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Full text of "La vie et les oeuvres de Philippe Thomassin, graveur troyen, 1562-1622"

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LA VIE ET LES ŒUVRES 

DE 

PHILIPPE THÛMASSIN 

GRAVEUR TROYEN 
1562-1622 

PAR 

M. EDMOND BRUWAERT 

MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE DE FRANCE 




TROYES & PARIS 

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE L'AUBE 
SOCIÉTÉ POUR L'ÉTUDE DE LA GRAVURE FRANÇAISE 

M C M X V 



- 



LA VIE ET LES OEUVRES 



PHILIPPE THOMASSIN 



SOCIETE POUR L'ÉTUDE DE LA GRAVURE FRANÇAISE 



Le travail de M. Edmond Bruwaert a été publié par la 
Société A.cadémiqi e de l'Aube dans le Tome LXXVIH de ses 
Mémoires, Année i<)i / |. 

Amv sa gracieuse autorisation, le présent tirage à part a été 
imprimé sur papier de Hollande, à 5oo exemplaires, enrichis 
de six planches hors-texte, pour les membres de la Société. 

Il n'a pas été tiré d'exemplaires sur papier du Japon. 

Le Secrétaire : Henri Bourin, 

Capitaine ai. 11 e Dragons. 



LA VIE ET LES ŒUVRES 



PHILIPPE THOMASSIN 

GRAVEUR TROYEN 
1562-1622 

PAR 

x\l . E D M O N D BRU W A E Kl 

MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE DE FRANCE 




TROYES 

IMPRIMERIES P. NOUEL & J.-L. PATON RÉI NIES 

J.-I. l'A li 'N. SU( CESSEI h 
Rue Général Saussier, 27 



19 14 















* f' 4 

X V 



LA VIE ET LES OEUVRES 



PHILIPPE THOMASSIN 



GRAVEUR TROYEN 
1562-1622 



Philippe Thomassin lut un graveur très distingué de la 
fin du XVI e siècle et du début du XVII e ; son burin fut 
recherché des peintres contemporains, anxieux de se faire 
connaître, eux et leurs œuvres ; ses estampes furent l'objet 
d'un vaste trafic: emportées de Rome par les pèlerins ou 
les touristes, elles se répandirent partout en Europe, où on 
les retrouve encore dans les collections publiques et privées. 
Néanmoins, son nom sciait probablement tombé dans 
l'oubli, n'était que, d'une pari, Philippe eut pour élève 
Jacques Gallot, dont la gloire impérissable n'a cesse de 
jeter de l'éclat sur le maître, et que, , l'autre part, la Société 
Académique de l'Aube, fidèle à conserver la mémoire des 
illustrations de l'antique Champagne, a tenu à ranimer un 
souvenir près de s'éteindre: en 1875, elle mettait au 
concours une étude sur la Vie et l'OEuvre «le l'excellent 
graveur troyen. Le travail couronne alors (1 ), tout imparfait 
qu'il lût, peut être complété aujourd'hui, grâce a de 



i . Edmond Bruwaeri : Recherches sur lu lie et l'Œuvre de Philippe 
Thomassin, extrait ^ Mémoires de lu Société Académique de I 

Iroyes, lsTC. in-S». — Toutes les pièces de l'œuvre y -ont amplement demies. 



I \ Ml II LES iF.I \ RES 



nouveaux documents découverts, depuis, dans les Archives 
de Troyes, de Paris, de Rome. Ce sont ces informations 
médites <]ni font l'objet île la présente notice. 



! 



Le voyageur qui arrivait du sud à Troyes, après avoir 
franchi pont-levis, herse, barrière de la massive porte de 
Croncels, rencontrail une voie assez large, qui allait se 
rétrécissant jusqu'à un prochain carrefour où elle se divisait 
eu trois branches : l'une, à droite, la rue du Temple, 
conduisait à Saint-Jean-au-Marché, à l'Hôtel de Ville, au 
cœur de la cite ; celle du milieu, la rue du Dauphin, 
aboutissait au carrefour des Quatre- Vents, au Marché au 
Blé, au-delà duquel se rencontraient la porte du Beflroi et 
les routes de Sens et de Paris; celle de gauche, étroite et 
tortueuse, la rue de la Brouette, passait devant l'église 
Saint- Pantaléon et gagnait aussi le Marché au Blé. Dans 
la rue du Dauphin, sur la gauche, se trouvait l'auberge la 
plus achalandée de la ville, V Hoslellerie dit Dauphin, <|ui 
donnait, depuis 15:20 au moins, son nom à cette conti- 
nuation du faubourg de Croncels. 

Il existe à la Bibliothèque .Nationale de Paris, dans la 
collection de Champagne (n° 83), un vieux volume intitulé: 

I it des rentes et censives non racheptables, existant à 
Troyes et dressé aux termes de l'Edict du 14 juillet 1553, 
suivant contract passé par le roi Henri et le prévôt des 
.Marchands a Compiègne » . A la page 136 de ce manuscrit, 
on lit cette déclaration de cens : « Jehan Lardot, marchand, 
« demeurant à Troyes, tient une aultre maison où demeure 
" de présent Jehan Thoinassin, assize eu la rue du 
m Dauphin, chargée envers Messieurs de Sainct Eslienne... 
■ de 1111 v ob [olesj ». 



ni rnn.iri'i: i u«n; \ ~n 



Les rôles de taxes du I mps, dont on peul -unir 
assez bien l'itinéraire, semblent indiquer que la maison 
occupée par Jean Thomassin se trouvait la 3" ou la 4 e à 
droite, après avoir traversé la rue du Temple eu se rendant 
vers Saint-Pantaléon. Jean n'était, d'ailleurs, pas originain 
du quartier: il n'était venu s'j fixer qu'après son mai 1 
\ cette époque, eu 1535, il habitait la paroisse Saint- 
Jacques. Les registres de publication des bans de . 
église, conservés aujourd'hui t l'Hôtel de Ville de 'i 
contiennent, en effet, celte mention : « Dimanche de 
la S Barnabe 1 I juin], Jehan Thomassin, fil/ de Pierre, 
de cette paroisse, prand pour femme] Nicole, fille de 
Nicolas Aubrv, de Saincl-Jehau. » Au-delà de i 
Thomassin, on ne connaît pas d'autre ascendant de 1 • 
Les comptes de travaux de la cathédrale nomment bien 
nu Thomassin, dit le Flamand, qui, de i i il) t I i i 
employé en qualité de huchier (menuisier, ébéniste) ou de 
« tailleur d'ymaiges sculpteur sur bois (fiches de 

Natalis Rondot, Arcb. Dép.), mais rien n'établit la parenté 
de ce Thomassin avec Philippe : le nom est, du reste, a 
répandu alors en Champagne, en Bourgogm . en Lorraine, 
pour qu'on hésite à tirer une conclusion quelconque de 
celle coïncident • . 

La profession de Pierre Thomassin, grand-père du 
graveur, n'est pas connue ; les registres de baptême 
nomment parfois, comme marraine, sa femme, Catherine. 
Celle-ci a pu naître en 1490 el mourir eu 1538, alors que 
son mari a pu Mer le jour en 1482 et le perdre en 1540. 
Ouaut a leur fils Jean, il naquit en 1515 et mourut 
en 1582; il était ceinturier, métier aussi m dors, 

étant donné le costume masculin ou féminin du temps, que 
le sont aujourd'hui le cordonnier, le gantier, le chapelier. 
1 einlurier se distinguait même du ccinturonnier, qui 



h LA VIE El LES ŒUVRES 

avail seul le privilège de fournir à l'homme d'armes ce 
article d'équipement. 

Les archives municipales indiquent qu'après son 
mariage, Jean le ceinturier vint s'établir avec sa femme, 
Nicole, près du beau-père, Nicolas Auhry, « cousturier », 
dans une maison voisine de l'hôtel du Dauphin, chez 
o Chauveau, drappier-drappant » ; et c'est évidemment 
dans ce même voisinage qu'il a dû passer le reste de sa 
vie, car tons les actes de l'état religieux de la famille qu'il 
fonda sont inscrits aux registres de la paroisse Saint-Jean- 
au-Marché, dont relevait alors le côté oriental de la rue du 
Dauphin. (|ui aujourd'hui dépend de Saint-Pantaléon. Les 
actes de baptême se succèdent avec nue régularité et une 
multiplicité qui surprend nos mœurs et justifie nos plaintes 
contemporaines relatives a la diminution (\v^ familles. Des 
1539, on présente aux fonts Jehan « Paisné ». Nicole, la 
mère, avait 1P ans. Puis vient Claude, la fille, aînée, qui 
testera vieille fille et sera la servante perpétuelle du logis. 
Nicolas naît le t décembre 1542 ; il fera souche. Catherine 
vient au monde en 1543 : elle épousera Gombert-Rondot, 
encordeur-hananger, et lui donnera au moins onze enfants. 
Ici. il manque un <\(^ registres de baptême et il faut passer 
au volume suivant pour compter la descendance du 
ceinturier; Jean « cadet » est de 1550: il fut orfèvre et se 
maria avec Jeanne Chamillard; Pierre suit, le 31 août 1553; 
puis Jacques, le 16 aoûl 1554, moins d'un an après ; puis 
François, le 14 août 1556; Nicole, le 13 décembre 1557, 
et François encore, le ï avril f. ">.">!), qui venait sans doute 
remplacer son homonyme enlevé brusquement avant la 
troisième année. Puis, il y eut Guillaume, du I 5 avril 1 560, 
et, onze mois pins tard, une deuxième Nicole, du 
.!•"» mu- 1561, (loul l'artiste se souvint dans son testament. 
Voici déjà, au total, douze enfants, sans compter ceux du 



I»! PHILIPPE THOMASSIN 7 

volume perdu. Nous arrivons à l'acte qui concerne l'artiste ; 

il se lit tomme suit : 

r< \nnée V e Ixj, janvier xxvnj* jour. — Du dict jour, 

'( Philippe, (ilz de Jehan Thomassin et Nicole sa l'jem \n>> ; 

o p [arrains] Philippe Ravaultet Jehan Imbert; m [arraine 

> Judic Bouillerot. » 

Depuis le départ de saint Louis pour la croisade, l'année 
officielle en France commençait le jour de Pâques. Ce 
n'est qu'en 1503 qu'on ramènera au début de janvier le 
premier jour de l'an. Le 28 janvier dont il s'agit ici c<\ 
donc, en nouveau style, celui de 1562 : il tombait un 
mercredi et, comme le baptême suivait de 1res près la 
naissance, on peut supposer que l'enfant était né la veille, 
sinon le jour même. 

Pour en terminer avec cette longue nomenclature 
d'héritiers connus dont les Thomassin dotaient leur ménage, 
il faut citer encore Madeleine, qui date du 21 janvier 1 5 6 o , 
et Bernard du 19 août 1567. Celui-ci fut, après Philippe, 
le membre le plus distingué de la famille. Orfèvre, il épousa 
Anne Carpentier et de ses petits-fils, l'un Jean, mari de 
Syrette Prévost, viendra s'établir à Paris, graveur en 
cachets, servira Colbert et, grâce au ministre, obtiendra 
pour son (ils Simon une bourse de pensionnaire à 
l'Académie de France à Borne. 

Les éléments font encore défaut, qui donneraient un 
aperçu exact de la situation du ceinturier, s'il avait autre 
chose que ses deux bras pour tout capital. Les actes 
notariés de Troyes, s'il en est d'accessibles de ce temps, 
n'ont pas été étudiés a ce point de vue. Les rôles d impôts 
laissent entrevoir que Jean Thomassin n'était ni (!«•> plus 
riches ni des plus pauvres de son quartier. Dans le rôle 
■ le 1557, qui se trouve aux Archives municipales (F. 236), 
<< Jehan Thomassin sceinturier » ligure au « quart de 



IV VIF. KT LES iT.rVRF.5 



Croncelz, 2* garde, pour soixante solz tournois». Le par- 
rain de l'artiste, Philippe Ravault, a une cote de 18 livres 
|i» sols, six lois plus lourde <|ue celle de Jean. Un voisin 
très riche, Robert Angenoust, doit verser au lise ,')t livres, 
soit dix-sept fois plus que Thomassin. Par contre, un 
concurrent de celui-ci, Ancelin, également « sceinturier », 
n'est taxé que to solz, quatre lois moins. Une cote de 
60 sous, ou 3 livres tournois, peut représenter un revenu 
de 300 livres. En admettant un poids de 9 a 10 grammes 
d'argent pour l'équivalent d'une livre tournois en 1562, 
ou obtient 0O0 francs presque d'argent moderne en poids, 
soil en valeur comparative d'achat, près de 6.000 francs 
aujourd'hui. Le loyer comptail pour lo livres, semble-t-il, 
soit une valeur moderne de 300 fr. ; le pain coûtait 2 sous 
les quatre livres, soit 20 sous d'aujourd'hui. 

L'Histoire de la religion réformée à Troyes, laissée 
par Nicolas Pithou, sieur de Changobert, frère de Pierre 
Pithou — la Société Académique de L'Aube possède une 
copie de ce manuscrit — décrit d'une façon saisissante les 
événements contemporains de l'enfance de Thomassin. La 
ville est partagée en deux camps : un parti très puissant, 
qui se rattache aux Pouvoirs du jour, et un parti naissant, 
très actif, qui se place dans l'opposition. Les faveurs 
publiques, accordées aux uns, refusées aux autres, 
expliqui ni !»■ différend ; mais la divergence de principes 
religieux sert de prétexte pour justifier la lutte. Les ducs 
de Guise avaient la survivance du gouvernement de 
Champagne: absents de Troyes, suivant la cour de Cathe- 
rine de .Médias, ils laissaient l'administration locale à 
'in lieutenant-gouverneur. Toutefois, ils tenaient l'Kglise 
étroitement liée a leur cause et, pour le service de leurs 
ambitions, ils se faisaienl ennemis déclarés des protestants, 
ige présume de la couronne semblant, d'année en 



PF PHIIII'I'I IIK>M\^|N 



année, pencher davantage vers le protestant Henri de 
Navarre. De 1562, date du massacre de \\ issy, t 1584, 
date de la mort du duc d'Anjou, dernier Valois qui se tint 
entre le trône et le futur Henri IV, chacune des luttes civiles 
en France a sa répercussion a Troyes, où tantôt les libéraux 
ont le dessus, mais où, le plus souvent, les conservateurs 
reprennent la haute main. Les prisons troyennes eurent, 
une semaine après Paris, leur petite Saint-Barthélemv. 

Industrieuse, commerçante, active, avec ses 15.000 
habitants, comme elle l'avait été depuis des siècles, la cité 
troyenne eut a souffrir beaucoup de ces loties intestines 
qui. créant partout dc^ ruines, arrêtaient le; dépen 
ralentissaient le travail. Tristes événements qui eurent leui 
influence sur le jeune Philippe. Envoyé à l'école du 
voisinage, a la maîtrise peut-être de l'église Saint-Jean, sa 
paroisse, il reçut nue bonne éducation primaire : on en 
peut juger par les échantillons qu'il a laisses de sa 
magnifique écriture. Il a dû savoir bien compti 
presque seul parmi les graveurs de son temps, il note avec 
soin les dates deses ouvrages. Au point de vue religieux, il 
ne fut jamais Irondeur, loin de la : ses œuvres sonl a peu 
près toutes de sujets pieux. Au sortir de l'école primaire, 
a 15 ans, vers 1577, son père le plaça chez un orfèvre: 
seuls, les orfèvres avaient encore, a Troyes, le privilège de 
pouvoir prendre librement des apprentis, alors que les 
ceinturiersî ne pouvaient avoir qu'un élève en dehors des 
membres de leur famille. Tout ce que l'on sait de celte 
vocation du jeune Philippe, c'esl qu'il s'adonna à graver la 
boucle de ceinture et de ceinturon, voire la boucle de 

4 

chaussure, c'est qu'il se prit de goût pour le moulage et la 
ciselure de la statuette, bien qu'aucune œuvre de celte 
classe, sortie de sa main, n'ait encore été jusqu ici sigu liée, 
s il en a édite de signées 



I i \ VIE BT LES un RE9 

La mère de Philippe mourut en 1574; huit ans plus 
lard, le père disparaissait à son tour, en 1582, année de 
peste violente à Troyes. Philippe demeura au lo^is familial, 
présidé par Claude, la sœur aînée, qui remplissait le rôle 
de mère pour ceux d< s plus jeunes enfants encore sans 
foyer personnel. Los événements politiques allaient appoi 1er 
le trouble dans ce ménage d'orphelins. 

La mort du due d'Anjou à Château-Thierry, le 1 er jim 
1584, était le signal saisi. Henri III n'avait pas d'er.ianl 
lit 1 la reine Louise de Lorraine. Henri de Bourbon e! V 
Navarre était, dès lors, appelé a lui succéder, en vertu de 
la loi salique. Mais si eette loi salique pouvait être, pour 
cette lois, mis- 1 de côté, étant donné que la France ne 
pouvait avoir un protestant pour roi, les princes lorrains 
venaient en rang utile car, par leur mère ou leur grand'- 
mère, ils étaient descendants directs «le François I er . De là, 
le pacte signé, a Nancy d'abord, puis à .loinville-cn- 
Barrois, le .'! I décembre 1584, aux termes duquel Henri 
de (iuise, Charles de Mayenne, le duc d'Aumale, le duc 
d'Elbeuf, s'engageaient, avec l'appui moral, militaire et 
financier de l'Espagne, a déposséder de ses droits le futur 
Henri 1\ et a se; réserver a eux-mêmes le bënélice des con- 
quêtes a intervenir, (le traité lui aussitôt suivi d'actes: le 
due de Guise s'empare de Châlons-sur-Marne ; il veut saisir 
Troyes, mais il en est provenu, le 15 mars 1585, par le 
lé d Henri III. Joachim de Dinteville, qui, rapidement, 
pénètre dans la place et organise la défense non-seulement 
contre les ennemis du dehors, mais contre les conservateurs 
troyens rallies a la (anse dc^ Ligueurs. Avec le concours 
du maire, d répare les brèches <U^ murailles, cure les 
raffermit les portes. Il prescrit une levée 
d" 2.000 hommes, parmi les jeunes ;4ens de la ville, car 
[Yoyes est hostile a l'introduction de milices étrangères. 



DE PHI! IPI'K THOMASSIM | | 

I. 'appel des recrues est du 1\ mars; la revue doil avoil 
lieu le dimanche 31 mars. D'après la date de l'apparition 
de Philippe Thomassin a Rome, on peut conclure que c'est 
vers la fin de mars ou le début d'avril qu'il se détermina à 
quitter Troyes, où il ne croyait plus pouvoir trouver en 
paix le travail et les ressources qui lui étaient nécessaires 
pour assurer son existence. 



Il 



Il n'est pas très étonnant que le jeune ortèvre ail choisi 
Rome comme hut «le son voyage d'exil : le souvenir 
d'Urbain IV, enfant de Troyes, qui devint souverain pontife, 
hantait, alors comme aujourd'hui, la pensée de la jeunesse : 
d'uni' nature plutôl pieuse. Philippe pouvait espérer 
rencontrer, au centre de la chrétienté, plus de satisfactions 
d'esprit et de cœur; d'autre part, il existait dans l'est d< 
la France un courant d'émigration marqué vers la capitale 
de I Eglise universelle où affluaient des richesses venues du 
inonde entier, libéralement dépensées a l'embellissement 
de la ville. 

Les cardinaux, les uns pourvus de fortune personnelle 
considérable, princes de naissance, d'autres dotes de larges 
pensions par la générosité des cours, désireusi - de - assurer 
leur influence dans le Sac:.' Collège comme au conclave, 
luttaient presque à l'envi à réédifier ou a construire des 
églises, celles surtout dont ils portaient le titre ; hôpitaux et 
couvents avaient leur part de ces libéralités ; des palais 
s'élevaient, comme ceux du cardinal Farnèse, de la Chan- 
cellerie, des Boncompagni. Grégoire Mil avait ouvert 
un nouveau quartier, du mont Quirinal à la porte Pia, le 
long de la \ia Gregoriana d'alors. Ces travaux attiraient de 



12 M VIE ET I ES (El \ RES 

partoul ouvriers, architectes, peintres, graveurs, et, peut- 
èlre, sur les 80.000 habitants de la ville, s'en trouvait-il la 
moitié d'origine étrangère. Un moment on j»ut craindre 
l'arrêt soudain de cette activité. Le 2 i avril 1585, un 
nouveau pontife avait succédé à Grégoire Mil et ce pontife, 
Sixte-Quint, avait commencé par se brouiller avec la France 
officielle: il avait ordonné à l'ambassadeur, marquis de 
Pisani, de sortir de la ville dans les vingt-quatre heures, a 
la joie des Ligueurs qui croyaient avoir conquis le nouveau 
Pape a leur cause comme ils s'étaient assure l'appui de son 
prédécesseur. Une guerre possible avec ia France était 
chose sérieuse pour le cordelier d'hier : pas d'argent dans 
le trésor pontifical. Avec une âpreté que justifiaient ses 
appréhensions, Sixte Y ordonnait la réduction des dépenses 
publiques, multipliait les taxes, réquisitionnai! les métaux 
précieux son leurs formes, monnaies, vaisselle, 

ornements. 

Philippe Thomassin était arrivé a Home vers le mois 
de juin et il s'était, dit Baglione, occupé de ciselure de 
boucles d'or et d'argent pour le costume civil comme pour 
la toilette féminine. Le bijoutier à la mode était un français, 
Henri Cousin, qui habitait, comme les autres orfèvres 
(railleurs. \i,, Pellegrini, résidence obligatoire. C'est peut- 
être chez lui que le jeune troyen se plaça, car, dès ce 
moment, on le trouve installé au quartier des orfèvres, 
quartier qu'il ne quittera plus, saul pour un»; courte 
période. L'édii de Sixte-Quint contre les objets de luxe 
arrêta le peu de travaux qui s'exécutaient en ce genre dans 
une ville consacrée surtout au costume ecclésiastique. Phi- 
lippe eut donc a s'orienter dans une autre voie : il recourut 
a la gravure sur cuivre, art qui avait tant d'analogie 
\.' -nu métier. Il- sont nombreux les graveurs qui mil 
commencé leur carrière par l'orfèvrerie et la ciselure. 



di Philippe reowASsirs 13 

Parmi les éditeurs de gravuresde Rome, le liane comtois 
Antoine Lafrère était bien le plus important : il venail de 
mourir, il y avait huit ans à peine, el son neveu, Claude 
Duchet, avait hérité de la maison et lui consen lit son 
ancienne réputation. Duchel était, du reste, bien que la 
Franche-Comté relevât alors de l'Espagne, un des piliers 
de I église de Saint -Louis-des-Français, la paroisse de nos 
compatriotes, des nouveaux-venus surtout. C'est chez 
Duchet que Philippe Thomassin lit ses débuts comme 
graveur. Il s'employa sans doute quelque temps à rafraîchir 
de vieux cuivres fatigués par trop de tirages ; puis il 
produisit sa première œuvre, un diptyque représentant 
deux scènes de la vie de Saint Bernard de Clairvaux: 
à gauche Marie qui allaite le saint, à droite Jésus qui se 
détache de la croix pour aller dans les bras de Bernard, 
œuvre des plus médiocres, toute de début, signée 
Tlwmassino, sans prénom, avec la date de 1585 el 
l'adresse de Claude Duchet. 

A quelque temps de là, après plusieurs semaines 
d'exercices à copier les maîtres, Philippe acceptail la 
commande d'un portrait de Sixte V, qu'un vieil éditeur, 
Laurent délia Vaceheria ou Vaecari, voulait dédier el offrir 
au majordome du pontife, Antoine de Paoli. Le travail 
dénote un progrès sérieux. La troisième œuvre si. 
datée de celte première aimée d'exil — exécutée après des 
semaines, sinon des mois, d'études plus poussées — est 
déjà fort belle. A quelques pas du quartier des Orfèvres, 
place Sa'mt-Nicolas des Coronati, habitait un artiste romain 
d'un beau talent, Bernardin Passaro Agé alors de 32 u 
3j ans, il s'était adonne au dessin et a la peintun . sans 
négliger la gravure. Il avait connu, vers L'iTT. Corneille 
Cort, le graveur hollandais, qui, avec Jérônn I ock, avait 
introduit a Uome les nouvelles méthodes des Pays-Bas et 



] i LA VIK ET LES OEUVRES 

contribué à (aire avancer son art demeuré jusque-là, en 
Italie, ancre au système trop simple de .Maso Finiguerra et 
de Marc-Antoine Raimondi : le burin cuirait davantage 
dans le cuivre ; les tailles, plus espacées, s'amincissaient ou 
se grossissaient de manière à donner à l'estampe l'aspect 
non plus d'un maigre dessin au crayon lin, mais dune puis- 
sante esquisse à la plume ; la gravure prenait en quelque 
sorte de la couleur. Ce fut une bonne fortune pour Tho- 
massin d'entrer en relations avec ce peintre de goût qui 
l'initia an style des maîtres flamands, à tel point qu'on peut 
dire (pie Philippe lut l'élève, le continuateur de dort, bien 
que celui-ci eût déjà quitté Rome pour aller mourir aux 
Pays-Bas, lorsque Philippe vint se lïxer sur les bords du 
Tibre. Passaro se faisait une spécialité dt^ ermites et des 
thébaïdes : Son Saint Puni, premier ermite, mourant au 
pied d'un arbre, avait été burine par Cort en 1577 ; sou 
Saint Jérôme le lut par Thomassin et offert à Paul Fauvel, 
prêtre de l'œuvre du mont Saint-Bernard, qui, ayant obtenu 
de Sixte V une chapelle pour son ordre, a Home, en avait 
confié la décoration a Passaro. L'image fut mise en vente 
chez Slace (Van Staat?), un flamand, qui s'était, l'année 
précédente, établi à Home en y achetant partie du fonds de 
Salamanque, l'ancien associé (1553-1563) de Lafrère. 

Parmi les copies de Thomassin qui doivent dater de 
cette période d'étude, on peut indiquer, sans grande chance 
d'erreur, la Fille do chef de la Synagogue, d'après 
Jérôme Muzian, imitée de Beutrizet le Lorrain, signée 
Philippo Thom, et Y Adoration des liois, d'après Jules 
Clovis, imitée de <>ort et signée TH. P. F. On ne saurait 
appeler ces copies des contrefaçons, puisqu'elles n'avaient 
d autre objel que d'exercer h: jeune troyen à l'usage du 
burin, d après les maîtres, et qu'il signait franchement ces 

etllde- de -oïl IlOlil. 



DE PHILIPPE IHoVUSSIN 15 

L'hiver était venu et Philippe dut perdre quelques-unes 

de ses illusions, s'il s'était imaginé que le climat de Kome 
avait, sur les rigueurs de l'hiver à Troyes, des avanl i 
bien supérieurs. Le 5 décembre, mourait, de la poitrine, 
le jeune Claude Duchet, qui l'avait accueilli : il n'avait pas 
30 ans. Il laissait une jeune veuve enceinte et plaçait sous 
la tutelle de son beau-frère, Guérard, l'antique magasin 
qui allait bientôt disparaître. Autre désappointement : la 
cherté devint extrême. Tout augmentait dans i\e< propor- 
tions énormes; le pain, qui se vendait un demi-sou la livre, 
coûta, en décembre, jusqu'à deux sous et demi, cinq fois le 
prix courant. Comme bien îles ouvriers de sou quartier, 
Thomassin devait avoir quelque chambre meublée. 1 et 
prendre ses repas, via Giulia, chez Catherine, la cabaretièn 
populaire, ou chez Etienne Fabre, l'hôtelier des Français. 
Ce mois de décembre fut aussi marqué par un scandale: la 
nièce du pape, Victoria Accarambona, était assassinée à 
Padoue, par son beau-frère, Louis Orsini, cousin éloigné 
des Ursins de Troyes. Jamais crime ne lit plus grande 
sensation : les autorités de Venise, après une résistance qui 
exigea l'emploi du canon, se saisirent du meurtrier qu'elles 
firent étrangler dans son cachot. La veuve de l'assassin, 
Julia Savelli, allait devenir, quelques mois après, la femme 
de l'ambassadeur de France, Pisani, et être la mère de 
Catherine Pisani, la célèbre marquise de Rambouillet. 

La mort de Duchet n'eut pas de lâcheuse conséquence 
pour le jeune graveur. Passaro, qui l'avait pris en affection, 
se chargeait de lui procurer du travail : il avait, en 1578, 
composé pour des Bénédictins d'Espagne une Histoire de 
Saint Benoît, en 50 estampes, qu'il avait fait graver par 
Aliprando Caprioli. Le vieil abbé du Mont-Cassin, Angelo 
Sangrini, poète a ses heures, venait d'écrire en vers latins 
tout un volume à la gloire du fondateur de I ordre et, 



lti LA VIE ET LES CEI VRE9 

comme -es confrères d'Espagne, il s'adressa à Passaropdur 
l'illustration du volume : celui-ci ne crut pouvoir mieux 
taire que de rééditer ses dessins de l;>7S en les réduisant 
au format du futur volume el avec quelques retouchés 
le manière que l'œuvre ne parût pas un simple plagiat. 
Philippe lut chargé de la gravure et il s'en tira merveilleu- 
sement : c'est un de ses plus beaux ouvrages. Pourquoi ne 
fut-il pas autorisé à le signer? On l'ignore; mais, de ce fait, 
cette Vie de Saint Benoit, en o2 estampes, d'une facture 
gracieuse, est rejetée partout dans la classe des œuvres 
anonymes. Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque 
Nationale de Paris, qui en possède trois exemplaires, les 
liasse sous le nom de Sangrinus, l'abbé poète. Les 
planches, qui furent cédées, pour la publication, a Laurent 
Vaccari, figurent, en 1G14, au catalogue d'André Vaccari, 
lils de Laurent, sous le nom de Thomassin : il n'y a donc 
pas de doute quant a la paternité. D'autre part, dès 1586, 
Philippe aune façon toute personnelle de graver la lettre h: 
au lieu de d'abaisser le jambage de la boucle jusqu'à la 
rencontre de la ligne d'appui, il l'arrête brusquement là 
où commence la seconde partie et achève celle-ci de 
manière que la lettre, au lieu de se poser sur deux pieds. 
comme une chaise de profil, ne repose que sur le pied 
d'avant, comme si on avait scié le pied d'arrière. Dans la 
signature. Y k de Philippe el de TAomassin est caractéris- 
tique. Cette forme de 17* se retrouve a la légende des 
estampes de la Vie de Saint Benoît. 

Ces 52 gravures dînent bien prendre six mois au jeune 
artiste, en 1586. Cette même année, on le trouve aussi 
embauché par Antoine Tempesta dans une autre œuvre 
de longue haleine. Mais Tempesta était homme d'une 
différente allure. Artiste enthousiaste, s'attelant avec 
entrain à toutes les besognes qui s'offraient, il entendait les 




I. — Mort de Saint Paul, 1 er Ermite - 



DE PHILIPPE THOMASSIN 17 

enlever en tempête. La nature ne lui ayant donné que deux 
bras, il en empruntait d'autres à tous les carrefours. Ainsi 
entendait-il, à 32 ans, taire sou chemin à Home depuis 
deux ou trois ans qu'il y était arrivé de Florence. Il i 
à se l'aire un nom et bientôt on le considérera, après 
Josépin, Zuccaro, Roncalli et Carrache, comme le cin- 
quième grand peintre de la capitale: de toute l'Europe, 
on lui enverra des élèves a former. 11 s'était chargé, puni 
l'éditeur Marcellus Clodius (Marc de Chioggia), d'une Vie 
de Saint Bernard de Clairvaux, qui devait être offerte 
au cardinal Rustieucci, secrétaire d'Etat de Sixte-Quint. 
L'ouvrage aurait 56 gravures. Tempesta s'associa Chérubin 
Albert, 35 ans; Raphaël Guidi, 25 ans ; Camille Graffico, 
25 ans; Thomassin, 24 ans. La part de celui-ci fut plutôt 
modeste, puisque le florentin ne lui confia que deux de ses 
dessins : Pertinaxei les Couvents d' Espagne. Néanmoins. 
cette collaboration suffit pour faire entrer le Troyeu dans la 
famille romaine des artistes : on ne l'appella plus, des lois, 
que Filippo Francese, Philippe le Fiançais, Philippus 
Gallus, comme il se mit à signer. 

Bien que baptisé ainsi romain, il ne se mit pas à oublier 
ses origines françaises et il prit, sans doute, part au Te Ueum 
qui célébra, a Saint-Louis-des-Français, la fête natio- 
nale, le 25 août: toute la colonie tint a manifester sa joie 
du retour de l'ambassadeur Pisani, que Sixte-Quint avait 
consenti à lasser revenir au Palais- Madame. 11 assista aussi, 
le mercredi 10 septembre, à l'entrée à Rome île son 
compatriote champenois, François de Luxembourg, duc de 
Piney, envoyé en ambassade d'obédience et qui, reçu an son 
des cloches, au bruit de l'artillerie, put se croire l'objet de 
cette fête donnée, seulement, pour célébrei l'élévation sur 
la place Saint-Pierre de l'obélisque de Néron, triomphe d< - 
travaux de Fontana et de la volonté de Sixte \ . 



18 LA VIE ET LES ŒUVRES 

En 1 587 j les relations de Thomassin dans le monde des 
arts vont l'amener à aborder un genre de travaux plus 
difficile. Jusqu'ici, il s'était borné à transporter sur enivre 
des dessins au crayon ou à la plume qu'il n'y avait, pour 
ainsi dire, qu'à décalquer sur le vernis des plaques, en 
suivant servilement le trait du dessinateur. Maintenant, il 
lui faudra traduire en blanc et en noir, en les mettant 
d'abord au point, des œuvres peintes sur toile ou sur pan- 
neau. Il avait (ait la connaissance de deux artistes siennois 
tout récemment arrivés à Home, François Vanni, âgé de 
24 ans, et son frère utérin, Ventura Salimbeni, qui allait 
avoir :!() ans. Tous deux s'étaient attachés au vieux maître 
Frédéric Baroche, d'Urbin, et, seuls peut-être alors, ils 
conservaient le culte de la tradition raphaëlique. Leurs 
œuvres sont pleines d\m charme qui manque a la plupart 
de leurs contemporains, épris surtout du style de Michel- 
Ange, mort il y avait à peine vingt ans, et dont la manière 
exeitait encore l'engouement. Il faut reconnaître que le 
jeune troyen fut plus séduit par le maître d'Urbin que par- 
le maître de Florence. Il suffit de voir avec quelle déli- 
catesse il traite la Sainte Catherine de Sienne, de Vanni, 
un cuivre qu'il conserva avec amour et qui se trouve encore 
aujourd'hui à la Calcografia reale à Rome (n° 1.023). 

Le 18 mai 1587, décédait à Rome un capucin fort 
populaire, le frère Félix de Gantaliee : on le voyait depuis 
des années, besace sur l'épaule, distribuer aux malheureux 
les aumônes qu'on lui prodiguait pour sou couvent du 
Monte Cavallo. Rencontrant, quelques années plus tôt, le 
eordelier Peretti, devenu cardinal de Montalte, il lui avait 
prédit les honneurs de la tiare et l'événement avait confirmé 
la prophétie : Sixte V, reconnaissant, lui témoignait la plus 
grande déférence. Philippe de Néri, fondateur de l'Ora- 
toire italien, Charles Borromée, s'agenouillaient devant 



DK PHILIPPE THOMASSIN 19 

lui lorsqu'ils le croisaient dans quelque ruelle de la ville. 
La nouvelle de sa mort éclata comme un coup de Poudre : 
riches et pauvres se précipitèrent au couvent pour arracher 
ele la cellule de frère Félix quelque relique. Thomassin fut 
prié par les collègues du défunt d'en retracer les traits. 
Cette œuvre est devenue classique ; c'est la seule dont on 
ait l'ait usage pour la béatification et la canonisation du 
saint moine : on la voit aujourd'hui dans presque tous les 
monastères de capucins. Comme pendant à ce poitrail. 
Thomassin en fit wn second, celui de F.J.G. Barchinone, 
initiales qui signifient sans doute frère Joseph Gualberia, de 
Barcelone, autre membre de l'Ordre, très connu alors en 
Espagne pour son éloquence et sa charité, appartenant 
d'ailleurs à l'une des grandes familles de la péninsule. Ces 
portraits, entourés de 12 petites gravures, faisant cadre, 
où se raconte la vie du pieux personnage, eurent un 
très grand succès de vente parmi les classes pauvres qui 
tenaient a en orner les murailles de leurs modestes 
demeures. 

Un autre Ordre et non îles moins illustres contribue a la 
gloire du jeune graveur en cette année lo87. Hugo de 
Verdalle, un français, avait été élu grand-maltre des 
chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, véritable souverain, 
avec flottes sur les mers, capitale a Malte, trésor considé- 
rable à la Valette. On prétend que Sixte-Quint avait lied 
sur ces richesses et qu'il convoqua le grand-maître à Home 
dans l'espoir d'un transfert qui ferait passer ces valeur» 
précieuses de l'île aux caveaux du* fort Saint-Ange. Hugo 
de Verdalle était de Gascogne: il vint bien a Rome et en 
emporta un chapeau cardinalice qui lui doiin.nl le rang de 
prince royal ; mais il ne laissa que bien peu d'argent. 
De ce peu, Philippe eut sa part: il avait été chargé de 
graver les illustrations des nouveaux Statuts de l'Ordre, 



20 LA VIE BT LES OEUVRES 

ouvrage encore consulté, rédige pai frère Ptolémée Vel- 

troni, chevalier de Malte: 52 portraits de grands-maîtres, 

mes représentant les pieux devoirs des chevaliers, 

-1 cartes, en tout 58 planches, un travail de plusieurs mois. 
L'œuvre artistique du troyen se trouve ainsi mêlée à 
l'histoire religieuse ou politique du temps. 

Cette remarque s'applique mieux encore à une estampe 
que commanda un éditeur belge, rival de Stace, Nicolas 
Van Aelst, [tour être offerte, le 1 er janvier 158<S, au 
cardinal de Joyeuse. François de Joyeuse n'avait que 
24 ans: il était déjà archevêque de Narbonne et cardinal 
depuis quatre ans. Son frère, le duc de Joyeuse, avait 
épouse Marguerite de Lcrraine-Vaudémont, sœur de la 
reine de France, Louise: de là cette élévation rapide. Il était 
arrive à Hume au mois d'août 1587. comme prolecteur de 
France : Pisani étant ambassadeur de l'ordre civil, succé- 
dant à une si rie d'ambassadeurs ecclésiastiques, on jugeait 
nécessaire la présence à Rome d'un prélat qui put appro- 
cher plus souvent le Saint-Père. A ce moment, il fallait 
obtenir de Sixte V la permission de prélever un impôt 
sur les biens du clergé et il n'y avait pas trop de deux 
négociateurs pour atteindre le but. L'estampe offerte au 
jeune cardinal représente Jésus Crucifié au pied duquel, 
agenouillés, Joyeuse, Sixte V, Henri III, le duc de Guise 
sollicitent des grâces : le cardinal veut la paix en France ; 
Sixte Y veut écarter le loup enragé [rabidus lupus, Henri 
de Navarre), qui menace le troupeau ; Henri III veut appui 
pour ses armes: Jésus lui rappelle sévèrement qu'il a le 
nom de Très Chrétien et que l'honneur de l'église exige 
la lutte. Henri de Guise se dit heureux de combattre pour 
I'- Seigneur; il mourra, s'il le faut, pour Jésus ; — moins 
de douze mois plus tard, il était assassiné à Blois — Jésus 
lui promet la victoire. Tout cela dit en vers latins, avec 



DF. PHILIPPK THOMASSIN 21 

l'approbation de la censure. Philippe ne signa pas cette 
œuvre de polémique. 

Mis à contribution par Van Aelst, il l'était aussi par 
un éditeur géographe Je Sienne, Florimi, qui lui fit graver 
un Jésus aux limbes, d'après Dominique Beccafumi, une 
des gloires siennoises, pour le dédier à une autre illustration 
locale, Scipiou Bargaglio, lettré distingué. 

C'est sans doute aux premiers mois de 1588 que 
Philippe songea à renoncer à la vie de garçon et à épouser 
Barbara Ungé. Les Archives du Capitole (actes du notaire 
Cvprien de Conti, \ol. 185, p. 177) contiennent un docu- 
ment qui le montre louant une maison via (iiulia. contre 
l'église du Saint-Esprit, au nord, Jean de Faris, au sud, la 
rue à l'est et Flamiuio Natalis, le propriétaire même, a 
l'ouest. Le prix était de 37 écus (185 lianes) payables par 
semestre et d'avance, a partir du 24 mars, date de la prise <\r 
possession. « Maître Philippe Thomassin, français, graveur, 
« promettait d'habiter deux ans la maison, en bon locataire, 
.< sans la détériorer, en l'améliorant plutôt, et, la location 
« terminée, de la quitter et la laisser vide, libre, propre et 
« dégagée, en consignant les clés à Flamiuio Natalis. » 
Flaminio était un orfèvre romain de quelque réputation. 
Cette location indique une mise en ménage. L'acte de 
mariage n'a pas encore été découvert ; mais à quelque 
temps de là Philippe se déclarera marie et nommera sa 
compagne. 

Pour le moment, l'artiste ne changea pas ses habitudes 
professionnelles: il continu;! à travailler sur commande 
pour les éditeurs, à qui il livrait ses cuivres, contre une 
rémunération probable de 20 a iO écus la planche, ou 
bien il traduisait les années de peintres, conservant la 
propriété de la plaque, se bornant a en faire tirer des 
épreuves que l'imprimeur lui remettait et qu'il devait lui- 



22 LA VIE ET F ES OEUVRES 

même placer en vente chez les marchands de gravures. N 
Dan- eelte dernière classe se trouvent une Sainte Marie 
Egyptienne de Ventura Salimbeni, et une très belle 
Annonciation, peinte à Lorette (réplique au Louvre) par 
Frédéric Baroche, dont le cuivre existe encore à la 
Calcografia reale (n° 85). Parmi les œuvres cédées, on 
note un Saint Michel et un Saint Antoine de Padoue 
de Tempesta, vendus à Tomaso Moneta, une Visitation de 
Baroche (fresque à Sainte-Marie Vallicelle), vendue à Stace. 
De son côté, Stace chargeait le jeune marié de lui exécuter 
deux belles pièces — allusions assez transparentes — un 
Saint Etienne lapidé de Passaro, et un Chemin de Damas 
de Tempesta, dont il entendait s.- servir pour faire sa cour 
a l'ambassadeur de France, avant— hier insulté, hier rappelé 
à Home. Pisani s'était marié le 8 novembre 1587, à57ans, 
avec Julia Savelli qui en avait tout au plus 25 : une fillette 
était née dont Catherine de Médicis avait tenu a être la 
marraine; le curé de Saint-Louis, Pottier, la baptisait le 
16 décembre 1588 au Palais-Madame. Stace célébrait 
l'heureux événement à sa façon par l'offrande des deux 
gravures. Il n'y perdait rien, car l'habitude était, pour 
le titulaire d'une dédicace, de donner de 20 a 30 ecus 
au complimenteur. Stace rentrait ainsi dans ses Irais de 
gravure; Thomassin y gagnait d'avoir son nom connu a 
l'ambassade, honneur qui ne lut pas sans conséqui nces 
fâcheuses. 



III 



Le bail du 22 mars 1588, qui avait été conclu pour deux 
ans, fut brusquement interrompu d'un commun accord, 
le !'■'> juillet suivant. <'i Philippe -installa, a quelques pas 



DE PHILIPPE TH0MASS1N 23 

plus loin, sur la via de l'Armata, qui longeait et longe 
encore le Tibre. La demeure qu'il y occupa est une de 
ces constructions en pierres massives, toutes semblables, 
datant du XIV e ou du XV' siècle, léguées à quelqueœuvre 
charitable et que les gérants laissent dans le plus grand 
abandon. Au rez-de-chaussée, une fenêtre sur la rue 
éclairant une chainhrc assez modeste, une porte donnant 
accès à un escalier étroit, qui conduit au premier et unique 
étage. Philippe vit la en compagnie de Jean Turpin, peintre 
parisien, dont la femme, Bartolomée-Félicie, était sœur de 
Barbara Ungé : Thomassin et Turpin sont qualifiés de 
parents et aliiés. Le quartier était pauvre, on y faisait les 
exécutions publiques, cent ans plus tôt ; mais la vue sur le 
lleuve et, de l'autre côté du fleuve, sur le Janicule est 
ravissante. 

Au début de 1589, Thomassin livre encore a Marcel 
Clodius une Sainte Marie Majeure, puis un groupe de? 
Quatre Saints de Passaro, que l'éditeur dédie, la pre- 
mière, au cardinal Pinelli, archiprêtre de l'église du Mont 
Esquilin, le second, au cardinal Facchinetti, du titre des 
Quatre Saints, qui allait bientôt devenir pape sous le nom 
d'Innocent 1\. Mais voici que les beaux-frères jugent 
qu'il y aurait plus davantage à cesser de travailler pour 
les éditeurs: si on établissait une presse au logis, tous les 
profits resteraient a la maison ; Philippe s'occuperait de i.i 
partie artistique. Jean de la partie commerciale; avec 
l'économie que les deux ménagères apporteraient dans 
leur gestion, on pourrait vivre à l'aise en dépit des impôts 
constants et du renchérissement général. Les taxes s'ajou- 
taient aux taxes. « Comment, ma commère, vous lavez 
votre linge un dimanche! — Oui, repondait la commère, 
je me presse, qui sait si demain, lundi, notre Seigneur le 
Pape ne mettra pas un impôt sur les rayons du soleil ! » 



2 I LA VIE ET LES OEUVRES 

De l'avis de son conseiller financier, Jean Lopez, un juif 
portugais, Sixte-Quint avait offert 1 1 sous et demi d'une 
monnaie nouvelle contre tonte vieille pièce de 10 sous 
ou Jules — qu'on verserait au Trésor. La foule s'était 
précipitée chez les changeurs pour bénéficier de celte 
lucrative opération. Mais bientôt ou découvrit que, de 
laililf alliage, la nouvelle monnaie no pouvait passer que 
pour les trois quarts de sa valeur nominale : tous les prix 
se relevèrent et il fallut Ac* efforts d'épargne aux ménages 
pour arriver à boucler les budgets. 

L'association entre Thomassin et Turpin lut donc résolue 
el conclue, Philippe avait déjà quelques enivres dont il ne 
s'était pas dépossède : la Fille de la Synagogue, Sainte 
Catherine de Sienne, les deux capucins Félix et Gual- 
berti, Y Adoration des Mages, Saint/' Marie Egyptienne, 
Y Annonciation. Celait un commencement de fonds auquel 
on ajouta dv> planches qu'on put acquérir d'Àliprando 
Caprioli, graveur d'une quarantaine d'années, venu de 
Trente a Home chercher fortune et qui s'était attaché aux 
travaux des frères Zuccaro, de Thaddéë surtout. Les deux 
associes lui achetèrent une Cène, un Miracle des pains, 
on Martyre de Saint Paul, d'après Thaddée, le- Fils de 
Naïm, d'après Frédéric Zuccaro. Sur toutes ces planches on 
marqua le nom des nouveaux éditeurs : Apnd Pliil-Tvrp. 
Et on se mit courageusement a l'œuvre. Turpin eut les 
courses en ville pour mettre les images en montre et en 
vente chez les papetiers et les libraires de la rue Parione, 
de Sainte-Marie Vallicelle au Pasquin et jusqu'aux abords de 
l'université île la Sapience ; il eut a passer h la censure, 
chez les Dominicains, maîtres du Palais, pour l'approbation 
préalable des dessins a graver ; a l'auditorat de la Chambre 
Trésor pontifical) pour le privilège^ décennal contre les 
imitations; chez le latiniste pour les inscriptions latines eu 



DE PHILIPPE THOMASSIN 2 ) 

prose ou en vers à placer au bas des gravures ; chez li - 
grands personnages pour les prier d'agréer le patronage 
des œuvres a publier. La comptabilité et la vente à la 
maison furent encore de ses attributions. Quant à Philippe, 

il avait assez à faire avec, la gravure et le tirage 

Un des premiers clients de l'association fut un jeune 
peintre français appelé à devenir assez célèbre : né à Paris, 
vers le 24 septembre 1567, Martin Fréminet arrivail à 
Rome et entrait aussitôt en relation avec les deux compa- 
triotes de l'Armata. Il apportait avec lui un dessin qu'il avait 
fait à Fontainebleau de la Sainte Marguerite (dite aussi 
Sainte Justine) de Raphaël, qui est aujourd'hui au Louvre 
(n° 1501) et qu'on attribue a Jules Romain. Thomassin 
grava cette pièce avec beaucoup de goût et la dédia à son 
latiniste Jean-Baptiste Raimondi, qu'il appelle philosophe, 
mais qui, orientaliste et linguiste des plus distingués, était 
à la tète de l'Imprimerie Orientale Médicéenne de la place 
Montorio. Fréminet achevait une Sainte Famille: Philippe 
la traduisait sur cuivre. A qui en adresser la dédicace? Les 
associés n'hésitèrent pas ; une maison d'affaires à l'étranger 
a toujours besoin de protection ; l'ambassade était donc 
1 tout indiquée. Hélas! il n'y avait plus d'ambassadeur ; une 
seconde fois le marquis de Pisani avait dû quitter les Etats 
ecclésiastiques, le 25 mai 1589, jour où Sixte V citait à 
sa barre, sous peine d'excommunication, le roi de France 
accusé d'avoir commis un sacrilège en niellant à mort un 
prince de l'Eglise, le cardinal de Guise, assassine a Blois, 
a la Noël précédente. Le cardinal de Joyeuse était rentre 
de Florence, où il avait assiste aux noces du grand-duc, 
l'ex- cardinal Ferdinand de Médicis, avec Christine de 
Lorraine, et avait pris la direction des affaires, (l'est a lui 
que Thomassin offrit sou œuvre et comme le cardinal était 
généreux, il revint du palais Orsini de Monte Giordano 



Î6 1 i VIF. ET IES ŒUVRES 

avec quelque 20 écus de plus dans son escarcelle, outre la 
certitude uV pouvoir désormais compter, le cas échéant, sur 
un protecteur puissant. 

Prés d'un autre palais Orsini, entre le Théâtre Marcellus 
et la place des Tortues, se trouve un couvent, Saint- 
Vmbroise de Massimo, occupé aujourd'hui par les Bénédic- 
tin- de Subiaco : il date de 849, fondé sur la maison même 
tle saint Amhroise, parait-il. lui 15<s9, il appartenait aux 
religieuses de Saint-Benoît, sous la direction d'Emilie Orsini, 
âgée de o<> ans à peine, fille illégitime d'Orso Orsini, bâtard 
lui-même de Jean-François Orsini. Il n'y avait pas trop des 
prières de la religieuse pour expier les violences brutales 
de cette branche de la grande famille des Ursins. Philippe 
passa la lin de 1589 à graver les 21 planches d'une Vie de 
la Sainte Vierge qu'il dédia a celle religieuse. Entre 
temps, il reproduisait de Ventura Salimbeni une Fuite en 
Egypte et il ajoutait au stock du magasin un Jésus et une 
Marie, d'après Jules Clovis. Le nom de la maison devenait 
Ph. Th. la. Turp. socij exe. 

Henri III, assiégeant Paris, était mort à Saint-Cloud, de 
h main de Jacques Clément. Henri IV, protestant, n'était 
pas reconnu à Rome. Mais la France catholique, qui avait 
intérêt a n'être pas san.> représentation dans la capitale 
ecclésiastique, y avait envoyé, sous le titre de délégué de la 
noblesse française, François de Luxembourg- Pinoy qui, en 
1586, avait eu a se louer de la confiance de Sixte-Quint. 
Le duc arrivait aux premiers jours de 1590 et s'installait 
non pas au Palais-Madame, où Pisani conservait ses 
meubles, mais dans la belle demeure située au pied de la 
Trinité dv.s Monts, où si; trouve a présent l'ambassade 
d'Espagne. Thomassin s'empressait de faire sa cour au 
nouveau diplomate : il lui dédiait nu Christ au tombeaih 
d'après Frédéric Baroche, fort belle œuvre dont il lui 



DF. PHILIPPE THOMASSIN 27 

portait une épreuve tirée sur taffetas doré. La tâche que 
s'était imposée le duc n'était pas des plus faciles : faire 
agréer au Pape un prince protestant qui se montrait peu 
disposé a écouter les enseignements île l'Eglise. Toutefois, 
secondé par d'excellents collaborateurs comme d'Ossat, 
secrétaire de la Protection, comme Séraphin, auditeur de 
Rote, il aurait peut-être gagné l'âme du Pontife, si 
l'Espagne ne s'était mise à la traverse, son ambassadeur, 
le comte Olivarès, menaçant le Pape d'appel au Concile 
au cas où il consentirait a recevoir dans l'Eglise un prince 
« relaps » à qui il n'était plus possible d'accorder l'abso- 
lution. En vue de mieux faire connaître son prince, 
Luxembourg chargea Thomassin de graver, d'après 
François Bunel, un portrait d'Henri IV, qu'on répandrait 
en ville. L'œuvre fut bientôt achevée et les avvisi — 
gazettes manuscrites de Home — disent, à la date du 
1 er mai 1590 (Bibl. Vatic, vol. 1.058, p. 256), que le 
duc a présenté au Saint Père le portrait portant, au titre, 
Heyiricus IV" Dei Gralia Rex et. au bas, ce distique : 

Pinye pietatem, Belli fulmenque fîdemque 
Henrici vultum pinxeris et animum. (sic). 

La Société Académique de l'Aube a publié, en 1897, 
l'analyse d'un dossier conserve au fonds latin n 8.994 
dc> manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Paris, le 
dossier même du procès qui fut lait à Philippe Thomassin 
par l'Inquisition pour avoir gravé ce portrait sans autori- 
sation. Le mardi 22 mai 1590, Luxembourg, ayant reçu. 
la veille, des nouvelles qui annonçaient prématurément la 
prise de Paris par Henri IV, s'était rendu au Vatican avec 
une vingtaine de carrosses, suivant la coutume, pour en 
faire part a Sixie Y. Vu retour, a la traversée de la place 
.N'avoue, de ses secrétaires avaient. Ai-> portières de 



28 LA VIE ET LES OEUVRES 

leurs voitures, distribué à la fouit 1 de ces portraits gravés 
par Thomassin. De là, dénonciation immédiate au Saint 
Office portée pa r un zélé domestique du Grand Inqui- 
siteur. Victor Géraldin, d'Amiens. L'enquête, aussitôt 
prescrite, amène devant le tribunal Pompée Salvion, de 
Bi rgame, chaudronnier, 27 ans ; Guillaume Lejeune, de 
Soissons, vaissellier, 06 ans; Antoine Durafort, de Genève, 
écrivain, îO ans ; Anselme Mougeot, de (lhaumont, 
copiste, -^ ans. qui Ions onl vu la distribution ou regardé 
la gravure. Duraforl esta même de déclarer que l'auteur 
de l'œuvre incriminée doit être un nommé Flaminio ou 
Philippe qui habite à 1 Armala. Sur quoi, le lundi 4 juin, 
Flaminio Natalis, l'ancien propriétaire de Thomassin, est 
assigne devant les juges. Graveur de cachets, ils se disculpe 
aisément de l'accusation portée contre lui ; puis, il ajoute: 
« Près de chez moi et dans la rue de l'Armata il y a beau- 
ce coup de graveurs sur cuivre ; je ne connais guère que 
« l'un d'entr'eux, Bernardin Antino ; les autres sont la 
« plupart Français et Flamands, peintres et aussi graveurs 
« sur bois. (Soudainement): Ah! je me souviens d'un 
« autre graveur sur cuivre qui a été mon locataire et qu'on 
<< appelle Philippe le Français : c'est un homme de petite 
« laille. blond, de mon âge (Flaminio avait 46 ans et 
« Philippe 28), grand nez, barbe châtain et pointue; il 
a habite avec son beau-pere. » 

Le jeudi 7 juin, on arrête un ami de Thomassin, Jean- 
Dominique Angelini, de Pérouse, 30 ans, peintre, qui 
reconnaît avoir peint a l'huile de nombreux Henri de 
Navarre, dans l'espoir de les vendre si le prince était 
admis à rentrer dans l'Eglise, comme le bruit en courait. 
Quant à Philippe, averti dès le 2o mai, avant les déposi- 
tions de Durafort et de Flaminio, que les sbires sont à sa 
recherche, il avait quitté la ville pour aller en pèlerinage à 



DE PHILIPPE rHOMASSIIS 29 

Lorelte. Rentré le samedi 9 juin, il s'élail rendu à 

l'ambassade de France où le duc lui avait conseillé de faire 
acte d'obédience en se présentant à l'Inquisition, ce qu'il 
Taisait le mardi I 2 juin. Il expliquai! a l'inquisiteur, frère 
Vincent de Montesanto, de Pise. et au procureur Fabrice, 
de Pérouse, dans quelles conditions il avait été chargé du 
portrait, sans même savoir qui il représentait. Plus lard, il 
avait appris de l'ambassadeur qu'il s'agissait du roi de 
Navarre, dont le duc voulait faire présent au Souverain 
Pontife, a l'occasion du retour du prince a l'Eglise. 11 
n'avait distribué l'image à personne et s'était borné à 
remettre les 25 ou 30 épreuves qu'il en avait tirées aux 
secrétaires du duc, MM. de Régis, de Romanous, de 
Lourdias, de Pintila. Comme il avait l'ait vœu d'aller à 
Lorette, il s'y était rendu et sa femme, Barbara Ungé, avait 
simplement renvoyé la citation arrivée au logis; mais, dès 
son retour, il s'était empressé de se mettre à la disposition 
des juges. Malgré celte plaidoirie d'innocence et sa pro- 
messe de ne plus accepter de ces commandes, il lut gardé au 
cachot de l'Inquisition, place Saint-Pierre. Il y était encore 
le samedi 16 juin, lorsque le duc de Luxembourg écrivit 
un mot au Souverain Pontife en sa faveur. Le dimanche 
17 juin, Tbomassin et Angeliui étaient mis en liberté sous 
caution de 200 écus, à charge d avoir a se bien conduire et 
a se représenter à toute réquisition. Avoir quitte la France 
pour échapper aux luttes des partis, avoir servi avec zèle 
son ambassadeur pour être efficacement protégé, et en 
arriver à subir de la prison ! Ce lut certainement pour 
l'artiste troyen le sujet d'améres réflexions. Pendant 
plusieurs années, il eut peine a se remettre de ce dur traite- 
ment. Il eut comme garant Catharin, (ils de feu Santere 
Ménard, de Saint-Mars d'Aboverie au diocèse du Mans, 
huissier pontifical, et il ne lut dégagé de caution (pie deux 



M) \ \ \ ii m les (EU \ ci- 

ans et demi plus tard, le f> novembre 1;>92. Le garant 
d'Angelini lui Jacques, fils d'Ivon Percival, de Lamballe 
au diocèse de Saint-Brieuc, cuisinier, place Scossa Cavalli, 
au borgo \ ecchio. 

Sixte V, en proie aux plus graves soucis, anxieux tic ne 
pas s'aliéner la France par trop de rigueurs, poursuivi par 
les incessantes menaces d'Olivarès, Sixte V succombait à 
la lâche, le lundi 27 août 1590. Luxembourg quittait 

Rome durant le ( onclave, | r ne pas l'influencer, disait-il ; 

en realité, la Faction espagnole avait le dessus et, dans les 
périodes d'interrègne, tous les desordres étaient possibles 
comme le montre le fait suivant . 

Les archives criminelles du temps (n° 440, regist. 
Constitutorum, n° 873, f c 53) qui se consultent à Home, au 
tiesù, contiennent un procès- verbal du jeudi 13 septembre 
1590, dans lequel Jean Turpin nous initie à ces mœurs. 
Dans chaque rue, un capitaine lève des hommes el les 
groupe sous le commandement d'un capitaine de quartier, 
qui a charge de faire la police et notamment d'empêcher le 
port des armes. Le mercredi 12. au soir, une compagnie 
de 200 hommes, celle du quartier, commandée par 
Camille Coronato et le chevalier Titelli, parcourt la via 
Giulia, dans la direction du pont Sisle. Arrivée au palais 
Farnèse, une patrouille de 12 hommes s'en détache et, 
conduite par Turpin, descend la rue Saint-Jérôme jusqu'à 
la place Farnèse. Là, se trouve une. bande de mauvais sujets 
qui attaquent la patrouille et lui enlèvent une arquebuse. 
La compagnie vient à l'aide et une bataille s'ensuit, dans 
laquelle celui qui avait enlevé l'arme est obligé de la rendre 
non sans avoir été grièvement blessé. 

Le samedi 15 septembre, Urbain VII (J.-B. Castagna) 
fui élu contre le candidat de L'Espagne, le cardinal San 
Severino île Cavadonga, le grand inquisiteur de la Foi. 



[>K PHILIPPE THOMASSIN 31 

Mais il ne vécut que onze jours et d'un aouveau conclave 
sortit vainqueur, après deux mois de lutte, Nicolas Sfondrato, 
de Milan, Grégoire XIV, tout dévoué au roi catholique. 

Aux Archives de l'Etat, on trouve encore (Lib. Investig. , 
n° 232, l'° 110) quelques détails sur la vie des associés de 
l'Armata. C'était le mercredi 23 janvier 1591, Renauld, 
ébéniste flamand, avait boutique rue Monserrat, près de la 
chapelle espagnole et de la cour ou prison Savelli. Julien 
Cesarini, un îles grands seigneurs romains, lui avait 
commande un cabinet d'ébène avec incrustations ; mais le 
flamand tenait à être paye avant de terminer et de livrer ; 
de là, mauvaise humeur réciproque, qui se traduisit, ce 
matin-là, par une attaque à coups de hâtons administres 
au pauvre flamand au sortir de chez lui, après déjeuner 
à l'Armata où il habitait dans le voisinage de Thomassin. 
Qui avait commis l'outrage? Lue enquête chercha a l'établir. 
Le jeudi 2i janvier, comparaît devant le greffier enquêteur, 
Jean Turpin, qui déclare qu'étant, la veille, à peindre chez 
lui, il entendit crier « au secours ». De sa fenêtre, il \\\. 
deux individus, en livrée de velours ronge, qui battaient 
Renauld. Il hua semblé que la livrée était celle des Cesarini. 
Philippe Thomassin est aussi appelé à témoigner : « Il était 
« à graver dans sa chambre, la veille, quand il entendit 
« donner de 10 a 12 coups sur un âne, croyait-il; mais 
« en entendant crier « au secours », il vit de sa fenêtre 
« Renauld, blessé, poursuivi à coups de bâtons par deux 
« valets de Julien Cesarini, dont il connaît bien la livrée. 
« Toutefois, il ne saurait dire quels valets c'étaient. L'un 
« d eux jeta enfin son bâton dans le Tibre qui l'entraîna a 
« la dérive vers l'autre bord. » 

Philippe travaillait, à ce moment, à nue fort belle 
Annonciation de Martin Fréminet, qu'il offrait, à quelque 
temps de la, au grand inquisiteur, Jules-Antoine Santorio, 



LA VIE ET I KS . • I VRES 

cardinal de San Severino, candidat malheureux aux deux 
récents conclaves. Il offrait au même cardinal, comme 
pendant de cette première œuvre, Y Apothéose de Marie, 
d'après Baroche : toujours sous la menace de l'Inquisition, 
l'artiste Iroyen cherchait a se ménager des appuis dans la 
place ; en tout cas, il tenait à prouver <|u'il n'était pas aussi 
mauvais catholique qu'on aurait pu l'imaginer. De son 
côté, Turpin se ménageait des cardinaux. Deux gravures 
de Philippe, la Flagellation de Fréminet, la Vierge au 
Rosaire île Tempesta, étaient dédiées par lui à Michel 
Bonello, neveudu pape Pie Y, dominicain, puissant encore, 
ennemi d'ailleurs du Béarnais, et de longue date : légat a 
Paris eu lo72, il s'était oppose au mariage d'Henri avec 
Marguerite (la Heine Margot), proposant à sa place Sébastien 
de Portugal ; apprenant, à Rome, le massacre de la 
Saint-Barthélémy, i! s'était écrié : « Dieu soit loué, le roi 
(Charles IX) m'a tenu parole ». Au cardinal espagnol 
Mendoza, Turpin dédiait encore Y Adoration des Bergers, 
d'après Potenzano.de Palerme, un chef-d'œuvre, dit Zani, 
grand amateur d'estampes. Kst-ce sans arriére-pensée ou 
à dessein que le nom des éditeurs subit alors une altération ? 
Les lettres Th. qui indiquaient la présence de Thomassin 
dans I association disparaissent : on ne lit plus guère 
désormais que Phls lo Turp. socij exe. S'il y avait eu 
projet de soustraire la société aux condamnations éven- 
tuelles a encourir par Thomassin, ce serait une explication, 
car le coupable n'aurait pas apparu en nom dans la 
maison. 

Quoi qu'il en soit, Philippe n'en travaillait pas moins à 
se faire relever de caution. Grégoire XIV était mort après 
dix mois. Innocent IX, Pacchinetti, après ùaux mois seule- 
ment de pontifical, Clément VIII, Aldobrandini, le nouveau 
pipe, serait-il accessible a ses prières? 11 s'adressait à 




Pectw hiawjmc corde uides;sinc corde auù ullo Ùiuino spome ttatécut OirishtMimore Etrturtc' mirw amov mlo JtUf 

ViJit ecittu lvm uiuer: vont modo r" Pcttora.Cor Show* iwtulit ipse suce ; {0 castt piqmts noble 

Lia iamtn uiuii, nianuu c pectere rapt un: ElCM calaient cupichat tradae.uiiam Laitqitcivi uiden )ertptf pro corde i 

( a- si;, ci oAauttuualntreptttu iiei L-ripcrt huntanam noluit amc diem- rurior ut uiuat,CorJDciu ipiest 



II. — Sainte Catherine de Sienne — 1586 — (Cat. n° 59) 



DE PHILIPPE THOMASSIIN 33 

l'évêque de Sidon, Léonard Abel, un mallais, naguèn 
chargé de mission en Mésopotamie, qui était ou allait être 

nommé lieutenant du vicaire-gouverneur de nom.' el chargé 

D 

d'exécuter les clercs prévaricateurs. Ses deux prières sont 
touchantes sous leur forme artistique : l'une est un Ecce 
Homo, l'autre une Mater dolorosa, et non moins éloquents 
seront ses remerciements lorsque, définitivement libéré, 
le 6 novembre io!>2, il dédiera au même prélat les Noces 
de Cana, d'après Denis Calvaert, le maître flamand établi 
à Bologne. 

Aux Archives notariales du Capitole (Gyprien Conti, 
t. 1!S6, f° 112) se trouve un détail de la vie de Turpin : 
le 14 avril 1592, Renaud Roland donne quittance de 
4 écus qu'il avait reçus du beau-frère du graveur pour solde 
du prix d'un vêtement livre par son patron Pierre d'Unise, 
tailleur français établi à Home. 

De cette année 1502 datent encore une Sainte Marie du 
Peuple, image populaire dans un cadre composé de douze 
petits sujets, histoire de la statue vénérée de la porte du 
Peuple, et aussi deux œuvres de Fréminet, un Saint Sébas- 
tien et un Baptême de Jésus, les dernières que le jeune 
parisien ait confiées au burin du troyen : des lors, la trace 
du peintre va disparaître pour une dizaine d'années et on 
ne le retrouvera plus qu'a Fontainebleau, en IG03, époque 
où Henri IV le nommera son premier peintre et le chargera 
de la décoratian de la chapelle du château. Dans l'inter- 
valle, dit Félibien, il s'arrêtera à Turin où le duc de 
Savoie l'attachera a son palais. 

Etant données l'activité de Philippe et son habitude de 
dater la plupart de ses travaux, il est curieux qu'on ne 
trouve pas d'estampes de lui qu'on puisse affecter aux 
années 1593 et 1594. Fut-il atteint par la terrible crise, 
lamine et peste, dont souffrit Rome a la lin de 1592 ? Fit-il 



34 LA VIE ET LF.S OEUVRES 

un voyage en France? Faut-il reporter à cette période les 
multiples contrefaçons qui ne parurent avec date qu'en 
l >98 ? En 1601, une nouvelle lacune se produira dans la 
série des estampes de l'artiste; niais il est établi qu'à ce 
moment \\ se mit à travailler, sans signer, chez des éditeurs 
de ses amis. S'il en a été de même en 1593 et en 1594, 
les œuvres anonymes qu'il a pu graver ainsi ne se sont pas 
encore révélées. Une suite de 20 estampes, copie de la 
Passion de Jean Stradan, gravé»' par Adrien Collaert, peut 
être de 1 5 9 .' î . Les contrefaçons ne sont généralement ni 
datées ni signées, surtout lorsque l'auteur original a pris 
soin de solliciter i\c^ autorités un privilège décennal pour 
la garantie de ses droits. 

• juillet 1593, Henri IV avait abjuré le protestan- 
tisme a Saint-Denis; le 27 lévrier 1594, il avait été sacré 
i Chartres; le 22 mars, il faisait son entrée dans Paris et 
si's troupes, le 13 avril, étaient accueillies à Troyes, grâce 
aux habiles mesures prises par François de Luxembourg 
et Joachim de Dinteville. Il fallut des mois encore de 
négociations avant de conquérir Rome ; mais les efforts de 
d'Ossat, de du Perron, de Séraphin triomphèrent des 
oppositions et, dans le consistoire du 30 août 1595, 
Clément VIII prononça le décret d'absolution. « Le 
■< dimanche 17 septembre fut choisi pour la cérémonie. 
« Sur le porche de la basilique de Saint-Pierre, dont les 
ii portes étaient fermées, se présentèrent au Pape, entouré 
« du Sacré Collège, en face d'une foule énorme, du Perron 
« et d'Ossat, mandataires d'Henri IV : ils produisirent un 
" mémoire et leur procuration. Alors, au nom du Roi, ils 
" abjurèrent toutes les hérésies et firent profession de loi 
itholique, reconnaissant comme nulle l'absolution 
« donnée en France et acceptant les conditions convenues 
« d'avance comme les pénitences imposées au Roi. 



DE PHILIPPE THOMASSIN M) 

« L'absolution pontificale fut alors prononcée, les portes 
<( de l'église ouvertes et le Te Deuin entonne et chanté au 
« bruit des salves d'artillerie du château Saint-Angi . On 
« fêtait partout l'événement . \ Saint-Louis-des-Français 
se célébrait un autre Te Deum aux acclamations de la 
colonie française. Joyeuse illuminait l'écusson tlu roi de 
France à l'ambassade. D'Ossat écrivait à Henri IV : « Il n'y 
« avoit pas jusques aux plus pauvres qui avoient a peine 
« du pain à manger qui n'achetassent un portrait du Roy 
« dont on avoit auparavant imprimé grande quantité pour 
« les mettre en lumière ce jour-là. » 

Un de ces portraits, gravés avec ou sans le concours de 
l'ambassade, est certainement celui que Thomassin édita 
ce jour-là: il représente le monde en ruines; seul reste 
calme sur son cheval, qui se cabre, le Roi de France. 
Etiomsi fractus illabatur orbis {sic), tel est le titre. Sous 
l'image la dédicace: Henrico ml d. g. francij et nav. 
christ. iNYK/ns, Philippas Thomassinus Trecensis d. d. 
ac semetipsum dicat. Bomœ anno Salutis M. DXCV. 

Après cette profession de foi patriotique, Thomassin 
gravait, la même année, un magnifique portrait du duc de 
Mercœur, un des derniers princes lorrains à reconnaître 
l'autorité royale. Rien n'indique qui commanda cette œuvre, 
une îles plus belles qui soient sorties (\\\ burin du troyen. 

La conversion d'Henri IV donna lieu à une autre céré- 
monie, le 12 décembre 1595, Pics de Sainte-Marie-Majeure 
existait un couvent de Saint-Antoine l'Abbé, qui appartenait 
aux chanoines de Saint-Antoine, de Vienne en Dauphiné. Le 
R. P. Charles Anisson (de la famille desAnisson-Duperron), 
qui, membre de Tordre, avait accompagné la mission du 
Perron a Rome, iit él< ver, sur la voie, en face de I église et 
du couvent, une colonnette commémorative et chargea 
Thomassin d'en graver une estampe. Cette gravure fut 



I A VIE II I ES CE! \ Ul S 

envoyée a Paris par le IV Anisson : elle a été bien souvenl 
recopiée en France, Pour la signet-, Thomassin se servit 
d'un monogramme P'S. qu'il employa plusieurs lois 
l'année suivante, peut-être parce que ces estampes ne 
rentraient pas dans la comptabilité «le l'association. 

Le quartier qu'habitaient Thomassin et Turpin, pour 
tranquille et économique qu'il lût. était trop à l'écart : 
-ans cloute on y apercevait les masses de verdure du Janicule 
et, à travers les arbres, ici. Saint-Pierre in Montorio, 
la, Saint-Onufre, où Torquato Tasso venail de rendre le 
dernier soupir, le 25 avril 1595. Mais ou y voyait rarement 
l'ombre d'un client et les lèves de fortune semblaient 
évanouis. Pourtant, le Jubilé approchait; en 1600, les 
pèlerins accourraient à Home et tiendraient à emporter 
comme souvenirs des images, si on en mettait à leur dispo- 
sition. Les deux associés paraissent avoir transporté, vers 
1 595 ou 1 596, leurs pénates dans le quartier le plus animé 
de la ville, via Parione, la rue la plus passagère, dans le 
bloc même où le gouverneur avait ses bureaux. La maison 
était voisine de l'église Saint-Thomas, car, sur leur adresse, 
le- beaux-frères la nomment comme point de repère. C'est 
bien près de l'endroit, sinon l'endroit même ou Lafrère 
avait eu sou magasin. L'antique lirme venait de disparaître 
■ pie- la mort, mis 1594, de Jacques Guérard, le tuteur 
de feulant de Claude Duchet, et il n'est pas improbable 
que Thomassin ait ambitionné d'occuper cette maison où, 
dix ans plus tôt, il avait fait ses débuts à Rome. Le livre 
d aines de la paroisse Sainte-Marie Vallicelle pour les années 
1610-1620, qui se conserve aux Archives de l'Etat (Gesù), 
constitue un itinéraire précis de ce quartier et, avec la 
connaissance de la topographie du temps, la demeure 
pourrait être déterminée. L'ancienne rue Parione se nomme 
aujourd'hui via del Governo Vecchio, le nom de Parione 



DE PHILIPPE THOMASSIN 37 

étant resté attaché à une rue voisine qui passe devant Saint- 
Thomas et aboutit à Sainta-Maria délia Pace. A quelque 

cent mètres, sur la même rue, s'achevait le beau temple 
que Philippe de Néri construisait depuis vingt ans pour son 
ordre de l'Oratoire, sous le vocable; ancien de Sainte-Marie 
Vallicelle et de Saint-Grégoire. Philippe de Néri venait de 
mourir le 21) mai, juste un mois après le Tasse ; mais il 
laissait des successeurs, notamment le cardinal César 
Baronius, auteur de l' Histoire de V Eglise, bibliothécaire 
de la Vaticane, et les frères Cési qui dépensaient une fortune 
à la décoration de la nouvelle église. 

La clientèle arriva nombreuse au magasin dv< deux 
français, à en juger par le chiffre des estampes (pie va 
tracer le burin de Philippe. La ville de Todi préparait 
pour 1 596 une grande solennité religieuse : dans la nouvelle 
cathédrale qui s'achevait, on allait, le 5 mai, transférer 
les reliques des saints patrons de la ville, Cassien, Calixte, 
Fortunat, sainte Romaine. L'évêque, Angelo Cési, avait 
consacré près de 300.000 francs a cet édifice, alors qu'il 
laissait tomber en ruines la maison paternelle. Riche il 
('■tait, car sa charge de chef des clercs de la Chambre 
(ministère des Finances) à Rome coûtait une fortune. Son 
frère aîné, Barthélémy, était le trésorier de l'Etat. « Très 
« courtois, dit de lui Delfino, ambassadeur de Venise, le 
« cardinal Barthélémy Cési se déclare indépendant de tout v 
« sauf du pape Clément VIII et d'Aldobrandini, neveu du 
« pontife, dont il attend pensions, abbayes, avec certitude 
ce de les avoir, car. étant trésorier, il savait trouver des 
« ressources à l'Etat. » Les deux frères employaient leurs 
revenus en bonnes œuvres et bien des églises de Rome 
contiennent encore des inscriptions rappelant leurs libéra- 
lités. Ce nuit eux qui, le 2 décembre 1606, s'engageronl 
a payer a Pierre-Paul Rubens les son cens qu'il deman- 



38 1 V VIE KT LES OEUVRES 

dera pour la décoration de la chapelle du Saint-Esprit à 
Sainte-Marie Vallicelle, l'église favorite des deux prélats. 
Désireux de fêter l'inauguration de Todi, un habitant, Piei re- 
Paul Sensini, commanda à Thomassin, pour la dédier 
à Angelo <"ési , une gravure, d'après le peintre Ferran, de 
Faenza, représentant les Saints, notamment Fortunat, à qui 
mi ange (Angelo Cési) offre sur un coussin une gracieuse 
cathédrale. La dédicace es! datée du 25 juillet !.'S96. 
Sensini faisait à l'artiste une autre commande: l'ouver- 
ture de la cathédrale de Todi. le 5 mai, commémorait 
aussi le troisième centenaire du bienheureux Jacoponi, 
un florentin, fort mondain en son temps, qui s'était fait 
franciscain et avait écrit des poésies tant italiennes que 
latine? remarquables, le Stabat Mater entr'autres. Angelo 
Cési avait fait faire un reliquaire en or. pour v renfermer 
le eliel du religieux poète. Sensini chargea Thomassin de 
portraiturer le « bienheureux » et, le 24 novembre suivant, 
d dédia l'image au cardinal Cusano, de Milan. 

Une autre dédicace épiscopale, celle-ci de Turpin, reste 
sans explication. Philippe avait reproduit sur cuivre une 
œuvre de Gaspard Trini : entre les squelettes d'Adam et 
d'Eve, un cardinal agenouillé prie devant une croix qu'un 
enfant porte. Au ciel, la cour des Bienheureux ; sous terre, 
les damnés torturés par les démons. L'œuvre est intitulée 
Mediiatio dEternomm. Turpin la plaça sous le patronage 
de Sulpicio Constanzi. de Firma, qui était alors évoque de 
Nocera des Payens, ville située à quelques kilomètres de 
Pompéï, sur la route de Salerne. L'évêque venait d'y 
construire un couvent pour les Minimes de Saint François 
de Paule, confrères des Minimes français de la Trinité du 
mont Pincio. Cette gravure fut bientôt contrefaite par 
Antoine Wiérix et offerte, a Bruxelles, a l'archiduc 
cardinal Albert. 



HE PHII.IPPK THOMASSIN 39 

De cette année 1596 il reste à citer une Flagellation 
d'après Paul Brameri, de Palerme, une Vierge, distinguée 
par une rose que l'Enfant Jésus offre a sa mère, et une 
Sainte Anne, portant en marge Y Ave Maria de l'Imma- 
culée Conception, prière nouvelle que les Capucins, dévi 
à la proclamation du dogme, cherchaient à substituer a la 
prière antique. Par ses dimensions, sa facture el sa signa- 
ture PTS, cette Sainte Anne semble avoir eu pour pendant 
le Jésus donnant de 1597. 

François Vanni était revenu, en 1597, de Sienne a 
Rome dans l'espoir d'obtenir une commande à Saint-Pierre 
dont on hâtait la décoration intérieure en vue Av< fêtes de 
1600, l'année sainte. Cet espoir se réalisa, grâce a l'appui 
de Baronius dont il était le protégé. On lui confia Simon h 
Magicien pour la chapelle Clémentine, œuvre qui lui valut 
la croix du Christ, lui attendant, il reprit, avec Thomassin, 
ses relations, vieilles de dix ans, et donna à l'artiste 
trdyen trois de ses compositions a graver. La plus consi- 
dérable est une Histoire de sainte Catherine de Sienne, 
en onze planches, qui se publia chez Florimi, a Sienne : elle 
a été souvent reproduite, depuis, eu Italie et en Belgique. 
Tue autre œuvre, également fort belle, représente Sainte 
Catherine recevant dans ses bras l'Enfant Jésus : un 
pontife, Grégoire XI peut-être (1377), contemple la 
sainte. Thomassin dédia l'estampe au cardinal Ascanio 
Colonna qui, en ce moment, cherchait à rétablir la paix 
entre la France 1 et l'Espagne tt proposait une conférence 
diplomatique à Nice. Henri IV prêtera l'entremise du 
cardinal de Florence qui conclut bientôt le traité de Vervins. 
Lis ('.(donna avaient toujours été espagnols, impériaux, 
gibelins, alors que leurs adversaires, le- Orsini, s'étaient 
toujours montrés guelfes et plutôt favorables a la France. 
Le troisième dessin de Vanni montrait Jésus travaillant 



il! LA VIE ET I ES OEUVRES 

.lans l'atelier de saint Joseph : Thomassin dédia son cuivre 
à deux petits siennois, enfants de Soldiero Patrizi, François, 
de 10 ans. el Constant, âgé de 8 ans, ses jeunes 
voisins de la place Sancla Croce, près de Sainte-Marie en 
Publicola. Constant devait être un jour prélat et trésorier 
de l'Etat; François épouserait Catherine, de la famille 
cardinalice Pinelli, et deviendrai! le chef dr> Patrizi, dont 
un des membres fut naguère cardinal-vicaire de Pie IX. 
L'un et l'autre sont enterrés à Sainte-Marie-Majeure, où 
leur tombe est pieusement conservée. 

Le dimanche 2o mai 1 597 fut doublement jour de fête 
au magasin de-Parione : le jeudi précédent y était née une 
ûllette qu'on baptisait à Saint-Laurent in Damaso. Voici 
l'inscription du registre de cette église, une i\t^ rares pos- 
sédant à Home le privilège de fonts baptismaux : « Du 
o 25 mai 1597, Jeanne née le 22 courant, fille du S. Jean 
« Torpin, français, et de la D e Bartolomée-Félicie, sa 
« femme, de la paroisse de S. Thomas in Parione, bap- 
« tisée par Don Jean Charles Potenza. Parrains Balthazar 
« Poitevin, français, et D e Faustine Bagni, romaine. » 

\oici la série des copies ou contrefaçons qui commence. 
C'est le Déluge, de Théodore Bernard, pièce qui avait été 
gravée à Anvers, par Jean Sadeler, en l.'>72, date ancienne 
sans doute ; mais quand Jean Sadeler vint a Rome faire son 
pèlerinage, en 1600, avec son fils Juslus, il dut être 
surpris de se voir si bien contrefait. On dit qu'il s'en 
repartit aussitôt fort mécontent de tout et de tous. 

Un autre anversois, Sébastien Vrancx, qui avait à peine 
20 ans. se trouvait évidemment à Home en ce moment: il 
livra au troyen une fort belle composition, le Chemin de 
Damas, qui vinl admirablement sur cuivre. Thomassin en 
rva le patronage a l'ambassade de France, non pas a 
François île Luxembourg qui, après la conversion du roi, 



DE PHIMIM'i; THOMASSIN 



avait succédé à Pisani : Thomassin lui gardait rancune de 
ses journées de prison; et puis, le duc de Piney, mal payé 
de son gouvernement, couvert de dettes, allait résigner son 
poste et rentrer en France. Joyeuse n'était pas là , l'austère 
d'Ossat, le secrétaire le plus important, était trop attaché 
à son service pour avoir une minute à donner aux sollici- 
tations de cette nature. Il n'en était pas de même de 
Séraphin Olivier: né à Lyon — on disait discrètement, 
mais bien à tort, qu'il était le fils de la main gauche du 
chancelier de France Olivier, — sa mère s'étant remariée 
à un Italien, Razalio, il vint à Bologne étudier le droit el 
fut nommé professeur de jurisprudence; de la, il pissa a 
Home, fut attaché a l'ambassade tic France, entra a la 
Rote et put y rendre quelques services a Catherine de 
Médicis ijui revendiquait, devant ce tribunal, de ses biens 
hériditaires situés a Rome, notamment le Palais-Madame, 
réclamés comme leurs par les grands-ducs de Toscane. 
Puis, la reine Louise l'avait employé pour obtenir du 
Saint-Siège des prières publiques en laveur de son mari, 
prières refusées parce qu'Henri III était mort sous le coup 
d'une excommunication. A son tour, Henri IV s'en servit 
sur l'avis de Florence. De l'ait, Séraphin avait osé dire a 
Sixte V, qui hésitait à recevoir dans l'Eglise le Béarnais 
« relaps », <pie lui, Séraphin, y recevrait le diable s'il se 
convertissait. Maigre ces titres el ces services, Séraphin 
n'avait pu arriver qu'au décanat de la Rote ; la pourpre 
qu'il ambitionnait, et que Florence el Paris sollicitaient pour 
lui, lui était refusée. L'Espagne s'y opposait, assurait-on. 
Peut-être aussi le jugeait-on trop lion vivant, avec sa table 
hospitalière, avec son goût pour la musique et les musiciens. 
11 ne rostait a Séraphin qu'à prouver qu'il était très popu- 
laire : Thomassin se chargea de la louange du prélat en 
lui dédiant pendant des années cuivre sur cuivre. I ■ 



i 2 LA VIE il LES ŒUVRES 

Chemin de Damas ouvre, en 1597, la liste qui ne s'arrê- 
tera qu'en 1604 avec les Œuvres de la Miséricorde, 
lorsque Séraphin aura enfin la pourpre. 

Des quatre ordres mendiants, Augustins, Carmes, Fran- 
ciscains, Dominicains, les plus anciens, les Augustins, 
allaient tenir à Home, en l.'>98, leur chapitre général. A 
celte occasion, Thomassin fut chargé de graver une 
estampe où figureraient les 28 branches de l'ordre, sorties 
de la souche primitive. L'image fut dédiée au 42 e général, 
le 1». I*. André Fivizan, un bien saint homme, disent les 
annales, mais qui eut fort a faire, le Saint-Siège ayant prié 
Av> prêtres séculiers ou réguliers, étrangers a l'ordre, d'y 
introduire des réformes, alors que 1rs Augustins se sen- 
taient en état de se reformer eux-mêmes. Le P. André se 
préparait une cellule pour s'y réfugier, aussitôt ses pouvoirs 
expirés. L'œuvre avait dû être commandée à Thomassin 
par un voisin. Angelo Hocca, du couvent des Augustins. 
sacriste du Souverain-Pontife. 

Il existait à Florence un cinquième ordre mendiant, les 
Servites de Marie, qui avaient eu grand'peine a obtenir ce 
privilège et qui le devaient surtout a un de leurs premiers 
fondateurs, Philippe Benizzi. Ne le 8 septembre \-2'.V.\, 
dans un palais voisin des Pitti et des Guichardins, Philippe 
avait fait ses études aux Universités de Paris et de Bologne: 
renonçant au monde, il entrait, à 30 ans, dans la commu- 
nauté <\r^ Servites de .Marie que sept marchands florentins 
venaient de fonder. Les conciles de Latran, en 1215, de 
Lyon, in 1274, avaient interdit la création de nouveaux 
ordres mendiants. Philippe triompha de cette interdiction. 
Il mourut a Todi, eu 1285. On avait écrit sur sa tombe ce 
distique ; 

tngenium peperit Florentin ; VV/yo nocavit. 
Ossa Tuder retinet ; Spiritus Astra coiit. 



DE PRILIPPE THOMASSIN 

Lorsque, des 1593, l'évêque de Todi s'occupa de 
transférer dans sa nouvelle cathédrale les reliques véuérées 
de la ville, on trouva le corps de Philippe en parfait étal 
de conservation. Depuis longtemps, on le considérai! 

comme saint et Léon \, un Médicis, avait promis de le 
canoniser, ce qu'il n'eut pas le loisir de faire. Mais les 
Servites de Florence n'oubliaient pas la promesse et, en 
1594, le supérieur général Baglione ordonna de préparer 
la cause. Archangelo Giani, un servite, fut chargé d'écrire 
une vie de Philippe que Thomassin ornerait d'une estampe 
reproduisant une des fresques [teintes par André del Sarto 
au cloître de la Nunziata a Florence : le saint, sur un 
catafalque, est entouré de ses confrères; à ses pieds est un 
autre corps, couronne de lauriers, qui va revenir à la vie. 
Comme Giani tarda a publier son travail, l'estampe dut 
attendre, pour être éditée, jusqu'en 1604, date où Jean 
Turpin la dédia au R. P. Gabriel Calicioni, de Venise, 
alors général, le \i'\ de l'ordre. D'après le catalogue de 
Bartsch (1794), le prince de Ligue avait dan- .-a collection 
le dessin même d'André del Sarto. sujet de la fresque el 
de l'estampe. Os préparatifs de canonisation s'en lurent à 
vau l'eau pour le moment : Rome eut dc< difficultés avec 
la République de Venise, en 1606; un servite, Fia Paolo 
Sarpi, prit fait et cause contre le Souverain-Pontife ; Philippe 
Benizzi dut attendre jusqu'en I 67 I les honneurs suprêmes ; 
encore y eut-il un accident de promulgation. Ce ne lut 
qu'en 1724, le 8 juin, que Benoît \III Orsini put régula- 
riser le décret. La fête se célèbre le 2'.\ août. 

Une autre canonisation a laquelle l'artiste Iroyen prit 
part celte année-là, 1598, lut celle de saint Raymond de 
Penafort, un espagnol ;i la sanctification duquel les 
Dominicains de Barcelone s'intéressaient. Il> avaienl 
délégué à Rome un de leurs plu- habiles confrères, Michel 



il LA VIE ET LES OEUVRES 

Llot de Ribeira. Il faudrait un volume pour décrire 
l'histoire de cette cause sainte. Très libéral, le bon reli- 
gieux, dans son zèle, dépassa de beaucoup les crédits mis à 
sa disposition et, quand il fallut régler les comptes, les créan- 
ciers ne parlaient de rien moins que de contrainte par corps. 
Le Saint-Père dut écrire a Barcelone, à la municipalité, 
au Conseil provincial, à Madrid, a la cour de Philippe 111, 
pour éviter un scandale. Le couvent des solliciteurs en lut 
réduit a s'imposer les plus durs sacrifices. Il est à espérer 
que Thomassin reçut le prix des deux gravures que Michel 
Llot lui lit exécuter pour les offrir, rune, le Rosaire de 
Jésus, au cardinal d'Avalos, l'autre, le Rosaire de Marie, 
a la femme de l'ambassadeur d'Espagne, la duchesse de 
Sessa, dont il voulait s'assurer l'appui. 

Un jeune peintre d'Urbin, Richard Ripanelli, arrivait à 
Home : à l'exemple de son compatriote Baroche, il recourait 
au graveur troyen pour la reproduction d'une de ses 
œuvres, une Sainte Apolline que le bourreau torture en 
présence de Uécius : le pinceau de Ripanelli ne connaît 
rien de la manière de Raphaël, de Baroche. à laquelle il ne 
veut rien devoir. Séraphin eut la dédicace de cette vierge 
d'Alexandrie, heureux présage, car un peu plus tard 
l'auditeur de Ilote sera nomme in partibus patriarche 
d'Alexandrie. Le graveur prêtait aussi sou concours à un 
jeune éditeur, Marc-Antoine de Rossi, qui, a ±\ ans, 
s'établissait à Rome et qui, pour ses débuts, publiait un 
cours d'écriture, en 128 exemples, dédié au cardinal Pierre 
Aldobrandini, légat à Ferrare. !l est peu probable que 
Thomassin ait buriné ces 1 2 S modèles de lettres grecques, 
romaines, italiennes ou gothiques avec les cadres à 
irabesques qui les entourent. Il se sera borné aux planches 
qu'il a seules signées, frontispice et dédicace, portrait de 
Rossi, d'après l< dessins de Camille Spalucci, peintre 



ni PHILIPPE rHOMASSIIS 

doreur romain, aussi à ses débuts, portrait du cardinal 
P. Aldobrandini, d'après le dessin de Tempesta. L'album 
n'entra pas dans le magasin du Parione, sinon quelques 
exemplaires peut-être pour la vente aux passants. 

Le stock du magasin s'augmentait de deux planches 
acquises de Raphaël Guidi, collaborateur de Philippe en 
158G, un Abraham s exilant, d'après Jacques da Ponte, 
le Bassan, et une contrefaçon du Golgotha, de Cristophe 
Swarz, que Gilles Sadeler avait gravé en 1590 à Munich. 
Séraphin, l'ancien professeur de droit, donnait l'appui 
de son nom à cette contrefaçon. Les imitations vont. 
d'ailleurs, se multipliant, cette année-là et la suivante, 
dans l'atelier du champenois, si ces contrefaçons, datées 
alors, n'avaient pas été exécutées beaucoup plus tôt. La 
belle suite de 15 pièces, Vertus et Vices, d'Henri Goltz, le 
grand artiste de Harlem, les Quatre heures du jour, 
également de Goltz, les sept planches îles Arts libéraux, 
de Martin de Vus, d'Anvers, la Madeleine, de Barthélemj 
Spranger, gravée par Gilles Sadeler, sont habilement 
copiées et mises en vente à Home, sans le moindre 
scrupule, sous le patronage du doyen du tribunal de la 
Rote, Séraphin Olivier. 

Le magasin de Parione, tout à la prospérité, semble-t-il, 
s'enrichissait d'une autre manière: en mai 1598, Bartolo- 
mée-Félicie offrait à Turpin une seconde fillette à qui la 
tante Barbara, femme de Thomassin, donnait son nom. 
Barbara acceptait encore, le I" novembre, d'être mar- 
raine de Francesco, né le 16 octobre, de Giovanni Orlandi 
et de Faustina, sa femme : elle avait (tour compère 
Agostino (Carraccio?) de Bologne, représenté par Franci sco 
Vinelli, un bolonais. Orlandi était marchand d'estampes au 
Pasquin, voisin de Thomassin et de Turpin, avec lesquels 
il était en bons tenues. Le choix de Parione avait été 



t" LA VIE ET LES OEUVRES 

heureux pour l»*s associés. Ils en furent encore plus 
certains, le 24 décembre, quand lu Tibre se mit à 
déborder en pleine nuit de Noël, envahissant les bas 
quartiers et portant la mort et la ruine dans la rue de 
l'Armata, où les deux ménages, s'ils y étaient restés, 
auraient eu a souffrir du désastre qui fit 1800 victimes. 
dette même nuit, Clément VIII rentrait de Ferrare, dont 
l'Eglise venait d'hériter a la mort du dernier due d'Esté et 
dont il venait de prendre possession. Ni à Saint-Pierre, ni 
dans les églises du bas de la ville, on ne put assiste!' aux 
offices pendant près d'une semaine et il fallut des mois pour 
réparer les dommages causés. 

En 1599, Turpin ajoutait un autre enfant a son ménage; 
les registres de Saint-Lorenzo in Damaso mentionnent : 
« au 30 mai 1599, César, né le 27 courant, lils de maître 
Jean Torpin et de Donna Bartolomée-Félicie, sa femme, de 
Saint-Thomas in Parione. Parrain : l'Illustrissime cardinal 
Baronius suppléé par le S r Jean-Baptiste Cesati; commère 
Donna Sulpitia Tois, suppléée par Lucrèce de Matthei : 
Don Jules Gigli Gilles ?) prêtre baptisant » . Il y avait aux 
Oratoriens un prêtre de Troyes nommé Gille. L'avait-t-on 
prié au baptême ? 

Comme l'année précédente, Thomassin contribua à la 
fortune de la maison par l'addition de nouvelles œuvres, 
œuvres originales, œuvres anciennes remises à neuf, 
œuvres d'autrui simplement contrefaites. Dans le premier 
groupe se place une Adoration des rois, de Spalucci, le 
peintre dont Philippe avait fait la connaissance chez Marc- 
Antoine Rossi. Spalucci dédiait son œuvre au vice-amiral 
de la Hutte, pontificale, César Magalotto, chevalier de Malle, 
dont on voit encore le profil de marbre à Sainte-Marie- 
Minerve: il y fut enterre trois ans plus tard, en mai 1602, 
pu ses trois frères, tous engagés, comme lui, dans les armées 



DE PHILIPPE THOMASSIN i7 

pontificales. Un de ses neveux, Laurent Magalotto, jouera 
un très grand rôle politique sons Grégoire \V et Urbain VIII 
et sera fait cardinal en 1624. 

Le peintre de Rome le plus à la mode était, à cette 
époque, Joseph César, d'Arpino, âgé de 'M) ans. vulgaire- 
ment nommé le Josépin. Il avait eu pour maître le florentin 
Roncalli et l'avait dépassé dans l'opinion publique, si 
exagérée que fût sa manière Michelangelesqiie. Le cardinal 
neveu, Pierre Aldobrandini, allait l'emmener avec lui à 
Lyon et le faire assister, en 1600, aux l'êtes du mariage 
d'Henri IV avec Marie de Médicis, d'où Josépin devait 
rapporter la décoration de Saint-Michel. Thomassin grava de 
lui un Saint François d'Assise recevant 1rs stigmates. 
Cette estampe fut bientôt contrefaite à Anvers chez Philippe 
Galle, qui avait la même signature (Phls) que notre 
graveur, de sorte qu'on les a souvent confondus. Le sec» nid 
peintre de Rome était alors Frédéric Zuccaro, âgé de 
58 ans, qui se faisait construire un palais sur la bulle de 
la Trinité du Mont Pineio, à côté îles Minimes français. 
Philippe grava de lui la Femme adultère. 

Editeur intéressé, Philippe n'hésite pas a accroître son 
stock de vieux cuivres remis à neuf. Voici le Christ au 
tombeau, de Marc-Angelo del More, que Martin Rota avait 
gravé vers 1575; la Tombe des Médicis, de Corneille 
Cort, 1570, que Thomassin dédie aujourd'hui à son lati- 
niste. Maximien Bruno, curé de Saint-Sauveur in Lauro, 
lettré et rééditeur, en 1595, chez J.-B. de Cavallery, de la 
Vie des Pontifes, de 1585 ; une F ce naissante, de Fré- 
déric Zuccaro, gravée par dort, en 1572, pour J.-B. de 
Cavallery ; une très belle Irise eu trois feuilles, le Mariage 
de Rébecca, d'après Balthazar Peruzzi, burinée eu 1589, 
par Ghisbert Van Veen, de Leyde, et que le troyen offre a 
Angelo Rocca, fondateur de la Bibliothèque angélique, au 



', s LA VIE ET LES CEU VR KS 

couvent des Augustins : sacriste du pape, le religieux avait 
charge des vases sacrés de la chapelle pontificale et le 
privilège de communier avec le Souverain -Pontife en 
prenant, avant lui, la moitié des Saintes Espèces. 

Aux cuivres rajeunis s'ajoutent les planches de contre- 
façon: un Saint Sébastien, de Pierre de .Iode, nn Triomphe 
des Beaux Arts, de Barthélémy Spranger, tons deux placés 
sous le patronage du secrétaire particulier de (dément VIII, 
Marcel Vestri Barbiano, prélat modeste, utile, bon servi- 
teur de la France, qu'Henri IV récompensa d'un superbe 
diamant; une Suzanne, de .1. Saenredam, le hollandais, 
d'après Henri Goltz, une Judith, de Gilles Sadeler, d'après 
.lan Van Aachen. El, tous ces cuivres ne suffisant pas a 
l'ambition des associés, on acheta d'Aliprando Caprioli 
des planches dont il tirait très niai parti : une Madeleine, 
d'après Fréd. Zuccaro ; une Crucifixion symbolique 
figurant, par deux anges, l'union de l'ancien et du 
nouveau testament ; nue collection de cent portraits de 
Capitaines Illustres, dont on a jusqu'ici l'ait la pièce la 
plus importante de l'œuvre de Thomassin: elle n'est 
pas de lui. L'album avait déjà paru en 1595. La nouvelle 
édition porta le nom des associes. Philippe la faisait 
précéder d'une dédicace à Henri IV. 

« Désireux, disait-il, de dédier ce mien volume à un 
« vrai Prince, ma première pensée, Roi Tout-Puissant, a 
« été, à cause de ma loi inébranlable et inébranlée en 
« vous, d'offrir celte édition à Votre invincible Majesté, 
o Daignez, je vous prie, Splendeur et Gloire des Princes 
« régnants, réserver à cet opuscule édité par moi, 
- Philippe Thomassin, ciseleur et graveur, né à Troyes, 

un regard bienveillant, une attention gracieuse, et le 
« protéger du bouclier de Votre Puissance royale. Fait a 

Rome, h; 17 Février 1000. » 




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III. — Sainte Marguerite — 1589 — (Cat. n° 113) 



DE PHILIPPE THOMASSIÏS , " 

La préparation au Jubilé n'avait pas été moins active en 
ville qu'au magasin. Des logis pour 3 millions de visiteurs 

avaient été établis par les soins de diverses archiconfréries. 
Des palai-, au Borgo, offraient toit et table pour dix jours 
aux prélats, prêtres et clercs attendus. An point de vue 
matériel, la ville avait été assainie et ne montrait plus traci 
de l'inondation ; au point de vue moral, de grandes exécu- 
tions axaient eu lieu pour prouver avec quelle rigueur le 
mal était puni dans la capitale de la chrétienté. Le samedi 
matin. Il septembre 1599, Mgr Ferranti Taverna 
verneur de Home, avait fait cou luire à l'échafaud la 
guillotine déjà, sans le nom) la jeune Béatrice Cenci — 
17 ans, — sa mère Lucrèce — 50 ans, — son frère aîné, 
Jacques — 26 ans, — coupables d'avoir assassiné, l'an 
davant. François Cenci. le chef de famille. Le jeudi 
suivant, 16 septembre, un capucin hérétique, île Vérone, 
était brûlé au Marché-aux-Fleurs et l'ambassadeur de 
France. .Nicolas Brûlait de Sillery, qui habitait cette place. 
protestait contre le choix de ce lieu d'exécution. Le jeudi 
17 février, le jour même que Thomassin dédiait >-m livre 
à Henri 1\ . Giordano Bruno, dominicain de Nola, périssait 
également au bûcher du Marché. 

La foule accourut a Rome. Le jour de Pâques. 2 avril 
1600, on estima a 2(l0.o0<) le nombre des étrangers logés 
en ville. Le succès dépassa toutes les espérances. Baïocques, 
jules, testons, écus affluaient au magasin des associés. On 
en peut juger par des actes notariés qui révèlent l'emploi 
des prolits réalisés par les deux beaux-frères. 

Le vendredi 27 avril 1601. Jean Turpin se rend chez 
Sun agent d'affaires, Porphire Cesarini de Barbaroux, 
docteur en droit, au quartier Arenula. Il est accompagné 
de Catharin Ménard. du Mans, huissier pontifical, qui 
avait servi de caution à Thomassin en 1590. 11 rencontre 



50 LA VIE ET LES ŒUVRES 

au rendez-vous le notaire Vincent Monaldi et Jacques 
Vavlado, milanais, jardinier à Rome, de qui il achète la 
villa que celui— ci possédait aux Monts. Le prix convenu est 
de 812 écus, plus de 4.000 IV., qui sont payés : 300 écus 
comptant ; -2'3*1 écus en rente provinciale que Turpin avait 
en portefeuille et dont il se réserve le coupon à détacher ; 
il prend charge d'une hypothèque de 100 écus, qui grève 
l'immeuble ; un reliquat île 180 écus est réservé. Turpin 
loue aussitôt le rez-de-chaussée de la maison, 30 écus 
payables par trimestre et d'avance, au vendeur Jacques 
Vaylado. lui menu: temps, il se l'ait reconnaître comme 
propriétaire par la locataire du premier étage, Angelica 
Dominique, qui s'engage à ne payer qu'à lui les futurs 
termes de lover. Le lendemain, autre acte devant le juge 
do mineurs pour affecter les 180 écus réservés a l'hypo- 
thèque légale de la femme d'un précédent vendeur, Paul 
Viotli, libraire ; mais l'hypothèque dotale est transférée 
sur deux autres immeubles du mari. Le 30 avril, Thomassin 
intervient et de sa poche verse, pour le compte de Turpin, 
-!'■) écus a un créancier de Viotti, qui avait lait saisie-arrêt, 
i valoir sur le reliquat de 180 écus : cet acte est passé 
au magasin de Nicolas Guillaume, lorrain, pharmacien à 
Rome, a l'enseigne de la Salamandre, via Parione. Puis, 
un autre acte constate la remise par Thomassin de 90 écus 
a un deuxième créancier de Viotti, puis le paiement de 
1!) écus 60 haïoeques ou bolognèses à un troisième 
i réancier, le pharmacien Guillaume, et, enfin, le versement 
du solde, 45 écus 40 haïoeques, a Viotti lui-même. (Arch. 
du Capitole, notaire Monaldi, vol. 476, f" 45 à 75.) 

'.uniment et pourquoi cette association prospère, s'il 
faut en croire ces résultats, arriva-t-elle a se dissoudre? 
Le registre des décès de Saint-Thomas in Parione de 1001 
révèle un des motifs. A la page 49, il s'\ trouve un modèle 



DE PHILIFPK THOMASSIN 51 

en italien que le curé a écrit pour indiquer au vicaire 
comment rédiger un acte mortuaire. A la page 50, le 
vicaire a mis ce texte en latin et en voici la traduction 
française: « Note des défunts -- n° 1. Du 29 juin 1601, 
« Barbara, femme de Philippe Thomassin, français, mourut 
a subitement — que Dieu nous en préserve tous — à 
« deux heures de nuit [deux heures après Yangelus du 
« soir] et bien que le corps appartint a mon église parois- 
ce siale, néanmoins, à la prière dudit Philippe, son mari, 
« il fut, avec ma permission, porté à l'église Sainte-Marie 
« de la Paix et, là, enseveli. » 

Aucune gravure de 1601 ne porte la signature de 
l'association, aucune estampe de 1601 ne porte la signature 
de Philippe. A Saint-Laurent in Damaso on relève, au 
9 novembre 1601, le baptême de Catherine, lille de Jean 
Turpin et de Bartolomée-Felicie, née le o sur la paroisse 
Saint-Thomas. Thomassin n'est pas le parrain. Il faut 
arriver au samedi 19 janvier 1602 pour apprendre, par les 
minutes du notaire Monaldi (Arch. du Capitule, vol. 476, 
T 177), que les liens qui unissaient^ Philippe et Jean'depuis 
bientôt treize ans sont définitivement rompus. 

ce Une association s'étant formée jadis, dit l'acte de 
« dissolution, entre Jean Turpin, de Paris, peintre, el 
«. Philippe Thomassin, de Troyes, graveur sur eui\re, 
<( pour l'exercice de la peinture, de la gravure, l'achat et 
« la vente d'œuvres gravées, imprimées par eux ou sur 
a leur ordre, pour le commerce en gros et en détail et 
(t l'expédition à l'étranger des dites œuvres, et,' en vue de 
« cette association, ceux-ci ayant vécu ensemble et 
« constitué une communauté de tous les biens meubles el 
<( immeubles qui leur appartenaient a Rome au moment 
« de la formation de la société ou qui, depuis, ont été 
« acquis par l'un ou par l'autre, la dissolution de cette 



>1 LA VIE ET LES OEUVRES 

> société se faisant d'un commun accord, Philippe, pour 

« éviter les ennuis d'un partage et pour d'autres justes 

g motils qui l'animent, ainsi qu'il le déclare, a décidé 

(i de céder sa part à Jean, moyennant une soulte en 
argent. En conséquence, Philippe cède de son plein gré 

« toute la part des droits et obligations lui revenant dans 
l'association, dans, sur ou au sujet des peintures, 

e cuivres, estampes, dettes, créances, meubles et immeu- 
bles de toute nature dépendant de leur profession ou 

« leur appartenant comme associés, soit dès avant la 

« formation de la société, soil depuis, cession faite à Jean, 

« qui accepte, s'engage a acquitter toutes les dettes et 

ii promet de payer a Philippe 200 écus dans le délai d'un 

« mois et 300 autres cens dans un délai de trois mois, soit 

« en tout 500 écus. El comme la part cedée peut repré- 

- senler plus de 500 écus, néanmoins, à cause de la vive 

« affection que Philippe a vouée à Jean et qu'il lui porte 

a encore comme à un propre frère et pour d'autres raisons, 

« Philippe abandonne de son plein escient et par pure 

« libéralité ce surplus à titre de donation irrévocable entre 

a vifs; il renonce a liait privilège de rescision légale, 

■ s'< ngageant a faire reconnaître celte donation par toutes 

« personnes qui prétendraient avoir des droits à exercer, 

« promettant d'arrêter tous procès qui seraient engagés à 

« ce sujet tendant a l'éviction de Jean. Et comme parmi 

« les biens cédés il se trouve une maison acquise, aux 

« .Monts, Fan passé, de deniers communs, il est convenu 

« que si des procès s'engagent au sujet de cet immeuble, 

« Philippe n'en sera en aucune layon inquiété. Fait a 

" Rome, au magasin de Jean, rue Parione, en présence 

« il Hubert Jean, de Toul, papetier, même rue. » 

Suivent trois reçus, signés par Thomassin, l'un de 134 
cens, du 20 février 1002; un autre île 150 écus, du 



DE PHILIPPE THOMASSIN 53 

14 mars; lo dernier de 216' écus, du \ mai. A cette 
dernière date, Philippe « donne quittance générale et 
« définitive, en même temps que Jean s'interdit toute 
.< réclamation ultérieure en raison de toute parenté ou 
« alliance qui pourrait être invoquée comme ayant existé 
« entr'eux ou de ce que, comme tels, ils ont auparavant 
« vécu en commun ou de ce qu'il a fourni des aliments à 
( Philippe. Jean s'engage, en outre, au cas où des procès 
« [en contrefaçon sans doute] surgiraient contre l'ancienne 
« association, a dégager Philippe de toute responsabilité. 
« L'acte est passé par le notaire Monaldi, au magasin de 
(( Jean, en présence d'Hubert de Grolets, citoyen de Toul, 
« papetier a Parione. » 

Le même jour (f° 212), 4 mai 1602, Turpin convoque 
Raphaël Guidi, le graveur florentin, qui devait 124 écus à 
l'association pour impressions d'estampes, et lui fait 
« prendre l'engagement de s'acquitter de sa dette en 
u gravant pour le magasin, dans le plus court délai et avec 
« le plus grand soin, des copies fidèles des SS. Pères 
« que Jean Sadeler a burinées récemment avec un art 
« exquis. Guidi recevra 3 écus par portrait et 'A écusseront 
« en même temps diminués de ce qu'il doit. Il est entendu 
« qu'il commencera ce travail au plus tôt, le continuera 
« sans interruption, avec diligence, exactitude, élégance, 
« afin de l'achever au plus vite, y mettra toutes les forces 
« de son âme, de son esprit et de son corps. En cas de 
a négligence, après sommations faites, le travail pourra 
« être confié a d'autres artistes, au* trais et risques de 
« Guidi, les livres de Turpin faisant foi des dépenses 
a encourues. .. Turpin avait évidemment uuv psychologie 
spéciale. Il est i penser que ce talent d'homme d'affaires 
du parisien ne put se concilier avec les dispositions 1res 
droites du Iroyeu : de là, telle séparation amiable dès que 



5 i LA VIE ET LES ŒUVRES 

Barbara, le lien commun entre les deux ménages eut 
disparu. Philippe n'allait pas rester longtemps solitaire. 



IV 



Le S octobre 1586, peu après son arrivée à Rome, un 
peu avant son premier mariage, était venue au inonde, 
non loin de son logis, une fillette qu'on nomma au baptême, 
à Saint-Laurent in Damaso, Jéronima ou Jérômette. Le père, 
Michel-Angelo Piseini, mourait à la fin de 1589 et la mère, 
Catherine del Bene, se remariait vers la mi-janvier 1590 
avec un peintre de Bologne, Charles-Antoine Boccaferro. 
La fillette grandit en gràees et en beauté : elle avait mainte- 
nant 15 ans et demi et Philippe n'avait pas été sans la 
remarquer quand il passait rue Monserrat, en l'ace du 
palais des Coronati. Il la demanda en mariage et l'obtint : 
il avait 40 ans. Le contrat lut signé le 27 mai 1602. Ses 
parents annonçaient une dot de 700 écus dont 300 ne 
seraient exigibles qu'à la mort de la mère : le reste se 
composait de deux bourses nuptiales, de 50 et de 25 écus, 
offertes par des confréries charitables, de deux mauvaises 
créances, de promesses d'argent comptant et d'un trousseau 
évalué 107 écus. 

Ce trousseau se composait ainsi (l'écu valant environ 
5 francs) : 

7 draps 13 écus 

12 chemises en pièce 15 » 

8 nappes grandes et petites 10 » 

1 7 seniettes en pièce 4 25 

10 — ourlées 1 50 

5 essuie-mains 2 50 

A reporter 46 25 



DE PHILIPPE TBOMASSIN $5 

Report 46 25 

7 tabliers .'> » 

5 chemises 5 » 

2 paires de taies d'oreiller 2 » 

diverses affaires 5 » 

1 cuvette de cuivre 5 » 

1 chandelier de laiton 1 » 

i paire de moucbettes . . 1 » 

1 couteau et autres choses 1 » 

1 chaise longue 1 50 

1 grand coffre, 1 petit 2 50 

2 coupons d'étoffes : 1 blanc. 

1 violet 10 » 

\ ciel de lit, drap turc, frange de 

soie jaune et rouge 30 » 

1 paire de coussins 1 » 

1 panier, 2 chaises de paille 1 » 

1 manchon de fourrure 1 » 

Tot.ai 107 75 

Le notaire était Vincent Monaldi (Arch. du Capit. , 
vol. 476, f° 229), et les deux (.'moins, un chaussetier et 
un paveur. La cérémonie eut lieu, le lundi 3 juin, 
à Saint-Jean in Ayno, petite église située rue Monserrat, 
presqu'en face la demeure de la fiancée, et qu'on est en 
train de démolir en ce moment. L'acte dit : « Vu l'absence 
« en son pays du curé, Dominique Giarpo, mariage i été 
« contracté entre Philippe des Thomassins, Français, et 
« Jéronime, tille de Michel-Agnoli Piscini, Romain, dans 
« notre église paroissiale, devant moi. Rév. S r Vincent 
« des Philippi, procuré temporaire, après trois publications 
« préalables et avec la licence du Rév. S r Vice-Régenl 
« qui est conservée aux dossiers » 



56 I * VIE FT I ES (El \ RES 

On -installa à quelques pas de là, via Giulia, dans cotte 
rue même où Philippe avait établi sou premier loyer avec 
Barbara Ungé, niais passe Saint-Biaise et contre la demeure 
iln cardinal Sainte-Cécile (Sfondrato), en face le palais 
Sacchetti. Le bon troyen prenait avec lui non-seulement sa 
jeune compagne, mais encore les beaux-parents et, sons leur 
influence, il n'aura pins qu'un but dans la vie : travailler 
pour Jérômette. Un acte du notaire Gilard le montre acqué- 
rant, le 9 août 1603, hors de la porto Saint-Pancrace. 
au Rosario ou Monteverde, une maison de campagne avec 
\ arpents de jardin, que lui cède, pour 390 écus, Guido 
Baldo Sa jouas, organiste à la Trinité des Convalescents. 
\irh. Notar. 155, rue Rosella, vol. 535, I" I04-H6.) 
Un autre acte du notaire Monaldi (Arch. du Gapil. , 
\ol. i76, 1° 238) le montre, le 3 décembre suivant, 
donnant quittance aux beaux-parents de l'intégralité de la 
dot (qu'il n'a sans doute pas reçue) et affectant sa villa de 
Monteverde à la garantie de cette dot. Le même jour, il l'ait 
son testament par devant le moine notaire (vol. 476, 
T 354). 

« Philippe Thomassin, lils de feu Jean, de Troyi - 
t( graveur sur cuivre, sain, grâce a Dion, de corps, 
« d'esprit, de sens et d'intelligence, sachant que chacun 
« doit un jour mourir ol très pénétré de cette pensée qu'il 
« se rapproche, chaque jour, de la mort de laquelle rien 
" n'est plus certain, a décidé, comme il convient à homme 
« prudent, en pleine vigueur d'esprit, pour prévenir toute 
« controverse sur ses biens après sa mort, d'en disposer 

parce testament dicté. . . Tout d'abord, il recommande 
« a Dieu son âme, qui es! préférable à toutes choses. 
<•■ Quant a son corps, il veut qu'il soit inhumé dans 

la vénérable église de Saint-Louis-des-Français . . . Il 
« demande 30 messes à l'église Saint-Grégoire et autant a 



DE PHILIPPE THOMASSIN 57 

« l'église Saint-Laurent-hors-les-murs, le mercredi qui 
« suivra sa mort... Aux sieurs Nicolas et Bernard, ses frères 
« germains, aux dames Claude, Catherine et Nicole, ses 
« sœurs germaines, il laisse 25 jules [12 fr. 50] à diviser 
<( par parties égales et à réclamer en une seule fois de 
o l'héritière, ci-dessous nommée, en tout et pour tout ce 
« qu'ils peuvent demander, prétendre ou espérer des biens 
« du testateur. . . Pour tous ces biens, il nomme héritiers 
« universels ses enfants, si Dieu fait qu'il en ait, sinon la 
<( dame Jéronime Piscina, son épouse, à qui, mourante 
« sans enfants légitimes, il substitue la lame Catherine, 
« mère de Jéronime. » Sept témoins sont présents, parmi 
lesquels Jérôme Buratti, sommelier du cardinal de Montalle, 
Constantin Mareletti, sommelier du marquis Peretti, Vincent 
Malvetii, valet du référendaire Hortensius. 

La nouvelle famille de l'artiste était arrivée à ses lins : 
évincer de la succession éventuelle ce qui restait d'héritiers 
a Troyes et écarter les prétentions des enfants de Turpin, 
neveux de la première épouse. 

Il n'apparaît pas très clairement d'où l'artiste, après sou 
mariage, tirait les ressources dont il avait plus que jamais 
besoin. Lui, qui jusque-là avait été si exact à dater ses 
planches, permettant de suivre ses travaux au jour le jour, 
cesse tout-à-coup soit de dater, soit de signer. Peut-être 
s'était-il engagé envers Turpin à ne pas lui faire concur- 
rence. Il n'est pas douteux (prune suite anonyme de 
\2 saints, dessinés par François Vanni et édités chez Denis 
de Cavalleri. en 1601, ne soit de son burin. C'est une 
recette de 120écus peut-être qui n'entra pas dans la caisse 
de la société Turpin. En rattachant à cette époque maintes 
planches qui ne portent que la signature du graveur, sans 
date, on peut croire qu'il s'adonna, durant quelques 
années, surtout à la gravure des eu-tête de thèses pour les 



> s LA VIF. KT LES OEUVRES 

candidats aux grades universitaires, estampes nombreuses, 
souvent fort belles, dessinées parfois par des peintres de 
talent. Autre caractéristique de Cette période : Tbomassin 
délaisse volontiers la copie des maîtres pour graver ses 
propres compositions. Sous l'influence évidente du beau- 
père, Boccaferro, dont on devine le style dans les dédicaces 
italiennes, ampoulées, des œuvres, le graveur veut étonner 
Rome et il y arrive par les vastes dimensions de ses 
estampes. Voici le Triomphe de l' Eglise, offert en 1602 à 
Séraphin, patriarche d'Alexandrie, qui mesure 1 mètre de 
hauteur sur 1 mètre et demi de largeur, en buit feuilles. 
Voici, en 1604. offertes encore à Séraphin, devenu enfin 
cardinal, les buit feuilles des Œuvres delà Miséricorde; 
viendront, plus tard, toujours immenses et de l'invention 
du troyen. le Jugement dernier, les Signes de la fin du 
monde, auxquels s'ajouteront Y Adoration des Rois, de 
Carrache, la Chute de Lucifer, d'après Ricci de Novare 
(l m <»;}Xl m 16). Philippe devait avoir aussi conservé quel- 
ques enivres antérieurs à son association avec Turpin, par 
exemple sa Catherine de Sienne, d'après Vanni, dont il 
ne s'est jamais séparé, tant elle lui était chère. Somme 
toute, il pouvait avoir un stock de planches suffisant pour 
un trafic rémunérateur, car un acte de Monaldi, du 17 
aoûl 1005, met en présence le graveur et Jean-Baptiste 
Mayer. marchand de dessins et d'estampes de Foligno, qui 
se reconnaît débiteur de; Tbomassin d'une somme de 
il écus pour des estampes — portraits, scènes, histoires 
— et qui offre, en garantie, les loyers de sa maison du 
Ghetto. (Arch. du Capit., vol. 170, 1° 483.) 

Toul » son intérieur, Tbomassin semble se détacher du 
monde extérieur. Les événements courants l'affectent à 
peine. Clément VIII meurt en 1605; Léon XI Médicis le 
remplace, remplacé lui même, six semaines plus tard, par 



DE PHILIPPE THOMASSIN ,H0 

Paul V Borghèse, sans que le graveur paraisse le noter 
autrement que par un ou deux portraits, l'un représentant 
Paul V enfant. Il s'écarte de la colonie française et, alors 
que Turpin devient marguillier de Saint-Louis avec Catherin 
Ménard, il n'offre plus qu'une œuvre, la dernière, au 
gérant de l'ambassade de France, le cardinal de Sourdis, 
en mars 1605. Richelieu viendra en 1007 se faire préconi- 
ser à Rome, à Pâques, cl Philippe manquera cette occasion 
de publier sur quelqu'estanipe le nom de l'ambitieux prélat 
de 24 ans. 

Boccalerro mourut apparemment vers 1009: il s'était 
rendu utile dans la maison en servant d'homme de 
confiance à l'artiste que ses travaux retenaient rivé a 
l'atelier. Quand il s'agit de le remplacer, Thomassin avisa 
un jeune lorrain de 17 ans, sans grandes ressources, qui 
cherchait depuis quelques mois, à Rome, occupation, vivre 
et logis : peut-être l'avait-il rencontré au magasin d'un 
vieux voisin, Antonio Gentili, de Faenza, ciseleur, que le 
lorrain fréquentait. C'était Jacques Callot, qui, pour 
échapper au séminaire où on voulait le placer, avait fui le 
toit paternel, l'année précédente, et s'était réfugié eu 
Italie. Pendant deux ans et demi, d'avril 1609 à septem- 
bre 1611, Jacques sera l'enfant de la maison, un peu 
factotum, il est vrai : en échange des services qu'il pourra 
rendre au ménage, à l'atelier, pour les courses, le tirage, 
le classement, le placement des gravures, il aura table i t 
gîte ; on lui apprendra aussi le métier. Recevra-t-il un 
salaire? c'est douteux : à Rome, l'apprenti paie plus souvent 
qu'il n'est payé. Les dimanches se passeront a la villa de 
Monteveide. Les autres jours, çà et là, quelqu'ami du 
patron ou de la patronne viendra apporter un faible 
élément de distraction. Parmi ces visiteurs, on peul compter 
Tempesta, Villamena, Raphaël Guidi, amis de longue date; 



60 LA VIF. i:t ifs œuvres 

Ricci de Novare, un vieux peintre, qui avait la confiance du 
Vatican et qui travaillait, dans ce voisinage, au tombeau 
des Borgia de la chapelle espagnole de la rue Monserrat ; 
Nicolas Cordier, un sculpteur lorrain de grand talent ; 
Turpin. qui a perdu ^a femme, Bartolomée-Félicie, et qui 
s'est remarié à une italienne, Stéphanie de Nutis : les 
neveux, enfants de Turpin, mal élevés, sont plutôt écartés 
par Jérômette qui, par contre, ne \oit pas de mauvais œil 
les attentions de Pierre Lanzio, de Rimini, jeune avocat, 
secrétaire du cardinal Pio. 

Une petite page (l'histoire d'alors s'écrivit presque dans 
le magasin de Thomassin. Pierre Lanzio était aussi à Rome 
l'agent d'affaires de la Romagne. Or, un autre enfant de 
Rimini, jeune encore, il avait 43 ans, très actif, M« r Michel 
Tonti, s'était attache corps et âme à la fortune des Bor- 
ghèse: il en fut récompensé. Camille Borghèse, devenu 
pape, l'avait compris dans la promotion cardinalice de 
Noël 1608 et, en 1609, le nommait dataire, c'est-à-dire 
dispensateur i\v> bénéfices, nombreux et importants, dont 
disposait le Saint-Siège, charge des plus élevées de l'église. 
Grande joie a Rimini: la municipalité votait une statue à 
Paul V et le clergé votait des insignes de grand prix, crosse 
et bague, au nouveau membre du Sacré-Collège. Lanzio 
eut à intervenir: il eut à trouver le sculpteur et il fit choix 
de l'ami qu'il rencontrait chez Thomassin, \icolas Cordier, 
qui travaillait toujours à la statue de Henri IV, élevée à 
Saint-Jean-de-Latran. Thomassin intervint de son côté: il 
remercia Lanzio en lui dédiant un Incendie du Bourg ; 
il félicita le cardinal en lui offrant une magnifique Adora- 
tion des liais, de Carrache; il flatta la délégation des 
cadeaux en plaçant les noms des deux délégués, Carri et 
Mariano, au bas de deux estampes. Michel Tonti, plein 
de gratitude, envoya a Rimini. où ou le reçut avec des 



DE PIHLIPPK THOMASSIN 61 

transports d'allégresse, un os vénérable de martyr, qu'on 
venait de découvrir aux catacombes de Priscilla. Mais. 
ô inconstance de la (ortune! en décembre 1611, Tonti 
tombait en pleine disgrâce: des envieux l'accusaient de 
subir l'influence de l'Espagne. Tout tourna contre lui. 
Parti pour l'exil, et traversant les forêts île l'Apennin, il 
n'est jusqu'aux sangliers qui, sortant d'un (ourré voisin, 
foncèrent sur lui et faillirent lui prendre la vie. 

Les œuvres de cette période, auxquelles Callot a pu 
collaborer dans la mesure restreinte où Philippe permettait 
qu'on touchât à ses travaux, sont les suivantes : Vie et 
Miracles de sainte Catherine de Sienne, d'après Van ni ; 
portrait d' ' Aloph de Wignacourt, 53* grand'maître de 
.Malte; portrait de Paul V, en tête des messes île Soriano, 
maître de chapelle de Saint-Pierre ; Sainte Euphrosine, 
image populaire, tout-à-fait à la portée du burin de 
l'apprenti ; le Golgotha, de Guido Réni ; Y Incendie du 
Bourg, vieux cuivre rajeuni, dédié à Lanzi, dont le jeune 
lorrain a dû recreuser les tailles effacées ; Y Adoration des 
Rois, d'Augustin Garrache, d'après Balth. Peruzzi, encore 
un cuivre de 1579 qui avait dû être rafraîchi; Saint 
François d'Assise, aussi de Ganache, datant de 1 588 ; 
Saint Charles Borromée, de Ricci de Novare, morceau 
d'actualité, gravé pour la canonisation de novembre 161(1 
et dédié au cardinal Farnèse ; le Lucifer, de Ricci, dédié 
à Angelo Damascène, chanoine de Saint- Pierre ; le Statu 
Uustico, de Ricci encore, dont Callot s'est aussi inspiré; 
les SS. Nérée et Achillée ; enfin, les Signes de la fin du 
Monde, où l'élève a mis beaucoup du sien pour arriver à 
couvrir les surfaces de cette vaste composition, toute en 
noir et, du reste, fort médiocre. Outre ces coups de burin, 
qui lui ont donné du métier, Callot a dû beaucoup travailler 
a la presse. Et de toutes ces estampes manipulées, Callot 



» i li IA VIE El Lb> ŒUVRES 

a conservé bonne mémoire, car on retrouvera, plus lard, 
dans ses compositions, îles réminiscences du David de 
aux tailks simples de Villamena, des Œuvres de 
la Miséricorde aux petites scènes multiples, du Juyement 
dernier, dent les monstres reparaîtront, mais combien 
plus intéressants, aux Saint Antoine de Florence et de 
Nain \. 

L'été de ltil 1 lut torride : il ne tomba pas une goutte 
d'eau a Rome du mois de juillet au mois d'octobre. Ko 
août, le cardinal de Joyeuse lit une apparition au palais 
qu'il habitait au Monte Cavallo — Rospigliosi d'aujourd'hui 
et où Galilée allait le voir. C'esl a ce moment (pie 
Thomassin, accompagné de Callot, s'en fut présenter au 
cardinal son estampe de la Fin du monde, tirée sur taffetas. 
Quelques jours plus tard, maître et élevé se séparaient. 
Fehbien raconte, d'après Israël llenriel sans doute, que 
Thomassin avait quelque sujet de jalousie à cause de sa 

le m Ce sont là des propos dont le bien-fondé est 

difficile à établir: Jérômette Piscina a t'ait parler d'elle, on 
le verra plus loin ; elle ne fut pas non plus très affectée, à 
la mort de son mari . Toutefois, bien d'autres raisons expli- 
quent tout naturellement le; départ de Callot. L'apprenti 
devait avoir le désir de gagner plus que le Iroyen n'était 
anxieux de lui donner. Thomassin avait déménagé de la via 
Giulia, fort spacieuse et aérée, pour le vicolo Calabraghe, 
ruelle qui n'a pas changé depuis quatre siècles et où les 
maisons repoussent plus qu'elles n'attirent le locataire: 
! espace, l'air, la lumière n'y sont offerts qu'avec une extrême 
parcimonie. Thomassin eous-louant le deuxième et dernier 
étage, occupant avec sa femme et sa belle-mère le premier 
il ne devait rester au jeune lorrain pour logis que 
I arrière-boutique du rez-de- chaussée. Par les chaleurs 
de I 6 1 1 . c'était à suffoquer. La séparation ne dut pas être 



DE PHILIPPE rHOMASSIN li!! 

violente, puisque (ballot demeura quelques mois encore à 
Kome et resta en relations avec les amis de la maison: ce 
n'est que vers la mi-janvier 1612 que l'élève partit poui 
Florence où une brillante carrière allait s'ouvrir devant lui. 



V 



Thomassin continua sa vie laborieuse, retirée, à peine 
marquée, ça et la, d'un incident. Il se reprend a dater la 
plupart de ses œuvres. Il renonce à la composition et se 
remet à publier les œuvres tle peintres contemporains : 
Adoration des bergers, de Ventura Salimbeni, dédiée au 
duc René Farnèse; Adoration des Rois, île Fretl. Zuccaro, 
qu'il offre à Pierre Lanzio, l'ami du logis, deux luit belles 
pièces. De son ancien camarade Tempesla il grave deux 
Saint Corneille, l'un centurion, l'autre pape, pour un 
missel de Corneille Franciscuti, chanoine de Saint-Pierre, 
bibliophile, dont les livres et la plaque de marbre 
commémorative qui les accompagne ornent a présent la 
Bibliothèque Victor-Fmmanuel, à Kome. De son ami 
Villamena, il acbète une Annonciation qu'il place sous le 
patronage île l'évêque de Terni, Louis Semproni, de 
Rimini. Grâce à Lanzi, qui est de Rimini, il entre en 
relations avec nombre de personnalités de cette ville à qui 
il dédiera désonnais ses œuvres. Par contre, ses attentions 
se portent de moins en moins du côté français. Le »> juin 
1(314, un compatriote, le marquis de Traînel, de la famille 
des Ursins — la branche française des Orsini, — dont la 
demeure élégante à Troyes était voisine de la maison des 
Thomassin, prend possession de' l'ambassade de France a 
Rome : c'était le cas pour l'artiste de montrer au diplomate 
la déférence dont il avait lait preuve envers François de 



04 IV VIE Il LES iF.lYlil S 

Luxembourg- Pi ne;j ; mais il s'abstienl cette lois, bien 
que, depuis l'entrée de Callohchez lui, il affecte d'accoler 
signature sa qualité de troyen, « Trecensis ». dont il 
semble faire grand état. Turpin était devenu un des chefs 
de la colonie française de Home : c'est sans doute le motil 
qui poussa Tliomassiu dans une autre direction, à moins 
que ce ne suit un incident donl les archives criminelles 
(vol. 470. t 2111 nous ont transmis le souvenir. 

Le jeudi 2 avril 1615, Philippe saisit le tribunal du 
gouverneur d'une plainte en diffamation contre son sous- 
locataire, Valérien Tetti, gantier, flamand. Valérien a loué, 
en 1612, le dernier étage de la maison du vicolo Cala- 
braghe, pour lequel il paie au graveur 20 écus par an. Au 
début, tout a bien marché: le gantier avec «ses daines» 
\ lent souvent dîner chez l'artiste et o ses dames » , Jerômette 
cl Catherine, la belle-mère. Soudain. Valérien s'est misa 
mal parler de Jerômette, l'accusant de se mal conduire, de 
faire métier de son corps avec l'approbation de son mari. 
Deux lui- ou s'est réconcilié, deux lois les mauvais propos 
mit repris. « Etant homme i\v^ plus estimés et Taisant plus de 
<( cas de l'honneur que de toul autre bien, je porte plainte 
« contre ce Valérien, conclut le plaignant, et demande 
<< qu'il soit, conformément à la justice, puni avec toute 
« rigueur. » Empiète est prescrite par le gouverneur; 
des témoins sont appelés. Voici Dominique Andréi, de 
Massa- Carrara, ami dr< deux parties, qui déclare avoir, 
eu effet, entendu Valérien accuser Jerômette « de faire 
mal de son corps avec un tel », Philippe et la belle-mère 
s'v prêtant. La paix se lit pourtant, les deux parties allant 
recevoir la bénédiction publique sur la place Saint-Pierre, 
a Pâqu - 1614. Mais un mois plus tard, Valérien recom- 
mençait, venant une ou deux lois par jour au magasin du 
témoin lui raconter que Jerômette menait mauvaise vie et 




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IV. — Philippe Duc de Mercœur — 1595 - Cat. n° 173 1 



DE PHILIPPE THOMASSIN 65 

que Philippe était une buse de se laisser conduire par ces 
deux femmes, au dégoût de Pierre Lanzi, gentilhomme du 
cardinal Pio, qui ne fréquentait plus la maison. Un autre 
témoin. Michel-Ange Stefanelli, peintre de Sabine, dépose 
dans le même sens : il connaît Thomassin depuis six ou 
sept ans et n'a jamais entendu dire que du bien de lui, même 
par Valérien, son sous-locataire. Toutefois, en septembre 
1614, allant avec le gantier à Sainte-Marie-Majeure, celui-ci 
lui a dit que Philippe faisait peu de cas de son honneur, 
qu'il laissait se passer chez lui des choses qui n'étaient pas 
très belles; qu'il avait fait faire des boucles d'oreilles pour 
sa femme, ce qui était mauvais signe. Le témoin s'est 
étonné de ces propos parce qu'il tient Philippe pour tin 
homme de bien. La plainte porte en marge la mention : 
Annullée par décret du gouverneur le 12 octobre 1015. 
L'affaire fut donc classée. Il est à noter qu'au moment du 
dépôt de sa plainte, Thomassin dédiait deux de ses estampes 
aux magistrats chargés d'instruire la cause : Y Apothéose de 
Marie, de Bernard Castelli, offerte au lieutenant gouver- 
neur de Rome, comte François Trivulce ; une Sainte 
Famille, de Paul Véronèse, offerte au procureur public, 
P. M. Cirocchio. 

C'est à cette époque même qu'arrivaient ensemble de 
Nancy à Rome deux amis de Callot, Claude Démet, 28 ans, 
et Israël Henriet, 20 ans, sans doute porteurs d'un mot 
d'introduction de l'élève pour l'ancien maître, car ils 
entrèrent aussitôt en rapports avec lui et c'est probablement 
à leurs racontars qu'on doit tout le bruit qui s'est fait 
depuis, grâce aux confidences d'Henrietà Felibien, au sujet 
de Jérômette et du célèbre aquafortiste. On parlait des 
Thomassin à leur arrivée à Rome; ils ont continué d'en 
parler longtemps à Nancy, a Paris, peut-être en prêtant à 
leur compatriote et ami des succès auxquels il pouvait 



LA Ml M LES OEUVRES 

n'avoir aucun titre. Ils s'installèrent via Paolina (n° 101 de 
la via Babuino d'aujourd'hui), à deux pas des maisons 
qu'occuperont bientôt Nicolas Poussin et Claude Gellée, et 
ils se mirent a étudier la peinture chez Tempesta. Bientôt 
Déruet demandera a Philippe de lui graver un Saint 
François de Paule, que ses patrons, les Minimes français 
de la Trinité îles Monts, désirent offrir à Paul V, au milieu 
de leurs troubles — les Minimes napolitains voulaient les 
expulser de leur magnifique demeure du Pineio. En 1617, 
Déruet confiera au buriniste un Jésus condamné que 
Philippe dédiera au cardinal Fabrice Veralli, protecteur 
des Minimes. Henriet ne confiera rien au troyen, n'ayant 
sans doute aucun travail a montrer : tout ce qu'on sait de 
son séjour à Home se borne à une plainte déposée chez le 
gouverneur (Gesù: Investig., vol. 417, f 77), le vendredi 
17 août 1618, par Pierre Colberg, étudiant peintre 
français, de la via Ferratina : ce matin-là, Colberg traver- 
sait la via délia Croce lorsque, sans raison aucune, Israël, 
qui le guettait, lui a sauté au cou, l'a jeté à terre, frappé 
d'un coup de poing à l'œil droit, mordu à l'index et, enfin, 
lui a déchiré sa collerette. Deux témoins confirment cette 
déclaration : \\< ne connaissent pas autrement Henriet ; ils 
le disent peintre, jeune et vêtu d'un costume noir. Déruet 
sera plus honorablement note au Vatican, série des brefs : 
mettant a profit la présence à Rome de Charles de Lorraine, 
évêque de Verdun, il sollicitera, en 1618. et obtiendra, 
le '.) janvier 1619, la croix de chevalier du Christ. Eu 
moins de trois ans. ce troyen habile — le père de Claude 
Déruet était de Troyes, horloger probablement — arrivait 
a la noblesse, sans plus de mise de fonds a la base que le 
bon graveur, mais avec plus d'ambition et plus de savoir- 
faire. 

Dans son cercle limité, Thomassin était content de ses 



DE PHILIPPE THOMASSIN 67 

relations nouvelles, toutes les illustrations de Rimini : le 
cardinal Millino, auquel il offre le Portrait de Jésus ; les 
chanoines Sarzetti et Guidetti, auxquels il dédie le Baptême 
de Jésus, d'après Salviati, Jésus et les instruments de la 
Passion, d'après Fréminet ; Hippolyte Mariano et le 
célèbre avocat Alexandre Gambalonga, dont il obtient le 
patronage pour sa Sainte Cécile, d'après Raphaël, et sa 
Rédemption, d'après Vasari. 11 soigne les autorités locales: 
le sénateur ou maire de Rouit 1 , Gabriel Falcon ; les conserva- 
teurs ou échevins de la ville, qu'il complimente au bas d'une 
Sainte Famille, du Bassan, et d'un Jésus au tombeau, 
d'après le capucin Cosmo Piazza, dont l'œuvre sur ardoise 
figure encore dans une des salles du Capitole. De son burin, 
il dessine les traits d'une religieuse de Sienne, fort vénérée 
et aimée de Marie de Médicis, la sœur Pasidea Crogi : 
quand elle mourut, le 13 septembre 1615, on lui dressa 
presque des autels et les malades qui l'invoquaient étaient 
assurés de recouvrer bientôt la santé. 

Parmi les récentes relations de l'artiste, il faut noter les 
secrétaires de plusieurs cardinaux, Cassian dal Pozzo, 
François Angeloni, Jérôme Tezio, Etienne Pignatelli, dont 
les études et les goûts ne furent pas sans laisser leur 
marque sur l'esprit du graveur. Jusque-là Thomassin ne 
s'était guère adonné qu'aux œuvres pieuses et il avait été 
assez puni lorsque, sortant de cette sphère, il avait abordé 
le portrait d'Henri IV. Il s'était promis, à sa sortie île 
prison, de ne jamais se laisser tenter pas d'autres œuvres 
et il s'était tenu parole. A la suggestion de ces jeunes 
hommes haut-places, il se décida enfin a donner plus de 
champ a son burin. 11 y fut aidé par une vente, qui se fit 
alors, après décès, de vieux cuivres qui avaient appartenu 
a Salamanque, à Lafrère, à Duchet, et qui représentaient 
des sujets, mythologiques la plupart, peints aux galerie> 



68 I-A VIE El I KS iKI VUES 

ilu Vatican par Raphaël, Jules Romain, Michel-Ange : 
Cybèle, Daphnê, Procris, Priape, Phaéton, Ganymède, 
recreusés par le troyen, Minent se mêler aux vierges el 
aux saints qui jusque-là axaient seuls élu domicile chez 
lui. 11 réédita nue Ecole d'Athènes et il ne faut pas trop 
s'étonner si, par force d'habitude, il orna d'un nimbe les 
fronts de Platon et d'Aristote, les transformant en Saint 
Pierre et en Saint Paul pour ne pas trop les dépayser dans 
les collections de son magasin. Mais comme pour vendre ces 
images profanes il lui fallait l'approbation de la censure, 
il se gagna les censeurs, les PP. dominicains Pétronio et 
Grégoire Donato, maîtres du Palais, en leur dédiant une 
Dispute du Saint Sacrement, de Raphaël, et un Saint 
Grégoire de Ciampelli. Ses précautions ainsi prises, il édita, 
en II» 18. un recueil de 50 statues antiques, où naturelle- 
ment le nu prédomine, et il le dédia à Angeloni, secrétaire 
du cardinal Hippolyte Aldobrandini, à qui il offrit, en outre, 
un album de Gemmes et Camées, fort légers, gravés jadis 
par OEneasVicoet maintenant publiés au vicolo Galabraghe. 
Il est curieux de remarquer que l'apparition de l'ouvrage 
à Rome suit de très près la publication à Florence, en 50 
feuilles également, de l'album des Caprices de Callot, qui 
parut en septembre 1017. Le maître aurait-il voulu ne pas 
se laisser distancer par l'élève? Mais que l'œuvre du maître 
eût gagné à être traitée à la Callot, en tailles simples, 
qui conviennent si bien aux marbres, comme Claude 
Mellan en donnera bientôt la preuve à Rome même! A 
Cassian dal Pozzo, secrétaire du cardinal Barberin, Philippe 
offre une Galathée fort légèremeni vêtue. Un Triomphe 
du Printemps, dans la même note, peu! être de la compo- 
sition même de Thomassin. Un Combat de Lapithes, en 
forme de bouclier, doit dater de ce temps. 

I >u uste, l'artiste a hâte de clore sa série payeune pour 



DE PHILIPPE THOMASSIN 69 

revenir à la pieté pure : Etienne Pignatelli, secrétaire du 
cardinal Scipion Borghèse, recevra un Saint Etienne, 
d'après Circiniano, et Jérôme Tezio, secrétaire du futur 
cardinal François Barber'm, un Jésus lisant, d'après le Par- 
mesan. Puis, son burin copie un Lucifer, de Roncalli; une 
N.-D. des Sept Douleurs, dédiée à l'archiduchesse Anne- 
Julienne Gonzague, dont la fille était l'impératrice, épouse 
de Mathias. Durant les trois années qui lui restent a vivre, 
il éditera, en 1619, deux Sainte Catherine, un Martyre 
de saint Jean; en 1620, une Ascension, de Zucca, une 
Vierge, de Salviati, le Jugement dernier ; de Michel-Ange, 
en 10 feuilles, cuivres recreusés de Béatrizet le Lorrain; en 
1621, Jésus et les douze apôtres, d'après Raphaël à Saint- 
Paul-hors-les-murs, ouvrage considérable aux failles larges 
et hardies, qui trahissent une vue affaiblie, mais une main 
toujours ferme. Deux scènes comiques de Raphaël ont pu 
être gravées au début de 1622. La dernière œuvre connut* 
de l'artiste est un Saint Isidore, édité pour la canonisation 
de ce patron de Madrid, le 10 mars 1622. 

La date de la mort du graveur avait été jusqu'ici, comme 
celle de sa naissance, ignorée. La fin.de l'année 1620 fut, 
à Rome, très mauvaise pour la saute publique : on comp- 
tait, en trois mois, plus de 7.000 décès, dans une ville 
qui ne possédait pas beaucoup plus de 100.000 âmes. 
Le Saint-Père mourait le 28 janvier 1621 et a Paul V avait 
succédé Grégoire XV, Ludovisi. Le « mauvais air » 
peste ou moustique — n'avait pas disparu au cours de 
1621, et une médiocre récolte avait accru les difficultés 
de l'existence. Le 19 mars 1622, veille des Rameaux, 
Jacques Vignier, neveu et candidat a la succession de 
Pévêque de Troyes, payait de sa vie le séjour qu'il «Hait 
venu faire a la cour pontificale. Y\w grande procession 
n'eu était pas moins permise, le jeudi de l'Ascension, 



70 LA VIE ET LES CETVRES 

• i mai. pour fêter la venue de la statue miraculeuse de 
Marie qui avait décidé de la victoire de Prague et qu'on 
transportait, à travers la ville, à l'église de Notre-Dame de la 
Victoire, près de la fontaine Sixtine. Thomassin n'aura pas 
voulu manquer un tel spectacle, en dépit d'un temps glacial. 
Le jeudi suivant, le curé «le la petite église Saint-Jean 
in Ayno écrit sur son registre la mention suivante (P 175) : 
« \iinee 1622, le 12 mai, Philippe Thomassin, français, 
<( mourut à l'âge de 65 ans, réconforté par moi, curé, de 
« tous les sacrements : il recul la sépulture dans notre 
« église paroissiale. » 



VI 



Thomassin n'avait que soixante ans et son Saint Isidore, 
du mois de mars, le montrait encore plein de vigueur et 
d'entrain. Il avait demandé a être enterré à Saint-Louis-des- 
Français : peut-être changea-t-il d'avis, la colonie fran- 
çaise étant alors divisée en deux partis et en pleine lutte ; 
peut-être préféra-t-il ne pas être écarté du quartier où il avait 
passé plus de trente ans de sa vie. Plus vraisemblablement 
Jérômette ne se souvint pas de celte clause du testament 
qui ne l'intéressait guère. Le même registre où est noté 
le décès et où avait été noté le mariage du 3 juin 1602 
contient, à la page 59, cette nouvelle mention : « Année 
« 1 622, le 20 août, avec toutes les formalités prescrites par 
<< le concile de Trente, Je, Jacques Ciarpi, curé de l'église 
« Saint-Jean in Ayno, ai joint en mariage I). François 
« Agazzi, de Bergame, et I). Jéronime Piscina, de Uorne, 

en présence des témoins I). Albert Gatani, de Home, et 
« François Vigliarolo, de Caprari en Calabre. » Le deuil 
n'avait pas dure quatre mois. Le nouveau marié était un 
chapelier voisin. 



DE PHII.IPPK THOMASSIN 71 

Thomassin n'ayant pas eu (retirants, sa veuve héritait 
de son patrimoine. Il est à penser que Jérômette lui survécut 
de vingt à vingt-cinq ans, car ce n'est qu'en 1047 que les 
cuivres dont elle disposait paraissent avoir changé de mains. 
Turpin ne survécut que sept ans à son beau-frère : il 
mourut le 30 juin 1629, toujours marguillier de Saint-Louis 
et l'un des directeurs de l'hôpital français ; il fut enterré à 
Saint-Laurent in Lucina, ainsi que sa seconde femme, 
Stéphanie de Nutis, qui le suivit dans la tombe le 30 décem- 
bre. Ses enfants se firent remarquer par leur inconduite, 
César surtout, le filleul du cardinal César Baronius, qui alla 
en prison, impliqué dans une affaire de vol à main armée. 
Jeanne, la fille aînée, avait épousé à 21 ans, en 1618, 
un peintre français, Jean, de Troyes, plus âgé qu'elle de 
six ans. 

La famille troyenne de Philippe avait été déshéritée des 
biens du défunt ; mais elle ne pouvait être privée le 
l'héritage moral : l'exemple du graveur laborieux et 
apparemment heureux ne fut pas perdu. Le jeune frère, 
Bernard, orfèvre de bonne réputation, ne cessait de citer 
aux enfants et aux petits-enfants l'oncle de Rome. Un de 
ces petits-fils vint s'établir à Paris, graveur en cachets, et 
plut à Colbert qui l'employa a graver des fers pour la 
reliure de ses livres. Colbert s'intéressa aux enfants et il en 
envoya un, qui se nommait Simon (1648-1732), comme 
pensionnaire du roi à Borne, pour y étudier la gravure sur 
cuivre. Simon passa quatre ans, de 1676 à 1680, avec 
Errard, au palais Piccolomini, alors siège de l'Académie : 
il ne réussit pas à obtenir de bonnes notes. Il n'en devint 
pas moins artiste de mérite. Il eut un (ils, Simon-Henri 
(1688-1740), qui cultiva le même art et fut de l'Académie 
de Paris. Cette branche de Paris et celles de Troyes ont 
fait souche et sont encore représentées aujourd'hui. 



72 LA VIE ET LES OEUVJIES 

Quant à la fortune de Philippe, elle se composait au 
moins de la villa de Monteverde et de 250 cuivres environ 
laissés au magasin: à II) écus la planche, le fonds valait 
bien 12.500 francs. C'est donc une vingtaine de mille 
francs d'alors, représentant bien une centaine de mille 
francs d'aujourd'hui, que le buriniste laissait à sa veuve, 
âgée de 36 ans lors du décès. Peut-être Agazzi renonça t-il 
a la chapellerie pour s'adonner à l'exploitation des œuvres 
du défunt. Toujours est-il que les cuivres n'apparaissent 
• pieu IliiT sons la marque d'un nouvel éditeur, Jean- 
Jacques lîossi, dans le fonds duquel ils restèrent jusqu'en 
1738, date de la cession de l'établissement a l'Etat ponti- 
fical. La Calcografia camérale, nom que l'établissement 
prit alors, édita ces travaux sans incident jusqu'à la 
Révolution. En 1798, le général Berthier étant gouverneur 
de Rome pour la France, et la ville souffrant d'une disette 
de monnaie de billon, ordre lut donné d'envoyer tous ces 
cuivres à la fonte, sauf ceux qui avaient un mérite spécial. 
Les commissaires n'eurent de pitié que pour ceux des 
cuivres qui représentaient des œuvres de peintres illustres. 
C'est ainsi que seules 74 planches de Thomassin ont pu 
échapper au désastre cl sont encore a présent exploitées par 
la Calcografia reale qui, en 1870. a succédé à la Calcografia 
pontificale. Les cuivres cédés, en 1602, par Thomassin 
à Turpin, environ 240, ont d'abord subi une grave 
altération : dès la mort du buriniste, l' ex-beau -frère 
s'empressa d'effacer le nom du graveur sur ces planches en 
n y laissant subsister que le sien, de sorte que le nom de 
Turpin est apparu comme graveur dans les collections et 
catalogues, la où le nom de Thomassin aurait seul dû 
paraître. Turpin mort, son stock passa, en 1631, chez 
Calixte Ferranti, pour entrer plus tard chez les Rossi et 
disparaître a l'usure ou a la fonte de 1 798. 



DE PHILIPPE TBOMASSIN 73 

Voici la lisle des cuivres sauvés dont on peut acheter à 
Rome les épreuves pour la somme totale, insignifiante, de 
22 francs: Présentation et Annonciation, de Baroche ; 
Danse des Muses, de Peruzzi; Saint Etienne, de Circi- 
niano-Pomérance; Baptême de Jésus, de Salviati ; Dispute 
du Saint Sacrement, Ecole d'Athènes, Incendie du 
Bourg, les A/)ôtres, Sainte Cécile, Sibylle de Tibur, 
Grotesques, de Raphaël ; Sainte Catherine de Sienne, 
de Vanni; Adoration, des Mages, de Zucca; Statues 
antiques. 

Ainsi le souvenir du graveur n'a pas péri tout entier et 
il était bon qu'il survécût, car Thomassin fut un ouvrier 
d'un réel mérite. Son œuvre peut rendre d'utiles services : 
témoin sincère, il nous révèle ce qu'était l'art de la gravure 
de son temps; ses estampes, celles du début surtout, n'ont 
été surpassées par aucun de ses contemporains, Galle. 
Goltz, Sadeler à l'étranger, Villamena, Guidi, Ciamberlan, 
à Rome même. Il fixe bien pour cette époque l'étape où en 
était arrivée la gravure sur cuivre. Il innove peu, il est 
vrai ; mais il livre des travaux nets, bien tenus, interpré- 
tant clairement l'œuvre qu'il entend vulgariser. 11 fit bien 
d'abandonner la composition et il fit mieux de savoir choisir 
parmi les peintres de son temps ceux dont le goût était I»' 
plus sûr: à cet égard, il rend un autre service a l'art en 
apportant des documents propres à taire connaître les 
différentes écoles qui se targuaient de posséder les meilleures 
traditions. Qu'il y ait loin de^ maîtres du début a ceux de la 
fin du XVI e siècle, de Raphaël à Josépin, Thomassin nous 
en fournit la preuve évidente. Au point de vue de l'histoire, 
les dédicaces du graveur ont leur prix: elles précisent, 
vrais monuments épigraphiques, dates et faits qui permet- 
tent de reconstituer des existences depuis Ion-temps passées 
et oubliées. Dans sa Vie des Peintres, de 1641, Jean 



Ti H Ml H 1 F S ŒUVRES Dl PHILIPPE THOMASSIN 

Baglione, président de l'Académie romaine de Saint-Luc, 
.1 consacré un bon el long chapitre au troyen. 

Timide par nature, exile à l'étranger où tout pouvait 
m nir a lui manquer, Thomassin n'avait que son burin pour 
pourvoira ses besoins, que sa prudence pour garantir sa 
sécurité: on ne peut le blâmer d'avoir préféré l'isolement 
a mie vie bruyante et agitée. Il a un peu perdu le contact 
de la critique qui aurait stimule son talent, excité son 
imagination, accéléré ses progrès. Eeonome par nécessité, 
ingénieux en conséquence, pour donner plus de longévité à 
son travail, il a peut-être trop creusé ses planches pour les 
faire durer davantage, au détriment de la beauté, l'industrie 
l'emportant sur l'art. Tel quel, il s'est assuré une part de 
bonheur et d'honneur dont on ne peut que le féliciter et on 
peut accepter comme exact le jugement que porte sur lui 
l'abbé de Marolles. lorsque, dans son livre des Peintres et 
Graveurs, il consaere le quatrain suivant, un peu modifie, 
a l'excellent artiste : 

Philippe Thomassin nous délaissa pour Home : 
Il aima ce pays, sans oublier le sien. 
La main lui pesé un peu : mais il travaillait bien ; 
Kl Troye, où ilest né, le nomme et le renomme. 

Paris, le I *> mars 1 !M \ . 



CATALOGUE CHRONOLOGIQUE 

de l'œuvre de Philippe Thomassin 



* Indique une belle œuvre. 

Sont en italiques les copies ou contrefaçons d'eeuvres étranj 

Sont entre H — h les œuvres étrangères retouchées ; 

Sont entre [ ] les œuvres étrangères simplement ■ 



Le numéro d'ordre est suivi immédiatement du numéro ancien du Cata- 
logue méthodique publié, en 1876, dans les Mémoires de la Société A ad 
mique. où l'estampe est amplement décrile. Le premier nombre des dimen 
«ions indique toujours la hauteur en millimètres à laquelle doit s'ajouter 
la hauteur de la marge (m. ; le second nombre indique la largeur. 

Selon l'institution où elle est conservée, l'estampe est suivie des lettres : 
B.N. (Cabinet des Estampes de la Bib. Nat. . Ars. (Arsenal), s. Gen Sainti - 
Geneviève), à Pans: Alb. (l'Alberline), à Vienne: Vat le Vatican , Cor. 
(la Corsinienne), 1!. An,'. (l'Angélique), à Rome, 



1585. à 23 ans. 

1) ioO. S' Bernard de Clairvaux, H. 305 X L. 250. Tho- 
massino fe. chez Claude Duchet, 1585. 2 e étal : chez. Gio. 
Orlandi, 1602. B. N. 

2) 356. Sixte V. Ô80 X 235. PMI. Thomassino fe, 
MDLXXXV, chez Laurenl Vaccari, qui 1»' dédie au Kev, vnnibal 
de Paoli, de Sermonetto B. N. 

2 e étal : la tête esl changée eu Léon XI. 1605, chez Vnd. 
Vaccari. Cor. 

3 e état : la tête changée en Paul V, 1606, ''liez le même 
Vaccari. Cor. 

3) 144. 'Mort de S' Paul, l" r ermite 123, ni. 25 X 290, 
d'après Bernardin Passaro, qui la dédie à Pierre Fulvio, 1585. 
Phil. Thomassino fe. Prn ilège décennal de Grégoire XIII, chez 
Stace. 2' 1 élut -. chez Gio. Orlandi. (Planche l.) B. N. 

4) 32. * Fille du chef de la Synagogue, 510 ^> 572 
d'après Jérôme Muzian, copiée sur Béatrizet le Lorrain. PI 
Thom. fe. Vil'. 



76 LA VIE FT 1RS ŒUVRES 

1586. à 24 ans. 

5-6 I i7. .s 1 Bernard de Clairvaux, en 60 estampes, 

260, m. 50 X 195, d'après Antoine Tempesta : n os 45 et 54, 

Pliilipp. Gallus fe, dans Vita et Miracula S u Bernardi Cle- 

ensis, I vol. in-S", édité chez Marcellns Clodius 'Marc de 

Chioggia qui le dédie au cardinal Kusticucci, 1587. 

2 e édition chez Hor. de Marinary. 

7-58 * Nie de S' Benoît, en 52 estampes, 142 X 116, 
d'après Bern. Passaro pour le IJ. P. Vngelo Sangrino, abbé du 
M 1 Cassin (réduction de l'édition de 1578 par AÏiprando Caprioli), 
dans Vita B mi P. Benedicti, dédiée le 1 er août 1587, par 
Sangrino, au card. Odoard Farnèse. Anonyme. 

2c état : chez André Vaccari, 1614. B. N. 

59 225. ' s>" Catherine de Sienne, 545, m. 25 X 240, 
d'après François Vanni. Phil. Thomass* Gallus fe. 2 e état : 
chez .l.-l. Rossi. 5 r état, 1914. à la Calcograûa reale, n° 1.025, 
à Rome. (Planche 11. B.N. 

1587, à 25 ans. 

Ii0 215. ■ Félix de Cantalice, décédé le 18-5-1587 
490 X 370?) ; image centrale. 225, m. 17 X 190. Philippus 
Thomassin fe. Souvent copié. B. Y 

(il - 208. F(ra] I. [oseph] G.[ualberia] Barehinone, 562X470. 
2'' étal • Apud Philet In. Turpinu. Alb. 

62] 17. Adoration des Unis, 295 X 209, d'après .Iules Clovis, 
]•• croate, copiée en contre-partie sur l'œuvre de C. Cort 1571. 
TH. P. F. 2 e état : Apud Phil cl In. Turpinu. 

65- ICO) 246. Statuts des chevaliers de Jérusalem du F. 
Ptolémée Veltroni, Rome, in-4°, 1588. Illustrations: 14 planches 
de portraits, 220 X 175, Phil. Thom. Gall. fe; 24 planches de 
sujets : frontispices, devoirs, plan- B. N. 

101 00. Crucifix politique: Joyeuse, Sixte V, Henri III, duc 
de Guise, en 2 feuilles, 780X^0, chez Van Aelst, qui le dédie 
le I e "- janvier 158s, au card. de Joyeuse, Phil. Thom. Galls fe. 
Prn ilège décennal de sixte V. Alb. 

1588 : à 26 ans 

102 01. Jésus aux limbes, 158. m. 18X552, d'après Domin. 



DE PHILIPPE TH0MASS11S 77 

Beccafumi, le Macarin, de Sienne. Phil. Thom. fe, pour Matteo 
Florimi, éditeur géographe de Sienne, qui la dédie a Scipion 
Bargaglio. lettré Siennois. Etat ultérieur : Florimi effacé et 
remplacé par ÏCHOVIO Serena. R. Y 

Le tableau original était a l'église Saint- François, a Sienne. 

105) 217. S te .Marie Egyptienne, 165, m. 15 X '-"• d'après 
Ventura Salimbeni, Phil Gallus fe. et excudit 1588. Privilège 
décennal de Sixte V. 2<' état : Phil. Turpin Socij exe. 3 e état : 
il ne reste que le nom de Turpin. 4 e état : chez Calixte Ferrant. 

Copié chez Bapt. Pansiero, de Parme. H. N. 

104) 11. * Annonciation, 431 X 505, d'après Fréd. Baroche, 
Philv us 77io//t nus Gallus fecit et excudit L'>*s.± état: chez 
J.-J. Bossi. 3 e état : 1914, a la Cale, reale, n° 85. 15. N. 

Tableau peint à Lorette. Réplique réduite au Louvre. 

105) 14. Visitation, 388, m. 20 X 281. d'après Fréd. 
Baroche, copiée sur Chisbert Van Veeu ; Phls et h> Turpin 
quesita. 2 e état : Phls et effacé. B. N. 

Le tableau est à Sainte-Marie Vallicelle. a Home. 

lOGj 152. ' S' Etienne, 465, m. 15 X 300, d'après B. Pas- 
saro, Phil Thomassinus fe 1588, chez Stace le Belge, qui le 
dédie au marquis Pisani, ambassadeur d'Henri !ll à Rome. B. N. 
2 e étal : chez Gio. Orlandi. 

107) 134. * Chemin de Damas, 510 X 370, d'après Aut. 
Tempesta, Phil. Thomassinus fe 1588, chez Stace, qui le dédie 
au marquis Pisani, ambassadeur d'Henri III à Rome. B. V 

108) 2. S 1 Michel, d'après Tempesta, chez Moneta, cité par 
Mariette. 

109) 206. S 1 Antoine de Padoue, 512 X 595, d'après Tem- 
pesta, chez Moneta. 1588, privilège décennal de Sixte V. Phil. 
Gallus. 

1589, à 27 ans. 

110) 127. S le Marie Majeure, 495 X 364, d'après .s' Lue. 
chez Moneta 1589, pour Marcellus Clodius, qui la dédie au card 
Domin. Pinello. archiprêtre. Privilège de sixte V. 

11 lj 141. Les 4 Saints, 455 X 370, d'après B. Passaro. 
Philipp. Thom. /ce, 1589, pour Marcellus Clodius, qui les dédie 



I \ VII II ! I - OEUVRES 

.ui canl. Domin. Facohinetto, des i Martyrs. Privilège décennal 

Sixte \ 

I e tableau est à I église il»'- Quatré-Saints, à Rome. 

Ml- 54. Cène], 525 m. lo X 375, d'après Thaddée 
Zuccaro, par Uiprando Caprioli 1575. 2 e état: apud Phil. ci 
5 étal chez Jean Jansonius. 

III 27 Miracle des pains . 530, m. ~>o x 260, d'après 
Th. Zuccaro, par Alip. Caprioli. "2 e état : apud Phil. et Turpinu. 

III' [36. Martyre de S' Paul], 328 X 248, d'après Th. 
Zuccaro, par \. Caprioli. 2 e état : apud Phil. et lo Turpinu, 

1 11 5 ÔO l -'ils iU» la veuve de Naïm], 462 X 298, d'après 
Fréd. Zuccaro, par A. Caprioli. - état : apud Phil. et 
irpinu. 3 e état : Il ne reste que lo Turpinu. 

Copié par Matham. 

\\2 95. S" Famille, 408, m. 30 X 510. d'après Martin 
I i . m i lift . de Paris. Phil. Th. fe 1589, qui la dédie au card. 
Franc, de Joyeuse, protecteur de France à Rome. 

Phil. Th. cl lo Turpinus Socii excud. B. N. 

115 ^1S. "S"' Marguerite, 5(>2, m. 14 X 263, d'après un 
Raphaël de Fontainebleau, Phil. Th. fe. 1589, qui la dédie à 
J.-B. Raimondi, philosophe. Phil. Th. et lo. Turpinus socii 
exe. (Planche III. j B. N. 

le tableau est au Louvre, n° 1501, sous le libelle: s 11 ' Justine, 
de Jules Romain. 

1590, à 28 ans 

114 65. ' Jésus au tombeau, 525X385, d'après Fréd. 
Baroche : dédié à François de Luxembourg, duc de Piney, 
ambassadeur de la Noblesse de France auprès de Sixte V, par 
Philippus Thomassinus Gallus. Privilège décennal de 
Sixte V. B. IN. 

2 étal : le nom de Thomassin est effacé. 

H 3 Henri IV, 280 X i90, d'après Franc. Bunel, saisi et 

détruit par l'Inquisition, en mai 1590. Distique : Pinge pietatem, 

i fulmen.. B. N., Mns. 

Il<;-] 17 85-86. Jésus-Marie, 250 X 185, d'après Jules 
i lovis, Ph. 'lit et I". Turp Socii exe. Privilège décennal de 
Sixte \ B. .N. 



DE PHILIPPE THOMASSIN 7!' 

118-158) \ i ta B mœ JVirgiDis, en 21 estampes, I7:i X 130, 
dédiée à Emilie Orsini, supérieure du couvenl bénédictin de 
S" Vmbroise, à Rome, par Philippus Thomassinus Gallus 
L590. Cor. 

151)) 25. " Repos en Egypte, 502, m. 15 > 235 . d'après 
Ventura Salimbeni, Phil. Th. fe, Ph. Th. clin Turp. Socij 
exe. Privilège décennal de sixte \. b. N. 

2 e étal : le nom de Tbomassin a été effacé. 



1591, à. 29 ans. 

140 12. ' Annonciation ,566, ni. 10 X 275, d'après M. I ré- 
minet, dédiée au card. .lui. \nt. Santorio, de S' Séverine, 
g d Inquisiteur, par Philippus T ho massin* Gallus 1591. Phil. 
Th. et lo. Turpin* socij exe. Privilège décennal de Gré- 
goire \I\ . B. N. 

lit 120. Apothéose de Marie, 360 X 250, d'après Fréd. 
Baroche, dédiée au même cardinal, par Phls. Thomassin" 
Gall. 1591. Ph. Th. et I". Turpin socij exe. Même privilège. 
Etat ultérieur : Gio. lacomo Uossi... à la Pace. B. N. 

l 'ri 55. Flagellation, 355, m. 25X262, d'après M. Fré- 
minet, Phls et lo. Turpinus exe. Privilège décennal de Gré- 
goire \1\. Dédicace de Turpin au card. Bonello, de S" M. 
Minerve. B. N. 

145) 125. Vierge au rosaire, 593, m. 15 X 317, d'après 
Ant. Tempesta, Phls et /<». Turpin* soci exe. Privilège décen- 
ual de Grégoire XIV. Même dédicace. 

144; 15. * Adoration des Bergers, 580, m. 10 X 267, d'après 
Potenzano, de Païenne. Privilège décennal de Grégoire \l\ . 
Dédicace de Joannes Gallus au cardinal Vlendoza. Etal anté- 
rieur: Phls et lo. Turpin 3 exe.?) Etal postérieur: chez 
Francesco Palmiero. B. N. 

Tableau peint pour Philippe II, roi d'Espagne. 

145] 139 s. Sébastien, 495 X 212, d'après M. Fréminet. 
Phls et In. Turpinus socij excud. Prn ilège déceunal. -" état : 
Phls et et socii sont effacés. B n. 

146-1-47 S7-8H. Ecce homo, Mater Dolorosa, 238 X 17-1, 
dédiés à Léonard Abri, évêque de Sidon, par Phls Th. B. N. 



80 i\ VIE Kl LES OEUVRES 



1592. à 30 ans 



l W 25. " Baptême de Jésus, 590 X 270, d'après M Fré- 
minet. Phls fe. Phls et lo. Turpin* excud. 1592. Privilège 
décennal. B. N. 

I i!) 1-2(1. S te Marie du Peuple, 495 X 361, Ph. Th. 1592. 
Privilège décennal de Grégoire \l\. 2* j état: la signature est 
effacée, mais encore visible. Alb. 

150 28 ' Noces de Cana, 265, m. 22 X 205, d'après Denys 
Calvaert. Phls Th. 1592 les dédie à Léonard \bel, Phil et 
i l rpin socij exe. Privilège décennal. 

2 e étal • les noms des auteur et éditeurs sont effacés. B. N. 

151-170) 53. Passion, en "20 estampes, 171, m. 15 X 1«52, 
il après .1. Stradan, copiée sur Collaert, édition d'Anvers, chez 
Phil. Galle. Citée par les auteurs. 

171 91. Vierge à la rose, 181, m. 5 X 130, Phls et lo 
Tari'' 

± état : Phls et effacé. .">•■ état : Calisti Ferantis t. B. N. 

(1593-94) 1595, à 33 ans. 

172 359. Henri 1\ . 245, m. 25 X 200, Phls et lo Turpin» 
■ d. Dédicace à Henri I\ , par Philippus Thomassinus 

Trecensis MDXCV. 

173) 360. * Duc de Mercœur, 260, m. 21 X 202, Phls 
Thomassinus fecit 1595. (Planche IV.) B. N. 

1596, à 34 ans. 

17 i 56. Flagellation, 28(1. m. 17 X 213, d'après Paul 
Brameri de Païenne. Phls et lo. Turpinus excud 15ÎJ6. Privi- 
lège décennal. 2 U état : Phls et effacé. B. N. 

17.') 259 ' Meditatio OEternorum, 409, in. 18 X 306, 
d'après Gasp. Trini, Phls et lo Turpin* exe. Dédicace de 
Turpin. 1596, a Sulp. Constantio, évêque de Nocera. B. N. 

Copié à Anvers par \. Wierix et dédié à l'archiduc Ubert, 
1599. 

170 358. Colonne Auisson, 550 X. 510, pTSet lo Turpin 
dédiée à Henri l\, par Philippus Thomassinus, mai 15!>ti. 
Privilège décennal. 

i opiée par Matin, Greuti r à Lyon. 




V. — Galathée — 1619 ;Cat. 



DE PHIUPPE^THOMASSIN 81 

177) 209. Saints de Todi, 300, m. 49 X 243, d'après Ferrai) 
de Faenza. Phls. Th. fe, dédiés à Angelo Cesi, évêque de Todi, 
par P. P. Sensini, 25-7-1596. B. Y 

178; 210. B. Jacoponi de Todi, 225, m. 40 X 202, pTs p, } 
dédié au card. Cusano, par P.P. Sensini, 24-11-1596. 

179 213. ste Anne, 415, ni. 22 X 511, pTs et lo Turpin 
ex. En marge. Y Ave Maria de l'Immaculée Conception. 2 e état: 
pTs et etïacé. B. N. 

1597, à 35 ans. 

180) 00. Jésus dormant, 407, m. 25 X 300, pTs exe. 1597. 
Privilège décennal. B. N". 

181 ) 96. S u> Famille, 450, m. 50 X 511, d'après Franc. 
Vauni, Phls et Turpin* ex 1597, dédiée au card. Ascauio 
Colonna, par Ph. Thomassin. Privilège décennal. B. N. 

182) 25. Enfance de .Nazareth, 205, m. 14 X 275, Phls et lo 
Turpin excud. 1597, dédiée aux enfants François et Constant 
Patrizi, par Ph. Thomassin Scalptor. Privilège décennal. 
2 e état: chez 1.1. Ros.si. B. N. 

185; 245. Les 28 ordres de S 1 Augustin, 551, m. 26 X 491, 
Phls et lo Turpin exe 1597, dédiés au R. P. André Fivizan, 
général de l'Ordre, par Ph. Thomassin. Privilège décennal. Alb. 
2 e état: Phls et effacé. 

184 6. Déluge, 527, m. 17 X 445, d'après Théod. Bernard, 
d Amsterdam, copie sur Jean Sadeler. 1572. un sur imitation 
de 1591. Phls et Ju Turpin exe. 1597. 

185-195) S te Catherine de Sienne, en 11 estampes: Vie et 
Miracles, d'après Franc. Vanni, chez Florimi, à Sienne, 1597. 

496) 155. "Chemin de Damas, 403 X 547, d'après Séb. 
Vrancx, Phls et lo Turpin exe. 1597. Privilège décennal. 
Dédicace de Ph. Thomassin à Séraphin Olivier Bazalio, doyen 
de la Rote. 2 e état : au nom de Thomassin, Turpin a substitué 
le sien. 5 e état: chez Calixte Ferrant. B. N. 

1598, à 36 ans. 

197; 311. Philippe Benizzi, 479 X 382, d'après André del 
Sarto. 2 e état: dédié, en 1604, au B. P. Gabriel, de Venise, 
général des Servites, par Ioes Turpinus Gallus. 

6 



82 I.A VIE ET LES OEUVRES 

La fresque esl au cloître de la Nuoziala, de Florence. Le 
dessin se trouvait, en 1794, dans la collection du prince de 
Ligne, v l'Albertine aujourd'hui ? 

198-204) Arts libéraux, en 7 planches, 250 X 150, d'après 
Martin de Vos. copiés sur VViérix. Dernier état: Calcograûa 
camerale, 1779. 

205-219 Vertuset Vices, en 15 planches, 230X*50, copiés 
sur Henri Goltz, dédiés à Séraphin Olivier par Ph. Thomassin. 
2 e état: chez Turpin; 5 e état: chez Calixte Terrant, 1051. 
Dernier état: Calcogr. camer., 1779. Cor. 

7 Vertus: loi, Espérance, Charité, Justice, Prudence, Force, 
Tempérance. 

7 Péchés capitaux: Orgueil, Gourmandise, Luxure, Colère, 
En\ie. \varice, Paresse. 

220-223) Les Quatre Heures du jour, copiées sur Henri 
(.oltz. Dernier état: Calcog. cam., 1779. 

224] 21(3. S"' Appolline, 590 X 2G4, d'après Richard Ripa- 
nelli. P /ils et lo Turpin exe, dédiée à Séraphin Olivier par 
Thomassin en 1598. Privilège décennal. B. N. 

:r. ; î- [Abraham s'exilant], d'après Jacques da Ponte, le 
Bassan, œuvre de Gilles Sadeler, 1590, copiée par Raphaël 
Guidi, Plus et Io Turpin exe, 1598. Vat. 

224 3 ) 58. [Golgotha], 471, m. 51 X r >Ul, d'après Christophe 
Swartz, œuvre de Gilles Sadeler, 1590, copiée par H. Guidi, 
Phls et Io Fui pin exe. dédié à Séraphin par Thomassin, 598. 

B. N. 

225 67. Jésus et Madeleine, 205, m. 15 X 210, d'après 
Barthélémy Spranger, copié sur Gilles Sadeler, Phls et Io 
Turpin exe, 1598. 2 e état : Phls et effacé. 

22G Jardin des Ecritures, en 128 modèles, 175 X 240: 
frontispice d'après Camille Spalucci, Phls Thomassinus fe, 
1598, suivi des deux portraits ci-après. Cor. 

227) Cardinal Pierre Aldobrandini, a 26 ans, 175 X 240, 
d'après Ant. Tempesta, Phls Thom s scalpsit. Cor. 

228 Marc Antoine de Kossi, a 21 ans, 175 X 240, d'après 
C. Spalucci. Phls Thomassinus scalpsit. Cor. 

229) 125. Rosaire de Jésus, 550 X 380, Phls Thomassinus 

i 1598, dédié au card. d'Avalos d'Aragon par le R. P. Michel 

Llot de Ribera. Privilège décennal. Alb. 



DE PHIIIPPE THOMASSIN 83 

250 124. Rosaire de Marie, 530 X 580, Phls et lo Turpin 
exe, dédié à l'Ambassadrice d'Espagne à Rome, Jeanne d'Ara- 
gon, duchesse de Sessa, par M. Llot. Même privilège. Alb. 
2 1 ' état •. le nom de Thomassin a été effacé. 

1599, à, 37 ans. 

251) 18. Adoration des Mages, 400, m. 20 X 274, d'après 
Cam. Spaiucci, Phls scalpsil 1599; Phls et lo Turpin ex. 
Privilège décennal. Dédicace de Spaiucci a César Magalotto, 
amiral de la Hotte ponlilicale. 2 e état: Phls et ell'acé. B. V 

252 140. 6'. Sébastien, 229, m. 15 X 512. CO pié (?j sur 
Pierre de Jode. Phls et lo Turpin exe, 1599, dédié a Marcel 
Vestri Barbiano, réfendaire des signatures, par Phil. Tho- 
massin. B. N. 

233i 552. * Triomphe des Beaux-Arts, 006, m. 18 X 4-98, 
d'après B. Spranger, d'Anvers, copiée sur J. Muller, d'Anvers, 
1597, Phls et Turpin exe. Dédié a Marcel Vestri. 2" état: 
Phls et effacé. 

234) 205. S 1 François d'Assise, 201. m. 20 X 203, d'après 
Joseph César d'Arpino, copié sur Théod. Catle, édition de Phls. 
Galle, d'Anvers, Phls et lo Turpin exe. 1599. 

2j4 2 ) OG. [Jésus au tombeau], 585 X 265, d'après Mare 
Angelo del More, œuvre de Martin Rota, copiée, en 1597, par 
Gilles Sadeler; copie de cette copie par le Maître au clou, Phls 
et lo Turpin exe. 1599. 2*' étal : Phls et effacé. 

235) 8. Suzanne, 270, m. 20 X 210, d'après Henri Goltz, 
copiée à rebours surSaenredam. Phls et lo Turpin exe., 1599. 
2 e état : Phls et ei'i'acé. 

250 9. Judith, 267 , m. 21 X 215, d'après Jean von kachen, 
copiée sur Gilles Sadeler, Phls et lo Turpin exe, 1599. 2 e état: 
Phls et effacé. 

257) Femme adultère, 250 X 348, d'après Fréd. Zuccaro, 
Phls et lo Turpin exe, 1599. Vat. 

257 2 J 29. [Madeleine], 555, m. 45 X 278, d'après Fréd. 
Zuccaro, par A. Caprioli. 2 e état : Phls et lo Turpin exe, 1599. 
3 e état: Phls et effacé. 4- état: chez J.-J. Rossi. 

237 3 ) [Crucifixion], 537 X 250, par A. Caprioli. 2' état: 
Phls et lo Turpin exe, 1599. 



84 LA VIE ET LES OEUVRES 

238 h- Mariage de Rebecca +, 305 X 1920, d'après Balt. 
Peruzzi, par Ghisberl van Veen, de Leyde, 1589. 2 8 état: Phls 
Thomassinus et lo Turpi?ius exe, 1599, dédié au R. P. 
Angelo Rocca, sacriste du S. Pontife, par Phil. Thomassinus 
Gallus. B. Ang. 

239 363. -f Tombe de Médicis -f , 410, m. 12 X 2"2, par 
Corneille Cort, 1570. 2 e état: dédié à Maximien Bruno, curé 
de Saint-Sauveur in Lauro, par Phil. Thomassin. I*. Y 

-240 1 5. -+- Eve créée + 282, m. 40 X 235, d'après Fréd. 
Zuccaro, par C. Cort, î572, chez J.-B. Cavalleri. 2 1 ' état: au lieu 
de Cavalleri, Phls Thomassin et lo Turpin exe. 5 e état: chez 
Dominique Rossi, héritier de Jean Jacques. 4 e état: Calcog. 
camér., 1770 

1600, à 38 ans. 

241 361. Cent Capitaines], vol. in-4°, texte avec 100 por- 
traits gravés par A. Caprioli, 1596. 2 e édition: Filippo Thomas- 
sino et Giovan Turpino, 1600; privilège décennal; dédiée à 
Henri IV, le 10 lévrier 1000, par Philippe Thomassin, graveur 
sur cuivre, de Troyes. 5 e édition : chez Pompilio Tutti, libraire 
à Rome, 1635. C. N. 

1601, à 39 ans 

242-255) 145. Les Docteurs de l'Eglise, images populaires: 
Pierre, Paul, Etienne, Laurent, Jérôme, Amhroise, Augustin. 
Grégoire, Dominique, François, Albert, Catherine de sienne, 
402 X 567, d'après Fr. Vanni, chez Denis de Cavalleri, 1601 : 
Etienne et Laurent, dédiés au chev. Aut. de Pinos; Catherine, 
au card. Sainte Cécile Sfondrato), par Cavalleri. Anonyme. 
2 état: chez André Vaccari, 1604. Le catalogue de Vaccari, 
de 1614, attribue la série à Thomassin. 

1602, a 40 ans. 

•±'.\\ 241. Vaisseau ou Triomphe de l'Eglise, en H feuilles, 
1.020 X\.4'ù(); Filippo Thomassini, 1602, dédié à Séraphin 
olivier, patriarche d'Alexandrie, par ' Philippus Thomassinus. 
2 e état: chez J.-.J. Rossi. 5 e état: à la Calcog. camér., 1779. Cor. 



DE PHILIPPE THOMASSIN 85 

2.'>5 Ô78. Thèse aux armes « 1 1 j card. Rusticucci, Pégase, 
238 X 287. b \. 

256 129 Y-D. de Lorette, en 2 feuilles, 422 X 722, 
d'après Pompée, d'Aquilano. Phil. Thomassinus excud. 

2571 69. Pentecôte, 523 X 205, Phls Thomassinus fec. 

B. Y 

1603, à. 41 ans. 

257-) 230. [Jugement dernier . 505 X 325, de Franc. Villa- 
mena, Phil ex., dédié au card. Sainte-Cécile (Sfoodrato), par 
Phi lippus Thomassinus, 1603. 

Copié k Paris. 

257 3 » 7. David ,515 X 326, d'après Mipp. Andréas, par F. 
Villamena, Philip pus Thomassinus exe, 1603. 

2o8j 130. N.-D. de Lorette, 533X370, d'après César Conti, 
Philippus Thomassinus exe, 1603, dédiée au card. Pierre 
Udobrandini par Conti, d'Ancône. 

1604, à 42 ans 

25!)-266î 251. œuvres de Miséricorde, en 8 feuilles 
557 X 494, Philippus Thomassinus fec. et exe, 1604, dédiées 
au card. Séraphin Olivier par Thomassin. 2° état . J.-J. Rossi, 
1648. 5 e état: Calcog camér., 1779. R. N. 

1605, à 43 ans. 

267) 64. 'Jésus au tombeau, 520 X 340, d'après Joseph 
Heinz, suisse, œuvre de Gilles Sadeler, chez P. de Jode, 1595, 
copiée et dédiée au card. Franc, de Sourdis, archevêque de 
Bordeaux, par Philippus Thomassinus. R. N. 

267= Léon \I. 2 e état du Sixle V u° 2: tête seule changée, 
chez A. Vaccari. Cor. 

267' Paul V, 3 e état du sixte, V n° 2: tète seule changée, 
chez A. Vaccari. Cor. 

268 379. Thèse : armes cardinalices, au pal chargé de 

3 abeilles, 229X330, Philippus Thomassinus fecit et excudit. 

2 e (Hat: armes des Colonna substituées. B. V 

26!)) Thèse aux armes du card. Petrocchi, éléphant et tour. 
270 X 400, Phil* Thomassinus fec. B. N. 



s " LA MF. ET LES OEUVRES 

270) 220. S" Cécile, Ihèse, r>55 X 138, d'après Gaspard 
Co lio, Philippus Thomassinus fecit. I er état: dédiée au card. 
Sainte-Cécile? 2 e état: dédiée au card. Madruce par Jacques 
Migazzi, de Trente. B. N. 

271 Thèse aux armes du card. Madruce, 2, K i8 X 330, Phls 
Thomass. fecit, dédiée au card. évéque de Trente, prince de 
l'Empire. Cor. 

272 381. Thèse: icademia Elevatorum (droit?) 214 X270, 
Philippus Thomassinus fecit. B. N. 

273) 382. Thèse: Vcademia Profundorum, 200 X 216, Phi- 
lippus Thomassinus fecit. B. N. 

274 Thèse: Uademia Christiana, 260X328, d'après l>. Fr. 
Nappi, P/ils Thomassinus fecit. 

275 57,'). Thèse aux armes des Médicis, 288 X 423, d'après 
Joseph C. Arpino, Philippus Thomassinus fecit. V> N 

27(> "80. Thèse aux armes du card. Arrigoni, 306 X 418, 
d'après Roncanelli, Philippus Thomassinus sculpsit. B. N. 

1606, à 44 ans. 

J77 2^21). Jugement dernier, en 8 feuilles, 1.480 X 1030, 
apud Phil. Thomassin sculpt., dédié au card. Irrigoni par 
Ph. Thomassin, 1606. 2 e état : chez l.-.l Rossi. 3 e état: Calcog. 
camér., 1779. Cor. 

278} Camille Borghèse, enfant. 130 X 212, Phls Thomas- 
sinus fecit. Cor. 

1607. à 45 ans. 

279 1 i.">. Madone de Terni. ."8.") X 270, d'après Rien. Ripa- 
neJli. Philippus Thomassinus fecit et excudit, 1607, dédiée 
a Louis Ripa, évéque de Terni, par Ripanelli. All>. 

2"éiat: et excudit est remplacé par Indr Vaccarius 
formis, 16I4. 

280 ~:'û. Paul V. thèst!, 2ol X468, Philippus Thomassinus 
lédié à l'an! \ par Hipp. Strada. rien du Séminaire 

romain 2«état: Paul > est remplacé par la Sapience avec armes 

lonna. 3 e état: dédié au card. Savelli. 4 ,; état: au card. 

Pio. B. N. 

281 "il Fil, veuve de Naïm, 102 X 298, d'après 



DE PHILIPPE TH0MASS1N 87 

Fréd. Zuccaro, P/tls Thomassinus sculpsit, dédié à Henri IV 
par Pierre Stefanoni, de Vicence, éditeur à Rome (voir 111°). 

Le tableau original est à Orvietto. 

282] 574. Rodolphe II, empereur, thèse. 228 X 297, d'après 
DonatParigi Philippus Thomassinus sculpsit. B Y 

28-" Thèse aux armes de Borghèse, 220 X 290, Philippus 
Thomassinus fecit et excudit. R. Y 

284; 377. Thèse aux armes des Gonzague, 525 X 405, Phi- 
lippus Thomassinus fer. et exe, dédiée à François de Gon- 
zague, marquis de Castillon. B. V 

1608, à 46 ans. 

284 1 ) 151. S' François d'Assise 95, m. 14 X 73, Vita et 
Miracula Ser. Pal. S u Francisco, vol. in-8°, en trois langues, 
avec 52 estampes de Fr. Villamena; dédicace a André Catalan, 
de Toro, par Phil. Thomassin, Ph. Thomassinus exe, 1608. 

284*) 225. [S*e Catherine de Sienne; . 95 X 73? Vita et 
Miracula, vol. in-8*en trois langues, Phls Thomassinus exe, 
1608? 

1609, à 47 ans. 

2X5 562. Uoph. de Wignacourt, 187 X 452, /Ws Thomas- 
sinus fec, aux Statuts de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, 
édités en 1609, à Rome, par les imprimeurs de la Chambre. 15. Y 

280 Paul Y, 557 X H>4, d'après Augustin Ciampelli, Phi- 
lippus Thomassinus Trecensis sculpsit, dédié à Paul V par 
François Soriano, maître de chapelle à S*-Pierre, frontispice 
des messes de l'organiste imprimées chez Robblet, a Rome, !(>•>!•. 

Cor. 

287) 219. s' c Euphrosine, 490 X 370, Phls Thomassinus 
excud., dédiée aux amis de la Sainte par Philippus Thomassinus 
Trecensis. 

288 Golgotha,320 X'220, d'après Gnido Reui, Phls 
je. 

Le tableau est à Saint-Laurent in Lucina, à Borne. 

1610. à 48 ans. 
289] 2-44. -f Incendie du Bourg -r . 57(1 i5.Y d'après 



88 LA VIE ET LES CEI VRES 

Raphaël Stances du Vatican . par Philippe Soye (?). 2 P état: 
chez Salamanque, 1545. 3 e état: cintré, Phls Thomassinus 
1810, dédié à Pierre Lanzio, de Rimini, agent de la Roma- 
gne à Rome, par Philippus Thomassinus trecensis. 4 e (Mat : 
J.-J. Rossi. 5 e état: 1914 à la Calcog. real. n°829. 

290 19. -I- Adoration des lîois -\-, eu sept feuilles, 
1.120 X 1-040, d'après Hait. Peruzzi, par Augustin Carrache, 
dédiée au card. Paleotti. 2 e état: Apud Philippum Thomas- 
sinum, dédiée au card. Tonti par Phil. Thomassin Trecensis. 
5'' état: chez ) -l. Rossi, à San ta-M aria de Pace. 4 1, ( ; lat : à la 
Calcog. caniér.. 1779, 

291) 204. -f S 1 François d'Assise +, 457. in. 15 X 315, 
gravé par Aug. ('.arrache, à Bologne. 1586. 2' 1 étal : Et nunc 
apud Phillppù Thomassinù. 5 e état: J.-J. Bossi, 1649, alla 
Pace. 

292) 214 S* Charles Borromée, 322 X -10, d'après J.-B. 
Ricci, de Xovare, dédié au card. Odoard Farnèse. 

l.e tableau est à Saint-Onuphre au Janicule. 

1611, à 49 ans. 

295) 5. 'Chute de Lucifer, cn9 feuilles, 1.630. in. 41 X 1160, 

d'après Ricci, de Novare, a Philippo Thomassino Trecens Inc., 
dédiée par Thomassin a Angelo Damascène, chanoine de Saint- 
Pierre. 2 e étal : J.-J. Rossi. 5 e état: Calcog. camér., 1779. Cor. 

294) 288. Stato Rustico ? 252 X MH, d'après J.-P. Pagi, de 
Gènes. Phls Thomassinus sculp., dédié par lui à J.-B. Ricci, 
de \ovare. R. i\ 

295] 142. s. S. Nérée et Vchillée, thèse 491, m. 15 X 357, 
a dédier au cardinal du titre. B. N. 

1612. à 50 ans. 

296) 229. Signes de la lin du Monde, en 8 feuilles, 
1.470 X 1.060. apud Phil. Thomassinum, dédiés au card. de 
.lieuse, doyen du Sacré-Collège, par Philippus Thomassinus 
Trecensis. 2 e «Mal : J.-J. Rossi, 1648, alla Pace. 3 P état: Calcog. 
camér., 1779. Cor. 

297) 228. Triomphe «le la toi, en 2 feuilles, 780 X o10, 
Phls Thomassinus f'ecu et excudit. Mb. 



DE PHILIPPE THOMASSIN 89 

298) 16. 'Adoration des Bergers, 470. m. 1 i X 330, d'après 
Ventura Salimbeni, Philippus Thomassinus sculpsit et excudit, 
dédiée à René Faroèse, duc de Panne, par Léonard Novelli. B.Y 

1613, à, 51 ans. 

299) 20. ^Adoration des Huis, d'après Fréd. Zuccaro, Phls 
Thomassinus fec. et exe, 1613, dédiée par lui à P. Lanzio. 
2 e étal: .I.-J. Rossi. Dernier état: 1914, à la Calcog. reale 
n» H08. 

Le tableau est a Saint-Franeois-de-la-Vigne, à Venise 

300) 138. S« Corneille, centurion, 325, m. 50X250, d'après 
Tempesta, Thomass* sculp.. 1615, dédie au Saint par Corneille 
Franciscuti, pour uu missel. Cor. 

301) S' Corneille, pape, 565 X -43, d'après Tempesta, Phls 
Thomassinus scalp , 1613, dédié an Saint par C. Franciscuti, 
pour un missel. Cor. 

302) Plan de Spolète, vue cavalière, 400 X 555. d'après le 
jeune Parenti, Phls Thomassinus fec. exe, dédié par liane. 
Parenti, le père, à Paul-Jordan Orsini, duc de Bracciano, le 
1 er déc. 1615. Cor. 

1614. à 52 ans. 

302*) 13. [Annonciation], 515, m. 10 X 331, d'après Hipp. 
Andréas, par Villamena, Philippus Thomassinus ex( udit, 
1614, dédiée par lui à Luc Semproni, de Rimini, évêque de 
Citta di Castello. 

303) 70. Portrait de Jésus, thèse, 532 X 427, Phls Tho- 
massinus fecit et <\rcudit, 1614, dédiée à Garcia Millino, 
cardinal-vicaire. B. V 

304) 94. Sainte Famille, 455, m. 15 X 335, d'après Jacq. 
da Ponte, le Bassan, dédiée par Phls Thomassinus à Gabriel 
Falcon, sénateur (maire) de Rome. B. N. 

305) 65. Jésus au tombeau, 299, m. 11 X 440, d'après le 
capucin Cosmo Piazza, dédié par Philippus Thomassinus aux 
Conservateurs (échevins) de Rome, le 23-12-1614. B. N. 

La peinture originale sur ardoise est au Palais t\e^ Conser- 
vateurs iCapitole), à Rome. 



0(1 LA VIE ET LES ŒUVRES 

506 1^28. N.-D. des Lumières, 5S5 X 270, dédiée aux 
Consuls et Anciens de S. Séverine-, par Philippus Thomas- 
sinus, 1014. B. N. 

307; 97. N.-D . S» Bernard. S te Catherine, 305, m. 15 X 433, 
d'après Barthold. Pacchiarotti, Phls Thomassinus sculp,, 
dédié par lui à René Margarucci , noble de S. Severino. B. N. 

1615, à 53 ans. 

508) 134. N.-D. del Pilar, 586, m. 46 X 312, d'après 
Charles Saraceni, de Venise, Philippus Thom. sculp., 1615, 
dédiée par le ehev. Ant. Pinos au Chapitre de la basilique. 

309) 10. 'Présentation, 633, m. 12 X 417, d'après Fréd. 
Baroche, Philippus Thomassinus sculp., dédiée, le 3 avril 
1615, par le l) r fortes à ses cousines. 2 e ou 1 er état: dédiée au 
R. P. Antoine-Marie Caballo, de l'Oratoire, par .1. Tho Mazzi. 
.y- état: J.-J. Rossi. 4 e état: 1914, à la Calcog. realen°84. B. N. 

Le tableau est à Sainte-Marie Vallicelle, à Rome. 

340 191. Apothéose de Marie, 452, m. 15 X 308, d'après 
Bernard Castelli, Phis Thomassinus sculp. et exe, 1(515, 
dédiée par Thomassin au C te Franc. Trivulce. lieutenant- 
gouverneur de Rome. Copiée par Calle, à Anvers. B. N. 

511) 95. Sainte Famille, 152, m. 18X346, d'après Paul 
Farinati, Véronèse, dédiée par Philippus Thomassinus, à 
VI. Cirocchio, procureur publie. B. N. 

312 26. 'Baptême de Jésus, 555, m. 25 X 408, d'après Fran- 
cesco Rossi-Salviati, Phls Thomassinus sculp. et exe, 1645, 
dédie par Thomassin à Jean-Ant. Sar/.ello, chanoine de Rimini. 
2 état: J.-J. Rossi. Dernier état: 1914, à la Calcog. reale, 
q° 752. B. N. 

Vers 1750, le dessin original de Salviati se trouvail chez 
Mariette. 

315 53. Jésus el les instruments de supplice, 26K, m. 

27 X 345, d'après M. Fréminet, Phls Thomassinus f'ecit et 

udit, 1615, dédié par lui à J.-B. Guidetti, chanoine de 

Rimini. B. V 

314) !i. M. Pasidea Crogi, capucine de Sienne. 348 X 225, 
Phls Thomassinus fe., 1615. B. N. 

515 292. 'Danse des Muses, 294, m. 16 X 707, d'après 



DE PHILIPPE THOMASSIIS 91 

Balth. Peruzzi, Philippus Thornassinus sculp. etexcud., 1615, 
dédiée par lui à Alexandre Santinelli, des comtes de Méîulle. 
2e état: J.-.I. Rossi. Dernier état: 1914, à la Cale, reale, n n 598. 

B. N. 

1616, à. 54 ans. 

516j 205. S* François d'Assise, 400, m. 16 X 310, d'après 
Christ Ailari, le Bronzin, Phls Thornassinus sculp., 1616, 
dédié par lui au C te Antoine Santinelli, agent du duc d'Urbin, 
à Rome. 

517) 1. Trinité, 59<S, m. 17 X 504, d'après Jacques Zucca, 
Phls Thornassinus sculpsit, 1616, dédiée par lui à Jacq.- 
Philippe Spada, noble de Brasighella. ;;. \. 

518) 207. S* François de Paule, 457. m. 25 X 325, d après 
Claude Démet, Phls Thornassinus fe., 1616, dédié à Paul V 
par les Minimes français de la Trinité des Monts. 2 e état : J -.). 
Rossi, 1649. 

Le tableau original est mentionné à l'inventaire de Déruet, 
1662, Nane\ . 

1617, à 55 ans. 

519) 57. Jésus condamné, en 5 feuilles, 185, m 19 X ' 120, 
d'après Claude Déruet. Philippus Thornassinus sculpsit et 
('.rendit, dédié par lui au card. Fabrice Veralli. 2 élat : .!.-.!. 
Rossi, 1649. .V état: Calcog. camér., 1779. B. \. 

Sur la pomme d'un fauteuil, portrait de Déruet. Le tableau 
original figure à l'inventaire de Déruet, Nancy, 1<>62. 

520} 24. Jésus à 12 ans, 454, m. 15 X 295, d'après Fréd. 
Zuccaro, dédié au R. P. Vntoine Marzer, général des Francis- 
cains, par Philippus Thornassinus, sculptor, 1617. 2'' état : 
.I.-.I. Rossi. R. V 

521 221. s" Cécile. 429, m. 20 X 288, d'après Raphaël, 
Phls T/iomassinus fe. et exe, dédiée par lui à Hipp. Ylariano, 
de Ri mini, l ,r mai 1617. ± état: J.-J. Rossi. 3< état: 1911, 
Calcog. réale, o° 916. l>. V 

L'original était a l'église Saint-Jean, de Bologne. 

522 227. * Rédemption, 500 m. S X 550, d'après Georges 
Vasari, Phls Thornassinus sculp. et exe, dédiée par lui a 
Alexandre Gambalonga, noble de Rimini. B. .Y 



02 LA VIE ET LKS ŒUVRES 

rableau original aux s . s. Apôtres, réplique aux Offices, 
1 181 . « Florence. 

525 (>2. Descente de Croix, "^92 X 193, d'après Louis 
Cigoli, Thomassino frr.. dédiée à Ottavio Capponi pur \ui. 
Corenxano, éditeur à Rome. 

524i <'>9. -|- Golgotha -j-, -SI7. ni. 10 X 360, d'après Michel- 
inge, par Philippe Soye, 1568, chez Lafrère, dédié au card. 
Bonello. 2 état: retouché. 3 e état: /'//As- Thomassinus excudit, 
dédié par lui a Jules-César Santinelli, commandeur de Malle, 
'i étal : .I.-.I. Rossi, 1649. 

325 242. + Ecole d'Athènes +, en 2 feuilles, 495 X 808, 
d'après Raphaël, aux Stances du Vatican, copiée sur Georges 
<ihi-i. de Mantoue, 1550, par un inconnu chez. Nelli. 1572. 
2 e état: Paulus Athenis... Phls Thomassinus exe, dédiée par 
lui au l>' J.-B. Figoui (Figueras?), 1617. ,"> e état: .I.-.I. Rossi, 
1648, sans nimbes. Dernier état: 1914, Calcog. reale, n° 828. 

B. N. 

326) 24Ô. -J- Dispute du S. Sacrement -\-, en 2 feuilles. 
'(!>-> X 850, d'après Raphaél au Vatican, copiée sur Georges 
Ghisi, chez Nelli. en 1572. 2e état: Phls Thomassinus exe, 
dédiée par lui au R. I'. Ilyae. Petronio, maître du Palais (cen- 
seur . 7r état: J.-J. Rossi, 104X. Dernier état: 1914, Calcog. 
q«827. B. N. 

027 HO. S* Grégoire, MIS X 370, d'après Aug. Ciampelli, 
Phls Tnomassinus f'ecit, dédié par lui au R. P. Grég. Donato, 
dominicain, censeur. Regina cœli en musique. B. N. 

1618, à 56 ans. 

328 + Sibylle de Tibur ou Urne funèbre +, 400 X 260. 
d après Raphaël, par Marc \nt. Raimondi. Ktat ultérieur, chez 
l'homassin, puis chez .1.-1. Bossi. Dernier état: 1914, Calco- 
irralia reale, n" 917. 

02!) -f- Constantin défait Maxence -j-, d'après Raphaél. Etat 
ultérieur chez Thomassin, cité par Nagler. 

330 -+- Sarrazins à Ostie -f-. d'après Raphaël. Etat ultérieur 
chez Thomassin (Nagler). 

331) 294. H- Apollon el Marsyas -1-, 180 X 282, d'après 
Raphaël, parle Maître au Dé (Béatrizet?). Etat ultérieur: apud 
Philippum Thomassinum. Etat suivant: J.-J. Rossi. 



DE PHILIPPE THOMASSIN 0.'{ 

332) 555. -f- Scipion el Sisace -f-, 215 x 245, d'après 
Raphaël, par le Maître au Dé. 2e état: chez Lafrère. 5 e état: 
Sumptum ex fragmentis. i état: ISS, m. S X 245, Phls Th »- 
massinus l'jc. 

555) 554. + Triomphe de Scipion -}-, 212 X 246. d'après 
Raphaël, par le Maître au Dé. 2 état: chez Lafrère. 5 f étal: 
Sumptum ex. 4 e état: 1S7. m. 15 X 246, PA/s Thom exe. 

554i 501 . + Enée et Anchisc -|-, 225, m. 50 X 182, d'après 
Raphaël, par le Maître au Dé. Etats ultérieurs: Lafrère; P/ils 
Thom. exe. 

555) 295. -j- Hercule chasse la Cupidité +,224, m. 26X180, 
d'après Balt. Peruzzi, par le Maître au Dé. Etats ultérieurs: 
Lafrère; Phls Thomassinus exe. 

336) 291. -\- Gaoymède -f-, 415 X 275, d'après Michel \nge, 
copié sur un graveur, inconnu, de Lafrère. Etat ultérieur: Phls 
Thomassinus exe. 

Le tableau a été cédé, au XVIII e siècle, par les Odescalchi au 
duc d'Orléans. 

557) 290. + Phaëton -f-, 400 X 281, d'après Michel Ange, 
copié sur Beatrizet le Lorrain. Etat ultérieur: l'hls Thomas- 
sinus for mis. 

558-540) 508. -f- Trois Esclaves -f-. 517 X 206. d'après 
Michel Ange, par Chérubin Albert, 1575. chez Lafrère. 2 e état : 
chez Orlandi, 1602. 5 e étal: Philippus Thomassinus exe. 
4 e état: J.-J. Hossi. Vat. 

541) 571. Quatrième esclave, 517 X 206, d'après Michel 
Ange, Phls Thomassinus fe. 2e état: J.-J. Hossi. 

Fresques originales des Esclaves a la voûte de la chapelle 
Sixtine. 

542) 555. + Femme d'Asdrubal +, 225, m 15 X 170, 
d'après Michel Auge, copiée sur P. VVoeiriot. Etat ultérieur: 
Phls Thomassinus exe. 

545) 289. -+- Sacrilice à Priape -f-, 121, m. 50 X 285, 
d'après Jules Romain, par le Maître au Dé. Etat ultérieur: Phls 
Thomassinus exe. 

544) 286. -f- Cybèle +, 214. m. 51 X 180, d'après Jules 
Romain, par le Maître au Dé, chez Salamanque. 2 e état-, chez 
Lafrère. Etal ultérieur: chez Thomassiu. 



94 LA VIE II I ES OEUVRES 

343-348 295. -h Daptané -h, 215, m. t>:i X 178, d'après 
Jules Romain, par le Maître au Dé, n os 'le I a i. Etal ultérieur: 
numéros effacés; Phls Th wi. exe. 

549) 299. -f Procris -h. 387 )< 564, d'après .Iules Humain, 
par Georges <ilii»i. 2 e état: chez Lafrère. Etat ultérieur: Phi- 
lippus Thomassinus excudit. 

350) -+- ("rèche -\-, d'après Iules Romain, gravée par un 
inconnu. Etat ultérieur eliez Thomassin. Etal suivant: J.-.I. 
Rossi. Dernier état: Calcog. eamér., 177!). 

351) 21. -+- Massacre des Innocents -h, 400 X 565, d'après 
Bacciu Bandellini, gravé par s. R. (Marc de Ravenne), chez 
l afrère, - état: chez Thomassin. 5 e état : chez Rossi. 

Copie antérieure par Béatrizet. 

352-401) 502. 50 statues antiques 115, m. 6 X 78, des 
collections Borghèse (23), du Capitole (6), Farnèse(4), Vaticane, 
Médicis 5. Césarini, Vigne Jules 11; album in-8, numéroté. 
Philippus Thomassinus sculpsit et excudit. Liber primus: 
dédié à Franc. Augéloni, de Terni, par Phls Thomassinus. 
± état: J.-J. Rossi. Dernier état: 1914, 43 cuivres à ta Calcog. 
réale, n° 1342 B. Y 

402 365. -}- T4 gemmes et camées antiques -j-, 85 X 125, 
frontispice; autres 85 X~5; album gravé par OEneas Vico. Etat 
ultérieur: Liber secundus, dédié à Franc. Angeloni par Phi- 
us Thomassinus. Etats suivants: J.-J. Rossi, Dominique 
Rossi, Cale, camér., 1779. S*-Gen. 

iOô i. Lucifer, 47t), m. 15 X 510, d'après le chev. Christ. 
Roncalli, de Pomérance, dédié par Phls Thomassinus au Rév. 
Angelo Constanzi de Pérouse, 1618. B. N. 

404) \-21. Y-l>. des Sept-Douleurs, 478, m. 10X575, dédiée 
a l'archiduchesse d'Autriche Anne-Julienne de Gonzague, reli- 
gieuse, mère de l'Impératrice \nne, par Philippus Thomas- 
sinus, 1618. 

404*) S. Lucia Syracusaua], 190, m. 23X 145, composée 
el gravée par F. Folcarus, Phls Thomassinus formis. Dresde. 

1619, à 57 ans. 

105 155. *.V Etienne. 552, m. 20 x 420. d'après Antoine 
Circiniano (Pomérance), Phls Thomassinus sculp. et exe, 



DE PHILIPPE THOMASSIN 95 

dédié par lui à Etienne Pignatelli, majordome du prince Bor- 
ghèse. 2 e état: J.-.i. Rossi. Dernier état : 1914, Calcog. reale 
Q°746. b. Y 

406) 89. Jésus lisant, 423, m. 20 x 55.3, d'après Franc. Maz- 
zuoli. le Parmesan. 2 e état: autre dédicace de Thomassin à 
Jérôme Tezio. noble de Pérouse, secrétaire des Barberin. B. N. 

407) 300. *Galathée, 325, m. 20 X M, d'après Jacq. Zucca, 
dédiée par Philippus Thomassinus au chevalier Cassian 
dal Pozzo. 2 e état: J.-J. Rossi. 3* état: Calcog. camér., 1771). 
(Planche V.) B. Y 

408; 226. Noces de s le Catherine, 488, m. 17 X 575, d'après 
Jules Campi, Philippus Thomassinus fecit, dédiées par Filippo 
ThomassinoàCath.Carridi Sarzetti, de Rimini, le 20-8-1619. B. \ 

409) 222. S'« Catherine de la Roue, 500 X 368, d'après 
Jacq. Ligozzi, dédiée à Félix Montali, orateur romain, par Phi- 
lippus Thomassinus. B. n. 

410; 137. 'Martyre de saint Jean. 405, m. 15 X -"547, d'après 
Aug. Ciampelli, dédié par Philippus Thomassinus à Sébast. 
Sturion (Sturgis), docteur en droit. 2 e état: J.-J. Rossi. B. N. 

411) 364. + .Navire -h, 355 X 480, pavillon aux Heurs de 
lys et au lion. Etat ultérieur: Phls Thomassinus exe. 

412 240. Spéculum viventium, 472, m. 32 X 572, dédié 
par Filippo Thomassino aux Frères de l'archiconfrérie de la 
Mort. 

1620, à 58 ans. 

413) Jugement dernier," en 10 feuilles, d'après Michel-Ange, 
par et chez Béatrizet, en 15(>2. 2 e état: chez Lafrère. Etat ulté- 
rieur: chez Phls Thomassin, 1620. Ars. 

414 2S7. Triomphe du Printemps. 370, in. 35 X 510, Phls 
Thomassinus scalp. (Planche VI. > V. Y 

415) 285. *Bouclier des Lapilhes, diamètre 280, d'après 
Bern. Passaro, Phil Thomassinus fec. et exe, dédié à Jean 
Vitelli par Thomassin. B. N. 

416) 68. Ascension, 395, m. 17 X 508 ; d'après t.. Zucca, 
dédiée par Thomassin aux frères Rota, de ['.avenue. 2" état: 
J.-J. Rossi. B. \. 



LA Vil 11 MS OEUVRES m PHILIPPE THOUASSIM 

»I7 92 Vierge à l'ananas, 433, m. 12 \ r>M. d'après Franc. 

- Iviati, dédiée par Philippin Thomassinus sculpture 

t x >uiiii Lucin. Passalaqua, chanoine « l « * Côme. B. \. 

1621, à 59 ans. 

ils ."(i. Thèse aux armes de Maximilien de Bavière, 
297 370, dédicace au duc comte palatin du Rhin, Phls Tho- 
massinus fecit. B. V 
419-432 71. Jésus e( les 13 apôtres, en 14 feuilles, 
h 380, d'après Raphaël à s 1 Paul des 3 Fontaines, 
massinus, dédiés à Deiparœ Virgini. 2' eïai : J.-J. 
Rossi. Dernier état: 1914, Calcogr. reale, n°9il. B. N. 
433 98. Marie entre Jérôme, Charles, Jean-Baptiste et 
! rançois, 500, m. S X 372, dédiée à s 1 Joseph, par Phls Tho- 
ms. B. N. 

1622. à 60 ans. 

434-435 572. Deux Grotesques, 210 X 293, d'après des 
fresques de Raphaël au Vatican, Thomassinus: « une fève vaut 
bien une fleur » ; le ûancé offre la fève, la fiancée la Heur. < Assez 
d'oeufs! nue femme»: cri d'un jouvenceau a une vieille qui lui 
offre un œuf. 2 e état: J.-J. Rossi Dernier état: 1914, calcog. 
reale. n 934. B. N . 

136 S' Isidore, 448 v 375, Philippus Thomassinus, [mars] 
1622. 2 état: chez Vincent Billy [1723?]. Cor. 

l'Ii. Thomassin décédé le 12 mai 1622 







VI. — Triomphe du Printemps — 1620 (Cat. n° 414) 



TABLE MÉTHODIQUE 

DES ŒUVRES DE PHILIPPE THOMASSIN 



Ancien Testament, 
Nouveau Testament 
Saints et Saintes. 
Foi. 

w. h \ 1 1 - 1 • 

Trinité, 117. 
Lucifer, 29 
Eve, 240. 
Déluge, 184. 
Abraham exilé, .' .' i 
Rébecca, 238. 
David, 257. 
Suzanne, 2 35. 
Judith, 

NOL'VEAl rESTAMENT! 

Présentation, 309. 

Annonciati 104, 140, 302. 

Visitation, 105. 
Vie de Marie, I 18 
Marie, 117. 
Vierge à l'ananas, 117. 

» a la ruse, 171. 

» au rosaire, ! i i . 
Rosaire de Marie, 
.Main- Dolorosa, 1 17, 104. 

Y I». île Loretle, »5G, 

Y I». «les Lumièn 
N. I). del Pilar, 

Y D. de Terni, 279. 
S tc Marie Majeure, 1 10. 

» du Peuple, ', 19 
Marie, Bernard et Gathei ine 



Mythologie. Allégories, 

Histoire, 

Portraits. 

Thèses, Variétés. 

Marie, Jérôme, Charles, J. Bap., I in 

eois, 433. 
Marie : Apothéose, I i 1 , 3 lu. 
Crèche, 350. 
Adoration : Bergers, 144 

» Rois, 02, 231, 290, 299. 
Innocents, 351. 
Repos en Egypte, 139. 
S"' Famille, 93, 181, 30 
Jésus dormant, I 80. 

« lisant, il 

» a 12 ans. 320. 

)) à Yi/ai'elle, j 82. 

Jésus, portrait, I 16 30 
Rosaire île Jésus, 2 .' I 
Baptême, 148, 31 .' 
Fille de la Synagogue, 4 
Fils de la Veuve, III. 281. 
Noces «le Cana, I 50. 
Miracle «les Pains, 111. 
Jésus el Madeleim . 
Madeleine, '2.(7. 
Femme adultère, »37. 
Jésus et les Apôtres, i I '■'. 
Cène, 111 
Passion, 1 5 i 
Jésus ei le- instrumenlsde suppl 

D condamné, 
I I 12, 174. 



3 



LA \ Il 1.1 LES CEI \ IIK> 



, . il un* 1 16. 
Golgolha, 22 .. 1 ,288 

Bx politique, 10t. 
Colonne A.nisson, 
Descente de Croix, 

tombeau, I 1 i . '23i ,26 

» ;ui\ liinlicS, 102. 

As. ension, 410. 
Pentecôte, . 



Antoine de Padoue, 109. 
F. I. G. Barchinom 

. i. Philippe, 197. 
Benoit, T. 
Bernan 

Bernard de Ciairvaux, 1 . 5. 
Charles Borromi e, 29 - 
Corneille, 300, 301. 
Docteurs, 242. 
Etienne, 106, 405. 
Félix île Canialice, 60. 

s : Assise, 2 .i, 284, : 
» de Paule, 318. 
«.! égoire, 321 . 

136. 
Jacoponi, 178. 
Jean, 410. 

Michel, 108. 

i ; Achillée ilièse , 29 
Paul, chemin de Damas. 107, 
Quatre-Martyrs Les), ! 1 1 . 

Sébasl • !.. I 15 232. 
Dei, 177. 



\l.I|. . 

\ppolline, 224. 

Catherine 'le Sienm , 59, \i 

4, ... 108. 
Catherine de la Roue, I 

3 : l . 



Euphrosine, 28 '■ , 
Justine, l I 3, 
Lucie, 104. 
Marguerite, 113. 
Marie Egyptienne, 103. 



Triomphe de l'Église, 25 i . 
de la Foi, 297. 
Rédemption, 322. 
Dispute du s' Sacrement, 326. 
Mi d tatio OEternorum, 175. 
Spei ulum viventium, i 12. 
Vertus et \ ices, J05. 
i -i res de Miséricorde, 259 
Fin du Monde, 296. 
Jugement dei nier, 257 . .'77, î l : 



Auguslins, 183. 

Malte, Statuts des Chevaliers, 63. 

loi h h : 

A|i|iollon et Marsvas, .'M I . 

Danse des Muses, 31 5. 

Mireille et Cupidité, 335. 

Phaëton, 

Ganymède, 336. 

Priape, 343. 

Procris, 349. 

Cyhèle, 344. 

Daphnr. 34 i. 

Galathée, 107. 

Combat des Lapitlies, S 15. 

Sibylle deTibur, 328. 

Camées antiques, 102. 

Statues antiques, 352. 

Arts libéraux 198. 
Heures, 220. 
>l iio rustico, 194 



I>K PHILIPPE IHOMA-nIN 



99 



Triomphe des Beaux-Arls, 233. 
» du Printemps, il4. 

Enée el Anchise, 33 i. 
École d'Athènes . 
Scipion et Sisace, 
Femme d'Asdrubal, 343. 
Sarrazins ù Ostie, 330. 
Incendie du Bargo, 289. 

portraits : 

Udobrandini Card. Pierre . 2 2 ' 
Borghèse (Camille), 278 
Cent Capitaines, 2 S 1 . 
Crojii (K. M. Pasidea), 31 1. 
Henri l\. 115, 172. 
Léon XI, 267. 

Malte (Grands Maîtres de . 63 
Mercœur [Duc de), 173. 
Paul V, -207, 280, 286. 
Bodiilpiie (Empereur), 282. 
Hussi (Marc Antoine de), 228. 



Sixte \. 2. 
Wignacourl Uoph. di | 

i mi ses : 

ia Christania, . ' I 

» Elevatorun . 

» Profondorum, 273. 

Vrinoiries : Abeilles -\\r pal, 26!: 
» du Card. Arrigoni, 276. 
» du Dur de Bavière, 118. 
>i des Borghèse, 283.' 
» drs Gonzague, '284. 
» du Card. Madruce, 27 1 
» des Médicis, '2 7Ô. 
.i du Card. Petrocchi. 209. 
» du Card. Busticui i 

DIVERS : 

Plan de Spolète, 302 
Esclaves du Vatican, 33s. 
Tombe des Médicis, 239. 
Navire, 111. 
'2 Grotesques, 4 3 4. 
Modèles d'Écritures, 226. 



TABLE DES PLANCHES 



l. Mort de Saint Paul, 1 er ermite, d'après Bern. Passaro, 
1585: troisième œuvre gravée par l'artiste, après six mois de 
métier, à 23 ans. (Cat. n' 3. i p. 1 6. 

II. Sainte Catherine de Sienne, d'après Franc. Vanni, 1586, 
■ . • .i 24 ans, cuivre favori de Pli. Thomassin. (Cat. n° 59.) p. 32. 

III- Sainte Marguerite, d'après Raphaël, 1589, [au Louvre nom- 
mée Sainle Justine, de Jules Romain,) gravée sur une copie prise 
;i Fontainebleau, par Martin Fréminet. (Cat. n" 113. p. i8. 

IV. Philippe Duc de Mercœur, 1595. (;.i. u 173.; p. 64. 

V. Galathée, <i'.<pi'''s Jacques Zucca, 1619, dédiée à Cassian dal Pozzo, 
le protecteur de Nicolas Poussin. (Cat. u° 407.) p. 80 

\ l Triomphe du Printemps, IG20. Portrait supposé de Thomas- 
sin ( porte - enseigne ) et de Jérômette sur le char). Cat. 

ii" -i 1 i. p. 96. 



TABLE DES NOMS PROPRES 



rïYes en caractères gras renvoient aux pages; les autres, aux numéros du 
Catalogue. 
Sous Im rubrique Art, sont groupés peintres, graveurs, sculpteurs, éditeurs, imprimeurs. 
Les habitants el lieux notables d'une ville sont classés sous le imm de cette ville. 



\bel Léonard, éveque, 33, 146, 150. Beccafumi Dom . de Sienne, 21. 102. 

Accarambona Victoria, 15. Bernard Théod., d'Amsterdam, 40. 184. 

Albert, cardinal, archiduc, 38, 175. Brameri Paul, de Palerme, 39, 174. 

Albertine (Collection . 75, 197. Bronzin (le), v. Allori. 

Udobrandini, 32, 37, 44, 47, 227, 258. Bunel Franc., de Blois, 27, I 15. 

Alexandrie, 44,58, 254. Buonarotti Michel-Ange, flor.,18, 47,67, 

Ambroise (saint , 26 69, 324, 336-342, il 3. 

Amiens. 28- Calvaerl Denis. d'Anvers, 33, 150. 

Amsterdam, l v i Campi Jules, de Crémone, 108 

Anchise, 334. Carrache Annibal bolog., 17. 

Vncône, 258. Castelli Bern., -en., 65, 310. 

AngeloniFranç , lett rë, 67, 68, 352,4 02 . Ciampelli Aug., flor., 68, 286, 327, ilO. 

\.nisson-Dupéron, 35, 17.6. Louis, flor., 323. 

Anjou (duc il'), 9, 10. Circimano Ant., Pomèrance, 69, 73, 105. 

Anvers, 40, 45, 47, 151, 175. 233, 310. Clovis .Tul., croate, 14, 26, 62, 116. 

Vpennin, 61. Cœlio Gasp., rom., 270. 

Ar;i^on (cardinal d'), 229. Conti César, d'Ancône 

Aragon 'Jeanne d'), 230. Déruel Claude, de Nancy, 65, 31 

Aristote, 68. Errard, 71. 

Farinati Paul. Véronêse, 65, 311. 



Art. — Peintres 



Ferra n, 38. 



Aachen .1. Van, 48, 236. Fréminet Mari., .le Paris, 25, 31-33, 67, 

Allori Christo, le Bronzin, nor., 316. 112, 140, 142, 145, I 

Andréas Hipp. 257, 302. <■ léi Claud . Lorrain, 66. 

Angelini J.-B., île Pérouse, 28 29. II. 'in/' Jos., suisse, 267. 

Aquilano Pompée [d'), '2 t.. Henriet Israël, de Nancy, 62, 65, 66. 

Arpino Jos. -César 'd'), Josépin, 17, 47, Josépin, v. Arpino. 

73, 23 i . 275. i 

Baglione Giov., rom., 12, 74. Mazzuod Fra c.. Parmesan, 69. 106. 

Bandellini Baccio, flor., 351. U ire Marc- Ant. del, véron., 47. 

Baroche Fréd., d'Urbin, 18, 22, 26, 32, Wuzian Jérôme (le), de Brescia, 14, i. 

44, 73, 104. 105, lia. Il I . ! Nappi P. Fr., milan.. 274. 

Bassan (le), v. da Poi Pacchiarolti Barthold., sien. 



|l)-2 IA VIF. ET LKS OEUVRES 

j B -vn.. 294. ^ os Martin (de), anvers., 45, 198. 

Parigi Don., flor., Vrancx Séb., anvers., 40, 196. 

Bern., rom., 13-16, 22, 23, 3, Zucca Jacq., 69, 73,317, 407, 116. 

: H. 115. Zuccaro Fréd., 17, 24, 47, 48, 63, III. 

Peru'szi Bailli., tosc, 47. 61, 73, 238. 237, 240, 281, 299, 320. 

■ 335. Zuccaro Thaï, 24, 111. 

Piazza, R. 1'. Cosmo, de Castelfranco, 

C7 .-,,,- Graveurs 
b/, •>"■'■ 

Pipi Jules-Romain, 25,67, 11:!. 343- Albert Chérubin, 17, 338. 

' 350. Antinn Bern., 28. 

Ponte Jacq. da, Bassan, 45, 67, 224, Béatrizet, lorrain, 14, 69, 'i. 331, 337, 

304. 351, 113. 

Potenzano, de Païenne, 32, 1 14. Callol Jacq., lorrain, 3, 59-65, 68. 

P i v... 66. Caprioli AJiprando, 15, 24, 48, 7, III, 

Reni Guido, bolon., 61, 288, 037, 241. 

Ricci J.-B e Novare, 58-61. 292,293, Carrache Au-.. 45,58.60, 61. 290,291 

296. Ciatnberlan Luc. 73. 

Ripanelli, Rich. d'Urbin, 44, 224, 279. Coe |< jér.. 13. 

Roncalli, chev r de Pomérance, 17, 47, Cort Corn., 13, 14, 47, 62, 239, 240. 

69, 103. Collaerl Adrien, 34, 151. 

Roncanelli, 276. Finiguerra, Maso, 14. 

Rosso-Salviali Franc-, flor., 68, 69, 73, Folcarus F., 404. 

312, 117. Galle Phil., 47, 73, 151, 310. 

Rubcns P.-P., 37. Galle Théod., 234. 

Salimbeni Vent., sien., 18, 22, 26, 63, Ghisi Georges, 325, 326, 349. 

103, 139, Gollz Henri. 45. 48, 73, 205, 220,235. 

S;in/.io Raphaël, d'Urbin, 18, 44, 67- Graffico Camille, 17. 

69, 73. 113. 289, 321, 325-334, Greuter Mathieu, 176. 

419, 134. Guidi Raph , 17. 45, 53, 59. 73, 224. 

Saraceni Ch., vénil . 308. Jode Pierre (de), 48, 232, 267. 

Vu. ) . del, flor., 43, 197. .Maître au dé, 331-335, 343-345. 

Spalucci Cam., rom., 44, 46. 226, 228, Matham, 111. 

231. Mellan Claude, 68. 

Spranger Barth., anvers., 45, 48, 225, Muller J., 233. 

233. Rai ndi Marc-Ant., 14, 328. 

Jean, brug., 34, 151. Ravenne Marc (de), 351 . 

5w: b Christ., de Munich, 45, 1 Rota Martin, 47, 234. 

Tempesta Ant., llor., 16, 22, 32, 45. 59, Sadeler Jean, 40, 53, 184. 

63, 66. 107 109, ! 13, 227,300, 301. Sadclei Juste, 40. 

Trini Gasp., 38, 125. Sadeler Gilles, 45, 48, 73, 224, 225. 

Vanni Franc . sien 18, 39, 57, 58, 61, 234, 236, 267. 

73, 59, \i I 12. Saenredam J., 48, 235. 

G flor., 67. Soye Phil., 289, 324. 



Dl". PHILIPPE THOMASSIN 103 

Tempesta Ant.. v. Peintres. 0-352, 402, 105, 107, 

Van Veen Ghisbert, 47, 105, i 10, U6, i 

Vico OEneas, 68, 102. Bill\ Vincent, i 

Villamena Franc., 59, 62. 63,73, Î57, Imprimeurs 

284, 302. 
.... . . , o0 ... .,.., Imprimerie Orientale, 25. 

\\ ien\ Ant., 38, 1 i o, l'Jb. 



Woeiriol i'., 342. 



Robblel, 286. 

Catalogues 
Sculpteur Barlsch 43. 



Cordier Nicolas, lorrain. 60. Nagler, 329, 330. 

Asdrubal, 342. 

Editeurs d'estampes (ordre chrono- Athènes, 68 325. 

l0 -' r]l11 ' 1 Aube >. Société Académique 'I.- I'). 

Salamanca, 14, 67, 289, :'. ii. Augustins, s. Rocca, 42. 48, 183. 

Nelli, :!-:ô, 326. Vumale (duc d'), 10. 

Lafrère Ant.. franc-comtois, 13, 14, 36, Autriche, archiduc Alberl (d), 38, 175. 

67, 324, 332-338. 344, 349, 351. Autriche, archiduchesse Anne-Julienne (d), 

413. 104. 

Duchel Claude, 13. 15, 36, 67, I. Avalos [card. .1"). 44, vîJ9. 

Guérard Jacq., 15, 36. Baglione Gio, peintre, lettré, 12, 74. 

Vaccari Laurent, 13, 18, 2. Barherin, \. Cardinaux. 

Vaccari André, 16. 2, 7, 2 \1. 267, 279. Barbiano Marc. Vestri, 48, 232, 233 

Cavalleri .1.-1'... 47, 240. Barcelone, 19, 43, 44, 61. 

Cavalleri Denis, 57, 242. Bargaglio Scipion, lettré, 21, 102. 

St;ice, flamand, 14, 20, 22, 3, 106, 107. Baronius, v. Cardinaux. 

Van Aelst, flamand, 20, 21, 101. Barrois, 10. 

Clodius Marcellus, de Chioggia, 17. 23. Barlsch, 43. 

5. I Ht. III. Bavière Maximilien de . ils 

Moneta Tomas, 22, 108-1 lu. Belgique, 39. 

Florimi, à Sienne, 21. 29, H 1 . 1 , 185 Bénédictins, 15. 26, M 

Ro>si Marc-Ant., 44, 46. 228. Benizzi Philippe, religieux, 42, 43, 197, 

Orlandi Giov., 45. 1. 3, 106, 338. B il Mil. 43. 

Stefan., m Pierre, 281. Bergame, 28, 70. 

Corenxano Ant.. 3::i. Berthier, g al , 27. 

Pansiero Bapt., I Blois, 20, 25. 

Jansoniu- Jean, III. Bologne, 33. 41, 45, 54, 291, 

Palmiero Franc., I i i » Université, 42. 

Marinary Horace (de), r >. » Saint-Jean, 321. 

Ferrant Calixte, 72, 103, 171. 196, 205. Bonc pagni, 11. 

I otl Pompilio, 2 1 1 Bordeaux, 267 

Rossi .I.-.I ., 72, 59, In',. 141, 182, Borghèse, 59, 60, 69. 278, 283, 352. 

l.r,. 240, 254, 259, 277. 289 293, 

296, 309, 312, 315 118 128, 331, Borgia, 60. 



104 



I \ VIE ET LES iT.l \ RES 



5, \ Cnrdii 
Bourbon, v. Henri l\ 

5. 

tno duc de . " .' 

[trûlarl de Sillon , amhass . 49. 

Bnmn Gioi'dilll ;;. | , 40 

Bruxelles, 38. 

irotti M. -A., v. Art. 

I. P 
Calabre, 70. 
Calicioni li. P., 43. 
Callol .1. 3, 59-65, 68 
Caprari, .70 

lis, 18, 39. 
Cardinaux : 

Alberl archiduc), 38. 
lldohrandini, 32, 37, 44, 47. 

andini Hippolyte, 68. 
Vrrigoni, 276, '277 

d' Vragon, 44, 229. 
Barberin, 68. 69, i 
Baronius, 37, 39. 46. 71. 
Bonello, 32, 142, 324. 
Borghèse, 59, 69. 
Borroméc Charles, 18, 61. 292. 
i astagna, i 56 
i H ihélemy, 37. 
Colonna Vscanin, 39, 181, 268, 2i 0. 
Cusano, 38, 178. 
Duperron, 34, 35. 
Facrhinetli, 23, 32, t I !. 
Farnèse, 11, 61, 7. 292 

e Franc, (de), 20, 25, 35, 41, 
62, 101, 112, 2 
ce, 270, 271. 
Magalotlo, 46. 
- . v . M . 
Mendo/.a, 32. I i i 
Millino, 67, 

27, 34, 41 
Paleotti, 

40. 



Cardinaux : 

Peretli Montalle, 18, 57. 

Pel ocrhi, : 

Pignate li, 67, 69. iO i 

Pinelli, 23, 40, I 10 

Pin de Savoie, 60, 65, 280. 

Bustirurci, 17, 5, 

Sanlorio S. Severii o, 28, 30, 31. I 10, 
141. 

Savelli, 280. 

Séraphin Olivier, 27, 34. 41-45, 58, 
196, 205, 224, 251. 259 

Sfondralo >' Cécile), 31, 56, 242, 
257, 270. 

Sourdis (de), 59, 267. 

Tonti, 60, 290. 

Veralli, 66, 319. 

Verdalle (de), 19 
Carmes, 42. 
Carrache Annihal, 17. 
Castagna J.-B., pape, 30. 
Casiillon Gonzague I marquis de , 28 • 
(Catalan André, 28 i. 
Cavadonga, 30. 

Cenci Béatrice, 49. 

Cesarini Julien. 31, 352. 

i Vngelo, évêque, 37, 38, 177. 

Cesi Barthel., eard., 37, 38. 

Châlons-i ii Marne, 10. 

Champagne, 3, 5, 8. 

Charles l\. 32. 

Chartres, 34. 

Château-Thierrj . 10. 

Chaumont, 28. 

Chiog ia, 17. 

Chris! (Ordre du;, 39, 66. 

Cilla di Castello, 302. 

Clairvaux, 17, 1 . 5. 

Clémenl VIII, v. Papes. 

Clémcnl Jacques, 26. 

i olbert, 7, 71. 

Colonna, v. Cardinaux. 

Corne, 'i 17. 



DK PHILIPPE T!inMA-SI> 



I 05 



Corne, Passalaqua. chanoine <1e . 517. 
Compiègne, 4. 
Constantin, 329 

'■ inzi Angelo, 103. 
Constanzi Sulp., évêque, 38, 17.">. 
Cordier Nie. sculpt. lorrain, 60. 
Cortès D r . 309. 
Croatie, 62. 

Crogi P.. M. Pasidéa, 67, 31i. 
Croisade, 7. 
Dauphiné, 35 
Decius, 44. 

Oelfino, ambass. vén. . 37. 
Dinteville Joachim de] . 10, 34. 
Dominicain-. 24, 42, 43. 

Ronello. v. Cardinaux 

Bruno Giordano, 49. 

Donato Grég. censeur, 68, 327. 

I abrice, 29. 

Llol Michel, 43, 229. 230. 

Montesanto Vincent. 29. 

Petronio, censeur. 68, 326. 
Duperron, v. Cardinaux. 
Elbeuf [duc à"), 10. 
Empereur Mathias, 69. 
Empereur Rodolphe, 282 . 
Empire, 271 . 
Enée, 33 i . 

Errard, école de Rome, 71. 
Espagne, 10, 13, 15, 27. 30, 39, 41. 

61, 144. 
Espagnols : Caballo, R.P 

Catalan \nd. . 284 . 

Cortès I) r . 109. 

Pigueras, I) 1 ', 325 . 

Gualberia, P.. P. (il . 

Llot, li P., 43, 229, 230. 

Piims. che> . 242, 308. 
Este duc d ), 46. 
Europe, 3. 17. 

Faccbinelti, pape. 23, 32. III. 
Farnèse, 11, 61. 63. 
Farnèse, 'lue Kene. 298 



Faenza, 38. 59, 177. 
Félibien, 33, 62, 65. 
Ferrare, 44, 46. 
Firma. 38. 

Fivizan. I!. P. André. 42, I 
Florence, 17. 18, 25, 39 42, 62,63, 68. 
r.Lilise> : SS. Apôtres, 3 -' -' . 

Nunziala, 43. 
Palais : Guichardin. 42. 

Offices. 322. 

Pitli. 42. 
Habitants : Baglione, R.P. , 43. 

Calicioni, R.P., 43. 

Capponi, Ottav., 323. 

Giani, Arch. P, . P., 43 

Gabriel, R. P.. 197. 
Foligno, 58. 

Fontainebleau, 25. 43, 113. 
France, 7. 12, 30, 39. 
Franchc-Com . 13. 
Franciscains, 39, 42. 320. 

Marzer, P.. P.. 
François I er , 10. 
Fréminet, v. Art, peintres. 
Galilée, 62. 
Caserne, 19. 
Genève, 28. 

Gentili, Antonio de Faenza, riseleur, 59 
Oibelins. 39. 

Gonzague, archid se Anne. 69. 104. 
Gonzague François [de), 28 i 
Grégoire M. 39 
Grégoire XIII, v. Papes 
Grégoire XIV, v. Papes . 
Grégoire XV. v. Pape- . 
Gualberia, P. . P . . 19, ni . 
Guelfes. 39 
Guichardin, 42. 
(iuise (cardinal de 1 . 25. 
Cuise (duc de), 8, 101 . 
Guise (Henri de), 10, 20. 
Harlem, 45. 
Henri 11. 4 



1 06 \\ VIE KT LES ŒUVRES 

Henri III, 10, 20, 25. 26. 41, 101, 106. Magalotto César, amiral, 46, 231. 

[\ . 9. 10, 20. 26, 27. 32 35. 39, Magalotto Laurent, card., 47. 

41, 47. 48. 60. 67, 115, 172. 176, Malte, 19, 33. 

241, 281. Malte (chev. de) 19,46,61,63,285,324. 

Impératrice Anne, 69. i04. Mans (Le) 29, 49. 

Italie, 14. 39. Mantoue, 325. 

Jncoponi, franciscain, poète, 38. 178. Margarucci René, de S. Severino, 307. 

Jérusalem (chev. de), 19, 63, 285. Mariette P.-.I.. 108, 312. 

Joinville en Barrois, 10. Marolles (abbé de), 74. 

Joyeuse duc de . 20. Marzer, R.P. francise, 320 

Joyeuse Franc, de, v. Cardinaux. Massa-Carrara, 64. 

Lamhalle, 30. Mathias, empereur, 69. 

I Pierre île Rimini, 60-65. 289, Mathias, impératrice, 69. 

299. Maxence, 329. 

Latran, 42. Maximilien de Bavière, 'ils. 

I \. 43. Mayenne Mur Ch. de), 10. 

Levde. 47. 238. Médicis, 47, 239, 275, 352. 

Ligne (prince de), 43. 197. » cardinal. 39. 

I igue, 10. 12. » Léon X, 43. 

I ii tournois, 8. » Léon XI. v. Papes, 

Lorette, 22, 29, 104,256, 258. » Ferdinand 1, 25. 

Lorraine. 5. » Catherine, 8, 22, 41. 

» Charles (de), évèque, 66. " .Marie, 47, 67. 

» Christine de), grande duchesse, Mellan Claude, grav., 68. 

25. Mendoza, cardinal, 32, 1 i ». 

, Louise |de), reine de France, 10, Mercœur (duc de), 35, 17:;. 

20, 41. Mésopotamie, 33. 

Marguerite de), (Joyeuse), 20. Métulle (comtes de), 315. 

Lorrains (princes), 10, 35. Migazzi Jacq., de Trente, 270. 

Keairize!. v Art, graveurs. Milan, 31, 38. 

Callol .1.. \. Art, graveurs Minimes français, 38, 66. 

Cordier V. \. Art, sculpteurs Minime- italiens, 38, 66. 

Déruel CI., v. Art, peintres. Montalte Peretti, v. Cardinaux. 

Henriel I-.. \. Art, }<rin1>os. Mont Cassin, 15, 7. 

Cuillaume. v. Rome, colonie. Mont Saint-Bernard, 14. 

Louis IX (saint), 7. Munich, 45. 

Lourdias >>\v , secr. d'amhas&ade, 29. Nancy, 10. 62, 65, 318, 319. 

Louvre, 22, 25. 104, 113. Narbonne, 20. 

Ludovisi. v. Papes. .Navarre Henri 'de), 9, 10, 29. 

Luxembourg IV dm i!< Pinej , 17, 26- Néri Phil. [de), oratorien, 18, 37. 

30, 34, 40, 64, 114. Ni ron, 17. 

Lyon, 41, 42 47. 170. Nie. 39. 

. 44,69. Nocera dp- Pavens, 38, 175. 



DE PHILIPPK THOMASSIN J 07 

\.-D. riel Pilar, 308. Paris, 4, 7. 23. 25-27. 32. 34, 35, 51. 

Nola, 49. 71. 112, ïhl . 

Novare, 58-61. .. Académie, 71. 

Novell) Léonard, ^9<s. » Bibl. Nat., Mns., 4. 27. 

Obole, 4. » Fsiampe^, 16. 75. 

Odescalchi, 3:îti. » Arsenal, 75. 

Olivarès (comte), ambas»., 27, 30. » Sainte-Geneviève, 75. 

Olivier, v. card. Séraphin. » Prévôt «les Marchands, 4. 

Olivier, chancelier do France. 41. » Université, 42. 

Orléans (duc d'), 336. Panne, 103, 298. 

Ocsini,39, 63. Palri/i (les!, 40, 182 

Orsini, pape Benoit XIII, 43. Pays-Pas. 13. 

Orsini Jean-François. 26. Peretti (marquis), 57. 

Orsini Louis. 15. Pérouse, 28. 29, i03, 406. 

Orsini Orsn, 26. » Angelini, \. Art 

Orsini Paul-Jordan, 302. » Constanzi Ang., prêtre, 403. 

Orsini Emilie, 26. » Tezio Jér., lettré, 67, 69, 406. 

Orvietto, 281. Penaforl Raym. (de), 43. 

Ossal Vanl. d'). 27. 34,41. Philippe 11, roi d'Espagne, 144. 

Ostie. 330. Philippe III, » 31, 44. 

Padoue, 15, 109. Pie V, 32. 

Païenne, 32, 39, 144. 174 Pie IX. 40. 

Papes : l'iuey duc de), \. Luxembourg. 

Urbain IV. Pantaléon, 11. Pintila (de|, secr. d'ambass., 29. 

Grégoire XI, 39. Pi,, ,),. Savoie, v. Cardinaux. 

Léon X, Médicis, 43. Pisani (M is ), v. Rome: colonie franc. 

Jules II, de la Rovère, 35 2. Pisani Catherine |M ise de Rambouillet), 15, 

Pie V, Ghisleri, 32. 22. 

Grégoire XIII,Boncompagni,ll, 12, •'>• pj se 29. 
Sixte V, Peretti, 12, 17-20, 24 30. 41. p li)t(M1 68 

2,101,103,109-116, 139. Po mpeï, 38. 

Urbain VII, Castagna. 30. Portugal, 32 
Grégoire XIV. SfonJ .< 31, 32. I in- Vo/m Cassian ,,,,, 67 68i j,,; 

I ii, 1 19 

Innocenl IX. Faechinetti, 23,32, IIP 
Clément VIII. Aldobrandini, 32. 34. 

37, 46, 48. 58. 
Léon XI. Médicis, 58. 2, 267 . 

Paol Y. Borghèse, 59-71. 66. 69. '2. l * azalio > v - e;ird - sé raphin. 

267, 280, 286, 318. Regina cœli, 327 



Prague, 70. 

Rambouillet (M ise de), v. Pisani 

Ravenne, 35 1 . 517. 

» Rota frères, 4 ! 7 



Grégoire XV, Ludovisi, 47, 69. Régis (de . secr. d'ambass., 29. 

Urbain VIII. Barberin, 47. Ribeira, 44. 

Renoil XIII, Orsini. 43. Richelieu, 59. 

Pie IX, Mastaï-Ferretti, 40. Rimini, 67, 289 



108 



! \ VIF. KT LES -F.i VRF.S 



Rimini Carri, 60. 108 . 

Gamhalonga i\ex., avo at, 67 

G lideiti, chanoine, 67, 313. 

Lanzi l\. avocat, 60. 28 ' 

M rian Hipp., 60, 67, 321 . 

Sarzetti, chan . 67. 312, 108. 

Semproni Lud. . évèquc, 63. 30 .' 

Tonti, card., 60, 290, 
Ripa Louis, évëquc, 2 79 . 
Ripanelli Rich.. peintre, 44, 224. 
"• i; . I'. Angelo, sacriste, 42, 47, 

Rodolphe 11. empereui 
Romagne, 60, 289. 

. secr . d'ambass . 29. 
Rome. 3, 316. 

\ n lémie de France, 7, 71, 
Saint-Luc, 74. 
» Ambassade de France, 12, 29, 35, 
40, 41,49, 59, 63. 106, Mi. 
ambassade d'Espagne 26, 44, 

230. 
ambassade de \ enise, 37. 
\ chiconfréiic de la Mort, il.'. 
archives, 4. 
Vrehn es du Capitule, 21, 33, 45, 

51, 55, 56, 58. 
Archive? de l'Etat, 30, 31, 36.64, 

66. 
Vrchives notariales. 56. 
.1 vvisi, gazettes, 27. 
Ribliolh. Angélique, 47, 75. 
» Corsinienne, 75. 

» Valic 27. 37, 75. 

» Victor-Emmanuel, 63. 
Borgo Vecchio, 30,49, 60, 289. 
- ifia reale, 18, 22, 72, 
104, 198, 205, 220, !4<) 
25 'i, 259, 277, 289 299, 309 
312, 315 il : i, 326, 

328, 350, 3. : >2. 402, 105, U)~t 
419, 134. 
Capitole, 67. 



Home, Cardinaux, v. ce mot . 
» Catacombes, 61. 
» Chambre (Ministère des Finances), 
24, 37, 40. 
Château Saint-Ange, 19, 35. 
» Concile, 27, 42, 70. 
Conclave, 11, 31, 32. 
Conservateurs (échevins), 305. 
» Consistoire, 34. 

Couvents: Sain t-Ambroise, 26,1 18, 
» Saint-Antoine, 35. 

» Augustins, 42, 48. 

>• Capucins, 18. 

» Minime-, 38. 

» Eglises: Saint-Bernard, 14. 
« Saint-Biaise, 56. 

» Espagnole, 31, 60. 

» Saint-Esprit, 21. 

Saint-Grégoire, 37, 56. 
» Saint-Jean in Ayno, 55, 70. 

» Saint-Jean-de-Latran, 42, 60. 

» Saint-Laurent in Damaso, 40 

46, 51, 54. 
» Saint-Laurenl in Lucina, 71. 

» Saint-Laurent-hors les-murs,57, 

Saint-Louis-des-Français, 13, 17, 
22, 35, 56, 59, 70. 
i> Sainte-Marie-Majeure, 23, 35. 

40, 65, 110. 
Sainte-Marie-Minerve, 46, I 12. 
Sainte-Marie délia Pace, 37, 51, 

290. 
Sainte-Marie-du-Peuple, 33,1 19. 
a Sainte-Marie in Publicola, 40. 

Sainte-Marie Vallicelle, 22, 24, 

36 38, 105,309. 
Sainte-Marie de la Victoire, 70. 
» Saint-Onuphre, 37.21)2. 

Saint-Paul des ;'> Fontaines, 69. 
119. 
» Saint-Pierre, 34. 39. 46 61 

63. 64. 286, 293. 
Saint Pierre in Mnrilorio, 36. 



DE PHILIPPF TF10MASSIN | (J<> 

liome. Eglises: Quatre-Saints, 111. Rome, Habitants: 

» Saint-Sam eur in Lauro, 47, 239 » Faris .!. (de), voisin, 21. 

» Saint-Thomas in Parione, 36. » Fauvel Paul, prêtre, 14 3. 

40.46,50. » Félix de Cantalice, capucin, 18.60. 

» Trinité des Convalescents, 56. Ferrant Calixte, édit., v. Art. 

» Trinité des Monts, 26. 38. 47. » Fontana, ingénieur, 17. 

66. 318. » Francisent! - , relig.,63, 300, 301. 

Flotte, 46. 231 . » Galani Albert, témoin, 70. 

» Fontaine Sixtine, 70. » Gentili Ant., ciseleur, 59. 

» Ghetto, 58. » Gilard, notaire, 56. 

Gouverneur, 33. 36. 49. 64. 66 Hortensius, référendaire, 57 

72. 310. » Lanzi P., 60, 61. 63. 65 
» Habitants: 299. 

» Abel Léonard, évêq. gouv p , 33. » Lopez Jean, banquier juif, 24. 

146, 150. » Malveti, valet, 57. 

» Agazzi Franc., chapelier, 70, 72. " Marelatti, sommelier, 57. 

» Andrei Dom., 64. » Matthei Lucrèce, marraine, 46. 

« Angelini Gio Dom., v. Peintres. » Mayer J.-B., libraire, 58. 

v Angeloni Fr., lettré, v. A. » Monaldi, notaire, 50, 51, 53 55 
» Baglione Gio, v. Art, Peintres 56. 58. 

» Bagni Faustina, 40. » Moneta Thom., imprimeur, 22. 

Barbiano M.-V., secr. du pape, v. 108-110. 

B. » Montali, prédicateur, 409. 

» lieue Catherine dcl, 54,57, 64. Natalis Flam., orfèvre, 21, 28. 

« Boccaferro Ch.-Anf., peintre, 54. » Néri Phil. (de), 18. 37. 

58. 59. » Nutis Stéphanie (de), v. Turpin. 

» Bruno Maximien, cure, 47, 239. » Olivarès (comte), ambass., v. 0. 

> Burati Jér., sommelier, 57. » Orlandi, édit., v. Art. 

» Caballo H. P. Ant. -Marie. 309. » Orsini, \. 0. 

» Cavalleri, éditeurs, v. Art. » Paoli Ant. (de), majordome. 13, 2. 

» Cenci Béatrice, 49. » Patrizi Soldiero, v. P. 

» Cesarini Julien, noble. 31. » Peretti, v. (lard.. Papes et P. 

» Cesati J.-lt., parrain. 46. » Philippi, vicaire, 55. 

» Cesi (les), 37, 38, 177. » Pignatelli Et., v. Cardinaux. 

» (liar|io Dom., cure, 55. 70. » Pinelli Catherine, \. Cardinaux. 

» Cirocchio, proc r public, 65, 311. » Pinos Ant. (chev. de), 242, 3^ï>. 

Clodius Marcellus, édit., v. Art. » Piscina, v. Thomassin. 

» Colonna (les), v. Cardinaux. » Potenza, prêtre, 40. 

» Conti Cyprien, notaire, 21, 33. » Pozzo Cassian dal, v. P. 

» Coronato Camille, noble. 30. » Raitnondi J -B., orientaliste. 25 
» Damascène, chanoine, 61, 293. 113. 

o Duraforl Ant., copiste, 28. » Renau i i flam . 31. 

» Falcon Cab.. maire. 67. 304. » Rocca Angelo, n. II. 



1 | (I LA VIE ET LES OEUVRES 

Habitants : Rome, Colonie Française : 

Rossi les . eilit., v. Art, • Béatrizet, grav lorrain, >. Art. 

n - J B. . 01 ganiste, 56. » Callol J. » » 

édit., \. i/(. " Catherine, cabaretière, 15. 
Salvion Pompée, chaudronnier, 28. Colbert P., peintre, 66. 

i-Pis v » Cordier Nie , lorrain, sculpt., 60. 

Soriano Franc, organiste, 61, 28(J Cousin Henri, orfèvre, 12. 

Slace, rdii.. \. .1//. » Déruet CI., peintre lorrain, v.Art. 

i Stefanelli Michel-Ange, peintre, 65. » Ouchel Claude éditent, v. Art. 

Slurion (Sturgi D S10 » Fabre Etienne, aubergiste, 15. 

l , Torquato, \. T. » Fréminet M . peintre, v. Art. 

l'empesta Ant., peintre, \. \ii. » Géraldin Victor, valet, 28. 

Tetli, gantier flain., 64. • Grolel Hiih., lorrain, libraire, 52, 
l./. J, v. I 53. 

i itell . - liev., 30. Guérard, éditeur, 15, 36. 

i l'ois Sulpiiia, marraine. 46. » Guillaume, lorrain, pharmac,, 50. 
• Trivulee < Fi gouv., v. T. Henriet Israël, lorrain, 62,65, 66. 

V'acca les - éditeurs, \. Art » Jean, de Troyes, peintre, 71. 

Van Wlst, éditeur, v. Art. » Lafrère Ant. édit., v. Art. 

Vaylado Jacq., jardinier, 50. * Lejeune Gnill., vaissellier, 28. 

Vinelli Franc, parrain, 45. » Ménard Catherin, huissier, 29.49 
V iotti Paul, libraire. 50. 59. 

Vitelli Giov., 115. » Minimes, 38. 47. 66. 318. 
Colonie française : » .Mougeoi Anselme, copiste, 28. 

Pisani M is ), amhass., 12, 15. 17. » Percival Jacq., cuisinier, 30. 
20.22.25,26.41.101,. 107. » Poitevin Bail., parrain, 40. 

, Luxembourg (duc de Piney), amb., Renauld Roland, tailleur, 33, 

N I » Thomassin Phil., v. T. 

Brùlarl de Sillery, amb., 49. ■ Turpin, v. T. 

Trainel, Juv. des Ursins M" de), » Unger Barbara, femme Thomassin, 

\mb., 63. »'■ '• 



rue 



Joyeuse Fr. de), \ Cardinaux. » Unger (Barlholomée-Félicie), I' 

Turpin, v. T. 

Séraphin Olivier, » » Unize Pierre (d'j, tailleur, 33. 

Duperron, » » Vignier Jacq., de Troyes, 69. 

de . » » Hôpital français, 71. 

Lourdius de), secr d'amb.,29. Imprimerie Orientale. 25. 

Pintila 29. » Inondation, 46, 49. 

29. » Inquisition, Saint-Office, 27, 32. 
Itomauous de), . 29. I 15, 1 iO. 

Potlier, curé de Saint-Louis. 22. Jubilé, 36. 39.40.49 

ion Charles, abbé, 35. » H aï très du Palais, 24, 68. 

Barbaroux, notaire, 49. » Marché aux (leurs, 49. 



DE l'HIIIIM'l I H< »M \-<l > 



I M 



Ruine : 

^ Mont.- Cavallo Quirinal . 11. 18, 
62. 

» Monte Ksquiliu,23. 

» Monte Giordano, 25. 

» Moule Janicule, 23. 36 

» .Monte Pincio I rinité), 26 38 47. 

» Munir Verde, 56. 59. 72. 

» Monts les), 50. 52. 
Obélisque de Néron, 17. 

» Oratoire, 18. 37. 46. 

» Palais : 

» Boncompagni, 11. 
» Chancellerie, 11. 
» Coronati, 54. 
» Farnèse, 11. 30. 
» Vigne Jules 11. 352 

Madame, 17, 22, 26. 41. 
» . Orsini, 25. 26. 
» Piccolomini, 71. 
Rospigliosi, 62. 
» Sacchetli, 56. 
» Papes : v. I». 
» Places : 
» Parnèse, 30. 
» Montorio, 25. 

Navone, 27. 
» Pasquin, 24. 45. 
» Santa Croce, 40. 
» Saint-Nicolas de Coronali, 13. 
» Saint-Pierre. 17, 29. 

Scossa Cavalli, 30. 
» Tortues. 26. 
» l'ont Siste, 30. 
i Porte du Peuple, 33. 
» Porte Pia, 11. 
u Porte Saint-Pancrace, 6 
» Prisons, 29. 31. 
» Rote, 27. 31. 45 
» Rues : 

\ i ■ f * 1 1 1 1 1 a . 49. 
» Armata, 23. 28. 31. 46 
» Babuuio. 66. 



. Rues : 
Calabraghe, 62. 64. 68 
Croce, 66. 
Perralina, 66. 
Giulia, 15, 21. 30. 62. 
Govi rno \ 
Grégoriana, 11. 
Monserrat, 31. 54. 56. 60 
Paolina, 66 

Parione, 24. 36. 50. 52. 
Pellegrini, 12. 
Saint-Jérôme 30. 

11,34. 60 
• Sapience (Université . 24. 
t Théâtre Marcellus, 26. 
» Tibre, 23. 31. 46. 
Université, 24. 

Vatican, 27. 60. 66. 67. 75 8 
325, 326, 352, Ï34. 
» » Chapelle Sixtine, 3 1 1 . 

Rubens P. P . 37. 
Rusticucci, \ . Cardinaux. 
Sabine, 65. 

Saint-Barthélémy, 9, 32. 
Saint-Bernard (mont i, 14. 
Saint-Brieuc, 30. 
Saint-Ctoud, 26. 
Saint-Denys, 34 
Saint-Mars d'Ahoverie, 29. 
Saint-Michel (Ordre de . 47. 

6 307. 
San Severino : Margarucci Rei 
Salerne, 38. 

Sangrino, abbé, 15. 16, 7. 
Santinelli . comte Alexandre, 315. 
Santinelli, comte Antoine, 3 I 6. 
Santinelli, comte Jules-Césai 
Sanzio Raphaël, v A rt, Peintre . 
Sarpi Fia Paolu, servite, 43 
Savelli Julia-Pisani. 15. 22 
Savoie, (doc de . 33. 
s, il razin 
Scipion, 



112 LA VIE ET 1 ES CEI \ RES 

Sébastien de Portugal, 32 Thomassin Claude, sœur, 6. 10. 57. 

Sens, 4. » Nicolas, frère, 6, 57. 

Séraphin, \. Cardinaux. » Catherine, sœur. 6.57. 

Sermonetto, 2. » Jehan, c;nle(, orfèvre. 6. 

Servîtes, 42, 43, 192. » Pierre, frère, 6. 

i Baglione. 11. P., 43. s Jacques, frère, 6. 

Benizzi, v. B. » François I. frère, 6. 

» Calicioni, 43. » Nicole I, sœur, 6. 

Gabriel, 197. » François II, frère, 6. 

• Giani Archangelo, 43 » Guillaume, frère, 6. 

Sarpi Fra Paolo, 43. » Nicole II. sœur, 6, 57. 

Sessa (duchesse de . 44. 230. » Philippe, graveur. 

Sfondrato, v. Papes, Cardinaux. » Madeleine, sœur, 7. 

Sidon, 33, 146 » Bernard, frère, orfèvre, 7,57,71. 

SifTtne. 18, 21. 39,67, 102, 185, 314. » Jean, petit-neveu, graveur, 57, 71. 

Eglise Saint-François, 102. » Simon, arrière-neveu, graveur, 

Bai gaglio Scipion, v. B. 7, 71. 

Crogi B. tf. Pasidea, v. <'.. » Simon-Henri, graveur, 71. 

Sillery 'Brùlarl de), ambass., 49. » Barbara Ungé, Itmiue de Phil. Th . 

Sisace*. 332. 21,23. 29,45.51,54,56. 

Sixte \. \. Papes. > Jéronyma Piscina, femme «le Phil. 

Vcadémique de l'Aube, 3. 8, 27. Th. 54-57. 60. 62. 64. 67, 

75 70. 71. 

Soissons. 28. Tibur, 328. 

Sourdis de), v. Cardinaux. Todi, 37. 42, 43, 177. 

Jac, 317. o P. P. Sensini, 38. 177, 178. 

Spolète, 302. Toro, 284 

Spolète: Parenti, 302. Toscane, 41. 

Stabal Mater, 38. Toul, 53. 

Strada Hipp., étudiant, 280. Traînel (M is de), ambassadeur, 63. 

Subiaco, 26. Trente, 24, 70. 270,271. 

Syracuse, 104. » Madruce, card., 270, 271. 

I isso Torquato, 36. 37. » Migazzi Jacq., étudiant, 270. 

Taverna Ferranti, gouv., 49. Trivulce (C tP Franc.), gouv., 65. 310. 

l'erni, 63. 279, 152 Troyes, 4. 8-10, 15. 34. 48. 51, 56 

Terni : Angeloni Franc., v. A. 57, 66.69, 71, 74, 241. 

Tezio Jérôme, lettré, 67. 69, 406. » Archives, 4. 5. 

Thoma>sin Pierre, grand-père, 5. » » municipales, 6, 7. 

Catherine, grand'mère, 5. » » notariales, 7 

Aubry Nicolas, grand-père, 5, 6. » Eglises: 

Jehan, ceinturier, père, 4-10. » Cathédrale, 5. 

Nicole Aubry, mère, 5-10. « Saint-Etienne, 4. 

Jehan l'aisné frère, 6. » Saint-Jacques, 5. 



DE IMIII.IIM'H ÏHOMASSI> 



113 



Troyes, Saint-Jean-au-Marché, 4-6. 9 
» Saint-Pan taléon, 4-6. 

i Habitants : 
» Ancelin, ceinturier. 8. 
» Angenousl Rob., 8. 
» Aubry Nie, couturier, 5. 
» Bouillerol Judith, 7. 
Uarpentier Anne, 7. 
» Chamillard Jeanne, 6. 
» Chauveau, drapier, 6. 
» Deruet, horloger, 65. 
» Dinteville Joachim [de), gouv.,v. D. 
» Cilles, oratorien, 46 . 
» Combert-Rnndot. haranger, 6. 
» Cuise (ducs dei. 8. 
» Imbert Jean. 7. 
» Jean, peintre. 71 . 
» Lardot Jean, marchand, 4. 
» Pithou Pierre, avocat, 8. 
» Pithou Nicolas, avocat, 8 
v Prévôt Syrette, 7. 
>- Ravault Philippe. 7. 8. 
» Rondot Natalis, 5. 
» Société Académique : v. S. 
» Thomassin, hucher flam., 5. 
» Traînel, J. des Ursins (M is de), 63 
» Urbain IV, Pantaléon, 11. 
» Ursins (des), 15, 63. 
» Vignier, évêque, 69. 

» Holel de Ville, 4. 5 

» Marche au blé, 4. 

» Murailles, 10. 

i Orfèvres (privilège), 9 

h Peste, 10. 
» Portes : Beffroi, 4. 
» » Croncels. 4. 

» Prisons, 9. 

» Quartier : Croncels, 8 . 

» Religion réformée, 8. 

» Rues : 
» Brouette, 4. 
» Croncels, 4. 



Troyes, Rues : 

» Dauphin, 4. 6. 

Quatre- Vents, 4. 
» Temple, 4, 5. 

Turin. 33. 

Turpin Jean. 23. 30-40. 45 49. 60, 64. 
71, 72. 
» Bartolomée Félicie Ungé, sa femme, 
23.40, 45. 46, 51 60. 
Stéphanie de Nutis, J' : femme, 60, 

71. 
Jeanne, enfant, 40. 71 . 
i Barbara, enfant, 45 . 

(lésai-, enfant, 46. 71 
» Catherine, enfant, 51 . 
Urbain IV, Pantaléon, 11 . 
Urbain VIII, \. Papes. 
Urbin, 18. 
Urbin (duc d'i. 316. 
Ursins, 15. 26. 63. 
Valette (La), 19. 
Valois, 9. 

Valois (Marguerite de), 32 . 
Vaudémont, 20. 

Veltroni Ptolémée, chev. de Malte. ,20 63. 
Venise, 15. 37, 43. 299, 308. 

Saint-François de la Vigne, ?9!>. 
Veralli Fabrice, v . Car linaux. 
Verdalle (Hugo de|,card., gr d maître, 19. 
Verdun, 66. 
Vérone. 49 . 
\ ervins, 39. 
Vicence, 28 1 . 
Vienne 'Autriche), 75 . 
Vienne Dauphiné), 35. 
Vitelli Ciov. , noble rom . . 115. 
Wassy, 9. 

Wignacourt (VI. de), gr d maître, 61 - 3 
Zani, 32. 

Zucca Jacq. , peintre, v. Art. 
Zuccaro Fréd., » » 

» Thaddee, • n 



TABLE DES MATIÈRES 



Introduction 3 

Éducation à Troyes, i56a-i585 /i 

Débuts à Rome, i585-i588 11 

Association Thomassin-Turpin, i588-i6oi. 22 

Jérômette Piscina, 1602-1612 hl\ 

I ici oières années, 1612-1622 63 

Catalogue chronologique des Œuvres 70 

Table méthodique des Œuvres 1)7 

Table des Planches ['00 

Table des Noms propres ioi 



o 






BINDING 5ECT. AUG 2 2 1966 



NE Bruwaert, Edmond 

650 La vie et les oeuvres de 

T46B78 Philippe Thomass' 



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