(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Biodiversity Heritage Library | Children's Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "La société, l'école et le laboratoire d'anthropologie de Paris, à l ..."

This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that 's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the 
publisher to a library and finally to y ou. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that y ou: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
any where in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 



at |http : //books . google . corn/ 




A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 
ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 
trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 

Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer r attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

À propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 



des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse ] ht tp : //books .google . corn 



HARVARD UNIVKRSIIY 




r.IBïïARV 

Ol* THE 

PEABODV MUSEUM OF AMEkIC.VN 
ARCHAEOLOtiV AND RlllNt jL(m;Y 



fi^WT oi 




RceeivetI 



A^'-^ Z ^^^"^ 









,,,.^^uà^^ 



Z^<r ..-^-^V/^ 



XA SOCIÉT É, L'ÉCOLE 



ET 



LE LABORATOIRE 

D'ANTHROPOLOGIE 

DE PARIS 
A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 



^ \» 



^.^ 



>v\ . . . A V 



10351. f* Iropriniorios réunies, A, rat) Mi(:non« 2. Paris 



. i 



LA SOCIÉTÉ, L'ÉCOLE 



ET 



LE LABORATOIRE 

D'ANTHROPOLOGIE 

DE PARIS 
A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 

PALAIS DES ARTS LIBÉRAUX 
INSTRUCTION PUBLIQUE 



'y*«j ■>■ 



PARIS 

IMPRIMERIES RÉUNIES, ÉTABLISSEMENT ^A 

2, RUE MIGNON, 3 

1889 



J^:Sa^,HJ.. /â$'t ^'.'f 









^' <r^ 



PREMIÈRE PARTIE 

HISTORIQUE 

PREMIÈRE DIVISION 

Fondations principales : 

SOCIÉTÉ D ANTHROPOLOGIE 

LABORATOIRE DANTHROPOLOGIE 

ÉCOLE D ANTHROPOLOGIE 



CHAPITRE PREMIER 

SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS 

« L'anthropologie est une science essentiellement française 
et dont notre pays doit conserver la direction, » écrivait Broca 
en 1875 (lettre au préfet de la Seine). 

Dans sa pensée, il faisait allusion à Buffon, comme fonda- 
teur de l'histoire naturelle de l'homme. Mais n'est-il pas 
infiniment plus exact de dire aujourd'hui que, si l'anthropo- 
logie est une science toute française, c'est à Broca lui-même, 
bien plus qu'à Buffon, qu'elle le doit. Et la meilleure preuve 
en est fournie par l'historique même de la Société d'anthro- 
pologie. 

Lorsque en 1858 Broca fut amené à fonder la Société d'an- 
thropologie de Paris, aucune association de ce genre ni de ce 
nom n'existait, soit en France, soit à l'étranger. 

1 



En 1839, une Société d'ethnologie avait bien été créée, 
mais, dès 1848, ayant épuisé son programme d'études, elle 
cessait de se réunir. On ne peut donc à aucun titre la consi- 
dérer comme un ancêtre de notre Société. 

En 1858, Broca, ayant eu l'occasion d'étudier des produits 
hybrides, fit des recherches sur ce sujet et en communiqua 
les résultats à la Société de biologie. 

<i La question de Vhybridité chez les animaux et chez 
l'homme, dit Daily (1), professeur à l'École, y était traitée 
avec une indépendance d'esprit, assez rare pour l'époque, 
qui semblait avoir voulu fondre dans une môme conception, 
sous la puissante influence de Cuvier, les dogmes religieux et 
les doctrines scientifiques; il était de mode, en haut lieu, de 
faire de la science la servante de la foi, et l'Institut était bien 
loin d'y contredire. ^ 

Aussi, dans de telles circonstances, une semblable ques- 
tion, traitée si librement, devait gêner bien des esprits timo- 
rés ; en effet, c'est ce qui arriva. Le président de la Société de 
biologie fut tellement malheureux de cette lecture que Broca 
lui offrit d'en rester là et de retirer le manuscrit déjà lu, « ce 
qui fut accepté avec reconnaissance... Il fallait donc, dit 
Broca (2), renoncera la discussion de ce qui pouvait se ratta- 
cher à l'étude du genre humain ou fonder une nouvelle 
Société, où cette étude pourrait se poursuivre librement. Ce 
fut ce dernier avis qui prévalut, et il fut convenu que nous 
aviserions aux moyens de constituer une Société consacrée à 
Tétude de l'homme et des races humaines. Motre première 
réunion eut lieu au mois de novembre 1858. Nous étions six 
seulement et je me plais à nommer les cinq membres de la 
Société de biologie qui prirent part avec moi à cette réunion : 
c'étaient MM. Brown-Séquard, Godard, Follin, Robin et Vcr- 
neuil. Nous pûmes aisément tracer le programme de la nou- 
velle Société et même lui donner, par anticipation, le nom de 

(1) Daily, Éloge de Paul Broca {Bull. Soc. anthropol. de PariSy lS8i, 
p. 925). 
(:2) Mémoires d'anthropologie de Broca. 



— :i — 

Société (f anthropologie. Mais les difficultés commencèrent 
lorsque nous cherchâmes à obtenir des adhésions, car, à Tâge 
où nous étions alors, on a peu d'influence; au bout de six 
mois, le chifl're de vingt membres que nous avions d'abord 
jugé nécessaire n'était pas encore atteint et nous n'étions que 
dix-neuf lorsque nous ouvrîmes notre première séance le 
49 mai 1859, dans le local de la Société de biologie. » 

Nous donnerons les noms de ces dix-neuf fondateurs, afin 
«r qu'ils reçoivent tous, vivants et morts, l'expression de notre 
reconnaissance (1) ». 

Ce furent MM. Anthelme, Béclard,Bertillon, Broca, Brown- 
Séquard, de Castelneau, Dareste, Delasiauve, Fleury, Follin, 
Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Godard, GratioJet, Grimaux- 
de-Caux, Lemercier, Martin-Magron, Rambaud, Robin, Ver- 
neuil. 

La Société commença aussitôt à fonctionner. 

Les Bulletins qu'elle publie trimestriellement partent de 
celte date, 19 mai 1859. Presque aussitôt, en 1860, elle 
inaugura la publication des Mémoires. 

A ces dix-neuf hardis novateurs vinrent assez rapidement se 
joindre d'autres personnes qu'attirait l'étude des problèmes 
de la science de l'homme. Il en résulta qu'à la fin de 1862, 
la Société comptait cent deux membres payant cotisation; ce 
n'est cependant que l'année suivante, 1863, après avoir sage- 
ment aboli une distinction vexatoire qui existait entre le titre 
de membre titulaire et celui de membre associé, qu'elle prit 
définitivement son véritable essor. Aussi cette Société, dont la 
formation avait été si laborieuse, se trouvait avoir déjà acquis 
assez d'importance pour être reconnue d'utilité publique dès 
le 21 juin 1864. 

En 1862, elle avait perdu un de ses membres fondateurs, 
Ernest Godard, mortà Jaffa, le 21 septembre; mais, en mou- 
rant, il avait voulu témoigner tout l'intérêt qu'il portait à la 



(1) Philippe Suiinou, art. Sociétés d'anthhopologie {Dictionnaire des 
sciences anthropologiques). 



i 



science qu'il avait contribué à développer en instituant un 
prix destiné à récompenser le meilleur ouvrage d'anthropo- 
logie (voy. Prix Godard). 

Du local provisoire que la bienveillance de la Faculté de 
médecine lui avait accordé dès la première heure, la Société, 
aussitôt qu'elle avait été en état de payer son loyer, était allée 
s'installer au numéro 3 de la rue de l'Abbaye. Mais la richesse 
de ses collections, l'accroissement de sa bibliothèque, rendant 
ce local trop exigu, allaient nécessiter sa réintégration dans 
le bâtiment qui avait été son berceau. 

Une autre circonstance y contribua. Ne bornant pas son 
activité à la seule création d'une Société scientifique, Broca 
avait, dès le début, conçu l'idée d'y joindre un laboratoire 
(voy. Laboratoire d'antropologié) qu'il avait réussi à faire 
installer dans Tancienne église des Cordeliers (bâtiment du 
musée Dupuy tren) . Là, le maître enseignait à ceux qui venaient 
travailler avec lui, mais on était bien à l'étroit; aussi, désirant 
donner le plus d'extension possible à l'enseignement de l'an- 
thropologie (voy. École d^ anthropologie) et voulant en même 
temps avoir sous la main réunies dans un même endroit les 
collections appartenant à la Société et celles qu'il avait for- 
mées au Laboratoire, il obtint du doyen et du ministère qu'on 
mit à la disposition de la Société les vastes greniers inoccupés 
de l'ancienne église des Cordeliers. Dans la lettre que lui 
adressa à ce sujet le doyen, M. Wurtz (29 août 1875), nous 
trouvons ce passage si flatteur pour l'œuvre, de Broca : 

« L'assemblée a répondu favorablement à cette communica- 
tion par un vote unanime. La Faculté reconnaît toute l'uti- 
lité des études anthropologiques auxquelles notre éminent 
collègue, le docteur Broca, a donné une si vive impulsion, et 
elle considère comme un honneur pour elle, que cette branche 
importante de recherches scientifiques se soit développée dans 
son sein. i> 

Les travaux d'installation furent terminés en juillet 1876. 
Les cours s'ouvrirent le 45 novembre de la même année. Ainsi 
se trouvèrent réunis cette triple fondation, la Société, TÉcole 



et le Laboratoire, que leur créateur se plaisait à dénommer 
synthétiquement l'Institut anthropologique. L'influence de 
Broca continuait à grandir et le Sénat, désirant rendre un 
juste hommage au savant anthropologiste, venait de l'élever 
depuis peu de mois à la dignité de sénateur inamovible, lors- 
que, dans la nuit du 8 au 9 juilletl880, après quelques heures 
de souffrance, il s'éteignit presque subitement. 

Paul Broca, dans cette Société qu'il avait fondée, ne s'était 
réservé que le travail, jamais l'honneur; du 19 mai 1859 
jusqu'à sa mort, il n'accepta que d'en être le secrétaire général. 
C'est à l'impulsion que, durant ces vingt et une années, il 
imprima à toute l'anthropologie française, c'est à son dévoue- 
ment, c'est à ses efforts qu'elle doit ce remarquable mouve- 
ment vers le progrès qui ne s'est pas un seul instant ralenti. 

A la nouvelle de sa mort des témoignages unanimes de 
regrets arrivèrent de toutes parts à la Société. Les étrangers ne 
furent pas les derniers à envoyer leurs sympathiques manifes- 
tations : l'Angleterre, la Russie, l'Italie en chaînèrent leurs 
représentants scientifiques les plus éminents : MM. Ed. B. 
Tylor, Flower, Bogdanow, Mantegazza, etc. 

Sur cette tombe si prématurément ouverte, M. Ploix, au 
nom de la Société d'anthropologie dont il était le président, 
M. Eugène Pelletan, au nom du Sénat, M. Verneuil, au nom 
de la Faculté de médecine, M. Trélat, au nom de l'Acadé- 
mie de médecine, M. Tillaux, au nom de la Société de chi- 
rurgie, M. Dumontpallier, au nom de la Société de biologie, 
M. Gariel, au nom de l'Association française pour l'avance- 
ment des sciences, et M. Henri Martin, notre grand historien 
national, firent entendre l'expression de leur douleur. 

Au mois d'août suivant la Société décida qu'en témoignage 
de sa reconnaissance ses collectionsprendraientle nom deMusée 
Broca et une commission fut élue pour élever un monument 
à la mémoire de son illustre fondateur. Ce fut le 29 juillet 1887 
qu'en présence de tous les membres de la famille Broca, du 
doyen de la Faculté de médecine, des membres de l'Académie 
de médecine, de plusieurs de ses collègues du Sénat, de la 



— 6 — 

Société de chirurgie, de la Société de biologie et d'un grand 
nombre de membres de la Société d'anthropologie, fut inau- 
gurée la statue élevée en son honneur. MM. Ploix, président 
de la commission du monument, Magitot, président de la 
Société, et de Quatrefages y prirent successivement la paix)le. 
MM. les professeurs Bogdanow et de Quatrefages vinrent, le 
premier au nom de l'anthropologie russe qu'il représentait en 
qualité de président de la Société d'anthropologie de Moscou, 
le second au nom de diverses Sociétés de France et de 
l'étranger, ajouter de nombreuses couronnes à celles de la 
Société, de l'École et du Laboratoire d'anthropologie. 

En 1881, M"® Broca fonda un prix de 1500 francs des- 
tiné à récompenser le meilleur mémoire sur une question 
d'anatomie humaine, d'anatomie comparée ou de physiologie 
se rattachant à l'anthropologie (voy. Prix Broca). 

Le 4 juillet 1884, sur l'initiative de M. Daily, professeur à 
l'École d'anthropologie, la Société décida la fondation d'une 
conférence annuelle portant le nom de Conférence Broca. 

Ces conférences ont eu lieu dans l'ordre suivant : 

1884. — Éloge de Paul Broca, par M. E. Dallv. 

1885. — Les caractères distinctifs du cerveau de l'homme, 
par M. Pozzi. 

1886. — Aperçu sur les races humaines de la basse vallée 
du Nil, par M. Hamy. 

1887. — L'aphasie depuis Broca, par M. Mathias Duval. 
1888. — Les centres nerveux sensitivo-motcurs et les centres 

olfactifs, par M. L aborde. 

En 1883, un des dix-neuf collaborateurs de Broca à la fon- 
dation de la Société, Adolphe Bertillon, institua en mourant 
un prix devant être décerné au meilleur travail envoyé sur une 
matière concernant l'anthropologie et notamment la démo- 
graphie. 

Ce prix sera décerné, pour la première fois, en décembre 
1889. 



^ 



— 7 — 

En 1883, la Société, sur la proposition de M. Mathias Duval, 
avait déjà inauguré une série de conférences destinées, sous le 
nom de Conférences transformistes, à vulgariser la doctrine de 
la mutabilité des espèces. 

Elles ont eu lieu dans Tordre suivant : 

1883. — Le développement de Tœil, par M. Mathias 
Duval. 

1884. — L'évolution de la morale, par M. Ch. Letourneau. 

1885. — L'évolution du langage, par M. A. Hovelacque. 

1886. — L^évolution paléontologique des animaux, par 
M. G. DE Mortillet. 

1887. — L'évolution mentale dans la série organique, par 
M""*^ Clémence Royer. 

1888. — Les microbes et le transformisme, par M. A. Bor- 

DIER. 

1889. — Le transformisme français, Lamarck, par M. Ma- 
thias Duval. 

En 1889, un vote unanime de la Société, voulant témoi- 
gner sa reconnaissance aux survivants des dix-neuf membres 
qui l'avaient fondée trente ans plus tôt, élut à la dignité de 
membres honoraires MM. Brovi^n-Séquard, Dareste, Delà- 
siauve, Verneuil. 

La Société d'anthropologie de Paris compte actuellement 
plus de 700 membres répartis sur tous les points du globe. 
Elle a eu pour présidents, depuis sa fondation, les hommes 
les plus distingués, savoir : 



En 1859 MM. Martin-Maguon. 



En 1867 MM.Gavarret. 



1860 


Geoffroy Saint- 


1868 


Bertrand. 




HiLAiRE (Isidore). 


1869 


Lartet. 


1861 


Béclard. 


1870-71 


Gaussin. 


1862 


Boudin. 


1872 


Lagneau. 


1863 


De Quatrefagrs. 


1873 


Bertillon. 


1864 


Gratiolet. 


1874 


Taidrerbe. 


1865 


Pruner-Bev. 


1875 


Dally. 


1866 


Périer (J.-A.-N.). 


1876 


De Mortillet, 



1877 MM. De Ranse. 


En 4883 MM. Proust. 


1878 Martin (Henri). 


4884 


Hamy. 


4879 Sanson. 


1885 


DUREAU. 


4880 Ploix. 


4886 


Letourneau 


4884 l^ARROT. 


1887 


Macitot. 


4882 Thulié. 


1888 


Pozzi. 



BUREAU DE 4889 

Président MM. Mathias Duval. 

!•' vice- président A. Hovelacque. 

2* vice-président Laborde. 

Secrétaire général Letourneau. 

Secrétaire général adjoint G. Hervé. 

Secrétaires annuels * J/ ^^ Mortillkt. 

'(. Mahoudeau. 

Conservateur des collections Chudzinski. 

Archiviste Manouvrier. 

Trésorier Fauvelle. 

COMITÉ CENTRAL 



MM. 



Auburtin. 


MM. Laboiide. 


Bataillard. 


Mahoudeau. 


BORDIER. 


Manouvrier. 


Chervin. 


Moncelon. 


Chudzinski. 


Piètrement. 


COLLINEAU. 


A. DE Mortillet. 


Dareste. 


Rousselet. 


Delasiauve. 


RoYER (M"" Clémence) 


Mathias Duval. 


Salmon. 


Fauvelle. 


Sebillot. 


Girard de Rialle. 


TOPINARD. 


Hervé. 


Vinson. 


Hovelacque. 


Zarorowski. 


ISSAURAT. 





ANCIENS PRÉSIDENTS (membres du comité central) 



MM. Bertrand. 
Dureau. 



MM. Faidherbe. 
Gavarret. 



MM. 





— 9 — 




Hamy. 


MM. 


Pozzi. 


Lagneau. 




Proust. 


Letourneau. 




De Quatrej-'ages 


Magitot. 




De Ranse. 


De Mortillet. 




Sanson. 


Plojx. 




Thulîé. 



PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE 
La Société publie des Bulletins et des Mémoires. 

BULLETINS. 

Les Bulletim de la Société forment chaque année un volume 
in-8, publié en quatre fascicules. Le prix d'abonnement est de 
10 francs. (Le port en sus pour la province et l'étranger.) 

La collection des Bulletins forme trois séries : 

1^ série, six volumes (1859-1865). Cette série n'est plus 
dans le commerce ; elle ne peut être cédée qu'en totalité, après 
avis du Comité central, aux membres de la Société, pour la 
somme de 45 francs, et aux établissements publics Ae la France 
et de l'étranger, pour la somme de 60 francs et le port en sus. 

Toutefois le tome V de celte série ayant été réimprimé, est 
en vente chez l'éditeur aux conditions ordinaires. 

La table alphabétique et analytique de la première série 
rédigée par M. Dureau, formant un volume in-8 de 174 pages, 
se vend séparément 4 francs. 

2^* série, douze volumes (1866-1877). Prix de la série com- 
plète: 120 francs sans remise, et 90 francs pour les membres 
de la Société. Les tomes XI et XII ne peuvent être vendus 
qu'avec la série complète. Les autres volumes de la série se 
vendent isolément 10 francs le volume, et 7 fr. 50 pour les 
membres de la Société. 

3*^ série, les tomes I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, Xet XI 
(1877 k 1888) sont dans le commerce. 



— 10 



MEMOIRES. 



Les Mémoires sont publiés par fascicules de huit feuilles au 
moins. Quatre fascicules forment un volume grand in-8 vendu 
par réditeur 16 francs (le port en sus). Le prix de chaque 
volume est payable en recevant le premier fascicule. 

En vente la première série, comprenant trois volumes : 

Tome I (1860-1863), 1 volume de iv-565 pages, avec une 
carte, deux tableaux, quatorze planches et un portrait-fron- 
tispice. 

Tome II (1864-1867), 1 volume de cxviii-466 pages, avec 
un portrait, quatre cartes, quatre planches, trois tableaux, un 
tableau chromatique, et figures dans le texte. 

Tome III (1871-1872), 1 volume de cxxxix-434 pages, avec 
neuf planches et trois cartes. 

Deuxième série. - 

Tome I (1873-1878), 1 volume de xxxvi-568 pages, avec 
dix-sept planches. 

Tome II (1875-1882), 1 volume de 544 pages avec dix 
planches. 

Tome III (1883-1888), 1 volume de 550 pages, avec figures, 
cartes et tableaux. 

Tome IV. — En cours de publication. 



MUSÉE BROCA 

En souvenir de son fondateur la Société d'anthropologi<* 
décida (août 1880) que ses collections prendraient le nom 
de Musée Broca. Cependant tel qu'il existe actuellement, 
installé dans un local commun à la Société, à l'École et an 



— 11 — 

Laboratoire, ce Musée renferme également un certain nombre 
(i^objels qui sont la propriété de TÉcole d'anthropologie. 

Il se compose de collections ostéologiques des plus pré- 
cieuses comprenant des crânes, des ossements préhistoriques 
et d'autres de toutes les époques historiques de l'occident de 
l'Europe; de crânes, de squelettes nombreux représentant à 
peu d'exceptions^ près toutes les races humaines ; tout cela 
forme un total de plusieurs centaines de squelettes et d'envi- 
ron cinq mille crânes. L'anatomie comparée y est largement 
représentée par des spécimens appartenant à tous les groupes 
des vertébrés. On y remarque une collection probablement 
unique de moulages de cerveaux, qui est l'œuvre de son 
habile conservateur M. Chudzinski. Non moins importantes en 
nombre et en valeur scientifique sont les pièces anatomiques 
conservées dans l'alcool. 

Le Musée Broca possède eu outre une collection d'objets 
ethnographiques qu'un legs dû à M. Arthur Grasset est venu 
enrichir; des collections d'instruments en silex et autres ma- 
tières de toutes les époques de l'âge de la pierre, des objets de 
l'âge du bronze, des poteries préhistoriques, des modèles de 
monuments mégalithiques. Ce Musée, bien que destiné aux 
études des membres de la Société, est largement ouvert au 
public. 



BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE 

La Société possède une magnifique bibliothèque ; elle est 
aussi ouverte au public. On y trouve les publications anthro- 
pologiques françs^ises et étrangères; plus de sept mille ouvrages 
relatifs à l'anthropologie et aux sciences qui s'y rattachent. 

Sa richesse, comme celle du Musée, s'accroît sans cesse par 
des dons et par des achats. 



— 12 — 
PRIX GODARD 

FONDÉ PAR M. LE DOCTEUR GODARD EN 1863 

<( Ce prix sera donné au meilleur mémoire sur un sujet se ratlarhaiit 
à l'anthropologie ; aucun sujet ne sera proposé. > 

RÈGLEMENT 

AuTifiLE PREMIER. — Le prlx Godard sera décerné, tous les 
deux ans, le jour de la séance solennelle de la Société. 

Art. 2. — Ce prix est de la valeur de 500 francs. 

Art. 3. — Les membres qui composent, le Comité central 
de la Société d'anthropologie sont seuls exclus du concours. 

Art. 4. — Tous les travaux, manuscrits ou imprimés, 
adressés ou non à la Société, peuvent prendre part au con- 
cours. 

Art, 5. — Tout travail qui aurait été couronné par une 
autre Société avant son dépôt à la Société d'anthropologie 
est exclu du concours. 

Art. 6. — Le jury d'examen se composera de cinq mem- 
bres élus au scrutin de liste par les membres du Comité cen- 
tral, choisis dans son sein et à la majorité absolue des mem- 
bres qui le composent. 

Art. 7. — Ce jury fait son rapport et soumet son jugement 
a la ratification du Comité central. 

Art. 8. — Le jury d'examen sera élu quatre mois au moins 
avant le jour où le prix doit être décerné. 

Art. 9. — Tous les travaux imprimés ou manuscrits adres- 
sés ou non à la Société ou publiés après le jour où le jury 
d'examen aura été nommé ne pourront prendre part au con- 
cours du prix Godard que pour la période biennale suivante. 

Art. 10. — <r Dans le cas où une année le prix Godard ne 
serait pas décerné, il serait ajouté au prix qui serait donné 
deux années plus tard. » (Termes du testament.) 



— 13 — 

Art. 11. — Le prix Godard sera décerné pour la première 
t'ois dans une séance solennelle que tiendra la Société en 
1865. 



PRIX BROCA 

FONDÉ PAR M"** BROCÀ EN 1881 

« Ce prix est destiné à récompenser le meilleur mémoire sur uni' 
question d'anatoroie humaine, d*anatomie comparée ou de physiologie 
se rattachant à l'anthropologie. » 

RÈGLEMENT 

Article premier. — Le prix Broca sera décerné, tous les 
ans, le jour de la séance solennelle de la Société. 

Art. 2. — Ce prix est de la valeur de 1500 francs. 

Art. 3. — Les membres qui composent le Comité central 
de la Société d'anthropologie sont seuls exclus du concours. 

Art. 4. — Tous les mémoires, manuscrits ou imprimés, 
adressés à la Société peuvent prendre part au concours ; 
toutefois, les auteurs des travaux imprimés ne pourront 
prendre part au concours qu'autant qu'ils en auront formelle- 
ment exprimé l'intention. 

Art. 5. — Tout travail qui aurait été couronné par une 
autre Société avant son dépôt à la Société d'anthropologie 
est exclu du concours. 

Art. 6. — Le jury d'examen se composera de cinq mem- 
bres élus au scrutin de liste par les membres du Comité cen- 
tral, choisis dans son sein et k la majorité absolue des mem- 
bres qui le composent. 

Art. 7. — Ce jury fait son rapport et soumet son jugement 
à la ratification du Comité central. 

Art. 8. — Le jury d'examen sera élu quatre mois au moins 
avant le jour où le prix doit être décerné. 



— li — 

Art. 9. — Tous les mémoires imprimés ou manuscrits 
adressés à la Société après le jour où le jury d'examen aura été 
nommé ne pourront prendre part au concours du prix Broca 
que pour la période biennale suivante. 

Art. 10. — Dans le cas où une année le prix Broca ne 
serait pas décerné, il serait ajouté au prix qui serait donné 
deux années plus tard. 



PKIX BERTILLON 

« Le prix Bertillon sera décerné au meilleur travail envoyé sur une 
matière concernant l'anthropologie et, notamment, la démographie. > 



CONDITIONS 

1** Le prix Bertillon sera décerné, tous les trois ans, le jour 
d'une séance solennelle de la Société; 
2*» Ce prix sera d'une valeur de 500 francs ; 

3'' Les membres qui composeront le Comité central de la 
Société seront seuls exclus du concours ; 

4** Tous les mémoires, manuscrits ou imprimés, adressés à 
Société pourront prendre part au concours; toutefois, les 
auteurs des travaux imprimés ne pourront prendre part au 
concours qu'autant qu'ils en auront formellement exprimé 
l'intention ; 

5" Tout travail qui aurait été couronné par une autre Société 
avant son dépôt a la Société d'anthropologie est exclu du 
concours ; 

6" Le jury d'examen se composera de cinq membres élus 
au scrutin de liste par les membres du Comité central, choisis 
dans son sein et à la majorité des membres présents ; 

7** Ce jury fera son rapport et soumettra son jugement a la 
ratification du Comité central ; 



8*" Le jury d'examen sera élu quatre mois au moins avant le 
jour où le prix devra être décerné ; 

9** Tous les mémoires imprimés ou manuscrits envoyés à la 
Société après le jour où le jury d'examen aura été nommé, ne 
pourront prendre part au concours du prix Bertillon que pour 
la période triennale suivante; 

10** Dans le cas où une année le prix Bertillon ne serait 
pas décerné, il serait ajouté au prix que l'on décernera trois 
ans plus tard ; 

11** Ce prix sera décerné a la personne, sans distinction de 
sexe, de nationalité ni de profession, qui aura présenté le meil- 
leur mémoire sur une question anthropologique ; 

12^ Ce prix sera décerné pour la première fois dans une 
séance solennelle que tiendra la Société en 1889. 



SOCIÉTÉS D'ANTHROPOLOGIE FRANÇAISES ET ÉTRAiNGKRES 

Aussitôt que fut connue dans le monde scientifique la fon- 
dation d'une Société d'anthropologie, il se produisit un grand 
mouvement vers les études de l'histoire naturelle de l'homme. 
Cette branche de la zoologie, qui jusqu'alors n'existait pas, 
devint prépondérante. Sur le modèle de celle que Broca et 
ses collaborateurs venaient de créer à Paris, des Sociétés, 
copiant ou imitant ses statuts, ne tardèrent pas à se fonder : 
àGoeltingen (1861-1865), à Londres (1863-1872), à Craco- 
vie (1864-1877), à Madrid (1865), à Manchester (1866), à 
Berlin (1869), à Munich (1870), à Florence (1871), à Vienne 
Vl871), à Washington (1871-1886), a Moscou (1872-1879), 
à Stockolm (1873-1882), à la Havane (1879), à Lyon (1881), 
à Bruxelles (1882), à Bordeaux (1884), à Bombay (1888), 
à Saint-Pétersbourg (1889). 

L'Association française pour l'avancement des sciences et 
l'Association britannique possèdent une section d'anthropo- 
logie. 



— I« — 

SOCIÉTÉS SAVANTES ET PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

AVEC LESQUELLES LA SOCIÉTÉ ÉCHANGE SES BULLETINS 
FRANCE 

Archives de médecine navale. 

Bulletin de la Société d'acclimatation. 

Bulletin du Muséum d'histoire naturelle de Lyon. 

Commission des monuments mégalithiques. 

Laboratoire d'anthropologie du Muséum d'histoire naturelle 

de Paris. 
Laboratoire d'anthropologie de l'École des hautes études. 
Matériaux pour servir à l'histoire de l'homme primitif. 
Mélusine. 

Mémoires de médecine et de chirurgie militaires. 
Musée Guimet. 
Progrès médical. 

Revue des sciences naturelles de Montpellier. 
Revue scientifique. 
Revue des traditions populaires. 
Société académique de l'Aube, à Troyes. 
Société d'acclimatation. 
Société d'anatomie. 
Société d'anthropologie de Lyon. 
Société d'anthropologie du Sud-Ouest et de Bordeaux. 
Société des antiquaires du Centre, k Bourges. 
Société des antiquaires de l'Ouest, à Poitiers. 
Société archéologique de Senlis. 
Société archéologique de Constantinc. 
Société archéologique du Vendômois, a Vendôme. 
Société des architectes de Paris. 
Société Belfortienne d'émulation, à Belfort. 



— 17 — 

Sociélé de biologie. 

Société de climatologie algérienne, a Alger. 

Société dunoise de Ghâteaudun. 

Société d'ethnographie. 

Société d'émulation de TAUier, a Moulins. 

Société d'émulation de Montbéliard. 

Société d'émulation des Vosges, à Épinal. 

Société d'études scientifiques d'Angers. 

Société géologique de France. 

Société de géographie de Paris. 

Société de géographie de Tours. 

Société d'histoire naturelle de Toulouse. 

Société d'histoire de Paris (Archives). 

Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux. 

Société médicale des hôpitaux. 

Société polymathique du Morbihan, à Vannes. 

Société savoisienne d'histoire et d'archéologie de Chambéry. 

Société des sciences de la Creuse. 

Société des sciences naturelles de l'Yonne, à Auxerre. 

Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux. 

Société de statistique de Paris. 

Société zoologique de France. 



Liste des Sociétés savantes gui reçoivent directement les publi- 
cations de la Société du Ministère de l'Instruction publique 
(Convention du 3 mai 1881). 

Académie, Nîmes. 

Académie delphinale, Grenoble. 

Académie d'Hippone, Bône. 

Académie nationale, Reims. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres, Bordeaux. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres, Mâcon. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, Lyon, 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, Rouen. 



— 18 — 

Académie des sciences, leLlres et arts, Arras. 
Académie des sciences, lettres et arts, Marseille. 
Académie de Stanislas, Nancy. 
Comité historique et archéologique, Noyon. 
Commission des antiquités de la Côte-d'Or, Dijon 
Société académique, Boulogne-sur-Mer. 
Société académique, Laon. 
Société académique de Maine-et-Loire, Angers. 
Société académique de la Loire-Inférieure, Nantes. 
Société académique d'archéologie, sciences et arts, Beauvais. 
Société académique des sciences, arts et belles-lettres, Saint- 
Quentin. 
Société d'agriculture, sciences et arts delà Sarthe, le Mans. 
Société des antiquaires de la Morinie, Saint-Omer. 
Société des antiquaires de Normandie, Caen. 
Société archéologique de la Gironde, Bordeaux. 
Société archéologique, Montpellier. 
Société archéologique, historique et scientifique, Soissons. 
Société dunkerquoise, Dunkerque. 
Société Éduenne, Autun. 
Société d'émulation, Abbeville. 
Société d'émulation du Doubs, Besançon. 
Société havraise d'études diverses, le Havre. 
Société de médecine, Nancy. 
Société de médecine, Rouen. 
Société de médecine, Toulouse. 

Société de médecine et de chirurgie pratiques, Montpellier. 
Société nationale d'émulation, Montpellier. 
Société des sciences, lettres et arts de la Réunion, Saint-Denis. 
Société des sciences médicales, Gannat. 
Société des sciences naturelles, Cherbourg. 
Société des sciences physiques et naturelles, Toulouse. 
Société de statistique, sciences, belles-lettres et arts, Niort. 



— ly — 



ETRANGER 



ALLEMAGNE 



Akademie der Wissenschaflen, Munich. 

x\rchiv fur Anthropologie, Munich. 

Ausland, Munich. 

Beitraege zur Anthropologie und Urgeschichte Bayerns, Mu- 
nich. 

Gesellschaft fur Anthropologie, Berlin. 

Gesellschaft fur Œkonomie, Kœnigsberg. 

Verein fur Erdkunde, Dresde. 

Société de géographie de Leipzig (Verein fur Erdkunde), 
Leipzig. 

ALSACE-LORKAINE 

Société d*histoire naturelle, Colmar. 

ANGLETERRE 

Anthropological Institute of Great Britain and Ireland, 

Londres. 
Le journal Nature, Londres. 
Journal of Anatonny, Edimbourg. 
Société royale de géographie de Londres. 
Société royale d'Edimbourg (Ecosse). 

AUTRICHE 

Anthropologiche Gesellschaft, Vienne. 

AUSTRALIE 

Royal Society of New South Wales, Sydney. 

BELGIQUE 

Académie royale des sciences, lettres et arts de Belgique. 



I 

' — 40 — 

Sociélé d'anthropologie de Bruxelles. 
Société de géographie de Bruxelles. 

BRÉSIL 

Muséum d'histoire naturelle de Hio-de-Janeiro. 

CANADA 

Journal Ganadian Naturalist. 

Proceedings of the Ganadian Instilute, Toronto. 

DANEMA*nK 

Société royale des antiquaires du Nord, à Gopcnhague. 

EGYPTE 

Institut égyptien, Alexandrie. 

ÉTATS-UNIS 

Academy of Sciences, Saint-Louis. 

The American Naturalist, New-York. 

American Philosophical Society, Philadelphie. 

Boston Society of natural history. 

Bureau d'ethnologie. M. Powell, à Washington. 

Department of the interior, United States geological Survey. 

Essex Institute of Salem. 

Journal American Antiquarian, Ghicago. 

Journal Science, New-York. 

Muséum Gomparative Zoology, Ganibridge. 

The Numismalic and Antiquarian Society of Philadelphie. 

Peabody Muséum, Harward's University, Gambridge. 

Smithsonian Institution, Washington. 

Société d'anthropologie, Washington. 

Academy of natural Science of Philadelphia. 



— 21 — 

GRÈCE 

Sociéli^ historique et ethnographique de Grèce, Athènes. 

HOLLANDE 

Institut royal de la Haye pour la géographie, l'ethnographie et 

la philologie des Indes orientales néerlandaises. 
Société de géographie d'Amsterdam. 
Tijdschrift voor indische tadl-landen Volkenkunde, la Haye. 

INDES ANGLAISES 

Asiatic Society ofBengal, Calcutta. 

ITALIE 

Le Cosmos, Turin. 

Societâ d'anlropologia c d'etnologia, Florence. 

Société de^éographie de Rome. 

Bulletin Palaethnolog. Italiana, îi Rome. 

Académie de Naples. 

JAPON 

.Tourn<il of the Asiatic Society of Japon, Tokio. 

MEXIQUE 

Museo Nacional, Mexico. 

RÉPUBLIQUE ARGENTINE 

Academia Nacional de Ciencias, Côrdoba. 

RUSSIE 

Société impériale des naturalistes, Moscou. 



— 22 — 

Société des amis des sciences naturelles de Moscou. 
Société impériale de géographie de Saint-Pétersbourg. 
Université impériale de Saint-Wladimir, à Kiew. 

SUÈDE 

Société d'anthropologie de Stockholm. 

Tidskrift for anthropologi och kulturkistoria a Stockholm. 

SUISSE 

Naturforschende Gesellschaft, Bâle. 

Société de géographie, Genève. 

Société des sciences naturelles de Bâle. 

Société vaudoise des sciences naturelles, Lausanne. 



CHAPITRE II 



LABORATOIRE D'ANTHROPOLOGIE 

Il ne suffisait pas, pour Tavenir des études anthropologiques, 
pour leur extension^ qu'il existât une Société devant laquelle 
on pût venir exposer les faits recueillis par l'observation et 
les discuter librement; il manquait une institution qui permît 
d'être initié rapidement à toutes les connaissances générales, 
à toutes les méthodes avant de se mettre ensuite à travailler 
par soi-même. 

La nécessité d'un laboratoire devenait donc chaque jour 
plus évidente. Broca, dont le premier laboratoire fut installé 
dans son propre appartement, ayant en 1867 obtenu du doyen 
de la Faculté deux petites pièces situées au premier étage de 
l'ancienne église des Cordeliers, n'hésita pas à faire tous les frais 
de ce premier établissement. L'année suivante (4868), il fut 
assez heureux pour voir sa nouvelle fondation comprise au 
nombre des laboratoires de l'École des hautes études. L'État 
paya dès ce moment le personnel et accorda régulièrement 
des subventions, ce qui n'empêcha pas cependant que beau- 
coup de dépenses demeurèrent encore à la charge de Broca; 
il en fut ainsi jusqu'à l'époque de la fondation de l'École 
d'anthropologie (1876). On préleva alors sur le budget de 
cette dernière l'argent destiné à faire face aux besoins du 
Laboratoire. 

Broca dirigea le Laboratoire jusqu'à sa mort (9 juillet 1880). 
— A la fin de l'année 1880, M. Mathias Duval fut nommé en 
même temps directeur du Laboratoire et professeur à l'École 
d'anthropologie. Les préparateurs du Laboratoire ont été 
depuis 1867 MM. Hamy, Chudzinski, Topinard, Khuff et 
Manouvrier 



- 24 — 

Le Laboratoire est parfaitement organisé pour tout ce qui a 
trait aux études de craniométrie, d'anthropométrie, d'ana- 
tomie comparée des i^ces humaines et des primates. On y 
trouve en effet toute la collection des instruments d'anthropo- 
logie inventés par Broca, et tous les modèles français et étran- 
gers. Des salles de dissection, de moulages, de dessins, de 
photographies, d'anthropogénie, d'histologie et une biblio- 
thèque sont à la disposition des travailleurs. 

Directeur : M. Mathus Duval. 

Sous-directeur : M. Topinard. 

Préparateurs : MM. Chudzinski et Manouvrieu- 

Préparateur particulier (bénévole) du directeur: M.MAUor- 

DEAU. 

On ne saurait donner une meilleure idée de l'activité qui y 
règne qu'en indiquant la liste des travaux qui y ont été faits 
depuis la dernière Exposition (1878) jusqu'en 1888. 



Laboratoire d'anthropologie {École des hautes éludes), 
de 4878 à, 1884. 

M. P. Broca, directeur. 

Localisations cérébrales. Recherches sur les centres oiïaclirs {Rev.d'an'- 

thropol.y 1879). 
Sur les moyennes et les variations extrêmes des caractères crfiniomé- 

triques (BulL Soc. d'anthropoiy 1879). 
Crâne et cerveau dans la dérormation toulousaine {Ibid,, 1879). 
Sur la détermination de l'âge moyen (Ibid., 1879). 
Méthode trigonométrique appliquée à la craniométrie, le goniomètre 

d'inclinaison et l'orlhogone {Ibid.y 1880). 
Du goniomètre flexible (Ibid.y 1880). 
Microcéphalie et anomalie régressive (/6«d., 1880). 
Localisation cérébrale sur un cul-de-jatle (Ibid,, 1880). 

M. Topinard, sous-directeur. 
De la race en anthropologie (Rer. d'antkropol., 1879). 



— 25 — 

De runification des mesures en craniomélrie {Actes du Congrès de Mos- 
cou, 1879). 

Des déformations ethniques du crâne (Rev. d'anthropol, 1879). 

Le musée de Hunter et la méthode craniométrique du professeur Plower 
(/ôirf., 1880). 

Éludes anthropométriques sur les canons (/6îd., 1880). 

Sur différents instruments d'anthropométrie {BulL Soc. d'anlhropoL^ 
1880). 

Los méthodes et procédés en anthropométrie (Journ. anthropoL Insti- 
tule Londony 1880). 

M. Chudzinski, premier préparateur. 

Suite de ses moulages du cerveau et de ses recherches sur les anomalies 

musculaires. 
Sur le cerveau de Tassassin Ménesclou {BtiU. Soc, d*anthropoLy 1880). 
Sur la splanchnologie de TOrang bicolor de Sumatra (Ihid,, 1880). 
Sur la microcéphalie {Ibid.^ 1880). 

M. KuFF, second préparateur. 

Dessins anatomiques : anatomie du nègre. 

Anatomie des singes. 

De la platycnémie suivant les races {Bev. d' anthropoL), 

M. Manouvrikr. 

Mesures de quinze cents crânes extraits des catacombes de Paris 
(Travail commencé en collaboration avec Broca et consigné dans les 
registres publics du Laboratoire d^anlhropologie), 1880. 

Sur Tindice cubique du crâne (Assôc. franc., Reims, 1880). 

Sur les caractères du crâne et du cerveau au point de vue anatomique et 
physiologique (voy. plus loin, n*^ 8 et â7). 

M. le D-^ Féré. 

Sur le développement du cerveau dans ses rapports avec le crâne {Rev. 
d'anthropoL, 1879). 

M. Charles Féré, interne des hôpitaux. 

Comparaison du diamètre bilrochantérien et hi'iWixqne (Rev.d'anthropol., 
1880). 



— 20 - 
M. le D'^BoRDiER. 

Études craniométriques sur une série de crânes d'assassins {Rev. d^an- 

thropoly 1879). 
Instructions de géographie médicale pour la Malaisie (^7^2/. Soc, d'an- 

thropoL, 1879). 

M. le D^Dally. 

De la croissance (Dict. encycl. des Se. médicalesy 1879). 

M. leD^J. Rey. 

Sur le crâne Botocu^o (Thèse inaugurale, 1880, Paris), 

M. le D' L. Renard. 

Des variations ethniques du maxillaire inférieur (Thèse inaugurale, 
Paris, 1880). 

M. le D*^ Calmette. 
De la suture médio^frontale (Thèse inaugurale, Paris, 1880). 

M. le D"^ Ujfalvy. 

Résultats anthropométriques d'un voyage dans VAsie centrale (Paris, 
1879). 

M. le D' E. Pasteau. 
De^ proportions de la clavicule (Thèse inaugurale, Paris, 1880).. 

M. leD'^H. Bouvier. 
Ostéologie comparée du chimpanzé (Thèse inaugurtile, Paris, 1880). 

M. Girard de Ri allé. 
Races et types humains (vol. in-12, Paris, 1879). 

M. GOLSTEIN. 

Sur les Samoyèdes (Rev, d'anthropoL, 1880). 



— 27 — 
M. le D*^ Weisgerber. 
Sur r indice thoraciqvs (Thèse inaugurale, Paris, 1879). 

M. leD'LivoN. 

Sur les indices de Fomoplate (Thèse inaugurale, Paris, 4879). 
(La Faculté a décerné à cette thèse une médaille de bronze.) 

M. le D' Bouvier. 

De la mensuration du squelette des anthropoïdes (Thèse inaugurale, 
Paris, 1879). 

M. Zaborowski. 

Étude de craniométrie sur les Hackkas de Canton {BtilL Soc. d'anthro- 

po/., 1879). 
Uhomme préhistorique (vol. in-12, Paris, 1879). 
La linguistique (vol. in-12, Paris, 1879). 

M. Deniker. 
De V anthropologie en Angleterre. 

M. leD'^DucATTE. 
Sur la microcéphalie (Thèse inaugurale, Paris, 1880). 

M. le D^ MONDIÉRES. 
Les nègres assiniens (Hef\ d'anthropoL, 1880). 



Relevé des travaux accomplis dans le Laboratoire^ pendant les 
années 1881, 1882, 1883, 1884, 1885, 1886, 1887, 1888. 

Le directeur du Laboratoire, M. Mathias Duval, a publié 
les travaux suivants, cités ici dans leur ordre chronologique : 

1. De Tembryologie dans ses rapports avec l'anthropologie {Rei\ d'an- 
thropoL, 1881, n'* de janv.). 



— 28 — 

2. Des branchies des aaaniniotes (Biologie, 28 mai 1881). 

3. Origine de la corde dorsale (Ibid., 21 mai 1881). 
t. Monstres alocéphales(iôtrf., 2 mars 1881). 

5. Corne d'Ammon chez Thomme et les mammifères (Arch. de neuro- 
logie, 1881). 
0. Hermaphrodites (Soc. d'antliropol., juin 1881). 

7. Embryologie du rein (Biologie, 19 févr. 1881). 

8. Cils vibraliles de l'ovaire (Ibid., 7 rféc. 1881). 

9. Sens de l'espace (BulL Soc, d'anthropoL, févr. 1882). 

10. Développement de l'appareil génilo-urinaire (Ibid., oct. 1882). 

11. Du rein précurseur (Biologie, 21 oct. 1882). 

12. Innervation du muscle du marteau (Ibid. y 4 nov. 1882). 

13. Vagin et utérus, et sinus uro-génilal (Ibid., 31 déc. 1882). 

14. Anus de Rusconi et ligne primitive (Biologie, janv. 1883). 

15. Développement de l'appareil génito-urinaire (Mémoire avec planches, 

Rev. des Se. nat., 1882). 
Ifi. Manuel de Vanatomiste (1 vol., 1882). 

17. Embryologie du muscle du marteau (Biologie, 4 nov. 1882). 

18. Embryologie du sinus uro-génital (Ibid., 23 nov. 1882), 

19. Rein précurseur des batraciens (Ibid., oct. 1882). 

20. Développement de l'appareil génito-urinaire (Progrès médical, 1882). 

21. Bulbe de fœtus céphalotribié (Biologie, 25 mai 1888). 

22. Monstre otocéphale (Ibid., 7 avril 1883). 

23. Aphasie de la face (Bull. Soc. d'anthropol, 1883). 

24. Le cerveau d'Asseline (Ibid., 1883). 

25. Le cerveau d'Asséiat(rfttd., p. 328). 

26. Le cerveau de Coudereau (Ibid., p. 377). 

27. Segmentation et globules polaires (Biologie, 24 févr. 1883). 

28. Cancroïde de la peau (Arch. génér. de médecine, 1883). 

29. Le nerf musculo-cutané (Bull. Acad. de médecine, 1883). 

30. Absence des nerfs olfactifs (Biologie, 24 nov. 1883). 

31. Arrêt de développement de la face (Ibid., 15 déc. 1883). 

32. Mécanisme de la physionomie (Ibid. y oct. 1883). 

33. Les lignes du visage (Bull. Soc. d'anthropol., 20 déc. 1883). 

34. Planisphérie cérébrale (Ibid.). 

a5. Développement de l'œil (Rev. scientif., 12 mai 1883). 

36. Le transformisme (Rev. d'anthropol., avril 1883). 

37. Les précurseurs de Darwin (Ibid., juillet 1883). 

38. Les variations et l'hérédité (Ibid., oct. 1883). 

39. Les sélections (/ôtd., janv. 1884). 

40. Physiologie du système nerveux (Paris, 0. Doin, 1883). 
41 Les synalgies (Biologie, 11 janv. 1884). 



— -29 — 

i± De rhybridilé {Rev: scientif., 26 janv. et 2 févr. 1884). 

43. La persistance des types inférieurs {Journ. de Microgr., 1884). 

44. Le placenta (Biologie, févr. 1884). 

45. Organe placentoïde chez le poulet (Acad. des sciences, 18 févr. 1884). 

46. L'embryologie et l'anthropologie (Journal l'Homme^ mars 1884). 

47. L'aire vitelline du blastoderme (Biologie, 17 mai 1884). 

48. Darwin et ses travaux (Journal Darwin^ Naples, 1884). 
4U. Les vésicules séminales du Mara (Biologie, ,3 mars 1884). 

50. Anomalies musculaires {BulL Soc. d'anthropoLy 20 mars 1884). 

51. Les couleurs protectrices et le mimétisme (Progfré« français, 9 et 

16 mars 1883). 

52. La sélection naturelle (Rev. d'anthropoL, oct. 1884). 

53. Les vaisseaux de l'allantolde (Biologie, 18 oct. 1884). 

54. Le corps vitré (Biologie, 6 déc. 1884). 

55. Évolution comparée des espèces et des mots {L'Homme, oct. 1884). 

56. Segmenlation sans fécondation (Biologie, 25 ocl. 1884). 

57. Les annexes des embryons d'oiseau (Mémoire avec 4 planches, Journ. 

de VAnatomiBy mai 1884). 

58. Fonctionnement du cœur de V embryon y 1885. 

59. Le trijumeau et sa racine bulbaire, 1885. 

60. La formation du blastoderme (avec 5 planches) {Annales des Sciences 

naturelles, t. Vf ni). 

61. Les nerfs olfactifs (J5mK. Soc. d'anthropoL, 18 déc. 1884). 

62. Segmentation et noyaux libres du jaune {Ibid.y 27 déc. 1884). 

63. Segmentation sans fécondation dans l'espèce humaine {L'Homme, 

1885). 

64. Les objections et preuves au transformisme {Rev. d'anthropoL, 

avril 1885). 

65. Les œuf pourris, aliments en Chine {Bull. Soc. d'anthropol., avril 

1885). 

66. L'orientation du blastoderme (Biologie, 10 ocl. 1885). 

67. Embryologie des ganglions spinaux (/6<V/., 17 oct. 1885). 

68. L'hermaphrodisme de Vœuf {Rev. des Trac. se. fv., 1885). 

69. Le Danvinisme (1 vol. de 576 pages, 1885). 

70. Le cerveau de Gambetta {Bull. Soc. d'anthropoL, 18 mars 1886). 

71. Sur un chien à courte queue {Ibid., mai 1886). 

72. Le poids vrai du cerveau de Gambetta (Wfrf., juin 1886). 

73. Histoire de l'anatomie générale {Rev, scientif., 16 janv. 1886). 

74. Anomalies de la ligne primitive, 1886. 

75. Les doigts surnuméraires {Bull. Soc. d'anthropoL, YIII, p. 48). 

76. Développement du placenta du cobaye (Biologie, 12 mars 1887). 
78. Sur les fentes branchiales (Soc. de chirurgie, 22 juin 1887). 



— 30 — 

lié. Les vaisseaux du placenta (Biologie, 7 mai 1887). 

80. Développement du placenta du lapin (Ibid.. 2 juillet 1887). 

81. Dynamogénie sur les centres nerveux (/Wd., 1887). 

82. L'aphasie depuis Broca (Rev. scientif., 17 déc. 1887). 

83. Atlas d'embryologie (40 planches, avec 700 figures, 1888). 

84. Le collodion en technique d'embryologie {Joum. de Micrographiey 

10 mai 1888). 

85. Les placentas discoïdes en général (Biologie, 6 oct. 1888). 

86. Le placenta de Murin {Ibid., 3 nov. 1888). 

87. L'utérus des rongeurs (Ann. de llnst. Pasteur^ 1888). 

88. Les organes rudimenlaires {Journal de Micrographie y juin 1888). 

89. Le troisième œil des vertébrés de la glande pinéale (Ibid., de juillet 

à décembre 1888). 

90. Des yeux pineaux multiples chez l'orvet (Biologie, 9 février 1889). 

Le sous-directeur, M. P. Topinard, a publié les travaux 
suivants : 

1. Caractères du bord inférieur des narines {BulL Soc. d'anthropol.y 

1881). 
i. Graniométrie en Algérie (Congrès d'Alger, 1881). 

3. Types indigènes d'Algérie {BulL Soc. d'anthropoL, 1881). 

4. Goniomètre facial (i&trf., 1881). 

5. Poids de l'encéphale {Rev. d'anthropot., 1881). 
(). Gapacité crânienne (Z6id., 1882). 

7. Mesures craniométriques {Ibid.). 

8. Indice céphalique {Ibid.). 

9. Équerre céphalométrique {Rev, d*anthropol.y 1884). 

10. BuiTon anthropologiste (/6id., janvier 1883). 

11. L'homme préhistorique américain {Ibid.). 

12. Le poids de l'encéphale {Mém. Soc. d'anthropoL, 1883). 

13. Taille des Savoyards {Rev. d'anthropol., 1883). 

14. La taille des silex à Percherioun {Ibid.^ 1883). 

15. Linné anthropologiste (avril 1884). 

16. Mesures anthropométriques internationales (août 1884). 

17. Éléments d'anthropologie générale (1 vol. de 1157 pages, 1885). 

18. Restitution de la taille par les os longs {Rev. d'anthropol.y 1885). 

19. Le crâne de bronze de Rancke {Iliid., 1885). 

20. La méthode de cubage de Broca {Bull. Soc. d'anthropol. 1885). 

21. Nomenclature quinaire de l'indice céphalique (/6t({.). 

22. Trois Australiens vivants {Ibid., 1885). 

23. Crânes de Baye {Rev. d'anthropol, 1886). 



— s\ - 

a. Crânes de Beauine-Chaudes (Revue d'anthropoLy 1886). 
ib. Mâchoire de la Nauletle (Ibid.). 
i6. Couleur des yeux et des cheveux en France (Ibid.). 
â7. Nomenclature quinaire de l'indice céphalique (Ibid*). 
28. L'homme quaternaire en Amérique (Ibid.^ 1887). 
:2y. Série de crânes Kirghis (Ibid.). 

30. Crânes de la Lozère (Ibid.). 

31. L'anthropologie criminelle (Ibid.). 

Si. Grotte néolithique de Feigneux (Bull. Soc. d'anthropoL, 1887). 

33. La dernière étape de la généalogie de l'homme (Ibid.j 1888). 

34. Sur le type crânien des Wurtembergeois (Ibid.). 

M. Chudzinski, premier préparateur, a publié les travaux 
suivants : 

1. Anatomie des circonvolutions cérébrales. 

± Encéphales d'Esquimaux (Bull. Soc. d'anthropol.y 1881.) 

3. Variations musculaires (Rev. d*anthropol., 1882). 

4. Disposition atavique des fléchisseurs de la main (Bull. Soc. d'an- 

thropoL, 1882). 

5. Anomalies de l'abducteur du pouce (Ibid.^ 1881). 

6. Les poumons de l'orang (Ibid., 1882). 

7. Étude de la tête du Néo-Calédonien Atai (Ibid.y 1882). 

8. La tridactylie de la main (Ibid.y 1883). 

9. Variations musculaires ; deuxième'partie (Revue d'anthropoL, 1883). 

10. Fléchisseurs accessoires des orteils (1883). 

11. Cerveau d'Asseline (Bull. Soc. d'anthropoL, 1883). 

12. Cerveau d'Assézat (Ibid.). 

13. Cerveau de Coudereau (Ibid.). 

14. Anomalie du grand pectoral (Ibid.^ 1884). 

15. Foie d'un jeune gorille (Ibid.). 

16. Placenta de mandrille (Ibid., 18 déc. 1884). 

17. Anomalie du deltoïde (Ibid.j janv. 1885). 

18. Anomalie de l'humérus (Ibid.y 5 mars 1885). 

19. Extenseur accessoire de l'index (Ibid.y 16 avril 1886). 

20. Éruption tardive de diverses dents (Ibid.y 4 juin 1885). 

21. Les muscles peauciers d'un gorille (Ibid.y 16 juillet 1885). 

22. Polydactylie (Bull. Soc. ffanthropol.y 1886). 

23. Os propres du nez et leurs anomalies (Congrès de Nancy, 1886). 

24. Crânes des Antakares (Bul{. Soc. d'anthropol.y 1886). 

25. Crâne mérovingien de Chelles (Ibid.y 6 janv. 1887). 

26. Sur une jeune Cynghalaise (Ibid^y 17 mars 1887). 



— 32 — 

il. Cerveau de Bertillon {Bull. Soc. d'anthropol.^ 21 juillet 1887). 
48. Os surnuméraire du tarse (Ibid., 17 octobre 1887). 

29. Splanchnologie des races humaines {Rev. d'anthropoLy 1887). 

30. Catalogue des crânes préhistoriques du Musée Broca. 

31. Monstre humain synote (BulL Soc. d^anthropol.y mars 1888). 

32. Anomalie des muscles de l'avant-bras (Ibid.). 

33. Crânes des mulâtres de la Martinique {Ibid.). 

34. Les crânes des Hindous {Ibid.). 

35. Sur le sacrum du chimpanzé {Ibid., 19 juillet 1888). 

M. le \y L. Manouvrier, préparateur, a publié les travaux 
suivants : 

1 . Étude comparative du crâne et du squelette (Congrès d'Alger, 1881). 

2. Poids du crâne {Bull. Soc. d'anthropol., 1881). 

3. La craniologie {Rev. scientif.y 1881). 

4. Torsion de l'humérus (JR^. d'anthropoL, 1881). 

5. Les Fuégiens {Bull. Soc. d'anthropol.y 7 nov. 1881). 

0. Poids de Fencéphale (Acad. des sciences, 6 janv. 1882). 

7. La taille^ le poids du corps et l'encéphale (2 fév. 1882). 

8. L'encéphale et le squelette (Soc. zool., thèse couronnée, 1882). 

9. Force des muscles et poids du cerveau {sioûi 1882). 

10. Les grandes régions du crâne dans les deux sexes (1882), 

il. Le poids du cerveau et l'intelligence {Rev. scientif.j 2 juin 1882). 

12. Les Galibis {Bull. Soc. d'anthropoL, oct. 1882). 

13. Les crânes d'assassins {Ibid., i"' fév. 1883). 

14. Laplagiocéphalie(/ôt(i., 7 juin 1883). 

15. Poids du cervelet et du bulbe (Congrès de Rouen, 1883). 
IG. Le crâne selon l'âge et la taille {Ibid). 

17. Les Cynghalais et les Araucans {Bull, Soc. d'ahthropol., oct. 1883), 

18. Relations mutuelles d'animaux domestiques {Bull. Soc. zoolog.j 

1883). 
10. Des erreurs dynamométriques {Bull. Soc. d'anthropol., avril 1884). 

20. Étude comparative des sexes {Progrès français, janv. 1884). 

21. La fonction psycho-motrice {Rev. philosoph., mai 1884). 

22. Profil encéphalique et endocrânien {Bull. Soc. d'anthropol.^ Uor- 

deaux, 1884). 

23. L'ethnographie et l'ethnologie {L'Homme, 25 mars 1884). 

24. Enceinte vitrifiée de Puy de Gaudy {Bull. Soc. d'anthropol., 1884). 

25. Trois cas d'idiotie congénitale (Congrès de Blois, 1884). 
20. Idiots et imbéciles de l'hospice de Blois {Ibid.). 

27. Caractères du crâne et du cerveau. Deuxième mémoire : Intei'préta- 
tion du poids de l'encéphale {Mém. Soc. d'anthropoL, 1885). 



:28. Peaux-Rouges Oiiialias {Bull. Soc, d'anthropoL, avril 1885). 
^9. Graphique des séries anthropologiques (L'^omm^, Tév. 1885). 

30. Trépanations préhistoriques {Bull. Soc. iTanthropoL, juin 1885). 

31. Dynamoraétrie physio-psychologique (Soc. de biologie, 1885). 

32. Crânes préhistoriques de Grenoble (Congrès de Grenoble, 1885). 

33. Squelette des membres d*homme et d'anthropoïdes {Ibid.). 

34. Dolichocéphalie par synostose précoce (Soc. d'anthropol., Lyou, 

1885). 

35. Capacité crdnienne de soixante assassins y 1885. 

30. Crâne d'un imbécile (fî»H. Soc. d'anthropol., déc. 1885). 

37. Nouvelle variété d'os wormiens (Ibid. y 1886). 

38. Cinq crânes sénégambiens {Ibid.). 
311. Craniologie de trois aliénés {Ibid.). 

40. Mouvements consécutifs à des images mentales(ii^t7.pAe7oj(op., 1886). 

41. Crânes des suppliciés {Arch. d'anthropol. criminelle. 1886). 
i± Importance de la craniologie^ 1886. 

43. Le profil grec (Congrès de Nancy, 1886). 

44. Une idiote microcéphale {Bull. Soc. dCnnthropoLy 1887). 

45. Une séance de spiritisme {UHommey 1887). 

46. Les crânes néolithiques de Crécy-en-Brie {Bull. Soc. d'an- 

thropol.y 1887). 
il. Le cerveau de Berlillon {Ibid. y 1887). 
48. Le prognathisme et sa mesure (Congrès de Toulouse, 1887). 
V.K La platycnémie {Mémoires de la Soc. d'anthropol.y 1887). 

50. Comparaisons cérébrales (B^i;. philosop., 1887). 

51. Vitrifications de tumulus et d'enceintesy 1887. 

52. Taille des Parisiens {Bull. Soc. d'anthropoLy 1888). 

53. Études sur un nain rachitique (Congrès d'Oran, 1888). 

54. Circonvolutions temporales chez un sourd {Bull. Soc. d'anthropol., 

1888). 

55. Aplatissement sous-trocbanlérien {Ibid.). 

56. Circonvolutions frontales et masse du corps {Ibid.). 

Les publications (mémoires, volumes, notes et commuui- 
calionsaux Sociétés savantes) du personnel officiel du Labora- 
toire se répartissent donc de la manière suivante : 

Le directeur, M. Mathias Duval 90 mémoires ou notes. 

Le sous-directeur, M. P. Topinard. 32 

Le l"' préparateur, M. Chudzinski.. . . 37 
Le préparateur, M. le D"^ Manouvrier. .50 — 

Soit un total de 217 



— ^4 — 

De plus, M. Chudziiiski a enrichi le Musée d'un grand 
nombre de moulages, dont les plus importants sont les sui- 
vants : 

1. Moulage et dissection d*un gorille (1881). 
t. Cerveau d'Asseline (1883). 

3. Cerveau d'Assézal (1883). 

4. Cerveau de Coudereau (1884). 

5. Moule intra-crânien d'un fœtus d,e gorille (1884). 

6. Encéphale de jeune gorille (1884) (2 pièces), 1884. 

7. _ nyctipithèque (2 pièces), 1884. 
^. — de para (2 pièces), 1884. 

9. — de pye-pye (2 pièces), 1884. 

10. — de tatou (2 pièces), 1884. 

11. — de fenec (2 pièces), 1884. 

12. — d'un hamadryas (2 pièces), 1884. 

13. — de maki à front noir (4 pièces), 1884. 
14 et 15.- Encéphale d'un agouti (2 pièces), 1884. 

16 et 17. — d'un pteropus (2 pièces), 1884. 

18, 19 et 20. Encéphale d'un microcéphale (3 pièces), 1884. 

20 et 21. Deux hémisphères du crétin de BatignoUes. 

22. Hémisphère d'un sujet ayant dormi seize mois. 

23. Encéphale de Gall. 

24. Viscères d'orang adulte (15 pièces). 

25. Foie d'un macaque. 

26. Cœur et vaisseaux aortiques (1885). 

27. Le décapité Gamahut (1885). 

28 à 42. Tridactylie de la main (14 pièces), 1885. 

43 à 50. Anomalies musculaires (7 pièces). 

51. Oreille non ourlée (1885). 

52 à 65. Anomalies digitales (14 pièces), 1685. 

66 à 91. Reconstitution de 25 crânes de Quiberon (1885). 

92 à 103. Reconstitution de 11 crânes de la collection Peketti (1885). 

104. Buste d'un Khmer(1886). 

105. Muscles de la face d'un Khmer (1886). 

106 à 111. Moulage d'une jeune Cynghalaise (G pièces), 1886. 

112. Buste du décapité Frey (1886). 

113. — du décapité Rivière (1886). 

114 à 119. Moulages d'un jeune Boschiman (5 pièces), 1886. 

120. Encéphale de microcéphale (1886). 

121. — d'idiot (1886). 

122. Moulage d'un monstre cyclope (1886). 



— 35 - 

123 à 125. Recoûslitutiou des crânes de Sidoii, du Gabon, elc, (1886). 

126. Reconstitution de crânes de l'époque mérovingienne. 

127. Moulages du supplicié Pranzini. 

128 â 135. Cerveaux d'aliénés (7 pièces), 1888. 

136 H 139. Cerveau de Campi (i pièces). 

140 à 143. Cerveau de Sauzel (3 pièces). 

144 à 145. Cerveau d'un sourd-muel. 

146 à 149. Cerveau d'une négresse. 

150. Phocomélie chez l'homme. 

151 à 157. Moulages d'un fœtus de magot (7 pièces). 

En outre le Laboratoire a accueilli un grand nombre de tra- 
vailleurs qui y ont poursuivi des recherches sur divers sujets 
d'anthropologie : 

En 1881 ces travailleurs ont été au nombre de 49 

1882 — _ 37 

1883 — — 43 

1884 ~ — 26 

1885 — — 42 

1886 - — 31 

1887 - — 32 

1888 — - 33 



C'est-à-dire un total de 293 

Dans ce nombre ne sont pas compris les savants étrangers 
qui ont visité le Musée et les collections d'instruments, mais 
seulement les personnes qui ont longuement séjourné au 
Laboratoire pour s'y familiariser avec les divers ordres 
d'études anthropologiques. 

Ces élèves du Laboratoire ont publié, a la suite de leurs 
recherches, les travaux suivants : 

M. le D' G. Hervé, qui a pendant plusieurs années été le 
préparateur bénévole, particulier, du directeur, pour les 
études d'embryologie et de tératologie, et qui est aujourd'hui 
professeur à l'École d'anthropologie : 

1. Revue critique sur le poids du cerveau {Rev. d'anthropoL, 1881). 

2. Appendice caBcal des pithéciens (Bull, Soc. d'anthropol.j 1881). 

3. Anomalie du biceps (Bull. Soc. d'anthropol.y 1881). 



— m — 

A. Muuk et les localisations cérébrales {Rev, philosopha, oct. 188î2). 
5. Les Veddahsde Ceylan (Rev. d'anthropoLy 1882). 

0. Anomalies de la prennière côte {Bull. Soc. d'anthropol.y 1883). 

7. Le cerveau de Cuvier (Ibid.). 

8. Monstres otocéphaliens (Soc. de biologie, janv. et avril 1883). 
1). Le centre cérébral du langage {Rev. d'anthropol.y 1883). 

10. La fente occipitale du singe {Ibid.). 

11. Squelette primitif de la face (Soc. de biologie, 15 févr. 1884). 

12. Vésicules séminales du mara {Ibid.). 

13. L'anthropologie anatomique(L'frowim^, 25 avril 1884). 

14. Place de Thomme en zoologie {Ibid., janv. 1885). 

15. Squelette à onze vertèbres {Bull. Soc. d'anthropoL, 1880). 
10. Cas d'hémimélie {Ibid.). 

17. Précis d'anthropologie (1 vol., 1884). 

18. L*homme descend-il d'un animal grimpeur? {VHommey 1880). 

19. La circonvolution de Bràca, avec 4 planches (thèse couronnée, 

1887). 

20. Sur une observation ancienne d'aphasie traumatique {Bull. Soc. 

d'anthropol.y 1888, p. 1). 

21. Crâne de gorille {Ibid.. p. 181). 

22. La circonvolution de Brocachez les primates {ibid. y p. 275). 

M. leD' Denikeh : 

1. Anthropométrie sur les Nubiens {Bull. Soc. d'anthropoi.. 1881). 

2. Sur deux anthropoïdes vivants {Ibid., 1882). 

3. Les Fuégiens {Ibid.). 

4f. Prétendu mélis de gorille et de chimpanzé (R^t?. d'anthropol., 1882). 

5. Les Kalmouks {Bull. Soc. d'anthropoL, 1883). 

0. Le voyage de Micklucko-Maclay {Rev. d'anlhropol., 1883). 

7. Étude sur les Kalmouks {Rev. d'anthropoL, 1884, trois articles). 

8. Sur un fœtus de gorille (Acad. des sciences, 1884). 
1). Le foie du gorille {Bull. Soc. d'anthropoL, 1884). 

10. Anthropométrie du Caucase (fiwW. Soc. d'anthropol. de Lyon, 1884). 

11. Valeur morphologique du foie de gorille {Bull. Soc. d'anthropol., 

1884). 

12. Fœtus et placenta de gibbon {Ibid., 1885). 

13. Développement du crâne du gorille {Ibid.). 

14. Crânes bavarois anciens {Rev. d'anthropoL, 1885). 

15. Le préhistorique allemand {Ibid.). 

16. Becherches anatomiques et embryologiques sur les singes anthro- 

poïdes. Paris, 18^6 (thèse de doctorat es sciences). 



— 37 — 

17. La population dalmate {Bull, Soc. (VanthropoL, 1880). 

18. L'écriture des Cynghalais (Ibid.). 

M. Mahoudeau : 

i. Sur des coupes de circonvolutions cérébrales (Rull. Soc. (Vavthro- 

pol., décembre 1887), 
i. Sur les (groupements des grandes cellules pyramidales dans les 

régions motrices du cerveau (Ihid., 17 mai 1888). 
«^ Remarques à propos des mensurations du cou en Bretagne et en 

Kabylie {Ibid., juillet 1888). 

4. Sur la technique des préparations microscopiques du cerveau, col- 

lage des coupes à la paraffine (Ibid., décembre 1888). 
r>. Nombreux articles du Dictionnaire des sciences anthropologiques 
(Roux, Reproduction, Squelette, Stéatopygie, Tablier des 

HOTTENTOTES, TÉRATOLOGIE, TRANSFORMISME, UtÉRUS, VARIÉTÉS, 

Vertèbres, etc.). 

M. le D' BoRDiER, professeur h l'École d'anlhiopolo«;ie : 
Japonais et Malais {Rev. d'anthropoL-, 1881). 

M. le D-^ Féré : 
Topographie cranio-cérébrale {Rev. d'anthropol.^ 1881). 

M. le D'^ GoLDSTEiN : 

1. Craniomélrie de la Sibérie (^fif?t;. d'anthropoL, 1881). 

2. Le calcul des probabilités et l'anthropométrie {Ibid.^ 1888). 

3. Les courbes schématiques (Congrès de Rouen, 1883). 
i. Circonférences de la poitrine {Ibid.y 1883). 

5. Circonférences du thorax et taille {Rev. d'anthropoL, 188i). 
<>. Plan horizontal du crâne {Ibid.). 

M. le D' Blanchard, professeur agrégé à la Faculté de 
médecine : 

1. Le tablier des Hottentotes et la stéatopygie (188^). 
i. La stéatopygie des Boschimanes {Bull. Soc. zool.y 1883). 



— 38 - 
M. Tenkate, de La Haye : 

1. Crânes de criminels {Rev. d'anthropoLy 1881). 

2. Anthropologie californienne (BwH. Soc. d'anthropoL, 1884). 

3. Crânes du Nouveau-Mexique {Rev. d'anthropol.y 1884, p. 486). 

M. Merejskowski : 

1. Crânes de Sardaigne (BwK. Soc. d'anthropoL, 1882). 

2. Nouveau caractère anthropologique (Ibid.). 

3. Développement du squelette humain (Ibid., 15 févr. 1883). 

M.leD'J. Réal: 

1. Homologie du peigne des oiseaux et du corps vitré embryonnaire 

des mammifères (Soc. de biologie, déc. 1884). 

2. Le développement de Vœil et de ses éléments mésodermiques (thèse 

couronnée, 1885). 

M. leD^C. Ribe: 

Ordre d'oblitération des sutures du crâne dans les races humaines 
(thèse, Paris, 1885). 

M. le D' Deblenne : 
Sur la pathologie de la race nègre (1883). 

M. le D'^Marcano : 

Les ossements fossiles de la station précolombienne d'Aragua (BulL 
Soc. d'anthropoL, 1888). 

M. Zaborowskî : 

1. Craniologie asiatique (Bull. Soc. d'anthropoL^ 1881). 

2. Les grands singes (1 vol., 1881). 

M. le D''MoNDiÉREs: 

1. Les races de Tlndo-Chine (Rev. d^anthropol.y 1882). 

2. Les Andamans(/&irf., 1883). 



— 39 — 
M. le D' Bajenoff (de Moscou) : 

Céphalotnétrie de bustes d'assassins {BulL Soc. (Tanthropohf 1884). 

M. Félix Regnault : 

Recherches sur les altérations du crâne chez les rachi tiques (thèse, 
Paris, 1888). 

M. Orchansky : 
Série de crânes d'assassins (Bull. Soc. d'anthropol.^ 7 déc. 1882). 

M.leD'DEToROK: 

1. Craniomètre valaque(BwH. Soc. d'anthropoL, 1881). 

± Orbites de l'homme et des anthropoïdes (Congrès d'Alger, 1881). 

M. le D*^ Baron : 
fjcs maladies des o^ aux temps préhistoriques (thèse de Paris, 1881). 

M. GiLLEBERT d'HeRCOURT : 
Les crânes de Sardaigne (Bull. Soc. d'anthropol.^ 1883). 

M. le D' Danillo : 
Les sillons artériels de Tendocrâne (Bull. Soc. d'anthropoL, févr. 1883). 

M. Carrière : 
Anthropométrie dans l'Ardèche (U Homme y 1884). 

M. Néis : 
Crilnes de la Cochinchine (Bull. Soc. d'anthropol., 1882). 

M. Chambellan : 
Les os wormiens (thèse, Faculté de méd. de Paris). 



— M) — 
M. le D' Cauvln : 

Craniométrie des Australiens et des Papous (1881). 

Le nombre total des mémoires, thèses, notes aux 
Sociétés savantes produits au Laboratoire dans les 
années 1881-1888, s'élève donc à 81 

En y ajoutant les travaux du personnel officiel *217 

nous arrivons au total de ^98 

En y ajoutant les travaux de la période 1878-1881, on 
obtient, depuis la dernière Exposition (1878), le nombre total 
de 345. 



CHAPITRE IIJ 



ÉCOLE D'ANTHROPOLOGIE 

Dès 1870, Broca, qui se plaisait h enseigner l'anthropologie 
aux élèves qui fréquentaient son Laboratoire, s'y trouvant tro|) 
h l'étroit, obtint, comme directeur du laboratoire d'anthro- 
pologie, du doyen de la Faculté de médecine, l'autorisation 
de faire des cours dans l'amphithéâtre de chimie de cette 
Faculté. Tel fut le début des cours d'anthropologie. Le pre- 
mier préparateur était chargé de faire dans le Laboratoire des 
conférences pratiques. 

Mais cel enseignement, limité à un seul cours et à quelques 
conférences, était loin de répondre à tons les besoins. Aussi 
le plus grand désir de Broca était-il d'arriver k fonder une 
École pourvue d'un nombre de chaires suffisant pour que 
toutes les principales branches de la science de l'homme 
pussent y être traitées aussi complètement que possible, 
chaque année, par des hommes spéciaux. « Car il est clair, 
écrivait-il dans une note relative à une subvention pour la 
future École d'anthropologie, que l'esprit le plus encyclopé- 
dique ne peut posséder, au degré de précision qu'exige l'ensei- 
gnement, les nombreuses sciences que l'anthropologie met h 
contribution; » et expliquant comment il entendait que cette 
École fonctionnât, il ajoutait : 

^ Dans un projet de réorganisation de la Faculté des sciences 
de Paris, présenté à l'Assemblée nationale, M. le professeur 
Bert a proposé d'instituer à la Sorbonne une chaire d'anthro- 
pologie. Cette pensée est excellente et il est permis d'espérer 
qu'elle sera tôt ou tard réalisée. 11 est possible encore qu'un 
jour ou l'autre d'autres chaires de même nature soient établies 



— 42 — 

au Collège de France et dans certaines Facultés de province. 
Mais alors même que les chaires d'anthropologie se multiplie- 
raient ainsi, elles ne répondraient jamais aux besoins de l'en- 
seignement. Bonnes pour instruire et intéresser de^ auditeurs 
et par conséquent très utiles , elles ne pourraient former des 
élèves. Si le cours est achevé en une ou deux années, il ne 
peut-être que très sommaire et très superficiel ; s'il dure cinq 
ou six ans comme celui du Muséum, il peut être complet et 
excellent, mais alors il faudrait qu'un adepte consacrât à 
l'étude de l'anthropologie plus d'années qu'il n'en faut pour 
étudier le droit et la médecine, et l'anthropologie n'étant pas 
une science professionnelle, ne conduisant à aucune carrière, 
n'ayant pas de débouchés, ce ne serait que par une exception 
bien rare qu'elle trouverait des élèves assez passionnés, assez 
persévérants et assez riches pour s'astreindre aune aussi longue 
période d'initiation. Ce qu'il faut pour former des anthropolo- 
gistes, c'est une École, où chacune des principales branches 
de l'anthropologie pût avoir sa chaire, afin que la science 
tout entière puisse être exposée complètement chaque année, 
dans des cours simultanés faits par des hommes spéciaux. 9 

Et c'était tellement son idée que, dans une lettre au ministre 
del'Instruction publique, datée du 17 janvier 1878, par consé- 
quent postérieure à la fondation de l'École, il y revient encore : 

« Les fondateurs des cours d'anthropologie se sont proposés 
d'instituer une École où toutes les branches de cette vaste 
science doivent être enseignées simultanément et complète- 
ment chaque année en un seul semestre. » 

Mais, pour arriver à réaliser un aussi vaste programme, il se 
présentait d'énormes difficultés capables de faire reculer les 
plus entreprenants. Ces difficultés, Broca les aflFronla : sa 
tenace volonté, secondée par l'ardent amour qu'il avait pour la 
science qui étudie l'histoire naturelle de l'homme, lui permit 
d'en venir totalement à bout. Des autorisations étaient néces- 
saires, il sut les obtenir; des adhésions, il sut les réunir; de 
l'argent il en trouva; entraînant les convictions, il gi^oupa 
comme fondateurs autour de lui MM. Bertillon, Cernuschi, 



— 43 - 

CoUineau, DaUy, Desroziers, d'Eichthal, Fumouze, YvesGuyol, 
Abel Hovelacque, Jourdanet, Lannelongue, Marmottan, Mé- 
nier, Gabriel de Mortillet, Laurent Pichat, Arthur de Roth- 
schild, Edmond de Rothschild, Gustave de Rothschild, James 
de Rothschild, Thulié, Topinard, Wilson et la Société d'an- 
thropologie. Il obtint des subventions de la Ville de Paris, 
« toujours prête à favoriser l'instruction publique; du dépar- 
tement de la Seine et de l'État. Un savant généreux, le docteur 
Jourdanet, pourvut à lui seul au service d'une chaire » (Ph. 
Salmon, article Sociétés, in Dict. des se. anthropologiques). 

En juillet 1876, les cours étaient assurés, et la Ville de Paris 
avait, pour une large part, contribué aux dépenses d'installa- 
tion. 

Le 30 octobre, l'autorisation ministérielle arrivait, et, le 
15 novembre suivant, les cours commencèrent. 

€ La fondation d'une École d'anthropologie à Paris ferait 
constater une fois de plus que l'anthropologie est une science 
toute française, » écrivait Broca dans une note précédemment 
eitée. C'est qu'en effet, là encore, grâce à son initiative et au 
concours des membres de la Société d'anthropologie, la France 
qui avait vu se fonder la première Société de ce genre, inau- 
gurait la première encore un enseignement anthropologique 
composé de plusieurs cours constituant un ensemble parfait. 
Aussi Broca était-il en droit d'écrire plus tard (12 juillet 1878), 
dans une lettre au ministre de l'Instruction publique : c Nous 
n'avons rien négligé pour donner à cet enseignement tous les 
développements qu'il comporte, et pour créer dans notre pays 
une institution qui a été la première et qui est jusqu'ici la 
seule de ce genre. » Pour être vieille de onze ans, cette con- 
statation est encore vraie; à l'étranger l'anthropologie possède 
des chaires isolées en assez grand nombre, nulle part encore 
ne à' est élevée une école spéciale et complète. Il est évident 
que cet état ne saurait plus maintenant durer longtemps; 
mais l'École de Paris aura toujours pour elle d'avoir été 
de beaucoup la première en date et d'y avoir donné un ensei- 
gnement «lussi complet que le permettait son modeste budget. 



. — 44 — 

Dès le début le succès dépassa énormément les espérances 
lesplus optimistes. Ce succès, quiatoujours été en augmentant, 
de façon à rendre souvent la salle des cours beaucoup trop 
petite, vint récompenser les fondateurs de cette œuvre utile et 
montrer combien l'enseignement de l'histoire naturelle de 
rhomme répondait à un besoin impérieux de notre époque. 

De flatteuses constatations ne manquèrent point à la nou- 
velle École et, dans un rapport présenté h l'assemblée des 
professeurs de la Faculté de médecine dans la séance du 
12 juin 1879, nous lisons : 

« Rien d'ailleurs n'est mieux justifié que ce bon vouloir et 
que cette hospitalité que nous offrons h l'anthropologie, car, si 
notre patronage lui donne de la force et du prestige, elle nous 
apporte un précieux concours en complétant notre enseigne- 
ment. 

(( Il ne faut pas l'oublier en effet, c'^st l'anthropologie qui 
s'occupe aujourd'h^ui de l'histoire des races humaines qui 
naguère était étudiée dans nos traités de physiologie, c'est elle 
qui nous renseigne d'une manière si complète et si efficace 
sur la géographie médicale et sur la pathologie ethnographique, 
matières directement afférentes à notre instruction et qu'il 
est regrettable de ne pas voir enseignées dans nos Facultés et 
surtout dans les Écoles de médecine navale. 

« C'est encore elle qui nous apprend à reconnaître, d'après 
l'examen du squelette et en particulier du crâne, Tâge, le sexe, 
la race d'un individu, et nous donne ainsi des éléments 
d'une grande valeur pour la détermination de l'identité. » 

C'est encore d'un autre rapport, celui-là présenté au Sénat 
par M. Dauphin, sénateur, que nous extrayons le passage sui- 
vant : 

« L'Ecole d'anthropologie a été fondée il y a quelques 
années par le dévouement désintéressé de M. le docteur Broca 
et des membres de la Société d'anthropologie. 

« Unie à cette Société et à un Laboratoire des hautes études 
dû à la même initiative, elle constitue à cette heure, avec eux, 
une sorte d'Institut anthropologique, annexe précieuse de 



— 45 — 

l'Kcole de médecine, dont les cours, les études pratiques, le 
musée, la bibliothèque et les cartes attirent non seulement fa 
jeunesse studieuse, mais des savants étrangers, quelques-uns 
délégués officiellement (1). » 

Ainsi donc des délibérations de la Faculté de médecine, du 
Sénat, de la Chambre des députés, des lettres ministérielles 
et d'autres lettres dues à des savants dont la France s'honore 
et que faute d'espace nous ne pouvons citer, constatèrent 
Futilité de l'œuvre de Broca et lui envoyèrent les plus cha- 
leureuses félicitations. Rien ne pouvait lui êtr-e plus agréable, 
car cette École, dont l'existence réalisait son vœu le plus 
ardent, était son œuvre de prédilection; il apportait à sa pros- 
périté un tel dévouement que, se suppléant lui-même, il faisait 
deux leçons par semaine. 

Lorsque les cours s'ouvrirent (15 novembre 1876), Broca, 
directeur de l'École, se chargea du cours d'anthropologie ana- 
tomique, Daily de l'ethnologie, M. Hovelacque de la linguis- 
tique, M. G. de Morlillet de l'anthropologie préhistorique, 
M. Topinard de l'anthropologie biologique. 

L'année suivante 1877-78, M. Bertillou fut chargé du cours 
de démographie. 

En 1878-79, M. Bordier commença un cours de géographie 
médicale, celui fondé par M. le docteur Jourdanet. 

Broca étant mort le 9 juillet 1880, M. Mathias Duval fut 
désigné pour lui succéder à la chaire d'anthropologie anato- 
mique, et M. Gavarret, professeur à la Faculté de médecine, 
inspecteur général de l'enseignement supérieur, fut nommé 
directeur de l'École. 

A la mort de M. Bertillon (^28 février 188r{), la chaire de 
démographie fut supprimée. — En 1884-85, M. Daily étant 
tombé malade M. Manouvrier fut chargé de le suppléer. La 
même année MM. Blanchard et G. Hervé furent chargés de 
faire des cours complémentaires. M. Heiwé les continua jus- 



(1) Uapporl de M. Dauphiiit sénateur, déposé le l29 mars 1878, sur les cré- 
dits additionnels au budget de Texercice 1878. 



— 16 — 

qu'en 1888, époque à laquelle il fut nommé professeur titu- 
laire. 

Eu 1885-86, une chaire d'histoire des civilisations fut créée 
et M. Letourneau fut désigné pour l'occuper. Le l*"" jan- 
vier 1888, M. Daily étant mort, MM. Hervé et Manouvrier 
furent appelés aux chaires d'anthropologie zoologique et 
d'anthropologie physiologique, et M. A. Lefèvre fut chargé 
de suppléer M. Hovelacque. 

Enfin en 1889, MM. Ghudzinski, Mahoudeau et Adrien de 
Mortillet furent «chargés de faire des cours supplémentaires. 

PROGRAMME DES COURS DE 1888-1889 

Anlhropogénie et embryologie comparée. — L'œuf et la fécon- 
dation : les lois de l'hérédité. Professeur : M. Mathias 

DUVAL. 

Anthropologie zoologûjue. — Aiiatomie comparée de l'homme 
et des vertébrés : les membres. Professeur : M. Georges 
Hervé. 

Anthrapologie générale. — l^arallèlo des caractères de supé- 
riorité et d'infériorité des races humaines : généalogie de 
ces caractères dans la série animale. Professeur : M. Topi- 

NARD. 

Anthropologie préhistorique. — Origines de la chasse, de la 
pêche et de l'agriculture, avec projections. Professeur : 
M. Gabriel de Mortillet. 

Anthropologie physiologique. — L'évolution de la psycholo- 
gie : parallèle des doctrines générales métaphysiques et 
des doctrines scientifiques. Professeur : M. Manouvrier. 

Histoire des civilisations. — L'évolution des institutions poli- 
tiques dans les diverses races humaines : le gouvernement, 
la guerre, la justice. Professeur : M. Letourneau. 

Géographie médicale* — Pathologie comparée des genres, des 
espèces et des races : maladies parasitaires. Professeur : 

M. BORDIER. 

Ethnographie et linguistique. — Ethnographie mythologique 



— 47 — 

et linguistique dans ses rapports avec la mythologie. Pio- 
fesseur : M. Hovelacque, suppléant M. André Lefévre. 

COURS SUPPLÉMENTAIRES 

M. Chudzinski. — Les circonvolutions cérébrales. 

M. Mahoudeau. — Les principales phases de l'évolution du 
cerveau. 

M. Adrien de Moktillet. — Paris et ses environs dans les temps 
. préhistoriques. — Ce cours a été complété par des excur- 
sions dans les environs de Paris ^ les musées et V Exposition . 

L'École est administrée par un Conseil composé de profes- 
seurs, de représentants des membres fondateurs et de délégués 
de la Société d'anthropologie. Voici sa composition actuelle : 

MM. Gavarret, président; G. de Mortillet, vice-prési- 
dent; CoLLiNEAU, secrétaire; Fauvelle, trésorier. 

Membres : MM. Mathias DÛval, Letourneau, A. Hove- 
j.acque, Bordier, Hervé, Manouvrier, Topinard, Thulié, 
Larorde, Salmon. 

Le nombre des auditeurs a toujours été en augmentant. 
« Durant les dix dernières années qui viennent de s'écouler, 
l'École d'anthropologie a compté plus de cent mille pré- 
sences dans son amphithéâtre, soit environ treize cents par 
professeur et par an » (Ph. Salmon, article Sociétés, in Dicl. 
des se. anthrop.). Fidèle continuateur de la pensée de Brçca, le 
Conseil de l'École s'efforce de réaliser l'idéal conçu par le fon- 
dateur, en augmentant, autant qu'il le peut, le nombre des 
chaires, et en lâchant de compléter l'enseignement au moyen 
de cours supplémentaires. 

Mais, constatant combien ce qui existe est encore loin du 
but si nettement indiqué par Broca, sentant l'effort qu'il faut 
faire pour n'être pas, à un moment donné, dépassé par 
l'étranger, le Conseil résolut, en 1888, de demander la 
reconnaissance d'utilité publique de l'École d'anthropologie. 
Son but immédiat, en recherchant cette reconnaissance, a été 
de mettre l'École en mesure de recevoir des dons et des legs. 



— 48 — 

Cette même bienveillance, due au sentiment profond que 
tous les hommes instruits ont de l'importance des études 
anthropologiques et de l'avenir qui leur est réservé, cet appui 
moral et matériel qui en est la conséquence, et que Broca 
avait déjà rencontré en 1875, l'École les a retrouvés dans la 
Faculté de médecine, dans son éminent doyen, dans toutes 
les administrations du ministère de l'Instruction publique, 
dans la Chambre des députés et dans le Sénat. C'est M. Yves 
(Juyot, actuellement Ministre des travaux publics, qui se 
chargea de présenter le projet de loi à la Chambre et c'est • 
M. le sénateur Cornil, professeur à la Faculté de médecine, 
qui le défendit au Sénat; enfin c'est aux démarches de M. Ga- 
varret, directeur de l'École, de MM. Mathias Duval, Gabriel 
de Mortillet et Philippe Salmon, administrateui^ de l'École, 
qu'on doit d'avoir rapidement obtenu le résultat désiré. 

Le 22 mai 1889 fut promulguée la loi {Journal officiel du 
2'1 mai), en vertu de laquelle l'École d'anthropologie était 
reconnue d'utilité publique. 

Les dons ont déjà commencé : un certain nombre d'ou- 
vrages importants, des objets préhistoriques, des crânes et 
des ossements ont été offerts et formeront une collection 
destinée aux besoins des cours. On a donné aussi à l'École 
plusieurs instruments destinés directement à l'étude, parmi 
lesquels on remarque deux microtomes mécaniques de diffé- 
rentes grandeurs, qui servent aux recherches d'anthropogénic 
et d'nistologie des circonvolutions cérébrales. 

L'École possède, en outre, un matériel d'enseignement fort 
important, comprenant une bibliothèque, un grand nombre 
de moulages, près d'un millier de planches murales et un 
appareil à projections muni actuellement de 501 tableaux, 
qui se décomposent ainsi : cartes, 6; géologie, 54, dont Nia- 
gara, 5, et tremblements de terre, 6; tertiaire, 65; quater- 
naire, 48; glaciaire, 14; zoologie, 53, dont singes, 18, et 
liummes, 22; palethnologie, ÎH; mégalithes, 10; archéolo- 
gie, 83; Egypte, 31; ethnographie, 30; portraits, 7; total : 
r>Ui projections. 



49 — 



principaux travaux des professeurs de l ecole 
d'anthropologie 



BoRDiER (Arthur- Alexandre) , né le 3 mai 1841, à Saint- 
Calais (Sarthe), docteur en médecine, ancien interne des hôpi- 
taux, ancien chef de clinique de la Faculté de médecine. 

Influence de la pression atmosphérique sur l'évolution orga- 
nique {Mém. de la Soc. d'anthropol. de Paris), Paris, 1873, 

in.8. 
Instructions pour un médecin d'hôpital à Port-au-Prince 

(Haïti) {Ibid.), Paris, 1875, in-8. 
Les Esquimaux du Jardin d'acclimatation (Ibid.), Paris, 

1877, in-8. 
L'exposition des sciences anthropologiques en 1878 (Matériaux 

pour VHistoirede Vhomme), Toulouse, 1878, in-8. 
(Voy. Bibliothèque des sciences contemporaines et Bibliothèque 

anthropologique . ) 
La galerie ethnographique du musée d'artillerie (Journal 

la Nature, 12 et 21 janvier 1878). 
Instructions pour l'île de Madagascar {Mém. de la Soc. d'an- 

thropol. de Paris , 1878). 
Le bouton de Biskra et la verruga (Arch. de méd. navale), 

Paris, 1880, in-8. ^ 

Études anthropologiques sur um série de crânes d'assassins, 

Paris, 1881, in-8. 
Japonais et Malais, Paris, 1881, in-8. 
La colonisation scientifique et les colonies françaises, Paris, 

1884, in.8. 
La vie des sociétés, Paris, 1887, in-8. 
Pathologie de V homme et des êtres organisés. 

DuvAL (Mathias), né à Grasse (Var), le 7 février 1844), pro- 
secteur de la Faculté de médecine de Strasbourg (1870); 



— 50 — 

ajj^régé à la Faculté de médecine de Paris (1873) ; actuelle- 
ment professeur k la Faculté de médecine, à l'École des beaux- 
arts et à l'École d'anthropologie. — Membre de l'Académie 
(Ir médecine, directeur du Laboratoire d'anthropologie (École 
des hautes études). 

Manuel du microscope il ans ses applications au diagnostic et à 
la clinique (en collaboration avec le D^'Lereboullet), 1 vol. 
in-18, avec 100 figures, l'^*' édition, Paris, 1873; 2*^ édi- 
tion, Paris, 1877. 

Précis de technique microscopique et histologique^ ou introduc- 
tion pratique à Vanatomie générale^ 1 vol. avec figures, 
Paris, 1878, J.-B. Baillière et fils. 

Cours de physiologie^ 1^ édition, 1873; B'^ édition, 1887; tra- 
duit en anglais, espagnol et grec. 

Recherches sur l'origine réelle des nerfs crâniens {Journal de 
Vanatomie et de la physiologie de Ch. Robin et Pouchet, 
1876,1877,1870,1879,1880). 

Recherches sur le sinus rhomboïdal et son développement ; 
mémoire accompagné de 4 planches {Ibid.y 1877). 

Étude sur l'origine de l'allanloïde {Revue des sciences natu- 
relles^ Montpellier, 1878, et tirage à part avec deux 
planches, Paris, 1877). 

Études sur la spermatogenèse {Revue des sciences naturelles^ 
Montpellier) : 1** sur les mollusques gastéropodes, 1878 ; 
2" sur la paludine vivipare, 1879 ; 3^ sur les batra- 
ciens, 1880. 

Études sur la ligne primitive de l'embryon ; mémoire accom- 
pagné de six planches {Annales des sciences naturelles^ 1879, 
G*' série, t. VII, xY^'h el6). 

Anatomie des centres nerveux, par Uuguenin, traduite par 
Keller et annotée par Mathias Duval, 1 vol. grand in-8, 
280 pages avec 149 figures, Paris, 1879, J.-R. Baillière et 
fils. ' 

De l'emploi du collodion en histologie {Journal de Vanatomie 
et de la physiologie y 1879). 



— 51 — 

Sur le développement de tappaneil génilo^urinaire de la yre- 

nouille : première partie, le rein précurseur, 4882. 
La corne d'Ammon ; morphologie et embryologie, avec 

planches (Archives de 'neurologie^ octobre et novembre 4 881 ) . 
Précis d^aimtonnie à Vtisage des artistes^ Paris, 4882. 
Manuel de Vanatomiste (anatomie descriptive et dissection), 

en collaboration avec le professeur C. Morel, Paris, 4883. 
Dictionnaire usuel des sciences médicales^ par A. Dechambre, 

Mathias Duval et Lereboullet, Paris, 4885. 
Le Darwinisme^ leçons professées à TÉcole d'anthropologie 

(I volume de \di Bibliothèque des sciences anthropologiques)^ 

Paris, 4886. 
De la formation du blastoderme dans Tœuf d'oiseau, mémoire 

accompagné de 5 planches et de 66 figures schématiques 

dans le texte {Annales des sciences naturelles^ zoologie^ 

4884, t. XVIII, n- 1,2, 3). 
Les annexes des embryons d'oiseau. Organe placenioïde, 

mémoire avec 4 planches {Journal de V anatomie, mai 

4884). 
Atlas d'embryologie, 4 vol. in-4 de 40 planches doubles, en 

noir et en couleur, comprenant ensemble 652 figures. 
(Pour les mémoires plus spéciaux, voy. Laboratoire et Biblio- 
thèque des hautes études,) 

Hervé (Georges), né à Strasbourg, le 49 février 4855, doc- 
teur en médecine, secrétaire général adjoint de la Société 
d'anthropologie. 

(Pour tous les travaux, voy. Laboratoire et Bibliothèque 
an Ihropologique . ) 

IlovEL.vcQiîK (Abet), né à Paris, le 44 novembre 4SW. 

Instructions pour l'étmle élémentaire de la UnguistUiae indo- 
européenne, Paris, 4874, in-42. 
Grammaire de la langue zende, Paris, 4889, in-8. 
Euphonie sanskrite, Paris, 4872, in-8. 



— 54 — 

Mémoire de la primordialité et la prononciation du R vocal 

sanscrit, Paris, 1872, in-8. 
Sept crânes tsigams, Paris, 1874, in-8. 
Contribution à l'étude de l'occipital, Lille, 1874, in-8 (Asso- 
ciation française pour Tavancement des sciences). 
Observation sur un passage d'Hérodote concernant certaines 

institutions perses, Paris, d875, in-8. 
Langues, races, naliotmlités, Paris, 1875, irt-8. 
Lettre sur r homme préhistorique du type le plus ancien, Paris, 

4875, in-8. 
Le chien dans VAvesta, les soins qui lui sont dus, son éloge, 

Paris, 1876, in.8. 
Les Slaves du Sud en Hongtie, Rouen, 1876, in-8. 
Notre ancêtre, Paris, 1877, in-8. 

Études de linguistique et d'ethnographie, Paris, 1878, in-12. 
L'Avesta, Zoroastre et le Mazdéisme, Paris, 1878, in-12. 
Mélanges de linguistique et d'anthropologie, Paris, 1880, in-8 

(en collaboration avec MM. Picot et Vinson). 
La l((ngue khasia, Paris, 1880, in-8. 
Les débuts de Vhumanité, Paris, 1881, in-8. 

(Voy. Bibliothèque anthropologique.) 

J.-M. Letourneau, né à Auray (Morbihan), le 23 sep- 
tembe 1831, docteur en médecine de la Faculté de Paris. 

(Voy. Bibliothèque anthropologique et Bibliothèque des 
sciences contemporaines.) 

La physiologie des passions, in-12. 
Science et matérialisme, in-12. 

Pensées du cardinal de Retz (extraits de ses Mémoires), 
in.36. 

TRADUCTION DE L^ALLEMAND 

Histoire de la création naturelle, par Haeckel, in-8. 

L' anthropogénie, du même auteur, in-8. 

Notes d'un voyageur dans l'Inde, du même auteur, in-8. 



— 53 — 

U homme selon la science, par Buchner, in-12. 

Lumièreetvie, du même auteur, in-12. 

La vie psychique des bêtes ^ du môme auteur, in-12. 

TRADUCTION DE l'iTALIEN 

La physiologie de la volonté, par A. Herzen. 

(Nombreux articles ou communications dans le Dictionnaire 
encyclopédique des sciences médicales^ dans le Dictionnaire des 
sciences anthropologigues, dans les Bulletins de la Société 
d'anthropologie de Paris.) 

Manouvrier (Léonce -Pierre), né à Guéret (Creuse), le 
28 juin 1850, docteur et lauréat de la Faculté de médecine de 
Paris; prépara te^ir particulier de Broca (1878-80) ; prépara- 
teur au Laboratoire d'anthropologie de l'École des hautes 
études depuis 1880 ; professeur suppléant h l'École d'anthro- 
pologie de 1883-84 à 1887-88 ^ professeur titulaire à cette 
école en 1888 (chaire d'anthropologie physiologique) ; archi- 
visle et ancien secrétaire de la Société d'anthropologie de Paris; 
président de la section d'anthropologie de l'Association fran- 
çaise pour ravancement des sciences au Congrès de 1888; 
secrétaire de la Société zoologique de France; membre de la 
Société de psychologie physiologique; membre honoraire de 
V Anthropological Institute de Londres; membre correspon- 
dant des Sociétés d'anthropologie de Bordeaux, de Lyon, de 
Florence, de Bruxelles, de Moscou, etc. 

(Pour tous les travaux, voy. Laboratoire.) 

Gabriel de Mortillet, né à Meylan, près Grenoble (Isère), 
le 29 août 1821, fut successivement attaché au laboratoire de 
chimie des Arts et Métiers, à Paris ; au Musée d'histoire natu- 
relle de Genève ; directeur du Musée d'Annecy ; ingénieur 
pour la construction des chemins de fer italiens ; sous-direc- 
teur du Musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en- 



— r)4 — 

Laye. Il a été chargé de Torganisation delà première salle de 
l'histoire du travail à TExposition universelle de 1867, et de 
Torganisation de TExposition anthropologique de 1878. Fon- 
dateur des Congrès internationaux d'archéologie préhistorique 
et ancien président de la Société d'anthropologie. 
Ses principales publications sont : 

Conchyliologie : 

Coquilles fliiviatiles et terrestres des environs de Nice^ 1851 ; 
Mollusques de la Savoie et du Léman ^ 1856 ; Coquilles nou- 
velles d'Arménie y 1853; Zonites de l'Italie septentrionale. 
1862, etc. 

Géologie : 

Géologie et minéralogie de la Savoie, 1858 ; ^Terrains du ver- 
sant italien des Alpes comparés à ceux du versant français^ 
1862; Carie glaciaire du versant italien des Alpes ^\%&\^ et 
de nombreux mémoires. 

Archéologie et palethnologie : 

Le signe de la croix avant le christianisme, 1866 ; Promenades 
à V Exposition universelle de 1867; Promenades au Musée 
de Saint-Germain, 1869 ; Les potiers Allobroges, etc. 

Le tout a été résumé dans le Préhistorique, 1883, qui avait 
été précédé d'un album de 1262 figures dessinées par A. de 
Mortillet : Le Musée préhistorique, 1881 . 

M. G. de Mortillet, comme publications périodiques, a fait 
paraître h Revue scientifique italienne, 1862, fondé les Maté- 
riaux pour r histoire de l'homme en 1864, et V Homme en 
1884. 

TopiNARD, né à risle-Adam, en 1830, docteur en méde- 
cine, préparateur au Laboratoire d'anthropologie, puis sous- 



— .)i) — 

directeur au môme Laboratoire, professeur à TÉcole d'anthro- 
pologie. 

(Pour les travaux, voy. Laboratoire et Bibliothèque des 
sciences contemporaines.) 



DEUXIÈME DIVISION 

Fondations accessoires : 

SOCIÉTÉ d'autopsie 

RÉUNION LAMARCK 

BIBLIOTHÈQUE DES SCIENCES CONTEMPORAINES 

BIBLIOTHÈQUE ANTHROPOLOGIQUE 

DICTIONNAIRE DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES 



CHAPITRE PREMIER 

SOCIÉTÉ D'AUTOPSIE 

Président-Fondateur : D"^ Coudereau 

Président actuel : D»^ Faitv'Elle 

En 1876, lin groupe de membres de la Société d'anthropo- 
logie adressèrent au public Fappel suivant, dans lequel ils 
annonçaient la constitution d'une Société d'autopsie mutuelle. 

Les soussignés, préoccupés de cette pensée scientifique que 
Tavenir intellectuel de l'humanité dépend entièrement des 
notions plus ou moins exactes qu'on possède sur les fonctions 
cérébrales et sur la localisation des diverses facultés, sont 
d'accord sur les points suivants : 

i** L'expérimentation sur les animaux, si féconde en résul- 



— 58 — 

lats pour élucider les problèmes qui concernent les fonctions 
physiologiques (mouvements, sensations, sécrétions, etc.), 
n'ont jusqu'ici jeté qu'une lumière insuffisante sur l'étude des 
phénomènes de l'intelligence. 

2** Seule, l'étude de l'encéphale humain a enrichi la science 
de notions positives à cet égard. 

3** Or les notions que nous possédons sur les fonctions céré- 
brales sont presque toutes le résultât d'autopsies grâce aux- 
quelles on a pu constater qu'une lésion de telle partie du cer- 
veau coïncidait avec la perte de telle fonction. 

4** Nous ne possédons guère, jusqu'à présent, que l'étude 
pathologique, a peine encore ébauchée, de la psychologie basée 
sur l'observation rigoureuse des faits. 

5* L'étude physiologique de la psychologie, c'est-à-dire la 
détermination du rapport existant entre telle fonction spéciale 
et telle portion nettement délimitée du cerveau, est encore 
très incomplète. 

6" (iCtte lacune provient de ce qu'on ne fait guère d'autopsies 
que dans les hôpitaux et que l'examen ne porte sur le cerveau 
que dans les cas où le sujet a présenté pendant sa vie quelque 
lésion cérébrale. 

7** L'étude directe qui nous préoccupe, ne saurait se com- 
pléter dans un tel milieu, où le médecin ne sait généralement 
rien de la vie, du caractère, ni des aptitudes spéciales du sujet 
confié à ses soins. D'ailleurs, les sujets qu'oji peut observer 
dans les hôpitaux, fussent-ils mieux connus, que l'étude do 
l(îur encéphale ne pourrait nous fournir que des notions insuf- 
fisantes, parce qu'ils appartiennent à cette partie déshéritée 
de la population à laquelle les défectuosités de notre organi- 
sation sociale n'ont pas laissé les moyens de développer les 
aptitudes cérébrales qu'elle possède en germe. 

8** L'observation, pour être féconde, devra porter sur l'en- 
céphale d'individus appartenant à la classe cultivée, c'est-à- 
dire d'individus connus, ayant eu une valeur comme savants, 
littérateurs, industriels, politiques, etc.. Chez ceux-là, dont 
la vie aurait été en partie publique, l'étude comparative des 



— 59 — 

circonvolutions saines et des facultés en action devra conduire 
à des notions positives. 

9** Au point de vue purement médical, l'élude approfondie 
des organes après la mort est appelée à devenir une sauvegarde 
contre le développement des maladies héréditaii^s. Réduite à 
ce qu'elle est aujourd'hui, elle est loin de rendre les services 
qu'elle comporte. Il y a à cela deux raisons : 1*" quand une 
autopsie est faite dans un hôpital, les résultats n'en sont 
jamais portés à la connaissance des principaux intéressés, les 
parents du mort; 2** les médecins chargés de soigner ses des- 
cendants, héritiers de sa constitution, l'ignorent également. 
Si la science médicale profite toujours des bienfaits généraux 
de ces observations quotidiennes, la famille ne profite jamais 
du bienfait immédiat qu'elle retirerait de la communication 
d'un procès-verbal d'autopsie auquel elle a, croyons-nous, des 
droits incontestables. 

40". Dans l'intérêt de la santé publique et de la longévité des 
générations à venir, il serait donc fortement à désirer que la 
pratique des autopsies se généralisât, non seulement dans les 
hôpitaux, mais encore dans la pratique médicale de la ville, 
et que toujours un procès-verbal en fftt remis a la famille pour 
être conservé et communiqué par la suite en temps utile aux 
médecins. 

il" Le procès-verbal d'autopsie, sous son double aspect 
pathologique et pyschologique, est appelé à constituer l'état 
civil de sortie de l'humanité. L'hygiCne et l'éducation y trou- 
veront les grands éléments propres à hâter la réalisation de ce 
grand desideratum : Mens sana in corpore sano. 

Des préjugés nombreux, qui ont leur source dans une senti- 
mentalité irréfléchie, s'opposeront longtemps encore à la géné- 
ralisation de cette pratique féconde. 

Les soussignés estiment que le meilleur moyen de vaincre 
les préjugés est de donner l'exemple. En conséquence, ils for- 
ment entre eux une Société sur les bases suivantes : 

Article PREMIER. — Chaque sociétaire, résolu à concourir 



— 60 — 

au double but scientifique et humanitaire, énoncé ci-desgus, 
dispose qu'il sera procédé à son autopsie. 

Art. 2. — Afin de lever par avance tout obstacle qui pour- 
rait être apporté, après sa mort, à l'exécution de sa volonté, 
il laissera, écrit et signé de sa main, en double exemplaire, et 
confiera h des personnes de son choix, avec le pieux devoir de le 
faire respecter, un testament conçu dans les termes suivants : 

« Je soussigné, désire et veux qu'après ma mort il soit pro- 
cédé à mon autopsie, afin que la découverte des vices de con- 
formation ou des maladies héréditaires à laquelle elle pourrait 
donner lieu puisse servir de guide dans l'emploi des moyens 
propres à en combattre le développement chez mes descen- 
dants. 

« Je désire en outre que mon corps soit utilisé au profit de 
ridée scientifique que j'ai poursuivie pendant ma vie. Dans ce 
but, je lègue mon cadavre, et notamment mon cerveau et mon 
crâne, au Laboratoire d'anthropologie, où il sera utilisé de la 
façon qui semblera convenable, sans que qui que ce soit puisse 
faire opposition à l'exécution de ces clauses, qui sont ma volonté 
expresse, spontanément exprimée ici. 

« Les parties de mon cadavre qui ne seront pas utilisées 
seront inhumées de la façon suivante » 

Nota. — Chacun réglera, suivant son désir, les détails de la 
cérémonie de son enterrement. 

Ont signé comme fondateurs : 

D' COUDEREAU, D' COLLINEAU, D' ThULIÉ, DE MORTIL- 

LET, GiRY, Jacquet, Asseline, D' Obédénard, 
E. Véron, Robert Halt, D'^Topixard, Yves Guyot, 
E. Barbier, D' Delaunay, Issaurat, A. Hove- 
lacque, GiLLET- Vital, Ernest Chantre, D' Ber- 

TILLON, D' LeTOURNEAU. 

(Extrait du Bien public du 24 octobre 1876.) 



— 6i — 

La presse libérale politique et scientifique s'empressa d'ou- 
vrir ses colonnes à l'appel de ces hommes dévoués à la science. 
Aussi les adhésions affluèrent-elles bientôt de toute part, non 
seulement de Paris, mais de la province. Dès le commence- 
ment de 4877, la nouvelle Société comprenait près de cent 
cinquante membres appartenant à toutes les classes de la 
société : magistrats, artisans, prêtres, militaires, nobles et 
prolétaires. Des femmes même n'hésitèrent pas à léguer leur 
corps dans le but de faire progresser la science. 

Quand on compulse la volumineuse correspondance que 
reçut à cette époque le docteur Coudereau, on est vraiment 
surpris de voir avec quel zèle, on pourrait même dire avec 
quel enthousiasme, tous se montrent déterminés à concourir 
à cette œuvre philanthropique. 

Mais, pour que la nouvelle Société pût fonctionner régu- 
lièrement sans rencontrer d'obstacle de la part du pouvoir 
judiciaire, l'approbation du gouvernement était indispensable. 
Malheureusement, en raison des circonstances politiques, elle 
se fit longtemps attendre. 

Nous reproduisons ici l'arrêté d'autorisation et d'approba- 
tion des statuts, en date du 29 novembre 4880. 



m-l'U«H«UE FhANÇAIsE 



&1 — 



PRÉFECTURE 
POLICE 



CABINET 
l>""' BUREAU 

lf« SECTION 
N" DU DOiJSIER 

18,389 

SOCIÉTÉ D'AUTOPSIE 

ARRÊTÉ 

QUI EN AUTORISE 
LA CONSTITUTION 



Nous, Préfet de police, 

Vu la demande à nous adressée le 42 juil- 
let 1880 par les personnes dont les noms et 
adresses figurent sur la liste cî-jointe, de- 
mande ayant pour but d'obtenir Tautori- 
sation nécessaire à la constitution régulière 
d'une association fondée à Paris, sous la 
dénomination de : 

Société d'aulopsiSj 

Dont le siège serait galerie Vivienne, 
nM3; 

Ensemble les statuts de ladite associa- 
lion; 

Vu les instructions de M. le Ministre de 
l'Intérieur, en date du 12 juin 1879; 

Vu les instructions contenues dans la 
dépêche de M. le Ministre de l'Intérieur et 
des Cultes, en date du 22 décembre 1880, 
portant qu'il y a lieu d'autoriser le fonc- 
tionnement de ladite association ; 
* Vu l'article 291 du code pénal et la loi 
du 10 avril 1834; 



ARRÊTONS 



Art. I '. 

L*assuciatiou organisée a Paris sous ht 
dénomination de : Société d'aïUopsle^ est 
autorisée à se constituer et à fonctionner 
régulièrement. 



as 



Akt. i. 



Sont approuvés les statuts susvisés tels 
qu'ils sont annexés au présent arrêté. 

Art. :i. 

Les membres de Tassociation devront se 
conformer strictement aux conditions sui- 
vantes : 

1"* Justifier du présent arrêté au Commis- 
saire de police du quartier sur lequel auront 
lieu les réunions; 

'â^ N'apporter, sans notre autorisation 
préalable, aucune modification aux statuts 
tels qu'ils sont annexés; 

3® Faire connaître à la Préfecture de 
police, au moins cinq jours à l'avance, le 
local, le jour et l'heure des réunions géné- 
rales; 

4* N'y admettre que les membres de la 
Société et ne s'y occuper, sous quelque 
prétexte que ce soit, d'aucun objet étranger 
au but indiqué dans les statuts, sou^ peine 
de suspension ou de dissoluliçn immé- 
diate ; 

S*" Ne former aucune section départe- 
mentale sans autorisation préalable; 

6® Nous adresser, chaque année, une 
liste contenant les noms, prénoms, profes- 
sions et domiciles des sociétaires, la dési- 
gnation des membres du bureau. 

Art. 4. 

Ampliation du présent arrêté, qui devra 
être inséré en tête des statuts, sera trans- 
mise au Commissaire de police du quartier 



— 64 — 

Vivienne, qui le notifiera au Président de 
l'association et en assurera l'exécution en 
ce qui le concerne. 

Fait à Paris, le 29 décembre 1880. 

Le Député Préfet de police ^ 
Signé : ANDRIEUX. 

Pour ampliation : 
Le Secrétaire général, 
Signé : Cambo.x. 

L'an mil huit cent quatre-vingt-un, le 
huitjanvier, 

Nous, Commissaire de police du quartier 
Vivienne, 

Avons notifié et remis à M. le docteur 
Coudereau , président de la Société d'au- 
topsie , demeurant galerie Vivienne, 13, à 
Paris, l'arrêté dont la teneur précède. 

Le Commissaire de police, 
Signé : Rolly de Balnégre. 



SOCIÉTÉ D'AUTOPSIE 

11 y a deux siècles, peu de personnages marquants, surtout 
peu de rois, de princes, d'évêques, etc., mouraient sans qu'on 
se crût obligé de faire leur autopsie. En cela, on obéissait un 
peu à la curiosité scientifique, beaucoup au besoin de s'occu- 
per, même après leur mort, de personnages ayant fait beau- 
coup de bruit de leur vivant. L'autopsie était comme la con- 
sécration de la notoriété ou de la célébrité. Ces nécropsics 
pratiquées à une époque où les sciences naturelles étaient 



— 05 — 

encore dans Tenfance ont été d'une médiocre utilité. Néan- 
moins cet exemple est bon a suivre, car il y a là, pour la 
science en général, pour les familles en particulier, des inté- 
rêts d'ordre majeur. 

Nous avons depuis peu d'années des laboratoires d'ana- 
tomie pathologique; mais les médecins des hôpitaux sont a 
peu près les seuls qui puissent y étudier et ils ne peuvent exa- 
miner que le corps des individus ayant succombé à rhôpital. 
La grande majorité des médecins et des anthropologistes ne 
peut puiser à cette source d'instruction. De plus, les sujets 
examinés sont inconnus; on ne possède pas le moindre ren- 
seignement sur les antécédents, les aptitudes, les qualités et 
les défauts qu'ils ont montrés. Toutes ces autopsies portent 
donc sur des anonymes. 

Or personne ne conteste plus aujourd'hui la relation intime 
entre la structure du cerveau et les fonctions de cet organe. Mais 
la psychologie scientifique destinée à jeter tant de lumière sur 
toutes les sciences sociales ne pourra faire de progrès sérieux 
tant qu'il sera impossible d'étudier scientifiquement le cei*veau 
des pei^onnalités connues soit par leurs actes et leurs œuvres, 
soit par les renseignements fournis par eux ou par leurs 
familles. 

Au point de vue des familles, l'intérêt n'est pas moins grand. 
De quelle utilité ne serait-il pas pour elles d'avoir à la mort de 
chacun de leurs membres un procès-verbal d'autopsie scien- 
tifique? Les enfants, les parents du décédé, ainsi avertis des 
affections héréditaires qui les menacent, pourraient se mettre 
en garde contre elles. On arriverait par là à constituer une 
hygiène préventive encore à Tétat embryonnaire. 

S'inspirant des considérations précédentes, les soussignés 
ont résolu de prêcher d'exemple en fondant une Société d'au- 
topsie. Ils s'adressent, sans distinction sociale, d'opinion poli- 
tique ou religieuse, à toutes les personnes qui ont souci des 
intérêts de la science et de Vhumanité, à tous ceux qui, s'étant 
efforcés d'être utiles pendant leur vie, ont la noble ambition 
de l'être encore après leur mort. 



— W) — 



STATUTS 



La Société d'autopsie est fondée sur les bases suivantes : 

Article premier. — Chaque sociétaire résolu à concourir 
au double but scientifique et humanitaire énoncé ci-dessus 
dispose qu'il sera procédé, après sa mort, à son autopsie. 

Art. 2. — Afin de lever, par avance, tout obstacle qui pour- 
rait êti^ apporté, après sa mort, à l'exécution de sa volonté, 
il laissera écrit et signé de sa main, en double exemplaire, doni 
l'un sera confié à des personnes de son choix, avec le strict 
devoir de le faire respecter, un testament conçu dans les termes 
suivants : 

« Je soussigné, désire et veux qu'après ma mort, il soil 
procédé à mon autopsie par les soins de la Société. 

« Dans le but d'être utile k la science, je lègue mon cer- 
veau (ou toute autre partie de mon corps) au Laboratoire d'an- 
thropologie. 

« Je désire, en outre, que mon corps soit utilisé au profit de 
l'idée scientifique que j'ai poursuivie pendant ma vie. Dans ce 
but, je lègue mon corps au Laboratoire d'anthropologie, où il 
sera utilisé de la façon qui semblera convenable, sans que qui 
que ce soit puisse faire opposition à l'exécution de ces clauses, 
qui sont ma volonté expresse spontanément exprimée ici. » 

Ce testament pourra être fait sur papier libre, mais e7Uiè' 
rement écrit, daté et signé de la main du sociétaire. 

Le deuxième exemplaire dudit testament sera adressé 
au trésorier de la Société. 

Si le sociétaire rédige plus lard un testament pour le 
règlement de ses affaires personnelles, il devra rappeler dans 
cet acte, par un codicille, ses intentions relatives à la Société 
d'autopsie. 

Art. 3. — Pour les sociétaires résidant à Paris, l'au- 
topsie sera faite gratuitement par les soins de la Société (1). 

(I) Les sociétaires qui iriiabitent pas Paris, ou, à leur défaut, leur raïuill 



— 67 — 

La famille devi^ faire les démarches nécessaires auprès de 
Tautorité. 

Art. 4. — Un procès-verbal d'autopsie sera rédigé, soit 
dans un intérêt scientifique, soit dans celui de la famille. 
Dans ce dernier cas, les frais d'autopsie et de procès-ver- 
bal seront supportés par la famille du décédé. 

Art. 5. — Chaque sociétaire réglera, suivant son désir, 
les détails de la cérémonie de son enteiTcment où la Société 
n'a pas à intervenir. 

Art. 6. — Chaque sociétaire s'engage à payer chaque 
année une cotisation minima de 5 francs ou à verser, une 
fois pour toutes, une somme de 50 francs. 

Art. 7. — La Société est gérée par trois membres élus 
chaque année en assemblée générale. 

Art* 8. — Il y a deux sièges de la Société : 

L'un chez M. le docteur Coudereau, 13, galerie Vivienne; 
l'autre chez M. l'ingénieur Gillet-Vital, 74, quai Jemmapes. 

Les membres fondateurs : 
Louis AssELLNE (décédé), Assézat (décédé), D' J. 
Bertillon, Ernest Chantre, D' Collineau, 
D' Coudereau, D*" Delaunay, Gillet-Vital, 
GiRY, Yves GuYOT, A. Hovelacque, Robert 
Halt, Issaurat, Jacquet, D' Letourneau, dk 
MoRTiLLET, D*^ Obédénard, D' Thulié, D' Topi- 
NARD, Eugène Véron. 

Nota. — Les sociétaires sont priés de faire connaître s'ils 
consentent k ce que leurs noms soient publiés dans les 
comptes rendus de la Société. 

Comme on le voit par ce qui précède, les fondateurs de la 
Société d'autopsie avaient surtout pour but de faciliter l'étude 
du cerveau considéré comme organe de la fonction intellec- 
tuelle. En conséquence, comme cette étude, pour être fruc- 

ou leurs exécuteurs testamentaires, devront faire connaître le nom et la 
demeure du médecin qui sera chargé de leur autopsie. 



— 68 — , 

tueuse, nécessite de la part de ceux qui s'y livrent des con- 
naissances spéciales et un outillage particulier, ils ont décide 
que ce serait le Laboratoire annexé à l'École et à la Société 
d'anthropologie, qui serait chargé, à Paris, de faire l'autopsie, 
et que ce serait à lui que les cerveaux des sociétaires des 
départements devraient être adressés. Par ces sages prescrip- 
tions, les statuts garantissent aussi complètement que possible 
les intérêts de la science. 

Mais, dans la pratique, une foule de difficultés surgissent. 
Sans parler des obstacles sans nombre que la famille peut 
opposer à l'exécution de la volonté du défunt, les formalités 
légales entraînent des retards qui, durant les chaleurs, com- 
promettent singulièrement le résultat désiré. C'est qu'en effet, 
le cei'veau est un organe très altérable non seulement dans sa 
forme et sa consistance, mais surtout dans sa structure. Les 
recherches d'anatomie microscopique sont donc, en général, 
très difficiles et souvent impossibles. 

Pour obvier à ces inconvénients, les députés membres de la 
Société, MM. Yves Guyot et G. de Mortillet, ont cherché à 
introduire dans la loi du 15 novembre 1887, sur la liberté 
des funérailles, des clauses qui simplifient les formalités, 
lorsque les recherches nécroscopiques doivent être faites par 
un établissement reconnu par l'État, ce qui est précisément 
le cas du Laboratoire d'anthropologie qui fait partie de l'École 
des hautes études. Malheureusement, le Parlement n'a pas 
voulu entrer dans cette voie. Le règlement d'administration 
publique du 27 avril 1889, qui détermine les conditions appli- 
cables aux divers modes de sépulture, ne prévoit pas non plus 
le .cas d'autopsie réclamée par testament. Cependant il for- 
mule des prescriptions relativement à l'incinération, qui, si 
elle finissait par entrer dans nos mœurs, rendrait certainement 
indispensable l'autopsie préalable. En effet, la crémation, si 
elle n'est précédée d'un examen cadavérique complet, annu- 
lera désormais l'action judiciaire contre bien des crimes, tels 
qu'empoisonnements, voies de fait n'ayant produit que des 
lésions internes, etc. 



— 69 — 

Les certificats du médecin traitant et le rapport du médecin 
assermenté sont absolument insuffisants pour établir d'une 
manière certaine la cause de la mort. Ces formalités existent 
déjà, et tous les jours la Justice est obligée d'ordonner des 
exhumations. 

La nécessité de Tautopsie avant l'incinération est démontrée 
par ce qui se passe à Milan, ville où jusqu*ici ce mode de 
sépulture a rencontré le plus d'adhérents. On lit, en effet, dans 
VHommey journal illustré des sciences anthropologiques, en 
date du 25 mai 1887: 

« Un véritable ami des sciences, P.-M. Loria, convaincu 
(le riraportance scientifique des autopsies, a donné à la ville 
de Milan iOOO francs de rente, en rente italienne 5 pour 100, 
à la condition : 

€ Que, le capital restant intact, les intérêts annuels soient 
employés à fournir la salle mortuaire (annexée au four créma- 
toire) de tout ce qui est nécessaire pour pratiquer des examens 
anatomiques sur les décédés ; 

« Que chaque autopsie soit résumée dans un procès-verbal 
destiné à être conservé dans les archives municipales, pour 
être mis à la disposition des gens d'étude; 

« Que ces autopsies soient dirigées par le professeur, séna- 
teur Andréa Yerga, qui a accepté, ou par un suppléant de 
son choix. C'est lui aussi qui désignera son successeur. » 

Ce legs, qui contribue à sauvegarder les intérêts de la 
science et ceux de la vindicte publique, n'a rencontré aucune 
opposition de la part des autorités du pays et a été exécuté 
dans tous ses détails. 

En France, au contraire, la loi n'autorise expressément que 
les autopsies prescrites par la Justice et l'Administration. Cer- 
tainement la volonté d'un testateur, bien et dûment formulée, 
peut suppléer à cette lacune de notre législation; elle a force 
de loi. Mais cette loi peut être contestée, et, malgré la simpli- 
cité des formalités judiciaires en pareille matière, toute con- 
testation peut annuler, si ce n'est en droit, du moins en fait, 
la volonté expresse du défunt. 



— 70 — 

Quoi qu'il en soit, la Société d'autopsie, telle qu'elle est 
constituée, a déjà rendu de grands services à la science de 
rhoinme, comme on le voit par la description des cerveaux 
dont les moulages et les dessins sont exposés dans le premier 
compartiment de la première vitrine. 

Ces résultats sont d'autant plus précieux, que les manifes- 
tations intellectuelles dont ces cerveaux ont été le siège sont 
parfaitement connues et sont venues jeter une vive lumière sur 
la signification des particularités qu'ils présentent. On ne sau- 
rait donc trop engager les membres de la Société à rédiger 
eux-mêmes, comme plusieurs l'ont déjà fait, l'histoire détail- 
lée de leur fonction intellectuelle. 

L'important est de bien spécifier les aptitudes qui se mani- 
festent durant la période de la vie où l'organisme est en pleine 
maturité. 

En première ligne se place l'état des organes des sens. Le 
tact, le goût et l'odorat sont-ils délicats, quelles que soient 
les excitations dont ils sont le siège ? En conserve-t-on facile- 
ment le souvenir? 

L'ouïe est-elle capable de distinguer les sons les plus divers, 
même lorsqu'ils se présentent simultanément? L'oreille est- 
elle musicale? Le langage parlé est-il retenu facilement sans 
le secours de l'écriture? 

L'œil embrasse-t-il sans peine tous les détails d'un tableau 
naturel ou représenté par le dessin ou la peinture ? Retient-on 
facilement le langage écrit ou imprimé ? Indiquer si les cou- 
leurs sont bien appréciées. 

Toutes ces sensations développent-elles rapidement ou 
avec lenteur une suite d'idées plus ou moins complexes ""Z 
Les idées transmises par la parole ou l'écriture sont-elles sai- 
sies sans difficultés dans tous leurs détails et retenues fidèle- 
ment ? 

Exposer l'état de la force musculaire en général, et signaler 
les régions du corps qui en sont le mieux douées. Indiquer le 
plus ou moins d'agilité ou de dextérité des membres înférieui's, 
puis des membres supérieurs. Le dessin et l'écriture ont-ils 



— 71 — 

été appris avec facilité? Les résullats obtenus sont-ils bien 
exacts et corrects ? 

Enfin la parole est-elle facile, l'articulation des mots bien 
nette? Les sensations bien perçues, les idées bien comprises 
et bien retenues, sont-elles énoncées clairement ou avec diffi- 
culté? 

Il serait également utile d'indiquer là nature du tempéra- 
mant et du caractère. 

Toutes ces particularités se traduisent dans le cerveau par 
le nombre et la qualité des éléments nerveux qui composent 
son écorce grise et influent consécutivement sur la forme et le 
volume des circonvolutions. Elles sont donc indispensables 
pour permettre d'apprécier les constatations nécroscopiques. 

Le moulage de la face, en reproduisant exactement les traits 
du défunt, complète les données qui peuvent servir à l'appré- 
ciation de la conformation des hémisphères. 

Les adhésions doivent être adressées à M. le docteur Faiî- 
VELLE, 11, rue de Médicis, Paris. 



CHAPITRE II 

RÉUNION LAMARCK 
Fonilateur : Paul Nicole. — Président : Gabriel de Mortillet. 

COMITÉ EN 1889 

Président : 

Gabriel de Mortillet, député, professeur à l'École d'anthro- 
pologie. * 

Vice-Présidents : 

BiN, maire de Montmartre, artiste peintre. 
H. Thulié, docteur, ancien président du Conseil municipal 
de Paris. 

Questetir : 
Deroy, dessinateur. 

Secrétaire : 

Adrien de Mortillet, secrétaire de la Société d'anthropo- 
logie. 

Membres : 

A. BoRDiER, docteur, professeur à l'École d'anthropologie. 

Jules Carret, docteur, député. 

Collineâu, docteur, secrétaire général de la Société pour Tin- 
struction élémentaire. 

Fernand Delisle, publiciste. 

Mathias Duval, docteur, professeur à la Faculté de méde- 
cine, à l'École des beaux-arts et à l'École d'anthropologie. 

Fauvelle, docteur, trésorier de la Société d'anthropologie. 

Gachet, docteur. 



— 73 — 

Yves Guyot, député, publiciste, ministre des Travaux publics. 

Georges Hervé, docteur, professeur à l'École d'anthropologie. 

Abel Hovelacque, ancien président du Conseil municipal de 
Paris, professeur à l'École d'anthropolojo^ie. 

C. IssAURAT, homme de lettres. 

André Lefèvre, homme de lettres. 

Ch. Letourneaù, docteur, professeur à l'École et secrétaire 
général de la Société d'anthropologie. 

Emile Mas, artiste peintre. 

MoNDiÈRE, médecin de la marine en retraite. 

Paul Nicole, membre de la Société d'anthropologie. 

Jules Philippe, député. 

Eugène Piketty, palethnologue. 

Philippe Salmon, vice-président de la Commission des monu- 
ments mégalithiques. 

Paul Sébillot, secrétaire général de la Société des traditions 
populaires. 

SiMONEAU, conseiller municipal de Pavis. 

La réunion Lamarck avait le devoir de présenter à l'Expo- 
sition de 1889, où figurent les grands travaux, les découvertes 
et les progrès accomplis en tous genres depuis un siècle, la 
<loctrine et le nom de l'illustre Français Lamarck, le père du 
transformisme. 

Cette doctrine s'impose aujourd'hui aux études sérieuses, 
elle rayonne parmi les plus brillantes découvertes de ce siècle, 
si fécond; elle sera le plus sûr instrument de rénovation pour 
toutes les connaissances humaines. 

Tels sont les titres qui l'ont fait admettre k l'Exposition du 
centenaire. 

A l'occasion de cette solennité, les admirateurs et les dis- 
ciples de Lamarck se proposent également d'exposer publique- 
ment cette doctrine dans un congrès transformiste qui sera pro- 
chainement inauguré par eux. 

Cette manifestation sera un nouvel hommage h la gloire si 
pure de ce grand homme. 



Avant de parler ici de son œuvre et de lui-même, il a paru 
bon de dire comment était née cette réunion Lamarck, qui 
s'est donné pour mission de propager le souvenir et les prin- 
cipes de ce maître illustre. 

En octobre 1884, plusieurs disciples et admirateurs do 
Lamarck se trouvaient réunis chez un ami commun. Chacun 
s'étonnait que cet homme de génie, une des plus pures et des 
plus grandes gloires de la France, n'eût pas encore sa statue, 
son monument. 

c Eh bien, dit Paul Nicole, réparons cette injustice. For- 
mons un groupe, et comme nous sommes tous fort occupés, 
insiituons un dîner où nous nous réunirons pour traiter la 
question et la mener à bonne fin. > 

C'est ainsi que se forma la réunion Lamarck. 

On n'a pas d'exemple d'un homme aussi illustre si com- 
plètement négligé. Les biographes font naître Lamarck aux 
dates les plus diverses. Ainsi, le Dictionnaire biographique de 
Michaud le fait naître au 1^' avril, d'autres le H avril, enfin il 
en est qui indiquenl comme date de sa naissance le 1" août. 
Ce sont ces derniei's qui ont raison, comme l'a constaté Phi- 
lippe Salmon en relevant son acte de naissance. Il y a égale- 
ment erreur sur la date précise de sa mort. Les biographies 
indiquenl le 19 décembre. Le docteur Mondière, en recher- 
chant l'acte mortuaire, a reconnu que Lamarck était mort 
non le 19, mais bien le 18 décembre. Aussi les Dictionnaires 
classiques, comme Dezobry, Douillet, Lachâtre, etc., poui* 
ne pas se tromper, ne donnent-ils que l'année de la naissance 
et de la mort, sans indiquer le mois et le quantième. 

Jean-Baptiste-Pierre-Antoine de Monet, chevalier de La- 
marck, est né le 1**' août 1 744, à Bazentin, petite commune de 
la Somme, qui n'a que 356 habitants. Si son père, seigneur 
du lieu, n'avait pas une brillante fortune, il possédait en 
revanche une nombreuse famille. Lamarck était son onzième 
enfant. Quand l'heureux père eut doté l'aîné qui devait main- 
tenir le nom, casé plusieurs de ses fils dans le militaire, il ne 
restait plus pour le onzième enfant que l'état ecclésiastique, 



— 75 — 

et, bien que celui-ci ne ressentît aucun goût pour cet état, il 
fut envoyé au collège des Jésuites, à Amiens. Après la mort 
de son père, Lamarck, qui avait alors dix-sept ans, s'empressa 
de quitter le séminaire. Il se procura un mauvais cheval, ses 
faibles ressources ne lui permettant pas d'en avoir un meil- 
leur, et, accompagné d'un jeune homme de son village, il 
chevaucha à travers toute la France pour se rendre à l'armée 
française qui guerroyait alors en Allemagne. Grâce à une lettre 
de recommandation qui lui avait été donnée par une vieille 
dame, amie de sa famille, il fut, en juillet 1761 , incorporé dans 
le régiment de Beaujolais. Peu après, le maréchal de Broglie, 
commandant les troupes françaises contre le prince de Soubise, 
perdit la bataille de Willinghausen. La compagnie de grena- 
diers dont faisait partie le jeune Lamarck se maintint pendant 
toute l'action sur un point où elle eut à subir le feu de l'artil- 
lerie ennemie, et on l'oublia dans le trouble du premier mou- 
vement de retraite. Tous les officiers et sous-officiers avaient 
succombé ; il ne restait plus que quatorze grenadiers. Le plus 
ancien proposa d'opérer un mouvement de recul. Lamarck s'y 
opposa avec énergie, et avec ses compagnons tint bon jusqu'au 
moment où il reçut l'ordre de se l'eplier. 

Ce fait mit en évidence le jeune militaire, qui ne tarda pas à 
être nommé officier. Après la paix conclue en 1763, il fut 
envoyé en garnison dans le midi de la France. C'est là qu'en 
jouant avec un de ses camarades, il lui arriva un accident qui 
le força à venir se faire soigner à Paris. Esprit investigateur, 
il comprit vite que la vie militaire ne pouvait plus le satisfaire. 
Au milieu du tourbillon intellectuel de la capitale, il voulut se 
livrer a l'étude, et, avant même d'entrer en pleine convales- 
cence, il avait donné sa démission d'officier et s'était mis à 
étudier la médecine. Son ardeur au travail était grande, mais 
ses ressources pécuniaires étaient faibles. Il ne possédait 
qu'une modeste pension de 400 livres. Pour subvenir à ses 
besoins, il accepta une place de commis chez un banquier. 

Lamarck n'avait pas encore trouvé sa voie. Un moment, il 
songea h se livrer entièrement h la musique. Mais bientôt. 



— 76 — 

abandonnant défiuitivemenl l'état militaire, la médecine, la 
banque et la musique, il se livra exclusivement aux sciences 
naturelles. Ce goût s'était peu à peu développé chez lui en sui- 
vant au Jardin du Roi, actuellement Jardin des Plantes, un 
cours de botanique. C'était le moment où le système de Linné, 
très commode pour la détermination des espèces, mais mal- 
heureusement les groupant d'une manière un peu artificielle, 
était dans son plus bel épanouissement. C'était aussi le mo- 
ment où les de Jussieu proposaient le système des familles 
naturelles, beaucoup plus rationnel, mais plus difficile pour la 
détermination. Frappé de cette double opposition, Lamarck 
conçul et proposa la méthode dichotomique pour arriver faci- 
lement à la détermination des espèces. Elle consiste à grouper 
deux par deux des caractères opposés, de manière qu'en éli- 
minant successivement l'un d'eux, on arrive au bout d'un cer- 
tain nombre d'opérations au nom de l'objet que l'on étudie. 

Cette méthode fut appliquée pour la première fois dans la 
Flore française^ le plus ancien ouvrage de Lamarck. Il a été 
publié en trois volumes in-8, en 1773. Imprimée aux frais de 
rÉlat, l'édition entière fut mise à la disposition de l'auteur. Le 
succès fut très grand et valut l'année suivante à Lamarck son 
élection à l'Académie des sciences, à l'âge de trente ans. 
Une seconde édition parut en 1780, et une troisième, entière- 
ment refondue par de Candolle, en six volumes, fut publiée 
de 1805 à 1815. 

Ces succès, Lamarck les méritait; mais il les dut moins à 
ses mérites qu'aux petites passions de la science officielle. 
L'illustre Buffon, qui était en même temps un grand seigneur 
bien en cour, jalousait Linné. Il ne pouvait pas supporter qu'on 
comparât ses brillantes et éloquentes peintures d'animaux aux 
froides et méthodiques descriptions du célèbre naturaliste 
suédois. Aussi cherchait-il à le combattre sur un autre terrain : 
la botanique. C'est pour cela qu'il protégea et poussa Lamarck, 
qui, comme vulgarisateur des familles naturelles, lui semblait 
devoir contrecarrer le développement du système de Linné. 
Mais l'ancien séminariste Lamarck manquait complètement 



— 77 — 

de style ; Bulfou aimait le beau et bon français, aussi pria-t-il 
Haûy de revoir, sous le rapport de la langue, le livre de 
Latnarck. 

L'animosité de Buffon contre Linné allait si loin que, inten- 
dant du Jardin du Roi, il voulut, ainsi que le raconte L.-A. 
Bourguin, s'opposer à ce que Jussieu mît sur les étiquettes 
de plantes les noms de la nomenclature linnéenne. De Jussieu 
déclara qu'il donnerait plutôt sa démission. Buffon dut céder, 
mais il exigea que les noms des genres, établis, pour la ma- 
jeure partie, par Tournefort, fussent écrits en grosses lettres, 
et les noms des espèces, les noms linnéens, en petits carac- 
tères. Linné se vengea spirituellement. Jouant sur le mol Bttfo, 
qui signifie crapaud, sous le nom de Buffonnia^ il consacra à 
Buffon une plante marécageuse sous laquelle s'abritent ces 
batraciens. 

Bufïon, qui destinait son fils à lui succéder à l'intendance 
du Jardin du Roi, fit donner une mission à Lamarck pour 
(ju'il pût accompagner le jeune homme dans les principaux 
pays d'Europe. Lamarck rentra à Paris au bout de deux ans et 
fut nommé an modeste emploi de conservateur des herbiers du 
roi. Gela suffisait à peine à son entretien; aussi, pour augmen- 
ter ses ressources, se chargea-t-il avec plaisir de la partie 
botanique de V Encyclopédie méthodique. 11 rédigea entièrement 
les volumes I et II et en partie le volume III. Il compléta ce 
travail par les Illustrations des genres. 

Tout consacré à ses études, Lamarck n'avait pas inirigué 
sous la monarchie croulante, aussi étail-il toujours resté dans 
une position gênée el inférieure à ses mérites. Cela lui valut 
de ne pas être inquiété pai' la Révolution. Et, lorsque le nom 
de Jardin du Roi faillit être fatal à cet établissement, ce fut lui 
qui présenta un mémoire pour le transformer, sous le nom de 
Jardin des Plantes, en un établissement d'instruction supé- 
rieure avec six charges d'officiers démonstrateurs. En 1793, 
Lakanal s'empara du projet de Lamarck et, l'élargissant, fit 
créer douze chaires pour l'enseignement des sciences natu rel les . 
Lamarck fut charge de celle des vers et insectes, division 



— 78 — 

inférieure des animaux d'après Linné. Le ntouveau professeur 
changea ce nom vague et complexe en celui beaucoup plus 
exact et bien mieux caractérisé d'invertébrés. C'est ce qui a 
mené Lamarck à écrire son grand ouvrage : Histoire natu- 
relle des animaux sans vertèbres^ dont il publia sept volumes 
in.8,dei815ài822. 

Cet ouvrage est la plus grande preuve de la haute valeur de 
Lamarck.Ce naturaliste^qui ne s'était jusque-là occcupéque de 
botanique, est tout à coup, sans préparation préalable, chargé 
d'enseigner la zoologie, et encore la partie de la zoologie la 
plus vaste, la plus difficile, la moins connue, cela à l'âge de 
quarante-neuf ans. Il accepte cette lourde tâche, se met 
courageusement à l'œuvre, et non content de professer sans 
relâche pendant vingt-cinq ans, il publie un ouvrage capital qui 
restera toujours comme la solide base de l'histoire des inver- 
tébrés. Il ne renonce à son professorat que lors(iu'il devient 
aveugle : chemin faisant, le savant professeur sépare et déter- 
mine d'une manière nette et précise divers groupes bien dis- 
tincts, qui étaient tout d'abord mêlés et confondus. 

Lamarck peut avec raison être considéré comme le vrai 
créateur de la nomenclature zoologique moderne ; non seule- 
ment il a reconnu le véritable caractère qui sépare tous les 
animaux en deux grandes divisions, les Vertébrés et les Inver- 
tébrés, mais encore il a subdivisé les invertébrés en classes 
naturelles très bien définies : 

Les Crustacés, en 1799; 

Les Arachnides, en 1800 ; 

Les Annélides , en 1 802 ; 

Les véritables Insectes, les Cirrhipèdes, les Échiuodermes, 
les Infusoires, en 1807. 

Cuvier, dans sa classification publiée en 1812, a adopti» 
toutes ces divisions, qui sont généralement admises aujour- 
d'hui; seulement il a négligé d'indiquer que l'honneur en 
revenait à Lamarck ! 

I^s travaux scientifiques de Lamarck lui faisaient grand 
honneur, quand on ne les lui subtilisait pas, mais lui rappor- 



— 7J) — 

laient fort peu, Esprit ardent et investigateur, le professeur 
du Jardin des Plantes s'occupait volontiers aussi de météoro- 
logie. Comme Mathieu de la Drôme, il eut l'idée de publier 
un antiuaire de météorologie. Ces annuaires généralement 
n'apprennent pas grand'chose, mais sont très consultés, par 
conséquent se vendent bien. C'était donc une petite ressource 
pour l'auteur. Le premier parut l'an VIII de la République 
(1 799), et ils se succédèrent jusqu'en 1 810. Le début avait été 
encouragé par Chaptal, alors ministre de l'Intérieur; mais 
en 1809, Napoléon, dans une réception de l'Institut aux Tui- 
leries, fît comprendre à Lamarck qu'il n'était pas convenable 
de s'occuper ainsi de prédictions du temps et le plaisanta 
devant tous ses collègues sur ses calculs météorologiques. Ce 
fut l'arrêt de mort des annuaires. Le puissant empereur enle- 
vait ainsi un morceau de pain au professeur. 

Nous venons de voir que Lamarck a été, comme obser- 
vateur et nomenclateur, un très grand et très habile natu- 
raliste. Il nous reste à étudier Lamarck comme philosophe. 

En 1809 parut, à Paris, sa Philosophie zoologique en deux 
volumes in-8. Elle fut rééditée, également en deux volumes, 
en 1830, puis en 1873, parles soins de Charles Martins. Dans 
la première partie de sa carrière, Lamarck acceptait les idées 
courantes d'alors, la fixité de l'espèce. Ce n'est que vers 1804 
qu'il conçut des doutes à cet égard et qu'il devint transfor- 
miste. La base du système de Lamarck est l'appropriation de 
la forme aux besoins. Ce principe contient en germe tous les 
développements donnés plus tard par Darwin et les autres 
vigoureux champions du transformisme. C'est donc à Lamarck 
que revient l'honneur d'avoir formulé dans son principe 
essentiel la grande théorie nouvelle. Venu le premier, il peut 
être moins complet, moins précis, moins clair que ses succes- 
seui's, mais il a l'immense mérite d'être l'initiateur! 

Comme Darwin, et presque dans les mêmes termes, Lamarck 
fait jouer un rôle de premier ordre à l'hérédité, pour la trans- 
formation évolutive des types : « Tout ce que, dil-il, la nature 
a fait acquérir ou perdre aux individus par l'influence des cir- 



— 80 — 

constances où leur race se trouve depuis longtemps exposée, 
elle le conserve par génération aux nouveaux individus qui 
en proviennent. ï> La valeur de l'espèce a été définie par lui 
avec une netteté à laquelle il n'y a plus rien eu à ajouter 
depuis : « L'espèce est l'individu répété dans le temps et dans 
l'espace, » définition qui comprend à la fois la notion empi- 
rique de l'espèce et la notion philosophique de sa muta- 
bilité. En effet, comme les faibles variations individuelles se 
changent dans le cours des temps, en différences essentielles, 
il en résulte que, après un grand nombre de générations suc- 
cessives, les individus qui appartenaient primitivement à une 
espèce, appartiennent à une nouvelle espèce. La durée de 
notre vie nous a habitués à considérer des laps de temps si 
courts qu'il en est sorti l'hypothèse vulgaire et fausse de l'in- 
variabilité. 

C'est encore à Lamarck que revient le mérite d'avoir le pre- 
mier fait ressortir l'importance de l'activité ou de la non-acti- 
vité sur le développement des parties. « Le développement, 
dit-il, et la force d'action des organes sont constamment en 
raison de l'emploi de ces organes. Le défaut d'emploi d'un 
organe devenu constant par les habitudes prises, appauvrit 
graduellement cet organe et finit par le faire disparaître. » En 
cela les explications de Lamarck sont parfaitement conformes 
à tout ce qui est admis aujourd'hui par les transformistes. 
C'est seulement lorsque Lamarck entre dans les exemples 
particuliers que sa théorie a pu être mal comprise de ses 
contemporains et mal interprétée de nos jours. Ainsi, pour 
Lamarck, selon l'exemple si souvent cité, la girafe possède un 
cou long et élevé parce que cet animal, à force de tendre la 
tète pour atteindre aux feuilles élevées des arbres, a allongé 
ses vertèbres cervicales. Or c'est a tort que, partant de cet 
exemple, on l'a accusé d'avoir dit ou cru que, durant la vie 
d'un individu, une espèce pourrait se transformer ainsi en 
une espèce nouvelle. C'est qu'on ne l'a pas compris et qu'on a 
voulu jeter le ridicule sur sa conception. Lorsque Lamarck dit 
que le cou de la girafe s'est allongé à force d'être tendu pour 



— 81 — 

atteindre aux feuilles des arbres, il n'entend jamais parler 
d'un individu, ou môme de plusieurs, mais bien d'une longue 
série de générations et de variétés successives chez lesquelles 
le cou, s'étant peu à peu allongé, à mesure qu'elles broutaient 
des arbres de plus en plus élevés, trouvait l'occasion de s'al- 
longer encore. Le mot girafe est ici employé dans son sens 
générique et abstrait comme type de genre ou d'espèce, et 
désigne tous les ancêtres individuels ou spécifiques de la girafe 
actuelle, en remontant jusqu'à un ancêtre génériquement dif- 
férent, dont le cou et le train de devant n'étaient pas plus 
développés que celui du chameau et du lama. Et la preuve 
que telle est bien sa pensée, c'est qu'il donne comme exemples- 
types de transformation la transformation lente des espèces 
domestiques, dont les races ne se sont formées et fixées que 
grâce à une longue suite de générations. 

Lamarck tenait compte de l'hérédité et de l'adaptation; il 
ne manque à sa théorie que la notion de la lutte de tous contre 
tous et de la sélection naturelle. Si, lorsqu'il nous décrit les 
changements acquis graduellement et transmis de même, il 
avait ajouté que ces changements se conservent et s'accen- 
tuent à la condition qu'ils soient utiles à la conservation des 
individus en leur donnant quelques avantages sur ceux qui 
sont moins modifiés, il n'aurait plus rien laissé à faire à Darwin. 
C'est donc à juste titre qu'il est aujourd'hui considéré comme 
le grand initiateur de la théorie nouvelle. 

Ce mérite, du reste, il l'a payé bien cher. Comme les initia- 
teurs en général, il n'a pas été compris de ses contemporains, 
qui l'ont accablé de quolibets et de mauvaises plaisanteries. Il 
a eu surtout contre lui toutes les réputations acquises, qui ne 
voulaient ou ne pouvaient pas le suivre sur un terrain nouveau. 
Les infaillibles du dogme se sont unis aux infaillibles de la 
science pour étouffer une théorie nouvelle qui menaçait ou 
semblait menacer les idées reçues et les réputations faites. De 
là une redoutable coalition qui a cherché à étouffer la théorie 
nouvelle tout en poursuivant son auteur. C'est au milieu de 
cette conspiration du silence et de l'isolemenl que Lamarck 



— 82 — 

finit ses jours. On a même eu toutes les peines du monde à 
retrouver la place de sa tombe. 

L'ouvrage le moins connu peut-être de Lamarck, et qui, 
après sa Philosophie zoologiqtie, mérite le plus de l'être, est 
sans contredit le Système analytiqtce des connaissances posi- 
tives de l*honime. Dans cet ouvrage, dicté dans les dernières 
années de sa vie, l'auteur, après avoir insisté « sur les maux 
nombreux » produits par l'ignorance, le faux savoir, le défaut 
d'exercice du jugement, l'abus du pouvoir, nous montre « la 
nécessité de nous renfermer dans le cercle des objets que pré- 
sente la nature » et de ne jamais en sortir si nous ne voulons 
nous exposer à tomber dans l'erreur, parce que, seule, l'étude 
approfondie de la nature et de l'organisation de Thomme, 
parce que, seule, l'observation exacte des faits nous dévoile 
« les vérités qu'il nous importe le plus de connaître » pour 
éviter les vexations, les perfidies, les injustices et les oppres- 
sions de toutes sortes qui font naître, dans le corps social, 
« des désordres incalculables » ; pour découvrir et acquérir 
les moyens de nous procurer la jouissance des avantages que 
nous sommes en droit d'attendre de notre état de civilisa- 
tion. En un mot, ce livre est la recherche des services que 
la science peut et doit rendre à la société ; c'est l'exposé des 
sources où l'homme doit puiser ses connaissances positives, 
sources qui constituent « le champ des réalités d ; c'est l'ana- 
lyse des principes qui devraient <!c régler la pensée, le jugement, 
le sentiment et les actions de l'homme civilisé ï>, en vue de 
réaliser la plus grande somme de perfectionnement et de bien* 
être dont il est capable. Certes, tout n'est pas parfait dans 
cet ouvrage, mais nous croyons qu'il y aurait bien peu de 
chose a changer, à modifier, pour en faire le guide éclairé et 
sur de quiconque s'occupe de science politique et sociale* 

Lamarck occupait au Muséum ou Jardin des Plantes l'ap- 
partement habité autrefois par BufTon, actuellement par de 
Quatrefages, dans la maison qui porte le numéro 2 de la rue 
de BufFon, entre le grand bâtiment de la zoologie et la biblio- 
thèque. 



— Ha- 
ll s'y éteignit le 18 décembre 1829, à l'âge de quatre-vingt- 
cinq ans. Il avait perdu la vue depuis quelques années et lais- 
sait sa famille presque dans le dénuement. Déjà, de son vivant, 
il fut obligé de se défaire de sa collection de coquilles sans 
que le Muséum songeât à l'acquérir. Il en fut de même pour 
son herbier qui, après sa mort, fut acquis par Rœper, profes- 
seur de botanique à l'Université de Roslock, grand-duché 
de Mecklembourg-Schwerin. Fait singulier, Rœper mourut 
comme Lamarck à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Cette 
mort a eu lieu le 47 mars 4885. Plus patriote que le gouver- 
nement français, le gouvernement mecklembourgeois acquit 
l'herbier du professeur Rœper pour l'Institut botanique de 
Rostock. 

Ce gouvernement n'est pourtant pas bien riche, puisque, 
pour avoir les fonds nécessaires à l'amélioration de son Jardin 
botanique, il a été obligé de revendre l'herbier de Lamarck. 
Heureusement, un disciple de Lamarck, comme lui professeur 
au Jardin des Plantes, Bureau, veillait. Grâce à lui, le célèbre 
herbier est réinstallé dans les galeries du Muséum, qu'il. n'au- 
rait jamais dû quitter. C'est une réparation! 

Une autre réparation a été faite il y a quelques années. Les 
filles de l'homme de génie se trouvaient dans une affreuse 
détresse. Le gouvernement de la République leur est venu en 
aide, acquittant ainsi une véritable dette nationale! 

Il reste à accomplir une dernière réparation, qui ne doit 
pas être uniquement l'œuvre du gouvernement, mais surtout 
celle des nombreux savants qui, dans leurs études, ont pris 
Lamarck pour guide. Ils sont peut-être encore plus nombreux 
à l'étranger, principalement en Italie et en Suisse, qu'en 
France. Le père du transformisme est l'un des génies qui font 
honneui^ à l'humanité tout entière, et à ce point de vue il a 
droit aux sympathies des savants de tous les pays. 

La postérité a paru jusqu'ici trop oublieuse des services de 
Lamarck. Sa statue et même son buste ne se trouvent nulle 
part. Tout au plus à Paris et dans quelques autres villes, le 
nom d'une rue rappelle-t-il son souvenir. En lui érigeant un 



— u — 

nionument.au moment du centenaire de 1789, ses admira- 
teurs montreront que, si la justice est tardive, il est pourtant 
une heure solennelle où elle se manifeste. 

EXPOSITION DE LA KÉLNION LAMARCK 

i. Portrait de Lamarck parThévenin, gravé par Fremy. 

2. Portrait de Lamarck par Ambroise Tardieu, publié par 
Panckouckc. 

3. Portrait de Lamarck aveugle, dessiné et gravé d'après 
nature en 1824 par Ambroise Tardieu. 

4. Essai d'une reconstitution du profil de Lamarck, eau- 
forte, par le docteur Gachet, 1888. 

5. Autographe de Lamarck remontant à l'an X. 

6. Photographie de l'acte de naissance de Lamarck , 
retrouvé par Philippe Salmon. 

7. Lamarcky par un groupé de transformistes ses disciples, 
brochure in-8", avec six figures, Paris, 1887. 

8. Statuette de Lamarck, par Etienne Leroux. 



CHAPITRE III 



BIBLIOTHÈQUE DES SCIENCES CONTEMPORAINES 

Dirigée par MM. A. Hovelacque, G. Issaïjrat, André Le- 
FÈVRE, Ch. Letourneau, g. de Mortillet, Thulié, Eugène 
Véron, mort récemment, 

Édileur : C. Reinwald, 15, rue des Saints-Pères, Paris. 

Depuis le siècle dernier, les sciences ont pris un énergique 
essor en s'inspirant de la féconde méthode de Tobservation et 
de Texpérience. On s'est mis à recueillir, dans toutes les direc- 
tions., les faits positifs, à les comparer, à les classer et à en tirer 
l6s conséquences légitimes. 

Les résultats déjà obtenus sont merveilleux. Des problèmes 
qui sembleraient devoir à jamais échapper à la connaissance 
de l'homme ont été abordés et en partie résolus, et cet immense 
trésor de faits nouveaux, non seulement arenouvelé les sciences 
déjà existantes, mais a servi de matière à des sciences nouvelles 
du plus saisissant intérêt. 

V Archéologie préhistorique nous a reconquis, dans, la 
profondeur des siècles disparus, des ancêtres non soupçonnés 
et reconstitue, à force de découvertes, l'industrie, les mœurs, 
les types de l'homme primitif à peine échappé à l'animalité. 

L'Anthropologie a ébauché l'histoire naturelle du groupe 
humain dans le temps et dans l'espace, le suit dans ses évolu- 
tions organiques, l'étudié dans ses variétés, races et espèces, 
et creuse ces grandes questions de l'origine de la vie, de l'in- 
fluence des milieux, de l'hérédité, des croisements, des rap- 
ports avec les autres groupes animaux, etc., etc. 



— 86 — 

La Linguistique retrouve, par l'étude comparée des idiomes, 
les formes successives du langage, les analyse et prépare, pour 
ainsi dire, une histoire de la pensée humaine, saisie à son ori- 
gine même et suivie à travers les âges. 

La Mythologie comparée nous fait assister à la création des 
dieux, classe lés mythes, étudie les lois de leur naissance et de 
leur développement à travers les innombrables formes reli- 
gieuses. 

Toutes les autres sciences, Biologie, Astronomie, Physique, 
Chimie, Zoologie, Géologie, Géographie, Botanique, Hygiè- 
ne, etc., ont été, sous Tintluence de la même méthode, éten- 
dues, régénérées, enrichies et appelées à se prêter un mutuel 
secoure. Cette influence s'esl même étendue à des sciences 
que la fantaisie et Tesprit de système avaient dépouillées de 
toute précision et de toute réalité, THistoire, la Philosophie, 
la Pédagogie, l'Économie politique, etc. i 

Mais jusqu'à présent ces magnifiques acquisitions de la libre 
recherche n-ont pas été mises à la portée des gens du monde : 
elles sont éparses dans une multitude de recueils, mémoires et 
ouvrages spéciaux. Le public ne les trouve nulle part à l'état 
d'ensemble, d'exposition élémentaire et méthodique, débar- 
rassées de l'appareil scientifique, condensées sous une forme 
accessible. 

Et cependant il n'est plus permis de rester étranger à ces 
conquêtes de l'esprit scientifique moderne, de quelque œil 
qu'on les envisage. A chaque instant, dans les conversations, 
dans les lectures, on se heurte à des controverses sur ces nou- 
veautés : le Darwinisme, la Théorie mécanique de la chaleur, 
la Corrélation des forces naturelles, l'Atomisme, la Descen- 
dance de l'homme, la Prévision du temps, les Théories céré- 
brales, etc. ; on se sent honteux de se trouver pris en flagrant 
délit d'ignorance. Et puis, considération bien supérieure, 
c'est par la science universalisée, déposée dans toutes les con- 
sciences, que nous mettrons fin à notre anarchie intellectuelle 
et que nous marcherons vraiment à la régénération. 

De ces réflexions est née la présente entreprise. On s'est 



— 87 — 

adressé à des savants pour obtenir de chacun d'eux, dans la 
spécialité qui fait l'objet constant de ses études, le Manuel 
précis, clair, accessible, de la science à laquelle il s'est voué, 
dans son état le plus récent et dans son ensemble le plus 
général. Par conséquent, pas de compilations de seconde 
main. Chacun s'est renfermé dans le domaine où sa compé- 
tence est incontestable. Chaque traité forme un seul volume, 
avec gravures, quand c'est nécessaire, et de prix modeste. 
Jamais la vraie science, la science consciencieuse et de bon 
aloi ne s'est faite ainsi toute à tous. 

Un plan uniforme, fermement maintenu par un comité de 
rédaction, préside à la distribution des matières, aux propor- 
tions de l'œuvre et à l'esprit général de la collection. 

CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION 

Cette collection paraît par volumes in-12, format anglais, 
aussi agréable pour la lecture que pour la bibliothèque; 
chaque volume a de 10 à 15 feuilles, ou dé 350 à 500 pages au 
moins. Les prix varient, suivant la nécessité, de 3 à 5 francs. 

EN VENTE 

I. La BiologiCy parle docteur Charles Letourneau. 3' édition, i vol. 
de 518 pages, avec 112 gravures sur bois. 

II. La Linguistique^ par Abel Hovelacque. 5* édition. 1 vol. de 
454 pages. 

III. U Anthropologie y par le docteur Paul Topinard, avec préface du 
professeur Paul Broga. 4^* édition. 1 voL de 576 pages, avec 52 gra- 
vures sur bois. 

IV. UEsthétiquey par M. Eugène Véron, directeur du journal Y Art, — 
Origine des Arts. — Le Goût et le Génie. — Définition de TArl et de 
l'Esthétique. — Le Style. — L'Architecture. — La Sculpture. — La 
Peinture. — La Danse. — La Musique. — La Poésie. — L'Esthétique 
de Platon. — 2*^ édition. 1 vol de 524 pages. 

V. La Philosophie, par M. André Lefèvre. 2" édition. 1 vol. de 
640 pages. 

YI. La Sociologie d'après l'Ethnographie, par le docteur Charles 
Letourneau. 2* édition. 1 vol. de 624 pages. 



— 88 — 

VII. La Science économiqm^ par M. Yves Guyot. â** édilioii. 1 vol. de 
. 600 pages, avec 67 figures graphiques. 

VIII. Le Préhistorique y antiquité de Thomine, par G. de Mortillet. 
2* édition. 1vol. de 678 pages, avec 64 figures. 

IX. La Botanique^ par H. de Lanessan. 1 vol. de 570 pages, avec 
132 figures intercalées dans le texte. 

X. La Géographie médicale^ par le docteur A. Bordieu. 4 vol. de 
688 pages, avec figures dans le texte. 

XI. La Morale^ par M. Eugène Véron. i vol. de 516 pages. 

XII. La Politique expérimentale^ par M. Léon Donnât. 1 vol. de 
504 pages. 

XIII. Les Problèmes de rhistoire, par M. Paul Mouceolle. 1 vol. de 
498 pages. 

XIV. La Pédagogie, par M. G. Issaurat. 1 vol. de 512 pages. 

XV. L'Agriculture et la Science agronomique, par Albert Larbalé- 
TRiER. i vol. de xxiv-568 pages. 

XVI. La Physico-chimie, son rôle dans les phénomènes naturels, astro- 
nomiques, géologiques et biologiques, par le docteur Fauvelle. i vol. 
de xxiv-512 pages. 



CHAPITRE IV 



BIBLIOTHÈQUE ANTHROPOLOGIQUE 
Dirigée par MM. Mathias Duval, Georges Hervé, Abel 

HOVELACQUE, Ch. LeTOURNEAU, GaBRIEL de MORTILLKT 

et Thuué. 
Éditeurs : Lecrosnier el Babé, place de rÉcole-de-Méderine, Paris. 

D'immenses progrès dans toutes les branches des sciences 
naturelles ont marqué les trente dernières années. De ce grand 
mouvement est sorti tout le groupe des sciences anthropolo- 
giques. Pour ces dernières, la date de leur naissance, ou mieux 
de leur renaissance, peut être fixée en 4859, année où fut 
fondée la Société d'anthropologie de Paris sur l'initiative de 
Paul Broca, et où parut Y Origine des espèces de Darwin. 
Depuis lors nous avons vu grandir et s'éclairer mutuellement 
V Archéologie préhistorique, Y Ethnographie, la Linguistique, 
la Science des religions, le Folk Lorisme ou étude des tradi- 
tions populaires, la Pathologie comparée, la Sociologie, surtout 
la Sociologie ethnographique. 

C'est de ce faisceau scientifique ajouté à YAnatomie que se 
compose aujourd'hui Y Anthropologie. Cette science, si vaste, 
possède actuellement ses sociétés savantes, ses congrès, ses 
laboratoires, son enseignement, ses revues spéciales; mais elle 
n'a encore que fort peu d'ouvrages où les résultats généraux, 
acquis par elle, soient exposés d'ensemble et pour le grand 
public. 

C'est k combler cette lacune que sert la Bibliothèque anthro- 
pnlogique. Dans une série de volumes, cette bibliothèque 



— 90 — 

aborde successivement, non seulement toutes les branches, 
mais encore toutes les grandes questions anthropologiques, 
dont ne saurait plus se désintéresser aujourd'hui aucun esprit 
éclairé. 

Confiés à des autei^rs que recommande lepr compétence 
spéciale, ces volumes contiennent chacun une vue d'ensemble 
sur le sujet traité. 

Au point de vue de la doctrine, le Comité de la Bibliothèque 
veillera au maintien de l'homogénéité entre tous les ouvrages. 

Tome P^ — Thulié (H.). La Femme. Essai de sociologie physiolo- 
gigue. Ce qu'elle a été, ce qu'elle est. Les théories; ce qu'elle doit 
être. 1 vol. in-8, 1885. 7 fr. 50 

Tome IL — Duval (Mathias). Le Darwinisme. 1 vol. in-8, avec figures 
intercalées dans le texte, 1886. 10 fr. 

Tome III. — Letourneau (Ch.). V Évolution de la morale. Leçons pro- 
fessées pendant l'hiver de 1885-1886. 1 vol. in-8, 1887. 7 fr. 50 

Tome IV. — Hovelacque (A.) et G. Hervé. Précis d'anthropologie. 
1 vol. in-8, avec 20 figures intercalées dans le texte, 1887. 10 fr. 

Tome V. — Vinson (J.). Les Religions actuelles; leurs doctrines, leur 
évolutiony leur histoire. Peuples sans religion. Fétichisme. Brah- 
manisme. Bouddhisme. Parsisme. Judaïsme. Mahométisme. Chris- 
tianisme. Sectes extravagantes. 1 vol. in-8, 1888. 9 fr. 

Tome VI. — Letourneau (Ch.). L'Évolution du mariage et de la 
famille. 1 vol. in 8, 1888. 7 fr. 50 

Tome VIL — Lacombe (P.). La Famille dans la société romaine, étude 
de moralité comparée. 1 vol. in-8, 1889. 7 fr. 

Tome VIII. — Letourneau (Ch.). VÊvolution de la propriété. 1 vol. 
in-8, 1889. 8 fr. 

Tome IX. — Hovelacque (A.). Les Nègres de V Afrique sus-équato- 
riale, 1889. 

Tome X, — Bordier (A.). Pathologie comparée, 1889. 8 fr. 



CHAPITRE V 



DICTIONNAraE DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES 

ANATOHIE, CRANIOLOGIE, ARCHÉOLOGIE PRÉHISTORIQUE, ETHNOGRAPHIE 
(MŒURS^ LOIS, ARTS, INDUSTRIE), DÉMOGRAPHIE, LANGUES, RELIGIONS 

Dirigé par MM. A. Bertillon, Coudereau, A. Hovelacque, 
IssAURAT, André Lefèvre, Ch. Letourneau, G. de Mor- 

TILLET, ThULIÉ et E. VÉROiN. 

Collaborateurs : MM. J. Bertillon, Blanchard, Bordier, 
Chantre, Chervin, Chudzinski, Delisle, Deniker, Mathias 
DuvAL, Fauvelle, Gatteyrias, Hervé, Kuhff, de La- 
NESSAN, Mahoudeau, Manouvrier, Mondière, a. de Mor- 
TiLLET, Picot, Girard de Ri allé, M™® Clémence Royer, 
DE Quatrefages, Salmon , Varambey, Julien Vinson, 
Weissgerdër, Zaborowski. 

Éditeur : Octave Doin, place de TOdéon, 8, Paris. 
PRÉFACE 

V anthropologie est et devait être la plus jeune des sciences 
contemporaines. 

C'est bien tardivement que Thomme a songé à se replier 
sur lui-même, à se demander quelle place il occupait dans 
l'univers, qui il était, d'où il venait, où il allait. 

Longtemps les religions seujes répondirent à ces questions. 
Les réponses étaient puériles; mais l'esprit humain, mal 
éveillé encore, ne s'avisait guère de les contrôler. Pour douter, 
il faut savoir, et les sciences d'observation ne pouvaient se 
développer qu'avec lenteur. C'est depuis un siècle à peine 



— 92 — 

qu'elles ont décidément pris le pas sur les sciences mathéma- 
tiques. 

A partir de ce moment, la vérité se fit jour de tous côtés. 

Déjà l'astronomie avait prouvé que, relativement au grand 
Cosmos, le globe terrestre n'est qu'un grain de poussière. 

Par l'observation patiente les naturalistes montrèrent que 
l'homme est physiquement un mammifère comme les autres 
et que même, par son embryologie, il se rattache aux verté- 
brés inférieurs. 

En même temps, les linguistes classaient les langues d'après 
leur lexique et leur structure, en retraçaient l'évolution. Pour 
les religions, la mythologie comparée faisait un travail ana- 
logue; elle mettait hors de doute l'analogie essentielle des 
croyances soi-disant sublimes avec le grossier animisme des 
sauvages. 

D'autre part, l'archéologie préhistorique exhumait les 
archives de l'humanité; Tournai, Boucher de Perthes et leurs 
émules dévoilaient la prodigieuse antiquité de l'homme et ses 
très humbles commencements. 

Enfin, les ethnographes, les voyageurs retrouvaient par- 
tout, vivantes encore, les ébauches de l'humanité, les races 
inférieures et les primitives civilisations. 

Les résultats généraux de ces fécondes enquêtes donnèrent 
naturellement l'idée de fonder une science ayant pour objet 
l'homme étudié sous tous les aspects, dans le temps et dans 
l'espace. 

Pour mener à bonne fin une œuvre aussi vaste, le coiîcours 
de nombreux collaborateurs était nécessaire. Un homme d'un 
grand mérite, prématurément enlevé à la science, P. Broca, 
donna le signal en fondant à Paris, en l'année 4859, la pre- 
mière Société d'anthropologie qui eut bientôt des sœurs nom- 
breuses dans tous les pays civilisés. 

Anatomiste avant tout, P. Broca poussa la science nou- 
velle dans la voie des minutieuses recherches relatives à la 
structure physique des diverses races et variétés humaines. 
L'étude comparée du crAne l'occupa longtemps et il en tira 



— on- 
line branche de Tanatomie anthropologique : la crâniologie. 

Que ces travaux d'anatomie soient nécessaires, qu'ils fussent 
bien à leur place au début de la science nouvelle, cela est 
incontestable; mais le cadre ne ppuvait manquer de s'élargir 
considérablement. 

Pas une société d'anthropologie, qui, aujourd'hui, ne conr 
.sidère comme un strict devoir d'étudier l'homme à tous les 
points de vue, de le suivre dans toutes les manifestations de 
son activité. 

Uanatomie descriptive^ Vanalomie comparée, Vembryologie 
ne forment plus qu'un grand département de la science de 
l'homme. 

On en rapproche X archéologie préhistorique y la linguislUiue, 
la psychologie, la géographie médicale, la mythologie, la démo- 
graphie, la sociologie. En s'aidant, s'éclairant mutuellement, 
toutes ces maîtresses branches de la science constituent vrai- 
ment V anthropologie : c'est bien le cas de dire que l'union fait 
la force. 

Sans doute l'exploration est loin d'être terminée; déjà pour- 
tant les principales données se dégagent, et l'application à 
l'anthropologie de la grande doctrine transformiste n'y con- 
tribue pas médiocrement. 

L'homme sait aujourd'hui qu'il s'est lentement et pénible- 
ment dégagé du monde animal; que le citadin le plus raffiné 
de Paris ou de Londres a eu pour lointains ancêtres des êtres 
analogues aux Australiens actuels; que la plus extrême sauva- 
gerie a constitué le premier stade psychique de l'humanité ; 
que nos écrivains les plus brillants, nos poètes les plus exquis, 
nos orateurs les plus diserts, descendent d'hommes pithé- 
coïdes, qui, pour exprimer leurs pauvres idées, avaient seule- 
ment des gestes, des cris, des onomatopées. 

Les merveilles de notre industrie nous enorgueillissent; 
mais elles sont seulement l'épanouissement d'efforts millé- 
naires; elles ont été précédées de cycles incommensurables 
pendant lesquels l'homme n'avait pour armes et pour outils 
que des silex taillés. 



— 94. — 

* On s'efforce encore de nous faire admirer les grandes reli- 
gions indo-européennes ; mais nous savons que toutes tiennent 
au plus grossier fétichisme, à la puérile extérioration des sen- 
timents, des désirs, etc., de Thomme primitif, qui dote géné- 
reusement le monde extérieur d*une vie consciente, analogue 
à la sienne, et, se leurrant de l'espoir d'une vie future, projette 
au delà du tombeau une image corrigée de sa vie terrestre. 

Portons-nous nos regards vers l'évolution sociale, nous 
trouvons que toutes les sociétés ont eu pour embryon la horde 
anarchique, d'où sont successivement sorties la tribu, les 
castes, la monarchie absolue. Puis nous voyons peu à peu les 
chaînes se détendre, les privilèges s'atténuer ou disparaître, 
les iniquités sociales soulever de plus en plus l'indignation 
publique. 

De tout cela se dégage une grande et fortifiante idée, l'idée 
du progrès toujours nécessaire et de plus en plus rapide, 
bien que souvent enrayé. 

Comme nous l'avons déjà remarqué, tous ces résultats 
généraux, si consolants, proviennent d'enquêtes minutieuses, 
variées, de milliers de faits épars, mis en lumière par des 
observateurs qui le plus souvent s'ignoraient les uns les autres. 
Tous ces matériaux, tous ces faits si suggestifs, qui, rappro- 
chés, acquièrent une valeur centuple, nous nous sommes 
efforcés de les réunir dans un Dictionnaire des scietices anthro- 
pologiqueSj rédigé par les spécialistes les plus compétents et 
les esprits les plus libres. 

De ce concours résulte une Encyclopédie anthropologique^ 
dont l'analogue n'existe encore nulle part, et qui est pour tout 
homme quelque peu cultivé un vade mecnm indispensable. 

Les membres du Comité de publication : 

A. HovELACQUE, profcsscur à l'École d'anthropolo- 

jçie, auteur de la Linguistique. 
IssAURAT, membre de la Société d'anthropologie, 

auteur de la Pédagogie, 



— 95 — 

André Lefèvre, professeur à l'École d'anthropo- 
logie, auteur de la Philosophie. 

B^ Ch. Letourneau, secrétaire-général de la Société 
d'anthropologie, auteur de la Sociologie. 

G. DE MoRTiLLET, professeur d'anthropologie pré 
historique à TÉcole d'anthropologie, auteur du 
Préhistorique. 

D' Thulié, ancien présid.ent de la Société d'anthro- 
pologie. 

E. Véron, auteur de V Esthétique. 



DEUXIÈME PARTIE 

EXPOSITION 



COMMISSION DE L*EXPOSITION 
Président : M. G. de Mortillet. 



MM. 



AuLT-DuMESNiL (d'), administrateur des musées d'Abbeville. 

BoRDiER, professeur à V École d'anthropologie. 

Chervin, directeur de l'Institution des bègues de Paris. 

Chudzinski, conservateur du Musée Broca. 

Mathias Duval, président de \di Société d'anthropologie, divec-- 
teur du Laboratoire. 

Fauvelle, trésorier de la Société d'anthropologie. 

Gavarret, directeur de Y École d'anthropologie. 

Hervé, secrétaire général-adjoint de |a Société d'anthropo- 
logie. 

Hovelacque, vice-président de la Société d'anthropologie. 

Lamouroux, conseiller municipal, membre de la Société d'an- 
throjwlogie. 

Letourneau, secrétaire général de la Société d'anthropologie. 

Magitot, ancien président de la Société d'anthropologie. 

Mahoudeau, secrétaire annuel de la Société d'anthropologie. 

Manouvrier, archiviste de \di Société d'anthropologie. 

Mortillet (A. de), secrétaire annuel de la Société d'anthro- 
pologie. 



— 98 — 

Pozzi, ancien président de la même Société. 
Salmon (Ph.), vice-président de la Commission des monu- 
ments mégalithiques. 
Thulié, ancien président de la Société d'anthropologie, 
ViNSON (J.), professeur à VÉcole des langues orientales. 



INTRODUCTION 

Gomme on Ta vu dans la pai^tie historique, ce n'est qu'a 
partir de 1859 que l'Anthropologie a été généralement 
reconnue comme méritant de former une des branches les 
plus importantes des sciences naturelles. 

Mais ce classement, si bien justifié qu'il fût, ne suffisait 
pas pour donner à cette sœur puînée de la Zoologie et de la 
Botanique toute la maturité de ses devancières. Il fallait 
recueillir tous les documents- épars, les coordonner d'une 
manière méthodique, signaler les nombreuses lacunes et com- 
mencer les recherches nécessaires pour les combler. C'est à 
ce travail que se consacrèrent tout entiers Broca et ses coura- 
geux collaborateurs, dont l'exemple fut bientôt suivi par un 
grand nombre de savants étrangers. 

Une entreprise aussi considérable demandait de longues 
années de labeur pour que les résultats obtenus méritent 
d'être exposés en public. Aussi, lors de l'Exposition univer- 
selle de 1867, les anthropologis tes comprirent ce qu'il y aurait 
de dangereux pour l'avenir de leur science d'en montrer 
prématurément les premiers essais; ils s'abstinrent donc et 
firent bien. 

L'ethnographie préhistori^tre possédait seule des docu- 
ments assez précis pour permettre de les faire figurer dans 
l'Histoire du travail. Ce fut M. Gabriel de Mortillet qui fut 
chargé d'organiser la salle dans laquelle furent exposés les 
restés des industries des premiers âges de l'humanité; et Ton 



— 99 — 

sait quel succès obtint, en France et k Télranger, la classifi- 
cation adoptée par lui. 

Pendant les onze années qui s'écoulèrent jusqu'à TExposi- 
lion universelle de 1878, l'Anthropologie s'était enrichie, dans 
toutes ses subdivisions, d'une multitude de travaux impor- 
tants, émanant des hommes les plus autorisés de tous les pays. 
L'abstention eût été alors aussi nuisible qu'elle avait été utile 
en 1867. De l'avis de tous, l'heure était venue pour l'Anthro- 
pologie de s'affirmer publiquement. Aussi le 29 mars 1877, 
sur la proposition du Commissaire général de l'Exposition, le 
Ministre de l'Agriculture et du Commerce prit un arrêté 
décidant qu'une exposition des sciences anthropologiques 
serait ouverte dans les locaux de l'Exposition universelle, du 
l^*" mai 1878 jusqu'au 31 octobre suivant, et que l'organisation 
et l'installation de cette exposition serait confiée à la Société 
d'anthropologie. 

Tout le monde a encore présent à la mémoire l'éclatant 
succès qu'elle obtint. Quinze États européens et la grande 
République américaine répondirent à l'appel de la France et 
vinrent confondre leur exposition avec la sienne. Tous ces 
matériaux furent groupés en cinq classes : 1^ Anthropologie 
générale et Biologie; 2^ Ethnologie, Ethnographie et Linguis- 
tique; 3** Anthropologie préhistorique; 4** Démographie; 
S"* Bibliographie. Malgré la situation à l'écart du local, ce fut 
un des points les plus fréquentés par le public. 

En 1889, une exposition synthétique n'était plus possible. 
Chaque nation avait trouvé chez elle un nombre suffisant de 
travailleurs pour constituer soit une Société spéciale, soit au 
moins une section d'anthropologie dans le sein des associa- 
tions scientifiques. En France môme, deux groupes d'anthro- 
pologisles s'étaient réunis à Lyon et à Bordeaux, pour concen- 
trer les résultats de leurs travaux. Il était donc indispensable 
de laisser à chacun son initiative personnelle. Un coup d'œil 
général sur les expositions anthropologiques va montrer qu'on 
a eu raison de compter sur cette initiative. 

L'intérêt que le public avait pris en 1878 à l'exposé de 



— 100 — 

l'histoire de l'homme, spécialement dans les temps préhisto- 
riques, avait stimulé le zèle d'une foule de chercheurs plus 
ou moins étrangers à l'anthropologie. On trouve donc, dans 
les sections de la Guerre, du Commerce et de l'Agriculture, 
des collections très intéressantes d'objets représentant les 
armes et l'industrie des premiers âges de l'humanité. Les 
instituteurs primaires, ces modestes vulgarisateurs, ont égale- 
ment suivi l'impulsion; on pourra voir dans leurs expositions 
bien des pièces préhistoiiques d'un grand intérêt. Il en est 
même qui montrent des représentations vraiment remarqua- 
bles des monuments mégalithiques observés dans les con- 
trées qu'ils habitent. 

Si l'on parcourt l'exposition des missions scientifiques, on 
voit que les jeunes savants français qui ont pénétré dans tant 
de contrées jusqu'alors inexplorées, ont rapporté de leurs 
voyages de véritables trésors anthropologiques. Parmi ces 
collections on remarque surtout celle que le docteur Verneau, 
membre de la Société d'anthropologie, a recueillie aux îles 
Canaries. 

On trouve encore d'intéressantes réunions d'objets d'ethno- 
graphie préhistorique et contemporaine dans les divers pavil- 
lons des colonies françaises, à l'esplanade des Invalides. 

Enfin, un certain nombre de chercheurs, suivant en cela 
l'ancienne tradition de 1867, ont exposé, dans les premières 
salles de l'Histoire du travail, de riches vitrines dont l'examen 
présente un intérêt réel. 

Parmi les nationaUtés qui étaient restées étrangères, 
jusqu'en 1878, au mouvement scientifique vers l'anthropo- 
logie, mais qui s'y sont ralliées depuis avec un zèle des plus 
louables, nous devons citer les républiques de l'Amérique 
centrale et de l'Amérique méridionale. Nommons tout d'abord 
le Salvador dont le petit pavillon, si reconnaissable à son revê- 
tement en faïences polychromes, est rempli de richesses 
ethnographiques de tous les âges. 

Mais, au point de vue réellement anthropologique, l'expo- 
sition du Venezuela l'emporte sur toutes les autres. Le zèle 



— 401 - 

pour la science d'un de ses plus illustres hommes d'État, 
M. le général Gusman Blanco, si bien secondé par M. le 
docteur Marcano, le savant membre de la Société d'anthro- 
pologie de Paris, a su y réunir de magnifiques collections 
d'objets préhistoriques et de crânes provenant des popula- 
tions qui, avant la conquête, habitaient les contrées équato- 
riales. Grâce à la munificence de Tancien président des États- 
Unis du. Venezuela, le Musée Broca va se trouver enrichi de 
ces précieux restes des anciens habitants du nouveau monde. 
Pour en bien comprendre l'importance, il faut consulter, 
dans le premier fascicule du quatrième volume (deuxième 
série) des Mémoires de la Société, une étude remarquable sur 
l'ethnographie précolombienne du Venezuela, due aux re- 
cherches persévérantes de M. Marcano, qui, pour l'étude des 
crânes, a été, pendant plus d'un an, l'un des travailleurs les 
plus assidus du Laboratoire. 

Dans ce résumé succinct des richesses anthropologiques 
que renferme l'Exposition de 1889, on ne doit pas oublier de 
signaler cette multitude de races humaines qui, parties des 
confins les plus éloignés de la surface du globe, se trouvent 
réunies pour la première fois en un seul point, grâce à l'exten- 
sion considérable de l'empire colonial de la France. Tous les 
anthropologistes peuvent aujourd'hui étudier par eux-mêmes 
les mœurs, l'industrie et les caractères ethniques des popu- 
lations de l'extrême Orient, de l'Afrique occidentale et de 
rOcéanie. C'est pour eux une occasion, qui peut-être ne se 
renouvellera plus, de contrôler directement les récits et les 
descriptions des voyageurs. 

Voyons maintenant quel rôle se sont réservé la Société, 
l'École et le Laboratoire de Paris, au milieu de cette espèce 
d'effervescence scientifique. 

A partir de 1878, les tendances de cet Institut anthropolo- 
gique, comme Broca aimait à l'appeler, le portèrent vers 
l'enseignement. En effet l'École, à peine née et encore fort 
discutée à cette époque, a pris depuis un développement consi- 
dérable, grâce aux libéralités de l'État, du Département de 



— 102 — 

la Seine et de la Ville de Paris (voy. la partie historique). 
Aujourd'hui toutes les branches de l'anthropologie y sont lar- 
gement développées devant un nombre toujours croissant 
d'auditeurs parmi lesquels se vulgarisent, sinon la science 
elle-même, du moins ses résultats les plus importants. 

C'est cet enseignement que la Commission de l'Exposition 
résolut de transporter au Champ de Mars. Pour exécuter un 
semblable projet, il fallait renoncer à accumuler dans un 
vaste local ces nombreuses collections qui, dans chaque genre, 
se ressemblent plus ou moins, et dans lesquelles se glissent 
souvent des inutilités et même des erreurs. Il s'agissait de 
faire un choix méthodique de pièces importantes et de les 
grouper d'après leurs affinités naturelles, de manière à en 
faire ressortir les enchaînements. C'était en un mot l'ensei- 
gnement par les yeux qu'il fallait organiser. 

L'entreprise était des plus délicates, car, avant tout, il était 
indispensable d'obtenir d'un certain nombre d'anthropolo- 
gistes de toutes classes, qu'ils veuillent bien renoncer à toute 
exposition purement personnelle et confier, pendant un temps 
relativement fort long, les pièces les plus importantes de leurs 
collections. Heureusement la Commission a rencontré parmi 
nos collègues des hommes qui, par dévouement à la science, 
n'ont pas hésité à faire abstraction complète de leur person- 
nalité, pour la seconder dans les limites de leur pouvoir; elle 
saisit cette occasion pour leur adresser ses plus chaleureux 
remerciements. 

Elle prie également M. le Ministre de l'Instruction publique 
de vouloir bien agréer l'eî^ression de sa profonde gratitude 
pour l'accueil qu'il a bien voulu lui faire dans les salles de 
l'Enseignement où elle devait se trouver dans son'miheu 
naturel. 

Certainement les résultats obtenus sont loin d'atteindre la 
perfection ; mais tels qu'ils sont, ils suffisent pour montrer tout 
le parti que l'on peut tirer d*une exposition collective à carac- 
tère didactique, et cet essai pourra être, nous l'espérons du 
moins, le point de départ d'une transformation dans les 



— 103 — 

méthodes suivies jusqu'ici, pour les expositions scientifiques. 
— L'exposition de la Société, du Laboratoire et de l'École 
d'anthropologie comprend quatre vitrines et un meuble à 
volets, situés dans les salles du Ministère de l'Instruction 
publique au premier étage, galerie de gauche, pavillon dos 
Arts libéraux. 



CHAPITRE PREMIER 

ANTHROPOLOGIE ANATOMIQUE 



§ 1''. — Société d'autopsie. 

Les cerveaux dont les moulages sont exposés dans la pre- 
mière travée de droite de la première vitrine, ont été l'objet 
d'une étude morphologique très détaillée de la part du per- 
sonnel du Laboratoire. A de rares exceptions près, ces travaux 
ne peuvent encore donner de résultats décisifs; mais ce sont 
des éléments précieux qui, dans l'avenir, serviront à préciser 
les rapports qui doivent exister entre cette morphologie et la 
fonction intellectuelle. On ne peut citer ici que les traits sail- 
lants, renvoyant pour les détails aux séances de la Société 
d'anthropologie dans lesquelles ils ont été exposés. 

i"" Jules AssÉZAT, homme de lettres, mort, Ïe24 juin 1876, 
des suites d'une maladie du cœur, à l'âge de quarante-cinq ans. 

« Sous des dehors modestes et même timides, dit Broca 
(Revue d'anthropologie, 1876, p. 742), Assézat cachait une 
érudition, une volonté énergique, un esprit actif, persévérant, 
généreux, ouvert à tous les progrès. » Il collabora à plusieurs 
journaux ou revues politiques, littéraires et scientifiques. On 
lui doit la première édition complète des œuvres de Diderot 
(Garnier frères). Lors de sa mort il était secrétaire de la 
Société d'anthropologie. 

Autopsie par P. Broca et Chudzinski. — Description des 
hémisphères cérébraux par MM. Mathias Duval, Chudzinski 
ertiervé. — Moulage de M. Chudzinski (fig. 1). 

« Dans les deux hémisphères, le sillon pariétal se prolonge 



— 105 — 

sans interruption jusqu'à la scissure pariétale (1). > (Vot. 
séance de la Société (T anthropologie du 19 avril 1883.) 




Kg. 1. 



2** Louis AssELiNE, homme de lettres, mort, en avril 1878, 
d'une rupture du cœur, à l'âge de quarante-neuf ans. 

Asseline avait une puissance de travail considérable. Ce fut 
un lutteur énergique; toute sa vie il combattit pour détruire 
l'erreur et la superstition et propager l'idée républicaine avec 
toutes ses conséquences. En 1865, il fut un des hommes qui 



(1) Légende applicable à toutes les figures représentant les cerfeaux dont 
les moulages sont exposés : R, sillon de RoUando; S, scissure de Sylvius; 
0, scissure occipilale; F, circonvolution frontale ascendante; F^, F', P, pre- 
mière, deuxième et troisième frontales; P, pariétale ascendante; P*, P*, pre- 
mière et deuxième pariétales; T*, T*, T^, T*, T^, circonvolutions temporales; 
0*, 0*, G', G*, 0^ circonvolutions occipitales. 



— 106 — 

fondèrent les Conférences de la rue de la Paix. Les siennes 
étaient très suivies et se faisaient remarquer par la lucidité de 




Fig. «. 



l'exposition et la richesse des détails. (Voy. Thulié, séance de 
la Société d'anthropologie du 18 avril 1878.) 

Autopsie par P. Broca et Chudzinski. — Description du 
cerveau par MM. Mathias Duval, Chudzinski et Hei-vé. — 
Moulage de M. Chudzinski (fig. 2 et 3). 

« La scissure occipitale est très longue et très profonde, 




Fig. 3. 



surtout du côté gauche. Celte longueur, jointe à la situation 
enfoncée du premier pli de passage pariéto-occipital, déter- 
mine le détachement presque complet du lobe occipital. Cette 
disposition rappelle la calotte des primates. La troisième cir- 



— 107 — 

convolution frontale gauche est nettement limitée et extrê- 
mement flexueuse. » (Voy. séance de la Société d' anthropologie 
du 5 avril 4883.) 

3^ CouDEREAU, docteur en médecine, mort, le 19 juillet 
1882, à l'âge de cinquante ans, à la suite d'un traumatisme 
intestinal. 

Coudereau était un homme d'une activité prodigieuse. 
Comme médecin praticien, il s'était consacré à la médecine 
des enfants. Le temps que lui laissait libre une clientèle 




Fig. 4. 



nombreuse, il le consacrait à la science; les questions relatives 
à la fonction intellectuelle étaient surtout l'objet de ses 
études. Ce sont elles qui l'amenèrent à prendre l'initiative de 
la création de la Société d'autopsie^ dont il fut le premier 
président, comme on l'a vu plus haut. On lui doit aussi des 
recherches intéressantes sur les monstruosités. Il s'exprimait 
avec facilité ; sa parole chaude et vibrante était soutenue par 
un geste plein d'animation. 

Autopsie par MM. Laborde, Hei'vé, Rondeau et Chudzinski. 
— Étude du cerveau par MM. Mathias Duval, Chudzinski et 
Hervé. — Moulage du cerveau par M. Chudzinski (fig. 4 et 5). 

«Scissure de Rolando presque rectiligne. Scissure sous- 
frontale peu flexueuse, se continue avec le sillon sous-pariétal. 



— 108 — 

Les circonvolutions sont relativement grosses et assez simples. 
La deuxième circonvolution frontale gauche est plus large que 
la droite et subdivisée incomplètement en deux. La troisième 
de gauche, moins large que la droite mais plus ondulée, n'est 
pas subdivisée. La première circonvolution temporale gauche 




Fig. 5. 

est plus large et plus flexueuse que la droite. » (Voy. séance 
de la Société (T anthropologie du 3 mai 1883.) 

4* Léon Gambetta, homme politique, mort, le 31 dé- 
cembre 1882, d'une pérityphlite , à Tâge de quarante-trois, 
ans. 

€ Gambetta fut avant tout et par-dessus tout un orateur. 
Dans l'ensemble des hautes et brillantes facultés dont il était 
doué, celle qui dominait en lui et planait pour ainsi dire au- 
dessus de toutes les autres, instrument merveilleux et incom- 
parable de son action et de sa puissance, c'était la faculté de 
la parole > {U71 cerveau illustre^ par le D' Laborde. Inédit). 

Autopsie par le docteur Fieuzal et le docteur Laborde, 
membre de l'Académie de médecine, directeur des travaux 
physiologiques de la Faculté de médecine, vice-président de 
la Société d'anthropologie. — Description morphologique des 
hémisphères par MM. Mathias Duval et Chudzinski. — Mou- 
lage du cerveau par M. Chudzinski; de la cavité crânienne 
par M. Talrick. ^ 



— 109 — 

« Le lobe occipital est extrêmement réduit, notamment du 
côté droit (fîg. 6). Le lobule quadrilatère droit est très com- 
pliqué; il est divisé en deux parties par un sillon qui part de 
la scissure occipitale; de ces deux parties, l'inférieure^ est 




Fig. 6. 



subdivisée en plusieurs méandres, par la présence d'une inci- 
sure à branches multiples disposées en étoile. On constate un 
développement extrême de la troisième circonvolution fron- 




Fig. 7. 



laie gauche, tel que jusqu'ici il n'en a été signalé de semblable 
(fig. 7), on peut même la distinguer sur le moulage de la 
cavité crânienne. Tout le monde sait que cette circonvolution 
est le siège de l'aptitude pour le langage articulé. D'une ma- 



— iiO — 

nière générale, le cerveau parait beau en ce que ses plis, 
malgré leur complexité, présentent, dans leur diposition, une 
régularité en quelque sorte schématique (fig. 8). y> (Voy. séance 
de la Société d'anthropologie du 18 mars 1886.) 




Fig. 8. 



5** Adolphe Bertillon, docteur en médecine, professeur de 
démographie à l'École d'anthropologie, mort, le 1^"* mars 1883, 
à l'âge de soixante-deux ans. 

« Ses œuvres, variées et profondément originales, témoi- 
gnent de sa puissance intellectuelle. Son caractère fortement 
trempé, se manifestait dans la vie privée, dans la vie publique 
et dans ses travaux scientifiques, par un amour du vrai et du 
devoir poussé jusqu'au scrupule. Il s'exprimait assez diffici- 
lement, cherchant ses mots et construisant péniblement ses 
phrases. Ce défaut de mémoire pour les mots et les phrases 
s'étendait à la musique, au point qu'il ne pouvait distinguer 
les airs les plus connus. Il écrivait également avec difficulté, 
obligé de recourir fréquemment au (Jictionnaire pour l'orlho- 



— 411 — 

graphe des mots, dont le souvenir lui échappait. Primitive- 
ment gfawcA(?r, il devint ambidextre grâce à l'exercice; il était 
du reste très adroit de ses doigts. i> (Voy. Bull, de la Soc. 
d'anthropol., séance du 21 juillet 1887, p. 558.) 

Autopsie par MM. Mathias Duval, Chudzinski et G. Hervé. 




Fig. 9. 



— Étude sur le cerveau par MM. Chudzinski et Manouvrier. 

— Moulage de la face du cerveau et de la cavité crânienne par 
M. Chudzinski (fig. 9, 10 et 11). 

« Développement de la région frontale en général, visible 




Fig. 10. 

surtout sur le moule intra-crânien. Première circonvolution 
temporale (siège de la mémoire des mots) mince à droite^ plus 
épaisse à gauche. Deuxième frontale droite (siège des mouve- 
ments de récriture) peu large; de plus, contrairement à ce 
qui a lieu ordinairement, moins large que la première; à 



— 112 — 

gauche, elle présente un peu plus de largeur. La troisième 
frontale est bien développée dans son ensemble sur Tua et 
l'autre hémisphère. » (Voy. séance de la Société d'anthropolo- 
gf/^ du 21 juillet 4887.) 




Fig. 11. 

6*» GiLLET-ViTAL, ingénieur civil, mort, à Tâgede soixante- 
trois ans, d'un accès d'angine de poitrine. 

Autopsie par MM. Mathias Duval, Laborde, Hervé et Mahou- 
deau. — Moulage du buste et du cerveau par M. Chudzinski. 
Le cerveau n'a pas été encore étudié. 

7** Masque du sculpteur Sauzel. Le cerveau n'a pu encore 
être moulé ni étudié. 

Autopsie par MM. Hervé et Chudzinski. — Moulage de la 
figure par M. Chudzinski. 

8** Série de dessins de M. le docteur Manouvrier, représen- 
tant diverses parties des cerveaux de Gambetta et de Bertillon 
et rapprochés de façon à indiquer une relation entre certaines 
particularités psychologiques et certains caractères anato- 
miques. 




• j»./ 



Fig. 12. 




Fig. 13. 



— H4 — 

!• Superposition des profils encéphaliques et des contours 
de la base de rencéphale de Gambetta (G) et de Bertillon (B) 
(fig. 12 et 43). Ces dessins indiquent la forme générale du 
cerveau el les parties plus ou moins développées chez Tun et 
chez l'autre de ces deux hommes remarquables et très diffé- 
rents à divers points de vue psychologiques. Voyez à ce sujet 
les mémoires suivants : Élude comparative des cerveaux de 
Gambetta et de Bertillon {Bull, de la Soc. de psychologie phy- 
siologiqtœ, 1887, et Bévue philosophique ^ 1888). 

2** Représentation planisphérique de la région moyenne 
des hémisphères droit et gauche du cerveau de Bertillon. Ces 
dessins coloriés ont été publiés à Tappui de plusieurs rappro- 
chements anatomo-physiologiques et notamment pour mon- 
trer que la surdité gauche de Bertillon coïncidait avec un 
faible développement de la première circonvolution temporale 
gauche {Ibid. et Bull, de la Soc. d'anthropol. de Paris j 
1888). 

9^ Série de dessins exposés par M. Manouvrier, représentant 
sous toutes ses faces le cerveau de Fillustre anthropologiste 
démographe Adolphe Bertillon. Ces dessins ont été faits avec 
le stéréographe de Broca, d'après des moulages de M. Chud- 
zinski. Ce sont les originaux des figures qui accompagnent la 
description du cerveau de Bertillon publiée parMM. Chud- 
zinski et Manouvrier {Bull, de ta Soc. d'anthropoL de Paris, 
1887). (Voy. fig. 9,10etll). 

§ 2. — Morphologie cérébrale. 

Élude de morphologie cérébrale comparée. — MM. Chud- 
zinski et G. Hervé exposent les hémisphères cérébraux sui- 
vants, grossis trois fois : 

1. Hémisphère de l'Ouistiti; 

2. Hémisphère du Magot ; 

3. Hémisphère du Gibbon ; ., 

4. Hémisphère du Chimp«inzé 



— 145 ~ 

Hémisphère de TOrang ; 

6. Hémisphère du Gorille; 

7. Hémisphère de THomme. 

L'élude de cette évolution des circonvolutions des Primates, 
quoique respectant la base de la classification de Paul Broca, 
en diffère cependant par quelques détails qui concernent le 
lobe occipital et surtout les lobes frontaux. 

Cerveaux d^ assassins décapités. — i"" Lemaire; 

2^ Menesclou, nioulé et décrit par M. Chudzinski ; 

3** Prévost, décrit par Broca, moulé par M. Chudzinski. 

Cerveaux d'imbéciles. — Sarah, mulâtresse; 
Crétin des Balignolles (deux hémisphères) ; 
Mazarin, idiot (deux hémisphères). 

Élude des ventricules de Vencéphale, — Troisième ventri- 
cule moulé sur nature (deux pièces) ; 

Toile choroïdienne, moulée sur nature (une pièce) ; 

Voûte à trois piliers, moulée sur nature (une pièce) ; 

Partie sphénoïdale des ventricules cérébraux, moulée sur 
nature, au soufre (deux pièces) (M. Chudzinski). 

Profils encéphaliques superposés d'un Gorille jeune de deux 
à trois ans, d'un Gorille adulte, d'un enfant de deux ans et 
demi et d'un homme adulte. M. Manouvrier a dessiné cette 
figure demi-schématique d'après les planches de son mémoire 
sur les Modificaliom du 'profil encéphalique dans le passage à 
Vélat adulte chez les Anthropoides et chez Vîlomme {Bull, de 
la Soc. d'anthropol. de Bordeaux^ 4884), et d'après d'autres 
dessins inédits reproduisant la coupe endocrânienne de plu- 
sieurs Anthropoïdes jeunes ou adultes : Gorilles, Orangs, 
Chimpanzés; dessins obtenus au moyen des aiguilles courbées 
du stéréographe de Broca* En mesurant les différentes régions 
de la base du crâne, il constata que la région ponto-présphé- 
noïdale ne s'agrandit plus chez les Anthropoïdes à partir de 



— 146 — 

Tâge de deux à trois ans, tandis que la région basi-occipilo- 
sphénoïdale continue à croître considéi^ablement. La longueur 
totale interne de la voûte crânienne elle-même ne s^acccroîl 
point, de sorte que c'est l'agrandissement de la portion basi- 
occipito-sphénoïdaie du crâne qui détermine le changement 
de forme générale si marqué de l'ensemble et de la voûte 
de l'endocrâne pendant l'adolescence. Le trou occipital se 
trouve, en effet, repoussé en arrière et, comme la voûte endo- 
crânienne ne s'allonge pas, ce trou change nécessairement de 
direction en même temps que la portion pariéto-occipitale de 
la voûte se trouve relevée comme par un mouvement de bas- 
cule. On pourrait donc reproduire tous ces changements sur 
un crâne en caoutchouc dont on allongerait simplement la 
portion basi-occipito-sphénoïdale. Mais le mécanisme de ces 
diverses modifications morphologiques apparaît tout aussi 
nettement au moyen des superpositions graphiques dont il 
s'agit. Le repère de ces superpositions a été naturellement la 
portion fixe ponto-présphénoïdale. 

La figure montre aussi que chez l'Homme il n'en est pas de 
même que chez les Anthropoïdes : la base du crâne continue 
a croître dans toute son étendue après l'enfance, ainsi que la 
voûte endocrânienne, fait correspondant à l'accroissement 
intellectuel de l'Homme jusqu'à l'âge adulte, tandis que cet 
accroissement subit un arrêt précoce chez les Anthropoïdes. 

Série de dessins exposés par M. Manouvrier, représentant 
ie cerveau d'une femme microcéphale âgée de cinquante-cinq 
ans (Nini) et le cerveau d'un nain rachitique et aliéné (Miche- 
let). Les cerveaux de ces deux individus ont été décrits en 
collaboration par MM. Manouvrier et Doutrebente : le premier 
dans les Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris (1 887) , 
le second dans le Compte rendu de l'Association française pour 
l'avancement des sciences^ -1888. Les dessins ont été faits avec 
le stéréographe de Broca, d'après les moulages de M. Chud- 
zinski. Le cerveau de Nini a été dessiné d'après nature, mais 
desséché et ratatiné. 



— 117 — 

Série de dessins exposés par M. Manouvrier, représentant 
sous diverses'laces les cerveaux de plusieurs assassins décapi- 
tés : Campi, Menesclou, Prévost. Ces dessins inédits doivent 
servir à une étude d'ensenfible, entreprise en collaboration 
par MM. Chudzinski et Manouvrier, de tous les cerveaux 
d'assassins conservés à Paris. Ils ont été obtenus à l'aide du 
stéréographe de Broca qui permet de représenter les cir- 
convolutions cérébrales avec leurs dimensions et leurs rap- 
ports exacts. Ces dessins, réduits de moitié par la photogra- 
phie, doivent accompagner le texte des descriptions et de 
l'étude comparative qui seront publiées dans les Mémoires de 
la Société d'anthropologie de Paris. 

Tableau graphique exposé par M. Manouvrier, montrant 
l'influence de la taille sur le poids de l'encéphale d'après les 
registres de Broca mis en œuvre dans son mémoire sur l'/n- 
terprélation de la quantité dans Vencéphale {Mém. de la Soc. 
d'anthropol. de Paris ^ t. VI). Grâce au procédé graphique 
employé, l'influence en question renaît avec évidence, tandis 
qu'en employant le procédé des courbes binomiales, même 
de couleurs différentes, on n'obtient que des tableaux illi- 
sibles. L'auteur a ajouté aux séries formées d'après la taille 
la série des homnies distingués, afin de montrer la supério- 
rité du poids encéphalique de ces derniers, môme sur les 
hommes quelconques de la plus haute taille. On peut voir 
dans ce tableau que le poids encéphalique des Femmes est 
inférieur à celui des Hommes, même à taille égale. Mais l'au- 
teur a démontré, dans le mémoire cité plus haut, que ce fait 
provient uniquement de l'insuffisance de la taille comme 
terme représentant le développement de la masse active de 
l'organisme. 

§ 3. — Histologie des circonvolaUons cérébrales. 

Depuis que Broca, en découvrant le siège du langage arti- 
culé, a établi l'existence réelle de localisations cérébrales, la 



— 118 — 

morphologie du cerveau, obéissant à cette idée émise par lui 
que chaque circonvolution, chaque partie de circonvolution, 
chaque méandre pouvait être le siège d'une faculté spéciale, 
s'est appliquée à décrire avec un soin minutieux toutes les 
variations de forme que peuvent offrir les circonvolutions et 
les sillons du cerveau. Mais là évidemment ne pouvaient s'ar- 
rêter, se restreindre les connaissances que nous sommes en 
droit d'attendre de l'étude des hémisphères cérébraux, ces 
parties essentiellement intellectuelles de l'encéphale. Comme 
complément indispensable de leur morphologie devait venir 
l'étude histologique des circonvolutions, laquelle, en s'ap- 
puyant sur les données précises fournies par l'anatomie patho- 
logique et par l'expérimentation physiologique, a pour but de 
rechercher les différences que peut présenter la répartition 
des éléments de la substance grise dans les diverses régions 
de l'écorce cérébrale. Ces recherches, qui ont été entreprises 
au Laboratoire d'anthropologie à l'instigation du directeur, 
M. Mathias Duval, par son préparateur particulier, M. Mahou- 
deau, ont déjà permis de constater que, dans les points recon- 
nus comme centres moteurs, les grandes cellules pyramidales 
de la troisième couche se trouvent en très grande abondance, 
qu'elles y forment des groupements composés d'un nombre 
plus ou moins grand d'éléments, et que, de plus, ces cellules 
pyramidales sont surtout remarquables par le développement 
qu'acquièrent certaines d'entre elles. Les préparations expo- 
sées, appcirtenant à la partie supérieure de la frontale ascen- 
dante gauche et du lobule paracentral, présentent ces parti- 
cularités. 

Une des difficultés de ces recherches histologiques consis- 
tait surtout à obtenir des coupes bien sériées se succédant 
sans interruption, de telle façon qu'on pût suivre méthodi- 
quement un même groupement, constater au besoin la direc- 
tion d'une même cellule divisée par le rasoir. Tant qu'on 
était obligé de plonger séparément des coupes dans un réactif 
colorant, on pouvait facilement se tromper et intervertir 
l'ordre de ces coupes; M. Mathias Duval a supprimé cette 



cause d'erreur, grâce au procédé du collage des coupes par 
Talbumine qui permet de fixer les préparations avant de les 
colorer. Un certain nombre de larges coupes de Técorce céré- 
brale ainsi préparées sont exposées, elles peuvent dans cal 
état se conserver très longtemps sans inconvénient, et sont 
toujours utilisables. (Voy. Procédé pour coller les coupes hisfor^ 
logiques préparées à Ui paraffine^ par MM. Mathi^s D.pval et 
P.-G. Mahoudeau, in Bull^ de la Soc. d'anlhropol. de Paris^ 
29 novembre 4888.) ''\ 

/ % \. —> Crnnioliigie. p, 

/ . ' 

/ Le caractère principal en craniologie est Tindice céphfa 
lique. Voici ce qu'en disent |^M. Abèl HovelaciqUe et Geor 
Hervé, dans leur excellent Précis d'atUhropoJffgiey page 242 i] 

n C'est l'un dies éléments les plus importants de^ta^arac/- 
térisation des races. L'indice céphalique exprime, en eff^lj; là 
forme générale du crâne. Lorsqu'on examine celui-ci par^,^a;| 
face supérieure, on remarque que le contour en est toujOi0f^'' 
plu^ ou moins ovale, plus long quç large et plus large^én 
arrière qu'en avant; mais cet ovale est plus ou moins. aUdngé. 
De là des formes crâniennes très différentes, dont le caractère 
général est indiqué par le rapport centésimal du diamètre 
transverse maximum au diamètre longitudinal ou antéro- 
postérieur maximum : ce rapport est Vindice céphalique. Le 
diamètre antéro-postérieur part du point culminant de la 
glabelle et aboutit au point de l'écaillé occipitale le plus dis- 
tant du précédent sur la ligné médiane. Le diamètre trans- 
verse maximum peut tomber aussi bien sur les temporaux que 
sur les pariétaux. y> 

Le diamètre longitudinal pris comme mesure fixe est repré- 
senté par 100. Le diamètre transversal, étant toujours plus 
petit, n'est qu'une fraction de 100. C'est cette fraction qui 
devient le chiffre de l'indice. Plus la différence entre les deux 
diamètres est considérable, plus l'ovale s'allonge; au con- 
Imv^y pli|S:lç8 deux diftn^ètres se rapprochent commà frbn- 



— 120 — 

deur, plus la tête s'arrondit. De là deux types bien distincts : 
les crânes allongés auxquels on a donné le nom de dolickoce- 
phaleSy et les crânes plus ou moins arrondis qu'on a nommé 
brachycéphales. C'est le célèbre anthropologue suédois A. Ret- 
zius, qui, en 1842, a établi cette distinction et proposé ces deux 
dénominations. Paul Broca les a acceptés en les complétant, 
et depuis Tusage en est devenu général. 




Fig. U. Fig. 15. 

Retzius ne tenait pas compte des intermédiaires qui sont 
fort nombreux. Broca a proposé d'abord de nommer niésatU 
céphales les crânes moyens ou intermédiaires. Puis il a pré- 
senté la classification suivante, généralement admise main- 
tenant à quelques modifications près : 

Dolichocéphales (indices) 75,00 et au-dessous. 

Sous-dolichocéphales 75,01 à 77,77. 

Mésaticéphales 77,78 à 80,00. 

Sous-brachycéphales 80,01 à 83,33. 

Brachycéphales 83,34 et au delà. 

.. Ldi^dolichocéphalie (fig» 14) est représentée par : i** un crâne 



— 121 — 

de Néo-Calédonien, recueilli par le docteur Boyer; indice 
céphalique, 65. D'après Broca, qui a mesuré cinquante-quatre 
crânes néo-calédoniens, leur indice moyen serait 71,7. L'in- 
dice le plus bas serait celui de onze Vitiens, mesurés par 
Flower, 66,00 en moyenne; 2^ le moule intracrànien d'Abdal- 
lah, nègre de Tombouctou, vingt-sept ans, mort à Paris 
en 1861 ; 3^ une photographie de femme du Bourg-Saint- 
Maurice (Savoie), à figure d'un bel ovale. Ce type dolichocé- 
phale, dans un département essentiellement brachycéphale, 
est un exemple très net de mélange de populations. La coiffure 
toute spéciale vient confirmer l'introduction en ce point d'un 
groupe étranger. 

La brachycéphalie (fig. 15) est représentée par : 1^ un crâne 
d'Auvergnat de Saint-Nectaire, recueilli par le docteur Pom- 
merol; indice, 90,86. L'indice moyen des Auvergnats est 
84,08; 2'» un moulage inlracrânien de Tartare, de la collec- 
tion royale des chirurgiens de Londres; 3* la photographie 
d'une Savoyarde des environs de Chambéry. L'indice moyen 
des Savoyards est 85,4. La figure de la paysanne représentée 
est presque complètement ronde. 

Crânes dé diverses races humaines. — Bace blanche : crânes 
d'une Mingrélienne, d'un Espagnol et d'un Guanche. Bace 
noire : crânes d'un nègre et d'une négresse. Bace jaune : 
crânes d'un Mongol et d'un Chinois. Bace américaine : trois 
crânes d'Indiens de l'Amérique du Nord. 

Capacité crânienne. — Tableau graphique exposé par 
M. Manoùvrier représentant la sérialion de la capacité du 
crâne de diverses catégories d'individus, d'après son mémoire 
sur V Interprétation de la quantité dans l'encéphale {Mém. de 
la Soc. d'anthropol. de Paris, 11® série, t. III). Ce tableau 
montre que deux séries de Parisiens quelconques, ayant une 
moyenne identique, n'en diffèrent pas moins entre elles, quant 
à leur compensation, qu'elles ne diffèrent d'une série d'assas- 
sins. Au contraire, une série d'homme distingués diffère con- 



— 192 — 

sidérablement des trois autres par sa moyenne très supérieur^, 
et, corrélativement, par sa composition. 

M. F. de Macedo expose un tableau de la capacité crâ- 
nienne dans trois catégories de Portugais contemporains, et 
un autre indiquant les degrés de complication et de soudure 
des sutures dans mille crânes portugais de toutes les provinces 
du royaume. 

Moules intracrâniens. — Un moulage intracrânien d'une 
extrême brachycéphalie (Tartare de Fluxley) ; 

Un moulage de la dolichocéphalie la plus prononcée (nègre 
Abdallah); 

Encéphale momifié, extrait d'un crâne de la période pré*- 
èoîoitibienne de Venezuela ; 

Moule intracrânien d'un Orang; 

Moule intracrânien d'un Gorille. 

Topographie cérébrale. — Trois moulages peints et moulés 
surnature; 

.Une calotte naturelle sur laquelle on voit les circonvolutions 
dessinées par le procédé des fiches, par Paul Broca. . . 

Os wormiens endocrâniens. — Dessin demi-schématique , 
exposé par M. Manouvrier, représentant la base de l'étage 
frontal de l'endocrâne humain, et, en rouge, un certain 
nombre d'os wormiens endocrâniens. Plusieurs de ces os 
appartiennent à une variété tout à fait spéciale que M. Manou- 
vrier a décrite le premier (Bull, de la Soc. d'anthropol. de 
Paris y 1886). Ils ne sont pas intra-suturaux comme les wor- 
miens ordinaires, mais ils sont enclavés complètement dans 
l'intérieur des os normaux. Autrement dit, ils sont « insulés ». 
Ils peuvent être aussi contigus à une suture ou « péninsu- 
les 3>, Suivant leur siège, ils sont « endofrontaux » ou c endo- 
sphénoïdaux », etc. Ils sont assez fréquents. Leur intérêt 
consiste en ce qu'ils démontrent la possibilité du développe- 
ment d'os surnuméraires et accidentels autrement que par 
des processus suturaux. 



— m — 

Crânes (déformations congénitales). — Acrocéphalie (lix)is 
crânes) ; 

Scaphocéphalie chez un nègre et un blanc (deux crânes) ; 

Plagiocéphalie, l'Homme et un Macaque (deux crânes); 

Clinocéphalie (un crâne) ; 

Hydrocéphalie (une calotte crânienne) ; 

Microcéphalie, un crâne (Nini) et le moulage d'un crâne. 

Déformation artificielle du crâne. — Un crâne Aymara 
(Pérou) ; un crâne déformé à la manière toulousaine; un crâne 
déformé à la manière des macrocéphales d'Hérodote; 

Trois crânes déformés provenant des fouilles de la Répu- 
blique de Venezuela (exposant, M. Marcano) ; 

Cinq crânes de la même provenance, non déformés (expo- 
sant, M. Marcano). 

Mesure analytique de la plagiocéphalie. — Figure exposée 
par M. Manouvrier, représentant un moyen de mensuration, 
d'expression numérique, et en même temps d'analyse de la 
plagiocéphalie (déformation oblique du crâne). 

En mesurant seulement quatre lignes et en calculant leurs 
rapports deux à deux, on peut exprhner numériquement : 1*^ te 
sens delà déformation générale; 2"* le degré de la déformation 
frontale; 3** le degré de la déformation occipitale; 5** le degré 
de compensation de la déformation antérieure par la défor- 
mation postérieure. (Voy. Étude eraniométrique sur la plagia- 
céphalicy par L. Manouvrier, in Bull, de la Soc. d" anthropol.de 
Paris, 1883.) 

Crânes d'assassins décapités. — Lemaire (dix-neuf ans), 
décapité à Paris en 1867 ; 

Gagny (cinquante-trois ans), exécuté en 1885; 

Marchandon (trente-deux ans) ; 

Un crâne d'assassin décapité à Montpellier. 

Bustes d^ décapités. — Rey, assassin, dit Pas de Chance. 
Cette phrase est tatouée sur son front ; 
Rivière, assassin exécuté en même temps; 



— 124 — 

Buste de l'assassin Pranzini ; 

Buste de l'assassin Barré ; 

Buste de pirate chinois décapité à Macao. 

Bustes de microcéphales. — Un de ces bustes est remar- 
quable par la persistance sur le front du duvet fœtal et par 
la distance qui sépare les deux oreilles. 

Bustes de races humaifies. — Alaï, chef de TinsuiTection 
canaque en 4878; 

Sorcier qui accompagnait Ataï; 

Un jeune Boschisman ; 

Un buste de Kmer; 

Deux bustes de Néo-Hébridiens; 

Un médaillon d'une femme de Yolof ; 

Un médaillon d'une jeune fille du Sénégal; 

Un buste de la négresse Keruca du Sénégal, moulé par 
M. Flandinette. 

Instruments d'anthropométrie. — Les instruments suivants, 
dus à P. Broca ou modifiés par lui, sont exposés par M. Ma- 
thieu : trois équeiTes ; un goniomètre facial ; un goniomètre 
auriculaire ; un goniomètre mandibulaire ; un niveau occipi- 
tal; un craniomètre d'Antelme; une roulette anthropomé- 
trique ; un rhinomètre. 

Sont en outre exposés : un craniomètre de M. Bonier; une 
équerre flexible de Mathieu ; une boite à plomb. 

§ 5. — 0«téoloffie. 

Tableau graphique exposé par M. Manouvrier, représentant 
le développement relatif de diverses parties du corps suivant le 
sexe, la race, l'âge, la taille, etc. — Ce tableau résume les 
principaux faits démontrés par M. Manouvrier dans son mé- 
moire intitulé : Recherches d'anatomie comparative etphiloso- 
phique sur les caractères du crâne et du cerveau^ et dans celui 
sur le Développement quantitatif comparé de V encéphale et de 



— 125 — 

diverses parties du squelette {Bull, de la Soc. zooL de France 
et thèses de la Faculté de médecine de Paris, 1882). Les trois 
parties du squelette envisagées dans ce mémoire sont celles 
qui ont les attributions physiologiques les plus nettement défi- 
nies : le crâne, qui est le réceptacle de Tencéphale et des 
principaux organes des sens, la mandibule qui représente 
l'appareil de la mastication, les fémurs qui représentent l'ap- 
pareil de la locomotion et indirectement le développement 
musculaire. Lçs rapports pondéraux de ces différentes parties 
soit entre elles, soit avec le poids de l'encéphale représenté 
par la capacité crânienne, subissent des variations dont l'éten- 
due considérable suffirait à révéler l'importance. Ces rapports 
sont exprimés numériquement par différents indices dont les 
principaux sont l'indice crânio-fémoral, l'indice crànio-céré- 
bral, l'indice crânio-mandibulaire et l'indice fémoro-mandi- 
bulaire. Les trois premiers donnent la série suivante : enfant, 
femme, homme, petite taille, forte stature, races sauvages, 
Anthropoïdes. Le dernier donne une série inverse. Il serait 
trop long d'aborder ici l'interprétation anatomo-physiologique 
de ces séries. On trouvera celte interprétation dans le mémoire 
indiqué ci-dessus, qui a été couronné par la Faculté de méde- 
cine de Paris en 1882, et dans le mémoire qui lui fait suite : 
Recherches sur V interprétation de la quantité dans V encéphale 
{Mém. de la Soc. d'anthropol. de Paris y t. VI). 

Tableau graphique exposé par M. Manouvrier, représentant 
les principaux faits démontrés dans son mémoire sur les Pro- 
portions du corps d'après la mesure de la taille et des os longs 
des membres. 

Ce mémoire, communiqué à la Société d'anthropologie en 
1889, est la mise en œuvre des chiffres recueillis à Lyon par 
ie docteur E. RoUet, sur 100 cadavres. La série des dia- 
grammes exposés montre clairement les variations suivant le 
sexe, l'âge et la taille : 1*» de la longueur relative des membres 
inférieurs et supérieurs par rapport à la taille totale et au 
tronc; 2"" de la longueur du membre supérieur par rapport 



— 126 — 

au membre supérieur; S*' de la longueur de chacun des seg- 
ments du membre supérieur par rapport aux segments homo- 
logues du membre inférieur, etc. En outre, deux diagrammes 
représentent les proportions en question chez deux sortes 
d'individus décrites dans le mémoire de M. Manouvrier sous 
le nom d'échassiers et de courtes-cuisses. 

Ces diagrammes mettent en évidence les variations énormes 
qui se produisent dans une même race sous l'influence de 
causes susceptibles d'agir sur des races quelconques. M. Manou- 
vrier a commencé des recherches sur ces causes, parmi les- 
quelles il a signalé déjà divers accidents qui peuvent troubler 
la croissance chez les adolescents. Son travail sur ce sujet doit 
paraître prochainement dans les Mémoires de la Société d'an-- 
Ihropologie de Paris. 

Dessins exposés par M. Manouvrier, reproduisant les princi- 
pales figures de son mémoire sur la Platycnémie chez V Homme 
et les Anthropoïdes {Mém. de la Soc. d^'anthropol. de Paris, 
t. VI) et représentant : l** la face postérieure d'un tibia 
eurycnémique et celle d'un tibia platycnémiqtie remarquable 
par la saillie de la crête tibiale postérieure; 2*" la coupe au 
niveau du trou nourricier, des différentes variétés de tibias 
humains décrites dans le mémoire ci-dessus avec les variétés 
correspondantes chez les Anthropoïdes, puis la coupe d'un 
tibia de jeune Gorille et celle d'un tibia de Chien, l'un et 
l'autre non platycnémiques. Sur ces coupes, la surface 
d'immersion de chaque muscle est représentée par une couleur 
particulière : rouge pour le muscle tîbial antérieur, bleue 
pour le tibial postérieur, bleue et rouge pour le long fléchis- 
seur commun des orteils; 3° la théorie du passage de T'eu- 
rycnémie à la platycnémie d'après les recherches de l'auteur. 
On voit sur cette figure le mécanisme de cette transformation 
sous l'influence du muscle tibial postérieur au profit duquel 
elle s'effectue. 

Cinq tibias humains exposés par M. Manouvrier, représen- 



— 127 — 

tant les différentes variétés décrites dans son mémoire sur la 
Platycnémie chez VHomme et les Anthropoïdes {Mém. de la 
Soc. d'anthropol. de Paris ^ t. VI) : 

I** Tibia eurycnémique (forme classique) ; 

S'* Tibia platycnémique de la variété la plus ordinaire; 

3*" Tibia platycnémique avec crête tibiale postérieure ; 

4*^ Tibia platycnémique avec crête tibiale postérieure diffé- 
rente de celle du précédent ; 

5*^ Tibia platycnémique sur lequel les surfaces d'immersion 
des trois muscles tibial antérieur, tibial postérieur et long 
fléchisseur commun des orteils sont situées sur un même 
côté de l'os, comme chez le Gorille et certains Chimpanzés. 
C'est seulement cette variété de platycnémie, assez rare, qui 
peut être considérée hypothétiquement comme atavique. (Voy. 
la planche du meuble à volets concernant la platycnémie.) 

Pm'tion supérieure d'un fémur humain exposée par M. Ma- 
nouvrier et provenant de la sépulture préhistorique de Nan- 
teuil-le-Haudouin, explorée par MM. René Lair et E. Collin. Ce 
fémurprésente une variation morphologique des pliis curieuses, 
consistant en un aplatissement et un élargissement très pro- 
noncé de la diaphyse au-dessous des trochanters. On est 
tenté, au premier abord, d'assimiler cet aplatissement sous- 
frocAanteVi^/i à l'aplatissement antéro-postérieur du fémur chez 
les Anthropoïdes. Mais M. Manouvrier a fait à la Société d'an- 
thropologie de Paris une communication (non encore publiée) 
tendant à démontrer que cette analogie n'est qu'apparente. 

Tableau graphique exposé par M. Manouvrier, indiquant 
le développement de différents organes et de différentes fonc- 
tions dans les deux sexeSy et démontrant, entre autres choses, 
que le poids du cerveau est relativement beaucoup plus grand 
chez la Femme que chez THomme, contrairement à tous les 
résultats obtenus antérieurement d'une façon vicieuse. Cha- 
cune des lignes de ce tableau représente dans sa totalité le 
développement d'un organe ou d'une fonction chez l'Homme, 
pris pour terme de comparaison = 100, et la partie rouge de 



— 129 — 

chaque ligne représente le développement du même organe 
chez la Femme (exprimé en centièmes du développement 
masculin). De cette manière, les organes et les fonctions 
envisagés peuvent être aussi comparés entre eux dans chaque 
sexe; chaque quantité est relativement plus grande chez la 
femme que celles dont la ligne est moins étendue. (Voy. le 
mémoire suivant de M. Manouvrier : Recherches sur le déve- 
loppement quantitatif comparé de Vencéphale et de diverses 
parties du squelette^ in Bull, de la Soc. zoologique de France y 
4881.) 

Moulage des extrémités des membres. — Pieds d'un Indien 
Guaroni et d'un Japonais ; 
. Empreinte du pied d'un Annamite ; 

Pied modelé d'une Chinoise, avec son soulier; 

Main d'Ataï, chef de l'insurrection canaque de 1878; 

Main d'une fiégresse; 

Main d'une Cynghalaise ; 

Main d'un Boschiman. 

§ 6. — Splanchnoloi^ie compai^ée. 

Pièces moulées sur nature par M. Ph. Chudzinski. — Fœtus 
d'un Magot $ attaché encore à son placenta et conservant sa 
position naturelle, telle qu'il l'avait dans la matrice. Le même, 
vu de face, les membres déployés (fig. 16) ; 

Fœtus d'un Gorille, étudié avec beaucoup de soin par 
M. Deniker (prix Broca, en 1884) (voy. Bull, de la Soc. d'an- 
thropol. de cette année) ; 

Ensemble de viscères abdominaux d'un Orang adulte : 

1" La partie péritonéale de la paroj antérieure de l'abdo- 
men. Sur cette pièce, on voit un développement prodigieux du 
tissu cellulo-graisseux sous-péritonéal au niveau de la ligne 
blanche de l'abdomen; 

2** L'estomac, une partie du duodénum et les vaisseaux 
hépatiques et biliaires; 

3*" Le foie du même sujet ; 



— 130 — 

4*" Csecum du même sujet insufflé pour faire voir son déve- 
loppement {BulL de la Soc. d'anthropoL, janvier 4881); 




Fig. 17. — Foie de Gorille, face supérieure. 

Foie de THomme. Une anomalie de position des vaisseaux 
qui résident au hile du foie; 




« 5 3 
Fig. 18. — Foie de Gorille, face inférieure. 

Foie d'un jeune Gorille (fig. 47 et 48) {Bull, de la Soc. 
(TanthropoL, séance du 2 octobre 4884); 



— 131 — 

Foie d'un Macaque moulé sur nature; 
Anomalie du foie observée chez un microcéphale {Bull, 
de la Soc. (ranthropol.^ séance du 4 août 1881). 




Ei.C. 



Fig. 19. 



§ 7. — Myologie. 

Anomalie (fig. 49) consistant dans Fabsence complète du 
muscle long fléchisseur propre du pouce, absolument comme 
chez rOrang, où cette absence est normale. Cette anomalie a 



— 1r{2 — 

été observée par M. Chudzinski chez un microcéphale. Pièce 
moulée sur nature {Bull, de la Soc. d'anthropol.^ séance du 
4 août 1881); 

Anomalie du muscle grand pectoral observée chez Campi 
(Bull, de la Soc. d'anlhropoL, séance du 15 mai 1884); 

Anomalie du muscle deltoïde présentant une disposition 
simienne observée chez un nègre, moulée sur nature (fig. 20) 
{Revue d'anthropologie, 1884) ; 




Fig. 20. 



L'extenseur supplémentaire des doigts (pédieux de la main?) 
moulé sur nature {Revue d'anthropologie, 1884) ; 

Muscles de la face du Néo-Calédonien Ataï, moulés sur 
nature ; 

Muscles de la face du sorcier néo-calédonien, moulés sur 
nature ; 

Muscles de la face d'un Homme blanc, moulés sur nature; 

Muscles de la face d'un jeune Gorille (fig. 21) (Bull, de la 
Soc. d'anthropol., séance du 16 juillet 1885); 



— 133 - 

Anomalie des longs fléchisseurs du pied, observée sur deux 
nègres (moulage de M. Chudzinski); 
Anomalie des muscles de la main. Le faisceau moyen de 




lig. 21. 

l'adducteur du pouce fait défaut; il en résulte une ressem- 
blance frappante entre les muscles de la face palmaire et ceux 
de la face plantaire du pied (fig. 22 et 23) (BulL de la Soc. 
d'anlhropoL^ séance du 17 novembre 1886) ; 

Muscles du pied d'un Annamite, moulés sur nature par 
M. Chudzinski. 



— 135 — 

§ 8. — Anthropog^énle. 

Dans le meuble à volets sont exposées six planches représen- 
tant les premiers stades du développement de l'embryon du 
Poulet. A ces stades, tous les embryons des Vertébrés, y com- 
pris THomme, présentent une organisation analogue. 

Ces planches sont extraites de r-4 tlas (T embryologie du profes- . 
seur Mathias Duval. Elles correspondent aux figures murales 
dont il se sert pour son cours d'anthropogénie (ou embryologie 
comparée des Vertébrés et de V Homme) i\ l'École d'anthropologie. 

L'embryologie, ou étude de la formation successive dès 
organes, est une science assez récente pour qu'il ne soit pas. 
inutile d'indiquer ses origines, son but et ses rapports avec les 
études anthropologiques en général. Quand, avec les. idées; 
modernes, familières aujourd'hui même aux gens du monde, 
on se représente le nouvel être comme se formant successive- 
ment, pièces à pièces, par l'apparition successive de parties 
dont aucune trace n'existait primitivement, on a peine à. 
croire qu'une étude aussi attrayante et aussi philosophique!; 
n'ait pas de tout temps fixé l'attention des investigateurs.' 
Cependant il n'en est rien; les études embryologiques sé- 
rieuses datent à peine du commencement de ce siècle. C'est 
qu'auparavant une doctrine généralement acceptée coupait 
court à toute recherche embryologique, niait toute espèce de 
science du développement, puisqu'elle niait l'embryon comme* 
organisme différent de l'organisme adulte, vivant avec d'au- 
tres organes que l'adulte, présentant un corps autre que celui 
du corps de l'animal adulte, je veux parler de la doctrine de la 
préexistence des germes. 

D'après cette trop célèbre doctrine, le futur organisme 
aurait existé déjà complètement formé, mais méconnaissable 
à cause de son extrême exiguïté dans l'œuf et dans les organes 
ovigènes de la mère. Cet organisme existant, je le répète, avec 
toutes ses futures parties, n'avait Ipas à se former; il était /?r/f- 
formé depuis l'origine de ses premiers ancêtres ; il n'avait 



— 136 — 

qu'à grossir pour devenir apparent, visible : il ne se créait 
pas en lui de parties nouvelles; les parties, toutes préexis- 
tantes, n'avaient qu'à évoluer, c'est-à-dire à augmenter de 
volume; c'est pourquoi on a donné parfois à la théorie de la 
préexistence des germes le nom de théorie de Vévolution, 
dénomination qui a été aujourd'hui reprise pour désigner une 
théorie plus récente, celle de la transformation des espèces 
(évolution phylogénique). 

Quoi qu'il en soit, avec la théorie de la préexistence, de la 
préformation de l'être, \\ n'y avait pas matière à études parti- 
culières de la part de l'anatomiste ; il n'y avait pas lieu à une 
science de la nature de celle que nous nommons aujourd'hui 
embryologie; tout au plus le rôle de l'embryologiste aurait-il 
pu être de s'attacher à préciser le moment où les parties exis- 
tantes, préformées mais invisibles, seraient devenues visibles 
soit à l'œil nu, soit à l'aide des instruments grossissants. Le 
petit être, qui n'avait qu'à grossir, était inclus dans l'œuf et 
par suite dans l'organisme producteur, comme celui-ci était 
inclus dans le corps de son générateur, et successivement ainsi 
de générations en générations, en remontant jusqu'au premier 
individu créé. C'est ce qu'on appela YemboUement des germes, 
emboîtement à l'infini, car la première Poule créée contenait, 
successivement inclus, les uns dans les autres, les germes de 
toutes les générations de Poules à venir; de même, la pre- 
mière mère du genre humain avait été créée avec tous les 
germes des futures générations humaines incluses et emboî- 
tées dans son sein. Au lieu d'études embryologiques, c'est-à- 
dire d'observations anatomiques et de recherches expérimen- 
tales, l'esprit humain était livré à ce sujet aux spéculations 
métaphysiques et théologiques :. d'après l'âge de la terre, 
évalué alors à cinq ou six mille ans environ, on calculait le 
nombre de germes que la première Femme avait dû porter 
successivement inclus et emboîtés dans ses ovaires ; nous ne 
nous arrêterons pas sur ces calculs fantastiques auxquels se 
sont cependant livrés les physiologistes les plus renommés de 
l'époque, et notamment Haller, 



— irî? -- 

C'est à G.-F. Wolff qu'était réservée la gloire d'ouvrir la 
voie aux recherches de l'embryologie moderne. Dès 4759, 
étudiant la conformation du Poulet, et notamment la forma- 
tion du tube intestinal, il montra que les diverses parties du 
corps prennent successivement naissance; qu'à une première 
ébauche s'ajoutent progressivement de nouveaux détails, 
absolument comme dans une construction architecturale qui 
s'élève et s'étend et à laquelle viennent s'ajouter graduelle- 
ment de nouvelles pierres; cette conception de la formation 
de l'organisme par une sorte d'appositions successives, a reçu 
le nom de théorie deVepigéîièse (im, sur, ou en s'ajoutant ; 
yewàco, se former), dénomination qui indique assez combien 
elle diffère des doctrines de la préformation, puisque, d'après 
celle-ci, toutes les parties auraient préexisté avec leur con- 
nexion future et n'auraient eu qu'à augmenter en volume. 
C'est aux travaux de Wolff que remonte la théorie de Vépigé- 
nèsCy si toutefois il faut donner le nom de théorie à ce qui est 
en réalité une exposition précise et une démonstration irrécu- 
sable de faits d'observation. En effet, il est à peine besoin de 
le dire, toutes les recherches des embryologistes modernes 
sont venues confirmer Yépigénèse; tous les faits rigoureuse- 
ment observés montrent l'apparition graduelle du corps de 
l'embryon et de ses organes par des appositions successives de 
parties, par formation épigénétique en un mot, et il ne saurait 
plus être question aujourd'hui que comme d'une curiosité 
historique de la doctrine de la préexistence des germes; doc- 
trine qui, alors même qu'elle était depuis longtemps rejetée 
par les embryologistes, a encore exercé une si grande influence 
sur l'esprit des naturalistes et a été un des principaux obstacles 
aux progrès des idées transformistes. 

Voyons quel devait être alors le rôle de l'embryologie dans 
les études anthropologiques. 

L'anthropologie, selon la définition même deBroca, étudie 
l'Homme dans son ensemble, dans ses détails et dans ses rap- 
ports avec les autres animaux. 

Étudier V Homme dans ses rapports avec les autres animaux, 



— 138 - 

c'est chercher k déterminer, surtout à l'aide des données ana- 
tomiquos, la place de r.Homme dans l'échelle animale. C'est 
sur ce dernier point de vue que nous devons insister, et c'est 
ici que nous allons voir intervenir les données empruntées k 
l'embryologie. 

L'Homme occupe incontestablement le degré le plus élevé 
de l'échelle animale; mais, quand on a voulu définir la dis- 
tance qui sépare ce degré de celui placé immédiatement au- 
dessous de lui, l'accord a cessé entre les philosophes aussi 
bien qu'entre les zoologistes, et les manières de sentir les plus 
diverses se sont produites ; nous disons manières de sentir, 
car dans toutes les expressions exagérées des opinions en pré- 
sence il y a plus de sentiment que de rigueur scientifique. C'est 
qu'ici l'Homm.e, ayant à déterminer sa place, se trouvait à la 
fois juge et partie : inquiété du voisinage en apparence humi- 
liant des Singes, il n'a pas toujours voulu se contenter d'être le 
premier des animaux, il a voulu se considérer comme un 
animal à part, hors rang, d'une nature particulière. Comme 
ces empereurs romains qui, non contents d'être en puissance 
et en honneurs les premiers des humains, se faisaient d'une 
nature supérieure aux autres hommes, se proclamaient dieux, 
l'Homme à son tour n'a pas voulu appartenir au règne animal ; 
a côté du règne minéral, du règne végétal, du règne animal, 
et au-dessus, il a proclamé le règne humain. Mais, pour conti- 
nuer la comparaison, de môme que l'esclave antique, chargé 
de suivre le char du triomphateur et de le rappeler à sa réalité 
humaine (mémento te hominem esse), de même Twthropologie 
anatomique vient rappeler l'Homme à sa réalité animale et, en 
lui assignant sa place au sommet de l'échelle animale, mesurer 
la valeur réelle du degré qui le sépare de ses voisins sous- 
jacents. 

C'est ce qu'a fait, d'une manière singulièrement magistrale, 
Broca dans son célèbre Parallèle de V Homme et des Singes, 
ouvrage trop connu de tous pour qu'il soit nécessaire d'en rap- 
peler les points principaux autrement qu'afin de montrer 
comment l'embryologie va intervenir à son tour et prêter un 



— 139 — 

nouvel appui aux démonstrations purement anatomiques. 

Les différences qui séparent THomme des Singes sont -elles 
assez considérables (toujours et uniquement au point de vue 
anatomique) pour qu'on doive en faire deux ordres à part : 
Tordre des 5iman/^5, comprenant THomme, et Tordre des 0'^«- 
dnimaneSy comprenant les singes? Ou bien ces caractères 
sont-ils d'une valeur inférieure à celle des caractères ordinaux, 
tout au plus égaux à ceux qui servent à subdiviser la famille 
des Quadrumanes en un seul ordre, désigné sous le nom de 
Primates^ et subdivisé en familles? Ce sont les preuves anato- 
miques de cette dernière interprétation que Broca a accumu- 
lées avec tant de force dans son mémoire sur VOrdre des Pri- 
mates ou parallèle de V Homme et des Singes. 

Il montre que les différences entre THomme et les Singes 
anthropoïdes (Gorille, Chimpanzé, Orang, etc.) ne sont pas 
plus considérables que celles qui existent entre les Anthro- 
poïdes et les Singes pithéciens> que celles qui séparent les 
Pilhéciens des Cébiens. Il arrive donc à constituer Tordre 
des Primâtes ^ qui se subdivise en familles : la première 
famille est celle des Hominiens (Homme) ; la seconde, celle 
des Anthropoïdes (Gorille, Orang, etc.); la troisième est 
celle des Singes pithécieîis (Macaque, Colobe, Guenon, etc.); 
la quatrième est celle des Cébiens (Atèle, Sajou, etc.) ; 
enfin, la cinquième est celle des Lémuriens (Maki, Indri, 
Avahi, etc.); mais cette dernière diffère des précédentes 
par des caractères assez importants, surtout en ce qui touche 
leur embryologie (type placentaire) pour qu'il y ait peut-être 
lieu de la détacher de Tordre des Primates ou tout au moins 
d'en faire un sous-ordre particulier, ainsi que nous l'indique- 
rons dans un instant. 

Or, parmi les caractères étudiés par Broca, il en est un cer- 
tain nombre qui, au premier abord, pourraient paraître d'une 
importance majeure, peut-être d'une valeur ordinale et devien- 
draient peut-être des arguments en faveur des partisans des 
ordres bimanes et quadrumanes, si précisément l'embryologie 
ne venait pas jeter un jour tout nouveau sur ces caractères et 



— uo — 

les réduire à leur juste valeur. Je veux dire que tel organe, 
telle partie du squelette, qui paraît conformé d'une manière 
toute différente chez l'Homme et les Singes, se montre, lors 
de sa formation, configuré selon le même type chez Tun et chez 
les autres ; quelques différences dans le degré d'accroissement 
par exemple de ces parties apparaissent ultérieurement pen* 
dant leur développement, et il en résulte des caractères qui 
semblent de nature différente lorsqu'on compare des individus 
adultes, et qui ne se trouvent être que de simples modifica- 
tions en plus ou en moins d'un type originairement commun, 
lorsqu'on remonte ainsi à l'étude de leurs conditions embryon- 
naires. Mais ici nous sommes en plein dans notre sujet et il 
faut procéder non plus par généralités, mais par exemples 
explicites. 

Prenons d'abord Vos intermaxillaire ^ exemple d'autant 
mieux choisi que primitivement l'existence de cet os a été 
méconnue chez l'Homme, ce qui l'aurait différencié de tous les 
autres animaux, et qu'ensuite son mode de configuration fut 
invoqué pour établir une ligne absolue de démarcation entre 
l'Homme et les Singes. 

Que l'os intermaxillaire existe chez l'Homme comme chez 
les autres mammifères, c'est là une question dès longtemps 
résolue par Goethe, le poète anatomiste et philosophe. Mais 
sa disposition présente chez l'Homme et chez les Singes une 
certaine différence . chez l'Homme la suture qui réunit cet os 
au maxillaire supérieur est courte et aboutit par son extré- 
mité supérieure à la partie inférieure de l'orifice des fosses 
nasales; chez les Singes, au contraire, cette suture est très 
longue, car elle va aboutir en haut sur les parties latérales et 
supérieures de l'ouverture nasale, c'est-à-dire que l'os inter- 
maxillaire se prolonge en haut en une sorte d'apophyse mon- 
tante qui remonte jusqu'à l'os propre du nez, en bordant laté- 
ralement l'ouverture antérieure des fosses nasales. Or cette 
différence elle-même disparaît, ou du moins toute importance 
lui est enlevée, quand on examine chez l'Homme l'os inter- 
maxillaire aux premières périodes de son développement. Sur 



— u\ — 

des embryons humains de deux mois à deux mois et demi, le 
docteur Ilamy (voy, son mémoire : rOs intermaxilUdre de 
l'Homme à l'état normal et à l'état pathologique, Paris, 4868) 
a constaté l'existence d'une petite lamelle osseuse dépendant 
de Tos intermaxillaire, lui formant une véritable apophyse 
montante, et se prolongeant sur les bords latéraux de rorificé 
nasal jusqu'au contact des os propres du nez. Cette apophyse 
de l'intermaxillaire, identique alors à ce que les Singes pré- 
sentent à un état permanent, n'a qu'une durée transitoire 
chez l'Homme en voie de développement, ou, pour mieux dire, 
sa disposition cesse bientôt d'être visible; en effet, dès le troi- 
sième mois, cette partie de l'intermaxillaire est voilée par 
l'apophyse montante du maxillaire, qui, en se développant, 
s'élargit, passe au-devant d'elle, la déborde et, la recouvrant 
complètement, vient constituer le bord de l'ouverlure des 
fosses nasales. 

Un exemple plus frappant encore nous est fourni par le 
squelette de la main ; il s'agit de la petite pièce osseuse qu'on 
a appelée os intermédiaire du carpe. C'est un os qui, dans la 
main des Orangs, des Gibbons et de plusieurs autres Singes, 
sépare le scaphoïde et le semi-lunaire du trapézoïde et du 
grand os. Ce n'est pas, comme le fait remarquer Broca, un de 
ces petits osselets surnuméraires périphériques, développés 
dans les ligameats ou les tendons ; c'est une pièce osseuse toute 
particulière et constituant un caractère ostéologique d'une 
grande valeur, car elle ne se rattache ni à la première ni à la 
seconde rangée du carpe, elle se place au centre même- du 
carpe, formant à elle seule comme une troisième rangée, de 
sorte qu'entre le radius et le métacarpe il y a trois lignes arti- 
culaires au lieu de deux. Cette disposition, avons-nous dit, 
existe chez l'Orang, le Gibbon, divers autres Singes et Mammi- 
fères des ordres sous-jacents ; elle ne se rencontre ni chez 
l'Homme, ni chez le Chimpanzé, ni chez le Gorille. Broca a 
très énergiquement insisté sur ce fait pour montrer que c'est 
là un caractère qui établirait une plus grande démarcation 
entre certains Singes qu'entre l'Homme et les premiers Anthro- 



— 142 — 

poïdes. «: Si cette disposition, dit-il {Primates^ p. 59), existait 
chez l'Homme et chez THomme seulement, on ne manquerait 
pas de faire ressortir l'avantage qui en résulterait pour la 
mobilité et la perfection de notre main. Comme elle ne se 
trouve que chez les Singes, je veux bien accorder que cet os 
intermédiaire constitue un caractère d'infériorité ; mais alors 
je ne puis me dissimuler que le Chimpanzé et le Gorille, qui en 
sont privés comme nous et dont le carpe est absolument pareil 
au nôtre, sont sous ce rapport plus rapprochés de nous que 
des Orangs et des Gibbons. ï Or l'embryologie vient singulière- 
ment amoindrir cette différence et rétablir une sorte d'har- 
monie ostéologique entre la famille des Hominiens et des 
Anthropoïdes d'une part, et entre les différents Anthropoïdes 
d'autre part. En efïet, Henke et Regher, puis E. Rosenberg, 
ont découvert sur de jeunes embryons humains un cartilage 
répondant manifestement à l'os intermédiaire ou os central 
dû carpe. D'après E. Rosenberg, ce cartilage apparaît chez 
les embrjons du second mois, dès que les autres cartilages 
carpiens sont distincts, et dure jusqu'au commencement du 
troisième mois : à partir de cet âge, le cartilage homologue 
de l'os central disparaît en s'atrophiant de la face palmaire 
vei-slaface dorsale. Kœlliker a pu confirmer ces données sur 
quatre embryons du second mois et du troisième, et il a égale- 
ment constaté que l'os intermédiaire (représenté par son car- 
tilage) disparaît bientôt sans s'unir au scaphoïde, car, sur un 
embryon du troisième mois, il l'a trouvé n'existant plus que 
sur la face dorsale du carpe, avec une taille de 14 millimètres, 
et il faisait entièrement défaut chez un embryon plus âgé chez 
lequel l'ossification des métacarpiens avait déjà commencé ; 
toutefois, une lacune remplie par un tissu conjonctif mou 
marquait encore la place que le cartilage intermédiaire avait 
occupée. La signification de ces faits n'a pas échappé à l'émi- 
nent embryologiste qu'on ne saurait songer à accuser d'en- 
thousiasme pour les doctrines du transformisme et de l'évo- 
lution : « Ce cartilage, dit Kœlliker (traduction française, 
p. 511), répond manifestement à l'os central permanent du 



— us — 

carpe de quelques Mammifères, des Reptiles et des Amphi- 
bies. » 

L'étude du développement du cerveau nous fournirait bien 
d'autres exemples du même genre, qui sont du reste chaque 
année l'objet de notre enseignement à l'École d'anthropolo- 
gie; mais nous devons nous contenter ici des exemples précé- 
dents. 

Si maintenant nous récapitulons la marche des études 
d'embryologie depuis que Wolff renversa la théorie de la 
préexistence des germes, nous ne pourrons nous défendre 
d'une juste admiration pour les progrès accomplis et la haute 
portée philosophique des faits acquis. Il n'y a pas encore un 
siècle que tous les naturalistes admettaient la préexistence de 
l'être tout formé dans l'œuf, y existant avec tous ses organes. 
Comment, avec une pareille doctrine, les faits même les plus 
évidents de parenté probable entre diverses espèces pouvaient- 
ils arrêter l'attention des savants? Comment penser à une 
évolution de l'espèce, puisque chaque individu d'une espèce 
était censé créé depuis l'origine du monde avec ses organes 
et son origine propre? Si, au milieu d'une génération de natu- 
ralistes qui, avec les premiers principes de la zoologie, avaient 
appris à croire à cette préexistence des germes, un homme 
comme Lamarck a, par un trait de génie, entrevu les lois natu* 
relies qui rattachent les formes organiques les unes aux autres, 
il faut admirer ce génie; mais il y a peu à s'étonner de l'ar- 
deur de ses adversaires, car, avec l'éducation scientifique de 
l'époque, il était impossible qu'il ne fut pas combattu par 
tous. L'absence complète de notions embryologiques et sur- 
tout les idées fausses encore régnantes dans trop d'esprits, 
devaient rendre alors impossible le succès de l'hypothèse 
transformiste. Par contre, quand, de nos jours, l'étude plus 
attentive du monde vivant est parvenue, entre les mains de 
Darwin, à accumuler tant de preuves en faveur de cette hypo- 
thèse, c'est l'embryologie, à son tour, qui est maintenant 
appelée à venir, par la connaissance exacte des phénomènes 
évolutifs, fournir à l'hypothèse transformiste les preuves 



— iU — 

les plus éclatantes et lui donner la valeur du fait démontré. 
C'est pourquoi nous dirons en terminant que, outre ces appli- 
cations particulières à Tétude de l'Homme, l'embryologie, 
par sa haute portée en philosophie naturelle, devait trouver 
place dans l'étude de l'anthropologie. Le Conseil de l'École 
était pénétré de cette pensée, lorsqu'il créa une chaire d'An- 
thropogénie et d'Embryologie comparée, ces sciences étant 
les plus aptes à déterminer la vraie place de l'Homme dans 
l'échelle des êtres, ce qui est le principal but de l'anatomie 
anthropologique, celui auquel ont été consacrés les principaux 
travaux de Broca. 



CHAPITRE II 

ANTHROPOLOGIE PRÉHISTORIQUE 



§ l*'^ — Géologie palethnologiqne. — ÉtuAe des deux 
Tersants de la Tallée de la Somme a AbbevUle. 

M. d'Ault du Mesnil expose une coHeclion résumant ses 
recherches dans le terrain quaternaire des environs d'Abbe- 
ville. 

Une grande exploitation ouverte dans les graviers des deux 
côtés de la vallée de la Somme, par l'administration du che- 
min de fer du Nord, lui a permis de faire une étude détaillée 
des alluvions quaternaires de cette région. Grâce à Textrême 
obligeance de l'ingénieur et de l'entrepreneur chargés des 
travaux, M. d'Ault a pu dresser minutieusement les coupes 
du terrain et recueillir les ossements et les instruments en 
place, en déterminant exactement leur position respective. 

Les outils se comptaient par milliers; les ossements étaient 
aussi très nombreux ; on a trouvé plusieurs centaines de dents 
de Rhinocéros et toute une série de molaires des différents 
Éléphants. 

Comme le montre le tableau ci-joint, dressé par M. d'Ault, 
le terrain quaternaire d'Abbeville se divise ainsi : 

4** Quaternaire inférieur; 

2** Quaternaire moyen subdivisé en trois assises ; 

3** Quaternaire supérieur. 



10 



TA.:OI-iElA.XJ de la Classification des Terrains 

Par g. d'ADLI 



ÉTAGES 



QUATERNAIRE 



SUPERIEUR. 



QUATERNAIRE ^ 



MOYEN. 



s§ 



QUATERNAIRE 



INFERIEUR. 



DIVISIONS PALÉONTOLOGIQUES 



PRÉDOMINANCE 

du Cervus iarandus (Renne). 

Un Elephas primigenius continue 

à vivre. 



ASSISE 

de transition 

à Elephas primigenius 

et Equus cahallus, 

PRÉDOMINANCE 

d'un Elephas primigenius 
(dents à lames minces et serrées) 

et de VEquus cahallus. 
\j%Rhin. tîcAor^inti^ disparaît 



52 



"13 

en «9 



PRÉDOMINANCE 

d'un Eleph, primigenius 

(dents à lames larges 

et écartées) 

et du Rhinoc, tichorhin. 

Hippopotame émigré. 



ASSISE 

de transition 

à Elephas primigenius 

et Elephas antiquus, 

ASSOCIATION HABITUELLE 

d'un Elephas primigenius 
et de V Elephas antiquus. 



CARACTÈRES GÉOLOGIQUES 



LIMON ROUGE 

à Cerxms iarandus. 

Limon argilo-sableux rouge 

avec silex brisés. 

(DILUVIUM ROUGE) 

Dépôt transformé par les agent 
atmosphériques. 
Absence de stratification. 



LIMON ET SABLE 

à Elephas primigenius 

et Equus caballus. 

Assise à stratification horizontak 

Couche fluvio-marine 
a vecnombreuses coquilles manuel 
Toutes traces de l'actioo 
des glaces disparaissent 



GRAVIER, MARNE, ARGILE ET SiHI 

à Elephas primigenius 
et Rhinocéros tichorhinus. 

Assise à stratification contoiiroé« 
tourmentée. 
Traces de l'action des glaces. 



PRÉDOMINANCE 

de VElephas antiquus 

et du Rhinocéros Merkii. 

Hippopotamus amphibius. 



GRAVIER, MARNE, ARGILE ETSiBl 
à Elephas primigenius 
et Elephas antiquus. 

Stratification inclinée, contoarnà 

Cette assise ravine énergiquemei 

le dépôt inférieur. 



MARNE, GRAVIER ET SABLE 

à Elephas antiquus 

et Rhinocéros Merkiù 

Stratification généralement 
horizontale. 



iaternaires des environs d'Abbeville {Soïnmt) 
[J MESNIL 



CARACTÈRES IJNDUSTRIELS 



PRÉDOMINANCE 
la pierre (aillée en lames étroites. 



PRÉDOMINANCE 
la pierre taillée en lames larges. 
Époque de transition. 



PRÉDOMINANCE 

de la pierre taillée sur une 

seule face. 



PRÉDOMINANCE 

des instruments taillés 
letits éclats sur les deux faces. 
Époque de transition. 



PRÉDOMINANCE 

les instruments grossièrement 

taillés sur les deux faces. 



CLIMATS 



CLIMAT 

FROID ET SEC. 

Retour à un climat froid. 



DIVISIONS 
PALETHNOLOGIQUES 



MAGDALÉNIENNE 

(G. DE Mortillet). 



CLIMAT 

RADOUCI ET SEC. 



CLIMAT 

FROID ET HUMIDE. 



CLIMAT 

REFROIDI ET HUMIDE. 



MENCHECOURIENNE 
(G. D'AuLT DU Mesnil) 



MOUSTÉRIENNE 

(G. DE Mortillet). 



ACHEULÉENNE 

(G. D'AuLT DU Mesnil) 



CLIMAT 

CHAUD ET HUMIDE 



CHELLEENNE 

(G. DE Mortillet). 



— 148 — 

DESCRIPTION DES ÉTAGES 

ÉTAGE QUATERNAIRE INFÉRIEUR 

Première division, prédominance de VElephas antiquus et du 
Rhinocéros Merkii. 

La stratification des graviers de l'étage inférieur est sou- 
vent horizontale, ce qui permet de fixer avec précision la puis- 
sance de cette alluvion dont une couche de marne grise, éner- 
giquement ravinée, forme la limite exacte (fig. 24 à 40). 

FAUNE 

PROBOSCIDIENS 

Elephas antiquus Falc. 

PACHYDERMES 

Rhinocéros Merkii Raup. 

Hippopotamus amphibius (var. major) Linné. 

Sus scropha Linné. 

SOLIPÈDES 

Equus caballus Linné. 

RUMINANTS 

Cervus canadensis Brisson. 
Cervus elaphus Linné. 
Bos primigenius Boj. 
Bison priscus (knrochs) Schl. 

RONGEURS 

Trogontherium. 




9 

■c 



'S 



9 

c* 



I 

3 



I 



T3 




Fig. 26. 



Fig. 27. 



Eà Cuve 



7"\ 




Fig. 38 



;>"\ 



Fig. 25. Molaire inférieure de Rhinocei'os Merkii (G. N.). Quaternaire inférieur. 
Fig. 26. Molaire inférieure de Rhinocéros Merkii (G. N.). Quaternaire inférieur. 
Fig. 27. Molaire d" Hippopotamus amphibius (G . N.). Quaternaire inférieur. 
Fig. 28. Mandibule de Sus scropha (3/4). Quaternaire inférieur. 




E&.Cuyc 



Cuyt*^^ 



Pig. 29. 





'T\ 



Fig. 30. 




Ei.t 



Fig. 33. 




Eh.C. 



Fig. 31. 




^k.Cuyt 



'T\ 



Fig. 32. 



Fig. 34. 



Fig. 29. Molaire de Cervus elaphus (plus grand que nature). Quaternaire inférieur. 

Fig. 30. Molaire de Cervus elaphus (G. N.). Quaternaire inférieur. 

Fig. 31. Canine de Trogontherium (G. N.). Quaternaire inférieur. 

Fig. 32. Canine d^Urms spelœus (3/4). Quaternaire inférieur. 

Fig. 33. Canine de Hycsna spelasa (G. N.). Quaternaire inférieur. 

Fig. 34. Canine de Macha^odus (G. N.). Quaternaire inférieur. 




Kig. 35. Fig. 36. 

Fig. 35 et 36. Instruments de silex, grossièrement taillés {t/S). Quaternaire inférieur 




Fig. 37. 



Fig. 38. 



Fig. 37 et 38. Instruments de silex grossièrement taillés (2/3). Quaternaire inférieur. 





Fig. 39. Fig. 40. 

Fig. 39 et 40. Instruments de silex grossièrement taillés (2/3). Quaternaire inférieur. 



155 — 



CARNASSIERS 



Vrsus.spelœus Blum. 
Ilyœna spelœa Gold. 
Machœrodus. 



INDUSTRIE 



Instruments grossièrement taillés. Les instruments trouvés 
dans ces couches ont pour caractères des formes lourdes et 
massives. Le procédé de fabrication à larges éclats et leur 
grande dimension donnent à ces outils un aspect particulier 
que personne ne peut méconnaître. Ges outils ont dû être 
employés à plusieurs usages, et, si on les examine de près, 
malgré leur apparence peu variée, on constatera bientôt 
qu'ils affectent des formes très différentes. 

ÉTAGE QUATERNAIRE MOYEN 

Deuxième division, prédominance de VElephas primigenius et du 
Rhinocéros tichorhinus, 

4 . Assise inférieure de transition à Elephas antiquus 
^^'Elephas primigenius. 

Cette assise ravine profondément les lits intérieurs k Elephas 
antiquus. La stratification est contournée et inclinée. 

Ici la transition est graduelle entre les deux étages inférieur 
et moyen, et c'est par cette raison que l'on observe dans ces 
couches une faune mixte caractérisée par l'association habi- 
tuelle de VElephas antiquus et d'un Elephas primigenius 
(fig.41 à 47). 







•S 

*s 

Si 






•S* 



I 

b3 




E%.C 



Fig. 42. 




EXC 




Fig. 43. 



Fig. 44. 



Fig. 42. Molaire de grand Bovidé (1/2). Quaternaire moyen, assise inférieure. 
Fig. 43. Molaire d'Equus caballus (1/2). Quaternaire moyen, assise inférieure. 
Fig. 44. Equut caballus. Métacarpien droit (1/2). Quaternaire moyen, assise inférieure 








i 

2 






3 

I 
*s 

5 







te 



— 159 — 
FAUNE 

PROBOSGIDIENS 

Elephas antiquus Falc. 
Elephas primigenius Blum. 

PACHYDEKMES 

Rhinocéros tichorhinus Cuvier. 

INDUSTRIE 

Instruments taillés à petits éclats. Les instraments trouvés 
dans cette assise présentent une grande variété de formes. 
Les uns amygdaloïdes, les autres lancéolés, plats et soigneu- 
sement façonnés, sont les plus communs; ils sont taillés à 
petits coups et affectent une forme régulière, presque symé- 
trique, ce qui les dislingue facilement de ceux de Tépoque 
précédente. 

2. Assise moyenne à Elephas primigenius et Rhinocéros 
tichorhinus. 

ÉPOQUE DE GRANDE EXTENSION DES GLACIERS 

La stratification du niveau moyen qui recouvre l'assise 
80us-jacente est très irréguUère et se compose de lits alter- 
nants de sable, de marne et de cailloux roulés présentant 
tantôt des zones capricieuses s'enchevêtrant les unes dans les 
autres, tantôt des contournements bizarres dus à l'action des 
glaces flottantes (fig. 48 à 56). 

FAUNE 

PROBOSCIDIENS 

Elephas primigenius Blum. 




g 



s 
c 

a, 

I 




Lu^E^ 



Fig. 4y. 




EX. Cuve 



.Cuyeft 



El.CuyE 



y'\ 



Fig. 50. 



Fig. 51. 



Fig. 49. Molaire iVElephas primigenius (î2/3). Quaternaire moyen, assise moyenne. 
Fig. 50. Molaire supérieure de Rhinocéros ticliorhinus ((i. N.). Quaternaire moyen ^ 

assise moyenne. 
Fig. 51. Molaire inférieure de Hlnnoceroa ticliorhinus ((i. N.). Quatemairo moyen, 

aiksise moyenne. 

Il 




Fig. 52. 




Fig. 63. 



Fig. 52. Instrument de silex tafllé sur une seule face (2/3). Quaternaire moyen, assise 

moyenne. 
Fig. 53. Racloir de silex (i/S). Quaternaire moyen, assise moyenne. 





Fig. 54, 



Fig. 55. 




Fig. 56. 

Fig. 5i. Instrument de silex taille sur une seule face (2/3). Quaternaire moyen, assise 

moyenne. 
Fig. 55. Instrument de silex taillé à petits éclats des deux côtés {i/S). Quaternaire 

moyen, assise moyenne. 
Fig. 5C. Instrument discoïdal de silex taillé sur les deux faces (â/3). Quaternaire moyen, 

assise moyenne. 



— 164 — 

PACHYDEHHES 

Rhinocéros tichorhinus Cuvier. 



Equus caballus Linné. 



SOLIPËDËS 



RUMINANTS 



Cervus înegaceros E'àvl. 
Cervus elaphus Linné. 
Dos primigenim Boj . 
Bison priscus (Auroclis) Schl. 

INDUSTRIE 

PIERRE TAILLÉE SUR UNE SEULE FACE 

Les outils recueillis à ce niveau affectent généralement 
une forme spéciale. Ce sont des instruments correspondant 
au type moustérien de M. G. de Mortillet. La diversité 
des instruments est encore plus grande qu'à l'époque précé- 
dente; on y reconnaît des types extrêmement variés. Les 
outils non retouchés sur les bords sont les plus communs, et 
ce n'est que rarement qu'on en trouve de finement retouchés. 
Alors ils sont tout à fait semblables au type des cavernes de 
la même époque. Quelques instruments de forme discoïdale, 
et un petit nombre de pièces taillés a petits éclats ont aussi été 
trouvés a ce niveau. 

3. Assise supérieure à Elephas primigenius et Equus 
caballus très abondant. 

ÉPOQUE DE TRANSITION 

La stratification des lits de l'assise supérieure du quater- 



— 105 — 

naire moyen est toujours horizontale, et se compose de sable 
siliceux blanc et jaune, d'un limon biun calcaire et d'une 
alluvion crayeuse renfermant une faune et une industrie 
propres. 

Ces lits, si développés à Menchecourt, dans le fauboui^g 
d'Abbeville, sont plaqués sur des alluvions plus anciennes, 
qu'ils ont ravinées et en partie démantelées, en ne laissant 
que des lambeaux des graviers sous-jacents. 

Formation fluvio-marine. — Les couches inférieures for- 
mant le premier terme de la série de Menchecourt reposent 
sur les graviers de l'assise moyenne et inférieure. Ce sont des 
sables marins blancs et siliceux montrant une stratification de 
plage à lits inclinés, contenant à 30 ou 40 centimètres de leur 
point de contact avec les autres alluvions un mince dépôt de 
coquilles marines et fluviatiles. La découverte de coquilles 
marines est une preuve indéniable de l'arrivée de la mer qui 
empiétait de temps en temps sur la rivière par suite de nom- 
breuses oscillations du sol, si fréquentes à cette époque 
(fig. 57à60). 

FAUNE 

PROBOSCIDIENS 

Elephas primigenitis Blum . 

PACBYDERMES 

Rhinocéros Hichorhinus Cuvier. 

SOUPÈDES 

Equm caballns Linné. 

RUMINANTS 

Cervus elaphtis Linné. 
Cervus somoniensis Cuvier. 







'5 

•e 

es 

9> 



O 








Fig. 59. 




Fig. 58. 



Fig. 60. 



Fig. 58, 59, 60. Inslrumenls de silex taillés en lames larges (2/3). Quaternaire 
moyen, assise supérieure. 



J 



— 168 — 

Cervus tarandm (Renne) Linné. 
Bos primigenius Boj . 

CARNASSIERS 

Vrsus. 

Les Chevaux se multiplient à un point fort remarquable. 
Le Rhinocéros tickorhinm disparaît au sommet de la forma- 
tion, pendant que le nombre des Rennes augmente considéra- 
blement à la même hauteur. Dans cette assise, VElephas pri- 
migenius se modifie progressivement, les molaires de cet 
Éléphant sont toujours à lames plus serrées que celles du 
niveau moyen. 

INDUSTRIE 
Prédominance de la pierre taillée en lames laides. 

ÉPOQUE DE TRANSITION 

Les instruments découverts à Menchecourt appartiennent 
à des types spéciaux pouvant se désigner sous les noms de 
lames, de pointes, de grattoirs et de couteaux. Leur forme 
montre une transition entre le moustérien et le magdalénien 
de M. G. de Mortillet. C'est une industrie voisine de celle de 
Solutré, à laquelle on doit, selon M. d'Ault du Mesnil, la 
rattacher. Les instruments de ces lits ne peuvent trouver place 
dans la classification archéologique adoptée par les différents 
auteurs qui se sont occupés du quaternaire de la vallée de la 
Somme. En conséquence, M. d'Ault du Mesnil propose, pour 
la désigner, un nom particulier qui s'impose naturellement. 
C'est le nom d'époque menchecourienne, tiré de la localité où 
cette assise est si nettement caractérisée. 



— 169 — 



ÉTAGE QUATERNAIRE SUPÉRIEUR 
Troisième division, prédominance du Renne (Cervus tarandus). 

L'étage quaternaire supérieur est formé d'un limon rouge 
argilo-sableux avec silex brisés à la base, sans stratification 
apparente, et ravinant les dépôts sur lesquels il repose; son 
épaisseur est généralement peu considérable. La faune est 
très pauvre, et consiste, aux environs d'Abbeville, en quelques 
ossements de Renne et débris d'un Elephas primigenms à 
lames très serrées. 

Ce limon rouge s'étend des plateaux jusque sur le flanc des 
vallées, et recouvre indifféremment les graviers et les sables 
de toutes nos formations quaternaires, comme MM. Butéux et 
de Mercey l'ont déjà fait observer depuis longtemps. Le limon 
rouge est un produit d'altération, mais il ne s'ensuit pas qu'il 
dérive directement de l'alluvion caillouteuse sous-jacente. Le 
limon rouge est le produit du ruissellement de l'eau de pluie 
sur les plateaux, sur les pentes et sur le fond des vallées, et 
provient du remaniement de l'argile à silex -et des graviers. 
Longtemps exposé à l'air, il a subi toutes les altérations atmo- 
sphériques. Un transport limité, c'est vrai, mais un certain 
transport a été nécessaire pour diviser les rognons de silex 
préalablement éclatés par les simples actions atmosphériques 
dans les formations dont il dérive et les transformer en silex 
anguleux. 

A ce point de vue l'observation nous fournit les preuves les 
plus concluantes. En efl'et, les parties du dépôt de gravier qui 
ne sont pas recouvertes par lui ne présentent pas du tout le 
môme aspect. Les couches à cailloux roulés sont rubéfiées, 
altérées; mais les éclats de silex sont encore adhérents et ils 
ne peuvent se séparer qu'à la suite d'un choc. Il existe donc 
deux espèces de limon rouge : le premier vient d'être décrit; 



— 170 — 

le second n'est qu'un produit d'altération de l'alluvion 
ancienne. 




Fig. Cl. 




Fig. 62. 




Fifc'. 63. 



Fig. Ci. Poinçon do. silex (2/3). Qiialernairo supérieur. 

Fig. 62. Poinlc de silex (2/3). Quaternaire supérieur. 

Fig. 63. Lame étroite de silex retouchée sur les bords (S/.*)). Quaternaire supérieur. 



FAUNE 

PROBOSCIDIENS 

Elephas primigenius Bl n m . 

RUMINANTS 

Cervus tarandus (Renne) Cuvier. 

Le Renne, dont les restes se trouvent avec le plus d'abon- 
dance, doit ôtre regardé comme caractéristique de l'étage. 
Quelques coins privilégiés, soustraits à l'action dis.solvante des 
eaux météoriques, fournissent parfois l'occasion de rencontrer 



— 171 — 

les débris de cet animcil. Un Elephas primigenius^ caractérisé 
par des lames étroites, très festonnées, existe encore, et nous 
avons été assez heureux pour trouver, à ce niveau, dans la 
ballastière du chemin de fer, une molaire parfaitement con- 
servée de ce Proboscidien. Quelques autres débris de dents 
ont été rencontrés sur divers points du Champ de Mars. 



INDUSTRIE 
Prédominance de la pierre taillée en lames étroites. 

On vient de voir que les derniers lits de Menchecourt con- 
tiennent des formes de passage entre le moustérien et le 
magdalénien. Le trait qui les unit montre les anneaux non 
interrompus d'un enchaînement archéologique partout re- 
connu. 

Les caractères des instruments consistent dans des formes 
spéciales qui se résument en un petit nombre de types pou- 
vant se grouper autour des formes dites couteaux, grattoirs et 
burins. Des pointes à cran de forme solutréenne ont été éga- 
lenient trouvées dans ces couches; mais la prédominance 
appartient aux lames étroites. 

Après cette rapide description, on peut conclure que, dans 
l'anse du Champ de Mars d'Abbeville, le terrain quaternaire 
n'a subi presque aucun remaniement. 

Les divisions que M. d'Ault a été amené à établir à la suite 
de ses remarquables observations sont caractérisées chacune 
par un groupe spécial d'animaux. 

Le quaternaire de la région doit donc se partager en trois 
divisions : 

4° Division de VElephas antiquus et du Rhinocéros Merhii; 

2** Division de VElephas primigenius et du Rhinocéros ticho- 
rhinus; 

3^ Division du Renne {Cervus tarandus). 



— 172 — 

Les divisions palolhnologiques de la période quaternaire 
sont également fondées sur la prédominance de certaines 
formes industrielles. En y comprenant les subdivisions, on 
aura la succession suivante : 

V Époque des instruments grossièrement taillés; 
2** Époque des instruments taillés à petits éclats ; 
3^ Époque de la pierre taillée sur une seule face; 
4" Époque de la pierre taillée en lames larges ; 
5*" Époque de la pierre taillée en lames étroites. 



PÉRIODE NÉOLITmQUE 

La série stratigraphique de M. d'Ault se termine par quel- 
ques spécimens d'instruments néolithiques. 




Fig. W. Mâ'choire supérieure de Cervus elaphus (3/4). Période néolithique. 
Tourbières. 



Les tourbières ont fourni des haches en silex emmanchées 
dans une gaine en corne de cerf, et des haches en silex et en 
diorite. Les plateaux ont donné des haches en silex, en diorite 
et en jadéite. M. d'Ault a également exposé une série d'in- 




Fig. 65. 



Ei.Cuye 



Luvtîl 




Fig. 06. 



Fig. 65. Mâchoire inférieure de Cervus elaphus (2/3). Période néolithique. Tourbières. 
Fig. 66. Canine de Sus scropha (t/Z), Période néolithique. Tourbières. 




Fig. 67. 




Fig. 68. 






Fig. 61). 



Fig. 70. 



Fig. 71. 



Fig. 67. Hache en silex poli dans sa gaine en bois de cerf (t/Z). Période néolithique.. 
Tourbières. 

Fig. 68. Sommet de casse-t<ite en corne de cerf avec trous pour Femmanchure (4/3). 
Période néolithique. Tourbières. 

Fijî. 69. Tranchct en silex taillé (4/3). PtMiode néolithique. Couche de sable supé- 
rieure aux tourbes. 

Fig. 70. Instrument taillé sur les doux faces. Silex (2/3). Période néolithique. Couche 
de sable supérieure aux tourbes. 

Fig. 71. Grattoir de silex (4/3). Période néolithique. Couche de sable supérieure aux 
tourbes. 



— 175 — 

struments comprenant des tranchets, des grattoirs et des cou- 
teaux trouvés dans les sables, superposés à la tourbe; ils 




Fig. 72. Grattoir de silex (2/3). Période néolilhique. Couche de sable 
supérieure aux tourbes. 

appartiennent, par conséquent, à la fin de la période néoli- 
lhique. 





Fig. 73. 



Fig. lA. 



Fig. 73. Ciseau en silex poli (2/3). Période néolithique. Plateaux. 
Fig. 7i. Hache polie en silex (2/3). Braj-lès-Mareuil, près Abbcville. Période néoli- 
thique. Plateaux. 



— 17G — 

§ S. — Minéralogie paietimalaffique. 

Les recherches minéralogiques forment une des branches 
les plus intéressantes delapalethnologie, qu'elles s'appliquent 
aux pierres ou aux métaux. Malheureusement, on s'en est bien 
peu occupé jusqu'à présent. Il serait bon de leur donner un 
plus grand essor : déterminer avec soin la nature des matières 
employées, reconnaître exactement l'origine et les gisements 
de ces matières. C'est pour attirer l'attention des investiga- 
teurs vers cette double direction et pour donner l'exemple, 
que la Société, l'École et le Laboratoire ont provoqué une 
exhibition collective de roches taillées et de haches polies en 
matières diverses. 

Elle se compose de : 

Silex. — Roche la plus répandue, la plus généralement 
employée. A elle seule, elle forme au moins les quatre cin- 
quièmes des lames, racloirs, grattoirs, pointes de flèches et 
autres petits instruments éclatés, plus de la moitié des coups 
de poing chelléens et environ un quart des haches polies. Le 
silex, qui est du quartz hydraté, peut être marin ou d'eau 
douce. Comme silex marin : en fait de coups de poing, silex 
locaux, couleur cire vierge, Pressigny (A. de Mortillet), gris, 
Dordogne (id.), brun presque noir, Le Moustier (id.); lames 
en silex divers, en général des dragages de la Seine, silex de la 
craie du bassin de Paris (Salmon); grattoir robenhausien , 
silex opaque de la Dordogne (A. de Mortillet); haches polies, 
silex de la craie des environs de Paris, de teintes diverses. Ris 
(Salmon), Vitry-sur-Seine {td.)y Saint-Fargeau (id.). Ébauche 
de hache robenhausienne en silex local de l'oohthe corallienne, 
Commercy, Meurthe-et-Moselle (Bleicher). — Silex d'eau 
douce : coup de poing en silex local, à aspect résinoïde, Tilly, 
Allier (A. de Mortillet) ; haches polies, roche et provenance du 
bassin de Paris (w/.), silex du Midi, Venerque, Haute-Garonne 
(id,). — Silex passant ù la cornaline, rouge, transparent, avec 
vernis fluviatile, dragage de la Seine, lame (Salmon). 



~ 177 — 

Calcédoine ou silex calcédonieux. — Blanc, transparent, 
pointes en feuille de laurier et à cran solutréennes, lames et 
éclats divers, Dordogne (A. de Mortillet). 

Jaspe. — Le jaspe est du silex plus ou moins argileux. 
Aussi trouve-t-on dans la nature et travaillés des spécimens 
de tous les passages entre le silex proprement dit et le jaspe. 
Diverses lames et grattoirs magdaléniens des grottes du sud- 
ouest de la France, jaspes jaunâtres ou rougeâtres unis, plus 
fréquemment jaspes jaunâtres tout tachetés de petits points 
noirs. Le gisement de cette roche, très disséminée dans les 
stations, est encore inconnu (A. de Mortillet); beau racloir 
moustérien jaunâtre de la Charente (Chauvet); fragments et 
éclats se rapportant à Tépoque paléolithique, aux plus bril- 
lantes couleurs jaunes, rouges, violettes, verdâtres : atelier 
chelléo-moustérien de Font-Maure, Vellèches, Vienne (Ca- 
pitan). 

Diaspre. — Espèce ou variété de jaspe italien, deux pointes 
moustériennes, Ombrie (A. de Mortillet). 

Qimrtz hyalin ou cristal de roche, — Racloir moustérien 
fabriqué avec un morceau roulé, grotte du Placard, Charente 
(Chauvet). 

Quartz laiteux ou de filon. — C'est le silex anhydre, mais 
il se taille très mal et se polit fort difficilement. Coup de poing 
chelléen fabriqué avec un caillou roulé, bassin de la Garonne, 
Duravel, Lot (Paysant). 

Quartzite. — Sable agglutiné d'une manière solide ef com- 
pacte par un ciment quartzeux qui donne à la roche un 
aspect homogène. Gros coup de poing chelléen, quartzite roulé 
des Pyrénées, environs de Toulouse (A. de Mortillet). Coups 
de poing acheuléens en quartzite local du Bois-du-Rocher, 
Côtes-du-Nord (id.). Un des échantillons où le ciment domine 
est presque du quartz pur. Coup de poing éminemment chel- 
léen, Ternifine, département d'Oran (id.). 

Grès. — Le quartzite passe tout naturellement au grès 
ordinaire, qui est une roche formée de l'agrégation de grains 
de sable quartzeux. Pour le palethnologue, ce passage est 

13 



— 478 - 
d'autant plus sensible que les grès employés comme instru- 
ments sont généralement des grès fort compacts, variété qu'on 
appelle grès lustré. Lames et éclats, Saint-Fargeau, Seine-et- 
Marne (Salmon). Hache polie, Andelu, Seine-et-Marne (A. de 
Mortillet). 

Diorite. — Sous ce nom, nous comprenons la série des 
roches dioritiques : aphanite, diorite non cristallisée; diorite 
proprement dite où les éléments feldspath, généralement 
clair, et amphibole, généralement foncé, sont cristallisés et 
distincts; amphibolite où les cristaux d'amphibole dominent. 
Les diorites sont lourdes et très tenaces. Si elles ne prennent 
pas un tranchant aussi vif que le silex, elles ne s'ébrèchent et 
ne se cassent pas si facilement. C'est la roche la plus employée, 
après le silex, pour la confection des haches polies. Haches 
de Brehan, La Bouillie et Noyai, Côtes-du-Nord, et de la pala- 
fitte de Bevaix, Suisse (A. de Mortillet). Hache en diorite 
décomposée à la surface et par conséquent assez tendre dans 
cette partie, qui s'est rayée par le choc des instruments ara- 
toires. On en ava t argué que les raies ou stries étaient gla- 
ciaires, M. G. de Mortillet a fait justice de cette prétention. 
Hinx, Landes (id.). 

Pyroxénite. — Roche à base de pyroxène au lieu d'être a 
base d'amphibole. Hache polie de la presqu'île d'Arradon, 
près Vannes (d'Ault du Mesnil). 

Euphotide. — Feldspath clair avec diallage foncé, plus ou 
moins cristallisé. Trois haches polies, une de France, les deux 
autres des palafittes de Bevaix et du lac de Bienne (A. de 
Mortillet). 

Porphyre. — Cristaux blancs disséminés daijs une pâte fon- 
cée, hache polie. Orange, Vaucluse (A. de Mortillet). 

Eurite, — Roche granitoïde en arrêt de formation. Deux 
haches poUes des palafittes suisses, entre autres de Cortaillod 
(A. de Mortillet). 

Saussurite. — Roche feldspathique, à pâte très fine, trans- 
lucide, variant du vert foncé au vert très clair, prenant un 
fort beau poli et pouvant acquérir un tranchant des plus cou- 



— 179 — 

pants. Densité forte, très tenace. Fournit d'excellents instru- 
ments, haches et tranchets. Neuf échantillons, un d'Orange 
(Vaucluse), les autres des palafittes suisses, Bevaix, Locras, 
Gortaillod (Â. de Mortillet). 

Jadéite. — Une des plus belles roches utilisées pendant le 
néolithique, d'une forte densité et d'une grande ténacité. 
Prend un magnifique poli, varie beaucoup d'aspect, couleur 
généralement claire allant au vert foncé, tend à passer, au 
moins comme aspect, à la saussurite et à la néphrite. Une 
hache poHe de Sens, Yonne (Salmon), et une autre également 
de France (A. de Mortillet). 

Chloromélanite. — Roche analogue à la précédente, dont 
elle n'est qu'une variété plus foncée, passant au noir. Deux 
haches, l'une de chloromélanite grossière, d'Aquila, Italie 
(A. de Mortillet), l'autre fine, d'Orléans, Loiret (Salmon). 
Fibrolithe. — Roche fort recherchée pour la confection 
des haches et des ciseaux polis. Il en existe deux variétés bien 
distinctes. La première qui a fait donner le nom à la roche a 
un aspect fibreux. Elle est généralement en petits fragments, 
plus ou moins plats, disséminés un peu partout. La seconde 
variété, à fragments plus gros, surtout plus épais, a un aspect 
grenu, se rencontre presque exclusivement en Bretagne. Hache 
polie de Plouhermel, Morbihan (A. de Mortillet), en fibro- 
lithe grenue. Hache en fibrolithe compacte, intermédiaire, 
La Bouillie, Côtes-du-Nord (id.). Trois haches polies en fibro- 
lithe fibreuse de Bretagne (d'Ault du Mesnil, Collin et A. de 
Mortillet). 

Serpentine noble. — Roche fort dure, très dense et très 
tenace, vert trè;g foncé, souvent avec des taches blanches. Trois 
haches polies des palafittes.de Bevaix et de Gortaillod, la troi- 
sième d'Aquila, Italie (A. de Mortillet). 

Obsidienne ou verre volcanique, — Fournissant des lames 
avec tranchant très vif. Un carton d'éclats, de nucléus, de 
lames et de pointes de flèches, Mexique (Collin). 

Trapp. — Roche d'éjection, Irlande (Salmon). Sous ce nom 
on a aussi compris une roche des environs de Belfort, espèce 



— 180 — 

de schiste métamorphique de couleur très foncée dont la sur- 
face devient gris clair par altération. Fragment de hache 
polie du Grammont (A. deMortillet). 

Gneiss. — Roche cristalline schistoïde composée de mica 
et de feldspath, peu favorable. Petite hache polie, Apt, Vau- 
cluse (A. deMortillet). 

Calcaire. — Roche généralement mauvaise, qui devient 
plus dure, plus tenace et prend un meilleur tranchant quand 
elle est un peu siliceuse. Hache polie de la palafitte de Bevaix, 
Suisse (A. de Mortillet). 

Hématite. — Peroxyde de fer hydraté. Ce minerai comme 
pierre a été fort employé en Afrique. Plus rare ailleurs. Se 
distingue par sa densité. Hache polie, d'un dolmen des envi- 
rons de Montrejeau, Haute-Garonne (d'Ault du Mesnil). 

§ 3. — kge de la pierre. — Classification. 

C'est en Danemark, on le sait, que Thomsen, en 1833, a 
le premier bien établi et nettement défini Tâge de la pierre. 
Mais c'est en France que cet âge s'est largement développé. 
Le sol danois n'est libre que depuis le commencement des 
temps actuels. L'âge de la pierre ne peut donc y remonter 
au delà de ces temps. Il n'en est point de même en France 
dont le sol était libre déjà dans les temps géologiques. 

Dès 4828, Tournai, de Narbonne, annonçait la découverte 
d'instruments de pierre associés à des restes d'animaux éteints 
et émigrés dans les cavernes du midi de la France. En 1833, 
Schmerling confirmait cette découverte dans les grottes de 
la Belgique. En 1844, M. Aymard signalait des ossements 
humains dans les coulées boueuses du volcan de Denise, près 
du Puy. Enfin en 1847, Boucher de Perthes publiait ses pre- 
mières )*écoltes de silex ouvrés dans les alluvions quaternaires 
de la vallée de la Somme. 

Plus tard, en 1867, l'abbé Bourgeois vieillissait encore 
davantage l'âge de la pierre, en produisant les silex éclatés de 
Thenay (Loir-et-Cher). 



— 181 ~ 

L'âge de la pierre se divise donc en deux grandes périodes : 
celle des temps géologiques et celle des temps actuels. 

On a remarqué que les pierres de la plus récente étaient 
souvent polies, tandis que le polissage faisait défaut dans la 
période géologique, la plus ancienne. Se basant sur ce carac- 
tère, on a désigné d'abord la période la plus récente sous le 
nom de période de la pierre polie et l'autre sous celui de 
période de la pierre taillée. Noms complexes qui ont été rem- 
placés par ceux qu'on a maintenant généralement adoptés, de 
paléolithique — vieille pierre — et de néolithique — nouvelle 
pierre. 

Le paléolithique embrasse un laps de temps fort long, pen- 
dant lequel l'industrie s'est profondément modifiée. Un des 
anciens présidents de la Société d'anthropologie, paléontolo- 
giste des plus distingués, Edouard Lartet, l'a subdivisé en 
plusieurs époques caractérisées par la faune. De la plus an- 
cienne à la plus récente, ces époques sont : 

Époque du Grand-Ours ; 
Époque du Mammouth ; 
Époque du Renne. 

En classant la première salle de l'histoire du travail, à 
l'Exposition universelle de 1867, M. G. de Mortillet, avec le 
consentement d'Edouard Lartet, a fait précéder ces trois 
époques d'une quatrième : celle de VElephas antiquus. 

Mais cette classification n'était pas complètement satisfai- 
sante; M. G. de Mortillet en a proposé une autre lui paraissant 
plus exacte. Elle est basée tout à la fois sur les données géolo- 
giques ou stratigraphiques, paléontologiques, météorologiques 
et industrielles. Quant aux noms des divisions, pour ne rien 
préjuger, ils ont été tirés de ceux des localités lès plus typiques 
et les mieux étudiées. Ces divisions sont de bas en haut : 

Tertiaire ou éolithique. Aurore de la pierre. 
Quaternaire : 

Époque chelléenne ou de Chelles; 

Époque moustérienne ou du Moustier; 



- 182 — 

Époque solutréenne ou de Solutré ; 
Époque magdalénienne ou de la Madeleine. 

A ces quatre époques quaternaires, M. d'Ault du Mesnil a 
ajouté, entre le chelléen et le moustérien, une époque acheu- 
léenne ou de Saint-Acheul. 

Et comme contemporaine de l'époque solutréenne, il a créé 
une époque menchecourienne ou de Menchecourt. 

Quant au néolithique, M. G. de Mortillet n'avait fait qu'une 
seule époque : l'époque robenhausienne ou de Robenhausen; 
M. Philippe Salmon subdivise cette époque en trois. Conser- 
vant l'époque robenhausienne pour le milieu du néolithique, 
il la fait précéder par l'époque campinienne ou du Campigny, 
qui sert d'intermédiaire entre le paléolithique et le néolithique, 
et suivre par l'époque carnacéenne ou de Carnac, qui termine 
le néolithique. 

Tel est l'étal de la question. 

La Société, l'École et le Laboratoire d'anthropologie, 
n'ayant aucun parti à prendre, se sont contentés d'exposer 
tous les documents nettement tranchés et bien séparés. C'est 
ce qu'ils sont parvenus à réaliser, au moyen d'une exposition 
collective due au concours de MM. d'Ault du Mesnil, Bazin, 
Capitan, Collin, Feineux, Ficatier, Adrien de Mortillet, Nico- 
las, Piketty, Rames, Salmon, Teste et le Musée d'Auxerre. 

Cette exposition occupe tout un côté de la troisième vitrine. 
Les divers types des instruments en pierre sont réunis dans un 
ordre chronologique basé sur toutes les observations partielles 
faites depuis qu'on s'occupe activement de palethnologie. 

Voici leur disposition : 

Tertiaire : Puy-Courny ; 
Quaternaire : 
Chelléen: types des alluvions de Chelles; 

Chelléen d'autres alluvions; 
Acheuléen : types des alluvions de Saint-Acheul; 
Acheuléen d'autres alluvions. 
Chelléen ou acheuléen des plateaux, surface du sol ; 
Chelléen et acheuléen remaniés par les rivières. 



— 183 — 

Mouslérien : types des abris du Moustier; 

Moustérien d'autres abris et grottes ; 

Mouslérien des alluvions ; 

Moustérien de la surface, plateaux. 
Solutréen : types de la station de Solutré ; 

Solutréen d'autres stations. 
Magdalénien : types de Tabri de la Madeleine; 

Magdalénien d'autres stations. 
Hiatus. Une lacune existait dans nos connaissances pour ce qui 
concerne le passage du paléolithique au néolithique, on a réuni 
tous les documents qui peuvent servir à combler cette lacune. 
Néolithique : 
Campinien : types de la station du Campigny; 

Campinien d'autres stations; 

Campinien disséminé. 
Robenhausien : types de la palafitte de Robenhausen ; 

Robenhausien d'autres palafittes ; 

Robenhausien de stations terrestres ; 

Robenhausien, pièces disséminées . 
Carnacéen : types de Carnac; 

Carnacéen de localités diverses. 

Grâce à cette impartiale disposition qui pourrait servir de 
modèle pour les musées et les collections, chacun peut facile- 
ment étudier les conclusions qui lui semblent les plus natu- 
relles et les plus justes. 

Un des palethnologistes les plus distingués de la Société 
d'anthropologie, M. Philippe Salmon, qui s'est entièrement 
consacré à l'organisation de la série de l'âge de la pierre, 
a bien voulu nous communiquer ses appréciations sur ce sujet 
important. 

PÉRIODE TERTIAIRE 

Le travail quaternaire, désigné actuellement sous le nom 
de chelléetiy n'est assurément pas le début, le coup d'essai, et 
cette hypothèse scientifique est celle qui divise le moins; on 
est ainsi amené à la nécessité de rechercher dans la période 
tertiaire Torigine des œuvres humaines, ou plutôt celles du 



— 484 — 

prédécesseur paléontologique de THomme, en même temps 
que les restes de l'ouvrier lui-même. 

Nous ne ferons à personne l'injure de rappeler que les lois 
de la paléontologie, entre les Anthropoïdes et l'Homme, com- 
mandent un indispensable intermédiaire; en 4873, à Lyon, 
au Congrès de l'Association française pour l'avancement des 
sciences, M. Gabriel de Mortillet l'a défini dans une discussion 
mémorable où M. Abel Hovelacque et lui ont eu la meilleure 
part. € Les animaux varient d'une assise géologique à l'autre 
et la faune se renouvelle avec les terrains ; les variations sont 
d'autant plus rapides que les animaux ont une organisation 
plus complexe; en d'autres termes, l'existence d'une espèce 
est d'autant plus courte que cette espèce occupe un rang plus 
élevé dans l'échelle des êtres. Depuis le miocène inférieur, 
tous les Mammifères se sont si profondément modifiés qu'on 
a pu assigner à ces modifications la valeur de différences non 
pas seulement spécifiques, mais génériques; à plus forte raison 
doit-on admettre que l'Homme n'a pas échappé à cette loi. » 

On a donc été autorisé à rechercher dans la période ter- 
tiaire, disons-nous, du chef de la paléontologie et du chef de 
l'industrie, les traces corporelles de ce précurseur et celles 
de son travail. 

Les os ont échappé jusqu'à présent à toutes les investiga- 
tions; mais il ne faut point désespérer de l'avenir; à peine 
quelques milieux tertiaires ont été explorés et beaucoup 
d'autres restent à étudier. 

En est-il de même de ses œuvres, ou bien en possède-t-on 
dès à présent des échantillons? S'est-il adressé à une matière 
périssable et qui a péri sans retour, ou bien les silex de The- 
nay (Loir-et-Cher), du Puy-Courny, près d'Aurillac (Cantal), 
et d'Otta (Portugal) représentent-ils ce travail probant qui, à 
lui seul, donne la preuve de l'existence d'un ouvrier contem- 
porain du miocène? Les avis sont partagés. Les plus hardis 
déclarent la preuve faite; d'autres, plus réservés, croient qu'il 
faut attendre pour se former une opinion. 

Les silex thenaisiens et les silex portugais ont été exposés, en 



— 185 — 

1878, au pavillon de l'anthropologie; il n*y en a point à l'Expo- 
sition de 1889. Nous renvoyons, pour ce qui les concerne, aux 
listes et aux discussions des catalogues et des revues de 
l'époque. 

La découverte de Thenay appartient au miocène tout à fait 
inférieur, marnes d'eau douce du calcaire de Beauce; celle 
d'Otta, à une couche tortonienne du miocène supérieur, grès 
et poudingues. 

La découverte du Puy-Courny, près d'Aurillac (Cantal), 
contemporaine d'Otta, appartient à une couche tortonienne 
intermédiaire entre le sommet du miocène (tertiaire moyen) 
et la base du pliocène (tertiaire supérieur); elle est due à 
M. J.-B. Rames, géologue, qui en avait présenté déjà quelques 
échantillons à l'Exposition de 1878. En 1889, il expose deux 
cartons où sont placées des pièces de choix, avec une coupe 
relevée par lui et sur laquelle il a marqué lui-même la couche 
à silex taillés ; selon lui, les traces du travail sont telles qu'il 
n'hésite pas à y reconnaître une main intelligente; outre la 
taille intentionnelle, il invoque un argument de sélection tiré 
de ce que tous les silex de la couche archéologique sont de 
la variété cornée et de la variété pyromaque, tandis que, dans 
le gisement originaire voisin, ces deux variétés sont mêlées k 
des silex résinites, jaspoïdes, ménilites. Si donc, ajoute l'expo- 
sant, ces deux variétés se trouvent seules dans la couche torto- 
nienne, c'est parce qu'elles étaient les plus dures, les plus 
faciles à tailler et les seules jugées propres à être mises en 
œuvre. Ce triage et le transport sans roulis à un niveau plus 
élevé ne peuvent s'expliquer que par une intervention indus- 
trielle. Ici il ne s'agit plus, comme à Thenay, d'une division 
de la matière par le feu, mais d'un éclatement par percus- 
sion, c'est-à-dire un progrès. Aussi bien, dit-on, la couche 
tortonienne du Puy-Courny est très postérieure à la couche 
aquitanienne de Thenay, ce que démontre surabondamment 
la présence de débris d'animaux caractéristiques du miocène 
supérieur : Mastodon angustidens, Dinotherium giganteurUy 
HipparioUj etc. 



— 186- 

Depuis les récoltes de M. Rames, de jeunes géologues d'Au- 
rillac auraient recueilli dans la niême couche des fragments de 
toutes les espèces locales de silex ; s'il en est réellement ainsi, 



Oi^\XûiklMMt 



3Uiocctte Stitf. 



1l\Viocenc Jm|. 



/^S 




Cocèi 



octwc 



iûiiuntieit 



. / / / •>■ / •/ V // /- > > /'/'^^ 



droites siûc^ct , cÎMrilf. 



imU l lHIIHJILLLA 



. J _J _ « V — I — t 



6u^ /i^neetuc (tfastj. 

CeUcétlte , 
Itlatnc f'etlè . 




Itîotaine hto^nele , 



Fig. 75, Coupu de H. J.-B. Rames, indiquant Tordre de superposition des assises 
du Puy-Courny, près d'Aarillac (Cantul). 



il faudrait abandonner Tidée d'une sélection dans la matière 
première; mais la question de taille intentionnelle demeure- 
rait entière et M. Rames n'est pas le seul à la soutenir; il 



~ 187 — 

compte en effet les savants les plus distingués parmi les plus 
fermes soutiens de son système. 

A côté des silex de M. Rames, M. Adrien de Mortillet expose 
un échantillon qui, à ses yeux, est des plus probants, car il 
le présente comme ayant à la fois plan de frappe, départ d'es- 
quille et deux conchoïdes de percussion, dont un en creux. 





Fig. 76. Fig. 77. 

Fig. 76 et 77. Silex tertiaire taillé, dessus et dessous, Puy-Courny (Cantal;. 
Collection A. de Mortillet (G. N.). 

La coupe du Puy-Courny, diessée par M. Rames, et deux 
dessins reproduits ici viendront en aide aux observateurs pour 
leur appréciation de ce gisement et de son contenu. 



PÉRIODE QUATERNAIRE 

Époque chelléenne (G. de Mortillet). — Les observations 
isolées faites souvent en place dans les couches, les superpo- 
sitions dans les grottes, d'accord avec les recherches récentes 
de M. d'Ault du Mesnil dans la vallée de la Somme, à Abbe- 
ville, avaient posé les bases de la division de l'industrie qua- 
ternaire en quatre époques industrielles principales, telle que 
M. Gabriel de Mortillet l'a faite dans son livre sur le Préhisto- 
rique. Depuis ces diverses études, on possède une plate-forme 
d'un puissant secours qui a servi de guide dans le classement 



^ 188 — 

de cette partie de notre exposition. Les fouilles qui com- 
prennent les pièces industrielles et la faune contemporaine 
couche par couche montrent clairement le chemin parcouru. 
La couche profonde de la vallée, à Abbeville, a révélé Texis- 





?. 78. 



Fig. 79. 



Fig. 78. Coup de poing, en silex. Carrières de Chelles (Seine-et-Marne). Collection 

A. de Mortillet (2/3). 
Fig. 79. Coup de poing plat, en silex. Yilliers-Louis (Yonne). Collection Feineux {t/Z). 

tence d'une industrie chelléenne qui paraît aussi ancienne au 
moins que celle de Chelles même (voy. ci-dessus, p. 143). 

Nous avons placé en tête de Tépoque les pièces chelléennes 
de Chelles : un type allongé et un autre ovale. Cette industrie, 



— 189 - 

on le sait, est caractérisée par la taille grossière des instru- 
ments sur les deux faces. 

Puis viennent des instruments recueillis sur les plateaux 
en plein air et dans le dragage des rivières. Nous avons ainsi 
mis à profit toutes les sources, afin de ne négliger aucun élé- 
ment de comparaison. On peut constater déjà une améliora- 
tion sensible dans le travail ; très grossier à Chelles et à Abbe- 
ville, il se poursuit au moyen d'enlèvement d'éclats plus petits, 
de plus en plus petits, résultant d'un soin plus attentif. 

Les animaux contemporains du chelléen étaient principale- 
ment VElephas antiquuSj le Rhinocéros Merkii et VHippopo- 
tamus amphibius. 

Vacheuléen (G. d'Ault du Mesnil),dont le nom est conservé 
d'un commun accord, comme transition, est fils de cette 
industrie; dans les sablières de Saint-Acheul, à Amiens, on le 
trouvait en contact avec des éclats de percussion assez grands, 
conduisant au moustérien. 

Dans le quaternaire d'Abbeville, Tacheuléen occupe une 
assise de transition à Elephas primigenius et Elephas anti- 
quuSj avec prédominance d'instruments de silex à deux dos 
taillés à plus petits éclats que pendant l'époque précédente. 
Cette amélioration dans le travail chelléen, avec une diminu- 
tion dans le volume des outils, conduit aux instruments for- 
més d'un éclat de percussion, c'est-à-dire au moustérien., 
Notre carton du Petit-Parc (coll. Collin) est démonstratif à 
cet égard. 

Nous avons réuni systématiquement à des pièces acheu- 
léennes des alluvions de Saint-Acheul et de Thennes (Somme), 
d'autres pièces des plateaux de la Dordogne, des Landes et 
de TYonne, de la grotte des Fées, à Arcy-sur-Cure (Yonne) ; 
nous y avons joint une récolte faite sur le plateau du bois du 
Rocher, à Saint-Hélen (Côtes-du-Nord), qui présente dans le 
même gisement des quartzites taillés se rapportant : les uns 
à l'acheuléen, les autres au moustérien ; on y remarque des 
pointes formées d'éclats de percussion, indiquant ainsi le 
passage d'une industrie à l'autre. 




Fig. 80. 




Fif 81. 



Fig. 80. Coup (le poing fail (l*un grand éclat de silex. Montiëres (Somme). Collection 

A. de Hortillet (S/3). 
Fig. 81. Grand éclat de silex. Levallois (Seine). Collection Ph. Salmon (4/3). 




i^^M^"*'''^ 




Fig. 82. 



Fig. 83. 





Fig. 84. 



Fig. 85. 



Fig. 8â. Pointe muustcrienne en silex. Gérilly (Yonne). Gollcclion Pti. Salmon {i/3). 
Fig. 83. Racloir moustérien en silex. Le Moustier (Dordogoc), Collection A. de Mor- 

lillet (2/3). 
Fig. 8i et 85. Grattoir concave, dessus et dessous. Environs de Bergerac (Dordogne). 

Collection A. de Morlillct (1/î) {Bull. Soc. d'anthropol. de Paris, 1889, p. 67). 



— 192 — 

Époque moustérienne (G. de Mortillet). — Parvenus au 
moustérien par cette transition et d'autres que montrent nos 
cartons, nous avons procédé de même en classant par ordre 
des pièces moustériennes, notamment des racloirs, des éclats 
larges et tranchants et des pointes, le tout provenant des allu- 
vions de Montières, à Amiens (Somme), et des environs de 
Paris, des grottes du Moustier (Dordogne) et d'Espelungues 
(Haute-Garonne), des plateaux du Petit-Parc (Haute-Garonne), 
de l'Aisne, de la Dordogne, de Seine-et-Oise, de la Seine-Infé- 
rieure et de l'Yonne. Nous devons signaler un grattoir con- 
cave en silex (fig. 84 et 85) des environs de Bergerac (coll. 
Adrien de Mortillet); dès qu'on voit arriver cet instrument, 
on peut dire à coup sûr qu'on arrondissait avec soin le bois 
pour les manches ou pour les autres usages. Signalons encore 
un racloir passant au solutréen et provenant de Villeneuve- 
Saint-Georges (Seine-et-Oise); la transition de l'industrie du 
Moustier à celle de Solutré résulte clairement du rapproche- 
ment de nos cartons, en concordance avec la superposition 
souvent constatée dans les gisements, notamment dans la grotte 
de Pair-non-Pair (Gironde), dont les produits sont exposés par 
M. Daleau, comme on le verra dans le chapitre des fouilles. 

Les animaux moustériens étaient principalement VElephas 
primigenius et le Rhinocéros tichorhinus; l'Hippopotame avait 
disparu. 

Époque solutréenne (G. de Mortillet). — Dans la vallée de 
la Somme, à Abbeville, M» d'Auit du Mesnil a constaté l'exis- 
tence d'une couche de transition à Elephas primigenius et 
Equus caballus avec prédominance de la pierre taillée en lames 
larges ; mais elle renfermait aussi des silex plus étroits, dont 
quelques-uns avec retouches d'aspect solutréen : c'est assuré* 
ment là le passage du moustérien à l'époque suivante. Cette 
transition industrielle a été désignée par M. d'Ault du Mesnil 
sous le nom de menchecourienne; on pourrait l'appeler préso- 
lutréenne. Le solutréen ne paraît pas s'être développé davan- 
tage dans le quaternaire d'Abbeville, si bien étudié par notre 
collègue; mais ce n'est pas le seul point du territoire où le 



— 193 — 

solutréen se montre à peine, quand il ne manque pas entière- 
ment. 

Nous avons un carton de silex du gisement en plein air de 
Solutré (Saône-et-Loire), où apparaissent les pièces caracté- 
ristiques comme les pointes en feuille de laurier et les pointes 
à cran, dont on connaît un spécimen en os, commencement 
de l'emploi de cette matière, qui s'est tant développé pendant 
l'époque suivante. Suit un carton de solutréen des abris de 
Laugerie-IIaute (Dordogne), où notre collègue Testut a trouvé 
cette industrie sur du moustérien. Les racloirs font place aux 
grattoirs et les burins commencent à se montrer aussi ; rien 
de plus naturel, puisque la sculpture en relief et la gravure y 



/A 









Fig. 86. 



Fig. 87. 



Fig. 89. 



Fig. 80. Pointe solutréenne en feuille de laurier. Les Eyzies (Dordogne). Collection 

E. Collin (2/3). 
Fig. 87. Grattoir solutréen, en silex. Gro-Magnon (Dordogne). Collection Â. de Mor- 

lillet (2/3). 
Fig. 88. Pointe solutréenne à cran, en silex. Les Eyzies (Dordogne). Collection E. Gollin 

(2/3). 
Fig. 89. Pointe solutréenne en silex, à cran (G. N.). Soint-Benoîl-sur-Vannes (Aube), 

Collection A. de Mortillet. 



font aussi leur apparition. Nous avons également un carton 
de la grotte de l'Église, à Excideuil (Dordogne), provenant 
des fouilles du docteur Parrot, où le solutréen côtoie le 

13 



— \u — 

magdalénien, et un autre carton de la station de Beauregard, 
près de Nemours (Seine-et-Marne), où les deux industries se 
rencontrent encore. Tune passant à l'autre. 

Les animaux du solutréen étaient principalement VEquus 
caballusy en grande abondance, et VElephas primigenius. Le 
Renne, qui avait apparu dans le moustéricn, continue à se 
montrer un peu dans le solutréen; mais c'est seulement dans 
l'époque suivante qu'il arrive h une très grande proportion ; 
il y aurait lieu peut-être de rechercher pourquoi le Cervus 
tarandns n'est pas prédominant pendant le moustérien, qui 
correspond à une grande extension des glaciers. 

Époque magdalénienne (G. de Mortillet). — Nous sommes 
entrés dans le magdalénien issu manifestement du solutréen ; 
nous rattachons à cette dernière industrie le carton que nous 
possédons de magdalénien rudimentaire de la grotte des Fées, 
à Arcy-sur-Cure (Yonne). La station de la Madeleine (Dor- 
dogne), qui a donné son nom à la quatrième époque quater- 
naire, est très bien représentée dans nos vitrines; on y voit le 
développement des lames et le perfectionnement des instru- 
ments de l'époque précédente, les grattoirs, les burins, les 
perçoirs, etc. Ces outils sont souvent doubles et présentent 
parfois l'union d'un burin à un grattoir et d'un grattoir à une 
scie. Certains perçoirs obliques deviennent nombreux : on les 
connaît sous le nom de bec de perroquet. Des pointes à dos 
abattu, remontant au solutréen, se développent en abondance, 
et il y en a de toute petite dimension ; elles ont passé dans le 
néolithique, avec peu de différence de forme, comme on peut 
le voir sur un carton de Mv Adrien de Mortillet qui indique de 
nombreuses provenances. 

Nous avons sur nos cartons des silex de la grotte des Eyzies 
et d'autres grottes de la vallée de la Vézère : un petit os gravé 
donne une tête de chèvre. 

L'art de la gravure et de la sculpture a pris un développe- 
ment qu'on admire et dont les sujets principaux sont trop 
connus pour que nous les rappelions. 

Parmi les burins exposés par M. Adrien de Mortillet, il y en 




Fig. 99. 



Fig. 100. 



Fig. 101. Fig. 102. Fig. 103. 



Fig. 104. Fig. lun 



Fig. 90. Grattoir magdalénien. Environs de Bergerac (Dordogne). Collection A. île 

MortiUet (2/3). 
Fig. 91. Burin en silex. Environs de Bergerac (Dordogne). Collection A. de MorliUct 

(2/3). 
Fig. 92. Bec de perroquet en silex. Abri de Soucy. Lalinde (Dordogne). CoUËi:tiaa 

A. de Mortillet (2/3). 
Fig. 93. Gravure sur os d'oiseau. Grotte d'Anidy (Haules-Pyrénées). Collection A, du 

Mortillet (G. N.). 
Fig. 94. Développement de la gravure précédente (G. N.). 
Fig. 95. Pendeloque en os, forme de coccinelle. Grotte des Fées. Arcy-sur-Gure (Vonne). 

Collection Ficatier (G. N.). 
Fig. 96 et 97. Petits instruments en silex. Province de Banda (Inde). Musée de Saint- 
Germain (G. N.). (VHomme, 1884, p. 145.) 
Fig. 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 105. Petits instruments en silex. Coincy-rAbtrEi)>? 

(Aisne). Collection E, Taté (G. N.). {LHomme, 1885, p. 689.) 



— 196 — 

a un de 15 centimètres de longueur. Nous ne connaissons 
aucun autre exemple d'un outil aussi fort, qui a permis de 
supposer qu'on pouvait l'utiliser à raboter le bois. 

A côté de la grossière industrie magdalénienne de la grotte 
des Fées, à Arcy-sur-Cure, nous avons celle de la grotte voi- 
sine du Trilobite, qui est meilleure, sans atteindre toutefois 
le fini des bonnes grottes de la Dordogne ou de la Vienne. 

Dans la grotte du Trilobite, le travail de l'aiguille en os a 
été trouvé, ou plutôt pris sur le fait ; le docteur Ficatier y a 
récolté le merrain, l'os sur lequel les esquilles étaient sciées, 
avec une esquille restée brute et des aiguilles finies, avec chas, 
ou presque achevées. 

Les principaux animaux magdaléniens étaient le Renne 
{Cervus tarandus)^ avec un énorme développement, et un Ele- 
plias primigenius. L'Éléphant, avec des modifications diverses, 
a vécu pendant toute notre période quaternaire, et chez nous 
il a disparu avec elle, comme le Renne. 

La faune néolithique, toute différente de la faune quater- 
naire, était pour ainsi dire la faune actuelle. 

PÉRIODE NÉOLITHIQUE 

Époque campinienne (Ph. Salmon). — La grotte de Ner- 
mont, également dans l'Yonne, commune de Saint-Moré, rap- 
prochée des stations intermédiaires du quaternaire au néoli- 
thique, notamment de la station bien connue de Delémont, 
fournit à l'étude des éléments précieux pour le passage d'une 
période à l'autre. Le travail du silex s'y est continué d'abord, 
comme le montrent les cartons de MM. Feineux et Ficatier, 
sur la donnée magdalénienne. Les lames, les couteaux y sont 
pour ainsi dire pareils, dans la couche archéologique du fond, 
et il y avait même un burin. Mais ce qui est digne de la re- 
marque la plus attentive, c'est que, sur la ix)che môme for- 
mant la base de la grotte, le docteur Ficatier a recueilli cinq 
tranchets de silex. Voilà donc un point de départ sûr pour 
cet outil, qui semble être le premier effort de l'Homme à la 



- '97 — 
recherche du tranchant de la hache, instrument nouveau qui 
va se développer largement dans la deuxième période de l'âge 
de la pierre. Les tranche ts de Nermont sont sur un des cartons 
de M. Ficatier, et nous invitons tous les visiteurs à les exami- 
ner avec le soin qu'ils méritent. Nous les prions aussi de se 
rappeler que des tranchets analogues accompagnent aussi 
déjà les kjoekkenmoeddings danois les plus anciens, comme 





Fig. 107. 



Pig. 108. Tranchct en silex. Grotte de Nermont (Yonne). Collection Ficatier (2/3). 
Fig. 107. Tranchet en silex. Seine-Port (Seine-et-Marne). Collection Ph. Salmon (2/3). 



ils peuvent le voir d'ailleurs à l'exposition du Danemark, dans 
l'histoire du travail. Voilà deux données qui se soutiennent 
l'une l'autre et qui se rapportent au môme temps. 

Ce n'est pas tout. Le môme outil a une très grande expan- 
sion et on le trouve notamment à des altitudes où il peut être 
considéré comme en place. Nos cartons en montrent du dépar- 
tement de l'Yonne et de plusieurs autres provenances. La 
station du Campigny (Seine-Inférieure) les contient en abon- 
dance, comme instrument typique, et M. Salmon a cru pou- 
voir désigner sous le nom de campinicnne une coupure placée 



— 198 — 

en tête du néolithique, se soudant à Tépoque magdalénienne 
au moyen des silex pseudo-magdaléniens de Delémont, de 
Nermont et d'autres localités. Ainsi, et pour toujours, est 
supprimé Thiatus ou lacune dans nos connaissances, qui a 
longtemps préoccupé les anthropologistes. 

Dans les environs d'Abbeville, notre collègue d'Ault du 
Mesnil a trouvé le tranchet avec l'industrie de la fin de l'âge 
de la pierre ; si cet outil a manqué dans la couche plus ancienne 
de ses fouilles, on ne saurait en induire que cette forme 
n'existait pas antérieurement ailleurs, ni môme dans la vallée 
de la Somme, car les échantillons ont pu échapper aux inves- 
tigations. Alors même qu'elle aurait apparu, à Abbeville, seule- 
ment plus tard , cela pourrait s'expliquer par l'extension des 
colonies qui la connaissaient. Au surplus, elle abonde dans le 
bassin voisin de la Seine, surtout au Campigny, comme nous 
l'avons dit. 

Le gisement du Campigny nous fournit un autre indice pré- 
cieux : le polissage du silex y est rare et timide, c'est le com- 
mencement, et Ton y voit en même temps finir l'époque cam- 
pinienne, caractérisée par un travail rudimentaire, qui cède 
la place à la hache développée, se polissant de plus en plus. 

Époque robenhausienne (G. de Mortillet). — Nous sommes 
entrés dans l'époque robenhausienne ou de l'expansion du 
polissage de la hache, avec amélioration du reste de l'outil- 
lage, soit terrestre, soit lacustre. C'est l'abondance des 
richesses. 

Pour l'industrie terrestre, nous avons sur nos cartons d'in- 
nombrables pièces dont il faut bien parler sommairement et 
qui montrent le progrès marchant, marchant toujours : 

Des haches néolithiques taillées, ayant servi sans doute 
dans cet état, at d'autres préparées pour le polissage (Choisy- 
le-Roi, Paris, Courgenay), silex; 

Des haches polies en silex (Evry, Sens, etc.) ; 

Une hache polie, retaillée et repolie (Ivry), silex. Économie 
bien entendue ; 

Une hache polie en silex, diminuée dans la longueur et 



— 199 — 

rétrécie dans la largeur à une extrémité, comme pour l'em- 
mancher dans une corne de cerf (Braisne) ; 




Fig. 108. Hiche polie en grès. Environs de Sens (Yonne). 
Collection Feineux ('à/3). 

Une hache polie, en silex, raccourcie comme pour servir de 
ciseau, en frappant sur l'autre extrémité qui en porle les 
traces (Vaudeurs) ; 

Des grattoirs convexes, en silex, de toute longueur et de 
toute largeur (Viry, Choisy-le-Roi, Ablon, Vitry, Charenlon, 
Paris). A Charenton, au confluent de la Marne et de la Seine, 
il y avait un véritable atelier de grattoirs; 




Fig. 109. Grattoir robenhausien. Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Ois^). 
Collection Pli. Salmon (2/3). 

Des grattoirs concaves, en silex (Rigny-le-Ferron . Ville- 
neuve-Saint-Georges) ; 



— 200 — 

De nombreuses lames ou couteaux de silex (Choisy-le-Roi, 
Ablon, Vilry, Villeneuve-Saint-Georges, Charenton, Evry); 

Des perçoirs en silex (Paris, Charenton, Maisons-Alfort, 
Choisy-le-Roi, Seine-Port) ; 

Deux retouchoirs retaillés, en silex, à rubans, comme les 
poignards et les lances (Ris, Vaudeurs). De petits objets d'art; 

Des scies en silex, dont une à coches (Choisy-le-Roi, Ville- 
neuve-Saint-Georges, Pressigny-le-Grand); 

Des pointes de flèches, en silex, de formes diverses (Ablon, 
Choisy-le-Roi, Corbeil, Coulours, Ivry, Seine-Port^ Vaudeurs, 
Vitry). M. Adrien de Mortillet expose tout un carton de mer- 




Fig. 110. Pointe de flèche robenhausionne en silex. Coulours (Yonne). 
Collection Ph. Salmon (G. N.). 

veilleuses pointes de flèches d'autres provenances, donnant une 
idée de la variété dans les formes et de l'habileté des ouvriers; 

Une pointe de lance en silex, feuille de laurier (Choisy-le- 
Roi); 

Un fragment d'anneau en schiste (Ablon). La destination 
de ces disques troués n'est pas encore bien définie; 

Deux polissoirs à rainures et cuvettes, provenant de la 
région de Pressigny-le-Grand, si riche en néolithique (coll. 
Chaumier) ; 

Une pointe de lance, en os (Paris, barrage de la Monnaie) ; 

Un andouiller ou corne de chevreuil, avec trou de suspen- 
sion (même provenance) ; 

Un poinçon en X)s (Vii^) ; 

Un carton entier de petites pointes de silex, à dos abattu, 
de provenances diverses (M. Adrien de Mortillet) ; 



— 201 — 

Plusieurs petits tranchets en silex comme le petit tranchet 
danois attaché entre deux petites lattes de bois pour servir de 
manche; comme celui que M. Vauvillé a recueilli, avec un 
manche d'os, dans une sépulture néolithique de l'Aisne ; 
comme ceux des grottes sépulcrales néolithiques de la Marne, 
où ils abondent; comme ceux qu'on trouve partout et que 
M. Adrien de Mortillet expose en grand nombre sur un carton, 
avec indication particulière des provenances. Deux opinions 





Di.C. 




Fig. 112. 



Fig. 113. 



Fig. 111. Petit tranchet en calcédoine. Environs de Bergerac (Oordognc). Collection 
A. de Mortillet (2/3). 

Fig. 112 et 113. Tranchet emmanché. Montigny-PEngrain (Aisne). Collection Vau- 
villé (G. N.). {Bull. Soc. iVanthropol. de Paris, 1888, p. 456.) 

se sont fait jour à leur sujet. Les uns ont voulu y voir exclusi- 
vement des armatures de flèches à tranchant transversal; les 
autres n'ont voulu y voir que de petits outils à introduire dans 
des manches d'os ou de bois, pour un travail à la main non 
défini; d'auti^es ont cru à ces deux emplois. L'usage à la main, 
avec ou sans manche, paraît hors de toute discussion. Les 
recherches dans l'ethnographie des sauvages actuels et dans 
les collections de projectiles de nos derniers arbalétriers nous 
ont fait découvrir, sans sortir de l'Exposition, des flèches 
armées de tranchants transversaux. Le ministère delà guerre. 



— 202 — 

à l'esplanade des Invalides, expose la riche collection Riggs, 
et nous y voyons des flèches d'arbalète à tranchant transver- 
sal en fer. L'exposition du Portugal renferme une série de 
flèches de la Guinée, parmi lesquelles on en distingue plu- 
sieurs à tranchant transversal, en fer également. Pour nos 
derniers arbalétriers, la destination sans doute était la guerre 
exclusivement. Pour la Guinée, le commissaire de l'exposition 
portugaise a lépondu que la destination était exclusivement la 
guerre aussi. Quoi qu'il en soit, voilà donc bien établi qu'on 
employait, ou qu'on emploie encore, pour le service des arba- 
lètes ou des arcs, des flèches à tranchant transversal ; cette 
armature en fer atteint ou dépasse quelquefois 4 centimètres 
de largeur. Nos petits tranchets en silex sont peut-être un 
peu moins larges ordinairement, et le fer a sur eux l'avantage 
de pouvoir être plus mince et de pouvoir en outre être très 
bien aiguisé, très bien repassé à la meule ou à la lime. Malgré 
ces diflerences, il faut peut-être admettre que les petits tran- 
chets de silex servaient de la même manière. 

Sur nos cartons robenhausiens, nous avons une série de six 





Fig. \u. 



Fig. H5. 



petits vases en terre cuite appartenant à MM. Feineux et Fica- 
tier; ils ont été récoltés dans la grotte de Nermont, dans trois 
couches de séjours néolithiques séparés. Comme on peut s'en 
assurer par nos dessins, il y a progrès dans le travail; ceux 
qui ont des ornementations étaient à la partie supérieure des 



— 203 — 

couches néolithiques. Il y avait en outre des fragments de vases 
plus grands, présentant jusqu'à 38 centimètres d'ouverture. 





Fig. 116. Fig. 117. 

Nous avons également sur nos cartons un petit vase de la 
palafittede Robenhausen, dont la facture est meilleure (coll. 
Collin). Ce point de comparaison nous amène à la partie 
lacustre de notre exposition (coll. d'Ault du Mesnil, Collin, 
Adrien de Mortillet, Salmon). Nous y avons différentes pièces 
intéressantes et variées de la Suisse, donnant une idée de cette 
industrie particulière : 

Une gaine droite, encorne decerf (Bevaix), avec hache polie; 

Une gaine à talon, avec, hache polie (Pontalban) ; 

Deux ciseaux polis, à manche en corne de cerf (Cortaillod, 
Estavayer) ; 

Une gaine avec petit talon et hache (Saint-Biaise) ; 

Une gaine droite sans hache (Cortaillod) ; 

Une gaine très usée (Auvernier) ; 

Une gaine à fourchette (Hauterive, lac de Neuchâtel) ; 

Une gaine en préparation, taillée d'un côté seulement 
(Suisse) ; 

Un casse-tête en forme de hache (Saint-Biaise), corne de 
cerf; 

Un casse-tête à trois talons (lac de Bienne), corne de cerf; 

Une lame de silex zone (Estavayer) ; 

Une rondelle de grès trouée au centre (Pontalban). Fu- 
saïole (?) ; 

Un silex, lame de poignard (Suisse) ; 



— 204 — 

Dix petites haches polies, en roches locales (Pontalban, 
Robenhausen, etc.); 

Un tout petit grattoir en silex noir (Estavayer) ; 

Une pointe de flèche en silex, légèrement concave à la 
base (Estavayer) ; 

Une gaine avec hache polie, cassée dans toute l'épaisseur 
(Aavernier) ; 

Enfin des harpons, des lissoirs, des poinçons en os, etc. 

Le polissage s'accentue et se perfectionne à mesure que 
l'époque robenhausienne s'avance : c'est son caractère prin- 
cipal; mais ce caractère est accompagné d'un art nouveau, 
celui du tissage, dont la fabrication des filets pour la pêche 
ne se sépare point. Nous avons sur un carton de la collection 
de M. Collin des échantillons de fil, de filet et de tissus de lin 
en provenance de la station néolithique de Robenhausen 
(Suisse). Aucune autre matière textile n'a encore été reconnue. 

Le soin des morts. apparaît également. L'inhumation, com- 
mencée vraisemblablement dans les grottes naturelles, s'est 
continuée dans les dolmens et dans les grottes artificielles qui, 
dans la Marne et ailleurs, sont des équivalents; l'industrie 
robenhausienne s'y rencontre et elle y atteint graduellement 
un perfectionnement dont aucun exemple n'avait été remar- 
qué jusque-là. 

Époque carnacéenne (Ph. Salmon). — L'érection des men- 
hirs, l'édification des dolmens sont une manifestation impor- 
tante et caractéristique qui semble avoir sa place marquée 
dans les étapes de l'humanité; son expansion est générale, 
comme on peut le voir sur les deux cartes exposées par M. Adrien 
de Mortillet, l'une des dolmens de France, l'autre des dolmens 
du monde entier : c'est l'origine de l'architecture, d'un art 
qui joue ensuite l'un des plus grands rôles. Nous avons dans 
nos vitrines des représentations réduites de monuments mé- 
galithiques de France et d'Angleterre; nous reproduisons ici 
les dessins d'un menhir et d'un dolmen de Corse, d'après les 
photographies exposées au Trocadéro par M. Adrien de Mor- 
tillet. Nos lecteurs et nos visiteurs nous diront, s'ils le veulent 




Fig. 118. 




Fig. 110. 



Fig. 118. Deux menhirs. Bords du Rigganesc, commune de Sartène (Cors*»). Mission 

A. de Morlillet. ^ ^^ ^^ . .,. . . , 

Fig. 119. Dolmen de Fontanaccia , commune de Sartène (Corse). Mission A. iie 

Mortillet. 



— 206 — 

bien, leur avis sur la pensée qu'a eue l'un de nous de s'appuyer 
sur ces monuments, pour demander s'il ne convient pas d'en 
faire la base de la dernière époque de la période néolithique, 
en empruntant le nom de cette troisième division à la localité 
typique de Carnac. L'origine de ces constructions est con- 
temporaine d'un redoublement de soins pour les morts et 
d'une accentuation de la religiosité. Les amulettes se multi- 
plient et la trépanation fournit les curieuses rondelles dont 
nous parlons dans un article particulier, et dont nos vitrines 
renferment des spécimens. Nous avons sur nos cartons un 
exemplaire de ces haches trop grandes pour être utilisables 
sans doute, ou trop petites pour pouvoir servir; la grande 
mesure 45 centimètres de longueur et provient du dolmen de 
Tumiac-eii-Arzon (Morbihan); elle est en chloromélanite ; les 
petites ont seulement 2 centimètres de longueur (coll. Piketty) ; 
il y en a de plus petites encore. On ne saurait se défendre de 
l'idée que ce sont des pièces emblématiques. La grande hache 
en chloromélanite est cassée dans la longueur, au moyen d'un 
coup dont la trace est visible. Le musée de Vannes expose, 
à l'histoire du travail, une série de grandes haches, dont la 
plupart sont cassées de la même manière, dans la longueur, 
intentionnellement; elles proviennent toutes de sépultures 
néolithiques du Morbihan. Il faut sans doute voir dans cette 
pratique un rite analogue à celui des dolmens de la Lozère, 
où M. 1^ docteur Prunières a fréquemment trouvé un frag- 
ment de hache polie placé votivement auprès des morts. 

Un autre rite s'est fait jour dans le Morbihan : on l'a re- 
connu notamment dans la sépulture en cistes de l'île de 
Thinic, près de Portivy, commune de Saint-Pierre-Quiberon. 
Les morts, enfermés dans des caisses de pierre, avaient avec 
eux respectivement un percuteur, un nucléus, des lames déta- 
chées séance tenante. Le silex avait été emprunte sur place 
aux galets du rivage. Le percuteur n'avait frappé que les coups 
nécessaires pour le dégagement des lames votives. Le nucléus 
ne montre que la place des lames- Le mobilier funéraire était 
complété par un galet de schiste étroit et tendre avec enlève- 



— 207 



t<li«i:|l 



mû 



ment dans l'épaisseur à une extrémité, pour former un biseau 
et simuler une hache ; parfois le schiste 
avait été choisi à cause de sa forme 
de hache naturelle (coll. Salmon), 
comme le calcaire dans les dolmens de 
Collorgues (Gard), de Crécy-en-Brie 
(Seine-et-Marne), de Brueil (Seine- 
et-Oise),etc. Les héritiers conservaient 
les bonnes. La fraude ainsi faite aux 
morts avait engendré uri usage écono- 
mique. 

Nous avons en outre des échantil- 
lons du sciage et du forage des pierres 
dures , précieuses et chatoyantes par 
la couleur, recherchées par suite d'un 
goût d'élégance autant que d'utilité. 
La forme aussi devient incontestable- 
ment artistique. Nous avons une hache 
en jadéite, provenant de Viry (Seine- 
et-Oise),qui ne laisse rien à désirer 
comme élégance ou polissage. Nous 
en avons une autre, de môme nature, 
très plate et très mince, provenant de 
Villeroy (Yonne), de la collection- Ba- 
zin ; le tranchant n'est pas fait. Nous 
en avons d'autres, de matière diffé- 
rente, qui sont contondantes et non Fig. iSO. Grande hache polie en 
. , . TVT f . . jadéite. Dolmen du Mané-er- 

tranchantes. Nous en présentons qui ^Hoeck, Loemariaker (Mor- 
ont un trou de suspension et que Ton 
peut considérer comme des pièces de 
parure. Nous en avons une grande en jadéite foncée, à côte 
médiane, recueillie dans le dolmen de Mané-er-Hoeck (Mor- 
bihan), passée encore dans un anneau ou disque troué de 
même matière. Faut-il voir là un rite sépulcral? On en est 
tenté, d'autant plus qu'à côté nous mettons un aiguisoir 
recueilli dans un tumulus à la Coquille, aux environs de 



il; h 



bihan). Musée de Vannes(l/3). 
(Musée préhistorique.) 



— 208 — 

Paris, où il était encore également passé dans un anneau en 
serpentine. Citons encore une hache polie, trouée, naviforme, 
du musée d'Auxerre, provenant d'Héry (Yonne) ; un casse-tête 
épais, troué, en calcaire poli, provenant de Châtillon, Seine- 
et-Oise (coll. Salmon); un autre casse-tête troué, en silex, à 
bords retaillés et tranchants, provenant de Villeneuve-Saint- 
Georges, Seine-et-Oise (Piketty) ; des poids de filets troués, 
en calcaire, provenant des dragages de la Seine (Salmon) el 
analogues a ceux de la sépulture dolménique de Crécy-en-Brie 
(voy. notre article Fouilles) ; une petite hache en serpentine, 
percée pour la suspension, provenant d'Arces (Yonne) (coll. 
Salmon); des i>endeloques en cristal de roche et en quartz, 
avec trou de suspension, provenant du Morbihan. A côté de 
ces pièces on en remarque une en quartz, dont le trou est 
seulement commencé de chaque côté; on prend ainsi sur 
le fait le mode de travail pour le forage. 

Nous avons aussi sur nos cartons des poinçons et autres 
instruments néolithiques en os, dont l'origine, comme utili- 
sation de la matière première et comme outils, remonte à 
Tépoque magdalénienne. 

L'art de la gravure et de la sculpture, qui remonte à la 
même époque et qui était parvenu à un point digne d'atten- 
tion, avait disparu avec la période quaternaire. C'est avec les 
monuments mégalithiques qu'il a fait sa réapparition. Nous 
ne dirons rien des sujets de gravure et de sculpture des dolmens 
du Morbihan, qui sont connus, et parmi lesquels ne se trouve 
point la représentation féminine dont nous avons deux spéci- 
mens dans notre exposition. Grâce à MM. Nicolas et Teste, 
nos collègues, nous avons sous nos vitrines deux dalles origi- 
nales sculptées, en grès, provenant d'un dolmen de Collorgues, 
canton de Saint-Chaptes (Gard); la première, la plus grande, 
était placée sur la sépulture, au sommet, et reposait sur une 
dalle brute plus forte. La seconde formait le linteau de l'en- 
trée du couloir donnant accès à la chambre sépulcrale; la face 
sculptée de cette dernière était tournée en dessous, de sorte 
que la partie supérieure de la figure portait sur le montant 



— 209 — 
gauche de cette entrée. Le travail est le même sur les deux 
pierres, mais il est toutefois meilleur ou plus visible sur la 
plus petite; leur donner le nom de statues dans toute l'accep- 
tion du mot serait exagéré : 
c'est cependant l'impres- 
sion qui résulte de leur 
aspect, quoique rudimen- 
taire; le haut est en effet 
plus étroit, comme il con- 
vient pour une tête. Le 
travail de l'artiste ne dé- 
passe pas la ceinture; en- 
suite il n'y a plus rien que 
la matière mêmel 

La plus grande mesure 
l^jTS delongueursur0™,75 
de plus grande largeur. Le 
dessin, d'après M, Lom- 
bard-Dumas, a été publié 
dans VHamme, 1887, pages 
276-279. On distingue des 
sourcils, des yeux, un nez, 
deux seins, deux bras allon- 
gés dessous et, plus bas, un 
signe dans lequel les uns 
ont voulu voir une hache, 
les autres un bâton recour- 
bé; il est très difficile de 
se prononcer sur la valeur 
de cet objet, qui se trouve 
dans des sculptures de dol- 
mens charentais et qu'il 
serait bon de pouvoii* défi- 
nir. Une ligne circulaire, 

qualifiée quelquefois de collier, passe sous les seins et 
remonte vers le haut de la statue. 

u 




'r'\ '^ 







Fig. 121. Pierre sculptée d*un dolmen. Col- 
lorgues (Gard). Collection L. Teste (1/10). 



— 210 — 

La plus petite dalle mesure 1™,32 de longueur sur 0"*,45 de 
plus grande largeur; elle est plus étroite encore que la grande 
vers le sommet de la tête; les éléments de la sculpture sont 
les mêmes, mais ils sont un peu différemment placés; les 
sourcils, le nez, les yeux sont seuls circonscrits et contenus 
dans la ligne circulaire ou collier, puis apparaît le signe indé- 
terminé (hache ou bâton recourbé?) au-dessus des seins; les 
bras viennent ensuite, descendant aux environs de la ceinture, 
et cette fois les doigts sont marqués aux deux mains en face 
Tune de Tautre. Nous plaçons plus haut le dessin de cette 
image, qui n'a pas encore été publiée (fig, 121). 

Les dolmens charcutais ne sont pas les seuls qui aient 
donné des figures se rapprochant des dalles sculptées de 
Collorgues; il faut signaler encore le dolmen de Boury (Oise); 
il faut surtout les comparer aux représentations des grottes 
de la vallée du Petit-Morin (Marne), particulièrement celle 
de Razet, près de Coizard, et une autre du groupe de Cour- 
geonnet. Cette dernière comprend une hache emmanchée qui 
a conduit sans doute à en voir une aussi dans le signe indé- 
terminé de Collorgues. Après Broca, M. de Quatrefages a 
élevé la figure des grottes de la Marne à la hauteur d'une 
divinité féminine, protectrice des tombeaux ; c'est aller peut- 
être bien loin chercher une explication qu'on trouverait dans 
le réalisme, s'il ne fallait pas garder une certaine réserve; 
l'emblème ne serait-il pas tout simplement celui de la fécon- 
dation, de la reproduction, de la grande loi naturelle dans 
la maternité de la Femme, qui a dû se faire jour des pre- 
mières? Témoin la représentation magdalénienne de lafemme 
enceinte de la collection de Vibraye. Ce serait, dans le dolmen 
de Collorgues, un rapprochement de la vie et de la mort. En 
outre, on ne saurait oublier que la famille de la mère, absolu- 
ment, a été la première reconnue et l'est encore parmi plu- 
sieurs populations restées primitives. L'importance du sujet 
justifiera retendue que nous lui avons donnée. Aussi bien, 
avec ces deux sculptures, nous arrivons à la fin de la période 
néolithique. 



— 2H — 

Notre disposition chronologique de l'industrie de Tâge de 
la pierre s'appuie, dans la période quaternaire, sur les tra- 
vaux concluants de MM. G. de Mortillet et G. d'Ault du Mesnil. 
Les époques et les transitions qui les soudent entre elles sont 
manifestement établies pour l'occident européen; on peut les 
suivre clairement dans nos vitrines. 

La lacune a définitivement disparu; nos cartons présentent 
la série ininterrompue de l'outillage. 

La période néolithique, rattachée au quaternaire par les 
stations intermédiaires de plus en plus nombreuses, présente 
elle-même un développement sans arrêt. Qu'on laisse cette 
période sans division ou qu'on la divise en trois époques, 
comme l'a proposé M. Salmon, peu importe. La continuité 
dans le progrès est incontestable, et c'est ce qu'avant tout 
nous avons cherché à démontrer. 

Pour la première fois, dans une exposition universelle, l'in- 
dustrie des temps reculés de l'âge de la pierre est classée 
méthodiquement du commencement à la lin, comme une 
longue leçon de choses, bien à sa place dans les galeries de 
l'instruction publique. Quelque confiance que puisse inspirer 
notre synthèse, nous provoquons et nous attendons toutes les 
observations de la critique, en demandant qu'on nous tienne 
compte de nos efforts et de notre bonne volonté. 



§ 4. — Procédés de fabrication de» instrnmento 
de pierre. 

L'étude comparative des innombrables spécimens que l'on 
possède aujourd'hui des différentes époques de l'âge de la 
pierre, comme aussi l'expérimentation qui reconstitue le modus 
faciendi des antiques tailleurs de pierres, permet, dans l'état 
actuel de nos connaissances, de comprendre presque dans 
tous ses détails et de décrire le travail préhistorique de la 
pierre. C'est pour faire cette démonstration que M. le docteur 
Capitan a exposé dans une vitrine une série de pièces que 
l'on peut diviser en deux grands groupes. Tout d'abord, les 



— 212 — 

instruments servant à la fabrication des objets en pierre, puis 
ces divers objets aux différentes périodes de la fabrication et de 
leur réparation lorsqu'ils ont déjà servi. En second lieu, une 
çérie des principaux types qui caractérisent chaque époque de 
la pierre, chaque type étant représenté par les diverses varié- 
tés de formes qu'il présente. — Il est, en effet, un point fort 
remarquable, c'est qu'à part quelques rares exceptions, chaque 
époque est caractérisée par un certain nombre de formes 
inconnues avant ce moment, disparaissant après ou se modi- 
fiant; ces formes on les retrouve dans le monde entier avec 
une identité d'aspect très remarquable, et se succédant bien 
souvent dans les temps suivant le même ordre. Ces types sont 
d'ailleurs peu nombreux, il est donc facile d'en faire une des- 
cription rapide. 

TRAVAIL DE LA PIERRE 

Quatre procédés ont été employés par les populations préhis* 
toriques pour fabriquer leurs instruments en pierre : 1*" Véton- 
nement au feu; 2** \di percussion; S*" la pression;^** le polissage. 

1** Étonnement au feu. — Ce procédé consistait à chauffer 
un morceau de silex, puis à le projeter chaud dans l'eau 
froide; le silex, suivant son degré de température, éclate en 
morceaux ou se craquelle. C'était le procédé employé par 
l'Anthropoïde tertiaire, d'après M. de Mortillet. Nous n'insis- 
terons pas sur ce procédé encore en discussion. 

2** Percussion. — C'était là le procédé le plus ordinaire- 
ment employé. Le percuteur était de dimension fort variable; 
il en existe de gros comme les deux poings et plus encore, 
d'autres gros comme de petites noix. Le percuteur est toujours 
plus ou moins arrondi et semé d'étoilures à la surface pro- 
duites par l'usage, parfois absolument sphérique; quoi qu'on 
en ait dit, c'est toujours à cette forme arrondie qu'on arrive 
expérimentalement (fig. 122). Complètement arrondi, il a pu 
souvent être utilisé comme broyeur, il est alors usé par places. 
Ce percuteur servait tantôt à enlever, par une série de chocs 
violents portés sur le bord d'un morceau de silex tenu de 



— 213 — 

l'autre main, une série d'éclats de manière à dégrossir, puis 
à façonner le bloc de silex, qui devenait ainsi progressivement 
un instrument. C'est le procédé employé par exemple pour 
fabriquer l'instrument chelléen. Tantôt on se servait du per- 
cuteur pour détacher d'un bloc ou nucléns^ des lames régu- 




Fig. 122. Percuteur paléolithique. Grotte de TÉglise. Exposition 
du docteur Capilan (\/t). 



lières qui étaient employées telles quelles, formant ainsi de 
véritables couteaux à tranchant fort coupant, ou bien étaient 
façonnées par une série de petits chocs portés sur le bnrd, 
produisant des relouches au moyen desquelles le primitif 
tailleur de silex donnait une forme voulue à la lame de silex. 
Les formes et les dimensions des éclats ou lames varient énor- 
mément, comme aussi celles des nucléus. Il en est de gios- 




Fig. 123. Mucléus paléolithique. Grotte d'Excideuil. Exposition 
du docteur Capitan (1/2). 

siers, irréguliers de forme, d'autres d'une régularité parfaite; 
tantôt les lames sont enlevées sur une seule face, tantôt tout 
autour et souvent dans divers sens (fig. 123). Certaines lames 



— 214 - 

ont à peine 2 ou 3 centimètres de longueur sur quelques 
millimètres de largeur, comme aussi on a pu en découvrir, 
fort rarement il est vrai, mesurant jusqu'à 35, 40 et fnême 
43 centimètres de longueur, sur 4 à 5 de largeur. 

Le nucléus présente toujours à son extrémité une face 
plane ou oblique, perpendiculaire à une face latérale. C'est à 
la rencontre de ces deux faces que le percuteur doit frapper, 
pas tout à fait parallèlement à l'axe du nucléus (fig. 124). 




Fig. 124. Manière de détacher les lames du nucléus, par percussion, au moven 
du percuteur. D'après la pièce de la vitrine du docteur Capitan (1/3), ' 

On détache ainsi une lame qui laisse sur le nucléus son 
empreinte présentant à la partie supérieure une petite dépres- 
sion correspondant au point où a porté le percuteur. Sur la 
lame, au point symétrique, il existe une petite saillie arrondie 
ou conchoïde de percussion, caractéristique presque absolue 
du travail humain. Sur celte face la lame présente donc une 
surface unie et en haut le conchoïde de percussion. Sur la 



215 — 



■r.-- 



face opposée, ou bien il existe l'écorce du bloc de silex, ou 
bien, si au préalable d'autres lames avaient été détachées du 
nucléus, on trouve sur la lame l'empreinte de ces lames sous 
forme de surfaces planes, régulières, formant 
entre elles des angles dièdres (fig. 125). 

M. Capitan a fait exécuter un modèle de la 
taille du silex, se rapportant à la description 
qu'il en a donnée. Une main gauche tient un 
nucléus entièrement isolé en l'air, le plan de 
frappe en haut, tandis qu'une main droite, 
munie d'un percuteur, va frapper un coup 
sec sur le bord pour détacher une lame. C'est 
là sans doute la méthode employée pendant 
l'âge de la pierre; ellç a été indiquée depuis 
longtemps par les auteurs français. 

Sir John Lubbock, se basant sur d'autres 
considérations, a imaginé un autre mode de 
taille. Il fait tenir des deux mains le rilicléus, 
le plan de frappe en bas, et heurter l'angle de 
ce plan sur un bloc de pierre reposant sur le 
sol et servant d'enclume. C'est le dessin de 
sir John Lubbock qui a été adopté pour une 
reconstitution figurant dans une autre partie 
de l'Exposition. 

3*" Pression. — Il est probable que la per- 
cussion n'était pas le seul procédé employé 
pour détacher des lames du nucléus. Diverses 
considérations, telles que l'absence presque 
complète du conchoïde de percussion sur cer- 
taines lames, l'étroitesse extrême du point où 
aurait dû frapper le percuteur, etc., permet- 
tent de supposer que souvent, surtout durant 
la période paléolithique, les lames étaient enlevées ^^v pres- 
sion. Les anciens Mexicains détachaient ainsi leurs minces et 
fines lames d'obsidienne du nucléus tenu entre les doigts du 
pied en appuyant sur son bord l'extrémité d'un bâton forte- 



Fig. 125. Lame de 
silex. La Made- 
leine (Dordogne). 
Musée de Saiot- 
Germain. Collec- 
tion G. et A. de 
Mortillet (2/3). 
{Musée préhistO' 
rique.) 



— 216 — 

ment maintenu par les deux mains. Nous ignorons d'ailleurs 
absolument le tour de main nécessaire pour arriver à ce résul- 
tat, et les recherches expérimentales faites dans ce sens n'ont 
jusqu'à présent pas encore abouti. 

Une fois la lame obtenue, il s'agissait, si on ne devait pas 
l'employer telle quelle, de la façonner pour en faire un instru- 
ment plus compliqué. Plusieurs procédés étaient mis en 
œuvre : 

a. Retouches par percussion. — Le plus simple consistait à 
tenir dans la main la lame de silex, la face portant le bulbe en 
dessus, puis de frapper sur le bord par petits coups secs portés 
obliquement par rapport à ce bord. Pour faciliter le travail, 
on devait appuyer la pulpe des doigts sous le bord juste au- 
dessous du point où l'on frappait. On enlevait ainsi sur la 
face opposée à celle sur laquelle le coup porte, — et cette face 
était la face supérieure, — une série de petits éclats plus ou 
moins longs et plus ou moins réguHers qui donnaient à la 
pièce sa forme nettement indiquée; 

b. Retouches sur enclume. — Dans certains cas, il semble 







s^-^^^ 




Fig. 126. Enclume. Atelier de Navelière. Coussay-les-Bois (Vienne). 
Exposition du docteur Capilan (2/3). 



qu'on ait employé un mode de percussion différent, en tous 
points analogue à celui dont se servent, aujourd'hui encore, 
les tailleurs de pierre à fusil. Le bord de la lame tenue hori- 
zontalement était appuyé par sa face inférieure sur le tran- 
chant épais et placé verLicalemenl d'un fort morceau de silex 
posant bien sur une base plate ou ayant pu être maintenu dans 



- 217 — 



un morceau de bois. Dans ce cas c'était donc sur la face 
supérieure de la lame que le percuteur frappait et réclat était 
enlevé par contre-coup et se détachait du même coté. Il n'est 
pas rare de rencontrer dans les stations préhistoriques ces 
éclats assez gros, à tranchant épais, couvert de traces de nom- 
breux chocs et que l'on peut vraisemblablement considérer 
comme étant des enclumes (fig. 126). Expérimonlalomenl 
d'ailleurs, on obtient les même résultats. 

c. Retouches fines par pression. — Enfin les retouches les 
plus fines étaient faites par pression au moyen 
d'un morceau d'os assez épais ayant à peu 
près le volume d'un gros crayon arrondi à son 
extrémité (fig. 127). C'est ainsi que les pointes 
de lances très fines , les poin tes de flèches étaient 
faites. C'est ainsi que procèdent encore les 
Fuégiens pour fabriquer leurs fines pointes de 
flèches avec du verre à bouteille. La lame est 
solidement maintenue dans la main envelop- 
pée de peau ; le morceau d'os est appuyé for- 
tement sur le bord de la lame ; alors au moyen 
d'une très forte pression oblique, par rapport 
au bord de la pièce et en faisant levier, on 
détache un petit éclat qui peut être très long. 
C'est ainsi qu'ont dû être obtenues ces re- 
touches d'une longueur, d'une régularité et 
d'une finesse incomparable qu'on peut voir 
sur plusieurs des merveilleux poignards et 
lances du Danemark et certaines lances ou 
poignards de France. C'est ainsi également 
sans doute qu'étaient façonnées les petites pointes de flèches 
de la vitrine de M. Capitan. 

4° Polissage. — L'époque néolithique est caractérisée par 
un nouveau procédé industriel. Les haches, outre leur forme 
nouvelle, ne sont plus seulement taillées comme au début 
de l'époque paléolithique, elles sont en plus polies. Ce polis- 
sage était obtenu par frottement sur une grosse pierre siliceuse 




Fig. 127. nelou- 
chuirenospaléck' 
Ulhique» llrolle 

ait ta 11 du docteur 
rnpiluu (G. K,J. 



— 218 — 

ou gréseuse très dure, on devait se servir d'eau, de s?ible ou 
de grès pulvérisé pour faciliter le travail. 

Le frottement des haches toujours aux mêmes points fînis- 




Fig. 128. Polissoir en grès. Bethencourt (Somme). Collection 
G. et A. de Mortillet (1/17). {Musée préhistorique,) 

sait par produire sur la surface des polissoirs, soit de profondes 
rainures, soit de vraies cuvettes à parois absolument polies 
par l'usage (fig. 128). Ces polissoirs étaient ordinairement de 



— 219 — 

gros blocs de grès disséminés ou perçant le sol, plus rarement 
des fragments de grès ou de silex, généralement d'assez grande 
dimension, 80 centimètres à 1 mètre de côté environ. Quelque- 
fois les polissoirs ont la forme de petites plaquettes ou de 
petites cuvettes en grès à surface polie par l'usage. 

ÉTUDE DES FORMES DE L'aGE DE LA PIERRE 

Chaque époque de l'âge de la pierre nettement établie par 
la stratigraphie et la superposition est, en outre, caractérisée 
industriellement par un certain nombre d'instruments qui, 
inconnus aux époques antérieures, ne se retrouvent plus aux 
périodes suivantes. Bien plus, ces formes, peu nombreuses 
d'ailleurs, et parfaitement caractérisées, se rencontrent, iden- 
tiques et semblablement disposées au point de vue stratigra- 
phique dans le monde entier. Nous allons passer en revue ces 
divers types en nous plaçant toujours au point de vue indus- 
triel, en ne considérant que le mode de fabrication. Toute 
cette description est basée sur l'examen des pièces que ren- 
ferme l'exposition de M. Capitan. 

Tout d'abord, à toutes les époques, on trouve des percu- 
teurs et des nucléus, blocs sur lesquels les lames et les éclats 
étaient enlevés; leurs dimensions, leurs formes, etc., sont 
naturellement très variables (voy. les figures précédentes). 
Les nucléus présentent toujours un plan de frappe, et perpendi- 
culairement à ce plan, Tempreinte des lames détachées. Les 
lames ou éclats de dimensions et de formes également variées 
à l'infini se rencontrent à tous les âges. Outre ces formes, 
générales pour ainsi dire, chaque époque a ses formes carac- 
téristiques. 

La période tertiaire a son industrie toute spéciale de 
Thenay, l'éclatement par le feu et parfois des petites retailles. 
Ces faits étant encore en discussion, nous n'insisterons pas. 
A l'époque miocène supérieure d'ailleurs, les éclats obtenus 
par percussion existent à Otta et au Puy-Courny. 

L'instrument typique quaternaire de la première époque 



~ 220 — 

est le coup de poing ou instrument chelléen, puis acheuléen. 
C'est un instrument façonné le plus souvent dans un bloc de 
silex sur lequel on a enlevé par percussion, frappant toujours 
sur le bord, une série d'éclats, tantôt d'un côté, tantôt de 
l'autre, jusqu'à ce qu'on ait obtenu une pièce assez plate, 
taillée à facettes, sur les deux faces, à bords vifs, affectant les 





Fig. 129. 



Fig. 130. 



Fig. 131. 



Fig. 129 et 130. Coups de poing cliclléens en silex. Saint-Acheul (Somme). Musée de 
Saint-Germain (1/2). — G. et A. do Mortillet (Musée préhistorique}. 

Fig. 131. Coup de poing en silex. Cheiles (Seine-et-Marne). Musée Broi*a (1/2). — 
G. et À. de Mortillet (Musée préhistorique), 

formes les plus variables : formes tantôt discoïde, tantôt ovale 
ou en amande (fig. 129 et 130), ou triangulaire, quelquefois 
presque quadrilatère ; tantôt plus allongée ou pointue (fig. 131). 
A l'époque suivante, époque du Moustier, cet instrument 
n'existe plus; on n'en rencontre que quelques très rares 
spécimens, véritables réminiscences, pièces de transition : 
l'outillage est tout autre. Les lames épaisses sont fabriquées 



— 221 — 

en abondance : ce n'est plus un bloc de silex qu'on façonne 
en détachant des éclats qui sont des rebuts ; c'est un bloc d'où 
on détache de gros éclats ou des lames qu'on façonne ensuite 




Fig. 13!2. Racloir mouslérien en silex. Ghez-Pouré, Brivc (Corrèze). Musée de 
Saint-Germain (G. N.). G. et A. de Mortiilet. (Musée préhistorique.) Face 
supérieure. 

par les retouches, le bloc nucléus devenant alors un rebut. 
Les éclats obtenus ne sont retaillés que sur la face supérieure, 
la face portant le conchoïde restant intacte. Les coups sont, 
en effet, exclusivement portés sur les bords du côté plan et 
enlèvent ainsi une série de petits éclats sur les bords de la 
face supérieure. Ce procédé permet d'obtenir les deux formes 




Fig. 133. Racloir moustérien en silex. Face inférieure. 

caractéristiques de celte époque. Si les retouches sont dispo- 
sées d'une façon rectiligne ou légèrement convexe sur le bord 
d'un éclat dont l'autre bord est épais, on obtient un racloir 
(fjg. 132 et 133). Si, au contraire, l'éclat est plus mince, 



— 2^22 — 
moins large, les relouches faites sur les deux bords opposés, 





Fig. 134- et 135. Pointe moustérieniic, dessus et dessous. Le Moustier (DordogneK 
Musée de Saint-Germain (G. N.). — G. et A. de Mortillet [Musée préhistorique). 

de façon que ceux-ci se rencontrent suivant un angle aigu, 

on obtient une pointe (fig. 
134 et 135). Lorsque enfin 
les retailles sont faites à 
grands coups sur une face 
et également sur l'autre, la 
forme générale étant discoï- 
dale, on a le disque, vraie 
réminiscence du travail chel- 
léen (fig. 136). 

A Tépoque solutréenne 
qui vient ensuite, le même 
procédé de travail permet 
d'obtenir le grattoir dérivé 
du racloir, les retouches 

façonnant suivant une ligne courbe convexe une des extré- 




Pig. 136. Disque niûustérien en silex. Beau- 
vais, commune de Bossay (Indre-et-Loire). 
Musée de Saint-Germain (1/2). — G. et 
A. de Mortillet [Afusée préhistorique). 



}-:\ 



— 223 — 

mités d'unéclatlargeetunpeu allongé (voy. plus bas, fig. 141). 
C'est aussi durant cette époque, vers le sommet, que l'on 
commence à rencontrer le burin, surtout abondant pendant 
l'époque magdalénienne (fig. 137). Le procédé de fabrica- 
tion en est assez spécial, on peut l'obtenir facilement de la 
façon suivante : on casse une lame par un coup sec frappé 
au milieu, sur la section ainsi obtenue on donne un coup fort 
enlevant une portion verticale de la lame, dont 
l'extrémité de carrée devient pointue, la pointe 
formant tranchant comme le burin des gra- 
veurs actuels. Si un coup ne suffit pas, on en 
donne un second dirigé en sens inverse du 
premier. 

De nouveaux types d'instruments appa- 
raissent également à cette époque, ce sont 
les pointes de lances ou de javelots en feuilles 
de laurier, admirablement retaillées sur les 
deux faces. C'est un travail rappelant celui 
du coup de poing ou hache chelléenne, mais 
incomparablement plus fin et d'ailleurs obtenu 
par un procédé différent : la pression au 
moyen d'un éclat d'os (fig. 127). On trouve 
dans certaines grottes les morceaux d'os ou 
de corne qui ont servi à faire ce travail, 
ainsi que des éclats de silex en montrant 
les diverses phases. Ces superbes pointes, 
d'ailleurs peu communes, sont minces, ordi- 
nairement assez courtes; dans un cas absolu- 
ment exceptionnel, comme dans la célèbre 
cachette de Volgu, elles ont pu atteindre jusqu'à 25 et 35 cen- 
timètres de long (fig. 138). Un second type est pointu en 
haut, obtus en bas et présente à droite, vers le milieu de sa 
hauteur, un rétiécissement formant cran se continuant jus- 
qu'à l'extrémité inférieure de la pièce, qui se termine ainsi 
par un véritable pédoncule, que l'on nomme pointe à cran ou 
soie destinée à l'emmanchement (fig. 139). 



t^l 



Fig. 137. Burin en 
silex. Laugerie- 
Basse ( Dordo - 
gne). Musée de 
Saint - Germain 
(2/3). — G. et A. 
de MorUUet {Mu- 
sée préhistori-' 
que). 



— 224 — 

C'est à cette époque aussi qu'on commence à façonner des 
objets en os, en corne et en ivoire; cette industrie prend un 
développement considérable durant l'époque suivante. 




Fig. 138. 



Fig. 139. 



Fig. 138. Pointe en feuille de laurier, en silex. Bourdeilles (Dordogne). Collection de 

M. Féaux (2/3). {L'Homme, 1886, p. 295.) 
Fig. 139. Pointe à cran en silex. Grotte du Placard (Charente). Collection de Maret 

^G. N.). — G. et A. de Mortillet (Musée préhistorique). 



A l'époque de la Madeleine on ne fabrique plus ces belles 
pointes du type solutréen; c'est l'os, la corne et l'ivoire qui 
sont surtout travaillés. Certaines grottes ont fourni d'admira- 
bles spécimens de harpons, de lances, d'instruments de tous 
genres et surtout d'étonnantes gravures et sculptures repré- 
sentant divers animaux : le Mammouth, le Renne, le Cheval, 
l'Aurochs, etc., plus rarement l'Homme, avec une vérité et une 
habileté incroyables. Pour travailler l'os les sculpteurs pri- 
mitifs se servaient de lames ou de couteaux, de scies (voy. 
plus loin, fig. i44), de burins tantôt simples comme ceux 
décrits plus haut, tantôt doubles, la pièce en présentant un 



— 225 — 

à chaque extrémité, tantôt associés au grattoir. On trouve 
encore, mais plus rarement, le burin obtenu sur le bord d'un 
éclat et obliquement de façon à affecter Taspect d'un bec 
de perroquet. Les lames sont innombrables, fines, allongées, 
étroites, non retouchées sur les bords. Il est vraisemblable 




Fig. 140. 



Fig. 141. 



Fig. 140. Bec de perroquet en silex. Les Kyzies, Tayac (Dordogne). Musée de Saint- 
Germain (2/3). — G. et À. de Hortillet {Mutée préhùtorique), 

Fig. 141. Grattoir en silex. La Madeleine (Dordogne). Musée de Saint-Germain (2/^). 
— - G. et À. de MortiMei {Musée préhistorique), 

que ces élégantes lames étaient obtenues par pression, sui- 
vant le mécanisme dont il a été question plus haut et qu'on 
n'a pas encore pu reproduire expérimentalement. Quelquefois 
le bord du nucléus a été façonné par une série de retailles 
régulières, puis enlevé d'un seul coup. On obtenait ainsi des 
lames dont le dos était retouché avec soin; elles sont assez 

15 



— 226 — 

fréquentes à cette époque. Souvent les lames sont retaillées à 
leur extrémité suivant une courbe convexe, et ce sont alors 
des grattoirs très allongés et très caractéristiques (fîg. 141). 

Lorsque les retailles ont façonné une pointe courte, assez 
large et aiguë, c'est un perçoir dont il s'agit (fig. 142); 
loi^sque la pointe est plus longue, c'est un poinçon (fig. 142). 

On rencontre parfois de très petites lames étroites retaillées 





Fig. i.42. 



Fig. i43. 



Fig. lU. 



Fig. 145. 



Fig. 142. Poinçon en silex. Grotte de l'Église â Saint-Martin-d'Excideuil (Dordogne). 
Musée de Saint-Germair. (G. N.). — G- et A. de Mortillet {Musée préhistorique), 

Fig. 143. Lame en calcédoine, ù tranchant abattu. Bruniquel (Tam-et-Garonne). Musée 
de Saint-Germain (V<^). — G. et Â. de Mortillet {Musée préhistorique), 

Fig. 14i. Scie en silex. Grotte de l'Église (2/3). — Exposition du docteur Gapilan. 

Fig. 145. Lames à petites coches. Bruniquel (Tarn-et-Garonne). Musée de Saint-Ger- 
main (2/3). — G. et A. de Mortillet (Musée préhistorique), 

très finement sur un de leurs bords, affectant ainsi l'aspect 
de petits couteaux très fins (fig. 143). 

Assez souvent les lames ont été cassées à chaque extrémité, 
de façon à former un instrument régulièrement rectangulaire. 
C'est bien là une forme voulue; les bords latéraux sont sou- 
vent usés : ce sont donc des scies. Parfois même un des bords 
est retaillé avec soin, et le doute n'est pas possible (fig. 144). 

Enfin, sur le bord de lames, rares d'ailleurs, on peut trou- 
ver des encoches dont la concavité, quelquefois très marquée, 



— 227 — 

peut être parfois assez large pour avoir pu racler facilement 
un morceau de bois (cette forme, du reste, se rencontre aussi 
aux époques antérieures et postérieures). D'autres fois ces 
encoches sont très petites et il y en a quelquefois plusieurs à 
côté les unes des autres sur le bord de la lame. On a pensé 
qu'elles pouvaient servir à façonner les aiguilles en os ou en 
ivoire qu'on rencontre à cette époque (fig. 145). 





Fig. lifi. 



Ki2. UT. 



Kig. 146. Ébauche de hache en silex. Oise. Musée de Saint-Germain (1/3). — G. et 

A. de Mortillet [Musée préhistorique). 
Fig. 147. Hache polie en silex. Vésinet (Seine-etrOise). Musée de Saint-Germain (1/3). 

-^ G. et A. de Mortillet (Musée préhistorique). 

Tels sont les principaux types caractéristiques des diverses 
époques de la période paléolithique. 

Examinons maintenant ceux qui caractérisent le néoli- 
thique. Nous n'allons plus guère y retrouver que le grattoir, 
le perçoir et la scie, d'ailleurs sensiblement modifiés dans leur 
aspect; les autres formes ont absolument disparu. De nou- 
veaux types vont se montrer et le plus caractéristique est la 
hache polie. 

La hache polie était d'abord ébauchée dans un morceau 
de silex au moyen de grands coups de percuteur détachant 



~ 228 — 

de larges éclats, puis façonnée par une série de petites retou- 
ches particulièrement fines et rectilignement disposées au 
niveau du tranchant (fig. 146). Il ne restait plus qu'à user la 
pièce par frottement, probablement avec de l'eau et du sable, 
sur le polissoir, pour obtenir, non sans grand travail, une sur- 
face polie, surtout au tranchant large, régulièrement courbe 
(fig. 147) ou rectiligne. Les dimensions de la hache polie varient 
beaucoup depuis la petite amulette jusqu'aux énormes haches 
des dolmens de Bretagne, mesurant jusqu'à 50 centimètres 
de long. Lorsque la hache avait servi, elle s'ébréchait, on la 





Fig. 14a. 



Fig. U9. 



Fig. 148. Hache polie en silex, retaillée. Vienne. Musée de Poitiers (1/J). — G. et A. de 

Mortillet (Musée préhistorique). 
Fig. 149. Retouchoir en silex. Le Campigny, à Blangy-sur-Brcsle (Seine-Inférieure). 

Musée de Saint-Germain (1/â). — G. et A. de Mortillet {Musée préhistorique). 



retaillait souvent, surtout au tranchant (fig. 148), et parfois 
on la repolissait. M. Capitan expose les diverses phases de 
ce travail de réparation. 

Avec la hache polie, deux instruments sont absolument 
caractéristiques du commencement de la période néolithique 
et ne se rencontrent qu'à cette époque : ce sont le retouchoir 
et le tranchet. 

Le retouchoir est un instrument prismatique allongé, 
façonné par une série de coups donnés tout autour de l'axe, 



— 229 — 



présentant donc à sa surface des facettes multiples, taniut à 
extrémités obtuses, tantôt pointues, parfois usées; on a voulu 
y voir soit un instrument à retoucher les pièces en silex, soil 
une sorte de pointe de javelot, un pic, etc. En somme, Tusage, 




Fig. 150. Tranchet en silex. Le Campigny (Seine-Inféricure). Munée de Samt- 
Germain (2/3). — G. et A. de MortiUet {Musée préhistorique), 

encore indéterminé, devait être variable suivant les dimen- 
sions des pièces. Elles mesurent depuis 3 à 4 centimètres de 
long jusqu'à 20 ou 25 (fig. 149). Le tranchet n'est pas mains 
caractéristique du commencement du néolithique, si caracté- 
ristique que M. Ph. Salmon l'a pris comme forme typique de 
soncampinien, passage entre le paléolithique et le néolithique. 
C'est un instrument triangulaire, à sommet généralement 




Fig. 151. Petit tranchet en lilex. Plateau de Pontlevoy (Loir-et-Cher). GoUertton 
de rÊcole d*antbropologie (2/3). ~ G. et À. de Mortillet {Musée préhisioriquf)* 

obtus, façonné à plusieurs coups et dont la base a été trans- 
formée en un bord tranchant en biseau par un coup donné 
sur un des côtés de cette base, ce coup ayant ainsi enlevé un 
éclat perpendiculaire à l'axe et comprenant toute la largeur 
de la pièce. Les dimensions en sont également variables depuis 
2 à 3 centimètres jusqu'à 10 à 20 centimètres et plus (fig. 150 



— 280 - 

et 151). C'est un instrument extrêmement répandu dans les 
stations exclusivement néolithiques de tous les pays. C'est la 
pièce typique des stations les plus anciennes du Danemarck 
(kjoekkenmœddings) ; les plus petits ont été décrits parfois 
en France sous le nom de flèches à tranchant transversal. 

Les pointes de flèches néolithiques sont souvent merveil- 
leusement travaillées au moyen de la pression. De forme gé- 
nérale triangulaire, elles présentent souvent au milieu de la 
base un prolongement ou pédoncule et parfois les deux 
angles limitant la base du triangle s'allongent en forme d'ai- 






Fig. 152. Fig. i53. Fig. 154. 

Fig. 152. Pointe de flèche en silex. Loir-et-Cher. Collection de l'École d*anthropo- 
logîo (G. N.). — G. et A. de Mortillet {Muxée préhistorique). 

Fig. 153. Pointe de flèche en silex. Dolmen du Genévrier (Aveyroo). Musée de Saint- 
Germain. — G. et A. de Mortillet (Musée préhistorique). 

Fig. 154. Pointe de flèche en silex. Loir-et-Cher. Collection de TÉcole d'anthropo- 
logie (G. N.). — G. et A. de Mortillet (infusée préhistorique). 

lettes servant de barbelures d'un travail fin et délicat. Les 
formes sont assez variées, les pièces sont presque toujours 
retaillées sur toute l'étendue des deux faces (fig. 152, 153, 
154, trois types diff"érents). 

La scie à encoche, type néolithique, abondante au Grand- 
Pressigny, est un assez grand éclat large, presque carrée 
retaillé sur un des bords latéraux, tandis que les deux bords 
supérieur et inférieur présentent chacun une encoche des- 
tinée à emmancher la pièce, ainsi qu'on en a trouvé en 
Suisse (fig. 155). 

Les grattoirs sont beaucoup plus larges, plus arrondis 



— 231 — 

et plus épais qu'aux époques antérieures, mais leur fabrica* 
tion et leur aspect général sont les mêmes (flg. 456). 

Les grattoirs concaves ou les simples encoches retaillées se 
rencontrent également quelquefois. 




Fig. 155. Scie à coches. Huisseau (Loir-et-Cher). Collection de TËcole d'anthropo- 
logie (V3). G. et A. de MortiUet {Musée préhistorique). 

Les perçoirs sont aussi un peu plus gros et plus massifs 
qu'à l'époque paléolithique, leur aspect général est le même. 
Ils existent parfois sur le bord d'un large et épais éclat abso- 





Fig. 156. 



Fig.M57. 



Fig. 156. Grattoir robenhausien en silex. Camp de Catenoy (Oise). Musée de Saint- 
Germain (2/3)- — G. et A. de Mortillet {Musée préhistorique). 
Fig. 157. Perçoir en silex. Saint-Mards-en-Othe (Aube). Musée de Saint-Germain (2/3). 
— G. et A. de Mortillet {Musée préhistorique). 

lument brut sauf en ce point; d'autres fois toute la pièce est 
bien retaillée (fig. 157). 
Les lames et les couteaux se rencontrent en abondance, 



— 232 — 

ils n'ont plus en général la finesse, la minceur, Tétroitesse 
des lames magdaléniennes ; le plus souvent ils présentent un 
conchoïde de percussion très marqué. Mais parfois, quoique 
très rarement, on a rencontré des lames d'une grande dimen- 
sion : 30, 35 et même 43 centimètres. M. Capitan en possède 
deux : une de 29 centimètres et une de 33, qui ont été trouvées, 
avec une quarantaine d'autres lames analogues non retou- 
chées, dans une cachette de l'époque. Elles étaient enfouies 
assez profondément et rangées comme des biscuits sur une 
assiette. — Trouvaille Chauveau, à Barrou (Indre-et-Loire). 

Les nucléus dont on détachait ces diverses lames sont de 
formes variées; ceux qui ont servi à fabriquer ces énormes 
lames ont un aspect particulier. Façonnés avec soin, avant 
que les lames soient détachées, dans de grandes plaques de 
silex, ils se rencontrent surtout en Touraine, aux alentours 
du Grand-Pressigny, et quelquefois en Dordogne; on les con- 
naît sous le nom de livres de beurre (fig. 458). Les percuteui^s 
sont très fréquents à l'époque néolithique, tantôt faits avec 
un objet hors d'usage (nucléus, hache polie), tantôt avec un 
petit bloc de silex. Ils sont en général sphériques, plus ou 
moins étoiles et arrondis par l'usage. Leur volume est ordinai- 
rement de la moitié du poing. Signalons, à côté des nucléus, 
des pièces irrégulièrement polyédriques, taillées à grandes 
facettes, de façon à ménager des arêtes et des angles saillants; 
elles ne portent pas de trace d'emploi comme percuteurs ; on 
les considère parfois comme des pièces de jet. 

Les lames néolithiques sont souvent admirablement retail- 
lées, soit sur le nucléus môme, ainsi que nous venons de l'in- 
diquer, soit une fois la lame détachée du bloc ; la pression 
était employée dans ce dernier cas, et c'est ainsi que les habiles 
ouvriers néolithiques obtenaient les belles lances et poignards 
en silex surtout de Pressigny (fig. 159 et 4 60). Outre ces belles 
pièces toujours rares, les stations néolithiques ont fourni un 
grand nombre de pointes plus petites retaillées sur un bord 
ou sur les deux, rappelant les similaires du Moustier ou façon- 
nées sur les deux faces comme à l'époque solutréenne, mais 



^ _ 233 — 

généralement plus épaisses et à base tronquée. Quelquefois, 
dans les dolmens, on a trouvé de longues lances et des poi- 
gnards polis. On rencontre auçsi des amulettes ou pendeloques 




f*y^ 



Fig. 158. 



Fig. 159. 



Fig. 160. 



Fig. 158. Nucléus du Grand-Pressigny (Indre-et-Loire). Musée de Saint-Germain (i/3). 

— G. et A. de Mortillet {Êfusée préhistorique), 
Fig. 159. Poignard en silex du Grand-Pressigny. Pas-de-Grigny (Seine-et-Oise). Musée 

de Saint-Germain (1/2). — G. et A. de Mortillet {Musée préhistorique). 
Fig. 160. Pointe de lince en silex. La Motte, près de Soissons .(Aifae). Musée de 

Saint-Germain (1/2). — G. et A. de Mortillet (Musée préhistorique). 



de formes variées, généralement rondes ou ovales, souvent 
percées d'un trou; quelquefois des fusaioles en pierre. 
De nombreux ustensiles en os et en corne de cerf: pointes. 



— 234 — 

manches, gaines, ornements, etc., se rencontrent aussi durant 
le néolithique. 

La poterie apparaît également; on en trouve d'abondants 
spécimens dans de nombreuses stations de cette période. 

Travail de V obsidienne. — M. Ad. deMortillet a exposé un 
carton de pièces en obsidienne noire à reflets grisâtres, rap- 
portées de Tîle de Milo (Grèce) par M. Gobineau. Ces pièces 
sont petites. Pour obtenir de minces et fines lames, les pri- 
mitifs artisans dégrossissaient d'abord un petit bloc d'obsi- 
dienne qu'ils façonnaient, ainsi que le montre la figure 161, 
par une série de petits coups. Ils obtenaient ainsi une sorte 








Fig. 161. 



Fig. 162. 



Fig. 163. 



Fig. 161. Préparation de nucléus en obsidienne. Ile de Milo (2/3). — Exposition A. de 

Morlillet. 
Fig. 162. Nucléus en obsidienne, avec lames enlevées d*un côté seulement. Ile de Milo 

(2/3). — Exposition A. de Mortiilet. 
Fig. 163. Nucléus en obsidienne, avec lames enlevées tout autour. Ile de Milo (2/3). 

— Exposition A. de Mortiilet. 



de cylindre terminé au sommet par un plan oblique. Frap- 
pant alors ou appuyant sur ce plan, ils détachaient successi- 
vement des lames sur un des côtés du cylindre (fig. 162). 
Faisant ensuite tourner le nucléus, ils en détachaient une 
série de lames tout autour. Le nucléus prenait alors l'aspect 
que représente la figure 163. 

On peut se rendre facilement compte des différentes phases 
du travail en examinant la figure 164, qui donne en plan les 



— 235 — 

irois aspects du nucléus. La ligne extérieure représente le 
périmètre de l'ébauche du nucléus; la seconde, celui du 
nucléus sur un côté duquel deux lames seulement ont été 
détachées, et enfin la partie noire figure ce qui reste du nucléus 
lorsque les lames ont été détachées tout autour. Les petites 
lames enlevées du nucléus ont un aspect variable. Les pre- 
mières présentent la trace des facettes produites sur l'ébauche 
du nucléus par le travail du dégrossissage (fig. 465). Les sui- 
vantes portent sur leur face supérieure l'empreinte des lames 
enlevées antérieurement sur le nucléus (fig. 466). Ce mode de 




Fig. 164. 



Fig. 165. 



Fig. 166. 



Fig. 164. Coupe des formes successives des nucléus d'obsidienne figurés plus haut. 

Fig. 165. Première lame détachée du nucléus d'obsidienne. Ile de Milo (2/3). — Expo- 
sition Adrien de Mortillet. 

Fig. 166. Lame détachée du nucléus après et au-dessous des précédentes. Ile de Milo. 
2/3. — Exposition Adrien de Mortillet. 



fabrication des lames se retrouve parfois en France. M. Capi- 
tan expose en effet quelques pièces provenant d'un petit atelier 
du département de la Vienne, encore inédit, où la fabrication 
exclusive des lames était pratiquée d'une façon analogue. 
Mais la matière première était là le silex, et ces objets (nucléus 
et lames) sont deux ou trois fois plus grands. 

Tel est l'outillage de pierre des périodes paléolithique et 
néolithique; on voit en somme qu'il était relativement peu 
varié ; pourtant ce petit nombre de types suffisait à toutes les 
populations préhistoriques du monde pour soutenir le grand 
et dur combat de la vie et pour marcher graduellement, quoique 
lentement, à travers les siècles, dans la voie du progrès. 



— 236 — 
§ 5. — Age de» métaux. 

PROTOHISTORIQUE 

La palethnologie se pai-tage tout naturellement en deux 
grandes divisions : 

L'une caractérisée par l'absence des métaux ; 

L'autre par leur introduction et leur développement. 

La première de ces divisions, la plus ancienne, ne se ratta- 
chant h aucun document historique, constitue par excellence 
les temps préhistoriques. 

Quant à la seconde, elle se trouve plus ou moins vaguement 
reliée à l'histoire par des mythes, des légendes, des traditions 
et même parfois des fragments de texte, très insuffisants pour 
l'éclaircir, mais qui servent de transition. Frappé de cet état 
de choses Broca a proposé de nommer celte seconde division 
protohistorique. 

Mais les métaux ne sont pas venus tous ensemble. Comme 
métal usuel, dans l'Europe entière, le bronze est arrivé avant 
le fer et a régné longtemps en maître absolu. C'est ce qui a 
permis à Thomsen d'établir son âge du bronze. M. G. de 
Morlillet a cherché si Ton ne pouvait pas diviser en époques 
diverses, solidement assises, le temps pendant lequel le bronze 
existait seul. Dans ce but, il a étudié, d'une manière spéciale, 
les haches de bronze de l'ouest de l'Europe, France, Belgique 
et Suisse. 

II a choisi la hache parce que c'est l'instrument qui se 
montre le premier, qui est le plus facile à reconnaître, le plus 
usuel et le plus répandu. Ces haches de l'âge du bronze se 
rapportent toutes à quatre types parfaitement distincts que 
M. G. de Mortillet a divisés ainsi dans le journal VHommey 
25 août 4884: 

La hache à bords droits^ plate, avec de simples rebords sur 
les côtés (fig. 467 et 168); 

La hache à talons, qui a, sur chacun des plats de l'instru- 
ment, un point d'arrêt assez élevé (fig. 469) ; 






Fig. 167. 



Fig. 168. 



Fig. 169. 




Fig. 170. 




Fig. 171. 




Fig. 172. 




Fig. 173. 



Fig. 167. Hache en bronze à bords droits. Médoc (1/3). — G. et A. de Morlillel {Musée 

préhistorique) . 
Fig. 168. Hache en bronze à bords droits. Mouy (Oise) (1/3). — G. et A. de Mortillet 

{Musée préhistorique). 
Fig. 169. Hache en bronze à talons. Villeneuve-Saint-Georgcs (Seine-et-Oise) (1/3). — 

G. et A. de Mortillet {Musée préhistorique). 
Fig. 170. Hache en bronze à ailerons. Pas-de-Grigny (Seine-et-Oise) (1/3)..-^ G. et 

A. de Mortillet {Musée préhistorique). 
Fig. 171. Hache en bronze à ailerons. Vaudrevanges (1/3). — G. et A. do Mortillet 

{Musée préhistorique), 
Fig. 172. Hache en bronze à douille. Grësine, lac du Ëourget (Savoie) (1/3). — G. et 

Â. de Mortillet {Musée préhistorique). 
Fig. 173. Hache en bronze à douille. Frouard (Meurthe-et-Moselle) (1/3). — G. et A. de 

Mortillet {Musée préhistorique). 



— 238 — 

La hache à ailerons^ portant sur chaque face deux appen- 
dices latéraux se recourbant plus ou moins l'un vers l'autre 
(fig.170e.t471); 

La hache à douille^ avec une douille large et profonde dans 
le sens de la longueur (fig. 172 et 173). 

Les haches de ces divers types ne sont pas mêlées indistinc- 
tement dans les découvertes. Elles sont ou isolées ou groupées 
suivant certaines données. J'ai pu, dit M. G. de Mortillet, 
examiner 102 trouvailles ou stations contenant ensemble 
2129 haches se répartissant ainsi : 



6 
U 

1 

36 
4 
1 
1 

U 

4 



102 



xl 



142 

203 

31 

3 

1206 

60 

22 

3 

46 

385 

28 



2129 



COMPOSITION 
des 

DÈCOUVBRTES 



Type ù bords droits seul 

Bords droits et talons 

Bords droits, talons et ailerons . 

Bords droits et ailerons. 

Type à talon seul 

Talons et ailerons 

Talons, ailerons et douille 

Talons et douille 

Type à ailerons seul 

Ailerons et douille 

Type à douille seul 



142 

127 

5 

<9 



276 



76 
20 



1206 
44 

4 



1350 



16 
9 



46 
188 



11 
1 



197 
28 



237 



Ce tableau peut se présenter sous cette autre forme : 



6 découvertes bords droits 142 exemplaires sans mélange. 



16 
3 

36 
7 
2 

11. 

23 
4 



bords droits 132 associés à talons 96. 
bords droits 7 associés à ailerons 7. 
talons 1206 exemplaires sans mélange, 
talons 66 associés à ailerons 31. 
talons 4 associés à douille 12. 
ailerons 46 exemplaires sans mélange, 
ailerons 207 associés à douille 208. 
douille 28 exemplaires sans mélange. 



- 239 — 

Ces résumés montrent très nettement que la hache à bords 
droits ne se trouve pas avec la hache à douille. Ce sont donc là 
deux formes qui n'ont pas été contemporaines. Ce sont les deux 
formes extrêmes. 

Les deux autres formes à talons et à ailerons se rencontrant 
associées avec les haches soit à bords droits, soit à douille, 
sont intermédiaires. 

Mais les bords droits, comme nombre de découvertes, aussi 
bien que d'exemplaires, se trouvent plus souvent réunies aux 
haches à talons qu'à celles à ailerons. 

De même la hache à douille est bien plus souvent avec celle 
à ailerons qu'avec celle à talons. 

D'où il découle que l'ordre chronologique est : 

La hache à bords droits ; 

La hache à talons ; 

La hache à ailerons ; 

La hache à douille. 

La priorité de la hache à bords droits ne saurait faire ques- 
tion, car on la rencontre souvent avec des objets en silex et 
elle est toujours dans les trouvailles les plus limitées et les 
moins variées comme bronze. C'est évidemment la forme 
d'introduction du bronze dans l'Europe occidentale. 

Par contre, les haches à ailerons et surtout à douille se sont 
prolongées jusque dans la première époque du fer ou hallstat- 
tienne. 

Les tableaux qui précèdent montrent aussi que les quatre 
types de hache peuvent très naturellement se diviser en deux 
groupes. 

En effet, le type à talons, comme découvertes et exemplaires, 
a plus de relations avec le type à bords droits qu'avec celui à 
ailerons. De même, le type à ailerons a plus de relations avec 
celui à douille qu'avec celui à talons. En outre, ces deux groupes 
oftrent chacun un caractère particulier tout à fait opposé l'un 
à l'autre. Dans le premier, composé des types à bords droits 
et à talons, les découvertes sans mélange sont plus abon- 
dantes que les autres : quarante-deux contre vingt-huit. Au con- 



-- 240 — 

traire, dans le second groupe formé des types à ailerons et a 
douille, c'est Tinverse qui a lieu : on compte seulement quinze 
découvertes sans mélange contre trente-cinq mélangées. 

Se basant sur cette statistique qui justifie pleinement la 
division de Tâge du bronze, au moins en deux époques, M. G. de 
Morlillet a créé, en 1880, Matériaux : 

Lemorgieity commencement et première partie du bronze, 
caractérisée par les haches à bords droits et à talons ; 

Le larnaudien^ seconde partie et fin du bronze caractérisée 
par les haches à ailerons et à douille. 

L'industrie spéciale de chacune de ces époques a été sépa- 
rée et figurée, en 1881 , par MM. Gabriel et Adrien de Mortiïlet 
dans leur Musée préhistorique. 

L'exposition du bronze de la Société, de l'École et du Labo- 
toire d'anthropologie se compose de huit cartons occupant tout 
un compartiment de la troisième vitrine et un neuvième carton 
placé dans la seconde vitrine. 

Premier carton. Morgien inférieur. — Hache à bords très 
bas, peu sensible, analogue à celles trouvées en Bretagne dans 
les dolmens renfermant du bronze. (A. de Mortiïlet.) 

Hache toute petite recueillie par M. R. Pottier dans le 
département des Landes. (Idem.) 

Hache à bords droits moyens, bordant la partie supérieure 
très étroite, pouvant facilement être empoignée, ce qui a fait 
donner le nom de hacfie à main à cette forme. Partie tran- 
chante très large et fortement arrondie, presque circulaire 
(fig. 174). Type spécial à la vallée du Rhône. {Idem.) 

Hache à bords droits fort étroits, largeur à peu près égale 
sur toute la longueur, recueillie en 4876 entre Condom et 
Nérac. Type spécial au sud-ouest de la France, ce qui l'a fait 
dénommer aquitanien. (Idem.) 

Lame de poignard triangulaire, courte et très large à la base, 
avec trace de quatre trous de rivets. Dragages de la Seine à Ris 
(Seine-et-Oise). Forme qui se rencontre fréquemment dans les 
dolmens de Bretagne qui renferment du bronze. (E. Piketty.) 



— ^241 — 

Deux autres lames de poignards, beaucoup plus grandes, 
triangulaires; la dernière se rétrécissant beaucoup. L'une a 
la base arrondie, l'autre quadrangulaire. Dragages de la 
Seine. Ces trois formes sont caractéristiques du morgien. 
(E. Piketty.) 

Deuxième carton. Morgien supérieur. — Dix haches à 
talons des tourbières de la Somme, du Calvados, de Savoie, etc. 
Série représentant les transformations diverses. Parmi celles 
d'en bas il y en a, les plus anciennes, dont le talon est à peine 
indiqué (fig. 175). C'est le passage des bords droits aux talons. 





Fig. 174. 



Fig. 175 



Fi^. 174. Hache en bronze à bords droits. Vienne (Isère) (1/3). — G. et A. de Mor- 

tillet (Musée préhistorique)» 
Fig. 175. Hache en bronze à bords droits, avec talons nidimentaires. ViUeneuve-Sainl- 

Georges (Seine-et-Oise) (1/3). — G. et Â. de Mortillet [Musée préhistorique). 

Dans le rang d'en haut il s'en trouve plusieurs dont les talons 
fort prononcés sont rectangulaires. C'est la forme la plus 
' récente. (A. de Mortillet, E. Piketty, Rubbens, Salmon.) 

Troisième carton. Larnaudien. — Trois haches à ailerons 
de France. L'une d'elles vient d'Amiens (Somme). Deux haches 
à douille, la première des dragages de la Seine à Corbeil 
(Seine-et-Oise), la seconde de Hongrie. (A. de Mortillet et 
Piketty.) 

10 



— 242 — 

Quatrième carton. Larnatuiien. — Trois épées pislilli- 
forraes ou en ruban, avec âme de la poignée plate, dragages 
^ de la Seine à Villeneuve-Saint-Georges et à Mantes (Seine-el- 
Oise), etdeTIsle, à Périgueux (Dordogne), (E. Piketty.) 

Épée pistilliforme, assez courte, avec longue soie terminée 
par un bouton, forme à peu près spéciale à la Seine; dragages 
de Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise). (Idem.) 

Épée avec âme de poignée plate, forts crans à la base, épais 
bourrelet le long de la lame, qui se termine en goutte de suif. 
Pressagny-rOrgueilleux, dans la Seine. (De Pulligny.) 

Petite lame de poignard, Choisy-le-Roi (Seine). (Salmon.) 

Quatre pointes de lance de tailles fort diverses, Aigneville 
(Somme) ; dragages de la Seine à Villeneuve-Saint-Georges et 
Corbeil. (D'Ault du Mesnil, A. de Mortillet, E. Piketty.) 

Pointe de flèche en forme de feuille avec une longue soie, 
forme ibérique. (A. de Mortillet.) 

Lame de couteau, Autun (Saône-et-Loire). (Piketty.) 

Deux faucilles, une à bouton (A. deMortillet), et une à lan- 
guette, d'Autun. (Piketty.) 

Une gouge à douille, d'Autun. {Idem.) 

Cinquième carton. Larnaudien et au delà. — Quatre bra- 
celets pleins, ouverts sur le côté, dont un à dos fortement 




Fig. 176. Développement d'un bracelet en bronze gravé. Dragages de la Seine, 
au Tremblay (Seinc-ei-Oise) (1/2). — Collection Ph. Salmon. 

perlé, Dampierre et Corbeil, à la Pêcherie; un autre à dos 
gravé (fig. 176). (Piketty et Salmon.) 

Huit épingles diverses. Les épingles étaient extrêmement 
abondantes pendant Fâge du bronze. Quatre des palafittes de 
la Suisse, Estavayer, grande station de Corcelette, Cortaillod, 
Hauterive; deux de Saint-Fargeau (Seine-et-Marne). (Piketty, 
Salmon.) 



— 24r{ - 

Un boulon à queue ou bélière, Aulun (Saône-et-Loire). 
(Piketty.) 

Une pendeloque, Aulun. (Piketty.) 

Quatre petits anneaux, palafittes deCortaillod, d'Estavayer, 
d'Hauterive et d'Auvernier. (Salmon.) 

Trois hameçons, palafittes d'Estavayer, d'Hauterive et 
d'Auvernier. (Salmon.) 

Un rasoir en arc de cercle, ajouré en dessus, avec trois 
bélières de suspension. Fort jolie pièce qui peut bien être du 
premier âge du fer, Corbeil. (Piketty.) 

Au sommet du carton, élégante hache en bronze se rappro- 
chant de la forme des francisques en fer. Koban, âge du fer. 
(A. de Mortillet.) 

Sixième carton. Haches plates. — Trois haches complète- 
ment plates (fig. 177). Une des dragages de la Seine, Ris 
(Seine-et-Oise), peut bien être en bronze et a 
eu le tranchant affûté (Salmon). Les deux ^--- 

autres paraissent être en cuivre et n'avoir /: >- 

jamais servi; l'une d'elles est d'Avensan, | 

canton de Castelnau, Gironde (A. de Mor- 
tillet). Ces haches plates, habituellement en 
cuivre pur, soulèvent un problème palethno- 
logique. Les uns les placent tout à fait a > '^' 

l'origine du métal. Mais on ne les a jamais 
rencontrées dans des stations associées à des 
objets en pierre ou à d'autres objets en mé- 
tal. Elles ne figurent pas non plus dans les 
cachettes de fondeurs si riches en débris Kig. i/T.uaciicpiaïc 
divers. Les autres ne voient en elles que des scu?c ((Tersî'n/^K 
lingots à l'usage du commerce, et leur donnent - g. et a. de Mor- 
une date bien postérieure a I âge du bronze. historique). 

Septième carton. Haches votives. — Trois grandes (fig. 478) 
et trois petites (fig. 179) haches à douille, forme quadrangu- 
laire, qui ne sont point affûtées au tranchant et qui ne peuvent 
pas l'être, le vide de la douille étant trop profond. Ce qui 



-2U — 



montre bien qu'on ne tenait pas compte du tranchant, c'est que 
révent pour laisser sortir l'air poussé par la coulée du métal, 
est souvent sur le prétendu tranchant. Deux des pièces expo- 
sées présentent ce caractère. La plus petite vient de Maure- 





Fig. 178. 



Fig. 179. 



Fig. 178. Grande hache votive. Cachette de Moussaye, à Plénûe-Jugoii (Cdles-du->ord) 

(i/3). — G. et A. de Mortillet {Musée préhistorique) . 
Fig. 179. Petite hache votive. Normindie (1/3). — G. et A. de Mortillet (Musée prékis^ 

torique)» 

de-Bretagne (Ille-et-Villaine). Ces haches sont en mauvais 
bronze contenant beaucoup de plomb et de zinc. On les nomme 
haches votives. (A. de Mortillet.) 

Huitième carton. Haches en cuivre américaines. — Six 
haches de formes diverses, en cuivre, provenant d'Amérique 
(A. de Mortillet, Rubbens), placées là comme termes de com- 
pai-aison. 

Neuvième carton. Cachette de fondeur. — Le neuvième 
carton de la série du bronze est placé dans la seconde vitrine 
avec les fouilles, comme conleiiant une trouvaille complète. 
Il est très important de recueillir avec soin et de conserver 
ensemble tous les objets composant ces trouvailles, quel que 
^oit le mauvais état des objets. Leur réunion peut fournir 
l'importantes données chronologiques, les diverses pièces se 
datant mutuellement. 

La trouvaille a été faite à. Cézac (Gironde) et recueillie par 



— 445 — 

M. Daleau. C'était une cachette de fondeur contenant des 
culots de métal et des objets hors d'usage. Le tout était des- 
tiné au creuset. Il y a : 

Deux culots de fusion ; 

Un bracelet ouvert, avec oreillette à chaque extrémiu^ 
assez fort, vide à l'intérieur ; 

Quatre bracelets beaucoup plus minces, mais pleins, irré- 
gulièrement ouverts; 

Une pointe de lance fort endommagée ; 

Trois tronçons de lames d'épées en ruban avec un fort dos 
d'âne au milieu, paraissant appartenir k trois armes difiê- 
rentes ; 

Un fragment de poignée d'épée, âme plate, ovale, cran UH 
prononcé au bas de la lame ; 

Un tranchant de hache ; 

Deux haches entières et un fragment, à talons rectangles, 
avec grand anneau latéral, forme la plus récente de ce type ; 

Une hache à douille, à anneau. 

La trouvaille de Cézac est donc un des rares exemples ûe 
l'association de la hache à talons avec la hache à douille. 

§ 6. — Paléoanthropoloirie. 

I. CRANES HUMAINS QUATERNAIRES 

Parce que des débris sont troiivés dans une certaine couche 
géologique; parce que dans leur voisinage on a rencontré des 
silex taillés ou des ossements d'animaux appartenant à des 
types disparus, il ne s'ensuit pas toujours évidemment qu'il 
doit y avoir contemporanéité entre eux. La question des sépul- 
tures postérieures ou des remaniements par des causes diverses 
se présente tout de suite à élucider. Aussi est-ce aux palethnola- 
gistes qu'il appartient d'étudier les conditions du gisement et 
le produit des fouilles avant de les livrer à l'examen des ana- 
tomistes ; le préhistoricien doit dater les pièces que l'anato* 
miste décrira. Souvent, en effet, des observations défectueu^^ps, 



— 246 — 

par conséquent entachées d'erreur, ont eu pour résultat de 
présenter comme appartenant à une haute antiquité des osse- 
ments très récents, et souvent aussi, faute de preuves évi- 
dentes, d'époques indéterminables. Ces en^eurs ont été relevées 
avec soin, par M. G. de Mortillet, dans son ouvrage le Préhis-- 
torique^ et par M. Philippe Salmon, dans sa récente brochure 
sur les Races humaines préhistoriques^ puis dans divers articles 
du Dictionnaire des sciences anthropologiques^ et notamment 
celui de La Truchére. C'est grâce à la minutieuse critique à 
laquelle ces deux auteui^ ont soumis toutes les découvertes 
d'ossements humains et à la sévérité avec laquelle ils ont 
éliminé celles dont l'antiquité leur a paru douteuse, que Tana- 
lomie préhistorique ou paléoanthropologique doit d'être actuel- 
lement en possession de documents sur lesquels elle peut 
s'appuyer avec sécurité pour étudier les formes crâniennes 
qui, pendant le quaternaire, ont existé dans l'occident de 
l'Europe. 

Le premier résultat qui nous frappe, c'est que l'Homme 
était, à cette époque, loin de présenter ces différences de types 
qui avaient été admises jusqu'à présent par des anatomistes 
sans doute fort distingués, mais incomplètement éclairés sur 
l'importante question de la contemporanéité des gisements et 
des débris qu'ils renfermaient. 

Les huit crânes dessinés au trait, de grandeur naturelle, 
qui se trouvent sur deux panneaux du meuble à volets sont 
la reproduction d'une planche donnée par M. Salmon dans 
les Races humaines préhistoriques (fig. 180 à 187). 

On n'y trouve ni le crâne d'Enghis, ni celui de Caustadt, ni 
celui de l'Olmo. Ce dernier, M. Salmon l'avait décrit en le 
faisant suivre des plus expresses réserves, qui se sont depuis 
justifiées ; M. Pigorini, directeur du musée préhistorique de 
Rome, lui a en effet écrit que « personne de science {sic) ne 
l'avait vu en place et qu'il fallait l'abandonner ï>. 

M. Salmon, ne voulant pas s'étendre sur ces crânes, se 
borne à rappeler combien la découverte de Spy, en 1886, est 
venue heureusement confirmer la réalité et Tunilé de cette 





Fiîç. 180. Néanderthal (\ À). 



Fijr. 18i. Tilbury. 





Fig. 182. Bnix. 



Fig. 183. Spy (n" 1). 





Fijf. 181. Spy (n«l*j. 



Fig. 185. Podbaba. 





Fig. 18C. Fguii^hoim. 



Fig. 187. Laugerie-Basse. 



— 248 — 

forme quaternaire, dont le crâne de la vallée du Néander a 
fourni le type. 

On pourra remarquer que ce qui prouve bien cette unité 
morphologique, c'est que les caractères si tranchés du crâne 
de Néanderthal se retrouvent sur tous ceux de l'époque qua- 
ternaire, mais qu'ils vont en s'atténuant graduellement, de 
telle sorte que le dernier d'entre eux, le crâne de Laugerie- 
Basse, qui est magdalénien, présente une forme manifeste de 
transition entre le type des premiers temps du quaternaire et 
ceux de Cro-Magnon, de Baumes-Chaudes, de l'Homme-Mort 
et d'autres sépultures néolithiques. 

II. CRANES HUMAINS NÉOLITHIQUES 

Après le quaternaire, continue M. Salmon, un vide existe 
actuellement dans nos connaissances paléoanthropologiques; 
la première partie de la période néolithique, l'époque cam- 
pinienne, n'a pas encore fourni de débris humains authen- 
tiques; il faut, pour en trouver, aller jusque vers le milieu de 
cette période, moment où les grottes, puis les dolmens, livrent 
en abondance des crânes et des ossements. Jusqu'à présent on 
n'avait pas cherché à réunir, dans le but de les classer, toutes 
les notions qu'on possédait sur ces crânes; M. Salmon l'a fait 
dans son mémoire sur les Races humaines préhistoriques^ et il 
expose les résultats obtenus dans un grand tableau général. 

Ce tableau, comprenant quarante-huit sépultures néoli- 
thiques, donne l'indice céphalique de tous les crânes qu'elles 
contenaient et qui étaient en état d'être mesurés; il indique 
la proportion pour cent des dolichocéphales comparés aux 
brachycéphales et aux mésaticéphales réunis. 

De ce tableau, deux ordres de faits découlent, et, pour les 
mettre en évidence, l'auteur les a représentés séparément au 
moyen de deux graphiques sur lesquels sont dessinées des 
courbes. L'un sert à montrer Tamplitude des oscillations de 
l'indice céphalique ; l'autre offre la proportion des deux formes 
crâniennes principales et leur progression comparée. 



— ^2/^0 — 

Le premier graphique, relatif à l'amplitude des oscillations 
de rindice céphalique, permet, par un tracé mis en couleur, 
de constater ce fait bien intéressant, à savoir que, dans ces 
quarante-huit sépultures comprenant un total de trois cent 
soixante-deux crânes, on trouve tous les indices céphaliques 
compris entre la grande dolichocéphalie de 64,00 et la forte 
brachycéphalie de 89,82. Le passage d'une forme céphalique 
à une autre est indiqué par un changement de couleur. La 
ligne pointillée qui est à la partie inférieure donne les indices 
minimums (les plus allongés) trouvés dans chaque sépulture, 
pendant que les maximums (les plus courts) sont représentés 
par la ligne coloriée supérieure. 

Le second graphique présente deux courbes de couleurs 
difTérentes indiquant la proportion numérique des formes 
dolichocéphales comparées aux formes brachycéphales et mé- 
saticéphales réunies. Sur les quarante-huit sépultures utilisées 
dans le premier graphique, Tauteur a été obligé d'en laisser 
de côté ici vingt-trois comme ne fournissant aucun point de 
comparaison. Dans ces vingt-trois sépultures, en effet, on n*a 
trouvé absolument que des dolichocéphales, sans aucun bra- 
chycéphale ni mésaticéphale. 

Dans une étude de ce genre, il s'agit moins du nombre de 
crânes trouvés en bon état de conservation que de la propor- 
tion numérique existant dans chaque sépulture entre les têtes 
allongées et les têtes courtes; la courbe ne peut commencer 
à être instructive que lorsque les deux formes se rencontrent 
ensemble; c'est pourquoi les vingt-trois inhumations qui ne 
renferment que des crânes allongés ne figurent point sur ce 
deuxième graphique. 

Aucun motif n'existe pour que, dans un même gisement 
soumis aux mêmes actions destructives, une forme crânienne 
ait été plus résistante que l'autre; on peut donc considérer 
les produits des fouilles comme donnant une idée aussi exacte 
que possible de la composition de la population inhumée. Or, 
on cherchant dans quel rapport pour cent se trouvent les 
têtes courtes (brachycéphales et mésaticéphales réunis), com- 



— 250 — 

parées aux têtes allongées, on constate que la courbe tracée 
par le nombre des crânes appartenant à des dolichocéphales 
commence par dominer de beaucoup celle que décrit le 
nombre de crânes provenant de sujets plus ou moins brachy- 
céphales. 

Si, dans les tracés de ces courbes, l'auteur a commencé par 
la partie qui accuse la prédominance des dolichocéphales, 
c'est qu'il s'est appuyé sur ce fait que tous les crânes quater- 
naires authentiques sont allongés et que le nombre de sépul- 
tures (vingt-trois) ne contenant que des têtes de dolicho- 
céphales est bien supérieur k celui (deux) où se trouvent 
seulement des formes courtes ; en outre, dans ces dernières 
sépultures, le nombre de crânes est très restreint (trois au 
plus), tandis que les inhumations contenant des têtes longues 
renferment jusqu'à trente-cinq crânes. Ces considérations 
justifient l'ordre suivi; Tordre inverse n'aurait été acceptable 
que si les brachycéphales avaient, les premiers, habité nos 
régions à l'époque quaternaire. Une dernière raison vient encore 
à l'appui, c'est que, dans les quarante-huit sépultures, il y a 
deux cent quarante-huit têtes longues contre cent quatorze 
crânes courts. 

Le fait spécialement important que la comparaison des deux 
courbes met en évidence, c'est que les formes brachycéphales, 
en minorité au début, arrivent graduellement à être égales 
en nombre aux formes dolichocéphales. 

A partir de ce moment, et, sans doute sans grande inter- 
ruption depuis, les individus à tête longue vont sans cesse en 
diminuant de nombre. 

L'auteur n'a pas entendu donner ces courbes comme repré- 
sentant absolument la vérité, mais simplement l'état de nos 
connaissances actuelles (1889) sur cette question et rien de 
plus. M. Salmon pense cependant que les découvertes ulté- 
rieures, tout en permettant de régulariser l'aspect des courbes 
du pourcentage des formes crâniennes, n'en devront guère 
modifier le fond, si naturellement l'on s'en tient aux régions 
de l'Europe occidentale. 



— 251 — 



,^7. "■ Trépanation. 

On donne le nom de trépanation, par analogie avec l'opé- 
ration chirurgicale faite au moyen d'un trépan à couronne, à 
des perforations de forme et de grandeur très variables qu'il 
n'est pas rare de rencontrer sur des crânes provenant de sépul- 
tures néolithiques ou des périodes suivantes. Des perforations 
analogues se sont trouvées sur des crânes appartenant à des 
temps historiques récents jusqu'au commencement du moyen 
âge. 

Des recherches auxquelles se sont livrés sur ce sujet 
MM. Broca, G. de Mortillet, Capitan, Leguay, Hamy, Sanson, 




Pig. 188. Crâne humain avec trépanation posthume (1/2). Dolmen tle Dampont 
(Seine-et-Oise). — Bull. Soc. (Tanthropol. de Parix, 1889, p. 250. 

Girard de RiallCj etc., il résulte que deux procédés ont été 
employés pour trépaner dans les temps préhistoriques. le 
raclage et le sciage. En outre, cette opération a été pratiquée 
tantôt durant la vie, tantôt après la mort, parfois même elle a 
été faite aux deux époques, c'est-à-dire qu'un individu tré- 
pané de son vivant était de nouveau trépané après sa mort. 
Dans le premier cas, les bords de la perforation présentent 
les indices manifestes de la cicatrisation osseuse, tandis que 
dans le second cas on remarque sur les bords la trace des 
dents de la scie ou des raies produites parle raclage. 



— 252 — 

Devant ces faits il devient évident que si les trépanations sur 
le sujet en vie ont pu avoir un but thérapeutique, il n'en 
saurait être de même des trépanations kiies post-mortem qui 
ne semblent pouvoir s'expliquer que comme la conséquence 




Fig. 189. Crâne humain incomplet, avec trépanation chirurgicale (1 /S) : A B, suturo 
coronale ; D G, suture lambdoïde. Dolmen de Dampont (Seine-et-0i«e). — BhU, Soc, 
d*anthropol de Paris, 1889, p. 250. 

d'idées superstitieuses, dans le but de se procurer des ron- 
delles crâniennes destinées à devenir des amulettes. 

On a choisi, pour les exposer, un certain nombre de pièces 
fournissant les preuves de cette étrange pratique. Ce sont : le 
moulage d'un crâne néolithique provenant des grottes Sépul- 
crales de la vallée du Petit-Morin (Marne) ; quatre rondelles 
osseuses de formes variées; le moulage d'un fragment de 
voûte crânienne trouvé dans le dolmen d'AiguilIère (Lozère) ; 
deux autres moulages, offrant des surfaces enlevées considé- 
rables. Enfin, « un crâne trépané du tumulus des Lizières, 
commune de Pamproux (Deux-Sèvres), découvert par M. Sou- 
che, examiné en 1882 par M. G. de Morlillet {Bull. Soc. 
(Canthropol.y 1882). Sur ce crâne, comme sur un autre du 
musée de Lisbonne, au lieu de raclage, c'est le sciage, par 



— :25^ — 

va-et-vienl, qui se remarque dans l'épaisseur, avec une]ivoie 
assez faible démontranl l'emploi d'un instrument de métal, 
ce qui a été très facile à observer, car précisément les opéra- 
lions n'ont pas été achevées. On est demeuré d'accord pour 
considérer la sépulture comme préhistorique sans qu'il ait été 




Fig. 190. Crâne trépané. Pamproux (Deux-Sèvres). Collection Souche (1/ i). 
Bull. Soc. d^anthropoL de Paris, 1882, p. U5» et 188U, p. 226. 

possible de distinguer entre l'âge du bronze et le premier àgc 
du fer. Le sujet était un vieillard, certaines coupures pré- 
sentent des ti*aces de réparations cicatricielles, mais d'autres 
n'en présentent pas . La forme du champ ciixîonscrit est paral- 
lélogrammatique j> (Art. Trépanation, du Dict. des sciences 
anlhropol.ypavM. Salmon). C'est le crAnc original qui est 
exposé, M. Souche ayant, dans l'intérêt de la science, bien 
voulu s'en dessaisir. 



§ 8. — Agriculture palethnologl^ue. 

Un des buts de l'exposition de la Société, de l'École et du 
Laboratoire d'anthropologie est de montrer d'une manière 
méthodique et nette à combien de sciences se rattachent les 
étude anthropologiques. Elles s'embranchent à peu près dans 
toutes les directions. M. Gabriel de Moilillet, en exposant sa 
curieuse et riche collection de fruits et de graines provenant 
des temps préhistoriques et de l'antiquité, soude ranthiH)polo* 



— ioA — 

gie à ragriculture. C'est un naturaliste suisse, Oswald Heer, qui 
le premier est entré dans celte voie en publiant un remar- 
quable mémoire sur les graines et les fruits provenant des 
palafittes ou habitations lacustres. La collection exposée sert 
de base à un important travail que M. G. de Mortillet doit 
publier dans la Bibliothèque anthropologique et dont la ma- 
jeure partie est déjà imprimée. Cet ouvrage est intitulé : 
Origines de la chasse, de la pèche et de V agriculture. Les 
produits sont exposés dans Tordre où ils sont décrits dans 
l'ouvrage. En voici la nomenclature: 

V"" Fruits sauvages : 

Fraise, graines : palafittes de Wangen (lac de Constance), 
de Robenhausen (Suisse), du lac de Clairvaux (Jura), tous les 
trois néolithiques. 

Aubépine, graines: station palustre de Laybach (Carniole). 

Sureau, graines : palafittes de Robenhausen ; terramarede 
Parme (Italie). 

Troène, graines : palafittes de Robenhausen. 

If, graines : palafittes de Robenhausen. 

Staphilé ou faux pistachier, fruits : terramare de Parme, 
âge du bronze. 

Châtaigne d'eau, fruits : palafittes de Robenhausen, station 
palustre de Laybach. 

Glands, fruits : palafittes de Bevaix (Suisse ) ; du lac Fimoii 
(Vénétie) ; du lac du Bourget et surtout de Grésine (Savoie) ; 
terramares de Parme etdeCastione (Italie) ; station palustre de 
Laybach. Ces divers gisements sont de la fin de Tâge de la 
pierre et surtout de l'âge du bronze. — Souterrain-refuge de 
Gros (Tarn-et-Garonne). La plupart du temps on rencontre les 
glands avec leur enveloppe, pourtant souvent ils sont décoi'li- 
qués et même parfois les deux cotylédons sont séparés. Ces 
glands varient de grosseur et de forme. 

Noisette, fruit : palafittes de Robenhausen, de Bevaix, du lac 
Fimon, de Grésine; terramare de Panne. Souvent entières, 
parfois cassées. Il y a deux formes très caractérisées. Tune très 
arrondie, l'autre allongée. 



— 255 — 

Pin sylvestre, cônes : Robenhausen. 

Pin pignon, graines : Pompéi (Italie), romain de Tan 75. 

Sapin, graines : Robenhausen. 

^"^ Fruits cultivés : 

Pomme, fruits entiers, fruits partagés et pépins: palafitles 
de Robenhausen, de Moosseedorf (Suisse), de Grésine, Ce sont 
des fruits qu'on avait fait sécher pour les conserver comme 
provisions. Pour qu'ils sèchent plus facilement, on les coupait 
généralement en deux. Bien que les gisements cités appar- 
tiennent au néolithique et à l'âge du bronze, on y rencontre des 
fruits plus forts qui certainement sont le produit d'améliora- 
tions horticoles. 

Prunelle, noyaux : palafitles de Robenhausen, du lac du 
Bourget (Savoie), pierre et bronze. — Puits funéraires du 
Bernard (Vendée), romain. — Lac de Paladru (Isère), 
moyen âge. 

Prune, fruits et noyaux : Pompéi, pruneaux romains. — Puits 
funéraires du Bernard, noyaux romains de deux grosseurs, 
moyens et petits. — Station du lac de Paladru, moyen âge, 
trois grosseurs et noyaux plus allongés. 

Merise à grappe, noyaux: Robenhausen et Laybach. 

Cerise, noyaux : le Bernard, longs ; Paladru, noyaux longs 
et ronds. 

Pêche, noyaux: le Bernard, romain. 

Noix, fruits: le Bernard, romain, petits et moyens. — Sou- 
terrain de Cros, moyen âge, débris de coquille. 

Châtaigne, peaux : souterrain de Cros. 

Figue, fruits : Pompéi, deux variétés de figues sèches. 

Caroube? ou silique épaisse d'espèce voisine : sépulture 
d'Ancon (Pérou). 

S** Fruits à huile : 

Pavot, graines : palafittes du lac du Bourget. 

Olive, fruits et noyaux : Pompéi. 

A^ Fruits fermentescibles : 

Raisin, pépins : terramare de Parnie, âge du bronze; 
Pompéi, an 75. 



— 256 — 

Framboise, graines : palafittes de Robenhauseu et de Waii- 
gen ; station lacustre de Laybach. 

Mûre de ronce, graines: palafittes de Robenhausen, de 
Wangen, du lac de Clairvaux, du lac Fimon. 

Cornouille, noyaux : palafittes du lac Fimon, du lac Varèze 
(Lombardie), de Peschiera (Vénétie); de la station palustrede 
Laybach ; des terramares de Parme et de Castione. 

Datte, fruit et noyau : entière de Pompéi ; noyau d'un 
milieu romain de France. 

5« Céréales : . 

Oi^e, grains : palafittes de Robenhausen, pierre, grains et 
épis ; Bourget, bronze ; terramares de Castione et de Parme ; 
Thérasia à Santorin, grec archaïque. 

Froment, grains de forme et de grosseur très variées, parfois 
épis : palafittes de Robenhausen, gros, petit et à grains ronds ; 
Martres-de-Veyre (Puy-de-Dôme), pierre. — Terramares de 
Parme et de Castione, bronze. — Gaulois de Kélern (Finis- 
tère). — Romain, Pompéi, département du Tarn, et tombeau 
de Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise). — Moyen âge, 
station du lac de Paludru. — Époques indéterminées, Olmutz 
(Moravie), et mur en ruine près du vieux couvent Zéca (Servie). 

Seigle, gi-ains : Olmutz, Kélern et Villeneuve-Saint-(xeorges. 

Avoine, grains : palafittes du Bourget, âge du bronze; 
Kélern, gaulois. 

Fausse- avoine, grains: Bourget, bronze; Villeneuve-Saint- 
Georges, romain. 

Millet rond, grains : palafittes du Bourget, bronze; Pompéi, 
romain; souterrain de Gros. 

Panic ou millet long , graines et balles : terramare de 
Parme, âge du bronze. 

Maïs, grains : cimetière précolombien d'Ancon (Pérou). 

6** Légumes : 

Pois, grains: palafittes du lac du Bourget; station du lac de 
Paladru. 

Lentilles, grains : palafittes du Bourget ; Pompéi ; Sainl- 
Paulien (Haute-Loire), dans un dolium romain. 



— 457 — 

Vesce, grains : Pompéi. 

Lupin, grains : Pompéi. 

Fèves, grains : palafittes de Robenhausen et Grésine, pierre 
et bronze. — Terramare de Castione, brqnze. — Station gau- 
loise de Kéiern. 

Haricots, graines : cimetière précotombien d'Ancon, plu- 
sieurs variétés bien caractérisées. 

7** Plantes textiles : 

Lin, fruit complet, graine et tiges : palafittes de Robenhau- 
sen et de Moosseedorf. 

Chanvre, graines de Pompéi. 

Outre les graines et fruits des plantes indiquées ci-dessus 
qui se rapportent, sans compter les variétés, à quarante-cinq 
espèces provenant de vingt-six localités différentes, M. de 
Mortillet possède encore diverses autres graines de plantes 
intéressantes au point de vue botanique, mais qui n'ont rien 
à faire avec l'agriculture. Cependant il a encore exposé des 
graines de : 

Renouée ordinaire, recueillies en abondance dans un vase 
en poterie grossière qui faisait .partie de la sépulture néoli- 
thique de la Pierre à Mousseau (Seine-et-Oise) ; 

Et de lithospermum, recueillies dans la terramare de 
Parme. 

§ 9. — Voallles méthodlqfie». 

Les diverses branches de l'anthropologie, surtout la paleth- 
nologie, ont donné lieu à de nombreuses fouilles. Malheureu- 
sement, elles manquent souvent de précision. Il faut, dans les 
fouilles et dans les recherches, apporter le plus grand esprit 
méthodique, si l'on ne veut pas introduire dans la science une 
foule d'erreurs qu'il est ensuite très difficile de détruire, et 
qui fournissent constamment des arguments aux esprits légers 
ou paradoxaux, à plus forte raison encore aux adversaires de 
l'anthropologie. 

On ne peut, on ne doit s'en rapporter qu'aux fouilles faites 

17 



- 458 — 

par soi-même. Toutes les fouilles, exécutées par des ouvriers, 
même intelligents, ont besoin d'être sévèrement contrôlées. 
Nous avons eu de trop nombreux exemples de données erro- 
nées introduites dans la science par des hommes du plus haut 
mérite, qui ont eu le tort d'accepter trop facilement les résul- 
tats soi-disant obtenus dans des fouilles abandonnées aux 
ouvriers. 

Môme dans les fouilles dirigées ou exécutées par des obser- 
vateurs habiles, il y a des causes d'erreurs qu'il faut éviter ou 
tout au moins reconnaître. Une des plus fréquentes est le 
remaniement antérieur. Ce remaniement peut avoir été fait, 
soit par les animaux fouisseurs, surtout le Blaireau, soit par 
l'Homme. Des fouilles anciennes, dont on n'a pas conservé le 
souvenir, peuvent avoir eu lieu. C'est ainsi qu'une grotte de la 
vallée de l'Èvre a été vidée pour servir d'habitation à l'époque 
romaine. Ses déblais ont été rejetés au-devant et ont formé un 
talus où tous les objets se trouvent dans l'ordre inverse de 
celui qu'ils occupaient primitivement. C'est ce qui a fait dire 
à l'abbé Maillard que le solutréen est supérieur au magdalé- 
nien et que le Renne se rencontre jusqu'à l'époque romaine. 

Quand on s'est bien assuré qu'il n'y a aucune cause d'er- 
reurs provenant de remaniements, il faut tenir compte des 
superpositions et des juxtapositions. Les fouilleurs purement 
et simplement collectionneurs n'y font pas assez attention et 
mêlent ainsi des objets d'époques fort diverses. 

Deux explorateurs des plus ha^biles et des plus consciencieux 
du Sud-Ouest, MM. Chauvet et Daleau, ont adressé à l'exposi- 
tion de la Société, de l'École et du Laboratoire d'anthropo- 
logie, le premier un exemple très frappant de juxtaposition à 
la Quina, le second un exemple de supei'position dans la 
grotte de Pair-non-Pair. 

JUXTAPOSITION 

Station de Ut Quina ^ commune de Gardes {Charente). — Les 
quatre cartons exposés par M. Chauvet, notaire à Ruffec, don- 



- 259 - 

nenl une idée juste de ce gisement double et important, où se 
trouve très nettement constatée la juxtaposition, et non le 
mélange de Tlndustrie moustérienne et de Tinduslrie magda- 
lénienne. 

A moins de 100 mètres de distance, sur la même terrasse, 
à la même altitude, le long de la même route, existent, du 
côté nord un dépôt exclusivement moustérien , et du côté 
sud un dépôt exclusivement magdalénien. Si c'étaient les 




Eï^x; 



Fig. 191. Pointe moustérienne de silex. La Quina (Charente). 
Dépôt nord (G. N.). — Collection G. Chauvet. 

débris d'une seule et même époque, il y aurait eu certaine- 
ment mélange. 

La partie nord du gisement, dont la couche archéologique 
atteint quelquefois 2 mètres d'épaisseur, ne contient, parmi 
les ossements brisés, que des racloirs (fig. 192, 193 et 194) 
et des pointes types du Moustier (fig. 191). 

La partie sud, dont la couche est moins épaisse, contient, 
avec les ossements, des grattoirs (fig. 195), des lames, des 
lissoirs, des os polis, des dents percées, tous les types magda- 
léniens, sans traces de silex moustériens. 

La faune des deux gisements, qui ne représente pas, du 
reste, la faune normale, mais seulement les animaux mangés 



261 



par THomme, est à peu près la même au nord et au sud : 
Bœuf, Cheval, Renne en très grande abondance, de rares Car- 
nassiers. 

SUPERPOSITION 

Grotte de Pair-non-Pair^ commune de Marcmnps (GironiH, 
— Cette grotte est située à l'embouchm e ou plutôt au con- 
fluent de la Garonne et de la Dordogne, qui fm nient ensuite 
la Gironde. 

Les deux industries juxtaposées à l(i Quina sont superpo- 
sées à Pair-non-Pair. Le dépôt nia^dairmien est ici le plus 
abondant et forme la majeure 
partie du gisement ; il recou- 
vre un dépôt moustérien que 
M. Daleau a parfaitement con- 
staté et qui est bien caracté- 
risé par ses silex. La juxtapo- 
sition permettait de distinguer 
les deux époques, la superpo- 
sition met à même de les dater 
respectivement; en efl'et le 
magdalénien se trouvant à la 
partie supérieure est forcé- 
ment plus récent que le mous- 
térien qui occupe la partie 
inférieure. 

Les quatre cartons exposés 
par M. Daleau contiennent 
des spécimens des époques 
superposées. Nous reprodui- 
sons ici un instrument mousté- 
rien (fig. 196) en silex, un double grattoir en silex (fig. 197) 
et un instrument magdalénien en os (fig. 198). 

M. Daleau pense qu'une partie de ces silex, notamment des 
pointes à dos abattu, sont intermédiaires entre le inonstùi ieu 
et le magdalénien et peuvent être ainsi rapporit^ï*. an sulnlreeUi 




ta.c 



'^'\ 



Fig. l^a. Coup t!«? poinp. GroUe de Pair- 
lion F, Dftloau. 






^ ^. 



El.C. 



Fig. 107. 



Fig. 198. 



Fig. 197. Double grattoir. Grotte de Pair-non-Pair (Gironde) (G. N.). — Collection 

F. Daleau. 
Fig. 198. Poignard en os. Grotte do Pair-non-Pair (Gironde) (G. N.). — Collection 

F. Oaleaii. 



— 263 



FOUILLES COMPLÈTES 



Il faut autant que possible recueillir tous les objets d'une 
fouille; le nombre de certains os humains peut fournir une 
donnée précieuse sur le nombre des individus ; divers os per- 
mettent de déterminer Tâge et le sexe. Les quantités plus ou 
moins grandes de débris de certains animaux, indiquent leur 
abondance ou leur pénurie, signalent les goûts du temps pour 
tel ou tel gibier, etc. 

Comme modèles de fouilles, la troisième vitrine contient 
une exposition de M. Ficatier montrant le parti qu'on peut 
tirer d'une grotte déjà fouillée et la fouille complète d'une 
seconde grotte. Les deux grottes sont situées dans le même 
massif de rocher, vallée de la Cure (Yonne). 

Grotte des Fées^ à Arcy-sur-Cure (Yonne). — Cette grotte 
classique avait été interrogée déjà du temps de Cuvier, 
auquel on avait présenté une faune plus ou moins complète 
tendantà prouver la contemporanéité de l'Homme et d'animaux 
éteints. Des fouilles postérieures commencées il y a quarante 
ans environ par Robineuu-Desvoidy et continuées par plu- 
sieurs membres de la Société des sciences de l'Yonne, ont 
amené la découverte d'objets d'industries diverses, d'une 
mâchoire humaine et de nombreux autres débris d'animaux. 
Le résumé de ces fouilles a été publié dans le Dictionnaire 
archéologique de l'Yonne de M. Salmon (Auxerre, 1878). 

Le musée d' Auxerre possède une collection d'ossements 
d'animaux qui peut être considérée comme renfermant des 
débris de tous ceux de la grotte; les huit cartons qui la com- 
posent sont exposés au sommet de la même vitrine, mais du 
côté opposé ; on y relève les animaux suivants : 

i*^% 2% 3% 4'* cartons. — Ursus spelieus. 

5** carton. — Hyena spelœa. 

6'' carton. — Rhinocéros tichorhinvs. — Elephas primige- 
mus. — Sanglier, 



— 264 — 

?• carton. — Loup et Cheval. 

8*^ carton. — Grands Bovidés. — Cervus canadensis et 
d'autres espèces du genre Cerf. 

La mâchoire humaine est dans la collection de Vibraye, 
fi Cour-Cheverny. 

Dans ces derniers temps, M. le docteur Ficatier a repris 




Êik.Cuy£ 



y.^ 



Fig. 199. Coup de poing. Grotte des Fées (Yonne) (G. N.). — Collection Ficatier. 



les recherches au point de vue de Tindustrie et il expose 
quatre cartons sur lesquels on en peut suivre le développe- 
ment dans Tordre de superposition reconnu sur place- A la 
base, avec des éclats de silex moustériens, il a récolté deux 
pointes de forme acheuléenne (fig. 199), finement retaillées 
sur les bords, dont la matière paraît avoir été empruntée aux 



— -2fi5 — 

bancs de silex qui alternent dans la falaise avec les bancs 
calcaires; ces deux pièces intéressantes appartiennent au 
passage du chelléen au moustérien. 

Sur cette couche chelléo-moustérienne s'est amplement 
développé le magdalénien (fig. 200), mais un magdalénien 




Fig. 20(). 



e.A.,c, 




Fig. 201. 



ÊÀ.C. 



Fig. 200. Grattoir en silex. Magdalénien. Grotte <les Fées (Yonne) (G. N.). — Collec- 
tion Ficatier. 

Fig. 201. Pointe de llèclic en silex. Robenliausien. Grotte des Fées (Yonne) (G. N.), 
— Collection Ficatier. 



rudimentaire et vraisemblablement antérieur à celui de la 
grotte voisine du Tvilobite^ dont il est question plus loin. 

En remontant, M. Ficatier a rencontré l'industrie néoli- 
thique caractérisée par des pointes de flèches (fig. 201) et 
des fragments de haches polies en silex, une fusaïole en terre 
cuite, etc. 

Enfin à la partie supérieure, il a recueilli divers objets 
hallstattiens en bronze (fig. 202). 



— 266 — 

La marche ascendante, dans la grotte des Fées, est donc 
d'accord avec nos données de l'Europe occidentale. 




f vx- 



Fig. 202. Bracelet en bronze. Hallstattien. Grolte des Fées (Yonne) (G. N.). 
Collection Ficalier. 

Grotte du Trilobite, à Arcy-sur-Cure (Yonne). — Dans la 
falaise oolithique, un peu en aval de la grotte des Fées, 
M. le docteur Ficatier a découvert, en 1884, une nouvelle 
grotte qu'il a vidée entièrement. Elle renfermait plus de 
quatre mille silex ouvrés dont quelques-uns la rattachaient à 
V l'époque moustérienne; quelques autres, rares aussi, avaient 
un aspect solutréen; tout le reste était magdalénien, non plus 
le magdalénien rudimentaire, caractéristique de la grotte 
voisine, mais d'un travail plus soigné, sans atteindre cepen- 
dant la perfection de l'industrie de| l'abri périgourdin de la 
Madeleine. Les cartons exposés par M. Ficatier, rapprochés 
de ceux de la Madeleine, ne laissent aucun doute à cet égard. 
Il en est de même, parmi les os, d'un bâton de comman- 
dement; cette pièce est grossière, comparée aux objets de 
même forme provenant de la Dordogne, de la Vienne, etc. 

Le travail de l'aiguille en os est bien représenté sur les 
cartons de M. Ficatier; on y voit : l"" l'os tradLItionnel, le mer- 
rain d'où les esquilles étaient détachées au moyen du sciage, 
— les scies en silex étaient nombreuses dans le gisement; 
2** une esquille brute, vierge de tout raclage; 3** plusieurs 
aiguilles de longueurs variées; de sorte qu'avec ces petits 
outils et avec les poinçons d'os qui les accompagnaient, on 



— 267 — 

peut se rendre compte aisément de la couture des vêtements 
que le froid vif de Fépoque nécessitait. 

La parure, dans la grotte du Trilobite, a fourni, outre les 
coquilles percées habituelles, deux éléments remarquables. 
La première pièce est un bupreste sculpté en bois de conifère, 
décrit par M. Salmon dans le Dictionnaire des sciences anthro- 
pologiques , au mot Scarabée. Rien n'y manque, la tête, le 





Fig. 203. 



Fig. 2(U. 



Fig. 205. 



Fig. 203, 204 et 205. Sculpture en bois de conirère, représentant un bupreste. Grotte 
du Trilobite, à Arcy-sur-Cure (Yonne) (G. N.). — Collection Ficaticr (Dict, des se, 
anthropol.), 

corselet, les élytres, etc.; la précision est complète et la petite 
bête est reconnaissable pour tout le monde ; deux trous de 
suspension ne laissent aucun doute sur l'usage (fig. 203, 204 
et 205). 

La deuxième pendeloque (fig. 206 et 207) est une em- 
preinte de Trilobite en relief; cette sorte de sculpture natu- 
relle, par ses zones, a facilement attiré l'attention, en écono- 
misant le temps d'un artiste qui n'a eu qu'à y percer les deux 
trous de suspension. D'où venait ce fossile? M. l'ingénieur 
Douvillé incline à en chercher la provenance jusqu'en Bohême ; 
alors l'aire géographique des Troglodytes de la Cure aurait été 
ainsi avancée de 2000 kilomètres vers le centre de l'Europe. 



— 268 - 

Cet objet est également décrit dans le Dictionnaire des sciences 
anthropologiques^ au mot Trilobite. Ces deux curieuses pen- 
deloques sont uniques jusqu'à présent. 





Fig. 206. 



Fig. 207. 



Fig. 206 cl 207. Trilobite fossile percé de deux trous, dessus et dessous. Grotte du 
Trilobite, à Arcy-sur-Cure (Yonne) (G. N.). — Collection Ficalicr {Dicl. des sr. 
anthropoL). 

Caveau funéraire dolménique de Crécy-en-Brie (Seine-et- 
Mai'fie). — Comme modèle de fouilles complètes, la même 
vitrine contient le produit d'une sépulture dolménique explorée 
avec le plus grand soin par M. Thieullen. Dans le voisinage 
de deux autres sépultures néolithiques analogues, M. Thieullen 
a découvert un nouveau caveau funéraire décrit par M. G. de 
Mortillet dans VHomme, 4886, p. 705. 

Un énorme bloc de pierre isolé gênait la culture d'un champ, 
sur le territoire de la commune de Crécy-en-Brie ; il y a envi- 
ron dix ans, le propriétaire le fit briser et enlever; ce travail 
mit à découvert des ossements humains, dont on ne tint aloi's 
aucun compte et les choses en restèrent là jusqu'en 1886; 
M. Thieullen, ayant eu connaissance du fait, entreprit des 
fouilles sur l'emplacement du grand bloc et obtint des résultats 
intéressants. 

Une excavation avait été creusée dans le sol composé de 
crayon, couches calcaréo-marneuses plus ou moins tendres, 
contenant parfois des Hts ou plaques plus calcaires et, par 
conséquent, plus dures; mais les parties marneuses se désa- 



- 269 — 

grégeaient facilement et pour les maintenir, en consolidant les 
parois de l'excavation, on y avait construit un mur en pierres 



""'^^^ 




Fig. 208. Plan du caveau funérairo dolni^nique de (irécy-eu-Brie, rouillé par A. Tliieul- 
len. — M, inur; 0, porte; A, première chambre; B, seconde chambre; D, pilier 
en murailiemenl; C, fossé; P, gros bloc de pierre existant encore; E, fouille Taile 
à Textérieur; V \, grand axe. 

sèches, au moyen de fragments de calcaire empilés et super- 
posés. Le même procédé avait été employé dans les deux 
autres monuments voisins précédemment fouillés. 

Le plan du caveau (fig. 208 et 209) dessiné par M. Adrien 




Fivç. 209. Cjupc suivant V X. — L, terrain naturel, crayon; M, murs; D, pilier on 
muraijicnient; A, première chambre; B, deuxième chambre; G, fossé; P, gros bloc 
existant encore; T T, table en bloc détruit. 



de Mortillet avait la forme ovale allongée, avec un retrait sur 
un côté; il y avait une porte à une extrémité et un pilier de 



— ^270 — 

soutien en pierres sèches au centre ; un fossé intérieur divi- 
sait la sépulture en deux chambres. La première mesurait 
2"*,40 sur ^""jôO et la seconde 2'°,40 sur 2 mètres, le fossé 
compris. 

Les deux chambres et le fossé contenaient une accumula- 
tion d'os humains que le docteur Manouvrier, en les classant, 
a évalué appartenir au minimum à soixante-dix individus des 
deux sexes et d'âges divers, depuis l'enfance jusqu'à la vieil- 
lesse; il y avait encore des ossements en dehors du mur d'en- 
ceinte. 

Seize crânes ont pu être mesurés : six individus étaient 
dolichocéphales; cinq, mésaticéphales , et cinq, brachycé- 
phales ; c'était, on le voit, le mélange de deux races très dis- 
tinctes ; le crâne le plus allongé a donné un indice céphalique 
de 70.03, et le crâne le plus court, un indice céphalique de 
88.20. Les tibias étaient généralement platycnémiques. 

Au fond de la sépulture, il y avait un dallage en calcaire 
sur lequel reposaient les os et les objets votifs; on ne saurait 
trop engager, dans les fouilles de cette nature, à étudier avec 
soin les dallages, quelquefois répétés en superposition, pour 
séparer des couches successives d'inhumation. Plusieurs sépul- 
tures analogues ont été utilisées jusqu'après la période néoli- 
thique, car sur le dallage supérieur on a, dans certains dol- 
nïens, recueilli du bronze. A Crécy le dallage était unique, et 
l'industrie, de la fin de l'âge de la pierre, comprenait : 

Six gaines en corne de cerf, percées au milieu vertica- 
lement d'un trou d'emmanchure; une est entièrement polie 
(fig. 210) ; une autre (fig. 241) a seulement le pourtour de 
l'ouverture et le talon polis, l'entre-deux a conservé la rugo- 
sité de la matière première; une troisième a une ouverture 
de petite dimension ne pouvant recevoir qu'un petit instru- 
ment. 

Ces gaines concourent à confirmer la distributioft géo- 
graphique de leur forme, observée par M. G. de Mortillet 
et trouvée d'ailleurs dans les deux monuments voisins de la 
Chapelle-sur-Crécy. 



— m 

Les gaines à trou occupent le nord-ouest de la France, la 
Belgique et l'Angleterre. 




Fig. 210. 




Fig. 211. 

Fig. 210, Gaine en corne de cerf, avec hache en silex. Crécy (1/-). — Collection 

A. Thieullen. 
Fig. 211. Gaine en corne de cerf. Crécy (1/2). — Collection A. Thieullen. 

Les gaines à talon occupent la Suisse, le bassin de la 
Saône, celui du Rhône et le midi de la Fiance. 
Poursuivons l'énumération : 
Quatre haches plus ou moins polies en silex (fig. 212); 




Fig. 212. Hache polie en silex. Crécy (1/2). — Collection A. Thieullen. 

une cinquième, en diorite, roche de provenance éloignée; 
aucune n'était restée dans sa gaine par suite des remanie- 
ments; les manches en bois se sont décomposés; 



Un petit tranchet en silex (fig. 213) ; 

Deux écrasoirs en silex, dont un fort usé (fig. 214) ; 

Une douzaine de lames ou éclats divers de silex ; 

Trois petits tronçons d'andouillers de cerf, dont deux percés 
à un bout (fig. 215) et le troisième aux deux bouts pour servir 
comme manche d'outils ; 

Une spatule ou lissoir en os avec traces de sciage ; 

Trois poinçons en os; 

Deux fragments de pointes de lances en os (fig. 216 et 217), 
dont une avec deux barbelures ; c'est le premier exemple connu 
d'une arme semblable ; 

Une perle cylindrique en os (fig. 218) ; 

Deux petits disques en nacre d'Unio ou mulette, coquille 
fluviatile (fig. 219), avec trous de suspension; sur l'un des 
échantillons la perforation est commencée, mais non finie ; 

Deux fragments de calcaire usés et corrodés par les actions 
atmosphériques, comme ceux du dallage et des rnurs en 
pierres sèches, mais perforés, à une de leurs extrémités, d'un 
trou artificiel pour la suspension (fig. 220); l'une de ces 
plaques pèse plus de 2 kilogrammes. 

Parmi les pierres calcaires rencontrées avec les ossements 
et les objets travaillés, se sont trouvés des fragments pointus 
(fig. 221) et d'autres en forme de hache (fig. 221), assez 
nombreux. Ce sont de simples débris qui ont pris ces diverses 
formes par suite des altérations atmosphériques. Le soin 
apporté à la fouille par M. Thieullen démontre que ces frag- 
ments étaient mis intentionnellement dans la sépulture. 
M. Thieullen pense que les fragments pointus pouvaient avoir 
servi d'armature dans les gaines emmanchées. Quant aux frag- 
ments en forme de hache, on se demande s'ils n'avaient pas 
été mis votivement, au lieu de haches vraies conservées pour 
les utiliser, comme dans les sépultures de l'Ile de Thinic 
(Morbihan) ; la fraude qu'on faisait subir aux morts pouvait 
devenir l'origine d'un rite. 

Nous nous sommes un peu étendus sur cette fouille bien 
faite, pour encourager et diriger au besoin ceux qui auraient 





Fig.Sli. 



1 






Fig. 213. 



(I 




Fig. 215. 



n 





Fig. 216. 



Fig. 217. 



Fig. 218. 



Fig. 219. 




Fig. 220. 





Fig. 221. 



Fig. 222. 



Fig. 213. Tranchet en silex. Crécy (2/3). —Collection A. Thieullen. 
Fig. 214. Écrasoir en silex. Crécy (2/3). — Collection A. Thieullen. 
Fig. 215. Manche d'outil en corne de cerf. Crécy (1/2). — Collection A. Thieullen. 
Fig. 216 et 217. Fragments de sagaies en os. Crécy (1/2;. — Collection A. Thieullen. 
Fig. 218. Perle en os. Crécy (2/3). — Collection A. Thieullen. 
Fig. 219. Perle en nacre (2/3). — Collection A. Thieullen. 
Fig. 220. Calcaire percé. Crécy (t/3). — Collection A. Thieullen. 
Fig. 221. Calcaire pointu. Crécy (1/2). — Collection A. Thieullen. 
Fig. 222. Calcaire en forme de hache. Crécy (1/2). — Colleclion A. Thieullen. 

18 



I 



— 274 — 

la bonne fortune, rare aujourd'hui, de relever des sépultures 
analogues; on nous pardonnera cette leçon de choses. Nous 
avons eu aussi en vue de rattacher l'étude de M. Thieullen à la 
dernière époque de la période néolithique que M. Salmon a 
désignée sous le nom de carnacéenne; les monuments méga- 
lithiques lui ont paru être une manifestation assez caractéris- 
tique pour donner lieu à une division. 



CHAPITRE III 

ETHNOGRAPHIE 



L'ethnographie, branche aussi vaste qu'importante, aurait 
pu, à elle seule, occuper toute la place accordée par le minis- 
tère de l'Instruction publique à la Société, à l'École et au 
Laboratoire d'anthropologie; il a donc fallu se borner h pré- 
senter quelques groupes particuliers provenant d'explorations 
récentes. 

La reconnaissance impose à la Société d'anthropologie le 
devoir de mentionner ici les belles et instructives séries ethno- 
graphiques dernièrement recueillies dans le Vénézulea par 
M. Marcano, sous les auspices de M. le général Guznian 
Blanco, et de remercier publiquement ces éminents investiga- 
teurs pour le don généreux qu'ils lui en ont fait; elle en expose 
seulement quelques spécimens et tout le reste est placf^ dans 
le Pavillon spécial de la République des États-Unis dn Vene- 
zuela, à proximité du Palais des Arts libéraux; mais la liste 
complète des objets de cette riche collection, si libéralement 
donnée, se trouve dans le paragraphe 6 du présent chapitre, 

§ 1''. — Alférie et Tanisie. 

M. Adrien de Mortillet expose une collection d'objets re- 
cueillis pendant un voyage en Algérie et en Tunisie : 

Bijouterie populaire. — Série de bracelets et anneaux do 
cheville, en cuivre jaune; les uns moulés et retouchés à la 
lime, les autres martelés et ensuite gravés et estampts. Il y 
en a d'ouverts et de fermés. 



— 276 — 

Bracelets formés d'une torsade de gros fils de cuivre jaune. 

Bracelets en plomb; plusieurs d'entre eux sont ornés de 
petites plaques carrées de verre de couleur. 

Bracelets en corne. 

Bracelets en verre bleu clair et bleu foncé. 

Bracelets formés -de deux rangs de perles, réunis par des 
plaquettes de plomb. 

Bagues faites d'un fil de laiton enroulé en spirale. 

Bagues en plomb; quelques-unes avec chaton décoré de 
plaquettes de verre de couleur. 

Bagues en corne, parfois ornées d'incrustations de cuivre 
jaune. 

Fibules kabyles, en plomb, en cuivre jaune et en cuivre 
argenté. Ces fibules sont généralement réunies par paires au 
moyen de chaînettes ou de cordons parfois ornés de perles. 
Les femmes indigènes y suspendent souvent des pendeloques 
et des amulettes. 

Boucles d'oreilles en argent, ornées de perles en verre rouge. 

Grandes boucles d'oreilles carrées, en argent, auxquelles 
sont pendus des morceaux de corail et des perles de Venise. 

Boucles d'oreilles formées d'anneaux en fil de laiton, aux- 
quels sont pendues des médailles en cuivre, des perles en bois 
peint ou des cyprées percées. 

Rondelle de tempe en plomb moulé. 

Agrafe en argent gravé, de forme ovale. 

Agrafes en cuivre jaune, en forme de poissons. 

Boucle en cuivre jaune, de forme carrée, avec ardillon. 

Glaces dans des enveloppes rondes en cuir brodé, ornées 
de petits glands de laine. 

Pinces à épiler, en cuivre. 

Colliers de perles en terre cuite de formes diverses. 

Poteries. — Vases kabyles, en terre grossière et mal cuite, 
faits à la main sans l'usage du tour et décorés de peintures : 
deux gargoulettes, un pot à lait et une bouteille ayant la forme 
de la gourde à gol renflé que portent les Kabyles. 

Réchauds et plats en terre cuite d'Alger et de Tunis. 



— 277 — 

Lampes en terre jaune et bougeoirs en terre cuite, avec 
glaçure verte ou violacée. Objets vendus à Tunis par les mar- 
chands indigènes. 

Petit moulin en terre cuite. 

Divers. — Tabatière faite d'une pointe de corne de bœuf et 
tabatière en forme de bouteille, en bois sculpté. 

Lampe en cuivre, avec crochet de suspension. 

Bouteilles à kohol, en os blanc et en os peint en rouge- 
Tube à kohol, en roseau, avec gaine en cuir. 

Baguettes pour le kohol, en os et en bois. 

Flûtes kabyles, en roseau, ornées de gravures. 

Monuments mégalithiques. — Cinq des cadres du meuble à 
volets renferment des planches de {'Inventaire des monuments 
mégalithiques de r Algérie, dressé par M. Adrien de Morf illet 
pour la Commission des monuments mégalithiques. Ces 
planches donnent : 

Des plans et des coupes des Djedars du Djebel Ladjedar, 
près de Frenda (département d'Oran) ; 

Des dessins montrant les modes de fermeture des galeries 
qui se trouvent dans l'intérieur de ces monuments; 

Des figures et des plans comparés des Djedars du Djebel 
Ladjedar et de Ternaten, du Tombeau de la chrétienne et du 
Médrasen ; 

Des vues, des plans et des coupes de plusieurs des tombeaux 
de Souama, près Mecherasfa (déparlement d'Oran); 

Des vues et des plans de dolmens des environs de Tama- 
lous, Smeleh et Cheraïa (département de Constantine); 

Des plans et des coupes de dolmens recouverts de tumnlns 
à gradins. Bou-Nouara (département de Constantine); 

Un plan et une coupe d'un dolmen avec tumulus entouré 
de quatre menhirs. Sigus (département de Constantine) ; 

Et deux vues du monument de Sigus, connu sous le nom 
de Redjee Safia. 

Des photographies de ces monuments sont exposées dans 
les galeries de la Commission des monuments historiques, 
au palais du Troeadéro, dans l'aile qui est du côté de Passy, 



478 — 



2. — Asie centrale. 



M. Capus expose les objets suivants, rapportés par lui de 
son voyage dans l'Asie centrale : 

1 . Balance du Wakhane. — Cette balance est un des rares 

instruments de mesure fixe employés en Asie centrale. 
Elle se compose d'un peson en bois immobile au bout 
d'un fléau, en forme de massue, et d'un plateau en peau 
de chèvre. Le fléau porte des encoches, espacées diff<é- 
remment, pour marquer le point d'application pour des 
poids diff'érents. C'est le système de la balance danoise 
et du « bezmène ]& russe. L'instrument a évidemment 
été introduit dans la vallée du Wakhane par le Tur- 
kestan. 

2. Flûte bokhare. — Instrument en cuivre. A remarquer la 

gamme obtenue, ne différant pas de la nôtre. Les in- 
struments à corde et le chant, au contraire, emploient 
des gammes très variées, très différentes et compliquées. 
La flûte bokhare est ordinairement un simple roseau, 
troué convenablement. On lui donne le nom de mi. 

3. Bombes à feu grégeois. — Deux bombes provenant de 

fouilles faites à Samarcande. Elles ne sont d'ailleurs pas 
rares dans le Turkeslan, et M. Capus en a trouvé un 
grand nombre dans les fouilles qu'il a faites dans les 
ruines de Termez, sur l'Amou-Darja. On y voyait égale- 
ment les traces des ateliers et des fours ayant servi à leur 
fabrication. Souvent elles sont ornées de dessins en ara- 
besques courant autour de la partie la plus renflée. Les 
dessins les plus fréquents sont reproduits sous les 
^ figures 223, 224, 225). 

4. Tintinnabulum kachgare. — Cet instrument se compose de 

deux bâtonnets en bois, reliés par un grand anneau en 
fer qui en contient également une dizaine plus petits, 
dont le choc produit un bruit de ferraille, destiné à 





?ie. 223. 





Fig. 224. 




Fig. 225. 



— 280 — 

marquer le rythme du chant ou de la danse indigène. 
Cet instrument fait office de castagnettes. Les forgerons 
indigènes le fabriquent grossièrement pour l'usage des 
chanteurs ambulants. On lui donne le nom de sandjélâ. 

5. Couteau des Kâfirs Siahpouches. — Ce couteau-dague a 

une forme particulière qu'on ne retrouve pas ailleurs en 
Asie centrale. Tout, manche et lame, est en fer forgé, 
de qualité médiocre. La lame est peu soignée, le manche 
orné d'arabesques intéressantes à comparer avec les 
arabesques gréco-bac trien nés. Le fourreau est une gaine 
en lame de fer triangulaire doublée de bois, le ceinturon 
en peau de chèvre, orné quelquefois de plaques minces 
métalliques ou de clous. Ce couteau est bien en main 
et devient une arme sérieuse dans celle des Kâfirs épiant 
les caravaniers afghans derrière un rocher et leur plon- 
geant le couteau dans le dos. Le ceinturon est appelé 
bramnichta, le couteau ktày le fer tzimma. 

6. Carquois et flèches des Kâfirs Siahpouches. — Le carquois 

est en cuir mince recouvrant une gaine de baguettes de 
bois. Il est porté sur le dos au moyen d'une lanière de 
cuir. Les flèches, appelées kâhnt, sont en roseau, termi- 
nées par une pointe forte, triangulaire, quelquefois 
empoisonnée. Les Kâfirs Siahpouches se vantent de 
tuer, avec une flèche, un homme à soixante pas. Leur 
arc, droûn, est en bois de conifère (?), tendu par une 
corde en boyau longue de 1™,50. Ils le tendent souvent 
couchés par terre, avec les pieds. Autrefois ils se ser- 
vaient aussi d'arcs en corne. 

7. Bonnet de femme Kâfire. — Coiff'ure élégante et bien 

seyante aux femmes Kâfires, qui jouissent d'un grand 
renom de beauté dans toute l'Asie centrale. Ce bonnet 
est fait du plissement en deux d'une bande de drap de 
laine ornée de couleurs, tissée par les Kâfirs. Sur le 
devant, des rangées de kauris {Cyprœa moneta) apportés 
sans doute de l'Inde. 

8. Boucles d'oreille des femme Kâfire ^ en cuivre, en forme 



/ 



— 281 — 

de point d'interrogation. — /rf., petits anneaux en 
argent {alza) — les anneaux s'appellent kané — que les 
hommes portent dans le pourtour du pavillon de l'oreille. 
Ils portent aussi un collier d'argent, ^w^'ou gulaïj tordu 
en côtes, autour du cou. 



§ 3. — Presqa'lle de iHiilaceii. 

M. J. de Morgan expose une série très complète d'objets 
ethnographiques recueillis par lui lors de son exploration dans 
l'intérieur de la presqu'île malaise en 1884. Cette collection a 
été rassemblée chez les Négritos Sakayes et Sômangs, qui, 
fuyant ^invasion malaise, se sont retirés dans les montagnes, 
où ils vivent indépendants, ayant leurs mœurs spéciales, leurs 
dialectes propres et leur gouvernement national par les chefs 
de tribus ou paugoulous. 

Les armes sont l'arc et la flèche, la sarbacane, la lance 
à tête de bambou. Toutes les flèches sont empoisonnées à 
l'aide de substances végétales d'une action presque fou- 
droyante. Les arcs sont en usage chez les Négritos Sômangs 
en même temps que la sarbacane, tandis que chez les tribus 
Sakayes la* sarbacane est seule usitée. Les carquois, pour le 
transport des flèches, sont faits de bambou gravé avec beau- 
coup de soin. 

La sarbacane est un tube de bambou long d'environ 2",20 
et dont le diamètre est d'environ 2 à 3 centimètres. Elle se 
compose de deux tiges rentrant l'une dans l'autre. Le tube 
externe est toujours d'un seul morceau, tandis que celui de 
l'intérieur est fréquemment formé de deux morceaux. 

Les projectiles sont de petites tiges de bambou de 18 à 
25 centimètres de longueur, très aiguës, et garnies à leur 
partie antérieure d'un tampon en moelle de Brtam (palmiste 
du pays) destiné à jouer le rôle de piston dans le tube de la 
sarbacane. 

La pointe a toujours été trempée dans un poison presque 



— 282 — 



foudroyant; elle ne pé- 
nètre dans le corps que 
de quelques centimètres, 
mais cette légère bles- 
sure suffit à donner la 
mort. 

Les carquois (fig. 226) 
sont également faits de 
bambou. Ils sont fermés 
à l'aide d'un couvercle 
en rotane tressé d'une 
grande finesse. Les flè- 
ches y sont rangées dans 
des tubes qui ks main- 
tiennent à distance les 
unes des autres et les 
empêchent de se coller 
par leur pointe empoi- 
sonnée. 

On remarquera que 
ces carquois, comme 
d'ailleurs tous les objets 
des Négritos /portent des 
ornements purementgéo- 
métriques et ne fournis- 
sent aucune représenta- 
tion des hommes, des 
animaux et des plantes; 
ce caractère, commun 
aux Sakayes et aux Sô- 
mangs, est des plus re- 
marquables. 

Chez les Sakayes, les 
carquois pour flèches de 
sarbacane sont toujours 
fermés, tandis que chez les Sômangs ils sont plus petits et 




'f*-ftîtJlJC 



Fig. 226. — 1, carquois sakaye pour flèches de 
sarbacane (S. Kinta) ; 2, carquois sakaye pour 
flèches de sarbacane (S. Burnam) ; coupe. 
A, petits tubes de bambou ou de roseau pour 
arrimer les flèches ; F, flèches ; Ë, provision 
d'étoupe; G, cercle de rotane destiné à main- 
tenir l'étoupe. 






l 



.;i i| 



— 483 — 

ouverts ; les flèches y sont renfermées, non plus dans des tubes 
fixés au carquois, mais dans de petits étuis qui en contiennent 
environ six à huit (fig. 227). 

La figure 228 montre tous les détails de la sarbacane et de 
ses flèches, elle fournit également une coupe de la partie anté- 
rieure de cette arme, char- 
gée de son projectile. 

La portée des flèches 
de sarbacane est de 80 à 
120 mètres. Los Négritos 
parviennent à une adresse 
merveilleuse à l'aide de cet 
instrument. C'est ainsi que 
M. de Morgan a vu Tun d'eux 
abattre du premier coup un 
dollar à 30 mètres environ. 

L'arc(fig. 229), qui n'est 
usité que chez les Sômangs, 
est formé d'un éclat de bois 
dit hiboul ; il est long d'en- 
viron 2"',20; la corde est ^hm K^9 B>ii mm ^^^ 
faite des fibres tordues de 
l'arbre Trab ; elle est grais- 
sée et présente une résis- 
tance considérable. 

Les flèches sont armées 
d'une pointe de fer couverte de poison ; la pointe est garnie 
d'une ou de deux barbelures ; elle est légèrement fixée à la 
tige, de telle sorte qu'elle s'en sépare lorsqu'elle a pénétré 
dans l'animal. 

La portée de ces flèches est considérable : elle dépasse 
150 à 200 mètres; sa force de pénétration est remarquable. 

Les ornements : peignes, épingles, colliers, ceintures, bou- 
quets, présentent un caractère spécial, indépendant de l'in- 
fluence malaise, tandis que les bracelets, bagues, etc., sont de 
provenance étrangère; le métal dont ils sont formés vient 



Fig. ^1, Carquois sômangs pour flèches 
de sarbacane. 



r. 1 îj. 




Fig. 228. — 1,2, sarbacanes; 3, flèches de sarbacane ; 4, b&ton à poison; 5, coupe 
d'une sarbacane ; 6, 1, détails de la sarbacane ; 8, petit étui pour flèches de sar- 
bacane. 




JfufeH^^ \ 



•^«St.^/«i^an^ 



Fi^. 229. — 1, arc somang ; 2, 3, 4, 5, flèches et détails de la flèche ; 6, carquois ; 
7,8, bottes à poison; 9, 10. lances a pointes de bambou ; 11, 12, lances à pointes 
de fer; 13, canne; l^i, boites à amorces de pêche: 15, bambou pour porter l'eau; 
16, plat de buis ; 17, petit pot en noix de Kapaynay; 18, sifflet; 19, 20, flûtes; 
21, guitare en bambou ; 22, tambour; 23, petit instrument de musique ; 2i, briquet 
et sa botte 




Fig. 230. — Objets de parures et vêtements des Négritos (coll. J. de Morgan). — 

I, 2) 3, bouquets que les femmes sakayes portent dans les cheveux; 4, diadème; 
5, 6, 9, 10, 22, 24, colliers; 7, 8, bracelets; U, 15, 30, bagues; 16, ceinture; 

II, pagne; 12, 13, épingles de nez; 18, 19, 28, 29, peignes ; 17, 25, 26, 27, épingles 
à cheveux; 20, 23, couteaux; 21, 31, b3Îtes en os ou en corne de chèvre sauvage. 




Fig. 231. — ly 2, 3) i, nattes; 5, sac ea natte; 6, hotte en rotane, tresse à jour; 
7, hotte en rotane, tresse serrée; 8» 9, couteau de jungle (malais) et sa gaine; 
10, couteau de jungle; 11, 12, outils de jardinage; 13, 14, haches. 



A 



V 




Fig. 232. 





Fig. 233. 



Fig. 232. — Hameçon simple en rotane. — Hameçon double en rolane. — Tige de 
rotane dont se servent les Négritos pour fabriquer les hameçons. — Hameçon malais 
en Ter. 

Fig. 233. Haches en pierre polie. Presqu'île de Malacca. — Collection J. de Morgan. 



- 289 — 

d'Europe et est parvenu dans les montagnes par Tintermé- 
diaire des Malais (fig. 230). 

En outre de ces objets, sont des vases creusés au couteau 
dans du bois, des vases de bambou, des nattes, des paniers, 
des étoffes faites d'écorce de Ficus battue, des instruments de 
musique en bambou, etc. Tous ces ustensiles sont dus à Tin- 
dustrie négrilo pure, tandis que les couteaux à lame métal- 
lique, très rares il est vrai, sont d'origine malaise (fig. 231). 

Parmi les objets destinés à la chasse et à la pêche, on doit 
signaler des hameçons faits d'une épine crochue de rotane et 
attachés à l'extrémité d'un fil de trab. Ces petits engins rem- 
placent parfaitement les hameçons d'acier dont nous faisons 
usage en Europe (fig. 232). 

A côté de ces objets d'un usage général chez les Négritos 
sont deux haches en pierre polie, qui, il y a quelques années, 
étaient encore en usage, mais ne le sont plus aujourd'hui; 
elles présentent de grandes analogies avec les objets du même 
genre récemment trouvés au Cambodge (fig. 333). 

Toutes les figures de l'exposition de M. J. de Morgan sont 
extraites du journal V Hommes 1885. 

§ 4. — Indo-Chine et Camiiodge. 

AMAS DE COQUILLES DE SOM-RONG-SEN, PRÈS PNOM-PENH 

M.ie docteur Capitan expose deux cartons présentant un 
choix des divers objets recueillis en 1886 dans cette station 
nar M. Silvestre, professeur a l'École des langues orientales. 
Ces séries ont été choisies de façon à montrer tous les types 
que les diverses fouilles ont fournis (1). Cette station est 
située à 60 milles au nord de la ville de Pnum-Penh sur le 
Stung-Chinit, petit cours d'eau qui se jette dans le Mé Sap, 

(1) M. Jammes vient de montrer au Congrès d'archéologie préhistorique, le 
â5 août, les principaux types d'une immense série d'objets recueillis par lui à 
Som-Rong-Sen el dans dix-huit autres stations de la même région. Nous n'y 
avons vu d'ailleurs que cinq ou six types exceptionnels qui ne se rencontrent 
pas dans les séries de M. Silvestre. 

10 



— :290 - 

bras du lacToulé Sap, mettant ce lac en communication avec 
le Mékong. Elle est constituée par des amas de coquilles con- 
sidérables (Cyrènes, Mulettes, Paludines) exploités pour la 
fabrication de la chaux. Au milieu de ces coquilles on trouve 
d'assez nombreux objets en pierre, en coquillage et en os, et 
des traces de foyers. Ce sont, en somme, les analogues des 
kjœkkenmœddings du Danemark. 

Les ossements humains sont assez rares; ordinairement on 
Jes trouve brisés. On y a rencontré des os et dents de grands 
Ruminants, Cervidés et du Rhinocéros ; des débris et des vases 
entiers en terre grossière analogue à notre poterie néolithique. 
Parmi les objets fabriqués en os, assez rares, deux pointes, 
dont une entière (harpons ou pointes de lance ou javelot), 
avec profonde rainure longitudinale semblant bien indiquer 
l'emploi de poison; un très curieux hameçon fort bien tra- 
vaillé; des vertèbres de poissons ayant servi d'ornements. Les 
objets en pierre sont les uns des armes ou instruments, les 
autres des objets de parure. Le type d'instrument le plus fré- 
quent est riierminette. La formegénéraleestcelle d'une hache 
néolithique bien polie, mais plate et à tranchant taillé en 
biseau d'un côté seulement. Les dimensions varient de 13 à 
5 centimètres de long. 

Après l'herminette, on rencontre plus rarement le ciseau 
qui esl, en somme, une hache étroite à tranchant, dont les 
deux faces sont semblables. La gouge est assez rare au^si ; là 
le tranchant a une forme courbe très accusée : c'est en somme 
une hache, dont une des faces est concave au niveau du tran- 
chant. Un type de hache y est assez rare, mais il est très carac- 
téristique : c'est une hache présentant a la base un long pédon- 
cule étroit destiné à l'emmanchement. On trouve aussi des ra- 
cloirs fabriqués avec de minces plaquettes de schiste compact. 

Ces instruments sont fabriqués avec une sorte de schiste 
siliceux, souvent très dur; parfois la roche est amphibolique; 
quelquefois elle est veinée de noir et de jaunâtre. 

Les petits grains de collier en coquillage abondent; ils ont 
ordinairement deux faces planes. Il y a aussi des grains très 



— 291 — 

longé, vrais tubes peicés d'un bout à l'autre. Il existe dès 
pendeloques en forme de parallélipipède, percées d'un trou 
à chaque extrémité, ainsi que des dents percées; des anneaux 
en coquillage, les uns mesurant 2 ou 3 centimètres de dia- 
mètre, d'autres constituant de vrais bracelets découpés dans 
de gros cônes. On trouve aussi des sommets de gros cônes 
soigneusement sciés et qui rappellent des pièces analogues 
américaines ou mexicaines, considérées comme ornements de 
poitrine. Il y a aussi des bracelets en calcaire noirâtre ou en 
albâtre; ils sont souvent très larges. Enfin de nombreux petits 
ornements en forme de sabliers aplatis, mesurant de 1 à 2 ou 
3 centimètres de diamètre, en coquille, en pierre ou en terre 
cuite, sont probablement des ornements d'oreille. Ils sont 




Fig. 234. HermincUc en schiste siliceux. Som-Rong-Sen (Cambodge) (2/3). 
Collection £. Péroux. 



parfois ornés de dessins géométriques, on y trouve des croix. 

Les objets en cuivre — et non en bronze — sont rares ; 
cependant cette série comprend plusieurs fragments : un 
bracelet entier de même forme que ceux en pierre, et une 
fort jolie hachette courte à tranchant très oblique, et termi- 
née par une douille assez large. 

Ces divers types représentent l'ensemble de l'outillage des 
habitants préhistoriques de Som-Rong-Sen. 

M. E. Péroux, lieutenant aux tirailleurs annamites, expose 
aussi une série d'objets provenant du même gisement. Elle 
comprend des herminettes en pierre polie (fig. 234) ; une hache 



— AH — 
à soie en pierre polie (fig. 235); des rondelles d'oreilles de 




Fig. 235. Hache à soie en schiste siliceux. Som-Rong-Sen (Cambodge) (2/3). 
Collection E. Péroux. 

différentes grandeurs, en terre cuite (fig. 236) et en coquille 





Fig. 236. 



Fig. 237. 



Fig. 236. Rondelle d*oreille en terre cuite. Som-Rong-Sen (Cambodge) (2/3). — Col- 
lection Ë. Péroux. 

Fig. 237. Rondelle d'oreille en coquille. Som-Rong-Scn (Cambodge) (2/3). — Collec- 
tion E. Péroux. 

(fig. 237), dont une en terre cuite (fig. 238), couverte d'une 




Fig. 238. Rondelle d'oreille en terre cuite. Som-Koûg-Scn (Cambodge) (2/3). 
Collection E. Péroux. 



— 293 — 

curieuse ornementation en creux; des perles en coquille de 
dimensions diverses (fig. 239 et 240) et des pendeloques en- 





Fi/. 23D. 



Fig. 2i0. 



Fig. 239. Peiio en coquille. Som-Rong-Sen (Cambodge) (i/'S). — Collcclioii K. Téroux. 
Fig. 240. Perieen coquille. Som-Rong-Sen (Cambodge) (G. N.). — Collection E.Péroux. 

coquille, d'une forme toute particulière, percées aux deux 
extrémités de petits trous de suspension (fig. 241). 




Fig. tu. Pendeloque en coquille. Soni-Rong-Sen (Cambodge) (2/3). 
CoUeclion Ë. Péroux. 

Sur le môme carton figure une petite statuette en bronze 
représentant une femme vêtue d'une jupe qui lui serre les 
jambes et coiffée d'un bonnet pointu. Cette statuette, qui 
paraît fort ancienne, a été trouvée au Cambodge, mais elle 
ne provient pas des amas de coquilles. 

§ 5. — Station préhistorique de xHy-léc, province de 
Blèn-Uoà (Cociiineliine). 

Haches et herminettes de formes ordinaires et haches du 
type à soie en schiste argilo-siliceux, exposées par M. A. de 
Mortillet. Ces haches viennent d'une station à la surface du 
sol, découverte près de My-lôc, dans la province de Bien-Hoâ 
(Cochinchine), et explorée par M. Holbé, de Saigon. (Voy. 
Bull, de la Soc. d'anthropoL, 1889, p. 108.) 

§ C. — Amérique du IVord. 

Les instruments exposés par M. Boban, au nombre de 



— 294 — 

soixante-cinq, lui ont été offerts lors de son passage à Was- 
hington, en 1887, par f^u le professeur Spencer F. Boird} 
directeur du Smilhsonian Institution, par l'intermédiaire tout 




6^. Cuve 



7^\ 



Fig. 242. Ébauche en silex jaspoïJc. Améri'iuc lîu Nuid (G. N ). 
Collection E. Boban. 

amical du professeur Thomas Wilson, de Washington ; ils ont 
été présentés à là Société d'anthropologie en 1887 {Bulletim 
de celte Société, 1887, p. 629). 



295 - 



Cette série comprend presque tous les types que Ton ren- 
contre sur le vaste territoire des États de l'Union américaine. 
Toutes ces pièces sont parfaitement caractérisées; il est facile 
de les comparer à celles que nous retrouvons en Europe. 

Le premier groupe se rapproche incontestablement du type 
chelléen : Tune des pièces a été trouvée à Licking-Conty 
(Ohio), plusieurs autres, dans 
différentes localités des États- 
Unis, et en grand nombre. 
Deux des instruments de cette 
série sont de forme triangulaire, 
aplaties , soigneusement tra- 
vaillées : elles rappellent les in- 
struments de la fin de l'époque 
chelléenne , formant passage 
au Moustier. 

Le type suivant est peut-être 
moins commun, probablement 
parce qu'il n'a pas été recher- 
ché ; ce sont des pointes et des 
racloirs qui ont une grande ana- 
logie avec le type du Moustier. 

Un autre type ressemblant 
au solutréen est infiniment plus 
varié en Amérique : depuis la 
pointe mince et finement retail- 
lée en forme de feuille de lau- 
rier (trouvée dans l'Indiana), 
jusqu'aux grandes pièces que 
les Américains nomment les 

Digging tools; ces grandes pièces en silex rappellent les lames 
solutréennes trouvées a Volgu, mais elles sont plus grandes, 
plus larges et plus épaisses; elles servaient aux indigènes 
pour creuser la terre (sorte de houe). 
.• Nous devons noter aussi des nucléus et des percuteurs 
identiques à ceux d'Europe. 




E^Xuvfi 



■T\i 



Fjg. 2*i3. Puiiile de javelot en siick. 
Amérique du Nord (G. N.).— Col- 
lection E. Boban. 



— 296 — 

Le West Virginia et les autres localités voisines ont fourni 
à la collection de M. Boban de curieuses séries de pointes de 




t^.c^^V 



Fig. 24i. Grande pointe en silex. Amérique du Nord (G. N.)» 
Collection E. Bohan. 

lances (fig. 243) et de flèches semblables à celles de notre 
époque néolithique (dolmens et stations lacustres). 



— 297 — 

Les types spéciaux à rAmérique du Nord sont des pointes 
à encoches latérales à la base, mais dont les deux bords 
ne sont pas dans le même plan ; elles ont un aspect que Ton 
peut se représenter en imaginant qu'elles ont subi une légère 
torsion autour de Taxe, la base restant fixe (fig. 244). 

En résumé, cette petite série d'instruments américains vient 
nous montrer de nombreuses analogies avec ceux que nous 
retrouvons non seulement dans nos stations françaises, mais 
aussi dans celles du monde entier. 

§ 7. ^ ÉtatA^IInis du Venezuela. 

ETHNOGRAPHIE PRÉCOLOMBIENNE 

Il a été admis jusqu'ici que la république actuelle du Vene- 
zuela n'avait été occupée, avant la conquête espagnole, que 
par des tribus errantes, complètement sauvages et dépourvues 
de toute industrie propre et de toute culture. Les premières 
explorations, faites sous la présidence du général Guzman 
Blanco, ont démontré qu'il a existé dans ce pays des peuples 
sédentaires ayant déjà atteint un certain degré de civilisation. 
Deux endroits ont été particulièrement étudiés : les vallées 
septentrionales et la région des grandes cataractes de l'Oré- 
noque. Les objets recueillis pendant ces deux explorations 
se trouvent dans le pavillon ethnologique des États-Unis du 
Venezuela, on y a ajouté une collection relative aux tribus 
indiennes existantes. Ces objets, présentés pour la plupart à la 
Société d'anthropologie par M. Marcano, qui en a fait l'étude, 
se trouvent décrits dans ses Bulletins et dans ses Mémoires. 

A. VALLÉES D'aRAGUA ET DE CARACAS 

Fac-similé d'un Cerrito. — Tombes précolombiennes récem- 
ment découvertes, décrites dans les Bullelim (1888). — 
Détails des Cerritos, décrits dans les Mémoires (i888). 



— 298 — 

SARCOPHAGE 

Vitrine n"" 1 du pavillon spécial de Texposilion du Vene- 
zuela. — Crânes et ossements. On y trouve deux types de 
crânes, et en outre une déformation consistant tians un apla- 
tissement du front sous contre-pression. 

Coquillages trouvés dans les sarcophages et dans l'enceinte 
des tumujus, marins, fluviatiles et lacustres. 

Terre trouvée dans les sarcophages (analysée). 

Carte topographique des Cerritos, dont l'ensemble consti- 
tue une véritable nécropole. 

Collection d'hiéroglyphes trouvés dans les vallées septen- 
trionales. 

Collection d'armes et outils en pierre polie. 

Collection de bijoux en os, en pierre, en terre cuite. 

Nouettes et autres instruments en pierre et en os. 

Collection céramique comprenant des vases de toutes for- 
mes, des supports, des statuettes, des hochets et d'autres 
jouets d'enfants, des représentations animales, des sifflets et 
des idoles. 

B. RÉGION DES GRANDES CATARACTES DE L'ORÉNOQUE 

Vitrine W" 2. — Ossements trouvés dans la grotte de Cucu- 
rital et dans deux cavernes non encore explorées, Cerro de 
Luna et Ipi-Ihoto : 

Cerro de Luna. — Cent cinq crânes, appartenant à deux 
types, dont l'un correspond à un de ceux des Cerritos. 

Les déformations, en très petit nombre, correspondent aussi 
à celles d'Aragua. 

Ïpi-Iboto. — Un seul type crânien, bien difl^érent des précé- 
dents, caractérisé surtout par la sous-dolichocéphalie et par 
la saillie occipitale. 

Granit provenant des cavernes précédentes. 

Saixîophage précolombien trouvé à Ori-Iboto. 

Collection d'hiéroglyphes de rOrénoque. 



299 



C. TRIBUS MODERNES 



Vitrinen''S. — Collections d'ossements de Tunotes (anciens 
et modernes), de Goagires (anciens et modernes), de Piaroas, 
de Guahibos, et de quelques tribus dont la chronologie est res- 
iée indécise. 

Sarcophage en écorce des Piaroas . 

Panoplies d'armes des Piaroas, des Guaraunos et des Gua- 
hibos. 

Canots des Guaraunos et du bas Orénoque. 

Objets divers trouvés dans les sarcophages des Piaroas. 

Objets et outils en usage chez les Guahibos modernes. 

Râpe pour râper la yucca . 

Lehucon, pour en exprimer le jus. 

Sarbacanes, flèches, etc. 

Instruments divers pour aspirer le yopo, poudre enivrante. 

Curare et flèches curarisées. 

Pemuporetô (ornements des oreilles) . 

Divers, instruments de musique. 

Colliers en dents de tigre, graipes végétales, plumes, etc. 

Marimos (étoffée végétale). 

Diverses pièces d'habillement, jarretières. 

Instruments et matières colorantes pour se teindre la peau. 

Amulettes. 

Torches en écorce, remplies <îe résine de tacamaque. 

Amadou et ustensiles pour faire du feu. 

Fuseaux, navettes et autres ustensiles pour faire du fil et 
des cordes. 

Collection céramique comprenant d^s urnes yotiveç et des 
vases qui permettent d'établir la comparaison entre les poteries 
précolombiennes, celles de l'époque des missionnaires, ^t 
celles que les Indiens du haut Orénoque fabriquent actuelle- 
ment. 

Guaraunos,. — Portraits. 

Sarcophages. 

Armes, arcs et flèches. 



— 300 — 

Canot à voile. 

Lehucon. 

Couronnes de plumes. 

Goagires. — Portraits. 

Fac-similé des palafittes actuelles. 

Diverses armes en pierre polie. 

Flèches curarisées, sarbacanes, carquois. 

Objets d'habillement. 

Couronnes et autres objets de parure. 

Tunotes. — Objets divers trouvés dans les tombes : 

Idoles. 

Vases. 

Plaques d'ornementation. 

Cumanagotos. — Flèches et armes en bois. 

Deux outils en pierre polie dont l'usage est indéterminé. 

Plaque d'ornementation. 

Survivances. — On a réuni dans une vitrine spéciale quel- 
ques échantillons d'objets correspondant à des mœurs pré- 
colombiennes, qui onlpersisté jusqu'à nos joursdans le peuple 
vénézuélien. Ce sont: 

1** Des vases faits avec le fruit du Crescenlia cujele ; 

2** Des instruments de musique (maracas) ; 

3" Des instruments d'élaboration du maïs (pilons, broyeurs, 
pierres à moudre) ; 

¥ Des instruments dépêche. 

§ 8. — Provenances diverses. 

Objets d'ethnographie envoyés par M. A. de Morlillol : 

A. Marteau à rainure, en hématite, ayant beaucoup servi. 

Amérique du Nord. Les Indiens font encore usage de 
marteaux semblables en roches diverses. 

B. Harpon en os, fixé dans une hampe en bois et retenu à 

celte dernière par une lanière de cuir (fig. 245 et 246). 
Terre de Feu. 



— 301 — 



Vl 



':â 




l'ig. iiô. 




Fig. 5IG. 



Fig. 245. Harpon en os. Terre de Feu (1/3). — Cullection A. de Mortillet. 
Fig. 246. Le même harpon emmanché. Terre de Feu (1/6). — ColleclioD. 
Mortillet. 



A. de 



Instrument nommé par les indigènes de la Nouvelle-Calé- 
donie ten. Cet appareil, aussi simple qu'ingénieux, sert 
à lancer la sagaie. Il est composé d'une tresse de corde- 
lettes faite de fibres végétales. A Tune de ses extrémités 
est une boucle dans laquelle on passe l'index; à l'autre 
un nœud qui retient la corde enroulée autour de la 
sagaie. Comme l'amentum des anciens, auquel on peut 
le comparer, le len a pour but d'augmenter la force de 
projection des javelots. 

Fronde (boigni) et balle de fronde en pierre ayant la 
forme d'une olive {oue)y en usage chez les Canaques. 
Ces pièces ont été rapportées de la Nouvelle-Calédonie 
par M. J. Soulingeas. 



— 302 — 

D. Objets de parure en fer forgé, provenant de l'Afrique cen- 
trale : torques rigides rappelant ceux que portaient les 
Gaulois; gros bracelet massif et bracelet plus léger 
orné de stries; anneau de cheville, autour duquel sont 
des tubes mobiles formés de petites plaques de fer 
repliées, produisant, lorsqu'on les agite, un son parti- 
culier. 

E- Deux anneaux de bras de Touaregs, en serpentine. Ces 
anneaux sont portés au bras droit par les hommes, 
lorsqu'ils sont en âge de prendre les armes. 
Sandales en cuir, de Touaregs, à grandes et larges se- 
melles pour marcher sur le sable. 

F. Bracelet en silex poli. Java. 

G. Ceinture rigide et paire de bracelets en argent, trouvés 

dans un tumulus. Russie orientale. 

§ g. — Mutilations ethniques. 

M. le docteur Magitot expose cinq cartes des répartitions 
géographiques des mutilations ethniques : 

1° Là Carte relative au tatouage compr^cij par régions tein- 
tées de' diverses couleurs, les divisions suivantes : teinte 
bleue, tatouage par piqûres; rouge, tatouage par incisions; 
jaune, tatouage par ulcérations ou brûlures ; vert, tatouage 
sous-épidermique ; 

2** La Carte des mutilations céphaliques dans les différents 
pays du globe. La teinte bleue indique les déformations cépha- 
liques ; la teinte rouge indique les trépanations crâniennes ; 

3"* La Carte des mutilations céphaliques pour la France. La 
teinte bleue indique les points où se sont rencontrés les exemples 
de déformation crânienne; la teinte rouge indique les points 
où ont été observés les faits de trépanation crânienne ; 

' 4*^ La Carte des mutilations dentaires dans les diflërenles 
parties du globe. Les régions bleues indiquent les mutilations 
dentaires par fractures; rouges, par arrachement; jaunes, par 
limage; rouge sombre, par incrustation ; vertes, par abrasion 



~ 303 — 

(ablation de la couronne); roses, par prognathisme artificiel 
(Sénégal) ; 

5*^ La Carte de la répartition géographique des Skoplsys de 
Russie et de Roumanie, La dégradation des teintes indique les 
variations d'intensité de la coutume de la mutilation des 
organes génitaux dans les différents gouvernements ou pro- 
vinces de la Russie. 

§ 10. — Photographie ethnique. 

La photographie est un puissant auxiliaire de l'ethnologie. 
Elle permet de rassembler de nombreux et précieux docu- 
ments dans les meilleures conditions d'exactitude et de préci- 
sion. Aussi prend-elle tous les jours un plus grand dévelop- 
pement. 

M"* Séverine Duchinska, comme exemple de recueil de 
photographies anthropologiques, a exposé deux albums, sous 
le titre : Sources pour servir aux études ethnographiques des 
pays habités par les Slaves et leurs voisins. C'est la réunion 
de tous les documents qu'elle a pu se procurer. Réunion qui, 
dans l'intérêt de l'ethnographie, doit être poussée le plus acti- 
vement possible, parce que la facilité des communications tend 
rapidement à l'unification des mœurs et coutumes. Bientôt 
habitudes et costumes spéciaux vont disparaître, les albums 
Duchinskanousen fournissent un curieux exemple concernant 
une population slave de la Pologne; une photographie nous 
représente une femme filant avec un appareil particulier, 
l'ancien appareil local ; sur la photographie nous voyons des 
femmes du même endroit se servant du rouet commun. La 
vieille coutume a élé déjà remplacée à moitié par le produit 
vulgaire du commerce. 

Les albums de photographies renfermant des documents 
sur un grand pays, une région, une population spéciale, une 
petite locahté même sont excessivement utiles et doivent 
être fort encouragés. Il faut réunir les portraits des hommes, 
des femmes, des enfants, des vieillards, des adultes surtout, 
avec les costumes, les détails d'intérieurs, les occupations, les 



— 304 — 

fêtes, les danses, la vue des habitations, enfin tout ce qui peut 
fournir des données ethnographiques. Il faut se hâter, car Tuni- 
fication marche à grands pas. 

A côté des œuvres individuelles doivent se placer les œuvres 
collectives. Les sociétés, les écoles, les laboratoires, les biblio- 
thèques ont pour mission de recueillir des documents. C'est 
comme modèle de ce genre que le Laboratoire des Hautes 
Études d'anthropologie, par les soins de M. Manouvrier, a 
exposé un de ses albums. Il contrent les photographies des 
Achanlis venus à Paris en 4887. Hommes et femmes ont été 
photographiés par les soins du Laboratoire. Quelques-uns 
sont nus, la plupart sont avec leurs légers vêtements qui les 
cachent bien peu et qui sont la plupart du temps plutôt des 
parures que de véritables vêtements, parures qui du reste les 
préoccupent beaucoup plus que la pudeur. Tous, hommes et 
femmes, sont représentés face et profil. Les photographies 
réellement scientifiques doivent être exécutées suivant des 
conditions particulières et précises. Pour pouvoir comparer 
exactement les traits particuliers et l'ensemble des corps, il 
est nécessaire que tous les sujets soient pris dans la même 
position, et dans les séries à la même échelle. On a adopté la 
position debout, de face complète et de profil net, Jes bras 
pendants. 

Comme modèle de ces photographies scientifiques, M. Ga- 
briel de Mortillet a exposé une série de portraits de Caraïtes. 
Les Caraïtes, que les Russes appellent Karaïmes, sont des juifs 
schismatiques, qui rejettent la cabale, les traditions et le 
Talmud, pour ne reconnaître que les livres de l'ancien canon. 
Une tribu considérable de ces juifs se trouve en Crimée. Elle 
alimente une petite colonie qui habite Moscou. Cette colonie, 
dont l'acclimatation se fait très difficilement, éprouve une 
forte mortalité, aussi son médecin a sur elle une grande 
influence. C'est à ce médecin, le docteur Popandopoulo, 
anthropologue distingué, que sont dues les photographies 
exposées. Il y a le père, la mère, le fils et une antre femme. Ces 
quatre sujets sont très bien représentés de face et de profil. 



— 805 — 

Types de belles femmes des races d'Europe. — Par suite 
de ses études palethnologiques, M, Gabriel de Mortillet est 
arrivé à constater que la femme a joué le plus grand rôle dans 
les progrès de la civilisation et dans radoucissement des 
mœurs. L'homme de tout temps a eu la force en partage. La 
femme a dominé et poli cette force, presque toujours brutale, 
par l'influence du cœur, de la grâce et de la beauté. La beauté 
varie suivant les races. M. de Mortillet s'est eflbrcé de réunir 
les divers types de beauté. Il voulait les publier sous le titre 
d'Album des plus beaux types de femmes. Mais il s'est heurté 
contre des difficultés imprévues. Une question de décorum 
est venue entraver son travail. Les mœurs locales varient 
beaucoup en ce qui concerne la femme. En France, la femme, 
prenant des airs de pudeur exagérée, ne veut pas laisser 
publier son portrait et les maris l'entretiennent volontiers 
dans ces sentiments. La femme anglaise tourne la difficulté 
sous le prétexte de bienfaisance. Les photographies se vendent 
dans les ventes de charité. En Autriche, sans que les mœurs 
soient meilleures ou plus m^auvaises, les portraits des femmes, 
même de la plus haute société, sont dans le commerce. Voilà 
pour la question générale. Mais celte question, pour un 
ouvi'age, se compliîjue de considérations particulières : la 
grande dame ne veut pas se trouver avec l'ouvrière ; la bonne 
bourgeoise ne veut pas se rencontrer avec l'actrice, et ainsi 
de suite. 

Les quelques photographies exposées sont en allant de 
gauche à droite; ligne d'en haut : 

Valaque; 

Autrichienne, princesse Schwagenberg; 

Petite-Russienne de Kiefl* ; 

Françaises blondes, pêcheuses calaisiennes; 

Française brune, Arlésienne; 

Italienne du Nord, de Brescia; 

Napolitaines brunes ; 

Napolitaine blonde . 

20 



— 306 — 

Ligne d'en bas : 

Métis, Juif et Polonais, M"''* Rubinstein, chanteuses, Var- 
sovie ; 

Juive turque, M"'' Hélène Goldsrtejn ; 

Andalouses, Valence ; 

Galloises, paysannes avec l'ancien costunnie qui disparaît ; 

Anglaise, M"^West, vente de charité. 

Sur les côtés sont des types étrangers : 

A droite, deux jeunes Japonaises; 

A gauche, une Tzigane, Moscovite, âgée de vingt-huit ans, 
qui très probablement représente une population originaire 
d'Asie ; 

Et comme repoussoir une Australienne qui est tout à la fois 
la plus laide et la plus inférieure dans l'échelle anthropolo- 
gique. 

Types relatifs à V anthropologie de la France. — M. G. de 
Mortillet a rassemblé de nombreux documents photogra- 
phiques pour une Anthropologie et ethnographie de la France, 
Il en expose quelques spécimens. 

Ce sont deux femmes de la vallée de Bethmale, dans les 
Pyrénées (Ariège). Cette petite vallée, comme beaucoup de 
petites vallées des hautes montagnes, Alpes et Pyrénées, est 
occupée par une race bien caractérisée. La population y est 
des plus uniformes et y a conservé un costume spécial. On 
remarque surtout les sabots en bois se terminant par une 
longue pointe recourbée. 

A côté sont six types bretons, exposés surtout au point de 
vue du costume. Les deux superposés vers le fond sont du 
Croisic, dans la Loire-Inférieure. Petite enclave de Bretons 
bretonnants, qui non seulement ont conservé leur langage, 
mais avaient encore, il y a peu de temps, des costumes origi- 
naux, qui disparaissent tout à fait. 

Dans ses diverses expositions photographiques, M. G. de 
Mortillet a surtout choisi des photogi^aphies de femmes, et 



— 307 — 

cela avec intention. Il est persuadé que les femmes conser- 
vent plus les caractères de race. En outre leur visage n'est 
pas, comme chez T homme, masqué par la barbe qui manque 
ou existe et qui dans ce dernier cas est taillée des manières 
les plus variées, ce qui donne des aspects tout à fait divers, 
qui peuvent induire en erreur. 



CHAPITRE IV 

HISTOIRE DES RELIGIONS 



§ 1*'. — Amulettes. 

Les amulettes, comme superstitions, rentrent tout à la fois 
dans l'histoire des religions et dans les traditions populaires : 
deux branches de l'anthropologie. 

Dans la quatrième vitrine, première travée, M. Adrien de 
Mortillet expose une série d'amulettes. C'est un choix fait 
dans sa collection, en même temps qu'un essai de groupe- 
ment méthodique et un prélude d'une classiflcalion . Elle 
commence par les dents et tout ce qui concerne les animaux, 
puis se termine par des médailles de formes, de matières, 
de grandeurs, de cultes divers, naturellement rapprochées 
des monnaies trouées, etc. 

PANNEAU N** i. 

1 . Défenses de sanglier accouplées formant croissant (Algé- 

rie). Des pièces analogues se rencontrent dans l'anti- 
quité classique. 

2. Défense de sanglier, avec coches pour la suspension. 

Habitations lacustres de Bevaix, lac d3 Neuchâtel 
(Suisse). Ces défenses, très employées, étaient par- 
fois percées d'un ou deux trous de suspension. Elles 
étaient entières ou divisées en lamelles, comme 
l'échantillon exposé. 

3. Canine d'ours brun percée. Habitations lacustres de 



— 309 — 

Locras, lac de Bienne (Suisse). Amulette très répan- 
due dans les stations lacustres de la Suisse. 

4. Canine usée d'un grand carnassier, montée en argent. 

Probablement allemande. 

5. Canine de tigre, avec trou de suspension. La racine, 

sculptée, représente une tête de tigre (Extrême- 
Orient). 

6. Deux molaires de chameau, accouplées par une bande 

de cuir qui sert à les suspendre (Algérie). 

7. Molaire inférieure de cheval, grossière monture en fer- 

blanc, avec anneau de suspension (Algérie). 

8. Incisive d'âne, grossièrement montée en fer-blanc, avec 

anneau de suspension (Algérie). 

9. Incisive de bœuf, avec racine percée. Abri de Cro- 

Magnon (Dordogne). Époque de la Madeleine. 

10. Dent percée à la racine. L'émail est complètement usé. 
Grotte d'Arudy (Basses-Pyrénées). Époque de la Ma- 
deleine. 

11 et 12. Canines de cert accouplées, monture en argent, 
avec anneau de suspension (Allemagne). Les canines 
de renne, très recherchées à l'époque de la Made- 
leine, se rencontrent déjà percées d'un trou de sus- 
pension dans de nombreux gisements de France. 
Zawisza a même recueilli des imitations de ces dents 
en ivoire dans la grotte du Mammouth, en Pologne. 

13. Dent de cachalot sciée en deux et percée de deux trous 

de suspension. 

14. Tronçon d'un os long de mouton, coupé régulièrement 

avec la scie de boucher, ayant servi d'amulette (Algé- 
rie). 

15. Simulacre de défense d'éléphant en ivoire, monté en 

argent, avec anneau de suspension. 

16. Simulacre de corne, en os, avec ornementation gravée 

en creux, monture en argent. 

17. Tronçon de corne de gazelle, avec anneau en fil de fer 

(Algérie). 



— 310 — 

18. Sommet d'andouiller de cerf, percé d'un large trou. 

Habitations lacustres de Gortaillod, lac de Neuchâtel 
(Suisse). 

19. Sommet d'andouiller de cerf, avec sillon circulaire de 

suspension (Suisse). Les habitations lacustres four- 
nissent un grand nombre de ces bouts d^andouillers 
travaillés de diverses manières. 

20. Pointe de corne de chevreuil, montée en argent, avec 

anneau de suspension (Allemagne). 

21. Griffe de lion, montée en or, avec anneau de suspen- 

sion. 

22. Simulacre de griffe, en corne, monture en argent, avec 

anneau de suspension (France). 

23. Ergot de grand coq, avec monture en aident doré (Alle- 

magne). Les ergots se montent également comme 
amulettes en Algérie. 

24. Statuette de morse, en ivoire de morse, percée d*un 

trou de suspension. Amulette tschuktschis (Sibérie). 

25. Statuette de phoque, en ivoire de morse, percée d'un 

trou de suspension. Amulette tschuktschis (Sibérie). 

PANNEAU N^ 2. 

26. Statuette d'éléphant en ivoire, avec anneau de suspen- 

sion en argent (Ceylan). 

27. Statuette de singe en stéatite, percée d'un trou de sus- 

pension (Chine). 

28. Statuette de cochon, porte-veine, en argent, avec anneau 

de suspension (France). 
29 et 30. Amulettes en bronze, avec anneaux de suspension, 
représentant des têtes de mouflons. Cimetière du 
premier âge du fer de Koban (Caucase). Récoltes 
Ernest Chantre. 

31. Corne en or, avec simulacre de monture (Naples). 

32. Corne en nacre, avec monture en argent (Tunis). 

33. Corne en corail, avec simulacre de monture (Italie). 



— 311 — 

34. Grande branche de corail rouge, avec anneau de sus- 

pension en forme d'anse (Italie). 

35. Gros fragment de corail, avec monture en argent (Italie). 

36. Main ouverte, avec trou de suspension, découpée dans 

une plaque de fer-blanc (Tunis). 

37. Main ouverte, dite Main de Fatma^ à cinq doigts, en 

laiton, avec appendice de suspension (Algérie). 

38. Main de Fatma, k cinq doigts, en argent (Algérie). 

39. Main de Fatma, à quatre doigts, en argent (Algérie). 

40. Main en corail, faisant les cornes, montée en laiton, 

avec anneau de suspension (Corse). 

41. Main en nacre, faisant les cornes, monture en laiton 

(Corse). 

42. Main en or, faisant les cornes (Naples). 

43. Main fermée, en nacre, portant quatl*e branches de 

corail, monture en laiton (Naples). 
44 et 45. Deux mains fermées, en lave du Vésuve brune et 
grise, portant chacune trois branches de corail, mon- 
tures en laiton (Naples). 

46. Main en test de coquille rose, portant tîX)is branches de 

corail rouge, monture en laiton (Naples). 

47. Main en ivoire, faisant la ficca^ montée en laiton. 

48. Branche de corail, avec main faisant la fi^eca, grossière- 

ment sculptée (Italie). 

49. Main en corail rouge, faisant la ficca^ montée en or. 

Achetée à Paris. 

50. Main en bois, faisant la ficca, montée en argent (Italie^. 

51. Amulette romaine, en bronze, à grand anneau, avec 

main faisant la ficca et double phallus. 

52. Branche de corail, avec main tenant une queue de pois- 

son, montée en argent (Italie). 

53. Branche de corail, représentant grossièrement un pois- 

son, percée d'un trou de suspension (Italie). 

54. Poisson en nacre, avec deux trous de suspension. 

55. Pince de crabe, montée en argent. Amulette italienne 

(Tunisie). 



— 312 — 

56. Fragment de pétoncle, auquel on a donné une forme de 

griffe, et que Ton a percé d'un trou de suspension. 
Grotte d'Eckmuhl, près d'Oran (Algérie). Age de la 
pierre. Des pièces semblables se rencontrent dans les 
dolmens du midi de la France- 

57. Coquilles de divers gastéropodes marins, avec trous. 

Abri de Cro-Magnon (Dordogne). 

58. Valve de pétoncle, percée d'un trou de suspension (Algé- 

rie). 

59. Pucelage : cyprée-monnaie, avec monture ancienne en 

argent (Europe). 

60. Cyprée montrant l'ouverture, avec monture ancienne 

en argent, ornée au repoussé d'une Vierge à l'enfant 
(Europe). 

61. Cyprée avec le dos ouvert, monture ancienne en or, 

avec un buste nimbé au revers (Europe). 

62. Cyprée grossièrement montée avec deux bandes de fer- 

blanc croisées (Tunis). 

63. Opercule de grand turbo, avec monture ancienne en 

argent (Europe). 

64. Ammonite jurassique en pyrite , percée d*un trou au 

milieu (France). 

65. Trèfle à quatre feuilles dans un médaillon en verre, 

monté en argent doré (France). 



PANNEAU N** 3. 

66. Collier en argent, porte-amulettes, comprenant quatre 

branches de corail qui séparent cinq amulettes en 
argent : au centre, une rose avec caractères hébreux ; 
à droite et à gauche, un poisson et une main; et aux 
extrémités, un pistolet et un sabre. Porté en Tunisie 
par les femmes juives. 

67. Anneau en corde, auquel sont suspendues cinq cornes : 

deux en corail, deux en corne et une en os ; une main 



- 313 — 

en os, un poisson et un sabre en argent. Amulettes 
juives de Tunisie. 

68. Cordon portant cinq amulettes : un reliquaire en laiton, 

ayant la forme de la sainte tunique; un reliquaire en 
écaille, avec monture en argent, ayant la forme d'un 
cœur; un médaillon en écaille, monté en argent, 
représentant d'un côté saint Louis, et de l'autre l'ado- 
ration du Saint-Sacrement; un médaillon avec pein- 
tures en émail détruites, et un sachet en soie rouge. 
Amulettes catholiques d'Orient. • 

69. Cadre grossier en fer-blanc, avec anneau de suspension, 

contenant un texte hébreu sous verre. Amulette 
juive du département d'Oran (Algérie). 

70. Petit sachet en étoffe, avec dessin représentant le cœur 

de Jésus et les instruments de la passion. Amulette 
catholique contenant une prière en français. Épernay 
(Marne). 

71. Petit sachet en cuir. Amulette piusulmane renfermant 

un texte arabe (Algérie). 

72. Grand sachet en cuir, renfermant un texte arabe (Algé- 

rie). 

73. Petit sachet fixé à un bracelet en cuir. Amulette musul- 

manes (Afrique). 

74. Simulacre de sachet en cuir, en cornaline, avec trous de 

suspension (Syrie). 

75. Simulacre de sachet, accompagné de quatorze pendants 

en forme de cœur, le tout en cornaline percée, for- 
mant collier (Syrie). 

76. Sachet en fer-blanc. Amulette musulmane avec texte 

arabe (Algérie). 

77. Boîte carrée en argent, ornée au repoussé, portant, 

suspendue à sa partie inférieure, une main ouverte, 
dont les doigts sont garnis de perles de corail. Amu- 
lette musulmane (Algérie). 

78. Boîte discoïde en argent, ornée au repoussé. Amulette 

musulmane (Algérie). 



— 314 — 

79. Amulette musulmane cylindrique, recouverte d'une 

étoffe brochée et ornée de trois glands en effilé 
(Algérie). 

80. Petit sachet en étoffe, contenant des graines. Amulette 

musulmane (Algérie). 

81 . Morceau d'étoffe de coton jaune, contenant de la terre 

d'un marabout. Amulette musulmane (Algérie). 

PANNEAU N^ 4. 

82. Mèche de cheveux fixée dans un cylindre en argent 

(Italie). 

83. Gland avec monture et petite médaille de saint Vincent 

de Paul en argent. Amulette fabriquée parles reli- 
gieuses de Saint- Vincent de Paul (Paris). 

84. Morceau d'hématite, monté en argent (Italie). 

85. Boule en hématite, avec monture en bronze. Trouvée 

dans un tombeau mérovingien (France). 

86. Lingot de métal de cloche ou bronze blanc, qui a été 

porté comme amulette (France). 

87. Morceau de stéatite équarri et poli, percé d'un trou 

(Amérique du Nord). 

88. Petit disque en malachite, monté en argent (Allemagne). 
89 et 90. Cœurs en jaspe, montés en aident (Allemagne). 

91. Cœur en jaspe, monté en argent (Italie). 

92. Cœur en cristal, monté en ai'gent (Allemagne). 

93. Cœur en cornaline, percé d'un trou (Syrie). 

94. Cœur en verre étamé, avec anneau de suspension en 

lailon (Algérie). 

95. Cœur en étoffe, orné de paillettes, portanl brodée une 

représentation d'ange. Kieff (Russie). 

96. Cœur-médaille en bronze : la Visitation d'un côté et 

sainte Blandine de l'autre (France). 

97. Cœur en bois noir, avec incrustations de nacre (Syrie). 

98. Cœur-médaille en argent : Vierge et sacré cœur (Alle- 

magne). 



— 315 ^ 

9&. Cœur-médaillon en argent : sacrés cœurs de Jésus et de 
Marie (France). 

100. Cœur repoussé en cuivre : sacrés cœurs de Jésus et de 

Marie (France), 

101. Cœur-médaille : sacrés cœurs de Jésus et de Marie 

(France). 

102. Cœur en os (France). 

103. Sacré cœur de Jésus, dessin imprimé sur étoffe, avec 

l'inscription : < Arrête, le cœur de Jésus est avec 
nous i>. Amulette distribuée aux soldats, pendant la 
guerre de 1870, pour les préserver des balles. 

104. Cœur en bois. Kieff* (Russie). 

105. Cœur en bronze, forme ancienne (France). 

106. Cœur en bronze, forme de pointe de flèche (France). 

107. Main tenant un cœur enflammé, argent (France). 

108. Bois de la vraie croix, avec monture en argent, portant 

gravés les insignes de la Passion (Allemagne). 

109. Amulettes de saint Antoine de Padoue : un cœur, une 

croix, une statuette en os noirci et une §tatuelte 
en os blanc, peint de rouge et de bleu. Padoue 
(Italie). 

110. Grossière statuette de saint, en os (France). 

111 . Statuette de sainte Anne, en os (Bretagne). 

112. Enfant Jésus. Statuette en bronze (France). 

113. Vierge à l'enfant. Statuette en bronze (France). 

114. Notre-Dame de Pontoise. Statuette en bronze doré. 

Pontoise (Seine-et-Oise). 

11 5. Vierge immaculée. Statuette en bronze (France). 

116. Croix, ancre et cœur, symboles chrétiens de la foi, de 

l'espérance et de la charité, cuivre découpé (France). 

117. Croix, ancre et cœur en cuivre repoussé (France). 

118. Instruments de la Passion : échelle, marteau, tenaille 

et clou, argent (France). 

119. Cassolette romaine, en bronze. Vienne (Isère). 

1^. Reliquaire en argent, avec saint Antoine de Padoue et 
la Vierge (Italie). 



— 316 — 

121. Reliquaire en argent, avec figure et relique de saint 

Fulcran, évêque de Lodève. 
129. Reliquaire en argent, avec figure et relique de saint 

Vincent de Paul. 

123. Reliquaire en argent, avec relique de saint Dominique 

(Italie). 

124. Reliquaire en cuivre, avec reliques de saint François 

Borgia et de saint François Régis. 

125. Reliquaire Louis XV, en cuivre (France). 

126. Reliquaire-médaillon en cuivre argenté, avec reliques 

de quatre saints. 

127. Agnus Dei, renfermé dans un sachet brodé ayant la 

forme d*une croix. 

128. Bague-chapelet ancienne, en cuivre (France). 

129. Rouelle gauloise, en bronze (France). 

130. Croissant en argent (Algérie). 

131. Personnage accroupi, en verre bleu, avec trou de sus- 

pension (Egypte ancienne). 

132. Dad^ amulette égyptienne souvent désignée sous le nom 

de nilomètre. Terre émaillée de couleur grise. 

133. Colonnette en terre émaillée grise (Egypte ancienne), 
134 et 135. Amulettes avec grossières représentations hu- 
maines : une en coquille, l'autre en coquille et 03 
(Océanie). 

PANNEAU N^ 5. . , 

136. Croix catholique romaine ancienne, en bronae, avec 

Vierge au verso (France). . . * 

137. Croix en plomb. Dragages de la Seine (Paris). 

138. Croix en bronze, avec bras terminés en fleurs de Vi&. 

Ancien modèle des campagnes (France). 

139. Croix en bronze, avec Christ et Vierge (France). 

140. Croix-reliquaire en argent, avec Christ et Vierge (France). 

141. Croix en nacre, avec monogrammes du Christ et de la 

Vierge (Syrie). 



— 317 — 

142. Croix en nacre, avec Christ et Vierge (Syrie). 

143. Croix en bois, ornée de ronds concentriques (Syrie). 

144. Croix en bois. Jérusalem (Syrie). 

145. Croix en bois et nacre (Syrie). 

146. Croix en ivoire, à dpubles branches (France) • 

147. Croix catholique romaine en bronze, à quatre bras 

égaux, avec les sacrements (France). 

148. Croix catholique grecque, à bras égaux, en verre. 

149. Croix en bois sculpté, recouverte de mica, avec encadre- 

ment d'étain (Russie). 

150. Croix en bronze (Russie). 

151. Croix en bronze (Russie). 

152. Croix en corne fondue, de couleur rouge. Kieff (Russie). 

153. Croix en bois sculpté, avec Christ et sainte. KiefF (Rus- 

sie). 

154. Croix en bois, ornée de clinquant. Kieff (Russie). 

155. Croix en nacre, avec Christ (Russie). 

156. Croix en ambre. Kieff (Russie). 

157. Cœur surmonté d'une croix, bronze (France). 

158. Cœur surmonté d'une croix, nacre (France). 

159. Cœur surmonté d'une croix, pierre (Egypte ancienne). 

160. Scarabée en terre recouverte d'émail bleu, avec croix 

gravée en creux au-dessous (Egypte). 

161. Tête de mort en bronze (France). 

162. Tête de mort en os (France). 

163. Tête de mort en buis (France). 

164. Saint Mathurin, en plomb. Moncontour (Côtes-du- 

Nord). 

165. Amulette en plomb, en forme de violon, avec Christ et 

Vierge (France). 

166. Sainte tunique en cuivre. Dragages de la Seine, à 

Paris. 

167. Médaillon cuivre et nacre, avec Vierge et sacrés cœurs. 

168. Médaillon en fer et cuivre, avec l'adoration de la croix. 

169. Médaillon en fer et cuivre, avec sainte Anne. 

170. Médaillon en nacre, avec Christ. 



— 318 — 

171. Médaillon grec en cuivre : un saint peint sur émail; au 

verso un ange au repoussé (Russie). 

172. Médaillon en argent, avec Vierge peinte sur émail (Rus- 

sie). 

173. Plaque rectangulaire en plomb, avec un saint en relief; 

au verso, une croix. Amulette catholique grecque 
(Grèce). 

174. Plaque en bronze, avec sujets religieux. Amulette catho- 

lique grecque (Russie). 

175. Diptyque en bronze, avec sujets divers (Russie). 

176. Triptyque en bronze, avec sujets divers (Russie). 

177. Triptyque grec. Cadres en fer-blanc, contenant des 

figures en clinquant peint et repoussé. 

PANNEAU N** 6. 

178. Médaille de la Vierge, contre la peste, bronze (France). 

179. Médaille de saint Roch, contre le choléra, bronze 

(France). 

180. Médaille de saint Hubert, contre la rage, bronze 

(France). 

181. Médaille de saint Ghislain, contre Tépilepsie, aident 

(France). 

182. Médaille de Lourdes, forme en feuille de laurier, bronze 

argenté (France;. 

183. Médaille de Lourdes, forme en feuille de laurier, bronze 

doré et argenté (France). 

184. Médaille de Notre-Dame de la Délivrande, forme en 

feuille de laurier, argent (France). 

185. Médaille du Mont-Saint-Michel, forme à bouts arrondis 

et à angles latéiaux, bronze argenté (France). 

186. Médaille rectangulaire, à angles abattus. Adoration des 

Mages, bronze. 

187. Médaille forme étoile. Immaculée conception, bronze 

(France). 

188. Médaille ronde, en bronze. Madone de Vicense (Italie)- 



/ 



— 319 — 

189» Médaille ronde, à fond tréflé. Sacré cœur de Jésus, 
bronze doré (France). 

190. Médaille quadrilobée. Immaculée conceplion, bronze et 

émail (France). 

191. Médaille ovale de sainte Anne d'Auray, bronze et émail 

(Bretagne). 

192. Médaille ronde. Sacré cœur, argent émaillé. 

193. Médaille à dentelures perlées d'émail. Immaculée con- 

ception, bronze (France). 

194. Médaillé en verre. Sainte Geneviève (Paris). 

195. Médaille en plomb. Sainte Trinité. Dragages de la Seine, 

à Paris. 

196. Médaille en plomb. Saint Vincent de Paul (France). 

197. Médaille en plomb. Sainte Marie délia Libéra (Espagne). 

198. Médaille en argent. Tête de Christ et Vierge. 

199. Médaille de saint Joseph, argent (Italie). 

200. Médaille de l'Adoration du Saint-Sacrement, argent 

(Rome). 

201. Petite médaille en ai^gent, pour coudre dans les vête- 

ments. Sainte Geneviève (Paris et Nanterre), 

202. Médaille de l'Immaculée conception, aluminium (Paris). 

203. Médaille à la croix de saint Benoit, à angles abattus, 

bronze. 

204. Médaille ronde à la croix de saint Benoît (France). 

205. Médaille avec anneau cassé, percée d'un trou de suspen- 

sion. 

206. Médaille ancienne, bronze. Saint Charles (Rome). 

207. Médaille ancienne, bronze. Vierge (Italie). 

208. Médaille ancienne d'Insiedeln (Suisse). 

209. Médaille ancienne. Sainte-Famille, bronze. 

210. Médaille ancienne en bronze, percée d'un trou. Saint 

Dominique et sainte Catherine (Italie). 

211. Médaille ancienne. Mère du Christ, bronze (Italie). 

212. Médaille ancienne. Instruments de la Passion, bronze. 

213. Médaille ancienne. Notre-Dame de Lorette, bronze 

(Italie). 



— S20 — 

214. Médaille ancienne. Saint François de Sales et sainte 

Jeanne de Chantai, bronze (France). 

215. Médaille. Sacrés cœurs de Jésus et de Marie, bronze 

(Rome). 

216. Médaille rectangulaire, à angles abattus. Notre-Dame 

de la Treille, bronze. Lille (Nord). 

217. Médaille de sainte Philomène, bronze (France). 

218. Médaille ancienne, rectangle à angles abattus, bronze 

(Rome). 

219. Médaille ancienne de la sainte Mère, ovale, avec trois 

perles, bronze. 

220. Médaille ancienne de saint Michel, trouée et usée, 

bronze. 

221. Médaille ancienne de saint Anastase, bronze (Rome). 

222. Médaille. Mère du Christ, bronze. 

223. Médaille de sainte Lucie, bronze. 

224. Médaille de Notre-Dame de Lorelte, bronze (Italie). 

225. Médaille de Notre-Dame de Lorette, bronze, percée de 

deux trous (Italie). 

226. Médaille de Notre-Dame de Valivana, bronze. 

227. Médaille. Reine du Saint-Rosaire, bronze. 

228. Médaille. Saint nom de Jésus (Italie). 

229. Médaille ancienne de saint Nicolas, bronze. Dragages 

de la Seine (Paris). 

230. Médaille ancienne. Vierge, bronze. 

231 . Médaille ancienne. Saint-Sacrement, bronze. 

232. Médaille. Vierge et Christ, bronze. 

233. Médaille ancienne. Vierge (Italie). 

234. Médaille. Sainte Marie du Refuge (Italie). 

235. Médaille légitimiste, bronze doré, croix fleurdelisée sur 

fond d'hermine de Bretagne. Sainte Anne d*Auray 
(Bretagne). 

236. Médaille légitimiste. Henri V, bronze. 

237. Médaille catholique grecque. Sainte Varvara, saint 

Antoine et saint Théodore, bronze. Kieff (Russie). 

238. Médaille de saint Georges, porte- bonheur (France). 



— 321 — 

239. Médaille de saint Georges, porte-bonheur (France). 

240. Monnaie marocaine en bronze, percée pour être portée 

comme amulette. 

241. Monnaie française en billon, percée pour être portée. 

242. Pièce de 10 centimes du grand-duché du Luxembourg, 

percée. Amulette de joueur. 

243. Amulette tunisienne en bronze. Imitation d'une monnaie 

vénitienne du seizième siècle. 

A côté de ces panneaux sont rangés divers objets faisant 
également partie de la collection de M. Adrien de Mortillet : 

1. Un reliquaire portatif en bois, renfermant de nom- 

breuses reliques de saints et de saintes catholiques 
(France). 

2. Trois petites boites en buis, contenant des reliques 

(France). 

3. Otolithe ou pierre auditive de poisson, monture ancienne 

en argent. 

4. Caillou roulé de variolite de la Durance. Cette pierre est 

appelée peira dé picolo (pierre de variole) par les ber- 
gers des causses du Larzac, qui la renferment dans un 
petit sac et la suspendent au cou de leur mouton 
favorr, pour préserver les troupeaux de la maladie. 

5. Fer de cheval kabyle, ayant servi de talisman (Algérie)^ 

En Algérie et en Tunisie, ces fers sont fréquemment 
fixés, dans un but de préservation ou comme porte- 
bonheur, au-dessus des portes des maisons, dans le 
fond des boutiques indigènes, sur les comptoirs des 
marchands et même à des voitures. 

6. Sachets en drap et en fer-blanc, renfermant des textes 

arabes. Amulettes musulmanes (Algérie). 

7. Sachets en cuir, de formes diverses. Amulettes musul- 

manes (Sénégal). 

8. Sachet en cuir, orné de broderies en fils d'or et d'argent. 

Amulette musulmane (Algérie). 

21 



— 322 — 

9. Morceaux de bois et boule en cuir, fixés à une corde en 

cuir. Amulette musulmane (Afrique). 
10. Sachets en cuir et en étoffe, contenant des textes arabes, 

de la terre, des branches d'arbres et des feuilles 

sèches. Amulettes musulmanes. Département d'Oran 

(Algérie). 
il. Ceinture de négresse, en étoffe bleue, à laquelle sont 

pendus des grelots, des cyprées et un bouton en os 

(Algérie). 
42. Vertèbre cervicale humaine, fixée sur un coussinet de 

soie brodé. Relique (France). 

13. Scapulaires catholiques (Italie). 

14. Chapelets catholiques divers : chapelet de ceinture ancien, 

en ivoire, avec agrafe en acier; chapelets en marbre 
blanc, en cristal de roche, en acier, etc. ; chapelet de 
sainte Anne d'Auray. 

15. Chapelets musulmans en verre, en bois, en nacre et en 

os. A un de ces chapelets est pendue une tête de lézard 
desséchée. 

U). Chiffons et cordons votifs de différentes couleurs, fixés a 
une branche de vigne. Pris sur une tombe de mara- 
bout, à Ternifine, département d'Oran (Algérie). 

17. Vases votifs, en terre grossière et mal cuite, recueillis sur 
des tombes de marabouts. Département" de Constan- 
tine (Algérie). 

J8. Ex-voto en cire colorée : doigt, œil et oreille, que les 
catholiques d'Alger, surtout les Italiens et les Espa- 
gnols, vont suspendre dans l'église de Notre-Dame- 
d'Afrique. 

19. Ex-voto en argent, représentant deux yeux. Nolre-Dame- 

d' Afrique, près Alger. Des ex-voto tout à fait sem- 
blables étaient déjà employés à l'époque ix)mainc. Le 
musée de Saint-Germain en possède plusieurs spéci- 
mens qui viennent des fouilles faites dans la forêt de 
Compiègne. 

20. Ex-voto en cire jaune, représentant un petit garçon, une 



— 323 — 

petite fille, un bras et une jambe. Notre-Datne-des- 
Ermites. Einsidlen (Suisse). 

M. Lionel Bonnemèie expose des amulettes relatives princi- 
palement il la médecine superstitieuse. Il en décrit les usages, 
les traditions, les légendes. 

1** Ex-voto belges en argent. Toutes ces pièces proviennent 
de Bruxelles. Dans cette ville, comme d'ailleurs dans toute la 
Belgique, il est d'usage d'offrir à l'église des ex-voto analogues 
à ceux-ci, tant pour les maladies des hommes que pour celles 
des animaux. 

Sur ce carton se trouvent une vache et un cochon en argent, 
ainsi qu'une paire d'yeux et un ventre de femme. Cette der- 
nière pièce est peut-être la plus curieuse ; 

2^ Amulettes diverses. Sur ce carton sont groupées des 
amulettes médicinales. 

On y remarque : une pierre de croix — staurotide — de la 
commune de Baud, non loin de Pontivy, Cambry, dans son 
célèbre voyage dans le Finistère, dit à propos des pierres de 
croix : « A Coadrix — lisez Coadril — près Scaïr, on ramasse 
une grande quantité de ces pierres nommées pierres de croix 
par les naturalistes. Les pauvres les donnent, les vendent 
aux pèlerins, aux étrangers; il est peu de ménages où il n'en 
soit conservé comme préservatif, comme talisman contre les 
naufrages et les chiens enragés. On les croit propres à guérir 
les maux d'yeux ; les religieuses en font des sachets qu'on sus- 
pend au cou, qu'on porte dans sa poche... )> ; 

3** Une petite hache en jadéite, trouvée à Louerre, canton 
de Gennes (Maine-et-Loire), il y a de cela quelques années, 
dans des circonstances qui méritent d'être relatées. Le père de 
l'exposant faisait faire un mur derefend dans sa ferme située 
dans le bourg même de Louerre, quand en creusant des fon- 
dations, les ouvriers trouvèrent un trou circulaire peu profond 
rempli de cendre et d'os de volaille. Au milieu d'eux ils 
recueillirent cette hache. Elle était accompagnée d'un jeton 



— 324 — 

en cuivre remontant au règne de Louis XV, d'un petit anneau 
de môme métal et d'une épingle en bronze du troisième ou 
quatrième siècle, exposée aussi, servant à ensevelir les morts 
dans leurs linceuls. Les habitants, en enfouissant la hache dans 
leur maison pour se protéger du tonnerre, se conformaient 
en cela h ce qui existait dans beaucoup d'autres parties de la 
France et à ce qui s'y passe même encore de nos jours. Des 
haches — men gurun, pierre de tonnerre — sont, à Carnac, 
placées dans les cheminées. Le même usage se remarque aussi 
en Auvergne. Les os de volaille et les cendres font songer à 
quelque rite d'origine païenne exécuté lors de Tenterrement 
de la hache. La date de tout cela nous est donnée par le jeton 
Louis XV, L'épingle gallo-romaine à ensevelir les morts était 
peut-être une amulette reconnue et conservée dans la famille 
depuis déjà fort longtemps ; 

4'' Un Échinide fossile est également dans cette série. C'est, 
croit-on, le fameux ovum anguinum, œuf de serpent des Gau- 
lois. On a trouvé des oursins fossiles dans quelques-unes des 
tombes gauloises découvertes à Alaise, en Franche-Comté. 
Dans bien des pays de France, les habitants des campagnes 
en font encore des amulettes; 

5** Un petit os, appelé esprit de monte par les pêcheurs bre- 
tons, qui lui attribuent les propriétés les plus puissantes, et une 
pièce analogue venant de l'Algérie. Cette dernière est beau- 
coup plus grande. 

6"* A remarquer une graine de courbaril appelée en breton 
kistui spagUy mot à mot marron (T Espagne. A Locmariaquer, 
le kistui spagu était beaucoup employé autrefois par les 
paysans pour le traitement des affections intestinales. On le 
faisait bouillir râpé dans du lait doux. De nos jours encore, 
parfois les ménagères de la cité de Carnac et des environs 
portent ce fruit suspendu à leur trousseau de clefs. 

Une grosse Porcelaine munie d'un anneau de suspension. 
Elle a servi d'amulette à Locmariaquer ; 

7^ Une petite Porcelaine ou Cyprée montée en argent, pro- 
bablement de provenance espagnole ou portugaise; 



— H% — 

S"" Une autre qui est montée avec des bandes de simple fer- 
blanc (Tunisie) ; 

9* Perles de verre taillées à facettes provenant de Locma- 
riaquer. Ce collier est, comme ses analogues de la même loca- 
lité, doué de propriétés médicinales très remarquables. Il 
guérit les maux de gorge et surtout les engorgements gan- 
glionnaires que Ton appelle en breton drotik ar roué, mot k 
mol mal de roy. Ce sont les écrouelles ou la scrofule que le roy 
de France avait le don de guérir par simple attouchement. 
Les colliers de ce genre sont réputés très précieux et passent 
de père en fils dans les familles; chacun des grains qui les 
composent porte le nom depaterenn, au pluriel paterennen^ en 
français gemme ; 

10** Plusieurs séries de perles de différentes matières prove- 
nant toutes de Locmariaquer. Leur âge est bien différent aussi ; 
mais toutes ont un point de ressemblance. Au dire des pay- 
sans, elles sont efficaces contre certaines maladies, et parfois 
on les estime à des prix extraordinairement élevés. On a cité 
un lot de trois perles qui fut acheté moyennant le prix d'un 
journal de terre, demi-hectare. Un autre fut échangé contre 
une bonne paire de bœufs. Le prix de location peut monter 
jusqu'à vingt francs. Il y a plusieurs procédés pour que le 
porter de ces perles soit efficace : pour certaines affections il 
faut les faire bouillir dans du vinaigre dont on se frotte ensuite 
la partie malade. 

A Locmariaquer, pour qu'un collier soit réputé efficace, il 
faut que ses perles soient toujours au nombre de sept ou de 
neuf. ly^aut aussi que parmi elles il y en ait au moins une en 
cristal de roche, d'ailleurs assez commun en Bretagne ; 

11*' Les perles d'ambre sont parfois aussi regardées comme 
étant très précieuses. Celles qui sont exposées proviennent de 
Locmariaquer et de Carnac. Ces dernières au nombre de neuf 
ont cela de curieux qu'elles sont à l'intérieur comme doublées 
de plomb; 

12** Une variolithe de la Durance, ayant, d'après les paysans, 
la propriété de préserver de la petite vérole. Cette pierre le 



— 32ft — 

cède en curiosité à la géoda^ qui passe pour faciliter les accou- 
chements. Au Puy en Velay, il existe peut-être encore un 
marchand de ces sortes de pierres, qui, il y a de cela peu 
d'années, en vendait quelquefois pour trois mille francs envi- 
ron par an. Il venait en porter jusque dans les campagnes de 
la Normandie ; 

13" Un jeton déforme ronde, en ivoire, destiné d'abord au jeu 
et qui, dans la commune de Saint-Mayeux, a servi d'amulette 
pour guérir des enfants que des vers tourmentaient. Ce que 
démontre l'anecdote suivante : M. Guittard, curé de Saint- 
Mayeux, quittant cette paroisse pour s'en aller à Saint-Brieuc 
comme professeur au grand séminaire, distribua à quelques 
enfants des jetons de jeu dépareillés, pensant qu'ils pourraient 
s'en servir comme de palets pour s'amuser. Mais leurs parents 
3s leur prirent pour les convertir en amulettes. Ils suivaient 
fin cela une coutume adoptée dans le pays et que le prêtre ne 
connaissait pas. En effet, on prétend dans la région que les 
jetons de forme ronde trempés dans l'eau bénite sont un excel- 
lent préservatif contre les vers. LesBretons, qui ne jouent guère 
auxcartes, se procurentdifficilementdesjetons, qu'ils appellent 
des olifants. Aussi sont-ils très avides d'en acquérir, et malgré 
tous leurs efforts, ils sont assez rares dans les campagnes, 
l'heureux possesseur d'un olifant-amulette s'en défait très dif- 
ficilement. Quand il consent à le vendre, il en demande tou- 
jours un prix très élevé, cinq francs. Maison peut en louer! La 
femme d'un facteur de Corlay loue un olifant pour la somme 
de vingt-cinq centimes la séance. Les jetons-amulettes passent 
encore pour avoir la propriété de remettre les côtes enJûancées, 
(Voy. Bull. Soc. d'anthropol.) 

La Patelle se nomme en breton un hernis. Naguère encore, 
les femmes de Penvenan, près de Tréguier, employaient pour 
faire passer leur lait, une paire de larges Patelles qu'elles 
appliquaient sur le bout de leur sein. Les coquillages les plus 
grands étaient réputés les meilleurs. Cette médication, au 
moins étrange, n'est plus guère en usage ; 

14** Deux mâcles des roches schisteuses avoisinant l'étang 



— 327 — 

des sables, en Sainte-Brigitte (Morbihan). L'une est dégagée 
de la roche schisteuse qui la contenait. Sur l'autre on la voit 
encore au moins par places. Il s'attache des idées supersti- 
tieuses à ces cristallisations. Les màcles sont portées dans les 
poches et passent pour préserver des tremblements de terre et 
des inondations. Elles font aussi, dit-on, reculer la grêle. On 
trouve des mâcles le 15 août aux pardons de Notre-Dame- 
de-Quelven, près Guermené-sur-Scorf, Notre-Dame-de-Guiri- 
nané, en Perret, et Notre-Dame-de-Rostrenen, àRostrenen. 
Pour c'tre bon pèlerin, on doit assistera la première messe à 
Quelven, à lagrand'messe à Guirinané et aux vêpres et proces- 
sion h Rostrenen. La distance à parcourir est de quatorze 
lieues, non compris, bien entendu, le point de départ pour se 
rendre à Quelven, et celui de Rostrenen pour se rendre à son 
domicile. Les pèlerins portent des mAcres ou châtaignes d'eau 
à leurs chapeaux. 

D'après une tradition locale, les mAcles servirent jadis de 
totem aux de Rohan qui possédaient un chAteau près de 
rétangdu Sallec; telle serait l'origine des armoiries de leur 
blason, cette figure qui porte en effet le nom de mâcles. Peut- 
être cependant, le mâcle héraldique vient-il de macula^ maille 
en latin, et cette figure représente-t-elle une maille de cotte 
d'armes ; 

15** Un brin, ou branchette de sureau ayant trois nœuds, très 
usité en Gascogne à titre d'amulette. Une des parties de cette 
baguette a été vidée et sa moelle a été remplacée par diverses 
petites choses, notamment par des grains de petit mil et par 
quelques autres encore. Le porteur du brin ne doit pas abso- 
lument connaître la nature de ce qui est entré dans l'amu- 
lette ou talisman. Dans le département de Lot-et-Garonne, les 
brins ont été jadis en très grande faveur, ils ne sont plus aussi 
prisés depuis quelques années; 

16** Sur ce carton, se trouve tout ce qui se rattache au culte 

de saint Mathurin de Moncontour, ce saint qui, au dire des 

Bretons des Côtes-du-Nord, aurait pu être le bon Dieu s il Veut 

^voulu, mais il a craint que cela lui causât trop de tracas. Le 



— 328 — 

bienheureux saint est, en thèse générale, toujours représenté 
sous la forme d'une sorte de cône arrondi par le sommet ou 
de borne surmontée d'une lôte nimbée terminée par un anneau 
de suspension. Le cône est orné de dessins. Ces pièces, tou- 
jours en plomb, sont coulées en très grand nombre dans des 
moules à saint Mathurin de Moncontour, ainsi que des mé- 
dailles portant d'un côté un autel et deux flambeaux et de 
l'aulre le saint dont le nom est écrit en exergue ; 

17** Épreuves en bronze argenté d'un saint Mathurin, appar- 
tenant à M. Paul Sebillot. Si l'une des faces est analogue à la 
plus importante du type vulgaire, sur l'autre on remarque un 
Saint-Esprit aux ailes largement déployées et dépassant de 
beaucoup. Sur le corps de l'oiseau on remarque des ronds, 
très effacés d'ailleurs et que nous retrouverons, mais très 
visibles, sur le fac-similé suivant. Cette pièce représente un 
Saint-Esprit portant un certain nombre d'anneaux disposés 
sur l'oiseau de façon à former une croix. L'original provient 
de Sàint-Aubin-des-Bois, près de Dinan ; 

1 8** Autre fac-similé de Saint-Esprit trouvé aussi en Bretagne ; 

19** Une clef de saint Tujan — on écrit aussi saint Dugan 
. — qui joue, en Bretagne, le même rôle que saint Hubert dans 
le nord-est de la France. Ce saint a sa chapelle dans la com- 
mune de Pruiselin, auprès d'Audierne. Le jour du pardon 
de saint Tujan, on fait des petits pains que l'on pique avec 
la defconservée dans le modeste sanctuaire qui porte son nom. 
Ils participent dès lors à sa propriété spéciale qui est de pré- 
server de la rage. Ce même jour, on vend de petites clefs en 
plomb qui sont moins une amulette véritable qu'un insigne. 
Elles montrent qu'on est allé en pèlerinage. Par vénération 
pour saint Tujan, les hommes de la commune de Pruiselin 
ont une clef brodée sur le dos de leurs vestes ; 

20** Fac-similé d'une autre clef de saint Tuj^n. Elle est 
beaucoup moins ornée que la précédente, mais en revanche, 
elle est beaucoup plus solide, étant plus épaisse. Elle est aussi 
d'un travail plus soigné. Sur une de ses parties, elle porte 
d'un côté un S majuscule et de l'autre un T. ^ 



— 329 — 

§ 2. — Divinité». 
M. Clément Rubbens expose des divinités : 

CHINE 

i. La dent miraculeuse de Bouddha, la dent — canine — 
de Sakia-Mouni-Boudha. Après avoir été brûlée plu- 
sieurs fois par les Anglais, par un miracle, après 
l'incinération, elle se retrouvait intacte dans les 
cendres. Statuette bronze ancien de 12 centimètres 
de hauteur (fig. 247). 

2. Yen-Kwan-men. Dieu lare, tenant dans sa main droite le 

Kwey. Préside au gouvernement de tout l'Empire 
chinois. 11 a des temples dans la plupart des villes 
et entre autres trois a Pékin. Statuette en pagodite, 
i2'^'",5 de hauteur. 

3. Xan-Tchoun-li, un des huit bons génies de la Chine. 

Toujours le sourire aux lèvres, donne le bien-être, la 
gaieté, longue vie, etc. Statuette en pagodite, 12^"*,5 de 
hauteur. 

4. Lu-toun-pin, un des huit bons génies de la Chine. Il 

donne le bonheur et la félicité. Il porte une épée sur 
le dos; dans sa main gauche, le chasse-mouche appelé 
Te-tmen ; il lui sert à chasser les mauvais esprits ou 
démons. Statuette en buis. 

5. Statuette bouddhiste en pagodite, ib^'^.b de hauteur. 

6. Loou-Xae. Génie bienfaisant invoqué par les pêcheurs 

chinois. Possesseur de la grenouille à trois pattes sur 
laquelle il est monté, jonglant avec des sapèques. 
Statuette en racine de bambou de 24^"',5 de hauteur. 

7. Tai-yan sin-tmun. Génie solaire. 11 est orné de huit bras 

dont deux sont croisés sur sa poitrine; celui du haut, 
de droite, semble tenir un foudre, et le correspondant 
de gauche, par sa disposition, devait soutenir le 
disque solaire. Le troisième bras de droite bénissait 




E^.Cuyl 



T^ 



Fig. 247. 



— 331 — 

et son correspondant de gauche tenait un attribut 
brisé. Le quatrième bras de droite présente la main à 
baiser et son correspondant tenait un attribut. Sta- 
tuette bois de 12 centimètres de hauteur. 

8. Poussah? chinois. Statuette cuivre argenté, 5^™55 de 

hauteur. 

9. Tsa-tmou Kwan-yin, ou la Kwan-yin aux bambous noirs, 

invoquée par les marins. La déesse a le pied droit sur 
un rocher et le gaucho posé sur une fleur de lotus 
sortant des vagues d'une mer agitée. Près d'elle, sur 
une feuille de nénuphar sortant des flots se trouve 
un enfant les mains jointes, implorant Ja déesse; cet 
enfant se nomme lUan-tsae ou encore : Xoun-Xae-orl. 
On le donne comme son propre fils ou comme enfant 
adopté par elle. Groupe bronze doré de 24 centimètres 
de hauteur. 

10. Soun-tso Kwan-yin, ou la Kwan-yin, qui envoie des 

enfants; elle tient dans ses bras un enfant qu'elle 
donne aux femmes stériles qui l'implorent. La déesse 
est assise sur la fleur du lotus, près d'elle est une 
colombe, à sa droite et à gauche le vase d'eau très 
pure nommé Tsin-pin; des branches de saule appelées 
Yan-tmu, trempées dans l*eau du vase et secouées 
sur la terre, amènent une pluie bienfaisante; secouées 
sur un cadavre, elles le rendent à la vie. Statuette 
en porcelaine blanche de Chine , 22 centimètres de 
hauteur. 

11. Kwan-yin, assise dans l'attitude de la méditation. Elle est 

sévère et juste, s'afflige et s^rrite des fautes des 
hommes, et alors elle en détourne ses regards; elle 
protège et sauve les marins des naufrages, de môme 
qu'elle prend pitié de ceux qui souffrent dans l'enfer. 
• Statuette bronze, 12'"",5 de hauteur. 

12. Kwan-yin ou Kwan-mô-yin, c'est-à-dire voyant la rétri- 

bution des mortels. Debout, la déesse tient un livre 
sacré, peut-être le sou-wen-ki^ livre bouddhiste qui 



— 832 ~ 

raconte sa vie et toutes les souffrances que le roi son 
père lui fil endurer, pour la dégoûter de la vie reli- 
gieuse à laquelle elle s'était consacrée dès Tâge de 
neuf ans. Statuette bronze, 10 centimètres de hauteur. 

INDO-CHINE 

13. Divinité bouddhiste, assiseles jambes croisées, dans l'atti- 

tude de la méditation ; sa tête est ornée de la couronne 
bouddhique. Statuette ancienne bronze, 14 centi- 
mètres de hauteur. 

SIAM 

14. Pra-Kodom, le Bouddha siamois. Le dieu est assis sur 

le lotus, les jambes croisées et dans l'attitude de la 
méditation. L'introduction du bouddhisme chez les 
Sianiois a dû se faire vers le dixième siècle de notre ère. 
Statuette bronze, avec socle, 13^'",8 de haut. 

CONGO 

15. Kipy, fétiche féminin du Congo; sa coiffure en pointe 

rappelle celle de Sakia-mouni. La proéminence du 
ventre, avec son disque orné d'une glace, doit ren- 
fermer une relique quelconque. Les Kipy sont les dieux 
pénates du Congo que chacun peut posséder, tandis 
que les Ambi sont les fétiches gardés par les prêlres 
appelés ganyam. Des prières sont adressées aux Kipy 
pour implorer leur protection et des actions de grâces 
leur sont rendues, de même aussi des amendes et des 
privations sont faites en leur honneur. Statuette bois 
de 25 centimètres. 

GUYANE 

16. Fétiche ithiphalique de la Guyane. Statuette bois, 27%5 

de hauteur. 



— 333 — 



INDE 



17. Sakia-mouni,le fondateur du bouddhisme, assis dans l'at- 
litude de la méditation, entouré d'une auréole de 
flammes, le sein et le bras droits découverts. Son 
nom de Bouddha signifie le savant, l'éclairé. Parmi 
les singularités qu'il apporta en venant au monde et 
qui le distinguèrent des autres hommes, se trouvaient 
les trente-deux signes principaux du grand homme 
et les quatre-vingts marques secondaires qui annon- 
çaient qu'il deviendrait Bouddha. L'excroissance qu'il 
a sur la tête est un de ces signes principaux. Sa 
^religion est probablement celle qui a le plus d'a- 
deptes, car, selon Hupel, le bouddhisme compterait 
315 917 000 adhérents. Statuette bronze, 17 centi- 
mètres. 

J8. Sakia-mouni. Debout, vêtu d'un pallium, sorte de grand 
manteau rejeté sur l'épaule gauche et lui retombant 
au bas des jambes; de la main droite, il bénit; les 
doigts de ses mains et de ses pieds sont égaux, les lobes 
de ses oreilles très allongés, de même que l'excrois- 
sance de sa tète; tous signes distinctifs de sa haute 
destinée, de sa grande perfection et de sa divinité; ses 
cheveux sont généralement bouclés. Statuette ivoire, 
17 centimètres de hauteur. 

19. Bouddha, assis sur un lotus double formé de deux lotus 

opposés par la base; le lotus supérieur est creux à 
la partie postérieure et présente une cavité qui a dû 
servir à contenir quelque relique. La tête du Bouddha 
est nimbée et entourée d'un second cercle qui, avec 
le nimbe, laisse un espace dans lequel paraissent se 
mouvoir cinq petits serpents, à la forme spermaloïde 
et la tête tournée vers le bas. Statuette bronze, 
13*'",5 de hauteur. 

20. Maya, déesse dans l'attitude de la danse ; elle tient sur sa 

cuisse gauche le dieu Siva. Maya est la mère de la 



— 33-4 — 

nature et des dieux du second ordre dans le braha- 
misme. Revêtue d'un riche costume, elle est coiffée 
de la tiare; sur sa poitrine est le schandra paba ; son 
cou, ses bras et le bas des jambes sont ornés de 
colliers et de bracelets ; des bagues ornent l'index et 
Tauriculaire de la main gauche. Assise sur le lotus, 
elle porte sur le dos un carquois garni de flèches. Les 
lobes de ses oreilles sont allongés démesurément, 
attribut de sa divinité. De sa main droite elle bénit et 
présente la gauche à baiser. L'enfant qu'elle tient sur 
sa cuisse gauche est le dieu Siva, ou Civa, ou Chiva, 
dieu de la destruction et de la génération ; aussi 
comme attributs a-t-il au cou un collier de 'crânes 
qui lui tombe sur la poitrine, et dans la main gauche 
un phallus. Les lobes des oreilles, comme dieu, 
sont également très longs. Groupe en bronze, 10*''^,5 de 
hauteur. 

21. Chrisna, huitième incarnation de Wischnou. Le dieu est 

assis les jambes croisées et a la main droite dans l'at- 
titude de bénir. Petit bronze, 58 milHmètres de hau- 
teur. 

22. Chrisna enfanl, et dans l'attitude de la danse. Chrisna est 

considéré comme le créateur et le régulateur suprême 
de l'univers. Il se fit chair dans le sein de la belle 
Devagi, femme de Vacondeva, qui, suivant une légende, 
était vierge avant et après sa naissance. Petit bronze, 
88 millimètres de hauteur. 

23. Hanouman, dieu singe, fils de Pavana, dieu de l'air. 

Comme roi des singes, il fit avec son armée un pas- 
sage avec des rochers pour pénétrer à Lanka (Ceylan) 
en compagnie de Rama, afin de délivrer son épouse que 
Ravana, roi de l'île, avait enlevée. On donne égale- 
ment Hanouman comme dieu musicien et dieu incen- 
diaire, et comme tel il se trouve être un dieu de la 
nature assistante. 

24. Vichnou, le secoîid membre de la trinilé indoue* Le dieu 



— 335 — 

est debout, la tête couronnée; il est revêtu d'un riche 
costume ; sur sa poitrine se trouve le Kastrala dont 
les feux illuminent Tunivers. Dans la main droite 
inférieure, il tient une massue; dans la supérieure, 
le Tchatra ou roue flamboyante ; dans la première de 
gauche, le mollusque Tchakra; dans la seconde, 
un bouton de lotus. Le culte pacifique de ce dieu, 
conservateur de l'univers, que Ton dit postérieur au 
sivaïsme et au brahamisme finit par se fondre, et 
Vichnou devint le deuxième dieu dans la trinité 
indoue ou Trimourti. Vichnou a eu neuf incarnations 
sur la terre. Statuette cuivre, 17 centimètres de 
hauteur. 

25. Vichnou et son épouse Lakshmi. Vichnou est debout, 

les jambes croisées, et les quatre bras étendus sans 
attributs. Il porte le grand collier, attribut divin; le 
corps est peint en bleu vert. Lakshmi, épouse de 
Vichnou, est assise les jambes croisées sur sa poitrine, 
le corps est peint en bleu vert, et, de môme que son 
époux, porte le grand collier lui retombant sur la poi- 
trine. Leur séjour habituel est le Vaikounta, demeure 
éblouissante de lumière et de richesses. Groupe terre 
cuite, 37 centimètres de hauteur. 

26. Lakmana deboul, les mains jointes en adorant, le 

carquois derrière l'épaule droite et l'arc sur le bras 
gauche. Statuette cuivre, 8 centimètres de hauteur. 

27. Mahadeva ou Siva, assis les jambes croisées, ayant 

seize bras, dont deux dans l'attitude de la méditation, 
les autres tiennent dans leurs mains des attributs ditfé- 
rents caractérisant sa toute-puissance. Siva est la troi- 
sième personne de la Irimourti indienne avec Brahama 
et Vichnou; après avoir lutté contre les deux autres 
sectes, elle finit par s'y fondre et y former cette trinité. 
Siva est le dieu destructeur, mais aussi il est l'âme 
du monde, l'énergie éternelle qui pénètre l'univers, il 
est le dieu des formes, il les change et les renouvelle, 



— 336 - 

il détruit pour créer. Statuette bronze doré, IS'^^'jô de 
hauteur. 

28. Dourga, divinité indoue, épouse de Siva, elle repré- 

sente sa force, son énergie; elle corabaltit contre les 
Açouras, elle triompha du terrible Machechacoura, fit 
ensuite mordre la poussière au géant Dourga dont elle 
prit le nom pour immortaliser sa victoire. Dourga est 
assise sur un lion qui, lui-même, se cramponne sur un 
éléphant qui semble représenter Indra, dont il paraît 
triompher, lui serrant la trompe entre ses mâchoires. 
Groupe terre cuite, 36 centimètres de hauteur. 

29. Thandra, divinité des Djaïnas, assise dans l'attitude 

méditative, elle porte sur la poitrine le Schandrapaba, 
dans la main gauche une fleur de lotus, sa tête est 
abritée parle parasol; le croissant de la lune, un de ses 
attributs, se trouve derrière la tête. Cette divinité est 
la huitième dans la série des dieux des Djaïnas, sectes 
tenant des bouddhistes et des vichnouïtes. Statuette 
ancienne bronze, de H'"*,5 de hauteur. 

30. Krisna, huitième avatar de Vichnou. Le dieu a quatre 

bras dont deux portent des attributs. Statuette cuivre. 

31. Ganésa, ceint d'une auréole, est fils de Mahadeva ou 

Siva. Ce dieu a une tête d'éléphant sur un corps 
d'homme ayant un certain embonpoint et ayant quatre 
bras. Ganésa est le dieu de la sagesse; il éloigne les 
obstacles qui s'opposent aux entreprises, et préside 
comme tel aux portes de tous les édifices et est 
invoqué au début de toutes les entreprises. Petite 
statuette cuivre. 

JAPON 

32. Daïbout, le Sakia-mouni japonais, dans l'attitude de 

la méditation; ses cheveux sont bouclés et l'éminence 
qu'il a sur la tête est un des attributs de sa divinité. 
Le bouddhisme fut introduit au Japon vers l'année 70 



— 337 — 

de notre ère. Statuette en bronze de. 10;. centime très 

..de hauteur. ' ' . . ' * » 

33. Daïkobu, divinité japonaise, est le dispensitèur,(de.fja 

richesse ; assis à là japonaise sur deux balleside riz, il 

frappé indifféremment sur tous les objets, et- sous ses 




Fig. 2.48. 



coups naît Tabondauce. Petit bronze de 7^'",5 de 
hauteur. 
34. Jébisu, assis. sur un rocher, la jambe droite pliée; le 
dieu tient sous le bras gauche un poisson, et de la main 
droite une ligne dont on voit les tronçons de la gaule 
qui devait la soutenir; sur son dos, se trouve une sorte 
de sac ou manteau roulé, sa tête est couverte d'un 

'22 



— 338 — 

: r^nnbasquel Jébisu est le dieu des pêcheurs el des négo- 
ciants. Petit bronze de 8 centimètres de hauteur. 

â5. Baï^ho oij Koam-di-den, grand sage, dieu de la joie 
. • et du bonheur; lorsque le dieu est double et entrelacé 
cômnae il est ici représenté, il figure le bonheur con- 
jugal, et OH nomme le groupe : les Heureux Époux. 
Petit groupe en cuivre de 4 centimètres de hauteur 
dans une sorte de chapelle ou reliquaire (fig. 248). 

36-i37. Deux petits Bouddhas japonais. Statuettes en bois de 
7"", 5 de hauteur. 

TALISMANS 

38. Mandragore mâle, blanche. Dans l'antiquité classique, 
les plus grandes propriétés médicinales étaient attri- 
buées à la mandragore. On lit, à ce sujet, dans la 
Genèse y chap. XXX : 

« Or, Ruben étant sorti au temps de la moisson des 
blés, trouva des mandragores aux champs et les apporta 
à Léa, sa mère; et Rachel dit à Léa : <c Donne-moi, je 
te prie, les mandragores de ton fils. > El elle lui répon- 
dit: « Est-ce peu de chose de m'avoir ôté mon mari, 
que tu m'ôtes aussi les mandragores de mon fils? — 
Qu'il couche donc cette nuit avec toi pour les man- 
dragores de ton fils. » Et quand Jacob revint des 
champs au soir, Léa sortit au-devant de lui et lui dit : 
< Tu viendras vers moi, car je t'ai loué pour les man- 
dragores de mon fils. » Et elle coucha avec lui cette 
nuit-là. Et Dieu exauça Léa et elle conçut et enfanta 
à Jacob un cinquième fils. » 

Pline, dans son Histoire naturelle, dit qu'il y a 
deux espèces de mandragores : le mâle qui est blanc et 
la femelle qui est brune. Loi^qu'on Tarrache, il faut 
tourner le dos au vent, et après avoir fait avec un cou- 
teau trois cercles autour de ladite plante, en ayant soin 
de tourner le visage vers le couchant en la déchaussant. 



— :m — 

Les propriétés que Pline lui donne sont infinies comme 
ses emplois. 

On croyait au moyen âge qu'on ne pouvait l'arracher 
sans mourir; aussi pour tourner la difficulté, après 
avoir fait choix d'une nuit propice, on creusait la terre 
autour de la plante, à laquelle on fixait une corde, 
dont l'autre extrémité était attachée au cou d'un chien ; 
l'animal, étant pourchassé, arrachait la racine en s' en- 
fuyant; il succombait sans doute à l'opération; mais 
celui qui ramassait cette racine ne courait plus le 
moindre danger, et possédait un trésor inestimable 
contre les maléfices. 

39. Mandragore femelle, grise. Donne la fortune et la pros- 

périté à ceux qui la possèdent. Pour avoir une man- 
dragore puissante, cherchez une racine de la plante 
appelée bryone. 11 faut la sortir de terre un lundi — 
jour de Saturne, — un peu après l'équinoxe du prin- 
temps, et lorsque la lune est dans une heureuse 
constellation; coupez les extrémités de cette racine, 
qui approche de la forme humaine, et allez l'enterrer 
de nuit, au milieu de la fosse d'un mort, dans un cime- 
tière de campagne; pendant trente jours vous l'arro- 
serez avec du petit-lait de vache dans lequel auront été 
noyées trois chauves-souris. Le trente et unième jour 
étant arrivé, retirez -la la nuit; faites sécher dans un 
four chauffé avec de la verveine, puis enyeloppez-la 
dans un lambeau de drap dans lequel est mort un 
homme. Portée sur soi, elle sera aussi puissante que 
l'homunculus de Paracelse. 

40. Gris-gris, amulette se portant sur la poitrine, chez les 

Sénégalais. Dans l'intérieur de chaque pendentif se 
trouvent des versets du Coran. 

41. Ex-voto flamands. Petite tête et cœur en cire d'un blanc 

verdâtre provenant de Kop Kappel — chapelle de la 
tète, — chapelle dédiée à la Vierge, et invoquée spé- 
cialement pour les maux de tète. 



CHAPITRE V 

DÉMOGRAPHIE ANTHROPOLOGIQUE 



§ !«'. — Anthropométrie. 

M. Alphonse Bertillon, chef du service d'identificalion de la 
préfecture de police, expose, sous le titre d'Études anthropo- 
métriques des populations de la France et des pays limitrophes^ 
quatre caries représentant, au moyen de nuances graduées, 
la répartition régionale : 1** de Tindice céphalique; 2" de la 
couleur de l'œil ; 3** de la longueur du pied ; 4^ de la taille. 

Chaque département ou pays envisagé est teinté au moyen 
de pointillés d'autant plus serrés que le caractère examiné y 
est plus élevé en chiffre absolu. 

Une notice, jointe à ces cartes, résume ainsi les conclusions 
de l'auteur : 

€ Les anciens habitants de la Gaule, dits Celtes , caracté- 
risés par une tête large, des yeux foncés mais peu pigmentés, 
une taille peu élevée et des pieds relativement grands, s'ob- 
servent encore, à l'abri des mélanges, dans les régions monta- 
gneuses des Cévennes, de l'Auvergne, de la Savoie, des Vosges 
et de la haute Bretagne. 

€ Dans les plaines du Nord et le long des fleuves de l'Est, 
prédominance du type kymrique ou belge de Jules César, à 
tête longue et étroite, à taille élevée et à yeux bleus. 

€ Dans le Sud, type des races méditerranéennes, à tète éga- 
lement longue et étroite et à taille plutôt élevée, mais à yeux 
marron et à pieds petits. 

€ Les Parisiens participent des caractères des trois princi- 



D 



- rli1 — 

pales races cooiposant la nationalité française, et leur signale* 
ment moyen est presque l'équivalent de celui de la France en 
général. > 

L'auteur a Tintention de poursuivre ces recherches, en pre- 
nant successivement pour étude les^quinze à vingt indications 
mentionnées par le signalement, dit anthropométrique, en 
usage maintenant dans toutes les prisons de France. 

M. Manouvrier expose sous le titre de : La taille des eonscrits 
dans les vingt arrondissements de Paris, une carte qui a été 
publiée dans le Bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris, 1888. 

Villermé avait montré, en 1824, que la taille était plus 
élevée dans les quartiers riches que dans les quartiers pauvres: 
Il en est de môme aujourd'hui, ainsi que le démontre la carte 
en question , dans laquelle les petites tailles sont inscrites en 
chiffres bleus et les grandes tailles en chiffres rouges, d'après 
les moyennes combinées des années 1880 et 1881. 

Pour bien montrer qu'il en est ainsi, l'auteur a cherché les 
moyennes du nombre des inhumations gratuites sur 100, du 
nombre des individus ne sachant pas lire ou pas écrire, du 
nombre des bacheliers, de la mortalité par la fièvre typhoïde, 
la rougeole, la variole sur 1000 habitants, etc., et il a noté en 
lettres bleues les conditions mauvaises, en lettres rouges les 
conditions bonnes, de telle sorte que les arrondissements dans 
lesquels la taille est le plus élevée apparaissent clairement 
comme étant ceux qui sont le mieux partagés sous les rapports 
de la richesse, dé l'hygiène, de l'instruction. 

§ 3. — Géographie médicale. 

M. Chervin expose les cartes suivantes : 

1** Géographie médicale du département de la Seine-lnfé^ 
rieure. — Huit cartes statistiques montrant la répartition géo- 
graphique dans les différents cantons du département de la 
Seine-Inférieure, des conscrits exemptés du service militaire 



- 342 — 

pour cause de faiblesse àe constitution, hernies, varicocèles, 
varices, calvitie, carie dentaire, scrofule et infirmités en gé- 
néral ; 

S*» Géographie médicale de la France. — Vingt-quatre cartes 
statistiques montrant la répartition géographique dans les dif- 
férents départements français des conscrits exemptés du ser- 
vice militaire pour cause d'infirmités en général : défaut de 
taille, faiblesse de constitution, convulsions, strabisme, bégaie- 
ment, surdi-mutité, aliénation mentale, épilepsie, crétinisme, 
goitre, scrofules, pieds bots, gibbosité, pieds plats, hernies, 
varices, varicocèle, hydrocêle,' perte de dents, division congé- 
nitale des lèvres, myopie, calvitie et alopécie, dartres et cou- 
perose; 

3** Statistique du bégaiement en France. — Tracé graphique 
indiquant, pour chaque département, la fréquence du bégaie- 
ment constaté sur les conscrits par les conseils de revision 
pour le recrutement de Tannée ; 

4® Statistique du nombre d^ enfants par famille^ d'après le 
dénombrement de 1886. — Huit cartes indiquant la répartition 
géographique du nombre des familles suivant qu'elles n'ont 
pas d'enfant ou qu'elles en ont un, deux, trois, quatre, cinq, 
six, sept et plus. 

M. Léon Durand expose la Démographie de la Normandie ^ 
au moyen de neuf tableaux indiquant la variation de popula- 
tion dans chaque arrondissement des départements de cette 
province depuis le commencement du siècle. 

M. le docteur Janssens, de Bruxelles, expose un tableau 
indiquant la progression décroissante de la mortalité à 
Bruxelles depuis l'exécution des grands travaux d'assainisse- 
ment (1871), et depuis la création d'un service d'hygiène 
(1874). 



CHAPITRE VI 

BIBLIOGRAPHIE 



§ 1''. — Bibliographie générale. 

Sont exposés par : 

Société d'anthropologie de Paris, la collection complète de 
ses Bulletins et Mémoires (voy. p. 9). 

Barthélémy (F.). — Recherches archéologiques sur la Lor- 
raine avant l'histoire. Nancy- Paris, 1889. 

BoRDiER (le D' A.). — La colonisation scientifique. Reinwald, 
Paris, 1884. — La vie des sociétés. Reinwald, Paris, 1887. 

Broca. — Mémoires (T anthropologie (5 volumes). Paris, 
Reinwald. 

CoLLiNEAU (le D*"). — La gymnastique y 1 jvol. in-8 de 
800 pages avec 150 figures dans le texte. — U hygiène ù 
l'école. — Pédagogie scientifique^ 1 vol. in-12 de 300 pages 
avec figures dans le texte. — Sur un cas de coxalgie osseuse ^ 
1864. — De la coxalgie. Paris, 1865. -^De la contractute 
hystérique. Paris, 1874. — De la réfrigération. — Dii trans- 
port des aliénés y 1875. — De l'hygiène scolaire , 1881. t4- 
Les hommes utiles : Parmentier. Paris, 1884. — , Le jeu il 
/Vcofe. Paris, 1884. 

DoiN (Octave). — Dictionnaire des sciences anthropologiques 
(voy. p. 91). 



— 344 — 

DouTREBENTE et Manouvrier. — Sur un nain rachitique et 
aliéné. Paris, 1888. 

Fauvelle (leD*"). — Recherches sur les conditions statiques 
et dynamiques de la station bipède chez Vhommey 1884 
{Bull, de la Soc. d'anthropoL). — Des recherches ethnogra- 
phiques sur la fonction cérébrale y 1885 {Bull, de la Soc. 
d'anthropoL). — Des moyens pratiques de se retidre compte 
du degré d'intelligence des différents groupes ethniques ^ 1888 
(Association française, Congrès de Grenoble). — Fonctiotis 
cérébrales : Volonté; Conscience; Idées. Mémoires, 1885. 
— Station moustérienne du Haut-Montreuil {Seine). — 
Des différences intellectuelles dans un même groupe ethnique y 
1886 (Association française, Congrès de Nancy). — De la 
philosophie au point de vue anthropologique {Mémoires de la 
Société d*anthropol. y 2* série, t. III). — U histoire et l'an- 
thropologie y 1885 {Bull, de la Soc. d'anthropoL). —^ Con- 
séquence naturelle de la science libre y 1885. — Mélanges 

• d'anthropologie : Hérédité; Atavisme; Imprégnation; Phy- 
logénie et Ontogénie; Du langage articulé; Du langage écrit; 
Qu'est-ce que la psychologie physiologique? etc. — Études 
d'anthropologie : Le système nerveux; La nervosité et V in- 
telligence considérés aupoint de vue physico-chimique; Valeur 

* de la craniométrie; De l'anthropophagie; De l'aphasie; De 
l'instinct; Lésion congénitale de l'hémisphère gauche y ses 
conséquenceSy etc. 

Hervé (le D'). — La circonvolution de Broca; Étude de mor- 

• phologie cérébrale. Paris, 1888. 

HoYELACQUE et ViNSON. — Études de linguistique. Paris, 
Reinwald. 

Huxley. — Physiologie. Paris, Reinwald. 

Lecrosnier et Babé. — Toute la collection de la Bibliothèque 
anthropologique (voy. p. 89). 

Lefebvre (André); — Beligions et mythologies comparées. 
Paris, Lecrosnier, 1877. -r- Études de linguistique et de phi- 



-- 845 — 

lologie. Paris, Lecrosnier, 1877. — U homme à travers les 
âges. Paris, Reinwald, 1880. — La renaissance du matéiia- 
/i^m^. Paris, Doin, 1881. — Les mythes et les religions, 
Paris, 1889. 

Letourneau. — Physiologie des passions. Paris, Reinwald. 

— Science et matérialisme. Paris, Reinwald. 

Manouyrier (le D'). — Sur V interprétation de la quantité 
dans V encéphale et dans le cerveau en particulier. Paris, 
1885. 

Marcano (le D**). — Ethnographie précolombienne du Vene- 
zuela. — Vallées d'Arugua et de Caracas. Paris, Hennuyer, 
1889. 

MoRTiLLET (G. de). — Signe de la croix. Paris, Reinwald. — 
Revue scientifique italienne. Paris, 1863. — Promenades 
préhistoriques à l'Exposition universelle de Paris. 1867. 

— Origines de la navigation et de la pêche. 1867. — 
U Homme , journal illustré des sciences anthropologiques, 
1884 à 1887. — Directeur: Gabriel de Mortillet. Rédac- 
teurs ; Bordier, Collineau,Mathias Duval, Girard de Rialle, 
Georges Hervé, Abel Hovelacque, André Lefèvre, Letour- 
neau, Manouvrier, Mondière, Philippe Salraon, Paul Sé- 
billot, Thulié. Secrétaire de la rédaction : Adrien de 
Mortillet. Paris, 0. Doin, éditeur. 

Mortillet (G. et A. de). — Musée préhistorique. Paris, 
Reinwald, 1881 , 100 planches, 1269 figures. 

Reinwald (G.). — Bibliothèque des sciences contemporaines^ 
15 volumes (voy. p. 85). 

Salmon (Philippe). — Dictionnaire archéologique de V Yonne. 
Auxerre, 1878. — Vâge des instruments bruts. Paris, 1882. 

— Dictionnaire paléoethnologique de l'Aube. Troyes, 1882. 

— La fabrication des pierres à feu en France. Paris, 
1885. — Les monuments mégalithiques acquis par l'État. 



— IKi — 

Le grand menhir de Locmariaquer. Paris, 1885. — 
Age de la pierre ouvrée. Période néolithique. Division 
en trois époques. Paris, 1886. — La série paléoethnologique 
des ossements primatiens. Paris, 1886. — Les monuments 
mégalithiques de la commune de Camac. Paris, 1887. — 
Dolmen avec tumulus et cromlech à Kerlescan {commune de 
Carnac). Paris, 1887. — Uicthyophagie et la pêche préhis- 
toriques. Paris, 1887. — La poterie préhistorique. Paris, 
1887. — Les races humaines préhistoriques. Paris, 1888. 
— U Yonne préhistorique, en collaboration avec M. le doc- 
teur Ficatier. Paris, 1889. 

VoGT. — Lettres physiologiques. Paris, Reinwald. — Leçons 
sur les animaux. Paris, Reinwald. — Leçons sur l'homme. 
Paris, Reinwald. 

VoûT et YuNG. — Anatomie comparée (tome premier). Paris, 
Reinwald, 



§ 3. — BIMiographIc de la RéaMion Lamarck. 

Réunion Lamarck. — Lamarck par un groupe de transfor- 
mistes , ses disciples. Paris, 1887, brochure in-8. 

Lamarck (J.-B.-P.). — Philosophie zoologique ou exposition 
des considérations relatives à l'histoire naturelle des ani- 
maux^ à la diversité de leur organisation et des facultés 
quHls en obtiennent , aux causes physiques qui maintiennent 
en eux la vie et donnent lieu aux mouvements qu'ils exé- 
cutent; en fin y à celles qui produisent, les unes les sentiments, 
et les autres Vintelligence de ceux qui en sont doués. 
Paris, Dentu, 1809, in-8. — Id., nouvelle édition. Paris, 
J.-B. Baillière, 1830, 2 vol. in-8. — Id., édition par 
Ch, Martins. Paris, Saon, in-8. — Système analytique des 
connaissances positives de l'homme restreintes à celles qui 
proviennent directement ou indirectement de l'obsef^vation. 
Paris, J.-B. Baillière, 1830, in.12. 



— 8-47 ^ 

Florentino âmeghino. — Filogenia. Principios de clasifiça' 
don transformista. Buenos-Aires, F. Lajouane, 1884, in-8. 

Bourges. — Philosophie contemporaine; psychologie transfor^ 
mislCj évolution de V intelligence. Paris, Aug. Ghio, 4884, 
in-42. 

Louis Bûchner. — Conférences sur la théorie darvnnienne de 
la transformation des espèces et de l'apparition du monde 
organique y traduit de l'allemand sur la 2* édition, par 
Auguste Jacquet. Paris, Ch. Reinwald, 1869, in-8. 

Louis Buchner. — L'homme selon la science. Son passée son 
présent^ son avenir ^ ou Uoii vetwns-nousf — Qui sommes- 
nous? — Où allons-nous? traduit par Ch. Letourneau. 
Paris, Ch. Reinwald, 1878, 3* édition. 

Enrico Dal Pozzo di Mombello. — Uevoluzione geologica, 
inorganica^ animale ed umane. Foligno, Pietro Scaviglia, 
1887,in.l2. 

Charles Darwin. — De l'origine des espèces par sélection 
naturelle ou des lois de transformation des êtres organisés^ 
traduction de M"^ Clémence Royer. Paris, Marpon et Fia- 
marion, 4** édition sans date, in-12. — L'origine des espèces 
au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l'existence 
dans la nature, traduit par Edmond Barbier. Paris, Ch. 
Reinwald, 1887, in-8. — De la variation des animaux et 
des plantes à l'état domestique^ traduit sur la 2* édition, par 
Ed. Barbier. Paris, Ch. Reinwald, 1879, 2 vol. in-8. — 
La descendance de l'homme et la sélection sexueile, traduit 
par Ed. Barbier, 3*^ édition française. Paris, C. Reinwald, 
1881, in-8. — L'expression des émotions chez l'homme et les 
animaux, traduit par S. Pozzi et R. Benoit, 2® édition. 
Paris, Ch. Reinwald, 1877, in-8. — Voyage d'un naturaliste 
autour du mande , fait à bord du havire Beagle, de 1831 à 
1836, traduit par E. Barbier. Paris, Ch. Rtinwald, 1883, 
in-8. — Les mouvements et les habitudes des plantes grim- 
pantes, traduit sur la 2* édition par Richard Gourdon. 



— 348 — 

Paris, Ch. Reinwald, 1887, in-8. — Les plantes insectivore^^ 
traduit par Ed. Barbier. Paris, Ch. Reinwald, 1877, in-8. 
— Des effets de la fécondation croisée et directe dans le règne 
végétal^ traduit par Ed. Heckel. Paris, 1877, in-8. — Des 
différentes formes de fleurs dans les plantes de la même 
espèce, traduit par Ed. Heckel. Paris, Reinwald, 1878, 
in-8. — Râle des vers de terre dans la formation de la terre 
végétale, traduit par Levêque. Paris, Ch. Reinwald, 1882, 
in.8. 

Charles et Francis Darwin. — La facutté motrice dans les 
plantes^ traduit par Ed. Heckel. Paris, Ch. Reinwald, 
182, in.8. 8 

Francis Darwin. — La vie et la correspondance de Charles 
Darwin, traduit par Henry C. de Varigny. Paris, Ch. Rein- 
wald, 1888, 2 vol. in-8. 

F. Camille Dreyfus. — U évolution des mondes et des sociétés. 
Paris, Félix Alcan, 1888, in.8. 

Mathias Duval. — Le darwinisme. Leçons professées à V École 
d'anthropologie. Paris, Lecrosnier, 1886, in-8. 

Emile Ferriére. — Le darwinisme, paru en 1872, 3*^ édition. 
Paris, Félix Alcan, in-8. 

Henri Cadeau de Kerville. — Causeries sur le transfor- 
misme. Paris, Ch. Reinwald, 1887, in-12. 

Albert Gaudry. — Les enchaînements du monde animal dans 
les temps géologiques, mammifères tertiaires. Paris, F. Sàvy, 
1878. — Fossiles primaires, 1883, in-8. — Les ancêtres de 
nos animaux dans les temps géologiques. Paris, J.-B. Bail- 
lière, 1888, in-12. 

Ernest Haeckel. — Anthropogénie ou histoire de l'évolution 
humaine, traduit sur la 2* édition, par Ch. Letourneau. 
Paris, Ch. Reinwald, 1877, in-8. — Histoire de la création 

' des êtres organisés d'après les lois naturelles. Conférences 



— 349 — 

scientifiques SUT la doctrine de V évolution en général et celle 
de Darwin^ Gœthe et Lamardk en particuliery traduit par 
Ch. Letourneau, 3* édition. Paris, Ch. Reinwald, 1884, 
in-S. 

Thomas-Henry Huxley. — De la place de l'homme dans la 
naturcy traduit par E. Dally. Paris, J.-B. Baillière, 1868, 
in-8. 

J.-L. DE Lanessan. — Le traiisformisme^ évolution de la ma- 
tière et des êtres vivants. Paris, Octave Doin, 1883, in-12. 

Edmond Perrier. — Les colonies animales et la formation des 
organismes. Paris, G. Masson, 1881, in-8. — Le transfor- 
misme. Paris, J.-B. Baillière, 1888, in-12. 

George-John Romanes. — Uévolution mentale chez les ani-^ 
maux, suivi d'un essai posthume sur Vinstinct^ par Charles 
Dartviny traduit par Henry G. de Varigny. Paris, Gh. Rein- 
wald, 1884, in-8. 

D.-G. Rossi. — Le darwinisme et les générations spontanées. 
Paris, Ch. Reinwaid, in-12. 

M*"*^ Glémence Royer. — Origine de l'homme et des sociétés. 
Paris, Masson et Guillaumin, 1870, in-8. 

De Saporta et Marion. — Uévolution du règne végétal^ les 
Cryptogames. Paris, Félix Aican, 1881, in-8. — L'évolution 
du règne végétal, les Phanérogames. Paris, Félix Alcan, 
1885, 2 vol. in-8. 

Francesco de Sarlo. — Studi sul darwinisme. Naples, 
A. Tocco, 1887, in-12. 

0. ScHMiDT. — Les inammifères dans leurs rapports avec 
leurs ancêtres géologiques. Paris, Félix Alcan, 1887, in-8. 

Herbert Spencer. — Les bases de la morale évolutionniste. 
Paris, Félix Alcan, 3« édition, in-8. 

Arthur Vianna de Lima. — Exposé sommaire des théories 



— :m — 

transformistes de Lamarck, Darwin et Uaeckel. Paris, 
Ch. Delagrave, 4886, in-12. 

ALFRED RussEL Wallace. — La sélection naturelle^ essais, 
traduit sur la S"" édition anglaise, par Lucien de Can- 
DOLLE. Paris, ReînwaW, 4872, in-8. 

Tous les ouvrages exposés sont offerts par les auteurs ou 
les éditeurs, à TÉcole d'anthropologie; le Conseil de FÉcole 
et la Commission de l'Exposition expriment leur reconnais- 
sance à tous les donateurs. 



TABLE DES EXPOSANTS 



Ameghino (Florentino), 347. 

AuLT DU Mesnil (D'), 445-175, 
178,179,180, 182,203,242. 

Barthélémy (F.), 343. 

Bazin, 182. 

Bertillon (Alphonse), 340-341. 
— Pavillon de la ville de Parâ : 
exposition de la Prérectare de 
police. — Ministère de Tinté- 
rieur : administration péniten- 
tiaire. — Histoire du travail, 
section II : instruments d'anthro- 
pométrie, fabriqués par M. Colas. 

Blanco (général Guzman), 275, 
296-300. -- Palais spécial du 
Yénézuela : ethnographie préco- 
lombienne. 

Bleicher, 176. 

BoBAN, 293-296. — Histoire du 
travail, section I : archéologie 
mexicaine. 

Bonier, 124. 

Bonnemère (Lionel), 323-328. — 
Histoire du travail, section I : 
série de bijoux populaires an- 
ciens. 

BoRDiER (A.), 88, 90, 343. 

Boter, 121. 

CAPrrAN, 177, 182, 211-234, 235, 
289-291. — Histoire du travail, 
section I : silex et jaspes travail- 
lés; polissoir. 

Capus, 278-284. — Salle des Mis- 



sions : ethnographie et cartes de 
TAsie centrale. 

CUAUMIER, 200. 

Chauvet, 177, 258-261. — Histoire 
du travail, section I : station de 
Tàge du bronze. 

Chervin (Arthur), 341-342. 

Chudzinski (Th.), 104, 106, 107, 
108, 111, 112, 114, 115, 121, 
122, 123, 129-135. — Histoire 
du travail, section I : moulage 
complet d'un Boschiman. 

CoLLiN (Emile), 179, 182, 189, 
193, 203, 204. — Histoire du 
travail, section I ; industrie de 
Chelles. 

CoLLiNEAU, 343. — Galerie de l'in- 
struction primaire : a participé 
à l'exposition de la Société pour 
l'instruction élémentaire. 

Daleau, 192, 244-245, 258, 261- 
262. 

DoiN (Octave), 91-95, 347, 349. 
— Galerie de la Librairie. 

Donnât (Léon), 88. 

DOUTREBENTE, 344. 

DucHiNSKA (M"* Séverine), 303. 

Durand (Léon), 342. 

DuvAL (Mathias), 90, 105, 106, 

107, 108, 135-144, 348. 
Fauvelle, 88, 344. 
Feineux, 182, 188, 196, 199, 

202. 



352 — 



FiCATiER, 182, 195, 196, 197, 202, 
263-268. 

Flandinette (Félix), 124. — His- 
toire du trayail, section I : mou- 
lage d'un Boschiman complet et 
de faces de types ethniques. 

Cachet, 84. 

Cadeau de Kerville (Henri), 
348. 

GuYOT (Yves), 88. 

Hervé (Georges), 90, 105, 106, 
107, 114, 344.' . 

HovELACQUE (Abcl), 87, 90, 344. 

Huxley (Thomas-Henri), 349. 

ISSAURAT (C), 88. 

Janssens, 342. 

J.ACOMBE (P.), 90. 

,Lanessan (J.-L. de), 88, 349. 

Larbalétrier (Alhert), 88. 

Lecrosnier et Babé, 89-90, 344. 
— Galerie de la Librairie. 

Lefèvre (^André), 87, 344. 

Leroux (Etienne), 84. 

Letourneau : (Charles) , 87, 90, 
345, 348. 

Macedo (F. DE), 122. 

Magitot, 302-303. 

Mahoudeau (P.-G.), 117-119. 

Manouyrier (L.), 111, 112, 114, 
115, 116, 117, 121, 122, 123, 
124-129,304,341,344,345. 

Marçano (G.), 123, 275, 296-300, 
345. — Palais spécial du Vene- 
zuela : ethnographie précolom- 
bienne. 

Mathieu (K.), 124. — Histoire du 
travail, section I : instruments 
d'anthropométrie. — Galerie des 
instruments de chirurgie. 

Morgan (J. de), 281-289. — His- 
toire du travail, section I : 
fouilles de cimetières de l'âge du 



fer au Caucase. — Salle des 
Hissions : ethnographie. 
MoRTiLLET (Adrien de), 176, 177, 
178, 179, 180, 182, 187, 188, 
190, 191, 192, 193, 194, 195, 
200, 201, 203, 204, 234-235, 

240, 241, 242, 243, 244, 275- 
277, 300-302, 308-323. — His- 
toire du travail, section I : pèle- 
rinages français par provinces. 

— Monuments historiques au 
Trocadéro : photographies des 
mégalithes de Corse et d'Algérie. 

— Ville de Paris :„ cartes et 
dessins de Paris avant les 
Romains. 

MoRTiLLET (Gabriel de), 88, 253- 

257,304-307,345. 
MouGEOLLE (Paul), 88. 
Musée d'Auxerre, 182, 263. 
Nicolas, 182, 208. 
Paysant, 177. 
Péroux (E.), 291-293. 
Piketty (E.), 182, 206, 208, 240, 

241, 242, 243. — Histoire du 
travail, section I : épée en 
bronze. 

POMMEROL, 121. 

Pozzi (Samuel), 347. 

PuLLiGNY (comte de), 242. 

Rames (J.-B.), 182, 185-187. 

Reinwald (Chartes), 85-88, 343, 
344, 345, 346, 347. — Galerie 
de la Librairie. — Enseignement 
supérieur. 

RoYER (M-"' Clémence), 347, 349. 

RuBBENS (Clément), 241, 244, 329- 
339. — Histoire du travail, sec- 
tion I : objets de l'âge du bronze. 

Salmon (Philippe), 84, 176, 178, 
180, 183-214, 241, 242, 243, 
245-250,345. 



-353 — 



Sâporta (marquis Gaston de), 349. 

Souche, 252-253. 

S YAMOUR (M"®), médaillon en bronze 

de Paul Broca. 
Teste, 182, 208, 209. 
Thieullen, 268-274. 



Thulié (H.), 90. 
TopiNARD (Paul), 87. 
Vauvillé,201. 
Véron (Eugène), 87, 88. 
ViNSON (Julien), 90, 344. 
VoGT (Cari), 346. 



23 



APPENDICE 



MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ QUI ONT PARTICIPÉ A I/eXPOSITION 
DANS d'autres SECTIONS 

Nous donnons aussi complète que possible la lisle des 
membres de la Société d'anthropologie de Paris qui ont pris 
part à l'Exposition dans d'autres sections. 

Arbo. — Carte de la taille en Norvège. (Histoire du travail, 
section!.) 

Beddoe. — Cartes de la coloration des cheveux en Angleterre, 
en France et en Suisse. (Histoire du travail, section 1.) 

Bellucci. — Collections d'amulettes italiennes. (Histoire du 
travail, section 1.) 

Benedigk. — Instruments d'anthropométrie. (Histoire du tra- 
vail, section i .) 

Bonaparte (prince Roland). — Races humaines diverses, 
albums de photographies ; séries d'ethnographie. (Histoire 
du travail, série i.) — Idoles de la Papouasie et Pantins. 
(Salle des Missions.) 

Bonafont. — Objets provenant de la Nouvelle-Calédonie* 
(Histoire du travail, section 4.) 

Cartailhac. — Bibliographie ancienne du préhistorique; 
modèles des monuments des Baléares; séries préhîstO" 
riques des environs de Toulouse et des dolmens de l'Avey^ 



— 356 — 

ron. (Histoire du travail, section i.) — Photographies des 
monuments des Baléares. (Salle des Missions.) 

Chantre. — Mobilier funéraire des tombes du Koban ; crânes 
déformés; ouvrages sur le bronze, le premier âge du fer et 
la Caucase. (Histoire du travail, section i.) — Photo- 
graphies et dessins de la Syrie, du Turkestan et du Cau - 
case. (Salle des Missions.) 

CoLLiGNON. — Silex ouvrés de Tunisie; cartes de la colora- 
tion des yeux et des cheveux en France et en Tunisie. 
(Histoire du travail, section i .) 

Deloncle (F.). — Série religieuse et ethnographique de 
l'Extrême-Orient, surtout de Siam; monnaies en argent, 
étain, cuivre, porcelaine et coquilles. (Salle des Missions.) 

Deniker. — Essai de classification des races humaines et 
cartes de FAsie. (Histoire du travail, section i.) 

Fallot. — Crânes de nègres d'Afrique. (Histoire du travail, 
section i .) 

Féré. — Rapports du cerveau avec Textérieur du crâne. (His- 
toire du travail , section i .) 

GuiMET. — Poteries romaines, fiispano-arabes , persanes. 
(Histoire du travail, section 3.) — Dessins civils et reli- 
gieux de Ceylan, Inde, Chine et Japon; caricatures reli- 
gieuses de 1 Extrême-Orient; chapelles et statuettes de 
divinités; statues japonaises. (Salle des Missions.) 

Hamy. — Reconstitution, grandeur nature, de trois groupes 
ethnographiques et de quatre groupes palethnographiques^ 
(Histoire du travail, section i.) — Reproduction en petit 
d'une habitation souterraine de la Tunisie du Sud. (Salle 
des Missions.) 

Hennuyer. — Divers ouvrages dont il est Téditeur. (Histoire 
du travail, section 1.) 

Hyades. — Le cap Horn. (Salle des Missions.) 



— 357 — 

Kerckhoffs. — Grammaire volapûken douze langues ; divers 
ouvrages et journaux concernant la nouvelle langue. (Salle 
de TEnseignement supérieur.) 

Lagneau. — Deux diagrammes, Tun relatif à la diminution 
du nombre des mariés dé chaque génération, Tautre à la 
mortalité des soldats et marins français dans les colonies. 

LuYS. — Céphalomètre. (Histoire du travail, section 1.) 

Maspéro. — Reconstitution, grandeur nature, du travail de 
là toile dans l'ancienne Egypte. (Histoire du travail, sec* 
tioni.) 

Massenat. — Belle collection du magdalénien de Laugerie- 
Basse, avec nombreux ossements gravés. (Histoire du tra- 
vail, section i.) 

Maurel. — Crânes et squelettes d'Indiens Galibis; crânes et 
squelettes Birmans et Khmers. (Histoire du travail, sec- 
tion i .) 

Monaco (prince Albert de). — Résultat de ses recherches sur 
les courants de l'Atlantique; produits de l'exploration scien- 
tifique des Açores à bord de VHirondelle, (PavHlon de la 
principauté de Monaco.) 

Morel. — Série archéologique de choix, surtout d'armes, 
depuis la pierre jusqu'au mérovingien. (Bâtiment du Minis- 
tère de la Guerre.) 

NiCAiSE (A.). — Série de 975 objets relatifs à l'archéologie de 
la Marne, de l'Aube, de l'Yonne et de l'Aisne; crânes 
anciens de la Marne, promis à la Société d'anthropologie. 
(Histoire du travail, section 4.) 

PiETTE. — Fouilles des cavernes des Pyrénées, longue et riche 
série du Mas-d'Azil et d'Arudy; céramique des tumulus 
pyrénéens. (Histoire du travail, section i .) 

Quatrefages (de) et Hamy. — Dessins de types de race§ 
humaines. (Histoire du travail, section |.) 



— 358 — 

Rivière. — Poteries parisiennes; vitrine d'objets en fer. 
(Histoire du travail, section 3.) — Produits de fouilles dans 
le ¥ar et les Âlpes-Mari limes; station de la Quina. (Salle 
des Missions.) 

Robin (P.). — Objets exposés par l'Orphelinat Prévost à Cem- 
puis, par Granvilliers (Oise). (Pavillon sud-ouest de la Ville 
de Paris.) 

Sacaze. — Cippes votifs des Pyrénées portant l'indication de 
diverses divinités locales. (Salle des Missions.) 

ScHÂAFFHAUSEN. — Crâucs divcrs; photc^raphies anthropolo- 
giques. (Histoire du travail, section i.) 

Sébillot. — Imagerie populaire de France; bibliographie et 
jouets des campagnes; ouvrages sur les légendes et tradi- 
tions. (Histoire du travail, section i .) 

TopiNARD. — Instruments d'anthropométrie; cartes de statis- 
tique; tableaux de poids encéphaliques; diverses pièces 
anatomiques. (Histoire du travail, section i.) 

Tramond:. r— Préparations anatomiques en cire ; moulages de 
crânes déformés, trépanés et préhistoriques. (Histoire du 
travail, section i.) 

Verne AU. — Ethnographies des Canaries avec de nombreux 
modèles de grottes et de monuments. (Salle des Missions.) 

Vielle. — Silex taillés. (Histoire du travail, section i.) — 
Pièces de choix et reconstitutions. (Bâtiment du Ministère 
de la Guerre.) 

ViRCHOW. — Instruments de craniomélrie ; cartes de la colo- 
ration des yeux et des cheveux en Allemagne. (Histoire du 
travail, section!.) 

WiLSON (Thomas). — Deux vitrines de l'Amérique du Nord, 
contenant surtout de la palethnologie. (Histoire du travail, 
section 1 .) 



TABLE DES MATIÈRES 



PREMIÈRE PARTIE 

HISTORIQUE 



PREMIÈRE DIVISION 

FONDATIONS PRINCIPALES 

Pafftf. 

Chapitre I. — Société d'anthropologie de Paris 1 

Bureau de 1889 8 

Comité central * 8 

Anciens présidents 8 

Bulletins .' . . 9 

Mémoires 10 

Musée Broca 10 

Bibliothèque de la Société d'anthropologie 11 

Prix Godard lî 

Prix Broca 13 

Prix Bertillon 14 

Sociétés d'anthropologie françaises et étrangères 15 

Sociétés savantes et publications périodiques avec lesquelles la 

Société échange ses bulletins \q 

Chapitre II. — Laboratoire d'anthropologie « . . 23 

Travaux du Laboratoire de 1878 à 1881 ti 

Travaux du Laboratoire de 1881 à 1889 27 

Chapitre III. — École d'anthropologie 41 

Programme des cours de 1888-1889. 46 

Principaux travaux des professeurs de l'École d'anthropologie 49 



— 360 — 
DEUXIÈME DIVISION 

FONDATIONS ACCESSOIRES 

Chapitre I. — Société d'auiopsic 57 

Statuts 66 

Chapitre II. — Réunion Lamarck 72 

Exposition de la réunion Lamarck 84 

Chapitre 111. — Bibliothèque des sciences contemporaines 85 

Chapitre IV. — Bibliothèque anthropologique 89 

Chapitre V. — Dictionnaire des sciences anthropologiques 91 



DEUXIÈME PARTIE 

EXPOSITION 



Commission de l'Exposition 97 

Introduction 98 

Chapitre I. — Anthropologie anatomique 104 

§ 1 . — Société d'autopsie 104 

§ 2. — Morphologie cérébrale 114 

§ 3. — Histologie des circonvolutions cérébrales 117 

§ 4. — Craniologie 119 

§ 5. — Osléologie 124 

§ 6. — Splanchnologie comparée 129 

§ 7. — Myologie 131 

§ 8. — Anthropogénie 135 

Chapitre II. — Anthropologie préhistorique 145 

§ 1. — Géologie palethnologique. — Étude des deux versants de la 

vallée de la Somme à Abbeville 145 

§ 2. — Minéralogie palethnologique 176 

§ 3. — Age de la pierre 180 

§ 4. ^ Procédés de fabrication des instruments de pierre 211 



— 861 — 

PlgO*. 

i 5. — Age des métaux 236 

§ 6. — Paléoanthropologie 245 

§ 7. — Trépanation 251 

§ 8. — Agriculture palethnologiquc 253 

8 9. — Fouilles méthodiques 257 

Chapitre IH. — Ethnographie 275 

§ 1. — Algérie et Tunisie 275. 

8 2. — Asie centrale 278 

8 3. — Presqu'île de Malacca 281 

8 4. — Indo-Chine et Cambodge 289 

8 5. — Station préhistorique de My-lôc, province de Bicn-Uoà 

(Cochinchine) ; 293 

8 6. — Amérique du Nord 29i 

8 7. — États-Unis du Venezuela 297 

8 8. — Provenances diverses 300 

8 9. — Mutilations ethniques 302 

8 10. — Photographie ethnique 303 

Chapitre IV. — Histoire des religions 308 

8 1. — Amulettes 308 

S 2. — Divinités 329 

Chapitre V. — Démographie 340 

SI.*- Anthropométrie 340 

8 2. — Géographie médicale 341 

Chapitre VI. — Bibliographie 343 

S 1. — Bibliographie générale 343 

8 2. — Bibliographie de la réunion Lamarck 346 

Table des exposants de l'anthropologie 351 

Appendice 355 



19851. — Imprimeries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris. 



LA SOCIÉTÉ, L'ÉGOtE 



ET 



LE LABORATOIRE 



D'ANTHROPOLOGIE 



DE PARIS 



A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 



l^ALAIS DES AHTS LIDKRAUX 



INSTRUCTION PUBLIQUE 



PARIS 
IMPRIMERIES RÉUNIES, ÉTABLISSEMENT A 

t, KUE HiCNON, S 

1880 




L'Ex[)osition de la Sogikté» de I'Égole et du Labo- 
RATomE d'Anthropologie se trouve située au Champ- 
de-Mars^ dans le Palais des Aris libéraux. 

PREMIER ÉTACE — TRAVÉE NORD 

TSp^sîtîoD''ïlHî^fktk;£j'S l'Instraelifln publique — G%m ÎIII 




Elle occupe qualre vilrioes et un meuble à'ï^^^^ 
placés dans la partie ceiiti aie des Écoles primairesN^ 



CfiMé 



Ù Sheff. 



or THE 



Pe.Wdy MaseuiB af AmeiioaiL Aroha^ology and Ethnalogy 

IN CQNNECTIOK W(TH HARVARD UNIVERSlTV 
PBBSBNTED BY 



L'Ex|)osition de la SociÉtÉ, de I'École cl d<i Labo- 
ratoire D'ANTHaoPOLOfiiE Se trouve située au Champ- 
de-Mars, dans le Palais des Arts libéraux. 

PREMIER ÉTAGE - TRAVÉE NORD 
Ei|îoiHi«iJ-aïriIWTrtsUo_^rrs)rttHion publique - Uam VIII 

fille occupe quatre vitrines et un meuble à l^ets 
placés dans la partie centrale des Écoles primaireSs 



Caae.y Shelf. 

Xj I B K. A I?> "Z" 

OF THE 

Peabodj Muaenm of Amerîoan Archœoîogy aud Etlmology 

IN CONNECTION WITH HARVARD UNIVERSlTY 



FKBSEHTKB BT 






La Sodct^rEoak et b 



AYAÎ2» 




3 2044 043 524 560 



This book is not to be 
taken from the Library 



ps 



^II^IW 



i/Expositiou de la Société, de riîcoLE cl du Labo- 
ratoire d'Anthropologie se trouve située au Champ- 
de-Mars, dans le Palais des Arts libéraux. 

PREMIER ÉTAGE — TRAVÉE NORD 

''"'■in de llnstruction |tabljqnt — Cluu VIU 

Elle occupe quatre vitrines et un meublTâS^P 
placés dans la partie centrale des Écoles primaires)^ 




Cate 



J Shclf. 

af TRIC 

Peabodj Muaeum of Amûrioaii Ârcbaology and Etlinology 

IH CONFECTION WITN HARVARD UNtVERSlTY 



PHEBlïHTldB B7