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Full text of "Le breton parlé a Saint-Pol-de-Leon : phonétique et morphologie"

ii LE BRETON 

PARLÉ 
A SAINT-POL-DE-LEON 



Phonétique et morphologie 



PAR 



Alf SOIVIIVEERFELT 




PARIS 

LIBRAIKIE ANCIENNE HONORE CHAMPION 

EDOUARD CHAMPION 

T), yuAi MAi.AyuAis, Vl" 

1U21 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/lebretonparlsaOOsomm 



I 



LE BRETON 

PARLÉ 
A SAINT-POL-DE-LEON 



Phonétique et morphologie 



PAR 



Alf. SOIVIIVIERFELT 



^^ 



IMPRIMERIES RÉUNIES 
2>, Ruo rie Npmoui>! — Rennes 

1920 




A Monsieur J. LOTH. 



Hommage respectueux. 



^ LI8RARY j 



— 5 — 



AVANT-PROPOS 



Cette étude est le résultat de recherches faites à Saint- 
Pol-de-Léon pendant les vacances de l'été et de raiiiomne 1918 ; 
elles ont été revues et complétées pendant un séjour au mois 
de septembre 1919. J'ai entrepris ce travail d'après les conseils 
de mon maître M. J. Loïh et m'y étais préparé en passant 
environ 4 mois en Plouézoc'h, près de la rade de Morlaix, sur 
la frontière même des dialectes léonard et trégorrois, en 1917. 

J'avais d'abord l'intention de traiter seulement la phoné- 
tique du parler de Saint-Pol. Mais M. Meillet m'ayant fait voir 
l'intérêt et l'utilité qu'il y avait à y joindre la grammaire, je 
me suis décidé à faire aussi un bref exposé de celle-ci. L'en- 
semble se ressent peut-être un peu de la manière dont le 
travail a été exécuté. 

Les textes ne sont malheureusement pas aussi étendus 
que j'aurais souhaité. Il m'a été impossible de trouver des 
récits suivis pour éclairer les détails de l'étude. 11 en existe 
évidemment bien moins que dans les parties vraiment gaéliques 
de l'Irlande. Je n'ai pas voulu relever beaucoup de prières et 
cantiques; car ces textes sont d'une langue trop spéciale et 
j'ai dû me borner aux proverbes qui donnent une idée assez 
juste du langage courant. 

En traitant la phonétique et la grammaire je me suis tenu 
strictement à la description, sans examiner l'histoire de la 
langue, sauf sur un ou deux points où c'était indispensable. On 
eût peut-être désiré voir situer le parler dans l'ensemble du 
breton, mais mes conclusions risqueraient d'être renversées 
par Y Atlas Linguistique que MM. Le Roux et Dottin prépa- 
rent actuellement et je préfère attendre cette publication 
avant de tenter un essai dans ce sens. 



— — 

Ce m'est un devoir agréable do remercier mes maîtres 
MM. LOTH, MEILLET et VENDRYES de l'intérêt inlassable 
qu'ils ont témoigné à ce travail. Ils m'ont prodigué leurs 
conseils avec une amabilité rare. En leur' exprimant ma 
reconnaissance, je me sentirais heureux si mon travail portait 
témoignage, si peu que ce soit, de ce qui vaut l'enseignement 
de ces maîtres éminents. 

Alf SOMMERFELT. 

Paris, 20 Octobre 1919. 



/ — 



INTRODUCTION 



Saint-Pûl de-Léon est la petite ville bien connue des 
touristes qui se trouve près de l'entrée de la rade de Morlaix . 
Abstraction faite des fonctionnaires, sa population qui est 
d'environ <S.000 âmes, parle généralement le breton; il y a 
même des vieillards qui ne connaissent que cette langue. 

J'ai essayé de décrire le parler de cette ville, un des 
l)arlers principaux du dialecte de Léon, ou plutôt d'exposer 
comment parlent quelques-uns de ses représentants. Il m'a été 
impossible d'en réunir un grand nombre. Cela eût été peu 
praticable vu le nombre des habitants et n'eût pu se faire que 
dans un petit coin perdu de la campagne. La coutume irlan- 
daise si profitable à de telles recherches, qui consiste à aller 
aig airnéal^ c'est-à-dire de faire des visites aux voisins le 
soir, n'existe pas, au moins à Saint-Pol. Aussi ai-je dû me 
borner à 3 représentants du dialecte. 

Ceux qui ont pratiqué un peu les parlers populaires et qui 
savent combien nombreux sont les flottements à l'intérieur 
d'un tel parler ou même chez un seul individu, ne s'étonneront 
donc pas d'y rencontrer tel fait inconnu de moi ou inversement 
de n'y pas trouver tel autre que j'aurai noté. 

Ma source principale est M. François Le Briz (Ar Brîz), 
militaire en retraite. M. Le Briz est né à Saint-Pol en 1865. 
et y a passé sa jeunesse jusqu'à l'année 1880, où il s'est 
engagé dans l'armée coloniale. Il est retourné à Saint-Pol 
en 1906 et y vit avec sa mère. Celle-ci ne sait que le breton 
et c'est cette langue qu'il parle principalement lui-même. 

En outre, j'ai noté les différences entre les matériaux qui 
m'ont été fournis par M. Le Briz et ceux que m'ont donnés 
M. et M™« Sévère. 



— 8 



M. Skvkre, ilirecleur du l'Ecole communale de Saint-Pol 
est né à Sibéril à tiuolqiies kilomètres de Saint-Pol en 1805. 
Il est venu à Saint-Pol à l'A^o de 12 ans et y a passé sa jeu- 
nesse. Il est sorti do l'Ecole normale de Quimi)or, a passé 
7 ans à Saint Jean-du-Doigt, 2 ans à Taulé ot habite depuis 
lors Saint-Pol- de-Léon. M'"" Sévère est née ii Saint-P<d 
en 1807 et y est restée jusqu'à son mariage. En famille M. et 
M™* Sévère parlent le français, mais en mainte occasion de 
la vie quotidienne ils sont obligés de faire usage du breton. 

Je tiens à leur exprimer ici encore mes remerciements 
chaleureux. J'ai souvent, surtout au début, profité de l'aide 
éclairée de M. Sévère; M. Le Briz a vite compris le but de 
mon travail, il l'a considérablement facilité par les renseigne- 
ments qu'il m'a toujours fournis avec un zèle infatigable. 



9 — 



ABREVIATIONS 



Touto forme du breton littéraire qui n'est pas précédoe 
d'abréviations se rapporte au Lexique étymologique des terynes 
les plus usuels du breton moderne par Victor Henry. 
Rennes 19<)0. 

He. — Henry, Lexique étymologique. 
Tr. — Dec^wnnair^ ôrgion-Z'ranpaw par A. E.Trodde, 
Brest 1876. 
L. G. — Dictionnaire breton- français de Le Gonidec, 

Saint-Brieuc 1850. 
D. M. — Dom Malgorn, le breton de Ouessant, Annales 
de Bretagne XXV, p. 199 sqq. 

Du Ru. — Nouveau dictionnaire du dialecte de Léon 
par H. Du Rdsqeeg, Paris 1895. 
Pedersen. Vgl. Gramm. — Vergleichende Grammatik der 
keliischtn Sprachen, von Holger Pedersen, 
Gœttingue 1909-13. 

R. C. — Revue Celtique. 
Ar. Br.,Br. — M. Le Brîz. 
M. S. — M. Sévère. 
M"" S. — Af"* Sévère. 

La notation phonétique que j'ai employée est celle qui est 
usuelle dans les travaux de dialectologie bretonne et qu'a 
proposée M. Loth dans le^- Annales de Bretagne, vol. XI, 
p. 233 sqq. 

.Je marque l'accent partout oii il ne suit pas la règle 
générale de l'accentuation de l'av^ant-dernière syllabe du mot 
ou pour distinguer les voyelles en hiatus des diphtongues. 

Ex. : moanoc diphtongue, oâjçu voyelles en hiatus. 



— lu 



Pour la comparaison des phonèmes bretons avec les pho- 
nèmes français, j'ai pris comme l)ase le « Traité pratique de 
Prononciation française » do M. Maurice Grammont et les 
ft Priticipes de Phonétique expérimentale •> de M. l'abbé 

RODSSELOT. 

M'étant borné à donner une description du breton de la 
ville de Saint-Pol-de-Léon, je ne cite pas d'autres qui traitent 
de dialectes bretons. Voici une liste des jn-incipaux de ces 
travaux. 

J. LoTH : liecherches dialectales bretonnes. Annales de 
Bretagne XIV pp. 83 sqq., 284 sqq., 411 sqq. (Ile aux 
Moines), i)p. 414 sqq. (Beuzec-Cap Sizun), pp. 025 sqq. (Plogoff), 
Corrections et remarques au breton de Beuzec ih. XVII, 
p. 420 sqq. Potr en or à l'Ile aux Moines ih. pp. 424 sqq. 
Quelques traits du breton de Sauzon (Belle -Ile) ib. XXV, 
pp. 041 sqq. 

Francks : Vocabulaire de Beuzec-Cap Sizun, Annales de 
Bretagne XVII, pp. 127 sqq. 

Le Gall : Quelques recherches sur l'accent, le timbre et 
la quantité des vo^'elles dans le dialecte de Botsorhel, Annales 
de Bretagne XIX, pp. 249 sqq. 

Dom Malgorn : Le breton d'Uuessant, Annales de Bre- 
tagne XXV, pp. ISOsqq., 387 sqq. 

Thibault : Notes sur le parler breton de Cléguérec 
(Morbihan). Revue Cetique XXXV, pp. 1 sqq., 109 sqq. 

Cette liste ne contient pas de travaux historiques et des 
articles comme ceux de M. Grammont sur la métathèse n'y 
figurent donc pas. 



PHONÈiVIES ISOLÉS 



i: 



SYSTÈME PHONÉTIQUE 

DU BRETON 

DE SAINT-POL-DE-LÉON 



VOYELLES 



CONSONNES 



1 , e , e , e 
i V ' " ' P ' '*' > œ 

" (petite voyeJle de résonance) 
a , ^ 

9 > o , cu . c^ 

Diphtongues 

j ia , icu 

I ei , eu , ep , g^ , ea , ga , ecu 
ae , a^ , ao , ac^, (^^i, fpcg) 
oa , cue , cua 

Triphtongue 
ia(U 

/ Occlusives 

k , t , t , p (aspirées à l'initiale voir Î5 52) 
g , ri , d , b 

Liquides et nasales 

^ » 1 » i 5 i » n , n , n , n , m 
r, 1 

o o 

^ Spirantes 

f, f, c 

V 



Sifflantes 



Chuintantes 



J 

h 

w , w 

y 



VOYELLES 



— 17 — 



§ 1. — i désigne l't fermé français. La tension des 
organes est plus grande quand il est long sous Taccent que 
quand il est bref en même position ou quand il se trouve en 
syllabe inaccentuée. Dans ces dernières positions, on peut, de 
temps en temps, entendre des variétés d'un i moins fermé que 
l't français. Néanmoins, en fin de mot absolue, il est toujours 
très fermé et on constate un penchant très marqué à tendre 
les organes pour cet i plus que pour Vi bref ordinaire. 

§ 8. — i se trouve en syllabe accentuée suivi d'un groupe 
de consonnes ou d'une consonne qui était double en moyen 
breton ou enfin en syllabe inaccentuée. 

Ex. : disium fM. M™® S. desium) « amasser » : dastum ; 
didi (M. M™^ S.) « droit » : déhou; kilek « coq » : kilek; 
milfik « mie de pain » : minvik ; pcëri « paître » peûri ; prim 
« trop petit, qui ne pèse pas assez » : prim ; nemit « sauf, 
excepté » : némét; siminal « cheminée « : Tr. L. G. siminal; 
hllim « venin » : binim ; brinik « espèce de coquillage » : 
brennik, brinnik; midisin « médecine » : mbr. médecin, me- 
dicin, midicin ; ki^ « cercle » : kelc'h ; civildani « hanneton » : 
c'houil dant ; diskwes « montrer » : diskouéza : dimêzel 
« demoiselle » : dimezel ; imas if. image » :<fr. ; Ubdiamant 
« ennui » : fr. ennuiement; slvi « fraises » : sivi; distrèi 
« détourner, retourner » : mbr. distreiff; divâlo « laid, rude » : 
divalô ; intao n veuf» : intanv, intaon, intav; i7it7'dûn « dame o 
(M"® S. itrcùn) : itrôn, itroun; hadisant « baptême » mbr. 
badezyant, badizyant; alùmi « allumer » : mbr. alluniy ; 
défi « pondre » : mbr. dezvyfi"; fi??tj?*« brûler » : dévi. 

§ 3. — t se trouve en syllabe accentuée suivie d'une 
consonne simple ou à la fin d'un mot monosyllabique. 

Ex. : f « elle » : hi ; Ifem « enfer » : ifern ; xgen « hame- 
çon » : mbr. iguenn ; l^el « bas » : izel ; Ir « long » : hîr j 

2 



- 18 — 

îrin « prunelles sauvages » : irin, hirin; irvïnen « navet » : 
irvin ;7t?m « ongle » : ivin ;%ts « chemise de femme » : hinviz, 
hiviz ; kt « chien » : kî ; niTs « mois » : miz ; m « neveu » : 
niz ; prT « argile, boue » : pri ; sTl « passoire » : sil; kizTdik 
« sensible » : kizidik ; rîvin « ruine » : L. G. revin ; lï « mai- 
son » : ti; T/'j'm (ainsi Br.,i7/<rn M. S.) « cheville du pied» : 
ufem ; benïga « bénir « : mbr. binigaff ; birvïken 
« jamais » : birvikenn ; bis « doigt » : bîz ; dîgor « ouvert » : 
digor; dlgant « de, d'avec » : mbr. digantafu; tizcut « attein- 
dre » : tizout ; dîr « acier » : dir ; frî « nez î) : frî ; giJbîn 
« vin » : gwin ; gidînis « froment » : gwiniz ; giôîr « vrai » : 
gwir; gicimïli, {gdumîli) « hirondelle » : Tr. gwémeB, 
gwenneli, mbr. guimmili (Nom. 40) ; lèas rïbot « petit lait » : 
léaz ribot « baratte » ; grizil^ « grésil » :<fr. ; ïbil« cheville, 
goupille, tolet » : ibil; gïndA « bouche » : genou; giMs 
« truie » : gwiz; tgal (M. S.) « égal » : cf. Tr. ingal; "ïzom 
{Tzaim M. S.) « besoin » : ézomm ; kinïden « araignée » : 
kiniden, kefniden; kinïtp' « cousine » : kéniterv; ITjfr 
« léger » ; Du Ru. lijer ( < fr.). 



§ 4. — Il faut distinguer au moins trois sortes d'e : e, 
e et ç. Mais les limites entre les trois sont souvent flottante» 
et la notation exacte est parfois très difficile. 

e est Ve fermé français, articulé avec une forte tension 
aes organes. 

e est un e fermé mais moins que l'f , un son intermé- 
diaire entre Ve fermé français et Ve ouvert correspondant de 
l'anglais dans beg, bed, etc. L'effort des organes est moins 
grand. 

e est un e ouvert, la même voyelle qu'en français dans 
père, mère, etc. Il y a pourtant des variétés ; ainsi devant r, 
il est légèrement moins ouvert, surtout en syllabe inaccen- 



19 



tuée. En syllabe précédant l'accent on doit quelquefois noter e 
Ex. : erelat « trembler » : ergdùUsiA (M. S) « dot » : argourou ; 
erf^cwr « héritier •> : héritour; erveser « grimacier » (M. S. 
arveser M. B.) : arwez. Un e plus ouvert que d'ordinaire 
s'entend dans dwêS « six », à côté de cioeaS, divead, ce der- 
nier avec r^ ordinaire ; c'est une voyelle intermédiaire entre 
Ye ouvert français et Va anglais dans cal, man, voyelle 
approximativement identique à Vae norvégien (et suédois) 
dans baere, kjaere, etc. 

§ 5. — e : le son e bref se trouve généralement en fin 
de mot absolue. 

Ex. : hugâle pi. de hùgel « enfant » : bugel ; aba{cu)we 
« depuis » : abaooe ; adalèse « de là où vous êtes : cf. alessé ; 
ae, ahe^ aze « là » : azé ; ân^ « enclume » : annéô ; arn^ 
« orage » : arné, arneô ; bâle « marche » : balé ; bane 
« goutte » : banné ; dczce <« Dieu •> : doué ; gt£cd£ « après » : 
goudé ; te (aussi ie dans la phrase) « aussi » : ivé ; këre 
« cordonnier » : kéré ; kleze « épée » : klézé ; lœe (l^e) 
« veau » : leûé ; ure « rêve » : huvré, hunvré; martèze 
a peut-être » : martézé; mât'ë' a crinière » : moue; nôêze 
« donc » neûzé. 

Fait exception adare « de nouveau » : adârre. — Dans 
aviel (f évangile » : aviel e peut être dû à l'influence de 
aviêler « diacre ». 

§ 6. — ë se trouve sous l'accent suivi d'une consonne 
qui en moy. br. était simple, ou à la fin d'un mot monosyl- 
labique. 

Ex. : dimTzT {dtmfzT M. S.) « mariage » : dimizî; dlê 
{dite, die) « doit » : cf. dlé ; drT « coqueluche » : dreô ; dres 
{drês M. S.) « ronce » : drézen ; êfa «boire)) : éva; %i^ 
« âme » : éné ; ënes « poulette » : énez ; enêzen « île » : 
mbr. enesenn ; ère « octobre » : héré ; eryènen « source » : 
Tr. erienenn, eienenn ; èt(d) « longueur » : héd ; 'e <i ciel » : 
eno ; êves « attention » : évez ; gëdal « attendre » : géd ; 



— 20 — 

gçr « mot » : gér ; giéPre « juillet » : gouhéré ; gièëîe 
€ lit » : gwélé ; giéèrel « cimetière » : béred ; kf^f « souche » : 
kéf ; kër « cher » : ker ; krê « fort » (mais compar. kreoc) : 
krenv ; lëda « étendre * : mbr. ledaff ; prëna « acheter » : 
préna ; yen <^ froid » : ién ; kenevëden « arc-en-ciel » : kané- 
véden ; dën « homme » : dén ; alStcëzi * fermer à clef » : 
mbr. alhuezaff; aliëri « délirer » : mbr. alteraff; alwne- 
iëzen « allumette » singulatif de alumeies : cfr. ; amPzek 
« voisin » : aniézek ; amprëfan « insecte » : amprévan ; 
anrs « sans » : anéz ; anëval « animal » : anéval ; bëgel 
« pénis » : H. bégel « nombril » ; le mot pour nombril à Saint- 
Pol-de-Léon est bcuntMn kôf m. à m. « bouton du ventre » ; bëk 
« bec » : <fr. ; bër « broche » : ber ; bëra « couler » : béra ; 
bëva « nourrir » , brvas « nourriture » : bé va ; bëza « être » : 
béza ; bëzin (ainsi M. S,, bJztn Br.) : bézin ; brëzel « guerre » : 
brézel ; brëzel « maquereau » : brézel ; buëzek « vivant » 
(dans beo buëzek) : buez ; bicëden « moelle (des plantes) » : 
boéden ; dwëzen « sueur >> : choués ; diadre « derrière » : 
adré, adren ; dismëgans u chose honteuse » : dismegans ; 
mëdi « couper le blé » : médi ; meryënen « fourmi » : 
mcriénen. 

§ 7. — e se trouve sous l'accent suivi d'un groupe de 
consonnes ou d'une consonne simple qui était double en moy. 
br. et en syllabe inaccentuée, sauf en fin de mot absolue ou 
devant r et devant d en syllabe finale inaccentuée. VI, n et s 
comptent comme groupe de consonnes. 

Ex. : adôzen « aiguille » : nadoz ; alûzen « aumône » : 
aluzen ; ôzen <( âne » : azen ; dàves « matière » [danves 
M. S.) : dafivez ; aives (a(u)ices M. S.) « purin » : cf. Tr. 
L. G. hanvoez ; ôvel « vent » : avel ; asten « allonger » : 
astenn ; arbel (pi. arbehu) « armoire » : Tr. arbel ; âlek 
« saule » : halek ; andret « endroit » : < fr. ; alcioes « clef » : 
alc'houez ; ânet « visible, qui remarque » : mbr. aznat ; 
ashel « aile » (pi. askeku) : askell ; beja «veiller» :<fr. ; 
bemdes, bembes « chaque Jour » : bemdez ; benïga{t), binl- 



— 21 — 

ga(t) « bénir » mbr. bénigaff; benos « bénédiction » : 
bennoz, bennaz ; besken « dé à coudre » : besken ; bremct 
« maintenant » : bréraan de pred-man ; bren « son » : brenn ; 
bresa « piétiner » : brésa, cf. irl. brissim ; bpezdùnek : mbr. 
brezonec ; bdudedèp « le Juif errant » : Boudédéô ; défi 
« pondre » mbr. dezvyff ; gwel (ainsi M. S., loel Br.) 
« levain » : goell ; kwef « coiffe » : koéf ; pengen (aussi 
p^gen) patates « rehaut entre deux sillons de pommes de 
terre » : pengenn ; gwenôden, g w end j en « sentier » : 
gwenoden ; gibesek « sachant faire bien son métier » : mbr. 
gouzizyec, gouuizyec, gouizyec ; kalves « charpentier » : 
kalvez ; kemesk « mélanger » ; kemmesk ; kenevêden « arc- 
en-ciel » kanévéden ; lem « aigu, tranchant » : lemm; lënven 
«lame de couteau» ; lavnenn. 

§ 8. — è se trouve exceptionnellement sous l'accent suivi 
de consonne simple là où on attendrait ë. 

Ex. : neves .« neuf» : névez ; sèhi a sécher » : mbr. 
saechaff; sêgal « seigle » : ségal ; adrek « derrière y» : adré, 
adrén, mbr. adreff ; kêgin « cuisine » : kégin ; kèlii a nou-r 
velles » : kel ; krëgi « mordre » : krégi ; pëïmn (pêimn) 
€ parrain » : paéroun ; lèhii « vase, boue » : lec'hid ; lèren 
« lanière » : 1er, mbr. lezr ; mêlen « moelle (d'un os) « : 
mél ; mëzo « ivre » : mézô ; aWioêder « alouette » : alc'houé- 
der ; ansidèges « connaissance » : anaoudek ; ardelar (pi. 
ardëler) « feu-follet » : mbr. enquelezr ; bëlek « prêtre » : 
bélec, mbr. baelec ; bèro « bouillant )> : bérô ; blëjal 
« beugler, miauler » : bléjal ; blëven « cheveu » : mbr. 
bleuen ; dioèk «: solide, fort j> : c'houék ; d!evi(dem) « brûler » : 
dévi ; dirgwèner ^ vendredi » : Tr. dirgwener, digwener ; 
ëjen (ëjen) « bœuf » : éjenn ; grèk « femme, épouse » : 
grék, grég ; ëzen « petit souffle de vent » : aezen. 

§ 9. — e se trouve sous l'accent suivi de r (mbr. rr) 
ou de r consonne ou en syllabe inaccentuée suivie de r ; 
enfin devant d en syllabe finale inaccentuée. 



oo 



Ex. : fr'S (L neige » : erc'h; çryp « aujourd'hui » : hiriô: 
çrùi « arriver > : arruout ; p^ven « nerf » : norven ; (^ves 
« façon » : arvez ; firs^ pi. de for8 « fourcliette » : forc'h 
cf. mbr. pi. ferchyer ; alSwëder « alouette » : alc'houéder ; 
mçrvel c mourir o : mervel ; nçrs « force » : nerz ; frdi'à 
pi. de orden « gerbe » ; amz^r « temps » : amzer ; ânfr 
a prestation », Tr. aner ; ant^ « moitié » : hanter; h^at 
< raccourcir > : <berr ; d^rves a journée » : dervez ; dimçr'Ser 
€ mercredi » dimerc'her; dèn dister « vaurien » : dister; 
dwesk^ « les deux jambes » : diwesker ; divçrgla « dé- 
rouiller » mbr. diuerclaff ; dc^Jer « dégoût, honte » : mbr. 
doanger < danger > ; givçrs « vers » : gwers, gvï^erz ; 
giciâdfr « tisserand » : Tr. gwiader ; ïfçrn « enfer •» : 
ifern : k'ender a cousin » : kenderf ; ker ^ ? « avoine t : kerc'h ; 
dfr^del € tenir » : derchel ; gicerc'çs « vierge » . gwerc'hez ; 
pfrSçn < propriétaire > : perc'hen ; mën^d « moines » pi. de 
mânad : manac'h ; - çd désinence verbale : - ec'h. 

On trouve de plus e dans les mots suivants : 

^a (M. S. ^insa) « diriger » : hincha ; dcMStr'^h 
€ aigre-doux » : trenk ; 'çscm pi. de ^nt « chemin » : hent, 
cf. mbr. pi. inchou (Cat. 8) ; fnk « serré, étroit » : enk ; 
mfiiglœs * carrière » ; mengleûz ; sfmpla « évanouisse- 
ment » spnplet « évanoui » : sempl ; kdu^idu pi. de kduent 
t couvent » : Tr. kouent, kouenchou ; gibçrdçs « vierge » : 
gwerc'hez ; pfrSçn « propriétaire y> : perc'hen ; weskl^ « gre- 
nouille > : gwesklé ; bgfek « outil » : benvek ; Swçvrœr 
« février » : c'houévrer ; eu « foie » : aou ; kever (g^v^r) 
« janvier » : genver. 

§ 10. — ç se trouve dans quelques exemples sous 
l'accent suivi de consonne simple. 

Ex. : cwërp « amer » : c'houérô ; d^ro t chêne » : dérô ; 
drPbi c manger » : dibri ; Pr (aussi ear) « hâte » : ear 
« air »? ; êro « sillon > : érô ; kw%n « enfler » {kw^nm 
M. S.) : koenv ; pëdet « péché » (mais pi. j>edëj$Â,) : pec'hed ; 



— 23 — 



pfvar ({ quatre » : pevar ; tfâet « s'enfuir « : tec'hout ; rçvel 
{rëvei ?) « gelé > : réô ; bfr « court » : berr (traité comme 
s'il était ber). 



§ 11. — U esiYu français ordinaire. 

Quand il est inaccentué ou bref sous l'accent les organes 
sont moins tendus que quand il est long sous l'accent. 

u est un u extrêmement fermé. Les lèvres sont projetées 
plus avant que pour Vu ordinaire et comprimées latéralement. 

w est un u plus ouvert que Vu français. L'arrondissement 
des lèvres et la tension sont moindres. On croit quelquefois 
entendre une sorte œ fermé ou un son intermédiaire entre 
M et ce. 

§ 12. — u se trouve régulièrement en syllabe inaccentuée, 
sauf en fin de mot absolue. Sous l'accent u ne se présente 
que suivi d'uîie consonne qui était double en moy. bret., ou 
bien suivi d'un groupe de consonnes, ou encore en hiatus. 

Ex. : aketus « soigneux » : cf. àked, aket; alumetes 
« allumettes » : fr ; brûjun « miette » : bruzun ; brumen 
« brume » : brumen ; buëzek « vivant » : buez ; butun « tabac » : 
bitun ; difarlùi « débrouiller, tirer d'embarras » : cf.Tr. di- 
farlea « dévoiler » ; displua « plumer » : Tr. displua, diblua ; 
^rui « arriver » : arruout ; fust « fût » : fust ; jvjamant 
« jugement » : <fr. ; k'undu « conduite » : Tr. kundu, kondu ; 
kûrun « tonnerre » : kurun ; kurûnen « couronne » kurun ; 
kurusi « enfant de chœur d'église » : Tr. kurust ; kuniul 
« cueillir » : kutula, mbr. cuntuill; lugUdus « lent » : lugud; 
luya « luir » : Tr. luia, luc'ha, Henry luc'ha ; lusket « bercer » : 
luska ; lus « louche » : Tr. luch ; mïlnut « petit, menu » : 
munud ; munûten « minute » (minuten M. SJ : < fr. ; 
musSwarzin (brusdwarzin M. S.j « sourire » : mousc'hoarzj 



— 24 — 



Tr. musc'hoarc'h ; muskâna « chantonner » ; mûzur a mesure )> 
Henry muzul, mbr. musur ; pul c( abondant, copieux » : pul ; 
purgaior « purgatoire » : mbr. purgator ; rust « violent » 
(rûst M. SJ : Tr. rust; sJzun « semaine» : sizun; skubdej<u 
« automne » : Tr. skubdeliou ; skula « verser > : skula ; 
irnbul a trouble, affliction > : trubul ; trul<u « haillons », 
trulen « femme de mauvaise vie » : trul ; tufâden « douvelle » : 
tufen ; turyat « fouir » : turc'ha, turia ; umbl a humble » : 
D. M. umbl < Ir. ; unCmet a uni » : Tr. unani, unanet ; Unia 
« heurter » ; urs « ordre ï> : urz ; urser « huissier » : L. G. 
hucher ; ùzul « suie » : huzel, huzil ; sutâden « sifflement o : 
suta. 

§ 13. — îc se trouve généralement en syllabe accentuée 
suivi d'une consonne simple. 

Ex. : agfd « à reculons », kûH « reculer » : Tr. kulein ; 
alûmi (elûmi M. S.j « allumer y> : mbr. allumi; alûzen 
« aumône » : aluzen ; hod rùzik « rouge-gorge » : Tr. L. G. 
boc'h riîz ; hrùd vât « bon renom » : brûd ; brûj'un « miette » : 
bruzun ; da(u)wùgent « quarante » : daouugent ; dibûna 
(( dévider )> : dibuna ; dilûn « lundi » : dilûn ; disirùja « dé:^ 
truire » : cf. Tr. distruj, mbr. distruyaff ; fur « sage » : fur; 
klùjay^ (glùjp.r M. S.) « perdrix » : klujar; kûrun « tonnerre » : 
kurun ; kv>rûnen « couronne » : kurun ; kùs « cachette » : 
kûz ; lugûdus « lent » : lugud ; mïmui « petit, menu » : 
munud ; munùten « minute » : < fr. ; mùzel « lèvre » : 
muzel ; mùzur « mesure » : mbr. musur ; rûs « rouge » : 
rùz ; rûzel « rougeole » : < rûz ; shûdel « écuelle » : skudel ; 
siùr « gouvernail » : stîir ; trûjen « grosse branche, trique » : 
trcûjin ; trubù^ « trouble, affliction » : trubul ; tûtfd) « gens » : 
tûd ; ûfç.rn (îfern Br.y « cheville de pied » : ufern ; ùgent 
« vingt » : Ugent ; ùno/ifi « un » : unan ; ùre « rêve « 
huvré, hunvré ; ûzul <( suie » ; huzel, huzil ; yùdal « hurler » 
iuda, mbr. iudal ; sfd « dimanclie » : sûl ; mna « sucer » 
mbr. sunaff ; sûr « certain » : sûr. 



— 25 — 

§ 14. — H se trouve régulièrement en fin de mot absolue. 

Ex. : dusiu « de suite » : L. G. diouc'h-tii ; kundii 
« conduite » : Tr. kundu, kondu ; lùdu « cendres » fet lùdu) : 
ludu ; marhlu « duvet » : marbleô. 

Le premier it de dustu est dû à un phénomène d'harmonie 
vocalique. Dans dua « noircir » : Tr. dua de dû sous l'in- 
fluence de dû. 

§ 15. — ^/ se trouve dans quelques mots sous Faccent 
suivi d'une consonne simple, résultant de la tendance générale 
à fermer les voyelles longues sou^ l'accent. D'abord dans 

dû « noir » : dû ; iâ (( côté » : tû ; 
où la tendance à fermer les voyelles en fin de mot absolue 
intervient également. 

Ensuite dans 

lâdH fet lûdii) « cendres » : ludu ; 
favorisés par la tendance à l'harmonie vocalique. 

Enfin dans ""^ 

drus « gras » : cf. drû ; kurûnen <( couronne » : kurun ; diùna 

« réveiller » : Tr. dihuna. 

u 
c 

§ 16. — Ex. : sdudè^r « soudure » : <fr. 

Pour u comme second élément de la diphtongue eUf 
voir § 40. 



œ, œ 

c 



§ 17. — œ est Vœ français fermé dans peu, etc. Long 
sous l'accent il est plus tendu qu'ailleurs. 

œ est la voyelle ouverte correspondante, mais moins 
ouverte que V(^ français dans peur^ etc. L'arrondissement 
des lèvres est moindre. 



— 26 — 

§ 18. — ce bref se trouve en syllabe inaccentuée sauf 
devant r. Sous l'accent il se présente suivi d'une consonne 
qui était double en mbr, ou d'un groupe de consonnes. 

Ex. : hrœgœdi « roter » : breùgeûd, mbr. breugue- 
diff; dilœsk^y dilœskœr « abandonner » : leûskel; drBAk- 
sœla « ressemeler » {tros<^la M. M™® S.) : D. M. drouk-solia; 
fœniœn v fontaine » : feunteun ; kœnœt « bois à brûler » : 
keûneùd ; l^nvek {lœvek Br.) « lieu (poisson de mer) » : 
Tr. lenvek, leonvek, leonek ; lœskœr {leskel M. M"® S.) 
« lâcher, laisser » : leûskel ; mfnglœs « carrière » : mengleuz ; 
nëbqet, nœbœi « un peu » : nébeud ; œsa « Ouessant » : D. M. 
eussa ; pœltrin « poitrine » : < fr. ; irœjaot (ttœsaot) « chien- 
dent » : treuz-c'heot, treuz-ieot. 

On trouve œ devant r dans disiœlœr « rejeter, vomir )> : 
Tr.disteuret (aussi c?w^ôë^çer), et dans lœskœr « lâcher, laisser » 
(leskel M. M™* S.) : leûskel où il est dû à la tendance à har- 
moniser les voyelles (à Fœ, œ précédants). 

§ 19. — œ se trouve en syllabe accentuée suivi d'une 
consonne simple qui était simple aussi en mbr. 

Ex. : rœn « tertre » : rûn, mbr. reun ; adrœs « à tra- 
vers » adreûz ; hlœt (d) <■<■ farine » : bleûd ; bœs « buis » : 
beûz ; bœzi « noyer » : beûzi ; brojgœdi « roter » : breùgeûd, 
breuguediff; disiœl<^r « rejeter, vomir » (disiœlœr) : Tr. 
disteurel ; /lœren « fleur » : < fr. ; frœza {frœga M. M"*^ S.) 
« démolir, déchirer » : freûza ; grœn « grain » : greûn ; 
klœza (klœzi M. M"^ S.) « creuser » : kleûz ; kœr « cuivre » : 
kœuvr ; kœnœt « bois à brûler » : keuneûd , kœs « regret » : 
keûz; krœn « croûte » : kreûen, kreûn ; lœf (lœr M. S.) 
« livre )) : levr ; lœn « plein » : leun ; lœr « aire, sol » : 
leur ; mœli « louer » : meûli ; mœr v( beaucoup » (seulement 
dans mœr a) : meûr ; mœtat (aussi mœtâl) « tâter » : Tr. 
meutad ; nœbœt (nëbcet) « un peu » : nébeûd ; nœze « donc » : 
neûzé ; œk « dégoût « : heùg ; œret « mariage » : eûred : 
rœn « soie de cochon » : reûn ; rœl (d) « raide » : reûd ; 



07 



skï^ « étrier » (M. S.) : stleûk ; skœt (d) « ombre » : skeûd ; 
sœl « talon » : seul ; tœza « fondre » : teûzi ; trœt « maigre » : 
treût ; trœzi « traverser » : treûzi ; drœr « frère » : breûr. 

§ 20. — œ se trouve régulièrement devant r en syllabe 
inaccentuée. Sous l'accent il se rencontre devant r, moy. br. 
rr ou devant r + consonne. 

Ex. : dwevr^f « février » : c'houevrér ; dimœrs « mardi » : 
dimeurs ; mâl^r « malheur » : < fr. ; m^rs « mars, mardi » : 
(^ria « pousser » (p. ex. ^rta var ar Sâr « pousser le char ») : 
<fr. ; (^ry<M « livre de prières, livre » : Tr. heuriou ',pœrvia 
« ordinairement » : Tr. peurvûia; si^lœr (têl^l M. S.) « jeter » : 
teûrel ; p^ryen pi. de podur « pauvre » : paour ; 

^ se trouve encore dans deux mots devant ^, l. 

Ex. : gfja « suivre » : heûl ; œlf « flammèche » ; elven. 

§ 21. — ^ apparaît dans quelques exemples en syllabe 
accentuée suivi d'une consonne simple. 

Ex. : didr^tw, {digr^na M. S.) « écroûter » : Tr. dic'hreu- 
nia, diskreuenna ; r^ « nager » : neûi, mbr. neuff : spœren 
« cloison pour séparer les bêtes dans une écurie » : speûr; 
8l^l(^r « jeter » {tël<^l M. S.) : teûrel. 

Dans w^ réouvert peut tenir à la nasalisation. Dans 
st^lœr^ œ est dû à l'influence de Vœ suivant. 



§ 22. — Il est très difficile de définir la petite voyelle 
que je note " et qui ne se trouve qu'entre r et R C'est une 
voyelle de résonance. Quand elle a quelque ampleur c'est une 
voyelle moyenne, un e retracté (^) de très peu de durée et d'in- 
tensité. Elle s'est développée en a aussitôt qu'elle a pris une 



(1) Elle ne correspond donc en rien à Ye « caduc » (Grammont) da 
français. '' 



— 28 — 

certaine durée comme dans aracant « argent », aicalad 
« assez ». Bien souvent il n'y a pas de voyelle du tout entre 
r et c. Mais l'explosion de r se fait entièrement avant l'im- 
plosion de d. Souvent même ce phénomène n'a pas lieu, rd 
constituent alors un groupe de consonnes comme pour le cas 
de rt, etc. 

Ex. de " : aracant (à côté de l'ordinaire àra8ani) 
« argent » : arc'hant; cHmer^cer (dimerder) « mercredi » : 
dimerc'her; gdur^ demen « commandement » : gourc'hémenn ; 
gïèp'^ces >« vierge » gwerc'hez ; mar'dat (marcai) « mar- 
ché » : raarc'liad ; p^r ^ 8en « propriétaire » : perc'hen ; 
var^Soas « demain » : warc'hoaz. 



a, g, 

§ 23, — Il y a un flottement considérable en ce qui 
concerne les a. Va ordinaire est un a antérieur et fermé et 
correspond à Va français dans dame, cage, etc., mais il est 
légèrement moins fermé que cet a français et sa tension est 
moindre. Quand il est long sous l'accent sa tension est plus 
forte que quand il est bref sous l'accent ou en syllabe inac- 
centuée. Je note a et non a pour des raisons de commodité. 

a désigne un a postérieur et ouvert comme l'a français 
dans pas, hâte, etc. Comme pour a sa tension est moins 
forte que la tension de Va postérieur français et il est moins 
ouvert que ce dernier. Cet n ne se rencontre régulièrement 
que long sous l'accent devant c, s, mais l'on peut aussi 
souvent entendre a ou des voyelles intermédiaires entre a et 
n dans cotte position. On trouve de plus quelquefois n à côté 
de Va habituel, et g, dans la diphtongue (a<M) okm (œ<M). 

§ 24. — a se trouve en syllabe inaccentuée. Sous l'accent 
il se rencontre suivi d'une consonne qui était double en 
moy. br. ou d'un groupe de consonnes, ou enfin en hiatus. 



— 29 — 



Ex. : adare « de nouveau » : adarré ; al « autre » : ail ; 
âla « vêler » : ala ; amhrcfuk « conduite, conduire » : am- 
brouk ; amèzek « voisin » : amézek ; anàdun « les trépassés » : 
anaoun ; andret « endroit » <fr. ; ane « ericlume » : annéô ; 
angdlni « agonie » : <fr. ; an/ccu « mort » ; ankou ; ankcMnadât 
« oublier » : ankounac'h ; arasant « argent » : arc'hant ; 
arS « coflfre pour mettre le blé » : arc'h ; ay^cfiden <( ligne » : 
rouden, Tr. arouden, arrouden ; arvest « veillée des morts » : 
arvest « spectacle » ; halàen « balai » balaen ; hapàik « pou- 
pée » : Tr. bappaik ; basi « battre des choses semi-liquides, 
des œufs, etc. », Tr. basa; braskelai « chanceler, balancer » : 
bransel, Tr. bransella, bransigella ; brema « maintenant » : 
breman ; cwarzin «rire» : c'hoarz ; dal « aveugle » : dall ; 
dant « dent » : dant ; daves (danves) « matière » : danvez ; 
digant « de, d'avec » : digant ; dïgas « apporter » : Tr. 
digas ; dinac « dénier »' : Tr. dinac'h ; dismegans « chose 
honteuse » : dismegans; dônant « large, généreux » :<fr. ; 
ebars « dedans, dans » : ébarz ; ëfa « boire » : éva ; fdl 
« mauvais » • fall ; fra]^ « fléau » : frai ; gai '< français » 
gall ; gaU « mauvaise femme, femme publique » : gast 
glandcur « conserves » : glandour ; gcMStat « lentement » 
goustad ; gdlza « supporter » : goiizanv ; kam « boiteux » 
kamm ; kctnt « cent >' : kant ; karvan « mâchoire » : karvan 
kctsçrl « cancer » : < fr. ; kena « beaucoup » : L. G. kéna 
kornanddan « nain » : kornan-doun; kramjpwes « crêpe » 
krampoez ; krank « crabe » : krank ; lowen « pou » 
laouen ; mal « hâte » : mail ; mam « mère » : mamm 
mandos sg. mUndosen « gerbes de blé » cf. Tr. L. G 
mandoz « ventouses » : mankdai «. manquer )> : L. G. man- 
kout ; ôzad « mari t> : ozac'h ; pask « Pâques » : pask ; 
planta « planter » : plant ; ran/i<ut « devoir » : rankout ; 
randael (r'endael M. M™* S.) « taquinner » : rendael, sadama 
« voici » : Tr. sad, sada ; sklasen « glace » : skias , oBer 
stam € tricoter » • stamm , stank « épais, serré » : stank ; 
tantai « feu de joie )> • tantad , iawalo <( motte de gazon » : 
taouarc'h. 



— 30 — 

§ 25. — â se trouve en syllal>e accentuée suivi dune 
consonne s'inple, sauf devant s (z), d. 

Ex. : âlan « haleine » : alan ; âlar « charrue » : ^irar; 
arâbat « il ne faut pas y : arabad ; â « été » : hanv ; aval 
« pomme » : aval ; bâk « bateau » : bâg ; bâra < pain » : 
bara ; âifd) « semence » : hûd ; b^ât « abréger, raccourcir » : 
Tr. berraat, berr ; brâges •«. culotte > : bragez ; bran « cor- 
beau » : bran; gâr « jambe » : gàr; gâl(d) « lièvre » : 
gâd ; làgat « œil » : lagad ; lakât (làkat M. S. j « mettre > : 
lakaat ; laoskètt (làoskat M. SJ « desserrer, relâcher » : Tr. 
laoskaat ; mâga « nourrir » : maga ; mdla « moudre » : mala ; 
mànaê • moine » : manac'h; mâp(b) a fils » : mâb; mât(d) 
• bon > : mâd ; mœiat, mœiai « tâter » : Tr. meutat, meu- 
dad ; peràk(g) (c pourquoi » : pérâk ; sa « posture, debout d : 
saô ; iâno « mince d : tanô ; iàt (d) « père t> : tâd ; t^vS 
« goûter » : tahva ; trâ a chose » : trâ. 

§ 26. — (i se trouve en syllabe accentuée suivi de S", 
s (z), surtout dans des monosyllabes. 

Ex. : bac" « lourd, chaud » (mais comp. baSod) ; Tr. 
bac'h 3, cf. He. 2 bâc'h ; bas « bâton d : bâz ; blâs « goût » : 
blâz ; brçLS (brcts) « grand » (comp. brasod et quelquefois 
brçLSOc) : brâz ; ngd « nier » (p. p. nôidet et nâdet) : nac'ha; 
jp^s « toux » : pas ; plàd « servante » (pi. plâSet et plàSei) : 
plac'h ; /^^ ('me /«? j'éteins) (et plus souvent Idha) « étein- 
dre » (Idza M. S.^ : laza ; râs * chaulx » : râz ; râis « rat » 
(pi. râzet et quelquefois rnzei) : râz ; r^s « plein » 4 râz ; 
5âc « sac )) : sac'h; yâ8 (et yôB) « sain » (mais ya^us 
« sain ») : iac'h. 

O, O. 

§ 27. — o est To fermé qui se trouve en français dans 
beau, poif chose, etc., mais il est en général encore plus 
fermé. Long sous l'accent sa tension est plus grande et il 
est légèrement plus fermé que quand il est bref^ 



• — 31 — 

signifie un o ouvert, mais moins ouvert que l'o ouvert 
français, correspondant en ouverture plutôt à l'o inaccentué 
français. Quand il est inaccentué ou bref sous l'accent sa 
tension est moindre. J'écris o pour des raisons de commodité. 

§ 28. — se trouve régulièrement en fin de mot absolue. 

Ex : âno « nom » : hanô ; bàro a barbe » : barô ; bëro 
« bouiUant » : bérô ; cwêro « amer » : chouérô ; dëro 
« chêne » : dérô ; disto « sans toit ; chauve (dans l'expression 
disto e ben) > : Tr. disto ; eryo « aujourd'hui » : iriô ; ërp 
« sillon » : érô ; gôro « traire » : gôrô, goérô ; gmiengôlo 
« septembre » : gwengôlô ; kâro a cerf » : karô ; kôlo 
« paille » : kôlô ; mâro « mort » : marô ; var e ven^ 
«L d'après lui, à son avis » : Tr. mennoz ; sâlo a je voudrais 
que > (ex. : sâlo e vise màro « je voudrais qu'il fût mort » : 
Tr. D. M. salo ; iâno « mince » : tano ; tara « taureau » : 
tarô, taro, 

o se rencontre encore dans d'autres positions pour des 
raisons particulières. Dans bod rûzik « rouge-gorge », Tr. 
boe'h-rùz sous l'influence de bôc « joue » ; dans gorios 
attendre » : gortoz sous l'influence de formes verbales 
comme gortôzit « attendez t ; gortôzel « attendre », cf. 
aussi gortôzen « goûter » ; dans pimoë « cochon » : Tr» 
penn-moc'h sous l'influence du pi. mô8 1 môc'h ; dans nozves 
« nuitée » : Tr. nozvez- sous l'influence de nos ; dans kasto- 
lôren (pi. kastolorencu) « casserole )> , sotôrel « oreillon » : 
Tr. chotorell, jotorel, He. jôtôrel « goitre », Içgôden « sou- 
ris » : lôgôden, o a été harmonisé à ô. 

On trouve enfin o dans ïzom (ïzcuni M. S.) « besoin » : 
ézomm ; losten « jupe » Tr. lostenn ; losienasdu <( déchets de 
blé après le vannage » ; mont (et aussi mont) « aller » : 
mont ; torgos « surnom d'un homme gros et grand » : Tr. 
torgos ; dont (dont) a venir » : dont ; iromplèz^n « trom- 
perie » : cf. Tr. trompler. 



— 32 — 

§ 29. — ô se rencontre régulièrement en syllabe accen- 
tuée suivi d'une consonne simple, en fin de mot absolue d'un 
monosyllabe ou en hiatus en syllabe accentuée. 

Ex. : adôzen « aiguille » (d'une montre, etc.) : nadoz; 
bôda (t assembler » :.Tr. hoda ; bôd « joue » : bôc'h; bnsen 
(aussi bpsen) « pest » : bosen ; brn « pays » (d'où pi. broycu) : 
brô ; dônant a large, généretix » : < fr. ; dônemonéa a aller 
et retour » : cf. dont, donet, mont ; dôr (pi. dorôsdu) 
« porte » : dôr ; frônel a narine » (d'où pi. fronèlcu)'. fron, 
Tr. fronell ; gô « fermenter, lever » : gô ; gôro « traire » : 
gôrô ; grosmdliy grosmôlat « murmurer d : krôs, Tr. gros- 
mola, krosmola ; gwengôlp « septembre » gwengôlô ; gwe- 
nnden, gièenâjen « sentier > : gwénôden ; kastnlôren « cas- 
serole » ; kenavo « au revoir » : kenavézô ; klôs « coque » : 
klosen ; kôf « ventre » : kôf ; ionen ;( écume » : éon, éonen \ 
kôle « taureau » : kùlé ; kôlo « paille » : kôlô ; kôs « vieux » : 
kôz ; krôk « prise » (p. ex. me zo krôg enod « je vous 
tiens ») : krôk, krôg ; krôSen (aussi krôSen) « peau » : kro- 
chen ; lôc « bouger » : Tr. loc'h 4 ; l(~tt{d) « part » : lôd ; 
Ipgôden « souris » : lôgôden ; lôr « maladie de langue chez 
les cochons » : lovr ; ninger « mur » : môger ; môget 
« fumée » : môged ; môr t mer » : môr ; nos « nuit » : noz ; 
orôlas « horloge » : Tr. horolach ; ôzad « mari » : ozac'h ; 
pantekôst « Pentecôte » : mbr. pantecost ; pôk « baiser » : 
pôk ; roc « rocher » : roc'h ; rôcal « ronfler » : roc'ha ; rôjcu 
« vestiges » : et*, rôd (:); rôt{d) « roue » : rôd ; soi « se- 
melle » soi ; siôk {stpk) « choc » : stok ; sôi{d) « joue » : Tr. 
chot He. jôd ; sotôrel « oreillon » : Tr. chotorell, jotorell ; 
iôk « chapeau » : tôk) trô (pi. troycu) « tour » : trô ; yôt 
« bouillie » . iôd. 

§ 30. — se trouve régulièrement en syllabe accentuée 
suivi d'un groupe de consonnes ou d'une consonne qui était 
double en moyen breton ou en syllabe inaccentuée sauf en 
fin de mot absolue. Il y a une tendance à ouvrir o légère- 



— 83 — 

ment devant c mais elle n'est pas assez prononcée pour que 
je puisse noter g. 

Ex. : ahosiol « apôtre » : abostol ; âdos « aiguille à 
coudre » : nadoz ; àntornos « lendemain » : antrônôz ; askol 
pik « chardon » : askol ; asiof « œuf qu'on laisse sous la 
poule pour la faire pondre » : asdô ; asioma « réchauffer » : 
astomma ; benos ;< bénédiction » : bennaz, behhoz ; bord 
Çbori) « bord, côté » :<fr. ; born « borgne » : borii ; bron 
■* sein » : bronn ; estomek « estomac » : < fr. ; fore « foUi"- 
che » : forc'h ; gorat « couvée » : Tr. gorad (traité comme 
si le radical était gorr) ; gorisal « hennir », gorisâ.d,en 
« hennissement » (aussi gturisal) : gourrisia ; gcMrdoma « ré- 
chauffer » : gour-tomma ; kâdor «. chaise >> : kador ; kânol 
« canon » : kanol 2yka7^otëzen « carotte « :<fr. ; hlosal 
« glousser » : cf. kloc'ha ; kol_ « perle » : koU ; korden 
« corde » : korden ; korèis « carême » : Tr. coraiz ; korf 
« corps » : korf ; korn <« corne >; : korn ; korriandcun 
« nain » : kornandoun : korzïgor « entre-ouvert » : Tr. 
kornzigor ; kosies « côté » : kostez ; kozéal « parier, causer » : 
Tr. kozéal; kulàlor « tuteur » : D. M. kulator; losket 
« brûler » : lezki ; morlarjes « carnaval » : môrlargez ; 
morzet « cuisse » : morzed ; morzevelek « grosse grive » : 
})orzévellek ; morzol « marteau » : morzol ; ofèrn « messe » : 
oféren ; olâden « vague, houle » : fr. houle ; an olèd^ santel 
« les saintes huiles » : oléou ; on « frêne )^ : onn ; orden 
(( gerbe » ; ors « mxassue de bois » : cf. mbr. orzic, vbr. ord 
He. horz ; ostalïri « auberge » : Tr. hostaleri ; ostil « outil » : 
<ÎT.; polotres «prune sauvage », a.ussi pçlost : polos; pikol 
« grand » : pikol; poliret « portrait » :<fr. ; poy^s « port » : 
porz ; rodela « chiffonner » : rodella ; roset « chemise 
d'homme » : roched ; solyer « grenier » : solier ; siorlok 
« bruit de sabots, etc. » : Tr. storlok, stolok, toiok ; som 
« demeurer » : chomm ; iolpes « bouse de vache » : tolpez, 
torpoz ; tom « chaud » : toimn ; ton « amadou » : tonn, tont ; 
torat « couvée » : cf. mbr. torr « ventre » ; tornaot 



- 34 — 

« falaise >> : Tr. tornaot ; iovsen « coussin » : Tr. torchenn ; 
tort « bossu » tort. 

§ 31. — ô se trouve dans l'exemple suivant en syllabe 
accentuée suivi d'une consonne simple là oîi l'on a régulière- 
ment ô. 

ôlen « sel » : holen. 



§ 32. — cW signifie un ou fermé, l'ou français dans iouty 
pouce, etc. Il n'est pourtant pas toujours stable, et présenté 
plusieures nuances. En fin de mot absolue, par exemple, il est 
quelquefois légèrement plus fermé qu'il ne l'est en français ; 
ex. : gJndu « bouche ». 

du est la voyelle ouverte correspondante, laquelle se 
trouve en anglais dans put, foot, etc,, peut être légèrement 
moins ouverte. Elle n'apparaît qu'en diphtongue. 

§ 33. — c^ se trouve régulièrement en syllabe accentuée 
suivi d'un groupe de consonnes ou d'une consonne qui était 
double en moyen breton, ou en syllabe inaccentuée. 

Ex. : âbdun këzek <* crotte dé cheval » : aboun ; ambrcuk 
« conduire, conduite « : ambrouk ; ankdu « mort ;> ankou ; 
ànkdunacdl « oublier » : ankounac'h ; ar^dèges « connais- 
sance » : anaoudek ; as/uurn « os » : askourn ; harbdudp,, 
barbcuya « barbouiller » :<fr. ; bdudedèo << le juif errant » : 
boudédéô ; bdulen, bcuyen « vase » : Tr. bouillenn ; bculard 
glao « averse de pluie » : Tr. bouillard, bouillart ; bcMntJtn, 
b(Mt<un « bouton » :<fr. : dàeldu « larmes » : daérou : diskrdunal 
« montrer (les dents) » D. M. diskrougna; drduksœla « res- 
semeler» ; dcubl « double » : mbr. doubl; ddurgen « anse de 
panier » dourgen ; ddurlïvet « pâle » ; Tr. drouklivet, drou- 
livet ; ddurn « main » : dourn ; dcurna « battre le blé » douma ; 
ddustr^enk « aigre-doux » : fr. douce, trenk ; fcugèali< vanter » ; 



- 35 — 

foiigé, Tr. fou geai ; ft^nus « abondant » : founnuz ; fdJf'ra 
<( planter » .<iY. fourrer; fcMm « four » : forn ; fcurietes 
« fourchette » : < fr. ; galcui «■ puissance » : galloud ; giritM 
« bouche » : genou ; glander « conferves ^> : glandour ; 
gculo « vide » : goullô ; gcurdrous (( réprimandet-, répri- 
mande » : gourdroiiz ; gcurves « s'étendre » : gourvéza ; 
g^ispërdu, « vêpres » : gouspérou ; gcumiti [gioimîli M. S.) 
« hirondelle »:gwennéli; kàld.f,r o. calice » : Du Ru. calar, 
caleur ; kelkdt^s, kerkcus, kerl(^ils lavâret « pour ainsi dire » : 
kerkouls ; I-icMmer u comiiièro » : Tr. koumaer ; kcunar 
« rage » : kouunar , kjtn/a " compter ^> : Tr. kount ; kjtniel 
« couteau » koûttd ; kcun « coin » :<{r. ; kd^sk. l<K^isket^^ som- 
rneiL dormir » : kousk. koiisked ; lâbdur « travail » : labour; 
lâbdus « oiseau » lobouz ; HsqU o lessive » : Tr. lichou ; mank^t 
«. manquer •) : L. G. mankout: j)dd-cui c durer » : padout ; 
p^r^n « curé, recteur » : person ; plçurn «. plomb » : ploum; 
pcul «■ lavoir » : poull : })ç^mp « pompe » {plcU.men M, S.) : 
<fr; p(^nçr « lourd » pounner ; pcurmen «. se prouiener » : 
pourmen ; p^ursal « tousser » : mbr. poursiff ; picPZçMn 
« poison » : cf . mbr. poëson ^D 100) ; rçz^^in '< raison » :<fr, 
(D. M. rézon) ; sarw.(^n «sermon» : <fr. ; sib^Mla « barboter 
dans l'eau » : D. M. sibouilla : slccuù'm, sklcum « nœud » : 
koulm, Tr. skulm, kiihn; skc^y^n « glace » : skourn : sp^nt 
<< peur, effroi » : spount ; spjlntul « épouvanlail » : Tr. 
spountaill ; sirokcUkM " sorte de maladie des chevaux »:Tr. 
* strakouil'on, slrakoiiilloun ; ^cMcf^zw^w « soutane «:< fr. ; Sç^n 
«droit, ferme» : sounn ; Scun (swan M. S.) « soin » :<fr. ; 
sjtndi « souder » : Tr. sounta ; Scurpilis [scupïlis M. S.) 
« surplis » : Tr. sourpiliz ; S(MiH <' salamandre » ; UAinU^n 
« oncle » ; tcusek « crapaud » : tousek ; <uma « celle-ci » : 
Tr. hou-man ; (Unçr « génisse » : ounner ; ^wr^ dans en den 
^rs <( un homme peu commuiiicatif » Tr. ours ; hrei^un 
« breton » : Tr. bretoun. 

§ 34. — ^(, se trouve en syllabe accentuée suivi d'une 
consonne simple. 



— 36 — 

Ex. : anjûden « ligne » : Tr. aroudcn, arrouden ; bre- 
Zcùnek <■ breton » : Tr. brezounek ; l^ûd « bouc » : bouc'h ; 
bcùi^al '.< hachti » : bouc'hal ; bdûdal « bruit ronflant » : boud ; 
bcûk « mou » ; bouk ; bdùzar « sourd » : bouzar ; drtùk 
<i mal, mauvais » : drouk ; dcûgen « porter » : dougen ; 
dc^ja « craindre » : douja ; ddùn « profond » : doUn ; dcfir 
« eau » : dour ; ergcCiJ^ « dot » : argourou ; gdùde « après » : 
goudé ; gçfiîar « fade » : goular ; gdîcUu « lumière >* : goulou ; 
gdûnii « gagner « : gounid ; gdùrcit « brasse » : gouréd ; 
<jfcî«'i?2 igdùren Br.) « lutter » : gourin ; gtûris « cein- 
ture » : gouriz ; gdiskdùde « cependant » : koulskoudé ; gdùzer 
{gdùzar M. S ) t( litière d'herbes et de feuilles mortes » : 
gouzér ; gcfiZi^k t< cou » : gouzouk ; gtùzcut « savoir » : gou- 
zout ; IdûZcU « plante, médicament » : louzou ; mertùnes 
« marraine » : maérounez ; tidùn « marraine » ; Sdûben 
« soupe » : souben ; sdùc' « soc de la charrue » : souc'h ; 
Sciil '■<■ chaume » : soûl ; trtscda « couper » : trouc'ha ; U^zOj 
« tondre » : touza ; c^? « cochon, porc » : houc'h ; dizdûna 
[d'izcMn M. M""® S.) : dizouna ; gc^zao ^< supporter » : gouzanv, 
gcuza\ . 

§ 35. — Dans les exemples suivants .fU,<ù correspond à 
des autres dialectes et môme du léonard ordinaire aihsi 
qu'il a été noté par Troude. 

cjw : Ex. : gdiildinder « vider » : Tr. goulonder ; kâlcun 
« cœur )) kalon, kaloun ; k^ntyren « comprendre » : koum- 
prenn ; k^mtel « couteau » : kontel ; kduntrol « contraire « : 
Tr. kontrol ; kcuntrtûn t< ver de charogne » : kontron ; Idunka 
w avaler » : iohka, cf. marlcunk « gloutton >i ; pcWfnpàdi 
« se vanter » : Tr porapadi ; trcumpla « tromper » (mais 
tromplëzcim « tromperie ») : cf. Tr. trompler ; esU<un eo 
V c'est étonnant » : rabr. eston ; fescun « façon » : mbr. 
faezon, faeçon ; frcumafa fromage » :<fr. ; Idiim « goutte » : 
lomm. 

ew ; Ex. : angdUni « agonie >■> :<fr. ; bigc>2t}::un « bigor- 
neau » : cf. Tr. bigorn, bigomenn ; kas^ni « haine » : Tr. 



— ôt 



kasoni, He. kas ; hi^dùrtu « pièce d'une charrue » : kilorôn ; 
PcumSnik « poumon » :< fr. ; ddljer « dégoût, honte » : Tr. 
donjer, mbr. doanger (?). 



Diphtongues 



§ 36. — Les diphtongues ne sont pas fréquentes dans le 
dialecte. Quand deux voyelles se rencontrent, elles restent lo 
plus souvent séparées et ne forment pas diphtongue. 

L'accent montre bien cette différence. Quand un mot finit 
par deux voyelles en hiatus ces voyelles constituent deux 
syllabes et l'accent frappe la première de ces voyelles, 
ex. : abardàes, disirèi, gelèi. Au contraire, une diphtongue 
ne compte que pour une syllabe, et l'accent frappe la sylJabe 
précédente, ex. : sêlOç^, dgrocu. Mais cela n'empêche pas le 
groupe ei des mots disirèi, gelèi de tendre à devenir diphton- 
gue. — De même quand un mot qui finit par deux voyelles en 
hiatus reçoit une terminaison d'une syllabe, l'accent est trans- 
porté sur la deuxième voyelle qui s'allonge si les conditions 
le permettent, ex. : bat: oâjcu; hues : buezck ; bian: biànoc; 
(le vieilles diphtongues ont été traitées de la même manière 
et ont perdu leur caractère de diphtongue pour les sujets 
parlants, cf. oat : bâjcu, mbr. oet, i-e — ai — ; krbas : 
kroàsr.Uj mbr. croes (lat. crux). Dans quelques mots il y a 
hésitation : koat : kbajdu et koàjcu ; nbas : noasQd et noàsod. 

ia 

§ 37. — Je n'ai noté cette diphtongue que sous la forme 
de nasalisée dans l'exemple suivant, qui fait partie du groupe 
traité § 48 : diskmni « sot » Tr. : diskiant. 

icU 
§ 38. — di(M, fém. « deux » : diou ; pidu « qui » : piou. 



38 



et 



§ 39 — Ex. : bleis « loup » : bleiz; ôrein « pourri •> : 
brein ; breiz ïzel « Bretagne » : Breiz ; brtuyeis « état d'être 
fâché, brouillé avec quoU^u'un » :<fr. ; deis « jour » ; deiz 
dreist « pardessus » : dreist ; eit «< second » : eil ; eis « orge » 
heiz ; seis, eis « sept, huit » : seiz, eiz ; feis « foi » : feiz 
keis pi. de keas « pauvre, malheureux )> ; keaz ; kein « dos » 
kein ; keit « aussi long » : keit ; kleis <- gauche » : kleiz 
lein « dîner » : lein ; mein pi. à^ medn « pierre » : méan 
neis « nid » : neiz ; seis « changer >» : Tr. sench ; seis « soie » 
seiz. — Pour disly^èi, gelèi, voir § 36. 



eUf e^ 

§ 40. — Ex. : eim « droit » : eun ; meur « mûr » (cf. 
mèurod) :<fr. ; eurus « heureux » : Tr. euruz ; malèurus 
« malheureux » : cf. euruz. 



§41. — Un ex. : rçq^r « le derrière » (pi. rèc^rydu) : 



reor. 



ea, ^a 

§ 42. — Il y a une tendance à ouvrir Ve par accommodation 
à Va deuxième élément de la diphtongue. On peut entendre 
ea à côté de ea. 

Ex. : breac « bras », dijivreac « les deux bras » : 
breac'h i cweaê (civçd) « six » : c'lioueach,£^efl(?« hier » : déac'h ; 
drean « épine » : dréan ; ear « air » : éar ; eas « facile » 
(comp. esoS) : éaz, aez ; feas « las » (comp. fesoîë) : faez ; kea 
« quai » : kaé ! kear « ville » : kéar ; keas ^ pauvre, malheu- 



— 39 



reux » : kéaz ; leaS « lieu » : léac'h ; leas « lait » : léaz ; mean 
(■<■ pierre » • méan ; meas « campagne » (pi. mescu) : méaz ; 
sead « sec » (comp. sedoc) : séac'h ; str^eat « route » : streat. 



eo 

§ 43. — Ex. : en diseol « dans l'ombre « : Tr. disheol ; 
eol « soleil » (pi. eol(U) : héol , enkleo « écho » : hégleô. 



§ 44. — Ex. : gàle^^ « les galères », gàlec^r « galérien » : 
Tr. galeou, galeour. 



§ 45. — ae apparaît devant r, cf. § 9. 

Ex. : aer « couleuvre » : aer ; dael^M « larmes » : 
daérou ; ko.er « beau » (comp. kàerdè) : kaer ; tocr c voleur » : 
laer. 



ao 



§ 46. — Le second élément de cette diphtongue est 
généralement un o fermé, mais l'on peut souvent entendre 
un moyen et M. Le Briz le prononce très souvent ainsi, 
ao et ao alternent suivant que c'est la tendance à Faccomo- 
dation (v. Vendryes, M. S. L. t. XVI p. 54.) ou la tendance 
à la différenciation qui l'emporte. 

Ex. : aolet « foyer » : oaled ; agi (aussi aot) « grève », 
pi. aoséA : aod ; aoten « rasoir » : aoten ; aoLer « autel » : 
aôter ; aoza « préparer » : aoza ; gaol « enfourchure >• 
(pi. gaoldu) : gaol ; glao « pluie » (pi. glàgyer) : glaô ; kaod 



— 40 — 



« excrément » : kac'h, kaoc'h ; kapl « chou » : kaol ; llviaot 
« ortie » : linad ; sao « cote, montée » (pi. sàoycu) : sao ; 
saos « bègue » (comp. sàosod) : if.aoz ; sans « souche » 
(Br. saos) « souche » (pi. sàosiju) :<fr. ; saos « Anglais » (pi. 
saozcicn) : saoz. 

Pour ao V. § 150. 



(i(U, g,c^ 

§ 47. — a devant lu tend actuellement à se diphtonguer 
en Ocij. Cette diphtongue accuse k son tour une tendance à 
être remplacée par œdu. 

Ex. : aba{cii)ice «■ depuis » : abaoue ; la{dii)wtjr doas 
« pétrin » : laouer ; ma(dn)wes « femme » : maouez ; la{du)wen 
« pou » : laouen ; la{d^i)wen, lœcuiven « gai, joyeux » : 
laouen ; ka{dfj)wen « hibou » : kaouen ; ya{c{i)wank, yçcuwank, 
yœdinuank « jeune » : yaouank. 

Autres exemples : 

Ocifircu «■ Monsieur » : aotrou ; fac^U « fente » {fgdAt) : 
faout ; godj, 9Q<?li 5"?^' <^ mensonge, dommage )> : gaou ; 
glodu, gloc^^ « braise » : glaou ; glocuren, gloturen « bave » : 
glaouren ; mOciUy mçid>it « mouton » : maout ; noc^m, ngdu-n 
« faim » : naon ; ôgra<ju « orgue » : Tr. ograu ; pocur, 
pOrXjr « pauvre » : paour ; sèlodii « écouter » : sélaoui ; vadi(>t 
« voûte » : baot ; kçLcut, kqediit « trouver » : kaout. 



oa 



§ 48. — Ex. : doa.r « sœur » : c'hoar ; doarvëza 
« arriver » : c'hoarvézout ; goas « homme » (pi. gbazet et 
gwâ.zet) : gwâz ; goat « sang » : gwâd ; koan « souper » 
(pi. kbandJt, verbe : hbana) : koan ; koapr, koap « nuages » : 
koabr ; koa-r « cire -» : koar ; koat « bois, forêt » (pi. koajiM 



-^ 41 



et koâjciL) ; loar « bas » : loer ; moan « mince, étroit » (comp. 
moanoë) : moan ; noas « nu » (comp. nbasod et noàsod) " 
noaz; poan « peine » (pi. pdandu) : poan. 



§ 49. — Ex. : pt«<^^ « voile » (pi. gcùel<:^) : gwél. 

ua 

§ 50. — Ex. : indàamant « ennui » : fr. ennuiement ; 
Icuarn « renard » : louarn ; kl^ar « tiède » (comp. klcùarod) : 
klouar. 



Triphtongue 



§ 51. — On trouve une triphtongue dans diOoul (aussi 
dioéJ'l) « diable » : diaoïil. 



CONSONNES 



— 45 



Les occlusives 



REMARQUE GÉNÉRALE 



§ 52. — Les occlusives sourdes sont aspirées à l'initiale, 
sauf après s. Mais ce sont des aspirées bien différentes des 
aspirées germaniques ou irlandaises. Pendant l'articulation de 
ces dernières les cordes vocales restent éloignées tandis que — 
d'après ce que j'ai pli observer à Saint- Pol — pour les occlu- 
sives sourdes bretonnes les cordes vocales se touchent d'abord 
ou sont très rapprochées l'une de l'autre et s'écartent ensuite 
brusquement aussitôt que l'articulation de l'occlusive commence. 
On entend une espèce d'explosion laryngale qui est très 
frappante chez M. Le Brîz, moins caractéristique chez les 
autres. Cette explosion est surtout marquée pour k ; elle l'est 
moins pour t et encore moins pour p. 

Les occlusives sourdes bretonnes consiituent donc une 
vaHation du type d'occlusives romanes ou slaves lesquelles se 
prononcent avec la glotte fermée. Ils diffèrent complètement 
du type dont le principal représentant est le groupe germa- 
nique (v. Meillet: Caractères généraux des langues germani- 
ques, p. 36 et suivantes). 

Les occlusives sonores sont complètement sonores dès le 
début de leur articulation. 



k 



§ 53. — k désigne une occlusive gutturale qui à l'initiale 
après s, â l'intérieur et en fin de mot correspond à l'occlusive 
française dans cale, capturer^, etc. Pour k à l'initiale voir la 



— 4lj — 

remarque précédente. Comme l'occlusive française de mots 
comme qui, le k breton s'adapte aux voyelles palatales qui 
suivent, mais no devient pas une vraie palatale, comme le 
k (k') irlandais par exemple. Je ne distingue donc pas entre k 
suivi d'une voyelle postérieure et k suivi d'une voyelle 
palatale. 

§ 54. — k se trouve à l'initiale devatit Voyelle ou dans 
les groupes de consonnes kl, kr, kiô, sk, ski, sk7', skia, skii'. 

Ex. : kâdor « chaise » : kador; kâp' « beau » : kaer ; 
kâgal drvet, lapïnet « crotte de mouton, de lapin » : kagal ; 
kalàren « boue, saleté » : kalar ; kals « beaucoup » : kalz ; 
kam « boiteux » : kamm ; kàn « chant » : kân ; kaoc 
c( excrément » : kac'h, kaoc'h ; kào « deuil » : kaiiv ; karek 
(( rocher » : karrek ; karvan « mâchoire » : karvan ; kawen 
(( hibou » : kaouen ; kea «■ quai » : kaé ; kear « ville » : 
kéar ; keas « pauvre, malheureux » : kéaz ; kefëlek « bécasse >> : 
kéfélek ; knn c dos » : kein ; kelènen « mouche » : kéliénen ; 
kenirner « tailleur » : kéméner ; kemesk « mélanger » : 
kemmesk ; kentel « leçon » : kentel ; kerse « regret » : 
kerse ; kerzii « décembre » : kerzu ; kï « chien » : ki ; 
klk(g) « viande >) : kîk ; kil « cercle » : kelc'h ; kinîden 
« araignée » : kiniden ; kinik « offrir » : kinnig ; kisen 
i< auprès » : kiclien ; kl^i « malade » : klanv ; kleis « gauche » : 
kleiz ; klëvet « entendre » : klévout ; kl^ze « épée » : klézé ; 
k^ver [gcnver M. S.) « janvier » : genver ; kl^ar « tiède » : 
klouar ; koan « souper » : koan ; knf « ventre » : kôf ; kôlo 
<( paille ^) : kôlô ; korn « corne « : korn ; krê « fort » : 
krénv ; krêdi « croire » : krédi , kreski « croître » : kreski ; 
}i(Uldri a colombier » : kouldri ; kûrun « tonnerre » : kurun ; 
kœnœé € bois à brûler » : keûneûd ; kjlâzes « séant » : 
koazez ; kioef « coiffe » : koéf ; kiôin «. gâteau » : kouin ; 
skant « écaille » : skant ; skao « sureau » : skaô ; shoota 
« échauder, brûler » : skaota ; skëfen, skë.fen « mou » : 
skéven ; skei « frapper » : skei ; sklâhes « saleté «;cf.stlabéza, 



- 47 — 

L. G. sklabéza ; sklasen « glace » : skias ; sklear « clair » 
skléar : sklôe « étrier » : stleûk ; skltum. skc^lm « nœud » 
koulm ; skrifa « écrire » : skriva ; skrijàden « frisson » 
skrijà ; skùdel « écuelle » : skiidel ; skwpr « équerre » 
skouér ; skwTs « fatigue » : skuîz. 

§ 55. — A l'intérieur on rencontre k entre voyelles ou 
dans les groupes de consonnes suivants : kl, rk, iik, nkl, 
mhw, shl, skr, skw. 

Ex. : aketus « soigneux » : Tr. aketuz ; ctnkeJ^ « mort » : 
ankou ; anhMnacûi « oublier î : aiikounac'h ; askel « aile » : 
askel ; askcurn « os » : askourn ; askican « second souper, 
réveillon » , : askoan ; besken « dé à coudre » : beeken ; 
hiken, hirviken « jamais » : biken, birviken ; diskar amzer 
« automne » : diskar ; diskîâhes « propre t> : Tr. distlabez ; 
diskrlet « décousu » : Tr. disgri ; diskr^unal an dent « mon- 
trer les dents » : L. G. diskrougna ; an diskicas a les épaules » 
skoaz ; disKwes « montrer » : diskouéza ; lusket « bercer » 
luska ; stnkla v jaillir » : Tr. siîikla ; iarkas « matou r> 
targas ; pemkwenek « caille » : pem + gwennek m. à m. 
{<x cinque sous », imitation du cri de l'animal); rank^tit 
« devoir » : renkoUt ; riklus « glissant », rikla « glisser » 
riska, riskla ; tri^sklen « croûte qui se forme sur une plaie » 
trousken ; loeskle « grenouille » : gwesklé ; enkleo « écho » 
hégléô. 

§ 56. — En fin de mot k apparaît après voyelle et en 
principe dans les mêmes groupes de consonnes qu'à l'intérieur : 
kr, rk, nk, sk, ski. ski. 

Ex. : âJ)^k « trouver à redire » : abek ; adrëk(g) 
« derrière b : adré, adrén ; âlek « saule » : halek ; ambtcuk 
€ conduite » : ambrouk ; amëzek « voisin » : amézek ; aràok 
« devant, avant » : araok ; âskl (âsk M. S.) « corde pour 
attacher les vaches * : nask ; bâkfg) « bateau « : bâg; 
befek K outil » : benvek ; bëk(g) « bec » : bék ; brësk 
(( fragile » : bresk ; bùzuk a ver de terre » : buzugen ; bSk 



— 48 — 
f mou » : bouk ; cxoèk « solide, fol't i) : c'hoii6k ; draskl 

o 

€ grive » : drask ; dicu/i(g) a mal » : drouk, droug ; mëskl 
« moules ï) : meskl ; ^k « dégoût >» : heûk ; park « champ •> : 
park : pask « Pâques » : pask ; pêsk a poisson « : pésk ; enk 
t serré, étroit » : enk ; falàkr « méchant » : iallakr ; frêsk 
« frais )) : fresk ; grèk(g) « femme » : grék, grég. 



§ 57. — g correspond à k, mais est sonore. C'est le g 
français dans gage, gagner, gué. Comme celui-ci il s'adapte 
aux voyelles palatales consécutives. 

§ 58. — g se rencontre à l'initiale devant voyelle ou 
devant r, l, w, w suivis de voyelle. 

Ex. . gai « Français » : gall ; galtui « puissance- » : 
galloud ; gant « avec » : gant ; gagl « enfourchure » : gaol ; 
gdr « jambe )> : gâr ; gâro « rude » : garô ; ga^ggé^, Qf^) 
(( mensonge » : gaou ; gêdal « attendre » : géd ; gelèi « cou- 
vrir I) : gôlei ; gër « mot » : gér ; gervel « appeler » : gervel 
g'evrei « sud-est » : gévret ; gîn,u « bouche » : genou 
glddar « affliction, douleur » : glac'har ; glân « laihe >> 
gloan ; glao « pluie » : glaô ; glas « bleu > : glâz ; gla^u 
(glçcu) « braise, charbon » : glaou ; glln ft genou » : glîn ; 
glogôren « ampoule » (klogôren M. S.) : klôgôren ; gô 
€ fermenter, lever )^ : gô ; goal »< sang » : gwâd ; gôro 
« traire » : goerô ; gorios « attendre » : gortoz ; g'œs « men- 
ton » (gr^fM. M"® S.) : gronch ; grà^ « vieille radoteuse » : 
grâc'h ; grâvik o chèvre » : gaour ; grèk « femme » : gi'ék, 
grég; grès « graisse » :<fr. ; grïjit « frileux, frisonneux » ; 
grinol « grenier » : gi'inol ; grisen « racine » : grisien ; 
grœn « grain » : greùn ; gc^^r « ruisseau » : gouer ; 



— 49 — 

ÇfUes 1 sauvage » : gwéz ; gSlen « demande » : goulenn ; 
g^lp « vide » : gouUô ; gduspërdu a vêpres » : gouspérou ; 
Çtûzduk € cou ï> : gouzouk ; gwarnisa « garnir » : mbr. p. p. 
goarniset ; gwel (M. S. wel Br.) « levain » : goell ; 
givelan « mouette » : gwélan ; giàeûi « améliorer » : Tr. 
gwellaat ; gièen « blanc » : gwenn ; gicëre « juillet » : 
gouhéré ; giôelâden « petit repas par lequel on célèbre les 
fiançailles » : gwéladen ; gwêle « lit » : gwélé; gïéer^des 
« vierge » : gwerc'hez ; gwèret « cimetière » : béred ; gibers 
« chanson, vers » : gwerz ; giôèzen « arbre » : gwezen ; 
gibin «vin » : gwin ; giblnis « froment » : gwiniz ; giblr 
« vrai » ; gwîr; givis « truie » : gwîz. 

§ 59. — A l'intérieur du mot g se trouve en position 
intervocalique ou dans les groupes de consonnes suivants : 
9h 9^7 rg, mg, ng, rgt, rgiv, ngl. 

Ex. : amyëges « sage-femme » : amîeges; ang^.ni 
« agonie i> :<fr. ; bêgel « pénis » : bégel ; benîga(t) « bénir » : 
Tr. benniga, binniga ; brâges « culotte » : bragez ; brœgœdi 
« rotet* » : breûgeûd ; dïgas « apporter » : digas ; digëri 
( ouvrir » : digéri ; dïgor « ouvert » : Tr. digor ; dirgivener 
« vendredi » : digwéner ; divergla, divergli « dérouiller » : 
Tr. divergla ; dSgen « porter >> : dougen ; dé^rgen « anse de 
panier » : dourgen ; ëgas « grincheux » : Tr. egas, hegas ; 
eglle « l'autre » (en parlant d'un homme) : égiïé ; egls 
« connue » (rare) : egîÉ ; engan, emgan < bataille » : Tr. 
emgann ; ergcûl^ (M. S.) « dot » : argourou ; ïgen < hame- 
çon » : higen ; karga « charger o : karg ; glûjer (Br., 
klùjar M. S.) « perdrix » : klujar ; krègi « mordre » : krégi ; 
lâgat « œil » : lagat ; lëgrest « homard » : légestr ; logôden 
« souris » : lôgôden ; lugûdus « lent » : lugud ; menglœs 
K carrière » : mengleûz ; ôgrOfU « orgue » : Tr. ograu ; 
penglaioi (penawi M. S.) « ramasser les épis après les 
gerbes » : penglaou ; pengen « sillon » : pengenn ; purgâtor 
« Purgatoire » : Tr. purgâtor; rëglen « règle » :<fr. ; 
relêgéA « reliques » : Tr. relegou. 



— 50 



§ 60. — g n'apparaît pas en syllabe finale sauf dans un 
exemple : jnrrgl (M. S. prononce mfrkl) « rouille » : raergl. 

Pour g en fin de mot après voyelle longue d'un mono- 
sj'Uabe voir § 154. 



t 



§ 61. — < est une occlusive dentale qui correspond au t 
français dans talon, tirer, etc. 

Pour le t initial voir la remarque ci-dessus, § 52. 

§ 62. — t se rencontre à l'initiale devant voyelle ou 
dans les groupes de consonnes tr, st, str devant voyelle. 

Ex. : stdk{g) « attache » : cf. staga ; stàl « rayon » : 
stàl ; ober stam « tricoter » : stamm ; stank « serré » : stank ; 
siao « palais de la bouche » : staon ; stam i métier de tisse- 
rand )) : stem ; sterêden « étoile » : stéréden ; siral<c^léJ(f 
« maladie de chevaux, morve » : Tr. strakouUlon, stra- 
kouilloun ; streat « chemin, route » : stréat ; sirefsal 
« éternuer » : strèfia ; strls « étroit » : strîz ; stûr « gouver- 
nail » : stûr ; sisl « cidre » : sistr ; tâga « mordre > : taga ; 
taken « bribe » : taken ; tâl « froni » : tâl ; tâl^l « valoir » : 
talvout ; tam « morceau » : tamm ; tamwes « tamis » : 
tamoez ; tan (làn) « feu » : tân ; tarkas « matou » : targaz ; 
tëcet « s'enfuir » : tec'hout; tei « couvrir (Une maison) » : 
tei ; teil « fumier » : teil ; tena « tirer » : tehna ; ieo « gros » : 
téô ; teot « langue s ; téôd ; ter s'en « fièvre » : tersien ; tî 
« maison » : tî ; tiz^^t « attrapper, atteindre » : tizout ; toas 
« pâte » : tôas ; lôk * chapeau » : tôk ; toin « chaud » : 
tomm; tort « bossu » : tort; iôst « près >; : tôst; tœza 
« fondre » : teûzi ; irû. « chose » : trâ ; tre « marée basse » 
tré ; trëas « gros sable » : treaz ; irei « tourner » : trei 
irmken < grosse barre de bois » ; trikn « oseille » 
trinchin ; ira a- tour » : trô : trœst « poutre » : treûst ; trites 



^ 51 ~ 

« pitié » : truez ; trcCcea « couper » : trouc'ha ; iufâden 
« douvelle » : tufen ; turyat « fouir » : turia ; iùt(d) « gens » ; 
tud ; tfUsek « crapaud » : tousek ; t^~ii(d) « tout » : < fr. ; 
wêst a capable » (gioêst M. S.)': Tr. gwest. 

§ 63. — A l'intérieur du mot t apparaît entre voyelles ou 
fait partie des groupes de consonnes suivants : ^r, il, rt, II, 
ni, si, ntr, riy. 

Ex. : abostol n apôtre » : abostol ; aliPri < délirer » : 
alter ; aniornôs v lendemain » ; antrônoz ; aoien « rasoir » : 
aoten ; asien «• allonger » : astenn ; asioma « réchauffer » : 
astomma ; atrisaot (ariisaoi M. S.) « artichaut j) :<fr. ; 
i^t(Un, bjtnt^n « bouton >> '. Tr. boutoun ; bdui^ « soulier » : 
boutou ; distâga « détacher » : distaga ; disirei cf retourner » : 
Tr. distrei ; distrûja « détruire » ; L. G. distruji ; d^usir'enk 
i aigre-doux » :<fr. « doux» douce » et trehk ; entre 
a iridyen » ; être, etle « à mesure » ; gorîos « attendre » : 
gortoz; tntrçûn (Tnlrcjûn M. S.) « dame » : itrôn, itroun ; 
istren c huître » : histr (pi. istr)\ kariyer « quartier» :<fr. ; 
keniel « leçon » : kentel ; k^nirol « contraire » : Tr. kontrol ; 
li^niri^Jin (t ver de charogne » : kontron ; maliam « fronde » : 
Tr. batalm, baltam ; ni^islra « presser » : moustra ; poltret 
« portrait » :<fr. 

§ 64. — En fin de mot on trouve t après voyelle ou 
faisant partie des groupes de consonnes ér, ni, ri, si, str. 

Ex. : c'djat « abbé )) : àbad ; ahrët(d) « de boilne heure » : 
abréd ; anà^U « connaître » : anaout ; andrei « endroit » : 
< fr. ; ânet « visible » : anat ; ankiU7iacat <l oublier >/ : Tr. 
ankounac'haat ; aolet « foyer » : oaled ; àracant « argent » : 
arc'hant ; a^.nt « là-bas » : -ahont ; badisant « baptême >> : 
mbr. badezyant, badizyant ; hlœt(d) « farine >; : bleûd ; IkM^t 
« nourriture » : boued, boed : dani 'f dent »> : dant : ent 
« chemin » : hent ; gàl(d) »■ lièvre » : gâd ; goat « sang » : 
gwâd ; gcUSiai « leutement » : goustad ; kânart « canard » ; 



— 'o'd — 

<fr. ; kant « cent » : kant ; kasgrt « cancer » :<fr, ; lari 
« gras » : lard ; IPgresl « homard » : légestr : lèsir « navire, 
vaisselle » : lestr ; paotr « garçon » : paotr ; rdt(d) « roue » : 
rôd; shœl(d) « ombre » : skeûd ; spêzart t groseilles à ma- 
quereaux > : spézad. 



§ 65. — ^ signifie un t palatal comme dans français tiens 
(j,ç). Le bout de la langue reste appuyé sur les alvéoles au- 
dessus des dents supérieures, mais la partie antérieure et 
médiale est pressée contre le palais. 

Je n'en ai que deux exemples : 

mip^n pi. de tnûpfb) « fils » : mâb ; iskipten pi. de 
eskop « évêque » : eskop. 



§ 00. — c/ est Tocclusive sonore correspoildailt à t. C'est 
le même que le d français dans donner, digne, etc. 

§ 67. — d apparaît à l'initiale devant voyelle ou suivi 
de r, l devant voyelle. 

Ex. : <ia « à » : da ; dàel^u « larmes » : daérou ; dal 
« aveugle » : dall ; dSves « matière » : danvez ; deac' (deaS 
M. S.) « hier » : déac'h ; défi « pondre » : dozvi; dets 
« jour » : deiz ; de^n « feuille » : délien ; dëna « têter » : 
déna ; diavèas « du dehors » : diavéaz ; dtbùna ^ dévider » : 
dibuna ; dien « crème » ; dienn ; dijat « vêtement » : dilad ; 
dimêzi, (dinnzt) « mariage (à la mairie) » : dimîzi ; dïr 
« acier i) : dir ; diskulp, « déclarer » : diskula ; disto « sans 
toit, chauve » ; dlë (dlie M. S.) « doit » (sg 3du pr'.):cf. dlé, 
dléad ; dônani « large, généreux » :<fr. ; dôr « porte » : 
dôr ; drala « hacher » : drala ; draskl « grive » : drask ; 



^ 53 — 

drean « épine » : dréan ; drem « tranchant » : dremm ; drus 
€ gras » ; drûz ; dua « noircir » ; dû ; d^ç a. Dieu » : doué ; 
d(jùja « craindre » : douja ; glander « conferves ». 

§ 68. — rf se présente à l'intérieur du mot entre voyelles 
ou dans les groupes de consonnes suivants : dr, rd, nd, 7nd, 
Id, rdr^ Idr, ndr, hd. 

Ex. : àbardàes « soir » : abardaez ; ôda « semer » : 
hâd ; adare « de nouveau » : adarre • adrck (g) « derrière » : 
adre, adren ; andret « endroit » : < fr. ; awîdi « petits 
canards » : cf. Tr. houad, pi, houidi ; ar harâdos « le Paradis >> : 
bemdes (bembes M. S.) « chaque jour » : bemdez ; hrœdœr 
pi. de brœr « frère » : breîir ; b^udedèo « le Juif errant » : 
boudédéô ; bioèden < moelle « : boédeii ; yculSinder « vider » : 
Tr. goullonder ; gçurdoma « réchauffer » : gour -f tomma ; 
gcurdrdus « réprimande, réprimander » : gourdrouz ; mdi 
€ eux » : cf. Tr. hi ; ivîdik « tempe » ; kendçr « cousin » : 
kenderf; kildant « grosse dent » : Tr. kildaîît ; korden 
« corde « : korden <fr. ; k^uldri « colombier * : kouldri ; 
nedêlek « Noël )i : nédélek ; râdcn « fougère » : raden ; 
skubdelfU « automne » : skubdeliou ; starda « serrer » ; 
stard. 

§ 69. — c? ne paraît pas en fin de mot en vertu de la 
règle § 154. J'ai pourtant souvent entendu bord « bord » à 
côté de borl :<fr. 

Pour i, d après voyelle longue dans un monosyllabe 
voir § 154. 

é 

§ 70. — ^ est un d palatal ; c'est la sonore correspond 

dant à ^. 

Ce son est rare. J'en ai les exemples suivants : 

dia^d, doà^l aussi dictai « diable » : diaoul ; die (à côté de 

dlêf dlîe) « doit » : ci', dlé ; skubden « balayure » de là 

skubdena^ « balayures » : Tr. skubien. 



— 54 -. 



§ 71. — p désigne une occlusive labiale qui correspond 
au p français dans papier, pilier, etc. Pour p à l'initiale voir 
la remarque du § 52. 

§ 72. — p se trouve à l'initiale devant voyelle ou dans 
les groupes de consonnes suivants : pi, pr, pw, sp. 

Ex. : paea « payer » : paéa ; pâd^i « durer » : padout ; 
pâl « pelle » : pâl ; pao « patte » : paô ; paotr « garçon » : 
paotr ; parèa « guérir » : paréa ; payées « paroisse » : parrez ; 
park « champ » : park ; pas « toux » : pas; pçp(b), pep 
« chaque » : pep ; pP^^H « péché » : Tr. pec'hed ; pêden 
a prière » : péden ; pel « longtemps, loin » : pell ; pen « tête » : 
penn ; p^'r'>3^n « propriétan-e » : perc'hen ; pfmr « quatre » : 
pévar ; pikol « grand » : pikol ; noas pi^ « tout nu » : pil 
« guenUle » ; pïk (M. W" S. Mk Br.) .rpie » : pîk; pïlai 
« démolir » : pila ; pïs « économe » : 2 . piz ; pi^ « qui » 
piou ; plàS « servante » : plac'h ; planta « planter » : Tr 
pianota ; plïjcUt « plaisir » ; plijout ; pluen « plume » : plû 
pl^ja « plonger » : cf. Tr. plunja ; poan k peine » : poan 
poâzat « cuire » : poas ; pôpl < peuple » : pobl ; pors « port » 
pors ; pœrij^ paître » : peûri ; pren « fermeture, serrure » 
prenn ; prena « achetei » ; préna ; prenest « fenêtre » 
prénest; prët{d) « repas » : préd ; prëzek « prêcher » 
prézek ; prï « argQe, boue » : pri ; pul « abondant, copieux » 
pul ; pfues « poids » : poez ; p^ul « lavoir » : poil ; p^ner 
« lourd » : pounner ; pwêz^n « poison » : < fr. ; spânel 
« spatule » : spanel ; sparfel a épervier » : sparfel ; spC-rei 
a esprit » : spéred ; spcrn « églantier » : spern ; spjint « peur, 
effroi » : spount. 

§ 73. — On rencontre p à l'intérieur du mot entre 
voyelles ou dans les groupes de consonnes suivants : rp, Ip, 
mp, pr, mpr, mpl, mpw, sp, spl, pi. 



— 55 — 

Ex. : amparfal (emparfal M. S.) « qui ne voit pas bien, 
faible, infirme de corps » : amparfal ; amprëfan « insecte » : 
amprévan ; arpa « appuyer » : harp ; hapaik « poupée » : 
Tr. bappaik ; bepretfd) « toujours » : bépred ; di^upa « en- 
lever » ; dispen « effilocher » : dispenna ; displua 
(displîti M. S.) « plumer » : Tr. displua ; dizesp^r « déses- 
poir » : D. M. dizésper; epât{d) « pendant » : epad ; g^uspêrcU 
« vêpres » : gouspérou ; giéespèden « guêpe » : gwespéden ; 
gibispii « biscuit » : L. G. gwesped ; ràspaot « fille qui court 
après les garçons » : Tr. raspaotr ; semplu « évanouissement > : 
sempi ; skolpat « copeau » : skolp ; s^rpïlis (s^pîlis M. S.) 
« surplis » : sourpiliz ; toîpes « bouse de vache )> : tolpez ; 
trempa « tremper » j Tr. trempa ; irdumpla « tromper », 
tromplëz^n « tromperie » : cf. Tr. trompler ; krampioes 
« crêpe » : krampoez ; mipien pi. de mâp(h) « ôls » : mâb; 
iskipien pi. de eskop « évêque » : eskop. 

§ 74. — p apparaît en fin de mot après voyelle. Pour p, h 
après voyelle longue dans un monosyllable voir ci- dessous. 

Ex. : êne2i « opposé » : énep ; ëp(b), ep « sans »"; hép ; 
glêp « mouillé » : glép, 



§ 75, — h désigne une occlusive labiale sonore et corres- 
pond au h français dans hain^ bagage, bistre. 

§ 76. — b se trouve à l'initiale devant voyelle ou suivi 
de r, l, w devant voyelle. 

Ex. : bô!è « lourd, chaud » : 2 bâç'h ; bâk(g) « bateau » : 
bâg (bak) ; bàle « allure » : baie ; bânel « venelle » : baneî ; 
bâra « pain » : bara ; barn « jugement » : barn ; bàro 
« barbe » : barô: bas « bâton » : bâz ; beac« peine, difficulté, 
fardeau » : beac'h ; béas « voyage » :_béach ; befek « outil » : 



— 56 — 



behvek ; bèk « bec » : bék ; hèlek « prêtre » : bélek ; beo 
« vivant » : béô ; hër « broche » : bér ; bêr « court » : berr ; 
bian <( petit » : bihan, bian ; bllim « venin » : binim ; bilîen 
« galet » : bili ; biod « vache » : bioc'h, buoc'h ; birvi 
« bouillir » : birvi ; blâs « goût » : blâz ; bleis « loup » : 
bleiz ; blèjal « beugler, miauler >: : bléja ; bloas « an i» : 
bloaz ; blônek « graisse » : blonek ; blœt(d) « farine » : bleûd ; 
bôc' « joue » : bôc'h ; bôda « assembler » : boda ; bas i creux 
de la main » : bôz ; bœs « buis » : beûz ; bœzi « noyer » : 
beûzi ; brâges « culotte » : bragez ; bran <( corbeau « : bran ; 
bvao « gentil, beau » : braô ; brcin « pourri » : brein ; bren 
« son » : brenn ; buan « vite » : buan ; bues « vie » : buez ; 
buiun « tabac » : bitun ; b^ùc' «■ boue » : bouc'h ; b^k « mou )> : 
bouk ; bffizar « sourd » : bouzar ; bwëden « moelle » : 
boéden ; bwezelat (boezelat) « boisseau » : L. G. boezel. 

§ 77. — On rencontre b à l'intérieur du mot entre 
voyelles ou dans les groupes de consonnes suivants • br, bly 
rb, mbr, rbl, bd, bd. 

Ex. : abardàes < soir » : abardaez ; abat « abbé d : abad ; 
âbek « trouver à redire » : abek ; ab{u « à côté » : ébiou ; 
abosiol (t apôtre » : abostol ; abrët(d) « de bonne heure » : 
abréd ; ambr^uk « conduite, conduire » : ambrouk ; arbel 
(( armoire » : Tr. arbel ; dibrâda « soulever » : Tr. dibrada ; 
drëbi « manger -» : dibri ; ëbœl (œbœl) <v poulain » : ébeûl ; 
ïbil « cheville, goupille, tolet » : ibil; kcûblat « couple » : 
koublad ; lâltus « oiseau » : labouz ; marblu « duvet » : 
marbléô ; rêbes « reproche » : rébech ; skub^en « balay ure » : 
Tr. skubien ; skubdel^ « automne » : Tr. skub deliou ; 
tarbârer « aide-maçon » : darbarer. 

§ 78. — En fin de mot j'ai noté deux exemples de b dans 
les groupes de consonnes blet mbl: s^fcbl « humide, brumeux » : 
Tr. soubl ; umbl « humble » : D. M. umbl. 

Pour p, b après une voyelle longue dans un monosyllabe 
voir § 154. 



— 57 — 



Liquides et nasales 



§ 79. — Ar Brîz emploie ua r dorsal avec 2-3 roulements, 
mais IV général à Saint- Pol-de-Léon — 1'?' de M. et M™* Sévère 
par exemple — est un r articulé avec le bout de la langue. 
M. et M™® Sévère le roulent assez faiblement et c'est le cas 
en général des habitants de la ville ; mais dans la campagne 
environnante on peut entendre des r fortement roulés. 

Après S* initial, résultant d'une mutation, IV dorsal est 
général. Le dos de la langue est soulevé vers le palais mou et 
la pointe de la langue est tendue vers les alvéoles. Mais l'ar- 
ticulation en est très faible ; on n'entend généralement qu'un 
seul roulement et souvent même ce roulement disparait 
complètement. 

§ 80. — r se trouve à l'in'tiale des mots devant voyelle, 
ou après 1), f, d, t, st, g, k, sk devant voyelle. 

Ex. : râden « fougère » : raden ; y^an » part, partage » : 
rann ; ranli<ut « devoir » : renkout ; m* « chaulx » : râz ; 
rets « rat » : râz ; ràspaot a fille courant après les garçons > : 
Tr. ras-paotr ; real (real) « . 25 ctm » : réal ; rêbef « re- 
proche » : rébech ; règlen « règle » :<fr. ; relèÇçU « reliques » 
Tr. relegou ; rem « rhumatisme » : remm ; reo « gelée » 
réô ; reœr a derrière » : reor ; reverzi « grande marée » 
réverzi ; riklus « glissant » : rikla, riskla ; risa « vider, 
nettoyer » : rinsa ; rçÇ « rocher » : roc'h ; rôdai v ronfler » : 
roc'ha ; rodela « chiffonner » : rodella ; roe « aviron » : 
roénv, roév ; rolac « ornière » : rollech ; rœn « tertre, mon- 
ticule » : rûn (mbr. reun); rœt(d) « raide » : reûd ; rùs 
« rouge )) : rûz ; rusi « violent » : rust ; rMânes <( reine » : 



— 58 — 

rouanez ; ry/f « roi » : roué ; rcunli<un « râle » : ronkel ; 
hrâges « culotte » : bragez ; hràn « corbeau » : bran ; brao 
« gentil, boau » : braô ; b7\is « grand » : brâz ; by^ead 
u bras a : brcac'h ; brein « pouni » : brein ; bren « son » : 
brenn ; hrœgœdi ^< roter » • breûgeûd ; bron « sein » • bronn ; 
bi^œr « frère » : breûr ; brûjun « miette » : bruzun ; brûk 
« bruyère » : brfilv ; drala d hacher » : dral, drala ; drashl 
« grive » : drask> mbr. drasgl ; drean « épine » : dréan ; 
drPbi « manger » : dibri ; drem « tranchant » : dremm ; 
dï-fs (dï'fjs M. S.) « ronce » : drézen ; dt^ùs « gras » : drûz ; 
dr^ûk « mai » ; drouj^ ; frai « tléau » : frai ; frao « cor- 
neille » : frao ; frêsh « frais » ; frésk ; /rï « nez » : fri ; 
frônel « narine » ; fron ; frœza^ frœga « démolir, déchirer d 
freûza ; fvciies « fruit » ; frouez ; grfiS « vieille radoteuse » 
grac'b ; graSçU <c grâces » : Tr. gras ; grâvik « chèvre » 
gaour, gaor ; g7'èk « femme, épouse » : grék ; gtHat « coudre » 
Tr. griat ; grinol « grenier » : grinol ; groa « grou » : grôa ; 
grœn « grain » : greùn ; kramp « chambre » : Tr. karapr, 
kambr ; kren « courtaud » : krenn ; jpy^en « fermeture, 
serrure » : prenn ; 'prêna « acheter » : préna ; prenest 
a fenêtre » : prénest ; prëzek « prêcher » ; prczek ; prï 
« argile, boue » : prî : skrlfa (« écrire » : skriva ; skrijâden 
« frisson » ; skrija ; strak^^l^ « maladie de chevaux qui est 
caractérisée par une toux » : Tr. sirakouillon, slrakouiUoun ; 
sir'apen a cheville de bois ou de fer servant à attacher les 
bêtes dans les champs » : strapen ; streat « route » : stréat ; 
stTcues <.<■ ronce » ■ strouez ; ira « chose » : trâ. 

§ 81. — De plus on rencontre r à l'intérieur des mots 
entre voyelles et combiné avec un grand nombre de consonnes : 
rp, pr, mpr, rbj rblj br, mbr, 7% rty, tr, Itr, nir, sir, 
rdy rdr, dr, Idr, ndy\ rk, kr, skr, rg, rgl, gr, m, rn, ri, 
ri, rv, vr, rc, dr, rf, fr, rs, rs, rz, rg, vrr. 

Ex. : abardàes « soir » . abardaez; abrët(d) « de bonne 
heure « : abréd ; adare « de nouveau » : adarre ; adrèk (g) 



59 



« derrière » : adré, adrén ; adrœs « à travers n : adreûz ; 
amhfcuk « conduite, conduire » : ambrouk ; amparfal « qui 
ne voit pas bien » : amparfal ; amprëf'an « insecte )> : 
amprévan; andret « endroit » :<fr. ; irie^r pi. de arc <i coffre 
pour mettre le blé » : arc'h ; antornôs « lendemain » : 
antrônôz ; àracani (ar^cant) « argent '> : arc'hant ; o.ràok 
« devant » : araok ; arbel « armoire » ; Tr. arbei ; argîla 
« différer, refuser de faire quelque chose » : argil ; arcêlar 
« feu-follet » : aiikelc'her, mbr. enquelezr ; arne « orage » : 
arné ; arpo. « appuyer » : harp ; arcùdQn « ligne » : rouden ; 
arvesi « veillée de mort » : He. arvest « spectacle » ; arzal 
« aboj'-er » : hârz ; atrisaot (M. S. artisaot) « artichaut a : 
<fr. ; bâra « pain » : bara : barbculd, barbcuya '.<■ barbouiller » : 
<fr. ; bazrç {bazle M. S.) « mouron ï» ; beprët(d.) « toujours » : 
bepred ; berna <l accumuler, entasser » : Tr. berna, bernia ; 
birci « bouillir » : birvi ; Sivevrœr ><. février » : c'houévrer ; 
derSel (M. M"* S. der^c'el) ^ retenir > : derc'hel ; dicrœna 

ce C V. / ^ C 

[digrc^na M. S.) « écroùter » : dic'hreunia ; difariùi « dé- 
brouiller, tirer d'embarras » : cf. Tr. diluia, dizluia ? ; 
diskrtet « décousu » : Tr. disgri ; diskvçunal an dent 
« montrer les dents » : D. M. diskrougna ; disirèi « détournei » : 
Tr. distréi ; distn/ja « détruire » : L. G. distruji ; divergla 
« dérouiller » : divergla ; d^urgen « anse de panier » : 
dourgen ; d^.rlïvet o. pâle » : Tr. droukiivet, droulivet , 
entre « moyen » : entré ; ergcût^i « dot « : argourou ; 
eryênen « source » : ayénen ; eryo .< aujourd'hui » : hiriô ; 
être (M. S., eile Br.) « à mesure » : D. M. endre ; firser pi. 
de forS (( fourche » ; forc'h ; gèviTet « sud-est « : gévred ; 
gçurdoma « réchauffer » : gour, cf. Pedersen I 42 ; gcurditus 
<( réprimander, réprimande >> : gourdrouz ; gièer^des 
« vierge » : gwerc'hez ; giherza « vendre » : gwerza ; 
istren « huître » : histr ; kartyer « quartier » : < fr. ; 
k^rse « regret » : kerse ; k^umpren « comprendre » : 
Tr. komprenn ; k^ldri c colombier > : kouidri ; k^ntrol 
« contraire » ;Tp. kountrol ; lêgrest « homard b : iégestr ; 



— 60 - 



marhlu « duvet « : marbléô ; marî^nk « glouton » : cf. 
lonka ? ; movlarjes « carnaval » : morlargez ; méuirfc'un 
w morve « : cf. mourmouz ; incunrifus «■ morve » : raour- 
moiiz ; ôgt'O^j^ « orgue » : Tr. ograu ; 'palëfras « quart 
(surtout de drap) » : palévars ; persçun « recteur » : person ; 
poUi-ei K portrait » : < fr. ; pœlirin « poitrine » :<fr; 
P(Uh-oèvat « godiller » : poull-roénv ; sa{ii)xcrek « savou- 
reux » : L. G. saourek ; sparfel « épervier » : sparfel ; 
sifretPzen « crevette (emprunt français, chevrette) » ; terïen 
« fièvre » : tersien ; torfen « coussin » : Tr. torchenn ; tre 
« basse marée » : tré, tréach ; irei « tourner » : troi ; irmk 
« aigre » :^ trenk ; trisin « oseille » : trinchin; an ifern^u 
Br. art. uf^n^i M. S. « les chevilles » : ufern. 

§ 82. — En fin de mot r apparaît en finale absolue après 
voyelle ou après voyelle devant les consonnes i\d)y k, kl{gl), 
n, d, s. 

Ex. : abàrs « avant » : abarz ; àbostôler « sous-diacre » : 
abostoler ; aer « couleuvre » : aer ; âlar « charrue » : alar ; 
alôicêder < alouette » : alc'houéder ; amzei^ « temps » : 
amzer ; aoter « autel » : aoter ; ay^d « cofire pour iïiettre le 
blé » : arc'h ; ars « borne » : harz ; cisltç^tm « os » : askourn ; 
bord, hort « bord, côté » :<fr. ; h^ilard glao « averse de 
pluie, ondée » : <fr. brouillard; erc « neige » : erc'h ; ford 
« fourche « : fore' h ; fdiirn « four » : forn ; gars « haie » : 
garz ; kânart « canard » : <fr. ; kâzard « grêle » : kazarc'h ; 
koi^f « corps » : korf; mçrgl, merkl « rouille » : mergl ; 
park « champ » : park. 



r 

o 

§ 83. — r est un r sourd. Comme /, il ne se rencontre 

o o 

qu'en fin de mot après une occlusive A", p, t, mp, si, et en 
pause. A l'intérieur de la phrase il est remplacé par r. ■ r est 



— 61 — 

souvent très réduit . Dans quelques mots il l'est toujours et 
disparaît alors à l'intérieur de la phrase. Dans ces mots je 
note J" . 

Ex. : paoti' « garçon » : paotr ; mêst^ « maître » : Tr. 
mestr ; mempr « membre » :<fr. ; Içstr (lëst^' M. S.) « navire, 
vaisselle » : lestr ; koap^ « nuages » : koabr ; istr [ist M. S.) 
pi. de istren « htiitre » : histr ; falàkP « méchant » : fallakr. 



/. / 



§ 84. — Il y a plusieurs l. 

VI ordinaire est 17 français. Le bout de la langue touche 
les alvéoles et l'air s'échappe des deux côtés de la langue. 

Après une voyelle le dos de la lange ne retombe pas 
immédiatement, mais reste levé pendant l'articulation de 1'/. 
Le résultat est un l creux. Il est très frappant chez Le Briz, 
bien moins chez M. et M""^ Sévère. 

Un troisième l apparaît à la finale de quelques mono- 
syllabes représentant mbr. U^ et en fin de mot par assimilation 
à un J précédant. En articulant cet l le bout de la langue 
touche l'arrière des alvéoles et la partie antérieure de la 
langue se creuse légèrement. L'air s'échappe des deux côtés 
comme pouf 1'^ ordinaire. Je note ce phonème par L 

Tous ces l sont complètement sonores. 

§ 85. — l apparaît à l'initiale devant voyelle ou après 
^) Pf ^> 9} ^> ^^ initiaux devant voyelle. 

Ex. : làbfiir « travail » ; labour ; lâbçUS « oiseau » : 
laboùz ; la^r « voleur » : laer ; lâgai « œil » : lagad ; lam 
« bond, saut )i : lamm ; lart « gras » : lard ; leac' « lieu » : 
léac'h ; leânes « religieuse » : léanez ; leo-s « lait » : leaz ; 
lëdan « large » : lédan ; lëhit « vase » : lec'hid ; lein « dîner » : 
lein ; leon « aigu, tranchant » : lemm ; len « lecture » : lenn ; 



62 



len « étang » : lenn ; Imven « lame de couteau » ! lavnen ; 
lèren « lanière » : lor ; les « hanche » : léz ; lim « lin^e » : 
liin ; Ihiaot « ortie » : linad ; Hors « jardin potager » : liorz ; 
loa « cuiller » : loa ; loai' « lune » : loar ; Ida' « bouger » : 
Tr. loc'h ; In'n « plein )' : leûn ; ?ô?r u aire, sol » : leur ; 
lûdn « cendre « : ludu ; l^iarn « renard » : louarn ; yiz<^i 
« plante, médicament » : louzou ; blàs « goût » : blâz ; hleis 
« loup » : bleiz ; hU'Jcd «■ beugler » : bléja ; bleo « cheveux » : 
bléô ; b/oas « an » : bloaz ; blônck « graisse ,« : blonek ; 
blœt {dj « farine » : bleûd ; elle (dlie M. S.) « doit » : dlé, 
dléad ; f/)ç''« dette » : dlé; flamïna « llamber » : flamm ; 
fîear « puanteur ^) : fléar ; fïmn tân « éclair de chaleur » : 
flemm ; flipal « parole vexante » : Tr. flippât ; flœren « fleur « : 
<fr. ; glâcar « affliction » : glac'har ; glân « laine » : gloan ; 
glands'r « conferves » : glandour ; glao « pluie » : glaô ; 
glas t< bleu » : gîàz ; glèp « mouillé » ; gléb ; glïn « genou » : 
gîin ; kfa « malade » : klanv ; kleis « gauche » : kleiz ; kleo 
« nœud » : klaô ; klèvet « entendre » : klévout ; klêze « épée » : 
klézé ; klœza « creuser » : kleîiz ; plâ8 « servante » : plac'h ; 
plljcut « plaisir >; plijout ; pluen v plume » : plû ; plcum 
« plomb » : ploum ; sklâbes « saleté » : cf. stlabéza ; sklakal 
(' faire un bruit sec » ; sklasen « glace » : skias; sklœ 
« étrier » (M. S., inconnu par Le Brîz) : stleûk ; skl^mi^ sk^lm 
« nœud » : koulm. 



§ 86. — A l'intérieur des mots l se trouve soit entre 
voyelles soit dans les combinaisons de consonnes suivantes : 
bl, rbl, Ip, spl, dl, Id, ld)\ IL It, Itr, gl, rgl, ngl, kl, nkl, 
ski, Ikf ri, Ir, nl{ndl), Iv, If, l8, I8w, zl, Iz, si. 

Ex. : abalcwus-ir « à cause de » : abàlamour; âla 
« vêler » : ala ; âlan « haleine; souffle » : alan ; OXar 
« charrue » : alar ; alûzen « aumône » : aluzen ; alcwëder 
V alouette » :^filc'houéder; al8ices « clef « : alc'houez; altëri 
« délirer » : altei- ; aolet « foyer » : oaied ; aioalac « assez » : 
awalc'h ; bèlek « prêtre » : bélek ; dàel^ « larmes » : daérou ; 



63 



difariùi « débrouiller, tirer d'embarras » ; cf. diluzya ? ; 

disklabes « propre » : Tr. distîabez ; distiéi, dislïvet « sans 
couleur, incolore » : Tr. disliv, dislivet ; displîXa (displïïM. S.) 
« plumer » : Tr. displua-, diblua ; divergla, divergli c. dé- 
rouiller » : Tr. divergla ; df^irliveî « pâle « : Tr. drouklivet, 
drouiivet ; enhleo <f. écho » : hégîéô ; etie (être M. S.) « à me- 
sure )i ; D. M. endré ; felccn « rate » : feic'li ; kcdves 
« charpentier » : kalvez ; kànloar- [kàndloar] « pleine lune » : 
kannloar ; kelhuz lavâret {kerk^lz, h^l.z M. S.) t< pour ainsi 
dire » : kerkonls ; kîldant « grosse dent ^) : Tr. kildant ; 
hrhzleard M. M'"*= S. « hanches » : cf. kroazel ; l^eddri 
« colombier » : kouldri ; kcûhlai « couple » : Tr. koublad ; 
nialken « gros nuage » : Tr. malkenn ; maliam « fronde )i : 
talm, Tr. baltam, batalm ; rnalven « sourcil » : malven ; 
marblu « dnvet » : marbieô ; melcoden « escargot » : 
meic'houéden ; menglœs « carrière » : mengleûz ; milf.k 
« mie de pain » : minvik ; raGrlarjes « carnaval » ; morlar- 
gez; penglawi {penawi M. S.) « ramasser les épis restés 
après l'enlèvement des gerbes » : penglaou, pennaoui ; poltret 
« portrait » :<fr. ; pœltrin « poitrine » :<fr. ; pculroevat 
« godiller » : poull -|- roénv ; règlen « règle b :<fr. ; riklus 
ix glissant )>.4 cf. riska, riskla ; silzik {siljik M. S.) « saucisse » : 
silzik ; skolpat « copeau » : skolp ; ïînkla « jaillir » : Tr. 
sinkia ; iolpes « bouse de vache » : torpez, Tr, toipez, torpez ; 
trd^sklen « croûte qui se forme sur une plaie )> : trousken. 

§ 87. — ^ se trouve en fin de mot après voyelle ou 
devant w^ f, c\ s{z') final après voyelle. 

Ex. : ahostol «. apôtre » : abostol ; ael « essieu » : ael, 
ahei ; al « autre » : ail , OMeval « bête, animal » : anéval ; 
arzal « aboyer » : harz ; âvel « vent » : avel ; hScal 
V( hache >> : bouc'hal-; lyi-dal « bruit ronflant » : boud ; dal 
« aveugle » : dali ; dalc' « prise » : dalc'h ; faî « mauvais » : 
fall ; frônel « narine » : fron ; gai « Français » : gall ; gâl 
« gale y> : gâl ; gaol <• enfourchure » : gaol j gervel « appeler » : 



- 64 — 

gen-el ; kals « beaucoup » : kalz ; kelJ^z lavàrel [k^rkçUlZj 
k^tlz M. S.) « pour ainsi dire » : kerkouls; mal « hâte » : 
mail ; m^uald « merle » : moualc'h ; œlf « flammèche » : cf* 
olven ; pel « longtemps, loin » : pell ; sk^îm^ shl^m « nœud » : 
koulm ; yalc « bourse » : ialc'h* 

§ 88. — Eexemples de J. ; 

(1) kol « perte » : koU ; icel « levain » {gioel M. S.) : goell* 

(2) blèjal « beugler, miauler » : bléja ; nJjal « voler » : 
nija. M. Sévère a l dans ces deux mots : blëjal et nïjal; 
ijel (pour ce mot Le Brîz dit aussi souvent îjel) « bas » : izel. 

o 

§ 89. — / est un l sourd. Il n'apparaît qu'en fin de mot 

o 

après des explosives. Il est généralement très réduit, ne dé- 
passe pas l'état implosif , souvent même il disparaît complète- 
ment. L'explosive précédente est ordinairement assourdie j 
mais il y a des exemples d'une explosive sonore devant L 

Ex. : pôpl « peuple » : pobl ; mlêlkl, mêskl M. S. 
« moule » : meskl ; draskl « grive » : drask, mbr. drasgl j 

O 

âskl [âsk M. S.) « corde pour attacher les vaches » : nask (?). 
Avec explosive sonore devant l : cLubl « double » : D M. 

' o ^ o 

doubl ; sûbl « humide, brumeux » dil temps : soubla. 

Dans les deux exemples suivants l apparaît après une 
explosive même en pause. Ce sont probablement des formes 
de sâudhi généralisées : 

mergl (M. Sévère aussi merkl « rouille » : mergl; umhl 
« humble » : D. M. umbl. 

i 

§ 90. — ^ désigne une / mouillée. Le bout de la langue 
reste placé comme pour /, mais la partie antérieure et la 
partie médiale de la langue se pressent contre le palais. ^ est 
complètement sonore. 



- 65 



Il y a, surtout chez les jeunes gens, une tendance à 
remplacer J par y. On peut entendre y pour ^ dans presque 
tous les mots qui suivent, mais je n'ai noté la fonne avec y que 
là où elle est fréquente chez M. Le Brî2. 

§ 91. — J, ne se trouve pas à riîiitiaie. A l'intérieur elle 
apparaît entre deux voyelles; 

Ex. : arhsîfSJ^ pi. de arhel « armoire » : Tr. arbel ; hal^ 
pi. de oâl « bal » : bal ; harhdula {barl\uya) « barbouiller »> : 
< il. : hela « veiller », belâdek « veillée » :<fr. : brezeht 
pi. de hrëzel « guerre » : brézel ; hfS-iljird glao « averse de 
pluie '» : fr. brouillard^ delen «« feiiille » : délien ; dilat 
« vêtement » : dilad ; diskula « déclarer » : diskula ; dizila 
« égrener y> : dihila, mbr. dis-hii-ya; draUi « hacher » : 
dral, draia ; drc^ksœla Hros^la M. M""^ S.) « ressemeler »: 
D M. droksolia; ezeJyU pi. de èzel « membre » : ézel; ibi^ 
pi. de îbil « tolet » : ibil ; kalâren « saleté » : kalar ; oten, 
kal^n M. S. « pluie Ône s : cf. Kroaz ar Vretoned N*' 232 
p. 2 col. 4 : ailhea « rosée abondante, petite ploie » : cf. Dom 
Pelletier hailleh ; kanolê^ pi. de kânol « canon » : kanol ; 
kazelfS-i pi- de kâzel « aisseUé j> : kazel ; kelênen « mouche » : 
keliénen ; kilek « coq ^ : kilek ; marvalat « jaser « : Tr. 
marvaillat ; dre vi^vdu « par milliers » : mil ; morzols^i pi. 
de morzQl « marteau » : morzol ; (^la « suivre » : heûl , 
papilâ-tn « papillon » : < fr. ; patAïkU, paiéiyat M. M™* S. 
« barboter » : cf. foutcula, D. M. patouillat ; p»/^, piyéJ' 
« chiffonner » : pil ; r'cejgn « anneau, rouleau » : Tr. ruillenn, 
rillenn ; sibé^da « barboter dans l'eau » : D. M. sibouilla ; 
skol^ pi. de skgl « école » : sk6l ; skubdelfU « automne » : 
Tr. skub-deiiou ; skida « verser » : skuilla ; spi^en « épingle » : 
spilen ; st'rakfUlfU « maladie de chevaux » : Tr. strakouilloii-, 
strakouilloun ; ial^j. pi. de tâl « front î : tâl. 

' Il y a un exemple d'un groupe — ^c' — : mwijBi pi. de 
YûfUald « merle » : moualc'h. 



— 66 ~ 



§ 92. — / se rencontre en fin de mot après voyelle. 

El. : ho.l (bay) gwen t tache blanche sur le front des 
animaux »> : hal ; frai « fléau » : frai ; grlzil^ « grésil » : 
grizil ; hil « cercle » : kelc'h (?) ; kuntul, kutid M. S. 
« cueillir » : kutula ; hwalj « caille » : koal ; mel {me>/) 
« mulet » mel ; ostt'l « outil * ; noas pil^ « tout nu » : pil 
« guenille » ; pul u abondant, copieux » : pul ; sa^ <* seau » : 
sàl ; sïzal « ciseau » {srzay M. S.) : Tr. sizaill ; sprintai 
[sp^yiiay) « épouvantail » : Tr. spountaill . trùbul^ é. trouble, 
affliction » : trubul ; l'izid « suie » : huzel, huzil. 



§ 93. — Il y a deux n différents. 

L'n ordinaire . est Vn français. Le bout de la langue 
touche les alvéoles au-dessus des dents supérieures et l'air 
échappe par le nez. 

n note un n correspondant à L II se rencontre à la fin 
de deux monosyllabes dont l'un contient un nn moyen breton. 
Comme pour £ le bout de la langue touche l'arrière des 
alvéoles et la partie antérieure de la langue se creuse 
légèrement. 

Ces deux exemples sont : 

on « frêne » : ounn, cymr. onn ; (on « amadou » : tont 
{ion M. S.) 

n et n sont complètement sonores. 

§ 94. — n parait à l'initiale devant voyelle. 

Ex. : nâS « nier )) : nac'h ; ncdjun « faim » : naon ; 
nedèiek a Noël » : nédélek ; neîs « nid s : neiz ; ners « force » : 
ners ; nesa « prochain » : nésa ; nèces « neuf » : névez ; tiêza 
« filer » : néza ; ni « neveu » : niz ; nijal (^ voler » : nijà ; 



— 67 



nïver « nombre » : niver ; noas « nu » : noaz ; nos « nuit 
nôz ; n^ (nœ M. S.) « nager » : neûi 
fifUen « extrême-onction » : nouen. 



nôz ; n^ {nœ M. S.) « nager » : neûi ; nœze « donc » : neûze ; 



§ 95. — A l'intérieur du mot n se présente entre voyelles 
et dans les groupes de consonnes suivants : nt, ntr, nd, ndr, 
m, mn, nv, zn. 

Ex. : anOfUt « connaître > : anaout ; andret a endroit » : 
< fr. ; cl'tie « enclume » : anneô ; âner c presta'ion » : aner 
« corvée » ; ân^t « visible, qui se remarque » : anat ; aniivAil 
« bête, animal » : anévai ; âno « nom » : hanô ^ aniornos 
« lendemain » [anternôs M. S.) : antrônôz ; mtter « moitié » : 
hanter ; arne « orage » : arné ; blô/iek « graisse » : blonek ; 
bi4!ini(Un, bçul^n « bouton » : Tr. boutonn ; drurna « battre 
le blé » : dourna ; ëne « âme » : éné : entent « comprendre »> : 
Tr. entent ; entre « moyen » : entré, être ; glander « confer- 
ves » : glandour ; kozni « vieillesse » : Tr. kozni ; fiJunlel 
« couteau » : kontel ; k^nirol <.< contraire » : Tr. kontrol ; 
kjuntrcun « ver de charogne » : kohiron ; lenven « lame de 
couteau » : lavnen ; lœnvek (M. S. lœvek Ar Br.) « lieu, 
sorte de poisson » : Tr. leiivek, leonvek ; tornaot « falaise » : 
Tr. tornaot ; omnini « le nôtre ». 

§ 9<). — En fin de mot ou rencontre n après voyelles ou 
dans le^s groupes de consonnes ni(nd), m, ns. 

Ex. : àlan « haleine, souffle o : aUn ; aman « beurre »> : 
amann (on peut aussi entendre atnant) ; anotun « les tré- 
passés » : anaoun ; aoten « rasoir » : âoteh ; ar^lden « ligne » : 
rouden ; ask^rn « os » : askourn ; askwan « réveillon » : 
askoan ; asten « allonger » : astenn ; actj7i « peur » : aoun ; 
ci^nt « là-bas » : ahont ; hadisant « baptême » : badéz, mbr. 
badizyant ; barn « jugem^ent » : barn ; bosen « peste y> : bos, 
bosen ; bran « corbeau » : bran ; brein « pourri » : brein ; 
bran « sein » : bronn ; dant « dent » : dant ; dîn « digne » : 
D. M. din ; dismëgans « chose honteuse » : dismegans ; dçurn 



— 68 



e main » : dourn ; dên « homme » : dén ; ent « chemin » : 
hent ; fcurn «■ four » : Ibrn ; giden « blanc » : gwenn ; givin 
« vin » : gwîn ; ifet^ « enfer » : ifern ; kèloi'n « charnier » : 
kelorn ; gia^ren « bave » : glaouren ; kcU^t « couvent » : 
Tr.kouenl.p^n « tête •> : penn ; râden (t fougère >< : raden; 
skfUi'n « glace » : skourn. 



n 

§ 97. — n désigne une nasale gutturale. Le dos de la 
langue est levé contre le palais mou comme pour g, k et fait 
occlusion. L'air s'échappe par le nez. Cet n est complètement 
sonore. 

§ 98. — n ne se trouve pas à l'initiale. A l'intérieur il 
se rencontre après voyelle devant g, k suivis de voyelle ou 
de l. 

Ex. : angcùni « agonie » : < fr. ; Snken « souci » : 
ahken ; ank(U « mort » : ankou ; ankcunaêât « oublier » : 
ankounac'h ; engan (emgan) « bataille » : kann ; enkleo 
« écho » : hégléô ; l(^nka v( avaler » : lonka ; manké*t 
t< manquer » : L. G. raankout ; menglœs « carrière » : men- 
gleûz ; penglav'i « ramasser les épis restés après l'enlèvement 
des gerbes » : penglaou ; pengen « sillon » : peiigenn ; ran/(^t 
« devoir » : renkout ; rJinJi^n « râler » : ronkel ; stnkla 
« jaillir » ;Tr. sinkla ; trankil « tranquille » : <fr. tranquille; 
i^rl^unka « avaler trop d'eau, etc. » : Tr. dourlouiika. 

§ 99. — En fin de mot on rencontre n après voyelle 
detant k{g}. 

Ex. : d^irenk « aigre-doux » : trenk ; enk « serré, 
étroit » : enk ; fank « boue » : fahk ; kranh « crabe » : 
krank ; marl^nk « glouton » : cf. lonka ; stUnk « épais, 
serré » : stahk; yawank (ya[{>À)wânk «jeune » : iaouahk. 



— 09 



n 



§ 100. — n désigne le n palatal fréquent en français 
(dans un mot comme gagner). Le bout de la langue touche 
les dents inférieures comme en français (v. Grammont, Traiié 
p. 03). Quant à la partie antérieure et médiale de la langue, 
elle est pressée contre le palais. 

n est complètement sonore. 

§ 101. — n n'apparaît pas à l'initiale. A l'intérieur il se 
trouve entre voyelles ou devant voyelle après r précédé de 
voyelle. 

Ex. : banel « bannière » : banniel: berna « accumuler, 
entasser « : Tr. berna, bernia ; diskrcUnal an dent « montrer 
les dents » : cf. D. M. diskrougna ; fciirn^u pi. de féArn 
« four » : forn ; grinol « grenier » : grinol ; ikincU pi. de thin 
« fuseau » : hinkin ; karvan^ (Le Br. kerven^ M. S.) 
(( mâchoire » : karvan ; kinat « éplucher, écorcher » : kina ; 
kinik « offrir » : kinnig ; koàn^u, (verbe : koàim)^ pi. de koan 
« souper » : koan ; kernel pi. de korn « corne >> : korn ; 
krinat « grignoter » : krina; min^uni< ami » : Tr. mignon; 
pin^m « pignon » : Tr. pignoun ; an if^rn^ (Le Br.), ufçrn^ 
« chevilles » ; ufern ; waliner pi. de wâlen « anneau » : 
gv^^alen. 

§ 102. — En outre on rencontre n en fin de mot après 
voyelle. 

Ex. : k<4tn « coin » : kon ; kiàin «< gâteau » : kouin : 
stin « raide, tendu » : stén ; s^un {sivan M. S.) « soin » ; 
plênkin pi. de planken « planche » : plenken ; erdin pi. de 
orden « gerbe » ; kerdin pi. de korden « corde » : korden ; 
krPcin M. S. (krëcin Br.) pi. de krôden « peau » : kroc'hen. 



— 70 — 



m 



§ 103. — m désigne une nasale qui correspond au m 
français. Il est complètement sonore, 

§ 104. — 7n se trouve à l'initiale devant voyelle. 

Ex. : mae « mai » : maé ; màga « nourrir » : maga; 
mal u hâte » : mail ; mâla « moudre » : mala ; malken « gros 
nuage » : malkenn ; malos « malédiction » : malloz ; maltam 
« fronde » : Tr. batalm, baltam, Henry talm ; malven 
« sourcil » : malven ; mam « mère » : maram ; mânad 
« moine » : manac'h ; mandos « gerbes de blé » : Tr. L. G, 
mandoz « ventouse » ?? ; mâner « manoir » : maner ; niahk^t 
« manquer » : L. G. mankout ; màp(b) « fils » : mâb ; 
marblu c< duvet » : marbléô ; mar8 « cheval » : marcTi ; 
marâat, jnar^c'at « marché » : marc'had ; mâro « mort » ; 
marô ; mariëze « peut-être » : martézé ; martôloi « matelot » ; 
martôlod ; ma^ji « mouton » : maout ; mean « pierre » méan ; 
meas « campagne » : méaz ; mêdi « couper le blé » : médi ; 
mel « mulet » : mel ; mëlen « jaune » : mélen ; meryënen 
« fourmi » : meriénen ; mêzo « ivre » : mézô ; mil/tk a mie 
de pain » : minvik ; mtniin « matin » ; mintin ; mis « mois » : 
mîz ; moan * mince » : moan ; môger « mur » : môger ; 
môget « fumée » : môged ; môr « mer » : môr ; morzet 
« cuisse » : morzed ; morzevelek « grive » : borzévellek, Tr. 
id. et morzevellek ; mœli « louer » ; meûli ; mœr « beaucoup » : 
meur ; mùzel « lèvre » : muzel ; m^arn {mcuar M. S.) 
« mûre » : mouar ; nT^^e « crinière » : moue ; 'tyiçurik « âne n ; 
< fr. bourrique ; m^ustra « montrer » : moustra. 

Devant m : mwilci pi. de m^alS « merle » : moualc'h. 

§ 105. — A l'intérieur du mot m paraît entre voyelles 
ou dans les groupes de consonnes suivants : yrib, mbr, mp, 
7npr, nipl, mpzc, mg, mkiv, mkïô, md, rm, mz, sm^ mw. 

Ex. : abaldnicMr « à cause de » : abalamour ; alumetes 
« alumette » : < fr. ; ania « ici » : aman ; aman {amant) 



71 



« beurre )y : amann ; ambrduk i< conduite, conduire » : 
ambrouk ; amèzek « voisin » : amézek ; amparfal « qui ne 
voit pas bien » : amparfal ; amprêfan « insecte » : amprévan ; 
amzer « temps » ; bemdes (M. S. bembes) « chaque jour » : 
bemdez ; brema « maintenant » ; breman ; dimercer « mer- 
credi » : dimerc'her ; dimêzel « demoiselle » : dimézel ; 
dis7nëgans « chose honteuse » : dismegans ; emgan [engan) 
« bataille » : (en) em + kann ; grosmôli «. murmurer » : Tr. 
grosmola, krosmola ; kfjumpren « comprendre » : Tr. kom- 
prenn ; krampwes « crêpe » : krampoez ; ni^rméns « morve » : 
mormouz ; pemkièenek « caille » ; ptumpâdi « vanter » : 
Tr. pompadi ; pcurmen « se promener » : pourmen ; sempla 
«: s'évanouir » : sempl ; tamwes « tamis « : tamoez ; tçrmen 
« terme » : termen. 

§ 106. — En fin de mot m se trouve après voyelle ou 
devant p [b], pr, bl (1 ex.) finale après voyelle. 

Ex. : bilim «. venin » : binim ; distuni « amasser » 
dastum ; /lent ian [fiam M. S.) « éclair de chaleur >> : flemm 
frim « verglas > : frim ; ïzom {iz^um M. S.) « besoin » 
ézomm ; kam « boiteux » : kam.m ; kramp « chambre » : Tr 
kampr, kambr ; lam « saut » . lamm ; IfUm « goutte » 
lomm ; lem « aigu, tranchant » : lemm ; liam « corde » 
liamm ; Uni « lime » : lim ; mam « mère » : mamm ; rn^ynpr 
« membre « :<fr. ; pl^^n « plomb >> : ploum ; prim « précoce » : 
prim ; pcunip « pompe » : < fr. ; retn « rhumatisme » : remm ; 
ta m « morceau » : tamm ; tom « chaud » : tomm ; vjâram 
« garenne » : gwaremm; umbl « humble » : D. M. umbl. 



— 72 — 



Spirantes 



Les Spirantes labiales 



/ 

§ 107. — f est un f bilabial. Les coins de la bouche sont 
fermés et l'air s'échappe par le milieu, entre les deux lèvres. 
La tenue en est plus faible que ne l'est celle de 1'/" labio-dental 
du français (1) 

§ 108. — /'se trouve à l'initiale du mot devant voyelle ou 
IV suivi de voyelle. 

Ex. : faen « fève » : faô ; fal « mauvais » : fall ; falàkr 
M méchant » : fallakr ; fank « boue » : fank ; fars « pâte 
cuite, fars » : Tr. fars ; faot <•; faute » : < fr. ; foé^i « fente » : 
faout ; feas « las » : faez ; feis « foi » : feiz ; feîSen « rate » : 
felc'h ; feSiUn « manière, façon » : L. G. fesoun ; fièzen 
« figue » : Tr. fiezenn ; ^lip « moineau » : filip ; flamma 
« flamber » : flamm ; flear « puanteur » : fiéar ; flem ian 
[jiam iân M S.) « éclair de chaleur » : fiemm ; flipai « parole 
vexante » : Tr. flippad, flippât; flœren « fleur » :<fr. ; ford 
« fourche » : fore 'h ; fôs « fossé entre deux sillons » : Tr. 
fos ; fœniœn « fontaine » : feunteun ; frai « fléau » : frai ; 
frao « corneille » : frao ; frësk « frais » : frésk ; frî « nez » : 
frî ; frim « verglas » : frim ; friia « frire » : frita ; frônel 



(1) L'articulation de cet /" correspond exactement à celle de 1'/' irlandais 
du dialecte de Donegai (v. l'auteur The Dialect of Torr, Co. Donegal, 
sous presse à Christiania), mais la tenue est beaucoup plus forte en 
irlandais. 



— 73 ~ 

« narine » : fron ; frœza, frœga « déchirer » : freôza ; frdtÂes 
« fruit » : frouez ; frçur,ia^ a fromage » : D. M. fourmach ; 
fur « sage » : fûr ; fust « fût » : fust ; fdilge «. vantardise » : 
fougé ; fdunus « abondant, copieux » : founnuz : f(wrn « four » : 
forn ; fcurïetes « fourchette » : L. G. fourchetez ; fô « bouffée 
de chaleur, chaleur » : f ô ; fibù-en « moucheron » : fubu. 

§ 109. — A l'intérieur du mot je n'ai noté, outre les 
formes de conditionnel, que frois exemples d'/", deux avec f 
entre voyelles et un où /* forme avec i'^le groupe ff. 

Ex. : deft « pondre » : dozvi ; kef^ pi. de kèf « souche » : 
kéf ; kalafeti « battre complètement » : Tr. kalafati. 

§ 110. — Les formes du conditionnel ont un f qui avec 
les consonnes anales du radical forme des groupes de consonnes 
dont plusieures n'apparaissent pas ailleurs dans la langue et 
ne sont maintenues que par la force, du système. 

Je donne par principe les formes avec la négation qui 
seule fait ressortir les désinences. 



(1) /* entre voyelles. 

Ex. : ne fcugefe kèt de f^ugèal « vanter » : cf. fougé ; 
ne Solofe kêt de gelèi « couvrir » : gôiei, gôlôi ; ne corofe 
kêt de gôro « traire » : gôrô; nedrifekët de griat « cou- 
dre » : gria; ne dS^zafe kêi de gSzao « supporter » : 
gouzanv ; ne zufe kêt de dua « noircir » : Tr. dua ; ne àzafe 
kêt de azao « avouer » : ansao ; ne vianafe kèt de bianât 
« amoindrir » : Tr, bianaat ; ne ank^nadàfe kèt de anh<unadât 
« oublier » : Tr. ankounac'haat ; ne emfe kêt de e^ùi « finir » : 
achu ; ne gctufe kêt de kvçui « créer » : Tr. kroui ; ne lakafe 
kêt de lakât « mettre » : lakaat ; ne luife kêt de luyo. « luir » : 
Tr. luia ; n^ baèfe kêt de paèa « payer » : paéa ; ne zeloé^fe 
kêt de sèla^ « entendre » : sélaoui ; ne detoafe Icèt de ieowât 
« grossir » : Tr. teoaat. 



— 74 — 

(2) Occlusives + f^ ou groupes de consonnes dont la 
dernière cottsonne est une occlusive + f. 



d + r 


> 


tf.f 


rd + f 


> 


rlf 


ni + f 


> 


ntf 


k + r) 


> 


kf 


nk + f 


> 


nkf 


sk + f 


> 


sf 


h + f) 


> 


Pf 


rp -^ f 


> 


rpf 


mp -\- f 


> 


mpf 



Ex. : ne Seife kët de gèdal « attendre » : géd ; ne 
zistakfe kët de distâga « détacher » : Tr. distaga ; ne z<uètfe 
hjt de d^eti « douter » : cf. Tr. douet ; ne fritfe kri de 
frita « frire » : frita ; ne vinikfe kët de himga « bénir » ; 
Tr. benniga, binniga ; ne atfe kët de âda « semer » : hada ; 
ne arpfe kët de arpa « appuyer » : harpa ; ne garkf'e kët 
de karga « charger » : karg ; ne ginikfe kët de kinik 
<i offrir » : kinnig ; ne glasfe kët de klask « chercher » : 
klask ; ne grefe^ guelfe kët de krëdi « croire » : krédi ; ne 
grokfe kët de krôk « prendre, tenir, pris » : krôk ; ne gresf'e 
kèt de kreski « croître » : kreski ; ne gjintfe kët de kSinta 
« compter » : Tr. kount ; ne laosfe kët de lœskœr^ lëzel 
« lâcher, laisser » : leûskel, lézel ; ne tarife kët de larda 
« graisser » : larda ; ne letfe kët de lêda « étendre » : Tr. 
leda ; ne lusfe kët de luska « bercer » : luska ; ne vakfe kët 
de mdga « nourrir » : maga ; ne vetfe kët de mëdi « moisson- 
ner » : médi; ne hlantfe kët de planta « planter » : Tr. 



— 75 — 

planta ; ne rankfe kêt de rank^ii « devoir » : rankout ; ne 
stokfe kêt de steki « heurter » : steki ; ne drerapfe kë't de 
trempa u tremper » : Tr. trempa ; rt£ wasfe kêt de waska 
c tordre >: : gwaska ; ne skrapfe kêt de skrâha « gratter » : 
skraba. 

(3) Liquides et nasales + f. 



r + r 


> 


rf 


1 + f 


> 


If 


l^f 


> 


if 


1 + f 


> 


If 


nki + r 


> 


nkf 


mpl + f 


> 


mf 


n + f 


> 


nf 


n + /- 


> 


Bf 


m + f 


> 


mf 


m + /- 


> 


mf 



Ex, : ne ganfe kêt de kâna « chanter » : kana ; ne 
zelfe kêt de seli « regarder » : sell; ne s tarife kêt de si^l^r 
« jeter » : teûrel ; ne jtnkfe kêt de smkla i jaillir » : Tr. 
siiikla ; ne jomfe kêt de som « demeurer » : c'homm ; ne 
dwfe kêt de teri « casser » : terri ; ne ginfe kêî de kina 
< éplucher « : kina ; ne z^nfe kêt de slni « sonner » : Tr. 
seni ; ne starnfe k''t de starna <» atteler » : Tr. starna, 
sterna ; ne zistumfe kêt [zistunisfe] kêt de distum t amasser > : 
dastum \ ne z^i^nfe kêt de d^rna « battre (le blé) » : dourna ; 
ne varb(Ajblfe kêt de harhcuîa « barbouiller » : < fr. ; ne golfe 
kêt de kol « perte, perdre » : koll ; ne grinfe kêt de krinat 
« grignoter » : krina ; ne guni^^fe kêt de A" ùmer c prendre » : 
kémérout ; ne varval/e kêt de marvalat « jaser » : Tr. mar- 
vaillat ; ne dr^unife kêt de tiçumpla « tromper » : cf. Tr. 
trompler. 



— 76 — 

(4) Spirantes labiales et gutturales sifflantes et chuin- 
tantes + f. 



/•+ f) 


> 


r 


iv -h r 


> 


if^if^ 


rv -f f 


> 


rf 


? + /• 

h 4- f 


> 


df 


ie + f 


> 


iSf 


* + /{ 


> 




^4-/' 


> 






> 


k 



j-^f 



Ex. : ne cal fie kêt de gervel « appeler » (prés. sg. 1 
ne Salran kêt) ; ne cortosfe kêt de gorios « attendre » : 
gortoz ; ïte déAneïfe këi de gSnit « gagner » (prés. sg. 1 
ne Ccunêzan kêt) : gounid ; tie c<urdrcuife kêt de gdirdrdus 
« réprimander » : gourdrouz ; ne j'a^fe kêt de fasal, sasal 
€ tirer » : sacha ; ne j^fe kêt de s^îfii changer » : L. G. 
sench ; ne dçcfe kêt de tçcet « s'enfuir » : tec'hout ; 
ne disfe kêt de tiz^ut « atteindre » : tizout ; ne dœsfe kêt de 
tœzi « fondre » : teûzi ; ne gafe kêt de ka^^ty koLdut, kceç^U 
a trouver » (prés. sg. 1 ne gdvan kêt) : kaout ; ne wçfe kêt 
de ivevt « se faner » : gwénvi ; ne lac'fe kêt de lâ?ia « étein- 
dre )> : laza ; ne zf8fe kêt de sêhi [s^hi) « sécher » : Tr. 
sec'ha ; ne rtsfe kêt de rtsa « nettoyer » : riiisa ; ne rodfe kêt 
de rôcal « ronfler » : roc'hal ; ne skrife kêt de skrîfa 



— 77 — ■ 

« écrire » : skriva | ne z^^fe këtS'^) de s^jal û songer » : Tr. 
sonj ; ne zigusfe këi de digùxa « décacher » : cf. kûz ; 
ne zinaSfe kèt de dlnad « dénier » : Tr. dinac'ha ; ne vefe kçi 
de bëva « nourrir » : béva ; ne verfe kèt de mervel 
« mouirir » : mervei ; ne vlesfe kèt de blejal « beugler » : 
bléja ; ne nisfe kêl de nljaî « voler » : nîcli, nîj ; ne glosfe 
këi de Mosal i glousser » : kioc'ha ; ne waidfe kèt de waWi 
« laver » : gwalc'hi. 

Les verbes dont la anale du radical est v devant une 
désinence commençant par une voyelle et p en fin de mot, 
sont traités comme ceux à consonne finale du radical w, f. 

Ex. : ne c^zafe këi de g^zao « supporter »} prés. sg. 1 
ne c^zavan kët, sg. 3 ne S^zUo kët : gouzanv ; ne azafe kèt 
de azaç € avouer », prés, sg. i ne azâvan kêt^ sg. 3 ne Uzao 
kët : ansao; ne dafç këi de tMva « goûter «, prés. sg. 1 ne 
davan kët^ sg. 3 'ne dàp kët : tâàva ; ne zafe kët de sëvel 
« se lever », prés. sg. 1 né zàmn kêt^ sg. 3, ne zaç këi : 
sévei. 

On peut donc conclure en formulant cotte règle générale 
que les occlusives, spirantes, sifflantes et chuintantes sonores 
perdent leur sonorité par assimilation à /, qite v, f y sont 
assimilés et que les groupes de comonnes sk^ nkl, mpl se 
réduisent respectivement à s, iih, m devant /, caractéris- 
tique du conditionnel. 

§ 11 L — / apparaît en fin de mot après voyelle où après 
voyelle 4- r, l. 

Ex. : a^tof « œuf qu'on laisse sous la poule pour qu'elle 
continue à pondre > : asdô ; knf « ventre i> : kôf ; korf 
« corps » : korf; lœf « livre » : levr; c^lf « flammèche » : 
cf. elven ; këf « souche » : kéf ; kwef « coiffe » : koéf. 



(1) J'ai aussi entendu ne xjunjfe kët. 



78 — 



r 

§ 112. — /"désigne un « sourd bilabial(l). Il no diffère 
donc de /"qu'en ce qui concerne la tension des lèvres et la 
durée. Mais la tenue de cet f varie considérablement et 
s'approche quelquefois de celle de f. 

y 
§ 113. — /n'apparaît pas à l'initiale sauf comme muta- 
tion de f\ voir les règles de mutation. 

ir 

A l'intérieur du mot on rencontre /entre voyelles et dans 
les groupes de consonnes rfy fr^ If^ fj. 

Ex. : amparfal « qui ne voit pas bien » : amparval, 
ampafal ; amprëfan « insecte » : amprévan ; befek « outil » : 
benvek ; difarlm « débrouiller, tirer d'embarras » : 
Du Ru. difarlui ; diféin « peu abondant » : difounn ; 
di^pa « enlever « ; êfa « boire » : éva ; îfèm « enfer » : 
ifern ; kefëlek « bécasse » : kéfélek ; milp,k « mie de pain » : 
minvik ; rt^iirfc^n « morve » : cf^ mormouz ; of^rn « messe » : 
oféi^ën ; pair-fas [palêfars) « quart » : palévârz ; sïfern 
« rhunie de cerveau » : sifern ; skèfen « mou de veau » : 
skéveht ; skrifa « écrire » : skriva ; skriflnai « égratigner » : 
cf. skriva ; sparfel « épervier » : sparfel ; sifrelëzpn « cre- 
vette )< : Du Ru. chifretezen ; tufâden « douvelle » : tufen ; 
ûfern [îfern Br.) « cheville du pied » : ufern ; dï^n « sot » : 
di + fr. fin ; slrefjal (M. S.) « éternuer » : stréfia ; krâfer 
(f avare » : 1 krâf ; krâfat « coudre » : 2 krâf. 

Pour /en fin de mot voir les règles de sandhi. 



V 

§ 114. — V est labiodental ; c'est exactement le v fran- 
çais dans vider, etc. 

§ 115. — V apparaît à l'initiale devant voyelle ; pour r 
résultant de mutations voir ci-dessous. 



(1) J'adopte f comme symbole parce que t- est labiodental. 



— 79 — 

Ex. : var « sur > : war; var^Soas « demain » : 
warc'hoaz ; varlêne « l'année passée b : warléné ; varzuk 
« vers » : Tr. war-zu ; vodÂt (y^O " voûte » : baot ; rlber 
« goupille d'essieu » : giber ; vï « œuf » : vî ; va « mon m : va ; 
vïgrur « bruit » : gwigour. 

§ 116. — A l'intérieur du mot v apparaît entre voyelles 
et dans les groupes de consonnes ry, vr, Iv, nv, zv. 

Ex. : anêval « animal » : anéval ; arvest « veillée de 
mort » : arvest ; aval « pomme •> : aval ; âvel « vent » : avel ; 
aviel € évangile » : aviel ; bëva t vivre, nourrir » : béva ; 
birvi « bouillir » : birvi ; dwarvêza, doarvèza « arriver » : 
c^hoarvézout ; Swçvrœr « février » : c'houévrer ; dâvat 
« brebis » : danvad ; daves {danves M. S.) « matière " : 
danvez ; derves « journée » : dervez ; ctevçr « devoir » :<fr. ; 
d^vi « brûler » : dévi ; diaveas « le dehors » : diavéaz ; 
divâlo « laid, rude « : divalô ; dîvar « de dessus » : diwar ; 
divesker « les deux jambes » : diwesker ; divêza « dernier » : 
divez, Tr. diveza; divergla m dérouiller » : Tr. divergla; 
erven « nerf » : nerven ; erves « façon » : arvez ; êvel 
<( comme » : ével ; ëves « attention » : évez ; kever {genver 
M. S.) « janvier » : genver ; gervel « appeler »> : gervel ; 
gevrel « sud-est » : gévred ; gdtirves « s'étendre » : Tr. 
gourvèz, He. gourvéza , îvin « ongle » : ivin ; Ivis « chemise 
de lomme » : hinviz, hiviz ; kalves « charpentier » : kalvez ; 
karvan « mâchoire » : karvan ; krâcas « civière » : kravaz ; 
kwëiHii enfler » : koehv : Imven « lame de cduteau » : lavnen ; 
lîven ar ce in « épine dorsale » : Tr. livenn-ar-c'hein ; lœnvek 
{lœvek Br.) « lieu (sorte de poisson) » : Tr. leiïvek ; malven 
« sourcil » : malven; mervel « mourrir » : mervel; nëves 
« neuf » : névez ; nozves « nuit, nuitée » : Tr. nozvez ; 
pivldik « riche î : piùvidik ; savetèi « sauver » : savetei ; 
sïvi « des fraises » : sivi ; tàva « goûter » : tanva ; tavaser 
« tablier » : tavancher ; têval « obscur » : téval ; trëvelf 
irëvey « se donner du mouvement » : trével. 

V n'apparaît pas en fin de mot. 



— 80 — 



La Spirante gutturale 



§ 117. — ? désigne une spirante gutturale qui correspond 
à l'allemand ch dans ach^ etc. Elle est articulée contre le 
palais mou au môme endroit que k. Il en existe plusieures 
variétés. Devant r, à l'initiale, elle est fortement articulée, 
le dos de la langue est pressé contre le palais mou et l'on 
entend une sorte de grattement. Mftis devant voyelle à l'ini- 
tiale et entre voyelles, elle est généralement assez faible, et 
l'ouverture entre la langue et le palais est si grande qu'on 
peut hésiter à écrire c' ou h. Les sujets parlants ont pourtant 
bien le sentiment que ce doit être une spirante gutturale ; car 
on est corrigé si l'on prononce une h ordinaire. 

§ 118. — ^ apparaît à l'initiale devant voyelle ou lo» 
Pour c' résultant de la mutation de A, p voir les règles de 
mutation. 

Ex. : cioànen « puce » . c'hoanen ; doar « sœur » : 
c'hoar; doarvëza^ dwarvëza « arriver » : c'hoarvézout ; doas 
« encore *> : c'hoaz ; Swarzin « rire » : c'hoari ; cwçady dwçd 
« six » : c'houeac'h ; Swêk « solide, fort » : c'houék ; dwenat 
« sarcler » : c'houenna ', dwèrç « amer » : c'houérô ; dwevr^r 
« février » : c'houévrer ; cwês « odeur » : c'houés ; dwêzi, 
dwëza « suer » : 2 c'houéz ; 8xvil dant « hanneton » : c'houîl ; 
cwi « vous » : c'houi. 

§ 119. — ? se trouve à l'intérieur du mot ou entre 
voyelles ou dans les groupes de consonnes cr, rc" (plus sou- 
vent r^(?), le', Icw, sdw. 

Ex, : aSaîèn « d'ici x> : Tr. ac'halen, ac'hanen ; aldwèder 
« alouette » : alc'houéder; alcwes « clef » : alc'houez; 
àrac'ant, ar'c'ant « argent » : arc'hant ; arSèlar « feu-follet » : 



81 — 



ankelc'her (M. S. a ardèrel) ; bcùdal « hache » : bouc'hal ; 
dic'rœna {digri^na M. S.) « écroûter » : Tr. dic'hreunia ; 
dùnp'c'er, dimer^der « mercredi » : dimerc'her ; felSen 
« rate » : felc'h ; g^r ^ deinen « commandement » : gourc'hé- 
menn ; gwcr^des « vierge » : gwerc'hez ; krôcen « peau » : 
kroc'hen ; mariât, mar^dat « marché » : marc'had ; meldôden 
« escargot » : meic'houéden ; niusdtoarzin{brus^wa7'zmM.S.) 
« sourire » : mousc'hoarz ; pëc'et « péché » : Tr. pec'hed ; 
per^c)sn « propriétaire » : perc'hen ; rôch/ « ronfler » : roc'ha ; 
lêcet « s'enfuir >> : tec'hout ; tr^^c^a « couper » : trouc'ha ; 
imr^noas « demain » : warc'hoaz ; walci a laver » : gwalc'hi. 

§ 120. — c' apparaît en fin de mot après vojeUe ou après 
v, l précédés de voyelle. 

Ex. : arS « coffre pour mettre le blé » : arc'h ; bà^ 
<( lourd, chaud » : Tr. bac'h ; bead' « fardeau, peine, difficulté » : 
beac'h ; bio^' « vache o) : bioc'h ; bôc' « joue » : bôc'h ; bread 
« bras » : breac'h ; béÂc^ « bouc « : bouc'h ; dal^ « prise » : 
dalc'h ; dead' « hier )> : déac'h ; nâd « nier * : nac'ha ; 
composé dinad « dénier >• : Tr. dinac'h ; grac' « vieille femme, 
vieille radoteuse d : grac'h ; giod « bécassine » : kioc'h ; kaod 
m excrément » : kac'h ; kâzarc' « grêle » : kazarc'h ; kerS, 
her'c'ii avoine » : kerc'h ; leac' « lieu » : leac'h ; 1ère', ler^c' 
« suite » : lerc'h ; lôc' « bouger » : Tr. loc'h ; mànac' « moine » : 
manac'h ; marc' « cheval » : rnarc'h ; mïâiod, mioS « plus » : 
muioc'h ; ôzaS" « mari « : ozac'h ; peoc' « paix » : péoc'h ; 
wiôc" pi. de pimôc' « cochon » : moc'h , p/âc* « servante » : 
plac'h ; roc' « rocher » : roc'h ; rolad « ornière » : rollech ; 
sâd « sac » : sac'h ; sead « sec » : séac'h ; sS^ « soc de 
charrue » : souc'h ; taioaW « motte de gazon » : taouarc'h ; 
cwc" « cochon » : houe' h ; wasoS « pis o : cf. gwasa, gwâz ; 
yôc, yâS o sain, bien portant » : iac'h ; yald « bourse » : 
ialcli. 



— 82 



Les Sifflantes 



§ 121. — s est une sifflante qui correspond exactement 
à Vs français des mots salaire, seigle, etc. Il est articulé 
avec énergie. 

§ 122. — On trouve s à l'initiale ou devant voyelle ou 
dans les groupes de consonnes suivants précédant une voyelle : 
sk, ski, skr, sp, sf, s(r, skw, skia. 

Ex. : sa « station droite » : sao ; sàbat ;< bruit » {pa/rpd 
ar zâbat « lutins ») : D. M. sabat ; sâc « sac » : sac'h ; .sy^ 
«< seau » : sâl ; 5^m, sa^^in « savon » : soavon ; sae « robe 
d'enfant » : saé ; srac « sec » : séac'h ; sèdp' <> g^i » : séder , 
sègal « seigle » : ségal ; scis « soie » : seiz ; s<'l « regard » 
sell ; senti « obéir » : senti; si' ri « fermer » : serra; sPvpI 
se lever » : sével ; sifern « rhume de cerveau » : sifern ; 
sil « passoire » : sil ; slni « sonner » : Tr. seni ; .v^r/ 
« tranquille » : sioul ; slvi « fraises » : sivi ; slzun « semaine » . 
sizun ; skâbel « escabeau » : skabel ; skant « écaille v : 
skaht ; skap « sureau » : skaô; skaota « échauder, brûler •> 
skaota ; skarnila « se fendre (dii bois qui se fend par sèche 
resse ou par chaleur) » : skarn, skarnil ; skâ {skâ) « léger » : 
skanv ; skëfen^ skëfen « poumon > : skévent ; sklàbcs 
(( saleté » : stlabéza ; sklakal « faire un bruit sec >■ ; sklasen 
« glace » : skias; sklear a clair » : skléar; sklœ (M. S.) 
« étrier » : stleûk ; sk^Uni, skl(Um « nœud » : koulm ; skôr 
« étai, étançon » : skôr ; skœt [d) « ombre » : skeûd ; skrifo 
« écrire » : skriva ; skrijùden « frisson » : skrijà ; sk^û)' 
« traverse de bois sous un toit » : skouri ; skwër « équerre » ; 
skouér ; skwîs « fatigué » : skuîz ; soi « semelle » : soi; 



— 83 — 

sœl " talon ;> : seul ; spânel « spatule » : spanel ; sparfel 
« épervier » : sparfel ; spern « églantier » : spern ; spëzart 
a groseille à maquereaux » : spézad; stâk(g) « attache > : 
staga ; obçr siam « tricoter » : stamm ; stank « serré » : 
stank; starn « métier de tisserand » : stem, Tr. id. et starn ; 
starna « atteler » : Tr. sterna, starna ; strahcuj^ « maladie 
de chevaux ^> : Tr. sti-akouiilon, strakouilloun ; sireat « route » : 
stréat ; slrîs a étroit » : striz ; strcves *■ ronce » : strouez ; 
S(fU « chaume » : soûl ; xd>/i,n « droit, ferme » ": sounn ; S(Un 
[swan.M. S.) « soin •> :<fr. 

§ 123. — A l'intérieur du mot s apparaît entre voyelles 
ou dans de nombreux groupes de consonnes tels que at, str, 
sk, skr, ski, sktv, ks, sp, spl, si, rs, sm, scw. 

Ex. : ahostol « apôtre » : abostol ; cskel « aile > : askel ; 
ask(Urn « os » : askourn ; askivan « réveillon, èecond souper » : 
askoan ; asien « allonger » : astenn ; asiorna « réchauffer » : 
astomma : basi « battre des choses semi-liquides » : basa ; 
bl^set « meurtri par contusion > : blonsa ; diskor anizer 
<- automne » : diskar ; diskrtet « découï^u » : Tr. disgri ; 
diskiciinal an dd'nt >< montrer les dents » : D. M. diskrougna ; 
diskwes « montrer » : diskrouéza ; disli^i^ dislwet « sans 
couleur, incolore » : Tr. disliv, dislivet ; dismêgcms « chose 
honteuse » : dismégaiis ; dispen c effilocher » : dispenria ; 
displv.a (i\L S. displni) « plumer •» : Tr. displua ; distrei 
'<■ détourner, retourner » : Tr. distrei ; diciikscela « resseme- 
ler » {iroèi^ki M. et M"® S.) : D. M. droksolia ; d^ustr^nk 
« aigre-doux » : fr. doux -r trenk ; grosmôli <c murmurer » : 
Tr. grosmola, krosmola ; Qd^sp^r^ « vêpres » : gouspérou ; 
istren « huître » : histr ; kerse « regret » : kerse ; kreski 
« croître » : kreski; muscwarzin (brusSicarzin M. S.) 
« sourire » : m.ousc'hoarz ; m^justra «. presser » : moustra ; 
tvcusklen « croûte qui se forme sur une plaie » : trousken ; 
weshlf « grenouilles » . gweskié ; gçus^ùde « cependant » : 
koulskoudé. 



84 



§ 124. — En fin do mot * pour z (voir les règles de 
sandhi) se trouve après voyelle ou dans les groupes de 
consonnes : s(, sir, sk, ski, rs, ns. 

Ex. : nbardàes « soir » : abardaez ; ablirs *« avant » : 
abarz ; adrœs « à travers >> : adreûz ; aDiifJges, amyëges 
sage-femme » : amiégez ; alciocs « clé » : alc'houez ; ars 
« borne » : harz ; arvest « veillée de mort » : arvest « spec- 
tacle » ; askl [âsk M. S.) « corde pour attacher une vache >. : 
nask ; hâfi « bâton » : bâz ; bêoas « nourriture o : bèvans ; 
bloas « an I : bloaz ; brësh « fragile » : bresk ; davea 
«< matière » : danvez ; deis « jours » : deiz ; dinK^iS « mardi » : 
dimeurs ; d'smëgans « chose honteuse » dismégans ; draskly 
drâskl (« grive » : drask, mbr. drasgl ; dreist « par dessus » : 

o 

dreist; eo^ « facile »> (comp. esoc) : éaz, aez ; eost « août »*: 
eost ; feas « las « (comp. fesoc) : faez ; frêsk « frais » , 
frésk ; istr « huîtres » : histr ; kemesk a mélanger » : 

O 

kemmesk ; lêgrest « homard » : légestr ; ièstr <( navire » : 
lestr ; mes * honte » : méz ; mcskl « moule » : meskl ; mëstr 
« maître » : Tr. mestr ; pantekôst « Pentecôte » : Tr. pen- 
tekost ; pàsk « Pâques » : pask ; rust (M. S. rûsi) « violent » : 
rust ; iôst « près d : tôst ; trœst « poutre « : treùst ; wësi 
igwêst M. S.) « capable » : gwest. 



§ 125. — z correspond pour la position à .v, mais il est 
sonore et est articulé avec moins d'énergie. Souvent, surtout 
à l'initiale comme résultat la mutation de s, il est imparfaite- 
ment sonore. 

§ 126. — Je n'ai noté qu'un exemple de z à l'initiale : 
zokën « même » : zôken. 

Pour 2 comme mutation de s voir les règles de mutation. 



— 85 ~ 

§ 127. — A l'intérieur du mot on trouve z formant les 
groupes de consonnes zn, mz, rz, zr, zly Iz, zv. 

Ex. : adôzen « aiguille » : nadoz ; alùzen « aumône » 
aluzen ; amêzek « voisin » : amézek ; amzer « temps « 
amzer ; aoza « préparer » : aoza ; arzal « aboyer » : harz ; 
azaS « avouer » : an? ao ; âzpn « âne » : azen ; azêza 
« s'asseoir » : azéza ; ozïrrk « devant » : a + dirak ; hazre Br. 
(bazle M. S.) « mourron » ; bëza « être » : béza ; bizm 
(bezin M. S.) « goémon » : bizin ; bleizi pi. de bleis « loup >-> 
bleiz ; bœzi « noyer » : beûzi ; bùzuk « ver de terre > 
buzugen ; bfjûzar « sourd » : bouzar ; coarzâden « rire » 
c'hoarz, Tr. c'hoarzadenn ; dhnëzel < demoiselle » : dimézel 
diynèzi, dirnlz'x « mariage >• : dimizi ; dizUa « égrener » 
dihila ; dizyu « jeudi > : diziau, diziou ; enëzen « île » 
énez ; èzel « membre » : ézel ; frœza « déchirer » : freûza ; 
gwâzei^ gôàzet pi. de goas « homme » : gwâz ; grïzi^ 
« grésil » : grizil ; Off/zaci' ^ supporter » : gouzanv ; gé^zer 
(g^ùzar M, S.) <• litière d'herbes et de feuilles mortes » 
g©uzer ; gcfiz^JiM « cou w : gouzouk ; g^ûZi^U « savoir » 
gouzout ; giherza « vendre » : gwerza ; gwëzen « arbre » 
gwezen ; ivlZfU })1. de ïvts « chemise de femme * : hinviz ; 
îzom (îZfUm M. S.) a besoin » : ézomm ; karza " curer, 
nettoyer »> : karza ; kizïdik « sensible » : kizidik ; klœza 
« creuser » : kleûz ; kozni « vieillesse » : Tr. kozni ; mëzo 
(' ivre » : mézô ; nio/'zet « cuisse » : morzed ; niorzevelek 
« grive « : borzévellek ; morzol « marteau » : morzol ; nozves 
« nuit, nuitée » : nôz ; ôzad « mari » : ozac'h ; reverzi 
« grande marée » : réverzi ; silzik [siljik M. S.) « saucisse » : 
siizik ; sïzal « ciseau » : Tr. sizaill ; sîzun « semaine » : 
sizun ; spëzart « groseille à maquereaux ^) : spézad ; mezv'enti 
« ivrognerie i.'Tr.mezventi. 

Pour z en fin de mot voir les règles de sandhi. 



80 



Les Chuintantes 



r 



§ 128. — 5 est une chuintante qui correspond au français 
c)i dans chose, etc. Mais la partie antérieure de la langue 
est, sauf devant o et ?/, placée un peu plus en avant que pour 
le 5 français. L'effet accoustique du s breton a donc moins 
d'ampleur. 

§ 129. — .vse trouve à l'initiale du mot devant voyelle. 

Ex. : sûden « chaîne » : Tr. chadenn ; saos <• souche » : 
Du Ru. chaos; f^eis v changer » : Tr. sench ; sileten 
« veste » ; fr. gilet; sist « cidre » : sistr ; sokat, saogai 
« mâcher » : chaokat ; sapëlet « chapelet » : Tr. chapejed ; 
sa^a (aussi insal) « tirer » : sacha, Tr. id. et chacha ; sifretes 
«. crevettes » : Du Ru. chifretezen, fr. « chevrette « ; sikat 
« chiquer » : D. M. chikat ; ^rnkla « jaillir » : Tr. sinkla ; 
fom « demeurer » : choram ; sôt(d) « joue » ; jôd ; sotôrel 
« oreillon » : jôtôrel ; s^ûk « nuque » : chouk ; sas pi. de kl 
« chien » : ki (v. ci-dessous) ; ^ekep « espèce de liane qui sert à 
ficeler des oignons » : Tr. chekep ; sarpanl^ir « charpentier » : 
<fr. ; fatal < bétail » • chatal. 

§ 130. — A Tintérieur du mot /^apparaît entre voyelles 
ou dans les groupes de consonnes rs^ f^. 

Ex. : alcwes^t pi. de alcwes « clef »> : alc'houez; ao^ 
pi. de aol « grève » : aod, aot ; irser pi. de ard « coffre 
pour mettre le blé » : arc'h ; arvesçr « qui fait des gri- 



— 87 — 



maces » : < arvez; airisaot (arliïaot M. S.) « artichaut » : 
<fr. ; hadisant « baptême » : rabr. badezyant, badizyant ; 
bisev pL de bas « bâton » : bâz ; brosen ■i aiguille à tricoter » : 
Tr. brochenn ; rJiSçii, pi. de deis « jour » : deiz ; fs^c pi. de ent 
« chemin » : hent ; esa <' diriger » ; fyirsete^ « fourchette » : 
L. G. fourchetez ; girser pi. de gars « haie » : garz ; gorisal, 
gc^i/iml « hennir » : Tr. gourichal ; grisen « racine » : 
grisien ; gwesek <.< celui qui sait faire son métier » : Tr. 
gwisiek ; kiiêr pi. de kâs « chat » : kaz ; kàsimant 
« f>resque»;fr. quasiment ; kefs^ pi. de këf « souche » : kéf ; 
kisen « auprès » : kichen ; klofal « glousser » : kloc'ha ; 
kosfesa (hosièza) << pencher de côté » : kostez ; kres^ pi. de 
ki'ës « chemise » : krés ; kroàs^^ pi. de kroas « croix » : 
kroaz ; l^ie^t pi. de k^œnt « couvent » : kouent ; li^ 
<« lessive » : lisiou ; mes^ pi. de meas « campagne » : raéaz ; 
miSfU pi. de mis « mois » : mîz ; ni^.eSçU pi. de ni^es « voix » : 
mouéz ; ni^Ji^Àp- « mouchoir » : Tr. mouchouer ; orÈ^u pi. de 
ors c< massue de bois « : horz, orz ; piier « petit pot à anse 
servant de gobelet » : picher ; pïScun « pigeon » : D. M. 
pichoun ; porsdi^ pi. de pors «. port .» : pors ; pi^èé^ pi. de 
p^es « poids >» : poéz ; reslascu pi. de restai « restant » : 
Tr. restad ; rosei « chemise » : roched ; strefsal (strœfjat 
M. S.) « éternuer » : stréfia ; iasen <( morceau de terre » 
tachen ; tavaser « tablier » : tavancher ; tersen « fièvre » 
tersien ; iorsen « coussin » : Tr. torchenn ; irtsln « oseille » 
trincliin ; (éJtsen « extrémité d'un fouet > : Tr. touchenn ; 
urier « huissier » : L. G. hucher ; vOcuÈé* pi. de va^t 
« voûte » : vaot ; miser « métier » ; raicher, mécher ; pre^ 
pi. de près « armoire » : Tr. près ; kla^ pi. de klàs 
« classe » :<fr. ; mJtsrU pi. de mjànt « montre » :<fr. ; 
péis^tA pi. de p(Unt « pont » : pont; iors^J' pi. de tors 
« miche » : tors. 



§ 131. — Un cas spécial est fourni par les formes du 
conditionnel. 



— 88 — 



On trouve alors $ dans quelques groupes de consonnes 
qu'on ne rencontre pas autrement dans la langue. 

(1) $ entre voyelles. 

Ex. : ne lakafe kèt (1) de lakât « mettre » : lakaat ; ne 
ankéttnacà^ kèt de ank^miacàt « oublier » : ankounac'h ; 
ne daie kèt de mpnt « aller » : mont ; ne dœfe kèt de d^ni 
« venir » : dont ; n en dise kèt (3 sg. m.) du verbe « avoir » ; 
»K? viie kèt de bëza « être » : béza ; ne wise kèt de g^ûz^^it 
« savoir » : gouzout ; ne raie kèt de obp' « faire » : ober. 

(2) Les occlusives + iC 



g + s^ 


> 


kf 


rg + s 


> 


rkf 


d + s 


> 


tt 



Ex. : ne garkse kèt de karga « charger » : karg ; ne 
zislakse kèt de disiâga « détacher» : Tr. distaga ; ne ritse 
kèt de âda « à semer. » : hada. 

(3) 



l + s > 


;/ 


^ 


1 ^ 


n -\- s > 


^ 




( ns 


m + .s > 


V 

m s 



Ex. : ne aise kèt de âla « vêler » : alà ; ne astese kèt 
de asten « allonger » : astenn ; ne ziunse kèt de diùna i« se 
réveiller » : Tr. dihuna ; ne alumse kèt de alumi « allumer » : 
mbr. allumy. 

(4) 



V + s\ 


>rr 


rv -\- s 


> rff 


Iv + s 


>irr 


?+r 


>?r 


2: -t- / 

s -\- f 


>r 



rz + s > rs 



(1) Je cite toujours les formes du verbe avec la, négation qui fait 
ressortir les désinences. 



89 — 



Ex. : ne gase kët de has « envoyer » : kas ; ne garse 
kêt de karza « curer, nettoyer » : karza ; ne gafse kët de 
ka^U « trouver » : kaout ; ne icefse kët de loëvT u faner » : 
gwenvi ; ne zhnese kët de dinwzi « marier » : dimizi ; ne 
zinacse kët de dïnac « denier » : Tr. dinac'h ; ne efse kët de 
êfa « boire » : éva ; ne calfie kët de gervel « appeler » 
(prés. sg. 1 ne calvan kët) : gervel ; ne 'C(Urdre4Â,se kët de 
gf^vnlr^s « réprimander « : gourdrouz ; ne^ verse kët de 
gicerza « vendre » : gwerza ; ne vefte kët de hëva « nourrir » : 
béva ; ne verfse kët de hirvi, hervi « bouillir » : birvi ; ne 
anave^e kët de ana<ut « connaître » (prés. sg. 1 ne anavèz^n 
kët) ; ne g le fie kët de klèvet « entendre » : klévout. 

La règle générale est donc que les occlusives et spirantes 
sonores deviennent sourdes et que les sifflantes s'assimilent 
au K du conditionnel. 

§ 132. — En fin de mot s pour ./ (voir les règles 
de sandhi) se trouve après voyelle et après n dans f^n^ 
« François ». 

Ex. : heas « voyage »• : béach ; gœs (gr^u-fiM. M™^ S.) 
« menton » : gronch ; g^ris « ceinture » (rare) : gouriz ; 
gwe^ v^ fois » : gwéach ; imas « image d :<fr. (mbr. ymag) ; 
krat.fu salive » : D. M. kranch ; lë^ « liège » : lich ; lus 
« louche » : Tr. luch ; n'eii' « nid » : neiz ; rëhes « repro- 
cher » : rébech ; servis (spTif M. S.) « service » : L. G. 
servich ; S(^s « mémoire » : Tr. sonch, soïîj ; (af « clou » : 
tach. 



r 



§ 133. — ./ correspond pour la formation à ^mais il est 
sonore et articulé avec moins de force. Comme z il est souvent, 
et en particulier à l'initiale comme résultat de la mutation de 
s, imparfaitement sonore. 



— iht 



§ 134. — Je n'ai noté que trois exemples <le ,/ à Tinitiale : 
jujamant « jugement » : < fr. , Jenrral dans barn jenèral 
« jugement dernier »> :<tr. ,ja>nP8 « jannais » :<fr. 

Pour, y comme mutation de .y voir les règles de mutation. 

§ 135. — A. l'intérieur du mot j parait entre voyelles 
ou dans les groupes de consonnes! rj , fj. 

Ex. ; andi'çyxi pi. de aruirel <■ endroit » :<fr. ; hlPjal 
«« beugler -> : bléja ; bvùjun « miette » • bruzun ; èjen 
'- bœuf » : éjenn ; flipâjdi* àvel ^ coups de vent >» : Tr. 
lîippjid, llippat ; yel « bas ^> : izel ; ijelàl <* baisser » : Tr. 
izelaat ; klùior (Br. glùjrr) « perdrix » : klujar ; kl^Jjç^i pi. 
de klx}i('i « barrière » : klouéden ; koâjdt*, koaj^ pi. de koat 
« bois » ; koat; JuMblâjdii pi. de k^hlat « coujile » : Tr. 
koublat ; lljer « léger » : Tr. lijer ; raorlarjes « carnaval » : 
môrlarge? ; yâjal_ « voler » : nij, nija ; plijdut c plaire » : 
piijout ; pisjci *< plonger » : Tr. plurija ; poUrê^i pi. de 
pollrel « portrait » ;<fr. , prèjtU pi. de prêt « repas » : 
préd ; rôjé* pi- àe rôt « roue » : rôd ; skrijâden « frisson » : 
skrij ; strêJcU pi. de sireaL « route » . stréat ; .strœfjal 
(M. S.) « éternuer » : stréfia. 

Pour,/ en fin de mot voir les règles de sandUi. 



h, w, w, y 



§ 130. — h désigne une h ordinaire, telle qu'on la pro- 
nonce dans le français provincial de Bretagne (pour la Haute- 
Bretagne, V. Dottin et Langouët, Parle)- de Plèchatel). Elle 
correspond bien à Yh anglaise ou allemande. 

§ 137. — Amsi que je l'ai fait remarquer ci-dessus § 117, 
il est souvent difficile de savoir si l'on doit noter h ou c^. Il y 



91 



a pourtant des cas où h pour c' entre voyelles erf. générale : 
lêhit « vase » : lec'bid ; srhi « sécher », dizPhi « dessécher ^) : 
cf. séac'h ; dtçukar « les deux jambes » : dieu + gâr. 

Je n'ai noté que deux exemples d'une autre provenance 
de h (à savoir 2) : ahe [ae, aze) << là » : azé ; Ifiha [lâza 
M. S.) « éteindre » : laza. 



W 



§ 138. — w est le 10 [ou) français comme on le j)rononGe 
dans oui^ ouate, etc. L'arrondissement des lèvres est pourtant 
un peu moindre dans le breton de Saint-Pol. 

§ 139. — w apparait à l'initiale du mot devant vojelie 
ou après h, p, g, k, ? initiaux devant voyelle. 

Ex. : wadêres « sangsue »> cf. gwâd ; er wâlarn « au 
nord )) (du vent) : gwaîarn ; loalci « lavfT » : gv/aîc'hi ; 
wâlen « anneau » : gwalen ; wâram « garenne » : gwaremm ; 
waska « tordre » : gwaska ; wasod « piie » : cf. gwasa, 
gwâz ; wàzen « veine » : gwazen ; wëla « pleurer » : gwéla ; 
weski§' « grenouilles » : gwesklé ; tffen <- race, espèce » : 
gwenn ; wêst « capable » • Tr. gwest ; wevt <> se faner » • 
gwenvi ; wazien « oie » : gwazien ; tval « mauvais » : gv^^all ; 
bwëden (kwlden) « moelle (des plantes) » : boéden ; bwezelat 
(bœzelat) « boisseau » : Du Ru. boézellad ; cicâncn (coànen) 
« puce » : c'boanen ; cwarvëza (coari-êza) « arriver » : 
c'hoarvézout ; cwëc' (cweaS) « six » : c'houéac'h ; cioêk 
« solide, fort »> : c'houék ; cwenai « sarcler » : c'houenna ; 
cwëro « amer » : c'houérô ; civevi'(^r « février » : c'houévrer ; 
cïoës « odeur » : c'houéz ; gwarnisa « garnir » : cf. mbr. 
goarniset ; gwel (wel^ Br.) « levain » ; goell ; gwëlan 
« mouette » : gwélan ; gwëre « juillet » . gouhéré ; kwal 
« caille » : koal ; kwef « coiffe » : koéf ; kwevi « gonfler » : 
koenv ; pwëz^n « poison » : mbr. poëson 



vj 140. — A Tintérieur du mol ic ise trouve entre voyelles 
ou dans les groupes de consonnes skie, )i)pio, vue, lew. 

Ex. : afcirêdn' a allouette » : aic'houéder ; alcioes 
« clef » : alc'houéz; askwan « réveillon, second souper » : 
askoan ; awalad « assez » : awalc'h ; awes (a^uiv^syi. S.) 
u pnrin » : Tr. hanvoez, lianoez ; dasÀii'ùg'eni^ doiuwùg'ent 
u quarante » : Tr. daou-ugent ; an dUkivas « les épaules » : 
diou -f s'.voaz ; diskwes <( montrer » : diskouéza ; eskioel (esket 
M. S.) »< furoncle » : hesked ; yfjida(t^i)iven « chandelle » : 
goulou ; kaicen « hibou » : kaouen ; kratcâdur « enfant » : 
krouadur ; k^awen pi. krao « noix » : kraoun ; krampives 
« crêpe » : krampoez; lai^ijiren, In^Âxron, hi^nrm « gai » : 
laouen ; pmcata, pauioaia « tâtonner » : Tr. paoala ; tamioes 
« tamis » : tamoez ; iaioalc c( motte de gazon » : taouarc'h ; 
t^îcât « grossir » : Tr. teoaat. "^ 

ic ne se rencontre pas en fin de mot. 



IV 



§ 141. — w désigne la consonne françaL-e «lui se ren- 
contre dans huissier (wisye), huit, etc. 

§ 142. — w n'apparaît qu'après les gutturales g, k devant 
voyelle. A l'initiale après g, k, sk. 

Ex. : gwelod « mieux <> : gwell; gîren « blanc « : 
gwenn ; giœngôlo « septembre » : gwehgplô ; ginelàden 
« petit repas par lequel on célèbre les fiançailles » • gwéladen ; 
gwêle € lit » : gwélé ; gwennnevi « abeille » : gwénanen ; 
gibenek « sous » : gwennek ; gicenôdan « sentier » : gwe- 
nbdtn;. gwçr^ces v vierge » : gwerc'hez ; gwêren « verre» : 
gwéren ; gihëret « cimetière » : béred ; gibçrs « chanson, 
vers » : gwerz ; gwçrza « vendre » : gWerza ; g HcH'pêden 
« guêpe » : gwespéden ; gices « fois » : gwéach , giresek 



— 03 



« celui qui sait faire son métier » : Tr. gwiziok ; gt'ôèzen 
« arbre » : gwezon ; giciàdip' « tisserand » : gwiader ; gwial 
K jonc » : gwialen ; gwmln^ti « baguette » : gwialen ; gwiat 
kïnit « toile d'araignée » : cf. gwiaden ; giïnn « vin » : 
gwîn ; givïnis << froment » : gwîniz ; gùnr « vrai » : gwîr ; 
gwispit « biscuit » : L. G. gwesped ; giHwlli M. S. (gdumîli 
Br.) « hirondelle » : gwennéli ; girts « truie » : gwiz ; 
giôiskamant « habillement » : gwisk ; kiôin c gâteau » : 
kouin ; skibîs « fatigué » : skuîz. 

§ 143. — Je n'ai noté que cet exemple de w à lintérieur 
du mot : 



dirgwencr « vendredi •> . dergwéner. 



y 



§ 144. — y désigne une consonne qui se trouve en fran- 
çais par exemple entre voyelles provenant de deux II mouillées, 
ex. piller [piye), etc. Le bout de la langue reste appuyé 
contre les lèvres inférieures et la partie médiale est relevée 
contre le palais dur, laissant au milieu de la langue un petii 
canal par lequel l'air s'échappe. 

§ 145. — y apparaît à l'initial du mot devant voyelle. 

Ex. : yàc «. sain, bien portant » : iac'h ; yaW « bourse » : 
ialc'h ; yaot « herbes » : géot ; yâr « poule ^) : iâr ; yawank 
(ygsÀwanky ya^Aoank) « jeune » : iaouaiik ; yen « froid t- : 
ién ; yôl(d) « bouillie » : iôd ; yûdal « hurler » : iuda. 

§ 146. — A l'intérieur du mot y se trouve entre voyelles 
ou dans les groupes de consonnes ry, ny, vy, rty. 

Ex. : Oé^ir^iyen pi. de oéMrc^ « Monsieur » : aotrou ; 
heleyen pi. de bèlek « prêtre » : bélek ; hragezeyer pi. de 
brâges « culotte « : bragez ; broy^u pi. de brô « pays » : 
brô ; br^yeis •■■■ état d'être brouillé avec quelqu'un » :<fr. ; 



04 



b(Uteyer w des chaussures » : boutou, Tr. bouteier ; dev^ry^ii 
pi. de dêvp^ « devoir » : fr. devoir ; cjj^trvyt**» d^reijer pi. de 
d^r « eau » : dour ; enehd^ryen pi. de cnèh^r « ennemi » : 
Tr. enebour ; p'yênen « source » : ayénen ; çryo « aujour- 
d'hui » : hiriô ; gal^*yen pi. à gol *< Français » ( à l'origine 
le pi, de gallo) : gall ; geyer pi. de grtcti, goidj, gÇ^J- « men- 
songe » : gaou ; g^ri/ci(, gp'yettci't pi. de grr a noot » : ger ; 
grcyùûiant « agrès » : D. M. greiamant ; kartyçr « quartier » : 
<fr. ; kcyel « quenouille » : kégel, kégil ; kristeyen 
{ krist^'fiypn) pi. de kristrn « chrétien » : kristen ; kvctifp'yfU 
« crible » : krouer; loàg^u \A. de ha <• cuiller » : loa ; 
Ip'cyt')' pi. de Ajar <« bas • : loer ; luya << luire » : Tr. luia ; 
nifryfJneTt « fourmi » : meriénen ; inogery^u pi. de niôgnr 
« mur » : môger ; œyy^AA <^ livre »:heuriou ; parkeyer pi. de 
park '( champ » : park ; pc^ryen pi. de pfk^Ar, p(icur « pau- 
vre » : paour ; ïntavy^( pi. de TntSd « veuf - : intanv ; kreyer 
pi. de krocii « crèche d kraon ; kreyer pi. de krôk « croc » : 
krôk. 

y, napparait pas en fin de mot sauf comme substitut de 7. 



FAITS PHONÉTIQUES 



combinés et généraux 



— 97 — 



Voyfelles nasales 



^147. — Le breton de Saint-Pol possède un assez grand 
nombre de voyelles nasales. 11 faut distinguer deux degrés. 
En premier lieu les voyelles très faiblement nasales, en second 
lieu les voyelles fortement nasales du ty[>e des voyelles fran- 
çaises e etc. Ces dernières ont une tendance a s ouvrir, e, e 
à devenir ?, a à devenir a. 

§ 148. — Les voyelles accompagnées d'une faible nasali- 
sation se trouvent en général devant n siÇivi d'une atitre 
consonne. Le degré en est souveiit ttès faible, quelqTiefois 
même tellement faible que je ne Tai pas noté comme dans 
anier a moitié ». Ex. : 



'pinsin « bénitier » : piiisin. 

c 

mezventi « ivresse » : Tr. mezventi ; kêrufer « cousin » : 
keiiderf; k^u^nt « couvent » : Tr. koueiît ; dmt pi. de dant 
« dent » : dant. 

a 

kant « cent » : kant; ankunacàt « oublier » : ankou- 
nac'h ; ankâ^ « mort » : aiikou ; anken « souci -> : anken ; 
krahk « crabe » : krank ; tindrei « endroit » :<fr. ; dtint 
« dent )) : daiit ; pltinkcn « planche » î planken. 



mont « aller » : mont ; dont « venir » : dont. 

k^ntel « couteau » : kontel; kJÀnta « compter ï> : 
Tr. kount. 



- 9S — 

La désinënco de la première personne du présent - (tn, 
celle du futur - tn et celle de l'imparfait - Pn montrent le 
même degré. Egalement - on, - tn première personne et 
- an troisième personne de la préposition suivie du pl^onom 
suffixe. 

Même degré devant m suivi de consonne dans 
hmmpuk's « crêpe » : krampoez ; niflmpr « membre » : 
<fr. ; umbl « humble » : D. M. umbl ; obr/- stam « trii'oter » : 
. stamm. 

§ 149. — La nasalisation est pleinement accomplie dails 
les exemples suivants et peut même s'étendre à d'autres 
syllabes. 

tntrJiH M. S. (Tnlrd''n Ar Br.) a. dame » : itrôn, itroiiri. 

i 

enh « serré, étroit » : enk ; menglff-s « carrière >► : mcn- 
grleuz ; giccngôlo « septembre » : gweAgôlô ; trenk « aigre » : 
trenk. 

fi 

nhgjtni « agonie » : < fr. 

kjtnlrjcn « ver de charogne » : koiUron. 
Devant m 

scmpla « évanouissement » : sempl ; uzdo M. S. 
«' avouer » : ansav, ansao. 

§ 150. — Des voyelles fortement nasalisées paraissent 
dans certaines syllabes qui à une époque antérieure de la 
langue contenaient des nasales ou des consonnes accomi>agnées 
d'un élément nasal lesquelles ont disparu ou ont perdu leur 
caractère nasal. La nasalisation s'étend souvent aux syllabes 
voisines. Ex. : 

tkia « fuseau, glaçon » : hiiikin ; dcvt « brfilcr » : dévi, 



— S9 — 

inbr. deuiff; dimPzl, dimizt « mariage, se marier » : dimizî, 
mbt^, diraiziff. 

i 

ti''(S « chemise de femme » : hinviz, mbr. hinviz. 

ê 

(Inç « âme » : éhé, mbr. eneff; cînp « enclume » : anneO, 
mbr. anneffn ; r-oe <i aviron » : roénv, mbr. roeft'. 

f 

/çra « pleurer » : leiiv, mbr. lefï' ; f?'val « obscure » : 
levai, mbr. teffal ; 'p ii ciel » : env, mbr. neff ; diadrP « le 
derrière » : adré, adrén, mbr. adreff. 

e 

c 

esa « diriger » : Tr. hencha de t'nt « ch'emin » pi. (^\u : 
heiit ; b^/'ek « outil » : beùvek, mbr. benhuec ; kèver (geuvfr 
M. S.) « janvier » : mbr. gueniier; kchfs.ju pi. de l^cUcrU 
« couvent » : mbr. couuent; uQevet d iingtième » de figent 
c( vingt » : ugoiit. 

kwdul « enfler » : koeilv, mbr. coezff ; wèn « se faner » : 
gvî'envi mbr. goUUff. 

wj' (( nager; la nage » : mbr. neuff. 

à 

kraii-rn < une noix » : kraoun, mbr. knoenn ; kÛSfh-l 
« cancer » : ^ fr. ; doives « matière » : mbr. daffnez ; bevâs 
« nourriture « : Tr. bévaiis, cf. Ernault 05 bihuanc ; azna 
4 avouer » (âmzao M. S ) : ansao, ansav ; au:Ps « purin w ': 
L. G. haùvoez ; hrema « maintenant » : bremaû ; aircû 
« ici » : aman. 

Cet a peut alterner avec a. 

a 

tikâ « léger » (aussi xka) : skanv, mbr. scaii'; koval 
« chameau » : kanval; iC « été » : hanv, mbr. hafl "; i^lc^l 
« goûter » : tanva, mbr. taffhaff. 



— 100 



(» 

?ino « nom » : hanô, rabr. hanff. 

-!* 

mjisjjt pi. de rnjlnt « montre » : < fr. ; jyjfsj.^ pi. de 
pjint « pont » : pont. 

•V 

déijçr « dégoût » : Tr. donger, mbr. doanger. 

et 

fiPT& c changer » ; L. G. scf.ch. 



'o 






stao « palais de la bouche » : staon, mbr. staffn; kân 
« deuil » : kanv, mbr. qaôon ; gjfzao « supporter » : gouzanv, 
mbr. gouzaff ; nitâo « veuf» : iùtanv, cf. mbr. intaffeset ; 
asao « avouer » : ansao, ansav. 

oa 

goâ « hiver •» : goaii, goanv. 

§ 151. — Une nasale encore conservée peut provoquer le 
même degré de nasalisation lequel s'étend quelquefois aux 
syllabes voisines. 



,0 



neces, nçvesr « neuf » ; névez. 

krœn « croûte î : kreûèn. 

a 

gwèlan « monette » : gwélan. 

a [a) 

cw^nen « puce » : c'hoanen ; fftn (fan) « feu » : tàn ; 
glân « laine » : gloan. 

Cl 

n^is « nid > : neiz. 



— 101 



§ 152. — Enfin il y a des voyelles fortement nasales dans 
des syllabes qui n'ont jamais contenu de nasales ou de 
consonnes nasalisées. Ex. : 

dt'?î^ « ronce » : drézen. 

c 

iresklP' « grenouilles » : gweskle. 

^■ 

sklœ « étrier » : stleûk. 

n 

ttiîcalc (1) « motte de gazon » : taouarc'h, vbr. pi. 
tuorchennou 

à 

kjtazes « séant » : koazez, 

fpni^) « gros » : teô, vbr. teu. 

On trouve également des exemples de voyelles nasales 
dans la première partie du travail. Elles auraient dû être 
traitées ici, mais je m'en suis avisé trop tard. 



Fin de mot et Sandhi 



§ 153. — Le breton parlé à Saint-Pol montre plusieurs 
phénomènes de sandhi assez curieux quoique bien moins compli- 
qués que ceux des dialectes de l'irlandais moderne^l^es effets 
ne se produisent naturellement que là où les mots se suivent 
immédiatement. Aussitôt qu'il y a un arrêt dans l'émission, la 
forme de la pause apparaît. 



(1) Analogie des cas où fc < /"/" < >". 

(2) Analogiquement après les mots contenant o <i ff vocalisé. 

(3) Voir Quiggin : A Dialeci of Dowgal , Cambridge 1906, et l'auteur 
The Dialect of Toit, Co. Donegal. 



10- 



Los nif'nie»* effots se prodiiisont également dans lo fran- 
çais parlé do la région. J'ai par exemple observé la prunoncla.- 
lion : seleg ôtrl = Select Hotc^l ; les phénomènes de ce gopre 
sont fréquents. 

§ lp4. — Le premier point est le traitement des occlusives 
et spirantes. 

Toute occluswo, spiranfe labiale ou gutlvralo, sifffnnir 
ou c/nfinlanfe [V s'tfssoifrdif en fhi. de vtot à la pause. 
Pour les exemples on n'a qu'à parcourir l'exposé de ces 
consonnes. 

Il y a flottement en ce qui concerne le traitement en fin 
de mot des occlusives qui suivent, la voyelje longue d'un 
monosyllabe. On entend tantôt Âv'/, tantôt k^d ou même 
quelquefois un d sourd, tantôt henok^ tantôt bendg, de même 
iiiôp et rnâb. Pour 7nât, ))md.le d est même le plus fréquent. 
Je note ces formes par mât(d) etc , partout où j'ai entendu 
les deux prononciations. 

Quand le m.ot est abrégé l'occlusive finale est toujours 
sourde. 

§ 155. — Toute occlusive (labiale, dentale ou gutturale) 
spirante, sifflante ou chuintante devient sonore devant une 
voyelle ou consonne sonore dans la suite du discours. La 
sifflante z et la chuintante j sont pourtant généralement assez 
imparfaitement sonores, et peuvent même rester sourdes. 

Ex. : 

ker hraz la^r eo. . . « il est aussi grand voleur. . . ». 

en amêzcg mât(d) « un bon voisin ». 

âned eo da beb gina^noek « c'est connu par chaque 
s<jt ». 

gàd amzp,' e ifrer a ben fz a gais « avec le temps on 
vient à bout de beaucoup ». 

Etc. .voir les textes. 



(1) Excepté Wu:n f-ntcndii colles qui >iinf r-ujellcs a ili-s r.;^lc:.^ spi-cialos. 



— 103 — 

§ 156. — Mais r et k, t précédés de s restent sourds. 

Ex. : 

giceloc bêza klgçr evid bëza IrC ^' c'est mieux d'être 
boucher que veau i» . 

lost ar {jâzek - la queue du lièvre » . 
pâsk a prlntekost « Pâques et Pentecôte ». 

^ 157, _ Ces mêmes consonnes sont sourdes devant des 

consonnes sourdes. Ex. : 

gweloc (kujaz ecii karanies « crftinte vaut mieux 

qu'amitié ». 

ne hed en derves fom a ra an a' « ce n'est pas une 

journée cliaude qui fait l'été », 

Etc., voir les textes. 

§ 158. _ r, / deviennent /' à la pause. Ex. : 
me a skrlf « j'écris ». 
pèr a ràrf « Pierre meurt ». 

§ 159. _ De même devant toute consonne sauf liquides 
et nasales. Ex. : 

ne skrif kët (d) « n'écrit pas - . 

për a carf brema « Pierre meurt maintenant >». 

për a calf da dai(d) « Pierre appelle ton père ». 

§ 160. — Mais devant voyelle et devant liquide et 
nasale, ils deviennent /'. Ex. : 

pèr a calfacanod brema • Pierre t'appelle maintenant ». 
pèr a skrif lizëri « Pierre écrit des lettres ». 
pèr a skrif mai (d) « Pierre écrit bien ». 

§ 161. __ En fin de mot h devient c qui se maintient en 

toute position. Ex. : 

lac « éteins s. 

me lac ar gdûlcU « j'éteins la lumière ». 

ne lac këd ar gMu « n'étetns pas la lumière ». 



. - 1U4 — 

§ 102. — Une consonne en fin de mot liisparait devant 
la même consonne ii l'initiale du mot suivant. Je note ce p)ié- 
nooiène en mettant la consonne tipale entre parenthèses. On 
peut pourtant entendre des consonnes géminées dans cette 
position. Ex. : 

ri^u Pndœz da gace(t)ta\u « il a froid à ch... des 
clous ». 

an lui i/a da y^uske{d) 'd{uz a(n) nos « celui qui va 
se coucher le soir ». 

Etc., voir les textes. 

§ 163. — Une occlusive en fin de mot et une occlusive+ 
liquide et derniers éléments d'un groupe de consonnes dispa- 
raissent souvent devant ime consonne initiale du mot suivant. 

Kx. : 

ne drcu kël(d) « il ne trempe pas » de trempa. 

ne dr,urn ket(d) « il ne trompe pas » de tr^umpla. 

ne zPriy zPnt kët(d) ■i il n'obéit pas » de sPnta. 

neJTnk kPt(d) « cela ne jaillit pas » de stnkla. 

§ 104. — De même pour le t de la désinence verbale 
- nntj - 1nt, - ent. Ex. : 

ne gàron, gdi'oni kP.l(d) « ils n'aiment pas >>. 

De même t peut disparaître devant la consonne initiale du 
mot suivant. On peut aussi entendre des i implosifs dans cette 
position. Ex. : 

gti piju « avec qui ». 

lu kôs « ancêtres •>. 

ne fçnn ke mCd(d) « cela ne ferme pas bien ». 

kà skrcet (( cent écus ». 

var bjln lând^rnë « sur le pont de Landerneau ». 

§ 165. — La désinence de la première personne du plu- 
riel des verbes et des prépositions suivies de pronoms suffixes 
n'est - omp qu'à la pause. Ex. : laoskomp « laissons » 



— 105 — 

et p est souvent impiosif dans cette position. Devant voyelle 
et d'autres consonnes elle est toujours - om. Ex. : 

laoskoni an drae « laissons cette chose- là ». 

laoskom l^ii « laissons Louis ». 

J'ai entendu une fois dans une prière - omb devant 
voyelle, voir les textes. 

§ 160. — f, / finaux deviennent /', / devant une voyelle 
initiale du mot suivant, mais disparaissent devant une consonne. 

Ex. : 

me.mhœz gicëled ar mëstr azo dœel « j'ai vu le maître 
qui est venu ». 

ar pojd a zo Or(lJ tr^um/plpL « le peuple a été trompé ». 

mais 

m'f^H YiK'iifd) « bon maitre ». 

jpoh mût(d) « bon peuple ». 

§ 167. — Un n final peut s'assimiler à une gutturale 
suivante et devenir n. Ex. : 

ne zerfin ke coa^ «. je ne ferme pas encore ». 

§ 168. — Un .V final peut de même s'assimiler à un a 
initial du mot suivant. Ex. ; 

rêbe(s) seac et rçbes.seac « reproche sec ». 



Quantité 



§ 109. — Toute voyelle accentuée suivie d'une seule 
consonne qui n'était pas géminée en moyen breton ou qui se 
trouve à la fin d'un monosyllabe est longue. 11 y a pourtant 
difi'érentes longueurs. La longueur ordinaii*e est représectée 



106 



par les voyelles îles hisyliabes ou des polysyllabes, La diffé- 
ronco entre les voyelles longues des bisyllabes et des poly- 
syllabes est à peine percei)tiblo et sans intérêt pratique. 

Ex. : '?/'<•/. <! ironvor à lediro » : abc'k ; Odd « semer > : 
Tr. hnda ; âlan « lialcino " : alan ; âiar. u charrue » : aiar : 
hlOttt'k : iîiaisse » : bloiiek : bfr:i «« noyer >> : beû/;i ; oJ*fZ€n 
't aiimono >< : alu/en ; hrulli {.l. de hn~':el «• maquereau >> : 
I»rézcl ; brt'zj/nek m breton » : Tr. brezonelc ; hnrgtfdi 
V ritlrr )) : breilgeùd. 

§ 170. — Mais la voyelle longue d'un monosyllabe est 
légèrement plus longue. 

Ex. : mfll{d) « bon » : mâd ; hrûs, bras « grand >» : 
brâz ; hûc «« lourd, chaud >> : Tr. hac'h ; hêr «■. court >> : berr ; 
hhitld} « farine > : bleud : bôc « joce » : bôc'h. 

i^ 171- — Entre la voveîîe longue ordinaire ei la voyelie 
brf-Vf il y ,\ une voyelle de q!;antité inierm^diaire qui se ren- 
coiUre dans quelques cas spéciaux. Je note cette vùvfclîe par 
'/fcic. Elle ap(ia!ait d'abord dans ; 

r?' « été i> : haiîv ; r'<( ciel o ; env, 
où le.s voyelles à une époque antérieure étaient suivie? de 
dt">ux C'-.nsonncs et étaient j)ar conséquent brèves. E'ies n'ont 
pas v^ncore alieint la j'ieine quanuté longue. 

I/autre cas iue j'ai noté est 

Insl '< queue s : iosl, 
ctii o n'a pas encore abouti a. û qui est de règle devait -si en 
fiji do monosyllabe, cf. § 173. 

La quantité (-' se rencontre enfin en syllabe inaccentuée 
d;rns le mol suivant : înirjùji M. S. [Tnlr.ûn Br.) >' demoi- 
î-ello »' ; ilrôn, itroun. 

§ 172. — Une voyelle accentuée en hiatus est brève. 

Ex. : a/ù's « souvent « : allez; balàen « balais » ; 
balaen ; arh/ « évangile » : aviéi ; bmtoih ; « poupée » : Tr. 
bappaik : bitien « galei t. ; fùli ; biziet pi. de bïs <> doigt » : 



— 107 — 

biz ; diskrîet « décousu > : disgri ; fr^ues «. fruit » : frouez ; 
gofàen u bâche » : cf. gôlô ; kies « chienne » : Tr. kiez ; 
peskefàer « pêcheur » : Tr. pesketaer. 

§ 173. — Il y une forte tendance à allonger la voj-elle 
d'un monosyllabe devant le groupe - st final. De même 
devant - sk {- ^■^/), où les cas sont toutefois moins nombreux. 
Cette longue est d'habitude une longue ordinaire, mais l'on 
peut aussi entendre les mêmes longues que dans bras, etc. 

Ex. : âsk M. S. (a-skl) o. corde pour attacher une vache » : 
nask ; drài^kl [draskl] « grive » : drask, mbr. drasgl ; frr.sk 
« frais » : fresk ; h;s/y « navire y. : lestr ; rnêskl « moules » 
meski ; brt'sk « fragile » : bresk ; mësir « maître >> : Tr 
mestr ; p''?*^ « Pâques » : parsk ; rûsi M. S. (rust Br. 
n violent» : rust; fô-st a près » : tôst ; ii'œsi « poutre « 
tre(>st ; lorsi {gicësi M. S.) « capable » : gwest ; hrê&t 
« Brest y> 

§ 174. — 'Il va en outre une teiadaiiçe à allonger une 
voyelle accentuée devant une occlusive suivie de / ou r. L'ex- 
plication de ce phénomène doit être clierchée dans la théorie 
de la syllabe (voir § 187, 4**). Tout le groupe occlusive -f r 
ou l est explosif. 

Ex. : IPgreai « homard » : légestr ; ôgrOiV. « orgue » : 
Tr. ograu ; règlen « règle > :<fr. ; la tendance n'a pas encore 
abouti entièrement dans hMblai « couple » ; koublad. 

Remarque : La quantité ^~' se trouve devant - hl en 
fin de mot : siàd « humide » : Tr. soubl. 

§ 175. — La voyelle longue d'un verbe est abrégée à la 
troisième personne du singulier du présent quand la forme 
est monosyllabique et encadrée des particules négatives. 

Ex. : 

ne loi kët{d) « il ne bouge pas » de lôc c< bouger » ; mais 
me lût « je bouge ». 



— 108 -. 

ne /rres kPt{d) « il ne creuse pas >i de frâ'za <> croiiscr », 
niais me frcPs « je creuse ». 

ne nnc kPt{d) « jo ne nie pas » de nâc « nier », jnajs 
me nâc « je nie ». 

ne nie kPt{d) « il ne nage pas » de nff' « nager », mais 
lUe nœ « je nage ». 

ne at kèi{d) « il ne sème pas » de (n(c( « semer », mais 
me âi{d) « je sème ». 

)ie gaf këi (d) « il ne trouve pas » de kaiu/, mais 
7ne gâf « je trouve ». 

§ 17G. — * ne compte pas comme syllabe. 

Ex. : gfvçr^cçs « vierge » : gwerc'hez ; mai"' cal « mar- 
ché » : marc'had et l'accent est resté même dans àracUnt 
« argent » : arc'hant on '' s'est développé en voyelle pleine. 

§ 177. — Toute consonne est brève dans le breton de 
Saint-Pol. Il ne reste pas d'autres traces des consonnes gémi- 
nées que / et n, voir §§ 84 et 93. Pour des consonnes géminées 
en sandhi voir § 162. 



Accent 



§ 178. — L'accent est expiratoiro, plus intense qu'en 
français, mais moins que dans des langues germaniques telle 
que l'anglais ou l'allemand. 



109 



Ton 



§ 179. — L'accent eât accompagné d'une élévation de la 
voix. La syllabe intense du mot est donc prononcée sur une 
note plus haute que le reste du mot. Dans un mot comme 
bèlek « prêtre » le ton s'élève sur hé - et descend ensuite 
sur - lek. Dans uanàden « soupir > il monte sur ua -, atteint 
le sommet sur - nâ - et descend sur - den. 

L'accent secondaire est également accompagné d'un ton 
plus élevé, mais ce ton n'atteint pas la même hauteur que le 
ton de l'accent principal. Dans kemeneryen « tailleurs » le ton 
est élevé sur ke ■', il descend et remonte sur - me - pour 
atteindre sa plus grande élévation sur - nèr - et redes- 
cendre sur - yen. Ceci pourrait être représenté graphiquement 
de la manière suivante. 




kemeneryen 



L'Accent du mot 



§ 180. — L'accent frappe en principe l'avant dernière 
syllabe du mot. 

Ex. : aval « pomme » : aval ; hèlek « prêtre » : bélek ; 
uanàden « soupir » .* cf. huanad. 

§ 181. — Quand un mot reçoit une syllabe de pius^ par 
exemple une désinence, etc., l'accent passe sur la nouvelle 
pénultième et les voyelles subissent les règles générales. 

Ex. : avàlsjt pi. de aval ; belèyen pi. de bôlek ; duèzck 
« vivant » dérivé de hues « vie » 1 buez. 



— 110 — 

§ 182. — Les mots de quatre ou cinq syllabes ont un fort 
accent secoiulairo sur leur première sjllabe. 

Ex. : kcnicnl'ri/en pi. de kemdnçr « tailleur »■ : kéménei* ; 
aryelfrt/ett pi. ilo aryNçr « diacre » : Tr. avieler ; kl'hevMen 
« arc-en-ciol » : kanévéden ; m' âHkj.(,nacàfen kêt{d) « je 
n'oublirais j)as » ; donemoxèa « aller et retour »> est accen- 
tué comme deux mois. 

§ 183. — Un certain nombre de mots sont, poUMant, 
accentués sur la dernière syllabe. Ce sont ou bien des infinitifs 
en - f)l dans lesquels û est le résultat d'une cl^inti-action de 
deux a dissyllabiques ou bien d'anciens composés. 

Ex. : ahàrs (^ avant » : abat'z ; abèn « en face » : abenn ; 
abn'Kjl) " de bonne heure » : îlbréd ; ucalèn « d'ici » : Tr. 
ac'halen ; adrrh (g) « derrière » : adré ; adrœs « à travers » : 
adreûz ; agid « à reculons » ; an'^s « sans » : anéz ; beprPt{d) 
4 toujours > : bepréd ; diadre « le derrière » : cf. adré ; 
ebàrs « dedans » : ebarz ; eben « rauti'e >> (parlant d'une 
femme } : ebén ; ebrl (d) « aucun » : Tr. e-bed ; epàl (d) 
(< pendant » : Tr. epad ; netrà « rien » : nétra; o/^rn 
« messe » : oféren ; pânlekusl « Pentecôte '> : Ti*. pantekost ; 
aras- « devant » : cf. araok ? ; kenavo « au revoir » : kéna- 
vézo ; bentik [g] « quelconque » : bennâk. 

Infinitifs : y (celai « améliorer » : Tr. gwellaat ; ijelat 
« baisser » : Tr. izelaat ; hianàt « amoindrir » : Tr. biannat ; 
aiik.nnari'il « oublier » : Tr. aùkounac'haat ; lakàt * mettre » : 
lakaat; Wôwàl « grossir >: : Tr. teoaat. 

55 184. — g.îdaroc comparatif de g.idar « fade » â. l'accent 
sur la première .syllabe, de même kàsimàni « pros(juc ». 

î; isr>. — falliki- « méchant » : fallakr est accentué sur 
la dernière syllabe; également Intrjin Br. [Ininan M. S.) 
«< demoiselle » : itrôn, itrùu. 



— 111 



De la Syllabe 



!^ 180. — Le bretori de Saint-Pol connaît aussi bien, pour 
employer la terminologie de M. Jespersen (Lehrbuch der 
Fonetik '^ p. 202) le « rattachement ferme » que le « ratta- 
chement relâché » des consonnes, c'est-à-dire qu'une consonne 
eii limite de syllabe peut être explosive dans certaines posi- 
tidhs, implosive dans d'autres (cf. Ferdinand de Saussure, 
^Cours de linguistique générale, pp. 7^-98). 

§ 187. — Voici les règles : 

1° Toute consonne en limite de syllabe qui suit une 
roj/clle longue ou une diphtongxre — il lië peut naturéllemeiit 
être qilestidn que d'une voyelle accentuée et d'une cbtlâonfle 
simple — est explo><ire (il s'agit donc du rattachërtiehl 
relâché). 

Ex. : âcal, avâl^u, iahjil'/Ku, hlgal, tlXut, skaofa, etc. 

2* D'une consonne simple en limite de syllabe ([ui suit 
une voyelle hréi-r nccentiiée la première parade est iuiplosire 
la seconde explosive (c'est-à-dire qUe lé i-attâchement est 
ferme). 

Ex. : icci^shc, gû'eîhc, htCH, etc. 

S** Une consonne simple en limite de syllabe qui suit une 
royelle hrci'e inaccenhiée est r.cplosire. 

Ex. : bigj'ir^un, kosrd, kiritden, pesketàcr, domisiik. 

4" D'un groupe de consonnes en limite de syllabe qui suit 
une voyelle accentuée — laquelle naturellement est brève — 
la première consonne est i/nplosire, les- autres explosives. 

Ex. : distum, ne /'ritfe kPt, iie làrtfe kêt, sh'Jda, ne 
stàrnfç kêt, ânaret, kràzlcarc. 



— 112 — 

Mais si le groupe consiste en une occlmire suivie de 
r ou l tout le groupe est explosif. 

Ex. : H%liis, rikla, iPgresfi^), ôgra^ui^), règlen-i'^), 

5** Le groupe de consonnes qui en limite de syllabe suit 
une voyelle inaccentuée est soumis aux mémos règles. 
Ex. : pcshclorr, /iasïèlis, amprçfan, irnnen, 
mais 
sakràmâni, aaTf, atrisàot, hepr{'l(d). 



L'Accent dans la Phrase 



§ 188. — On peut distinguer trois degrés d'intensité. 

Accent fort i 
Accent moyen u 
Accent faible — 

Les mots noii accentués ne portent aucune marque 
distinctive. 

Une voyelle n'a la quantité ordinaire que sous raccerit 
fort. Sous l'accent moyen elle s'abrège et reçoit la quantité 
intermédiaire (cf. § 171). Cette quantité peut se trouver égale- 
ment sous l'accent faible, mais dans ce cas la voyelle est le 
plus souvent brève. Une voyelle longue peut être abrégée 
même sous l'accent moyen. 

Il y a souvent hésitation entre les deux degrés : accent 
moyen et accent faible. Dans une phrase rapidement énoncée 
beaucoup d'éléments de la phrase tombent au degré faible 
tandis qu'ils portent l'accent moyen quand la phrase est len- 
tement proférée et que le sujet parlant pèse les riiotg. 



(I) cf. § 174, Remarque. 



— 113 — 

§ 189. — Les règles principales d'accentuation sont les 
suivantes : 

Le nom, sujet ou complément direct du verbe porte 
l'accent fort : 

an dèa a rà an drà he « l'homme fait cette chose là » ; 

an dèn a va ar car « l'homme fait la voiture *. 

§ 190- — Quand le nom est suivi d'un adjectif, cet 
adjectif porte l'accent fort et le nom l'accent moyen. Ex. : 

an timbras « la grande maison » ; 

an dën (dëa) bras « le grand homme » ; 

a/' mor ihdan « la vaste mer » ; 

an'^d(ëd) màt(d) « le bon blé » ; 

membàz gicèled ar éV brg.s èryo « j'ai vu le grand 
chien aujourd'hui » ; 

avàlu djUar ëndœz gwèrzet « il a vendu des pommes 
de terre ». 

§ 191. — Quand un nom monosyllabe contenant une 
voyelle longue (1) est précédé de en, œn, er, œr, el, œl « un » 
il reçoit l'accent faible et en, etc. porte l'accent fort. Ex. : 

en ti <f. une maison » ; 

en den « un homme » ; 

er mor « une mer » ; 

èl lîvân « une bête » ; 

èr yalà « une bourse « ; 

an dèn a râ er ôïïr « l'homme fait un char ». 

§ 192. — Mais quand ces conditions ne sont pas remplies 
le nom porte l'accent principal et en, etc. reçoit l'accent 
faible. Ex; 

ër va uwes v une femme » : 

t -c 

ir gàzek « une jument » ; 
en of^rn a une messe » ; 
ër màr*ôat « un marché » ; 



(1) Et le mot bloas « an », §r bloas, blas <; un an ». 



— 114 — 

§ 193. — Les noms «le nombre huiwnr la même règle : 

tr) di t< trois maisons », 
mais (eir rlu.ijtces « trois femmes » ; 

nào di « neuf maisons » ; nào iôr «i neuf portes », 
mais nâô rt^lek <« neuf prêtres ». 

§ 194. — pPî'ar et pêdp' sont accentués sur la dernière 
svUabe devant un nom monosyllabique à voyelle longue. Ex. : 

perà)- zâc « quatre sacs » ; 

ped^r vâk « quatre bateaux », 
mais j3<:^i?a/' Sets « quatre jours », etc. 

§ 195. — Même règle après eil « au re •> qu'après les 
noms de nombre. Ex. : 

an èil tâi « l'autre père », 
mais an eil giciàd^r « l'autre tisserand », etc. 

§ 190. — L'adjectif précédé de kçr, ken, kcl (» aussi » 
et rë, re « trop » est sujet aux mêmes règles que le nom 
après en « un ». S'il est monosyllabe il reçoit l'accent faible 
et kçr, ré porte l'accent fort. S'il e-t de plus dune syllabe 
c'est le phénomène contraire qui se produit. Ex. : 

k^r krè « aussi fort » ; 
ker mât € aussi bon » ; 
rë doïn M trop chaud » ; 
re yen « trop froid » ; 
mais 

kël lëdan « aussi large » ; 
km iang « aussi mince » ; 
rê ralèurus « trop malheureux ». 

§ 197. — Devant le nom, les noms de nombre portent 
l'accent moyen quand ce sont des monosyllabes, mais l'accent 
fort quand ce sont des polysyllabes. Dans ce dernier cas le 
nom peut hésiter entre l'accent fort ou l'accent moyen. Ex. : 

ynenibœz gio.'ded diji vàdjioes « j'ai vu deux femmes » ; 
iiiernbœz gwçrzei tri làbçus « j'ai vendu trois oiseaux •> ; 



- 115 — 

mcmhœz gweled an eil vàjjwes « j'ai vu l'atidè femme », 
mais 

membœz 'pnkel Irlseg labels ou làbji.s « j'ai pris treize 
oiseaux » ; 

on dègved lààn a zç hci prtmet « la seconde bête a été 
})rimée ». 

§ 198. — Le pronom personnel sujet ou coinplémenl 
direct du verbe n'est pas accentué ou l'est faiblement, sauf 
quand on veut insister sur ce pronom 'ij. Ex. : 

nie (a) zèyo eryo <t je viendrai aujourd'hui » ; 

membœz gicèled anëaa « je l'ai vu » ; 

è& end(J'Z va gwHet « il m'a vu » ; 

poM endœz e Cfiirdrçiizei « Paul l'a grondé » . 

§ 199. — Les prépositions suivies de pronoms suffixes 
portent l'accent fort. Ex. : 

va zàd àndœz grèad an dràiie evintan « mon père a 
fait cela pour lui » ; 

dœed eo ganiân « il est venu avec lui » i 
bràsoc eo evidàme « il est plus grand que moi ». 

§ 200. — Quand deux de ces prépositions + pronom.-? 
suffixes se suivent, la première porte l'accent moyen, le second 
l'accent fort. Ex. : 

fans àndœs k^mèred aneàn gàntan •< François la pris 
avec lui ». 

§ 201. — Les adjectifs possessifs sont inacdentués. Ex. : 

va zl « ma m.aison ■» ; 

e vàb ëo « c'est son fils » ; 

làhed endœz e vrœr « il a tué son frère t> ; 

membœz^ g wëied o pugàle « j'ai vu vos enfants » ; 

cf. valni « moi-mêm.e ». 



(i' Ex. : na mena te nendœz grèad anëan c ni moi ni toi ne l'avons 
fait. 



116 



§ 202. — Les pronoms possessifs sont accentués comme 
les noms. — Ex. : 

va rd zo àç « les miens sont ici » ; 
kçumd^red ^ndœz eïni <c il a pris le sien >». 

§ 203. — Les démonstratifs an mi, ar rè portent l'accent 
moyen devant un nom, l'accent fort devant une préposition. 
Ex. : 

an ^îki bras « le grand » ; 

ar rè vrcis « les grands », 
mais 

an ïni zo bras « celui qui est grand >: ; 

emâ, eues, etc. portent l'accent fort comme le nom. Ex. : 

èniâ (a) zo dçset « celui-ci est venu > ; 

ènez endœz gréai « celui-là l'a fait ». 

§ 204. — Les pronoms interrogatifs sont accentués 
comme le nom. Ex. : 

j9tcW endœz grèad an lize « qui a fait cette maison *. 

§ 205. — L'adjectif pëbes^ pebes « quel, quelle » qui 
précède le nom porte l'accent moyen oU faible. Ex. : 

pêbez dën « quel homme >) ; 
pébes pàot • quel garçon ». 

§ 206. — Les relatifs pini^ etc. sont fortement accentués, 
mais peuvent aussi avoir l'accent moyen. Ex. : 

an dën pïni zo brg,^ ou an dën pmi zo brçis « l'homme 
qui est grand ». 

ag a est inaccentué. Ex. : 

menibœz gwèled cerf, deh ag a zg bras « j'ai vu un 
homme qui est grand ». 

§ 207. — Les pronoms indéfinis sont accentués comme 
les noms. Ex- : 

pepïni (a) gJ:iYner eini « chacun prend le sien ». 



— 117 — 

§ 208. — L'adjectif mêmes qui précède le nom porte 
l'accent moyen (ou faible). Ex. ; 

ar mêlées ira. « la même chose ». 

§ 209. — al, b^nàk (g), ebel{d) suivent le nom et sont 
fortement accentués tandis que le nom porte l'accent moyen. 

Ex. : 

gitèledendœz en dra benàk{g) « il a vu quelque chose » ; 
fans àndœs k^mered ancan gàniàn « François l'a pris 
avec lui » ; 

làhed. andœz an ènes « il a tué les poulets ». 

§ 210. — L'adverbe porte l'accent fort. Ex. : 

toni êç eryo « il fait chauil aujourd'hui » ; 

var^^cbaz a vo glào « demain il pleuvra >> ; 

niembœs kàred kà anPan « je l'ai beaucoup aimé ». 

§ 210 a. — De la négation ne - kèt {d), ne est inaccentué, 
tandis que kèi{d) est généralement faiblement accentué. Ex. : 

ne gàï'àn këd an drhhe « je n'aime pas cela » ; 
ne dèyo këd ^ryo « il ne viendra pas aujourd'hui ». 

Pour d'autres cas voir § 212, cf. 
également : 

ne kèt « ce n'est pas y, mais ne këd gioir « ce n'est 
pas vrai ». 

§ 211. — L'article, les conjonctions, les prépositions et 
les particules verbales sont inaccentuées. Ex. : 

^br a z6 e bro'zàos « Pierre est en Angleterre » ; beieg 
vrèmâ « jusqu'ici » ; ar vrô « le pays » ; a?i ini « celui-ci » ; 
pèr pe bàol « Pierre ou Paul » ; var'côaz a vç glào « il 
pleuvra demain ». 



— lis — 

§ 21'-.^ — Mais une troisième personne du sg. du présent 
porte l'accent moyen, quand elle est monosyllabique, et alors 
la négatiou k'H reçoit l'accent principal. Ex. : 

}t.e gai' krt 
ne cet k<^f 
ne ri'î Av^it 

§ 513. — La copule (a) zn, eo est inaccentuée ou faible^ 
ment accentuée. Ex. : 

an Aval a zd trfnk put « la pomme est très aigre » ; 
tài'i} ëo çrifo « il fait chaud aujourd'hui » ; 
an dogved làan a zo bet primet « la dixième bête a été 
primée » ; 

var'càaz a va glào o demain il pleuvra ». 

§ 214. — Le verbe ant eiis en fonction d'auxiliaire est 
faiblement accentué, mais porte quelquefois l'accent moyen, 
surtout dans les phrases négatives. Ex. : 

pesœrd dèn acœz gïtèlet « quel genre d'homme as-tu vu ? » ; 
membœz gioHed àr H àl « j'ai vu l'autre chien » ; 
çr vam evel^ùnez ne defe këd grèad an dràe « une 
mère comme celle là n'aurait pas fait cela ». 

§ 215. — Le participe porte l'accent fort, sauf en fonction 
d'adjectif. Ex. : 

memhœz làhed ar éf àl « j'ai tué l'autre chien » ; 
gikHcd endœt en dra benàk « il a vu quelque chose * ; 
dfêk ebèd a zo dœet « personne n'est venu ». 

§ 2Î6. — Le verbe conjugué sans négation porte géné- 
ralement l'accent moyen. Ex. : 

an d<)n a râ çr târ « l'homme fait un char » ; 
ar và^mcez ad^l/z anëân « la femme l'a » ; 
membœz anëân « je l'ai » ; 
ra z'i eo « c'est ma maison » ; 
e vàb eo « c'est son fils ». 



119 



ij 217. — Mais quand on veut insister sur le verbe, 
celui-ci porte naUirellement l'accent fort. Ex.. : 

béz e rèi/o §r car '( il fera un char » ; 

ma sào ar vrwneiimà " si cette brume se lève » ; 

me gb.T « j'aime >•. 

^ 218. — Le verbe conjugué avec la négaiion por^e 
l'accent, fort. Ex : 

mè ne gàrtin Hçd an drôhe « je n'aime pas cela ».; 
ne cdrtos kêï' >' il n'attend pas v ; 

§ 219. — Tels sont les grands traits de l'accent uation 
dans la phrase. On se fera une idée — quoique bien faible — 
de la variété, de la mobilité et de la richesse presque illimitée 
du langage courant dans la partie des textes où raccentuation 
de la phrase est notée. 

L'accentuation dans la phrase, telle qu'elle vient d'être 
exposée, correspond pour ses traits principaux à celle du 
gallois et aussi de l'irlandais dont les règles ont été établies 
par Whitley Stokes (R C. VI, p. 290) et M. Loth [Métrique 
galloùe II, p. 151 ss.). Dans ces langues « tous les mots, 
mêmes accentués, peuvent devenir des éléments d'une unité 
réunis sous un accent principal commun » (M. Lothib. p. 152). 
Il est peut être utile de montrer que les unités principales 
sont les mêmes en gallois et en irlandais. 

Les unités bretonnes suivantes se retrouvent en gallois et 
en irlandais (cf. M. Loth, ih. pp. 152-153) : 

1° Le substantif, pronom ou adverbe précédés de l'article, 
d'un adjectif pronominal, d'un nom de nombre ou d'une pré- 
position. Le substantif porte l'accent principal, voiries §§ 197, 
201-03, 205, 208, 21ti-ll. (Pour l'accentuation des noms de 
nombre et de quelques adjectifs pronominaux monosvllabes, 
voir les §§ 192-95) : 



120 



2° Un substantif suivi d'un gôqitif qui en dép-^nd ou d'un 
adjectif qui le qualifie. Le génitif ou l'adjectif port.ent l'accent 
principal, voir § 190 ; 

3** Une forme verbale avec ui) pronom sujet ou avec une 
particule verbale. L,a forme verbale porte l'accent principal, 
voir les §§ 198, 211. 



L'Accentuation des Composés 



§ 220. — Le principe de l'accentuation des composés est 
le même que dans le groupe nom et adjectif, l es groupes de 
noms suivis d'un autre nom qui détermine le premier et qui 
remonte à un ancien génitif, se comportfnt comme les 
composés. Le premier élément porte l'accent moyen ou même 
faible, et le second élément l'accent fort. Ex. : 

kôz vàtes « vieille chaussure » ; 

tàol àvel'gl. tàolu àvel « coup de vent » ; 

avàlu dùar « pomme de terre » : aval et douar ; 

ki dur « loutre » pi. ms dur ; 

pàd^ùarn « marmite » ; 

àntotmôs « lendemain *. 

Mais quand la conscience de l'autonomie des éléments 
s'est perdue et que le mot apparaît comme un mot un , l'accen- 
tuation est celle du mot ordinaire. Ex. : 

avèldro « tourbillon » ; 
kildànt « grosse dent ». 



SYSTÈME 



1^3 



L'Article 



§ 221. — L'article défini est ar c le, la »_, al devant des 
noms commençant en i : al leas « le lait » : léaz ; et O'/i 
devant i, d, n : an dïntïn « la tante », an dPnf « les dents » : 
dafit ; an nâ.un « la faim » : naon. 

L'article indéfini est ^r, ét, et, œl, devant / : pI liam 
« une corde » : liamm ; en.œn devant t, d, n : è>i fi « une 
maison » : tî ; en dimêzel « une demoiselle » : dimé^el : 
en ni (' un neveu » : nîz. 



Les Mutations 



%222.\.0ccluswes changées en spiranles, f en f et sifp.antes et 
chuintantes sou)-des changées t-n sifflantrs et chuiniantes 
sonores. 

a; 



k > 


c 


p > 


î\f 


f > 


z 


f > 


f 


sm> 


■ z 


.s(i) > 


J 



Après les pronoms possessifs suivants : 

ca « mon », em « dans mon ». 

Ex. : va ci « mon ch.en » : kî ; em câl^un « dans mon 
c(Bur » : kalon, kaloun ; va fen, j'en « ma tète » : penn ; 



(1) Suivi df- voyelle. 



1:^4 



ra zât (d) « mon père « : tâd ; eni zàt (d) « dans innp père » ; 
va frai .< mon fléau »> : frai ; ra zgc « mon sac « : sâc'h ; 
etn zgô « dans mon sac >) ; va Jvûk « ma nuque » : chouk ; 
e»i J ûk « dans ma nuque ». 

De même après ra « me >> employé comme prénom infixe. 
Ex. : bez en dœz va caret « il m'a aimé ». 

Exception : p ne se change pas en f après em mais 
se maintient par une tendance à la différenciation. Ex. : em 
pen « dans ma tête ». 

ê « son )) (à elle). 

Ex. : e cl « son chien » : kî ; e fen, fen <( sa tête » 
penn ; e zât [d) « son père » : tâd ; e fœntoen a sa fontaine » 
feunteun ; e zâc » son sac » : sâc'h; e j/ùk « sa nuque » 
chouk. 

De même pour ê employé comme pronom introduit entre 
le pronom personnel et la forme verbale, entre l'auxiliaire et 
le participe ou placé devant l'infinitif ; wernhwz e caret « je 
l'ai aimée ». 

ô « leur », 

Ex. : dî i' leur chien » : kî ; o /*<?», /en « leur tête » 
penn ; o zât [d) « leur père » : tâd ; o fœnicen « leur fontaine » 
feunteun ; o zçlù « leur sac » : sâc'h ; o jûk « leur nuque » 
chouk. 

\i) h > c 

5(1) > z 
.v(l)> j 

1" Après l'article ar « le » ou œr^ er « un » au m. sg. 

Ex. : ar HLck « le coq », çr {œr) èilek « un coq » : 
kilek ; ar zal « le seau », çr {œr) zoJ « un seau » : sâl ; 
ar jûk « la nuque », tir [<ipr) jjuk « une nuque » : chouk. 

Remarque : kënta subit la même mutation : ar c^nia 
« le premier, la première ». 



(1) Suivi de voyelle. 



— 125 ~ 

2** Après l'article ar au pi. des noms ms. et fém. dési- 
gnant des animaux et des choses : 

Ex. : ar cileyen pi. de kilek « coq » : kiiek ; ar ôerek 
pi. de kareh « écueil, rocher » : karrek ; ar celen « les 
mouches » pi. de kelênen « mouche » : kéliénen. 

§ 223. — 2. Occlusives sourdes changées en sonot^es^ 
g changé en spirante sourde, disparition de g dans le 
groupe gw, h, m changés en v, f en f, sifflantes, chuin- 
tantes sourdes changées en sonores. 

k > g 

p > b 

t > d 

g > à 

gib > V 

b > V 

d[i)> 2 

m > v 

f > f 

5(2) > Z 
S (2) > / 

1** Après l'article ar, an^ l'article précédé do la prépo* 
sition en dans p% en et après er, œr, en, cen (( un » au fém. 
sg. d reste immuté après an, en, œn. Mais il est assimilé 
à IVi précédant dans an nôr « la porte » : dôr. 

Ex. : ar gasiolôren <(. la casserole ». er gasiolçren « une 
casserole », p* gasiolôren tt dans la casserole », ar bâl « la 
pelle », er bal << dans la pelle «, er bal « une pelle « I pâl ; 
an diniin « la tante », en dïntln « une tante » ; ar corisâden 
« le hennissement », er corisâden « un hennissement » î cf. 
Tr. gourichal; ar vêzen « l'arbre », ervêzen « dans l'afbre w, 



(1) Dans kalz a clê » beaucoup de dettes » : dlé, c' vleiit tl'UDB forme 
glé connue dans d'autres dialectes. 

(2) Suivi de voyelle. 



— i-M — 

tjr vëzen » un arbre •> : gwé;:en ; ar iTdn « le corbeau », t7* 
rran u un corbeau » : bran; ar vp'â « la fille », ^r vcrê 
« une fille » : merc'h ; ar frônel « la narine », çr f'rônel 
V. une narine >i : fron ; ar zll « la passoire », çr zil •< une 
passoire » : sil ; m' Jade n « la cbaine », er Jâdcn « une 
chaine » : chaden. 

Exception : L'initiale de plçtc reste immutée : ar pl^ic 
" la fille » : plàc'h. 

Remarque : / >• rf a lieu dans le nom m. trâ <( chose », 
tin dra benàk « quelque chose » : trà. 

p "> b dans perâre f. « quatrième », pempct f. « cin- 
quième » : ar bccàre, ar hcmpet ; 

2° Après les prépositions suivantes : 
a « de ». 

Ex. : en, de a a boan « un homme de peine » ; kalz a 
fies « beaucoup de figues » : fiez , 

da <' à », dar « à la, au ». 

Ex. : me zo ea(d) da dl hPr « je suis allé a la maison 
de Pierre » ; me zo ea (d) dar gear « je suis allé en ville ». 

drë « par ». 

Ex. : dre gastel « par Saint-Pol ». 

Remarque : Il n'y a pas de mutation après dîrttr « de 
dessus » ; diwar, mais j'ai entendu dlvar zac pêr m. à m. 
« de dessus du sac de Pierre ». Non plus après dlndan « sous » : 
dindân, sauf dans l'expression dmdan boan « sous peine » : 
poan. Après var « sur » dans: rar bcun landernâ « sur le 
pont de Landerneau ». 

Après les pronoms suivants : 

da « ton, ta, tes ». 

Ex : da gâdor « ta chaise > : kador ; da blnni « ta 
plume )i : plu ; da dôk '< ton chapeau » : tôk ; da cïrkM « ta 
bouche » : genou ; da rîn « ton vin » : gwin ; da cnra « ton 



— 127 — 



pain » : bara ; da zory^).i « tes portes » : <10î- ; da ver'd, rer'r. 
« ta fille )) : merc'h ; da fiarsetes » la fourchelle » : Tr. 
forchetez ; da zgc « ton sac » : sâc'h ; da Jcûk « ta nuque » : 
chouk. 

e « son, sa, ses (à lui) ». 
Ex. ; e gâdor « sa chaise » : kador, etc. 
De même après e pronom infixe ; membœz e vHet >■■ je 
Tai vu », vûembœz e calvet •■ je l'ai appelé ». 

an îni « celle «•. 

Ex, : an îni vràs « la grande, celle qui est grande » ; 
brâz : an îni vorn « celle qui est borgne » : born ; an îni fur 
« celle qui est sage » : fur. 

ar rê « ceux qui ^. 

Ex. : ar rê vrâs « ceux qui sont grands » ; ar ^è roal 
t« ceux qui sont chauves » : moal; or rè fur « ceux qui sont 
sages > : fur. 

/Y? « ceux 5). 

Ex. : rè gaslei « ceux de Saint-Pol >>. 

Remarque : pe « quel » est suivi de mutation dans l'ex- 
pression pe zcis e quel jour » : deiz Mais en dehors de cette 
expression « quel » est toujours rendu par vebes qui n est accom- 
pagné d'aucune mutation : pphes kein. pcbez dën, etc 
eil « autre » provoque mutation quand il est suivi d'un nom 
féminin : an èil vam « l'autre mère > : eil ; mais l'on dit aa 
eil iai « l'autre père », an eil giciâder « 1 autre tisserand », 
etc. 

Après les noms de nombre suivants : 

ûnan (V uns » au féminin. 

Ex. : ûnan vrâs « une grande » : brâz ; ànan gam « une 
boiteuse » ; ûnan clàs « une verte » : glàz. 



— 12S — 

daju^ dçku, do'jj u deux » m., di-u « deux ») fém. 

Ex. : dau di « deux maisons » : tî ; dieu gasiolôven 
« deux casseroles » ; da-u f:p- i- deux mots t> ; g^r; dcuij zeis 
•< deux jours » : deiz ; do-u zaô « deux sacs » : sâc-'h ; </oji 
/\uk ■< doux nuques » : chouk ; dau /«/•>•<> deux sages » : fur; 

tri « trois » m., teir « trois » fém. 

Ex. : Irî di « trois maisons » : tî ; tei'' rOcUives « trois 
femmes » : maouez etc. 

pèvar « quatre ») m., jièdp^ « quatre » fém. 

Ex. : pf^'vàr zeis « quatre jours » : deiz ; pçdèr vak 
« quatre bateaux » ; bâg ; pcvàr zac « quatre sacs » : sâc'h ; 

nao « neuf ». 

Ex : nao baot « neuf garçons » : paotr ; nao di « neuf 
maisons » : tî ; nao ôôà « neuf hivers » : goanv; nao vêlek 
a neuf prêtres » : bélek ; nao zia ul « neuf diables » : diaoul ; 
nao zor « neuf portes » : dôr ; nay v§r'è « neuf filles » : 

Remarque : J'ai toujours entendu nao dç vos « neuf 
journées » : dervez. 

bloas « an ■» : bloaz présente mutation après d^u et 
àwçac-dëk : dàti vlas « deux ans », cwàc vl'is « six ans »j 
sèiz vlas « sept ans », èiz vlas « huit ans », nào vlas k neuf 
ans » (mais aussi nào blas), dèg vlas « dix ans » ; tandis 
qu'on dit èr bloas « un an », tri bla^ « trois ans », pevàr 
blas « quatre ans », pèm blas « cinq ans ». 

Après pe « ou ». 

Ex. : ôwi pe ?v' a vous ou moi » ; pèr pe baol « Pierre 
et Paul ». 

Après la négation ne « ne ». 

Ex. : ne z^ràn kefi) ôoas « je ne ferme pas encore » ; 
ne gârô.n ked anêân « je ne l'aime pas » ; ne flamin ket 
coas « ça ne flambe pas encore ». 



— 129 — 

Après le particule verbal a. 

Ex. : ni a gâr ar vugâle « nous aimons les enfants » ; 
me a zeyo var^coas «. je viendrai demain » : 

Après ra « que ». 

Ex. : ra vçzo d^ue mœlei « que Dieu soit loué ». 

Après en er « en » devant les infinitifs. 

Eï. : en er gâna « en chantant » ; en er zavefèi aneàn 
« en le .sauvant ». 

Après ëiiem marque du réfléchi. 

Ex. : ênem vèlel « se voir » ; ënem zêvel « se lever « ; 
ënem gârt^t « s'aimer ». 

Auprès rè, re « trop ». 

Ex. : rë vras « trop grand » ; re g^ûniànt « trop content » : 
re zêdçr « trop gai » ; rj z^n a trop profond ». 

Après les mots ou particules suivants qui forment compo- 
sition avec le second terme dont l'initiale subit mutation : 
ànter « demi ». 

Ex. : ântet^boas « à demi cuit » ; ânterèàet « à demi 
payé » ; ânterzàvei « à demi levé >; . 

pœr « complètement ». 

Ex. : pœrcrèai « complètement fait > ; pçerbàef « complè- 
tement payé » ; pœrgânei <' complètement chanté » ; pt^rvervet 
« complètement bouilli » ; p^rzàvei «< complètement levé ». 

wal « mauvais » aussi « très, gravement ». 

Ex. : wàiglâ « très malade » ; walvlèset « très blessé » ; 
wàlgemèret « mal pris, gravement malade » ; walzj/rnet 
« mai battu » (du blé) ; vjàldaol « mauvais coup, blessure 
sérieuse » ; p* wàlvam « une mauvaise mère » ; cnez en dœs 
paked er icàlêaf « il a pris un gros lièvre ». 

9 



-r: 130 — 

Rbmarqde. — Il V a natation après bcfeh « jusqu'à » 
dans beff'g vremâ «< jusqu'à maiuieuant ». 

tu(it(d) « du bien » subit mutation dans l'expression 
oh^r vâf((() < f^ire du bien », enrz a ra rât « il fait du 
bien > ; 

3* Mutation de t'iniliale de Vadjectif sxdcant le nom 
au féminin sific/idier. 

Cette mutation semble un peu atteinte et n'est rigoureuse 
que dans les expressions usuelles. Il y a trois cas à distinguer. 
D'abord la mutation entière qui se fait après tout noni 
fnuK^ant par une voyelle ou par m, n, r, l. On hésite pour- 
tant pour (/ >. r et l'on peut entendre niani zist['hgel et 
disljînget « une excellente mère ». Après voyelle, n^ r , et l, 
l'occlusive d reste généralernent sans mutation, kozni dis- 
t^nget « vieillesse distinguée » ; taol disl£ngel « excellente 
table D ; 'mtrcùn disiënget « deraoiselle distinguée » ; Uxir 
distgiiget « belle lune ». 

Ex. : mam gaer « belle mère » ; mam fur « sage mère » ;• 
mam boà-ir « pauvre mère j> ; mam vian « petite mère » ; 
mam vâl(d) « bonne mère » mamm et kacr, fur, bian, màd ; 
hitrcitn gaer « belle demoiselle » ; rnércùn /al <■'. mauv^^ise 
demoiselle > ; hitrcim hct^ir « pauvre demoiselle n : itroun 
et kaer, fall, paour ; loar gaer a belle luue » ; loar fat 
« mauvaise lune »> ; loar ven « lune blanche » ; loar vât(d) 
« bonne lune » : loar et kaer, fall, gwenn, mâd ; taol dànô 
« table mince » ; taol clos « table verte » ; taol ven « table 
blanche » ; taol zeac « table sèche » : taol et tanaô, glâz, 
gwenn, séac'h ; kozrn vràfi « grande vieillesse >» ; kozni 
rût(d) « bonne vieillesse » ; kozni gaçr « belle vieillesse >>; 
kozni fur « sage vieillesse » ; /cozni ba^^ir « pauvre vieillesse » ; 
Tr. kozni et brâz, mâd, kaer, fur, paour. 

Remarque : On dit kas^ûni malem'us « haine malheu- 
reuse » : Tr. kasoni. 



— IBi 



Mais une mutation plus 


restreinte 


g 


> c 


•fjic 


> V 


b 


> V 


tii 


> r 



se fait après tout nom qui iinit en A' (^), p\b), s{z), ><{j). 

Ex. : a»- gâzek clas « la jument verte ^) ; ar gâzpg ven 
« la jument blanche » ; ar gàzpg vian << la petite jument » ', 
ar gàzeg rfit(d) « la bonne jument » : kazek et glâz, gwenn^ 
bian, mâ<i ; e-r grip cfâs « un peigne vert » ; r)- grih rian 
(' un petit peigne » : krîb et glaz, bian ; patres clâs « fille 
verte » ; pairez vian ¥■ petite filie » : bian: pairrz V(ll(d) 
« bonne fille » : Tr. paotrez eL gi^z, bian, mâd ; or<y(as(j) 
vràiS « une grande horloge » ; orôlas(J) vât[d) <■< une bonne 
horloge » : Tr. horolach et brâz, mâd. 

Une mutation encore plus restreinte 
b > V 
m. > V 

a lieu après les noms qui finissent en t, c. 

Ex. : g'^âll vian « petit lièvre » ; guH vâl{d) « bon lièvre » : 
gâd et bian, mâd ; rner'c vian « petite fille i> ; ,rtef^r vni[d) 
« bonne fille » : raerc'h et bian, mâd. 

4** Une mutation partielle a encore lieu après l'article au 
pluriel des noms masculins des personnes. Cette mutation est 
d'ailleurs loin d'être rigoureuse. 

C'est la mutation 

k > g 

p > b 

b > V 

m "> V 

s > z 



— 132 — 

Ex. : ay gUvizlm << les charpentiers t>, de môme çr gil- 
visu'n « dans les charpentiers n pi. de knlres : kalvez ; av 
ba'.ret « les garçons « pi. de paoir c garçons » : paotr; ar 
vclryen pi. de béieh « prêtre » : bélek ; ar varimlel « les 
maréchaux ferrants >> :<fr. ; ar zip' « les sacs » pi. de sac : 
sâc'h. Mais ar midi^'inet « les médecins » :<fr. ; ar brœdq'r 
« les frères » pi. de br(l'r : breûr ; ar mipfen pi. do màp(b) 
« fils » : mâb 

Première remarque : 

I. — Mutation Je l'adjrctif après le non m. au pi. 

Il y a encore bien plus de flottement en ce qui concerne 
cette mutation. 

La mutation entiè're (s^iuf ' > z) semble avoir liôu après 
des noms nnis^ant par une voj.eîie. 

Ex. : iuistri garr « beaux maîtres » ; mislri fur « sage 
maîtres « ; mislri ha^ur « pauvres maîtres » ; mis tri vian 
« petits maîtres » ; inistri vâî(d) « bons maîtres » : Tr. 
mestr et kaer, fur, paour, bian, mâd ; bugâlç drœi(d) 
« enfants minces » : bugale et trefit. 

Après des nom.s qui finissent par dej> liquides ou nasales 
je n'ai entendu que la mutation 

p > b 

b "> V 

après des noms finissant par /. 

Ex. : kestel vrao « beaux châteaux » : kastel et brao ; 
ebrstel ba^jr « pauvres apôtres » : abostol et paour ; 

Après k(g)y par exemple après këzek « chevaux », je n'ai 
trouvé aucune mutation, tandis qu'après t(d) j'ai entendu 

giv '> . V 

b > r 

ra > V 



133 



Ex. ; patred v^n, paire ven a garçons- blancs » ; patrr(d) 
vian « petits garçons » ; }iaire{d) vOA\d) « bons garçons » : 
paoir et gvvenn, bian, màd. Mais sWU 'mât(d)y serU bian 
{< bons saints, petits saints » : saàt et mâd, bian, 

Après c j'ai noie b '> r 

Ex. : menée vian « petits moines <> mais mënec rnât.{d) 
« bons moines « : manac'h et bian, mkd, 

II. — Mutation de l'adjectif après les noms propres. 

La règle ost la môme que pour l'adjectif qui suit le nom 
au sg. fém. 

a) Après les noms qui se terminent par une voyelle, une 
liquide ou une nasale, la mutation entière a lieu. 

Ex. : î^i gôs « le "^deux Louis » : kôz ; l^ui rian « le 
petit Louis » : bian ; l^i mt{d) « le bon Louis » : mâd ; IfUi 
hOcur u le pauvre Louis » : paour ; If^ù dr(ëi[d) « le m.ince 
Louis » : treût ; prr gôs « le vieux Pierre » : kôz ; per vian 
« le petit Pierre » : bian, etc. ; âlan rian « le petit Alain » : 
bian ; âlan nos « le vieil Alain » : kôz. viker vrns « srand 

•^ • Cet- 

vicaire » a probablement subi l'influence de ces noms propres. 

b) Après les noms finissant par k[g), p[h), s{z), s[j) la 
règle est la môme que pour l'adjectif suivant le nom au sg. fém. 

Ex. : alânig vian « le petit Alain » : bian ; alânig rrâs 
« le grand Alain » : brâz. Mais alânik kçs, paur, fans 
vian « le petit François » : bian ; fans vâi (cl) « le bon Fran- 
çois » : mâd. Mais fm/s pa^r « le pauvre François ». 

Seconde remarque : 

Un nom qui remplit la fonction d'un ancien génitif quali- 
fiant un nom précédent subit la même mutation. 

Ex. : poan ben « mal à la tête » ; poan et penn ; sôMen 
goat (■< chaîne de bois » : Tr. chadenn et koat. 



134 — 



Î5 224-. — 8. Occlusives sonores changées en tfourdes. 





ff 


> 


k 




h 


> 


P 




(l 


> 


l 


après 








da « à ton ». 









Ex. : (la hn-Ple k à ton lit » : gwélé , da t^rrn « à fa 
main » : dourn ; da pvrs « à ta vie » : buez. 

Ô " vous '). 

Ex. : rtir o kirel « je vous vois » : gvyélout ; /ne o tua 
« je vous noircie » : Tr. dua ; /ue o pînik « je vous bénis »> : 
Tr. binniga, benniga. 

ô f< votre ». 

Ex. : kttln « votre vin « : gwîn ; o para « votre 
pain » : bara ; o frnt « vos dents » : dent. 

§ 225. — 4. Mutation dite <.^ inijote ». 
■ d > ' t 
et 

g 

gib 
b 
m 
après 

e — mbr. oz « en » devant l'infiRitif. 

Ex. : ^ frPbi emà « il mange (est mangeant) » : dibri; 
e ccrccl emà « il appelle » : gervel ; e vCded emà « il voit » : 
gwélout ; e virvi emà « il bout » : birvi ; e vjiga emà < il 
étrangle » : mouga. 

e — mbr. e, ez, particule verbale. 

Ex. : var^ coaz e t^rnin an eost « demain je battrai la 
moisson » : dourna ; var^ ôoaz e calvln « demain j'appellerai » : 



> 


? 


> 


V 


> 


V 


> 


V 



— 135 — 

f^ervel* i-ar^coaz c vnlm « demain je verrai » : gwélout ; 
rar'coaz e vervïn oXlleas « demain je bouillirai le lait » : 
birvi • var^coçfz e varvhi « demain je mourrai >• : mervel. 

ma « si ». 

Ex. : ma tcurn l'ar'caos « s'il bai demain » : dourna ; 
ma vÇ4 an dra he « s'il voit ça » : gwélout; ma colf anean 
« s'il l'appelle » : gervel ; m.a ver/' an cl^r <l s'il bout l'eau » : 
veryi; ma vët(d) « s'il moissonne » : raédi. 



Le Nom 



» s 226. Le nom comporte Jeux s^enres, le masculin et 

le féminin, et deux nombres, le singulier et le pluriel. Il n'y 
a pas de flexion casuelle. Le pluriel s'exprime par des alter- 
nances Yocaliques (flexion interne) ou des désinences qui pour 
la plupart tirent leur origine des désinences casuelles prébis- 
toriques. 

Les mêmes désinences s'attachent aussi bien au masculin 
qu'au féminin et il n'y a pas de différence de principe entre les 
deux genres au point de vue des désinences. 

c 227. — Le pluriel est eœprimé par une alternance 
de voyelles. 

Cette alternance est due à i influence que des désinences 
comportant une voyelle palatale ont fait subir à l'élément 
pr'désinentiel du mot . 



— 136 -> 

- a- : - 6» -H). 

Ex. : këz/*k pi. 4e knzek f. « jument >» : kazek ; kerek 
pi. (le karrh f. <i rocher » : karrek ; devet pi. de dàvat f. 
* i>rel)is » : daùvad ; dent pi. de f/rïni m. « dent » : dant; 
t'zrn pi. de âzen m. « âne » : azen ; kesiel pi. de kastel m. 
« château » . Tr. kastell ; rrstel pi. de rastel f. « râteau » : 
rastel ; këbest pi. de kâbest rn. « licûu » : kabestr. 

- rfl - : - <^î -. 

mein pi. de j;/ea2i m. « pierre » ! méan ; drein pi. de 
drean m. <^ épine » : dréan ; keh pi. de kea.s « pauvre » : h^éaz. 
-^la - : - e -. 
irrn pi. de l^uarn, m. « renard » : louarn. 

- oa - ; - eî -. 

treU pi. de //-oa/ m. « pied » : Iroad. 

' à - a - : - è - e -. 

(^bet pi. de abat. m. « abbé » : ahad. 

- a - - : ' e - e ■■. 

ebeslfl pi. de ahostol m. « apôtre » : abostol. 

- a -(4c - : - e - - e -. 

eskpm pi. de ask^urn m. « os » : askourn. 

- ô - a - : - ë - (^' -. 

ëzçc pi. de àzac m. (( chef de ménage » : ozac'h. 

Les mots suivants forment une catégorie spéciale où 
l'alternance des voyelles est accompagnée d'une palatalisation 
vi'im a final. 

-a-e-:-e-i-. 

plëiikin pi. de pkh'iken f. « planche >> : planken. 

-o-e-:-e-i-. 

çrdin pi. de orden f. gerbe ; kçrdin pi. de korden f. 
« corde » : korden; krëHn M. S. [krëcin Br.) « peau» : 
kroc'hen. 



• 1 La quantité ci le timbre de cette voy«^lle comme pour toute voyelle 
frappée par l'accent dans les formes du pluriel suit naturellement les règles 
générales de quantité et de timbre. 



— 137 — 

§ 22E. — Désinence -^. 

Cette désinence ne forme pas diphtongue avec une voyelle 
précédente sauf dans tra^u, ti'(?(^-' pî- de t-â « chose >» : trâ. 

C'est avec - y^ la désinence du pluriel la plus fréquente 
à Saint-Pol. 

Es. : adozenfU pi. de addzen i. « aiguille » : nadoz ; 
aluzen^ pi. de alùzen f. « aumône » : aluTien ; ali(U pi. de 
âli m. • avis » : ali ; aoten^ pi. de aoien f. « rasoir « : 
aoten ; aval^ pi. de âvoA m. « pomme » : aval ; halaèn^i pi. 
de balàea « balai » : balaen ; hanèl^ pl.^de baneî m. 
« bannière » : banniel ; bçg^^'J) pi. de oêk m. n bec » : 
bék ; bron^ pi. de bron f. « sein » : bronn ; ënè^zi pi. de 
ënç m. « âme » : éné ; enezen^^ pi. de enëzen f. « ile » : 
énez; korfçU pi. de korf m. « corps » : korf; teodfU pi, de 
?ép/ m. « langue » (le pi. icôJcU s'entend aussi) : téôd. 

§ 229. — Désinence - yM. 

Ex. : ànoy^t pi. de ano m. <• nom » : hanô ; aotçry^ pi. 
de aoter i. « autel .»:aoter; broyai pi. de brà « pays » : bro ; 
hadoryçXi pi. de kâdor f. « chaise » : kador ; Inidvr/^ pi. de 
ïntâô m. « veuf » : intaùv. 

Remarque : Le pluriel de kear f. « ville » est kfryf^i : 
kéar; de kea m. « quai «, ^^j/^^^ r kaé ; de lœe m. « veau », 
lœyfU (M. S.) ou .^^ôî/<4< (Br.). 

- y - s'assimile à la consonne finale du singulier. 

5, z, t finaux + - y - ."> - .s -. 

Ex, : barSfU pi. de bars m. « baquet qu'on porte sur la 
tête » ; kreSf^f, pi. krès m. « chemise » : krés ; boàs^i pi. de 
boas « coutume » : 'boaz ; àos^u pi. de aot « grève » : aot, 
aod ; alcioesçU pi. de alcives f. « clé » : alc'houéz. 

Remarque I. — Le pluriel de meas m. « campagne » est 
meSfU : méaz ; de deis m. « jour » dfé^jtÀ (aussi deis^i M. S.) : deiz. 



(1) La sonore réapparaît, tandis qu'elle est devenue sourde en fin de 
mot, cf. § 154. 



13S 



H. — n du groupe final - nt tlisparait devant le - .v - du 
pluriel avec forte nasalisation do la vojelle précédente ; 

T'.vjt pi. lie rn/ m. « chemin » : lient ; ^^^^(ès^i pi. de 
k^jrnf m. « couvent >♦ : Tr. kouent ; _/v~'-^ P^- ^^ fcpni m. 
« pont » : pont ; nicûs^ pi. de niçTnit m. « montre » : < fr. 
— yr}f^f.f's^ pi. de m(àies f. u voix » : mouéz suit I3. même 
catégorie. 

III. — Le pluriel de rfôr f. « porte » ost dprôs^ : dôr. 

- d final -\r-y->-j-' 

Ex. : ko(Uju et kôajfU pi. do koai m. « bois » : koat ; 
kjihlâju pi. k^'iblat m. << couple 5 : Tr. koublad ; poUrëJ^u 
pi. de poUyr.t m. « portrait » :<:fr. ; nlJ/^M pi! de rôt {d) î. 
« roue » : rôd ; àndrêj(i( pi. de àndvet m. « endroit » : <fr. 

- l final -\- y -> -l- . 

Ex. : arbelji pi. de cr??*^/ f. « armoire » : arbel; bal^u 
pi. de bàl m. « bal » : bal ; brezeljc pi. de brëzel m. 
« guerre » : brézel ; ezel^ pi. de ëzcl m. « membre » : ézel ; 
j^z'/tM pi. de xbil m. « cheville, goupille, tolet » : ibil ; kazel^i 
pi. de kâzel f. « aisselle -) : kazel ; tàoljy, pi. de taol f. 
« table » ; taol. 

- n final + - y - > - n -. 

Ex. : askwaritU pi. de askwan f. « second souper, 
réveillon » : askoan ; f^uryi^u pi. de fiUrn f. « four '> ; forn ; 
karvanx?* pi. de karvan m. « mâchoire » : karvan 0). 

- f final + y ::: - /'.v -. 

Ex. : kefs^ pi. de kêf m. c souche » : kef. 

Remarque : Le pluriel de gh\u m. « bouche » : genou 
est ginà^^,. 



(l) .l'ai aussi entendu kerven^u (M. S. 



— 139 — 

§ 230. — Désiiienoe - yen. 

Cette désinence s'emploie surtout pour (Jes noms de 
personnes. 

Ex. : a^utrfUijen pi. de OcHtriii m. « Monsieur » : aotrou ; 
enehfUnjen pi. de cnê\ur m. « ennemi » : Tr. enebour ; 
erit^iryen pi. de erlt^r m. « héritier » : heritour ; treifçiiyyefi 
pi. de treitfUr m. « traître î : L. G. treitour ; mrpàntfUryefi 
pi. de mrpânffUr m. « charpentier » :<fr. 

- k final -i- - y - > - y -. 

Ex. : amezeycn pi. de aniëzek m. « voisin » : amézek ; 
heleyen pi. de hèlek m. « prêtre » : bélek ; giceneyen pi. de 
gwenek m. « son » : Tr. gwennek ; kileyen pi. de kileh m. 
a coq » : kijek. 

- p final -f. - y - > 'Pl -. 
Alternance - a - .* - t -. 

Ex. : mipten pi. àé mâp m. « fils » : mâb. 

Alternance -e-o-:-i'i-. 

Ex. : iskipten pi. de ^îA-op m. « évêque » : eskop. 

- n final •\- - y - > - y -. 

Ex. : krisieyen {kristenyen M. S.) pi. de kristen m. 
« chrétien » : kristen. 

- y ' provient ici d'une dissiniilation de l'élément nasal 
de - ^ - à la nasale finale. 

- 8 {- z) final -h- - y - > - s -. 

Ex. : niarm^sen pi. de marni^s m. « singe » : marmouz. 

Remarque I. — Le pluriel de pci^nr m. « pauvre » : paour 
est p<eiyen\ de peskelaçr m.. « pêcheur > : Tr. pesketaer, 
pesketfryen. 

IL — Le pluriel de kalves m. « charpentier » : kalvé, 
kalvez est kilvizîen. 

III. — kère m. « cordonnier » a comme pi. kere^ryen. 



— 140 — 

§ 231 . — Désinr^re - yrr. 

Alternance - fui : - e ■ . i \ ,, 

Ex. : }<rey['r pi. ilo ^nvj ni. « crôohe, étabÎG » : kraoïi ; 
gt-yrr pi. do ga^, gu^i m. « mensonge «> : gaou^v-/ /»/' ff^ ^"^ 
~ h final + -?/-> - // -. 

E^. : lanfiK^r pi. de lanok f. « champ d'ajonc » : Tr. 
lannek. /k^vs^/^ (il h^ ^^' y *- ; />»• ^^-^^ «-''•• 

Alternance - o - \ - r -. 

Ex. : hreyçi' pi. de krûkm. « croc » : kiôk. Y^^ ["^J )^'' '^ 

- n flnal + -//-> - /j -. ^ 
Alternance - o. - c --:»«-/-. 

Ex. : xcaliner pi. de walrn f. « anneau, bague » : gw^len. 

-.v(-.)final + -2/- >--^- ^fATO^-^li] r' 

Alternance - a. - : - i -. 

Ex. : girsrr pi. de par.v f. c haie » : garz ; hv<er pi. de 
b(j8 m. « bâton » : bâton ; kiker pi. de kâs m. o chat * : kâz. 

- cs7 final + -//->- .V -. 

^ t' Ex. : prenrs^r (M. S.) pi. do prenest m. ■« fenêtre » •/ i ^ 

Kx^ prénest. Br. a le pluriel prene.s/^r. l''^' ^"''''^^ ) T^jjZkt^^^ 

- c final + - y - > - y -. 

Ex. : reger pi. de rw f. « rocher » : roc'h. ^^<■ '^ ({ J r / j 

Remarque : s/<c' « sac » : sac'h, fait sier. •''"•' '^/^>^ Il /«/-Je/Zy' ^'^ 

- rc final -|- - ^ - > - >>• -. 

/,; ; Ex. : ^>%r pi. de arc t « coffre à blé » : arc'h^^J^'^'^**;'^ 

§ 232. — Désinence - eyçr. 

' — tÀP*^' Ex. : krampeyçr pi. de kramp f. « chambre » : Tr. 

kanibr, kampr ; parkeynr pi. de pnrk m. « champ- » : park ; 
d^'reyçr pi. de rl,ûr m «eau » (aussi pi. (IfUry^u) : dour ; 
^/^'yr'rpl. à f^ut^u m « chaussures » et ^o^6'5 f. f chaussiires » : 



/ y I y-n^- 






— 141 — 

boutou, botez ; OTagezetf^v^. de hrâges « culotte « : bragez. 
Alternance - oc, : - p -. 
Ex. : Içret/gr pi. de loar f. <- b^s » ; loer. 

§ 233. — Désinence - i. 

Ex. : blehi pi. de bleis m «< loup » : bleiz ; ajeni pL de 
èjen m. « bœuf » : éjenn ; btgi pi. de bïk î. « pie » : pik (aussi 
pi. pïgei) ; lizfiH'pl. de lizer m. « lettre « : iizer./'»^--'] 

Alternance - g - ; - t -. ' '^^ y*^*' rM' ^''*"V 

Ex. : misiri pi. de mf;?/?' m. « maître » : Tr. mestr. ; 

iegrisii pi. de îëgrest m. c homard » : légestr ; aicivediri pi. 

de alèwèdçr m. «< alouette » (aussi pi. alcwederyen) : 

alc'houéder. — <^i _ 

Alternance - a - : - i -, 

Ex. : kiri pî. de A;«r m. « char » : karr ; pïli pi. de jaâ/ f. 
€ pelle » : pal ; tirvi pi. de tdro « taureau » : tarv ; gisti pi, 
de gast f. « femme de mauvaise vie » : gast; driskli pi. de 
drciskl m. « grive d : drask, mbr. drasgi ; brïni'^l. de brmi f. 
« corbeau » : bran ; bîgi pi. de hâk m. « bateau » : bâg ; 
héAèUi pi. de b^ôal f. « hache » : bouc'hal. ■ j ^i — -y^-*^^ > 

Alternance ~i^a - : - wi . 

Ex. ; mioUci pi. de m^ualc f. « merle » : moualc'h, 

Aiternance ~û-e-:-i-i-. 

Ex. : nmdirvi pi. de kënder m. « cousin » : kenderf ; 
brizUi pi. de brèzel m. « maquereau » : brézel. ,,, , K^^v^>d^ 

§ 234-, — Désinence -et. 

Cette désinence s'emploie pour des êtres animés, aussi 
bien hommes qu'animaux. 

Ex. : paotret^ patret pi. de paoir « garçon » : paotr ; 
niei pi. de nï m. « neveu » : nîz; miiT^Met pi. de min^n m. 
« ami 6 : Tr. mignon ; krânket pi. de krànk m. & crabe » : 



,^ 



kraùk ; gdUfulict [»1. de gcimlli f. « liirondellc » : gwennéli : 
ijiocet pi. de gioc f. « bécassiiu> » : Jvioc'h ; gi^av'igei pi. de 
gi'âvik f. u chèvre » (M. S. a le pi. girvi) : gaour; dimezëlet 
pi. de dimrzel f. : diraézol ; bigcurcûnel pi. de higSnMn ni. 
« bigorneau » : of. bigorn (M. S. a bigorn ; arupref^ânei 
pi. de aniprf'fan m. « insecte » : amprévan ; a{yiyfgf;zei 
pi. Qniiêges f. « sage femme » : amiégez ; àçret pi. de o.çrxa, 
« couleuvre •> : aer ; ?y/^^ pi. de r^juç m. « roi » : roué ; prf^vel 
pi. de prrn m. « ver de terre » : prenv. 

Remarqt E I. — Le pluriel de bïx m. « doigt » : biz est 
bizîef. 

II. — Le pluriel de coar f. « sœur » : c'hoar est c''arPzel, 
de hitr^m f. (?n/rc??'/i M. S.) « dame » . itrôn, itroun, 
Jntrdinëzcl, de kinltçr f. « cousine » : kéuiterv, kînifervëzrt, 

§ 235. — Désinence - (Mn. 

Ex. : Wf/'cMW pL de lafr m. « voleur > : laer ; saçzç^in 
pi. de saos « anglais » : saoz. 

Alternance a : i. 

Ex. : gJdfUn pi. de gât(d) f. « lièvre » : gàd. 

§ 236. — Désinence. - es. 

Ex. : ties pi. de tï m. « maison » : tî. 

Alternance - ê - : - à -. 

Ex. : grnges pi. de grèk « femme, épouse » : grék (cf. 
Pedersen ,Vgl. Gramm. I 380). 

§ 2o7. — Désinence - yerifU. (U 

Ex. : geryen<u pi. de gèr m. « mot » : gér. 

Pluriel formé d'une dérivation du singulier. 

Ex. : blavesené^ pi. de bloas m. bloaz, originellement pi. 
de blâves « la durée d'un an >> ; gwâvesenxM pi. de gôâ m. 
« hiver » : goan, goaiiv ; àvese^u pi. de «*m. «. été » : hanv. 



(1) cf. les désinences -^w et - yen. 



^ 143 - 

§ 238. — Pour rendre le pluriel on recourt à un mot 
diffèrent du singuliçr. / 

Ex. : këzek pi. de marc m. « cheval » : marc'h, origi- 
nellement le pi. de kâzek « jument ; mer'èet pi. de mOc^Awes 
f. « femme « • maouez, à l'origine pi. dje nigr'c ; ^as pi. de 
kï jiçï, <i chien » : ki, sas est le mot français chasse au sens 
de « meute » ; kernel pi. de korn m. « corne y> : korn ; 
bigfr^el pi. de bigorn m. a bigorneftp » (ainsi M. S.) : Tr. 
bigorn ; kernel est ici le mot He. kornel, mais el est pour les 
sujets parlants une désinence qui est l'équivalent de - d*, 
-y£?«, etc. 

î^e pluriel est un mot collectif au singulier. 

Ex. : tût (d) f. pi. de dèn « homme » : dén, lûd ; soc^tj 
soifUt, S(^ut pi. de oioc f. « vache » ; bioc'h. 



Le Siîîgulatiî 



§ 239. — On appelle singulatif une forme qui désigne un 
exemplaire d'une espèce donnée. On tire ce singulatif d'un 
nota de valeur collective au moyen d'une désinence - en (1). 
Il est féminin. 

Ex. : istren sg. de istr « huîtres » : histr ; gwiàlen sg. 
de gtl'ial « jonc » : gwialen (mais gitiâlen « baguette », pi, 
secondaire gwiale't%4i) ; gwëzen sg. de gitês « arbres » : 
gwézen ; givenânen sg. de givënan « abeilles » : gwénanen ; 
sihigen sg. de sUzik (siljtk M. S.) « saucisses » : silzik ; 
alumeiëzen sg. de alwneies « allumettes » : du fr. ; kinïden 



(1) Pour la finale du mot devant cette désinence, cf. § 1.'54. 



144 



sg. de kînit « araignées »> : kiniden, kefniden ; i^vïnen sg. 
de iy^rin « navets » : irvin, hirvin ; fr^:.en sg. do f^^^es 
« fruits » : froiiez ; fiêzen sg. de fies a figues » : Tr. fiezen ; 
fàen sg. de fà <« fève v : faô ; blèven sg. de bleo m, « che- 
veux » : blécS ; buzùgen sg. de hùzuk « vers de terre » ; 
buzugen. 

Alternance - e - : -a -. 

Ex. : côânen, civânen sg. de êwPn « puces » : c'hoanen. 

Remarque : Le mot collectif est un pluriel ordinaire dans 
(telen sg. de (iêyui « feuilles » ; délien. 



L'AdJÊotif 



§ 240. — L'adjectif ne distingue ni genre, ni nombre. 
Pour son traitement en mutation voir § 223, 3° et 4*" Première 
remarque. 

Comparatif 



§ 241. — Le comparatif est formé par le suffixe - oc 
devant lequel toutes occlusives, spirantes, labiales sifflantes 
(et chuintantes) sont sourdes. Toute voyelle longue s'abrège 
devant ce suffixe par analogie avec le superlatif. 

Ex. : eurusoç comp. de eurus « heureux » : Tr. euruz ; 
yt'/ioc comp. de yen « froid » : ién ; aèloc comp. de uel 
• haut » : huel ; skààc comp. de skû « léger » : skanv ; sapsoc 



145 



comp. de saos « bègue » ; nôasoc et noUsoc comp. de noa-s 
« nu » : noaz ; nwanoc comp. de moan « mince » : moan ; 
krroc comp. de krç « fort » : krénv ; klMa)'<>r comp. de kl^Àar 
« tiède » : klouar ; klâôc comp. de kM <• malade » : klaiiv ; 
troc comp. de îr « long » : liir ; g^èsoc comp. de g^ues 
« sauvage >> : gwéz ; freskoc comp. de frësk « frais » ; f*résk; 
distfroecom.pAedistfPns^r.sva\euv)>{flën distçr « vaurien ») : 
dister ; buànoc comp. de buan « vite » : buan ; biànov comp. 
de bian « petit » : bian ; bacoc comp. de bâc « lourd, chaud » : 
Tr. bac'li ; g^ùlaroc comp. de g.fdar « fade » ; goular ; mènror 
comp. de mcur « mûre >» : < fr. ; iskisoc comp. de f.v/r/v 
a vilain » : iski/. 

§ 242. — La diphtongue ea est réduite à ^ au comparatif. 

Ex. : fesoc comp. de /<?ft.v « las » : faez ; esor comp. de 
eas « facile » : éaz, aez ; sklçror comp. de sklear « clair » : 
skéar, 

§ 243. — Quand l'adjoctif finit en o cet o est contracté 
avec Vo du comparatif et le résultat est ô. 

Ex. : cwçruc comp. de cwjh'o « amer » : chouérô ; distoc 
comp. de disln a chauve » : distô ; garov comp. de (fârn 
« rude » : garô ; ianôc comp. de tâvn « mince » : tanaô. 

Remarquk I. — Le comparatif de U'n « gros » : téù, est 
iôôc. 

IL — I^e comparatif de mÇ-zn « ivre » : mézô est mesoc. 



Superlatif 



^ "^44. — Le superlatif est formé au moyen du sufiixe - a. 
Morne règle qu'au coiiiparatif en ce qui concerne la finale de 
l'adjectif et la quantité. Le sufiixe était - liaf^ i - e. - ' samo -. 



146 



Ex. : an eurusa « le plus heureux » superl. de eurus 
c heureux » : Tr. euruz ; an uèla superl. de i*el « haut » : 
huel , an ira superl. de îr « long » : hir. 



Comparatifs et Superlatifs irréguliers 



§ 245. — Il y a des comparatifs et superlatifs formés d'un 
radical différent du positif. 

inât{d) « bon » : gibeloC : gû^ela (aussi maioc : mata) ; 
fal « mauvais » : wasoâ : wasa (aussi fala) ; 
mœr « beaucoup (de) » : mioô : nttbia^ mia. 

§ 246. — Les superlatifs suivants n'ont ni positif ni 
comparatif : 

dirPza « dernier » : Tr. diveza ; 

kf^ia < premier » : kenta ; 

nesa « prochain <> : nésa ; 

rniot- et ynfvia à côté du positif servent aussi à mar- 
quer le comparatif et le superlatif comme « plus » en français, 
surtout pour des adjectifs dont le comparatif et le superlatif ne 
sont pas usuels. 

Ex. : niioù hcro ^ plus bouillant » ; mïcia bëro « le plus 
bouillant » : berô ; ntioc beo « plus vivant » : 'tuivia beo « le 
plus vivant » : béô ; nnoc glêpel « plus mouillé », micia 
gl^pet « le plus mouillé » : gléb. 



L'équatif 



§ 247. — On appelle èquaiif une forme qui indique un 
degré de qualité identique à un autre qui sert de comparaison. 
(!et équatif s'exprime par hçr . . . a, ng * aussi. . . que ». 



— 147 — 

Ex. : kçr krë a me « aussi fort que moi •> ; ker hraz ag 
an il « aussi grand que la maison ». 

Pour l'accentuation de ker, v. § 196. 



§ 248. — Les noms de nombre 



CARDINAUX 

ùnan « un, une » 

cla^jy dcicU, dcBcU m. dié* f. 
« deux » 

trï m , teir f. « trois » 

pëvaf m., pêder f. « ouatre » 

penip « cinq » 

cioeaà « six » 

seis « sept » 

eis a huit » 

nap « neuf » 

dèk{g) « dix » 

enek « onze » 

dcu.uzek, das^zek, dœ^zek 
« douze » 
U'izek « treize >> 

pevàvzek « quatorze » 

pemzek « quinze » 

cwêzek « seize » 

seilek « dix-sept » 

frh'dc « dix-huit » 

naotek « dix-^neuf » 

ùgënt « vingt » 

i<nrtn i-a/' nûgënt « vingt-et- 

un » 
trëgônt « trente » 

2«i«n « irègônl « trente-un >> 

daivûgënt, davnigënt 

« quarante » 



ORDINAUX 

kënta m. f. « premier, pi-e- 
mière » 
eil (aussi eilvel) m. f. 

« second, seconde » 
tt'ëd^ m. f. « troisième » 
prrâre m. f. « quatrième « 
pempet < cinquième » 
cuiotret « sixième » 
seizvet « septième » 
eizvet « huitième d 
navet « neuvième » 
degvel « dixième « 
enegvef « onzième » 
etc. 

ugëvef {ugënvet M. S.) 

« vingtième » 

tregnvet « trentième » 

dawuggi'ef « quarantième » 

àntp'kâvet • cinquantième » 

h'iiigevpt « soixantième » 

degved a Iri ùgënt 

« soixante-dixième » 
pèvanigëret 

t. quatre-vingtième » 

degved a pëvar agent 

« quatre-vingt-dixième i> 

knret « centième » 

milret a millième > 



— 148 - 



(interkônl « ciïiqiiante » 

li-iùgrnf <* soixanto » 

ffeg n trinyi^nl << soixante- 
dix » 

po.vnrûgPnl « quatre- vingt » 

deg n pcrnrngënt « quatre- 
vingt-dix »> 

kfint « cent » 

kôndûnan ] 

• « cent-un » 
ûnnn a kàni \ 

kân(d) (l(k.Uf 'dfirU, - d<f\u \ 

^ ' ' ^ '' i « cent-deux » 

dfirH, d(i^(, (Ui'jÀ, a kflnt \ 

kftnff ùnmi rnr nùgènt 

(( cent-vingt-et-un » 

(Ui^iil'à.nty dff': nrfirt f 

« deux cents » 

Irlrnnt « trois cents » 

prvài'rftnf « quatre cents » 

pentkflnf « cinq cents » 

hoarknnt »< six cents « 

,'<eiskànl «' sept cents » 

eiskdnl « huit cents » 

mancônt « neuf cents » 

1)1 U « mille » 

§ 247. — Les noms de nombre sont suivis du singulier, 

Ex. : luvj gfizek « neuf chevaux » ; 

leir l'iirJiicea « trois femmes », etc. 



149 



Pronoms 



^ 250. — Pronoms personnels 



Sujets : inv, me « je, moi » 
/(", le « tn, toi s> 
en, en « il, lui » 
z, i <« elle » 
«2, ni « nous » 
ùioî^ cwi « vous » 
Indi « ils, elles, eux » 

Compléments directs 
placés devant le verbe : va, em « me » 

da « te » 
e « le )) 
e w la » 
O/H « nous » 
p « vous » 
o « les » 



Emphatique 



- j)ie « a moi » 

- te (< a. toi » 

- ni « à nous » 

- cwi « à vous » 



Ex. : evidôme t< pour moi, à moi » ; eridàte « pour toi, 
à toi » ; etnddmni« pour nous, à nous » ; evidùcici « pour 
vous, à vous ». 



Suffixes à des 


Schéma 




prépositions : 


- On 


- m 




- oi 


- il 




- an 


- an 




- i 


- i 




- Oiaj) 


- onip 




- OC 


- oc 




- ont 


- o 



— 150 — 

a <» (le » : acânôn « de moi » 
acânot « de toi » 
aneàn t de lui » 
anîzi « d'elle * 
acnnuûip « de nous » 
acânoc « de vous » 
anèzo « d'eux, d'elles » 

Emphatique : acandniç, etc. 



èrit <( pour » en don 
evîdot 
ei'lninn 
eriti 
emdoiirp 
evldoc 
erilo 



drë « par » droôn 
dreoi 

dreân, drêzân 
dreizi 

di-eizomp, drèwnp 
dreizoc, dvèoc 
drêzônL, drcônt 



Remarque : 0» emploie aussi drç (?, drç î « par lui, 
par elle » . 



« devant » 


arâzôn 


azîras « devant 


» azirdzon 




ardzot 




aziràzot 




arâzàn 




azirâzàn 




arâzi 




azirâzi 




arâzomp 




azirâzomp 




arâzgd 




azirâzod 




orâzo 




azirâzo 


en (' dans » 


eru'}/) 


var M sur » 


varnân 




enot 




rarnot 




enàn 




varnàn 




eni 


- 


rarni 




enontp 




varnomp 




enoc 




varnoc 




enôid 




varnëzo 



— 151 



être « entre >» eirëzomp 


cla « à » dîn 


elrëzoc 


dit 


eirëzo 


dëàn 




dlzi 




déo))tp 




di'Oc 




dëzo 


^.s « contre » (ùzln 


(jànt « avec »» ganPn 


Szit 


gancH 


fmtân 


gmUcm 


cUti 


gàti 


cùzrmip 


ganèoviip 


(ûzo6 


ganèoc 


^to 


gàto 



« moi-rneme * 

vaûnan « moi-même »> 

daûnan « toi-même » 

eneunan « lui-même » 

eneùnan « elle-même »> 

mnnùnan * nous-mêmes » 

otûnan * vous-mêmes » 

enoùnan « eux-mêmes, elles-mêmes » 



§ 251. — Possessifs 



Da * mon, ma. mes » 

da « ton, ta, tes » 

e « son, sa, ses » Ck lui) 

e « son, sa, ses » (à elle) 

oyn « notre, nos •> 

() « votre, vos >- 

<} « leur, leurs » 



va^ni, oniph. i-'tnnimf; ;< lo miou, la inioune » 

(iaJt'ij — ilainiiç <■ le tien, la tienne »> 

e'ini, — eiudPrlv <■ le sien, la sienne >ï (à lui) 

eh}i\ — l'inidlzi <* le sien, la sienne » (à elle) 

omnîni, — oinninini « le notre, la nôtre » 

oclni, — ocimcH'i « le vôtre, la vôtre » 
o'ini, « le leur, la leur -v 

va )•(', emph. va re dimç « les miens, miennes » 

da r{' — da re dide « les tiens, tiennes » 

e rd — e rc dèân « les siens, siennes » (à lui) 

c vr — e rc dlzi «< les siens, siennes » (à elle) 

om rv — orn re déomp « les nôtres » 

rd — rc dèoc « les vôtres » 

o rc — re dPz-o. dco « les leurs .> 



§ 252. — Démonstratifs 



an îni « celui » 
an Ini « celle » 
ar rç « ceux, celles > 

Ces Ibrnies sont employées devant un nom ou une propo- 
sition. 

Ex. : an'mi bras « le grand » ; an'ïni vrâs < la grande » ; 
ar re'vrâs « les grands, grandes » ; an 'îki a zo hvàa « celui 
qui est grand », etc. 

- ma « ci » 

- of, - hç^ - ç « là ') 

- fi.jmt, - n uni « Ik-bas >> 



— 153 — ' . 

cinà « celui-ci » enes « celui-là ï> 

jiHiâ « celle-ci » jmes « celle-là » 

ar remà « ceux-ci, celles-ci >• ar rPzç « ceux-là, celles-là » 

an dramà j . an draze, drahe, dràe ) 

, . _ - « ceci » ■ • ■ [ « cela » 

kamcnma ) kemrntse ) 

eneza,iint. ènezh.ûni a celui là-bas » 
jùnezà^unt, jmeznjint « celle là-bas » 
ïndtà.îtnt, Indm.ûni « ceux, celles là-bas » 



i53. — Interrogatifs 



pmi, j9^/>a" « lequel, laquelle » 

^(?rç « lesquels, lesquelles * 

p\u « qui » 

peirà « quoi » 

pegèmrnt « combien » 

pêbes, pebes adj. « quel, ijuelle » 



§ 254. — Relatifs 



> « celui qui, que, qui, que» 



an îm, plm 

an nêp 

ar rë pîni « ceux qui, que, qui, que » 

ar pës « ce qui, ce que » 

Ex. : œn den pïni zo bras ou œn den ag a zo bras 
« un homme qui est grand » ; œn dm pïni e kozran « un 
homme à qui je parle » ; ar va(jf)trez tfz a bîni r kozeàn et 
ar r)a(ji)ioez a gozeàn anîzi « la femme dont je parle » ; 
ar va(ji)wez peïniem bœz gitêled e zî « la femme dont j'ai 
vu la maison ». 



— 154 



ij 255. — Indéfinis 



pepîni j 

pebûnan > « chacun i» 

pepîni ûnan ) 

pep adj. a chaque >> 

rn, r/'n àl « un autre » 

rt*t '?!«* ni, an ini àl « l'autre » 

al adj. « autre » 

egïle m. « l'autre (de doux) » 

ebt^n f. « l'autre (de deux) » 

an eil ag egïle « l'iin et l'autre » 

ar rê « les autres » 

ûnan benàk(g) « quelqu'un, quelconque » 

rfën henak(g) « quelqu'un » 

ehèt(d) adj. placé après le nom : « aucun » 

dën ebçt(d) « personne » 

tcût(d) « tout » 

ol «i tout » (rare) 

mêmes « même » 

Remarque : I estrèged ûnan « plus d'un » 

Il bemdes, bembes « tous les jours » 
bènos « chaque nuit » 
beb eil dcme-'^ « tous les deux jours »> 



155 — 



Le Verbe régulier 



§ 25(). — Comme je l'ai déjà indiqué', il est nécessaire de 
donner les formes avec négation pour faire ressortir les 
désinences. 

Présent 

sg. 1 ne flârân kët « je n'aime pas » 

2 ne gares kP.l 

3 ne gar kët 
pi. 1 ne gàrO})i kël 

2 ne gàrié, gclroc kët 

3 ne gârôn(i) kët 

Imparfait 

ne gârën kël « je n'aimais pas » 

ne gares kët 

ne gare kët 

ne gârem, gàriom kël 

ne gârec kët 

ne gârën (t) kët 

Fdtdr 

sg. 1 ne gàrln kët « je n'aimerai pas » 

2 ne gdril kët 

3 ne gclro kët 
pi. 1 ne gâroiri, kët 

2 ne gâroc kët 

3 ne gô)'ln{t) këf 



— 15() ~ 

Conditionnel 

ne gar/én^ garfièn kë/ « jo n'aimerais pas » 

ne gar/'es, g a/ ses kël 

tic garfe, garsç kêt 

ne gnrfem, garsem Jœt 

ne garfçv, garki>c kêt 

ne garfcnUj.garsëmt'kët 

Passé défini 
sg. 3 ne garas kH « il n'aima pas * 

iMi'ÉltATlF 

sg. 2 kfir « aime » 

pi. 1 kârorttp « aimons » 

— 2 kârii « aimez » 

Formes composées 

Parfait : m em bœa kârei « j'ai aimé » 
Plus-que-parfait : m em boa kârei « j'avais aimé » 
Futur passé : m era ho kâret '< j'aurai aimé » 
Gond, passé : ni em be/'e, mise^ bise kârei « j'aurais aimé »» 

Passif _ 

Présent : kârer « on aime » 7 " %r '***')'^ 

Futur : kâror « on aimera »> 

Conditionnel : karf'^r, karsçr « on aimerait » 



Infinitif ' û f 



km\ui « aimer « 



Particjpe 

Présent : e kar^ui « aimant » 
Passé : kâret 



— 157 — 

GÉRONDIF 

en (T gânut « en aimant » 

Forme reflexive 

pi. 1 ne Pnem garom krl « nous ho nous aimons pas » 
ni ênem garomp « nous nous aimons », etc. 

Formes sans négation 

Présent : me a gâr « j'aime », etc. 

Imparfait : tue a gare « j'aimais », etc. 

Futur : me a gnro « j'aimerai », etc. 

Conditionnel : me o, garfe, garse « j'aimerais », etc. 

Forme emphatique 

Présent : sg. 1 bçz e gâràn « j'aime >, etc. 
Futur : sg. 1 bRz e gârln « j'aimerai », etc. 

etc. 

Je n'ai jamais entendu employer le passé défini et je n'en ai 
pu obtenir que la 3* personne sg. ne garas kH. 



Particules verbales 

§ 257. — Les particules verbales sont a et e, çc, es^. 

Formes de l'Infinitif 
§ 253. — Sans dhinenee. 

Ex. : asten <( all.«afîei' » î astfijin. 
dïnuc « dénier » : Tr. dinac'h. 
disium « amasser » : dastum. 
dtiigen « porter » : dougen. 



158 



gôrp « traire » : gôrô. 

goi'los 4« attendre » : gortoz. 

g^rclTçUs « gronder » : gourdrouz. 

kas « envoyer » : kas. 

kiijik u offrir » : kinnig. 

klâsk « diercher » : klask. 

kol « perdre » : koll. 

Ii^)npren « comprendre » : Tr. komprenn. 

krôk (* prendre prise »> : krôk. 

lac <• bouger » : Tr. loc'h. 

k^imer « prendre » : kémérout, Tr. komer. 

nœ u nager » : neûi, mbr. neuff. n/o/vvV^^>î**^ 

J^yis « changer » : L. G. sench. 

som « demeurer » : chomm. i , 

tamal « blâmer » : tamall. ie^?"'^^*^'^ 

nâc a nier » : nac'ha. _— . y>^j- c '>*'/• V^ 



§ 259. — - a Cet e formation est la plus fréquente à 
Saint- Pol-de-Léon. 

Es,. : astcnna « réchauffer > : astomma. 
azêza « s'asseoir » : azéza. 
harhfUla « barbouiller » :<fr. 
binîfja « bénir » : Tr. binniga. 
brva « nourrir » : béva. 
r'/da « semer » : hada. 
âla « vêler » : ala. 
aoza « préparer » : aoza. 
arpa « appuyer » : cf. harp. 
dtgùza « décacher » : 
dimèzi »< se marier » : dimizi. w'»*^ ( -^ 
distâga « se détacher » : Tr. distaga. 
disivçvja a détruire » : cf. Tr. distruj, L. G. distruji. 
diûna « se réveiller » : Tr. dihuna. 
firesa ^ remettre » : < l"r. dresser. 



— 159 — 

dua « noircir » : Tr. dua. 

d^irna « battre le blé » : douma. 

ëfa « boire » : éva. 

fiamlna « flamber » : cf. llamm. 

frila « frire » : frita. 

frœzay frœga « démolir » : freûza. 

(jâna « naitre « {gènel M. S.) : cf. génel. 

gib^rza « vendre » : gwerza. 

karga « charger » : Tr. karga. 

karza « nettoyer » : karza. 

kUêza « creuser » : Tr. kleuza. 

k^mta « compter » : cf. Tr. kount. 

larda « graisser » : larda. 

lëda « étendre » : léda. 

luya « luire » : cf. luia ? 

mâga < nourrir » : maga. 

mâla « moudre » : mala. 

mira « préserver » : mirout. 

§ 260. - i 

Ex. : bœzi « noyer » : beûzi. 

cwëzi « suer » : Tr. c'houézi. 
aluuii « allumer » : < fr. 
dsièli « douter » : cf. Tr. douet. 
irijii « ennuyer » : cf. énoé, Tr. enoei. 
kivevi «' gonfler » : Tr. koenvi. 
sëci « sécher d : séac'h. 

c 

esùi « finir » : cf. achu. 
krëdi <« croire » : krédi. 
kreski « croître » ; kreski. 
knMi « créer » : Tr. kroui. 
mëdi « moissonner » : médi. 
mœli « louer » : meùli. 
pœri « paitre d : peûri. 



— IGO — 

savetèi < sativer > : Tr. savetei. 
sPnti « «>béir » : senti. 
trtjf'zi « traverser » : treûzi. 
Lui « jurer » : toui. 
iralci « laver » : gwalc'hi. 
icfvï « llétrir ;> : gwénvi. 

Alternance e : i. 

birvi K bouillir » : prés. s^. 1 ne V{'rvàn kêl « je ne 
l)ous pas » : bervi. 

Alternance o : e. 

ttjri ft casser » : prés. sg. 1 ne dormi kPt o je ne casse 
])as » ; terri. 

tei « couvrir (une maison) » : prés. sg. 1 ne donn kèt 

« je ne couvre pas » : tei. ./ / ,. ^;., . 

rei « donner » : prés. sq. 1 9ie rofln kPf : rei. 

aleki « heurter » : prés. sg. 1 ne slokàn kP.t « je ne 
heurte pas » : steki. 

Alternance o - o : e - c. 

gclèi « couvrir »> : ne coloàn kçt ♦♦ je ne couvre pas » : 
golei, gôlùi. 

§ 261. -ht. 

"" ,, . ».'•■ <" f - 

Ex. : bianàt « amoindrir >> : Tr. l)ianaat. 

ànl^inavàt « oublier » : Tr. ankounac'haat. 
\) 1/ tf ^ ^ gitelai « améliorer » : Tr. gwellaat. 

^' ijelttA « abaisser » : Tr. izelaat. 

lakài {làkat M. S.) « mettre » : lakaat. . 
mœlat {mœtat) « tâter >> : meûd. 
teoicài « grossir » : Tr. teoaat. 
lanskàt « laisser » ; Tr. laoskaat. 

Remarque : I. Le thème verbal finit en - a qui est 
contracté à - « - avec Va de la ternanaison de Tinfînitif ou à 
- a - de la désinence de la première personne du prés. :>g. 



— 161 — 

Cet «, a porte l'accent : ne ank^unacân këly ne velàn kêt, 
ne ijeîàn kët, mais dans ne làkàn kèi, ne làoskàn kël\ ne 
vœtân kêt, ne dèowûn kêt l'accent a été reporté sur la syllabe 
qui précède - an sous l'influence des autres paradigmes. 

- a disparaît à la 3* persc^ane du prés. sg. dans ne laos{k) 
kêt, ne vœt kêt (aussi ne vœla kêt) et devant /*, s du co^di- 
tionnel dans ne ijelfe kêt, ne vœlfe, vœtse kêt, ne laosfe kêt. 

II. L'p de teo'Loàt « grossir » disparaît dans toutes les 
formes de plus de deux syllabes, ex. : prés. pi. 1 7ie dewàom 
kêt, fut. sg. 1 de deivàïn kêt, cond. sg. 1 ne deioafën kêt. 

III. Les deux premières personnes du prés. sg. de bianàt 
sont irrégulières : ne vinuin kêt, ne vinies kêt^ mais les 
autres régulières sg. 3 ne viânki kêt, pi. 1 vianàom këtj etc. 

§ 262. - ai. 

Ex. : badinât « badiner », : <C fr. 

êwenat « satcler » : c'houenna, Tr. c'houennat. 

erelat « trembler », 

griat « coudre » ; gria^ Tr. griat. 

kinat « éplucher, écorcher » ; kina, Tr. kignat. 

krinai « grignoter >> : krina, Tr. krignat. 

^^ làkat M. S. « mettre » : lakaàt. 

'^ marvoMt « jaser » : Tr. marvaillat. 

rôehat « ramer » : roénv. 
poàzat (poàza M. S.) « cuire » : cf.. Tr. poaza. 
làpskat M. S. « laisser » : Tr. laoskaat (cf. § 266). 
mœtat « tâter » : meûd. 
skràbat « gratter » : skraba, Tr. skrabat. 
sorôcat « grogner » : soroc'h, Tr. soroc'ha, soroc'hat. 

§263. -éit. 

Ex. : pâdi^l « durer ». 

plïjéJ,t « plaire » : plijout. 



— 162 — 

ràhk(Ut « devoir » : renkout. 
tâlfUl « devoir » : talvézout, talvout. 
tiz^l « attraper, atteindre » : tizout. 

Alternance : e : a. 

gal^t (< pouvoir » : prés. sg. 1 ne (ôjelàn kêt : galloud. 

Remarque : Le thème verbal de anociit «connaître » : 
anaout est anavez - , prés. sg. 1 ne anavèzân kët, etc., 
celui de kci^d^ kocut, kos^it « trouver » : kaout est kàv-^ 
prés. sg. 1 ne gâvàn këiy etc. 

§ 264. - et. 

Ex. : gwèlet « voir » : cf. gweled « vue », gw^élout. 

klçvel « entendre » : klévout, klévet. 
J,aoâret « parler»'! Tr. lavaret. 

losket <L brûler » : cf. losk, leski. ? Lqaxxm 

luskei « bercer » : cf. luska. 

slaotet « uriner » : Tr. staotet. 

hâcet « chier » : Tr. kac'het. 

tëcet « s'enfuir » : téc'hout, Tr. tec'het. 

§ 265. - al. 

Ex. : blèjat «^ beugler, miauler » : bléja, Tr bléjal. 
fcvgèal « se vanter > : Tr. fougeal. 
gêdal « attendre » : géd, Tr. gedal. 
klosal « glousser » : cf. kloc'ha. 
nïjal « voler» : Tr. nijal. . 

plîijal (plvja) « plonger » : cf. pluia. 

§ 266. - el 

Alternance a : e 

Ex. : gënelM. S. « naître » : prés. sg. 1 ne cânàn kêt : génel. 
klêvtil «■ tomber malade » : prés. sg. 1 ne glâvân hêi : 
klanv. 



/ 



— 163 — 

sëvel « se lever » : prés. sg. 1 ne zâvân kêt : sével. 
mçrvel « mourir » : prés. sg. 1 ne varvân kêt : mervel. 

Alternance ao : e. 

leskel (aussi lêzel emprunt français, Iqeskœr) « laisser » : 
prés. sg. 1 ne laofikàn kët : leûskel (cf. § 201). 

Remarque : I. Dans gervel « appeler » : prés. sg. 1 ne 
calvàn kët : gervel, r est le résultat d'une dissiniilation. 

IL lœskœr (aussi leskel, lëzel) « laisser » : leûskel et 
stçel(^r « jeter > : prés. sg. 1 ne staplctn kët : teûrel montrent 
une terminaison - «?r, ^r qui est sorti de ~ el\ l final a été 
dissimilé par le l précédent ei - e assimilé à Vœ de la première 
syllabe (harmonie vocalique). 

Pour la finale du radical devant le .§, f du conditionnel 
voir §§ 110, 131. 

§ 207. — Verbe pfc^<m7 

Le verbe Çcûnit « gagner » : gounid se conjugue prés, 
sg. 1 ne èfUnëzàn kët, sg. 2 ne c^nëzes kët, sg. 3 ne à^nit 
Kët, pi. 1 n^ èç^nëzom kët etc. régulièrement. 



- 1G4 



Verbes irréguliers 



§ 268. — héza « être ». 

Présent 

sg. 1 7iffin kêt, ne cyin kêt « je ne suis pas » 

2 n^t — , ne d^ut — 

Z n eo, n e — 
pi. 1 nduru — , ne d^m — 

2 n oc — , Hcuc kêt, ne doà — 

3 n hut) — , ne dîn(t) — 

après mar « si » : tnar d^n, d^ty deo, etc. 

Imparfait 

sg. 1 n oàn kêt, ne doàn këi « je n'étais pas » 

2 n bas — 

3 w ôa — 

pi. 1 n oam — , ne doam hèl 

2 n àat — , ne doaè — 

3 n oàn(t}—y ne doàn(t) — 

Futur 

sg. 1 ne vîzln kêt « je ne serai pas » 

2 ne vîzi — 

3 ne vêzo — 
pi. 1 ne vèzom — 

2 ne vëzoc — 

3 ne vlzïnit) — 



165 



Conditionnel 

sg. 1 ne visën kët « je ne serais pas » 

2 ne vises — 

3 ne vise — 
pi. î ne visem — 

2 ne viseè — 

3 ne visent) — 



Formes d'habitdde 

Prés. sg. 1 ne vêzàn kët « je ne suis pas » 

2 ne vëzes — 

3 ne ves — 
pi. 1 ne vëzom — 

2 ne vêzoê — , ne vîzit — 

3 ne vëzônà:) — 

Impf. sg. 1 ne vëzën kët « je n'étais pas » 

2 ne vëzes — 

3 ne vèze — 
pi. 1 ne vëzem — 

2 ne vëzec — 

3 ne vëzënft) — 



Passif 

Prés, n ôar kët, n^ur kët « on n'est pas » 
Fut. ne vëzor kët « on ne sera pas » 
Prés, d'hab. ne vëz^r kët « on ne sera pas » 

Infinitif Participe 

bëza « être » : béza Prés, e vëza « étant » 

Passé bêt(d) « été » 



— 1G6 



Formes sans négation 

Présent me(a)zo, (e(a)zo, etc. « je suis, tu es » 
Imparf. mc(a)ôa, te(a)da, etc. « j'étais, tu étais » 
etc. 

Formes emphatiques 
Présent Imparfait 

sg. 1 hèz e z^n o je suis » hêz e ôa « j'étais » 

2 hêz e z^l etc. 

3 hêz e zeo 
pi. 1 bëz e z^m 

2 hëz e Z(Uc, bez e zoc 

3 hêz e zînt 

Une forme de subjonctif sg. 3 du présent beze, bezi se 
trouve dans la formule evelsè beze, bezi kreat employée dans 
les prières. 

§ 269. — am eus. 

Présent 

sg. 1 me moœs, me mœs « j ai » 

2 te cœs, te pœs 

3 m. m ândœs, f. ï adœs 
pi., 1 ni ôndœs 

2 mm ocœs, opœs 

3 Indi odœs 

Imparfait 

sg. 1 me mbda, me(a)mda « j'avais » 

2 te pôa / 

'î m. fin ('ndda, f. i ëndàa 
pi- 1 ni nndôa 

2 cici oj)àa 

3 Indi oiôa 



— 167 — 



Futur 

, i y i ., • 

sg. 1 me mbç, me mo, me mbëzp, me mezo « j aurai » 

2 te pô 

3 m. en dô, dëzp, î. ï a dô, dezo 
pi. i ni ôndô 

2 cwi opô 

3 ïndi odô 



Conditionnel 

sg. 1 7ne ynhèfe, m(a)m.èfe, me mise, Ime « j'aurais •» 

2 te(a)pèfe, te pise 

3 m. en ëndèfe, en èndûe, i. ï defe. due 
pi. 1 ni ndefe, m(â)ndise 

2 ciol ndèfe, cwi (djpefe, pise 

3 ïndi dèfe^ ïndi dise 



Impératif 

sg. 2 bês « aies » 
pi. 1 bëzomp 
2 bëzit 



Inflsîitif 
ka^ut, ka^it, kœ^t « avoir » : kaout 



Formes emphatiques 



Participe 



bêz embàs « j'ai » Présent : e ka^t, kg^it, hœ^t « ayant » 
etc. Passé : e vëza bët(d) « ayant eu » 



Formes avec négation 

ne mbœs « je n'ai pas » 
ne cœs « tu n'as pas » 
ne dœs « il n'a pas » 
nl^s kët (d) <t il n'y a pas » 
etc. 



GÉRONDIF 

en er ga^t, ga^ui, gœ^t 
« en ayant » 



— lb8 — 

§ 270. — gouzout. 

Présent 

sg. 1 ne(ù:;ôn kèt « je ne sais pas » 

2 ne^ûzot — 

3 ne voar (èar, icar M. S) — 
pi. 1 nefùzorn — 

2 ne^zoc — 

3 ne(ûzôn{t) — 

Imparfait 

sg. 1 ne îviën kèt « je no savais pas » 

2 ne wies — 

3 ne îoie — 
pi. 1 ne îviem — 

2 ne wifc — 

3 ne uiiPnft) — 

Fdtur 

sg. 1 ne wizîn^ wèzîn kèt « je ne saurai pas » 

2 ne wïzi, icëzi — 

3 ne wëzo — * 
pi. 1 ne wèzom ■>— 

2 ne loèzoc — 

3 ne îoïzin(l), laëzïnft) — 

Conditionnel 

sg. l ne wisën, icelcn,^fèn, wefên kèt « je ne saurais pas » 

2 ne wises, etc. — ' 

3 ne wuse, etc. — ^ 
pi. 1 ne wisenij etc. — 

2 7ie toisée, etc. — 

3 ne lot^ên(t), etc. — 



169 



Passif 

Présent : gS:ior « on sait » 
Futur : gwêzor « on saura » 

Infinitif Participe 

gSiz^t « savoir >> : gouzout Présent : e cjlz^t « sachant » 

Passé : gwëzet 

Formes sans négation 

Présent : yne a voar, war « je sais ». etc. 
Imparfait : me a une « je savais », etc. 

Formes emphatiques 

Prés, bêz e Cfùzpn « je sais » gcûZfUt a ràn « je sais » 

etc. 



§ 271. — ober. 

Présent 

sg. 1 ne ràn kët « je ne fais pas » 

2 ne res — 

^ ne ra — 
pi. 1 ne rèom—^ 

2 ne rèoc — 

3 ne rèôn{t) — 

Imparfait 

sg. I ne rëàn kët « je ne faisais pas 

2 ne rèas — 

3 ne rèa — 
pi. 1 ne rèom — 

2 ne rèac — 

3 ne rèdn{t) — 



— 170 



Fdtdr 

sg. 1 ne rlk kët « je ne ferai pas » 

2 ne ri — 

3 ne reyo — 
pi. 1 ne rèom — 

2 ne rèoc — 

3 ne rhit{t), {reïn{t) M. S.) — 

Conditionnel 

sg. 1 7ie ra/Pn, ràsên kët « je ne ferais pas » 

2 ne rafes^ raies — 

3 ne rafç, rase — 
pi. 1 ne rafem., rasem — 

2 ne rafçc, rcûec — 

3 ne rafën{t), 7^asën{t) — 

Impératif Infinitif 

sg. 2 grâ « fait » ober « faire » 

pi. 1 grèomp « faisons » 
2 grït « faites >» 

Passif 

Présent ; ne rèar kët « on ne fait pas » 
Futur : ne rèor — « on ne fera pas » 

Participe Formes sans négation 

Présent : ec obçr « faisant » Présent : me a ràn « je fais » 
Passé : grèal « fait > etc. 

Formes emphatiques' 
Présent : bëz e ràn obfr a ràn « je fais », etc. 



— 171 — 

§ 272. — mont. 

Présent 

sg. 1 ne dùn kët « je ire vais pas » 

2 ne des — 

^ ne da — 
pi. 1 ne dèom — 

2 ne dèoc — , ne dit — 

3 ne deônith— 

Imparfait 

sg. 1 ne dèàn kët « je n'allais pas » 

2 ne dèas — 

3 ne dèa — 
pi. 1 ne dèam — 

2 ne dèac — 

3 ne dèàn(i) — 

Fdtur 

sg. 1 ne dîn kët « je n'irai pas » 

2 ne di — 

3 ne deyo — 
pi. 1 ne dèom — 

2 ne dèoc — 

3 ne dïn(t) — , ne dëïnit} — 

Conditionnel 

sg. 1 ne dafën kët, ne dàsën kët a je n'irais pas » 

2 ne dafes — , ne dases — 

3 ne dafe — _, ne d(ûe — 
pi. 1 ne dcifem — , ne ddkeni — 

2 ne dafçc — , ne daseô — 

3 ne dafën(t)— , ne dasënd)- 



112. 



Impératif Infinitif 

sg. 2 ne da kêt « n'ailles pas » mont « aller ]» : mont 

pi. \ ne dèo77i — 

2 ne dit — Participe 

e vont « allant » 
Passif èat « allé » 

Présent : ne dèar « on ne va pas » Gérondif 

Futur : ne dèor en er vont « en allant » 

Formes sans négation 

Présent : me {a) y a « je vais » 
Imparfait : me [à] yèa « j'allais » 
Futur : me{a)yelo « j'irai » 
Conditionnel : me {a) yafe^ ycCsç « j'irais » 
Impératif sg. 2 : kèa « viens » 
pi. 2 : kit 

Passif 
Présent : èar « on va » Futur : èor « on ira » 

Formes emphatiques 

Présent sg. 1 bèz e zàn « je vais ». 
2 bëz e zes 
bëz e za 
bèz e y a 
etc. 



Imparfait sg. 3 

Conditionnel sg. 3 

Futur sg. 3 



bëz e zèa « il allait » 

bëz e yèa 

bëz e zafe 

bëz e yafç 

bëz e zeyo 

bëz e yelo 



— 173 — 

PASSff 

Présent : hëz e zèar Futur : hèz e zeor 

§ 273. — dont « venir ». 

Présent 

• sg. 1 ne dœàn kêt « je ne viens pas » 
2 ne dœes — 
S ne dœ — 
pi. 1 7ie dêom — 

2 ne dœ-it — , ne dèoc — 

3 ne dèôn(i) — 

Imparfait 

sg. 1 ne dœën kêt « je ne venais pas » 

2 ne dœes — 

3 ne dœe — 
pi. 1 ne dœom — 

2 ne dœec — 

3 ne dœënd) — 

Futur 
sg. 1 ne dœîn kêt « je ne viendrai pas » 

2 ne dœi — 

3 ne dèyo — 
pi. \ ne dèom — 

2 ne dèoc — 

3 ne dœlnith— 

Conditionnel 

sg. 1 ne dœfên kêt, ne dossën kêt « je ne viendrais pas » 

2 ne dqefes — , ne dœses — 

3 ne dœfe. — , ne dqese — 
pi. 1 ne dœfèm — , ne dqssem — 

Z ne dœfet — , ne dœsec — 
3 ne dœfënJ^) — , ne dœsënft) — 



— 174 — 

Impératif Infinitif 

sg. 2 dœs *< viens » dont « venir » : dont 

pi. 1 dèomp 

2 dœit Participe 

Présent : c tant « venant » 
Passé ^: dœet « allé » 

Formes KMPHAriQuES 
Prés. sg. 1 hPz c tœàn « je viens », etc. 

§ 274. — énm. 

Présent 

sg. 1 n emàcun kêt « je ne suis pas, 

2 n embf^t — je ne me trouve pas » 

3 n èmâ — 
pi. 1 n cmàom — 

2 n emàoè — 

3 n einàlrUt) — 

Imparfait 

sg. 1 n ëdôn kêt < je n'étais, 

2 n êdos — je ne me trouvais pas » 

3 n ëdo — 
pi. 1 n êdom — 

2 n èdoà — 

3 n ëdôn/t)— \ 

Passif 

Présent : n emàor kûl « on n'est pas, on ne se trouve pas » 
Imparfait : n ëdor kêt & on n'était pas, on ne se trouvait pas » 

§ 275. — émé. 

sg. 1 emëz^n « dis-je » pi. 1 emëzom 

2 emêz^t 2 cmëzoc 

3 m. cmëzàn, f. cmïzi 3 emëzo 



LE 



VOCABULAIRE 



— 177 — 



Il serait intéressant d'étudier systématiquement le voca- 
bulaire du breton de Saint-Pol, tout spécialement pour savoir 
en détail comment une langue remplace ime autre langue de 
civilisation de puissance moindre. Il faudrait pour cela une 
enquête spéciale. Je dois me borner à quelques remarques 
générales. 

Le vocabulaire d'origine bretonne est en train de dispa- 
raître à Saint-Pol comme ailleurs en Bretagne, surtout dans 
les villes. L'exposé ci-dessus ne donne pas une idée tout-à-fait 
juste de l'état actuel du vocabulaire, parce que j'ai naturelle- 
ment cherché à trouver autant de mots d'origine brittonique 
(ou latine) que possible afin de rendre mon travail plus utile à 
des recherches historiques possibles. Je n'ai donc pas noté 
dans la même mesure les emprunts au français qui ont été 
adoptés par la langue. 

Les langues brittoniques ont à toute époque emprunté des 
quantités de mots à des langues étrangères. D'abord au latin. 
La plupart de. ces mots d'origine latine constituent maintenant 
avec les mots purement celtiques le vieux stock du vocabulaire 
en partie commun aux difiérentes langues brittoniques. Mais le 
breton en particulier a aussi — comme les autres langues 
celtiques — emprunté des mots latins à des dates plus récentes, 
surtout en ce qui concerne la langue religieuse. Il emprunte en 
plus, depuis le moyen âge, des mots français. A présent ces 
derniers entrent en masse dans le breton de la ville de Saint- 
Pol et s'adaptent à la langue. Ces emprunts sont probablement 
moins nombreux dans les campagnes environnantes. Ils se 
conforment aux règles de la grammaire bretonne, les noms 
prennent les désinences du pluriel breton, le verbe suit la 
conjugaison du breton et tous ces mots subissent les mutations. 

Considérés au point de vue grammatical, ces emprunts 
appartiennent à toutes les catégories de la grammaire. Les 
noms en fourniisent naturellement le nombre le plus considé- 



— 178 - 

rable comme dans toute langue. Mais il est plus grave de cons- 
tater que les emprunts ne s'arrêtent pas là. On adopte égale- 
ment (les verbes français de toute espèce. La petite liste 
d'exemples qui suit donnera une idée du caractère de ces 
emprunts. — Il est possible que quelques-uns d'entre eux 
remontent plus loin qu'à la période du breton moderne. Ils ne 
sont pas tous pris au français littéraire ; les patois français 
voisins de la région bi étonne ont aussi fourni des emprunts. 

Ex. : kcun/pren « comprendre » ; kozèal « parler, cau- 
ser » \ jpnrliint « parler » ; d^icli « douter » ; Scùjale. songer » ; 
badinât « plaisanter » : badiner. 

fyf>ra <* planter » : fourrer ; dresa « remettre » : dresser ; 
brla « veiller > ; harb^ula, barb^iya «■ ])arbouilIer »> ; trempa 
« tremper » ; alunit {elumi M. S., Ern. alumy) « allumer » ; 
sikat « chiquer » ; pc^rmen <« se promener » : i^'}'la « pousser » : 
heurter; paèo. (mbr. paeaff) « paj^er «. 

Les noms de nombre et les prépositions résistent comme 
partout — sauf naturellement mil « mille » qui est d'origine 
latine, miler « millier » vient du français. 

Il est significatif qu'on ait emprunté des pronoms comme 
les indéfinis mêmes « même » (<7>- )ii.emes trâ « la même 
chose ») et tSt(d) « tout, toute » : — H y a également des 
adverbes d'origine française,p.ex.^û;7Z^j'(( jamais » ; kasimûni 
« presque » : quasiment (fréquent en patois). — Quand la 
négation n'est pas suivie de verbe elle est exprimée par le 
moi pas, ex. : pas kals « pas beaucouj» » etc., du français pas. 

Le nombre d'emprunts le plus considérable est fourni par 
les noms ainsi qu'on l'a déjà indiqué. Les mots proprement 
bretons sont pour la plupart limités à la conversation familière, 
au petit commerce, à la langue de l'agriculture et de la pêche, 
à la langue de la dévotion. Mais on verra par quelques 
exemples typiques comment les mots français pénètrent 
même ici. 



— 179 — 

Soit d'abord les termes de parenté. Ils résistent naturelle- 
ment mieux que Les autres mots; ainsi tâl(d), ma)//, brd'r, 
coar, nï, kènder sont tous des mots brittoniques. D'origine 
étrangère sont seulement tSntçïin « oncle >> et tlniin, mais 
l'emprunt de ces derniers termes se rencontre dans plusieurs 
langues. 

Les différentes parties du corps présentent quelques 
exemples d'emprunts. Au vieux stock appartiennent fen, bleo, 
ské^ar^riy doéilagaf, breac (< bas latin), dcurn, glïn, troat, 
hêgel (< latin), etc. tandis que ^çinu^m, P(UrH(ù'>^ik « poumon », 
'pœllrin « poitrine », esiomek « estomac », riu~/iipf « membre » 
sont des mots français. Cf. aussi mùzel « lèvre » du français 
ancien muzel. 

De même pour les mots qui désignent les phénomènes de 
la nature amzgr, âvel, glao^ çrc, sk^urn, etc. sont anciens, 
mais brumen « brume », briard ( g lao) « averse de pluie » 
<fr. brouillard, i^irmdnt « tourment, tempête », par exemple, 
viennent du français. 

Pour tout ce qui concerne la maison, le travail à la maison 
ou aux champs, les noms d'animaux, de fleurs et d'arbres, le 
vocabulaire reste en général breton. Il y a pourtant des 
emprunts comme par exemple domistik « domestique », jpark 
« champ )v, 'piuiUn « pignon », t^sen « extrémité d'un fouet », 
< fr. touche, fr^umak «fromage», yriçurik « âne » <fr. 
bourrique, kânart « canard », pi\iin « pigeon », sonifUn 
« saumon >, fiœren « fleur », papil^^n « papiUon ». On a vu 
au § 238, comment le mot français chasse sert de pluriel au 
nom du chien. 

Les termes de méfier sont également conservés, comme 
par exemple gwiàder, kêre, kcmçner, kalvcs. Des emprunts 
sont sarpàni^r « charpentier », martsal « forgeron » < fr. 
maréchal ferrant, mjstr «' maître » < fr. maistre. 

Voici encore quelques noms empruntés d'une signification 
plus générale : 



k.c '-■ 



180 



mitjtSÂn « ami » < fr. mignon, kamdrat « camarade », 
diniçzcl « (lemoisolle », treil^r « traître », rèz^in « raison »^ 
mâlœr <> malliour », sôâs « choix », dçnjr « devoir », h)'duyeis 
M l'état d'être brouillé avec quelqu'un », cf. fr. brouiller, 
kcftnlrol (( contraire • , euriifi « heureux », tràiikil « tran- 
quille », JujcunO.nt « jugement »j kariyer « quartier », 
ternien » terme », servis « service », i^w^'^'^** * soudure », 
kàsçri « cancer », mpur « mûr ». 

Ces emprunts ne sont pas de la même date, mais ils 
s'éclielonnent dans le temps. Quelques-uns comme ipark et 
diniêzely par exemple, sont très anciens, d'autres comme 
kânart sont probablement récents. 

C'est naturellement la désignation française d'objets qui 
est adoptée. On peut même poser la règle générale que tout 
objet nouveau, toute chose nouvelle qui gagnent le pays de 
l'extérieur gardent l'appellation française. 

Les exemples de la petite liste suivante — qui ne contient 
que quelques cas typiques — montreront que les emprunts ne 
se bornent pas à des choses nouvelles. 

kordcn « corde » (déjà mbr. corden), orôlas « horloge », 
niçùnt « montre », imas « image », alumetcH « alumettes », 
botes « chaussures » : < fr. bottes, kioef * coiffe », sileten 
« veste » : < fr. gilet, mpëlet « chapelet », orâjëzen « orange ». 

Une partie considérable du vocabulaire d'origine celtique 
ou latine reste à l'état latent chez les vieillards, mais les jeunes 
en ignorent en général beaucoup. Les mots français viennent 
souvent le plus facilement à l'esprit de tous, et aussitôt sorti 
des langues spéciales indiquées, on a exclusivement recours à 
ces mots. 



(l) L'ancien barn s'emploie dans harn jeneral (aussi jujamant j.) 
le jugement général, dernier ». 



CONCLUSION 



— 183 



Si l'on compare l'état du breton parlé à Saint-Pol à celui 
des autres langues brittoniques, on voit que le type brittonique 
s'est conservé surtout en ce qui concerne la grammaire qui 
est demeurée toute brittonique. Soit par exemple le nom : il 
présente, il est vrai, beaucoup de différences avec le gallois, 
mais ce ne sont que des différences de détail. Il forme en 
gros le pluriel au moyen des mêmes finales qu'en gallois, 
finales qui en grande partie s'expliquent par l'indo-européen. 
La conjugaison aussi est brittonique. Les mutations, ce procédé 
si caractéristique des langues celtiques, sont toujours d'une 
importance capitale, malgré les nombreux changements de 
détail qu'elles ont subis. Elles ont même gagné du terrain par 
la mutation de s, -s-^ f en z, J, f. 

Néanmoins, le système grammatical a subi certaines réduc- 
tions. La conjugaison a été simplifiée par la perto du prétérit 
simple (passé défini). Il ne faut pas supposer que cette perte 
soit due à Tinfluence du français. Elle provient de causes 
générales et se retrouve dans d'autres langues modernes. 
— Malgré l'importance qu'elles ont gardée, les mutations ont 
été réduites à certains égards — ou plutôt, le domaine syn- 
taxique des mutations a été réduit. La mutation de l'adjectif 
après le nom au fém. sg. et ms. pi. de même que celle du 
nom après l'article au ms. pi. sont évidemment sur le point 
d'être éliminées. 

L'accent frappe la pénultième comme en gallois ; à cette 
grande règle il n'y a que quelques exceptions de détail. Gomme 
en gallois, les mots de plus de trois syllabes ont un fort accent 
secondaire sur la première, mais ce fait est tout natui-el et se 
retrouve dans d'autres langues. — L'accentuation dans" la 
phrase correspond en gros à celle du gallois, de même les 
règles delà syllabe. (Pour les règles de la syllabe en gallois, 
voir Morris-Jones, A Welsh Grammar p. 30 et les remarques 
de M. Loth RC. XXXV p. 131). 



— 184 — 

Le système phonétique n'offre aucun trait qui ne s'explique 
aisément par le développement même du brittonique sur le 
sol armoricain Les emprunts français n'introduisent aucun 
phonème essentiellement nouveau. Du reste, le français ne 
possède pas de phonèmes bien différents de ceux du breton. 
Les mots empruntés au français gardent en gros leur aspect 
phonétique. Cependant, ils ont troublé l'équilibre phonétique 
breton en introduisant des combinaisons de phonèmes. qui lui 
étaient étrangères, par exemple dans des emprunts comme 
h'eitcUi', bo/es, aliDueleSy etc. Des occlusives sourdes en 
position intervocalique sont étrangères au type phonétique 
brittonique. 

Comme le système grammatical le système phonétique a 
subi des réductions, par exemple par la perte des liquides et 
nasales géminées anciennes . 

C'est le vocabulaire qui est le plus altéré. Beaucoup de 
vieux mots ont disparu ou sont en train de sortir de l'usage. 
Le lexique tend à se composer de plus en plus d'emprunts faits 
à la grande langue de civilisation, le français. 



On peut se demander quel sera l'avenir de cette langue. 
A-t-elle des chances de vivre et même de recevoir un 
développement littéraire ? Question qui peut être posée pour 
toute la Bretagne bretonnante. Les chances, elle les a évidem- 
ment, et tout dépend de l'esprit des sujets parlants. « Changer 
de langue, c'est changer de grammaire » (M. Meillet) et la 
vitalité du système grammatical breton est très forte. 

On pourrait indiquer une fissure dans ce système : la 
disparition probable de la mutation de l'adjectif après le nom 
au singulier du féminin et au pluriel du masculin et celle du 



— 185 — 

nom après l'article au pluriel du masculin. Si les mutations 
venaient à disparaître la langue ne survivrait sûrement pas. 
Mais la perte de la mutation de l'adjectif et du nom dans les 
conditions indiquées n'est qu'une perte de détail ; elle peut 
n'avoir pas de conséquences. 

Le grand danger est constitué par les emprunts, et en 
second lieu, mais à un degré moindre, par le trouble qu'ils 
provoquent dans le système phonétique. Cependant, une langue 
peut supporter des emprunts à une autre langue sur une vaste 
échelle. Mais si l'esprit de la population ne change pas le breton 
finira par perdre tout son vocabulaire. 

Alors il ne résisterait pas à une langue de civilisation 
mondiale qui a un prestige tel que le français et qui s'introduit 
par des moyens aussi puissants que l'école et l'armée. Mais il 
vivra en tout cas longtemps encore, grâce à l'esprit conserva- 
teur de la population. 



TEXTES 



— 188 — 



1 . E m!z maé glaô bemdez a zo ré, ha glaô bep eil dervez 

a zo ré nébet. 

Au raois de mai, pluie tous les jours c'est trop, et pluie tous les deux 
jours, c'est trop peu. 

2. Kenver a garg ar fôs, 
C'houévreur a dalc'h klôz, 

Meurs gant eul louaden a zizec'h ar wénôden. 

Janvier remplit la fossée, 

Février tient ferme, 

Mars avec un souffle (à l'origine : une mauvaise odeur) dessèche le 
sentier. 

3. N'éo két eun dervez tomm a ra an haiiv, nag eun dervez 

yen ar goafiv. 

Ce n'est pas une journée chaude qui fait l'été, ni une journée froide 
l'hiver. 

4. Kénévéden dioc'h an nôz, glaô pe avel antornôz, 

.\rc-on-ciol le soir, pluie ou vent le lendemain. 

5. Ma saô ar vrumen-maii e vô glaô. 

Si cotte brume se lève, il pleuvra. 

('>. Itiou cndeûz da gac'het tachou. 

l'ai froid ;i ch... des clous. 

7. Micher ébét ne zizenor eun dén. 

Il n'y a pas de métier qui déshonore un homme. 

8. Béva a zo réd, ha paéa n'eô két. 
Vivre, c'est nécessaire, mais payer ne l'est pas. 

0. Pa véz ar muia a vrézel, e véz an tosta dar peoc'h. 

Quand la guerre est la plus intense on est le plus proche de la paix. 



189 — 



Ar Brîz 



I Note un petit arrêt pour reprendre le souffle. 
j| L'arrêt principal. 



.^^ -i—i —•! j^ 



E miz màe glao hètndez a zô rc \ a glan hch eil dervez 
a zô re nebetW 



Këver a garg ar fôs \ 
Cwèvrœr e dalc klôs \ 
Mœrz gâde(l)l^àden \ a zizçc ar vcnodeM 



Ne kêd en d}rves tdm a ra an a \ nag en dervez yen 
ar gôà\\ 

Keneveden diôè an nos | glâo pe àrel àniornosW 
Ma sào ar vrûmenmà \ e va glàçW 
Rî^ en dœz da gace{i) iàsçU 1 1 
Misër ebed ne zizenor en den \ \ 

_ 2. 

Beva a zo rèd \ a paea n eo kei \ \ 

Pa vëz ar mwia a vrèzel \ e vêz an tùsta dâr pèoc\\ 



— 1Î)0 — 

10. E léac'li ma staot ar c'iiî, e staot daou po dri. 
Là où })isso un chien, deux ou trois pissont aussi. 

11. An ini zo sôd yaouaùk ilaram, evii kosaat no fura tanun. 

Colui qui est sot tout jeune ne devient pas sa'^a en vieillissant. 

12. An ti zé cz oûz muioc'b a vôged ovid a dân. 
Cette maison a plus de fumée que do fou. 

13. Lavar din gant piou ez es, me lavaro dit pétra rês. 

Dis-moi avec qui tu v ..s, je te dirai ce que tu fais. 

14. Être pask ha pantekost eûz seiz sizun penn a lôst. 

Entre Pà(iues et Pentecôte, sept semaines entières (litt. queue et tête). 

15. Être béza néat ha loudour n'eûz nemit eur bérad dour. 

Entre la propreté et la saleté, il n'y a qu'une goutte d'eau. 

16 . An ini a ya da gousket diouz an nôz, a zo divlamm antornôz 

Celui qui se couche le soir est sans blâme le lendemain. 

17. Pa vézer var bount Landerné n'emaoc'h nag e Léon nag 

e Kerné. 

Quand on est sur le pont de Landerneau, on n'est ni en Léon ni en 
Cornouaille. 

18. Pa gloch ar yâr e véz vî pe labous. 
Quand la poule glousse il y a ou œuf ou poulet. 

19. Mervel evid béza meûlet hag dimézi evit béza dispennet. 

Mourir pour être loué et épouser pour être déchiré. 

20. Al loan zé ne dâl nerait priz a groc'hon. 

Cette bête ne vaut que le prix de sa peau. 

21 . Azé cz eûz tân awalc'h evit dcvi Paris. 

Voici assez de fou pour brûler Paris. 



— 191 — 
E leat") ma stàod ar ci\ c sfaoid) dct^i fe dr\ 1 1 

An ïni zô sud yàwîink fiàm | êvit kosùd ne fura tàm \\ 

An û :■[' 1 e: œz mioioc a vôged evid a dcm\\ 

Ûivar din gà piji e' es 1 më lavâro dît petrâ rès \ | 

Être pàsk a pântekost \ œ{s) sei{s) sîzun pën a lost\\ 

Etre beha nèad a Içjtid^r \ nœz riêmid er bera(d) dè'ir \\ 

An \ni ya dâ gjiske{d) di^z «(n) nos \ a zô dwlam dntornos 1 1 

Pa vçzçr var h^n Ldndçrnr \ nemaoc nâg e Léon nâg 
e KerneV 

Pa glas ar yàr e vêz vî pe làli^is \ \ 

Mèrvel ëvid bçza mœled a dimêzi erid heza dispènet 11 

AiDlàan ze ne dàl nëniit prH e grôcen\\ 

Ahe z œs thn awàlac cvi{d) dëvi Pàris\\ 



192 



22. Gwelloc'h pléga evit terri. 

Mieux vaut plier que casser. 

23. Marô mamm an avalou. 

La mère des pommes est morte. 

"24. Rei bâz d'e ganna. 

Donner un bâton pour le battre. 

25. Ar boudédéô a zo ataô pemp kwennek en e c'hôdel gantan. 

Le Juif errant a toujours 5 sous Jans sa poche. 

26. Eur wéach ne két ataô éô. 

Une fois n'est pas toujours. i 

27. Al logôden ne deûz nemit eun touU a zo paket buan. 

La souris qui ne possède qu'un seul trou est vite prise. 

28. An ini ne zent két ouz ar stîir, ouz ar garrek a ra sûr. 
Celui qui n'obéit pas au gouvernail, obéira sûrement au rocher. 

29. Bugale vian, poan vian, bugale vrâz, poan vrâz. 
Petits enfants, petits ennuis ; grands enfants, grands ennuis. 

30. Goudé eur c'hoarzin e wéler. 
Après le rire, les pleurs. 

31 . N'eûz pesk hep drein. 

Il n'y a pas de poisson sans arêtes. 

32. Poan ar béd-man n'éô nétra, poan ar béd ail a zo ar 

(g)wasa. 

Les peines de ce monde ne sont rien, les peines de l'autre monde 
sont pires. 

33. Gwelloc'h izin evit nerz. 

Ruse vaut mieux que force. 



— 193 — 
Gwèloc pie g a êvi{() tèri\[ 

Màro ma7n ati avàl^ Il 

Rêi bàz de gàna II 

Ar b^dedeo a zo atao pemkibeneg en e codel gdntàn \\ 

^r ves ne këd atào èo 11 

Al logoden ne dœz nemid en i^l \ a zô pàke{d) bùan \\ 

An îni ne zënt ked^z ar siûr \^'z ar ghrek e râ sûr\\ 

Bugâle viqn \ poan vian | bugâle vrâs \ poan vràs\\ 

Gjlde §r twàrzin e welçr\\ 

Nœs pèsk eb drèin II 

Pôan ar bèdmâ ne netrà \ poan ar bëd àl eç ar wàsa \\ 

Gweloc ïzin ëvid np^s 11 

13 



— 194 — 

34. Ar c'hâd a zo dan ini e fak. 
Le lièvre est à. celui qui le prend. 

35. Ne damallit két ar ré ail ma ne d-oc'h két oc'h-unan 

didamall. 

Ne blâmez point les autres, quand vous n'êtes pas vous-Tnême san? 
blâme, 

36. Lézenn ar béd a zo ével se, darn e vont, dam e toiit. 
La loi du inonde est ainsi, une partie s'en va, une autre vient. 

37. An dûd a zo gréat evit enem c'houzanv hag enem garet. 
On est fait pour se supporter et s'aimer. 

38. Ne da két da ober dar ré ail, ar péz a garfes ne vije 

(viche) két gréat dit en da unan. 
Ne fait point aux autres, ce que tu ne veux pas qu'on fasse à toi. 

39. Ken allez e ya ar pôd dar feunteun, e teû da derri. 

Le vase va si souvent à la fontaine qu'il se casse. 

40. Eur c'haz skaotet endeûz aoun araz an dour yen. 
Uu chat bridé a peur (même) d'eau froide. 

41 . Ne (c'h)eller két béza ha béza bét. 
On ne peut être et avoir été. 

42. Laoskomp Paris e léac'h ma éma. 

Laissons Paris là où il est. 

43. Kement trà a vril n'éô két aour. 
Tout ce qui reluit n'est pas or. 

44. Ma saô ar réven e vô glaô. 
S'il dégèle, il y aura de la pluie. 



195 



Ar cad a zô dan îni c f'ak 



Ne damàlit kcd ar rc ùl \ ma ne d or ked oc ùnan 
didàmalW 



Lczen ar hrd a zo eve se \ dàrn e vùn{d) \ dam e tontW 

— _ ' — 

An dad a zo grèad evid enera c/czàô ag ênem gàrelW 



Ne dâ kê(cl) da oh§r dar re àl I ar pez a garfes ne vih; 
ke(d) grèa(d) dûl en da ûnanW 



Kën allez e ya ar po{d) dar f'œntœn \ e tœ da dèriW 
^r êa{s) skàoied en dœz a^n araz an d^r yen II 
N{e) eîer ked beza a beza bHW 



Làoskom Paris e lèac ma màW 



Kemën{t) ira a vriL ne kêd cijÀr [œ^ur] Il 
Ma sao ar rëoen e vo glao. 



— 196 — 

45. Gwelloc'h béza kiger evit béza leùé. 
Mieux vaut être boucher que veau. 

46. Dister naô géméner evit ober oun don. 

Neuf tailleurs ne suffisent pas à faire un honiino. 

47. Ar c héré a zo ataô cur boutou fall en e dreid. 
Le cordonnier porte toujours do mauvaises chaussures. 

48. Ker brâz laer où an ini a zalc'h ar zâc'h ével an ini a 

laka ébarz. 

Celui qui tiont le sac est aussi grand voleur que celui qui le remplit. 

49. N'éô két gant laboulinou diûiH da baka kézek foU. 
On n»> saisit pas des chevaux emportés avec des tambours. 

5C). Falla ibil a zo er c'harr a vigour dar c'henta. 

C'est la plus mauvaise goupille de la voituie qui commence à grincer 
la première. 

51. N'éô két an ini a ra al labour a zréb anézart. 

M. à m. : Ce n'est pas celui qui fait le travail qui le mange. 

52. Eun amézek mâd a zo gwelloc'h evit kerent a bell. 

Un bon voisin vaut mieux que des parents au loin. 

53 . An ini a zo lemm e déôd a rank béza kalet e skouarn. 
Celui dont la ïangue est tranchante doit avoir l'oreille ferme. 

54. Geler a lavar ével eun tenner dent. 
Il ment comme un dentiste. 

55. Avel a zo er gornaouek a zo anet da bep ginaouek. 

Le vent est de l'ouest, ce que sait tout sot. 

56. An ini endeûz naon ne zell két ar péz a zréb. 

Celui qui a faim ne regarde pas ce qu'il mange. 



— 197 — 
Gweloè b'êi:a kîgçr evid Uêka lœe. 

Distçr nao gemëner evid obçr en den. 
Ar ôêre a zo alap er 6cWicW fal en e dreit. 



Kçr hraz la^r eo an îni a zalè ar zàê ëvel an mi a 
laka ebàrs. 



Ne ked gci{t) tahéiUïn^ môn{d) da baka këzek fol. 

Fala îbil a zo er àâr a viÇçUr dar cënta. 

Ne ked an îni a ra a{l) labfUr a zrêb anèzân. 

En amfzeg rnâd a zn gweloô emt kèrênd a bel. 

An îni zo lem e deod a rang b^êza kâled e sk(^am. 

Geyer a lâvar ^ëvel en tener dent. 

Avel a zo çr gorno(^i)wek a zo âne(d)da beb gina(du)wek. 

An ïnl n dœz na^in ne zel kêd ar pëz a zrêpi. 



— 198 — 

ô7. Sutal a zinitî kana. 
Siffler signifie chanter. 

58. Gant amzer e teûer a benii eùz a gah. 
Avec le temps on vient; ^ bout de beaucoup. 

59. Kouézet e veûdik en e zoiirn. 

Son pouce tombé dans la main (c'est-à-diie : il fut effrayé). 

60. N'éô két ataô an ini a c'hounit ar bara a zréb anézan. 
Ce n'est pas toujours celui qui gagne le pain qui le mange. 

61. Gwelloc'h doujaiis evit karaiitez. 
Mieux vaut crainte qu'amitié. 

62. Lammet hep lakaat nébeût e pâd. 

M. à m. : Sauter sans remettre ne dure pas longtemps. 

63. An arc'hant a zo berr a lôstou. 

M. à m. : Les queues de l'argent sont courtes. 

64. Neùz koz-votez nan e gav e fares. 

11 n'y a pas de vieille chaussure qui ne trouve pas son pair. 

65. Deskadurez dar vugale a zo gwelloc'h evit lévi (levé). 
M. à m. : L'instruction vaut mieux aux enfants qu'une rente. 

66. Eun dimézi a bell a zo ataô eun dimézi nmâd 
Un mariage au loin est toujours un mariage estimé. 

67. Éasoc'h éô d-eur c'hanval paséal dre graouen en nadôz 

mar deô da eun dén pifividik mont dar baradôs, 

11 est plus facile pour un chameau de passer par un chas d'aiguille 
que pour un homme riche d'aller au paradis. 

68. Néô két ar ré bmvidika éô ar eurussa. 
Les riches ne sont pas les plus heureux. 



— 199 — 
Sutal a zinifi kâna. 
Gdd amzgr e iœer a ben ez a gais. 

1 . 

Kwêzed e vœdig en e Z(Urn. 

Ne ked aiao an ini a ôjlnid ar bâra a zrëb anëân. 

Gweloè d^jàz evit karàntes. 

Lamed eb lakàd nëbœd e pat. 

An ar'cànd a zo bër a losl^. 

Nœs koz votez nan e gaf e far es. 

Deskadûrez dar vugâle a zo gweloè evid lëvi. 

En dimëzi a bel a zo aiao en dimëzi mât. 



Esoc eo der càval pasèal dre gra((U)wen e(n) nados evid 
mar deo da en den pïvîdig mon(d) dar barâdos. 



Ne ked ar re htvWka eo ar re eurusa. 



— 200 — 

69. Eiir penner ha pa vé fall, a dal kafit skôed var eun ail. 
Un fils unique, même s'il est mauvais, vaut cent écus mieux qu'un autra. 

70. N'eûz nermntan hag al labouset hag a gac'h divar nij. 
H n'y a que lui et les oiseaux qui ch... en volant. 

71. Ar broprieté a za en env hag a loustôni a jomra adrén. 
La propreté va au ciel et la saleté reste derrière. 

72. Pa véz leûn ar zâc'h ne da kén ébarz. 
Quand le sac est plein on ne peut y mettre davantage. 

73. Ne (c'h) eller két béva gant dour skléar hag éar an amzer. 
On ne peut vivre d'eau claire et d'air. 

74. Souben an tri zraik, dour, holen ha baraik. 

] M. à m. ; La soupe des ti'ois petites choses : jau, sel et un peu de pain. 

75. Eur zâc'h goullô ne (c'h) ell két chomm en e zâ. 
Un sac vide ne peut rester debout. 

76. Gwelloc'h eun tî bian bouédik, evit eun tî brâz avélek. 

M. à m. : Une petite maison avec un peu de nourriture vaut mieux 
qu'une grande pleine de vent. 

77 . Pa véz an erc'h var an douar, ne véz na tomra na klouar. 
Quand la glace est sur la terre il ne fait ni chaud ni tiède. 



— 201 — 
Er pener a pa ve fal a dal kà skxoed var en al. 

tiœz nemlntàn ag al lalk^sed ag a gat dîvar rm. 

Ar broprieie a za en è ag a l<^stôni a Jom adrê. 

Pa vez lœn ar zàè ne da kên ehars. 

Ne der ked bêva gà(d} dçur sklear ag ear an amz^r. 

Sfûben an tri zraik d^r olen a haraïti. 

^r zut gé^lç n el ket 'kom en e za.-, 

Gtbeloè en ti bian b^dek evid en ti bràz avêtek. 

Pa vëz an erc var an d^uar ne vêz na tom na klçuar 



— 202 — 



An orézoun dominikal. 

Oq tàd pehini a zo en eiiv, 

Oc'h hanô a vézo santifiet, 

Roit déomp o rouantélez, 

polontez bézé great var an douar ével en env ; 

Roit dom eriô or bara pendisiek, 

Pardounit déomp on ofaùsou, ével mar pardounomp 

dar ré ondeûz on ofanset, 
Ha ne laoskit két da gouéza en tentasion, 
Ha delivrit ac'hanorap deûz an drouk. 

Evel se bézé kréat. 



Péden ar Werc'hez. 

Me salu, Mari, 
C'houi a zo leûn a c'hrâs, 
An Aotrou a zo ganeoc'h, 
Béniget oc'h dreist an ol gragez, 
A béniget éo ar frouez euz o korf, 
Jésus. 

Santez Mari, mam da Zoué, 
Pedit evidomp, pecheryen, 
Bréman, 

A dan heûr eûz or marô. 
Evel se bézé kréat. 



— 203 — 

Monsieur Sévère. 

An orëZçUn dominikal. 

On tâd peint a zo en ^ë^ \ 

Oc âno a vçzo sàntifieiW 

Moifd) deom o rçuàntêles \ 

polontez beze gread var an dcuar evel en *ç^|| 

Roi(d) dom eryo or bara pendi^ek \ 

Pard(Uni(d) deomb on ofànSfU ëvel mar pard^ûnom 

da rë ondœz on ofànsetW 
A ne laoskit ke(d) da gwêza en tëniasion j 
A delïvrid acanom dœz an drjlg \ 

Evel se beze kreatW 



Madame Sévère. 
Pëden ar ver'ces. 

c c 

Me sâlu Mari | 

^ ' 

Cwi a zo lœn a crasW 

c 

Ati a^Urçii a zo ganèoc \ 
BenTged oc (aussi or(l)) dreist an ol grâgesW 
A bemged eo ar fr^ez œz o korf \ 
Jësus li 

San te z Mari \ mam da z^ve \ 
Pêdid evïdom \ pçceryen \ 
Bremà | 

A dan ^r cez or marçW 
Evel se beze krcat\\ 

Je n'ai jamais entendu la forme kreal autre part que 
dans ces prières. 



(1) Particulier à M™« Sévère. 



INDEX 



— 207 — 



Vieux-breton 

ord 33 
teu 101 
tuorchennou 101 

Moyen-bretmi 

adreff 99 

alhuezaff 20 

allumy 17, 24, 88, 178 

alteraff 20 

anneffn 99 

aznat 20 

badezyant, badizyant 17, 51, 

67, 87 
baelec 21 
benhuec 99 

benigaff, binigaff 18, 21 
bihuanc 99 
bleuen 21 
brezonec 21 
breuguediff 25 

caffon 100 
coezff 99 
couuent 99 
croes 37 
ciintuill 23 

daffnez 99 
deuiff 99 
dezvyff 17, 21 
digantafu 18 
dimiziff 99 
disbilya 65 
distreiff 17 



distruyaff 24 

diuerclaf 22 

doanger 22, 37, 100 

drasgl 58, 64, 84, 107, 141 

e, ez 134 

eneff 99 

enesenn 19 

enquelezr 21, 59 

eston 36 

faecon, faezon 30 
ferchyer 22 

goarniset 49, 91 

gouaff 99 

gouzaff 100 

gouzizyec, gouuizyec, goui- 

zyec 21 
guenuer 99 
guimmiU 18 

haff 99 
hanfif 100 
hinviz 99 

iguenn 17 
inchou 22 
intaffeset 100 

knoenn 99 

ledaff 20 
lezr 21 

médecin, medicin, midicin 17 
musur 24 

neff 99 

neujfif 27, 99, 158 

oet 37 



— 208 — 



orzic 33 
oz 134 

paeaff 178 
pantecost 32 
poursiff 35 
purgator 24 

reun 20, 57 
roeff 90 

saechaff 21 
scaff 99 
staff n 100 

taffhaff 99 
teffal 99 
torr 33 

ymag 89 

Breton modeiiie 

a (particule verbale) 129, 137 
a (préposition) 126, (para- 
digme) 150 
abad, pi. ébed : 51, 56, 136 
abalamour 02, 70 
abaoue 19, 40 

abardaez 37, 53, 56, 58, 84 
abarz 00, 84, 110 
abek 47, 50, 100 
abenn 110 
abiou 50 

abostol 33, 51, 56, 03, 83 
abostoler 60 
aboun kézek 34 
abréd 51, 56, 58, llO 



ac'halenn 80, 110 

ac'halesse 19 

achu V. ecliui 

adarre 19, 29, 53, 58 

adozen, pi. adozennou85,l37 

adré, adrén v. adrég 

adrég 20,21,47,53,58, 110 

adreîiz 20, 59, 84, 110 

ael 63 

aer, pi. aeret : 39. 60, 142 

aez V. eaz 

aezen 21 

agûl 24, 110 

ahont V. ahount 

ahount 51, 67 

- ahount 152 

aketuz 23, 47 

al (article) v. ar 

ala, cond. alche : 29, 62, 88, 

158 
alan 30, 62, 67, 106 
alar 30, 00, 02, 100 
alc'houéder, pi. alc'houediri, 

alc'houderien : 21, 22, 00, 

02, 80, 92, 141 
alc'houoz, pi. alc'houechou* 

20, 02,80,84,80,92, 137 
alc'houézi 20 
alen 05 

alesse v ac'halesse 
ali, pi. aliou 137 
allez 100 
ail 03, 117, 154 
altéri 20, 51, 02 
alumetez20, 23, 70, 143, 180 



— 209 — 



alumetézen 143 

alummi, cond. alumché : 17, 

24, 88, 159, 178 
aluzen,pl. aluzennou : 24, 62, 

85, 106, 137 
aman 70, 99 
amann 67, 70 

ambrouk 29, 47, 56, 59, 71 
am eûz 1 18, (paradigme) 166-7 
amézek, pi. amezeien : 20, 29, 

47, 71, 85, 139 
amiégez, pi. amiegézet : 49, 

84, 142 
amparfal 55, 59, 71, 78 
amprévan, pi. amprevanet : 

20. 55, 59. 71, 78, 142 
amzer 22, 60, 71, 85, 179 
an (article) v. ar 
anaoudek v. anoudégez 
anaoun 29, 67 
anaout,prés. anavézan,cond. 

anaveche : 51, 67, 89, 162 
anat v. anet 
anavézan v. anaout 
an draman 153 
an draze, drahe 153 
andret, pi. andréjou : 20, 29, 

51, 59, 67, 90, 97 
an eil hag egile 154 
aner 22, 67 
anet 20, 51, 67 
anéval 20, 63, 67, 79 
anéz 20, 110 
angouni 29, 36, 49, 68, 98 



an ini (pron. dém f. ) i27, 

152 
an ini ail 154 
anken 68, 97 
ankou 29, 34, 47, 97 
ankounac'hât, cond. ankou- 

nac'hafen, ankounac'hafe, 

ankounac'hache : 29, 34, 

47, 51, 68, 73, 88, 97, 

110, 160 
anne 19, 29, 67, 99 
an néb 153 
anneo v. anne 
anoudégez 21, 34 
ansao v afizao 
antornôz 33, 51,59,67, 120 
antronôz v. antornôz 
anzao, prés, anzavan, cond. 

anzafe : 73, 77, 85, 98, 99 
aolet 39, 51, 62 
aot, pi. aochou : 39, 86, 137 
aoten, pi. aotennou : 39, 51, 

67, 137 
aoter, pi. aoteriou : 39, 60, 

137 
aotrou V. aoutrou 
aou V. eu 
aouidi 53 
aoun 67 
aoutrou, pi. aoutrouien : 40, 

93, 139 
aoza 39, 85, 158 
ar, al, an (article) 123, 124, 

125 
an ini (pron. dém. m.) 116, 

152 

u 



;^iu 



arabad 30 

arac'hant 28, 29, 51, 59, 80, 

108 
arbel, pi. arbelou : 20, 56, Gô 
araok 47, 59 
arar v. alar 

arâz 110, (paradigme) 150 
arc'h, pi. ircher : 29, 59, 00, 

81, S6, 140 
arc'hant v. arac'hant 
arc'hélar 59, 80 
argila 59 

argourou v. ergoulou 
arne 19, 59, 67 
arouden 29, 36, 59, 67 
ar péz 153 

ar ré 116, 127, 152, 154 
ar réman 153 
ar ré pini 153 
ar réze 153 
aruout V. erui 
arvecher 19, 86 
arvest 29, 59, 79, 84 
arvez v. ervez 
asdo V. astof 
askel 20, 47, 83 
âsk(l) 47, 64, 84, 107 . 
askoan, pi. askoanou : 47, 

67, 83, 92, 138 
askol pik 33 
askourn, pi. eskern : 34, 47, 

60, 67, 83, 136 
asten, cond. astecho : 20, 51, 

83. 88, 157 



astof 33, 77 

astomma 33, 51, 83, 158 

atrichaot, artichaot 51, 59, 

87 
aval. pi. avalou : 30, 79, 109, 

139 
avalou douar 120 
avel 20, 63, 79, 179 
aveldro 120 
aviel 19, 79 
aviéler, pi. avielerien : 19, 

110 
awalc'h v. awallac'h 
awallac'h 28, 62, 92 
aze, ahe 19, 91 
azen, pi. ézen : 20, 85, 136 
azéza 158 
aziraz 150 

bàc'h, comp. bac'hoc'h : 30, 

55, 81, 106. 145 
badichant 17, 51, 67, 87 
badinât 161, 178 
bâg, pi. bigi : 30, 47, 55, 141 
bal, pi. balou 65 
balaen, pi. balaennou : 29, 137 
baie 19, 55 
bal gwenn 66 
baltam v. nialtam 
banel 55 

banel, pi. bariélou : 69, 137 
banne 19 
baot v vaout 
bapaik 29, 55, 106 
bara 30, 55, 59 



— 211 



' barboula, cond. barboulfé : 
34, 59, 65, 75, 158, 178 
baril 07 

barn jcnéml 180 
baro 31, 55 
barz, pi. barchou 137 
basi 29,' 83 
^ batalm v. maltam 

bâz, pi. bicher : 30, 55, 84, 

87, 1.40 
bazle, bazre 59, 85 
beach 55, 89 
beac'h 55, 81 
beb eil dervez 154 
bég 20, 47. 56 
bégel 20, 49, 179 
bêla 20, 65, 178 
beladek 65 
bélek, pi. beleien : 21,56, 

62, 93, 109, 139 
bemdez, bembez 20, 53, 71, 

154 
benâk UO, 117 
beniga(t), biniga(t), cond. bi- 
nikfe: 18,20,49. 73, 158 
bennoz, bennaz 21, 33 
bennoz 154 

berivek 22, 47, 55, 78, 99 
beo 56 

beo buézek 20 
bepréd 59, 110 
bér 20, 23 56, 103 
béra 20 
berât 22, 30 



béred v. gwéred 

berna 59, 69 

béro 21, 31 

berr v. bér 

besken 21, 47 

beteg 130 

beûz 20, 56 

beuzi 26, 56, 85, 106, 159 

béva, cond. befe, befche : 
20, 77, 79, 89, 158 

bévans 20, 84, 99 

bég, pi. bégou 137 

béza 20, 85, 88, (paradigme) 
164-6 

bézin, bizin 20, 85 

bian, comp. bianoc'h : 56, 145 

bianât 73, 110, 160, (para- 
digme) 161 
bicher v.- bâz 
bîg, pi. bigi 141 
bigi V. bâg 

bigorn, pi. bigernel 143 
bigouroun, pi, bigourounet : 

36, 142 
biken 47 
bi'lien 106 
bilim 17, 56, 71 
binim v. bilim " 
bioc'h, pi. saout : 56, 81, 143 
biryi, prés, bervan, cond. 

berfche : 56, 59, 79, 89, 160 
birviken 18, 47 
bitun V. butun 
bîz, pi. biziet ; 18, 106, 142 



212 



bizin V. bézin 

Wavez V. bloaz 

blâz 30, 50, 02 

bleiz, pi. bleizi : 38, ôO, 02, 

85, 141 
bléjal, cond. blechfe : 21 , 50, 

02, G4, 77, 90, 102 
bleo 02, 144, 179 
bleûd 20, 51, 50, 02 
bléven 21, 144 
bloaz, pi. blavechennou : 50, 

02, 84, 128, 142 
blonek 50, 02, 07, 100 
blounset 83 

boaz, pi. boachou 137 

bôc'h 31, 32, 50, 81, 100 

bôc'h ruzik 24, 31 

boda 32, 50 

boéden 20, 53, 50 

boezellat 50, 91 

bord 33, 53, 00 

born 33 

borzevellek v. morzeveilek 

bosen 32, 07 

botez 140, 180 

bouc'h 30, 50, 81 

bouc'lial, pi. bouc'hilli : 30, 

03, 81, 141 
boudai 03 

boudedeo 21, 34, 53 
boued 51 

bouéden 91 

bouk 30, 47, 50 

boulard glao 34, fiO, 05. 179 



boulen 34 

bountoim, bouiitoim 34, 51, 

07 
bountoun kôf 20 
boutou, pi. bouteier : 51, 94, 

140 
bouzar 30, 50, 85 
bôz 50 
bragez, pi. bragezeier : 30, 

49, 50, 58, 93, 140 
bran, pi. brini : 30, 50, 58, 

07, 141 
branskellat 29 
brao 50, 58 
brâz 30, 58, 100 
breac'h 38, 58, 81, 179 
brein 38, 50, 58, 07 
Breiz Izel 38 
breman 21, 29, 71, 99 
brenn 21, 50, 58 
brennik, brinnik 17 
bresa 21 

brésk 47, 84, 107 
Brest 107 
bretoun 35 

breugueud 20, 49, 58, 100 
breûr 27, 53, 58, 179 
brézel « guerre », pi. breze- 

lou : 20, 05, 138 
brézel « maquereau », pi. 

brizili : 20, 100, 141 
brezounek 21, 30, 106 
bi'ini V. bran 
brizili v. brézel « maquereau » 



— 213 — 



brô, pi. broiou 32, 93, 137 

brochen 87 

bronn, pi. bronnou : 33, 58, 

67, 137 
brouieiz 38, 93, 180 
brûd 24 

brujun 23, 24, 90 
brûk 58 

brummen 23, 179 
brusc'hoarzinv. musc'hoarzin 
bruzun v. brujun 
buan, comp. buanoc'h : 56,145 
buez 56. 109 
buézek 20, 23, 109 
bugel, pi. bugale 19 
butun 23, 56 
buzugen 144 
buzuk 47, 85, 144 

chacha. chachal, cond. chach- 

fé : 78, 86 
chaden 86 
chaogat, chokat 86 
chaokat v. chaogat 
chaos 40, 86 
chapelet 86, 180 
cbarpantour, pi. charpantour- 

icn : 86, 139, 179 
chas V. ki 
chatal 86 
cheinch, cond. cheinchfe : 

38, 76, 80, 100, 158 
chekep 86 
chifretez 86 
chifretézen 60, 78 



chikat 86, 178 

chileten 86, 180 

chinkla, cond. chinkfe : 47, 

63, 68, 75, 86 
chist 50, 86 

c'hoanen 80, 91, 100, 144 
c'hoarvéza 40, 79, 88, 91 
choarzaden 85 
c'hoarzin 29, 80 
choaz 180 
c hoaz 40, 80, 179 
c'hoar, pi. c'hoarézet : 142, 
179 

chôd 32. 86 

c'hoenn 144 

chokat 86 

chomm, cond. chomfe : 33, 
75, 86, 158 

chotorel 31, 86 

c'houachkant 148 

c'houac'hvet 147 

c'houeac'h 19, 38, 80, 91, 
147 

chouék 21, 48, 80,91 

c'houennat 80, 91, 161 

c'houéro, comp. c'houerroc'h : 
22, 31, 80, 91, 145 

chouevrer v. c'houevreur 

c'houevreur 22, 27, 59, 79, 
80, 91 

c'houéz 80, 91 

c'houéza, c'houézi 80, 159 

c'houézek 147 

c'houi 80, 149 

- c'houi (emphatique) 149 



214 



c'houiidaiiL 17, M) 
chouk 8() 

(ia ^préposition) 52, 126, (pa- 
radigme) 151 

da « à Ion » 134 

da (pronom possessif] 12(), 
151 

da (pronom infixe) 140 

daelou 34, 39, 52, G2 

daerou v. daelou 

dalc'h 63, 81 ' 

dall 20, 52, 63 

dant, pi. dent : 20, 51, 67, 
07, 136 

danvad, pi. dénved 70, 136 

danvez 20, 29, 52, 70, 84, 90 • 

daou 128, 147 

daouc'hant 148 

daou ha kant 148 
daoulagat 170 
daouugent 24, 02, 147 
daouugeiivet 147 
daouzek 147 
darbarer v. tarbarer 
da^tum V. distum 
déac'h 38, 52, SI 
deiz, pi. dichou, deichou : 38, 

52, 87, 137 
défi 17, 21,52, 73 
dég 147 

dég ha pévarugent 148 
dég ha triugent 148 
degvcd ha péyarugent 147 
degved ha triugent 147 



degvet 147 

déhou V. diou 

delen,pl.delou : 52,65, 144 

dén, pi. tûd : 20, 68, 43 

déna 52 

dén benàk 154 

dén ebét 154 

dent V. dant 

dénved v. danvad 

derc'hel 22, 50 

déro 22, 31 

dervez 22, 70, 128 

dé ver, pi. deveriou ; 70, 04, 
180 

dévi 17,21, 70, 98 

diadréii 00 

diaoul 41, 53 

diaveaz 52, 70 

dibrada 56 

dibri v. drébi 

dibuna 24, 52 

dichou v. deiz 

dic'hreuna, digreuna 27, 50, 

81 
dien 52 

difarlea v. difarlui 
difarlui 23, 59, 63, 78 
difin 78 
difoun 78 
difoupa 55, 78 
digant 18, 29 
digas 20, 40 
digéri 40 
digor 18, 40 



215 — 



digreuna v. (lic'hreima 
diguza. coiul. i!iL>nsfe : 77,158 
digwcner v. dirgwénor 
dihila v. dizila 
dihmia, cond. dilmnche : 25, 

88, 158 
dilad 52, 05 
dileusker 26 
diluia, dizluia v. difaiiui 
dilûn 24 

dimerc'her 22, 28, 71, 81 
dimeurz 27 
dimézel, pi. dimezélet ; 17, 

71, 85, 142, 180 
dimézi, diraizi, cond. dimeclie : 

19, 52, 85, 89, 90, 158 
dîn 67 
dinac'h, cond. dinac'hfe, di- 

nac hche : 29, 77, 81, 89, 

157 
dindan 126 

diou 17, 37, 128, 147 
diouc'har 91 
diouch-tû V. dustu 
diouvreac'h 38 
dir 18, 52 ' 
dirgwéner 21, 49, 93 
disheol 39 
disgri V. diskriet 
diskar amzer 47, 83 
diskiant 37 
disklabez 47, 03 
diskoaz 47, 92 
diskouez 17, 47, 83, 92 



diskriet 47, 59, 83, 107 
diskrounal 34, 47, 59, 69, 83 
diskula 52, 05 
disliou, dislivet 03, 83 
dismégans 20, 29, 07, 83 
dispen 55, 83 
displua 23, 55, 63, 83 
ilistaga, cond. distakfe, dis- 

takche : 51, 73, 88, 158 
distenget 130 
dister 22, 145 
disteurel 26 
distlabez v. disklaboz 
disto,comp.distôc h : 31,145 
distrei 17, 37, 38,51,59,83 
distruja 24, 51, 59, 158 
distum, cond. distumfe : 17, 

71, 75, 157 
divalo 17, 79 
divergla, divergli 22, 49, 59, 

03, 70 
divéza 79, ,140 
diwar 79, 120 
diwesker 22, 79 
dizesper 55 
dizila 65, 85 
diziou 85 
dizouna 36 
dlé 19, 52, 53, 62 
domistik 179 
donant 29, 32, 52 
donemonea 32, 110 
dont, cond. deiiche : 31, 88^ 

97, (paradigme) 173-4. 



— 218 — 



eiiniz, comp. eurusoc'li, su- 
perl. elirusa : 38, 144, 
14G, 180 

Eussa 20 

éva, comp. efclie : 10, 29^ 
78,89, 159 

ével 79 

évez 19, 70 

ézel, pi- ezolou : Gô, Sô, 133 

ézen V. azen 

ézom V. izom 

fà 144 

faen 72, 144 

faez V. feaz 

iall, comp. falloc'h, superl. 

falla : 20, 03, 140 
lallakr 48, 61,72, 110 
lank ()S, 72 
Iciu \. lïi, lacii 
faut 72 
faoul 40, 72 
fars 72 
feaz, comp ft-boc'h : 38, 72, 

84, 145 
feiz 38, 72 
felchen 03, 72, 81 
fesoun 36, 72 
feunteun 26, 72 
fibuen 73 
fiez 144 
fiézen 72, 144 
fillip 72 
firchor v. forc'li 



llamiiK» 02, 72, 150 

ilear 02, 72 

lie mm Um 02, 71, 72 

lleuren 20, 02, 72, 171) 

llipat 02, 72 

fô 73 

forc'h, [)1. tircher : 22, 

50, (iO, 72 
foin V. fouru 
fôz 72 
fouge 73 
fougeal, coud, fougefe : 

73, 102 
founnuz 35, 73 
fourchetez 35. 73, 87 
fourn, pi. fournou : 35, 

08, 00, 73, 138 
fourra 35, 178 
frai 29, 58, 00, 72 
frao 58, 72 
frésk, comi). freskoch : 

58, 72, 81, 107, 145 
frcuza, freusa 26, 58, 

85, 108, 150 
fri 18, 58, 72 
frimm 71,72 
frita, cond. fritfe 

150 
fronol 32, 58, 03, 72 
f rouez 58, 73, 1<>7, 144 
frouézen 144 
froumach 30, 73, 170 
fubu V. fibucu 
fur 24, 73 
fust 23, 73 



33, 



34, 



00, 



48. 
73, 



72. 7v 



— 219 



gâd, pi. gidoun : 30,51, 142 

gâl 03 

galeou 30 

galeour 39 

gall, pi. galoLiicn : 29, 48, 

03, 94 
galloud, prés, gellan : 35, 

48, 102 
gai van v. gervel 
gana 159 

gant 48, (paradigme) 151 
gaol 39, 48, 03 
gaou, pi. geier : 40, 48, 94, 

140 
gaour V. grarik 
gâr 30, 48 

garo,comp. garoc'h : 48, 145 
garz, pi. gircher : 00, 87, 140 
gast, pi. gisti : 29, 141 
gédal, cond. getfe : 19, 48, 

73, 102 
geier v. gaou 

v^elei, prés, goloan, cond. 
golofe : 37, 38, 48, 73, 160 
génel 159, 102 
genou V. ginou 
genver 22, 40, 79, 99 
geot y. iaot 
gér, pi. geriou, geriennou : 

20, 48, 94, 142 
gervel, prés, ^'alvan, cond. 
galfche: 48, 03, 70. 79, 89 
geûch V. grounch 
gévret 48, 59, 79 



giber v. viber 

ginou, pi. ginaou : 18, 34, 

35, 48, 139 
gioc'h, pi. gioc'het : 81, 142 
gircher t. garz 
gisti V. gast 
glac'har 48, 02 
glàn 48, 02, 100 
glandour 29, 35, 53, 02, 07 
glao 39, 48, 62, 179 
glaou 40, 48 
glaouren 40, 08 
glâz 48, 02 
gléb 55, 02 
glin 48, 62, 179 
gloan V. glân 
glogoren v. klogoren 
gô 32, 48 
goad 40, 48, 51 
goan, pi. goanvechennou : 

100, 142 
goaz, pi. goazet : 40. 85 
goell 21,49, 04, 91 
golei, goloan v. gelei 
goloen 107 
gorichaden 33 
gorichal, gourichal 87 
goro, cond. gorofe : 31, 32, 

48, 73, 158 
gorrad 33 
gortoz, cond. gortochfe : 31 , 

48, 51. 70, 158 
gortozen 31 
goude 19, 36 



220 — 



gouel 41 
gouer 48 
gouez, comp. gouesoc h : 49, 

145 "^ 

gouliére 20, 49. 91 
goulaouen 92 
goulen 49 
goullar, comp. goullaroch : 

30 110, 145 
goiillo 35, 49 
goulou 3G 
goulounder 30, 53 
goumili V. gwimili 
gounézan v. gouniJ 
gounid. prés, gounézan, 

cond. gounechfe : 30, 70, 

103 
gourad 36 

gourc'heramen 28, 81 
gourdomma 33, 53, 59 
gourdrouz, cond. gourdrouch- 

fe, gourdrouche : 35, 53, 

59, 70, 89, 158 
gourcd Y. gourad 
gourich 30, 89 
gourin 30 
gouriz V. gourich 
gourisia v. gorichal 
gourvez 35, 79 
gouskoude 30, 83 
gouspérou 35, 49, 55, 83 
gouslad 29, 51 
gouzanv, pré?, gouzaiivan. 

cond. gouzanfe : 29, 30, 

73, 77. 85, 100 



gouzer, gouzar 30, 85 
gouzouk 36, 49, 85 
gouzout,cond. ne ouiche két : 

oQ, 85, 88, (paradigme) 

108-9 

grâch 48, 58, 81 

grdgez V. grék 

grasou 58 

gravik, pi. graviget : 48, 

50, 142 
greiamant 94 

grék, pi. gragez : 21, 48, 

58, 142 
grès 48 

greûn 20, 48, 58 
griat, cond. grife : 58, 73, 

101 
grichen 48, 87 
grijit 48 

grinol 48. 58, 69 
grisien v. grichen 
grizil 18, 00. 85 
groa 58 

grosmoli 32, 71, 83 
grouàch. geûch 48, 89 
gwâd V. goad 
gwalen v. walen 
gwarem v. waram 
gwarnisa 49. 91 
gwâz V. go-iz 
gwaska v. waska 
gwasocli V. M'^asoc'h 
gwazien v. wazien 
gwéarh V. gwech 
gwech 89, 92 



221 - 



gwechek 21, 87, 92 
gwelât 49, 110, 160 
gwél V. gouel 
gweladen 49, 92 
gwélan 49. 91. 100 
gwéle 20, 49, 92 
gwélet 102 
gwelloc'h, superl. gwella : 

92, 146 
gweméli, gwenéli v. gwi- 

mili 
gwénan 143 
gwenanen 92, 143 
gwengolo 31, 32. 92, 98 
gwenn 40, 68, 92 
gwennek, pi. gwenneien : 

92. 139 
gwenoden, gwenojen 21,-32, 

92 
gwenvi v. wénvi 
gwerc'hez 22. 28, 49, 59, 

81. 92, 108 
gwéred 20, 4M, 92 
gwéren 92 
gwerz 2?, 49, 92 
gwerza, cond. gwerche : 59, 

85, 89, 92, 159 
gwespéden 55, 92 
gweskle v. weskle 
gwést, wést 51 
gwéz 143 
gwéz V. gouez 
gwézen 49, 85, 93, 143 
gwiad kinid 93 



gwiader 22, 93, 179 

gwial 93, 143 

gwiai, pi. gwialennou : 93, 

143 
gwigour V. vigour 
gwimili, goumili, pi. gwimi- 

liet, goumiliet : 18, 35, 

93, 142 
gwîn 18, 49, 68, 93 
gwiniz 93, 49 
gwir 18, 49, 93 
gwisiek v. gwechek 
gwispid 55, 93 
gwiskamant 93 
gwîz 18, 49, 93 

hâd 30 

hada, cond. hatfe, hatche : 

53, 73, 88. 106. 108, 158 
halek 20, 47 
hano, pi. hanoiou : 31, 67, 

100, 137 
hanter 22, 67, 97, 129 
hanterkant 148 
hanlerkanvet 147 
haùv, pi. hanvechennou : 30, 

93. 106, 142 
hanvoez 20, 92, 99 
harpa, cond. harpfe : 55,59, 

73, 158 
harz 60, 84 
harzai 59, 63, 85 
héd 19 

hegleo V. enkleo 
heiz 38 



222 



heùcha 22, 87, 99 

hent, pi. heïîchou : 2.2, 51, 

68, 87, 99, 13S 
heol, pi. heolou 3'^ 
hép 55 
heritour, pi. lieritourien : 19, 

139 
hesked 92 
heùk •^6, 4S 
heiila 27, 05 
heuriou 27, 94 
heurta 27, 178 
hi 17, 149 
lifgen 17, 49 
hindi v. indi 

hihkin, pi. hiiikinou : G9, 98 
hihviz, pi. hiùvizou : 18, 79, 

85, 99 
hir, coinp. hirroc'h, superl. 

hirra : 17. 145. 146 
hirin v. irin 
hirio V. er!o 
histrôl, 01,84, 143 
liistren 59, 83, 143 
holen 34 
horolach 32, 180 
horz V. orz 
houc'h 36,81 
houman 35, 153 
hounnez 153 
hounnezahount 153 
huanaden 109 
hucher v. urcher 



huel V. uel 
h livre V. hui'ire 
hunre 19, 24 
hiizul 24, 60 

i;ic'h30, 81, 93 

ialc'h 64, 8!, 93 

iaot 93 

iaouank 40, 68, 93 

iàr 93 

ibil. pi. ibilou: 18,56,65,138 

le 19 

ién, comp. iennoc'h : 20, 93, 

144 
ifern 17. 22, 08, 78 
ijel 17, 64, 94 
ijolât 90, 110, 100 
imaj 17, S9, 180 
indi 53. M8 
indiahoiint. l53 
in gai 18 

inouaniant 17, 41 
in oui 159 
- int 104 
inlanv, pi. intanviou : l7, 94, 

100. 137 
introun, introun. introûn, pi. 

introunézet, introunézet : 

17, 51,98, 106, 110, 142 
iùd .32, 93 
ion en 32 
ircher v. arch 
irin 18 
irvin 18, 144 
irvinen 144 



— 223 



iskiptien v. eskop 

iskiz, comp. iskisoc'b 145 

iudal 24, 93 

ividik 53 

ive V. ie 

ivin 18, 79 

izel V. ijel 

izom, izoum 18, 31, 71, 85 

James 90, 178 
jenéral 90 
jôd V. chôd 
jotorel V. chotorel 
jujamant 23, 90, 180 



kabest, pi. kébest 130 

kac'h Y. kaoch 

kac het 162 

kachimant 87, llO, 178 

kador, pi. kadoriou : 33. 40, 

13 r 
kae V. kea 
kaer 39, 46 
kagal 46 
kalafe'i 73 
kalaren 40, 65 
kalen v. alen 
kaloun 36 
kalour 35 
kalvez, pi. kilvizien : iij, 63, 

7'.^, 139, 179 
kalz 46, 64 
kamarad 180 
kamm ^9, 46. 71 



kampr v. kramp 

kàn 46 

kana, cond. kanfe 75 

kanard 51, 60, 179 

kand daou 148 

kand unan 148 

kanvéden v. kenevéden 

kanloar 63 

kanol, pi. kanolou 33, 65 : 

kansert 29, 52, 94, 180 

kant 29, 52, 97, 148 

kaiiv 46, 100 

kanval 99 

kaïivet 147 

kaoch 39, 46, 81 

kaol 40 

kaouen 40, 46, 92 

kaout, prés, kavan, cond. 

kafe, kafche : 40, 76, 89, 

108, 162 
kaout, infinitif du verbe am 

eûz, 88, 167 
kâr, pi. kirri 141 
karga, cond.karkfe, karkche : 

49, 73, ^8, 159 
karo 31 
karotézen 33 
karout (paradigme) 155-7 
karr v. kâr 

karrek, pi. kerrek : 46, 136 
kartierol, 59, 94, 180 
karvan, pi. karvanou, ker- 
vennou : -29,46,69,79, 138 
karza cond. karche : 85, 89 



— 224 — 



kas, cond. kache : 89, 158 

kasouni 30, 130 

kastel, pi. kestel 130 

kastoloren 31, 32 

kàz, pi. kicher : 87, 140 

kazarc h 00, 81 

kazek, pi. kézek 130 

kazel, pi. kazelou : 05, 138 

kea, pi. keiou : 38, 40, 137 

kear, pi. keriou : 38, 46, 137 

keaz, pi. keiz : 38, 40, 130 

kébest V. kabest 

kéf, pi. kefchou : 20, 73, 77, 

87, 138 
kefélek 40, 78 
kefniden v. kiniden 
kégin 21 
kein 38, 40 
keit 38 
keiz V. keaz 
kelc'h V. kil 
kélénen 40, 05 
kélorn 68 
kélou 21 
keméner, pi. kemenerien : 

46, 109, 110, 179 
kemmeiiman 153 
kommentse 153 
kemmesk 21, 46, 84 
kena 29 

kenavézo v. kenavô 
keiiavô 32, 110 
kender, pi. kindirvi : 22, 53, 

07, 141, 179 



kenderf v. kender 
kenevéden 20, 21, 110 
keniter 18 

kenta 124, 146, 147 
kentel 46, 51 
keiiver v. genver 
ker, ken, kel 20, 114 

ker Jia, hag 140, 147 

kerc'h 22, 81 

kerdin y. korden 

kére, pi. kcreourien : ,19, 

139, 179 
kerkoulz, kelkouz, koulz 35, 

63 
kernel v. korn 
kerrek v. karrek 
kerse 46, 59, 83 
kervennou v. karvan 
kerzu 46 
kestel V. kastel 
keuneud 26, 46 
keîiz 26 

kézek V. kazek et marc'h 
kî, pi. chas : 18,40,86,143 
kichen 40, 87 
kicher v. kàz 
kî dour, pi. chas dour 120 
kiez 107 
kîk 46 

kil 17, 40, 66 
kildant 53, 63, 120 
kilek.pl.kileien : 17, 6ô, 139 
kilourou 37 
kilvizien v. kalvez 






kina, kinat, coud, kinfe: 69, 

75, 161 
kindirvi v. kender 
kinid 143 

kiniden 18, 4&, 143 
kinik, cond. kinikfe : 46, 69. 

73, 158 
kiniter, pi. kinitervézet 142 
kioc'h V. gioc'h 
kirri v. kâr 
kizidik l8, 85 
klachou V. klâz 
klanv, comp. klaiivoc'h : 46, 

62, 145 ' 
klao V. kleo 

klâsk, cond. klasfe : 73, 158 
klâz, pi. klachou 87 
kleiz 38, 46, 62 
klénvel. prés, klanvan 162 
kleo 62 

kleuza 26, 85, 159 
klévet, cond. klefche : 46. 62, 

89, 162 
kléze 19, 46, 62 
kloc'ha V. klochal 
klochal, cond. klochfe 33, 

77, 87, 162 
klogoren 48 
klôs 32 
klouar, comp. klouaroc'h : 

41, 46, 144 
kloued, pi. klouéjou 90 
klujar, gltijer 24, 49, 90 
koad, koajou : 37, 40, 90, 

138 



koan, pi. koariou : 40, 40, 09 

koana 69 

koapr 4(>, 61 

koar 40 

kœuvr 26 

kôf 32, 46, 77 

kole 32 

koll, cond. kulfe : 33, 64, 

75, 158 
kûlo 32, 46 
kompren v. koumpren 
kontel V. kountel 
kontrol v. kountrol 
kontron v. kountroun 
korden, pi. kerdin : 33, o3, 

69, 136, 180 
koreiz 33 
korf, pi. korfou : 33, 60, 77, 

137 
korn, pi. kernel : 33, 46,69, 

143 
kornandoim 29, 33 
korzij^or 33 
kostecha, kostéza 87 
kostez 33 
koual 66, 91 
kouazez 46, 101 
koublad, pi. koiiblajou : 56, 

63, 90, 107, 138 
kouef 21, 46, 77, 91, 180 
kouent, pi. kouenchou 22, 

68, 87, 97, 99, 137 
kouénvi 22, 79, 91, 99, 159 



226 — 



kouin V. k^vHl 

kouldri 46, 53, 59,63 

koulm V. skloiim 

koulskoudc V. gouskûude 

koumaer 35 

kouraer. cond. koumerfe : 

75, 158 
koumpren 36, l.9, 71, 158, 

178 
koun 35, 60 
kûunnar35 
kounta. cond. kountfe:35, 

73, <J7, 159 
kountel 35, 36, 67, 97 
kountr-0136,51,59,67,180 
kountroun 36. 51, 67, 98 
kousk, kousket 35 
kôz42 

kozeal 33, 178 
kozni 67, 85 
kozvotez 120 
kratat78 
krafer 78 
krainch 89 
kramp, pi. krainpeier : 58, 

71, 140 
krampoez 29, 55, 71 , 92, 98 
krahch v. krainch 
krank.pl. kranket : 29,68, 

97, 141 
krao 92 
kraouadur 92 
kraouen 92, 99 
kraou, pi. kreier94, 140 



krao un v. krao 

kravaz 79 

kréc'hin v. kroc'hen 

krédi, 46,«159 

krëgi 21 , 49 

kreier v. kraou 

kreier v. krôk 

krenn 58 

kréhv, comp. kréhvoc'h : 

20, 46, 145 
krés, pi. krechou 87, 137 
kreski 46, 83, 159 
kreûn 26, 100 
krinat, cond. krinfe : 69, 

75,161 
kristen, pi. kristenien, 

kristeien 94, 139 
kroaz, pi. kroachou : 37, 87 
kroc'hen, pi. kréc'hin : 32, 

69, 81, 136 
krôk, cond. krokfe : 32, 74, 

158 
krôk, pi. kreier 94, 140 
krouadur v. kraouadur 
krouer, pi. kroueriou 94 
kroui, cond. kroufe 73 
krozlearc^h 63 
kulator 33 
kundu 25 

kuntul, kuhtul 23, 66 
kurun 23, 24, 46 
kurunen 23, 24.241 
kurust 23 
kûz 24 



29,7 



kutula V. kuniul 
kwin 46, 09, 03 

labour 35, 61 

laboiiz 35, 56, 61 

laer, pi. iaeroun 30, 142 

lagad 30, 49, 61 

laha, laza, cond. lac'hfe : 

30, 76, 91 
lakât, cond. lakafe, laka- 

che: 30,73,88. 110, 160 
Iakat 161 
lamin 71 

lannek. pi. lanneier 140 
laoskât 30, 160, 161 
laouen « gai » 40, 92 
laouen « pou » 29, 40 
laouer40 
lard 52, 61 

larda, cond. lartfe : 73, 159 
lavaret 162 
lavnen v. lenven 
laza V. laha 
Ieac'h39, 61. 81 
leanez 61 
leaz39, 61 
leaz ribot 18 
léch 89 

léchid2l, 61. 91 
léda, cond. letfe: 20,73, 159 
lédan 61 

lëgestr V légresi 
légresi, pi. legristi: 49, 52, 

5'.s84, 107, 141 



lein38, 61 

lemm 21, 01, 71 

lenn 61, 62 

lénva 99 

lenven 21, 0^, 67, 79 

1er 21 

lerc'h 81 

Icreier v. loar 

léren 62 

lern v. louarn 

leskel, prés, laoskan 103 

léstr 52, 61. 84, 107 

leue, pi. leuiou, leoiou : 19. 

137 
leuf 26. 77 
leûn 26, 62 
leunvek, lounTok 26, 67, 

79 
leur 26, 62 
leuskeur, cond. laosfe: 26, 

73. 163 
levr V. lefif 
lëz 62 
lézel 163 
liarn 71 
lie h V. léch 
lichou 35, 87 
lijer 18, 90 
limm 62, 71 
linad v. linaot 
linaot 62 
liorz,62 
lisiou V. lichou 
livenar-c'hpin 79 



22S 



lizer, pi. Iizéril41 
loa, pi. loaiou: 62, 94 
loar, pi. lereier: 41,02,94, 

141 
lôc'h32, 62, 81, 107, 158 
lôd32 
loer V. loar 
logotleii31,32, 49 
lomm V. loumm 
lonka V. lounka 
lor32 

losket33, 162 
lùst 106 
losten 31 

louarn. pi. lern : 41, 62, 136 
loumm 36, 71 
loun: a 36,68 
louzou 36, 62 
lovr V. lôr 
luch 23, 89 
ludu 25. 62 
lugudus 23, 24, 49 
luia, cond. luife : 23, 73, 159 
luska, lusket, cond. lusfe : 

23, 47, 74, 162. 242 

ma « si » 135 

mâb, pi. miptien : 30, 52, 

55, 70, 130 
màd, comp. matoc'h, su- 

perl. mala: 30, 106, 146 

(cf. gwelloc'h) 
mae 70 
m^aerounez 36 



maga, cond. makfe : 30, 70, 

73, 159 
mala 30, 70, 159 
maleur 27, 180 
maleiiruz 38, 130 
malken 63, 70 
mail 29. 64, 70 , 

malioz 70 
maltam 51, 63, 70 
malven 63, 70, 79 
mamm29, 70. 71, 179 
- mail 152 

manac'h 22, 30, 70, 81 
mandoz 29, 70 
maner 70 

manr out 29, 35, Q8, 70 
maouez, pi. merc'het : 40, 

143 
maout 40, 70 
marbleo v. marblu 
marblu 25, 56, 60. 63, 70 
marc'h, pi. kézek 70, 81, 

143 
marc'had28, 70, 81. 108 
marichal 179 
marlounU.60, 68 
marmouz, pi. marmou- 

chen 139 
maro 70 
mart(^ze 19, 70 
martolod 70 
marvalat, cond. marvalfe: 

65, 75, 161 
marvan v. mervel 



229 



mé 149 

- me (emphatique») 149 

mean, pi. mein : 38,39,70, 

136 
meaz, pi. mechou : 39, 70, 
' 87, 137 
mechou v. meaz 
médi, cond. metfe: 20, 70, 

73 
mein v. mean 
mel 66, 70 
melc'hoden 63, 81 
melc'houéden v. melc'ho- 
den 
mélen « jaune » 70 
mélen « moelle >> 21 
memez 117, 154, 178 
memprGl. 71, 98, 179 
mengleuz 19, 2i, 26, 63, 

68, 98 
merc'het v. maouez et 

merc'h 
meriénen 20, 70, 94 
mergi 50, 60_, 64 
mervel, pr. marvan, cond. 

merfe 22, 77, 79, 163 
méskl 48, 64, 84, 107 
méstr, pi. misîri : 61, 84, 

107, 141, 179 \ 
meuli 26, 70, 159 
meûr26. 70, 146 
metir, comp. meilroc'h : 38, 

145, 180 
meutât, meutat 26, 30, 160, 

161 



méz 84 

mézo, comp. mechoc'h : 21 , 

70, 85, 145 
mezventi 85, 97 
micher 87 
midisin 17 
mil 148, 178 
miler 178 
milvet 147 
milvik 17, 63. 70, 78 
minoun; pi, minounet: ()0, 

141, 180 
m in tin 70 

minuten, munuten 23, 24 
minvik v. mil vil 
miptien v. mâb 
mira 1.59 

mistri v. méstr * 

miz, pi, michou : 18, 70, 

87 
moan, comp moanoc'h 9, 

41, 70, 145 
môc'h31,61, 81 
moged 32, 70 
moger, pi. mogeriou : 32, 

70, 94 
mont, cond. ne dache ket 

31, 88, 97, (paradigme) 

171-3 
m or 3-?, 70 

morlargez v. mt^rlarjez 
morlarjez 33, 60, 63, 90 
morzed 33, 70, 85 



— 230 - 



morzevellek 33. 70, 85 
morzol, pi. morzolou: 33, 

65, 85 
mouaic'h, pi. mouilc'hi : 

61,65, 70, 141 
mouar, mouarn 70 
mouchouer 87 
mono 19, 70 
m o liez, pi. mouechou 87, 

138 
mount, pi. mounchou : 87, 

100, 180 
mourfoiin 60, 78 
inourmouz 60, 71 
mourrik 7<', 179 
moustra 51, 70, 83 
muioc'h, superl. miiia : 81, 

lis 
miinud 23, 24 
muschoarziii, brusc'hoar- 

zin 23,81, 83 
muskana 24 
muzel 24, 70, 179 
muzur 24 

nàc'h 30, 66, 81, 108, 158 

nadoz 20, 32, 33 

nao 114, 128, 147 

naoc'hant 148 

naotok 147 

nao un 40, 66 

nask V. àsk, âskl 

navet 147 

ne 1?8 



nébeud 26 

nedélek 53, €6 

neich 38, 66, 89, 100 

neiz V. neicli 

nekét 117 

nemmet 17 

nerven v. erven 

nerz22, 66 

nesa 66, 146 

névez 21, 66,79, 100 

nGû27,77, 99, 108, 158 

neuze 19, 26. 67 

néza 66 

nî, pi. niet : 18, 60, 141 

ni « nous » 144 

- ni (emphatique) 149 

nijal, cond. nichfe : 64, 66, 

77, 90, 162 
ni ver 07 
noaz, comp. noasoch : 37, 

41, 67, 145 
noaz pil 54, 66 
nouen 67 
noun 36 
nôz 31, 32, 67 
nozvez 31, 79, 85 

ô (pronom possessif pi. 2) 

134, 151 
ô (pronom possessif pi. 3) 

124, 151 
(pronom infixe pi. 2) 131, 

149 
(pronom infixé pi. 3) 149 



231 



oalet V. aolet 

oat, pi. oajou y. 37 

ober, cond. ne raclie két : 

88, (paradigme) 169-70 
ober stamm 98 
ober vâd 130 
oféren 33, 78 
ograou 37, 40, 49, 60, 107 
ograu V. ograou 
oladen 33 
oleou 33 
oll 154 
oiïi (pronom possessif pi. 1) 

151 
om (pronom intîxe pi. 1) 

149 
omnini 67 
onn 66 

- omp, om 104 

- ont 104 
oranjézen 180 
orden,pl.erdia:22,69, 136 
orz, pi. orchou : 33, 87 
ostaliri 33 

osiil 33, 66 
ours 35 

ouz (paradigme) 1 5i 
ozac'h. pi. ézec'h : 21, 32, 
81, 85, 130 

padout35, 54, 161 

paea, cond. paefe : 54, 73 

paeroun 21 

pâl, pi. pili : 54, 141 



paléfras 60, 78 

palévars v. paléfras 

pantekôst 32, 110 

pao 54 

paotr. pi. paotret, patret : 

52, 5i, 61, 141 
paouata 92 
paour, pJ. peurien : 27, 40. 

94, 139 
papiloun 179 
parea 54 
park, pi. parkeier: 48, 54, 

60, 94, 179, 180 
parlant 178 
parrez 54 
pas 30, 54 
pas (négation) 178 
pàsk 29, 48, 84, 107 
patoulat 65 
pe 127, 128 
pébez 116, 127, 153 
pebunan 154 
pec'hed 22, 54, 81 
péden 54 

péder 114, 128, 147 
pegemment 153 
peini, pini 153 
pell 54, 64 
pemkant 148 
pemkwennek 47, 71 
pemp 147 
pempet 126, 147 
pemzek 147 
pengen 21, 49, 68 



- 232 — 



penglaoui, pciiaoui 49, 63, 

6S 
penn 54. ns 170 
peoc'li 81 
pep 54. 154 
pepini 154 
pepini iman 154 
peràk 30 

perc'hen22, 28, 54, 81 
père 153 

person v. persoun 
perso un 35 
pesk 48 
pesketa^r, pi. pesketerien: 

107, 139 
petrâ 153 

peultrin 26, 60, 63, 179 
peur - 129 
peuri 17, 5i, 159 
peurien v. paour 
peurvuia 27 

pévar23, 54, 114, 128, 147 
pevarc'hant 148 
pevare 126, 147 
pévarugeiu 148 
pévarugehvet 147 
pevarzek 147 
picher 87 
pichoun 87, 179 
piget 141 
pikol 33 
pilât 51 
pili V. pal 
pi|ou 65 



pimoc'h 31, 81 

piiionn 69, 179 

pinsin 97 

pinvidik 79 

piou 37, 54, 153 

piz 54 

plàch 30, 54, 81, 120 

planken, pi. plenkin : 60, 

97,136 
planta, cond. plantfe : 29, 

54. 73 
plenkin v. planken 
plijout 54, 161 
plounja 54, 90, 162 
ploumm 35, 62, 71 
plouniinen 35 
pluen 54, 62 
poan 41, 54 
poazat 54, 161 
pobi 51, 64 
pôd houarn 120 
pôk 32 
polost33 
polotres 33 
poltret, pi. poltréjou ; 33, 

51, 60, 63, 90, 138 
porz 33, 54, 87 
pouez 54, 87 
pouézouu 35, 54, 91 
poull 35, 54 
poulroéhvat CD, 63 
poumoun 137 
pouinounik 37 



233 



poump 35, 71 

poumpadi 71 

pounner 35, 54 

pouht, pi. pouiichou : 87, 

100, 138 
pourmen 35, 71, 178 
poursal 35 

préd, pi- préjou : 54, 90 
préna 20, 54, 58 
prenn 54, 58 
prennest, pi. preniiecher. 

prennester : 54, 58, 140 
preiiv, pi. prénvet 142 
près, pi. prechou 87 
prézek 54, 58 
pri 18, 54, 58 
primm 17, 71 
pul 24, 54, 66 
purgator ^4, 49 

ra 129 

raden 53, 57, 68 

rankout, cond. rankfe : 47, 

57, 68, 75. 162 
rann 57 
raspaotr 55, 57 
rastel, pi. restel 136 
ràz ft rat » 30, 57 
ràz « chaux » 30, 57 
ré « ceux » 127 
ré « trop » 129 
real 57 

rébech 53, 57, 89 
reeur 38, 57 



réglen 49, 57, 63, 107 

rei, prés, roan 160 

relégou 49, 57 

remm 57, 71 

rendael, randael 29 

renkout v. rankout 

reo, 23. 57 

reor v. reeur 

restât, pi. restachou 87 

restel v. rastel 

reûd 26, 57 

reûn 26, 57 

reverzi 57, 85 

rézoun 35, 180 

rikla 47 

riklus 47, 57. 63 

rinsa, cond. rinsîe : 57. 76 

riskla v. rikla 

rivin, revin 18 

roan v rei 

rôc'h, pi. reier : 32, 57, 81, 

140 
roc'bal, comp. roch'fe : 32, 

57. 76, 81 
rochet 33, 87 

rôd, pi. rojou : 32. 52, 90 
rodella 33. 57 
roenv 57, 99 
roénvat 161 
rollac'h 57, 81 
rollec"h v. rollac'h 
ronkel v. rounkoun 
rouden v. aroiulen 
rouanez 57 



i?a4 — 



roue. pi. rouet : oS. 14:f 

ro un ko un 58, 6S 

ru [en 05 

rùn V. reûn 

rûst 24, 57. 81. luT 

rùz 24. 57 

ruzel 24 

sa 30, 82 

sabat 82 

sàc'h, pi. sier : :-}(). 81, 82, 
140 

sacjaman 29 

sae 82 

sa! 66, 82 

salo 31 

sao, pi. saoiou 40 (cf. .sa) 

saoun 82 

saourek 60 

saout V. bioc'h 

saoz, comp. saosoc'h « bè- 
gue » : 40, 144 

saoz, pl.saozoun «Anglais»: 
40, 142 

sarmoun 35 

<avan v. sëvel 

savetei 79, 160 

seac'h 39, 81, 8i 

séc'hi, cond. sec'hfe : 21, 
76, 91, 159 

séder 82 

ségal 21, 82 

seiskant 148 

seitek 147 



seiz 38, 82, 147 

seizvet 147 

sélaou, cond. selaonfe : 37. 

40, 73 
sell 82 

seili, cond. sclfe 75 
senipla 22, 55, 71, 98 
sehch V. cheihch 
seni V. sini 
senti 82, 160 
serri 82 
servich 89, 180 
seul 83 
sëvel. prés. sg. 1 savan, sg. 

3 sao, cond. safe : 77, 82, 

163 
siboula 35 
sier V. sâc'h 
sifein 78, 82 
sîl 18, 82 

silzik, siljik 63, 85, 143 
siniinal 17 

sini, cond. sounfe 75, 82 
sinkia v. chinkla 
sioul 82 
sistf V. chist 
sizun 24 
sivi 17, 79, 82 
sizal 66, 85 
sizun 82, 85 
skabel 82 
skant 46, 82 
skanv, comp. skaùvoc'h : 

8>, 99, 144 



- 235 



skao 46, 82 

skaota 46, 82 

skarnila 82 

skéfen 46, 78, 82 

skei 46 

skeùd 27, 52, 82 

skiabez 46, 62, 82 

sklakal 62, 82 

sklasen 29, 47, 62, 82 

skiear, comp. sklerroc h : 

47, 82, 145 
skleû27, 47, 62, 82, lf)l 
skloum V. -skoulra 
skôl, skoloii 65 
skolpat 55, 63 
skôr 82 
skouarn 179 
skouér 47. 82 
skoulm. sklcmin 35,47,62, 

64, 82 
skonr S2 

skourn 35, 68, l79 
skraba, cond. skrapfe : 75. 

161 
skrijaden 47. 58, 82, 90 
skriva, cond. skrife : 47, 

58, 76, 78, 82 
skrivinat 78 

skubdeloii 24, 53, 56, 65 
skubdien .53, 56 
skudel 24, 47 
skuîz 47, 82 
skula 24 
soavon v. saoun 



soi 32, 82 

soler 33 

sonioun 179 

sonch V. sounch 

soroc'liat 161 

souben 36 

sonbi 56, 107 

souc'h 36, 81 

soudanen 35 

soudeur 25, 180 

soûl 36, 83 

soun, souan 35, 69, 83 

sounch 89 

sounfe V. siiii 

sounjal, cond. sounchfe 

77, 178 
sounn 35, 83 
sourpiliz 35, 55 
sourt 35 ' 

spanel 54, 83 
sparfel 43, 60 78, 83 
spéred 54 
spern 54, 83 
speuren 27 
spézad V. spézart 
spézan52, 83, 85 
spilen 56 
spount 35. 5i • 
spountaj 35, 66 
slâg 50, 83 
stcàl ,50 

stamm 29, 50, 83 
stank 29, 50, 68, 83 
staolan v. steuleur 



236 — 



staon 50. 100 

staoïet 162 

starda ^3 

stariia, cond. starnle : 50, 

75, 83 
steki, prés, stokan, coiul. 

stokte : 75, 160 
sten V. siiii 
steréden 50 
steiileur, prés, staolan, 

cond. staolfe : 27, 75, 163 
slin 69 

stlabéza v. sklabez 
stleûk V. skleû 
stôk 32 

stokcin V. steki 
storlok 33 
strakoulou 35, 50_, 58, 65, 

^:3 
strapen 58 
streat. pi. stréjoii : 39, bO, 

58, 83, 90 
strefchal 50, 78, 87 
strefia v. sirefclial 
sireufjal (cf. strefchal) 90 
striz 50, 83 
strouez 58, 83 
siûr24, 50 
st\r 24 
sutaden 24 

tach 89 
tachen 87 
tàd 30, 179 



taga 50 

taken 50 

tàl, pi. talon 5(^ 65 : 

talout 50, 162 

tanim 50, 71 

tainmal' 158 

tainoGZ 5(), 71, 92 

tàn 50, 100 

taiiao V. ta no 

tano, conip. tanôc'h : 30, 

31, 145 
tantad 29 
tanva, prés, tanvan, cond. 

taiife : 30, 77, 79, 99= 
taol. pi. taolou 13S 
taol avel, pi. taolou avel 

120 
taoualc'h29, 81. 92. 101 
taouarc'li v. taoualc'h 
tarbarer 56 
targaz v. tari az 
tarkaz 47, 50 
taro, pi. tirvi : 81, 141 
tavancher 79, 87 
■ te (emphatique! 149 
të 149 
téc'tiet, cond. tec'hfe: 23, 

50,76, 81, 162 
tei, prés, loan : 50, 160 
teil 50 
teir 128 
tenna 50 
teo, conip. teoc'h : 50, 101, 

145 



- 237 — 



leoâl, cond. teoafe : 73. 92, 
110, 16'\ (paradigme) 161 
teod , pi . teodou eueojua 137 
terchen 50, 60, 87 
termen 71, 180 
terri, prés, torran, cond. 

torfe : 75, 160 
tersien v. terchen 
teiiza 27, 50 
téval 79, 99 
ti, pi. liez 18, 50. 142 
tintin 179 
tirvi V. taro 
lizout, cond. tisfe : 18, 50, 

75, 162 
toan V. tei 
toaz 50 
tùk 32, 50 
tolpez 33, 55, 63 
tomm 33, r)0, 71 
tonn 66 

tonton V. tountoun 
iorchen 3i, 60, 87 
tornaot 33, 67 
torpez V. tolpez 
torran v. terri 
torrat 33 

tors, pi. torchou 87 
tort 34, 50 
tôst, 50, 84, 107 
touchen 87, 179 
toui 160 

tountoun 35, 179 
tourlounka 68 



tourmant 179 

tousek 35, 51 

loût 51. 154, 193 

touza 36 

trâ30, 50, 58, 126 

trankil 68, 180 

tré 50, 60 

treaz 50 

trei 50, 60 

tréde 147 

trégont 147 

trégonvet 147 

treit V. troat 

treitour, pi. treitourien : 

139, 180 
trempa, cond. trempfe: 55, 

75, 178 
trenk 22, f^O, 98 
treujaot, treuchaot 26 
treujin 24 
treûst 50, 84, 107 
treùt 27 
treuzi 160 
trével 79 
tri 114, 128, 147 
tric'liant 148 
trinchin "50, 60, 87 
triiiken 50 
trihvac'h 147 
triugent 148 
triugenvet 147 
trizek 147 
trô 32. 50 
troat, pi. treit: 136, 179 



238 - 



troseula V. droukseuhi 
tromplézouii v. Iroumplé- 

zoun 
trouc'ha 35, 51, 81 
troiimpla, cond. trouinte : 

36, 55, 75 
tronmplézoun 31,36, 55 
trouskien 47, 63, 83 
trubul 24, 66 
truez 50 
trulen 24 
trulou 24 
tû25 

tûd (cf. dén) 24,51, 143 
tufaden 24, 51, 78 
turiat 24, 51 

uel, comp. uelloc'h,superl. 

uella : 144, 146 
ufern, pi. ufernou : 18,24, 

60, 69, 78 
ugent 24. 147 
ugehvet 99, 147 
umbl 24, 56, 64, 71, 9S 
unan 24, 127, 147 
unan beiiâk 154 
unanet 24 
unan ha kaiit 14S 
unan ha tréîjont 147 
unan var n-ugent 147 
unta 24 
urcher 24, 87 
urz 24 



va (pronom possessif) 79, 

123, 151 
va (pronom infixé) 149 
vaini (paradigme) 152 
vaoul, pi. vaouchou : 40^ 

79, 87 
var 79. 126. (paradigme) 

150 
varc'hoaz 28, 79, 81 
var e véno 31 
variéne 79 
varzuk 79 

va ré (paradigme) 152 
vaiinan 151 
vî 79 
viber 79 
vigour 79 

wadérez 91 
(er) walarn 91 
walc'hi,cond. walc'hfe: 77, 

81, 91, 160 
walen, pi. waliner;69, 91, 

140 
wall 91, 129 
war V. var 
waram 71, 91 
warc'hoaz v. varc'hoaz 
warléne v. variéne 
warzuk v. varzuk 
v^raska, cond. wasfe : 75, 

91 
wasoc'h, superlatif : wasa 

81, 91, 146 



- 239 — 



wazîen 91 

wéla91 

wënvi, coud, v^'ehfe et 

Avenfche:76, 89, 91, 99, 

160 
weskie 22, 47, 83, 91, 101 
west84. 91. 107 

- ze, - he 152 



zo 118 
zokên 84 



Cymrique 



onn 6G 



Vieil-Irlandais 
brissim 21 



Additions et Corrections 



p. 13 1. 12 lire eu cm lieu de eu 

— 19 — 34 — env -j— eno 

— 2U — 8 — < fr. — ct'r. 
18 — c'hoLiés 

— 21 — 26 — bélek. . . . hlëjal 

— 22 — 31 — cioëro 

— 25 — 18 : on entend également kurûnen 

— 26 — 15 lire disteurel au lieu de disteuret 

— 29 — 29 — « ventouses » ; 

— 30 — 25 — « chaux » 

— 31 — 7 — cwcro « amer d : c'houérô 
— 10 — gïtëngôlo 

— 32 - 18-19 - kroc'hen 



— 33 — 16 


— koraiz 


— 41—4 


— ^e 


G 


— ■ j^rt 


^47—8 


— rnkw, sk, ski,. . . . 


— 50 — 13 


— sfâô 


-51—4 


: toute la ligae est à reporter au § 64 


— 53 — 3 


lire dSijci 


— 54 — 25 


— ' P^l 


-57 — 18 


— « chaux » 


— 60—11 


— tréac'h 


23 


— erc 


— ëi! — 2n 


— plùen 



242 



P. 03 — 1 — dizluia 

— 66 — 2 — giben 

— 83 — 21 — diskouéza 

— 84 1. 14 - eost 

— 19 — pàntekpst 

— 85 — 21 — ïviz^.Tpl. de îvis 

— 87 — 14 — k^ës^i 

— 89 — 5 — dlnac « dénier » 

— 91—30 — koal 

— 98 — 24 — âmzàô 

— 109 — 24 — huêzek 

— 112 § 112 : Les mêmes règles s'appliquent à la chaîne 

parlée, p. ex. ne \ ke \ d en \ dçr \ ves \ iom. . . etc. 

— 115 1. 1 lire givêled 

— 117 — 7 — givèlcd 

— — — 8-10 — membœz làhed ar c%' àl « j'ai tué l'autre 

chien » 
den ebêd a zo dœet « personne n'est venu » 

— 118 — 17 — givèlet 
„. 119— 8 — dmhe 

— 102 — 15 : l'infinitif est également luska 

— — — 25 lire vlStjal (p^ija) 



'. 21 1. 


23 : on 


entend aussi alèioëde 


- 37 — 


18 lire bues : huèzek 


_ — — 


21 — 


(laui 


- 38 — 


5 - 


par dessus 


- 47 — 


19 — 


pemp 


— — — 


20 - 


cinq 


- 49 — 


25 — 


comme 


- 63 — 


20 — 


p^lroerat 


- 64 — 


•-? 


wel 


— — 


21 — 


^i^ihl 


- 70 - 


27 — 


m^istra « presser » 


- 71 — 


13 — 


tanrwès 


— 74 — 


24 — 


tenir pris 


— 75 — 


28 — 


k;ûntHr 


— 79 — 


16 — 


amel 


— 80 — 


5 — 


plusieurs 


— 91 — 


19 — 


■wevi 

c 


— 93 - 


12 — 


clirgicénër 


— — 


20 — 


à l'initiale 


— 100 - 


- 14 - 


àynzàô 


— 109 - 


- 24 — 


hnezek 


- 110 - 


- 15 — 


ânes 


— 115 - 


- 29 - 


g loëled 


_ 110 - 


- 26 — 


œn 


— 117 - 


- 26 — 


-yrô 


- 118 - 


- 4-6 — 


kêi 


— 119 - 


- 3 — 


èr 

c 


— 127 - 


- 1 - 


Vf)'' à, verê 


— 


- 25 — 


èil 


— 137 - 


- 17 - 


■ aotërys^ 


— 147 - 


- 11 - 


- ôicçac 


— 155 - 


- 13 - 


- gârën 


— 158 - 


- 29 : 


reporter dimèzl au § 



p. 


162 


1. 


11 


lire 


' gioêlet . . 


— 


163 


— 


9 


— 


stœlœr 


— 


188 


— 


21 


— 


Il a froid 


— 


189 


— 


/ 


— 


civèvrq^r 


— 


191 


— 


1 


— 


cl 


— 


201 


— 


5 


— 


M eler 



gwéled 



TABLE 



245 



Pages 

AVANT-PROPOS 5 

INTRODUCTION 7 

ABRÉVIATIONS 9 

PHONÈMES ISOLÉS. 
SYSTÈME PHONÉTI- 
QUE 13 

VOYELLES 

i 17 

e, <?, e 18 

u. u.'u 23 

œ. œ 25 

9 27 

a, rt 28 

0,0 30 

^i, ^u 34 

Diphtongues 

ia , o7 

î> 37 

ei 38 

ew, eu 38 

eœ 38 

ea, ea 38 

eo 39 

ee^ 39 

ae, aç 39 

ao 39 

c^<*^<«(^/, œ,w 40 

oa 40 

c?<<? 41 

iaa 41 

Triphtongue 41 

CONSONNES 

Les occlusives 

Remarque générale. . . 45 



Pages 

A' 45 

g 48 

/ 50 

i 52 

d 52 

d 53 

V 54 

h 55 

Liquides et nasales. 

r 57 

r 60 

/, / 61 

/ 64 

l 64 

n^ n 66 

n 08 

n 69 

m. 70 

Spirantes 

f 72 

/ 78 

V 78 

c 80 

Les sifflantes 

s 82 

z 84 

Les chuintantes. 

5 86 

j 89 

/i, w, ib^ y 

h 90 

w 91 

w 92 

y 93 



246 



FAITS PlK'NKTlQrES 
C()MIU>'KS KT(^,KNK- 

RAi;x 

Voyelles nasales 97 

Fin de mot et sandhi . . . 101 

QLnuuito 105 

Accent 108 

Ton 109 

L'accent du mot 109 

De la syllabe 111 

L'accent dans la phrase. 112 
L'accentuation des compo- 
sés 120 

SYSTÈME GRAMMA- 
TICAL 

L'article 123 

Les mutations 123 

Le n.om 135 

L'adjectif 144 

Comparatif 144 

Superlatif 145 

Comparatifs et superlatifs 

irréguliers 146 

L'équatif 146 

Les noms de nombre. . . 147 

PRONOMS 

Pronoms personnels. . . 149 



Possessifs 151 

Démonstratifs 152 

Interrogatifs 153 

Relatifs 153 

Indéfinis 154 

LE VERBE RÉGULIER 155 
Particules verbales. .. . 157 
Formes de l'intînitif. ... 157 

Verbe gfmit 163 

VERBES IRRÉGULIERS 

bc::a 164 

am eus 166 

gouzoul 168 

ober 1 69 

mont 171 

dont 173 

ema 174 

imé 174 

LE VOCABULAIRE... 177 

CONCLUSION 183 

TEXTES 

Ar Brîz 188 

Monsieur Sévère 203 

Madame Sévère 203 

INDEX 205 

ADDITIONS ET COR- 
RECTIONS 241 



778 29 



PB Sommerfeit Alf, 1892- 

2845 Le breton parle a Saint-Pol- 

.L4 de-Leon : 

S6