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Full text of "LE BIBLIOPHILE"

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LE 



BIBLIOPHILE 



BELGE 



Bri^xelles, Imprimerie de Toint-Scohier, rue de la Commune, ii 



LE 



(Sihlioj)t|ile 



'BELGE 



BULLETIN MENSUEL 

l>VBLlt 

SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIETE 

DK8 

BIBLIOPHILES DE BELGIQUE 



CINQUlfiHE ANNEE 



x^^V^^> 




THEODO. MARTIN 



BRUXELLES 
Chez Fr.-J. OLIVIER, Libraire 

II, Tf^e des 'Paroissiens 



U.D.CCCXXX 



P. :2 5at2 






LE PEINTRE GRAVEUR 

DES PAYS-BAS 
AU DIX-NEUVI^ME SINGLE 



INTRODUCTION 



L'eau-forte , mot magique qu'il suiGt de prononcer pour li- 
veiller dans I'esprit de I'artiste comme dans celui du coUeflion- 
neur un monde d'id£es charmantes. 

Ce seul mot fait passer successivement devant vos yeux, ces 
premiers mattres aujourd'hui rarissimes, les Durer, les Scbosn- 
gauer, les Rembrandt, les Waterloo, les Ostade. les Everdingen, 
les Van de Velde et les Berchem ! Noms illustres dont les oeuvres 
aujourd'hui se couvrent dor et n^anmoJns sont introuvables. 

Serait-ce la raret^ ou bien Tart qui I'emporte ? On ne saurait le 
dire ; mais le m^rite capital de l'eau-forte, c'est la spontaneity. 
Elle vous transporte d'un coup dans I'intimit^ du maitre. 

Adam Bartsch, dans un ouvrage devenu classique, a le premier 
decrit et inventori^ les eaux-fortes anciennes; son ouvrage a ix& 
la large base sur laquelle se sont ^difi^s tous les d^veloppements 
modernes. 



La s^rie d etudes qui va suivre s efforcera de continuer son 
oeuvre. EUe embrassera dans Tordre alphabetique le catalogue 
dussi complet que possible des mattres qui, depuis 1800 environ 
jusqu ^ nos jours^ ont continue dans les Pays-Bas la tradition du 
peintre-graveur. Si les ^coles neerlandaise et beige ont brilld 
autrefois d un si vif eclat, de dignes continuateurs ont soutenu 
avec fermete et distinflion la gloire d6}k acquise. 

Ce travail doit son origine a des efforts divers, les rddafteurs 
se sont partage la besogne, persuades que la division du travail 
diminuerait son imperfeftion. 

Isoldes dabord, leurs recherches se sont groupies en un seul 
faisceau ; ils esperent que cette union fera leur force. 

M. Siret, bien connu du public lettrd par de remarquables 
travaux artistiques, qui le premier ayait publie un essai sur les 
aqua-fortistes beiges, a consenti k augmenter la somme de nos 
efforts de toute Tautoritd de son talent. Sa colleftion d'estamp*es 
offrait dgalement de prdcieux elements de recherche. 

NT. Guioth s'occupait depuis longtemps spdcialement,des 
biographies artistiques, il les appuyait d'une nombreuse collec- 
tion d eaux-fortes, de gravures au burin et de lithographies. 

M. Jos. Linnig, peintre graveur lui-meme, s est formd pendant 
un espace de plus de vingt-cinq ans la plus belle coUeflion 
d'eaux-fortes modernes que possede la Belgique. Elle a 6x6 la 
base du travail qui paraitra sucessivement dans le Bulletin. 

Ses prdcieuses connaissances, sa pratique de Tart, ses souvenirs 
et ses nombreuses relations dans le monde artistique ont consi- 
ddrablement facility notre travail. 

Le soussigne, plus rdcemment entre dans la carriere de la 
curiosity a mis en oeuvre ces divers materiaux. II s'est charge plus 
sp&ialement de la description detaillde des diff^rentes pieces. 

II a 6x6 guide dans son travail par le principe de Timpartialitd 
la plus complete. II a supprime les jugements et les critiques sur 
le merite des oeuvres decrites. 



II laisse a Tamateur le soin de classer les oeuvres sous ce rap- 
port. 

II s*est bornd a rattacher avec soin les feuillets dpars de la tra- 
dition artistique de notre ^ge. 

II espere que quelque incomplete que puisse etre Toeuvre com- 
mune elle ouvrira d'une maniere definitive la voie deja tracde 
par la Ga^^ette des beaux-arts^ par M. Ad. Siret et des mono- 
graphies diverses. 

HIPPERT. 

Bruxelies, d^cembre i86g. 



ACHARD 

AGHAUD, Alexis Jean. Peintre franjais, n6 k Voreppe (IsSre), 
en 1807, vint en i83i a Paris. Ily ^tudialapeinture ; puis se perfec- 
tionna par un voyage en Egypte, apres lequel il exposa en 1839 
une vue prise aux environs du Caire ; apres 1848 il se r^fugia en 
Belgique et y publia diverses eaux-fortes d'une failure fort ais^e. 

1. Le Buisson. 

L. 0,126. H. 0,093. 
Marge de 6 millimetres. 

Cette planche tres-rare est probablement la premiere grav& 
par Achard. 

Elle represente k droite un groupe d'arbres assez touffu. Un 
autre arbre dlancd et aux branches fiexibles s'^tend vers la 
gauche. Ciel l^ger : beaucoup de barbes. 



8 

2. La Petite Hard. 

L. 0,214. H. 0,139. 
Trait carr^. L. 0,192 H. 0,122. 

Au milieu de la planche, au pied d un groupe d*arbres, une 
petite source surmont^ d^un groupe d*arbres dlev^s dont le 
pied est cach^ par un plus petit. Planche lumineuse et d'un tres- 
harmonieux efFet. 

Signde dans la marge sous le coin de gauche. J. Achardf\ 
1848. 

3. La Grande Souroe. 

L. 0,328. H. o,23o. 
T. c. L. 0,260. H. 0,195. 
2« ^tat. L.0280. H. 0,225. 

La planche reprdsente au i^^ plan un cours d*eau qui s'^tend 
depuls le milieu jusque vers le coin de droite, en bordant une 
cote l^gerement inclinee : vers le milieu, une fissure indique la 
source du cpurs d*eau. Le fonds est occupd par des groupes d ar- 
bres qui vont en s'dloignant vers la gauche. 

II y a deux dtats. Le !««■ avant la planche couple, avant le ciel, 
avant toute lettre et avant la reprise des ombres. 

2' ^tat. La planche coupde, avec le ciel, les ombres reprises lui 
donnent plus de durete. EUe est sign^e au bas de la planche dans 
la marge : J. Achard. i85o. 

4. Le Payaage an doeher pointu. 

L. 0,157. ^* O1I04. 
Marge de 1 centimetre environ. 

Un pays sterile, vers la droite derriere une touffe d'arbre$, on 
aper^oit un clocher pointu. 

Vers la gauche des groupes d arbres au 3« plan. 



Signd sous le trait carr^ : J. Achard i85i, et au pointilld vers la 
droite Brux. imp. F. Segers et Boutpens. Au dessus du coin de 
droite on distingue le chiffre i. 

Cette planche est la i^^ d'une s^rie publi^e sous le titre suivant, 
formant couverture imprim^e sur papier rosd : 

Six pay sages gravis a Feau forte par J, Achard (i85i) 
Bruxelles chez B. Vander Kolk, 3/ Galerie du roi. 

5. La Touffe d'arbres an milieu de la planche. 

L. o»i57. H. o,MU 

Pays desert au milieu duquel se trouve un groupe de 4 ou 
5 arbres fort touffus portant ombre vers la droite, un personnage 
semUe s*avancer de ce c6td. 

Sign^ au basde la gauche J, AchardiiS\^ et marqu^au-dessus 
du coin de droite 2. 

6. Le Paysage aoz deux passants. 

L. 0,157. H.o,ii5. 

Dans un vaste paysage parsem^ d^arbres et de rochers, on voit 
deux personnesqui semblent se diriger vers le fond. A gauche, il y 
a une mare d*eau avec quelques pierres au bord. 

Sign^ sous le trait carrd, J. AchardiiSu et marqu^ au coin de 
droite en haut, 3. 

7. La Source en largeur. 

• L. 0,142. H. 0,091. 

Au pled d*un groupe d*arbres dnergiquement tracd qui est 
volsin d*une cdte s'elevant en pente douce vers la droite, se trouve 
une source qui sMtend vers le devant de la planche^ 

Sign^ aabas J. ^cAar^ i85i.Marqu^ au coin de droite du n"* 4. 
Sans ciel. 



10 



8. La Source en hauteur. 

L. 0,111, H. 0,140. 

Un chine et un bouleau sont au milieu de la planche et for- 
ment la lisiere d*un bois ; k leur pied une grosse pierre sur- 
plombant une source qui va en s'dpanchant vers la gauche. 

Sign^ au bas de la gauche en marge : J. Achard i85i, et au- 
dessus du coin de gauche marqu^ du n" 5. 

9. Le Vallon ombrag^. 

Pi^ce en hauteur. L. 0,114. H. o,i58. 

Au milieu de la planche deux grands arbres a travers lesquels 
on aper^oit une chaumiere b^tie sur le haut de la cote. Le 
ruisseau coule vers la droite; le premier plan est tenu par son lit 
dessech^, et k gauche on voit le chemin qui passe aupres de la 
chaumiere. 

Signd dans la marge J. Achard, i85i. 

Ces six planches forment la publication de Vander Kolk. 

10. Environs de Saint-Egr^ve (Dauphin^). 

L. o,25o. H. 0,180. 
T. c. L. 0,223. H. o,i55. 

Cette planche, reproduftion d'un tableau exdcutd par lartiste 
pour la f§te artistique du 5 Janvier i85o, et qui forme le n° 3 de 
TAlbum de cette fete, represente un vaste paysage borne par une 
chatne de montagnes* A la droite, une source sort en bouillon- 
nant de dessous un rocher ; un dessinateur assis sous un grand 
arbre, qui surmonte la coUine d ou sort cette source, semble des- 
siner le paysage. 

Signe au bas de la gauche dans la marge /. Achard pinx^ et 



II 



sculpt^, i^r ^tat, avant la lettre et avant que les bords de la 
planche aient ^t^ nettoyds. 
2C ftat, avec la lettre. 

11. Vue prise dans le pare da Rainoy. 

L. 0,160. H. 0,126. 

Une lisiere deboisavec quelques arbres dlancds, au 2* plan un 
arbre ayant des branches pendantes, presque jusqu*au pied du 
tronc. 

Signe au milieu du bas J. A chard i85o ; n"" 21 de la fete artis- 
tique. 

12. Le Banc de rochers bois6s. 

T. c. L. o,i58. H. 0,128. 

A droite, on voit un banc de rochers dans les fissures duquel 
croissent des arbres. Une fente plus large au tiers de la planche 
a donnd issue k un grand arbre. A sa gauche, uii groupe 
d'arbres touffus terming par un arbre dont la cimeestd^pouill^e. 
Dans le lointain on voit encore un bouquet d'arbres. Le del est 
Idger, la planche un peu plus lourde que d'habitude se rapproche 
du faire des petites pieces de Bldry. 

13. Les deux Arbres. 

T. c. L. 0,128. HjOgS. 

Au tiers de la planche, vers la droite, il y a deux arbres dancds 
et peu touffus dont le pied est entourd de buissons. Au fond, k 
gauche, un groupe d arbres. Ciel Idger. EfFet un peu lourd. 

14. L'Arbre penche k droite. 

L. 0,160. H. 0,128. 
Marge, 7 millimetres. 

De la gauche vers la droite, un groupe d'arbres formant clai- 



12 

riere k droite ; Tarbre le plus rapproche k droite est pench^ obli- 
quement. 

i^ dtat, avant le ciel, avant que la planche ne soit nettoy^e et 
la ligne de Thorizon ^claircie, et avant le bouquet d'arbres du fond 
k droite. 

2« ^tat, la planche nettoy^e, avec le ciel, les clairs des arbres 
nettoyds, et le groupe d'arbres k Thorizon. — Pi^ce anonyme. 

15. La Source an dehors du bois. 

L. o,i5o. H. o,io5. 
Marge de 3 a 4 millimetres. 

Au centre de la planche, un groupe d'arbres formant bois et 
allant en s^^cartant k droite et a gauche. Au devant, un banc de 
rochers caverneux avec une source qui va s'^panchant vers la 
gauche. 

!«»• dtat, avant le ciel, nombre de travaux sur le premier plan et 
Teau particulierement a droite. 

La partie de droite au fond manque. Le groupe d arbres se 
termine par un arbre pench^ vers la droite et dont la cime tr^s- 
l^gere est trds-dclairde. 

2« ^tat, la planche terminee avec le ciel et la partie du bois 
fuyant vers la droite. 

16. Le petit Paysage au docher poiutu dans le lointain. 

L. 0,140. H. 0,090. 
T. c. L. 0,077. ^' 0,043. 

Petite planche de beaucoup d*efFet; vers le plan moyen on voit 
un groupe d arbres touffus se continuant plus vers le fond, a 
droite. 

A gauche il y a une dclaircie et au milieu de celle-ci un clocher 
pointu fort doign^, puis deux ou trois arbres tout 11 gauche. 

Sans nom ni date. 



i3 

17. JLrbres aubordd'an ^tang. 

L. 0,195. H. o,i5o. 
T. c. L. H. 0,172. L. H. 0,121. 

A gauche, au bord de la planche, une mare avec de grands 
joncs; au i^' plan sur toute la planche, un terrain parsem^ de 
roches ddtach^es ; vers le centre un groupe d'arbres. Piece vigou- 
reusement mordue. 

On lit dans la marge Achard pinx. et sculp, sous le coin de 
gauche et au milieu : Arbres au bord dun itang. 

Plus bas : Gazette des Beaux-Arts. II en eziste des dpreuves 

avantla lettre. 
{Gazette des Beaux-Arts, t. XVII, 1864, p. 14.) 

18. Souvenir de Gernay. 

L. 0,135. H. o,i58. 
Une marge de six centimetres 

Un bout de ruisseau dans une clairiere et sur ses bords une 

touffe d arbustes que dominent deux ormes sveltes. NuUe part de 

traces d*hommes ou d*animaux, mais non plus rien demystdrieux 

ni d etrange. Un joli coin de bois 

Oii le grillon courtise la cigale. 

Au loin derriere Fhorizon, le mouvement et la vie. 
Sign^ dans la marge au bas k gauche J. Achard^ it droite : 
Imp* Deldtre, Paris. 
(Musie univerself public par Edouard Li^vre, 1869.) 



ANTHONISSEN 

ANTHONISSEN, Henri Joseph. Peintre paysagiste, n^ k 
Anvers en 1737, y est morten 1794. Ilfut lemaitre d'Omtneganck 
et eut plusieurs autres ^dves de m^rite. 



II a 6x6 direfleur de rAcademie d'Anvers. 
II a gravd deux pieces. 

1. Le Troupean d'apr^s A. Guyp. 

L. o,36o. H. 0,285. 
T. c. L. 0,340. H. o,25o. 

Le paysage repr^sente un coursd*eau, k gauche au i^^'plan ; on 
voit cinq vaches dont quatre forment groupe, tandis que la cin- 
quieme^ vue presque de face^ a la tete tourn^e vers la droite et 
semble boire. A droite, au second plan, le rivage est convert 
d arbres ; dans le fond on voit cinq barques. 

i«r etat. Avant toute lettre. 

2«etat. Avec Tinscription : Grav4 ateau-forte dapres A. Cuyp 
par H. J, Antonissen^peintre cTAnversA" 1767. 

2. Le P^oheur k la ligne. 

L. o,23o. H. 0,194. 
T. c. L. 0,220. H. 0,170. 

Le I" plan est coupe par un cours d eau qui finit vers la droite. 
La rive gauche presente deux maisons de paysans entourdes 
d'arbres; a I'extreme gauche, le pecheuralaligne setrouve dans 
une barque : un homme avec une hotte sur le dos est debout 
aupres de lui ; vers la droite, devant Tautre maison, on aper^oit 
un homme qui semble s'eloigner de la rive en manoeuvrant son 
canot avec une perche. 

Cette piece porte sous le coin de gauche: HA. Fc A** 1767 (HA. 
formant monogramme) et sous celui de droite, n° i. 

II y a dans la marge quelques essais de pointe. 



i5 



ARTAN 

ARTAN, Louis. Peintre de marine et aquafortiste, n^ a La 
Haye en iSSy, d'un pere beige. 
II a grav^ la piece suivante : 

Ulenspiegel et le Ghien bless^ on Plaintiye biestelette 

que fais-tu Ik si tard? 

L. Ofi6o. H. 0,239. 
T. c. L. o,i35. H. 0,198. 

Dans une allde darbres ddpouillds de leur feuillage, on 
apergoit le jeune Ulenspiegel ramassant un petit chien blessd. 

!«'• dtat. L'^preuve inachev^e, la partie gauche seule est tracde. 
Unique. 

2C ^tat. Eau-fortepureavecpeu de travaux; rarissime. 

3« ^tat. La planche telle que nous venons de la decrire, avec 
rinscription ci-dessus et plus bas : Imp. Deldtre, Paris, Louis 
Artan del. et aqua forti sculps. — Dans la premiere Edition de 
la L4gende d Ulenspiegel^ par De Coster. 

4* dtat. Les inscriptions de la planche prdc^dente enlev^es 
sont remplacees par les suivantes : Artan del. et sculps. — 
J. Bou)pens imp. Brux. Ulenspiegel et le chien blessi. — Get 
etat se trouve a la p. 80 de la 2* Edition de la L4gende d* Ulen- 
spiegel. 

[q4 continuer.) 



i6 



ADMISSION D»UN IMPRIMEUR ANVERSOIS 



1572 



En consultant derni^rement une liasse de vieux papiers du 
ci-devant conseil souveratn de Brabant^ nous y avons trouv^une 
requite adress^e au roi Philippe II par un jeune homme d*An- 
vers nommd Gerard Smits. 

Smits expose dans cette requite qu*il a appris avec zele et 
probitd Tetat dlmprimeur et de libraire ; qu'il ne connait que 
celui-lJi pour gagner honorablement son pain, qu'il est bon ci- 
toyen et bon catholique, k Tabri de tout soupgon d'h^r&ie. II 
termine en demandant, conform^ment aux ddits de Tempereur 
Charles-Quint, renouvel^s depuis peu, des lettres patentes d'oc- 
troi pour pouvoir exercer sadite profession. 

A Tappui de sa demande, Smits avait joint : 

I" Une attestation d'orthodoxie et d aptitude de sire Francois 
Doncker, chanoine de T^glise de Notre-Dame et vicaire-g^ndral 
de Y6v&ch6 d'Anvers ; 

2" Un certificat d'examen de Christophe Plantin, juge comp^ 
tent, sil en fut, de toutes choses relatives k la typographie. 

Cependant telle ^tait, dans ce temps de troubles et d'absolu- 
tisme, la rigueur du gouvernement lorsqu'il s*agissait de Tadmis- 
sion d'imprimeurs etde vente delivres, que les deux declarations si 
favorables d'ailleurs, fournies par Smits, luiparurentinsuffisantes, 
peut-etre a cause de la grande jeunessedup^titionnaire, et qu* ilen 
exigea une de Tdveque d'Anvers mSme. C'^tait on le sait, le c^lebre 
do£leur en droit canon Sonnius, le premier qui occupa le si^ge 
Episcopal d*Anvers de cr&tion rdcente. 

Par un bonheur auqucl il ne fallait guere s attendre, la r^ponse 



'7 

-du prdat k la lettre que lui €crivit le conseil privi (5 Janvier iSyi- 
1572) dtait encore jointe avec les deux pieces ci-dessus, au dossier, 
bien que celui-ci ett €t6 f el^gu^ pendant un demi siecle environ, 
au fond d*un greater, avec une immense quantity de papiers con- 
damnds d^sormais au pilon. La lettre de Sonnius^ qui contenait 
un nouvel avis favorable, leva les scrupules deMM. les membres 
du conseil priv£ de Sa Majesty catholique et les d&ida k faire 
ddlivrer par le canal du conseil de Brabant (i) Foflroi sollicitd 
par Gerard Smits (apostille du 24 Janvier 1571-1572). 

Ce dernier en fit-il un bon usage, ses presses mirent-elles au 
jour de beaux livres ? Pour notre part, nous serions bien embar- 
rass^ de repondre k cette question, la bibliographie n*dtant pas 
pr^cis^ment notre fait. Mais, quelle qu*ait 6i6 Thabilet^ de Smits 
dans Tart de Timprimerie (soit dit en passant il ne poss^dait que 
la langue flamande), sachons lui gr^ d^avoir fourni Foccasion 
d'insdrer dans le bibliophile beige une lettre autographe de 
r^^ue Sonnius (2) et une attestation d un typographe aussi 
remarquable et aussi connu que Christophe Plantin. Nous 
sommes persuade que nous ferons chose agrdable aux lec- 
teurs du Bulletin en mettant dgalement sous leurs yeux le 
certificat du vicaire gdn^ral Doncker. Voici done ces trois pieces 
reproduites int^gralement dans Tordre de leur date respe£live. 

li)iclaration du vicaire g^n^ral T)oncker. 

6 F^vrier iSyi (style de la Chancellerie romaine). 
Notum facimus Qmnibus et singulis coram nobis comparuisse Gerardum 
Smits, quondam Leonardi Smidts filium, qui jam aliquandiu rei typogra- 



(1) Pour le duch^ de Brabant, les lettres patentes et ordonnances devaient 
€tce scelMes par le chancelier de Brabant. 

(2) Voy. quant ^ sa correspondance les Bulletins de la commission dhis- 
toire, t. I et suiv. de la premiere s6rie. 



i8 

phicae.ac novis typis fiindendis operam dedit^ de cu)us fide et catholica reli- 
gione nobis ex bonorum ac fide dignorum hominum testimoniis turn etiam 
ex Uteris sui pastoris satis est cognitum et perspe£him, declararunt enim 
eumdem esse adolescentem catholicum et nuUis alienis se6tis aut pravorum 
dogmatum corruptelis aliquo modo contaminatum aut perversum ; hinc est 
quod talium hominum dignitate tum etiam pastoris sui literis freti, decla- 
ramus et pro certo afiirmamus eumdem merito atque Optimo jure intypogra- 
phorum familiam esse admittendum, nisi aliud aliqupd impedimentum ipsi 
constet prototypographo. 

In quorum fidem praesentes literas mea manu subscripsi. Datum et a6lum 
vigesima sexta die mensis februarii anno D^ iSyi, stilo Romano. 

Fracisc* Doncker, vicarius Rem*. 

declaration de Christophe Plantin, 

4 odobre iSyi. 

Ce jourd'hui, quatriesme du moys d'oflobre Tan de la nativity XV<^ septante 
ung, est comparu personnellement par devant Thonnorable homme, Chris- 
tophle Plantin, prototypographe ou chief imprimeur jur6 du Roy, nostre sire, 
et de moy, Jehan van den Driessche, notaire publicq ad ce appell€ par ledi£l 
chief imprimeur, Gerard Smits, bourgeoys de la citt^ d'Anvers, eaig^ de 
vingtdeux ans ou environ, lequel, ayant exhibe audid chief imprimeur cer- 
taines lettres d'attestation de sire Franchoys Doncker, vicaire du Reverendis- 
sime monseigneur I'^vecque d'Anvers, de sa bonne fame, renommee et vie 
catholique romaine, datees le vingt sixiesme jour du moys de febvrier dernier 
passe, plus sembJables lettres d'attestation exp^diees soubz le seel deceste 
dide c\XX€ d'Anvers, en date le vingt-septiesme dudi£l moys de febvrier (i), 
et, estant ledi£l Gerard diligentement et souffissamment examine par le- 
di£l chief imprimeur sur le faid et Tart de Timprimerie, a \td\Et chief impri- 
meur icelluy G6rard Smits trouv^ de faid estre entendu et expert en la 
maniere et Tart de composer et imprimer en tous ses pointz et parties, et 
entendant son langaige maternel et aulcunement le franchoys, comme de la- 
di6le examination plus amplement appert au registre dudi6l chief imprimeur. 
Ayant le didl chief imprimeur encharge audi£l Gerard s'adresser avec ceste 



(i) Ces lettres manquent. 



19 

pr^sente a£le au conseil du Roy nostre sire, pour obtenir lettres k ce requises 
etconvenables. 

Ce fust fai£l et pass^ en Anvers k la mayson dudi£l chief imprimeur, en la 
presence comme dessus. 

In testimonium effidem omnium praemissorum , ego notarius superius 
nominatus, ad hoc requisitus et rogatus prsesens instrumentum publicavi 
signoque meo manuali solito signavi. 

J. Vanden Driesche, nori"«pu«i. 
Au dos : 
A Monseigneur 
Monsieur le chancellier de 
Brabant, en Bruzelles. 

Lettre de FMque Sonnius. 

Clarissimi Domini, 

* (i) Janvier 1572 (style de la Chancellerie romaine). 

Accepimus litteras has sub nomine Regiae Ma^>' cum reliquis adjunflisy 
et omnibus diligenter lustratis, et praeterea auditis quinque aut sex personis 
fide dignis super vita, fide et conversatione Gerardi Smit supplicantis, et 
prorsus nihil invenimus quod offenderet aut impediret di£lum supplicantem 
a consecutione artis impressoriae exercendae pro qua supplicat. 

Clarissimi Domini precamur R. V. Chrum in omnibus prop... (2) atq. pro- 
pitium. Ex Antwerpia... * januaiii 1572, stilo Romano. 

Cla. D. V^ deditissimus. 
Fr. Sonnius. 
Cette lettre porte pour adresse : Clarissimo et consultissimo Dno D. prae- 
sidi secreti concilii Regiae Ma^''.... concilio secreto, etc., 

Bruxells. 

L. G. 



(1} La lettre est troude en cet endroit. 
(2) MSme observation. 



20 



Addition k Tarticle de M. AUG. Ladrague : « Senac de 
dMeilhan et ses rapports avec la ^Utissie ». 

("Bibliophite beige, t, III, pp. 343-358.) 

Dans la lettre de Senac de Meilhanau comte de Zouboff, adres- 
s^e de Hambourg, sans date, il est vraisemblablement question de 
son ouvrage public k Hambourg en 1795 et intitule : Du gouver^ 
nement, des mosurs et des conditions en France avant la Revolu- 
tion. Hambourg, 6x€ par Ersch, t. H.p. 368 (sans date), etpar 
Qudrard, t. I3t, p. 48, Hamb. , Gottlob (Benjam. Hoffmann, 1795). 
On imprima en la m^me ann^e, a Paris, sous le nom de lau- 
teur, le second volume des OEuvres philosophiques et litteraires 
de <SW. de dMeilhanj ci-devant intendant dupajrs do^unis^ de 
Trovence^ Q^vignon, et du Hajrnault, et intendant giniral de 
la guerre et def armies du roi de France^ etc. A Hambourg, 
chez B. G. Hoffmann, 1795 (imprime k Brunswick chez E. Gu. 
G. Kircher), pet. in-8'. II contient aux pages 107-151 iLettressur 
la ^I^ussie^ d Madame de**; on y trouve une piece tres-curieuse : 
Comparaison de Saint- Pierre de l^me (c*est-k-dire le superbe 
temple) avec Catherine!! De Meilhan dit par exemple ceci : « Saint- 
Pierre surpasse les plus beaux monumens de Tantiquitd; Cathe- 
rine est dgale aux plus grands hommes^ et sup^rieure a toutes les 
femmes qui ont regnd, etc... Un voyageur qui auroit fait mille 
lieues pour venir a Rome, et qui seroit oblige de partir sans 
avoir vu autre chose que Saint-Pierre, ne devroit pas avoir du 
regret a ses peines ; il en seroit de mSme, s*il dtoit venu dans le 
vaste Empire de Russie, et qu il n'efit pu contempler que Cathe- 
rine H. » 

F.-L. Hoffmann. 



21 



MANUSCRITS DE LA BIBLIOTHEQ.tJE ROYALE 



NOUVELLES ACQUISITIONS 

Varia^ concernant tancienne Vniversite de Louvain, 

4 vol. in-fo. 

Ge recueil formd par M. G. Leunckens, professeur de droit 
canon, en 1748, renferme une foule de pieces interessantes, mi- 
moires de proces, documrents relatifs aiix fondations, ordon- 
nances, reglements, discours, pieces devers, etc. C'estuhe source 
tres-precieuse pout le futur historien de YAlma mdier.'W y 
trouvera infiriiment d^^rudition «t de science juTidique sinon de 
Forthographe. De pliis, le collefteur y a ins^rd, comme annexes 
et documents, un grand nombre de pieces imprimees en placard 
ou autremertt et qui sont probablemeiit peu communes. En 
voici une qui nous semble assez curieuse : la rddaftion de ce recit 
di 6x6 faite, sans doute, par quelque disciple d*Antoine F. de 
Pratel qui enseignait quelque temps auparavant, a Loavain, la 
langue francjaise sous le nom de langue bourguignonne. 

Solemnity de la Promotion DoSoral es Droits de eV" Van 
^liggenhout et Honjr Prqfes^^ ^jraly en Wniversiti de Lou- 
vain, au mois dodobre 1722. 

« Cette solemnity com men9a le 12. a 8. heurede matin par une 
tres magnifique invitation, qui ne firiit qu'avec le soir. 

» Cette invitation commen^oit par une richebandedetimbals, 
et trompettes, des Huissiers et Messagers de T University, d€s 
Bedaux de 5. Facultes, portant leurs masses dor et d'argent 
avec les differentes echarpes des Compagnies, tous a cbeval, des 

TOM. V. 2 



22 

carosse a 6. et 2. chevaux. Un autre bande de Haubois, cornes 
de chasse et autres instrumens, preceda les trois Do£leurs Can- 
didats, suivis de 3 Compagnies de tres belles Calvacades de 
M". les Baccheliers en Droits, chaque precedee d*autres timbals 
et trompettes et aussi chaque d un Prince magnifiquement equipd 
avec plusieurs pages, couriers, palefreniers, chevaux *de mains 
etc. 

» Tour ce cortege a Theure susdite vinrent prendre les deux 
Do£leurs et Antecesseurs Primaires en Droits, Presidens audit 
afte en leur demeure M'. Brenart Chlr Seigf. de Corbeeck 
Overloo, et en la Ville de Louvain etc. et M^. Bauwens Cha- 
noine de la CoUegiale de S. Pierre, et President du College de 
S. Donas etc. qui dtant revetus de leurs habits et ornemens doc- 
toraux, avec laquais et chevaux de mains, se mirent a la tete 
desdits trois Candidats, marcherent vers la grande place, et les 
principaux endroits de la Ville, invitant dans les formes Acade- 
miques les Corps de TUniversit^, et des Magistrats, et autres 
personnes distingu^es, au son de la grande cloche et carillon. 

» Tons ces invitans furent tres gratieusement regus, avec profu^ 
sion de confitures, sucades, toute sorte de vins, et autres liqueurs 
et furent aussi pareillement honords par son Excellence Madame 
la Marquise de Prie, des princes et princesses de la Tour et 
Tassis, Monseigneur Tlnternonce de sa Saintete, et autres No- 
blesse, qui s'dtoient rendus dans cette Ville a Toccasion de cette 
fete, et ainsi cette invitation a continue tout long le jour jusqu au 
soir. 

» Le jour suivant toute la susditte Compagnie^ la Baguette k la 
main allerent a pied prendre derechef lesdits Presidens de TAfte 
Do£loral a leurs maisons, et rangee dans le meme ordre et ma- 
niere comme dessus, monterent aux Halles, ou les Dofteurs 
Candidats apres avoir soutenu leurs Theses contre les Licenti^s 
oppugnans, et rentrfe ensuitte au scrutin de tous les Dofteurs 



23 

de Droits, furent presentes par M^. le Dofteur WiRIX Prieur du 
College ^troit des Facultes, a M^. le Chancellier, de qui ayant 
re;ulabenedi£lion, ilmonterentenchaire et se placerentaux deux 
c5t^s desdits Presidetis, lesquels apres les haranges desdits Can- 
didats, harangerent k leur tour sur ta dignity du degre Do£loraI, 
des homthes illustres leurs Predecesseurs, et de signales services, 
rendus^ par eux a TEglise, a FEtat et au publique dans les pre- 
miers Ministeres et affaires les plus importantes, de leurs souve- 
rains. 

» Et recurent, ensuite les Candidats audit Degre Do£loral, avec 
les ceremonies accoutumees, en leur donnant en mains les livres 
de Loix, clos et ouvers, et furent revetus par le premier President 
des ornemens Doftoraux, s5avoir, de robe trainante de velour, 
de bonnet pourpre, de Bague d or, d epomide pourpre bordde 
d'hermines, et de chaine d'or, avec explications de ces ornemens, 
et des embrassemens de paix et felicitation. 

» Ensuite ils descendirent tous en m6me ordre par la grande 
place a I'Eglise CoUegiale de S. Piere, au son de la grande 
cloche comme dessus, ou ayant fait les homages et offrandes 
ordinaires rentrerent a la grande sale desdits Halles, ou Ton 
avoit prepare des converts pour six cen^ personnes tous graduez 
ou qualifides, qui furent regaldes fort splendidement avec toute 
sorte de viandes, gibiers, et abondance de meilleurs vins, chaque 
personne ayant son plat de sucade au desert. 

» Et pendant le repas Ton ne cessoit pas de boire k la santd de 
sa Saintet^ et de sa Majeste Imperiale et Catholique sous de fan- 
fares continnelles de trompettes, des haubois, comes de chasse, 
et d'une tres belle Musique. 

» Le mSme traitement recommenga le jour suivant pour les 
Dames de cette et autres Villes voisines, et finit avec un bal 
solemnele^ le tout avec ordre et contentement parfait. » 

C. R. 



24 



MISCELLANEES 

PAR M. LADRAGUE 



///. — T)es Erreurs et de la veritd^ ou les Hommes rappetles 
(sic) au principe universel de la science, Ouvrage dans lequel, 
en faisant remarquer aux observateurs t incertitude de leurs 
rechercheSy et leurs meprises coniinuelles, on leur indique la 
route qu'ils auroient dit suivre, pour acquerir Vevidence 
physique sur Tori gine du bien et du mal^ sur rhommey sur la 
nature mat^rielley la nature immatdrielle et la nature sacree, 
sur la basedes gouvernemenspolitiques^ surTautoriid des sou- 
verainSySur la justice civile et criminelle, sur les sciences, les 
langues et les arts; par un Ph.,, In,,, (philosophe inconnu, 
Louis Claude de Saint'Martin), Edimbourg, 1782, 2 vol. ou 
parties in- 8° de 23o et 236 pp. 

« Cest a Lyon que j ai ecrit ce livre. Je Tai dcrit par desoeu- 
» vrement et par colere contre les philosophes. Je fus indigne 
» de lire dans Boulanger, que les religions navoient pris nais- 
» sance que dans la frayeur occasionnde par les catastrophes de 
» la Nature. Je composai cet ouvrage vers Fannee 1774, en 
)) quatre mois de temps et auprSs du feu de la cuisine, n*ayant 
» pas de chambre ou je pusse me chauffer. » (SAINT MARTIN : 
CEuvres posthumes). 

La i^e ^dit. est d'Edimbourg (Lyon), 1775, in-8" de VIII-546pp. 
Reimprimee sous les memes titre, lieu et date, 2 vol. in-8*, avec 
une table des matieres ou Ton a n^glig^ de changer la pagination 
faite pour une autre Edition (Matter). 

ll"ddit. rctouche'e par le frere ClRCONSPECT. Salomonopolis 



25 

chej <24n4ropkiie^ a JiaColonne inibranlabley 1781. in-8* d^ XII- 
546 pp. . 

Autre ^it. Edimbourg, 1783. 2 vol. inr8% la notre. 

Autr.e ^it. Edimbourg (Lyon), s. adr., 1782. ^ vol. in-12. 

Autre ^dit. fidimbourg, 1782. 2 tomes in-B" de XVI-407, et 440 
pp. {Edition git^e par Klosz, n' 38.93). 

Autre, ^dit, Salomonopolis che^ Oindropkile^r.- 1784. 2 voL 
in-8"et3 vol. en. y joignantla Suite des J?rr^ttr5... publii^e en 
mSme temps. 

Cette dernlere ^dit. a dte representee sous le litre i.Les 
Homines rappelds au principe universel de la science...., (avcc 
WSi^ite des Erreurs...) et forme alors les tomes I-III des CEu- 
vres philosophiques de St.-:Martin. Londres, de Timpr. de la 
societe philosophique, 1808. 6 vol. in-8". JLes autr(^ volumes de 
cette colleaionfaaice sont : L Homme de ddsir ^ t. IV, et Ta- 
bleau naiurel, X,y exVl. 

Total, sept editions differentes, vues par moi presque toutes. 
Get ouvrage a 6t6 traduit en allemand par Matthias Clodius, 
avec une bonne preface : Breslau, 1782 ; voy. Klosz, n' 3894. 

Le livre de Saint-Martin a ete frappe par Tlnquisition d'Es- 
pagne; voici ce que dit de cette sentence, Tauteur luirm^me : 
« Le 18 Janvier 1798, jour ou j ai atteint ma cinquante-cinquiemc 
» ann^e^ j'ai appris que mon livre des Erreurs et de la VMt4 
» avait ete condamne en Espagne par Tlnquisition, comme dtant 
.)) ,attentatoire k la Divinite et au repos des gouverncments » 
(Matter^ 305.-07). 

« L'imperatrice Catherine II chargea Platpn, evSque de Mps- 
» cou, de lui rendre compte du livre des Erreurs... qui etait 
» pour elle une pierre dachoppement. II lui en rendit le cpmpte 
)> le plus avantageux et le plus tranquillisant. n (Saint-Martin, 
dans Matter, p. i38.) 

Ayatit eu Toccasion de procurer cet ouvrage, ainsi que les 



26 

principaux ecrits de Saint-Martin, a un grec orthodoxe adonne 
a la le£lure des dcrivains mystiques, cette personne ne voulut 
pas en prendre connaissance avant d*avoir Tassentiment de mgr. 
Philarete, metropolitain de Moscou, mort tout rdcemment. Ce 
successeur de mgr. Platon fut ^galenaent de Tavis de son prede- 
cesseur. Nous prendrons de la Foccasion de Caire observer com- 
bien Tdglise d'Orient difFere de celle d'Occident, lorsqu'elle 
pense qu un livre ecrit par un dissident peut servir a Tedification 
des fideles. 

Suite des Erreurs et de la vdriti, ou developpement du livre 
des Hommes rappelUs (sic) au principe universel de la science ; 
par un Ph... In,,, [le chevalier Charles de Suie). A Salomono- 
polls ^ ches[ Androphile, a la Colonne indbranlable MMMMM, 
DCC, LXXXIV, in-8» de I V-435 pp. 

Saint-Martin a fortement desavoud cet ouvrage. Tout me 
porte k croire que cette Suite est du chevalier Ch. de Suze, lau- 
teur de la Clef {voy. le n" suiv.). Voici ce quil dit en se plai- 
gnant de la critique de la Suite ^ faite par VExamen impartial 
du livre intitule : des Erreurs...; par un frere la'ique en fait 
de science (J. Joachim Christoph Bode). S. 1., 1782, in-8* de 
118 pp. (( A travers le barbouillage moiti^ fran^ais, moitie tudes- 
» que de ce nouveau Don Quichote, on decouvre.... qu'il cherche 
» a Jeter du ridicule sur Tauteur de la Suite des Erreurs et de la 
» Verite; ouvrage capable de servir de contrepoison aux idees 
» alambiqudes qu*on trouve dans Tautre, et compost sur les 
)) notions d'une physique guidee par Texperience, et une philo- 
» sophie raisonnable; si tant est qaune oeuvre raisonnable 
» puisse sortir de la main des hommes. » {Clef p. 26). Puis dans 
la Suite des Erreurs, on lit : • L'homme se trompant sans cesse 
» sur les moyens qu il emploie pour trouver la verite, j ai attribue 
» ce penchant a se tromper, moins a Tignorance de toute vdrite, 
» qu'a la faute de la me'thodedont il fait usage... Pour d^cou- 



27 

> vrir cet £tat (la v^rit^), il faiit encore se servir du ternaire 
» sacr^, v^rit^ dans nos opinions,... vdrit^ dans nos a£les,.... 
» vdrit^ dans nos discours (ibid. p. 2-3). • Ce sont les trots 
grands mdrteaux du Serrurier connu. 

Clef des Erreurs et de la Vdritd (de Saint-Martin), ou les 
Homines rappeUs au principe universel de la raison ; par un 
serrurier connu (Ch. de Sus^e). Hersalaim, s. adr. (Paris), 1789, 
in-8* de 128 pp. 

Pamphlet violent contre Touvrage de Saint-Martin et un pey 
contre Nic. de Bonneville, contre lequel Suze se propose decrire 
pour re£lifier ses dcrits contre les Francs-Magons. Ch. de Suze 
ne manque ni de logique ni d*dnergie : « Nous desirions que cette 
» clef (une clef d acier poll) p{it ouvrir les cofTres ou les hommes 

> ont sfirement enfermds {sic) leur bon sens, depuis que des fri- 
» pons hypocrites ont public mille et un systemes ridicules pour 
» se les assujettir ; mais le mal est si enracind, lespece humaine 
» si cr^dule, Terreur si douce, que nous serons forces de faire 
» retentir souvent notre enclume sous les trois grands marteaux 
» qui ouvrent et ferment le temple de vdritd. » Certes il y a du 
vrai pour tous les temps et pour tous les pays, dans cet apho- 
risme du Serrurier connu. 



CHRONIQUE 

NfiCROLOGIE. — La Socidtd des Bibliophiles a perdu r^cem- 
ment un des ses membres effeftifs les plus distingu^s, M. le 
comte Maurice DE ROBIANO, d^cdde a Bruxelles, dans un ^ge 
peu avancd. M. de Robiano dtait un amateur ^claird et faisait 
partie de plusieurs soci^tes savantes. 



28 

-^ H vieht de'pariftitre'eQ Angletefre, sous le titrc de \ Marques 
dandeni impfitneurs flamandSy atkmtmds et anglais, par 
J, Ph. BerJeaUyMti outrage csscaitielfement utite pour la biblio- 
graphie nationale des troii pays ici repTfeentfe :on sai , eh effet, 
cbthbieti Brtinet est insufEsantpour tout ce qui sort dela librairie 
frangaree et de ritalieniie; Sylvestre h'a pas continue ses Mar- 
ques typographiques , la plupart au^si appartenant d^ailleurs & des 
imprimeurs fran^ais ; la typographie du Nord est nioins connue 
que celle du Micli. Le livre de M . Berjeau he suit aucun ordre, mais 
une table mdthodique permet de s'y retrouver aisement. II etx 
^6 desirable que Tauteur complftUt sa compilation par une table 
des oiivrages auxquels il en avait emprunt^ les elements, ir y a 
aussi une liste des emblemes et des devises qui he sera pas inutile 
aux chercheurs : on ne trouve rien de ce genre dans Rothscholz, 
Gessner ni Dibdin. Cette liste mentionne simplement la devise, 
le nom de rimpfimeur qui s'en servait et les annees qu'ii com- 
meh^a et finit d'imprimer; on pourra de la sorte restituer dej^ 
aleurs dditeurs uri grand nombre de livres sans date, 

'■-^ On vient de retrouver dans le precieux ms. Vernon de la 
Bodleienne, un fragment de 800 vers d une ancienne version 
rimde du roman du St-Graal ; c'est une partie de la description 
du merveilleux bouclier forge par Evalas pour son petit neveu.- 



LE PEINTRE GRAVEUR 

DES PAYS-BAS 
Ali DIX-NEUVlfeME SIECLEfl) 



BAGELAARQ 

BAfiELAAR, Emest-Guillaume-Isaac. Ntf k Eindhoven, 
le i6 seplembre 1775, est dicidi k Zon, pres de cetle locality, le 
8 Kvrier 1837. 

II ^tait major dans Tarm^e, et a grav^ comme amateur un 
oeuvre considerable. 

1. Portrait de fiagelaar grav^ d'apr^B le tableau de Fienemaa. 

L. 0,040. H. o,o5i, 

Le buste de I'auteur enveloppd d'un manteau d'ordonnance ; 
pointing. 

I" itat La t€te seule ^bauch^e avec beaucoup de barbes le col 
et la cravate sont seulement indiqu^s. 



(i) Suite. Voy. pp. 5>i5. 

(3) Nous adressons nos plus vifs remerdmente I M. le Cbev. Camberlyn 
et au colonel Vaoder Netten qui ont bien voulu nous prlter deui oiuvres de 
Brsgelaar des plus remarquables. 



3o 

2* eiat. La X&te dbarb^e et terminde ; sur fond Wane, le manteau 
^bauch^ au trait. 

3« ftat. La planche est poussde au noir, il y a dans les che- 
veux divers reflets de lumiere enleves au brunissoir. 

4^ etat. Le fond et le manteau sont pointings, Faspefl est clair 
et argentin. Les reflets dans les cheveux ont disparu. 

2. Portrait de H. Van firussel, d'aprfcs le tableau de Hendriks 

(ovale). 

L. o,o85. H. o,ii5. 

Van Brussel est vu des 3/4 vers la droite; gravure au pointille. 

i«r etat. Avant le fond et la t^te seulement esquiss^e sans 
ombres. 

2« dtat. Termine avec le fond et le trait circulaire entourant 
Fovale, avant toute lettre. 

3« dtat. Avec la lettre. Hendriks pinx, Bagelaar f, n"2; au- 
tour du bas de Fovale et dans la marge H. van Brussels piSor. 

3, Portrait de Van der Chys. 

L. o,o3i. H. o,o36. 

II est en buste et vu de profil vers la droite. 
i«r dtat. Avant le fond. 
2« dtat. Avec celui-ci. 

4. Portrait de Hagedorn. rh6te de Bagelaar it Br6me. 

L. 0,02b. H. o,o33. 

II est VU presque de profil vers la droite et a la tete recouverte 
d'une calotte. 



3i 

5. Portrait de madame Van der Chys. sodor de Bagelaar. 

L. 0,950. H. 0,12a. 

Elle est vue des trois-quarts vers la droite, en buste dans un 
ovale entourd d'une petite bordure. 

6. Portrait de Harous. 

L. 0,093. H. 0,121. 
nT. c. L. 0,067. H« ^»^77» 

L'artiste est vu des 3/4 vers la droite. II porte son chapeau sur 
la t€te. 

i«r dtat. Avant toute lettre, le fond blanc. 

2« ftat. Avant toute lettre, lefond noir. 

3« etat. Avec la lettre. Bagelaar f.^ sous le coin de droite et 
dans la marge J. E, Marcus. 

Dans cet ^tat le chapeau est recouvert de tallies ainsi que les 
vftements. 

7. Portrait de W. de Nooy. 

L. 0,087. H. 0,107. 

II a le chapeau sur la tSte et est vu presque de face, legere- 
ment incline vers la droite. 

i«r Aat. Eau-forte pure, la morsure a donnd des teintes ^toi- 
Ides ; les ombres de la figure sont des tailles. 

2« ^tat. Les ombres sont raccorddes, le travail du pointing est 
venu adoucir les traits, Tombreportee a droite est ^tendue et rcn- 
forcde. 

Dans ces deux ^tats on lit au bas de la droite : Bagelaar f, 

3* ^tat. La planche couple n'a plus que les dimensions sui* 
vantes : L. o,o63. H. 0,074. Le fond est cntierement convert 
de traits croises. 



32 

8. Richard, jeune Javanais, domestique de fiagelaar. 

L. 0,057. W* o»074- 
T. c. L. o,o53. H. o,o56 1/2. 

II est vu de face, le corps legerement tourn^ vers la gauche. 

1"' 6tat. L'habit est clair, le gilet et la cravate n'ont pas 
d'ombres. 

2' dtat. Les teintes renforcees, Thabit est pousse au noir, le 
gilet et le linge sont ombres au pointille. 

9 . L empereur Alexandre I. 

L. 0,100. H. 0,121. 

II est en buste des trois quarts, vers lagauche, dans un medall- 
ion de forme ronde. 

I" dtat. Simple esquisse. Avant le fond et les ombres du buste. 
Le medallion n est indiqu^ que par un cercle pointing. L'espace 
de rinscription est indiqu^ par un reftangle pointille^ 

2* dtat. Avec le fond, la planche terminee et les inscriptions 
autour du medallion : 

GeneendunedeL Bagelaar fecit ^ et dans la marge : Alexander I. 

10. Jean Second, d'apr^s Jean van Schoreel. 

L. 0,139. ^' o>238. 

Le personnage coiff^ d*un bdret ou toque, est vu de face. La 
tete est dans un mddaillon circulaire. 

1*' etat. Esquisse. Le fond est tres-ldgerement traite en poin- 
ting. On aper^oit sur le bord a gauche deux taches. 

2* dtat. Le fond est renforcd, la robe est teint^e fortement et 
les derai-teintes sont indiqudes au visage. 

^ itaX. II y a une bordure autour du medallion et ^ environ 
2 millim. de celui-ci. Ces 3 dtats sont avant toute lettre. 



33 

4' ^tat. Avec la lettre et l*inscription ; la planche aparu en cet 
^tat dans le Messager des sciences. 

On lit sous le mddaillon : Joan, van Schorl pinx, Bagelaar 
sculp ; puis, 8 vers commenfant par les mots suivants : O patrice 
lux clara tucel quam misit Olympo, etc. Signd P. B. 

11. Portrait de Jean Stafford. 

L. o,io5. H. o,i35. 

Le personnage est dans un mddaillon ovale, presque de face, le 
brdviaire k la main, debout a c6t^ d'une table supportant un 
crucifix. 

Dans la marge on lit rinscription suivante : Ervd. ac Ampt, 
Dom. Joannes Stafford Obiit 5 martii i8i6 cetatis 87. 

Tout au bas de la planche, vers la droite, on lit d*une maniere 
peu distinfte : planche par Meiller n* i. 

II y a aussi une ^preuve tir^e avec un cache lettres, qui n'a que 
lesdimensionssuivantes : L. 0,040. H. 0,039. 

12. Portrait de Swanevelt. 

L. 0,66. H. 0,078. 

II est reprdsentd des 3/4 vers la gauche, la tSte couverte du 
tricorne. 
i" ^tat. Avecle fond blanc. 
2* dtat. Avec le fond teint^. 

13. Portrait de A. Guyp. 

L. 0,096. H. 0,125. 
T. c. L. 0,092 1/2. H. 0,106. 

II est vu des trois-quarts vers la gauche, a la tete nue et portc 
un rabat. 



I*' dtat. Eau-forte pure. La figure simplement esquiss^e et le 
manteau seulementcouvert de tallies paralleles. 

II n'y en a que 4 ^preuves, selon Bagelaar. 

2* dtat. Avec fond blanc. Li figure est ombrde, le manteau 
couvert de tailles croisdes. 

3* dtat. Avec le fond couvert de tailles. 

14. Portrait anonyme. 

L. o,io5. H. 0,116. 
T. c. L. 0,098. H. 0,107. 

Le personnage a la tete couverte d'un chapeau noir, il est vu 
des 3/4 vers la gauche. La piece est en maniere de crayon. 

1" ^tat. Eau-fortepure, avant le trait carrd. 

2* dtat. La piece terminde, avec le trait carr^. 

Tout nous fait presumer que c est un portrait de Bagelaar lui- 
meme. 

15. Silhouette. 

L, 0,095. H. 0,125, 

Un personnage portant perruque k marteau est vu de profit 
vers la droite. Cette piece est traitde en maniere de silhouette et 
signee au has de la droite : Bagelaar/. 

16. L'adoration des bergers. 

L. 0,213. H. 0,154. 
T, c. L. 173. H. o,ii5. 

La vierge et saint Joseph sont a droite, au pied d*une creche 
formee dans un batiment ruin^. Une vache et un 4ne se voyent 
au I" plan de ce meme c8t^.. 

A gauche,on voit les bergers, deux hommes et deux femmes : le 
plus avanc^Vagenouillc devant la creche. Au trait. 



35 

1*' etat. La planche telle qu elle est ddcrite avec les dimensions 
ci-dessus. 

2* ^tat. La planche coupee n a plus que L. 0,177. H. 0,126. 

17. Jeune m^re donnant le sein it son enfant. 

L. 0,071. H. 0,075. 

Elle a r^paule et le sein droits ddcouverts ; au trait. Sign^ au 
coin de gauche en haut : Bagelaar f. 

1*'. ^tat. Avant la que la planche n*ait €li nettoyde (sanguine). 

2" ^tat. La planche avec un fond en maniere de crayon vers la 
gauche. 

3* etat. La planche nettoyee. 

18. Ruth et Booz, d'apr^s J. Lnyken. 

L. o, 069. H. OjiiQ. 

Ruth est au milieu de la planche ramassant des epis ; Booz est 
a la droite. Piece au simple trait, librement trait^e. 

Signee au has de la droite : Bagelaar sculp, ; au haut de la droite 
on lit : Ruth 2 vers, 5. 

19. Daniel en pri^re. dapr^s J. Luyken. 

L. 0,070. H. 0,120. 

Cette piece forme le pendant de la pr^cedente : elle reprdsente 
Daniel agenouille vers la gauche devant une fenetre ouverte, tan- 
dis que des personnages Fexaminent en soulevant une draperie. 

Signd au has de la droite : Bagelaar sculps. , et marqud au haut 
du meme cdx6 : Daniel. 6. it. 

20. Paysanne (genre de Luyken). 

L. 0,077. W* Oi^*7' 

Fac-simile d'un dessin au bistre representant une femme, les 
mains dans les poches et regardant au haut de la droite. 



1 



36 

21. Paysan vu de dos (genre de Luyken). 

L. 0,078. H. 0,116. 

Un homme vu de dos montre quelque chose de la main 
gauche, en s'appuyant de la droite sur un b^ton. — Piece trait^e 
dans le style de la prdcddente et imprimde comme celle-ci, en 
bistre. 

22. Le supplioe sur I'^ohafaud. 

L. o, i32. H. o, 110. 
T. c. L. 0,129. ^' <>iio6. 

Cette piece repr^sente une place publique remplie de monde, 
sur laquelle est dressd un echafaud ou se trouvent deux mal- 
faiteurs attaches k des poteaax. Dans le fond, on voit une tour. 
Signee au bas de la gauche : Bagelaarf. i8o5. 

I" ^tat. Au simple trait en bistre. 

2« ^tat. Lave d*aqua-tinta. 

23. Les decapitations, d'aprfes J. Luyken. 

L. ?.H. f. 
T. c. L. 0,139, H. 0,110. 

Composition analogue a la pr^c^dente, sauf que le lieu du sup- 
plice est le i^' plan ; on y ddcapite un homme, et une femme a 
moiti^ d^pouillde est exhort^e par une autre. Des Edifices varies 
entourent la place. 

Signd au bas de la gauche : Bagelaarf. i8o5. 

i**" etat. Au simple trait en bistre. 

2« dtat. Lav^ d*aqua-tinta. 

II est probable que ces deux sujets auront ete graves sur le 
meme cuivre. 



37 

24. Le ChriBt et un diBoiple. 

L. f. H. ? . 
T. c* L. 0,084. H. 0,054. 

Le Christ est a droite il regarde un de ses disciples, vieille t6te 
barbae situ^e k gauche et entouree d'une aurdole. 
Au haut de la gauche on lit : Bagelaarf. 

25. Le Christ et la Madeleine. 

L. 0,048. H. o,o53. 
T. c. 0,043. H. 0,046 1/2. 

Le Christ, la tete entouree d*une aureole, s*avance vers la Ma<* 
deleine qui est agenouillde a la gauche de la planche. 

26. Saint faisant jaillir nne source, d apr^s J. Lnyken. 

L. 0,047. H- o#o56 1/2. 
T. c. L. 0,041 1/2. H. 0,046 1/2. 

Un saint agenouill^ au milieu de la planche et tourn^ vers, la 
droite fait jaillir une source. Signd au bas de la droite : Bage- 
laarf,^ de la gauche L, L, 

1" ftat. Au simple trait. 

z* dtat. Avec les ombres sur les v^tements et dans le fond. 

27. Deux tdtes d orientanz. 

L. 0,092. H. 0,072. 
T. c. L. 0,082. H. o,o52 1/2. 

lis sont coiffes de turbans, Tun d eux porte une pelisse. Sign^ 
au haut de la gauche : Bagelaarf. 
Planche au simple trait. 

28. La sorci^re, d'aprbs J. Lnyken. 

L. 0,075. H. o,o85. 

Une femme accroupic devant Ic feu, qui se trouve a droite^ 



tient une latnped^une main et semble verser de Tautre quelque 
chose sur laflamme. Un chat se trouve a gauche devant elle. 
Signe au haut de la gauche : Cap, Bagelaarf. et au has \ 1. L. 

29. La pri^re, d'apr^ J. Luyken. 

L. 0,073. H. 0,084. 

Une assemblee d*hommes assis autour d*une table, ayant des 
livres ouverts devant eux ; dans le ciel on voit des letes d anges. 
Signd au bas de la gauche : Bagelaarf. 

30. Le dormeur. 

L. 0,125. H. o,io5. 

Un homme accoudd au coin d'une table, la tete recouverte d'un 
chapeau, sommeille : maniere de crayon. 

I*' etat. Avant toute lettre, et imprimee d'une seule temte. 
2* ecat. La figure et les mains sont imprim^es en sanguine. 

31. Le Juif donnant, d'apr^s Rembrandt. 

* 

L. o,o5i. H. 0,043. 

Petite piece aux angles coupes representant un juif la tete 
couverte et ayant une longue barbe, mais peu de moustache. 
I*' etat. Avant le nom. 
2* etat. Avec le nom au bas de la droite : Bagelaarf, 

32. T6te de vieillard. 

L. o. 048. H. o,o56. 

Tete de vieillard barbu des 3/4 vers la droite, avec un fond 
tres colore de ce cote. Marque' au haut de la gauche : Bagelaarf. 



39 

33. Autre tftte de yieillard (sur cuivre octogone). 

L. 0,042. H. o,o52. 

II est pareillement dirige.vers la droite, mats plus de profil ; la 
barbe est plus allong^ et le front plus decouvert. Sign^ vers le 
haut a gauche, mais k rebours et d une maniere presque ind^- 
chifTrable. 

' 34. Portrait de Rembrandt k la casquette. 

L. 0,043. H. o,o5o. 

Cette piece est artistement gravee. C'est une copie de Toeuvre 
de Rembrandt ; elle est sign^e au bas de la droite : Bagelaar. 

35. Bnste d'homme rev6tu dune calotte noire et dune fourrure. 

L. 0,054. H* 0,073 1/2. 

Cette piece est une copie de Rembrandt. Elle est signee au 
haut de la droite : Bagelaar sculps. 

1*' etat. Avant les ombres sur le cou et la chemise. 
2* ^tat. Avec celles-ci et le nom. 
3* ^tat. Le nom efface. 

36. La femme au bonnet noir, d'aprbs Rembrandt. 

L. o,o56. H. 0,071 1/2. 

Cette piece est la copie de Rembrandt. 

!"■ ^tat. La planche non couple, le cuivre a les dimensions 
suivantes : L. 0,074. H. 0,079 et il y a un trait carrd. L. 0,067. 
H. 0,070 1/2 ; on lit au haut de la droite : Bagelaar f. na, R. 

2* ^tat. La planche renforcde dans les ombres, est reduite aux 
dimensions donnees plus haut. 



40 

37. La femme faisant la mone, d'aprbs Rembrandt. 

L. o,o52 1/2. H. 0,060. 

Copie de Rembrandt. Le nom de Rembrandt se lit au haut 
de la gauche et celui de Bagelaar sculps., au bas. 

38. La femme sommeillant la tdte appuy6e sur sa main, 

d aprbs Rembrandt. 

L. o,o5i, H. 0,060. 

Cette copie de Rembrandt, est signee au bas de la gauche : 
Bagelaar sculps. 

39. Docteur Jnif lisant. 

T. c. L. 0,067. ^* o»070. 

II est tournd de profil vers la gauche et lit un papier qu'il a 
entre les mains. La piece est signde au bas de la gauche, dans la 
planche : Bagelaar/, 

i^ dtat. La planche non couple. Le cuivre en cet 6taX a 
L. 0,094.. H. 0,128. 

2* ^tat. La planche est couple sur le trait carr^. 

40. T6te de Meronre (pidce ronde). 

Diam. 0,062 

La tSte est vue de profil vers la droite, de maniere k ne pre- 
senter que le nez et la bouche recouverts d*une calotte ailde. Im- 
primd en sanguine. 

41. L'enfant prodigue (genre de Rembrandt). 

L. 0,134. H. o,i58. 

> 

Le pere est a la porte de sa maison et serre Tenfant prodigue 
dans ses bras. 



41 

Sign^ au haut de la droite : Bagelaarf. 
I*' ftat. Avec le nom. 
2* dtat. Le nom efFac^. 

42. La mire et son noorrisson (mSme genre). 

L. 0,130, H. o,i6o. 

Une femme assise sur une pierre, est tournde de profil vers la 
gauche; elle tient un enfant qui semble se plaindre. 
Signe au haut de la gauche : Bagelaarf. 

43. Le sosie. 

L. o,ii5. H. 0,094. 
T. c. L. 0,106. H. 0,084 1/2. 

Un homme k cheval tend la main vers un autre personnage 
exa£lement semblable k lui et pos^ de meme. Signe au has de 
la droite : Bagelaarf. — Imprimd en sanguine. Rarissime. 

44. Paysage. Les deux hommes oontre le roober blanc. 

L. 0,047. ^* 0,057 1/2. 
T. c. L. 0,040. H. 0,043. 

A droite, trois pins dances. A gauche, un rocher au dessus 
duquel on voit quelques arbustes et aupres duquel il y a deux 
hommes. Signd au bas de la droite : Bagelaarf. 

I" ^tat. Avantle ciel et la planche non couple. 

2* ^tat. Avec le ciel ; la planche coupee est r^duite a L. 0,045* 
H. 0,049. 

45. Monument fiinbbre. 

L. 0,043. H. o,o5o. 
T. c. L. 0,039. M' o»o44 V^' 

Au milieu de la planche on voit un obelisque rccouvert en 



42 

partie par un saule pleureur. A droite et a gauche quelques ar- 
bres. Signe au bas de la droite : Bagetaarf, 

46. Les denz promeneurs. 

L. 04043. H. 0,046. 
T. c. L. 0,046. H. 0,042. 

A gauche, une colline surmontde de deux arbres ; au fond, un 
clochef entre des arbres ; vers le milieu de la planche, dans une 
plaine, deux petits personnages. Signd au bas de la droite : Bage-^ 
laarf. 

I" etat. Le ciel est tres-leger. II y a beaucoup de lumiere au 
premier plan. 

2* ^tat. Le ciel et le premier plan sont retravaillds ; celui-ci est 
uniformdment convert d'ombres. 

47. L'homme et la femme dans le paysage au champ de bI6. 

L. 0,043. H. 0,048. 
T. c. L. o,o38. H 0,043. 

A gauche, un champ de ble en arriere duquel on apergoit une 
maison entour^e d arbres. A droite, un bouquet d arbres, enavant 
duquel se promenent Thomme et la femme. 

Signd sous le coin de droite : Bagelaarf. 

48. Le monument fiin&bre derri^re le grand arbre. 

T. c. L. 0.042. H. 0.046. 

. A droite, un grand arbre ; en arriere^ un obsHsque recouvert par 
deux saules pleureurs. Sign^ sous le coin de droite : Bagelaar 
inv. et fecit, 

49. Le pdcheur it la ligne. 

L. o,o5i. H. 0,044. 

Un COUPS deau venant du fond, prend sur le devant toutela 



43 

largeur de la planche. II y a a droite un groupe de quatre ou 
cinq arbres. Au fonduneile; a gauche deux arbres, entre ceux-ci 
et le bord on aperfoit une barque. En avant de ces deux arbres 
se trouve le p^cheur kla ligne. 

i^r etat. Avant le ciel. 

2* dtat. Avec le cieL 

50. Le paysage an ohemin creuz. 

L. o,o5i. H. 0,045. 

A gauche et k droite, des coUines couvertes d'arbres. La droite 
estentierement dans Tombre. Sign^ au haut de la gauche : Bage^ 
laarf. 

1*' ^tat. Avant le ciel. 

2* ^tat. Avec le ciel. 

51. Le paysage k la vache. 

L. o,o52. H. 0,045. 

Au premier plan de lean et quelques herbes. A gauche, un 
arbre ; au fond quelques arbres, un village, et vers le milieu de la 
planche la vache. 

52. Larbre 61anc6 an milieu du devant. 

L. o,o5o. H. 0,045. 

line sorte d'ilot, au devant d'un cours d'eau sur Tautre rive 
duquel on aper^oit trois arbres. Sur l*ilot, on voit un grand 
arbre tres-danc^. 

53. Marine it la barqne montee de 3 personnes. 

T. c. L. o,o65. H. 0,043. 

Un cours d'eau sur lequel on voit trois voiles et une barquette 



44 

mont^e de 3 personnes, un rameur, un homme debout et un 
autre assis. Sign^ au bas de la droite : Bagelaarf, v. Gqyen. i, 

I*' ^tat. Avant le del, la planche noncoupfe L. 0,078. H. o,o52. 

2* ^tat. La planche coupee, avec le ciel. 

54. La marine an cavalier. 

L. 0,078. H. o.o52. 
T, c. L. o,o65. H. 0,042 1/2. 

Lai planche represente une plage unie sur laquelle sont dchou^es 
deux barques. A Thorizon on voit deux autres voiles. Vers le 
milieu de la planche, on voit le cavalier entourd de quatre per- 
sonnes dont deux enfants ; 11 y a a droite deux personnes et trois 
a gauche. Sign^ sous le coin de droite : Bagelaar fecit. 

I*' dtat. Avant le ciel. 

2* dtat. Avec le ciel. Le nom presque efface. 

55. La Marine an signal. 

L. 0,071. H. o,o5i 1/2. 
T. c. L. 0,064. M* 0,043. 

Sur une mer tranquille on apergoit 7 batiments divers. Au 
premier plan, a gauche, il y a un signal et deux cygnes. Sous le 
coin de gauche on lit : Bagelaar inv. etfecit^ 

I*' dtat. Avant le ciel et de nombreux travaux. 

2* ftat. Avec le ciel. 

(A continuer.) 



45 



SUPPLEMENT AU CATALOGUE 



DE 



L'CEUVRE DES FRERES WIERIX 

PAR M. ALVIN 



Depuis quatre ans que j'ai public le catalogue de Toeuvre des 
freres Wierix, fai eu Toccasion de rencontrer quelques estampes 
qui m'obligent a apporter certaines modifications et additions a 
mon texte. Je rappellerai les numeros du catalogue auxquels ces 
changements doivent sappliquer. 

L. ALVIN. 

?4. Portrait de N. S. J. Christ. 

J'ai cil6 d apres Nagler la mention de cette estampe que je 
n avais jamais rencontree. 

On la trouve avecun encadrement. En voiciTinscription. 

Imago Chrisii Salvatoris ad imitaiionem ejus quant 
misit Ahagaro quae Romae habetur in monaster io Sandi 
Silvestri ; et dans la marge en has : Speciosus forma ^ etc. 
Signatures iHieronimus Wierinx sculpsit Michel Snyders 
excudit. Aux deux c&tes de la figure sont des carafleres 
byzantins. 

390 a 401. Miracles de Jifisus. 

On trouve quelquefois ces pieces ou des reproduftions de 
ces pieces sans numdro* 

524. Sainte Famille. 

II y a un etat de cette estampe ou les mots Franciscus 

TOM. V. J. 






46 

Floris inuentor sont en italiques. II est anterieur a celui 
ddcrit au n° 624, puisque, sous linscription en petites capi- 
tales, on voit encore la trace de celle qui a et^ gratt^e et 
qui etait en italiques. 

526 ViERGE SUR LE CROISSANT. 

II y a un ftat posterieur pour lequel les mots Adrianus 
Huberti ont et^ remplac^s par ceux-ci : Adri : de S. Hu- 
berto ; on voit la trace du grattage. On aper^oit encore le 
point de 17 final qui a ^te change en o. 

550 *»'• ViERGE MIRACULEUSE. 

J*ai vu a Rome, dans la collection du palais Corsini, une 
estampe de Wierix (Jean) qui devrait prendre place dans le 
catalogue apres le n° 55o. Cest une viergemiraculeuse que 
je suppose devoir etre N. D. de Wavre. EUe est vue dans 
le del, au-dessus d'un paysage dans lequel on voit une ville. 
L^gende dans la marge : PROEMIUM VIRTUTUM INFE- 
RENS. Signatures. M, de Vos inventor. Joannes Wierix 
fecit Jean-Baptiste Vrints excud. A" 1584. 

600 *»•■ Idem. 

Dans la meme coUeflion, avec la meme legende : PROE- 
MIUM VIRTUTUM INFERENS, une piece qui devrait ^tre 
class^e apres le n* 600. La Vierge tenant lenfant Jesus est 
assise sur les nuages (c est la copie de Teau-forte du Bar- 
rochi (Bartsch n" 2). En bas, un paysage d une grande ^ten- 
due, riviere et pont sur le devant, montagnes dans le fond. 
Un homme a cheval au premier plan. — M, de Vos inven- 
tor Johannes Wierix fecit. Jean-Baptiste Vrints excu. 
An. 1584. 

Haut. 0,234; l^rg' 0,170. 

848 TENTATION DE SAINT ANTOINE, 

J ai vu au palais Corsini, a Rome une ^preuve de la piece 



47 

signal^e par Nagler, sousle n* 70 du catalogue de Toeuvre 
d'Antoine. La l^gende est : Qui non est tentatus quid fecit, 
EUe est sign^e P. H., IW ce qui permettrait d en attribuer 
rinvention a Pierre Huys et la gravure h, JdrSme Wierix. 
Mais il est plus probable que c'est une copie faite par le 
graveur Pierre Huys, d apres une estampe de Wierix, ce 
dont on trouve plus d un exemple. 

1207 L'EUCHARISTIE. 

L'exemplaire que j ai eu sous les yeux n'ayant point de 
signature, fen aiattribu^ la gravure Jl J^r8me. M. le cha- 
noine Henroz, de Li^ge, m assure avoir une ^preuve de la 
piece dans laquelle les anges sont de trois-quartsf, oCl Ton lit 
les signatures suivantes : Antoni Wierix fe. Eduuaet Hoe- 
suninkel excu. (probablement Van Hoes winckel). 

1821 a 1829 Le Pater Noster en 8 piifccES. 

Au palais Corsini, k Rome, j'ai vu une piece de cette suite ; 
c'est celle qui, dans le catalogue, devrait porter le n" 1827. 
EUe est signde. Hemskerke inventor I W. 

Haut. 0,320 ; 1. 0,425. 
Nagler (167) a done raison de Tattribuer a Jer8mc. 

i860 Portrait de Henriette de Balzac d'Entragues. 

II y a un ^tat avec Fadresse : Paul^ de la Houve excudit, 
Au pallais a Paris, On en trouve aussi sans adresse. 

1918 Portrait d'Henri III roi de France. 

La piece que j*ai eue sous les yeux, pour la description qui 
figure au n° 1918 du catalogue, n'est qu'une copie en contre- 
partie de loriginal, qui est de Jean et bien .sup^rieur k la 
reproduftion de Jer8me. II a beaucoup plus de lumiere et 
partant plus de vigueur dans les ombres. II porte les si- 
gnatures suivantes dans la marge/ loan Wirix scuL Avec 
privilege du Roy, Au Pallais. Paul^ de la Houue ex. De 



48 

plus, au dessus deTepaule droite, on voit le monogramme 
IHW. Cest la seule piece ou j'ai rencontre le nom en 
routes lettres et le monogramme : c'est une preuve irrefu- 
table de la legitimite de la reftification que j ai Jaite a la 
page XVIII de Tintroduftion. 

Haut. 0,366 ; larg. 0,260. 
Nagler donne ce portrait a Jerome (n" 5) et il indique comme 
rinventeur Paul de la Hove. Cest une double erreur. 
Cette piece, qui est d'une grande rarete, a 6x6 vendue sous 
le n° 525 de la colle£lion de portraits de M. le D** R., le 
mardiSo mars 1867, sous la direction de M. Visser, a La 
Haye. 

2047 *"■* Portrait de Villejus (Andre'). 

Piece in-folio. Le personnage est vu de profil, a mi-corps, 
il est coiffe d'un bonnet de velours. II est tourne a droite; 
vetement double de fourrure. Sur Tarchivolte cintree qui 
encadre la tete, on lit en petites capitales : ANDREAS VlL- 
LEJUS ECCLESIAE CATHEDRAUS RlPENSIS DECANUS 
CANONICUS ET SENIOR, OBIIT RIPIS A" AETATIS 74 
A** CHRISTI 1616 D. l3 FEBr. 

Dans un cartouche, en bas, les vers suivants : 

His oculis, hoc ore, suo venerabilis aevo 

Villejus patrii lux rediviva sui 
Priscorum historias, et semi sepulta Triomim 

Gesta iterum seclo conspicienda dedit. 

On voit, en partie sur le champ de Testampe, en partie 
sur le cartouche, au milieu, un embleme triangulaire in- 
scritdansun cercle. A gauche, dans lombre, un peu au- 
dessus du cartouche. IH. W. Un peu au-dessous du car- 
touche, on lit : ProavosicpieinstaurarifecitproneposJL, 
A"" 1690. Je ne connais cette piece que par une copie pho- 
tographique que je dois a Tpbligeance de M. A. Struntz, 



49 

conservateur adjoint du musee des antiquites du Nord et 
du cabinet des estampes de Copenhague, ou lepreuve 
origi lale est conservde. D apres la note ci-dessus rappelee 
elle doit appartenir a un tirage post6-ieur a la restauration 
que la planche a re9ue par les soins du petit-neveu du 
chanoine. Une epreuve du temps des Wierix serait bien 
prdcieuse. 

La planche originate a les dimensions suivantes : H. o,3i6: 
larg. 0,214. La reproduftion photographique a 26 milli- 
metres de moins en hauteur et 20 en largeur. 

i83o'''« Offigivm B. Mariae Virginis nuper reformatum 
ET Pii V. Pont. Max. jvssv editvm Antverpiae. Ex 
ofRcina Christophori Plantini m. dlxxiil 

Ce volume sorti des presses de Plantin et qui est mentionne 
dans les AnnalesPlantiniennesde MM. De Backer et Rue- 
lens, est un in-8*de 496 pages, suivri d'unrecueil d'hymnes: 
Hjrmniper totum annum^ de 70 pages, surdeux colonnes. 
On lit en petites capitales sur le dernier feuillet, au reilo : 

ANTVERPIAE EXCVDEBAT CHRISTOPHORVS PLANTINVS 

architypographvs regivs. anno mdlxxiii. idib- 
April. 

Les 495 premieres pages sont encadrdes d'une bordure 
gravde sur bois dont les dessins se reproduisent h. chaque 
feuille d'impression ; il y a done 16 encadrements difKrents. 
lis ne portent ni signatures ni monogrammes. Le style du 
dessin indiqueun des artistes flamandsqui, a cette ^poque, 
suivaient, avec Frans Floris, la trace de Michel-Ange, pro- 
bablement le m^me Pierre Vander Borght, dont le mono- 
gramme se trouve avec celui de Wierix sur les gravures en 
taille-douce. Ces dernieres, distributes daijs le texte, sont 
au nombre de vingt, savoir : 



5o 

1 Le litre : ASSOMPTION DE LA S. ViERGE. 

La Vierge est tourn^e a gauche. Deux angesla couronnent; 
quatre soutiennent son vol vers le ciel : deux font concert, 
celui de droite joue de la lyre, celui de gauche du luth. Au 
milieu; en bas P. B. IH. W. 
Diam. 0,70. 

2 L'ARBRE DE jESSfi. 

Cette estampe est a la page 3i. L'arbre a six branches, le 
sommet s epanouiten un calice de lis, oil Ton voit la Vierge 
tenant Tenfant Jesus. II y a deux rois sur chaque branche. 
Le patriarche est couchd. Au dessus de sa main, le mot 
I ESSE. 

Sur une pierre a droite IHW. P B. 

Hauteur, o,n5; larg. 0,073. 

3 L'ANNONCIATION. 

Imprim^e au reversde Tarbre de Jessd, par consequent a la 
page 32. 

L*ange vient de la gauche. 

On litau milieu d'en bas IHW. 

Haut. o,ii3 ; larg. 0,077. 

4 La Visitation. 

A la page 66. La Vierge et S'* Elisabeth se tiennent em- 
brassdes. Au fond, int^rieur de ville. La Vierge vient de la 
droite. Cette piece et toutes celles qui suivent ont les memes 
dimensions que la precddente. 

5 La Nativity. 

A la page 90. S. Joseph, T^neet le boeuf sont a gauche, la 
Vierge a droite, Fenfant au milieu. Par la porte entrebaillde 
on voit un berger et son chien. 
En bas/a droite IHW. PB. 



5i 

6 LaCirconcision. 

A la page 98. Le grand-pretre operateur est assis a droite. 
A gauche, en has : IHW. 

7 ADORATION DES ROIS. 

A la page io5. La Vierge vue de face est assise un peu a 
droite. Un des rois est a genoux devant elle. S* Joseph, 
derriere, tient en main^ le vase qui vient d'etre ofTert. Les 
deux autres rois debout tiennent encore leurs presents. En 
bas sous le pied de la Vierge : IHW. 

Voir page 32i du catalogue, apres le n"* 1614, la descrip- 
tion dune Adoration des mages qui devrait avoir le 
n" 1614**'*. C'est la meme piece, mais d un dtat different, puis- 
qu elle porte la signature PB. 

8 La Presentation au temple. 

A la page 112. S' Simdon tenant Tenfant est au milieu, au 
fond, devant une table ronde. S* Joseph qui presente les 
deux colombes, estsur le devant, de Tautre c&td de la table. 
A gauche en bas PB. IHW. 

9. La Fuite en Egypte. 

A la page 119. C est la piece qui est d^crite sous le n"* 168 de 
ce catalogue, et aussi rappel^e apres le n* 1614^ 

10 L'Assomption de la Vierge. 

A la page i33. C'est la m^me disposition que dans la piece 
ronde du titre. Celle-ci est re£langulaire. Le mouvement 
de la Vierge est un peu change, elle est vue de face. En 
haut, Jt gauche; PB. a droite : IHW. 

II LA RESURRECTION DE LAZARE. 

A la page 189. C'est la piece decrite au n"* 180 du cata- 
logue, sauf que la signature de Crispin Van den Broeck 
est remplacee par P. B. 



52 

9 

12 David priant. 

A la page 278. II est a genoux a gauche, tourne vers la 
droite. L'ange qui tient le glaive est a droite au-dessus du 
palais. Sur une pierre, en has, a gauche : IHW; a droite, 
PB. 

I3 J^SUS EN CROIX. 

A la page 3i3. C est lestampe qui se trouve decrite dans le 
catalogue a la page '323 sous le n** i63o (il y a par erreur 
1930), dans la suite qui sert dlUustration a Fouvrage inti- 
tule : Humanae salutis monumenta, 

Cette piece porte dans VOfficium B, Mariae la date de 
1572 comme dans le livre d' Arias Montanus. EUe prouve, 
contrairement i Tassertion de Van Hulthem, que la petite 
edition de Humanae salutis mont/m^/i^a, a laquelle il attri- 
hue la date de 1571, est necessairement posterieure. Par la 
comparaison des deux epreuves, il est facile de voir que 
celle de YOfficium est antdrieure a Tautre. II faudrait 
done reporter au-dela de 1573 I'impression de la petite Edi- 
tion de Humanae salutis monumenta, 

Cest dans un^ note autographe, inscrite sur le feuillet 
de garde, que M. Van Hulthem a indiqu^ la date de 1571. 
II lui aurait dte facile de se convaincre de son erreur en 
examinant la gravure de la feuille I. premiere page. Une 
gravure execut^e en 1572 ne pent trouver place dans une 
edition de ibji. 

14 Descente du Saint-Esprit. 

A la page 323. Cest la piece decrite au n" i636 du. cata- 
logue. 

i5 Saint Mathieu. 

A la page 394. Cette suite des quatre dvangelistes a ete 
ddcrite sommairement sous le n° 663, qui renvoie a la 
IX' classe ou se trouve analyse Fouvrage d'Arias Montanus 



Humanae salutis monumenta. n"« i6o5-i638. Maiscomme, 
dans ce livre, les estampes representant saint Mathieu et 
saint Marc ne portent point la signature du graveur, celles- 
ci n ont €l€ rappel^es que pour memoire. Dans lOfficium 
B. Mariae, le monogramme IHW est au milieu, en bas, 
et PB^ a droite. 

16 Saint Marc. 

A la page 412. Au milieu, en bas, sont fes monogrammes 
IHW. PB. 

17 Saint Luc. 

A la page 427. C*est la piece ddcrite sous le n" i6i3. 

18 Saint Jean. 

A la page 442. C'est la piece decrite a la suite du n' i6i3 
sans n"*. 

19 La Resurrection de Jitsus Christ. 

A la page 454. C'est la piece ddcrite au n" i633. La marque 
du graveur est IHW et non pas HI. W. comme on I'a 
imprim^ par erreur, dans le catalogue. 

20 Le JUGE^IENT DERNIER. 

Apres Y Index, sur le feuilletqui precede' Hymni per totum 
annum. Pagination nouvelle. — Au milieu, en bas on lit: 
Petrus Van der Borcht invent, 1572. La description de 
cette meme estampe, qui se trouve sous le n® i638 du 
catalogue, indique le monogramme de Jean Wierix sur 
une pierre dans Tangle gauche en bas. II se trouve efface 

dans Tdpreuve du volume ci-dessus ddcrit. 

* 

N. B. Je ne suis pas bien sflr que les planches de la petite edi- 
tion de Humanae salutis monumenta soient des gravures ori- 
ginales de Wierix; je croirais plutot que ce sont des copies de 
Pierre Huys. 

{Reproduction interdite.) 




ANALECTA-BIBLION 



VII 



REDVCTION 

DE LA VILLE 
DE BONE, 

PAR MESSIRE CHARLES, DVC 

DE CROY ET D'ARSCHOT, 

Prince de Chimqy, 6c. eri Van i588. 

Et autres siens faits mdmorables, meslang^s du succinct/ 
recit de plusieurs choses notables, aduenues depuis/ 
ledit an jusques k ce jour, dont le sommaire est a la/ 
page suyvante./ 

Le tout descript par lean bosquet SMontois. 

(Marque de Nutius, les deux cigognes dans un 
cartouche, avec la devise en exergue : *Pietas, 
Homini. tuiissima. Virtus.) 

A Anvers, de rimprimerie de Martin Nutius, aux deux 
Cigoignes, MD. XCIX. 

Q4uec Triuilege. 

Un volume in-40. 

Le titre, la dedicace, les sonnets, le portrait de Fauteur (qui 



55 

s'est modestement plac^ en avant) et celui de Charles de Croy, 
Tun et Tautre graves par Antoine Wierix et accompagnds de qua- 
trains a la louange de Bosquet, occupentles lo premiers feuillets, 
suivis du poeme proprement dit, coraprenant les signatures 
A-T, chacune de 8 pages et non chifiFrees. 

Le verso du titre annonce les matieres principales du poeme, 
mais celui- ci se termine k la signature R* et le restant du livre 
se compose de pieces diverses, quelques-unes du m^me Bosquets 
C'est d abord, de celui-ci, une Oded M, Jean de Halle, cheva- 
lier, s^. de Heurnes Coolebrant, grand maiire dhosiel de Mgr, 
le due de Croy, etc. — Plusieurs poemes tant latins quefranqois 
de divers auiheurs, & Thonneur du meme due de Croy : Ana- 
grammatisme de Philippe Speyaert, du college des jesuites 
de Valenciennes, 5oMAa// du college des Rh^toricieAs de Douai, 
Ode sur Tarrivde du due k Paris, commen9ant par cette strophe, 
qui n'est pas la plus mauvaise de tout le volume : 

Nymfes au chant de Sereine, 
Qui baignez dedans la Seine 
Vostre chevelure d'or, 
Sus poussez^ belles navondes, 
Hors de Teau vos faces blondes 
Et sautez dessus le bor. 

Puis MVi Sonnet, signd HlSviN, tout en rimes feminines, sauf 
deux vers, et un anagramme latin de FRANgoiS GODIN du college 
des jesuites de Valenciennes. Enfin, un dixain latin in laudem 
autoris de M. DE Maulde de Valenciennes et un Carmen 
ad authorefn de P.Saingenois. Le feuillet sign^Aoffre unplan 
de Bonn avec Templacement des assiegeants ; la 8* page de la 
feuille B, une gravure, le Secours de Paris, avec Tindication des 
corps ; la 7* page de la feuille H reprdsente lentr^e du prince 
de Chimay a Mons ; la page L' Vkostage des seigneurs en France 
pour lapaix. 



56 

Avani la Preface, on lit ce quatrain r Alexandre Bosquet 
frere de Vautheur au leSeur : 

Amy, quiconquesois, qui ces vers daignes voir, 
Que la Thitonienne en vingl matins veit naitre, 
Ne Rhinocerontise, et ne voile a leur maitre 
Digne du Laurier'verd, I'honneur de son s^avoir. 

Ce qui veut dire en langage plus humain que le poeme fut 
compose en vingt jours, ce dont on s'aper^oit assez, et que la Bio- 
graphie naiionale OK^riterait d'etre l^gerement ^(hinoc^rontisde 
pour avoir fait d* Alexandre Bosquet le petit-fils de Jean, si quel- 
qu un pouvait s'^tonner encore des bevues de la Biographic ; a 
cela pres, elle a donn^ de ce versificateur une notice suffisante. 

On pourrait reprocher aux Montois d avoir au moins un des 
deux petits travers que Lebrun reproche k madame de Beau- 
harnais dans un distique reste cdlebre : ils aiment a se faire 
peindre et ils font eux-memes leurs vers. VIcono graphie mon- 
toise est un recueilqu'on feuillete sans ennui; quant aux poetes... 
que la presse qu ils ont tant fait gemir leur soitlegere! Jean 
Bosquet, montois et poete, devait bien a la postdrite delui trans- 
mettre son effigie avec ses vers ; n en deplaise a Tauteur du qua- 
train grav^ sous le portrait, le traid de Vartisan a surmonte 
Tesprit du poete et il faut tout le talent de Wierix pour donner 
quelque valeur a la figure niaisement suffisante du Narcisse de 
la Trouille ; pour son talent podtique, je ne puis Tappr^cier avec 
plus d'impartialite que lui-meme, lorsqu'il dit : 

Ma veine tarissoit, ma languissante verve 
Battoit des vers a froid en ddpit de Minerve. 

L'ouvrage roule sur les hauts fails — et autres — du due d'Ar- 
schot, comme I'indique le titre. — L'auteur appartient plutot a 
Tecole de du Bartas qu a celle de Ronsard ; il a un faible pour le 
genre dcscriptif... I'ennuyeux surtout. 



57 

Voulez-vous des aurores ; en voici une agrdmentde dun 
depart : 



Tandis en sa carosse 

Diane clair-luisoit, ceinte de mille feux, 

Qui sa pleine rondeur illustroient a nos yeux, 

J a Taurore paroit en jaune verdugade, 

Du guide-jour Phoebus, matineuse ambassade ; 

Quand I'airain fanfarrant et le bruyant tambour 

Vont semondre au partir par chasque carrefour, 

Un bruit se fait partout : le palfrenier s*esveille, 

Qui pour tromper le som' ne couche sur Taureille ; 

Le muletier encor' d'un cry aigre-confus 

Charge a poids, balance les voyngeurs bahus. 

Et celle-ci ? 

L'aube safFranee 

Commen^oita chasser la nuit encourtinee. 

Preferez-vous un coucher de soleil : en voici un dans le 
faire de du Bartas : 

Tandis Phoebus suant, d'avoir couru le monde, 
S'abaissoit pour laver sa chevelure blonde 
Dans rOcean .... 

Voici encore un pastiche de ce dernier poete : 

L'alouette deja d'un tire-lire-doux 

L'oeil clair-serain du ciel importune pour vous. 

L'dcrivain montois a d'ailleurs un vocabulaire a lui et des mots 
d'dtrange failure : il dit en parlant de chevaux : 

Ou le fier albanois qui brusquement s'esveille 
Au bruit du creux airin taratantarisant. 

Ou bien : 

Pour a si grand besoin se desalberouter. 



58 

J'ai cit^ plus haut quelques vers du depart de Croy quittant 
Mons, escort^ par la garde civique du temps : en void d'autres 
du m£me acabit : 

Aux portes seulement une bande s'est mise 
De bourgeois qui paroit aux armes bien apprise 



Paries rangs tapissez, harquebusans sans fin. 

Le compliment fini chascun se remet sus 
Le sonne-pied cheval dont on s'estoit mis jus. 

VArschotide bourgeon^ comma le nomine Bosquet, souffre 
d'un mal — mal essentiellement montois — qui inspire au poete 
une imprecation efifroyable : 

O maladie extreme ! 6 douleur quy n'a plaintel 
D'autantqu'il semble au sain n'estre que douleur fainte. 
Douleur, quy plus souvent attache les seigneurs. 
Que le troupeau ch^tif des pauvres laboureurs. 
Douleur, que des deuleurs on peut dire la pire, 
Telle que patit cil dont le coeur se deschire 
Du carnacier oiseau, sur le roc attache. 
Pour condigne loyer de son sale peche. . 
Va Goute : puisses tu de cent cadenes fortes 
Estre joindle au poteau des infernales portes. 
Ou puisse t'heriter I'ennemy de vertu, 
L'ingrat, le mesdisant et lout monstre t^tu, 
Quy pour se faire grand par dix mille pratiques 
Trouble I'heureux repos des bonnes republiques. 
Te puisse possesser tout homme fauce-foy, 
L'ennemy des Chretiens, le barbare sans loy, 
Et te soint pour geinner des ames sy perverses, 
Compagnes de douleurs mille fievres divcrses. 

II y a meme deux goutteux dans le poeme, comme nous lap- 
prennent les vers harmonieux qui suivent : 



59 

Le conte de Boussu dans Abb'-viUe arriva 
Qui des goutes le mal comme Charles gouta. 
La chambre fut commune k leur afflidlion 
Et chascun d*eux re^ oit a consolation 
D'avoir en son mal-heur parent et camerade, 
L'un goutteux, I'autre aussy de la goutte malade. 

Ce Boussu est le meme que nous retrouvons plus loin avec sa 
femme : 

Heureux aussjr Boussu, qui sens br\!i1er ton toe 
D unbrandon qui si tdt est rallum^ qu'esteint, 
Par le nymphal pouvoir qui doucement t'estreint. 

Mais je m'apergois un peu tard que j'abuse de la patience du 
lecleur. J'aurais pu citer davantage ; cependant il faut se borner 
et k tout prendre vous n auriez rien perdu si je m'dtais con- 
tente de vous presenter Toeuvre de Jean Bosquet sans commen- 
taire : Ecce iterum Crispinus ! Encore un poete tnontois et un 
livre qui n a d autre mdrite que son excessive rarete. 




6o 



CHRONIQUE 

Le catalogue des autographes c'e Schulz, de Leipzig (n'' IX, 
1869), annonce la vente d*une curiosity de haut goflt : La ^ible 
que le fameux baron de Trenck re^ut dans sa prison de Magde- 
bourg, et sur les feuillets blancs de laquelle il dcrivit avec son 
sang des lettres, des poesies, des m.'moires, des dessins meme au 
nombre de 140 : il y a 404 pages de son dcriture, entre autres 
ses lettres a son amie la princesse Amdlie (soeur du grand Fre- 
deric); on vendra avec cette ^ible un de ces gobelets d'dtain 
ciseles par Trenck au moyen d'un vieux clou, genre de travail 
dans lequel il avait acquis une veritable celebrite et dont on se 
disputait deja de son temps les rares specimens. Ajoutons que les 
autographes de Trenck sont d'une insigne raret^, les Fran^ais 
ayant andanti tout ce qui lui avait appartenu apres son execution 
en 1794 : on ne trouvera pas exagere le prix de 5oo thalers au- 
quel ces reliques sont cotees. 

— Le V^ederlandsche SpeSator de La Haye publie en ce 
moment une s^rie d'articles sur la question Costerienne^ pleins 
de logique et d'erudition et dus a la plume de M. A. Vander 
Liade. L'auteur y ^tudie avec calme et perspicacity les origines 
de la Idgende et les arguments sur lesquels on s'est appuy^ pour 
lui donner un corps historique : nous n avons pas besoin d ajou- 
ter que le travail du consciencieux ecrivain n'est pas favorable 
aux pretentions de son pays. Tout esprit non prevenu, tout in- 
vestigateur de la Seule verite doit arriver au meme resultat. 

Nous reviendrons sur ces remarquables articles qui feront 
sensation dans le monde de la bibliographie. 

C. R. 



L'INVENTION DE L'IMPRIMERIE 



Nous ne croyons pas nous avancer trop, en disant que le tra- 
vail dont le Bibliophile beige commence aujourd'hui la publica- 
tion, est un ^venement dans le monde de la blbliologle. Cest 
une ^tude complete, rigoureuse. impartiale do systeme historique 
qui attribue k Laurent Coster de Haarlem la gloire inestimable 
d'etre Tinventeur de la typographic, dtude faite en Hollande, par 
un homme d'une Erudition profonde, connaissant parfaitement 
Ics annales de son pays, ayant public meme une Bibliographie 
de la ville de Haarlem, berceau presume de la gratide d^cou- 
verte, un homme que ses travaux ant^rieurs. litt^raires, phtlo- 
sophiques et d'investigation, d^signaient tout naturellement 
pour faire cette enquSte s^rieuse et loyale sur les faits de la cause 
en litige. 

Que cette enqUete, entreprise uniquement dans I'intdrStde la 
verity ne r^ponde pas aux d^sirs de ceux qui demandent au 
patriotisme seul les dUments de leur Credo, cela ne doit 
etonner personne : il y a longtemps que la cause est jug^e pour 
tous ceux qui ont pris connaissance entiere des faits du proces et 
ne se soot pas laiss^sfourvoyer par les lueurs brillantes quelque- 



62 

fois, mais fallacieuses des conjeflures et des assertions non fondles 
du parti pris. 

L'auteur a eu le courage d arracher une perle du riche &rin de 
gloiredes Pays-Bas. Mais ila trouveque cette perle ^taitfausse, et 
son patriotisme 6cWir6 n a pas voulu que son pays portat un joyau 
qui ne futpas authentique. Sll s'expose a d'inevitables recrimina- 
tions, s'il doit s'attendre a des ennuis et a des chicanes, il 
aura du moins Fapprobation de tous ceux qui sont ddsinte- 
ressds dans le debat et doivent applaudir a ses consciencieux 
efforts. 

Graces a la bienveillance de M. Vosmaer, nous avons obtenu 
Tautorisation de traduire les remarquables articles de M. A. van 
der Linde et nous avons la certitude qu'ils ne passeront pas 
inapercus dans la science. 

(N. d. 1. R.) 



INTRODUCTION (i). 

« Le temps des decisions arbitraires 
est passe, » Constanter. 

I Les recherches faites, il y a des annees, par Koning, dans les 
archives de Harlem, doivent etre recommenc^es avec une pro- 
hix6 a toute ^preuve et une entiere impartiality, depuis qu'on 
s est pos^ la question, si, par hasard il n aurait pas communique 
seulement ce qu il lui convenait daffirmer, en ayant soin de 



(i) Monuments typographiques des Pays-Bas au xv« siecle. CoUe^ion 
de facsimile d'apres les originaux conserves a la bibliotheque royale de 



63 

passer le reste sous silence? Un tel doute ne peut durer. » 
Cette derniere observation du professeur R. Fruin est juste . 
de tout point : en effet, le doute ne peut durer. Mais a 
regard des recherches faites par Koning, Tincertitude peut cesser 
sans quil soit necessaire de recommencer scs investigations. 
Ses recherches dans les archives, afin de rassembler des mate- 
riaux pour son livre, ont eu lieu avec « une probitd k toute 
^preuve et une entiere impartialite. » Cette assertion, si impor- 
tante pour 1 etude que nous allons entreprendre, je dois avant 
tout en prouver Tevidence au risque d'etre accuse de minutie. 

Qu'il ny ait plus guere de curieuses decouvertes a faire dans 
les registres de St-Bavon, c est ce que savent tous ceux qui se 
souviennent de Texamen auquel ils ont ^te soumis en 1765, 
au profit de Meerman, par I'echevin de Harlem J. F. Parvd et, 
plus tard, par Meerman lui-meme (ce qui donna lieu a la de- 



la Haye et ailleurs. Publics par }. W. Holtrop, biblioth^caire en chef de 
la bibliotheque royale. La Haye, M. NyhofF, 1868, fo. 

Kriticsch onderj^oek naar de uitvinding der boekdrukkunst, Geschie- 
denis der vtnding, waardeering van den daarover gevoerden stnjd, een 
en ander voorgesteld uit minder en meer bekende bronnen en opgemaakt 
uit al het daarover keen en weder geschrevene, oorspronkelijk in het 
fransch bewerkt door den heer Ch. Paeile, archivaris van Ryssel, nu, ter 
afdoende inlichting der landgenooten van Lourens Janssen Coster, in het 
nederlandsch over gebrjcht door J. H. Rutjes. Vermeerderd met aanteeke- 
ningen. Amsterdam, C. L. van Langenhuizen,i867, in-S^. 

Lorem^o Coster noti:[ia intorno alia sua vita ed alia invem^ione delta tipo- 
grafia in Olanda^per Domenico Carutti. Torino, stamperia reale, 1868, in-4*. 

Who was the first printer ? (Saint Pauls, A magapne edited ^^ Anthony 
Trollope.) London, 1868. pp. 706 et. suiv. 

(G. RuELENs) : LOdyssee de Laurent Coster en Hollande. (Extrait du 
Bibliophile beige, tome III) 1868. 

JDe iVavorscAcr, VI p. 41; XVL p. 129; XVII p. aSy; XVIII. p. 80, i3i,497, 
593 ; XIX. p. 1. 



64 

couverte d'un fragment de Donat), ensuite par Koning, puis par 
la commission de la quatrieme fete seculaire (1823), plus tard 
encore, par le D*". A. de Vries, et enfin, dernierement par 
M. A. J. Enschede, Tarchiviste de Harlem. Le resumd, d'ail- 
leurs fort peu detailld de ces petits mdmoriaux, peut done etre 
considere comme dtant connu dans tout ce qui offre quelque 
importance pour le fameux « differend » entre Harlem et 
Mayence. 

Notre source la plus importante est dans les livres des 
comptes communaux de Thotel de ville. Je m'dtais propose 
daller fouiller la ces notes des Iresoriers de Harlem au XV^ 
siecle. Sans rien connaitre de nos projets respeftifs, Tarchiviste 
M. Enschedd, avaiten mSme temps et pourlui-meme extraittout 
ce qui pouvaitdepresoude loin se rapporter au nom de Laurent 
Janszoon Coster, jusqu a la fin du quinzieme siecle. Instruit par 
M. Hpltrop du projet que javais con^u de soumettre la ques- 
tion Coster a un nouvel examen, il eut dans YeX6 de 1868, 
Tobligeance de me laisser prendre copie de ses annotations. 
J'avais done Toccasionde pouvoir confronter les rdsultats de 
deux investigations semblables et il me sembla bientot parfaite- 
ment demontre, qu a Harlem, il n y avait plus guere qu'a battre 
de la paille, occupation que je pris bientot en ddgo&t. Le 
fait suivanten fournit un Idmoignage. Jacques Koning, Tauteur 
couronne du Memoire sur Torigine^ finyention, . ie progres 
et le perfeSionnement de Vimprimerie, (Harlem 1816), nous 
a laisse un curieux manuscrit. C est un in-folio de 352 pages, 
ecrit entierement de sa main, d'une ecriture nette et fine, 
pourvu d'une table de 14 pages, et ayantpour titre sur le dos 
enparchemin : Comptes des tresoriers de la ville de Harlem, 
Get ouvrage nous demontre que Koning a fait une etude appro- 
fondie et mdticuleuse de la coniptabilite de Harlem, depuis 1417 
jusqu a 1475; qu'il a lu chaque article, epluche chaque page. 



65 

compte les lettres, compulse les points et les virgules et interrog^ 
les marques du papier. Pour etre compris litt^ralement et afin 
de montrer de suite le but de ces patientes rechercbes, je copie 
la note qu on trouve page ii5 (annee 1448 :) 

« En parcourant ce volume mon attention a pour la premiere 
fois 6le eveillde par le fait que la leitre (1) dtait surmontde non pas 
d'un point (I), mais d'un petit trait oblique (i). Peut-etre le m^me 
cas se pr^sente-t-il dans des comptes anterieurs. C*est un fait 
a verifier dans ceux de ces comptes qui existeraient encore. Dans 
la reproduflion du Spiegel (Speculum) de Meerman, on voit 
sur un grand nombre d*i un trait semblable, au lieu de points : 
ceci ddmontre encore une fois, que I'auteur du Spiegel a im\x6 
les manuscrits de son dpoque et cette observation jointe a toutes 
les autres, dtablit la supposition que cet ouvrage a vu le jour a 
Harlem. » 

On voit quel dtait le but de ces investigations faites par 
Koning et qu il n a' point meprisd des arguments aussi Idgers 
que ces traits sur les i, aussi deli^s et aussi solides qu'une toile 
d'araignee. En attendant il a copie dans ces registres des trdsoriers 
tout ce qui lui semblait avoir la plus minime importance, sans 
que ses notes eussent parfois le moindre rapport a la question 
posee au concours deja en i8o5 par la Socidtd Nderlandaise 
des sciences a Harlem; fen cite deux exemples : 

c 1429 (i) Item pour deux carrosses avec lesquels nos bons me$- 



(0 1429. Item van twe waghens dair onse goede lude mede voeren van 
brugghe tot ghent, also onse genadige he van van bourgogne en onse gena- 
dige vrouwe alle die wagens op dede houden tot hoirre behoeff en men an 
gheen waghens come en conde dan om den meesten peninc te samen geg. 
VI 1. VIII ft. 

Item opte XXIII »'« dach in meye so hier tijdinghc gecomS was dat die 
zerouers die die iichepe op zuderzee ghenome hadde weder becrafticht 



66 

sieurs se rendirent de Bruges a Gand, alors que notre gracieux 
seigneur le due de Bourgogne et la gracieuse Madame la 
duchesse, ayant retenu tous les carrosses a leur usage, Ton n en 
put obtenir qua force d argent... VI livres VIII s. 

)) Item au XXIII* Jour de mai, quand arriva la nouvelle que 
ceux d'Enckhuyzen avaient battu les pirates qui avaient capture 
les vaisseaux dans le Zuiderzee, on envoya de la part de la ville, 
a Enckhuysen Pierre Symonsz, pour recueillir le veritable recit 
de r^venement. 

)) 1433 ItemaClaes,recrivaindes chroniques qui pendent dans 
I'hotel de ville, pour son travail decriture, donne VII fl,,ce q^i 
fait VI liv. X s. VIII d. Item a Albert, le menuisier, pour le 
cadre desdites chroniques, III ecus. Item a Zweder le peintre, 
pour avoir peint ledit cadre et dore les lettres, ensemble 
1111 ecus philippus. Pour le drap du rideau qui pend devant, 
pour la teinture des franges et la fagon^ etc. 

» 1439. Item au petit Jacques, messager de la ville, pour porter 
les lettres de la ville au commandant et au magistratde la ville 
de Dunkerque. » 

A. Van der Linde. 

(04 continuer.) 



ware van die van enchusen so wordt pieter symonsz. van der stcde 
weghen tot enchusen gesent om twaer dair aff te verneme.... 

1433. Item claes scriver van die croniken die opter stede buys hanghen te 
scriue geg. Vll gulden facit VI 1. Xft. VIII d. It. aelbrecht scryemakcr 
geg. van tbort te make daer die selue croniken in staen drie sciide 
it. zweder den schilder van tbort voorscr. te verwen ende die verghulde 
lettere te mak§ te same II II phs. sciide. Van laken dair dat gordyn dat 
dair an hangt aff ghemai6l is va verwe van frangen ende van . makcn te 
same> etc. 

1439. Item copken der stede messelgier gesent metter stede brieve an den 
capiteyn ende stede van duynkerken, etc. 



67 



UNE ROMANCE INEDITE DE FLORIAN 

A la vente du celebre editeur et bibliophile A. A. Renouard, 
en 1854, i'achetai un exemplaire des (Euvres dt Florian, 
le no 2456 je crois. En tete du premier volume se trouvait une 
note manuscrite du propridtaire ainsi con^ue : tfai ajouted cet 
exemplaire une Romance in^dite et autographe de Florian, » 
Je n ai plus Touvrage, mais j'ai conserve la note et le texte de la 
romance, que voici : 

O nuit I que tu me semblois belle 
Lorsque sous tes voiles ^pais 
Jallois jurer d'etre a jamais 
Plus amoureux et plus fidelle. 
Combien je redoutois le jour 
Quand celle que mon ame adore 
Me permettoit jusqu ^ I'aurore 
De lui parler de mon amour. 
Plus timide alors^ moins s6v&re 
Elle osoit dire sans rougir 
Ce qu'a peine elle osoit sentir 
Des qu'elle voyoit la lumiere* 
Ton silence myst^rieux 
Augmentoit mon bonheur supreme 
Mon coeur se disoit a lui mSme : 
Tout dortet je suis seul heureux. 
Maintenant 6 nuit I nuit obscure, 
Tes tenebrcs me font fremirj 
Je me crois le seul a soufFrir 
Dans le calme de la nature. 

Jesais que le temps des romances est pass^I Lefleur, excusez 
cette vieillerie. Cest un document, non un a propos. 

T. 



68 



MISCELLANEES 

PAR M. LADRAGUE 



Q/idditions 6 Edifications a Qu4rard{\), 

CZERNICHEW (le comte G. de). 

Theatre de t arsenal de Gatchina, on Recueil de pieces de 
societe contenant quatre comedies, deux proverbes dramatiques, 
une tragddie burlesque et un vaudeville ; compost et respec- 
tueusement presente a S. M, I. I imp^ratrice Marie, par le 
comte G. de CZERNICHEW. St-Petersbourg, impr. du Ddpt. 
de rinstruftion publique, 1821, in-8'' de 344 pp., contient : 

Une heure de voyage, comedie en un afte et en vers, 

L Homme aux principes, comedie en un a£le et en vers. 

Le Testament, comedie en lin afte et en vers. 

UHeureuse m^prise, comedie en un afte et en prose. 

L Amour tirepar les cheveux, proverbe dramat. en i a. et en 
vers. 

L Amour dans T imagination, ou Tout ce qui reluit n^ est pas 
toujours de for, proverbe dramat. en un a£le et en vers. 

Didon, tragddie burlesque, en un ade et en vers, trad, de russe, 
avec quelques variantes. 

Le Bureau de la diligence, vaudeville a scenes, a tiroirs et a 
trois afteurs, en i a£le et en pr. 

DiNOCOUR (A). Maitre de langue fran^aise au corps des 
mines etdans dautres etablissement« de St.-Petersbourg. 



(1) Les litres des euvrages anonymes sont precedes d'un *. 



69 

* Alphabet franqais contenant tons ies principes necessaires 
pour acqudrir une bonne prononciation, et de plus differ ens 
exercices pour mettre a mSme de parler en peu de temps cette 
langue (le tout terming par des contes et des/ableSy et par un 
vocabulaire)^ public par A, D. (DiNOCOUR). En russe et en 
fran^ais. St.-Pdtersbourg, Jean Zaikin, i83i, in-8" de Xll-iyS pp. 

Le nom de Tauteur se trouve sur le titre en russe. Si Ies ren- 
seignements qui m'ont dte donnds sont exa£ls, A. Dinocour, 
malgrd la Idgere difFdrence d orthographe de son nom, serait le 
frere du romancier. 

Fasmer {Georges) ne a Moscou, vers 1820, d'un pere saxon 
et d'une mere fran^aise d'origine, sceur de M. Charles Urbain, 
libraire a Moscou. M. Fasmer, lors de son voyage, dtait em- 
ploy^ dans la chancellerie du general gouverrieur du gouverne- 
ment de Cherson, k Odessa. 

* Impressions de voyage dun Russe (G. FASMER) en 
Europe. Paris, Ch. Reinwald, 1859, g^- in-i8 de IV-179 pp. 

Ce voyage d'Odessa a Paris, par la mer Noire et la Mdditer- 
ran^e, ne pent rien apprendre de nouveau sur Ies contrdes visi- 
t^es par le voyageur, mais il est ecrit avec esprit et surtout 
beaucoup d'humour. 

FORTUN]£, coiffeur fran^ais k Moscou. 

Le Mdrite du coiffeur de femmes d4die aux dames, par 
Fortune, (c est-a-dire de la composition de lavocat S.-N.-H. 
LiNGUET). Moscou, impr. A. Semen, i838, in-8"de i5 pp. 

Cette plaisante brochure qui amusa le public de Moscou, 
lors de son apparition, fut attribuee a un M. Charles Bricon, 
dont je parlerai un jour, mais il est a peu pres certain qu'elle 
dmane d*un M. de Gerando, ancien capitaine d'artillerie de 
Tarmee fran9aise devenu prdcepteur a Moscou. 

Du reste il n y a du prdtendu auteur que Ies mauvais vers et 
Ies passages du commencement et de la fin, utiles a la reclame 



70 

de Fortune. Le Merite du coiffeur n'est rien autre que YEloge 
de fart du coiffeur defemmes, dont jene connais pas la i'" Edi- 
tion, car Querard n'en parle pas, mais qui se trouve reimprime 
avec la signature de Linguet, dans Y Almanack des prosateurs 
redigd par Fr. N. (Noel) et P. B. Lamare. Tome I (an X-1801), 
pp. i70-,76. 

GODON (Marguerite GoULARD, dame); nee a Pontarlier 
(Doubs), morte a Fhospice de Ste-Darie de Moscou, le 16 fevrier 
1849, a Tage de 63 ans, cette dame fut alternativement marchande 
de modes et preceptrice. 

* Education domestique, ou InstruSions morales de la pre- 
miere enfance des deux sexes^ dedides a toutes les meres et aux 
personnes destinees a lesremplacer (par mad. GODON). Moscou, 
impr. de TUniversite impr. i836, in-16 de IV-206 pp. 

LemSme, non anonyme, sous ce titre : Education domesiique 
dJdiee aux meres et aux personnes appelees a les remplacer^ 
ou Reponse aux academies qui demandent des ouvrages utiles 
aux moeurs ; par Mad,, GODON, Il^edit. Paris, Hachette, 1839, 
in-8" de IV-XVI-96 pp. 

Cette II' edition a ete dediee par Fauteur a M. Villemain, 
alors ministre de Tinstruflion publique ; la dedicace a ete sup- 
primee dans les exemplaires envoyes en Russie. 

Cette dame retourna en France en 1837 » ^^^^ n'avait pas revu 
son pays depuis Tepoque qu elle Tavait quittd, etant encore fort 
jeune; je me trouvai avec elle sur le bateau a vapeur. Madame 
Godon avait garde toutes ses illusions de jeunesse ; je lui prddis 
qu'elle ne pourrait se faire aux moeurs nouvelles; eflfeflivement 
elle dtait de retour a Moscou,. a la fin de 1839. 

Pendant son sejour en France, en i838, madame Godon fut 
appelee a Tambassade de Russie, ou on lui remit une somme 
de 3,000 fr. qui lui etait envoyee par une personne qui s etait 
permise de traduire son ouvrage en russe, sans son autorisation. 



7' 

Get a<Se de loyautd est assez mdritoire pour etre cite et le nom 
de la personne livrd a la publicity. Les catalogues de librairie 
russe nous indiquent Touvrage de Mad. Godon (pas anonyme 
comme Foriginal), traduit par un M. Alexandre VOLKOFF. 
Moscou, 1837, in-8". 

[q4 continuer,) 



MANUSGRITS DE LA BIBLIOTHEQ.UE ROYALE 



NOUVELLES ACQUISITIONS 

Dans tous les temps, on a ^te tres-avide de connaitre Tavenir 
et un grand nombre d'individus — surtout des poetes, vates — 
se sont exercds en Fart de lire dans le livre du destin. Je signale 
a Tdrudition contemporaine le recueil k faire des propheties 
anciennes et modernes, avec variantes et commentaires, bien 
entendu. Et, bien entendu encore, qu il ne s'agit pas ici des 
prophetes de TAncien Testament, mais bien de cette foule de 
prdvoyants qui, dans tous les siecles, ont eu la bontd de dire a 
leurs concitoyens, en prose ou en vers, les ^venements du len- 
demain et qui, parfois ont eu la chance de dire juste. 

Voici une de ces propheties qui, pour etre prise, comme dit 
le poete, i hors du neufiesme chapitre d'Ezechiel » n*en rentre 
pas moins dans la categorie des prediftions « pour le temps 
present. » EUe est tirde d*un mss. intitule : Cy. comenche ung 
petit traidi^ des eaues artificielles et des vertus dicelles (i), 

(i) V'ente Van Alstein, 2« partie, n^ 7883 (o£lobre i863). 



7^ 

« lequel traifti^ j ay voulu escripre, dit Tauteur, a la requeste de 
ma tres noble dame madame la contesse de Bouloigne. » En 
tete, on lit : Livre comenche en Ian mil chincq cens ei LXII. 

La prophetie est intercalee entre deux remSdes. Elle y est 
assez k sa place. Nous la donnons sans commentaires. 

Prophetie prinse hors du neufiesme Chapitre De:[echieL 

Si le chapitre IX« Dezechiel bien regardes 

Moult de merveilles y trouueres, 

Quy doibuent aduenir sur clergies 

Et sur le peuple baptise. 

Et ne penses mie, doulces gens, 

Que sur clergie tout seuUement 

Doit tourner cette hasquie 

Car chacun aura sa partie 

Et veuil bien que vous le S9achi^s 

Que tant de maulx et de mesquids 

Ainsi que nous alont lisant 

De Ian LXX et quatre vingt ans 

Sur ceulx qui sont en Dieu croyants 

Aduiendront tous ces mesquiers 

Que nul ne le poulvoit croyre 

Tant ayt grand sens et grande memoire 

Premierement les vers de terre 

Qui sont legiers a cognerre 

Prendront telle force et hardiment 

Qui deuorront cruellement 

Les grans lyons et les petits 

Dont grandement on gemira 

Et le peuple lamentera 

Les petiz oiseaus s'esmouueront 

Comme on diroit les aloettes 

Et les merles et les fauuettes 

Assaillerontles oiseaux de proye 

Et deuorront a grande joye 

Les espriuiers et les faulcons 

Et les ostours et les grifons 

Et coura si grande traison 

Quon ne S9aura en quy fier 

Ne I'un a I'aultre conseillier 

Et tout ce en signifiance 

Sans en faire nulle doubtance 



'3 



Car dedens ces V. ans nomm^s 

Le peuple qui sera tant toulle 

Tout ensemble se dreschera 

Et les seigneurs occira 

Et mettera tout a lespee 

Qui qui en poise ne qui agree 

Et leurs rauiront leurs biens 

Sans nulle pitie comme des chiens 

Que voul^s vous que puise dire 

lis mourront tous k grans martyres 

Nul ne pourroit penser ne dire 

Ne racompter en celle grande yre 

Les maulx et persecutions 

Qui aduiendront en celuy temps 

Sur princes et sur gentilz gens 

Encor voires en ces V. arfs 

De soixante quinze a II 1 1" ans. 

Grande pestilence par toutlemonde, 

Et plus qu'on ne pourroit penser 

Premierement vous veuil nommer 

Mortalite en grande famine, 

Dont ce sera dueil et dommaige 

Pareillement si grande oraige 

Et si grande tempeste voirres 

Qu'il n'est homme de mere n6 

Quelle personne quel soit regnante 

Qui oncques Ta veu plus grande 

Et puis vous didlcertainement 

Que si horrible esmouvement 

De terre serat en ces V. ans 

Que oncques ne furent plus grans. 

Car villes chasteaux et citez 

Jusques en abisme renuerseront 

En aulcun lieu de par le monde 

Encor vous diftie en v^rit^ 

Que les franchois auront grande guerre 

Encontre tous leurs aduersaires 

Et apresquele Roy sera prins 

Serontlesguerres doresnauant 

Asses plus grandes que deuant 

Mais au pays de double franche 

Je ne S9auroy sans meschanche 

Jamais descripres ceste ruine. 

Mais si le chapitre XVII* 

Dezechiel vouMs lire 

Vous y voires le grand martyre 



74 



Quil doibt sur franche aduenir 

Dedens ces ans sans faillir 

Et puis apres ce temps passera 

Kt le saind Pere ordonera 

Ainsi que jadis fu piecha 

Que les eu^sques seront dis 

Des colleges ou ilz seront mis 

Et ainsi auront leur franchise. 

Leur liberty les gens deglise 

Anciennement soloientauoir 

D'eslire euesques k leur voloir 

Sans envoyer a court de Romme 

Nul ne pourroit ce est la somme 

Recorder la grande sain6let(S 

Le bien ni la grande charit^ 

De ce sainft pere dont jevous nomme 

Qui sera en ce temps Pape de Romme 

Et sera de lordre des cordeliers, 

Encor S9ach^s jeusne et vieulx 

Que en ce temps aura en franche 

Un roy de moult grande puissance 

A qui Ihesus voulut donner 

Tous le monde a gouverner 

Orient Midy Occident 

Et le monde g^n^ralem'ent 

Et schacez de verity 

Qu'il sera de telle poteste 

Que au monde neust oncques si puissant 

Roy ni empereur ne si vaillant 

J a courone ne portera 

Sur son chief ni asserra 

En I'honneurdu nom de Jhesus 

Qui d'une espine couron^ fu 

Et doibt moult la sain£le Eglise aydcr, 

Eslever et exaucer 

II sera du tout executeurs 

Des commendemens que le saind Pere 

Luy voudra faire et commander 

Tant en doibt son corps pener. 

Par ces deux cy sera repar6 

Tout le monde et renouvelle 

Cest a sjavoir par ce saindl Pere 

Et par ce puissant roy sans per 

Qu'en ce temps sera roy de Franche 

Car il mettra a delivrance 



75 



Son pays ct a surety 
Tout le peuple de la chrestient^ 
Qui aura est^ si greu^s 
Par guerres et mortality 
Et destruiront la gent haye 
De ceulx de la Mahommenie 
Qui ne sont point en Dieu croyant 
Mais silz estoient repentant 
Etquilz vaulissent relinguer 
Leur faulse loy et deguepir (sic) 
II les prendra a merchy 
Moult volontiers sans coiitredy 
Et moult de ceulx trouuera on 
Qui laisseront la loy Mahon 
Et rechepveront baptisement 
Et tant que tous gdn^ralement 
Par tout le monde sera une loy 
Une creanche et une foy 
En dedens Ian mil Till" et dix 
Sera tout le monde restablis 
Baptises et renouvell^s 
Ets9ach6s bien tr^s-fermement 
Que pays sera generalement 
Par le monde mille ans entiers. 
Adonc ne sera point mestiers 
Qu'on soit garnis de haubergons 
Ne de glaues ne de bastons 
Ni d'armures car le sain6l pere 
Que j'ay cy devant nommes 
Feront ensemble un tel degr6 
Et une si belle ordonnance 
Que nul ne portera picque ne lance 
Ne nularmure quy puisse greuer 
De quoy on puisse auliruy tuer. 
Encor feront aultres decretz 
Quand le monde sera repares 
Pour tousiours estre en Concorde 
Sans mal pays et sans discorde 
Et doibt encor instituer 
Ce sainft perc et ordonner 
En Cecile un puissant roy 
Qui moult exaulcera nr foy 
Et sera de tressaindte vie 
Et de moult grande baronic 
Car par espee et par armes 
Tout le pays et les royaulmes 



76 



De Jhus-Christ doibt conquester 

Et la sain6le terre doultre mer 

Mais apres ce qu'il aura conquis 

Tout les royaulmes et Je pays 

De Jhus tout autour 

Etse mettra lors au retour 

Et se mettra en religion 

Et prendra par devotion 

L'ordre et Ihabit des cordeliers 

Et si veuil bien que vous s^achi^s 

Que la sa vie finera 

Et moult de miracles fera 

En son dernier trespassement. 

Un fils aura qui sagement 

La terre et le pays tiendra 

Et les royaulmes gouvernera 

Mais longuement ne sera mie 

Car il debura finir sa vie 

De laquelle mort moult grevera 

Saindle eglise et lamentera. 

Mais encor plus que de sa mort 

Les deux seigneurs devant nommez 

Qui doibuent le monde reparer 

Restablir et renouveler 

Cest a s9avoir du saind pere 

Et de ce puissant Roy sans per 

Qui en ce temps sera roy de Franche 

Car ce saind pere sans doubtance 

Rcgnera vingt ans je vous asseure 

Et ce hault Roy que je vous nomme 

A la volont^ de Dieu regnera 

Et puis a son bon Dieu ira. 



C. R, 



77 



LE PEINTRE GRAVEUR 

DES PAYS-BAS 

AU DlX-NEUVlfeME SlECLE(l) 



56. Marine an ch&teaa k deux tourelles. 

L. 0,071. H. o,o52. 
T. c. L. o,o65. H. 0,043. 

Au milieu du devant un navire aux voiles ddployees, a droite 
deux autres b^timents; a gauche, sur la rive, on voit le chateau a 
deux tourelles. Sign^ au bas de la gauche : Bagelaarf. 

I" ^tat. Avant le ciel. 

2* dtat. Avec un ciel de tempete et de la pluie. 

57. L'homme et son chien. Paysage. 

L. 0,064. ^- o,o33. 

Dans un paysage parseme de petits bouquets de deux a trois 
arbres, on voit vers le milieu de la plancbe un homme et son 
chien. 

58. Le conrs dean bordi d'arbres. 

L. o,o63. H. o,o32. 

Dans un paysage egalement parsemd de bouquets d arbres, on 



(1) Suite. Voy. pp. 5-i5, 29-44. 

TOM. Y. <» 



78 

voil un large cours d'eau tres-tranquille ; au fond, on aper^oit 
unedame. 

ic" ^tat. Avant le del et les ombres sur Teau. 

2* etat. Avec le del et de nombreux travaux. 

59. L'homme assis an milieu de I'allee da bois. 

L. 0,064. H. o,o3i. 

Un bois ou Ton voit une allee ; dans celle-ci, vers le milieu de la 
planche, un homme est assis et tourne le dos au speftateur. 

I*' etat. Avant le ciel et les ombres dans les arbres et sur le dos 
du personnage assis. 

2* etat. Avec le del et de nombreux travaux. 

V 

60. Le pdcheur dans le cours d'eau borde de Jones. 

L. 0,064. H. o,o3i. 

Un cours d'eau bord^ de joncs occupe le milieu de la planche ; 
la rive du fond presente des bouquets d'arbres. Le pecheur est 
assis sur la rive du cote droit. 

1" dtat. Avant leciel. 

2* dtat. Avec le ciel ,et de nombreuses ombres dans les ar- 
bres, etc. 

61. Les vaches debout aupr^s de la vache couoh6e. 

L. 0,092. H. o,o35 1/2. 

' A gauche une mare, derriere celle-ci des arbres; le reste de la 
planche reprdsente une prairie decouverte sur laquelle on 
aper^oit une vache debout, de profil vers la droite et une vache 
couchee tourn^e vers la gauche. 

Signd au haut de la droite : Bagelaarf, 



79 

62. Lea deux yaohes oouoh^es au milieu du devant. 

L. 0,094. H. 0,037 V'2- 

A droite un arbre coup^ par le bord de la planche et un saule, 
en arriere d'eux un cours d'eau avec des voiles. Au fond sept 
arbres formant groupe aupres d*une petite Eminence ; en avant de 
ce groupe d arbres les deux vaches. Signe au haut de la gauche : 
Bagelaarf, 

63. Le pent naturel. 

L. 0,091 1/2. H. o,o36 1/2. 

A gauche des rochers et des arbres ; les rochers se continuent 
vers la droite en formant un pont naturel convert d'arbres. Un 
chariot a trois chevaux va passer sous celui-ci. 

i"dtat. Avant le ciel. 

2" ^tat. Avec le ciel. 

64. La oayerne de Saint-Pierre pres de Maestricht. 

L. 0)09i. H. o,o36. 

Cette planche represente Tentrde des cavernes de Saint-Pierre, 
vue de Finterieur vers Text^rieur, deux personnages semblent les 
examiner. 

I" ^tat. Avant le eiel. 

2* etat. Avec le ciel. 

65. Le promeneur et son chien dans Tallee deyant la maison. 

L. o,o56 i/2» H. 0,062. 

A gauche une maison a pignon elevd. Apartir de celle-cijusque 
vers le fond une allee d'arbres dont on voit seulement le i*' de 
Tautre c&td : aupres de ce dernier le promeneur et son chien 
Signd au haut de la gauche : Bagelaarf, 



8o 

I*' ^tat. Avant le ci^l et lestravaux du fond. 

2* ftat. Avec le ciel et les travaux sur le fond et le i" plan. 

66. La oayerne on Tarohe de pierre. 

L. 0,066. H. 0,076. 
T. c. L. 0,062. H. 0,067. 

La planche represente une caverne ou arche profonddment 
creusde dans la pierre. A Tentrde trois personnages. Dans le fond 
on aper^oit un mur de jardin et une sorte de pavilion. 

67. Paysage d'aprfes Spoor. 

L. 0,077 ^h- ^' o,o58. 
T. c. L. 0,071. H. 0,049. 

A gauche un cours d eau. Sur la rive du fond on aper^oit le 
toit d'une chaumiere entouree d*arbres. Sur la rive a droite de 
la planche on voit un arbre ct le troupeau compost de deux 
vaches, d'une chevre et d'un monton. Signd sous le coin de 
gauche : Spoor delin et sous celui de droite Lieut, Bagelaar 
sculps, 1802. 

La planche est fort grifFee et salie. 

68. Les deux fermes au toit de ohaume sous les arbres. 

L. o,ii5. H. 0,073. 
T. c. L. 0,102 H. 0,061. 

Deux fermes couvertes en chaume se trouvent a la gauche de 
la planche entoureesd arbres limitds par des palissades. En avant 
de ces fermes il y a cinq arbres. Au pied de Tun de ceux-ci est 
assis un homme tenant un baton et ayant aupres de lui un pa- 
nier. 

(Maniere de Van Brussel et de Herman Focke), 



8i 

69. Les deux promeneurs au pied da montioule k gauohe. 

L. 0,129. H. 0,073 I'a. 
T. c. L. 0,125 H. 0,067. 

Cette piece represente un paysage onduld, dans le fond du- 
quel on aper^oit une dglise et un village... A gauche se trouve 
un monticule fortement ombre ; au pied de celui-ci on voit les 
deux promeneurs se dirigeant vers la gauche. 

Signe sous le coin de droite : Bagelaar Del.f, 

70. Le pdoheur k la ligne vu de dos et assis. 

L. 0,129. H. 0,073. 
T. c. L. 0.125. H. 0,068. 

Une mare ou piece d eau se trouve a la droite de la planche. 
La gauche estoccupde par trois arbres, le fonds parun bois. Un 
pecheurest assis tournant le dos au speflateur, vers le milieu du 
premier plan. 

Sign^ au bas de la droite : Bagelaar DeLf, 

I*' dtat. Avant le ciel et le travail des eaux. 

2* ^tat. Avec le ciel et de nombreux travaux. 

71. Le yacher et ses trois b^tes. 

L. 0,128. H. 0,072. 
T. c. L. 0,124. H. 0,066. 

A gauche un coin de jardin enclos d*une haie, plus au fond 
quelques chaumieres, trois arbres et des coUines devant les- 
quelles il pleut. Vers le milieu ds la planche le vacher et ses 
trois betes marchent a la file. Signd au haut de la droite : Bage- 
laar inv. etf, 

72. Le cavalier au-delk du pent. 

L. o,i33. H. 0,073. 
T. c- 0,129. ^* 0,068. 

Paysage plat au milieu de la planche on remarque un cours 



82 

d eau, vers le milieu duquel on aper(;oit un pont rustique que 
vient de passer un cavalier qui se dirige vers la droite ou Ton 
voit un groupe de cin<j arbres. A gauche dans le lointain on 
aper^oit une ferine. 

Signd au haut de la droite dans la planche : Bagelaar inv, etf. 

Sans ciel. 

73. Les trois yaches derri^re les cinq arbres au bord de I'eau. 

L. 0,070. H. 0,072. 
T. c. L. o,o65. H. 0,067. 

A gauche un groupe d arbres forme le fbnd. En avant de ce- 
lui-ci trois vaches, plus a droite cinq arbres places au bord de 
Feau qui serpente en s'enfon^ant vers le fond de la planche. A 
droite quelques arbres. Sign^ au bas de la droite : Bagelaar, 

I" etat. Avant le ciel. 

2* dtat. Avec le ciel. 

74. Les deux hommes aux longs bdtons sous I'arbre. 

L. 0,072. H. 0,073. 
T. c. L. 0,064. H. 0,067. 

A gauche un poteau indicateur puis sur une colline, un saule 
et un autre arbre. Dans le fond une ferme entourde d arbres. 
A droite au premier plan un grand arbre et un buisson. Signd 
au bas de la droite : Bagelaar f, 

i*'^tat. Avant le ciel. 

2* ^tat. Avec le ciel. 

75. L'homme et son ohien sous le groupe de trois arbres. 

L. 0,070. H. 0,073. 
T. c. L. 0,064. H. o,o63. 

A gauche sous un groupe de trois arbres en avant d'une petite 



83 

coUine qui se prolonge a droite j usque vers un cours d*eau ou 
elle se termine par un arbre isold, on aper^oit un homme 
accompagne de son ,chien. 

Signe au bas de la droite : Bagelaarf, 

1" ftat. Avantleciel 

2«etat. Avec le del. 

76. Les deux hommes oonduisant leurs ohiens en laisse. 

L. 0,070. H. 0,075. 
T. c. L. o,o65. H. 0,068. 

Au milieu d'un bois de haute futaie, largetnent eclair^ on voit 
deux hommes menant en laisse des chiens terriers et se dirigeant 
vers la gauche. Sign^ au bas de la droite : Bagelaarf, 

77. Pan et Syrinx. 

L. 0,071. H. 0,074. 
T. c. L. o,o65. H. 0,068. 

A gaUche des roseaux dans lesquelles on voit fuir Syrinx 
poursuivi de pres par Pan. 

A droite un taillis dleve. 

Signe au bas de la gauche M. Ovid, lib, I. et sous la droite 
Bagelaarf, 

78. L'all6e de Delft pr^s da moulin (De delfsche yaart bij het 

molentje). 

L. 0,070. H. 0.072. 
T. c. L. o,o65. H. 0,067. 

Un canal tient le milieu de la planche il est borde darbres 
des deux c&tes et on y voit une barque a la voile. Signe au bas 
de la droite: Bagelaarf, 



84 

1" dtat. Eau forte pure avant TefFet de nuit. 
2* ftat. Avec Teffet de nuit. 

79. L'homme oharg^ dun sao et sa fille. 

L. 0,078. H. 0,060. 

Cette piece represente un hameau ou Ton voit trois maisons 
entour^es et entremeldes d'arbres. Au milieu de la planche dans 
une sorte de chemin creux il y a un homme portant un sac sur 
r^paule, qui est suivi de sa petite fille. 

80. La cabane en planches, d'apr^s Schelfhout. 

L. o,io3. H. 0,082 12. 
T. c. L. 0,095. H. 0,074. 

Un cours d eau traverse la planche obliquement de la gauche 
vers le fond. Sur la rive a gauche il y a d abord deux arbres puis 
une hutte en planches pres de laquelle causent un homme et une 
femme, puis uneferme aupres de laquelle il y a differents arbres 
et un bateau. Signe au bas de la gauche : Schelfhout inv. Major 
Bagelaarf. 

1" dtat. Avant le ciel, le fonds et le travail a la pointe seche. 

2' etat. Avec le ciel, les montagnes du fond et le travail a la 
pointe seche. 

81. Ehrenbreitstein. 

L. 0,097. H. 0,073. 
T. c. L. 0,090. H. 0,064. 

Cette planche represente la forteresse d'Ehrenbreitstein. Au 
premier plan on aper^oit deux hommes qui Texaminent. Mor- 
sure rude. 

I*' etat. Eau forte pure avant le cicl. 



85 

2' etat. Le del est griffe a la pointe seche et seulement es- 
quissd. 

3* dtat. Avec le del . 

Ces deux derniers dtats portent sous le coin de droite la signa- 
ture Bagelaar fecit. Cette piece est du temps ou Tauteur etait 
capitaine. 

82. L'homme et la feinme avec le chien, aupr^s du chemin 

oreux. 

L. 0,099. H. 0,073. 
T. c. L. 0,095 i'2. H. 0,067 1/2. 

A gauche un monticule convert de quatre arbres au pied du- 
quel il y a une branche cassee. Entre ce monticule et le second 
qui forme le chemin creux et s'arrete au milieu de la planche on 
voit Thomme et la femme avec son chien. A droite un cours 
d'eau au bord duquel il y a quatre arbres formant groupe. Signe 
au bas de la droite : Bagelaarf, 

83. La barquette au devant du pont. 

L. o,io3. H. 0,080. 
T. c. L. 0,096. H. 0,074. 

Au premier plan un cours d'eau sur lequel on voit un pont 
eleve et derriere lequel il y avait une tour. Sur la rive vers la 
gauche des arbres. Sur Teau une barquette montee de deux 
hommes. Signe au bas de la droite : Bagelaarf, 

84'. Te Ubberge bij Nymegen. 

T. c. L. 0,081. H. o,o58. 

La planche represcnte une eglise entouree de verdure et situee 
derriere unmur. 



86 

1*^ etat. La planche non coupee et avant le nom. L. 0,920 
H. 0,072 1/2. 

2« etat. La planche coupde et avec le nom sous la gauche : 
Bagelaarf, L. 0,870, H. o,63o. 

85. De trekvaart en Eoepel van Gaan aan de Haagsche yaart. 

L. ?. H. ?. 

A gauche le choeur d'une ^glise, au loin des arbres et le som- 
met de quelques ddifices dont un clocher. Vers ladroite un canal 
au bord duquel il y a trois moulins. 

Cettte planche a servi de titre a la description de La Haye 
publiee en 1816 par Bruining che^ Maasharnp, 

I*' etat. Avant le nom. 

2* etat. Avec le nom dans le ciel au haut sur la droite : Bage- 
laarf, 

86. Leohause pr^s d'Augsbourg. 

L. o,ii5. H. 0,075. 
T. c. L. o,io5. H. o,o63. ^ 

A gauche un groupede maisons. Au fond quelques arbres, a 
droite une maison entouree d'arbres et un passant. 
Signe au bas de la gauche ; capt, Bagelaar fecit. 

87. Vue da Danube i Lintz. 

L. o,io3. H. 0,070. 
Marge, de 70 millimetres au bas. 

Le fleuve tres-calme coule entre deux rives escarpees ; a droite 
elle est surmontee de deux arbres. 
Signc au bas de la gauche Bagelaar /. 



«7 

88. Lps deux enfants asBis it Ventr^e du bois. 

L. 0,075. H. 0,108. 

A droite se voit le bois k Tentrde duquel sont assis les deux 
enfants. Au fond des montagnes une maison et des parties 
d'arbres. 

i" etat. Les montagnes du fond et le terrain au devant du bois 
sont clairs. 

2* dtat. lis sont fortement ombrds 

89. Le rooher pero6. 

L. 0,0121. H. 0,092. 
T. c. L. o,ii5. H. 0,081. 

A droite un grand rocher coupd par le haut de la planche et 
perce d'une ouverture. Plus en arriere un autre rocher au pied 
duquel sont assis deux hommes qui semblent lire Tinscription : 
Capitain, E. W. J.Bagelaar adviv, Delin. et fecit. 

90. L'^glise au double ohoeur. 

L. o,ii5. H. 0,092. 
T. c. L. 0,111. H. 0,084. 

Une ^glise est au milieu de la planche, en arriere du choeur 
il y en a un plus petit. A droite de la planche il y a un arbre 
depouill^ de feuillage. 

Sign^ sous le coin de droite : Bagelaar delin et sculp 

91. La femme portant un fagot. 

L. 0,121. H. 0,091. 
T. c. L. 0,114. H. 0,062. 

Un chemin, au milieu de la planche une femme portant un 



88 



bgot, k gxacbe on pajsan porfant one pelle sor Tepmdc etcon- 
duisant son en£uit par la maliu 
A droite on grand arbre. 

92. Le psfnge an tnis lenien. 

L OJ17. H. 0,093. 
T- c L o,ii3. H- 0,072 1 i- 

La planche est occnpee par on bois prescntant diverses ^air- 
des. Vers la gaoche on Toit trois le¥riers qoi s*elancent du cote 
droit. 

Sign^ an has de la gaache : Bageiaar/i 

93. L'e^se fa n"" 90 Tie ie I'nte eftte. 

L. o,i3o. H. 0.094. 
T. c L. 0,110. H. o,o85. 

L*^ise se voit an milieu de la planche le chceurest ici cache, 
on aper^oit le mur d enceinte et la porte. 



94. Les trois persomuiges u bord de Tetang. 

L. 0.119. H. 0,086. 
T. c. L. 0,114. H. 0,081. 

Un vaste ctang horde d'arhres de presque tons les cotes. Au 
devant sous deux grands arhres on aper^oit deux hommes 
debout et un 3' assis. Signe dans le coin de gauche en haut : 
Bagelaarf, 

i^^ ^tat. Eau forte pure, avant Teffet de nuit. 

2* ^tat. Avec Teffet de nuit^ la lune est entouree d*un nuage 
obcur puis de nuages tres-clairs et d'un ton argentin. 

3« etat. Les nuages argentins sont couverts de tallies et la 
piece est poussee au noir. 



89 

95. La tempftte. 

L. 0,123. H. 0,098. 
T. c. L. 0,111. H. 0,084. 

Un pays ddcouvert on Ton aper^oit quelques groupes d'arbres 
par deux ou trois, battus par le vent ; k droite une partie d'eau. 

Signd au bas de la droite : £agelaarf.,Ql au basde la gau- 
che, n* 12. 

I" ^tat. Avant le ciel. 

2* ftat. Avec le ciel formant effet de tonnerre. II y en a des 
epreuves postdrieures usdes et sans barbes. 

96. Les deux yaohes sous les deux saules. 

L. 0,127 */2« H. 0,094. 
T. c. L. 0,117. H. 0.080. 

Dans une prairie etendue bordde au fond et a droite par une 
haie d'arbustet; on voit trois vaches dont deux sont sous les 
saules. 

Signd au bas de la droite : Kapitein Bagelaar /., et sous la 
gauche^ n* 10. 

97. Le troupeau de moutons. 

L. 0,128. H. 0,091. 
T. c. L. 0,119. H. 0,0801 

A droite deux petits arbres dancds, k gauche un grand arbre. 
Au fond les montagnes et des arbres. Vers le devant un troupeau 
de moutons dont on distingue cinq. Sign^ au bas de la gauche : 
Bagelaar fecit, 

98. Deutecom. 

T. c. L. 0,096. H. 0.069. 

En arriere dun pont militaire et d'une porte cintrec on aper- 
5oit les toits d'une ville et une ^glise. 



90 

99. Naarden. 

L. 0,125. H. 0,092. 
T. c. L. o,ii5. H. 0,080. 

La ville estvue en dehors desfossdsdesremparts; deux hommes 
pechent a la ligne deux autres sont dans une barquette. 

Signeeau bas de la droite \ Kapitein Bagelaar f., sous la 
gauche on lit n° 12. 

100, Alkmaar. 

L. 0,120. H. 0,086. 
T. c. L. o,ii5. H. 0,081, 

Un pont a gauche sur un cours d'eau borde d arbres. On 
lit au haut de la gauche dans le ciel: Bagelaarf., sous le coin de 
droite, n° 3. . 

101. La pierre avec rinsoription. 

L. 0,123. H. 0,095. 
T. c. L. 0,120. H. 0,088. 

A gauche un bois, a droite entre deux groupes Tun de quatre 
et lautre de trois arbres se trouve une grosse pierre. 

I" etat. Avant Tinscription et leciel. 

2* etat. Avec le ciel et Tinscription suivante : sur la pierre 12 
Landischapjes getekend en geeist door E, W, J, Bagelaar 1819. 

102. Lliomme et la femme S6 promenant dans le bois. 

L. 0,122 1/2. H. 0,093. 
T. c. L. 0,118. H. 0.087. 

Un chemin se voit au milieu d'un taillis de haute futaie. Sur 
ce chemin un homme donnantle bras a une femme se dirige vers 
la droite. Signe au bas de la droite : Bagelaar d, etf. 



91 

1" dtat. Avant le fonds, le ciel et Fombre port^e au cote 
gauche. 
2^ ^tat. Avec le ciel, le fonds et les travaux ajoutds. 

103. By Bloemendael. 

L. 0,119. W» o»o87. 
T. c. L. 0,114. H. 0,081. 

Au fond un bois, k gauche des collines sablonneuses a.droite 
des arbres ; sur le chemin on voit Bagelaar qui se rend au devant 
du jeune Berg qui s*avance vers lui mont^ sur un Une. 

Signd au haut de la gauche : Bagelaar d, etf, 

104. Le chasseur aux canards sauyages. 

L. 0,120. H. o,o85. 
T. c. L. o,ii5. H. 0.080. 

A droite une partie d eau, au bord intdrieur de laquelle on 
voit quatre arbres, a gauche un groupe de six arbres sous les 
quels se trouve le chasseur qui tire sur un groupe de canards 
nageant dans la mare. Signd au coin de droite en haut dans le 
ciel : Bagelaar f, 

(A continuer.) 



CHRONIQUE 

N6CROLOGIE. — M. Jean-Guillaume HOLTROP. 

Les Pays-Bas viennent de faire une grande perte en la per- 
sonne de M. Holtrop, le savant direfteur du Museum West- 
reenianum et pr^cedemment Biblioth^caire en chef de la biblio- 
theque royale de la Haye. N^ k Amsterdam le 20 juillet 1806, 
Holtrop, apres d'excellentes dtudes, entra en 1828 a la biblio- 



92 

theque susdite, comme attache a la confeftion du catalogue, en 
meme temps que notre regrette compatriote Schayes, et de grade 
en grade, parvint k la direftionde cet important depot littdraire, 
en i838. Trente ans apres, en 1868, il demanda sa retraite hono- 
rable pour cause de sant^ et il vient de mourir, le i3 fevrier der- 
nier apres trois annees de maladie. 

II fit paraitre en i832 une traduftion du petit chef-d'oeuvre de 
F. A. Ebert : die Bildung des Bibliothecars. 

En 'i856, il publia Texcellent Catalogus librorum saecuto 
XV° impressorum quotquot in bibliotheca regia Hagana asser- 
vantur. 

De i858 a 1868, il acheva les Monuments typographiques 
des Pays-Bas du XV* siecle, en 20 livraisons in-folio. 

En i858, il donna au public : Thierry Martens d'Alost, J^tude 
bibliographique, travail tres-ingenieux et plein de science. II 
ecrivit en outre de nombreux articles dans plusieurs journaux 
de son pays. 

Esprit large et cultiv^, grand travailleur, administrateur zeld, 
Holtrop a marqu^ fortement sa trace a la bibliotheque dont la 
direftion lui dtait confide, et dans la science des livres. II vivra 
longtemps aussi dans le souvenir de tous ceux qui Font connu. 
On ne recourait jamais en vain a son vaste savoir et a sa com- 
plaisance inepuisable. Ses grandes qualites de bibliothecaire et 
ses connaissances profondesont heureusement passe, comme un 
legs, a M. F. A. G. Campbell, son beau-frere etsonsuccesseur 
depuis 1868, au poste eminent de Conservateur du premier ddp&t 
litteraire des Pays-Bas. 

C. R. 



L'INVENTION DE L'lMPRIMERIEC) 



Ceci ddmontresuffisannment la grande ^tendue deseitraits fails 
par Koning. Apres sa mort, le manuscrit devint la propn^t^ du 
D'. A. de Vries, k la succession duquel j'en devins acqu^reur 
en 1864. Apres avoir termini cette itude critique, je me propose 
de lui r^erver une place inamovible dans la Bibiiotheque Royale 
de cette vtlle, cequi pertnettra 4 tout le monde de sefaire jugede 
mon travail. 

11 me parut bient&t prouvi que, jusquen i^yS, Koning n'a 
omis aucun des details que M. Ensched^ a jugi dignes d'etre 
relevis, y comprls les articles ayant rapport au fabricant de chan- 
delles Laurent Janszoon Coster et qui ont 6t6 utilises avec une 
inconcevable Ughreti par M, J. A, Alberdingk Thijm. J'en 
suis arrive, d'ailleurs, ^ cerisultat, assez peu tdm^raire au fond, 
que les archives de la tr^sorerie de Harlem ne contiennent plus 
aucun article d(int Hmponance puisse faire jaillir quelque lu- 
miere sur rint^ressanle question qui, depuis une couple d'an- 
n^es, vient d'etre soulevde de nouveau en Hollands comme au 



(1) Suite. Voy. pp. 61-66. 



94 

dehors. Je possede done chez moi les archives indi^pensables. 

Que Ton veuille ne pas perdre de vue que je n ai rien, au pr^a- 
lable, a demeler avec Jacques Koning, auteurdu traite couronne, 
mais bien avec Jacques Koning, Tauteur du manuscrit en 
question. Car, autre chose est la colle£lion trop complete des 
materiaux qull a recueillis pour son oeuvre, et autre chose Tusage 
mcomplet qu 11 en a fait dans son plaidoyer imprime. Ddsormais 
ce plaidoyer ne peut plus inspirer aucune confiance a celui qui 
desire, non pas de voir se confirmer une opinion precon^ue a 
Tombre de quelque trompeuse appare.ce, mais uniquement 
de decouvrir la y6rix6 au fond d*une question purement histo- 
rique. Jen dirai autant de la dissertation de M. de Vries, 
quelque sup^ieure qu'elle soit d*ailleurs a tous dgards k celle 
de Koning. L'infatigable avoeat des^ droits de Harlem en a 
impose a plus d'un et a moi-meme, par sa perseverance, sa per- 
spicacity, rincomparable habiletd avec laquelle il ddcouvrait 
les defauts de cuirasse deson adversaire tout en sachanteacher les 
siens. Pendant un demi sieele il avait meditd le systeme harle- 
mois, il se F^tait identifie, et lorsqu au sucees obtenu, lorsqu au 
talent inconteste, vint se joindre lautorite naturelle d une vieil- 
lesse extraordinaire pendant laquelle Thomme n'avait rien perdu 
de la lueidite de son intelligence, alors disparut jusqu ^ lombre 
meme du doute. 

Peu de temps avant sa mort, j eus avec lui une conversation 
au sujet des Donats et des differentes editions du S/7^cz«/2/m. 
M. Fock, alors bourgmestre de Harlem, ainsi que le D**. van der 
Willigen, se rappelleront sans doute encore de quel feu il s*animait 
par moments dans cette occasion lorsqu'on en vint a traiter la 
question de la vdracitd de Junius. Avec un pied dans la tombe^ 
il avait peine a r^primer sa vivacite, et je dus le tenir en vue, 
lorsqu au milieu de st)n exaltation, il allait, s*approehant toujours 
de moi, au risque de tomber dangereusement. 11 y avait, en 



95 

effet, dans tout cela qoetq^e chose qui commandait le respe£l et 
qui tenait en bride, surtout cberua eci£»nt de Harlem, la t^m^- 
rit^ de Thet^rodoxie. Mais la vie et la scicace sont choses se- 
rieuses, devant lesquelles s*efifacent de plus gratuiesaulorit^s que 
la sieiine. Le charme est rompu. 



M^THODE DE RECHERCHE 

En ce qui coiKWie les recherches faites au sujct de Thistoire 
de limprimerie, on a CQiliLniis et on commet encore des erreurs 
de methode qu on a depufs )$^ngtemps cess^ de commettre dans 
tout autre ordre de recherches s^entifiques. Obligd toutefois de 
ne point perdre de vue lespace limiiid dont dispose un journal 
hebdomadaire, je ne puis que les signage en passant. 

Uerreur principale est le raisonnement a priori, un savant 
assemblage d'hypotheses, de possibilitds et d^ prdjugds, qui au 
lieu de faire parler Thistoire avec une probitd incfj^rruptible, s en 
sert comme dun ornement pour enguirlander le sujet et pour 
le fa^onner ensuite tout a son aise. 

Le dogmatisme qui existe en fait de th^ologie et de philoso- 
phie, regne aussi en fait dhistoire. SefTor^ant de soustr«ire 
a la critique les questions qui en ont le plus besoin, il tient 
en reserve quelque dogme sacr^ et inattaquable (dans notre 
question cest rinfaillibilitd de Junius), auquel il sacrifie toute 
impartiality, toute logique, toute explication de circonstances 
embarrassantes. Cest ainsi que les tdmoignages des ^crivains du 
xvi™« siecle, concernant Torigine de la typographic, ont ete dena- 
tures au point d etre devenus des textes inspires, dont chaque 
syllabe peiit servir de theme a une instruflion, pourvu que le 



96 

teste soit conforme et non pas oppose a la doftrine preferee. 
Dans ce dernier cas, le texte, ici comme ailleurs, est remue et 
giche jusqu a ce qu*enseveli sous unci montagne de sopfaismes, 
il disc le contraire de ce que la veritable ex^gesa en doit tirer. 

II y aurait par exemple plus de matiere qu'il n'en faut pour 
decrire, dans quelque dmouvant article, les tortures qu'on a fait 
subir aux paroles de Mariangelo Accorso (prononcees vers i53o, 
mais imprimees seulement en iSgi) relativement aux Donats 
xylographiques executes en HoUande, paroles dont la haute 
importance ou la complete nuUitd ont ^te tour a tour soutenues, 
selon qu'ilyavait interet a les tenir pour herdtiques ou pour 
orthodoxes. 

Avec une pareille mettiode, la partialite devient inevitable. 
Aussi sest-on servi, avec la plus pari)iite assurance, de deux poids 
et de deux mesures ; les preuves abondent a lappui de cette as- 
sertion. Quelques exemples suffiront. i" Le carailere des diffe- 
rents ecrivains est exalte ou rabaissd, suivant qu'ils favorisent 
ou embarrassent les pretentions de Harlem. Erasme, par 
exemple, malgre ses rapports avec Talesius, Tun des tdmoins de 
Junius, ne sait rien duae invention de rimprimerie faitea Har- 
lem, mais en attribue par deux fois Thonneur a Mayence. 
Pourexpliquercettecirconstanceparticulierementembarrassante» 
on insinue tout simplement qu Erasme, le plus grand savant 
de son epoque, un homme que les princes meme ont combl^ de 
gloire, a 6l6 porte a rendre ce temoignage, (en opposition avec 
une conviction tout autre) a cause d'une coupe en argent qu'il 
aurait re^ue de I'elefleur de Mayence, et par consideration poqr 
rimprimeur Froben I (i) C est ainsi que toute refutation est inva- 



■M 

[i] Le premier t6moignage d'Krasme date de i5i^; mais a Tepoque du 
deuxieme, en i53o, la coupe d'argent devait avoir deja produit tout son effet, 
ct Froben etaii mort depuis irois ans. 



97 

riablem^nt traitee de •« m^chante chicane, » ou bien, s*il sagit 
de quelque preuve apport^e par un partisan de Gutenberg, elle 
est qualifi^e de ruse, d artifice, dlmpudence, on dit quelle est 
bas^ sur une tpiafr^us ». Par centre, pour la remarque la plus 
maigre^ mais favorable au systeme, Tecrivain le plus insignifiant 
re^oit les i^pithetesles plusfiatteuses : c'est le savant, le judicieux, 
le do£le, le probe, le loyaU le v^ridique M. X. Or, tous ces dd- 
fauts et toutes ces qualitds sont psychologiquement admissibles, 
mais les qualit^s nd sauraient ^tre le privilege exclusif des parti- 
sans de Coster. Si Scbopfiin, dans son zele pour Strasbourg, s'est 
rendu coupable d'une apiafraus », de merae Scriverius, le cham- 
pion fanatique de Harlem, ne saurait en etre absolument exempte. 
Si Erasme est sujet a subir linfluence dun cadeau, par contre, 
Junius, m&lecin de la ville et curateur de T^cole latine a 
Harlem, de plus marie k une harlemoise et historiographe 
salari^ de rfoat. ne saurait etre consid^rd comme n*dtant acces- 
sible qu*3i des influences integres, L'autorite de Trithemius peut- 
elle ^tre dbranl^e par la raison quUl partage la superstition de 
son ^poque et de son etat, quoiqu'il tienne son recit de Pierre 
Schoffer (1484)? Alors la meme regie doit etre appliquee k 
Junius; L'homme qui abdique son intelligence jusqu'^ solliciter 
d un th^ologien Fautorisation de lire des livres de magie ddfen- 
dus, qui est assez de son siecle pour faire mention de la sirene 
d'Edam, ajoutant qu il n*en veut point rejeter la tradition, parce 
que le souvenir en est encore trop rdcent, et qu il se transmet 
de main en main par les commeres (a muliercuHs de manu ad 
manum tradita ;), qui n*epargne meme pas a ses le£leurs le mi- 
racle stupide de « la femme de Loosduinen » donnant le jour a 
364 enfants vivants, baptises par Tdveque Guido qui, pour plus 
de facility, les appela tous Jeannot et Jeannette, doat les petites 
4mes sont rdunies avec la mere dans le sein de Dieu, et les petits 
corps « sub hoc saxo requiescunt t , un Adrien Junius qui rap- 



98 

porte de pareils propos n est pas plus au dessus de la critique que 
son cordligionnaire Trithemius. 

II est arrive que le mSme individu a etddepouille deson carac- 
lere, pour setre rendu coupable d'heresie aTegard de Coster, je 
veux dire, des soi-disant portraits de Coster. Que Ton en juge : on 
avait agitd, hors des Pays-Bas, la question de savoir si M . van Wes- 
treenen « croyait » reellement a Coster. La reponse a cette ques- 
tion fut celle-ci : « M. van Westreenen qui, dans son traite de 
1809, a professe une foi (!) si respeclueuse et si exaftement. con- 
forme aux sentiments de son parent M. Meerman, ce possesseur 
renomm^ de tant d'incunables, ce savant tant de fois decore, ne 
serait secretement qu'un infidele !... Qui done pourrait croire 
a une chose aussi peu chevaleresque de la part d'un homme 
honord de tant d'ordres, a un fait aussi contraire au caradlere 
hollandais du vieux gentilhomme de Hollande qui s'est acquis 
tant de gloire en travaillant a celle de son pays I » N'est-ce-pas ? 
L*drudit decore, gentilhomme, non seulement par droit de nais- 
sance, mais encore par le coeur, a fait un bon livre et est digne de 
respeil. Mais le baron, cet epouvantable radical, plusieurs 
annees apres , ose contester non pas Tauthenticite de Tinvention 
harlemoise, mais la ressemblance des pr^tendus portraits de 
Coster et voyez comme ces rubans d ordre deviennent des argu- 
ments pour le mettre en pieces : « Si, dans ses voyages a 
Tetranger, M. van Westreenen n'avait pas eu recours a quel- 
ques petits expedients pour se rendre agrdable aux yeux d'uiie 
foule de hauts personnages, comment se fait-il que lui, qui 
n a jamais public que de petites brochures, d'une importance 
et d'un merite tout a fait secondaires, qui na jamais rendu 
quelque service reconnu et notoire a la patrie ou a la 
science, se soit vu ndanmoins gratifie d'une fa^on aussi excep- 
tionnelle de trei^e decorations et d'un aussi grand nombre de 
litres honorifiques de la part des cours etrangeres et des socie'les 



99 

savantes? » Une autre fois « I'homme qui s acquit tant de gloire 
en travaillant a celle de son pays, » est traits de la maniere sui- 
vante : « Veut-on savoir comment on jugeait Thomme a 1 etranger, 
et comme on le tenait pour un sot ridicule ? Q,ue Ton consulte, par 
exemple le Bulletin du bibliophile Velge de de Reiffenberg. » 
Mais le sot ridicule qu a-t-il besoin aussi de s elever contre des 
imagesde Coster, dont la fraude estprouvee ? Unjidele qu'a-t-il k se 
pr^occuper de rauthenticit^ oude la faussetd d'une relique? 

2* Les citations en faveur de Harlem sont estropiees et on 
leur coupe les ailes ; de celles qui favorisent Mayence on ne parle 
pas : toutes, de chaque espece, sont pesdesi faux.poids. Depuis 
Scriverius (1628), on cite le tres-important temoignage d'Ulric 
Zell, mais en lui enlevant sans cesse toute liaison, d une fa^on 
telle qu'un concile ne pOurrait pas faire mieux. 

On a agi de meme avec le passage de Guicciardini. Lorsque 
avec Dibdin, on va jusqu'a dire que les 70 tdmoignages Merits en 
faveur de Mayence ne valent pas une prise de tabac et qu*on pent 
les reduire a deux, alors il doit bien §tre permis de rabattre 
un peu du tas de Harlem. Cela peut se faire k Tinstant meme. 
On connait le passage qui se trouve dans la Descriitione di tutti 
i Paesi Bassi , 1567, de Guicciardini. Dans la description de 
Harlem, il rapporte, d'apres le dire des habitants, le temoi- 
gnage de quelques ecrivains et d autres souvenirs, que Timpri- 
merie a ^t^ decouverte en cette ville, mais il ne donne ni une 
date ni un nom. 

L'inventeur mourut avant d'avoir mis la derniere main k 
son industrieuse conception ; son domestique, dit-on, alia s'dta* 
blir a Mayence et y perfeftionna la ddcouverte ; ce qui fit naitre 
la rumeurque ce fut l^son berceau. Ndanmoins, Guicciardini ne 
peut et ne veut pas juger de la verite du fait, il lui suffit de le 
noter en deux mots, pour ne pas nuire a la Hollande et a Har* 
lem. Ordinairement, la citation du passage s^arretela. Cependant 



lOO 



Guicciardini pbursuit imm^diatement par un extrait du livre de 

m 

inventoribus return^ de Polydore Vergile (livre II. ch. 7.), ou 
linvention est attribute ^ Maycnce, etil reprocheensuite h Ver- 
gile de n*avoir pas fait mention d*Alde Maniice ^ Rome, dont il 
vante longuement les services rendusl la typogra]5hie. Est-cela, 
vraiment, un temoign£(ge sur lequel on puisse s'appuyer en 
bonne conscience? II prouve seulement une chose; c est que, de 
i56o a xSyo, dans cette pdriode d&ennale ou la tradition s*^pa- 
nouit (van Zuren, Coornhert, Junius), il ^tait arrive a Anvers 
aussi, quelque rumeur vague de la croyance populaire de Har- 
lem, peut-etre par correspondance avec Junius qui avait re^u, 
en i565 des ^tats de Hollande, h. la demande de Guillaume 
d'Orange, la charge de livrer un ouvrage du mSme genre que 
celui qu avait termini Guicciardini en i566. Si Ton veut ensuite 
remarquer avec quel dloge celui-ci parlede Junius au tres*court 
passage consacre a la ville de Hoorn : dottore in medicina ma 
dottissimo ancora in iutte le altre scieni^e, gran Poeta^ e vera- 
mente Philosopho chiaro et celebre, on regardera Junius comme 
^tant la source la plus probable o^ Guicciardini aura puisd sa 
notice ind^cise. A ce moment, rien n avait €x6 public encore 
concernant les rapports de la ville de Harlem avec Tinvention 
de la typographie, sihonles quelques motsde Coornhert en i56i. 
Toutefois, jen'aipasleprojet de m'armer en guerre en faveur 
de cette supposition, (i) car il y a dautres traditions harle- 
moises que Ton a racontdes a Gqicciardini et dont il nonime les 



(1) Peut-5tre trouverait-on quelque chose de relatif a une correspondance 
entre Guicciardini et Junius dans les deux centuries de lettres de Junius 
provenant de la succession de Burman et conserv6es a la bibliolheque acade- 
mique d'Utrecht. Une comparaison minutieuse de la Batavia etde la Des- 
critthne fournirait peut-£tre ^galement quelque lumiere sur les relations 
des deux 6crivains. Mais cela n'en vaut pas la peine. 



lOI 



rJpondants. Naturellement, il park, tout comme Junius, de la 
sirene p^ch^e en 1403 dans le Purnicr et civilisee a Harlem. 

Mais ce qui est plus remarquableencore^ quarante ans aiipara- 
vant, done etitre i53o et i53o, « on disait i Harlem et les bbtir- 
geois tenaient pour certain » qu'on stvait pechd dans la mer de 
Frise, un homme marin « tout h fait bdti comme nous, » qui 
vecut plusieurs anrides k Harlem et y mourut de la peste. 

A Tappui de ce fait singulier, Guicciardini nous fburnit une 
preuve irrefragable : « M. Nicolaus Nicolai (Claes Ciaesz), un 
homme loyal et digrie de foi, m'a racontd, parmi beaucoup 
d'autres versions ayant rapport i ce fait, comme quoi M; Jaspar 
Lievenssoon, conseiller au Conseil de HoUande et M. Peeter, 
secretaire audit Conseil, lui avaient declare avoir plus d une foisvu 
rhomme marin et rapportaient a son sujet les faits les pfus singu- 
liers. »Et qui done, demande Tauteur, s'^tonneraitde chosesaussi 
extraordiiiaires? Pline etd*autres dcrivains dignes de credit parlent 
de Tritons et dautres monstres marins. Et m^e S*. -Jerome 
dans sa Vie de Paul VHermite fait mention de Satyres et 
de Faunes , comme de chbses certaines et irrdcusables (per 
cosa vera ed indubitata) , auxquelles Chr. Kiliaen, le tradufteur 
hoUandais {Amst : 1648 p. 199), ajoute encore les homines des 
bois (Lutins, Kaboutermannen .) Ce monstre marin est done \k 
comme une v^rite ? 

En attendant, les traduftions de la Descritione di tuiti i Paesi- 
Bassi, en latin (i6i3), en fran^ais (1567), en anglais (1572), en alle- 
mand (i582), et en hollandais (1612), ont eonlribud puissamment 
a faire circuler le bruit d'une invention faite a Harlem. 

Guicciardini fut copie par Braun (1575), par Eytzinger (1584), 
par Quade (1594). et par Noel Conti qui y ajoute le riom de 
Job. Gutenberg (!) (1572). Ortelius (1574) nous dit simplement, que 
les habitants et les bourgeois de Harlem sont persuades que 
rinvention dc limprimerie a eu lieu en cette ville. Si nous y 



I02 



ajoutons que van Meteren (iSggi) et Le Petit (1601) oat reproduit 
le recit de Junius(i), alors il devient difficile de meconnaitre 
qu*avec toute cette s^rie d'ecrivains regnicoles et Strangers, on a 
jete de la poudre aux yeux des bons habitants de cette ville. Ua 
tdmoignage non demontrd ne saurait pas plus gagner en autorite 
k force detre copie quun propos de la rue ne peut devenir une 
verite a force d'etre rab^ch6 par les bavards. Et cependant 
Koning et de Vries se sont servis de la citation de Guicciardini 
et du rdcit de Junius comme s'lls croyaient a la force probante 
de la transcription multiple. La rdpftition du memefait, par 
divers dcrivains se consultant les uns les autres, devient en leurs 
mains une batterie d'autant de temoignages nouveaux, D*apres 
ce systeme, Finvention de rimprimerie a €l€ faite dans une infi- 
nite de villes. 

A cbl& du dogmatisme, il est une seconde erreur dont il faut 
affranchir les recherches au sujet de Tinvention de la typogra- 
phie : c'est de confondre la xylographie avec la typographie et 
d appliquer, dans cette confusion, cette soi-disant « haute critique » 
qui s'dleve au dessus des faits avec tout Tessor du poete. Sur 
ce terrain glissant de la haute critique, plus d*un dcrivain s'est 
d^ja, dans cette question, rompu le cou, ou a re^u de graves contu- 
sions : temoins Koning. Ebert, Sotzmann, Ottley, Sotheby et 
De Laborde. Cette « haute critique » joue dans la science le r&le 
que la « gr^ce » joue dans Teglise : a d^faut de preuves on a recours 
aux arrets d'une faculte d'exception , morale ou surnaturelle, 
ou de quelque organe particulier dont de simples mortels sont 



(1) Le Petit est compte parmi ceux qui ont ecrit sur le sujet en faisant 
preuve de critique parce que... il envoie Coster en Chine sous pretexle d y 
apprendre Tart d'imprimer. Mon prochain article prouvera neanmoins que 
Coster n'a pas du moiiis execute ce petit voyage aux frais de la ville de 
Harlem. 



io3 

depourvus. Tout en abandonnant aux ei^clavesde rempirisme le 
labeur gigaotesque darriver au vrai on laisse, moyennant 
quelques notions superficielles du sujet et un certain art d'agen- 
cement, libre carriere k la fantaisie, k la sympathie comme k 
Tantipathie, et surtout aux illusions de lesth^tique et de Tar- 
chdologie. Ce n'est point par la subtilitd des raisons et la 
manoeuvre habile de milliers d'hypotheses que notre question 
pent etre r^solue ; comme toutes les autres, c'est uniquement a 
force de rechelrches dans le champ de Thistoire et k force de 
travail dans celui de la science. 

L'oeuvre magnifiquedeM. Holtrop est un ^clatant exemple de 
ce qui reste a fairesur ce terrain; ses Monuments nous offrent les 
r^sultats d'investigations indispensables faites avec une exa£li- 
tude qui commande le respeft. Ce livre est une bibliotheque ; 
mais une bibliotheque dans laquelle nous sommes guides par 
un propri^taire qui en connait a fo^d toutes les richesses et qui 
est non seulement un bibliophile, mais encore un bibliologue. Je 
refuse done hardiment a quiconque n'a pas dtudie s^rieusement 
les Monuments typographiques, le droit de donner ddsormais 
sa voix dans la question d^battue en ce moment. 

Par suite de lemploi du mSme mot, il existe, quant a la typo- 
graphies un malentendu continuel. On considere comme appar- 
tenant aii domaine de 1 imprimerie, tout ce qui se rapporte a la 
reproduftion d'une figure, image ou mot, quelle qu'en soit la 
forme ou la matiere. Un livre surtout, alors meme qu il a €ti 
ex^cut^ au moyen de planches gravdes en bois, on le considere 
sans hdsiter comme une produftion de rimprimerie. Et pburtant 
ce livre se trouve-t-il tout a fait en dehors de la question. 

Lorsqu*on parle de la typographic et de Tinvention qui en 
a ete faite, il n'est question, ou plutot il ne devrait etre ques- 
tion, que de I'impression faite au moyen dc cara£leres ddiach6s 
ou mobiles qui, par consequent, peuvent etre disposes a volonte, 



104 

contrairement a ce. qui se passe dans l-impression tabellaire. 
Lors meme qu'on ferait la decouverte d'uii ouvrage in-folio , 
en plusieurs volumes^ imprimeavec des planches en- bois, cette 
decouverte n aurait aucune Importance pour la typographic, 
mais elle appartiendrait a Thistoire de la xylographie. 

La question de savpir jusqu k quel point, dans la premiere raoitie 
du xvn»e siccle, on est parvenu a appliquer la gravure surbois a Tim- 
pression xylographique d'un livre, cette question ne saurait en- 
core etre res^lueavec certitude, (i) Mais il est bieh ftabli quecelui- 
la qui n'a pas invente I'impression faite au moyen de carafteres 
detachis, na r/^/i i/tv5/i/^ typographiquement parlant. S'est-on 



(i) II est n^anmoins tout a fait certain que la- xylographie a servia cofrfec- 
tioriner des Uvres d'ecoles, teU que la grammaire latine abregde d!apre$ 0otiat 
et le Do^rinale* II existe a Deventer un exemplaire complet d'un Dontit, et a 
Paris des fragments, mSme des planches en bois. (Voy. les reproductions dans 
les Monuments de Holtrop.) Le registre de Jean le Robert, du xv« siecle, de- 
couvert en 1742 aOambrai, par Ghesquiere, renfermeces deux passages re- 
marqUables : * 

« Item pour un Dodrinal gette en molle (moule) envoiet querre h. Brug(es) 
par Marq (art) I escripuant de Valenc (iennes) au mois de jenvier XLV pour 
Jacqu (wet) XX s(oU) t (ournois). Sen heult sandrins(en eut Alexandrin) I 
pareil que TegUse paya, 

a Item envoiet a Arras I Do6lrinal pour apprendre led. D. Gerard qui fut 
accatez (achete) a Valenc. et Q^iohjette^en molle et cousta XXIV gr. Se me 
renvoia le dit dodlrinal le jour de Toussaints I'an 5i disant qu'il ne valoit 
rien, et estoit tout faux. Sen avoit acate LX pat. en papier. » 

Quant a la signification des mots gette. en niolle fe dois brievement ren- 
voyer a Texplication de Daunou : « Getez en molle, mis en moUe,escripte en 
molle, molMs, mots employes dans plusieurs chroniques du xv* siecle pour 
dire moules, imprimis; mais c'est a I'imprimerie tabellaire que toutes ces 
expressions ont etd d'abord appliquees. » 

L'imprimerie des Chinois, dont on a tant parle, n'cst pas de la typographic, 
mais de rimpressidn tabellaire. 



io5 

servi d'abord de caraderes en bois ou en m^tal, par quel proc^^ 
lc5 poin^ons en a<;ier, Jies matrices en cuivre» les moules, Fencre, 
la pres&c et les formes sesont-ils successivement amdior^s? Tout 
cela rentre dans la question secondaire de rex^cution technique 
de ridee capitale, a savoir ; multiplication des livres aii moyen 
de la multiplication des carafteres, multiplication de ceux-*ci par 
Temploi rendu possible de carafteres ayant d6]k 6l6 employes, 
c'est-Ji-dire par Tindependance ou I'isolement de chaque carac- 
tere, ce qui constitue la mobility. 

Quelque dl^mentaires que soient ces principes, ils sont loin 
encore detre passes 4 T^tat tfaxiomes et ils doivent, par conse- 
quent , ^tre rappelds de temps a autre. Un pr^cieux dchantillon 
de cette ndcessite nous est offert par Bilderdijk, qui, avec la 
rudesse propre au g^nie, prdtend (voir sa lettre publide de nou- 
veau par M. Tijdeman dans le O^avorscher de 1867) que lim- 
primerie navait pas besoin d'etre invent^e attendu quelle a existe 
de tout temps. Certes^ on a imprimd toujours (du moins de temps 
immemorial), car les marques a fer chaud, les sceaux, les em- 
preintes de^tuiles, les monnaies des anciens nous montrent des 
cara£leres artificiellement reproduits; mais avant lexv* siecle, il 
n'y a pas eu de livre imprime a Taide de carafteres mobiles, soit 
tallies ou fondus. 

Pour terminer, un mot encore au sujet de la science incom- 
plete qui a fait sa proie aussi de cette question. II n arrive que 
trop souvent qu un sujet scientifique est pris pour une question 
savapte. Or, pour etre savante ou dofte, une questionne peutpas 
etre encore qualifi^e de scientifique. Le savoir n est qu une des con- 
ditions indispensables a la science ; tandis que la science, c'estlen^^ 
semble du savoir, le rdsultat de lexamen critique du sujet a 
r^tude. Le savoir, seul, est une affaire de ^emoire et fonde un 
etalage litt^raire ; la science est une oeuvre du jugement et deve 
une cath^drale ; le savoir est le fruit du zele et de la patience, la 



io6 

science, le fruit de la passion et du cara£lere. Enunmot,Ie savoir 

« 

seul produit la confusion : la science crde Tordre. Nous devons 
done nous d^barrasser d*abord d'une partie de ce lest nuisible. 
afin de p^n^trer jusqu au coeur de la question. Et quand nous 
aurons d^barrassd la table de quelques chateaux de cartes, i) y 
aura de l]!Bspace pour y ^tendre Thistoire. 



A. VibM. £l£B. Uum^fi. 



(q4 continuer,} 



IMPRIMEURS LUXEMBOURGEOIS 



A COLOGNE 



I 

Mauerx^US (Henri), naquit a Mamer, presde Luxembourg, 
pendant la premiere moitid du XVI* siecle. Apres avoir termini 
ses dtudes, il alia* se fixer a Cologne et y exer9a la profession 
d'imprimeur-libraire. II mourut apparemment vers i56o. 

Henri Mameranus dtait aussi poete et philologue. On a de lui : 

1. Traftatus de causa calamitatum hujus lemporis. Colonice^ 
1546. 

2. Priscae monetae ad hujus nostri temporis diversas aliquot 
nationum monetas supputatio per Mameranum coUefta. Colo- 
nice, H. Mameranus, i55o. 

. Get ouvrage a ete r^imprime dans le recueil intitule : T^e 



107 

monetis et re numaria^ libri duo : quorum primus artem cu- . 
dendce monetce, secundus vero quaestionum monetariarum 
decisiones continet, etc.^ auth. Renero Budelio Ruremun- 
dano\ etc. Colonice Agrippince, apud Joannem Gymnieum. 
M. D. LXXXXI, in-4Mpp. 661.666). 

Parmi les Editions de Mameranus nous mentionnerons : 

1. Eleitioet coronatio CaroH. V. Imp. Avg. dofte et eleganter 
per Georgium Sabinum Brandeburgen. conscripta. Libellus 
Imperii dignitatem maiestatumq^ compleflens dignusque qiii 
intercidere debeat nunquam. Ei acce^sit iam recens ad calcem 
gestorum eiusdem Caroli. V. Caesaris ab initio Imperij, usq^ 
hue compendiosa ac perstriSa relatio, per Nicolavm Mame- 
ranvm Lucemburgensem. Cum gratia et Priuilegio Caesareo ad 
decennium. Colonice^ Henrtcus Mameranus excudebat^ (i55o). 

Pet. in-i2, de 104 ff. non chiffres. * 

Le privilege, datd de Bruxelles, 77 mai i55o, se trouve au verso 
du titre. 

Sabinus, secrftaire du marquis de Brandebourg, ^tait pr&ent 
a i'eleftion de Charles -Quint. Voy. Touvrage d'AMfiD^E 
PiCHOT : Charles-Quint, chronique de sa vie intMeure et de 
sa politique^ de son abdication et de sa retraite dans le cloitre 
de Yuste. Paris, Furne et Cie, 1854, in-8* (p. Vi). 

2. Catalogvs expeditionis rebellivm principvm ac Ciuitatum 
Germa. sub duobus potissimum generalib. Praefeftis , lohanne 
Friderico, Duce Eleftore Saxoniae : Et Philippo Lantgrauio 
Hessiae contra Carolvm. V. Rom. Imp. Avg. conscriptae et pro- 
du£lae. Anno 1546, per Nic. Mameranvm Lucemburg. colleflus. 
Cum Gratia et Priuilegio Caesareo. Colonice, Typis et impensis 
Henrici Mamerani in Platea ludaica prope Prcetorium, Hen- 
ricus Artopceus excudebat. Anno i55o. 

Pet. in-8**, de 23 ff. non chifFrds. 

3. Catalogvs omnivmgeneralivm, Tribvnorvm. Ducum, Pri- 



lOg 

morumq^ totius Exercitus Caroli V. Imp. Aug. et Ferdinand! 
Regis Roman, super I^bdleis et inobedienteis Germ, quosdam 
Principes ac ciuitates conscripti, Anno 1546. Authore Nicolao 
Mamerano Lucemburgensi. Cum gratia et Priuilegib Caesareo. 
Colonice, Typis et impensis Henrici Mamerani in platea lu- 
daica pr ope Praetor iwn^ Henricus Artoppeus excudebat. Anno 

'a 

i55o. 

Pet. in-8", de 8 ff. limin. et 87 pp. 

Ouvrage intdrcssant sous le rapport historique. L'auteur fait 
connaitre les forces de Charles-Quint et celles de plusieurs sei- 
gneurs de I'empire d*Allemagne. 

4. Catalogvs familiae totiv* avlae Caesarae per expeditionem 
adyersvs inobedientes, vsqj Augustam Rhetica : Omniumqj Im- 
perii, et extra Imperium, cu suis Consiliarijs et nobilibus ibidem 
in Comitijs Anno 1547 et i5l|.8. praesentium. Per Nicolau Mame- 
ranu Lucemburgu coUeftus. Ad Serenissimvmqve Philippvm 
Hispan. Princ. direftus. Cum gratia et pritrtlegio Caesareo. 
Colonice apud Henricum Mameranum in platea ludaicaprope 
praetorium. Anno i55o. 

Pet. in-8%. de 10 ff. limin. (Episioia nvncupatoria) et 181 pp. 

Les titres de ces quatre ouvrages portent des armoiries, avec 
la devise de Charles-Quint : PLVS VLTRA; et les mots : CA. V. 

RO. Imp. AVG. — SOBRIE, IVSTE ET PIE. 

Voy. POPPENS. "Bibliotheca "Belgica. t. I, p. 456. — HART2- 
HEIM. ^ibliotheca Coloniensis. — ^E\5Uk^. Notices biogra^ 
phiques sur les 4crivains luxembourgeois (dans le bulletin du 
bibliophile 'Beige,' iS5g). -— Neyen. ^iographie Luxembourg 
geoise. 



II 

CHOLINUS (M<?/tfrn^J, natif d'Arlon, setablit comme impri- 
meur k Cologne vers le milieu du xvrsiecle, II devint membre 
du s^nat de cette ville, et parvint par ees talents et son* indus- 
trie k acqu^rir une grande fortune. Les ouvrages sortis de ses 
presses sont remarquables par leur bonne execution et leur cor* 
re«Elion. II avait adopts popr marque typographique fine mai/i 
sortant (fun nuage^ et tenant une couronne, avec la devise : 
Benedices CORONAE ANNI BENIGNITATIS TVAE, PSAL. 64. 
La date de sa mort n*est pas connue avec certitude: toutefois il 
imprimaitencoreen 1584. 

Nous donnerons ici les titres de cinq ouvrages imprimes 
par Cholinus : . 

I. De pptlmo scriptvTas interpretandi generc libri III. Siue, 
vndena solida scripturarum sacrarum Veritas, sensusqj germanus 
ac verus nunc temporis sit pretendus : an ex Hebraica, quam 
dicunt, veritate : num fontibus Graecis hauriendus : an vulgata 
potius editione Latina quaerendus, vti in Concilio Tridentino 
dudum definiebatur? Avtbore Reveren. D. Vuilhelmo Lindano 
Dordraceno, S. T, D. Regio Consiliario, Reuerendiss. Episcopi 
Traieften. per Frisiam Commissario, et Archidiacon. Vicario. 
Co/oniof, aptid Maternum Cholinum. Anno\55%, 

In-u, de i5i ff. 

.2. Regesippi scriptoris gravissimi de bello ivdaico, et vrbis 
Hierosolymiianasexcidio, libri quinq^ Accesserunt nunc primum 
annot4tioqes, quibiis ab innumeris mendis auctor uindicatur, 
obscuriora loca commod^ explicantur, ac schoiijs illustrantur, 
per Corneliuim Giialtherum Gandauensem. Colom(^. Apud 
Maternum Cholinum, Anno M. D. LIX. 

Pet. in-8% de 33 ff. , 704 pp. et 86 ff. 

Le titre porte la marque typographique de Cholinus. 

TOM. Y. 8 



no 

Get ouvrage rare a it6 traduit en fran^ais par Jean Millet de 
Sainft-Amour, Paris, i56i, in-4". 

3, Pavli Orosii Presbyteri Hispani, adversvs paganos histo- 
riarvm libri septem : vetustorum librarum auxi'Jo a mendis 
vindicati, et annotationibus ex vtriusq^ linguae historicis illus- 
trati, opera et studio Franc, Fabricii Marco Dyrani. Quibus 
nunc accessit eiusdem Orosij Apologeticus contra Pelagium de 
arbitrij libertate. Colonice apud Maternum Cholinum 
M. D. LXXII. Cum gratia etpriuilegio Cues. Maiest. 

Pet. in-8% de i5 ff. limin. et 784 pp. 
Marque de Cholinus sur le titre. 

4. Declaratio cavssarvm, ob qvas Belgivm gravissimis pre- 
mitur calamitatibus, cum demonstratione remedij aduersus «as> 
dem efficacissimi. Auftore V. P. F. Petro a S. Audomaro, alias 
de Wallon Cappelle, Religioso instituti D. 3enedi£li, ex monas- 
terio montis sanfti Winnocij. (Aveccette epigrapke : leremia&p. 
Quis annunciet, quare perierit terra? etc. Et dixit Dominus qui 
dereliquerunt legem meam quam dedi eis, et non audierunt 
vocem meam, et non ambulauerunt in ea, et abierunt post praui- 
tatem cordis sui, et post Baalim). Colonice apud Matirnutn 
Cholinum. M. D. LXXXII. Cwm Gratia et Priuileg, Caes. 
Maiest. 

Pet. in-8% de 7 ff. limin. et 299 pp. 

Get ouvrage a 616 traduit en fran^ais sous ce titre : 

« Discours sur les causes et remedes des troubles et calamitez 
du Pays-Bas.Traduiftdu latin deD. Pierre deVuallon-Cappene, 
religieux de Tordre de Saint- Benoist. Par Nicolas de TArdeur, 
prestre, licenti^ es droi£lz et secretiaire au reverendiss. evesque 
de Namur. A Li^ge, ches^ Gauliier Morberius, imprimeurjur^, 
i585. Avec permission des depute^ de rAlte\^ede Coloigne et de 
Li^ge/in-S'*. » 

(Voy. le "Bulletin du "Bibliophile beige. III, p. 45). 



til 



5. EYciidiS "elententorum libri XV. graece et latine ; quibus, 
cum tdoamem Mathetnaticss sciential partem, turn ad^iumlibet 
Geometric traftatiOiiem, facilis comparatur aditus. Cohnite. 
apud Maiem. Cholinum^ 1564. 

Pet. in-8*, avec des figg. sur bois dans Ic texte. Edition rare. 

Voy. 'Nf.YEH. Biographie Luxemifourgeoise. 



Ill 

MVHUS (Arnoui)j de Dud^ange (i), dans le ducW de Luxem- 
bourg, imprimait k Cologne a la fin dq xvr siecle et au (commen- 
cement du XVir. l^s habitants de cette villelui avaient aceorde 
le difoit de bourgeoisie et rjavaie^t no^MTiff conseiller de Tadmi- 
nistration urbaine. II y mourut le 17 novcmbre 1604, et fut 
inhumd dans T^glise St- Paul. Hartzheima recueilli son ^pitaphe. 
On lui doit : 

1. Locorum geographicorum nomina antiqua et recentiora. 
Dans le 77r^4/r^ G^o^ropA/jw^ d*Abraham Ortelius. iin/i/. 

1573, in-fol. 

2. Priricipam et Regum Polonorum effigies; cum Commeti- 
tario. Colon. Am. Mylius, 1594, in-fol. 

3. Histoire des troubles que TH^r^sie avait suscites de son 
temps dans les Pays-Bas, et aux environs. Ms. 

4. Recueil de lettres adressdes k diverses personnes distin- 
gu^es. Ms. 

Le nom de Mylius se trouve sur les litres dun grand nombre 
de Hvres. Voicideux de ses Editions : 



(1) Hartzheim {Bibliotheca Coloniensis) fait naitre Arnoul Mylius a 
Meurs : « Arnoldus Mylius nascitur Moersae 1540, 16 odabris,..n 



)I2 

1. losephi a Costa, societatis lesv. de Natvra Novi Orbis libri 
dvo. Et de promvlgatione Evangelii apvd barbaros, siue, de 
procvtatida Indorvm salute, Libri sex. Colonice Agrippince, in 
officina Birckmannica , sumptibus Arnoldi MyliJ, clO. ID. 
XCVI, Cum gratia ei Priuilegio, S. Caes. Maiest, 

In-8", de 8 ff limin. et 58i pp. vignette sur le titre. 
Cet ouvrage est d^die a Philippe II. 

2. Epitaphivs in serenissimvm Alexandrvm Farnesivm, Par- 
mae et Placentiae Dvcem, avrei velleris eqvitem, svmmvmqve 
olimBelgicaepraefedum. Avfloresrecensentur pagina sequente. 
Colonice Agrippince, sumptibus Arnotdi Mylij* Anno ClO. ID 
XCVIII. Cum gratia et priuilegio sacrce Caesar, Maiestatis. 

Pet. in-8", de 129 ff. non chifTrds; 2 figg. 

Titre imprime en rouge et noir, avec armoiries. 

Le 2* f. est occupd par une ^pitre dddicatoire de Mylius : 
Serenissimo Domino D. Ranvcio Farnesio Parmte et Placen- 
tice dvci. Domino obseryandissimo. 

Voy. Hartzheim. Bibliotheca Coloniensis. — NEUMAN. 
Notices biographiques sur les ^crivains luxembourgeois (dans 
le "Bulletin du "Bibliophile beige, 1859). — Neyen. "Biographie 
luxembourgeoise. — Paquot. M^moires, in-i2,t. 9,pp.i8i-83. 

^ J.-B. DoUREt. 



ii3 



LE PEINTRE GRAVEUR 

DES PAYS-BAS 

AU DIX-NEUVIEME SIECLE(l) 



105. L'homme couch^ aupr^s de rhomme indiquant un pbjet 

au premier plan. 

L. 0,121. H. 0,094. 
T. c. L. 0,117. H. 0,087. 

L arriere plan est formd par un bois se terminant en clairiere» 
Au devant de celui-ci un homme est couchd par terre et k c6x6 
de luiy un autre s*appuyant sur son baton ddsigne un objet. Signd 
au bas de la droite : Bagelaar d. etf, 

r' ftat. Avant le del et diverses ombres. 

2* Aat. Avec le ciel. 

106> L'homme allant vers la vache arr6t6e aupr^s de la 

barri^re. 

L. 0,122. H. 0,096. 
T. c. 0,119. H. 0,088 1/2. 

Une barriere ferme Tentrfe d un bois dans lequel on voit 
une all^e. En dehors de celui-ci on aper^oit une vache 
arretee aupres de la barriere ; pres d'elle, il y a deux moutons. 



,(1) Suite. Voy. pp. 5-i5, 29-44, 77*91. 



114 

Un homme portant un panier s'avance vers elle. Signd au bas 
de la droite Bagelaar d. etf. 1817. 
I" dtat. Avant le ciel et divers travaux, 

2' dtat. AveCle del. ^ 

- . . ■ ' . • . > . .-♦,.,, , ,_ . . 

107. La femme et sob esftot portent des branchages. 

L. 0,122 1/2. H. 0,094. 
T. c. L. 0,119. H. o,o8S. * 

Paysage couvert, a droite, d*un bois de haute futaie, a gauche 
et dans le restant de la planche, de petits groupes de deux a 
cinq arbres. La femme et Tenfant portant des branchages sont 
vus de dos et se dirigent vers la droite. 

Signd au bas de la droite : Bagelaar d, et /*. 1819. 

!«' ^tat. Avant le ciel. 

k - ,- . . . - 

2« ftat. Avec celui-ci. > 



p • I* ft 



10^8.: IfA e9lp9Ft9ur s41oign{^Bt du pay^an qui €0iMlaii sa 



*• <. -^ ' 



L. 0^122.' H. 6,094. 
T. c L. 0Ji8,M. 6,688; / ' 

Partie de bois de haute futaie traversd d'line allee. Sut celle-ci, 
versja jdrojite, le p^ysan cdpduisant sa vache etplus vefs le milieu 
dela planche le colporteur, la balle au dos^ s6 dirigeant'vers la 
gauche. 

i«' dtat. Avant le ciel. 

2« ^tat. Avec celui-Cl et ditfel-'erlts traVaux. 






.109. l^a femme portant uii panier au brajs se dirigeant 

I sewl'aveaue* : i • . 

L. 0,122 1/2. H. 0,095. 
T. c. L. 0,118 1,2. H. 0,088 1/2. 

A gauche un groupe d arbres en avant duqucl on voit Tavc- 



ii5 

nue, Uuefemme portant an piuiier ail bras et tenant an petit 
gar^on par la main se dirige vers celle-ci. La piece est sighde au 
bas de la droite : Bagelaar d: etf. 

ler dtat. Avant le del. 

2« ^tat.' Avec le crel. 

UO. Le pftcheur an grand filet dans le canal. 

L. O.I22 H. 0,095. 
L. o,M7. H. OjoSg. 

La planche reprdsente un canal bordd d arbres des deux c6t^s. 
A travers ceux du fond on aper^oit une ligne de coUines. 

A droite tl y a un pecheur accompagn^ d*iin petit garden (}ai 
retire de Teau un grand filet. 

I" etat. Avant le ciel. 

2« dtat. Avec le ciel et divers travaux dans les eaux. 

111. Le chasseur tenant son chien en laisse. 

L. 0,123 1/2. H. 0,094. ■ 
T, c. L. o,i»3. H. 0,082. 

Vers la gauche on voit quatre arbres, k droite une petite 
partie d eau ; entre les arbres et celle-ci il y a le chasseur. 
Signd au bas de la droite : Bagelaar ad viv. delin. etfe. 

112. L'honune k la porte de la ferme. 

L. 0,128. 1/2. H 0,094. 
T. c. L. 0,114/ H. o,o83. 

Une ferme est au milieu de la planche. On aper9oit k droite 
son enclos et un arbre, puis un chemin sur lequel s^avance une 
charrette. Un homme est a la porte de la ferme. A gauche 11 y a 
un arbrea moiti^ dessdche. 

Signd au bas de la droite : Bagelaar inv. et fecit 1802. 



!l6 

HZ. Le oolporteur passant le gne, d'uprbt Sehelflioiit. 

' L, 6,io3 1/2.H. 0,140. 

T. c. L. 0,098. H o,i32. 

Un couTs d*eau au milieu d*ane haute futaie. Un colporteur 
le traverse le sac au dos et un paquet k la tnain. 

Signdaubas.de la gauche : Schelfhout inu.^ cx au bas de la 
droite iBagelaarf. 

i^r dtat. Avant les travaux a la pointe seche sur les ombres des 
arbres. 

2« etat. Avec ceux-ci. 

114. Lhomme et son <$liien auprfes du petit pent dusle bois. 

L. o,io5. H. 0,140. 
T. c. L. 0,098. H. o,i3i. 

Un cours d'eau au milieu d uii bols. A droite uhe porte et une 
palissade en planches, en arriere de deux grands arbres qui se 
croisent. Au fond le bois. Sur le iyord dd cours d'eau, se diri- 
geant vers un petit pont rustique, on voit un homme suivi de son 
chien. 

Signe au bas de la droite : Bagelaarf, 

i^f etat. Eau-forle pure. 

2* 'dtat. Avec les travaux dans les ombres et les fonds. 

115. Le dessinateur dans le bois. 

L. 0.108 1/2. H. 0,140. 

Une partie de bois ou un chemin se tire du devant vers le 
fond a droite. Sur ce chemin on voit deux personnages se pro- 
menant et un dessinateur assis au pied d^un arbre. 

Signd au haut de la droite dans le ciel : Bagelaar d.eif. 

i«f etat. Eau-forte pure la planche est tres-claire il y a sur le 
terrain un espace blanc derriere les deux proracneurs. 



117 

2* 4iat. L espacc blanc dcrriere les deux promencurs est cou- 
vert de tallies.' Les ombr&s sont remordues et pouss^es au noir. 

. lit; Le <mf an milieu du bois; 

L. OiioJ. H. 0,140: y 

* 

Une dairiere dans un bols de haute fdtaie. On y voit un cerf 
qui s elance vets la droile. Sign^ au milieu du haut : Bagelaar 

» J .. . .. - . . 

1" etat. Eau-forte pure avant que le fonds n ait pris une teinte 
uniforme. 
2* etat. La planche est remordue et a pris un ton uniforme. 

117. Le cavaliep auprts du piiton. 

L. 0,104 H. 0,140. 
T. c. L. 0,096. H. 0,129. 

,.•■•- . . ^ - 

Dans un paysage parseme d'arbres et de buissons on aper- 
5oit un chemin allant du devant vers le fond. Sur celui-ci et au 
loin oil voit un cavalier et un pieton marchant cSte a c6te. 

Signe au bas de la droite dans la marge : Bagelaar d. etf. 

1" etat. Avaqt le del et les travaux sur les arbresdii 2* plan. 

2^' ^tat. Avec le travail a la pointe seche sur le fond et sur les 
arbres du second plan. 

118. L'homme debout et rhomme assis aupr^s de I'eau. 

L. o,io5. H. 0,139. 
T. c.L. 0,097 1/2. H. o,i3o. 

Une piece d'eau traversant la planche se divise vers la droite 
en deux branches. L'une est cachde par les arbres de ce cdt^. 
Au fond un bois, a gauche un grand arbre isol^. Au milieu du 
devant les deux personnages. 

Signe au baS dela droite dans la marge : Bagelaar 4,^ f. 



ii8 

r' ^tat. Eau-forie pure avant le del. 
. 2^ ftat. A vec le cielet le travail a, la 5pm^^ 

119. Vae de viUft dapi^te Ter Mai^el. 

L. 0^169^ Hk o,]45» 
T. c. L. 0,161. H. 0,125. 

Lib foqd de la planche est occupif par une vue de ville ; h droite 
on aper5oit deux moulins. Au i** plan, eri avant dun chemin 
creux, ily a deux personnages. 

Stgne au bas de la droite : Bagelaar f. et au bas de la g^n-- 
che : Ter Himpel delin, 

120. L'homme appuy^ sur son ^enou auprj^s de rhomme assis. 

- , » - . ... • . . "■> .- ■ ,. • .■- . ' _ , " 

L. 0,167 V2« H. 0,144. 
T. c. L, 0,162. H. 0,127 1/2. 

A droite deux arbres sur un tertre, k leurpied un homme est 
assis tandis qu'un autre debout s'appuye avec le coude sur son 
genou. A gauche un bouquet d arbres. Signe au bas de la droite : 

Major Bagelaar fecit et de la gauche : Ter Himpel delin, 

' ■..■... . , - , . • ., • , . • .- ,-- 

I" etat. Avant le del et le fond. 

2' ^tat. Avec le fond, ledel et le travail k la pbinte sSclie. 

121. Le colporteur et son enfant. 

' _ X.p,.i68. H, 0,142 i/2« V : . 

T. c. L. 0,161. H. 0,126. 

Un cours d eau vers le milieu de la planche. A droite un grand 
arbre. A gauche trois saules; a droite sur la rive du fond un 
bois. - 

Vers la gauche au devaht un colporteur accompagn^ de son 
enfant etse dirigeant vers la droite. 

Signe' au bas de la droite : Major Bagelaar delin, et fecit. 



119 

I" etat. Avant le cicl. 

2* ^tat. Avecle ciel mais sans que celui-ci d^passe les arbres 
du bois k droite. 
3*" etJit. Le ciel achevd et couvrant tout ie haut de la planche. 

122. La marine ayeo la barque et le b&timent de gudrre. 

L. o,i53r H. o,io3. 
T. c. L. 0,141. H. o,o85. 

Une -eaii !ti^il<)iiiUe k Textreme bord de laquelle on ap^rqdii 
diverses langues de terre. 

A gauche le bStiment de guerre, entre celui-ci et la barque une 
chaloupe mont^e de 7 personnes, puis la barque vue par Tarriere ; 
au fond six voiles. : 

Signd au basdela gauche : Bageladr d, etfecil liij, 

123. La temp6te d'apr^s Backhuyzen. 

L. o,i56. H. 0,100." 
T. c. L. o,i5i. H. o,o85 

U ne barque assaillie par des vagues furieuses aupres d*une cote 
escarpee. Sign<i au bas de la gauche : L, Backhuy\en deL 1704 
ott/ (sic) 74/aar et k droite : Kapitein Bagelaarf, 1814, 

i r 

124. Les trois personnages k droite sous les deux arbres. 

L. o,i58. H. 0,101. 
T. c. L. 0,149. ^- o,o85. 

<Vu& cl:un- fleuve bord^ de tnomagnes, sur lequei il 7 a deux 
voiles. A gauche un bois, puis un monticule charg^d^un groupe 
d arbres ; sur un chemin creux allant vers I'eau un homme et une 
femttie, k droite iin montitule sui*rtortt^ de deux arbres fsous 
eeux-ci deux personnages debout et un 3* concha. 



I20 



125. Sur TAdriatique. 

L. 0,154. H. 0,101. 
T. c. L. 0,147. H« 0,098. 

A gauche, aii premier plan, une pointe de rocher couronnde 
de 4 pins parasols, des cStes rocheuses et couyertes de verdure. 

Signd au has de la droite dans la marge : Bagelaar d, et fecit 
1817. 

1^6.. Vue dii poxit d'Arnheim en ftaeldre, d'aprts ScheUlioiit. 

L. 0,218. H. 0,145. 
T. c. L. o,i55. H, 0,101. 

La vue est prise Jiors de la ville qui se trouve a gauche et dun 
pont dominant le pont de bateaux. ' 

Signd au dessous de la planche, dans la marge i, gauche : 
A. Schelfhout ad viv. delin. 

I" dtat. Eau-forte pure avant la premiere maison du cdte 
droit au-dela du pont. - 

On lit dans le terrain au coin de gauche en has : Bagelaar f. 

2*" ^tat. Avec le travail sous les bateaux du pont, avec les ombres 
sur la colline ou se trouvent les deux personnages, mais avant 
la r* maison a droite au-del^ du pont. 

3« etat. Termine avec la maison, avec les pnxbres renforcdes 
du i*'plan et le noir recouvrant presque cbmpletement la signa* 
ture. 

127. Le paysage aux 3 pim parasols an milieu dn devant. 

L. 0,070. H. o,o38. 

f - . - • ' ■ ■ ' ' •> . ^ 

Un cours d'eau sinueux, au fond un pont et quelques groupes 
d'arbres. Au i" plan, on voit les trois pins dont an d^passe les 
deux autres. 



121 

128. Le troupean allant au bois. 

L. 0,071. H. o,o36. 

Un bois dont on aperjoit Tentrdc; un homme y conduit un 
troupeau compost de deux vaches et de trois moutons. 

12$. Les motttonft deyani le cliamp de bU. 

L. 0,121. H. 0,095, 

A droite une ferme ; puis un champ de bid; au loin des arbres 
et des habitations ^parses. Devant le champ de bid il y a cinq 
moutons, aupres de la maison est assise la bergere accompagnde 
de son chien. Signd dans le ciel k droite, en haut : Bugelaarf. 
1824. 

I" dtat. L'eau-forte a mal mordu et I'dpreuve est tres-grise. 
Get dtat se reconnatt aussi k ce que le bord de la ferme touchant 
le cotd droit de la planche est blanc et ne prdsente qu une pprte. 

2« dtat. La planche reprise ; le c3td de la ferme est couvert de 
travaux. 

130. Le femme allant puiser de I'eau au deyant de la ferme. 

L. 0,123. H. 0,095. 

A gauche est la ferme entourded arbres, en avant de celle<i on 
voit la femme, un seau a la main/venir puiser de Teau. A droite, 
derriere les arbres, on aper^oit une dglise. 

Slgnd au haut de la gauche dans le ciel : Bagelaar /*. 1824. 

I*' dtat. Avant le ciel. 

2« etat. Avec le ciel et de nombreux travaux. 

131. L'homme et le petit garson allant passer entre les 4 

arbres* 

L. 0,143. H. 0,104. 

Un bois au milieu duquel il y a une clairiere ou se voient 



12a 

deux arbres se croisant h: gauche, ^t detix arbfes s'dcartant obli- 
quement vers le haut i dr.oite : entre ces deux-ci on voit rhomme 
et son fils. 

I" ftat. AVant le ciel, les deux personnages sont au simple 
trait. 

2* dtat. Avec le ciel, les person^ages sont onU)re5^ les travaux 
sont pouss^s au noir. 

3* dtat. Les personnages ou plut&t rhomme est efface et rem- 
placd par une jeune iille. Les arbres du devant ^ant eclaircis au 
brunissoir. : 

132. lie colfftorteur tenant son cbien en laisse. 

L. 0,144. H. o,io5. 

Au fond, un bois divisd en deux parties ; au devant, a gauche^ 
deux arbres, puis un espace libre, et le bois continuant k droite. 
Sur cet espace libre on voit le colporteur, la hotte au dos, et son 
chien en laisse allant vers la droite. 

1" dtat. Avant le ciel. 

2* etat» Avec le ciel, de nombreux travaux et le nom au haut 
de la droite : Bagelaar, 

133. lies deux hommes dans le bois de eh^MS. 

L. 0,166. H. 0,147. ' 
T.c. L. o,i6o. H. o,ia6 1/2. 

Un bois compost d arbres tres-forts et claif semds. A. gauche 
deux arbres tout proche du bord de la planche. Vers le fond deux 
personnages sous d autres arbres. Signe dans la marge au'bas de 
ladroile: Major Bagelaar delin. et fecit. 

i**" dtat. Avant le travail a fapoiiitesSche. 

2* ^tat. Avec celui-ci couvrant tout le fonds. 



134. Le berger assis & lombre de Varbre atec le trtfupeau it 

7 montons. ^ 

L. 0,189. ^* 0,148. 

A gauche ua groupe dWbres etde buissons, puis une clairiere. 
Sous un des premiers arbres de celle-ci on voit le berger. Scs 
sept moutons paissept devant lui ; au fond, le bois. 

i^r dtat. Eau-forte pure. Le ciel ne porte que quelques i^gers 

nuages. 

... .. .... ..'..,.,' 

2* €XdX, Le ciel est charg^ de travaux a la pointe seche, ainsi 
que le fond, sauf a la gauch^ du bouquet d arbres et de buis- 
sons. 

3* dtat. Le ciel est entierement couvert; il y a particuliere- 
ment le travail contre le bord gauche de la planche. 

135, Le cayalier et llitmme qui lui montm le cheipiL k 

I'entree du bois. 

L. 0,167. H. o,i36. 

L'entrfe d'un bois de forme irrdguliere : vers lagattche^ au.2« 
plan,onvoitun cavalier auquel un pietonindiquelarouteasuivre. 

X* dtat. Le ciel est uniforme le fond du bois, est clair. Eau,- 
fortepure. . 

2* etat. Les ombres reprises ; deux sortes de nuages se yoient 
auciel. 

136. Le paysage it la barriere de planches. 

Lt 0,129. H. 0,145. 

Cette piSce repr^sente un paysage ^tendu ; on y voit a gauche 
une piece d'eau, au milieu une barriere en planches fermant un 
chemin, a droite des broussailles ; au second plan, on voit un che- 
min Idgerement encaisse sur lequel s'avancent trois vaches et un 



124 

paysan. Au fond on voit des arbres et un rideau de montagnes; 
i«' ^tat. Avant le ciel. 
2' etat. Avec le ciel et de nombreux travaux a la pointeseche. 

> 137^ Ijq paysage aux deux faisans; 

- ' ' - ^ L. 0,226. H. 0,129. 

Une parti« de bois s*dtend k gauche. Au pied d'un des arbres 
est assis uh patre dont le troupeau compose de trois vaches et 
de trois moutons, se trouve au milieu du devant. Plus vers le 
fond, il y a un vacher et deux vaches, a droite quelques arbres. 
Dans le ciel on voit deux faisans qui Volant vers la droite. 

i^'. i^tat. Eau-forte pur^ avec un ciel tres-leger et avanl le nom. 

2« ^tat. Les ombres renforcees a la pointe seche avec le nom 
au haut de la droite : Bagelaar delin^ etf, 1821. 

" , ' - - ... . 

138. Le p&tre assis, tournant le dos a son troupeau. 

L. o,23o, H. 0,143. 

yn chemin se voit a gauche, en avant dune pointe de bois; 
a droite, il y a une piece d*eau et dans le fond des groupes d'ar- 
bres. A gauche, en avant des arbres, on aper^oil trois vaches et 
deux brebis et plus avant, leur tournant le dos, se trouve le patfe. 

Signe au haut de la gauche : Major Bagelaar d, etf. 1818; 

r' ftat. Avant le ciel. 

2* etat. Avec le ciel. 

(A continuer .) 



UINVENTION DE LIMPRIMERIEC) 



LOUWKRIJS JANSZOF-N 



Divers arrets rendus par ks comtes, a ('occasion des luttes qui 
eurent lieu a Harlem en i38o et 1408, enWe les Hoeks et les Ca- 
billauds, font mention de Jan Louwerijszoen (Jean, filsde Laurent) 
er de Laurens Janssec"esta-dire Janszoon (filsde Jean.) Leurs 
affiliations de parti, I'intervalle de vingt-huit annees qui les 
sdpare, la vieille coulume nationale d"interveriir le nom du p^re 
au fils, etc., etablissent la probabilite que les deux personnages 
cit^s ^taient le pere et le fils. II est du moins historiquement de- 
inontr^ que, dans la premiere moiti^ du quinzleme siecle, quel- 
qu'un du nom de Louwerijs Janszoen a vecu a Harlem. D'apres 
des pieces authentiques, il etait marchand de vin (aubergiste). 
mais en mSme temps magistrat, echevin (peut-etre tr^sorier), et 
mattre d'hSpital. II mourut en 1439. Son sceau avec sesarmes. 



(i) Suilf, Voy. pp. G[ 66 cr ri3-io6. 



126 ... 

ainsi que sa signature se trouvent k rh6tel de ville de Harlem, 
ou Ton conserve de Fechevin Louwerijs Janszoen les documents 
authentiques suivants : deux, attestations (1422 et 1429); une 
quittance (1425), quatre citations (1422, 1428 et 1431), une piece 
justificative (1431) et une declaration signee L, J., comme direc- 
teur ou regent de Thopital S'"-EIisabeth(i). 

Louwerijs Janszoen partit en qualite de magistrat pour Dor- 
drecht en 1417, pour Gouda en 1418, et peut-etre, comme tresorier, 
pour Leide en 1426. II assista comme echevin a Tassembl^e de 
Delft, ou le 3 juillet de lannee 1428, se fit la reconciliation entre 
Philippe et Jacqueline. Cette absence dura 25 jours. Dans la 
meme annee, vers la fin du mois de juillet, il fit partie de Fas- 
semblee qui eut lieu a Leide, pour y deliberer au sujet du grand 
subside (bede) demande par Philippe. II retourna a Harlem en 
qualite de co-negociateur et alia, en compagnie de quatre col- 
legues, remettre une somme de i5oo ecus au due residant a 
Leide. Le voyage dura en tout 21 jours. En 1430, six deputes de 
Harlem firent le voyage de la Haye, afin de prendre part a la 
ndgociation concernant la prolongation du traite de paix entre 
la HoUande et la Frise. Parmi ces deputes se trouve Louwerijs 
Janszoen (2). 

II semble egalement demontre qu il possedait une rente a 
charge de la ville de Harlem, puisque de 1418 a 1435 on lui paie 



(i) Decrites par le D'. A. de Vries dans sa « Liste des documents concer- 
nant rhistoire de I'invention de I'imprimerie, conserves a Thotel de ville de 
Harlem. » Harlem, 1862. {Lijst der stukken beirekkelijk de geschiedenis van 
de uitvinding der boekdrukkunst berustende op het raadhuis te Haarlem » 
(Haarlem, 1862.) 

(2) Tous ces extraits ont deja ete publics in extenso, avec une paraphrase 
historique, dans la premiere partie des Bijdragen de Jac. Koning. Har- 
lem, 1818. 



127 

« sur les rentes » (en 1418), xi livres xij sous et qu en 1435' le 
montant se trouve diminue de onze a trois livres. Ces postes ont 
deja ete mentionn^s s^pardment par Koning dans son Traitd. 
Outre le poste relatif au vin qui fut cherche ou bu a son domi- 

» 

cile, poste auquel nous reviendrons tout a Theure, je ne trouve 
plus que deux articles ou Louwerijs Janszoen revolt un paiement 
de la ville, savoir : en 1417, < lorsqu*on se battit sous les murs de 
Gorcum, » il se trouva parmi 25 bourgeois armds, qui « furent 
absents pendant dix jours, » etdont « chaque homme re^ut quatre 
sous par jour; » ensuite, en 1429, quand le Bois de Harlem, ra- 
vage pendant le siege de la ville par Jacqueline, ^n 1426, fut de 
nouveau laboure, ensemence et plants d'arbres. On trouve, du 
moins, parmi les depenses faites a cette occasion : « Item k Lou- 
werijs Janssoen, pour iiij journees de travail dans le Bois, a 
3 sous par jour : font xij sous (i). » 

En 1434, de memequen 1420, 1421, 1426 et 1434, Louwerijs 
Janszoen est mentipnnd comme ^tant un « des six » (tresoriers ?). 
Les deux ann^es suivantes son nom n apparait plus et le compte 



(i) c< Item Louwedjs Janssoen van iiij daghen loons die hi in den hout ar- 
beide sdaghs geg. iij st. facit xij st. » Voila fidelement les termes dece poste. 
Mais comme 11 s'emboitait mal dans les fantaisies de Koning, celui-ci le com- 
mente ainsi de sang-froid {Bijdragen I. 32] : c< Lorsque dans les registres de 
Harlem on rencontre une seule fois, par hasard, un nom qui peut, du reste, 
saccordcrde tous points ou en partie avec celui de notre Laurens Janszoon, 
nous avons distingud avec soin (I) cet individu de celui que nous avons en 
vue,a I'aide de quelque qualificatif ; » et comme preuvc, on cite entre autres : 
« Louwerijs Janszoen,yoMr;ia//er. n (Compte de 1429 ) — Par le mSme procede 
Laurens Janszoon est promu au grade d'officier de la garde communale, c'est- 
a-dire en passant sous silence le detail de la solde ^gale des « 25 bourgeois 
2iTVCi6s.yi (Verhandeling, p. 149.) Le travail dans le bois aura sans doute 
^t^ mis en rapport avec le nouveau plan qui pouvait elre de la competence 
d'un echcvin ou d'un tresorier. 



128 ' 

de 1438 n existe plus qu'en fragment. Or, les comptes depuis 
14^5 n ayant 6x6 examines et approuvds qu en 1445, il est, depuis 
cette epoque, impossible de rien conclure des noms des signa- 
taires. 

Cette rapide reminiscence des particularites deja publiees suf- 
fira. Nous devons cependant nous etendre plus longuement sur 
ce qui concerne la qualite d aubergiste de Louwerijs Janszoen ; 
car malgre les preuves qui nous ont ete fournies sous ce rapport 
par Meerman, Koning et de Vries, ce fait a dtd nie systemati- 
quement. 

Nous allons examiner ces preuves dans Tordre chronologique. 

En 1422. « Item, le magistrat procede chez Louwerijs Jans- 
soens, a la location du droit de mesurage de la ville. On y a 
depense en boissons xxviij sous, (i) » En 1426, le mercredi 
apres la fete de Notre- Dame, il a etd « depense (verieert) chez 
L. J. par le bourgmestre Jean van Bakenesse et quelques autres 
membres de la justice, avec les sieurs Guillaume d'Egmond et 
Henri van Wassenaer : iiij livres vi sous. » 

Le mardi « apres la St^-Agathe » (na sente aechten), on a pay^ 
a L. J. trois florins de Baviere a 22 1/2 sous piece, qui « y ont ete 
ddpenses » [alldair verteerdeh) par quelques membres de la jus- 
tice, en compagnie des sieurs G. van Egmond, Jeliis van Cra- 
lingheet maitre Joost van Steenhout. « Item, lors deladjudica- 
tion du grillage pour les fonts baptismaux, il a ^te bu chez 
Louwerijs Janszoens pour vij sous iij deniers. (2) » On trouve 
pour Tannde 1426 onze autres postes de ce genre. Tant&t les con- 
sommations sont faites a son domicile, tantot Ton envoie cher- 



(i) Item zat tgerecht tot Louwerijs Janszoens om dcr stede maten verhue- 
ren. Aldairverdroncken xxviij st. 

(2) Item doe men die tralye van den vonte bcstede te maken wort verdron- 
cken tot Louweriis Janszoens etc. 



129 

cher le vin chez lui par le messager de la ville et, selon Fusage, 
il est bu a I'hotel de ville pardes membres de Tadministration. 
Exemples : « cherch^ chez L. J. et bu a I'h&tel de ville, v pintes 
de vin. (i) » — « Cherche pour rh8tel de ville par le messager 
Brandetge i pinte. » — « Cherche par Baudouin Koc et envoye 
au sieur de Lichtervelde ij pots. » — « Cherche par le messager 
Thierri Janszoen, chez ledit Louwerijs et bu a rh6tel de ville; » 
— Cherche t par Jean Zeelander chez Louweriis Janszoen. • — 
C'est chez lui que furent faites des depenses « quand le harnais 
fut depose a Thotel de ville » (toen merit harnasch opten hu\e 
brochte)^ et que les tresoriers payerent « les ouvriers, les char- 
pentiers, les forgerons et les portiers. » C'est ainsi que fut dd- 
pens^delargentchezlui, en 1428, par divers membres de la justice 
(probablement Itsrakkers ou sergents du bailli) « apresqu'ils 
eurent fait leur tournee pour nuire au brasseur qui ne leur 
avait point paye leur pourboire. (2) » 

Par deux fois meme se trouve mentionnee formellement une 
somme payee a Louwerijs Janszoen, pour un ecot (ghelach) 
(( soldd chez lui en compagnie de quelques bons compagnons 
etrangers (mii goeden mannen j^an buyten,) » Et en 1429 les 
membres de la justice de la « Nouvelle Porte » sont regales de 
deux pots de vin, quon chercha chez Louwerijs Janssoen {tot 
Louiperijs Janss^oens), 

L'annde suivaiite des membres de la justice font de la depense 
chez Louwerijs Janszoen [bjr Louwerh, Jans:{S,), lorsque Claes 
Gerbrantsz. apporte secretement des nouvelles au sujet de la 
biere d'Amerfoort : « heymelike tydinghe brocht van den amers 



(1) Tot zinen huze ghehach en op den huze ghedronken zijn v menghelen 
wijns. 

(2) Omme gheweest hadden omme den brouwer te beschadigen, die hoir 
drinke bier gelt niet betaalt hadde. 



i3o 

foirdsen bier (i). » Avec tout ceci s*accordent on ne peut mieux 
les fournitures de vin faites par Louwerijs Janszoen a I'eglise 
paroissiale de St-Bavon. En 1421, leglise re^ut de lui vi pots de 
vin. En 1423, xxviij pots destines aux choristes. En 1426, on 
trouve parmi les ddpenses pour le vin de toute Fannde (Wtghe^ 
uen van alt jaer), les articles suivants : « Lourens Jansz. xlv 
pintes d'un oude Tuyn, et xiij pintes d'un cromsiert; » et 
pour le vin de Ptques : « Item Lourens Jansz. 54 1/2 pots. » 
Qu'il ne soit question ici que des ddpenses faites pour Tdglise, 
ceia se demontre non seulement par la quantite meme du vin, 
mais aussi par les autres articles de ces comptes : « Item achete 
de nouveau 43 livres de cire. » — « It. 4 cierges d'autelde 4livres 
la piece. » — « It, un cierge pascal a 16 livres de cire. » De meme 
dans les anndes suivantes, on trouve : en 1428 : « Ceci est pour le 
vin qui a dte cherch^ durant toute Tannde a un cromstert la 
pinte.)) — «//. Louris Jansz : 23 pintes et 4 chopines; » — « En 
1431 payea Louwerijs Jansz. : pour vin destind aux choristes, vi 
cromstert, » — En I432 : « Item payd a Louwerijs Janssoen pour 
vin cherche depuis les Rogations jusqu a la S**-Gertrude, quand 
on afFerma les accises : cxij 1/2 pintes. » En 1433 Tdglise rejoit 
de Louwe Janszoen LI I Johannes tuijn, « quil d^tenait depuis 
deux ans de la riche Marguerite ; » die hij onder (hem) ghehadt 
heeft Iljaer lane van die rike griet) et il fournit encore 17 1/2 
pintes de vin. 

Moyennant toutes ces preuves, la quality d aubergiste de Lou- 
werijs Janszoen doit etre suffisamment demontr^e. L objeftion qui 
pourrait s'^lever a Tegard de Tidentitd du Louwerijs Janszoen 



(1) Les gens de Harlem faisaienl de grands efforts pour cmpScher le debit 
de la biere d'Amersfoort, a Amsterdam et ailleurs. Voir la note de Koning. 
Bijlagen;p.yg). 



i3i 

vendant du vtn k I'dglise et a rh6tel de ville, et chez qui on 
pate « lecot, » avec le Louweris Janszoen se rendant k titre de 
magistrat ou d'dchevin k Dordrecht, Gouda, Delft, Leide et la 
Haye, et faisant en quality de tresorier ou magistrat des paie- 
ments cotnmunaux — cette objeftion doit tomber pour tou$ 
ceux qui savent, comme le dit M. A. J. Enschedd, « que nous 
avons eu assez de bourgmestres qui ^taient en metne temps 
brasseurs, tonneliers, ou autre chose, (i) » 



(i) r.a raison pour laquelle Meerman ne sut pas determiner la position 
sociale de Laurent janszoen d'apris ces articles relatifs au vin pour I'egHse, 
c'estqu'il voulait en faireabsolument un bedeau (Koster) dont une des charges 
consistait a aller « chercher » le vin (Laurentium aedituum ad inferiorem 
classem rejicere necessum erit.) Koning continua a soutenir ce fantastique 
office de bedeau attribue a .'dchevin de Harlem dans son manuscrit ; 11 feint 
de ne pas comprendre I'ancienne proposition bij (per), qui signifie par et 
il ajoute cette maladroite remarque : « N. B. Ce vin Otait cherchO chez Bau- 
douin Koc. — Ceci demontre, une fois pour toutes, que la livraison du vin 
n'etait pas faite par L. J., mais que selon toute apparence il Otait bu a son 
domicile ou bien paye par lui en sa qualitcS de bedeau. Ne pas I'oublier par la 
suite. » Admirable ! Comme si le vin n'Ot'ait pas cherchO par le messager 
che^ L. J. — Que de Vries, qui combattit carrement cette qualite de bedeau, 
n'en soit pas arrivO k une conclusion exa£le, on peut mieux le comprendre. 
Dans son Mimoire sur le nom de Coster et sur la pr6tendue charge de 
bedeau de L. J, Coster (p. i3 ), il va jusqu'a dire : a Pour ce qui concerne 
ces annotations relativement au vin cherchO, il est impossible (!) selon moi, 
de determiner d une mani^re certaine a quel titre Lourens Jansoen s'y trouve 
mentionnd. » Voil^ pourquoi il les a changes tout simplement en « dons » 
faits par I'dglise! Que Ton en juge d'ailleurs par le compte suivant : 

1426. <( Distribution de vin pendant toute Tannee : (Wtgheuen van wijn 
van altjaer), » 

c< //. a Thierry Ghysbrechtz 56 pintes k 1 oude tuyn et i5 pintes a i crom- 
stert, » 

« It.kCoen 24 1/2 a 1 oude tuyn et 55 pintes a 1 cromstcrt. » 

« It, k Dirk Spiker, 56 1/2 p. a 1 dude tuyn et 12 p. a 1 cr, » 



l32 

On connait rannotation concernant ses obseques dans la grande 
eglise. Danslelivret de 1439, on trouve : a Item lou. Janss. breet 
II gra. (i) cloc en graf, » ce qui veut dire : « Item Laurent Jansz : 
largeur de 2 fosses, sonnerie et fosse. Nous avons toujours ici 
le m^me individu, car apres 1439, Louwerijs Janszoen ne figure 
plus parmi les fournisseurs de vin a leglise, et apres 1439 la 
rente de trois livres sur la ville est inscrite sur les registres de 
la tresorerie au nom de : Ymme, veuve de Louwerijs Janszoen 



« It. Lourens Jansz. ii5 p. a 1 oudetuyn et p. a i cromster. n 

« It. a Jean van Berkenrode 40 p. etc. » 

Trois deseusdits livranciers reviennentainsi sous Tartide a vinde PItques. » 

« It. a Lourens Jansz. 64 1/3 pots {de] 5 cr. I9 pot. » 

« //. Jean van Berkenroed, 26 pots. » 

« It. h Coen sur le fosse, 24 1/2 pots. » 

Les paiements communaux faits a L. J. pour du vin, se trouvent expli- 
ques par des a assemblees et deliberations » du magistral qui, au lieu de se 
reunir a I'liotel de ville, se reunissait en la demeure de L. J. Le faux-fuyant 
ne vaut pas une refutation, en presence de ce fait mentionn^ un instant 
apr^s, que « I'administration de Harlem possedait sa propre cave » acquise des 
Dominicains en i388, laquelle cave se trouvait sous I'hotel de ville. Que ces 
paiements se fissent surtout en faveur des membres de Tadministration^cela 
^st tout nature], puisqueeux seuls pouvaient par ce moyen abuser des revenus 
^e la ville. Un bourgeois n'avait pas la franchise du vin pour compte de la 
ville- Que surtout a ceux de la justice » aient fait de si frequentes d^penses 
chez Lopwerijs Janszoen, on peut I'expliquer par Tordonnance de Maximilien 
d'Autrichp rendue en 1480. II y est arrSte que, dans les villes et villages, les 
baillis, lesdcoutetes, les intendants des digues nerendront plus la justice que 
dans un tribunal public ou sur le grand chemin, ou dans un lieu ou Ion ne 
vend ni boissons ni comestibles. II est inexad de dire qu'il ny avait pas encore 
chez nous des auberges au xv« siecle. 

(i) Par cette le£lure lombent les raisonnements apportes dans les Gedenk- 
schriften (Harlem i823) p. 338 ; il nest pas question ici de 2 florins [gl., 
^ulden)^ mais de 2 tombcs ou fosses gr., graven). 



i33 

mentionnec depuis 1440 jusquen 1452. Cettc date de 1439 se 
trouve etre celle de Fannde de la mort, indiqude avec une 
presque certitude, en 1567, dans la version de Junius, par cette 
pariphrase : Habitavit ante annos centum duodetriginta. Nous 
nous trouvons, par consequent, avec notre Louwerijs Janszoen, 
sur la terre ferme de Thistoire. Dans la premiere moitie du 
XV« siecle jusqu a la fin de 1439, quelqu un de ce nom ayant ele 
aubergiste, magistrate echevin, trdsorier et direfleur d'h&pital, a 
vccu a Harlem (i). Et c'est en Thonneur de cet homme que s'deve. 



(i) Rien ne prouve que Laurent Janszoen ait ete investi de la charge de 
bourgmestre et I'eOt-il 6\€, que Ton n'en pourrait tirer la moindre conclusion 
pour ce qui concerne son rang social. Dans les apologies de Junius, le poste 
honorifique de bourgmestre et loffice de sacristain ou bedeau sont eleves a 
une hauteur qu'ils n'atteignaient aucunement au xv« siecle : faire partie 
le moins longtemps posaible dela. magistrature municipale utait considcre 
conime un privilege. On regardait comme des corvees ces fondions bono- 
rabies, mais gratuites. Le faux eclat dont on les a entourees, doit avoir 
contribu^ a nourrir I'antipathie de Koning et de Vries pour un ^chevin-auber- 
giste : ils etaient a m5me pourtant de savoir ce qui en ^tait, et le premier 
mSme n'a-t-il pas consigne dans son propre manuscrit la qualite d'auber- 
giste de Pierre Thomaszoon, bourgmestre de Harlem en 1472 et 1489 ? 
Ce brave homme qu'on suppose £tre le petit-fils de Lourens Janszoon 
fournit, tout comme son grand, pere, du vin a la ville, en 1471 et 1473 ; il prend 
a loyer a la grue, wet afferme Taccise du vin et de la biere a houblon ; en 1474 
et 1475. Sous l'ann<^e 1454, on trouve ce poste : « Item offert a Monsieur le 
Stadhouder un banquet chez Pierre Thomasz. ou assistaient ceux de la jus- 
tice et plusieurs autres ; il coQta, y compris le vin et la bi^re, et moyennant 
le don de quatre pots du vin de la ville fait a son auberge, la somme de 
23 livres 5 sous 4 deniers. » — (Item gheschend mynen heer den stedehouder 
een maeltyd tot Pieter Thomassoens dairdie van den gerechte en meer an- 
deren by waren. Zou costen mit wyn ende bier ende mits vier stede kannen 
wyns die hem in syn herberghe gheschend warden xxiij 1. 5 st. iiij d.) — 
\in 1455 et 1457 des paiements semblables se font a la mSme personne. En 1473, 
on trouve : « Item, le jour de St-Marc, a la prestation du scrment des nou 



i34 

sur le grand marche de Harlem, un monument en bronze, por- 
tant rinscription suivante : 

LOURENS JANSZOON COSTER. 
HOMMAGE DU PEUPLE N^ERLANDAIS. 

MDCCCLVI. 
Inventeur de rimprimerie au moyen de caracteres mo- 
biles en metal. 



Ill 



LOURENS JANSZOON COSTER 



II est d^ja d^montre que raubergiste-echevin Louwerijs Jans- 
zoen, quoique se trouvant cite 76 fois au moins dans nos docu- 
ments, n est nomme nuUe part Coster, circonstance d'autant plus 
digne d attention, que ce nom figure a tout moment parmi ceux 
des habitants de Harlem, au quinzieme siecle. Personne ne peut 
se considerer comme juge competent dans la question que nous 
traitons, sans avoir prealablement interroge cette page aride du 
probleme : que Ton veuille done bien accorder quelques instants 
de patiente attention aux details suivants. 



veaux bourgmestres, paye pour deux pintes de vin doux qu'on alia querir 
chez Pierre Thomaszoeti, a 3 sous la pinte, et pour un sou de pain ». — (Item 
op sinte Marcus dach [doemen die nuwe borgemesters eede) !(oe is betaalt van 
twee mengelen soet wijns die totPieter Thomas^oens gehaelt waren van etc 
mengel iij stuvers ende eenen stuver an broot.) Naturellement, iConing ne 
s'occupe pas d y trouver du mat, mais en citant le poste relatif au banquet 
offert au comte d'Ostrevant, dans la maison de Lourens Coster, en 1454, il 
fait cette remarque : « On pourrait en conclurc que la maison de ce Lou Coster 
etait unc auberge. » Mais evidcmmenl ! 



"i35 

D'abord, pour ce qui concerne la pretendue raretd du nom de 
Lourens ou Laurent, signaldepar vanOosten de Bruyn el Koning 
(Bijdragen I, 32) la liste suivante, tout incomplete qu elle soit, 
ne tend pas pr^cisdment k la justifier. Nous rencontrons dans 
les registres communaux les mentions suivantes : « 1420. Jan 
Louwenszoen weduwe, Lourijs Jan nieuwe Janszoen ; — 1422, 
1426 et 1427, Louwerijs Janszoen van Stryen ; — 1425, Jan Lou- 
werijszoen;— 1427, Jan ouderzoen en Louwerijs sinsoen, Kath. 
Louwers" die roden weduw ; — 1428, Louwerijs Jan Ouwensoen ; 

— 1430, Jan Louwensoen ; — 1433, 1434, Louwerijs Jan Ouden 
soens soen ; — 1434, Jan Louwerijssoen die cleyboer ; — 1439, 
Jan Louwensoen te Sparendam; — 144a, Heer Jan, Pieter, 
Vrank en Willem lourijssoen (i) ; — 1448, Louwe, mandemaker ; 
Louwe Janssoen, Kistemaker; — 1451, Lourijs Jan Oudensz, 
Louris wed. in de leest ; — 1453, Louwe Janssoen die scoemaker ; 
— 1470, Louris Jansz. , timmerman; — 1476, Jan Louriszoon; 
— 1481, Lauken den ondercoster;— 1483, Louris Janszoon Klan- 
kert; — 1487, Louris Janszoon, metselaar; — 1484, Pieter en 
Anthonis Loupszoon ; — 1492, Lou Jan Louwensoensz, Cor- 
nelis Louriszoon, Jan Lou scepem. ; — 1493, Louris Janszoon 
timmerman; Louris, sleenhouwer en Louis Janszoon, scoe- 
maker. » 

Dans les registres de T^glise, nous recueillons : « — 1422, Baue 
Lourens weduw., Willem Lourensz., — 1423, Grote Lourijs wed. 

— 1494. It. Jacop Jansz. van grote Louwijs sijnoems graff. geg. 
iiij phs. scild. — 1445. Louwerijs, die scrijnmaker; — 1447, 
Pieter Louwerijs wed. — 1450, Louwerijs Janszoen hi die cleine 



(1) Tous ces tils de Laurent qui apparaissent en 1440, (apres la mort de 
Laurent Janszoen) a cote de la veuve Ymme* et remboursent k la ville des 
sommes prStees, sont peut-etre des descendants de Laurent Janszoen ;du 
moins on les traite aussi d'hcriticrs. 



i36 

houtpoort lij pont (pour la confefKond'un testament); Lou wen 
Janszoen kint doc; — 1452, Pieter Louwerisz. xlij pinten 
zoetwyns, Ixxviti p. malvezey, ix gl. iij gr., ij stuvers; 
cxxviii p. malvezey ellec pint i braspenninc ; — 1453, Jan 
Louwesoen die timmerman siin zoen cloc ; — 1455, Willem Lou- 
werijssoens dochter cloc salvator; Kartrin Willem Louwerijs- 
soens wijf id; Jan Louwerisz. die steenhouwer; — 1461, Loutgen, 
kistemaker, een legerstede, cloc salvator, testament ij nobel; — 
1464, Louwerijs Jan Ouwenszoen ; Jan Louwerijssoen die metse- 
laers v^ijf cloc; Jan Lou die smit op die oude graft testament; 
— 1465, Gherii Lou wyfF cloc salv. engraff. ItGheertruut Pieter 
Louwenszoens wijf, wonende tot Delf, heeft die kerc betaalt van 
hoer mans wegen vj stuvers. It. Aleyt Louwen dochter, Pieter 
Louwenszoens zuster, wonende op de bakenesser graft, met 
eylert woont sy daer, die is die kerc 00c sculdich vj st. — 1467, 
Ghertruut Lou Kistem.wed .; — i473,LouwerijsJansz., testament, 
Jan Louw^eszoon cloc salvator; — 1475, Lou op die burgwal*. — 
1478, Louwerijs de timmerman, id. de metselaar, id. de steen- 
houwer ; — 1495, Pieter Louriszoon sceepmaker 4I de clocken en 
een opdoen van een graf tot 8 1/2 rns. gl. (i) » 

L on voit qu'en effet les Lourens etaient on ne peut plus rares 
a Harlem ! Mais ce qui est bien plus important a savoir, comment 
s'y comportaient les Coster? On a essaye de prouver qu'une 
famille du nom de Coster a reside dans notre pays au XIV™' sie- 
cle ; le Necrologium Egmondanum , entre autres , nous fait 
connnitre qu'en i3o2, le nomme Guillaume dit [ge^jsgd^ didus) 



(1) Nous reproduisons litt^ralement le texte original de cette longue suite 
de variantes du nom de Laurent; la tradu6lion n*en eutoffert aucun interet. 
Nous agirons quelquefois encore de la m^me maniere, pour nc pas grossir 
inutilemcnt le volume. (N. d. T.J 



Coster, fut enterrd dans Teglise de cette abbaye. Faisons rem^r- 
querque sous cette forme aussi, le nomde Coster est mentionnd a 
tout moment et que cette forme ^quivaut a la formule de Ju- 
nius : Laurentius Johannis cognomento Aedituus Custosve. 

Toutefois nous avons assez de matiere au XV* siecle, pour 
demontrer qu'il y avait des Coster a Harlem. Kon\ng[Verhande- 
ling p. 142, notes) citait deja sous 1418,. 1420 et 1422 un Jean 
Coster. En 1426, Baertout Coster, Wouter Dire Costerszoon, 
et Heinric Coster Galenszoon (1) ; mais cette nomenclature in- 
tentionnellement restreinte demande a etre Idgerement dtendue. 

En 1420, Jean Coster apparait quatre fois a propos de Taccise 
du seigle. II meurt en 1435. Sa veuve est probablement Margue- 
rite Jan Costers, 1439. Plus tard nous rencontrons : 1447, P^u- 
wels Costersz.; 1451 : « Item paye a Laurent Coster 2 pintes de 
vin,quand les bourgmestres furent installes-pour un an. » — « Item 
quand le 8 oftobre 1453, on offrit au comte d'Ostrevant un festin 
chez Laurent Coster, on resta redevable a celui-ci de 17 florins. » 
— 1456. Un maitre Kosteret une Gertrude, fille de Jean Coster. — 
i462.Ymme,femmede Pierre Coster. — 1463. La soeurd'un Albert 
Coster.— 1464. Pierre Coster. — 1468. Laurent Coster et dautres 
bourgeois sont envoy^s a La Haye. — 1471. Pierre Jansz. Coster. 
— 1473. Agathe, fille de Pierre Coster ; — 1478. Pierre ; — 1487. 
Marguerite, veuve de Jean Coster; Thierry et Pierre Jansz. 



(1) Outre Ic Jacob Jansz. Coster, chevalier de Jerusalem, mentionne par 
Koning d'apres son manuscrit, aujourd'hui a la bibl. royB.\t, Libermemoria- 
rum domus hospitalis S. Joannis Hierosolimitani in Haarlem, on trouve 
encore dans ce registre les noms suivants appartenant au mSme ordre de re- 
cherches : a Pieternel Lourijs Janszoons wyf, soror, Lourys Jan zoon frater 
hoer man, Katrijn Willem Louwrijszoon wijf, Jan Louris zoon. » On ny 
trouve non plus aucun dit Coster. 



i38 

Coster : — 1492. Ymme et Mathilde Coster, Pierre Nicolas et 
Jacques Dircksz. Coster (i). 

On voit qull ne manquait pas plus de Coster que de Lourens 
k Harlem. J ai pass6 a dessein le fabricant de chandelles qui 
parait de 1440 a 1450, afin de m*en occuper plus sp^cialement. 

Appel^ tour a tour Louwerijs Janszoen et Louwerijs Coster, 
son vrai nom au complet est Louwerijs Janszoen Coster. Dans 
sa preface a la tradudion de VEssai historique et critique sur 
rinvention de rimprimerie, par Paeile, M. Alb. Thiim a fait 
connaitre au monde lettr^ cinq documents qui lui avaient ^te 
communique par M. Enschedd et qui concernent le fabricant 
de chandelles, L.J. Coster de Harlem. Ces documents nous 
apprennent, qu'cn 1441, Louwerijs Janssoen re^ut le paie- 
ment de 72. livres de chandelles consumees k Thotel de ville par 
les veilleurs ; qu'il recut 3 livres, prix convenu, pour les cierges 
brills dans la tour en « Fhonneur de Notre Dame; » qu'en 1442, 
Lourijs Coster est pay^ pour avoir repare la lanterne de N. D. 
dans la tour : que la meme ann^e L. C. revolt le paiement de 
6 livres de chandelles de suif br&lees par les veilleurs a 1 hotel de 



(1) 1451. a Item bet'aelt hue Coster ii menghel^n wyn, doe ou' (voor) een 
jair die burg' rr eister ghesedt werden. >i 

1454. ttltem den grave van Oostervant viij daighe in odobri anno LIII tot 
iou Costers een maeltyt gheschendl wert. so bleef men dcnselven lou Coster 
dair af sculdich xvij guld. » 

1456 a //. meester Koster een legerste en testament 7 gl. Ghertruut Jan 
Costersdochter test. i. rijns gl. cloc salvator. » 

1462. « Ymme Pieter Cosier ter lied. — 1463. Aelbrecht Costers zuster. — 
1464. Pieter Coster van der lied. — 1468. Louris Coster. — 1471. Pieter 
Jansz. Coster. — 1473. Aecht Pieter Costersdochter. — 1478. Pieter Coster. — 
1487. Margriet Jan Costers wed., Dirick en Pieier Jansz. Coster. — 1492 
Ymme en Machteld Coster, Pieter, Claes en Jacob Dircksz. Coster. 



1 39 

ville et en 1447, ^ li^i'^s br&l^es dans la tour devant Timage de 
Notre-Dame. Cette communication prematurement public sans 
la moindre critique, a d6}k, graces k des traductions, acquis de la 
notoriete a Tdtranger (i). 

EUe doit etre examinfe plus attentivement. Et d'abord , les 
registres de Tdglise completent cette fois encore fort heureuse- 
ment les livres des comptes communaux. De cette f2L9on, les 
rdvdations de M. Alb. Thijm peuvent ais^ment etre allong^es 
de quelques articles (2). 

1441. « It, Le i3 au soir, fait le compte avec Laurent Koster 
de i5 et de 12 livres, 34 sous pour savon et chandelles de suif ; 
total 22 florins et 3 sous. » 

1442. « Pay^ a Laurent Coster pour huileet savon, 8 florins. » 
« //.A Laurent Coster, pour savon, chandelles et autres arti> 

cles: i5 sous. » 



(1) Elle a et^ traduite en fran^ais par M. C. Ruelens {^ibUophile ^elge, 
1868), en allemand par le D. ]£mile Weller [Serapeum^ InteUigen:('^latt, 
3i aoiit 1869), sous cette periphrase ironique : a Precieux documents decou- 
verts par le professeur A, J. Enschede de Harlem, et qui forment une 
preuve nouvelle par laquelle les Hollandais dcmontrent que le marchand de 
lumiere L. Coster a invent^ les caradteres mobiles et que ce pauvre Gutten- 
berg n*a et^ qu'un fiefFe voleur. » 

(2) 144U « It, Opten i3 avont gherekent met lou Koster van i5 pont en 
13 pont oly, elc pont een ouden buddrager en 34 stuvers van seep en van 
smeerkaersen te somme 22 guld. 3 stuvers. » 

1442. « Tot lou Coster betaelt 8 guld. van oely ende seep. » 
« It, « Van lou Coster van seep en van keersen en van ander dine 
i5 St. » 

1452. « It, Ghertrut Kosters gheg. van iiij tortsen... en van strunpe op 
caersen. » 

1453. « It. Ghertrut gheven van waskaersen tc maken van macclocn 
5 1/2 gld. » 



140 

1452. (I //. Pave a Gertrude Koster pour 4 torches et pour 
chandelles.... » 

1433. « //. A Gertrude pour main d'oeuvre de cierges en cire, 
5 1/2 florins. » 

II me paratt Evident que la premiere Gertrude est la veuve du 
Lourens Coster le fabricantde chandelles, et qu'elle continue le 
commerce apres la mort de son mari. Quoi qu'il en soit, il me 
semble indubitablement demontre, du moment que Thuile, le 
savon et « autres articles » se mettent de la partie, que de 1440 a 
1450, un fabricant de chandelles du nom de Lourens Janszoon 
Cosier a reside a Harlem. 

Est-ce le meme individu auquel sous ce nom on a ^leve une 
statue? Impossible ! L'homme qui se dresse en bronze au Grand- 
Marche de Harlem est le Lourens Janszoon mort en 1439 et il 
n'est pas permis de le confondre avec un autre a Taide de quel- 
ques phrases. Quiconque est au courant de la litterature du 
« fameux differend » doit savoir que le fabricant de chandelles 
ne sadapte point dans le systeme de Harlem par rapport a Tin- 
vention de Timprimerie ; mais la question de Tidentite ayant 6x6 
posee, tout ce que Ton allegue ici doit etre prouve d'une maniere 
incontestable. Done finissons-en d'abord avec les Coster. 

Une circonstance ignoree jusqua cette hcure, c'est que dans 
son manuscrit, Koning a reproduit avec tous les autres les ex- 
traits ayant rapport au fabricant de chandelles L. J. C; mais il 
comprit si bien que le personnage ne s*ajustait pas dans son ap- 
pareil de demonstration, que dans tous ses ecrits il garde a son 
egard le plus profond silence, evitant meme de prononcer ce 
nom, ne fut-ce qu'une fois, parmi les Coster qu'il cite comme 
exemples. Je lis dans I'index du manuscrit : « 1441 : Louwerijs 
Janszoen, paye les chandelles qui ont ete brfilees durant cette 
annee. Comme c'est la seule fois (!) que nous rencontrons ce 
nom dans ce registre comme dans tous les comptes posterieurs a 



141 

1433, le present Louwerijs Janszoen doit avoir ete quelque 
fabricant ou quelque fournisseur de chandelles. » Tel est I'avis 
de rhomme qui, sous ranneei442, unepage plus loin, nous donne 
les communications suivantes : « Lourijs Coster repare les lan- 
ternes pour N. D. dans la tour (p. i5o.) » — « Lourijs Coster 
fournit les chandelles bruises a I'h&tel de ville par les veilleurs. » 
(p. i5o verso.) 

II n est pas probable que le fabricant de chandelles vivait 
encore en 1474, mais ilest certain que le livre des comptes com- 
munaux de cette annde fait mention dun homonyme au grand 
complet. Sous la rubrique, « Recettes des sommes recueillies 
dans la ville pour la solde des hommes d'armes envoyes a I'Ecluse, 
par ordre de notre tres-redoute Seigneur, » on lit : « Louris 
Janszoon Coster, 20 sous (i). » Et sur ce, je prends conge des 
archives de Harlem, apres avoir extrait des comptes d^ 1483- 
1484 le remarquable article suivant (1483, avant le mois de sep- 
tembre) : « It. Re^u de Louris Janszoon Coster pour droit 
d'issue sur ses biens quand il sortit de la ville et changea de resi- 
dence, 8 florins du Rhin » (2). 

Ces recherches concernant les families Coster a Harlem re^oi- 
vent d'une autre part quelques nouveaux ^claircissements : vers 



(1) « Ontf. van den penningen die binnen der stede gegadert syn geweest 
tot hulpe van de betalinge van den mannen van wapenen, die van deser stede 
wegens onsen geduchten heer te dicnste gesent syn voir Sluys. Louris Jans- 
zoon Coster XX st. » 

i2) c( It, \'an Lauris Janszoon Coster van pondgelden van synen goeden 
dathy wter stede mitter wone gevaren is viij Rgl. » 

Sur ce droit de pondage, droit d'exue ou d'issue, cofnme on dit en Flandre, 
on peut consulter entreautres : Van Oosten de Bruyn, De stad Harlem, 
p. 291. En 1472, 1473 et 1475 les villes de Delft, Gouda et Dordrecht ont, a 
charge de reciprocite, exempt.e les bourgeois de Harlem du paicment de ce 
droit. 

TOM. V. 10 



142 

i35o fut fondee dans cette ville la S*'"-Confrerie de Noel, une de 
ces associations etablies, selon van Oosten de Bruyn, dans le 
noble but « deboire etde manger. » {De stad Haarlem ^ p. 107.) 
En 1606, cette corporation celebra sa troisieme fete seculaire et 
publia a cette occasion une estampe representant la naissance 
de J^sus-Christ, gravee sur cuivre par Jacq. Matham, avec 
rinscription suivante, en vers boiteux : « En Thonneur de la 
bienheureuse naissance du Christ et en temoignage de rejouis- 
sance, 3oo ans se sont ecoules, depuis Tepoque ou nos ancetres 
fonderent la Confrerie de Noel : afin de la maintenir long- 
temps en gloire et en honneur, ils reunissaient treize veritables 
indigents qu ils rendaient joyeux et qu ils servaient en public, 
avant de se mettre eux-memes a table; ils etaient en tout au 
nombre de 64 personnes. » — Dans leurs assemblies, chacun 
des 54 freres et soeurs composanl cette confrerie de gastronomes 
possedait sa chaise personnelle, conformdment aux decrets et 
aux statuts de la S*" Confrerie de Noel dans la ville de Harlem ; 
ces sieges, s'il n en avait pas ete disposd par testament, devaient 
dchoir par succession « au plus ^ge et plus proche parent dans 
la branche d ou ils sont sortis, bien entendu que le plus jeune des 
fils devait toujours passer avant la fille ainee et le jeune homme 
avant la femme plus Jlge'e, s*ils etaient heritiers au meme degr^. » 
(Art. 10). La confrerie n a cesse de subsister. du moinsledroit de 
propriety des sieges fut conserve par transmission continue, 
j usque dans notre siecle. 

Le n* 29 est particulierement remarquable pour nous. En 1421 
ce sidge echut a Jean Coster; en 1436, « par succession » 
(by erfenis) a Lourijs Coster ; en 1484 a Frans Thomas Thomas- 
zoon; en 1497 a Gerrit Thomas Pietersz., « comme heritage de son 
pere ;» ensuite, en 1564, a Corneille Gerritsz. : et en 1589, k Anna 
Gerritsd (fille de Gerard), < ensuite d'un achat fait a son 
cousin. )) 



143 

En 1820, le siege n* 29 est oSert en cadeau a M. H. a Roy, 
lequel le cede de nouveau a la confrdrie (i). Nous connaissons 
deja par les archives un Jean Coster de Harlem, en 1418, 1420 et 
1422, qui fait sans doutp avec son homonyme de 1421 unseul et 
meme individu. L'hotel de ville et Teglise nous font connaitre 
enmStnetempsunLourys Coster, filsde Jean,existantentrei44i 
et 1448, et que nous identifions, de la mSme maniere, avec Lou- 
rijs Coster, fils de Jean Coster, lequel obtient un siege dans la 
confrerie en 1436. Mais un detail important pour mettre un peu 
d ordre dans ce chaos, c'est que le siege des Coster devient, par 
droit de succession, laproprietedesw Thomas » qui figurentdgale- 
ment dans la version de Junius et en faveur desquels fut con- 
struit un arbre genealogique entre i55o et i56o. Cette genea- 
logie, depourvue de loute base historique, se trouve a Harlem 
et a ete decrite de cette maniere par le D. A. de Vries : « Ancien 
tableau genealogique de L. J. C. ecrit sur parchemin entre 
i55o et i56o, provenant de la coUeftion de Timprimeur Rooman 
de Harlem et continue apres 1660 (i56o?) par une autre main. « 
SuHrCe tableau les armes de L. J. Coster' repre'sen tent une co- 
lombe sur une branche; celles de Techevin Louwerijs Janszoen 
etaient au lion grimpant de HoUande, au baton brochant en 
bande, au lambel sur la poitrine et la barre de b^tardise; sa 
femme est inscrite sous le nom de Catherine Andriesdochter 
(fiUe d'Andre). — Or la veuve de Louwerijs Janszoen se nom- 
mait r^ellement Ymme. — Enfin, la fille unique de Coster, mariee 
a Thomas Pietersz. est mentionnee sous le nom de Lucie. Heu- 
reusement, au milieu de cet imbroglio de noms nous entre- 



(1) Je dois ces renseignements a Tobligeance du do£leur Wap, qui m'cn a 
procure une copie tiree du Livre des chaises de la confrerie {Kersmisgilts 
Stoelboeck), 



144 

voyons une affinity de famille entre les Coster et les Thomas 
de Harlem, faible mais important indice qui peut nous etre tres- 
utile pour ddbrouiller cet ^cheveau de traditions. 

Pour cette foisassez de noms. De tout ce qui precede, on peut 
etablir avec certitude le rasultat suivant : 

I" Le ddbitant de vin etdchevin Louwerijs'Janszoen/mort en 
1439, et qui est dans le systeme de Harlem, I'inventeur de lim- 
primerie (Junius, Scriverius, Boxhorn, Seiz, Van Oosten de 
Bruyn, Meerman. Koning, Scheltema et de Vries), na jamais 
6x6 appele Coster par ses contemporains (1). 

2" II a reside a Harlem un fabricant de chandelles inconnu a 
Junius, ignord de Koning et de de Vries, dont le nom se trouve 
meniionnd en 1436 (confrerie de Noel), qui vivait encore en 1448 
(St-Bavonet hotel de ville), dont la veuve probable est men tionnee 
en 1452, et qui s est appele en realite Louwerijs Janszoen Coster. 
Or, que ce Coster ait eu quelque chose a dcmeler avecFinvention 
de rimprimerie, Ihistoire n en fournit pas meme Tombre d'une 
apparence. 

3° II a reside a Harlem un aubergiste appeld ^galement Louw. 
Jansz. Coster, qui apparait'de 1451 a 1476 (ou il paie une amende 
correftionnelle, (correSie van dai tbuyten drincken)^ et au su- 
jet duquel nous n avons pour le reste absolument aucun detail. 

4** En Taiinee 1483, a Tepoque ou fut fondee a Harlem, la 
premier imprimerie, un individuappeld encore du nomde Lou- 



(1) L'obje£Hon que Laurent Janszoon peut neanmoins avoir et^ nomm6 
Coster est arbitraire et doit etre rejetee par la critique. Tous les Coster 
historiques sont chaque fois nommes par leur nom : « Willelmus didus 
Coster, » a Egmond ; Jacob Jansz. Coster, le chevalier de Jerusalem, a 
Harlem; le fabricant de chandelles, Laurent Jansz., dans les sept postes qui 
le concernent, est nomme cinq fois Coster. Notre Louwerijs Janszoen par 
centre est mentionne au moins 76 fois qx jamais sousle nom de Coster. 



140 

rens Janszoon Coster partit de cette ville, lequel individu peut 
avoir 6x6 identique avec son homonyme n* 3, mais dont nous 
ne savons rien d autre que.... son depart de Harlem. 

5"*. En raison de la similitude des noms il peut aisement y avoir 
eu confusion de personnes dans la tradition relative a une pre- 
tendue invention de Timprimerie a Harlem. 

Le moment est venu d*examiner cette tradition, apres avoir 
au prdalable jete un dernier coup d*oeil dans le domaine de This- 
toire. 

A. Van der Linde. 

(Q/^ continuer.) 



USE EDITION DE BRUXELLES TRES-RARE 



D UNE 



TRADUCTION FRANQAISE DE DON Q.UICHOTTE 



Peu de livres, aucun roman certainement, n ont joui dune 
popularite aussi etendue, aussi durable, que le chef-d'oeuvre de 
Cervantes. 

A peine publie, il fut traduit dans les principals langues de 
TEurope etces traduftions, sans cesse renouvelees, ont eu pour 
la plupartdes editions nombreuses. 

Les aventures de Don Quichotte ont donnd lieu a une foule 
de proverbes, elles ont provoque des imitations innombribles. 
Les graveurs se sont dispute I'honneur de les illustrer; les 
auteurs de comedies et d'opdras s'en sont empares pour en faire 
le canevas de leurs pieces. 

Et ce succes est encore loin d'etre epuise. 



'4^ 

Comme les saints sont moins honores dans leurpropre pays, 
c est aussi en Espagne peut-etre, que le heros de la Manche est 
le moins en faveur. — Les aventuriers politiques qui sont aujour- 
d*hui a la tete de ce malbeureux pays ne semblent avoir jamais 
lu leDon Quicbotte, ouparaissent Favoir oublie. lis auraient pu 
y voir, par exemple, qu*il n est pas bon d attaquer des moulias 
a vent. lis auraient du ensuite profiter des sages avis que le che- 
valier de la Mancbe donne a son ecuyer, lorsque celui-ci part 
pour prendre possession de son gouvernem .nt. Lhonnete Sancbo 
lui, n*a pas oublie ces bons conseils ; il a sagement gouverne son 
* lie de Barataria. Que n Vt-on suivi son exemple ! 

Une bibliographie sp^ciale des nombreuses ^itions, des 
innombrables traductions et imitations du Don Quicbotte, serait 
une oeuvre bien curieuse, et formerait un volume assez fort. Es> 
perons que quelque bibliophile zele et instruit y consacrera un 
jour sesloisirs. 

II ne sera question ici que d*une seule Edition de la tradudion 
frangaise qui a eu le plus de succes et qui est celle de Filleau de 
Saint Martin. 

Cette edition de Bruxelles, G. Fricx, 1806, in-12, n est pas 
citee dans le Manuel et jusqu a pr^ent ne semble pas avoir 
attire Fattention des amateurs. Cependant, un exemplaire en 
2 vol. rel. en maroq. bleu par Daru, annonc^ sous ien0 776, a la 
page 184, du catalogue du baron Pichon, vente davril 1869, a 
atteint le prix de fr. 2i5. — Prix dleve pour lequel la reliure, ce 
semble, ne peut enlrer en compte que pour une assez faible 
partie. 

On lit dans le catalogue cite la note suivante : 

« Edition rare, contenant 5i figures d'Harrewyn, qui peuvent 
ctre mises au nombre des plus jolies qui aient ete faites pour 
Don Quicbotte, 

« Cette Edition, que Lenglet du Fresnoy, dans sa Bibliotheque 



H7 

des romans, page 216, signale comme bonne et belle, est com- 
plete en 2 volumes. EUe renferme tout le Don Quichotte de 
Cervantes, mais ne donne qu'une partie de la suite. C'est tout ce 
qui a paru. » 

Cettc note n'est pas tout i fait exafte. Ce n'est pas tout ce qui 
a paru, car il faut joindre a ces deux volumes un troisiemetome, 
que le meme imprimeur fit parattre Tannde suivante, 1707. 

Une Edition d'un ouvrage en trois volumes , dont ies deux 
premiers seuls atteignent au prix de fr. 2i5, tandis que dans la 
memevente(n'775),reditiondu Don QuichoUe dite Elzdvirienne 
si recherchde, ne se vend en bel exemplaire que fr. 100. — 
m^rite bien la peine d'une courte description. La voici : 

Premier volume. 

Histoire de Vadmirable Don Quixotte de la dManche, ^vue, 
corrigde, et augment^e de quantite de figures 04 ^ruxelles, 
ches[ Guillaume Fricx ^ Imprimeur, rue ^ergh-straet, aux 
quatre ^vang^listes, 1706. Q/ivec T^rivil^ge du ^I{pi, in-12, de 
12 ff. prelim, pour le frontispice gravd, titre , dddicace du traduc- 
teur, avertissement, dddicace au chevalier de la Manche, piece de 
vers et table, 648 pp. et un feuillet non chiffr^ pour lerrata, plus 
24 gravures d*Harrewyn (soit 25 avec le frontispice). 

Ce qu il y a de plus curieux dans ces pieces liminaires, ce sont 
celles adressdes par le typographe au hdros de la Manche et qui 
prouvent que Guillaume Fricx n'dtait pas seulement un impri- 
meur habile et eldgant, mais encore qu il etait litterateur et meme 
quelque peu poete. 

Sa dddicace n*occupe pas moins de 8 pages ; elle est adress^e : 
A treS'haut, tres-preux et tres-renomm^ Seigneur T>on Quixotte 
de la oManche, chevalier de la Triste-figure et des Lions, gou- 
verneur de rc^rgamesille etproto-restaurateur de la chevalerie 



.48 

errante^ etc, Elleest suivie de cet avis ea vers da c Lihraire aux 
leSeurs ; » 
.Eh bien, que dites-voos de cette dedicace ? 

Vous-a-telle, ennuye comme une autre preface ? 

Dans le choix de son style ai-je bien reassi I 

Est'il conforme a la madere? 

Le Heros de Scarron^ celui de Furetiere 

L empoitent'ils sur celui-ci \ 

Parlez done, des censears la maligne coborte.. 

C*est a Tous que je m en raporte : 

Mais qu*avons-nous besoin de pareils avocats? 

Mon dessein, chers lefleurs, ne butte qu a yous plaire ; 

Si vous etes trop delicats. 

Ma foi je n y saurois que faire. 

Les ignorans, les beaux Esprits 

Peuvent tant quails voudront exercer leur critique 

Pourvu qu lis vuident ma boutique, 

Quimportesi cest a ce prix? 

SecOxND volume. 

Meme titre que pour le premier, sauf la mention Tome se- 
cond^ frontispice grave, titre, 3 ff. de table, 708 pp. plus un 
feuiilet d errata, avec 26 gravures en tout. L extrait du privilege 
du roi, datdde Bruxelles, i3 avril 1703, se trouve au verso de la 
page 708. 

Le roman de Cervantes finit a la page 425. A la page 426 com- 
mence une troisieme partie. Cest une suite aux aventures de 
Don Quichotte, fort mediocre et la meme qui forme le tome V. de 
Tuition d' Amsterdam, Pierre Mortier 1696, pet. in-i2. Elle me 
parait etre d*origine fran^aise et non pas traduite de Tespagnol. 
EUc n a pas €x€ achevee, ce qui nest guere regrettable. 



149 

Troisie:me volume. 

V^mvelles Q4ventur€S de Vadmirable T^on Quixotte de la 
oManche, compasses par le licentie Q/ilonso Fernandez Q/ivel- 
laneda : Et traduiies de VEspagnol en Franqois, Tremiere edi- 
tion. q4 ^ruxelles, che^ GuillaumeFricx, etc. 1707. Avec privi- 
lege du 7^/, 6 ff. non chiffres, titre, preface, et table, 548 pp. 
plus un feuillet avec lerrata au refto et, au verso, lapprobation, 
datee de Paris 25 oftobre 1702 et signde Fontenelle, plus Textrait 
du privilege du roi du i3 avril 1708, le meme que celui qui se 
trouve au tome second. 

Ce troisieme volume n a pas de gravures. La mention : pre- 
tniere edition est inexafte, car une ou plusieurs editions avaient 
precede celle-ci. Le privilege cite, de Paris, 1702, Tindique d'ail- 
leurs. 

Desque I'imprimeur ne voulait pas se borner aux deux parties 
du Don Quichotte de Cervantes , il fallait n^cessairement 
donner aussi la seconde partie publiee en premier lieu, sous le 
nom d'Avellaneda, qui parait etre le pseudonymed'un auteur Arra- 
gonais. Certes, cette continuation ne vaut pas celle de Cervantes, 
il s'en faut; mais elle la probablement provoqude et c'est la un 
titre a notre reconnaissance qui n'est pas k dedaigner. 

Lorsque je lus la note du catalogue Pichori, il me revint imm^- 
diatement en memoire que j avals vu annoncer cette Edition du 
Don Quichotte de Fricx en trois volumes. En effet, ces trois 
volumes sont indiquds dans le catalogue d'un bibliophile beige 
distingue, G. J. de Servais, Malines, 1808, p. 108, sous le n" 1394. 
L'exemplaire ne fut vendu que 2 francs. 

Par un hazard singulier, ce meme exemplaire, selon toute 
apparence, fit son apparition quelques mois apres la vente 
Pichon, lors de la vente des livres du baron Michiels van Ver- 
duynen, a Maestricht. 11 ne me fut guere dispute et je pus lac- 



i5o 

qu^rir pour la dixieme partie environ du prix des 2 volumes 
vendus recemment a Paris. II est vrai que mon exemplaire n est 
revetu que d^une simple reliure ancienne en veau brun. Une 
note indique qu'il provient de la vente Rymenans, qui fut faite a 
Gand en 1842. Or Rymenans, le redafteur du catalogue de Ser- 
vais avait achet^ une bonne partie de ses livres a cette vente, 
rest^e memorable dans les fastes bibliographiques dela Belgique. 

H. HELBIG. 



Le dMONTANUS ILLUSTRfi PAR LES WiERIX 



Avant de deposer parmi les doubles de la bibliotheque de 
Gand quelques ouvrages anciens de la seflion des Belles-lettres 
dont le catalogue se fait en ce moment, j*ai cru de mon devoir de 
les comparer attentivement avec ceux qui devaient rester sur les 
rayons de la bibliotheque. Je connais plusieurs ouvrages du 
XVP siecle portant a ladresse le meme mill^sime et qui sont des 
editions difFerentesde la meme annde. Quelques-uns varient par 
le texte, d'autres par les planches, et le titre cependant n en fait 
aucune mention. Nos anciens dditeurs ne tenaient guere, parait- 
il, a se prdvaloir de ce qu'on est convenu aujourd'hui d appeler 
un succes de librairie. 

Nous pensons done qu il est urgent d'examiner avec un soin 
scrupuleux les livres — et surtout les Editions anciennes — desi- 
gnds pour etre rel^gu^s dans le compartiment des doubles. 

Parmi ceux qui etaient destines k prendre ce chemin, se trou- 
vait un exemplaire d'un Hvre justement apprdci^ pour les belles 



i5i 

planches qui I'ornent et qui est devenu, grUce aux descriptions 
savantes et aux renseignements si pr^cieux au point de vue de 
rhistoire de Tart qu en a donnas M. Alvin, d'une valeur assez 
considerable. 

U sagit du recueii des podsies sacr^s de Benoit Arias Mon- 
tanus, illustr^ par les freres Wierix et dont voici le titre : 

Hvmance Salvtis Monvmenta 

®. Oirice oMontani Stvdio con 

sTrucTa et DecanTaTa. 

Q4nt)t^erpiae^ 

Ex Officina Cristophori Plantini, 

II existe de cet ouvragc une edition datde de iSyi , aussi imprimee 
par Christophe Plantin, et dont les planches ne sont pas les 
m^mes. Je ne m'occuperai que de T^dition sans date, celle dont il 
est question dans le Catalogue raisonn4 de rceiwre des freres 
Wierix, par M. L. Alvin. p. 319, et dans les Q/innales 'Planti- 
niennes, de M. Ch. Ruelens, p. 121. 

La bibliotheque de Gand possede deux exemplaires de cette 
Edition sans date, et c'est au moment de placer Tun des deux 
parmi les doubles que j ai pu constater de nombreuses diffe- 
rences entre eux. II est rdsulte de mon examen que j*avais sous 
la main deux Editions bien distindes. 

Celle decrite par MM. Alvin et Ruelens est d^poseea la biblio- 
theque de Gand, sous le n"* 1654 ^ dans la seflion des Belles- 
lettres. L'autre, dont la description suit — ■ pour ce qui concerne 
les differences a signaler — porte, dans la meme se<Sion, le n" 1654. 
Je designerai cette derniere par a, et la precedente par b, Le 
n° donne aux planches est celui des odes qui se trouvent en 
regard. 

Planche Vlll ; Techelle de Jacob estremplacde par un esca- 
lier : cette planche, une toute autre composition, est sign^e 
P. H. (Huysj. Dans Tedition b, elle est de Wierix (Alvin, 
n" 1606). 



Planches XXX et XXXI : monogramnies PB. IH. \V. (Pierre 
van der Borcht, Jerome Wierix . Dans Fedit. h ce sont des copies 
sans indication de gravenr. 

Planche XXXV : monogr. PB. AdB. \Abr. de Bruyn). Dans 
Tedit. h^ copie assez mediocre non signee. 

PI. XXX\a et XXXVIII : monogr. ADB. et PB. Dans Fedit. h. 
elles portent PB. et P. H. 

Pl. L : monogr. IH. W. IP. Non indiqnee dans le Catalogue 
desfreres Wierix. Dans Fedit. b : PB. et PH. 

PI. LIX et LX : monogr. PH et PB. Dans FediL b^ ces plan- 
ches sont signees IH. W. 1572 et IH. W. PB. Elles sont plus 
belles d*execution f Alvin. 1628 et 1629). 

PI. LXVIII : monog. PB. AdB. Dans Fedit. b, PB. IH. W. 
(Alvin, i636). 

PI. LXXI : porte Petrvs Van der Borcht inventor. \yjo. Dans 
Fedit. * ; Petrvs Van der borcht invent. i5j2 (Alvin, i638). 

Les planches XXX, XXXI et XXXIX qui ne portent aucun mono- 
gramme dans Fedition b sont ici signees IH. W. Elles ne sont 
pas indiquees dans Foenvre des freres Wierix. Celles numerotees 
XXXII, XXXIII, XXXIX et XL ne sont representees dans Fedit b que 
par des copies mediocres ou des epreuves retouchees assez mala- 
droitement. Celles numerotees LV, LXII, LXIII, LXIV et LXV pre- 
sentent des differences dans les details. 

Les planches non citees ici sont les memes dans les deux edi- 
tions. 

Les epreuves de Fedition a sont en general beaucoup plus 
belles, ce qui me fait supposer qu'elle est anterieure a Fautre. 

Les notes a 2 col. el I'index qui suivent les odes d'Arias Mon- 
tanus occupent 3o pages chiffrees dans Tedit. a ; dans Fautre elles 
en comprennent 39 (a lignes longuesl. 

lime reste encore un detail a signaler : Les planches VI a XXI, 
XXIV, et LXII a LXIX (23 planches) de Tcdit. a sont entoureesd un 



j53 

large encadrement avec fleurs, fruits, oiseaux, animaux, insedes 
et arabesques tres-varies ; aucun de ces encadrements , portant 
tous le monogramme IsD., ne se rencontre dans Tedition b. 

V. D. H. 



CH RON IQU E 

A la vente de la bibliotheque de Monsieur James Dix, de 
Bristol, oa se trouvait une reunion vraiment extraordinaire de 
Bibles et de Testaments en anciennes editions sorties de presses 
anglaises, il y avait aussi quelques rares et prdcieux ouvrages 
attribues a Wycleff, uniques meme pour la plupart, sans aucun 
doute : Consolation for troubled consciences, in-i6 , sans date, 
mais imprimd par Robert Redman vers 1527, 100 liv. st. — Wycliffe 
Crede, Paternoster and Ave oMaria^ in-i6, carafteres gothiques, 
« imprynted at London, in Flete street, next te saynte Dun- 
stone's churche, at the sygne of the George, by Robert Redman, » 
sans date, probablement vers 1527, 100 1. st. — Small Pagines to the 
Common people, in-i6, en carafteres gothiques, sans date (i532?) 
imprime par R. Redman, 100 1. st. — Testament of oMojrses, 
mth prayers of holy fathers, patriarches, prophetes, pidges, 
hyngeSj men and women ofholyconpersacyon, of the apostles, 
also of eyther testament, in-16, carafteres gothiques , imprimd 
par Redman, sans date, (i532?) 102 1. st. 

Ces quatre ouvrages, dont on ne connait dans aucune biblio- 
theque anglaise publique ou particuliere d'autres exemplaires, onl 
ete' acquis par le libraire Addington ; pour qui ? That is the ques- 
tion! 



LE PEINTRE GRAVEUR 

1 DES PAYS-BAS 

AU DIX-NEUVIEME SIECLE(l) 



139. La paysanne avec son tronpean, devant la mare aux 

canards. 

L. o,23o. H. 0,143. 

Au milieu du devant il y a deux arbres, au fond une mare, 
sur laquelle on voit deux canards. Sur le chemin qui passe der- 
riere les deux arbres et devant la mare se trouve la paysanne avec 
son troupeau de deux vach'es et trois moutons; le reste du 
paysage est boisd. Signd au haut de la droite : Bagdaar d. et 
/. 1807. 

I" etat. Avant le del. 

2« dtat. Avec celui-ci et le mot Major devant le nom. La 
paysanne est effac^e et refaite en plus petit. 

140. Les trois vaches se d^saltkant. 

L. 0,225. H. 0.141 1/2. 

A gauche et jusqu^au milieu de la planche, une mare ; au fond, 
des arbres ; vers la droite, au bord, trois vaches. Signe au has de 
la droite : Bagelaar d. etf, 1812. 

I" dtat. Avant le ciel. 

2* dtat. Avec celui-ci. 

(1) Suite. Voy. pp. 5-i5, 29-44, 77 91, ii3 124. 



i55 

141. Les deux pftoheurs a la ligne. 

L. o,2i5. H. 0,166. 

Une piece d*eau s'^tend en avant d'un bois. A gauche, quel- 
ques bestiaux sont au bord de Teau, a droite deux personnages 
sont montes sur une petite dl^vation. 

I" etat, Avant le ciel et le nom. 

26 dtat. Avec le ciel et le nom au haut de la droite : Major 
Bagelaar d. etf, 1818. 

142. L'homme portant du bois vient aupres du chien qui 

s^elance. 

L. o,2i3. H. 0,169. 

Une lisiere de bois; aupres de laquelle on voit a droite un 
espace deau borddde roseaux. Au fond, une ferme derrieredes 
arbres. A gauche ii y a Thomme avec son fagot et son chien. 

i«r etat. Avant le ciel et le nom. 

2« etat. Avec le ciel et le nom au haut de la droite ; Major 
Bagelaar d. etf. 

143. Les deux p^cheurs a la ligne dans la barquette. 

L. 0,210. H. 0,170. 

Une partie d'eau occupe toute la planche au devant de la 
droite, presque jusqu'a Textreme gauche. Au fond de la planche 
des ravins boisds. Vers la gauche, les deux p&heurs dans la bar- 
que, Tun debout et Tautre assis. 

1" etat. A leau-fbrle pure. Avant le ciel et le nom. 

2* etat. Avec le ciel et le nom au haut de la gauche : Major 
Bagelaar d, etf. 1818. 



i56 

144. Le pScheur au bonnet pointu. 

L. 0.212. H. 0,169. 

Une piece deau entouree darbres avec une dchappee de vue 
au milieu du fond. A gauche, sous les arbres, est assis le p^cheur 
qui est couvert d'un haut bonnet pointu. 

I" etat. Avant le ciel. 

2* etat. Avec le ciel et pousse a I'effet de nuit. 

145. L'ile au milieu du cours deau. 

L. o,25o. H. 0,206. 
T. c. L. 0,235. H. 0,180. 

Un cours d eau va se rdtrdcissant du devant de la planche vers 
le fond; il est borde a gauche dune allee darbres, et d'un bois 
a droite. Sous celui-ci on voit un berger avec un troupeau de 
cinq moutons et de trois vaches. 

ler etat. Eau-forte pure avant leciel. 

2^ etat. Avec le ciel et les travaux. 

146. Le berger aveo le troupeau de moutons passant derriere 

les 4 grands arbres. 

L. ?. . H. ?. 

T. c. L. o,23o. H. 0.177. 

Le paysage est ooise. Au devant, il y a quatre grands arbres : 
derriere le premier d entre eux, vers la droite, passe le troupeau 
de moutons conduit par le berger. 

(A continuer.) 



L'INVENTION DE L'lMPRlMERIEC) 



HENNE GENFLKISCH dit GUTENBERG 

Vers Id Bi) du quatorzieme, siecle naquit a Mayence Henne 
(Jean), second fils du patricien Friele zum Genszfleisch (Fr^d^rit 
de Genszfleisch) et d'Else zu Giidenberg (Elise de Gudenberg). 
Sa famtlie quilta la ville en 1420, k la suite d'une des nombreuses 
querelles entre la noblesse ct la bourgeoisie et se rendit proba- 
blement dans une de ses terres k Elrvill. II ne profiia point de 
lammstie d^crtt^e en 1430 par larchev&iue Conrad III, et dans 
iaquelle il se trouve mentionn^. Personnellement nous ne le 
rencontrons pour la premiere fois qu'^ Strasbourft, o^ le iz mars 
i43|, il comparut devant le grand Conseil a I'intercession duquel 
il fit reUcher le greffier Nicolas de Mayence, qu'il avail fait 
arr^ter pour avoir refusi de payer une rente due k lui, Guten- 
berg, par sa ville natale. II renon;a en cette circonstance a une 



(1) Suite, \oy. pp. 6i-66 ct g^-io*). 



i58 

reclamation de 3io florins du Rhin. Deux ans apres, il est men- 
tionne dans les registres comme constable, c'est-a-dire qu'.il est 
compte parmi les nobles. Une dame de son rang, Ennelin zu 
der isern Thlire (Anne de la Porte de fen Taftionne en 1437, de- 
vant la justice ^piscopale de Strasbourg, pour refus de ratifica- 
tions d'une promosse de mariage : et une contribution etantpayde 
plus tard par une certaine Ennel Gutenbergin (Anne de Gu-* 
tenberg) il est probable que la plainte de cette dame a ete suivie 
d'un mariage. Uun proces plus important est ceiui qui fut intentc a 
Gutenberg en 1439 par uncertain George Dritzehn. II r^sultedes 
depositions des temoins que Torfevre Hans Dunne a gagne (ou 
re^u) de Gutenberg environ cent florins « pour des choses qui 
concernent rimprimerie ; » 2" que, moyennant retribution, Gu- 
tenberg a enseigne k Andre Dritzehn, frere du piaignant. Tart 
de polir les pierres ; 3** que Gutenberg s'etait entendu avec Hans 
Riff pour la confection de miroirs en m^tal dont ils se proposent 
de faire Irafic a Tepoque du pelerinage d'Aix-Ia-Ghapelle. Et 
4" que Conrad Sahspach avait, pour ce travail, fabriqud une 
presse. Les mots imprimer^ presse, formes, ont tout naturelle- 
ment fait supposer que ce proces concerne Timprimerie. » Cepen- 
dant j'espere demontrer ailleurs qu il n'en est rien (i) : ici je me 



(1) Le proces de Strasbourg a ete appliqud a la typographic, d'apres les 
diverses manieres de la comprendre, par Schupflin qui a d^couvert et public 
les documents en 1760, par Baer, Meerman, Heinecken, Oberlin, Fischer, 
Lambinet, Daunou, De la Serna Santander, Lichtenberger, Koning, Schaab , 
Falkenstein, Delaborde, Umbreit, Bernard ; dautres, tels que Ottley et Dib- 
din, doutent; Fournier, Scheltema, Wetter et De Vries sont d'avis qu'il n'y 
est nullement question dimpression de livres. Toutefois la plupart de ces 
auteurs, ont, selon leur parti-pris, embrouille plutot qu'ils n'ont dclairci le 
texte bas-allemand des pieces du proces. Berjeau reprend mSme la spiri- 
tuelle idee de faire imprimer le Speculum [Spiegel) a Strasbourg, par Guten- 
berg. 



i59 

borne a faire ressortir une seule chose, savoir : que depuis son 
depart, Jean Gutenberg s'etait livre a I'industrie et y avait acquis 
assez d'habilete pour etre capable d'instruire les autres. Dans ce 
proces, il est question de polissage, de presses, de plomb ; rien n'in- 
dique quil pratiqua la xylographie. En 1441, nous le rencontrons 
comme caution ; lann^e suivante, il fait lui-meme un emprunt ; 
en 1444, il paie Timpot du vin et ce n est qu'en 1448 qu il se re- 
trouve de fait k Mayence; Arnaud Gelthuss s'y portegarantpour 
iui d'une somme de i5o florins d'or. A Mayence aussi, c est un 
proces, dont Tafte dresse par 16 notaire Ulric Helmasberger 
subsiste encore, qui nous permet de suivre ses operations pen- 
dant quelques annees. Par ce proces suscite en 1455, les fails 
suivanls ont ete etablis avec une certitude historique : i" le 
22 aoQt 1450, Jean Fust, bourgeois de Mayence, et Jean Guten- 
berg font une convention envertude laquelle le premier preteau 
second 800 florins d or au taux de 6 7o. Cette somme fut aug- 
mentee par la suite, et en 1435 Fust fait a Gutenberg une som- 
mation judiciaire Iui de payer 2020 florins. 2° Gutenberg a em- 
prunte cet argent afin de se procurer des « outils, » de payer « le 
loyer de sa maison, et des salaires, d acheter du parchemin, du 
papier, de Tencre etc. : » Le travail a executer etait appele das 
Werk der Bucher, le travail des livres. Cestici d'ailleurs qu'il est 
pour la premiere fois question d*imprimerie, et le premier ou- 
vrage auquel la nouvelle invention fut appliquee en grand est 
la celebre Bible de 42 lignes. Gutenberg avait donne a Fust, en 
nantissement des avances faites, sa presse avec scs accessoires ; 
devenu incapable de sacquitterde sa dette envers ce dernier, il 
laissa probablement le gage tout entier aux mains du preteur. 
L'un des temoms fut Pierre (Schoffer) de Gernsheim, prece- 
demment calligraphe a Paris et devenant le gendre de Fust peu 
de temps apres le proces. Ddbarrasses de Gutenberg, Schoffer 
et Fust editerent en 1457 un superbe Psautier, le premier livre 



i6o 

ou il soit fait mention du nom de la ville, de celui de Timprimeur 
et de I annee ou il a ete publie. Gutenberg reprit son travail inter- 
rompu, avec les fonds que lui fournit cette fois le dofleur Humery . 
Toutefois, ce fut seulement en 1460 qull edita un grand ouvrage 
connu sous le nom de Catholicon. Le ly Janvier 1467, Telecleur 
Adolphe II le nomma un des gentilshommes de sa cour et cest 
peu de temps apres, c est-a-dire ayani le 24 fevrier 1468, qu*il 
mourut. Son imprimerie fut transportee a Eltvill et devint la 
propriety de Bechtermunze. Gutenberg, tout comme Louwerijs 
Janszoen, a ete honore d*un monument en bronze comme inven- 
teur de rimprimerie, a Mayence, sa ville natale. 

Interrogeons d*abord le temoignage du siecle qui vit surgir 
la plus importante de toutes les inventions, a cette epoque, ou lies 
rivalites des pays et des villes ne pouvaient pas encore exercer 
leur influence pour obscurcir la question. 

Pour ce qui concerne Vendroii ou Tinvention fut faite, le quin- 
zieme siecle ne se borne point a le faire cdnnaitre par insinua- 
tion, ou par simple annonce : il a proclame a son de trompe que la 
ville de Mayence fut le berceau de la typographie. Rappelons 
surtout la re^narquable soUscription de Gutenberg en 1460 : 
« Avec Taide du Tres-Haut, sur un signe de qui les langues des 
enfants deviennent eloquentes et qui revele souvent aux faibles 
cequ il voile aux forts, aux humbles ce qu'il cache aux sages, ce beau 
livre du Catholicon a, dans Tan de grace 1460, ete imprimd et 
execute dans la noble ville de Mayence, qui fait partie de la 
glorieuse nation allemande que la clemence divine a daigne 
choisir entre toutes les nations de la terre pour lui accorder les 
premices de cette sublime lumiere de rintelligence. Et ceci a dte 
fait non pas h Taide du roseau, du style ou de la plume, mais par 
Tetonnanle combinaison, proportion et module des poin^ons et 
des matrices. » Ainsi s'exprime, dans le langage theologique de 
rhumilite; quelqu'un qui ne s'estime rien moins que Tinstru- 



i6i 

ment choisi par Dieu pour ajouter a la gloire de son pays. Pierre 
SchofFer insere Tdloge de Mayence dans plusieurs adresses de 
ses publications depuis 1465, et il Tappelie formellement le ber- 
ceau de rimprimerie dans des Editions de 1465 a 1474. Get exemple 
fut suivi par un irajn-imeur de Bdle entre 1476 et 1486, par le 
typographe mayen^ais Jacques Meydenbach en 1491, et par un 
troisieme a Vienne en 1497 (^)* Jamais, pendant tout le cours du 
quinzieme siecle, on ne contesta k la ville de Mayence I'hon- 
neur d'avoir fte le berceau de rimprimerie ; eette pretention est 
au contraire confirmde par toutes les chroniques qui font men- 
tion d*une ville et jusque en Angleterre a Londres en 1482, par 
William Caxton qui apprit son art a Cologne, probablement 
chez Ulric Zell. Dans Tddition du Fasciculus temporum, de 
Werner Rolevinck, de Laer, laquelle parut a Cologne chez 
H. Quentell en 1478 et 1481, on trouve ce passage : Impressores 
librorum multiplicantur in terra y ortum suae artis habentes in 
Moguntia, Ces derniers mots font encore defaut dans Tddition 
d'Arnold ter Hoerne imprim^ea Cologne en 1474, et sur laquelle 
a dte faite Tddition latine de Jean Velde.ier (Louvain, 1476) et 
Tedition hollandaise du meme (Utrecht, 1480), ou par consequent, 
on ne lit que ces mots : Ende die boeckpriniers tporden seer 
vermenichHn alien landen (et les imprimeurs augmentent en 
nombre dans tous les pays.) Par un vrai tour de passe-passe, 
Kbning s'est servi de cetie courte phrase pour en tirer un argu- 
ment contre Mayence : selon lui, cette phrase demontre que 
Veldener etait trop bien renseignd pour admettre que I'invention 



(1) Bn 1823, on decouvrit chez nous le motif veritable de ces mentions de 
Mayence dans les premiers produits de I'imprimerie : elles ont simplement 
pour origine un sorte de maladie. probablement contagieuse, chtz les typo- 
graphes : « la fievre du trafic. w Cette explication est, en cfl'et, d'une admira- 
ble simplicite. 



dertrnprimesieaitealieo a Mayence ; comine si, en 1476, Veldener 
eiit pa contrefiure a Lamrain on teste imprime en 1478 a Colo- 
gne ! Do reste, le silence qo obsenre, meme en 1480. Ilionune qui 
se senrit en 1483 des gnnrures do SpiegH der Bekaudenis^ ne 
nous apprend pas davantage que Veldener en savait plus long 
sur rorigine de la typographie que Rolevinckoa son continua- 
teur. 

Le silence des imprimenrs neerlandais, c*est-a-dire leur con- 
fiance absolue dans les declarations des tjrpograpbes de Mayence, 
<^tait dailleurs aussi general en Hollande que partont ailleurs. 
On imprime, a Harlem, de 1483 a i486 : trois imprimeurs natifs 
de Harlem exercerent leur art en Italie, savoir : Nicolas Pieterz, a 
Padoue, en 1476, et a Vicence, en 1477 ' Henri de Harlem, a Bolo- 
gne, en 1482 , a Venise en 1483, a Sienne en L488, et a Lucques 
en 1491 ; enfin Gerard de Harlem, a Florence, en 1498 ; nuUe part 
on n aper^oit Tombre d*une mention faite par ceux-ci a la gloire 
de leur ville. (i) II faut vraiment etre doue d*un genre de cou- 
rage peu digne d envie pour oser dire en presence de la tacitur- 
nity de ces enfants de Harlem : « Quel argument temoigne plus 
fort en faveur (! ?) de Forigine harlemoise de Timprimerie? » 

II n existe non plus aucune incertitude reelle quant a la per- 
sonne de Tinventeur. Nous connaissons par le procds de 145') les 
rapports pleinsd'hostilite qui existerententre Gutenberg et Fust, 



(1) On a fait a Harlem une tentative pour apercevoir quelque chose dans 
ce vide : au sujet de la souscription a ^TsQicolaus Vetri de Harlemo de HqI- 
landia A lmanus,n expression analogue a celle de Theodoricus de*I{ynsburg 
et ^einaldus de ^^oviomago Q/llamanni, Johannes Q^lamannus de oMe- 
demblick, on trouve dans les Gedenkschriften (1824,) la reflexion suivante : 
« Cette mention si precise de Harlem comme lieu de naissance, a bien 
quelque apparence de servir la de titre de recomraandation, ou d'exprimer 
le desir de s'honorer de ce nom glorieux. » 



i63 

hostility qui continua k subsister entre I'inventeur et Schoffer, le 
gendre de Fust. Le proces fait exclusivement mention de ce 
derniec comme bailleur de fonds de Gutenberg, et Tinvention 
e'tait pour ainsi dire entierement achevfe avant Tarrivde de 
Pierre Schoffer a Mayence. Les ameliorations techniques intro- 
duites plus tard par Schoffer n*ont rien change a T^tat de la 
. chose m^me, malgr^ les efforts que Ton fit dvidemment pour en 
exagdrerrimportance aux ddpens de Gutenberg. Durant la vie de 
ce dernier, ni le pere. ni le fils ne s'attribuerent aucune egpece de 
gfoire a ce sujet; mais immddiatement apres sa mort, Schoffer, 
sappuyant avec intention sur le passage de la rdsurredlion dans 
TEcriture (St-Jean, 20, v. 2-6) dit : « que Dieu a envoyd les 
maitres souverains dans Tart de graver les lettres, savoir, les 
deux Jean natifsde Mayence (Gutenberg et Fust), les premiers et 
celSbres imprimeurs avec lesquels Pierre (Schoffer) marcha vers 
le tombeau bien-aimd, arrivd le dernier, il est vrai, mais y entrant 
le premier : inspird comme il le fut par celui qui seul accprde la 
lumiere et Tintelligence, il devint leur maitre a tous dans Tart de 
tailler (les lettres). » 

En 1483, Jean Gutenberg, chevalier a Mayence , est, sans 
reserve aucune, appeU I'inventeur de Timprimerie par Matthias 
Palmer (ne k Pise deja en 1423), lequel continua la chronique 
d'Eusebe jusqu'en 1481 ; et en 1484 par Pierre Schoffer lui-meme 
dans sa communication k Trithemius. Dix ans apres, Gutenberg 
est exalte en vers latins, comme inventeur de Timprimerie, par 
deux professeurs de Heidelberg et, en 1499, il est signal^ dans 
une epigramme de Wimpfeling, comme celui qui le premier 
imprima avec des cara£leres en mdtal. De la meme annde date 
Tepitaphe de Gutenberg : artis impressoriae repertori, de omni 
natione et lingua optime merito, in nominis sui memoriam im- 
morialem Q4dam Gelthus posuii. Ce fut seulement en i5o3 que, 
dans le premier livre qu'il imprima, Jean Schoffer, pettt-fils de 



164 

Fust, eut rimpudence de glorifier celui-ci comme auteur de la 
grande ddcouverte. De ce moment date la confusion. A ceci vint 
se joindre bientot la pretention des Strasbourgeois et la question, 
dans le principe fort peu compliquee, fut pour trois siedes 
absolument gatee. On fit des conjedures au lieu de constater des 
faits, on debita une foule d'histoires, des compilateurs sans cri- 
tique se copierent les uns les autres, les plaidoieries commen- 
cerent leur cortege de stratagemes et de sophismes et il en 
resulta, par rapport a Tinvention de Timprimerie, une littdrature 
speciale qui, tantot d^sole, tantot dcoeure^ celui qui se met aia 
recherche de la vdrite et souvent Fexaspere avant mSme qu il ait 
touchd le fond de la question (1). 

II rdsulte du moins une ample satisfaction de ce rude labeur 
de recherches, savoir que la seule etude des temoignages de 
rhistoire et Femploi d'un peu de critique a la fa^on de Tu- 
bingue, suffisent pour faire jeter par dessus bord : i"* le rapport 
technique entre la xylographie et la typographic, cette derniere 
dtant un art parfaitement distinct ; 2* Tusage primitif de caraderes 
en bois, attendu que la conception des cara£leres en metal 
se lie immediatement au principe m£me de Tinvention ; 3*" les 
diverses histoires de vols commis, histoires qui sont les fruits 
tardifs de pretentions sans fondement (Junius 1567, Specklin 
i58o, Atkyns 1640) ; 4'' enfin, les renseignements copies par les 
savants en chambre qui n*ont rien compris a la typographic, et 
qui, dans la recherche de ses origines n^ont fait aucun usage de 
critique. 

Cependant je ne puis me livrer ici a cette ra!{jia, sans poser 
des axiomes ; par consequent je me borne a constater une seule 



(t)On pourrait ramasscr par boisseaux de la balayure de citations, dans 
les £Monumenta de Wolf, les Origines de Meerman, et les histoires criti- 
ques ou pragmatiques de Schaab et de Wettcj. 



i65 

chose, savoir que les Pays-Bas ne font; point exception dans 
les tdmoignages du XV« siecle. La tranquille indiffdrence du 
oMagnum Chronicon ^elgicum ("1474^, de la Chronique im- 
primie a Gouda (1478), des Q/lnnales d'Egidius de Roya (1479), 
de la Dzvi^iekroniek (i5i'j)y et autres sources de ce genre, a deja 
ete comraentee par Meerman. 

Nous ne connaissons qu un seul passage Xir6 du Ratio queru- 
losa contra Invasores Sacerdotum ; il y est dit : « Constat.,, 
nostris iatn temporibus calchographium, hoc est impressoriam 
artem^ in nobilissima Germaniae urbe oMaguncia fuisse 
rep (er) tam . » Ces mots se trouvent dans un petit ouvrage im- 
prime a « Delft en Hollande » par Chr. Snellaert vers 1495. Les 
ddcouvert^s faites en dernier lieu dans les chroniques manus- 
crites sont tout aussi defavbrables. M. Charles Ruelens a com- 
munique au bulletin du bibliophile ^elge (i855, p. 6), une note 
dcrite probablement en 1467 et empruntee a une chronique d'un 
village limbourgeois appele Beeck. « Elle s*exprime ainsi : » Les 
livres imprimis ou le premier art de Timprimerie ont et^ inventes 
a Mayence en Tannde 1440 ; maisplus tardilsse r^pandirent partout 
et dans plusieurs villes dans les annees 1460, 1463, 1465, etc. Et 
cet art fut invente pour la premiere fois dans la ville de Mayence. » 
Ensuite nous devons prendre en consideration les paroles du 
continuateur de la Chronique de Jean Gerbrandsz. Elle ont ete 
publiees par le professeur Kistor. dans le Kerkhist oArchief 
fll, 83) et par le professeur de Hoop Schefifer dans le V^vors- 
cherde 1866 (XVI, i3i) : « Q4nno Domini 1440 ars imprimendi 
libros oMaguncia ortum habuit et Joannes Fust eiusdem artis 
primus omnium indubitatus inventor fuit. » La mention du 
nom de Fust ofFre la preuve direfte que ces mots ont ^te ecrits 
apres i5o3, et comme le manuscrit finit avec i5i6, ils doivent 
eire de la periode comprise cntre i5o5 et i5i5. Nous nous occupe- 
rons plus tard de leur importance pour la question. 



\66 

Le quinzieme siecle se prononce done universellement en fa- 
veur de Mayence, et nulle part on By trouve d'opposition du 
cote de la HoUande. Nous ne pretendons rien decider, mais 
nous d^irons qu*il soit reconnu que de puissants arguments 
sont necessaires pour venir renverser, dans la seconde moitie du 
sei^ieme siede, rinvention allemande anterieure a Tannee 1450. 
et Fattribuer a une viUe neerlandaise que Ton cite seulement, 
depuis i56i, comme en ayant ete le berceau. Avant cette epoque, 
on ne rencontre pas la moindre trace d'un temoignage en sa 
faveur. — Halte-la ! la chronique dite Cronica van der hilliger 
Stat van Coellen , imprimee a Cologne par Jean KoelhofF 
en 1499, ^ttribue si dairement et si formellement Finvention de 
rimprimerie a la Hollander qu'on en est venu a proclamer a son 
de trompe quelle est le boulevard des pretentions de Harlem. 
Que Ton juge par quelques citations du credit accorde de tous 
cot^s au r^it de cette chronique : 

a Pour ce qui nous regarde, nouscroyonspouvoirmentionner 
et considerer la version du chroniqueur de Cologne, telle qull 
la tient de la bouche memed*Ulric Zell et qu*il Fa communiquee 
au monde entier, comme etant le recit et le temoignage les 
^Xusanciens^ les plus authentiques et les plus certains de la veri- 
table origine d*une des plus utiles connaissances de Thomme. » 
(KONING.) 

V Ce tdmoignage de Zell, cette attestation du disciple de Gu- 
tenberg, est de la plus haute et de la plus decisive importance. » 

(deVries.) 

« A Trittheim, nous joignons Ulric Zell dont le temoignage a 
toujours passd pour etre Fun des plus concluants » (UMBREIT.) 

(( Les deux plus importantes sources du quinzieme siecle 
sont la chronique de Cologne de Fannee 1499, etle temoignage 
emprunte aux Annales du convent de Hirschau, par Fabbc 
Trittheim. » (Falkenstrin.) 



167 

t Pour etablir une opinion sur un point quelconque de This- 
toire de I'origine de rimprimerie, il faut remonter a la source 
de nos renseignements et s*arreter au temoignage d'UIrich Zell, 
qui m'a toujours paru le rapport le plus important, parce qu'il 
doit etre le plusvdridique de tons les documents sur lesquels on 
s'appuie. C est en efFet le seul ^man^ d'un tdmoin qui, tout en dtant 
initio a la marche de Imvention, n a aucun interet dans les con- 
testations auxquelles Thonneur de cette nouvelle conquete de 
Tadresse de Thommc donne lieu, nayant aucune pretention, ni 
pour lui, ni pour sa ville natale, ni pour les siens. Cest le pre- 
mier qui se trouve conduit a discuter Forigine de rimprimerie, 
et qui se croit oblige krevendiquer pour son veritable inventeur 
une reconnaissance qui tendait ddja a s*dgarer au profit de ses 
imitateurs ; c*est enfin le seul qui fut a la fois capable, par ses 
occupations, de comprendre les ddveloppements successifs du 
proce'dd. » (DE LA BORDE.) 

Nous devonsdonc, aidant tout, etablir ce qu Ulrich Zell, — qui 
d'apres le temoignage dire£l de ses types fut un eleve de I'impri- 
merie de Fust et de SchofFer, — a communique au choniqueur 
de Cologne. 



V 

ULRICH ZELL 

En coupant en deux le premier verset des psaumes 14 et 53, on 
pourrait trouver dans la Bible la justification de Tatheisme. Le 
meme procede a ete applique jusqu ici au passage tire de la 
Chronique de Cologne, pour prouver levidence de lorigine 
ne'erlandaise de la typographic. Afin de soumettre la justesse de 
cette appreciation a quiconque est capable de lire et de juger par 
lui-meme, je vais, pour la premiere fois, reproduire tout le cha- 



1 



i68 

pitre concernant « rimprimerie n, car il en a ete du temoignage 
d'Ulrich Zell, comme de mille autres citations cdlebres. On lit 
beaucoup au sujet du temoignage. mais on se pr^occupe peu du 
texte lui-meme. Au lieu done de foumir au ledeur un ^claircis- 
sement par voie d*autorite , je vais faire en sorte qu il se fasse 
lui-meme sa conviflion. Je remplace le patois bas-allemand du 
texte par une traduction litterale, de maniere que rien ne s oppose 
a ce que Ton prenne connaissance du fameux chapitre. II est d ail- 
leurs plein de colons et de chaleur; on y trouve un sentiment 
d elevation qui finit par eveiller dans notre dme de la sympathie 
pour le chroniqueur. Afin de ddbarrasser le fait important de 
particularites plus secondaires, ces demieres seront releguees 
dans les notes. 

Nous lisons dans la Chronique de Cologne : « A quelle 
epoque, dans quel lieu et par qui a et^ invent^ Tart inexprt- 
mable dlmprimer des livres? II est bon de remarquer que, dans 
ces derniers temps, Famour et I'ardeur des hommes ont conside- 
rablement diminue ou se sont entaches tantot d*une vaine ambi- 
tion de gloire, tantot de cupidite ou de paresse, choses particu- 
lierement condamnables dans le clerge, qui se soucie et s occupe 
bien plus d*amasser des biens temporels et de rechercher les salis- 
fa£lions de la chair que de travailler au salut des ames, ce qui 
cause la perdition des masses ; car, a Texemple de ceux qui les 
dirigent, ils convoitent les choses perissables comme s'il n y en 
avait point d'^ternelles et qu il n y eut point de vie apres celle-ci. 
Mais pour que la negligence de ces bergers et le mauvais 
exemple des predicateurs en general, qui souillent la parole 
divine, trahissant ainsi leurs indignes convoitises^ ne soient plus 
un sujet d*offense ni de chute pour les bons Chretiens , et pour 
que personne ne puisse se croire justifiable, le Dieu ^ternel a, 
dans son impenetrable sagesse, crde un art glorieux, celui dim- 
primer des livres, lesquels se multiplicnt mainlenant en nombre 



169 

tei que chaque homme peut, par iui-meme ou par autrui, 
apprendre a connaitre le chemin du salut. Je ne tenterai point de 
depeindre ni de raconter la gloire, Tutilitd et la felicitd qui 
resultent et qui sont dej^ resultees de cet art, car elles sont inex- 
primables. J en appelle a tous ceux qui aiment les lettres. Dieu 
accorde cet art a ses enfants laiques qui savent lire Tallemand, 
aux savants qui font usage de la langue latine, aux moines et aux 
nonnes, en un mot a tous. Oh I que de.prieres, quelle immense 
edification peuvent etre puises dans les livres imprimis ! Que de 
precieux et de salutaires avertissements se font par les predica- 
tions ! Et tout cela derive de cet art sublime. Ah ! que d'utilit^ et 
de bien peuvent produire, pour peu qu'ils le veuillent, ceux 
qui font ou qui aident k faire des livres imprimes ! Que celui qui 
desire s'instruire a ce sujet, consulte le petit livre De hude Scrip- 
iorum, dcrit par le grand et celebre dofteur Jean Gerson (i), ou 
bien le petit ouvrage edite par le pere spirituel Jean de Tritten- 
heim, abbe de Spanheim (2). Cet art Eminent a tout d abord ete 
invente k Mayence, sur le Rhin, en AUemagne. Et c'est pour la 
nation allemande un grand honneur quon y trouvedes hommes 
aussi ingenieux. Ceci a eu lieu environ Tannee de Notre-Sei- 
gneur 1440, et depuis ce temps jusqu'a lannee 1450, Tart et tout 
ce qui s'y rapporte fut livrd aux recherches. Et dans lannee de 
gr^ce 1450, laquelle fut une annde d or (un jubile), on commenca 



(1) Jean Koelhof, de Lubeck. chez qui parut, en 1499, la Chronique, impri- 
ma, a Cologne, de 1472 a i5oo. De mSme que Zell. il edita des ouvrages de 
Gerson, et ce fut chez lui que parut le premier recueil des oeuvres de ce der- 
nier, en quatrevol. in-folio, en 1483-84. Un traite De Laude Scriptorum, 
par Gerson, semble jusqu'a present Stre restd ignor^ des bibliographes. 

(2) L'ecrit de Trithemius, dont il est question ici, est intitule : De Laude 
Scriptorum pulcherrimus tra^atus, imprim^ in-40, k Mayence, par Pierre 
Friedbefg, dans Tannee 1494. 



a imprimer, et le premier livre qu'on imprima fut la Bible en 
latin. Elle fut imprimfe en gros caracteres (schrifft), pareils a 
ceux qui servent aujourd'hui a Timpression des missels (i). 
Quoique (ainsl qu il a etd dit precedemment) Fart, de la fa^on 
qu'il est aujourd*hui g^ndralement pratiqud, ait dte invent^ a 
Mayence, la premiere conception (die eyrste vurbyldung) a et^ 
trouvee en HoUande, dans les Donats; imprimfe avant cette 
epoque. Et c est d'eux et d apres eux que Ton prend le commen- 
cement dudit art. Et on inventa quelque chose de plus magistral 
et de plus subtil que n'etait cette maniere ; par le temps , cela 
devint toujours plus ingdnieux. Quelqu'un du nom d'Omni- 
bonus, dit dans une preface au livre nomme QuinSilianus, ainsi 
que dans plusieurs autres livres, qu un Fran9ais, nomme Nicolas 
Jenson, a le premier invente cet art eminent; mais ceci est un 
mensonge manifeste, car ils vivent encore ceux qui peuvent 
temoigner qu on imprimait des livres a Venise avant Tepoque ou 
Jenson vint s y etablir et se mit a y tailler des lettres et a prati- 
quer (2). Le premier inventeur de I'imprimerie fut un bourgeois 



(1) On a voulu prouver par la que Zeli n*a point fait allusion a la Bible de 
42 lignes, parce que ses cara£leres ne sont comparativement pas assez 
grands pour des types de missel. Cependant la majeure partie des missels 
qui parurent vers la fin du xv« siecle, fut imprimee en petites lettres. Seule- 
ment, le canon de la messe et certaines prieres, devant Itre lus a distance, 
etaient en plus grands caradleres. En 1466 et 1467, Zell imprimait reellement 
avec de petits cara£leres, de la grandeur de ceux du Catholicon, de Guten- 
berg, et du Rationale Durandi, de Sch{)ifer. Les types de sa Bible latine et 
des Gesta Romanorum sont seuls un peu plus grands. En comparaison de 
ses petits caraderes, il pouvait par consequent fort bien appeler grands 
ceux de la premiere Bible imprimee a Mayence, en les rapprochant des types 
de missel, dont ils avaient exa^lement la forme. 

{2) L'erreur commise par Ognib^ne de Lpnigo (Omnibonus Leonicenus^ 
et qui estcombattue ici, se trouve dans 1 edition de Quintilien de 1471. Jean 



de Mayence, qui naquit a Strasbourg et qui s appelait messire 
Jean Gutenberg (i). Apres Mayence, cet art fut dabord port^ a 
Cologne, puis k Strasbourg et plus tard k Venise. Son origine et 
ses progres m'ont 6x6 communique verbalcment par Thonorable 
maitre Ulrich Zell, de Hanau, qui est encore k cette heure, 
en 1499, imprimeur k Cologne, et par lequel ledit art a 616 intro- 
duit en cette ville (2). II y a aussi des pedants [vurwit:{iger man) 
qui pretendent qu on imprimait deja des livres autrefois , mais 
c'est une imposture, attendu que dans aucun pays on ne trouve 
des livres imprimes de cette mSme ^poque. Un grand nombre 
d'ouvrages ont aussi ^te perdus, et il est impossible de les 
retrouver, parcequeTonen avait faittrop peu de copies : tels sont 
la plus grande parlie de Tite-Live, les livres sur les dieux popu- 



de Spire imprimait deja cependant a Venise, en 1469. La date de 1461, 
apposee a un livre de Jenson (Decor Pueil^rum)^ repose sur une faute d'im- 
pression, ce livre n'ayant paru qu'en 1471. 

(i) Etant instruit de Id circonstance que Gutenberg fut, pendant un quart 
de Steele, absent de Mayence, et qu'il quitta Strasbourg pour retourner dans 
la premiere de ces villes, il n'est pasetonnant qu'on I'ait pris parfois pour un 
Strasbourgeois. 

(2) Ulrich Zell, clerc du diocese de Mayence, edita, en 1466, le premier 
livre imprime. date de Cologne (Chrysostomus supra Psalmo quinquage- 
simo). Panzer suppose (Annales typographiques, I, 274) que Zell importa 
deja, en 1462, Tart d'imprimer, a Cologne, du moins il y ^dita plusieurs 
imprimes non dates. Le plus ancien ouvrage, avecdate, de Strasbourg, est le 
Decretum Gratiani, de Eggestein, de 1471, mais Mentel imprima a Stras- 
bourg longtemps avant cette epoque, quoique la plus ancienne date de Tune 
de ses publications de 1466, y soit seulement ecrite a la main. La premiere 
date imprimee est de 1472. Tout bien considere, les renseignements de Zell 
semblent Stre scrupuleusement exa£ls, et les doutes €mis sur sa veracity par 
les partisans de Gutenberg, tant fran9ais qu'allemands, ne constituent dans 
Icur polemique qu'une enorme faute qui ne peut s'expliquer que par un 
ezces de partialite. 



( 



172 

laires, par Tullius, les ouvrages sur les guerres entre les Alle- 
mands et les Romains , Merits par Pline , dont il reste peu ou 
point de trace. Comme toutes les choses de ce monde, cet art 
utile et divin trouve aussi ses detrafleurs ; mais cela me semble par 
trop injuste, vu que Ton ne doit point interdire Fenseigneraent 
des choses qui sont bonnes a lire et h mediter. Quoi de plus utile 
et de plus salutaire que de s'appliquer a ce qui a rapport a Dieu 
et a notre salut? L'^criture Sainte ne^t pas comprise de tous 
ceux qui la peuvent lire en latin. II en est de meme de ceux qui 
la lisent traduite en allemand. Mais pour peu que les uns et les 
autres veuillentsy appliquer, ils acquerront, par la lefture du 
latin comme de Tallemand , beaucoup de lumiere et de profit , 
comme je Tai maintes fois constate chez des personnes qui 
savaient parler des choses spirituelles avec conviction et assu- 
rance. Le plus souvent, ce mdpris vient du c&t^ de ces faux 
savants qui, par paresse et par ignorance, sont incapables de 
repondre quand d'honnetes gens les interrogent et les couvrent 
de confusion. D'autres manifestent la crainte que Timprimerie 
ne fasse surgir des erreurs. Mais lors meme qu il en serait ainsi. 
elles seraient bient&t refutees par les savants. On a rarementvu 
et oui dire que Theresie soit sortie du peuple, mais ordinairement, 
pour ne pas dire la plupart des fois, elle est due a la presomption 
des savants. II en est egalement qui sont d'avis que la multipli- 
cation des livres engendrera le mal. Je voudrais bien savoir 
pourquoi. Pour ceux qui cherissent les arts et la gloire, Tepoque 
presente est une epoque heureuse et b^nie, un vrai siecle d'or dans 
lequel ils peuvent culti ver le champ de leur intelligence en y seman t 
la graine de choses innombrables et dtonnantes, ou eclairer leur 
esprit par une foule de rayons divins. A ceux, au contraire, qui 
ne se soucient ni des arts ni du salut de leur ame, je dirai : Ayez 
de la volont^, et avec la moitie du travail vous apprendrez en peu 
de temps tout ce qu'autrefois on n apprenait qu en plusieurs 



•73 

annees. Toutcela estTefFet de la grande aflivite que ddploientde 
divers c6tes ceux qui impriment ces livres, qui surpassent incon- 
testablement les manuscrits de jadis. Celui qui veut se faire du 
tort k lui-meme, a qui rend-il service? Un coq, dlt Esope, trouva 
un jour une pierre pr^cieuse dans un fumier, mais ne sachant 
qu'en faire, it la jeta. II est inutile de je.ter les perles aux pourceaux. 
Heureux ceux qui mettent en oeuvre les dons que Dieu leur a 
donnes et qui s'en servent pour en acquerir d'autres. » Voila ce 
que dit la Chronique. 

Personne ne le niera : nous avons affaire ici a un esprit lucide, 
ayant Tentiere conscience de ce qull ecrit, se rendant compte des 
destinies futures de la typographie et devancant son dpoque. 
Non seulement il ose blllmer s^verement un clergd corrompu, 
mais il ^met en 1499! des arguments contre la censure et le tim- 
bre des journaux (i). En sappuyant sur Tautoritd d'Ulrich 
Zell, le chroniqueur s'est done rendu un compte exaft de Tim- 
portance dii fait qu il raconte et Ton ne saurait porter assez haut 
la valeur de son t^moignage qui est en m£me temps le discours 
polemique et apolog^tique le plus ancien qui existe relativement 
a rimprimerie. Ddgageons maintenant la partie importante dece 
rapport, enfin d'embrasser d'un coup dail ce qu'il peut contenir 
d'intdressant pour notre question. L'auteur dit : Uimprimerie a 
ele tout d'abord invent^e a Mayence ; apres un certain temps 
de recherches, Toeuvre meme de invention dtait achevee en 1460 
(c*est-a-dire lannde du contrat entre Gutenberg et Fust) et Ton 
commenca Timpression du premier livre qui fut un bible latine. 
L'art dont on fit usage, c est Tart de Timprimerie « de la fa^on 



(1) Le 4 Janvier i486 Telefteur Berthold, comte d'Henneberg, avait nomm^ 
une commission pour la censure des Hvres. 11 y dit que rinvention de I'im- 
primerie a, par Tinterveption divine, 6x6 faite dans la ville dor de Mayence. 

TOM. V. 12 



»74 

» qollcst aujourdliui generalement pratique » crsl a-dire laty- 
pogntphte). Le iiiodele, c cst-a-dire le prototype de cet art (iit 
emprunt^ aox Donats imprimes anterieurement en HoUande 
9 pstT one maniere <le procede de la xylographie) moins 
• mapstrale et sabtile que n etait Fart invente a Mayence, qui 
» avec le temps devint de plus en plus ing^nieux. » Cest 
un mensonge d^affinner que Jenson aurait ete le premier a in- 
venter a Venise « cet art eminent; non, ie premier inventeur de 
Vimprimerte a ete Jean Gutenberg a cMayence, II y a bien des 
p&Iants qui pretendent qu on a ^alement imprime des livres 
autrefois, mais c'est une imposture , attendu que dans aucun 
pays on ne trouve memedes livres contemporains de Gutenberg. 
Voila ce que contient le celebre rapport de Zell avec la simple 
addition de deux termes techniques. Je reconnais que tout re- 
pose sur Tappreciation juste de cette terminologies mais avant 
de lui donner son sens propre. je veux appder Tattention 
sur le langage plein dlnconsequences que Fexegese harlemoise 
substitue au recit clair et pr^is de Tauteur. En supposant un 
instant que Zell parle ici de Donats typographiques, done d une 
invention de rimprimerie faite en Hollande, alors ce soi*disant 
« dtfenseur de Harlem » debite les belles absurdit^s que voici : 
« L*imprimerie a tout d abord dte inventee a Mayence entre 1440 
t\ 1450. Non, i'art d'imprimer n'a point ete invente ^ Mayence, 
mais en HoUande, anterieurement a cette ^poque (c cst4-dire 
jfP^ant que la toute premiere invention eut etd faite !) Non ; Tart 
idimprimer a bien 6x4 invente en Ailemagne, car le premier in- 
venteur a dte Jean Gutenberg a Mayence. » Admirable raisonne- 
ment! Suivantla disposition desprit ou Ton trouve, suivant le 
but que Ton se propose, ou simplement suivant son naturel, on 
se divertit, on s'indigne, on s attriste tour a tour de voir les sauts 
de chevre que fait une semblable logique. Je transcris ici la 
plus miirie, la plus complete des explications harlemoises qui 



'7? 

aient ^te donnees du passage de la Chronique de Cologne. Elle 
date de 1862 etpeut, je pense, se dispenser de commentaire. — 

« II y a dans ce recit de Zell, quelque chose de tres-remar- 
quableet de na'if, qui demontre de la maniere la plus evidente, 
qu'il doit avoir &.€ non seulement un disciple reconnaissant, 
mats encore un admirateur enthousiaste de Gutenberg. Celui-ci 
est a tel point Tobjet de scs sympathies, qu'il sefforce de le mettre 
aussi haut que possible et quil regarde comme un grand 
honneur pour ses compatriotes allemands qu'un homme aussi 
ingenieux ait et^ trouvd parmi eux. Oui, dans Texaltation et Ic 
transport de son admiration passionnee, il va jusqu'^ lui attribuer 
I'honneuf de Tinvention ; mais, apres y avoir reflechi de plus 
pres (!), il se croit oblige aussitot de rdtrafter cette assertion et 
de la corrigcr (ah ! bah !) par un touchant amour de la v^rite. 
Cependant il ne peut se resoudre (oh !j a moderer cet dloge exa- 
gere (delicieux!)quen ajoutant expressdment que tout en n'^tant 
pas a proprement parler I'inventeur dired (ou done cela se 
trouve-t-il?), ce maitre tant admire, avait neanmoins rendu la 
pratique de cet art beaucoup plus ingenieuse et plus subtile 
qu'elle ne Tavaitete jusqualors et quil la perfeftionna de plus en 
plus. Tons ces grands mots « exaltation, enthousiasme, admi- 
ration passionnee, entrainement, touchant amour de la verite, » 
— constituent les memes artifices cxdgetiques au moyen desquels 
les rabbins ont tente de prouver que la fosse ou fut precipite 
Joseph et qui, selon TEcriture, etait « videet depourvue deau, »» 
n*en etait pas moins remplie de serpents. Une pareille explica- 
tion est jugee rien qu en la reproduisant 

Que restait-il done bien a inventer a « ce premier inventeur » 
a ce Gutenberg admire avec tant d enthousiasme et que Zell 
tache « d'elever si haut, » quand Tart d'imprimer proprement 
ilit, avait deja ete invente? 

De Pierre Schoffer, qui perfeclionna la fonte des carafteres^ il 



176 

finest question nulle part, mats toujours du premier inventeur » 
ant^rieur a 1450, et dont les droits sont plaides avec vehemence, 
contre Terreur qui preconise Jenson, et les pedants » qui pr^ten- 
dent qu on avait deja imprime autrefois. Et de vrai« le chroni- 
queur dont le temoignage « defie toute constestation et ne saurait 
etre mis en doute, » comme dit M . de Vries, ne range-t-il pas comma 
par anticipation ses inteq>retes harlemois parmi les gens teme- 
raires (purmt^igerman) f Le recit de 1499 constitue simplement 
un premier essai d'eclaircissement psychologique du fait impor- 
tant de rinvention de Timprimerie proprement dite, de la typo- 
graphie. L'inventeur aurait, par I'inspe^Sion dun Donat(xylo- 
graphique), concu Tidee de la typographic, cest-a-direquela vue 
d'un livre imprime a ete pour son esprit Feclair de Tinvention, 
savoir : la multiplication plus rapide des livres au moyen de 
carafleres mobiles. Cette fois encore le Deus ex machina se 
trouve exclu. Ton fait voir la relation causale entre le vieux et le 
neuf, entre ce qui existeet cequisurgit etce qui devientse trouve 
explique par ce qui est. Zell est le philosophe de noire these. 

On sait comment Accurse considerait ce Donat hollandais et par- 
lait de Tinvention de Fust : Admonitus fuit ex Donato Hollan- 
diaeprius impresso in tabula incisa. Par rappOrt a la personne de 
rinventeur il est, avec une foule de ses contemporains induit en 
erreurparrimpudencedeJeanSchoffer, petil-filsde Fust, et quant 
a son hypothese concernant les Donats il peut tres-bien lavoir 
empruntee a Zell, car nulle part il nen a jamais 6l€ question 
soit avant, soit apres. Or, comme Accurse appartient a la cate- 
goric des compilateurs du scizieme sieclc dont on peut rejeter 
Tautorite, je ne veux point avoir rccours a son temoignage et je 
retourne au texte de Zell. 

A chaque invention qui vicnt d etre faite la langue cherche les 
mots les plus propres a la qualifier et il est tout nalurel que le 
^tyle defeflueux du moyen age n^y ait pas et^ pre'pare. Celui qui 



'77 

s'attendrait a trouver dans la chronique de Cologne, une distinc- 
tion subtile etscrupuleusem^nt terminologique dela typographic 
et de la xylographie, ferail preuve d'ignorance. On y parle de 
deux manieres (difFerentes) d'imprimer, dont Tune ingenieuse^ 
subtile^ gen^ralement adoptde aujourd'hui et qui s*est de plus 
en plus perfedionne'e ; et une autre manierc ayant aid^ k 1 elabo- 
ration de la premiere conception {die eyrste vurbyldung^ 
admonitio). Quentend-on par le pToc6d6 adopts g^n^ralement 
aujourd'hui en fait d'iniprimerie? Rien d'autre que la typogra- 
phic proprement dite, cest-a-dire Timpression au moyen de 
caraderes mobiles en fonte. Sinon, de quoi veulent parler Guic- 
ciardini et Eytzinger en se servant, encore en 1567 el en 1584, a 
peu presde la meme phrase? Le premier appelle rimprimerie : 
L'arte dello imprimere e stampare letter e e caratteri infoglio 
AL MODO D'OGGI (selon la maniere d aujourd'hui), et Eytzinger 
traduit : « Sofindt man auch, das in diser Stat Harlem, die 
Kunst der Truckerey auff UNSER JETZIGE WEISS mit 
Buchstabe und Caraderibus, auffPapir oder sonst !(u trucken , 
durch einem (!) daselbsi erjfunden. » Ces expressions designent 
clairement la typographic, non seulement selon moi, mais aussi 
selon Ip dofteur A. de Vriesde Harlem {Gedenkschrifien, 1824^ 
p. 364). Pour ce qui regarde « I'autre maniere d'imprimer, » 
pour les Donats hollandais, il ne reste done que la xylographie, 
c*est-a-dire Texpression preparatoire de Tart d'imprimer dans 
un petit livre imprime a laide de planches en bois gravies. 

L'idee con^ue par Gutenberg de multiplier les livres a Taide 
dun autre precede que celui employe autrefois (la methode 
xylographique) procede plus ing^nieux, plus subtil et plus intel- 
ligent en un mot I'emploi continu de carafleres en metal mo- 
biles, voila ce qui constitue Tinvention. 

Attribuer a quelqu un Tinvention de la typographic par la 
seule vue d'un livre imprime typographiquement, cest Tc'lever 



'78 

non pas a Thonneur d'etre le premier invcntcur, mais a celui 
d'etre un post inventor d'un genre tout a fait special. Chacun 
avait pu voir mille fois des carafleres imprimis sur les cartes a 
jouer, les images de saints, les lettres d'indulgence, en un mot 
sur tous les textes xylographiques et chalcographiques du quin- 
zieme et peutetre du quatorzieme siecles. Mais Gutenberg fut 
le premier a coocevoir un^ autre id^e, alors que la xylograph! e 
abandonnait insensiblement les images et etendait de plus en 
plus les textes dans les productions. D'un autre cote, apres in- 
vention de la typographie, il parut une foule de petits ouvrages 
imprimes xylographiquement, dans un simple but d economie, 
Un graveur pouvait plus facilement et a meilleur compte tailler 
quelques planches en bois que se procurer tout Tattirail d'une 
imprimerie. Pour ces imprimis xylographiques le choix tombait 
ordinairement sur des livres qui etaient constamment en usage, 
c est-a-dire constamment vendus. Voiq par exemple la souscrip- 
tion d*un Donat xylographique en petit folio (de 27 lignes) im- 
prime sur papier vers Tannde 1475 : Octo parcium oracionis 
donatus^ll Per Cunradum Jl Dinckntut Vlmensis Oppidi jj Ci- 
uem impressus finit feliciter, Et celle de Tedition allemande 
dune Biblia pauperum : Friedrich Walthern Mauler jj f 1/ Nord- 
lingen und Hans Hurning habeni das buck // mit einander ge- 
macht 1470. — II existe meme un Ars moriendi xylographique 
portant la date de 1504. }Js^n de graver sur bois de la fin du 
XV« siecle peut done etre consider^ comme la ster^otypie de 
cette epoque. (i) Or, que ces petits livres imprimis avant i.|5o, 



(1) Si quclqu'un me fait ici une obje£lion basee sur les Donats lypographi- 
qucs imprimes en Hollande, je lui repondrai que j'ai quelque connaissancc 
de ce fait, allendu que je possede en propre un fragment de quatrc pages 
sur parchcmin ; mais qu'il n'est nuUemcnt question de savoir, si des Donats 
ont ele imprimes en Hollande (cl en Allcmagnc;, mais de quelle maniere 



179 

sur des planches en bois, nous soient venus de la HoUande, de 
la Nderlandem^ridionaleou bienderAilemagne,cela ne fait pro- 
prement rien k Taffaire, car celui qui a execute des ouvrages 
imprimes xylograpbtquenient n a rien invent^ du tout. Et ceux 
qui* en quality d'apologistes soit de.Coster, soit de Gutenberg* leur 
font non seulement pratiquer, mais encore inventer la xylogra- 
phie, prouvent par la qu lis n ont nullement compris la question 
et n'ont par consequent aucun droit a emettre leur jugement. 
Des partisans prevenus et ignorants de Harlem ou de Mayence 
ont confondu la xylographie avec la typographie, ils ont imaging 
de faire scier par Coster et Gutenberg des formes de bois, en pe- 
tits morceaux, et de lesfaire imprimer ensuite avec ces fragments : 
mais rhistoire, et les documents vrais relatifs au fait de I'inven- 
tion, ne savent rien dun xylographe de Harlem appele Coster 
ni d'un xylographe de Mayence ou de Strasbourg nomme Guten- 
berg. Du r^cit diifus et contradiftoire de Tritheim, commen- 
cant par citer un inventeur (Gutenberg) pour finir par en nom- 
mer jusqu a iTois (primi tres artis impressoriae inventor es I) ^ 
recit qui trahit visiblement des efforts pour amoindrir autant 
que possible Tinvention de Gutenberg, et pour Clever aussi haut 
que possible les amdiorations faitcs par Schoffer — de ce rdcit 
rien ne doit pr^valoir que les deux faits que voici, savoir : que 
Jean Gutenberg a invente Timprimerie^ Mayence etquen 1450 
on commen^a pour la premiere fois la bible. Et pour ce qui re- 
garde ces dernieres particularites elles ne nous apprennent rien 



d imprinter il est parle dans la chronique de Cologne. Quant a faire de cette 
chronique un receptacle de tous les fragments possibles de Donats, de mSme 
qu'on a charge un aubergiste - dchevin - typographe - bedeau - rentier - fa- 
bricant de chandelles - libraire - xylographe harlcmois, de tous les incu- 
nables non dates (menie allemands), cest un enfantillagc qui a cesse detrc 
de saison. 



i8o 

de plus en i5i4, que les paroles memes de Zell, enregistr^es a 
Cologne en 1499, du vivant de Pierre Schoffer. Enfin, si deux et 
deux font reellement quatre, la chronique de Cologne nous ap- 
prend, que Jean Gutenberg a le premier inventi la typographic 
a Mayence^ 

A. Van der Linde. 

(q4 continuer.) 



MISCELLANEES 

PAR M. LADRAGUE 



C/ldditions & Edifications a Qu^rard{i), 

MEJAKOFF [A.) 

* Tables chronologiques et synoptiques des ecoles depeiniure 
de ritalie fpar A. MEJAKOFF). Moscou, impr. de W. Gautier, 
i85o, in-S** de IV-IV-iio pp. de tables chronol, et synopt.-lI-XXXII 
pp. de tables des peintres. 

MOISSY (Alexandre-Guillaume-Mouslier de). 

(Reflification a la Fr, litt, de QuiftARD,) 

Essai sur rEducation, poeme (en V chants) ; j^ar A. G. M. DE 
MoiSSY; avec cette ^pigraphe: 

Posteri ! Posteri ! Vestra res agitur. 

S* P^tersbourg, de Timpr. de TAcad. imp. des sciences* 1773, 
in-4'' de Vin-52 pp. 
Moissy vint en Russie en 1772 , appeld comme precepteur 



(1) Les litres des ouvrages anonymcs sontprdccd^s dun *, 



i8l 

dans la maison Panin ; voy. une lettre de recommandation de 
Diderot k Falconet, 27 avril 1772 (/Jei/i/e worferne, fevrier 1867, 
p. 323,) 

Pelatier ( ), alors professeur adjoint a Tuniversit^ de 

Kasan. 

De rUtilitede la chimie appliqu^e aux arts et aux manufac- 
tures; discours prononci a fassemblee solennelle de fUniversite 
imp. de Kasan^ le Sjuillet 1824, tenue en mimoire de son inau- 
guration par M. DE Pelatier. Moscou, de Timpr. d'Aug. 
Semen, 1827, in-8* de 38 pp. 

L'universite de Kasan a ete ouverte le 14 fevrier i8o5. 

Expose d'une Excursion faite par M. de Pelatier aux eaux 
mindrales (ou plutot aux grottes) de Soukeeva^ pres Casan; 
dans les Nouv. Mdmoires de la soci^te imp. des naturalistes de 
Moscou, I (^1829) 173-179. 

Pleschtjeieffou mieux Plestcheeff {Serge) capitaine 
de marine et chevalier de Tordre de S'-George. 

Tableau abrdgede F empire de la Russie d'apres son dtat aSuel, 
par Sergede Pleschtjeief, traduit (du russej d'apres les premieres 
editions, jr ajoute les changements survenus du depuis.selonla 
derniere edition de Vannee ijo/i.par M. B. T . pour t usage de ses 
eleves, Moscou, dans Timpr. de FUniversite, chez Rtidiger et 
Claudi, 1796, in-8'de VJII-236 pp. 

Les augmentations indiqu^es concernent les annexions des 
provinces polonaises organisees par oukase du 19 decembre 1795. 

Louvrage de Plestcheeff a ^te traduit aussi en allemand, Mos- 
cou, 1787, eti790, in-8";et en anglais, Londres, 1792. in-8*. 

Quillet {Francois), n6k Fribourg (Suisse), mort a Moscou 
vers i860, age d*environ une trentaine d*ann^es, prdcepteur. 

* Rachel couronn^epar Corneille dansle sanduaire du genie ; 
opuscule dedie a rn lustre tragedienne ^ par un habitant de 
Moscou (Fr. Quillet). Moscou, impr. de W. Gaulier, 1854, 
in-i2 de 12 pp. 



l82 

Le malheureux ecrivain ne fut pas meme paye de ses frais, par 
un sourire de Tillustre tragedienne; car elle ne consentit pas a 
recevoir Tauteur^ gar^on fort honorable du reste. 

RlFFfi (F. /. £•. DE) 

M. R\ff6 fut attache au parquet de Versailles, je ne sals a quel 
titre ; il vint en 1819, a S' P^tersbourg, avec le comte de La Fer- 
ronnays, ambassadeur de France , en qualite de pr^cepteur des 
enfants du comte. Apres le depart de ce ministre, il reste dans 
cetteville,ou il donna des lemons defran^ais, notamment a Tecole 
du corps des Pages ; en dernier lieu, il etait conseiller honoraire 
et maitre de fran^ais k la communaute de Smolnoi. 

* Choix des fables de M, Kryloff, traduites en versfranqais 
par F. J, R. (RiFFli). S*-Petersbourg, deTimpr. du departement 
de rinstruftion publique, 1822, in-8' de IV-VIII-128 pp. 

Divisd en III livres, le i«'' de vingt-trois fables, le H« de vingt 
et une et le ni« de vingt-cinq. 

* Fables en vers, par F.-J .-E. DE R**** (RiFFE). S'-Petersbourg, 
J.-F. Haueret Os i835, in-8" de XXIl-23o-V pp. 

Divise en V livres, les trois premiers de vingt fables, le IV« en 
contient vingt et une , et le V^ vingt-deux ; les pp. liminaires 
contiennent u 1 traitd sur les fables. 

* Cours preparaioire dhistoire universelle, a Vusage de la 
Communautd des demoiselles nobles deVinstitutdeSainte'Cathe- 
rine (par M. M. TiMAJEFF, revu pour le style par M. DE 
Riff6). S*. - Petersbourg , impr. de la veuve Pluchart et 
fils, 1834, ^"'4" ^® 68 pp. avec 5 tableaux. 

Theatre de la communaute des demoiselles de Smolnoi , ou 
Recueil de pieces arrangees ou composees dans differentes cir- 
constances pour les classes infMeures de cet dtablissement ;par 
J. F. DE RlFFE. S*-Pelersbourg , J. Hauer et comp., 1845. gr. 
in-8* de Vlll-VIII-379 pp. contient: 

La Fete inierrompue, ou un Episode de pensionnat, com. en 
I ade, en Vers, preccdee dun prologue. 



i83 

Le Choix desactriceSy ou V Union des classes, divertissement 
en 1 a., en v. 

Les Roses de la fee souveraine^ ou la Pauvrefille, dramc en 
5 av., en pr., mel^ de chants. 

La Piece manqu4e, ou les pretentions, ei les disputes, diver- 
tissement en I a., en pr. meld de chant. 

La Fille de la dame de classe, com. en i a., en pr. 

Le Voyage d'lvan, ou le Parrain inconnu, com. proverbe en 
2 a., en pr. 

II sagit divan IV, grand due de Moscou. 

La Reconciliation, com. en i a., en pr. 

LIndelicatesse vertueuse, com. en i a., en pr. 

La Curieuse, drameen i a., en pn 

Le Retour des Saturnales, com. en 2 a., en vers, imitee etmise 
en vers d'apres une piece de la comtesse de Cerey. 

Malgrdlesinitialismesdifferents: F. J. R; F. J. E. DE R.****; 
J. F. DE RiFFli, ces ouvrages sont de la meme personne. 

(C^ coutiuuer.) 



CHRONIQUE 

C^ classified Index of the XVth Century books in the colle3ion 
of the late M, •/. de Meyer, by Henri BRADSHAW. London, 
1870, in-8°. 

Tel est le titre dun opuscule inte'ressant dfi au savant biblio- 
thccaire delUniversitede Cambridge. M. Bradshawa fait preuve 
dun grand esprit d observation, en retablissant lorigine de quel- 
ques incunables sur lesquels le doute existait, malgre les recher- 
ches conscicncieuscs de feu M. Holtrop. Les notes elcndues sur 
J'autres impressions anciennes, dont Toriginc est moins bicn 



i84 

coanue, ont amene Tauteur a nous expostjr un nouveau systeme 
de classification des incunables, d apres leurs types, sous le nom 
de Palaeotypographie : cette m^thode appliquee par lui aux 
impression? de Zwolle et, a propos du Kruidboeck in dietsche, 
a divers ateliers produira ce nous semble, d*excellents resultats et 
c est peut-etre le seul moyen de remplir les lacunes qui existent 
encore, pour presenter Tensemble de notre histoire typographi- 
que. 

Nous recommandons vivement ce travail a I'attention des 
bibliographes qui s'occupcnt des produits des presses neerlan- 
daises au XV* siecle, F. O. 

— Le i6 mai dernier et jours suivants, a eu lieu a Francfort 
s. M. la vente de la colledion des estampes recueillies depuis 
plus d'un siecle dans la famille Brentano-Birckenstock. Entre 
autres pieces remarquables, nous citerons le n^ iSg a : Le Triom- 
phe de rEmpereur Maximilien, par Hans Burgkmair, qui a 
atteint aux encheres le prix de 3400 florins (7208 fr.). II est juste 
de faire observer qu il s'agissait d une suite unique de iSy gra- 
vures et que c'est la premiere fois qu on la voit passer dans une 
vente. EUe se divisait en deux series : Tune de 37 pieces, d'un 
tirage anterieur au commencement du XVII* siecle, parmi 
lesquelles figurent les deux planches — /. de Heerenberg et le 
Char triomphal — introuvables et restees inconnues a la plu- 
part des iconophiles, parcequ il a ete constate a une epoque deja 
ancienne, ant^rieure a 1637, V^^ les bois en etaient perdus; 
Fautre de 40 pieces, dont on rencontre de temps en temps des 
exemplaires, provenant d'un tirage fait a Innspruck, en 1777. 
Bartsch n'a connu que les i35 estampes de ledition viennoise de 
1796. — Voila Texplication et la justification du prix eleve de ce 
lot. 

Les 226 planches de oMarc oAntoine ont atteint i23,ooo flor.; 



i85 

Le ^achanal, avec le sacrifice a Priape, a et^ adjugda M. Poso- 
nyi de Vienne, auprix de 7100 flor. ; Le Parnasse, 25oo fl. ; Didon, 
2i5i flor.; LeJugementde Tdris, 1700 fl.; Dans la sdrie des Petits- 
Saints, le S. oMichel adt^ pouss^ i 801 flor. ; la Ste- Vierge, 659 fl. ; 
Ste, 'Lucie y 480 fl. ; tQ4rchange Gabriel ^20^. — L Homme avec 
les deux trompettes, 901 fl. ; Mercure, dapres Raphel, ^70 fl. ; 
Orphee et Eurydice, 750 fl. ; Fo^rche de 0^oe\ 4020 fl. ; le 
([Massacre des Innocents, 358i fl. ; la Ste.-Cene^ d'apres Ra- 
phael, 336o fl. ; la Vierge au Talmier, 1790 fl. ; Ste-C^cile, aussi 
appelde la Felicitd 1000 fl. ; Tautre Ste-Cdcile, i3io fl. ; la su- 
perbe piece d'apres Titien, rAretin, 5340 flor. (Posonyi de 
Vienne) ; le Guerrier surpris au bain, de Michel- Ange» et les 
Trois ChanieurSy acquis par M. Holloway de Londres, a 44or 
et 4000 flor. ; La To4sie et la Teste, 2700 et 2000 fl. a M. Ams- 
ler de Berlin. La Th^ologie, vendue 1900 fl. a M. Colnaghi de 

Londres. 

En general les prix ont atteint dans cette vente, des hauteurs 
inconnues jusquici : les 3537 num^ros, estimds k 80,000 flor., 
ont produit plus de 200,000 florins. {^oersenblatt.J 

— Monsieur F. van der Haeghen, nous transmet les rensei- 
gnements suivants, a propos de Timprimeur Gerard Smits, 
d'Anvers, a qui M. L. G. a consacrd un article dans une des der- 
nieres livraisons du bibliophile. 

« Ce typographe, dit-il. a exerce' son art jusqu en 1577 ; il avait 
pour marque une vignette repre'sentant Tatelier des Cyclopes, 
avec cette devise : Dll OMNIA LABORIBVS VENDVNT. 

« J ai en ce moment sous la main deux livres sortis de ses 

presses en 1673 : 

« 1** Misprysinghe ende miserie des hcefs ende der hodcheyt 
I met lofvan cleynen ende leeghen state j Ghemaeckt door d€ seer 
Eerweerdyghen ende gheleerden Heer Anthonis van Gueuaer 



i86 

jBisschop pan Mondonendo, Nu eerst u^tden Spaenschej in Ne- 
derlantsche tale ouerghestelt. 

« Tliantn^erpen In onser lieue vroujpen straie in de gulden 
Roose I by Gheeraert Smits. a" iSyS. 

« In-Sf* de 96 ff. chiffres au ro, car. gotli, Titre encadr^. Le prologue et la 
fin sont en car. de civilite. Le privil. insure au v« du titre est date de Brux., 
3o juin 1572. 

(( 2" Institvtionvm Scholasticarvm Libri Tres, . . conscriptiper 
Simonem Verrepaeum, AntverpiaCy Apud loannem Seller um,., 
M. D. LXX III. 

c< In-80, 12 ff. Hm, 349 p. et 2p. non cot<5es pour les errata, les approbations 
sans date et la souscription : Antverpiae^ Typis Gerardi Smits, Anno 

M. D. LXX III. » 

— Dans la bibliotheque de feu M. Bruce, vendue tout der- 
nierement a Londres, se trouvaitsous le n" 665 un ouvragefort 
rare imprimd a Londre, par Wynken de Worde. Voici la des- 
cription du catalogue : 

<( Contemplation of Sinners : Colophon : Here endeth 

the treatyse called the contemplacyon of sinners, for every daye 
of the weke, a synguler medytacion. Emprentyd at Westminsster 
by Winkende Worde, the x. daye of July, the yere of our Lorde 
M.CCCC. LXXXX. IX. » 

Ce petit volume de format in-quarto et imprime en caraflercs 
gothiques est d'une insigne rarete; il est orne de gravures sur 
bois entremeleesde vers; cet exemplaire etait dans sa toute pre- 
miere reliure, portant sur les plats les figures de saint Gregoire 
et de sainte Barbe; les feuillets de garde etaient quatre feuilles 
detachees du roman de Merlin, egalement imprime par Wynken 
de Worde en i5io. II a ete vendu 210 livres sterling, soit 2760 
francs au libraire Toovey. Cet ouvrage assez singulier fut pre- 
pare et public a la requete de Richard Fox, eveque de Durham 
et Lord du sceau prive, ainsi qu'il resulte d'un passage du pro- 
logue. T. 



187 



LE PEINTRE GRAVEUR 

DES PAYS-BAS 

AU DIX-NEUVIEME SlfeCLE(l) 



147. Dans le Stiermarkt. 

L. 0,212. H. 0,170 . 

Un torrent s elance du fond vers le speftateur au milieu de rives 
tres-escarpees. 

Signe sur une pierre au bas de la droite : Bagelaar d, et 
fecit 1819. 

148. La vue du Stiermarkt av66 2 pftoheurs. 

L. 0,210. H. 0,169. 

A droite, un grand rocher coupe a pic ; entre celui-ci et le bord 
oppose coule le torrent. La rive gauche est egalement rocheuse, 
devee et a moitid ^boule'e. 

1" etat. Avant le ciel, le fond et leau ; planche inachev^e. 

2* ^tat. La planche terminee, avec le ciel el le nom au haul de 
la gauche : Bagelaar in Stiermarkt sculps, 1818. 

149. La triple porte. 

L. 0,162. H. 0,198. 

Un chemin mene a gauche a une premiere porte cintree, puis 

(1) Suite. Voy. pp. 5-i5, 29-44, 77-91, ii3 124, i54-i56. 



i8g 

a une 2* porte encadree de deux tourelles hexagonales -7« et enfin 
a une 3« porte massive; A droite on voitle fosse et le rempart. 

i«r ftat. Avant le ciel. 

2« etat Avec celui-ci. 

150. L'entr^e da vienx oh&tean de Saive pr^s de Li^ge d'apr^s 

SafUeeven. 

L. 0,161. H. o,2o3. 

Une tour rasee se voit k gauche, plus en arriere il y a une 
fleche, puis u i arbre et enfin le corps du chateau avec tourelles 
au toit. 

Un pont et un chemin menent a la droite. On y voit un homme 
enveloppu d'un manteau accompagn^ de son chien. Signe au bas 
contre la planche : Saftleeven delin, Bagelaar sculpsit 1818. 

i«' ftat. Avant le ciel. 

2* ^tat, Avec le ciel. 

151. Le troupeau de trois vaohes dans I'allee d'arbres en 

hauteur. 

L. o,i63. H. 0,202. 

Une allee dans un bois, se dirigeant de droite a gauche. Dans 
celle-ci un patre et trois vaches. Signe dans la marge, au bas dela 
droite : Major Bagelaar d, etf, 1817. 

I**" dtat Avant le ciel et avant le fond; eau-forte pure. 

2* etat. Retravaille avant le ciel, avec le fond. 

y e'tat. Avec le ciel. 

{A contiKtuer.) 



L'INVENTION DE L'lMPRIMERIEC 



vr 

JEAN VAN ZUREN et DIRK VOLKERTSZ COORNHERT 

La propagation de rimprinierie en Europe nous oifre un ta- 
bleau dont chaque detail se rapporte lidelement a ce que nous 
avons ^tabli jusqua present a grands traits, d'apres les temoi- 
gnages du XV* siede. Apres avoir ete importee de Mayence a 
Bamberg par Albrecht Pfister, peut-etre deja des 1455, apres 
avoir ^t^ peut-eire enseign^e k d'autres par Gutenberg, dans I'in- 
tervalle entre sa rupture avec Fust et la premiere grande oeuvre 
sortie de son nouvel atelier, 1455-60, I'lmprimerie fut universel- 
lement repandue apres la prise de Mayence en 1462. II est cer- 
tain, dans tous les cas, que cette propagation generalese fit par des 
Allemands. Ce sont eux qui timporterent a Rome en 1465, a 
Paris en 1470, a Ofen en 1473; ce fut encore un Allem'and qui 
imprima a Valence en 1475, et un autre a Stockholm, en 1483. 



(1) Suite. Voy. pp. Gc-OC, 93-19G, i25-]45 el iSj- 



190 

Le premier ouvrage anglais fut imprimi, il est vrai, par William 
Caxton, mais il le fut a Cologne oix Caxton etait venu apprendre 
le nouvel art et d'ou ilretourna dans sa patrie, afia d aller fonder 
a Wesminster, la premiere imprimerie de TAngleterre. Cest dans 
cette ville que parut en 1474 sa traduftion anglaise du traite 
des &hecs de Cessolis. La Hollande se trouva-t-elle en dehors 
de ce courant general ? La chronologie des impressions daties 
nous fournit les indications suivantes : 

1473 Utrecht, Alost. 

1474 Louvain. 

1476 Bruges, Bruxellesi 

1477 Deventer, Gouda, Delft. 

1478 St-Maartensdyk. 

1479 Nimegue, ZwoUe. 

1480 Audenarde, Hasselt en Overyssel. 

1482 Anvers. 

1483 Leide, Culenbourg, Harlem, Gand. 

1484 Bois-le-Duc. 

1495 Schoonhoven. v 

1498 Schiedam. 

L'on voit que nous sommes devances par Tltalie et par la 
France et que, meme au commencement du seizieme siede, 
bien des villes neerlandaises sont encore privees d'une imprime- 
rie. Ainsi le plus ancien livre date de la Haye est de i5i8 et ce 
n'est qu en 1577 qu on imprima pour la premiere fois a Middel- 
bourg. La part qu'ont prise les Allemands dans Toeuvre de la 
fondation de Timprimerie en Hollande ne saurait done etre 
contestee plus longtemps. Cest ainsi que, d'apres les recher- 
ches s^rieuses faites par Monsieur HOLTROP {Thierry ^Mar- 
tens doAlost : Etude bibliographique. La Haye, 1867), nous pou- 
vons admettre comme un fait desormais averc, que Te soi-disant 
premier imprimeur de la Neerlande meridionale a eti ua e'leve 



de Jean de Westphalie, ne a Padcrborn ou a Aix-la-Chapelle et 
qui imprima a Louvain en 1474. Jean Veldener, du diocese de 
Wurtzbourg, imprima egalement dans cette ville de 1476 a 1477, 
de meme que Conrad Braem de Cologne en 1475, Conrad de 
Wesphalie de Paderborn en 1476, Herman de Nassau en 1483. 
Depuis 1477 Richard Paffroed, de Cologne, imprimaitaDeventer. 
Si Ton y ajoute que nous rencontrons Veldener a Utrecht, de 
1478 k 1481, et a Culenbourg en 1483 et que la reunion de 
toutes les oeuvres imprim^es par ces Allemands depasse de beau- 
coup celles des Hollandais, non-seulement par le merite de Tex^- 
cution, mais aussi et surtout par le nombre, Tinfluence des 
typographes allemands par rappOrt a la Hollande ne saurait 
etre niee. Le seul moyen qui puisse nous donner sous ce rap- 
port des renseignements precis c'est 1 etude des ^Monuments 
typographiques de HOLTROP ; car c est avant lout une question 
d'autopsie materielle des livres. 

II a deja ete d^montr^ que Harlem n'est pas au nombre des 
villes ou Ton a imprime le plus tot. Nous devons cependant exa- 
miner de plus pres Fhistoire de rimprimerie a Harlem. La plus 
ancienne impression harlemoise porte la date de 1483. Le 10 de- 
cembre de cette annee, il parut un livre sur la Vassion de Jdsus 
avec 32 gravures sur bois, lesquelles avaient ete employees une 
annee auparavant dans le m^me ouvrage, par Gerard Leeu a 
Gouda ; la souscription du livre sur la Passion dit positivement 
qu il a ete imprime a « Harlem en Hollande. » En 1484, la 
meme presse fournit successivement, le i5 fevrier, Der sonderen 
t roost {La consolation du pdcheur) le 3i mai ; la Summe le roy ; 
le 9 aoiit, Der sielen troost (La consolation des dmes) ; le jour 
de la St.-Crepin, Het boeck des gulden throens (Le livre du 
trone dor) ; et en 1485, De Historien van Troyen (Les histoires 
de Troye) et De Historic van Jason [Vhistoire de Jason), Vers 
la fin de cette annee apparait pour la premiere fois le nom de 



192 

rimprimeur, dans la souscription : « Ici linit ce livre appele 
Barthelemy T)e la propriety des choseSy la sainte veille de 
Noel, en I'annee de Notre-Seigneur 1485 ; imprime et acheve a 
Harlem en Hollande, a la gloire de Dieu et pour Tenseignement 
des hommes, par maitre Jacques Bellaert, natif de Zierikzee. » Ce 
maitre Jacques Bellaert de Zierikzee publie encore Tannee sui- 
vante, le 8 avril, Episteten ende evangelien (Epitrts et Evan- 
giles); le 24 juillet, Dodrinael des iyds {DoSrinaldu temps) ; et le 
20 aout, het Boeck van den Pelgherijm {Le livre du pilerin)^ 
apres quoi nous le perdons tout a fait de vue. Durant la der- 
niere annea de ses travaux a Harlem, un second imprimeur, 
Jean Andrieszoon vint s'etablir en cette ville : celui-ci edita, non 
compris trois oeuvres non datees, quatre ouvrages portant les 
dates des i^r et 3i mai, i5 juin et 10 aout de Fannee i486 ; de 
fa^on que les deux imprimeurs semblent avoir imprime pour la 
derniere fois au mois d aoflt de la meme annde. II n'existe guere 
de traces de leurs rapports avec la ville de Harlem; la seulepar- 
ticularite vraiment harlemoise que Ton remarque dans leurs 
livres consiste en deux armoiries gravees sur bois dans un livre 
de Bellaert: celles de la famille van Ruyven et du chevalier 
Jacques van Cats qui fut bailli ou dcoutete de Harlem de 1484 
a 1489. Pour ce qui concerne les types dont ils se sont servrs, 
Bellaert a imprimd avec ceux de Gerard Leeu, tandis que An- 
drieszoon a employe des carafteres deja passablement uses 
(voy. Monuments typogr,, pi. 34, 35 et 36). 

La premiere oeuvre imprimee apres Bellaert et Andrieszoon, 
nous transporte au XVP siede. Du moins ilexistedeux petits ou- 
vrages fort rares, en petit 8°, portant sur le titre un crucifix grave 
en bois et intitules, le premier : Een soet meditacie hoe dat die ver- 
loren siel van den sone Godsgevonden is met synre heiligerpas- 
sien [Une douce meditation sur la maniere dont fame navree du 
fits de Dieu s'est manifestee dans sa sainte passion) ; Fautre : Een 



193 

r 

boecxken van verduldich lyden dat sinte Bernardus bescrijft^ etc, 
Gheprint tot Haerlem (Un petit livre depatiente sovffrance de- 
crite par St, Bernard. Imprimd a Harlem), II a et^ d^montrd 
par MM. Holtrop et Campbell, que ce petit ouvrage adt^ im- 
prim^ peu de temps apres Tannee i5o6, par le meme typo- 
graphe qui, en i5o6, imprima a Amsterdam, in-8**, les Wande- 
linghe in den hof der bloemen (Les promenades dans le jardin 
des fleurs). L'lnitiale O, employee pour les Wandelinghe s'y 
retrouve dgalement, bien que deja plus usde. II est probable 
que cet imprimeur d'Amsterdam, qui demeurait « hi der heili- 
ger stede » aura promptement quitte Amsterdam et fait une 
tentative tout aussi infruftueuse pour s'e'tablir a Harlem. L'his- 
toire de la typographie nous apprend a connaitre une foule 
d'imprimeurs nomades de ce genre : outre I'exemple deja cit^ 
de Veldener, il faut mentionner encore, comme appartenant a 
cette classe, dans les Pays-Bas : de Leempt qui imprima a 
Utrecht en 1473 et 1474, a Nimegue en 1479, et k Bois-le-Duc 
de 1484 a 1490 ; mais surtout Geoffroi van Ghenien (Van Os) 
depuis i486, imprimeur a Gouda, puis a Leide et qui vers lanne'e 
1490 alia importer la typographie a Copenhague. Peutetre 
notre imprimeur inconnu avait-il deja etabli momentandment 
sa residence a Harlem. En ce cas, il y aurait moyen de de- 
couvrir son nom. Du moins les registres de la grande ^glise de 
Harlem presentent Tarticle suivant : 

i5o2, « Item^ de Hasback s'engage a imprimer cent lettres 
dindulgence a 4 sous le cent, a afficher au-dessus de la tete des 
pretres qui entendent la confession. J y ajouterai deux sous de 
subside pour son papier. » (1). 



(i) « Item de Hasback besieet hondert brieven te printen van onsse offe- 
laet om de priesters die biecht hoeren over hoer hoeft te setten, dat hondert 
voor VI St. — des sal ic hem twee si. gheven tot hulp van ski pampier. » 



1.94 

Ce mot Hasback est probablement la prononciation aspiree 
de Q4schbach ; dans rintervalle de son premier sdjour en i5o2 
et de son deuxieme en i5o6, il pent avoir fait une residence 
momentanfe k Amsterdam. Du moins en i5o4 I'eglise fait im- 
primer ses buUes d 'indulgence a Leide. a Item^ pay^ a maitre 
Hugo, imprimeur a Leide, XX sous pour les Vic. copies qu'il a 
imprimdes des buUes. » (i) Get imprimeur est Hugo Janszoon 
de Woerden, qui imprima a Leide depuis 1494, puis a Delft en 
i5i7 et a la Haye en i5i8. 

Durant les premieres anneesdu xvr siecle on constate de nou- 
veau une longue interruption dans la pratique de Timprimerie a 
Harlem. Tout ce qui a ete trouve a ce sujet parmi les documents 
qui existent encore se reduit a ces trois annotations des registres 
de la tresorerie. 

1546. « Le tresorier a payd k Thierri Volckertz (Coornherl) 
graveur de figures... XVI 1. gagnees et demandees par ce dernier 
pour la taille de lestampe et de Taffiche de la loterie , ouvrage 
qu il a presente a la satisfaction du bourgmestre et livre dans un 
tres-court delai. » 

1546. tt Payc a Simon Claesz. Bijbel, la somme de dix livres 
pour prix de son labeur dans la confection de certaines pan- 
cartes de ladite loterie qu'il setait engage a fournir toutes, 
mais dont le bourgmestre Tavait chargd de suspendre Timpres- 
sion, attendu que la loterie de Tannee XLVUI n aura pas lieu. » 

1557. « Paye a Clacs Symonsz, libraire imprimeur, la somme 

de six livres, prix de cent cinquante atiiches imprimdes chez lui 

pour compte de la ville et indiquant le traitement a suivre dans 

la maladie contagieusc de la peste et les precautions a prendre 

ontreelle. » 



(i) « Item mecster Hugo die printer le Icycn ghcgeveri xx st. van dc 
VIC copyen die hy geprint hct uut dc bullcn. » 



ig5 

1578. « Payd a Louis Laeckeman, pour qu il les verse dans les 
mains de Timprimeur de Leide, IIII 1. et X sous, pour rimpres- 
sion d'un millier d anhonces du marche au becail y compris une 
figure gravee en bois. » (i) 

Entre les anndes ou radministration communalepouvait faire 
imprimer a Harlem et ou elle se trouvait dans I'obligation de le 
faire a Leide»c'est-k-dire entre iSSy et 1878, nous rencontrons Timpri- 
meriede Jean van Zuren, a imprimeur assermente dans la ville de 
Harlem, » imprimerie fondeepar lui avecd*autres associes en i56i, 
mais qui nesemble pas avoir 6t6 en adlivitd au dela de Tann^e sui- 
vante; Ce n'cst guere avant i58i que nous rencontrons k Harlem 
un nouvel imprimeur nomm^ Anthonis Ketel, demeurantdansla 
ruedite Sneyerstrate et Gilles Rooman domicilie depuis 1587 dans 
la rue des Jacobins, a la Presse d'or (Jacobinestrate in de Guide 
Parsse), auxquels succeda, en 1611, Adrien Rooman. Avant de 



(1) 1546. c< De tresorier hceft betaelt... Dirck V.olckertsz, (Coornhert) figuer- 
snyder... XVI p. by hem verdient ende bedongen voor 't snyden van de 
figuere en chaerte van de iootherye, die hy in grooter diligentie de burgem . 
te dancke gemaed ende gelevert heeft gehadt. » 

1546. « Symon Claesz. Bybel bet. de somme van thien pond... ter cause 
van geiycke somme by hem verdient... voor zyne moeyten ende arbeyt van 
dat hy zekere chaerten van de iooterye voors. gedrud heeft ende 't selve by 
hem geheel aengenomen was om alle de chaerten te drucken. Ende naeder- 
hant hem by den burgem. gelast was nyet meer te drucken overmits dat de 
ioterye van den jare xlviii geene voortganck hebben en zoude. » 

1557. « Clas Symonsz. bouckverkooper ende prenter betaelt de somm^ van 
zes pondens pryse als voren voir hondert vyftich charten by hem tot der 
stede behoeff geprent, roerende de contagieuse siede der pestilencie hoe 
hem een yegelycken dragen en wachten soude. » 

1578. a Betaelt Louis Laeckeman om te betaelen in handen van den druc- 
ker tot Leyen over seeckere duysent exemplaren van 0^semar6l gedru^ 
hebben met zeekere figure in hout gesneden hebben llll p. x. st. >> 



196 

nous occuper de I'association van Zuren-Coornhert qui est dun 
si haut interet pour notre question, qu'il me soit permis de jeter 
un coup d*oeil retrospeilif sur ce qui precede. 

Si la moisson des temoignages en faveur de Harlem est insi- 
gnifiante sur le terrain de la typographie, elle est parfaitement 
nulle par rapport a la xylographie. Les aftives recherchcs qui 
ont ete faites dans ce siecle pour Thistoire de la gravure sur bois 
et sur metal, ccs recherches qui ont jet^ un jour nouveau dans 
cettehistoire, fontremonter forcement la pratique de la xylogra- 
phie a la seconde moitie du quatorzieme siecle. Son origine est 
encore entourde de tenebres, mais nous savotis que de 1400 a 
1450, elle fut deja aftivement pratiquee. A cette epoque, elle par- 
ticipait moins de Tart que du metier et servaitde moyen de com- 
munication a defaut de livres et de Journaux. Toutes les pieces 
de ce genre, ayant ordinairemeni la grandeur d'une feuille, 
dessinee ou peinte d abord, taillee en forme et imprimee ensuite, 
e'taient appelees brieven, (breve scriptum) nom, qu en latin du 
moyen age, on donnaitatout ecrit abrege ou bref, en opposition 
avec le livre ; de cette fa^on chaque feuille isolee ou volante etait 
appelee brief, lettre ou ^re/*, que cette feuille portat une gravure, 
un texte, ou Tun et Tautre; de cette fa^on aussi, toutes les an- 
nonces^ toutes les charteset lesdiplomes, jusqu aux jeuxde cartes, 
etaient appeles brieven ou lettres : Vracht-briefy lettre de voi- 
ture, Kaperbrief, lettre de marque, la gullbrief allemande, 
lettre de gage, et autres. Ceux qui executaient ces feuilles, tail- 
leurs ou imprimeurs de lettres, sont cites 9a et la avec indication 
de noms et de dates ; tels que Wilhelm Kegel imprimeur es-let- 
tres a Nordlingen en 1428, Henne Cruse, imprimeur a Mayence 
en 1440, Hans von Pfedersheim a Francfort en 1459 et Pierre 
Schott a Strasbourg en 1464. 

Avec les sculpteurs {Pyldsnytier, Beeldesmders) les graveurs 
(^/^e/5n>^rf^r^) et ceux qui professaient des metiers analogues, les 



197 

impvimQurs, pr enters ou imagiers, formerehtbientotdes corpora- 
lions : on en rencontre a Augsbourg en 1448, a Nordlingen en 
1428, a Ulm en 1441, la confrerie de St.-Luc a Anvers en 1442, 
et cello de St.-Jean a Bruges, en 1451. Une semblable confre'rie 
de St.-Luc a, deja de bonne heure, existe a Harlem, mais 
quelque riche qu'elle ait ete en peintres, sculpteurs et orfevres, 
elle n*a fourni aux plus patientes recherches aucun nom de gra- 
veur, d'imprimeur de lettres ou de xylographe (i). Une serie 
complete d'oeuvres sur bois, ex^cutee pendant le cours du quin- 
zieme siecle a Harlem et attribute deux, trois et jusqu'ik quatre 
siecles plus tard, sans aucune vraisemblance, a un seul individu, 
c'est une chose qu'il faut done faire rentrer dans le domaine de 
rimagination. Mais rcvenons a la typographic.. 

Van Zuren (ne a Harlem en iSij, mort en iSgi dans cette 
meme ville) et Coornhert (ne en i522 a Amsterdam, mort en 
1390 a Gouda) fonderent en i56i, avec d autres compagnons, une 
imprimerie a Harlem; or cest cette meme association, qui sa- 
chant parfaitement que Tinvention de Timprimerie dtait consi- 
deree par tout le monde comme ayant ete faite en Allemagne, 
n en est pas moins la premiere a attaquer Mayence, el elle com- 
mence a attribuer indireftement Thonneur de cette invention a 
la ville de Harlem. Le premier pas fut fait par Van Zuren. 
Quand on consultc les dcrivains qui ont ecrit en faveur de 
Harlem, posterieurement a cette epoque, on est porte a croire 
que Van Zuren» avail, entre i55o et i56o, ccrit un ouvrage 



(1) Non seulemcnt Koning a publie tout ce qu'il a trouve, par rapport au 
quinzieme siecle, mais les recherches minutieuses faites par un homme tel 
que le D*". A. van der Willigen enlevenl tout doute a cet egard. Voyez ses : 
Geschiedkundigeaanteekenmgen over haarlemsche schildersen anderebeoe- 
fenaren van de beeldende kunsten, voorafgegaan door eene korte geschiedenis 
van het schilder of St-Lucasgild aldav. Haarlem^ 1866. 



198 

detaille sur rhistoire de Finvention barlemoise de rimprimerie, 
lequel ouvrage se serait perdu helas ! pendant ou apres le siege 
de cette ville. Nous allons voir ce qui en est. Le seul qui fasse 
mention dece pretenda ouvrageestScriverius, [Lavre-cransvoor 
Laurens Coster ; Haarlem 1628, p. 28-34). I' declare n^voir vu 
que le titre, la preface et rintroduftion : « quant k Fhistoire meme, 
quant a la preuvede ses allegations ingdnieuses, elks ne s'y trou- 
vent point et Ton ignore dans quelles circonstances et par quels 
moyens elles ont 6x6 soustraites ou egardes. » Et apres avoir re- 
produit le fragment en question, il ajoute : « A cet ^gard je n*en 
trouve pas plus dans les chartes originales, lesquelles m'ont ete 
procurees par un ami fidele et (ceci est bon h. noter) je ne puis 
constater si ie meme exemplaire dont je me suis servi a ete pour- 
suivi ou acheve. » D^sormais il devient done inutile de le 
rechercher davantage. Si Ton songe maintenant quen i56i, cest- 
a-dire apres lepoque ou Touvr^ge suppose doit avoir vu le jour, 
van Zuren possedait une imprimerie en propre, et que, s'abstenant 
toutefois d^editer son oeuvre destinee probablement a la nou- 
velle entreprise, il appuie sans le rendre plus formel, le t^moi- 
gnage inddcis de Coornhert : si Ton songe, dis-je» que ce Van 
Zuren a ^te le contemporain de Junius et qu'il a survecu a la 
publication de Toeuvre de celui-ci, Batavia, i588, sans que Junius 
ait seulement invoque Tautorite de Van Zuren — son conci- 
toyen etle fondateur de la question — alors il devient absolument 
impossible de considerer ce soi-disant < ouvrage perdu sur Tim- 
prifnerie de Harlem » autrement que comme un premier, mais 
timide et infruftueux effort pour decerner a Harlem Thon- 
neur de linvention. Ceci d*ailleurs se trouve dvidemment con- 
lirm(^ par le texte du fragment donne par Scriverius. Van Zuren 
a voulu ecrire un Dialogus de prima et inaudita hadenus 
vulgo et veriore tamen Q/irtis Typographicae inventione. II ne 
pretend toutefois diminuer en rien la gloireque cette invention a 



199 

value a Mayence. Lui contester ce droit devenu Idgilime, a force 
d'anciennetd, tiQ sQradt nee justunij nee etiam humanum! Mais 
il veut empecher que ce glorieux heritage, dont le souvenir se 
trouve encore si present a la m^moire de nos parents et leur a 
ete transmis par leurs a'ieux, ne soit a jamais perdu et enseveli 
dans les tenebres. La ville de Mayence, tres-digne dailleurs 
d etre gloriiiee, a 6i6 Ig premiere a introduire dans la vie publi- 
que cet art qui jadis lui est venu de nous. Mais les premieres 
bases de cet art Eminent, bases tres-imparfaites, ilest vrai, mais 
bases premieres, ont dt^posees dans notre ville de Harlem. C est 
ici que Fimprimerie a vu le jour et sans nul doute ede y fut long- 
temps pratiquee et etudiee, restant toujours pendant plusieurs 
annees renferm^e dans lenceinte de ses murs jusqu'a ce que 
dddaignant, pour ainsidire, I'indigencedela demeure paternelle, 
elle suivit un Stranger et alia enfin se montrer publiquement a 
Mayence. Remarquons eniin rincertiiude deVan Zuren quant a 
ses propres intentions. II reconnait que I'invention est attribute 
presqu univefsellement a Mayence, puis il ajoute : a A ce sujet, 
mon fils, il m'arrivait souvent de me consulter tout bas, et mem^ 
de tomber dans le doute s il ne vaudrait pas mieux decider cette 
question entre nous et en secret, pour qu elle soit ^ntierement 
ignoree de ceux qui ne regarderont pas d un oeil favorable que 
Ton dispute aux habitants de Mayence la gloire de Tinvention et 
qu*6n leur enleve, pour ainsi dire, la paisible jouissance d une 
longue propriety, t Dans Tautre proposition de ce plaisant 
dilemme, il pose la question : si Ton ne prouverait pas mieux 
son amour pour la patrie en la reint^rant dans la possession 
d'un he'ritage paternel qui jamais ne fut perdu (!), advienne que 
pourra ; quels que soient d ailleurs Forage , voire meme la 
guerre (!) qui en puissent resulter. Voila lercelebre temoignage 
de Jean Van. Zuren! Sans faire mention ni de lepoque, ni du 
nom, ni du livre, ni de quoi que ce soit, que.dis-je? sans s'ap- 



200 



puyer sur le moindvc fait -qui ressemble a un temoignage quel- 
conque, il se borne a dire que c'est a tort que le monde entier 
attribuerinvention de rimprimerie a Mayence, attend uqu'elle a 
eti decouverte a Harlem, defeftueusement et incompletement 
, il est vrai, mais neanmoins assez developpee deja pour pouvoir 
s etendre et prosperer (sucrescere). Notre vieux bon sens na- 
tional reconnaitra, je crois, que pour renverser des faits histo- 
riques, un siecle ^pres Icur accomplissement, il faut quelque 
chose de plus qu un simple coUoque d*ui; pere avec son fils. 

C'est de la meme source que provient le plus ancien temoignage 
imprime, ea faveur de Harlem. Vers Tannee 1542 Coornhert, 
alors agedevingt ans, s'etait fixe dans cette ville et s y appliquait 
a la gravure sur cuivre. D aucuns veulent meme qu il ait dte le 
professeur. ou tout au moins le conseiller, du celebre Goltzius. 
En i56i, il se fit notaire et s'associa avec Van Zuren, lequel 
publia dans cette meme annee, commele premier nedeleurnou- 
velle presse, le volume : Officia Ciceronis, leerende jpdtjreghe- 
lijck in alle staten behoort te doen..,, nu eerst vertaelt in neder- 
lantscher spraken door Dierick Coornhert. Tot Haerlem, by , 
Jan van Zuren. — C est dans unededicace a Tadministration com- 
munale que Coornhert glisse son avis sur Tinvention de Timpri- 
merie. Est-il a la hauteur de la question pour ce qui concerne 
rhistoire certaine de la typographie a Harlem? Ecoutons-le: 
tf L'on m'a assure maintes fois en toute confiance, dit-il, que 
Tart utile d'imprimer des livres a dte primitivement invente dans 
notre ville de Harlem, quoique d abord d*une maniere tres-gros- 
siere et qu'apres avoir 6x6 importe a Mayence par un domes- 
tique infidele, leditart y a subi de notables ameliorations... mais 
que nos concitoyens se montrent tout a fait incredules a Fe'gard 
des droits attribues au veritable inventeur, malgrd la foi que 
professe.it sous ce rapport beaucoup d autres dont le savoir me- 
ritc tout credit, et que le fait se irouve positivement confirme par 



20I 



la commune croyance de la vieille bourgeoisie. Je n ignore point 
non plus que cette reputation de Mayence constitue aujourd'hui 
un fait tellemeni invetere dans Tesprit de chacun, qu'aucun 
temoignage quelque evident, quelque clair et irrefutable qu il 
puisse etre, n'aurait desormais le pouvoir de detruire cette 
vieille aberration dans le coeur du peuple. » Jusqu'ici Tassocie 
(2oornhert, que nous supposonsd'ailleurs de bonne foi, nest que 
Techodesonediteur. Or surquoisa croyance est-elle fofidee? Sur 
le temoignage digne de credit « de vieilles et vdnerables tetes gri- 
ses, » qui non seulement lui ont fait part des liens de famille de Tin- 
venteur en cette ville, mais « qui lui ont citd plus d'une fois les nom 
etsurnomdece dernier, qui lui ontracont^ comment Timprimerie 
y avait ^te pratiqude grossierement d'abord et indiqud du doigt 
lancienne demeure de Tinventeur primitif. » Bien qu il ecrive 
cela a pour rendre a cette ville sa legitime gloire, » il ne dit pas le 
nom de Finventeur; il rapporte que les bourgeois se plaignent 
de ce que d'autres etaient en possession de la gloire usurpee de 
rinvention, sans que nul la leur contestat. II en donne pour 
motif que personne n'exer^ait la profession d'imprimeur a Har- 
lem, -et que, en consequence, il fonde une imprimerie en Thon- 
neur de cette ville. Coornhert ne nous communique done rien 
deplus que Van Zuren. Seulement pour lui, Timprimerie n'a pas 
accompagne un etranger a Mayence, comme le rapporte ce dernier 
[extero cuidam se comiiem dedit)^ mais elle y a ete importee 
« par un domestique infidele. » Mais comment Coonhert peut-il 
representer son imprimerie, firmeVan Zuren, comme « un reje- 
ton sorti de la racine d'un vieil arbre et qui commence a 
renaitre et a refleurir ? Bellaert et Andrieszoon avaient imprime a 
Harlem de 1483 a i486, de Hasback en i5o2, Simon Claeszoon, 
en i5o6 et 1546, ce dernier ayant meme imprime des oeuvres 
auxquelles Coornhert avait collabore en qualite degraveur, et en- 
fin Claes Simonszoon en 1557, par consequent peu de temps 



202 

avant Tassociation Van Zuren. II ne s'agit done ici que d'une re- 
clame de boutiquiers qui annoncent leur nouvelle afifaire, et en 
de telles occasions il n'est pas rare de constater, meme aujour- 
d'hui, quelque grossiere heresie historique ou autre. Le grief se- 
rieux dont on charge Coornhert a propos de cette negligence 
inexcusable de ne pas donner les nom et surnom de Tinven- 
teur, ce grief est ordinairement refute pax cette remarque, « qu'il 
etait absohiment inutile de citer aux bourgmestres harlemois un 
nom aussi g^neralement repandu. » Inutile? Maisyama/5 encore 
ce nom n'avait ete cite dans un ecrit quelconque ! Inutile! Mais 
alors, vis-a-vis de ces bourgmestres de Harlem, si bien au courant 
de rinvention de la typographie dans leur ville, toute cette petite 
histoire etait aussi parfaitement inutile 1 Coornhert nous en dit 
trop Qu trop peu. Le but de sa preface est de revendiquer au detri- 
ment de Mayence les pretendUs droits de Harlem a Thonneur de 

I invention de Timprimerie et, en presence de cette intention tres- 
evidente, on ne peut repondre que par des faux-fujrants a cette 
juste observation de M. RUELENS [Odyssee de Laurent Coster 
en Hollander P- 7-) • « Get oubli de Cornhert nous a toujours 
paru une des particularities les plus colossales de la legende har- 
limienrte. Comment 1 voila un hommetres-savant, tres-patriote, 
qui revendique avec fracas pour son pays Thonneur d etre le 
berceau de la plus grande des inventions modernes, qui apprecie 
rimportance de la decouverte ; il sait le nom, le prenom, la fa- 
mille de rinventeur et il ne les divulgue pas a ses concitoyens ! 
C'est a ne pas y croire. Et que dire du bourgmestre Van Zuren? 

II ecrit un traite special pour revendiquer lagloirede Tinvention, 
au profit de la meme ville dont il est le magistrat et Tidee nelui 
vient meme pas d'honorer la memoire de Tinventeur, je ne dirai 
point par quelque monument, ce serait exiger beaucoup de sa 
part, maisau moins par une mention, un souvenir quelconque, son 
nom donnd a une rue, moins encore, simplement ecrit dans un 



2o3 

livre. On ne trouverait pas un second exemple dun oubliaussi 
incroyable. » 

Ah ! je comprends tout a fait le regret enonc^ par Scriverius, 
par rapport k Van Zuren (Lavre-crans^ 34J : 

« Helas ! comme il a retarde et affaibli notre gloire dans une 
telle decouverte. par son triste mutisme ! » 

A. Van der Linde. 

(q4 continuer.) 



ESSAI D'UNE LISTE DE LETTRES OU OPUSCULES 

^CRITS SOUS FORME J^PISTOLAIRE PAR ^RASME 

et qui ont paru separ^ment dans differents recueils, 
journaux, etc, de rAllemagne 

PAR F,-L. Hoffmann (i) 

I. Lucubratiunculae aliquot Erasmi Canonici ordinis divi Au- 
gustini perquam utiles adolescentibus. — Dern. f*. : Impressum 
Hantverpiae opera Theodorici Martini anno salutis supra mil- 
lesimum quingentesimum tercio Mensis februarii. 

In 40, no flF. n. chiffr. Sign. A iii — Riiii. 

Le titre est suivi de Tintitule des sept opuscules d*£rasme que contient le 
volume, savoir : 

Epistola exhortatoria ad cappessendum virtutem ad generosissimum 
puerum Adolphum principem Veriensem, etc., etc. Enchiridion miiitis 
Christiani , saluberrimis praeceptis refertum contra omnia vlciorum irri- 
menta [sic] eiSicacissimi : et ratio quaedam veri christianismi... etc. (2) Voyez 
Van Iseghem pp. 219-220, n^ 5o. 



(1) Pour rendre cette liste aussi complete que possiWe, nous y avons 
insure lestitres de quelques lettres d'Erasme, port^s sur le catalogue de Pan- 
zer [Q/innaleU typogruphici). Voyez I'lndex decet ouvrage. 

(2) Les litres sont ranges dans I'ordre chronologique, ou suivant le mille- 
sime de Timprime, ou, quand il y manque, suivant la date des lettres. 



204 

2. Desiderii Erasmi lucubratiuncule aliquot, Enchiridion mi- 
litis christiani, cum odis sacris nonnullis. Hantwerpie opera 
Theodorici Martini anno MD. IX. vj. mensis noyembris. 

In- }0. Panzer cite suivant Maiuaire : a Des Erasmi Roterod. Lucubrationes : 
Epistola exhortatoria ad capessendam virtutem etc., etc. (Van Iseghem, 
p. 228, n° 57, d'apres le catalogue de la bibliotheque d'Oxford, 1843). 

3. D. Erasmi Ro / terodami viri / vndecunq? doftissimi 
Lucu-/brationes, quarunv Index / positus est facie / sequenti. 
a^^a ffu .S-apTst, i/rslS'stov j 7 bo; sort PpoTotdtv. / In libera Argentina 
cum gratia, et priuilegio Im / periali ad sexennium. — A la fin : 
Excusum est hoc opus suma cura, labo-/reqj praevigno. Argen- 
torati apud Ma-/thiam Schurerium mense septemb. An / no 
M. DXV. I Regnante Magnanimo Im j pe, Caesa, Maximi- 
liano. I P. C. Apg. P. Q. P. 

Titre et le prem. fo encadres. 

In-40 4 ff. n. chiffV. y compr. le titre, 285 flF. chiffr., 9 ff. n. chifFr. dont le 
dernier blanc. Sign. 3, A-. Bb iiij 

Sur le verso du titre : Lvcubrationum index. Enchiridion Militis Chris- 
tiani etc. Exhortatio ad virtute, ad Adolphu principe Veriensem (dans le 
texte la suscription est : Oratio de virtute ampleflenda, etc. etc.). 

4. Die verteuschte Epistel Hernn Erasmus von Rotterdam 
von seinem handsbiichlein von dem christlichen Ritter, / mit viel 
christlichen / uterweysung getziert / M. v*" xxi. 

Sans lieu, ni nom d'imprimeur. Au reflodu dern. f. M. vc xxj. Titre enca- 
dre ; au bas, la marq. typogr. de Schoeffar 

ln-40 22 ff. chiffr. y compr. le titre, dont le dern. blanc. Sign, Ar 2 — E. 4. 

Au fo 2a : Dem Erenvesten und gestrengen / Bernhardt zu Hirfeld, Chur- 
furstlichem Cummrer zu Sachssen, seiem besonder / gQnstigen geliebten 
freund enbeut / Georgius Spalatinus sein / gebeth und freuntlich / Dienst 
zuvor. /. Date : Kilentz zur / Lochan, Donnerstag nach Quasimodo geniti / 
Anno domini M. v^. xx. — F" 3a : Dem Erwirdigen und geistlich-/sten vatter 
Herrn Paulo Volzio Abt zu/ Huysshofen wCinscht Erasmus / Roterodamus 
heyl und / seligkeit. 

(e^ continuer,) 



L'INVENTION DE LIMPRIMERIE C) 



VII 

HADRIANUS JUNIUS 

La signification du passage d'Ulrlc Zell a ^l^ demonlriJe : il 
attribue I'invention de rimprimerle propremcnt dJtc, formelle- 
ment et exclasivement a Jean Gutenberg de Mayence; il Iraite 
de pedants ceux qui affirment , qu'avant I'epoque de cette Inven- 
tion (c'est-^-dire de [440^ 1450), on e&t imprim^ des livres h I'aide dc 
la typographie ; il rente meme un effort pour expliquer philoso- 
phiquement I'idee de cette invention par la vue de Donats. xylo- 
graphiques originaires de HoUande, c'est-^-dire la Hollande 
d'apres la conception g^ographique ct politique du quinzieme 
siecle u Hollandia, dont la capitate s'appelle Utrecht, en langue, 
allemande, ou TrajeSum inferius en latin, atlendu qu'elle 
appartient a la Germanie, c'est-<k dire au pays des Allemands, 
tant a cause de sa situation que par ses moeurs, son gouvernemene 

(1) Suite. Voy. pp. 61-66, 9J-106, ii5-i45, 157-180 et i8g-io3. 



206 

et sa langue. » (Harlem, 1485.) II va sans dire qu il n'entend pas 
prouver par 1^ que Gutenberg emprunta a ces imprimis sur 
bois les dements techniques de la typographie ; des contra- 
di£lions de cette espece ne logent que dans des cerveaux felds et 
notre auteur n apparteoait pas precisement a cette derniere cat^- 
gorie; mais il veut dire que la xylographie en etant venue a im- 
primer des livres , Gutenberg se mit a la recherche dun procddd 
plus simple de multiplication et que le rdsultat de toutes ces 
reflexions et de ces recherches, fut la decouverte de la typographie. 
EUe ne fut point TefTet du simple hasard, mais elle a ^t^ m^- 
dit4e\ et ceci pour la premiere fois, nous dit Zell, environ Tannee 
1440, par Jean Gutenberg, un homme que nous connaissons 
d ailleurs,par des dossiers de procedures authentiques et contem- 
poraines comme un adepte d'arts soi-disants secrets, comme un ta- 
lent industriel, comme un homme poss^dant toutes les conditions 
psychologiques et matdrielles n^cessaires a Toeuvre de Tinvention. 
Dieu^ Tart et la typographie, ces trois choses n'en font 
qu'une, sous ce rapport du moins, que.chacun pretend en 
savoir egalement long et s'en forme une soi-disant opinion 
individuelle, meme ceux qui n'ont point lutte ni combattu ou 
souffert a la sueur de leur front, pour trouver le chemin qui 
conduit au temple du savoir. La croyance en Dieu ou Tath^isme 
du philosophe qui a explore Thistoire de la science et de la 
pens^e humaines, sont livres au jugement absolument inepte 
de Tergoteur ignorant et sans foi. Les chefs-d'oeuvre du gdnie 
sont rabaisses a la nullity uniforme que la sottise designe sous 
le nom de « gout. » Dans la genese intelledluelle de Tinvention 
deTimprimerie, il n est pas de cerveau creux qui ne se pose en coo- 
perateur ou en /705/ inventeur a sa fa^on. Tel que Jocrisse, en 
entendant parler d'imprimerie, se rend compte a I'instant dela 
manieredont lui laqrait inventee, telle sans doute, cette inven- 
tion doit avoir eu lieu. Certes, rien de plus simple que rimpri- 



207 

merie : ce n est, voyez-vous, autre chose qu imprimer, et depuis 
un temps infini, une infinite de choses ont 6i6 imprimdes en ce 
monde. Et Jocrisse regarde stupidement le plafond, tout con- 
fondu de ceque cette pauvre humanite ait dQ attendre tant de 
siecles une chose aussi simple! Adam n aurait-il point dft spon- 
tanement Finventer , lorsqu apres avoir ratisse le paradis , il 
contempla pour la premiere fois Tempreinte des petits pieds 
d'Eve dans le sol, ou bien en voyant les traces de Ca'in et d'Abel, 
revenantde T^cole, par un jour de neige? Ces questions ren- 
dent Jocrisse profond^ment misanthrope. Ah! ces ddplqrables 
pr^juges toujours prets^ avant les moindres recherches, et qui 
plongent toute question dans les tenebres ! Le plus commun des 
prdjuges est cette supposition tf/7r/or/ qui n'estjustifide en rienau 
point de vue la science, et qui veutque Timpression en caraftercs 
mobiles n est que le perfeftionnement de celle qui se fait par 
des planches en bois gravdes ; qu elle est par consequent le pro- 
duit de la gravure sur bois; qu'elle en a ete le developpement, 
Tamplification, Theureuse interpretation, le dernier degre enfin 
de r^chelle, le degre des jeux de cartes, des images de saints avec 
ou sans inscriptions, ou textes sans images. En un mot, la xylo- 
graphie en langage technique et logique serait la mere de la 
typographie, tandis qu'elle ne Test qu'i titre de principe extrin- 
seque, pour avoir poussd indiredement k Vid6c d'un moyen tota- 
lement different de celui de la gravure sur bois ou la taille- 
douce ; d'un « autre proc^d^ » enfin a mettre en oeuvre pour 
produire des livres, Zell attribue cette premiere impulsion aux 
Donats xylographiques de la Hollande, mais Tinspiration du 
genie, la premiere invention d'un art absolumentparticulier, d'un 
.principe entierement nouveau et n'ayantrien de commun avec la 
gravure sur bois et la taille-douce, il les attribue, avec tout le 
quinzieme siecle et TEurope entiere, au seul Gutenberg. Dans 
Tesprit de Gutenberg a ete concue cette grande pensee, que toute 



208 

parole, tout &rit, toute langue, toute idde humaine pourraient 
etre repr^sentes au moyen d'un petit nombre, une vingtaine, de 
carafteres difKrents ranges a volonte; qu*a Taide d'une grande 
provision de ces cara£leres, on pourrait imprimer en une fois 
la page entiere d'un texte quelconque^ et qu'en repetant sans 
cesse la meme operation, damples manuscrits pourraient 6tre 
multiplies rapidement en tel nombre qu on voudrait. Cest de 
cette reflexion ou de cette conception quest sortie l invention 
dela typographic; cest en cet instant meme quelle fut con^ue 
dans Tesprit de Gutenberg et « quand les temps furent accomplis » 
elle vint au jour. Toute autre version est a la fois anti-historique 
etanti'psychologique. En admettant que Texplication donnee par 
Ulric Zell, relativement a la genese de rimprimerie par les Donats 
(( hoUandais » soit complet^ment juste, alors ces Donats sonta 
la typographie, ce que la pomme tombant a terre, est a la theorie 
de Newton, et ce que le couvercle soulev^ au dessus de la mar- 
mite par Feau en ebullition est a la decouverte de la puissance 
de la vapeur. Mais ^riger un ntonument en Thonneur du jardi- 
nier qui fait tomber le fruit en secouant Tarbre, ou bien en 
rhonneur de laservante qui apporte Teau bouillante pour faire 
le the, ce serait se moquer de la science des grandes lois univer- 
selles de la gravitation et de la force de la vapeur. Et ce ridicule, 
toutefois , pourrait encore etre surpass^l Ne serait ce point le 
cas si, par exemplc, les lois immanentes de la nature, les forces 
centripete et centrifuge etaient, conformement a la tradition, 
magnifiquement representees par quelque arbre artificiel charge 
de pommes d'or, apres quoi Ton se mettrait a discuter vive- 
ment sur la question de savoir quelle est, parmi les differentes 
especes de pommes, la grenade, la pomme sucree ou la pomme 
aigre, la pomme grise ou bien la pomme verte, quelle est celle 
dont la chute aurait donne a reflechir au philosophe anglais? 
La chronique de Cologne nous rapporle deux choses : a savoir, 



209 

unfait rinvention de rimprimerie, et un eclaircissement de ce 
fait. Or, c'est du fait objeftif qu*il s agit dans mes recherches et 
non de son interpretation subjeftive, laquelle peut etre dgalement 
vraie ou fausse, sans rien changer pour cela k la nature meme 
du fait. Comme je dois me borner a depeindre k grands coups 
de pinceau, et que j*abandonne les details a i'imagination du 
spe£lateur. je ne me suis point permis, dans Texdgese du cAt- 
bre chapitre, de faire des commentaires sur Timportance iddale 
que Zell ou Tauteur anonymc attribuent aux Donats dont ils 
font mention. Ceci neanmoins ne semble pas etre gdndralement 
compris ; et d'aucuns se cramponnant k la denomination de 
« Donats hoUandais, » je me vois derechef obiig^ de montrer que 
cette expression est une erreur de gdographie provinciale tout- 
a-fait innocente et absolument dtrangere a la question; car ces 
Donats de la premiere moitid du quinzieme siecle, dont parle 
Zell vers la fin de ce meme siecle, etaient non pas hollandais, 
mais flamands, non de la Nrerlande septentrionale, mils de la 
Neerlande meridionale. 

« Mais du moins nous venaient-ils de la Neerlande ! » — Oui, 
certes ; et je n'entends pas attaquer la preuve que Ton tire des 
paroles de Zell, en faveur de Tdtat prdcocement florissant de la 
xylographie neerlandaise. Si je m avisais jamais d'dcrire Thistoire 
de la xylographie, j'invoquerais Tautorit^ de Zell contre les pre- 
tentions de TAllemagne. Mais cette petite grammaire latine sur 
bois, intitul^e Donatus de o3o partibus orationis n'a avec la 
typographie que ce rapport historico-psychologique, qu'i T^poque 
ou rinventeur, Jean Gutenberg, con^ut Tidee de la typographie 
ex Donato Hollandiae prius impresso IN TABULA INCISA, on fai- 
sait deji de petits livres au moyen de planches en bois. Quant a ces 
petits livres, ils pouvaient tout aussi bicn etre allemands, fran- 
(;ais ou anglais; mais le mot final « Hollande » (Neerlande) de- 
montrc rapplicatioii dcja ancienne de notre xylographie a Tin- 



210 

dustrie et, dans tous les cas, d^montre que dans les contrdes 
du Rhin, on croyait Jl noire superiority sous ce rapport. 

Quiconque ddsire samuser k des controverses ou k des 
finasseries polemiques, au moyen de phrases vides, ou veut se 
debarrasser de la question par des sesquipedalia verba, afin 
d abaisser la science h. n*etre qu*une partie d'dchecs jouee par des 
mazettes qui se dressent des pi^ges, qu1I aille a la recherche de 
quelque adversaire complaisant ; quant h. moi, je ne suis pas son 
homme. 

On a coutume de raisonner a cot^ de ce que contient le rdcit 
de la chronique de Cologne. Pour ce qui nous regarde, nous 
avons suivi une mdthode plus honnete, c'est-a-dire plus scienti- 
fique, en nous transportani au sein mgme de ce r^cit : la prise de 
la forteresse a et^ notre recompense. Ou plutot nous avons de- 
couvertque la forteresse harlemoise n'etait pas plus rdelleque les 
villages russes etales par Potemkin aux yeux de Catherine, (i) 
Maintenant, il me reste a demolir les retranchements int^rieurs. 
lis sont faits debambouset decourroies et ne peuvent par conse- 
quent etre detruitspar la force ; il doivent Tetre par la patience. II 
n est pas besoin pour cela d'un materiel puissant, il faut des ou- 
tils bien tranchants et avant tout un peu de courage moral. On 
a tachd de ddfendre le conte de Junius a la fa^on des jardins ac- 
cessibles; on remplace une barriere reelle par un dcriteau, en 



(i) Mon appreciation personnellc de la chronique de Cologne est confirmde 
par un passage remarquable que je trouve dans une des dissertations d«dSotz- 
mann. t< Cette excellente chronique, dit-il, a ete remise en honneur par Nie- 
buhr (Leben, II. 370) ; il la met, pour une partie, au rang de nos ouvrages clas 
siques et considere I'auteur comme un homme de I'esprit le plus lucide et du 
ccBur le plus vrai. Autrefois les jesuites et les obcurantistes de Cologne ne le 
nommaient pas autrement que le damnatus chronologus, mais cette dpithete 
lui fit si peu de tort chez ses concitoyens, que Ton trouvait dans chaquc mai- 
son un e'xemplair? de cc livre, tandis qu'il etait rare hors de la villc. » 



2n 

gros et m&hants cara£leres, qui vous menace de trappes et de 
pas-de-loup, lesquels sont parfaitement absents. La meme chose 
a eu lieu ici. Une formidable s^rie d'epithdtes dtourdissantes et 
ronflantes ont rendu Junius inviolable. II y a plus. La possibility 
du fait historique se maintient ou tombe avec ce r^cit, car « du 
moment ou ce dernier ne m^rite point de credit, toute foi dans 
rhistoire est d^sormais inutile ! » Ce n'est pas peu de chose en 
verity I Puisqu'il en est ainsi, examinons serieusement et pour 
notre instruftion cette pierre de touche historique. Jetons 
d'abord un coup d*oeil sur les diverses circonstances de la vie du 
personnage. 

Hadrianus Junius (Adrien de Jonghe, Adrian le Jeune) naquit 
a Hoorn, le i**" juillet i5ii, et fut, encore enfant, envoyd k Tdcole 

' latine de Harlem. II tit ses premieres dtudes a Louvain. Plus 
tard, en iSSy, il fit, en compagnie de Martin Costerus uh voyage 
^ r^tranger et regut, en 1540, le grade de do£leur en m^decine k 
Bologne. Durant les deux annees qui suivent ses lettres sont 
datdes de Paris. A compter de 1542, il sdjourne six ans sur le sol 
de TAngleterre, attache au due de Norfolk en quality de medecin 

■ en titre. Apres la mort de ce dernier il retourne dans sa patrie ; 
mais plong^ dans la plus complete misere, et ddnu^ de tout se- 
cours, il se trouve forc^ de retourner a Londres, ou il ddite en 
1548 le di£lionnaire grec de Ceratinus enrichi de pres de six mille 
mots. En i55i, une nouvelle lettre est datde de Harlem; mais 
Junius exprime le desir de se fixer dans sa ville natale. II s'y 
voit n^anmoins tracass^ a cause de sa tonsure et il tombe une 
fois encore aux prises avec la misere. Afin de se procurer de 
Targent, il dcrit sa Vhilippdide, poeme sur le mariage de 
Philippe II avec Marie d*Angleterre. La recompense espdr^e ne 
fut pas princiere, car elle sufiit a peine a le dedommager de la 
moitid des frais du voyage qu*il fit a Londres pour avoir la 
consolation d'offrir lui-meme son oeuvre a Philippe. Junius 



212 

immortalisa le precede du roi, par la comparaison ^pique sui- 
vante, tendant k ddmontrer tout ce qu il y a dlnjuste a recom- 
penser plus richement un portrait de commande qu un epitha- 
lame ofFert. Nous traduisons le quatrain : 

Le portrait que tu fais en trois coups de crayon. 
Artiste, on te le paieen bons ecus solides; 
Poete, qui du prince eternises le nom, 
Tu peux fen retourner au logis les mains vides. 
En 1559, Junius residait a Harlem ety epouse Marie Wilhel- 
mineXeizers. Celle-ci avait de la fortune et, des ce moment, les 
lettresdu mari cessent leurs plaintes reiterees au sujet des priva- 
tions quil endurait etdeTingratitudedoht il secroyaitTobjet. Quel- 
ques anneesapres, il contrafte un second mariage avecAdrienne 
Hasselaer, soeur de la celebre Kenau, laquelle lui survecut. Vers 
Tannee i562, Fambassadeur de Frederic II, roi de Danemark, 
lui offrit la charge d'instituteurde Thdritierpresomptif : cette offFe 
lui fut faite probablement a la recommandation de son ami Cos- 
terus, attache a cette epoque en qualite de medecin a la cour de 
Copenhague. Ni le climat du Danemark, ni Taccueil qui lui fut 
fait en ce pays, ne paraissent lui avoir convcnu, car il retourna 
dans sa patrie sans faire ses adieux au roi. Apres ces retours sans 
cesse renouveles, c est-a-dire vers i563, il est nomme medecin de 
la ville de Harlem et refleur des ecoles latines : il remplit cette 
derniere charge jusqu en 1569. Sa nouvelle nomination fournil a 
Junius le pretexte de soUiciter Texemption de Timpot du vin et 
des bieres dtrangeres, mais sa demande fut rejetee a Tunanimite 
parJeconseil, le 23 nov^mbre 1564. Cest a Harlem qu il ecrivit 
son Nomenclator, vocabulaire en huit langues, et la Batapia, 
dont nous allons nous occuper a cette heure. 

Au commencement de iSyS, deux mois apres Tinvestissement 
de la ville par les Espagnols, Junius est mande' a Delft par Guil- 
laume d'Orange, qui avait bcsoin des secours de Tart. Lors de 



2l3 

la prise de Harlem, sa bibliotheque fut pillde et plusieurs de ses 
manuscrits furent perdus. En 1574, Boisot lui accorda le titre de 
medecindela ville de Middelbourg, avec une ample gratification 
annuelle et une habitation gratuite dans Fabbaye. Mais il ne sup- 
porta pas mieux le climat de la Zdande que celui du Danemark : 
le 16 juin iSyS, il succombe k Arnemuide, selon toute probability 
chez sa belle-soeur Kenau Hasselaer, marine k Nanning Borst, 
laquelle, pour prix des services qu'elle avait rendus h sa patrie, avait 
dte tres-podtiquement gratifi^e par les ftats de la HoUande et de la 
Zdande, « dela recette de TimpSt sur les tourbes a Arnemuide. » 
Quatre annees apres la mort de Junius, son corps est transfere 
dans Feglise coUegiale de Middelbourg, oil son fils Pierre fait 
driger a sa memoire un mausolee portant une longue dpitaphe, 
dans laquelle entre autres il prdconise son pere comme Tauteur 
digne de foi de la Batavia et comme un homme d'une Erudition 
sansbornes. Cette inscription avait disparudepuis longtemps. Cest 
pourquoi en 1842 — sans doute comme consequence de la ques- 
tion costerienne — ellefut renouyel^e et simplifide en ces termes : 

« A la memoire d'Adrien Junius, qui fit, par son Erudition, 
» lornementdu XViesiecle. Nea Hoorn et inhum^ en cette eglise. 
» La Societezelandaisedes sciences. » Si Ton ajoute^ cela, que Juste- 
Lipse le declare le plus savant des HoUandais apres Erasme et 
qu'aTinaugurationde Funiversit^ de Leyde, Janus Douza Tapo- 
strophe dans son Carmen inaugurale en ces termes : « Adsis 
alter Erasmus et secundus nostri temporis, erudite Jiini! » 
alors personne je pense ne doutera que nous ayons en Junius un 
^chantillon du savoir et de T^rudilion du seizieme siecle. Voyons 
maintenant son livre. 

A lassemblee tenue par les deputes des etats de la Hollande, 
a la Haye,le 14 septembre i565, le president parlant au nom du 
prince d'Orange emit Tavis qu'il scrait a desirer que Ton fit 
dccrirc sous forme d'histoirc, les choses digncs de memoire et les 



214 

anciennes institutions de la Hollande ; il proposa de confier ce tra- 
vail a une a personne de quality et d'drudition, du nom de 
M . Adrien de Jonghe, r^sidant k Harlem, qui avait 6x6 invitee par 
des seigneurs et des souverains tels que les rois de Hongrie, de 
Pologne et de Danemark, a les seryir, mais qui prefdrait ndan- 
moins rester dans sa patrie afin de lui vouer ses services .» En 
consequence Junius fut charg^ de cette mission, parl'appui du 
prince, et il fut reconnu en outre qu'il recevrait un traitement. 
Cette oeuvre avait pour but la gloire et Tinteret du pays, dontelle 
devait comprendre « toute Thistoire ancienne et de bonnes de- 
scriptions des contr^es, de leurs subdivisions et quartiers avec leur 
topographie, leurs origines, leurs droits et ce qui s y rapporte. » 
Le 26 de ce meme mois, I'afFaire fut presentee comme une « re- 
quete du D'. Adrien Junius, a la recommandation du prince 
Stadhouder, afin qu on lui confiat la charge d ecrire en langue 
latine, sous forme d'histoire et comme un monument dternel, toutes 
les choses qui peuveni avoir rapport au pays, » II fut propose 
incidemment d'odroyer a Junii^ une pension annuelle de 200 li- 
vres de gros(2oo florins). Harlem, Delft, Leide et Gouda voterent 
pour ; mais Dordrecht et Amsterdam demanderent une remise. 
Dordrecht voulut savoir d'une maniere plus precise a ce que 
devait etre cette oeuvre de Junius et si ce dernier avait la latitude 
de lecrire et de Tdditer selon son bon plaisir. » En rdponse a cette 
question, il fut decide que cette description comprendrait « toutes 
les villes, tons les colleges, toutes les corporations, ainsi que les 
aftions des souverains, le tout tir^ d'histoires v^ridiques, de chroni- 
ques et daftes, a soumettre a lappr&iation desdtats et h ordon- 
ner d'apres leurs avis. » A Tassembl^e du 17 novembre, Dor- 
drecht consent, i la condition que la somme a payer sera prise 
dans les impots g^neraux, que chaque annee Junius sera oblige 
d'achever une partie de son oeuvre, qu il ne pourra neanmoins 
ricn publier sans rautorisation des etats , dont il aurait a 



2l5 

suivre les instru£lions. Gouda se x^trafle et Amsterdam declare 
n etre point autorisd, dans ces moments difficiles, a.acquiescer a 
cettedemande et a imposer cettenouvelle charge au pays : moins 
encore ne veut-il pas se soumettre k faire « cette gracieuset^ » 
la majorite des voix. Cette fois encore, on ne put arriver aXine con- 
clusion. LeSfevrier i566, Amsterdam et Gouda donnerent enfin 
leur adhesion, pour autant qii'on se bornat k permettre a Junius 
« de faire quelque chose » apres quoi on pourrait lui donner 
une gratification en connaissance de cause. Junius se mit k 
Toeuvre, mais le salaire promis se fit attendre des la premiere 
annee. Du moins, k Fassemblde du i3 mars iSyo, il fut pro- 
duit une requite par laquelle il rdclamait le paiement d^une 
pension de 200 florins a lui accordee par les dtats en j566, 
pour confedion et livraison k ces memes etats du « pre- 
mier tome de VHistoria Batavice. Remise de la question a la 
prochaine assemblee, au 4 avril, ou cette requete donne lieu a 
de (( serieuses difficultes. » On voulait ne considerer ces 200 flo- 
rins que comme une largesse gratuite, pour inviter Junius a se 
mettre a Toeuvre, sans etre tenu k lui payer une pension fixe. On 
estima egalementque I'^poque n'etait pas propice a la publication 
d'une histoire pareille dediee aux etats, d'un livre qui dans tons 
les cas devrait subir I'examen serieux de personnes comp^tentes. 
Mais, attendu que Junius « etait donnd bien des peineset avait €x€ 
oblige a de grands frais, on ^mit la proposition de lui accorder 
en une fois une somme de deux ou trois cents florins. L avis de la 
ville de Gouda fut comme snit : « La pension demandde sera re- 
fus^e au Dr. Junius, mais on lui paiera la valeur du travail exe- 
cute. » Apres de longues deliberations, il fut resolu, le u avril, 
a la majority des voix, qu'une somme de trois cents florins lui 
serait accordee comme don gratuit, avec defense d'^diter le pre- 
mier tome de son ouvrage avec dedicace aux etats et qu'il sera 
decharge en outre de la continuation dudit ouvrage. . 



2l6 

Telie est done Torigine de la Batavia rest& interrompue 
entre les annees i566 et iSjo ; c'est une oeuvre proposde par Tau- 
teur, cotnmandee, non sans opposition, par le gouvernement, a la 
recommandation du Stadhouder, afin de pouvoir fournir a Ju- 
nius des honoraires dans le but de le retenir dans le pays. Ces 
puissantes considerations ont donne le jour a un livre pitoyable 
et qui Test d'autant plus, que Toeuvre beaucoup plus meritante 
de Luigi Guicciardini dtait 1^ pour lui servir de guide. Persuade 
que la plupart de ceux qui voudraient, par hasard, se donner la 
jouissance de lire cette exquise conception littdraire, succombe- 
raient infailliblement a la peine, je dois justifier ici cette appre- 
ciation. P. Scheltema dit dans sa Vie cTAdrien Junius : « II en 
est plusieurs qui n'ont pu concevoir comment la Batavia, une 
oeuvre d'une telle importance et d*une erudition aussi etonnante, 
ait pu etre achevee au bout d'un petit nombre d annees. » Quant a 
nK)i, rien ne me paratt plus surprenant que cet etonnement. La 
Batavia n'est autre chose qu line de ces compilations sans 
critique, le fruit de Tacquis dans des livres et qui sont produites au 
moyen de cette recette de Tart d*dcrire : prenez trois livres et en 
faites un quatrieme. La nullite de la valeur historique du travail, 
sera prouvee, pour le lefleur le plus obstine, par ces paroles de 
Scriverius. Ce meme Scriverius qui, en 1628, se chargea de 
Tapothdose du heros de la fable harlemoise, ddite en 1611 I'ou- 
vrage du geographe Cluverius et il y fait cette declaration qui n a 
jamais dte contredite : Hadrianus Junius, melior medicus quam 
geographus aut historicus, male Batavorum fines descripsit. 

Un simple coup d*oeil jete sur la liste qui precede le livre de 
Junius et qui contient la nomenclature des auteurs cites et invo- 
ques dans la Batavia et parmi lesquels Jamblichus et Sextus 
Empiricus n'ont pas ete oublies, ce coup d'oeil sufRt pour nous 
donner une idee du galimatias qu'on nous a donne en guise 
d'histoire de la Ncerlandc. Cette « etonnante erudition » de fort 



217 

pauvre aloi, n est que de la moisissure classique, un etalage pe- 
dantesque de grec et de latin ftouffant toute vie et toute spon- 
tan^ite. Cest une Erudition qui donne le frisson et celui qui la 
possede est, enquelque sorte, envahi par des cryptogames. J e n'exa- 
gere point. Est-ce que Junius se contenterait par hasard^ en 
faisant la description de sa ville natale, de dire tout simplement 
qu'elle produit des carottes de Hoorn [radices bulbosiores Horna- 
naediSae) ? Mais non : il nous reste encore a apprendre que, selon 
Pline, Tibereavait les carottes en telle estimeque chaque ann^eil 
en faisait venira Rome, du fond du chateau de Gelduba situdaux 
bords du Rhin. Que d'^rudition et de lefture, en verite, maisaussi 
comme ces radices hornanae nous paraissent dessich^es a 
cette heure I Plus loin, il va ddcrire la ville d'Edam : il nous ap- 
prend en quelques lignes, que nos peres ont appeld XYdam 
d'apres Ya ou Yda^ autrefois une riviere, que cette ville, renom- 
mde d ailleurs pour ses excellents fromages, possede un superde 
chantier. Mais, juste ciel! nous ne savions pas qu'il y eiit des vais- 
seaux memedans lantiquitd. Oui vraiment! le chantier d'Edam, 
un chantier superbe : quae dignajudices ubi Hieronis navis ilia, 
quam Q4lexandriam nominavit, mons verius quam navis, fabri- 
caretur ; tanta mole ac capacitate fabricata isthic navigia^ 
summa naupegorum industria, in maris sinum deducuntur^ 
ut non minor e in admiratione sit horum habenda industria^ 
quam *Phiieae Taurominitan:, qui Hieroniam illam deduxit^ 
aut quam Dioclidis Q/ibderitaequod Helepolim immanis magni- 
tudinis machinam ad oppugnandam Rhodum adduxisset, — 
Edam, Hidron, Alcxandrie, Phileas de Taormine, Diodes 
r Abddritain et, ce qui est plus classique encore : Edam est situe a 
deux lieues de Hoorn par eau aussi bien que par terre! 

La gradation nest-elle pas dtourdissante et le produit des 
imp8ts n'est-il pas quelquefois fort mal employe ? On peut le dire : 
les etats qui payaient par an deux cents liyres de gros pour 






2l8 

fourniture de semblable Erudition gaspillaient bien leur argent ! 
« Fort bien, dira-t-on, mais Junius n'etait pas non plus au des- 
sus du mauvais goQt de son dpoque. » Non certes ! pas plus qu'il 
n etait afFranchi de la superstition de cette dpoque, pas plus qu*il 
ne fut audessusdeTignorancedeson temps, quant aux exigences 
de rhistoire. Et voili pr^cisi^ment la raison pour laquelle nous 
devrons examiner de pres ce que nous sert ce savantissime cui- 
sinier qui ne sait pas faire un plat. 

Uacquis ne constitue point une science, une tete farcie de 
choses apprises n'est pas necessairement une tete lucide et une 
mdmoire fidele n est pas la m^me chose qu'un jugement sain. 
Cette derniere qu^litd surtout ne se manifeste nulle part chez le 
soi-disant historio^raphe Junius, bien au contraire ; il suffisait 
que Tune ou Fautre fable eut ete rdpdtde avant lui, que le souvenir 
en fut encore recent, que les commeres y attachassent du prix ou 

que la legende poss^d^t comme garantie une enseignepeinte, 

pour que notre savant la traduistt derechef en latin et Fenregis- 
trat dans son histoire, a Tddification de ses concitoyens. Quant k sa 
probitd sociale et k sa vdracit^ personnelle qu'on nous oppose 
sans cesse afin de nous forcer k prendre au serieux ses balivernes 
litteraires, ce sont des choses qui ne nous regardent point. Je 
crois volontiers que le dofteur Junius n'a jamais pris plaisir a 
empoisonner un seul de ses patients, mais cela ne m oblige nul- 
lement a admettre cetle fable, que les frais de construftion de 
Teglise de Dordrecht ont etd payds par la vierge Soter,1aquelle ne 
possedait que trois deniers, mais qui rentraient toujours dans sa 
bourse. Je nen doute pas un seul instant: quand on lui deman- 
dait rheure, le refteur harlemois, repondait sans ambages et 
avec exaftitude^ mais cela ne fait d'aucune fa^on naitre chez moi 
la pensee d accepter, sur son seul temoignage, cette version que 
les Harlemois ont conquis la ville de Damiette. J aime a 
croire que Tauteur de la Batavia a etd on ne pent plus empresse 



219 

cI*abord aupres de la brune et ensuite aupres de la blonde : mats 
deduire de la qu*un vaisseau charge de onze miUe vierges venant 
d*Angleterre serait entrd dans le port de Verone — ville situde 
jadis quelque part aux eavirons d'Alkmaar, mais dont il ne reste 
plus de trace, — ce serait donner k p'enser que je ne distingue pas 
une histoire d un conte bleu. Encore une fois : j estime le se- 
cond E)rasme comme un savant consomm^ et un parfait honnete 
homme; mais Thistoire qui veut que la pierre de F^glise 
St.-Pancrace k Leide, ait ^t^ autrefois du pain, transform^, 
comme tel, k la suite de quelque mal^di£lion, cette histoire il 
ferabiende laraconter en faisant sauter le petit Pierre de Jonghe 
sur ses genoux. Faudra-t-il rappeler encore le miracle de Loos- 
duinen et la d^livrance de Marguerite, comtesse d'Hennenberg, 
dont les 364 enfants vous font involontairement songer a un pot 
de crevettes renversd? Je sais qu'on a eu le courage de faire re- 
marquer que Junius appelle ce cas un partus incredibilis, un 
omnemjidemsuperans miraculum; mais on oublie dajouter 
quapres la premiere deces qualifications, ilajoute ces mots : nisi 
publici monumenti autoritatem conveiiere, etc, etque plus loin 
il dit formellement : nos tabulae pensilis, quae in Losdunensi 
fano rei memoriae consecrata est^Jidem sequimur. On a dgale- 
ment omis de rapporter qu'il ne veut pas refuser absolument 
toute creance au miracle de Loosduinen, mais qu il fait allusion 
a une autre fecondite de ce genre racontee ailleurs et ou les 
35o enfants furent baptises apres une decision de la Sorbonne. 
Mais tout en protestant pour ma part contre cette croyance, 
apres mQr examea, )*accorde a chacun la faculty la plus absolue 
de croire aux miracles et ne provoquerai point Junius sur le ter- 
rain de la thdologie. Je ne pretends d^montrer qu une chose, 
savoir que son point de vue n a pas besoin d'etre adopte par 
nous; etque la distinftion qu*on fait entre Thomme et sa 
valeur scientifique, nedoit pas etre consideree comme un attentat 



220 



centre son caraflere personnel. Si Junius traduit le mot 
Duyvenvoorde par duw voortl (allez en avant) ou qu'il ex- 
plique Haga Comitis par sepes e spinis dumisque opere 
topiariofada, je prendrai la liberty de trailer de tres- ridicule ce 
verbiage de faux-savant, quelque entourd qu'il soit de pandgyri- 
ques, d'inscriptions et d'hommages surannes. D absurdes Ety- 
mologies interpr^tdes par un honnete homme, ne cessent point 
pour cela d'etre absurdes (i). Si Vlaming, le champion de Coster, 
dans sonedition du Herisspieghel {iy3o)y est oblige de reconnaitre 
que Junius n'dtait pas exempt d amour pour les « puerilites legen- 
dairesetles contesdela mere FOie, » il nous sera aussi permis de 
rdclamer le droit, assez peu radical au fond, de porter un jugemenl 
sur ses recits, sans etre constamment poursuivi par Targumeni 
banal et fastidieux de la « veracite de Junius. » L'esprit qui 
tout approuve est tout aussi superficiel que celui qui nie tout. 
II y a des gens, dVilleurs, qui dans ce qui concerne des 
questions purement historiques, nont pu saffranchir encore 



(i) C'est precis^ment sur ce terrain ou il aime a montrer ses connaissances 
speciales, que Junius faitde la critique^ etou sa perspicacite est reellemeht 
amusante. Apres s'etre dtendu sur letymologie de Leiden et avoir 
entre autres critique Noviomagus qui la derive du mot Geleide, ce qui 
n est pas plus fort que son Duw voort, il continue : quae confida visum 
etiam ipsi illi Crasso, qui Agelastos didus est, excutere posse putarim. 
Adeo nullum tarn impudens est mendacium, quod assertore caveat, Gerardus 
Noviomagus outre ses erreurs ^tymologiques semble en avoir commis d autres 
en faitd'histoire ; du moins il ecrit en i52o : Et^ ut quod vevum estaddaniy ma- 
xima omnium saeculovum inventa Gevmanovum sunt ; bombavda videlicet^ 
Typogvaphia, pyxis chavtaque nautiea. Et cela fut public sans observation 
par Scriverius en i6ii I A propos d'Alcmaar, Junius releve T^tymologie al-meev, 
selon d'autres pour A-lec-meev. Fi done! s eerie Junius, par rapport a cettc 
declaration : anile pvovsus delivamentum ; quod ipsum satis nequeo mivavi, 
CUV Nannius homo dodus chavtis illeverit! 



221 



de rinfluence des traditions apocryphes, des contes populaires 

etdes Idgendes, des gens qui, a I'egard d'un ^vdnement tel que 

rinvention de rimprimerie acceptent ce que disent des tdmoins 

parlant de choses arrivdes plus dun siecle avant leur ^poque. Ce 

n est point pour ces gens-la que je public cette ftude. lis n en 

ontque faire. Je m*adresse a des hommes qui aiment la moralitd 

dans la science, qui ont la passion de la verite et qui admettent 

qu'une declaration formelle comme celle de Coornhert ne signi- 

fie absolument rien et ne mdrite meme pas Thonnear d'etre re- 

fut^e, lorsqu'elle nest escort^ed aucun temoignage et se trouve en 

opposition direfte avec d'incontestables verites. Si Ton ne proce- 

dait point d'apres cet axiome, les sciences naturelles, par exemple, 

seraient loin d'avoir atteint le degrd d avancement ou elles sont 

arrivdes aujourd'hui. Mais en fait d*histoire il regne plus d'ortho- 

doxie qu'on ne le pense. Qu'il me soit permis d en fournir la 

preuve en appliquant Thistoire Coster de Junius, a un autre cas. 

Pendant le cours de 1710 a 1711, J. Mtiller, pasteur protestani 

allemand, a Leyde, con^ut Tidde de la stdrdotypie, c'est-a-dire de 

convertir en planche solide, en les soumettant a un moulage, 

les carafteres mobiles typographiques reunis en une forme. 

Avec Taide de son fils et dun certain Vander Mey, il prit des 

empreintes d abord avec de la resine, ensuite avec du platre. 

De cette fa^on, ils formerent des cliches destines a I'impression 

dune bible hollandaise, dont les formes se trouvent encore 

en possession de M. Luchtmans a Leyde. Supposons maintenant 

que plus d un siecle apres, en 1820 par exemple, quelqu un fQt 

venu raconter Thistoire suivante : la stereotypic n*a pas ^te in- 

ventee a Leyde, par Tallemand MUller, mais au Helder, par 

Jean Bakker, quietait d^ja d^cedd dans cette ville en 1690. Jean 

Bakker ^tait construfteur de navires. Un jouc il renverse acci- 

dentellement le pot a goudron dont le contenu se rdpand sur un 

tas de copeaux. «Tope! sedit Jean, voyantque le goudron fait 

TOM. V. . l5 



222 

coller ies copeaux les uns aux autres, void quelque chose dont 
les imprimeurs peuvent faire leur profit ! Apres avoir compost 
une page entiere, ilsnont qua mouler les lettres avec de la terre 
glaise du cote superieur ; cette page pourra des lors etre con- 
servee sans que, dans les reimpressions, il se glisse jamais des 
fautes. Quel excellent procede pour imprimerdes tables de loga- 
rithmesi » — Mais Jean Bakker avait un domestique qui portait 
le meme nom que lui (on ne saurait certifier si celui-ci e'tait Jean 
Miiller, on ne garantit rien) et qui de'campa, emportant avec lui 
a Leyde, le secret de la decouverte faite par son maitre. Or,d'ou 
le rapporteur tient-il ces details ? Eh ! notre homme allait a Tecole 
au Helder en 1784% Son professeur, un vieillard venerable, lui ra- 
conta a cette epoque, comment il se souvenait d avoir, dans son 
jeune age, appris I'histoire de Nicolas le cordier, deja vieux 
alors, mais qui, etant gar9on avait, travailld au chantier de Jean 
Bakker. Ce Nicolas devenait nerveux toutes les fois qu il son- 
geait a la fa^on ignoble dont son camarade Jean avait soustrait 
1 appareil stereotypique pour lemporter a Leyde, en passant par 
Purmerend et Amsterdam. Et qui plus est, les descendants 
de la famille Bakker montrent encore aujourd'hui une colleftion 
de tabatieres faites des memes copeaux qui recurent la provision 
de goudron au bienheureux jou' ^u le fameux pot fut renversd. 
Or, en admettant meme que L apporteurdelan 1820 e(it ^te in- 
stituteur en chef au Helder et pere de famille sans reproche, ce- 
pendant on naurait accepte cette histoire que sous b^ndfice 
dinventaire. 

Et cependant le recit de Junius sur Coster, tel surtout.quil a 
ete interpre'te et applique jusqu a present, ne pent pas nous in- 
spirer plus de confiance. L'aubergiste harlemois Louwerys 
Janszoen na pas plus a d^meler avec la xylographie et la typogra- 
phie que le construfleur de navires du Helder,. avec la stere'otypie ; 
je me crois par consequent en droit de demander a Junius, a 



223 

rhomme qui ecrit sans aucune critique, de lui demander en 
quoi consistent ses preuves, Geci pourtant, & fideies apotres de 
Coster I ne doit pas etre k vos yeux, pour me servir de votre 
langage, une t temerite imbecile. » Vos pretres d ailleurs n'en 
ont-ils pas agi de mSme envers Tabbe Trithemius, qui fut non 
moins savant et aussi bon cathoiique que Junius^ imais qui 
e'tait entache de Thdrdsie de Gutenberg ? 

A. Van der Linde. 

(q^ continuer.) 



ERRATA, 

■ 

Page 140, ligne 12, au lieu de eleve, lisez eleve. 

Page 141 , ligne 3 , en remontant , le point final doit Stre transporte avant le 

guillemet. 
Page 144, derniere ligne, au lieu de premier^ lisez premiere. 
Page i58, ligne 6> supprimez 1*5, du mot ratifications. 

Ibid, ligne 9, au lieu de Uun, lisez Un, 
Page iSg, ligne 17, au lieu de 1435, lisez 1455. 

Ibid, ligne 18, au lieu de lui de, lisez de lui. 
Page i65, ligne 9, lisez Calchographiam, 

Ibid, ligne 24, au lieu de Kistor^ etc.; lisez Kist^ dans le Kerkhistor. 
Ar chief. 
Page 167, ligne 19, au lieu de Choniqueur^ lisez Chroniqueur. 
Page 169, ligne 9, au lieu de puiseSy lisez puisees. 
Page 174, ligne 8, supprimez le guillemet. 
Page 176, ligne 5, au lieu de Constestation, lisez Contestation. 



224 



CURIEUX DIALOGUE 



ENTRE LE LIBRAIRE JEAN DE WAESBERGHE 



ET LE GARgON DE MAITRE PIERRE 



(Extrait dun opuscule tres-rare, style MfiuRiER, compose par Geeraert 

Van den Vivere, Gantois (i) . ) 



C. LE GARgON DE MAISTRE PIERRE. — N. LE SERVITEUR 
DU LIBRAIRE. — J, JEAN WAESBERGUE, LIBRAIRE. 

C. Dieu vous donne lebon jour, Jean Waesbergue. — /. Bon 
jour, mon fils, que demandez-vous? — C. Mon maistre m'a 
envoyd ici, et apres vous avoir donne le bon jour, se recom- 
mande a vostre bonne grace, vous envoyant ce billet, lequei vps 
plaira regarder. — J, Comment se porte vostre maistre? — C. II 
se porte assez bien, Dieu mercy. — /. Vous a il dit quelque autre 
chose de bouche. ? — C Ouy , Monsieur, il m*a dit que je demande 
si vous avez receu vos livres de Paris et de Lyon, et si vous 
avez ces livres ci qu il demande : et vous lui ferez semblablement 



(i) Dialogues flamen-franfoys trai6lants du fait de la marchandise. Tza- 
mensprekinghen in Duytsch ende Franzoys, traflerende van den handel des 
koopmanschappen. (Marque typogr.) A Rotterdam, chez Jean Waesberghe 
au marche a Tenseignede la Fame 1607. Pet. in-8". de io3 (104 feuillets cotds, 
le titre compris. 



225 

entendre le pris d*un chacun livre a part. — J, Bien. Nicolas, 
allez-vous qudrir ces livres la sur nostra chambre. — N. Bien^ 
mon maistre, mais je croy que les Commentaires de Jules Cesar 
sont failliz (uit zijn). /. Regardez y. — C. Attendray-je ici, ou 
luiliendray-je compaignie? — /. Attendez ici, il sera incontinent 
de retour : vous direz a vostre maistre que ces livres que i*at- 
tends de France, ne sont pas encore arrivez, mais que j ay receu 
lettres qu'ilz ont ete empacquetez et sont desja en chemin. — 
C. Bien, je luy diray. — /. Dites-luy que je attens d'heure k 
autre, et s*il pent avoir lajpatience encore deux ou trois jours, 
j espere que je luy envoyeray un catalogue de tout ce que j'auray 
receu. — C Je luy feray ce r^apport. — J, Mais vostre sei- 
gneur, que fait-il? — C, II estudie comme je pense. — /. II faut 
bien qu'il face grand proufEt. — C. Comment ! pensez-vous que 
mon maistre face train de marchandise ? — /. Je ne dy point 
cela. — C, Quel prouffit feroit-il doncques? — •/. J'enten 
proufSt honnerable a Tesprit, car il n y a proufEt plus grand que 
cestuy-la, veu qu'il surpasse de beaucoup celuy du corps. — 
N, Voicy les livres que notre maistre demande, excepte un ou 
deux que je nepuit trouver. — J, Quels livres sont-ce? — N, C'est 
Pierre Belon, traiftant des singularitez de la Grece, Egypte, 
Arable, et autres pais, et le livre de TEmpereur Marc Aurele. — 
/. II y a longtemps que les livres de Pierre Belon sont failliz. 

— C. II faudroit bien la peine de les r imprimer — /. Vous dites 
bien, si les figures ne coutoyent tant a tailler. Baillez-luy les 
livres et les empacquetez bien, qu il ne laisse tomber. — iV. Bien, 
mon maistre. — C, Waesbergue, il faut que j'escrive combicn 
ilz couteront. — /. Annotez-le, je le vous diray. — C Donnez- 
moy un petit morceau de papier, s*il vous plait. — N-, Tenez-la. 

— J, Les Dialogues de Vives, latin-fran^ois, cofitent quatre 
patars (stuyvers) la piece. — C C'est trop, je mettray trois patars 
par escrit. — /. Je ne les puis bailler pour ce pris la : prenez- 



226 

les pour trois patars et demy. — C Non, non, cest assez. — 
J. Vrayement, c est trop bon marchd. — C. Et ces Lieux communs 
en langue allemande, combien? — J, lis valent sept patars. 
C. Vous en aurez six, c est assez : regardez si vous les voulez 
vendre. — /, Or sus, prenez les doncques, le bargaigner ny 
sert de rien : vous estes bon serviteur a vostre maistre. — C Ne 
faut-il pas regarder au prouffit de son seigneur?-—/. Ouy dea, je 
dy que vous faites bien : voyla les Comedies de Terence^ ils vous 
cofitent en un mot quatre patars. — C. Ny a rien a rabatre? — 
J. Non, pas un denier. — C Soit ainsi; combien valent ces Offices 
de Ciceron, latin-fran9ois f — /. Huit patars et un liard. — 
C. Je n'en rabattray gueres, vous aurez ici sept patars. — 
J. Non, non, je ny gaigneray rien, vous s^avez bien qu il faut 
gaigner quelque chose : les livres qui viennent de France, cou- 
tent beaucoup de voiture. — C. II est vray, mais la quantite 
vous fait gaigner beaucoup. — /. Pour ce que je voy que vous 
estes si fidele a vostre seigneur, escrivez, 7 patars et demi. — 
C, Je ne rabbatray qu un bitternont doncques : et les Commen- 
taires de Jules Cesar ^ pour combien les donnez-vous? J. Ils va- 
lent neuf patars. — C Je mettray huit patars avant. — /• Voici 
VHorloge des Princes, qui vaut dix patars. — C Cest assez de 
neuf. — J, La Description deslndes Orientates, -- C. Combien 
cestuy-la? — J. Pour douze patars, je s^ay bien que vous direz 
que c'est trop. — C Aussi est il, vous n en aurez qu*onze : mais 
cestuy-ci, YHistoire dHeliodore des loyallesetpu;licques amours 
de Theagenes et Chariclea ? — J, Vrayement, c est un beau livre 
que cestuy-la, je vous asseure que cest un langage bien fluide 
et commun : il vaut quinze patars, car il est en folio. — 
C. Cest une letlrequi me plait bien ; de quelle impression je vous 
prie, deLyon ou de Paris? —J. De Paris, de Timprimerie d'Es- 
tienne Groulleau. — C. Cest de bon papier et Wane, mais vous 
me I'avcz surfait, vous en aurez 14 patars — J. Escrivesqua- 



227 

torze. — C. Je le veux bien, mais^ condition toutefois, que 
men maistre en soit content. — 7. Comment, vous voulez dire 
que ^ostre maistre me rabattroit encore du pris? Non, non, je 
n en feray riens. — C Vous s^avez bien, Monsieur, que le serviteur 
n est pas par dessus son seigneur. — J, Ouy, mais je ne raba- 
tray plus rien, dites luy hardiment cela. — C. Or sus doncques, 
faisons le conte net. — J. La somme totale monte trois florins 
et troys patars (dry guldens ende dry stuyvers). Etc. 



CHRONIQUE 



Vente DE Robert P. Roupell, a Londres, 25-29 juillet 
1870. — Voici quelques-uns des principaux prix atteints a la 
vente de la belle bibliotheque de M*" R. P. Roupell. Le Roman 
de Fierabras, imprime a Lyon vers 1480. avec un feuillet en 
facsimile, 3725 frs. — Le Livre de la Diablerie, en vers, Paris, 
i5o8, 1075 frs. — Le Gyron le Courtoys, de Verard, avec deux 
feuillets en fac- simile, 975 frs. — Martin Franc, le Champion 
des Dames, Lyon vers 1485, i25o frs. — LHeptameron en 3 vol. 
400 frs. — Le Roman de la Rose , i53i, incomplet du dernier 
feuillet, frs. 187,50. — Le songe de Polyphile, avec les bois 
d'apres les dessins de Mantegne, Bellini et autres maitres, incom- 
plet, 575 frs. — Ysaie le triste, imprime par Bonfons, fr. 662,50. 
— Le Vergier d'honneur, de Petit, 220 frs. — Hysioire de St, 
Grealy Paris, i523, i25o frs. — Tristan, chevalier de la Table 
Ronde, 1496, Verard, quelques feuillets manquants, 825 frs. — 



228 

Tristan le Leonnois, Paris, l554, 275 frs. — Labor de , choix de 
chansons^ 4 vol., 700 frs. — Judas Macchabde^ Paris, i5i4, 345 
frs. — Flores de Grece. Paris, i552, 370 frs. — Jactnyn, CEuvres 
poetiques. Paris, 1675, 225 frs. — Jodelle, CEuvres. Paris, 1674, 
235 frs. — La vente a produit en tout 52,25o frs. 

T. 



L'INVENTION DE L'lMPRIMERIEC) 

VIII 
Laurentius Joannes cognomento aedituus Gustosve 

En 1440 demeurail a Harlem un certain Lourens Janszoon 
Coster, un homme qui, par la bouche d'Adrien Junius, vient en 
i568 revendiquer Thonneur d'avoir invent^ rimprimeric, hon- 
neur dont d'autres I'auraJ^nt injustement d^pouilld et jouisserit 
tout a leur aise. Ce Loarens Coster, un jour de fete, se prome- 
nant apr^s son diner (sutnpto cibo) au bois de Harlem, se mit a 
tailler des lettres dans dcs fragments d'^corccs d'arbre. Ces 
lettres gravies il'envers, illes imprimaTune apresl'autre sur du 
papier et composa ainsi, en amateur, quelques lignes de texte 
pour les faire servir de modeles decriture a ses petits-enfants. 
Ayant r^ussi en ce point, il inventa une encre meilleure, plus 
visqueuse, plus compafle quel'encre ordinairequi p^chait par une 
trop grand fluidite : il fut aide en ceci par son beau-fils [gener] 

(1) Suite. Voy. pp. 61-66, 93-106. ij5-i45, 157-180, 189-103 et loo-iii. 



23o - . 

Thomas Pieterszoon. Celui-ci laissa quatre enfants, qui presque 
tous ont^te rev^tus dela dignitede bourgtnestres. 

Ensuite, il se mit a imprimer des feuilles entieres d estampes 
auxquelles il ajoutait un texte avec ses. lettres de bois. Junius a 
vu un exemple de ce labeur, un livre dcrit en HoUandais par un 
auteur inconnu et intitule : Spiegel on^er behoudenis (Specu- 
lum nostrce sahitis), Mais une invention n'dtant jamais complete 
di'Qmb\QQ[nunquam simulet reperta et absoluta), ce premier pro- 
duit de Fart etait opistographe, c'est-a-dire, imprime d un seul 
cote seulement, et Ton avait cache ce petit defaut en coUant 
ensemble les versos des feuilles. Apres cela, Coster changea ses 
carafteres (formas) de bois en carafteses de plomb et ensuite 
d'etain, afin qu'ils fussent plus solides et plus^urables. Avec les 
restes de ces derniers on fondit des pots que Ton pouvaitvoir 
encore en i568 dans la maisqn de Coster, ou demeuraient alors 
son arriere petit-fils (pronepos) Gerrit Thomaszoon, un honnete 
bourgeois decede en age tres avanc^, vers i56o, et que Junius 
mentionne honoris causa. 

Comme il arrive d'ordinaire, la nouvellede Tinvention excitala 
curiositedii public ; une marchandise ioconnue jusqu'alors attira 
de toutes parts des acheteurs et donna de grands profits : Famour 
de Coster pour son art saccrut; ilfallut etendre la produftion et 
engager de nouveaux ouvriers. C'est de la que sortit tout le mal. 
Parmi ces ouvriers, se trouvait un certain Jean ; si, comme on le 
croil, ce Jean se nommait Faust, ou si c'etait ua autre Jean, c'est 
un point que Junius ne veut pas rechercher et dont il ne se pre'oc- 
cupe pas. Cest-a-dire qu il donne clairement a entendre quelle 
est son opinion, mais il n'est pas assez sfir de son fait pour affir- 
mer carrement. Ses successeurs y ont mis, plus tard, moins de 
menagement. 

Done, ce Jean devenu imprimeur assermente^ attendit jusqua 
Fe'poque ou il secrut foncierement instruit en Tart de fondre des 



23l 

carafteres, de composer, etc. A point nommd, en 144T, il choi- 
sit le moment favorable, la nuit de Noel ; pendant que touS les 
Chretiens assistent a TofGce divin, il se precipite dans Tatelier, 
rassemble la provision de lettres et d'instruments si industrieu- 
sement confeftionnds par son mattre ichoragium omne tjrjporum 
involat, instrumentorum herilium ei artifiQio comparatorum su- 
pelleSilem convasat), enleve le tout et s'enfuit de la maison comme 
un voleur, II se rend, par Amsterdam et Cologne, a Mayence 
ou il ouvre un atelier et met a convert le fruit de ses rapines. Car 
il est avere qu*un an apres le forfait, en 1442, Timprimerie de 
Mayence produisit, avec les types de Coster : i" Le Doftrinal 
d'Alexandre Callus, grammaire tr^s-renommde et tres-usitee 
alors, et 2** les traitds de Pierre d'Espagne. 

Junius affirme qu il a appris tout cela de personnes ligees et 
dignes de foi, et entr autres de Nicolas Galius (Claes Lottijns- 
zoon Gael), vieillard respeftable ayant une memoirede fer. Son 
second temoin est le bourgmestre Quirinus Talesius (Quirijn 
DirksoonTalesius). Ces deux personnes ont connu un certain 
Cornells, relieur de son dtat, mort en i522, un vieillard de 80 ans 
qui avait ete employe (subminister) dans Tatelier de Lourens 
Coster, qui pendant plusieurs mois avait couchd dans un meme 
lit avec ce sceldrat de Jean, et qui chaque fois qu il parlait du 
crime commis par ce dernier, fondait en larmes et accablait des 
malediftions les plus passionn^es, Tinfame voleur de la gloire de 
son maitre. Junius craint neanmoins de « chanter tout cela devant 
la demeure d un sourd ; » mais quoiqu il en arrive, il se rdjouit 
d avoir ddfendu autant qu'il etait en lui la memoire de Tinven- 
teur et la gloire de notre ville de Harlem. Chez les hommes 
legers, qui ne prennent pas goiit a la recherche de la vdrit^, il le 
salt neanmoins, le prejugd Temportera toujours sur la saine rai- 
son et la demonstration la plus forte (!). Quelque dur qu il soit, 
c'est un malhcur qu'il faut dig^rer malgre toutes nos plainles. 



232. 

Notre perle serait moins cruelle, si notre gloire avait ete trans- 
portee dans une des principales villes de TAllemagne par la voie 
droite, et non pas par suite d'un vol. » En effet, de la maniere 
qu elle a 6x6 derobee par Jean Faust, c'est vraiment trop dur. 

Dans tout ce qui precede, j'ai donne le contenu reel et lensemble 
veritable du recit de JjLinius sans m'inquieter des falsifications de 
texle que Texegese posterieure y a introduites. On peqt s'en con- 
vaincre en consultant, en dehors du texte original de la Batavia 
devenue assez rare (edit, de i588 et i652), ce qu ont dcrit Bolt, Le 
Petit, van Meteren, Montanus (dans ses notes sur Guicciardini), 
Scriverius, Wolf, Meerman, Koning, Schaab, Wetter, Bernard, 
Berjeau, Paeile ou tout autre, pourvu que Ton ait le texle latin 
a c&te de soi. Je ne me suis naturellement pas emu de la capu- 
cinade surannde qui sert a Junius de preambule a son recit, 
on la trpuve entr autres chez Paeile : il ne m'a jamais et^ de- 
montre que les assurances les plus fortes, en quelque langue 
qu'elle soient dites, doivent etre les preuves les plus certaines de 
la veracitd d'un individu. Celui qui fait serment, dit Calvin, ne 
prouve pas qu'il ait raison, mais tdmoigne de son audace. 

Ce que Coornhert et van Zuren, contemporains et concitoyens 
de Junius, avaient communique implicitement au public en i56i, 
Junius nous Tapprend d'une maniere explicite : dans la critique 
de son recit est done comprise un examen plus serre de la dd- 
dicace des Officia de Ciceron par Coornhert, examen dont je 
m'abtiens, de peur de me repeter. Nous prenons en main la 
Batavia comme le faisaient, en i588, ceux qui ont re^u Touvrage 
a rinspeftion de la part de leur libraire et qui n'avaient jamais 
lu et appris jusqu alors, sur une invention de Timprimerie faite 
a Harlem, autre chose que les trois pages de Coornhert. 

Connaissant toute la litterature de Tinyention jusqu en i588, 
ne lisons-nous pas ces pages avec etonnement, et n'allons-nous 
pas, comme les Samaritains, nous mettre a rechercher la vdrite 
des choses qu'elles annoncent ? 



Avant done de commencer ainsi la dissedion du r^cit de Ju- 
nius, je prie mes lefleurs d'avoir du calme et d'oublier, pour un 
moment, tout ce qu ils ont lu sur Coster jusqu'a present. Sans 
cette precaution, leur vue pourrait etre troublde et on ne saurait 
avoir Yceil assez clair dans une operation analytique. 

€ II y a 128 ans, demeurait a Harlem, sur le Grand-March^ 
vis k vis le Palais Royal (rh8tel de ville), dans une maison assez 
riche, (comme on peut s'en convaincre, car le batimenl existe 
encore dans son entier) un certain Lourens (fils de), Jean sur- 
nommd le bedeau ou le sacristain de la charge lucrative et hono- 
rable que sa famille, tres-connue sous ce nom, possddait alors 
hdreditairement. » 

En lisant cela en i588, on se demande d abord, tout naturel- 
lement: k quelle epoque Junius dcrivait-il? La ^atavia a €x€ 
publi^e par Pierre Junius et Janus Dousa, avec la dddicace 
(interdite) aux filats de Hollande et une preface, datdes toutes 
deux de Leide et de Delft, iSjS. Soustrayons en les 128 ans, nous 
obtenons 1447 ; et cependant le voleur imprimait d^ja a Mayence 
en 1442 ; le recit nous donne done deja la une difficult^. On a 
reproche, plus tard, aux Strangers d avoir soustrait les 128 ans de 
la date iSyS. Mais le reproche n est pas juste : on ne peut pas 
exiger d*eux que, pour bien comprendre T^crivain, ils aillent 
d'abord consulter les resolutions des Etats de Hollande et 
les deux manuscrits de la Batavia qui sont k La Haye et a Har- 
lem. Les deux editeurs ont « certes consider^ la reproduflion 
minutieuse de louvrage. comme un devoir sacr^ qu'ils remplis- 
saient k Tegard du defunt qu ils aimaient et estimaient au plus 
haut point ». Cela devait, du moins, etre fait ainsi et, en treize 
ans, le temps ne leur a pas manqud pour le faire; mais, parmi 
leurs devoirs les plus sacrds, ils ont ndglig^ celui de mettre de 
Tordre dans la chronologic embrouillde de la Batavia ; quoique 
« pr^cis^ment dans ce but le propre fils de Tauteur se soit donne 



234 

la peine de recopier, au net, Touvrage de son pere » . C'est au lefteur 
a essayer de redresser lui m^me les erreurs de dates commises 
dans un livre dont le manuscrit parait avoir ete terming en iSyo, 
a en juger d'apres des souscriptions biffdes, mais qui renferme 
des additions faiteS en 1572, iSySet 1574, entr'autres une couple 
de maigres renseignements sur les sieges de Harlem et de Leide. 
A Particle de Rotterdam, Fauteur parled'un fort incendie et com- 
mence par ces mots : annus ab hinc nonus agitur; un lefteur 
peu attentif, calculant d apres la date du titre, traduirait cela par 
Tannee 1579, tandis qu un autre, plus perspicace, se basant sur 
la date de la preface, arriverait a I'annde i566. Quand Tincendie 
a-t-il done eu lieu, en i566 ou en 1579? NuUement, il faut des- 
cendre jusqu'en i563 ! Nous connaissons cette date d'autre part 
et pour la mettre d accord avec le texte de Junius, il faut calculer 
que celui-ci a ecrit le passage en 1572, bien que dans le oist. ce 
passage se trouve dans le texte courant et de la main mSme de 
lauteur ; ce n'est done pas une addition, la copie au net le donne 
egalement en texte continu. « Cela s explique par ce fait que 
Junius ne recevait de Targent des Etatsqu apres avoir livre du 
travail. II a done, apres la livraison, revu, corrig^ et augmente 
son ouvrage ». C estpourquoi la date de la preface du manuscrit 
n est, pas meme dans un seul cas, un bon point de depart. Aussi la 
publication de la Batavia, bien que preparee depuis longtemps, a 
ete faite sans critique et il nous reste, a nous, a en trouver lefil chro- 
nologique. Par la place que le recit occupe dans la manuscrit de 
la Batavia qui se trouve a la bibliotheque royale de La Haye, on 
a calcule que ce r^cit a et^ compose en i568, ou en 1567, si Ton 
veut le mettre d accord avec la date du ddces de Louwerys Jans- 
zoen r^chevin, date qui a dte decouverte seulement en 1823. 
Cette approximation n'avait rien d*inadmissible : je m'dtonne au- 
jourd'hui que Ton ait ete chercher si loin ce que Ton avait sous 
la main. 



235 

Cestun point capital pour Junius que Thistoire du vol, et il 
apporte un t^moignage formel qui doit ezpliquer comment 
rimprimerie est venue de Harlem k Mayence. Or, il avanceque 
pendant Tann^e qui suivit le fait {intra vertentis anni spaiium), 
en 1442, — c'esi le chiffre donn^ par le mst., il ny a done pas 
question d*une fautedlmpression, corame le croyait Ebert — en 
1442, le voleur imprima ses premiers livres a Mayence, aumoyen 
des types vol& k Harlem. Que Ton commence Tann^eil Paques, 
selon le vieux style, ou au premier Janvier, selon le nouveau, 
le vol a eu lieu ii la Noel en 1441. L*approximation a done 
6x6 tres bien raisonnee et devient une certitude : elle Concorde 
Xoulk fait avec une note de Scriverius qui avait vu les deux ma- 
nuscrits^ celui de Harlem et celui de La Haye. « Junius, dit-il, 
a ecrit ceci vers i568. » 

II a commence a ecrire en i566 et^ vers la fin de 1569, il avait 
termini la premiere partie livr^e par lui : c'est dans le courant 
de i568, a peu pres, qu'il a composd Tarticle de Harlem* En re- 
tranchant 128 de i568, nous avons 1440, qui est alors la date 
positive de Tinvention de Timprimerie a Harlem; le vol de Fust 
a done eu lieu en 1441 et le commencement de I'imprimerie a 
Mayence en 1442. Dans un precedent article, je disais que le 
passage datait k peu pres certainement de 1567 ; mais en ce temps- 
la, je me laissais encore aller a Thabitude de juger a priori : je 
le reftifie done en disant que le passage AoXtpositivement de i568. 
Quand, en 1823, Aletophile se permit de faire des objeftions a la 
date de 1423, fixee par la commission de Harlem pour etre celle 
de rinvention de Timprimerie, il lui fut repliqud par ce synode : « Si 
vous voulez relire attentivement le recit de Junius et si vous ne 
reniez pas tout k fait votre saine raison d'homme pour un aveu- 
gle parti-pris, vous devez voir clairement et reconnaitreque, dans 
tout ce recit, il n est pas fait mention, meme par un traitre mot, 
de Tepoque de Tinvention. » Mais, quelque peu agreable qu'il puisse 



236 

etre de devoir renier la saine raison, on ne peut pasdavantage re- 
nier les regies d'une saine critique, on ne peut pas arbitrairement 
tenir le mot habitavit pour un euph^misme au lieu de obiit^ et 
dire il mourut au lieu de il demeurait a Harlem, comme on la 
fait, mais apres 1823. Quelqu un que Font vient voler en 1441, rfest 
pas dec^d^ en 1439. La question n'cst pas de savoir ce que Ju- 
nius aurait Ail dire pour notre satisfadion, mais ce qu il a dit 
en rdalite. 

En nous revelant le nom de son heros, Junius s*est encore 
une fois laissd aller a ce dilettantisme d'^tymologue dont j ai 
donn^ A€]k deux ou trois exemples et qui lui fit ecrire tout 
un chapitre : (le XXIIIe) De significatione nominumei imposi- 
tione veteribus usitata^ tarn gentium^ quam principum etper- 
sonar um. 

Cependant, il ^tait si peu silr de sa propre science que les 
mots par droit (T heritage (hcer edit ar to jure) ne se trouvent pas 
dans le texte du manuscrit : ils ont et^ intercales entre les lignes, 
puis biffes et, enfin, ilssont revenus dans le texte imprim^. Cest 
tres carafteristique. Si le brave hoinme avait pu prevoir quelles 
tortures et quels fantomes il a ^voques avec sa chimere de sacris- 
tanie hereditaire, U aurait cette fois, par humanity, fait violence a 
sa maniere habituelle de donner des dclaircissements et il e(it 
tout simplement rdvel^ le nom de son heros, sans plus. Apres 
Tenqu^te a fond de de Vries csur le nom de Coster et la pretendue 
charge de sacristain de Laurent Janszoon » (Over den naam 
Coster en Lourens Jans^oons Costers vermeende Kosterschap)^ 
on peut dire que la question est terminee. Mais que de nuits 
blanches dMpargnees, que de bdvues historiques de moins, si 
Junius, se souvenant de son ami Martinus Costerus, avait ^crit 
tout bonnement : Habitavit ante annos 128 ad ^nnum 1440 
Harlemi... Laurentius Joannis Costerus \ En tous cas, la vraie 
signification de ses paroles, degagees de tout ce qui devait les 



237 

eclaircir, n'est pas autre chose que : « En Tan 1440 demeurait h 
Harlem, Lourens Janszoon Coster. » 

Quel personnage Junius a-t iJ en vue? La r^ponse k cette question 
a d'dnormes consequences. Pour la resoudre, il faut examiner 
minutieusement les donndes du r^cit. Junius nomme le person- 
nage, parle de sa maison,de son gendre (^ewer) Thomas Pieters- 
zoon ; celui-ci a laisse quatre enfants (quaternos liberos) qui 
• presque tous ont occupy le poste de bourgmestre, un arriere- 
petit-fils (jpronepos) Gerrit Thomaszoon, decddd quelques ann^es 
deja avant i568, qui demeurait dans la maison de Laurent 
Coster et chez lequel on pouvait voir les vieux brocs d'^tain, 
confeftionnes avec les debris des types de Coster. Selon le recit 
de Junius, les quatre fils de Thomas Pieterszoon devaient exis- 
ter en 1440 : presque tous, dit-il, furent bourgmestres ; nous 
devons done chercher, dans la deuxieme moitie du XV' siecle, 
trois bourgmestres de Harlem du nom de Thomaszoon. lis 
existent. 

1. Pierre Thomaszoon, bourgmestre en 1472 et 1489^ 

2. Andre Thomaszoon, bourgmestre en 1473, 1474 et 1481. II 
fut, ainsi que le precedent, assassine en 1492. 

3. Thomas Thomaszoon, bourgmestre en 1482. Le pr^tendu 
arriere-petit-fils, enfin, Gherryt Thomaszoon, contemporain de 
Junius, dtail echevin en 1545, receveurdes batiments communaux 
en i556 et annees suivantes, marguillier de 1547 ^ *552, et suivant 
Junius, il mourut quelques anndes avant i568. II pent avoir dte 
le fils de Tun des Thomas susnommes, lesquels, k leur tour, 
d apres les dpoques et les noms, peuvent avoir etd trois freres. 
Mais quon ne se laisse pas induire en erreur par des noms 
que Koning, Scheltema et de Vries y ont ajoutes plus tard. 
Gerrit Thomaszoon, par exemple, mourut vers i56o, dans un 
§ge avance ; de Vries trouve un Thomas Thomaszoon et en fait 
tout simplement un frere « probable » de Gerrit. Mais qu on 



238 

veuille bicn m'expliquer comment un homme qui fut bourg- 
mestre de Harlem en iSgg, peut avoir 6x6 le frere de celui qui mou- 
rut en i56o, dans un ^ge avanc^. On ne peut pas, sans preuves, 
attribuer une parent^ commune a tous ces homonymes du XV« et 
du XVie siecle. 

Essayons, au moyen de ces Thomas, d'arriver sur la trace de 
notre Lourens Janszoon Coster. A ce propos, je pose d abord 
un axiome. Si nous avons a choisir dans un grand nombre de 
personnes qui n'ont, historiquement, rien de commun avec 
rinvention de la typographie ni meme avec la profession d'im- 
primeur, mais dont une partie portelespr^noms, une autre par- 
tie le nom tout entier du personnage propose par Junius, nous 
n avons positivement pas le droit de prendre a notre gre Tun ou 
Tautre Lourens Janszoon ou Tun ou Tautre Lourens Janszoon 
Coster. Mais nous devons tdcher de trouver Thomme qui repond 
a la tradition ^rite et qui, par la bouche de Junius, revendique 
expressement, et pour la premiere fois, une gloire depuis long- 
temps attribuee a un autre. 

En second lieu, nous devons rejeter tous les individus ddcedes 
avant 1440. Par consequent, nous ne devons aucunement pren- 
dre en consideration les noms suivants mentionnes dans les ar- 
chives : Louwerys Janszoon, aubergiste et echevin k Harlem, 
jamais il n est nomm^ Coster et il est mort en 1489 ; Louwe Jans- 
zoon, fabricant de cofFres, 1448 ; Louwe Jansoen, le cordonnier, 
1470; Louris Jansz., charpentier, 1470; Louris Janszoon, ma- 
9on, 1487. On a dit que Taddition du nom de Coster etait sur-* 
perdue a cause de la rarete du nom de Lourijs ; mais en presence 
du riche contingent de Laurents que j'ai fourni et qui prouve 
que ce nom (Lou, Lourens) etait au contraire tres-comraun a 
Harlem au XV® siecle, je puis tenir largument comme un pre- 
texte malheureux. 

Nous avons neanmoins ramene au jour le nom tout-a-fait 



239 

complet, le nom que donae Junius, mais que Koning et de 
Vries, de parti pris, passent sous silence. De 1408 a 1436, on voit 
apparaitre k Harlem, dans les affaires des accises du bid, un 
certain Jean Coster; en 1439, on trouveune Marguerite, veuve 
de Jean Coster : ce n'est pas dmettre une hypothese folle que de 
les considerer comme mari et femme. 

En 1436, Lourys Coster herite de son pere Jean le sidge n* 29 
dans la confrdrie de Noel ; il est done un Laurent fils de Jean 
Coster (Lourens Janszoon Coster). Ce nom nous est apparu 
pour appartenir a un fabricant de chandelles, de 1441 a 1448, a 
un aubergiste en 1451, 1458, 1468, 1474 et, enfin, k un bourgeois 
de Harlem qui abandonne la ville en 1483. En 1452, les chan- 
delles sont fournies par Gertrude veuve de Coster, de sorte que 
son mari, le livrancier de 1448, doit etre ddcdde entre cesdeux 
dates. On trouve ddja, il est vrai, en 1439 la mention d'une Mar- 
guerite veuve de (Jean) Coster, qui peut avoir vdcu jusqu en 
1452. Mais, au point de vue du recit de Junius, il est difficile 
d'identifierlaubergiste Lourens Janszoon Coster, jusqu en 1474 
ou jusquen 1483, avec le fabricant de chandelles, parce que 
en 1440, il doit etre deja grand-pere depuis quelques anndes et 
qu alors il eut 6t6 un peu decrepit en 1483, pour demdnager dans 
une autre ville, a une dpoque on cela ne se'faisait pas aussi aise- 
ment qu aujourd'hui. 

Le Coster de Junius est Taieul maternel des Thomas dont 
deux furent assassines pendant les luttes intestines en 1492. De 
ces Thomas, Pierre Thomaszoon dtait aubergiste et Thomas 
Thomaszoon, fermier des accises ; Andre Thomaszoon fournit 
en 1457, pour i florin du Rhin, 3 sous, 4 deniers, une banniere 
« portant un lion en pied, dans la nouvelle Chambre » (die de 
leeu in die voet heeft op die nuwe earner) : il a done exercd une 
autre profession. Nous avons vu que le siege de la confrerie 
de Noel est arrive aux Thomas par la ligne Costerienne : 



240 

en 1436, « par suite de d6c6s, » il echoit k Laurent Coster ; en 
1484, un an apres le depart de Harlem d un Lourens Janszoon 
Coster, il tombe en possession de Francois Thomas Thomas- 
zoon, et en 1497 ^^ Gerrit Thomas Pieterszoon. La parente entre 
les Coster et les Thomas a done 6x6 historiquement etablie par 
rheureuse decouverte du registre des sidges de la confrdrie de 
Noel. Un autre rayon de lumiere vient en aide pour eclaircir le 
brouillard ou je puis me trouver encore dans le courant du 
XVie siecle. 

En 1724, on publie a Harlem, chez Willem, van Kessel et 
dans le Laurier Krans de 1726, in-4*, une feuille in-folio conte- 
nant Tarbre genealogique de Laurent Koster, jusqu a Corneille 
Willemsz. Kroon, ddcede cdibataire le 24 mars 1724. Meerman 
I'habille en latin. On n y trouve par le moindre indication des 
sources ou Ton avait puise. 

Or, en 1809, dans une vente publique chez Haak, apparait 
tout a coup une piece etonnante. Elle vient en possession de 
Koning qui la decrit ainsi dans le Konst en Letterbode : « Arbre 
genealogique, de la famille Laurens, sur tres vieux parchemin, 
maisd'uneecrituretres-Iisible. » II commence par la fillede Louris 
Coster qui le premier apporta limprimerie au monde, en 
Tan 1441 (Die deerste print in die werlt brocht, anno 1441 (1440 ?) 

» 

etse terminepar ses descendants qui vivaient vers i585 ». Les noms 
appartenant au XVIP et au XVIir siecle, mentionnes par les deux 
Editions susdites et par Meerman, ne proviennent done pas de ce 
dernier parchemin. 

Cette piece, ainsi qu uri antique fragment cChorarium grave 
sur une planche de bois, aurait ete conservee pendant deux sie- 
cles dans des families connues de Harlem. Pour autant qu'on 
puisse suivre sa trace, elle ^tait, au commencement du XVIP sie- 
cle, en la possession d^Adrien Rooman, imprimeur de la ville, 
qui I'avait acquise d'un descendant de Coster, homme d*une 



241 

vieillesse respe£lable. II la donne au dofleur Jean Vlasveld, de 
Harlem, qui la transmit k ses enfants. Le 19 juillet 1784, elle 
fut vendue au Princenhof et acquise par Jean Maas, commis du 
Rhijnland, qui la I^gua k son beau-fils Jacques Mandt, de Gor- 
cum. C'est de Thdritage de celui-ci qu'elle vint, avec la forme 
de bois, dans la possession de Jacques Koning. 

Dans son mdmoire couronne en 1816, Koning en dit quelque 
chose de plus : • Certaine gdndalogie originale de la famille de 
Laurens Jansz. Koster, liste dressee avant Tannde i56o (elle ne 
finissait done plus, comme en 1809, vers lannee i585), nous 
donne son ecusson qui porte une colombe. Meerman, il est vrai, 
est d'avis que cet dcusson a 6x6 appliqu^ postdrieurement sur la 
liste par un ignorant, mais cela na pour moi aucune Evidence ». 
En 1823, on fait une exhibition de la piece et elle est de nouveau 
decrite en ces termes : « cette g6n6alogie originale, sur parche- 
min, ecrite en ou vers Tannde i55o (encore une fois vieillie de dix 
ans!), commence avec Louris Janssoens Coster qui le premier 
apporta Vimprimerie au monde, et a 6x6 continu^e apres i56opar 
une autre main. » 

Voici ce qu en dit Scheltema en 1884 : « Relativement a Tho- 
mas Pieters et a sa famille, tout ce qui pourrait etre entourd en- 
core de quelque obscurite, a ^t^ ^clairci par la ddcouverte d une 
gdnealogie authentique, ayant apparlenu autrefois k M^ Koning 
et devenue maintenant la propriety de la ville de Harlem. Elle 
est ecrite sur parchemin fortement bruni par temps, mais Tdcri- 
ture est encore tres lisible. Elle commence avec Thomas Pieters, 
dont la femme Lucie dtait la fiUe de Louris Coster qui le pre- 
mier apporta Vimprimerie au monde. La filiation des membres 
de cette famille y est marqude avec une grande exaflitude et 
puisqu il rdsulte clairement de la piece que la partie supdrieure, 
celle qui est la plus ancienne, a 6x6 Ecrite avant i56o, et qu'une 
nouvelle suite a ete commenc^e d'une autre main, apres cette date, 



242 

j ai souvent, dans ma correspondance avec Koning, represent^ 
ce document comme etant d'une haute importance pour la ques- 
tion. » 

Mais pourquoi done Koning, d'ordinaire si diffus, et Schel- 
tema, plus diffus encore, ne publierent-ils pas cette piece? II 
s'agissait tout au plus d'une page d'impression. 

Enfin, en 1862, elle est mentionnee officiellement dans la Hste 
des documents reposant k Thotel de ville de Harlem : « vieille 
genealogie de Laurens Janszoon Coster, ^crite sur parchemin 
entre les ann^es i55o et i56o, continude par une autre main de- 
puis i65o (lisez i56o) jusqu au deces de Willem Cornelisz. Croon, 
le dernier des descendants de Coster, deces qui eut lieu le 
24 mars 1724. » Ce dernier point est en opposition direfte avec 
la declaration de 1809 et avec la verity ; Foriginal ne va pas au 
dela du sei^ieme Steele. 

Apres tous les details que je viens de donner, on demandera 
sans doute, non sans etonnement^ pourquoi ce document d une 
importance si extraordinaire, ce docuq:ient, selon Koning, Schel- 
tema etde Vries, anterieur non seulement au recit de Junius, 
de i568, mais encore a la preface de Coornhert, de i56i, a pu etre 
systematiquement tenu en reserve et a peine montre a distance ? 
Tandis que de tous les coins de Tunivers on fait venir tout ce 
qui, bonou mauvais, pouvait servir au soutien du costdrianisme, 
tandis que Ton accable d'dpithetes ameres celui qui ose objefter 
que Junius est le premier qui donne le nom de I'inventeur har- 
lemois, on a la, sous la main, une piece viftorieuse, anterieure 
a i56o, portant le nom de Coster et affirmant son invention, et 
cette piece, ce laurier supreme de la couronne de Coster, on le 
cache avec opini^tret^, on I'dtouffe sous Tinsignifiante poussiere 
de chroniques post^rieures ! En verite, cela donne bien a reflechir. 

En 1841, deja, Sotzman, en parlant des falsifications operees 
par Faust, d'Aschaffenburg, ecrivait : « Nous connaissons le de- 



Tbomait pictcrgsoenii fcrst 
\vijf was JoiiiTrou J a una van 
Alplicn, die docliter Alijt 
van Alphrn. 



Janna van Alphon liner 
(iot'ltior Alijt va Alpon. 



Thomas PiotPrs«o<'n . 



(loci 

(lie 

U4C 



Het tweede wljff 



KathrijnBaerlfaous doch- 
ler honder kinderen 1464. 



Pieler Thorna* hh^eff in 't 
Ca«cn hroott'gp^l mpt lij 
broedor Andries Thomass. 



Si 



Thomas Pielerss. 



I 



Gerrit Thomass. 



Zi'. 



Marit{;en Gcrrits d'. had 
twee kinderen die storven 
tfrstood na den baring«. 
doot. 



AIlji Gerriis. d'. sturff. 
jong. doot. 



Marpriet Gerrlte docbter. 



A 

«tru 



Jacob Thomass. starff 
jongmetDirckgen Thomas 
doot. 



Maritgen Thomasdoch- Marritgen Thomasdoch- a] 

**•■• ter alias Gerritsdorhter. vvels 



den. . 
lie). 



(Page 243.) 



243 

^sordre produit a cette epoque par. des genealogies, nous savons 
.iiMique rien netait consid^re comme fabuleux ou incroyable, des 

J* 

\'^^^ qu il s'agissait de trouver des aieux, ou de leur donner une cer- 

taine apparence. On en a un autre exemple dans Tarbre genea- 

logiquede la race des Coster de Harlem. Une honnete famille de 

cette ville avait raccroche son origine au legendaire Coster qui 

t Si /g premier apporta rimprimerie au monde, ce qui nous fait 

voir d'un coup d*oeil la source oil Junius a puise ses descendants 

de Koster et ses renseignements sur la famille de celui-ci, et 

dou est venue cette confusion entre Techevin, le tresorier, le 

y. bourgmestre Lourens Janszoon qui vdcut, d'apres les aftes, de 

1370 a 1439. Scheltema s'etonne de voir que Koning ne men- 

tionne qu en passant cette genealogie et y attache si peu de poids ; 

mais c'est que Koning etait trop habile pour ne pas cacher que la 

^_ fable costerienne avait recu tout son developpement d'apres cette 

faible autorite. » 

Je dis que cette remarque date ddja de 1841. Et vous croyez 
que de Vries, qui doit Tavoir lue, vous croyez que. le champion 
de Harlem, le bibliothdcairedela ville, s'est empresse de la refuter 
par la publication du fameux document? II sen est bien garde; 
car le seul document qui existe de Coster renversQ lout a fait le 
systemede Harlem. 

Fidele au prirtcipe que chacun doit voir par ses propres yeux, 
je saisis cette occasion de publier, en toute loyaute, le n" i3 des 
Kosteriana qui reposent a Thotel de ville de Harlem. Le lecleur 
voudra bien comparer cette piece avec les descriptions qiti en ont 
ete faites par Koning, Scheltema et de Vries. 

II faut remarquer que les six premieres lignes gene'alogiques 
ont ete ecrites par une main du XVI® siecle. Les dates et la ligne 
finale sont d'une autre main, mais egalement du XVP siecle. 

A. Van der Linde. 

(q4 contimter.) 



A, 

ml 



244- 



C H R O N I'Q U E 



Le Courrier du ^as-T^in trace im tableau navrant des irre'- 
parables desastres que rinvasion des armees de la Germanic a 
deja infliges dans la ville de Strasbourg a la civilisation du bas- 
empire moderne. On sait que la splendide bibliotheque de cette 
ville (environ 200,000 volumes et 7 a 8000 manuscrits) a ^te 
reduite en cendres par le bombardement, sans necessite, sans 
excuse aucune : « La bibliotheque, dit le journal francais, Teglise 
du Temple Neuf, le musee de peinture, les plus belles maisons 
du plus beau quartier ne sont plus qu un amas de pierres noircies. 
La bibliotheque de Strasbourg, cdlebre dans TEurope I Des ma- 
nuscrits et des livres uniques dans le monde, des siecles de tra- 
vail, de patience, d'etudes ! Des millions et des millions ! Plus 
rien, pas une feuille de papier, pas un parchemin, pas un docu- 
ment ! Le sol encombrd de debris, et dans un coin une ou deux 
reliures carbonisees ! Voila ce qui reste. » 



L'INVENTION DE L'lMPRIMERIEC) 



VIII 

Laurentius Joannes cognomento aedituus Custosve 

On peui constater d'abord que c'est dans les Editions de cette 
gen^alogie publi^es i Harlem en 1724 el 1726, que Laurent 
Coster a 4le, pour la premiere fois, double de sa femme Cathe- 
rine, fille d'Andr^; mais, en revanche, et pour la premiere fois 
aussi, on le ddbarrasse de la date de 1440, En 1765, Meerman 
inscrivait honnetement sur son tableau gdnealogique -Lauren- 
tiusjo.ji!. Aedituus (?) Harlcmi, primus inventor lypographiae 
a' 1440, Mais il n'eut pas le courage de dissoudre cetle union 
contrafl^e au 18* siecle et il ^crivit resolument : Uxor Catkarina 
Andreaejilia. 

Et que fait Koning, qui posse'da pendant des ann^es le docu- 
ment de parchemin? 

Dans son M^moire, il refute largument qui dil que, dans les 



(1) Suite. V. pp, f»-(,C>, gS-ioO, ii5-i,p, 157-iRo, i89-ao3, io5-3z3 et 319-343. 



246 

archives, la femme de r^chevin Louwerys Janszoon est nommde 
Ymme, veuve de Lourens Janszoon, mais il rdpond hardiment 
(p. 125) : « Je sais tres bien (!) que notre Laurent Janszoon a 6x6 
marie a Catherine fille d' Andre,... mais cela nempeche pas que 
cette Catherine puisse avoir porte aussi le nom d'Ymme ou que 
Laurent Coster se soit remarie avec cette Ymme. » Voila ce que 
dit Koning, ayant sous les yeux son parchemin du XVI® siecle 
qui ne parle pas de la femme de Lourens Janszodn Coster! II le 
sait pourtant « fort bien » et du meme trait de plume il donne 
non-seulement deux femmes a Techevin Louwerys Janszoon, 
mais encore deux maris k la fiftive Catherine : un ^chevin et un 
autre harlemois du nom de Laurens Janszoon Coster et qui vdcut 
plus tard. Et s il agit ainsi, ayant en main le document soigneu- 
sement tenu a Fecart, il agit de la meme fa^on a Tegard de la 
provision de Laurents et de Costers recueillie par lui dans les 
Archives et passee sous silence avec mauvaise foi. Ayant tous 
ces noms sous les yeux, il nous parlera, par exemple, « du soin 
avec lequel dans les documents on le distinguait toujoors (Feche- 
vin aubergiste) du petit nombre d'individus quiportaient le meme 
nom que lui », tandis quil est avere qu'il ny a pas la moindre 
• distindlion a *noter. Et pourquoi done Taurait-on « distingue 
avec soin » ? De crainte, sans doute, que Tun ou Tautre homo- 
nyme ne se fut empar^ de Thonneur d'avoir invente Timpri- 
merie, chose sur laquelle ces documents si « soigneux » sont 
muets comme des poissons. Le laureat academique Jacques 
Koning n est pas seulement un ^crivain de mauvaise foi, mais 
c'est encore un defenseur imbecile d'une mauvaise cause. 

Faisons remarquer entretemps, que ce mariage mormonien de 
Coster renverse la supposition du D'. Wetter qui veut que Coster 
ait dte le beau-frere de Timprimeur harlemois Jean Andrieszoon, 
supposition qui n a pas le moindre fondement legendaire, ce que 
Wetter ne pouvait, du resle, pas savoir. 



247 

• 

On voit, en second lieu, combien peu Scheltema avait le droit 
d*ecrire : a la filiation des membres de la famille est dressee avec 
beaucoup d exaftitude ; » oui, cette exaftitude est telle que Schel- 
tema, tout en gourmandant Koning de ne pas ajouter assez de 
credit a son parchemin, se garde bien de mettre cette superbe 
g^nealogie sous les yeux du public. 

Le fait est que sousle rapport gdnealogique, ce document n'a pas 
la moindre valeur, Ce qui n'empeche pas qu il n'en ait une tres- 
grande pour Tinterpretation du texte de Junius, en nous faisant 
conoaitre Tetat de la legende aTepoque desa fioraison, au temps 
ou van Zuren, Coornhert et Junius se constituaient ses cham-- 
pions. « En 1440 Lourens Janszoon Coster apporte le premier 
rimprimerie au monde » : voila le point principal. La revelation 
nous donne done Tannee 1440 comme le moment precis ou « la pre- 
miere impression (print) apparut sur la terre (i). Le moi print est 
bien susped pour signifier le premier livre imprime. En 1809, ^^rs- 
que Koning fit Tacquisition de ce parcheminsiparesseuxasepro- 
duire, il ndtait pas plonge dans les hypotheses, au point de 
mentir de propos deliber^; c'est alors que dans un moment 
d abandon, il eut la naivete de confier au Konst-en Letterbode, 
le chififre perilleux. Plus tard, ceperldant, les autres Font pass^ 
sous silence, apres miir examen. 



(i) Le texte porte : « die deerste print in de werit brocht ». Le mot print signi- 
fie originairenrent empreinte, tout cequi se reproduitpar la pression. Si nous 
avons traduit le passage contenant ce mot par cc qui le premier apporta rim- 
primerie au monde, » c'est qu'il a toujours ete entendu ainsi par tous ceux qui se 
sent occupes de la discussion relative a Torigine de rimprimerie. En tradui- 
sant : « qui le premier apporta au monde I'impression ou I'empreinte ou 
rimage (car le mot print peut dire tout cela) » nous alirions ^crit une phrase 
peu intelligible qui nefit pas rendu le sens de la phrase originale. 

Nous faisons cette observation pour servir d'dclaircissement a ce qui suit. 



248 

De meme, la legende tenait positivement pour Tauteur de la 
premiere /7r//i^ (image ou livre?), un Lourens Janszoon Coster, 
et non seulement elle le nomme ainsi, mais elle lui attribue 
en termes expres les armoiries de la famille de ce nom. 
On peut s en convaincre par Tinspeftion de la carte heraldique 
d'Amsterdam : une colombe y figure dans Tecusson de Martin 
Jansz. Coster (est-ce le Martinus Cobteras ami de Junius?), 
bourgmestre en iSyS. Marshoorn, orfevre et graveur d'armoiries 
i Harlem, executa en 1740 une medaille representant au revers 
une presse typographique, a cote de laquelle on voit « I'ecus- 
son de Lourens Jansz. Koster, portant une colombe. » (Seiz, 
p. 106. Sur le titre de son ouvrage Tecusson a la colombe pend a 
une colonne sous le buste de Coster.) Rietstap dans son i4rmo- 
rial gdndral, •an mot Coster, Amsterdam, dit : « Maison ^teinte, 
d azur a la colombe au vol leve d argent. » 

Par cet expose, je crois avoir demontre d une maniere irre- 
fragable, qu'en i368, Junius se fondant sur une tradition harle- 
moise, a fixe la date de 1440 a Tapparition du premier produit 
de rimprimerie inventee la par Lourens Janzsoon Coster, la date 
de 1441, a la perpetration du vol et celle de 1442 au commence- 
ment de la typographie a Mayence. II ne nous importe pas^ en 
ce moment, de savoirque ces choses sont impossibles et ne peu- 
vent pas avoir eu lieu : pour se debarrasser des fables histori- 
ques, il faut avant tout les presenter d'une maniere nette et 
loyale, et maintenir intaft tout leur ensemble. Apres quoi on 
peut en prendre cong^. 

Les points essentiels de la tradition se maintiennent a Harlem 
jusqu'en 1628. En veut-on la preuve?queron ouvre la descrip- 
tion et la louange de la ville de Harlem en Hollande [Beschry- 
vinge ende lof der sjad Haerlem in Holland) par Samuel Am- 
pzing, publieeen cette anneechez Adrien Rooman. Une estampe, 
representant uneimprimerie a pour titre : « L'imprimerie decou- 



249 

verte a Harlem vers 1440 » et porte quelques vers avec cette 
conclusion : 
« O ville noble et sage qui avez d^couvert cet art. » 
Mieux quecela : on lit a la derniere page : « Secundum Juniunt 
inventa Harlemi typographia circa annum I440. » Mieux en- 
core : en tete de son Laure-Crans, dans lequel il bouleverse toute 
la tradition, Scriverius nous donne le premier portrait de Tinven- 
teur, mais avec cette inscription : « Lavrentius Costervs Harle- 
mensis Primvs artis typographicae Inventor circa annum 1440. » 
Etpour coup decisif : « A la mdmoire dternelle de Thomme et 
de la chose, le magistrat et la commune de Harlem » (Boxhorn, 
Toonel, 1634. p. 108) devent en Thonneur de Laurens Janszon 
Koster un monument public, une grande peinture k Thuile contre 
la facade de sa maison«lacolombedor, '» avec cette inscription en 
lettres dorees (Amppng^ p. 376) : 

M. S. 

TYPOGRAPHIA. 

ARS, ARTIUM OMNIUM 

CONSERVATRIX, 

HIC PRIMUM INVENTA 

CIRCA ANNUM CIOCCCCXL. 

Meme en 1740, Seiz publie a Harlem son troisieme jubil^ de 
rinvention de Timprimerie {Het derde jubeljaar der uitgevon- 
dene boekdrukkonst), et on frappe les premieres medailles en 
argent sur lesquelles Tannee 1440 est indiquee pour etre celle 
de rinvention; dailleurs en cette 3* annee jubilaire on etait ddja 
si avancd dans la connaissance historique de la question, que Seiz 
etait a meme de dresser cette belle chronologie cost^rienne : 
Anno 1428. Laurent Koster se promenant dans le Bois (abattu?) 

de Harlem, y taille en guise de passe-temps quelques let-. 

tres dans uhe ecorce d'arbre, etc. 



25o 

1429. S etant occupy de la meme besogne pendant un an environ, 
et perfeftionnant son invention de jour en jour — devenu 
done xylographe par hasard — il commence 

en 1430, a tailler dans le bois des figures entieres, accompagnees 
• de quelques mots de texte ; c'est ainsi que, 

en 1431,' il imprime les Tentationes Daemonis^ 

en 1432, les figures representant quelques histoires du Vieux 
et du Nouveau Testament (la ^iblia pauperum) ; 

en 1433, celles du Canticum Caanticorum ; 

en 1434, celles de Y Apocalypse (un incunable allemand I) 

En 1435, il commence a tailler sur planches de bois, et a impri- 
mer un Donat (Ulric Zell !), mais remarquant (quelle ma- 
lice I) que ces planches et ces Ifcttres ne pouvaient servir 
a d'autres livres, il taille 

en 1436, dans le plomb, quelques lettres isolees, afin de former 
par leur assemblage des mots et des lignes. 

En 1437, voyant que ce procedd lui cofitait trop de temps et de 
peine, et que Ton n'arrivait qu a de pauvres r^sultats, il 
decouvre 

en 1438, un procdde pour fondre des lettres de plomb et apres 
en avoir fondu de quoi composer deux pages, il com- 
mence 

en 1439, un Donat, un Speculum humanae salvationis, en neer- 
landais et il les imprima... le mieux qu il lui fut possible 
de le faire. 
En ce temps-la, Gutenberg, ^mu par. la renomm^e de Finveft- 

tion harlemoise, se rend a Harlem, se presente comme ouvrier 

chez Koster, pratique Tart de Timprimerie, ce qui lui donna la 

reputation d etre rimprimeur de Harlem, 

1440 (Gutenberg se met a tailler des lettres; il saVait les tailler, 
mais non les fondre). 

En 1441, il commence un atelier typographique a Mayence, et 



^5i 

en 1442, public un Q4b^c4daire, Q4lexandri Galli DoQrinale 
et l^etri Hispani traSatus logici, Entretemps, Koster 
remplace par de meilleurs carafteres en ^tain les carafteres 
en plorab que lui avail derobds Gutenberg, et apres avoir 
remis son imprimerie en etat, il execute 

en 1443, le Speculum pour la seconde fois, et 

en 1444, le Speculum humanae salvationis latin. Le magistral de 
Harlem voyant le succes de Tart nouveau, et prenant 
pour motif la fuite de Gutenberg, porte 

en 1445, une loi qui defend a tout.employd de Tatelier de Kos- 
ter de se rendre de Harlem en d'dutres pays, etc. (Pen- 
dant ce temps, Gutenberg devoile quelque peu des se- 
crets de I'art i Mentelin de Strasbourg;' s'adjoint a 
Mayence, Gensfleisch nommd plus tard Faust, et Medin- 
bach, deux riches bourgeois, etc., et ils decident, 

en 1446, d'entreprendre Timpression d'une bible en latin, etc. 

1450. Vers cette annde. Koster parait avoir publid Historia 
Q4lexandri oMagni (une ijipression de Ketelner et de 
Leempt k Utrecht). 

1456. Koster avait, par une pratique constante, grandement per- 
feftionne son art, et s'^tait adonn^ avec aftivit^ a la 
publication de nombreux ouvrages; sa reputation et 
aussi sans doute quelques-uns de ses livres, avaicnt pass^ 
en Angleterre, aux oreilles ou sous les yeux de TarchevS- 
que de Cantorbery, Thomas Bouschier : celui-ci, dmer- 
veilld, donne connaissance de Tinvention au roi Henri VI 
et. Texcite 

en 1457 k importer, a tout prix. Tart nouveau de Hollande en 
Angleterre, ou Ton dtait persuadd que Gutenberg, le pre- 
mier imprimeur, avait ^te k Flarlem, et ou Ton croyait 
meme encore qu'il se trouvait en cette ville. 

1458. Leroi Henri VI examina cette affaire dans ses rapports avec 



252 

d*autres, mais remarquant la grande jalousie de la ville 
de Harlem, suffisamment carafterisde par la defense severe 
que le magistrat avait portee, il s'aper^utque Tintroduc- 
tion de larr'nouveau ne pourrait avoir lieu que moyea- 
nant de grands frais et des negociations secretes dirigees 
par d'habiles agents. (On chargea de cette commission 
Robert Turnour et William Caxton, etc.) 
1459 (Turnour et Caxton se cachent d abord a Amsterdam, puis 
a Leide. Deux hoUandais, gagnes a prix d'or, finissenl 
par debaucher un compagnon de I'atelier de Coster, un 
nomme Frederic Corsellis (le Cornelis de Junius). Un 
soir celui-ci, se deguise, quitte sournoisement la ville de 
Harlwn et se rend a Leide chez Xurnour et Caxton qui 
avaient affrete d avance un navire, sur lequel ils s'embar- 
quent tous trois. Ils arrivent en Angleterre : la, Corselis 
est mis sous bonne escorte, de peur qu'il ne s'dchappe, et 
conduit a Oxford, ou il parvint a fonder une imprimerie 
mais seulement vers Tannee 1468.) 
Apresledeces de Lourens Koster a Harlem, et probablement 
aussi vers Tdpoque du deces de Gutenberg et de Faust, en 1467, 
Tatelier harlemois tombe en dislocation. Les ouvriers se disper- 
sent et vont fonder, 5a et la, des typographies dans les cites n^er- 
landaises, C'est ainsi que les planches originates du Speculum 
viennent en possession d'un certain Jean Veldenaar qui imprime, 
eq 1483, a Culembourg, ce meme livre in-4" avec ces memes plan- 
ches sciees par le milieu. 

Ici, la fable est deja devenue tout a fait insensee. La « teme- 
raire etourderie de nos peres » (la Socordia avita de Coornhert 
etde Junius), est entierement effacde par ce tissu de Idgendes 
bouffonnes. Si j'ai era. devoir ennuyer le ledeur en lui soumet- 
tant cette chronologie, cest pour faire voir avec quel sang-froid 
Seiz tient son heros en vie jusque vers 1467, bien des annees 



253 

apres le vol. Cela se rapporte a Tim des nombreux et lamentables 
phenomenes de cette histoire : on savait A€]k alors k Harlem, 
que Laurens Janszoon Coster, Thomme au nom t€wA€ par Ju- 
nius, apparait dans les archives jusqu en 1483. Seiz fit de ce ren- 
scignement jun usage tout a fait naif : ses successeurs, plus avises, 
ne soufflent mot de la decouverte quoiqu elle fut en la possession 
d'une famille harlemoise depuis plus d*un siecle ; ils savaient 
combien elle mettait en peril le conte bleu de Techevin, qui 
setaitd^ja irae^ sa petite voie. Je tiens.ce fail dun savant vieil- 
iard dont je dois taire le nom pour ne pas Texposer aux rancunes 
mesquines d'une coterie. 

A. Van der Linde. 

(q4 continuer.) 



LA SOLUTION 



DUN 



MYSTERE BIBLIOGRAPHIQUE 



/ 



La reda£lion du bibliophile ^elge a ajoute a ma notice sur 
la vie et les oeuvres d'Adrien Romanus (t. II, p. 265) une note 
bibliographique ainsi con^ue : 

« Nous consignerons ici une particularity curieuse qui n'dtait 
pas venue a notre connaissance a temps pour que nous pussions 
rinsdrer sous la date de 1595 (n" 10) ou figure la premiere Edition 
de ce livre : c'est qu en cette meme annee parut a Francfort un 
ouvrage intitule : Theairum urbium^ Warhaffiige Contrafei- 
tung und summarische ^eschreibung vast aller vornehmen 
und namhafftigen Statten , Schloessern und Kloester, wann 



254 

dieselbige entweder anfenglic\ erbaujpet oder hernacher bekrie- 
get erweitert und bevestiget worden weilanddurch M. ABRA- 
HAM Saur von Frankenberg, susamen getragen,.. Getriickt 
lu Franckfort am Mayn duch Nicolaum Basseum^ M. D. XCV. 
(a la fin il y a MDCXV, mais cest une faute compression). — 
A. Sawr (Saurius) apres avoir dnumdre dans sa preface les 
auteurs auxquels il a empruntd les Elements de sa compilation, 
sans toutefois parler de Romanus, ajoute : a Ce travail est pour 
» la troisieme fois livrd a Timpression et remis en lumiere ; mais, 
» graces a Dieu, tons les exemplaires s'en sont sibienecoul^squil 
» ne s en trouve aujourd'hui plus un seul au prix de vente. Cesi 
» pourquoi ledit imprimeur (Nic. Basse) ma presse, sans epargner 
» les frais, de retirer les trois premieres editions dpuisdes, de les 
» revoir et d'enrichir Touvrage de plus de cent nouvelles descrip- 
» tions de villes, chateaux, abbayes, etc., en y ajoutant une foule 
» d'autres details. » Le volume de SAUR forme un petit in-4" (Bibl. 
roy. de Brux. 2^ serie des ace. n® 4761) : il est compost tout a 
fait sur 1^ plan du livre de Romanus et illustre des mSmes bois, 
Les vers de W. Helbachius s y trouvent egalement a la fin, mais 
traduits en allemand. II y a la un mystere bibliographique que 
nous n avons pu approfondir et que nous livrons a la sagacitd de 
nos lefleurs : il s'agit d'une supercherie, d une concurrence ou 
d'un plagiat. » 

Cest ce mystere que je tiens a eclaircir pour demontrer que 
rincrimination d'une supercherie ou d'un plagiat n atteint en 
aucune maniere A. Romanus, etque le soupgon engendr^ par des 
coincidences si singulieres en effet, est la juste consequence des 
manoeuvres que Tavidite au lucre et Tesprit de speculation avaient 
suggerdes au libraire Nicolas Basse d^ Francfort, sur qui seul 
doit retomber Taccusation. 

En i582, Georges Braun, Simon Van den Hoevel et Fran90is 
Hogenberg firent paraitre leur somptueuse Z)e5cr(pf/o« desprin- 



255 

pales villesdu monde (1574) assuree des 1572 coiilre la cantrefa- 
5on. par un privilege de Tempereur Maximilien. 

A la suite des 59 planches avec texte allemand qui forment le 
premier livre, se trouve une table alphabetique de 6 feuillets pr^- 
cedee d'un preambule de TEditeur au Cher Ledeur : « N ayant 
pu, dit Georges Braun, comprendce dans la description historique 
qui accompagne les vues des villes tout ce qui pouvait offrir 
quelque intdret relativement aux petites localites, j'ai dfi donner 
au present Index qaelques developpements, plus considerables 
peut-etre que ne le comporte une simple table, afin de ne rien 
omettre qui put intdresser le renom et Timportance des villes 
cities. » La meme pr^cautipn se reproduit aux livres suivants jus- 
qu au cinquieme. Or, c'est de cette oeuvre prdcieuse de G. Braun 
et de ses artistes coUaborateurs qu Abraham Saur, avocat, procu- 
reur et notaire (Homo trium litterarum I) n€ a Franckenberg 
dans la Hesse, fit un abrdgd dont je n'ai pu trouver la premiere 
edition, mais qui porte le titre suivant dans une Edition poste- 
rieure : Parvum Theatrum URBIUM, das ist : Erster Anblick 
und Summarischer Auss!{ug von Erbajpung und Ankunfft 
namhaffter Statt, Schldssen und Closter, so vor und nach der 
Geburt Christi im wesen gewesen, und \um theil noch sindjet^, 
n^iderumb auffs new durch M. ABRAHAM Sauwres VON 
Franckenberg, muhe und arbeyt an vielen orten revidirt, 
correS und vermerhi aussgangen.., Allen Studenien, Malern, 
KauffundWandersleuthen-: nut:{lich unddienstlich... Gedruckt 
^u Franckfurt am Mayn, M. D. LXXXVII. 

12 ff. non signes, 296 pp.-3i feuill. non chiffres, in-S". 

M. Abr. Saur dedieson livre a MM. les Re£leur, Dofteurs et 
Maitres-es-arts de Tuniversite de Marbourg : « Ily a plus d un an, 
dit-il, que j avais prepare ce petit livre du Theatrum parvum ur- 
bium, et que je I'avais livre a Fimpression, sur les instances de Tim- 
primeur Nicolas Basse, apres en avoir recueilli 9a et la les ma- 



256 



teriaux dans les chromques les plus cdebres telles que celles de 
S^b. Franck. et de Sdb. Munster, dans les Merits de Ptolem^e, de 
Pline, de Tacite , de Melanchton, de Peucer, d'Irenicus, de 
Birkheimer, de Pasipodius, et de bien d'autres, ainsi que dans 
le splendide Theatrum urbium que venait de publier Abr. Orte- 
lius, et dans quelques autres auteurs ; mais graces k Dieu , tons 
les exemplaires s'en sont si bien ^coul^s qu'k la derniere foire d'au- 
tomne on n en trouvait plus un seul en vente. Alors le memo 
libraire est revenu a la charge et m'a prid de retoucher ma pre- 
miere edition, de la revoir, de la refondre et de la completer en 
Tenrichissantde plusdecinquantevilles, chateaux et abbayes avec 
d'autres additions utiles. » 

Mais, circonstance etrange, Fabr^g^ d'Abr. Saur n'est que la 
transcription litterale dans Tordre chronologique de Imdex al- 
phabetique de Georges Braun : j'en citerai un exemple au 
hasard : 



Index de Braun, i582. 

Wflrtzburg, eine hauptstatt in Herzog- 
thumb Francken , am Mayn, von 
Conrado Celtae Herbipolis genant, 
sonst Preapolis, Menopolis, undHer- 

beburgum, des Herebi und Plutonis- 
burgoder Stadt von d^n Graecis nach 
dem Troianischen Krieg angefangen, 
von ihrem Gott Herebo WGrtzburg 
geheissen, welches Cornelius Tacilus 
vor ein fabel helt..' etc. 



•Sauer: Parv, Theatr., iSSj. 

WQrtzburg, ein Hauptstatt imHerzog- 
thumb Francken am Mayn, von 
Conrado Celte Herbipolis genannt , 
sonsten Preapolis. Marcopolis und 

Her- 
beburgum, des Herebi unnd Plutonis 
Burg Oder Statt, von den Grecis nach 
dem,Troianischen Krige angefangen, 
von ihrem Abgott Herebo WQrtzburg 
geheissen, welches Cornelius Tiicitus 
fQr eine Fabel helt... etc. 



Dans cette edition, ilny a presque pas de figures sur bois : elles 
sont remplacees par des cartouches noirs, destines evidemment a 
recevoir plus tard de petites planches ddcoupees. On y trouve 
cinq planches oblongues intercalees en regard des villes de 



257 

Nurenberg, Marbourg, Mulhausen, Erfurt etRottenburg, dont 
elles represententle panorama. On lit p. i88 : « Findes villes, qui 
sont au nombre de trois cent trente et une ; t et a la fin du li- 
vre : « Gedruckt jfK FranckfUrt am Mayn^ durch Nicolaum 
"Basseum. Anno M. D. LXXXVII. » 

L'edition plus recente que j'ai vue est celle imprim^e ^gale- 
ment a Francfort en 1593, avec beaucoupde pieces devers latines 
et allemandes, entre autres^ p. 3o3 : De eminentia et splendore 
Theatri hujus mundi... Carmen... scriptum a Wendelino 
Helbachio anno 88., et la traduftion p. 317 : Schawplats al- 
lerley Volcks vnd Handtwercks. Jet:( nemlich anno 92 auss 
dem Laiein s^ierlich, durchein Liefhaber bey nahe von Wort :^u 
Wort verteutschet. 

Le titre est le mSme que celui de ledition de 1587, sauf les 
modifications suivantes : 

Parvum Theatrum URBIUM, das ist,tXz...jet:{ wider- 
umb... Corred und vermehret mit schonnen kUnstlichen Fi- 
guren, Abreisung der Statt auss gan gen, etc. Gedruckt ^u 
Franckfurt am Aiqyn. MDXCIII. — gr. in-8*. 16 feuillets non 
chiffr., 421pp. 

Cette seconde Edition, augmentee en quelques endroits, ren- 
ferme les m^mes gravures que la troisieme de 1595 et le *Pan/um 
Theatrum Urbium d'Adrien Romanus de la meme annee. Nous 
avons cite le titre de cette troisieme edition en reproduisant la 
note du bibliophile : c est un gr. in-8" composd de 12 feuill. non 
chifFr^s^ 52i pp., et 6 feuillets n. ch. 

Cette Edition ne parut plus sous les auspices et par les soins 
de Tauteur, car Abraham Saur etait mort en 1593 (i) ; ce fut tout 



(1) V. Friedr, Strieder : Grundlage \u einer Hessischen Gelehrten und 
Schriftsteller Geschichte; t. XII. 1799. pp. 207-208. 



258 

simplement une speculation inspiree au marchand de livres 
Nic. Basse par Tappet du lucre : il n'en faisait qu'une simple 
operation mercantile, sans meme prendre la peine de modifier 
certains details carafleristiques : ainsi les deux tirages de i5g3 et 
1595 portent la meme date : * den 2&martii anno iSgS-iSgS. » 

Adrien Romanus, de son c&t^, n'avait feit que transcrire en 
latin, pour son usage privd, dans Vordre g^ographique,Tlndex. 
alphabetique de Georges Braun. Son manuscrit etant venu entre 
les mains de N. Basse, ce dernier fit les plus pressantes instances 
pour obtenir Tautorisation de le publier : alleche par le succes 
du guide allemand de Sauer, il comptait sur un debit non 
moins considerable du guide latin de Romanus et il finit par 
triompher des repugnances de celui-ci. Du reste, Romanus ne 
laissa jamais planer lombre dun doute sur la part qui lui reve- 
nait dans cette compilation : sa bonne foi serait encore au dessus 
de tons les soup<jons, s il n avait pas pris soin de nous fournir 
des explications peremptoires sur Torigine de cette publication 
et sur les sources auxquelles il avait puise (i) : la lettre qu i) 
adresse^ N. Basse dans la preface de son T^arvum Theatrum^ 
dissipe toutes les obscurites de ce mystere : « En voyant un jour 
chez moi, lui ^crit-ille 17 juin iSgS, cette courte mais methodique 
description des principales villes de Tunivers, vous fites de vives 
instances pour que je vous permisse de I'emporter et de la livrer 
a vos presses. Quant a moi qui reconnaissais fort bien n y avoir 
rien misdu mien, sauf Tordre methodique et la peine de colliger. 



(1) Nous devons faire remarquer que les insinuations de plagial ou de 
concurence dontiletaitquestion dans la note du bibliophile, ne s'adressaient 
nullementdans notre intention a I'integre et loyal professeurde Wiirtzbourg. 
Romanus ne nous a jamais ete suspe6l a ce point de vue : seulement nous 
ne savions si I'accusation devait porter sur Basse, ou sur Sauer, ou sur 
quelque autre forban de lettres qui aurait pille Romanus. (N de la Red.) 



259 

j*estimais plutot quelle dtait bonne k jeter au feu. a Et il ajoute 
plus loin : « Pour la plupart des descriptions de villes, j'ai cru 
qu il n^dtait pas possible de puiser a une source plus exa£le que 
le Theairum Urbium de Georges Braun... aussi avais-je charge 
mon copiste de transcrire plusieurs endroijs de cet ouvrage dans 
le nouvel ordreque j avais adopte pour ma compilation. » Roma- 
nus informe en outre le le£leur quil intitule soa XXd^rml descrip- 
tion mModique^ mais que sauf la metbode, il n y a rien mis du 
sien. Ce n etait dans sa premiere intention qu un recueil de notes 
dont il comptait faire usage pour une sorte de gdographie en 
vers, ouThistoire etla description de chaque ville eussent dte r6- 
sum^es en deux ou trois hexametres : « Je ne me serais certaine- 
ment pas avis^, ajoute-t-il, d'en refaire la description complete 
apres lexcellent ouvrage que Georges Braun a donne depuis 
longtemps au public... mais tout en copiant celui-ci j'ai seu- 
lement adopte un ordre different ; si Tordre est chose utile en 
toute circonstance, on peut dire qu'il ne Test nulle part autant 
qu'ici. Notre distribution permet a Tamateur cosmographe et 
geographe de voir de suite quelles sont les villes d'un pays et re- 
ciproquement a quelles contrdes et a quels climats appartiennent 
telles ou telles villes ; voilapour Tordre : quant au reste, j ai ddja 
averti le public qu'il n y a absolument rien de moi dans ce traite. » 
Je pense que ces explications et la loyaute meme de Romanus 
ne peuvent laisser planer Tombre d*un soup^on sur sa memoire, 
quant au plagiat incrimine. Abr. Sauer lui-meme, n est que le pla- 
giaire de G. Braun, et le vrai coupable icien definitive c'est Tddi- 
teur Nicolas Basse, a qui Romainis ^crivait : « Je vous envoie cet 
opuscule que vous avez attendu si longtemps, "et je vous le dedie ; » 
c'est Nicolas Basse qui ajuste a Toeuvre de Romanus les memes 
figures sur bois qui lui ont deja servi pour illustrer le Theatrum 
de Sauer, et qui y ajoute les vers de W. Helbach, unique nenl 
pour donner a son nouveau guide la forme du premier ; ce sont 



26o 

de ces petites finesses da metier dont les Kbraires modernes eux- 
m^mes, pourtant si honnetes, ne se fantpas toujoursscrupule. 

A. RULAND. 



CHRONIQUE 

Feu le poete hoUandais A. BOGAERS^ mort a Spa le ii aout 
dernier, bien connu en Belgique par son litre de membre de 
FAcaddmie royale de Belgique et surtout par le beau poeme qui 
remporta la palme au concours ouvert par cette Academie a Toc- 
casion de la mort de S. M. la Reine des Beiges, a laisse une belle 
bibliotheque, fruit de soins assidus et intelligents. * 

Cette bibliotheque riche en bons livres» bien relies, qui se 
rapportent a presque toutes les branches du savoir humain, est 
une preuve evidente que M.'Bogaers s*etait approprie le di£lon 
de Terence : Humani nihil a me alienumputo, 

Elle contient en outre bien des manuscrits sur velin ou sur 
papier, monuments precieux de la langue a laquelle le poete 
avaitvoue un culte dclaire, des incunables et des raretes biblio- 
graphiques qui ne depareraient pas les colledions les plus somp- 
tueuses. 

La mort ayant empechd le proprietaire de ces tresors de pren- 
dre des mesures pour les sauvegarder et pour les empecher de 
s'eparpillerauxquatre vents duciel, Mademoiselle J. M. Bogaers, 
sa fille^ a pris sur elle cette tache penible et delicate. Elle a invite 
M. le Direfteur de la bibliotheque royale de la Haye, a faire 
dans la bibliotheque delaissee par son pere un choix de tous les 
Jivres sans exception qu'il pent paraitre desirable de faire entrer 
dans le depot litteraire confie a la garde de notre savant coUe- 
gue; une foule dexcellents ouvrages qui feraient double emploi 
a LaHayeiront completer la colleftionqui se forme a Rotterdam 
par les soins de la diredion du Leesmuseum, On ne saurait assez 
s'empresser de signaler de pareils aftes : le desinteressement 
eclairequi le? inspire est aussi honorable qu'ilest rare. 



L'INVENTION DE L'lMPRIMERIEC) 



VIII 
Laurentius Joannes cognomento aedituus Custosve 

Avant 1628. tl n'y a pas dans la tradition harlemoise, la moin- 
dre trace d'une date antdrieure^ 1440 pour I'anneede I'invention. 
Cest Scriverius qui s'avise alors de faire un saut p^rilleux en 
dehors de la tradition etde fabriquer sur la main une Iiistoire 
burlesque qm na pas d'autre fondement que son imagination. 
Nous dirons plus loin par quelle voie ridicule it y a €16 conduit. 
Je me borne a faire remarquer ici que de 1440 il saute a 1428 ; de 
1^ Boxhorn va jusqu'en 1420, et le versatile ^crivain anglais 
Cogani s'arrgte d'abord h 1422 pour remonter a 1428 ou 1480. 
Koning mit fin ^ toutes ces incertitudes en 1822. II avait eu le 
bonheur < de decouvrir une base nouvelle et plus solide, pour 
fixer (Koning ne craint plus, dit-il, de se servir de ce mot) i 
I'ann^e 1422, la date premiere a laquelle il faut reporter avec cer- 
titude I'invention de Cosier. i> 

(1) Suite. V. pp. 6[-66, 93-106, ia5-J45, iSy-iSo, 189-103, io5 -ajS, 123-243 
ei 245-153. 



262 

Et, en efifet, il ournii nne preuve, en comparaison de laquelle 
las mathematiques ne sont qu un jea d enfant, et, pour comble 
d esprit, il daigne nous apprendre que tout* ce qu'il avance a est 
constate par une genealogie authentique ecrite sur parchemin 
etdontilest lepossesseur, » cest-a-dire qu il Ta tiree du document 
que nous avons public et ou Ton trouve la date de 1440 ! que l*on 
jette d abord un coup-d'oeil sur la genealogie et ensuite sur le 
commentaire suivant extrait du Konst en Letterbode de 1822. 
lijo. Naissance de Koster (!). 

1392. Koster ag^ de 22ans(!!)epouse Catherine, fille d'Andrd{qui 

n' est pas citee dans le document). 

1393. Naissance de Lucie, fille de Laurent (!!!). 

1415. Lucie, ^gee de 22 ans (!!!!) epouse Thomas, fils de Pierre. 

1416. Naissance de Pierre fils de Thomas. 

1417-1422. Naissance d'un ou de plusieurs enfants de ce dernier 
mariage. 

1438. Pierre, fils de Thomas, Hgd de 22 ans, epouse Marguerite, 

fille de Jean Floris. 

1439. Naissance de Thomas, fils de Pierre. 

1440. Naissance de Marguerite, fille de Pierre. 
Onnepourraitdesirerdes preuves plus concluantes. Au moyen 

de tant de personnes ayant 1 age de 22 ans, il faut bien que Tim- 
primerie ait ete decouverle en 1422. -Suivons le raisonnement de 
Koning : 

« Que Ton avance ou que Ton retarde la date de la naissance 
ou du mariage de Tune ou de lautre de ces personnes, de quelque 
maniere que Ton calcule , on n'aura pas d autre resultat que 
celui-ci : les petits-enfants de Koster, issus de sa fille Lucie, 
doivent avoir atteint en 1422 1 age de deux k six ou sept ans et 
se trouvaient precisement dans cette tendre enfance ou quelques 
lignes d'exemples, donnees par leur a'ieul, pouvaient leur etre de 
quelque utilite, et doivent avoir ete recues par eux avec une Joie 
toutefiliale. » 



263 

C est celui qui avait deux ans qui les aura revues avec une Joie 
filiale toute particuliere ! on les voit d'ici, les joyeux bambins, 
assis dans leur petits fauteuils et tendant les bras vers leur grand- 
pere chaque fois qu il revenait du Bois avec des lettres nouvelles. 
Et combien leur joie dtait plus grande encore, quand ce bon aieul 
venait de terminer, avec latde de leur pere. quelque Pater bu 
quelque Ave salus mundi, imprimis ea latin a leur intention ! 

Voyez-vous ce charlatan qui parle de tousces manages inva- 
riablement celebres ^ 22 ans, et qui en parle comme s il avait 
assistd a la noce, le voyez vous fabriquer des dates avec une igno- 
rance sans bornes, et fonder sur cet ensemble la preuve que Timpri- 
merie a vu le jour a Harlem en 1422? Peut-on conserver le calme 
de Tesprit en presence de cette audace? Mais le public qui accep- 
tait ces bourdes pour de Targent comptant dtait mfir pour la « com- 
mission » qui a ddcidd, par ordre de dame Jacqueline, que le 
fait a eulieu en 1423. 

A cote du nom de Tinventeur invent^ par Junius, k cote de ses 
petits-fils, on nous fait connaitre aussi sa demeure : Habitavit 
Harlemi in aedibus SATIS SPLENDIDIS [utdocumento esse potest 
fabrica, quae in hunc usque diemperstat integrd)foro imminen- 
tibuse regione Palatii regalis. » Junius parle ici avec son exagi- 
ration habituelle, son penchant a I'enflure et au pathos ; car, 
d apres le passage deja citd de van Zuren, ecrit anterieurement a 
Junius, la demeure de Coster dtait alors en dtat de caducite 
(quamquam ruinosi). En 1628, Scriverius nous apprend dgale- 
ment que la maison a e'te « chang^e, subdivisde et achetee par 
trois differents proprietaires. La partie que Ton regardait tou- 
jours pour avoir 6X6 Thabitation de Coster, se nommait la 
Grapped'or; quand elle fut visitee par John Bagford (P^//o5o- 
phical Transactions de 1707J, elle ^tait occupee par un mar- 
chand de fromage ; jusques vers 1761, elle avait pour habitant : 
« Mozes van Hulkenroy, imprimeur sur le Marchd, a Laurent 



264 

Coster, inventeur de la typographic », mais auparavant deja, les 
autres parties formaient Tauberge la Toison dor. 

Vers i8i3, la pretendue raaison de Coster devint une gargote 
nommee Het Bossche Koffijhuis, et par le peuple, het boo^e 
Koffijhuis, c'est-a-dire le cafe borgne, et elle toraba en ruines 
le i3 mai 1818. 

Si Ton fait attention aux diverses enseignes qu a port^es la de- 
meure de Coster, il est manifeste que cette maison a dte de tout 
temps une auberge. Des maisons de ce genre situees aux endroits 
les plus favorables, comme ici au grand Marche, au centre de la 
ville, ces maisons conservent ordinairement leur destination pri- 
mitive de famille en famille. Et voyez : outre lechevin Louwerys 
Janszoen, nous avons appris k connaitre comme aubergiste Lou- 
rens Janszoon Coster, son soi-disant petit-Jils Pierre Thomas- 
zoon, egalement comme aubergiste, et nous trouvons chez Gerrit 
Thomaszoon, le contemporain de Junius et dans la demeure 
de Coster^ de vieux brocs d'dtain fondus avec les carafteres 
typographiques de cet inventeur. En r^unissant ces donnees, 
nous obtenons pour resultat que I'aubergiste Lou Coster a de- 
meure^ peut-etre jusqu en 1483, dans la maison du Grand-Mar- 
che, qu il a eu pour successeur dans son commerce, d'abord son 
beau-fA^ (et non pas son petit-fAs) Pierre Thomaszoon, decide 
en 1492 et plus tard un neveu de celui-ci, Gerrit Thomaszoon, de- 
cede vers i56o. Tout cela nous fait compreidre Thistoirede la 
maison et des vieux brocs. 

Terminons, du coup, toute la question hdraldico-gendalo- 
gique. 

Tout en revenant, plus loin, sur la revolution opdrde dans la 
legende harlemoise par Scriverius en 1628, je dois anticiper sur 
ce qui concerne la personnalite de Coster. 

La tete farcie de prejuges, d'erreurs bibliographiques et de 
fanatisme anti-mayencais, Scriverius sest mis, a sa maniere, a 



265 

ch archer I'inventeur harletnbis a une date anterieure a 1440, date 
de la legende, mais abaadonnde par lui. Et le voilk qui ddcou- 
vre, dans un document scabinal de 1431, la mention d'un habi- 
tant de Harlem dont le nora co'incidait, par hasard, avec le pre- 
nom de Coster: c'^tait un ^chevin nommd Louwerijs Janszoon. 
A rinstant, il en tire une consequence aussi fausse que prdci- 
pitee : a savoir que lechevin et Tinvenleur de Junius sont un 
seul et meme personnage, et il ecrit dans son Lavre Crans (p. 116). 
« II faut savoir que je viens de trouver que notre Laurens a 6x6 
echevin et scellait ici des actes en Tannee 1431. » Ce grain de se- 
nevede I'erreur, cette transformation specieusedu personnage, a 
produit un arbre, ou plutot un buisson qui n a cessd de croitre 
jusqua ce jour et qu'aujourd'hui seulement on pent livrer aux 
flammes. La pedantesque observation de Junius sur T^tymologie 
et Torigine du nom de Cosier a donnd le jour a la legende du 
sacristain, de ce non-etre dont Malinkrot, — qui avait accepte 
pour argent comptant le fameux jeu de mots et le combinait ddja 
avec la decouverte de Scriverius, — se scandalisait deja en 1639. 
« Nihil dicam, disait-il, de Aeditui in primarid et patritia Lau- 
rentii istius familia haereditario munere, quamvis instar monstri 
habere possit consularis hie Junii aedituus. » 

Neanmoins, ce triangle circulaire eut pour defenseurs Meer- 
man et Koning et fut detruit en 1841 par De Vries, mais seulement 
apres qu'on e&t affirmd, sans preuve historique, que cet infime 
emploi de sacristain constituait une fonction hereditaire et apres 
qu on Teut orne d'un ^clat digne des mille et une nuits, et cela 
en opposition avec les chartes et les coutumes les plus claires. 
Une parenthese de pedant a dtd le point de depart de toute cette 
histoire. Depuis Scriverius done, et sur la foi de cet unique 
temoignage, on a vu naitre a cot^ de la legende du sacristain et 
mise en rapport avec elle, la legende de Techevin. L ondulation 
produite par cette pierre jetee dans le courant de la tradition^ 



266 

s agrandil de plus en plus, I'eau coula par dessus les rives, 
noyant le vieux rdcit, entrainant le Laurent Janszoon Coster 
primitif et jetant sur le sol un autre inventeur qui non seule- 
ment n avait jamais songe a la typographic, mais que les harle- 
mois du XVI* siecle n avaient jamais eu en vue ! Les recherches 
de Van Oosten de Bruin et de Meerman, vers 1765, mettent au 
jour plusieurs aftes scabinaux munis du sceau de Louwerijs 
Janszoon. Et voyez ! ce sceau porteunlion grimpant, avecunlam- 
bel (branche cadette) et la barre de batardise. Et bien qu'en 1740 
on s'en tint encore a la gdnealogie originale, celle du Coster a la 
Colombe, on n en fit plus jamais mention, mais on transforma 
rinventeur en descendant batard de Brederode ! Et pour trouver 
des Costers jouissant de cet honneur, Meerman abaisse tout sim- 
plement la race legitime des Van der Duin en branche batarde. 
Et tout en soulevant d'enormes nuages de poussiere inutilement 
erudite, ces grands gdnealogistes ne songent pas un instant aux 
regies les plus elementaires du blason ; ils oublient de repondre 
a la premiere question qu'ils devaient se faire dans tons les cas, 
avant de se mettre a leurs recherches et de declarer entachee de 
batardise une ancienne famille, a la question de savoir quelle 
e'tait la couleur du blason de leur echevin. Un lion grimpant ne 
signifie rien par lui-meme, car deja dans le moyen age ces 
lions la foisonnent chez nous. Pourquoi ce lion est-il sans 
couleur sur un champ sans couleur, exactement comme lecus- 
son de HoUande? Pourquoi Laurens Janszoon n'est-il pas un 
cadet batard des van Heemskerk, des Berkenrode, des van Nis- 
pen, des Bouwens, des Van Eck ou de tant d'autres qui tous 
portent le lion ? Que Ton jette un coup-d'oeil sur les armoriaux. 
Dans Tarmorial de Leiden on yerra les armes de Guillaume Jac- 
ques Willemsz : un lion avec lambel de gueules sur or. Mais 
celui de Harlem possede une menagerie complete de lions grim- 
pants : Van Loo, argent sur azur ; Verbeek, azur sur argent; 



267 

Daniast, gueules sur argent ; Schatter, sable sur argent, et ainsi 
de suite pour les families Boeckhorst, Alkemade, Doortoge, 
van den Berg, Bronkhorst, Langerak, van der Leek, etc. En 
verite, M. Alberdingh Thijm, le prefacier et Tannotateur du 
livre sophistique de Paeile, dans lequel Techevin harlemois Lou- 
werys Janszoonest toujours brederodise, M. Alberdingh Thijm 
a pai:faitement raison de dire (Nederland, p. 190). que a Ton a 
affuble de la livree des Brederode plus d'un mannequin cree 
par rimagination ou la complaisance des fabricants de genealo- 
gies. » Mais ou voulait-on en venir avec ce charlatanisme heral- 
dique? A opposer au gentilhom.ne Gutenberg un rejeton imagi 
naire de nos comtes. 

L'echevin Louwerys Janszoon de Brederode pouvait bien etre 
un sacristain, voire un sous-sacristain et, en cette qualite, cher- 
cher du vin pour Teglise, mais pouvait-il etre iin aubergiste, un 
debitant de boissons ?Le ciel devait Ten preserver. Aussi les temoi- 
gnages qui le demontrent d'une maniere irrefragable furent-ils 
furieusement tortures. 

On continua de chercher ainsi, et de raisonner sur ces fausses 
premisses, jusqu a ce que la commission de 1821 vint a decouvrir 
la date du deces de l'echevin Lourens Janszoon, Tannee 1439. Et 
telle etait la force avec laquelle la legende dchevinale de Scrive- 
rius avait penetre dans les esprits, tel dtait leloignement ou Ton 
etait arrive, en toute conscience, de la legende costerienne de 
Junius, que Ton identifiait audacieusement le personnage mort 
en 1439 avec rhommequijselon Junius, inventeTimprimerie en 1440 
et se laisse voler en 1441 par son ouvrier allemand ! En un mot, 
la substitution de personnes operee avec tant de precipitation 
en 1628 par Scriverius a donne lieu a ce fait plein d'amere 
ironie, qu*en i856 on a inaugurd a Harlem une statue de bronze 
en rhonneur d'un echevin-aubergiste de cette ville, d'un homme 
qui n'a rien eu de commun ni avec la typographie inventee apres 



268 

sa mort, ni avec la tradition libeil^e par Coornhert et Junius. 
Non seulement la critique historique et la science mieux rensei- 
gn^edenotre temps rejettent la statue, mais encore, siles t^moins 
du proces pouvaient sortir de leur tombe, on verrait Adrien Ju- 
nius protester contre Tentorse donnee k ce recit qu'il a dresse 
d'apres les temoignages les plus solennels et couvrir de son indi- 
gnation ceux qui rejettent cet aedituus custosve auquel il «avait 
donn^ un si magnifique brevet de capacity. Et Thonnete echevin 
lui-m^me, le conservateur Louwerys Janszoon, les reraercierait 
bien de leur proced^ revolutionnaire; et en bon catholique qu il 
etait, il s*eleverait ^nergiquement contre la conduite de ce 
compatriote calviniste qui, deux siecles plus tard^ s'avise de 
le d^baptiser. Car enfin il n'etait pas Coster (sacristain) et ne 
portait pas ce nom. Le seul point de rapport qu il a eu avec 
Lourens Cosier, Pierre Thomaszoon, Gerril Thomaszoon, c'est 
la tenue d une auberge. Seulement, toute cette suite d'aubergistes 
occupant la meme maison pendant de longues annees a pu, a 
I'aube brumeusede la tradition et a cause du souvenir d'un Lau- 
rent, a pu donner lieu a une confusion de personnes tout a fait 
etrangeres les unes aux autres. 

En resume : i" la tradition originale de Harlem remontant au 
XV' siecle est unanime Jusqu'en 1628 dans la croyance que Lou- 
rens Janszoon Coster a invente Timprimerie en 1440 ; 2" depuis 
le dix-septieme siecle, un autre perspnnage prend sa place, un 
personnage qui viQ^Xpas Thommede la tradition primitive. 3" De- 
puis Scriverius, tous les defenseurs des pretentions antihis- 
toriques de Harlem ont entourd cet intrus de leurs hommages. 
4^* L ereftion d'un statue a T^chevin de Harlem est le r^sultat 
d'une mdprise : Taubergiste de bronze qui se pavane au 
Grand-March^ de Harlem est le Nepomucene de notre vanite 
nationale, et n a etd canonise que par I'ignorance et la tromperie. 

A. Van der Linde. 



269 



CORRESPONDANCE DE L'ABB^ 

"BARTH^LEMY <£MERCIER "DE SAINT-LiCER 

avec FRANgoiS TOPSEL, prelat de Polling (i) 



Gunther Zainer, dont la famille etait originaire de Reutlin- 
gen, ville libre de TEmpire, est sans contredit le plus important 
des typographes de la ville d'Augsbourg au XV^ siecle. On ignore 
la date certaine de sa mort. En compulsant la correspondance de 
Tabbe Barthdemy Mercier de Saint- Ldger avec Fran9ois Topsel, 
prelat de Polling, nous avons recueilli quelques renseignements 
sur la mort de cet imprimeur celebre. 

' Frangois Topsel ecrivait a Tabbe de Saint-Leger, le 18 mars 
1772 (2), une lettre latine (3) dont nous traduisons le passage 
suivant: 

« Quant a Gunther Zainer, je ne puis pour aujourd'hui vous 
marquer davantage que ce qui se trouve ajoute, concernant 
ranneedeTimpression, a deux seulement des nooibreux ouvrages 
sortis de ses presses et dont nous possedons un certain nombre : 

» Speculum vitae humanae ad annum 1471. Augustae Vin- 
delicorum, Et 

» Libros Ethimologiarum Isidorijunioris, Anno 1472. 

« Mais je vais dcrire au bibliothecaire de la chartreuse de Bux- 



(i) Voy. le BibL beige, t. II 392-404. 

(2) Cod, Moll. 54, p. 339 

(3) Toute la correspondance deTOpsel estecrite en latin ; nous traduisons 
ici les passages que nous lui empruntuns. 



270 

heim i i) pour le prier de me communiquer le.s livres de Gunther 



(1) Void ce que Topsel ^crivait le m^me jour, a Franf. Krismer, biblio- 
thecaire de la chartreuse de Buxheim : « II n'y a pas bien longtemps que 
je m'entretenais avec un savant homme de la determination de la veritable 
anneeenlaquelle furent imprimesles quatre livres de Xlmitation par Gunther 
Zaine^, les exemplaires ne portant aucune indication de date. Voici en eff'et 
ce qu on lit a la fin de cette curieuse et rare Edition : 

Viri egregii Thome Montis sande Agnetis in Tra- 
jeSto regvlaris Canonici libri de Christi imitatione 
numero quatuor finiunt feliciter, per Guntherum 
Zainer ex Reutlingen progenitum Uteris impressi 
ahenis. 

» Michel Maittaire (Annales typographiques 1. 1, p. 298, n^. 7.), s'appuyant 
avec Rosweyd, Heser et plusieurs autres sur le necrologe des chanoines 
reguliers de la S*e-Croix a Augsbourg, affirme expressement que Gunther 
Zainer mourut le 2^ avril 1475. A ce temoignage mon interlocuteur m'op- 
posa le necrologe de la chartreuse de Buxheim, ou le deces de G. Zainer 
est fixe et annote au i3 avril 1478, ajoutant qu'il avait oui dire qu'il n'y avait 
peut-etre pas un livre sorti des presses de G. Zainer qui ne se trouvai dans 
la celebre bibliotheque de ceite chartreuse, cet imprimeur s'etant fait une 
coutume d offrir en don a son cher couvent de Buxheim tous les ouvrages 
qu'il editait. Mon savant ami joignit a son recit que' ledit G. Zainer aurait 
pris soin d ajouter a chacun des livres dont il gratifiait la chartreuse en 
question, I'annee de la donation ou de I'impression, que ces livres fussent 
imprimes avec un millesime ou sans millesime. 

» S'il en est ainsi effeclivement, il vous sera bien facile de resoudre les 
questions suivantes : 

» lo Si reellement le deces de Gunther Zainer est annote dans le necrologe 
de Buxheim sous la date du 14 avril 1478? si cedec^s est annot^ par une 
main contemporaine? si la note n'a pas ete seulement ajoutee apr^s coup, 
par une autre main, dans les siecles suivants? si Ton ny trouve pas aussi 
quelque eloge, ancien ou moderne. du meme G. Zainer? ce qu'il dit? 

» 2" Quel est le plus ancien ouvrage de G. Zainer avec date d'impression 
que possede la bibliotheque de Buxheim, et quel est dgalement le plus re- 
cent, aussi avec date? 



271 

et de son frere Jean que possede ce couvent ; car j'ai appris il n y 
a pas bien longtemps, que G. Zainer n'editait pas un seul livre 
sans en offrir un exemplaire en don a la chartreuse en question. » 

Le 3o avril 1772 (i) Topsel rend coiiipte a I'abbe de Saint- 
Leger de la correspondance quil a echangee avec Fran9ois 
Krismer, qui parait fort bien au courant de la bibliographie de 
son depot : « Dans Tentrefaite, lui dit-il, i ai re^u la reponse 
deFr. Krismer, bibliothecairede la chartreuse de Buxheim, pres 
Memmingen, en Souabe; en voici les termes : « A la page 18 du 
» livre des bienfaiteurs, dont Toriginal cependant n existe plus, 
» mais que transcrivit plus tard, en i5o8, D. Uldaric Steinbach 
» de Memming qui tut admis dans la chartreuse de Buxheim et 
)) au noviciat le 6 avril 1485, fit profession le 8 mai i486 et mou- 
» rut le3o novembre 1539. apres avoir 6x6 le doyen d'ageet le bon, 
» diligent et habile direfteur de notre maison de Buxheim, on 
» lit ce qui suit : 

« Item Dominus Guntherus impressor civis Augustae dedit 
nobis libros subscriptos propter Deum et animae suae salutem 
1474, et sequentibus : primo T^antedogiam in duobits volumini- 
bus; Summam JohanniSy Catenam auream S. Thomae, Bi- 
bliam in vulgari, insuper regali modo, Registrum B. Gregorii 
Papae, Wilhelmum de Fide et legibus dupliciter, Postillam 
super Epistolas et Evangelia in vulgaris Summam Pisani, libel- 
lum de legibus temporalibus in vulgaris Tiiulos Psalmorum 



» 3° S'il existe quelque ouvrage imprimd par ses soins apres Tann^e 1476 ? 

»40 S'il est vrai que ledit Zainer ajoutat a chacune des editions dont il 
gratifiait la chartreuse de Buxheim, meme a celles imprimies sans millesime, 
la date de I'impression ou de la donation? 

» 5® S'il y a quelque indication spdciale concernant I'annde en laquelle 
furent imprimes les livres de limitation du Christy par G. Zainer? etc. » 

(1) Cod. Moll 54, p. 355. 



272 

cum Expositione, Tex turn Donati, Lumen animae in latino, 
Hisioriam ^arlaartt et Josaphat, et duo vulgaria confessio- 
nalia in vulgari. Qui obiit 1478 et habet aniversarium perpe- 
tuum nobiscum in die S. Remigii pro se etparentibus, uxore 
et omnibus antecessoribus suis. Idem kabuit plenum monacha- 
turn indomo hac sicut unus de Professis. Obiit Idibus aprilis. » 

» Voila mot a mot ce qu'il me mande... on peut au moins en 
tirer cetenseignementque, Uldaric Steinbach, Tauteurde la note, 
qu il ait ete deja contemporain ou seulement quasi-contemporain 
dudit Gunther Zainer, n a pas mis beaucoup d'exaftitude dans la 
liste qu'il dressait, et Krismer lui-meme avoue que cette liste ne 
mentionne pas les ouvrages dans Fordre des millesimes de Tim- 
pression. Elle est du reste encore fort incomplete et la biblio- 
theque de Buxheim possede elle-meme^ a Theure qu'il est, bien 
d'autres ouvrages de G. Zainer. Mais il est surtout absolument 
faux que le bienfaiteur y inscrivit Tannee de Fedition ou de la 
donation de chacun de ses ouvrages. Krismer rapporte toujours 
ledition des IV livres de limitation du Christ a I'annee 1470. » 

Mercier de Saint-Leger repond a Topsel par la lettre suivante, 
ecrite naturellement en fran5ais : 

« Paris le ir mai 1772. 

« J ai re5u les deux lettres, que vous avez pris. la peine de 
m ecrire le i3 mars et le 20 (?j avril... Tout le detail que vous 
avez bien voulu m'envoyer sur Gunther Zainer m'a fait grand 
plaisir. Mais il reste toujours des difficultes sur lepoque precise 
de la mort de cet artiste. 

» 1" Comment est-il possible que le n^crologe de Ste-Croix 
le fasse mourir en 1475 (date copiee par Maittaire) et celui de 
Buxheim en 1478 ? Puisque les chanoines de Ste-Croix sont morts 
aux lettres (i) et qu'ils ont perdu leur Necrologe ou qu'ils ne 



(1) Le prelat de Polling lui avait ecrit : u Je n'obtiendrai assurement rien 



273 

peuvent plus le lire, il n y a pas moyen d en avoir extrait ; mais 
enfin, 

» 2' dans le necrologe de Buxheim la date 1478 etant dcrite en 
chiffres, ny a t-il pas la quelque erreur? 

» S'' Toutes ces difHcultes peuvent etre facilement resolues par 
les livres qui sont a Buxheim, imprimes incontestablement par 
Zainer avec dates ; en efifet s'il y a dans cette chartreuse un seul 
livre imprimepar cet artiste Tune des anndes qui ont suivi 1475, 
il est manifeste qu il n'est done pas mort a cette derniere dpoque; 
des lorsla date de Ste-Croixestfautive. II seraitdonc bien plus 
simple de citer ces livres imprimes depuis 1475 ; la question 
serait resolue. Ce qui me fait pencher a croire 1478 la vraie date 
de la mort de ce Zainer, c'est que dans Textrait que vous m'en- 
voyez, Steinbach dit expressement : « Guntherus.., dedit nobis 
» iibros.,,anno 1474 et SEQ.UENTIBUS ; » or ces derniers mots in- 
diquent que Zainer ne mourut pas Tannde suivante. 

i) 4!* Une chose qui me surprend, cest que dans cette note des 
livres donnes a Buxheim par Zainer je ne trouve pas ceux qui 
sont connus de tout le monde pour avoir 6x6 imprimds par cet 
artiste, tandis qu'au contraire le grand nombre de ces livres n'est 
pas sorti de ses presses ou au moins ne sont pas connus pour en 
etre sortis. Je vois bien que Steinbach a ecrit sans beaucoup 



du toutdenoschanoinesdeSainte-Croix : j'ai faitaupres d'eux des instances 

r 

redoublees ; j'ai ^crit au superieur dans les termes les plus pressants : il m*a 
r^pondu : sa r^ponse etait tellement excentriquequ'on eut jure qu'il nesavait 
pas ce que c'est qu'un Necrologe ; mais comme ils se servent d'un nouveau 
livre mortuaire, il est probable que Tancien est enfoui dans quelque recoin 
a mains que le parcftemin sur lequel etaient Merits les noms des ddfunis n'ait 
€t6 d^tourn^ pour d'autres usages, comme il ^tait passd en coutume de faire 
dans les deux derniers si^cles, ce qu'il n'aimsnt pas trop d'avouer. » {Cod. 
Moll., 54, p. 340). 



274 • 

d*attention, et cest une raison pour le P. Krismsr, que Ton dit 
tres-habile, de nous donner un bon catalogue de tous les livres 
de sa bibliotheque imprimes dans le xve siecle. II me semble 
qu il la promis au public. Mais pour les livres inconnus, il faut 
donner des notices claires et concises et ne jamais manquer de 
transcrire la souscription en entier, comme a fait Weislinger 
dans son Armamentarium. Permis ensuite au redafteur de ce 
catalogue de faire 'telle conje£lure qu'il voudra sur Tannee precise 
de Tedition d'un livre non date; mais quand il n*y a pas de date, 
il faut le dire et copier la souscription qui en tient lieu. Par 
exemple il fixe a 1470 T^poque de Tedition de YImitation, et il 
est Evident qa'elle doit etre a peu pres dans ce temps la, mais 
seulement a peu pres ; car de ce que ce livre est relie avec un autre 
qui porte la date 1469 et de ce que les carafteres employes dans 
tous deux sont semblables, on ne peut rien conclure precisd- 
ment pour 1470, si I'artiste a pu donner en 71, ou 72 ou y3 un 
livre avec les memes carafleres dont il s'dtait servi en 1469, et si 
ce livre sans date a pu etre relie avec le date, deux ou trois, ou 
quatre ans plus tard. La date precise de la mort de Zainer ne m'in- 
teresse que parce que cet imprimeur est un de ceux sur lesquels 
j'ai rassemble par moi-meme quelques notes pour corriger 
Maittaire. 

)) Estce que vousavez jamais doute, Monsieur, de la faussete 
de la date de la Bible latine imprimee a Augsbourg tn 1466 par 
Bamlerl II me semble que plusieurs bibliographes et David 
Clement en particulier (dans sa Bibliotheque curieuse in-4") ont 
bien prouvd que cette date etait ^crite a la main, cest k dire 
que Ton ny peut point du tout compter. Je pense depuis long- 
temps la dessus comme le P, Krismer , et je fegarde Gunther 
Zainer comme le premier typographe d'Augsbourg ; Jean Keller 
etant chimerique, au moins pour une epoque si reculee; et 
Schus^ler, dont on a un beau Josephe, en 1470, fol., ^tant le seul 



275 

qui puisse disputer la primaule a Zainer ; si toutefois Ton trouve 
un livre anterieur a son Josephe de 1470, ce dont je doute 
fort. »)(i) 
Topsel rdpond a M ercier (^Corf. Mo//., 54, p. SSg) : 
« Vous demandez ensuite s'il existe des impressions poste- 
rieures a 1475 publiees sous le nom de Gunther Zainer, comme 
I'assure le bibliothecaire de Buxlieim, Fran5ois Krismer. Je re- 
ponds que rien ne me le prouve jusqu*ores et Que le digne Kris- 
mer napas pu me montrer un seul ouvrage imprimeavec le nom 
de Zainer aprescette date. Les deux livres dont meparle Krismer, 
sous Tannee 1477, ne portent ni le nom de G. Zainer nile lieu de 
I'impression ; le caraftere seul ofFre quelque ressemblance avec 
ceux que Zainer a employes un peu auparavant ; mais son succes- 
seur, quel qu'il soit, a fort bien pu employer les memes carac- 
tcres et les memes types que Zainer apres la mort de celui-ci. 
Cependant Krismer insiste : il objefte d'apres/e iivre des bienfai- 
ieurs, qu il y est dit que les livres donnds par Gunther aux char- 
treux de Buxheim leur avaicnt 616 donnds en Taniide 1474 et 
les ^uivantes; que si Gunther etait mort en 1475, Tannotateur 
n'eut pas pu dire en Tannde 1474 et les suivantes, mais qu il eut 
du dire et la suivante[2). Vous me direz si cet argument a plus de 



(1) Cod, gall. : 574 ou Cod. bav. 8479 du catalogue des msc. de Munich. 

(2) Plus tard le conseiller Georges-Guillaume Zapf, bibliographe celebre, 
d^clara que la veritable date du deces de Zainer est 1478. (Voyez Augsbur- 
ger Buchdruckergeschichte nebst der Jarbuchern derselber von G. W. Zapf. 
avec planches. Augsbourg,i786, in-40, i**"® partie p. IX XI : 2® partle Augs- 
bourg 1791, p. VI.). « En 146S. dit Zipf, lorsque Gunther Zainer commenfa 
a imprimer a Augsbourg, il n'^tait pas encore bourgeois, mais simple resi- 
dant. II ne fut inscrit qu'en 1472 au registre des impots, a titre de Scribe, 
sous le nom Gunther le Scribe; mais en 1473 il est nomme Gunther Zainer 
le Scribe, &X il continue ay figurerjusqu'en 1478 sous la meme'ienominition. 
Cette date prouve la faussete et le neant de I'opinion qui fixe son deces a 



276 

poidsa votre avis qii'il n en a au mien. L*annotation elle-meme me 
parait fort insignifiante et pour etrepartrop vague elle peut aussi 
bien embrasser plusieurs annees qu'une seule, plus ou moins, a ce 
point que le critique ne pourrait pas interprfter sans risque ces 
annees suivantes, » 

A. RULAND. 



Bibliotheque Ouwaroff. Catalogue specimen. Sciences secretes. 
Moscou, 1870. XI-217 pp. in-40 a 2 col. (Par M. A. Ladrague.) 
Tird a 75 exemplaires. 

L'auteur de ce catalogue est un bibliographe de la grande 
ecole ; il a la science et la conscience, il se prdoccupe d'instruire 
et d'etre utile. Le specimen qu'il publie du Catalogue g^n4ral 
de la bibliotheque Ouvaroff^sX^ a notre avis, un travail des plus 
remarquables : exaflitude scrupuleuse des litres, description 
succinite du livre, classification bien raisonn^e, depouillement 
des recueils, notes 'interessantes mais sobres, tout y est. On volt 
que lauteur a vu le livre intus et extra. 

II a evit^ un ecueil qu il decrit fort bien dans son avant- 
propos ; (t Les bons catalogues que nous possedons maintenant, 
dit-il, font connaitre aux bibliophiles les ouvrages rares qui se 
trouvent dans telle ou telle bibliotheque, la condition du livre, 
son etat de conservation, quelquefois ce qui le fait rechercher; 
en un mot, tous details qui interessent le bibliophile ou le 



Tann^ 1475 et qui se trouve ainsi absolument mise hors de cause. » Zapf 
n'a pas connu d'impressions postericures a 1475. 



277 

bibliomane mais ne satisfont pas le travailleur. » En efTet, la 
raret4 est une sorte d o'idium qui commence k envahir un peu 
trop les catalogues ; k voir certains d'entr eux, on croirait que la 
mission du bibliographe est non pas de signaler les perles dans 
le fumier, mais de transformer celui-ci en perles. Ddcouvrir 
des raret^s, cest Tidee fixe d un grand nombre de gens s'occu- 
pant des livres. Et ou arrive t-on avec cela? A faire former par 
les amateurs des coUeftions de curiositds, d bbjets ayant peut- 
etre une valeur marchande de pure convention, mais parfaite- 
ment exempts de valeur intrinseque. Or, ceux qui ont un peu 
manid des livres savent s'il est bien difficile de ddnicher des 
raretds de ce genre. Nous avons eu ici, a Bruxelles, un libraire 
qui savait k peu pres lire et dcrire et neanmoins dirigeait des 
ventes de livres. Or, dans la confeftion de ses catalogues, il usait 
d'un procdd^ tres-ing^nieux pour indiquer le degrd de rarete d'un 
ouvrage. Tout bouquin imprime au XVI* siecle recevait invaria- 
blement la gratification de rare ; s il dtait en outre de mauvaise 
condition, il devenait tres-rare; et enfin, s'il ne formait plus 
qu'un amas de feuillets jaunis, salis delabrds, bons k etre jete's 
dans lemagasin d un chiffonnier. et qu avec cela, il dtait imprime 
en lettres gothiques, lettres dont le brave homme n'avait jamais 
pu saisir la valeur mysj^rieuse, Fouvrage figurait au catalogue 
avec les dpithetes extraordinairement rare, excessivement recher- 
che et quelquefois meme, on risquait a son sujet une note d'une 
Erudition impayable. 

Eh bien, ceprocede si primitif, si... bonhomme, obtenait un 
certain succes. Une petite classe d'amateurs ajoutaient foi a ces 
allegations biscornues et se disputaient les ouvrages ainsi titfds, 
pas k de hauts prix, sans doute, mais toujours au dela de leur 
valeur vraie. Le libraire passait a leurs yeux pour un bibliophile 
savant et j ai connu moi-meme un amateur tres-delicat qui sy 
est laissd prendre plus d'une fois. Je sais une collection ou foison- 

TOM. V. 1_) 



278 

nent ces raretes portant encore, colldes sur la garde, les attesta- 
tions d^coup^es du catalogue de vente. Hdlas I pour en garder la 
memoire, il faudra que Ton fabrique un Manuel tout special. 

La bibliotheque, dont M. Ladrague entreprend le catalogue, 
n'est pas de ce genre. A en juger par le specimen, ce doit Stre 
une de ces collections hors ligne comme on les cree quand on a 
la science et la fortune et du temps devant soi. EUe se compose, 
dit Fauteur, d'environ 70,000 volumes et renferme toutes les 
grandes collections des historiens, des peres, des bollandistes, 
des academies, etc. 

Pour dresser le catalogue de ces richesses littdraires, M. La- 
drague s'est tracd un plan gigantesque. l^coutons-le parler. 

« Maint et maint livre considdre comme de peu de valeur, 
contient souvent en appendice ou comme pieces justificatives, 
des articles qui ont une valeur importante ; des opuscules que 
Ton paye souvent tres-cher, sy trouvent rdimprimes, soit en 
entier, soit en abreg^. Toutes ces richesses que I'homme labo- 
rieux pent seul estimer, voila ce que je me suis efiforce de mettre 
en lumiere. A Texemple du savant J. M. Franck, dans le Cata- 
logus bibliothecae ^unaviance, j'ai entrepris le ddpouillement 
de tout ce que contient notre bibliotheque ; le travail est rude, 
mais depuis quatre ans que je Tai entrepris, je commence a y 
voir clair, et Dieu aidant, j*arriverai a bonne fin. » 

Cest, en effet, un rude labeur; mais il est digne de tenter le 
courage d'un vrai bibliographe, et M. Ladrague est de taille k le 
surmonter. 

Le specimen qu il nous offre contient la partie de la colleftion 
consacrde k ce que Ton nomme ordinairemeut les sciences 
occultes tt que M. Ladrague nomme les sciences secretes en 
^tendant un peu la comprehension du terme. II divise cette 
partie en quatre se(5lions : 

jo Thdosophie, illuminisme, mysticisme (n" 1-174); 



279 

2* Societ^s secretes philosophiques et politiques (n"" 175-536) ; 

3" Alchimie (n*^* 537-1645) ; 

4'' Sciences occultes (magie, cabale, ddmonologie, astrologie, 
pronostications, etc.), n" 1646-1883. 

II y a dans cette partie des choses eminemment curieuses et 
une reunion tres-riche sans doute, cependant nous y remar- 
quons des lacunes frappantes. Ainsi, le chapitre magie, sorti-. 
leges, etc, ne renferme aucun cjes classiques du genre : le Mai- 
leus maleficarum, les Disquisitiones magicoe^ de Delrio, rArs 
cabalistica de Ricius, les travaux de Pomponace et ceux de 
Bodin, le savant traits de la lycanthropie de Prieur, la Cauiio 
criminaltsde Spee, etc., etc. 

Mais pour ce qui concerne le travail du biblioth^caire, nous 1q 
repdtons, il est fait avec le plus grand soin, et ceux qui auront 
occasion de s'en servir y trouveront de precieuses indications. 
Si M. Ladrague acheve toute la bibliotheque de cette maniere, il 
aura fait un catalogue qui restera comme celui qui lui sert de 
modele. 

C. R. 



LE PEINTRE GRAVEUR 

DES PAYS-BAS 

AU DIX-NEUVIEME SlECLE(i) 



152. La riviere aveo 4 roseaux k droite an l^"" plan. 

L. 0,161. H. 0,208. 

Un cours d'eau s'enfonce en serpentant dans unpaysage bois^. 



(i) Suite, Voy. pp. 5-i5, 29-44, 77-91, ii3 124, i54-i56, 187-188. 



28o 

II y a au i" plan a droite une toufie formee de 4 roseaux. Signe 
au haut de la gauche : Major Bagelaar d, etf. 1812. 

le' etat. Avant le ciel. 

2" dtat. Avec le ciel et de nombreux travaux. 

153. Tdtede cheval. 

L. o,ii5. H, o,io5. 
T. c. L. 0,107. H. 0,095. 

A gauche lextreinite supdrieure dune barriere, une tete de 
cheval vue des 3/4 a droite et semblant hennir. 

Rarissime. La planche a ^te efifacde apres un tirage de huit 
dpreuves. 

154. La ch^vre et le ohevreau. 

L. 0,116. H. 0,081 a 0,071. 

La chevre est couchee vers la gauche, le chevreau est accroupi 
et occupe a sucer le lait. Maniere de crayon. 

155. Le taureau de profll vers la droite. 

L. o,io5. H. 0,092. 
T. c. L. 0,098. H. 0,086. 

Le taureau est represente de profil vers la droite. Simple trait, 
peu travaille. 

1" etat. Simple trait tire a la sanguine. 

2" dtat. Les ombres a Tencre de chine. Imprimd par un pro- 
c&d6 de Tinvention de Bagelaar. 

156. La tdte de vaohe aa*dessas de la palissade en planehes. 

L. 0,127. ^' o.»P4» 
T. c. L. o,io5. H. 0,092. 

La vache esrdu cote gauche de la planche et la tete est vue 
presque de face. 



28l 

I" etat. Avant le ciel et le travail a la painte seche. 
2* etat. Avec ceux-ci. 

157. Houton d'apr^s Berghem. 

L. 0,076. H. o,oC5. 

II est coiu:h^ vers la droite. Sign^ au bas a gauche : Bagelaar. 

158. Houton dapr&s D^jardin. 

L. 0,076. H. 0,045. 

II est couchi vers la gauche et presque de face. Sign^ au bas 
de la droite : Bagelaarf, 

159. Le chien endormi au pied de la palissade. 

L. 0,074 1/2. H. 0,066. 

Une palissade en planches, au pied de laquelle est endormi un 
chien ramass^ sur lui-meme. 

Signd au haut k gauche, dans le ciel : Bagelaar ad viv,f. 

160. La vache coacli6e au bord de lean. 

L. 0,074. H. 0,066. 

Une vache est couchde k la gauche de la planche, de profil vers 
la droite, au bord de Feau. Dans le lointain on aper^oit une 
tour ruin^e. 

161. Le p&tre assis au bord de lean. 

L. 0,024. H. 0,047. 

Un p4tre assis au bord de Feau, son b^ton est ddposd a c6te 
de lui ; en arriere on voit un autre personnage. . 



282 

162. La tour au bord de I'eau. 

L. 0,023 1/2. H. 0,045. 

Cette piece est la partie droite de la planche n"* 160. 

163-168. Groquis en contre-partie de 6 pieces de vaches 

grav6es par A. Guyp. 

L. 0,075. H. 0,066. 

I" ctat. Avant le nom avec les numdros. 
2" ^tat. Avecle nom : Capt. Bagelaar fecit 1810, na A, Cuypp 
6 St. et les numeros. 

169. Les deox vaches aupr^s des canards. 

L. 0,140. H. o,ii3. 
T.. c. L. o,i36. H. 0,108. 

Une vache couchee k gauche, aupres delle la seconde est 
tournde vers la droite et boit : devant elle il y a quatre canards. 
Signdau basde la droite : Bagelaar fecit ^ctdc la gauche i^rawsif 
del in. 

I" ^tat. Avant le ciel 

2* 6xaX, Avec celui-ci. 

170. L'6talon blanc. 

L. 0,140. H. o,ii5. 
MargCj de 2 a 3 millimetres 

Dans un paysage rempli de rochers on voit un dtalon blanc 
qui se cabre vers la droite. 

Signe dans la marge du bas a gauche : Jotiy delin, Capt, Ba- 
gelaar fecit. 



283 

171. Les trois vaohes mprhs du sanle d68S^Gh6. 

L. o,2o5. 1/2. H o,i58. 
T. c. L. 0,195. H o,i36. 

En avant d'une ferme entour^e d*arbres aupres du tronc d'un 
saule, on voit deux vaches couchdes et une 3' allant boire. 

Signe au has de la droite : Kapitein Bagelaar fecit 1814. 

I*' etat. ifepreuve d essai, Teau-forte a mal mordu il n y a que la 
seule signature de : Bagelaar. 

2* etat. Avec le nom de : Kapitein Janson delin,, au dessous 
du coin de gauche, et le travail sur larriere plan. 

3* etat. Les arbres et les ombres sont renforcds, le ciel est 
adouci au brunissoir. 

4* dtat. La planche coup& ne represente plus que la vache qui 
boit ; elle est tiree avec un papier qui manage une marge et a 
L. 0,107 H. 0,123 de cuivre et L, 0,080, H. 0,093 de trait carrd. 

172. La vaohe et le veau d'apr&s Eobell. 

L. 0,204. H. 0,168. 
T. c. L. 0,194. H. o,i35. 

La vache est couchdede profil vers la gauche, le veau, debout a 
cdx6 d'elle, beugle. Signd au bas de la gauche : Kobell delin. et de 
la droite : Major Bagelaar f, 1817. 

173. Les deux vaohes et les deux moutons d'apr^s Kobell. 

L. 0,208. H. o,i65 1/2. 
T. c. L. 0,198. H. o,i38. 

Deux vaches sont k droite aupres de lean. L'une boit; plus en 
arriere il ya deux moutons et une haie de verdure. 

Signd au bas a gauche : Kobell del,, et k droite Kapitein Ba- 
gelaar fecit 1814. 



284 

174. La vaohe couohee et la vache debout tourn^es vers la 

gauche. 

L. 0,277. H- 0,217. 
T. c. L. 0,255. H. o,i83. 

Au I" plan une mare d'eau puis les deux vaches de profil vers 
la gauche, la 1" couchde, la 2' debout. En arriere d elles un bou- 
quet de verdure: Signe au bas de la gauche : Bagelaar pinx. et 
fecit, 

I*' ^tat. Avant le del. 

2* etat. Avec le ciel. 

176. Les vaches d'apr&s A. Van de Velde. 

L. 0,227. ^' 9»222 1/2. 

T. c. L. 0,259. ^' 0,190. 

Un paysage decouvert, une vache de face. Une autre dans 
Feau occupde k boire, A droite un groupe d arbres derriere une 
haie en paille. 

I" ^tat. Avant le ciel. 

2* etat. Avec le ciel. 

176. Les joncs au milieu du devant. 

L. 0,123. H. 0,094. 

Une partie de bois au milieu de laquelle on voit une nappe 
d'eau, au milieu du devant, dans celle-ci un rideau de joncs. 

177. Combat de cavalerie prb de Wurtzburg. 

L. 0,142. H. 0,111. 

Cette piece est gravee avec Janson Emalis de Micault : Bage- 
laar y a fait le paysage, un groupe d arbres a droite et le chateau- 
fort a gauche. Le combat est grav^ par Ematis. 

(q4 continuer.) 



RECHERCHES 



LES CARTES A JOUER 



LEUR FABRICATION EN BELGIQUE 
depuis tannee 1379 (1). 



ANVERS. — Presqne au moment ou la fabrication des cartes 
vientacesseraTournat.elleapparaita Anvers. Leplusancien car- 
tier dont on y rencontre le nom est Robert Peril, habile graveur 
sur bois.surlequel M. le chevalier Leon de Burbure a public une 
interessante notice fa). 11 figure comme faisant partie de la corpora- 
tion des merciers en i522, avec la qualification de fabriquant de 
jeuxde cartes (ywder/sptf/nmfterej. L'^crivain que je viens de citer 
est port^ it crotre que Peril ^tait originaire de Li^ge : un fait plus 
certain c'est qu'il vivait encore en i536. Apres lui on trouve le 
nom de Jean Maillart.filsde Laurent, qui ^tait natifdes environs 
de Rouen. Ces partJcularit^s sent connues par la mention qui en 



(1) Suite. Voy. torn, iv, pp. 5 a i3, 37 i 45 et 69 & 75. 

(a) Bulletins de TAcadimie royale de Belgiqne, 3' sirie, I, XXVI 1, p. 322. 



266 

a 6x4 faite dans les registres a propos de son admission a la bour- 
geoisie d^Anvers, le 6 aout 1540. II fut inscrit, la meme annde, 
dans la gilde de Saint-Luc, en quality d'imprimeur (printer). 
Trois ans plus tard, en 1543, deux autres fabricants de cartes a 
jouer, Robert Dieu et Claude Creemere, se font recevoir maitres 
dans la corporation. Depuis lors jusquen 1625 le registre dela 
gilde (1) constate Tinscription de divers maitres : j'ai reuni leurs 
noms dans la liste suivante : 

Robert Peril, graveur sur bois, cit^ de i522 a i536. 

Jean Maillart, re9u en 1540. 

Robert Diko, reju en i543. 

Claude Cremere. re9u en 1543. 

Jean Duchesne, c\t6 en 1544. II exer9ait aussi la profession de peintre (2]. 



(1) Th. Van Lerius et Rombouts, les Liggeren, t. T', p. iSy. 

[2) La pi^ce qui ^tablit ces faits est int^ressante et mdrite d'etre publico : 
« Jehan du Chesne, pain£lre et chartier, habitant en ceste ville d'Anvers, 

i> a. de son bon gr6 et franche volunte, cogneult et confess^, cognoit et con- 
» fesse par cestes avoir receu et comme recepvoit en nostre presence de 
» Jehan Maillart, aussy chartier, habitant en ladi^le ville d'Anvers^ la 
» somme de sept florins karolus, a vingt patters la pi&che/et ce a telle con- 
» dition que pour rembourser audi6l Jehan Maillart d'icelle somme il pro- 
» me6lsur sa foy d'homme de bien, en lieu de serment, de servir audid 
» Jehan Maillart, en sa maison, depuis six heures du matin jusques a huyt 
» heures au soir, de son mestier de earlier, et en toutes aultres choses licites 
» et honnestes, au pris de trois pattars par jour, tant et sy longuement que, 
» rabattant et donnant audi6l Maillart chascune sepmaine six pattars, il 
» aura deservy lesdi£lz sept florins et iceulx totalement rembours^ et 
» payd audi6l Maillart. Prome£lz ledi£l Jehan du Chesne tout le susdid 
» audi6l Maillart accomplir et achever, obligeant pour ce et ad ce sa per- 
» Sonne et ses biens presents et advenir, etc. Fai6l k la maison de moy 
» notaire;pre6ens:Hansde Poortereet Adrien s'Hertoghen, tesmoings, etc »> 
(A£le du 17 mars i545 [n. st.) pass^ par-devant le notaire Siger 's Hertogen, 
le vieux, aux Archives communales d'Anvers.) 



287 

Jean Huel, cit^ en 1545 (1). 

Jean Paret, re^u en 1545. 

Marie Chatourou , veuve de Jean de Lan<3aigne ou de Langanie re^ue en 
1549. ^" i^^o ^11^ avait un apprenti du nom de Philippe d'Arras. 

Guillaume de Langenie, re^u en i35i. 

Alain (Alleyn) Poyson, re^u en 155i. 

George [Joris].,.,, refu en iSGy. 

Nicolas RoMMENS, re9u en i568. 

Joachim Van Oproy, re^u en iSyi. 

Henri de Grove, re^u en i573. 

Jean Franck, re^u en iSyG. II est encore cit^ comme marchand de cartes 
[quaertspelvercoper) en i588. 

Richard del Ru, re^u en iSyy. II vivait encore en i588. 

Antoine Spirinckx, re^u en 1584. II est qualifi^ de graveur de figures 
(figuersnyder) en 1599. It mourut le 5 Janvier 1625. Sa femme et lui avaient 
leur ^pitaphe dans 1 eglise de Saint-Michel, a Anvers. 

Jean DAREST.re^u en i585. 

Jacques Verheyen, re^u en iSgS. 

Jacques Victoryns, Victorins ou Victorinx, refu en i6io. II vivait encore 
en 1626. 

Corneille Van der Wouden, citd en 1623. 

Balthazar Victoryns, cit^ en 1626. 

Des comptes qui nous ont ^te conserves de la recette du droit 
dun pour cent, percudans les anndes 1543 a 1646 (i), sur la valeur 
des marchandises et denrdes exportees des Pays-Bas, constatent 
que les cartiers d'Anvers faisaient des envois considerables a 
r^tranger. C^taient des barils entiers que Ton expddiait soit 
vers TAngleterre, par I'Ecluse, Flessingue, Arnemuiden, Ams- 
terdam, etc. ; soit vers Cologne, Francfort et Nuremberg (3). 



(1) L'a£le qui mentionne son nom est imprim^ textuellement plus loin. 

(2) Voy. XInventaire des registres de la chambre des comptes (Archives du 
royaume^, t. IV, p. 65. 

(3) Voici deux citations pour exemples, extraites du registre n® 23369 de 
la chambre de comptes. aux Archives du royaume : 



288 

D'autres renseignements viennent corroborer ce grand debit de 
cartes d'Anvers a la m^me epoque. lis mont ete fournis par 
M. de Burbure, qui les a recueillis dans les archives de cette 
ville (i). Ce sont des contrats passes par-devant notaire, qui 
nous apprennent qu au lieu de porter le veritable nom du fabri- 
cant, les cartes etaient marquees de Tadresse indiquee par un 
signe, ou du nom des marchands qui les avaient commandees. 
M. de Burbure suppose qu un grand nombre n'dtaient que des 
contrefa^ons de cartes fran^aises. Peut-etre cette mesure avait- 
elle plulot pour but d'empecher la confiscation des produits de 
fabrication anversoise, car il faut remarquerqu a la date des aftes 
en question, Charles-Quint etait en guerre avec Francois I^', et 
que le droit d'un pour cent avait ete etabli, en Janvier i543, a 
Toccasion du conflit entre les deux souverains. Probablement 
aussi que de Londres les. cartes etaient envoyees en France 
comme marchandises anglaises. Quoi qu*il en soit, nous savons 
par ces aftes, tous passes par Jean Maillart, le cartier mentionne 
plus haut, qu'il a ete fabrique a Anvers, a cette dpoque, des car- 
tes sur lesquelles on rencontrera les noms de Pierre Haynault, 
Jean Charpentier, Henri de Deux-Villes, Jean Pamier, Guil- 
laume Anzier, Jean Gimir, Laurent Helbot, Guillaume Car- 
pentier, etc., ou les marques suivantes : un pore rouge, un san- 
glier, une rose, etc. J'ajouterai que d apres la redaftion de ces 
documents il est Evident que ce sont-la des attestations faites 
par le fabricant lui-meme pour constater a la fois, d'une maniere 
authentique, la livraison de sa marchandise, et pour servir de 
certificat d origine aux n^gociants de Londres auxquels ondevait 
les faire parvenir par Fintermediaire d'un fa£leur. Un aSe du 



« Jehan Maillart, vers Angleterre, quatre barilles de cartes : xl livres gros.» 
« Robert Bonar, vers Londfes, deux barilles de cartes » 
(i) Protocoles du notaire Siger's Hertogen, le vieux. 



289 

23 Kvrier 1543 (n. st.), que je reproduis textuellement en note (i). 



(1) Johannes Maillart, fa6lor et mercator chartarum lusoriarum, et 
civis ac incola oppidi Antverpiensis, veluti testis produ£lus ad instantiam 
et requisitionem Georgii Roux, servitoris Guillermi Guerardi, mercatoris 
Londinensis, ad dandum veritati testimonium nunc et in perpetuam eorum 
qui subsequentur memoriam, fide bona, certaet indubitatalocopraestiti jura- 
menti, dixit, deciaravit, certificavit et deposuit verum et certum esse, quod 
ipse deponens vendiderit, die veneris proxime praeterita, praefato Georgio 
Roux, quatuor vasa chartarum lusoriarum signata marcka ac signo in mar- 
gine notato, videlicet : primum vas, notatum per numerum 1, et in sehabens 
ac continens tredecim grossas et undecim duodenas cum dimidia chartarum 
lusoriarum, signatarum marcka ac signis Petri de Haynault et Henrici de 
Deux-Villes; secundum verovas, notatum numero2, continens viginti gros- 
sas et odo duodenas chartarum lusoriarum [ex melioribus), signatarum 
marcka ac signis Johannis Gimir, signo rubro; item, quatuor grossas sep- 
tem duodenas cum dimidia chartarum lusoriarum, signatarum marca ac 
signis Johannis Maillart; item, quatuor grossas duas duodenas cum dimidia 
chartarum (ex melioribus) Laurentii Helbot, et quatuor grossas cum dimi- 
dia chartarum praedi^i Laurentii Helbot, signatarum marca rubra ; tertium 
vas, notatum numero 3, quod continet viginti et unam grossas quinque duo- 
denas chartarum Petiri Haynault, et undecim grossas et septem duodenas 
chartarum Henrici de Deux-Ville ; quartum et postremum vas, notatum no 4, 
continet sexdecim grossas et 06I0 duodenas chartarum signatarum nota 
Henrici de Deux-Villes ; item, unam grossam, quatuor duodenas chgirtarum 
signatarum marca praefati Johannis Maillart; item, quatuor grossas undecim 
duodenas [ex melioribus) chartarum signatarum nota Laurentii Helbot; 
item, unam grossam novem duodenas chartarum nuncup^teirum Maistresse, 
signatarum marca rubra Laurentii Helbot ; et quindecim grossas parvarum 
chartarum nomine Lantsknechts ; et quod pr8edi6lae chartae respedivae 
sunt fadlae ac inventae tam in civitate Antverpiensi quam in aliis partibus 
caesareae Majestati subditis ; affirmans idem testis insuper haec se dixisse 
pro mera rei veritate, omnibus odio, amore, prece, etc., penitus et semo- 
tis, etc. A6lum in diclo oppido Antverpiensi, etc., praesentibus ibidem Jo- 
hanne Huel, fadlore chartarum lusoriarum et Henrico Van Uffele, clerico, 
testibus, etc. » (Protocoles citds.) 



290 

declare que toutes les cartes qui y sont enumerdes out et^ con- 
feiSionnees a Anvers et dans les pays de la domination de 
Charles-Quint. 



Liege. — Vers le milieu du XVITsiecleil y avaitdesfabricants 
de cartes a Lidge, et ils y ftaient meme assez norabreux. Jetrouve 
la preuve de ce fait dans le preambule d'un reglement promulgue 
le 28 fevrier 1669 (i), ou on lit que les maitres cartiers de cette 
ville ont adress^ aux bourgmestres et conseil de la cite des repre- 
sentations sur les abus qui s'dtoient glisses dans Fexercice de leur 
profession, et que pour y rem^dier ils avaient eu plusieurs con- 
ferences afin d'arreter quelques points dont ils demandaienl 
Tapprobation au magistrat. Le reglement propose fut en effet 
approuv^ par celui-ci et par mandement du prince-eveque. II 
defend a qui que ce soit (a lexception des maitres aftuels et de 
leursfils) « dene besoigner au futur en cette cit^, franchise et 
» banlieu, com me maistres, sans avoir au prealable servi fidelle- 
» ment Fespace de quattre ans en icelle sous un autre maistre et 
» fait chef-d'oeuvre» lequel consistera en la confeftion d'un jeu 
» de cartes hnnes, accomply et rendu parfait suivant Tart, au 
» dire de deux maistres par les bourguemaistres a deputer. . . ; et en 
» cas que par faute de Tentreprenneur ledit jeu de cartes vien- 
» droit a ne pas reussir tel qu'il doit estre, et estre trouve de- 
» feftueux, ne pourra tel entreprenneur recommencer telle 
» preuve nouvelle qu'un an apres la faute faite, et cela jusques 
» a trois fois apres la 'revolution chasque fois d'une annee, pen- 



(1) Registre aux depfiches du conseil priv^ de 1667-1671 (K. 71), fol. 140, 
aux Archives de T^tat^ a Liege. 



2gt 

» dant quel temps pourra travailler chez un maistre de cette 
» cit^ en quality de serviteur. » 

Le reglement de 1689 fut toutefois inefficace pour maintenlr 
en bonne reputation les maitres cartiers de Li^ge et pour emp^eher 
qu'ils n allassent s'etablir a Tdtranger, et particulierement dans 
les Pays-Bas, au grand prejudice du commerce li^geois, car en 
i685 on fut oblige d ajouter quelques articles aux dispositions 
anterieures, qui furent approuv^s par ordonnance de Tdv^que 
Maximilien-Henri de Baviere du 19 septembre (i). Ces articles 
avaient surtout pour but dlnterdire qu un mattre ne prit k son 
service plus d'un apprenti, afin de ne pas repandre la connais- 
sance de Findustrie qu il pratiquait, et de ne point nuire ainsi 
k la citd. Les points nouvellement arret^s furent les suivants : 
» Premier, que d'ors en avant nul maistre cartier devra ny 
» pourra tenir, outre les maistres serviteurs, qu un seul apprentier , 
» lequel devra servir quatre ans avant de pouvoir faire piece 
» d'oeuvre pour passer maistre ; — que nul apprentier devra 
» travailler a piece si au preallable iceux ne sont }ugez capables 
» de ce faire par les deputez des maistres cartiers ; — que tous 
» maistres qui se trouveront contraventeurs, tant auxdits articles 
» que reglement de Tan 1669, seront atteins de dix florins d'or 
» d'amende pour la premiere fois, et, pour la seconde, du dou- 
» ble, applicable pour un tiers k nostre officier. » 

Les noms des maitres cartiers de Liege sont a rechercher. Le 
sieur Mons y travaillait en ijSi. Un des derniers assurement 
fut Jean-Pierre Philippart, qui vivait en 1789. Sa veuve conti- 
nuait la fabrication en 1792 (2). En voici d'autres. L'enveloppe 
d'un jeu de cartes sur laquelle sont des annotations manuscrites 



(i) Archives citees, registry aux d^pfiches de 1683-1687 (K. 43), fol. 201. 
(2) Archives du conseil desfiaances, Hasses, aux Archives du royaume. 



292 

de Fannee 1777, represente, grossierement grave sur bois, 
un dcusson avec un arbrisseau soutenu par deux femraes, et 
eiitoure de deux mechants vers : sous cette vignette on lit : 

Cartes. Tres. Finnes. Faites. Par. / Iean. Daywaille. 
Maitre Cartier / Demeurant. AUX4 Roys Derier. La/ 

Magdelaine. a. Liege. La dame de pique dun jeu de cartes 
du meme temps, car elle est couverte au dos de notes de 
Tecriture dont je viens de parler, porte au milieu une banderole 
ou le earlier a mis son nom : G. COLLEE. A. LIEGE. Les 
figures de ce jeu sont a deux tetes et peintes seulement en rouge 
et en bleu. 



Namur. — La fabrication des cartes avait completement ete 
abandonnee en Belgique vers la fin du regne de Philippe IV. En 
i663, un Francais fit parvenir au gouvernement de nos provinces la 
requite suivante qui donne une triste idee de Tetatde decadence 
ou etait tombee la manufafture du papier, industrie qui avait eu 
son temps de splendeur au XV* siecle : « Remonstre tres-hum- 
» blement le sieur Pierre Gaultier, seigneur de Beauvais, qu il 
» at le secret pour fairedu papier blancq fort fin, comme aussy 
» du bleu, de toutes sortes, de grande, moyenne et petite forme, 
» tant pour escrire des lettres missives et aultres escrits que 
» pour imprimer de mesme maniere qu'on les faifl: en France, 
» Italie et autrcs pays estrangers, comme aussy du papier propre 
» k faire des cartes a jouer, qu'il pretend aussy de faire fabrique 
» par des maistres qu il ferat venir par de^a, dont Tun ny Tautre 
» ne se fai£l jusques a present dans les provinces des Pays-Bas; 
» quel secret il souhaitteroit de meftre en vogue, et faire faire les- 
)) difles sortes de papier et cartes a jouer dans icelles, au grand - 
» avancement du negoce et de ses habitans, puisqu'il espere d'en 



293 

J) faire fabricquer une telle quantite qu il nc seroit pas besoihg 
» d en demander des pays estrangers, lesquels presentement four- 
» nissent tout le papier qui se consomme par-de;a, etc. » (i) 
L'oftroi soUicit^ fut accord^ par lettres patentes dat^es du i3 fe- 
vrier 1664 (2) : le privilege ^tait restreint au duchd de Brabant et 
devait durer soixante ans. Je n'ai pas k entrer dans d'autres 
details relativement aux avantages qui furent faits au conces- 
sionnaire pour T^tablissement de sa fabrique ; ils sont consignds 
dans Touvrage de MM. Tarlier et Wauters : Geographic et 
Histoire des communes beiges (3). Une seule chose est k con- 
stater : jamais probablement on n'y fabriqua de cartes k jouer. 
C est ce qui semble ressortir d'une requete adressde au conseil 
des finances, en 1674, dans laquelle un nommd Jean-Constant 
Remy, natif d'Andenne(4), declare quil a I'intention de rdtablir 
cette industrie, et demande que Ton prenne certaines dispositions 
propres a la favoriser. Le procureur general du conseil de Na- 
mur auquel la petition fut communiquee pour dmettre son avis 
nous fait connaitre ce qu'elle contenait : 

« Messeigneurs, — toivait-il au conseil des finances, le 3o jan- 
» vier 1675 (5), Jean-Constant- Remy par sa requeste prdsentfe k 
» Vos Seigneuries lUustrissimes le premier de septembre dernier, 
» remonstre qu'il desireroit bien introduire es pays de Tobeissance 
» la manufaflure des cartes a jouer, que par Texperience qu il 



(1) Avis en finances de la chambre des comptes de Brabant, ann^e i663, 
aux Archives du royaume. 

(2) Registre n® 147, fol. cxxv ro,de la chambre des comptes, ibidem. 

(3) Canton de Wavre, p 64. 

(4) tt Le 10 juillet 1673, Jean-Constant Remy, natif d'Andenne, at est6 
» receu ou nombre des bourgeois [de Namur]. » (Registre n® 343i, fol. 85 r®, 
de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.) 

(5) Avis en finances de la chambre des comptes de Brabant, annee 1675 , 
ibidem. 



294 

» en a fai£l en la ville de Namur ou il reside, il trouve que ceste 
)> nianufaflure en est aussy bonne, veoir meilleure que celle 
» venant de France et d'aultres pays estr angers ; par laquelle 
» manufa£ture il espere attirer Targent dans le pays, en lieu que 
» les estrangers en tirent des sommes consid^ables par la de- 
» bite desdides cartes ; mais comme, dit-il, pour Festablir il luy 
» conyient exposer des notables sommes et qu*il a besoing 
» d estre appuyd de Toctroy et permission de Sa Majesty, il sup- 
» plie icelle de luy vouloir accorder lettres d'oflroy avecq per- 
» mission de pouvoir faire marquer et couvrir sa marchandise 
rt d'une marque aux armes de Sa Majestd, de Son Excellence et 
» dela province selon le desseing qu'il fai£l aller join£l, avecq in- 
» terdi£lion a tous aultres de pouvoir contrefaire ladi£le marque, 
» soubs peine de confiscation d'icelle marchandise au prouffid 
9 de Sa Majestd et de faire entrer en icelle province des cartes 
» manufa£lurdes es pays estrangers soubs la mesme peine, ou 
» k tout le moins que Vosdi6les Seigneuries lUustrissimessoient 
» servies d augmenter les droifls d'icelle manufaflure estrangere 
» d'un Hard sur chasque jeu, ou telle autre qu elles trouveront 
» convenir, aussy longuement que le remonstrant continuera le 
» travail, et jusques a ce qu'il ait peu mettre sadide marque en 
B vogue et credit, il luy soit permis de contrefaire celle des 
» Francois et autres estrangers, etc. » L'auteur de cette lettre 
conclut que Ton pent faire ddp^cher Toftroi sollicit^ par Remy 
mais il ne lui semble pas k propos toutefois d'interdire Tentree 
des cartes dtrangeres, • d'aultant, — ajoute-t-il, — quil ny a 
» pas d'apparence que le suppliant par sa seule manufafture 
» puisse furnir les cartes qui s'eschillent dans lepays ». II pro- 
pose d'augmenter le droit d entree sur les cartes pour favoriser 
le debit des produits de la nouvelle manufa£lure, et il croit que 
Ton ne doit pas autoriser la contrefa^on des marques des fabri- 
ques de France « parce que telles falsitez traisnent tousjours en 
)) crouppe des inconveniens ». 



295 

II fut aussi donn^ communication de cette demande a Pierre 
Gaultier, le concessionnaire de Toflroi de 1664, qui declaranepas 
s opposer a ce que Remy obttnt Fexploitation de la fabrication 
des cartes dans la province de Namur, et se rdserver celle de la 
province de Brabant. Lorsque toutes les autoritds compdtentes 
eurent dmis leur avis, les lettres patentes furent ddpechdes : elles 
portent la date du 22 oftobre 1675 (i). On y lit que Remy 
<( pourra faire et manufa£lurer seul et k Tcxclusion de tous 
» autres en la province de Namur des cartes a jouer pour et 
» pendant le temps etterme de douze ans, et marquer sa mar- 
» chandise des armes du roi et de celles de la province*. II y 
est fait defense « bien express^ment a un chascun, de quelle 
» qualite ou condition il puisse estre, de faire ou manufafturer en 
» ladifte province de Namur des cartes k jouer, de quelque ma- 
» niere que ce puisse estre, a peine de confiscation de toutte la 
» marchandise ». 

Un sieur Germain Charlet mit opposition a rent^rinement de 
ces lettres patentes par requete du mois de d^cembre de cette 
meme annee 1675, pretendant qu'illui avait ^t^ accord^, en 1670, 
un privilege pour la fabrique du papier dans la province de Na- 
mur pendante trente ans, et que d ailleurs les motifs invoqu& 
par Remy pour obtenir son o£lroi ^taient loin d'etre vrais. En 
efTet, Charlet dtablit dans un memoire que la manufaflure des 
cartes a jouer avait d^ja 6X6 introduite a Namur des Tannee 1672 
par Mechthilde Ticquet, veuve de Guillaume Motet, et quelle 
fabriquait des cartes aussi fines qu on pouvait le d^sirer, et qui 
ne le cddaient en rien aux cartes d'origine etrangere. Remy» 
disait-il, avait debauche des ouvriers employes chez cette veuve, 
et qu'elle avait amends avec elle ; il ajoutait. que la fabrication 



(1) Registre n^ 834, fol. cxxix r", de la chambredes comptes, aux Archives 
du royaume. 



296 

des cartes etait du reste un metier que chacun devait etre libre 
de pouvoir exercer ; enfin qu une autre fabrique de cartes avait 
dte fondee a Namur par Jean de la Fontaine depuis le mois 
d'oftobre 1675, avant la date des lettres patentes conferees a 
Remy. 

La chambre des comptes, le procureur general du conseil de 
Namur, le conseil des finances, etc., eurent a examiner cette 
affaire, et Remy fut mis en demeure de rdpondre. Celui-ci apres 
avoir refute plusieurs des allegations de son adversaire, con- 
sentit neanmoins a se desister de ses droits, sous la condition 
qu il f(it interdit aux deux autres fabriques d^ja etablies de faire 
des cartes qui ne fussent pas revetues de leurs nom, adresse et 
enseigne (i). Enfin Imcident se termina au mois de septembre 
1678 par Tannulation des lettres patentes du 22 oftobre 1675 (2). 

Voici quelques noms de fabricants de cartes de Namur de la 
seconde moitie du XVIlie siecle (3). 

Joseph Wespin, cite de lySG a 1762. 
Jean- Charles Bastin, cite de 1756 a 1771. 
Jean Lemmens, cite de 1769 a 1761. 
Jean Wespin, cii6 de 1760 a 1762. 
Dieudonne-Joseph Verbelem, 6tabli en 1768. 
Hubert- Joseph Fosse, cite en 1770 et 1771. 



Gand. — En i685. Adrien de Baus qui se dit marchand car- 
tier et papetier a Paris, presenta une requete au magistrat de 
Gand pour aller s'^tablir dans cette ville, et y fonder une fabrique 



(1) Rescription du i3 septembre 1678 de, la chambre des comptes au con 
seil des finances, aux Archives du royaume. 

(2) Registre n" 834, cite, a la marge. 

(3) Archives du conseil des finances, liasses, aux Archives du royaume. 



297 

de cartes a jouer. Le magistral lui accorda nne demeure pour 
sy installer, mais peu de temps apres de Baus ddclara ne plus 
pouvoir subsister par suite des logements militaires et des lourdes 
charges qu il avait a supporter (i). 

Un document qui date du milieu du siecle dernier nous 
apprend qu il n y avait point alors de fabrique de cartes h Gand. 
Les noms de Philippe Pharazyn et de J. Deporre^ qui sont 
mentionnds ci-apres sont done posterieurs k cette dpoque. Le 
premier, se lit dans un cartouche sous le valet de cc3eur d*un jeu 
de tarots, qui renferme cette inscription : CARTES TARAUX 

FABRI I^Vt PAR PHI PHARASYN DEME / SUR LE DRONGHEN 
HOF / PROCHE LA GRANDE RUE/ DES CARMES A GAND. Au mi- 
lieu de la carte reprdsentant la dame de pique (carte k deux tStes 
d'un jeu ordinaire), le mSme fabricant a imprimd son adresse : 
DE CHEZ PHARAZIN A GAND. Pharazyn travaillait encore en 
1786 (2). J'ai rencontre Tautre nom surle valet decoeur d'un jeu 

de tarots : J. DEPORRE FAB^ DE CARTES A GAND. 



Bruxelles. — Si Ton en croit les termes d*une lettre du 
magistral de cette ville, en date du 20 septembre 1754, k propos 
d'une requite de deux cartiers de Bruxelles (les freres Galler) 
qui fut envoyee k leur avis, les fabriques de cartes k jouer y 
etaient superieures a celles des dtats voisins « depuis plus de 
cent ans (3) ». Mes premiers renseignements ne remontent toute- 
fois pas au-dela du XVine siecle. Jean-Baptiste Galler est citd des 
Tann^e 1738 : il travaillait probablement d^j^ depuis quelque 



(2) Archives du conseil d'etat, aux Archives du royaume. 

(2) Archives du conseil des finances, Masses, ibidem. 

(3) Registre intitule : Copye-boek, n® 23, 1753-1754, fol. i85 v®, aux Archives 
communales de Bruxelles. 



298 

temps. Son nom figure dans des documents usqu'en 1755. D'au- 
tres cartiers ne tarderent pas a s*etablir a Bruxellcs : Arnould 
Sarton exer^ait son industrie en 1745 ; sa veuve, ainsi que Ni- 
colas Bodet, Joseph Galler et Jean Demoulin sont mentionnes 
dans une piece de Tan 1751. Dapres un tdmoignage de cette 
m6me date il n'y avait alors aucune fabrique de ce genre a Gand, 
k Bruges, a Anvers et a Louvain. Les cartiers bruxellois se ser- 
vaient de papier provenant des manufaftures de Hastieres et 
dte Moulin. En 1762, Tun d'eux eut Tidee d employer le papier 
du pays de Lidge; et gr^ce a cette circonstance leurs produits 
acquirent bient6t de la reputation. Pour donner une idee de 
la consommation du peppier que faisait J.-B. Galler vers ce 
temps et de Textehsion de son commerce, il suffira de dire qull 
eut besoin, en 1751, de huit cent soixante rames de papier de 
Dinant et de douze cent soixante rames de papier du pays, avec 
lesquelles il fabriqua sept cent soixante grosses de cartes. Les 
freres Galler employaient, en 1754, vingt-quatre ou vingt-cinq 
ouvriers; si le papier ne leur avait pas fait defaut, disaient-ils 
a cette ^poque, ils en auraient occupe une soixantaine (i). En 
voyant s'^tendre leurs relations les cartiers de Bruxelles avaient 
cherchd a attirer dans les Pays-Bas d'nabiles ouvriers fran^ais, 
mais ils furent obliges de les renvoyer, faute de bonnes malieres 
premieres. Les fabricanls de Bruxelles, et Fran^ois-Arnould 
Sarton en particulier, imiterent les cartes ariglaises et les cartes 
uisses4,Sur les causes du d^veloppement de cette industrie dans 
cette ville, voici quelques renseignements extraits d'un m^moire 
de cette ^poque (2) adress^ au conseil des finances par les cartiers 
eux-memes : 

(( Dans ce temps la fabrique des cartes de Bruxelles n etoit ni 

(1) Registre intitule : Copyeboek, c\t6 plus haut, fol. 184 v®. 

(2) Ces details sont extraits cle diverses liasses des archives du conseil des 
finances, aux Archives du royaume. 



299 

» connue ni par consequent en vogue nuUe part ; ce n est que de- 
» puis la derniere guerre qu elle a pris faveur. Les Strangers qui 
» les ont vu les ont admird et en ont vani6 chez eux et la beauts 
» et la bontd, tellement qu ils ont procurd aux suplians des moiens 
» decommencer k travaillerpour les Strangers. Du depuis le droit 
» que la France a impose sur les cartes, joint k la deffense de leur 
» sortie du ro'iaume, a augment^ le ddbit des cartes fabriqudes k 
» Bruxelles. LesndgotiansdeHambourg,deHannovre^deLubec, 
» de Francfort, de Hesse-Cassel, de Dresde, de Lypsic, de Brons- 
)) wig, de Bremen, de Cologne, etc., qui tiroient ordinairement 
» ieurs cartes de Rouen, de Bourdeau, de la Rochelle, etc., infor- 
» mes que les cartes de Bruxelles surpassoient de beaucoup en 
» beautd et en bont^ celles fabriqu^ es villes de France cy- 
» dessus nomm^s, ont tird et tirent encore nos cartes. Ce coup de 
» la Providence joint aux envois que les suplians font des cartes 
» de leur fabrique e§ pais h^r^ditaires de Sa Majestd, en HoIIande, 
» en Angleterre et meme en France ont accredit^s la fabrique des 
» cartes de Bruxelles. Personne n ignore qu'ils n y aient des fabri- 
T» ques de cartes h Hambourg, a Hannovre et dans toutes les 
» villes, pais, republiques et rolaumes cy-dessus ; cependant tons 
» tirent des cartes de la fabrique de Bruxelles, preuve rdele et dvi- 
» dente qu'elles sont et plus belles et meilleures que celles qui se 
» fabriquent dans tous ces endroits-la. » 

En 1776, le prince de Kaunitz, chancelier de cour et d'fitat de 
rimperatrice Marie-TWrese pour les affaires des Pays-Bas, a 
Vienne, demanda un m^moiredetaiUd sur les fabriques et manu- 
fa6luresde tout genre dtablies dans ces provinces. Quelques parties 
de ce curieux ouvrage dont la redaftion parait avoir 6x6 confide 
au conseiiler des domaines et finances Delplancq, nous ont 6x6 
conservdes (i), et je crois intdressant pour mon sujet de repro- 
duire icice qu on y dit k Tarticle Cartes ajouer : 

(i) Manuscrit intitule au dos : Essai dun didionnaire de commerce de 
la BelgiquCy foL 35, aux Archives du royaume. 



3oo 

« Les dispositions de nos anciens tarifs dtoient peu propres a 
» encourager la fabrication des cartes chez nous. L'importation 
« n'etoit assujettie qu a trois sols de droits a la douzaine, et il y 
» avait un sol de droits a la sortie : aussi nous n'avions dans les 
» Pa'is-Bas que quelques fabriques languissantes, qui ne faisoient 
)) que de mauvaises cartes pour les villageois et le petit peuple des 
» villes. Toutes les cartes fines ou demifines-venoientder^tranger: 
» les premieres de France, les secondes d'Allemagne. 

I) Mais peu de temps apres que Ton eut fait succeder la regie 
» a Tadmodiation, que les bons principes ne se trouverent plus 
)) contrecarrds par Topposition des fermiers et la crainte des vali- 
» dations, on revint de lancienne methode, qui, en imposant de 
» droits a. la sortie des cartes, empechoit Texportation et nepro- 
» duisoit rien. On supprima les droits de sortie sur diverses mar- 
)) chandises, et les cartes en furent affranchies en 1743. Cette fa- 
» veur n eut guerres de succes. Nos fabriques de cartes qui 
» succomboient sous la concurrence etrangere dans le de'bit intd- 
» rieur, ne pouvoient se perfe£lionner ni soutenir a Tetranger cette 
» memeconcurrencequiyetoitencore plusdiificile a combattreque 
» chez nous. Le gouvernement Tavoit sans doute prevu, mais les 
» circonstances critiques ou on se trouvoit, ne permettoient pas de 
)) faire mieux alors. Le surhaussement des droits d'entrde qui 
)) devoit accompagner Fencouragement de Texportation qui devoit 
)) mettre les fabricans cartiers en etat d exporter, rencontroit des 
)) obstacles du cote de la politique. On n avoit pas encore pu reve- 
)) nir de la contrainte que nous avoit imposee le traite de la Bar- 
» riere sur d*autres objets de fabriques bien plus importans que 
» celui des cartes. Mais peu apres la paix d'Aix-la-Chapelle on 
» prit des mesures plus efficaces. L'article cartes ne fut pas oublie. 
)) L'imposition prohibitive d'un sol par jeu de cartes a Tentrde fut 
» etablie en ijSi. On s'attendoit bien que la contrebande seroit 
» considerable dans les commencemens; elle le fut en effet. Mais 



3oi 

» les risques, les amendes, le benefice meme de la contrebande 
» rencherit assez les cartes etrangeres pour donner un avantage 
» decide aux carriers du pais. Leur Industrie atteignit alors a la 
» beautd des cartes ftrangeres. L'importation ^t la contrebande 
» cessercnt. II ne nous vient presque plus de cartes de T^tranger^ 
» et nous en exportons au-dehors. Mais la fa^on dont on s'y est 
» pris n est pas un exemple dont on puisse ddduire un principe 
» gdndral. La contrebande des cartes ne pouvoit se faire que pour 
» des merciers tenans boutique, qui n achetoient des cartes ^tran- 
» geres que faute d en trouver assez dans les fabriques du pais. 
)) Nos fabriques etoient assurdes de la preference des acheteurs et 
» d'une prompte vente a mesure qu elles s accroitroient. La con- 
» trebande enfin n dtoit pas un grand objet pour les revenus du 
» prince; elle ne tomboit que sur le commerce d un petit nombre 
» de fabricateurs, qui etoient int^resses a la surmonter par leur 
» aftivit^, et on dtoit certain que cette contrebande. manqueroit 
)) bientot d'aliment. II auroit dte dangereux d en agir si brusque- 
» ment sur d'autres manufaftures. 

» La fabrique de cartes k Bruxelles qui dtoit la plus ancienne, 
» s'est la plus accrue : elle est compOsde de treize maitres qui 
» occupent ensemble quatre-vingt-six ouvriers. II s'est dtabli 
» d'autres fabriques dans le Hainaut, leTournesis, les chastelenies 
» d'Ipres et deCourtray, maisquisont moins ^tendues, etne pro- 
» duisentpasde cartes de la premiere quality. La nouvelle fabrique 
» de Namur merite le plus d'attention, apres celle de Bruxelles. 
» Enfin il y a une fabrique de cartes communes k Wiltz, dans la 
» province de Luxembourg, qui est assez considerable, et qui par 
» le bon marche fait quelque exportation sur les pais de Lidge, de 
» Stavelot et de Treves. 

» La fabrique de Bruxelles exporte annuellement environ 
» cinquante mille douzaines de jeux de cartes en Hollande. Elles y 
)) entrent avec celles d'Allemagne dans les assortimens du com- 

TOM. V. 21 



302 

» merce des Hollandois. II en passoit d assez grandes quantites a 
» Petersbourg, mais ce debouchd est perdu depuis quatre ou cinq 
)) ans, que Ton a ^tabli des fabriques de cartes dans ce pa'is-la. 

» Nous exportons aussi des cartes en France, mais le trans- 
» port s*en fait clandestinement. On n exige pas de declaration aux 
» bureaux pour ces petites parties de cartes, afin queries contre- 
» bandiers puissent en faire le transport de nuit. L'imposition 
» excessive que les Frangois ont etablie sur I'usage des cartes dans 
» rintcrieur du royaume, a entraine des formalites extremement 
» g^nantes pour les fabriquans, et a prive la France de lexporta- 
)) tion ^tendue qu'elle faisoit de cet article d'industrie, exportation 
» que le ministere a voulu en vain distinguer de Timposition mise 
» sur Tusage exterieur. Les Hollandois profitent de cette branche 
» de commerce, dontla France s'est priv^e. Nouspourrons par la 
» suite en profiter direftement, sans passer paries mains des Hol- 
» landois, si nous parvenons a avoir des occasions plus frequentes 
» et direftes des ports de Flandres avec le Nord et les autres pais 
» de TEurope qui tirent des cartes del'etranger, parceque,comme 
» on aura occasion de le remarquer souvent dans ces mdmoires, 
» il y a bien de petits objets de commerce qui ne pourroient separe- 
» ment soutenir les fraix de Fetablissement des correspondances 
» ni composer une cargaison, etqui devenant un article d'assorti- 
» ment dans un commerce vari^, trouveroienl des d^bouchds 
» ^tendus. 

» II reste a observer sur Tarticle des cartes que celle de la plus 
)) fineesp^ce nontpu jusqua present etre fabriquees quavec le se- 
» cours de quelques papeteries liegeoises aux environs du comt^ de 
» Namur. On a reconnu par des essais reiteres que le papier qu on 
» faitdansces endroits est decidement meilleur que celui des Pais- 
» Bas pour la superficie des cartes fines ; qu il se colle mieux et 
» surtout qu il se lisse plus uni et sans rides, article essentiel, puis- 
)) que le principal m^rite des cartes est d'etre bien glissantes. On 



3o3 

» attribue a la quality des eaux Tavantage de ces papeteries li^- 
» geoises, mais comme elles sont situ^es dans des enclaves, et 
» qu elles ne subsistent que par la consommation de nos fabri- 
» ques, nous n avons pas a craindre den etre privds. Le papier 
» que nos fabricateurs de cartes font venir de ces papeteries ne 
» paie que des droits modiques en vertu de permissions particu- 
» lieres. Cela laisse une Idgere preference aux papeteries du pais. 
» II y en a une dans le comte deNamur, dont le papier approche 
» de la bont^ de celui du pais de Liege. II y a encore lieu d'es- 
» perer que la theorie de la fabrication, dirig^e k vendre ce papier 
» propre pour la fabrique des cartes, reussira parfaitement par la 
» suitte, et surmontera Tinconvenient physique de la difiference 
» des eaux, suppose que cet obstacle existe r^ellement. » 

Au commencement de ce siecle, le ministre de Tintdrieur de 
France avait ddsird connaitre Tetat du commerce et des manu- 
faflures dechaque d^partement compare a celui de Tannde 1789, 
et les moyens de leur rendre leur ancienne splendeur. Dans ce 
but il avait institu^ les chambres de commerce. J ai sous les yeux 
le rapport que la chambre de Bruxelles adressa au prefet du de- 
partement de la Dyle, le i5 messidor an XI (4 juillet i8o3), (i) et 
voici comment elle s'exprime a propos de la fabrication des 
cartes a jouer de cette ville : 

({ Le nombre des fabriques de cartes a jouer est reduit depuis 
» 1789 de huit a quatre. Elle n ont rien acquis ni rien perdu sous 
» le rapport de la perfeftion. Leurs produits toujours sup^rieurs 
» a ceux de pareilles fabriques, tant de Tintdrieur que de Tdtran- 
» ger, sont cependant beaucoup moins nombreux, et lexporta- 
t tion en est surtout sensiblement diminude. 

t Libres jadis dans leur manutention interieure et dans leur 



(1) Archives du d^partemcnt de la Dyle, aux Archives duroyaume. 



3o4 

» expedition exterieure elles n'dtoient pas genres par des tenues 
• de registres, des contr81es inquisitoriaux, par robligation de 
» reproduftion des acquits a caution dans un terme beaucoup 
» irop court pour les exportations doigndes ; ni par mille autres 
» formalites exigees aujourd'hui par les arretes de 3 pluviose et 
» 19 floreal an VI, ainsi que par plusieurs decisions qui ont 6x6 
)) la suite deces arretes. 

» Ce nouvel ordre de choses a tellement influd sur la prospd- 
» rite des fabriques de cartes a jouer qu en 1789 une seule don- 
» noit plus de produits, et par consequent employoit plus de 
» bras, qu aftuellement toutes les quatre ensemble. Et si nous 
» n'avions droit d attendre de la part d'un gouvernement res- 
» taurateur une modification au moins limitde des mesures 
j» fiscales qui empechent Texportation, il ne serait pas difficile 
» d'assurer la prochaine decadence de cette partie de notre com- 
» merce. 

» Les matieres premieres employees a la fabrication des car- 
» tes, sontdes papiersdu produit des papeteries des neuf depar- 
» temens reunis, des couleurs, telles que le bleu, le noir de fumee, 
» le vermilion, la graine d* Avignon, la coUe, etc. Les couleurs sont 
» prises partie dans nos departemens, partie dans ceux de Tin- 
» tdrieur. Les produits sont varies selon les formes et modeles 
» usit^s dens les diff^rens pais pour lesquelsontravaille,comme 
» TEspagne, TAnglelerre, la Russie et autres. 

» Les quatre fabricans de cartes sont : veuve Keuster, J. Du- 
T) moulin, Van den Borre, Wynants. » 

La liste que j'ai dressde des cartiers de Bruxelles est sans aucun 
doute incomplete. Plusieurs d'entre eux se sont fait inscrire 
dans la corporation des merciers (i). 



(1) Archives de la corporation des merciers, aux Archives du royaume. 



3o5 

Jean-Baptiste Gallsr ^i), cit^ de lySS k 1760. II se fit inscrire dans le metier 
des merciers le 28 Janvier lySi. En novembre lySg, il obtint pour son ^ta- 
blissement le titre de manufa£lure imp^riale et royale. 

Arnould Sarton (2), cit^ en 1742. 

Sa veuve, cit^e en 1743. 

Nicolas BoDET (3), c\t6 de 1743 a 1751. 

Joseph Caller, cit^ de 1751 a 1771. II fut inscrit dans le metier des merciers 
le 28 [anvier 1751. 

Sa veuve, cit^e de 1774 a 1786. 

Jean Demoulin (4), cit6 de 1751 a i8o3. 

Sarton, fr&res et soeurs, cit^s en 1755. 

Franjois-Arnould Sarton, cit^ de 1756 a 1767. Une personne portant les 
mSmes nom et prenoms fut inscrite dans le metier des merciers le 22 juin 
1734. 

Philibert Van Keerberghen, cit^ en 1760. II avait it6 inscrit dans le metier 
des merciers le 18 mars 1751. 

Fran9ois-Jean Van den Borre (5)^ cit^ de 1762 k i8o3. II fut inscrit dans le 
metier des merciers le 23 juin 1769. 



(1) Cest probablement a ce fabricant qu'il faut altribuer un jeu de cartes 
dontle valet de trefle supporte de la main droite un 6cu a la licorne debout en 
mouvement,et a cot^ d'elle la lettre M; sur le terrain on lit: JEAN GALLER. 

(2) Son nom (ARNOUL SARTON) se trouve aux pieds du valet de trifle, 
qui tient de la main droite un ecu ou sc voit une licorne debout et assise te- 
nant un fruit entre les pattes de devant. 

(3} Ses cartes sont marquees aux pieds du valet de trifle de la signature 
suivante: M. BODET. L'^cusson que tient la figure repr^sente une licorne 
debout en mouvement. 

(4) Aux pieds du valet de trefle des jeux de ce fabricant se trouve son 
nom: lEAN DEMOULIN. Dans I'ecusson qu'il tient on voit un ^cu aux 
armes. Le nom : BADIN se lit sur sa hallebarde. 

(5) J'ai vu une enveloppe de jeu avec une vignette repr^sentant un corps 
humain a deux tStes pour indiquer I'esp^ce de cartes qu'elle contenait, et 
cette adresse: CARTES TRES FINES DE LA/ FABRiqUE DE F.-I. 
VANDENBORRE A BRUXELLES. Le valet de pique d'un jeu de tarots 
de ce fabricant estsign^ ainsi : Deches( F: I: Van den borre. 



3o6 

Martin Dupont, cite en 1776. 

Isabelle Van den Elsken, sa veuve, citee de 1774 a i8o3. 

Jean* Joseph Wespin, cit6 en 1771. 

BioT, citd en 1771. 

Pierre-Antoine Keusters (1), cit^ de 1768 a 1789. II tut inscrit dans le me- 
tier des merciers le i3 decembre 1766. 

Jean-Baptiste Van der Haert, cite en 1792. II avait 6t6 inscrit dans le m6 
tier des merciers le 26 Janvier de la me;ne ann^e, 

T. Servaes (2). Fin du xviii« siecle. 



TOURNAI et EQ.UERMES. — Au XVIIl^ siecle on voit de nou- 
veau des fabricants de cartes a jouer etablis a Tournai. En 
1727, un carrier du nom de Valenrin-Louis Mouton adressa 
au magistrat de cette ville une requele qui fut lue dans 
Tassemblee des consaux du i^r avril. « II est venu a sa connois- 
sance — disait-il, — que, nonobstant le grand debit de cartes 
» a Jouer, on n en fabrique point en cette ville ny dans les places 
» voisines, ce qui expose les habitans a des grands frais en fai- 
• sant venir des cartes de Tetranger, pour a quoy remddier et 



(i) Voy, le Regiftre aux protocoles du conseil des finances de 1769, fol. 
167 r® et 171 vo, aux Archives du royaume. Keusters fabriquait des cartes k 
deux tStes: j'ai vu une dame de pique sur laquelle on lit: PAR KEUSTERS 
A BRUXELLES. Le valet de coeur d'un jeu de tarots tientun ^cu aux armes 
de Lorraine, sous lequel on lit dans un cartouche: CARTES TARAUX FA- 
BRIQU6 PAR P: A: KEUSTERS CARTIER DE LA COUR RUE DE 
LA MAGDELAINE A BRUXELLES. II existe des jeux de cartes a deux 
tites fabriquds en Belgique ant^rieurement a I'ann^e 1783. 

(2) On trouve le nom de ce fabricant sur le valet de carreau d'un jeu de ta- 
rots: T. SERVAES A BRUXELLES: La plupart des figures du jeu sent 
^galement signdes de son nom. 



3o7 

» attirer en mSme terns icy les habitans des places voisines, le 
» suppliant souhaiteroit y pouvoir ^tablir une manufafture de 
» cartes k jouer. » Puis il expose que Tdtablissement d une telle 
manufadure entraine a de grands frais, car elle necessite Tem- 
ploi de plus de vingt cinq ouvriers, et que son ddmenagement lui 
occasionnera aussi de notables ddpenses ; enfin il demande qu on 
veuillelui accorderunlogement convenableaux frais de la ville, au 
moins pour un certain temps, ainsi que lexemption des imp8ts 
et droits de toute espece. A sa supplique Mouton joignit un cer- 
tificat du magistrat de Lille pour prouver qu il avait son domi- 
cile dans cette ville, etun autre du curd de sa paroisse, constatant 
qu il dtait catholique et de bonnes moeurs. 

Le magistrat de Tournai qui cherchait toujours a encourager 
r^tablissement de nouvelles industries accueillit favorablement 
les ouvertures qu on lui faisait. Cest ce que constate la resolu- 
tion prise dans Tassemblee des consaux du 8 avril, qui est 
con9ue en ces termes : 

« Du rapport de messieurs les chefs et conseil, qu a'ians exa- 
» mine la requite de Valentin-Louis Mouton, marchand fabri- 
» cateur de cartes a jouer, et ouy le suppliant qui a fait voir 
» diverses grosses de jeux de cartes de sa fabrique, et declara 
» qu il y a quatre fabricateurs de cartes dans la ville de Lille, et que 
» pour celte manufafture il sera obligd d'employer, dabord 
» qu elle sera dtablie, douze a treize personnes, et meme jusqu a 
)) vingt-quatre a vingt-cinq personnes, autant que ladite manu- 
» fafture ait tant soit peu de succes ; et veu aussy les certificats 
» mentioniiez dans ladite requeste par lesquels il paroit que le 
» supliant est de bonne vie et moeurs, faisant profession de la 
» religion catholique, apostolique et romaine,lesdits sieurs chefs 
» et conseil estimoient qu'on pourroit luy permettre de s'esta- 
» blir en cette ville pour y fabriquer des cartes, et luy accorder 
» pour le logement, par provision, soixante florins, par an^ a 



3o8 

» commencer du jour qu il sera dtably en cette ville, a charge de 
» se representer a Fexpiration de chaque annee. » (i) 

Cette promesse ne satisfit probablement pas Mouton, car il 
ne transporta point sa manufafture a Tournai. 

pn lySi, Eloi Dieu, autre cartier, fran^ais aussi, selon toute 
apparence, fit remettre au magistrat de cette ville une requete 
dont le preambule semble avoir ete copid sur celle de son con- 
frere Mouton. II disait ^galement qy'il n y avait pas de fabique 
de cartes a jouer a Tournai, et deraandait, comme lui, un loge- 
ment aux frais de la ville, et des privileges quant aux droits et 
auximpots. Lesconsaux lui accorderent, par resolution du 7 oc- 
tobre, dix livres de gros annuellement a titre d'indetnnite pour son 
logement (2). Eloi Dieu se montra moins exigeant que son prede- 
cesseur, et vint etablir sa fabrique. II resulte des comptes qu'il 
toucha cette somme jusqu en 1734 (3j. 

Bernard Robinet avait une manu failure de cartes a jouer a 
Tournai, en 1752. A cette ^poque il se plaignit au conseil des 
finances de la concurrence que lui faisaient les cartiersd'Equermes, 
village situe aux portes de Lille, et qui formait une enclave de- 
pendant du Tournaisis. Sa requete nous apprend que les fabri- 
ques d'Equermes, ou nombre de trois ou quatre, dans lesquelles 
ne travaillaient que des ouvriers francais, y etaient etablies de- 
puis peu, et qu'elles tiraient leur papier de la France, sans payer 
aucun droit. Pour eviter ces fraudes il demandait a ce qu il leur 
fut enjoint de se retirer dans des villes closes. Un ddcret du 
i3 novembre de la meme annee, rendu sur Tavis du conseil des 
finances et des officiers principaux des droits d*entree et de sortie 



(i) Registre aux deliberations des consaux, aux Archives communales de 
Tournai. 

(2) Registre aux resolutions des consaux, ibidem, 

(3) Comptes generaux de la ville de Tournai, aux Archives du royaume. 



3o9 

ordonna aux fabricants d*Equermes d avoir k fermer leur ^ta- 
blissement, sous peine de cent dcus d'amende et de confiscation 
des outils et des matieres premieres, et defendit a quiconque 
d'en fonder d autres (i). 

Les noms des cartiers de Tournai du XVIir siecle que je con- 
nais sont : 

Eloi DiEU, cit6 de lySi a 1734. 
Bernard Robinet, cit^ de 1752 ^1774 (2). 
Jean-Baptiste Ghys, cite en 1758. 
Mathieu Robinet, cite de 1758 a 1774. 
Nicolas Bonne, cite en 1770 et 1771. 



DiNANT et BOUVIGNES. — En lySo, Jean Wespin et Marc- 
Antoine Jar, qui dtait natif de Givet-Saint-Hilaire, avaient cha- 
cun une manufafture de cartes a Dinant, ville dont les fabriques de 
papier dtaient alors fort adives. Dans le but d ecouler leurs pro- 
duits sur les territoires de la domination autrichienne, et tout en 
s'approvisionnant de matieres premieres dans lesdtatsduprince- 
ev^ue de Li^ge, Fun et Tautre fonderent, Tannic suivante, des 
fabriques de cartes a jouer sur un petit territoire situd a la fron- 
tiere des deux pays, au-dela de la Meuse, en face de Bouvignes 
et dependant de cette derniere locality. Wespin confia la direflion 
de la sienne a son fils Andr^. Jar employa son neveu, Jean- 
Joseph Mathieux, qui alia plus tard exercer la meme Industrie 



(1] Archives du conseil des finances, liasses, aux Archives du royaume. 

(2) Son nom se trouve sur le valet de trifle, qui tient en main un ^cusson 
repr^sentant une licorne debout avec un fruit entre les pattes, absolument 
comme sur les cartes d'Arnould Sarton^ de Bruxelles, etdessous : BERN". 
ROBINET. 



3io 

h Charleroi. Quoique Jar et \ndr6 Wespin se fussent fait rece- 
voir bourgeois de Bouvignes , le ii decembre 1751, les agents du 
gouvernement des Pays-Bas charges de la perception des droits 
d'entree et de sortie s'aper^urent bientot que ces nouveaux eta- 
blissements n'avaient el6 creds sur les limites du pays de Liege 
que dans une intention frauduleuse. Une ordonnance du conseil 
des finances du 25 aout 1752 soumit les cartes provenant « de Ten- 
» droit apelle vis-avis de Bouvignes » aux memes droits que les 
cartes dtrangeres. La fabrique des Wespin finit en 1754; on 
letrouveinstalle comme cartiera Namur en 1760. Jarcessade tra- 
vailler a Bouvignes en 1755 ; il continua sa manufafture a Dinant, 
ou il dtait associe, en 1774, avec Louis Vidouze, son gendre. 
Jean-Joseph Mathieux revint continuer son metier de fabri- 
cant de cartes a Bouvignes merae, au commencement de Tannee 
1757. Au bout de quelques mois, les officiers des droits d'entree 
et de sortie qui craignaient toujours la fraude, et que Ton ne 
fit passer en fraude les cartes fabriquees par Jar, Tobligerent 
a aller s'etablir ailleurs (i). Cette famille de Mathieux a produit 
d autres cartiers encore, ainsi que le prouvent d'abord le nom de 
PIERRE MATTIEUX aux pieds du valet de trefle d'un jeu du 
siecle dernier, lequel tient une hallebarde sur laquelle se voit la 
lettre M, ensuiie Tenveloppe d'un jeu de tarots, sous la vignette 
de laquelle on lit : CARTES . DE . TAREAU . FRANCOIS . DE . LA . 
FABRIQUE . DE . LA . VEUVE . H MATHIEUX . A . DINANT . SUR . 
MEUSE . PAYS . DP . LlEGE. 



LUXEMBOURG et WiLTZ. — Un document de Tannee 1752 



(1) Ces particularites sont extraites des Archives du conseil des finances, 
liasses, aux Archives du royaume. 



3ii 

declare que les fabriques de cartes existant dans ces deux loca- 
lit^s sufEsaient amplement k la consomtnation des habitants de 
la province de Luxembourg (i). La fabrique de Wiltz est encore 
mentionn^e en 1775. 



Cheratte. — Voici la teneur d'une lettre du conseil des 
finances adressde, le 10 septembre 1753, aux officiers des droits 
d entree et de sortie, a Navagne, qui constate, semble-t-il, Texis- 
tence d'une manufa£lure dans cette locality, dependant alors des 
Pays-Bas : « II nous revientqu un fabricateur de cartes a jouer du 
» pays de Liege auroit ^tabli une fabrique de cartes a Cheratte. 
» Vous nous dire ce qui en est ; si la quantite de cartes qu il y fait 
» fabriquer est considerable, et quel nombre d'ouvriers il y en- 
» tretient. » La r^ponse a cette ddpeche n a pas 6x6 retrouv^e (2). 



CharLEROI. — Pierre-Joseph Mathieux et Jean-Joseph Ma- 
thieux, qui fut plus tard se fixer a Bouvignes, fabriquaient des 
cartes a Charleroi en 1754 et 1755 (3). 



Ypres. — II y avait au XVIII^ siecle deux fabriques de cartes 
dans cette ville : Tune, qui appartenait a Jacques Bellais, exis- 
tait en 1755 ; Tautre, avait ^t^ fondde par Thomas-Francois Wal- 
wein, dont j ai rencontrd le nom en 1773 {4). 



(i) Archives du conseil des finances, liasses, aux Archives du royaume, 

(2) Ibidem. 

(3) Ibidem. 

(4) Ibidem. 



3l2 

NiEUPORT. — Germain le Boulanger, qui avait une fabri- 
que de cartes a jouer h Dunkerque, se fit recevoir bourgeois de 
Nieuport, et fonda dans cette ville une semblable manufadlure, 
versle commencement de Tannde 1755 (i). 



HUY. — Le nom de Jean de Loy, earlier a Huy, se trouve dans 
un document de Tannee 1766 (2). 



MONS. — En 1761, il existait une fabrique de cartes a Mons, 
appartenant a Joseph Libert^ (3). 



Bruges. — Pierre Paulmier, fabriquait des cartes dans cette 
ville, en 1761 (4). 



OSTENDE. — Le conseil des finances autorisa, en 1775, 
P. Van den Bussche, a dtablir une manufadure de cartes a jouer 
a Ostende (5). 



LOUVAIN. — Jean-Baptiste Van der Haert, qui dtait libraire 
et impriraeur, fabriquait des cartes a jouer a Louvain a 1 epoque 



(1) Archives du conseil des finances, liasses, aux Archives du royaume. 

(2) Ibidem. 
(3; Ibidem. 

(4) Ibidem. 

(5) Ibidem. 



3i3 



de la revolution braban^onne, en 1787. II transporta plus tard 
son domicile a Bruxelles qu'il habitait en 1792 (i). 



Battice. — Cette localite est situee a une demi-lieue de 
Herve qui faisait anciennement partie de la province de Lim- 
bourg. Au mois doftobre 1792, Francois-Joseph Vieillevoye, 
qui est aussi connu comme imprimeur (2), y dtablit une fabrique 
de cartes a jouer. II exportait surtout ses produits a Eupen ou 
Neau et a Aix-la-Chapelle (3). 

A. PiNCHART. 



LES CEUVRES DE 

JEAN GARPENTIER OU LE CARPENTIER 

II y a quelques annees M. Le Glay a public une notice biogra- 
phique sur Jean Carpentier ou le Garpentier, dans laquelle il a 
retract les vicissitudes de sa malheureuse existence ; il y a ajoutd 
une liste de ses oeuvres (4) ; mais cette liste n'est pas complete, il 
ne dit rien d*un ouvrage qu'on pent cependant attribuer a cet 



(1) Archives du conseil des finances, liasses, aux Archives du royaume. 

(2) Ibidem. 

(3) Voyez dans le Bulletin du Bibliophile beige, ann^e 1866, les Recher- 
ches sur Vintrodudion de Vimprimerie dans le pays de Liege, par M. Ulysse 
Capitaine. 

(4) Archives du Nord de la France tome II P. 385. Le Glay dil que le 
nom de notre auteur est Carpentier et non Le Carpentier. 



3i4 

auteur. C'est Le tableau de la Noblesse de Cambresis, Quoique 
cet ouvrage n'ait et^ signale dansaucune biographic , on ne peut 
douter de son existence, nous avons pour le prouver le t^moi- 
gnage de Tauteur. 

I. Dans la dddicace de la 3^ partie de son Histoire de Cambrai 
et du Cambresis, Le Carpentier parle d'un ouvrage quil avait 
public antericurcment sur les families nobles du Cambresis^ 
€ J*avais, dit-il, jette mon Tableau de la Noblesse de Cambresis: 
» dans une si grande presse d'Escrivains de Tart Hieraldique, 
» quasi avec ce sentiment , estimant que je portois un peu de 
» rosde dans une grosse riviere, & quapres avoir dit quelques 
» veritez en passant , je m ensevelirois a ma naissance dans le 
» Tombeau de tant de traictez de cette nature. Neantmoins je 
» vois que Dieu qui gouverne nos vies et nos plumes, a voulu 
)) que ce petit ouvrage ait est^ en quelque consideration. — Cela 
» m*a mis de rechef la plume en main pour bastir de ce Tableau 
» un volume, a quoi tant de gens d'honneur m ont porte par des 
» motifs si raisonnables, que je n'ay pas eu la hardiesse de le 
)) refuser » . 

Je ne sais s*il faut ajouter a ce travail une carte armoriale, qui, 
a n'en pas douter ,' a eu pour base les travaux de Le Carpentier , 
car elle contient les armoiries de toutes les families dont s'est 
occupe cet auteur dans son Histoire Gen€alogique des Pays-Bas^ 
ou bien si elle etait destinee a faire partie de ce dernier travaiL 
Cette carte armoriale est composde de 2 feuilles in-plano; chacune 
d elles est divisee en 2 parties, dont Tune, d apres Fintitule, con- 
tient les armoiries des families d'ancienne chevalerie ^ Tautre 
celles des anciens Ecuyers. Au bas de la 3« feuille on lit les mots: 
Avec privilege du i3 davril (655, signe Nepveu Secret. J 'ignore 
si la premiere feuille avait un titre; car le seul exemplaire que j en 
ai trouve avait 6l€ ddcoupe et coUe dans un portefeuille qu*on 
avait intitule: Tableau de rancienne Noblesse de Cambresis \ 



3i5 

on avait mis a la suite: « zynde wapens afzonderlyke uitgegeven. 
» De beschryvingen over de geslachten vindt men zeer uitgebreid 
» in hetwerk Histoire Gen^alogiquedes Pays-Bas &'.» A la findu 
recueil on avait ajoute la note suivante qui ne me parait pas 
dclaircir beaucoup la chose : « aan het slot van den uitgave stond 

• 

)) de onderstaande Nota: Chers Lecteurs n ayant peu comprendre 
» dans cet Abr^ge la sixieme partie des remarques de ma i* 
i) compilation, je les reserve pour en bastir une Histoire toute 
» entiere, vous priant de contribuer du vostre a une si noble et 
» si haute entreprise, si le tout n'est pas a votre gout, ne me con- 
» damnez pas avant de m'avoir ecoutd ». On avait joint a ce recueil 
la planche des Etals du Cambrdsis, mais sans I'intitul^. 

U, La veritable origine de la tres illustre Maison de Sohier, 
avec une table gdnealogique de sa It gne principal e et direde &", 
A Leyde, che^ Franqois Hacke^ 1661, un volume grand in-folio. 
Cest dans cet ouvrage que Le Carpentier a fait paraitre les 
documents et chartes tronquds ou fabriques, que De Launay 
lui fournissait, pour etablir la filiation de la famille Sohier, et 
qu il a ensuite publics dans son Histoire Genealogique des Pays- 
Bas {i). Cet ouvrage public avec luxe n a aucune valeur , mais je 
ne puis etendre ce jugement a son Histoire Genealogique des 
Pays-Bas^ qui a ete faite avec soin et qui a exige de nombreuses 
recherches ; malheureusement, il y a insdr^ une foule de docu- 
ments qui ne meritent aucune confiance et qui ont enleve toute 
autorite a son travail. 

III. En 1664 , parut t Histoire Genealogique des Pays-Bas , 
ou histoire de Cambray & du Cambresis , contenant ce qui s'y 



(1) Du Mortier, Notice sur Vipoque de I'tntrodudion de la langue Fran- 
caisedans les ades puhlics du Moyen-Age. Bruxelles 1843 — Le Glay. Me- 
moires de la Societi Roy ale des sciences de Lille. Ann^e i835. P. 343. 



3i6 

est passi sous les Empereurs &\ Le tout divis4 en IV parties ^ 
justifie par Chartes, Titres, Epitaphes & Chroniques, &embelli 
de plusieurs riches Memoires de fantiquite, qui serpent gran- 
dement aux Nobles & aux Curieux. Par Jean le Carpentier. 
Historiographe. A Leide, che^ fauteur. M. D. C, LXIV^ 2 
volumes in-4'. La 3* partie de Touvrage porte la date de i663. 
L*ouvrage doit contenir une carte du diocese de Cambray : « Nova 
Cameracesii descriptio. Audore Joan. Carpentier Atrebate », 
et une planche intitulee Designation des stances des Estats du 
Cambresis representant une stance des Etats de ce pays. 

Le Carpentier avalt, semble-l-il, Fintention de faire paraitre un 
autre travail plus ^tendu sur la noblesse du Cambresis, ou bien 
urie seconde Edition de son Histoire Genealogique. Ceci resulte 
d*unelettrequ'iUcrivait,endatedu2ddcembrei666, aM. FouUon, 
chambellan et conseiller de TEv^que de Liege , en reponse a une 
lettre dans laquelle Foullon se plaignait du silence garde par notre 
auteur sur sa famille (i). Le Carpentier lui avoue naivement les 
raisons de cette exclusion: « La plus forte, lui dcrit-il, a vous dire 
» franchement, est demeurde dans ma plume , qui est fondle sur 
» une naturelle alienation ou aversion fomentee depuis plus de 
» septante ans entre le conseiller Foullon d^funt et mon ayeul, 
» pour Je ne scay quel sujet.... Si javois sceu, Monsieur, que je 
» vous faisois tor par ce silence, je m aurois bien garde de me ven- 
» ger de la sorte. Au reste je vous proteste que je reparerai toutes 
» ces fautes dans mon grand oeuvre et que je parlerai de vostre 
» maison en son rang. » Ce grand oeuvre n a jam lis paru ; mais, 
en 1668, Carpentier donna une nouvelle Edition de son histoire 
de Cambray, identique a la premiere, sauf un nouveau titre et 
quelques additions, dans lesquelles il ne mentionnepas la famille 
Foullon, malgre sa promesse formelle. 



(i) Le'Glay, Spicilige d'histoire litteraire. Lille^ 1854, p. 79. 



3i7 

Brunei etGuigard, dans sai Bibiiotheque h^raldique, disentque 
les additions de Tddition de 1668 comprennent les pages 1097 ^ 
mo. Quelques rares exemplaires de cette seconde Edition con- 
tiennent des planches, au nombre de 21, de la grandeur du volume, 
avec un seul ecusson sur chacune d'elles ; elles portent au verso 
le nom de la famille a laquelle appartiennent les armoiries. 

IV» Histoire g^nealogique de la tres-ancienne & ires-noble 
famille de Herlin , enrichie dun bon nombre de genealogies 
des maisons qui lujr ont esi^ allideSy &justifie par chartres de 
diverses eglises , Hires domestiques , Epiiaphes , Chroniques 
& autres bonnes & fideles Preuves , Imprim^e a Leyde 
M. DC. LXIX, in fol. de 277 pages avec la table. 

L'ouvrage ouvre par une dddicace emphatique « au( Seigneurs 
» de la tres-ancienne et tres-noble famille de Herlin » signee J. Le 
Carpentier. Suit une allocution: « O noble! souviens-toy que tout 
» ce qui naist dans le temps, p^rit avec le temps, &c. ») A la page 9 
commence la table gdnealogique, qui va jusqu'a la page 18. A la 
p. 19, avec un titre special, commencenl les « Preuves de la Table 
g^ndalogique precedente ». Ces preuves, largement commentdes 
par Le Carpentier, consistent en diverses chartes dont la plus 
ancienne remonte ^ 1004 et dont toute Tauthenticitd repose sur 
une attestation de Jean baron de Launay, en date du i3 juillet 
1667. Naturellement, elles donnent aux de Herlin Forigine la 
plus digne d'envie; neanmoins I'auteur n'est pas bien siir de leur 
en avoir donnd pour leur argent : « II ne me seroil pas difficile de 
prouver, dit-il , que notre famille de Herlin, descend par divers 
» degrez , sans estre oblige de monter jusques au douzieme, des 
» maisons royalles de France, d'Angleterre, d'ltalie, de Portugal, 
de Leon, de Jerusalem, etc., des anciens dues de Bourgogne, de 
» Brabant, de Normandie, de Lorraine, de Baviere, de Saxe, de 
)) Sueve, des Comtes de Boulogne, de Ponthieu, de Hainaut, de 
» Flandres, d'Artois, de Champagne, de Troye, de Blois, de Sen- 



3f8 

» lis, de Cambray et autres Maisons illustres. » Rien que cela. 

Enfin, pour terminer ce iaborieux travail, Le Carpentier exa- 
mine « diverses questions touchant la noblesse. » Elles sont au 
nombre de cinq : i" s'il est louable de rechercher de quels parents 
on est issu; 2° s il est utile et necessaire que chaque noble ait sa 
genealogie; 3° si la noblesse est utile; 4** si la noblesse peut tra- 
fiquer; 5^ si le noble perd sa noblesse par Texercice du trafic. Sur 
ce dernier point, Tauteur conclut par la negative a pourvu que le 
» commerce soit de haute marque et en gros ». 

Toutes ces questions sont traitees avec la meilleure rhetorique 
de Mr Josse, Torfevre. Or, il appert du contexte de cet ouvrage 
qu il a 6x6 execute par Le Carpentier pour compte de M. Claude 
de Herlin, marchand a Hambourg, epoux de dame Marie Vander 
Meulen, decedeele6 septembre 1667 ^^ fort regrettee des siens. » 

Un exemplaire de ce rare et curieux ouvrage se trouve a la 
bibliotheque royale. 

V. Genealogie des Le Plat, Cet ouvrage est mentionne par 
Le Glay. 

VL Ambassade de la Compagnie orientale des Provinces- 

Unies vers Vempereur de la Chine yfaite par Pierre de Gqyer , 

et Jacob de Keyser , le tout recueilli par J. Nieuhoff; mise en 

franqois par Jean Le Carpentier^ Lejrde. J. de Meurs, i665. 2 

parties en i vol. in-folio. (Brunet). 

D. L. S. 



3i9 



CHRONIQUE 

La librairie Tross de Paris, momentandment transferee a 

Londres, a cause des ev^nements qui desolent la France, vient 

de faire une vente de livres rares et precieux. Malgrd les cir- 

constances peu favorables, les principaux articles ont obtenu 

d assez forts prix. Nous citons les lots les plus remarquables. 

N" 20. Boccaccio. II Decamerone. Brescia, i536, Edition non 
dpuree, 278 fr. 

5o. II Pastor fido. Parigi, Didot, 1782. imprime sur velin,relid 
par Cap^, 475 fr. 

54. Horas de Nuestra Senora. Paris, Thielman Kerver, i5o2, 

non decrit, fr. 5i2. 
77. La Ste.-Bible, avec annotat. par Benoist, Paris, i568, 3 vol. 

in-4** fr. 320. 
98. Le Don Quixote, d'Ibarra, 1780, 4 vol. in-4'*, maroq. rouge 

de Hardy, figg. de Coypel ajoutdes, fr. 420. 
118. Holbein, Images of the old Testament, Lyons, 1549, "laroq. 

par Petit, fr. 280. 
i33. Apocalypsis cum figuris, in-folio. Manuscrit sur vdlin, du 

XIV* siecle, avec 35 grands dessins, fr. 2675. 

139. Biblia Bohemica. (Premiere Bible en bohSme a I'usage 
des Hussites). Veneiiis, i5o6, fr. 762. 

140. La grant Bible en fran^oys historide. Paris, i538, fr. 750. 
142. Biblia hoUandica. Imprimde parordrede Pierre le Grand; 

en lettres majuscules, 6 tom. en 5 vol. in-folio, fr. 525. 
148. Boccaccio. Decameron (en allemand). Ulm, circa 1471, 

folio. Tres-rare,. fr. 1450. 
181. Eplandian, Las sergas. i525, fr. 840. 



320 

209. Laftantii Opera In Monasterio Sublacensiy 1465; le pre- 
mier livre avec date, imprime en Italic, fr. SySo. 

210. Essai sur le mechanisme des passions, lySi. Ex. aux armes 
de Frdddric le Grand, relid pas Derome, fr. 262. 

224. Officium B. Marie Virginis, avec 5 petites miniatures, par 

un artiste de Bologne, en curieuse reliure du temps; fr. 1450. 
257. Thomas a. Kempis, de Imit. Christi. Paris, Tross, 1869. 

imprime sur velin, relie en maroq. par Lortic, fr. ySo. 
3io. Dionysio a Rickel. Compendio de la manera de como se 

ha de hazer las Processiones. Mexico, 1544, (de la collec- 
tion de Tempereur Maximilien) fr. io25. 
366. Passio Christi, avec 26 belles figures sur bois par Urse 

Graff. Stras^burg, i5o6. non decrit chez Brunet, fr. ySo. 
373. Psalterium cum comment. Manuscrit du Xll® siecle, en 

premiere reliure de metal dor6 avec dmaux, fr. 1062. 

Ce ms. a appartenu a Tabbaye de St- Lambert a Liessies 

pres de Mons. 
376. Recueil d opuscules anciens en francoys. — Ms., sur velin, 

de la fin du Xllie ou commenc.*du XIV* siecle, fr. 400. 
390. Speculum humanae Salvationis. — Ms. sur vdlin du 

XIV* ou XV« siecle, avec i36 miniatures, folio, fr. ii5o. 
398. Treitzsaurwein. DerWeissKunig, (recit des a6lions h^roi- 

ques de Maximilien I) avec les figures de Hans Burgmaier 

et le facsimile des 8 planches perdues. En maroq., rouge, 

par Hardy. Tres bel ex. fr. 370. 



c 
» 



TABLE DES AUTEURS 



Alvin (L.). Supplement au Catalogue de I'oeuvre des Wierix .... 46 
Anonymes. Chronique 27, 60, 91, i53, i83, 227, 244, 260, 3iq 

Anale£la-biblion 64 

Une romance de Florian 67 

(d. L. S.) Jean Carpentier 3i3 

DouRET (J. B.). Imprimeurs luxembourgeois a Cologne 106 

Galesloot (L,). Admission d'un imprimeur anversois 1672 (G. Smits). . 16 
Helbig (H.). Edition de Bruxellesd'une traduction fran9aise de Don Qui- 

chotte 145 

HipPERT. Le Peintre-Graveur des Pays-Bas au xix** si^cle, i, 29, 77. ii3, 154, 

187, 279 
Hoffmann (F. L.). Addition a la Notice sur Senacde Meilhan . . 20 

Essai d une liste des lettres d'Erasme 2o3 

Curieux dialogue, etc 224 

Ladrague (A.). Miscellanies — S^-Martin 24 

Addition et redlifications a Qudrard 68, 180 

PiNCHART (A.). Recherches sur les cartes a jouer en Belgique. . . . 285 
Ruelens (C). Extraits des manuscrits de la Biblioth^ue Royale . 2t, 71 

Bibliotheque OuvarofF, par A. Ladrague ' 277 

RuLAND (A.). La solution d'un mystere bibliographique 253 

Correspondance de Mercier de S.-L^ger avec Fr. TOpsel . 269 

Van der Haeghen. Le Montanus illustr^ par les Wierix i5o 

Van der Linde (A.). L'invention de rimprimerie, 61, 93, i25, 157, 189, 2o5, 

229, 245, 261 



TABLE ALPHABETIQUE 

DES MATIERES ET DES NOMS CITES 



ACHARD (A. J.), 7. 

Analecta-Biblion. 

VII Rddu£lion de Bone, par Jean 

Bosquet, S4. 
Anthonissen (H. J.), i3. 
A fivers (cartiers d'), 285, sq. 
Artan (L.), i5. 
Bagelaar(E. G. J.), 29, 77, ii3, 154, 

187, 279. 
Battice (cartiers de), 3i3. 
Bauwens, 22. 

Bibliographie. 

Marques danciens imprimeurs fla- 
mandSf allemands et anglais par 
J. P. Berjeau, 28. Index of the 
XVth century books, by H. Brad- 
shaw, i83. Bibliotheque Ouvaroff, 
276. 

Bodet(N.), 298. 

Bogaers (A.), 260. 

Bosquet (A.), 56. 

Bosquet (J.) 54. 

Bouvignes (cartiers de), 309. 

Brenart, 22. 

Bricon (Ch.), 69. 

Bruges {cartiers de), 3i2. 

Bruxelles (cartiers de), 297, sq-3oi. 



Carpentier (J.), 3i3. 
Cartes a jouer, 285. 
C/r^r/^roi (cartiers de), 3ii. 
Charlet(G.), 295. 
Cheratte (cartiers de), 3ii. 
Cholinus (M.), 109. 

Chronique. 

La Bible de Trenck, 60 ; Mort de 
M. Holtrop, 91; Vente Dix, de 
Bristol, i53; Les incunables de 
J. de Meyer, par M. Bradshaw, 
182 ; Vente Brentano, 184 ; Edition 
de Wynken de Woorde, 186 ; Vente 
Roupell, 227 ; Bombardement de 
Strasbourg, 244; Mort M. A. Bo- 
gaers et legs de sa bibliotheque, 
260 ; Vente Tross, 3i9. 

Clodius (M.), 25. 

Coornhert (D. v.), i8q sq. 

Coster (Laurent) 60, 61, sq. 
Voy. Imprimerie (Inventionde I'). 
134,229, 245, 261. 

Czernichew (G. de) 68. 

De Maulde, 55. 

De Meyer (J.), i83. 

Demoulin (J.), 298. 

Dinant (cartiers dc), 298, 309. 



323 



DiNOCouR (A.), 68. 

DONCKER (F.), 16, 17. 

Don Quichotte de Bruxelles de 1706, 
145. 

DUCHESSE (J.), 286. 

Equermes (cartiers d'), 3o6. 

Erasme, ses lettres, 2o3. 

Errata, 223. 

Fasmer (G.), 69. 

Florian (romance inedite de), 67. 

Fortune, 69. 

Fricx (G.), 147. 

Galler(J.-B.), 297. 

Gjw^ (cartiers de), 296. 

Gaultier (P.), 292, 295. 

Genfleisch voy. Gutenberg. 

Gerando (de), 69. 

GoDiN (F.), 55. 

GoDON (M"e M ), 70. 

Goulard, voy. Godon. 

Gutenberg, 157. 

Hastieres (papeteries de), 298. 

Hevin 55. 

HoLTROP (J. G.), 91. 

HoNY, 21. 

Huy (cartiers de), 3i2. 

Imprimerie ^Invention del*), 61, 93, 
125 157, 189, 205,229, 24^1 261. 

Imprimeurs luxembourgeois a Colo- 
gne, 106. 

Janszoon (Louwerijs , i25, sq. 

Junius (Hadr.), 2o5 

Koning, 62, sq. 

Krismer (F.), *75. 

Ladrague (A.), 276. 

LeUNCKENS. 21. 

Liege (cartiers de), 290, sq. 
LiNGUET (S. N. H.). 69 
Louvain (cartiers de), 3i2. 
Luxembourg (cartiers de) 3 10. 
Maillart I J.), 285, 288. 
Mameranus. (H.), 106. 

Manuscrits de la Biblio- 
thdque royale. 

{Extraits) Varia^ concernant I'an- 



cienne University de Louvain, 21. 

— Prophetic d'Ezechiel, 71. 
Mejakoff (A), 180. 
Mercier de S.-L6ger, 269. 
MoissY (A. G. M, de), 180. 
Mons (cartiers de), 3i2. 
Motet (G.), 295. 
Moulin (papeteries de), 298. 

iVIVLIUS (A.), 111. 

Namur ^^cartiers de), 292, 3oi. 

Nieuport (cartiers de), 3i2. 

Ostende (cartiers d'), 3i2. 

OuvAROFF, 276. 

Peintre-graveur [le] des Pays-Bas 
au XIX^ siecle, 1, 29, 77, ii3, 154, 
187, 279. 

Pelatier, 181. 

Peril (R.), 285. 

Philippart (J -P.), 291. 

Philosophe inconnu (le) voy. Saint- 
Martin. 

Plantin (C.), iG, 18. 

Plestcheeff (S.), 181. 

Quillet (F.), 181. 

Remy (J.-C.), 293. 

Renouard (A. A.), 67. 

RiFFE (J. J. E. de), 182. - 

RoBiANO (M. de), 27. 

RoMANus(A.), 253, sq. 

Saingenois (P.), 55. 

St-Graal : fragment retrouv^, 28, 

Saint-Martin (L. C. de). 24. 

Sarton (A.), 298. 

Sauer (A.), 254. 

Senac de Meilhan, 20. 

Smits (G.), impr. d'Anvers, 16, i85. 

SoNNius ^F.), 16, 19. 

Speyaert (P.), 55. 

SuzE (le chevalier de), 26, 27. 

TicQUET (M.), 295. 

TopSELfF.), 269. 

Tournai (cartiers de), 3oG. 

Trenck ^baron de), 60. 

Van Buggenhoudt, 21. 

Van den Vivere (G.)224. 



324 

Van der Lihde (A.). 60. I WilCj (fabrique de caj 

V*M ZuRKN (J,), 189, sq. WiRlI, a3. 

Ventes. DJi, de Bristol, [53; Bren- Wvhkens de Word, ift 
tano. 184. Bcuce , 186; Roupell, : Ypres [caniers d'], in. 
337 j Meulman. 25i ; Trosa, Jig, | Zhmer ]G.), 269. 

Waesbbrghe (J. de), 134. I Zell (Uirkh , 167. 

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