmbert donna son. comté à Ijottis^ fil» 
» d^Otton , comte de Chini ; ce qui déplat à GozeloRt duc de 
^3^ Lorraine et frère dtt <;omte Hcrmân , qm se flaitftit dç hà 



99/t C0lif9lS W SmXfU BJ§ 

p. mcxéâer à^tks cet endobû Rtimbert afait ùk ratifier la chose 

« par l'empereur peur la rendre jJua stable. Goeeloo s^eo plai-*- 
a> gnit à reai|»«reiir fwème ; mats il ne put rien obteair , dm 
m sorie i]uHl résolut ik ven^r, {lar la force , Piitjure qu'il 
#> prétendait lui ai^oir élé faite. Il ^nira à main armée à Ver Jua^ 
» tua (ou piyiot blessa, mortellemeot) le comte Louis « brûla 
la maison éfrtscarpaley et fit plusieurs dégâts sur les terres df 
M révêcbé.. «.(Calmet, £Kû/* de itorraiêe^ tofa^ I, p, laao.) 
I/auleur que nous transcrivaos met cet événement en 1028; 
mais il nous paraît qu'il TavArMpe un pçu trop. Louis fut 
inhume à Saint-^Yanne, où il avait pris l'habit de religieux en 
expirant. De CATiiEaf?i£| soa époiiae » SUe de CMblfe^^^int» 
4e L0&S 9 il laissai un fils , ^i suit* 

LOUIS IL 

t6%% dtt envifOQ. Loutô II ^ fils de fanais I et «on saecosseuit, 
fi'a ip»& en d'Historien qui nous aiit trajismis le détail de SM 
«ctipns. Où welsa mortea ia(i$, et peut-être U recule-r>a« 
un peu trop. Les enfants quUl laissa de SoPHfB, sa fomone^ 
dont Porigme est incertaine ^ furent Ârnoul , qui suit, et 
Manassès, qui, sur la fin de sa vie, se fit religieux à Snint-^ 
Hubert, suivant Thistorieu de cette maison. (Mart. Àmpliss» 
9qU, i, tem. IV, j>. gSo, ) 

ÀRNOUL L 

iiRm>ui. I, fils ^né de Louis II, homme Vain jet médiant 
(Martin. , AmpUss, çoff. tom. IV , pp. 963 et 1023) , avait déjà 
succédé à son père en io6(î, puisqu'en iio6 il y avait déjà 

Îuarantc ans 'q« il avait donné, à saint Hubert le prieuré dd 
Vies* {Ibid. p. 9^0.) Amoul causa depnis à cette abbaye divei^ 
torts ^ pour réparation descjptrls il lui fit, ep loj^, plusieurs 
donations. {IHtL tom. IV , p. giii*) Cette même année , il s^ 
saisit de Henri, éveque de Liège, ^ui s^acheminait à Home ; 
et^ après Tavoir dépouillé, il ne le relâcha qu'en lui faisant, 
promettre, avec serment , de ne jamais réclamer ce qu'il lui 
«vait enlevé. Mais le pape Grégoire VII , instruit de cette viq^f 
ience , déclara oui , dans un concile , le serment du prélat ^ 
^ Itii ordonna de tirer vengeance de l'outrage et ihi Vol qui lut 
avaient été faits. (Martèu. Ampliss* eolL tom. i , p. 654; et 
40m. IV^ pJCRf, p. xxvij ) Âmottl , l'an 1084, ou environ^, 
tenta également de surprendre ttichiide, oomtesée de H.)inaut ; 
comme elle revenait de Rome. Mais elle évita ses «mbdches , 
lÂBsi qti'oa. 1% dit t:i*devant À son article. Arnottl mo^mi le 



1 6 avril iio6« (Marlène, Ampliss^ coll. iûÛÈ, IV^ col. t-o^iJ^ 
Malgré sa rapacité , il &t plasieurs fondatioas du nombre des^ 
queues on mH «elle de l'abbaye d'Orval et celle du prieuré de 
SainterWalburge dans son chiteau de Cfaini. D'Alix , oifi 
Adèle , sa première femme , fille d'Hilduin , comle de Rooei , 
il eut deux fik, Otton, qui suit, et Louis; avec une fi^e 
nommée Uedwige « mariée à Dodon., sire de Conz. D'uft 
jKcond marîa^, il eut A<laii>éron , évéque <fe Vçrduii* 

OtTON IL 

1106. Ottok 11, fib aîné d'Arnool I e| s6ti soceesseur^ 
archeva l'abbaye d'Orval, et y mit, en rua, des chanoines qui , 
Tan ii3i, furent remplacés par des cisterciens. Alix, son 
épouse, fille d'Albert 111, comte de Namur, lui donna deux 
fils, Aibert, qui suit, et Frédéric , prévit de l'élise de Reims^^ 
.11 assista, le 00 septembre inà^^àia dédicace oie l'^lisè d'Or<- 
val , et mourut avant i'an 1 i3i , comme le témoigne Albéric , 
en disant sur cette année , Otto cames de Chimdo jam dca» 
serai. ■ ' 

ALBERT. 

ii3i au plus tard. Albert, successeur d'Otton II, socp 
père, mourut le a^ septembre, non de l'an ii63 , comme le 
marque Bertholet , mais de Tan 1 i(^2rau plus tard ; car un acte 
de Louis, son fils, oui est entre les mains de M. £rnst, fait 
foi qu'il avait cessé ne vivre en cette dernière année. Il avait 
épousé, avant l'an ii3i, Agisès], fille de Renaud I, comte de 
Bar, dpnt il eut Louis, qui suit; Tbierri , sire de Marlière ; 
Arnouly évéque de Verdun ; N, , dame de Hirges , ou Hîergës; 
Ide , femme du sire d'Apremioht ; et N. , mère de Roger de 
"Walcheu, ou Walden. (Albéric, cui* an* 1168 et 1170.) 

LOUIS m. 

m 

1 162. Louis III , fils aîné d'Albert, prît possession du comté 
de Lhini après la mort dei^n père. A l'exemple de ses ancêtres^ 
il favorisa beaucoup l'abbaye d'Orval. Etant passé à la Terre- 
Sainte, il mourut , l'an 1 191 , au siège d'Acre , suivant Albéric^ 
et non pas à Belgrade , comme le porte son épilaphe plus ré- 
cente que cet écrivain. Il avait épousé, avant 11 73, Sophie ^ 
que Bertholet fait mal-à-propos fille de RenauJ, comte de 
Bar, dont il laissa deux fils , I^uis , qui si^it, et Anselme^ 
nom^ié dans une charte B^nuscriie de l'an ii^ji acte par 



lefiilèVon volt q;^» Sophie était alors Tremanée 4 ^Ais^e ai 
Gerlaaae. Une au|Fe..charte.^ non .imprimée;^ de i'an 1201 ^' 
atteste qu^elle avait aUis çovêt tfoisîème époux ^ Ganclifer , 
iseigQ^ur.dUyoû ; . 



^.' 



LOUIS IV. ^ 



* . kf^t. .Lot7ts IV^y ftUnioiùiné LE* JBSrifEy succéda au- comtff 
liOuis IIÏ ^ 1909 pèl^iBt) dans un âge tendre y sous la tutelle, à ce 
^u'îl paraît V de sa mère ei de Thierri de Marlière>, son oncle ^ 
puis . d^ Anselme de Gerlande , son beau-^père ; car dans unei 
charte nouJHiptlnvée^ de Tan i i9^,il.est dit: Sciendum qnàd 
kop doimm iegUémèfxcium ^tper mémum Ludoçki Jufdoris conatié 
prœseï^ Et laudanie pattuo. mo TheoàeHeo de M^wlierg, PareilUi 
lbnnule> par rapport à Anseluie, dans une chanrte de la.<îofn*^ 
tesse,' ^ mère^ de Tan 1197 , où ce Thierri est témoin. Inouïs 



qui suit, et Agnès ) que Saudouin^d^ Amènes donne pour femme 
à Jean , tomte de Rélhel , ce que nous ne garantissons pas. 1^ 
VàèvQ^ auteur: donne une troisième fille, sans la nÂmmeri; à 
Louis IV , fdmme , selon lui , d^Otton , sire de Trassegnies« 
La mère de ces enfants convola en secondes noces avec Nicolas ^ 
«ire de Rumigni« (Boucpiet, tomw XIII ^ p^ S61») . : 

• 

.JEANNE.- 

Ï226. Jea'K^e, mie atnée de Louis le Jeune, lui succéda 
avec Arnoul, son époux, comte de Loss, cinquième du nom, 
comme le témoigne Baudouin d'Avênes , d^accord en cela avec 
les chartes. L'an 1268, le samedi avant la Madeleine (21 juillet), 
ils firent, avec le comte de Luxembourg, un accommodement 
au sujet des terres de Virton et de Saint-lVIédard , dans ce 
comté, dont la première appartenait au comte de Chini, et 
l'autre à celui de Luxembourg, qui avaient des droits dans 
Tune et dans l'autre. (Berlholet, tom. V, pp. 116 -117.) 
ArnouV mcrUrut entre le 22J: novembre 1272 et le 2 mai 1274.' 
Avant son décès , le comté de Chini avait p^ssé à son fils puîné ^ 
4^\ suit, 

LOUIS V. 

1271. LotTis V • fib puîné d' Arnoul , comte de Chini et de 
XIY. 35 



> 



•^ 



*^ 

lM»f iîièé3éêÊn9ri béritièk Ai j^rmiierdé tt» 4Êéx'l5&àlÊêÈi 
^ait déjà feuctaédé ( vraifunbhhleiAtiiit |)a!r itidrt ) k sa mère y 
!^ it3 oovëtnl^ Ê^^l y conmte ie j^rduvé <ili6 cherté hoft im^ 
primée, qai porte cette date. Il était marié lengHi^adis euporà*» 
▼ant. Plusieurs chartes attestent que dès le mois de juillet xaSÔ , 
il avait épousé Jeanne dr BlaMc^v^ dm Albùmonte , que 
Baudouin d'Avénes dit sœur de Thibaut , comté de Bar , et 
tenve de Hem ^ aii« ds»âitin i ikùonm JûkH Dùkiioan ^de 
éi/bmnfimàe ^ gmmmmm ^amitiiî BmrmA SUmMA' ^ reiktiuit 
dmmd Unuén de ^Saimis. Dè»4ar)i tt portait le tîtf« à^ ùnf 
^'ibtalkS', auquel il aioxiiki dans, dos chartes' ppsiérieureâ cftlul 
désire dâ Virton. Sairatm^e^ avec laqiftelle i( fonda^ tan i!d^« 
, k prieuré de ClroisiAril Snm \ daii^lc CMUtè de Chinî ^ mimnit 
k ài aéût xagS^' suivant le P. Bertbolèt (tàtti. ^\ p. i^)> 
•t .fui inhumée à Tabhaye dX>nol« 11 là suivit â(* tombeau , }'ait 
ifl^^ aan.taîsser de pèatérké. Buctkens ^ toiifofidu c6 ooiMO 
witts Lo«ab/¥i^ qui vMildl'* ci-^près« (F^g^. Àtfioul Y^i^èMA^ 

i ityt^ Amitduft III, tctnte de Lois,9liLièffle du n&isk^ m^tem 
de iiçnis Y ^ 1«À sttoeéda aa tomté de Cfaiiii après le moiâ â'aùét 
\2(^% ou dn moins dans les pfemiers mois de V^ i3oo : dà# 
le P. Bertholeit ( imnk. Y , /or. jL Sb ) pi^^Miwil Un arte 4'Artioul ^ 
portant la date de Tan 1299. Mais dans le corps de Fouvrage 
Cibid. p. 334), il dit que. ceutfe.^t donné au mois de marr 
1299 ; ce qui doit s'entendre suivant le vieux style. (^Foy. 
^noi|I Yl I comU de Loss* 

. LOUIS YI. 

i3i5. Louis YI^ fils d^Arnoul, devînt son suocwseur. Tan 
i3i5f au comté de Chini , par la cessic^n qu'il lui en avait ftine* 
U mourut le sa janvier t336. {Foyé Louis l^ { tonifie de 

THIERRL . . 

i336. Thierri , fiis de Godefroi II , seigneur d'Heinsberg »^ 
!et de Mathilde , fille d'Amoul Yl , comte de Loss , troisième 
de ce nom, au comté de^ Chini, succéda à Louis, son oncle , 
dans ce dernier comté, en vertu de la disposition qu'il en avait 
faite en sa fayeur. L'aû 1 34^ | Thierri et CimiG'OlfjDfi , 4a femme ^ 



». 



fendirtRl i le 1 1 ttoi^embre 4 à Seaii , toi d« Bo M ia g eé tMBt» 
de Ifuxemboarg , htt cMienex ^diAlçt^iHet et frévôt^ dlvçiV 
de VirloD et de b Ferlé ^ evec lems ^d^endtwe». ( Berthekt f 
tora, yi, f^g^^-j.) l»'^!^ «SSo, an plus Urd vil "cédante «onéé- 
de Cfaini, à Godefrei^ 900 frèire, et non pMsao oeiren , oeoDante 
)e Qurqu^ SnrÎMet«« ( Foy* Tlùerd , uMnlr Jet Xnitt. ) • ■ ■» 

GOD^AOi; 

' tSSo. 0CH»E9ftlM , s«ccessiMir de Thîérrf , -sîm frèi-e» $u cehif ê^ 
de Cbini , actordà, T^n t35t) , des privilëgei aux hatrit^nU dé> 
Monimédi , par une ébarte gai eomtneùce ainsi : Nous , (htâé^ 
ffùi dé itoà^f tômieàfOdm^iakom iofo^.....* fu'apf^s utiémuf^ 
délibération , etc. Le P. Berlnolet qui rapporte ce debiit en téf^ 
mes rajeunis ( tom. VI ^ pag. 264 ) , a tort de dire que Godefipoi 
avait épousé Philippine de Fauquemont , et de mettre sa mort 
vers l^an i353. 11 vivait encore le 28 août i354 9 comme en isàt 
foi le testament de Henri de Heinsberg , fils de Jean y sîre de 
Dalembrouck , qui nomme ses oncles le comte de Less y et Gode-^ 
froi , comte de Chinî , dominorum meorum et mmnculoiwn sdUcet 
comitis de Los et domiid Godefndi aamds de CUney fraimmc. 
(Kremer, Diphm. Beîir.f tom. 1 , pa^. 34^ ) On voit par deux, 
chartes , Pune de i334 9 et l'autre de i345 » q.u:'3 avait été cha^ 
noine de Liège , et prévèt de la collégiale de Sainte -BfjMrie f 4 
Maëstricht. (/</• Cad. D/plom, , pag. 24.), 

PHILIPPINE. 

i354. Philippine., fille de Jean de Fauquemont, stre dr. 
Boro, et Jbai< ^ comte de Sahn , son époux , avaient déjà suc- 
cédé , le samedi après la Toussainls (8 novembre) t3549 ^ 
Godefi-ôi , dans le comté de Chini, ( Berlbolet ^ t. VI , p. 266. j» 
L'année suivante , Pbilippine fit hommage de son comté an duc 
de Luxembourg.. C'est ce qu'elle déclare elle-même , par uik 
acte du 22 mai i355 , en ces tenues : Nous y PhUippe de Falkâ'^^ 
morU « comfesse de Ckini , ftàsons soifoir à tous comme à jourd'hu^ 
Bostre. cher se^neur y monseigneur le- duc dt Luxembourg y nous ayt 
recuit en fàid et hommaîge de nostredû comteit « tout corme de' 
jk nostre douaù-e^^ etc. Ces dernières jparoles donnent lieu dfr 
croire que Pb^ippipe^ étant sœur uténne de Godefroi d'Heîns-r 
berg, et de Dalembrouck , ce comte ^ oaTbietri, son frère ,^ 
kû aura assigné Cbini pour son douaire y sans abandoHoiier ta^ 
titce de conle de Chinî ; car dans^ W acte dit iiS% ,,Tbiejai.^k 



lufè CHBOH« nsr. ois goirks ut crnirr* 

encore 'noamié ooBite de Loss et de Chinî. (Kfenifr, zRâT. 
VtpioM.^ n*. ^, pag. 4^v) MairWeiaeestâs, duc de Brabant 
et- de Luxembourg , ayant racheté pour vingt mîHe 'florins lé 
donatre que Philippine y avait ( fiertholet , iffkid. |iag. 267 ) ^ 
'Arnold» sire de Kuraigni, pètit-fils, par satnère, d^Amoul III, 
comte de jChini , lui<vendit , par acte du il» juin i364 > la part 
qui lui était échue dans ce comté , par succession de son cousin , 
le comte Thierri , ainsi qne celle qui , par succession du même 
Thierri, était échue à Godefroi de Dalembrouck^ duquel Ar^ 
fioul, son cousin, Pavait acquise Tannée précédente. Cette 
vente avait pour objet les châteaux de Chini , de M[ûntmédi , 
4'£stalleetdeBuemenne, avec leurs dépendances, (Ibîd- p. 268») 
Depuis ce teips, le coip^é de Chin^ e$t re^té Mni w duché de 
ÎUw^eiQbQurg, 



^^m^-mfm^mmimrmmmu 



• I . . 



^" ' II. ' ■■ '■ ' J'NT 



I 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES PRÉFETS, 



COMTES ET DUCS DE GUELDRE (*)•' 



MAWIWMMWMlMWMfWIMMM 



JLlS' pdys de GUELBRE » en latin Gelria ou Geidria , qui forme 
Tune des dix*-sept provinces des Pays-Bas , tire son nom de sa 
capitale, située dans un lieu marécageux , sur la rKière de 
Nierse , qui lui sert de fossé. Ses bornes au septentrîoit, sont la 
Frise , avec le golfe de la mer germanique , appelé leZuyderzée ;, 
au midi , la Meuse et le paya de Juliers ; à 1 orient , une partie 
du Rhin et du pays de Clèves ; à Toccident , la Hollande et 
le pays d'Utrecht. On divise la province en quatre quartiers. 
Dans le premier ^ est placé la ville de Gueldre ; dans lé second ^ 
nommé la Betuwe , est Nimègue ; Arnhemi est dans le troi<- 
sième , nommé la Yeluwe ; et Zutphçn ait le quatrième* 
L'étendue la plus grande du pays de Gueldre est dé vjngt- 
six milles en longueur , et de dix milles en largeur. Les Bataves , 
les Sicambres , les Ménapiens , les Mattiaques ^ en forent les pre- 
mijêi^ habitants ; les Francs leur succédèrent. La Gueldre fit 
partie du royaume d'Àustrasie, sous la domination de ces der-r 
niers , et forma une préfecture particulière , qui d'àçoioviblo 
devint héréditaire , comme les autres , ^ar la faiblesse des sou- 
verains , et fut ensuite convertie en comté , puis en duché. Rien 
de plus incertain, au reste, que ce qu'on a dit jusqu'à^ présent 
dejl préfets de Gueldre et des comtes du Zutphen , antérieurs 






(*) Cet article a été revu et corrigé par ]M. Eni$t, chanoiDe régulier 
Ae ra)>baye d|e-Rol4u«t 



au XI*. siècle. Nous soHimes en état , à Taide des savants mé-^ 
maires que nous a fournis M. Ërnst, chanoine régulier die 
Bolduc , de montrer le peu de fondement des systèmes opposés- 
de Pdntanus et de i^udling sur cette mafièr^^ ainsi ^ue dey 
opinions hasardées par Teîchftmnacher , Gelrtiius et d'aJtres^ 
^ur le même sujet. Mais comme cette discussion nous mènerait 
trop loin , et passeitiit les bornes dans lesquelles nous sommes 
obligés de nous renfermer, nous çfoyons devoir la supprimer. 
Four nous arrêter donc à ce quHI y a de certain , nous com- 
mencerons la liste des préfets de Gueldre et comtes de Zut-? 
phen par 

OTTO» I, 

Otton I, comte de Zutphen, était père de Mathilde, femme 
de Ludolphe , fils aîné d'Ëzon , comte palatin. Voici le passage 
de la vie de ce derniec , qui sert de preuve à ce que nous avan- 
çons : Ludolpkus major, ffâiHkK'^'JMmk (Mtants comitis de Sudveno^ 
nomine Maihildem m conjugem accipiens , duos aquà per umtia 
similUmos ex eâ générant filios , Henricum videlicet et Cunonem^ 
(BoUand, Acta S6. ad dhm 21 mau^ tom. V, pag. Si. ) Lu— 
dolpbe^ant décédé Tan l'oBâ, ou loSâ^ trois ans avant sça 
père» il faut supposer quMl avait épousé, «ivers Pan toio ,. Ma-* 
thilde , qui lui donna ies deux enfants qu^on vient de nommer^ 
et dont Tainé devait avoir un cectain âge àia mort de son père ^ 
d'où il suit que le comte Ot ion, grand*père de ces eâfants, vivait 
sftr la fin ou dixième siècle. Mai» ^ous i^norckos i]^'dte fut 
('étendue, de ses domaines. It nous est pareiUexnent impossible 
de dire S'il laissa des fils, et quel fut sbn successeur immédiat $ 
paais nous croyons pouvoir a3surer c^e ce ne fat poiiit sott 

Sendre Ludolphe, lùrun des trois fils de celui-ci; Henri, Paîné 
l'entre eux , ayant Ik le Palatinat de Lorraine , Ccmirad y la Bart 
vièrej et Herman étant entré dans le clergé. 

GQOËSCÂ^LC ET AQ]^miS. • 

c 

%Ti io5g , le con^tç de Zutphen » ainsi nommé ()e sa ci^itale ^ 
bprné.9 norj} , par TYsJiel qui le sépare de la Vetuwc ; ouest ^ 
P^r rOver -^ Yssel \ e$1^, par Tévéche de Munster \ sud , par le 
4uché de Clèves, ^tait possédé par âou£:scAj.c et Ai^é|<Aïox^ 
4^ femmie^ C'e^t ce qi^'w voit par une charte où ce$ deux époux ^ 
^ qi4ali(^ de s/çigif^9r$.de ^utphen , et leurs fils Giejbibi^har4. ^ 
Otton , traitent avec Guillaume , évéque d'Utrecht , touchant 
certaraes" dîmes ^ui Taisaient entre eux w* sujet u Une' contey* 
litÀon. Pontanuft adoniié. Teictrait ^ cc^tte. pi^e; dans son/ his- 
toire de Gueidre ( pag. 94 }. Butkens^ qui ^ Ksmmsi^ j^aini 



-\ 



ts^sas^^ 



"^ 6b» e^Bif les te <itBLim£; àtjg 

ÔllOA I^ ijodne Godescalc pour premier cooite de..Zutpbeii^ 
tèfc mêmt de Oo^di^. Il prétend dé plus que Gebbehard , fib 
aîné de ce dernier , mourut avant son père. 





Il , PREMIER COBfTB DR ÔUBioRE; , . ^ 

' OnoN 11 ^ «ietmd fàs «te GddeicAk « le ^«làplaçëk 4è» r«i» 

de Cologne ^ iJdiHi*' 43ètie àtfiilée , au ^û jet deis bî enè ^'fivei^ 
hâpd> t(>«!iie de CièVH, AVait hiis^^ à l*ég^ise dé Ca\&^ét à 
Pabbay%de& étkméé de Nu^. {Biphm. Gahn, ^ tl. Titi, p. ^^07* ) 
On y volt en^iïtt, mt^\ tes téiâdiiiàf OHo t^mèséeZufphm éÈ 
èé Gêùûk. J^^è&IÊlpUéletit de la gi'àtidé >ciirdniqt]e belgiqëè HTiél 
ék HMtt en ri^^ i» ^n quoi il a été àulyi par les htstorieM âé 
Gyëldus. MufflVdlNhs iki!i auffre endroit/ ilrecalem é^ëft<eftienC 
jusqu'à b mxiè^e ^ûéé Àe Vbià^kib^ fleMï V; c<e qtki nâ 
s^éloigne pas de la chronique de Sàkit^t^àtftfrléoft $ qui i'èxprîiAë 
en ces termes, sous Fan 1 1 13 : OUo locupietissimus cornes de Sut* 
vene ohiit. Ce fut en sa fa^iutî.4^^ ^^^p^i'^^i* Henri IV^ érigea 
la Gueldre en comté, Tan loyc). (Busching.) Otton avait épousé 
JiMtttiiY idÀnt'iteQtôtrois flh et ^^ §JAt'\ sîitoir ^ iThierrS^ évT 
que de MunÀtér^ien iid^i, mort en tib|ri^ ot qualifié par Vi 
nalbte tàimH^iriiik^tmnùiUrêtvii'luiidiMfamoius ; Gérard, ni 
avaaà 1 10$ ; Henri yiet Ërmengardé, marîét à Gérard dé Was-» 
aenbergi, qui viendra ci^p^è^ Li^ng tems avant samdrt, OttOKl 
avait partagé/ ditHonyses éuts^à^ses deux fils, Henri et 6ék*ard^ 
de manière que Gérard avait eu le comté de Guekdre, et Henri 
celui dëZtttphen. (Pentanus^ hUt, Geiriot^ pag. 97 P^ ^^^^ 
en effet Geçàr^s lôùnûB d» Gêitéa dam Atae chao-te der iù^6^ 
rappDftée par le Mrre(0^ Bfydom, , Vô4n. 1, pag. 771)^ et parmi 
les seuscripteurÀ d'uttô charte de Jein f év^qae de Spire, datée 
du 9 AoÀietnbre 1099. Vn diplôme de Vempereur Henri V^ 
domaé Tan 1108^ atteste pareillement "que Henri était alors 
eomte«ie Zutphe«< GVât un acte par lequel ce prince liiî donne 
Pinvesiiture aa comté de Prise , en éshattge d^nne terutne 
ieigoeurie que Hénfi lui av^tcédée. (Butkens^ tam. t,>p. j2t>7,) 
Henfi^ a^ #a^p^|deJ'aimalii|esatDn {aâ0h, iio3, pag. Sgq)^ 
épousa la fille de Conon,, comte de Bichling. -il entra, î'aa 
II 149 suivant la chronique de âaint-Pantaléon , dans la ligua 
de Tarchev^que de Cologne et (}'autr^ seigoeuts, contre. l'em-» 
Wereiïr, ( £ecai:d , Carp^ht , tofti. î , pàg. 9^6.) Il vivait encore 
rtfn I t3B. Depuisrliii ,«on ne trbuve nl^ de «omte dp Zùtpfaeti<^y 
et Tofi voit que vers U fin du tii^ li^cte, tt comté était réuni À 
•âiii 8e Guehif e. 



si8o cntLOAOLOGtis, nîs^o^l^tJM 

ERMENGÀRDE et GÉRARD I, dit DE W^SàENBÉRÛ; 

iii3. ËRMENGARDE, fille d^Otton II , lui succéda au comié 
de Gueidre , avec Géra AD de Wassenberg^ son époux. L'aiH 
Daliste de l'abbaye de Rold'ud , cité plus bai/t à l'irticle de 
Roger , comte de Clèves , le dit arrière - petit - fils de Gérard , 
«ei&neitr de Wasaenberg ; ^«st-ce par les femmes ou par les 
mâles?: c^est c^ qu'on ne voit point. Ce qui est certain , c'e^t que 
Jutte.,.sa lillef a porté cette terre en mariage à sctn maii Wa^ 
leran-^Payen., duc de Lîmbourg. Il eut.encore une autre filte^^ 
IToland» ,, fomn^e de Baudoin III , comte de Uainaut. La^'Com-^ 
tesse. Ersiei^garde se remaria en: secondes noces 5 en ii34>' 
au plus tard, à Conrad II ^ comte de JLiUxembourg. La mort^u» 
comte. Gérard ne devança point ^'an ii:&8, comme le prouve: 
une charte publiée par AnU Mathieu , qui , bien que sans date .^ 
est postérieure à lan 1 127. Outre les deux filles qu'on vienjt 
de npmmer , il laissa un fils , qui Suit. 

GÉRARD II. 

« 

: II 28 au plutdt. GiîRARD lî^ fils et sùcoesseur de Gérard I ad- 
|Mtoté de Gueidre , éliit marié:^ dès, Tan 1 129^ à Cléhence ,. 
^fotesse de Glisberg, ou Gleyberg, comxne le montre la charte 
de la fondation quWle fit cette année d'un monastère en ce lieu* 
Dn y voit en effet qu?<eUe transporte ou délivre lès biens qui 
font Tobjet de cette -fondation , . per manum Gerhardî mariti sut 
amiâis de Gdre* Elle survécut à son mari, dont elle était' déjà 
veuve ^ en i«4^* ^Ue eut dé .lui un fils nommé Guillaume ^ 
mort avant Tan ii4i' 1 ^vec un autre fils 9 qui suit ^ et une £lle 
nommée Ermessinde. L'annaliste saxon rapporte^ sur Tan 1 129 
(style d'Allemagne ), que l'empereur Lotoaire tenant une diète 
it Worms \ aux fêtes de Koël , Gérard de Gueidre y fut accusé y 
en son absence , de mauvat$ desseins contre ce pnnce ; qu'in«* 
formé de: pette. accusation , . Gérard. vint , à la Purification sui** 
vante , trouver l'empereur pour se.remettre à sa discrétion , et 
qu'enfin il fit sa 'paix avec lui au moyen de tfois mille ^arci 
( 166,37s liv. de notre monnaie actuelle ) , qu'il lui promit. .' 

HENRI I. 

, . ■ • • 

I i4r* Hei^RI 9 fils de Gérard et de Clémence 9 leur succéda 

au comté de. Gueidre. L'an 116 1 ou environ , il donna du se* 

'cours atix châtelains de Groniogue , et commanda leurs troupe^ 

dftns la guerre qu'ils ayaient aVecrévéqued^Utrecht U vii^lît en^ 



t>ES CAMTE5 »E GUmiBRlï. aBt 

cote en I ï77î comme l^atteste un acte que M. Ernst assure avoir 
vu. De sa.ferame , quVjn nomme SeiNaRë, et qu'on dit , sans 
preuve , de la maison de Lorraine, il laissa Gérard et Otton , qui 
suivent; avec trois filles , Marguerite, femme d'Engilbert I, 
eomte de Berg ; Marie , femme de Gérard , comme de Loss ; et 
Agnès , femme de Henri TAveugle , comt^ de Namur et de 
Luxembourg. 

GERARD III. 

1 177 ou '1 178, GÉRARD fut le successeur de Henri, sm père, 
au comté de Gueldre. Vers l'an n8o, il eut guerre avec Bau-r 
douin II , évêque d'Utrecbt , au sujet de la Veluwe, dont il 
refusait de faire hommage à ce prélat , quoique ce fût un fief 
mouvant cTe son éklîse. Le succès favorisa les armes de Bau-* 
douin , qui se rendit maître de la Yeluwe , en chassa les troupes 
du comte de Gueldre, et y établit dans toutes les forteresses dç 
bonnes garnisons. Gérard, par représailles. , entra dans le pays 
de Deventer , dont il assiégea la capitale. Mais, pendant ce 
siège, l'empereur Frédéric I , étant survenu , fit rendre la Ve- 
luwe à Gérard, et ménagea une trêve entre lui et le prélat* 
Gérard mourut avant qu'elle lût expirée , sur la fin de Tan 1 183> 
( Chron. Andr, ), et non 1 180 , comme on l'a marqué ci-devant 
d'après Hoveden. Nous avons en effet une charte de l'an 1 183» 
•ù il est nommé comme témoin. (Mirœi Op, Diplom, , tpm. I^ 
pàg. 282. ) Jl avait épousé, i<>. , dit-on , MargU£HIT£ , fille 
ou comte de Spanheim et d*Hasbaie ( mariage à notre avis fort 
<}outeux); 2®.^ l'an 1180, ou n8i, Ide , nlle et héritière de 
Mathieu, coni^te de Boulogne , et déjà veuve 'd'un premier marû 
On ignore si Gérard eût des enfants de l'une et de l'autre femme.; 
mais il ne laissa point de postérité. Ide, sa secoude femme ^ 
après sa mort , emporta sdn douaire de vive force , retourna dans 
le ' Boulonnais , et deux ans après , se remaria en troisièmes 
noces à Berthold , duc deZeringen , puis en quatrièmes, à Re- 
naud , comte de Dammartin. ( Voy.làe. comtesse de Bou-^ 

OTTON H ou HL 

• • • . 

II 83. Otton UI , frère de Gérard , lui succéda au coiuté d<^ 
Gueldre. Ce fut un prince fort avide d'étendre ses domaines^ 
La trêve conclue entre Baudouin, évêque d'Utrecht, et le 
comte Gérard, prédécesseur d'Ôtton , étant expirée, les hosti-^ 
li.lés recommencèrent , Tan 1 187 , au sujet de la Veluwe. Beau-* 
douin, ligué avec le comte de Hollande et le comte de Clèyes, 
étant %ntré dans la Gueldre, y fit de' grands dégâts. Otton. de 
XIV. ' V •' - 36 • • - '"^. 



âSa , CHROI^OLOGIB felSTORIQUE 

son c<^t<i, s'étant allié avec l'archevêque de Cologne, f évéqué îè 

Mu 

JDè 

arbitre entre les parties, et, par un jugement provisionnel, Il 

adjugea la Veluwe au corole de Gueldre,'i la charge d'en rendre 

hommage au prélal; ce que l'eiqpereur Henri Vl , fils et sticçes- 

, seur de Frédéric , ratifia, l'an 1 191 , par un jugement définitif.^ 

( Mirse^Oonal, , liy. 2 , chap. 84. ) 

Ôtton étant parti, l'an 11 89, pour la croisade avec Fempe- 
Téur, fut témoin de la mort de ce prince sur la route. Etant aa 
siégé d'Acre , il forma un cortiplot avec l'évêque de Beauvais ^ 
nÔDert 5 comte de Dreux, frère du prélat , Gui de Dampierre^ 
rt lé landgrave dé Hesse, pour trahir les croisés, à* Tappât de 
trént^^eux mille besàns et cent marcs d'or que Saladin leur 
donna. C'est ce qu'Anseric de Montréal, qui était du xrbmplot^ 
déclara peu dé jours après, à l'article de la mort, suivant Raoul 
Se Dîcetàj doyen de Londres, dont le chapelain, Guillaume.^ 
était â Cette exfiédition. Oti ignore quelles furent les suites de 
efette accusation , et si lé^ accusés réussirent à ^'en laver. Quoi 
[u'il éh sôît , Oliôn i-evînt dans ses terres, l'an 1 191 , après là 
>rise d'Acte. L'an 1196, pendant que deux concurrents, Thîerri 
le Hollande et Arnoul d'isénbourg ,;se disputent l'évêché d^U- 
irecht , Ollon , déclaté poor le second, le mène à Devehter, et 
le fait recevoir par les peuples de l'Over-Yssel, où il commet Ie« 
phîs grânds.excès. Ma-tis il fut battu dans Une'action qui se donna 

fitès d'Heimehberg. L'année suivante, il donnai retk*aiteà Guit-^ 
éuîtié, comte de Wést-Frisè^ qui s'était échappé de la prison 
è'ù- Thiérri Vïî , cohite de Hollande , son frère , l'avait rentermë; 
11 fit plus; là même a^née, avant que Guillaume partît pour 
l>étourrier à son comté, il lui assdra là 'main de sa filte Adélaïde^ 
^ùi lui fut amenée l'an 1 197. Mais Giiillaume était alors rétbn^ 
cilié avec son frère. ( Yôyei les comtes de Hollande, ) Thierri , 
de son côté, fait la paix avec Otton; et, pour là cimenter, il 
connut que sa f]lle , nommée aussi Adélaïde, épouse Heâri,, filk 
de ce comte ^ Mais Henri mourut peu de tems après les fian- 
çailles. ( Chron. Egmond. ) 

.• L'an i:iOi, le comte de Gueldre, de concert avec celui de > 
l^olTande, déclare lâguèrVè à'^lrfejerrî, èvè^lie d'tJtrccHt, % l*oc- 
çiasiph des impôts que levait ce prélat danij* là partie de là FVîse^ 
qui appartenait ^u conité GuiUaûme. Après diverses hostilités , 
le comte de Hollande assiège Utrécht. iPèndaift c!fe isîëge , le 
comte de Gueldre fut arrêté, l'an 1202 , ]par lé duc dfe. Brabanl , 
allié dé l'évoque d'tJtrecht;^ en allant trouver l'empereur Otton, 
q[ùi l'avait ffiamTé à Màeslrichl 'p6Ur l'obliger à faire la pai*. tfc 



-•' '-~\c 



r 



iXZS C0MXE3 PE GUl^UJ^^. d$| 

«Gcmte de JJoUande , à cette nouvelle , quitte le sîege d'Utreçhj 
pour voler à la délivrance (|u comte de Gueidre, que le dqç (là 
prabant tenait prispn|n?r ^ l-ouvaip /ur la Meuse. La ville dé 
BoLs-lc-Duc se trouvant sur sa roule, il Taltaque, et s^ea rend 
^laî^re le 4 septciQbrç 1 26'^ ( Klult ) ; agr^s quoi il continue sà 
jrparche. (riais son ^Tvaée ayaqt été surprise par les Brabançons . 
il e$t faix |p|-mèale prisonnier; inalgrié la orave défense de s^ 
gçn^ qpi se Crept écharper. Les deujc cpinteç furent relâché^, l'anf 
née suivante, ^ d^s conditipns humiliantes» dont les principales 
furent qu'ils paieraient les fr?i^ de 1^ guerre , et qu'ils se recon- 
iiaîtr^ient, l'un et l'autre, hpmmes* liges du duc de Braban^« 
Pour cimenter I9 réconciliatipn , ojn conclut le mariage de l'une 
des Cilles du duc.avec Gérard 9 fils du com^ de Gueidre. Berche*- 
iniu^ place, vers la fin de l'an i2o3, U mort d'Otlon, et dit 
gn'il fut enterré à Féçaîn ; mais on vpit danç Heda, pag. 188, 
^90, deux actes, qui prouvent qu'il vivait encore en 120^, 1^ 
est encore noi|ijmé, cpniTjne vivant, dans un autre de l'an i:io6, 
rapporté par Butkèns; et çetécirivaia-dit même qu^'il vécut jiis- 
qu'eii 1209, ce qui est difficile à ' croire. De Riçqabde ,, soà 
épouse, dorvt on ignore U udis^pce, il laissa Gérard, qui ^uit^ 
et Oitoïi, prévôt de Sapten, pgis évéque d'Utrecht; avec au 
moins trois filles, Adélaïde, dont on vient.de parler; Marèuè- 
rite , femme , non pas d^^ng^lbert I, ççtpte de Berg, mais de 
Lothaire II, comte de HaGhstadt;-MathiIde, femme de Henri, 
i:omte de N^^sau. A ces iiUe^ , on ajoute. N, , .oi^riée avec 
Adolfe i, comte de la M?irçk. Pçut-être,'néan(no.ins, celle-ci 
jfut-çlle fille de Gérard IV. Richarde, mère de ces eqfants y suf-^ 
vécut à son éppux. ,' 

GsRATt]) ly 1 fiU ^né d'Otton , lui succéda dans $es états. 
L'an ,1212 , il dônn^ du secours à Hen^ri I , duc de Brabant, son 
bi^au père, çoçtre l'évoque de Liège. Mais il eut le malheur 
il'être battu ^\eç lui par ce prélat, à Steppe, le §3 octobre de 
l'anjnée suivapt.e. L'an 1224 t QtJpn II , évoque <^'Utrecht , à son 
rétpur 4e U croisade, obligea le comte de Gueidre , par les 
exactions qu'il fit sur les domaines que celui-ci possédait dansl<î 

S^pd , i yr.en^r^ les arpies pQur sa défense. Florent, comte de 
Unde , ejt Waleran , duc de timbourg , vinrent au secours 
^ Qé,r§rd^ Si^dis çompie on était prèi» de livrer bataille , Conradf, 
jÇy^que^e Pp.rtp , 4t légat du saint siège dans les Pajs-Bas," en- 
glfg^à les p3;'ties à faire là paix. Gérard, parfaitenient récopcilijé 
avec IVveque d'Utrecht , lui mena, lan 12^$, des troupes 
jjajir l'iii^^f ^x^^if^f^^ dç sçj sujet^ révoltés. Cette expéditioii 



a84 cHRONOtocrE historique* 

fut malheureuse. Le prélat ayant attaqué l'ennemi campe der-* 
rière un marais- près de Coevorden , ses troupes y pesamm'ent 
armées, s'y enfoncèrent,* et lui-même y périt. Le comte de 
Gueldre , après avoir reçu plusieurs blessures , fut pris et em- 
mené prisonnier à Coevorden. Cette action est du 27 juillet 
1226 selon les uns, du i août suivant selon les autres. ( Pontan.. 
^HisL Gel. , pag. 129. ) Peu de tems après , on. tint Une assem- 
blée dans la ville d'Ulrecht , pourl'éleçlion d'un nouvel évéquev 
Gérard y ayant élé transporté par le commandant de Coevor- 
den , couché sur un lit , ainst qne Gisbert , préfet d'Amstel , 
blessé comme lui à la même bataille , contribua beaucoup à faire 
nommer, à la place d'Otlon II, Wilbrand, évêque dé Pader- 
born , son parent. ( Ponlanus, pag^ i3o.) Gérard mourut l'an 
1229 , isuivan'r tous les'hislorienis et son cpitaphe. Richarde , sa 
mère y lui survécut ; elle avait fondé un monastère de filles à 
Ruremonde, dont elle fut la première abbesse, et *y mourut 
Pan i33i. Gérard avait épousé , l'an 1206, ^La^rgubrite , fille 
de Henri le Guerroyeur , duc de Brabant , dont il laissa Olton,. 
qui suit ; Henri , évêque de Liège ; Marguerite , femme de 
Guitlaumé.IV , comte dé Jnliers. Richarde de Nassau ,.qu'on 
lui donne pour seconde femme ^ n\ aucun garant pour elle* 

OTTON III ou IV. 

» • ' . » • 

1229. OttowIII, surnommé Claude pu le Boiteux , fut le 
successeur de Gérard , son père. Pour mettre son pays à l'ahri 
des insultes de ses voisins, il en fit eqtourer de murs 
les principales villes'; et pour y faire fleurir le commerce , il . 
leur accorda différents privilèges. On remarque aussi qu'il est 
le premier comte de Gueldre qui ait donné aux paysans des. 
lettres d^affranchissement. ( Pontanus, pag. i36. ) L'^n i^34f. . 
îl marcha au secours de l'archevêque de Brème contre les Star 
ctings, ou habitants de Stade, que ce prélat poursuivait comm^ 
.des rebelles et des hérétiques. Proscrits sous ce dernier titre, 
on avait publié contre eux une croisade où plusieurs seigneurjs. 
s'enrôlèrent. On se battit devant Stade , le 29 mai de cette an- 
née 1 234 9 et les Stadiflgs furent taillés, en pièces. ( Pontanus , 
pag. i3b. ) . 

Otton , Tan 124? i embrassa le parti de Guillaume ^. comte 
'de Hoilande , son parent, que la faction opposée ht Frédéric It 
av^it élevé à l'empire. Les services qu'il lui rendit furent ré- 
compensés par le don ou l'engagement q[ue Guillaume lui fit de^ 
la ville de Nimègue , pour là tenir en fief de Tempirë ,. ^suivant 
son diplôme daté du i5 juin 1248. 

h*dsiiatàdf y et noa i2;58^ Otton IT fût nomimé par la noi^. 



DES COMTES DE Gt'ELDREi 285. 

blesse de Hollande avec Henri de Gueldre , évêque de Liège ^ 
tuteur du jeune comte Florent V, après la mort de Florent, 
son oncle et celle de Henri , duc de Brabant , qu^on avait asso- 
ciés Vûn et l'autre 9 ou plutôt substitués dans cet emploi, à 
Adélaïde, veove de Jean d'Avênes , et tante de -Florent V. 
Mais la Zéelande, où Adélaïde s'était retirée, prit le parti de 
cette princesse. Otton alla l'y chercher , et remporta sur les 
Zéelandais, près de TËrnoutszée , dans l'isle de Zuidbeveland, 
une victoire qui lui assjura la jouissance exclusive de la tutelle. 
OttoD'raourut le lo janvier, layi. Il avait épousé, i®. Margue- 
BiTE , fille de Thierri V ^ comte de Clèyes , morte en 126 1 , 
2®. Philifpote , troisième fille de Simon de Dammartin , 
comte de Ponthieu , et veuve de Raoul II , comte d'Eu ,' son 
premier mari , et de Raoul II , sire de Couci , son deuxième î 
morte le 14 avril 1268, suivant Pôntanus: le P. Anselme dit 
néanmoins , mais sans en donner de preuves , qu'elle vivait en- 
core en 1*75. Mais le P. Turpin se trompe évidemment en la 
disant fille de Hugues V , cornte de Saint - Pol ( sur quoi 
voyez Duchesne , JHisi. de la maison de Châttlîon , liv. 3 , pag. 
3S. J Otton eut du premier lit Marguerile, femme d'Enguer- 
rand IV, sire de Couci , et, du second, Renaud, qui suit ;* 
Ermengarde , femme de Thierri Vil , comte de Clpves ; Philip- 
pote , mariée à Waleran de Walkenbourg ; Elisabeth , femme 
d'Adolfe VU , comte de Berg ; et Marie , morte dans le cé-^ 
iibat, 

RENAUD I, DIT LE BELLIQUEUX. 

1271. RjBNAUD I, fils et successeur d'Olton III, disputa^ 
Pan 1280 , le duché dé Limbôurg à Adolfe de Berg, comme 
éiant gendre du duc Waleran IV, par Ermengarde, sa femme, 
morte peu de tems après son père, et en , prit , dès cette 
année, le titre, ainsi qu'on le voit par différentes chartes. 
Il fit même des progrès , par ses armes , dans ce duché , dont 
une partie se soumit à lui. Mais le comte de Berg ayant cédé,. 
l'an 1284, son di'oit à Jean, duc de Brabant,. la*gucrre con- 
tinua entre Renaud et ce dernier. On les engagea , * jusqu'à 
trois fois à mettre l'affaire en compromis , et trois fois la né- 
gociation échoua. Enfin Renaud , las de batailler pour une suc- 
cession dont il ne revendiquait que l'usufruit , transporte sa pré- 
tention , par acle du 16 mai 1288, à Henri IV, comte de 
Luxembourg, Henri prend aussitôt Içs armes pour la faire va- 
loir. Toute la basse Allemagne se partage entre les deux nou- 
veaux contendants. Les comtes de Juliers , de Berg , de la 
Uarck , de Hollande ^ de Loss ^ de Waldeck , de Bourgogne ,, 



,*86 ciînpî^pp)6ïç ^^p]Biqv$ 

etméi^e ^n grand nombre de sei^gneurs fran^îs, )pls Xjuc Içat 
cpmtès de Soissqns ^ de Vendôme.., de Saint-Pol , de la Marche '^ 
d'Àngoulême, viennent lia secours du.dûc de BrabanJ;. L'ar- 
chevêque de Cologne, les comtes c|è Nassau,' de Sayne, de 
SDaf)heîm ^ le duc ()é Lorraine , sans parler du compte dç 
(|ru4'lJre ci d^autres seigneurs, se joignent au co^t^ de Luxem- 
bourg. Batai),le de Woeringen donnée, le 5 juin 1288, entre 
les dx!ujf cpmpénteurs et Iciifsalliés. Le duc de Brabant U gagnè^ 
jj^e corple dje'Luxefn bourg y périt ; l'archevé(ju£ de Cologne y 
fMt ftjt prisonnier avec le co^tede Gueldre par Gui ni,.comtç 
de Saint>P(^l. Renaud^ amené , Tan 128^ , par le duc à Paris ^ 
est femis en liberté le i5 uctobre ^ par la' médiation du rpi de 
jFrauce. Ce ;apipharqve| suivant Pontanus ( pag. 1 8,6 /]j, ayant 
été choisi pour arbitre , condanr^ijia Renaud à six raille marcs 
ppùr sa i:an|^on^ et adjugea le Limbourg au duc dé B^abanjt.' 
te i;écit ne paraît pas tôut-à-fait conforme au traité de paix 
jçpnclu la mêipe a9ilée. entre Renaud et le duc de Brabant ^ 
par lequel on voit que le premier, ay^nt été remjs eh liberté^ 
lui rend les îles dé Bommel et de ïil . au moyen de qupi-il re- 
nonce ^ tous les droits qu'il peut avpir sur le duché de Lim-r 
.jbpurg. ( Butkens , pr. pag. 428 ; Duniont , tom. 1 , pag. 268 ;. 
Lunig^, ipm. 1.1 , pag. 1/42. ) Renaud, ajouté Pontanus , fui 
)bien dédommagé de la perte qu'il pouvait ^voijr faite par le don 
que l'pmpereur Rodolpne lui fit , le 39 juillet lago , de l'.Ost^ 
iVise , ou plutôt par la commission qu'il lui donna d'admitiis.7 
frer en son nom ce pays /avec une rétribution annuelle ue 
quatre mille niarc^ ; pe gui fut fofiôrw, l'an 1^99 9 par l'em- 
peur Albert. Au reste , par rOsl— Frise, on doit entendre ici. la 
p^rjle orief>tale de la Np.rd~.Ho)l^nA^ » ^^ TOstergo. L'an i3o.% 
^ la suile d'ua difFéri(*ut que lienaud eut avec les habilants d^ 
Ugrdervyyck , il céda ses droits ^ ppur la police de la pèche,, à 
Ja ville, sous la condition de lui fournir * quand il y résiderait! 
«qe certaine quantité de poisspp tous les vendredis , et de lui 
envoyer chaque semaine , trois voilur'es chargées , lorsqu'il se- 
rait occupée à quelque expé(htion mitilaire. (Pontanus. ) Renaud 
icco^p^gna^y l'an li'iio, l'empereur EJenri VII, dans, son ex-» 
pédition d\it^lj,e. Depui/s la oataille dp Wperingen^ Renaud 
avait perdu l'estinie de ses sujets, que se$ abondantes aumône^ 
ive piirent ly» fyjf^ recouvrer. Les habitants de Nin^ègue osèrent 
lui /aij*/^ si^U^fier par un çaurt écrit , daté du 3i octobre i.Hiëf 
gu'ils renonçaient ausern^ent de fidélité qu'ils lui avaient fait| 
cjt n'enteu^d^ieni plus relever que de l'empire. ( pontanus , pas.. 
|iJ8. ) .Op dojçinje pour cause de ce changement, le dérangement 
^c son cc^rve^u-, qui fut causé, dit-on , par lés blessures qu'il 
avjiil xe^ues àià gojerie djuas sa ieunesfj^. I^es disppsition^ dà^ 



îiV.é COMtàs flJS GtJKLBKlJ. , 387 

babîtaiits Se Nimègu^ envers leur comte* se coinihiinfqdèi'ent à 
d'autres villes. Ce quMl y eut de plus afUigeant pour tuî , ce fut 
«Je voir en i3i8 ,*son propre fils ie itïeltre à la tête des rhécôii-* 
lents. Ennuyé de la. longue domination de son père , ce jeuiie 
prince entreprit de le dér^sséder. Toute la (]^ueldre prit part 
À sa révolte f excepté la vine d'Arnhelni, Où le ibalheuretix père 
frouvi un asile. Mais son fils étant venu à bout , Tan i32o, de 
Ten retirer pair lés conseils insidieux de ù\ik amis i]uM lui- en* 
voya , le fit arrêter le 29 août de la même année, et Tenferiila 
dans une prison où il mourut le 9 octobre de Pan i^aB. U avait 
épousé, i'' , comme un Tâ'dit , Ëk]ifl£NGÀitbÈ DÉ UM.fioÙftG , 
dont il ne laissa point d^enfanls; ^^. MAAGt7ERit£, fîile de 
^ Gui de Dampierre , comte de Flandre , ( motte en 182 1 ), dortt 
(1 eut Renaud » qui suit ; Marguerite , feîntne dé Thién i Vtil, 
comte deClèves ; Isabelle et Philippoie, rfeïieiettseis. Quelques^ 
uns donnent encore à ce comte deut aiitr^snls, Gui et Phi- 
lippe» Renaud , pour affaiblir le pouvoir lyràriiiique dé la h'o^ 
blesse de b G uelure, avait multiplié lés cortimùilès et éugttiërité 
iës privilé&esde celles qui étaient établiesàvant lui: te (^Ui aurait 
dû le iréifidrfe extrêmerhent cher au peuple. 

RENAUD îî, Dit LE ROtlX; 

i3i6. RE^ÀtJb II, fils aîné de Renaud 1^ après Favoir èm^- • 
^risoïîné j $^)émparà de la régence de Tétat , mais toutefois sans 
l^reridre le titre de comte avant la indi*t de ton père. 11 accom- 
pagna, Pah ]3^7, rëiiipereur Louis dé Bavière, dans son 
ïîxpéditiôA d'Italie 4 fel, à son retour, il marcha au ^ècoui^ d'A- 
dblfe de k Màrek-, évêqne dé Liégfe, contre les Liégeois ré- 
voltée. C'était lé prèlat qUi Tàvaiit prévehu, et qui , pour sfe 
i^àt'tàicher 4 lui avait engagé la ville de Malines moyennant 
ddtizë lâille flbrins, après Tàvoir retirée dt:^^ ttiains du comte 
'd'c Hainàut. Renaud , étant allé joindre les comtes dé Berg , de 
;Fuliers et de la Mai-ck^ qui sVnaierit également confédérés 
Jour Adolfe^ résolut avec eux de faire le siège de Tongrea, 
iifais letiré troùpeé , en arHvant , campèrent dans des endroiu 
^épar)és, àiik environs de Horle et d'Alken, entre Tongi^s et 
flaëstHcht. Lés Liégeois ^ infok-méfe de leur position, vinrent 
âurprendi'e le camp du comte d^ Gueldre , où ils mirent le 
désordre. L'évéque, âpprfenânt ce revête, vole aU devant de^ 
fuyards, et les engage à retourner au comibat. Les autres con- 
raéi^S arrivent successivement, et les Li^eois ifont taiUés eh* 
Ijpièceè. Lé prélat étant. allé ensuite mettre le siège devant Ton- 
Ijres , le Comte de Gueldre rtfusa dfe le suivr'e, et, contré le 
ttroil ié là guei^re > eu se k^iraot ^ û ^itt^tt^ Quatre-Vingts %k$ 



2^88 CHKONOLOGIE HISTORIQUE 

♦ , . 

plus notables prisonniers, qu'il ne relâcha qu'après eu avoir lîré 
,uneranç6ô énorme. Ceux-ci, à leur retour, aidèrent l'évêque à 
rompre l'engagement qu'il avait fait de Malines. C'est ai-nsi que 
nous entendons ces paroles d'Hocsem : Electos abduxil %o captMsj 
ab UUs postmodum thesaurum immodlcum'exfonfuendo ; médian- 
tihus quibusfuit obUgatio MecUrdœ disêoîuta. T/an i332 , le comte 
de Gueldre entra dans la grande ligue que le même Adolfe de 
la Marck, évêque de Liège, fit cbntre Jean !II, duc de Bra- 
bant. (Voy. Vart, de ce prélat,) Ce que nous en dirons ici^ 
c'est que la guerre qu'il fit en Bra liant lui valut cent mille 
réaux, dont te roi de France le gratifia. 

L'an i333, Renaud, au nom.de Marguerite, sa fille aînée, 
comme héritière de Sophie, sa mère, vendit à Louis de Créci, 
comte de Flandre , par contrat du i5 décembre, l'avouerié 
( mais non le pays) de Malines , pour soixante mille livres tour- 
nois (te gros compté à çeize deniers) , qui fiirent partagées avec 
l'évêque de Liège et son chapitre , qui , avaient pareillement 
vendu, au mois de juillet précèdent, la seigneurie de Malin^ 
. au comte de Flanare,. pour .cent mille réaux d'or. (Butkens, 
p. 406.) Mais le duc de Brabant fit opposition à celte dpuble 
vente, prétendant que Malines étant dans sa mouvance, ca 
sa qualité de haut- avoué de l'église de Liège, Taliénatioa 
n'avait pas dû se faire sans son aveu. On en vint aux armes-, 
l'an 1204, après une déclaration de guerre faite par le duc, 
dans l'octave de l'Epiphanie. Jean, roi de Bohème et duc 
de Luxembourg, les comtes de Hollande, de Namur, de Ju^ 
liers , de Loss , l'archevêque de Cologne et l'évêque de Liège , 

E rirent le parti du vendeur et de l'dcquéreur. Le duc de Bra- 
ant eut pour alliés le roi.de Navarre, le comte de Bar, Char- 
les , comte d'Alençon , frère du roi de France , le comte d'E- 
tampes, le comte de Vjanden , Cruillaume, comte de Salm en» 
Ardennes. (Butkens, p. 4^^- ) Cette guerre, dont les événe-r 
ments furent peu remarquables, fut terminée promptemènt 
par la roédialion du roi de France. Ce prince, choisi pour .arr 
Litre , prononça , le 27 août , dans la ville d'Amiens , son ju- 
gement, dont un des articles fut que le fils aine du comte de 
Gueldre épouserait Marie , fille aînée du dud de Brabànt. Ua 
autre article de ce jugement portait que Tiel serait donné au 
comte de Gueldre, en échange de Heusden. (Butkèns, p. 4^9*) 
(^0/. Adôlfe delà Marck, épique de Liège. ) 

Le comte de Gueldre était ami du roi d'Angleterre. L'an 
i335, il lui fournit des troupes pour raider à envahir PEcosse. 
(Buchanan, Hist, Scot. ^ l. ix.) Quelques auteurs anciens, tels 
que Jean Major et Boelh, prétendent que Kenaud marcha 
lui-même à la tète de ses troupes ^n Ecosse , et que les ^co&* 



DÈS tomté pE Ùi^lDiLli, ^89 : 

|j^t$1l^û]fat(t attendu: daits Ja plaine d^£din»bo.oi<g^'l^-cdhtraU 
gnîrènt d^ $é réftigîer dans un château ruiné , - où. bf 6ntôt U 
^iiQ l'obligea de; sç rendre avec ses gens ; qu'alors Randulfe ^ 

Îénérat des £co^ais , pour le soustraire à la mort ^ le fit con*. 
iuir^ au roi d'Angleterre.^ qui faisait le siège de Perth«. 
. Benand , Tan i3i6> acquit de l'évêque d'Utrecht 4 le . fort 
de WoUenhoven» Les Frisons ^ mécontents de cette acquiisitionf. 
firenl main-basse sur la. garnisotn^ de la place. Renaud, tira 
une vengeance éclatante de cette sédition,, après uçe grande 
victoire qu'il remporta, le 3t apût i336, sur les rebelles. 
(Pontan.^ HjCs/. GuelnçÈg. ^^.) ^ lettre que les habitants du 
comté de Guindé écrivirent, le 6 mai iâ37, au comte de Hol-^ 
lai&d&) sut la conduite que tint le . comte de Gûeldre à leui^ 
^gard » nous apprend que sa vengeance fiit terrible. << Quand 
» tou9 nos membres, disaient-ils > seraient changés en Jan-r 
j» gues^ ils ne suffiraient pas. pour exprimer les ravages ^ les 
» intendies , les-meurtres ^ que le , comté de Gueldre- a exercés 
» parmi pous* » Re^ud^ h. même année ^ embrassa le parti 
de, V Angleterre contrje la France ; et, l'année suivante , s'étant 
trouvé il une tefsmblée d/e seigneurs allemands, à/Malinçs« il 
envoya , de concert avec ei^ , son cartel de défi au roi Pbi^ 
lippe de Valois. ^ 

L'an 1 339^ l'empereuf Louis de Bayièk*e, dans ta diète dd 
Francfort^ érigoa en duché la Oueldre , par un diplônie du 
19 marsi adressé *aux sept électeurs. Deux jours après ^ pat 
tm autre diplôme y ce prince^ au moyen d'une s(Hnme de 
quarante mille .marcs d'argent ^ qu'il reçoit du nouveau duc p 
lui cède toute la Frise orientale , dont l'administration avait 
déjà été confiée, par l'empereur Rodolf<^^ au comt« Renaud L 
On. ne voit pas cependant que les ducs de Gueldre aient re- 
cueilli le fruit de cette cession. Bientôt après, Renaud va 
1 'oindre Iç roi d'Angleterre , soi^ beau-frère , au siège de Cam» 
)rai , quUl fut obligé de lever. Les hostilités ayant été sus-:* 
pendues 9 l'an i34o, par une trêve de neuf mois, entre les 
deux couronnes belligérantes, Renaud ne s^attacha plus qu'à 
fortifier ses frontières , et à se faire adorer de son peuple par* 
des. actes de bienfaisance et de piété. U mourut, l'an i34.i^ 
des suites d'une chute , le 12 octobre , dans la ville d'Arnheim« 
11 avait épousé en premières noces « l'an i3io , suivant But^ 
iens (page 364)9 Sofhiç, fille de Florent, seigneur de M^ 
Unes (mort^ lé S mai i'62q)^ dont il eut Marguerite ^ mortel 
dans le célibat, le 4 octobre i344 ; Mathilde, femme, 1^ de 
Godefroi, fils de Thierri 111, seigneur.de H^insbergy ss^ â^ 
Jean , comte de. Clèves ,. 3^4^, Jean , comte de Blois ; Marie» 
femme de Guillaume yi I marquis « puis duc j de Juliersî €t 



I19O CHROllïOLÔGlË mSTORlQtm 

Isabelle, fiancée, suivant Pontanus , k un dac à!*Autnéhè'l 
^u'îl ne nomme {»a», puis ab^esse de Grevendaël, 'morte en 
1376. LÉONOIB, sœur d^Ëdouard III , rot d'Angleterre, qu'il 
épousa «R secondes noces , I^n i'66p. (morte en i358, suivant 
Dumbar, AriaL , tome 11* page^aSa), lui donna Renaud et 
Edouard 
magnii 

indigne 

des grands princes. 

EENAUD III, BIT LE GRAS. 

i34â. l^fiiVAtJB m, 11^. due de Gueldré, succède an dtitt 
l^aud ^ son père, à l'âge de dix ans, sotis la tutelle d'Adolfe li^ 
tomte de la Marck. Plusieurs villes de Gueldre , pour se mettre 
à l'abri des troubles pendant sa minorité, firent «ntre elles d9 
confédérations qui servirent beaucoup, noA*seulement à assurer 
leur ti^nquillité , mais à cimenter et étenérl! letu* liberté. Héri«> 
fier dé la valeur et des sentiments de son père / le jeune duc y 
l'an 1346 , va trouver en Normandie £d6uard Ifl, roi d'Angle* 
terre , son oncle, avec des troupes qu'il lui mèM pour servir 
contre la France. 

' L'an i3So, il s'élève dans la Gueldre deux factions sembla» 
blés à celles des Hoekins et des Cabelliaux ein Hollande, et è 
celles des Guelfes et des Gibelins en Italie. La première s^appé* 
lait des Hekerains , et la seconde des Bronehorts : c'étaient les 
noms des deux familles qu'elles avaient à leur tête. Le duc ap- 
,puyant les Bronchorts de sa faveur , Edouard , son frère , tné-^ 
content delà modicité de son apanage, se déclare pour Pautre 
ïâilfU On en vint bientôt aux hostilités Elles furent attoces de 
latt et d^autre , suivant Pontanus (page 261). Pendant lVspac« 
le dix ans la Gueldre fut le théâtre de la fureur barbais âe^ 



deux partis. Quelques traits peindront lesi excès presque incroy»* 
Wes aujtquels ils se livraient à l'ènvi. Les paritisansdu duc. 




^ réfugiées. Le propre jour de PlqL _ __ 

l'an i355, ils poursuivirent un de leurs adfversaires, nommé 
Emérik Druyten, {usques<lans une chapelle où il s'était sauvé. 
Là , sur rautel où le malheureux cherchait un asile* entre les 
bras du prêtre qui le couvrait de l'hostie consacrée comme d'une 
égide vénérable, ces forcenés immolèrent leur vicliroe, et 
Tautel fut inondé de sang. D'un autre côté, les gens d'Edouard 
'ayant enlevé. vinetr<inq soldats d'une garnison qui tenait pour 
ioo frère , illr ordonna de sang-froid qu'ila fussent tous oéc»^ 



JUBS StCS DE GVBLBRIU 

AÎtés* hevkU têtes furent exposées sur une mOn^agpe pris dé 
rïimegue, qui a conservé le nom de Hoofberg, le mont des Tiié^ 
^ Pûntan. , page 265. ) Enfin , Tan i36i ^ Edouard y ayant livré 
tia taille^ son frère, le 25 mai , près de Tiel , le fit jpfisoanierf^ 
^t renferma, sans le lier ni garotter, au château deNienbecfaf 
dans une chambre dont la porte et les fenêtres restèrent oji^ 
certes-, mais ces ouvertures étaient si étroites par rapport à lit 
corpulence de Renaud , qui était fort épaisse , qu'il liu fixt ia^ 
jpossibie d'eu profiter pour s^éthapper. 

EDOUARD. 

9 

i36f.£B6i7ARD, troisième duc de Gueldre , ajant fait pri^ 
sonnier son frère, s'empara.xla diicbé de Gueldre. Durant res-- 

J ace- de dix ans qu'il jouit de son usurpation, il se montra digtiè 
e commander, jpar sa valeur, sa prudence et son écpité envéri 
tes sujet». U mamtint dans Téquilibre les deux factions, et le& 




ajourne 

faille rangée aux environs d'Amersfort. Albert s'y rend à la têf^ 
^'u ne bonne armée ; et, n'y ayant trouvé personne, il pénètre 
dans la Gueldre, où il fait impnnénient le dégât. Edouard y 
hors d'élat de résister , a recours à la néeciciation ^ et conchlt 
un traité par leqtiel il prpniet d'épouser Catherine , fille d'Al- 
1>ert, aussitôt qu'elle sera en âge. Plus heureux l'an i^6^ ^ 
£do»ard repousse tes troupes que W^nceslas, duc de Brabant^ 
savait envoyées en Gueldre , sous h conduite de Léon de Boti^ 
chout , pour délivrer le duc Redaud. Faqte d'être soutenues '^ 
-elles sont contraintes d^abandonner Sommet et quelques autres. 
places dont elles s'étaient emparées. (Butkens.)- Ce même "Wea- 
ceslas ayaiït (féclaré la guerre, en tSyi , ^ Guillaume, duc de 
'JuKers, Edouard vint au secours de ce dernier | et combattît 
'povr lui à la bataille de Bastvreiler, donnée le 20, août dé cett .e. 
année. Il y fut blessé joiorteUeinenÉ entre les bras de la victoire ^ 
suivant Pontanus, et inonrut deux jours après de sa Uessure , à. 
l'âge de trente-six ans. Berchemius donne une cause moirïs^ 
4ionorable de sa mort ^ mais iUa contre lui tpus tes antres hii^ 
toriensqui parlent delà ba^taiHe de Bàshveiler.. Edouard avait 
épousé, avant le 16 i^iârs i37i, CATHErtiîi*,. fille d^jjLVbertV 
'réf(et¥t de Hollaade , cpaune. on pettt iHnfèrer ^^imt cb^ti^ 
pubU^ par Van-lftierls. il mourut sans enfants. 

RENAUD III, réliAlù 
}3^u As^ W W^ d!£douard^ u duc ^naud UIa^:4^ 



frère, «fut tiré de. sa prison , et rélabli dans son dàdié.*Ma{t 

•il n^eii jouît que Fespace de trois mois, étant mort le 4 -déeem-» 

bré dé la même année* Son corps fut inhumé au monastètce èà 

^iewclosfer , ou Grévendaël , auprès de celui de son frère. 11 

avait épousé, au château de Vincennes , Tan 18479 suivant 

Stitkens, Mabik, fille de Jean 111, duc de Brabant, qui lut 

avait été fiaticée dès i334 1 et mourut,. Pan lâ^S, sans lui av<nt 

donné 'd'enfants.. > 

j^a mort de Renaud Ill-réveilla les deui, factions^dé^s Hekerainf 

et des Bronchorts , assoupies depuis quelques années. Piquées 

d'une égale émulation, elles travaillèrent , chacune de son côté, 

^our donner un nouveau ■ souverain à la Guieldc^. Les.Bronr* 

,chprts, , qui avaient favorisé le P^i^ti d'Edouard., portaient 

Guillaume , enfant de sept ans , fus de Guillaume le Vieux , 

duc de Juliers, et de Marie, .^;œur de Renaud et d'Edouard» 

Les Hekerains se déclarèrent au cou traire pour Maihilde , fille 

du duc Henaud U, veuve alors de Jean I,, comte de Clèyes., 

9pu second mari. Le droit de celle-aci était visiblement Iç 

tnieux fondé. Arnoul de Horn $ évéque d'Utrecht, entra dauf 

les vues des Hekerains j et pour les faire réussir, il engagea 

.Jean de Châtillon , conite ^^ Blois, l^an 1^7^, à donner s^ 

main à Mathilde. Jean prit, alors le titre de duc de Gueldre, 

et les Elekerait^s lui prêtèrent serment de fidélité. Sur cea 

entrefaites, l'einpereur Cl^arles IV, étant veau à Aix-la*-Cha^ 

pelle , per^e d'apord k investir d^ duché de' Gueldre« Guil-* 

tàuipe, fils du duc de Julip^, afin de procurer ^ par ce moyen , 

.l'élargissement, du duc de Brabant, que ce 4uç avait fait ^ri«^ 

sonnier ^ la bataille 4e B2|st\yeiler. Maia l'archevêque de Cola7 

gne , le duc d,e Bavière et le .comte de Hollâude , l'ayapt fai| 

.changer d'avis , il se dispose, à la fin de juin, à mâcher contre 

le duc de Juliers. Instruit dé son dessein, le duc va le trouve^ 

avec Wçnçeslas., qii'il remet entre ses mains, et le iS^çhit, de 

manière qu'il l'engage à nommer, son fils, duc de Guetdre. Lest 

Hekerains persistent néanmoins à reconnaître Jean de.Bloi^ 

*La guerre civile, est. ouverte. On prend e^ reprei>d des.placc^ 

4^ P^rt et d'autre. IV^a^s , l'avantage est du cdté de Guillaume 

de Juliers. EinfinraniSy;, jea^ de Cbâtillon, accablé d'annéea» 

vvoyantson parti décliner de jour en jour après la perted'Arnheini 

' QÙ il ay2||t éta|>U sa cour « (suisse le soin des affaires à s^ femme ^% 

*i l'éyèquçd'Ùtreçht, et se retire. (Xeschenmaçher.) 5^ retraite 

achève de décourager son p?rti j çt , F%n ^îyftr Gnillaiime dp 

Juliers est presque universellement reconnu duc cle Guêldre ^ 

comte de Zutpnen: Je^n ,4e.B).oî^. et IVIathilde prennent l» 

parti de ^'accommoder ave^c lui., lis. renoncent ^ leurs préten-» 

^li^ac xéo^imant ijme j^nsion an^uel^ et 1% çw^èasÉdiion 4% 



/ 



jldiutrê que Jean , comte de Clèvesi second mari de Mathilde , 
1 avait assigna. 

GUILLAUME l , DE JULIERS. ' 

* ' • . 

: Après le décès de Mathilde, postérieur au moî's d^aoftt iSSa^ 
€t peut-être à quelques uns des suivants , Guillaume de Jutîérs^ 
l'an j383. , reçoit, à la manière accoutumée , Tinvestiture du 
duché de Gueldre lejour de Saint-^Luc ( i8 octobre), suivant 
les lettres de l'empareur Wencei^las, rapportées. en entier par 
PoQt^nus (p. Sai }. L'année suivante , il mène du secours aux 
chevaliers* Teutoniques contre les prussiens. révol|:és. (/^iW. ) 
Pendant son absence , la Guèldre est ravagée par les Brabançons'^ 
«près la mort de Wenceslas, leur duc^ Guillaume , instruit de 
«equi ce passe chez lui, revient en diligence, et déclajre \m 
f uerjre , Tan |386 , à la duchesse Jeanne, veuve de Wenceslast 
Jeanne appelle, à son secours Philippe lé Hardi, duc de Bour- 
jgogtie , avec promesse de le faire son héritier. Philippe lui 
•procure Talliance du roi de France. Guillaume , de son côté ^ 
^'alUe avec le roi d'Angleterre , et ose provoquer . le roi de 
•France, par une déclaration de guerre en forme. Ellç fut sigrii-r 
fiée à Paris, le 12 juiUet. 1387 , par un écuyer qui avait coum 
4risque de -la vie sur sa route , ayant été arrêté et mis. en prison 
è' Tournai, puis, relâché parordredu duc de Bourgogne. Lorsqu'il 
se fut acquitté 4è. sa conunission, le roi lui fit présent d^ua 
.giobelet d'argent du poids de quatre marcs avec cinquante» 
it'ancs dedans. L'usage était de gratifier ces messagers de guerre 
et de leur faire le plus favorable accueil. Toute la Gueldre alors 
.est en feu. Des amis communs se portent pour médiateurs , et 
4ie peuvent réussir. L'an i388, les Brabançons, au nombre de 
jqiiarante mille, étant venus. attaquer la ville de Grave , dont le^ 
seigneur, Jean de Cuyx,' était partisan du duc Guillaume « 
sont mis en- fuite par ce dernier, avec cinq cents. lances, le sii 
Juillet. Le duc de Bourgogne, à cette nouvelle, engage le roi 
•de France à marcher au secours.de la duchesse de Braoant. L0 
monarque y ayant pris sa route par la Champagne et le Luxeio- 
r bourg , entre sur les terres de Juliers à la tête de cent mille 
.hmnmes , et commence à y £anr# le dégât. Le duc de Juliers ^ 

fièce du duc de Gueldre, accompagné de l'archevêque de Co^ 
ogne et de l^éque dé Liège , vient se jeter aux pieds du roi,' 
protestant de ne point tremper dans la faute dejson filsv Nons 
:avpns l'acte du 22 septembre i388, par leqpel le duc , sa femnie 
2et Uur fiUpuÎpé, déclarent à sa majesté que le défi fait à elle 
pr leur fils aîné| i^'a été <ff l^rjçiff et en deipandenl toutes 



« ^^% CHRÔÎIfDTiOÔIÉ HISTÔfllOCft^ 

fois pardon > aveci promesse que si leur fils ne les imite, il» 
aideront ledit seigneur roi à lui -faire la guerre. ( Mssv éé 
Brienne , vol. 34; pp. aoi-208. ) Le roi s'avance dans la GueU 
dre. Le duc,.effrayé, lui fait les mêm^ soumissions que son 
père , et le prend pour arbitre entre la duchesse de Brabant et 
lui. Il obtient le pafdon^ et le toi reprend la routé dé ses éfats; 
( Voy. ies ducs de BraSant ) Le duc de Queldre , la même 
année, va de nouveau faire la guerre ert Prusse. De retoui^ 
Tan 1390, il accompagne le duc de Bourbon à la guerre contre 
les Sarrasins d^Âfriciueti {Voy, Louis II, dUc de Boui^m,) 

L'an 1393 , Guillaume hérite du duché de Juliers par lé 
inort de son père. Guillaume , Tannée suivante , est, iiiavr|;iiré 
duc de Juliers au môisi de juillet. I^ guerre s'élève ; l'an 1^7^ 
entre lui et la duchesse de Brabant. Ce fut le duc qui la &k^ 
elara à l'occasion d'une sentence de mort ponée par les tntgis»- 
trats dé Bois-le-Duc, contré un de ses ofiiciers^ pour y avohr 
tué, dans une émeute, un domestique de la' duchesse. L«t 
Brabançons et les Liégeois font, le 6 février de Fannée suivant^ 
«ne ligue contre tous leurs ennemis^ et spécialement contre le 
duc de Guelijlre. Ils entrent, au mois de juih de la m^me 
ainnée , sur les terres de Gueldre, ayant à lecrr tète Jean de 
fiavière, élu évêque de Liège, Walérari, comte de Saint-<^ 
Pol , et Thomas, seigneur de Diest. Après avoir piUé îfens* 
tadt, ils assiègent Ruremonde^ L'évêque de Liège, parent de 
Guillaume, abandonne ses confédérés et se redre» Les Braban^ 
çons, affaiblis par cett^ retraite , sont obligés de lever le siégel 
"Le comte de Sainl-Pol, pour les dédommager, les mène devant 
Juliers. La ville, avant d être prise, se rachète par une grosse 
rançon. Le duc Guillaume se venge par la prise de K^empenet 
d'autres lic|ix appartenants au Brabant. Lh paix , suivant But-t* 
^ens, est conclue Tan 1399, le jour devint Boniface (z4inM 
oti 5 juin ). * ^ 

L^an i4ot y traité d'atliàtice conclu, le 1I& mat,àGou€t, entre 
îe duc de Gueldre et le duc dX)rléans, contre k duc de Bonr^ 

Sogne. Guillaume, en conséquence, m^ne en France une troupe 
e cttid cents chevaux et un nombre plus considérable de çen» 
de pied. Il revient peu de tencis après , et meurt sans enfants te 
.16 février de l^ati 1402, à Tâge de rrente-huit ans. 8 avait 
épousé , l'an 1379 , Catïibrine , fille d^Alfcert, alérs rùwardf^ 
et. depuis comte de Hollande, la même qui avatfété fiancée è- 
Edouérd soù prédécesseur (morte le tt iiotembfe i4oo). 
Pontanus rapporte le testament dé cette 'princesse, dans lequel 
elte fait un legs considérable à Marie / fille naturelle de sctq^ 
tàmi U avait de^luà quatre autres bltàtdi^ - ; 



' 



* 

^_ . 

! RENAUD IV. 

t^oâ. Renaud IV, succéda à Goillaame son frère, â^nâ 
Imii Içfl étaU de $on frère. H mourut sant postérité le aâ jan^ 
vier, i4a3. ( J^ojre» Repa^ud , duc de Juliers, ) r 

AHNOUt D'EGMOND. 

t4s3. AuMOtil» D'EQisQltD , fib de Jçan d'EginoQi} et â^ >fâ4 
tie d^Arkel, succède i, 9ous la tutelle ^e squ pore,. à l'âge d^ 
■uMorxe aaa, dam, 1« duché 4^ Queldre, mais n<ia daiis^ ce^ui 
4e4uliers, au duc Renaud, dont il étaUpetit^neireu par Jeanne f' 
Son aïeule maternelle, fen^me de Jean, sire d^Arkel. Vempé^ 
feur.Sigismondlui donna Tintestiture de la Gueidre et d^ iî^ut-; 
|>hen par.sès lettre^du 1$ août i4^3^ Maïs, Tap i49^t il révoqua 
cette mime investiture ; et , par ses lettres datées du jeudi avan| 
)a Pentecôte ( a4 mai), il eo donna une nouvelle à Adolfet 
diBc ^^ Berg^t de Jutiers. l.es deux concurrents ne tardent pa^ 
4Vii vei|îr ^x armes, et la guerre , entre eux, dura Tespace df 
Bteuf ans ^ pendant lesquels il y eut cependant upe trêve d^ 
quatre ans, qui fut assez ipal observée, s^tout ^près que Tem? 
perenr, en i43i« eut mis Arnooi au ban 4e Tempire : sentence 
{ipifui renouvelée le 6 novembre i433. Mais, Tan 1437 > Phi- 
lfp{>e, duc de Boureogne, onoW de la mère d'Adolfe, ayant éi4 
ehaîsi pour arbitre de leur différera, c^ prince rendit, au^inoif 
de filais, son jugement, par lequel u était dit qu'ils garderaient 
chacun ce quUls possédaient 1 et se feraient réciproquement ra'-r: 
ion des tortaqu'ils sVtaient faits* Adolfe étant mort au mois de 
juillet suivant , Arnoul demeura paisible possesseur Je la GueU 
dre et de Zutpheo* Mais^ regrettant toujours la perte de Juliers^ 
il entra à main armée dans ce pays, accompagné d' Adolfe, duc 
de Clèves, son beau*père , et y exerça , pendant l'espace d'envi^ 
Ton quatre ans , les. plus grandes hostilités. ëU<^s se renouveler 
vent en i444* Gérard y avait donné occasion en prêtant di^ 
aecoun, Tannée précédente, à l'archevêque de Cologne,, pouç 
enlever un fort , nôimné Broich , au duc de Clèves. Celui-ci , 
^nt .rentré dans le pay^ 4jo Juliers, y met en cendres dix-^epi 
villages, après les avoir pillés. Le duc Gérard vient à sa ren- 
coqtre , le bat le 3 navemore , et ommèoe prisonnier (^uillaume.^ 
^rèred' Arnoul, avec beaucoup dWtres-^ ', 

Amâid se luMittille • l'ati i45Si , «vec les pnucipales villes ip 
\ étals., .ao siijet des impôts dont il les avait chargées, pov 



«es 

•ace 

iilies, choisis par 



aequîtter/aes dettes et soulenir la dignité de. son rgng. Des ar** 

les parties, n'ayant pv^ ri^piir i 1^ 4^9n^ 



moder, on prend les armes de part et d'autre, et AdoKé, ûU 
du duc, se met à la tête des mécontents. Retranché dans Yen- 




potti^ 

la Terre-Sainte* De retour, l'an i463, il recominence à brouiUer* 
Adolfe, craignant le ressentiment de son père, se. retire à 
Bruxelles auprès du duc de Bourgogne , oncle de sa mère. Guil- 
laume d'Ëgmond;, frère du duc de Gueldre, travaille à faire la 
Wx'dU Bis avec le père , et y réussit. Mais à peine AdolSe est- 
il rappelé, qùUl prend des mesurés avec la duchesse,, sa mèrey 
!'>our s'assurer de la personne de son père. La fourberie en assura 
e succès. Etant venu trouver son père avec la duchesse , sa 
mère, à Grave, vers le jour des Rois i465 (n* st.)^ ils en sont 
bien reÇuà ^ et passent quelques jours ensemble dans les diver- 
tissehifents. Mais un soir (16 janvier i465), comme Anumi s^ 
poulàit aller coucher j son fils Venlèoe^ le mène cinq lieues à pied 4 
sans'chtiusses , par untems très-froid (au château de Bueren)'^ 
et le' met au fond d'une tour^ oit il n'y awnt nulle clarté que par 
Ufte Bien petite lucarne. (Comines. ) Adolfe s'empare aloKfdu gou* 
vernemeni, et le jour de saint Pontien (19 novembre) , il ex- 
torque' de son père une démission, enibrme, de ses états* 
L'atrocité de' cette conduite soulève plusieurs princes ccmtipc 
Adolfe. Jean I , duc de Clèves, son oncle, lui déclare la guerre^ 
à ce sujet , le iSsfévrier 1466. Sliarles , depuis duc de Bourgo-^ 
gne^' cousin d'Arnoul; voulait aussi venir au secours de c« 
prince infortuné; mais, trop occupé de ses propres af&ires, il 
^ contente d'es^haler son courroux en plaintes et en menacés» 
£n6h , an mois de juillet 147Q 9 pressé par le pape et l'empereur 
de travailler à la délivrance d'Amoul, Charles engage Adolfe à 
venir le trouver à Hesdin, avec son père. Délivré de sa prbon ^ 
Ameul est amené par deux seigneurs , dans le mois de décembre, 
à la cour du duc , son libérateur et 'son cousin « qui travaille en 
vain à ménager un accommodement entre lé père et le fils. Je 
tes i>èis tous deux , dit Philippe de Comines , en la chambre du due 
de Bourgogne j par plusieurs fms et en grand assemblée de conseil ^ 
oU ils plaidoyent leurs causes; et oeis le bon homme i^ieiî présenter 
ie gage de bataillé à sohfils* Charles , qui favorisait ce dernier ^ 
*lui fait offrir,' par ce même Comines, le gouvernement de Bour- 
gogne et le jpays de Gùeldre, sauf une petite vUle assise aupr^ 
du Brabant ( qui a noi^Grai^e) , . qui deçaii demeurer au père a^ec 
le rePénù de trois mille florins 9 et autant de pension, « J'aimerais^ 
» mieux, répond cet indigne .fils, jeter 'mon .père, .la tête i* 
a première^ danat un puits, et-ai'y feterapi^ès , qite* dé. consentir 
» il dilr acçoàugiodèment* Il y » 'qaar^«^<]uâtcè X^ua^te^ 



I 

Ms ÀI3GS iik GiQEi4Di^; ^197. 

h kmt ans), qu^Aropu} est duc., il^est bien jast« que^je le spî$ 
i» à ^non tour. Je lui làis$e par grâce trois pille florins , à cori- 
>> dîtion qu'il ne mettra jamais le piied dans la Gueld^e ». Après 
une telle réponse , sentant Lien qu il n'y a pas de sàre'té poiif lui 
à la cour du duc de Bourgogne , Acjolfe s échappe de nuit avec 
deux cayaliers. Charles fait cPurir a'près lui. 11 est pri^ à Namur, 
ramené à Hesdin , et copduit à Vilvordé , puis à Courtrai , ,où 
il resta prisonnier jusqu'à la mort du duc de Bourgogne. Le 
duc Ampul, renvoyé dams ses états» trouve toutes les villes dis-] 
jppsées à lui fermez: les pprtes^ excepté Ruremoxrde et Gueldre. 
Les aulrés défèrent à Vincent v çp^atè de Meurs, le titré de ru- 




que les partisans de#on fil^ ^pà la tête desquels était la duchesse, 
sa femme, ne cessaient de lui susciter, il cède, à titré d'angagé- 
ment, ses états au duc Charles, moyennant quatre vingt douze 
mille écus d'ôr (1), et cei^iaios revenus en Bourgogne. L'acte 
de ce transport, entamé ^ Saiht-Omè/ le 7 septembre, fut ex- 
pédiée Bruges, le 3o décembre, die penultimâ àecembiis, (Ppn- 
tanus, pag. 549-) Arnoùl ne survécut pas long-lenis à ce traité^ 
étant mort le 'jj^ février ( féte de saint Mathias), de l'année 
Suivante. Il avait épousé, l'an i4âo,. Cathf.rine, fille d^A-- 
dolfe II , duc de Cleves , et de Marte, sdeur de Philippe le Bon , 
duc dé Bourgogne., de laquelle il eut Adolfe ^ dont on vient d^ 
parler; Catherine, qui viendra ci-après ; Marie, alliée à Jac-^ 
aues 11^ roi d'Ecosse^ et Marguerite., femme de Frédéric, ^uc 
de Simmeren. La duchesse Catherine mourut en 1479^ au plus 
lard* (Pôntanùç, pag. 567.) Le duc Afnbiil, son époux, fut un 
prince modéré, libéral et pieux. Son malheur fut d'avoir des 
suj^ets mdociles, une méchante femmes et un Ms dénaturé. l,e 
duc de Bourgogne, après la ce^ion qu^Arnoul lui avait faite de 
ses états, en reçut l'investiture de l'empereur Frédéric. Mais 
trois ou quatre qes principales villes de la Gueldre ayant refusé 

' ^ il assiégea Nimègue , là 
prise vers le mois d'août 
,, ., ^ _, , i en emmena les deux en- 

fants d'Adolfe, Charles, âgé de .six ans, et Philippine, quUl mit 
auprès de Marie,, sa fille» pour les faire élever, (t^ontanûs. 







{v) £0 i47^f (es éei» à^àv qui devaient rours en France étaient au 
iHre de :^'è cadrais i/Ô , et ils étaient de la toille de 71 au marc ; donc 
ôa mille vaudraient , de notre monuiàie actuelle y iyo34*534 liv. 6 s« 

XIV. 38 " 



i^ CRROKOLOGIS kfSTOklij^lHl 

^ag. 553.) te dac de Bourgogm; , eh quittant Ntm^gtie , y )aî»$a' 
polir gouverneur Guillaume d'Ëgmond, frère du feu duc ; cl lui 
substitua , Tan i475 , PhlHpfie de Croï , comte de Chimài. Après 
là lïiott de Giarles , les choses changèrent de face dans laGaeldre, 

ADOLFE. 

, i477« Adol^é, fils d'Arnoul d'Bgmond, duc de Gueldre, 
/lit reconnu pour son sitfccesseai^ , par les états du payis , dès 
qu'on y eut appris la mort de Charles, duc dé Bourgogne. Les 
Gantois , h leur demande , tirèrent ce prince de sa prison de 
Cburtrai, et le riiirent à la tête de leurs troupes. Ils firent plus; 
ils voulurent contraindre Marie, leur souveraine ^ ii lui donner 
Sa main. Cétait voulpir allier le crime avec la vertu. Maîtrisée 
far ces forcenés , Marie attendait ce coup comnie celui de fe 
mort. Adolfe part après avoir nommé Catherine , sa sœur, gou- 
vernante de ses états , et va faire le siège de Tournai , occupé 
Sar les Français. Cette expédition , pour le bonheur de'Marie ^ 
evient fatale à ce prin|:e. Il est tué^ le 22 (et non le 28) 
juin 1477» ^^^^ ^^® sortie des assiégés. (Pontan: , p. SSy.) Il 
avait épousé, le 18 décembre i463, Catherine , sa tante, fille 
de Charles l, duc de Bourbon (morte en i4%)i dont il eut les 
deux enfants qu'on a nommés plus haut. Philippine, sa fille , 
devint » en i485 , femme de René II , duc de Lorraine. 

CATHERINE. 

1477. CATHEniîïfe, sœur d'Adolfe , continua d^éti'e reconnue 
èouvèrnante de ta Guéldre après la mort de son frère. Les en- 
fants d' Adolfe étaient toujours retenus à la cour de Marie dâ 
Bourgogne. Catherine les redemande , et ne peut les obtenir* 
Indignée de ce refus , elle se tourne du côté de Id France , et 
engagé les états de Gueldre â conclure avec le rûi Louis XI un 
traité d'alliance dans lequel entra Louis de Bourbon , étêque de 
tiége. Cependant Guillàante, frère du feu duc Arnotcl, lic 
voyait pas san? jalousie le gouvernement de la Gueldrè er^tre les 
mains de sa nièce. Appuyé par l'ârchidnc M^ximilien , il se 
porte, l'an 147^? pour tuteur des enfants d'Adolfe, et, en 
dette qualité , prétend à la régence du pays. La ville d' Arnheitn 
et quelques autres embrassent son parti. Catheri^ne appelle à 
son secours Frédéric , duc de Brunswick, son oncle. Frédéric 
Taîsse prendre la ville de Gravé aux Brabançons. Catherine 
alors , par la médiation d'Adolfe de Nassau , maréchal de Maxi- 
milien , se détermine à ttaîter avec ce prince qui loi abao^ 
donne , pour sa vie , la ville de Gueldre avec ses dépen^dancçs» 
Tout le duché ne souscrivit pas incontinent à ce traité, Lâ<IuH 




9^ ^Dctt M çv^i^xua, figi^ 

fhesse 

lettres 
qu'elle 

piB^ d'années , les subjugua eatlèf émeut. Nimëgue a^ant coti^r* 
sentie se rendre ,, Tarchiducbesse Marie de Bourgogne y arriva^ 
r^^n i43i > en Tabsenc^s de Maxknilien, çcMi époux,, qa'elle fil 
9ussitdt inaug;urer due de Gueldre et comte de Ztutpbenw 
^'exemple de c^tt^ ville eatraina ][e$ autres, qui passèrent r^- 
pidemeut sous la dozmnation dç rAutrichf^. ^ Poiitan. y^ p. 572. X 

; ■ / . lyjAXlMvlLlEîî. '! 

^ tJin i48â , MaXiMIwjeN est reconnu souverain défii^.Gueldre 
él du Zutphén par les quatre pritrcipales villes. Cependant h 
avait pour la Gueldce un rival y dpnt il ne se défiait point ^ dans 
la personne de Charles d*Egmpnd, fils du fèu duc Adolfe. Ce 
jeune pr^pce,, dont il faut retracer ici lesprémièfcs années , 
était ne, le g novembre 1467 * à GravS. Ayant été pris \, comm^ 
on l'a dit plus Jiaut ^ l'an 147^ , avec Philippine , sa sœur , dans 
Niiriègue, par le duc <^é Jspurgogne, ils furent conduits, par 
son ordre, à Ga^nd^ pour y être éiev^,s auprès de Marie, sa fiflé. 
Le jçiine Charles, à l'âge de dix-sept BpSy fit ses première^ 
àrmeS'Spus les grands capital nés Engilbert de Nassau, Philippç 
de Ctèves , et Ch^^les de Chimai^ fl accompagna Maximilien ^ 
en 1485, ^ux sièges d^Ath et d'Ûudenarde, où il dpnn^ dfs 

Sreiives d^ sa valeur. L'an 1487 » ^yaut été pris avec £n|;ilbert 
, e Kâssau ,. d^^s une eiid>uscade près de Bétnune , par le mare 7 
chat. Philippse des Querdes, général français, il fut conduijk 
à Abbeville , et confié à la g^rde de Jean II , duc de Bourbon . 
son oncle maternel. Mais, l'an i49^) ou 1491 9 Pierre U , àvi^ 
,de Bourbon 9 et U princesse Anne^ sa femme,, sœur du roi 
Chartes VIll ^ s'étant rendus caution de sa rançon t le firenj: 
venir à la cour ^ où il fut- traité avec houneur. Les élats dfc 
Guetdre,aue le roi lul-miéiri^ informa par lettre de la déli- 
vrance de tharles d'^^pnd « répç^ndireût i ce monarque par 




9** 

58Q-fi8x-5ao. l 

te ^^ m9X^ P^â* f y reçoit 1^ serment de fidélité' d*un grand 
l(H>m|]tre ^ i^fiigQeiiiQp^qvii ^'y létfiief^t repdu^ 0^ chasse de to^te^i 



'chnjla Guelcire. Charles prend des mesures pour se mettre eni 
garde contre les menaces •de l'empereur Frédéric, qui prélencl 
que la Gueldre est dévolue^ comme un fief vacant^ à l'empire.. 
IwàiimiHen étant devenu empereur , Charles va le saluer , «en 
1494^ !3' Grave. Ce pririte . fait, examiner par quatre électeurs: 
lies prétentixyns de Charles au duché de Gueldre et au comté de 
^utpîien. De .rexaitren 'dés comitiissâires ,' il résulte que l'an— 
eienii'e race âes ducs de Gïiéldre a fini;' l'an i423, dans la 

Ïérsontie de Renaud IV; qu'Arnoul et Adolfe-, son fils, pfere 
e Charles, n'ont point reçu l'investiture de l'empereur, et 
qu'ayant porté, pendant près de cinquante ans, les armes contre 
Jei|ipirje.-le;urs liefs, pour cette raison „^ont tombés en com-^ 
mi;5e. ChârJes ayant protesté contre cette décision , l'empei-eur 
entre fn Gueldre pour la faire exécuter. H prend Ruremonde,^ 
e^ assiège ensuite, mais inutilemen,t , Nimègne. Les affaires. 
d'Allemagne l'obligent bientôt à s'en retourne!'. 

L'an i4t^)6, mo.rt de \^ duchesse Catherine , tante du duc 
ÇQ^rles," à Nimègue , qu'il lui avait abandonné pour sa vie. Des 
excursions que .frédéric d'Kgrnond , général de l'archiduc Phi^ 
lippe, fait dans l'île cfeïiel, excitent ,• l'an 1497 > les habitants: 
de Nim^gue , voisins de celtç île , à prendre les armes pour 
leur, défense. Toute la Gueldre prend parti dans cette guerre, 
;Ôn conchit une trêve pour deux ans; mais elle est violée Pannée 
Ifuivante. L'empereur Maximilien entre dans la Gueldre au mois: 
d'octobre, accompagné d'Albert j duc de Saxe, de Georges ^ 
duc de Bavière, et du duc de Juliérs. IVfai's les affaires d'Alle- 
îuiag^nc le rappellent au mois de décembre. Lohis XII, roi" de 
France , se rend médiateur entré le duc dé Gueldre et le duc 
de Juliers. On arrête une trêve à l'expiration, de' laquelle les 
hostilités recommencent. 

*' L'an 1604,- l'archiduc Philippe déclare la guerre à Charle$f 
pour l*ol>li§er à quitter le titre de duc de Gueldre. L'affaire y 
après quelques hostilités, est mise en arbitrage l'année suivante. 
Pliirippe, devenu roi de Castille , se dispose à retourner ei» 
son royaume où le duc de Gueldre avait promis dé raccom- 
pagner. Mais celui^î, dès qu'il a touché les trois mille florins^ 
ti'or qu'on lui assignait pour son voyage, se travestit, monte 
àcKeval, et se sauve à bride abattue en Gueldre. Philippe ^ 
voyant que sa proie lui échappait au moment dé son départ « 
se contenta de laisser le gouvernement de là Gueldre à Henri 
de r^assau „ seigneur de Breda. Revenu dans ses états , Charlea 
y reçoit les- troupes que la France lui envoyait , et , avec l%ur 
.secours , il fait rentrer sous son obéissance -plusieurs des vUles. 

3ui s'étaient déclarées pour Philippe d'Autriche^ La mort de ce 
^rnier , arrivée le ^5 septembre &5o6 , fut uoe heureuse eoa-» 



A 



Î>ES Ducs' bE GÙÊtBkfi, * . SbiC' 

joncture pour Charles d'KgmonJ, MarguéWte, honimefe gou-* 
-ornante des Pays-Bas par l'empereur Maxinlilîen, éàn pètt }' 
fit de vains efforts pour arrêter les progrès d a duc de Gueldre.' 
M entre , l*ân iSoy , dans 'le Bkâbant ou îl soumet plusieurs'' 
places dont le pillage enrichit ses trûu{>esl De la elles se ra^bat- 
t^nt sur la Mo],lande dont elles ravagent 1^ campagne. 

'1/an i5o9 (iT. st.), l'empefeuf, au tiotn de Cïiarles ^ son' 
petit-fils, et le roi de France, concluéiit -^ ïe \8 févriei* , à! 
Bruxelles , "le' traité que Marguerite , fille du p^einièf^ et gou- 
vernante des'Pâys"~'Iîâ^, a<'a!t ébiuché à/Câinliral y potli^ éiabtil'* 
tine trevè dans la Guèldf'é jusqu'à la dééision du procès lou- 
ehant la propHété de ce du6hé. Le duc ChârlW, quf liYavait 




d'Ôarderwrc'et die Bômrriel', adresse i es phi n tes les plus atnères' 
àii" rbi dé F^apCè , qu^^elle accu;^ d*ètre' dans les intérêts dtt 
duc Charles!' Le' monarque le nie, et n'est point cr^ii ^itr sa' 
parble. Les Trajôctîns étaient alors çriqtierëlle aVec Pièdérîb' 
de Bade , leur éyéqbë* Florent, seigneur d*Ysstelsteirt, ami du' 
prélat', ïiyâtit ériirepris d'escalader Utrecht au lûois de février 
ï5i 1 ,' à la' faveur aes glafcès , est traversé par les Gueldroîs qtil 
font échouer ce. projet/ Le.V'TfajectlifâV exaltés pailla rôcon- 
naiçsance , proclament aussitçt Itear avoue., Charles, qui dis- 
putait ccrtatns forts au prélat, et reçoivent garnisoh gûeidroise., 
(Voy. les éoêifw^i d*UirechL'j Marguerite, voyant la Hollande^ 
menacée par le duc, a' rèco'ufs au 'pape',' à l'erùpereur , aji roi 
d'Aragon et au roi d'Angleterre. Quinze cents hoitimes, qu'elle 
obtient de ce dernî*er , s ■étant joints aux 'Autrichiens, investissent' 
"Vénloo. La place , attaquée avec ardeur , est défendiie avec une 
égale vigueur. Le sîége étant levé après trois assauts , les An-^\ 
émis regagnent leurs vaisseatix. Le diic Charles, abandonné de 
la FVance , demeure cpielque Jems dans l'inaction. Mais, lors- 
qu*ori s'y attendait le moins, il entre en campagne et pafraît à' 
la tête aiinè armée", le ^3 décembre i5i2 , à la vue d'Amster- 




parc du criâteau d Utrecrit. J^a rupti 
n'était qu'apparente ," et la g^trvernante èês Pays-Bas ne s'y 
méprenait pas. Cfe fut de concert avec le roi' Louis Xll que le 
dnc envoya le comte d'Oyen, l'an i5i4»'*vec un corps de 
troupes qui YaVagea la Drentfe , soumit la ville de GroningUe ^ 
çt étendit ses conquêtes dans la Frise. Le roi Louis' XII étant 
mort le l*', janviâr i5i5 , François I , son successeur j ménagea 



\ 



uqç U-hyç.ffntx^ 1^ dpc de Gueldre et ses ennemis. Leduc paitilt 
quelque tein;$ 9prè$ à la tête de vi.ngj*deux ziiille hommes ^ 
«Jm'oii nommait les bandes noires, pour aller joindre ce mo- 
î^arqùe e^ Italie. M^is, apprenant 9 Lyon le succès de la balaillfr- 
de MdHgnaQfiltp^mùe maUdede regret de ne s'y être pas trouvé,^ 
et revient dans $pn duchd il continue se^ ravages dans là Frise^ 




chieooes, que , le ;;^'4 9C,lQÎ)re i5;i^t Chajrles-Quint se vit cn-. 
tifrepieotmaîtrede U Fri^e. (Céri$içr^ Hisi. des Pro9, Unis.^ 
ii)m. U . p. 389» ) Le du;ç Charles ne» cess^ presque point dan^ 
la suitç u avoir les ^rfçios k I4 wain contre U jmabon (fAutricbe,, 
1^'an }537 , fiyapt priç la dèfeijse des Trajectios» brouillés avec 
leur evêque, 51 s'empare fl'Utreçh^ et d'autres places. L'évêqueç 
a recours à l'empereur , .qui , s'étant rendu maître des pays^ 
J'Utrecht et d'Over-Yasel , obligea le duc à conclure , le 3 oc-^r 
Ipbre i5a6, un traité d.e paix à Gorincbem, par lequel il s'en-t 
gageait à lui faire bomn^age de$ pays de Gueldre , Zuiphen ^ 
éroningue , Omnvelandes,, Coevonlen « Drenlen , con»me duc 
<)e Brabant et comte de tlollande. L'empi^reur promet de soi\ 
coté de Vui payer une pension de seize mille florins^ de lui 
entretenir deux cent cinquante cavaliers ^ et de faire évacue^ 
les places de la haute Gueldre dont ^es troupes s'étaient em-v 
parées. ( Du Jardin , Cerisier. ) 

La haine de Charles d'Egmond pour la maison d'Autriche^ 
Ipip de diminuer avec l'âge > augmentait à mesure que ses £i>rces 
l'abandonnaient. L'on i53j8, il lit cbnlrç elle un dernier effort^ 
en voulant engager les quatre qv^rtiers diç Gueldre , qu'il avai^ 
convoqués à Ârnbeim^ à se donner au roi de France. Mais l^ 

Proposition fut si naal accueillie , qu^on pensa dès-lors à lui 
onner un successeur ; ce qijii parut d'autant plus nécessaire ^ 
Qu'il ^tait sans postérité légitima. Oo ie croyait capable de 
faire , par lui-même, un nnauvais choix. Les états s'étant donc 
assenibîés à Nimègue , le contraignirent , le ai 7 janvier i53^ ^ 
après bien des contestations ^ à faire cession de son duché a^ 
duc de Gièvies « qui suit , et à se contenter d'une pension d^ 
j^u i?iille florins» f.e chamn ^u'il eut de se voi]r dépouillé df 
^Qtk vivant, fut ^i vif ,q,uj.I en mourut, à Arnbeim^ le 3a juiat 
sjuivant ^ dans la soixante et pnasième année de son $ge « et 1^ 
quacapte-sixième de son règrie. Les nns l'ont comparé k Aa» 
vihai ^ les autres à Mitbric&te. 1\ réunissait les bonnns^ et lef 
mauvaises qualités de ces deu;^ personnage^. )t avait épousé ^ 
Tan i5i8, I.$ab^£le » fiUe de Heari % d^c de ft:ims)«icl^ 
Itunehourg;^^ morte ep ^Sja^ 



iiÉ8 tlVtS Dtt CmiLBlCK. Soi 

• « - • ' • 



m, * - 

GUILLAUME, DIT Lfc felCtîE. 

i538. ËrUiLLAUME , &X LE Ricfffi , fiU de Jean III, dne 
^e Clèves, de Berg et de JuUers , né le ad juillet iSi6, fut 
reconnu Hue de Gueidre et comte de Zutphen , par les é1at« 
du pays , et inauguré, dâ vivant dû, dut Choies a ËçmonJi» 
«n vertu de la transaction passée ^ entre ce prince et les éiaki 
de son pays, le ay janvier i538. MaHe d'Autriche, gouver^ 
nante des Pays-Bas , fît de vains efforts pour s'opposer à celte 
.jélection , alléguant divers traités faits anciennement entre le^ 
ducs de Gucldre et la naaison de Bourgogne, puis confiiTués 
jpar la maison d'Autriche. Cependant l'empereur concluait à 
Kice, en Piémont, le mafiage de Christine, sa nièce, veave 
de Pratiçois-Marie Sforce ,.duc de Milan , avec le prince Fran^ 
5Ç0TS , fils aîné d'Antoitie , duc dfe Lorraine , qui avait au$«i 
réclamé la saccession du duc Charles , comme son plus proche 
liéritier. Le mariage se fit efTectivement l'an i54o : mais' te 
but que Pempei^ur s'était proposé en formant cette alliance fut 
ananqué. 

i<E ttEMB GUILLAUME, duc de OufiLDaE, dc Clèvbs, 

1>£ BfiRG, DE JUUJLRS, GOHTB h% t.K MaROK SI DS 
AAyfiNSBEAG. 

L'an 1539, GvttLfkViÊLt succède au duc Jean lll, son père, 
<lan8 tous ses états du con^ntetnent de ceux qui les composaient. 
l.'an iSito, il va trbûver Charles Qniiit à Bruxelles, sous un 
isauf-canduit , jprour lui exposer son droit au duché de GueUlre. 
Mais, voyant que le conseil impérial ne lui est pas favorable , 
il passe en France, oïl il obtient pour épouse, Tan 1^40, 
JEAitME , fille de Henri d'Albret, roi de Navarre, et de Mar- 
^erite, steur de François 1'% roi de France. Dans un nouveau 
voyage qu'il fait à Paris Tannée suivante, il célèbre 50 n nia^ 
riage, le i3 juillet, à Châtellerault, avec la princesse qui n'était 
jHàs néanmoins encore nubile. Cette alliance , comme on va le 
Toir, n'eut point de suite, et Jeanne épousa, quelques années 
après , Antoine de Bourbon, doc de Vendôme. Guillaume, l'an 
1542, joint ses troupes, sous la couduite de Rossem , fameux 
capitaine, à celles de France, pour faire la guerre à Charles-..^ 
Quint dans les Pays-Bas. Rossem ravage le Brabant, tandis qufe 
le duc d'Orléans soumet le Luxembourg. Sur la fin de la saison, 
le duc Guillaume , s'étant mis loi-même à la tête de ses troupes, 
ftenà Sttstercn ; et, ayant bloqué, dans le mois de déceiubre^ 



3o4 CWONQI^IE HiâTQiligtiK 

la ville de Ducren ^ il s^en rend maître après avoir m{& en fm\0 
un parti des Impériaux , venu au secours de la placé. Guillaume^ 
l'année suivante, remporte une. nouvelle victoire, le ^4 mars , 
sur les troupes de l'empereur, près de Sittard. Mais Charles- 
^uînt, élant ari'rivé en personne dans le pays de Juliers, met 
le si.ége devant Dueren, l'emporte au cinquième assaut, le 24 
août, passe la garnison, avec une partie des bourgeois, au 'fil 
de l'épée, et rédaft la ville en cendres. Ruremonde et d'autres 
•places , craignant un semblable sort , envoient leurs clefs à 
l'empereur. J>e duc Guillaume , voyant celle de Venloo, <)ue 
Charles assiégeait, sur le point d'hêtre forcée 4 vient s'humilier, 

Ï)résenté par le duc de Brunswick et les ambassadeurs de Co^ 
ogne, devant ce prince, qui le reçoit avec un visage sévère , 
le tient long-tems à ses genoux, et le renvoie au prince d'Orange 
•et au cardinal de Granvelle. Il obtient enfin la paix, le 7 sep- 
iembre 1543, aux conditions qu'il cédera la Gueldre et le 
Zulphen à l'empereur (cession contre laquelle la maison d'Eg* 
tnond a toujours protesté depuis) ; que le général de ses troupes^ 
Martin Rossem, prendra parti dans l'armée impériale; qu'il 
réformera ce qui a été fait au préjudice de la religion catholique 
dans ses états, et qu'il renoncera à Talliance de la France. 
Guillaume , en conséquence de ce dernier article , fait casser * 
par le pape son mariage avec Jeanne de Navarre, et épouse, le 
.5 juillet 1546, à Ratisbonne, MÀBiE, fille de Ferdinand, frère 
de l'empereur. Le duc Guillaume, depuis ce .tems,. vécut en 
bonne intelligence avec la cour impériale, de même qu'avec • 
tous ses voisins. 11 eut* également soin d'entretenir la .subordi- 
nation et la tranquillité dans ses états. Jean de Ruremonde 
avant tenté d'y renouveler les extravagances ,des Anabaptistes <f 
if le fit brûler , l'an i58o, avec ses femmes. Ce coup de vigueur 
arrêta ceux de ses sujets que ce fanatique .avait déjà soulevés. 
Guillaume mourut, âgé de soixante-quinze ans, Je .2,$ juia . 
ihc^2 , ' h Dusseldorp , où il fut inburné. . De son mariage avec 
Marie d'Autriche (morte le 12 décembre i58i), il.eut . 
Charles-Frédéric, mort avant Ipi ; Jean*Guillaume, qui suit,; 
Marie-Eléonorc , née le 16 juin ii55o, mariée à Kœi}isberg<> 
le 1 4 octobre iSyH, avec Albert-Frédéric, duc de Prusse , ef 
morte l'an 1608 ; Anne, née le i*r marsi^Sa, mariée à Nurem- 
berg, le 27 septembre 1674 ^ avec Philippe-Louis de Bavière, 
comte palatin cieNeubourg, morte en i632; Madeleine, née le ft 
novembre 1 553, alliée, le.4 octobre. 1 ôyij , à Jean de Bavière^ 
dur de Deux-Ponts; Charles-Frédéric, né le 2^ avril 1 555, mprt h 
Rome le 9 février 157S; Elisabeth, morte enfant;- Sibylle, née 
le 26 avril i557, fiancée , en i586 , à Phijippe , margrave, de 
Bade, puis mariée, en 1601, à Charles d'Autriche, fils d^ 



i 



Viemt^én&ur Ferdinand > et margrave de Biirgaw^ décédé sai^i 
enfants , en i6^5 , dix ans après sa femme. 

JEAN GUILLAUME , Dit LE BON et LE SIMPLE , Du* 

Dfi ClÈVES 9 BERGy JuLlEHS) COMTE BB h A MaUCK EX DX 

Aavensbero. 

iSgra» Jean Guillaume^ dit le Bon et le Simple, né U 
dB mai i562, succéda au dut Guillaume, son père, dans les 
duchés de Clèves , Berg, Juliers , et dans les comtés de la 
Marck et de Ravensberg» Avant la mort de Charles-Frédéric, 
son frère aîné, il avait été chanoine de Santen, puis de Co- 
logne,' et ensuite Êiit, en iSja, administrateur de Pévéché d« 
Munster. Ce prinjce 'mourut sans postérité, le 26 mars i6ôq. 
Il avait épousé, i^. , le 16 juin 1095 , Jacqueline, fille aîpeé 
.de Philibert, margrave de Bade^Baden. Ce mariage fut cé- 
lébré avec la plus grande solennité ; mais il n'en fut pas plui 
•heureux.- Le duc étant tombé en démence, Sibylle, sa sœur, 

Srincesse ambitieuse , s^empara du gouvernement , malgré là 
uchesse, ce qui alluma entre elles une haine dont Jacque- 
line pensa être la victime. Accusée dVluItère commis avec un 
gentilhomme , elle eut contre elle les dliférents ordres de Pétat^ ■ 

3ui souffraient impatiemment la stérilité du mariage de leuî" 
uc, et désiraient ardemment quUl pût en contracter un nou- 
veau. L'accusation fut déférée à Pempereur Rodolfe II , qui 
délégua , pour en connaître , des juges tirés des ordres pro- 
vinciaux, h n'y eut point de jugement prononcé, quoi quVn 
disent quelques écrivains , qui prétendent que la duchesse fut 
condamnée à mort. et exécutée, mais varient sur le supplice 
qu'elle subit. Il est prouvé qu'elle mourut d^une mort natu- 
relle, l'an 1597. (Voy. la natt trois de Diïhmar, à la page 35^ 
ife Teschenmàcker.) Le duc Jean-Guillaume épousa, efi seconde^ 
noces, Antoinette , fille de Charles II , duc de Lorraine , qui 
ne lui donna point non plus d'enfants.. Elle finit ses jours l€t 
18 août 1610. La mort du duc Jean-GuiTlaume fut une source 
de guerres en Allemagne. On vit jusqu'à sept compétiteurs se 
disputer sa succession. Les trois premiers furent Jean-Stgis« 
mond, électeur de Brandebourg, du chef d'Anne, son épouse, 
fille aînée d^ Albert-Frédéric , duc de Prusse , et de Marie- 
Eléonore, sœur aînée du feu duc; Wolfgang^uillaume de 
Bavière, duc de Neubourg, fils d'Anne, deuxième sœur de 
JeanrGuiliaume; Jean 11^ duc de Deux -Ponts, fils de Ma-^ 
delatne ^ troisième sœur de Jean-Guillaume. Ces trois concur- 
rents prétendaient à la succession universelle. Les autres furent 
Charles d*Autriche , margrave de Burgaw , mari de Sibylle', 
XIV. 3<j 



f 

So6 CBAOï(OI.OGI£ HISTORIES 

dernière sœur du même duc. Charles de Gonzagae, duc dé^ 
Revers, demandait de son côté le duché de Clèves , comme 
descendant d^Engilbert , fils de, Jean I » duc de Clèves ; et 
en6n Robert de la Marck, comte de Maulevrier, se préten-;» 
daît héritier du comté de la Marck , dont il portait les armes 
et le nom. L'électeur de Brandebourg et le duc de Neubourg, 
dont les droits paraissaient alors les mieux fondés , convinrent 
provision nellement à Dortmond, le 3i mai 1609 , de s^en rap^ 
porter à des arbitres, et, en attendant, de gouverner en corn-* 
mun les états contestés, sauf le droit des autres «prétendants» 
Cet arrangement fut approuvé, le 16 juin suivant, par les 
états du pays , qui reconnurent , en conséquence , les deux 
princes pour leurs maîtises par provision. Mais Tempereur 
Rodolphe ne fut pas du m^me avis. Sous prétexte de mettre 
en séquestre la succession contestée, il envoya secrètement 
Tarchiduc Léopold d^Autriche, évéquede Strasbourg, avec une 
armée pour s^en emparer. Léopold se rendit maître, par trahison, 
du château de Juliers. Henri IV, roi de France, était près de* 
se mettre en campagne pour terminer la querelle, lorsquHl fut 
assassiné Tan iHio. Le marquis de Brandebourg, assisté par la 
France et la Hollande, et le duc de Neubourg, prince cathb^ 
lique, soutenu par T Espagne , se disputèrent, dans la suite, 
cette succession , quMls ont enfîa partagée entre eux par une 
transaction conclue à Clèves, le 9 septembre 1666. Le duché 
de (lèves , le comté de la Marck et. celui de Havensbcrg ,> de- 
vaient rester au premier, et les duchés de Berg et de Juliers^ 
avec les seigneuries de Winnandal et de Breskenland, au se- 
cond. On régla le mcme jour, par un traité séparé, ce qui con* 
cernait l'exercice de la religion. L'an 1671 , 1 électeur de Bran^^ 
dcbourg et le duc de Neubourg firent un arrangement tou*- 
chant la seigneurie de Bavenstein. Le premier la laissa au se* 
conrl, qui, de son cdté« lui promit une somme de cinquante 
mille écus d'empire, et renonça k ses prétentions sur le comté 
de Meurs, en se réservant la Succession éventuelle, au défaut 
d^hoirs mâles, avec It titre et les armes de Ravenstein. Ils con- 
clurent encore depuis une alliance de succession réciproque ,> 
dans les paj^s de l'héritage du feu duc Jean-Guillaume. L'em-* 
pereur Léopold confirma, l'an 1678, cette convention. Mais 
iii lui ni ses successeurs n'en oqt donné l'investiture à aucune 
des prties , 4 cause de l'opposition constamment formée par la 
maison de Saxe. (Gnndling , Disc sur ks états éieotmxtux^ t. IV, 
p. 2S7 ; Pauli ^Hist. des états du roi de Prusse , t Vl , pp. 549T- 
6.1 Q.) En 17^^^, l'électeur palatin, Cbarles-Miîlippe de Nea«* 
bourg, ayant fait prêter le serment de fidéUté à Ctiarles l'héo-^ 
dore , pnnce dç SuUzb^ch , son successeur éventuel pour le& 



/ 



DES DUCS DE CVELBREJ ^97 

Htats de Brrg ci de Julîers^ le roi de Prusse et IVIecteur de 
Saxe , récidmèrent , chacun de leur côté, contre cette démarche. 
Mais , en 17.39 , le roi de Prusse , par traité conclu à la Haye, 
consentit, moyennant la cession, qui itii fut £iite de qvelffues 
districts du duché de Berg, que le rameau palatin dé Sultzkik;ii 
possédât Tun et Tautre duché de la même manière qu'en jouis** 
sait actuellement le rameau de Neubourg. Cette convention 
fut confirmée par le traité d'alliance conclu à Breslaw, le 5 juiii 

» 1741 , entre la France et le roi de Prusse,. Frédéric 11 : tiien 
entendu , y est-il dît ,\^u^ sa majesté prussienne garantira de sa 
part , éor^ointement aoec sa majesté très-chréiienne et les puissances 
iful interviendront au présent traité^ à ladite maison palatale de^ 
Sultzhach et ses descendants ^ pareillement à perpétuité^ la passes^ 
sion des états dé Berg et de Juliers contre toutes prétentions jor-^ 
mées et à former ^ de quelque part que ce puisse être , sur la suc-^ 
cession des états de Juliers et de Berg.^ Pareille clause dans le 
traité de fireslaw, du 4 novembre 1741 , entre le roi de Prusse 
et Télectèur de Bavière : Bien entendu f^^orlt-t'iXj qu*en consi" 
dération d*une renonciation de cette importance (celle du roi de 
Prusse à Berg et à Juliers ), /a maison palatine de Sultzùach re^ 
nonce, de la manière la plus forte et la plus solenaelle, pour elle 
et pour ses héritiers de l'un et de Vautre sexe, à perpétuité , à touêe 
prétention sur ce que le roi de Prusse possède actueÛement ê» ht 
succession des anciens ducs de Clèvee, Jukets et Betg, sehrê fe 
iraité de 1666. L'année suivante, Télecteur palatin , 'GbatleiSf- 
Philippe, der4|^r de la branche de Neuboui^, traita avec lô 
roi de Prusse , conformément aux dispositions qu'on vient àà 
-rapporter, et Charles Théodore^ chef de la branche -'joatai^nè 
'de'^Sultzbach, accéda*, comme partie contractante, à oef iV^Kïfé^; 
en conséquence duquel, les états rde Berg et de Juliers, lui 
prêtèrent serment de fidélité. 

ïjà roi 4e Prusse s'étant déclaré pour l'Angleterre dans la 

^erre qui s^éleva, en 175Ô, entre cette puissance et la France, 

'ks Français s'emparèrent, l'an 1767, du duché dé Çlèyips'y 

^ui resta: entre leurs: mains jusqu'au paix de tj%èj tjf^k\ fut 

rendu à ce monarque, . ... - 



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CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES 



COMTES DE JUUERS (*). 



twMfiwiMw w mn^^^niw^^imw 



JLiE iMiys de Julien , en latin Pagus Juliaeensis ^ s^étend aii-> 
îoura'hui sur environ douze lieues de longueur et sept de lary 
.Mllt;, entre la Meu^e et le Khin , 2^ant au levant , Tarehevéché 
•de Q4ogne ; au septentrion» laGueldre; le Lq^bourg au coo'- 
.eh^^tî/et Tarcbeyéché de Trêves au midi. £n i425 , îl était 
annpasédes^ villes et bailliages de Juliers, deDueren, de Muns^ 
tereifi^r , d'Euskirchçn , Hembach , de Wilhelmstein , de 
Henghaçh) de Nidecken, de Caster, de Grevenbroich , de 
Rangeraid , de Linge , de Berchteim et de Gladbach. Depuis ce 
teipa-U y les seigneuries de Nuenaar , de Norwich, de Mon- 
pye, d'QUendorf, de Tombourg, de Limberg, de Merode, 
de Vreinseo 9 de Scboeiiforst de Wickenrade, de Mitlen et -de 
Heinsbcrgf^y ont été incorporées. (. Aix^a^Chapelle , ville im- 
périale, y est comprise , mais n^y appartient pas. ) 

La ville de Juliers, située sur la Hoer, 4 cinq lieues d^Aix* 
la-Chapelle , et huit de Cologne , était connue dès le tems à^ 
Romains , comme en font foi les incriptions sépulcrales , qu^au 
rapport de M. Lamei ( Acta Academ» tolaU , tom. I , pag. yS ), 
on y a trouvées , de même que Titinéraire d^Antonin et les 

(*) Cet article a e'té revu et corrigé par M. £mst , chanoine r^go* 
lier de Tabbaye de Rolduc. 



tURON. HISt. DES COBfTES SE J0LIE115. S<%Q 

tables de Peutinger. Lorsque les Francs s'en furent emparés ,^ 
ttiBsi que de tout le pays qui en dépend , ils y mirent dies. gou- 
YCi-neurs, lesquels , après rétablissement des nefs , en devinrent 
comtes héréditaires. Deux écrivains ont principalement entre-*- 
pris de donner Thistoire des comtes et ducs de Juliers , savoir , 
au dernier siècle , Werner Teschenmacher dans ses annales 
ÇUqi» 9 JuKaa , Montium , Marcca Westphaliœ , Gueîària^ et 
Zutphaniœ : ouvrage réimprimé en 1721 , avec des notes et un 
code diplomatique de M. Ditmar ; et M. Buchels , bibliotbé* 
caire de Télcicteur palatin, qui s'est déguisé, sous le nom de 
Brosîus dans Pouvrage qui a pour titre , JuUct Montium^ue 
êomilum , marchionum et ducum annales. Colonùz , Oiu lySi. 

L'un et l'autre historiens parlent des premiers comtes de 
Juliers avec uii- ton d'assurance qui doit 'étonner , et presque 
toujours sans citer de garants. Les mémoires que nous à tournis^ 
l'an 17781 M. Ernst, nous ont mis en état d'en dresser une 
liste mieux appuyée ; car elle est toute fondée 9ur des c^iactes et 
des historiens originaux. 



GODEFROL 



GoBEFRoi , l'an 



941 f suivant un diplôme de l'empereur 
Otton 1 9 conservé aux jircbives de l'église royale. d^ A ix<4a-Cha- 

5 elle , -jgouvernait le comité de Sunderscas, compris daos celo^î 
e Juliers 9 et dont la ville de Dueren était le chef-lieu. Voi^i 
un extrait de cette pièce : JS^ooerint.. guaiitef nos*., ^mondain 
rem' proprUtaHs nosinx fré^^ièus m A^ui^rmd pakUiQ 4«o dign^ 

./amulantiôus ji^re perhemû, in proprium domtoimus ^ id est ^ercle^ 
stamunam quiz^si constructa «1 wUâ qûcs dkitur Duim m Çonur 
taiu Sunderscas y iihi Godefriêus cornes prœesse' dinosdhtr ^ etc. 
Data VII kai. decemh. a^. Dom. iFicarhat. 941 9 Indic. Xiv , 

^'régnante Ottone sereniss., rege anno vi.» Ce seigneur est expres- 
sément nommé comte ^e Juliers dans une charte , non encore 
imprimée, dé Wicfrid , archevêque de Cologne^^ doiméd en 
faveur du couvent des onze mille Vierges , l'an 944- Dedimhs 
itaque eis in page Juiiacensl'in conutatu Gadé^idicomitis in cas- 
iellà quùd cognôminatur JuHche^ eccUsiem cum mamo, etc. Data 
Coioniœ Ul nonas Aug. anno gloriosiss, régis Ottom's vint. Gpde- 
froi.se rencontre encore. avec la qualité de comte d&its une 
charte de l'an 962. {Kremer y. Academ. Be^OBg.^ took. llk, 
diplom, 4j fag.^!.)' , ^ 

EREMFROL 

EREitfMOi piftut bien avoir été le successeur de Godefrtvî ; 
au moins avait-* il ^ saus son gouT^nement, 4es endroits (;[iii 



âlO CBROîïOLOGrB BISTOB.IQ0E 

foat aujourd'hui partie du pays de Juliers , mentionnés dan» 
^ine charte de l'empereur Otton I , donnée en 966 , in pag» 
Mul€hk€9e m conaiaiu Eremfredi. ( Fetrus à Beeek in Aquis- 
gran»*) 

GERARD I. 

Gbaard I est nommé s6us la quoKficatîon de Gerardus Jv^ 
liensts parmi les conHes qui furent témoins d'une charte de 
saint Héribert, archevêque de Cologne, donnée le i mars dfe 
Fan 1009. C'est le même Gérard apparemment dont il est fait 
toiention dans cinq autres chartes de ce prélat , rapportées par 
Gélénius ^Atict HîsU S, Engelb. , pag. 199) , savoir quatre dé' 
Tan ioo3 , et une de Fan 1019 , et encore dans un diplôme de 
l'empereur Conrad II, pour Tabbaye de Porcet , donné en 

1029 ; où il est dit , etaiia pradîa in comHatibHs Gerhardl et 

GisÙBerti, f Lunîg. SpicU^ tom. III, pag. 3o2, ^ Rien ne noua 
apprend *ea quel tems il cessa de vivre; 

GERARD II, 

Gébarb II est peut-être le comte de ce nom qu'on voitentrf 
les témoins d'une charte de la reine 'Richénzë, de Tan io5i , 
ptibKée par M. Lamef, au Xpm, IH'. 'des Mémoires de l'Aca- 
démie électorale-palatine, pag. i5i ; du moins ce savant n'a- 
t-it pas balancé ^e lui donner rang, dans V Index geneahgicus ^ 
parmi les comtes de Juliers. Il se rencontre encore avec le titre 
«le Gêr&èdus cornes de Gulichê Avsi%\^ souscription d'une charte 
de Siguin , archevêque de Cologne, du 27 juillet 1081. (Kre^ 
'mer^ Ùiphm, Colon, jf^ag. 207.) Nous ignorons s'il fut le suc-* 
•esseilr immédiat du précédent. ' ' 

GÉRARD III. 



^| 



^ > GÀRABD y I , vraisemblablement fils de Gérard il , es! noimné 
deux ibis, comte de. Galtche ou dé Juliers , dans un diplôme de 

-l^empereur Henri IV , donnera Werden, le 3 août^de l'aa 
jioi. ( Martenne, ampL Coll. , t: I, p. 585.) Dans une charte. 

-de l'an iio49 il est témoin avec son frère Gerlac, Gerhardi 
Conus de Julicho et f rater ejus Gerlaehk» (Kremer, tom. • III ^ 

,pag. a6. ) Suivant les. historien^ de Juliers, il enibrassa le parti 
du jeune roi Henri , révolté contre son père. Mais ils sont dé^ 
mentis par l'annaliste saxon. {Ad an. 1106.) Ce jeune prince 
étant devenu empereur ,' la nécessité contraignit Gérard de se 
Çi(>«imettre à lui. Mais il prouva, dans la suite, que le cœHjr n'avait 

, point de part k cette soumission. 11 entra ^ l'ai^ iu4». daxu^ jb. 



BIS COHTSS D£ JUL1ER9. Sli 

tigde fehnëe {iar Frédéric , archevêque de Cologne , contre ce 
monarque. Ce parti ne lui^ut point avantageux. Henri V ayant 
amené son armée dans le pays dci Juliers , y répandit là déso-« 
iation. Le comte , en voulant arrêter ses ravages , fut pris daùs 
une rencontre par Tarmée impériale. (C%ro/2. 5. PantaL upud 
Eccard.'^ tom. 1, pag. 926. ) Mais il ne paraît pas que sa captif 
vite ait été longue. Les avantages que les alhés remportèrent 
iur IVmpereur ^ peu de tems après cet échec^ durent valoir au 
^ comte sa liberté. Gérard avait un fils de même nom que lui ^ 
avec lequel on le rencontre , en 1 1 18 , cornes Gerhardus de 
Juliacoj Geroidus junior j Jilius Gerhardi. (Kremer , tom. III, 
pag. 6z.) 

GÉRARD IV, DIT LE JEUNE. 

• • • . 

GÉRARD lY peut bien avoir été le successeur de son père , 
tn 1125, comme M. Kremer le pense. A pltfs forte raisoa 
faut-il lui rapporter une charte que Gérard, comté de Juliers, 
fit expédier y Tan ii3o, pour maintenir quelques privilèges 
du chapitre de Saint-Adelbert ,* d^Aix la-Chapelle, dans se$ 
biens de Bastweiler, dont il était avoué. Il est témoin k des. 
chartes de ii3i et iiSa, citées par M. Kremer, et encore 
k un diplôme de Tempereur Lothaire , non imprimé , de 1 136« 

* GÉRARD V. 

GÉRARD Y n'est connu que par un diplôme de l'empereur 
Conrad, de Fan ii4< > où il est nommé , comme témoin^ 
Gerardus puer^ eûmes de Juliaco, (^Acta Acad, PalaL , tome III ^ 
page i65. ) Puisqu^à cette époque il était encore enfant , il 
m peut pas être le Gerardus junior dont il est parlé en 111& 
On peut croire qu'il était fils du précédent , et qu'il serai 
mort peu de tems après, puisqu'en 11 43 il avait poursucr 
ces^eur : 

GUILLAUME L 

» 
GcniLAtJMfi I , que M. Kremer croit fils de Gérard III , et 

qui venait peut-être d'une branche collatérale, paraît, avec 

Ha qualité de comte de Juliers, dans une charte de ii43^ 

Îubliée par ce savant , et dans un diplôme de l'empereur 
onrad , donné le 3o décembre 11 4^» c'est-à-dire 11 45, 
suivant notre manière de compter. (Mirœus, DipL, tome U, 
page 180. ) Il est. encore témoin à nn diplôme du mémte 
prince', 'donné k Spire, l'an iiSo. (Martenne, anyjl, ColL^ 
|Q»e II. I pag[e fyio, ) Les actions de sa yie nous sont incoa^^ 



|i2 oi^oKOUHia; ;Btstaa]Qti£ 

nues. Nçus savons seulement i]|u!U assista, l'an. 1162 , à U 

translation des reliques des trois rois , faites par Renaud , arp 

chevéque de Cologne : cérémonie qîfe Brosius mit, par errei^, 

en 1 177. Nous croyons que Guillaume finit ses jours vers ii65« 

B^ Alverade \ sa femme , fille d^Albert , comte de Molbacb 

(mariage , (;^ui fit tomber, par la suite , ce comté, dans la mai*- 

fion.de Juhers)f Guillaume. laissa deux fils: Guillaume 1 qui 

suit, et Gérard. 

i 

GUILLAUME 11/ su&NOMtfÉ LE-GRAND. 

GciLLAUME U (IV, suivant Brosius) était possesseur du 
comté de Juliers, en 1166. Nous en avons la preuve dans unô 
charte de Philippe , archevêque 4e Cologne ^ de cette année ^ 
où Fon ren^arque , entre les tén^oins, iJV.illelmus^ cornes Julia-^ 
censis , et Gerahdus , frater ejus, ( Krcmer, I)iplom,.CoL , n. Xiil^ 

S' ag. 227. ) Ces deux frères se trouvèrent aussi à l'expédition 
'une autre charte de ce prélat, donnée en 1 185. (/5i^. , n. xxxi^ 
S' ag. 244* } L'tin et l'autre intervinrent encore à un diplôme 
u roi des Romains, Otton IV, donné, le i3 juillet iiq^î 
après le couronnement de ce prince, à Aix-la-Chapelle, (/du/., 
n. XXXIV, pag. 12470 On voit par là que Guillauitie et Gérard 
suivirent cTabord le parti d'Ottqn contre Philippe , son rival; 
Ils lui étaient encore fidèles en i2o3 \ mais Tannée suivai:|||| , ib 
s'étaient rangés du côté de Philippe, comme le prouvent txois 
diplômes de celui-ci, dont: le premier est du 12 novembre de 
'cette année , et les deux autres du 12 janvier i2o5. (Bdtkens, 
t. î, fT. p. 55. Geîen. Hist S. Engelbn^j^. 3i.) Ce fut même 
Guillaume, suivant Arnold de Lubeck , qui débaucha depuis à 
Ôtton la plupart de ses partisans. Xors^u^ /e. m Otton ^ dit ce 
chroniqueur, qu^nous traduisons, après s 'être rendu maître de 
iJoiogne^ se ooyoit presque au comble de la prospérité^ un orage r 
auquel il ne s *éipmd(dt pas , tout-àrcoup s *éleQa contre luù Guil-^ 
laume^ comte de Gulick ( Juliers) , commença à lui tendre secrè- 
tement des embûches; etf •ayant envoyé des hommes de confiance 
à Philippe^ il lui manda que s'il çouloù l'élever à une plus grande 
fortune et à un plus haut rang^ il sejatsoit fort de ramener à lui 
tous les partisans d'Otlon, et même V archevêque de Cologne.^ le 
plus déterminé d 'entre eux. Philippe , enchanté de r^tte proposition^ 
lui indique un rendez-vous pour conférer ensemble. Là y Philippe 
et Guillaume s* étant liés pqr la foi du ferment ^ le premier ac-^ 
corda au second un bénéfice qui rendott.six cents marcs d'argentin 
et le renvoya chargé d 'of* et d 'argent , avec des habits précieu» eà- 
des chevaux de là meilleure, espèce f Guillaume tiM parole ^ et, fit 
si bien par ses prestiges j qu^Udétacia d 'Otton et l'archev4qu,e ^ 



fà pfà^ri iès isé^ttèuPig p&ùh tes fsUhp pùsêër dimi 'k pên^ ék 
Phiéippe. ÇÇhr&n. »>/av., l. 7 , c. i .) lie itiolif au ^iJmtigetneiit dfe 
•GtiiHaiiBn* tié&^t pès4'éloge de *a p*»dbfté. M*tts*il<yrs»l'tlité**t 
%»'étak-il pas la «lolnte «nivèfsd de la cônéuitb des ^fffiid» 
^e Pëmpire? GtiHIaaine tïfe fotiît pai lottg-tenné ée ^ efef&c*' 
lion <^t d«» ses intrigues. Il iinburirt à la Miite d'uiïe lon^ufe 
«tuiladre tlans son château d€ ^^sidl*tken , V^« k fin del'an ï^oy^ 
*éloh ^Césaire d'Hfeis^ferbudh, autifur cbnttïttpôrain , vfltï ^écri*- 
>wt!t en 1222. Cet -hî$ti&rî«ri^ie^iejrt»ësa*ît!e 'cotowie un prind^ 
iWvé à là •dëli»u#fcrfe,'fet'i*mit «e p^Hivcytt" /tft4«0(x %ft >c&fnp«rrl!r 
qu'au tyran Maxenca H ihMtut mh^ 'kifiseir ^^ei^Rts. 

6tJllLA>lî4t4 W. 

- 1208. tSoïLLXiDliFÊ Irt , ^U de GiûUaUiawe ^ ^éngebàch , 
*tn€veu> pÉirsa inèi*, duroWiteGtîrîttaumfe II, qui «est appelé 
«on ôffêle matt^mef ^ nçunciMsj dàti^ d^ I0ttpe6 d-învèslilm4^ 
"^es fiefs patlatins , h lui ^oTdë^à , ^en 1209 , pat Henri , eoltM 
ptAs^u du IVhin , <lev»nt son sutcessCtir en 11206. 9a^ )«>raénife 
tetns parait .) ^dans un acte ^tfté du samedi avant la Sai>nte-^Lu(^ 
^ décemrArè ) » u n Waler^n , 'c©rti*« ^h Jutiers Nos E^erkarûu5\ 
^ test^il dit , inihs tie Hifiet^ Hotum fadtnns quM nos reçierenéù 
•d(fmino ^ttostto Pf^alranno ^ cohirH Juîiacensi dcmonâtramus iftihi*- 
^jtoe mèinûës, (fCrefticr, tbm. Hf , pag. 69.) Mais la-^fualité et 
H^^ëftnd^ ajoutée à son titré, donne lieu de croire qu'il éHrtt 
*é«%^i8stique. Etait-ce Un outre hcveu de'GuiHaumfe 11, et 
icehéritïer de Gùillaame 111 ; 'c'est ce que nous ignolrofis. <^u(^i 
«qu'il «n soit, il ne reparaît plus dtinsauci!rn acte suivant. 
' ^ûîHâuUse MI tntérvrnt , 1 an ï £o8 , au traité d'alliance CùtiAti 
Aèttftpc Thièfri , archevêque de Cologne , et ;k duc de Bicabant. 
XMtrasi , ^ipL ^elg. tom. I, |>ag. 407O ï^^«n ittii , il partit 
•«vecfe duc d'Autrirfie», le comte ée la Marck , et d'autres ëéi*- 

S leurs frUcîtnands , pou** la croiisacle contre 'les Albigeois, ifintèàr. 
ti^téi^àéh^ tiv. S. Mifac.^ 0. ai , pag. 289. ) Il ftft gartint, 
f^ah*i!2i4, des c(/hdilrions ^u comraît >Ae gcnariagfe passé ^n^i^e 
W^letam de Limbourg et Ijirinessinde , comtesse w liuxWfiT- 
%burg. X^tt^l^i^^l^l , ^^(st. dis ^fJutftTtib , ^om. IV, pf. n. XlV.) 
4K*a?nt rentîrë depuis la tno**t ^ 'Qmillftume^l dans te parti 
tPOttén lY , il surprît cette artfiëe , xle toncert avec -Ife duc dfe 
^lÀtnh&tir^ , le dac de î^àvière , t\ l'enferttia datis le ctfâ/feati de 
Kid^dlfen. M«îs te Iroupts de ï'rédérit H ayant inve^ la vltlte 
-de Ju14ers , ^8 septembre , après avmr tavagé te|>ays , GruH»- 
*4aume âftïândortrra de nouveau le patti d'Ollon , pour s'àttôfeher 
*Ô Frédë*«tc. (Wartèn^e * àmpl. Coii. , tome S?" , |^age 5û.) 
*fi%à i^fô , il tftsisità ) ^e :$6^'jtdllet, -au eouronnenient de cis 



8l4 .C»iK>N0i:.e6IS BMT^HiWE 

dernier, et prit la croixavee un gfaad nombre dWtnïs seigoeurl^'^ 
pour aller taire 4a guerre aux Musulmans d'Egypte. {Godefndf 
Monœhi S. Paniaî, AnnaL) pàg. 383. , U mourut â celle expé*- 
dition , Pan 12 18. {Acta academ, PakU, tom 111, pag4 55.) 
De N. , 3a femme, fille de Waleran III , duc de Lin^ourg^ 
il laissa deux fils , Guillaume , qui suit, et Waleran , qui épous» 
Mathilde , fille de Conrad , ^eigneu^ de Molenarck , comme il 
.le déclare Iui-*mêmte.dans une charte de Tan i25o , en ce^ 
termes : ïValeranus , germanus domîni WilUîmi comitis Julîa^ 
■çensis , notumfacimifs*...* Mulhildisfilia domni C^nmdî de MuIt 
narcken nostra spQnsa, Çhrosius f fSig* '65*^ » 

GUILLAUME IV> 

latS. GuitlAUME, fils aîné de Guillaume 111, et son suc* 
cesseur au comté de Juliers , était neveu , par sa mère , df 
Henri IV, duc de Limbourg , et de Waleran de Mont joye^ 
son frère , comme le prouvent des chartes produites par M. Ivrer 
men (^Acia aetidemiœ Palat. tom 111 , pag. 3o2. ) L^an 1226^ 
il joignit ses armes à celles de. Henri de iMolenarck, archevêque 
de Cologne , pour ravager les terres de Frédéric, comie d'isex^ 
bourg, le meurtrier de saint ËngilberL Gélénius et d^autres 
modernes, qui mettent le comte de Juliers de cette expédition , 
le nomment Gérard. Mais' ils se trompent certainement. L^ao 
i23o, le i4 février, Guillaume, étant à Francfort, renouvela 
à Otton r Illustre , comte palatin du Rhin -et duc djs Bavière, 
rhommage de certains biens qu^il avait tenus eii> fiefs de Loùis^ 
son père , et entre autres du comiiatus et jus Nemoris dont Icis 
comtes de Juliers ont quelquefois pris le titre. M. Kremer , 
dans une dissertation particulière , identifie ce comté avec celui 
de Molbach , quoique d'autres pensent qu'il faut le concentner 
dans l'enceinte de la forêt , nommée la Vilie, Guillaume , s'ébnt . 
brouillé avec Henri de Molènarck , archevêque de Cologne, 
vint, l'an 1234 ,. mettre le siège devant le château de ce nom» 
Le prélat envoya promptement des.troupas au secours de la 
place. Le comte alla au - devant d'elles , et les arrêta dans leur 
marche. Les deux armées campèrent long^tems vis^à-vis l'une 
de l'autre. Mais , à la veille ae livrer bataille , on fit la paix. 
(Freher, t. 1 , p. 400.) Le comte de Juliers fut fort attaché 
à l'empereur Frédéric II. Ayant formé une ligue avec plusiews 
seigneurs, contre Sigefroi , archevêque de Mayence, et Coa- 
i^ad, archevêque de Cologne, qui se prévalaient d'une excomr» 
munication , dont le pape avait frappé ce prince , pour ravager 
ses terres , il leur livra bataille , l'an 1.242 , et fit prisonnier 
Conçad, dont il tira quatre «aille marcs d'argent ^ pourdédom-ii 



»I9 C0HT£S DK ItTLIERS. 



ài5^ 



Ibtig^nient ctcs frab de la guerre. ( Chron, Salzèurg^ ) Remis en 
lîbeité , le prélat recommença la guerre , et engagea dans son 
jpartî le duc de Brabant ^ avec te comte de Sayne , et d^autre» 
seigneurs* QuîUaame fit tête k cette ligue , sur laquelle il rem- 
porta divers avantages. Henri,- doc de Limboarg, s^étant rendo^ 
lïiédtateur, Tan 1^44) ^^ P^ut obtenir du comte de Julieraf. 
qu'une trêve 9 (|iii devait durer dep^uis lé 20 jaiUet de cette 
àiinée, juaqti^auG janvier de la suivante, (Bàtkens^, tom.. I,pr» 
pag, 87O ^ 

* Le comte de Jvliers ne persévéra pas dans son attachement 
àTempereur Frédéric il abanidontia son parti, Tan- 1247^ pour 
suivre celni de Guillaume , comte de Hollande , nouvellement 
élu roi des Romains, par les intrigues de la cour de Rome, et 
y persista juqu'à la mort de cet anti-césar. L^n i255, il 
jc^gnii' ses armes- à celles de Henri de Gueldre , son beau-^ 
i^ère, nouvel évéque de Liéfi;e, pour réduire le& Liégeoia 
soulevés contre lui. Après quelques avantages rem()ortés sur 
^ux, il s^entremit , À leur prière, pour les réconcilier avec le 
prélat. (Brosius, p,. â6.) La guerre entre lui et Tarchevéq!^ 
de (Pologne durait toujours, )^es Coloniens, toujours soulevés 
cpntre ce dernier, ebotsirent pour leur défenseur le comte de 
Joliers, qui leur envoya Waleran , son frère , pour tenir sa 
place. Une lettre du pape, rapportée par Raynaldi {aâ an, laSS, 
n. 55), nous apprend que Waleran fit des maux infinis à 
Varchevéque. Cependant un auteur du tems ne laisse pas de. 
dire, en racontant la mort de Tarchevéque Conrad de Hochstadt, 
arrivée l*ao 1261 , quHl huinilia les ducs de Brabant et de Liin^ 
bourg, avec les comtes de Juliers^ de Berg et de Clèves, et 
défendit vigoureusement Téglise de Cologne. ( Chroa. Menconis^ 
^udHugo ^ saerm antiq^ mon» t^ 1, p. 5^8.) Quoi qu^il en soit, 
le comte de Juliers n^«ut pas de moindres démêlés: avec £n-^ 
gltibert de : Faàqnemont , succ^seur de Conrad. Mais il est 
difficile de les ranger par ordre chronologique , à cause de la 
contradiction où se trouvent, à cet égard, les écrivains qui nous 
les ont transmis* Suivant les annales de Nuys, Gudlaume 
r«ommença , dès Tan i263 ^ à se brouiller avec le prélat , en 
prenant la défense des oitoyens de Cologne, soulevés contre 
Ipi. £ngilbert ,. ajoutent-elles , le battit , cette même année , 
dans une rencontres Nous ne garantissons point cet événement;^ 
mais, Tan i26SL^ le 4 décembre, Guillaume et Simon ,évéqu& 
de Paderborn, s'engagèrent, par convention faite entre eux< 
à obliger l'archevêque de tenir Raccommodement qu il v^it 
de faire avec la ville de Cologne. Le reversai du comte si^>irôuve 



dan^ un ouvrage imprimé ^ Fan 1687 f ^ Cologne, sous ce titre: 
Stcuris aé rai&em posita^ elo« Le» querelles des Coloniiens avec 



%9 r.nAfli?iotO€tx nistmmt^tm t 

Jj^Rg^I^m^ /é^ani lenoui^I^âs dais» là suite , GoittaiiitAr aereefittk 
Ifk g^fde de Cologlie, que les premiers liii< offrirent^ et défeutlilf 
^oureiisesnent cette ville contt-e les attaques éo prélat:. Pecrf 
a^eft^falliK néaâmoias ^^elle œ fiill priisCy rarchevéqtt« ayant» 
tf»»>v^ k- moyen dy iiii«bchiibe isecrèt estent une partie àe»t 
si^fèa pap ui> Q9mûl soubtiraini Mais des 4eux che6 du s&rat^h-f 
g^fW^ , h ae^o^ur de FauqiiAin^nft et le dlic d« LkxdM^uvg , lft> 
premier &i jtué et Tantre £uAt priftômiitr. Toiui emiei^ui le»ac*; 
carôpagnaient partagèrent le même sort. La chrortiàue bel— 
»!»« «t ceUo de rolbgne, eit aUnpan'dryraBÔnlènt: W ^hose 
cM^ersemcnt, ef diseï»! que le prélaik fit Êiîti prisonnier dansi 
iiae bataille donnée , le. iSocCobre t2i6dy entre Léduetiieh* et*. 
iSulpicb y dans un UfeU' nemnié MartenwaU). L» chronique dé* 
Cologae ajaute qii^il ne faft reybcbé que 1» ^8 afvvtl 1^70'; d^atr^' 
ir«9^dvec plus de fdndémexut, retardent: cette déUvfsa ce )u9^f 
qM'^à» Tannée suivadie» L'aiiî 1 272 , GuîUaame se èreiss avec 1er 
Gon»to de la Marck ^ d^aiHres princes, contre les» infidèle»' 
de Prusse , qi»'iibr taisUèrenir eapîèofs ànis «ne^^iiURide balailley 
siiÂraivt Lon^iin, cité par Rajinaldi» Sifn>l de Westerbourg «f 
SNCoe^ur d'iingiib^t sur le siège de* Cologne, afjiant nen^u^elé* 
IfB diSEérf nta de son prédéceèsewp avec hss citoyens) de oeit« vttle^ • 
C|^ux^Gi troturèrcnt encore un fMeBseQrdsns le ootntr de Juliers.* 
I|0vtr les* servir plue efilcaoeittenr^. GniHaume founaivue-ligue^: 
le 7 ami 1^77, avec Drente^cinq autres* seitgoeurs de West*^* 
pbalie, suivant un histoire naMMCRde de ce eerde :, eooiposée' 
mr ûérardt KJeinamrg , oài Facte dé cmte eonéédéimtion , passé à» 
jàttttà, est raMort<é. Jkin» ie même tiems*, Guittaume^ ctai^ 6ik> 
gMerœavee ks nabitants é^Àî»^&«€hapeUn, au'snj«!td^iwie forét< 
q^u^ii prétendait^ lui appartenir ei» qualité éo seus^awaué de cettô*^ 
y^Be. On présuine aisément que l^'archevâvpie de C<»k>gne ne^ 
maoqua" pas de 9» déclarer pour enxi-GirfHannie, l^a» 12:7^, à^ 
la. l'eue dfun grand nemibi'è âe ohevalieM,: étant entré, la nuit' 
dj» »6 aur 1^ mars, dans Aix^^la-Chapelie v k& babitaotciv tnalgré> 
\^ stiurprise, coupur6«4l aux annes. Le coiiHbsS fet trèa-vi€y et l<e' 
cnmte dé Juliera y périt avec son* fils- aâkvé', d« méMetiotn que 




pareisâale 

Ikosius; H avaiit épousé, ]^ Margubiute- bb Gccoldscv 
ioftôrte Van tu56 au pbis tard; a*. Richabimb, cpie Kreioter 
doR»e pour fiUe de Waleram, duc de Lnmbonrg», vîvaiitr encore 
en Tz8rj , dont il eut Guittanme, tué, comuM oivl^a>dit , avec 
son pèsoy et laissant deux fiks de Marie , son épouse , fititf d«^ 
Gni», comie de Fbndre ; Wâiioran, qtfi soittl Gérard qui vien-f 
dila ensuit»;. et Otton, prévôt âelMfMrittfi^';^ Ga^berinO) kmam- 



. /^ V. 



^'itâtif $^§Qewr d'Arecuuerg^, ^^i^9 mariée ]b CgHiaùnie^ 
çfimh^fh i>alm, çn.Acdeiincs; Mathîlde, qtd aVtaît paîat encove» 
laai'tée ea la-i^; ei N...<^ frnunifi de Jean,, eoînte dç i-oa». 
Butik«n« &lt aocUjf cdk-t-ci diu premier lit. GuillauxBiS V, àinvanl 
Ksemev,. «at<|UiaU£À sua ion graoïd scam eûmes Nemoris^ ou. 

WARERAN. 

. vur^ê^ W Afi]QR:Aïlf {nrév6t de l'égiwe roj^e d'Aix^la'-f.bapeUey • 
T<Hiiii<iv00iino6^ S^is aàfté de Guilixuuiie.IVI , lut succéder au consté^ 
àt Julievs. Maû (alérard , soa fp»e puisBé,; réoUm» eettie siKice»- 
sîotv, prétenda»! (|Me Wakvany acvalt renoiuié par son entrée 
db«i» le- clergé, J«aii , cosQiedo I^ss^ leur beai>*;^pèr0 ,^ chois? 
iKiuit arbi4re de la.i]ueMU«v se dcscidà pMir Tatoé. Géraitd eut- 
ïnottàttù pCHijei'se sonriiettpe àce jugeiEitnt; xoaîs enfm W 
«letix fr^Mtes s*a<:comin«dèrf]ït. U «a étotr tems; cj^ Siffoid/ 
arciievéq^M de C<iiogAe , ava^i fj^ok^é da^iqurs divisio^ps , pQur^ 




qui en pai»f« d^ujore to^nière ptôs 
s^e'wn^ BMMtvmeiflsv ^st Wfrrr»er Titianus dans ses annales de> 
Sl4i¥S. Cet his4NM)ieii> Muiid apprend que Sifroid , dès qu'il eut 
afpri» l»xiiovt du»coni<ie Ufiàlaiime, lera mne année avec la^ 
<ftnAe il eiHia' dtt»s le pay^^ de Jiilienr, où il piM^, brûla toub 
et qui se trouva suv son passage, jusqH à la capitale qti^il assiégea. 
fliNMiite après avoir oblfigé te- due de Btaktnl , qui élârt venu au* 
- j6t6o«iits de SK «oasHia, ii^ s'en- retoimner ; que les babilanis de* 
Juiiers , ayaivt fait uiMfaorMe pemfeni le siège ^ furent baittis et 
1^49^ ew fuite; a^rè» quoi» liiai TÎHe ajant éi;é co»lrainte d^ s^ 
rendt^e , fe< piiBdâ* «^ Ai démolir la eitadielle qui touchait ause 
ntu»% , et «f» bâtvt wne aut^tf au cevAre d'e la ville ; qif^it pritt 
t4>ii4es ksaufres pi^es^ »rex€eplkm*deNîedeeken etd'HamBacK;' 
qu'il eorasa^isne partie eir ewf fit censtru'irc d'^autres plus fortes^ 
A 1» vue* de ees> hosliUtés, le» princes de la- maison d^ Lim^ 
Lourg^ parent» d^eeuK êe Juiiers-, et le comte de Loss, firenl* 
line ronfedération pour arrêter tes progrès de rarcherêque. Le- 
mecès qu^'ell^ eu>t 9 (a^ d'armewer Snpoid ,, par la médiation dur 
duo de Krabant, àua traité d^aeeoniaiodeitteiit ^ oui fui conclu, 
le 14 octobce tayg-, à Piasheim^ près de- Leclnenich, et au: 
lûoyeii duquet WaKvan^ recouvra toutes les places qui lui avaient 
é^é enlevéesv La coaatesse , isère de W*ateran , et ses (ils , s^ac-* 
rcmmodérent aussi, le »^ septembre* de Fanné^ suivante , aveo 
la^ vitte» d*Ài»-»la-CbapeHe'. Lan »28i4v dans la querelle pour la 
succession au dviehé d^ Limbeure , Waleran se déclara coiitrél 
IihIug €t» Sraben* , doM ensuite if eiDtbf ossa le parti. Il enga^eil 



qe prince , Taii ia88 , à faire le $iége du diâteâu de tiT^triiagtti ;j^ 
contre Tarchev^que de Cologne, et c6mlî)aHit, le S juiOf avec 
Gérard , son frère , à la fameuse bataille donnée de\^»t cette- 
place. Le comte de Joliers profitât de la victoire qu^il y^ rem-^ 
porta avec ses allies pour césoler les. terres de rarckevécbé d«^ 
Cologne , pendant la captivité de Sifroid. L'an K^Q^t le iS-ynui^; 
il obtint dç Tenipereui: Adolphe de Nassau^ H peemission de- 
retirer la sous-avouerie d'Aix-la-ChapcUe , domains du seigneur 
de FauQuemont, auquel elle-a^it été engagée par l'empereuR 
Rodolphe, après la mort du comte de JulLers^ Guillaume IV.. 
La date précise de la aiort du comte Waleran n'est points 




Cologne, il avait promis d'épouser la uiàiee du prélat ,.nlle de- 
I^enri , seigneur de Westerbourg-, tué à la bataille 4e Woe^ 
ringen. Mais oa n'a pas de pxeuxe que ce mariage ait. eu lieu. 

GERARD Vf. 

1297. GÉRARD Y.I, seigneur de Casier 9 avait remplacé Wap. 
leraoi sou frère, dans le comblé de Juliers, Is ^4 décembre 1^97^ 
comncte le prouve une charte de ce jour y pas laijioelle il investie 
Gérard , seigneur de poUendorf. (Kremer^. p.. 90.) L'an iSooyw 
Albert d'Autriche ^ roi des Romains^ le nomma son vicaire- 
provincial au Bas-Khin, Sans la guerre que ce prince fit l'année'» 
Ciilvante et en iào2y aux électeurs, du Rnin, Gérard ^se trouva^ 
dans son armée. L'an iSoS, le b novembre^ il était dans l'acmée 
^e Conrad de Berg , évêque vntrus de Mimster , à la bataille de». 
Ballerveld , donnée contre Louis de Ravensbecg f évêque- 
d'Osnabruck y qui remporta la victoire^ comme le raconte» 
lErdwin Erdman , dans sa chro<iiqi^e des évéques d'Osna-<~ 
bruck. ( Meibom. Rér. Germ, ,| tom. U 9 pag% 224* ) Gérard 
eut des contestations avec les bourgeois d'Aix-la-Chapelle , tou-* 
chant la sous-avouçrie de cette .ville; il en <^ut aussi avec Re<< 
naud y soigneur de Fauquemont , pour le m^m^ sujet. Son atta- 
chement à Tempereuif Louis d.e Bavière « let compi^mit avec^ 
I^enrl de VirnenDourg, archevêque de Cologne, grand partisan». 
de l'anti-césar^ Frédéric d'Autriche. Ce prélat lui redemanda' 
à main armée, l'an xi-^xy, le château de Zulpicb.^ et ne put 
l'obtenir. . Gérard finît ses jours entre le 3o mars^et le 5 avril d&- 
l'an 1329, suivant/le nouveau style , .et non ea i3a&, comme- 
le marque Butkens. 11 avait épousé Elisabeth »'A£]iischox..|. 
^i non de Clèves, comme le dit Teschenmacber , fille de- 
Godcfrpi; seigneur d'Aersçhot, et. sœur de Marie, veuva- 
ge Guillauii^e dé Juliers^'. fait prisomiier à U bataille dl^. 



/ 



'Foimies. Gesi ce cfne prouve une charte du 1 1 novembre 1 32o, 
rappùrCée par Bu tiens. (Tom. Ij^.pr.^ p. 210.) De ce mariage 
kiaqûirenl Guillaume, qui suit , duquel on voit le sceau dans la 
charte de i^ao , dont on vient de parier^ ce qui prouve qu'il 
«tait dos-lors majeur; Godefroi, seigneur de Bercliem, ou Bei^ 
jgheim ; Waleran^ archevêque de Cologne; Jean , tué dans un 
combat 4 Fabbaje de Stavelo^ Marie , femme de Conrad , sei- 
gneur de Safîembei^^ Elisabeth, femme de Jean, comte d« 
nSayse ; et d'autres filles, 

. GUILLAUME V- 

«329^ Gvili;aum£ y, fils aîné .de Gérard^ «t son successeur, 
4était,, à la mort de son père, eu Italie , à la suite de Tempe-*- 
re^r Jaouis de Bavière^', au couronnemeot duquel il assista, le 17 
janvier iSsS , dans l'église de Saint-Pierre de Rome. Attnché 
constammeat à ce prince , il passa ejhcore trois années aveclui 
du-^elà.dés monts. J^ouis, voulant reconnaître les services, que* 
Guillaume lui avait rendus, lui céda, Tan i336 , à titre d^eu«>- 
^gement , par ses lettres données au camp de Scardingue , le 
16 août, plusieurs terres de Fempire^ enclavées dans le pays de 
Juliers. Non«conteat de Celte faveur, il érigea, la même année, 
le comté de Juliers en principauté et marquisat, déclarant 
Guillaume et ses successeurs 9 princes et marquis de Pempire. 
Xe -diplôme de cette érection , découvert par M. Schoepfiin , ~ 
idans les archives de Juliers, est daté de Jjandau , où Temperour 
^vait son camp, le mercredi après l'Assomption, là neuvième 
année, de Tempire de Louis , et la treize cent trente-sixième de 
' r Incarnation.; (^AcL JcacL Palat*^ tom. 111, pag. 307.) L'an 
t'à'à^^ le collège des électeurs ratifia la promotion de Guil- 
^aiime. C'est ce qui a trompé Tri thème et d'autres écrivaiiis , 
en leur faisant prendre celte ratification pour le titre d'érection*,^ 
La prérogative qu'attacha l'empereur au nouveau marquis , fujt 
que. dans les cérémonies où il paraîtrait revêtu de tous ses or-** 
nements^ Guillaume et ses successeurs porteraient devant lui 
le sceptre impérial. Mais ce droit lui fut oientôt après contesté 
^ar le marquis de Brandebourg, Il fallut en venir à un acco- 
modement par lequel il fut convenu , l'an i349 9 que le sceptre 
4Mîrait porté par le marquis de Brandehourg , au couronnement 
du roi des Romains., et par le niarquis de Juliers -, dans les cé- 
rémonies d'investiture des fiefs. L'empereur assigna de plus à ce 
dernier, quatre grands officiers héréditaires, tirés des quatro» 
principales maisons du pays de Juliers, savoir, un séAéchal, un 
^maréchal, un échanson et un caméricr, à quoi il ajouta le droit 
de battre monnaie ,*et enfin le don de la forêt de nichwal , qui 



Chapelle, 'jiis^u^att'cliâleaii de MotitJQye.C« fut dam la èi^e flé 
Spire , t««»e l^ri t3â6 , iijM k dipk^oM où ciôS grâces sont éno«** 
«ées, fat expédié. Élte avait été côrtVôquéfc pour faire la pâi* 
"de l'empeteur, fwsqo'lrfors Yaf neftient tentée ^vec le p&pe flfc* 
tiùU Xli , sucdesMùr de J*éân KXld, Oar 9\'ait excommunié 'èl 
déclaré ce prince déchu de IVtapite. XJIric, évéque de Cotre; 
«iGeHac, comte -de Nassau, furent députés par ta diète à bt 
cour d'Avignon , pour traiter avec le potitife , qtiSh trouvêîrent 
dans des dispositions favorables. Mais la cour de France traversa 
sourdement la négociation. -Pmirle'vbrrjet obstacle , Tempereur 
envoya le marquis de Juliers au roi Philippe de Valois , avec 
lequel il fil , ao nom de rèttiperewr et de l empire, un traité 
ti'alliance qui ftlt signé au lioutre, te a3 décembre i336, ^et tû»- 
tifié par TenripereurÀ Nùrenpifeerg , le premier févrirr stiivattt^ 
*Par ce traité, le monarque frimçais se nattnit d'empêcher Vem- 
^reur de s'alKer a**ec Edouard lU^ roi d*Ao^c»te?rre, qui *iiè^ 
tiaçait la France d'un« invasion', e^t l'empereur comptait^ de son 
côté, ne trouver plus d'opposition è sa •récoticilittlion avec te 
^ape. Dans celte confiancte , Louis de Bavière fit paHir 'le Comte 
'palatin avec le ittarrpiis de Juliers pour la cour d'Avigrton. ïb 
prouvèrent le pape aussi bien disposé qu'ils potivaient te son'* 
haiter. Mais les intrigues des cardinau)E* fiançais firent échouer 
4es bonnes intebttons dû faible pontife , qtfife obKgèrent, ex- 
cités par leur souverain , de renvoyer fes ambassadeurs sans leur 
Yîcn accorder. Telte était la feufee politique , pour ne pas dire 
la mauvaise foi, de Philippe dé Valois. L'empereur, pom* st 
venger, se tounia do côté du roi -d'Angleterre, et lui envoya 
le marquis de Juliers, qu'Kdouard chargea de lui faire le -plus 
d'alliés qu'il pourrait dans les Pays-Bas/PoOT- ôter ài^triHaume 
lout sujet de crainte, £douai^ lui promit une pensioti<leqtKttrfe 
cents livres sterling^ , >u cas que les biens ma l-emels qu'il possé^ 
dail en France , fussent confisqués. H faut 'se rappeler ^u'ii étak 
héritier, par Elisabeth , sa mpre, d'Hër>*é, son bisaïeul , dcr-^ 
nier seigneur de Vrerzon. Le cas prévu arrifa, et te roonâiï^uè 
anglais Tut fidèle à sa parole : le marquis le fut également à ses 
tfngagemenls; ce fut par ses soins qQ''Edonard,'<»taitt parti "àé 
Flandre où il rassemblait ses forces , vint trouver, au ttioîs de 
septembre i338, l'empe^ur à Colilentz, et reçut ddmle titre 
de vicaire de l'empire dans la Belgique. De là , ces deiïx souVe*- 
rains étant descendus à Cologne , ils y jyrèrerft trn trtn^é ^'«t*- 
liance pour sept -ans conire la France , tnoyti^nnafnl ime somrme 
de quatre* cent mille fiorins qu'Kdouard promit â'Pemperenr, 
et dont il paya cotnptant la meilleure partie. De retour en 
-flaadrè ^ Edouard oonuota ses 4ie0tefieiits-géiaérai3x*) tejuatqntt 



J^QUafid^ ^^ d^ Zice^fl4^. Il :^ccpf.da d/e pju» ^n pr^ajier ^ wfip 

ip/^'fii« ^onn^îe , p^ JQfff , liw-sqi^'il ferai|: epçipl^y^ A pégpcjj^ 
)ôur ^i^. f '#t§i|: en e^^/ idai^ l>rt des nég(?ciatjion^ <j»^ QuUf 
ajijf^ ^cdl^i^ ,;et ce £ut p^-Ià (|ii'il tçéiiU les faV/Miir^ 4 
J'#wi|îp d'E^uaccJ. Ce m9mf^my |> J^ip , Wf l'VpJf 
ipréé .ûwte «|« C>?»fervilge ^t pair 4^pg]^i^r^^ Vpf^mf^^ 
ff^fficp pgipf .tr>iUef 4'^^^ tjrpye .: eiyidpj cjpnt il ^'acquijttj? hèi?- 
/emfsp^U J.>HH?erpur ^yjflt ^etu4, ]*an f'ô^i, |pfît^ede,yica|irf 
^ l>«B|)ir^ a ft<iwiards ^SruiU^jiij^e ne .di^ontifw^a p^ dé 1^ 
j^|2^v^. ïîp^ }a iïrpy^qs déçuf:é ^ cette foême aiin'pe ^ par c^ ^q-^ 
P*^qv# j?i!ii fpi.die.Franc;»., B9ur Jfa^r /tj^ If pài^ ^y^ Iji^^'. JLou» 
^ck Bavii^e étf^t i?aorf w #447, k a?a;*ic|^j? <^e JuJÛers^ .qj?'4 

j)ar I^mpereur Charl,e§ fV^.spn Ipcç^^^ie^r et foff fivjaji.. Loqcfr 
sian de.robli|;er était présente <» et Chatoies ne manqua pas de 
la saisk, Xa M^up^ (d^sco^EntCf de ^olja^d^^t ^e ^in^ut sVtant 
éteinte en i345 i, Marguerite, s^œur au dernier comte et femnie 

jîap aj^tis ^a pjtQfi de iî-*çwÂs^, ^ jvw dp 3^ fwf»^ ? le. ppuv^ 
yjnapef ^ujr IjfJ ejçi adjifg^,> 1.^ f ?.48 ,* )a ,qyf tfièn?^ p^^lie donf 
il j,ui 4/oj^t^ i'invjfft^iu^e. Çe^e ^i^^^ d'ailleurs , fu^t infi^béïi- 
teu^e up,i^ |(jMil(avi;9pie. Un tre^^me^t ^e xerfc rjsnyerisi^ )f 



^c B^t^if e en prison, as^i^is pi^ en ^luf iir^e , p,eu ue xei^s après ^ 
par le3 ^i^s cie JB^<lo.ui,n ^ j^r^çf^vèi^ùp ck 'JTrjèves , et d!futref 
-''-';ueurs. Ponjupv^ apDj,et la 4;iaptjlvité de <5r.u41r — ""' 

s Tjaute^ de la yi^ ^e IVc^evêq^ue ^aii 

?^Ve J(lQVS $Mi,voa^ 9 .et dViUeurs il e$t çert 
moi 

(ijQjpférer le^^ii^ipniecfiei d'^ i y^uçr, ^ex,cep.t,^ 

r^^a-iç^, I^Ça;v?ère, la Misni^ , ^e ^r^iwjleifcçurg., la S^.e.4 
k fifsi' ^l.y»eut qepeç^m guerre eptre l,e pèire #lp (îfc^ 
mais 4^1^ f^t te^^in^e (par .un trait^ 4e paijE.cç^cfu à jS-doi-T 
^ci^ le ^afidi api:ès 1^ ^^-JPietïre (^9 juin) lî^j. L^n 
13^7 , l'^n^percur Charges , dar^s 1^ diète cjle Wet;^, ^p^i^pi^r 
itl^a. la !i)^u^ d!pr , cour«q!^i^iS<^S;i^veurs envers GpUlavme, ea 
^ge^ç^i k pay$ de «{.ulie^seusd^oké, et d^^is I^ jnê^ ,tçin$ |, 

XIV. 41 ^ 



â!23 <1HK0K0U)0IE m$lt>ftl(}t£ 

'GuiiVaume avait acquise , par achat , depuis, trois ans. Mé$ 
la validité de cette acquisition fut , depuis, contestée par Wa*- 
'1er an de Fauquemont, à qui l'empereur adjugea la terre en 
i362.,.WaTeran la vendit , peu de tems après, au duc de Bra- 
bant. (Butkens, tome 1, page 4^40 (xuillaume finit ses jours ^ 
au mois de février i36i. Il avait épousé, ran*i3i3, Jçanne, 
fille de Guillaume I, comte de Hainaut, et III^. du nom^ comte 
ide Hollande (morte en 1374), dont.il eut Gérard, comte de 
iBerg ; Guillaume , qui suit ; Elisabeth , que son père , de con- . 
cert avec le roi d'Angleterre, avait voulu marier, en 1347^ 
à Renaud III , duc de Gueldrc , au préjudice' de Marie de 
Brahant , à laquelle il était déjà fiancé , et qu'il épousa depuis ; 
B:icharde , femme d'Ëngilbert III , comte de la Marck ; Jeanne , 
mariée, en i355, à Guillaume, comte de Wied; Phitip^ne, 
dlliée à Godefroi III , seigneur de Heinsberg; et Yolande ,. 
femme de Frédéric , comte de* Linange, 

GUILLAUME VI, dit LE VIEUX. 

i36i. Guillaume VI succéda au duc Guillaunfec V, son 
père. L'an 1 07 1 , il est attaqué par Wenceslas , duc de Brâbant 
et de Luxembourg , pour les marchands de Brabant qu'on avait 
dépouillés sur les terres de Juliers. Les comtes de Namur et 
de Saint - Pol prirent prti pour Wenceslas. Guillaume eut 
pour alliés les ducs de Gueldre et de Berg. Bataille donnée entre 
Wenceslas et Guillaume , le aa août de cet^:e année., dans la 
plaine de Bastweiler, entre Juliers et Maëstricht. Le duc de 
Juliers y fut vainqueur, après avoir taillé en pièces environ 
quatre mille Hommes. Grand nombre de chevaliers y perdirent 
ia' liberté; Wenceslas lui-même y fut pris et emmené prison- 
nier au château de Niedecken. Guillaume , à la demande de la 
duchesse de Brabant , est menacé d'être mis au bain de l'empire 
par l'empereur Charles IV, frère de Wenceslas. L'an 1372 , au 
tnois de juin , voyant l'empereur prêt à marcher contre lui avec 
une armée aussi forte par le nombre, que brillante et pompeuse 
par la qualité des chefs, il avise aux moyens de conjurer cet 
orage. îîn conséquence , au mois de juin , il se rend à Aix-la- 
Chapelle , auprès de l'empereur, avec Wenceslas , qu'il remet 
en lioéfté sans exiger de rançon. Charles, après une sévère ré- 

Srimande,' non seulement lui pardonne, mais le créfc duc 
e Gueldre pour Guillaume, son fils, et charge k père de la 
régience penuanl sa minorité. (Butkens, Zanfliet.) Guillaume, 
à la bataflle de Bastweiler, avait fait vœu d'aller faire la guerre 
aux païens de Prusse. S'étant mis en marché pour l'exécuter en 
ïi^o^ il est arrêté, sur les frontières de la haute Allemagne^ 



^^r des nobles, ()ui renfermçpt 4ans un château. Maâs ;sur lesr 
n^enaces des chevaliers Teutoniqœs, prêts à le délivrer de force ^ : 
il est relâché, et va les joindre, au mois de novembre, ea, 
Prusse , où il donna des preuves de sa valeur contre les Infidèles» 
( Corn. Zanâiety ad hune an. , pag. Soi. ) 

Gu illaume , au couronnement <}e ^Yenceslas , roi d^s Romains ^ , 
où il assit^a, fut nomme., Tan 1376, .comme arbitre par ce» 
prince ,, pour accc^j^oder le différent de T^lecteur de Saxe et ^ 
du duc de Brabapt^qui se disputaient le droit de porter l'épée' 
izQpériale^à cett^^c^i^ézii^nie; il décida en faveur du second y, 
Cûmine.onJe.)Voit.{|^ un reyçr$al donné à celui-ci par. Tempe-- 
reur , soûr^çf^^ Aiiisi , la grai^4e chronique belgioue se trompe, 
en: disaiît que ce fut le/ils du margrave de Brandeix>urg qui eut . 
cet thotioeur. Quill^uipe assista aussi, l'an i38o, mais comme- 
spectateior, au CQUi^nnement de Charles YI, roi de France.. . 
S'étant ligué 9 Tan 1386 , avec le comte de Nassdju et d^autres-, 
seigneurs, il d^clai:a la guerre (qu ignore pour quel sujet) , aux. 
I^Iessins. .• . • , , 

. L'an 1,393 y le duc Guillaume meurt, suivant Pontanu^, I# . 
i3 décemf^e, ;laji^nt deMAR^, son épouse, fille de Re--: 
naud 11^ pr^ier duc ide Gueldre (morte le 12 mai i4<>4)* 
Guillaume son successeur 9 et déjà duc de Gueldre; Renaud,,, 
successeur de &<^, frère ; et Jeanne , femiue de Jean d'Arkeh 

; . GyiUUÙME VU. 

iS^S. GufLLAiJafE VIÎ , duc de Gueldre, succéda à Guil-^ 
laume, son père, au duch^ de Juliers. Il mourut sans enfants» 
légitimes, au mois de février \^q2.. (Voyez Guillaume l, duc ds 
Gueldrfi.) 

RENAUD ÏY. 

^j4.q2..; R£I7AUD rv^ frèse du duc Guiltaume, et son successeur , 
dai^s ses.états de Gueljdbre, de Zutphen et de Juliers, fut le ifuar 
trième de son nom ,r duc de Gueldre. L'an 14^7^ Jean, sire 
d'Arkel, et Guillaume, son fik, dont les. sujets s'étaient dç^nnésv 
au comte de Hollande , implorent te secours de ce duc , leur pa- 
rent, pour rentrer dan& leur seigneurie. Renaud fournit k Jeaa 
d'Arkel un corps de troupes, avec lequel it surprend, te i3 sep* 
timbre « Goccucn ou Gorinchem,, Ville de. la^seigpeurie d'Arkel. 
11^ va se présenter ensuite devant Arkel , dont il forme le siège.. 
Le comte de Hollande Poblige à se retirer , et assiège Gorcum à 
son tour* La- piaee est délivrée par le duc de Gueldre, qui, ^anfc- 
ensuite vainement tenté de reprendre le &iége d'Arkel , s'eot 
feiburoiè dans ses états^ ,Leisire& d'Arkel ^ Yo^ant alqr^ qu'ibt 



*Vm t4dS), ^ duc Rehàiid^ hm séighètiHè. èf fcëdditibti ({u'«il(« 
(khiedféra tJèYt)étaelièh(f|eft« unie à i/tf Gik)<h-é. SdH inatigiitâ-i 
ttôn^poUi* èe^fèâèî^hèaHè; §ë fit te l5 2l6ât. (F^lfli^ri^s, (>. ^7^.) 
La même année, il elst âttacftfé paf lé âûc de Bi^ftl>stnt y <{ti'U 
dé^'âriflë eh àfe éduiiiëtfànt à id {ëbdsfllté pbtif kf |)a^é <fê Kmk. 
L'dri i4i6 > iûf pHH(«il«i/ frève eddclif« fôùf* ll-iftts.dtiitéH, pât' 
là titédiàtidri de l'ievêqtie de Liégè ,' ehtt^ té diic dé Oiitidi-ë èl: 
lé fcdhîté dé Hollàildé. Là gnerté t^ïûttkëfiée ^ VâtI I4u; fi iW- 
pirâttoH de h tfèfè. Le cbEÉite dé HbîiàMdêf éâvëiè deé i^ttfàsëdlij^ 
sur lé iiii^âiRèiéé i avec lêscitiels il iiïc(ixôifiod§ e$tir«fb«ffîénri 
Hârderv^j^cki Ëlbiirgë et Ui \\éûi VoUirié. Ath^f&Hiui^cîtitë 
le' ihôyën àh p^tiéiter âiûi- ià TéWiWe ^ éû\l hiét éi» ëeHâréi là ' 
ptïUtè i^tWié de Nfeuwkëhk. Rehaiiid éédéltmHi^é éhtifti \à pÊHièi ' 
elle est hotàtihë le 26 jiiillet Uii. hëim de Gli^I^lfe , hî6yëri^ 
naht èèht ihlHè cbiifOrfHés dte trâfcrce (^J: cèd^ al^ éomte d^ 
Hbtiandë iouiëi èéâr t^t^ëntlôbi éur të ^Èi^s d'Av&ét v c|h'»;- tfepu» 
ce tems , demeure uni à la Hollande. Guillaume d'Arkel âfccèdié - 
a{j trâinë , mâigtë sdH père, qbi âimë kHieu> ië rëtiférdahs les 
teri^e^ qû'fl |)6ssèdè )sh BMbarlfc , qiie é'y idélbrire. f^ dUc dè^ 
Gifeldrè dôHhcf à Guillàîi^é, en dëdoritihaglènîèar, le r.Mteàti 
dUîJrën ^ àvetr là iëi^rifebnè de Èbrii-. il ndrie ^ le i àvrl! dé l'ail 
1417 , uhe ii^e avet lés «joatrë ëléctëUrs dd fehth , téndàiitë 3 
s'entr'aider pour la conservation de. leurs états respectifs* Le 
duc [\enâud finit ses jo'iirs', 1^ i4ââ; {tfatr une mort subite, le 
2^ jiûn, suivant Vittius. auteur presque contemporain^ et par 
côhsëqiiéht préférable à Ëirosius , qiii inët cet évëhémèht au 2.1 - 
du ideiiie mois, te fut uri prince récomifnàndable {iar sa clroi-* 
tiirë, âà fldelitë â garder sa parble^ et son airioûr envers se» 
sujets. Les noms 'autrefois si funestes de Hekerains et de fe'rôh- ' 
chorts se perdirent tout-^à-i^lfiiil sddft sôrf^ gouvernement. 11 avait 
épousé , au mois de mai i^oS , Marie 9 fj^lhede Jean III ou IV, 
cdmlfe dé Hârëblirt « ffAriiïialè; ddrit 11 né WlsM feôîtit d^éil- 
fatit'^légiHmeS , mais ^eulérllehi dn fils ààitHà côrfttd s6«s tt ' 
nôitt d'Edouard de JJîHërs. îlt^Hfe , it)rW kaffl&rt , të rèmiKi^ ' 
ad RÇHér i4i6 ( v. st. ) , â RbBërt , t)Hhfce «ë Bè^é. 

ÀlJttLfÊ fet JteAïî tJfe tiEm^BÊttlG. 

iiii. Afitftfte; dbc de iSérg ÎX>,; ël 5ëah', mèhêàr tfe 
HéiaiSbërg, âpres la iâdrt du dtlc Rèhâbd, ké liùrënt ed bôlslë^ 

* ' ' ' ^ . ■ ' ■ ' ■* M i* M liii . l . Illi I U" l 'j lllll I ■ » ■!> ^ JM iNili J ii l l ' i I J» t»»|>«tW^T^<N»<^W>>«»Wf*WW t 

ti) Elles Mai'ént id'or )in èï de ta taille dé. 64 au marc* XwM^i^l^ 



tas j>téê ÈÈ iÊKé Pk tffi Wêiers^ .&f 

6i6ù dd f>ays ae Jfëltérs ^ ^tiititit là êc^tentiètt âoû% dh S {litlé 
if I^^Hfclé (Iti ^èmiëi'. H» furent tréconriUs par lêi étdts ^ éMf ùsi^ 
(}f6if^ d'Al*n6bl â'EgihdiKl \ qui ét^t àusiM bai^rit du dat R«-^ 
niHidi Adolfè àib^ pHtle litre de duc de Juttei-^^ éiiein d# 
H^ilibëi*g se bèrintèntà dé éëlui de sëiitietrr dé Juliers. Adoli» 
pméiiâit de pltfar^i^i iùtrès f^drtiès dé là àUcèesàiôri de Aèhâiid^ 
éi Mihi ; Vàii 1 4^5^ dé Pei^iiëreuf SigîèaoElôhd ^ dés lettrëâ d'in^ 
i^iUiife pdiiir lé dtiché dé (pùeld^e et ië cdtritê dé Ziitt)hçn. U 
y étrt uhë Idtfgëé guerre à te sdjet , ë^tté Itiî et Atribiil d'Ëéw 
ifihnd; dàhi là^aëllé il fUt puféèditindént sécèitrii pAt ThxèM^ 
^kM^mè de Cëtô^é: L'éd 14À9, Frédérid, cdi^tè dé J»féuHf 
ehj^a^âlëÀbàHiës à Retire leur diffehéht en arbitrage. 0^^ tàti*-* 
VlHt d'une tÉ-èVë de quatre âiii; c'est tout ce qbi résdtà déi' 
conféi-éncëé^uf ië iidi*érit Jk Metirs sur ëe^ujét. Màis^ Tah t433i 
les Hë^fUitë^ se ti'èhouvëlèj'ëhk. Enfia, l'aA i43'^, ôrt était éti 
oàihibdëlileht tdr^qnë là mort énIeVd, le 
Cdlbgné, où il ftii enterré datls TâbbAy^ 
•Qrâiid. âbn épitit^hë se voit àiix ëgliètës 
Rérttir de Cold|;né, et du Yiéiit-Moilt BobëM ^ s'ôh fils Uftiiqué i 
qli'll k^ît eu d'YôtAÀtte , fille de Robert , duc de B«f , l'aVàit 
]^fècëdée ( l^tt 1434 , àù tbti3be>àU , sans Uisser d^ënfiitit^ dé Ma-4' 
vie d'HàrcèdH; séfèthtDc, tenté de Kehaud lY, diic de Giiéldi^ëi 
cfii'il atvâil épbùsée, Vàn i4!a6. {Vûyez Adblfe^ dtiû dé B^gr- ) 
]5âHs un acte de liCS , publié par Kretner (^4càd. Bisit , tot^. 1 ^ 
p^g; i2is ) i il e&t dit qb'Adolfe avait eu ^ôtir féHjfihé Etté^^efelK^ 
^ DE BAVii^iiB , vivante encore alors. ÈUé fut par conséquent 6a' 
* sëbohtlè féinlhe. Le duc Adolfe mourut accablé dé dettes. 

• €ÉRARi> i TIK DE JULIERS i W. DE BEllS. 

1437. GéiiAiiD^ 4;otnie de Hàvèn^rg^ kièvéu d'Adolfe, 
par Guillaume , son père , devient , à Tâge de vingt ans , le 
sbccësseiir de s6n enclë atik diiéhëà de berg et de Juliérs^ Mds,^ 
per Ië coriàéil de ses atoii 4 11 iresta aiiàtre attS ehcoiré dJûni soft- 
coâiié de Ràvëttébèrg ^ joéqu'â ce que lés dettén dbtit ^^ ducfaëè ' 
éHiéh% cbiài^és Aîé^ëilt acquittées. Andoul , duc dé Guëldlra ^ 
forhîliit cbt^tré Ië duc de Julterà des ]i>rétehtlott§ qul^ k^'ayâfit 
pti i*àcconirtt<5der $ abobiiHéfcit à une gûét-ré oiiVert^. Mftis Gé- 
rÂlrd 4 l^ây^ht bàhu lé 3 lioveknbfe i444'i 1^ èéniraignit desVh 
rétéUi-riér >t\ de Iftii^éi* éil paix lé (>éyÀ de Jliliérs. CéKhlÉie lu 
fét(K de l^rà\ Hubert boncouriit avec U ^Ifcrôfirè q»11 téttportâ 
suf ArhoUkl; il ihstttiià éh l'honnéttr i)ë dé sUi^tbh 6rdf« de ëlfti^ ' 
v&iëHê^ ctui lubsi^é fendot^, et doht lêé |)riti^s palatins trôttt f 
. )é^ gràîAd^-mâîtrés. On vit ehtrëir é là {(ir^ctiiêt^ |^boniôtilckl dâjll 

^ ordiis î l^ii dëu« elécieniri de Sai^è let i)é Slrà^déMlr|^ , 4tl- : 



3«^. €H|lONi>I.OeiB HfinrOHIQ^E ■ X 

sejpt comUs et environ quatje-vipgtsgentilsboiBm^. L'an;t44Sn 
, le 2 avril , tiérard , ducdc Juliers , et, Gérard de Lq;ss, jcomte. 
de Blankenheim et ^eignear pour un quart de Juliers^ don-, 
nèrent à Charles YIl^ roi de France, et au dauphin Loujs,« 
son fils, des lettres dont nous. avons sous les yeux Toriginal^ 
par lesquelles ils se reconnaissaient alliés de ces deux prince», 
CLt obligés de les secourir, eux et le ur, vassaux , envers et^oontre^ 
• tous y à Texception du roi d^Anglelerre , avec lequel la France, 
était sur le point de faire la paix. (^Reç, de Fonianieu^ vol. 1 19.) 
]^e duc .Gérard , en 14^0 , quoique inarié depuis quatre aos^. 
n'avait point encore d^enfants. Thierri # son oncle, archevêque, 
de Cologne , prit de là occasion de Tengagcr à traiter avec lui. 
de son duché pour. une somme de cent miTle florins. X'àcte de. 
vente fut dresse dans une grande assemblée de seigneurs, la veille, 
c|e saint Jacques i^So, et signé par le duc, Tarcbevéque, le dojea. 
et tout le çbapitre métropolitain. Mais les. enfants qui vinrent, 
ensuite, rendirent inefïicace ce. traité, ql^i suffirait seul pour 
montrer le peu de sens de ce pripce. L'an 147^9, après avoir 
protesté contre la donation qu'Arnoul., duc de Guéldre, avait 
ffite de ses états, sur lesquels il avait des prétentions, au .duc, 
de Bourgone, il prît le parti de transiger, le 20 juin, avec ce 
dernier pour quatre-vingt mille florins. Autre trait qui ne lui * 
fj^it guère plus d'honneur que le prc-cédent. L'an 147^ fut le. 
terme de ses jours. Gérard avait épousé Sophie , fille de Ber- 
i)ard , duc de Saxe-Lavï^embourg ( morte çn 147^ ) , ^Jo^^t il eut. 
Quillaume , qui suit ; Adolfe, né l'an i458., et tué , l'an 1470 f 
à Tassaut dn château de Tumbercb ; Gérard , mort de la dysen- . 
terîe ; avec deux filles, Sophie, femme de Bernard d'Anbalt, 
comte d'Ascanie : et Anne , mariée au comte de Saerwerd^n« 

GUILUVUME VUI , m*. DE 3£RG. . 

• • ■ < j ■ . 

, i475.' Guii^LAUjkiE , fils çt successeur de Géri^rd , éiak 
qiarié, depuis 1472 9 avec Elisabeth^ ûUe de Jean;de Nassau ^v 
(yui lui avait apporté en dot les seigneùriçs de. Diest , d'Ueias- 



l^t) 1481 , à Sibylle., fille d'Albert l'Achille, électeur de 
]E(randebourg, dont.ilo'^ut qu^une fiUe, nommée Marie 9 qu'il 
institua son héritière universelle, l'an 1496, en la fiançant au- 
prince Jeai», fils de Jea^ II, duc de Çlèves. Cependant l'em- 

Fereur Frédéric UI , par lettres du a6 juin i4Ô3, avait accordé, 
pxpfsctative des ducnés de Berg et de Juliers , au défaut dft 
postérité masculine , à Albert , duc de Saxe; dispositioa quUl^ 



ftvaît confirmée lè î8 septembre i4^6, et que Maximîlien avait 
renouvelée le 1 5 septembre 149^ (Ce qui est -lé* fondement des 

S rétentions de la maison' de Saxe aux ducbés de Berg et de 
uliers )/L'â<i 149^, le comté de Teklenbourg ayant aban- 
donné «sa femme pour se livrer à une concubine, Guillaume \ 
parent de la comtesse ^ marche contre lui 9 k prend dans soa 
phâteau de 'Teklenbourfi;, et le jette dans lin cachot. Mais, 
comme il refuse, dans la suite, de rendre la place au fils dir 
romle, dans la vue dé se Tapproprier 9 plusieurs princes ^' 
prélats el' seigneurs voisins, indignés de cette usurpation , se 
liguèrent pour obliger le duc. à s'en désister. Les confédérés 
étant venus assiéger Teklenbourg,, Guillaume leva des troupes 
pour Les rej^ousser. Mab, avant d^en venir aux mains , on 
parla d'accommodement. Le comte prisonnier fut remis en 
liberté sur la promesse qu'il fit de reprendre sa femme après 
avoir congédié sa concubine , e^ son château lui fut rendu. 
L'an 14999 Guillaume se voit attaqué par le duc de Gueldre, 
oui prétend lui succéder aux duchés de Juliers et de Berg, dont 
il avait déjà pris les armes. Louis XII, roi de France, "^est 
choisi pour arbitre entre exxx. Les ayant engagés à se trans- 

Sorter à Troyes et ensuite à Orléans, il rendit, après avoir 
iscuté leurs griefs, son jugement, par lequel il est dit que 
Charles d'Ëgmond,, duc de Gueldre, quittera les armes c'a 
Juliers et de Berg, et rendra, au duc Guillaume, le bourg 
d'£rkelens, dont il s'était emparé. La paix ne fut pas néan- 
moins conclue; mais on convint d'une trêve d'un an, pendant 
laquelle on y travaillerait. C^c^. lésTlucs de Gueidre.) Le roi, 
dans cette entrevue, fit présent de quatre mille écus d'or (i) 
au duc de Juliers avec une pension , et répandit s^ libé* 
ralités sur tout son cortège. Guillaume , voulant faire passer 
toute sa succession à Marie , sa fille , obtint pour elle , de 
r^^mpereur Maximilîen , des lettres d'habilitation, datées du 
22 avril 1S08, confirmées par d'autres du 4 ^^^ i^<^99 et rap- 
portées pa^ Dithmar num, 100 et loi. L'an *i5io, au mois 
d'octobre , Guillaume fait épouser cette princesse à Jean de 
Clèves , avec l'assurance de son entière succession. Guillaume 
mourut à Dusseldorf , le 6 septembre , ou , selon d'autres , 
de décembre de l'année suivante. Sibylle 9 sa femme, le suivit 
au tombeau le 9 juin de l'an i524. 



(i) Sous le règne de Lou^ XII les écus au soleil et au porc-ëpic 
étaient au titre de 23 carats 1/8, et de la taille de 70 au marc; ^dnsi 
4 mille vaudraient aujourd'hui (1787) 4^/622 liy. x s. 9 d. 



/ 



fâB CRRON.'HISfr. VEâ D176S BE UBfi, Kï Bl |ULt£tUI« 

J£4.M , DIT LÇ PACIFIQUIS. 

■ ■ ■ • ■ I 

iSii. Jeau, dit 3UB Pacifique/ fik dif Jean III^ doc A 

Clèves, né le lo novembre 1490 9 succéda , ^vcc Marie, son 

épouse , au duc Giiillaùme , son beau-père | dans les dochéf 

^e Berg et de Juliers , ainsi cffie dans Le comté de Raipeasberg ^ 

nuXfpé la récIaïaaatioA de la maison de Saxf. L'an i5i3, bs 

princes de cette maison obtieqqeat de l'eœpepeurMaxi^iitienf 

|Hir lettres du 20 septembre, un muihzetteiy ou rescrit ilr noif 

w^udmando. Mais, l'an i5i6, ce même empereur accorde ^ 

le 17 juillet, un reoirs au duc Jean , dans lequel , à la Tenté ^ 

les droits de la maison de Sake sont ménagés, (t^o^* ^^^ ^ 

Pacifique, duc de Clèyis») 



wm^^'^fimrv 



■fWi li.ii ■ . ■■|i,i I, , I ■ ■ ■>» 

• ... 



• ... 

.- • ■ î r 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES 



SEIGNEURS DE HEINSBJÉRG (.*), 



Heinsberg^ ville av6c une seigneurie du même nom, située 
près de la Roer, à Quatre lieues de Ruremonde, aux extrémités 
occidentales du duciié de Juliers , dont elle fait partie depub 
1494 9 Avait dans le commencement des seigneurs particuliers f 
qui furent en mômç tems maîtres du territoire de Fauquemont. 
MaiSf vers Tan 1170, ces deux seigneuries fîirent divisées entre 
les. fils de Goswii^ II; celle de Fauquemont demeura au jeune 
Goswin , et son frère Godefroi eut celle de Heinsberc;. A celui** 
cî succéda un seigneur de la maison des comtes de Cièvesf, par 
son mariafi;e avec Adélaïde , fille et héritière de Godefroi. Mats 
la petite-nlle de ceux-ci porta encore la seigneurie de Heins- 
berg dans une autre maison, en épousant Henri le Jeune, comte 
de Sponheim, qui, par cette alliance, devint la souche des 
seigneurs de Heiosberg connus depuis ce tems>là. 

GOSWIN I. 

GoswiN I est le premier seigneur de Heinsberg et de Fau-^ 
quempnt qu^on connaisse. U descendait des seigneurs de Was-* 
semberg, originaires.de la Flandre. L'an loi^S, le' 26 mai^ 
Goswin , accompagné de son neveu Gérard de. Wassemberg et 
d^un grand nomore de soldats , mit, par ordre de l'empereur ^ 



(*) Cet article a été fouroi par M. Erxut. , > 

JCIV. 4a 



un certain Lyipon, homme ambitieux, en possession de Fab-- 
baye de Saint-Tron.Ce seigneur mourut vers le commenceipent 
du douzième siècle. Il avait épousé Ode, fille de Sigefroi, 
con^Jie W^QlPieck^ <;^i lui siin^écùt, et toùià une église cc4- 
léjgfale àiHetnJbWgp; m conserttement de ses deux 6ls , Goswin , 
qui suit , et Gérard , qui épousa sa cousine germaine , £rmen-< 
garde , comtesse de Piocek , veuve d^Udon 11 , margrave de 
Stade, mort en 1106. 

GOSWIN II. 

II 00 ou environ. GoswiN II spccéda à Goswin I, son père, 
dans les seigneoriesde Fàijqacmont et defleinsbèrg, auxquelles 
il joignit, dans la suite, l'avouerie de Mersen, alors célèbre 
.prieuré de Saint-Kemi de Reims , situé au pays de Fauquemont. 
L'an 1120, de concert avec ^aleran Payen , comte de Lim- 
bourg , Goswin aida Godt^ffoi•, corate» de Namuf , è mettre 
Frédéric , son frère , canoniquement élu évêque de Liège , en 
possession de cet évêché, que Varchidiacre Alexandre lui dispu- 
tait. L^an 1122, Goswin ayant refusé de venir à Liège rendre 
<x>ijapte à^retofiert^tir Hettri V de» torts qu^on l'accusait d'avoir 
i^it^à Téglise d^ Saint- Gervais à Maëstrtchi , Godefroi I , duc 
4pi^' bas$e {>arraiiie et> comte de Louvain , v\n\\ n^r ordre de- c^ 

SfiAçe». a^siég^rle cbâtesati de Faiiqueitiofit', qii^H fc^rç» au lyoul 
^ six S(emai^6^ et.ledéttuiaii de fond %n c6ml4e; L^ànt i44't 
l^cbât^eau d]ii^inàhvgèstsafA le méine sort de la féci de Hcnrtll 
mill i djUjC de. Limbouffl;,. qui se venge» pa^tè de Qdswiir, 
ppUmViv.oir. peint vou4i».aégiiei»pîr de denx' ne£i de~la couronne, 
i^cwimé^Gaii^lt.etiiichierkh , (jue IVmiierear Conrad 11! lui 
^Wt r^iirés4,I)e:.du£ l:^V.contl*aignit af^rèè* Favo^r battu piusîetrrs 
£>i«9.B|aM,;VQ§!iaiitqu€ Lempeteur'he rettif^liéseit'pas.lès «r^gage-^ 
ineoU» qvi^ilayaUfpiîis! envers lui , il m rétonèfUa^-a^G €b«awîn , 
et.fit.méiAe une. alUaujce offènstte et défensive areë kn;. L'an 
1 167 , nouvelle, gttttitt avec Harpemd II , sé»gèieBf d« Rtendeh- 
rode , dans laquelle celui de Heinsberff eut pour allié Fré^ 
déric 11 , archevêque de Cblc>|fnér, qui «réduisit et rasa le château 
de Randenrode. Goswin teMnina sa carrière entie iiBtj çt 
S1170, après axrbir fikidé à. Hfeinsberg , un Hionastère douMe , 
c'fist^Â-tiËrfi:, d'boouiMs^&t de fille» dé l'ordre de Fréinontré; 
^ femaie- Ab^laïW.^ filtè de FifédéricI, cowte pàiatin dé 
fiommei^bourg , lui survécut d<9 quelques années,. layanttÊnt 
père de quatre fils .cl de inm filles, lies fils forent Philippe^ 
archevêque de Cologne ; Goswin , son successeur. daiia..la.sei- 
i^euriê de Fauquemont, déjà mort en i ijS; Herman, décédé^ 
A ce qu'il paraît , avant ii6(>i «i Godefroi , qui lui succéda^lâiM 



DES $EfGNEt>«$ 0E HEIVSBEBl^. SSît 

la seigneurie de ftein^iierg. Des frois 611es de Oosvrm v àh ttê 
sait ce que devint Uda : les deux autres furent mariées ; Mathiliié 
à Técon ou DéJon le Gros, marquis de Rochlitz; Salomc à 
Burchard, c(imtie>i^e Oassel. A foes en&iU* il'ftiit rAcore ajouter 
Rutger , mentionné en 1 166 , comme fils de Goswiki , et Ger— 
trude, £eo»a^ dVa e^t^in i^ésëdon , kjinîfureftt peut-éWeles 
JTAiits dUine promiire .aUiM<j!e 9 ou id<^ «nfimts nàtureis. 

<M»)£FR€I 1/ 

a ifu^im «Bvkofi. fioDBtBOil svàééda h sùù père Ooiwm'K 
danp la seiig^Mvie de Heinfibei^. L'|n di99^, "il s^ croisa |)Ouir ta 
Terre-Sainte avec Tempereur Friédérk I «t nùHAitéàé seignetrrt 
de m^^'àfij je^re lesquels était. aussi , dit-^on, Philippe, arche^ 
vaquée de CologQie»30B fràre. ^arc^defroâ mourul, à ce du^onprfr 
tend, en 11 ^h. ^Uiavait épousé iSoPBiEvdéeédée avant l'an 1202^ 
de laquelle il eittt Adélaïoe . qtii kd ^i«S(?éda , et peut-être «ncorë 
d^aut^ i^fag^. ' ' 

ADEIAJME. 

* ♦ ' ■ 

♦ 
i i^S. ADÉtÀït)^, fiîle et héritière de Gôdefr.oi 1^ isjon père, 
Wi succéda avarlt 'Fati T2t>o^ et c^ssa de vivre avant isjLy. £Jlç 
évait épousé Arriôi^ltl H,, comte de Clèves, qu'elle Stpère âp 
Tliiern, q.m suit , et d'Agnès, religieuse au mojiasière des dames 
de Heinsberg. €}e. seigoeor motrryUt vraisemblablement avan^ 
1202. 

THIERRI I. 

TuiEnai I devint seigneur de Hein^berg après la iiiart:d'Adé^ 
laïde, sa mère. Au mois de mai de Tan 1^14^11 assura le contrat 
de mariage entre Waleran de Limboure et Ermesinde, comtesse 
de Luxembourg. Il assista, TanmiS ,'dansAix-la*>Chapelle, aa 
couronnement de Frédéric 11 , élu roi des Romains ; sept ans 
«près , c^est-àN^dbe «a mois de mat 1222, il se trouva aans la 
joéme Y»Ue , au sacre de Henri , fils de Frédéric If. Il i^engagea\ 
J'an 'IA17 , a«ec plusieurs autres seigneuf's, envers Philippe, sci- 
:gaeur de Hauterive ou Aotreppe, en Hesbaîé, et Glarembauld, 
«ton pète, à les secourir au cosqu-ilseossetit la guerre. X'an 1220, 
i\ garatttit le traité de paix entre Engelbert , archevêque de 
Pologne , et Waleran de Limbourg , coriite de Luxembourg. 
.Thieirî finit ses jours en 1^26, ayaht eu d'iSAU)E, sa femme, 
décédée avant le 2 mars ia249:un4ils, mort du vivailt de son 
ère , et iroîs filles, dont ^l'une^^ut reKgieuse au couvent de 
eindbetg ; Agtvès^i qui -lui succéda,; et là troisième devint la 






\ 



33d . ' CHRONOLOGIE HlâtOlttQCE 

■ * * 

seconde, femme de Roger , setgneur de Rosoi , et mourut qaeti 
qu^l^xn^ avant i^So. 

V AGNÈS ET HENRI DE SPONHÈIM, 



~. I ■» 



: iz^St» Agnès ^ fiUe.ct héritière de Thîerrî^ son pèipe , ports 

}a seigneurie de Heinshecg en dol à Henri, fils puîné de Gode- 
iroi , comte de Sponheim j et d'Adélaïde , comtesse de Saine ^ 
qu^elie épousa et fit p^re d\ine nouvelle race des seigneur» 
d*Heinsberg. Henri montra beaucoup de zële pour les intérêts 
de Teropereuir Frédéric II , dans k tems que ce prince fut 
brouillé avec le fl^pe, ce qui «si attesté par Fempereur lui-^ 
inéme dans un diplôme de 1241. 

L'an 1248, le i5 octobre, il donna ses biens patrimoniaux è 
Simon , comte de Sponheim et de Creutzenach\, son frère, en 
échange de la portion que celui-ci avait eue dans le partage des 
biens de son oncle maternel , Henn , comte de' Saine, Ce furent 
entr'autres le^^ seigneuries de Blankenberg et de Lewenberg^ 
au duché de Berg, et celles de Sassenberg et de Hilkerad, dans 
Tclectorat de Cologne. Mais rarchevéque de Colognq^ lui con- 
testa ces possessions , ainsi que les autres qui lui étaient échues 
de la part du comte de Saine , et réussit à Ten déposséder. La 
querellé finit après quelques hostilités , par un traité de paix 
conclu le 22 juin 1282. Henri mourut le 20 juin 1267 ou iâ58« 
Sa femme Agnès vivait encore le 19 juin 1257. Il eut de soa 
Inariage Thierri , qui suit ; Jean, tige des seigneurs de Lewen*' 
berg, éteints vers Tan i35o, mort après Tan 1208 ; Henri ^ 
chanoine et trésorier de Téglise métropolitaine oe Cologne p 
vivant encore en i3oi ; Agnès, chançinesse prémontrée au 
xouvént de Heinsberg , en 1297 ^ ^^ Adélaïde , mariée en 12SS,. 
à Xhierri • VI ou Yli , comte de Clèves. 

THIERRI IL 

1257 ou 1258* Thieeri II, fils aîné de Henri de Sponheim 
et d'Agnès, succéda à son père dans ta seigneurie de Heinsbere-; 
Tan 1258 ou environ. Quelque tems après, Godefroi, comte de 
Saine, son cousin germain, forma des prétentions siu* Théritage 
'de leur grand-oncle Henri, comte de Saine. L'an 1268, le 
.25 janvier , on s'accommoda au moyen du renoncement que fit 
le comte au château de Lewenberg, et ïhierri à celui de Vroiz^ 
berg. La même année, il s'allia avec le seigneur deFauquemont, 
le duc de Limbourg et le comte de Clèves , en faveur d^£ngel- 
bert II , archevêque de Cologne , contre les habitants de cetjjp 
Ville , qu^ils vinrent assiéger. Mais ayant tenté , dans la nuit 4a 

V 



1>E$ SEtONEIJRS bE HfelNéfiEftG; 332^ 

i4 au' x5 octobre, de prendre la vîHe par surprise, ils fiiren' 

trahis, battus et forcés de lever le siège. Vers le même teras» 

Thiérri eut la guerre avec Adolphe, comte de Berg : eUe ne fu^ 

pas de lougae durée , la paix s^étant. faite par Fentremisé de!* 

Henri , évéque de Liège, de Waléran, duc de Lirobourg et 

d'autres seigneurs , le 16 février «1269. Le seigneur de Heinsberg 

s'y obligea , entr^autres choses, à démolir sa forteresse ^ près* 

-de Reyse , et à n'en point construira de plus proche du pays de 

!Berg,que celles qu'il avait alors, savoir, Blankenberg et Lewen- 

berg. il entra , le 7 avril 1277 , dans la grande confédération 

des seigneurs de Westphalie, contre Sifroi, archevêque de 

Cologne* L'an i283 , il agrandit ses domaines par l'achat de la. 

seigneurtede Millen. Il prit part, l'an 1288, à ta guerre de suc-^' 

cession pour le duché de-Limbourg;'et , quoique vassal du duc 

de Brabant, il envoya des troupes contre lui à ftenaud ,; comte' 

de Gueldre et ses alliés. Thierri vivait encore en 1 3o2 ^ et monmt- 

a^ant le 26 juillet i3o3. Il avait épouâé, en isS4*f Jeajsne de 

LouTfûn et de Gaesbeck , ïille de Godefroi de Xouvain ' et de' 

Gaesbeck-^Herstal , morte après le 2 février 1291 , dont il laissa 

Waleran, seigneur de Blankenberg, décédé vers l'an 1307;^ 

Godefroi , son successeur; Henri t, menti«>nné en 1282; Thierri , 

chanoine de la métropolitaine de Cologne, en ]3o2; Marie, 

cbanoinesse à Heinsberg, en 1297 ^ ^ Adélaïde, mariée k Henri, 

comte de Nassau-Siegen ^ morte après le 9 février i534. 

GODEFROI U. 

^ i3o2 ou i3o3. GoDiEFAOi n, fils puîné de Thierri H, lui 
succéda dans la seigneurie de Heinsberg, à laquelle il {oignit, 
vers L'an i3o7, celle de Blankenberg, que Waleran, son fr^re 
aîné , avait possédée. U augmenta encore , dans la suite ^ ses4o* 
maines par l'acquisition de plusieurs terres , et surtout de la sei<- 



qui finit à son avantage par sentence arbitrale d'Adolphe, évé- 
que de Liège , et du comte de Berg du même nom , prononcée 
le 8 ou le i5 août de cette année. Entre autres dispositions, il 
en est une qui oblige le comte de Saine, comme vassal du sei^ >^ 
gneur^e Heinsberg , à lui fournir l'année suivante , en étant 
requis f cent cavaliers par écuage;. Godefroi de Heindberg tie 
survécut guère à cet événement, ayant terminé sa carrière avant 
le r3 mars i332, et apparemment le 2 novembre i33i. De 
. MATHiiiDE , fille puînée d^Arnoul , comte de Loos et de Chini , 
à laquelle il était allié dès l'an i3oo , il laissa trois fils , Thierri , 



334* €mBG»oiùGi% nisT^if^flm 

^ui )ii| succéda» Jea^y «e^gmeur de fialeml^rocch ou Daki}?^ 
broiig; SiUMl de Wassemberg, épout de Catherine de Yucoeo*^ 
)3o^rgf p^rX le ^5 pillet i3i^«; Gû^efro ,'dil de <,htoi, eha-«' 
upiun de la /^MhédfAWÙe I4é^ fet.i^YM xkirlaëstriciii^ vivaixtr 
r^ucore len 1 554; et ^^^ vtiue', Margu^rile ^ élue abbesse de 
Tbu>rea,, le ^8 poy^fMubre i3^7., qui vivait «acc»rè ei) i^^i « eu? 
i^éi^e 1 378. .ButtJoens^ d)<Miie Id^^ feisime 4'Adolph« 4'^§iffi^^^ r^ 
sfiîgiïeuf 4^ ISeucbatel. 

, i33i tou i33jft. TviiSnAf lit «iio»9d»àa9r^ pèrfi^iOodefirGi ily^^ 
daps Icssi^igneurieç .de Hjeinsîb^g let de Blaoàebberg^J^an^ «dikl' 
ffère» jtui fit d'abord, à p^ ^s^jât, quelques diffîcuUés,.aaiisiiéan^ 
Mipios.y avoir rienga^aé,, par la«d)éci«ion que dontièr^it lea» 
â^b^tr^s çbçisif pour ra^^^inmodefocnt de cette querelle, de «ii^ 
ip^rs 'i33a (n. «4t). i.a oi^ine aitnée, un diffëreint qu'il avai^ 
ayeo Jean Ui , dpc jdp fUrd^mii ^^ ^^î^^ de Ja aéîgueone d<f 
'VV^^seipberg., ejt 4<^ •fraiij:ières respectives de la scigaeinie de« 
Meiusbep^g /et de-cellç de i^olduc, appartenaotes au duc , Veh-*' 
gsigea > entrer d^ns iU4iflue^ que Philippe de Valoir « Toai lào 
Fra{w:e, Jean de tut^t^emboui^ , roi de fiobâmey et plusieur» 
^i|4r,es |)rioc^, ayéfiQi ^ite^oontre ce due. ^L^aa j'à'ô6 , JUmis^ 
dermer/.coxii(te ^e Loos et deCbini^ 4t»^ mwt Le L^jasTiery» 
après avoir institué son successeur dans le comté de Loos^ 
Tbierri de Heinsberg , son fttytu 9 l'ég)ise de Liège s'opposa à. 
Texécution de ce testament j prétendant que ce comté lui était 
échu pfar déshéreiace. Tbjierri s^n étant mis en possession » Fé- 
yéoue Adolphe deJê lVl9rc«k<.)S0ii:beau*fràre , dissinuiia d'abord ; 
«»^ui 1» pressé par, son x^ha pitre .ei. parie pape, il prit les armes* 
Par Tent remise du .coiAte de fi.aeid]:ei on roovint que jusqu'à 
ce q^ç Taflaire fut vidée. parles voies.de idrok , le comté serait 
reuiis au:prélat , et qu'en 'attendant toxit.y resterait sur l'anciea 
pied* Cependant^ lesqSiciers.du.paysrel'usèrentii'dbéirau gou-» 
verueur xnis de la part de l'éyêque ; et le chapitre , craignant 
de,pt'.rdre>sa cavise devant les iribunauK séculiers., la fit évoquer 
par le, pa|»e.. Tbierri; prcttç^tacanlre celte évocation , et se ligua ^ 
eo i33o, aiuecJie duc .de Brabaat contre les Liégeois. Le -18 mai 
# de h wâme a i^aée, l'archevêque de Cologne , et les comtes de 
^.vli^rs -.et 'de liainaut , choisis pour arbilt.res par l'évéque de 
iLiége >0t le iseîgneur de Heinsberg^ adjugent à ce dernier la pro-** 
|)r:tété du .comté 'de Jx»os., sous la x:oiidition de le^ tenir de i'é-» 
I^Use ,de iLiégie en.fief» Une partie du chapitre réclame contre 
CQtte disdoS'ition» mais Tbierri n'en tint compte. Après lamort 
de son fils I Tau i849^.».Ie cbapitce.contioue^ou opposition a^rec^ 



DES- seiofiinas de Hfiii^^ilEiiG. 335 

^\m de rigneàrv Th.ierri est- axccamftiunié , dé Vavtu àùpapc ^ 
f t le comté de Laos mis en inleréiti Gef^ncîânft ', imé tibtivdlè 
arateace arbitrale du comte de Hâifiaot , âdnnée le 8 août 1 34.^^ 
lui confirma' le ccrtîilé, sauf ta mouvance âë Tévêrtré de Liège. 
nouvelle réclam^tlioit de la part de quelqties' chanôîncs. L\')Ti 
x'34t>^ au.iBoisde julo^ Vabbé de sa?nt'!^cai^e , de Keims, .%'ifrt 
^ Xûégf 9 eu qualité delé^ât âpostbli(]uë', pomr terminer ce dif- 
férent. Cinq chartoïnesnitetïi: députés pdur traiter avec lui, 
SQQS la. ratification déi cHa{ntr« et dèsétât^^ Cette claiisè ne fut 
pa« obserrée-, et. le clergé s% s<niléva av«c k peuple contre Té- 
vêque Eogilbèrt dé la Marck,iuceei5s^iir d*Ad6lphe^ pour avaîr, 
lea vertu de leur sentence, decerd^' Finvestiture dû ebmté au 
seigneor de Héinsberg; Les Liégeoîs^, victorieojp à Wîothem , lé 
19 juitlet , sent vaincus iiWatè^.e, ^ '^i juillet de rânnéé sui- 
vante, par Engilbert et ses alliés, et cdfttrairits à faii-e ta pa\k 
avec leur évêque. Thierri , qui se trouva à cette bataille, conli- 
fiua de jouir du comté de Lobs. Biiriol les troubles dont on 
vient de parler, Thierri fit une alliance, le 6 mars i343, avec 
l^^âietan Vardie^auéde Cokigne, et* Adolphe, courte dé Bérg, 
dlmlitlè hal était dé ndakrlehir le repos public de létirs paya. 
Mus li^an i344 t ^^ ^* brouilla av^cIVch^vêque^ au Sujet âè U 
$fli^«firie dèiiurf', ùont il'jrrait reÇti riftVwiîiuredé Fempè-- 
renrLonislV^ le-îi mi|^ de UméVÈteannée. Lë|)rélat yfôrrtïâit 
jies pcébeotiontpare^lès ^ celles des Liégeois, Sur lé côrhté de 
Loos:. La pan se^fit Itieméir api^ au gré dès dénx parties, a 
Cologiie., le & janvier de l^anrtée ^ttivantè; Tl^terri cécfa un tiers 
dei \mkci'Sti^wivtri»'k> l'é§lised« Gologtte ^ et en reçut l'investi- 
ttii*eidie& deux tiers; ileutniôUie la permission dèco^nserver son 
alli^ice avec les coititaB< delà' Marck\.et<d6 Ëbfhsberg, airrsi 
'qu^tavee ifpelqees^auiiràS' «eignéûrs^ de Wéstpbalie , ettnemis dik 
|9i9âbl«H aidÂy dans hisoite^ &iiillàrin»ë^ màrqu^is^ et dépuis ddc 
de Jtilisni, daiis la guerve /qiie lui firent liés propres fils. La paix 
4tant: conclue le Bp juin iàh9'^ ^^^^ lui-ménie une alliance 
fttrpétaelle avec ces jeurteS' co«ites, le 18 février i$5o. L'an 
11634 , Q'^MiveUe pai^e publiqfié en (l^Guitlàun)e, archevêque dé 
.Cologne 9 Jean Iti, d»c de drabant , les villes dé Cologne et 
«MAix^la-Chapelk, à laquelle Ttiierri accéda ^ en s'obligeant de 
ibu'rmc trois cents soMats et miUe pionniers , jpour faire lé siège 
4u jchâtea» de Gryppcnboiven^ répaire de brigands.' L'an iSS<ây 
il joigfiitisesarmes à ciëll^s' de* Wènceslas , diîc de Brabant , 
ContreLonis |]«,.coffite det'landre. L'^àniSSi , lé 17 janvier, 
Thîcrri mourut au châteâtr de Stecfcéhi , dans lé comté de 
lioos V 'étant encore eKcotnttiunié', seit à raison dé ses* dettes, 
CDiome le dit Màtiteliisis, soii p![>ur la détention du comté de 
24)10»., Ctfvnmdi Tinsinue. 2>aafbj^t. ll'atait cbotsi sa sépulture au 



336 CHRONOLOGIE HISTOniQUS 

monastère, d'Herckenrode ; mais au refus que firent les relt^ 
gieuses de Tenjterrer dans leur église , il fut inhuïné à Hasselt f 
dans un lieu profane , et ensuite, du consentement de Tévéque 
Bngilbert , au couvent des Augustins de cette ville. De Cune-^ 
OONDE, sa femme . fille d^Evérard 111, comte de la.Marck, morte 
avant x357 , il n^eut que.Godefroi, seigneur dé Millen ^ et 
Eicke, qui épousa, avant i338 , Matfailde, fille de Renaud II y 
duc de Gueldre , auquel il se joignit en cette année avec son 

Ï>ère pour aider Edouard 111, roi d'Angleterre, contre Phi-* 
ippe de Valois, roi de France. H cessa de vivre en 1842: sa 
femme, remariée deux fois , lui survécut jusqu'en i38o. Elle 
ne lui donna point d'enfants ; mais il laissa un fils naturel de 
son nom , de même que son père en avait laissé un du sien. 
Ainsi leurs domaines passèrent à la branche collatérale de 
Heinsberg7Dalembrocch. 

» 

GODEFROI III. 

i36i. GoDBFBOi III de Balembrocch, fils cadet de Jean 
de Heinsi>erg - Dalembrocch ,' et petit • fils de Godefi*oi I! ^ 
seigneur de Heinsberg ,' voulut recueillir la succession de son 
oncle Thierri III, comme son plus proche parent et héritier 
universel. Il s'adressa d'abord à l'évéque de Liège, pouf en 
avoir l'investiture du comté de Loos. Au refus du prélat , il 
s'empare de la plupart des places du pays. Les Liégeois les re- 
prirent bientôt sans résistance ; et , étant vëpus assiéger le châ* 
teau de Stocken , le plus in^portant de tous, ils forcèrent la 

farnison à capituler après vingt-sept jours de siège. L'évéque de 
liège fut alors reconnu pour comte , par tous les habitants du 
pays. Le seigneur de Dalembrocch , soit qu'il se repentît d'a- 
voir renoncé à ce comté , soit . qu'il ne se trouvât point assez 
fort pour soutenir ses prétentions , les vendit, l'an 1 363, à 
Arnoul d'Orheille , seigneur de Rummen , qui en formait lui- 
mém.e, comme étant descendu par sa mère de la maison de 
Loos. Cependant Godefroi et ses successeurs , continuèrent de 
porter les armoiries et le nom de Loos ; mais il quitta alors 
celui de Chini , que son prédécesseur avait pris sans avoir ja-^ 
mais possédé ce comté. Les dettes que Godefroi avait contrac-^ 
tées pour obtenir la succession de son oncle, l'obligèrent, la 
même année i363, d'engager sa seigneurie de Millen avec 
les bourgs de Gangelt et de Vucht à Edouard*, duc de Gueldre, 

gui s'en défit l'année suivante en faveur de Jean , seigneur de 
leurs , et celle de filankenbourg à Guillaume 11^ duc de 
Juliers, aux successeurs duquel . elle paraît être demeurée. Il 
semble même qu'on empêcha pod^froi de prendre possession 



DES SEIGNEURS DE HEINSfiEllG. Sîy 

de la seigneurie de Heinsberg, puisqu'il ne reçut qu'en, 1 366 
rhommage des habitants de ce territoire. L'an 1371 , Godefroi 
combattit pour le duc de Juliers son beau-frère , contre Wen- 
ceslas , duc de Brabant, à la bataille de Bastweiler , donnée le 
,22 août , dans laquelle les firabançonis furent défaits. L'an ï388^' 
au mois de mai, les Liégeois^ au nombre de quarante mille , 
portèrent la désolation sur les terres du seigneur de Heinsbèrg, 
après avoir saccagé celles du duc de Juliers , pour y avoir laissé 
détrousser quelques marchands liégeois par le seigneur de Ra^ 
veinstein et de Reiferscheit. L'an 1^899 au mois d'août , sui- 
vant Fisea , ou, selon Zanfliet, le 8 septembre, Jean, fils 
aîné de Godefroi , brûla le. village d'Esen , près de Maëstricht , 
appartenant alors à l'évêché de Liège, et en emporta un riche 
butin. Une troupe de paysans des environs s'élant présentée jpour 
le lui enlever , il les dispersa et en fit deux cents prisonniers. 
jLes Liégeois -, irrités de ces hostilités , allèrent mettre le siège 
devant Heinsberg , le 28 septembre ; mais ceux du dedans ayant 
6it une vigoureuse défense, ils furent obligés de rebrousser 
chemin, le 8 octobre suivant, après avoir conclu la paix par 
l'entremise du duc de Juliers et de son fils. Sur la fin de ses* 
jours,. Godefroi entra dans de vives contestations avec son frère 
utérin, Renaud de Fauquèmont , seigneur de Borne et de Sit- 
teert , qui s'était emparé de la seigneurie de Dalemb'rocch , de 
là douane de K^ick, de plusieurs villages appartenants à la 
maison de Heinsberg. Ce différent fut vidé par Tarbitrage 
d'Adolphe, comte de Clèves , prononcé le 11 avril 1893, ea' 
faveur de Godefroi. Renaud reconnut son tort et se soumit à 
cette sentence , le 8 mai suivant. Godefroi ne survééut guère à 
cet événement, étant mort vers Tan iS^S. Jl avait épousé ea 
iSSy, Philippine, fille de Guillaume I , duc de Juliers, décédée 
le 24doût 1390,. dont il laissa Jean, sop successeur, et quelques 
filles', Jeanne, mariée en l'é'j^, à G^uîHaume , seigneur de' 
Horne et d'Altena , tué à la bataille d'Azincoùrt, en i4i5; 
Philippine , unie l'an iSq^j en premières noces* à Grérard, sei^ 
gneur de Thomberg et de Landscrone, et en secondes, avanC 
Pan i4pOf ^ Gumbért , comte de Nuenar, laquelle ne vivait' 
plus en 14^9; Catherine , qui, en 1389 , donna sa main à Gil- 
Bert de Buiren , fils d'Alard, seigneur de Buiren , mort en 
1397 ; et peut-être encore Marie, épouse en i384, de Renaud, 
seigneur de Reiferscheit , car elle était de la maison de Heins- 
terg. 

JEAN L 

139& ou envîrtïn. Jean I j surnommé le Behiqt^eto , suc- 
céda:, ^àns la- seigneurie de Heinsberg, à Godefroi Mi, son* 
XIV, 4* 



338 c^aoNoiiOeiB HÏ$TeAi^8 ^ 

Etre, J[ean , i»^éUnt ^nçor^ que seigneur deDalembrocch , cdm-i 
attit dans Tqrai^ du 4^c d^ Giiteldre, à Isi bataille donnés 
prèr (le Grave , le ist^ juiliel; i3Ôâ , ^ix les ^ra}>^pçons furent 
défaits. U se li§ua de nouv^eau ^ Ta^ |3ao , cOqtre la duchesse 
do Erabant , avec Gilles de Jauche et ■ d aulres |néço.oteqts , et 
alla brûler la ville d'Ische. Pei^ après, U eut Querelle avec Phi- 
lippe, duc dCi Bourgogne , po^ur avpir e^erç^ des, i^9Sitilité$ dan$ 
la seigneurie de Faûquenion^ Le diH^lui par4Qiin4 çeHÇ faute. 
Tannée niêaie qu'il lavait comoiise^ ç^esl-l^^-dire eo^ l'^Q^n 
Ay^int succédé 4 sqn {>èr^ ,, qù |néip(ie dès a(up^«|vfp(f il qi)( 
guerre avec Jçai> ^ seigneur de St^in , po^r \^ seigi^epô^ 49 
jLewenberg, sur laquelle celui-ci r^p^taii Mçe certaine spjppiz^e ^ 
tenant pqiir se^ Sydreté^ le château fii^eme dç If^wef^bi^rg., par 
forme de caution. lU s^e râc^nçili^^^at par U m^dUlioQ de IVt 
ehev^ue de Colqgr^ef le 24^^>^îi' ^395^ J^siqeée ^uiy^nt^, ua 
Douyet accord i passé le i% qç^tqbfe ^ jre^dit 4 Je^a ^ Hçins-i* 
berg la possession lib^e de çet^e seigiieur^e ^ q\ie de);^^ an^ fipr^» 
dit-on , il se vit obligé d^^ngager 9 pa^r r^çhe^çr sa liberté qu'\l 
avait pe^dv^e^ la bataille 4^ Clfyerh^H^<|f|, 4gm[I9^ It^ 7 juin i^q;., 
en combattant pour GfiiUaui^^e vduc dç Siçsrg^ (y)ft|re ÂdalpVie^ 
duc 4^ Çlève^. X'an ;4oP9 à U réqiiisitîpp 4^ la dvtçbe^se ^ 
Brabant , il Éarça , par mu Woçus,, les Uabi^?r^t$ 4? Boisek-rDuc 
à se squmettre à leur so^uveraiijie* L§ ^ J^yW l4<^ ( P*,^* ^ 

Îlarguerite, 4ttçUe$se4e.Bpurgoa!(if, te Çt^Qp go^lv^n§ura^ 
ucbé de Limbourg et au pays q^ F^^qvie^i^^Q^t. Vm ^îfi^ ^t 
suivant, il aida jeaii de Bavière, él^ évoque 4^ ^^^9 pQMf 
réduire ses ^suj^s qui s'étaie^^ révoltés çt»ntre luv U ftt,ç,Q 1.4*^ 
B^ec Renaud, d\i|C de Julier$ke.t 4f^ Guekfee^ 141% traité ^r lequel» 
au moyen dVif^e çertaii)^ s^piaii^e , ^1 r^n^^nça à, toutes le(& pr^ 
tentipAS qu^il avait s^r le 4uQ ^1 9iQ$ é$9U 9 i^ la r^^^vè néanp^pinsk 
4u droit qui lui ^taU dçYpUi pftT b vm^ 4^ ^ m^je PhiUppine 
de Juliers , ^oniiistafit dâû^ une xft\\^ aiv|iuflle 4q 4tW will^ 
deux cent ciqqu2|nte |lorins 4^ Ç^.b^). A^jîgré f-eUt il ÇUl 4^1«l^ 
suite , outre l^ ^igne\içie 4« Borjp^ et ^e^ yÙWs 4e. SÂU^ert Ç^ 
de Svfstéreri, ( qi^i ne ppuyaie».«; q»e depjiis mn Hx^ fintçée» 
4ans la lof^isqn de Juliecs ), enc^if^ ^9 quari du dupl^é de^ J^u— 
liers, pa^ les arrangei^eats Qv^ « 4mi viy^nVin^e et du gré de 
^ena^d , il prit ^ cet égafd 9M ^> ^ V^^ll^ et 1^ 1 ^'^ ^yrii i( 4^p , avec. 
Adolphe , duc de B^g 9 son p^rei^t et «OQ idUé perpétuel depuis^ 

le 12 4écefnbre 14^4? . 

La même année ( i4ao ), ayant porté du secours à Jean lY « 

diic de Brabant , contre ses propre^ sujets, il fut saisi avec les 

autres seigneurs allemands venus avec lui , par les habitants de 

Bruxell^, qui pe le& reU^èrçq^ quesi^r le^r p^fi^^e d'hp^neur. 



BE5 SEieraURS t}fi H£tST5BBRG. SSj 

Ûe Vi^câpeteuT. Renaud , due de Juliers, étatit iàori le 26 juin 
14.33 , sans enfants , la convention faite entre le dût de Berg et le 
seigneur de Hèînsberg , fut encore dans le même mois , agitée 
par les états de Jilliers , sauf néanmoins ie.droh de tout autr^ 
prétendant à cette strtrcesston ; ciause qui regardait 4 ce semble, 
Arnaud d'Ëgtûond, t)arent du défunt , recopuu par les états de 
Gueldre , pour leur due; Depuis ce tems , Âdoljphe de Berg se 
qualifiait duc et Jùliei'S et de Berg ;• Jean ajouta aussi à son 
litre de Lobs et èe fieitisberg ^ celui de seigcfeurde Juliers , 
4gue ses successeurs ont constamment retenu. Les c6partageants> 
non CDfat«nt& de la miccè&sion de JuUers, portèrent encore leurs 
Vues sut le dtidhé de Guëidre ; Jean y àrait même fait avancer 
un corp^ dé cavakrié r ihah Arriaud d'Ëgmond ne manqua pas 
' de se mettre sôtîrs h déftsnftiVe ^-el même de prendre sa revanche 
sur les terres dti seigjfieut* de Heinsberg , avec lequel il fit unft 
trêve, en i4^4) ^"î f^^^ suivie d'un autre aceommodement 
liasse le mardi , après la Yisitatton ( 9 juillet ) ,1426, par lequel*, 
€ntre^âuttes choses ^ ils se jurèrent une paix perpétuelle, avec 
promesse de s'entre-aider réciproquement dans le besoin. Sur 
ces entrefaites, Jean de Heinsberg.se brouilla avec le duc de 
Berg , jusqu^à en venir à des hostilités. Ces icon testât ions y 
quoique soumises à Tarbitrage de l'archevêque de Cologne et de 
ta noblesse de Jiiliers, dès le 27 février 1426, ne finirent que \é 
116 avtil i4^d9 V^^ tin traité rort étendu. Ati mois de juillet de 
Tannée «vivante , Jeârt aida son fils Tévêqué de Liège , dans la 
guerre que ce prélat ent contre les Kamurais , à prendre le 
tcbâteau dé Poilvache. i^ais indigné de voir rasée une si bonne 
forteresse , il ratiiétiâ ses troupes chez lui. Malgré cette retraite, 
il fut cdtitraiht', par le traité de paij[ conclu le za décembre 
14^1 , de faire amende honorable au duc de Bourfi;ogneycomitie 
tointe dé Nàmiir. AU cotnmencement de l'an 1402 , iLeut que-^ 
telle avec Adolphe , duc de Clèvës » dont les gens avaient fait 
irruption sur ses terres. Gn n'en cotmaft point les suites. Il 
l^ntra , l'année siiivânté ^ en de nouvelles contestations avec le 
tluc de Gueldre, qui se plaignait des doUtraventions de cent 
^e la maison de Heinsberg àut engagements pris en i4.^^- 

Le duc fit e%iti*er ses troupes dans le territoire de Juliers ; et 
la paix fut conclue vers le milieu de l'an 14^9 ^u désavantage 
de ceux dé Heinsberg^ qui durent t«ndncer à la moitié de ce 

Îju'ils possédaient au pays de Juliers en faveur du duc , à qUi it 
ut encore permis d'acquérir l'autre moitié au moyen d'une cer-»- 
taine somme, quand il lui {>laiMit de la compter. Mais il ne pa^ 
' raît pas que cela ait été exécuté. Nous le voyons, en i435 , avec 
Févêque son fils , présent aux fameuses conférences qui se tin-> 
frent à Saint-^Vaasi d'Arras peur la réconciliation de Phjlippa 



.34o CHR0N6lX)GIt HIST0ILIQ6S 

le Bon , âuc'de Bourgogne , avec le roi Charles Vil ; et ce qui 
est remarquable , il est qualifié duc de Bouillon par Olivier delà. 
Marche, dans le dénombrement quHl fait des princes qui assis- 
tèrent à cette auguste assemblée. 11 y a lieu de croire quel'évê- 
que son fils lui avait engagé ce duché pour sa vie. Quoi qu^il en 
soit, on n'a pas d^ preuve qu'il ait passé à ses descendants. Nou- 
velle guerre , l'an 1436, de Jean d'Heinsberg avec Adolphe, 
duc de Jujiers et de Berg, terminée au commencement de l'an-f 
née suivante, ftfol gré toutes ces guerres , Jean agrandit ses do- 
maines par l'achat du château de Schonforst , *Vles seigneuries 
de Limberg sur la Meuse , de Milieu , de Gangelt et Vucht ; il 
s'assura aussi celle de Wassemberg , et obtint encjÊM^ l'avouerie 
de Gusten. Ce seigneur guerrier mourut ei^fin Le 24 janvier i4%f 
ou même , -suivant M. Kremer , le 2 novembre i4^ 1 d'après 
une charte , et fut enterré dans Téglise collégiale de Ueinsberg* 
auprès de sa première femme Marguerite , dame et héritière de 
.Geneppe en partie, qu'il avait épousée avant i'6^S : après le décès 
,de celle-ci, arrivé le 4 octobre i4*9» il convola, sur la lin de 1/^,26, 
ou au commencement de 14^4^ en secondes, noces, avec Anne, 
fille d'Otton , comte deSolms , douairière de Gérard I", comte 
,de Saine , morte avant le 19 novembre i4^3 , qui^lui apporta la 
part qu'elle avait eue du chef de sa mère, Agnès de Falckens- 
tein , dans le partage des biens de la maison de Falckenstein-^ 
IVIuzenberg , étante dans la personne de Wernier, archevêque 
de Trêves , décédé le 4 ou le 1 3 octobre i4it^. Bu premier ht , 
Jean laissa trois fils et une fille : Jean , qui suit ; Guillaume , 
seigneur de Hunf, et par cession de son père , depuis le 1 5 
juin 1433, d'une portion de Juliers, comte de Blanckenheinji 
et seigneur de Castelberg, et de Gérastein, duchef de^afenymê 
Elisabeth, fille de Gérard^ comte de Blanckenbeim, qu'il épousa 
en i4i I 9 ou peu après. Il cessa de vivre entre le 8 août 1437 et 
le 2 novembre 1 438 , et peut-être déjà avant le 2. i avi*il de cette 
année : sa femme vivait encore en 1461. Le troisième fils dà 
seigpeur de Heinsberg fut- Jean , prévôt d'Aix-la-Chapelle et 
de Maèstricht , avant le 1 3 mars 141 1 9 évêque de Liège le 16 
juin 1419 , mort le 9 ou le 16 octobre Iî459 , et non ^4^^ » 
comme le dit Kremer , après . avoir résigné son évêché le 22 
novembre i455, à Louis de Boiurbon. La iiUe étaii Philippine ; 
épouse de Guillaume, oomie/ de Wied , à qui elle fut fiancée , 
n'étant encore que dans yenfance , l'an 1402 ; elle vivait encore 
ert 1460. Du second lit, sortirent deux filles: Marie, née en 
14^4^ déjà mariée , en 1 44o 1 ^vec Jean , comte de Na$sau-DietZ| 
morte après 14^2 ; Jacqueline, née après la Pentocôie 14^7, 
'laquelle renonça e» i453, à la dignité d'abbes^e^ de ïhoren , et 
se fit!, l'année .suiï'acute y chaopinesse r^guiièceiÀ Maliaes ; elle 



DES SEIGNEURS DE HEIIÏSB|!;RG. 34< 

▼Ivait encore en 1462 , quoique, peut-être , elle ne fût plus re- 
ligieuse. Outre ces fruits de ses mariages , Jean laissa encore une 
fifle naturelle, nommée Elisabeth, quHl maria, en 14^99 à, 
Arnold de Horn , surnomme le Sauvage. ^ 

JEAN IL 

1438 ou 1439. Jean II, fils aîné de Jean I et de sa première 
femme , lui succéda dans la seigneurie de Hcinsberg. Il avait j 
avant i4i4i épousé Walpurge, fille de Frédéric , comte de 
Moers ou Mœurs et de Saërvs^erden , ce qui lui fit prendre , celte* 
année-là , le parti de son beau-frèrè Thierri , élu archevêque de 
Cologne , contre Guillaume de Bcrg , son compétiteur , et 
Adolphe, son frère, duc de" Berg ; â quoi celui-ci consentit^ 
quoiqu^il eût fait une alliance perpétuelle avec la maison de 
Heinsberg. Jean prit part à presque toutes les actions remar- 
quables de sonpè^re, après la mort duquel il amortit , en i44o » 
la mouvance à laquelle la seigneurie Dalembrocch était sujette 
/envers Guillaume^ seigneur de Vladorp , comme bailli hérédi- 
taire de Ruremonde. L^an 144^ 9 il assista , dans Aix-la-Cha- 
pelle , au couronnement de Tempereur Frédéric IV. 11 mourut 
le premier mai de Tannée suivante ^ ne laissant de sa femme que 
deux enfants, Jean, ;5on successeur; et Marguerite, née le ^5 
juillet 14^6 , fiancée , le 7 janvier i43d , à Philippe II , comte 
de Nassau-Saarbrucken, qu'elle devait épouser le 2.S juillet i44o- 
Ce mariage. eut lieu , et il en sortit deux fils : Jean , né le 17 
juin i44i y tige des princes de Nassau, aujourd'hui régnants de 
la maison de Waleran , et Philippe , mort jeune. Marguerite 
mourut, le i3 février 1446 9 ^ Weilbourg où ses cendres re-. 
posent. 

JEAN III. 

i44^* Jean III devint seigneur de Heinsberg, apr^s la mort 
'de son père. Il joignit à son patrimoineles seigneuries de Dielz, 
■de Zéelem et de Ziecberm , en Brabant , avec la châtellenîç 
d'Anvers, que sa femme Jeanne , fille et héritière de Jean de 
Bietz, à laquelle il avait été fiancé le i3 avril t/^iSj lui apporft 
en dot , pour en jouir après le décès de Thomas de Dietzy soa 
g^and-père , arrivé le 8 juin i432. Il réclama encore une por- 
tion de l'héritage de ses propres ancêtres , et surtout le quart 
du duché de Julysrs, que son gratid-père , Jean I , avait cédé 
'à son puîné Guillaume , comte de Black^nheim. Il entra en con- 
testation à ce sujet avec son cousin Gérard , fils de Guillaume ; 
mais de l'avis de leur oncle , l'évéque de^iége , ils convinrent., 
le 26 octobre 1444 9 que Jean aurait les seigneuries de Heins- 



342 CHRONOLOGIE HISTORKJUE 

berff 9 Lewenberg, balembrocch et GcilenVircbcii , éi Gérard fik 
susdite portion du pays de Juliers , avec un buittème dé la sei- 
gneurie de [.ewenberg , que cependant celui-ci iranspoHii )e h 
décembre suivant , au seigneur de Hetnsberg\ st>us la condition 
de payer les dettes dont ces terres étaient cbargées. Mais ces 
.dettes et priDcipûL'nuent celles auHl ^vait épousées avec sa femme 
étaient si considérables*, que la même année encore il se vît 
obligé de remettre Tadministration en économal de tous ses états 
à son^oncle , Tévéque de Liège , qui 4 pour cette raisôrl , l'ins^ 
titua , te 21 février i44b , sop hériHlsr dans les seigneuries d(t 
^lilten y Gangeit .et Vucht, Cétait un avaiitage pour sa fiilè 
unique Jeanne, Jl mourut peu après, le Ay janvier 1448. Sa 
femme lui survécut jusqu'au 8 avril i47^ ^ et se remaria, en 
1461, avec Herman de Geiigros. 

JEANNE BT JEAN IV DE NÀSSAU-SÀàKBRUCKEN. 

1448. J£AK!^E , (ille Qhiqiié cfè JuXtt tti^ son pèrre, lui snc-^ 
céda dans tous les biensde la maisori de ttetrisberg^ sous la tu-;- 
telle deTévéque de Liégè , son granU-difclê ^ qui peu après la 
fiança à Jean , comte de Nassau -Sàâfbrocke il, auquel, en vertti 
de 1 acte passé à ce soiet le 3o ftovfettibttï i45o, elle devait por* 
ter en dot tousses biens patei^iiels fiinsi que ceun qui lui éché^ 
raient de la part de sa nièk'e et de sa grànd^iitère : il ti^ eut que 
les seigneuries de Heihsberg et de Geilertkirchen, dont le coitnte 
devait laisser Tusufruit à Tévéque de Liège , dpparatament poui" 
satisfaire aux dettes qui restaient encore à ][^ayer. Les sujets de se$ 
terres durent néanmoins dès-^lors faire boAutiage à Jeanne et au 
comte , qui assigna aussi de son côté quelques seigneuries en 
douaire de sa future épouse, bt l'a'pfît sous sa garde. Ayant fait, 
à raison de cette alliance, de grandes dépenses, pour amortir les 
âettes dont les domaines de la fiancée étaient énargéâ^ éi crai- 
gnant dVssuyer des pertes considérables, au cas qu'elle vint'i 
mourir avant la célébration do mariage, il obtint, le ao janvier 
i4Si , de Tévéque de Mets la permission de Tépouser avant Tâge 
de puberté , s'il était nécessaire. Cependant il n'avait pas encore 
contracté cet engagement le 24 août i4&5 , lorsque sa belle* 
mère te déclara gouverneur de JCtietz et des autres seigneuries 
qu'elle tenait de son père , en Brabant ; mais il paraît qu'il le fit 
avant le 20 décembre i456. 

La même année , il confirma la cession de la seigneurie de 
Lewenberg , faite que^ues annnées auparavant ', en faveur de 
Philippe il de Nassau-3aarbnickeh , son frère-, pour prévenir les 
prétentions que celui-ci eût pu dans la suite former toiMre lui» 



9>S9 SBIG^KUIS. DB HEIHSUAG. 343 

eip vertYi 4?. spn m^riagç avec Maguerite de 9einsberg, Unie 
paternelle 4e la, jeune çiaFJée. AfLais ^éji, Tannée suivante , Jeaii 
arail recQUYré cette seigneurie. Jean de Heinsberg , ci - devant 
ëvéqua. d^ l^^ev étan| moft ai4 mai^ d/oçtQbre 1469^ le comte 
ck ]Nas9.aii-Qielz^ ép^i» de Marie de ifein^berg ^ sa sopur consan- 

{;ui«ie^ 6a iciomUnept ç^ci|{^ir I^^ ct^^teaux oo. Steiii et de Mil- 
eiR , que, l^pffi^t ay^l çftn§i^.fftl>l«?»Çnt fortifiés eo 1 452. M^i» 
Qër«prt , c^imî» 4e PlîM?ckcK»h!&*W » «çvevL , et Jean, ^eigne^ir de 
Hetnéietrgt dbi çh 4^ ^' ff «l^ï^e, ^fr^èçe-i;ûè>ce du défuot, y for- 
iQtèroniopiioâiiiQilf sau^e^Pl qne toutç 1[^ succession était echùe 
«oa pas à s^s sfpur^ « pai§ 4 Ç»^ ». ÇQ^%ï»^ïflÇ'>\ i l? répartition 
QUQ Je^il l 4e Qfii^^b^rg ^y^xX i^itQ le i$ février 1.4249 de ses 
apmatnes entre ^e^ fp.fi|||i.qts. hçmv ^^niptei; plus defor.ce à leurde^ 
iBande, iU aclîetèreaA sJ,^rU fiu d^ cette année , de Philippine \ 
ccMmtesse de Wied, ;iutre sçeuf di^ prélat , le droit qu^elle avait 
en particulier sur les seigneuries de Stein , deMerzen et de Lum- 

ϻen. Cependant Marie et Jacqueline avaient obtenu de la cour 
éodale du Brabant des lettres d^investiture pour les seigneuries 
deGangett,de Millen et de Vucht. Jacqueline^ Pan 14^2, 
transporta son droit à sa sœur , et lui obtint de nouveau , le la 
mars, Tinvestiture de ces terres. Nonobstant cela , Philippe, 
duc de Bourgogne , à Tarbitrage duquel le différent fut remis , 
prononça « le 29 mai 1462 , en faveur de Guillaume, comte de 
lUackenneim , fils de Gérard , déjà mort depuis deux ans , et de 
Jeanne de Heinsberg, qui devait partager avec eux toute la suc-* 
cession de l'évéque. Jeanne mourut à Mayence , le 3 septembre 
1469 , et fut enterrée dans Téglise collégiale de Saint-Arnoul , 
où repose aussi le corps de son époux, qui la suivit de près , étant 
décéoé le 5 juillet 1472, à Vehengen, au duché de Wurtem- 
berg, où il allait rendre visite à Everard , comte de Wurtem- 
berg, frère de sa seconde femme Elisabeth be Wurtemberg. 
il ne laissa, du premier, lit, que deux filles , Elisabeth et 
Jeanne. Uaînée naquit le 19 octobre 14^99 ^^ ^ut déjà, le 22 
juin i463, promise en tuai i âge au jeune duc Guillaume de 
Berg et de Juliers , le* dernier de sa maison à qui, suivant 
cette convention, elle devait , sous certaines conditions, porter 
en dot les seigneuries de Heinsberg et de Geilenkirchen , ainsi 
que la moitié de celles ^e Millen, Gangelt et Vucht, avec Was-* 
ccmberg et Rolduc et au cas quHl n^ eût point d^autres héritiers, 
toutes les possessions paternelles et maternelles. Le ducPépousa 
à Saarbrucken , le 19 octobre 1472, ayant déjà, incontinent 
après la mort de son beau-père , pris possession de ces terres , 
ainsi que de Dietz et de ses autres possessions en Brabant. Mais 
Elisabeth étant n^o^te en 1479 1 sans laisser d^enfants vivants , 
Jeanne , sa sœur cadette , aée le 14 avril 1464 1 morte le 7 mai 



344 CHRON. nisT. des seigiveurs de heinsbero, 

1 5^1 , qui , après avoir été fiancée à Albert, marquis de Baaden ^ 
le 3i août 1469^ s'étant mariée le i3 avril 147^ 1 avec Jean i , 
comte palatin ae Simmeren , réclama ses domaines. Par Tinter- 
vention de l'électeur palatin , elle et son époux y renoncèrent 
depuis y et vendirent , le 10 mars i483 , au duc de Juliers et de 
Berg , leur beau -frère j tous les droits qu'ils y pouvaient avoir. 
Ce prince alors incorpora les seigneuries de Heinsberg et de 
Geilenkirchen au ducné de Juliers , par un reversai donné aux 
états du pays, le 14 mars i484> L'an 14999 ^ transporta les 
terres de Dîetz et de Zichem , avec la châtellenie d'Anvers , à 
Engelbert , comte de Nassau-Dillenbourg , afin qu'il renonçât 
à toutes les prétentions qu'il formait du côté de sa mère , Marie 
de Heinsberg , sur Gangelt , Vucht , Millen et d'autres terres 
àe ses' ancêtres maternels ; et depuis ce tems-là , les ducs de 
Juliers sont demeurés possesseurs pacifiques de ces seigneuries* 






CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



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SEIGNEUHS DE FAUQÙEMONT (*). 



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•Je AVQUEMQtix , ea flamand % f^kfmhmfi ou fofhimiej:^^ e$^ 
une petite ville à deux lieues à rorient de Maëstricbt) avec !ujm$ 
^eigneprie de .même nom, .asse? ^tendue, qi^ Fempere^iç 
Charles ÏV érigea, Taa iSSy , ea comté. ;AgJQ^lt|^llui ceUf 
centrée n^e^t plus çoaaue.q^e sDu&.Ie titre de ;sei2nemrie ^ et 
£iit un des trqis pays de la province de limbbùrg^, appelée 
<€iommunén|eat les pays d^Outremeuse, a^ppartea^ntâ par moitié 
à U maison d^ Autriche et à la république de.HplUnae (X^85)» 
lie territoire de Fa^uquemoat eut,, dè^ avant le ooziiunê, sièclcn' 
jles seigneurs particuliers, qm , en même teras, posféd^sre^t la 
seigiieune de ijieinsberg ^ comme; noqs venons d^ 1 o\is&ty.kfi suc 
les seigneurs de ce pays, où nous avons donné l'histoire dç 
Gcswin I et de Go&win U , qui, si^cçessivemcnt tinrent çe^^diçnv 



GOSWIN m. 




^(*) Ctt artîcté a été fôunfi par M. Emst 

XIV. 44 



duc de Limbourg, pour Févéché de Liège. Otton fut lui-^ 
même élu évéque, par une partie des chanoines, apr^s la 
mort de Simon , sur le faux bruit de .celle d'Albert de Cuick, 
en 1 195, et non , Comme Bdtkens ( Troph, du duché de Braban^ ■' 
t. II « p* 3^4) le marque par distraction, en I2âi^; car lui- 
même rapporte dans un autre endroit ( ibid. p. '62.2. ) ces pa- 
roles de la chronique d'Anchin, sous l'an 1 193: Rumpr aulem 
Jàlsus periatus apud Leodium ntffiti avit canonieis iilum esse mBr» 
tuum (scilicet Albértum de Cuick), qui statim elegerunt quent^ 
dam Ulustrem canonicum Gosuini de Falconismonte fiUum, Albéric 
dit la même chose r nous transcrirons enoore son pasisi^ge , à 
iaison de quelques autres particularités qu'il présente sur le 
sujet d'Otton (Ad an. 11949 P* ^9 P* 40*^^ 9 inter accès. Hist. 
Iteibnitii) (^uo audito (Simonis obi tu) grex canordcorum in 
éçcUsia S. hamberti resfdentium , aliom substituerunt electum per 
commune capitulum , ei deliberato consilio nominabant et eligebani 
4trchidiacottum Otionem, çirum reUgiosum ^ frafrem Gosi^ini. (IW) 
de Montfi^Falconis j prima in prœpfmtum et pùsÈ in episçopum^ 
cui pruecipue ad^ersabatur archidiàconus Ango , - nepos prœposîk 
defuncti ,' Jratèr Roberti de Petra-Ponte domini , qui Otto oenent'- 
hais fiôn multà post mortuUs est. Aces deux fils de Goswin III ,' 
Butkens , dans sa table généalogique des seigneurs de Fauque-r 
mont (t. 11^ p; i24)f ^pu^^ ^" troisième^ Thîerri de Fauque- 
koont, mentionné suivant lui, en |225, avec une fille, Adé- 
laïde, femme de Waleran, fils de Henri lil , aK IV, duc dé 
Limbourg. Mais en nous réservant de parler de Thierri ci-' 
•près , nous croyons qu'il faudra abandonner notre généalogiste^ 
tor ce qu'il dit d'Adélaïde, s'il n'a eu d'autres preuves de son 
existence qjue celle dont il paraît se prévaloir 4 la page ^22 ^ 
où il prend pour sœur de Gôswin, Adélaïde, petite-fille de 
Goswin il, laquelle fit, en 1201 , de concert avec Goswin IV, 
seigneur de Fauquemont , une donation au couvât dés dames 
de Heinsberg. 

• ... 

GOSWIN IV. 

L'an 1175 1 Gosw» lY avait déjà succédé à son père dans 
la*seigneurie de Fauquemont. Il assista, suivant Butkens (t. 1, 
p. i56), au couronnement de l'empereur Otton IV, il Aîx-la-* 
Chapelle, le j4 juillet ti^. Il vivait encore en iao4, suivant 
une. char te de l'empereur Philippe de Suabe, que Butkens 
{^Ihid. p. 167, seq. pr. p. 56.) rapoorte i cette année, où ce 
prince donna au duc de Brabant, Vavouene de Meiten, au cas 
que Goswin consentît à s'en défaire. Item supraéieio duci pr<o^ 
misimus quàd conducium €i adçocaâam de Menen U Suscmm 



DES SÉIGKEUBS DE tAUQCTUONT» 34^ 

iRim suis appendi'tus , çuam Gosuinus de Vàlkenhorg de pra^deces^ 
sorâfus nostris imperaiorihus habuit^ ei iiifeodam eàncedemus ^ si 
tamen idem Gosuinus consensum cidhièeat II avait épousé JUTTE, 
fille de Henri UI , al. IV, duc de Limbourg, morte après rail 
' 1 203 , comme en fait foi une charte conservée aux archives de 
l'abbaye 'de Rolduc. Mais c'est un point assez difHcile à décider, 
'que de dire qui lui succéda; car^ suivant Butkens (tome I!^ 
p. 322), il mourut sans enfants. Cet historien met après lui, 
pour seigneur de Fauquemont, "Waleran le Long ou le Jeune , 
fils- cadet de Waleran III, selon lui, deuxième duc de Lim- 
î)ourg et dé sa première femme , Adélaïde de Fauquemont. 
Mais à ce système s'oppose te contrat de mariage fait entre 
•Waleran 111 de Limbourg etErmesinde, comtesse de Luxem- 
bourg, au mois de mai 12149 où Waleran nomme son frère 
Henri ^ • seigneur de Fauquffmont. ( Berthtolet , Histoire de 
fjuxemb. , t. IT^ pr. p. 44«) Fratrum meorum Henrici à Vatcken^. 
"horcq. Le Mire (Operum Diplom.) a connu ce Henri de Fau- 
quemont et le fait même tige des seigneurs de Fauquemont , 
après lui , en lui donnant pour enfants , Thierri , seigneur de 
"Faufjuemont , Engelbert , archevêque de Cologne , et un cer- 
tain Winand. En cela, néanmoins, il nous paraît avoir tort; 
tar il est bien certain, comme on le verra en son lieu, que 
Thierri a possédé les seigneuries de Marville et d'Aranci. Or , 
ces terres étaient l'apanage d'Elisabeth de Bar, femme de 
Waleran le Long. Il faut donc que Thierri ait été leur fils » 
pour en avoir hérité, attendu qu'Elisabeth laissa encore d'au* 
très enfants , qui sans doute eussent recueilli cette successron ," 
SI elle n'avait point été laissée à Thierri. On n'échappe point 
fci en disant que Thierri jouit de ces terres du chef de sa 
femme ; car cette assertion est insoutenable , comme ' l'on 
pourra s'en convaincre par ce que nous dirons dans la suite. 
Nous croyons donc devoir suivre Butkens , sur la descendance 
ûes seigneurs qui ont possédé Fauquemont après la mort de 
Goswin IV, dernier de la première race, qui, selon l,ui (t. I, 
p. i83), vivait encore au mois de septembre \:ii^\ftTk quoi 
nous l'abandonnons pour placer en cette année , comme sei^ 
gneur de Fauquemont, Henri de Limbourg, oncle de Waleran, 
surnommé le Long ou le Jeune ^ dont il ira point eu connais-^ 
5âince. . • 

HENRI DE LIMBOURG. 

.v|2i4. 'Henri be Limbourg» seigneur de Wassember^;, fils 
akié de Henri 111 eu IV, duc de Limbourg, était déjà, aa 
sieîs d'août de eètte année, seigneur de Fauquemont, comme 



344 r^iiftoMOL«Gf$ msfxi^a<^m 

en fait fôi te contrat 46 mariage cité ci-dessus, et encore une 
autre charte <]e cette même année , publiée par le P. Ber^ 
tlK>let(/fi!f/« del^U'xemb , t. IV, ^r., p. 4^, 5y. ), d'après Jean 
teCarpentier, sur r^uthenticité de laquelle nous ne compl|)n9 
nëanmotiii» pas beaucoup» Henri aura sans doute été institué 
héritier de celte seigneurie > par Goswin IV, son beau-frère» 
Henri était fort atlacaé ^ l^émpereuf Otton IV, mém» après la 
bataille de Bouvines , si malheureuse four ce prince , au point 
qu'il aima mieux voir ravager ses terres, et soutenir pendant 
cnielques jours un siège de Farmée de Frédéric 11 dans son 
diâteau de Fauquemoat , depuis le 3o août de Tan 1214, que 
de se ranger dà côté de ce rival d'Otton.^ Cependant , $oit qu'il 
se sentît trop faible , soit par quelque antre motif, il accepta , 
avam le 8 septembre , une trêve qui devait durer JMsqu'à U 
Saint-JKemi. C'est ce qne Henier de Saint-Jacques , auteur coa- 
leraporaÎR , rapporte fort laconiquement en ces termes (ad. an* 
XA149 ap. Martenne, amph Collect. , t. V^ Pv^^) • Sabbats 
(post festdm S. Bartholomaei) Episcopus Leoaiensis cum innw* 
fneraèiii' exerciiu sUo similittr Mosam iranshit ei regali èxercitui 
cof^unxiL Falkeèet ôbsidetur ^ Urra dei^astatur^ et Trtugw usque 
adfostam S, RemigU acdpiuriiur. In N€ttintaU $. Mariœ Ju^ 
itacum.»»^* ohsidetur^ eie. Cet écrivain ne nous apprend pas ce 
que le seigneur de Fauquemont fit après l'expiration de la 
trêve. Mais il y a toute apparence qu'il s'accommoda avec 
Frédéric , à l'exemple de VValeran , son frère , et de quelques 
aotrts princes* Henri mourut avant l'an 1221 , et peut-^tra 
niême ne vivait-il plus en 1216. SOPHIB, son épouse, dont 
0fi ignore l'extraction, ne lui donna point d'enfants : c'est pour-*<^ 
Quoi Waleran, son frèi« puîné, succéda ai leur père dans \9i 
ouchéde limbourg* 

,WAL£KAN I j D£ LIMBOURG , oit LE LONG ou Lfi 

JEUNE. 

Après la mort de Henri , la seigneurie de Fauquemont 
tomba sur soti neveu Waleran I , surnommé le LoiiG ou LE 
j£UN£', £ls cadet de Waleran 111 ou IV, duc de Limbourg^ 
et de sa première femme. Nous n'avons point de preuve 
expresse pour étayer cette succession ; car le passage que But-: 
Jcens (tom. II, p. 32ÎJ) rapporte où Waleran est très-distinc- 
tement nommé seignem* de Fauquemont, H^alUramo Falko^ 
moniensiSf est à nos yeux de peu de poids , comme étant tiré, 
à ce me nous croyons , du catalogue des éréqnes de Liège t 
par Pjftceiitiw. Ce^ndantv coaune Thierri, son' fils, a 
«dé taOLip .aeigiieiine« a^ia^ m'faésitpin point à ke pi«:er 




SES tiEic!!iei;R& v% vkvqonwyviT, H§ 

m^me eatre les seigneurs d« Fauquemont. A cette seignenrift 
il joignit c«Ue de Poiivache, sur la Vleuse, près de Dînant , et 
encore celle .de- Moni joie ; il fut aussi marréchal de Jean d'Ëpe^ 
ëvéque de. Liég^. La preuve de tout cela se trouvera dani^ U 
suite de notre récit. . , 

L'an 1217, au mois de nuai (Bertholet» Hist. de Luxemb., 
tom. 1V<, pr. p. 49) ^ ^1 sVngagea avec son père et d^autres sei-t 
fineiirs,. à. aider Philippe ,. seigneur d'Aulreppe, qui avait fait 
Ëoinniage à Waleran Ili» comme comte de Namur, ainsi quQ 
Clarembauld , son' père, au cas qu^ik eussent la guerre^ Laa 
ia2&o {Gelemus M notis\ ad capt 4 » lib. 1 ^ V. S- EngM. p. 79)^ 
il jura» avec son père et son frère ^ de garder le traité de paix 
que son père venait de conclure avec Ëngelbert., arcfaevéqua 
Je Cologne* £n 1222 , am mois da janvier {Ex archiois Hems-^ 
herg. IndicL x) il conféra, conjointement avec son père, son 
frère et son oncle Gérard « seigneur de Wassemberg^ au mo^ 
nastère des dames de Heinâberg , le droit de patronage de 
Téglise paroissiale de Hoengen. L'an ia»ô, le 10 novembre,;, 
trois jours après le meurtre de saint Kngelbert , archevêque 
de Cologne, Le duc,. son père, l'envoya avec son bncle dé-^ 
truire le château de Valence ou Valandhus, que le prélat avait 
fait «>lever sur les confins du Limbourg. C'est i^e que té«» 
moigniB Césaire d'Heisterbacb , en ces, termes (Vitse Ëngelb, ,• 
L' 2 , c. 9^ p* i54) : Dux H^alramus de Umburg^ socer co^*. 
mitis /nWeric; (^^^^^^berg).... tei^tiâ die a cmde ejits { kfchxe-^ 
piscopi ) oiiteffuam corpus ejus çenisset Colomam , eongttgata miiiis. 
copiaso et amliis rusUcis , castrum Valaniiam ^ quod èèûius vir ad. 
mutèbnenium terrœ non lopgè à Castro Rodensi (Holduc) maximo' 
smnptu adifiearat , absens obsedit et posi paueos dies c^m magn»^ 
suurum tripudio dejeciL».. JValramus ut àfacla exeusare se posseij 
sicut et fecit , prœsens adessé noiuii , sed iraient suum Gerttrdum^ 
cumfiUQ'Wédramo ad casirum d&truendum misit; aiebat.enùn 
in suam ignomîmam illud e%tructum. Waleran le Jeune paya,- 
au rapport du même écrivain, celte démarche d'une longue 
xnalauie : Post cujus ( Ducis Walrami ) mùrtem^ dit-il, dumfiin 
êfus WAJLRAMUâ Junior et cornes Henrkus^ gr^joi admodum. 
infirmiiixte correpH , saiis i^oaaii sunt , nec adhuc pkne conoaluèruni,- 
Causam vero ium mortis illorum tum harum malœ wletudùitM- 
Deus novii^ Il était donc encore malade eti 1227 , puisque, selon ' 
la remarque du P. Ilartfisheim {BibUotheca Coioniens, ^etc, p. 43) y 
Césaire écrivait en cette armée. Toutefois, cette maladie ne 
doit point avoir élé si considérable ou avoir seulement corn-*' 
menoé quelques mois après la mort de son père , arrivée ew 
mai 122b, puisqu'il intervint à une charte de dooetioir;; que le^ 
duc Henri ^ son frère , fit à l'abbaye de ^ùïéac^jsnao Dimufiit 



3So auumoiiOftic HisroBiQn 

MCCXxriy mense Julio , non ejus^em mensis ; cVst - ^ -;) ^^i i^ 

.ce que nous croyons , le 2 juillet,, suivant la maliière dé 

compter les -jours' du mois dans un ordre direct, quelquefois 

employée en ce tems4à. {Nouq,- Tr. de Diplom.^ t. IV, p. 724.) 

Au cbntre«-scel du sc<^u de Wâleràn pendant k cette charte, 

conservée aujc archives de ladite abhaye, on lit le mot Cusios; 

le reste n'est plus déchiffrable. Serait-ce là tutelle des jeunei 

enfants d'Ërmesind^ ,. comtesse de Luxembourg , seconde^ 

fcmme de son père , qu'il aurait voulu désigner par ce mot ?! 

Mous nt voulons guère appuyer sur cette conjecture ; mais il 

est certain > par le témoignage d'un ancien historien de Trêves, 

que Waleran prit cette comtesse» ses enfants et son pays sous 

sa protection* La caution (Martenne, ampi. Collgct, ^' iom. II ,1 

p« i32; Berthollet, tom. IV, pr. par., p. 56) qu'il donna 

pour cette princesse, condanonée par une sentence du conseil 

de l'empereur, rendue à Aix-la-Chapelle le dimanche Isti sunt 

aies ( la de mars' 1227, v. st.) » ^ réparer les torts occasionnés 

à labbaye^de Stavelo par la détention des châteaux de Logne et 

de Comblent, fait voir qu'il s'acquitta de son engagement.: 

M sis voici le passage même de l'ancien écrivain de Trêves , , 

auquel. nous en avons appelé : Circa eadem tempora (1228), 

dit-il , (Gesta Trevir. Arcniep. n. 69 ; ap. Martenne , Amplis. 

Collect. , t. I\% p. 242) QÎsitQçit Domînus peccata popuH sut 

spiritu judicii et spiritu ardoris , terranl consumens gladio etigne'^ 

vèon soium Trevtrensem , »sed edam Colomensem et Mogiindnensen^ 

JUœeesim , et hoc ex parte per JValerannum et eomitem Seynensenr^ 

Nom Waleraniius , filius supradicti W^aUrahni ( duçis Idmburg)^ 

defimcto paire , in custodîam cesserai con^itissœ uxoris patns sui et. 

puerorum etterrœ , et hic habuit prœlia multa , et nominatàs fqctus^ 

est in eis. Ce fut principalement contre le comte de la Marck. 

que Waleran fit la guerre en ce tems , pour recouvrer le pa-» 

trimoine de -ses Tieveux , les jeunes comtes d'Lsenberg. Cette 

guerre fut longue , quoique de tems en tems interrompue.. 

Waleran avait l'humeur trop guerrière pour n'avoir point pris- 

aussi part à la guerre que le duc son frère eut, en 1280 , avec 

l'archevêque ae Cologne ^ de laquelle nous avons donné ci— 

devant quelque détail. Mais les deux frères doivçnt. avoir fait 

la paix avec le prélat, avant le 2*^ janvier 12^1 ,- puisque, à 

cette époque, ils se trouvèrent avec lui à la diète que le roi 

Henri, fils de l'empereur Frédéric II, tint à Worms. (Hon-* 

theim, Hist, Treoir. ^ U I, pag. 707 ; Schannat, Hist IVormai* 

in Cod^ prob, ^ p. 109.) L'année suivante, Waleran s'étant de 

nouveau brouillé avec cet archevêque, voulut porter du secoure 

à quelques seigneurs de Westphalie, ses ennemis. Mais il fut 

repoussé par ï'évéque de Munster, allié du prélat. CQlomettsi& 



DIS SEiGTŒURS DE FXVQUEMOIfT. 35i ' 

^drcKeîâi^putf dit Godefroi de Saint-Pantaléqa ( «cf. an. i^S^i, 
p. ftgÔ, t. 1, Script. Freherî, edit. i&a^) in W'estfàUam cuni 
mUitia trônât et hosiibus in dediiionem reeeptis*prospere reçertituK ' 
Quihfus hqstibus càm W^ahramus de Limburg cum suis fauforibut 
in succwsuwi i^rds'set ^ abepi$t,opo monasteriensi^ per cufus jàSÉce^ 
son transin inêênderat^ reiruditur et redire compeilitur. Il se ré-*^ 
concilia encore avec le prélat avant le i8 mars de Tan 12349 
s^étant trouvés ensemble ce joûr4à à la cour du roi Henri , à 
liUt ter, près de Goslar^ comme le prouve une charte que c« 
prince fît alors expédier. ( Foppens supptem. Op. dipiom. Mirœif 
t. IV, p. 287. ) • 

' L'an 1235, il reçut en fief 'de l'évéque de Liège la petite 
▼ilte de Sittaert^ faisant aujourd'hui partie du duché de Julîers. 
jinno 1235, dit la grande chronique belgique ( p. 235 , t. 111 ; 
Script. Pistorii. ) Tune episcopus Joannes ôillam de Sittaert pro 
duoàus mâUbus marcharum acçuisii*it , çuam Jf^aleramo' suo 
maresehaUo in feudarn dédit. Mais il rompit peu après avec c€ 
prélat ( Fisen, hist. ecclesiae Leod. pag. i , liv. 10, n. 19, p* 
022 ) , à Toccasion de certaines contestations mues entre quei-i> 
que»*uns de ses sujets et les habitants de Theux, bourg du pays 
de liége. Waleran épouâa la que^Ile des siens, et alla brûler 
Theux le 21 septembre i236. L'évéque de Liége ne crut pas 
de son c^té devoir manquer à protéger ses sujets ; et usant de 
représailles , il porta le ra\3ge dans les .terres de Waleran , et 
même (Bertholet, hist. de Luxemb., tom. iV, p. 444 ) 9 ^^r 
celles du comte de Luxembourg, son allié, oùu mit le feu 
aux villes de Bastogne et de Duroui , ainsi qu'à. quelques autres 
endroits. (Fisen, loco cit.) Ces hostilités continuèrent qnel-» 
ques teitis de part et d'antre au désavantage des deux partisi 
>Valeran se laissa enfin persuader par ses amis à demander la 
paix, etTobtint. (Bertholet , tom. IV , pâg^456. ) Alors il com- 
mença à former certaines prétentions sur le comte dé Luxem-^ 
lilourg, son frère utérin : mais celui-ci rompit ses projets guerriers 
« en faisant des ligues défensives avec les seigneurs voisins, et enn- 
» tr'autres avec Arnoul III ,* comte de Loss et de Chini. Ce sei- 
» gneur promit et jura par un acte de 1 237, donné die Jopis post 
9 octaoas Paschœ onno Domini 1237, mense Apzili (c'est le'3o)^ 
if qu'il marcherait au secours de Henti , comte de Luxembourg 
» et marquis d'Arlon , . aussi long-tems qu il vivrait , contre 
» Waleran de Limbourg et contre tout autre qui se déclarerait 
» son ennemi. Cette ligue effraya le jeune W^aleran et le retint 
» dans le devoir ». Tel est le récit de Thistorien de Luxembourg* 
Sans nous inscrire en faux contre le motif qu'il prête è WaleraA 
de n'être point venu aux mains avec ces comtes , nous obser-^ 
V^^oiis feulement que ce seigneur n'était point homme à s'ef« 



frayer aitfénieiit *, on te verra bientôt se mesarèr '9mc ikféteèi 
trèihsvtpér'ieuTes à celles de ses ennemis; encore la même atinée , 
il recomntençasé&inctirsions sur le territoire âe Liège. L'évéquo 
te prépara aussi pour entrer de nouveau en campagne , huncfié 
le duc de Limbourg vint le trouver sur ta fin du mois d^octobre, 
et rengagea à différer encore quelque tems les hostilités , em 
lui promettant* de ramener son (Vère à un accommodement | 
Ëiule de quoi il prit sur soi dé payer mille marcs au pi(^kst > et 
de se rendre à Liège comme pteige. C'est du P. Fisen , à l'en^ 
droit cite^ que nous tenons ces particularités: tes ariillives du 
chapitre de Liège sont ici ses garants. C^est néahndoins une ftut« 
de sa part dé noinmeir notfe-pKncè Wateraft de Luxembourg. 
Brower (ann. Trevir. , Kb. lo , n. 178, toro. II , p. i34) donne 
dans une méprise encore plus gramfè en te faisant duc de Lim« 
bourg et comte régnant de Luxembourg ; il a pris te përe^ mort 
plusieurs années auparavant /pour leiiis. Zantiiet(adan. isS^; 
ap. Martenné , ampl. Coll., tom. I^^ p. y 2 ) doit être tombé 
dans le même écart pour l'avoir fait comte de Natnur. Sfaii 
pour continuer son. histoire, il rompit bientôt ces nouvdles 
conventions, si toutefois le duc, son frère, réassit à lut feT-* 
suader d'en faire , et causa d'effrayabks ravages dans tes t«rrea 
de l'ëvéché. Jean, de son câte, ramassa une bette armée, vers 
là Purification 1 2^ , et alla assiéger le château de Poitvioh« 3 
mais ce prélat étant mort le 3o avril , ou , selon* GiHes d'Oyval 
( cap. 102 ; ap. Chapeaw« , Script* Leod. , tom.» II , p» ^5a ) le 
si mai suivant ,. Waieran ramassa d*abord ce qu'il pouvait avoir 
de troupes , et passa la Meuse ; ce qui ikta t'épouvante dans 
l'armée ennemie, ccmsternée de la mort de soii chef, et toi fil 
prendre la fuite. La chronique d'Atbéric entre dans un «ssex 
grand détail sur tout cela; en voici les- paroles Btécses ( ad. an. 
iSi'ÔS , liv. a, pag. ^oS ) : « Gaileranus Hominus de Foâ-« 
vache , filius quondam ducis Galleranni de Limliorch, motca 
p* m^la horribilia et nefanda faciet>at contra vicinos saos , et 
a» praecipuè contra episcoptmi Leodiensem Joannem } qiiaprop^ 
» ter idem Joannes , sicut erat vir Smimosus et ofoliilis, oongre* 
V gans exercitum copîosum circa Purificationém Beatae ¥ir- 
i> git^is, Castrum praedicti Galeranni , situm super Mosam , 
» quod dicitur Pilansvacctoiiy viriliter ofasedit. Post atiqu^n^ 
» tulum, mandatùm episcopi, venit ad obsidionem Thomas eo* 
» mes Flandriie , qui erat bpmo ligius ratioiié feudi Hainiaci ^ 
» cum nobili turba Flandrensiiim et Hainensiuin « adduoeas se« 
» cum bibliam petrariamét cetera liellica instrumenta , eratque 
n. in (cum) istit cornes qui ArnulphusLossensis, et cumeo muUI 
j» not>tles viciai) quotidie magnos'et dirosfaciébant assi;^ltus jaeien» 
» dot^agittandoeladfaiirQsassaliendo; et quia non erat muaitoHf 
9 necaquam hal)eret sufficientemi citô illi deintus reddidisaent 



m t:Bbintl epijRïopo^ nisi (|uiâam ^ ut dlcitur ^ fiiissent qui 
» omnia i^QUsiHa episcopi eis revelabant'^ et ut fortiter sede-* 
M fendéfent clam exhortanies quia cdisidio soi yei^tur*.^.« C^itr 
» adbuc obsidio esset ante supradictum castrum Pilansvaccani y 
» Joannes Leod. episcopus, pridie calendas maiî , ift taLSità 
m Di6nanto moritur. Morsejus propta'.oksidioaein qmDibui^ 
»' nisi qûibùsdam fid«libus , celatur..^ Crastino verô die knoitif 
 epucopi , illi qui erant ad creiiellos d,efensioni^ ,.ludentes et 
»' gaudenteS) dicebant foris astantîbus : Recedatis « recedatia ; 
à» Dominus vestér mortuus est. Sic manifestata est prâditio ^ 
» de quâ sùperiùs inentio iiictdtt* Deinde Galerannuâ , sicut^ 
j» erat vir bellicosus et ia be)|i$ qimium exerçitatus> quatquot 
• hâbére portuit in unum» cpUîgaens exercitum ,. Mosam tran-^ 
» sivit ; ;qiiod< audiens èxercitus episcopi ^ sine diiitronè cœpit 
j» fugere ( alius cbd.ex , sine dilatioiie quot capita* tôt fugus ) ^' 
» infra Dionant^ini se recepit ; tamen posteà comitî Flandcis» 
à sub aomine Régis fuit reddituni ». Ces dernières .paroles 
sont «ne espèce d'énigme. Est-ce que^ malgré ce succès, Wa-» 
leran £at obligé ««par ordre de l'empereur, ou du roi Coàcad^ 
son fils, de remettre le château de Poil vache au comte dd 
iFiaadreP Toujours est-^il vrai que depuis au moins Tannée 1260 
(Bertbc>iet|vtûm. y, pag. 14^)., le comte de Luxembourg ^ 
on ne sait à quel titre, a possédé cette forteresse, quoique 
i^ejpeadant Tévêque de Liéee paraisse y avoir eu «n. mêine-* 
tems quelque droit domanial. Comme.^lbéricy dans un passai» 
que iiousv rapporterons , nomme encore Waleran ^ fils aîné a& 
i;ieittî-^i / Waleranum de Poihache , il est à présumer que seu-* 
lemeiit après la mort de Waleran le Long, le comte de Luxém-*. 
bourg aura commencé de posséder Poilvache. 

Mais, pour revenir aux exploits de Waleran, ce seigneur 
n'était point d^uil caractère à rester traiiquille après P^xpédl***^ 
l»on dont on vient. de parler. Le. schisme . qu'avait causé dans, 
l'église de Liège l'élection du succ^seuf de Jean « lui fournit 
l'occasion de satisfaire son inclination pour la guerre. Aidé 
(Atber. ad an* 12^8) dii jeune roi Conrad et de Coni'ad, d^- 
Hocfastade , .nouvellement élu arôh^éque dç Cologue (1) 
Fisen # toco supra ck. ) , il prit les armes pour Olton, jpréviÔt 
de Maësiricht ^ qu'une partie des. chanoines de Liège avait é)u^ 
pour évéque , le a5 juin 1^38 , et ûi le dégât dans lés terres 



<abUà«far 



(i) Henri de Molenai%k, prédécl09se^^ de Conrad dansj'arçhe.vé^ili^ë. 
^£ Cologne , mourut en Carême de ïén 1288^ suivant AJbéric,. p. 565. 
( AUeri Siad,, p. a ; Script. Kulpisii y p. 538. ) Les auteurs 4u GalL, 
Cfirisi,^ tqmè III, aop, é4Uj> Ciai^. Gundiing.i tom« iV, page niLt- 

XiV, ' '45' " . ^ •^ 



qui tenaient pour iSfuitbumc de Sapote ^ cfaotn mrl'autre 
partie des électeurs. Le coiùte 4le Flandre soutien l'élection de 
GuîUaume , «on firère, et réussit k^ dissiper ses ennemis paît 
Varmée qu'il en'voja contre eux« L'année snivanle^ Walera» 
prit tonte là part qu'il pouvait à la euerre que la mabon de 
l^imbourg eut avec l'archevêque dé Co£>gne. Voici comoie en 
parie l^ancien historien de Trêves ( Gesia Tremr. *Archiefk4 
n. Ï77; «9». Marhnne^ Àmpl. Celtect. , tom. IV , p. a46.) ; 
Thèodarieus^ arckiepiscapuâ (Trevireasis), dit-il, casintm im 
monté Kakurch mdificare cœpii amui Uamim x 26^^ Neque péterai 
ùonira faœre Walerannus totô aniÊû iHo çehimeatisêùnâ àelhrum 
rnstaridà cofUra Ctmraàum Colmé^nsem ehctum impeâkus. hé 
vémt écrivain rapporte que ie jeune roi Conrad éaveirisait la 
niaison de Liinbourg contre. Farcbevéque ; car il ^oute e 
% Tune aemporis Conradus pner , filius. inuperaiom i rex 
ji Uiei^soIymoram,.ii ploribui fad>itus est pm reoe ftomano- 
» rum , qui etiam fevit partes Laicomm advcraus Coloniettseni 
9 ekctum. » Noos ignorons si ce qoe cet aateiir dît «a pes 
plus bas regarde encore la guerre e» question. «'£x kine , dit>il 
M (n. 180, p^ M8)> p^^ muUas comminationès, post siuUas eom^ 
jt monitiones^iseratusDoniinusplëbem suam^paeem dédît intev 
n *epi(500p)lwn etWalerannumv.etrecoficiliati sont in&sderepar 
« ciSv» Comme il rapporte cet accommodetoent sous l'année 
1 241 apri^s le mois d'avril, il pourrait seinbler,qu'en cet endroit^ 
il entend paiier d'une querelle que Waèeran eut avec l'arche-; 
▼éque de Trêves ; cw les paroles de cet bistorkn , sm» l'année 
I aii^y insinuent assec qo^s n'étaient point trop bons amis- , 
encore que peu auparavant -ils eussent vidé un différent sur^ 
venu au sujet du château 4e Marbuch ou plutdl MaiMbercb ^ 
suivant une charte de Waleran^ dont nous paHerons ci^mès. 
Quoi qu'il en soit de cette observation j la paix , si^vanti 
Afbéric (ad an. 124^) se conclut Pan 124^^ ^ entre l'arthevêqoe 
de Celogiie et la maison dé Limbourg. Parmi les condition» 
était celle-ci , qu'une des fitlesde Waleran épousetait le comte 
de Itochstade , lieveo du prélat : « Pax ista firmala est per 
» duplex inalrixnomum.*.. coines de Dolchen et deHostadier' 
» duxit filiam Waleranoi fràtrisducisde Lemborc. •> Malgré 
cela, la guerre risconubença , peu après ^ enfre Tarclièvéque» 



Geleniu^t pp. 47'^^^) 9"^« diaprés Godefroî Je Sitint-Pantaléon , cmt 
l^«cé sa mort en xaSy, ef*lui ont fait succéder tlonract la même année, 
n'ont pas fait attention ^iie cet amteur farit partir de PItques le com-' 
mfncemeni de I*anttée ; étant certain, par une charte d« premier se^ 
témbre 1237, que Hcnn vivait «acorfe ' 



-,** • .» 



/ 



'fl' les prince^ de Limbourg^ qui étjHient gr«iQ^*pf]r^99|is (% 
rempereur Frédéric 11 coatr^ le parti du pape/ Cette giierrè 
fut funeste à Walerain ; car il y perdit la vie dans une actio^ 
donnce Tan is^iZf dpj:«s Pâques, comme il est rappor^^é paf 
hauteur des Gcsia. Tienr^ Arçhiep^ 9 combiné av^c celui de l^ 
chroniquje de Salzbourg : ea voici les extraits pour, vérifief 
jOQtfe récit :. « Tune | dit le premier. (ap* Marteqne , ampL 
Coll., tom, IV> page a^S.),, après avoir râ^cojnté la mort ai 
pape Célestin , arrivée eq. no.vembrjp \zl^i , « insurrexerun^ 
M djiiaarchiepiscopi,.MoguQt.inensi|S.sciIicel et Cotoniensis , ji^ 
<» .res imper«^orias,.etutcoque gl^dîo,,sciUcètipateria(i qt spiri-t 
t^ tuali vehementissime i^tepXcs.^ hi.nq.prœliis ej; exactiônibus ^ 
^ incendiis et r^pinis univ^rsa c]}j^ altiugere ppterant invase-* 
» runt , sat^llitibus imperatoriis . in^ ebrum res non mini^ 
,» regrassantibus.v Mortuus est autem Walerannus post Pas- 
n.ipba n. de Tan iM^* comme <;e qui précède le (ait voir^ 
^insi qu^ la cbronique de Saizbpufg^ en ces termes (ad açt 
:l44^;ap, Pez<.,Àu$triac. Sçri^. , tao^< 1. p. 35^) : «r Mogun-r 
» tinus e^ Colonien^ archiepiscopi , cpilecto exercitu , domir 
» Jiinalia ipiperii vastayerunt , imperatorem per terras, sua^ 
« ad mai^daiMIP apostolicui^ excômmunicatuip denuntianles, 
.^ Quibus. occurrerunt comités,, barones, et auxilariiimpera-r 
M. toris ,.confiictu cum ipsis inito, vicisstm multis interfectis ^ 
» quojTu^i potioc fuit qux ( immè /rater àuck). Walrab dç^ 
» Citparch, etc. ,» Ainsi Butkeos (lom. II, p. 3i2) a ea 
ipct de. placer, sa mort vers 12.49^. Ce, prince avait, lora^ de soii 
dé^ès,, eayiroa..quar£^tq-six ans, attendu. <|uVi,mois:de mai^ 
1214, il nVait pas encore atteint iâge de vingt e| un ajôs, 
.comme on peut le conclure, de ce passage, du contrat de 
Biariage passé alocs eipire ^n père et Vi( comtesse Ërm^sinde.. 
( Bertholet , tom. IV. , pr, p. 4^- ) « Hoc- etiam mecum. jura- 
is venant, / cU^ Woiertm JjU, sugî:*dicti.61ii mei Henricus^ 
.ji et.Wi^efanus,. qui cùm, pco^ nimia piveçtutç sua,, eoi^ 
jit teiKipore^ (juo. pesons cbarta cozpposila fui I , adhuc 'sigillé 
.«^ non bàberqnt,. etc* m On saik (N< Tr». de Diptoiei. ,. tom» iV ^ 
p, ^65) ^u'en ÀUeuoagiie, en^ Fraise , en Angleterre , le^ 
iiol>le&,. i ta fin du dpui&ième siècle et au suivant, i^'eurenl 
régulièrement droit de sce^u.^JufisjgSlt^ qu^^après aj^otr atteint 
ta majorité ou Tâg^ de vUigt et un aÂs accomplis^ 

Waleraa le Xm^ avait épousé EhiSXWrn^ c^ Isai^KUX de 
Bar,^fillad.'Krme^nde9;C09Qdesse de LuMembourg^, ei de- 90t^ 
premiier mari , Thibaut!,, comte dé B^^r: témoia Albéric eo^ 
€es tei^mes. (ad an. >ai4 ^,P^g. 2 , pag. 476 ) t.Comt&^BariThm:^ 
Aa/<^.»,. éfe tertia ûxore Èrmçnsen^ ^ fiui Htnnet ëomiUi Ni9i- 
murccwispUapL IsaieUapàapmmgmdt ^ ^gmm iumr WTa lmmtf 



Xht^miéAiitj et ei pJperii postmoàum Waletanxttn âeVaUeQarM: 
Êiftti«sinde élle-m^e^ dansun ^cte de423i ^ dit (api^d Mi- 
réèbm OpCi ûm Diploîotiatiic. ,>tom, 1,. pag. 3o6) : vSi*£À5a^/A 
£Uia^:m€àrA pradicti tondih(îiétirici Banrnsts) sorofem^ mei 
Ji/ji^.itnô prtvigtii) Waïèramudcotem , ipfc. Afdi^fez onc conven- 
tion qûé" tes ♦dieux épou3t ( Bertliôlet^ tonn. IV , pr, p. 55 ) firenl 
HP miois dç jârtvier 1217 (v. st.), avec l'abbé de Rébais, pour 
Vider' uft différent qu'ils avaient sur le jMltronage de l'église de 
^larville et quelques dîmes. Ce qui firit vpir que j^tkçns (tom. 11^ 
çàg. 3 12 et 33o ) a eu tert de placer le mariage de Walerart 
en i23i.; le P. Bertholet ( tond. IV, pag. 4» » ) nfe l'a pas en- 
moins, en le rapportant k l'aiinéi& 1&2,'] , puisque, dans une 
charte de W'aleran le père , dotmée pour l'élise de Metz,'*e*| 
J22i8^ Elisabeth est déjà' appelée 'femme du jeune W^aleran ( ap^ 
Toppèns, ^uppL oper, diplomi mkmn tom. IV, -pag. a3o) : « Qiiod 
to^dictus.côines (^ Lujtemiurgt Jf^aieranus') de consensu;..* Vlèa- 
y» leran) junipris filii çooiitis , et Ëtisabetbse uxoHs ejusdem ^ 
» sororisDomiqi M, (7iVtf2.il.) *^nc temporitcpmitis Bpn^- 
» sis ». Nous croyons que le mariage de Wal^ran le père aveè 
la coiQtesse de Luxembourg , fait en i;^i4 9 a donné occasion à 
celui de leur^* enfants. Elisabetb*. eut (Bertholet, tom. IV*; 
pag. 4H ) en dot les terre» de Maryille et d'Arency ; mais elle. 
Yi'en.jofiit npiqtdM vivant de son mari, mort avant le partagé 
des biens ae la comtesse Ërmesihde. ( tèidi tom. "V, pag. 94* ) 
Aptes le décès de cette princesse « arrivé en ' i à4^ 1 ' Henri , son 
£1$ aiïié , et comté de Luxembourg , s'empara de ces deax terres; 
et V malgré le$ réclamations d'Elisabeth , il continua de les pos-* 
séder (roii/, pr. p. ^o ) pendant plusieurs années. Une conven-^ 
tion passée à Stavelp f la troisième férié après te dimancheDe^ 
ininiscere ( ;o mars i253, v. st. ), mit fin à ces contestations'. 
Henri restitua M|if ville ^et AraRci ^ donna la quatrième partie 
de certains acqxiêts;à sas<)eur utérine, et.lui céda, dans les biena 
de. Flandre et de tiainaut, celle qui lui appartenait. Le Qomté 
de j^uxembourg se réserva néaqmoips alors la suzeicaineté sut^ 
Marville çt. Aranci, ou biep il l'acquit depuis; jcarle P. Bei^ 
tholet ( pr. p. 56 , tom. Y^ . et pag. .1 40 et pr.. jp-. 62 ) produit ui^ 
acte du I^^ août 1262 ^ par lequel Waleran^ fils d'Elisabeth ^ 
seigneur de Moni/oie et de MarçUle, et non pas de Fauquemont ^ 
reconnaît avoir reçu ces terres en fief de son oncle, le comte dé 
JLuxembourg. Peu; de mois, après \,^ ThibaDt II , comte .de IBar j 
youlut étr,e' admi^ à la communication du droit féodal de cèj 
villes et territoires en dépendants, c*est-à-dire que Waleran,| 
leur possesseur, prêterait çerment de fidélité au comte de Bat^ 

«our la moitié ; mais que ce vasselage n'en serait pas pour cel^ 
ivisé , çuisçjue Thifeaut 4ÇY%U \^ yç«4r<l k fîeftrij W app^W^ 



ladicm des autres fitâi qu'il tenait déjà de lui ,' avec pronuesse dé 
ce causer aucnn doà»nage-ni au comte de Ltixembourg , ni à 
Walera» de MoRtjoie, et que, pour ces rétrocessions, il devait; 
leur compter 7S00: iivi^s de Provins (i). C'est ce que nous ap-^ 
prend k^histonen, diaprés un -titre du là novembre 1262 , qu'il 
a fail: imprimer parmis ses preuves ^ au tom. Y^ pag. 55. Ëlisa'-^ 
beth donna plnsieurs enfants à son mari, comme il le témoigne 
iui-méme dans unreverml qu'il donna à N^chusen, au imois de 
novembre ia38 , à Thierri-, archevêque dé' Trêves , en recon-** 
naissance de six cents livres qu'il en avait reçues pour la, partie 
du château tie Mailberck et de ses dépendances,, qui lui appàr-^ 
tenaient à titre d^achat^ sous condition, néanmoins, qne doré*^ 
navant lui et< ses héritiers' tiendraient, le château et ses terres 
en fief de l'église de Trêves, où il dit. en tr 'autres choses {ap* 
Hùfdieitn^HisLTrtçir.éiphm.y tom. I, pag. 73a) (2) : « Ët.scien-t 
9 duiti quod filti mei ipaum castrum , si fiiit mei non fuçrint , 
a» ab ecctesta Trevirenisi'feudali |ure tenebunt ». L'aîné des fils 
de Waïei^n i ïujt Wàleran dont il a dé^ été parlé, il posséda 
peut«^^tre quelque tems la seigneurie dePoilvache, suivant ce 
qui a ^.é dit ci^ dessus ,^mais bien certainement celles de Mar*^ 
ville,. d^ Aranci ^et de Monljoie', comme ea> &tt foi l'acte de 
rhommag^cité.plus haut, et pour Montioieen paiHicùlier, uné^ 
charte de donation qu'il fit au couvent de Richstetn , alors ha-^ 
liilé par des filles ^ aujourd'hui par Aes hommes de l'ordre des 
f remontrés^ $rtué dans cette seigneurie , faisant à présent partie 
dft^duclié de Juliérs. Cette pièce débute ainsi {ap, C. L, Huga 
m émnuk Prwmonstr,i'\:6tEL, 11, int* prob. pag. ^ij} : «. Walramua 
» nobilis virde Mon^|oiè, et mater soanooilis nmlier Elisabeth^ 
» et uxorsaa Jutta , comitissa , etc. Datum apud Rickivinis^. 
1» teia , annoDômini laB^ , sexto idùs mati «.Une autre donak 
tion {ibid^ et pag. 4>^ ) f^^^ ^^ faveur de ce monastère , qu'il 
fit confirmer en laôëy.par une chartede l'archevêque de Co-- 
logne, prouve encore sa souveraineté Sfiir ce territoire. Il suivit^ 
Tan ii4^, ( Butkens , tom. 1 ^ p^g* aSs.) Guillaume, comte de 
^oUande, compétiteur de l'empereur Frédéric U. ÎL mourut 
f ntre. rs6a et 1269, sans laisser d'«nfan£$ , comme l'on peut s'en 
convaincre par ce que nous avons dit de Son honimage fait.au 
<$oaxite de Luxembourg, et par ce que nous dirons cirftprès. U 
fut enterré dantil'abbaye de Val-Dieii, au comté de Daelexn^ 



tm^'^i'-mmimmr'^mmmmmmmmmm 



(0 160,400 livres tournois d^aujourd^hui. 



(at; WaFeran devait lui-même donner ce château en fief a Rudolfe , 
6\i du frère d'Agnès , dernier^ dame de Mailerak, dont il avait acquis 
in part ^u'il y avait avant cette convention avec Tarchevêque. 



àiaqueUe il avait fait une donatioa en laSo. ( /tp, Jongéfhiujii^f 
^ net, abbat ord, Cîsiere.j 1. 9, pag. 49*) ^" y ^^^^ encore son 
épitapbe y difféFente de celle qo on lisait aoirefrois sur aa tCHtebe. 
Jutte, sa femme, ioconnue à Butkens., et. dont le P. Hugd 
ignorait aussi Torigine, était fille et héritière du dernier comte 
IHtonde Raveb^bcrg^ et de Veckt, en Westphali«.« Biort en 
1245, comme on le voit dans^ne charM, par laquelle elle r»^ 
tifia, en laSi , ràliénation que sa mère^pUe avait fiôfee dd 
comt^ de Yeclit à Tévéquede Munster, à titre., paitie ^ ven-f 
dîtion, pattie de donation. « Julta, y dil^eile^ domina de 
» Montjoiei.;.. quoniam omne dominium in Veclita ad mesi-*^ 
» eut ad verum haeredem pertinuisse dînoscitvr fCtc. » Cette 
pièce est rapportée par le P. Schaten (. in amud» pa4trà» ùdi am 
2 253, 1. 12, tom. Il, pag. 53 et seq. ) il y donne quelqôe^Ié'* 
fail sur ce comté ; oiaisil se trompe lorsque , d'après le P. WiU 
thenu, il Ëiit descoidre Waleran , son époux, des comtes de 
Teckelenbourg-, et encore iorsquM nomme ton père l'ièrri. « 
Le second iiis de Walecan 1 fut Ëngelbert ^ en tstô, sui*« 
tant Butkens ( pdg. â t a } > «rchidiacre de Liège , prévôt de U 
grande église de> Cologne , déjà en i2&B|. suivant 11 n& cWarte du 
a4 mars, où il se trouve entre les témoins avec Waleran,- son 
fière, et en 1261,. archevêque de Cologfne. Cette proonotion et 
Fextniction d'£ngelbert sont rapportées pec Menken^ abbé de 
Werum^ auteur contemporain, sous Fannée 1261 , où après, 
avoir marqué la mort de Conrad^ arjchevéque de Cologne, it 
.. ajoute : ( t ) Suacessit Danmus EngeM^etttÈS dt- Fàikthkerg ^jh^ew- 
eomiVà. C'est aispsi qu'il appelle Thierriv seigneur de Fauque^ 
mont , que- Tarobevéque luii*m^me nomsiie son frère. ( In litte*^ 
ris an* ia649 ap Lumg SpicU. eceles.^ pag. 1, cùMim*^ pag. 564^ 
>iipùl. deA&rUoHfiê coiin. àdjum» , pag. 6d& ) M« Gendliog a bée» 
pris le. change snrce FakkaAei^ cA.Faikembom'g^ pour le placer, 
en Hollande, à une lieue de Lcidea : l'histoire de Thiem^ soft 
fi^ère, mettra elle seule cette mépiise ii* découvert. Sngelberl 
fiât sacré par le .pape Urbain IV» lui même, en 1263, ^vanfc 
«ne lettre de ce pontife , rapportée par OdeFÎe Raynaldi ^ 
tom. XI Y, pag* 1109, ef -mounit après le mois de ^amrier 1276 ^ 
comme le démontre one charte du 4 lévrier de cette année ^ 
citée par M. Kremer, dans tme histoire deacooites de Lim«> 
tMurg' MiP bt Leene ^ oà il rapporte encore une charte du i5 mal 
1275 1 qui regarde Ëngelbert ; ce que nous remarquons ^ parce 



* (i) jip, Hugo , suérm émt/f, momim. f tone I , page 538 » V^ et 
f âge 541 , 54a. Am. Ifo0. ap. Mmiam^ amplis. CMûct tome L^ 

fage 574.. 



/ 



^ut t<fnstef éeiîvtfiiniqiieiioos ayons -vus ont donné âànn^V^r* 
yeur sttriMitqtte A la mort de ce prélat. 
• Le troîsime âb de, Wakeran éuit Th4em ou Ttribaut j «oit 
suocesseur daiiA la angneurie de Fanquemoat. Butkena, Mao-» 
téU«fl et Berxtiolet rappellent aipressoment fils de Waleran ia 
l.4>ng. De oiioi nous ne doutons pas aussi , encore que nous ne 
Voyons point tibuiié «omoie tel dans quelque ancien monu'^ 
Avent^ CarcW' une chose îocontestaUe qne Waleran H , seî<^ 
goeurde Fa^aquemont , descendait éés doés de Limbourg ; or^ 
H étak*âlaâe.ThffHTtOB Tiiibaut, comme il l'appelle lui-m^me 
dans mme charte de Tan ta6i|, où il dit: Cûm fuzredùa» tàea 
mùeNihiS smrcmâ dehitommà ptœmemarim Theeàaido pâtre meo 
etHUfwJiorum»^,. p^mergiur^ etc iestti Hocsemiu» téoMigne aussi 
expr^Usément que Waleran f seigneur de Fa^quemont en 1278^ 
était £ls du aeignCHir- àe ce lieu ^ tué peu d'années auparatan^t. 
( ia6$ ) ^ à Cologne , qui (ut notre Thierri , peiUnds cautuà 
perieuHs^ etc ; et la«chose est portée è l'évidence par la et>ù^ 
fi^intatlon de dieut Chartres publiées pat* Butkens, entre sea 
preuves-, aiir premier «oine , {:èg. «oci et 1 06^ dans la damiièré 
disquettes ) -qui tSsl de l'aW 1 274 , ^iiiitfka il dedans smÀr reçà 
do duc de firabant lea de«ix milte livres «}«e ce. duc devart à. 
aott père ^ SknHtéù piKUi nostiroet f»olt&. poèt ipsÈ$rH ; qui est précJM. 
fiémèat 4a èfomatie que ie dur «tipula 4 Thierri , «evgneur do 
FauqueiiKmt. i^ai^ la pfevetnîèi^ de c^ «hàrteti, de l'an 1367 / 
Thîerri était donc ainsi lûî'^Béme descendu des ducs de Lini-> 
bourg; H. l'on ^i'ai^ bien • embatrasaé k lut tiK>uv^r nn autre 
père , que dans la personne de WalcrsMi te Long ; car le fetre ^ 
Ovec le Mihs^ fils de Henri de Limbourg^ seigi^eur de Fauque- 
Aiorit , c'est ce' qui ne ise comèinte pas trop, comme nous l-a-^ 
tons déUi ohférvé ,• ^^e h sncceSSion de Ttiierri ^ ou au nioin# 
de Wsieran II, son 61s , dansées t?et*nes de MarvtHe, d' Ar^mci et? 
de Montjoie, possédées auj^ràvant par Taîné de «Waleran ly 
dît le JU>*g. iVailleuiis^ et c'est ce* qui détruit entièrement lo 
système dele Mi^e, cotnment Waleran II dç Fauquemont 
pourrsitHil nomtner Henti 11, comte de Luxembourg, son 
énde, dUêefêè th'ùeutâo àùcoinagnù Henrieû^ -conM Luccmhur^ . 
^Msi'f cocâfllie 41 parle dana la charte s!us«-itiettlionnéa , si Henri 
avait été s»oA g^aiid-père? Dana cette hypothèse ^ le comte de 
Luxeedbaurg n^e^ été que aon oonsin sous^-germaln , et non son 
nncle; tcàks dans la.ndtre , Thierri ayant été fils de Waleran 
le f^ng et d'Elisabeth de Bar, Waleran 11 , son Ris , pouvait, à 
déuèle égàtti» 'kpp»éiér le comte de Luxemboiirg son grande- 
oncle. Par les passages que nous avons donnés sur le père de 
Waleran U ,• s«gtieor dé Fauqueniont ^ se trouve aussi renversé. 
k ayatèsie dw P; Bu^^ ^ui disait Wgderan fils da Waltm 4 



•eigD£ur de Mootjoie et de JuUe^ que nout avoss dk être toeiit 
«ans lignée. Sa raison est , parce que , dans une chMe de i^tS^ 
qnUl publié , Waleran il , selon lui 111 , fieig^euroe Fauque- 
mont et de Montjoie, dit: êsi çuoddam f/ifvtuuieimm sorarum 
ordinis Pramonsiratemis , Ekhmnesteine dictum , mnosir^ aU»dio 
à nostri^ VKOGEl^iTOBiBVS Juadaium, Mâis; il allait prouver au- 
paravant que Taîné de Walei^'an.I ,.et non pas.lui-<9i$nieY avait 
été le fondateur de o^te maison relig^ueuse^rpour que rarguinenâ 
çût quelque foï^ce*} et c^est ce qu^on ne fait pas; et quand mèoaft 
on le ferait , il ne faudrait pas pour cela prendre ces mots de la 
charte à la rigueur , pour ne pas la mettre en contradiction avec 
d'autres également authentiques, et de plus, appuyés du té- 
moignage d'un écrivain presque contemporain» 11 faut doncre^ 
garder Waleran II comme le fils de Thierri et son succès-^ 
iseur dans la seigneurie de Fauquemont , , et encore comme, 
l'héritier de son oncle paternel , si toutefois Thierri Ipi-mêm» 
ne recuillit pas la succession de son frère > ce qui est d'autant 
l^lus vraisemblable , que peu de mois après» la mort de son père, 
Wdleran II vendit MarviUe et Aranci au comte de Luxemr 
%ourg y et se disait seigneur de Montioie. Au reste , si Butkens^ 
a effectivemept aperçu .un Xhierri de Fauquemont en xaaS^. 
comme* il le marque dans sa table généalogique ( tom. II , pag-' 
324) 9 il vaut sans doute mieux le prendre pour celui dont nous> 
yenons de disserter,, alors jeune enfant de neuf ans tout au plus^ 
que de le faire|, avec lui , fils dç Goswin I V, seigneur de. Fâu-' 
quemont ; car ce personnage serait , pour bien des raisons , un.. 

Ï phénomène encore plus extraordinaire cette année-là , que 
'*Amoul de Fouquemont du P, Bertholet , vers l'an iai2. Nou». 
estimons -que peut-être Bu tkens aura pris pour un seigneur dé 
Fauquemont le Theodoricus de Fatckenberch ,, qu'on rencontre 
dans deux chaçtes de 1 226 , publiées par Pontanus , doiit l'une ,. 
dans l'édition de M. lung, est datée anno |225 , vj kaL Febr.; 
ce qui revient néanmoins à 1226, selon le n. st. Mais il y a bien» 
de l'apparence que ce seigneur le fut d'un Falckenberg, diffé* 
rent au nôtre:; car l'on voit, dans l'édition allemande du dic-^ 
,tionnaire de la Martinière, qu'il y eut plusieurs endroits de ce, 
nom. Peut-être aussi est-ce une faute de l'éditeur , d'avoir 
maixjué le nom de Fakkenberfi: certes, dans une charte de. 
Gérard , comte de Gueldre , de l'an 1227 9 publiée par le même 
Pontanns, pag. i3i , ce seigneur est appelé Theodoricus de- 
VcUienberch. 

. A ces fils de Waleran I , Butken$(tom. II, pag. 3i2),. 
ajoute un certain Winand, peut-être le Winand de Mo.iitjoie^t 
qui, suivant lui ( ibid. tom. 1 , pag. 291), fut du nombre deffseir* 
gneuri ligués en 1276, contre jSiiuioi ^ i^chev^qu^ di^ Cologne ^ 



/ 



]peot reconquérir sur lui rhérilage-des- enfants (kt- comte de 
Juliers, qu'il avait envahi après la mort de Guillaume (V, 
leur père, tué i Aix^la*Gbap«le , le i6:iaara di^Ja même, aimée. 
iJDes me<'de:Walecan , «oe épouisa ^ Pau ia4o ^ Tbierri , dernier 
Cjpmte «lie .2)«ekm . et de Hochstade, CMime i\ a été dit cir^ 
dessus'^ el' 9 suivait Biilkens ( tora. II , pag. 99 et^^^ia ) , une 
«auUe noBlmée Sidlme bu Marguerite , fut mariée à Arnoul de 
hmêf seigRetir de Stein : nous n'avons pu rien découvrir de plus 
«ur celte ialUance^ « 

THIERRI ou THIBAUT. 

. .. ... . .. , 

* Ï242. ThiêrRi, nommé aussi Thibattt (t), succéda à 

'Waleran 1 , son père , dans la seigneurie de FauqueiDont. L'hî*- 
tqîré ne noua a rien, conservé sur les premières années de c6 

'seigneur, si ce n'est qu'on le voit intervenir à quelques chartes^ 
soit comme téïnoin , soit comme juge arbitre. (Butkens^ tom. I^- 
psrgi 77)^ le i5 mars 12*53 ( n. st. )^ le samedi âtprès les octave» 
de la Chandeleur, 14 février 1254. (Martenne, Thés. Anec, 
tom. I , pag.' io52 , et le 16 juin 1262.) En cette dernière qua- 
lité y il paraît, dans une charte du 5 janvier 1249 (v. st. ) (ap. 

"Butkens, 1. c. , p. 91 ), pour terminer avec d'autres seigneurs^ 
un différent survenu entre Henri de'Gueldre, élu év^ue de 
Liège, et Henri Hl, duc de Brab^int. Sur la fin de l'an laGBr^ 
où au commencement de 1264» s'élaiit trouvé à Cologne , il fut 
fait prisonnier dan$ une émotion populaire , par les habitants d© 
i:ette ville, avec l'archevêque, son frère, contre lequel ils étaient 
irrités. Les évéques de Liège et de Munster , ainsi que les ducs 
de Limbourg et de Gueldre accoururent au secours des deux 
frères : mais ifs ne purent jamais obtenir leur délivrance sans. 

'avoir préalablement juré avec eux de ne point obliger les Colo- 
nois à donner quelque satisfaction à leur archevêque, pour l'ih^ 

' jure qu'ils lai avaient faite, Le pape ÏJrbain IV , informé de ce 
serment ^ le déclara nul par des lettres qu'il adressa âûx intéres- 

'éés , le 8 marè 1 264, et enjoignît à l'alJchevéque de venger Phon- 
tieur de son siège. Tel est le récit d'OdericRayrialdi, dressé sur les 
lettres du souverain poVitife, dans lequel néanmoins nous avons- 
cru devoir changer le dux Luxemèurgensîs en- aux Limburgensis ; 
les priuces de Luxembourg ne portant alors que le titre de 



mimi^ 



(1) .L^unîque monument où nous ayons trouvé Thierri avec la àé^ 
nomination de Thibaut , c'est la charte de 1269 , citée plus haut. Mais 
Toriginal de cette pièce ne désigoe-t-il peut-être le nom de ce seî-' 

reur que par les lettres initiales Th.» suivant la coutume de ce tem»« 
y dont le copiftte aura fait Theobaldus | au lieu dç Theodoricu$^ 

\xiy. 4^ ' 



, ^ 



^^Tif^^V'^t'^i^tS($ut |Kii«eKfiie.lé dut de limbMnigNsVatisnecwe'y 

dkns là Isrtiite', ^sFi^lktrlfèrr^cfrft iniéreBsé poar'cû prélat. Nous 

^MùVbnïHiie séntefice ûMirAt^, dotonëe it dhnândie OiiuU 

XS ïtDàrsyt's^iy:^.) pAr'qocdeflKS o)»noMe»4leOologlMi^ ftkifti 

-Yjàe >^r le «oÉAt%fde Jvfliers <ét ^^uciliues aÉcitrei wîg i Hs iiiP s fehoish 

^h Pirchévê^fte et eeuxkle^b ville, »pé«^ décider leilrs «iôiif^s^ 

%tion^Mt pottt YiÉglëk- ia sàd^actiM à'faWe 4ti fMéltt ptmr lA 

4l^e'^t΀^/iCe >fots »m»êêfntjB^ tu^exmtéqatnbc éts drdr^séu 

. pape , qa'on entama ces voies de pacification ^'llMÎs'îl éi$t sët^ 

prenant que Ton ne parle .point dans cette .pièce de la captivité 

de Thierri ; au contraire *ôn s'y projpfôsè deVëquérir ce setgneur 

•à vou^oii> garantir^ avec le d<Qc de «Limbourg et quelques^autres 

^rincps.^ }es conventions qu'on venait de passer. L4 captivité da 

.seigneur de taiiquemont serait-elle doijc bien . réelle r/Les his- 

torierfs du ,pays n'offrent rien ici, ^ui , puisse répandre un plu» 

^grand ijou^ Sur ées lueurs , que prêtent; les monuments que nous 

venons cîe, produire. L!an 1^67^ le .12 jqe juin (Butkens^tom. I.^ 

" 5)ag._283^), Thierri. - ^' *^ ' '' ^ *' ^ ' ' ' 

la sonjmc de deux c 

i^evenus du^pont de B( 

rendre service. Henri, évggue deXiégCvCt le comte làe Guet- 

dre., son fr^rè " 

voulurent sN 

îteaticoupi^, . , ^ _ _^__ 

.)a tour/qui' flanquait Iç pont de la Meuse du côté dewiyck, fau- 
bourg d^ la, ville; car le seîgneut de Fauquemont y avait etivoyé 
.trois cents hommes de renfo|*t; cefieiidafit elle (nt enfin em- 
yport^e 'avant q^e de nouveaux secours y pus^nt arriver ,. «t 
détruite de' fond en* comble ^*i)« I^ duçliesse Alix ou Aleidei, 
.mère du jeune duc Jean I[, et ré|[ente du^Brabaot^ renoavêU 
-alors., le 8 septembre-, l/^ljiançe avec Thierri, qui promit de 
l'asâister'confrei'évêque deLiégeiet ses'all^és,,^ s^ propres dé- 
.pens, ^i la guerre se 'faisait «n;>âoçi de la Meuse, mais atix frais 
de l;a duchesse , au cas qi|Ml dût passer ce fleuve : il s'oMigea, 
en outFÇ, à faire tous ses efforts^ pour reconquérir la ville de 
MaëstFÎcht, à conditron.de pouvoir la retenir six mois après 



. 1 



fi -^ • ■ • ■ ■ ^ • 1 



(i) Le P. Fisen'raétle sfege de Matines au commenceiDent du mois 
d'octobre-; Hocsenv se contente ^e à\x^ ^rincipio bfemis. Si donc les 
Lîégçois leyèrept ce siège à cause de la rigueur de la saison , et que 
•celui de la tour de 'Wyck fût • éntréjirîs ihcotitiWéUt après , "cblnnie' 
•dirent ces ^écrivains» il 'fiafudfàit abandonner la chrondmgie que noAs 
' 'Tir oils' fixée; mais co'mhte elle'estàppil}Me'&ur les'ctraH^s que nous ci- 
blons , notis n^arôns nu upûs'rés«iidre ài adopter celle des hisioriékks de 
I-iege, 



IWoir forcée, avantda la reoi€t4re k h ducbesse eè au <Iuc , son 
fiJk Mous douions, que Thiiorâ ail pu reoipKr ceU eog^emeat ; 
car peu de 8eQlaittcsia{)i^b9 aaMoir^ le ii8i0«ftobre, H perdii unfi 
bataille contre! IMvIqua dç lifige^f leoamle de ;Gueldre, soiv 
fme et leuvt alUés y où. Varch^Byéqae de Ciklogoè, s<;»q £rère., i^h 
ôUâgé de ae. rendre, prisonnietà Guillaume kVf comte de JuUârs^^ 
Vaonée smvavtef Thieni a^attia wec le dbc de Limbouc^^ son 
c»mm j lift çomtfli de Clè^ea e% le seigneur dâ Heinsbfirg , .f>oiiv< 
porter un coup aux. habitants, de ht vilie de Cologne, qui'teoaii&ni 
pour te eosMIe deJjulâei»^ et Fempéehajent de«i;eybclMsrrarcke« 
^tâque. soiia la k» dbujuel âs( refusaiei^t .de pKec. Les confédécés ^ 
d/ftnteUi§eiice avec <]pud[aues. bourgeois àÎTectionnés au prékt 4 
tAuièrcji^ijC do surpi^ei^kâ tayUfela lujfit du 14 au iS octobre, en 
y epliant par vol conidaît soutercaàa; mais le secret ayant étô 
i^vélét ils furent mail accoeiilia des ei^nemis., et Th/erci perdit 
la vie daus; la mêlée. Thierri fut fiancé , 4ès avant Van lâSy , à 
Marguertiede. G^el^e, comme en fait foi le contrat condition^ 
iiei, par lequel Guillaume lY, ccNtnte de JuKers, s\)Uicea, le 
X9i mare i^âj,*Çn. st. ) , d^épouser cette «irincesse avant i^ Pen- 
tecôte die cette ^niiée, au cas que TJûerri voulût renoncer à sesi 
fiançaiileai('i). (Bulkens, tom. i, pr. pag. 79.) La condition eut 
lieu, et Thiierci doni^a depuis ^ main , suivapt Mantetiua, à 
Ji»Mms. ou Ai^xm, fiUe a'Arnoul iU, comte de Lo8|, rema- 
riée, après sainert, à Albert, seigneur de Voorsu en ZéUnde,' 
doat il laissa. Wakraa, son successcfo^, qùè le B. BertKolet dit' 
malnàtpoopûs avoitr péri à la jouraée de Woeringen , le i5 juin' 
>a8& ) et, 9SÙ i^poft de Baudouin d'Avesnes ^ plusieurs fittes.' 
fiv^keiis en nenme dmx, libelle ou Slisabei(h, depuis 1262, 
seoMuie £smme d'EageUiert, compte delà Marok; et Aleide ^ 
abbesae de Muast^rUlseD , morte en id^S. 

e . 

HTALIRAN II, suRNOMitfÉ LE ROUX. 

1268. WaleA'AH JI succéda à son père Tkierri dans le spi-^ 
gDfttrie de Fauquemont , n^étaqt encore que dans là seizième 
année de «oç âge. Il posséda aussi les seig[neuries de NI ont joie j' 
de Marville et d^Araney , soit qi^Ml y ait succède immédiate-- 
ipent à son père, comme nous le pensons, soit qu'il en ait 
l^érité kii->méme de son oncle , dans Pintervalle du tems éct)ulé 
depo^ la içnort de son père, jusqu^au inois de mai 1269 , où il 
les tenait déjà. Mais Waleran se voyant chargé de dettes , que" 
Thierri, son père, avait contractées sans doute pour soutenir ses 






(i) I|bt* d« Losi, Ut. 7 » p. aoo ; maïs p. 9o4) il Tâppelle ^/<7iAiiv. 



364 CHftOÎVOtOGlK HISTORIQUE 

guerres, il prit la résolution dé Tendre une pafite de ses biens 
pour les acQuitter, et empêcher par-là que toutes ses possessions 
ne fussent aosorbées par les exactions usuraires des créanciers. 
«De toutes lés terres qu'il poj^sédait, dit Bertfaolet ( tom. V-, 
a» pag. 174) » celles de Marrille et d'Arancy lui parurent être 
3B moins à sa bienséance, à cause -de leur éloignement de Fau^ 
j> quemont et de Modtjoie ^ lieax ordiflaires de sa résidence ; 
» c'est, pourquoi il résolut de les vendre à son grandwmcie 
» Hennll , comte de Luxembourg , qui désirait de les acheter, 
j» Mais Thibaut, comte de Bai', s^ opposait, prétendant que la 
3à préférence lui était due, parce que ces biens avaient été dé- 
>4 tachés du comté de Bar pour la dot de la comtesse Srmesinde. 
j» Dans Pappréhension de ks désobliger Fun ouTautre, W^leran 
a» traita d'abord avec tous les deux ; mais peu de tems après, il 
3» vendit séparément , et psMr.un acte du mardi avant le joi;ir des 
» Bameaux, Tan 1269, Marvillc et Aràncy, avec leurs dépen* 
» dances , à Henri , comte de Luxembourg » , en se iréservant 
néanmoins pour lui et ses héritiers, le droit de les retirer de ses 
mains, au moyen de \sfl refusion du prix d'achat, comme îl est 
porté dans la charte du i4 mai, citée ci-dessiis, dans laquelle 
Waleran renonce aussi à tous les privilèges que les lois accor- 
daient à son âge, en vertu desquels il eût pu, dans la suite, de- 
mander quelque changement à ces dispositions, etc« Il dressa 
encore , suivant l'historien du Luxembourg ,. « la même année , 
V un autre acte, dans lequel il régla, au cas de retrait, ce à 
» quoi les deux parties devraient se tenir , suppqsé que le comte 
^ de Luxembourg eût fait de nouveaux acquêts , ou des pertes 
» considérables, par l'invasion de quelques ennemis. Il spécifie 
xt encore la manière dont la justice devait s'administrer , corn- 
» ment les hommes des deux fiefs étaient oUi^s à la* garde des 
a» forteresses , et dans quelles occasions on pouvait prendre des 
a» troupes auxiliaires pour défendre les ehâteatix de Marvilte et 
» d'Arancy. Afin que ces contrats fussent inviolablementobser-* 
3» vés, Walerân de Fauquemont se soumit Itit et sa terre à 
l'interdit ecclésiastique , en présence de l'official de Liéige, 




3» s'ils manquaient à leur parole. Us constituèrent Wâleran ^ 

^ duc de Limbourg, de qui ib relevaient tous .deux, pour juge» 

31 le requérant de priver de son fief celui des deux qui violerait 

V ses promesses. Non contents de telles mesures , ils écrivirent 

a» à Guillaume, comte de Juliers, à Adplphe,,corotede Monts 

4» (Berg) et à Thierrî , seigneur de Heinsberg, leurs pareots, et 

« le$ coniurère^t, si l'un des contractants. ^ncoumc. ia.{»^e.A 



DES SÈIGHEUmS SE FÀÙQUEMOIIT* 36S 

» laquelle chacun s!était condamné volontairemçnt , d'àban- 
»' donner le réfractaire et d'aider Tantre de toutes leurs forces, 
j» Waleran de Fauquemont alla plus loin , et , pour preuve de 
» la sincérité de ses intentions, il promit au comte ueLuxem- 
»' bourg de ne point aliéner ses cnâteaux de Montjoie et de 
» Butgenbach , et s'imposa une amende de quatre mille marcs 
» de I^iéges'il' y contrevenait ». Il écrivit aussi aux bourgeois de 
Marville et d'Arancy de rendre hommiage au comte de Luxem- 
bourg ; ce qui fut aussitôt exécuté que commandé , dit le P. Ber- 
tholet (tom. Y 9 pa^. 187 ) , au rapport duquel Pacte qui en fut 
dressé- est du m^rdi ayant Pâques fleuri 1269 , sans doute nou- 
veau style. 

Peu d'années*après, Waleran répara , en quelque façon y la 
perte quHl venait de faire par Taliénation de ces seigneuries 
\Jbid. pag. 190) ,. ayant reçu en fief de Marguerite, comtesse de 
jLuxembourg, et de Henri lU ^ son fils yi les terres de Saint-Vit, 
de Neundorf et d' Amblève , quHls avaient acquises de Philippe 
d'Amblève. Dans le même tems, le duc de BrabaUt rachète la 
rente de deux cents livres de Louvain , qu'il avait constituée 
l'an 1267, à Xhierri, père de Waleran, sur le produit du 
pont de Maëstricht , en le recevant à hommage. Waleran as-« 
signa au duc , par un acte ( Butkens , tom. 1 , pr., pag. 106) 
fait à Berg, près de Maëstricht, le i5 novemore 1274 9 en 
compensation de cette somme, sa terre de Uouten , entre 
Mersen et Saint-Gerlac , avec quelques autres t)iens situés à 
Amstenrode et ailleurs , pour appartenir , depuis cette époque , 
en propriété à ce duc, de qui les seigneurs de Fauquemont 
' devaient les tenir en fief, et par là être ses vassaux à perpétuité. 
L'an 1277 , le 7 avril, Waleran entra dans la grande confédé- 
ration aes seigneurs du Bas-Rhin , contre Sifroi de Wester- 
bourg (i), archçvéque apparemment de Cologne, comme en 
fait foi Pacte même, selon Gérard Kleinserg, dans son histoire 
de Westphalie , conservée en manuscrit à la bibliothèque du 
collège des ci-devant Jésuites de Cologne. L'année suivante, au 
mois de mars , il accompagna Guillaume IV , comte de Juliers , 
dans son expédition contre la ville d'Aix-la-Chapelle. Mais le 
comte ayant proposé de surprendre cette place la nuit, Waleran 
fit tous ses efforts pour le détourner d'un dessein si dangereux. 
Soit que cç Sjeigneur usât en effet des paroles que Thistorlea 



tm 



9 

(i) M. (xandlîng pr<?tead que le pèi^e de ce prélat ne fut que sei- 
gneur de Runkel, et que son cadet , Henri , commença le premier de 
cette famille à être comte de Westerbourg ; qu^aimi Sifroi devait plutôt 
, ^v» nomiii^ de Runkel ^ue de Westerbour|. 



366 €iiioiK>tofii.s. mmimé^jm 

de Lo8$, (Uv. 7, pag. 208) me^ âaos sa boviche oiir (pavtiiei» 
semblables, pour portef ses alliés à lie ppi^ ei^ti^r U nuit^ 
<kos la ville; il est certain (yal'il, 9&)es y S4fii^t;p^,,(ilt,tti^Vév^n. 
nemeat ne justifia que tro^ ses appréh^a^iflknsy, COI91IM.I18 té(Q0i«v. 
eue Jean Hocsemius: (U6. i , ç. i a ; ap.. Çh^^ani^îll^. scfiip^;! 
liéod. , tocD. II , pag. ^09,). W^lena^vCuit 4^ 90iab]}C^4(^(4riQoe% 
du sang de LioiDourg,, <)ui ocir.^nt ka aro^ powK vcogerflac 
mort tragique du comte de JuU^s, ^^ ceiu d^Aij^^lA--Çh«pQUet 
et pour faire revenir auj( eafanUde.^ecpmie ,. rhé^itage «Jerl^iiff 
père , que Tarchevéque ie Col^goe av^it eiii«a)iii ^^ocu^ineiiitr 
après sa mort. (Yoy. les d^9 de Lw»ko^t^g^i k9\cmiÊi4 4^Juti0i$i^t 
.AYaleran rendit (Butkens, tom. I, pr. , pag. 112), le&amiil^ 
1279, ^"^ sent^ace arbitrale, avec 1^6 coii^^de^ Fliandi(e el de 
Luxembourg , sur y n difiereoA eaf re Jksi du^^ de Rra^pl e4 4»- 
limbourg. il intervint aussi, 1^ iatP a^tewbce 1389, aM trsii|é> 
de paix conclu entre les. ^ufai^ts di| QQn^t^ 4« Jî^U^i^eil U$> Mbtw 
tants de la ville d'Aix^la-CbapeUe. IHicmiu igQoroas, si b'est eo. 
ce tems-U ou dès auparavant, que Tamp^e^p JUfdotphA c^MiiÇé^. 
à Waleran U sous^avouerie (1) d'Ai^-^i^Cb^paljie^. yaicaAl&ipar 
la mort du coojtte de Juliers* lSo*i^ k i^^gon^ferg^s , pour la pvcH* 
xnière fois €;q cette qualité., dana uo^ cnart.e «lu VQiîdrecK avant 
le dinianche Lœljarc is^ inars 1^85, 9^, ^t*)* par taqmcJilç il 
promet à Jean I, cluiC de Brabant, de Ivicoq^fver, pendant 
touît le teQ:is qu'il t\eadra la .SQus-dviHie]ri& d'A}K^larCb#p#lle ^ 
les droits quUl a sur cette ville i comn^e &ofi haitbA-avoi^ , et .de 
faire observer toutes les cpn vantions entrQ le duc e^ lea babilanU* 
Mais ceux-ci furent plus portés pour les i-ntérâts de ee priiiçe!^! 
que ne le fut Waleran lui-ç^éqie; car ils tinr^Qi eoa^mioeint' 
le parti des Brabançons çoalfe le comte. de Gueldrç, d^s la 
guerre pour la succession au, duché dç ](4iinbDurg, qui reoQm^ 
niença peu de semaines apcès la date de Tactç dont oat vient' 
<k parler, la trêve étant alors expirée; le seigneur de Fauque--. 
mont y prit depuis, comme aupraVant, vim dç pari qu'aueun 
autre des princes alliés ^u comte de Qqeldre, son i>eau^frèreV> 
ce fut même lui , suivant Jean Van-Héclu , auleMr conîempor^v 
raîn et très-instruit de ces événemei^ts , qui avait attisé le feu 
de la guerre (2). Aussi ne fut-il pas long^çuQs à s'en ress^nlir ;» 

(i) Voîc.î un extrait de Pbntanus , tiisl. Gelr. , lîv. 6, p. ibi » que 
nous ne pouvons vérifier : « I^am Walrainiiis Falkenbur^cupuiisi.%a ctiaixi 
>» ultrb ad bellum Bi^bantinis inferendum , ob injurias sîbî ab epîscopo. 
Tt Leodiensi , . qui Falkoburgum aiixilie Bra^antis^ ducis paidt ante 
V ob^edciat { illatas) stiinulabatur ». 

(2) On peut , ce semble , Tioférer en quelque sorte , de ce qu'au 
rapport de Pontanus, ce priàce «'engagea, eu laSa, à ue Caire «HSMb 



Inr le dbe de A^batit ^ nsfatiùé de la Kg^ V'drmtdâUè me le 
iDoiAte^de'Gâeldm âMàitftfiteâvec'leis pi«inces voisins (Butkens, 
tom^^I^ p. ^i')>, 'pa&sa4a Meuse el vint mettre 4e siège devant 
«nd^ ses (MteMxndtimiéiltvtial, i'e&ipô'rta en peu de tenrs 
Ht leifit raser. 41 ^àlki eMoke à la reticôntre <}e Vennèmi , qu^il 
•tvôtfrai aax erfMiôtis de G«i4op; mais Iffs armées ^ant près d'en-? 
'^«^«r<ieQ«mibat/one0iii4Md^uiie trêve depuis le* 17 juillet 1284, 
7tisN{lfatix fét^ de <iPâ(tues dfe l^amiée auivànfte. Vers ce même 
tmis, les (MAzités de f^laifdre et 'de 'Beihfaat devaient prononcer 
'9iir4e*dr<ik<d^ deux compétiteurs. La sentence des arbitres 
lem dépkit>égââ€^?^iit-, étant tous les deo<téSolus à ne point 
9e déffurii'r en irieti dé leurs^ prétentions. La guerre recommença 
^k>rs : le>Bl»osâ^d de <14ttibouFgse mit le premier en campagne 
^ cdârat i»v«c i^iie ^ite troilpe , le tei^itôire de Dalem ; 
allais il €ttt bâHii et ^ait prison nier par ^un parti de brabançons. 
i£o4iaâtt#e^eiDér^(fBàtkc»is, 1. c. p. do3),'Waleran de Fauque* 
asiiafit', <i)ir^élgré 't^ii&atg^etxiétit quUl -^^ pris peu de isemaines 
)Mi{Mrf«îrafM>àyC!e le^tie de^Brabaitt, comme on Va vu plus hfaiil^ 
l»vagll(i'ka'l!i^ivli^^'4\6"Maëslric^^ prirent lés 

lilNoftes<et *&tiêiM une vvâioiiréùse sorlie; màis'VVâlei^n soutint 
i^fitk*««bcfc<^à^eè4altit4e4>ravoolre, du'ti'les d»Hgea de reculer , 
ietti''^ttiftfdU' ll^ynde ëi »ût prisontiieFS leur éhef avec plusieurs 
4Mitm* Tie4uk:>ay2Mt^a|)pris eet échiec, envo^wi Wennemar de 
'€^imkiîtb, «ei^^Ur d\e 'Hoogsttateii , au secours de ceux de 
Maëscrîébtvi'l Ik le»dé^t surieS^terti^S'de'^^àlerari/ëty brûla 
^)^ittsil!iits ^lfe^« A Vie coup , ffe» cotifëdérés résolurfent de s'em- 
^i«r'*de la vme dte JMa'ëstricht : le seigneur de Fauquemont 
:4)KfMi«Mt ^ifîëtté'^titi^eprfse. N^^ant pu Vemr à bout de forcer 
te'phicfe',' n^^eféfa^sdf 'le territoire de1>atem, et y mit tout à 
éèuk ^ àHMi%; îl foHIla -efieore le village de Lomel, dans la 
Çampine. Une tioi*vellfe*tï?ève fit cesser les hoëdlîtés pour quel- 
^és-^IMls :^mliis elle ^fét aussi inTructtieuse pour parvenir à un 
-^eétaÉiltddeiMeht eAtre les parties belligérantes , que la pre^ 
%tli^t^ l'k^t été , 'et le pays du Occibourg se vit replongé daiis 
4es*lterretlrS'de 'la guerre; celui de FaKiquemont n'en souffrit 
^f>as tadoîns. ^Biiikens , tom. I, p. 3 10.) Vers le commence- 
, «fient de t^ân fa8ft,Péviôque de Liégte , allié aux Brabançons, 
^e disposait à ^y ravager, eequi, jusque-là, avait échappé aux 
"flammes. HèUi^eâsement Waleran en fut averti à tems, et ra- 



changement dans les pays situés entre le Kbin el* la Meuse , sans Tavis 
•t. le coaseotement du comte de Gueldre , des. enfants de Guillaume., 
comte de Jiiliers, de Waleran , seigneur de Fauquemont et du jel- 



369 .ciMiotooifi mt99ca0i^S{ 

massa we assez, bonne armée pour couvrir S0a tefriloite. CW. 
ce qui déconcerta l'ennemi : il n'y e^t qu'un des officier* df^ 

- la garnison de Maëslricht, qui, dans le lems que Wal^BaA 
campait à Youreodal 9 se »haiarda de venir • mettre le feu an 
village de Mersen, Ces brigandages ne servirent ^u'à affaiblir 
.les deux partis ; aussi parurient-ils s'en lasser : m»}s ce ne fut 
qu'une grimacé^ au moins de la part des tçonfédérés. Après avoif 
ait une nouvelle trêve, on se donua un rendez-vous à Maës-« 
tricht , suivant la grande chroniqiie belgiqijtf&.) ou à Faiique^ 
mont, selon Van-^Héclu, pour y concerter la paix« h^ coih 
fédérés n'y pensaient néanmoins. pas; leur dessein ^tait d'ac- 
cabler le duc, en lui opposant un autre chef de la ligue, dana 
la personne du comte de Luxembourg., h qui le comte . de 
Gueldre transporta ses <lroits sur le Mché de, Limbourg, le 
x6 de mai 1208. Le duc de Brabant s^^it bien défié de la 
^iùc^rité de ses antagonistes; c'est, ce qui l'avait déteratiaé^de 
s'arrêter à Maëstricbt : mais, il n'eiit pas plutôt appris .ce qiié 
venait de se passer au cbâteaude Fauquemont ; qu'il bt ocfsup^t 
tous les débouchés, pour |;o«per ki*retvaite^ux seigaettrs qui 
s'y étaient rendus. Cette G|>ération n'eut pas le succès qu^il en 
attendait , ses ennemis ayant .été avertis > ass«K à tems pour s'ea 
retirer. Nonobstant cela, le duc alla, le l^^kdemain, attacpier 
ce château, et y. «elon toute apparence., il s'en fût rendu oMÎtref' 
si , par l'envie qu'il avait de poursuivre l'archevêque de Co^ 
logne, le plus dangereux de ses ennemis, il n'eût agréé un 
accommodement que le comte de .Flandre , qui était resté dans, 
ia place, lui proposa. Par ce. traité, le seigneur de Fauquemont 
s'obligea à ne plus «porter les armes contce le duc, dans la guerre 

' de la succession au duché de Li^aibourg , sous peine de lui fSiyer^ 
en cas de contravention , cruatre mille .marcs, d'argent (4) ^ de 
quoi le comte de Flandre aemeura son répondant. 

Ce prince ne connaissait point assez l'humeur. guêiaaièra de 

. Waleran lorsqu'il prit cet arrangement en sa Êj^veur : aussi payar 

, t~il sa précipitation par la perte de cette somme ; car le duc de 

JBrabant avait à peine levé le siège de Fauqiiemont, que Waleraa. 

reprit les armes contre, lui. Il mena un renfort considérable à 

Tarmée confédérée , et combattit à la bataille de Woéringen , 

-1^ 5 juin 1288 , avec beaucoup de bravoure. 11 ne fut point en 

cette journée fait prisonpier , comme l'ont avancé certains écrit* 

irai ns. Jean Yan-Héclu, témoin oculaire, assure positivement 

Îu*il évita la captivité par la faveurxlu comte de Loss son parent* 
[ais, malgré la défaite entière de ses alliés, il refusa de recon* 



• 

(i) ai3|^^ liv. 6 s. 9 d. de ootre monnaie actuella ( 1765 )^ 



MSiîh^ 1*6 ^e de BrabAtrt po^t MiBLYétéin- êè t^iit^b^m-g , et /H 
t&cha même de Icn faire toui letnal <|tt'il poû'rah. La comtesse 
4e FlandVe , so^dt «du cbmie de Luxen^bouf^ , lûé à la bataiUè 
4rte Woér'tngen, «ntîiai (ltih$ ses vè«s ; ei , pour Ty stcomler , ell^ 
4e fil son g^cksvf^tMïik* é^ cô^ifité d€ Nàitiiir. C^pen^ànC ie d^ 
t^étafît défennîtiëà fâmevier cet*enn«fni reoiuftnt auilevoîr rpotit 
>cH «flët , il porta , au mois d^adût ; lé désolattoti sur ses terreé» ; 
«i ^t le siège dei^atit le cMNseau 4t Fauqoemofit ? i!rvais il fujt 
KMiigé de l^banrtonnek'pohr rfler défendre ses propres é^âtsy 
<fk Wftleran s'était at^ticé le fei* H ♦eféa àla maiù , api^s aS^^it 
fciltu et toé \t s^igliewr de Wéli* <Jw»i voulut IVà erftpl&tber. Auic 
approehes du doc, 'W^etàn sie reljtà ^ Wâmur. Peii de cemi 
après, i\ signa , avec te comt« de f^limdfe ef dVcHfes sei^rtcurs^ 
•un traité li'afHiattoe par lequel tb s'engagèrent, quèiqu^i: en pût 
«rriver , k M^srtt la guerne ètf duc de BriAànt^t  révétjtié éë 
Liège, s'il étftit wéce^aire -dVn -vertit iè cette ^xtrérhiié, poiit 
^ocitrer la Bbérlé du c»ni%e dé X3hM4dre^ due te. duc aVàtt fciit 
tihriacrnflf erà la jtnirnée de Wbéfinge'n . Mais , ftéu>ett*emptrt pové 
ift hasst All^miagiVe, Philippe le fiel, roi de Fitince, «oiijurà 
l'orage défit die était «lettafeée, é« sVmployant si efficacement 
pour la délivrance dé Mîlu6tre^risofiÉ*ier , qu^l réussit à «é faire 
agréer des deii» partis pour armtre de leurs prétentittm. Wa^^ 
lerafn- fut compris dans la paix nque oé prince procura par ÉOtk 
|ogeméht reiidu le i-6 UritmTe ra^g î et , comwie il se irouvait 
* Paris, "îl -fit, defavétido èoiûtèile GiieWre, konifinage aA 
duc de Br^rbant des fiefs qu^il iémk do duché ée Littibourgl 
Nmi» ne-voyons point que l'harmonie qtrî venait d*étre établit 
-entre le -dut de Brabant et Wriemn, ait été Mtérée depuis ]( 
nous avons au* contraire quelques preuves de leur botme totel-»- 
lîgence,, en -ce que, le à4 ™^^ «^O^ (n. *t.) , le duc 'requit 
«vec d'àfcrtres nritices , rengagement qu'il avait pris enveri 
^cs sujets de nen exiger jamais certains impolis, et«; , est eti 
<:eqèe, le i6 février licjfe ( n.:st.) , leàn J|||^successeur dé 
JeaH 1 , M dttcM de Brabant , et Walèran ,HRie 4e JuUers ^ 
le choisirent »tec ^'autres seigneurs pour dééraet lanê contes* 
tatîon 6^ ili ètaietit entrés sans qu^bn en sache le sujet. Les 
arbitres ftirent autorisés ^ traiter ime alliance oflfensive et 
défensive etitte les maisons «de Bràbant et de Juliers, et Ht 
igétiérftl à -faire toqsles atrangemcnts nécessaires pô\jl" ^ermi^ 
la concorde entré elles. L'année suivante , WâWansrrraitdam 
l'armée de Gui, comte de Flandre, contre Philippe le Bel ^ 
ipôi de f'wmce, et-commilnda avec Hobert , fils aîné dà comte, 
et quelques autres seigneurs dans Lille , lorsque le roi en lit 
)e siégë-. Dans une sortie , il se^aistt d^tn comte qu'(m dit ^ 
tnà^ trt-opos , de Vendôme,- et ItMiifena garotié sur son cbevit 
XIV, 47 



37P €n09OU)6l£ HMfM|SiQi[E 

dans la. ville; mais , poiifsiiivi et pressé (&r l'ennemi ^ il fut 
obligé irabandcHiiier sa proie , et jeta le malbeiireiix ccmite 
.dans un fossé devant la porte de la ville, oà, à ce que l'^i 
prétend , il périt. Waleran fut encore d'autres fois heureux en 
sorties ^ et y causa beaucoup de .dommages^' aux Fraooaia. 
Cependant les bourgepis se plaignirent de la durée du siège 
et de la disette des denrées quHl occasiona.; c'est ce qui força 
)a garnisoo à capituler au commeRcement du mois de septem- 
bre : elle sortit de la place avec tous les hoqueurs militaires , 
après un siège de ona^ semaines. L'an^alisle de Flandre fiât, 
à cette occasion, l'éloge de notre héros ^^ en l'appelant un 
.chevalier très*vaillant et que la nature semblait avoir dressé à 
manier des armes :; Foriissùmo ^uîie et qùem prorsus ad urma 
natura Jitmsse mdehatur. Pontanùs (liv. 6 , p. i65) dit ^sat^, 
«ur un autre sujet , qu'il fut un capitaine très^expérimeoté.«t 
le plus entreprenant de son siècte.: Fir uiigue mUH id ien^Hjrh 
. rei mUitaris peritiâ audaeiàfue secundus. Les- exploits qui lui 
t)nt fait donner ces Iquanges font croire qu'il était d'une com- 
plexion forte et capable ^endurer la fatigue. Cependafit il ne 
poussa pas sa carrière aussi avant quVn l'eût pu attendre ; car il 
jnounit entre le i'6 décembre .i3oi , auquel on le voit encore 
intervenir comme témoin à une charte, et.le^ao œtofare i3o2, 
^Thierri , son fils a^îné^ lui avait déjà succédé, comme nova 
)e montrerons incessamment. Outre ce fils , Waleran en laisaa 
encore, deux autres : Renaud , aussi .feigneur de Fauquempnt 
après son frère, et Jean, cpii (Butkens^ tom. 11, p.3i3)y 
.vers l'an i3ao 9 acheta la seigneurie de Borne d'Arnoul, sei* 
jgneur de Saint*Leine : il. mourut le 3 mars i356 et fiit enterré 
à Sittaert, après avoir été marié , en premières noces ,, à ManOy 
dame de Ravestein et de Harpen 9 dont il eut Waleran et une 
fille, Philippe , épouse de Jean IV , comte de Salm, en Yosge^ 
desquels il sera parlé dans la, suite , ainsi que, de son deuxième 
iils , Eeoaudf^j^nt de sa secQnde femme Catherine, et n«N9L 
pas Jean«e ,\MBaae le dit Butkens, de Yœrne ou Virnen- 
bourg , veuve Wt Jean , seicneur de Dalembroeck , fils puîné 
de- Godefroi U , seigneur de Heinsberg, qu'il épousa ^prèa 
l'an i334 et avant le 5. mai i34:2 , comme le prouve une4;harte 
de cette date , par laquelle Kenaud H 9 duc de Gueldre, ar- 
rangea un différent qu'elle avait avec son beau<»frèreThierriiIly 
seigneur de Heinsberg et comte de Loss, sur le douaire de 
son premier mariage. Ces trois enfants de Waleran U , furent 
le fruit de son mariage avec Philippe bb Gusloae 9 sœur de 
penaud 1, comte de Gueldre, et pendant quelque tems, duc 
de Limbourg , du chef de sa femme , à laquelle il était déjà 
marié en lajS , comme eu fait foi un acte ou 3o mai.de cette 



Mnéé , par lèquettU coûfiéra , de concert avec son ëpoùse^ , le 
dfOit de patronage de l'église paroissiale de Glen au ccnivent de 
Bichaléin. Elle lui apporta en dot la petite ville de Susterei|> 
avec ses dépendances au pays de Juliera. C'est ce dont on peul' 
se^ convaincre par une charte du dîitianche Juèilaie ( 26 avril } 
lajQ , publiée par* Pontantis , au rapport duquel Waleran' 
lin 'âsaigÉa , la même année, pour douaire, les villages de Gfen ^ ' 
dis Briuisvell , de Lombaoh et de Wenfaach , et en outre encore 
le^ebâteau ou boiH*g de Bulfienbach j de l'aveu du duc de Lim^ 
iKimr^dont il le tenait m ûe£. Au. resie, la donation pieuse dont' 
0Q vieol'dc parler, lie htt pas la sèïée ^ue Waleran fit : 
noua trouvons qu'il conféra encore, en 1^78, au monastère' 
déea reâigieiiaes prémonirées de Sainte GerUc , au pays de 
|5ai»|Wfinn»it 9 le drcHt de patronage de l^église d'Oirsbeck. Il 
eafc vtai que ces sortes de concei»on» ne concluent pas beau<^' 
coup ; mais m moitis celle que Waleran fit en 127S , paraît 
li$ôir pocté , outre ce dioh ^ quelques re^ûus temporels. 

TBKRRI II. 

'i3oi ou^ iSoi. Tmufti II fut le successeur dé Waleran 11^' 
dans les seigneuries de Fauquemont et de Montjoie. On ne le 
connaît que par les démanrnes qu'il fit pour s'assurer la sous- 
avouerie d'Aix-la-Chapelle, nue Waleran, soe père, avait ob^ 
tenue de ^empereur Kodolpne, (H>mme on l'a vu plus haut. 
Mais après le décès de cet empereur» Adolphe de Nassau, son 
aueeesi^r , dépouilla le seigneur de Fauquemont de cette di« 

r'té , en permettant à Waleran , comte de Juliers , cron cousin , 
la radi^er de Jean I , duc de Brabant , au moyen de la somme 
Eynv laquelle elle lui avait été engagée. C'est ce qu'avance But-- 
ms ( tom* I , pa^. 394 ) » d'après Pierre de Beeck , qui avait ' 
vu le récrit impéri^ expédié à ce sujet à Cologne, le i3 juin 
1^2 e mais nous croyons^ qu'il faut cnanger dans la notice que 
INéertvain d'Aîx donne de cette pièce , te nom de Jean , duc de 
Brabant , en celui de Waleran de Fauquemont , étant certain 
que <;e«éigneur posséda la sous-avouèrie en question, en iJ2S8; 
ou biei^: il fiiudra dire , ce. qui n'est pourtant guère vraisembla-" ' 
bte , que Waleran la reçut du due de Brabant, et non de Tem* 
pereor lui-même. Quoi qu'il en soit, au rapport des historiens 
que nous venons de citer, l'empereur Adolpne la donna encore, 
au mois de septembre de la même année 1292, au comte de 
Juliers, qui la* retint^ selon Butkens> ju^u*à sa mort , arrivée 
environ 1 an i3oo , et nop , comme cet auteur écrit, peu après 
1292. Alors Waleran de Fauquemont trouva moyen ae rentrer 
en p08sesstoti.4c*çetle(U^^Mté, et la tiwimiit aussi à Thierri , son 



^ , ftt .siicçe»$eu»« C^rp^à^ mnûe de Jteliftrir Mvil pis de ha» 
m\ (Qu'elle lui (û^ échappée» il «er^ît diffidle de dit» qa^ê^Hk^. 
t^ particulier , lui ou Iq se.iigpaeur dejb'auqmeiiioiitt pouvait y 
tvoiiverf.n^nr.&'étr^ donnéMnl dei|iOôveiiiMH3'à<9(maajelf;niois 
€^^\ qu'jll.ait été , il 4ài\ anw été anez^ ecHi^érable ^ k «ootn» 
qfie reavie d« rempoitfHr auc sop «HWtptéiileitr n^ait poussé i'ua 
et l'aftiire, pjiùs <|ue .iQu(e auUe eho^e ^ et se.dÎAput^c celle ssm»»*' 
aifpuerie^. Gérard fit si bie» «uprès»de Tempereiir Albert t^ <|a'it 
lui accorda, au camp près do Cob^^ ^ U ao ocèôbf» liba , le 
pouvpir de la reUrer dans deHx^aosc, adi,dm&Mnntis^.àft»^mMas, 
de Thi^rri ^ en luireiÂ^tiaiMLla spnune pour la^iielk eU«' arait 
été engagée à son p^ Walersm de Faimiaftmool» Maia Tbiecrî 
sut s'y B^aiiktenir cqntre le comte de Jnmcs, qui parait aéaa^ 
Bsoiois avoir fiût ^é aouveklea teoiatives poftr Tea délogiKrt piû'*' 

3u« le sdi^aeur de Faimisamoat se vit oUiaé^ eo ai^S^de 
pnner, à Kein^reur AlWt^ i4oo liwes:steuera/îi&nas.a^a£b»^ 
s€$auHde.Ui dii prix de reaflagemeQt; sur. quoi Albert lui pecattt« 
par un resçript du iH juillel, d'administrer encore cinq ans la 
sous avouerie. Mais Thierri n-eir jouit guère, élant déoédé dans, 
le cours de cette année, ou, selon Butkens, de la suivante ^ 
sans laisser de postérité. 

RENAUD. 

^ * *• * . 

/ • • 

i3oS OU' i3o6« KfSïAi^Ds, fils puîné de Waleran 11 f sttCcédaÀ 
sçn frèî^e Tbierri 11 , aux^seigoeuricade Fauqneiaoot , de Mont-* 

ÎQÎe et de.But^nbacb. L'an t3o6, il fit,i suivant le P. Bertb»^ 
et , hommage de Saint-Vit ^ aiast me des terres de Ne«indc»fff 
et d^Amblève, au coœtje. de Lisixettnbionrg ^ doi>t sea pcédéees^ 
seurs les avaieiit. teoues eq fief. Ses^paeimeni soins se tooraèrefit 
vfrsla sous:a¥Querie<d'AK](-Ia*<Ghapeliie : il fit d'abord toucher 
quatre cents inarci d!afg4»»t (i) pur ^ à r>«aipereur Attiert d'iku* 
trkhe, poi^r en avoir- la cenfirmattoa, qui lui fut asmlôt ac- 
cordée par une dépêche. iiMériale» donnée à Francfort, le 27 
Î^L^iUet >3pfi. Mais le comte <k «luliers ne pariât pasavoîr rt noilcé 
à^ses mea^sur cet emploi ; et nous croyions que^Kenand fit qu^^ 
<^ue convention à ce sujet avec lui. Ce q$iil'ti»iiiuet c^est qu-ief» 
ijj 10^. ils firent cause coaunune contre ceux d'Aix^laTChapelle^ 
nar rapport à qnelques^droks du sous^avoué , q«e lea booi^B^oia 
leur contestaient. On if^r€ sur quoi pré^îsémeot la question 
roulait; mais quel qu^egi ait été Tobyet, les habitants d'Aîjt s'y 
prirent très-^-malt ^n usant daa voles. de iait.coiiire L'abbajre de 



t(i) .a»^38i ttv» fisi S 4^9 «aniiiir de aês îaun;( ^jlblk:)^ 



DES ^liiiwHw mi T Ax a^ mm ^' ^$ 

OovRfâîffMiiASlerV ^ àmkx lieues de la vtUey quî'ils fntU^reitC (!t 
T^d4H««feil[i €» «a»<lre3, |>arc!i qia£ Tabbé dç ce nuinartèFe dfoît 
pam £ivori$er la cause de'cespriiiices* 

« hlemf^nmf. M fui p«& )piiUèl iostruif de ces violences , quHl 
enioifiCHl à l^atdMvéqaem Celc^e et au duc de Brabant, de 
pr»aare ii^s. tufeynaiatiiMis.aéctssaireSi ia faitt^ de promMiceren 
eoiiaéduf oceu Les^déf»!!!^ se restèrent pasi loag<^tems k vider cette 
querelle fs^ nn accomoiodtmèftt, en verto duquel les Aixoi^ 
fitrea^ obligés 4e réparer tous les torts causés à Vabbaye j Tin- 
)i»re faite atJx paitols des religteiH ^uésdaas le sac de ce mo^ 
Btf&tère^ el-de payer en ooCre , nne grosse amende au comte de 
Jidieraei au seignei» de Fanquémont^ Deux am aprè» cet évé- 
nement, Jean U, dnc de Br2Hbanr» se trouvant malade dépùia 
oneliliie tenss^ (^ sentant j^precber sa mon 4 jugea â propos 
oe convoquer ses barons et ses vassaux pour faire,, de leur avis ' 
ei oûf forme dte test^ffiient, quelque» ordonnances pourdebien 
piibiic de ses étiits« «B^oaud fut avec le comte de Jaliers du 
niuttbre dea seigneurs qni apMssèreht, le 27 septembre -iâi^^ 
lenr sceau à cet acte. Ils scellèrent encore ensemble de pareils^ 
ré^ementts et privilèges que le duc Jean 111 accorda aux Bra- 
bftDçens, peu après ses noces, le vendredi qui suivit Foctave de 
saint Pierre et de saint Paul (ta juillet) 1H14. 

' Jusqu'ici, les jours de Renaud furent , à ee quHl parstt^, assez 
ttanfeqmlles : mai^ nous allons v^ir combien dorages les agrtà- 
re»tJclans la suite; Ce -fut le a5 décembre i3i3 qu'il renonça ^ 
pour aif«si.dice4y à son repos y. en promettant son assistance à 
Aderlpbe^ de U Maccà , évéque» àet Liège , contre oertaÎRes fa« 
mîUtfs.que le prélat ae jpreposait de réduire au devoir dont elles 
sWattsnt écartées peodaiat V'absenœ de son prédécesseur : et 
comaele comte de ïj^km les soutenait, Renaud fit cession à 
Jean, amifds.csKkt j d'un &éf ^'il en tenait « peur être moins 
gêné à remplir son engiffesnent eaavers Adolphe. Cependant on 
ne /voit pas qu'il ait été dans Tarmée que Tévéque mena, au lAnois 
de fiévrier r^i4f oonise le comte: et ceux de ta famille de Wa- 
Dpnx.^ Mais vers la mi-âuin , ik unit ses troupes^ celles du préiat 
contre c^es de Hui et leurs alliés. On se détermina d'abord à atfa- 
€fàer l'ennemi campé près deFkMrine : le cartel éiait donné pour 
^ le 1 3 de ce meta ; m»s Adolphe ayant sa que l'ennemi avait reçu 
la vetUe un. renfort considérable , résoltit de le surprendre dans 
la.noîtv; Malbeureusment pour lui, le secret ayant transpiré^ 
il trouva Fenoeaii sous ks armes , il ne laissa pas d'y donn^ 
definmi, putsen.flancct en queue, mais il ne put jamais rompre 
ses lignes ; c'est ce qui le porta enfin à tomber sur son bag^ige 
et à lui enlever les chevaux qu'il y avait laissés pour être plus 
serré. Cette case ne réussit pas mieii» qtie les- at laques precé^ 



dentés pcfnr débander ses troupes. Le prékt û»rê coommii^ h> 
craindre pour lui-même, au retour du jour, voyant quef etinemî 
lui était supérieur en forces, et que, d'un autre cdle, il était boo<^. 
teux de ne ravoir point délogé. Le seigneur de Fauqueraont tira- 
de cet embarras Adolphe par un stratagème «qu'il suggéra. Oi» 
cessa tôut-ài-coup l'action et Ton retourna au camp. Les con- 
fédérés se replièrent sur le leur; maïs dès qu'ils eurent donné- 
jour dans leurs rangs, une. partie des troupes de Tévéque revint 
î-la charge, et le quitta de nouveau dès qu'il parvinrent à se 
rallier : cette manœuvre, répétée plusieurs fois, les ûtigu» 
beaucoup , et les disposa k accepter une trêve de quatre mois 
que les abbés de Lobbes et cT Aine ménagèrent ce foor - là 
même. 

Il n'est ' guère vraisemblable que Renaud se soit encore mMé 
depuis , de ces querelles liégeoises , n'étant que, trop occupé à 
se défendre lui-même contre le comte de Joliers. Et voici par-' 
où fut altérée leur amitié , qui peut bien n'avoir pas été dé» 
mieux établi^, à raison de la sous^avouerie d'AixTla«>ChapeUe» 
L^empereur HenriYll, de la oiaison de Luxemboulrg , étant 
mort en Italie le 24 août i6i3, la division se mit pèrmî les 
électeurs pour le choix de son successeur, ce qui oœasiona un • 
interrègne de quatorze mois, et produisit enfin une double élec-^' 
tion. Une partie des électeurs déféra le sceptre h Loub de Ba* 
vière, le 19 octobre i3i4; l'autre se détermyia le même }our' 

Ïiour Frédéric d'Autriche, dit le Bel, que l'archevêque de Co^' 
ogne couronna à Bonn , le a6 novembre suivant , comme evt ' 
font foi les leitres^expédiées par ces électeurs aux^jours indiqués» ^ 
Tous les deux trouvèrent des partisans parmi les autres princes 
d'Allemagne , selon les différentes vues que chacun de ceoxHci • 
pouvait avoir pour donner la préférence à l'un des. compé-- 
titeurs sur l'autre. Kenaud cn|( devoir s'attacher au. parti de- 
Frédéric ; il paraît même avoir fait des efibrts pour empêcher 
son rival de s'emparer d'Aix-la-Chapelle, lieu du couronne-- 
ment v mais ce fut sans succès ; car Gérard . comte de Julîers^ 
et d'autres princes dévoués aux intérêts de Louis de Bavière ^. 
étaient entrés dans cette ville, où Louis reçut aussi , le aS no-* 
vembre, la couronne royale des niiains de Baudouin, archevêque ' 
. de Trêves. Ce prince, pour s'attacher davantage le comte de Ju^ 
liers , lui donna , le 19 mars de l'année suivante , ou plutôtlui 
vendit pour trois mille marcs % la permission de retirer la sous- 
avouerie d'Aix-la-Chapelle des mains du seigneur de Fauque-r 
mont, sous la condition néanmoins de lui rendre la somme 
pour laquelle il la tenait engagée. Cette danse était , en quelque 
façon , un acte de modération envers un ennemi ; mais Renaud 
ne voulut rien entendre à ce retrait , et prit tes amies 'Cootrak^ 



jcontei ou plnldlil contûiuâ avec plus dVcharoeincnt J^s bo»- 
tilités que U .rivalité ^de Frédéric et de Louis at^it ^occa^o- 
nées. eilti'e eux. tLeor aniiuo^ité était si grande^ qu'ilrne vou^r 
lurent janiais donner dans les voies, d'acconunddeuiefinliqù^dî^ 
msàs coouDuns , touchés des malheurs du peuple , leur, ourri-* 
rent. Renaud eut bientôt lieu de se repentir de son obstiudi-^ 
tjoa ; car ^ étant un jour occupé à ravager les terres da Juliersi, 
lie comte vint à sa rencontre, le battit et l'obligea lui même k 
mettre ba» les armes. Le prtsoiuiier fut enfermé au château de 
^K;i4ecfcen.^ d'o^ il ne sortit qu'au bout d\in certaip teins, et 
mof^mBBt aiMi ranç<Hi assez considérable , outre q^Vil perdit à 
<^tte occasion^ sans retour, la sous-'avouerie d'Ai?c-ia-Chapelle^ 
pour laquelle, lui et ses prédécesseurs , avaient fait tant uq dé-^ 
penses. 

Ce malheur fut pour Renaud l'origine d'un autre , qui ne 
finit qu'avec sa vie. Accablé de dettes , il commença à surcnnrger 
d'impôts ses propres sujels^ e(. sijiçtout les étrangei^ qui possé- 
daient des biens fonds dans son territoire. Ceux de Maëstrkht 
en firent leurs plaintes au duc de Bra.bant , qui , désirant vivre 
en boime intelligence avec ce seigneur, lui envoya des députés 
jpour le requérir de réparer les torts qu'il avait faits aux habi-^ 
tants de Maëstricht; et de se désister dans la suite de ces vexa- 
.tions. Renaud, loio de ^e rendre axes remontrances,, fit pis 

Jtt^auparavant, sans-penser aux suites que ce procédé peu ré- 
échi pouvait lui attirer. £a effet, le duc, instruit de ce qui se 
passait, lui déclaia la guerre , vers le mois de juillet i3i8 ; ayant 
jKissé la Mew^ avec une armée considérable, il. commença par 
désoler le territoire «dcFaùquemont. L'évêquede Liège, ennemii 
dç Renaud pour le même sujet, vint joindre le duc^ çt assiégea 
le château de Haeran, près de Maëstricht, qu'il prit par stra- 
tagème ç car voyant qu'il ne pourrait venir à bout de s'en rendre 
maître par la force , il fit entrer quelques-uns de ses gens . par 
une fenêtre dérobée du château , avec ordre d'élever un cri de 
victoire, comme si le fort était pris. Ceux du dedans,, sans faire 
attention au petit nombre de ceux qui criaient , s'enfuirent 
tout effrayé^ dans une tour dont la peur leur fit même oublier 
de fermer sur eux ia porte. Les Liégeois les y suivirent , et après 
le$ avoir tous fait passer au fil de Tépée , ils ruinèrent le fort de 
fond en comble. £n même tems , le duc avait rajs le siège de-» 
vant la ville deSittaert^ où les sujets.de Renaud avaient ren*- 
fermé la plupart de leurs effets.- Le comte de Virnenbourg, le 
aeigneur de Thonenbourg, l'avoué de Cologne et d'autres 
chevaliers de marque, défendirent la place avec 'beaucoup de 
valeur. Mais le premier août , le régiment de Louvaip ayant 
^n^rté ua fort| ceux de Malines^t 4' Aiiyers,. animas .p^r cet 



I 

l 



\ 



37^ 4»RÛMÊ0élE 

«remplie , ttt soutenus par k régîifeent de ^Bredd ; teWirêrrt â^ 
-sVmpaner de celui qui 4^avai8rnait ; mais- ils futent repatissii^s 
arec perl«. Alorskdrtc fit ialtrefcsmurâf îles de toutes sbrttîi 
4}e xnaçmiie»* C'est ce qui, joint à la crainte de ttisrnqtrer'tfe 
;vivrés , défertnina les assiégés à capituler le 10 du mfttne mois. 
Ik ne demandèren^t que la vie ; ce qui lew fut atcordé; Le tch^- 
ieau de Herle , aiiisi que d'autres places , suttirent cet exemple \ 
»et ouvrirent leurs portes aux troapes brabançonnes. Renaud, 
voyant qu'il alkit être entièrement dépoasédë de son pays, comr- 
mença à craiodrie, et trouva moyen de foire trartér avec le 
vainqueur, de manière qu'il en obtint la paix. Cependatit ïl ttA 
en coûta la ville de Sittaert avec le «château de Herle, outr"» là 
-promesse de »'e»eroer plus d*bosliKfés t^ntre le dut xm ses sii- 
jets; il jura même qu'en cas de contravention, il se rendrarîl 
*a« gré dû du« à l.ouvain , et nVn sortirait "point avant de lui 
avoir donné pleine et entière satisfaction. JeaxiHI, de rétout 
-de sa résidence à Bruxelles > intorpora, par un acte du r4 
septembre, la ville de Sittaert au duché de Limbourg, jnroi- 
tnettant à ses chevaliers , nobles, vassaux et autres sujets en- 
deçà et au-delà de la Meuse, que ni Ini tri ses successeurs nt 
4a sépareraient jamais de ce duché,' pour quelque sujet que ce 
-pût être. 

Renaud ne pardonnait point à ceux de* Maastricht de fui avûît* 
•attiré ce désastre ; et son ressenttmem. Temporrâ iSur té. duc Ik 
prudence exigeait dans les circonstances où il se trouvkrt. H 
ï-ecommença à les vexer comme auparavant; mats il ne jouit 
•guère long-tems de ce malheureux plaisir. Le duc le sotnttlà 
d^abord de comparaître à Ixnirain ; et Renaud dut bien s'y 
résoudre , voyant que ce prince avait déjà fait défiler ses troupfSs 
vers Maëstricht. On ignore quelle satîstaction le conseil du auc 
lui demanda ; mais il est certain qu'il ne put pas la donner , et 
qu'en conséquence il lui fallut rester plusieurs amtiées k Xtm- 
"vain. Le duc en usa néanmoins avec beaucoup if honnêteté à 
son égard , lui permettant d'aller à 4a chasse et de se promener 
où il voudrait, pourvu qu'il se rendît le soir à lliôtel tju'on îtrî 
avait assigné peur prison. Cependant Jéaù de Luxembourg ^ tiÀ 
de Boh<^me, s'intéressa beaucoup à son. sort , et sblUcita sou-^ 




mains du duc; d'autres disent que Henaod lui-'iniême aivait 
conçu le dessein de s'enfuir, apr^s qu'il fijt instruit dés projets 
hostiles que le roi de Bohême méditait contre le duc* Mais*, 
de quelque makiière que sa fuite ait été concertée , le duc hi 
^prévint , et fit enfermer cet ififorttiâé seigneur au thâteao d« 



tes sBKiMVfts M ïàUQU&iiDKr. 377 

Génap'^^ où il efnd'ùra une longue .et pénible .<:^^mté. Duci», 
Menh quasi ad morkm- adstricius \ dit un auteur qui écrivait 
ders. Ce ne fut qu'en . 1826 que, par rentremise et.sous la, 

Stfantie dé Tévéque de Liège, des comtes de Gueldre et^dç. 
oUande , il obtint sa liberté., aux condition$ de; ne plu& 
|Hrendre les ailaaes contre le duc , de retourner, à sa sommation^ 
au chtteau de Génap, et de lui payer une somme de vingt millç 
livres royales, au cas <ju il refusât de s'y rendre. Renaud ne 
gjarda pa$ mieux ce traité que celui de ran i5i8. Comptant 
sur le secours- du roi de Bohême , il inquiéta de nouveau €641^ 
è» Ma^richt , et non Conteat de n^avoir point égard à raj.qur- 
nenient que lui signifia le duc , il tenta de prendre sa revanche 
flur ce prmce, et Pépia un jour. dans une forêt où il devait passer^ 
dans l'intention de s'en saisir. Le duc en fut averti à-tems, et 
conçQt tant d'indignation contre ce seigneur, qu'il se proposa 
de l'écraser. Mais Renaud , appuyé par quelqi}es troupes du roi 
de Bohême, osa lui faire tête, et lui tua, dans pae r^ncontre^ 
au-delà de deux cents hommes , outre qu'il lui brûla encore 
dix-'huit villages, sur la fin du mois de juillet 1327. Le comte 
de Hollande tâcha en vain de les réconcilier : le duc, trop animé 
pour «e prêter à un accommodemei^ , alja droit assiéger le 
château et la ville de Fauquemont. Renaud lui-même , aidé des 
smgneurs de Thonenbourg et de Sckleidep j de Tavoué de Co-> 
logne et de quelques autres chevaliers , défendit la place qui 
passait pour impasnable. Le 10 août , il fit une sortie pour dé- 
truire les machines qu'uqi ingénieur célèbre en ce ten^s-là , 
avait dressées. Mais le duc en fit. venir de nouvelles du Brabant, . 
et poussa ce sîége avec toute Verdeur* possible , malgré' la déser- 
tion qui s'était mise dans ses troupes. Ëntr'autres moyens ou'iL 
. employa pour forcer la ville, il fit arrêter par en Bas la rivière, 
de Gueule , de &çon que les eauié^renaontèrent dans là place ^et 
obligèrent les habitants d'abandonner leurs maisons. Ce désastre,^ 
joint aux attaques que le duc ne^essait de livrer pendant près de^ 
neuf- semaines, aurait enfin forcé les'.assiégés à se rendre , si le, 
roi de Bdhême n'eût procuré un accommodement , lorsqu'il vit 
qu'il était trop tard «de secourir la place. 11 employa, pour cet, 
effet ,-le comte de Juliers , qui engagea le duc , son 'ami , à se 
tromer , dans les premiers jours du mois d'octobre , au château 
de Rolduc, où, après s'être réconciliés , ils convinrent que la 
ville de Fauquemont serait démantelée, et que le différent du 
duc avec le* seigneur de Fauquemont , serait remis à l'arbitrage. 
du rot de Bohême, qui devrait l'arranger avant Pâques de l'année 
i^uivante. . 

Cependant ée prince ne s'empressait pas beancoup de rendre 
ja sentence^ soit qu!il eû> de^ yues particulières dans ses len-*' 



feurs j soit qlf*tl ti'eât pa^ ei^core été assez instruit dii foiid dé 
la contestation. Nous estimoûs que, par cette dernière raison, il 
Aiénagea, au mois de mars 1828, une assemblée à Malines , où 
le comte de Hollande et d'autres princes s'étaient rendus. On dis-* 
, eu ta Taflaire du seigneur de Fauquemont, sans néanmoins rien 
décider, parée qu'il avait refusé d'y comparaître lui-même et 
qu'il s'était contenté de leur écrire. Oi^ ouvrit , le mois suivant 
à Louvâin , de nouvelles conférences sur ce sujet ^ qui durèrent 

Siusieurs jo«(rs ; mais elles n'aboutirent qu'il une prorogation 
es trêves jusqu'à la nativité de saint Jean. Dans cet intervalle, 
te fils du seigneut: de Heinsberg , ou ce seigneur lui-même , et 
Jean deFauquemont, frère de Renaud, entreprirent une expé-* 
dition contre la ville de Fauquemont : leur dessein était de s en 
rendre maîtres par un stratagème qu'ils avaient imaginé. lUy en- 
^yèrent un espion qui trouva le moyen de découvrir le mot que 
Renaud avait donné au corps-de-garde en sortant un jour de 
la ville , et en informa sur-le-champ ses maîtres. Ceux-ci par* 
tirent alors dès la nuit, avec un ^os de troupes ^ ët> après 
s^être assurés d'un poste dans un village à peu de distance de 
là ville , ils se présentèrent devant la place , demandant d'y 
entrer. La sentinelle les -ayant pris au signal, pour un parti des 
troupes delà garnison qui avait, selon toute apparence, accom-* 
pagné son seigneur , leur ouvrit la porte et fut taillée en pièces* 
ii'alarme se répandit d'abord dans la ville , une partie .des ha^ 
bitahts se sauva dans le château ; le reste périt sans distinction 
d'âgé ou dé se^te, par le fer et par les flammes ; ensuite l'ennemi 
détruisît , au. moins en partie , les murailles et retourna sur ses 

Jas. Renaud attribuant cette infraction de la trêve au duc de 
râbant, comme an principal auteur, prit sa revaitche sur le 
duché 'de Limbourg , et y envoya un de ses officiers , le cheva-« . 
lier de Sleide, qui lé parcolicut le flambeau à la main et en 
emmena au-dielà de quatre mille bestiaux. Le rot de Bohême 
regardait éussi le duc de Brabadt comme l'auteur des hostilités 
exercées contre là ville de Faoquem<fnt, et lui en fit des re-« 

S roches dans une entrevue qu^ils eurent, ^u mois de décembre 
e cette anhée, ^^ivelle, pour terminer le procès du seigneur 
de Fauquemont. La réponse du duc fut, qu'à la vérité il s'était . 
trouvé quelques-uns de ses gens à l'expédition contré Fauque-' 
ibont; mais que cela avait' été à son insu^ et que cette entreprise 
n'avait été que l'effet d'yn ressentiment particulier du fils 'du ■ 
seigneur de Heinsberg contre Reàaud ; qu ainsi il ne s^était rien 
fait contre l'accomodieteent passé au mois d'octobre de l'année 
précédente ; mais que ces seigneurs avaient, par accident,, 
exécuté lé démantèlement de la ville de Fauquemont , que Re- 
l^aud avait ditféré d'efifectuer. Ia duc ajouta qu(Q ce seigneur 



fientrevenait actïtellement 4 ce traité, en faisant réparer les fixiY 
tifications de sa résidence: et qu^aînsi, vu le délai du roi.df 
Sohêipe à prononcer sa sentence arbitrale , quoique le ter^ 
limité à cet effet ,. fût déjà écoulé depuis plusieurs mots , it.o^ 
lui restait que d'entamer a autres voies pour forcer ce seigneur 
à lui donner satisfaction. Sur cela^ le roi et le duc se quittèir 
^ent assez mécontents Tua de l'autre, et s'envoyèrent récipro^ 
quement, lemêine jour, une déclaratioti de guerre. 

Van i;&39 (^Chron» Edmond,) , au mois de mars , le duc deBirai* 
]bant vint de nouveau mettre le siège devant le château et la^villç 
de.Fauquemont ^ dont il forç^ la garnisop de se rendre , après une 
vigQiireuse défense , If i i-mai suivant, hes habitants ayant reçi;i 
la permission de se retiner» la place fut rasée. Le roi de Bohême^ 
2l\x commencement de juillet , étant revenu de son expéditioa 
4;onjtre les Prussiens , d^ns son comJé de Luxen^bourg ^ cherchiit. 
À rassembler une bonne armée pour rétablir les affaires de Re-» 
/laud : cependant le comte At Hollande engagea le roi et le duc 
à mettre leur différent en arbitrage. Les arbitres prononcèrent eu 
i&veur du seigneur de Fauquemont , enjoignant au duc de recon^ * 
truire son château 9 et de lui payer huitmille livres de gros , gro»- 
sorum , en dédommagement. Le duc refusant d'obéir à cette 
sentence , la guerre continua entre les prinCes et le seigneur 
de Fauquemont ; cie qui causa, l'hiver suivant , beaucoup de torjs 
au duc, par les ravages qu'il éprouva dans le duché de Limboi^rg, 
^Au printems de l'an loSo, le roi de Bohême , son protecteur, 
i la tête d'une artoée considérable , se dispose à porter la <léso« 
latio|i dans le Brabaut. Le duc prévient le malheur de ses sujets^ 
en agréant up accommodement aue le comte de Hollande avait 

Î Imposé. L^année suivante,' Renaud accompagna le roi de Bot- 
ême en Italie, De retour au Pays-Bas, ils entrèrent , au mois^ 
.d'^ivril 1 33^ , tous les deux dans la ligue que .Philippe de Valois, 
roi de France, avait formée .cop^t^e le duc de Brabant ,, pour 
^avoir refusé de con^dier de sou pays Robert d'Artois , beaur* 
frère et ennemi de Philippe... On était sur le pbiiit d'en venir 
aux m.ains, le Ji3 mai de la mêmean^iée , lorsque le comte die 
Hajnaut ménagea une irèv.e de ^x sçAiainies. Philippe ftinéme,. 

f»au de tems après , la paix a^vec le duc , ^t se r^nait enc^Nre, de 
'aveu des parties , l'arbitre vde s^s différents avec les autres^ 
princes « qui deyaieot déduire leurs griefs à la charge du duc ,. 
avant le mois de mai de l'an i333., apiAs quoi il prononcerait 
son jugement àj^oël de h; même année. Renaud n'eut pas là 
satistacition de Tojr Ja £n de cettie affaire; car ayant encore été.^ 
la même année i332 , assiégé dans son château de Mont joie 
'^ >ar le du(: de Brabant , suivant les uns , ou par le comte de 
uliers, selon les autres, il futaltoioit M la Ù^t dVn? Pè|che 



î 



08e cRRôKOLOGne mèrromqcz 

tirée au hasard , dai» le moment qu il avait Ôié son casqoa 
Mur respirer après une sortie quHl venait de faire, Ceseigneur.^ 
wYappbrt d'Henricourt , fut de son tems le plus bra^e et le plus 
ifourageux de tous les Flamands, 11 avait épousé, suivant le même 
écrivain , M ahi£ de Baustershem eq Brabant, dont il eut Thierri 
int Jean, ses successeurs, avec cinq filles: i^ Philippe, héritière 
de la seigneurie de Fauquemont , après la mort des ses frères , 
xnariéf , en i362 , à Henri de Flandre, seigneur de Ninovej 
â^J N. , mariée , dès avant 1820 ^ à Jean , comte de Sponheim ; 
3^^. Béatrix , nommée ainsi par Bu tiens , épouse de Thierri ^ 
seigneur de Génap et de Bréderod , morte en i364 ; Marie , \k 
quatrième , devint abbfsse à Maubeuge ; et ta cinquième , çha^ 
Doînesse en Allemagne , conçut un tel chagrin de la vente de 
Fauqùcmont , faite. par sa sœur, qu^elle en perdit le sens. But- 
Leps a omis la deuxième de ces filles ; mais il ajoute en re- 
vanche Waleran,, tué au siège de Fauquemgnt , en iS^g ; 
Marguerite, dame de Sconecke ; Adélaïde , femme de Henri V 
comte de Vlanden , seigneur de Grimberg..Lè même auteur dit 
encore que Kehâud convola à de secondes hocês. avec Elisa- 
beth, fille de Gérard IV, comte de JuUers. 

THIERRI m. . ■' r 

i 332. Thierri I II , après la mort de Renaud , son père, hérita^ 
non-seulement de ses seigneuries , mais aussi dé sa bravoure , et 
5e distingua parmi les capitaines de son tems. 11 se trouva., sui- 
vant Henricourt, en qualité de maréchal à l'armée de» princes 
confédérés, contre le duc de«Brabant, l'an i332. La manière 
dont cet auteur en parle fàttvoir que 5oh père ne vivait plus 
alors , et qu'ainsi , ' il faudrait placer le siège de Mont joie tout 
au commencement de cette année : cependant Butkens met. 
expressément Renaud et son frère Jean, seigneur de Borne, 
• entre les princes qui prirent les armes contre le duc. Quoi qu'il 
en soit, Thierri , sans attendre }e jugement que le roi de FVancfe 
devait prononcer sur les prétentions des confédérés contre fe 
duc de Brabant , entra dans la nouvelle ligue que le comte de 
Flandre noua contre ce prince, au mois de décembre 1 333.. Les 
alliés, au mois de mars de l'année suivante, s'emparèrent, de 
• Bolduc et de Sittaert ; mais le 20 du même mois,, ob convint 
d'une trêve , qui fut encore renouvelée dans la suite , jiisqu'4 
ce qu'enfin le roi de France , de l'aveu des parties, pronon^ 
sa senteiicç arbitrale, le 27 août 1 334 (i). Thierri rentra à. 



(») La sentence n*en pbrte rien^ 



D£5 StiGNEUHS m tkVqOîÊMOVt. • ^I 

t^tte occasion , suivant Horsen ^ dans la possession At» états que 
'le duc avait enlevés à son père^ L'an i336, ou plutôt iSSy, il 
a^aliia ik Edouard [li\ roi d Angleterre, contre le roi de France , 
en s!engageant à lui fournir cent hommes équipés en guerre ; 
service qui lui fut payé du roi par une rente annuelle de mille 
deux cents florins dW de Florence. £n attendant qu'Edouard 
arrivât aux Pays-Bas , Thierri , au mois d'avril iâ38, avait porté 
du secours au duc de Brabant , contre Févéque de Liège ; mais 
le différent fut mis en arl;ntrâge sans qu'on en fût venu aux 
mains. Peu à nrès, lé roi d'Angleterre débarqua en Flandre, et 
employa les deux années suivantes h faire la guerre à la France. 
Le seigneur de Fauquemont se distingua dans son armée , et ^ eut 
même un commandement. Il paraît dans la suite être toujours 
demeuré attaché à ce prince , auquel il fit même hommage pour 
une rente annuelle de mille marcs. Mais il n'en jouit pas lone* 
tems , ayant été tué à la bataille de Yalthen , près de Liège , le 
19 juillet 1346 , où il combattit pour Engelbert de h Marck ^ 
évêque de Liège , contre les habitants de cette ville. 11 fut en- 
terré dans l'église desFr^i*cs Mineurs de liége ; mais peu après, 
il fut transporté dans ses états. Ce seigneur se fit , selon Henri- 
court', 'Craindre beaucoup et se fit aimer aussi extrêmement : sa 
femme, Mathiloe de Voerne, eh Zélande, nqjprteen iSys, 
ne lui donna point d'enfants. 

JEAN. . 

1046^ Jean succéda h son frère Thierri III dans les sei*- 
gneuries de Fauquemont et de Montjoie. L^histoire ne nous a 
rien conservé de ses exploits , si ce* n'est que, le'4 ix^ai 1 347^9 
une troupe de fauquemontois et de balemiens, après avoir passé 
la Meuse , mirent le feu au village de Miremort, près de Liège., 
et y tuèrent cent vingt hommes , ce qui , vraisemblablement ^ 
• se fit de l'aveu de Jean , qui, par conséquent , doit avoir entre* 
. tenu l'alliance de feu son frère avec l^évéque de Liège , puisque 
• ce fut en faveur du prélat qu'on fit cette expédition..- Jean mou- 
rut l'an i35a , sans laisser d'enfants de Jea-nne, son épouse , 
dame de Yoeme et de Berg-op-Zoom , nièce de la femme de 
son frère, morte en i34g. , 

Les contestations qui s'élevèrent , après sa mort , sur la suc- 
cession dans la seigneurie , de Fauquemont,. sont exactement 
écrites aux Trophées de Butkens (tom. I , pag. 4^4 ^ 4^6)^9 
au'il faut consulter , auxquels nous renvoyons .ceux qui vou- 
dront s'en instruire. 



.. ' ,. ■ e sg 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COMTES t 



PUIS DUCS DE BERG (*). 



X^E pays de Berg ou du MonI, Monlemis duçatus^ nommé de 
ceiie manière k cause des montagnes dont il est rempli, a pour, 
confins au Bopcl , le pays de Çlèves, au levant, le comté de la 
ïlarck et le duché de Westphalie , au midi et au couchant 9 la 
.Wétéravie et rarchevêché. de Cologne , dont il est presque 
entièrement séparé par le Rhin ^ Dusseldorf est sa capitale» 
Son étendue est d^environ seize milles, de long sur sept de 
large. ... 

On prétend qu'il y a eu , dès le dixième siècle^ des comtes 
^e Berg ou du Mont. Herman, si Ton en croit Gélénius, et 
son frère Adolfe , furent les trges des comtes de Berg et de la 
31arck. licite en preuve les lettres de la fondation du monastère > 
de Ger^heim, faite sous le règne d'Otton II, en 976, dans 
•lesquelles il est dit que ce monastère (auquel est aujour- 
d'hui jointe une petite ville près de Dusseldorf) est situé dans 
le comté d'Herman. Or, dit Gélénius, Géresbeim étant com>- 
pris dans le p^ys de Berg , il est clair qu'flerman était comte 
' d'une partie au moins de ce pays. Géléhms , de plus , cite des 
chartes des années ioo3 , 1009 « 1^199 ^^^ parmi les souscrip^ 
lions, paraît un comte Herman comme avoué de l'abbaye de 
Buits , avec un comte Adoife , nommé, frère d'Herman. 
M. Kremer est porté à croire qu' Adolfe est, plutôt qu'JBkrman^ 



{*) Cet article a été rédigé , en grande partie , d*aprèi les mémoires: 



de M. Ernst. 



cimoN. ii)jyr« bbs comtes dk !be&g; àfiiS 

ta ttgê Sa comiiïï de Ëerg^ attendu que le nom d'Adolfe est 
devenu comàie perpétuel dans laxnaison des comtes de Berg. 

ADOLFË JL 

Adolfe II , peut-être fils d'Adolfe I , est qualifié ^ dans une 
charte de Pan 1068, ad^ocatus de Monte ( Kremer ^ Diplom» 
Colon, , n. vu , p. 202 ) , et co/nej; de Monte dans une autre de 
16^4. (làid. n. vlli. ) Il est encore Homme comime vivant dans 
un titre de logo {Acta Academ. Paiat.^ tom. III, p. ifio. J 
Adolfe avait épousé ADÉLAïi>E , comtesse de Laufen, dont il 
«ut Adolfe , qui suit , Ëverhàrd , nommé avec lai dans une 
charte de 1081 , suivant Butkens, et d'autres enfants. H est 
jmpelé Aduljus de Hupeiit lieu du pays par Pannaliste saxon, 
dbnt il est â propos de rapporter le teitte entier qui le concerne : 
Bemhardusj dit-il , sous Tan 1026, p. 455 « cornes {àe Werla) 
uiier Jraier' ejusdem reginœ QGiselae uxoris Conradi Salici), 
habuît fiiîas quorum unam nomme Idam duxit Hehncus de castra 
^uod Lùu/t diciiur , Brunànis Trevirensis epîscopi et Poponià 
condtis f rater.*,. FiHam ejusdem Idcà eX' comité ebdem HenricOf 
nomine Adeleitkûm duccit Adulfits de HuvHi^ genuitque Adulfum' 
juniorem etfratres efus. Post cujus rhortem sociaoit eam sîbi nomes 
Pàlatmus Fredericus de Sumersenburch , genuitque Patatinuni 
comiiem Tridericum juniorem. Ces dernières paroles montrent 
eue ce n'est qu'à Adolfe It , et non à son successeur, qu'on peut 
donner pour femme , Adélaïde de Lauffen , puisque Frédéric' 
le Jeune, ou II, comte de'Sommers^nbourg, fils d'Adélaïde 
et de Frédéric I, son second époux, était déjà un guerrier 
fameux en 1118, comme on le voit dans le même annaliste 
(p, 64i). 

ADOLFE nu . 

* 

AMlfë lli, fils atné d'Adtylfe II, lui avait succédé, l'an 
J6g3, n'étant encore qu'enfant, alors, suivant urie charte que 
donna , cette année , Otton , abbé de Werden, où il est dit: 
Suscipietae tradiHfmem cofnïte de Clèves Tfdderkff vice ad\^ocati 
nostn Adùlphi qui tune temporisa puer erat. (Kremer, Z>//;/om. 
Colon, , n. X, p. 208.) Mais , dans une charte de 1 1 15 , il paraît 
comme majeur avec son fpère Ëberhàrd. Adolphus , y est-il dit , 
Advocatus noster,,,., E0erhardus f rater aus. {^Ibid, p. 210 ). 
A l'-égard dfe ce dêi-nier, après avoir édhappé d'une sanglante 
bataillé donnée entré les ducs de Brabant et de Limbourg , où 
tt avait combattu. j, il alla se faire moine à Morimond. C'est ce 
que nou^ apprend Herinan Cogner, d'après unamfcien chroni-^ 
«^ueur. '( i^/?if i^^ccard ^ CorpmHist. ,tom* II ^ p. 670.) Ce fut 



384 poioiiOLOGiz ■moBiQn • > 

lui, suivante même écrivain, qui engagea aon firère AdotfeJi 
fonder Tabbaye d'AItenberg , on du Yieox-Moot , veis l'an 
1 13'6. On n^a pas de preuve qu'Adblfe ait vécu au-delà de IW 
ii34.'£n mourant, il laissa dgax fils: Adolfe qui suit, et 
Srunon , qui fut archevêque de Cologne , second du nom. 

; ADOLFE IV, 

4 

Adolfe IV ^ fils aîné d' Adolfe III et son successeur, est» 
tr^S'Vraisemblablement celui dont il est fiiit mention dans des. 
actes de 1 138 ( apud Mir. DîpLBelg.^ tom. 1 9 p^ 6216. ) , de i i^q 
Cotner , Cod. Dlpiom, Falot, , p. 4-^ ) ,' et 1.14^ ( Miroeus, îb^ 
p. 182.) Il mourut, suivant Gélénius (^Auctar. çiïœ S. Engelb» 

S. 298 ) , en II Siz. Mais Kremer dit qu'on le rencontre dans 
es cbartes ,^ depuis ix34, jusqu'en 1161. Il avait épousé^ 
suivant Albéric {^ad an. 1126 et ii5o), la fille d'Ëngilbert , 
frère de Frédéric , archevêque de Cologne ; mariage qui se fit 
çn 1 122, selon la chronique manuscrite de Rolduc , qui nonma^e 
cette épouse MargÎjéirtb. Eodem anno (1122) ^ dit-elle v 
cohduxit connuhio Adolphus cornes Margaretam quœ nejptis erat. 
Triderici Colon. An:hiep, Dé cette alliance "sortirent Adolfe ^ 
lequel, étant parti pour la croisade, fut tué, Tan 11 48, au 
siégede Damas (CAro/i. GodefridiS. 2\mto/.,p.983);£ngilbert,qui 
suit; Frédéric II et Brunon III , archevêques de Cologne; 
Everhard, comte d'AUéna, père de Frédéric, tige des comtes 
delaMarck. 

ENGILBEltr I. 

Engilbert I , fils d'Adolfe IV ^ parait « pour la première 
fois, avec le titre de comte de Berg, dans une charte de l'an 
1166. Il aida Tempereur Frédéric là dépouiller Henri le- 
Lion , duc de Saxe , dont une partie'des biens lui fut adjugée ; 
ce qui augmenta considérablement ses domaines. Etant parti ^ 
l!an II 89, avec Pempereur , pour la Terre-Sainte , il mou- 
rut sur la route, . ( Chron. Saint Pantal. ) Il avait .épousé 
Marguerite , fille de Henri, ccmite de Gueldre, .dont u eut 
Adolfe , qui suit , et Engilbert , archevêque de Cologne. " 

• • ' • 

ADOLFE V. , 



1 18^. Adolfe V , fils aîné d'Engilbert et son successeur ^ 
prit différents partis, selon ses intérêts, dans le schisme clvîL 
qui suivit la mort de l'empereur Henri VI. Déclaré d'abord 
ppur Otton IV , avec son cousin Adolfe , archevêque de Col&* 
gne , il lui fournit des secours en i2o3 ; et ayant mis une fort« 



rf&m èm te éliâteâu ^ Daltz l U s'^ i^l fûvit t^uMté^ 
liabitaoti de Cologne , qui ttina^ent pour Philippe de Suabe. 
flkbv l'arehevé^a^ A<!lolfe, âyànl côiimnAë ^ Tân t^^oS^ Phl»> 
lipp« de S^àbé , Ife comfe àè Bërg a%andbDf)À le parti d^lton V 
-et se jtftadans èelîii de son rîval. Il passa , l'-an 1211 1 , en Lan«* 
guedocpduffihi^ b gAerre au» Albigeois. S^^la«^'croïi»é , Taii 
jiâiS^ |>Du^le levant, avec tes côihtes de. Jultérs et de Oèves^ 
il se t^iidtt> l'an tiiS , en la eômpàgnie de ces' princes, et 
â^an très â«tgneur$, en Egypte. U mouHit dans le mois d^aoùt 
lie kr à»êiTie année ^ devant Damièlè , tanclis ^lie Ton coitstiHiî-» 
Sait , par ses ordres , une machine nouvelle pouf prendre la 
lour qui défiendait le pott dé celte place. De BtsRTiïtf , sa 
Jemtte ^ tl tté laissa qu'une fille , nommée Cunigarde ^ <?a 
Erntiéngarée 4 qui fut mariée avec Henri lY , duc de Llm-» 
bourg. 

ENiilLBËR'r IL 

' 1118. Ëififiiii^BÉmT tl ^ fils d*£isgHbert I n dé Mar^ei4lt 
été GueMre, né Tan i^H$ ^ archevé()ue dé Cologne^ suceéda^ 
dans le comté de Bere ^ à son frère À<ielfe V. Il g^civerita €9 
t:omté avec beaucoup de sagesse , ainsi que son église, et même 
la Germanie entière, àôtà rëâi{léreuè Frédéric II lui confia 
larégenccf, Tan .1220, avec la tutelle de son fils, en partant 
Mur ^Italie* Mais , .ay^At répni Fredérîc d'isenbourg ^ son 
parent , des vetattôns qu^il exerçait \ sous le tière d'avoué ^ 
contre Tabbayé d'fissen , il emxmrut par'* 14 sa